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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 00:09
Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Manger, boire et baiser est, selon eux, leur seule Trinité. Forts de leur virilité aiguisée par la bonne chère ils ne ratent jamais une occasion de défourailler des mots qui font mâle, bien troussés, avec ce qu’il faut de gras, de salacité – ne pas confondre avec la sapidité – et, bien entendu, de supériorité. Le doute n’est pas permis, ils en ont, ils sont bons, et si Bob Parker les notait ce serait à tout coup du 100/100.

 

Des as, des cracks, des Phoenix de ces bois, quoi !

 

Comme le notait avec justesse Pierre Desproges « L’amour… il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. À partir de quoi il m’apparaît urgent de me taire. » Fonds de tiroir Seuil

 

« On devrait porter le sexe autour du cou comme une relique, en médaillon sur les barettes. N’est-ce pas l’artère qui alimente le fleuve des humains, l’ambroisie qui calme la soif du monde depuis l’origine des temps. »

 

L’Arétin 1492-1556

 

Jean Feixas et Emmanuel Pierrat dans leur petit lexique littéraire et poétique  du sexe masculin : « Les mots qui font mâle »

 

Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Pour vous présenter cet opus, à mettre absolument entre les mains de nos vinolâtres en manque de mots, je préfère m’en remettre à une spécialiste de la chose Agnès Viard du blog Les 400 Culs

 

Plus près de toi, mon pieu

 

« Qu’il soit nommé «pieu» ou «épine», «gourdin» ou «asticot», «anguille» ou «nouille», le pénis met toujours les lexicographes en joie. En témoigne un livre répertoriant plusieurs centaines de citations et de mots d’esprit : «Les Mots qui font mâle», aux éditions Hoebecke. Florilège…

 

Dans un ouvrage tout entier consacré aux «Mots qui font mâle», Jean Feixas et Emmanuel Pierrat répertorient les manières les plus inventives de défendre son cas. Il y a ceux qui vantent la taille de leurs attributs. Certains désignent leur sexe en usant d’unités de mesures équivalentes à 25 centimètres : le chibre, par exemple, serait – à l’origine – l’équivalent d’un empan, c’est-à-dire la distance séparant l’extrémité du pouce et celle du petit doigt. Vantardise. »

 

La suite ICI 

Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Le vin de bagnole (Antonin Iommi-Amunategui/Rue89)

 

 

De mon côté en hommage à un vin-culte « On s’en bat les couilles » de Pascal Simonutti je ne puis que me préoccuper de La malédiction des couilles.

 

« Par rapport au pénis qui n’a jamais souffert d’un symbole dévalorisant, les couilles, lestées, c’est vrai, de la vertu du courage (en avoir ou pas), sont davantage ballotés dans leur honneur et prennent souvent, sous leur dérivé de couillon ou couillonnade (coïon et coïonnade, en vieux français, proviendraient de l’italien coglione, testicule), un tour franchement péjoratif.

 

Mais même en restant couilles, elles ne sont pas flatteuses : « Tu n’es qu’une couille » signifie qu’on est un imbécile. Un peu comme le con féminin et son dérivé de connasse. Et ce ne sont pas les burettes, ces ridicules petites fioles, les balloches (méprisantes), les dépendances ou les sonnettes qui peuvent remonter le niveau, pas plus que les bibelots ou la bimbeloterie, qui font bazar.

 

Restent les burnes, qui ne manquent pas, phonétiquement, d’allure. Les génitoires, qui font sérieux, et les billes, qui font pimpantes. »

 

En tant qu’ancien enfant de chœur j’ai un faible pour les burettes :

 

« Il s’y ajoutait le plaisir de couillonner les femelles : si elles savaient qu’on se décharge les burettes entre copains, elles en feraient une gueule ! »

 

Jean Genet, Querelle de Brest Gallimard 1953

 

  • Pour Denis qui aime les contrepèteries
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  • Et celle-ci pour le ruban vert
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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 00:09
Beaucoup de bruit pour rien : à force de ruer face aux chiffons rouges de l’ANPAA les gens du vin lui donnent une importance qu’elle n’a plus…

L’ANPAA je connais. Je la connais de l’intérieur : j’y ai adhéré et j’ai été, très tôt, l’un des rares à décortiquer ses comptes et à analyser sa stratégie de harcèlement via des plaintes ciblées.

 

La fameuse loi Evin aurait dû être baptisée au nom de son vrai père : Claude Got. ICI  et ICI 

 

Après une longue période d’aphasie, les professionnels du vin se sont réveillés puis organisés autour de Vin & Société.

