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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 06:00
Lorsque 2 financiers suisses agités du bocal cuisinent des légumes moches ça m’intéresse…

« Si la Suisse était bien repassée, ce serait un grand pays »

 

Signé Jean-Luc Godard binational franco-suisse, son père Georges Godard, issu d'une ancienne famille protestante de Sancerre, en 1916, déménage avec sa famille en Suisse par conviction pacifiste et s'installe à Vevey, puis à Genève.

 

J’apprends par le journal Le Temps que « Patrick Bante et Luca Kuettel se sont rencontrés sur les bancs de l’Université de Saint-Gall. Après deux masters en banque et finance suivis de quelques expériences professionnelles dans le monde des affaires, les deux amis décident de sacrifier à leur passion: la cuisine. »

 

Ils créent « Oggi », qui veut dire "aujourd’hui" en italien, ne fait pas seulement référence à un menu, mais célèbre surtout l’essence même du style de vie et de la culture culinaire en Méditerranée.

 

Sixtine les a rejoints en Septembre 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

En Italie «oggi si mangia» correspond à la «suggestion du jour» du chef. Elle est inspirée par les arrivées du jour pour assurer une première fraicheur.

 

« Chez Oggi, les plats cuisinés sont d’inspiration méditerranéenne. Ils se composent d’ingrédients locaux et saisonniers et notamment des fameux légumes moches pas assez sexy pour la grande distribution mais dont la qualité reste au top. Un procédé économique qui évite le gaspillage alimentaire et qui colle à la philosophie «zéro déchet» des deux associés. »

 

Le Menu de la semaine 20.02. - 24.02.2017 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment Ça Marche ?

 

Deux Genevois qui en ont dans le bocal (gastronomique) ICI

 

Lors de mon prochain séjour sur les bords du Léman j’irai mettre mon nez dans les bocaux d’ « oggi si mangia » pour ensuite tester le rapport qualité-prix.

 

Pour convertir le Franc Suisse CHF en euros c’est ICI

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 06:00
Que boire lorsqu’on avale des couleuvres ? Sans contestation : une Vipérine de Vendée !

Là je fais connexion entre Bruno Retailleau, le croisé de François Fillon.

 

Le p’tit Bruno de Saint-Malô-du-Bois dans la Vendée militaire ICI , l’ex porte-flingue du ricaneur du Puy-du-Fou, en a bien besoin pour se remonter le moral.

 

Imaginez le chemin de croix de son mentor, ce pauvre François Fillon se rendant au déjeuner qu’il a sollicité chez son ancien maître Don Sarkocorleone, l’abomination de la désolation, ce n’est pas des couleuvres qu’il a dû avaler mais un boa constrictor.

 

« Faire accepter n’importe quoi à n'importe qui comme une vérité. Infliger des humiliations, des désagréments à longueur de temps à quelqu’un… »

 

Devoir accepter de subir des choses désagréables sans rechigner était autrefois le lot de toutes les personnes en position d'infériorité (comme le personnel de maison, par exemple).

 

Tel fut le lot de François Fillon Premier Ministre tout au long du septennat du parrain de la Droite dure. Alors qu’il tenait sa revanche en ayant renvoyé sèchement son maître, le collaborateur pris dans la tourmente judiciaire se voit obligé de revenir, la queue entre les jambes, plier le genou et faire à nouveau bonne figure.

 

« L'essentiel dans cette manière d'arriver est d'agréer maints soufflets et de savoir avaler une quantité de couleuvres : M. de Talleyrand faisait grand usage de ce régime des ambitions de seconde espèce. »

Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe.

 

Mais accordons à François Fillon, comme à tous ceux qui exposent leur vie dans le domaine public, un peu d’indulgence. Qui de nous peu lui jeter la première pierre ? En effet, bien hypocrites ceux qui se targueraient de n’avoir jamais avalé des couleuvres dans leur vie privée ou professionnelle.

 

Indulgence ne signifie pas absolution, simplement un rappel à celles et ceux qui sur les réseaux sociaux se drapent dans des postures de redresseurs de torts.

 

Sur Face de Bouc ça dézingue sans sommations mais beaucoup de ces snippers avancent masqués ou se fabriquent un beau profil.

 

C’est facile.

 

C’est commode.

 

Ça permet de laver plus blanc que blanc en planquant ses petits ou grands accommodements, toutes ces couleuvres, plus ou moins grosses, avalées dans le secret de son métier ou de sa vie privée.

 

Libre à eux de faire la Révolution en affichant une photo de profil en tee-shirt Che Guevara même si ça ne les empêche pas de faire commerce avec le bourgeois, qu’il soit bobo ou de l’ancienne espèce. Faut bien vivre !

 

Libre à eux de ne pas être très regardant sur le profil de leurs amis, ça peut toujours servir.

 

Mais de grâce cessez de nous la jouer les pères la morale du haut de votre mince bagage de la vie. Un chouïa d’humilité vous permettra d’avaler votre lot de couleuvres.

 

Ainsi va la vie que l’on vit, l’important c’est de ne pas se renier, de nous vendre de la soupe pas fraîche, de pratiquer le copinage avec des gratte-papier stipendiés.

 

Et là y’a du ménage à faire, du balayage devant sa porte avant de s’autoproclamer nettoyeur des écuries d’Augias.

 

Vous allez me dire tout cela est bien obscur et bien lointain du monde du vin.

 

Pas si sûr, ma chronique, sans nommer qui que ce soit, touche le cœur de la critique du vin, de ses relations, de ses pratiques, qui font que trop souvent les gens se tiennent par la barbichette, que tout le monde avale des couleuvres.

 

Sur les réseaux sociaux, comme dans la vie, c’est trop souvent le bal des faux-culs et des hypocrites.

 

Mais revenons à la Vipérine de Vendée !

 

Au café d’Aubigny, on assurait dans les années 80 qu’il s’agissait d’une recette traditionnelle du haut-bocage vendéen, mais aux Essarts, au cœur même de ce bocage on affirme que c’est un usage propre à Vieillevigne au confit du département et du pays du Muscadet.

 

Ange Bastiani raconte que Jean Cettour, le patron du bar, Bar des BOF (Beurre-Œuf-Fromage), au 7 rue des Innocents, à Paris, avait toujours en bonne place une bouteille d’alcool de vipères, en principe non destinée à la consommation courante.

 

Sa recette « Capturer une vipère vivante dans les collines de Chainas… les murs des restanques des vignobles sont truffés de ces reptiles. Enfermez-là dans une bouteille vide close par un bouchon coupé en biseau. Laissez jeûner l’animal durant 2 ou 3 jours puis emplissez le flacon de marc de beaujolais et bouchez-le cette fois avec un bouchon plat. Vous n’avez plus ensuite qu’à laisser macérer pendant 6 mois au bout duquel le breuvage sera à point. »

 

L’introduction de la vipère vivante dans la bouteille fait que le reptile s’enroule dans la bouteille, essaye de remonter et que lorsqu’on l’occis avec l’eau-de-vie elle reste enroulée la tête en eau.

»

Pour J. Luneau de Vieillevigne c’est un élixir de jouvence, il précise qu’il faut que ce soit une vipère femelle. »

 

Dans les 101 Conseils de Médecine Naturelle du Dr Jean-Yves Péron-Autret :

 

« Qui n’a vu dans les vitrines des apothicaires de province, le flacon d’alcool où une vipère capturée vivante est immergée (dans une bouteille contenant de l’alcool de fruit porté à ébullition) ? On boit un petit verre à alcool de cette préparation chamanique et magique tous les matins. Le roi François 1er la jugeait indispensable au maintien de sa souveraine santé contre les rhumatismes. »

 

Une recette italienne du XVIIe siècle :

 

« Beaucoup pour prolonger la jeunesse et retarder la vieillesse, utilisaient le vin de vipère et la chair de la vipère préparée et assaisonnée avec d’autres aliments. »

 

Pour clore cette chronique politico-gastro-vino… il semble que l’expression « avaler des couleuvres » trouve son origine d'une ancienne signification de 'couleuvre' qui désignait aussi une insinuation perfide, le genre de chose à laquelle il n'est pas toujours simple de répondre et qu'on doit alors subir sans piper mot.

 

Ce sens du mot était bien entendu lié au comportement du serpent, cet animal qui a convaincu Ève de croquer la pomme.

 

Cet emploi aurait été renforcé par la confusion avec 'couleur' qui, du XVe au XVIIe siècle désignait une fausse apparence, encore symbole de perfidie (une bonne couche de peinture peut dissimuler bien des défauts).

 

Si le cœur vous en dit vous en prendrez bien une larme… de crocodile...

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 09:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne (6) le pari de la recomposition de Mr X au PACS Macron-Bayrou en passant par l’ouverture de Rocard en 1988.

SOUVENIRS

 

Acte 1 : La grande affaire. : Monsieur X contre de Gaulle.

 

Ce titre barre la Une de l'hebdomadaire l'Express le 19 septembre 1963.

 

L'hebdomadaire joue aux devinettes avec ses lecteurs : « Il s'agit d'un homme politique exemplaire : il possède une équipe dynamique, il a beaucoup d'amis dans le milieu, de très bonnes relations avec les dirigeants des grandes entreprises ».

 

En fait, les dirigeants de l'hebdo, Servan-Schreiber, Ferniot, Françoise Giroud ont décidé d'inventer un candidat contre de Gaulle. Les supputations vont bon train. Le président du Sénat Gaston Monnerville, le radical Maurice Faure, Mitterrand, Antoine Pinay…

 

Une semaine plus tard, Le Canard Enchaîné annonce «Monsieur X est un homme Defferre». Triomphalement réélu aux municipales de Marseille, Gaston Defferre entame une tournée nationale et veut créer une fédération allant du centre droit aux communistes.

 

Guy Mollet, patron de la SFIO, lui barre la route en juin 1964. Defferre renonce mais soutient en coulisse Mitterrand. À l'été 1965, assuré qu'il n'y aura pas de candidat communiste, obtenant le ralliement des radicaux, ce dernier se déclare. « Il s'est inventé candidat » conclut l'Express.

 

J’EN ÉTAIS

 

Acte 2 : La France Unie de Mitterrand 2 en 1988 : Rocard à la barre

 

« La campagne présidentielle mitterrandienne, puis le premier gouvernement Rocard, ont mobilisé parallèlement des concepts-slogans «La France unie», «L’ouverture», «Gouverner autrement» qui ont laissé entendre que la porte restait ouverte, pour l’exercice du pouvoir, aux modérés aux « centristes » disposés à saisir la main tendue. »

 

Nous sommes en 1988. François Mitterrand, qui fait campagne pour sa réélection à la présidence de la République, promet un gouvernement "d'ouverture". Il envisage des débauchages individuels chez les centristes.

 

Une fois réélu, François Mitterrand nomme le socialiste Michel Rocard à Matignon. Son premier gouvernement comprend deux ministres UDF, Michel Durafour et Jacques Pelletier. Quatre personnalités non partisanes y figurent aussi: Pierre Arpaillange, Roger Fauroux, Jacques Chérèque et Hubert Curien.

 

Après les élections législatives de juin, le deuxième gouvernement Rocard compte dans ses rangs autant de socialistes que de non-socialistes. Parmi eux, le barriste Jean-Pierre Soisson, le centriste Jean-Marie Rausch, un CDS, une giscardienne et des personnalités comme Léon Schwartzenberg et Alain Decaux.

 

Le résultat très serré des élections législatives a donné encore plus d’acuité à cette idée de recomposition des forces ou des alliances politiques, en ne dégageant pas de majorité absolue pour le Parti socialiste (PS), alors que le Parti communiste (PC), contrairement à 1981, était dans une posture de prise de distance critique et de refus de participation à un gouvernement d’union de la gauche.

 

Avec 275 membres ou apparentés, le groupe PS n’avait que 47,8 % des effectifs de députés ; il lui manquait treize sièges pour atteindre la majorité absolue. La gestion politique de la situation par le gouvernement supposait donc, malgré l’existence de garde-fous constitutionnels, de réduire au maximum les « passages en force ».

