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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 06:00
Avis à la population : on a enlevé mon chenin de jardin, Jérémie Mourat promet une belle récompense à qui le dénichera !

Le Front de libération des nains de jardin (FLNJ) ne date pas d’aujourd’hui, en juin 1996, les premiers nains de jardin étaient enlevés à Alençon.

 

Des FLNJ surgissent ici ou là, sans concertation. Un communiqué dit:

 

«Nous, nains de jardin, nous voulons notre liberté (et des copines)

 

Un autre: «Pour accroître la nécessaire confusion, les actions d'éclat à venir ne seront pas toutes revendiquées par le canal historique.» Des promeneurs retrouvent des nains sur des rochers, sur un radeau au milieu d'un étang, ou dans des sous-bois.

 

«Orphelins.» Chez les victimes-propriétaires de gnomes, c'est l'incompréhension. L'affolement, parfois. L'un d'eux se déclare «orphelin» de ses nains, les plaintes tombent en rafale, des voix s'élèvent pour protester. Parmi elles: Fritz Friedmann, docteur en nanophilie, président de l'Association internationale de protection des nains de jardin. C'est que l'octogénaire suisse n'est pas du genre à prendre les choses à la légère question nains. Initiateur de neuf procès envers des fabricants de figurines accusés de ne pas se conformer aux canons du nain dûment publiés par sa Gazette du nain, il écrit au ministère de l'Intérieur. S'indigne de cette «nouvelle criminalité». Et proclame: «Les nains sont nés pour vivre dans les jardins.»

 

La suite ICI 

 

Jérémie Mourat c’est un gars de chez moi mais je n’irai pas jusqu’à écrire que je lui fais du plat, ce serait mal perçu dans notre pieuse Vendée, mais j’ai beaucoup chroniqué sur ses vins qui comme je l’écrivais le 10 février 2010 portent très haut l’étendard vendéen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fief des vins de Mareuil : chez les Mourat on porte très haut l’étendard des vins vendéens. ICI 

 

À la maison, au Bourg-Pailler, le vin rouge de Mareuil et de Rosnay jouissait d’une très belle réputation auprès de mon père. C’était du vin bouché servi pour les grandes occasions. Pour aller de la Mothe-Achard à Mareuil s/Lay nous passions par la Chapelle-Achard patrie de maman, Grosbreuil où nous avions des cousins, Saint Avaugourd des Landes et les Moutiers les Mauxfaits. Le Mareuillais, comme l’écrit Jean Huguet dans Vignes et Vignerons de Vendée est « en partie bocain » et il occupe « un pan du modeste versant occidental hercynien, incliné, depuis les hauteurs de la Mainborgère, vers les sillons de l’Yon, du Graon, du Lay surtout, paraphe hydrographique d’un paysage à la fois sincère et altier. » Plus au sud s’étend la plaine de Luçon (siège de l’évêché le plus crotté de France cher à Richelieu) puis le marais poitevin. Neuf communes pour ce fief : au nord Saint Florent-des-Bois, Chaillé-sous-les-Ormeaux, Château Guibert, Le Tablier, Rosnay ; au sud Mareuil « la capitale du royaume », La Couture, Champ-Saint-Père et Corpe. Cette énumération sonne à mes oreilles comme une leçon de géographie de la Vendée avec le frère Pothain.

 

 

26 juin 2010

Les œufs au plat, la poêle Minérale de Buyer et le Chenin de Jérémie Mourat ICI

 

 

12 février 2013

Moulin Blanc de Rosnay au milieu des vignes, avec Jérémie Mourat une aventure vendéenne avec son côté d’île… ICI 

 

 

Jérémie ne reste jamais les deux pieds dans le même sabot, il est fait partie de ceux qui participent intelligemment à l’extension du domaine du vin en proposant aux petites louves et aux petits loups pas encore débourrés des vins qui leur permettront d’attiser leurs jeunes papilles.

 

Son Chenin de Jardin 2016, répond très exactement à cette fonction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ancien combattant de 68, souvenirs :

 

Marie, son prénom, son scooter vert et son grand frère arrogant, voilà en tout et pour tout ce que je savais d'elle et l'affaire était pliée. J'allais passer ma vie avec cette grande fille droite et simple. Nous étions allés manger des berniques et des sardines grillées dans un petit restaurant aux volets bleus. Le serveur avait allumé des bougies. Elles grésillaient. Marie était aussi fraîche et belle que Françoise Hardy. J'adorais Françoise Hardy. Je le dis à Marie. Elle rit : « et moi tu m'adores comment ? »

- Comme le beurre de sardines...

 

Le Chenin de Jardin 2016 de Jérémie Mourat, droit et simple, cadre bien avec un déjeuner d’amoureux, berniques et des sardines grillées, dans un petit restaurant aux volets bleus

 

Pour les amateurs éclairés qui ont encore du mal à admettre qu’on fait des beaux vins en Vendée. C’est :

 

1 IGP Val de Loire

100% Chenin

Terroir de schistes

Certifié Agriculture Biologique

Prix public conseillé : 8 € TTC

 

Où le trouver ?

 

Distribué en exclusivité par la Maison Richard à Paris

Chez les cavistes : Nord et Nord-Ouest de la France

& aux Vignobles Mourat à la boutique et au caveau de Mareuil sur Lay 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 12:30
La nouvelle chasse au bitard sur les 2 rives de la Gironde : James Suckling ou l’art du traquenard pour gogos…

Pendant que nos deux missionnaires Dupont&Bompas se cassent le cul des journées entières sur des sièges de faneuses datant du plan Marshall, à humer, mirer, à se gargariser, à cracher des sans-papiers par milliers ICI  , le dénommé James Suckling, un étasunien, sans foi ni loi comme il se doit, le cul bien calé dans une somptueuse limousine, se goberge *, accueilli à bras ouverts qu’il est par les propriétaires, ou leurs portes-flingues, de Grands Crus Classés, afin de délivrer vite fait, mais pas forcément bien fait, une chiée de notes qui, telles une nuée de moineaux, s’envoleront sitôt, au-delà des mers et des océans, pour éclairer les pauvres lanternes de centaines de gogos.

 

Ainsi va la vie de ce que, le grand critique gaulois Yohann Castaing, qualifie de presse du vin, française et internationale. La presse, lorsqu’elle sent la bonne odeur de la fraîche sonnante et trébuchante a toujours eu ses stipendiés.

 

Ce pauvre Castaing s’étrangle pourtant entre deux gorgées, il torche une chronique amusée des primeurs de Bordeaux, en l’occurrence ici le rire est jaune, pour vilipender cet impérialiste américain comme on le disait au bon vieux temps de la guerre froide.

 

Comme je suis un bon chrétien à la sauce de mon pays Retailleau, je vous donne le lien ICI avec son homélie furibarde, digne des missionnaires qui venaient en ma Vendée imprégnée d’eau bénite nous admonester de ne pas suivre les mauvais bergers.

 

Que tout cela est VAIN !

 

Comme le proclamait le grand Jacques, reprenant Henri Queuille : «Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.»

 

Pour moi tout ce battage s’apparente à la chasse au bitard, dénommée aussi chasse au dahu, qui est l’art du traquenard pour jobards.

 

Que James Suckling s’y adonnât sans l'ombre d'une honte y’a vraiment pas de quoi être furibard.

 

* « Cependant les boches se gobergeaient en France, mangeaient notre cuisine, prenaient du ventre, buvaient nos vins, avaient bonne mine.

 

Cendrars, Bourlinguer, 1948 source CNRTL

 

Je vous livre une citation en fin de chronique pour, comme l’ami Dupont, parfaire votre culture.

 

« Les propres du vin sont saveur, âge, cru, chaleur, force acquise par la fermentation, le temps devenu qualité, une douceur transformée en énergie, tout cela fondu ensemble, multiple et un, natif et opéré. (…) Le buveur distingue et unit avec délectation ou, comme on dit, déguste, ces différentes espèces et y puise un relèvement de sa tension vitale, le sentiment d'une vigueur supérieure à l'obstacle momentané. »

 

Paul Claudel.

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 06:00
Quand LeRouge&leBlanc passe du vin au pain « la fermentation est 1 animal sauvage qu’on doit apprivoiser » Christophe Vasseur « boulanger nature »

Jean-Marc Gatteron du LeRouge&leBlanc est allé à la rencontre de Christophe Vasseur « boulanger nature » au 34rue Yves Toudic dans le 10e arrondissement de Paris Du pain et des Idées  pour un entretien à bâtons rompus.

 

Avant de vous en proposer un avant-goût il me faut glisser mon grain de sel – ma valeur ajoutée – en citant Marie-Claire Frédéric dans Ni Cru Ni Cuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Nous ne saurons probablement jamais exactement quand l’homme sut extraire la farine du grain puis commença à faire du pain à partir de céréales. Il existe un grand nombre d’étapes entre la consommation des grains bruts, le vannage puis l’écrasement ou la mouture de ces grains, et le criblage pour produire la farine, confectionner la pâte et la faire cuire. »

 

« Le pain, né peut-être dans le croissant fertile, s’est répandu dans toute l’Europe et une grande partie de l’Asie. Encore aujourd’hui, l’Asie centrale est une région de tradition boulangère. Même en Extrême-Orient, la pâte levée de farine de blé cohabite avec la tradition céréalière du riz. »

 

« Les vestiges de boulangeries et de pains trouvés en Égypte montrent (que les Égyptiens) perfectionnèrent l’art de la boulangerie et de la pâtisserie en préparant des dizaines de pains différents… Ces pains étaient sans doute fermentés avec un levain naturel…

 

« L’utilisation d’une levure ajoutée remonte au moins à 1500 avant J.-C. On suppose que les boulangers récupéraient la levure lors de la fabrication de la bière, car souvent les deux produits étaient faits dans les mêmes lieux. »

 

« Le plus ancien pain levé connu a été retrouvé, en plusieurs morceaux, en Suisse, près de Neuchâtel, sur le site de Montmirail. Il date de 3719 à 3699 avant J.-C. Un autre, retrouvé à Douanne près du lac de Bienne, est entier et parfaitement conservé. Il a été pétri entre 3560 et 3530 avant J.-C., à partir de froment finement moulu et tamisé, et de levain. Bien rond et gonflé, il a été cuit dans un four et ressemble trait pour trait aux pains actuels. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 extraits de l’entretien

 

- Pourquoi avoir opté pour les levures plutôt que le levain ?