 

Fort bien, et je n’ai rien à dire sur les messages qu’entendent faire passer les professionnels auprès du grand public si ce n’est qu’ils devraient prendre en compte toutes les questions que celui-ci se pose sur la vigne et le vin ; très clairement occulter ou réagir en défense sur les problèmes des pesticides n’est pas de bonne politique surtout lorsqu’on avance des raisons économiques. La santé publique commence d’abord dans la vigne pour ceux qui y travaillent et vivent dans son environnement.

 

Parer la loi Evin de tous les maux de la terre est un peu commode car la puissance de feu de la publicité pour le vin est si infime que si toutes les vannes étaient de nouveaux ouvertes se serait presque un coup pour rien sauf pour ceux qui en ont les moyens : les grands groupes de spiritueux et de la bière.

 

Ceci écrit, la réécriture de la loi s’impose car son indéfinition du contenu de la publicité a donné lieu à une jurisprudence sans queue ni tête. Attention, la fâcheuse tendance de certains plumitifs du vin à confondre journalisme et publipromotion nuit gravement à la crédibilité de l’argumentation selon laquelle la liberté d’expression serait menacée.

 

Alors, j’ai du mal à me joindre au ramdam auquel a donné lieu le projet de loi de Marisol Touraine…

 

1-Bordeaux fait de la résistance ! via Jacques Dupont du Point

 

Bernard Farges, président du conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux et de la CNAOC, pousse un coup de gueule argumenté contre l'ANPAA.

 

QUELLE VISION DU VIN VOULEZ-VOUS POUR VOTRE PAYS ? [...]

 

Celle défendue par l'ANPAA, avec ses 75 millions d'euros de fonds publics, ses procès permanents et ses amendements remis en main propre au rapporteur de la loi ! Vous aurez peut-être lu avec intérêt le récent entretien de M. Rigaud, président de l'ANPAA, dans lequel il propose, en somme, de limiter la communication pour le vin sur Internet au même titre que les sites pédophiles ou nazis...

 

Oui, voilà à quoi l'ANPAA associe notre communication sur Internet ! C'est une honte !!! C'est une honte... et c'est récurrent !

 

Le directeur de l'ANPAA l'avait déclaré avant lui dans le Wine Spectator et M. Rigaud nous a dit les yeux dans les yeux : « En 1943, les vins français étaient réquisitionnés pour l'armée allemande. C'était une grande année pour la lutte antialcoolique en France ! »

 

Maintenant, ça suffit !!

 

Dans les amendements proposés par l'ANPAA, il est proposé :

 

- de restreindre la communication sur Internet,

 

- de supprimer la référence à la notion d'abus dans le message sanitaire et de mettre donc en garde contre toute consommation d'alcool,

 

- d'interdire les noms de domaine, cuvées, marques qui seraient considérés incitatifs.

 

Ou encore des propositions aujourd'hui au stade de notes internes :

 

- de limiter la publicité à la radio de 22 heures à 6 heures du matin,

 

- de consacrer 20 % de l'espace de tous nos visuels aux messages sanitaires, d'interdire les fêtes viticoles...

 

En bref, des énormités forcément inacceptables qui ne régleront en rien les vrais problèmes ! Mais enfin... la ficelle est grosse ! On nous promet du très douloureux pour mieux nous faire accepter le moins douloureux... l'effet cliquet ! »

 

 

J’avoue que je trouve ce discours bien étrange car il semble ignorer le contenu du projet de loi adopté en Conseil des Ministres et faire de l’ANPAA le cheval de Troie du Gouvernement. Ça frise le procès d’intention, la suspicion, une forme désagréable de combat politique contre un pouvoir qui n’est pas en odeur de sainteté dans les organisations professionnelles du vin. Les mots étaient bien plus mesurés et policés lors de la discussion du projet Bachelot bien plus redoutable. Et qu’on ne vienne pas me dire que je fais moi-même des procès d’intention : mon long séjour à l’Hôtel de Villeroy m’a instruit sur les pratiques de certains.

 

 

L’ANPAA agite des chiffons rouges, l’ANPAA a des alliés au Ministère de la Santé, l’ANPAA cherche à mobiliser des parlementaires sensibles à sa cause : ce n’est pas nouveau et prendre à partie l’exécutif sous le couvert de la nuisance de l’ANPAA n’est pas pour moi de bonne politique face à l’opinion publique. Face à une adversaire, aussi stupide et borné soit-il, il faut savoir raison garder et ne pas se tromper de cible.

 

2-Dans les travées du SIA : le Président de la République et son Premier Ministre dégustent à qui mieux.

