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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 06:00
Les vins les + Bordeaux selon Saint Jacques Dupont le médocain : le grand retour de la tension !

Dans les années 70 il y eut le Monsieur + de Bhalsen. C’est Daniel Robert, un grand publicitaire, l’inventeur de Bison Futé et auteur de slogans cultes :

 

  • « Un verre ça va, trois verres, bonjour les dégâts ! »,

  • « Tu t'es vu, quand t'as bu ? »

  • « SNCF, c'est possible ! ».

  • « Au secours la droite revient ! »
  •  

Devrait l’embaucher à Vin&Société rien que pour faire plaisir au Jacques du Point qui, après 5 semaines passées à déguster, visiter, questionner, dans tout le bordelais ; avoir tenu son journal ; sonne l’heure des premiers bilans du millésime 2014.

 

Dieu que c’est triste et sec un bilan : actif – passif, et les comptables ne sont guère de joyeux lurons leveurs de coude. J’attends avec impatience le compte pertes&profits !

 

Trêve de plaisanterie sinon je vais me faire gronder par Mr Farge…

 

Que dit notre grand arpenteur-chroniqueur dans son 12e opus ?

 

« C'est du côté du Médoc qu'il faut aller chercher les expressions les plus intéressantes du millésime 2014. Ailleurs, on trouve de jolis vins et, de temps à autre, quelques exceptionnels, mais c'est sur la rive gauche, au royaume du cabernet-sauvignon, que l'on trouve les vins les plus toniques, les plus racés, les plus Bordeaux dans la version inimitable, originale, digeste, fraîche, tendue, gastronomique que ce qualificatif signifie. »

 

Je dois vous avouer qu’en lisant cette entame j’ai atteint l’extase, même l’épectase chère à feu le cardinal Daniélou, au vu du grand retour du tendu dans la bouche de Jacques !

 

Oui, mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, dès 2009 je détectais de sa part une grande propension pour la tension et je commis un article La « tension » du vin selon Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble en dégustation à Bordeaux qui eut un grand retentissement dans le Landerneau du vin. 

 

En effet j’écrivais :

 

« Comme je suis plutôt un gouteur de mots qu’un gouteur de vins je me suis donc plongé dans une lecture attentive, attentionnée même, du guide de Jacques Dupont « Bordeaux le millésime 2008 ». Qu’en dire me suis-je dit chemin faisant ? Commenter les commentaires ? Ridicule ! Dresser un florilège des propos, forts intéressants, des gens du vin de châteaux rapporté par Jacques ? Risqué ! Que faire alors ? Lire avec mon compagnon habituel : un crayon de papier taillé pointu. Et comme souvent, ma main, mue par je ne sais quelle pulsion, s’est mise en mouvement sans que je sache très bien où elle voulait me conduire. Avec mon crayon je dessinais des bulles autour de mots et d’expressions. Comme j’adore les bulles et que je suis un bulleur, rien d’étonnant mais, très vite, passant de l’état gazeux à l’état solide je ne pouvais que constater une forme de scansion de mes notations « bullesques » : tendue au féminin pour la bouche et tendu au masculin pour le vin. »

 

Les résultats statistiques ICI

 

Revenons au Médoc pour nous demander avec le Jacques si ce retour des Bordeaux à ce qui faisait leur charme est :

 

  • 1 Clin d'œil du destin, l'arrêt des notes du célèbre dégustateur américain coïncide avec ce millésime où la vivacité, l'élégance, le tonus l'emportent sur la largeur, la richesse, la densité ?

  • Le triomphe modeste d'une certaine vision du vin et de la vinification, celle incarnée par l'œnologue Éric Boissenot dans une certaine continuité familiale.

 

Pour éclairer votre lanterne sur la méthode Boissenot lisez

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 06:00
Nostradamus avait-il prédit l’avènement du vin nature en nous donnant sa recette du vin cuit ?

Ce matin je suis d’humeur taquine pour plein de raisons, des bonnes et des mauvaises aussi, et bien sûr je ne vous en citerai aucune. J’aurais pu être colère contre quelqu’un qui n’a pas le courage de confronter ses opinions à la contradiction et qui se contente de balancer des horions par voie privée. Comme me l’écrit mon ami Olivier « Les insultes sont toujours à éviter. La rugosité dans le monde paysan est quotidienne. La franchise était aussi une valeur paysanne. Elle disparait. »

 

Aborder le vin par Nostradamus c’est un peu mettre celui-ci en compétition avec Elisabeth Tessier dont la plastique était plus enviable que ses prédictions.

 

En écrivant ceci je suis aussi sérieux qu’un Pape, en effet, dans un livre écrit en 1980 Jean-Charles de Fontbrune, éminent spécialiste de ce personnage visionnaire du XVIème siècle, écrivait que Nostradamus avait prédit la victoire de la gauche aux élections de 1981…

 

« Oui, le retour de la rose. D’ailleurs, à cette époque, les sondages donnaient Giscard d’Estaing en tête et Elisabeth Tessier prédisait sa victoire. Mitterrand en a fait son astrologue personnelle malgré son erreur car les gens de pouvoir aiment qu’on les flatte. Or, Nostradamus n’est pas un flatteur. »

 

Jean-Charles de Fontbrune, qui était Nostradamus, personnage que l’on connaît mal finalement ?

 

« C’est la question la plus importante car on ne le connaît que par des déformations colportées par les médias ou par des parapsychologues, des ésotéristes, des occultistes et autres faiseurs de miracles ! Dès 1545, soit 10 ans avant ses premières prophéties, Nostradamus est célèbre dans le royaume de France car il arrête les épidémies de peste. Après avoir obtenu son diplôme de médecin et d’apothicaire à Montpellier, il va vivre un drame en perdant sa femme et ses deux enfants de maladie. Il se lance alors dans des recherches et découvre les méthodes aseptiques 4 siècles avant Pasteur. Il parcourt la France et traite les gens : là où il passe, les épidémies de peste trépassent ! Mais Nostradamus ne va pas pouvoir parler de ses découvertes scientifiques par peur de l’Inquisition, car la peste était considérée à l’époque comme une malédiction divine. La Cour de France va l’appeler comme meilleur médecin de France et il va en profiter pour faire connaître ses premières prophéties. »

 

En 1555 il publie à Lyon en 1555 chez Antoine Volant (1 première édition en 1552 a été faite à Lyon par Jean Pullon de Trin) Excellent et moult utile Opuscule à touts necessaire, qui desirent auoir cognoissance de plusieurs exquises Receptes, diuisé en deux parties.

 

La premiere traicte de diuerses façons de Fardemens et Senteurs pour illustrer et embellir la face.

 

La seconde nous monstre la façon et maniere, de faire confitures de plusieurs sortes, tant en miel, que succre, et vin cuict,

 

« Ce livre de poche de format 123x75x20 mm, est imprimé sur une seule colonne, en caractères roman et italique, avec seulement 4 lettrines. Le nom de l'auteur et de l'éditeur est indiqué en début de livre et les pages sont numérotées avec des chiffres arabes, comme dans les livres modernes.

 

Entre 1505 et 1615, Lyon est un centre important d'imprimerie des livres, au même titre que Paris. En plus de la publication du Platine en Français et du livre de Nostradamus, on remarque qu'une quinzaine d'éditeurs lyonnais ont imprimé les grands classiques de la littérature culinaire médiévale : 9 éditions du Viandier de Taillevent entre 1534 et 1615, 5 éditions de Fleur de toute cuysine entre 1567 et 1604, 2 éditions du Livre de cuysine tres utile et proufitable en 1542 et 1555, Pratique de faire toutes confitures en 1558, De re cibaria en 1560, le Thresor de santé en 1607. Seuls un exemplaire original du Platine en Français et du Excellent et moult utile Opuscule … de Nostradamus ont été conservés à Lyon. »

Nostradamus avait-il prédit l’avènement du vin nature en nous donnant sa recette du vin cuit ?

Le traité des confitures a été adapté en français moderne et présenté par Jean-François Kosta-Théfaine, chercheur associé au Centre d'Etudes des textes médiévaux de l'Université de Rennes II, éditions Imago, 2010

 

« Pour faire le vin cuit (vin cuict) prenez au temps des vendanges du moût de quelque vieille vigne et des raisins bien mûrs le plus qu’ils pourront l’être, et prenez dudit moût la quantité que vous voudrez, et faites-le bouillir dans une grande marmite, et incontinent qu’il commencera de bouillir ou faire son écume, ôtez l’écume avec une cuillère percée ou une écumoire […]

 

Du côté du moût de vieille vigne ça commence bien, mais prendre des raisins bien mûrs ça fait très Bordeaux versus Peynaud, et puis faire bouillir le tout ça ne va pas du tout.