 

C.V. : le problème du levain, c’est un peu comme la barrique, « façon Parker ». Cela donne une expression monolithique. Au départ, j’utilisais deux belles farines très différentes, j’ai fait du pain au levain avec chacune d’elle, et je me suis aperçu que les deux pains avaient le même goût. C’est certes puissant, mais sans complexité, et avec une acidité élevée. Il ne faut pas oublier qu’historiquement l’usage du levain était destiné à masquer les défauts de la farine […]

 

- Vous fermentations sont donc plus longues ?

 

C.V. : mes fermentations sont lentes et longues : elles durent deux jours. C’est du bon sens ; il faut laisser faire le temps. Or, c’est un peu me drame de notre monde moderne où l’on répète que le temps c’est de l’argent, en oubliant les principes fondamentaux, c’est-à-dire la santé, le goût… Si l’on se précipite, il faut avoir recours à des béquilles chimiques. Pour faire un bon pin, il faut maîtriser la fermentation, donc la température, sa durée et la cuisson. Même avec une bonne farine, si vous ne maîtrisez mal le procédé, vous n’obtiendrez jamais un bon pain. C’est comme le vigneron qui récolte de baux raisins, mais qui maîtrise mal sa vinification. En plus, je développe une palette aromatique qui est sans comparaison avec les pains au levain, ou les « pains modernes » qui sont fabriqués en deux heures. Enfin, il existe une étape, absente chez le vigneron, la cuisson. Une cuisson réussie, c’est un pain avec une croûte épaisse, torréfiée mais pas brûlée. Tout l’art consiste à obtenir ce toastage sans sécher, ni cramer le pain. »

 

- Dans votre ouvrage vous abordez les problèmes liés au gluten.

 

C.V. : Il existe une désinformation dramatique autour du gluten, ce qui rend service à nombre d’industriels qui lancent sur le marché des produits sans gluten. Le problème n’est pas le gluten, puisqu’on en consomme depuis des siècles et que l’on s’est bien porté jusqu’ici. En fait, le problème concerne le gluten issu des blés modernes, ces espèces de clones limite OGM qu’on nous fait ingurgiter aujourd’hui […] Plus les rendements ont augmenté, plus la taille des blés a été réduite, car par l’hybridation on cherchait aussi à réduire la paille. Mécaniquement, la molécule de gluten a grossi et, comme la durée de fermentation des pâtes s’est réduite, ne dégradant pas suffisamment cette molécule de gluten, le pain est devenu indigeste. Et ce n’est pas un effet de mode, c’est une réalité. Donc, si le nombre de personne hypersensibles au gluten s’accroît, c’est parce que le pain, dans 99% des cas, est fabriqué en deux heures avec des blés modernes, il est indigeste… »

 

Addendum, qui n’est pas un additif, à l’attention de la rédaction du LeRouge&leBlanc : « Allez encore un petit effort pour ne pas en rester à la monoculture du vin, faites aussi explorer à vos lecteurs d’autres bons produits fermentaires, les fromages qui puent par exemple »

Quand LeRouge&leBlanc passe du vin au pain « la fermentation est 1 animal sauvage qu’on doit apprivoiser » Christophe Vasseur « boulanger nature »

Le Pain de la Terre à la Table / Bread, from the Terrain to the Table

39,00€

Christophe Vasseur

256 pages / 220 x 310 mm

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 09:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne(17), la Guyane est 1 île économique, la vraie gôche doit voter Mélenchon, Nabilla présidente !

Ce matin je suis totalement politiquement incorrect, j’ai de bonnes raisons que, bien sûr, je ne donnerai pas.

 

En 1988, lorsque je suis revenu au 78 rue de Varenne, via la SVF, comme directeur-adjoint du cabinet, le Ministre me confia, en plus du suivi de la gestion du Ministère, les dossiers patates chaudes : la Corse, les DOM-TOM, la représentativité syndicale…

 

La première chose qu’il absolument nécessaire d’intégrer lorsqu’on traite ce type de dossiers : le langage. Pour la Corse éviter, lorsqu’on parle de l’hexagone, de dire la France mais parler du continent, pour les DOM-TOM c’est la métropole.

 

Tout ça, non pas pour excuser la bourde géographique de Macron mais pour souligner, qu’au-delà du fond des dossiers, et ils sont chaud ces dossiers, il est nécessaire de bien maîtriser son langage afin de ne pas heurter les sensibilités des uns et des autres.

 

La Guyane n’est certes pas 1 île au sens géographique mais elle en est une au sens économique, comme tous les territoires ultra-marins, mais qui parle dans le débat actuel sur l’état de la Guyane des dégâts de l’économie de comptoir où des groupes, comme Le Groupe Bernard Hayot, qui est présent aux Antilles, en Guyane, en France métropolitaine, au Maroc, en Algérie, en Chine, à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie, autour de trois principaux pôles d'activité : distribution automobile, grande distribution et activités industrielles. Le Groupe Bernard Hayot (GBH) c'est près 2 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel, profitent de cette situation monopolistique. C’est la 155e fortune de France… Personne !

 

Bien évidemment, je n’ai pas traité ces dossiers le cul dans mon fauteuil, je suis allé sur place : en Corse une fois par mois, 3 fois à la Réunion, 1 fois à la Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna.

 

En Guyane deux dossiers m’ont mobilisé : la liquidation définitive du Plan Vert de Jacques Chirac et la riziculture.

LE MONDE | 19.09.1981

 

Les agriculteurs guyanais dénoncent l'" échec catastrophique " du " plan vert "

 

Poursuivant sa première tournée d'information outre-mer, M. Henri Emmanuelli, secrétaire d'État aux DOM-TOM, est arrivé mercredi soir 16 septembre à Cayenne pour une visite d'une semaine en Guyane. À l'occasion de sa venue, les deux parlementaires locaux, MM. Raymond Tarcy, sénateur, et Elie Castor, député, tous deux apparentés socialistes, demanderont la constitution d'une commission d'enquête parlementaire pour " déterminer les responsabilités, tant locales que parisiennes, de l'échec du plan vert lancé en 1976 ".

 

Les agriculteurs qui, il y a cinq ans, avaient répondu favorablement à la campagne gouvernementale pour le développement de la zone forestière guyanaise viennent, en effet, de constituer un groupement de défense placé sous la présidence d'un riziculteur de Sinnamary, M. Guy Pou-part. Pour la plupart éleveurs et forestiers, ils soulignent que le bilan de ce " plan vert " - un plan spectaculairement annoncé par M. Olivier Stirn, alors secrétaire d'État aux DOM-TOM dans le gouvernement de M. Jacques Chirac, mais " mal conçu et mal réalisé " - est aujourd'hui trop " catastrophique " pour demeurer supportable.

 

" Les agriculteurs, tant guyanais que métropolitains, qui ont cru à ce projet et investi leurs capitaux sont en grande majorité ruinés et ne survivent aujourd'hui que très difficilement, dans des conditions souvent dramatiques, indiquent-ils. La canne à sucre est un souvenir ; les céréales, faute d'organisation coopérative cohérente et de circuit de distribution adapté, un échec ; le maraîchage, marginal ; l'arboriculture fruitière, un rêve onéreux. Seul l'élevage a atteint partiellement ses objectifs par le doublement de sa production. Encore faut-il remarquer que les chiffres sont modestes et que seule une minorité d'éleveurs se trouve dans des conditions d'exploitation normales. "

 

Sollicitant l'intervention du Parlement, le groupement souhaite que M. Emmanuelli " puisse dresser un constat personnel des effets désastreux de la politique menée jusqu'à présent en Guyane " et il s'en remet " à la clairvoyance du nouveau gouvernement".

 

13/05/2010 - page 1183

 

M. Georges Patient attire l'attention de M. le ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche sur la situation critique de la filière rizicole de Guyane qui nécessite de sa part une intervention urgente. A maintes reprises, les pouvoirs publics ont été alertés sur cette crise grave que traverse ce secteur qui a longtemps été l'un des fers de lance de l'économie guyanaise.

 

Malheureusement, aujourd'hui, l'activité rizicole est sur le point de disparaitre du territoire. Et pour cause!

 

- deux entreprises sur les trois restantes sont en liquidation judiciaire;

- la troisième entreprise s'apprête à quitter le polder rizicole.

 

Ce départ marquera inéluctablement la fin de l'activité avec toutes les conséquences qui découleront de l'abandon d'un polder de 5731ha qui produisait jusqu'à 30 000 tonnes de riz par an et impactait toute l'économie locale.

 

A l'heure où l'on incite au développement endogène dans les outre-mer, ainsi que le Président de la République l'a formulé notamment lors du conseil interministériel de l'outre-mer (CIOM), cette production locale ne mérite pas d'être abandonnée. Cela, d'autant plus que le rapport d'octobre 2008 de la mission d'inspection commandée conjointement par le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, le ministre de l'agriculture et de la pêche et le secrétaire d'État à l'outre-mer, rappelait que « le riz est la seule spéculation soutenue par l'État au cours des différents plans qui ne s'est pas soldée sur un échec pur et simple et que malgré toutes les difficultés auxquelles elle doit faire face, non seulement cette filière subsiste mais elle produit un riz de qualité représentant la seule exportation significative de Guyane ». Le rapport indiquait également que « la riziculture guyanaise peut se développer de manière viable si un certain nombre de conditions sont réunies et d'autres engagées » et concluait à « son maintien ».

 

Il existe des propositions de restructuration de la filière qui vont dans le sens d'une meilleure intégration de cette activité. Les services de l'État en charge de ce dossier en Guyane sont informés de la situation. Il ne reste maintenant plus qu'à agir de façon concrète et urgente, la gravité de la situation l'impose. Il aimerait avoir des réponses précises sur les mesures à prendre pour pallier cette crise.

 

Les chiffres clés pour comprendre la situation en Guyane

 

Un appel à la grève générale a été lancé dans le département d’outre-mer où les habitants réclament des investissements pour répondre aux défis socio-économiques.

 

LE MONDE | 27.03.2017 à 19h11 | Par Eléa Pommiers

 

Lire ICI 

 

L’adage selon lequel la copie ne vaut pas l'original s’applique aux appels à l’union-désistement de Mélenchon pour Hamon et lycée de Versailles d’Hamon pour Mélenchon lancés par leurs supporters respectifs.

