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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 00:18

Mon corps, baudruche vide, ma tête, outre gonflée, replongaient dans une torpeur molle. Les paroles de Sylvie glissaient sur moi sans laisser de trace. Tout m'était égal. Le sommeil m'envahissait. Je dormais. L'anse des Vieilles, elle partait si loin en une nage fluide, simple petit point perdu tout près de l'horizon, un noeud d'angoisse m'oppressait. Elle était aussi régulière qu'une horloge. Je l'enveloppais dans le drap de bain. Je la frictionnais. Toute ma peur se muait dans ce rituel en une allégresse monstrueuse. Partir, revenir, se retrouver... Là, dans ce rêve en cercle, je la voyais, si près, mais jamais elle ne m'atteignait. Je luttais de toutes mes forces pour inverser le cours du rêve, plein d'espoir. La brisure ne pouvait être définitive. Au coeur de la bataille, le rêve devenait la réalité. Pas de doute possible, c'était elle, à portée de mes bras. Il fallait que je tienne bon. Tout redevenait possible. Tout dépendait de moi. Notre destin je le tenais entre mes mains. Lutter ! Rester dans cette marge ! Surtout ne pas ouvrir les yeux. La rupture s'opérait, brutale. Je dégoulinais d'une sueur âcre. Marie avait disparue. Tout était en place, avec une régularité implacable, mes nuits, lorsque je parvenais à m'endormir, me précipitaient sur cette plage pour un combat perdu d'avance que je livrais avec le même espoir têtu qu'au premier jour.

Le fumet d'un bouillon de légumes redonnait à mes pensées noires un goût de vie quotienne ; manger, boire et dormir... Sylvie me présentait un bol sur un plateau  " essaie de boire ça. Je viens de le faire aux cuisines avec des légumes frais, ça te fera du bien..." Mes lèvres desséchées s'effritaient. Je me fichais pas mal de ce qui allait me faire du bien. Tel un gamin rétif je restais sans réaction. Sylvie me grondait. " Assez de chichis poivrôt d'opérette, faut que tu assumes ton nouveau statut..."
- Lequel ?
Je m'étais remis sur mon céans.
- Depuis hier au soir t'es mon homme...
- Tu délires !
- Pour le petit monde d'ici je suis en mains.
- J'en ai rien à foutre de ton petit monde...
- Tu veux être flic, je crois. T'as beaucoup à apprendre mon grand !
- D'accord sur ce point, je suis un cave comme on dit dans les polards à deux balles, mais je ne vois pas bien pourquoi en une soirée je suis, comme tu dis, devenu ton homme...
- Je t'ai obéi. Je suis prêt à le refaire...
- Non, je rêve, pince-moi, tu m'as bien regardé : j'ai la gueule d'un micheton ?
- Non mon grand, mais tu as retrouvé un peu de vigueur. C'est tout ce que je voulais. Allez, une cuillérée pour sa grande dinde...  

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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bdu 08/04/2007 18:26

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