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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 00:07
À la recherche du temps perdu avec JC. Ribaut : « Bordeaux qui rit, Bordeaux qui pleure » Château Pavie 2003 12/20 «ridicule, plus proche d’un zinfandel de vendanges tardives que d’un bordeaux.» J. Robinson

De l’intérêt d’envelopper ta vaisselle stockée dans des cartons au fond de ta cave avec des feuilles de journal : dans le cas présent Le Monde. En effet, lorsqu’un jour il te prend d’aller y jeter un coup d’œil pour voir si cette vaisselle ne te serait pas d’une quelconque utilité tu te retrouves nez à nez avec l’actualité d’il y a 10 années.

 

C’est le rouge du dessin qui a attiré mon œil de lynx à lunettes puis le titre barrant toute la page « Bordeaux qui rit, Bordeaux qui pleure ». Vous avez bien lu, ne vous frottez pas les yeux : toute une page consacrée au vin dans un grand journal généraliste.

 

L’œuvre du sieur Jean-Claude Ribaut.

 

À propos de Pierre Lurton, nommé le 18 mai 2004 par Bernard Arnault en remplacement d’Alexandre de Lur-Saluces à la tête d’Yquem, qui assurait « Je resterai le jardinier du temple… je ne veux pas changer la signature d’Yquem… » il notait « Ici au moins, le regretté Raymond Dumay a été entendu : « Le vin est d’abord fierté. Seul grand produit inutile de la planète, il ne peut survivre qu’adosser à son orgueil. »

 

Retour au mercanti : « La campagne des primeurs 2003 s’est achevée dans la frénésie. La vente en primer, à Bordeaux ne concerne que cinq-cents vignobles environ, qui représentent 5% de la production en volume. Les prix de certains châteaux, parmi les plus prestigieux, se sont envolés, tandis que la hausse est de 30% pour un cinquième des vins présentés.

 

« Dans le même temps, deux-mille vignerons manifestaient, lundi 5 juillet, place des Quinconces, à Bordeaux, contre l’effondrement des cours du tonneau (900 litres) des vins en vrac. La bouteille de Château Cheval Blanc 2003 trouve preneur – en primeur – au prix record de 220€ la bouteille tandis que le tonneau de vin générique en vrac est payé seulement 1,10€ le litre par le négoce. Deux cents fois moins ! »

 

Jean-Claude Ribaut parle de 500 vignobles pour ceux du haut et de 2000 vignerons pour ceux du bas, c’est tout à fait Bordeaux.

 

Critique aussi le Jean-Claude :

 

« Chez beaucoup le manque d’acidité et les premières difficultés de l’élevage ont conseillé la prudence. Les meilleurs vignerons se refusent aux méthodes d’acidification. Le Château Le Pin, minuscule vignoble à Pomerol, ancêtre des « vins de garage » et dont les prix sont toujours élevés, ne produira aucune cuvée en 2003, estimant que les raisins avaient été malmenés par la chaleur estivale. »

 

Et puis une petite bisbille anglo-américaine qui ne manque pas de sel au vue de la nouvelle gloire de classé A du Château Pavie et de son propriétaire depuis 1997 Gérard Perse :

 

« Parker ayant, comme à l’habitude, bien noté le millésime 2003. Jancis Robinson (critique anglaise) n’a accordé qu’un médiocre 12/20 à ce vin « ridicule, plus proche d’un zinfandel [cépage américain] de vendanges tardives que d’un bordeaux. »

 

« Les vins de Gérard Perse, conseillé par l’œnologue Michel Rolland, sont à la pointe de cette évolution (ndlr. extraction-boisé). La main du vinificateur a-t-elle été un peu lourde, au point de dominer et déprécier l’expression du terroir ? »

 

Bonne question Jean-Claude, je n’ai pas la réponse mais ce que je sais c’est que la main des classificateurs des 1er GC de Saint-Émilion, elle, l’a été.

 

Mais Jean-Claude Ribaut, en fine gueule qu’il est, n’avait manqué de faire une halte à l’Hostellerie de Plaisance au cœur de Saint-Émilion, à deux pas de l’Envers du Décor de mon ami François des Ligneris.

À la recherche du temps perdu avec JC. Ribaut : « Bordeaux qui rit, Bordeaux qui pleure » Château Pavie 2003 12/20 «ridicule, plus proche d’un zinfandel de vendanges tardives que d’un bordeaux.» J. Robinson

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 00:09
I have a dream : Mybettane+desseauve déclarait leur flamme aux Tronches de Vin épisode 2

Avant tout il faut que je vous avoue qu’avant de tomber dans les bras de Morphée, et les draps tout court, j’avais glosé et carburé toute la soirée aux old GCC dans le terrier d’altitude de Ménilmontant ; un truc à chambouler tous les codes de la bienséance des dégustateurs ayant pignon sur rue : pensez-donc, introduire dans la cantine d’altitude vouée aux vins nus des châteaux blanchis sous le bois et les dorures c’est un peu comme postuler au Grand Tasting pour faire une Masters Class sur les vins de Gérard Marula ou de Floréal Romero.

 

C’était un rêve genre roman-photo des années 60, déjeuner sur l’herbe avec nappe à carreaux et panier d’osier, cuisses de poulet, bouteilles rafraichies dans le ruisseau, femmes en jupe vichy et débardeur échancré, hommes en futals pat d’eph et sabots suédois, les petits oiseaux chantaient, le soleil brillait, je me régalais en feuilletant ma tablette. Ô grande surprise Mybettane+desseauve déclarait sa flamme aux Tronches de Vin épisode 2. Je me disais que ce brusque retournement de chemise était la conséquence de l’attribution du 7 d’or du meilleur blogueur par l’odieuse RVF au naturiste débridé Antonin Iommi-Amunategui.

 

Et puis patatras, surgissant de nulle part, juché sur son scooter, l’homme préposé aux petites œuvres de la maison en question, mise en plis déstructurée au vent, richelieu lustrées, lançait à la cantonade : « Les tronches de vins, le guide des vins qui puent de la gueule… »

 

J’aurais dû m’en douter, le coup de pied de l’âne, alors toute affaire cessante j’ai relevé le gant pour laver l’insulte faite aux 6 blogueurs du vin « indépendants et réputés », ce n’est pas moi qui l’écrit mais la dame du 4ième, de couverture bien sûr.

 

5 gars et une fille, une saine parité, pas blasés du buccal ni inféodés au grand capital, des manieurs de missile sol-verre comme l’écrit Nossiter le grand révolutionnaire de notre époque post-moderne en mal d’appellations sulfureuses, des alternatifs aux antipodes des « critiques professionnels établis… empêtrés dans des contraintes financières et publicitaires », des tenants de la contre-culture du vin, des picoleurs coudes sur table aussi, « libres, humbles, passionnés et désintéressés » sic le Jonathan, à mon avis d’ex-enfant de chœur bons pour la béatification.

 

Trêve de vannes, j’ouvre les vannes de mon éminente fonction de critique autoproclamé. Qu’ai-je à déclarer sur ce second opus :

 

  1. Y’a mes découvertes à moi : l’Alonso, Alice et Olivier de Moor, Thomas Pico, Philippe Valette, Catherine Bernard, Vincent Caillé, les Puzelat, Sébastien Poly, Gérard Marula… etc. ce qui, vu mon grand âge, est la preuve irréfutable que j’ai piqué du nez, sans le savoir comme Mr Jourdain, dans les vins à poils depuis un petit bout de temps.

​2. Y’a plein de vignerons que je ne connais pas ce qui est la preuve indéniable de l’extrême faiblesse de ma culture naturiste. J’ai décidé de me soigner.

 

3. Que je suis bien incapable de dire qui a écrit sur qui sauf pour Pascal Simonutti car Antonin à l’œil rivé sur Brigitte Lahaie et Jean Van Roy brasserie Cantillon car Patrick lorsqu’il quitte son officine prescrit de la lambic sans ordonnance.