 

La « vraie gôche » c’est Mélenchon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris: Nabilla crée l'émeute au Salon du livre

 

« Un service de sécurité copieux et sévère »

 

Le salon a eu droit samedi 25 mars à l’arrivée du phénomène Nabilla. A peine entrée au Parc des Expositions, porte de Versailles, dans le XVe arrondissement de Paris, la jeune femme de 25 ans a créé une émeute : ses fans souhaitaient purement et simplement un autographe de Nabilla sur leur livre «Trop vite» (ed. Robert Laffont), un des ouvrages les plus vendus en 2016 en librairie.

 

Dès 18h30, Nabilla, venue avec son compagnon Thomas Vergara, s’est dirigée vers le stand des éditions J’ai Lu, entourée d’une meute de photographes, de cameramen, de la foule de ses admirateurs et de badauds.

 

Protégée par « un service de sécurité copieux et sévère », dixit Le Parisien, la jeune star de 25 ans a enchaîné les selfies et les dédicaces. « Je suis très fier qu’elle reçoive un tel accueil », a confié Thomas Vergara.

 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 06:00
Bruno Verjus crois-moi c’est une bonne question : pourquoi les épices sont-elles épicées ?

Les épices dans la cuisine on en ajoute une pincée, une pointe, qu’on les broie ou qu’on les saupoudre mais on prend rarement le temps de les envisager sous un angle biologique.

 

Ce qui suit sont des extraits du merveilleux livre de Thor Hanson Le triomphe des graines chez Buchet-Chastel traduit de l’anglais (USA) par Cécile Leclère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les universitaires comparent souvent l’historique course aux épices à notre appétit moderne pour le pétrole. Dans un cas comme dans l’autre, les réserves sont limitées, la demande potentiellement infinie, et l’impact sur le marché mondial considérable.

 

Dans l’Égypte ancienne, des grains de poivre venus de la côte de Malabar parvinrent, on ne sait comment, jusqu’aux narines des pharaons décédés – ils comptaient parmi les agents de conservation les plus prisés des embaumeurs royaux.

 

En 408 apr. J.-C., Rome fut cernée par les Wisigoths, les Barbares ayant recours au chantage, exigèrent entre autres trois mille livres de poivre pour mettre un terme au siège.

 

En 795, Charlemagne promulgua un décret ayant pour but de généraliser la culture du cumin, du carvi, de la coriandre, de la moutarde et un ensemble de d’autres graines savoureuses, sur tout le territoire de l’Empire carolingien.

 

Au Moyen Âge il était fréquent de payer la dîme féodale en épices et la pratique persiste : lorsque l’actuel duc de Cornouailles (qui porte le titre de prince de Galles), Charles d’Angleterre, accepta officiellement son titre en 1973, on lui offrit une livre de poivre et une autre de cumin.

 

Durant les cinquante années qui suivirent sa création, la Compagnie hollandaise des Indes orientales domina le commerce mondial de la muscade du macis, du poivre et du clou de girofle, et connut l’une des plus grandes périodes de profit de l’histoire du négoce.

 

Les marges brutes ne descendaient jamais sous les 300% et la société réglait de juteux dividendes, en argent comptant ou en épices.

 

Les actionnaires d’origine qui gardèrent leurs parts obtinrent un rendement annuel en moyenne de 27%, et ce pendant quarante-six ans.

 

Il n’est pas étonnant qu’en 1674 les Néerlandais aient cédé sans hésiter Manhattan aux Britanniques en échange d’une minuscule île productrice de muscade en Malaisie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque Fernand de Magellan prit la mer un quart de siècle après Colomb, il promit à ses mécènes le même résultat (ndlr. que n’obtint pas Christophe) : une route commerciale vers l’ouest jusqu’aux îles aux épices.

 

Trois années plus tard, 4 de ses 5 navires étaient perdus et Magellan mort ainsi que tous ses seconds et 200 membres de son équipage… les 18 survivants qui atteignirent tant bien que mal Séville sur le dernier vaisseau à flots en 1952… arrivèrent chargés de muscade, de macis, de clous de girofle et de cannelle, trouvés sur l’île de Ternate, dans l’archipel indonésien des Moluques.

 

Une fois vendues, ces matières premières rapportèrent largement de quoi rembourser les navires disparus et indemniser les familles des personnes décédées ; ce voyage allia ainsi découverte et profit. Christophe Colomb avait eu le même objectif, mais, n’ayant pas rapporté d’épices, il avait échoué.

 

Mais, le piment qu’il rapporta de l’autre côté de l’Atlantique devint réellement l’une des épices le plus populaires au monde.

 

Séchés puis broyés ou bien ajoutés en entiers, les fruits et les graines du piment Capsicum se retrouvent dans un grand nombre de plats… À partir de 4 espèces sauvages poussant dans le Nouveau Monde, plus de 2000 variétés cultivées furent développées, classées selon la force de leur goût depuis le paprika, le plus doux, jusqu’aux piments habañeros, le plus relevés.

 

Colomb et ses piments transformèrent en profondeur toute l’industrie des épices. Le simple fait de transformer de transporter leurs graines par-delà l’océan permit de prouver que le piment de cultivait, qu’il suffisait que les conditions idéales soient réunies pour le voir se développer et pousser loin de son territoire d’origine.

 

Les prix chutèrent et les épices perdirent leur cachet exotique. Bien qu’encore rentable, le commerce des épices ne fut plus jamais à l’origine de guerres, de la création d’empire ou de voyages d’exploration.

 

Revenons à la question initiale de cette chronique : pourquoi les épices sont-elles épicées ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Noëlle Machnicki, à propos des piments de Bolivie qui présentaient une particularité rare : ils semblaient avoir préservé un instant clé de l’évolution du piment. « Nous savons que les premiers n’étaient pas forts. »

 

Le dilemme écologique qui motiva l’apparition du piquant de certains piments semblait toujours exister en Bolivie, où certains changeaient et d’autres pas.

 

Restait à Noëlle Machnicki et à son équipe à percer le pourquoi le piment devient pimenté.

 

Ça vous le saurez en lisant le livre Thor Hanson Le triomphe des graines, chapitre IX Les richesses du goût.

 

Pour ne pas totalement décevoir votre soif de connaissance, en revanche, d’un  point de vue chimique, la réponse est déjà connue.

 

La force des piments est liée à la présence de capsaïcine.

 

C’est un alcaloïde. Les plus communs, on trouve certains des stimulants, narcotiques et remèdes médicinaux les plus connus comme la caféine, la morphine, la quinine, la cocaïne.

 

C’est le moyen que les végétaux développent contre les animaux, une défense chimique. Les alcaloïdes agissent aussi sur les humains.

 

Mais alors me dire-vous : pourquoi donc les piments ne sont-ils pas tous forts ?

 

La réponse en 2 formules :

 

« Lorsque la vie se fait humide et moisie, le piment s’enflamme. »

 

« Le goût épicé est finalement le résultat d’une chorégraphie compliquée entre les plantes et leurs adversaires. Sans cette interdépendance, la cuisine serait aujourd’hui très fade à peu près partout dans le monde. »

 

Pour les adorateurs survivants du Grand Timonier, Mao Zedong adorait les piments. Même durant la période où il vécut dans une grotte, il demandait à ce que l’on en ajoute à ses sandwiches, et l’on raconte qu’il en mangeait des poignées pour se donner de l’énergie lorsqu’il lui fallait travailler jusque tard dans la nuit.

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 06:00
Il souffle un vent mauvais sur les vignes de l'Aude. Du vin importé, ils en ont fait couler, des camions, des trains, des bateaux, dans les supermarchés…

Souvenir d’un atterrissage, en 1984, sur l’aéroport de Béziers en compagnie de Michel Rocard, alors Ministre de l’Agriculture, lors d’une de ses toutes premières visites dans les départements du gros rouge : « C’est une mer de vignes ! »

 

Était venu le temps des choix douloureux, pas toujours compris par les viticulteurs coopérateurs ou individuels, le bouc-émissaire italien, qui n’était pas exempt de reproches loin de là, n’expliquait pourtant pas tous les maux du Midi Viticole.

 

Je ne vais pas remonter le fil de l’Histoire, j’en étais un tout petit pion, les accords de Dublin qui permirent à l’Espagne et au Portugal d’entrer dans l’Union Européenne qu’on dénommait encore Marché Commun. Ceux qui posaient des mèches lentes, faisaient sauter des péages d’autoroutes, déversaient du vin sur la chaussée, mazoutaient des bateaux pinardiers à Sète, criaient à la mort du pays ressassaient une Histoire usée jusqu’à la corde, se mentaient à eux-mêmes pour mieux se protéger de la colère de leurs troupes.

 

Gouverner c’est choisir, nous avons choisi et nous avons eu raison !

 

Au basculement du siècle j’ai commis un Rapport qui m’a valu dans le Grand Sud les inimitiés des deux camps : celui de la Coopération arcqueboutée sur ses vieilles lunes et celui de la vague montante des vins de Pays d’Oc, emmenée par Jacques Gravegeal, attentive à préserver sa pelote de cotisants. Bien évidemment, les deux conservatismes se sont entendus pour bloquer toute décision sur les grands choix qui se présentaient au vignoble mixte languedocien.

 

Alors, avec les manifestations du jour contre les importations de vins espagnols, l’Histoire ne bégaie même pas, elle sanctionne les non-choix de ceux qui se disent les patrons du vignoble. Le tout AOP-IGP porte ses fruits, le refus d’une réelle politique de Vins sans Indication Géographique laisse la porte grande ouverte aux vins espagnols.

 

Démonstration :

 

« Ce matin, dans les Celliers de l'Aussou, la cave coopérative de Bizanet, à 10 km de Narbonne. «À fin mars 2017, il nous reste 3 200 hectolitres de 2015, des vins vendus mais non retirés, donc pas payés soit 300 000 € gelés», résume Patrice Godel, carrure de pilier et président de cette structure qui réunit 60 viticulteurs.