 

 

Bien sûr j’entends monter la voix des sceptiques ou des jusqu’au-boutistes : la loi Evin est toujours debout et in faudra la réformer ou l’abattre. La seconde branche de l’alternative m’apparaît improbable. Pour la réforme, au risque de passer pour un optimiste naïf, je suis persuadé  que le fruit va être bientôt mûr. Patience et longueur de temps, ce n’est pas au son du tambour qu’on y arrivera mais par un travail de persuasion intelligent et subtil. À chacun de prendre sa part et, croyez-moi le pouvoir de lobbying de l’ANPAA est sur le déclin, ce qui explique son jusqu’au-boutisme. Le monde du vin a eu aussi les siens, croyez ma vieille expérience. 

Beaucoup de bruit pour rien : à force de ruer face aux chiffons rouges de l’ANPAA les gens du vin lui donnent une importance qu’elle n’a plus…
Beaucoup de bruit pour rien : à force de ruer face aux chiffons rouges de l’ANPAA les gens du vin lui donnent une importance qu’elle n’a plus…

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:06
« Le Journalisme de promenade » le plaidoyer pro domo de Michel Bettane pour sa « petite entreprise »

Dans sa dernière livraison my bettane + desseauve le magazine du vin Michel Bettane face à l’attaque des ON, l’anonymat de combat, contre-attaque, et, sous un titre très Macron-Valls « Entrepreneur, ce gros mot », prononce un plaidoyer pro-domo en faveur de sa petite entreprise qui, selon lui, ne connaît pas la crise.

 

C’est son droit d’actionnaire, et n’attendez pas de moi ni une analyse pointilleuse, ni une critique en règle des propos de Michel Bettane même si je serais très à l’aise dans la mesure où je ne fais pas partie des ON et ne pratique pas l’anonymat : je signe, je nomme et n’hésite pas à cibler le cireur de pompes patenté qui bave sur le « journalisme d’investigation » qui déplaît tant à ses amis.

 

Si je vous soumets ce texte c’est qu’il est révélateur d’une forme de malaise latent de « la presse du vin », sous toutes ses  formes, face à la suspicion qu’elle inspire à certains, disons pour faire court, d’amateurs de vin, sans frontière de génération.

 

La presse, les médias en général, n’ont pas « bonne presse » auprès de l’opinion publique et le métier de journaliste est tout autant vilipendé par le « bon peuple » que les élus de ce même « bon peuple ». Le capital de confiance a fondu comme neige au soleil depuis le temps d’Albert Camus qui exerça le métier de journaliste à l’Alger républicain, au Soir républicain, à Combat et à L’Express et qui considérait les journalistes comme des «historiens au jour le jour, dont le premier souci est la vérité» et le journalisme comme « le plus beau métier du monde » en justifiant son affirmation «parce qu'il vous force à vous juger vous-même »

 

Dans le vin, le journaliste est à la fois critique et se veut parfois aussi reporter mais comme je l’ai écrit hier le publi-reportage est souvent au bout du chemin avec plus ou moins de subtilité dans la présentation. Alors l’indépendance est un territoire extrêmement difficile à baliser pour les nouveaux journalistes « entrepreneurs ». Michel Bettane écrit « L’indépendance est certainement un concept sacré pour la presse, mais pas forcément dans le domaine que l’on croit. Elle n’a pas grand-chose à voir avec les pressions économiques dont on peut toujours se libérer par la démission. Elle commence et finit dans la sphère de l’éthique individuelle et certainement pas collective. L’indépendance véritable nait chez le journaliste d’une ascèse qui repose sur deux grandes bases :

 

  • La première est le savoir…
  • La seconde est peut être encore plus importante, c’est un travail sur soi…

 

Je m’arrête là et vous laisse le soin de penser ce que bon vous semble tout en soulignant que la critique du vin touche une infime proportion des consommateurs de vin et que ce débat à un petit goût de « cabine téléphonique » concept cher aux railleurs des radicaux cassoulets. Lorsque la presse généraliste s’empare du sujet ça donne ça 

 

La parole est à Michel Bettane :

 

« Décidément dans un pays fantasmé aussi pourri que le royaume du Danemark, bien entendu entretenu dans son immoralité par une presse tout aussi contaminée, il n’y a que les citoyens libres, quand ils assument avec fierté leur liberté d’expression sous un anonymat de combat, pour défendre les vraies valeurs de la République.

 

Les Lumières ?

 

Vous plaisantez.

 

Le Savoir Libérateur n’est plus de mode. Au contraire point trop n’en faut, l’authenticité de l’approximation, voire de l’erreur et du dogme sont bien plus respectables. L’enquête devient même suspecte chez les journalistes, de même que l’information de première main pour les experts.

