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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 00:03

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Nouveau format de chronique sur l'espace de liberté Vin&Cie : trois questions à... Pour essuyer les plâtres j'ai jeté mon dévolu sur un gros poisson - je ne vous dirai pas dans quelle espèce on le classe - Bruno Kessler qui préside l'Association Française des Embouteilleurs Distributeurs afin qu'il nous livre, du fait de sa position d'opérateur sur l'ensemble du vignoble français et de metteur en marché international, son analyse de la récolte 2007 dans toutes ses composantes. C'est de l'info en direct venant d'un pro avec en prime, en cadeau Bonux, bien évidemment, car je ne peux m'en empêcher, une dernière question s'adressant plus précisément à l'un des pilotes de l'aval les plus conséquents de notre pays. La réponse doit être lue et méditée par tous ceux qui se disent responsables. Dans le domaine économique et commercial, les actes valent mieux que les discours. Bonne lecture... Les commentaires font parties du charme d'un blog, pourquoi vous en priver : à consommer sans modération !

Question 1 : Bruno Kessler, votre appréciation sur la récolte 2007 en France ?

C'est une récolte qualitative, mais 2007 sera l'année du bon professionnel. En effet, les écueils techniques sont nombreux mais pas insurmontables si l'on s'attache à comprendre la nature et les familles de raisins. Comme dans de nombreuses régions un vent sec a déshydraté et concentré la récolte il fallait attendre la bonne date de maturité et, même si, du fait de le fraîcheur des températures, ce n'était pas toujours facile à estimer.
Pour les raisins blancs, la concentration en aromes est formidable, à bonne maturité les moûts ont déjà un potentiel aromatique surprenant.
Pour les raisins rouges, tout est là pour faire bon mais la gestion des macérations n'est pas facile. Il faut beaucoup de travail, tout en douceur, pour exprimer le potentiel de ces raisins.
Pour les vins rouges la gestion des fermentations malolactiques sera primordiale... attention au pH avant et après !!!
Ces mêmes raisins vinifiés en rosés donnent des vins très agréables.
Au plan des quantités, elles sont plus faibles que la récolte passée, surtout pour les raisins blancs.

Question 2 : Bonne transition, et les prix à la production dans tout ça ?

Cela fait plus d'un an que l'AGEV/AFED avait prévu, compte tenu des éléments dont nous disposions, une hausse des cours à terme. La situation du millésime a confirmé un peu plus rapidement cette annonce. Faute d'un pilotage précis la gestion du stock n'est pas adapté aux aléas d'une production agricole.
Les prix vont donc remonter. Cependant il faut savoir raison garder même si je comprends l'urgence de certaines situations. Il est capital pour nous de ne pas sortir du marché pour certains produits.
Le marché des blancs, comme celui des rosés, est porteur. La France se doit de garder cet avantage. Déraper sur les blancs, comme une certaine voix le demande, est déraisonnable, car sans vente de blancs pas de vente de rouges... Il faut le savoir.
Notre problématique sera de positionner les vins, non seulement avec une hausse acceptable par le consommateur, mais aussi par un prix de vente en rayon adapté à la demande.
Dans une majorité de régions les producteurs gagnent bien leur vie, à eux de rester raisonnables pour conserver les parts de marché.
Par contre, dans le même temps, il est vital que les prix payés aux producteurs des régions productrices principalement de vins rouges remontent pour que ceux-ci obtiennent une rémunération suffisante pour vivre de leur métier.

Question 3 : Bruno Kessler où discute-t-on de tout ça ? un club France des metteurs en marché : une nécessité ou une fausse bonne idée ?

Il est clair que chez nos amis du Nouveau Monde les entreprises communiquent sur le positionnement des vins.
En France, l'année 2007 doit nous permettre d'instaurer des échanges, non seulement avec les producteurs, mais aussi avec nos clients pour mieux répondre aux attentes des marchés et ainsi être plus réactifs face à une distribution de plus en plus concentrée.
Les réformes en cours, même s'il est difficile de faire prendre conscience aux entrepreneurs des bouleversements qu'elles pour produire dans les prochaines années, nous poussent en ce sens. Ce Club pourrait être un outil pour aider les metteurs en marché à anticiper cette nouvelle donne. 
La Commission Européenne a su bien communiquer sur sa réforme mais le décodage n'est pas assez clair pour le plus grand nombre. A nous de réfléchir à celui-ci...
 

 


 

 

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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 00:03


Comme je suis abonné au Nouvel Obs et que je suis parisien, nul n'est parfait, je reçois son supplément Paris-Ile de France que je considère comme le reflet parfait du biotope du boboland. La livraison de cette semaine, sous le générique : Tendance, titre " Du beau, du bon, du bio-bio " avec en chapeau : "Fini les crus bourgeois. Les bohèmes de l'Est parisien ont désormais leur propre vin. Gouleyant, rebelle, et hautement écolo, comme de bien entendu."  
Alors je ne résiste pas au plaisir de vous livrer, à vous pauvres provinciaux, ce magnifique morceau de bravoure, très représentatif d'un discours faussement rebelle, signé Gurvan Le Guellec, sans commentaire.