 

La suite c’est ce que Marcus Varro (Varron ou Marcus Terentius Varro 116-27 av. J.-C.) nomme defrutum, pour faire des confitures en forme liquide…

 

« Et pour confire des noix avec ce vin cuit, prenez des noix vertes, et plumez-les jusqu’à la quantité que vous voudrez ; et quand elles seront bien plumées, vous les ferez faire tremper en l’eau pendant une durée de neuf jours, leur renouvelant chaque jour d’eau ; et au bout de neuf jours vous les ferez bouillir jusqu’à ce qu’elles soient mollettes et que vous pourrez les percer facilement avec une épingle, et quand elles auront bouilli comme elles doivent, vous les ôterez du feu et les mettrez dans un beau linge blanc ; et quand elles seront à demi essuyées vous mettrez à chacune un tronçon de cannelle et deux clous de girofle, ou plus ou moins, que si plus vous en mettez, vous les rendrez meilleures ; et quand vos noix seront bien farcies de cannelle, vous les mettrez dans un vase ou de verre ou bien de terre ; et puis vous prendrez votre vin cuit et en remplirez le vase, ou le pot, là où sont les noix, et les laisserez trois jours ; au bout de trois jours vous verserez le vin cuit qui est dedans le vase, et le ferez cuire dans une poêle jusqu’à ce qu’il soit comme auparavant quand vous le lui avez mis, car l’humidité qui était aux noix a décuit le vin cuit, ce que Marco Varro appelait « defrutum », et quand vous aurez ainsi cuit par deux ou trois fois votre defrutum, vous le laisserez un peu vert. Avec cette façon vous ferez toute confiture avec ce defrutum ou vin cuit, lequel sert en plusieurs autres condiments ou sauces que l’on fait journellement dans les maisons mais il ne peut se faire qu’une fois l’année. […]

 

Les confitures, dragées, bonbons, le sirop et le sucre sont des bases de médicaments importants de la pharmacopée arabo-andalouse et de la médecine médiévale européenne. Ces produits sont aussi des confiseries bonnes à manger.

 

Le sucre a été introduit en France à l’époque où Nostradamus a publié Le Traité des fardements ainsi que son Traité des confitures

 

Sans doute prédisait-il la future chaptalisation chère aux adeptes du fard dans le vin… je plaisante bien sûr !

 

Livre des confitures de Nostradamus 

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons « J'ai été président de la République, j'ai gagné dans mon camp et je vais perdre la primaire. Allons... » Sarkozy se la pète !

Levé tôt ma cure de café commençait. C’était mon lien avec elle, le seul. Dès 10 heures le soleil prenait possession du balcon pour le balayer à 180° de ses ardeurs brutales. Moi aussi, je m’y installais pour lire, me saouler de lecture jusqu’à en avoir mal aux yeux. À mes pieds, à l’ombre de la table, le chat, en dépit de son manteau de fourrure, dormait comme un bienheureux. Dans ma bogue protectrice rien ne pourrait m’atteindre, aucune trace de mon combat intérieur ne transpirerait, du moins je m’efforçais de le penser. Et puis mon regard s’accrochait à son petit plant de tomate qui s’étiolait, bouffé sans doute par la chlorose. Je me levais pour l’arroser. Le devenir de cette petite pousse fragile était entre mes mains. Je doutais, impuissant, et soudain une grande lassitude me figeait. Je me laissais aller à penser qu’un malheur ne vient jamais seul… et, en l’espèce, c’était le cas. N’avoir peu ou pas de prises sur mon devenir me clouait au sol : envie de rien… Pourquoi toujours se battre ? Résister ! Donner le change ! Alors, baisser la garde, laisser tout tomber, fiche le camp. Et puis je m’étais saisi du sécateur et, délicatement, je débarrassais le plant des gîts jaunis. Tient il avait de nouveau belle allure, allait-il survivre, je n’en savais fichtre rien mais je cessais de m’appesantir sur moi-même.

 

« Un paysan chinois perdit un jour son cheval.

 

- Quel malheur ! dit son voisin.

 

- Qu’en savez-vous ? répondit le paysan.

 

Et en effet, le fils aîné ramena outre le cheval perdu trois chevaux sauvages.

 

Le voisin dit :

 

- Quel bonheur !

 

- Qu’en savez-vous ? répliqua le paysan.

 

Et en effet, le fils aîné se brisa une jambe en dressant l’un des chevaux sauvages.

 

Le voisin dit alors :

 

- Quel malheur !

 

- Qu’en savez-vous ? rétorqua le paysan.

 

Et en effet des soldats vinrent dans le village, afin de recruter parmi les jeunes gens et le fils aîné, alité, fut épargné… »

 

Et Ferré qui chantait :

 

Que sont mes amis devenus/Que j’avais de si près tenus/ Et tant aimés/Ils ont été trop clairsemés/Je crois le vent les a ôtés/L’amour est morte/Le mal ne sait pas seul venir/Tout ce qui m’était à venir/M’est advenu…

 

Que du silence… C’est lourd le silence…

 

Je décidais d’aller déjeuner chez mon ami Jancou.

 

Au bar, un couple, elle journaliste, lui membre d’un cabinet ministériel, elle questionneuse, lui désabusé à propos de Hollande passant sur Canal :

 

« On est troisième aux départementales, on a perdu les campagnes et les usines, il n’y a plus que les bobos des centres-ville qui votent pour nous, mais ce n’est pas grave, on fait une émission qui s’adresse uniquement aux bobos des centres-ville, qui plus est un week-end de départ de vacances de printemps… »

 

Je m’enfile des canons pour ne plus être saisi par la tentation de Venise. Juppé vient de commettre son premier faux-pas, en proposant Virginie Calmels son adjointe à l'économie à la mairie de Bordeaux comme tête de liste aux régionales, une Thatcher à la française, classique et un peu raide. Le petit Sarko, qui flaire toujours les mauvais coups, s’est empressé de donner son feu vert. Certes l'ancienne papesse de la téléréalité, patronne d’Endemol est une guerrière mais elle va devoir quitter l’ombre, prendre des coups, être la candidate Juppé et, si défaite il y a, comme ironise un second couteau de Sarko « La région étant jugée imprenable à la gauche, la défaite de Calmels pourra être mise sur le compte de Juppé ! » Mais c’était sans compter sur la bêtise du roquet de Meaux qui a soulevé lors de la CNI un problème de taille quant à l'éventuelle investiture de la juppéiste: celle-ci ne possèderait pas de carte d'adhérente au parti et l’élégance de Guaino qui lui s’est aussi élevé contre l'investiture de l'ancienne patronne d'Endemol, passée par Canal +, à qui il reproche de «venir de la téléréalité». «On ne va pas se retrouver avec Loana dans les rues», a-t-il lancé. Les couteaux sont dégainés : Gilles Boyer, collaborateur de Juppé, a réagi sur Twitter estimant que «s'ils sont exacts, les propos d'Henri Guaino sont indignes de lui». Riton l’arrogant, dans le même temps, a persisté et signé auprès du Lab, expliquant ne pas vouloir «dans les cantons ruraux, donner l'argument aux adversaires : « c'est elle qui a invité Loana dans la piscine. On choisit un candidat qui n'a pas d'expérience politique, pas de notoriété, adjoint au maire de Bordeaux, du milieu de la téléréalité... ce ne sont pas les meilleurs atouts», a-t-il ainsi regretté, dans une charge à peine voilée à l'adresse d'Alain Juppé.

 

Mais tout cela ne sont que broutilles, le pompon de l’abjection doit être décerné au Fou du Puy, le Wauquiez qui, a déclaré à l’AFP, à propos de l’odieux meurtre de la petite fille de Calais, en ciblant la Garde des Sceaux, qualifiant sa politique de «folie» : «Tout d’abord, il faut faire la lumière sur cette affaire. Il y a trop de questions sans réponse. Y a-t-il eu une défaillance majeure dans l’exécution de la peine ? Pourquoi quelqu’un qui devait être reconduit à la frontière et expulsé ne l’a pas été ? Nous demandons que l’inspection générale des services judiciaires soit saisie. Il faut savoir et comprendre». Cela pose à l’évidence toute la question de la politique de remise de peine et de réductions automatiques de Mme (Christiane) Taubira», ministre de la Justice. Par sa circulaire, la garde des Sceaux a incité à renforcer ces allégements. Ce prédateur en a-t-il bénéficié ? De toute évidence, la politique du gouvernement est à rebours de nos besoins. Mme Taubira fait du désarmement pénal, les Français attendent du réarmement pénal.»

 

Et pendant ce temps-là Sarko et les Sarkozystes plastronnent « En acceptant sans sourciller les conditions de la primaire, ils assurent avoir pris le maire de Bordeaux et le député de Paris à leur propre piège. L'avance prise par Sarko est énorme, juge un cadre de l'UMP qui se pose même la question de l'intérêt... du vote interne récemment adopté. »

 

Pour les futurs Républicains le vote est toujours péché mortel, rien ne vaut une élection par acclamation !

 

« En choisissant le nom « les Républicains », Nicolas Sarkozy a vu juste. En prétendant dissiper un méchant parfum d’affaires, le voilà qui réveille de vieux relents de scandales. L’anecdote est amusante. Mais cruelle. Karl Marx avait raison : l’Histoire se répète toujours, la première fois en tragédie, la seconde en farce. »

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 06:00
À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux,

Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux,

Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan,

Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps,

Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier

Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières

Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends !

 

Les vieux, dont je suis, pour faire genre on dit seniors, vont de plus en plus se ramasser à la pelle et beaucoup vont se retrouver, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, massivement parqués dans des maisons de retraite plus ou moins médicalisés…

À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

1 personne sur 3 aura plus de 60 ans en 2060

 

« Si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la France métropolitaine comptera 73,6 millions d'habitants au 1er janvier 2060, soit 11,8 millions de plus qu'en 2007. Le nombre de personnes de 60 ans ou plus augmentera, à lui seul, de 10,4 millions entre 2007 et 2060, si bien qu'une personne sur trois aura ainsi plus de 60 ans. Jusqu'en 2035, la proportion de personnes âgées de 60 ans ou plus progressera fortement. Cette forte augmentation est transitoire et correspond au passage à ces âges des générations du baby-boom. Après 2035, la part des 60 ans ou plus devrait continuer à croître, mais à un rythme plus sensible aux différentes hypothèses, notamment sur les gains d'espérance de vie. Quant aux centenaires, la France pourrait en compter 200 000 dans cinquante ans. »

À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

Les 60 ans et plus sont, de façon certaine, une génération montante.

 

« À eux le pouvoir d’achat : les dettes sont remboursées, la retraite encore à peu près assurée et par conséquent, les revenus sont disponibles. À eux également, les voyages et les loisirs : ils lisent, regardent la télé et utilisent internet. Côté alimentation, ils dépensent en moyenne 25% de plus que les moins de 50 ans et avalent à eux seuls la moitié du marché alimentaire. Il eut donc été fort étonnant que les industries agro-alimentaires et le marketing délaissent le marché des seniors. Les spots publicitaires hésitent toutefois à mettre en scène les personnes âgées. Allez, encore un effort messieurs les publicitaires, dites-le avec des vieux, ce sera moins hypocrite ! »

À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

Oui mais quand on les « parque » dans les maisons de retraite l’alimentation des seniors laisse beaucoup à désirer

 

Il ne s'agit pas d'un sentiment mais d'un constat dressé par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir dans le numéro d'avril de sa revue. Un constat documenté puisqu'il qui résulte de l'enquête sur l’alimentation dans les Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) menée par une diététicienne spécialiste de restauration collective. Analyse menée sur 20 jours consécutifs, auprès d’établissements de 48 départements, entre novembre 2014 et janvier 2015.

 

Après avoir analysé les menus de 88 établissements, elle conclut à la prévalence de la dénutrition.

 

Celle-ci « est évaluée à plus d'un tiers »

 

Le magazine déplore que les multiples recommandations sur ce thème publiées depuis plusieurs années tardent à se faire sentir. Or, « lutter contre la dénutrition qui touche entre 450.000 et 700.000 personnes âgées en France, est un axe de prévention majeur 

 

« Il est aussi regrettable, relève Que Choisir, que plus d’1 établissement sur 5 serve des plats du type nuggets ou burgers, sans rapport avec les traditions culinaires des générations concernées. Dans 1 établissement sur4, aucune alternative n'est par ailleurs proposée si le plat principal ne plaît pas. Cela ne risque pas d'aiguiser l'appétit des seniors, souvent déjà altéré par les pathologies du grand âge, les médicaments, les troubles de la déglutition et de la mastication, le déclin cognitif ou encore la dépression plus ou moins latente »

 

Certes, « les résultats sont hétérogènes », pointe que Choisir, mais le constat d’ensemble reste peu ragoûtant : « pas assez de poisson, de viande non hachée, trop rare dans la moitié des Ehpad, ni de fruits crus en dessert »

 

Les horaires du personnel priment sur la bonne alimentation des seniors.

« Les résidents de 43 Ehpad soulignent les dîners servis trop tôt (18h25 en moyenne), non seulement par rapport au goûter, mais aussi au regard du long jeûne nocturne qui suit, augmentant les risques d’hypoglycémie. Et puis, pour le journal Notre Temps, il y a aussi le manque de temps pour manger, surtout lorsqu’on a des difficultés de mastication ou d’autonomie, les plats servis trop froids, l’impossibilité de choisir sa place à table, voire des petits déjeuners servis en chambre ce qui ne favorise pas la convivialité... »

À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…
À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

La Poule aux vieux d’or : quand le marketing mise sur les papy-boomers et les ménagères de plus de 50 ans

 

1 interview de Stéphane Gouin enseignant-chercheur à Rennes au département d’économie rurale et de gestion de l’agrocampus ouest par Valérie Péan mission Agrobiosciences

 

Valérie Péan : À première vue, il paraît difficile de mettre dans le même panier les personnes de 50 ans qui font partie des jeunes seniors avec celles de 70, 80 voire 90 ans. D’ailleurs, nous distinguions encore il y a peu 3ème et 4ème âge. Qu’en est-il aujourd’hui ? Existe-t-il encore de telles formes de distinction ?

 

Stéphane Gouin : Effectivement, il y a plusieurs moyens de caractériser les seniors, des « jeunes » seniors aux « grands » seniors. Parmi les différentes typologies existantes, l’une d’elles distingue les seniors par tranche d’âge d’une dizaine d’années, les séparant ainsi en quatre groupes.

 

En premier lieu, nous trouvons les 50-60 ans, baptisés les « hédoniques ». Ces derniers sont sensibles à l’authenticité des produits, aux nouveaux services et à la publicité. Le second groupe, celui des 60-70, est qualifié de « vigilants » parce qu’ils sont un petit peu plus attentifs à la qualité des produits et aux marques. Ils se caractérisent également par une forme de méfiance vis-à-vis des arguments marketing mis en avant. Viennent ensuite les personnes âgées de 70-80 ans. Ces « traditionnels », comme nous les qualifions, sont davantage tournés vers les produits de services ou faciles à utiliser. En outre, ils portent leur attention sur des critères de consommation plus classiques où les questions environnementales, sociétales voire d’éthique priment. Enfin, le dernier groupe concerne les plus de 80 ans, que nous désignons sous le terme d’ « ascètes ». Ces derniers consomment des produits dits de sécurité, à usage simplifié et, pourrait-on dire, davantage physiologiques.

 

V.P. : Vous nous avez donc présenté une approche par décennie. Existe-t-il d’autres typologies concernant les personnes âgées ?

 

S.G. : Oui, il existe des dizaines de tentatives de découpage de cette population. Mais ce qu’il est intéressant de remarquer est que la quasi-totalité de ces typologies convergent pour distinguer les jeunes seniors, les seniors qu’on appelle du reste seulement seniors, et les grand-seniors. Une autre approche propose un découpage non pas fondé sur l’âge mais selon leur comportement alimentaire et leur sensibilité à la communication.

 

En définitive, retenons que beaucoup s’intéressent à ces futurs consommateurs qui, comme vous l’avez dit, représenteront un consommateur sur deux en 2025. Aujourd’hui, cette frange de population est extrêmement importante. Pour vous donner quelques petits repères, un senior naît toutes les 37 secondes Une personne fête ses 50 ans toutes les 37 secondes et une femme fête ses 50 ans toutes les minutes dans le monde. Par conséquent, les industriels sont tentés de s’intéresser à ces seniors qui représenteront un milliard de consommateurs dans le monde d’ici une quinzaine d’années.

 

V.P. : Paradoxalement, nous constatons que très peu de publicités mettent en avant les seniors. On a l’impression qu’il y a une forme de communication et de marketing qui ne veut pas dire le nom de son public-cible.

 

S.G. : Votre remarque est très juste puisque actuellement, seulement 1% des spots publicitaires mettent en scène les seniors. Il s’agit à la fois d’une question d’éthique, pourrait-on dire, et d’image. Ainsi, les seniors sont un peu moins « sexy » ; ils renvoient à des images quelque peu galvaudées. On le constate au travers des produits dont la connotation est plutôt traditionnelle et qui donc répondent mieux à ces personnes-là. L’image du senior n’est, par ailleurs, pas toujours transposable chez les plus jeunes. Enfin, il y a encore peu de marques entièrement dédiées aux seniors et, de fait, de marketing direct.

 

V.P. : Peut-on néanmoins dire qu’il y a une évolution progressive ? La ménagère de moins de 50 ans est au cœur de toutes les discussions mais pourtant, depuis les années 70, les cibles vieillissent peu à peu.

 

S.G. : Je serais effectivement tenté de dire que les cibles vieillissent. Les seniors d’hier, des années 70, 80 et 90, sont bien évidemment différents de ceux d’aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que ces seniors-là ont connu les guerres, les époques de disette et de privation, et par conséquent, les époques où l’on ne consommait que ce qu’on pouvait payer. Tandis que de nos jours, avec les facilités d’emprunt, les individus peuvent facilement entrer dans une démarche d’’hyperconsommation. Mais ces "anciennes" générations, puisque tel est leur nom, refusent ce comportement. Ainsi, une typologie très intéressante du CREDOC montre que les personnes qui ont connu la Seconde Guerre mondiale, génération nommée robot-électrique du fait du progrès technique, sont attentifs à ce qu’ils consomment mais d’une façon plus ascétique, plus simple, disons plus physiologique. En revanche, les jeunes seniors, ceux qui ont une cinquantaine d’années, sont entrés dans cette société de consommation au moment de la fin des Trente Glorieuses. Ces individus ont connu, comme beaucoup, le chômage et les périodes d’incertitude. Nous sommes passés d’un modèle de privation à un modèle de consommation de satiété caractérisé par des individus repus. Or ces derniers cherchent surtout des moyens d’éviter de prendre des kilos ou des façons de rester en "bonne" la santé, de bien vieillir. Et ces générations se bousculent un petit peu entre-elles.