 

D’où l’importance capitale des petits groupes parlementaires pouvant, par un vote positif ponctuel, ou par leur abstention, permettre de « passer en douceur ». Le PC possède alors 24 députés (4 %) et obtient de pouvoir reconstituer un groupe.

 

La plupart des députés membres du CDS fondent également leur propre groupe, la décision étant prise dès le 15 juin : 42 parlementaires s’y inscrivent ou s’y apparentent, soit un peu plus de 7 % des députés, le groupe enregistrant trois départs « d’ouverture », en 1988 et en 1990.  »

 

LIRE ICI 

 

L’ACTUALITÉ

 

Acte 3 : François Bayrou et le pari de la recomposition avec Macron

 

En se ralliant à Emmanuel Macron, le Béarnais espère prendre à revers la droite et la gauche et faire triompher, face au FN, une alliance des progressistes.

 

De l’art de transformer du plomb en or : crédité de 5 % à 6 % des suffrages dans les sondages d’intention de vote, François Bayrou ne pouvait aucunement prétendre emporter l’élection présidentielle de 2017.

 

En tentant sa chance pour la quatrième fois, le Béarnais pouvait en revanche faire chuter l’ovni Macron ; ce dernier est devenu la bête noire de la droite et de la gauche car leur électorat est très proche. Mais cela aurait été un choix négatif.

 

Il n’a pas pris cette option préférant au contraire surprendre et prendre une nouvelle fois la droite à revers en scellant une « alliance » avec celui qu’il appelait naguère le « candidat des forces de l’argent ».

 

On aurait tort d’interpréter cette décision à l’aune du seul dépit d’un sexagénaire sûr de son destin qui se serait fait doubler sur le tard par un trentenaire déluré. Le choix de François Bayrou se veut fondateur. Il repose sur la certitude qu’une recomposition politique est à l’œuvre depuis des années et qu’elle est arrivée à maturité.

 

Complexification du paysage politique

 

Les prémices étaient apparues lorsque, entre les deux tours de la présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait tendu la main au centriste pour tenter de battre Nicolas Sarkozy. Cinq ans plus tard, c’est le Béarnais qui, par détestation du même homme, appelait à voter, entre les deux tours de la présidentielle de 2012, et à titre personnel, pour François Hollande.

 

La lune de miel s’était cependant rapidement interrompue, faute de réciprocité. Le nouveau président n’avait rien fait pour aider le centriste à sauver sa circonscription face aux assauts du Parti socialiste (PS). Pire, il avait négligé sa proposition d’organiser, à peine élu, un référendum portant notamment sur la moralisation de la vie politique et la réforme du mode de scrutin législatif, afin d’ouvrir le jeu et trouver « des majorités d’idées » alors que la France était confrontée au défi du désendettement et bientôt du terrorisme.

 

C’est ce projet que François Bayrou est allé vendre avec succès à Emmanuel Macron en y ajoutant un codicille sur la protection de « la rémunération du travail ». Dont acte.

 

En topant, les deux hommes complexifient un peu plus le paysage politique et précipitent la décomposition à l’œuvre sous le quinquennat : on ne compte plus comme naguère deux grandes forces politiques ni même trois mais cinq qui se disputent le podium : le Front national (FN), la droite, le centre, la gauche et la gauche radicale.

 

Union des progressistes

 

Cela veut dire que la qualification pour le second tour se jouera aux alentours de 20 % et qu’il faudra ensuite créer une majorité de rassemblement face au FN qui ne cesse de progresser.

 

Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, avait été le premier à théoriser cette union des progressistes sans parvenir à séduire l’électorat de la primaire de la droite et du centre qui lui avait préféré le très droitier François Fillon.

 

François Bayrou reprend le flambeau en prêtant main-forte à Emmanuel Macron qui commençait à donner des signes de faiblesses.

 

Les deux hommes sont persuadés que le traditionnel clivage entre la gauche et la droite est désormais noyé par une opposition plus structurelle sur la mondialisation et le rôle de la France en Europe. Une opposition qui travaille les deux camps.

 

Leur pari repose sur le fait qu’au PS comme chez Les Républicains, les digues sont tout prêts de lâcher et que les électeurs ont déjà franchi le pas. Réponse le 23 avril.

 

Françoise Fressoz éditorialiste LE MONDE | 23.02.2017

 

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 06:00
Trop de salons tuent les salons !

L’avantage des formules qui pètent c’est justement qu’elles pètent, font du bruit, rompent le silence convenu qui règne  sur le marigot, on les retient facilement même si elles réduisent la réalité à un petit paquet de mots.

 

Si j’avais été aussi provocateur que certains le disent j’aurais titré, en parodiant un célèbre slogan 68 hard : les salons pièges à cons !

 

Mais comme toutes les formules lapidaires celles-ci mettent le doigt sur une part de la réalité sans l’exprimer totalement. En effet, la prolifération des salons ne tue pas tous les salons mais met à mal certains d’entre eux.

 

Quant aux cons, le sens de mot nous échappe souvent, il en est de toutes sortes et il nous arrive de nous écrier dans certaines circonstances : «Qu’est-ce que j’ai été con !» Toutes les études le prouvent : tout le monde est ou sera, un jour où l’autre, une espèce de con.

 

Revenons au fond de mon affirmation pour soulever la question que tout le monde se pose dans le monde du vin sans jamais oser la poser franchement.

 

Exemple flagrant du je tourne autour du pot, parce que j’ose pas fâcher ceux qui nous font vivre, glané dans un organe de presse du vin :

 

- Tiens, comme on se retrouve ! Dis-moi, on se suit dans le tour de France des allées de salons du vin !

 

- Que veux-tu, comme toi je faisais partie des 20 775 visiteurs de Vinisud, des 4 850 visiteurs de Millésime Bio, des 8 500 du salon des Vins de Loire…

 

- Et maintenant des 3 300 visiteurs de Vinovision ! Ne manquerait plus que Pink pour compléter la collection...

 

- On ne peut pas dire, les salons se multiplient plus vite que mes allocations de Pétrus.

 

La politique du chiffre est un bien mauvais indicateur de l’impact réel d’un salon.

 

Et c’est là que le bât blesse : comment le savoir ?

 

Mission quasi impossible car à la sortie tout le monde affiche une satisfaction de bon ton, les organisateurs balancent des chiffres de fréquentation qui ne veulent pas dire grand-chose, les exposants invariablement disent qu’ils sont contents, les communicants, qui sont payés pour ça, graisse la tartine.

 

Sous cette satisfaction de façade se cache un dilemme pour beaucoup de vignerons en recherche de clients et de notoriété : y aller ou ne pas y aller ?

 

Mais attention il y a salon et salon, je m’explique.

 

Au temps où j’étais aux manettes rue de Varenne j’ai délesté le Ministère du Salon de l’Agriculture en le vendant à un organisateur de salon. Certains ont poussé des hauts cris sauf que soucieux de l’argent du contribuable – oui ça existe – le déficit était tel qu’il fallait changer de format et que le nouveau format n’était pas inscrit dans la mission de service public d’un Ministère.

 

En effet, comme je l’écrivais en 2007, le Salon de l’Agriculture n’était plus vraiment celui des agriculteurs mais celui des urbains qui viennent voir les vaches, les cochons, les moutons, les chevaux, la volaille, les chiens et les chats… etc. Le Ministère continue de subventionner le côté bestiaux car il est prisé par les éleveurs et il coûte cher.

 

« Les gars de chez moi, quand y montaient à Paris pour le Salon c'était pour deux raisons avouables : voir les bêtes et le matériel et deux, qui ne l'étaient pas : se prendre quelques mufflées carabinées dans le couloir de la mort (l'actuel hall des provinces) et aller trainer du côté de Pigalle. Je ne veux pas être mauvaise langue mais, comme leur moyen de transport exclusif dans Paris était le métro, beaucoup d'entre-eux, en dehors du quartier de la Porte de Versailles et des lieux de perdition, ne connaissaient rien des splendeurs de notre capitale, exception faite peut-être de l'Eiffel Tower. Ces temps sont révolus, la machine agricole a émigré à Villepinte et notre Salon de l'Agriculture attire plutôt les urbains, les enfants des écoles et les étrangers, que les agriculteurs. »

 

Tout ça pour vous dire qu’il faut trier dans les salons entre ceux qui sont organisés par des organisateurs professionnels et ceux qui sont le fait des vignerons eux-mêmes.

 

Y’a d’abord les Mammouth bien essoufflés : Vinexpo à la peine, il est loin le temps de la débauche, Vinisud qui se la joue sans vraiment convaincre, le Salon des vins de Loire quasiment subclaquant…

 

Y’a les petites bêtes qui montent, qui montent : les fameux off qui tournent autour des pachydermes. Ceux de la Loire vont sans doute achever la bête malade.

 

Y’a ceux des VIF, des poids lourds, à l’ancienne qui devraient se préoccuper du vieillissement de leur clientèle

 

Y’a la partie vin du Salon de l’Agriculture, ringarde de chez ringarde, une horreur absolue.

 

Y’a le nouveau qui surfe sur la vague du « propre » : Millésime Bio qui devra sans doute affronter un de ces 4 sa crise de croissance.

 

Y’a les salons chics parisiens : la RVF et le Grand Tasting de B&D des vaches à lait qui présentent toujours les mêmes têtes, attendre et voir…

 

Y’a le salon des vins nus de rue89 Sous les pavés la vigne, très militant, qui essaime : Lyon puis Bordeaux… lui aussi devra assumer ses boutons d’acné…

 

Y’a un nouveau à Paris avec un nom à la con : Vinovision qui a beaucoup blablaté mais ne semble pas avoir trouvé la bonne cible.

 

Y’a le Vin de mes Amis que j’aime bien qui fait son petit bonhomme de chemin.

 

Et puis y’en a plein de tout petits, des régionaux, des locaux, des parigots, dont je ne peux dresser la liste.

 

Question : y’en a-t-il trop ?

 

Je n’en sais fichtrement rien !

 

La bonne question, la seule qui vaille, est-ce que les exposants y trouvent ce qu’ils sont venus chercher en payant leur place de leurs deniers.

 

Du côté des gros salons avec organisateurs professionnels (ce qui ne signifie pas forcément compétents surtout lorsque des enjeux politiques s’en mêlent) le socle est constitué par les maisons de négoce, les propriétés bien déjà bien dotées et, bien sûr, les zinzins interprofessionnels qui y trouvent le moyen de dépenser l’argent de leurs cotisants.

 

Pour les vignerons c’est une autre paire de manches mais dans une première approche je ne vois pas quel est le bénéfice pour eux d’aller faire nombre, faire de la figuration dans les gros salons.

 

Alors où faut-il aller ?

 

Pour aider à dénouer ce dilemme il faudrait que les vignerons puissent disposer d’informations fiables, d’analyses sérieuses, sur le panel d’acheteurs qu’ils vont pouvoir ou espérer rencontrer.

 

Là c’est morne plaine et bourrage de mou, ceux qui se qualifient de « journalistes du vin » ont un fil à la patte, ils font partie du jeu, vendre la mèche tiendrait pour eux à se faire hara-kiri. Alors tout ce petit monde nage dans la même ambiguïté.

 

Ne comptez pas sur les organisateurs pour en sortir car ils le feraient à leur détriment.

 

De plus, dans les enceintes officielles, là où soi-disant se prennent les grandes décisions, beaucoup de grands présidents n’ont jamais mis la main à la pâte de la vente du vin, ce qu’ils aiment dans les salons c’est poser sur la photo officielle lors du coupage du ruban.

 

Pour moi, l’avenir des gros salons est en bout de piste à Roissy ou dans les grands hubs pour capter les acheteurs internationaux… Pour ceux qui veulent faire du tourisme ou de l’œnotourisme un petit coup d’ailes et c’est emballé.

 

Pour les petits salons un danger tout de même : vampiriser par la vente directe une grosse part de la clientèle des cavistes qui assurent tout au long de l’année le service de proximité.

 

Chez moi, à la Mothe-Achard, un dicton disait « ça durera aussi longtemps que les foires de Mothe… » sauf qu’elles ont disparues…

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 11:30
Pourquoi, en amont du jeu de rôle entre « partenaires » orchestré par l’INRA, les viticulteurs, les consommateurs,  n’ont-ils pas droit à la parole pour exprimer leurs demandes de recherche ? signé le comité des gueux

Au salon de l’agriculture les chercheurs de l’INRA pensent pour vous : agriculteurs, viticulteurs, consommateurs… suivez sur twitter !