"C'est un lieu très pensé, comme il en pousse de plus en plus sur cette face nord de Montmartre. Dénomination tendance - La Cave Café -, population officiellement "métissée", mais à forte teneur... en étudiants de la Fémis * , petites mosaïques grises au sol, vitres à gogo, grandes banquettes en skaï. Et vins naturels "pas ou peu sulfités" directement tirés du fût. Des vins livrés "en circuit court" par le vigneron, servis par une déesse noire et bus au pichet (10-12 euros les 50 cl) par des convives moins préoccupés par le flacon que par le contenant. Bref, des "vins de copains" se consommant sans grande modération.
Produits non seulement avec des raisins bio mais sans aucun entrant industriel (soufre pour aseptiser, levures pour relancer la fermentation), les vins naturels sont pourtant l'antithèse des bibines d'apprentis chimistes censées s'adapter à la consommation de masse. Ils présentent une robe souvent trouble, peuvent dégager un peu de gaz résiduel à l'ouverture et développent des arômes de fruits inattendus, voire carrément désarçonnants (noix, pomme aigre-douce). Au point que beaucoup, considérés trop atypiques, se font retoquer par les commissions d'agrément des AOC.
Cet ostracisme de la profession (et des grands sommeliers) ne semble pas rebuter le consommateur parisien. Bien au contraire. De Ramulaud au Chateaubriand, du Verre volé à la Muse Vin, les "sans-soufre" (issus de petites appellations) sont en train d'éjecter bourgognes et bordeaux des caves et bistrots à vins à l'est de la place du Châtelet.
Cette nouvelle révolution pinadière peut étonner. Pendant longtemps, le vin naturel n'a été qu'un délice d'initiés, gravitant autour d'une demi-douzaine de bistrots bien cachés. L'effloraison est plus récente. Trois ou quatre ans au plus. Les professionnels avancent leurs explications. Accroissement de l'offre avec l'arrivée d'une nouvelle génération de vignerons ; prix de plus en plus stratosphérique des grands crus ; goûts francs et fruités s'adaptant aux jeunes palais trentenaires...
Et puis il y a la part de l'effet de mode. La concentration des bars à vins naturels entre Bastille et Stalingrad n'est pas anodine. Si les bordeaux s'épanouissent dans le confort bourgeois, les sans-soufre s'écoulent avec bonheur dans le biotope du boboland parisien. Au petit jeu des correspondances, rien ne manque : les étiquettes très graphiques, les dénominations jouant sur le second degré, sans oublier le discours de vignerons souvent forts en gueule, défendant leurs "vins honnêtes" contre la mondialisation du goût (...) "

Gurvan Le Guellec 

* La fémis :www.lafemis.fr/ L'Ecole Nationale Supérieure des métiers de l'image et du son
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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 00:04

Pour ceux d'entre vous qui souhaiteraient lire dans la continuité mon petit roman écrit en ligne ou le relire ou l'imprimer ou le découvrir, je vous offre les liens directs, il vous suffit de clicquer. Bon courage. Bonne lecture pour les courageux...

CHAP 1
- Ne m'appelez pas Benoît
http://www.berthomeau.com/article-4057915.html
- L'annonce faite à Madeleine http://www.berthomeau.com/article-4059168.html
- Le clan des femmes http://www.berthomeau.com/article-4064314.html
- Ce sera Benoît http://www.berthomeau.com/article-4074552.html
- Le bon dieu sans confession http://www.berthomeau.com/article-4250950.html
- Chantal http://www.berthomeau.com/article-4314945.html
- Tu n'es pas comme les autres http://www.berthomeau.com/article-4315414.html
- Benoît tu deviens moche http://www.berthomeau.com/article-4411366.html
- "Dieu a voulu des inégalités pas des injustices http://www.berthomeau.com/article-4412042.html
- Je me suis éveillé sur les coups de 5 heures de l'après-midi http://www.berthomeau.com/article-4497201.html
- Le clone de Giovanni Drogo http://www.berthomeau.com/article-4501489.html
- Mes premiers pas de révolutionnaire http://www.berthomeau.com/article-4567239.html
- La rue Gay Lussac http://www.berthomeau.com/article-4568104.html
- Libérez nos camarades http://www.berthomeau.com/article-4607910.html
- Les pathétiques et les lamentables http://www.berthomeau.com/article-4608555.html
- Benoît j'aime les filles http://www.berthomeau.com/article-4711951.html
- Les fenêtres du hasard http://www.berthomeau.com/article-4778236.html
- Débaptiser la Place Royale http://www.berthomeau.com/article-4789712.html
- Qui se souvient du 24 mai 68 ? http://www.berthomeau.com/article-4890733.html
- Moi je me souviens du 24 mai 68 http://www.berthomeau.com/article-4891163.html
- Elle c'est Marie http://www.berthomeau.com/article-4900515.html
- Le beurre de sardines http://www.berthomeau.com/article-4901407.html
- Ce sera Marie tout court http://www.berthomeau.com/article-5065306.html
- C'est lui...un monument à gravir par la face Nord http://www.berthomeau.com/article-5068395.html
- Bonjour, bonjour, les hirondelles http://www.berthomeau.com/article-5068395.html
- Charléty http://www.berthomeau.com/article-5122469.html
- De Gaulle a disparu http://www.berthomeau.com/article-5153768.html
- Nantes-Rennes à Marcel Saupin http://www.berthomeau.com/article-5160778.html
- Insula Oya http://www.berthomeau.com/article-5176165.html
- Marchand de vermoulu http://www.berthomeau.com/article-5178391.html
- Enchères à l'américaine http://www.berthomeau.com/article-5317938.html
- Pense aux femmes de marin http://www.berthomeau.com/article-5319489.html
- Cadeau de mariage http://www.berthomeau.com/article-5453787.html
- Le printemps de Prague http://www.berthomeau.com/article-5510925.html
- Le libertin http://www.berthomeau.com/article-5560476.html
- Opération Danube http://www.berthomeau.com/article-5595353.html
- La présentation de Marie http://www.berthomeau.com/article-5644390.html
- Allons-nous faire chambre à part ? http://www.berthomeau.com/article-5662036.html
- Le beurre blanc de maman http://www.berthomeau.com/article-5671526.html
- C'est encore un de ce fichus poivrots http://www.berthomeau.com/article-5753291.html