 

Carignan, grenache, syrah en principaux cépages… ici, «on produit 1/3 de vin de table Pays de l'Aude, un 1/3 d'appellation d'origine protégée (AOP) Corbières et 1/3 de Vins de Pays d'Oc pour un total de 20 000 hectolitres par an dont 2 000 partent en vente directe et 18 000 sont achetés par le négoce», précise Fabien Pradal, le trésorier, tandis qu'au pied d'une cuve, Sabine remplit une poche de 5 litres, façonne un carton puis empile ce «bib» (bag in box) sur la pile pour une nouvelle palette qui elle aussi restera là, en stock, symbole d'une filière prise dans l'étau ou plutôt dans un entonnoir dingue, à double entrée. »

 

« Les viticulteurs du Midi ont d'autant plus un sentiment de frustration qu'ils ont fait leur propre aggiornamento ces dernières décennies: longtemps terre du vin de table bon marché, la filière s'est largement recentrée vers la qualité. Une grande partie des vignes les moins qualitatives ont été arrachées: la moitié des surfaces dans l'Aude entre 1995 et 2012. Sur le marché international, les Corbières et autres La Clape sont aujourd'hui reconnus et la région exporte environ 35% de sa production. Mais de nombreux vignerons souffrent encore, en particulier ceux qui continuent à produire du vin de table, qui est directement concurrencé par l'Espagne, meilleur marché. »

 

Ce choix au cep préconisé en l’an 2000, loin du principe des vases communicants chers aux dirigeants coopératifs, n’est du goût de personne, à la fois des défenseurs d’une viticulture vigneronne qui redoutent le développement d’une viticulture productiviste, comme de ceux qui nous font accroire que leur modèle, où certains font pisser la vigne, y compris dans les vins de Pays d’Oc, permet à tout le monde de vivre.

 

Choisir donc ! Ne pas se cacher derrière son petit doigt, ce que l’on appelait le basic wine en l’an 2000 existe encore : soit on souhaite l’occuper avec des vins made in France, soit on estime que nous ne pouvons être compétitifs et nous l’abandonnons à nos concurrents.

 

C’est aussi simple que ça et les têtes d’œufs de l’ex-Val d’Orbieu, devenu Vinadéis, qui ne rêvent que de développement d’une grande marque de vin à l’International, avec leur partenaire grand vendeur de pesticides In Vivo, au travers In Vivo Wine, sont à la manœuvre de l’importation au travers de Trilles et de l’ex-Uccoar.

 

Mais Dieu qu’il est plus simple d’en appeler au bon vieux rapport de forces, la manif ! Aux vieux de la vieille survivants, ou au roi du double langage Joël Castany, un jour président de la petite cave de Leucate, le lendemain grand visionnaire à la tête du groupe In Vivo Wine.

 

 

 

 

 

 

 

Jean Huillet, leader viticole héraultais des années 70, et son homologue audois Jojo Fabre, dans le défilé de Narbonne, qui vient de s'achever sur la promenade des Barques

 

 

 

 

« Car là est l'arme, désormais… À 83 ans, Jacques Mestre, de Laure-Minervois, a été autrefois de toutes les actions, à 67 ans, le Monzois Jacques Serre, président des anciens exploitants audois qui se bat pour la revalorisation des retraites agricoles (782 € par mois…) aussi. Du vin importé, ils en ont fait couler, des camions, des trains, des bateaux, dans les supermarchés, non sans résultats. «Mais à l'époque, on partait à 5 et au moindre problème, même sans portable, on était 600, 1000, jusqu'à 100 000, à Montpellier», disent-ils.

 

Sauf que depuis, Monze est passé de 20 à 4 vignerons, Laure, d'une centaine à une quinzaine. «En 30 ans, la viticulture a connu pire que les mineurs gallois avec Thatcher», résume Joël Castany, président des Vignerons du cap Leucate, personnalité forte, voire clivante, qui se joint à la manifestation. «Mais aujourd'hui, le rapport de force n'y est plus», constatent les trois. «La solution, c'est donc aussi le consommateur qui l'a et c'est pour ça qu'il faut exiger la transparence pour qu'il sache ce qu'il achète vraiment». 110 ans après Marcelin Albert, des mots qui feront écho devant la statue de Ferroul, à Narbonne. »

 

Si ce n’était à pleurer j’en rirais.

 

Ressortir le CRAV de la naphtaline pour péter les bureaux d’un courtier ça fait bander toute cette bande de « gastro-couillard »

 

Le comité régional d'action viticole (CRAV) a revendiqué l'incendie des locaux d'un négociant en vin à Béziers vendredi soir, a constaté un correspondant de l'AFP.

 

Cet incendie, qui n'a pas fait de blessé, intervient à la veille d'une importante manifestation prévue samedi à Narbonne de viticulteurs, qui protestent régulièrement contre l'importation de vins espagnols à bas prix sous des étiquetages trompeurs qui laissent penser que ce sont des vins français.

 

La porte d'entrée des bureaux de Vergnes et Passerieux, l'un des plus grands courtiers en vins en France, a été enfoncée et les auteurs ont incendié les locaux.

 

Ils ont également tagué sur les murs extérieurs des insultes contre le chef d'entreprise et sa société, des écrits se revendiquant du CRAV, une organisation qui a souvent mené des actions violentes par le passé.

 

Vergnes et Passerieux gère un volume de 1,5 million d'hectolitres de vins dont une partie, moins de 10%, en provenance d'Espagne.

 

René Vergnes, le directeur général de la société, a dit vendredi soir ne pas comprendre pourquoi il a été ciblé. "Certes, je travaille avec l'Espagne, mais aussi énormément avec les caves et les viticulteurs de la région", a-t-il réagi.

 

Les pompiers sont intervenus et l'enquête a été confiée à la SRPJ de Montpellier, ont indiqué des policiers sur place. »

 

Pour terminer, un petit mot à ceux qui se proclament journalistes du vin et qui, bien évidemment, ne trempent leurs lèvres que dans les beaux nectars du Languedoc, que savez-vous des 80% restants ?

 

RIEN !

 

Alors de grâce épargnez-nous vos analyses de journalistes de comptoir, elles sont à côté de la plaque, une part du vignoble languedocien peut, s’il choisit le modèle économique ad hoc, produire des vins d’entrée de gamme de manière compétitive. Si le problème était structurel pourquoi l’irruption des importations espagnoles arrive dans le paysage du grand Sud 30 ans après l’arrivée de ce pays sur le marché ? Tout bêtement parce qu’on lui a fait un appel d’air en refusant une production spécifique de VSIG.

 

C’est un choix politique, tout à fait défendable mais qui a des conséquences qui doivent être assumées par les dirigeants professionnels et politiques.

 

Tout le reste est pur poujadisme, le meilleur lit pour les démagogues à la tête desquels se place la fille du borgne.

Vin : InVivo met le cap sur les Etats-Unis
 

Le groupe coopératif veut commercialiser des cépages dans dix Etats américains. Soit le marché le plus rentable au monde pour les vins et spiritueux.

Quinze mois après avoir précisé son intention de créer la première marque de vin française et de l'internationaliser, l'union de 223 coopératives InVivo annonce l'ouverture avant l'été d'une filiale aux Etats-Unis. Le marché le plus rentable au monde pour les vins et spiritueux. « Notre filiale aura son siège sur la côte est », explique Bertrand Girard, directeur général du pôle vins. L'opération n'est pas tout à fait finalisée. « Nous sommes en train de réaliser une petite acquisition dans la distribution ». D'autres suivront.

 

L'objectif est de commercialiser dans dix Etats américains des cépages nationaux et internationaux à 12 dollars la bouteille sous la marque Cordier, du nom du négociant bordelais acquis en 2015. Ces dix Etats consomment 80 % du vin aux Etats-Unis. « Nous avons déjà une certaine connaissance du marché pour y exporter du bordeaux, des grands crus sous la marque Mestrezat et des vins de cépage étiquetés Cordier », ajoute Bertrand Girard.

 

Le vin est une nouvelle activité pour InVivo. Thierry Blandinières, le directeur général, a souhaité créer ce pôle en 2015 pour combler un vide. « La France a l'un des plus grands vignobles de la planète mais n'a aucune marque internationale, ni aucun groupe de négoce de premier plan », expliquait-il alors.

 

Outre Cordier, Mestrezat Grands crus, InVivo a pris une participation de 21% au capital de Vinadeis, premier groupe coopératif viti-vinicole français, avec plus de 1.600 vignerons. Vinadeis, dont le chiffre d'affaires s'élève à 310 millions d'euros, commercialise plus de 2,5 millions d'hectolitres de vin, soit 6 % de la production française. L'Union de coopératives a également acheté la société de négoce de vin en vrac Vignoble du Soleil International basée à Saint-Gilles (Gard).

 

Au cours des douze derniers mois, InVivo a organisé ces sociétés et convaincu des coopératives viti vinicoles d'entrer dans l'union InVivo. « Nous avons ainsi une offre variée provenant de la plupart des vignobles français», indique Bertrand Girard.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 09:10
CHAP.18 en vrac, «L’amour est dans le prêt et la vérité est tailleur» le nouveau père la rigueur se révèle âpre au gain, grippe-sous, minable jusque dans ses regrets…

Bien plus que le fameux cabinet noir de l’Elysée « révélé » par Bienvenue Place Beauvau, le livre coécrit par Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé, qui, selon le châtelain de la Sarthe, lui ferait que des misères en le mettant à nu, puisqu’il a dû renvoyer les fameux costars sur mesure, c’est le buisson ardent de François qui fait jaser le Tout Paris.

 

Le 6 avril 2014, durant le Marathon de Paris, François Hollande s’est retrouvé bloqué en voiture porte d’Auteuil à cause d’un terrible embouteillage.

 

Inquiet de savoir le président de la République immobilisé trop longtemps au même endroit, le service de sécurité de ce dernier a contacté la préfecture de police de Paris et lui a demandé de fluidifier au plus vite la circulation.

 

La préfecture de police de Paris a alors demandé à une vingtaine de fonctionnaires qui « veillent en permanence sur les 5000 caméras vidéo de la police parisienne » de zoomer sur le cortège du président. Ces derniers se sont exécutés… et qu’ont-ils découvert?

 

Une scène bien loufoque et surtout, bien mystérieuse : « en grand format (…) sortant d'un buisson, François Hollande et … une jeune femme que le président va ensuite prendre en photo avec son iPhone ».

 

Voici ce qu'ont relaté les auteurs, avant d’ajou­ter que ce fameux dimanche 6 avril, «François Hollande et Julie Gayet se rendent à la Lanterne, l'ancien pavillon de chasse du château de Versailles, devenue résidence secondaire des présidents depuis Sarkozy. »

 

L’identité de la « jeune femme » du buisson étant donc facile à déduire, reste à savoir ce que faisaient les deux tourtereaux derrière ce buisson… » ?