 

Que nos brillants chercheurs agronomiques innovassent, qu’ils fassent avancer la science me semble aussi évident que moi je pédalasse pour faire avancer mon vélo…

 

Alors quoi de plus normal qu’ils profitassent du grand barnum qu’est le Salon de l’Agriculture pour colloquer, pour je cite la communication de l’INRA des rencontres qui restituent le produit des réflexions à un large public de partenaires : professionnels agricoles, acteurs du système français de R&D, etc.

 

Nos chercheurs vont donc restituer le produit de leurs réflexions

 

Pour le Larousse, restituer c’est « Rendre quelque chose à son propriétaire légitime »

 

« Rendre ce qui a été pris ou ce qui est possédé indûment, injustement. »

 

Étrange formulation ou tout simplement une formulation qui traduit l’ambiguïté de notre recherche publique qui, contrairement à la recherche privée, à une mission que l’on peut qualifier de service publique.

 

Mais en est-il vraiment ainsi ?

 

À qui s’adressent-ils dans ces rencontres ?

 

À un large public de partenaires : professionnels agricoles, acteurs du système français de R&D, etc. nous dit-on.

 

Ce public est-il aussi large que cela ?

 

N’est-il pas au contraire l’expression publique d’un entre soi à des fins de Communication ?

 

Où sont, non pas les acteurs, en effet ceux qui mettent « les mains dans la farine » ne jouent pas un rôle, mais ceux qui au jour le jour sont confrontés à des questionnements qui mettent en jeu leur avenir, leur vie ?

 

Pourquoi en amont de ce jeu de rôle orchestré par l’INRA n’ont-ils pas droit à la parole pour exprimer leurs demandes de recherche ?

 

Ne serait-il pas primordial de leur restituer le pouvoir d’influencer l’offre de recherche de l’INRA ?

 

Mais je me doute que ça perturberait les rapports de l’INRA avec certains de ses partenaires ici innommés mais que l’on peut retrouver dans les participants à ces rencontres bien formatées.

 

Je vous donne le programme :

 

- Construire la viticulture de demain lundi 27 février 2017 ~ de 14h30 à 16h30

 

- L'innovation alimentaire : vers une alimentation sur mesure Mercredi 1er mars 2017 ~ de 10h à 12h

 

L'agriculture biologique, les enjeux d’un secteur en pleine croissance Jeudi 2 mars 2017 ~ de 16h30 à 18h30

 

- Alimentation durable Vendredi 3 mars 2017 ~ de 14h30 à 16h30

 

  1. Construire la viticulture de demain
  2.  

Cette rencontre associe la recherche dans les sciences biotechniques et socio-économiques et les acteurs économiques pour brosser la construction de la viticulture de demain.

 

Lundi 27 février 2017 ~ de 14h30 à 16h30

 

Suivez cette rencontre sur Twitter #Vigne

 

La production viticole est une production agricole majeure en France, à la fois par l’importance des surfaces, plus de 770 000 ha, son importance économique, en particulier à l’exportation et son empreinte sur les territoires. C’est une production qui a une composante culturelle très forte, qui explique à la fois sa place à l’exportation et les attentes des consommateurs.

 

Portés par la place des grands crus et des grands cépages, les professionnels du secteur viticole expriment des exigences qualitatives très fortes et un besoin de s’adapter aux évolutions du marché, tout en répondant également aux attentes exprimées par la société d’une réduction forte des produits phytopharmaceutiques largement utilisés pour la protection de la vigne.

 

A ces attentes sur le court terme, la viticulture doit également prendre en compte la montée en puissance des conséquences du dépérissement qui touche aujourd’hui la plupart des vignobles, et qui exige de considérer simultanément de nombreux leviers technologiques et organisationnels.

 

Enfin, en raison de sa pérennité, mais aussi de la forte typicité des produits viticoles associée à leurs terroirs d’origine, la viticulture doit anticiper dès aujourd’hui les conséquences du changement climatique en cours et imaginer les marges d’action.

 

Au travers de cette rencontre associant la recherche dans les sciences biotechniques et socio-économiques et les acteurs économiques, la construction de la viticulture de demain sera brossée.

 

Programme

 

Introduction

 

Christian Huyghe, Directeur Scientifique Agriculture de l'Inra

 

Séquence 1 : Des enjeux à moyen et long terme

 

> L’adaptation au changement climatique : les principaux acquis du projet Laccave

Nathalie Ollat, Inra Bordeaux et Jean-Marc Touzard, Inra Montpellier

 

> La lutte contre le dépérissement de la vigne : les enjeux et les actions mises en œuvre dans le cadre du plan national et de la création de la chaire industrielle de Bordeaux

 

Patrice Rey, Inra Bordeaux, Christophe Riou, IFV et Christian Lannou, Inra-SPE et président du CST de l’IFV

 

Discussion avec la salle

 

Séquence 2 : Les transitions à court terme pour répondre aux ambitions du plan Agroécologique et du plan Ecophyto

 

> La création et le déploiement de variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium

 

Didier Merdinoglu, Inra Colmar, François Delmotte, Inra Bordeaux et Carole Caranta, Inra-BAP

 

> Les transitions dans le monde viticole et l’adoption de nouveaux cépages

 

François Hochereau, Inra Ivry

 

Discussion avec la salle

 

Conclusion

Philippe Mauguin, PDG de l’Inra

 

  1. L'innovation alimentaire : vers une alimentation sur mesure

 

Cette rencontre vise à initier le dialogue avec les acteurs socio-économiques dans l’objectif de co-construire des projets ambitieux autour d’un domaine porteur d’innovation : l’alimentation sur mesure.

 

Mercredi 1er mars 2017 ~ de 10h à 12h

Suivez ce colloque sur Twitter #Food

 

En France, comme dans l’ensemble des pays industrialisés, les habitudes alimentaires ont beaucoup plus changé au cours des cinq dernières décennies qu’au cours des siècles précédents. L’évolution de l’alimentation accompagne les transformations de notre société : modifications des modes de vie, évolutions sociologiques, développement socio-économique, progrès technologiques, changement des goûts des consommateurs et des modes de consommation.

 

Cette mutation des habitudes alimentaires offre un champ de développement porteur de valeur ajoutée, notamment en matière d'aliments fonctionnels adaptés à un mode de consommation particulier ou à des besoins nutritionnels spécifiques, ainsi qu’en matière d’aliments « sur mesure » destinés à répondre à des demandes particulières de certaines catégories de populations telles que les séniors, les nourrissons et jeunes enfants, les femmes enceintes et allaitantes, les populations souffrant de syndromes allergiques ou les sportifs.

 

Les progrès scientifiques dans la connaissance des besoins nutritionnels et hédoniques, ainsi que la meilleure compréhension des préférences alimentaires et des comportements de consommation de différents groupes de population permettent de proposer des démarches de conception d’aliments mieux adaptés à la demande de ces groupes.

 

Par ailleurs, le développement des technologies de l’information et de la communication permet d’envisager de « personnaliser » l’alimentation, à travers des applications intégrant des données sur la composition des aliments, leur provenance, les indicateurs de santé de l’individu, son mode de vie et ses préférences.

 

Le principal objectif de l’Inra est de fournir les éléments scientifiques permettant d’améliorer la santé et le bien-être en encourageant le développement d’aliments mieux adaptés à l’Homme. Les recherches se situent dans un compromis entre le bien-être individuel et le contexte économique et socio-professionnel.

 

Par cette rencontre, nous souhaitons initier le dialogue avec les acteurs socio-économiques dans l’objectif de co-construire des projets ambitieux autour d’un domaine porteur d’innovation : l’alimentation sur mesure.

 

Programme

 

Introduction

 

Jean Dallongeville, Inra

> Alimentation sur mesure: rôles du microbiote intestinal

 

Patrick Veiga, Danone

> L’offre alimentaire personnalisée

 

Matthieu Vincent, WeCook / DigitalFoodLab : présentation des acteurs de type startup et innovant autour de l’alimentation personnalisée

 

Séverine Gailler-Legendre, WeCook / Alantaya : 2 exemples d’acteurs du coaching alimentaire ciblant à la fois le grand public et les pathologies

 

Discussion avec la salle

 

> Le projet de recherche Nutriperso: alimentation personnalisée et prévention du diabète de type 2

 

Louis-Georges Soler, Inra

 

> Utilisation d'additifs sensoriels naturels pour moduler l'appétit et le plaisir alimentaire : démonstration d'impact au niveau du cerveau et des comportements chez le modèle porcin. Collaboration Inra & Laboratoires Phodé

 

David Val-Laillet, Inra

 

Discussion avec la salle

 

Conclusion

 

Christine Cherbut, Directrice scientifique Alimentation et Bioéconomie, Inra

 

  1. L'agriculture biologique, les enjeux d’un secteur en pleine croissance

 

Cette rencontre aborde plusieurs questions sur les formes de gouvernance de l'agriculture biologique, l’appui des politiques publiques, mais aussi le soutien à la conversion ou l’organisation et la sécurisation de la production.

 

Jeudi 2 mars 2017 ~ de 16h30 à 18h30

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Au cours des 6 premiers mois de 2016, le nombre d’exploitations en agriculture biologique (32 000) a connu une croissance sans précédent (+10%), croissance équivalente à celle enregistrée sur toute l’année 2015. L’ensemble de la filière, y compris les opérateurs aval (transformateurs, distributeurs…), est concerné par ce développement. Le secteur poursuit sa structuration et plusieurs chantiers d’importance sont à l’agenda sur les formes de gouvernance, d’appui des politiques publiques, mais aussi sur le soutien à la conversion ou sur l’organisation et la sécurisation de la production.

 

Après un retour sur 30 ans de construction de la gouvernance des marchés (normes, certifications, accréditation), on aborde la question des outils de régulation mis en œuvre et de leurs impacts sur la dynamique des marchés. Le développement de l’AB est ensuite abordé du point de vue de l’agriculteur, en se centrant sur les défis qu’il doit relever lorsqu’il opte pour une conversion en AB. Le soutien public est un des ressorts du développement. Envisageant l'hypothèse d'un soutien public à l'AB fondé sur la rémunération de ses aménités, le ministère chargé de l'agriculture a souhaité disposer d'un état des lieux des connaissances scientifiques pour objectiver l’évaluation des externalités de l’AB. On revient sur ce travail, confié à l'Itab, avec l'appui scientifique de chercheurs de l'Inra. L’hétérogénéité en quantité et en qualité de la production issue de l’AB est une contrainte que doivent gérer les transformateurs. Le Réseau Mixte Technologique Transfo Bio présente les questions que cela pose et les pistes explorées par les acteurs de la filière.

 

Programme

 

Introduction

Christian Huyghe, Directeur Scientifique Agriculture de l'Inra

 

Séquence 1 : l'AB demain, quelques pistes de réflexion

 

> Les instruments de régulation de l’Agriculture Biologique (normes, certification, accréditation) et leurs conséquences sur les marchés

 

Allison-Marie Loconto, Inra

 

> Les défis de la conversion en AB : témoignage d’un agriculteur de la FNAB

 

Sébastien Lemoine, FNAB

 

> Les externalités de l’AB, résultats d’une expertise pilotée par l’ITAB

 

Natacha Sautereau, ITAB et Marc Benoit, Inra

 

> Interactions entre production agricole et transformation agroalimentaire : état des lieux et perspectives dans la filière Bio

 

Cyril Bertrand, CRITT Agroalimentaire PACA et RMT ACTIA TransfoBio

 

Séquence 2 :le développement de l'AB par les partenaires de la recherche

 

Stéphanie Pageot, présidente de la FNAB

 

Catherine Decaux, Directrice de l'ITAB

 

Conclusion

 

Philippe Mauguin, PDG de l'Inra

 

  1. Alimentation durable
  2.  

Cette rencontre, co-organisée par l’Inra et l’Ademe, montre que l’alimentation durable est un défi possible à relever et une voie d’avenir.

