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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 06:00
Avec l’arrogance des méprisants sommes-nous en train d’oublier que le vin est d’abord une boisson !

Un ami vigneron m’écrit « Révélateur le torchon sur Guillaume Pire ! D’une bêtise sans nom, et dans le propos sur la personne et dans le contenu de la critique : quelle est la place du cidre dans l’imaginaire de ce monsieur ? Un truc pour gueux ? D’une insulte, il s’exhibe deux fois, et ce n’est pas beau à voir. »

 

Certains dégustateurs patentés et/ou autoproclamés, juchés sur leur art qui n’en est pas un, au fur et à mesure que leur influence s’effrite sous les coups de boutoir des « libertins » du vin qui se contrefichent de leurs notules pour choisir ce qui est bon pour eux, laissent percer, sous leur vernis de maîtres à « penser », tout le mépris qu’ils ont pour ces vignerons qui suivent d’autres chemins que ceux bien balisés.

 

Dérapage contrôlé ou incontrôlé, peu importe, ce qui compte c’est leur goût immodéré pour ce que nous aurions appelé dans les années 60 : l’impérialisme de leur manière de faire. Imposer la norme, calcifier le dogme, excommunier les déviants, et pire encore afficher avec morgue leur soi-disant supériorité.

 

Que des dégustateurs se réunissent en des forums, libre à eux, je n’en suis pas même si, lorsque je m’aventure sur leurs lignes, je ne puis m’empêcher de penser que c’est l’art d’ériger des propos de café du commerce en vérité avec ce qu’il faut de méchanceté : « j’écris donc je pense donc je suis ». Si ça les amuse et comble des vides dans leur vie, bien faire et laisser dire.

 

Reste, comme l’aurait mieux dit que moi le Général, le quarteron des faiseurs de guides qui, pour amorcer la pompe de leurs beaux salons où les grands amateurs se pressent, sont obligés d’aller à la pêche aux cochons de payants.

 

Alors, tout est bon pour se faire remarquer même le pire c’est le cas de le dire…

 

Quand vont-ils comprendre qu’après leur échec cuisant face à la déferlante Parker nous sommes en train de changer d’ère, que le temps des pontifiants est derrière nous et qu’il faut renouveler le genre en commençant par s’écouter et s’entendre ?

 

Mare des « bonne dégustation » lancées à la volée dans nos mangeoires et nos abreuvoirs !

 

Nous mangeons, nous buvons, nous apprécions ou non sans avoir besoin de béquilles pour appuyer nos choix…

 

Mon propos n’est en rien une condamnation du métier de critique mais une simple exhortation à un peu plus modestie et de politesse de leur part. Ce n'est tout de même pas trop leur demander.

 

Comme le disait, avec sa cruelle ironie, Sacha Guitry « Les critiques de théâtre sont comme les eunuques : ils savent parfaitement comment ça se fait, mais ils sont incapables de le faire. »

 

Alors, de grâce, si tout un chacun a le droit d’aimer ou de ne pas aimer, un vin, un cidre ou une bière, épargnez-nous, chers éminents critiques, vos saillies, vos oukases, vos hauteurs de vue qui se situent au-dessous de la ceinture et gardez-les pour vous et vos petites cours.

 

Les réseaux sociaux ne sont pas les bassins déversoirs de vos détritus… Allez Twitter ailleurs. Vos relents d’après boire ne présentent aucun intérêt.

 

Par avance : merci !

 

Pour finir ce billet d’humeur, permettez à l’ancien Président des cidres et des Calvados réunis élu alors qu’il n’avait jamais ni produit de pommes, ni élaboré de cidre ou du calvados, de conseiller à l’ignare de la maison B&D de lui conseiller de lire le Traité du vin et du sidre (De vino et pomaco) de Julien Le Paulmier de Grantemesnil, né en 1520, à Agneaux, près de Saint-Lô et mort en décembre 1588 à Caen, est un médecin français. Traduit en français par Jacques de Cahaignes. Réimprimé avec une introduction par Émile Travers. Rouen et Caen, H. Lestringant et P. Massif, 1896

 

Ça comblera son immense et insondable inculture.

 

« Persuadé, dit E. Haag, qu’« il était guéri par l’usage du cidre de palpitations du cœur qui lui étaient restées à la suite des journées de la Saint-Barthélemy où il avait vu périr plusieurs de ses amis et où il avait couru lui-même de grands dangers, il écrivit un traité sur le cidre pour préconiser cette boisson, que selon lui, on devait préférer au vin

 

Après diverses considérations historiques et médicales, il s’attarde dans ce traité sur les différents vins de l’époque en donnant leurs vertus : les vins de l’Île-de-France, vins de Château-Thierry, vins d’Orléans, vins de Bordeaux, vins de Montmartre et vins d’Argenteuil, vins de Bourgogne et vins d’Anjou. »

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 06:00
Bette Davis stars en 2008 Timbres-poste

Bette Davis stars en 2008 Timbres-poste

Cette chronique sent le stupre et la fornication, que les âmes pures et sans tache s’éloignent et que les pharisiens me jettent la première pierre.

 

Tout ce qui va suivre est de la plume de James Ellroy dans son dernier roman Perfidia.

 

Si je publie ces extraits ce n’est pas pour leur côté hard ou sulfureux ou scandaleux mais parce que l’auteur met en scène nommément des actrices et des acteurs célèbres, un ancien président des USA, la femme d’un ancien président des USA : imaginez un auteur français se livrant à ce genre d’exercice ?

 

Scandale !

 

« Une bonne mexicaine apporte des huevos rancheros. Elmer prépare les gin-fizz. Je suis perchée sur un canapé dont s’est servi Gary Cooper pour sauter Barbara Stanwyck. Brenda jure que cette rumeur est vraie. » page 122

 

« Eleanor Roosevelt arrive, annonce Bowron. Elle voudra sans doute qu’on lui organise un défilé.

 

- Il paraît qu’elle est lesbienne, dit Bizcailuz. C’est mon adjoint Dot Rothstein qui me l’a dit. Dot est au courant de tout ce qui se passe chez les lesbiennes. C’est encore elle qui m’a appris que Barbara Stanwyck broute des chattes. » page 208

« Jack Kennedy sourit. Il est enseigne de vaisseau. Il va venir à L.A. Il veut sauter Ellen Drew. Il veut baiser Gloria Swanson mieux que son père n’en a été capable.» page 213

 

« Harry (Cohn) se gratte les testicules. Son bureau ressemble au tombeau d’un pharaon. Sur le plancher, il a mis un coussin pour que les starlettes n’aient pas mal aux genoux quand elles le sucent. » page 274

 

« Ruth Mildred Cressmeyer adore les photos de femmes en tenue légère. Son cabinet de consultation glorifie ses penchants saphiques et son statut de toubib franc-tireur. Admirez les cadres accrochés aux murs qui abritent des diplômes médicaux et des tirages sur papier glacé.