 

En voilà une bonne question mais revenons à des choses sérieuses : la référence au suicide de Pierre Bérégovoy par François Fillon relève, pour moi, de l’ignominie la plus sordide. J’ai bien connu Bérégovoy lorsqu’il fut Premier Ministre, dans son bureau de Matignon, tirant sur son éternel petit cigarillo, il s’inquiétait de la montée de la grogne des paysans face à la première réforme de la PAC. L’homme était simple, intelligent, sensible, un peu complexé par son statut de je me suis fait tout seul dans un univers peuplé de têtes d’œufs, las d’arriver trop tard pour redresser la barre. Je l’aimais bien et je suis allé au Val de Grâce me recueillir, comme une foule d’anonymes, sur sa dépouille mortelle.

 

Béré comme nous l’appelions, c’était l’anti-Fillon, ce qui lui importait c’était d’être reconnu pour sa compétence, ses capacités à gouverner, tout le contraire d’un petit apparatchik âpre au gain, grippe-sous, minable jusque dans ses regrets…

 

« Né en 1925 à Déville-lès-Rouen, Pierre Bérégovoy a connu l’épicerie de ses parents, puis une petite et modeste ferme à La Vaupalière avant de devenir ajusteur en usine. Pendant la guerre, c’est cheminot à la gare d’Elbeuf qu’il entre dans la Resistance et rencontre Roland Leroy.

 

Après la guerre il s’engage dans le la vie politique et syndicale. En 1950 il est à Gaz de France, à Rouen, comme agent technico-commercial. Sur l’intervention de Tony Larue (le maire socialiste de Grand-Quevilly) il est muté en 1957 à Paris où il fera la carrière que l’on sait. »

 

C’est ce qu’on appelle l’école de la vie et non le petit fleuve tranquille d’un petit attaché parlementaire qui courbe l’échine, cherche l’ombre des puissants, trahit les mannes de son mentor Philippe Séguin, gère sa petite entreprise familiale en profitant de toutes las failles du financement public, s’acoquiner avec la France rance de la Manif pour tous et la lie réactionnaire de la France rentière représentée par le petit Bruno Retailleau minable clone de Philippe de Villiers.

 

Mon passé d’enfant de chœur en chef me permet d’exhumer mes référence en matière de contrition :

 

Soumis à votre réflexion à propos des remords, regrets de François Fillon : est-il en état de contrition ou d’attrition ?

 

L’église catholique établit deux degrés dans le remords :

 

L'un, qu'elle appelle la contrition, qui est le regret d'avoir péché, fondé sur la douleur d'avoir offensé Dieu ;

 

L’autre qu'elle appelle attrition, ou contrition imparfaite, qui est le regret d'avoir péché, fondé sur la crainte des peines de l'enfer.

 

Quand les faiblesses de l’homme sabordent le projet du candidat

LE MONDE | 24.03.2017 par Françoise Fressoz

 

CHRONIQUE. N’est pas de Gaulle qui veut. Plus le doute s’insinue autour de la personnalité de François Fillon, plus son projet s’édulcore, comme si le redressement du pays, qui était sa visée et l’objet même de sa candidature était en train de se réduire au rôle de variable d’ajustement d’une aventure qui prend l’eau.

 

Depuis le début de la campagne, les Français ont découvert un personnage très différent de celui qu’ils avaient imaginé lorsque, réduit au rôle de « collaborateur » de Nicolas Sarkozy, François Fillon endurait à Matignon. Ils avaient imaginé un homme sobre, ombrageux, orgueilleux, souffrant, au nom de la raison d’Etat, de n’être que second mais préparant déjà le redressement du pays dont il avait diagnostiqué très tôt l’état de « faillite ».

 

Ils ont découvert un élu âpre au gain, capable de transformer son mandat parlementaire en une entreprise familiale lucrative, un député qui se faisait prêter de l’argent par un ami financier, un candidat qui a accepté de se faire offrir de coûteux costumes par un avocat avant de reconnaître qu’il avait eu « tort » et de les rendre.

 

L’assiégé dénonce « une machination »

 

Ils ont surtout vu un candidat prêt à renier sa parole pour pouvoir aller jusqu’au bout de sa candidature à la présidentielle et pourtant constamment rattrapé par ce reniement qui était le coup de canif porté à l’image qu’il avait projetée : il ne serait pas candidat s’il était mis en examen. Pourtant il l’est. Et c’est devenu sa croix qui s’alourdit chaque jour au gré des révélations avec cette semaine une extension de l’enquête à des faits de « faux et usages de faux » et « escroquerie aggravée ».

 

En retour, François Fillon cogne comme le faisait naguère Nicolas Sarkozy. L’assiégé dénonce « une machination » politique, parle de « scandale d’Etat » accuse nommément François Hollande d’animer un « cabinet noir » à l’Elysée, ce que l’intéressé dément vigoureusement.

 

La campagne vire au pugilat et toute cette hargne déployée à défendre son honneur est inversement proportionnelle à celle que le représentant de la droite met à sauver son projet qui ne pouvait fonctionner que sur deux pieds : la vertu et le courage, puisque tel était le contrat de départ, un remède de choc assené par un père la rigueur. La rigueur pour le pays mais aussi pour lui-même.

 

« Attention casse-cou »

 

D’un coup, le mot « courage » a disparu de la campagne et, sous la pression des élus, de l’huile a été mis dans tous les rouages du projet. La TVA augmentera de deux points mais le taux intermédiaire sera épargné ; les 35 heures seront supprimées mais pas aussi brutalement ni aussi radicalement qu’il avait été dit puisqu’une négociation d’un à dix-huit mois est prévue dans les entreprises, laquelle aboutira à définir une durée moyenne.

 

La dépense publique sera amputée sans que l’on puisse accorder un quelconque crédit au chiffre de 100 milliards d’euros brandi par le candidat puisque l’effort demandé aux collectivités locales qui était au départ de 20 milliards d’euros a brusquement fondu.

 

Quant aux 500 000 postes de fonctionnaires en moins, François Baroin, désormais présenté comme la bouée de sauvetage de François Fillon, ne les cautionne nullement. « Attention casse-cou », a lancé le maire de Troyes, mercredi 22 mars. Et cela ressemblait à l’ultime pelletée jetée sur un projet devenu trop grand pour le candidat.

 

Macron, modèle 1958 ou modèle 1981 ?

 

25 mars, 2017

 

Emmanuel Macron ne doute pas un seul instant de pouvoir de disposer d’une «majorité cohérente» dans la prochaine Assemblée nationale s’il est élu Président de la République. Il l’a redit dimanche dernier dans le JT de TF1. L’étonnant aurait été bien sûr qu’il affirme le contraire mais il y a quand même dans cette conviction inébranlable quelque chose d’un peu paradoxale. Le candidat d’En Marche a beau considérer que toutes les règles classiques de la vie politique sont désormais obsolètes, il n’imagine visiblement pas qu’une des plus vieilles d’entre elles puisse ne pas fonctionner à son service, en mai et juin prochain.

 

Un Président, une majorité présidentielle et, enfin, une majorité parlementaire ! Pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? L’élan qui permet l’élection du premier et fonde la seconde entraine, du même coup, l’installation quasi-naturelle de la troisième : il n’y a pas d’exemple sous le Cinquième République où cet enchainement n’a pas fonctionné dans le cadre d’une alternance franche. Avec le quinquennat et ce qu’on a appelé «l’inversion du calendrier» – d’abord la présidentielle, ensuite les législatives –, tout est d’ailleurs fait pour qu’il en soit ainsi. François Hollande, lui-même, a pu le vérifier en juin 2012 alors que beaucoup, on l’a oublié, lui promettait le contraire.

 

L’ancien ministre chiraquien, Jean-Paul Delevoye, qui préside la commission d’investiture d’En Marche est allé un peu plus loin que son champion lorsqu’il a expliqué, jeudi, dans les colonnes de l’Opinion, que le schéma sur lequel il travaille est celui d’une majorité de 400 députés sur 577. Ce qui, en soit, est énorme ! Même en 1981, François Mitterrand, dans la foulée de son élection, n’avait pas réussi pareille performance. Jean-Paul Delevoye a par ailleurs précisé que la moitié de ces députés sera issue de la société dite « civile ». Ce qui implique donc que l’autre sortira des rangs des partis politiques traditionnels.

 

Mais ces députés-là seront-ils des ralliés ou des alliés ? Seront-ils encartés chez Emmanuel Macron après avoir rompu les amarres de leurs anciennes fidélités ou seront-ils membres de formations ayant choisi de soutenir de manière autonome l’action du nouveau Président ? Et cela dans quelle proportion ? On est là au cœur du problème soulevé par la possible installation à l’Elysée d’un homme au profil atypique et au parcours improbable. Pour pouvoir gouverner, Emmanuel Macron aura besoin d’une majorité parlementaire. Si elle est cohérente, sera-t-elle aussi massive qu’il l’imagine ? Si elle est massive, sera-t-elle aussi cohérente qu’il le prétend ? Est-il enfin imaginable qu’au bout du compte, elle ne soit ni vraiment massive, ni même totalement cohérente, ce qui, dans le contexte de grand dérèglement du système politique français, ouvrirait évidemment une nouvelle page dans l’histoire de nos institutions ?

 

Plusieurs acteurs, et non des moindres, de l’aventure d’En Marche ont tenu récemment des propos qui montrent que ces questions ne relèvent pas de la pure spéculation. Pour Jean-Pierre Mignard, par exemple, la situation de 2017 est potentiellement comparable à celle de 1958. Afin de refonder la République, le Général, lors de son retour au pouvoir, avait rassemblé autour de lui une majorité composite dans laquelle une fraction notable des forces politiques traditionnelles, centristes et socialistes notamment, avait conservé une place de choix au côté des députés dûment estampillés gaullistes. Puis, au fil des ans, à grands coups de ruptures et de clarifications, via le référendum et la dissolution, s’était constituée une majorité plus homogène, dominée par le parti – l’UNR en l’occurrence – d’un Président bientôt élu au suffrage universel direct.