 

4. Que je me suis toujours demandé si un blogueur répondant au doux nom de Nicolas-Brion pouvait avoir une once de crédibilité pour vanter les mérites de vins roturiers produits en infime quantité pour le plus grand plaisir des nez aimant le poulailler.

 

5. Que la vallée de la Loire est le plus grand berceau des belles quilles nues avec comme nounou la belle Eva qui a eu la drôle d’idée de nous quitter pour crécher à Angers la ville du roi René.

 

6. Qu’Olivier habite Pontarlier où je ne suis jamais allé et Philippe la Vendée où j’ai usé mes fonds de culotte d’écolier… Ce qui vous fait une belle jambe mais vous donne une info sur leur terroir d’origine. 

 

7. Que je suis bien emmerdé car mes chers collègues de la presse officielle, ceux qui pratiquent le journalisme de promenade et leurs adorateurs, affublés de pseudo prétentieux ou la con, qui sont venus barbouiller du commentaire culturel chez moi, vont me taxer de copinage.

 

8. Que je vais me racheter de toutes les fautes que j’ai commises aux yeux de la corporation paysanne menée par son héraut bordelais : l’intraitable Bernard Farges de CNAOC&CIVB réunis, en choisissant dans la cuve de mes amis les vins nus : Vincent Ginestet, un nom qui sonne encore aux oreilles des maîtres des Chartrons et du Médoc profond.

 

9. Ce choix, pour ne rien vous cacher, me permet aussi de faire fructifier ma petite entreprise qui ne connaît pas la crise, en vous plaçant 2 chroniques où la parole était donnée à feu Bernard Ginestet.

 

 

« …je préfère me référer aux analyses d’un négociant de la place, fort pertinent et impertinent : feu Bernard Ginestet dans sa Bouillie Bordelaise datée de 1975. En effet, la bonne question est de savoir identifier les causes de ce grand écart, d’oser se demander : ça vient du haut, ça vient du bas avant d’en tirer des conclusions qui se veulent définitives mais qui ont de fortes chances d’être caduques à courte échéance. Le CIVB vient de rendre public, le 19 juillet dernier, son plan « Bordeaux demain » : la reconquête... Je prends le temps de le lire : 120 pages et je me permets de conseiller à mes chers « confrères » de tenter de sortir le nez de leur verre pour nous délivrer leurs commentaires.

 

La plume à Bernard Ginestet, voilà 35 ans déjà... à mon sens un millésime encore plein de fraîcheur et de vigueur, à méditer...

 

« Lorsqu’un homme du cru, Bernard Ginestet, ici d’un grand cru puisque les Ginestet furent les propriétaires du Château Margaux (de 1950 à 1977), après avoir trempé sa plume dans la fameuse « Bouillie Bordelaise » en 1975 se glisse dans la peau du romancier pour brosser le portrait de l’archétype du courtier bordelais du milieu des années 60, c’est l’assurance pour le lecteur de savourer un texte dans lequel la fiction n’est qu’une manière élégante de mettre en scène la réalité. Son héros, « Edouard Minton est l’un des plus illustres représentants de cette caste privilégiée de la bourgeoisie bordelaise, enracinée depuis des siècles dans le quartier qui porte son nom : les Chartrons. » Bernard Ginestet qui fut maire de Margaux de 1973 à 1995, pur médocain, grand dégustateur est décédé le 29 septembre 2001.

 

Revenons à Vincent Ginestet, « … médocain pur fruit ! De ceux qui marchent dans la campagne en levant les yeux au ciel pour observer ce vol d’oiseaux, ou le regard rivé devant ses bottes, afin d’être certain d’identifier les traces de lièvre dans la terre brune. Chasseur, pêcheur sans doute, bon vivant, hâbleur parfois, comme savent l’être les Bordelais certains jours, mais nourri de cette atmosphère propre au Médoc, où la pierre blanche de l’Histoire côtoie les palombières. »

 

I have a dream : Mybettane+desseauve déclarait leur flamme aux Tronches de Vin épisode 2

Château Boston, appellation Margaux, connais pas !

 

Pour cause c’est un château en devenir sis « sur l’un des plus beaux terroirs de Margaux. Un lieu unique, une lentille de graves formée par les dépôts du fleuve ancien. Il faut le parcourir à pied pour se rendre compte que l’endroit est hors du commun. »

 

Vincent Ginestet renoue le fil d’une histoire « en 1826, il (ce terroir) figure au cadastre napoléonien. Douze ans plus tôt, le général Palmer s’était porté acquéreur de ce qui allait devenir un 3e GCC en 1855. Plus tard, en 1938, la crise et la guerre se profilant, accélèrent le destin du secteur, jugé trop éloigné de château Palmer et vendu à un maquignon, qui s’empresse d’arracher les vignes, pour y faire pâturer ses vaches. »

 

C’est dans le début des années 2000 que Vincent Ginestet acquière ce lieu et dès 2002 il le replante, 12 ha, en cabernet et merlot. Pour en savoir plus vous vous rendez ICI  le camarade Philippe vous dira tout sur ce Boston.

 

« Si l'ensemble est planté à 80% de cabernet sauvignon (notons qu'une des plus belles parcelles de Château Margaux, la croupe Campion, ressemble fort à ce terroir de Boston et est aussi planté de ce cépage), les 20% restant le sont de merlot, qui a parfois du mal à trouver sa place dans un terroir si reposé et généreux. Pas de cabernet franc, qui se plaît davantage dans les zones argilo-calcaires, plus proches de la rivière. En moyenne, les rendements ne dépassent pas 40 ou 41 hl/ha. »

 

« Dégustation minimaliste au domaine d'un échantillon du millésime 2012, que Vincent Ginestet considère d'ailleurs peu représentatif (sic!), mais qui propose cependant une belle dynamique. A revoir donc, dans d'autres circonstances peut-être!... »

 

Tronches de Vin le seul guide de vins qui vous propose un château qui n’a pas de vin à vendre c’est un luxe que ne peuvent pas se payer B&D !

 

J’adore !

 

Je plaisante bien sûr j’ai trouvé un site proposant du château Boston OFFRE SPÉCIALE -20% : 23.20€ TTC la bouteille 75CL. (29.00€) Offre valable jusqu’au 30 septembre 2014 inclus, dans la limite des stocks disponibles. 

 

 

I have a dream : Mybettane+desseauve déclarait leur flamme aux Tronches de Vin épisode 2

L’opus de la bande des 6 sera en librairie le 13 mars et aujourd’hui disponible ICI 

 

Après avoir fait ma BA je suis retourné au lit en espérant faire de beau rêves plein de vins nus…

 

Ne cédant pas à la facilité du blogueur obsédé d’au-delà des Pyrénées, qui adore les gros nénés, vous n’aurez pas droit à la poitrine dénudée de Brigitte Lahaie… Prière de s’adresser à Vindicateur !

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 00:09
Le Lapin Blanc chasseur de beaux vins nus sur les hauts de Ménilmontant : « mais oui madame c'est là que je viens retrouver mon âme, toute ma flamme, tout mon bonheur… »

J’suis pas poète/Mais je suis ému/Et dans ma tête/Y a des souvenirs jamais perdus…

 

Vous n’êtes pas sur radio Nostalgie, la fréquence préférée de Claire, mais chez votre Taulier qui a convoqué le fou chantant, Charles Trenet, pour vous chanter : «  Ménilmontant mais oui madame/C'est là que j'ai laissé mon cœur/C'est là que je viens retrouver mon âme/Toute ma flamme/Tout mon bonheur…

La rue de Ménilmontant, dans le 20e arrondissement, doit son nom à l'ancien village de Ménilmontant et, auparavant, à son sommet il y avait un moulin à vent.

