Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 00:06

La toile est merveilleuse, c'est un grand chalut qui vous ramène toute sorte de poissons, des petits comme des gros. Aujourd'hui c'est un article extrait du site du journal Sud-Ouest  www.sudouest.com/printarticle.asp?RepBase=/ - 9k - qui fait état d'un psychodrame à la charentaise à propos de la fixation du niveau de la QNV : 10,62 hl/AP/ha pour l'Interprofession unanime et 10,40 hl/AP/ha pour les services du Ministère. Comme c'est aujourd'hui une affaire règlée je peux me permettre d'évoquer dans cette chronique le charme désuet de la Quantité Normalement Vinifié, dites QNV. Cet instrument baroque, qui de par son appellation laisserait accroire qu'il existât dans la Région Délimitée de Cognac, une QAV : Quantité Anormalement Vinifiée, mérite que je lui fasse une petite place sur mon espace de liberté. Foin d'ironie, ce serait faire injure à l'esprit fertile de l'inventeur de la QNV, André Grammont, exerçant au péril de son intégrité physique les fonctions de Commissaire du Gouvernement du BNIC dans les années 80.
Qu'est-ce donc la QNV ?
Une sorte de liste à la Prévert justifiée par la vigueur exceptionnelle des vignes charentaises, elles carburent à plus de 100 hecto de moyenne. De mon temps, y'avait un club des plus de 200 hl/ha. Sans vous assommer je me dois de l'énumérer. C'est très simple, on compte par destinations les produits dans la QNV et ceux hors QNV.
Dans la QNV : les moûts destinés au Pineau, les vins aptes, les vins de table, les moûts pour vinification, les moûts pour jus de raisin et pour concentrés, les distillations de l'article 38 et 41, les vins destinés au vinage art.38 et, bien sûr, les vins pour la distillation Cognac.
Au-delà de la QNV : les vins et moûts destinés au vinage art.36, la distillation d'alcool, les prestations viniques et la distillation des lies art.35, les vins et moûts autres destinations, vins et moûts exportation pays tiers, les moûts pour jus de raisin, les moûts pour concentrés, les distillations de l'art.36 et 39...

Je vous assure que pour expliquer les subtilités et les charmes de la QNV à un Ministre il faut déployer des trésors de pédagogie, mais passons sur ces détails mesquins pour revenir à un rappel de mon passage à Cognac. Pensez-donc, la QNV végétait autour de 6 hecto de pure, une misère, on répartissait la misère. Le débat autour du chiffre sentait le soufre. Aux risques de déplaire j'ai plaidé pour un réajustement de la QNV à la hausse en défendant un modèle d'organisation à la Champenoise : création d'un Syndicat des Vignerons et unification des Syndicats de Négociants. C'était sportif : un débat à la Salamandre organisé par Sud-Ouest, plus de 600 personnes, avec Ch.Navarre et moi sur le podium. Bref j'ai mouillé le maillot et je suis reparti dans ma petite auto. Je dois à la vérité que les dirigeants du BNIC ont joué le jeu de Cap 2010, assidus et constructifs.

Pour en terminer sur ce coup de rétroviseur je ne peux résister au plaisir d'évoquer les chefs de famille dont fait état l'article de Sud-Ouest : " Jean-Pierre Lacarrière entouré de Philippe Boujut vice-président, de Yann Fillioux chef de la famille du négoce, et Bernard Guionnet, chef de la famille viticole..." Ce titre désuet je l'ai découvert dans les années 83-84, lors de la énième crise du Cognac, lorsqu'à la demande du Président de la République de l'époque, qui n'oubliait pas ses origines charentaises, mon Ministre me missionnait pour rencontrer les chefs de famille du Cognac. Je fus reçu avec les honneurs dans une belle demeure. Les chefs de famille prirent la parole. Le ton était feutré. Je pris bonne note, assurais mes interlocuteurs que tout serait mis en oeuvre pour évacuer " les fameux cognacs mauvais goût...", repartais pour Paris en ayant dans la tête l'image de l'arrivée dans la cour du château des représentants du Modef tout de noir vêtus tels des apparatchiks du Kremlin. Le dénouement de l'histoire c'est le marché qui s'en chargea : les ventes repartirent plein pot et on oublia les bonnes résolutions. Je profite de cette chronique pour saluer les 4 de la photo et leur transmettre mon plus cordial souvenir de vendéen égaré en Charente...
4990717.jpg 
120907/&Article=120907aP841481

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 00:03

Cette question est extraite d'un article de la revue Commentaire/N°118 Eté 2007 (revue fondée par Raymond Aron, dirigée par JC Casanova, avec des jeunes turcs libéraux dans son comité de Rédaction : comme Nicolas Baverez par exemple). www.commentaire.fr/  Le titre «  Le mythe du management » et la nationalité de l'auteur Matthew Stewart (USA) m'ont fait saliver. Je n'ai pas été déçu car la thèse, avec les excès du non-conformisme, décape « Et si l'enseignement de la gestion était une mystification, sans contenu, pédante, abstraite et boursouflée de prétention ? » Comme vous devez vous en douter c'est assez proche de mon opinion personnelle. En effet, à mon sens, il vaut mieux avoir lu Clausewitz, Machiavel, Platon et les grands philosophes que de se taper des cours de management à HEC. L'art du commandement ne s'apprends pas sur les bancs d'une grande Ecole, c'est une alchimie indéchiffrable entre l'inné et l'acquis et, en ce qui concerne l'enseignement, rien ne remplacera la culture générale, ce qu'on appelait autrefois les Humanités. Lire. Eveiller sa curiosité intellectuelle. Au cours de ma déjà longue carrière j'ai toujours été frappé par le convenu, l'étroitesse d'esprit, la rigidité de beaucoup de jeunes pousses surdiplômées, formatées, qui peuplent les sièges sociaux et les cabinets ministériels et, plus récemment, fasciné par le jargon creux des consultants des grands cabinets d'audit. Pour vous mettre l'eau à la bouche je vous livre un extrait de cet article.

