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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 00:05

 

Bernard Magrez, qui a le sens de la formule choc, la première fois où il vint me rendre visite après la publication de mon rapport, dans le petit bureau du 2d étage du 232 rue de Rivoli où je l'avais écrit,au cours de notre conversation me fit cette remarque pertinente " tant qu'à Bordeaux on n'aura pas compris que le Bordeaux est un vin de statut on continuera de le vendre comme des marchands de vin..." Cette remarque frappée au coin du bon sens devrait faire réfléchir tous ceux qui s'échinent, et plus particulièrement les autoproclamés petits génies du marketing, à donner un sexe au vin. Pour plaire, pour séduire, pour emporter l'adhésion le vin à l'avantage, par rapport au vêtement par exemple, ou au parfum, de jouer sur les deux registres : comme pour l'être humain le partage entre la part masculine et la part féminine relève d'une alchimie secrète. Le fait que les femmes furent, pour des motifs religieux ou des tabous sociaux, pendant longtemps tenues à l'écart du vin et que, jusqu'à ces dernières années, le divin nectar restait l'apanage des mâles, n'enlève rien à la justesse de mon affirmation. De plus, le vin étant un produit de partage lui attribuer un sexe impliquerait la mise sur le marché de vins gay, de vins bi, de vins pour les tenants de la chasteté...

Fort bien me rétorquera-t-on mais le divin nectar est logé dans une bouteille ou bip et habillé d'une étiquette, alors rien n'interdit de parer la belle comme le font les couturiers, les parfumeurs ou les L'Oréal... Certes, mais pour autant bidouiller des soi-disant vins de filles, des vins de nanas, des flacons roses ou des références appuyées à des fragances, ou tout autres fanfreluches connotées sexy, en laissant accroire aux gogos qui font le vin que ça va faire péter les ventes auprès des Ginette, des Jennifer, des Laetitia, des Vanessa, des Jessica, et autres Simone, Aurélie, Elodie, Emilie et Marie... qu'elles soient caissières au Super U de Romorantin, ingénieures chez HP à Echirolles, avocates au barreau de Hazebrouck, gardes-barrières à la Roche-Migennes, agricultrices à St André Goule d'Oie, femmes au foyer à Corbeil-Essonnes, boulangères rue Lepic dans le XVIIIème à Paris, et j'en passe pour ne pas débiter l'intégralité de la taxinomie des catégories socio-professionnelles de l'INSEE. De plus, nos bricoleurs et bricoleuses made in France en seront d'accord avec moi : la ménagère de moins de 50 ans de l'hexagone n'a pas grand chose à voir, surtout en ce qui concerne ses habitudes alimentaires, avec celle de Birmingham, de Göteborg ou de Lodtz...

Tout ça pour dire que, le vin étant devenu un produit de consommation occasionnelle, une de ses fonctions essentielles, comme pour tous les signes extérieurs de statut social, c'est de valoriser son image, en l'occurence ici, de celle qui l'achète pour le mettre sur sa table pour une fête de famille, ou le consommer avec des copines au bar lounge après le turbin, ou le commander pour accompagner un déjeuner d'affaire, ou l'offrir à des amis chez qui l'on va dîner. Les marques de Champagne, les grands crus de Bordeaux, les must de Bourgogne, les signatures, telles celle de Guigal ou de certains vignerons stars, l'ont bien compris. Ils sont prescripteurs de tendance et, le plus souvent, les tendances sont de plus en plus unisexes. Elles touchent de façon différentes les catégories sociales, permettent parfois de définir des socio-types, peuvent être transversales du fait de perméabilité étonnantes : la fureur des petits Vuitton blanc à motifs de couleurs chez les 9-3 par exemple, modèlent sur le moyen terme des nouveaux modes de consommation. Il faut donc labourer profond avec les instruments ad hoc. Alors, de grâce, en paraphrasant Clémenceau, " la guerre est une chose trop importante pour la confier à des militaires" ne nous laissons pas enfumer par de soi-disants spécialistes. Il en faut, bien sûr, mais la responsabilité des choix stratégiques n'est pas entre leurs mains.

Une récente étude IPSOS confirme mon approche. A la question : " quels sont pour vous les critères d'achat les plus importants pour le vin ? " les acheteuses placent en tête, comme pour n'importe quel bien de consommation, le prix, puis le menu qu'il doit accompagner et la région de production. Les aspects extérieurs arrivent en dernière position. L'important c'est donc le couple prix/occasion avec pour corollaire l'origine. Traduit en français : le contenu du menu dépend de qui on reçoit, donc le vin et son origine obéissent aux mêmes règles sociales. Le prix n'est alors qu'une résultante de l'affirmation statutaire : à combien j'estime le coût que je veux consacrer à celle-ci ?  Certains, surtout les esthètes dégustateurs, vont trouver que, comme d'habitude, je pousse le bouchon un peu loin, que je force le trait, qu'ils se détrompent : pour une majorité de nos concitoyens, hommes ou femmes, le vin est d'abord un vecteur de reconnaissance sociale. Alors, foin des pseudos innovations, ce qui compte c'est de réinstaller le vin dans la société, de laisser dire pour lui : " c'est quand on veut, comme on veut entre adultes consentants..."

 

Les Femmes et le vin

  Lundi 20 Juin 2005

 Oenologues, sommelières, viticultrices ou négociantes, les femmes investissent aujourd’hui sans complexe toutes les filières professionnelles du vin. Cette réussite récente ferait presque oublier les préjugés qu’elles ont du combattre.

 



 
Histoire d'un tabou

" L'ange de l'Eternel répondit à Manoah: La femme s'abstiendra de tout ce que je lui ai dit. Elle ne mangera rien du produit de la vigne, et elle ne boira ni vin ni boisson enivrante, et elle ne mangera rien d'impur. " Cette citation tirée de la Bible (Livre des Juges, chapitre 13) illustre à merveille la façon dont la femme a été tenu éloignée du vin pendant des siècles par les religions et les sociétés. Durant l'Antiquité, il n'était pas rare qu'elle soit menacée de sanctions très sévères, voire de peine de mort. Ainsi, les prêtresses de Babylone vivant sous le règne d' Hammurabi (1792-1750 av J.C.) étaient enterrées vivantes lorsqu'elles s'aventuraient à boire de l'alcool.