 

Sommet en effet, même si ce n’est pas le Mont Ventoux, il faut savoir la monter au train à vélo puisqu’elle culmine à 104 m lorsqu’elle atteint la rue des Pyrénées. Longue de 1,230 km la rue de Ménilmontant est l'une des rues les plus abruptes de Paris. On l’enfile dans la prolongation de la rue Oberkampf, au métro Ménilmontant, où l’altitude est de 54 m, puis on la grimpe sans trop de difficulté jusqu’à la petite place de la rue Sorbier où elle atteint 75 m, ensuite la pente est très rude dans le dernier tronçon où se situe la cantine d’altitude qu’est Le Lapin Blanc.

 

Aller au Lapin Blanc ça se mérite, y’a pas de voiturier, il faut avoir du cœur et de bons mollets pour y accéder à pied ou à vélo mais, une fois entré dans le terrier, ce n’est que du bonheur à toute heure du jour et de la nuit, ou presque.

Le Lapin Blanc chasseur de beaux vins nus sur les hauts de Ménilmontant : « mais oui madame c'est là que je viens retrouver mon âme, toute ma flamme, tout mon bonheur… »
Le Lapin Blanc chasseur de beaux vins nus sur les hauts de Ménilmontant : « mais oui madame c'est là que je viens retrouver mon âme, toute ma flamme, tout mon bonheur… »

Claire, l’une des 2 taulières derrière son piano, vous accueille comme si vous étiez le roi d’Abyssinie et du Calvados réunis, c’est la fée du logis, elle sourit, elle rit, quelques mots gentils, avec trois petits riens elle sait rassasier les petites et les grandes faims. Point !

 

Z’avez qu’aller voir sur Face de Bouc le programme des réjouissances de la cantine d’altitude.

 

Cette semaine au Lapin Blanc

 

Cantine d'Altitude & Vins Naturels

(Ménilmontant - Paris XXème) 

 

Bon je ne vais pas me contenter de vous faire de la réclame pour le Parmentier de Canard mais de suite passer au bar où officie l’autre taulière, Gaëlle, la reine de la nuit électrique et des images de derrière les fagots, avec elle aussi le sourire est compris dans le service, et en sa compagnie, le Monsieur Déloyal du Blind test, Stéphane, imperturbable dans la tempête, une dégaine d’enfer et un côté inoxydable qui cache un gros cœur.

 

Le bar, c’est au Lapin le trait d’union, l’isthme entre les deux espaces de restauration, car, comme vous vous en doutez, on ne saurait manger sans boire et boire sans manger.

Le Lapin Blanc chasseur de beaux vins nus sur les hauts de Ménilmontant : « mais oui madame c'est là que je viens retrouver mon âme, toute ma flamme, tout mon bonheur… »

Et là, y’a pas photo, la carte des vins du Lapin est l’une plus belle de la nuit parisienne, que des vins nus, des 3 couleurs, avec des bulles, 48 références, de quoi étancher la soif d’un pensionnat de jeunes filles en goguette et un régiment de morts de soif lâchés dans les marges de Paris après avoir visité le salon de l’agriculture.

 

C’est du bon, c’est du lourd, c’est du beau vin…

 

Attention, ne sortez pas votre bobo de votre gibecière pour me l’envoyer dans les gencives, ce n’est pas le style de la cantine d’altitude même si dans le commerce on ne demande jamais aux clients de montrer patte blanche.

 

Le Lapin est donc un haut-lieu imprévisible, improbable, de bric et de broc, que l’on peut facilement s’approprier, faire comme chez soi, refaire le monde, se saouler de musique, se nourrir sous les 2 formes, et c’est ce qui fait son charme et sa chaleur.

 

Mais la chaleur ça donne la pépie : place aux vins nus !

 

Claire et Gaëlle sont tombées dans les vins nus comme on tombe amoureux, comme ça, sans fla-fla, le coup de foudre, la sidération, l’addiction, le péché mortel sans acte de contrition, l’amour fou et depuis elles écument les quilles nues comme des grandes filles. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, elles ont bénéficié d’un mentor de haute cuvaison et d’Aveyron, d’un guide pour les amener au royaume des 100 fleurs, le Grand Philippe, sis au Lieu du Vin , caviste de cœur et de passion. Reste le Stéphane, branché sur 100 000 volts, un oiseau dans la tempête, qui lui fut, de prime abord un peu sceptique, avant d’être touché par la grâce des vins nus et de se révéler un redoutable manieur des mots qu’il faut poser sur le jaja qui ne pète pas plus haut que son cul nu : chapeau ! « C’est propre ! »

 

Avant de vous présenter la carte de la cantine d’altitude qui m’est chère j’ai tendu mon microphone aux tenancières et à quelques piliers de bar pour leur demander leur coup de cœur dans cette belle palette :

 

  • Gaëlle « Je n’ai pas un vin favori ; ni sur la carte du Lapin Blanc, ni dans le fabuleux monde des milliers de bouteilles que je n’ai pas encore dégusté. Ou alors, ce vin préféré change chaque jour : j’apprends depuis deux ans le vin, sans idées préconçues, en refusant les chapelles. Au Lapin, nous sommes venues au vin nature par le gré des rencontres, des échanges. Et ça nous a plu. Je n’ai aucune envie d’enfermer cette passion nouvelle dans des cases, encore moins d’y apposer des étiquettes. Je travaillais avant dans la musique, un milieu de petites stars et de castes. Je veux garder le plus longtemps possible la fraîcheur et l’échange humain dans cette nouvelle vie professionnelle.

 

Pour illustrer ce côté sain que nous recherchons, j’ai donc choisi Fred Rivaton et sa cuvée Tombé du Ciel, pour te répondre, Jacques.

 

Nous travaillons avec Fred depuis l’ouverture du Lapin, j’adore ce vin et il s’adresse au plus grand nombre. C’est un vin généreux et bienveillant : accueillant. C’est ainsi le premier sur notre carte des rouges, un vin qui peut être un passage pour les non-initiés au nature. »

 

  • Claire, elle, est en voyage d’affaires, mais je sais que dans sa bulle elle adore les bulles, un de ces 4 elle nous confiera où ses amours, du vin bien sûr, la portent. C’est une fine bouche.

 

  • Émilie qui ne prise guère les forts effluves d’écurie de certains vins nus en revanche aime beaucoup Les Gruches le Touraine 2011 de Gérard Marula, elle lui trouve un très joli nez, avec des réminiscences de l’immortelle de Corse, et en bouche elle apprécie sa souplesse, sa finesse et sa fraîcheur. Du fruit, une explosion de fruits murs !

 

  • Philippe nous confie « Vous reprendrez bien un peu de Vie ? C'est simple, la vie, il suffit de respecter, d'imaginer, de partager... Là, c’est Pierre-Nicolas Massotte qui assemble cinsault, grenache, syrah et carignan pour élaborer un vin vivant, riche et puissant mais complexe et surprenant. Il faut reprendre un peu de vie, en lui laissant le temps de respirer, pour que ce vin naturel partage avec vous tout ce que ce modeste, discret mais décidé et doué vigneron a voulu y mettre. Laissez-vous surprendre. Puis séduire... »
Le Lapin Blanc chasseur de beaux vins nus sur les hauts de Ménilmontant : « mais oui madame c'est là que je viens retrouver mon âme, toute ma flamme, tout mon bonheur… »
Le Lapin Blanc chasseur de beaux vins nus sur les hauts de Ménilmontant : « mais oui madame c'est là que je viens retrouver mon âme, toute ma flamme, tout mon bonheur… »
Le Lapin Blanc chasseur de beaux vins nus sur les hauts de Ménilmontant : « mais oui madame c'est là que je viens retrouver mon âme, toute ma flamme, tout mon bonheur… »

LA CARTE DES VINS DU LAPIN BLANC

 

Blancs:

 

Mathias Marquet - L’écorce - Vin de France (Bergerac)

Jo Pithon - Les pépinières - Anjou 2010

Floréal Romero - Maeva - Vin de France (Gers)