 

Vendredi 3 mars 2017 ~ de 14h30 à 16h30

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Une attention croissante est portée aux effets environnementaux et sanitaires de la production et de la consommation alimentaires. Un changement en faveur de systèmes et de régimes alimentaires plus durables s’impose pour protéger la santé de l’homme et de l’environnement, garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle, préserver les ressources naturelles et la biodiversité. Néanmoins, les moyens de la transition vers de tels systèmes restent encore matière à débat.

 

La rencontre, co-organisée par l’Inra et l’Ademe, propose d’apporter un éclairage sur des connaissances récentes et de présenter des actions mis en œuvre par des filières agro-alimentaires et des acteurs territoriaux, qui montrent que l’alimentation durable est un défi possible à relever et une voie d’avenir.

 

Programme

 

Introduction

 

Joëlle Kergreis, direction exécutive des programmes, Ademe

 

> Agrimonde-Terra- Impact des régimes alimentaires sur l’utilisation des terres

 

Olivier Mora, Inra

 

> Écoconception dans les filières agro-alimentaires

 

Vincent Colomb, Ademe

 

> Approche de l’alimentation durable par une filière agro-alimentaire

 

Amina Galiano, Agrosolutions et Flora Schmitlin, Mondelez Europe.

 

Discussion avec la salle

 

> Intégration des qualités nutritionnelles et environnementales de l’alimentation en France

 

Nicole Darmon, Inra

 

> Projet d’alimentation durable territorialisé

 

Nadège Noisette, Adjointe à la ville de Rennes en charge des approvisionnements

 

Discussion avec la salle

 

Conclusion

 

Philippe Mauguin, PDG de l’Inra

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 06:00
Redneck sommelier Konstriktor • Helder Oliveira •

Redneck sommelier Konstriktor • Helder Oliveira •

« Les grands vins feront leur entrée triomphale, et le sommelier annonce avec orgueil des noms et des dates illustres, selon ce qu'aura choisi, pour la solennité du jour, l'amphitryon : Château-Margaux 69, Château-Latour 75...»

 

Clément Jaluzot, sommelier maître d'hôtel du duc de Praslin (Grandes heures cuisine française, Éluard-Valette, 1964, p. 248. CNRTL

 

À l’origine, le sommelier était une personne qui, dans une grande maison, dans une communauté, avait la charge du linge de table, de la vaisselle, de la nourriture et des vins

 

De nos jours, personne qui a la charge des vins et des boissons alcoolisées dans un restaurant.

 

« Sa face était plus blême et son nez plus rouge qu'à l'ordinaire; phénomène qui pouvait s'expliquer par le nombre de bouteilles vides rangées sur le buffet (...) et par le nombre de bouteilles pleines que le sommelier plantait devant lui avec une prestesse infatigable. »

 

Théophile Gautier, Fracasse, 1863, p. 382. CNRTL

 

« Sommelier » provient du moyen français. Le mot trouve ses racines dans le provençal « saumalier », conducteur de troupeau, lui-même issu de « sauma », troupeau.

 

L'origine latine est « sagma », « bât ». Le terme de sommelier signifie à l'origine «conducteur de bête de somme».

 

Le terme de sommelier va remplacer celui d'échanson. On trouve dans les comptes des rois de France, en 1378, un Jacques Mercade portant le titre de premier sommelier de corps du roi. Dans les comptabilités de la maison du roi, on trouve des sommeliers de Paneterie, des sommeliers de la Fruiterie.

 

À la cour des ducs de Bourgogne, à partir du milieu du XVe siècle, il y avait un premier sommelier de corps, six sommeliers de chambre et six sommeliers de corps.

 

Le sommelier de corps avait pour fonction de s'occuper des habits du duc. Le sommelier de chambre devait garder le lit dans la chambre du duc en son absence. Le titre de Sommelier de Corps ou Sommelier du Corps de la cour des ducs de Bourgogne a été introduit à la cour des rois d'Espagne par Charles Quint avec le Sumiller de Corps chargé des parties les plus privées du domaine du monarque.

 

Franck-Emmanuel Mondésir officie au restaurant Les Climats, rue de Lille à Paris, il se situe donc dans la lignée de la cour des ducs de Bourgogne sans que je m’aventure à lui attribuer l’une des appellations citées ci-dessus (même si j’en meurs d’envie).

 

- Pourquoi chroniquer sur lui plutôt que sur un autre ; où se situe donc l’originalité de ce jeune homme ?

 

- Bonne question Elkabbach !

 

- Allez-vous lui passer la brosse à reluire ?

 

- Rassurez-vous Jean-Pierre, bien que mes très anciennes et hautes fonctions d’enfant de chœur chef, en l’église Saint Jacques le Majeur de la Mothe-Achard, m’aient familiarisé avec le maniement de l’encens, je ne me sens pas très à l’aise dans l’exercice du compliment.

 

- Vous savez pourtant que moi-même je suis adepte du cirage de pompes, alors éclairez-moi sur vos dons !

 

- Avec plaisir JPK !

 

- Ce n’est pas à un vieux singe comme vous que j’apprendrai à faire la grimace, l’exercice n’est pas simple car, si l’on n’y prendre garde, il peut facilement verser dans la flatterie. Rappelez-vous Jean-Pierre la morale du corbeau et le renard :

 

Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute :

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.

 

J’ai connu, sous les ors de la République, un grand spécialiste de la remise de décorations ; il trustait lui-même les grades de commandeur dans 3 ordres : la Légion d’Honneur, le Mérite National et le Mérite Agricole.

 

Cet homme à la stature imposante de hobereau normand savait transformer un curriculum vitae modeste en une quasi-épopée, égrener les mérites du récipiendaire avec ce qu’il fallait d’humour et de malice, placer des incises sur notre belle France du labourage et du pâturage chers à Sully.

 

Que Franck-Emmanuel se rassure, il encore bien trop jeune pour prétendre obtenir le poireau, le ruban vert de la rue de Varenne, alors je ne lui infligerai pas un discours.

 

-  Après toutes ces circonvolutions, il serait de bon ton que vous en veniez aux faits…

 

- Taisez-vous Elkabbach ! Droit au but : Franck-Emmanuel m’a réconcilié avec le métier de sommelier.

 

- Vous étiez fâché ?

 

- À dire le vrai je n’étais pas à proprement parler fâché mais plutôt irrité par la manière dont certains d’entre eux pratiquaient. En clair, ils me gonflaient ! Me prenait la tête. Pire, dans les dégustations, lorsque je les pratiquais au tout début de mon blog, beaucoup m’exaspéraient avec leur côté je sais tout sur tout. Place aux spécialistes, passez votre chemin menu fretin !

 

- Vous vous prenez pour Périco ?

 

- Non, je suis un garçon bien élevé, je les supportais avec courtoisie. Pas un mot plus haut que l’autre, parfois un léger zeste de distance.

 

- Le style bobo quoi…

 

- Vous datez Jean-Pierre mais là n’est pas le sujet. Mon revirement de jurisprudence date du jour où Franck-Emmanuel est arrivé, je ne dirai pas décontracté, car ça pourrait passer pour de la désinvolture, non plutôt comme le petit copain de votre fille, qu’elle vient vous présenter, qui ne sait pas quelle impression il va faire et qui adopte une approche à mi-chemin entre je suis un peu mariole mais je sais me tenir.

 

- Vous causez riche mon cher !

 

- Ne m’interrompez pas Elkabbach ! Ce garçon sous ses airs de Pierrot lunaire, fait d’un mélange d’attention malicieuse souligné par des yeux rieurs et un sourire bien accroché, masque un gros cœur, une réelle sensibilité.

 

- Un amoureux du vin quoi…

 

- Bien plus que ça Jean-Pierre, il cherche à vous le faire aimer sans vous imposer sa science. C’est un ludion sympathique qui, avec son air de ne pas y toucher vous guide avec compétence sur les chemins de traverse de la Bourgogne. En plus cette jeune canaille sait nous faire sortir des sentiers battus. Y'a pas que la DRC dans la vie ! Je n'en dirai pas plus, étant donné mon immense influence dans le milieu de la restauration étoilée je risquerais, en couvrant F.E.M. de fleurs, de lui valoir bien des inimitiés

 

- Vous êtes un vrai politique. Je salives et si nous allions déjeuner ensemble aux Climats cher ami ?

 

- Désolé Jean-Pierre je ne vais aux Climats qu’avec mes belles amies qui sont regroupées en un fan club de Franck-Emmanuel présidée par Claire

 

Ci-dessous le jeune homme en action dans la belle cave des Climats...

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 06:00
Balzac connaissait-il la beuchelle tourangelle ? Bonne question Jean-Claude Ribaut ! Vive les rognons et les ris de veau !

Le week-end dernier tout ce que la France et la Navarre, ses annexes étrangères aussi, compte de hipsters à casquette, de tatoués, de naturistes en tee-shirts et grosses écrase-merde, de cavistes alternatifs engagés, de tenanciers et tenancières de bars à manger, de restaurateurs chics, d’agents divers et variés, d’amateurs de déviance, de filles branchées sur 100 000 volts, de bobos, de dragueurs éhontés, de licheurs désœuvrés et désargentés, de porte-plumes en déshérence, de blogueurs sans lecteurs, s’était ruée sur la Loire où les vins nus faisaient salons dans tous les coins de la région. L’Officiel, lui, dans sa zone industrielle, ravalé au rang de faire-valoir, vieillissait de plus en plus dans le silence et l’indifférence.

 

« Depuis toujours, les pays ligériens expriment une certaine joie de vivre sous un ciel clément. Balzac considérait la Touraine comme sa terre natale. Le Lys dans la vallée nous offre de cette contrée un portrait culinaire ramassé. Rares sont les cuisines, hormis la chinoise, qui ont su enflammer la passion d'écrivains de cette envergure. Mais il estimait que les rognons sont "un mets que l'on ne peut manger qu'entre soi, et surtout pas au dîner". »

 

C’est ce qu’écrivait, en août 2011, Jean-Claude Ribaut lorsqu’il chroniquait dans le journal le Monde et posait la question « Balzac connaissait-il la beuchelle tourangelle ? »

 

Qu’est-ce donc que ce plat qui semble fleurer bon une préparation locale très ancienne ?

 

Un plat mis au point par un Nantais : Édouard Nignon au début du XXe.

 

« L’origine du nom est simple, c’est la francisation du mot autrichien « Beuschel » que Nignon avait découvert en 1892 lors de son passage au Trianon ; les Viennois en étaient très friands. On le sert toujours à Vienne dans plusieurs restaurants, en général accompagné de quenelles à la mie de pain (semmelknödel).

 

C’était un ragoût à base de poumon et de cœur que Nignon a remplacé par des rognons et des ris de veau, nappé d’une sauce crémée, généreusement enrichie d’un fond de veau très élaboré. Il ajoutait des cèpes.

 

Tout le monde ou presque sait ce que sont les rognons ; en revanche assez peu savent ce que sont les ris, mot d’origine inconnue, qui désigne une glande endocrine présente chez l’humain, le Thymus. Elle est située à cheval sur le cou et le thorax ; elle s’atrophie chez l’adulte.

 

« Dans le veau, elle est parfois volumineuse, de la taille de deux poings. Elle forme une masse unique. Elle forme une masse unique, mais on peut la cliver en deux lobes (on les nomme « pommes »). »

 

Jean-Claude Ribaut en énonçait deux des multiples formes :

 

« C'est un ragoût de rognons de veau parés et émincés, de ris de veau blanchis puis escalopés, que Florent Martin (Le Martin bleu) fait simplement colorer dans un peu d'huile d'olive et de beurre ; il y ajoute des champignons des bois, fait flamber avec 20 cl de marc des côteau de la Loire avant de verser 50 cl de crème liquide et de laisser épaissir à feu moyen. Le grand cuisinier tourangeau Jean Bardet, aujourd'hui retiré, procédait de façon plus sophistiquée avec l'adjonction d'une garniture aromatique (oignon, carotte, céleri, ail en chemise, thym, ½ feuille de laurier), la cuisson du ris de veau s'effectuant alors dans un bouillon de volaille et vouvray blanc sec, afin de réduire de moitié la proportion de crème. Il ajoutait les rognons finement escalopés, poêlés au dernier moment. »

 

Né à Nantes en 1865, Édouard Nignon est un fils d'un journalier et d'une lingère ayant eu huit enfants, il entre en apprentissage à l'âge de neuf ans au restaurant Cambronne. Un an plus tard, il intègre le restaurant Monier où il apprend à lire et écrire.