 

Elle désigne Rita Hayworth.

 

- C’est moi qui l’ai fait avorter. Elle avait une touffe bien fournie. » page 363

 

Elle reluque Ginger Rogers.

 

- Je l’ai fait avorter. Le bébé avait deux têtes. » Page 364

 

Ruth Mildred reluque Carole Lombard.

 

- Je l’ai fait avorter. Le papa était un moricaud. » page 364

Ruth Mildred reluque Barbara Stanwyck.

 

- Je l’ai fait avorter. J’ai vendu ses poils de chatte à Franck Capra. » page 365

 

Elle reluque Lupe Vélez.

 

- Je l’ai fait avorter. Le papa avait une queue de soixante centimètres. Il a fallu que je recouse Lupe. » page 366

 

« Son mari habite au-dessus du garage. Bette (Davis) l’a surpris en train de sucer son chauffeur le soir de leurs noces. Elle l’a banni aussitôt. Il l’escorte à des évènements mondains et se rend de son côté à des bals masqués de tantouzes. Il existe pour satisfaire aux obligations morales imposées à Bette par le studio dont elle est l’une des vedettes. Le chauffeur a une grosse bite (…)

 

Bette rit.

 

- J’ai couché avec Leslie Howard. Il a l’air d’une tapette, mais je peux t’assurer qu’il aime les femmes. » page 408

 

  • Joe Kennedy m’a fait des avances, un jour. Il présidait la R.K.O. à ce moment-là. Il paraît que Jack est encore plus coureur que lui, mais qu’il est monté comme un têtard. » page 409

 

Jack revient. Sa braguette est ouverte.

 

- Joe Junior la baise, je la baise. Bobby est trop pieux pour la baiser, et teddy est trop jeune…

 

- Ça ne me console pas. Je le hais quand même. Elle m’a obligé à la sauter au bord de la piscine, et maintenant j’ai coup de soleil sur les fesses. » page 414

 

Jack Kennedy à propos de Gloria Swanson et de son père Joe

 

« Le petit mari échange des regards ardents avec le serveur. À quelques secondes d’écart, ils se dirigent l’un et l’autre vers les vestiaires.

 

Le mari ouvre la porte et disparaît. Le serveur fait de même quelques instants plus tard. Dudley s’approche du vestiaire et clle son œil au trou de la serrure. Le petit mari a la bite du serveur dans la bouche. » page 437

 

C’est le petit mari de Bette Davis (cf. plus haut)

 

« Ils s’embrassent sur le seuil. Dudley dégrafe la robe verte. Les bretelles restent sur les épaules de Bette. Dudley les fait glisser et tire le tissu de sa robe jusqu’à la hauteur de sa poitrine. Elle se tortille pour refermer la porte. Elle se dresse sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Champagne et tabac – il connaît son haleine, à présent.

 

La bouche de Bette sur lui. Sa bouche à lui, en elle – voilà ce dont il a envie. Il la prend dans ses bras, la soulève et la porte. Il cherche un endroit pour s’agenouiller.

 

Un canapé recouvert de velours. Oui – c’est ce qu’il te faut.

 

Il pose Bette. Il relève sa jupe. Elle dit : Dudley Liam Smith. Ses bas sont tenus par un porte-jarretelles. Il attaque avec les dents les pinces qui le retiennent. Il met en pièces bas et lingerie fine qu’il repousse jusqu’aux pieds. Bette répète : Dudley Liam Smith. Elle l’attrape par les cheveux et soulève ses hanches vers lui.

 

Il trouve cette partie d’elle qu’il désirait. Elle dit son nom. Il découvre ce goût qu’il voulait connaître. Il s’accroche à  ses seins. Elle lui tire les cheveux. Elle pousse ses hanches en avant et répète le nom de Dudley. Elle se démène et ne parle plus et se met à haleter. Elle se cambre et pousse le canapé contre le mur. Son dernier soubresaut renverse une lampe. » page 437

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, le Audiard, quand même, c'est le programme de Sarkozy quand il voulait nettoyer les banlieues au Karcher.

Ma semaine commençait sous des auspices incertains. Mon impatience, que je masquais sous un détachement apparent, frôlait la braise, l’incandescence. Je sais que ça sonne un peu désuet, c’est du La Rochefoucauld, mais ça m’allait bien au teint en ce moment charnière : « L’absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et rallume le feu. » Et puis, comme pour enfoncer le clou dans le béton de ma passion, à propos de son film Mon roi présenté à Cannes, Maïwenn déclarait un truc du genre : « Dans la vie, on est toujours le gentil ou le méchant de quelqu’un. Je voulais parler du fait qu’on ne choisit pas les gens qu’on aime. Il arrive de tomber amoureux de gens qui nous rendent malheureux : on ne peut pas vivre avec, on ne peut pas vivre sans... » Oui, je ne peux vivre avec mais je ne peux vivre sans...

 

Et puis mardi, en fin de journée, un rendez-vous mystérieux m’était donné au métro Jaurès à 20 heures. Le ciel charriait de lourds bubons. En avance, je me réfugiais à la terrasse d’un rade crade. Que boire ? Je commandai un Kir. Fade, mou, sans étincelle. Le ciel se déchirait. Soudain la grêle crépitait. Mon guide arrivait sous la tourmente. Nous papotions un bref instant, le temps qu’elle ne me serve une petite histoire de détour à faire pour une affaire de carte Métro, tout près, chez l’ami Claire. Bon prince je gobais. Nous marchions d’un bon pas. Mon guide rajoutait avec aisance plusieurs couches à son histoire. J’opinais. Elle sonnait. Claire nous ouvrait. Nous montions à l’étage. Je les suivais jusque dans la cuisine. Le choc ! La surprise absolue ! Debout, elles m’attendaient. Mon vieux cœur encaissait le choc. D’un seul coup d’un seul j’accueillais que du bonheur. Soirée merveilleuse et délicieuse, de celles dont on souhaiterait qu’elles ne finissent jamais. Aucun plaisir ne me fut épargné. Bien évidemment elle était là. La quintessence de mes rêves les plus fous me gonflait à l'hélium. Lui dire simplement je t'aime...