Jean-Pierre Corbeau, Professeur de Sociologie de la consommation et de l'alimentation à l'Université de Tours, a analysé ce tabou historique qui repose, selon lui, sur trois grandes croyances :

- l'incompatibilité du vin et de la fonction reproductrice de la femme

- la femme et son sang menstruel impur risque de souiller le vin, breuvage pur et divin

- boire du vin est l'apanage de femmes sans moralité : prostituées, femmes légères, concubines, femmes adultères

Femmes aux Wine Women Awards

Conjointement à l'amélioration de la condition féminine, les tabous tombent au cours du XXe siècle, sans toutefois disparaître totalement. Dans les années vingt, la cigarette comme le vin sont des moyens de se poser en pied d'égalité face aux hommes. Ils deviennent des symboles servant la cause féminine mais restent réservés à une certaine élite artistique et intellectuelle. La véritable avancée en la matière a lieu à partir du milieu des années 60 sous l'impulsion du mouvement féministe. Paradoxalement, les progrès s'accompagnent de nouveaux préjugés aujourd'hui fortement enracinés. Le plus courant d'entre eux s'appuie sur l'idée que les femmes ne peuvent aimer les mêmes vins que les hommes. La qualification de " vin de femme " -qui ne se veut pas forcément péjorative- désigne généralement un vin sucré et flatteur au palais. Or, si les femmes ont tendance à préférer ce type de vins, il est probable que ce soit par manque d'éducation œnologique et non par goût inné.

La femme est l'avenir du vin

Depuis une vingtaine d'années, une véritable révolution de la consommation du vin est à l'œuvre dans les pays occidentaux. La femme est désormais responsable des achats de vin dans les familles. Ce serait le cas à 70% en Allemagne, à 80% aux Etats-Unis, et à 78% pour les achats en grande surface en France. Dans les pays anglo-saxons, les femmes ont trouvé un pendant à la bière de leurs conjoints et trempent volontiers leurs lèvres dans un verre de vin en sortant du travail. Leur héroïne Bridget Jones est d'ailleurs une adepte du Chardonnay.

femmes et vin

En devenant consommatrices, les femmes dictent un nouveau comportement à l'ensemble de la société. Elles veulent boire moins mais mieux, sans mettre danger leur santé et en privilégiant une approche vin-plaisir dans des occasions exceptionnelles et festives. Ceci explique en partie la part croissante des buveurs occasionnels en France qui devrait encore augmenter dans les années à venir, au détriment des consommateurs réguliers.

Comme ce comportement est également celui des jeunes générations et que l'on sait qu'il va dominer à terme toute la société, les femmes sont devenues des cas d'étude privilégiés. Consommatrices, précurseurs d'un nouveau mode de consommation, les femmes sont également devenues des cibles marketing et des clientes de choix courtisées par les gros groupes industriels. Beringer Blass envisage ainsi de lancer un vin spécialement destiné aux femmes : il s'appellera " White lie Early Season " et devrait être moins alcoolisé, moins sucré et calorique. Après le vin sans alcool, le " vin light " ne restera sûrement pas l'ultime tentative de séduction des professionnels du vin vis-à-vis des femmes.

Sophie Morin du Château La Villatade
 
Les Wine Women Awards : le premier concours de vin consacré aux femmes
La finale de la première édition des Wine Women Awards a eu lieu jeudi 16 juin dans les salons de l'Hôtel Bristol en présence de nombreuses personnalités. Associé à l'événement, OOVIN.com a couvert la soirée.
Les associations :
Depuis les années 80, les femmes travaillant dans le milieu du vin s'organisent au sein de différentes structures regroupant viticultrices, journalistes ou oenologues. En 2003, plusieurs associations allemande, française, espagnole, grecque, suisse et hongroise s'unissent afin de créer la fédération " International Associated Women in Wine " (IAWW).
Petit florilège des associations de femmes dans le monde :

en Grèce :
- "Greek Women of Wine"
www.womenofwine.gr.

en France :
- "Etoiles en Beaujolais" www.vins-du-beaujolais.com. Rassemble douze viticultrices depuis 1998.
- "L'ordre des Dames du vin et de la Table" est une confrérie fondée en 1985.
- "les Aliénior du Vin de Bordeaux" est une association créée en 1994.
- "Femmes et vins de Bourgogne".
www.fevb.net. Créée en 2000 par six Bourguignonnes.
- "Femmes Vignes Rhône".
www.femmes-vignes-rhone.com (site en construction).

en Autriche :
- www.weinschwestern.gmxhome.de.
Fondée en 1986, cette association regroupe environ 35 membres.
- www.11frauenundihreweine.at:
onze femmes productrices de vin se sont regroupées dans cette association en 2000.

aux Etats-Unis :
- "Women For Winesense"
www.womenforwinesense.org
Créée en 1990, c'est une organisation se situant entre la fondation et le lobby.

en Suisse :
- "Les Artisanes de la Vigne et du Vin" www.artisanes-vigne-vin.ch. regroupent sept femmes qui sont à la tête de leur domaine viticole.

en Allemagne :
- "Vinissima Frauen und Wein ev" www.vinissima-ev.de. Cette association existe depuis 1991 et compte environ 250 membres dans 8 régions.

en Italie :
- Le Donne del Vino www.ledonnedelvino.net. L'association, fondée en 1988, compte environ 200 membres.

en Hongrie :
- Els o maguar borbarat holgyek (Hungarian Women of Wine)

en Espagne :
- AMAVI (Asociacion de Mujeres Amigas del Vino)

Etoiles en Beaujolais - Femmes et vin
Who's who : quelques exemples de femmes au pouvoir en France

Sandrine Garbay : maître de chai au Château d'Yquem.

Laurence Jobard : première femme œnologue de Bourgogne. Elle travaille pour la maison Joseph Drouhin.

Véronique Drouhin : membre de la famille Drouhin, est l'œnologue du domaine Drouhin en Oregon.

Paz Espejo : oenologue auprès de la maison Cordier.

Brigitte Leloup : Présidente et fondatrice de l'Association des Sommeliers d'Europe.

Giovanna Rapali : Meilleure jeune sommelière de France 2001, demi-finaliste du trophée Ruinart en 2000, Meilleure jeune sommelière du Languedoc-Roussillon.