 

Jean-Pierre Mignard fait mine d’oublier le détail et le rythme – pourtant essentiel – de cette histoire chaotique dans le remake de laquelle son ami Hollande tiendrait la place de René Coty et Emmanuel Macron, celle d’un conquérant promis à des Arcoles sans fin. Ce qu’il signale, plus sérieusement, est la capacité qu’aurait ce dernier à réenclencher un mouvement dont le point d’aboutissement serait un retour, selon de nouveaux clivages, à une bipolarisation de la plus belle eau au sein des Assemblée à venir. Ce qui, soit dit en passant, est peu compatible avec l’instauration, fut-elle limitée, de la proportionnelle…

 

À cette Cinquième différée, imaginée par un socialiste d’un genre particulier nourri au biberon du gaullisme et du PSU, répond un autre projet dont François Bayrou est aujourd’hui l’incarnation principale. Le leader centriste, si on l’écoute attentivement, se veut le promoteur d’une Cinquième rénovée dont le cœur serait non pas la domination mais la coalition, non pas la fusion mais l’équilibre, non pas la soumission au plus fort mais l’alliance entre égaux. Vue la manière dont il a choisi de soutenir la candidature d’Emmanuel Macron, l’ambition de François Bayrou ne parait pas être de faire du Modem, l’UDF d’en Marche. En cela, il semble d’accord avec Manuel Valls dont on ne sache pas que le projet politique soit de récréer, avec ses amis, à l’ombre d’Emmanuel Macron, ce que le MRG fut autrefois au PS de François Mitterrand.

 

Dans ce système institutionnel d’un nouveau genre, c’est la place de l’Assemblée nationale qui se trouve ainsi rehaussée et avec elle, le rôle des députés de la majorité. Ceux-ci cessent alors d’être des godillots – ou des «obligés» du Président – pour redevenir des partenaires, libres de conserver des attaches partisanes particulières pourvues que leur action s’inscrive dans la ligne générale dessinée à l’Élysée. Sans être «une maison d’hôtes» – ou de passe ? –, la majorité redevient pluraliste puisqu’«il y a plusieurs demeures dans la maison du père» (Jean 14.2). Là encore, la proportionnelle est le signe et l’instrument à venir d’une recomposition qui fait du modèle 1958, un point d’arrivée et non pas de départ.

 

La question n’est pas ici de savoir ce qu’Emmanuel Macron a véritablement en tête ou ce qu’il a pu promettre à ses différents partenaires. L’histoire récente a montré qu’en ce domaine, il était un pragmatique absolu doublé d’un joueur à sang froid. François Hollande l’a vérifié à ses dépens et sans doute n’est-il pas le dernier sur la liste. Dans son essence, le macronisme est un bonapartisme centriste – bel oxymore – dont le ressort premier est celui du «on s’engage et puis on voit». Par nature, il est sans tabous ni limites.

 

La logique de son tempérament voudrait donc que le leader d’En marche ne change pas ses manières de faire, une fois élu. Il est rare qu’autour du tapis vert, pareil flambeur se fasse soudain rentier. Il est tout aussi rare qu’un trader de cet acabit devienne tout à coup partageux. On voit mal pourquoi, à quelques semaines de distance, le même homme irait mobiliser des ressorts différents, sinon contradictoires, pour conquérir, sous son nom, le pouvoir présidentiel et pour contrôler, dans la foulée, sous son autorité, le pouvoir parlementaire. Entre la Cinquième différée, façon Mignard et la Cinquième rénovée, façon Bayrou, il serait logique qu’il cherche à aller demain au plus simple. Bref, à la Cinquième confortée, pour ne pas dire, sublimée.

 

Dire une tendance ou une inclinaison personnelle ne sert toutefois pas à grand-chose tant que les dés n’ont pas commencé à rouler. Or, pour le moment, on en est là. En politique comme dans la vie, il y a ce que l’on veut et ce que l’on peut. Avant d’imaginer la manière dont Emmanuel Macron gérera, s’il est élu, l’élan de sa victoire à l’occasion des législatives de juin prochain, mieux vaut donc examiner les ressources qui pourront être alors les siennes dans cet exercice de haut vol où l’objectif compte moins que les marges qu’offrent les circonstances.

 

Procédons, pour cela, dans l’ordre que dicte le calendrier. De quelle ampleur sera tout d’abord l’hypothétique succès d’Emmanuel Macron ? Si le candidat d’En Marche s’impose nettement dès le 1er tour de la présidentielle, en faisant par exemple jeu égal avec Marine Le Pen, il bénéficiera d’une impulsion initiale susceptible d’entraîner des ralliements sans conditions, à commencer par ceux de ses concurrents éliminés d’entrée de jeu. Si en revanche, il se qualifie de justesse, il lui faudra tenir compte davantage des attentes de ses soutiens potentiels. De même, au second tour, il ne bénéficiera pas du même élan s’il gagne largement face la présidente du FN, comme le disent aujourd’hui les sondages (60/40), ou s’il l’emporte de justesse à l’issue d’une campagne jusqu’au bout incertaine.

 

Pour le dire autrement, un Président dont l’élection est un sacre n’a pas la même force, pour la suite, qu’un Président élu au forceps. C’est là un constat d’évidence qu’on oublie parfois un peu vite quand on imagine la suite. L’un peut dicter sa loi dans la distribution de ses investitures, aux législatives. L’autre est nécessairement conduit à des accommodements avec les représentants des partis issus du vieux système. Pour que l’appel au peuple dans la confirmation du message de la présidentielle soit susceptible d’être entendu encore faudrait-il que le dit message soit clairement exprimé. Rien ne permet de dire aujourd’hui qu’il le sera avec la netteté requise. Macron Président, c’est encore un slogan. Avant de savoir comment il présidera et avec quelle majorité, le candidat d’En Marche n’a pas d’autre choix que d’attendre le verdict des urnes, le 23 avril et le 7 mai prochain.

 

Dès à présent, on peut toutefois décréter sans risque que s’il doit être élu, Emmanuel Macron le sera dans le cadre d’un affrontement direct avec Marine Le Pen. Sa majorité présidentielle sera donc l’expression d’un front républicain. Comme candidat, le leader d’En Marche ne se dit «ni de gauche, ni de droite». Comme Président, il le sera davantage encore. Mais ce qui était hier un positionnement politique deviendra alors un cadre pour l’action à venir, aussi large que contraignant. Dans un front républicain, on ne fait pas le tri. Dans une majorité présidentielle, issue d’un front républicain, peut-on le faire après coup ?

 

Jacques Chirac en 2002 a montré que c’était possible. Réélu face à Jean-Marie Le Pen avec 82% des voix après en avoir recueilli 19.9% au 1er tour, il est revenu sans complexe dès le lendemain de son triomphe aux bonnes vieilles méthodes du clivage droite/gauche. Il est vrai qu’à cette époque, le PS et ses alliés s’étaient ralliés à son panache sans ne poser la moindre condition et en ne demandant surtout aucune ouverture pour la bataille des législatives. Tout le monde était donc d’accord pour que le front républicain du second tour de la présidentielle ne soit qu’une brève parenthèse.

 

Rien ne dit qu’il en sera de même en 2017. Tout laisse même à penser que dans un tel front, une fraction du PS se considérera comme partie prenante de la nouvelle majorité présidentielle. Et cela d’autant plus qu’elle aura appelé à voter pour Emmanuel Macron avant même le 1er tour. Dans ce contexte, le nouveau Président pourra toujours considérer que ce soutien ne prête à aucune conséquence, pour la suite des opérations, notamment aux législatives. Mais pour le dire plus concrètement encore, il lui sera quand même difficile d’expliquer que François Hollande, en 2012, a commis une faute majeure en laissant battre François Bayrou à la députation mais qu’il n’est d’aucune importance de réitérer cette erreur au centuple, en 2017, avec des élus socialistes sortants.

 

Ce que signale potentiellement cette situation relève moins de la morale que de la politique, étant entendu que dans un processus électoral, il est plus aisé de s’asseoir sur l’une que sur l’autre. Vu le tempérament d’Emmanuel Macron, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Son élection créera nécessairement un élan à la mesure de celui dont avaient bénéficié ses prédécesseurs dans une situation comparable. Mais les conditions particulières de son éventuelle victoire mettront aussi des freins à cette impulsion quand il faudra la traduire dans la constitution d’une majorité parlementaire. Peut-être seront-ils moins forts qu’on peut l’imaginer aujourd’hui. Mais ils existeront quoi qu’il arrive. Ne pas le voir, c’est ne rien comprendre aux scénarii possibles de l’après 7 mai.

 

D’autant – et on finira par là – que la nature très spéciale du rassemblement dont En Marche est désormais l’expression ne favorise pas forcément son implantation dans les 577 circonscriptions de la bataille des législatives. Le mouvement d’Emmanuel Macron est fort de ses chevau-légers et de ses voltigeurs. Il est adapté en cela à une présidentielle. Sa jeunesse – moins d’un an ! – fait sa fraicheur. Celle-ci lui évite les arbitrages pesants auxquels sont contraint les partis ancrés de longue date dans la réalité électorale française. En même temps, elle l’oblige, si elle ne veut pas être qu’une machine à recycler l’ancien, à mettre en piste des candidats sinon hors sol, du moins lestés d’une faible expérience.

 

Dans le contexte que l’on a dit plus haut – celui d’une majorité présidentielle issue d’un front républicain – est-ce vraiment un avantage ? Est-il vraiment sûr que l’électeur désireux de donner une majorité au Président, selon la formule consacrée, choisira forcément la nouveauté d’un candidat macronien pur sucre dans l’hypothèse d’une compétition, au 1er tour des législatives, avec un député sortant, membre du PS ou de toute autre formation de gauche ou de droite, ayant soutenu d’emblée l’aventure du nouveau quinquennat ?

 

Plus encore, sera-t-il vraiment de bonne tactique, dès lors que l’objectif reste de constituer une majorité parlementaire, de favoriser, à l’occasion des législatives, une tripartition du paysage politique entre représentants d’En Marche, survivants des anciens partis de gouvernement et candidats du Front national ? À ce jeu, le risque n’est-il pas celui qu’on pensait éviter avec, au bout du compte, une nouvelle Assemblée fragmentée, incapable de la moindre majorité, fut-ce même dans le cadre d’une coalition ?

 

Il y a là un danger qu’avec un brin d’ivresse, les stratèges macroniens ne veulent pas considérer à sa juste mesure. C’est ainsi que l’un d’entre eux – François Patriat pour ne pas le nommer – a expliqué récemment dans Le Monde du 8 mars qu’il avait fait l’expérience, en 1981, de la force des vagues qu’entraine, dans son sillage, une victoire à la présidentielle. Pour être élu député de la nouvelle majorité, à cette époque, il suffisait, selon lui, de mettre sur ses affiches «une photo de Mitterrand» et «c’était plié». L’ennui, c’est qu’à y regarder de près, cette histoire s’est déroulée à l’inverse de ce que raconte aujourd’hui François Patriat.

