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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 08:00
CHAP.19, temps suspendu, depuis le début de sa résistible ascension Emmanuel Macron a « le cul bordé de nouilles »

Dieu que c’est élégant me direz-vous mais, entre nous soit dit, la vulgarité se niche bien plus dans les façons d’être que dans les mots, surtout dans les mots du populo.

 

Qui peut contester que notre nouveau Président n’ait pas de bol, du pot, de la veine, du cul pour revenir au langage populaire, mais que viennent faire les nouilles dans cette expression appliquée à une personne bénéficiant d’une chance insolente ?

 

La nouille, en argot, c’est l’attribut viril des mâles, et dans l’argot des prisons, un détenu qui a le cul bordé de nouilles est celui qui a le plus d’avantage.

 

Dans notre belle langue faubourienne, les expressions désignant les chanceux et chanceuses sont légion... et généralement toutes situées au-dessous de la ceinture avoir de la chatte, avoir de la moule, avoir une veine de cocu ou une veine de pendu, en l'occurrence, ce n'est pas le pendu qui a de la chance, mais la corde avec laquelle il a été pendu qui serait un porte-bonheur, selon une croyance populaire.

 

Ça énerve notre leader maximo, lui qui rame depuis des décennies pour atteindre les sommets, lui qui a dû passer des années dans le mouroir du Sénat, subir l’horreur de la bannière étoilée au Parlement Européen, lui qui n’a pu accrocher à son CV qu’un minable maroquin de secrétaire d’État, lui qui a échoué à la pire des place : la quatrième, lui qui va passer le cap des 65 balais alors que le Macron va sauter la quarantaine à cloche-pied.

 

L’horreur absolue !

 

Notre Mélenchon, héraut auto-proclamé du peuple, les gens comme il dit, est le mètre-étalon de la vulgarité surjouée que l’on devrait déposer au Pavillon de Sèvres. Il y a chez lui du Georges Marchais, une faculté de masquer son passé de pur apparatchik, pensez-donc il lui a fallu attendre ses 65 ans pour être élu au suffrage universel sous nom, sous une logorrhée populiste, flatteuse pour ses seuls thuriféraires.

 

Il ne recule devant rien sous les roucoulements de ses disciples, dernier exploit en date, sa sortie sur Cédric Villani, nouveau député du mouvement de Macron :

 

« J'ai vu le matheux, je vais lui expliquer le contrat de travail »

 

Cédric Villani (@VillaniCedric) l’a de suite taclé :

Cher @JLMelenchon, Directeur de l'IHP, j'en ai vu des contrats de travail... mais c'est tjs un plaisir de recevoir des cours particuliers !

 

La toile a pris le parti de Villani

Padre_Pio (@Padre_Pio):

"Le matheux". 😐😐😐

Prix Fermat et médaille Fields.

Et Albert Camus, c'est le mec qui se débrouille en rédac'?

 

Clémentine Autain, nouvelle députée de la France insoumise déclare ne pas avoir compris la polémique. Elle développe :

 

Monsieur Villani... Il y a des polémiques qui prennent comme ça des proportions surréalistes. J'entends qu'il y a une polémique et j'ai déjà mis un petit peu de temps à comprendre. Une fois que j'ai bien démêlé quel était le sujet, j'en ai parlé avec Jean-Luc Mélenchon, il est meurtri à l'idée qu'on pourrait imaginer qu'il aurait le moindre mépris pour lui, un fort en maths, très fort, exceptionnel en maths. Il n'y a aucun mépris de la sorte. En revanche, j'ai entendu Monsieur Villani nous expliquer que sur la loi Travail il n'avait pas encore de point de vue. Je peux vous dire que si j'étais dans la majorité parlementaire qui soutient le gouvernement, je pense quand même que j'aurais une petite idée de ce que je vote.

 

Passons, tout cela n’est que gesticulation politicienne !

 

Revenons à Macron, et à son insolente chance, pour souligner que son étonnant parcours, et surtout le résultat, c’est-à-dire l’immense champ de bataille où gisent les victimes de son blitzkrieg. En faisant ce constat je ne verse pas dans une quelconque macronmania, je me contente de faire un constat. Il a renversé la table, envoyé au tapis les tenants de l’ancienne donne, les battus comme les spécialistes de la chose politique ont toujours un coup de retard. Ils ne comprennent rien au film.

 

Jusqu’à quand ?

 

Là n’est pas encore la question, décortiquons le présent.

 

De l'angoisse des journalistes politiques qui sont (eux aussi) noyés par la vague Macron

 

Claude Askolovitch, prototype même du journaliste à la française, vivant en concubinage notoire avec la gente politique, mais qui ne s’en cache pas, l’assume, observe avec la gourmandise de ceux qui aiment l’excès, les soubresauts du vieux monde, face à Macron, qui ne va pas s’effondrer si facilement…

 

Il est une pièce majestueuse dans le palais médiatique, qui le lundi 12 juin sentait le fantôme et c’en était poignant. Avant neuf heures, depuis que le monde est monde et la politique se calfeutre de mots, l’interview politique, déclinée de chaîne en station, est l’instant stratégique des pouvoirs, où les importants donneront le ton du jour et de l’époque, et comment le rater ? Ce lundi 12 juin, de chaîne en station, défilait un monde aboli, et qu’on l’invita encore semblait une cruauté crépusculaire. Le macronisme se déversait sur la législative comme une flaque fraîche de renouveau, mais seuls ou presque s’exprimaient des réchappés de l’ordre ancien, leur vie derrière eux, leur carrière en suspens, leurs mots, leurs codes, leur dignité balayée par l’inimaginable. Que faisaient-ils encore à cette heure, et que leur demander ?

 

Jean-Michel Aphatie, sur France Info, interrogeait Nathalie Kosciusko-Morizet sur l’abstention, comme si cette femme qui avait longtemps figuré l’espérance d’une droite moderne pouvait encore nous indiquer le chemin. Elle était douce, condamnée par avance dans sa circonscription parisienne, décrivait un renouvellement dont elle ne serait pas, niait en riant qu’elle put se perdre dans l’aigreur, ne savait plus si elle était dimanche soir ou lundi matin et puis lançait son message comme une bouée, « est-ce que voulez-vous qu'il y ait encore quelques voix libres et indépendantes à l’Assemblée nationale » demandait-elle. C’était horrible. Sur France Inter, Léa Salamé recevait Brice Hortefeux. Qui donc ? Il avait été un blazer bleu rieur et de droite au-dessous d’une figure rose et déplumée, installé à l’Intérieur sous un président nommé Sarkozy. Il trouvait que l’on votait trop dans ce pays et cela expliquait l’abstention. « Appartenez-vous au monde ancien ? », interrogeait la cruelle Salamé, et la question aurait pu clore la journée. Sur BFM, Jean-Jacques Bourdin interrogeait Xavier Bertrand, et on comprenait que c’eut été important, puisque Bertrand serait peut-être président de la République un jour, quand la droite reviendrait à l’Élysée, si seulement il la dirigeait alors, mais il ne voulait pas déclarer ce matin sa candidature à la présidence des Républicains. Bon. On s’en moquait un peu. On se moquait de tous ces gens, en somme, qui ne gouvernaient pas, ne gouverneraient plus, pas de sitôt, ne pouvaient rien pour nous, puisque les électeurs n’avaient rien fait pour eux. La vie était ailleurs, En Marche était partout, sauf sur nos ondes. C’était la journée de trop du monde ancien. Le journalisme avait décroché. Il s’accrochait à ses habitudes, et traitait avec déférence ces personnages dont la défaite le laissait démuni. Il les prolongeait. Les autres, nous ne les connaissions pas.

 

À la mi-journée, je vis sur Twitter une apostrophe rieuse. « #Astuce Les futurs députés n'étant pas très connus des journalistes politiques, changeons aussi les journalistes politiques et éditorialistes », twittait la patronne du Bondy Blog, Nassira El Moadem, et comment lui donner tort ? Il n’y avait rien, dans ce que nous montrions, qui éclairait la nouveauté du jour. Nous étions vieux. Macron avait fait sans nous. Ses troupes prenaient le contrôle de l’Assemblée. On nous en annonçait quatre-cent, plus encore… Ils étaient dorénavant le pouvoir, disons la réalité de sa représentation, ils feraient nos lois, ils s’étaient imposés par la grâce de leur parrain, par la tenue de leur marche, sur des comptes Facebook, des vidéos Youtube, des réunions où nous n’étions pas. Nous ne savions rien de nos nouveaux maîtres. Nous parlions des anciens. Encore une petite minute, monsieur le bourreau ?

 

La suite ICI

 

Même si je n’étais qu’un gamin le deuxième tour des élections législatives de novembre 1958, j’ai le souvenir que dans ma vieille Vendée, les élus Indépendants et Paysans, le parti des maîtres, furent balayés comme des fétus de paille par des inconnus étiquetés gaullistes.

 

Y compris, Boux de Casson qui bravache déclarait qu’il pourrait présenter son âne en ses lieux et place ; ça renvoie à cette petite ordure de Zemmour qui balance la même vanne à Aurore Berger, jeune élue macroniste, en parlant de chèvre, vieille homothétie avec notre Mélenchon qui déclarait que face à MLP une chèvre aurait élu.

 

Un mois avant les élections, le Conseil des ministres décide de substituer au scrutin proportionnel le scrutin uninominal majoritaire à deux tours censé créer des majorités stables. La campagne électorale voit toutes les grandes formations politiques se réclamer du gaullisme, depuis la SFIO jusqu'à l’Union pour la Nouvelle République, créée à la veille des élections pour rassembler les gaullistes. En face, le parti communiste et les candidats de l'Union des forces démocratiques ont du mal à faire entendre leur voix.

 

Le paysage politique français sort transformé de ces élections. En premier lieu, on est frappé par l'importance de l'abstention (23%) qui révèle que les Français demeurent méfiants envers les partis politiques, alors qu'ils font une large confiance au général de Gaulle. Le deuxième fait marquant est la défaite du Parti communiste qui, avec 10 députés (contre 150 en 1956), apparaît comme le grand perdant de la nouvelle loi électorale. Les partis qui s'étaient identifiés à la IVe République (MRP, SFIO, radicaux) le paient cher, comme le montre l'hécatombe des sortants : sur les 475 élus de 1956 qui se représentent, 334 sont battus et parmi eux Pierre Mendès France, Edgar Faure, Gaston Defferre, François Mitterrand. En revanche, les grands vainqueurs sont les gaullistes (198) et les modérés (133).

 

Qui peut nier que nous ne retrouvons pas dans un cas de figure identique ?

 

Ce qui ne signifie pas pour autant que l’Histoire va se répéter mais, ce Macron, réduit par ses adversaires à un petit banquier aux dents longues, a chaussé les bottes de 7 lieux du général pour se dresser une stature sur la scène internationale.

 

Pour l’heure il a réussi, et ce crédit qui a permis à ses troupes immatures de tout balayer, d’être majorité à l’assemblée nationale, relève bien d’une stratégie gaullienne.

 

Son offensive, à la veille de son premier Conseil Européen en est la preuve :

 

Emmanuel Macron: «L’Europe n’est pas un supermarché. L’Europe est un destin commun»

 

«Le Temps» a fait partie du groupe de huit journaux européens conviés par Emmanuel Macron à l'Elysée, pour son premier entretien comme président. Il s'exprime sur l'Europe et la diplomatie française revisitée, à la veille de son premier sommet européen ce jeudi à Bruxelles.

 

Sur l’organisation de cette interview: A l’Elysée, un président côté jardin

 

Deux jours après la nette victoire de «La République en marche» aux législatives du 18 juin, la politique intérieure n'a pas été évoquée. Tout le reste, en revanche, était à l'agenda. Y compris la candidature parisienne aux JO 2024, que le président français viendra défendre en personne à Lausanne devant la commission d'évaluation du CIO, le 11 juillet prochain.

 

Le Soir était aussi du lot voici son analyse :

 

Le pari mégalo mais surtout bluffant d’Emmanuel Macron

 

Alors qu’il participera ce jeudi à son premier sommet européen de chefs d’Etats et de gouvernement à Bruxelles, le locataire de l’Elysée n’a voulu expressément parler que d’Europe et de diplomatie. Pas un mot de politique française.

 

Le décalage est spectaculaire mais 100 % assumé. Nous avons été reçus mardi à l’Elysée alors que la ministre des Armées Sylvie Goulard venait tout juste de démissionner, anticipant un remaniement plus large qui verrait le lendemain les deux autres ministres du Modem affaiblis par les affaires, celui de la Justice François Bayrou et celle des Affaires européennes, Marielle de Sarnez, prendre le large. Mais d’une sérénité absolue, Emmanuel Macron a disserté dans les jardins de l’Elysée pendant près d’une heure et demie sur les grandes affaires de ce monde.

 

La séquence illustre de manière saisissante la présidence qu’il veut incarner. Bien sûr, il est au cœur du remaniement et rien de la situation politique intérieure n’échappe à son contrôle. Il a été le grand ordonnateur de cette année électorale folle dont s’achève la dernière séquence. Mais il ne sera ni ce président de l’anecdote qu’a fini par devenir François Hollande, commentant sa propre action, ni cet hyperprésident débordant d’énergie tempétueuse parfois incontrôlée qu’était Nicolas Sarkozy. Gaullien, Emmanuel Macron entend rien moins que se hisser au-dessus des partis et pour tout dire au-dessus même de la France pour guider l’Europe et pourquoi pas le monde vers un futur plus désirable.

 

De la crise des démocraties occidentales aux déséquilibres et aux inégalités qui ont plongé la planète dans une instabilité historique, du terrorisme dont les causes profondes relèvent notamment à ses yeux de nos propres erreurs, Emmanuel Macron dresse le portrait d’une Europe et d’un monde auxquels il veut redonner du sens. Il se battra pour une Europe «qui protège» , et qu’il ne faudra pas confondre avec l’Europe protectionniste des souverainistes. Au contraire : il veut une Europe qui refonde son bien commun : un alliage unique entre la liberté, la démocratie et le progrès social.

 

Après un gros mois à peine passé à l’Elysée, le président français se sent prêt à abattre des murs. A ramener Donald Trump à la raison sur le climat. A conduire Vladimir Poutine à une solution politique sur la Syrie. Rien que ça. Titanesque rôle que s’est assigné un président de 39 ans surgi de «nulle part».

 

On peut juger le pari mégalo. Il est surtout bluffant. Dans un monde sclérosé et pétri d’inquiétudes, Emmanuel Macron fait souffler un vent nouveau. En Mai 68, il était interdit d’interdire. Cinquante ans plus tard, on pourrait paraphraser. Il est interdit de ne pas au moins essayer.

 

Revenons à l’interview

Le Temps: Vous venez d’acquérir une légitimité nouvelle après la victoire de «La République en marche» aux élections législatives. C'est un atout au service de votre leadership en Europe?

 

Emmanuel Macron: Le leadership ne se décrète pas. Il se construit en entraînant d’autres pays, d’autres acteurs et il est constaté au vu des résultats qu’on obtient. Il serait présomptueux de dire dès à présent que la France exerce un nouveau leadership européen. La vraie question est celle de l’objectif de notre action. Et le point de départ, c’est la crise que traversent les démocraties occidentales qui se sont construites au 18ème siècle sur un équilibre inédit entre la défense des libertés individuelles, la démocratie politique et la mise en place des économies de marché.

 

Un cycle vertueux a permis aux libertés individuelles d’être reconnues, au progrès social de se développer et aux classes moyennes d’avoir une perspective de progrès. Depuis la fin des Trente Glorieuses, le doute s’est installé. La France en a fait la cruelle expérience, elle qui avait sans doute le modèle social le plus élaboré. Quand nous regardons la planète aujourd’hui, que voyons-nous? Une montée des démocraties illibérales [c'est-à-dire dire contraires au libéralisme, ndlr] et des extrêmes en Europe, la réémergence de régimes autoritaires qui mettent en cause la vitalité démocratique et des Etats-Unis d’Amérique qui se retirent en partie du monde.

 

La question première n’est donc pas de savoir s’il y a ou non un leadership français, de savoir si nous bombons le torse plus fort que les autres. Elle est d’abord de savoir comment défendre notre bien commun à tous, c’est-à-dire la liberté et la démocratie, la capacité des individus et de nos sociétés à être autonomes, à rester libres, à assurer la justice sociale et à préserver notre planète à travers le climat. Sans ces biens communs, il n’y a pas d’avenir souhaitable ni durable. Notre défi est de savoir comment nous allons gagner cette bataille dont l’Europe, j’en suis convaincu, porte la responsabilité. Pourquoi? Parce que la démocratie est née sur ce continent. Les Etats-Unis d’Amérique aiment autant que nous la liberté. Mais ils n’ont pas notre goût pour la justice. L’Europe est le seul endroit au monde où les libertés individuelles, l’esprit de démocratie et la justice sociale se sont mariés à ce point. Va-t-elle réussir à défendre ses valeurs profondes, dont elle a irrigué le monde pendant des décennies ou va-t-elle s’effacer devant la montée des démocraties illibérales et des régimes autoritaires? Telle est la question.

 

  • Qu’est-il possible de faire concrètement pour relancer l’Europe? Quel est votre projet pour refonder la zone euro? Comment convaincre les Allemands du bien fondé de votre projet?

 

  • Si nous n’avons pas conscience du défi qui est le nôtre, nous pouvons continuer à passer des nuits entières à nous interroger sur l’endroit où se trouvera la prochaine agence européenne ou la manière dont sera dépensé tel ou tel budget… Nous nous placerions alors hors de l’histoire. Je n’ai pas fait ce choix. Angela Merkel non plus. La question est de savoir comment nous arriverons à restaurer une dynamique, une capacité à entraîner. La France n’aura aucune capacité motrice si elle ne porte pas un discours clair et un regard lucide sur le monde. Mais elle ne l’aura pas non plus si elle ne renforce pas son économie et sa société. C’est pourquoi j’ai demandé au gouvernement d’enclencher les réformes fondamentales qui sont indispensables pour la France. Notre crédibilité, notre efficacité, notre force sont en jeu. Mais la force de quelques-uns ne peut pas se nourrir longtemps de la faiblesse des autres. L’Allemagne, qui s’est réformée il y a une quinzaine d’années, constate aujourd’hui que cette situation n’est pas viable. Mon souhait est donc que nous puissions construire une force commune. Ma méthode pour le couple franco-allemand, est celle d’une alliance de confiance. Je souhaite que nous revenions à l’esprit de coopération qui existait jadis entre François Mitterrand et Helmut Kohl. On ne se rend pas à un conseil européen sans avoir de position commune. Cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout. Mais que nous ne voulons pas perdre de temps à demander aux autres d’arbitrer nos désaccords.

 

  • Cette Europe-là doit continuer à protéger?

 

Oui, parce que dans toutes nos sociétés les classes moyennes se sont mises à douter. Elles ont l’impression que l’Europe se fait malgré elles. Cette Europe-là se tire elle-même vers le bas. Il faut créer une Europe qui protège en se dotant d’une vraie politique de défense et de sécurité commune. Il faut être plus efficace face aux grandes migrations en réformant profondément le système de protection de nos frontières, la politique migratoire et le droit d’asile. Le système actuel fait porter à quelques-uns toute la charge et ne pourra pas résister aux prochaines vagues migratoires. C’est la première étape. Il ne peut pas y avoir d’approfondissement institutionnel tant que nous n’aurons pas restauré la cohérence de l’Europe. Si nous voulons passer ensuite passer à l’étape suivante, il faut au sein de la zone euro avoir une intégration plus forte. D'où l’idée, que je défends avec vigueur, d’un budget de la zone euro, doté d’une gouvernance démocratique. C’est le seul moyen de recréer un mouvement de convergence entre nos économies et nos pays. Si on ne fait pas ça, on affaiblira la zone euro. Il faut pouvoir articuler le pilier de la responsabilité et celui de la solidarité. Mon sentiment est que l’Allemagne n’est pas bloquée là-dessus.

 

  • Vous pensez que les Allemands sont prêts eux aussi à changer?

 

J’en suis persuadé. En matière de sécurité et de défense, la chancelière allemande a fait bouger les choses profondément. Elle est revenue sur des tabous profonds hérités de la Seconde Guerre Mondiale. L’Allemagne va dépenser plus que la France en matière de défense dans les années à venir. Qui l’eut cru ? Mais l’Allemagne est lucide sur les limites d’une action qui ne soit pas pleinement européenne, notamment en matière d’intervention militaire. Elle sait que notre destin est redevenu tragique. Elle a besoin de la France pour se protéger, pour protéger l’Europe et assurer notre sécurité commune. Je crois par ailleurs que les dynamiques que j’évoque traversent aussi la société allemande. Notre devoir en tant que dirigeants est d’en faire la pédagogie. Les égoïsmes nationaux sont des poisons lents qui entretiennent l’affaiblissement de nos démocraties et notre incapacité collective à relever le défi historique qui est le nôtre. Je sais que la chancelière en a conscience.

 

  • L’Europe se présente aujourd’hui en ordre dispersé. La division entre l’est et l’ouest est réapparue. Comment gérer une Europe aussi divisée?

 

Je ne crois pas à ce conflit entre l’est et l’ouest de l’Europe. Il y a des tensions car nos imaginaires et notre histoire récente ne sont pas les mêmes. Je n’oublierai jamais cette phrase de Bronislaw Geremek, que j’avais rencontré il y a une vingtaine d’années au moment de l’élargissement européen: «L’Europe ne mesure pas tout ce qu’elle nous doit». Pour sa génération, attachée à l’Europe des Lumières, l’Europe occidentale avait trahi en laissant s'ériger le mur et le continent se diviser. Quand j’entends aujourd’hui certains dirigeants européens, ils trahissent deux fois. Ils décident d’abandonner les principes, de tourner le dos à l’Europe, d’avoir une approche cynique de l’Union qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs. L’Europe n’est pas un supermarché. L’Europe est un destin commun. Elle s’affaiblit quand elle accepte qu’on rejette ses principes. Les pays d’Europe qui ne respectent pas les règles doivent en tirer toutes les conséquences politiques. Et ce n’est pas uniquement un débat est-ouest. Je parlerai avec tout le monde et avec respect, mais je ne transigerai pas sur les principes de l’Europe, sur la solidarité et sur les valeurs démocratiques. Si l’Europe accepte cela, c’est qu’elle est faible et qu’elle a déjà disparu. Ce n’est pas mon choix.

 

  • Le dialogue, mais pas de sanctions?

 

Le dialogue, mais il doit être suivi de décisions concrètes. Je souhaite que tout le monde ait à l’esprit la responsabilité historique qui est celle des Européens. Nous devons promouvoir une Europe qui aille vers un mieux-être économique et social. L’objectif d’une Europe qui protège doit aussi s’imposer dans le domaine économique et social. En raisonnant comme on le fait sur le travail détaché depuis des années, on prend l’Europe à l’envers. Il ne faut pas s’y tromper. Les grands défenseurs de cette Europe ultralibérale et déséquilibrée, au Royaume-Uni, se sont fracassés dessus. Sur quoi le Brexit s’est-il joué? Sur les travailleurs d’Europe de l’Est qui venaient occuper les emplois britanniques. Les défenseurs de l’Europe ont perdu car les classes moyennes britanniques ont dit stop! Le souffle chaud des extrêmes se nourrit de ces déséquilibres. On ne peut pas continuer à faire l’Europe dans des bureaux, à laisser les choses se déliter. Le travail détaché conduit à des situations ridicules. Vous pensez que je peux expliquer aux classes moyennes françaises que des entreprises ferment en France pour aller en Pologne car c’est moins cher et que chez nous les entreprises de BTP embauchent des Polonais car ils sont payés moins chers? Ce système ne marche pas droit.

 

  • Quel modèle pour la future relation entre le Royaume Uni et l’Union Européenne? La porte est-elle ouverte à une marche arrière?

 

La porte est ouverte jusqu’au moment où on la franchit. Ce n’est pas à moi de dire qu’elle est fermée. Mais à partir du moment où les choses s’engagent avec un calendrier et un objectif, il est très difficile de revenir en arrière, il ne faut pas se mentir. Je souhaite que la discussion qui vient de s’engager soit parfaitement coordonnée au niveau européen. Je ne veux pas de discussions bilatérales car il faut préserver l’intérêt de l’UE à court, moyen et long terme. La France compte en revanche poursuivre et renforcer sa forte relation en matière de défense et de sécurité avec le Royaume-Uni. Le traité de Lancaster House reste le cadre de cette coopération. Nous allons aussi davantage coopérer en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Nous avons déjà arrêté un plan d’action commun en matière de lutte contre la radicalisation sur internet. Car nos destins sont liés: les filières terroristes ne connaissent pas les frontières de l’Europe. Enfin, en matière de migration, je souhaite que l’on fasse évoluer notre coopération. Il faut absolument éviter la création de nouveaux abcès de fixation que sont les camps de migrants. C’est le pragmatisme qui régira nos relations.

 

  • Faut-il remettre à plat l’espace Schengen, dont la Suisse fait partie ? Faut-il forcer les pays qui refusent les migrants de les accepter?

 

  • Je suis attaché à l’espace Schengen qui permet la libre-circulation des personnes au sein de l’Union européenne, et qui est des éléments constitutifs de notre citoyenneté européenne. Si nous voulons garantir cette libre circulation, il faut renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’Union européenne. Je souhaite que nous donnions rapidement tous les moyens nécessaires à l’Agence européenne des gardes-frontières et des gardes –côtes pour gérer notamment les crises à ces frontières.

 

Il y a ensuite la question des réfugiés. Les réfugiés sont des gens qui demandent l’asile dans notre pays. Nous parlons de femmes et d’hommes qui risquent leur vie dans leur pays, qui la risquent pour venir jusqu’à nous, qui fuient des pays en guerre. Nous leur devons hospitalité et humanité. Le problème est que dans de nombreux pays, dont la France, l’instruction de la demande d’asile prend trop de temps entre le dépôt, l’enregistrement, l’instruction des dossiers, sans parler des délais induits par la complexité administrative et les recours devant différentes juridictions. Toutes ces procédures peuvent durer jusqu’à deux ans. Or, pendant cette période, on ne peut pas vivre de manière transitoire dans un pays. On s’installe, on tisse des liens familiaux… On voit donc que face à cette pression migratoire le système actuel n’est plus satisfaisant.

 

J’ai donc demandé une réforme en profondeur du système d’asile en France, pour le déconcentrer et pour accélérer considérablement les délais d’instruction des demandes d’asile. L’objectif est que nous divisions ces délais moyens par deux, en passant à six mois toutes procédures comprises.

 

Il y a ensuite les migrants qui ne relèvent pas de l’asile, qui n’ont donc pas vocation à s’établir en France, et dont il faut régler la situation conformément à notre droit avec humanité, et dans le cadre d’une plus grande coopération internationale. Il faudra assurer l’effectivité de leur reconduite à la frontière et travailler étroitement avec les Etats d’où sont originaires ces personnes, avec les pays de transit, et lutter plus efficacement contre les filières mafieuses qui exploitent la détresse humaine. Sur toutes ces questions, je suis favorable à des réformes en profondeur qui permettent d’avoir une même philosophie européenne. Il faut notamment remédier à la situation ubuesque que qu’on observe avec «les dublinés», ces personnes qui passent d’un pays à l’autre en espérant enfin obtenir l’asile.

 

  • Après le Brexit et l’élection de Trump, votre élection donne-t-elle un coup d’arrêt aux populismes en Europe ? Le modèle macron est-il exportable ailleurs?

 

  • Je me méfie du terme populisme car il a plusieurs colorations. Beaucoup, à droite et à gauche, m’ont dit que j’étais populiste. Quand les partis sont fatigués, on s’étonne qu’on puisse parler au peuple! Si c’est ça être populiste, ce n’est pas un mal. Moi je ne crois pas dans la démagogie, qui consiste à flatter un peuple pour lui dire ce qu’il attend, lui parler de ses peurs. Je n’ai pas l’arrogance de penser que mon élection marque un coup d’arrêt. Les Français ont toujours été comme ça: au moment où on ne les attend pas, il y a un sursaut. La France n’est pas un pays qu’on réforme, c’est un pays qui se transforme, un pays de révolution. Donc aussi longtemps qu’il est possible de ne pas réformer, les Français ne le font pas. Là, ils ont vu qu’ils étaient au bord du précipice et ils ont réagi. Mon élection, comme la majorité obtenue à l’Assemblée, ne sont pas un coup d’arrêt: elles sont un début exigeant. Le début d’une renaissance française et je l’espère européenne. Une renaissance qui permettra de repenser les grands équilibres nationaux, européens, internationaux, de retrouver une ambition, une capacité à regarder les choses en face, à ne pas jouer sur les peurs mais à les transformer en énergie. Car les peurs sont là et donc ce qui divise les sociétés demeure. Il n’y a pas de recette miracle, c’est un combat de chaque jour. J’ai parié sur l’intelligence des Françaises et des Français. Je ne les ai pas flattés mais j’ai parlé à leur intelligence. Ce qui épuise les démocraties, ce sont les responsables politiques qui pensent que leurs concitoyens sont bêtes. En jouant avec démagogie de leurs peurs, de leurs contrariétés et en s’appuyant sur leurs réflexes. La crise de l’imaginaire occidental est un défi immense et ce n’est pas une personne qui le changera. Mais j’ai la volonté de retrouver le fil de l’histoire et l’énergie du peuple européen. Pour endiguer la montée des extrêmes et la démagogie. Car c’est ça, le combat de civilisation.

 

  • Comment gérer le risque que représente Donald Trump?

 

Donald Trump est d’abord celui qui a été élu par le peuple américain. La difficulté est qu’aujourd’hui il n’a pas encore élaboré le cadre conceptuel de sa politique internationale. Sa politique peut donc être imprévisible et c’est pour le monde une source d’inconfort. Concernant la lutte contre le terrorisme, il porte la même volonté d’efficacité que la mienne. Je ne partage pas certains de ses choix, avant tout sur le climat. Mais j’espère qu’on pourra faire en sorte que les Etats-Unis réintègrent l’Accord de Paris. C’est la main que je tends à Donald Trump. Je souhaite qu’il change d’avis. Car tout est lié. On ne peut pas vouloir lutter efficacement contre le terrorisme et ne pas s’engager pour le climat.

 

  • Si la ligne rouge de l’utilisation des armes chimiques est franchie en Syrie, la France est-elle prête à frapper seule ? Et peut-elle le faire?

 

Oui. Quand vous fixez des lignes rouges, si vous ne savez pas les faire respecter, vous décidez d’être faible. Ce n’est pas mon choix. S’il est avéré que des armes chimiques sont utilisées sur le terrain et que nous savons en retracer la provenance, alors la France procédera à des frappes pour détruire les stocks d’armes chimiques identifiés.

 

  • Il y a un problème de zones de défense aérienne. Il faut une coopération indispensable avec les autres pays de la coalition…

 

Oui, mais qu’est-ce qui a bloqué les choses en 2013? Les Etats-Unis ont fixé des lignes rouges mais ont fait le choix in fine de ne pas intervenir. Qu’est-ce qui a affaibli la France? De définir politiquement une ligne rouge et de ne pas en tirer les conséquences. Et qu’est-ce qui a du coup libéré Vladimir Poutine sur d’autres théâtres d’opérations ? Le fait d’avoir constaté qu’il avait face à lui des gens qui avaient des lignes rouges mais ne les faisaient pas respecter.

 

Je respecte Vladimir Poutine. J’ai eu avec lui un échange constructif. Nous avons de vrais désaccords, sur l’Ukraine en particulier, mais il a vu aussi ma position. Je lui ai parlé longuement en tête à tête des sujets internationaux ainsi que de la défense des ONG et des libertés dans son pays. Ce que j’ai dit en conférence de presse, il ne l’a pas découvert. C’est ça, ma ligne. Dire les choses avec beaucoup de fermeté à tous mes partenaires mais leur dire d’abord en tête à tête. Aujourd’hui, nous avons avec Vladimir Poutine le sujet ukrainien, que nous continuerons à suivre dans le cadre du processus de Minsk et du format «Normandie». Nous aurons avant le G20 de Hambourg, au début juillet, une réunion sous ce format avec l’Ukraine et l’Allemagne. Et il y a la Syrie. Sur ce sujet, ma conviction profonde, c’est qu’il faut une feuille de route diplomatique et politique. On ne règlera pas la question uniquement avec un dispositif militaire. C’est l’erreur que nous avons collectivement commise. Le vrai aggiornamento que j’ai fait sur ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime!

 

Sur la Syrie, mes lignes sont claires. Un: la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. C’est dans cette région qu’ont été fomentés des attentats terroristes et que se nourrit l’un des foyers du terrorisme islamiste. Nous avons besoin de la coopération de tous pour les éradiquer, en particulier de la Russie. Deux: la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d’un Etat failli. Avec moi, ce sera la fin d’une forme de néo-conservatisme importée en France depuis dix ans. La démocratie ne se fait pas depuis l’extérieur à l’insu des peuples. La France n’a pas participé à la guerre en Irak et elle a eu raison. Et elle a eu tort de faire la guerre de cette manière en Libye. Quel fut le résultat de ces interventions? Des Etats faillis dans lesquels prospèrent les groupes terroristes. Je ne veux pas de cela en Syrie. Trois: j’ai deux lignes rouges, les armes chimiques et l’accès humanitaire. Je l’ai dit très clairement à Vladimir Poutine, je serai intraitable sur ces sujets. Et donc l’utilisation d’armes chimiques donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule. La France sera d’ailleurs à cet égard parfaitement alignée avec les Etats-Unis. Quatre: je veux une stabilité syrienne à moyen terme. Cela veut dire un respect des minorités. Il faut trouver les voies et moyens d’une initiative diplomatique qui fasse respecter ces quatre grands principes.

 

  • Alors que le groupe Etat islamique perd des territoires en Syrie et en Irak, un terrorisme dit «low cost» défie nos démocraties. Comment placer le curseur entre une législation d’exception et la nécessité de protéger les libertés?

 

  • Parlons d’abord de l’état d’urgence en France. L’état d’urgence était destiné à répondre à un péril imminent résultant d’atteintes grave à l’ordre public. Or la menace est durable. Il faut donc s’organiser sur la durée. Je prolongerai l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre, le strict temps nécessaire pour permettre au Parlement d’adopter toutes les mesures indispensables à la protection des Français.

 

Un texte est présenté ce jeudi en conseil des ministres. Quel est son esprit ? Il prendra en considération toute les formes de menaces et notamment les actes d’individus isolés que nous avons pu constater récemment. Nous prévoyons des procédures spécifiques pour lutter contre ce terrorisme islamiste. Ce n’est en rien un affaiblissement de l’Etat de droit, ni une importation de l’état d’urgence dans l’Etat de droit. Il faut construire les instruments pour lutter contre ce risque nouveau, sous le contrôle du juge, administratif ou judiciaire. Il faut des réponses inédites et propres à la lutte contre ce terrorisme islamiste. C’est ce dont notre société a besoin pour sortir de l’état d’urgence permanent.

 

Il faut ensuite renforcer la coordination de l’ensemble de nos services face à la menace terroriste. C’est dans cadre que j’ai souhaité la création de la coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, avec la création en son sein d’un centre national de contre-terrorisme.

 

Cela suppose enfin d’avoir une politique internationale cohérente et de savoir parler avec toutes les parties. Mon principe diplomatique est celui-là. J’ai parlé cinq fois au président Erdogan depuis que je suis là. J’ai eu deux fois le président iranien Rohani. J’ai reçu Vladimir Poutine. La France n’a pas à choisir un camp contre l’autre. C’est sa force et son histoire diplomatique. Nous devons retrouver la cohérence et la force d’une politique internationale qui nous redonne du crédit.

 

  • Vous parlez d’un dialogue franc avec Vladimir Poutine. Mais il ne bouge sur rien. Il y a encore des combats en Ukraine, dans le Donbass, la Crimée est toujours occupée… Cherchez-vous une nouvelle méthode?

 

  • Quand je parle de dialogue franc avec Vladimir Poutine, je ne dis pas qu’il est miraculeux. Qu’est-ce qui motive Vladimir Poutine? C’est de restaurer un imaginaire russe puissant pour tenir son pays. La Russie elle-même est victime du terrorisme. Il a lui-même à ses frontières des rebellions et des identités religieuses violentes qui menacent son pays. Tel est son fil directeur, y compris en Syrie. Je ne crois pas qu’il ait une amitié indéfectible à l’égard de Bachar el-Assad. Il a deux obsessions: combattre le terrorisme et éviter l’Etat failli. C’est pour cela que sur la Syrie des convergences apparaissent. Longtemps nous avons été bloqués sur la personne de Bachar el-Assad. Mais Bachar, ce n’est pas notre ennemi, c’est l’ennemi du peuple syrien. L’objectif de Vladimir Poutine, c’est de restaurer la Grande Russie, parce que c’est selon lui la condition de survie de son pays. Est-ce qu’il cherche notre affaiblissement ou notre disparition? Je ne le crois pas. Vladimir Poutine a sa lecture du monde. Il pense que la Syrie est une question de voisinage fondamental pour lui. Que peut-on faire? Réussir à travailler ensemble sur la Syrie pour lutter contre le terrorisme et déboucher sur une vraie sortie de crise. Je pense que c’est faisable. Je continuerai à être un interlocuteur très exigeant en matière de libertés individuelles et de droits fondamentaux. Ce qui est sûr, c’est que nous avons un devoir: la protection de l’Europe et de ses alliés dans la région. Là-dessus, nous ne devons rien céder.

 

  • Et la Turquie, comment gérer les relations avec ce pays qui ne partage pas nos valeurs?

 

  • La Turquie heurte en ce moment certaines de nos valeurs. Mais elle partage certains de nos intérêts. Nous sommes d’abord liés à la Turquie par le conflit syrien. La Turquie est un élément clé de notre politique régionale puisque c’est à la fois un voisin de la Syrie, un pays qui accueille un grand nombre de réfugiés et qui coopère dans la lutte contre le terrorisme. J’ai un dialogue exigeant et lucide avec le président Erdogan. Nous avons besoin de ce dialogue avec la Turquie. Je souhaite qu’en matière de migrations, ce dialogue soit européen et coordonné. Quand l’Europe a conclu un accord, elle l’a fait tard et de manière subie, même si celui-ci a donné des résultats. Il ne faut pas reproduire cette erreur. Pour le reste, compte tenu des positions actuelles de la Turquie, il est évident qu’aller plus loin vers une intégration européenne n’est pas une évolution envisageable.

 

  • Le sport concourt à la diplomatie. Vous avez décidé d’aller vous-même défendre la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024 devant le CIO. Pour vous, cette candidature va bien au-delà de la candidature d’une ville?

 

  • C’est l’engagement de tout un pays que je veux manifester en me rendant les 11 et 12 juillet à Lausanne puis à Lima en septembre. Pourquoi? Parce que c’est un événement sportif, mais bien plus que cela: il correspond notamment à la politique que nous voulons mener sur le handicap; ce sont des jeux olympiques et paralympiques! C’est un élément de fierté nationale et de mobilisation, un événement économique considérable. C’est également un geste qui montre que, dans notre bataille de long terme face au terrorisme, on n’arrête pas les grands événements. Et puis c’est une candidature européenne et francophone. Ce n’est pas simplement celle de Paris, ni de la France. Cela partie de ces éléments d’engagement, de fierté, de projection dont un pays a besoin. Cela n’a rien d’anecdotique à mes yeux. C’est un élément fort qui démontre qu’on n’embrasse pas un monde fait uniquement de violence, mais un monde de valeurs partagées, de réconciliation, de joie, de compétition pacifiée.
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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 06:00
HAJDU, Georges Pompidou

HAJDU, Georges Pompidou

Avec notre sémillant et habile Président de la République, longtemps raillé pour avoir servi à la Banque Rothschild, aujourd’hui qualifié de Jupitérien après une arrivée en force sur la scène internationale, nous vivons un retour en force d’une forme d’adulation des années fondatrices de la Ve République : la référence au coup de balai de 1958 qui avait vu la chute de Parlement, de Gaulle parlant de la grandeur de la France et puis, un beau jour l’arrivée sur la scène politique d’un parfait inconnu du grand public, Georges Pompidou, nommé Premier Ministre en remplacement de Michel Debré.

 

« Hissé par la volonté du prince à l’un des postes les plus importants de l’État, l’homme qui s’installe à Matignon en ce mois d’avril 1962 est en tout cas un inconnu pour l’immense majorité des Français. À plusieurs reprises, on l’a vu, la presse a évoqué son rôle d’éminence grise, mais pour l’employé, le cadre, l’ouvrier, la ménagère ou l’agriculteur, le nouveau chef de gouvernement est un être sans visage, presque un fantôme, l’ombre portée du personnage historique qui préside, depuis maintenant quatre ans, aux destinées de la France. »

 

« Bien que certains journaux insistent lourdement sur le passé à la banque Rothschild du nouvel hôtel de Matignon, beaucoup de Français, au vu de ses photos et à la lecture de ses premières déclarations, ont tout à coup le sentiment qu’en dessous du géant qui les gouverne il y a désormais, en seconde ligne, un mortel à qui ils peuvent s’identifier et qui partage leurs préoccupations. »

 

« Mélange assez exceptionnel de fils du peuple et d’intellectuel très brillant, Georges Pompidou était, tout comme Édouard Herriot, l’archétype de ces hommes politiques que les Français aiment spontanément parce qu’ils peuvent se connaître en eux. » dira François Mitterrand, grand expert de la France profonde.

 

Mondoudif, une famille d’instituteurs, des attaches paysannes, le professorat, le goût des belles lettres… À Orvilliers, petite commune des Yvelines, le week-end, le banquier donne libre cours à son vice impuni, la lecture, et plus particulièrement celle des poètes. Il publiera, en 1961, chez Hachette une anthologie de la poésie française.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Voilà bien une anthologie de banquier : un portefeuille de valeurs sûres. » raillera l’éditorialiste Joseph Barsalou.

 

Raminagrobis pour François Mauriac, premier non-parlementaire à accéder depuis des lustres à la charge de chef de gouvernement, Georges Pompidou, va surprendre dans un domaine où l’on n’attend pas les politiques : l’art.

 

Georges Pompidou, amateur d'art contemporain, il a acheté à 18 ans, lorsqu'il faisait ses études à Paris, « La Femme 100 têtes », un « roman-collages » de Max Ernst. Une vingtaine d'années plus tard, employé à la banque Rothschild, il devient un collectionneur de plus en plus avisé.

 

Nommé Premier ministre en 1962, Georges Pompidou fait décrocher un portrait de Colbert pour y mettre à la place, dans son bureau, une huile sur toile de Pierre Soulages qui montre les contrastes avec les aplats de noir et les effets de blanc, roux et bleu lumineux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« L'art abstrait n'est pas du tout admis à l'époque par le grand public. On rapporte que sa femme Claude a dit bien plus tard que ce choix à l'époque était une véritable tempête politique car le tableau pétrifiait ses visiteurs »

 

Georges Pompidou s’est nourri de l’émotion que lui procurait l’art.

 

Il a en effet passionnément regardé, collectionné et accroché chez lui, puis à Matignon et à l’Elysée, les grands artistes modernes, mais également ceux des avant-gardes des années 50 à 70. Son regard va se former progressivement grâce notamment à Raymond Cordier, fondateur de la galerie L’œil qui jouera un rôle plus qu’essentiel dans le désir artistique de Georges Pompidou puis aux diverses visites auprès de galeristes renommés comme la Galerie de France, Iris Clert, Denise René ou encore Karl Finher et Mathias Fels.

 

Les achats consacrés à l’art se font de plus en plus nombreux et sa collection devient alors plus conséquente… L’ensemble prend alors forme, se précise, devenant plus audacieux il se concentre ensuite sur les abstraits avec les œuvres des artistes De Staël ou Soulages et les cinétiques avec Agam et Soto. Pour l’anecdote, il fera accroché à Matignon, derrière son bureau, une toile de Soulages de 1957, geste esthétique mais aussi politique puisque tous ceux qui y entrent reste bouche bée par l’impressionnante présence de ce tableau et devant la place fracassante que constitue l’art contemporain dans la vie de Georges Pompidou !

 

Premier Ministre, il assume ses responsabilités tout en conjuguant son amour irréductible pour l’art en visitant expositions et galeries très tôt le matin. De Staël, Braque et Ernst rejoignent Matignon et la collection s’enrichit de nouveaux artistes comme Arman, Raysse, Klein ou encore Niki, représentants de la vague des Nouveaux Réalistes. Puis c’est en 1969, lors de son élection à la tête du pays, que la France suit et découvre l’attrait du couple présidentiel pour une modernité plus audacieuse, au salon Paulin ou encore au salon Agam.

 

C’est de cette forte passion pour l’art que naît l’envie de créer un espace totalement dédié à la culture et pour tous ! Le Centre Pompidou ouvre ses portes pour la première fois en 1977 sous l’impulsion de ce Président visionnaire et qui sait s’ouvrir à l’art de son temps ! Une première, puisque le centre est aujourd’hui l’un des plus importants musées au monde, dont la collection compte plus de 120.000 œuvres avec quelques vingt-cinq expositions temporaires chaque année !

 

Du jamais vu à Chambord !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Domaine national de Chambord vous propose de découvrir dans ses murs une exposition inédite intitulée « Georges Pompidou et l’art : une aventure du regard » composée d’œuvres qui pour la plupart n’ont jamais été vues par le public !

 

La suite ICI

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 06:00
Jean-Michel Gravier - BENJAMIN BALTIMORE/ÉCRITURE

Jean-Michel Gravier - BENJAMIN BALTIMORE/ÉCRITURE

Se lever tôt présente bien des avantages, en ce moment ça me permet de profiter de la fraîcheur du matin, tout particulièrement d’écouter à la radio des gens que l’on n’entend pas autrement ou d’écouter des chansons qui ne passent aux heures de grande audience.

 

C’est ainsi que j’ai pu découvrir le livre de Lisa Vignoli Parlez-moi de lui chez Stock, où elle extrait de l’oubli un garçon que j’ai connu lors d’une soirée à Grenoble, en 1974, Jean-Michel Gravier, « qui n’était personne… il était tout »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mardi j’ai aussi découvert une superbe interprétation de l’Aigle Noir de Barbara par Juliette Armanet.

 

C’est l’une des 13 “femmes qui chantent” Barbara dans l’album “Elles & Barbara” sorti le 9 juin.

 

  1. La solitude – Zazie
  2. Nantes – Jeanne Cherhal
  3. Göttingen – Julie Fuchs
  4. Si la photo est bonne – Dani
  5. Le soleil noir – Angélique Kidjo
  6. Dis, quand reviendras-tu ? – Nolwenn Leroy
  7. Mon enfance – Louane
  8. Marienbad – Daphné
  9. Gueule de nuit – Olivia Ruiz
  10. Cet enfant-là – Virginie Ledoyen
  11. L'aigle noir – Juliette Armanet
  12. Parce que je t’aime – Élodie Frégé
  13. C’est trop tard – Melody Gardo

 

Jamais dans l'imitation stérile, mais dans la ferveur heureuse des retrouvailles, chacune à sa façon, chacune à sa manière, avec grâce et gourmandise, “Elles” célèbrent Barbara. »

 

« Un album comme une célébration de celle dont la poésie et la justesse des mots touchent en plein cœur aujourd’hui encore, 20 ans après sa disparition.

 

Ses chansons sont d'hier, de toujours et à jamais. Elle disait «ma vie de femme, c'est peut-être la vie des femmes. Ma vérité se trouve bizarrement être la leur ».

 

Elle chantait : « Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu ? »

 

Avec ce disque, avec ces femmes d'aujourd’hui qui la saluent, Barbara est revenue »

 

Comme un trait d’union entre Barbara et Jean-Michel Gravier : j’en profite pour citer un passage du livre de Lisa Vignoli :

 

« Est-ce qu’il faut tant souffrir pour réussir ? Pour sortir ça de soi ? Il n’y arrivera jamais alors. Oui, sa famille a été déracinée, déplacée, déménagée, ce que vous voudrez. Comme s’ils étaient les seuls pieds noirs après 1962 ! Que fait-on, dans une vie, de parents aimant, d’un frère complice et d’une sœur maternante, d’un appartement bourgeois dont chaque recoin croit en nous ? Son public ? Il a le sien depuis toujours.

 

Depuis Bobino, en septembre 1965, où elle a entamé sa tournée et touché le succès Barbara ne s’est pas remise de l’amour qu’elle reçoit. Elle en a fait un morceau qu’elle a chanté pour la première fois dans les semaines qui ont précédé sa venue à Grenoble.

 

Ce fut un soir en septembre

Vous étiez venus m’attendre,

Ici même, vous en souvenez-vous ?

À vous regarder sourire,

À vous aimer, sans rien dire…

 

Alors, dans cette selle, au milieu des briquets qui, d’émotion, ne trouvent plus leur rythme, i la regarde et il se dit qu’un jour il sera là, derrière le rideau. Prêt à l’interviewer. Elle, transie de succès, ui, la voix plus chevrotante encore. Un relais. Un admirateur utile. Ce serait peut-être comme ça qu’il se ferait connaître. Un vecteur, un passeur.

 

« Grenoble 1966 » ? Elle le reconnaîtrait. Il lui dirait qu’elle fait partie des femmes qui l’ont arraché à cette vie qui aurait pu être simplement heureuse, s’il n’avait pas décidé de l’extraire de l’ordinaire. »

 

Jean-Michel Gravier, avec Anouk Aimée.

Jean-Michel Gravier, avec Anouk Aimée.

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 06:00
«Les vins nature n’ont aucune obligation, à part l’interdiction du soufre. Et certains ne se privent pas de mettre du Roundup»  Nicolas Joly

Nicolas Joly cultive le mépris de ce qui n’est pas lui, bien assis sur la réputation de sa Coulée de Serrant le président de l’association Renaissance des Appellations pontifie, délivre ses «sourates» à ses adulateurs, trie de son auguste main le bon grain de l’ivraie…

 

En fait, sans rien lui retirer de ses mérites de vigneron, qui sont grands, précurseur certes, monsieur Joly est aussi et surtout un idéologue.

 

Libre à lui, mais qu’il ne vienne pas nous casser les burettes à propos des vins nature qui, d’après lui, se réduiraient (j’adore la réduction) à l’interdiction du soufre.

 

Pire encore, le pérorant Nicolas Joly, balance que certains vins nature ne se privent pas de mettre du Roundup, en bon français que certains vignerons se rattachant au naturisme ne se privent pas d’asperger de Roundup leurs vignes.

 

L’accusation est grave, l’opprobre est jetée, sous ce certain se cache qui ? Nul ne le sait, pas même j’en suis certain le sieur Joly.

 

En réduisant le nature à l’absence de soufre et en insinuant que dans les vignes de certains naturistes le chimique règne, le Savonarole Joly poursuit un but d’une simplicité biblique : déconsidérer un mouvement qui fait de l’ombre au sien.

 

Tout le reste n’est que litres et ratures, que monsieur Joly aille jouer les conférenciers, dans le Temple des vins de grand commerce : Vinexpo, si peu respectueux de la nature, même si certains bios y sont venus jouer le rôle d’alibi, faut bien se faire une raison : c’est tendance, sur un thème digne de sa haute stature «biodynamie et vérité du goût d’un vin » pourquoi pas ?

 

Moi ça ne me dérange pas, surtout vu l’audience de ce genre de petite messe entre soi, que cet homme qui ne se veut « ni sectaire, ni agressif », double négation bien révélatrice, affirme, que « la question des sulfites dans les vins n’est pas celle de l’ajout, mais de leur qualité. »

 

Il s’en explique : La vraie question est quel sulfite ajoute-t-on ?

 

« L’anhydride sulfureux est dénaturé, il a impact sur le goût. Un peu comme si vous regardiez avec des lunettes de soleil un tableau de Vincent van Gogh » estime-t-il. Il ne prône pas pour autant le zéro sulfite : « on peut faire l’apologie du soufre… S’il est d’origine volcanique ! C’est un soufre »

 

Lire la suite ICI 

 

Un bémol tout de même « Ce soufre d’origine volcanique n’étant pas pur à 100 %, son utilisation alimentaire est cependant illégale. Tandis que son recours est éthiquement contestable, ses conditions de production en Indonésie semblant d’un autre âge. « Ce côté ne passe pas, c’est vrai. Mais je l’utilise en petites doses, et s’il y avait une demande européenne forte, on pourrait envisager de relancer les mines du Vésuve » balaie Nicolas Joly.

 

C’est du Joly « pur soufre »

 

Mon ironie à son égard, jugée sans doute par certains facile, ne remet pas en cause sa militance pour la transparence : je suis pour à 100%.

 

Informer le consommateur curieux des ingrédients entrant dans la composition et l’élaboration d’un vin en fait partie. Nul besoin pour ce faire d’encombrer la contre-étiquette d’une liste en petits caractères illisibles, il suffit d’orienter le consommateur averti vers le site du vigneron. La digitalisation balaie les arguments spécieux de la filière officielle.

 

La vertu, comme l’écrivait Mark Twain « Il y a beaucoup à dire sur la vertu, mais le reste est tellement plus intéressant. »

 

Ou, monsieur Joly vous avez raison de souligner que « tous les vins en bio et en biodynamie ne sont pas excellents » mais de grâce abstenez-vous de cracher, sans apporter de preuves, sur la tribu des « cheveux sales ». Elle n’est certes pas indemne de toute critique mais la réduire à ce que vous dites se rapproche des vieilles pratiques des procès de Moscou.

 

Enfin, vous êtes, en partie, à côté de la plaque lorsque vous affirmez que « Le consommateur a soif d’un retour à la nature. Mais sûrement plus par envie de santé que par recherche de la vérité du goût »

 

Faut sortir du petit cercle de vos adeptes Nicolas Joly pour venir au contact de ces jeunes louves et jeunes loups qui lichent des vins nature. Vous constaterez que c’est la vérité du goût, le leur certes, mais il en est toujours ainsi, qui prime pour eux, et que leur démarche est plus éthique que purement hygiéniste.

LIRE

Je suis un « italien » de Paris qui dit à ses amis naturistes l’excès de sulfures fait bander ! 

 

Giuseppe Cirino, doyen de la faculté de pharmacie de Naples, cinquantenaire, est un chercheur qui s’intéresse au rôle des solfatares dans la thérapie de l’impuissance masculine.

 

Le Pr Cirino est le spécialiste du mécanisme occlusif des veines qui irriguent les «petites cavernes» du pénis.

 

 

Notre chercheur avait lu « qu’en 1870, le médecin propriétaire de la Solfatare de Pouzzoles avait cherché à vendre à ses patients des bouteilles remplies d’air soufré, et que ces derniers s’en étaient trouvés satisfaits. »

 

 

Donc il décide avec son équipe d’étudier le phénomène des solfatares et comprend vite que les « enzymes logés dans les corps caverneux, sollicités par de fortes émanations de soufre, se transforment en cystéine vasodilatatrice, laquelle a un rôle déterminant dans l’érection. »

 

 

L’expérimentation en labo le confirme. Âmes sensibles attachez vos ceintures « en exposant à des solutions d’hydrogène sulfureux un pénis coupé au cours d’une intervention chirurgicale de changement de sexe, on obtient et une vasodilatation et une érection. »

 

 

Comme le professeur est de gauche, son médicament est surnommé le « Viagra Rouge » (il faut tout de même signaler que l’hydrogène sulfureux change de couleur à l’air libre).

 

 

Découverte homologuée, les résultats publiés dans la revue américaine des Sciences PNAS en mars 2009, bénie par le Nobel américain Louis Ignarro qui en a vérifié l’applicabilité sur les rats.

 

 

Alors pourquoi ce Viagra Rouge, écologique et peu coûteux, reste-t-il dans les limbes ?

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 06:00
Le Mystère de la Chambre Rose les 333 députés sur 491 où sont-ils passés ?

Dimanche dernier même si ce ne fut pas le tsunami annoncé par les sondages, ça ressemblait tout de même à un raz-de-marée bleu. Mon regard s’est alors porté sur la vague rose de 1981, aboutissement de la stratégie de François Mitterrand pour constater, sans regrets, son faire-part de décès.

 

Mitterrand avait mis 26 ans, Macron tout juste une petite année pour faire imploser le PS d’Epinay.

 

Au tout début de juillet 1981, le second tour des législatives ayant eu lieu le 21 juin 1981, à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République François Mitterrand le 22 mai 1981, 333 députés de la Majorité Présidentielle (PS, PCF, MRG, Divers gauche) sur un total de 491 sièges, concédant 158 députés à la Droite (RPR, UDF et divers droite).

 

Un vrai raz de marée rose : 266 députés PS, la majorité absolue, le RPR de Chirac n’avait que 85 sièges. La première alternance de gauche sous la Ve République et le 2e gouvernement Mauroy accueillait 4 Ministres communistes. Un véritable séisme pour l pays même si les chars russes s’étaient abstenus d’envahir la Place de la Concorde.

 

Votre serviteur, juché sur son destrier hollandais Grand Batavus, se pointait dès le matin au guichet du porche qui dessert l’Hôtel de Lassay, le 128 rue de l’Université, pour prendre ses fonctions de conseiller technique du Président de l’Assemblée Nationale, fraîchement élu le 02/07/1981.

 

Les gardes du Palais étonnés de me voir perché sur un destrier m’indiquèrent courtoisement que je devais en descendre car le règlement de l’Assemblée ne prévoyait pas de circuler vélocypédiquement sur l’allée impeccablement gravillonnée qui menait à l’Hôtel de Lassay. Ce fut donc à pied que je me rendis jusqu’au pied de l’escalier. Là, un problème se posa : où allais-je garer mon fier destrier ? Était-ce prévu par le règlement de l’Assemblée ? Ignorant que j’étais je le montai sur sa béquille un peu à l’écart.

 

Je montai les marches quatre à quatre, à la Chaban (l’ex-locataire de l’Hôtel de Lassay), un huissier à chaîne jovial m’ouvrit la porte, un basque au nom imprononçable (par la suite je sus que tous les huissiers de la Présidence étaient basques), il s’enquit poliment de mon pedigree avant de me confier à l’un de ses collègues qui m’accompagna dans l’escalier jusqu’à l’antichambre du bureau du Président.

 

La suite n’a pas beaucoup d’importance sauf que dès le lendemain, muni d’un papier signé du chef de cabinet, Georges Morin, je pus chevaucher mon fier destrier sur l’allée menant à l’Hôtel de Lassay. Cette première entaille au sacro-saint règlement me valut la reconnaissance éternelle d’un jeune administrateur de l’AN qui pratiquait comme moi le vélo.

 

L’ambiance était lourde dans les couloirs comme dans l’hémicycle, les battus tiraient la gueule, nous étions illégitimes. À la buvette c’était un peu moins chaud, avec l’ami Guy Carcassonne, en mangeant des macarons, nous établissions de nouveaux ponts. Et puis le cabinet du Président avait de la gueule avec le sémillant Frédéric Saint-Geours, le très élégant Gérard de Senneville, le conspirateur Pierre Denizet et le très disert Jean-Jacques Mauriat qui deviendra le beau-père de ma chère fille. À propos de filles, y’en avait quand même 2 avec nous.

 

Comme je suis très conservateur j’ai décidé ce matin de vous offrir en legs

 

Le Tableau Figuratif de l’assemblée Nationale pour la septième Législature – Elections des 14 et 21 juin 1981 indiquant avec le plus d’exactitude possible la place qu’occupe habituellement chacun de ses Membres

D’après une gravure de la Bibliothèque Nationale.

 

Le tableau était à la cave, la vitre recouvrant la gravure s’est cassée les couleurs sont quelque peu passée : le rose a viré au pâle, les communistes sont jaune, les RPR sont vert foncé et les UDF vert pâle, ils sont mélangés dans les travées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce tableau me fut offert à mon départ lorsque je rejoignis le cabinet de Michel Rocard tout frais nommé Ministre de l’Agriculture.



Je ne sais si la tradition du Tableau Figuratif se perpétue, si quelqu’un le sait il serait aimable à lui de me le dire.

Le Mystère de la Chambre Rose les 333 députés sur 491 où sont-ils passés ?
Le Mystère de la Chambre Rose les 333 députés sur 491 où sont-ils passés ?
Le Mystère de la Chambre Rose les 333 députés sur 491 où sont-ils passés ?

1981-2017 : le bal des majorités 

à l'Assemblée nationale

 

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Le Mystère de la Chambre Rose les 333 députés sur 491 où sont-ils passés ?
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 06:00
Vinexpo le bûcher des Vanités, surtout celle des petits ego des réseaux sociaux nationaux…

J’ai connu le Vinexpo flamboyant des premiers temps où il fallait en jeter un max pour affirmer la suprématie de Bordeaux sur le Monde du Vin.

 

Ce fut un réel succès mondial mais, petit à petit, comme c’est souvent le cas sur la place de Bordeaux, la courgette du directeur enfla, l’autosatisfaction prit le pas sur le réalisme, le grand barnum de Vinexpo s’étiola, Prowein lui fit la nique.

 

Je ne vais pas m’aventurer dans l’analyse de ce déclin – ce que j’ai fait en son temps auprès des dirigeants de l’époque – mais il partage une partie des mêmes ressorts que le fameux « Bordeaux bashing »

 

En notre vieux pays perclus de douleurs, le « ce n’est pas de notre faute mais celle des autres », semble inscrit dans notre ADN.

 

Et pourtant, la vieille règle commerciale : le client est roi semblait avoir été quelque peu négligée, le nombre de chalands plus que leur qualité. Les allées de Vinexpo prenaient de plus en plus la tronche de la foire exposition de Trifouillis-les-Oies avec des pékins errants, sacs floqués « Castel » au bras, quêtant prospectus et dégustations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le client d’un Salon international, l’acheteur, le vrai, celui qui vient pour faire des affaires, ce qu’il souhaite c’est boucler son shopping dans les meilleures conditions, il n’en a rien à cirer des petites mains nationales qui passent leur temps dans des colloques ou tables rondes sur des sujets qui n’intéressent qu’eux.

 

Ne noircissons pas trop le tableau, Vinexpo disposait, et dispose toujours, d’un atout de taille : ses folles soirées dans les GCC, sa fête de la Fleur et autres joyeusetés pour VIP. C’est plus bandant que le bar de l’Intercontinental de Düsseldorf.

 

La nouvelle direction de Vinexpo rame pour faire retrouver à son barnum son lustre d’antan. Bon courage à elle. J’ai même reçu un appel de sa part pour m’inviter. Normal eu égard à mon immense pouvoir d’influence. J’ai décliné car je n’ai rien à y faire de professionnel


Et c’est là que les Athéniens s’atteignirent avec l’irruption des réseaux sociaux les petites mains de la Toile ont envahies la communication de Vinexpo.

 

Sur Face de Bouc, Twitter, Instagram ça y va de sa petite photo, en général cadrée serrée, ça vaut mieux, dans le style grosse affluence au débat (ils devaient être une vingtaine), une file d’attente pour la dégustation des duchemolos (un petit côté soviétique) ou mieux encore « Mon carton au dîner au château, les couillons ils se sont trompés de prénom »

 

Dans ce dernier cas ça frise « le conflit d’intérêts » mais pour tout ce petit monde se faire rincer fait partie du package du « journaliste », c’est inscrit dans la constitution de la dégustation. L’indépendance de ce petit monde étant inoxydable, gravée dans leurs gènes, y’a pas à s’inquiéter le conflit d’intérêts c’est pour la volaille politique sauf que dans les pays nordiques un dîner au château leur vaudrait de se faire virer illico.

 

Qu’à ces belles tables se pressent les clients quoi de plus normal, les propriétaires veulent les séduire, les bichonner pour les fidéliser, les affaires sont les affaires. Mais que fichent donc en bout de table tous ces pseudos-journalistes du monde du vin ? En sortant de table ne seront-ils pas devenus les obligés de ceux qui les ont invités ?

 

Mais monsieur ça se fait depuis toujours !

 

Je n’en disconviens pas, c’est la règle de la « critique » aussi bien pour le vin que pour la table (en ce domaine oser demander à un « critique » de poster le montant de son addition est considéré comme de l’inquisition)

 

À ce stade je vais être rosse : inviter des adeptes des réseaux sociaux à dîner n’est rentable que si ceux-ci ont une surface médiatique digne de ce nom.

 

Combien de divisions, de followers ?

 

En ce domaine c’est plutôt l’armée mexicaine, beaucoup de généraux mais des troupes étiques.

 

J’ai bien écrit étique et non éthique !

 

Si j’ai un conseil à donner, à monsieur Guillaume Deléglise, nouveau directeur de Vinexpo, s’il souhaite redorer l’image de sa manifestation qu’il fasse les yeux doux à de gros calibres des réseaux sociaux, qu’il les privilégie au détriment des petits ego nationaux.

 

Trop de petits bras !

 

Trop d’entre soi franchouillard !

 

Quitte à jouer le Bûcher des Vanités mieux vaut le faire avec des stars et non des seconds couteaux nationaux qui viennent y soigner leur petit ego.

 

 

Vinexpo le bûcher des Vanités, surtout celle des petits ego des réseaux sociaux nationaux…
Vinexpo le bûcher des Vanités, surtout celle des petits ego des réseaux sociaux nationaux…

Le vin français doit relever le défi de la mondialisation Franck Niedercorn le 19/06

 

Face à une concurrence mondiale de plus en plus menaçante, la France dispose d'atouts incontestables pour rester dans le peloton de tête des exportateurs de vins. Mais elle doit aussi corriger ses faiblesses, que sont des coûts de production élevés et une trop grande atomisation de son offre.

 

Quel avenir pour le vin français ? A l'heure où s'ouvre à Bordeaux le Salon Vinexpo, l'un des plus grands du monde, la question peut surprendre. Nos grands crus sont enviés par la planète entière. Nos vins sont les plus exportés dans le monde. Et si nous avons perdu notre place de premier producteur mondial au profit de l'Italie, notre vignoble reste le plus diversifié. Et pourtant, notre filière, qui pèse 30 milliards d'euros, s'interroge sur sa stratégie. En 2014, FranceAgriMer avait remis au ministre de l'Agriculture un rapport intitulé « Plan stratégique sur les perspectives de la filière vitivinicole à l'horizon 2025 ». Depuis, la question reste en filigrane. A juste titre, car le paysage évolue vite, avec une croissance continue de la consommation. On estime le marché du vin à 300 milliards de dollars en 2015. Il pourrait atteindre les 370 milliards en 2021, selon Mordor Intelligence. Face à cet emballement, la concurrence surgit de partout. L'Europe du Sud a d'abord vu les viticulteurs du Nouveau Monde (Etats-Unis, Afrique du Sud, Australie et Amérique du Sud) venir lui contester son leadership. Apparaissent depuis quelques années ceux du « nouveau Nouveau Monde », comme on a pris l'habitude de les appeler. La Chine a pris la tête de ce groupe, avec un vignoble devenu le deuxième du monde derrière l'Espagne. Pour une production pesant autant que celle de l'Australie ou de l'Afrique du Sud. Une bonne vingtaine de viticulteurs chinois ont d'ailleurs leur stand à Vinexpo. « Vous verrez, il y a des choses très bien », assure Guillaume Deglise, le directeur général du Salon. Les Français y ont souvent exporté leur savoir-faire, comme dans d'autres vignobles aux quatre coins du monde.

 

La suite ICI 

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 06:35
«Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça» Coluche

Hier, j’ai hésité avant d’écrire, au petit matin, ma chronique du lundi. Allais-je parler de lui ?

 

D’Emmanuel Macron ?

 

Non !

 

De Michel Gérard Joseph Colucci, alias Coluche.