CHAP 2 :
- C'est le Chapitre 2 opus 1 :
http://www.berthomeau.com/article-5851259.html
- Marie fleur de mai opus 2 http://www.berthomeau.com/article-5851877.html
- Brejoux un mec réglo opus 3 http://www.berthomeau.com/article-5880945.html
- Le mou et le fort opus 4 http://www.berthomeau.com/article-5885525.html
- Brejoux un flic à l'ancienne opus 5 http://www.berthomeau.com/article-5890410.html
- Marie est morte opus 6 http://www.berthomeau.com/article-5896447.html
- La mortification opus 7 http://www.berthomeau.com/article-5949650.html
- C'est de votre âge opus 8 http://www.berthomeau.com/article-5950576.html
- When a man loves woman opus 9 http://www.berthomeau.com/article-5951424.html
- Les femmes sauvagines opus 10 http://www.berthomeau.com/article-5978445.html
- Le quai de la fesse opus 11 http://www.berthomeau.com/article-6070350.html
- "La culotte..." opus 12 http://www.berthomeau.com/article-6074932.html
- A wither sade of pale opus 13  http://www.berthomeau.com/article-6128104.html
- Je ne sais plus si j'ai rêvé opus 14 http://www.berthomeau.com/article-6128420.html
- L'ange exterminateur au sourire ironique opus 15 http://www.berthomeau.com/article-6138241.html
- Un combat perdu d'avance opus 16  http://www.berthomeau.com/article-6141811.html
- Le train de bidasses opus 17 http://www.berthomeau.com/article-6287391.html
- la cohorte des gris opus 18  http://www.berthomeau.com/article-6360623.html
- L'adjudant de gendarmerie opus 19 http://www.berthomeau.com/article-6362015.html
- Faiseuse d'anges opus 20 http://www.berthomeau.com/article-6435535.html
- Plus petite conne que moi, tu meurs ! opus 21 http://www.berthomeau.com/article-6481305.html
- On me mutilait opus 22 http://www.berthomeau.com/article-6497008.html
- Tu es ici chez toi opus 23 http://www.berthomeau.com/article-6553981.html
- Montparnasse opus 24 http://www.berthomeau.com/article-6601056.html
- Le wagon Sprague opus 25 http://www.berthomeau.com/article-6601184.html
- La révision des 50 000 km opus 26 http://www.berthomeau.com/article-6644561.html
- Que savez-vous de la ligne 14 ? opus 27 http://www.berthomeau.com/article-6645084.html
- Un flic ripoux en cavale opus 28 http://www.berthomeau.com/article-6648228.html
- Vous êtes un drôle de type Benoît opus 29 http://www.berthomeau.com/article-6654176.html
- J'ai bouclé l'amour à la consigne de la gare de Nantes opus 30 http://www.berthomeau.com/article-6676798.html
-  Pouffes en mules opus 31 http://www.berthomeau.com/article-6688206.html
-  Qui se souvient du soleil d'Austerlitz , opus 32  http://www.berthomeau.com/article-6701496.html

CHAP 3
- J'ai rarement vu un tel carnage http://www.berthomeau.com/article-6837037.html
- T'as qu'un amant petite pute, ton plumeau http://www.berthomeau.com/article-6864475.html
- T'es qu'un étron Dornier http://www.berthomeau.com/article-6865148.html
- Pour la 1ère fois de ma vie une envie de meurtre m'emplissait http://www.berthomeau.com/article-6878586.html
- Un rade enfumé plein d'arabes http://www.berthomeau.com/article-6879065.html
- Que tu le fasses cocu passe encore http://www.berthomeau.com/article-6880753.html
- Je veux voir Sylvie http://www.berthomeau.com/article-6884861.html
- Mon cher Mousset http://www.berthomeau.com/article-6880935.html
- Le genou est l'ennemi de la mini-jupe http://www.berthomeau.com/article-6885803.html
- C'est Sylvie qui portera la culotte http://www.berthomeau.com/article-6886034.html
- Sylvie partait en fumée dans la solitude http://www.berthomeau.com/article-7019453.html
- Mon marchand de gorets était un taiseux http://www.berthomeau.com/article-7032065.html
- T'en transporte trop dans ton ciboulot mon gars http://www.berthomeau.com/article-7032286.html
- On était sûr que tu viendrais la voir http://www.berthomeau.com/article-7032526.html
- Dieu qu'il est rassurant de maintenir les gens dans les bras rassurants de l'ignorance http://www.berthomeau.com/article-7032526.html
- Jean buvait du petit lait http://www.berthomeau.com/article-7032690.html
- Quand la mer est grosse c'est le patron qui tient la barre http://www.berthomeau.com/article-7049350.html
- L'idée est venue au plus con d'entre nous http://www.berthomeau.com/article-12167279.html
- Je ne carburerai plus qu'au Motéchandon http://www.berthomeau.com/article-12170865.html
- Tu ne me quitteras jamais http://www.berthomeau.com/article-12539863.html

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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 00:03