Philippine de Rothschild : la baronne est l'actionnaire majoritaire de la société Baron Philippe de Rothschild qui dispose de plusieurs grands crus du Médoc.

Béatrice Cointreau : PDG des Champagnes Gosset et DG des Cognacs Frapin.

Carol Duval-Leroy : Présidente des Champagnes Duval-Leroy.

Anne-Françoise Gros : propriétaire du domaine portant son nom à Pommard.

Chantal Comte : propriétaire du Château de la Tuilerie à Nîmes.

Colette Faller : elle exploite avec ses deux filles le domaine Weinbach, ancien Clos des Capucins.

Claire Brosse : rédactrice en chef de la revue l'Amateur de Bordeaux.

Isabelle Forêt : Rédactrice en chef de www.winewomanworld.com et auteur du premier ouvrage consacré aux femmes et au vin " Elles et Bacchus " au début des années 80. Elle a publié depuis Le Guide du vin au féminin et Fémivin 2004 : des vins pour les femmes.
 
Les femmes d'OOVIN.com

OOVIN.com vous présente ses collaboratrices :

Domaine de la Fully
Martine Vermorel

Domaine du Sancillon
Claudette Champier

Domaine Henri et Gilles Buisson
Monica Buisson

Château La Villatade
Sophie Morin

Château Bas
Marie-Lyne Lottin

Château-Ferran
Catherine Gélis


Amélie Charnay
 
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• Les Femmes et le vin

• Focus sur l’Armagnac

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Curry de crevettes à la thaïlandaise

Dimanche 23 Sept. 2007

Pascale Weeks prépare une recette de cuisine de crevettes à la manière thaïlandaise.
 

• Gaspacho tomates carottes au chorizo

• Bouchées de poulets panées en vidéo

• Gratin d'abricots en vidéo

• Mes accords mêts vins

• Wine Women Awards en Vidéo

• Un Jour à Peyrassol


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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 12:40

Désolé de ce second message mais je ne puis m'empêcher de livrer cette dépêche à votre réflexion... Attention à une économie à la Wall Mart obsédée par le prix bas !

Gap retire de la vente des vêtements fabriqués par des enfants en Inde

dim 28 oct, 18h59  Envoyer par mail  Envoyer via Y! Messenger  Blog via Yahoo! 360  Imprimer
 

Magasin Gap à Paris

 

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LONDRES (AFP) - La chaîne américaine Gap a retiré de la vente des vêtements fabriqués par des enfants, après la publication dimanche d'une enquête de l'hebdomadaire britannique The Observer dévoilant les conditions de travail dans un atelier incriminé en Inde.

Les enfants employés par un atelier du quartier de Shahpur Jat à New Delhi, visité par l'Observer (Stockholm: OBS.ST - actualité) , fabriquaient des chemises brodées à la main de la gamme Gap Kid, qui devaient être vendues pour Noël pour environ 20 livres (28,5 euros).

Les enfants, les plus jeunes âgés 10 ans, qui travaillent pour un sous-traitant du groupe américain, ont évoqué de longues heures de travail non payé, des menaces et des coups.

Amitosh, un enfant de 10 ans, a raconté au journal qu'il travaillait depuis plusieurs mois dans cet atelier sans être payé, afin de rembourser une somme versée à ses parents.

"On m'a dit que je devais rembourser la somme que le propriétaire a déboursée pour moi, pour que je puisse rentrer à la maison, mais je ne suis pas payé", a-t-il dit cité par le journal.

"Le superviseur m'a dit que je ne suis pas payé parce que je suis en train d'apprendre", a-t-il ajouté.

Un autre enfant a déclaré que les jeunes employés étaient battus avec un tube en caoutchouc s'ils ne travaillaient pas convenablement.

Le groupe américain, qui comme la plupart des grands chaînes de vêtements fait fabriquer la plupart de sa production en Asie, a déclaré avoir ouvert une enquête dès qu'il a été averti de ces abus par le journal. Il a annoncé qu'il avait retiré les vêtements de son circuit de distribution, selon un communiqué reçu dimanche.

"Ces allégations à propos d'un atelier non autorisé en Inde sont profondément attristantes. Dans aucune circonstance il n'est acceptable que des enfants fabriquent ou travaillent sur des vêtements", a déclaré Dan Henkle, vice-président chargé de la responsabilité sociale du groupe de San Francisco.

"Dans cette affaire, notre équipe en Inde mène une enquête complète et nous avons déjà fait en sorte que les vêtements ne soient jamais vendus", a-t-il précisé, cité par le communiqué.

Le groupe explique que le fournisseur incriminé "semble avoir fait appel à un sous-traitant non autorisé", en violation des accords passés avec Gap.

Gap avait lancé un audit social en 2004 sur la fabrication de ses vêtements qui avait révélé des cas de travail forcé, d'enfants au travail, de salaires inférieurs au minimum légal, et de punitions corporelles.

A la suite de cet audit, le groupe avait mis fin à ses contrats avec 136 fournisseurs responsables d'abus et imposé à ses fournisseurs un code de conduite.

L'an dernier Gap affirme avoir résilié ses contrats avec 23 autres fournisseurs qui n'ont pas respecté ce code.

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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 00:05

" Ce serait un lieu commun de dire que le vin fait partie intégrante de la vie quotidienne d'un pays comme la France.
N'en déplaise au chauvinisme national, les Français n'en ont pas le monopole et la liste des pays qui revendiquent une suprématie plus ou moins totale dans ce domaine serait longue. Dionysos chez les Grecs, Bacchus chez les Romains sont autant de dignes représentants de cette boisson. S'engager dans un domaine tel que l'oenophilie relève d'un véritable défi. Il n'était pas de notre compétence de porter un jugement valable sur les vins de qualité tels "appellation d'origine, VDQS, etc.".
Aussi nous sommes-nous limités à étudier les vins de consommation courante, vins que l'on peut boire en toutes circonstances et sans précautions particulières, si ce n'est celle de la modération.
Une différence majeure entre les grands crus et les vins de consommation courante concerne leur vieillissement : à l'issue de la fermentation, le vin a une saveur brutale qui va en s'assouplissant au cours de la conservation ; cette évolution, due à un ensemble de réactions lentes, constitue le vieillissement. Elle s'accompagne d'une atténuation de la couleur ; alors que les vins de consommation courante ne supportent pas ce vieillissement et deviennent fades, les vins de cru y gagnent en finesse.