 

Il se fait remarquer par son ardeur au travail et son intelligence, son ascension est rapide. Muni d’une recommandation, il passe par Angers, Cholet avant d’atteindre Paris à 15 ans où il entre chez Potel et Chabot. Aide saucier chez Bignon, chef saucier chez Voisin, chef entremettier à l’exposition de 1889, chef rôtisseur au Lapérouse, chef des cuisines au Marivaux.

 

À 27 ans il part à Vienne au Trianon où il est remarqué par l’empereur François-Joseph ; à 32 ans il se rend en Grande-Bretagne où il est maître chef des cuisiniers de l'hôtel Claridge de Londres de 1894 à 1901 ; à 35 ans il dirige l’impressionnante brigade au luxueux Ermitage de Moscou. En 1908, il devient propriétaire du restaurant Larue à Paris où défilent écrivains et artistes. La maladie en 1921 l’oblige à prendre sa retraite.

 

En 1933 il publie « l’Éloge de la cuisine française » préfacée par Sacha Guitry. La formule de la Beuchelle, il préfère le mot formule à celui de recette, y est détaillée.

 

Intéressé par les alliances de saveurs atypiques, il crée entre les deux guerres les huîtres au camembert.

 

Je ne sais si à Paris un restaurant propose une beuchelle tourangelle, mais si vous souhaitez manger du ris de veau je vous recommande celui de Julien Boscus au restaurant Les Climats rue de Lille il est comme je l’aime à la fois ferme et fondant.

 

RIS DE VEAU ET TRUFFE NOIRE,

Doré au sautoir crousti-fondant; gnocchi au parmesan, sucrine grillée et condiment Tuber Mélanosporum, émulsion de sauce blanquette.

Balzac connaissait-il la beuchelle tourangelle ? Bonne question Jean-Claude Ribaut ! Vive les rognons et les ris de veau !
Balzac connaissait-il la beuchelle tourangelle ? Bonne question Jean-Claude Ribaut ! Vive les rognons et les ris de veau !
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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:00
Des hélicoptères survolent la vallée de la Soummam en Mai 1956. / AFP

Des hélicoptères survolent la vallée de la Soummam en Mai 1956. / AFP

Afin de mieux coller à l’actualité de la campagne électorale j’ai choisi de publier mon journal d’un chroniqueur de campagne sans m’en tenir à un calendrier précis.

 

À chaud !

 

Ainsi ce matin dans mon courrier un lecteur m’écrit (vous pouvez le faire via en cliquant sur CONTACT tout en bas du blog).

 

Fillon, Macron, la presse et la colonisation

 

Comment dans un débat politique d’un tel niveau, où l’un des concurrents fait campagne pour se blanchir (il s’en remet au suffrage universel pour être jugé, quand même) et dessoudant la presse, les discours de macron et les cris d’orfraie qu’ils suscitent, j’ai cette phrase d’Albert Londres qui remet tout le monde en phase.

 

Elle conclut la post face qu’il a écrite pour Terre d’Ebène : «Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Terre d’Ebène : après l’avoir lu, personne ne peut affirmer à moins de s’aveugler, que la colonisation a été seulement un bienfait. Ce qui une fois de plus ne fait pas de tous des criminels, mais l’ensemble est un monstre. Crime contre l’humanité n’est choquant que si l’on ne veut pas savoir.

 

D’autre part, pour la presse : elle doit effectivement porter la plume dans la plaie. Mais la maturité d’un citoyen électeur est de faire la part des choses, et d’accueillir les informations pour les traiter pour ce qu’elles sont : des données nouvelles.

 

Le politiques aiment trop les cireurs de bottes pour ne pas qu’ils soient suspects. Fillon, comme les autres.

 

Mais pourquoi Macron a-t-il choisi l’Algérie ?

 

1/12/1954, «L'Algérie, c'est la France et la France ne reconnaîtra pas chez elle d'autre autorité que la sienneFrançois Mitterrand, ministre de l'Intérieur…

 

Son discours ICI

 

Un demi-siècle après la décolonisation et la fin de la guerre d'Algérie, l'exercice de mémoire autour de ces sujets demeure profondément conflictuel, comme otage des idéologies et des clivages politiques.

 

« La France aurait tout intérêt à faire la lumière sur son passé et cesser de fermer les yeux sur ce que fut réellement cet épisode de l'histoire. La colonisation fut longtemps au centre de l'idéal républicain, dit de gauche - au même titre que la laïcité et la conquête des libertés - portée par des grandes figures du Panthéon de la gauche française, Léon Gambetta ou Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: «Je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation!» Cette approche avait alors un caractère quasi officiel, «politiquement correct» dirions-nous aujourd'hui.

 

Quant à l'Algérie, elle fut pendant plus d'un siècle considérée, non pas comme une colonie mais comme une fraction du sol national. A l'exception du parti communiste, et de quelques individualités isolées, l'ensemble de la classe politique, jusqu'à la fin des années 1950 - y compris la SFIO et le parti radical, ancêtres du parti socialiste actuel, le MRP centriste - considérait les trois départements algériens comme faisant partie intégrante et intouchable du territoire Français. »

 

Maxime Tandonnet le 18/03/2016

Adolescent, la guerre d’Algérie, faisait partie du quotidien de nos familles, nos grands-frères y étant appelés sous les drapeaux en tant que soldat du contingent. Mon frère aîné Alain en était, il a passé 18 mois de sa vie sur un piton rocheux à la frontière de la Tunisie « protégée » par ligne électrifiée dites ligne Morice. Sa base arrière était à Guelma.

 

J’ai vu aussi débarquer à la Mothe-Achard, après les accords d’Evian, les Pieds Noirs désemparés avec leur petit balluchon.

 

Jeune homme j’ai choisi de faire mon service national en tant que coopérant (VSNA) et j’ai été affecté à l’Université de Constantine en tant que maître-assistant. C’était au temps de Boumediene. J’y ai passé 2 années de ma vie. Parmi mes étudiants j’avais de nombreux quadragénaires ayant participé à cette guerre et qui venaient acquérir une formation juridique nécessaire aux postes qu’ils occupaient.

 

Avant de partir j’avais lu La Guerre d'Algérie (4 tomes parus chez Fayard) d’Yves Courrière

 

Les Fils de la Toussaint, 1968

Le Temps des léopards, 1969

L'Heure des colonels, 1970

Les Feux du désespoir, 1971

 

Mais aussi, entre autres, Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon

 

Je vous conseille d’offrir à vos jeunes l’admirable Histoire Dessinée de la Guerre d’Algérie de Benjamin Stora et Sébastien Vassant au Seuil.

 

« La guerre d’Algérie fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. En 250 pages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant retracent en textes et en images les moments-clés de cette guerre longtemps restée « sans nom », avec ses épisodes majeurs et ses acteurs principaux, français comme algériens.

 

À partir d’archives, de portraits et de témoignages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant donnent à voir et à comprendre la guerre d’Algérie comme on ne l’a jamais fait. La bande dessinée restitue cette histoire dans toutes ses dimensions tout en intégrant les acquis de la recherche historique la plus récente, et en faisant place à la diversité des mémoires. »

Journal d’1 chroniqueur de campagne (5), Macron, la colonisation, pourquoi l’Algérie ?

Je propose à votre lecture 4 articles :

 

  1. Colonisation. Macron « a des arrière-pensées pas seulement humanistes » le 17/02/2017 Ouest-France.

 

Emmanuel Macron a profité d’un voyage de deux jours en Algérie pour répondre aux questions d’un journaliste d’une chaîne de télévision algérienne. Certains de ses propos ont fait mouche. «La colonisation est un crime contre l’humanité», a-t-il lancé, adoptant une ligne opposée à celle de certains de ses adversaires de la présidentielle. Olivier Lecour Grandmaison, politologue spécialiste d’histoire coloniale, enseigne à l’université d’Évry-Val d’Essonne et au Collège international de philosophie. Auteur de plusieurs ouvrages, il a publié, en 2014, L’empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, aux éditions Fayard. Il est aussi à l’origine d’un récent appel pour la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France. Pour Ouest-France, il réagit aux déclarations du candidat d’En Marche, qu'il a assumé sur Facebook.

 

- À la télévision algérienne, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l’humanité. Qu’en pensez-vous?

 

Il est tout à fait possible de considérer la colonisation comme un crime contre l’humanité dès lors que l’on s’intéresse de façon précise aux modalités de la colonisation. Il s’agissait de guerres de conquête et de guerres coloniales dont l’une des caractéristiques, et pas seulement en Algérie, est d’avoir été des guerres totales, où l’on a assisté à une militarisation complète de la population et du territoire. Ce qui veut dire que la distinction entre civil et militaire s’effondre, celle entre sanctuaire et champ de bataille également.

 

Par ailleurs, et là ça ne concerne pas uniquement l’Algérie, autre particularité, et aujourd’hui reconnu comme un crime contre l’humanité, le fait que les populations civiles, sans avoir eu un comportement délictuel, ont été soumises au travail forcé. Lequel a été extraordinairement criminel.

 

- Il y a eu des massacres aussi…

 

Oui. À ce propos, la qualification employée par Emmanuel Macron est partagée par des historiens, des avocats. Je pense notamment à celui de Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945. Entre 35000 et 40000 morts. Un massacre qui court du 8 mai à la fin août, début septembre, qui implique l’ensemble des forces armées (Terre, Air, Marine), plus des milices coloniales. Eu égard aux modalités de ce massacre, à ses mobiles, un certain nombre de contemporains aujourd’hui considèrent, en effet, qu’il s’agit de crime contre l’humanité.

 

- Dans l’interview, après ces propos forts, il tente: «La France a installé les droits de l’homme mais a oublié de les lire»

 

La suite ICI 

 

  1. La colonisation "crime contre l'humanité": pourquoi Macron a raison le 16.02.2017 Bruno Roger-Petit

 

Interrogations. Emmanuel Macron a juridiquement tort, mais a-t-il politiquement raison? Le pénal suffit-il à caractériser le moral? Une définition juridique, pour aussi parfaite qu’elle puisse être considérée suffit-elle à enfermer le politique, convoqué au chevet de l’histoire? Évoquant ce que fut la colonisation française en Algérie (ce qui vaut pour tant de terres où elle sévit) Emmanuel Macron a parlé de crime contre l’humanité. En droit, c’est discutable, mais au regard de la morale de l’histoire, qu’en est-il?

 

Relisons Bel ami, ces pages d’introduction où Maupassant campe le personnage de Georges Duroy, déambulant dans Paris en quête de destin: "Et il se rappelait ses deux années d’Afrique, la façon dont il rançonnait les Arabes dans les petits postes du Sud. Et un sourire cruel et gai passa sur ses lèvres au souvenir d’une escapade qui avait coûté la vie à trois hommes de la tribu des Ouled-Alane et qui leur avait valu, à ses camarades et à lui, vingt poules, deux moutons et de l’or, et de quoi rire pendant six mois. On n’avait jamais trouvé les coupables, qu’on n’avait guère cherché d’ailleurs, l’Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat".

 

« L'Arabe étant un peu considéré comme la proie naturelle du soldat ». Maupassant livre une anecdote. Que l’on devine vraie. Que l’on sait ordinaire, dans le sens où elle est répétée à l’infini depuis que la France s’est emparée de l’Algérie. Et que cela va encore durer soixante-dix ans. Comment dire mieux la colonisation française, sa violence et son injustice? Comment ne pas comprendre les traces laissées dans la conscience d’un peuple? Comment nier l’indélébile empreinte mémorielle?

 

« Anonyme ou pas, l’ordure provient toujours de l’extrême droite »

 

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  1. « Certaines pages de l’Histoire de la colonisation sont de l’ordre du crime contre l’humanité » La Croix

 

Après les déclarations d’Emmanuel Macron sur la colonisation, Pascal Blanchard, historien, chercheur au laboratoire communication et politique du CNRS*, et spécialiste du fait colonial, revient sur les enjeux qui entourent cette question historique.

