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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 00:11

Debout, un des VRP, rouge crête de coq, bedaine au vent, en bras de chemise éructait " Putain de merde ! En plus cette salope bronze à poils..." Son voisin tendait les mains pour la toucher. Sylvie, du bout du pied, le repoussait tout en commençant de roulotter son string au haut de ses cuisses. La cocotte allait exploser. Tous les types faisaient cercle autour de la table où Sylvie venait de se propulser. La patronne, d'une voix blanche, me lançait " ça va mal finir... " Dopée par la meute Sylvie continuait son oeuvre. Le bout de tissu passait le cap des genoux. L'étau se resserrait. Inconsciente Sylvie s'accroupissait. Je me levais alors qu'elle brandissait à bout de bras le triangle de soie. Les types trépignaient. Sylvie le leur lançait à la volée. La meute se ruait dessus. Je me retrouvais face à elle. Son pubis bien taillé donnait au débouché de son bassin étroit des allures de gamine pré-pubère. Je la recueillais dans mes bras. L'homme à tout faire lui tendait un peignoir de boxeur. La meute s'entredéchirait pour le bout de tissu. Sylvie flottait dans le peignoir trop court " j'ai l'air tarte..." Je lui répondais qu'elle me ressemblait. Pour la première fois son rire se lâchait, enfin enfantin. Ses doigts serraient fort le gras de mon biceps. " J'ai fait ça pour toi..."


Atterré, bouffi de honte, je me sentais sale. Disparaître, ne plus sentir la tiédeur de sa cuisse contre la mienne, ne plus entendre son babil tendre, reprendre le fil de ma vie d'avant. Mais comme y'avait plus de vie d'avant, à coup de grands verres pleins, je descendais une grande part d'un flacon de Johnnie Walker. Sans même que j'eus à le lui demander Sylvie avait allongé le fric. Mentalité de soumise. Me voir jouer à ce jeu de merde me donnait envie de gerber. Qu'importait, oublier ! L'alcool glissait. Indifférent à sa morsure je l'entassais. Seules mes mains m'obéissaient. Entre chaque prise, elles pétrissaient les seins de Sylvie. Leur chaleur me rassurait. Plus rien autour de moi n'existait. Je sombrais. La terre s'ouvrait. Mes entrailles s'épandaient. Mon phallus me crucifiait. Plus rien que le ressac de la poche initiale, la tiédeur de ma bulle amniotique, la dissolution définitive. Partout des pointes acérées, le lit tanguait. J'étais allongé sur une planche à clous. Goût de punaises écrasées, langue et palais liés par une fiente visqueuse, je ne pouvais soulever mes paupières. Crâne bardé de plomb, tempes enserrées dans les rets implacables d'un étau, les premiers spasmes se levaient. Monstrueux, ils me nouaient les tripes. On me relevait. Je dégueulais dans une bassine à grands lampées. Et puis ce fut du fiel, amer. On me tamponnait le front avec des serviettes fraîches. Plein de frelons mon crâne grésillait. De la sueur glacée marbrait mon dos. Mes hoquets exhalaient de la pestilence. Des baisers apaisaient mes frissons. On me portait jusqu'à la selle. Je me vidais. On me recouchait. Allongé en chien de fusil, à nouveau foetus, je sentais une forme ferme s'y encastrer. Je ne sais plus si j'ai rêvé.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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