 

La suite ICI 

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 06:00
L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

Pierre Jancou est sans concession « Le ragù mérite une thèse. La thèse d’une vie. Les gestes, la patience… Il faut sentir, comprendre ce plat « patrimoine », avant même oser en parler ! »

 

Dans son livre « Le coup de feu » Bill Buford raconte que lorsque Gianni Valdirisi s’était marié avec Betta « il avait été horrifié de s’apercevoir que, dans la précipitation, il avait omis de goûter à son ragù. Celui-ci qu’elle avait appris auprès de sa tante, avait été transmis par des générations de femmes de sa famille et serait forcément différent du ragù que Gianni avait mangé à la table de ses parents, à savoir celui de sa propre mère, dont la saveur profonde et complexe le touchait tout au fond de l’âme. »

 

 

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

« Un ragù, affirmait-il, était une chose très personnelle. Aussi imaginez son bonheur quand, goûtant pour la première fois au ragù de Betta, il s’aperçut que, en effet, il était différent de celui de sa mère… et meilleur. »

 

Et le ragù, prévient Pierre Jancou « n’a rien à voir avec cette sauce pseudo-bolognaise à la française qui, ironie du sort n’existe pas là-bas. » C’est ce que retient une pâte de la catégorie « sorties » comme les orecchiette : « une minuscule larme de sauce dans leur pavillon » note Buford.

 

Ce fameux ragù comprend au moins deux viandes, bœuf et porc pour Buford, bœuf et veau pour Pierre Jancou qui ajoute du lard de colonnata. Les variations régionales vont à l’infini selon Buford « … le chapon, la dinde ou des foies de poulet… et 3 liquides : vin, lait et bouillon… parfois de la tomate si votre famille est moderne… parfois pas de tomate si la recette date d’avant Christophe Colomb… plus de la noix de muscade, quelquefois de la cannelle, bref tout ce qu’en matière d’aromates votre arrière-arrière-arrière-grand-mère jugeait indispensable.

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

Pierre Jancou, lors de ses longs séjours à Modène, s’est régalé de ce plat de mamme, jusqu’à s’en faire son idée et de conclure que c’est « certainement la chose dont je suis le plus fier dans ma cuisine… »

 

Buford conclut lui « Quel que soit le mode de préparation, le résultat possède une consistance caractéristique à tous les ragù : tout à la fois visqueuse et grenue, ni solide, ni liquide, plus sèche que mouillée, un condiment plus qu’une sauce… »

 

Il lui faut du temps à ce ragù « Cuis ton ragù au coin du feu. Sur de la braise ou, au pire, sur ton plus petit feu. Mais à chaleur minimale. Longtemps. Plusieurs heures. Laisse confire. » souligne Pierre Jancou qui, en général, le prépare la veille.

 

Alors vous comprendrez mieux mon titre lorsque Gianni évoque « l’érotique d’un nouveau ragù sur le fourneau, quand il parfume la maison d’un arôme qui éveille votre appétit et le maintien en haleine jusqu’à l’heure du dîner. « Mi da libidine » (ça me fait bander) » disait-il

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

Les plats al ragù servi dans le restaurant Babbo de Mario Battali restaurant de Manhattan :

 

  • Gnocchis avec un ragù de queue de bœuf
  • Les lettres d’amour avec un ragù de saucisson d’agneau
  • Les orecchiette avec un ragù à la saucisse de porc.

Dans le livre La Table vivante Pierre Jancou propose des Tagliatelle al Ragù et Baies Pourpres 2011 de Didier Mouton voir la vidéo ICI 

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 06:00
Les nouveaux « pompiers du vin » : académisme quand tu nous tiens tu ne nous lâches plus… les 80 ans de l'AOC

Le vin, au tournant des années 70 a largement quitté les estaminets du populo, le zinc des petits blancs et des ballons de rouge, il s’est embourgeoisé d’abord doucement puis violemment, avec l’irruption des prix de folies des nouveaux riches. Les enchères flambent ! Les financiers alléchés font miroiter aux gogos la juteuse rente.

 

Vous allez me dire, que ce sont certains vins, pas tous, le gros du peloton patine largement dans les prix mini de la GD. J’en conviens mais l’image du vin est largement dominée par ceux qui jouent aux stars, ceux qui intéressent les people comme on dit.

 

Ainsi le vin à tous ses étages, comme le soulignait un expert en la matière, Bernard Magrez, est devenu un produit de statut, un marqueur social dirait nos sociologues. Ça pose son homme. Ça en impose. Moi, ma cave, mes crus… Il s’est largement embourgeoisé

 

Des bourgeois bien sûr il y en a des grands, de plus ou moins vieille souche, qui ignorent les petits mais, alors qu’ils enragent de ne pouvoir les mépriser, ils sont bien obligés de faire des risettes aux nouveaux enrichis et, plus récemment, il en est dit-on de bohèmes, les bobos, qui eux vivent douillettement en se préoccupant, disent-ils, de l’avenir de notre planète… Pour faire simple, dans le grand sac de la classe moyenne ceux du haut singent les grands bourgeois, ceux du milieu ceux d’haut-dessus et ceux du bas évitent de regarder au-dessous de peur de se retrouver chez les relégués.

 

Je sais ma peinture sociologique est très simpliste, réductrice, mais je n’ai jamais eu de vocation pour cette science molle qu’est la sociologie. Mon propos est plus impressionniste, volontairement flou pour mieux coller à la réalité qui a bien du mal à se glisser dans des catégories carrées.

 

Au temps du vin populaire le populo lichetronnait du VCC en litrons 6 étoiles de marques, les moyens et petits bourgeois du vin bouché AOC ou les fameux «déclassés» et les grands des GCC et autres crus prestigieux à des prix à peu près raisonnables comme en atteste les anciens catalogues de la maison Nicolas.

 

Et puis, il y eut moins de paysans, de marins, de gars lichetronnant sur les chantiers, d’ouvriers, ce fut la montée des cols blancs, des bureaucrates, le charme discret d’une nouvelle bourgeoisie urbaine, qui a bouleversé ce bel ordonnancement ; y’avait alors d’un gros côté la masse de ceux qui allaient pousser le caddie dans la GD et les cavistes généralistes et de l’autre une grosse poignée de ceux qui étaient abonnés aux revues spécialisées, qui hantaient les salons des mêmes revues, qui se payaient des master-class et des cours de dégustation.

 

Tout ce petit monde avait besoin de se rassurer, de se réassurer, de se couvrir de conseils, de consulter des notes et des classements, d’avoir un cadre bien établi. Alors on a codifié la dégustation, on l’a enserrée dans des normes et par contrecoup les experts se sont mis à dicter à ceux qui font le vin ce qu’il devait être. Les appellations qui n’étaient que d’origine contrôlée sont devenues des appellations normées, encorsetées.

 

Nous sommes aujourd’hui sous le règne des VDQM : les Vins De Qualité Moyenne ce qui permet aux bons critiques d’affirmer sans se tromper qu’il n’y a plus de mauvais vin dans notre vieux pays…

 

L’heure est donc aux vins pompiers !

 

Pompier vous avez dit pompier n’y voyez aucune espèce d’allusion au feu dans la vieille maison INAO, ni une référence à Magritte, ce n’est pas une pipe, même si ma référence a trait à la peinture.

 

Qui se souvient d’Alexandre Cabanel, de William Bouguereau, de Jean-Léon Gérôme et d’Horace Vernet ?

 

Pas grand monde !

 

« Si l’on consulte des histoires de l’art des années 30 ou 50, le bilan est éloquent pour les peintres « pompiers » : leur nom n’est jamais cité, ils n’existent pas ! (…) Combien de toiles ont été dépecées ou détruites ? Combien de peintures monumentales grattées et recouvertes… »

 

Dur, dur, pour les peintres officiels, les tenants de l’académisme, rien n’est pire que l’oubli.

 

« L’idée reçue étaient que les peintres d’avant-garde ne pouvaient être que des tenants de la révolution sociale et payaient ce double engagement de la vie difficile des réprouvés. Ils étaient les «maudits» qu’on opposait aux « nantis » de la peinture académique : on liait sans ambages l’impressionnisme à la Commune l’art pompier à la répression versaillaise. Or, les faits sont beaucoup plus nuancés et complexes. D’abord les pompiers ont été plus souvent d’origine modeste que les impressionnistes ; ils n’ont souvent atteint le relatif succès qu’à force de travail, parfois de privations, à l’aide de bourses, et en passant le concours, après tout « égalitaire » de l’École des Beaux-Arts. Des peintres comme Baudry ou JP Laurens sont de bons exemples de « la sursélection » des enfants de classes défavorisées ! À l’inverse, certains impressionnistes n’eurent guère d’inquiétudes matérielles (Manet, Degas, Caillebotte firent des héritages confortables) et presque tous s’enrichirent, davantage et plus vite que leurs rivaux. »

Thuillier Jacques, Peut-on parler d'une peinture «pompier » ?