 

En effet, le 19 juin 1986 est mort d’un accident de moto (il percute un camion qui a effectué un brusque virage à gauche) à Opio dans les Alpes-Maritimes. Il ne porte pas de casque mais contrairement à ce qui a été dit il roulait à vitesse modérée 60km/h. La thèse de l’assassinat sera soutenu par certains. Coluche est inhumé le mardi 24 juin 1986 à 10 h 30, au cimetière de Montrouge. La cérémonie funéraire est célébrée par l'Abbé Pierre.

 

Putain de mort !

 

Coluche avait 41 ans.

 

Coluche à longtemps habité rue Gazan près du parc Montsouris et ses enfants allaient au collège avec Anne-Cécile ma fille dans le 14e arrondissement puisque j’habitais rue Vergniaud.

 

Dans ma vie je n’ai croisé Coluche physiquement qu’une seule fois : lorsqu’il est venu voir Henri Nallet, alors Ministre de l’Agriculture, pour que celui-ci l’aide à mobiliser les ressources alimentaires stockées afin d’alimenter les Restos du Cœur dont il lança l'idée le 26 septembre 1985 sur Europe 1, en déclarant : « J'ai une petite idée comme ça, si des fois y a des marques qui m'entendent, je ferai un peu de pub tous les jours. Si y a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu'on pourrait commencer par faire à Paris ». Je l’ai écrit sur mon blog, en ajoutant que nous nous étions mobilisés pour l’aider à la fois pour qu’il puisse accéder aux stocks communautaires et pour qu’il puisse structurer son association naissante. Cette conjonction d’un saltimbanque et de bonnes volontés se mobilisant pour qu’il y ai de la nourriture à distribuer a permis aux Restos d’atteindre le but que s’était fixé Coluche.

 

Sur le site jesuismort.com comment il était devenu Coluche :

 

« C’est le 28 octobre 1944, à Paris, que Michel Colucci voit le jour au sein d’une famille originaire du nord de l’Italie. Une mère fleuriste et un père peintre en bâtiment. Malheureusement ce dernier décède en 1947 et laisse son épouse Simone élever seule ses deux enfants avec son maigre salaire. Michel traîne sa jeunesse en banlieue sud où, avec ses copains, il prend goût à la musique. Le garçon fabrique d’ailleurs sa propre guitare au son très approximatif et tellement lourde qu’il ne peut la soulever seul. Les études ne le passionnent pas et ne le mènent guère plus loin que le Certificat d'études primaires qu'il décroche en juin 1958. Il niera même l'avoir obtenu d’un « je ne voulais pas posséder un truc primaire ». Mais les responsabilités frappent à la porte. Michel touche à toutes les professions (14 au total parmi lesquelles télégraphe, photographe, garçon de café, fleuriste ou marchand de légumes).

 

C’est finalement à l’usine qu’il se pose en tant que manutentionnaire après un court passage sous les drapeaux, ponctué par une exclusion pour indiscipline. Lorsqu’il ne travaille pas, il apprend la guitare et le chant du côté de la Contrescarpe et décide un jour de se lancer dans la carrière d’artiste qui le fait rêver. Sur l’Île de la Cité, « Le vieux bistrot » accueille ses premiers accords musicaux. Puis, il est pris dans le cabaret « Chez Bernadette » pour faire la vaisselle et y user ses cordes vocales. En ce lieu naît un patronyme pour l’éternité : Coluche.

 

Un soir, l’acteur Romain Bouteille vient à passer et repart avec ce jeune talent de 23 ans sous le bras. Il l’emmène dans son célèbre « Café de la gare » aménagé par ses soins. S’y escrimeront notamment Patrick Dewaere et Sylvette Herry, alias Miou-Miou. Les spectateurs paient leur entrée selon une loterie qui leur permet de payer de 0 à 30 francs. Deux entractes ont lieu où les comédiens font le service. Le public est conquis. Coluche fonde avec des amis la troupe « Le vrai chic parisien ».

 

En 4 ans, il joue avec succès « Thérèse est triste » et « Ginette Lacaze » avant que Dick Rivers n’impose lui-même cette jeune bande en première partie de son Rock'n Roll Show à l'Olympia. La troupe joue également « Introduction à l'esthétique fondamentale » avant que Coluche ne la quitte. « J’ai eu deux coups de pot dans ma vie : être découvert par Bouteille et être viré par Bouteille » avouait-il quelques mois après. Nous sommes en 1974 et tout le monde se rend compte que le jeune trublion peut faire rire seul. »

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 06:25
L' « Appel du 18 joint » Que du bon chez les vins libres pour s’hydrater sous la canicule !

Qui se souvient de 1976 ?

 

Ma pomme, en provenance de Constantine, je posais les valises de ma petite famille dans un minuscule 2 pièces, au 2e étage sans ascenseur, à Paris, rue Mazarine, dans le 6e.

 

C’était encore un village avec des petits commerçants, boulanger, bougnat, épicier… un peu bruyant mais au cœur de la ville capitale.

 

C’était à quelques encablures de mon nouveau job au Ministère de l’Agriculture, rue Barbet de Jouy dans le 7e, je m’y rendais à pied.

 

Chargé de mission à la Direction de la production et des Echanges avec mon compère Claude Sauser, dès mon arrivée nous fûmes en première ligne pour imaginer un système d’indemnisation pour les agriculteurs frappés par l’une des plus rudes sécheresses de l’après-guerre.

 

Début juin, les syndicats agricoles interpellent donc Christian Bonnet, ministre de l'agriculture du gouvernement de Jacques Chirac, afin de lui demander de venir en aide avant l'automne aux exploitants. Il devient en effet urgent d'agir, les conséquences de la sécheresse commençant à se faire sentir.

 

Dans un tout petit bureau, avec l’un des premiers ordinateurs : un Wang, nous tripatouillions les données de la météo pour tenter de dresser une carte de la sécheresse.

 

Imaginez deux clampins payés 2 balles débarquant dans la salle à manger du Ministre à l’Hôtel de Villeroy, lieu des réunions, face à une brochette d’IGREF savants, plus ou moins polytechniciens.

 

Ils nous écoutaient pourtant, c’était moi qui assurait le service après-vente de nos travaux, je devrais dire de ceux de l’ami Claude Sauser. Ce qui les impressionnait c’était ce que pondait notre Wang. En ce temps-là, celui des gros ordinateurs Bull chers au Plan Calcul, le micro-ordinateur était une drôle de petite bête pour ses grosses têtes.

 

Je vous assure que ce fut jouissif !

 

« Malheureusement, la sécheresse dure, au point que certains habitants de zones agricoles se tournent vers la prière. Le Monde daté du 27-28 juin 1976 indique ainsi que l'évêque de Coutances (Manche) préconise l'oraison suivante aux fidèles : « Dieu à qui nous devons de naître, nous dépendons de toi en toute chose, accorde-nous les pluies dont nous avons besoin, afin qu'étant rassurés pour les fruits de la terre, nous puissions mieux rechercher les biens d'éternité ». Le 4 juillet, le pape Paul VI lui-même a invité les dizaines de milliers de catholiques venus recevoir sa bénédiction à prier pour la pluie. « Dieu, déclarait-il, attend peut-être la foi de notre invocation filiale pour rendre l'équilibre aux saisons, la fécondité à la terre, le courant aux rivières, le rafraîchissement à la soif des vivants. Prions donc pour que l'eau désirée recommence à courir sur le sol aride. »

 

DE LA « SOLIDARITÉ NATIONALE » À « L'IMPÔT SÉCHERESSE »

 

Le 28 juin, un cultivateur de Cuinchy (Pas-de-Calais) se donne la mort, ne pouvant plus nourrir ses quatorze vaches et ses porcs. « Arrivé au bout de ses ressources, et pris de panique à la pensée qu'il allait devoir envoyer son petit cheptel à l'abattoir, M. Lemaire s'est tiré une balle dans la tête », rapporte le journal. Deux jours plus tard, le président de la République Valéry Giscard d'Estaing qualifie la sécheresse lors du conseil des ministres de « calamité nationale », qui nécessite comme réponse la « solidarité nationale ».

 

Lors du dernier conseil des ministres du gouvernement Chirac, le 25 août 1976, la décision est officialisée : une aide de 2,2 milliards de francs sera versée aux agriculteurs, financée en partie par un exceptionnel « impôt sécheresse » basé sur l'impôt sur le revenu, et qui concernera plus de 2 millions de Français – les moins fortunés étant exemptés. Porté depuis la démission de Jacques Chirac par Raymond Barre, ce prélèvement provoquera « de vives réactions d'hostilité émanant de centrales syndicales de salariés et également de responsables départementaux paysans », rapporte Le Monde du 2 septembre 1976. Parmi les agriculteurs, beaucoup en effet trouvent la somme dérisoire par rapport aux dégâts subis, et auraient préféré un autre moyen que l'impôt en guise de dédommagement. De son côté, la CGT dénonce la « volonté du gouvernement de faire payer aux salariés les frais de la sécheresse ».

 

Bien évidemment, Claude et moi, fûmes pour rien dans l’invention de l’impôt sécheresse, les politiques avaient repris la main avec le succès que l’on sait. Cette indemnisation fut l’une des plus inéquitables qui fut, beaucoup de céréaliers beaucerons s’en servirent pour investir dans l’immobilier alors que les éleveurs furent les dindons de la farce. Je pus mesurer la force de l’AGPB (les céréaliers) et la duplicité de la FNSEA alors dirigée par Michel Debatisse, lui-même éleveur dans le Puy-de-Dôme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et pendant ce temps-là, en juin 1976. Bernadette Lafont, Alain Geismar, Bernard Kouchner, Philippe Sollers... et bien d'autres demandent la dépénalisation totale du cannabis.

 

Texte publié dans «Libération», le 18 juin 1976.

 

«Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple "joint de cannabis (sous ses différentes formes: marijuana, haschich, kif, huile) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre.

 

Des dizaines de documents officiels (notamment les rapports La Guardia aux Etats-Unis, Wootton en Grande-Bretagne, le Dain au Canada) ont démontré que le cannabis n'engendre aucune dépendance physique, contrairement aux drogues dites "dures, telles que l'héroïne, mais aussi au tabac ou à l'alcool, et n'a aucun effet nocif comparable ("Pas même une bronchite, sauf chez les grands fumeurs, a écrit aux Etats-Unis le directeur de l'Institut national contre l'abus des drogues). Le contenu de ces documents n'a jamais été porté à la connaissance du public français, on a préféré laisser la grande presse mener des campagnes d'intoxication fondées sur des mensonges ineptes.

 

Dans de nombreux pays déjà ­ Etats-Unis (Californie, Oregon, Alaska), Pays-Bas, Canada" ­, la législation sur le cannabis a été considérablement adoucie. En France, on continue d'entretenir la confusion entre drogues dures et drogues douces, gros trafiquants, petits intermédiaires et simples usagers. Cela permet de maintenir et de renforcer une répression de plus en plus lourde: depuis 1969, la police peut perquisitionner chez n'importe qui, sans mandat, à toute heure du jour ou de la nuit, sous prétexte de drogue. Cela permet des arrestations massives de jeunes et des quadrillages policiers. Cela sert à justifier la détention de centaines de personnes, petits revendeurs ou fumeurs de cannabis, quand tout le monde sait que des gros bonnets de l'héroïne sont en liberté. Ces emprisonnements, bien sûr, sont sélectifs et frappent en priorité la jeunesse, surtout la jeunesse ouvrière et les immigrés, particulièrement dans les régions.

 

Or, des milliers et des milliers de personnes fument du cannabis aujourd'hui en France, dans les journaux, les lycées, les facultés, les bureaux, les usines, les ministères, les casernes, les concerts, les congrès politiques, chez elles, dans la rue. Tout le monde le sait. C'est pour lever ce silence hypocrite que nous déclarons publiquement avoir déjà fumé du cannabis en diverses occasions et avoir, éventuellement, l'intention de récidiver. Nous considérons comme inadmissible toute forme de répression individuelle, soumise à l'arbitraire policier, et entendons soutenir activement tous ceux qui en seraient victimes. Nous demandons que soient prises les mesures suivantes: ­ Dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantités de consommation courante.

 

Ouverture de centres d'information sur les substances psychotropes, en ordre alphabétique: alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, LSD, médicaments, tabac, etc.

 

Nous n'avons que faire de la légalisation de la marijuana, ni de sa commercialisation. Si des trusts à joints s'en emparent, c'est une question de société. Ce texte n'est pas un appel à la consommation. Il vise seulement à mettre fin à une situation absurde.»

 

« Ce texte conserve, vingt-deux ans après, un triple intérêt. D'une part, il met en relief des clivages de générations: une grande partie des signataires appartient à celle du baby-boom, touchée par la contestation des années 60. D'autre part, le texte d'accompagnement de Libération souligne, comme à plaisir, les clivages culturels qui sous-tendent l'initiative: les «traditionnels hallucinés du Parisien libéré» sont montrés du doigt. Enfin, et surtout, ce texte reflète une époque où la sphère de l'intime ­ les pratiques d'ordre privé ­ et les faits de société non seulement rejaillissent sur les pétitions mais investissent le champ politique au sens large. Ces faits relèvent d'un domaine où les processus d'évolution sont lents, les questions soulevées peuvent rester longtemps à l'ordre du jour; ainsi, deux décennies plus tard, du débat sur la dépénalisation de la drogue. »

 

Jean-François SIRINELLI 12 janvier 1998

 

Ce 18 juin 2017, au petit matin la journée s’annonçait caniculaire.

 

La sécheresse se profile en France, un phénomène que va multiplier le changement climatique

 

Comme dans beaucoup d’autres lieux en France, la pluie a manqué cet hiver. Elle a été « globalement déficitaire sur le pays depuis juillet 2016 », indiquait Météo France dans un bulletin du 16 mai. Et de poursuivre : « En avril, à la suite des faibles précipitations conjuguées aux températures élevées durant la première quinzaine, la sécheresse des sols s’est accentuée sur l’ensemble du pays. » Les pluies ont manqué aux sols en surface, mais aussi aux nappes phréatiques souterraines. « Les niveaux sont plus bas que les autres années, note Laurence Gourcy, hydrogéologue au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Les deux tiers des nappes (67 %) affichent un niveau modérément bas à très bas. La situation montre qu’un tiers seulement du territoire a, à ce jour, bénéficié de la recharge hivernale habituellement observée à cette période de l’année », relève le bulletin de son Institut.