 

« Pendant les sept années qu'a duré ma carrière de consultant en management, j'ai consacré l'essentiel de mon temps à m'efforcer de paraître plus vieux que je n'étais. J'étais devenu expert dans l'art de plisser le front et d'adopter une expression sombre et sérieuse. Mon public devait songer que bien que très jeune j'avais acquis une extraordinaire formation de manager. Il n'en était rien. Je ne suis titulaire d'aucun diplôme de gestion. J'ai juste un doctorat de philosophie allemande du XIXe siècle, pour être précis. Avant d'accepter un travail consistant à expliquer aux dirigeants des grandes entreprises des choses qu'ils sont censés savoir, mon expérience professionnelle se limitait à des petits boulots de précepteur à mi-temps enseignant Hegel et Nietzsche à des étudiants distraits, auxquels s'ajoutaient quelques emplois saisonniers encore moins reluisants, principalement dans l'industrie de la restauration rapide.


Le plus étrange est que ma carence de formation n'a jamais vraiment posé problème. En tant qu'associé fondateur d'une entreprise de conseil qui finit par employer six cents personnes, j'ai interviewé, embauché et côtoyé des centaines de diplômés d'écoles de gestion. L’impression que je me faisais des diplômés de MBA était qu'ils se résument à vous ôter deux ans de votre vie et à vous faire contracter de lourdes dettes et ce à seule fin de garder votre sérieux lorsque vous prononcez des phrases telles que « situation gagnant-gagnant », « compétences clés » ou buiseness process reengineering. Quand le moment venait de choisir un collaborateur, je penchais généralement pour ceux qui avaient consacré leurs années d'université à étudier autre chose que la gestion.


Lorsque j'ai quitté le métier, j'ai décidé, par une inversion de l'ordre naturel des choses, de me pencher de plus près sur la littérature spécialisée. D'un côté, je voulais mesurer ce que j'avais raté. De l'autre, j'avais du temps devant moi. En parcourant péniblement les volumes consacrés à la « stratégie compétitive », à la redéfinition du buiseness process. Et à d'autres douceurs de ce genre, pas une fois je ne me suis dit : « Bon sang ! Si seulement j'avais su ça plus tôt ! » Au lieu de quoi, je me suis surpris à penser des choses inavouables, comme : «  Je ferais mieux de lire Heidegger ! » Ce fut une expérience déroutante, qui ne fit qu'épaissir le mystère entourant la question qui ne cessait de me hanter depuis mes premiers pas dans le monde des affaires : à quoi servent les écoles de commerce ? »

 

Lire la suite dans Commentaire

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 00:02

 

ALeqM5hoGol7CqORB-Jemt-3cPnXsPu-Fw.jpg

L'ANPAA vient peut-être d'obtenir une victoire à la Pyrrhus en n'obtenant du juge des référés du tribunal de Paris que le retrait des façades de café des bannières publicitaires vertes portant le nom Heineken accompagné d'une étoile rouge à cinq branches avec halo blanc ou celles figurant un verre de bière marqué Heinneken. Passons sur l'absolue inanité de cette demande - même si elle peut être considérée par un juge comme conforme à la lettre de la loi Evin - car bien évidemment ces bannières n'ont aucun effet d'incitation à boire de la bière, surtout pour nos amis anglais, écossais,gallois, irlandais ou australien, mais n'est jamais qu'une forme de prolongement du sponsoring de la " Rugby World " par Heineken. Bel effet de manches pour les buveurs d'eau, mais leur "on a gagné" est very little car l'ANPAA s'est fait retoquée sur toutes ses autres demandes et plus particulièrement sur la question de la légalité pour une marque de bière de pouvoir parrainer une manifestation sportive. Certes, il ne s'agit que d'un jugement en référé mais Louis-Marie Raingeard de la Blétière a estimé que la filiale française, Heineken Entreprise, était "étrangère au parrainage de la Coupe du monde de rugby" puisque le parraineur officiel était la maison mère néerlandaise Heineken Brouweijen BV. Même motivation à propos du GIP "Coupe du monde de rugby 2007" car celui-ci est de droit irlandais. Bé oui nous vivons dans un monde où, n'en déplaise aux ayatollahs de l'ANPAA, le droit français ne prévaut pas sur les droits des autres pays. Pan sur le bec !

Imaginons, sans faire de mauvais esprit, que la "Rugby World" 2007, puisque la France en était le pays organisateur, eut été parrainée par la Fondation "Vins de France", regroupant l'ensemble des Interprofessions de vins français, y compris le CIVC (ceux dont les magnums sont agités sur les écrans de TF1 depuis les podiums de la F1), basée à Genève, donc régie par le droit helvète. L'ANPAA eut pu, tempêter, plaider, menacer, elle aurait eu le bec dans l'eau. Ce que je viens d'écrire est sanitairement incorrect mais juridiquement exact. Rien ne s'oppose à ce type de parrainage, sauf sans doute que l'IRB, fortement sous la coupe des britanniques, ne signerait jamais avec des frenchies black béret, baguette de pain et kil de rouge. Ils préfèrent les brasseurs. N'empêche que, si au lieu d'écrire des livres, comme le directeur du CIVB, ou d'organiser des campagnes aussi nullissimes que Vinplissime, nos chers décideurs interprofessionnels s'étaient réunis pour monter une opération du genre : "pourquoi pas nous comme parrain ?" auprès du GIP "Coupe du monde 2007" avec une petite structure basée en Suisse. Vous imaginez le coup de pub Outre-Channel ! Des mecs et des nanas qui jajatent sec, de bons clients quoi ! C'eut été plus productifs que de proclamer que le 1/3 de nos nectars d'AOC sont bons pour déboucher les bidets. Bref, nous aurions fait parler de nous avec un certain panache. Défier les gros brasseurs avec nos mobylettes ça aurait eu de la gueule, non ! Face aux géants du Nouveau Monde ça nous aurait sorti de notre jeu petit bras. Le French Flair quoi ! C'est vrai que le marchand de jambon à lunettes qui cause comme une mitraillette l'a un peu enterré le jeu à la française. Mais ne rêvons pas nous sommes loin de tout ça, il vaut mieux vendre nos vins à la propriété.