Extrait du texte chapeau du test effectué sur 34 vins de table de marques par la revue  "Que choisir" n°63 de mars 1972.

 

Autre temps, 35 ans se sont écoulés, autres mœurs à l'UFC que choisir ? qui se fait modeste, se déclare incompétente pour porter un jugement sur les vins dit de qualité, souligne que l'on peut boire des vins au quotidien "sans précautions particulières", déclare qu'entre les grands crus et les VCC tout est une question d'âge : horreur, pas un mot sur le terroir. Trêve d'ironie, le Que Choisir ? se fait très pédago : qu'est-ce que le vin ? In vino, véritas. Mais encore ? (alcool, eau, extrait sec). De vigne en vin (le foulage, la mise en cuve, l'égrappage, le pressurage, la fermentation). Pasteur ou l'art du slogan publicitaire. Pour le test des 34, c'est du lourd :

- dénominations : des mots sans importance. "Notons cependant que les mentions Supérieur, Grands Vins de France, Velours de l'estomac, Vieux cépages, Vin de grande réserve, Sélectionné ne sont que des arguments publicitaires non réglementés et arbitraires."

- degré d'alcool : le compte y est.

- L'anhydride sulfureux : un mal nécessaire. "Pour la petite histoire signalons que la France seule avait besoin en 1969 de 7000 quintaux de SO2 pour sa viticulture."
 

- acide sorbique : " nous déplorons l'excès inutile d'acide sorbique dans les vins Charvance, Des Rochers, Forza, Porteval et Valcop. "

- sucres :  "pour les VCC la teneur en sucre est faible". 

- acidité des vins : manque de piquant.
 

- recherche du fer, cuivre, chlorure de sodium : "tous les vins sont acceptables".

- extrait sec : de l'eau dans le vin ? " Aucun vin n'a été grossièrement trafiqué".

- prix au litre : " ceux-ci s'échelonnent de 1,21 F pour Marpaille à 3,60 F pour Margnat-Rémillons soit un rapport de 1 à 3. Ces variations sont d'autant plus inexplicables que trouver un lien entre prix et qualité échappe à notre compétence." 

- test de dégustation : "il ressort du test effectué par des œnologues confirmés que seuls Castelvin, Cavignon, Franprix 10°, Geveor, Grap et Vinicep sont relativement agréables à boire". 

- examen microscopique : "un vin sale est donc un vin mal travaillé et mal tamisé" 10 des marques ont reçu ce qualificatif dont 2 très connues... 

- risques de fermentation ? " Tous les vins ont bien supporté cette épreuve".


Dindon-019.jpg

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 00:03


En dépit des encouragements de ce sourire affiché mon grand type bien sapé plein de trous, avec sa gueule de vieux gamin défraîchi et sa brosse filasse, commençait à peiner, besognait et, même s'il s'échinait, avec une réelle conviction, à me tartiner du service de la France, petit à petit je constatais que ses mots glissaient dans le caniveau. Ce fumet de cul de basse fosse revigorait mes deux voisins qui, pendant tout le temps où l'homme de cabinet s'envolait, s'enivrait de ses belles paroles, souffraient en silence. Je percevais leur impatience contenue à la lègère vibration du bout de leurs groles à semelle de crêpe. A la dérobée je constatais qu'ils se déridaient. Leur tarin appréciait. Moi, je campais sur mes divagations. Elles me menaient à une intime conviction : monsieur le directeur du cabinet du Ministre de l'Intérieur aimait les hommes ; une fiotte dans le langage de la grande maison. Comblé, je brodais. Ce cher homme, doté d'une sainte et fidèle femme, bordé par une ribambelle de chiarres blonds, qui devait aller à la messe le dimanche, consommer la sainte Eucharistie, déjeuner chez ses beaux-parents dans le VIIeme, un soir, dans les gogues du buffet de la gare de l'Est, pantalons sur les chevilles, ses belles mains aux ongles manucurés aggrippées à la toison d'un gamin, se ferait surprendre par les limiers de mes deux voisins. Juste le temps de quelques clichés versés à son dossier, assurance tous risques pour les piliers de la grande maison, antidote radical pour réfréner les soudaines ardeurs droitdel'hommesques des politiques face aux bavures des braves fonctionnaires de police exaspérés par les provocations de ces jeunes cons de bourgeois qui jouent à la révolution avant d'aller dormir chez papa maman.L'expression, couvrir une bavure, m'a toujours fait penser à une grosse merde baveuse qu'on camouflerait en la planquant sous un tapis, ça fait tache mais aux yeux du bon peuple c'est plus supportable qu'une flaque de merde molle ou un tas d'étrons malodorants. Plongé dans ces hautes pensées je me disais que le temps était venu de faire chier ce beau monde.

En m'étirant de tout mon long je baillais à me décrocher la mâchoire. Le jeune déjà vieux cala aussi sec, clapet entrouvert, mains en suspend, regard stupéfait. Durant un bref instant je crus que les deux pandores endimanchés allaient me sauter dessus, me menotter, me bourrer les côtes à coup de godasses. Le directeur de cabinet pris une pose christique, bras ouverts, comme s'il voulait prévenir le baston. J'en profitais pour opérer un rétablissement et me caler tout au fond du fauteuil, en position offensive. Mes interlocuteurs sentaient que l'orage se levait ; ils optaient pour la défense passive. Pas question de les décevoir, je déclenchais les hostilités : " Messieurs, et tout particulièrement vous, monsieur le directeur du cabinet, je me permets de vous rappeler ce que vous savez déjà à la lecture de mon dossier, que je n'ai pas embrassé la carrière de flic par goût du service public mais parce que je souhaitais patauger dans la fange pour m'éviter de penser. Mon voeu a été exhaussé au-delà de toutes mes espérances. C'est ce qui me vaut d'être ici ce matin. Alors, de grâce, cessez de me la jouer sur le mode défense de la République en danger. Vos enluminures me laissent de marbre. Vous me gonflez. Votre baratin je n'en rien à traire. Graziani m'a déjà servi votre ragoût faisandé. Je sature. Si je suis ici c'est pour que vous puissiez juger le bétail sur pied. Si le cheptel vous convient foutez le tampon rouge sur la carcasse et je me trisse hors de ce bureau où je fais tache. Si ce n'est pas le cas, rayez-moi des cadres ! Oubliez-moi ! J'irai planter mes choux ailleurs..." Je m'étais redressé. Le directeur des RG toussota, celui de la DST fit craquer les jointures de ses doigts, le plein de trous affichait la face du ravi de la crèche. 

