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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 06:00

Philippe Castéja (à g.) et Hubert de Boüard, à l’ouverture du procès, le lundi 20 septembre 2021 à Bordeaux. © Crédit photo : Guillaume Bonnaud / SUD OUEST

En raison de l’actualité judiciaire d’Hubert, Ciné Papy du mercredi est repoussé à demain jeudi.

Hubert de Boüard à la barre !

 

Ça fait très années Giscard !

 

Mais notre Hubert de Boüard de Laforest, avec son petit sécateur et sa valise à roulettes, est abonné à la barre du tribunal.

 

Sa première prestation devant la  17e chambre ne fut pas très glorieuse, sa suffisance et celle de son avocat, un bijou, il mordit la poussière face à Isabelle Saporta. Rebelote en appel.

 

La nouvelle montée à la barre de notre Hubert date du lundi 20 septembre où s’est ouvert à Bordeaux « le procès de deux grands noms du vin, Hubert de Boüard et Philippe Castéja, deux propriétaires de châteaux classés, soupçonnés par la justice de "prise illégale d'intérêt", d'avoir été juges et partie lors du classement de 2012 de l'Inao. »

 

Cette fois-ci, j’ai le sentiment que l’homme de l’Angelus peut être plus serein, il sera bien difficile de trouver dans le dossier des preuves matérielles de ses interventions, de son omniprésence, tout ça s’est passé dans la coulisse, en loucedé. C’est ce que j’ai déclaré à la barre de la 17e Chambre, et fut entendu. Les délibérations officielles du Comité National sont pure cosmétique, chambre d’enregistrement.

 

Bref, qui vivra verra, nous suivrons ce procès par un correspondant sur place.

 

Procès du classement de Saint-Émilion : « On ne m’a pas dit que c’était interdit », affirme Hubert de Boüard ICI 

 

La nouvelle est tombée ce matin. Une amende de 100.000 euros partiellement assortie de sursis a été requise mardi contre Hubert de Boüard. Concernant M. Castéja, le représentant du ministère public a laissé une éventuelle sanction à "l'appréciation" du tribunal.

 

Mardi, le procureur adjoint Jean-Luc Puyo a fait un virage à 180 degrés par rapport à cette position et indiqué qu'il "ne partageait pas l'analyse juridique" faite à l'époque par le parquet Il a souligné la "participation parfois dynamique" de M. de Boüard "tout au long de la procédure de classement". Il a été "un définisseur, un impulseur", a-t-il assuré, jugeant M. Castéja pour sa part "bien plus en retrait".

 

Présentation de l’affaire par la presse nationale.

 

Publié le 19/09/2021

 

Hubert de Boüard, premier jurat, lors d'un discours pour le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion, dimanche 19 septembre 2021. "Je suis serein, demain est un autre jour".

 

Hubert de Boüard, premier jurat, lors d'un discours pour le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion, dimanche 19 septembre 2021. « Je suis serein, demain est un autre jour ». • © France 3 Aquitaine

 

Deux figures du Bordelais comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour le controversé classement de Saint-Emilion. Cette affaire secoue le monde du vin depuis 10 ans.

 

Juges et parties ?

 

Ce week-end des 18 et 19 septembre s'est tenu le traditionnel Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. A cette occasion, une quarantaine d'impétrants a été intronisée en tant que jurats. Le premier jurat, c'est Hubert de Boüard. Demain, il comparaîtra devant la justice. Interrogé par France 3, il n'a pas souhaité aborder le procès.

 

Je suis serein et je suis aujourd'hui avec mes amis. Demain est un autre jour.

 

Deux grandes figures du vignoble bordelais ont-elles été juges et parties dans l'élaboration du classement 2012 des grands crus de Saint-Emilion ? Le tribunal correctionnel de Bordeaux entame lundi 20 septembre un procès de deux jours qui pourrait aussi être aussi celui d'un système.

 

Il est reproché à Hubert de Boüard, copropriétaire du célèbre château Angélus et consultant viticole, et à Philippe Castéja, négociant et propriétaire de château Trotte Vieille, une "prise illégale d'intérêt" dans le processus de classement, le seul au sein des grands vins de Bordeaux à être révisable (tous les dix ans).

 

Comme le note la cour d'appel de Bordeaux, qui a donné le feu vert à un procès après 10 ans de multiples rebondissements judiciaires, ce classement ouvert aux propriétés de l'appellation Saint-Emilion Grand Cru est "déterminant pour la notoriété et la valorisation financière et commerciale des lauréats" sur un marché des vins de Bordeaux qui se compte en milliards d'euros.

 

Le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. Le procès du classement 2012 des crus est dans tous les esprits, mais rares sont ceux qui se risquent à un commentaire...

 

Le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. Le procès du classement 2012 des crus est dans tous les esprits, mais rares sont ceux qui se risquent à un commentaire... • © France 3 Aquitaine.

 

Un classement qui vaut de l'or

 

MM. de Boüard et Castéja étaient tous deux membres du comité national des vins de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO), établissement public rattaché au ministère de l'Agriculture, qui a validé le règlement du classement puis ses résultats, arrêtés par une commission indépendante. M. de Boüard, plus actif que M. Castéja d'après l'enquête, était également membre de l'organisme de gestion des vins de Saint-Emilion, organe qui a participé à l'élaboration du règlement du classement avec l'INAO selon l'instruction.

 

En 2012, Angélus avait été promu premier grand cru classé A, au plus haut, et Trotte Vieille maintenu comme premier grand cru classé B. Sept autres propriétés pour lesquelles M. de Boüard était consultant avaient été récompensées au classement. « C'est comme si quelqu'un qui passait l'examen du bac rédigeait lui-même les sujets », assure Éric Morain l'avocat des parties civiles, trois propriétés familiales (Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac) recalées et qui ont entamé leur combat judiciaire début 2013.

 

Une influence considérable

           

L'avocat dénonce l'attitude du parquet de Bordeaux, qui avait fait appel de la décision de renvoi de la juge d'instruction. "Je ne connais pas d'autre procédure dans laquelle un parquet a fait cela, hormis quand ça concerne un gendarme ou un policier", dit-il. « Il fallait absolument sauver les soldats de Boüard et Castéja... », des grands noms du Bordelais à l'influence considérable.

 

Selon Me Morain, « ce procès remet l'église au milieu du village". "On va parler d'un système qui ne dit pas au consommateur que la note de dégustation ne compte que pour 30% dans le classement », ajoute-t-il, le reste mesurant la notoriété, l'accueil des châteaux etc.

 

"Un système qui vend de la marque et non plus du raisin".

 

Les deux prévenus ont toujours nié les accusations de conflit d'intérêts et leur défense, dont l'avocat Antoine Vey, a fait valoir qu'ils se sont "systématiquement déportés" des délibérations pouvant concerner le classement. L'enquête n'a en outre pas permis d'établir qu'ils avaient pris part à des votes.

 

Parallèlement, un contentieux administratif est toujours en cours contre le classement 2012 qui était pourtant censé remplacer le classement 2006, annulé par la justice administrative après déjà des recours. Le sort judiciaire du classement 2012 pourrait donc ne pas être connu avant la publication de son remplaçant, en 2022.

 

 

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:00

Des bouteilles de Romanée-Conti vendues plus de 10 millions d'euros

Le reproche récurrent que me font certains, chroniquer rarement sur le vin, est justifié, en défense ma réponse est simple : j’ai le sentiment d’avoir fait le tour de la question et que perdurer ce serait tourner en rond. Bien sûr, je pourrais à la manière de Butane&Degaz ou autres grands nez me la jouer dégustateur patenté, noter, commenter, mais ce n’a jamais été ma tasse de thé et je n’ai nulle envie de m’y coller. Faire le beau sur les réseaux sociaux, ferrailler avec les détracteurs des vins  nu, faire ami-ami  avec les ouvriers de la 25e heure des mêmes vins nu, serait vain, l’heure est aux outrances chez anti-vins qui puent, à la mièvrerie chez les petits licheurs de vin nature, ignorants qu’ils sont de l’histoire du vin et de sa réalité socio-économique.

 

Alors, je me contente de boire, des vins nu bien sûr, en ce domaine je suis devenu extrémiste et ma dealeuse préférée me fournit en came adaptée, je me marre, je dis au petit monde qui s’agite en rêvant de devenir vigneron, un remake des éleveurs de chèvres post-soixante-huitard, que la terre est basse, le métier dur. Le petit monde du vin nature prend une vilaine tournure, reproduisant les codes décriés, l’heure  est aux agents, aux allocations, un petit biseness juteux pour eux qui ne l’est pas pour ceux qui font, et ceux qui vendent le vin. Le modèle économique est bancal, accumule les surcoûts, savoir compter n’est pas une atteinte à la liberté, bien au contraire…

 

Quand on vieilli le risque est de radoter, de repasser les plats, de seriner je vous l’avais bien dit, en l’occurrence écrit dans mon fichu rapport, de regretter l’immobilisme de ceux qui sont en charge, alors rien ne vaut le retrait, le silence, laisser la place à ceux, sachants de fraîche date, qui surfent sur les ondes, les réseaux sociaux, qui pour moi ne sont que des petits couteaux, des ramenards, des imposteurs, des profiteurs.

Mais, ayant le respect de mes lecteurs de longue date je vais forcer ma nature, à nouveau mettre l’ouvrage sur le métier, informer.

 

Pour ce faire, je vais vous proposer ce matin de consulter une interview d’Aubert de Villaine au Figaro-Vin ICI  

 

Aubert de Villaine, Domaine de la Romanée-Conti : «J'espère avoir réussi à faire vivre cet héritage»

 

A la tête du domaine le plus célèbre au monde, Aubert de Villaine s’exprime rarement auprès des médias, préférant la discrétion aux grands discours. A l’heure où il s’apprête à passer le relais, il livre au Figaro Vin un entretien exclusif.

Par Alicia Dorey

Publié le 18/09/2021

 

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2 février 2011

3 Questions à Aubert de Villaine l’inscription des Climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’UNESCO ICI 

 

Offre exceptionnelle Domaine de La Romanée Conti : Le mythe frappe à votre  porte ! - U'Wine

22 janvier 2013

Mais qui est donc ce Henry-Frédéric Roch dont le Pousson de Barcelone nous rebat les oreilles sur Face de Bouc? ICI 

NDLR Henry-Frédéric Roch est décédé le 17 novembre 2018

 

Je ne ferai aucun commentaire sur cette interview vous laissant  ce soin.

 

Aubert de Villaine, gardien du temple romanée-conti

 

Il serait vain de penser que le prestige permet d’échapper à la réalité. Bien qu’encensé dans le monde entier, avec des vins atteignant des prix stratosphériques et des allocations triées sur le volet, le Domaine de la Romanée-Conti doit aussi, au quotidien, faire face aux enjeux de son époque. Transmission du patrimoine et du savoir-faire, aléas climatiques, envolées spéculatives… Mais au-delà de ces considérations, Aubert de Villaine reste confiant, et prêt à accompagner la relève, en la personne de sa co-gérante Perrine Fenal – fille de Lalou Bize-Leroy (Propriétaire et vigneronne du Domaine Leroy et Domaine d’Auvenay, et actionnaire de Domaine de la Romanée-Conti) – également présente lors de cet entretien, ainsi que de son neveu Bertrand de Villaine.

 

Domaine de la Romanée-Conti - Perrine Fenal et Aubert de Villaine

 

LE FIGARO : Voilà quelques années que vous vous préparez à transmettre le domaine à la génération suivante. Allez-vous continuer à être présent ? 

 

Aubert DE VILLAINE : Oui bien sûr, je vais continuer à accompagner ce travail et à apporter des conseils, mais «les conseilleurs ne sont pas les payeurs» comme le dit l’adage, il faut savoir laisser à chacun la possibilité de prendre ses responsabilités, d’assumer sa vision, car toutes sont valables. La mienne a été guidée par ceux qui m’ont précédé, et j’espère avoir réussi à faire vivre cet héritage.

 

  • Justement, quelle était cette vision, et que pensez-vous avoir apporté ?

 

Je n’ai pas le sentiment d’avoir apporté de nouveautés, mais d’avoir contribué à poursuivre dans une voie qui est celle du domaine depuis toujours. Celle de perpétuer ce qui a été bien fait par le passé, et, modestement, d’avoir cherché à faire un peu mieux à la lumière des avancées du présent dans la connaissance. De la culture de la vigne à la vinification, il y a toute une infinité de détails, que l’on peut faire plus ou moins bien, et finalement, un grand vin est le résultat de ces milliers de détails et de la façon dont ils ont été réalisés. Il faut surtout que ces détails fassent partie d’une philosophie. C’est ça, la gérance d’un domaine comme celui-ci, c’est d’être en veille des détails, du balayage de la cour à la décision de date des vendanges.

 

  • Le terme de domaine de légende vous dérange ?

 

Vous êtes dans un domaine viticole comme les autres. Il faut tout le temps se remettre en question. Nous ne vivons pas dans notre tour d’ivoire, la tradition bourguignonne reste de recevoir au domaine, de partager. Il nous semble important de rester nous-mêmes, de préserver notre équipe de toute tentation de se considérer comme à part ou meilleure que les autres. Avec l’espoir que les vins fassent la différence !

 

  • Justement, lorsque l’on parle du Domaine de la Romanée-Conti, ou d’autres domaines mythiques, on parle peu des détails. Y a-t-il des détails spécifiques aux «grands» domaines ?

 

Non, il y a très peu de détails vraiment différents d’autres domaines viticoles. Simplement, on essaie de les faire tous le mieux possible, et quelquefois d’aller plus loin. Aujourd’hui, labourer au cheval est devenu une chose assez commune, mais lorsque nous avons décidé de le réintroduire dans les vignes au début des années 2000, nous étions les premiers, et nous avions le sentiment d’apporter quelque chose de plus, un sol moins tassé, plus vivant. Mais nous parlons finalement assez peu de ce que nous avons pu faire, car ce sont les vins qui doivent parler. Lorsque quelqu’un nous demande pourquoi nous avons choisi le cheval ? Je réponds parfois : tout simplement parce que c’est beau ! Voir un cheval travailler dans la vigne le matin, avec le soleil dans sa crinière, crée une beauté qui ne peut que faire du bien à la vigne.

 

  • Est-ce que l’on peut parler d’un retour en arrière en matière de techniques viti-vinicoles ?

 

Pas à proprement parler, car un retour en arrière signifierait d’en revenir à un travail de la vigne intégralement réalisé par la main de l’homme. A cet égard, le cheval est plutôt l’ancêtre du tracteur qu’une résurgence de l’histoire.

 

  • Ressentez-vous une émotion particulière en dégustant vos vins ?

 

Il y a quelques jours j’ai dégusté une bouteille de Grands Echezeaux 1962, et j’ai eu un sentiment de perfection. Ça n'a pas duré très longtemps, mais ce qui est formidable, lorsque l’on déguste un très grand vin, c’est d’avoir ce sentiment de toucher à un moment parfait et de réaliser que le vin a fait son chemin tout seul dans la bouteille. Bien entendu pas complètement, car nous avons tout mis en œuvre pour qu’il le fasse, mais c’est son travail dans la bouteille qui a amené cette perfection, et qui nous procure ce sentiment de plénitude, car nous avons réussi ce que nous voulions faire, ce mariage de la vigne et de notre travail.

 

  • Le travail du vigneron est donc d’accompagner le vin plutôt que de le faire ?

 

Nous sommes toujours en train de chercher la vérité du terroir, de la Romanée-Conti et de nos autres climats. Mais en réalité, cette vérité n’existe pas, car chaque année, elle est fonction des conditions climatiques, de notre travail et du mariage réalisé entre les deux. La vérité n’existe que dans un millésime donné, et encore, si nous l’avons réussi ! Le devoir de faire de grands vins est le même, mais avec des moyens chaque année différents. Nous essayons de répondre à ce que nous propose la nature, aussi bien au niveau du sol que de la vigne. Perrine (Fenal) et mon neveu (Bertrand de Villaine) seront chargés de continuer cela. Cela dit, attention, il ne faut surtout pas le prendre comme une charge [rires]. Il faut plutôt le voir comme une responsabilité. C’est important, si tout d’un coup, cela devient une charge, c’est très mauvais. Il faut se montrer très serein et accepter de faire une erreur. 

 

  • Quels sont les grands défis à relever pour la génération suivante ?

 

Le défi de la transmission est l’un des plus grands que nous ayons en face de nous. Nous avons toujours fait le nécessaire pour le relever, mais c’est un grand problème en Bourgogne. Les taxes de succession sont importantes et, dans une famille, ceux qui veulent rester n’ont pas toujours les moyens de racheter les autres. Pour nous, la Bourgogne est un tissu de domaines familiaux, et il faut que l'État nous donne les moyens de préserver cela, de transmettre la propriété familiale des domaines. La vraie valeur d’une propriété viticole, qui est une entreprise comme les autres, me semble devoir être liée à ses résultats et non pas à la valeur extravagante qu’elle peut prendre à certaines époques où la spéculation l’emporte sur la raison. Nous attendons de l’Etat qu’il prenne ces valeurs-là comme valeurs de succession.

 

  • Est-ce réaliste de croire à cela ?

 

D’un point de vue économique, c’est très réaliste, mais il faut pour cela avoir une vision à long terme, car en effet cela représente moins de gains immédiats pour l’Etat. Le problème, c’est que si les valeurs sont telles que les familles ne peuvent plus se transmettre les domaines, nous prenons le risque que l’arrivée de grands investisseurs français ou étrangers contribue à faire régresser cette tradition de propriété familiale constitutive du territoire bourguignon. Si elle disparaît, c’est la position éminente de la Bourgogne qui sera affectée et tout le monde en sera affecté, y compris l’Etat.

 

Par ailleurs, il faut faire attention, que l’arrivée de nouvelles techniques ne vienne pas abîmer les climats, qui sont des écosystèmes fragiles et qui demandent respect et excellence à tous les niveaux. Depuis toujours, mais encore plus depuis une vingtaine d’années, nous nous préoccupons de la question de la sélection des plants de vigne. Il est essentiel, pour des grands terroirs dont la richesse provient des sols et sous-sols, de recevoir des plants de haute finesse, si nous voulons avoir une chance que le potentiel unique de ces terroirs soit entièrement accompli.

 

  • Comment explique-t-on le succès des vins de Bourgogne ?

 

La suite ICI 

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 06:00

Peut être une image en noir et blanc de arbre et pont

L’échalier, petite barrière fixe, dans une haie, entre deux champs, permettant d’aller de l’un à l’autre. Combien de gars de ferme ont fait sauter les échaliers aux filles en les empoignant par la taille, pour aller danser ou autres réjouissances…

Je suis né dans un pays embocagé, les pâtis, les pièces de labours, cernées d’épais buissons de ronces, où nous cueillions de juteuses mûres, ici pas de haies maigrichonnes piquetées d’arbres, ni de murets de pierres sèches,  des chemins creux boueux l’hiver,  croûteux l’été, laissaient passer les équipages de bœufs enjugués tirant de lourds tombereaux de choux fourragers ou de betteraves, des troupeaux d’indolentes vaches, des charrues Brabant fendant et retournant la glaise jaunasse, extirpant des profondeurs des colonies de vers de terre bouffeurs de terre, les achets, pays fermé, replié sur lui-même, hostile même, dernier rempart à l’intrusion des lourdes machines, tracteurs, moissonneuses-batteuses, bientôt arasé par les remenbreurs, ces ingénieurs d’État missionnaires de la modernité avec pour alliés les jeunes militants de la Révolution silencieuse qui enverra les enfants de la terre dans les HLM de la périphérie des grandes villes, ces banlieues encore rouge, la Fin des paysans, restent des agriculteurs inscrits  au centre de gestion et au contrôle laitier, toujours plus, le Crédit Agricole prospère, les coopés vendent des tonnes d’engrais et des pesticides, ramassent le lait, du moins celui qui n’est pas vendu au privé, Besnier, les marchands d’aliments composés du bétail couvrent le pays de poulaillers industriels, toujours plus de production, toujours moins de revenus, le pays sent mauvais, moins qu’en Bretagne où ça pue le cochon, plus de foires et de marchés, on va au Super U comme à la ville, c’est le temps des cols blancs, des conseillers, et même que les politiques parlent de l’or vert, que notre agriculture est performante, exportatrice à coup de restitutions européennes, illusion, nous sommes dépassés par les nouveaux arrivants, la balance commerciale est en berne, avec la crise sanitaire les politiques et les journaleux osent nous bourrer le mou  avec la reconquête de l’indépendance alimentaire. Foutaise ! L’UE verdit la PAC. Les OPA tendent leur sébile. Même qu’on subventionne les haies !

 

La fin des paysans suivi de Une réflexion sur la fin des paysans vingt ans  après , Henri MendrasLa Revolution Silencieuse- Le Combat Des Paysans / Questions D Actualite |  Rakuten

 

Attention, nulle nostalgie ici, ce n’était pas mieux avant, mon pays était pauvre et dur, je ne le regrette pas, ce que je regrette c’est l’incapacité des décideurs de tous poils de sortir de leurs schémas anciens, le temps n’est plus aux quintaux ou aux hectos. Pour autant, les Verts, les écolos n’apportent rien au débat, la décroissance est une idée creuse, nous devons produire de la valeur. Ce n’est pas de gauche ça, mais c’est la réalité socio-économique de la France. Nous sommes dans une UE riche où nous exportons la majorité de nos produits. Nous n’avons pas vocation à nourrir le monde, l’Afrique tout particulièrement, nous l’avons appauvrie avec nos produits déversés sur ses marchés. L’exportation de céréales à l’Egypte, à l’Algérie, par exemple c’est vouloir jouer dans la cour des Grands, c’est une arme stratégique, pas de l’altruisme. Je m’arrête là, je suis chiant, je ferais mieux de déconner sur le vin qui pue produit par des chevelus qui vendanges en tongues, foulent le raisin pied nu, laissent partir leurs vins dans tous les sens. Le problème c’est qu’eux le vendent à la terre entière, même que certains on fait de leurs noms une marque. Mais où va la Révolution ma bonne dame et mon bon monsieur. Je signale que Macron et son Denormandie n’ont rien compris.

 

LOUIS TOFFOLI (1907-1999) Paysanne de Vendée Huile sur toile. Signée en bas  à [...] | lot 129 | Bijoux, Dessins et Tableaux, Art Nouveau, Art Déco, Art  Contemporain, Design chez Collin du Bocage | Auction.frLOUIS TOFFOLI (1907-1999) Paysanne de Vendée Huile sur toile.

 

Bref, adieu les bœufs, les chemins creux, les poulets picorant dans l’aire, les poules pondant dans les buissons, le bon beurre, le bon pain, le silence, le temps est venue des belles récoltes boostées aux engrais NPK, des vaches pissant le lait en bouffant du soja US, de l’ensilage maïs qui pue tout comme leurs bouses …

 

Terroirs Vendéens - Puy Story

 

Mon seul regret de ce temps-là ce sont les échaliers

 

ÉCHALIER, subst. masc.

A.−

1. Usuel. Échelle rustique placée contre une haie pour permettre de la franchir.

 

« Nous partions en bande, le matin, à travers les prés et les pâtureaux, par les traquettes, par les échaliers, par les traînes, et nous revenions, le soir, par où il plaisait à Dieu »

George Sand, Maîtres sonneurs,1853

 

2. « Escalier formé de traverses de bois et pratiqué dans une haie » (Académie 1932).

 

B.− Clôture.

 

1. Clôture faite généralement de branches d'arbre entrelacées pour empêcher les bestiaux de s'échapper. Franchir, sauter l'échalier.

« Il eût été bien difficile de le rejoindre quand, par-dessus les échaliers, il était passé d'un champ à un autre »

Châteaubriant, Lourdines, 1911,

 

2. P. méton. « Partie d'une clôture qui peut s'ouvrir ou se déplacer » (Académie. 1932).

 

« L'angélus tinta; la volée de l'oraison n'était pas encore éteinte quand ma mère poussa la porte (...) Quand j'entendis l'échalier retomber en grinçant, je me levai dans les ajoncs.

Hector Malo, R. Kalbris, 1869,

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 06:00

Aucune description de photo disponible.

Le dimanche au Bourg-Pailler c’était les habits du dimanche pour aller à la grand-messe de 10 heures.

 

Au Bourg-Pailler, la tante Valentine, était le maître des horloges, elle rappelait tout le monde à l’ordre avec une injonction ritournelle « ça monte à… » suivait l’heure qui, à la pendule était solaire, mais nous faisions la conversion.

 

Le pépé Louis, se rasait avec son coupe chou qu’il avait affuté sur sa lanière de cuir, il déposait la mousse blanche piquetée de poils sur du papier journal. Ensuite il s’occupait de sa moustache à la Foch. Mémé Marie, son épouse, disait qu’il était glorieux car il prenait un soin méticuleux à sa mise. Pantalon rayé, chemise blanche, cravate noire, souliers du dimanche et, bien sûr un chapeau.

 

La seule coquetterie de la Mémé Marie et de sa sœur la tante Valentine, consistait à poser sur leur résille noire une coiffe blanche empesée. Cette dernière ouvrait le bal des départs, une bonne demi-heure en avance. La mémé Marie suivait ensuite avec sa canne, courbée elle avançait doucement.

 

Ma sainte mère sortait, selon la saison, les belles toilettes qu’elle se confectionnait, collier discret, sac à mains, chapeau, chaussures à talon. Léger maquillage. Elle avait fière allure ma maman.

 

Du côté de mon père, nulle hâte, c’est lui qui partirait le dernier pour rejoindre sa place sur une chaise, tout au fond, sous les cloches, où je le soupçonnais de pousser un léger roupillon.

 

Les trois femmes se plaçaient dans le banc familial, le second dans la rangée droite à la même hauteur que les huiles locales qui elles étaient placés à gauche alors qu’elles étaient de droite.

 

Ma pomme, enfant de chœur en chef, sapé comme un milord par ma couturière de mère je gagnais la sacristie où je revêtais la soutane rouge, le surplis blanc empesé par les sœurs, les chaussons de feutre rouge. Je préparais les burettes sans siffler un coup de blanc. À l’heure dites, la cohorte des enfants de chœur entrait dans le chœur à la suite du curé-doyen. Comme j’étais le boss, j’étais placé sur un tabouret en arrière de l’hôtel et c’est moi qui accompagnerais le curé pendant la distribution  de l’eucharistie en plaçant sous le menton des tireuses et tireurs de langue le petit plateau en métal doré. J’avoue que je péchais en admirant les appâts des beautés du village. Autre mission, parfois la quête ou la distribution du pain béni. Parfois, à la suite de la messe, il y avait un baptême, cérémonie appréciée par les enfants de chœur car ils ramassaient un peu de blé.

 

Journal d'1 flâneur confiné en semi-liberté (2) Et si en rentrant de la  messe dominicale vous vous prépariez des spaghettis cacio e pepe ! - Le  blog de JACQUES BERTHOMEAU

Liturgie : Voici pourquoi le prêtre met un peu d'eau dans le vin ...Prière de ne pas me casser pas les burettes j'ai commencé ma carrière en  servant du vin de messe - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

Sur son harmonium, Gégène, se prenait pour Ray Charles et les cloches sonnaient, le sacristain ne tirait plus sur les cordes, le progrès avait électrifié les sonneries. Parfois, le sacristain un peu pompette se trompait de bouton, ce qui nous mettait en joie d’entendre les cloches des morts un beau dimanche plein de soleil.

 

La place de l’église était, comme le diraient nos logues, qui ont réponse à tout, un lieu d’échanges et de transaction, entre mâles bien sûr, les femmes après un passage à la boulangerie-pâtisserie Remaud, se hâtaient pour aller préparer le frichti du dimanche. Les hommes eux se rendaient au bistrot, pour jouer aux cartes, se siffler des chopines, ou « baiser une fillette de blanc »

 

Nous, les gamins, allions siffler du sirop d’orgeat dans un petit café près du champ de foire, nous nous intéressions peu aux beautés villageoises que nous ne trouvions guère à notre goût.

 

Le déjeuner du dimanche au Bourg-Pailler était toujours succulent, entrées souvent des crevettes, des langoustines, palourdes, plat soit une volaille ou un poisson au beurre blanc, dessert à la période des fruits : tarte en hiver caillebotte ou gâteau de Savoie, maman était aussi un cordon bleu.

 

Très vite mon souci fut d’assurer les vêpres qui gâchaient mon début d’après-midi. En effet, avec mes amis Dominique et Gervais nous ne pensions qu’à aller au bal dans les villages environnant. Nos mères l’ignoraient. Notre drague nous valait bien des râteaux mais nous arrivions tout de même à décrocher quelques slows. C’est ainsi qu’un après-midi, je déclarai pendant cet exercice, à celle qui fut ma première épouse,  « un jour je serai Ministre ! » Petit con en blazer bleu marine, pantalon gris, ça aurait dû la décourager mais, bien plus tard, en 68, c’était plutôt la chienlit chère au Grand Charles… la vie des boomers quoi !

 

Plus jeune, bien avant d’aller faire le beau près des filles, sitôt les vêpres je regagnais la maison et, sur le gros poste de radio, j’écoutais Sports&Musique où officiait Georges Briquet. Pour moi, le jeu à XIII de Lézignan-Corbières avait un parfum exotique. En ce temps-là je voulais devenir radioreporter mais ma mère me rétorqua que ce n’était pas un métier. Elle n’avait pas tout à fait tort au vu de l’évolution du métier de journaliste.

 

L'Histoire du Championnat de France 1959/1960 Reims Champion avec le retour  de Raymond Kopa

 

 

10 octobre 2005

 

J'avais 7 ou 8 ans, et le dimanche après-midi j'écoutais sur Paris-Inter les retransmissions commentées par Georges Briquet. Bien des années plus tard je suis allé à la Maison de la Radio réécouter une galette du match : Nîmes-Reims. C'était le 17 novembre 1957.ICI 

Voilà ce qu’était nos dimanches à la campagne… Nous rêvions de la ville… Nous pensions, qu’un jour notre vie y serait belle… Avions-nous raison ou tort ? Je ne sais, mais ce que je sais c’est que ce n’était pas forcément mieux avant et que je ne veux pas afficher mon contentement car je risquerais de me le voir reprocher par la jeunesse qui nous traite de profiteurs…

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 06:00

 

 

Rien ne vaut l’expérience, les grands auteurs cités plus bas, n’ont jamais mené de leur vie un âne bâté, moi si pendant 8 jours dans les Cévennes sur le sentier Stevenson, c’était une ânesse, et je peux affirmer qu’elle était bien plus intelligente, plus futée, que beaucoup de mes collègues du CGAER.

 

 

Le bât, c’est pour ces beaux esprits, la soumission, la servitude, la domination du bipède sur l’animal, alors affirmer qu’un âne bâté est une  personne sotte ou ignorante, comme le fait Le Larousse, relève de l’escroquerie intellectuelle. C’est faux, un âne bâté vaut bien plus, es plus utile que beaucoup de nos logues qui vivent le monde le cul su leur fauteuil face à leur écran.

 

 

Voilà c’est écrit. Je passe la parole à ceux qui chargent ce pauvre âne bâté.

 

  • Le Dictionnaire d’expressions et locutions d’Alain Rey et Sophie Chantreau du Robert (poche 1997) réserve presque deux pages aux expressions consacrées à l’âne :

 

 

Âne bâté

Âne de Buridan

Méchant comme un âne rouge

Saoul comme un âne

Bonnet d’âne

Coup de pied de l’âne

Faire l’âne pour avoir du son

Greuler (ou beugler) comme un âne

Faire l’âne pour avoir du son

Tirer un pet d’un âne mort

L’âne frotte l’âne

Il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin

Chanter à l’âne, il vous fera des pets

À laver la tête d’un âne, on perd sa lessive

Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense

 

 

Il n’est pas d’animal, plus hérissé, plus sale et plus gonflé de vent, que cet âne bâté qu’on appelle un savant.

Victor HUGO : Le roi s’amuse

 

 

Ici, j’agis comme bon me semble, monsieur, et je vous engage à y songer. - commandant, - dit *Pleyston tout bas, -vous savez qu’il est bourru et bête comme un âne. - mon cher lieutenant, veuillez, je vous prie, faire exécuter mes ordres,  » -dit le commandant.*Pleyston sortit.  »

SUE Eugène, Atar-Gull, 1831, p. 20, LIVRE Quatrième

 

 

Son honnêteté et celle de son illustre famille. Ce sont des gens de tout coeur et de toute probité. S’il tient de Monsieur son père, il doit être bête comme un âne, mais très dévoué, très fidèle et très laborieux. Ensuite Madame sa mère a peut-être pris ses précautions dans les temps pour qu’il ne fût pas

SAND George, Correspondance : printemps-fin décembre 1837, 1837, p. 140, 1549 à CHARLES DUVERNET

 

Dit *Buteau, en s’asseyant un instant près de son père, pour le flatter. Si c’est gentil, d’abuser de cet innocent, parce qu’il est fort et bête comme un âne ! Ensuite, il attaqua les *Delhomme, qui se trouvaient en contre-bas, au bord de la route. Ils avaient le plus beau vignoble du pays.

ZOLA Émile, La Terre, 1887, p. 353, Quatrième PARTIE

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 09:00

Une couverture illustrée par un dessin de CHAVAL.

 

« Des chocolats pour le directeur, comme son titre l'indique, est un petit cadeau à déguster : cet ensemble de courtes nouvelles, composées pour la plupart dans les années 1960, paraît à l'occasion des 90 ans de la naissance de Slawomir Mrozek. À l'origine, ces textes très brefs étaient destinés à être lus à la radio polonaise »

 

J’ai choisi l’Ascenseur pour plein de raisons :

 

  • La première, sérieuse,  c’est que la nouvelle est un bijou d'absurdité.

 

  • La seconde, moins sérieuse, en hommage au couple célèbre Roux&Combaluzier.

 

 

  • La dernière, c’est que j’aimerais qu’on me renvoie un jour l’ascenseur.

 

L’ASCENSEUR

 

Le camarade Directeur nous convoqua et nous annonça :

 

- Voilà, messieurs, je vous annonce un investissement important : on va installer un ascenseur.

 

Nous fûmes tout d’abord quelque peu étonnés car notre bâtiment n’avait pas d’étage.

 

- C’est comme ça, déclara le Directeur. C’est la modernisation, et on ne peut y échapper. Si je vous ai convoqués aujourd’hui, c’est justement pour que nous réfléchissions ensemble à la façon dont nous pourrions résoudre ce problème.

 

Nous tournâmes et retournâmes le problème dans tous les sens et finîmes par trouver une solution. Une équipe d’ouvriers vint installer l’ascenseur selon le plan, fort simple du reste, que nous avions établi.

 

Nous louâmes les services d’un travailleur qui, posté au  rez-de-chaussée, veillait à ce que toute personne entrant dans le bâtiment descendît en ascenseur d’abord au sous-sol, puis remontât et ressortit au rez-de-chaussée. Par contre, tout un chacun qui quittait le bâtiment était obligé d’emprunter l’ascenseur pour monter dans les combles et redescendre ensuite au rez-de-chaussée.

 

Tout alla pour le mieux. Jusqu’au jour où une consigne nous enjoignit, dans le cadre des économies de fonctionnement de l’ascenseur, de ne l’utiliser que pour monter ; et, de là-haut, de redescendre à pied.

 

Les choses se compliquèrent alors sensiblement ; Dorénavant, toute personne qui voulait pénétrer dans le bâtiment devait d’abord descendre à pied au sous-sol et y attendre l’ascenseur, pour pouvoir ensuite remonter au rez-de-chaussée. Et tous ceux qui voulaient sortir avaient le droit de monter en ascenseur dans les combles, mais de là, il leur fallait regagner le rez-de-chaussée à pied.

 

Tout cela dut néanmoins user exagérément le mécanisme de l’ascenseur, car nous reçûmes un avenant à la consigne précédente, qui précisait que, même pour monter, seuls les Chefs, les femmes enceintes, les personnes décorées de médailles – médailles d’argent au minimum – et les invalides avaient le droit d’emprunter l’ascenseur.

 

Fort malencontreusement, aucune de nos employées, à cette époque-là, ne pouvait entrer dans la deuxième catégorie ; nous leur adressâmes donc un chaleureux appel d’encouragement. Par ailleurs, nous n’avions pas de personnes décorées de médailles ; quant aux invalides, il y avait bien quelque chose qui manquait au Comptable, mais cela, il tint à le passer sous silence. De ce fait, le Directeur fut le seul à pouvoir utiliser l’ascenseur. Le problème ne disparut que lorsque l’ascenseur tomba en panne pour de bon.

 

Malheureusement, nous nous étions déjà habitués aux étages et nous en déshabituer ne fut pas facile. Les escaliers c’est si fatigant !

Des chocolats pour le Directeur de Slawomir Mrozek - Grand Format - Livre -  Decitre

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 06:00

ALIMENTAIRE/ EMMANUEL MACRON S'INSPIRE DU MODELE SOVIETIQUE DE FIXATION DES  PRIX | LE BLOG DE PATRICE GIBERTIE

« Dites, Lev Borissovitch, ne pensez-vous pas qu’il puisse y avoir, au département soviétique de la CIA, des responsables des pommes de terre, c’est-à-dire des agents spéciaux de l’impérialisme chargés de veiller à ce qu’on ne trouve que très irrégulièrement des pommes de terre dans nos magasin. »

La nouvelle philosophie soviétique Viatcheslav PIETSOUKH

 

Amazon.fr - Nouvelle Philosophie Moscovite (la) - Pietsoukh, Viatcheslav,  Godet, Françoise - Livres

 

La vieille Alexandra Poumpianskaïa a disparu de l’appartement communautaire n° 12, rue Petroverigski à Moscou. Les autres locataires s’interrogent sur cette énigme, survenue dans un climat étrange où coups de téléphone anonymes et apparitions fantomatiques brouillent les pistes de l’enquête. Mais chacun s’inquiète surtout de savoir à qui reviendra l’appartement laissé vacant par la vieille femme. Ce simulacre de drame criminel devient, pour Viatcheslav Pietsoukh, prétexte à une satire jubilatoire de la société soviétique contemporaine et de sa "nouvelle philosophie" de la vie. Entre la jouissance des mots et la misère des choses, Pietsoukh nous donne à lire une variation magistrale sur les démons qui continuent d’habiter l’homme russe.

 

Viatcheslav Pietsoukh - Babelio

 

Viatcheslav Pietsoukh, l’ironie douce ICI 

 

La disparition de Viatcheslav Pietsoukh, à l’âge de soixante-douze ans, n’a pas fait la Une de la presse française. L’écrivain avait pourtant connu sa toute petite heure de gloire en France au début des années 1990, avec la publication, aux éditions Actes Sud, d’un recueil de nouvelles, Chronique privée (1991), et d’un roman, La Nouvelle Philosophie moscovite (1993). Mais c’était l’époque où les éditeurs français, et plus largement européens, publiaient à tour de bras de la littérature russe, bonne ou moins bonne, dans laquelle un écrivain aussi discret que Pietsoukh ne pouvait qu’être partiellement noyé.

 

Les médias russes, en revanche, lui ont rendu hommage. Normal, dira-t-on, c’était un écrivain russe. Son œuvre, pourtant, n’est pas très abondante Pietsoukh est apparu tardivement sur la scène littéraire et elle porte clairement la marque « perestroïka », une époque aujourd’hui largement passée aux oubliettes. Les deux volumes mentionnés ci-dessus sont en effet parus en Russie avant l’effondrement de l’Union soviétique (1988 et 1989 respectivement), en pleine période gorbatchévienne. En outre, les thématiques de Pietsoukh sont assez éloignées des débats qui occupaient le devant de la scène à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Mais les Russes ont, de tout temps – et aujourd’hui encore – eu le respect de leurs écrivains et cru en la littérature.

 

Tel est d’ailleurs le propos majeur de la Nouvelle Philosophie moscovite, dans laquelle on peut lire : « Nous croyons tout aussi fermement à la littérature que nos ancêtres au Jugement dernier. »

 

Le roman est une sorte de remake du Crime et Châtiment de Dostoïevski, mais transporté en un autre lieu (Moscou, et non plus Saint-Pétersbourg) et en un autre temps (la fin du XXe siècle).

 

Le simple déménagement de la capitale des tsars à celle des secrétaires généraux du Parti communiste est une précieuse indication : on devine d’emblée que l’action, fût-elle inspirée de Dostoïevski, ne sera pas aussi noire, et qu’elle va s’inscrire dans le quotidien (soviétique, en l’occurrence) plus que dans la philosophie et les grandes idées.

 

L’écrivain se moque de l’incapacité de ses compatriotes à vivre hors de la littérature.

 

Il n’y a pas d’assassinat de vieille usurière dans le livre de Pietsoukh – juste la disparition d’une vieille femme occupant une chambre dans un appartement communautaire. Cependant, nous sommes en Russie et, déclare l’auteur, « ce qui compte c’est que la littérature soit plutôt, pour ainsi dire, la racine de la vie, pour ne pas dire la vie elle-même ».

 

Les habitants de l’appartement communautaire n’ont donc pas besoin d’un meurtre pour se perdre en conjectures, s’interroger et se soupçonner mutuellement : si la vieille femme a disparu, c’est forcément qu’elle a été tuée par l’un d’entre eux, avide de récupérer sa chambre. Reste à savoir qui est l’assassin et ce qu’il a fait du corps. Pour finir, on retrouvera la « victime » morte de froid sur un banc, ce qui, au demeurant, est tout aussi tragique, en moins grandiose, que le crime commis à la hache par Raskolnikov.

 

La plume de Viatcheslav Pietsoukh est trempée à l’encre de la dérision et de l’autodérision. Ses nouvelles publiées en français sous le titre Chronique privée s’intitulent en russe Joyeuse époque, et s’attachent à des héros ordinaires dont la vie, de fait, n’a rien de très joyeux.

 

L’écrivain se moque de l’incapacité de ses compatriotes – et de la sienne propre – à vivre hors de la littérature. Il raille ce pouvoir de la littérature russe de créer le réel (et non l’inverse), tout en étant pleinement conscient de participer du phénomène.

 

Bien qu’imprégnant toutes les pages, l’ironie de Viatcheslav Pietsoukh n’est ni hargneuse ni dure. Mais qui a dit que l’ironie douce n’était pas efficace ?

 

Publié le octobre 4, 2019

Par Anne Coldefy-Faucard

 

1945, 2020 : deux secousses historiques si différentes, disent ceux qui les  ont vécues | Coronavirus | Radio-Canada.ca

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 06:00

Sophia Loren - "Lady L" (1965) - Costume designer : Jacqueline Guyot |  Sophia loren, Sophia loren film, Lady l

Edmond Bartissol

1841-1916

 

Du canal de Suez à la bouteille d’apéritif

ICI

Aujourd’hui c’est « Lady L» (1965)

 

Lady L - Film (1965) - SensCritique

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour sortir des analyses qui n’engagent que Ciné papy sur la machine à rêves qu’a été  Hollywood et ce qu’elle est devenue. Retour en Europe et parodions Eugène Labiche : Amusons nous Foleville !

 

Quelle est l’histoire ?

 

Comme le gendre de Marx, Paul Lafargue, je revendique le droit à la paresse. Laissons donc parler Wikipédia.

 

À l'occasion de son 80e anniversaire, Lady Lendale raconte sa vie à son biographe, Sir Percy. Lorsqu'elle était jeune, elle quitte son travail de blanchisseuse en Corse pour aller travailler  dans un bordel à Paris. Elle y rencontre l'homme de sa vie, Armand, un voleur et un  anarchiste. Ils se rendent en Suisse, où Armand se trouve impliqué dans un complot visant à  assassiner le Prince Otto de Bavière. Enceinte, Louise se fait passer pour une comtesse veuve  dans un hôtel de Nice, où elle tente de voler Lord Lendale. Bien qu'il sache tout d'elle, Lord  Lendale est si désireux de se marier qu'il lui propose de sauver Armand de la police à  condition qu'elle l'épouse. Elle accepte. Plus tard, elle rejoint Armand en Italie où elle soutient  ses activités grâce à l'argent de son mari. Puis, fatiguée de cette existence, elle rentre en  Angleterre pour tenir son rôle de Lady Lendale. En conclusion, elle surprend Sir Percy en lui  disant qu'elle voit toujours Armand et qu'il est le père de tous ses enfants, Lord Lendale étant  au courant, vu qu'Armand est son chauffeur.

 

Réalisation

 

C’est ce surdoué de Peter Ustinov que l’on trouve derrière la caméra après avoir adapté le  roman éponyme de Romain Gary. Il est également le dialoguiste du film, un régal. Même si la distribution est quelque peu internationale Peter Ustinov nous offre une partie de  french rigolade.

 

Qui fait quoi ?

 

On s’accroche, la liste est longue. C’est en partie pour cela qu’on aime ce genre de film. Voir  comment chacun des acteurs avec sa personnalité finit par ce mettent à l’unisson, comme les  musiciens d’un orchestre.

 

Sophia Loren : Lady Louise Lendale

 

On ne vous fera pas l’injure de vous présenter cette actrice italienne qui rayonna sur le cinéma  international dans tous les registres, de la comédie au film tragique ou historique.

 

Paul Newman : Armand Denis – Il est l’amant de Lady L

 

Même remarque que précédemment. Paul Newman est célèbre pour autre chose que ses yeux  bleus qui ont fait tourner bien des têtes. On se souvient de lui dans « Hombre » 1958, « Exodus » 1960 « Luke la main froide » (1967) « Le Rideau déchiré » 1966 (Alfred  Hitchcock) ou encore « L’arnaque » 1973 après avoir joué « l’Arnaqueur » 1966.  Quelques exemples d’une filmographie qui compte près de 40 succès.

 

1965, Peter USTINOV dirige Sophia, dans le film "Lady L", l'histoire d'une  femme du

 

David Niven : Lord Richard "Dicky" Lendale

 

De 1932 à 1983 près de 80 films pour cet acteur « so british » qui semble être incapable d’être  sérieux dans n’importe quelle situation. Comme s’il faisait toujours à un moment ou à un  autre un clin d’œil au spectateur. Ici, il est au sommet de ce qui vient d’être écrit.

 

 Lady L (1965) - IMDb

 

Claude Dauphin : l'inspecteur Mercier

 

Après avoir débuté au théâtre, bilingue, il mène de 1931 à 1978 une carrière d’acteur de  cinéma des 2 côtés de l’Atlantique. Pour les plus anciens rappelons qu’il est le frère de Jean  Nohain animateur de radio et espèce de Jacques Martin avant l’heure. Il est aussi le père de  Jean Claude Dauphin. Que du beau monde.

 

Philippe Noiret : Jérôme

 

On ne présente plus cet immense acteur français dont la carrière débuta dans les années 50 qui  dura au moins jusqu’en 2007. Un bail !

 

Michel Piccoli : Lecœur

 

Même remarque que pour Piccoli. C’est pratiquement de début de sa carrière commencée en  1950 et qui dura au moins jusqu’en 2015.

 

Marcel Dalio : Satter

 

Ceux qui n’ont pas vu « La grande illusion » 1937 ni « La règle du jeu » 1939 chef d’œuvre  de Jean Renoir doivent, toutes affaires cessantes s’y mettre pour découvrir l’immense acteur  qu’était marcel Dalio. Il est également inoubliable dans « Casablanca » 1942 de Michael  Curtiz ou « Port de l'angoisse » 1944 d'Howard Hawks de sa période américaine ou il dut se  réfugier pour échapper, en tant que juif, aux rafles nazi. C’est toujours un bonheur de le voir  et/ou le revoir. Le retrouver quoi.