Frédéric Renoux - Pur Jus - Ventoux 2013

Alexandre Coulange - Esprit Vendangeur - Vin de France (Aude)

Pierre Nicolas Massotte - Ondine - Vin de France (PO)

Domaine Inebriati - Oréa - Vin de France 2012 (Gard)

Sylvain Jougla - Claire - Duras 2011

Le Conte des Floris - Ares - 2012 Languedoc

Vincent Caillé - La part du Colibri -Muscadet

Maison Thomas - Sec de rhubarbe Vosges

Gérard Marula - Ange - Touraine 2011

 

Bulles:

 

Romain Paire - Bulles - effervescent naturel

Vincent Caillé - Z bulles - vin mousseux ½ sec

Massimo Coletti - vino frizzante Via Larghe 01 -Italie

Gregory Leclerc - Nid de guêpes - Vin de France (37)

Sébastien Fleuret - Sitting Bulles - Vin de France 2013 (49)

Laurent Herlin - Cintré - Vin de France 2012 (37)

Vincent Fleith - Crémant d’Alsace -

Frédéric Rivaton - Panoramix - Vin de France (PO)

François Diligent - Champagne Brut, pinot noir -

 

Rouges:

 

Frédéric Rivaton - Tombé du ciel - Vin de France (PO)

Floréal Romero - Sang Chaud - Vin de France (Gers)

Floréal Romero - Sang Froid - Vin de France Merlot 2011 (Gers)

Jeff Coutelou - Sauvé de la citerne - Vin de France 2013 (Hérault)

Jeff Coutelou - La Buvette à Paulette - Vin de France 2013 (Hérault)

Jeff Coutelou - La Vigne haute - Vin de France (Hérault)

Alban Michel - Liberterre - Corbières 2012

Alban Michel - Pas de bla blah - Vin de Table 2012

Alban Michel - L’alternapif - Vin de Table 2013

Raphael Champier - Buissonnante - Beaujolais-Villages 2013

Mathias Marquet - Va te faire boire - Vin de France (Bergerac)

Grégory Leclerc - La Mule Magnum - Vin de France (37)

Grégory Leclerc - La Mule - Vin de France (37)

Pierre Nicolas Massotte - Vie - Vin de France 2012

Gérard Marula - Que votre joie demeure - Chinon 2013

Gérard Marula - Clos des baconelles - Chinon 2012

Gérard Marula - Les Gruches - Touraine 2011

Jacques Broustet - Autrement - Vin de France (33)

Olivier Techer - Pom’n Roll - Pomerol

Laura Pepi Angiolini - Rosso Miscianello (Toscane) - 2011

Clos des Cimes - Fée des vignes côte du Rhône 2011-

Château Renaissance - Cuvée Dix Thyrambique (Bordeaux) -

Karim Vionnet - Beaujolais Villages - 2011

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Hollande fait le buzz un verre de bergerac à la main
CHAP.15 opération Chartrons, « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Hollande fait le buzz un verre de bergerac à la main

De suite, sitôt reçue, j’ai posé sur mon bureau la photo qu'elle venait de me poster, alors j'étais gai « comme un italien quand il sait qu'il aura de l'amour et du vin… tu ressemblais un peu à cet air d'avant, où galopaient des chevaux tous blancs, ton visage était grave et ton sourire clair, je marchais tout droit vers ta lumière, aujourd'hui quoi qu'on fasse, nous faisons l'amour, près de toi le temps parait si court… » La chanson de Nicole Croisille, annexée à mon seul profit, tournait en boucle dans ma tête. Je me surprenais même à la chanter mezzo voce. Dans la foulée je donnais congé à ma petite troupe en l’invitant gentiment à aller arpenter les allées du Salon de l'agriculture afin de laisser traîner leurs grandes oreilles pour me rapporter leur moisson d’informations de première main. Ils se marraient tous plus ou moins discrètement, et c’était Ducourtioux qui se dévouait en leur nom en plaçant une bourre qui m'allait droit au cœur  « Putain que c’est bon d’avoir un patron amoureux… » Je souriais. Avant qu’ils ne partent je sortais de ma réserve personnelle une belle bouteille de champagne d’Emmanuel Brochet. Nous levions nos verres. Ducourtioux sur sa belle lancée portait un toast en trinquant avec moi « à vos amours qu’ils durent toujours… » Sur un petit nuage, aux anges j'étais, la semaine allait me paraître un peu moins longue. En dépit de mon allergie pour le grand barnum je m’embarquais guilleret sur la ligne 12, cap sur le salon qui sent la bouse !  

 

 

 

CHAP.15 opération Chartrons, « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Hollande fait le buzz un verre de bergerac à la main

Là-bas c’était la ruée. Ils sont venus, ils sont tous là, pelotant le cul des vaches, flattant la nuque laineuse des moutons, grattant les têtes de biquettes belliqueuses, verre à la main pour certains, avalant cochonnailles grasses et fromages qui puent avec des cris d’extase, tentant à tout moment de présenter au bon peuple leur meilleur profil, les carnassiers souraient, faisaient de bons mots, dans un décor de carton-pâte à la porte de Versailles. Comme on l’écrivait à tout bout de champ, c’est le cas de le dire dans ce terroir image d’Epinal, le salon de l’Agriculture est devenu un évènement incontournable de la gente politique. Avec l’irruption de Twitter c’est la mitraille permanente, ça tombait comme à Gravelotte, l’immortalisation du foirail était si fugace que je ne savais à quoi servait ce flux interrompu. L’exécutif à deux têtes – souvenir de l’aigle à deux têtes de Cocteau, avec Edwige Feuillère et Jean Marais – jouait sa partition en avant-première, à la Corrézienne pour le boss, à la catalane pour le fondé de pouvoir comme l’aurait dit Fillon le cocker. Face à eux la cohorte des Présidents de tout ce que la France des vaches, cochons, couvées, et autres joyeusetés, défile, courbe l’échine, fait le beau, n’en pense pas moins, flatte, c’est le bal des faux-culs dans toute sa splendeur agraire. Comme avait fait dire à Pétain, Emmanuel Berl, la Terre ne ment pas, ses représentants si. Ils me sortaient par les yeux, les trous de nez, je les fuyais pour aller faire des photos des animaux.

 

De ce salon deux informations de la plus haute importance surnagaient : tout d’abord un François Hollande à son aise, samedi, lors de son inauguration marathon, alors qu’il faisait station au Pavillon des Vins, subissait le lamento d’un Président que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, face à un sommelier bavard et verbeux comme à l’ordinaire, quand les fera-t-on taire, a réussi à placer, un verre de bergerac rouge à la main : « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Bien évidemment, les éternels ramenards de la Toile ont poussé des hauts cris en dénonçant un affreux coup de com ! Jamais contents, quand l’autre n’en buvait pas c’était l’horreur absolue, et quand celui-ci en boit ils le traitent de menteur. Bande de cons !