Sex-PistolsNever-Mind-The-BollocksFrontal.jpg

La provoc ça me connaît, je la pratique par pure facilité souvent, j'en connais à la fois les limites et les conséquences. En effet, la provocation, même gratuite, a un goût plus ou moins prononcé d'ambigüité, un parfum parfois trouble issu de son origine de basse police : le provocateur étant celui qui incite un groupe à la violence ou l'illégalité dans l'intérêt de la partie opposée, en l'occurrence les défenseurs de l'ordre. Les seuls provocateurs auxquels je reconnais du génie sont les créateurs. Comme je n'en suis pas un j'accepte sans peine de me faire renvoyer dans mes dix-huit mètres lorsque je pousse le bouchon trop loin. Tel n'est pas le cas de membres du fan club du concepteur du "Vin de bagnole" qui, sous prétexte, que j'ai eu dans une chronique du 20 septembre 2006 http://www.berthomeau.com/article-3895171-6.html, de ne pas trouver à mon goût, le "on s'en bat les couilles" associé à son génial nectar. Dans leurs commentaires tardifs (c'est la rançon du succès) Le père Pinard et Tintin me traînent dans la boue, je suis pour eux un quasi débile mental qui n'a rien compris aux intentions profondes de ce vigneron qui ose, à ses risques et périls, sortir des sentiers battus. Pire, je suis un acculturé de ne pas avoir goûté tout le suc de cette version vinaire d'un titre de l'éphémère groupe punk rock anglais les Sex Pistols "Never Mind the Bollocks". Don't acte, je couvre ma tête indigne de cendres pour n'avoir pas découvert cette filiation avec ces provocateurs de pacotille. Je bats ma coulpe. Je suis prêt à faire, en robe de bure, un pèlerinage à pied depuis Paris pour présenter mes plus plates excuses à celui qu'Olif dénomme le « couillu de Mesland». Comme ils semblent aimer la provoc, je signale à nos deux compères que leur idole, le sémillant retraité doré à Los Angelès, l'ex brailleur des SP, Johnny Rotten, vient de baver salement sur le retour de Sting et de son groupe Police en les qualifiant de « vieilles carcasses molles et mortes ». Normal, la provoc ça fait vendre, et les Sex Pistols, qui s'étaient séparés en 1978, vont remonter sur scène le 8 novembre, à Londres, justement pour fêter le 30e anniversaire de la sortie de leur seul album " Never Mind The Bollocks".


Bon tout ça ne serait qu'une tempête dans un verre de vin non sulfité si mes deux punks attardés s'en tenaient là. Qu'ils ne goûtassent point que je n'apprécie pas que certains dans le monde du vin, très mecs bien burnés, fassent de la provoc à deux balles sur la sécurité routière, libre à eux, ils travaillent en cela pour le camp d'en face qui veut nous réduire à une bande de pochtrons décérébrés et irresponsables. De plus ma critique ne se voulait ni moralisatrice, ni puritaine mais faisait appel au sens de la responsabilité. L'alcool au volant est un sujet difficile et faire de la provocation à 4 sous la livre sur une étiquette me paraît dérisoire. C'est mon droit sauf que, ce faisant j'attaque, selon mes détracteurs, moi qui reste le cul dans mon fauteuil, un brave petit vigneron qui trime sur ses hectares pour nous offrir un nectar naturel. J'admets avoir ironisé sur le prix du flacon. J'aurais pu éviter cette provocation facile mais ce n'était pas écrit sur l'étiquette que notre homme tirait les prix au mieux vu ses petits rendements. J'aurais du m'informer me dit-on. Venir acheter le vin à la propriété, tiens donc faudra que je dise ça à madame Michu ma voisine. Je n'en aurais d'ailleurs pas trouvé puisque notre homme a tout vendu. Mais jamais, au grand jamais je n'ai écrit que son vin n'était pas bon ou raillé son labeur. Donc en conclusion, je suis un méchant con qui fait de la peine à un brave vigneron. Moi je veux bien mais alors foin de la provocation trash, des Sex Pistols, de Sid Vicious et autres punks déjantés, déstructurés. Quand on se livre à de la provocation il faut accepter la contestation ou alors se contenter de jouer dans sa petite cour de récréation, entre soi, congratulations, et chansons pour pleurnicher que tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont des petits ou des vieux cons. Vive la victimisation !

Pour terminer cette chronique, je conseille au Père Pinard et à Tintin d'aller voir le film Persépolis, dans lequel l'héroïne, Marjanne Satrapi, à plusieurs reprises provoque les gardiens de la Révolution des mollahs iraniens, ces immondes mâles barbus, qui font la morale aux filles parce qu'elles portent des vêtements trop moulants qui mettent en valeur leurs formes et qui excitent ainsi leurs collègues garçons. Elle est provocante Marjanne mais elle l'est au péril de sa vie comme le lui dit sa mère, car ces gardiens de la morale, pour respecter la lettre du Coran, pourraient la marier de force, la faire déflorer et pouvoir ainsi la supprimer. De la provocation de ce calibre là, chapeau ! Alors que celle faisant référence à la quincaillerie des Sex Pistols me plonge dans une indifférence méprisante. Oui messieurs les deux punks non révisés Never Mind the Bollocks de vos couplets éculés. Vous me gonflez et, pour terminer en queue de poisson, revenir à la bagnole, moi le cycliste invétéré qui jajate grave, si je passe au feu rouge, je suis un con car je mets ma vie en péril. Alors que le mec ou la nana d'ailleurs, cul sur son siège de bagnole, qui fait la même chose, est un assassin en puissance. J'espère au moins, pour lui ou elle, qu'ils ne sont pas bourrés...

 

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 00:05
Comme j'aime beaucoup l'interview, de l'éminent et pertinent Directeur du CIVB, publiée sur le site pleinchamp.com, je vous en livre l'intégralité sur mon espace de liberté afin de me permettre, puisque je partage l'opinion de l'auteur de  "OPA sur la viticulture" qu'il faut confier le pouvoir économique aux professionnels, de poser une  question principale : comment traduit-on juridiquement les modalités pratiques d'une gouvernance économique responsable des grandes régions décentralisées? Par exemple comment traduit-on la représentativité économique des diverses familles professionnelles, en sièges et droits de vote, et la responsabilité des dirigeants élus ? Poser le problème simplement en terme de confiance n'a guère de sens pour des organismes, comme les interprofessions, qui sont par construction des structures où, qu'on le déplore ou non, les intérêts économiques sont parfois divergents entre les familles professionnelles et même à l'intérieur de celles-ci (l'alternance des présidences ne règle en rien cette question cruciale, elle permet souvent de remettre le vrai pouvoir entre les mains du Directeur qui assure la permanence de la gestion, ce qui peut expliquer la longévité de certains). Toute prise de décisions qui engagent l'avenir d'un vignoble suppose que l'on fasse des choix, il me semble donc crucial de sortir du flou artistique entourant l'exercice et la responsabilité du pouvoir. Enfin j'ajoute, pour sortir du débat posé en terme "de c'est la faute à qui ?" une question subsidiaire : pourquoi les Interprofessions n'ont-elles jamais eu recours à des Cotisations Volontaires (c'est-à-dire non rendues Obligatoires par l'Etat) pour conforter leur pouvoir économique ? Dans cette hypothèse elles se seraient exonérées de la tutelle de l'Etat. Enfin, une remarque de béotien, je croyais que les rendements dépendaient des textes votés par des professionnels, aussi bien dans les ex Syndicat de Défense qu'au Comité National de l'INAO. Et puis, pour la bonne bouche, Bordeaux a-t-il été ces quinze dernières années sevré de droits de plantation ?
publiée sur le site publiée sur le site pleinchamp.com,pleinchamp.com,dimanche 23 septembre 2007
 