 

A propos de Cannes où les petites culottes font la une de la presse, « le philosophe et réalisateur Ollivier Pourriol laisse traîner son oreille sur la Croisette, dans les lobbies des hôtels et à l'issue des projections. Il en ressort de drôles de conversations, discrètes plongées dans les jupons de Cannes à l'heure du festival. »

 

- Le Audiard, quand même, c'est le programme de Sarkozy quand il voulait nettoyer les banlieues au Karcher. Un Sri Lankais qui vient faire le ménage façon puzzle chez les petits voyous de banlieue, c'est la guerre civile comme à la télé. J'ai lu une critique qui disait: « BFM en rêvait, Audiard l'a fait. » Et une autre qui prétendait qu'Audiard avait choisi un sujet social exprès pour avoir la Palme.

 

- C'est méchant et faux. Les critiques manquent de sommeil, ils tirent sur tout ce qui bouge, sans discernement. A Cannes ils se croient au ball-trap.

 

- N'empêche. C'est long de faire un film, ça prend au moins trois ans de ta vie. Je ne comprends pas qu'Audiard perde son temps avec un sujet aussi poisseux, son obsession pour les voyous me déçoit.

 

- A chacun ses obsessions. Audiard est un artiste véritable, sans concessions, qui suit son propre fil. Tu ne les partages pas, c'est ton problème. Mais pour ce qui est du temps perdu, ne me dis pas que tu n'as jamais passé trois ans de ta vie ou même plus sur quelque chose qui n'en valait pas la peine aux yeux des autres.

 

- Même à mes propres yeux.

 

- On ne parle pas d'amour.

 

- Pourquoi ? Parlons-en. Quand on se roule dedans, rien n'est plus important. Dès qu'on en sort, on a l'impression d'avoir perdu son temps. Le Sorrentino, c'est l'inverse: plus j'y repense, plus je l'aime. Il y a des images qui me reviennent. C'est la marque d'un grand film quand le souvenir que tu en as s'améliore de jour en jour.

 

- Et quel style inimitable. On dirait un mélange de Fellini et de Peter Sellers.

 

- C'est une très bonne définition. Tu permets que je la reprenne à mon compte ?

 

- Avec plaisir. Ce n'est pas de moi.

 

J’adore !

 

Tout comme le pur bijou, à la pointe sèche : Le portrait du Fou du Puy dans le Monde par Alexandre Lemarié journaliste en charge du suivi de l'UMP et Ariane Chemin grand reporter.

 

Si vous êtes abonnés Laurent Wauquiez, le « bad boy » de la droite

 

Quelques morceaux choisis :

 

« Depuis 2004, date de son élection comme député de Haute-Loire, cet as du storytelling peaufine autant sa statue que son curriculum vitae. A l’en croire, il est un pur enfant du plateau du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), cette terre protestante qui a sauvé un millier d’enfants juifs pendant la guerre. « Quand on est originaire d’un territoire comme celui-là, la politique ne se vit pas n’importe comment… » « C’est en face de chez moi qu’on a accueilli et protégé Elie Chouraqui… » Il explique aussi parfois qu’il est passé par le fameux Collège cévenol du bourg. Faux. « Il était à Victor-Duruy », confirme sa mère devenue justement en 2014… maire de la commune. C’est elle qui, lorsque son époux Philippe est muté à Lyon, en 1980, achète deux corps de ferme sur ce plateau, dans un hameau nommé Devesset, en Ardèche, pour y passer les vacances. Y compris lorsque, contrainte au divorce, elle quitte Lyon pour Paris afin d’élever son « quatrième » et petit dernier.

« Stage à l’ambassade de France au Caire, où il raconte « se mettre » à l’arabe (littéraire), commence un mémoire sur « l’Orient des lumières » et ne jure que par l’islamologue Louis Massignon.

 

Il en revient auréolé de sa plus belle légende : l’amitié de Sœur Emmanuelle. « Avec elle, j’ai passé plusieurs mois en Egypte, raconte-t-il à la presse dès qu’il le peut. Je m’étais engagé dans un quartier du Caire, le Moqattam. Quand sœur Emmanuelle me voyait, elle me regardait droit dans les yeux et me disait : “Mon petit Laurent, qu’as-tu fait de bon depuis que je t’ai vu ?” » Problème : personne, sauf lui, ne se souvient de ces rencontres entre la fondatrice des Chiffonniers du Caire et le stagiaire de l’ENA. A chaque nouvel article, ses camarades du Palais-Royal scotchent, moqueurs, les détails de sa geste égyptienne sur les colonnes de la salle Parodi. Est-ce la peur de se voir un jour passé au crible du fact-checking, ce cauchemar des approximatifs ? En décembre 2007, le tout frais porte-parole de Nicolas Sarkozy se rend dans une maison de retraite du Var où la religieuse, intubée, à moitié-consciente, attend sa mort : il ne sera pas dit qu’ils ne se sont pas rencontrés. »

 

L’Europe. La grande transgression. Un numéro déjà rodé à Paris, lors d’une réunion des ténors de l’UMP avant les européennes. Ce 15 avril 2014, Laurent Wauquiez entonne son nouveau refrain eurosceptique. « Parler de protectionnisme, c’est une idée stupide », assène Alain Juppé. « Un sparadrap dont on ne se défait jamais », renchérit Jean-François Copé, alors président du parti. « Irresponsable », peste Michèle Alliot-Marie. « Cela revient à flatter le peuple dans ses peurs, ajoute Jean-Pierre Raffarin. Je trouve invraisemblable qu’un quadragénaire comme toi, sorti d’une grande école, veuille que la France se recroqueville sur elle-même. » Même François Fillon rappelle son affidé à l’ordre : « Quand on est au pouvoir, on ne quitte pas Schengen comme ça. » « Ce jour-là, on lui a réglé son compte pour l’ensemble de son œuvre », résume un participant. »

 

« Qu’importent les contradictions, les volte-face, les reniements. « C’est simple : il est tellement rapide que le coq n’a pas le temps de chanter une première fois qu’il s’est déjà renié », lâche le nouveau patron de l’AP-HP Martin Hirsch, qui l’avait accueilli naguère dans la commission chargée d’inventer le RSA. « Je sais ce qu’il disait de moi avant et ce qu’il dira de moi après », explique aussi Nicolas Sarkozy, qui n’a pas oublié comment, en 2013, Wauquiez avait rendu ses « réformettes » responsables de la défaite. Sait-il que, avant que n’explose publiquement la bombe Bygmalion, Laurent Wauquiez donnait rendez-vous à des journalistes dans des bars, expliquant, avec des airs de conspirateur, qu’une brûlante affaire pourrait mettre la Sarkozie en feu, les incitant à mettre leur nez dans « les affaires du Qatar » ? « Je l’ai acheté très cher, ce qui m’oblige à lui lâcher des trucs », soupire l’ex-président quand on l’interroge sur l’investiture du jeune loup dans la région Rhône-Alpes. A Michel Barnier, furieux d’avoir vu la tête de liste lui échapper, il a répondu par cette formule étrange : « Je n’ai pas pu ouvrir ce front. »

 

Envie de gerber !