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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 00:03


Non, non, je ne fais pas dans le porno zoologique, c'est écrit dans le très sérieux journal Le Monde : " Il n'y a pas de sot métier. Le héros de ce film dérangeant masturbe les dindons dans un hangar, en Ardèche, afin de recueillir leur sperme et d'inséminer des dindes..." signé Jean-Luc Douin.

 

Pour vous prouver ma bonne foi je vous cite aussi  Télérama, l'organe des biens-pensants, ex-membre, avant de tomber dans l'escarcelle du Monde, du groupe la Vie Catholique, qui sous la plume de Pierre Murat, se fait plus précis : " Masturber les dindons, c'est pas un métier. Pourtant, c'est ce que fait Etienne, chaque jour : il branle des mâles trop nourris, donc trop lourds pour pouvoir s'accoupler, toujours habillé de vert, parce que les dindons aiment cette couleur. "Quand ils te voient, ils te prennent pour une dinde? " persifle Claire, sa femme, qui, après avoir ironisé, puis patienté, finit par désespérer..."


2406.jpg

 

C'est donc un film : " La part animale " de Sébastien Jadeau, inspiré par un roman d'Yves Bichet Folio Gallimard.

 

Comme nous sommes samedi, qu'il fait plutôt gris, du moins à Paris, vous pouvez vous offrir une petite toile pour voir " un premier film ambitieux, original. On l'eut aimé moins glacé, plus fiévreux, plus emporté. Mais on y perçoit un sens de l'étrange, proche du fantastique..." dixit Murat.

 

Pour l'histoire Douin explique : " Etienne (le masturbateur) est l'employé d'un fermier prédateur, irrascible, prompt à humilier son subordonné. Le boss est d'autant plus ténébreux que Brigitte, son épouse, naïve adepte de la romance, le trompe avec un ami du coin, marchands de biens, séducteur cynique..." Le sujet central de ce film, comme l'indique le titre c'est " le goût fasciné des auteurs pour cette zone trouble où la part humaine de l'être frôle sa part animale" c'est toujours Murat qui écrit.

 

Enfin, pour finir, je ne résiste pas au plaisir de citer une tirade de JL Douin : "Du côté du chef d'entreprise (le fermier prédateur), le culte du profit, l'appât du gain, l'obsession de l'efficacité industrielle, qui le pousse à sacrifier les produits les moins rentables et à castrer chimiquement les mâles. Du côté d'Etienne, un perfectionnisme aveugle qui lui fait tout accepter, candidement, jusqu'au moment où sa conscience bascule."

Bon, bref, si vous me trouvez totalement déconnant, hors sujet, faites ce que vous voulez de votre journée mais n'oubliez pas, quand vous irez dans un bistrot, de demander du vin chaud. Si y'en pas, protestez ou mieux, proposez de fournir ce qu'il faut (liquide, recette et verre) pour que le bistrotier en propose à sa clientèle en manque de calories. Dans ma bonne ville, c'est à la carte dans beaucoup de lieux mythiques : le Flore, le Sélect, la Closerie des Lilas alors pourquoi le bar des Sports de Capendu ou le café de la Marine du Conquet ne s'y mettraient pas eux aussi. Suffit pas de toujours se plaindre que les z'hygiénistes font que nous embêter faut aussi se bouger le popotin. Moi j'me contente de siroter et c'est déjà pas si mal : je suis un bon carburateur...

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 00:04


L'inventeur solitaire, homme de passion, intarissable sur son innovation parée de toutes les qualités, qui doit forcément faire une tabac sur le marché, est du genre un peu crampon. Normal, il doit convaincre, bousculer les réticences des comptables, lutter contre le scepticisme des marchands, expliquer, expliquer encore... Gilles Bourjade ne fait pas exception à la règle et c'est ce qui fait son charme de merveilleux casse-pieds. Son invention à lui est une forme de Monopoly où, au lieu d'acheter la rue de la Paix ou de louer des immeubles avenue Henri Martin, on gère une propriété viticole avec son personnel et son matériel. Le but du jeu est d'engranger un maximum de points en vendangeant du raisin mûr (c'est Bruno qui va être content) après avoir réalisé, autant que faire ce peu, toutes les opérations liées à la culture de la vigne. Bref, si vous souhaitez en savoir plus aller sur www.vignenjeu.com pour les frenchies ou sur www.thegrapegame.net pour nos "meilleurs ennemis".

Comme ici, sur Vin&Cie, c'est un espace de liberté je passe la parole à Gilles Boujade pour faire sa publicité : " Subtil dosage entre hasard et stratégie, VIGN'EN JEU promet de bonnes parties acharnées en famille, entre collègues ou entre amis, dans une grande convivialité. Pour ceux que le sujet intéresse, c'est une vraie pédagogie ; et pour tous un vrai jeu ! 
VIGN'EN JEU est une bonne opportunité de cadeau d'affaire/cadeau d'entreprise. C'est aussi une bonne initiation pour tous ceux qui seraient tentés par une acquisition viticole ; également un outil intéressant d'animation oeno-touristique (gîte, acceuil à la ferme,...) ou encore un support pédago-ludique particulièrement convivial pour les journées d'intégration/stages de formation (notamment de sommeliers ou d'équipes commerciales en contact avec le monde viticole)...

Je profite de cette chronique pour signaler à Gilles Bourjade que le Ministère de l'Agriculture est doté, entre autre, d'une Direction de l'Enseignement et de la Recherche exerçant la tutelle d'un beau réseau de lycées viticoles, dont certains commercialisent leurs vins, et que, cerise sur le gâteau, le Directeur de cette belle direction fut en son temps directeur-adjoint de l'Onivins, je suis sûr qu'il fera à l'inventeur de VIGN'EN JEU un accueil chaleureux. Dernier détail, la grande maison du 78 rue de Varenne entretien aussi une confrérie intéressante, celle des Directeurs départementaux et régionaux de l'Agriculture qui, pour certains d'entre eux, sont en charge de beaux départements ou régions viticoles. Allez, cher inventeur, faut continuer à labourer le marché. Bonne chance !