 

La seconde, fait exceptionnel, Nicolas Sarkozy a bu un verre à la santé de la filière viticole, le 25 février au Salon. Un crémant d’Alsace et un mercurey attendaient Nicolas Sarkozy sur le pavillon des vins au Salon de l’agriculture, ce 25 février... Ainsi qu’une brochette de responsables professionnels. But de la visite pour la filière : lui faire part de ses revendications, mais surtout le voir trinquer à la santé de la viticulture, alors qu’il ne boit pas. Je me régale :

 

« Il est 11 h 45 lorsque le président de l’UMP arrive sur le stand. Jean-Marie Barillère, président du Cniv, Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer, et une dizaine d’autres présidents ou directeurs d’interprofessions ou de syndicats l’accueillent. Rapidement, les deux responsables l’invitent dans l’espace fermé du stand, dédié aux réceptions, plutôt qu’au bar ouvert au public où François Hollande puis Manuel Valls s’étaient prêtés au jeu de la dégustation quelques jours plus tôt. « Nous avons préféré discuter au calme », explique Jérôme Agostini, directeur du Cniv. » Bien sûr, ils n’ont que ça à la bouche la loi Évin. Jean-Marie Barillère, Audrey Bourolleau, directrice de Vin et Société, et Jérôme Despey prennent tour à tour la parole pour lui rappeler que la filière refuse toute nouvelle restriction de la publicité pour le vin et qu’elle demande une définition de la publicité. Le petit Nico n’en a rien à cirer. Impatient de prendre la parole, il a répondu en noyant le poisson : « Vous, les viticulteurs, vous avez fait quelque chose que les autres secteurs de l’agriculture n’ont pas su faire : garder le contact avec le consommateur. » Puis il a soutenu que l’administration et les tribunaux français produisent trop de normes. « La première mesure que nous prendrons (sous-entendu, si nous revenons au pouvoir) sera : toute la réglementation européenne, mais seulement la réglementation européenne. Ce sera une façon de repenser à la loi Évin. Je sais que les ravages de l’alcool chez les jeunes, c’est la bière et les alcools forts, pas le vin, pas le champagne. » Une déclaration qui a piqué le président et la directrice du BNIC, présents dans l’assistance. » Pendant ce temps, le crémant ne cessait de se dégazer. Revenant à l'essentiel, Jérôme Agostini a invité le sommelier à le servir. Nicolas Sarkozy a levé son verre à la santé de ses hôtes, sans plus de commentaire. Il l’a bu en deux ou trois gorgées. Puis, d’un coup, il a bondi de son siège comme si l’épreuve avait assez duré ! Apparemment, il était hors de question pour lui de boire un second verre, fût-ce du mercurey. »

 

Pour le reste notre poulain conforte sa place au zénith des sondages : le tableau de bord politique Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio JUPPÉ ET BAYROU, ENSEMBLE AU SOMMET

 

« C’est le duo choisi par les Français. Alain Juppé et François Bayrou trônent, pour la première fois, respectivement à la première (66%, +1) et à la deuxième place (57%, stable) Certains y verront peut-être l’équation magique de la prochaine présidentielle. Les compères bordelais et béarnais disposent en tout cas d’un atout : ils sont populaires auprès de l’ensemble des Français et, surtout, ils dépassent leurs camps naturels. Alain Juppé bénéficie d’une bonne opinion auprès de 61% des sympathisants de gauche et François Bayrou auprès de 65% quand Nicolas Sarkozy en réunit 19%. Attention toutefois à ne pas tout focaliser sur le pourcentage de bonne opinion. Quand Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sont testés en duel par l’IFOP auprès de l’ensemble des Français, le maire de Bordeaux l’emporte largement (61/34), mais moins fortement que précédemment (64/30 en janvier). Lorsque la mesure ne concerne que les sympathisants UMP, l’ex-président devance toujours le maire de Bordeaux et dans les mêmes proportions : 62% pour Sarkozy contre 38% pour Juppé. Preuve donc que le patron de l’UMP –malgré un retour moins flamboyant que prévu– reste toujours le favori incontestable de la primaire. »

 

Vivement mardi ! Je t'attendrai à la porte du garage dans ma superbe auto !

CHAP.15 opération Chartrons, « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Hollande fait le buzz un verre de bergerac à la main

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 00:09
Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat
Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Je suis droitier mais ambidextre sur le clavier, ne pratique jamais le ni-ni en politique, ai toujours pensé que le centrisme était un simple cache-sexe pour les mous et comme le soutenait, à contre-courant, dès 1954 dans son livre La Droite en France, René Rémond, je crois toujours que la dualité gauche/droite structure la vie politique française, que la droite comme la gauche est plurielle, que la droite est composée de trois familles nées de la Révolution : le légitimisme droite contre-révolutionnaire, l’orléanisme droite libérale et le bonapartisme droite césarienne. La gauche, depuis la scission du Congrès de Tours, pendant très longtemps se scindait en communiste et non-communiste, cette dernière, après un long temps d’émiettement, s’assemblait autour du PS avant que l’émergence des extrêmes menace son leadership. Le même phénomène menace la droite traditionnelle, avec la renaissance et la montée en puissance du FN héritier du nationalisme et populisme qui avait pris corps, dès 1882, dans le mouvement antisémite, xénophobe, antidreyfusard. Rien de nouveau sous le soleil d’Austerlitz !

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Tout ça pour vous causer des poissons plats droitiers et gauchers.

 

Dans les océans et les mers, comme en Angleterre et sur le continent, il est des poissons qui conduisent à gauche et d’autres à droite. Je plaisante à peine, en effet si l’on observe attentivement certains d’entre eux, on voit que les soles donnent toujours l’impression de regarder à droite, tandis que d’autres, semblent regarder à gauche.

 

Pourquoi ?

 

Tout simplement parce que leurs yeux changent de place.

 

« Ces poissons naissent comme les autres, avec une symétrie bilatérale verticale et donc un œil de chaque côté de la tête. Mais quand le jeune poisson plat atteint de 1 à 2 cm de long, l’un de ses yeux se met à migrer par-dessus sa tête pour se rapprocher de l’autre, et il doit alors nager sur le côté pour maintenir les deux yeux vers le haut.

 

Ensuite, la forme du poisson s’aplatit progressivement et ses nageoires se structurent tout autour du corps, de sorte que ses flancs droit et gauche – à la naissance – deviennent sa face « dorsale », qui porte les yeux, et sa face « ventrale », qui est devenue aveugle.

 

En outre, la pigmentation du poisson se différencie : elle prend une teinte foncée, souvent bariolée ou tachetée au-dessus, et claire et unie au-dessous, ce qui assure au poisson un bon camouflage, aussi bien sur les fonds marins, que lorsqu’il est vu du dessous, nageant sur le fond clair du ciel. »

 

Le mystère c’est que ce basculement du corps au cours de la croissance se fait, d’un côté ou de l’autre selon les familles : les Scophthalmidés (environ 8 espèces) le turbot, la barbue et la cardine qui regardent à gauche, et les Soléidés (environ 130 espèces) la sole, le céteau, les Pleuronectiformes (60 espèces environ) la limande, la limande-sole, la plie, le carrelet, le flet, le flétan, qui regardent à gauche.

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Toute ma science je la tire de la somme d’Henriette Walter et Pierre Avenas « la fabuleuse histoire du nom des poissons » chez Robert Laffont

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Ce phénomène est vraiment extraordinaire.

 

« Cette perte du plan de symétrie de la naissance chez les poissons plats est un phénomène unique, non seulement parmi les poissons, mais aussi parmi les vertébrés : on ne connaît pas de cas semblables, ni chez les mammifères, ni chez les oiseaux, ni non plus chez les reptiliens et les amphibiens. »

 

Mon goût va vers les poissons droitiers : sole et céteau mais j’aime aussi le turbot et la barbue

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Table le restaurant où le produit est roi propose une magnifique sole de roche de l’Ile d’Yeu.

 

J’y mange de temps à autre à midi au bar pour 25€ entrée + plat + dessert

 

Buvez avec ça un vin de Paul Reder par exemple Grigri : vin postmoderne

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 00:09
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust

« On ne peut pas ne pas raconter la scène où la mère de Pier Giorgio a ouvert fièrement un placard dans la cuisine de son enfance. C’était un nécessaire à piadina, une sorte de galette réalisée à base de farine de froment, de saindoux, de sel et d’eau, spécialité d’Émilie-Romagne. Elle se façonne traditionnellement sur une plaque de pierre. On l’a goûté quelques heures plus tard dans une petite échoppe de Rimini. Elle était fourrée d’épinard, de mozzarella et de chair à saucisse, une nourriture rassurante, un délice. L’une des nombreuses madeleines du cuisinier. »

 

La piadina, pida en dialecte romagnol, est un aliment lié à la tradition étrusque connu depuis le XVIème siècle. On raconte qu’en 1839, une bande de voleurs s’étant introduit de nuit dans une maison et n’ayant trouvé rien de valeur, se consolèrent en mangeant de la piadina qu’ils trouvèrent dans la cuisine. C'est l'ancêtre de la focaccia. Contrairement à la pizza qui a fait le tour du monde, la piadina est restée en Italie. Pendant longtemps elle a été le pain des pauvres de cette région car elle avait l'avantage de coûter peu, de cuire rapidement et surtout de couper la faim.

