Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 00:12

Le rapport d'autopsie était accablant. Brejoux semblait avoir voulu accumuler tous les sévices possibles, comme si le corps de Sylvie représentait pour lui ce qu'il haïssait le plus au monde. Toute cette frénésie barbare cadrait mal avec l'image de père tranquille qu'affichait Brejoux. J'étais sonné, incapable de réagir. Dornier qui attendait son heure contre-attaquait avec rogne : " pour en arriver à de telles extrémités Brejoux a été poussé à bout. Vous l'avez nargué avec votre petit couple de paccotille. Il vous surveillait depuis des mois. Vous voir heureux ça le cassait. Surtout que c'était toi. Toi qu'il considérait, un peu, comme son fils, comme son héritier spirituel dans la police. T'aurais jamais du lui faire ça. T'es qu'un sale petit merdeux prétentieux. Non content de lui faucher sa jeune femme, de monter à Paris avec elle, tu la remets sur le trottoir alors que lui l'en avait sorti. C'est trop dur pour un type en bout de course. Il a pété les plombs ce pauvre Brejoux. Tout est de ta faute ! Que tu le fasses cocu, passe encore. Mais, à la veille de sa retraite, lui piquer la femme de sa vie c'est franchement dégueulasse..." Même si ce que me racontait Dornier recellait une part de vérité, ça ne collait en rien avec le déroulement de mon histoire avec les Brejoux. Sous ce drame affreux devait se cacher un secret, lourd, j'en étais persuadé mais, comme les deux protagonistes étaient morts, peu importait de le mettre à jour. Le laïus de Dornier tombait a plat. Sa leçon de morale à deux balles sonnait le creux. J'avais envie d'aller dormir. Mousset tapotait les cendres de sa Gitane dans l'une des tasses vides. Sous ses grands cils broussailleux je remarquai soudain qu'il avait des yeux d'un bleu délavé, translucide. Il se raclait la gorge avant de prendre la parole : " Bib, comment peux-tu aligner autant de conneries à la fois. Tu brodes une histoire de roman-photos pour le seul plaisir de charger ce garçon qui te déplaît souverainement. Fait ton boulot de flic, c'est tout ce qu'on te demande. Arrête de vouloir paraître plus intelligent que tu ne l'aies. Les faits nous suffisent. Le reste c'est de la littérature de gare et, en plus c'est un tissu d'âneries. Tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'à l'os Bib...
      - T'as une autre explication monsieur l'intelligent ?
      - Oui !
      - Alors mange le morceau ducon...
      - C'est bien mon intention mais avant de te montrer sa lettre...
      - Sa lettre... Quelle lettre ?
      - Brejoux avant de faire son carnage m'a écrit une lettre.
     - C'est quoi cette embrouille Mousset ? Comment Brejoux a-t-il pu t'écrire une lettre avant son crime ?
      - Parce qu'on se connaissait depuis notre service militaire même si on ne s'était pas vu, ni écrit depuis une éternité...
      - Et tu ne m'as rien dit ça c'est un peu fort...
      - Avant de recevoir cette lettre je ne vois pas ce que ça aurait apporté à l'enquête.
      - Passons ! Tu l'as reçu quand cette lettre ?
      - Ce matin.
      - Et tu me l'as caché...
      - Non j'ai oublié de t'en parler.
      - Vous l'entendez cette brêle. Il a oublié. C'est une faute profesionnelle sac à puces je ne vais pas te rater.
      - Tu la fermes Dornier. Tu me saoûles avec tes rodomantades de mal baisé...  

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

commentaires

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents