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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 00:02
Complet, rationnel, pratique : votre dressing abrite toutes vos tenues, du sportswear** à la robe du soir. Tout comme votre cave qui, à l'abri du jour, accueille des bouteilles soigneusement choisies pour faire face à toutes les situations. Parce qu'une cave, tout comme une garde-robe, se doit d'être revue régulièrement. La Grande Epicerie de Paris vous propose de la compléter et de l'enrichir : à vous de découvrir ou de retrouver, parmi les crus sélectionnés par notre chef de cave, ceux qui vous iront le mieux.
In the " la lettre rive gauche " du 13 septembre au 6 octobre à la Grande Epicerie de Paris, Le Bon Marché
  Un-dimanche-ordinaire.jpg

 



C'est t'y pas beau ça les dress codes : les codes vestimentaires, en français du terroir profond, ça fait post-moderne, ça permet de la ramener chic dans les dîners en ville : " comme je suis venu en Vélib avec mes tongs, cool koi, chemise blême ouverte à la BHL, et hop, en trois coups de pédale à pot, un petit détour par la rue de Sèvres, à la grande épistoche du Bé-ême, pas de problème je me suis dit, comme notre Laetitia est une fashion victim, et que son Tom est un accro du déstructuré Paul Smith, et que la plupart des petits loups invités ici ce soir n'achètent que des jeans au prix du caviar, emballé c'est pesé je fais dans le vigneron star, genre Athanase Marchandeau, un mec qui vous fait carburer avec un jaja de table bichonné comme un top model d'Alexander Mac Queen, mais en plus charnu, plus rond, hot extrême quoi, mais avec un peu de paill'ettes dans ses sabots vernis Gucci, minimaliste, épuré, pas filtré, trié grain à grain, dorloté comme un mouflon qu'on met à l'Ecole Alsacienne, le fin du fin qu'on ne trouve pas chez le premier pékin venu, très chère. Du terroir à vous trouer le cul, j'ose le dire. Y'a pas de lézard vous allez exploser vos papilles, implosez les saveurs de fruits rouges ou noirs. De la nature en barre, de la matière, du style, la patte du créateur, le génie, presque de la pièce unique mes loustics. Moi, comme vous le savez, je ne colle pas aux fesses de la tendance comme tous les peignes-culs abonnés aux revues, j'la fais moi avec des petits riens, comme l'accessoire qui tue : matez-moi cette étiquette mes cocos, ça déchire grave. Avec les shushis, cette Négrette, qui à souffert bien plus que sainte Blandine sur des terroirs en terrasses balayées par le vent d'autan, va s'épandre comme une maîtresse exigeante. Rien que du plaisir, l'extase absolu..." 

Comme d'ordinaire je délire. Le concept d'une cave, physique ou imaginaire, conçue comme une garde-robe me va bien si, comme dans le domaine de la mode, le monde du vin accepte enfin de segmenter son offre, qu'à partir de la haute-couture qui correspond à nos vins îcones bordelais, bourguignons et autres belles régions, le coeur du marché désigné par le terme générique de prêt-à-porter dans la mode rassemble aussi bien les petits créateurs : nos vignerons stars ou présumés tels, très expression du terroir, artisans et novateurs, éthérodoxes ou chantres de la tradition, que les signatures de grands domaines ou de caves coopératives qui ont les moyens volumiques de proposer des vins adaptés aux divers segments de prix du marché comme le font un Emergildo Zegna ou un Hugo Boss avec leurs costumes allant de 500 euros à 1500 euros vendus en boutiques comme dans les grands magasins. La base de cette pyramide étant bien sûr constituée par l'équivalent des Zara, H&M, CA ou GAP, le gros du marché pour les petites bourses, les coups de coeur, la consommation quotidienne. Et bien sûr, le jeu ne consiste pas à faire sa notoriété en dénigrant ceux du dessous. Cet ensemble où tous les ressorts de la consommation moderne jouent : le vin n'en déplaise à certains est un produit de consommation, où la créativité de certains renforce la notoriété de tous les producteurs d'une AOC ou d'un vin de pays, où l'innovation et l'originalité ne sont pas bridées ou rabotées par une typicité syndicale à la Sallette - pas le pélérinage mais le plumitif de l'INRA - où les marques sont des locomotives, où sur les marchés extérieurs la griffe France joue à plein. Je pourrais, au risque de vous lasser, vous en tartiner des pages sur ce thème. Bref, bien plus qu'un Grenelle du vin, suggéré par Vitisphère, qui ne serait qu'une grand messe de plus, c'est l'acceptation collective de la primauté des metteurs en marché, quels qu'ils soient, vignerons vendeurs directs, domaines, coops ou négociants, sur le maquis des zins-zins institutionnels, pompes à fric, réserve de présidents, joujous de leur technostructure, où le poids économique des diverses entreprises créatrices de vin n'est pas pris en compte. La fausse démocratie étouffe le système, le bloque, le maintien dans le douillet cocon de la Médiocratie "chère" à mes amis de Seve, le plus petit dénominateur commun, un petit goût de l'ex-URSS...
  

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 00:02

J'aurais pu titrer ma chronique : " Du pain, du vin et des clanpins..." mais j'ai préféré pour une fois faire dans le sérieux qui sied à nos grands experts qui prévoient tout, sauf les mauvaises récoltes...
" Pour la troisième année consécutive, la récolte française de céréales à paille(blé, orge, avoine...) sera décevante. Alors que les moissons sont quasiment terminées, la plupart des producteurs font grise mine. En juillet, le Ministère de l'agriculture tablait encore sur 34?7 millions de tonnes de blé tendre. " Finalement, la production devrait tourner autour de 32,5 millions de tonnes, soit un recul de 2,5% par rapport à 2006, qui avait déjà été une mauvaise année" détaille Pierre Behal, porte-parole de L'ONICG..." Principale explication : les caprices de la météo, en 2006 la vague de chaleur de fin juin avait grillé la récolte sur pied. Cette année, trop de pluie après un mois d'avril chaud et sec, le printemps et l'été ont été froids et humides, ce qui a nui au remplissage des grains. Ces phénomènes météo ne touchent pas seulement la France, 5ième producteur mondial, mais aussi les pays du nord de l'Europe frappés par des pluies abondantes, l'Australie et l'Ukraine en proie à des sécheresses historiques. Autre raison : la consommation progresse dans les pays émergents, comme l'Inde et la Chine, où les classes moyennes adoptent les habitudes des consommateurs occidentaux. Depuis trois ans, la production mondiale est inférieure à la consommation. Les stocks de blé sont au plus bas " dans l'UE, ils ne représentent plus que 2,5 mois de consommation" Bien sûr, les prix flambent : le "rendu Rouen", référence du prix du blé tendre, a bondi de 86 % en un an pour atteindre 229 euros. Si l'on rajoute à ces tendances l'essor rapide des bio-carburants, qui diminuent les surfaces consacrées à l'alimentation, on peut estimer qu'à moyen terme le phénomène est durable.

