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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 00:03

" Moi j'étais pomponnée comme une poupée. On me passait tous mes caprices. A quatorze ans j'étais une grande asperge à la poitrine déjà généreuse qui passait son temps à se faire les ongles en écoutant Salut les Copains. Les hommes de maman lorgnaient de plus en plus sur moi ce qui agaçait profondément maman. Moi je trouvais ça très excitant. Je ne manquais aucune occasion de me balader en petite culotte lorsqu'ils allaient se réajuster dans la salle de bains. Papa plongeait dans un silence triste. Maman passait de plus en plus de temps devant son miroir et, elle aussi, elle s'assombrissait. Brejoux, depuis un bon moment, muté dans la région parisienne, ne venait plus chez nous. Papa s'est noyé dans l'étang des Mares, tout près de chez nous. Maman a beaucoup pleuré. Le noir lui allait bien. Le curé a refusé d'enterrer papa à l'église, ça a beaucoup affecté maman. Brejoux est venu pour l'enterrement. Il a couché à la maison. Le matin, au petit déjeuner, il m'a dit que j'étais une bien belle pousse puis il est reparti. Maman n'avait plus de goût à rien, les hommes se faisaient rare chez nous, comme si la mort de papa privait maman du ressort qui animait sa drôle de vie. 

Quand papa s'est suicidé je venais tout juste de fêter mes seize ans. Papa m'avait offert une mobylette bleue. C'est à son enterrement que j'ai vu pour la première fois Denis Fort, le tout nouvel adjudant-chef de la gendarmerie. Une belle gueule, blond comme le blé, des yeux si clairs qu'ils en étaient durs, de belles mains, des bottes noires, et une manière arrogante de porter l'uniforme ridicule des gendarmes. Quand nos regards se sont croisés au cimetière je me suis sentie dénudée et le feu qui couvait déjà entre mes cuisses est devenu ardent. Dès le lendemain, en dépit du deuil, je virevoltais à mobylette, cuisses à l'air, autour de la caserne. Le soir, au carrefour des Grands Champs, la petite Renault 4 bleue stationnait sur le terre-plein central. C'était lui en civil. J'ai jeté ma mobylette dans le fossé. Il n'a pas bougé. Je suis allé droit sur lui. Sans me dire un mot, il m'a soulevé, m'a posé sur le capot et comme je ne portais pas de culotte il m'a dépucelé avec beaucoup de douceur. C'était un véritable étalon insatiable. Bon père de famille, comme j'étais mineure il déployait des trésors d'imagination pour que nos ébats tumultueux n'éveillent aucun soupçon. Je trouvais cela très romantique. Et puis, bien sûr, un beau jour, je me suis retrouvé enceinte. 

En complément de ma chronique de vendredi : quand la Chine s'éveillera, une initiative française originale de tourisme oenologique, dans le Bordelais www.lawinery.fr allez-y faire un petit tour virtuel...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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