 

Je file acheter François Mitterrand, portrait d’un ambigu aux éditions Nouveau monde où Anne Pingeot raconte pour la première fois sa relation cachée avec l’ancien président de la République. Elle explique également comment le médecin Jean-Pierre Tarot aurait aidé l’homme de sa vie à mourir.

 

Dans cette biographie de près de 900 pages, réalisée en collaboration avec Philip Short, un journaliste de la BBC, Anne Pingeot révèle ses 32 années passées à aimer dans l’ombre François Mitterrand. Elle évoque sa cohabitation avec Danièle Mitterrand, l’épouse du président, mais aussi l’ultimatum qu’elle a posé à François Mitterrand : « Tu me fais un enfant ou je m’en vais ! ». Quelque temps plus tard, le 18 décembre 1974, naîtra Mazarine Pingeot dans une clinique privée d’Avignon.

 

Anne Pingeot fait une autre grande révélation dans cet ouvrage. Elle parle des dernières heures de Mitterrand et de l’accord passé entre l’homme politique et le docteur Tarot, qui veilla sur lui jusqu’à la fin : « François lui avait demandé : 'Quand mon cerveau sera atteint, vous me liquidez, je ne veux pas être dans cet état.' […] Et dans la nuit, (Tarot) a dû lui donner une injection pour terminer les choses. Donc à la fois je me sens coupable de l'avoir condamné, mais en même temps il y avait ce refus absolu de devenir inconscient, ce que je comprends ». François Mitterrand a-t-il été aidé à mourir ? « C’est ce qu’elle croit, mais le docteur Tarot n’a pas confirmé » a commenté Philip Short sur Europe 1. Toutefois, « c’est absolument vrai que Mitterrand a dit à plusieurs reprises, à Anne Pingeot et à d’autres, qu’il ne voulait pas être un légume. Il disait ‘épargnez-moi ça ! », précise l’auteur du livre.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 06:00
Les Beatniks : la ligne de crête de 1965 où s’amorce 1 changement des mœurs dans des domaines et sur des thèmes qui touchent aux sensibilités profondes : la foi, la pudeur, le plaisir.
Les Beatniks : la ligne de crête de 1965 où s’amorce 1 changement des mœurs dans des domaines et sur des thèmes qui touchent aux sensibilités profondes : la foi, la pudeur, le plaisir.

Dans la France, dites des 30 Glorieuses, nous les enfants de l’après-guerre, adolescents au début des 60, au moment « où les premiers fruits de la croissance apparaissent réellement dans la vie quotidienne et où la France, enfin, sort de son trend belliqueux… » nous seront ces jeunes qui vont être les acteurs des « 20 années décisives » la « seconde révolution française » selon Henri Mendras.

 

« Avaient prévalu jusque-là des modes de régulation liés à la civilisation rurale de relative pénurie économique et d’insécurité sociale. La frugalité et la prévoyance, « bref le report de la satisfaction » (Jean-Daniel Reynaud), y étaient donc des vertus cardinales. Au, dans la France urbaine et enrichie des Trente Glorieuses, le desserrement des contraintes économiques commence à entraîner celui des contrôles sociaux, et ces vertus qui constituaient autant de « régulations traditionnelles » (Michel Crozier) vont progressivement passer au second plan. »

 

« À cet égard, 1965 est bien une date charnière, même si l’observation, en première analyse, peut surprendre. Rien, en effet, ne paraît conférer à ce millésime une signification particulière, alors qu’autour de lui d’autres dates semblent sonner plus juste :

 

1962 adieux à l’empire

1968 ébranlera la république gaullienne… »

 

Le couple De Gaulle, élu au suffrage universel en décembre 1965, Pompidou son Premier Ministre depuis avril 1962.

 

La France a commencé à connaître, à partir des années 50, la mutation sociologique la plus rapide de son histoire. « Dans cette France enrichie et urbanisée des années 60, ce n’est pas seulement la stratification social qui change ou le mode de vie qui est bouleversé, ce sont aussi les normes qui bientôt se retrouvent au cœur de la grande mue. »

 

« À la frugalité et à la prévoyance commencent, de ce fait, à se substituer des valeurs et des comportements hédonistes (…) l’érosion du conformisme social et de l’assimilation par la ressemblance, qui contribuaient à cimenter le corps social, au profit de la revendication – pour l’heure, plus implicite qu’explicite – du droit à la différence. »

 

«À bien y regarder, s’amorce alors un changement de comportement collectif et des mœurs dans des domaines et sur des thèmes qui touchent aux sensibilités profondes d’une société : la foi, la pudeur, le plaisir. C’est en 1965 que deviennent perceptibles les premiers craquements. Par exemple, ainsi que l’a observé Henri Mendras, on note, en cette année tournante, « un premier décrochement dans le taux de pratique religieuse chez les jeunes […] ; le nu apparaît dans les magazines et dans les films. Les enquêtes de motivation et d’opinion permettent de préciser et de dater cette « crise des valeurs » dont on commençait à parler à l’époque. »

 

Les archives de l’INA (organisme devenu célèbre grâce au taxi de sa présidente) nous offrent un reportage sur 1965 où « une faune originale envahit Paris : les Beatniks. Comment les reconnaissait-on alors ? Savates, cheveux longs, sans un sous, mais un sourire rayonnant pour étendard. Découvrez ces "évadés de la prison du bien-être" et leur mode de vie hédoniste. »

 

Citations extraites Les Baby-boomers une génération 1945-1969 de JF Sirinelli chez Fayard

 

Grands succès de la chanson : 1965 (2)

 

"Poupée de cire, poupée de son" par France Gall

 

Un vrai sac de nœuds, cette composition de Serge Gainsbourg. A l'époque, l'affaire a fait scandale. Tout le monde croit se souvenir qu'en cette année 1965 la France a gagné le concours de l'Eurovision grâce à cette chanson. Or France Gall représentait, non pas son pays, mais le Luxembourg. Le représentant de la France, c'était Guy Mardel, dont on n’a pas oublié le tube N’avoue jamais.

"France a trahi la France", titraient les tabloïdes. Malgré la polémique, Poupée de cire... connut un succès mondial, son interprète l’ayant chanté également en allemand, en italien et en japonais. Une version en anglais fut interprété par la peu connue Twinkle.