 

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 11:04

J'aime le concept " d'indices de vétusté " d'un texte, c'est chic, normal c'est à Bordeaux, j'en profite pour remettre une petite couche sur le costard de ce "pauvre" Bob Parker qui en prend pour son grade au pays des Chartons, pour finir je suggère aussi l'emploi par les économistes distingués "d'indices d'obsolescence". Bonne lecture, il n'est pas interdit de polémiquer chers lecteurs fidèles. 

Une ancienne collaboratrice de Robert Parker dissèque le mythe du célèbre critique

Par Par Béatrice LE BOHEC AFP - Mercredi 24 octobre, 19h37

BORDEAUX (AFP) - Une ancienne collaboratrice française du célèbre dégustateur américain de vin, Robert Parker, décrypte dans un livre à paraître jeudi les méthodes de travail et les défaillances du système de notations du "pape des vignobles" tant redoutées, en particulier dans le bordelais.

(Publicité)

"Anatomie d'un mythe", première parution en français d'un portrait non autorisé de Robert Parker, s'adresse à "tous ceux qui passent leur vie à imaginer et à construire, et dont une parole toute puissante, souvent mal inspirée, vient balayer le rêve", annonce d'emblée l'auteur, Hanna Agostini, en exergue de son livre qui devait être présenté à la presse mercredi soir.

Juriste de formation, Hanna Agostini, a collaboré avec le critique de 1995 à 2003, organisant pour lui certaines de ses dégustations dans le bordelais et assurant à partir de 1997 la traduction en français du bimestriel spécialisé "The Wine Advocate" et des ouvrages de l'Américain.

"En faisant mon travail de traduction, j'ai vu tout ce qui n'allait pas. Mais c'est comme un puzzle dont les pièces se mettent peu à peu en place. Ca a commencé comme un bêtisier qui nous faisait rire, puis la parution d'un livre sur lui en 2005 a mis le doigt sur d'autres erreurs", explique à l'AFP Mme Agostini, qui a décidé à son tour de se mettre à la tâche en 2006.

Reprenant les écrits du critique comme "principale source d'information", l'auteur relève notamment les "copiés-collés" des commentaires et les abondants "indices de vétusté" des textes, souvent non réactualisés d'un guide à l'autre.

"Vieux d'une bonne douzaine d'années, repris quasiment à l'identique depuis la version américaine de 1993", les textes du +guide Bordeaux+ sont "généralement muets" sur l'évolution des propriétés viticoles dans les années 90, période riche en événéments pour le vignoble français et bordelais, souligne-t-elle par exemple.

Quant aux notations, parmi les seules au monde à faire ou défaire instantanément la réputation d'un cru, Hanna Agostini s'interroge sur l'éthique du critique, tout en rendant hommage "au précurseur de la critique vinicole moderne".

"Sachant les relations plus ou moins étroites que Parker entretient avec des personnes directement impliquées dans le monde du vin, on peut s'interroger sur le regard qu'il porte sur eux dans l'exercice de son métier", écrit-elle.

Citant notamment l'oenologue girondin Michel Rolland, que Robert Parker connaît depuis les années 80, l'auteur relève que l'Américain note souvent très généreusement les vins issus de propriétés appartenant à la famille Rolland mais aussi les vins vinifiés par Michel Rolland pour le compte de ses clients.

Selon Hanna Agostini, "toute occasion est bonne pour porter au pinacle certaines personnes choisies". Du coup, estime-t-elle, "on jette en pâture au consommateur des choses qui n'ont ni queue ni tête".

Interrogée sur l'impact attendu de son livre dans le milieu du vin, l'auteur juge que cet ouvrage "aurait pu être écrit par n'importe qui sachant faire une lecture approfondie des interviews de Parker et de ses ouvrages. Quand on sait que la plupart des producteurs et des négociants achètent ses guides, on se demande comment ils ne se sont pas rendus compte des failles", glisse-t-elle.

L'ancien président de l'Union des Grands Crus de Bordeaux, Alain Raynaud, a introduit mercredi une demande en référé devant le tribunal de Libourne, de suppression de certains passages du livre, le citant. Le jugement doit être rendu jeudi.

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 00:04

Petit texte à méditer à l'heure où, en Chine, un promoteur vient de bâtir un lotissement pour la classe moyenne, réplique tout en faux des immeubles Haussmannien de Paris, micro Tour Eiffel incorporé et banlieue en faux village bourguignon. La France les fait rêver déclare-t-il. Alors qu'attendons-nous pour enfoncer le clou ? Nous en avons tant d'histoires vraies ou brodées à leur raconter à ces chinois qui n'ont pas les moyens de venir dans notre beau pays. Le faisons-nous ? Je ne le crois pas. Et si nous voulions le faire la voie royale ne serait-elle pas celle que j'utilise en ce moment : la toile ? Allons-nous nous réveiller encore quelques années après la bataille ? Vin&Cie est à la disposition des opérateurs pour mettre des histoires dans les tuyaux de l'Internet. Mais qui m'entends ? Faire passer le message, merci par avance...
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 " Reste que la renommée universelle du champagne est déjà une vieille histoire et qu'elle est en marche depuis plusieurs siècles. En un certain sens, elle est même le fruit d'une campagne de promotion lancée dès le milieu du XVIIe siècle.
Du marketing avant la lettre ?
Pourquoi pas ? J'en veux pour preuve cette affirmation de Jean-Antoine Chaptal (l'homme de la chaptalisation) selon laquelle les vins de la région de Reims seraient redevables de leur célébrité "aux grands seigneurs qui accompagnèrent Louis XIV à son sacre", en 1654. Le postulat me paraît solide, et d'autant plus que ce ne serait pas la première fois qu'une classe dominante (le roi, la cour, les notables et le clergé) irait imposer ses goûts et ses préférences à une société toute entière. D'ailleurs les choses se sont-elles jamais passées autrement ? Sans oublier que le Champagne se trouve aux portes de l'Ile-de-France. Et sans oublier non plus qu'il y a la Marne puisqu'il est admis que les fleuves et les rivières navigables ont longtemps été les moteurs de l'économie et du commerce.