 

Cecil Parker : Sir Percy

70 ans de carrière pour cet acteur britannique dont la tête nous est plus connue que ses films. Hitchcock l’utilisa deux fois ainsi que Stanley Donen et Henry Hathaway

 

Jean Wiener : Krajewski

 

Pianiste et compositeur français, on ne compte plus les musiques de film dont il est l’auteur. Jazzman de qualité il est pianiste chez Moysés au Gaya. Cocteau et ses copains cherchaient  un bar pour s’y retrouver régulièrement – un « Stammtisch » comme on dit au pays de  Ciné papy – Moysés accepta de les recevoir chaque samedi. Comme dit Cocteau dans ses  mémoires, il nous prévint, je dois renvoyer mon pianiste, il déplait à ma clientèle. Et Cocteau  de préciser je lui conseillais alors de garder son pianiste et de renvoyer sa clientèle : c’était  Jean Wiener et le Gaya devint « Le bœuf sur le toi »

 

Lady L (1965) - UNCUT

 

Daniel Emilfork : Il est Kobelev

 

Malgré sa tête pas possible et inoubliable cet excellent acteur a joué dans près de 60 films, 18  téléfilms et 16 pièces de théâtre. Il a bien sûr intéressé des célébrités comme Jean Yanne,  Polanski, Fellini ou Robbe-Grillet

 

Jacques Dufilho : Beala

 

Acteur discret, il commença par le théâtre et des sketches humoristiques. Que ceux qui n’ont  jamais entendu «Victorine » la domestique qui fait « La visite du château » interrompent leur  lecture et filent écouter ce texte désopilant et énoncé avec le talent naissant de cet acteur aux 160 films cantonné dans des seconds rôles ou il était vite repéré. On se souviendra de lui dans  « Le Crabe-tambour»1976 de Pierre Schoendoerffer ou la même année « La victoire en chantant » de Jean-Jacques Annaud. Pour ma part, je n’oublie pas le téléfilm « Le Fou du  viaduc » 1982 qui nous raconte l’histoire d’un membre du Cadre Noir et sa jument Milady  mis à la retraite plus ou moins anticipée. Il faut dire qu’avec sa conception d’osmose avec le  cheval pour le dressage, il fait un peu tache, dans la cavalerie. Il prétend que rien dans  l’attitude du cavalier ne doit révéler les instructions données à la monture. Il décide de le  démontrer en traversant un ancien viaduc désaffecté. Il commence son cheminement  impeccable droit sur Milady qui avance au pas et au milieu du viaduc cheval et cavalier, sans  que rien ne puisse le laisser prévoir, chutent dans le vide. (De mémoire)

 

Peter Ustinov : le prince Otto

 

Personne n’a oublié ses compositions d’Hercule Poirot dans « Mort sur le Nil »1978 et  « Meurtre au soleil » 1982. Et pour les moins jeune, les compositions pleines d’humour dans « Quo Vadis » 1955 de Mervyn LeRoy ou il joue Néron. Le Monsieur Loyal qu’il interprète  dans « Lola Montès » 1957de Max Ophüls. Ou encore « Les Espions » 1957 de Henri Georges Clouzot et juste avant « Lady L » « Topkapi » 1964 de Jules Dassin. Des films à voir  ou à revoir avec cet artiste étonnant, autant acteur de cinéma que de théâtre mais aussi  écrivain.

 

Tanya Lopert : Agneau

 

Une belle carrière commencée en 1955 avec « Vacance à Venise » de David Lean. Elle n’a  cessé de tourner avec les plus grands jusqu’en 2017 nous dit sa fiche de Wikipédia. On la  retrouve, entre autre dans « Le diable par la queue » sur lequel nous aurons l’occasion de  revenir.

 

Catherine Allégret : Pantoufle

Fille de Simone Signoret. Sa Présence dans « Lady L » est son premier rôle au cinéma. On l’a  vue aussi dans « Clair de Femme » 1979 un des 36 film qu’elle a tourné avec beaucoup de  grand metteurs en scène français. Elle est aussi actrice de théâtre. Elle est également très  connue comme actrice de téléfilm notamment dans son rôle de cafetière dans la Série  « Navarro » avec Roger Hanin

 

Sacha Pitoëff : le révolutionnaire

 

Fils du couple d’acteur Georges et Ludmilla Pitoëff il joua indifféremment au théâtre – il  dirigea même sa propre trouve interprétant des grands auteurs contemporains – et au cinéma.  Il présente un visage émacié à la Laurent Terzieff et un ton de voix grave et particulier qui  fait qu’il excella dans des rôles ambigus ou de méchants.

 

Joe Dassin : Un inspecteur de police

 

Fils du cinéaste Jules Dassin dont il fut un moment l’assistant ,fit un peu de figuration avant  de devenir le grand chanteur au succès international car ,polyglotte , il chantait en plusieurs  langues. En 16 ans de carrière la vente de ses disques est pharamineuse

 

Jacques Legras : Un inspecteur de police

 

C’est un acteur comique français qui s’est illustré, avec sa petite moustache soignée, dans la  troupe des Branquignols de Robert Dhéry et Colette Brosset. Il collabora avec Jacques Rouland pour « La caméra invisible » qui lui assura la célébrité. Rappelons pour les plus  anciens qu’il personnifiait quotidiennement, à la radio, « L’homme des vœux » pour  promouvoir l’apéritif Bartissol et cela, pendant une vingtaine d’année. Il s’agit de souvenirs  d’enfance de Ciné papy et c’est à ce titre qu’il a droit à ce développement.

 

Temps forts

 

Quand Peter Ustinov, en Prince Otto complètement dégénéré joue à la pétanque avec la  bombe qui vient de le rater.

 

Quand David Niven, le richissime Lord Richard "Dicky" Lendale qui occupe à lui tout seul un  de ces grands palaces suisses vient d’accepter de sauver Armand Denis , malandrin recherché  par la police contre une promesse de mariage. Sa promise s’évanouit et tombe dans ses bras.  Ils montent ainsi le grand escalier quand l’orchestre qui égayait le petit déjeuner de sa  Seigneurie entonne on ne sait pourquoi une marche nuptiale. Surpris mais n’en laissant rien  paraître Lord Lendale avec son flegme tout britannique salut cet à propos.

 

A chaque fois que, en concert, le pianiste Jean Wiener entame « La grande Polonaise » il est  arrêté par l’anarchiste Pitoëff qui lance une bombe en criant vive la Pologne libre !

 

Pax

 

Prochainement « Une femme Disparaît»

Affiches, posters et images de Lady L (1965) - SensCritique

Edmond Bartissol. 1841-1916

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14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 06:00

 

- Rien !

 

- …

 

- Rien de productif, je suis au rencart depuis plus de 6 ans, je vis de mes rentes, 5 caisses de retraite, suis un boomer privilégié, je consomme…

 

- Ça n’a pas été trop difficile de passer d’un statut de reconnu à celui d’avoir été ?

 

- Non, je n’ai jamais aimé travailler, mon rêve c’eut été d’être entretenu par un mécène pour me consacrer à…

 

- À quoi ?

 

- D’abord à qui et un peu à quoi ?

 

- Tout ça est bien vague, bien flou…

 

- J’adore le flou !

 

- Facile…

 

- Faux, je suis un être léger, l'exigence de transparence est un leurre, pourquoi diable devrais-je ouvrir le portillon, « le barreau » comme on disait dans ma Vendée crottée, de mon petit jardin d’intérieur ?

 

- Tu le fais quand même sur ton blog ?

 

- Si peu, rien que des souvenirs…

 

- Tu devrais les rassembler dans un livre ?

 

- Trop fainéant…

 

- Coquetterie !

 

- J’assume, je vis au présent…

 

- Certes, mais quand on a occupé, comme toi, de « hautes fonctions » de responsabilité je suis sûr qu’il y a, au fond de toi, de la nostalgie…

 

- Absolument pas, j’ai tourné la page sans problème, je suis suffisamment orgueilleux pour ne pas avoir cédé à  l’encens du pouvoir, je connais bien mes forces et mes faiblesses, j’ai changé…

 

- Han ! bon, explication…

 

- Je me suis dépouillé des oripeaux du paraître, coupé les ponts avec ma vie d’avant, heureux ne plus avoir à supporter les contraintes d’une vie professionnelle et sociale cadenassée… Ceci dit, j’ai eu la chance d’avoir une vie professionnelle riche et heureuse…

 

- Rocard !