Les " beatniks"... mais encore ? 26 mai 1965

Les Beatniks 02 mai 1967 Philippe LABRO présente avec Michel HONORIN les extraits du film de ce dernier sur "la nouvelle bohême" aux Etats-Unis.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 19:20
Goujat !

« Étonnant ch'nin sur le fromage. Toutes les qualités d'un mauvais cidre. Le mec s'appelle Pire. Oui. »

 

Ce qui est encore plus étonnant c’est que sur Twitter un pauvre mec bien connu puisse railler un vigneron, ou quiconque, sur son nom.

 

Quand s’attaquera-t-il par exemple au chef Alexandre Couillon du restaurant La Marine à Noirmoutier ?

 

Trop risqué, l’homme frappe bas, comme tout bon mercenaire, au-dessous de la ceinture, de préférence les gens d’en-bas.

 

Dans le cas précis c’est à Adrien et Guillaume Pire  du Château de fosse-sèche qu’il s’attaque

 

Guillaume est vraiment touché: il vient de perdre son père, agronome passionné en Afrique, et je crois qu’il a été encore plus meurtri par l’attaque sur le nom de son père, que sur son vin.

 

Pourquoi une telle violence, un tel mépris pour quelques gorgées de vin ?

 

Un seul qualificatif pour le petit récidiviste : Goujat !

 

Au fig. Homme grossier dont les propos ou les manières sont volontairement ou involontairement offensantes.

 

« Ils savaient que j'étais là et ils sont repartis comme ça? Quels goujats! (Queneau, Enf. du limon, 1938, p. 75).

 

« Vraiment? Eh bien, moi, je vous tiens pour un mufle et un goujat! » (Aymé, Clérambard, 1950, II, 6, p. 107).

 

Ce petite bonhomme n’est même pas capable de présenter des excuses à Guillaume Pire, qu’il ne connait pas dit-il, c’est au-dessus de ses capacités.

 

Comme me l’écrit un ami à son propos « l'indifférence est la meilleure stratégie à mon avis. Il peut faire ses phrases, cracher tout ce qu'il veut, ça ne va pas plus loin que le bout de ses mocassins ; et le vent lui remet tout dans la figure aussitôt. »

 

Le bon vivant est une personne qui a du savoir-vivre : attention aux contre-façons!

 

Mon soutien et mes amitiés à Guillaume Pire...

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 06:00
Cauchemars gastronomiques d’Alain Bombard naufragé volontaire en 1952 à bord de son canot L’Hérétique, Pommard 1928, vosne-romanée 1930, mouton-rothschild 1947… les bouteilles de grands crus dansent également dans sa tête

Qui se souvient d’Alain Bombard

 

Pas grand monde je pense, et pourtant son nom est lié « à un exploit qui l'a rendu célèbre à travers le monde. En 1952, ce médecin et biologiste avait traversé l'Atlantique à bord d'un canot pneumatique, L'Hérétique, sans vivres et sans eau douce, avec un sextant et un filet à plancton afin de prouver que des naufragés pouvaient survivre en mer. Après 113 jours de navigation, il avait atteint les côtes de la Barbade, dans les Antilles, dans un état de santé certes déplorable, mais en ayant réussi son pari. Le récit de cette aventure, Naufragé volontaire, publié en 1954, lui avait fait acquérir une renommée mondiale. Par ailleurs, son nom était devenu synonyme du pneumatique de survie dont la présence est désormais obligatoire sur les bateaux. »

 

Pour ma part je garde le souvenir de l’éphémère Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Environnement dans le premier gouvernement Mauroy entre mai et juin 1981 bien trop libre de ses propos pour demeurer à un tel poste. Le combat européen lui conviendra mieux. « Il fut un député européen actif de 1981 à 1994, toujours soucieux de faire partager ses convictions et d'expliquer l'Europe. Le Varois qu'il était devenu a été aussi conseiller général du canton de Six-Fours-les-Plages de 1979 à 1985. »

 

Au cours de son naufrage volontaire Bombard raconte les «cauchemars gastronomiques» qui obsèdent ses nuits « L’un revenait plus souvent que les autres comme un leitmotiv : le mirage d’une poule au riz »

 

Le navigateur solitaire « las de ses éternels repas de poisson et de plancton filtré » fantasme des ripailles faites à terre : « Aujourd’hui, je déjeune à l’Amirauté avec un lièvre à la royale ; ce soir, chez les médecins de Casa, avec des rognons au vin blanc. »

 

« Pour tenir, le jour, il imagine des tablées qu’il se fera offrir par un sceptique qui a parié sur l’échec de sa traversée en solitaire. »

 

« J’ai prévu trois menus : soit foie gras truffé, soufflé aux crevettes, canard au sang, pomme paille, fromages variés, omelette flambée à la confiture, fruits rafraîchis au champagne ; soit bouquet d’écrevisses, douze escargots, lièvre à la royale, pommes vapeur ou cuissot de chevreuil, fromage variés, omelette flambée à la confiture, ananas kirch à la crème. »

 

« Pommard 1928, vosne-romanée 1930, mouton-rothschild 1947, château-yquem 1929, les bouteilles de grands crus dansent également dans la tête du navigateur perdu au milieu de l’océan, aux franges de la calenture, la fièvre délirante des marins… »

 

Textes tirés de la Mise en bouche de Bruno Fuligni « Les gastronomes de l’extrême »

 

Le 4 mai 1988, Jean-Paul Kauffmann revient de 1 037 jours de captivité avec ses deux compagnons d’infortune : Marcel Carton et Marcel Fontaine. Sans Michel Seurat, mort pendant cette longue nuit.

 

Jean-Paul Kauffmann racontera, avec émotion, qu’il a survécu grâce à deux livres que ses gardiens avaient fini par lui donner : la Bible et le tome 2 de Guerre et Paix de Tolstoï, qu’il a lu et relu… 22 fois.

 

« La lecture plus que la littérature m’a sauvé. Les mots me suffisaient, ils instauraient une présence. Ils étaient mes complices. Du dehors, ils venaient à mon secours (…) Enfin, je pouvais compter sur un soutien de l’extérieur. Le sens était secondaire. »

Cauchemars gastronomiques d’Alain Bombard naufragé volontaire en 1952 à bord de son canot L’Hérétique, Pommard 1928, vosne-romanée 1930, mouton-rothschild 1947… les bouteilles de grands crus dansent également dans sa tête

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 06:00
J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.

Imaginez une seconde la tronche de vos invités si vous affichiez au menu de votre petit casse graine un rôti de Panda.