 

Notre travail, chez Bettane et Desseauve, a récemment été qualifié de journalisme de promenade, formule désormais immortelle dont il était facile pour nous de nous moquer sans la même méchanceté, d’ailleurs. Mais voilà qu’on dénonce avec nostalgie dans les mêmes cercles la disparition du journalisme à l’ancienne (et on oublie toutes les suspicions passées). Les mêmes laissent entendre que les nouveaux journalistes « entrepreneurs » sont bien moins indépendants, prisonniers du conflit d’intérêt et d’annonceurs manipulateurs ou vaches à lait, au choix, à moins que les deux réunis ne soient la base du Grand Complot. Quelques esprits influençables peuvent évidemment mordre à la rhétorique de mots dont ils ne connaissent parfois pas la définition exacte, ce qui me conduit ici à rappeler quelques faits et les principes qui ont présidé au développement actuel de notre « petite entreprise ». Celle-ci, j’en profite pour rassurer nos détracteurs, ne connait pas la crise.

 

La suite ICI 

 

Pro Domo : se dit du plaidoyer d'une personne qui se fait l'avocat de sa propre cause, qui plaide pour soi-même.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 00:09
La cuisine contemporaine : esbroufe ou créativité ?

Pourfendre la cuisine contemporaine ou l’idolâtrer, entre ceux qui l’exècrent et ses zélotes il est difficile d’en placer une. Comme toujours en notre vieux pays si tu n’es pas pour ou contre tu es forcément un allié objectif du camp d’en face. C’est un sujet clivant comme le disent les gens qui causent riches. Dans la petite blogosphère, le Pierre de Lagarde du manger et du boire dans la haute tradition c’est Pousson  qui se promène avec une tête de cochon sous un bras et un litron d’Hubert de Montille sous l’autre.

 

C’est son droit, je ne lui conteste pas mais de là à me ranger dans le poulailler de ses ouailles il y a un pas en arrière que je ne franchirai pas, tout comme d’ailleurs je ne m’esbaudirai pas face à des créations qui ne sont que des gestes pour la galerie. Je n’ai jamais eu de goût ni pour les chapelles, ni pour les conservateurs souvent réactionnaires, ni pour les révolutionnaires en peau de lapin qui passent rapidement à la caisse pour empocher les dividendes de leur esbroufes.

 

Il n’en reste pas moins vrai que cette forme de cuisine existe, elle a des adeptes qui ne sont pas tous des snobs ignorants, des bobos en quête de chichis, des vieux dans mon genre qui veulent séduire les jolies filles, et que tous ses pratiquants ne sont pas à fourrer dans le même sac sous prétexte qu’ils mettent des fleurs dans leurs assiettes ou qu’ils adorent les légumes oubliés.

 

Contemporain- contemporaine : « Qui appartient au temps actuel (par rapport au moment envisagé dans le contexte). »

 

Le monde, l'âme, l'époque, la pensée, la vie contemporain(e); l'art, le roman, le théâtre, la prose, la philosophie, la sociologie, la psychologie, la littérature, la mathématique, la logique contemporain(e); l'histoire, les récits, la pensée, les institutions, les mœurs contemporain(e,s); la civilisation, l'architecture, la scène, la production contemporaine.

 

Alors me direz-vous la cuisine d’aujourd’hui est forcément contemporaine sauf que, à l’image de l’art contemporain, elle est traversée par des gestes qui bousculent vraiment l’ordre ancien.

 

« Nous devons nous rendre à cette évidence, quoi qu’en aient à souffrir les puristes : l’art en train de se faire n’a pas toujours été « contemporain ». Ou encore : on ne s’est pas toujours senti contemporain de l’art en train de se faire. En effet, « art contemporain » est une expression qui s’est imposée surtout à partir des années 80, supplantant alors « avant-garde », « art vivant », « art actuel ». Elle possède les qualités des expressions toutes faites, suffisamment large pour se glisser dans une phrase lorsque l’on manque d’une désignation plus précise, mais suffisamment explicite pour que l’interlocuteur comprenne que l’on parle d’une certaine forme d’art, et non  de tout l’art produit par tous les artistes aujourd’hui vivants et qui sont donc nos contemporains. »

 

Catherine Millet L'art contemporain histoire et géographie Champs arts

 

Le parallèle me semble pertinent car la cuisine contemporaine se veut et se vit comme conceptuelle, l’assiette relève de l’installation, comme le relève le blog des frères Pourcel. 

 

 « Quand le contenant l’emporte sur le contenu.

 

  • Privilégier le message et l’assemblage plutôt qu’une vraie cuisine.

