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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 00:05

Ma tête pleine de son sourire résistait. Planté dans l'embrasure de la porte je refusais de voir toute cette bouillie d'os et de sang mêlés maculant  la toile de Jouy en de monstrueuses éclaboussures. Mes yeux les paraient de couleurs irisées, telles ces taches orangées qui troublent la vue après qu'on se soit frotté les yeux. Je vacillais. M'accrochais à tout ce désordre, ces coussins éventrés, ces robes lacérées, ces sous-vêtements déchiquetés, ces bas cisaillés, maculés d'un sang coagulé et croûteux. L'image allait disparaître. J'allais la retrouver assise en train de se faire les ongles de pied. L'odeur âcre de cordite mêlée à la fadeur des chairs dispersées et séchées me levait le coeur. Tout au fond de ma poitrine une boule monstrueuse se nouait, enflait, me propulsait hors de mon refus de croire. D'une volte brusque je me jetais sur Dornier. Mouvement de colère et de rage froide : pourquoi ce salaud m'amenait-il ici ? Son enquête était bouclée. Ma présence en ce lieu relevait du pur sadisme. Je l'agrippai par le revers de son veston et le secouai avec toute la violence dont je me sentais capable. La raclure virait au cramoisi. Mousset n'esquissait aucun geste pour s'interposer. Les yeux dans le vague il s'acharnait à rallumer son mégot pendouillant. Mes doigts effleuraient la peau suintante du cou de Dornier. L'étrangler. Serrer. Le voir devenir chiffe molle. J'éclatais d'un rire de dément en balançant Dornier comme on jette un sac d'ordures à la poubelle. Il valdinguait lourdement sur le plancher du palier.

" T'aggrave ton cas sale petit merdeux..." éructait-il en se relevant avec peine. Il s'époussetait. Je me retenais de lui cracher dessus. Mousset tétait son tube de maïs éteint. " Et toi, sac à puces, tu le laisses faire...
     - Ce ne sont pas mes oignons Bib. C'est une affaire d'hommes...
     - Cesse de te foutre de ma gueule ! Nous sommes en service.
     - Ouais, mais entre collègues...
     - Collègues mon cul !
     - Tu causes pour ta pomme Bib...
    - Putain de merde Mousset, cesse de m'appeler Bib et garde tes insinuations pour toi sinon je vais te foutre mon poing sur la gueule...
    - Essaie pour voir Bib ?
Leur partie de ping-pong m'aidait à reprendre mes esprits. La boutade de Dornier faisait tilt. Je reconnectais ce qui me restait de neurones : " alors Bib tu veux me coller une inculpation de proxénétisme au cul ? Te prives pas mon gros. J'en ai rien à traire. Comme toutes les fiottes molles tu compenses ton absence de couilles par l'usage de ta carte de police. T'es la loi. Ca te permet tout, selon toi, d'être la loi. Tu te défoules sur la piétaille. Ca te fait bander bander de faire chier un mec comme moi. Ca te met en transes comme de faire suer le burnous des crouilles ou de déculotter un bamboula. Tu n'es qu'un étron Dornier. Même pas une ordure, rien que de la merde graisseuse enveloppée dans du papier de soie...
    - Ta gueule où je te coffre !
    - Chiche ! J'attends que ça...
   

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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