 

Comparaison n’est jamais raison… mais il y a dans cette affaire un petit air de famille avec ce qui s’est joué lors de la première décennie du XXIe siècle dans le vin…

 

Le 16 avril, à Avignon, se tenait un colloque pour fêter les 80 ans de l’AOC. Normal, le baron Pierre Le Roy en fut l’un des pères à Châteauneuf-du-pape. Mais, comme le dit un peu amer Marc Parcé, membre du Comité National, qui n’y assistera pas car pour lui ce ressemblera plus à «un enterrement qu’à autre chose». Et ils seront nombreux les présidents à tenir les cordons du poêle.

 

J’étions point invité sans doute parce que j’aurais dérangé, fait un peu tache dans le bel ordonnancement de la cérémonie.

 

« Pour Marie-France Garcia, chercheuse à l’Inra (Institut national de recherche agronomique), «l’AOC doit représenter un gage de tradition et de savoir-faire dans la fabrication viticole. Mais beaucoup de producteurs estiment maintenant que la production intensive et l’utilisation de pesticides dans de nombreux vignobles AOC sont contraires à cette représentation»

 

Mais tout ça n’intéresse guère nos besogneux fabricants de cahiers des charges qui sont une forme de codes qui se veulent modernes mais qui ne sont que l’expression d’un académisme technicien rigide et froid. Et le terroir dans tout ça ? Presqu’un truc hors-sol badigeonné régulièrement par les communicants ! J’exagère à peine…

 

Technique quand tu nous tiens tu ne nous lâche pas… avec en sus une bonne dose de chimie et de pharmacie, bonne précaution, on assure le raisin et un vin produit bien léché.

 

« On n'insistera jamais assez sur le fait que la science expérimentale a progressé grâce au travail d'hommes fabuleusement médiocres, et même plus que médiocres... Car autrefois les hommes pouvaient se partager, simplement, en savants et en ignorants, certains plus ou moins savants et plus ou moins ignorants. Le spécialiste n'est pas un savant, car il ignore complètement tout ce qui n'entre pas dans sa spécialité ; mais il n'est pas non plus un ignorant, car c'est un homme de science qui connaît très bien sa petite portion d'univers. C'est un savant-ignorant. »

Ortega Y Gasset « La révolte des masses » 1930

 

« Les écoles d’art attestaient de la mutation du statut de l’artiste qui de simple artisan se voyait promu intellectuel inspiré. Il fallait donner au travail artistique un fondement théorique et à l’artiste une formation complète basée sur la pratique du dessin et sur l’enseignement des matières scientifiques (perspective, géométrie, anatomie) et humanistes (histoire, philosophie). Cette démarche dota le genre historique de sa force et de sa conviction. Le tableau devint le symbole des connaissances acquises et leur application aussi intelligente que possible.»

 

Attention, n’en déduisez pas que je suis en train d’assimiler le vin à une œuvre d’art et le vigneron à un artiste. Ce que je décris ici c’est l’étrange communauté d’intérêt qui s’est constitué entre les experts extérieurs en tout genre (vendeurs d’intrants, œnologues, critiques, acheteurs…) et les gardiens du temple INAO devenu une succursale de la CNAOC. Ce conglomérat improbable assemblant aussi bien les «élitistes»  que les partisans de l’AOC pour tous, est bien le temple des nouveaux pompiers du vin.

 

Pompier, pompeux, art officiel, ampoulé ou comment obtenir à coup sûr le Prix de Rome et, bien sûr, sus aux avant-gardes !

 

Je ne vais pas vous faire un dessin, suivez mon regard !

 

Un casque de pompier / Ça fait presque un guerrier…

 

« L'application du mot « pompier » à l'art académique, apparait à la fin du XIXe siècle (1888 d'après le Robert) pour le tourner en dérision. Selon Le Larousse son origine peut être retrouvée — mais sans certitude historique appuyée sur un document — dans les traditions de l'École des beaux-arts. Au moment du Romantisme, les élèves de l'École célébraient ironiquement dans les tableaux de David et de ses émules les guerriers nus porteurs de ces casques antiques. Ils en auraient fait un couplet de la chanson des Quat'zarts : Un casque de pompier Ça fait presque un guerrier.

 

Des personnages au tableau, du tableau à l'artiste, le chemin était court, et bientôt le qualificatif de pompier s'est appliqué tout naturellement aux maîtres de l'École, aux membres de l'Institut, au jury du Salon. Puis il devait s'étendre à la plupart des exposants de la Société des artistes français comme à ceux de la Nationale des beaux-arts. Et de là aux artistes étrangers qui y participaient ou s'en inspiraient. »

 

Après ce que je viens d’écrire j’ai l’absolue certitude :

 

  1. que je n’entrerai jamais à l’Académie de l’Agriculture,
  2. que je ne serai jamais nommé PQ au Comité National de l’INAO…

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 06:00
« Trente nuances de gros rouge » : « Le premier qui bouge, j’le sulfite ! »

Ce petit livre rouge j’l’ai lu en soirée d’un trait à la terrasse d’un bar culte de Montparnasse accompagné d’un tartare et d’une Pilsen Urquell.

 

« Les tempes cendrées, le cheveu rare, un léger relâchement de la sangle abdominale – l’embonpoint en appui sur la ceinture – le geste à peine plus lent… » … des qui ont en leur jeunesse soixante-huitarde été de « sacrés rebelles qui se permettaient de parler à table sans y être invités, qui disaient « vachement » à tout bout de champs… »… des qui ont eu « des cheveux longs et gras, des jeans moulants, des chemises fleuries »… des qui ont eu une 4L version TL… des qui ont eu une tente labellisée étanche et inviolable au système de fermeture à base d’épingles à linge, estampillée « Goulague »

 

Bande de mâles ripailleurs patentés, soiffards tendance plutôt naturiste, adeptes de virées, présentement représenté dans ces menus récits par Philippe Quesnot.

 

Qu’en dire ?

 

Que j’ai goûté tout le piquant et la saveur du compliment du mec qui sert à Nicolas de Almeida, leur hôte, un « Monsieur – vraiment – merci beaucoup pour ce repas exceptionnel que vous nous avez offert, surtout quand je pense à la somme que nous aurions dû débourser dans un restaurant ! »

 

Que pour la séquence pneu percé et maréchaussée je me suis franchement bidonné : « Jacques me signalait, à toutes fins utiles, qu’une certaine Mano, prostituée de profession, entretenait des rapports forts douteux et même sodomites, me semble-t-il, avec une ribambelle d’ouvriers de l’usine Peugeot. Il ne précisait pas si cela était valable pour l’ensemble des sites de production de la marque au lion, ou applicable uniquement au siège social de Sochaux… »

 

Itou pour la traversée de Paris en Vélib direction 13e en sortant du Verre Volé « je sentais poindre en moi l’esprit de Christophe Colomb, une forme d’espoir désespéré face à cette aventure totale, ce saut dans l’insondable nuit parisienne. Reverrions-nous un jour nos êtres aimés ? Existe-t-il une vie au-delà du treizième arrondissement ? »

 

Et ce couple venu se coller à eux lors d’une halte au cours d’une escalade initiatique, qui, après les avoir vu s’enfiler « un petit en-cas diététique » : terrines de pâté, rillettes, saucisson… arrosé d’un « Rosé d’un jour 2001 de Mark Angeli en apéro, le blanc d’Hervé Souhait 2000 pour garder la bouche fraîche et Briand 99 de Gérald Oustric en dessert. » qui leur lançait « des SOS désespérés du regard » les suppliants « de déverser par mégarde dans leurs gobelets en plastique quelques gouttes de notre breuvage en lieu et place de cet horrible liquide inodore et sans saveur qui occupait tout l’espace de leur gourde, guettant, tels deux piafs affamés, le morceau de pain que nous abandonnerions chargé de sa strate de rillettes. »

 

La vengeance est un plat qui se mange froid arrosé de « flacons douteux, voire exécrables », que l’auteur « traque sans relâche » en se renseignant « sur les millésimes les plus pauvres des vignerons les plus incompétents » dans les foires aux vins des grandes surfaces en repérant ici et là la pépite qu’il ouvrira lors de petits repas et qu’il leur présentera de façon ostentatoire.

 

L’art et la manière de la formule percutante pour prôner le magnum comme unité de mesure « 75 cl, même chez les Quakers c’est peu, alors pour une tablée de 10, c’est une gourde pour un troupeau de dromadaires au sortir du Ténéré. »

 

Ou cet « autre atteignant instantanément la transe du derviche-tourneur à la simple vue d’un magnum de Selosse. »

 

Finir par le mythique Château Moulin Pey Labrie 1961

 

«L’immense souvenir que je garde de cette soirée, c’est précisément ce vin que Grégoire avait trouvé dans la cave de son domaine au moment de son achat, la saveur incomparable du perdreau, sa peau craquante aux légers aromes de brûlé caramélisé, cédant pour une chair juteuse et chaude à la cuisson à peine rosée qui m’envahissait la bouche, le sucré de l’oignon s’opposant au calciné amer, l’amalgame en bouche des trois composants soutenus par le velours du merlot dans toute sa splendeur. Si je n’étais point mécréant, ces instants proches de la jouissance et attestés du sceau de la gourmandise m’auraient immédiatement portés à réserver ma place pour une confession en place publique, suivie d’une séance de flagellation mortifère. Mais au lieu de cela, j’en repris deux fois et sauçai le plat, sans plus penser au salut de mon âme. »

« Trente nuances de gros rouge » : « Le premier qui bouge, j’le sulfite ! »

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 07:00
La stratégie du démonte-pneu ou du pic à glace : la critique du vin dans tout son déclin…

Conjugué avec la montée en puissance de l’Internet le modèle Parker a fait et continue de faire des ravages dans le petit monde de la critique du vin. Elle court, elle court derrière ses clients de plus en plus fuyants car ils trouvent leur bonheur ailleurs.