La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust

Nous sommes en Emilia-Romagna région alliant deux provinces historiques l'Émilie au nord et la Romagne la Romagne comprise dans le delta du Pô, de Bologne à Rimini, patrie des belles italiennes avec plein de chevaux sous le capot : Ferrari à Maranello, Maserati à Bologne et Modène, Lamborghini à Sant'Agata Bolognese. C’est l’une des régions les plus fertiles d’Europe située entre l’Apennin ligure et toscan et la rive gauche du Pô : elle est bordée à l’est de la mer Adriatique, à l’ouest du Piémont et de la Ligurie, au nord de la Vénétie et de la Lombardie, au sud de la Toscane, des Marches et de la République de Saint Marin. Bologne est la ville-capitale.

 

C’est un annuaire de grands cinéastes : Michelangelo Antonioni, Marco Bellocchio, Bernardo Bertolucci, Federico Fellini, Pier Paolo Pasolini y sont nés.

 

C’est aussi une superbe brochette du bel canto Arturo Toscanini, Giuseppe Verdi, Renata Tebaldi, Luciano Pavarotti y sont nés.

 

Certes, il y a aussi Benito Mussolini né à Dovia di Predappio dans la province de Forlì-Cesena.

 

C’est Ferrare qui resta sous la domination de la famille d'Este jusqu'à la fin du XVIe siècle. Elle fut une grande ville d'art sous les Este, réputée dans toute l'Europe dès le bas moyen-âge et pendant la renaissance. A la fin du XVe siècle, elle connaît un des plus grands projets urbains de l'Europe moderne, entrepris par son duc Hercule Ier d'Este, et le premier de planification raisonnée des espaces citadins. Son enceinte et sa belle forteresse médiévale sont très bien conservées et de nombreux édifices et palais datant de la Renaissance sont particulièrement intéressants. Ce patrimoine lui a valu d'être inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco pour d'une part son centre historique et en outre pour son delta sur le Pô.

 

C’est Bologne dont les origines remontent au moins à un millénaire avant Jésus-Christ. Elle a toujours été un important centre urbain, d'abord sous les Étrusques (Felsina), ensuite sous les Romains (Bononia), puis au Moyen-âge, en tant que une importante commune indépendante (pendant un siècle elle fut la cinquième ville européenne par sa population). Très ancienne ville universitaire célèbre pour ses tours et ses portiques en arches (plus de 38 Km dans le centre historique), dont le plus long au monde (Portique de San Luca, 3.500 m pour 666 arches), elle possède le centre historique médiéval le plus grand d'Europe après celui de Venise. La sauce bolognaise massacrée par les mauvais fabricants de pizzas et de conserves y trouve son origine.

 

C’est aussi un superbe garde-manger de luxe :

 

  • Le Parmigiano-Reggiano DOP (Dénomination d’origine protégée), appelé « Parmesan » dans le langage courant français.

  • Le Jambon de Parme, Prosciutto di Parma Appellation d’Origine Protégée, exclusivement élaboré dans le sud de la province de Parme; 5 kms au sud de l’antique via Emilia, entre les rivières Enza et Stirone, dans les collines - les Apennins - à 900 mètres d’altitude maximum.

  • Le vinaigre balsamique produit en Italie, dans les provinces de Modène et de Reggio d’Emilie.

 

​Mais revenons un instant à Pier Giorgio Parini, l’ami Bruno Verjus, le 22 mai 2010 nous demandait « Connaissez-vous la tomate de Pier Giorgio Parini ? » et s’exclamait Tomatissime !

La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust

« Ouh là, là, quelle découverte ce Pier Giorgio. Un véritable talent pour un plat déjà emblématique, sa tomate.

 

Imaginez, des tomates italiennes séchées tendrement au four durant 6 heures. Pendant ce temps l'on confectionne un bouillon de viandes et d'herbes aromatique. Corsé à ce point que les arômes tambourinent au palais. Et puis ? L'on réhydrate les tomates dans ce jus de baptême. Elles reprennent forme et paressent en miroir.

 

Une crème onctueuse de fromage de frais et de citron comme un lac apaisant pour contenir toute leur vie incandescente. Une poudre d'agrume (comme un Niac de Michel bras) pour seul fard et voilà la belle rouge sans autre artifice. »

 

Je sais, vous m’attendez au tournant : et les vins d’Emilia-Romania ils sont où ?

 

Réponse L’Emilie Romagne a 1 DOCG l’Albana di Romagna, 19 DOCS dont le célèbre Lambrusco sous 3 dénominations et 10 IGT.

 

« En Emilie, le vin principal est donc le Lambrusco, tout en nuances mousseuses du pourpre au rosé, fait à partir de raisins élevés dans de hautes treilles, essentiellement dans les plaines au sud du Pô. Les vins de Romagne sont surtout issus de Sangiovese, Trebbiano et Albana, le cépage qui contribue à la première DOCG de blanc d’Italie.

 

Le Lambrusco est produit en volume dans les quatre zones DOCs autour de Modène et de Reggio. La majeure partie du Lambrusco expédié à l’étranger est demi-doux (amabile) ou doux alors que ce qui est consommé sur place est sec, et pas toujours issu d’une DOC. En effet, le sec authentique est considéré comme l’accord parfait avec la riche cuisine régionale, mais il faut noter que bien peu d’amateurs à l’étranger ont eu l’occasion de goûter ce vin dans ce style. »

 

Vous me connaissez je ne suis pas très amateur de grosses bombasses fardées alors je suis allé puiser chez mon ami Alessandra une petite IGT Emilia produit dans l’Azienda Agricola Al di là del Fiume Dagamó rosso 2013

 

  • Vin de culture biodynamique
  • 100% Barbera
  • Macération sur peaux en amphores en terre de Toscane de 8 hl pendant 3 à 4 mois
  • Gabriele aime la terre, Danila aime les gens, ensemble, ils ont décidé de changer leur vie :

« Créer des liens?

Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »

Saint-Exupéry 

La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 09:53
Modérer les commentaires ce n’est pas les censurer… non au «journalisme de l’encens…»

Longtemps sur mon espace de liberté j’ai laissé les commentaires se mettre en ligne sans en consulter le contenu jusqu’au jour où l’un d’entre eux a mis en cause, très gravement et nommément, une personne connue dans le monde du vin. Par bonheur j’étais face à mon écran et, de suite, j’ai pris la décision de modérer les commentaires.

 

Pour autant modérer les commentaires ne signifie pas les censurer.

 

Ce filtre qu’est la modération a un fondement juridique : c’est moi qui suis responsable de tout ce qui se publie sur mon blog y compris les commentaires : jurisprudence Free/Libération. En conséquence toute attaque, dénonciation, insulte et autres joyeusetés passent à la trappe sans autre forme de procès.

 

En revanche, le débat vif, argumenté, surtout s’il me met en cause, est immédiatement relayé.

 

Ce billet est motivé par ce qu’a écrit Jérôme Perez de la LPV en commentaire sous ma chronique relais de celle de Michel Bettane où je faisais mon travail d’information vis-à-vis de mes lecteurs. J’ignorais qui était l’auteur de l’appellation « journalisme de promenade », en effet je lis beaucoup mais n’étant pas un grand amateur je ne suis pas le fil de la LPV de manière assidue.

 

« Chacun vient tirer la couverture à soi, c'est vraiment navrant.