 
 
   
L'information agricole
 
 
 

Trois questions à Roland Feredj

 
« Il faut faire confiance aux professionnels »

(Réussir Vigne Septembre 2007 - 11/09/07)
 
   
 
Roland Feredj, directeur du CIVB.
 
Roland Feredj, directeur du CIVB, est aussi l'auteur d'un opus au titre provocateur “ OPA sur la viticulture ” dans lequel il dénonce la mise au pas par l'État de la filière.
 
Cette situation n'est-elle pas due aux professionnels qui n'ont pas su se remettre en cause ?
 
On peut toujours critiquer les professionnels mais disposent-ils des outils nécessaires à la gestion de la filière ? Prenons l'exemple des interprofessions. Elles ont des missions de régulation économique. Comment peuvent-elles les remplir alors qu'elles ne fixent pas les rendements et ne décident pas de l'attribution des droits de plantation.
Le rôle de l'État devrait être de mettre en place des institutions pour permettre aux professionnels d'être responsables. L'État préfère s'occuper de tout et ne fait pas confiance à ces derniers.

Ce qui n'a pas empêché la viticulture française d'enregistrer quelques beaux résultats…
 
Ce qui prouve que les professionnels ne sont pas si mauvais. Mais on ferait bien d'observer ce qui se passe dans d'autres pays, notamment au Portugal ou en Italie ou l'État a émancipé de sa tutelle le secteur. La France est un pays extrêmement centralisé. Il faut faire une révolution en termes d'organisation.

À la lecture de votre ouvrage, vous fondez de grands espoirs sur la future réforme de l'OCM. Pourquoi ?
 
Le projet d'OCM est une chance. Sa philosophie générale tendant à séparer l'économie et le social est une bonne chose. Nous sommes aujourd'hui dans un système totalement ouvert. Soit on s'inscrit dans la régression, soit on libéralise et on en tire les profits sous réserve que l'application nationale de ces réglementations européennes soit moderne, avec une vraie décentralisation. Et là, c'est le moment ou jamais.

Claudine Gérard

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 00:02

1.jpg
Ce matin parlons peu mais parlons prix à la mode de Michel-Edouard Leclerc avec son comparateur de prix
http://www.quiestlemoinscher.com/ Ceux c'entre vous qui veulent l'expérimenter clicquent sur le lien et il se feront une opinion sur la pertinence de la démarche. Pour les autres, je vais vous livrer les résultats de  mes investigations sur des marques nationales : Cambras, JP Chenet, Listel, La Roche-Mazet et Vieux Papes (attention aux conditionnements) que j'ai rassemblé dans le panier pour faire tourner le comparateur. 

Cambras - Vin Français rouge Cambras 12° Castel frères, Bouteilles 4x75cl
Vous pouvez ajouter ce produit à votre panier

 

Tableau de comparaison
  E.Leclerc Auchan Carrefour Champion Cora Géant Intermarché Système U  
Ecart de prixAide   NS** NS*** NS** NS* NS** NS** NS*  
Prix moyenAide 5.90€* 6.01€ 6.52€* 6.30€ 5.76€* 6.98€ 6.58€ 6.25€*  
Nbr de magasinsAide 23 36 9 30 26 40 33 29

JP Chenet - Vin de pays Oc rouge Cabernet-Syrah 12°, Cubis 3L
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Tableau de comparaison
  E.Leclerc Auchan Carrefour Champion Cora Géant Intermarché Système U  
Ecart de prixAide   NS* NS*** NS* NS* NS* NS* NS*  
Prix moyenAide 8.48€* 9.04€* 8.18€* 8.95€* 9.25€* 9.08€* 8.98€* 8.90€*  
Nbr de magasinsAide 16 23 8 28 22 8 23 1

JP Chenet - Vin de pays d'Oc rosé Cinsault 12,5 °, 75cl
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Tableau de comparaison
  E.Leclerc Auchan Carrefour Champion Cora Géant Intermarché Système U  
Ecart de prixAide   NS** NS*** NS* NS* NS* NS** NS**  
Prix moyenAide 2.13€* 2.39€ 2.41€* 2.38€* 2.45€* 2.43€* 2.18€ 2.35€  
Nbr de magasinsAide 26 30 13 28 27 6 44 30

Listel - Vin de Pays Gris Listel Grain de Gris 12,5°, 75cl
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Tableau de comparaison
  E.Leclerc Auchan Carrefour Champion Cora Géant Intermarché Système U  
Ecart de prixAide   +11.9% NS*** -5.3% +14.3% NS* +6.1% +12.7%  
Prix moyenAide 2.44€ 2.73€ 2.92€* 2.31€ 2.79€ 2.94€* 2.59€ 2.75€  
Nbr de magasinsAide 36 37 14 37 30 29 35 30