 

En 1981, celui-ci n’avait défait le député de droite sortant, cacique du giscardisme, qu’après avoir devancé, au 1er tour, le candidat investi par le PS, ami personnel de François Mitterrand au demeurant. Socialiste dissident, pilier du courant Rocard en Côte d’Or, François Patriat était alors un jeune conseiller général, solidement ancré sur son territoire. C’est cette implantation qui lui avait permis de résister à la vague nationale qui aurait dû l’emporter si les consignes de votes, données par le parti du nouveau Président, avait été suivies à la lettre par les électeurs bourguignons.

 

Cas d’espèce, dira-t-on. Mais une élection, législative en l’occurrence, n’est-elle pas une somme de cas d’espèces ? Et puis surtout, au-delà du cas Patriat, réécrit à sa façon par l’intéressé, tout cela ne montre-t-il pas que, pour comprendre la nature de l’élan suscité par une présidentielle, il ne suffit pas de répéter, en convoquant les expériences passées, combien il a toujours été irrépressible. Le grand remplacement gaulliste amorcé en 1958, tout comme celui du mitterrandisme, effectué en 1981, n’était pas le fruit d’une génération spontanée. Les racines de ces mouvements étaient profondes. La France libre, les compagnonnages de la Résistance, l’épopée du RPF, dans un cas. Les clubs des années 60, le parti d’Epinay, ses succès municipaux de 1977, dans l’autre. Bref, tout ce qui manque encore à En Marche et qui ne s’installe pas, en moins d’un an, d’un claquement de doigt, sur une scène parlementaire avec des acteurs recrutés sur internet.

 

Ce serait aller trop vite en besogne que de conclure illico que l’ambition affichée par Emmanuel Macron de réunir sous son aile une majorité solide et cohérente n’est qu’une vue de l’esprit. Mais si l’avenir du projet politique, incarné par le leader d’En Marche, reste aussi flou, s’il peut être dessiné à la manière Mignard aussi bien qu’à la manière Bayrou, bref s’il est susceptible de lectures à ce point contradictoires, n’est-ce pas avant tout parce qu’il marrie des logiques différentes entre lesquelles les circonstances du prochain scrutin présidentiel viendront bientôt trancher ? Tout est possible. Il y a dans cette aventure inédite des forces qu’il serait sot de nier et des freins qu’il serait vain d’oublier. Mais entre les enfants barbares du macronisme et les vieilles barbes des partis à l’ancienne, les jeux sont loin d’être faits. C’est ce qui fait le sel de leur rivalité dans une campagne qui en manque singulièrement.

 

Voyage dans la France de Macron (à lire absolument)

 

De Lyon à Metz en passant par Brive-la-Gaillarde, pendant trois mois, « Le Monde » est allé à la rencontre de ceux qui aujourd’hui envisagent de voter pour le candidat d’En marche !

 

LE MONDE | 24.03.2017 par Florence Aubenas

 

A la station-service de Rocamadour (Lot), il arrive que des touristes se photographient devant les pompes à essence, belles comme le décor d’un vieux film. Ils sont tout étonnés quand Tassadit, la patronne, leur annonce qu’ils peuvent même faire le plein. En général, ils répondent : « Alors mettez-moi de quoi aller jusqu’à la grande surface, ce sera moins cher là-bas. » Il est 9 heures et Rocamadour attend la visite d’Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle. Pour l’instant, on l’entend en sourdine débattre sur BFM au sujet des Uber. « La Saint-Hubert ? », s’étonne Tassadit. Bruno, son mari : « Non, c’est un genre de taxis. » Tassadit éventre cordialement un paquet de madeleines, qu’elle offre avec le café. Ça fait longtemps que Rocamadour n’a plus de boulanger.

 

En ce moment, le village s’arc-boute autour d’un distributeur de billets qu’il est question de supprimer. A ce stade, la conversation devrait basculer sur les élections. On s’y adonnait férocement ici, à coups de cannes, dans de délectables fâcheries. Ça s’est perdu. Reste un dégoût. Bruno : « Je me sens comme un amant trompé. »

 

A la mairie, plus bas dans le bourg, une tornade fait claquer la porte. « Je suis Monsieur Eddarraz, mais appelez-moi Ahmed », trompette la Tornade. Il dévide son CV d’un seul souffle : « 31 ans, en échec scolaire de partout, un jeune rabougri sur lequel personne ne misait » et aujourd’hui gérant d’un bar-tabac prospère du côté de Millau (Aveyron). « Et ici, vous vivez de quoi ? », embraye la Tornade. Maryline Delcayre, secrétaire de mairie, énumère les truffes, le fromage, « la forêt des singes », « le rocher des aigles », le sanctuaire de la Vierge noire, 684 habitants l’hiver, 2 millions de visiteurs l’été, « le deuxième site touristique après le Mont-Saint-Michel ».

 

La Tornade l’arrête : « Tatata ! Chaque fois qu’on arrive quelque part, les gens prétendent être deuxièmes derrière le Mont-Saint-Michel. » La Tornade est venue en éclaireur pour la visite d’Emmanuel Macron. « Des questions ? » Maryline Delcayre se risque : « Quel programme pour les agriculteurs ? » La Tornade s’esclaffe. Désolé, ce ne sera dévoilé que dans une semaine. « En général, on me demande plutôt deux choses. Un : Comment est Macron ? Deux : Comment est sa femme ? »

 

L’un et l’autre apparaissent à 16 heures à l’entrée du bourg. « C’est Les Feux de l’amour, ma parole », siffle un vendeur de fringues. Pour lui, les affaires reprennent : les Anglais, partis en Croatie avec la crise financière de 2007, sont revenus depuis le Brexit. Sur le trottoir en face, un représentant en bijouterie explique l’inverse. Il fait 120 000 km par an « dans un pays prêt à exploser, des villes aux magasins fermés où on voit monter la haine. Ça va mal finir ». Et d’un coup, la France ressemble à la Grand-Rue de Rocamadour, un côté ombre, un côté soleil, un qui veut y croire, l’autre qui veut tout renverser.

 

Au pied de la « citadelle de la foi », la Tornade regarde le soleil qui vient se déchirer sur les rochers. Macron est en train de finir son discours sur « la ruralité conquérante », la RGPP, la « bataille numérique ». Un élu enlève ses lunettes : « Puisqu’on parle chiffre, voila le mien : j’ai compris 30 % de ce qu’il a dit. » Son voisin : « Tu as de la chance. » A la présidentielle de 2012, la Tornade était dans l’équipe de campagne de Dominique Strauss-Kahn. Il a encore du mal à en parler. « DSK était le rêve français, il pouvait faire face à tout. » La Tornade a pleuré quand son candidat a été arrêté à New York quelques mois avant le scrutin. « On s’est retrouvés orphelins, sans oser s’appeler entre nous. Pour se dire quoi ? On était dans la honte et le désarroi. » A son avis, ils sont nombreux de ce réseau-là à se retrouver autour d’Emmanuel Macron. Rien qu’à prononcer ce nom, la Tornade ressuscite. Le voilà qui raconte son dernier anniversaire. Ce soir-là, son portable a sonné : « C’est moi, Emmanuel. » Une erreur, a pensé la Tornade. « Mais si, Emmanuel Macron ! Bon anniversaire. » Alors la Tornade a mis le haut-parleur pour que toute la tablée entende. « J’ai retrouvé ma fierté », il dit.

 

Il y a quelques mois encore, « on était quatre au QG de Tour-de-Faure à se demander quoi faire », se souvient Sébastien Maurel, 46 ans, chef d’entreprise et référent En Marche ! pour le Lot. La formation d’Emmanuel Macron compte aujourd’hui près de 600 membres pour le département, des M. et Mme Tout-le-Monde, plutôt classe moyenne, hors radars qui ont surpris leurs amis en s’entichant de politique. « Mon beau-frère aussi est chez Macron », avance une coiffeuse. Elle le votera, d’ailleurs, sans en savoir grand-chose au fond, un presque inconnu aux mesures compliquées, qui n’a ni entourage ni appareil vraiment identifié. C’est sa musique qu’elle aime. Le dernier de ses enfants vient de se caser, « un presque CDI ». Les yeux se baissent, impression de l’avoir échappé belle. « Cette petite réussite m’autorise un petit espoir. »

 

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 06:00
Qu’est-ce que le risque ?

Je ne sais si le sujet a été donné au baccalauréat mais au temps où j’étais en terminale philo il se racontait qu’il avait été donné et qu’un prétendant à la feuille de chou sésame de l’accès à l’enseignement supérieur avait répondu : « C’est ça ! » et rendu une feuille vierge.

 

Le 22 novembre 2005 j’abordais dans une chronique le sujet :

 

Le risque

 

C'était sur Planète, la chaîne thématique, deux émissions avec Pierre-Gilles de Gennes un de nos Nobel. L'homme est séduisant, plein d'humour et de vitalité mais l'on sent l'intervieweur gêné – il n'apparait pas à l'écran - la cause, on le sent si je puis m'exprimer ainsi, c'est que le cher grand homme de science tire consciencieusement sur un petit cigarillo qui n'a de cesse de s'éteindre.

 

Au bout d'une dizaine de minutes l'intervieweur n'y tient plus, il se lance sur le thème « Ce n'est pas politiquement correct de s'afficher cigarillo au bec » Notre Nobel s'y attendait et sa réponse, elle aussi politiquement incorrecte, est à méditer par ceux qui veillent avec le soin des comptables sur notre santé.

 

Lire ICI sa réponse 

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 09:00
Hubert de Boüard pratique la novlangue djeune, Jacques Dupont la clef des sols et les « sans-papiers » de la gauche…

Être tout à la fois juge et partie, c’est-à-dire propriétaire et conseil de propriétaires, on les dénomme œnologues-conseils, permet à l’un des plus médiatique d’entre-eux, Hubert de Boüard de Laforest, de dérouler un discours œcuménique mêlant l’expérience du vieux cheval blanchi sous le harnois à la novlangue pratiquée par les djeunes.

 

C’est un cas d’école à étudier dans les fameuses écoles de commerce qui fleurissent un peu partout.

 

Le sieur Dupont et son compère Bompas, eux, mêlent pédagogie et compétence, loin de l’enivrement de l’encens de ce cher Hubert au sécateur doré et des langues de vipères qui prospèrent sur les 2 fameuses rives de la Gironde.

 

« Et nous ne voudrions pas joindre nos voix aux sempiternelles turlutaines distillées par des gosiers qui en fait de dégustation ne savourent que les rumeurs. »

 

La parole est au Père Hubert :

 

Du nord au sud, et de l’est à l’ouest, il y a de très beaux vins, que ce soit en rouge, ou en blanc sec comme liquoreux… des très grands vins sur les deux rives…

 

Rive droite, on a des merlots à tomber tellement c’est bon.