 

Donc, ce dimanche 18 juin, passage rapide dans l’isoloir puis départ via le boulevard St Michel, la montée vers la gare de l’Est, passage par Stalingrad puis montée vers le parc des Buttes-Chaumont.

 

Fait déjà chaud, lorsque je pose mon vélo 22 rue du Plateau devant chez Que du Bon je suis en nage.

 

Je m’hydrate à la Chateldon.

 

Ma bouteille à la main je salue les vignerons qui s’activent doucement sous les tentes pour mettre leurs vins au frais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le coup de 10 heures je me mets au taf et voici le résultat en images :

L' « Appel du 18 joint » Que du bon chez les vins libres pour s’hydrater sous la canicule !
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L' « Appel du 18 joint » Que du bon chez les vins libres pour s’hydrater sous la canicule !
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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 08:00
CHAP.19, temps suspendu, «Je me retirerai de la politique les deux pieds devant !» Mélenchon

Dans notre vieux pays fourbu nous vivons une époque formidable, un bon tiers des français qui se sont abstenus l’ont fait, disent les sondages, par lassitude de la votation. Comme si la surexcitation des primaires de la droite avec son lot de surprise et de dégagisme, le coup raté de Balpop portant le petit Hamon sur le pavois, l’irruption de deux trublions dans le haut du tableau, un tout lisse et propre sur lui, Macron, un tout rugueux qui se fait matois, Mélenchon, avaient porté très haut le taux d’adrénaline de la population pour virer à la déprime sitôt l’élection de Macron.

 

On eut pu s’attendre au contraire, étant donné les 4 quarts du premier tour à un troisième tour revanchard pour Mélenchon, la LMP et le petit Baroin. Pour ce dernier la nomination d’Édouard Philippe à Matignon a été fatale, ses rêves de cohabitation sont partis en fumée. En revanche, pour les deux extrémistes la douche fut glacée, leurs électeurs sont allés à la pêche, dur retour à la réalité de la versatilité du fameux peuple chanté lorsqu’il adhère, évaporé lorsqu’il se dérobe. Seul l’électorat de Macron s’est mobilisé.

 

Le camarade JF Khan, qui est parfois un peu foutraque, mais qui peut aussi avoir des fulgurances géniales :

 

Pourquoi les macronistes peuvent remercier le journal Libération

 

L'électorat bourgeois de droite, stupéfait, ébloui, a commencé à se convaincre que ces « gens d'En Marche », tout compte fait, n'étaient pas si mal.

 

De toutes les surprises que nous ont réservé les élections législatives, la plus improbable, la plus inouïe est l'ampleur qu'a pris, en une dizaine de jours, le basculement d'un électorat bourgeois et grand bourgeois de droite dans le camp Macron.

 

Pour la première fois sans doute, dans l'Histoire de la République, des villes, des circonscriptions qui, depuis 1789, avaient toujours été fidèles à la droite conservatrice ou réactionnaire, même au lendemain de la Libération, l'ont larguée, cette fois, pour se donner à d'autres.

 

Et cela bien que ces villes et circonscriptions aient largement plébiscité François Fillon il y a un mois et demi. Dans le XVIème, Fillon avait obtenu 58 % des suffrages, or la droite est ramenée à 27 % et écrasée par "En Marche!". A Neuilly, 62 % pour Fillon, et 21 % seulement pour le candidat LR contre "La République en Marche" à 42 %.

 

Ont également fait faux bond, pour la première fois, à la droite, le XVIIème et le VIIème arrondissement de Paris, ce Faubourg Saint-Germain où, en 1814, on acclama l'entrée à Paris des cosaques, mais aussi Versailles, Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Tropez dans le Var, une grande partie des Alpes-Maritimes, Cholet dans le Maine-et-Loire, Chamalières où le fils de Giscard d'Estaing est battu...

 

Que s'est-il donc passé?

 

En fait, ce surplus de raz-de-marée c'est aux médias de gauche qu'Emmanuel Macron le doit.

 

Dix jours avant le scrutin, en effet, pour remobiliser leur camp, ce qui était parfaitement légitime, ils ont déclenché une puissante offensive sur le thème de la droitisation du macronisme: alerte, il y a un plan caché pour mettre à bas le droit du travail, un véritable retour au XIXème siècle! Alerte, au nom de la lutte implacable contre le terrorisme, on s'apprête à mettre à mal les libertés publiques et à court-circuiter les juges ! Alerte, à l'éducation nationale la "réaction" est de retour!

 

Les radios et télévisions ont largement répercuté ces thèmes et polémiques. Résultat: l'électorat bourgeois de droite, stupéfait, ébloui, a commencé à se convaincre que ces "gens d'En Marche", tout compte fait, n'étaient pas si mal, que loin d'être des ersatz de socialistes, comme on leur avait seriné, ils étaient près à oser ce devant quoi la droite avait toujours reculé, que ce n'était pas une gauche de substitution, mais une droite de substitution. D'où ce basculement, parfois massif. Merci Libé!

 

Phénomène d'autant plus surréaliste, qu'au même moment, dans Le Figaro, Yves de Kerdrel, qui est au néolibéralisme ce que Jean Kanapa était au marxisme, explique que Macron est en train de trop céder aux syndicats et que sa "loi travail", bien timide, est largement en retrait sur celle qu'avait institué Gerhard Schröder en Allemagne.

 

Logiquement ce glissement des voix de droite vers "La République en Marche" aurait du être compensé par un retour d'électeurs de gauche effrayés. Or, seconde surprise, cette campagne n'a eu sur eux absolument aucun effet. Au mieux, ils se sont abstenus. Peut-être n'ont-ils pas oublié que la "loi travail" est, à l'origine, une initiative d'un gouvernement socialiste.

 

Résultat, et c'est une autre première absolue dans notre Histoire, alors que "La République en Marche" cartonnait dans des villes et quartiers de la droite bourgeoise et grande bourgeoise (l'électorat populaire de droite, en revanche, est resté fidèle), elle cassait la baraque dans des fiefs de gauche et d'extrême gauche, s'emparant par exemple des deux ex-sièges réputés imprenables de Laurent Fabius en Seine-Maritime ou d'Henri Emmanuelli dans les Landes, s'imposant dans le XIXème parisien et arrivant même en tête à Aubervilliers et à Ivry.

 

Le gaullisme triomphant fut globalement plus puissant, mais il n'avait pas réussi à ce point à faire exploser les vieux clivages politico-sociologico-territoriaux.

 

Cette recomposition, en grande partie ambiguë, aura une autre conséquence lourde de sens, c'est qu'on découvrira dimanche soir que non seulement la "vraie droite" comme ils disent, c'est-à-dire non macronisée, devra se contenter d'une cinquantaine de sièges seulement, mais aussi que la plupart des représentants de la droite dure – Georges Fenech, Jacques Myard, Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq, Claude Goasguen, Elie Aboud, Alain Marsaud, Philippe Meunier, Guillaume Larrivé, peut-être même Eric Ciotti et Eric Woerth, risquent de se retrouver au tapis.

 

Heureusement, pour que tous les repères ne soient pas d'un seul coup emportés, restera l'ineffable Christian Jacob.

 

Ce qu'Emmanuel Macron a mieux compris que les autres pour incarner le renouveau par Bertrand Delais Documentariste, journaliste, auteur de En Marche vers l'Elysée

 

À la veille du second tour des élections législatives qui vont offrir une majorité forte au Président, il convient de s'interroger sur les contours politiques de son mouvement...

 

A la question, le macronisme existe-t-il, on ne peut que répondre par l'affirmative... Les succès sont là, l'engouement aussi et son expérience volontiers raillée plaide en réalité pour lui... Mais là où les choses semblent se compliquer, c'est lorsqu'il s'agit de le définir, de lui trouver un corpus idéologique... Pourtant, il existe et c'est sa nature même qui rend difficile sa perception.

 

S'il y a un mot qui résume le macronisme et la méthode d'Emmanuel Macron, c'est la dialectique... On a volontiers raillé son fameux "en même temps" mais il pose une méthode qui fait de son mouvement quelque chose d'hybride, de paradoxal mais de profondément ancré dans notre histoire.

 

Le premier paradoxe est qu'Emmanuel Macron est à la fois l'enfant de la révolution libertarienne issue de Mai 68, avec un réel progressisme sur les questions de société, et celui de la révolution économique libérale survenue au cours des années 80. Une révolution portée historiquement par la gauche, une autre par la droite...

 

Mais surtout, et c'est là un premier paradoxe, il est l'enfant légitime qui prospère sur le rejet des deux matrices idéologiques qui semblent épuisées.

 

Alors pourquoi le macronisme parvient-il à sortir de cet épuisement, pourquoi parvient-il à incarner un renouveau politique?

 

La réponse à cette question qui permet de définir le macronisme est double.

 

D'abord, il y a une indéniable équation personnelle forte, posé dès la campagne électorale par Emmanuel Macron, candidat. Plus que d'autres, à rebours de la plupart des leaders d'opinion, Emmanuel Macron comprend la nécessité de remettre une verticalité dans la pratique politique. Il rompt non seulement avec l'héritage de François Hollande qui s'était fourvoyé en théorisant l'idée d'un Président normal, mais il rompt aussi avec une certaine culture de la 2ème gauche et absorbe une partie de l'héritage culturel de la droite avec son culte du chef...

 

Il y avait dès la campagne un mélange d'horizontalité dans la genèse du mouvement avec le diagnostic, l'intervention forte des militants et de la verticalité avec un parti de masse totalement dévoué au chef.

 

Toujours une dialectique entre l'ordre et le mouvement... Mais surtout, cela lui permet de se défaire de tout surmoi idéologique au nom d'une seule efficacité. En cela, il renoue avec les militaires égarées en politique qui faisait valoir une réussite de terrain, de Bonaparte à de Gaulle. Il est un enfant de la dissuasion, de l'après... Son efficacité s'appréhendera sur le terrain économique. Dans cette configuration, son passé à la banque Rotschild n'a pas constitué un handicap, bien au contraire..

 

Un homme seul, dépourvu de schémas idéologiques mais pas sans conviction, voilà qui pourrait définir la démarche d'Emmanuel Macron... La recherche d'une dialectique entre libéralisme et égalité incarnée par la volonté d'un homme là où les idéologies les oppose... C'est cette dialectique du libéralisme égalitaire qui est au cœur de sa conviction...

 

Mais si on veut le macronisme, il y a une autre particularité, avec là encore une construction dialectique.

 

Il apparaît comme un homme moderne dans son époque, par son refus des idéologies, par sa volonté d'incarner la révolution numérique mais son inclinaison naturelle est plus classique voire plus conservatrice... Il pense que la culture classique constitue un rempart contre la ségrégation sociale et en cela épouse les contours d'un politiquement incorrect loin de la pensée mainstream dominante... Il est transgressif avec des références classiques..

 

Au fond, pour définir la pensée d'Emmanuel Macron, il faut se référer à l'un de ses philosophes préférés, Alain.

 

Il n'y a pas de courant de pensée se réclamant de lui, il y a une volonté de s'affranchir des schémas de pensée, la philosophie étant là pour éveiller l'esprit.. Toujours, il fait le pari de la raison, comme marque de respect...

 

Cela renvoie à Emmanuel Macron à Amiens avec les ouvriers de Whirlpool où il revendique son discours de raison. Il y a là une forme de bienveillance d'un homme libre et qui incarne à lui seul une rupture avec le cynisme de l'époque...

 

L'histoire dira si cette incarnation était celle d'un moment ou celle d'un sursaut historique

 

«En Marche, c’est un peu l’esprit de milice helvétique appliqué à la France» par Richard Werly Le Temps

 

Un tsunami de députés jamais élus auparavant s’apprête, dimanche, à déferler sur l’Assemblée nationale. Investis par La République en marche!, ils n’ont pour la plupart jamais rencontré celui à qui ils doivent tout: le président de la République, Emmanuel Macron. Portrait d’une déferlante qui rêve de transformer la France.

 

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Comment le big bang Macron pourrait remettre la politique française à l'endroit par Chloé Morin Directrice de l'Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès

 

Au lieu de vouloir faire rentrer les électeurs dans des cases qui n'ont plus aucun contenu idéologique clair et cohérent, partons du bas pour reconstruire le haut.

 

Au lieu de se demander s'il est normal que Benoît Hamon appelle à voter pour la candidate France insoumise opposée à Manuel Valls, de reprocher à ce dernier d'avoir soutenu Emmanuel Macron, ou encore à Thierry Solère de vouloir voter la confiance au gouvernement, on ferait mieux de se poser les bonnes questions.

 

En matière d'idéologie comme en économie, certains croient fermement à la politique de l'offre, d'autres à la politique de la demande. Les discours tenus par les médias, partis, institutions façonneraient l'opinion (politique de l'offre). Ou, à l'inverse, les responsables politiques ne seraient élus et les médias écoutés que dès lors qu'ils feraient écho à des opinions/convictions pré-existantes dans la société.

 

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Législatives: «Je me retirerai de la politique les deux pieds devant!»... Mélenchon répond à nos lecteurs

 

Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise et candidat dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône a accordé une interview à 20 Minutes. Une centaine de questions, quelques trolls, vous, lecteurs, avez posé vos questions à Jean-Luc Mélenchon, nous lui en avons soumis une dizaine.