Roche-mazet - VDP Oc Roche Mazet rouge Cabernet Sauvignon 12,5 °, 75cl
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Tableau de comparaison
  E.Leclerc Auchan Carrefour Champion Cora Géant Intermarché Système U  
Ecart de prixAide   +7.4% NS*** NS* NS* +3.7% +4.6% +6.9%  
Prix moyenAide 2.17€ 2.33€ 2.31€* 2.22€* 2.49€* 2.25€ 2.27€ 2.32€  
Nbr de magasinsAide 33 30 15 29 28 31 30 32

Vieux Papes - Vin de table rouge Vieux Papes 12°, 75cl
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Tableau de comparaison
  E.Leclerc Auchan Carrefour Champion Cora Géant Intermarché Système U  
Ecart de prixAide   NS* NS*** NS* NS* NS** NS* NS*  
Prix moyenAide 1.65€* 1.69€* 1.70€* 1.70€* 1.76€* 1.72€ 1.66€* 1.74€*  
Nbr de magasinsAide 22 24 13 15 26 42 11 26


LE PANIER (total des contenants 11,25 litres)

E.LECLERC 27,23 EUROS soit 2,42 euros/litre
AUCHAN 28,73 EUROS soit 2,55 euros/litre
CHAMPION 28,78 EUROS soit 2,55 euros/litre
SYSTEME U 29,09 EUROS soit  2,58 euros/litre
INTERMARCHE 29,12 EUROS soit 2,58 euros/litre
CORA 29,79 EUROS soit 2,64 euros/litre 
GEANT 30,73 EUROS soit 2,73 euros/litre
CARREFOUR  Résultats jugés non significatifs (nombre magasins insuffisants du au refus des relevés de prix).

Soit un écart de 0,31 euros entre le litre moyen le plus cher et le litre moyen Leclerc... A vos commentaires chers lecteurs !

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 00:03

Au premier abord, Gérard Bertrand en impose, pas seulement par son beau gabarit de 3 ième ligne, mais surtout par sa prestance, son air avenant et décidé. On se dit : c'est une force en mouvement. Impression confirmée par sa poignée de mains franche et ferme. En bon connaisseur des décideurs, dès notre première rencontre à Vinisud, dans ma petite tête, il a rejoint la case affectée aux leaders. Sans conteste, pour moi l'homme est un meneur d'hommes et, comme notre beau secteur, et plus encore le South of France, a bien besoin d'hommes de cette trempe, Gérard Bertrand m'intéresse. C'est donc avec un grand intérêt que j'ai suivi ces derniers temps l'évolution de son entreprise : la signature GB occupait le terrain, chez Nicolas par exemple, avec cohésion et un sens de l'opportunité tranchant avec le convenu habituel. J'attendais donc que Gérard Bertrand me donne l'occasion d'inaugurer une nouvelle forme de chronique, le portrait. C'est fait : Gérard Bertrand s'affiche ces derniers jours aux abords des gares parisiennes : " La Révélation des Vins du Sud". Le visuel est méditerranéen : le ciel, la mer, les vignes et le verre de vin proposé par notre homme solide et souriant. J'aime cette simplicité, directe, sans chichis, d'une élégante décontraction : chemise blanche ouverte sur blazer noir écussonné. Notre homme donne l'image de quelqu'un en phase avec son temps.
Un-dimanche-ordinaire-002.jpg

Comme je suis un vieux renard, derrière mon écran, je sens poindre chez vous, fidèles lecteurs, un soupçon d'ironie, comme une envie de me chambrer : ma plume si facilement, trop parfois, acérée, se serait-elle égarée dans l'eau bénite ? Me serais-je reconverti dans le cirage de pompes ? Que nenni, car ce qui m'intéresse derrière cet homme, qui dérange, bouscule, s'impose, c'est la stratégie qu'il développe pour son entreprise et sa région. Pour moi, Gérard Bertrand s'inscrit, et Dieu sait que certains vont estimer que je le plombe, dans la philosophie et la dynamique de Cap 2010. Lui ne se complaît pas dans les grands discours, les faux-semblants et l'immobilisme chers à beaucoup de ses collègues du grand Sud. Il agit, donne au concept de bassin de production, aujourd'hui dévoyé, tout son sens, toute sa force et, surtout, toute sa pertinence économique. A partir du noyau dur de son Domaine de l'Hospitallet, et des 325 ha de ses vignes, il draîne autour de sa signature, qui est une marque, une gamme de vins régionaux adaptée à l'ensemble des marchés et aux attentes des consommateurs d'ici ou d'ailleurs. Entre le small is beautiful qu'adorent les zélateurs des vins de propriétés et les big brothers débiteurs de millions de cols marquetés, le type d'entreprise développé par Gérard Bertrand, et d'autres à qui je consacrerai des chroniques futures, me semble être adapté au besoin qu'à la France de densifier sa force de frappe dans le coeur de gamme. Mobilité, réactivité, explosivité, solidarité du collectif, éclosion des talents individuels sont les maîtres-mots du rugby moderne. Appliqués à notre secteur, au Grand Sud surtout, qui doute, se recroqueville, cherche des boucs émissaires, ils trouvent leur pleine signification dans ce type d'entreprise, à taille humaine, 80 collaborateurs, dynamisée par la personnalité et le charisme de son fondateur. 