 

- La Croix : La colonisation peut-elle être considérée comme un crime contre l’humanité ?

 

Pascal Blanchard : La colonisation en soi n’est pas juridiquement un « crime contre l’humanité », ce n’est pas le même phénomène que l’esclavage. Même si les textes internationaux énoncent que « les crimes contre l’humanité doivent être commis par une puissance étatique qui pratique une politique d’hégémonie idéologique ». Par contre, certaines pages de l’Histoire de la colonisation, comme la conquête de l’Algérie, de 1830 à 1842, celle de l’Indochine, ou encore la grande révolte et sa répression en Nouvelle-Calédonie en 1878 et la guerre au Cameroun dans les années 1950, ont été de l’ordre de l’inacceptable, et donc du crime contre l’humanité au regard des « faits ». Y compris au regard du droit français, depuis la loi du 26 décembre 1964 où la notion de crime contre l’humanité fait son apparition dans le code pénal.

 

On est dans un pays paradoxal avec 12 744 musées, mais il n’y en a aucun qui traite, parle ou appréhende l’Histoire coloniale. Quand l’Histoire ne peut pas rentrer au musée, c’est qu’elle est encore brûlante, manipulée aussi ou qu’elle n’a pas trouvé le temps de l’apaisement des mémoires. Elle reste donc dans le champ du politique, des manipulations de l’histoire et des mémoires en conflit.

 

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  1. POINT DE VUE

 

« Oui, la colonisation est un crime contre l’humanité » par Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique, Dakar)

 

Qu’Emmanuel Macron provoque une polémique en affirmant, lors d’une visite à Alger, que la colonisation est un crime contre l’humanité témoigne d’un profond malaise français sur le sujet. Mais en dépit des éructations de certains, le bilan est sans appel : oui, la colonisation est un crime contre toute l’humanité, dont le résultat fut d’imposer la domination de la barbarie contre la civilisation.

 

Les peuples d’Afrique ont vécu une terrible violence du fait colonial avec des morts, des expropriations, des privations de liberté et surtout une négation profonde de la dignité humaine par la domination politique, économique et culturelle. Les chiffres de cette période sont éloquents d’horreur. Pour procéder plus facilement au pillage systématique des ressources du continent africain, les colons ont soumis des populations civiles aux travaux forcés avec à la clé des milliers de victimes. Par exemple, l’historien Antoine Madounou établit un bilan entre 15 000 et 30 000 personnes mortes sur le chantier du chemin de fer qui devait relier Pointe-Noire à Brazzaville, au Congo.

 

Des morts, il y en a eu aussi à chaque fois que les populations ont tenté de se libérer du joug colonial. A Madagascar, en mars 1947, l’armée coloniale française a massacré les populations malgaches, avec un bilan compris entre 20 000 et 100 000 morts, selon les sources. Ou encore en Algérie où la révolte partie de Sétif le 8 mai 1945 fut matée dans le sang, laissant près de 45 000 victimes selon les nationalistes algériens.

 

Une barbarie intolérable

 

Sans oublier les tirailleurs sénégalais tués à Thiaroye en 1944 ou encore le sombre épisode du Cameroun, avec une répression des populations qui s’étaient soulevées à l’appel des militants de l’Union des populations du Cameroun (UPC) dans les années 1950 et 1960. Là, on oscille entre 60 000 et 120 000 victimes. La puissance coloniale a aussi assassiné les charismatiques dirigeants indépendantistes camerounais Um Nyobe et Moumié.

 

Les blessures que la colonisation a infligées à l’Afrique sont douloureuses et rendent tellement pitoyables les évocations de routes et d’hôpitaux censés extirper des aspects positifs d’une horreur. Je partage l’avis de l’historienne Sylvie Thénault qui juge « indécent » de mettre sur une même balance, d’un côté, les massacres, exécutions sommaires et tortures, et, de l’autre, des routes jugées comme un bilan positif d’un asservissement abominable des peuples d’Afrique. A ceux qui, souvent issus des rangs de l’extrême droite française, trouvent des vertus à la colonisation, Césaire avait anticipé la réponse, dès 1955, avec son monumental Discours sur le colonialisme (Présence africaine, 1955). D’ailleurs, en ces temps de polémiques et de libération de la parole raciste en France, les hommes politiques de ce pays devraient tous lire ce texte intemporel.

 

Aimé Césaire disait donc : « On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » La colonisation, comme le soulignait le même Césaire est une « négation de la civilisation ». En cela, elle est un crime, une barbarie intolérable.

 

Sur le sujet de la colonisation, jamais un homme politique français sous la Ve République n’est allé aussi loin, et c’est à saluer, indépendamment des motivations électorales du candidat Macron. Mais il convient de souligner que sa déclaration gêne beaucoup de gens en France, de la gauche à la droite du spectre politique du pays. Officiellement, le Parti socialiste, dans sa récente histoire, a toujours fait la politique de l’autruche sur ce sujet, refusant de l’affronter en face. Quant à la droite, elle fait preuve d’une crispation identitaire très forte. C’est d’ailleurs l’un de ses principaux candidats à la présidentielle, François Fillon, qui a récemment considéré la colonisation française comme un « partage de culture » à d’autres peuples. A ce niveau, il s’agit au mieux d’une méconnaissance de l’histoire, au pire d’un révisionnisme abject.

 

Un pan peu glorieux de son histoire

 

Je n’attends pas de la France une repentance, ni une réparation financière, mais une reconnaissance de faits têtus et un exercice de dignité en faisant face à un pan peu glorieux de son histoire. N’en déplaise à ceux qui critiquent la position de M. Macron, l’histoire de la « patrie des droits de l’homme », c’est aussi une sombre période de meurtres et de négation de la simple dignité humaine. Affronter le bilan de la colonisation – ce moment d’« ensauvagement » du continent européen, selon Césaire – requiert du courage mais nullement une fierté mal placée.

 

De notre part, il ne s’agit pas d’expliquer tous nos maux par le seul fait de la colonisation, loin de là, mais de reconnaître qu’elle constitue une cause importante du retard de l’Afrique. Nous sommes encore dans ce que l’économiste Felwine Sarr appelle dans son essai Afrotopia « l’hystérèse », ce moment post-traumatique (esclavage, colonisation, néocolonialisme) que vit l’Afrique, et dont elle doit se sortir enfin pour affronter son destin.

 

Notre génération n’a pas connu ce douloureux épisode et tente de nouer d’autres rapports avec l’Europe en empruntant un tournant dé-colonial. Nous offrons ainsi au Vieux Continent une chance d’affronter son histoire et enfin, ensemble, de tourner la page.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 06:00
Ne confondre l’avocat « arbre à cojones » avec celui d’Hubert le Forestier, ils n’ont pas la même stratégie

Dans le film de Carl Reiner, sorti en 1977, Oh, God ! Dieu interrogé sur ses plus grandes erreurs, du tac au tac, répondait pince-sans-rire : « Les avocats. J’aurais dû faire des noyaux plus petits. »

 

Le mot avocat en tant que fruit n’a pas du tout la même origine qu’avocat dans son sens juridique qui vient du latin advocatus = défenseur, avoué, appelé auprès. Sous l’Ancien Régime, le rôle de l’avocat était de défendre les couvents, les villes etc. Ce n’est qu’en 1790 sous la Révolution française que le mot prit son sens actuel.

 

Il vient de l’anglais avocado (Sir Hans Sloan en 1699) et issu de l’espagnol aguacate, venant d’encore plus loin, à savoir du nahuatl (langue que les descendants des Aztèques parlent au Mexique) ahuacacuahitl qui signifie littéralement arbre à testicule (ahuacatl = testicule) en raison de la ressemblance de forme entre le fruit et l’organe.

 

Pour les professeurs de botanique du monde entier ce noyau est absolument parfait. « Sous sa peau marron, tous les éléments de la graine apparaissent en grand format. Il suffit d’un noyau propre, de trois cure-dents et d’un verre d’eau pour assister à un véritable cours sur la germination. La simplicité du mécanisme n’avait pas échappé aux tout premiers paysans, qui apprirent à le domestiquer depuis la découverte de ce fruit dans les forêts tropicales du Mexique et du Guatemala.

 

En effet, bien avant qu’apparaissent les Mayas ou les Aztèques, les peuples d’Amérique centrale savouraient déjà la chair crémeuse de l’avocat.

 

L’avocatier (Persa americana) n’est connu que comme espèce cultivée. Son ancêtre sauvage disparut des forêts d’Amérique centrale durant des milliers d’années qui ont suivi sa domestication. Une théorie suggère que les nombreux arbres néotropicaux à gros fruits s’éteignirent peu à peu juste après la disparition de ceux qui en disséminaient les graines : tatous géants, glyptodons, mammouths, gomphothères et autres membres disparus de la mégafaune du pléistocène (Janzen&Martin 1982). Vu la taille de ses graines, l’intervention d’un gros animal était sûrement nécessaire à touer dispersion de l’avocatier sauvage. (Bien sûr de nos jours, les humains s’en chargent parfaitement et les avocats poussent sur tous les continents à l’exception de l’Antarctique !

 

MEXIQUE

 

La culture de l’avocat fait des ravages

 

L’«or vert» du premier producteur mondial provoque la déforestation et profite au crime organisé

29 août 2016 |Frédéric Saliba

 

Le monument en forme d’avocat géant trône à l’entrée de Tancitaro, dans l’ouest du Mexique. La sculpture symbolise l’importance de ce fruit pour les habitants de cette petite ville de l’État du Michoacan, devenue la capitale mondiale de l’avocat. Le boom de la consommation des Américains, mais aussi des Européens, Français en tête, fait flamber les prix du fruit, rebaptisé l’« or vert » du Mexique. Une ruée qui provoque une déforestation massive et profite au crime organisé.

 

Vus du ciel, des pans entiers de forêt sont zébrés de champs d’avocatiers sur les flancs des montagnes du Michoacan. La région concentre les quatre cinquièmes de la production nationale d’avocats. Cette terre volcanique au climat tempéré sied au fruit, dans un pays qui en est le premier producteur mondial, avec près du tiers de la récolte. En trente ans, les plantations sont passées de 31 000 à 118 000 hectares, selon le ministère de l’Agriculture. En 2015, la production a atteint 1,6 million de tonnes, en hausse de 6,6 % en un an.

 

Face cachée de ce succès économique : la destruction des forêts de pins, dont certains endémiques. « Les agriculteurs plantent clandestinement des avocatiers au milieu des pins », explique Victor Manuel Coria, le directeur de l’Institut national de recherches forestières, rattaché au ministère de l’Agriculture. « C’est un travail de fourmi, sur plusieurs années. Petit à petit, ils coupent les branches, puis les troncs desséchés. »

 

La faune est aussi menacée : coyotes, pumas et autres oiseaux rares habitent la forêt, qui accueille aussi des millions de papillons monarques lors de leur grande migration annuelle. Sans parler du problème de l’eau, consommée en masse par les avocatiers, qui affecte le niveau des rivières, ou de celui des pesticides

[…]

 

À qui la faute ? Plus de la moitié de la production est exportée. La France est le second importateur d’avocats mexicains, après les États-Unis, et avant le Japon et le Canada. Dans l’Hexagone, le fruit se mange plutôt en hors-d’oeuvre ou en salade, tandis que le guacamole, purée d’avocat épicée, a gagné ses lettres de noblesse dans les rayons des supermarchés.

 

L’article ICI 

 

Commentaire de Ronald Bouchard - Abonné

29 août 2016 13 h 58

Rien de neuf. C’est pas une nouvelle ça! Il est très connu, qu’au Québec, dans notre système judiciaire, « La culture de l’avocat fait des ravages ».