Les ricaneurs, qui sont nombreux dans les bureaux professionnels, vont ricaner, dire que je suis complètement givré mais, très chers messieurs qui êtes rétribués pour penser à la place de vos mandants, pour développer les ventes, booster la notoriété des vins de votre région, réfléchissez un instant, un tout petit instant, pourquoi diable me suis-je "amusé" à délirer sur un mauvais coup porté à cette loi dites Evin dont vous demandez en boucle la modification ? Tout d'abord parce que vous n'êtes pas capable, sauf à vous unir sous la bannière France, d'aligner les ronds qu'il faut pour défier les puissants brasseurs. Ensuite, parce que vous êtes largement hors-jeu pour ce qui touche la communication en direction de nouveaux consommateurs et les modes de consommation moderne. Vous en êtes restés au temps des gros pardessus et du cassoulet. Même si je ne suis pas un franc admirateur du rugby biseness ou du sport biseness, et que les grandes confrontations sportives ne sont pas les meilleurs supports pour communiquer sur notre cher nectar, je me permets tout de même de souligner que, si un jour vous voulez jouer dans la cour des grands, je n'ai pas voulu dire des grands vins, nous y sommes déjà, mais là où le vin se vend comme un produit de grande consommation, il vous faudra revoir vos méthodes de communication. Au lieu de ne ferrailler,qu'à base de communication collective, que sur notre marché domestique, où nos marques de vin survivent, ne gagnent pas d'argent, et sont, par le fait même, incapables de s'internationaliser, il est absolument nécessaire de faire en sorte, comme en Champagne, qu'une dynamique se créée entre le sourcing vin et ceux qui le marquète pour le vendre. Créer de la valeur pour la réinvestir sur des marques internationales, seules des entreprises de dimensions mondiales peuvent le faire. A nous de créer les conditions de leur développement. C'est une autre histoire mais en attendant, un petit effort de cohésion serait grandement profitable : le label France vaut mieux que vos querelles de clochetons ...

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 00:02

Mon cher Lionel,news.jpg 

 

Dans ton voisinage picto-charentais, en ce moment, ça craint. Les scuds volent bas, tels les mauvais coups. L'exilé de l'île de Ré, où par bonheur on produit d'excellentes patates d'AOC, un général défait à plates coutures, dont le dernier fait d'armes fut de laisser en plan ses troupes déboussolées sur le champ de bataille, pourfend avec un plaisir et une rancoeur non dissimulés, celle qu'il qualifie de personnage de second plan. Quelle élégance ! Quelle hauteur de vue ! Quelle grandeur d'âme ! Quel dommage que ce grand homme, comme le fit, avec son doigté coutumier, son ami le dégraisseur de mammouth, ne soit pas monté sur un tonneau de Pineau pour déclarer aux électeurs, qu'avec une telle donzelle la patrie était en danger ! Ce coincé du col, dont l'empathie m'a toujours séduit, devrait savoir que le vinaigre - cher à son mentor de Jarnac - dans une sauce, dite vinaigrette, doit se marier harmonieusement avec l'huile, se faire oublier, pour exalter les saveurs des mets qu'elle accompagne ; une pointe acidulée seulement, pas un flot d'aigreur qui masque l'essentiel. Moi, petit chroniqueur sans envergure, lorsque j'arpentais le vignoble des 2 Charentes, dans la petite auto de la DDAF, dans un temps où les "élites" du lieu, tétanisées par la crise, se laissaient aller dans mon giron, démissionnaient de leurs responsabilités, ressassaient les vieilles rancoeurs, je reste fasciné par l'incommensurable orgueil de certains hommes * censés être en charge ou en position d'assurer le devenir de notre beau pays. Quand cesseront-ils de nous offrir le piteux spectacle de leurs ambitions déçues et de leurs minables querelles ? Nous sommes des citoyens, des cochons de votants, ceux par qui ils existent. De grâce, un peu plus d'élégance dans ce monde de brutes ne saurait nuire à la pertinence des débats.

Ceci étant écrit, cher Lionel, laissons de côté ces règlements de comptes à OK foirail, et revenons aux belles maisons que vous présidez depuis quelques années. Dans mon fichu rapport de 2001, je m'étais permis de souligner que " le succès et la prééminence des marques pour deux appellations françaises : le Champagne et le Cognac, succès tel, que ces joyaux omettent toute mention de l'appellation d'origine contrôlée sur les étiquettes " montraient que le marketing n'était pas antinomique avec le monde du vin. Et de m'interroger sur quel fondement les grandes maisons de Champagne et de Cognac avaient su bâtir des marques. Je n'aurai pas l'outrecuidance de répéter la teneur de mes réponses à quelqu'un qui préside aux destinées de Martell, Bisquit, Mumm et Perrier-Jouet. Alors pourquoi diable cette lettre, mon cher Lionel, en dehors du pur plaisir de tenir une promesse que je t'ai fait sur la terrasse de Beaubourg ? Tout simplement pour souligner, auprès de ceux qui doutent encore de la validité des analyses livrées voilà bientôt 6 années, que notre beau pays dispose de locomotives, des TGV même, qui sont en capacité de distribuer sur la planète entière des produits de notre beau terroir. Je sais que certains m'objecteront que votre maison-mère accueille dans son giron de grandes maisons concurrentes, celles qui nous ont taillé des croupières ces dernières années. C'est un fait que je ne saurais nier mais, n'aurions nous pas intérêt de nous interroger sur les raisons qui motivent l'absence de vins tranquilles français dans le portefeuille de PR ? De nous atteler à la remise en ordre de notre ressource vin. Je sais, je radote. Non, après tout, je tape toujours sur le même petit clou.

Je pourrais continuer encore, car je suis un obstiné, mais je lasserais. Comme tu es, cher Lionel, un fidèle abonné, je me permets de t'écrire que j'aurais grand plaisir à revenir sur mes terres de mission de la région délimitée de Cognac. Tu m'y as invité. Sans vouloir abuser de ton hospitalité je pourrais en profiter pour faire le tour d'anciennes connaissances pour papoter, évoquer autour d'un verre, la vie que l'on vit dans le grand et beau vignoble charentais. Pendant que j'y suis, profitant que le TGV-Est met la Champagne à une volée de moineaux, et comme je ne suis pas gêné, je t'avoue que je m'y rendrais bien aussi après les vendanges. La totale quoi, cher Lionel, un vrai sparadrap le mec, c'est ce qui fait mon charme dit-on. Bon, il faut maintenant que je te lache les baskets pour que tu puisses te consacrer au buiseness. Dans l'attente de te voir pour partager le pain et le sel, reçoit, cher Lionel, l'expression de mon fidèle souvenir.

Jacques Berthomeau 

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 00:02

Je fus, comme certains le savent, président de l'Interprofession des AOC issues de la pomme et de la poire, l'IDAC www.idac-aoc.fr, dont le rayon d'action couvre la Normandie et la Bretagne. Vous comprendrez donc mon intérêt et ma surprise lorsque j'ai découvert, dans le numéro de Que Choisir de septembre, un étrange article sur le Pommeau de Bretagne titré : " Détournement d'appellation " et signé d'Erwan Seznec. En chapeau, troublé, je lis " L'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) envisage, en toute discrétion, d'assouplir l'appellation qui couvre le pommeau de Bretagne. Pas sûr que le consommateur y gagne..." Que je sache, c'est au syndicat de défense du pommeau de Bretagne, et non à l'Institut de proposer une modification du décret de l'appellation. Alors, quand je découvre la déclaration de Jean-Claude Hénaff, le président de ce syndicat, les bras m'en tombent : " Mais après les copeaux de chêne dans les cuves en Inox pour le vin, après le lait thermisé dans le camenbert à la place du lait cru, c'est le troisième dossier cette année où l'INAo penche dans le sens des industriels (1) en envisageant d'affaiblir des normes qu'il a lui-même édictées..." Désolé président Hénaff de vous faire remarquer que vos propos sont erronnés. Vous et vos collègues du syndicat êtes les seuls maîtres à bord. Ce cher Fabian - promu directeur de l'INAO de Caen, c'est sa directrice qui va être contente - qui adore octroyer des bons ou des mauvais points " ils font - les bretons - un très bon produit, meilleur que celui des Normands", n'a pas à décider aussi des volumes de production " les volumes nous déçoivent. Les Bretons ne produisent pas suffisamment." L'INAO n'est pas encore le Gosplan, même si à Caen, à mon arrivée, j'ai pu constater que les syndicats de défense étaient traités comme des quantités négligeables par ce cher Fabian. Comme disait mon célèbre prédécesseur " tous des cons !". Depuis mon passage je croyais que tout le monde avait compris la règle du jeu.

Pourquoi alors y aurait-il une soudaine envie d'étendre l'aire géographique ? 700 %, wouahou ! Le journaliste évoque la grande main d'Agrial, la groupe coopératif de Caen, le roi du cidre "industriel" qui a compacté les marques : Ecusson (CCLF) et Loic Raison (CSR ex du groupe Pernod-Ricard) "qui voudrait s'approprier une réputation basée sur un travail artisanal pour produire industriellement..." Le grand méchant loup qui tient dans sa main l'Interprofession concurrente : Unicidre. Cela pourrait être de l'ordre du possible vu la longueur des ratiches de certains, directeur ou président, qui rayent le parquet depuis fort longtemps et dont les vélléités d'OPA sur l'IDAC sont connues. Mais, entre la volonté de puissance, l'exercice d'un leader-ship sur cette micro filière et la capacité de dicter sa loi il me semble qu'il y a un fossé difficile à franchir. En effet, au nom de quel principe le Pommeau de Bretagne pourrait se transformer en AOR (appellation d'origine règlementée) alors que son grand frère normand, lui, resterait une AOC ? La notoriété du Pommeau est déjà très faible, rajouter une couche de confusion lui porterait sans aucun doute un mauvais coup. De plus, sur un plan strictement commercial, que je sache, ce n'est pas le manque de produit qui bride les ventes mais tout bêtement parce que la demande n'est pas au rendez-vous. Alors toute cette agitation me semble être une petite tempête dans une bolée de cidre. J'espère que les beaux esprits d'Agrial et d'Unicidre ont mieux à faire que ça, ou alors je vais continuer de me faire des cheveux sur leur capacité à sortir le cidre de l'anonymat dans lequel il est plongé depuis des années. Quand aux producteurs artisanaux bretons et au président du syndicat de Défense du Pommeau Breton, si j'ai conseil à leur donner, le Finistère est certes le bout d'un monde mais, au lieu de taper sur les voisins et agiter des dangers imaginaires, déployez donc tous vos efforts avec vos collégues normands pour faire connaître le Pommeau. Il en a bien besoin pour sortir de son anonymat régionaliste.

bottlepommeau.gifwww.calvados-dupont.com/Pages_francaises/pommeau.htm

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 00:02

Personne ne voulait lever l'ancre. Sous l'épais nuage de fumée bleue, tels des porcelets découvrant les joies de la fange, ils se vautraient dans les délices de la bonne chère et du bon vin. Jean, ne reculant devant aucun exotisme, en dessert, avait fait confectionner des savarins gorgés de rhum Négrita. Les gars, déjà envapés, se léchaient les doigts pour n'en perdre aucune miette. L'arrivée de magnums de champagne, du vrai, du cher, faillit provoquer des ruptures d'anévrisme. Les gars n'en revenaient pas. Le plus jeune de la tribu des Turbé, dit Cécette, eut égard à son bégaiement qui lui faisait débuter ses phrases par des cé cé cé, soudain volubile, ne butant sur aucun mot, n'en finissait pas de répéter que, pour sûr, dorénavant(sic), surtout avant d'aller au bal pour emballer les filles, il ne carburerait plus qu'au Motéchandon. L'apogée de la soirée fut enfin atteinte lorsque Marcelline, son homme étant fin saoul, pour la rincette du café, qui lui était toujours du pur jus de chaussette, proposait de derrière le bar, le choix entre un VSOP d'Hennessy, un Armagnac de je ne sais plus quel âge et de je ne sais qui, et un Calva ramené d'une virée en Normandie. Pour ces stricts pratiquants de la goutte ce fut comme si on leur faisait découvrir que, jusqu'à ce jour, ils lapaient l'équivalent du pétrole lampant de leur fanal. Tous ces palais dévastés, ravagés, au terme de cette mémorable soirée, croulant sous les douceurs de tous ces nectars pour une fois savourés, découvraient le vrai goût des choses.



Jean avait réussi son coup. Tout le monde était content, moi y compris. Cette grande crapule passée du gauchisme au mercantilisme le plus débridé n'en finissait pas de me raconter qu'ils avaient quasiment racketé les bistrotiers de l'ïle pour financer les liquides de cette soirée, au motif ceux-ci étaient les seuls bénéficiaires de la pochtronerie des marins et qu'ils devaient réparation à Marie. Jamais avare de formule-choc mon Jean parlait d'impot révolutionnaire. Le vieux Turbé opinait le regard perdu dans les profondeurs de la poitrine de Marcelline. Tous les détails du banquet avaient été décidés de longue date lors d'une réunion qui s'était tenue à l'initiative de Jean à la salle des fêtes. Les femmes n'en avaient rien su. Dans un ultime effort, le vieux Turbé, tout en surveillant Marcelline comme du lait sur le feu, me confia que le monument de Marie serait en granit, simple et sans croix. Je le remerciais alors qu'il se relevait avec l'aisance d'un jeune premier en nous confiant sur un ton égrillard : " J'ai la gaule. C'est pas tous les jours que ça arrive faut que j'en profite..." Marcelline se propulsait dans la cuisine. Je dis à Jean : " je vais aller déposer l'urne de Sylvie au cimetière de Port-Joinville. Marcher me fera du bien". Toute autre personne que Jean aurait posé des questions. Lui me suivit en me répondant : " Ne t'inquiète pas mon grand je m'occuperai de tout..." Il savait que je prendrais le bateau du matin et que d'ici-là nous allions profiter du temps restant pour parler de tout et de rien.  

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 00:03

Ce samedi de la mi-septembre, même s'il fait beau, je propose à ceux qui, de retour de vacances, n'ont pas eu ni le temps, ni le courage, d'affronter mon paquet de chroniques d'été, une sélection par thèmes, leur permettant, d'un simple clic d'accéder à mes babillages en fonction de leur appétit et de leur goût. J'en profite aussi pour renouveler un conseil pour désembouteiller votre messagerie professionnelle : ouvrez-vous une adresse hotmail sur msn, c'est simple, c'est gratuit et, de plus, ça nous permettrait de dialoguer en direct. Hier, depuis le TGV, BK et moi avons pu échanger et surtout, en temps réel, régler un problème en suspend. Appelez-moi ou demandez  à votre progéniture de vous aider, nouer des liens est l'un des intérêts de l'internet.
Bonne lecture.

1) Réforme de l'OCM viti-vinicole :
        - Madame la Commissaire  : 
           http://www.berthomeau.com/article-7012042.html
        - Les raisons de ma colère :
 
               http://www.berthomeau.com/article-7027825.html

2) Recettes de l'été :
        - La pêche aux moules : 
           hthttp://www.berthomeau.com/article-6846074.ml
        - Le crabe aux pinces d'or : 
           http://www.berthomeau.com/article-6886869.html
        - Rouget le braconnier :
 
               http://www.berthomeau.com/article-7029430.html

3) La série culte :
        - Qui se souvient du panty ? :
 
              http://www.berthomeau.com/article-6839628.html
        - Mini, mini, tout est mini dans notre vie : 
              http://www.berthomeau.com/article-6849183.html
        - Des faux airs de Dennis Hopper : 
              http://www.berthomeau.com/article-6849636.html
        - Ray Ban et Perfecto : 
              http://www.berthomeau.com/article-6849812.html