Traduit en chiffres c'est 12 millions de cols par an, 25% en vins de propriétés et 75% en vins de négoce,  commercialisés dans les circuits GMS et CHR ; c'est un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros en 2007 dont 40% à l'export dans plus de 40 pays ; c'est enfin de l'oenotourisme autour du château de l'Hospitalet. C'est une croissance remarquable, le CA était de 3 millions d'euros il y a 5 ans, qui recèle un potentiel de développement fondée sur une stratégie claire : " devenir le leader des vins premium du Sud de la France. Il y a dix ou quinze ans, vendre une bouteille de vin reposait à 60% sur la qualité. Aujourd'hui, il faut un tiers pour la qualité, un tiers pour le réseau de distribution et un tiers pour le marketing." souligne Gérard Bertrand. Enfin, pour terminer ce portrait, je ne résiste pas au plaisir de mettre en lumière le dernier projet de Gérard Bertrand : son partenariat exclusif avec les 4 coopératives de l'appellation Tautavel qui représentera 85% de l'offre commerciale de celle-ci. L'ambition de révéler les terroirs du Grand Sud, et Dieu sait que celui de Tautavel est remarquable, passe par la conjugaison des savoirs faire : tout commence dans les vignes "un raisin de qualité pour un grand vin", rendements maîtrisés, maturité, se continue dans l'art de l'assemblage pour valoriser, par une signature reconnue, le fruit du travail des hommes et des femmes. De son père, Gérard Bertrand dit avoir reçu en héritage son esprit pionnier, sa pratique du rugby de haut niveau lui a donné le goût du défi et de la performance, c'est un leader naturel, sa stratégie me semble pertinente, c'est pour toutes ses raisons qu'il m'intéresse.        

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24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 00:02

 

Un-dimanche-ordinaire-021.jpg

Qui se souvient de Jack Kerouac ? Un nom, qui sonne bien breton, récupéré par une marque de luxe : Hogan pour l'un de ses modèles de baskets (voir photo). Etrange destinée pour ce fils de Québecois né en 1922,  à Lowell, Massachusetts. Son père, Leo Alcide Lebris de Kerouac, est ouvrier imprimeur, dans cette cité industrielle, où on les appelle des con-ass - des "culs de ratons laveurs" - et sa mère, Gabrielle Ange Levesque, appelée "Mémère", s'occupe, elle, de ses enfants. En réalité il se prénomme Jean-Louis et, en dépit de drames familiaux : Gérard son frère aîné meurt à l'âge de 9 ans et son père perd son emploi à la suite de la crue dévastatrice de la Merrimack, Ti-Jean va se voir offrir une bourse pour aller à l'Université, non qu'il soit un bon élève, mais parce qu'il constitue une excellente recrue pour l'équipe de football. A 16 ans, il est admis à la prestigieuse université Columbia mais, comme il se casse une jambe au début de la saison 1940-41 il doit renoncer au football. Désorienté, il quitte l'université et va survivre de petits boulots dans le New-York des hipsters - "branchés" - des bars de Greenwich Village. Vie d'insouciance qui tranche avec le puritanisme laborieux du reste de l'Amérique : plutôt que le travail et la crainte de Dieu c'est la soif de sensations nouvelles qui anime ce monde de la nuit. Avec ses compères : Allen Gisberg, Neal Cassidy et William Burroughs, Jack Kerouac sera l'initiateur du mouvement symbolique de cette Amérique des années 1950 et 1960 : la Beat Génération.

Au départ, quand ces zonards sont en manque, ou fauché, ou les deux, ils laissent tomber cette expression : "man, I'am beat" - mec, j'suis foutu - Elle sera reprise par Kerouac, un soir en 1948, mais pas dans le sens de "laminée", de "cassée" mais dans un sens plus musical et religieux : une forme de béatitude. Bref, avec la publication, en 1957, de son livre-culte : On the road, Sur la route, Jack Kerouac devient le symbole de la liberté, de la contestation des valeurs bourgeoises et de la révolte contre un monde soumis à la consommation. La Beat Génération sera à l'origine de la vague protestataire : mai 68 en sera l'apogée politique et Woodstock le sommet musical. Des beatniks aux hippies, c'est le "cool", le mythe de la route, Bob Dylan, les manifestations pacifiques contre la guerre du Vietnam. Plus proche de nous, Lou Reed, Patti Smith, Alan Vega, Kurt Cobain le chanteur de Nirvana et U2 plongeront les racines de leur inspiration dans la fascination de la Beat Génération. C'est ce qu'on bien compris les concepteurs de Hogan : la transgression soft. Le luxe s'empare des "valeurs" d'un mouvement vicéralement opposé à l'argent. Ainsi, en chaussant une paire de baskets à 300 euros, les nouveaux hipsters friqués, se donnent des petits frissons de révoltés. C'est de la récupération de mythes. Le discours prime sur la réalité historique. Face, à une certaine forme de retour de l'ordre moral, on fait de Kerouac une marque pour jeunes gens en manque d'idéal. Tout s'achète.

Certains vont me faire remarquer que mes propos de ce matin sont bien éloignés des préoccupations de ceux qui font et vendent le vin. J'en conviens mais, comme toujours, je ne suis pas totalement innocent. Le sanitairement correct, l'élitisme triomphant, le retour à la terre qui ne ment pas, l'hypocrisie ambiante aussi, éloignent le vin de toute forme de transgression. Plus personne n'ose le border line. Le modèle social, c'est la vie de château ou le petit lopin de terre du vigneron respectueux de son terroir. Entendez-moi bien, je n'ironise pas. Simplement, cette déconnection me semble laisser de côté un large pan d'une contre-culture qui, en dépit de ses excès, de ses débordements, a été le terreau d'un vaste mouvement d'émancipation. Face à la récupération soft des bobos par les classieux de Hogan, un peu à la manière des vignerons d'Embre et Castelmaure conjuguant modernité et fidélité à leur histoire, j'aimerais que le monde du vin sorte un peu de son passéisme, de ses rituels compassés, casse ses codes, pour se reconnecter sans honte avec un monde urbain en soif de fête, de lien social, de jeunesse se passe. Comme la vague qui monte et se creuse, les grands mouvements historiques ne meurent jamais.       

Un-dimanche-ordinaire-054.jpg

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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 00:03

Chers lecteurs,

Une erreur de programmation a fait que la mise en ligne des 2 derniers épisodes de mon petit roman a été inversée : en effet, L'idée est venue au plus con d'entre nous publié le 16 septembre devait précéder Je ne carburerais plus qu'au Motéchandon publié le 9 septembre. Toutes mes excuses pour ce méli mélo.