 

Sur quels enjeux pensez-vous que la victoire va se jouer dimanche ?

 

Avant le premier tour, il n’y a eu aucun débat, ça a été une apologie permanente du gouvernement en place. Mais cette dernière semaine, des médias ont révélé des énormités comme le projet de destruction du Code du travail ou la mise dans le droit commun des mesures liberticides de l’état d’urgence. Même les gens éloignés de moi politiquement m’ont dit leur stupeur. Les gens découvrent que les candidats du « renouveau macroniste » ont déjà une expérience politique. A ceux qui ont éjecté Les Républicains et le PS, Macron propose un potage qui est le concentré des deux. Je vois venir un effet correcteur contre la vague Macron.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 06:00
Le PS d’Épinay dans le coma, les Républicains à la dernière station de leur chemin de croix, la gauche et la droite ne sont-elles plus qu’extrême ?

Pour ne rien vous cacher l’implosion du PS à la sauce Mitterrand ne me fend pas le cœur et, si obsèques il y a, je m’abstiendrai. Nous faire accroire que Gérard Filoche et Manuel Valls sont de gentils camarades c’est nous prendre pour des veaux.

 

« Mélenchon m’a tué » pourraient s’écrier les derniers grognards, les Dray, Hamon, Aubry et autres frondeurs balayés comme des fétus de paille, jetés tels des kleenex. C’est vrai, le conducator veut rayer de la carte PS et PCF, la vieille union de la gauche qui l’a nourri durant des décennies.

 

Y’a du Guy Mollet dans ce Mélenchon, des mots durs et une pratique molle, comme un goût de Vieux Monde, de recettes éculées ripolinées à la sauce écolo-alterno, de quoi séduire, je le comprends, une génération contestataire de précaires. L’ego du Jean-Luc qui a toujours dépassé la largeur des portes du pouvoir et son entreprise d’insoumis n’est que son dernier faire-valoir de vieux cheval de la politique.

 

Laissons-le là pour ausculter la Droite avec le bien à droite Dominique de Montvalon ancien rédachef du JDD :

 

« À la veille du second tour des législatives, le pur chiraquien François Baroin s’efforce de donner le « la » à des troupes qui n’ont toujours pas compris comment une élection « imperdable » avait été perdue, et à qui la faute. Et qui, du coup, « flottent ». Exercice de haute voltige.

 

1. Il assure qu’Emmanuel Macron aura évidemment sa majorité absolue.

 

2. Mais il affirme qu’une majorité « écrasante » écraserait le débat.

 

3. Il appelle donc les électeurs de droite – les pro-Macron comme les autres – à corriger le tir du 1er tour en votant au second pour des candidats de droite, qu’ils soient de la première ou de la deuxième « famille ».

 

4. Il se déclare « constructif » (adjectif… macroniste s’il en est) mais, dans la foulée, hostile notamment à la hausse de la CSG, il dit qu’il ne votera pas la confiance.

 

5. Il annonce que, son travail terminé au soir du second tour, il retournera à Troyes et au Sénat, et ne se mêlera pas de la bataille Bertrand-Wauquiez qui se profile pour la présidence de ce qui restera des Républicains.

 

6. Il refuse, pour quelques jours encore, de participer au grand déballage inévitable sur les causes du désastre de son camp. Mais lui, le chiraquien, le laïque, l’anti-FN, le « constructif » (radicalement opposé à toute forme d’opposition systématique), il met déjà les choses au point sur un fait pour lui majeur : s’il est venu participer le 5 mars au Trocadéro au meeting de François Fillon, dont le succès doit beaucoup à Sens Commun, c’est uniquement, assure-t-il, parce qu’il pensait que Fillon, ce jour-là, jetterait l’éponge.

 

En revanche, pas un mot dans sa bouche, sur le fait que Nicolas Sarkozy –qui avait fait de Baroin son dauphin- a tout fait pour torpiller ce scénario qui, pour le meilleur ou pour le pire, aurait alors ouvert la voie à un certain Alain Juppé.

 

Il est loin le temps –pourtant pas si lointain !- où François Baroin fixait comme objectif à son camp de gagner les législatives pour… cohabiter ensuite pendant cinq ans (sic) avec Emmanuel Macron.

 

Même aujourd’hui, la droite a-t-elle pris la pleine mesure de ce qui lui est arrivé ? Clairement non.

 

Il y a les responsabilités –énormes- du candidat Fillon. Elles ne se limitent pas, loin s’en faut, aux désastreuses affaires qui l’ont plombé.

 

Il y a le poids d’un projet concocté en cercle restreint, trop intégriste et trop « punitif » pour répondre, au-delà de la primaire, aux complexités et aux attentes de la société française.

 

Il y a eu aussi, de la part de la droite, une surestimation arrogante de ses propres forces et une sous-estimation désarmante de celles de l’adversaire.

 

Par mer déchaînée et horizon bouché, François Baroin aura fait son devoir -sans illusions mais, au fond, avec une certaine classe- sur ce qui va immanquablement se produire au sein de l’ancienne droite dès les législatives finies: un carnage. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 3 droites

 

René Rémond est à l'origine d'une distinction célèbre entre les «trois droites» françaises : «légitimiste» ou réactionnaire (en référence à la Restauration de Louis XVIII et Charles X), «orléaniste» ou libérale (elle rappelle le règne relativement prospère et débonnaire de Louis-Philippe 1er), «bonapartiste» ou autoritaire (en référence bien sûr au règne fulgurant de Napoléon 1er), dont il suit la trace de la fin de l'Empire au milieu du XXe siècle. Son analyse est au coeur d'un ouvrage majeur : La Droite en France de 1815 à nos jours (1954, Aubier-Montaigne) réédité en 1982 sous le titre : Les droites en France (Aubier-Flammarion).

 

Cette distinction est plus difficile à suivre aujourd'hui, 60 ans après René Rémond, la nouvelle typologie de la droite L'historien Gilles Richard publie une Histoire des droites en France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • Le Front national n'apparaît pas dans la typologie de René Rémond. S'agit-il d'un parti de droite ou d'extrême droite? Quelle est sa place dans l'histoire de la droite?

 

René Rémond avait bien conscience, à la fin de sa vie, que sa tripartition posait problème… Le FN est un parti issu de la famille politique nationaliste, née avec l'épisode boulangiste au moment où la «République des Jules» s'imposait. Pour des raisons que je détaille dans mon livre, cette famille nationaliste a longtemps eu beaucoup de mal à se doter d'un parti qui la représente efficacement. Et son soutien, massif et prolongé, à Vichy l'a profondément fragilisée. Mais elle n'a jamais disparu et le FN, fondé en 1972, a su lui redonner son lustre à partir de 1984. Droite ou extrême droite?

 

Je n'emploie jamais l'expression «extrême droite» parce que cela supposerait qu'il y ait UNE droite (et UNE gauche), avec seulement des nuances à l'intérieur de chacune - du bleu ciel au bleu (M)arine, du rose pâle au rouge vif. Or, pour moi, il y a DES familles politiques se classant à droite ou à gauche selon les époques. Les nationalistes sont sans aucun doute une des familles politiques qui se sont rangées à droite de la ligne de clivage apparue au tournant du XIXe et du XXe siècles. Mais ils ne sont pas plus «extrémistes» que les libéraux sont «modérés». Dit autrement, je ne vois que des nationalistes extrêmement nationalistes, des libéraux extrêmement libéraux, des agrariens extrêmement agrariens, etc.

 

  • Selon vous, l'année 1974 marque un tournant dans l'histoire de la droite. Pourquoi?

 

Sans aucun doute, l'année 1974 a marqué le point de départ de notre présent politique. Pour deux raisons: premièrement, s'est enfin imposée, parmi les familles de droite, la famille (néo)libérale qui, jusque-là, avait toujours dû partager le pouvoir avec d'autres - les radicaux jusqu'à 1940, les gaullistes après la Libération ; deuxièmement, en même temps - mais sans que cela ait au départ le moindre rapport avec l'élection de Valéry Giscard d'Estaing - l'économie française (comme ses voisines) est entrée de plain-pied dans la troisième révolution industrielle (automatisation, multinationalisation, délocalisations et financiarisation) et son corollaire, le chômage de masse qui, en une décennie, a porté un coup fatal au mouvement ouvrier tel qu'il s'était bâti depuis la fin du XIXe siècle et avait imposé la question sociale comme question centrale dans la vie politique.

 

Depuis cette époque, les deux principaux courants qui s'opposent sont les nationalistes et les néo-libéraux. Que révèle cet affrontement?

 

  • L'entrée dans « une nouvelle ère », selon les mots de « VGE » après son élection en mai 1974, a permis aux néolibéraux d'imposer leur projet politique.

 

L'entrée dans «une nouvelle ère», selon les mots de «VGE» après son élection en mai 1974, a permis aux néolibéraux d'imposer leur projet politique, leur vision de la France dans le monde. Pour eux, les principes du capitalisme sont les plus sûrs fondements d'une vie harmonieuse en société. C'est là le cœur de leur doctrine. Et c'est à l'État d'en garantir la pérennité. Ils ont pu enfin agir à leur guise ou presque parce qu'au même moment, leur principal adversaire, les gauches issues du mouvement ouvrier, s'est évaporé. Depuis 1984, quand le PCF s'est retrouvé avec un score électoral d'avant 1936 et que le PS a renoncé officiellement à «changer la vie», le projet néolibéral s'est déployé sans obstacle majeur, à travers la déconstruction de la République sociale telle qu'elle s'était bâtie, par à-coups, entre 1936 et 1982, et parallèlement la construction de «l'Europe» comme grand marché unifié et structure politique supranationale. C'est dans ce double contexte (triomphe des néolibéraux, effondrement du mouvement ouvrier) que le FN a su - non sans difficultés - reconstruire un projet nationaliste adapté au présent et une force capable de le soutenir.

 

  • La victoire de François Fillon à la primaire de la droite est-elle le fruit d'une synthèse réussie entre ces deux tendances?

 

Oui, d'une certaine manière. Elle est aussi la reprise de la stratégie sarkozyste développée entre 2002 (quand il entre Place Beauvau) et 2012, consistant à défendre un projet de société néolibéral tout en tenant un discours «identitaire» pour récupérer une partie des électeurs frontistes, sans faire d'alliance électorale avec le FN. Une stratégie qui a semblé réussir en 2007, face à un adversaire frontiste dépassé, «le Vieux» comme on nomme Jean-Marie le Pen au FN, et faisant campagne sur des nouveaux thèmes difficilement audibles par ses électeurs (cf. le discours de Valmy sur «le creuset français»).

 

Mais un succès sans lendemain, avec un renouveau du Front national dès 2011 quand Marine Le Pen a succédé à son père. François Fillon a fait le choix de s'inscrire dans la même ligne (projet néolibéral et défense de l'identité française) que Nicolas Sarkozy mais d'une façon plus cohérente que lui - en centrant sans détour son discours identitaire sur les valeurs du catholicisme traditionnel - et plus crédible - il s'est présenté comme le candidat anti-«blingbling», pour parler de façon familière. Dans le contexte de mobilisation des milieux catholiques autour de La Manif pour tous et face à un Alain Juppé refusant le discours identitaire sarkozyste, il l'emporta donc.

 

  • Au-delà des affaires, ces difficultés traduisent-elles la séparation de plus en plus nette entre ces deux courants. Peuvent-ils continuer à coexister au sein de LR?

 

J'ai montré dans mon livre, écrit avant les affaires, que la stratégie filloniste n'était pas forcément gagnante, malgré l'excellent score réalisé lors de la primaire. Même sans les affaires, le choix de faire cohabiter deux systèmes de valeurs opposés, deux visions du monde antinomiques n'est pas chose aisée. Et même, sans doute, chose impossible dans la durée, c'est-à-dire au-delà d'une campagne électorale. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy l'a en tout cas démontré. C'est tout le problème de LR aujourd'hui. Le parti, l'UMP au départ, a été construit en 2002 par Alain Juppé avec l'objectif de fondre à terme dans la grande famille néolibérale toutes les familles de droite (démocrates-chrétiens, agrariens de CPNT, gaullistes, etc.) à l'exception des nationalistes.

 

Nicolas Sarkozy, par sa stratégie, a complètement infléchi le projet initial en redonnant une place importante au nationalisme au sein même du parti. Mais on le voit, la cohabitation est difficile, voire impossible. Comment concilier «l'ouverture» au monde - «le multiculturalisme» disent ses thuriféraires - qu'implique le néolibéralisme et la défense d'une «l'identité nationale» renvoyant à une époque où la France était un pays partagé à égalité entre ruraux et citadins, majoritairement catholiques, maître d'un immense empire colonial?

 

  • Plus largement, le clivage droite gauche semble s'effacer au profit d'un nouveau clivage: «progressistes contre conservateurs», selon Macron ou «patriotes contre mondialistes», selon Le Pen. Qu'en est-il?
  •  

Le clivage droite(s)-gauche(s) s'efface en effet car la question nationale est devenue, par l'action continue, méthodique, efficace du FN la nouvelle question centrale. Elle met désormais aux prises, en première ligne, deux familles de droite (d'où le désarroi des gauches…), «progressistes contre conservateurs» ou «mondialistes contre patriotes» disent les intéressés, néolibéraux contre nationalistes selon moi. Chacun des deux camps possède un atout-maître. Pour les premiers, c'est l'infini pouvoir de séduction de la société de consommation sur les individus - malgré les ravages qu'elle entraîne. Pour les seconds, c'est la force que leur donne le fait d'avoir récupérer le cœur de l'électorat des gauches, laissé en jachère politique par elles, c'est-à-dire les classes populaires - mais leurs attentes ont-elles beaucoup à voir avec le nationalisme? Entre ces deux ensembles, rien n'est encore joué. L'un ou l'autre peut l'emporter.

 

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