4) Les coups de coeur :
       - La déconnante vieillit mieux que le tragique : 
         http://www.berthomeau.com/article-6848293.html  
       - Eperdue de beauté brute :
 
            http://www.berthomeau.com/article-6848881.html 

5) La typologie des cabinets ministériels par Guy Carcassonne :
       - Les copains d'abord : 
         http://www.berthomeau.com/article-6857600.html
       - La pouponnière : 
          http://www.berthomeau.com/article-6858644.html
       - Les valets : 
          http://www.berthomeau.com/article-6861523.html
       - Les lieutenants : 
          http://www.berthomeau.com/article-6861599.html
       - Interro écrite :
 
              http://www.berthomeau.com/article-6895221.html

 

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 00:02

Rue Lecourbe, un dimanche matin, j'entre chez un caviste, tablier et carrure de rugbyman. Je suis heureux, fait beau et j'ai chiné une petite esquisse à deux balles, deux balles. Le tenancier m'ignore, serait-ce mon pull zarbi qui motive ce dédain ? Je fouine. Je m'agenouille pour tripoter l'une des bouteilles déposées dans un panier. Je sens sur mes épaules l'impact de la réprobation du spécialiste planté derrière sa caisse ce qui ne m'empêche pas d'aller jusqu'au bout du décryptage de l'étiquette de la bouteille dont je me suis saisi. Beau spécimen, je repose le flacon avec ses soeurs, me relève, remercie le muet et sors. Un grand silence me suit. Quelques mètres et, dans ma petite tête, je me dis que cette étiquette ferait une petite chronique. Volte, retour à la cave, elle est vide. Je me saisis de la bouteille. Le 3ième ligne revient. Sourit. Emmaillotte la bouteille de soie. L'enfourne dans un sac plastique. Je paie. Je salue, et cette fois-ci, lui aussi. Après ça je vais déjeuner chez un auvergnat jovial. Le petit Saint Pourçain coule bien.
Un-dimanche-ordinaire-copie-1.jpg

Mais qu'est-ce qu'elle avait donc de spécial cette étiquette ? Voyez vous même en regardant la photo ci-dessus. Très scripturale au premier regard qui, sous le nom du domaine Saint Roche, se concentre sur un texte d'une longueur inusitée. Je vous le retranscris :
- ISSU DE RAISINS DE L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE? SAINT ROCHE A ETE PRODUIT AVEC SOINS ET RIGUEUR AFIN QU'IL CONSERVE TOUTES SES QUALITES NATURELLES;
- WINE PRODUCED FROM ORGANICALLY GROWN GRAPES WITH THE UTMOST CARE, SO AS TO PRESERVE ALL THEIR NATURAL QUALITIES;
- ÖKOLOGISCHER ANBAU UND SORGFÄLTIGE HERSTELLUNG BEWAHREN DEM SAINT ROCHE SEINE NATÜRLICHEN EIGENSCHAFTEN
.
 Le large bandeau vert : vin issu de raisins produits en AGRICULTURE BIOLOGIQUE certifié par Ecocert passe une couche supplémentaire pour ceux qui n'auraient pas compris.
Ensuite, l'apposition transversale en rouge MIS EN BOUTEILLE A LA PROPRIETE donne à cette mention une force qui me surprendra toujours dans la mesure où je ne vois pas quelle garantie elle me donne puisque je n'ai jamais mis les pieds dans la dite propriété. Mais à propos d'où vient-il ce nectar ? 
Je cherche.
C'est un vigneron récoltant. Bien ! GFA Domaine de Tavernier F 30300 Beaucaire. Bien ! 
C'est dans le Gard, je sais, mais où est donc passée la mention AOC, VdP ou VdT de ce nectar ?
Je cherche.
Ce n'est pas simple. Toujours en rouge, en bas à droite, sous un bandeau Saint Roche, de traviole : Vin de pays du Gard.
 Bien !
 
Un-dimanche-ordinaire-003-copie-1.jpg

En résumé, ce qui est mis en avant, si je puis m'exprimer ainsi, c'est :
- l'origine agri bio des raisins : 4 mentions,
- la mise propriété : 2 mentions,
- l'origine France : 2 mentions.
Fort bien, tout y est, le degré, le millésime, c'est nickel krome, pas de problème mais entre nous pour le commun des mortels c'est tout de même une embrouille sauf à se dire que l'étiquette n'est là que pour faire plaisir à la cible visée : les akro bio, ce qui ne me dérange pas mais me laisse rêveur pour ce type de viticulture respectueuse de la naturalité. Comme je suis sans doute " un pervers polymorphe " (appellation favorite de Jean Nestor ex-dir cab de Nallet pour désigner les gus qui adorent faire chier leur monde) je me dis, qu'après tout, sous l'apparente confusion, notre Gé-f-iste beaucairois, joue à merveille de 3 identifiants propres à rassurer le consommateur bio gaulois, rosbif ou teuton : une signature Saint Roche avec petit krobar en médaillon (vignes, portail, toit pointu), une origine : France, une qualité : les raisins d'origine biologique. Tout ça va déplaire à Perrico et à ses godillots qui se shootent à l'extrait de terroir et qui, à juste raison, feront remarquer que tout ça est facilement reproductible dans nos vastes vignobles de France... 