Ce dernier chapitre je venais de l'écrire d'une seule traite, comme un halluciné. Cerné par mes souvenirs  j'avais hâte d'en finir. Bourré d'amphétamines  mon cerveau douloureux, tel une pelote d'épingles, expulsait le passé. Jasmine me veillait. Me lavait. Elle s'était mise en congé maladie. Raphaël assurait l'intendance. Mon estomac refusait toute forme de nourriture solide. Jasmine me nourrissait de jus de légumes qu'elle m'ingurgitait presque de force en me câlinant comme un gamin anorexique. Mes seuls instants de paix je les trouvais lorsque Jasmine et Raphaël entamaient, dans mon dos, des jeux de mains silencieux à même la moquette. Leurs caresses, tels des onguents d'huiles essentielles, réconciliaient mon corps endolori avec ce qui me restait d'envie de vivre. Je cessais mon labeur infernal. Me laissais aller sur mon fauteuil. J'attendais l'incendie de Jasmine. L'instant où, tison ardent, elle se soumettrait à son seul plaisir. Raphaël, avec son air de grand mec gêné aux entournures, dès le premier soir, lorsqu'il lui avait tendu le bouquet de fleurs, en bredouillant un speecht qui voulait dire que c'était moi qui les avais choisi mais que j'avais voulu que ce soit lui qui les lui offre, l'avait fait rire. A aucun moment elle n'avait chercher à le séduire car elle savait déjà que c'était un puits de tendresse qui ne demandait qu'à se transformer en geyser. Jasmine la lionne capitulait. Devenait la biche brame au clair de lune et moi je me laissais aller à penser à Marie. Mes yeux restaient secs. Il fallait que j'en finisse. L'éruption qui jaillissait dans mon dos de nouveau courbé me laissait de marbre. Tel un stakhanoviste endoctriné j'alignais mes phrases avec une ardeur tétue.

L'imprimante ronronnait. Les feuillets chauds s'entassaient dans le bac. Jasmine taillait mes cheveux mouillés et les boucles grisées formaient un cercle incertain autour de mes pieds nus. Dans la cuisine, Raphaël, préparait du café. A la radio l'écho du monde me retombait dessus. Apaisé après une traite de sommeil dont j'ignorais la longueur je m'étais levé en décrétant que je voulais m'acheter un costume et une paire de pompes. C'est Raphaël qui me rasa, sous le regard inquiet de Jasmine, avec son coupe-choux au fil impeccablement aiguisé. Je me sentais neuf, acéré et les tartines de pain frais beurrées me calfataient. Par bonheur, la prévoyance de Jasmine me sauvait du désastre : elle stockait dans sa penderie une part de ma garde-robe qui, sans elle, aurait connu le sort de toutes mes affaires d'errant, à la poubelle dans un sac plastique. Je flottais dans le pantalon tellement j'avais maigri. Jamais en reste Jasmine me dégotta une paire de bretelles rouge. Pour lui faire plaisir, même si je trouvais que j'avais l'air d'un mec qui se la joue jeune, je laissai pendre mes pans de chemise et je ne boutonnai pas mes manches. "T'es beau comme un dieu, mon coeur..." décrétait-elle en passant de la cire sur mes cheveux. Raphaël approuvait. Au risque de vous paraître prétentieux j'en avais pleine conscience. Je me sentais beau. Mon corps épuré s'éveillait prédateur. Plaire ! Séduire ! Dans le taxi qui nous menait chez Victoire, au faubourg St Honoré, Jasmine pelotonnée dans le creux de mon épaule me murmurait " tu ne me quitteras jamais, hein ! "        

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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 00:03


J'ai balancé intituler ma chronique : bleu, blanc, rouge, mais cette appellation détournée, comme Jeanne d'Arc, par le détrousseur de vieillard cacochyme, m'est apparue, à la réflexion, comme une provocation inutile. Donc ce sera Bleu comme mes Veja ; Blanc comme le marbre d'un souvenir éternel et Rouge comme le drapeau du même nom.

BLEU comme mes Veja bleues... Un-dimanche-ordinaire-053.jpg
BLANC comme le marbre d'un souvenir éternel...


Corse-juillet-2007-070.jpg 

ROUGE comme le drapeau rouge...

" Un jour on fit cadeau à Berlinguer * d'un magnifique perroquet. Il chercha à instruire le volatile multicolore, et d'abord à lui faire chanter l'hymne communiste, Bandierra Rossa. Mais, chaque fois que le patient pédagogue insistait, le perroquet entonnait l'hymne fasciste, All'armi, siam fascisti. Sur les entrefaites, de la lointaine Russie, Brejnev * arriva à Rome pour faire une visite surprise au bureau de Berlinguer. Le secrétaire du PCI *, pris de peur devant la dissidence du perroquet qui pouvait se mettre à chanter l'hymne fasciste, enferma son volatile indiscipliné dans le réfrigérateur. A la fin de la conversation, Brejnev se leva, ouvrit le frigo comme s'il voulait prendre à boire, mais au lieu d'une bouteille, il sortit le perroquet à demi gelé. Il le plaça sur le bureau de Berlinguer, et soudain le perroquet entonna à plein gosier Bandierra Rossa. " Tu vois, un peu de Sibérie fait toujours du bien", expliqua amicalement Brejnev à son camarade Berlinguer. Au fond, ce sont là, à la manière d'Esope, les rapports PCI-PCUS *."

Historiette contée par Maria-Antonnietta Macciocchi * in Deux Mille ans de bonheur 

* Secrétaire-général du Parti Communiste Italien (PCI)
* Secrétaire-général du Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS)
* exclue du PCI par Berlinguer pour déviationnisme.

Ce texte est dédié à tous ceux qui sont allés se goberger avec la Nomanklatura des pays frères et qui n'ont jamais rien vu, ni entendu et, à ce jour, toujours rien compris... 

 

 

 

 

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