En tout cas, très vite, les vins de Champagne vont bénéficier d'une image royale, aussi bien en France que dans d'autres pays européens, notamment en Russie et en Angleterre. Et ils auront, pour les faire connaître, quelques ambassadeurs de choix, tels que Charles de Marguetel de Saint-Denis, seigneur de St-Evremond, un des écrivains les plus excentriques du Grand Siècle dont l'oeuvre paradoxale, désinvolte, semble bâtie à coups d'improvisations, comme si elle venait injurier les textes méthodiques de Boileau ou de Racine. Saint-Evremond a vécu deux existences : une première en France dans l'état-major de Condé, une seconde en Angleterre à partir de 1661, après avoir dû s'exiler. On n'a que peu de renseignements sur la vie anglaise de Saint-Evremond ; on sait seulement qu'il a été à Londres courtier en champagne et qu'il y a écrit la plupart de ses opuscules, toujours avec beaucoup de goût et de discernement, jusqu'à être un des premiers à révéler dans le détail, en 1677, les multiples facettes du génie comique de Molière. Et comme l'a remarqué Raymond Dumay, il a eu avant tout le monde l'idée lumineuse d'inventer la "généalogie éblouissant" du champagne, à travers ces propos vraisemblablement rédigés en 1683 : " Léon X, Charles-Quint, François Ier, Henri VIII avaient tous leur propre maison dans Ay pour y faire curieusement leurs provisions. Parmi les plus grandes affaires du monde qu'eurent ces grands princes à démêler, avoir du vin d'Ay, ne fut pas un des moindres de leurs soins."


Le champagne était lancé.
Et si bien qu'en quelques décennies il allait s'installer partout et avoir la réputation d'être un vin de luxe. Ce qui veut dire aussi celle d'un vin cher, par rapport à tous ses rivaux et concurrents, et ne serait-ce que les bourgognes (...) "

extrait de "La légende du vin" petit essai d'oenophilie sentimentale de Jean-Baptiste Baronian éditions Le Temps qu'il fait, pages 84-86
 

 


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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 09:58

De nos jours les tenants du bio-santé industriel mettent sur le marché des alicaments ; sous toutes les publicités télévisées des produits alimentaires un bandeau défilant du programme : www.manger-bouger nous conseille de manger au moins 5 fruits par jour, d'éviter de grignoter, même Mac Do s'y met ; dans notre beau secteur ce sont nos bons amis de Vin&Santé qui s'y collent. Mon propos ce matin n'est pas d'entrer dans la nouvelle obsession de nos sociétés gavées, où les culs posés face à la télé avec pizzas incorporées, les qui ne peuvent pas faire 3 mètres sans déposer leurs fesses sur le sièges de leur bagnole, les stressés, les déprimés, les qui bouffent debout vite fait des barres chocolatées, les qui boivent sucrés, gazéifiés, sont en train de fabriquer une palanquée d'obèses. Pour ma part,  je ne suis pas certains que les clés de la lutte contre ce nouveau mal du siècle se trouvent dans la seule encre d'un programme de santé publique ou d'une médicalisation de l'alimentation. Mon propos de ce matin est plus rétro car, ne l'oubliez pas, je suis un baby-boomer rural, d'une génération où l'on a triomphé du rachitisme, de la malnutrition et que, si nos enfants et surtout nos petits enfants risquent de devenir gros, ils ont poussé comme des asperges. Les nouvelles générations bénéficient du nouveau bien être et les anciennes n'en finissent pas de vieillir. Certes, la pauvreté perdure dans nos sociétés riches, ce qui est un scandale eut égard au gaspillage et à l'excès de superflu de la majorité d'entre nous, mais ce n'est pas faire injure à ceux qui luttent contre la misère et à ceux qui la subisse que d'écrire qu'aujourd'hui ceux qui viennent aux restos du coeur n'ont pas la même allure que les miséreux des années 20.

Au lendemain du conflit mondial de 1939-45, ce que l'on a qualifié d'exode rural, les émigrés de l'intérieur fuyant la misère d'une agriculture peu nourricière de ses enfants sont allés dans les villes vendre leurs bras aux industries fleurons des 30 Glorieuses. Après eux, et en même temps qu'eux, les émigrés de l'extérieur : espagnols, portugais, magrhébins, africains sont venus peupler les banlieues de nos villes. La France rurale a laissé la place à une France de salariés urbains qui, au basculement du siècle, sont majoritairement des bureaucrates, des cols blancs, des r tétistes, des qui partent en week-end, des qui veulent profiter de tout en voulant rester en bonne santé, bref des individualistes forcenés, des adorateurs de la nature qui la respectent peu, des insouciants soucieux de l'avenir de leurs enfants, j'abrège le florilèges de nos contradictions et c'est le moment que je choisis pour vous parler des remèdes de mémé Marie.

La spécialité de mémé Marie qui veillait sur la vitalité de ses hommes, et plus particulièrement du dernier venu, celui qu'on allait envoyer aux grandes écoles, moi, c'était le fortifiant. A la sortie de l'hiver ou à l'entrée de l'automne, je ne sais plus très bien, j'avais droit à une cuillérée à soupe matin et soir d'un breuvage agréable destiné à lutter contre les miasmes des temps mous, à me redonner du peps, à lubrifier mes neurones, à donner du rose à mes joues. Ses préparations, soient achetées toutes prêtes chez le pharmacien ou concoctées par elle avec des sachets vendus chez ce même pharmacien, avaient toujours pour excipient : du vin. C'est pour ça que c'était bon. Certains esprits noyautés par les hygiénistes vont sûrement en profiter pour dire que les préparations de mémé Marie sont la cause du caractère délirant de mes élucubrations sur ce blog. Si ça leur fait plaisir moi ça ne fait pas de mal, moins que la lecture de la liste des effets secondaires des médicaments prescrits par nos diaphorus modernes - ça fait 5 ans que je n'ai pas vu un médecin donc je suis abstinent dans ce domaine. La pharmacopée post-moderne est un cocktail de toxiques violents dont les effets à retardement ne sont connus de personne. Alors, lorsque j'ai découvert au hasard de mes pas de chineur, un petit opuscule sur le vin de Vial, au quina, suc de viande&lacto-phosphate de chaux avec pour véhicule un vin de Malaga, ma plume m'a démangé et vous avez eu droit à cette chronique un peu de bric et de broc; un autre jour je vous livrerai des extraits de cet opus sur le Vin de Vial datant de 1886.C'est savoureux dans tous les sens du terme. En attendant, pour faire un tour agréable de la question, vous pouvez acheter un bel ouvrage : Le Vin & la Médecine à l'usage des bons vivants et des médecins de Marc Lagrange aux éditions Féret
 