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 00:03

Samedi après-midi, comme le soleil nous gratifiait de sa présence et que mon cher vélo me faisait défaut, faute à un satané clou, et comme je n'allais pas me rabattre sur le Vélib j'ai baguenaudé à pied dans Paris. Tout d'abord un Irish Coffee en terrasse au Sélect en lisant la presse. Puis, en passant, un petit tour à la Cave de la Grande Epicerie du Béhème pour jeter un oeil sur leur nouveau concept : les dress codes du vin (cf chronique du 11 septembre). A l'entrée, sur un présentoir, le catalogue de la foire aux vins, comme toujours classieux (voir photo) minimaliste, sous un bandeau transparent. " Que voulez-vous, très chère, nos sommes dans le VII ème [aime], la Rive Gauche quoi [koa}..." Au plan pratique, rien de bouleversifiant dans la présentation des vins, alors je vais vous livrer, brut de décoffrage, si je puis m'exprimer ainsi, la déclinaison Rive Gauche des dress codes du vin en 5 catégories : Chic, Classic, Casual, Sporty et Must auxquelles sont associées des caisses de 6 bouteilles censées vous allez le mieux. Pour ma part, je n'ai pas connecté et, comme je suis un Shoes Victim, j'ai craqué pour les nouvelles Veja cuir série limitée de Christine Phung d'un bleu de nulle part ailleurs. Si vous êtes gentil avec moi je ferai une photo de ces petites merveilles équitables. 
Un-dimanche-ordinaire-007.jpg

CHIC* 
Pour une soirée de gala, un vin rare et précieux est de rigueur. Il enchante les sens et ébloui par son charme, son raffinement et son caractère.
                     - Caisse de 6 bouteilles / 1550 euros -
BORDEAUX
Château Haut-Brion                 Pessac-Léognan  2001    x 2
Château Lafite Rothschild                       Pauillac  2001    x 2
Château Latour                                           Pauillac  2001    x 2
(*) chic
CLASSIC * 
Votre atout : vous connaissez vos classiqques, les crus que l'on peut déboucher sans risques, quelle que soit la situation : visite impromptue, déjeuner dominical ou dîner officiel.
                            - Caisse de 6 bouteilles / 135 euros -
BORDEAUX
Château Bahans Haut-Brion         Pessac-Léognan 1999 x 2
Château Chasse-Spleen                Moulis-en-Médoc  2001 x 2
Château Maucaillou                         Moulis-en-Médoc 1999 x 2
(*) classique
CASUAL *
Et voici les vins à déguster au quotidien, sans façons, entre amis. D'ailleurs, vos choix sont judicieux : on vous réclame tojours les références.
                              - Caisse de 6 bouteilles / 175 euros -
Champagne Deutz Brut Classique                                 x 2
Pauillac du Château Latour                         Pauillac 2002  x 2
Blanc Fumé de Pouilly     Domaine D.Dagueneau 2005  x 2
(*) décontracté
SPORTY *
Partager votre passion du vin est un plaisir qui vous est cher, un goût que vous cultivez avec art, autour de crus sympathiques. Bravo !
                                - Caisse de 6 bouteilles / 49,90 euros -
Champagne Montcuit                                                         x 1
Château Bois Pertuis                             Bordeaux  2004 x 1
Heredad Ugarte Crianza                                Rioja   2006 x 1
Domaine Saint-Nicolas Reflets  Fiefs Vendéens 2006 x 1
Crozes-Hermitage cuvée L    Domaine Combier  2006 x 1
Domaine des Pothiers                Côte Roannaise  2006 x 1
(*) sport
MUST *
Il est des moments privilégiés qui exigent l'ouverture d'un cru rare, d'une bouteille singulière dont seuls les initiés peuvent apprécier la personnalité.
                                   - Caisse de 6 bouteilles / 117 euros -
BOURGOGNE
Meursault "Genevrières"                     Domaine Ballot-Millot 2005 x 2
Saint Aubin "En Remilly"                     Domaine M.Colin&fils 2004 x 2
Vosne Romanée "Clos du Château" Domaine Liger-Belair 2004 x 2
(*) exceptionnel

Un-dimanche-ordinaire-004-copie-1.jpg
Je m'abstiendrai de commentaires vous laissant ce soin. J'estime que, en dépit du lieu de vente, il s'agit d'un cas d'école - y'a tout ce que j'aime dans le genre je parle pour ne rien dire - qui devrait être soumis à nos formatés des grandes écoles de commerce et, bien sûr, aux gens du vin. Pour compléter l'information sans alourdir cette chronique, je dois à l'exhaustivité de signaler que sous chaque dress codes les "génies" du Béhème proposent à la vente une liste de 7 à 8 bouteilles. Je me contente de vous donnez la fourchette de prix et une bouteille représentative.

CHIC : entre 41 et 59,80 euros - Château Lafite Rothschild 2002 : 250 euros
CLASSIC : entre 24,80 et 45 euros - Château Sociando-Mallet 2001 : 31 euros
CASUAL : entre 11,50 et 39 euros - Saint-Joseph "Clos de Cuminaille" Domaine  P.Gaillard 2004 17,60 euros
SPORTY : entre 7,30 et 18,45 euros La gloire de mon père Domaine de Conti 2004  9,50 euros.
MUST : entre 14,75 et 49,55 euros Rully St Jacques Domaine A et P de Villaine 2005 16,75 euros
 

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 00:03

Lors de notre première rencontre, du haut de mes trente ans fougueux, alors que je logeais dans la grande maison d'en face, celle des vins d'en bas, qui n'en finissaient pas de ressasser sur son âge d'or, l'objet s'occupant des vins d'en haut, prit les traits bonhommes d'un brave IGREF plonplon, costume gris incorporé, répondant au nom de Marquet, Pierre de son prénom ; le même que celui de mon directeur énarque, frais émoulu de cabinets ministériels, qui lui avait un nom avec trait d'union, né à Caudéran, et qui tenait Pierre Perromat, qui présidait le Comité des vins d'en haut, pour une caricature de bordelais, ce qui dans sa bouche de natif du lieu ne s'apparentait pas à un compliment. Bonjour l'ambiance ! Avantage à ma maison : les gens d'en haut craignaient une OPA inamicale sur leur vieille boutique poussiéreuse. Bref, on ne s'ennuyait pas au 232 rue de Rivoli (disparu depuis juillet dernier).