 

La critique fait vendre ?

 

La critique : un vecteur de notoriété ?

 

Cinéma, livres, musique, peinture, sculpture, mode… une bonne critique ne saurait nuire à la notoriété du réalisateur, de l’auteur, du compositeur, du chanteur, du créateur. Pour autant est-ce que ça fait vendre ? Oui, ça arrive mais une pluie de bonnes critiques n’est pas toujours le gage du succès, il arrive même que le bouche à oreille soit bien plus efficace.

 

L’efficacité d’une critique tient beaucoup à la notoriété de son signataire et à la puissance du média dans laquelle elle est publiée. Nul besoin de vous faire un dessin.

 

Pour le grand public le critique est, si je puis m’exprimer ainsi, un lecteur supérieur, quelqu’un à qui on accorde du crédit. Comme le téléspectateur moyen vecteur d’audimat, lui accorde du crédit il est invité dans les médias de grande audience. Comme on dit c’est un animal médiatique, il sait tout sur tout : Zemmour, Onfray en sont de bons exemples.

 

Pour le vin, produit consommable par destruction mais qui peut aussi être acheté pour être stocké en vue de faire du pognon, dans notre vieux pays François, hormis le Parker susdit, aucun de ces éléments ne sont réunis. Seule exception Jacques Dupont salarié par le quotidien national Le Point.

 

Sauf qu’y prolifèrent les dégustateurs supérieurs.

 

Ça me fait toujours penser aux défunts VDQS et au Bordeaux Supérieur, seule appellation française dotée de ce qualificatif.

 

Eux savent !

 

Alors, ils battent la campagne en proclamant « laissez venir à nous ces pauvres vignerons esseulés pour que nous leur conférions la notoriété qui leur fait défaut… »

 

C’est beau comme le peloton du Tour de France vu d’en haut : reste qu’au final les gagnants se comptent sur les doigts des deux mains et que jusqu’ici le gagnant c’était l’éditeur du guide ou de la revue.

 

Mais la situation évolue à la vitesse grand V.

 

Tout d’abord, parce que le vigneron esseulé, qui sait aussi compter, s’est aperçu que l’échange entre le dégustateur supérieur et lui, simple numéro dans une dégustation de masse, était bien inégal.

 

C’est la loi du genre, perdu entre les pages d’un gros guide, une simple note sur 20, un commentaire lapidaire et le tour était joué. Pas sûr que ça gonflât les ventes et ajoutât à la notoriété. Mais bon, faute de grives on bouffait des merles.

 

À propos de notoriété, nos grands dégustateurs supérieurs soignent aussi, et en priorité, la leur par une stratégie du coucou : ils se ruent aux Primeurs de Bordeaux pour nous informer disent-ils ! Certains se font même pressants dans leur demande d’abonnement pour accéder à leur jus de crâne.

 

Notons en passant, que certains d’entre eux ne dédaignent pas, loin de la masse, de déguster en privé dans les châteaux de forte renommée. D’ailleurs, afin de trier le bon grain de l’ivraie, des propriétaires stars se refusent à ouvrir leurs portes aux critiques ne pratiquant pas l’encens.

 

Critiquer c’est comparer nous disent les dégustateurs supérieurs !

 

Là, nous entrons dans la plus belle flagornerie de la critique du vin. Que je sache on aime 1 livre, un film, un vêtement, pour lui-même, parce qu’il correspond à notre sensibilité, à nos envies du moment, à notre culture. Bien sûr ensuite rien n’interdit d’établir une échelle de valeurs entre les auteurs. Mais, la curiosité intellectuelle commande de choisir, non parce que machin est supérieur à trucmuche, mais pour une foultitude de raisons, y compris l’opinion de critiques, puis de se faire une opinion personnelle sur la base des qualités intrinsèques de l’œuvre.

 

De plus, est-il vraiment pertinent de nous faire accroire que notre choix est facilité lorsque l’échelle des notes est si resserrée qu’on est en droit de se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle ?

 

Au demi-point près laissez-moi me gondoler !

 

Après tout le goût du dégustateur n’est que le sien et même s’il fait de la dégustation à l’aveugle l’alpha et l’oméga de son objectivité il n’en demeure pas moins vrai qu’il peut se bâtir une stratégie de notation qui lui évite d’estropier trop gravement ceux qui pourraient devenir ses clients : publicité ou « vignerons si êtes dans mes petits papiers vous serez honorés de mon invitation à mon beau salon… »

 

À ce propos je souligne que les autres critiques ne lisent pas un livre, ne visionnent pas un film, à l’aveugle, ils n’en sont pas aux jaquettes neutres ou au film sans générique… leur part de subjectivité est assumée et c’est ce qui fait la beauté de la critique.

 

La critique est nécessaire mais elle doit se garder d’une trop grande proximité avec ceux qui la nourrisse.

 

Pour le vin, la faiblesse économique de ses médias, la fin programmée des guides papier, le peu d’audience des blogs, l’omniprésence d’une communication lisse et redondante : « Ha ! Qu’il est beau mon millésime » via l’interprofession de service, les nouveaux comportements des acheteurs via la consultation d’informations la Toile, l’irruption de cavistes qui retrouvent les fondamentaux du vrai commerce de proximité, font que, certes ce n’est pas le Titanic, mais les dégustateurs supérieurs perdent petit à petit leur pouvoir et contemplent leur lent naufrage essayant, en vain, de ne pas se mouiller les pieds.

 

Je comprends aisément que toute perte de monopole soit ressentie comme une injustice, surtout lorsque des manants, des va-nu-pieds, des vignerons même, viennent troubler les règles du jeu. C’est une vraie douleur. Alors, reste plus pour les dégustateurs supérieurs qu’à aller voir ailleurs : la Chine la Chine, pourquoi pas, et, sur notre beau terroir François, à pratiquer « La stratégie du démonte-pneu ou du pic à glace » pour surnager et alimenter la pompe de leur petite entreprise.

 

Mais n’est pas ONFRAY qui veut !

 

J’adore Raphaël Sorin l’érecteur de Houellebecq.

 

Il vient de commettre une critique qui, avec un talent roboratif, à propos d’ONFRAY, LE PHILOSOPHE DÉMONTE-PNEU est un exemple dont devrait s’inspirer nos dégustateurs supérieurs à la plume triste lorsqu’elle n’est pas serve.

 

« On dira que l’époque a les penseurs qu’elle mérite, écrit Sorin, démonte-pneu ou pic à glace, la philo nouvelle, encouragée par des médias irresponsables, n’a pas fini de faire saigner l’intelligence. »

 

L’écriture de cette chronique a été motivée, suite aux réactions de dégustateurs supérieurs méconnus, à la publication sur mon espace de liberté de la prise de paroles de 2 vignerons à l’attention de Michel Bettane : Olivier de Moor et Jean-Yves Bizot. Je précise que celui-ci s’est contenté d’échanger en privé, ce qui est son droit que je respecte, avec ses 2 interlocuteurs.

 

NB. Je n’inclus pas dans la catégorie des dégustateurs supérieurs le cireur de pompes qui, comme d’ordinaire, cire celles de son boss.

 

Pour ma part je signale que je ne suis ni journaliste, ni dégustateur supérieur, simplement 1 consommateur-acheteur de vin qui regarde au-dessus de son verre. Dernier détail pour ceux qui me disent qu’eux, ils font, et que moi je ne fais qu’écrire, j’ai en 3 années à la SVF vendu plus de vins de toute provenance et de tout statut que la plupart d’entre-eux.

 

Y’a pas de sot métier, il n’y a que des sots.

 

J’ai choisi pour illustrer cette chronique une caricature de critiques gastronomiques en provenance de nos cousins du Québec pour 2 raisons : j’aime le français de la belle province et parce que la critique gastronomique est encore pire que celle du vin…

 

Au dernière nouvelle « J'ai trouvé comment devenir riche! » Un sommelier fait payer les vignerons pour ses notes de dégustation... 

 

Et en BONUS CECI

La stratégie du démonte-pneu ou du pic à glace : la critique du vin dans tout son déclin…

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 07:00
« Pouet pouet Camembert Lanquetot ! » dis-nous donc qui tient la queue de ta louche ?