  

  
www.feret.com

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 00:03

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Suite de mes portraits d'entrepreneurs, à ceux qui pourraient trouver ma plume trop douce je confirme que dans cet exercice difficile, sans enjoliver, ma volonté est de privilégier la mise en lumière des aspects dynamiques de stratégies qui peuvent, non servir de modèles, mais s'inscrire en opposition au pessimisme ambiant qui ressasse les doutes sur notre capacité à rebondir face aux rouleaux compresseurs du Nouveau Monde. C'est l'esprit de "Sans Interdit" qui privilégie les ressorts de l'action par rapport aux discours récurrents sur nos handicaps...



" Je suis votre alibi féminin..." me répondit Miren de Lorgeril lorsque je lui proposai d'être l'un des membres fondateurs de "Sans Interdit". Tel un passing-shoot de revers retourné avec aisance le long de la ligne, sa réponse fusait, légère, teintée d'un zeste d'ironie et ponctuée par un franc sourire. Sa spontanéité tranchait avec le convenu de notre monde du vin, si compassé, et, si la réplique faisait mouche c'est qu'elle était délivrée avec l'impalpable distance que savent maintenir les gens bien élevés.

 

Féminine en diable mais pas féministe pour deux sous, Miren de Lorgeril se tient sur le pont d'un beau navire amiral : le château de Pennautier, un petit Versailles aux portes de Carcassonne, un domaine familial depuis 1620. Sur la base d'un tel socle identitaire, héritiers au meilleur sens du terme, Nicolas et Miren de Lorgeril, nouveaux maillons d'une lignée de vignerons, la dixième génération, n'ont nul besoin de raconter des histoires de racines pour exister, ils sont dans l'Histoire. Leur saga, au coeur d'une AOC méconnue : le Cabardès, ce vignoble d'altitude accroché aux flancs de la Montagne Noire, à la confluence de l'ardeur ensoleillée du climat méditerranéen, de la fraîcheur montagnarde et des effluves iodés des flux maritimes de l'Atlantique, vaut d'être contée.



"L'Histoire commence à Pennautier..." ont coutume de dire Nicolas et Miren de Lorgeril en référence à leur ancêtre Pierre Louis de Pennautier, Trésorier des Etats du Languedoc qui, en 1650, fera du château, avec l'architecte Le Vau et Le Nôtre le paysagiste, ce qu'il est aujourd'hui ; la leur y compris commence en ce lieu, en 1987 c'est le temps du choix. Leurs études ne les prédisposaient guère à devenir vignerons et pourtant, loin de se contenter du rôle de propriétaire, ils font le choix du grand large : bâtir une entreprise en capacité, de par sa taille, d'offrir une vraie gamme de vins et de porter un outil logistique et commercial permettant d'aborder tous les marchés.

 

En 1992, Miren prend la direction de l'ensemble. L'impulsion est donnée et, autour du château de Pennautier, dont la superficie est plusieurs fois augmentée par des acquisitions, pour atteindre 225 ha dont 145 en AOC Cabardès, viennent se greffer : en 1999, des vignobles en Minervois, 15 ha dans cette appellation, et 12 ha dans le fleuron la Livinière, fusionnés en un seul domaine la Borie Blanche puis, en 2007, à la fois sont acquis le château Moulin de Ciffre, 35 ha, en AOC Faugères, St Chinian et Coteaux du Languedoc, et 18 ha de parcelles exceptionnelles en Côtes de Roussillon Villages Latour de France et Caramany. Vignobles d'altitude, terroirs d'exception, une philosophie alliant authenticité et élégance, la volonté de faire le meilleur vin possible pour le proposer au plus grand nombre, cette stratégie d'entreprise, fondée sur les synergies entre domaines et métiers, qui refuse le malthusianisme, la logique de pénurie, m'apparaît bien adapté à l'évolution de la distribution d'ici et du vaste monde. Pour preuve, 60% du CA de Vignobles de Lorgeril est le fait de l'exportation. La dynamique d'entreprise génère aussi de l'emploi local : 5 salariés en 1992, 45 aujourd'hui. Enfin, cerise sur le gâteau, l'offre touristique autour des domaines : gîtes, camping, bientôt espace de réunion et de réception, est remarquable. Pour y avoir déjeuné, le rstaurant qui jouxte le château, me semble en parfaite adéquation avec l'esprit de Miren, simple et de bon goût. 



Tenir la barre d'une telle entreprise, ni grande, ni petite n'est pas une sinécure, alors madame la Présidente, au lieu de jouer à la châtelaine cup of tea, s'active, est au four et au moulin, fourmi au domaine, un peu cigale avec ses clients. Miren de Lorgeril, disponible, toujours souriante, convaincante, pugnace, se remet perpétuellement en question, elle veut prouver à son environnement que son entreprise, sa stratégie et ses vins ont toute leur place dans le paysage vitivinicole français si friand des joliesses du small is beautiful. Elle y réussit.

 

C'est dur, dit-elle souvent, mais c'est pour mieux repartir avec son grand sac de femme à l'épaule. Mais alors, me direz-vous, "qu'est-ce qui fait courir Miren de Lorgeril ? ". Ma réponse va vous surprendre : la vie. Je veux dire la vitalité du jour le jour, entre l'héroïsme du quotidien et le plaisir extrême des défis relevés, gagnés, et un inoxydable optimisme de bâtisseuse d'avenir. Elle créé, pour une femme, le mot a du contenu. Créer de la valeur, du travail, donner à la réussite personnelle une traduction humaine transcendant la pure accumulation de richesses. Elle va m'en vouloir un peu de vous livrer ces clés de sa motivation profonde mais Miren de Lorgeril est ainsi, elle croît profondément en ses valeurs et les défends avec simplicité et talent.

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