  • Décomposer les préparations, les rendre complexes et ludiques, alors que finalement le plat est souvent basique.

  • Minimalisme : Dessiner l’assiette, jouer sur les couleurs et texture, ne pas oublier le croustillant et la gelée en cube (que l’on trouve partout)…

« Un peu partout dans le monde, la jeune cuisine fait sa révolution, de Tokyo à Madrid, de Londres à New York, de Paris à Melbourne, de Milan à Singapour… l’assiette fait une sorte de coming-out, elle s’efforce de balayer le passé, d’être vraie et de s’ouvrir à d’autres univers.

 

Le naturel, le locavore, l’esthétisme version bio, la transgression d’un territoire, la betterave du jardinier du coin, la viande de l’éleveur génial du fin fond de la province, … l’esprit  « 50 Best  » envahit nos assiettes, à tels points que tout cela donne l’impression que pour être reconnu et faire partie des tables dont la presse parle, il faut se calquer sur quelques fondamentaux très en vogue actuellement… »

 

Point de vue de professionnels de la profession qui, comme celui des galeristes et des agents d’artistes, barbotent dans le même marigot d’ego. Nous vivons tous dans le même monde où, les vendeurs de vent, les agents, les communicants, les blogueurs asservis, les twitteuses qui disent toujours oui, font reluire ces ego pour que les fourneaux puissent faire rapidement bingo. Le storytelling règne en maître sous le joug des géants de l’agro-alimentaire. Il faut bien vivre monsieur, Omnivore, le Shira, etc. ne sont que des vitrines qui ont de plus en plus de mal à cacher l’origine de leurs gros bienfaiteurs.

 

Pour autant je ne conteste pas la pertinence de certaines de leurs remarques mais je trouve l’analyse un peu courte et surtout énormément réductrice lorsqu’elle fourre tout le monde dans le même grand sac des bobos des villes qui ne jurent que par le naturel, le locavore, le bio, voir ce qu’ils écrivent plus haut.

 

La haute-cuisine des anciens maîtres, dans son isolement élitiste, semblait hors le monde du commun, seuls les privilégiés pouvaient avoir accès aux produits d’excellence du terroir ou de la mer. Le chichi, le prout-prout tralala, le décorum, initiés par le vieux guide rouge ne diffusaient guère dans le manger populaire. Nos petits nouveaux de la cuisine contemporaine ne se sont pas totalement libérés de tous ces codes et leur esthétisme n’a rien à envier aux fanfreluches pour nouveaux riches qui encombrent les salles de beaucoup d’étoilés. Leurs additions sont aussi salées que celles de leurs prédécesseurs avec des rations qui frisent le foutage de gueule, j’en conviens aisément.

 

Pour moi, la question n’est pas là où la place le petit monde des chefs en place et de ceux qui gravitent autour des chefs, aussi bien ceux qui exècrent la cuisine contemporaine que ceux qui l’idolâtrent.

 

Ce qui me paraît intéressant et important dans cette tendance, qu’il ne faut pas réduire à une simple mode pour urbains friqués, c’est son effet de diffusion sur les nouvelles générations. Il est si facile de railler le bio, le locavore, les amap, l’économie sociale et solidaire, les produits équitables, les fruits et légumes oubliés, les espèces animales en voie de disparition… dans un monde où des gens crèvent de faim ou ont du mal à boucler leur fin de mois. En revanche, si l’on souhaite vraiment promouvoir des modes de production alternatifs pour alimenter de nouveaux circuits de distribution, il faut être en capacité de remettre sur le chantier une cuisine simple de produits simples.

 

Rappelons que « pour réduire leur budget alimentation  au minimum, 98 % des Français ont modifié leurs comportements. Ainsi, 87 % d’entre eux déclarent cuisiner leurs restes pour éviter de gâcher, 85 % affirment comparer systématiquement les prix des produits selon les marques (66 % préfèrent d’ailleurs les marques de distributeurs aux grandes marques). Pour aller plus loin dans les économies possibles, 84 % des personnes interrogées privilégient les produits en promotion et 81 % disent utiliser régulièrement des coupons de réduction.

 

Toujours dans une perspective de réduction des coûts, ils sont 75 % à limiter leurs sorties au restaurant (versus 56 % pour les foyers aux revenus supérieurs à 3 500 euros et plus). Dans ce domaine d’ailleurs, 44 % des Français estiment que le budget dédié aux loisirs gastronomiques est en baisse par rapport à l’an passé (versus  22 % qui le considèrent en hausse et 34 % qui le jugent stable). »

 

La partie est loin d’être gagnée puisque 87 % des Français privilégient la grande distribution pour faire leurs courses (37 % en supermarché, 36 % en hyper et 14 % en hard-discount). Preuve que ces canaux de distribution classiques séduisent davantage que les circuits courts : seuls 5 % des Français s’approvisionnent au marché et 2 % directement auprès des producteurs.