 

Horreur, évanouissement, condamnation unanime… et pourtant « chaque époque à ses tabous et la nôtre, si permissive en apparence, a la pudibonderie animalière. Tandis que les fantaisies érotiques qui eussent motivé naguère l’intervention de la brigade des Mœurs font sourire les élèves des écoles primaires, l’anathème menace quiconque, aujourd’hui, songerait sérieusement à un salmis de colibris flambés, à un foie gras de dauphin truffé, à quelque fricassée d’espèces protégées.

 

Monstruosités culinaires ? Sans doute, à l’aune de la sensibilité contemporaine, mais il suffit de relire les vieux récits d’explorateurs ou les romans de Jules Verne pour se retrouver en compagnie de ces gastronomes de l’extrême qui, canardant à tout va, goûtent à toutes les espèces de la création… »

 

C’est la mise en bouche de Bruno Fuligni pour son livre Les Gastronomes de l’Extrême aux éditions du Trésor

J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.

Mon menu du jour

 

1-Hors d’œuvre : La friture de vers blancs *

 

« J’ai fait, il est vrai, l’éloge des vers blancs frits et j’en ai mangé avec beaucoup d’appétit, mais je n’ai jamais conseillé de les manger crus. Ce serait une hérésie culinaire que mes collègues de la Société d’insectologie ne me pardonneraient jamais et contre laquelle je dois protester […] Je ne les mangeai que frits, dans un banquet de la Société d’insectologie où cinquante personnes firent comme moi. Je ne sais si la Société d’insectologie existe encore ; mais si elle banquette de nos jours, je serai enchanté de m’y rendre pour remanger des vers blancs en les arrosant de bordeaux blanc. »

 

Wilfrid de Fonvielle en réponse à Hector France, « les horreurs de l’alimentation », Journal des voyages et des aventures de terre et de mer n°350, 16 août 1903.

 

2-Viande : Le Ragoût de ventre de chameau

 

« Pour ce faire, on choisit les plus gros intestins du chameau ; on les nettoie à fond et on les coupe en morceaux réguliers ; on procède de même avec le cœur et le gros boyau. On fait un roux dans une casserole de terre, on y met des morceaux de chameaux de chameau ; salez, aromatisez et pimenter abondamment, arroser avec du bouillon ou de l’eau et faire cuire à feu doux et régulier, quatre à cinq heures. Ce plat forme une sorte de gras-double qui n’est pas à dédaigner. »

 

R. de Noter, La bonne cuisine aux colonies, l’Art culinaire, Paris, 1931.

 

3- Dessert : Le sorbet de sang de Renne

 

« Après le coup de couteau dans le cœur, on y laisse le couteau jusqu’à ce que le sang se soit écoulé dans la cavité thoracique d’où l’on peut le vider comme d’un récipient. Il est alors transvasé dans la panse, retournée et bien nettoyée, et se conserve ainsi gelé ou desséché. »

 

Ernst Manker, Les Lapons des montagnes suédoises, trad. I. et S. P. Lehman, Gallimard, 1954

 

Si vraiment la friture de vers blancs vous soulève le cœur je vous propose en substitution : * les pieds de dromadaire en vinaigrette :

J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.

« Il faut échauder les pieds et les nettoyer avec soin ; puis on les fait cuire à ébullition ininterrompue, dans de l’eau bien condimentée quatre ou cinq heures, parfois plus. Laisser réduire l’eau, la passer à travers une étamine et la laisser prendre en gelée. Désosser les pieds cuits et mis à part ; mêler la chair au jus, avec de l’ail, ciboule ou oignons hachés fin, du vinaigre et de l’huile, et mettre dans un moule. Se mange froid, comme hors-d’œuvre. Ce pâté n’est pas à dédaigner. »

 

R. de Noter La bonne cuisine aux colonies, l’Art culinaire, Paris, 1931. 

J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.
J’ai faim : garçon 1 friture de vers blancs, 1 ragoût de ventre de chameau et 1 sorbet au sang de renne… en les arrosant de bordeaux blanc.

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 06:00
Out of Lucia Ceracchi tout le charme sulfureux du domaine Piana Dei Castelli à Velletri...
Out of Lucia Ceracchi tout le charme sulfureux du domaine Piana Dei Castelli à Velletri...

Comme je suis un bon petit camarade je ne citerai pas les noms de tous ceux qui se pressaient devant la table de Lucia Ceracchi, à l’étage de la Bellevilloise, lors du salon des vins nu du bel Antonin…

 

Lucia fait  du cinéma, l'actrice (Tournage (en Italie) Mai 2015: DIABOLIKA de Francesco Maria Dominedò, rôle principal) , et c'est Matteo son frère qui fait le vin...

 

De leurs yeux s’échappaient des lucioles et, tout en agitant élégamment leur verre, ils buvaient ses paroles, s’attardaient, s’épandaient en compliments pour les vins du domaine Piana Dei Castelli à Velletri dans le Latium bien évidemment.

 

Rome !

 

Le 22 juin 2011,

 

« Chez RAP, c’était en fin de journée, je venais de prendre une vraie saucée sur mon vélo, pluie joyeuse et bénéfique, lorsque j’entrais un peu dégoulinant, le premier sourire que j’ai capté c’est celui de Lucia Ceracchi. Sans tomber dans les clichés faciles, l’image des escapades sur la Vespa, petite guêpe agile, d’Audrey Hepburn et de Gregory Peck dans Vacances Romaines (1953) puis de Nanni Moretti dans Journal Intime (1993) me venait à l’esprit. J’étais en terres italiennes pour découvrir les vins de Matteo Ceracchi, jeune vigneron passionné, du domaine Piana Dei Castelli, à Velletri au sud-est de Rome, dans le Latium, dans un terroir volcanique. »

 

Piana Dei Castelli : pour l’amour du beau vin by Matteo&Lucia Ceracchi  

Lucia et Matteo Ceracchi

Lucia et Matteo Ceracchi

Un an après, en mai 2012 j’écrivais La collection cousue main des vins de Lucia et de Matteo Ceracchi : un style !

 

« Concevoir une allure, c’est composer un style… L’élégance, la vraie, est imperceptible, intangible. C’est un je ne sais quoi, une alchimie, le mystère d’une griffe, l’expression d’un supplément d’âme, une composition au sens musical : harmonie ou rupture, une pure apparence me direz-vous… Pas si sûr, sous les pavés la plage proclamions-nous en un mois de mai débridé et débraillé : et pourtant Dany le Rouge avait de l’allure, un style. Un rien l’habille disait d’une de ses jeunes clientes ma couturière de mère. Simplicité, liberté, superbe, rébellion, le style est l’expression de sa singularité. J’y suis sensible, mais bien plus que l’élégance physique c’est l’élégance morale qui me séduit.