Vous allez me dire, qu'est-ce que ça à voir avec le vin vos histoires sur le marché mondial du blé ? Essentiellement une constation : l'incapacité des services de la Commission de l'UE d'anticiper les grandes tendances des marchés. Quand je lis dans le journal le Monde : " Cette flambée devrait inciter Bruxelles à réagir rapidement. Un Conseil européen des Ministres de l'agriculture s'est tenu le 16 juillet. Les jachères obligatoires, qui représentent 10% des terres cultivées, seront supprimées lors de la prochaine campagne. Bruxelles estime que cette mesure devrait permettre de produire au moins 10 millions de tonnes supplémentaires en 2008" je suis stupéfait. Trois ans pour réagir, une paille ? La buraucratie bruxelloise, empétrée dans ses grands principes de "tout pour le marché" est aveugle et sourde, lourde comme un porte-avions, incapable, comme l'était le Gosplan d'anticiper. Depuis que je les pratique, ils se sont toujours trompés, toujours en retard d'une guerre, toujours aussi suffisants et donneurs de leçons. N'oublions pas que le blé est un produit stockable, que la France, pour le plus grand plaisir des IGREF est couverte de silos à grains, que nous sommes en capacité de jouer un rôle important dans la régulation du marché mondial. Foin de ces conneries régulatrices, les beaux esprits de la DG VI ont préféré faire joujou avec le blé Ukrainien, quite à peser sur la sécurité alimentaire de ce pays, et aujourd'hui celui-ci se voit dans l'obligation de mettre en place des quotas pour limiter ses exportations à 2,5 millions de tonnes, après un pic à 6,5 millions en 2005. Je passe sur la jachère industrielle où, là encore, ils ont freiné des 4 fers avant de retourner leur veste. Toujours tout faux les mecs !

Alors, comprenez que je n'ai nul envie de confier les clés de l'avenir de la viticulture européenne à ces " désastronautes ". Et pourtant nous sommes engagés sur ce chemin faute d'avoir su prendre notre destin en main. Comme les experts de Mackinsey avec le désastre d'Enron aux USA, l'adage " les conseilleurs ne sont pas les payeurs" joue plein pot avec nos grands prévisionnistes de la DG VI. Pour ma part, si l'on s'achemine vers un démantelement de tous les outils de régulation, ce qui peu parfaitement se concevoir et produire des effets structurants à terme, je l'ai expliqué dans ma chronique : les raisons de ma colère, je demande aux décideurs européens d'engager de concert un vaste plan social pour réduire les effectifs de la DG VI. Dans une économie "libérée" nous n'avons nul besoin d'une bureaucratie tatillonne pour compter le nombre de coquelicots au m2 ou faire suer le burnous sur la dimenssion des panneaux annonçant le financement de travaux par le FEOGA. La subsidiarité suffira à notre bonheur. Pour autant, pour montrer l'exemple, nous nous devrons de faire nous aussi un léger ménage dans l'ensemble des zinzins qui "encadrent" et pompent de la substance financière sur notre viticulture. Mon souci d'élagage ne va pas jusqu'à l'abattage, je reste un partisan de la mise en oeuvre, comme le font nos grands concurrents, d'outils de réflexion collective débouchant sur une stratégie définissant les voies et moyens d'atteindre les objectifs souhaités. Qu'on le veuille ou non, les succès que nous avons connus, qui d'ailleurs nous placent toujours en bon rang, sont le fruit de la proximité et du sens de la responsabilité qu'on sut avoir, à cette époque, la puissance publique et les professionnels.

Hier au soir, pour la première fois depuis que mon espace de liberté existe,  j'ai retiré une chronique mise en ligne le 4 octobre 2006 : Le donneur de leçons. Celui-ci vient de mourir " d'une longue maladie " à 62 ans et je me devais d'effacer cette petite charge contre un homme que j'avais cotoyé dans ma vie professionnelle. La mort n'efface rien, elle renvoie chacun de nous à l'origine première. Je respecte le silence des morts...           
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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 00:02

- C'est tout de même beau c'que j'dis les gars... Vaut mieux tard que jamais d'avoir c'te chance... J'en reviens pas... Vous êtes témoins, ni l'maire, ni même notre curé en chaire, n'ont élocu... élocutionné d'une si belle manière...
Le vieux Turbé agitait son feuillet en prenant son public à témoin. Tout au fond de la salle, le grand Célestin Turbé, cousin germain de l'orateur, se dressait, raide comme la justice, pour le rappeler à l'ordre : " Continue bougre d'âne ! T'es pas là pour faire le paon mais parce qu'on a le nez sale. C'que tu dis c'est pas toi qui l'a écrit alors ne nous demande pas de te passer la brosse à reluire..." Un murmure, dont je ne sus s'il était approbateur ou désaprobateur, parcourut l'assistance. Marcelline, dont les formes moulées par sa robe trempée frisaient l'indécence, coupait court à cette contestation mal venue : " Tais ta goule grand machin ! Laisse dire notre Anselme, lui, au moins, il sait lire..." Vexé comme un poux le Célestin se rasseyait l'air mauvais. Ses voisins ne manquaient pas de se foutre de sa grande gueule enfarinée. Fort de ce soutien de poids, le vieux, rajustait ses besicles et reprenait le fil de la prose de Jean en brodant un peu pour se donner des aises : " Depuis ce foutu soir, nous qui suçons autre chose que de la glace, nous vivons dans la honte. Jamais une chose pareille n'était arrivée sur l'île : une si jeune et si belle fille, et pas de chez nous. J'ose l'affirmer, et je prends le bon Dieu à témoin, sans l'offenser bien sûr, la cirrhose de ce pochtron de Gulmineau aurait mieux fait de l'emporter en terre quelques mois plus tôt. Mais ce qui est fait est fait. A nous aujourd'hui de payer la dette, de l'apurer... " Le patron tendait un verre d'eau à Turbé. Il l'engloutissait. Je fixais Jean avec un sourire désolé comme pour lui dire que faire du Frantz Fanon sur ce confeti de granit relevait de l'infantilisme des gauchistes : apurer leur dette, pauvres marins....

Vous infliger la suite du discours n'apporterait rien de bien intéressant à mon propos déjà bien décousu. Jean s'était laissé aller au meilleur comme au pire et, comme le vieux Turbé fatiguait, la péroraison qui se voulait digne de l'aigle de Meaux, le grand Bossuet, fut débité à la serpe, comme du vulgaire bois de chauffage, dans une inattention totale. Tout ça n'était que du remplissage, les gars attendait la chute. J'y viens. L'orateur, sentant l'arrivée proche, retrouvait du gaz. Il abandonnait son feuillet pour adopter un style et un vocabulaire plus proche de l'entendement de ses ouailles : " L'idée est venue du plus con d'entre nous. Ce n'est pas lui faire injure que de dire de notre Bayaya, le petit Cornevin, a une case de vide. N'empêche que tout simplet qu'il est, c'est le moins tordu de nous tous. Bref, comme y nous'entendait nous lamenter, le voilà t'y pas qu'il dit à son père, ce grand beda morvoux de Cornevin, qu'y fallait qu'on fasse un monument à la Marie. L'a reçu en réponse deux revers de main sur son nez aussi morvoux que celui de son père. Mais le s'est pas démonté le gamin. En reniflant l'a dit que la Marie elle était gentille, qu'elle lui donnait toujours des carambars, que c'était une princesse et qu'au princesse on fait des monuments. Par bonheur, l'Angèle, la laveuse, l'a entendu et, comme c'est une langue de pute qui garde rien pour elle, au soir tout Port-Joinville était au courant. On l'a pas invité ce soir, mais on aurait du, car le pti Bayaya nous a tiré une belle épine du pied. Laisser ta Marie sous cette petite butte de terre ça n'était pas chrétien. Alors, comment dire, ce monument c'est nous qui... tu vois ce que je veux dire... c'est pas la peine que j'en dise plus... vaut mieux que je taise ma goule... "

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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 00:02
Le blog Berthomeau est toujours à la pointe de l'actualité. Pour accompagner votre petit déjeuner je vous offre une revue de presse typiquement british sur un sujet qui a agité le Landernau du vin cette semaine et sur lequel j'ai pondu deux chroniques : ça tourne au vinaigre pour le terroir et Berthomeau marque contre son camp... Sans vouloir ironiser ça a un léger goût de marmelade d'oranges amères chère au breakfast de nos amis anglais. Comme le notait avec gourmandise un journaliste de la perfide Albion : si l'Argentine gagnait contre la France ça donnerait un piment supplémentaire à la Coupe du Monde de rugby. Ils nous adorent ces roosbifs mais ce sont de gros clients... A vos clics et peut-être apprécierez-vous mes claques... 

Couverture presse suite à un article intitulé “« Réforme des AOC viticoles : Le tiers de la production doit sortir de l'appellation ! », paru dans le magasine Que Choisir (03/09/2007-cliquer sur le lien pour lire l’article).

   

·         Total audience cumulée enregistrée jusqu'à ce jour : 4,165,201 (à date du 05/07/2007, sans compter l’Internet)

·         Liste des media qui a couvert ce sujet (à ce jour)

 

- Daily mail: (lectorat) 2,400,143

- This is money

- The Independent: 240,116

- Daily Telegraph: 889,289

- The Times : 635,653

 

·         Résumé des articles paru dans la presse anglaise:

 

Ø       Une enquête réalisée par l’organisation “que choisir » affirme que le système « AOC » est devenu sans signification.

Ø       Les britanniques qui achètent des AOC de renommées ont été avertis qu’un tiers de ces vins sont de qualité très moyenne.

Ø       Un certains nombres des AOC les plus reconnues (Bordeaux, Sancerre, Saint Emilion) ne seraient peut être même pas de la région désignée

Ø       Selon le groupe de défense du consommateur (que choisir) ,un tiers des vins vendus sous le système AOC seraient d’une région totalement différente.  

 

L’article du journal « The Times » quant à lui souligne que la France va faire face à l’une des plus petite vendange de ces 20 dernières années (selon le comité national des producteurs)

 

 

·         Liens Internet pour chaque article

 

DAILY MAIL: (2 article+ article sur le site “this is money”)

 

·         Article page 5: French inspectors 'marking up sub standard wines' & en ligne sur: http://www.dailymail.co.uk/pages/live/articles/news/news.html?in_article_id=479982&in_page_id=1770

et sur leur site dédié à la finance (this is money) http://www.thisismoney.co.uk/news/article.html?in_article_id=424006&in_page_id=2

 

 

·         autre article (seulement sur leur site Internet): The Bordeaux that may not be from Bordeaux: Up to 1/3 French wines may be sub-standard

http://www.dailymail.co.uk/pages/live/articles/news/worldnews.html?in_article_id=479919&in_page_id=1811

 

 

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THE INDEPENDENT (1 article)

·         article page 21: Appellation controlée label 'no guarantee of quality'  et en ligne sur: http://news.independent.co.uk/europe/article2927104.ece

 

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DAILY TELEGRAPH (1 article)

·         article page 11: “Fine French wine labels may lie” et en ligne sur: http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2007/09/05/wfrawine105.xml

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THE TIMES: (1 article)

 

·          article page 32: Weather and disease swallow wine production in French vineyards & ONLINE

http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article2388158.ece

 

 

 BBC NEWS (1 article – 05/09/2007)

·         seulement en ligne: Doubt over quality of french wine

http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/6979650.stm

 

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                                                The Scotsman– (1 article-05/09/2007):

·        One in three French regional wines a sham: consumer group

http://news.scotsman.com/international.cfm?id=1413742007

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GOOGLE (partnership with AFP-1 article -04/09/2007):

·        One in three French regional wines a sham: consumer group http://afp.google.com/article/ALeqM5gr846AcyGDvqhNbk8O5hbOEunzJA

 

 

 

 

 
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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 00:08

Les critiques de certains de mes amis pleuvent sur mes larges épaules car j'aurais marqué contre mon camp en osant critiquer l'approche de Que Choisir sur les AOC qui ne sont pas des AOC. Tout d'abord, première remarque d'importance : je n'ai pas de camp puisque je ne suis ni viticulteur, ni négociant. Je suis, au sens opérationnel, hors-jeu. D'ailleurs c'est une position constante de ma part puisque j'ai toujours plaidé pour que ce soient les opérateurs qui décident eux-même de leur avenir : la mise en place et le fonctionnement du groupe stratégique qui a élaboré Cap 2010 en est le plus bel exemple. Ce sont 250 professionnels qui se sont mobilisés autour des 6 du groupe de pilotage pour aboutir à la note stratégique : le défi des vins français. Mon rôle a été celui d'un catalyseur, d'accoucheur de décisions. C'est la mission que mon employeur m'a confié. Dans ce cadre je me suis toujours efforcé de traduire ce que j'observais de la réalité économique et sociale, même si elle ne cadrait pas toujours avec mes goûts ou ma sensibilité personnelle. Pour autant, par l'action que j'ai mené ou que je continue de mener sur ce blog j'entends peser sur l'évolution des règles qui régissent notre secteur. En cela, bien sûr, je suis un acteur d'une partie qui se joue, ou se joue pas d'ailleurs, depuis trop d'années.

Un rapide retour en arrière va vous aider à comprendre les raisons qui m'ont poussé à ironiser, parfois sans doute avec trop de virulence - j'aurais pu m'abstenir " de la pauvre dame elle fait ce qu'elle peut ", mais, que voulez-vous, je vis dans le souvenir des FH de Virieu et PM Doutrelant aux plumes documentées et acérées - sur la manière approximative qu'a eu cet organe de presse d'aborder le débat. En effet, même si notre document CAP 2010 était imparfait, il répondait clairement à toutes les questions de fond posées. Pourquoi se fait-il, qu'au nom de la Défense des consommateurs, Que Choisir l'aie délibérément ignoré ? La réponse est simple : parce que ce document préconisait le partage clair de notre ressource vin entre les vins d'origine (VQPRD en sabir européen) avec un distingo AOC de stricte obédience et ce que nous avions appelé VRD (les AOC volumique et les vins de pays de grande zône) et un espace de liberté permettant de relever le défi du Nouveau Monde. Au nom de la pureté "ethnique" des vins, des seuls vins de propriété et les antiennes récurentes sur le vin industriel, les gens de Que Choisir ont choisi de nous ignorer alors que l'heure était à la mobilisation pour fissurer le front des conservatismes. N'en déplaise à mes amis, l'article en question reste sur cette position. On ne fera pas bouger d'un centimètre le bloc compact des dirigeants professionnels avec de la pure stigmatisation, des exclusions partielles ou temporaires par les ODG. Pour que le système bouge il faut que la responsabilité du produit soit confiée, sous contrôle externe bien sûr, à ceux qui font le vin et le vendent. En clair, aussi bien aux vignerons dans le cas des AOC de stricte obédience que des metteurs en marché en ce qui concerne les produits de marque. A force de rêver à des vins fantasmés les gens de Que Choisir oublient de défendre et d'informer les consommateurs sur 80% des vins mis sur le marché. Le vin est un produit de consommation au même titre qu'une boîte de petit pois Cassegrain.

Quand à l'affirmation : "un tiers de la production ne mérite pas cette appellation" fondée sur une enquête "fantôme" auprès de 75 professionnels "anonymes" travaillant en relation avec 20 AOC génériques représentatives des grands bassins, elle relève pour moi du même niveau de rigueur scientifique que si je prenais les 75 même professionnels et que je titrais que d'après eux :" les 2/3 des représentants professionnels siégant dans les interprofessions ne sont pas dignes d'y figurer parce qu'ils sont vieux et qu'ils sont cons ". C'est du même tonneau et ça ne ferait pas avancer le schilmblick d'un pouce. En effet, la qualité comme la connerie sont des capes trop amples qui recouvrent des réalités différentes, et surtout, dont la perception est largement influencée par l'acquis culturel et l'environnement socio-économique. L'affirmation selon laquelle on a assisté depuis un certain nombre d'années à une baisse qualitative régulière dans beaucoup d'AOC est infondée. En effet la qualité globale des vins d'AOC a progressé, ils sont mieux fait, mieux suivis mais ce n'est pas pour autant que le bilan soit globalement positif. L'AOC, selon Capus et ses disciples, n'est pas et ne sera jamais un signe de qualité comme l'est le label rouge. Comme son nom l'indique c'est la certification d'une origine contrôlée, en clair comme le dirait les gens de Seve un vin qui exprime son terroir et cette expression, sans aucun doute, ne peut s'épanouir que dans le respect des conditions de production et des méthodes de production durables. C'est au cep que tout se joue. Attendre que le vin soit fait pour que, sous le verdict d'une labellisation (antinomique pour moi avec l'AOC) on le rattache définitivement à son origine ne résiste pas à la pression sociale. La fameuse segmentation commence dans la vigne avec le raisin. Le viticulteur choisit et, comme il n'y a pas de sot métier, je ne vois pas au nom de quoi ceux d'entre eux qui choisirerait de fournir un grand metteur en marché selon des critères fournis par lui seraient couverts d'oppobre par des plumitifs qui se soucient comme de leur première chemise de ce dont vivent les gens d'en bas. Si cette réalité n'est pas prise en compte nous assisterons à une délocalisation d'une part de notre vignoble et j'entends déjà couler les larmes de crocodile des même plumitifs.   

  Note de la rédaction : voir texte joint

PARIS (AFP) — One in three of all wines marketed under France's regional appellation system -- from Bordeaux to Cahors, Saint-Emilion or Sancerre -- do not deserve the label, a top consumer group charged Monday.

Under France's wine classification system, wines from some 470 regions are each recognised as an "appellation d'origine controlee" (AOC) -- a system based on the notion of "terroir" according to which wine-growing areas have specific characters nurtured since Gallo-Roman times.

But according to France's UFC-Que Choisir consumer rights group, slack controls which saw 99 percent of all candidate wines awarded their AOC label in 2005, and pressure to produce higher yields, have led to a collapse in quality.

"For a number of years, we've seen a steady fall in quality in a number of AOCs, which has completely undermined consumer confidence," Alain Bazot, the association's head, told reporters.

UFC said that one in three AOC bottles were now either of sub-standard quality or insufficiently linked to the region, questioning the impartiality of the AOC award panels made up of local wine professionals.

The association called for the national appellation institute INAO to take urgent steps to correct the situation, if necessary by striking wines from AOC lists, warning it may be "the last chance" for the system to reform.

AOC wines account for 44 percent of all French wine production, a share that has doubled since the 1970s.


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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 00:02

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"Cherche d'urgence raisins murs et sains... Toute origine... Toute provenance... " Dans le vignoble méridional, on me dit que nul besoin d'une telle annonce pour que le marché des raisins à roulettes soit ouvert. Il l'est m'assure-t-on ! La demande existe, donc, on m'affirme qu'il ne reste plus qu'à trouver des offreurs. Ceux-ci existent aussi me précise-t-on. Ils sont depuis quelques années à la ramasse, trésorerie exangue, proches de jeter l'éponge. Qui pourrait leur reprocher de succomber aux sirènes d'un prix qui leur semble rémunérateur après les temps de vaches maigres ? Pas moi bien sûr, même si ces cépages auraient sans doute trouvé preneur à des prix encore plus rémunérateurs dans un marché qui va se tendre. Si tant est que ce phénomène existe, le problème ne se situe pas à leur niveau mais à celui de l'ensemble du système de cloisonnement juridique de notre vignoble où, pour que le vin vienne de là où il dit venir, son origine contrôlée - si les mots ont encore un sens - il faut que le raisin qui a fait ce vin soit récolté dans la zone délimitée. C'est la règle de l'AOC. Dans d'autres produits d'AOC, comme ça été le cas pour le Roquefort un temps où une partie du lait de brebis venait de Corse, le procédé de fabrication et " d'élevage" prévalent sur l'origine de la matière première. Pour le vin, sans être mauvaise langue, c'est la règle honnie par les cnaociens de stricte obédience, des 80/20. Tout ça pour dire, et je l'ai déjà écrit en 2001, que comme la pile Wonder, les grands principes fondateurs ne s'usent que si l'on s'en sert pour les tourner, les tordre, et que comme le disait le cardinal de Retz " on ne sort jamais de l'ambiguïté qu'à son détriment. "



Certains m'objecteront qu'il s'agit d'une pure rumeur sans fondement, et qu'au pire il ne s'agit que d'un phénomène marginal, sans effet sur l'authenticité de l'origine de la plus grande part de nos vins d'AOC et qu'en chroniquant sur ce sujet je me fais le véhicule de ragots qui nuisent gravement à la réputation du vignoble français. Je veux bien en convenir mais si, après un petit débat interne, j'ai pris le risque d'en parler, c'est que cette rumeur parvient à d'autres oreilles que les miennes. Des oreilles plus ou moins bien intentionnées, des oreilles bruxelloises, des oreilles de grands concurrents, des oreilles de journalistes... et le mal est fait. Ces achats, s'ils existent bien sûr, sont souvent fait pour la bonne cause : assurer la continuité du produit, en qualité, en quantité, afin de ne pas se retrouver en rupture. La vie économique est sans pitié. Les marchés difficiles à conquérir, faciles à perdre aussi, et chacun essaie de se "débrouiller" dans le maquis des vins de papier pour satisfaire ses acheteurs. Mon propos de ce matin n'a pas de visée morale et encore moins répressive - il existe des services officiels - mais de stricte opportunité dans le débat ouvert par nos amis de Seve. Leurs propositions, comme celles de Cap 2010 de segmenter le marché, en tenant compte à la fois des principes et des réalités économiques et commerciales des uns et des autres, permettraient de régler cette question des raisins qui voyagent - où les vins faits avec - en pleine lumière, sans risque, ni rumeur. Avec les errements climatiques les accidents sont prévisibles, il serait temps d'en tenir compte. Prévention vaut mieux que répression. Dans les archives de Châteauneuf-du-Pape j'ai lu que la délimitation de la zone avait eu pour objectif premier d'empêcher les négociants bourguignons de faire leurs courses là-bas et d'opérer la transmutation d'origine. L'histoire, chers lecteurs, n'est qu'un éternel recommencement... 

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 00:02

Le titre de la dépêche AFP datée du lundi 3 septembre, 18h30, claque comme un verdict sans appel : " Vins AOC : un tiers de la production ne mérite pas cette appellation ". Le président de l'UFC-Que Choisir, un certain Alain Bazot, lors d'une conférence de presse téléphonique (concept nouveau) a déclaré que " Depuis un certain nombre d'années *, on * observe une baisse qualitative régulière * dans beaucoup * d'AOC qui a miné complètement la confiance des consommateurs vis_à-vis des AOC". La dépêche ajoute que " Selon une enquête de l'UFC-Que Choisir, 75 professionnels représentatifs * de la filière viticole assurent qu'un tiers du volume du vin français produit en AOC ne mérite pas cette appellation du fait de son faible niveau qualitatif et du manque de lien avec le terroir * " C'en était trop pour moi, tel un corbeau par l'odeur du fromage alléché je me rue chez le premier marchand de journaux près de chez moi et j'achète pour 4 euros 20 le numéro 451 de Que Choisir www.quechoisir.org Le titre de l'article est très raccoleur - c'est pour ça que je l'ai choisi pour ma chronique car je suis très pute - " ça tourne au vinaigre pour le terroir ". Je feuillette. Je trouve les photos de Michel Issaly et de Marc Parcé très belles, même si Marc en rajoute un peu sur le look terroir profond mais, il lui sera beaucoup pardonné, car il tient un verre à la main. Bref, je lis le papier de Florence Humbert qui, entre nous ne casse pas trois pattes à un canard, même si elle rapporte des propos justes et intéressants. Elle dis tout et son contraire, et comme il est de tradition dans le journalisme français, son article est plus un point de vue qu'une relation de la réalité. Mais bon, elle fait ce qu'elle peut la brave dame. J'adore, le couplet " un conseil qui sonne comme une injonction de s'engager dans la voie de la wine industry et de ses vins "Coca Cola", qui ont fait le succès des produits du Nouveau Monde. " à propos d'une déclaration d'Yves Bénard sur la nécessité de réécrire les décrets et de repositionner certaines appellations. Plus c'est gros plusça impressionne le gogo mais c'est idiot. Le florilège est exceptionnel : " Bruxelles a soif de vins "faciles à boire", l'authenticité et la tradition menacées par la logique du marketing, le grand tournant de l'industrialisation... Les barbares sont à nos portes gaulois montez aux créneaux. Défendez le fortin, les sabots et le foin ! Mais mon propos n'est pas de traiter sur le fond cet article mais de souligner l'absence de la fameuse enquête auprès des 75 "salopards anonymes " * qui ont craché dans le cuvon. Rien. Queue de chique. De la publicité mensongère : un comble dans un organe indépendant de défense des consommateurs. 

Alors pour redonner un peu de tenue scientifique au débat je vais ici poser des questions à Que Choisir en me reportant  aux astérisques que j'ai déposé au cul de certains mots utilisés dans le communiqué :
* un certain nombre d'années : combien ? 5, 10 ou 15 ans...
* on : qui on ? des noms, des études, des rapports...
* une baisse qualitative régulière : merci de nous communiquer la courbe de cette baisse pour nous puissions observer sa régularité en nous précisant l'unité de mesure de la qualité.
* dans beaucoup d'AOC : lesquelles ?
* 75 professionnels représentatifs : la liste SVP et la définition de la représentativité.
* manque de lien avec le terroir : c'est quoi le lien avec le terroir ?
* merci de me communiquer l'enquête pour lecture.
* " les 75 salopards " en référence du Manifeste des salopes, qui elles n'étaient pas restées anonymes, pour l'avortement à l'initiative de Gisèle Halimi. 
Bref, tout ça est tout, sauf très sérieux et, ce qui me chagrine, c'est qu'une telle littérature approximative nuit plus au combat que je mène depuis 2001, monsieur le Président de Que Choisir, qui êtes un peu un piètre ouvrier de la dernière heure, qu'elle ne le sert. Je le regrette. Vous donnez des armes aux tenants de l'immobilisme. Quand on se veut un organe de défense des consommateurs on ne patauge pas dans l'amateurisme, le sensationnalisme et surtout on ne met pas en avant une enquête fantôme. Je m'emporte mais ce n'est pas l'abomination de la désolation mais du petit bricolage à la française... Désolant !

Note de la rédaction : lorsque j'ai écrit en 2001 que sous les grandes ombrelles des appellations se cachaient des vins indignes : 
1° j'ai signé mes écrits avec les conséquences que vous connaissez, 
2° je n'ai donné aucune indication quantitative pour la bonne et simple raison que je ne disposais d'aucun chiffre, 
3° à cette époque Que Choisir devait roupiller car je n'ai rien lu sur le sujet, 4° ce n'est pas en renforçant la répression qu'on fera bouger les choses. Commencer dans la vigne.

 

 
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 00:02

Monsieur,

Sur le fond de votre bouquin je n'écrirai rien puisque, pour l'heure, je n'ai pas pris la peine de le lire. Pourtant, juste avant Vinexpo, votre éditeur me fit une offre guère alléchante, un maigre 10%, pour que j'achetasse cette charge girondine contre l'affreux pouvoir jacobin, en plus vulgaire je devrais écrire parisien. Mon propos de ce matin, mûri, pesé sur un trébuchet de pharmacien, affirme, sans grand risque que je puisse être contredit que, l'appellation non contrôlée, que vous m'accolez ou qu'habilement vous suggérez, est erronnée. Je vous sais trop fin pour ne pas comprendre que vous le faites à dessein pour me disqualifier. Par la bouche de vos présidents vous ne vous en êtes point privé. A plusieurs reprises j'ai expliqué que je n'étais ni haut, ni fonctionnaire, en vain. Un conseil en passant, puisque vous n'êtes pas avare dans ce domaine, faites le ménage dans votre maison au lieu de me chercher des poux sur la tête. Donc, monsieur, en dépit de votre obstination, je filais des jours heureux, en me disant, qu'après tout, si tel était le poids et la pertinence de vos arguments, je n'allais pas m'échiner à les réfuter.

Alors, pourquoi donc me suis-je décidé à vous écrire ? Tout simplement parce que Jean-Jacques Chiquelin, journaliste au NO, m'a signalé, au détour d'une conversation, que dans votre petit bouquin, vous vous offusquiez de mes écrits dans Vin&Cie, ici même. Drapé dans vos habits professoraux, Sciences-Po Bordeaux je crois, vous évoquez le devoir de réserve qui devrait m'empêcher de m'exprimer. Vous voudriez qu'on me censura. Mais, grand dieu, au nom de quoi ? De quelle règle de Droit ? Moi qui suis docteur en droit public, qui ai occupé un poste de Professeur-associé de l'Université, permettez-moi d'écrire que c'est du n'importe quoi. Depuis fort longtemps je n'occupe plus de poste d'autorité dans l'Administration. Mes seules fonctions officielles, attestées par le JO, avec délégation de signature ministérielle, furent d'être Directeur de cabinet d'un Ministre. Depuis, nenni, je suis un pékin ordinaire pas un haut-fonctionnaire. Sur mon espace de liberté j'écris en mon nom et je n'engage que moi. Alors, monsieur, une fois, deux fois, trois fois bonjour les dégâts, ça suffit. Je vous prie donc de me lâcher les baskets et de refouler vos instincts dénonciateurs.

Enfin, vous qui m'avez fait un jour le plaisir de me faire parvenir cet e-mail savoureux : " mon président me demande de vous inviter..." je vous prie de bien vouloir noter que votre fonction de Directeur d'un zinzin interprofessionnel, vivant de CVO, sous contrôle d'Etat, fait de vous un salarié émargeant sur des fonds dont le caractère public est avéré. Pour preuve, vous pouvez avoir recours à la contrainte publique pour faire payer les récalcitrants. Alors, je suppose, que vos écrits n'engagent que vous qui n'avez jamais ôté vos fesses du même fauteuil depuis fort longtemps. Alors, permettez-moi, aussi, de vous signaler que moi j'ai changé, tous les 4 ou 5 ans de fonction ou d'employeur et que, suprême indécence, pendant 3 ans, j'ai acheté, embouteillé, livré du vin - gros contributeur pour votre maison-, au sein de la plus grande société de vin française à l'époque : la SVF. Si j'avais été, un haut-fonctionnaire, j'eusse pantouflé. J'ai tout bêtement démissionné. Pas de parachute doré, monsieur, tout simplement la vie d'un salarié. Je vous saurais donc gré de m'épargner votre suffisance sur la pertinence et l'opportunité de mes écrits. Mon expérience dans le secteur du vin vaut largement la vôtre, CV contre CV, je laisse à chacun, puisque cette lettre est ouverte, d'en juger.

Ceci étant écrit, cher monsieur, je ne m'interdis pas, après lecture des vôtres, de commettre une nouvelle chronique, afin de livrer, à mes chers lecteurs assidus, ce qu'ils m'inspirent. Certains, alors, seront peut-être surpris de lire que je partage certaines de vos analyses et que, contrairement à vous, je ne me prive pas de l'écrire car, à votre différence, je n'ai aucun fond de commerce  à défendre. Ma liberté, certes vous dérange, mais sachez qu'elle a un prix, à l'occasion je pourrai vous l'indiquer, cher monsieur. Dans cette attente, je vous prie d'agréer l'expression de mes salutations les meilleures.

Jacques Berthomeau

    

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 00:02

Un-dimanche-ordinaire-001.jpg
Les courageux et geuses, les accros de mon blog, tous ceux et celles qui, même en plein mois d'août, avant d'enfiler leurs tongs, leur chemisette et leur short, pendant que le café s'égoutte et que les grillées blondissent, se ruent sur leur clavier, clicquent et découvrent avec soulagement, qu'encore ce matin, je ne les ai pas oublié, se sont dit à la lecture de ma lettre du 8 août à madame la Commissaire, cette chère Mariann, www.berthomeau.com/article-7012042.html quelle mouche a piqué le Berthomeau ? Pourquoi un tel courroux en plein mois d'août à l'encontre de tout ce petit monde qu'a quitté la grisaille de Bruxelles pour aller se rôtir sur les plages de la Méditerranée ? Tout le monde s'en fout ! C'est plié il ne reste plus qu'à manifester. C'est d'ailleurs la question que m'a posé au téléphone, alors que je me prélassais sous le soleil Corse, ma copine Françoise Laborde de France 2. Manif ou pas, ça ne réponds pas à vos légitimes interrogations : pourquoi secouer comme un prunier ce machin qu'ait déjà ficelé ? Ou, plus exactement, qu'ait un vrai panier percé. A quoi bon tonner contre cette volonté de donner les clés au seul marché puisque c'est ce que vous vouliez, monsieur le rapporteur, le promoteur du pilotage par l'aval peuplé de négociants prédateurs. Vous n'avez que la monnaie de votre pièce, monsieur l'apprenti-sorcier diront ceux qui ont peint sur les frontons des caves coopés " Non à Cap 2010".

Sans hésitation, je vous réponds non, ça n'a rien à voir avec nos propositions. Mais là n'est pas l'explication de ma colère face à la proposition de madame la Commissaire. Ceux qui lisent ce blog depuis ses origines savent que je me suis engagé pour le Oui, non que la Constitution me plaisait, mais parce que la coalition des nons me déplaisait, m'irritait, débouchait sur le néant car elle regroupait des européens convaincus, des souverainistes aigres ou peu fréquentables et les faux-culs de l'extrême gauche. Le peuple français a voté majoritairement Non me rétorquera-t-on. Fort bien, le même peuple a porté au deuxième tour de la Présidentielle, avec un pourcentage de votants imposant, deux partisans du Oui et élu un Président engagé dans la relance du processus européen. Pour ma part, ayant pratiqué concrètement le fonctionnement des institutions européennes : Conseil des Ministres de l'Agriculture, DG 6 et autres, Feoga, je reste convaincu que le désamour de nos concitoyens vis à vis de l'UE tient en grande partie dans l'opacité du processus de décision communautaire. C'est une boîte noire. C'est une machine à fabriquer de l'irresponsablité. C'est le royaume d'une bureaucratie mal dirigée et mal contrôlée. Voilà la raison première de mon coup de sang : madame la Commissaire et ses services, en jouant à merveilles des contradictions, des oppositions, entre acteurs du secteur, entre grands Etats producteurs et les non-producteurs, de la "nullité crasse" de la contribution des parlementaires européens, a fait adopter par la Commission un projet purement idéologique.

Je m'explique. Crozier écrivait dans les années 60 qu'on ne réforme pas une société par décret. Dans le cas précis de l'OCM vin, qui je le rappelle était à l'origine essentiellement, pour ses outils de gestion, un réglement vin de table, on ne peut se contenter de s'en remettre au seul pilotage des metteurs en marché. Ceux-ci sont des opérateurs commerciaux non des régulateurs du potentiel. Celui-ci qui, dans notre pays, y compris en Champagne, reste entre les mains de producteurs nombreux, s'il est totalement dérèglementé, subira, pour une grande part de notre vignoble, une délocalisation et, pour une autre part, une concentration. C'est un choix. Il faut l'annoncer. L'expliciter. En discuter dans la transparence et la clarté. Ne pas se cacher derrière son petit doigt ni même s'arquebouter sur le small is beautiful. Ce n'a pas été le cas. On fait comme si on se contentait de réajuster le potentiel par l'arrachage et qu'ensuite, grâce aux zakouskies vert pré du deuxième pilier, notre viticulture artisanale coulerait à nouveau de beaux jours. C'est un leurre. Qu'il faille un grand plan social pour certains de nos viticulteurs, c'est une évidence. Qu'il faille professionnaliser plus encore certains de nos viticulteurs, j'ai été de ceux qui l'on écrit. Qu'il faille laisser les domaines dynamiques grandir, c'est vital. Qu'il faille renforcer nos entreprises leaders, ça fait plus de 5 ans que je clame dans le désert qu'il faut mettre en place un fonds d'investissement dédié. Ce n'est pas avec de la promotion à la sauce européenne que nous relèverons le défi des vins du Nouveau Monde et celui des marchés émergents. C'est de la cosmétique pour faire plaisir à certains dirigeants professionnels adeptes des voyages organisés. L'important pour rebondir c'est de tirer parti de notre modèle de production qui, contrairement ce que nous serinent certains, à fait ses preuves. Le réformer. Lui donner de l'air, de la souplesse, de la liberté, en finir avec des gestions malthusiennes, ça ne signifie pas le jeter à la poubelle. Alors, avant qu'il ne soit trop tard, ceux qui se disent dirigeants se doivent d'enlever leurs oeuillères, de regarder les réalités du monde en face, de s'inspirer de certains de leurs prédécesseurs qui ont su s'élever au-dessus de la mêlée, expliquer, faire comprendre, prendre le risque de l'impopularité, en une expression simple : servir l'intérêt général...      

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 00:03

Jean faisait tinter un verre avec son couteau et, de sa voix impérieuse d'ancien manipulateur d'AG, il réclamait le silence. Il l'obtenait. Le vieux Turbé se levait, chaussait des besicles cerclées d'écaille et, d'un geste un peu théâtral, tirait de la poche intérieure de sa vareuse une feuille de papier pliée en quatre. Marcelline s'adossait au bar en tamponnant son opulente gorge avec un petit mouchoir en dentelle. Dans la salle tous retenaient leur souffle. Le patriarche allait-il être à la hauteur de l'évènement ? Pour eux, il en allait de l'honneur des marins de l'Île. Turbé se raclait la gorge. Il dépliait le feuillet et le plaçait à la bonne distance de lecture. En d'autres circonstances il aurait déjà eu droit à une bordée de quolibets sur ses manières de sous-préfet inaugurant le nouveau bâtiment de la coopérative maritime. Ce soir, sous l'effet du nectar d'exception et, sans aucun doute, parce que des consignes strictes avaient été données, les plus ramenards fermaient leur grand clapet. Annette trouvait le moyen de briser une pile d'assiettes sales en s'étalant de tout son long. Un murmure réprobateur parcourait l'assistance. La pauvrette, honteuse et meurtrie, fondait en larmes. Je me levais pour l'aider à se relever et je la prenais dans mes bras pour la consoler. Une salve d'applaudissement saluait mon geste. Le vieux Turbé, tel un César, levait la main pour éviter que la cérémonie ne vire eu jeux du cirque. Je me rasseyais en posant Annette sur mon genou droit. Certains se retenaient de faire des commentaires grivois. Le silence, telle une plaine immense, offrait un boulevard à l'orateur.

" Cher Benoît,
Comme il faut bien que quelqu'un se dévoue pour dire les choses qu'on a à te dire, j'me suis dit, et j'vous l'ai déjà dit à vous, comme sur nos bateaux, quand la mer est grosse, c'est au patron de tenir la barre..." Le vieux Turbé improvisait. Se jeter dans le texte de Jean - car sans nul doute ce feuillet était l'oeuvre de mon ami - devait le tétaniser. Son front bas perlait de sueur. Ses doigts coutauds pressaient la feuille comme si elle pesait des tonnes. Pour l'aider à démarrer, en dépit de la position d'Annette qui s'épandait sur moi, j'adoptais l'air inspiré du paroissien en attente du prêche du curé. Le vieux aspirait une lampée d'air puis se lançait : " Souvent, aux endroits isolés, à force de rester longtemps à guetter, on finit par voir, même en plein jour, des formes humaines qui surgissent entre les buissons et les rochers, on a l'impression que quelqu'un est en train de vous épier, puis on va voir, et il n'y a personne..." Je fusillais Jean du regard. Cet immonde salaud avait placé une citation du Désert des Tartares, mon roman-culte, en entame du discours. Turbé s'en sortait avec les honneurs. Ses collègues, subjugués par la diction fluide, le respect de la ponctuation d'une aussi longue phrase, n'en revenaient pas. Moment de grâce absolu, le vieux, aux anges, prenait son envol. " Toi qu'on voyait si souvent se promener, avec elle, les jours de gros temps, sur la lande du vieux château, face à la fureur de notre putain d'océan, on sait maintenant, qu'à cause de l'un des nôtres, chaque jour, tu vas la guetter, croire qu'elle se cache dans le creux d'un rocher, et, pour ton grand malheur, jamais plus tu ne pourras l'atteindre. La toucher. La serrer dans tes bras..." Les plus durs fondaient. Les plus tendres s'épandaient. Reniflaient. Marcelline, en eau, s'affaissait sur une chaise. Annette me pelotait en sanglotant. Turbé galvanisé se rengorgeait. Moi, stoïque, j'entrais maintenant de plain-pied dans le non-sens de ma situation.

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