 

« Nous vivons dans un monde de graines. Le café du petit déjeuner, le coton de nos vêtements, le chocolat chaud que nous buvons avant d’aller nous coucher, du matin au soir, elles sont partout autour de nous. Elles nous fournissent en nourriture, en énergie, en stupéfiants et en poisons, en huiles, en teintures, fibres et épices. Sans graines, pas de pain, de riz, de haricots, de maïs ou de noix. Elles sont l’aliment par excellence, la base de tout régime alimentaire, de l’économie, des modes de vie partout sur la planète. Elles sont aussi l’essence même de la vie sauvage : les plantes à graines constituent plus de 90 % de notre flore. Elles sont si répandues que l’on a du mal à imaginer que durant plus de cent millions d’années, ce sont d’autres types de plantes qui dominèrent la Terre. »

 

Mais qu’est-ce qui à l’intérieur de la graine déclenche la germination et comment la plante avait réussi à développer un système aussi sophistiqué ?

 

Réponse de Carol Baskin professeur de sciences à l’Université du Kentucky

 

« Je raconte à mes étudiants qu’une graine est un bébé plante, dans une boîte, avec son déjeuner. »

 

Avec son analogie du « bébé dans la boîte », Carol réussit à parfaitement synthétiser l’essence des graines : portatives, protégées, bien nourries. « Mais je suis biologiste et on parle là de ma spécialité, alors je vais être un peu plus précise : certains bébés engloutissent leur déjeuner jusqu’à la dernière miette, d’autres se contentent d’une partie, d’autres encore ne mordent même pas dedans. »

 

« Votre noyau d’avocat a tout mangé », ajouta-t-elle d’un air entendu.

 

« Une graine contient trois éléments de base : l’embryon de la plante (le bébé), une enveloppe protectrice (la boîte) et un tissu nutritif quelconque (le déjeuner). Typiquement, la boîte s’ouvre au moment de la germination, l’embryon se nourrit du déjeuner tout en projetant vers le bas des racines et vers le haut ses premières feuilles. Mais il est aussi fréquent de voir le bébé dévorer son déjeuner avant l’heure, transférant toute l’énergie vers une ou plusieurs « feuilles séminales ou « cotylédons » : les deux moitiés d’une cacahouète, d’une noix ou d’un haricot – des feuilles embryonnaires si grandes qu’elles constituent à elles seules la majeure partie de la graine. »

 

La stratégie de l’avocat a quelque chose d’inhabituel.

 

« La plupart des graines sèchent en mûrissant ; leur enveloppe protectrice, épaisse, permet de tenir l’humidité à distance. Sans eau, la croissance de l’embryon ralentit, jusqu’à un quasi statu quo, un état d’arrêt de croissance qui peut persister des mois, des années, des siècles, même, jusqu’à ce que les conditions pour la germination soient réunies. « Mais pas les avocats, lorsqu’on les laisse se dessécher, ils meurent »

 

Pour un avocatier, le bon endroit est un terrain où ses graines ne se dessècheront jamais et où la saison est toujours idéale. Sa stratégie ? Chaleur et humidité constantes, des conditions que l’on trouve par exemple dans la forêt tropicale, ou bien en suspension au-dessus d’un verre d’eau… Ces graines n’ayant aucun besoin de survivre à de longues périodes de sécheresse ou de froid hivernal, elles ne s’accordent qu’une très courte pause avant de tenter de pousser à nouveau. »

 

« … en quelques jours, leurs noyaux commencèrent à se fendre en deux moitiés brunes écartées par des racines en pleine croissance à l’intérieur. À partir de la radicule dans l’embryon, chaque racine principale se développa à un rythme étonnant – une petite chose pâle et pressée plongeant vers le bas et dont la taille tripla en quelques heures. Bien avant l’apparition d’une quelconque feuille, chaque noyau se retrouva doté d’une solide racine atteignant le fond du verre d’eau. Cela n’avait rien d’une coïncidence. Si, en matière de germination, les détails varient, l’importance de l’eau est une constante et pour les jeunes plants la priorité numéro un est de pouvoir s’approvisionner à une source régulière. »

 

« … le noyau d’avocat contient quelques toxines peu virulentes qui lui permettent d’éloigner les nuisibles, mais rien qui ne soit susceptible de ralentir les choses une fois le processus lancé. J’observai la croissance et la ramification des racines durant des jours avant de voir apparaître la première pousse verte, une toute petite tige émergeant d’une fissure toujours plus grande située au-dessus de chaque noyau. « La phase suivante, en effet, se résume en un transfert massif d’énergie provenant des cotylédons », m’informa Carol, expliquant ainsi que ce qui avait d’abord été le « déjeuner » de la graine générait maintenant une poussée de croissance vers le haut. En quelques semaines, mes noyaux se métamorphosèrent en arbrisseaux qui n’avaient plus grand-chose en commun avec les graines d’origine.

 

Ne confondre l’avocat « arbre à cojones » avec celui d’Hubert le Forestier, ils n’ont pas la même stratégie
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 08:00
A young couple riding a Vespa on the Champs-Elysées in Paris, 1954

A young couple riding a Vespa on the Champs-Elysées in Paris, 1954

Submergé et démuni, le commun s’en remet aux expertises et ne peut plus juger du tout. Là où s’investit l’action règnent l’imprévisible et le complexe, c’est-à-dire le désordre saisissant des confrontations. La liste des obstacles, qui rendent inopérant un conseil vain et prétentieux, est longue. Étrange service que ce conseil : sa valeur n’est mesurable qu’après coup. Toute action se soumet aux indurations d’un donné imparfait, elle subit et affronte la résistance granitique du concret. Le bon sens, à juste titre, se méfie du conseil et du conseilleur. Sa douteuse validité invite à se défier de son emprise maligne. Elle incité à refuser l’illusoire sérénité de son expertise. Le conseilleur est-il condamné à la solitude de l’oiseau de malheur ? Ou, pour être écouté et suivi, est-il condamné à tenir le discours attendu du solliciteur pour le satisfaire dans ses attentes et le conforter dans une décision déjà prise ? Manipulateur stipendié ou conseilleur répudié ? Le bon conseil le plus souvent déconseille.

 

Montesquieu, Condillac, Diderot radicaliseront le projet d’institutionnaliser un conseil savant et partageable qui puisse échapper aux humiliations « d’un danseur de corde » pris « entre l’écorce et le noyau » comme le regrettait Voltaire face à Frédéric II.

 

Je tiens mon titre, me reste plus qu’à écrire.

 

Relire Le Prince de Machiavel

 

Comment investir le territoire politique ?

 

« Comme ceux qui dessinent les paysages se placent en bas dans la plaine pour observer la nature des montagnes et des lieux élevés, et pour observer celle des lieux bas se placent en haut sur la montagne, de même pour bien connaître la nature des peuples, il faut être prince et pour bien connaître celle des princes, il faut être du peuple. »

 

Ce roman, que je porte en mon sein depuis 25 ans, vais-je l’accoucher ? Rien n’est moins sûr, qui l’attend ? Personne ! Et pourtant… Je me complais dans l’attente, ce temps indécis, qui s’étire, où l’on guette, sans trop y croire, l’instant où l’urgence s’imposera. Indolence, tout est prétexte à l’évitement, je rêve de pouvoir conjuguer les frissons de l’action avec la solitude froide du temps de l’écriture.

 

 

Rire !

Son rire…

Elle me taquine « Allons Jacques ! »

Je lui concède tout.

Elle est la clé de tout.

Elle me remet gentiment à ma place…

Je l’aime ainsi.

 

 

Mon défi, me glisser dans les plis de l’Histoire sans raconter mon histoire, être au-dehors, chercher un narrateur, le trouver, un compagnon de toujours, m’étonnant de ne pas y avoir songé plus tôt, il me faut le délivrer de mon emprise. J’en suis là, dans un étrange entre-eux où une petite voix me dit : « toi, le monsieur qui tient tout sous contrôle, et s’il t’échappait ! »

 

Fais chier la petite voix !

 

M’en fout !

 

Cause toujours, un jour viendra où je te prendrai à contre-pied. En attendant, rien que pour te faire chier je fais la cuisine tout me plongeant dans le ragout de l’actualité politique.

 

Voici mes petites antisèches :

 

Tout d’abord un vieux briscard de la Rocardie, Jacques Julliard

 

« IL Y A UNE ENVIE DE MARINE LE PEN »

 

Le grand entretien

 

  • Comment analysez-vous la séquence politique à laquelle nous assistons ?

 

Cet automne dans Marianne, j’ai écrit que, bien entendu, le futur président de la République figurait dans un quatuor comprenant Juppé, Sarkozy, Hollande et Valls. Personne n’a protesté, c’était une évidence ! Aujourd’hui, pour le moment, aucun de ces quatre n’est en état d’être élu, ni même d’être candidat. C’est une situation si nouvelle qu’elle n’a aucun précédent dans notre histoire. Traditionnellement, en France, pays conservateur, les principaux candidats étaient connus et confirmés deux ans avant l’échéance. Il fallait très longtemps pour faire un candidat. C’est en train de changer. La défaillance de Fillon n’était certes pas prévisible, tout comme l’élimination du grand favori DSK en 2012. Au-delà de cette conjoncture, il existe un rapport nouveau et inquiétant à la présidence.

 

  • En quoi est-il nouveau ?

 

Compte tenu de ce qu’est la France, je suis pour un système vraiment présidentiel. Il suppose une personnalité ancrée dans la vie politique et dotée d’une stature exceptionnelle. C’était le cas du général de Gaulle et de Mitterrand. Les choses ont vraiment changé ensuite. En 2012, à cause de la « défaillance » de DSK, un homme que personne n’attendait est désigné, sans avoir au départ la stature requise. Même chose à présent, pour d’autres raisons. Le statut du candidat à la présidence évolue. La preuve : les hommes dont on parle maintenant n’ont pas le surplomb nécessaire par rapport à la vie politique. Au-delà des cadres institutionnels français, il y a une défiance envers ceux qui sont en place et, à l’inverse, une prime au nouvel arrivant. On l’a vu pour Fillon qui a réussi un temps à incarner l’homme nouveau. On avait presque oublié qu’il avait été Premier ministre de Sarkozy.

 

  • Pourquoi cette évolution vous inquiète-t-elle ?

 

On a dit à tort que de Gaulle avait fait la Constitution de la Ve pour lui. C’est faux. Au contraire, il voulait qu’après lui le système se prolongeât. Le système combine ainsi la légitimité élective, celle du suffrage universel, et celle liée au charisme, à une certaine personnalité, pour que se rencontrent un homme et un peuple. Or toutes les personnalités ont été éliminées. Par ailleurs, on note une prime à la jeunesse. Juppé a été battu pour deux raisons : il était trop à gauche pour l’électorat des primaires de droite ; il était aussi trop vieux. Longtemps cela n’a pas été un problème : un cliché ancien veut que, chaque fois qu’elle est en difficulté, la France se jette dans les bras d’un noble vieillard avec un noble passé, comme Clemenceau, Pétain, de Gaulle. Si l’on pense à Hamon ou à Macron, leur jeunesse est pour beaucoup dans leur éclosion. J’ajoute que ces hommes s’imposent indépendamment des partis. On disait jusqu’ici qu’on ne pouvait être candidat sans parti. Macron montre que c’est possible. Hamon s’est imposé au départ contre la logique d’appareil favorable à Valls ou Montebourg ; aujourd’hui l’appareil le récupère. Cela m’inquiète car la France ne peut vivre normalement à l’intérieur de cadres purement institutionnels. Le charisme ou l’extraterritorialité politique font partie de sa norme. Des historiens essaient aujourd’hui de gommer cette dimension. Hamon l’a théorisée, Hollande aussi en son temps, avec l’idée d’un président « normal » – ça ne lui a pas réussi. Les Français font très bien la différence entre l’humilité et la distance.

 

  • Que voulez-vous dire ?

 

Ils veulent des hommes moins arrogants mais ils récusent la familiarité. Notre vie politique a toujours été conçue comme une guerre d’extermination. Les Français comprennent spontanément que l’équilibre doit être assuré par une figure exceptionnelle, car nous n’en avons jamais fini avec la monarchie. De Gaulle a toujours pensé que la France était un pays à la fois démocratique et charismatique, pour ne pas dire monarchique.

 

  • Les primaires ont-elles accru le caractère chaotique de la situation que nous vivons?

 

Le bilan n’est pas très positif pour les partis. Ils ont cru que ce serait pour eux un moyen de se revaloriser. On voit bien que la primaire de droite a mis du baume au cœur à droite, mais pas chez Les Républicains. Sarkozy tenait le parti, et il a été le grand battu. Pareil à gauche. On ne peut pourtant imaginer une démocratie sans partis. La situation instable actuelle risquerait de s’éterniser. Cette primaire n’est pas facilement compatible avec l’esprit de nos institutions. Elle a pour effet de dévaloriser le système présidentiel, d’en faire un épisode parmi d’autres de la lutte politique traditionnelle.

 

  • Comment interprétez-vous cette tentation de grand coup de balai qu’on a vue ailleurs avec le Brexit ou l’élection de Trump ?

 

Ce qui est commun, c’est le « essayons autre chose ». L’idée n’est pas de dire qu’il y a une meilleure solution ailleurs, mais d’exprimer un mécontentement. Il y a un air du temps. Aujourd’hui ce qui est surprenant, c’est quand il n’y a plus de surprise.

 

  • Pourquoi ?

 

Il ne faut pas écarter l’idée qu’il y ait un jeu de la part de l’opinion. On imagine toujours le peuple comme grave, préoccupé seulement par ses intérêts. Mais la politique est aussi un jeu. Ce qui se passe aujourd’hui passionne l’opinion. Dans un pays qui a une tendance naturelle à la neurasthénie, le spectacle politique distrait beaucoup ! En revanche, cela n’a pas permis de recentrer la politique française sur l’essentiel. On aurait dû, après les déclarations de Donald Trump, mettre l’Europe au centre du débat. Or cela n’a pas été le cas, malgré les tentatives d’Emmanuel Macron. C’est pourtant la grande question de politique étrangère. Je tiens pour ma part à l’idée qu’il faut recommencer par une Europe à deux, France et Allemagne, comme d’ailleurs l’avait proposé en 1950 Robert Schuman.

 

  • Quelles sont selon vous les perspectives de la gauche ?

 

On dit que les deux gauches sont irréconciliables, je ne crois pas que ce soit vrai. Il y a moins d’écart entre Macron et Mélenchon qu’il n’y en avait jadis entre Thorez et Guy Mollet. L’écart, alors, s’appelait l’Union soviétique, le communisme révolutionnaire, le bolchevisme. L’écart des positions – je ne parle pas des hommes, des partis, des passions – ne s’est pas accru, il s’est réduit. Mélenchon est un social-démocrate de gauche. C’est un keynésien qui dit que l’économie doit être relancée par la demande et non par l’offre. Il n’y a là rien d’incompatible avec le fameux discours du Bourget de François Hollande. Ce qui rend la situation si difficile à gauche, ce ne sont pas les écarts idéologiques mais l’incapacité de la social-démocratie à tenir ses promesses dans une période où le capitalisme est trop fort et le mouvement ouvrier trop faible. Voilà pourquoi des Mélenchon ou des Hamon disent : il faut en finir avec la social-démocratie. Mais laissez-les seuls et ils réinventeront cette social-démocratie, car il n’y a pas aujourd’hui grand-chose d’autre à inventer. Si la gauche se divise, ce sera sa faute. Ce sera moins le résultat de la situation, paradoxalement plus favorable à un rapprochement qu’à d’autres époques, que du rapport des forces qui depuis une vingtaine d’années joue en défaveur du salariat. La social-démocratie a payé les pots cassés par le stalinisme, ses difficultés remontent à l’effondrement du communisme. Il faut rester un peu marxiste : le rapport des forces, national et international, pèse autrement plus que la trahison de Hollande !

 

  • Marine Le Pen peut-elle bénéficier de l’envie d’essayer autre chose ?

 

Oui, il y a une envie de Marine Le Pen que la gauche nie avec acharnement. Son père avait un côté loup-garou, pas elle. Pas un mot dans son langage qui puisse faire penser qu’elle est fasciste. Elle est peut-être xénophobe, plutôt moins que Trump d’ailleurs, mais pas fasciste. Certains diront : elle le cache. Je ne le crois pas. En démocratie, on est toujours obligé de faire ce que l’on dit et de dire ce que l’on fait. Le fond de l’affaire est que le parti socialiste n’est plus un parti populaire, et Mélenchon guère davantage. À part une petite frange d’ouvriers un peu radicaux, un peu trotskistes, un peu révolutionnaires, l’essentiel de la clientèle de la gauche ce sont les nouvelles classes salariées, urbaines, diplômées, dont beaucoup sont à l’aise dans la mondialisation. La gauche a laissé le peuple partir vers Marine Le Pen, parce qu’elle ne savait tout simplement pas où le mener. Les bobos sont nombreux, ils forment une vraie classe sociale désormais, mais pour tous les autres, pour cette France périphérique qu’a décrite Christophe Guilluy et qui représente environ 40 % de la population, rien n’a été fait. J’ajoute que le volontarisme culturel de la gauche a laissé le peuple de côté ; l’insécurité culturelle est une réalité aussi forte que l’insécurité physique. Le problème n’est pas qu’économique, il est d’abord culturel.

 

Propos recueillis par Éric Fottorino et Sophie Gherardi

 

 

Ensuite, un vieux de la Mitterrandie, François Bazin

 

Hamon, Jadot et Mélenchon : la bien mauvaise comédie de l’union

 

Il fut un temps où l’union était un combat. C’est devenu une comédie. Le sketch à trois que sont en train de jouer Benoit Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon a ceci de risible qu’il est écrit d’avance. Chacun sait déjà les répliques des uns et des autres. Les rôles ont été distribués de longue date. Des portes vont s’ouvrir puis claquer, puis s’entrouvrir à nouveau. On va s’aimer, puis se disputer avant de feindre de se réconcilier et de se promettre de futures retrouvailles. Mais quand le rideau tombera, on en sera exactement au même point que lorsqu’il s’est levé et surtout, il n’y aura guère plus de monde, dans la salle, pour applaudir un spectacle d’une aussi piètre originalité. Tout ça pour ça…

 

Quitte à décevoir les amateurs de suspens et les derniers amoureux de la politique bisounours, on peut donc passer sans grand risque à ce qui sera la conclusion de cette partie de campagne. Benoit Hamon est candidat et il le restera. Yannick Jadot n’a pas les moyens de l’être et donc il jettera l’éponge d’une façon ou d’une autre. Jean-Luc Mélenchon n'a aucune envie de se retirer et il poursuivra donc, coûte que coûte sa route en solitaire.

 

Pour le dire autrement, le seul objet véritable des rencontres et autres ambassades qui se multiplient depuis quelques jours est de savoir qui héritera, en fin de compte, du mistigri de la division, étant entendu qu’aucun des acteurs de cette prétendue négociation n’imagine un seul instant qu’elle puisse déboucher, à gauche, sur une candidature unique au 1er tour de la présidentielle.

 

La variable d’ajustement, dans toute cette affaire, c’est Yannick Jadot. Le candidat écolo n’a pas les 500 parrainages d’élus nécessaires pour être candidat. Il n’a pas davantage les moyens financiers pour mener une campagne digne de ce nom. L’appareil de son parti, téléguidé par Cécile Duflot, lui tire le tapis sous les pieds. Il est crédité dans les sondages d’un score oscillant entre 1 et 2%. Qu’a-t-il encore à vendre ? Tout le problème pour lui est de changer de rôle. Il était censé porter les couleurs des Verts. C’est mission impossible. Il voudrait donc être celui qui sacrifie ses ambitions perdues sur l’autel d’une alliance rose-verte. Tout cela n’exige, au fond, qu’un peu de mise en scène.

 

Dernière Benoit Hamon et Yannick Jadot, la main de Jean-Christophe Cambadélis et de Cécile Duflot

 

Seul Benoit Hamon est en mesure de lui sauver la mise, à condition toutefois que le PS joue le jeu. Le projet du candidat socialiste est presqu’aussi écolo que celui de Yannick Jadot. Sur beaucoup de points, celui de Jean-Luc Mélenchon l’est tout autant. Mais le leader des Insoumis n’offre pas les mêmes garanties dès lors qu’on passe à l’étape suivante : celle du partage des circonscriptions pour les législatives. Benoit Hamon et Yannick Jadot jurent la main sur le cœur que ces viles questions d’intendance n’ont jamais été abordées lors de leurs dernières rencontres. Mais alors de quoi ont-ils bien pu parler puisque sur le reste, ils sont d’accord sur presque tout ?

 

Dans les soutes de leurs partis respectifs, les hommes du métier n’ont d’ailleurs pas attendu pour reprendre langue à leur tour. Contre un paquet de Jadot, les négociateurs écolos veulent obtenir quelques barils de députés. En clair, ils veulent présenter plus de soixante candidats autonomes pour les législatives afin que leur parti puisse bénéficier d’un financement public. Ils demandent surtout que leurs huit sortants soient reconduits avec le soutien du PS et, en prime, une circonscription gagnable pour leur éphémère candidat à la présidentielle.

 

Ce sont là des exigences raisonnables qui butent sur un seul point : le sort réservé à Cécile Duflot. La maire de la capitale, Anne Hidalgo n’a jamais admis l’arrivée sur ses terres de l’ex-patronne de Verts, en 2012. Elle n’a aucunement l’intention de changer d’avis, même pour faciliter la tâche de Benoit Hamon dont elle est pourtant la marraine officielle. La seule solution serait donc de parachuter Cécile Duflot - à condition bien sûr qu’elle accepte cette petite humiliation ! - sur une nouvelle circonscription qui ne soit pas parisienne.

 

Mais laquelle ? En banlieue ou en province, les places sont devenues rares depuis que les principales investitures ont déjà été distribuées et validées par les militants socialistes. Là est le côté comique de toute cette opération « restore hope », à gauche. Placée sous le signe de l’unité, au nom des grands principes et de la résistance face à la droite dure et l’extrême droite populiste, elle met en scène, façon camp du drap d’or, deux champions - Benoit Hamon et Yannick Jadot – qui ont besoin l’un de l’autre pour rehausser leur image alors que l’essentiel se réglera, au final, sur un coin de table, façon bistrot, entre apparatchiks de Jean-Christophe Cambadélis et tireurs de ficelles de Cécile Duflot.

 

Pas de place pour Mélenchon dans la chambre nuptiale

 

Dans ces jeux de rôles, Jean-Luc Mélenchon n’a désormais le choix qu’entre celui du mauvais coucheur et celui du cocu magnifique. Le leader des Insoumis est convié à une noce unitaire où on lui demande simplement de tenir la chandelle. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de cette histoire. Benoit Hamon et Yannick Jadot partagent déjà le même lit mais ils font croire qu’ils en sont encore à négocier le contrat de mariage. Jean-Luc Mélenchon, à l’inverse, sait bien qu’il n’y a pas de place pour lui dans la chambre nuptiale mais il doit faire semblant d’être prêt à passer auparavant devant notaire.

 

Ces pitreries sont plus qu’une concession à l’air du temps. Elles disent le grand dérèglement d’une stratégie qui semblait imparable. Au début de l’année, Jean-Luc Mélenchon s’interrogeait à voix haute que « l’utilité » d’une candidature socialiste coincée entre la sienne et celle d’Emmanuel Macron. Il pariait alors sur la désignation de Manuel Valls et surtout sur l’échec de la primaire de la Belle Alliance. Or la sur-mobilisation d’un électorat souvent proche de ses thèses a eu pour effet paradoxal non seulement de sauver l’image de ce scrutin – et donc du PS ! – mais aussi de promouvoir un candidat - Benoit Hamon - qui lui a siphonné illico dans les sondages un bon tiers de ses soutiens potentiels.

 

Dernière Jean-Luc Mélenchon, la main de Pierre Laurent

 

Depuis, Jean-Luc Mélenchon est dans la nasse. L’élan qui le portait a été stoppé. L’espoir qu’il nourrissait de figurer au second tour de la présidentielle s’est définitivement évanoui. Le ressort unitaire dont il comptait jouer lorsqu’il faisait, à gauche, la course en tête s’est retourné contre lui. Le seul fait qu’il se soit résigné à des palabres avec ses concurrents écolos et socialistes alors qu’il connait la nature du piège et le nom du gibier est un signe qui ne trompe pas.

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