 

La bataille se joue bien sûr dans les assiettes de nos chefs de haute cuisine, anciens ou contemporains, mais elle se mène bien plus en profondeur dans l’immense étendue de la Toile. Et c’est à ce niveau que les petits nouveaux excellent, ils occupent le devant de la scène, irritants, surexposés mais imprimant le tempo.

 

Leur discours touche bien plus que le long lamento des fous de tête de veau. Le réduire aux petites fleurs, poudres, pousses, minis-herbes c’est se laisser aller à la facilité, faire ce qu’on fait un temps les anti-bios avec les bio-cons, se crisper, entrer dans un déni de réalité des attentes de la société. Sur le temps long la tendance lourde, des modes de consommation et de distribution, ne va pas s’inverser mais ce qui était considéré comme marginal va peser et induire des inflexions.

 

Dans la bataille de la mondialisation notre capital de création de valeur, nos vraies différences compétitives, se situent dans ces produits que l’on estimait jusqu'ici ringards, tués par la normalisation, l’hygiénisme, la standardisation… Il ne s’agit plus de les défendre mais de les promouvoir, de les revisiter, de les faire aimer.

 

Alors, par-delà les excès, les ego, les outrances, les dérapages, les provocations, de ces nouveaux Rastignac des assiettes se dessine un modèle alimentaire qui introduira des coins dans la toute-puissance des faiseurs de bouffe emballée, aseptisée, normée. Je ne sais si ces minuscules anfractuosités ébranleront le système, je ne le crois pas et, de toute façon, ne le verrai pas, mais ce dont je suis sûr et certain c’est qu’une agriculture que l’on croyait morte et enterrée va avoir de beaux jours devant elle.

 

Au lieu de geindre à nous de jouer car nous sommes aussi le système ! 

 

La cuisine contemporaine : esbroufe ou créativité ?

La cuisine responsable et engagée de Colombe Saint-Pierre Le Bic Canada  

 

« Colombe raconte un produit, puis un plat, au détour d’une anecdote. Comme ce cochon d’une redoutable gourmandise. Un médaillon de porc donc, lardé de pancetta, servi avec un ravioli de porc et feta et une poêlée de cerfeuil tubéreux et chanterelles. Un bon morceau de « fesse » comme le décrit Colombe avec sa spontanéité pétillante. « Ce cochon, c’est celui que mangeaient ses grands-parents » ajoute Alex. Il est cuit comme un rôti, enroulé de pancetta maison. « J’ai mis cinq ans à maîtriser la charcuterie » raconte-t-elle, comme l’un de ses challenges évidents. »

 

La cuisine contemporaine : esbroufe ou créativité ?

 

« Mon fil conducteur est devenu très simple : vous devez pouvoir lire mes plats facilement. Je suis là pour vous montrer le travail des fermiers, vous devez comprendre le produit sans avoir la technique. »

 

In Itinéraires d’une cuisine contemporaine n°1/10

La cuisine contemporaine : esbroufe ou créativité ?

Gros tambour et petite trompette : un débat à la Française

 

Périco Légasse

 

« C’est un guide rouge, on pourrait le croire prolétarien, voire marxiste, mais pas du tout, les étoiles sont donné dans les quartiers les plus luxe… l’étoile c’est la compétence du cuisinier pas la qualité de la nappe … 

 

C’est quoi la gastronomie française ? … c’est un pays agricole de paysannerie, avec une diversité de produits, de paysages c’est la fonction de l’air et de la terre qui a généré ce patrimoine… c’est la bonne bouffe contre la malbouffe… 

 

Ce pays est en train de crever, de la mondialisation industrielle …

 

Indépendamment de Wall Street de grandes cours de Bruxelles…. quand vous mangez, vous votez … vous faites du bien à votre environnement, vous faites du bien à votre pays … mangez des produits de la France 

 

« Le guide n’a pas arrêté d’encenser des cuisiniers étrangers en Espagne, au Danemark … qui ne sont pas des cuisiniers mais des chimistes.

 

En France aujourd’hui on mange la cuisine du moment, la cuisine soixantuitardisée, libérée… qui a reniée toutes les valeurs fondamentales, tout l’ADN de la cuisine française … 

 

Le guide Michelin fut une institution, il fait du suivisme, une sorte de renonciation, de démission, pour suivre l’air du temps, pour quelque chose qui se lèche, qui se suce …

 

Les cuisiniers ont abandonnés leurs statuts d’artisans …pour devenir des artistes, les gens leurs ont dit dont Gault Millau sortez des cuisines, devenez des artistes, faites des œuvres d’arts dans vos assiettes….