Au cul de Télérama, oui ce matin je verse à grosses louches dans la vulgarité, la plus vieille marque de camembert de France : Lanquetot fait un gros plan (pas le jaja du Lac de Grandlieu) sur MOULÉ à la Louche, son savoir-faire qui disent les pubards « depuis un siècle et demi »

 

Pour nous persuader de l’authenticité de cette vieille marque tombée dans l’escarcelle du « Président » Besnier en 1990 lors du rachat musclé de Bridel ils en remettent une louche « Le Camembert Lanquetot est lentement Moulé à la Louche parce que cette technique, inspirée d’un savoir-faire séculaire, qui lui offre sa croûte délicatement tourmentée, son moelleux parfait, son goût franc et généreux et son arôme subtilement boisé. »

 

Inspiré, inspiré, ils ne peuvent pas mieux dire les petits faiseurs de texte de chez Lactalis car le bras de la fameuse louche séculaire est celui d’un brave robot modèle de lenteur et de régularité. C’est donc beau comme un petit robot, pour le reste du texte y z’ont du copier par-dessus l’épaule de Bettane.

 

Ce choix de la technique séculaire revisitée par les petits génies de la publicité est motivé par le fait que Lanquetot comme Lepetit, marques de Lactalis, ont abandonnées le lait cru pour le lait thermisé en 2007. Les autres marques de camemberts du groupe : Président, Bridel et Le Châtelain sont au lait pasteurisé ; Jort et Moulin de Carel avec du lait cru.

 

Luc Morelon, à l’époque porte-parole du groupe Lactalis, s’en expliquait : 

 

Pour quelles raisons Lactalis fabrique des camemberts pasteurisés ou thermisés ?

 

À l'origine, c'est parce que le lait cru présente une mauvaise conservation dans la grande distribution. Il était donc préférable d'opter pour le lait pasteurisé ou thermisé pour une meilleure conservation. Il y a aussi une raison de sécurité sanitaire : le camembert est un produit fragile au taux d'humidité élevé. L'eau qu'il contient est active et présente une forte capacité de développement bactérien. La durée d'affinage d'un camembert au lait cru est de 21 jours et seulement d'une dizaine de jours pour un camembert au lait pasteurisé. Les risques bactériologiques sont donc moindres.

 

Ce sont donc pour des raisons sanitaires que les laits pasteurisé et thermisé sont utilisés ?

 

Oui. Aujourd'hui, le goût et la sensibilité du consommateur ont évolué. Autrefois, les consommateurs étaient habitués à des produits chargés sur le plan bactériologique. C'est moins le cas aujourd'hui, les gens sont plus sensibles. Et les laits qui nous arrivent des laiteries sont différents : ils sont meilleurs et plus propres au niveau bactériologique. Actuellement, les laits contiennent environ 5 000 germes par gramme alors qu'il y a vingt-trente ans, ils en contenaient 200 000 par gramme. Mais, et c'est là tout le paradoxe, un germe pathogène se développera beaucoup plus facilement dans un lait qui est moins riche en bactéries : il aura davantage de place pour se développer.

 

Nous avons une offre au lait cru avec les marques Jort et Moulin de Carel. L'AOC a un côté élitiste : ces camemberts coûtent entre 4 et 6 euros. C'est très cher par rapport aux camemberts Le Petit ou Lanquetot qui coûtent environ 2,20 euros. Nous fabriquons 500 à 1000 tonnes de camembert au lait cru par an : nous maîtrisons donc le risque bactériologique sur cette petite quantité. Mais à une grande échelle, comme celle de Le Petit, ce serait beaucoup plus difficile et ça coûterait beaucoup plus cher.

 

Louche

 

« Pour la plupart d'entre nous le mot louche ne présente aucun difficulté. Néanmoins il est important dans la définition de l'AOC camembert en effet, le camembert doit être moulé à la louche. C'est à dire que le caillé obtenu dans de larges bassines sera mis dans le moule au moyen d'une louche ce qui assure que celui-ci ne sera pas découpé en de fins morceaux. Accessoirement cette louche doit avoir une taille identique à celle du moule.

 

Traditionnellement le travail harassant du moulage s'effectue à la main. Néanmoins certains producteurs (Isigny Sainte Mère à l'origine ) ont automatisé ce processus par le biais de louche robotisé.

 

Toléré dans l'AOC, cet outil vaut l'ire des puristes qui pensent que cette louche modifie le moulage et donc le goût final du produit. Certains lui ont aussi reproché de permettre une automatisation complète du processus donc de permettre des productions nocturnes (rares au préalable) et donc de raccourcir les cycles de production impactant là encore aux dires de certains le goût du camembert.

 

Certains producteurs mettent donc maintenant en avant le moulage manuel de leurs produits. »

 

Voilà, la messe est dite. Toutes ces marques sont dans la GD et même si Lanquetot s’est vu attribuer des médailles d’or au Concours Général de 2014 et 2015, dans une catégorie qui n’est pas l’AOC, vu ses conditions de fabrication avec un lait de vaches bouffant de l’ensilage et de conservation dans les frigos et les présentoirs de la GD vous pouvez être sûr et certain qu’il sera béton !

 

Mon camembert à moi il est là.

« Pouet pouet Camembert Lanquetot ! » dis-nous donc qui tient la queue de ta louche ?

Pour l’histoire de Lanquetot

 

« C'est en 1890 que l'histoire commence, lorsque Emilie Lanquetot fonde la société au non collectif de Madame Lanquetot et de Charles Lanquetot son fils, à Saint-Martin-de-Bienfaite (Calvados).

 

En 1905, Maurice Lanquetot, le 2e fils d'Emilie, entre dans la société qui prend le titre de « Veuve Lanquetot et fils et Cie ». Plus tard, l'exploitation d'une 2e usine à Orbiquet, créée par Monsieur Godefroy, augmente la production.

 

En 1909, Maurice et Charles, les deux fils d'Emilie, sont les deux membres fondateurs du Syndicat du véritable camembert de Normandie.

 

La croissance continue avec l'achat, en 1919, de l'usine d'Orbiquet dirigée par Charles, alors que la direction de l'usine de Saint-Martin-de-Bienfaite revient à Maurice. En 1924, un 3e site de production à Isigny-sur-Mer, rejoint l'entreprise.

 

Maurice rachète en 1932 l'usine d'Orbiquet à Charles. Ses fils, Roger et Pierre lui succèdent à sa mort en 1944 et développent l'entreprise par l'ajout d'une fromagerie à Friardel et des établissements Godefroy à la Madeleine, à Orbec, en 1956 (actuelle usine Lanquetot), puis à La Chapelle-Yvon.

 

Lanquetot aujourd'hui 

 

Pour l’expression « Pouet, pouet, camembert ! » elle signifie en clair « ferme ta gueule ! »

« Pouet pouet Camembert Lanquetot ! » dis-nous donc qui tient la queue de ta louche ?

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 07:00
« Les Italiens sont restés des amateurs cuisinant au petit bonheur, suivant des méthodes traditionnelles transmises de génération en génération : Plaidoyer pour 1 édition en français d’Artusi Remix de Don Pasta

Vendredi soir dernier nous étions comme les premiers chrétiens fuyant les persécutions assemblés sous les voûtes de pierres blanches de la magnifique cave de notre ami Alessandra Pierini pour écouter mon ami Daniele de Michele dit Don Pasta présenter son dernier opus Artusi Remix publié chez Mondadori dans la langue de Dante.

 

 

« Les Italiens sont restés des amateurs cuisinant au petit bonheur, suivant des méthodes traditionnelles transmises de génération en génération : Plaidoyer pour 1 édition en français d’Artusi Remix de Don Pasta
« Les Italiens sont restés des amateurs cuisinant au petit bonheur, suivant des méthodes traditionnelles transmises de génération en génération : Plaidoyer pour 1 édition en français d’Artusi Remix de Don Pasta

Religieusement l’assemblée des fidèles, encerclée par une muraille de beaux flacons de vin et de saintes huiles d’olive, italiens bien sûr, commença par écouter Zamua chanteur sardo-burundais, ami de Daniele, que j’avais déjà vu officier lors d’un spectacle de Don Pasta pour l’exposition «l’art fait ventre» à l’Espace Cardin, au milieu d’un trio magique, percutant, habité – lui à la guitare et les musiciens: Raffaele Casarano au sax et Marco Bardoscia à la contrebasse.

 

Et puis me revint l’honneur, moi le parisien païen, de présenter Daniele. Comme vous pouvez vous en doutez j’étais dans mes petits souliers, en l’occurrence des Veja équitables. Prenant mon courage à deux mains je me lançais en brodant sur deux anciennes chroniques Sauvez les câpres de Pantelleria avec mon ami Don Pasta «Vous savez ce que veut dire garder pour l’éternité la beauté d’une fleur?» et C'était toujours mieux que cinquante ans auparavant, quand les journaliers qui allaient vendanger se voyaient affubler d'une muselière pour les empêcher de manger le raisin. 