 

Dire d’un vin qu’il a un style, sans le qualifier, relève d’une certaine forme de facilité. En revanche, reconnaître à la collection de vins d’un vigneron un style, en le caractérisant, c’est tenter de faire entrer l’amateur dans l’univers d’un créateur. Créer, au sens de ce que fait la main de l’homme, ce n’est pas simplement reproduire des gestes mais, sans forcément bousculer la tradition, opérer des métamorphoses, y faire entrer une part de son imaginaire, de sa culture. Chercher, observer, douter, aller au plus près de l’expression de sa terre, du ciel et de la lumière, accompagner, être attentionné, rechercher l’authenticité bien plus qu’une geste gratuite et forcément éphémère. »

 

Oui jeunes gens, dont je tairais toujours les noms, depuis longtemps vous auriez dû vous rallier à mon panache blanc !

 

Moi j’ai craqué pour OUT le voici dans les mains de Lucia.

 

Les vins du domaine Piana Dei Castelli sont disponibles chez Alessandra Pierini à RAP et chez l'alternatif caviste of Aveyron Philippe Cuq au Lieu du Vin.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 06:00
Le temps d’écrire pour de vrai est venu…alors zoom arrière le «milliardaire rouge» Jean Doumeng& Jean Pinchon le « hobereau normand » : le lobbying à l’ancienne…

Mes écritures, loin du brouhaha de la blogosphère, du harcèlement des communicant(e)s, de Félix&Popotin les grands critiques du vin, de l’addiction frénétique aux réseaux sociaux de certains de mes confrères, je glane dans mes archives, je lis, beaucoup, je baguenaude, je dors le jour, éveillé jusqu’aux première lueurs du jour je me laisse du temps pour laisser libre-court à mon imagination pour entamer une nouvelle aventure d’écriture.

 

Le temps d’écrire pour de vrai est venu…

 

Alors combien de temps me restera-t-il à consacrer à mon espace de liberté ?

 

Je ne sais mais ce que je sais c’est que je répondrai présent chaque jour que Dieu fait.

 

Sous quelle forme ?

 

Je ne sais…

 

Sans doute comme aujourd’hui irais-je puiser dans mes archives…

 

Vous verrez bien si je prends aussi le temps de vous mener sur d’autres chemins qui seront, soyez-en certains, toujours des chemins de traverse…

 

Et puis, si certains d’entre vous ont la plume qui leur démange rien n’est plus facile pour eux que de contribuer à l’aventure de cet espace de liberté. Merci par avance.

 

Avoir le bras long

 

« Entre Jean Pinchon, hobereau normand catholique, issu de l’Agro, nommé par la volonté de Rocard Ministre de l’Agriculture Président de l’INAO, et Jean-Baptiste Doumeng le petit gars de Noé pourvu de son Certificat d’études primaires, membre du PC, ami de Gorbatchev, le « milliardaire rouge », il existait une connivence profonde et sincère dont je puis témoigner.

 

Hommes d’influence, de réseaux, leurs bureaux mitoyens de l’avenue de la Grande Armée, le premier chez Louis Dreyfus, le second chez lui à Interagra, un bon coup de fourchette, un sens du théâtre plus poussé chez Doumeng, un goût immodéré du discours, du verbe chez Pinchon, mais surtout un attachement viscéral à leurs origines : normande à Épaignes avec son troupeau de Charollaises pour Pinchon, Noé pour Jean-Baptiste qui, lorsqu’il était à Moscou pour affaires bravait « les interminables attentes téléphoniques pour s’enquérir près de Denise (son épouse) de l’état du ciel à Noé, lui donner des conseils pour les travaux des champs, ou le signal des vendanges».

 

Ces deux forces de la nature, vrais poids lourds, grands habitués des antichambres ministérielles, amis des puissants de ce monde, bien plus que les poids plumes actuels, qui font du terroir un argument de marketing politique, eux avaient de la glaise aux bottes, tiraient de ce lien viscéral une réelle aura sans pour autant en jouer pour disqualifier leurs interlocuteurs aux Richelieu bien lustrée... »

 

À propos de la France des terroirs un peu d’histoire : Jean Pinchon le gaulliste-catho et Jean-Baptiste Doumeng le communiste-provo. « Un cul de vache nous fait bander...»

Le temps d’écrire pour de vrai est venu…alors zoom arrière le «milliardaire rouge» Jean Doumeng& Jean Pinchon le « hobereau normand » : le lobbying à l’ancienne…

Provocateur JB Doumeng l’était. Face à une flatterie indécente ou un propos maladroit ou un comportement minable il était capable des pires extravagances qui trahissaient « ses rancœurs et défis de gosse frustré, sinon méprisé ». Ainsi à un apparatchik fat, Ministre hongrois du commerce extérieur, qui à la fin de son discours osait placer cette aumône : « À présent, cher ami français, s’il vous manque quelque chose dites-le moi... »

 

Il rétorquait

 

- Oui, monsieur le Ministre, une belle peau d’ours.

 

- Simple détail, et facile à trouver. Pour un manteau, je suppose.

 

- Pas du tout... L’hiver, ma femme et moi adorons faire l’amour, nus, sur une peau de bête, devant un feu de bois... Ça amuse les enfants... La civilisation capitaliste, trop sophistiquée, nous a coupés de la nature. »

 

J.B. Doumeng sablant du Laurent Perrier Grand Siècle à l’AG de la Mutualité à Vichy joue au con et n’aime pas ça. 

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 06:00
Supplique aux faiseurs de courrier anonyme : servez-moi un cordial bien tassé mais de grâce épargnez-moi vos cordialités !

Merci à l’ami PAX qui aime tant le petit Todd de m’avoir mis la puce à l’oreille… « Les formules de politesse : Il n'y en a plus qu'une, la plus conne et la plus dénaturée - "Cordialement" ! - Ou est la place du coeur là-dedans ? Quand une lettre de refus catégorique, pleine de morgue et puant le mépris, se termine ainsi (cf. vos courriers reçus des bankster et autres assureurs) »

 

Réflexion faites, mon petit coup de sang, sans doute inapproprié dans la forme comme l’aurait concédé Bill Clinton ou DSK, à propos de la peu amène communicante de Gérard Bertrand, était justifié.

 

En effet, ce qui me frappe c’est que, là comme ailleurs, dans la correspondance électronique tout est expédié vite fait, plutôt mal fait, sans la moindre parcelle de cordialité.

 

Après t’avoir abordé d’un sec Monsieur impersonnel, on te tricote un texte tout à la gloire du client – normal, c’est lui qui paye – puis pour finir on te balance un cordialement aussi creux qu’un verre vide de sens.

 

Mais mon « bon » monsieur nous n’avons pas de temps à perdre avec vous car vous n’êtes qu’un parmi d’autres dans notre fichier contacts. Estimez-vous heureux d’y être et épargnez-nous votre bla-bla-bla.

 

Je suis tout prêt à en convenir, même si du côté bla-bla-bla vous ne nous épargnez guère le vôtre qui n’est pas toujours de la meilleure eau, mais sans être imbus de ma personne, j’aime bien qu’on m’aborde par un franc bonjour Jacques Berthomeau, avec ou sans cher, même si c’est le logiciel qui le dit.

 

Ça brise la glace comme on dit et surtout c’est pour moi l’expression de la plus élémentaire considération, un zeste ou un reste de politesse, et même si je suis vieux jeu – je vieillis mal selon le Gérard – j’y tiens.

 

Le ridicule, qui ne tue jamais c’est bien connu, se situe aussi chez ceux qui vous invitent à partager le pain et le sel, et le vin de leur client, en pondant un courrier genre prospectus pour la GD…

 

Et, quand ça commence mal ça finit généralement tout aussi mal et le cordialement que l’on vous jette, faute de mieux, en est la meilleure preuve. J’avoue que l’apposition d’aucune formule de politesse au bas du message, de l’invitation, vaudrait mieux que cette cordialité galvaudée.

 

C’est affligeant et par bonheur certaines agences de presse, à l’ancienne, établissent des rapports humains avec la petite gente qui fait, ou fait croire, qu’elle fait l’opinion du vin.

 

Je vous propose de lire une lettre adressée au journaliste Kermit Lynch, par Madame de Lacaussade propriétaire du château de l'Hospital, dans les années 1980 publiée dans son livre « Mes aventures sur les routes du vin »

 

Cher Monsieur,

 

Merci de votre lettre. Entendu pour le départ de cartons début octobre. Je suis tout à fait désolée de vous avoir ainsi contrarié au sujet du prix du vin. Je vous avais fait un prix amical pour le 1979, et ne pensais pas que cela deviendrait une habitude !

 

Si j'ai le plaisir de vous revoir, je vous montrerai les factures de mes fournisseurs et de la main-d’œuvre pour le chai !

 

Je ne compte pas mon temps, et vous n'ignorez pas que les expéditions pour les USA sont plus longues à préparer, le paiement plus lent aussi.

 

Mes clients européens n'ont fait aucune difficulté concernant l'augmentation.


Le 1979 était à trente francs ; il ne me reste que vingt-quatre bouteilles et autant de magnums, que je voudrais garder. Il me semble tout à fait normal d'augmenter de trois francs mon prix de vente.

 

Le 1980 est peut-être médiocre chez les autres, mais pas ici.

 

J'ai augmenté mon prix lors d'une réunion du CIVB après avis autorisé.

 

N'oubliez pas que mon vignoble bien modeste, bien petit, est un cru exceptionnel rattaché aux Graves de Léognan. Sur ce territoire, il est impossible de trouver un prix approchant ; certains crus y jouent la politique du rendement et leur qualité ne vaut pas...la mienne.

 

Comme je ne veux pas ruiner un homme aussi aimable et aussi amoureux du vin que vous, je veux bien vous consentir une nouvelle fois le prix amical de trente francs au lieu de trente-trois francs pour le millésime 1980, en échange de quoi vous voudrez bien me régler plus rapidement.


Recevez, cher Monsieur, mon souvenir le meilleur.



Mme de Lacaussade

 

Et ce n’était qu’une lettre commerciale.

 

Bien évidemment je ne demande pas le même traitement tout en soulignant que je ne suis pas un journaliste mais un simple chroniqueur qui ne demande rien, n’exige rien, sauf qu’on arrête de lui balancer des courriels génériques dont il n’a que faire.

 

Est-ce trop demander ?

 

Non, je n’ai jamais varié d’un iota sur ce sujet.

 

Aux riches heures des blogueurs, le soufflé s’est depuis bien dégonflé, j’ai eu droit comme tous les blogueurs au grand jeu de la séduction. Ça ne m’a fait ni chaud, ni froid alors maintenant que tout est rentré dans l’ordre car les blogueurs sont assimilés, ils font partis du troupeau qui est invité à la gamelle et qui doit dire merci pour ce moment, j’ai le droit d’exiger que l’on cesse de me harceler.

 

En effet, après avoir exploré l’écosystème du petit monde du vin parisien, pour voir comme on dit au poker, j’ai décidé de me retirer du jeu pour vivre ma vie de chroniqueur au fil de mes seuls choix et au rythme de mon porte-monnaie.

 

Ce retrait n’a rien de hautain, je garde de solides amitiés avec ceux qui font le métier, y compris beaucoup d’attaché(e)s de presse, pas vrai Annie, même la Bernadette, mais comme je l’ai dit et répété à celles et ceux qui m’invitaient : ne me donnez pas à manger mais donnez-moi des idées…

 

Que je sois devenu un vieil homme indigne je l’ai déjà confessé ICI

 

« L’amitié libre, y’en a qui ne comprennent pas, ça les dépasse, bien faire et laisser dire, oui je suis un vieux monsieur indigne et j’aime ça. »

 

« Prenons garde à ce que la vieillesse ne nous attache pas plus de rides à l’esprit qu’au visage » Michel Eyquem de Montaigne.

 

J’en reste là tout en soulignant que dans mon libelle à madame Pain je n’ai pas écrit un mot de travers à l’égard de Gérard Bertrand ce qui ne l’a pas empêché de me gratifier d’une commisération assez peu élégante.

 

Mais, comme j’ai l’esprit mal tourné je ne peux m’empêcher de vous gratifier d’une fin de chronique sur le cordial qui était à l’origine une potion stimulant le fonctionnement du cœur, un fortifiant, un réconfortant, un remontant, un tonique.

 

Puis par extension la désignation d’une boisson alcoolisée « ... l'eau-de-vie. Beau terme, qui indique le réveil que ces gouttes de feu suscitent en l'être réjoui. Car la vraie, la pure eau-de-vie n'est pas un poison, mais un stimulant et un cordial. » Joseph de Pesquidoux, Chez nous, 1921.

 

Enfin, cordial et cordialement s'associe parfois à des termes péjoratifs, ou du moins exprimant un sentiment négatif (haine, ennui, etc.), mais sans changer de sens et s'employer par antiphrase, comme l'affirment de nombreux dictionnaires.

 

« Risée des gens au pouvoir, dont l'infortuné brigue l'amitié bien qu'ils ne lui dispensent, à son insu, qu'un cordial mépris » (Bernanos, Imposture, 1927, p. 389).

 

Je n’irai pas jusque-là bien que parfois ça me démange….

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