 

Je m'égare. Retour au sujet du jour : pourquoi diable Pierre Marquet venait-il consulter dans l'antre de l'ennemi, un obscur comme moi ? La réponse tenait en ce constat : " l'INAO étant un établissement public sui généris, doté d'un personnel sous statut Gaillard (du nom de Félix, l'autre charentais, le plus jeune président du Conseil de la IV em) donc contractuel, les syndicats lorgnaient sans strabisme en direction du statut des personnels de ma maison, l'ONIVIT, un EPIC (établissement public industriel et commercial).

 

Je proposai donc, à mon cher collègue, mes services pour expertise et plus si affinités. L'affaire ne se fit point, trop de méfiance. Il fallut attendre les socialo-communistes, en l'occurence la loi Le Pors sur l'accès à la Fonction Publique de certains contractuels, dont ceux de l'INAO, pour que je retrouve le dossier au cabinet de Rocard en 83, où je convainquis les syndicats de renoncer au statut de la FP, puis à celui de Nallet en 88. Affaire règlée dans les termes que j'avais proposé à Marquet en 78. Dix ans c'est un temps court pour l'administration. J'ai fêté la bonne nouvelle avec les intéressés au château d'Yquem lors d'un CN, en juin 1988 je crois, madame de Lurs-Saluces, qui m'avait placé à sa gauche (la droite étant occupée par le président du CN) était fort en beauté ce soir-là lors du dîner en plein air. 

Tout ça pour dire que l'INAO, en ce temps-là, avait quelque chose d'exotique : un étrange cocktail d'autogestion professionnelle et de gestion publique qui m'a fait le qualifier d'objet juridique non identifié, ce qui pour moi était un compliment. Avec une telle approche, face au goût immodéré des anglo-saxons pour le droit non écrit donnant aux tribunaux et aux lawyers des espaces infinis, nous dressions une muraille immatérielle qui s'opposait à l'uniformisation du monde. Un bel avantage, dix longueurs d'avance, pour parler vulgairement, ils y bitaient que dale nos petits paganinis des prétoires avec Votre Honneur incorporé comme à la télé. Une grande part de la réussite incontestable de l'AOC tenait à ce mariage heureux du droit privé et du droit public. 

 

Les professionnels français pilotaient une multitude de chouettes conduites intérieures, gentiment désuettes, indémodables, inimitables et, par une forme prononcée de suffisance, d'inconséquence, ils se sont engouffrés dans des cars pour voyages organisés. Bien évidemment, comme toujours dans ce type de périple, le micro du cicérone était tenu par le commissaire du gouvernement. A partir de là, on ne savait plus qui faisait quoi, où si, plus exactement, les fonctionnaires se piquaient de faire dans le stratégique, ils pensaient, et les professionnels du Comité National, tout en poussant des cris d'orfraies sur l'insupportable mainmise publique, s'occupaient de l'intendance du quotidien qui plaisait tant à la base et le Ministre disait amen (le mien y compris). Certains ont tenté de ruer dans les brancards, de proposer, de choisir. On leur demanda d'aller exercer leurs talents ailleurs.

Face à cette dérive, les nouveaux entrants : produits laitiers et autres, suite à la réforme de 1990, que j'ai défendu au Conseil d'Etat, après un temps d'observation, constatant la cécité des représentants du vin et ne se laissant pas éblouir par leurs faux-semblants, petit à petit ont pris le pouvoir, puis profitant de leur entregent dans les allées du Pouvoir ils ont fait prévaloir une conception normative de l'AOC. En clair, face à une production agro-alimentaire de masse, formatée, incolore, inodore et sans saveur, l'AOC devient la pointe de la pyramide des signes de qualité.

 

Le tour est joué. On se noie dans les logos : rouge, vert et je ne sais quelles autres couleurs. On érige le contrôle extérieur en principe fondateur. Le directeur du CIVB a raison de confier à Jacques Dupont dans le point : " c'est en quelque sorte une OPA amicale mais ferme, qui donne le sentiment que tout continue comme avant, alors qu'il n'en est rien " Est-ce pour autant une "nationalisation" de l'INAO ? Une mainmise de la machine étatique sur le secteur ? La réponse est clairement non. Il s'agit tout bêtement de la pure insertion du vin dans le grand Meccano de l'agro-alimentaire. Bien plus que les débats récurrents sur l'opposition entre vins artisanaux et vins industriels, les nouveaux tuyaux, si aucun tri n'est fait en amont, vont plus que jamais formater les vins d'AOC. Faut-il le regretter ? Oui, si la nouvelle mécanique confiée à des "experts extérieurs" - l'externalisation ne règle rien si on ne se met pas d'accord sur les règles du tri - exclut les originaux, les non typiques, les francs tireurs, les inventeurs au profit du gros du peloton et des éternels trainards. Non, si les patrons du gros du peloton assument le statut d'un peloton en acceptant de reconnaître qu'il n'est pas homogène. En clair, avant de mettre le vin dans les tuyaux préoccupons-nous de la vigne et du raisin : la ressource ; laissons la responsabilité première à ceux qui font le vin pour le vendre sous leur signature ou ceux qui le font faire pour le vendre sous leur marque pour traiter ceux qui font leur vin sans souci de ceux qui l'achètent...

A suivre ( ayant été acteur je vous livrerai mon point de vue et mes découvertes dans des chroniques à venir)

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Archives

Articles Récents