 

Je tiens quand même à préciser certaines choses puisque mon propos est déformé et que je suis censuré sur le site de Bettane qui ne peut s'empêcher de publier un éditorial me fustigeant ces derniers temps, l'un après l'autre. »

 

Sans entrer dans une quelconque polémique ou mettre de l’huile sur le feu l’accusation, qui doit sans doute être fondée, mérite une réponse circonstanciée car elle décrédibilise ceux qui pratiquent un tri basé sur le contenu des commentaires en laissant accroire, en ne choisissant que l’encens, à une approbation des propos publiés.

 

Même si le Figaro papier l’a banni de sa manchette « Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur…

« Il n'y a que les petits hommes, qui redoutent les petits écrits.»

 

Le mariage de Figaro (1784), V, 3

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

 

Ma maison, qui est une petite entreprise qui ne connait pas la crise, est grande ouverte, ni verrous, ni volets, quiconque peut y venir y discuter même en s’envoyant des volées de bois vert mais, tout à la fin, dans le respect des convictions de chacun, on s’y salue, on peut même prendre un verre en commun et partager le pain et le sel…

 

Modérer les commentaires ce n’est pas les censurer… non au «journalisme de l’encens…»

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 00:09
Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Manger, boire et baiser est, selon eux, leur seule Trinité. Forts de leur virilité aiguisée par la bonne chère ils ne ratent jamais une occasion de défourailler des mots qui font mâle, bien troussés, avec ce qu’il faut de gras, de salacité – ne pas confondre avec la sapidité – et, bien entendu, de supériorité. Le doute n’est pas permis, ils en ont, ils sont bons, et si Bob Parker les notait ce serait à tout coup du 100/100.

 

Des as, des cracks, des Phoenix de ces bois, quoi !

 

Comme le notait avec justesse Pierre Desproges « L’amour… il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. À partir de quoi il m’apparaît urgent de me taire. » Fonds de tiroir Seuil

 

« On devrait porter le sexe autour du cou comme une relique, en médaillon sur les barettes. N’est-ce pas l’artère qui alimente le fleuve des humains, l’ambroisie qui calme la soif du monde depuis l’origine des temps. »

 

L’Arétin 1492-1556

 

Jean Feixas et Emmanuel Pierrat dans leur petit lexique littéraire et poétique  du sexe masculin : « Les mots qui font mâle »

 

Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Pour vous présenter cet opus, à mettre absolument entre les mains de nos vinolâtres en manque de mots, je préfère m’en remettre à une spécialiste de la chose Agnès Viard du blog Les 400 Culs

 

Plus près de toi, mon pieu

 

« Qu’il soit nommé «pieu» ou «épine», «gourdin» ou «asticot», «anguille» ou «nouille», le pénis met toujours les lexicographes en joie. En témoigne un livre répertoriant plusieurs centaines de citations et de mots d’esprit : «Les Mots qui font mâle», aux éditions Hoebecke. Florilège…

 

Dans un ouvrage tout entier consacré aux «Mots qui font mâle», Jean Feixas et Emmanuel Pierrat répertorient les manières les plus inventives de défendre son cas. Il y a ceux qui vantent la taille de leurs attributs. Certains désignent leur sexe en usant d’unités de mesures équivalentes à 25 centimètres : le chibre, par exemple, serait – à l’origine – l’équivalent d’un empan, c’est-à-dire la distance séparant l’extrémité du pouce et celle du petit doigt. Vantardise. »

 

La suite ICI 

Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Le vin de bagnole (Antonin Iommi-Amunategui/Rue89)

 

 

De mon côté en hommage à un vin-culte « On s’en bat les couilles » de Pascal Simonutti je ne puis que me préoccuper de La malédiction des couilles.

 

« Par rapport au pénis qui n’a jamais souffert d’un symbole dévalorisant, les couilles, lestées, c’est vrai, de la vertu du courage (en avoir ou pas), sont davantage ballotés dans leur honneur et prennent souvent, sous leur dérivé de couillon ou couillonnade (coïon et coïonnade, en vieux français, proviendraient de l’italien coglione, testicule), un tour franchement péjoratif.

 

Mais même en restant couilles, elles ne sont pas flatteuses : « Tu n’es qu’une couille » signifie qu’on est un imbécile. Un peu comme le con féminin et son dérivé de connasse. Et ce ne sont pas les burettes, ces ridicules petites fioles, les balloches (méprisantes), les dépendances ou les sonnettes qui peuvent remonter le niveau, pas plus que les bibelots ou la bimbeloterie, qui font bazar.

 

Restent les burnes, qui ne manquent pas, phonétiquement, d’allure. Les génitoires, qui font sérieux, et les billes, qui font pimpantes. »

 

En tant qu’ancien enfant de chœur j’ai un faible pour les burettes :

 

« Il s’y ajoutait le plaisir de couillonner les femelles : si elles savaient qu’on se décharge les burettes entre copains, elles en feraient une gueule ! »

 

Jean Genet, Querelle de Brest Gallimard 1953

 

  • Pour Denis qui aime les contrepèteries
Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »
  • Et celle-ci pour le ruban vert
Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 00:09
Beaucoup de bruit pour rien : à force de ruer face aux chiffons rouges de l’ANPAA les gens du vin lui donnent une importance qu’elle n’a plus…

L’ANPAA je connais. Je la connais de l’intérieur : j’y ai adhéré et j’ai été, très tôt, l’un des rares à décortiquer ses comptes et à analyser sa stratégie de harcèlement via des plaintes ciblées.

 

La fameuse loi Evin aurait dû être baptisée au nom de son vrai père : Claude Got. ICI  et ICI 

 

Après une longue période d’aphasie, les professionnels du vin se sont réveillés puis organisés autour de Vin & Société.

 

Fort bien, et je n’ai rien à dire sur les messages qu’entendent faire passer les professionnels auprès du grand public si ce n’est qu’ils devraient prendre en compte toutes les questions que celui-ci se pose sur la vigne et le vin ; très clairement occulter ou réagir en défense sur les problèmes des pesticides n’est pas de bonne politique surtout lorsqu’on avance des raisons économiques. La santé publique commence d’abord dans la vigne pour ceux qui y travaillent et vivent dans son environnement.

 

Parer la loi Evin de tous les maux de la terre est un peu commode car la puissance de feu de la publicité pour le vin est si infime que si toutes les vannes étaient de nouveaux ouvertes se serait presque un coup pour rien sauf pour ceux qui en ont les moyens : les grands groupes de spiritueux et de la bière.

 

Ceci écrit, la réécriture de la loi s’impose car son indéfinition du contenu de la publicité a donné lieu à une jurisprudence sans queue ni tête. Attention, la fâcheuse tendance de certains plumitifs du vin à confondre journalisme et publipromotion nuit gravement à la crédibilité de l’argumentation selon laquelle la liberté d’expression serait menacée.

 

Alors, j’ai du mal à me joindre au ramdam auquel a donné lieu le projet de loi de Marisol Touraine…

 

1-Bordeaux fait de la résistance ! via Jacques Dupont du Point

 

Bernard Farges, président du conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux et de la CNAOC, pousse un coup de gueule argumenté contre l'ANPAA.

 

QUELLE VISION DU VIN VOULEZ-VOUS POUR VOTRE PAYS ? [...]

 

Celle défendue par l'ANPAA, avec ses 75 millions d'euros de fonds publics, ses procès permanents et ses amendements remis en main propre au rapporteur de la loi ! Vous aurez peut-être lu avec intérêt le récent entretien de M. Rigaud, président de l'ANPAA, dans lequel il propose, en somme, de limiter la communication pour le vin sur Internet au même titre que les sites pédophiles ou nazis...

 

Oui, voilà à quoi l'ANPAA associe notre communication sur Internet ! C'est une honte !!! C'est une honte... et c'est récurrent !

 

Le directeur de l'ANPAA l'avait déclaré avant lui dans le Wine Spectator et M. Rigaud nous a dit les yeux dans les yeux : « En 1943, les vins français étaient réquisitionnés pour l'armée allemande. C'était une grande année pour la lutte antialcoolique en France ! »

 

Maintenant, ça suffit !!

 

Dans les amendements proposés par l'ANPAA, il est proposé :

 

- de restreindre la communication sur Internet,

 

- de supprimer la référence à la notion d'abus dans le message sanitaire et de mettre donc en garde contre toute consommation d'alcool,

 

- d'interdire les noms de domaine, cuvées, marques qui seraient considérés incitatifs.

 

Ou encore des propositions aujourd'hui au stade de notes internes :

 

- de limiter la publicité à la radio de 22 heures à 6 heures du matin,

 

- de consacrer 20 % de l'espace de tous nos visuels aux messages sanitaires, d'interdire les fêtes viticoles...

 

En bref, des énormités forcément inacceptables qui ne régleront en rien les vrais problèmes ! Mais enfin... la ficelle est grosse ! On nous promet du très douloureux pour mieux nous faire accepter le moins douloureux... l'effet cliquet ! »

 

 

J’avoue que je trouve ce discours bien étrange car il semble ignorer le contenu du projet de loi adopté en Conseil des Ministres et faire de l’ANPAA le cheval de Troie du Gouvernement. Ça frise le procès d’intention, la suspicion, une forme désagréable de combat politique contre un pouvoir qui n’est pas en odeur de sainteté dans les organisations professionnelles du vin. Les mots étaient bien plus mesurés et policés lors de la discussion du projet Bachelot bien plus redoutable. Et qu’on ne vienne pas me dire que je fais moi-même des procès d’intention : mon long séjour à l’Hôtel de Villeroy m’a instruit sur les pratiques de certains.

 

 

L’ANPAA agite des chiffons rouges, l’ANPAA a des alliés au Ministère de la Santé, l’ANPAA cherche à mobiliser des parlementaires sensibles à sa cause : ce n’est pas nouveau et prendre à partie l’exécutif sous le couvert de la nuisance de l’ANPAA n’est pas pour moi de bonne politique face à l’opinion publique. Face à une adversaire, aussi stupide et borné soit-il, il faut savoir raison garder et ne pas se tromper de cible.

 

2-Dans les travées du SIA : le Président de la République et son Premier Ministre dégustent à qui mieux.

 

 

Bien sûr j’entends monter la voix des sceptiques ou des jusqu’au-boutistes : la loi Evin est toujours debout et in faudra la réformer ou l’abattre. La seconde branche de l’alternative m’apparaît improbable. Pour la réforme, au risque de passer pour un optimiste naïf, je suis persuadé  que le fruit va être bientôt mûr. Patience et longueur de temps, ce n’est pas au son du tambour qu’on y arrivera mais par un travail de persuasion intelligent et subtil. À chacun de prendre sa part et, croyez-moi le pouvoir de lobbying de l’ANPAA est sur le déclin, ce qui explique son jusqu’au-boutisme. Le monde du vin a eu aussi les siens, croyez ma vieille expérience. 

Beaucoup de bruit pour rien : à force de ruer face aux chiffons rouges de l’ANPAA les gens du vin lui donnent une importance qu’elle n’a plus…
Beaucoup de bruit pour rien : à force de ruer face aux chiffons rouges de l’ANPAA les gens du vin lui donnent une importance qu’elle n’a plus…

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:06
« Le Journalisme de promenade » le plaidoyer pro domo de Michel Bettane pour sa « petite entreprise »

Dans sa dernière livraison my bettane + desseauve le magazine du vin Michel Bettane face à l’attaque des ON, l’anonymat de combat, contre-attaque, et, sous un titre très Macron-Valls « Entrepreneur, ce gros mot », prononce un plaidoyer pro-domo en faveur de sa petite entreprise qui, selon lui, ne connaît pas la crise.

 

C’est son droit d’actionnaire, et n’attendez pas de moi ni une analyse pointilleuse, ni une critique en règle des propos de Michel Bettane même si je serais très à l’aise dans la mesure où je ne fais pas partie des ON et ne pratique pas l’anonymat : je signe, je nomme et n’hésite pas à cibler le cireur de pompes patenté qui bave sur le « journalisme d’investigation » qui déplaît tant à ses amis.

 

Si je vous soumets ce texte c’est qu’il est révélateur d’une forme de malaise latent de « la presse du vin », sous toutes ses  formes, face à la suspicion qu’elle inspire à certains, disons pour faire court, d’amateurs de vin, sans frontière de génération.

 

La presse, les médias en général, n’ont pas « bonne presse » auprès de l’opinion publique et le métier de journaliste est tout autant vilipendé par le « bon peuple » que les élus de ce même « bon peuple ». Le capital de confiance a fondu comme neige au soleil depuis le temps d’Albert Camus qui exerça le métier de journaliste à l’Alger républicain, au Soir républicain, à Combat et à L’Express et qui considérait les journalistes comme des «historiens au jour le jour, dont le premier souci est la vérité» et le journalisme comme « le plus beau métier du monde » en justifiant son affirmation «parce qu'il vous force à vous juger vous-même »

 

Dans le vin, le journaliste est à la fois critique et se veut parfois aussi reporter mais comme je l’ai écrit hier le publi-reportage est souvent au bout du chemin avec plus ou moins de subtilité dans la présentation. Alors l’indépendance est un territoire extrêmement difficile à baliser pour les nouveaux journalistes « entrepreneurs ». Michel Bettane écrit « L’indépendance est certainement un concept sacré pour la presse, mais pas forcément dans le domaine que l’on croit. Elle n’a pas grand-chose à voir avec les pressions économiques dont on peut toujours se libérer par la démission. Elle commence et finit dans la sphère de l’éthique individuelle et certainement pas collective. L’indépendance véritable nait chez le journaliste d’une ascèse qui repose sur deux grandes bases :

 

  • La première est le savoir…
  • La seconde est peut être encore plus importante, c’est un travail sur soi…

 

Je m’arrête là et vous laisse le soin de penser ce que bon vous semble tout en soulignant que la critique du vin touche une infime proportion des consommateurs de vin et que ce débat à un petit goût de « cabine téléphonique » concept cher aux railleurs des radicaux cassoulets. Lorsque la presse généraliste s’empare du sujet ça donne ça 

 

La parole est à Michel Bettane :

 

« Décidément dans un pays fantasmé aussi pourri que le royaume du Danemark, bien entendu entretenu dans son immoralité par une presse tout aussi contaminée, il n’y a que les citoyens libres, quand ils assument avec fierté leur liberté d’expression sous un anonymat de combat, pour défendre les vraies valeurs de la République.

 

Les Lumières ?

 

Vous plaisantez.

 

Le Savoir Libérateur n’est plus de mode. Au contraire point trop n’en faut, l’authenticité de l’approximation, voire de l’erreur et du dogme sont bien plus respectables. L’enquête devient même suspecte chez les journalistes, de même que l’information de première main pour les experts.

 

Notre travail, chez Bettane et Desseauve, a récemment été qualifié de journalisme de promenade, formule désormais immortelle dont il était facile pour nous de nous moquer sans la même méchanceté, d’ailleurs. Mais voilà qu’on dénonce avec nostalgie dans les mêmes cercles la disparition du journalisme à l’ancienne (et on oublie toutes les suspicions passées). Les mêmes laissent entendre que les nouveaux journalistes « entrepreneurs » sont bien moins indépendants, prisonniers du conflit d’intérêt et d’annonceurs manipulateurs ou vaches à lait, au choix, à moins que les deux réunis ne soient la base du Grand Complot. Quelques esprits influençables peuvent évidemment mordre à la rhétorique de mots dont ils ne connaissent parfois pas la définition exacte, ce qui me conduit ici à rappeler quelques faits et les principes qui ont présidé au développement actuel de notre « petite entreprise ». Celle-ci, j’en profite pour rassurer nos détracteurs, ne connait pas la crise.

 

La suite ICI 

 

Pro Domo : se dit du plaidoyer d'une personne qui se fait l'avocat de sa propre cause, qui plaide pour soi-même.

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