 

Et rive gauche, on trouve des cabernets sauvignons à se damner et des cabernets francs très bons.

 

Le nord-Médoc est absolument exceptionnel

 

Les vignobles de Saint-Emilion sur argiles se distinguent de façon incroyable.

 

Il y a aussi de superbes vins à Pomerol, à Margaux, ou en Pessac-Léognan.

 

Ce millésime va faire le bonheur des consommateurs : ne passez pas à côté, il va y avoir des vins fabuleux et souvent pas chers, avec dans l’entrée de gamme, des vins uniques.

 

2016 a un vrai classicisme moderne, qui se donne facilement, ce n’est pas un classicisme austère.

 

C’est peut-être dans son style l’un des deux ou trois plus grands millésimes d’Angélus que je considère avoir faits sur la propriété, avec 1989 et 2005. Il a cette trame à la fois sur l’élégance, la pureté, une précision diamantaire, il est cristallin et a une grande buvabilité. Des vins tellement construits du début à la fin, c’est juste un vrai bonheur!

 

On a un grand millésime à Bordeaux. Il faut être ambitieux, mais ne pas faire n’importe quoi, être réaliste… il ne faut pas prendre le consommateur pour un pigeon, c’est lui qui nous fait vivre… Il doit y avoir un respect mutuel : le consommateur doit respecter le producteur qui a travaillé, investi et demande une augmentation, tout comme le producteur respecte le consommateur. C’est comme l’amitié, quand un seul donne, ça ne fonctionne pas ! C’est sûr qu’on va avoir une demande dans le monde.

 

Ce millésime doit être un millésime de reconquête de certains marchés.

 

La parole est donnée maintenant aux frères convers Dupont et Bompas :

 

On le sait, une vaste région comme le Bordelais n'est pas composée d'une sorte de socle uniforme recouvert d'une terre idéale qui accueille avec bonheur les ceps offerts là par quelque dieu barbu et jouisseur. Un terroir de vin est d'abord et avant tout une construction humaine. Ce sont en effet les hommes qui ont décidé d'implanter à un endroit la vigne pour souvent des raisons marchandes (facilité de transport, proximité d'une ville, d'un fleuve, d'un port…) Après, ils n'ont pu le faire que si effectivement le relief, le climat et les sols permettaient cette culture. Souvent, il leur a fallu aménager profondément, modifier les lieux de production.

 

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Cela se murmurait dans les « milieux bien informés » bordelais, c'est-à-dire œnologues, courtiers et négociants, qui auscultent verre en main le vin depuis sa naissance : sur la rive gauche, le millésime 2016, à l'inverse de 2015, aurait mieux réagi aux aléas climatiques que sur la rive droite.

 

La rive gauche de la Garonne, ce sont le Médoc et la région des graves. La rive droite, comprend Pomerol, Saint-Émilion and Co. Une limite naturelle qui longtemps a fait office de quasi-frontière. Pour les vieux Médocains, il était hors de question de s'aventurer en terre inconnue, rive droite, sauf pour un enterrement et encore si le défunt figurait sur la liste des très proches. Là-bas, c'était ailleurs. On savait qu'on y faisait une sorte de boisson, du vin peut-être, mais certainement pas du bordeaux.

 

Évidemment, avec le temps et les moyens de communication modernes qui relient, sans fil, tribus et communautés, les mentalités ont bien évolué. On se parle. Mais il n'est guère difficile pour un esprit un tant soit peu taquin de réveiller les vieilles rivalités. Il n'y a pas si longtemps qu'un maître de chai d'un cru classé du médoc nous affirmait : « Pour griller l'entrecôte, il n'y a que les sarments de cabernet-sauvignon qui conviennent ! Même les gars de Saint-Émilion viennent en chercher chez nous. » À Saint-émilion, le cépage merlot domine et le cabernet-sauvignon se fait rare. À la lumière de telles sentences et sur un sujet aussi grave que la cuisson de l'entrecôte, on saisit mieux les difficultés rencontrées pour bâtir une Europe des peuples…

 

Bref, 2016 s'annoncerait globalement meilleur sur la rive gauche. À la lumière d'un premier tour de piste sur 70 échantillons en provenance de toutes les appellations du médoc ce matin, on ne peut que confirmer. Aujourd'hui en effet, on dégustait les « sans-papiers » de cette région.

 

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:00
Qu’est-ce qu’un excellent Ministre de l’Agriculture ?

Au lendemain des élections présidentielles, Stéphane Le Foll, quittera l’Hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne, après avoir été, sans discontinuité Ministre de l’Agriculture tout au long du quinquennat sous 3 Premier Ministre : Jean-Marc Ayrault où on l’avait flanqué d’un Ministre délégué : Guillaume Garot, Manuel Valls où il ajoute la casquette de Porte-Parole du Gouvernement, puis Bernard Cazeneuve.

 

Une longévité sans égale sous la Ve République.

 

Mais ce matin je recycle une chronique sur son prédécesseur Bruno Le Maire basée sur les écrits de celui-ci dans son livre Jours de Pouvoir chez Gallimard.

 

« Bertrand Landrieu détourne la conversation, vante mon action comme ministre de l’Agriculture. Jacques Chirac hoche la tête « Alors ça c’est vrai ! Tu es un excellent ministre de l’Agriculture ! Tout le monde le dit ! » Il ajoute : « Et je m’y connais. »

 

Le 18 février 2011 page 153 Jours de Pouvoir

 

« L’année précédente, alors qu’il espérait une promotion, le jeudi 18 novembre 2010, Bruno Le Maire écrivait « Au conseil de la FNSEA, dans le VIIIe arrondissement (NDLR rue de la Baume), je mesure combien ma reconduction a été appréciée par le monde agricole. Une centaine de représentants de toute la France sont là. Chacun, avant de prendre la parole, se dit soulagé du choix du Président et du Premier ministre, parle de bonne nouvelle puis avance ses questions. Ils sont loin les premiers mois de mon mandat, quand les paysans regardaient avec un mélange de méfiance et de consternation la nomination de ce produit de la haute fonction publique, tombé dans la politique par le jeu des circonstances, sans racines agricoles sinon ses liens familiaux dans le Gers. Maintenant je leur appartiens et ma fierté est de leur appartenir. La politique a le don de vous arracher à votre milieu étroit comme une courette, pour vous implanter ailleurs, parmi des visages, des mots, des mémoires et des regards différents. » Pages 24-25

 

La chronique ICI 

 

En bonus bel exercice d'honnêteté journalistique… La FNSEA frappée au cœur par le décès brutal de Xavier Beulin

GÉRARD LE PUILL

MARDI, 21 FÉVRIER, 2017

L'HUMANITÉ

 

Il se préparait pour le Salon de l’agriculture en fin de semaine et pour le congrès de son syndicat à la fin du mois de mars. Mais Xavier Beulin, président du principal syndicat agricole, est décédé dimanche, d’une crise cardiaque. Il avait 58 ans.

 

Le Salon de l’agriculture qui s’ouvre samedi, à Paris, se tiendra sans lui. L’annonce, dimanche en début de soirée, du décès de Xavier Beulin, mort soudainement d’une crise cardiaque à l’âge de 58 ans, a surpris les rédactions. Il était le président depuis 2010 de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), organisation représentative majoritaire dans le monde agricole, qui s’apprête à tenir son congrès le mois prochain.

 

Xavier Beulin avait quitté l’école l’année de ses 18 ans, suite au décès brutal de son père. Ce père à qui il avait succédé par la force des choses était mort dans ses bras, faute d’avoir pu être transporté à temps vers un hôpital. Au sortir de l’adolescence, Xavier Beulin avait donc repris la ferme familiale par devoir en 1976. Elle s’était ensuite agrandie en devenant un groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) à plusieurs associés familiaux, puis une société agricole à responsabilité limitée (Sarl) sur 450 hectares dans le département du Loiret.

 

La suite ICI 

Stéphane Le Foll, le blues du dernier grognard de Hollande

 

Le fidèle hollandais regardera lundi le débat télévisé avec ses troupes orphelines, au ministère de l’agriculture. Entre Hamon et Macron, il se sent piégé.

 

LE MONDE | 20.03.2017 Par Solenn de Royer

 

« Je suis le con de service, se souvient M. Le Foll. Moi, on me dit de descendre, alors je descends ! Je vois tous ces crapauds, dont certains n’ont jamais été hollandais, se coller à François. Et moi, je ne suis pas sur la photo. Trop bon, trop con ! » Furieux, il quitte la Bastille en liesse pour aller boire des bières dans un café du quartier. « Ce soir-là, il s’est senti dépossédé », raconte un conseiller.

 

Certains hollandais aimeraient désormais le voir se détacher, voler de ses propres ailes. Il dit lui-même qu’il sera « beaucoup plus libre ». Puis, en faisant le geste d’épousseter son veston, il ajoute : « Je me dis : “Let it be”, je ferai comme je le sens. » Avant, il doit « sauver » sa circonscription dans la Sarthe, historiquement de droite. « Si je perds, tout s’arrête, confie-t-il encore. Dans ce cas, je retournerai peut-être à l’enseignement. Je n’ai pas envie d’aller cachetonner ici ou là… Je ne suis pas un salaud. »

 

Malmené pendant cinq ans, au gré des crises agricoles, il quittera son ministère détenteur du record de longévité, devant Edgard Pisani. « Je vais rester dans l’Histoire », se rengorge-t-il. Il se lève, va chercher un prix que l’Union internationale des sciences du sol lui a décerné pour son action « pour les sols », contre le réchauffement climatique. Après le roi du Cambodge, il est le deuxième « non scientifique » à l’avoir reçu, depuis 1924. « Au moins, ça, c’est à moi, ajoute-t-il en touchant la statuette. Je partirai avec. »

 

A son successeur, il laissera le potager bio, qu’il a fait cultiver dans le jardin, les abeilles et ses rosiers. Il dit qu’ils vont « bientôt fleurir » mais qu’il ne sera « plus là pour les voir ». Un silence. « La seule chose que je regrette, c’est de n’avoir pas su convaincre François d’y retourner. Lui comme nous aurions mérité une fin de quinquennat différente. »

 

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/20/stephane-le-foll-le-blues-du-dernier-grognard-de-francois-hollande_5097261_4854003.html#w3RjedjUszZT73kX.99

 

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