 

- Oui, c’est ma fierté d’avoir travaillé 10 ans à ses côtés.

 

- Des regrets qu’il n’ait pu franchir la dernière marche ?

 

- Sur le moment oui, depuis j’ai acquis la conviction, renforcée par ce que nous vivons en ce moment, que ce pays est ingouvernable, contre tout, conservateur, allergique à ceux qui parlent vrai.

 

- Plus de politique alors ?

 

- Ayant vécu dans l’ombre d’hommes politiques, je n’ai jamais été tenté par un mandat électif, la descente aux enfers du PS était inscrite dans ses contradictions, Mélenchon en étant la figure emblématique, la gauche sociale-démocrate n’a jamais pris pied dans le paysage politique français, le pays est profondément de droite, Macron l’a bien compris…

 

- Macroniste ?

 

- Non, même si son exécration par les extrêmes me choque, c’est un anti-Rocard, ce qui pose problème c’est le vide sidéral face à lui.

 

- Revenons à tes moutons, que fais-tu de ta vie ?

 

- J’aime !

 

- Vaste programme !

 

- Le plus beau, mais là encore : silence radio !

 

- T’es chiant ! revenons à ton fond fr commerce, le vin, permets-moi tout de même de souligner que tu as, souvent sur ton blog, la dent dure, tu ne te prives pas de railler les ouvriers de la 25e heure des vins nus.

 

- Pourquoi me priverais-je, ils sont si peu crédibles, toujours en train de s’agiter tels des cabris, des révolutionnaires en peau de lapin, rois de l’entre soi, un petit monde qui n’est pas le mien. Désolé, suis un vieux con et je ne me soigne pas.

 

- Et les affaires du monde, elles ne t’intéressent plus ?

 

- Que si ! Plus que jamais mais il n’y a plus de débat, chacun est dans son camp, défend son bout de gras, les grands médias sont moribonds, la démocratie représentative est en danger. Qui puis-je ? Pas grand-chose, je suis désespéré de l’état de notre planète, du monde que nous léguons à nos petits-enfants…

 

- Guilty or not guilty ?

 

- Je ne me défilerai pas comme Georgina Dufoix, à propos du scandale du sang contaminé, « responsable mais pas coupable », nous portons tous notre part de responsabilité et sommes tous coupables de l’état de notre planète avec bien sûr des degrés différents selon la place qu’on occupe dans la société. À ce propos, je suis effaré par la propension des citoyens à judiciariser les responsabilités, on porte plainte, on se défausse sur des juges qui n’ont de compte à rendre à personne, la République des juges est la pire, je la crains.

 

- Tu la crains mais tu te mets en retrait, je pointe là une contradiction…

 

- Je le concède, mais j’ai déjà donné au temps où j’exerçais des responsabilités, il est un temps pour tout, aujourd’hui, avec les moyens qui sont les miens, modestes, j’épaule ceux qui dans le bain. Quand viendra l’heure du choix, celui de la future présidentielle qui occupe déjà tout l’espace politique, je choisirai : choisir est toujours une douleur.

 

- Donneras-tu des indications sur ton choix ?

 

- Bien sûr que non, je ne l’ai jamais fait, une fois mon choix fait je me rendrai dans l’isoloir et je glisserai sans hésiter dans la petite enveloppe un bulletin. (anecdote, lors de l’élection de Pompidou en 1969, je n’avais pas encore atteint mes 21 ans je ne pouvais donc pas voter alors que j’étais en 3e année de Droit, ma chère mémé Marie me demanda pour qui elle devrait voter, je répondis sans hésiter : Michel Rocard, ce quelle fit. 816 470 voix 3,61 %, il est à noter que Michel Rocard a obtenu près de 7 % des voix auprès des 21−34 ans, un peu mieux que Gaston Deferre 1 133 222 voix 5,01 %, Jacques Duclos éclatait les compteurs du PCF 4 808 285 voix 21,27 % et avec l’art de la formule qualifiait le choix au second tour entre Poher et Pompidou : de blanc bonnet et bonnet blanc)

 

- Tu vois, quand tu y mets du tient tu te racontes…

 

- L’avantage de tenir chronique sur un blog depuis bientôt 16 ans c’est de pouvoir vérifier ce que je racontais au temps où certains me qualifiait de « haut-fonctionnaire parisien »,  9 août 2006

 

Ce matin j'enlève le haut

 

Comme le dit le bon sens populaire : on ne prête qu'aux riches... Ainsi dans les gazettes ou dans les propos des apparatchiks professionnels on me qualifie de haut-fonctionnaire parisien, soit l'abomination de la désolation, la totale : peste, choléra et MST réunis... Ben non, au risque de leur déplaire : je ne suis ni haut, ni fonctionnaire et un parisien d'adoption et heureux de l'être. Je m'explique. ICI 

 

- Comment conclure cette interview ?

 

- Tout d’abord en soulignant que je n’en voyais pas l’utilité et que j’avais raison, la bonne question  était : qu’as-tu fait de ta vie ?

 

- Fort bien, alors réponds !

 

- Oui, mais ce sera sous la forme d’une citation de Milan Kundera : « On sort de l’enfance sans savoir ce qu’est la jeunesse, on se marie sans savoir ce que c’est d’être marié, quand on entre dans la vieillesse, on ne sait pas où l’on va. En ce sens, la terre de l’homme est la planète de l’inexpérience. »

           

 

 

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13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 06:00

 

« 11/09/2001 », d'Art Spiegelman et Françoise Mouly, extrait du premier numéro du New Yorker après les attentats du 11 septembre.

Martin mon premier petit-fils a eu 20 ans le 8 septembre, souvenir d’un coup de téléphone fixe, le 11 septembre 2001, depuis le domicile d’un ami vigneron qui me louait son gîte, pour prendre des nouvelles de la maman et du nouveau-né, face à moi un écran de télévision passant en boucle les images des avions percutant les Twin Towers. Stupéfaction !

 

Dans sa couverture du vingtième anniversaire des attentats du 11 septembre, Pascal Campion met en scène deux personnes, probablement trop jeunes pour avoir vécu cette journée, partageant un moment de réconfort et de consolation sur le site reconstruit du World Trade Center. "Les émotions peuvent souvent être difficiles à exprimer avec des mots", a déclaré Campion. "Mais je suis un artiste visuel et, dans le médium que j'ai choisi, les émotions peuvent transcender les mots." Derrière le couple, le mémorial des miroirs d'eau, les empreintes des anciennes Twin Towers ; la silhouette en forme d'aile de l'Oculus, le centre commercial étincelant de Santiago Calatrava; et les tours de bureaux illuminées qui composent l'horizon d'aujourd'hui. La vie a continué. Et pourtant, près de deux décennies plus tard, les environs restent imprégnés du souvenir des événements qui se sont déroulés ce jour-là et de l'absence de ce qui était. ICI

Nicolas Vadot est un Franco-Britannico-Australien bien connu des lecteurs belges du Vif/L’Express et du quotidien L’Echo. C’est aussi un chroniqueur pour la radio et la télévision.

Ces dessins de presse venus du monde entier ont été sélectionnés par Chappatte avec l’aide de l’association Cartooning for Peace, basée à Paris. 

Le TOUT ICI

 

Par Le Temps

 

Damien Glez, dessinateur de presse, chroniqueur et scénariste franco-burkinabé basé au Burkina Faso, a dirigé pendant 25 ans l’hebdomadaire satirique Journal du Jeudi.

 

Le Hollandais Tjeerd Royaards est rédacteur en chef du site Cartoon Movement, une plateforme web pour le dessin de presse et le journalisme graphique. Ses dessins paraissent entre autres dans le Courrier international, Internazionale et Politico Europe.

 

Hani Abbas, dessinateur syro-palestinien ayant fui la répression d’Assad, est aujourd’hui réfugié à Genève. On a pu voir son travail dans L’Hebdo et plus récemment Le Temps cet été.

 

Marilena Nardi, lauréate de concours internationaux au Canada et au Portugal, signe dans des publications italiennes.

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