Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 00:04

" Moi c'est Benoît, flic ripoux en cavale. L'autre enflure d'indic c'était mon miel à la grande époque. Te bile pas Raphaël personne ne me recherche. Je n'intéresse plus personne, sauf Jasmine. Si ça te dit accompagne-moi chez elle. Une chouette de belle fille Jasmine. Une reine aux yeux tendres. Je crois que tu lui plairas. Elle adore les mecs qui virent vers la cinquantaine, ça la rassure. T'es marié, Raphaël ? Non. T'es libre alors ? Pas tout à fait. Qu'importe Jasmine a le coeur aussi chaud que l'arche de ses cuisses. Tu dois me prendre pour un barge et tu n'as pas tout à fait tort. Ne fais pas non de la tête, c'est ce que tu penses et ça ne te déplaît pas. Tu rêves de te décoincer Raphaël. Avec une vieille trique comme moi tu fais le bon placement. Pour commencer ta thérapie y'a pas mieux que le Mojito. Quand nous aurons notre dose, pas la murge bien sûr, mais juste ce qu'il faut pour nous mettre en ligne, on passera aux choses sérieuses. Ca te va ? Bien, tu n'es vraiment pas très contrariant Raphaël. A mon avis ce n'est qu'une façade. Tu te planques mais comme t'es tombé sur un expert mondial en duplicité, avec moi t'es mal barré. Comme tu l'as remarqué, sans prévenir, dès que tu m'a rejoint au bar, je t'ai tutoyé. Vieux réflexe de flic qui flaire l'embrouille. Tous des suspects en puissance. Bon, je caquasse comme une chaisière ménauposée. Faut dire que je viens de passer un mois emmuré. Toi t'as pris des couleurs. On s'en jette un dernier pour la route et on file dans le XIIIème, près de la caverne à bouquins de Tonton. C'est là qu'elle crèche ma coiffeuse de Jasmine."

La plongée dans les profondeurs d'Eole depuis la bouche de la place du Havre m'impressionnait. Ces messieurs les ingénieurs, dans la démesure du chantier, avaient rerouvé la veine du film Brazil avec l'entrelacs des escalators, la plongée des escaliers larges comme des boulevards, la froideur des dallages minéraux, la démesure des rotondes gigantesques et l'infini du quai où s'étiraient les deux longs serpents de verre gainé d'acier. Raphaël me suivait en portant un sac de victuailles dans les bras. Moi, tel un vainqueur du tour de France, je trimballais une brassée de fleurs. En effet quand nous étions sorti de l'épicerie italienne, où j'avais acheté les ingrédients pour la pasta et le liquide qui va avec, Raphaël, me tirait par la manche. " Vous ne pensez pas qu'elle apprécierait que nous arrivions aussi avec des fleurs..." Ca m'avait coupé la chique. Ce garçon me rappelait quelqu'un, mes jeunes années. Je prenais vraiment un coup de vieux. Pour faire bonne figure je partais dans un grand rire pas très crédible. " Tu es un gentleman Raphaël, Jasmine va fondre. Elle adore les mecs qui ouvrent les portes aux filles..." Quand nous étions entrés dans sa boutique, la fleuriste, avait eu une sorte de haut le corps en me voyant. Il faut dire qu'avec mes cheveux ébourrifés, ma barbe broussailleuse et mon survêtement élimé, dans lequel je flottais comme une bite molle dans un vieux préservatif déséché, j'en jetais un maximum. Pour ajouter une touche supplémentaire, mes tongs me donnaient un air d'estivant à la masse. Pour Jasmine je fis une glane de fleurs naïves et j'exigeai qu'on les laissât libres. Le chichiteux des bouquets emmaillotés m'exaspérait. Raphaël, pantois, devait se demander si notre périple n'allait pas tourner au n'importe quoi.

 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

commentaires

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents