Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 00:02


A la suite des Trois questions à Michel Bettane les commentaires, pour mon plus grand plaisir, ont éclos comme les Cent Fleurs * chères au président Mao Tsé Doung mais, dans un long lamento, chacun y est allé de son "Que Faire ?" qui, comme chacun sait ou ne sait pas, est l'oeuvre majeure de Lénine, le fondement de ce qu'on appellera le marxisme-léninisme, c'est-à-dire la stucturation d'une avant-garde d'élite, laquelle importera, injectera des idées justes à l'intérieur du prolétariat. On sait où même ce charmant discours...

Et là, la moutarde me monte au nez ! Pas pour Lénine le père du goulag, ni pour Mao qui aimait tant les petites filles, mais pour le bal des hypocrites ou des faux naïfs qui, au temps où il fallait choisir, soit chantaient leurs ritournelles bien rodées, soit attendaient que ça se passe pour que rien ne change. La coupe est pleine, déborde, s'épand en un long fleuve bourbeux où se rejoignent ceux qui, lorsqu'Hervé Gaymard à mis la note stratégique Cap 2010, le défi des vins français, sur le chantier des dirigeants professionnels, se sont drapés dans des postures quasi-léninistes, voulant guider la masse de la base vers des lendemains qui chantent, leur imposer du bonheur malgré eux, élitistes hautains, réformateurs à leur strict profit : réformons les AOC et tout ira bien chantaient-ils dans tous les micros tendus et ceux qui, goguenards, bien calés dans leurs fauteuils directoriaux, tapis dans leurs forteresses inexpugnables, perfusés de CVO, machiavels au petit pied tiraient les ficelles, jouaient des contradictions, alimentaient les rapports de forces entre régions, pour que la main leur revienne et pour que ce soit plus parlant, collaient mon nom sur tout ça, à Bordeaux je roulais pour les pouilleux du Languedoc, dans le Languedoc profond j'étais un stipendié du grand négoce prédateur, à Paris mes origines déplaisaient. Dérisoire !

Berthomeau on s'en fout ! Son rapport n'était qu'un pied de cuve, le point de départ d'une réflexion collective. Il n'y a pas eu de rapport Berthomeau 2 mais une oeuvre collective : la note stratégique Cap 2010. Ce qui importait c'était la méthode de travail pour aboutir à des choix clairs débouchant sur des décisions : la réflexion stratégique ne peut se faire qu'avec ceux qui, de la vigne au rayon de vente en passant par la cave, font le produit et le vendent. Des gens qui savent de quoi ils parlent, même si parfois ce qu'ils expriment est moins léché qu'une belle note d'un cabinet conseil, qui en confrontant leurs points de vue apprennent à se connaître, à s'écouter, à se comprendre. Du chaos initial, des yaka et des faukon, des idées reçues, des postures syndicales, des intérêts contradictoires, des vieilles querelles, petit à petit naissent des compromis acceptables et acceptés, les lignes bougent, ce qui paraissait impensable au départ devient une réalité envisageable. On avance. Bien sûr il y a des résistances, des combats d'arrière-garde, des gens qui ne peuvent suivre le mouvement mais le paysage change, on s'adapte, on relève les défis et lorsqu'on porte un regard en arrière on s'étonne du chemin parcouru, on se demande pourquoi la mise en mouvement ne s'est pas opérée plus vite et plus tôt. Comme le notait Viginie Raisson (chronique du 15 novembre) " le seul déterminisme qui existe, c'est l'action qu'on ne tente pas, les choix que l'on n'ose pas. C'est bien pourquoi une fois encore, l'avenir appartient aux décideurs et aux acteurs que nous sommes, pas aux prophètes."

Alors, que faire ? Ma réponse est connue : faire ! Mais comment le faire ? La réponse est simple : cultiver les proximités entre des gens différents, aux intérêts parfois divergents, mais mus par une volonté commune, comme nous le faisons discrètement au sein du club "Sans Interdit". Nous ne sommes pas une société secrète mais un réseau d'hommes et de femmes qui, chacun à notre place, sans monter sur le tonneau, sans jouer de la grosse caisse ni bénéficier des faveurs médiatiques tentons de faire avancer des dossiers qui nous paraissent essentiels pour le devenir de notre secteur. Nous ne détenons aucune vérité révélée mais l'évolution des choses nous donne raison, prouve que même si notre ouvrage n'était pas parfaite elle avait au moins le mérite d'exister, de proposer aux uns et aux autres des voies en phase avec les réalités. Nos sociétés complexes ne se réformeront pas par décret, à coups de solutions simples et rapides, mais en s'inscrivant dans des processus voulus et assumés. Nous ne sommes pas assis sur un champ de ruines mais si nous voulons, n'en déplaise à certains, assumer notre double statut de vignoble de masse et d'excellence, en acceptant les voies et moyens qui le permettront nous gardeons le rang qui est le nôtre. Car nous savons le faire. Et nous pouvons le faire.

* la campagne des Cent Fleurs
(百花运动/百花運動) est une politique menée en Chine de février à juin 1957. Mao, pour rétablir son autorité affaiblie sur le Parti depuis le VIIIe congrès du Parti communiste et améliorer les relations entre celui-ci et la population dans un contexte international périlleux, appelle à une campagne de rectification. Celle-ci a pour principe de « lâcher la bride » à la population, et plus particulièrement aux intellectuels, qui peuvent critiquer le Parti afin que celui-ci s'améliore.

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 00:06

 

" Le pouvoir au bout du fusil ! " ça claque, non, et ça fout les pétoches au rentier de Neuilly, hein ! Et pourtant, sous l'héroïsme de pacotille du slogan, rien qu'une poignée de minoritaires, farouchement minoritaires, quelques retranchés solitaires persuadés que leur solitude est l'essence même de la force irrépressible qui les meut : aller au contact de la réalité des masses, foin des programmes éculés des syndicats officiels, seule la parole des prolos compte... C'est beau, dur et caricatural, une esthétique réaliste, ouvriers du soviet de Petrograd et marins du Cronstadt unis, comme sur une fresque d'Octobre 17 ! Pour eux, l'urgence est à la formation de groupes armés car le reflux qui a suivi le raz de marée gaullien n'a qu'enterré la violence, elle est toujours là sous le dépit des opprimés, nichée dans les ateliers de Sochaux ou des Batignolles, elle affleure prête à gicler le moment venu. La rage du sous-prolétariat exploité est le levain de l'insurrection générale où les comités de grève, cette fois-ci, ne se laisseront pas rouler dans la farine par des apparatchicks syndicaux. Rien que des traîtres à la cause du peuple ! Dans leur camp retranché de la rue d'Ulm, ce dernier carré de têtes bien faites, ces cousus de diplomes, pense que la reprise en main n'est qu'un trompe-l'oeil, que les prolétaires frustrés de leur victoire par le tour de passe-passe du Général, vont prendre en main leur destin. Alors il faut s'immerger dans la glue des masses, apprendre d'elles en s'inspirant de la Révolution culturelle chinoise. S'ils sont "maoïstes" c'est en référence à l'appel aux masses, à la contre-offensive solitaire de Mao pour faire imploser les intellectuels. Passer à l'acte sur le champ de ruines du marxisme-léninisme, c'est comme plonger dans du beurre, le labour y sera aisé car l'humus révolutionnaire, libéré des révisos, est vierge. Purs combattants, sans états d'âme, quasi asexués, drapés dans leur splendide isolement, aristocrates de la Révolution, ces jeunes hommes de 20 à 25 ans veulent en découdre. 

Bien sûr, pour les chevaux de trait, les bourriques des RG, avec leur vue basse, leurs oeuillères et leur QI de pois chiches, plus fouille-merde patentés que fins analystes des derniers écrits du Grand Timonier, cette loghorée vindicative et délirante, prise au premier degré, ne peut que déboucher sur une forme inédite de guérilla larvée difficile à maîtriser. Compréhensible leur angoisse, ces normaliens survitaminés du stylo ne font pas partie du cheptel relevant d'ordinaire de leur paroisse. Totalement dans le bleu les pauvres se replient sur les bonnes vieilles méthodes. Les infiltrer c'est déjà fait mais leurs informateurs bitent rien au délire, ne font que de la figuration inefficace. D'où l'idée géniale de leur chef  d'un agent dormant, au profil homothétique, capable de décrypter le sabir de la GP. Sur cette initiative, ces obsédés de la menace soviétique, ces paganinis de l'instrumentalisation de la guerre froide, ces couleurs de muraille que sont les délirants de la DST opinent même si, pour eux, cette agitation va se dissoudre dans la maladie infantile du gauchisme : l'inorganisation, et que les risques de passage à l'action sont mineurs car ces intellos sont des amateurs qui vont s'enliser dans les scissions et les exclusions. S'ils participent à l'opération c'est pour parer l'infiltration de ces illuminés par l'Internationale terroriste des poseurs de bombes et des coups de mains sanglants. Depuis le feu vert de leurs chefs, les trois hommes pensaient tout haut sans se soucier de ma présence. Je percevais leur désarroi moi le petit inspecteur de la banlieue rouge qui en savait bien plus qu'eux.  

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 00:01

21r4SOF2ayL.-AA115-.jpg
C'est le titre d'un essai percutant de l'historienne Amandine Regamey qui montre comment l'humour sous les dictatures : Flüsterwitze (blagues chuchotées) en Allemagne nazie ou anekdoty (histoires drôles) au pays des Soviets soudait clandestinement la population muselée et servait d'exorcisme collectif : humour noir contre tyrannie rouge ou inversement... Je vous en livre un petit florilège...
temps-fort-4977.jpg

 

Staline fait un discours. tout à coup, dans la salle, quelqu'un éternue.

"Qui a éternué ?" demande Staline.

 

Silence.

 
"Qu'on fusille le premier rang !", ordonne Staline.

 
Des applaudissements nourris saluent l'exécution. Staline réitère sa question, sans obtenir plus de réponse, et le deuxième rang est fusillé sous des ovations prolongées.

 
Quand Staline pose la question pour la troisième fois, un homme tremblant se lève et avoue.

 

"C'est moi camarade Staline, c'est moi qui est éternué.

 
- Eh bien, à tes souhaits, camarade ! "

 

Discussion dans un camp :


" Pourquoi es-tu là toi ?


- J'ai dit du mal de Boukharine.
 

 

- Ah. Moi j'ai dit du bien de Boukharine."

 

Ils se tournent vers le troisième :

 

"Et toi ?

 
- Moi ? Je suis Boukharine."

 

" Comment apprenons-nous ce qui se passe dans le monde ?

- Grâce aux démentis de l'Agence Tass."

 

Tito rencontre un paysan. Il fait arrêter sa voiture et, apprenant que l'homme va à Zagreb lui demande ce qu'il va y faire :

 
" Pas grand-chose, juste quelques courses : deux ou trois complets, des chaussures et une nouvelle voiture. Et puis ma femme m'a demandé de lui ramener des bricoles, un réfrigérateur, une machine pour le linge, une pour la vaisselle, une nouvelle télévision.


" C'est fantastique, s'écrie Tito, tu dois avoir beaucoup d'argent.


- C'est normal, nous vivons dans le socialisme.


- Tu as raison. Sais-tu qui je suis ? C'est à moi que tu dois tout ça : je suis Tito !


- Oh ! Camarade président... Excusez-moi... c'est à cause de la voiture, je vous avais pris pour un journaliste américain."

 



" Est-ce qu'il y a des pauvres en URSS ?


- Oui, ce sont ceux qui n'ont rien à eux. leur appartement est un appartement d'Etat, leur maison de campagne - une datcha d'Etat, leur voiture - une voiture d'Etat."


derso-et-k--len-Molochb.jpg

 

" - Qui est ton père ?


- Le Führer.


- Qui est ta mère ?


- La Grande Allemagne.


- Et qui veux-tu être quand tu seras grand ?


- Orphelin. "

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 00:06

Michel-Be-.JPG
On ne présente pas Michel Bettane, c'est une référence dans notre univers du vin. Son franc-parler, et son parler juste vont bien à mon petit espace de liberté Vin&Cie. Je l'ai donc soumis à la question dans le cadre de Trois questions à... Il s'y est prêté avec bonne grâce et je l'en remercie.

1ère Question :Michel Bettane, dans une interview récente à l'agence Agra-presse vous déclariez, à propos du rapport qualité/prix des vins français : " au-dessous de 10 euros nous ne sommes pas bien placés. Au-dessus, oui. Pourquoi ?

" La spécificité des meilleurs vins français est d'être des vins d'appellation, provenant de vignobles délimités, expressifs de leur origine. Or produire des vins expressifs d'une origine, et pas seulement d'un cépage, demande un niveau de discipline dans le travail, autant de la vigne qu'en cave, qui est fort coûteux. Ne serait-ce d'ailleurs que la notion de rendement limité. Si on considère qu'un vin dilue le caractère de son origine à plus de 50hl/ha pour 10000 pieds en état de production (donc 25hl/ha pour 5000 pieds et... 12,5hl/ha pour 2500 pieds, densité habituelle dans le sud de la France) on se rend compte qu'il faudra le vendre deux ou trois fois plus cher qu'un vin de "cépage" normal pour en rentabiliser la production. Dans l'état du coût du travail en France, du coût de la vigne et de l'avidité du fisc, un prix public de 10 euros TTC me semble un prix minimum pour un vin d'appellation. Le drame est, qu'entre 5 et 10 euros le vin de "cépage" ou le vin industriel peuvent dans leur jeunesse donner un plaisir immédiat supérieur. On peut néanmoins trouver des vins artisanaux en France, agréablement buvables, à partir de 6 ou 7 euros, mais ils exprimeront rarement avec précision une origine et surtout leur continuité de qualité d'une année sur l'autre n'est pas assurée !

2ème Question : Alors Michel Bettane que faire pour que notre système d'AOC retrouve une lisibilité qui donne au consommateur ordinaire de vin ou à celui qui voudrait le devenir la certitude que ce qu'il achète vaut bien le prix proposé ?

" L'Etat n'est pas en mesure, et ne l'a jamais été, de garantir la qualité d'un produit agro-alimentaire (pas plus que le talent des individus) mais leur conformité à des normes. Ces normes dans leur fixation et leur contrôle ont été délégués, dès 1936, aux producteurs eux-mêmes. Par leur laxisme et leur comportement irresponsable les producteurs ont progressivement déconsidéré l'AOC auprès des professionnels (surtout étrangers) et même auprès du public. Mais je ne vois pas comment faire autrement. C'est à ces mêmes producteurs de se prendre en main et de convaincre qu'ils sont en mesure de contrôler le respect des conditions de production qu'ils ont fixées ! Je ne crois pas à l'efficacité supérieure d'organismes indépendants car il n'y a, par exemple, aucun diplôme capable de garantir qu'un dégustateur est à même de juger de la conformité d'un vin à l'expression de son origine ! Mais ne pleurons pas : faire du vin et du bon vin ne relève pas de l'exploit, et un viticulteur n'est pas comparable en cela à un grand chirurgien ou à d'autres métiers infiniment plus compliqués dans leur exercice quotidien. Un peu de rigueur et d'honnêteté suffisent... A condition de pouvoir vivre décemment de son métier en le pratiquant selon les règles d'un art qui reste à la portée du plus grand nombre.

3ème Question : à votre avis Michel Bettane la réforme de l'INAO va-t-elle dans le sens de la rigueur que vous souhaitez ?

Je ne suis pas en mesure de porter un jugement sur une réforme qui n'est, pour le moment, qu'un souhait, même si la puissance publique la veut et est en mesure de la rendre obligatoire. La réécriture pour chaque appellation de ses décrets est nécessaire, pour les moderniser, les ouvrir. Le plus grand reproche qu'on puisse faire à la réglementation de 1936 est qu'elle a arrêté l'histoire : de nouveaux encépagements sont parfois souhaitables, des précisions sur les normes de culture, de vendange, de rendement etc... le sont aussi. Comme je l'ai dit je ne crois pas à l'efficacité de confier à des tiers l'épineuse prise en main de la dégustation obligatoire. Une dégustation obligatoire et après mise en bouteille est absolument nécessaire pour savoir ce qui est vraiment mis sur le marché sous une appellation donnée mais je ne vois pas de solution au sujet de la compétence de ceux qui auront à le faire ! Aujourd'hui ce sont les producteurs eux-mêmes et ils laissent passer des millions de litres de produits insipides, dont le public ne veut plus, tout en rejetant des vins exceptionnels qu'ils ne sont ni en mesure de comprendre, ni d'accepter quand ils les comparent à ceux qu'ils font eux-mêmes ! Des juges indépendants ne seront pas meilleurs sur ce point et le risque reste grand de voir les meilleurs vins rejetés et les vins sans vice ni vertu récompensés. Au marché donc de faire le tri, mais à condition de donner une existence légale à ces vins rejetés, s'ils sont de haute qualité, en autorisant une quatrième dégustation en bouteille un an après mise, où leur caractère apparaît avec plus de clarté, et en confiant cette dégustation à des producteurs "sages" et non au tout venant.

Merci Michel Bettane pour ces propos clairs et nets. Chers lecteurs à vos claviers, le débat est ouvert...


Partager cet article
Repost0
15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 00:09

9782847344660.gif
Dans l'introduction de ce document de travail - publié par Taillandier/Arte Editions - indispensable pour ceux qui veulent décrypter la mondialisation avec une boite à outils qui permet, dans l'abondance des informations, le rythme effréné de leur diffusion, la boulimie de leurs consommateurs, d'échapper au prêt-à-penser et au Thinker's digest, Virginie Raisson écrit : " Qu'il s'agisse des questions climatiques, énergétiques ou de biodiversité, nous ne serons rattrapés que par notre passivité et notre immobilisme. Pas par la fatalité ni par l'ignorance. Car nous savons. Et nous pouvons. Finalement, ce que souligne aussi cet atlas dans sa transversalité historique, méthodologique et thématique, c'est que même dans un espace mondialisé, le seul déterminisme qui existe, c'est l'action qu'on ne tente pas, les choix que l'on n'ose pas. C'est pourquoi une fois encore, l'avenir appartient aux décideurs et aux acteurs que nous sommes, pas aux prophètes."

Que voulez-vous, chers lecteurs, dans un monde plein de contradictions qui reflètent aussi les nôtres : nous voulons majoritairement en tant que citoyens préserver la planète, la réparer, privilégier le durable mais les consommateurs que nous sommes sont souvent réfractaires ou même résistants aux changements de nos habitudes, de nos modes de vie, choisir, comme toujours, est une douleur, un renoncement. De même, alors que nous nous offusquons bruyamment des délocalisations qui cassent des emplois et appauvrissent les plus fragiles de nos concitoyens, nous nous précipitons sur les téléphones portables, les micro-ordinateurs et les écrans plats dont les prix sont eux en baisse parce qu'ils sont produits par les pays émergents à bas coûts salariaux. Enfin, alors que le besoin de sécurité augmente de façon exponentielle face aux agressions nouvelles : terrorisme, épidémies type H5N1, extension des mafias, transferts de fonds illégaux, prolifération des armes de toutes natures..., l'Etat national est dépassé, il ne peut plus maîtriser seul ces grandes problématiques. Seul l'espace européen est efficient et le récent discours du président de la République devant le Parlement européen a, me semble-t-il, bien tracé les contours de la responsabilité de l'UE. Alors, que pouvons-nous faire, nous, les simples citoyens de la doulce France qui avons bien du mal à nous vivre européens?

Certes, garder notre esprit critique, c'est notre marque de fabrique, mais aussi chercher à mieux saisir la complexité du monde, à repérer les changements, à cesser de réclamer aux politiques des solutions simples et rapides à des problèmes complexes, mais aussi encore, et ce sera dur, écouter les objections des autres peuples, supporter la contradiction et accepter parfois de changer d'avis. Notre esprit soi-disant cartésien, apte à disséquer un sujet avec un bel esprit analytique et critique, fait qu'une fois opinion forgée, logique et rationnelle, nous campons dessus prêt à subir tous les siéges. Nous nous encalminons. Nous nous complaisons dans notre "exception française". Nous sommes peu enclins à prendre en compte les avis qui ne sont pas les nôtres - taxés comme stupides ou de mauvaise foi - à négocier pour chercher un compromis. Loin de moi de verser dans ce que l'on a qualifié de déclinisme, bien au contraire, je pense que la France a des atouts majeurs et une vitalité qui font d'elle un pays attractif et envié. Dans mon petit espace de liberté, pour ce vin produit mondialisé, je propose que nous redevenions acteurs et décideurs de notre propre destin, car nous savons ce qu'il faut faire et nous pouvons le faire.  

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 00:06


Le texte qui suit, d'un auteur que son éditeur qualifie de "La Bruyère du temps présent", met bien sûr le doigt là où ça fait mal, mais il le fait "à la Française", avec un goût immodéré pour le petit bout de la lorgnette pointée sur le petit monde de la Rive Gauche de Paris. C'est une tradition "des chirurgiens de l'âme française" : la détestation très célinienne et manichéenne des élites... Si je vous le propose, c'est que les lignes bougent avec l'irruption brutale des "nouveaux riches" des pays émergents et des bénéficiaires de la rente énergétique, la Russie tout particulièrement, et la pression toujours plus forte à nos frontières de migrants qui voient, à juste raison, dans notre mode de vie un eldorado. 
Sur mon "espace de liberté", ouvert au monde, je vais, dans les semaines qui viennent, vous proposer des matériaux pour ouvrir nos horizons, sortir de nos débats récurrents qui n'intéressent plus que nous. Notre cher nectar, produit de luxe pour certains, élitiste pour d'autres, terroir et tradition pour les tenants de l'authenticité, produit mondialisé pour les grandes compagnies, ne peut s'exonérer d'une approche plus fine du bouleversement de la donne mondiale.   

" Même le luxe ne tient pas ses promesses d'exclusivité, il divulgue sa camelote frénétiquement et ouvre des "grands magasins" aux quatre coins du globe afin d'offrir du luxe* à tous, ce qui bien sûr n'a aucun sens, y compris du point de vue marketing puisque c'est justement la rareté qui fait le prix du luxe. Tout le monde ne peut pas aller à la mer mais tout le monde y va quand même. Ainsi, le télescopage estival des populations dans les îles de l'Atlantique offre quelques beaux exemples de "flagrants délits d'insincérité", période pendant laquelle le luxe le plus soyeux côtoie le populo le plus rapeux. La belle société rétaise, peuplée d'intellectuels de gauche (l'intellectuel de droite n'étant pas tout à fait considéré comme vraiment intellectuel) voit sa quiétude, toute sollersienne, troublée par l'arrivée en masse de congés payés, reuteutistes, et autres érémistes (ils ont bien le droit de "partir" aussi) qui déambulent dans les ruelles d'Ars-en-Ré (municipalité de gauche comme chacun sait) en bermuda et en tongs en faisant un boucan d'enfer tout en suçant leurs glaces à l'eau. Ce populo qui n'a rien de moisi, tout à fait vigoureux au contraire, est sans-gêne, bruyant et parfois mal-odorant. Bref, il fait comme chez lui et n'hésite pas à garer sa caravane où bon lui semble pour faire griller quelques merguez en plein air. Le paradoxe est que la bonne société rétaise, qui prend ses quartiers d'hiver à Saint-Germain-des-Prés, n'hésitera pas à se "mobiliser" afin que les sans papiers, les sans domiciles fixes, et autres sans-grade puissent eux aussi venir goûter aux charmes requinquants de l'île de Ré et son air vivifiant, empêtrée qu'elle est dans ses "bons sentiments" (autant dire son fonds de commerce) et ses penchants hédonistes ultra-sophistiqués. La voilà prise au piège de sa schizophrénie (à ce stade on ne peut même plus parler d'insincérité), tel est pris qui croyait prendre, et les escrocs du verbe on désormais bien du mal à trouver un havre de paix qui ne soit pas immédiatement pris d'assaut par des hordes de pauvres assistés en goguette venus s'inviter dans leur arrière-cour. Vraiment, on se demande à quoi, ça sert que l'intellectuel de gauche se décarcasse. Si ça continue, il va devoir se réfugier à St Trop. Pour autant, "que l'intellectuel de droite" ne se réjouisse pas trop vite des déboires de son collègue à l'âme partageuse (on parle d'âme et non de portefeuille bien sûr), car lui non plus n'est pas exempt de reproches pour ce qui concerne l'état du monde tel qu'il est. On lui doit en effet pas mal de délires belliqueux dont le prix fut tout à fait exorbitant, et d'ailleurs toujours en suspens, délires qui faisait dire à Céline (peu suspect de sympathie gauchiste) lors d'une conférence sur la question juive et le pacifisme : " Et la "connerie aryenne", qu'est-ce que t'en fais ?", formule cinglante qui s'adressait à un orateur sans doute un peu trop dogmatique pour ce qui concerne le supériorité de "l'intellectuel de droite" et de ses drôles d'idées. Effectivement, la "connerie aryenne" n'a rien à envier à la connerie en général, elle n'est ni plus ni moins du même niveau, c'est-à-dire extrêmement bas, tout bêtement parce que c'est l'humanité entière qui est globalement conne. On le sait depuis toujours, question conneries il ne faut jamais se relâcher. Déjà, il y a bien longtemps, le crucifié annonçait la couleur : "Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font." Vingt siècles plus tard, ils ne savent toujours pas."

* note de l'auteur : luxe vient du grec lusis qui signifie dissolution. Ce n'est pas un hasard.

Olivier Bardolle "Des ravages du manque de sincérité dans les relations humaines" éditions L'esprit des Péninsules février 2006

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 00:00


" J'ai toujours refusé de faire partie des clubs qui m'acceptent comme membre ? " Groucho Marx. 
225px-Grouchomarxpromophoto-copie-1.jpgAndré Torre, un très sérieux chercheur de l'UMR SADAPT, INRA-INA.PG - pour les nons initiés au sabir des sigles, ça veut dire quelqu'un qui travaille pour l'INRA du côté de l'Agro de la rue Claude Bernard à Paris - qui pose cette étrange question dans un article de la Revue d'Economie Industrielle * en mettant en exergue cette citation d'un drôle de Marx, donne la preuve que l'on peut être doté d'un solide sens de l'humour tout  en explorant des sujets ésotériques et ardus. 
Pour ceux d'entre vous qui souhaitez lire cette publication, je pense à mes amis intellos de Sève ou aux membres du groupe de travail gouvernance de la filière confié par le Ministre à Jérôme Despey le président de Viniflhor je vous donne le lien  
www.persee.fr/showPage.do;jsessionid=8CC759985FB2783CADDB9708298A5CDF.erato?urn=rei_0154-3229_2002_num_10... 30 pages, dont 4 pour décrire une modélisation simple de l'AOC sous forme de club - j'adore les modéles mathématiques, les simples plus encore lorsqu'ils s'appliquent à la joyeuse diversité de nos antiques AOC - consistantes, à consommer avec l'envie de faire progresser la science. 
Pour les autres, je vous offre une petite tranche consacrée à l'AOC Comté, la principale appellation fromagère de France
www.comte.com/ , qui traite de la gouvernance, à lire, savourer, commenter, sans en faire tout un fromage... 

" Le dispositif de gouvernance a pour but, dans les AOC, de rendre visibles les règles communes, de les édicter, de les mettre en place, de veiller à leur application, éventuellement de les modifier quand cela s'avère nécessaire, et de définir et faire appliquer les sanctions en cas de non-respect. Il s'apparente à des mécanismes plus anciens, comme ceux à l'oeuvre dans les guildes de marchands à l'époque médiévale et récemment théorisés en termes de dilemmes du prisonnier répétés (Greif et alii, 1994).
Dans l'AOC Comté, ce rôle est assuré par le CIGC (Comité Interprofessionnel du Gruyère de Comté), composé de représentants des principaux acteurs de la filière, qui constitue le principal dispositif de partage et de techniques au sein de cette dernière. Créé par décret, cet organisme est le fruit des efforts réalisés par les agriculteurs depuis le début du XXème siècle pour faire reconnaître leur produit, se différencier des producteurs suisses, être rémunérés au "juste prix" et tenter de résister, avec les affineurs, à la montée de la production industrielle. Ses fonctions concernent la collecte d'information, la réalisation d'études, l'appui technique (conseils sur la traite, l'hygiène...), le contrôle du respect des règles définies dans le cahier des charges, l'information des consommateurs et la fabrication-vente des identifications des fromages. Il constitue einsi le principal dispositif d'orientation, de défense, de représentation et de contrôle du Comté et joue un rôle dans les campagnes de publicité et sur la politique de "crus" des fromages. Mais il s'agit avant tout d'une instance de régulation de la production, qui établit un plan consistant à fixer quotas éventuels, déclassement, pénalisations, règles d'accueil des nouveaux arrivants... Jusqu'aux années 50, en effet, la commercialisation du "fromage en blanc" se faisait à la criée, la régulation de la production étant assurée essentiellement par le marché, d'où des périodes successives de sous et de surproduction. Les contrats qui lient les producteurs aux affineurs ont été mis en place à l'initiative du CIGC, qui dispose également d'un autre outil de régulation et de contrôle, les incitations en termes de prix, et s'occupe de la mise en place d'une procédure d'arbitrage interne en cas de désaccord sur la hiérachie de qualité des fromages.

Ainsi, le rôle central de gestion est joué, au sein de la filière Comté, par un dispositif de gouvernance, qui est le seul organisme autorisé à délivrer les autorisations de commercialisation, à contrôler et à veiller à ce que les différents acteurs respectent leurs engagements. On peut penser que son existence résulte du fait que les agriculteurs ne possèdent pas les capacités nécessaires (compétences techniques, compétences financières, temps) pour assurer l'ensemble du processus de production des fromages, d'où la nécessité de s'allier avec d'autres acteurs et de s'en remettre à ce dispositif, qui permet également de diffuser des informations sur la réputation (bonne ou mauvaise) des individus. Toutefois, l'organisation des producteurs existait bien avant sa mise en place, même si elle ne reposait pas alors sur des bases formelles."

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 00:03


Comme les gars du Beaujolais vont comme d'hab nous bassiner avec leur Beaujolais Nouveau qui arrive, pile poil, le même jour à la même heure, je me suis dit hier au soir que cette année, au lieu de faire comme tous les ans une petite chronique sympa pour ce breuvage mondial, rien que pour du beurre - pas très conviviaux les gars du Beaujolpince, t'invitent jamais à prendre un verre, faut être people pour ça, faut croire que je n'ai pas une tête de marketing - j'allais de ce pas chez un caviste de la rue Daguerre - enclave bobolesque du XIVe - " La cave des Papilles" tenue par des dispensateurs exclusifs de nectars fait à la main, m'acheter une boutanche de Vin Nouveau. Le fond de l'air était frais. Entré dans la cambuse les deux tenanciers, genre négligé du terroir, dégustaient avec deux clients du blanc sur le comptoir. M'ont à peine dit bonsoir. Ils bavassaient z'entr'eux. Moi j'ai ainsi pu faire mon tour de chauffe tranquille. Y'avait bien du Vin Nouveau.

Comme on ne me prenait pas la grappe j'ai eu tout le temps de rêver au temps du pépé Louis et de son vin nouveau. Ceux d'entre vous qui suivent ce blog depuis ses débuts savent qu'avec lui et Nénette, notre jument pataude et indolente, nous étions les rois de la décavailloneuse : voir la chronique sur cet épisode de ma vie de viticulteur en culotte courte :  www.berthomeau.com/article-658918.html 
Nos vignes, celles du pépé, complantées en hybrides à numéros, vivaient leur vie hors toute chimie, comme dirait l'autre : elles faisaient ce qu'elles voulaient, poussaient toutes seules. En Vendée " la vigne couvre encore actuellement 18 à 20 000 ha. A part quelques plants de folle blanche (cépage assez quelconque, qui diminue de jour en jour), cette superficie ne contient que des hybrides et, en particulier, du noah. Par endroits, il semble que le sol pourrait donner des produits passables, mais il est acquis que, de tout temps, le vin, dans cette contrée, a constamment été médiocre. Plaignons donc les Vendéens s'ils ne peuvent faire mieux" écrivait un plumitif d'avant-guerre. Dans les années 50, avec l'arrachage obligatoire, l'exode des bras, nos vignes 100% bio, étaient en fin de vie. Bref, on vendangeait ce qui voulait bien mûrir. On ne faisait pas péter les rendements et encore moins le degré/hl. Nous avions un pressoir préhistorique monté sur des roues en fer. Le pressurage se faisait au bord de la nationale devant la maison du Bourg-Pailler, à l'entrée du bourg. Le jus coulait dans un grand baquet de bois circulaire, ça moussait sec. On s'en lampait dans des verres Duralex jusqu'à avoir la courante. Le transfert dans les barriques, que le pépé avait rincé à l'eau claire, avec une chaîne dedans, en les balançant sur un pneu, se faisait avec une pompe à bras. Dans la cave tout juste éclairée par une ampoule pendue allait commencer la transmutation : le moût allait bouillir selon son bon vouloir. Il s'en donnait à coeur joie, sans contrainte, au petit bonheur la chance. Total bio le mec : un vin libre ! Et puis, je ne sais plus très bien, après soutirage et peut-être un petit coup de mèche, le pépé nous siphonnait une bouteille de vin nouveau. C'était le meilleur moment de sa vie : léger, fruité, gaillard, il se laissait boire. La suite de sa vie serait moins glorieuse mais c'est une autre histoire.

Aux Papilles branchées on s'inquiète enfin de mon sort. Je dis que c'est le Vin Nouveau que je veux. Un  des cavistes aux pattes en lame de poignard me balance : "c'est un Lemasson" comme chez un galériste comme Templon, pour faire passer le prix de l'oeuvre, on te signale sans autre forme de procès que "c'est un Alberola". 1-20544-G14545.jpg
J'opine l'air entendu pour ne pas passer pour un con mais dès que j'suis rentré at home je consulte Google pour lutter contre mon inculture vinique et je lis    
Bio… graphie
Sommelier de formation, Olivier Lemasson a croisé le chemin des vins naturels par chance… Il a travaillé chez l’un des plus anciens cavistes estampillé vins natures, Eric Macé à Rennes. Passionné par ces vins bizarres, Olivier a fait ses armes chez Marcel Lapierre pendant 4 vendanges, puis durant une année complète entre les vignes et le chai. Après un bref retour au métier de caviste, au Square Trousseau à Paris, le virus l’a emporté. Il est aujourd’hui installé en Touraine, à Chitenay.
Bon trève de bla bla bla : à la soupe ! pour se réchauffer le corps. En faisant réchauffer mes ravioles de Romans je tire-bouchonne mon Vin Nouveau qui bien sûr est un Red Table Wine à 11°5 au compteur. Bouchon plastoc rouge pétant ! Intelligent. Je me sers un verre. Belle couleur vermillon. Je lape. Je lui trouve un goût de vin nouveau du pépé Louis : léger, fruité, gaillard. Ma madeleine de Proust quoi ! C'est 6 euros les 75 coco... en fin de bouche l'a quand même comme un goût de gogo mon coco c'est peu un lourd pour un porte-monnaie de prolo... Comme je suis soi-disant un bobo jm'en sers un autre verre pour faire couler mon bout de Brie de Meaux. Allez, vive les vins contés de Lemasson que j'ai du croiser au temps où je becquetais au Square Trousseau près du marché d'Aligre. Quand on aime on ne compte pas dit-on...
Dindon-008.jpg

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 00:08


De grands enfants, sous leurs airs de hauts serviteurs de l'Etat compassés, mes trois vieux propres sur eux exultaient, tels des potaches dont le coup foireux serait "couvert" par un surgé plus con que la moyenne. Consternant ! Que ces messieurs fassent tout ce binz pour m'infiltrer comme agent dormant dans la nébuleuse gauchiste, bien plus verbeuse que dangereuse, je trouvais ça dérisoire. Minable. La note blanche, rédigée par les fins limiers de son service, que me tendit le patron des RG, m'achevait. Affligeant ! C'était un ramassis de lieux communs, où l'on trouvait tout et son contraire, alarmiste tout en soulignant l'absence de réel passage à l'acte,  torchée dans une langue de béton par de vieux routiers de l'anticommunisme primaire habitués au format immuable des cellules du PC et des sections de la CGT, qui accollaient à la Gauche Prolétarienne le label d'organisation para-militaire alors que le premier abruti venu savait qu'en dépit de ces appels à l'insurrection populaire, la poignée de jeunes bourgeois exaltés, épaulés par deux pointures en mal de point de chute, Geismar l'un des boss de 68 connu du grand public qui veut se fondre dans le gris des opprimés, et le tout en os déjà opportuniste July, dit "l'italien" au temps de l'UJC, se saoulait de palabres échevelés et débitait à la chaîne des tracts incendiaires distribués au petit matin aux portes des usines pour finir leur courte vie dans la merde des caniveaux.

Mai, le printemps de la parole, des discours enflammés, des rêves fous, des slogans libertaires, des affiches provocatrices, se figeait dans le plomb groupusculaire. La masse des insurgés, les joyeux dépaveurs casqués, bien vaccinés contre la dictature des encartés, des porteurs de certitude, fondait sous le soleil des plages aux côtés des Français de la France profonde qui se remettaient de leur grande trouille. Même les évènements de Prague, le cliquetis des chenilles des chars des pays frères, ne les avaient pas tiré de leur léthargie bronzifaire. Ceux qui restaient, le noyau dur des militants professionnels absorbés par leurs psychodrames internes, s'enfouissaient afin de préparer leur longue marche. L'ordre régnait à nouveau, pesant. La Vermeersch démissionnait du Comité Central du PC pour protester contre les réserves émises, par ce brave plouc de Waldeck Rochet, au coup de force de Prague ; une stal de moins mais déjà la trogne noiraude de l'immonde Marchais pointait son groin dans le paysage dévasté de la gauche française. Féroces, les irréductibles jetaient le "caïman" de la rue d'Ulm aux chiens : "Althusser à rien !" "Althusser pas le peuple !". De Gaulle exhortait les Français : "Portons donc en terre les diables qui nous ont tourmentés pendant l'année qui s'achève". Les socialos cliniquement morts, les PSU en voie de fractionnement nucléaire, les troskos pathologiquement sectaires, les révisos marxistes-léninistes hachés menus et en décomposition avancée, laissaient le champ libre aux purs révolutionnaires.

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 00:01

ill01.jpg
" J'ai écrit beaucoup moins que la plupart des gens qui écrivent, mais j'ai bu beaucoup plus que la plupart des gens qui boivent. "
GUY DEBORD

 " Réfléchir à long terme est une mauvaise méthode pour résoudre les problèmes économiques. Car à long terme nous serons tous morts." JOHN MAYNARD KEYNES "
C'est le véritable début de la négociation de Bretton Woods. Le 18 mai, Keynes, qui était devenu baron de Tilton en juin 1942, fait son premier discours à la chambre des Lords. Il porte sur la réforme du système monétaire international. Keynes insiste sur les similitudes entre les plans américains et anglais : « Neither plan conceals a selfish motive. The Treasuries of our two great nations have come before the world in these two Papers with a common purpose and with high hopes of a common plan » (JMK, XXV, p. 280). De celui des Américains, il dit qu'il s'agit en apparence d'une vieille bouteille, mais qu'elle contient un nouveau vin."
400px-Leonardo-da-Vinci--1452-1519----The-Last-Supper--1495-1498--copie-1.jpgLa Cène de LEONARD DE VINCI, autour d'une coupe, de gauche à droite en regardant le tableau : Barthélémy, Jacques le Mineur, André, Judas, Pierre, Jean, Jésus, Thomas, Jacques le Majeur, Philippe, Matthieu, Thadée, Simon.

C'est un peu tiré par les cheveux mais, que voulez-vous, y'a des samedi, comme ça, où l'ont sent ses cheveux après avoir trop fait honneur au facteur commun, ce cher divin nectar. Et puis, si vous êtes très observateur, vous remarquerez que l'apôtre le plus proche de Jésus c'est Jacques le Majeur, mon saint patron...

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Archives

Articles Récents