 

« Mon ami Daniele de Michele, dit Don Pasta, est beau, ça c’est à l’attention de mes jeunes amies ; il adore Charly Parker, ça c’est pour mes vieux copains ; c’est le roi de la parmigiana, bien lourde, celle de sa grand-mère qui tenait au corps, ça c’est pour Claire ; c’est une belle âme, vigoureuse et soucieuse des gens de peu, ça c’est pour les repus de la Toile, bedonnant, pontifiant sur les bons produits paysans authentiques tout en restant le cul sur leur chaise confortable»

 

Puglia, les Pouilles son pays…

 

« Andria, la piazza Catùna, le marché au bras, « une masse d’hommes et de jeunes garçons debout, présents dès l’aube, journaliers et cozzali (colons, métayers, paysans, qui disposaient de si peu de terre qu’elle ne leur permettait de survivre). Tous les jours-là, à trois heures du matin l’été, et à quatre heures l’hiver, agglutinés au centre de la place, avec leur pioche, en quête d’une journée. Attendant d’être choisis par le métayer après avoir proposé un chiffre, aussitôt baissé par le voisin qui espérait voler la priorité. Des enchères à l’envers, la concurrence pour deux kilos de pain et un kilo de fèves. En fin de matinée, les paysans dont personnes n’avaient voulu s’attardaient sur la place, après que les heureux élus s’étaient dirigés vers les champs. Ils n’avaient plus d’espoir, mais ils restaient là, leur pioche, désormais inutile, entre les mains, car ils n’avaient pas d’autres endroits où aller. »

 

Et puis, le hasard étant souvent mon allié, le matin même dans l’excellent livre de Bill Buford « Chaud Brûlant » j’avais touché du doigt un problème des plus sérieux « ce qu’était un ragù »

 

« Un ragù italien ressemble peu ou prou au ragoût français. Cela consiste grosso modo, dans la nomenclature des cuisines, à prendre une viande et à la « tuer » ou « l’achever ». Le choix de l’intitulé comme celui de la méthode de préparation, ai-je découvert depuis, sont au cœur d’un débat séculaire entre les défenseurs de la cuisine française et les adeptes de la cuisine italienne à propos de la question suivante : qui est arrivé le premier ? La rivalité, ressentie surtout du côté des Italiens, qui ont l’impression d’être considérés par les français comme appartenant à une tribu primitive vaguement comique, peut se formuler de la manière suivante : dans l’histoire de la cuisine européenne, la péninsule italienne fut le lieu de l’avènement culinaire, grâce à des gens comme Maestro Martin au XVe siècle. Puis, selon les dires italiens, les secrets de la bonne chère furent emballés et transportés au-delà des Alpes par Catherine de Médicis, quand, en 1533, celle-ci épousa le futur roi de France Henri II.

 

À la suite de quoi la France connut sa propre renaissance culinaire, culminant avec les fastueux banquets post-Ancien Régime d’Antonin Carême (…) alors que les Italiens, ayant conclu que le fruit en provenance du Nouveau Monde, que nous connaissons sous le nom de tomate, n’était après tout pas venimeux mais plein de promesses en matière de sauce, sombrèrent dans une dépression culinaire de cent cinquante ans et, en contradiction flagrante avec leur chauvinisme, se mirent à imiter les Français (…)

 

En 1903, la désormais très grande cuisine française fut codifiée au sein du travail encyclopédique d’Auguste Escoffier dans son Guide culinaire, qui demeure le texte de référence de la cuisine dite classique. En Italie, l’ouvrage faisant autorité La scienza in cucina e l’arte di mangiar bene (« La science de la cuisine et l’art du bien manger »), rédigé à peu près à la même époque, n’est qu’un ramassis de recettes familiales recueillies par un marchand de drap appelé Pellegrino Artusi. Escoffier fort de son expérience de chef de grands hôtels, vous propose deux cents façons d’accommoder une sauce. Artusi, en se basant sur des correspondances de ménagères provinciales, vous explique tout sur les nombrils et les tortellini. Les Français sont devenus professionnels, scientifiques, hommes du monde. Les Italiens sont restés des amateurs cuisinant au petit bonheur, suivant des méthodes traditionnelles transmises de génération en génération. Les Italiens, pourrait-on dire, jouent encore avec la nourriture. »

 

 

« Les Italiens sont restés des amateurs cuisinant au petit bonheur, suivant des méthodes traditionnelles transmises de génération en génération : Plaidoyer pour 1 édition en français d’Artusi Remix de Don Pasta

Je reviendrai dans une prochaine chronique sur le ragù qui illustre bien l’esprit de l’ouvrage de Don Pasta « Le ragù est une chose très personnelle. Aussi imaginez son bonheur quand, goûtant pour la première fois au ragù de Betta, il s’aperçut que, en effet, il était différent de celui de sa mère… et meilleur. »

 

Considéré par le New York Times comme « l'un des plus inventifs et dynamiques militants du monde de gastronomie et du bien manger » Daniele, revisite Pellegrino Artusi et son «La Science de la Cuisine et l'Art de bien manger» - 1ère édition 1891), avec l'appui de la méthode et des réflexions de L'Artusi, comme on l'appelle familièrement en Italie. Son livre n'est pas une relecture ou une réécriture de l'œuvre de L'Artusi, c'est un hommage affectueux, habité et sincère à l’homme qui a été l'un des pères de cette cuisine italienne qui est d’abord nourriture, un langage qui permet de transmettre une histoire familiale, paysanne, collective.

 

Vous vous doutez bien que ça touche au plus près mon cœur d’héritier d’une longue lignée de laboureurs.

 

Daniele, a donc entrepris, pendant toute une année, une longue quête à travers toute l'Italie pour rassembler des centaines de façon faire une cuisine familiale. La dénomination de recette ne convient pas car, comme le dirait avec humour Don Pasta, à la manière de Jacques Brel, chez ces gens-là on ne pèse pas, on sent… on fait « on ! » quand on pose la question des proportions.

 

Donc Daniele a voyagé à travers toute l'Italie à la rencontre de grands-mères, il a lancé des appels via les réseaux sociaux pour recueillir un maximum de témoignages afin d’aboutir à une sorte de recensement de la cuisine italienne domestique et populaire des temps modernes qui nous fait comprendre ce qui a changé dans la tradition et dans les limites géographiques.

 

Remix, en musique, un remix est une version modifiée d'un morceau musical, réalisée en studio ou parfois en live avec des techniques d'édition audio, destinée en général aux DJ pour les clubs.

 

Tout l’art et la sensibilité, de Daniele sont dans ce subtil assemblage d’une cuisine des générations modernes et du fort héritage de la tradition culinaire. Il y exprime toute sa sensibilité, son rapport charnel avec la terre, ceux qui la cultivent. Faire avec peu mais faire bon pour nourrir le corps mais surtout l’âme. Nourriture supplément d’âme. Ça me rappelle ce texte de Camilleri dans son dernier livre publié chez Liana Levi.

 

En 1 heure ½ maximum la récolte était vendue, parce qu’elle venait d’une terre cultivée avec amour et que l’amour ça donne bon goût…

 

« Bartolomè Sgargiato était un paysan qui habitait à l’extérieur de Vigàta, sur la montagne du Crasto, où il possédait une petite maison, héritée de son père Jachino.

 

Il vivait là avec sa femme Assunta, leur fils aîné Jachino qui avait dix-neuf ans, leur deuxième fils ‘Ngilino qui en avait dix-sept et leur fille Catarina qui, avec ses quinze printemps, semblait déjà une femme. À côté de la maison, une étable abritait un âne, une cinquantaine de poules et une dizaine de lapins. La maison était placée au milieu d’un terrain de deux arpents de bonne terre cultivée en potager. Et c’était le potager qui, avec les œufs, nourrissait la maisonnée.

 

Tous les matins, un des fils à tour de rôle descendait à Vigàta avec l’âne enfardelé pour vendre à la criée les légumes tout frais et les fruits de saison, pommes de terre nouvelles, fèves, pois chiches, concombres, cornichons. En une heure et demie maximum, la récolte était vendue, parce qu’elle venait d’une terre cultivée avec amour par Bartolomè et ses enfants et que l’amour, ça donne bon goût. »

 

« Par le fait les Sgargiato affanaient dans la campagne tous les jours que Dieu fait, du matin au soir. Comme les dimanches étaient travaillés aussi, sur toute une année les jours de repos se réduisaient à quatre : la saint Càlo, Pâques, Noël et le jour de l’an.

 

En janvier, ils semaient en pleine terre les fèves, les fenouils, les petits pois et, sous abri, les oignons, les carottes, les tomates, les céleris, le persil, les radis, les concombres, les aubergines, les poivrons, les courgettes.

 

En février, l’ail, les asperges, les choux, la roquette.

 

En mars, les pommes de terre. Et ils buttaient les artichauts.

 

En avril, ils buttaient les fèves et les pommes de terre, ils ramaient les petits pois et ils plantaient le basilic, les pastèques et les melons.

 

Et ainsi de suite, tout au long de l’année…

 

La suite ICI 

 

Reste un dernier obstacle à lever : comme nous les Français sommes assez peu portés sur la pratique des langues étrangères, il est donc d’utilité publique que le livre de Don Pasta puisse être publié au plus vite dans une version française afin que nous puissions pénétrer au plus profond du terroir de cette Italie longtemps divisée en un patchwork de grandes villes autonomes, de provinces, d’États souverains.

 

Je lance donc un appel aux éditeurs qui souhaitent sortir des sentiers battus et rebattus des livres de recettes sur papier glacé : faites œuvre utile en contribuant à l’extension du domaine des produits cultivés et préparés avec amour…

 

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