 

La cuisine d’aujourd’hui c’est une espèce de bouillie de chat, multicolore, décorée, …

 

le problème, c’est que Michelin, c’est le seul tribunal qui n’explique pas ses verdicts, vous avez deux ou trois étoiles, vous ne savez pas pourquoi … 200 ou 300 euros dans une addition, on a envie de savoir pourquoi, pour quelle raison, cette année, c’est un jeu de massacre … Il demande que Michelin commente ses décisions … toujours pour les artistes, jamais pour les artisans … »

 

Franck Pinay-Rabaroust

 

« Périco il y va un peu fort, il y va de sa faconde, le guide Michelin, lui ce qu’il fait c’est qu’il essaye de s’adapter, de coller au rythme de la gastronomie qui va de plus en plus vite.

 

On a taxé durant de nombreuses années le guide Michelin de conservatisme, … Périco était déjà à sa place et gueulait contre le guide Michelin, au moins le guide Michelin essaye d’évoluer …

 

La gastronomie va trop vite, le guide Michelin essaye de suivre ….

 

Il y a une volonté d’avant-gardisme du guide Michelin, qui effectivement perd son identité, chaque guide, chaque média à un positionnement éditorial, on est bien placé pour le savoir, le guide Michelin est en train de le perdre, d’autre comme Omnivore ou le Fooding ont incarné le renouvellement, la nouvelle cuisine, les jeunes chefs tatoués, poilus … le guide Michelin est sommé d’évoluer, sinon il va mourir…

 

Il a la dimension économique, on lui as dit – tu gagnes de l’argent, sinon tu vas passer sous d’autres mains – … le guide Michelin c’est une grand-mère, donc il avance doucement … il s’en sort pas si mal que ça …

 

Le guide Michelin, c’est la référence …. La critique c’est très subjectif, c’est un regard à un moment donné … »

La cuisine contemporaine : esbroufe ou créativité ?
La cuisine contemporaine : esbroufe ou créativité ?

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 00:09
J’adore les publi-reportage de Terre de Vins : « Val d’Orbieu : portait d’un géant du vin »

En France, et surtout dans le South of France, on est toujours impressionné par les hectos : « 11 caves coopératives et 60 domaines, 17 000 ha de vignes, 3 millions d’hectolitres commercialisés : le 3ème producteur négociant français, derrière Castel et Grands Chais de France, est un géant discret du nom de Val d’Orbieu. »

 

Sans vouloir ramener ma science je ne suis pas sûr que le Val d’Orbieu soit sur le podium des plus 3 grands négociants de France avec ses 280 millions de CA, l’encore plus discret groupe du bourguignon Jean-Claude Boisset me semble dépasser les 300 millions après l’acquisition d’Henri Maire (à vérifier).

 

En revanche, une quasi-certitude y’a pas photo pour la profitabilité, détail qui n’intéresse guère le Publi-reporter de Terre de Vins « Le groupe affiche en 2014 une insolente santé financière et commerciale… Et revient de loin. Après des années de difficultés (…) Val d’Orbieu avait réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros. En 2014, ce chiffre est monté à 280 millions. Le groupe doit cette progression à ses achats autant qu’à la progression de ses ventes… »

 

J’adore les publi-reportage de Terre de Vins : « Val d’Orbieu : portait d’un géant du vin »

Un petit coup d’encensoir pour Bertrand Girard recruté en 2010 pour « diriger une réforme drastique et mettre en œuvre un plan ambitieux de retour à la croissance. Manager visionnaire, spécialiste des marchés asiatiques, Bertrand Girard n’est pas issu de la coopération et est fort d’un parcours international, dans la promotion et le commerce de produits agroalimentaires chez Danone, puis à la Sopexa. »

 

Faut dire que le groupe avait bien besoin d’une remise en ordre, mais où est donc passé Cordier-Mestrezat ? Son président serait-il toujours un audois ? Lire ICI le publi-reportage de Terre de Vins.

 

Je note avec satisfaction que « Bertrand Girard revendique le statut de Val d’Orbieu : producteur marketeur de vins du Languedoc, et plus largement du sud de la France, première winery de France, avec une équipe technique capable de produire des vins de marques comme des cuvées parcellaires de caractère, en travaillant notamment avec des domaines particuliers. » mais en terme de lisibilité commerciale ça me semble rester au stade conceptuel. « La marque emblématique du groupe reste la Cuvée Mythique en IGP Pays d’Oc et La Mythique Languedoc en AOP Languedoc. » ne peut guère se targuer d’un vrai statut de marque. Son niveau de bruit médiatique relève du bas bruit qui font d’elle une parmi d’autres dans les rayons de la GD.

 

J’adore les publi-reportage de Terre de Vins : « Val d’Orbieu : portait d’un géant du vin »

Mon bon ami, Olivier Dauga, « Le faiseur de vins » http://www.olivierdauga.com/ , l’œnologue qui n’est pas allé à l’école… « ce créatif pur jus, doublé d’un aventurier » de glisser 50 nuances de monnaie dans le beau portrait de l’ancienne maison d’Yves Barsalou. Mais comme au départ notre tonitruant homme, aux chemises à la Antoine, a fait de la danse classique, je suis prêt à le suivre lorsqu’il vient élargir sa palette avec l’extraordinaire variété des terroirs du Languedoc, aux expressions si marquées. Mais, mon cher 2e ligne le marketing c’est du pognon, des ronds derrière chaque col et les sous il faut d’abord en gagner pour les investir dans une marque internationale.

 

L’expérience malheureuse de Chamarré, marque qui se voulait internationale, dans laquelle le Val d’Orbieu était partie prenante, est là pour prouver qu’on ne peut mettre la charrue avant les bœufs.

 

Lisez-moi bien je ne donne de leçons à qui que ce soit et je comprends fort bien que les ambitions de Bertrand Girard pour le groupe qu’il dirige se traduisent par une communication aux petits oignons, l’affichage de belles ambitions, la mise en œuvre de plein de chantiers : le développement de l’œnotourisme, auprès des caves comme des domaines, par exemple, et qu’il veuille tirer avantage de sa taille et de la variété inouïe de ses terroirs.

 

C'est son job de boss d'un groupe, à lui de mettre en face de ses ambitions les moyens pour les concrétiser.

 

Le problème pour moi c’est que Terre de Vins se contente de relayer le message avec une fidélité sans faille. L’information ça se collecte, ça se traite, ça s’analyse, ça se met en perspective, ça n’est pas la pure compilation de la communication d’entreprise.

 

Faut faire le job, la crédibilité de la presse du vin est à ce prix…

 

Les Echos de ce jour :

 

Boisset emploie 740 personnes, dont 300 en Bourgogne et 160 aux Etats-Unis et estime son chiffre d'affaires consolidé à 250 millions d'euros (65 millions à l'export) pour 2014, pour un résultat net de 6 millions d'euros.

 

La vérification est faite, simplement j'aimerais que l'on fasse le podium de la profitabilité :-)
 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 00:09
La RVF me veut vraiment : 55% de réduction + le guide rouge des bonnes affaires du vin + 6 verres Reveal’Up Soft : 61€ seulement pour 1 an : racolage !

Cher Denis  Saverot et toute l’équipe de la RVF,

 

Je dois vous l’avouer : je suis vraiment très ému de votre extrême sollicitude à mon égard, bouleversé même. Pensez-donc, chers lecteurs, moi qui sais encore faire des additions, des soustractions et des pourcentages (je me vante) je n’en croyais pas mes yeux face à l’énormité du cadeau qui vous m’avez proposé :

 

84,20 € + 16 € + 53,40€ = 153,60€ c’est de total du prix du lot sur le marché (certes ce n’est pas le prix de gros)

 

Et là-dessus vous ne me demandez que 61€ ce qui nous donne une réduction de 92,60€ en cadeau soit 55% de réduction selon votre coupon.

 

Un peu éberlué j’ai refait le calcul 92,60€ x 100 : 153,60€ pour moi ça fait 60,2% de réduction sauf si je ne sais plus faire des pourcentages.

 

Mon cher Saverot, c’est trop !

 

En plus, cerise sur le gâteau, vous m’offrez une invitation pour 2 personnes au Salon de la RVF qui se tiendra les 5 et 6 juin au Palais Brongniart à Paris. Y’a longtemps que vous ne m’invitiez plus à votre pince-fesses. Suis touché par votre délicate attention. Je pourrais même y amener une fiancée.

 

Les comptes fait, vous le savez, un tel cadeau somptuaire est contraire à ma déontologie de blogueur, je ne voudrais pas que votre PDG, le Lubot notre ami commun avec Pierre Jancou, vienne vous reprocher de m’avoir invité et m’accuser d’avoir profité de vos largesses.

 

Et puis, je dois vous faire un aveu mon cher Denis je n’ai pas besoin de guide car je ne m’en sers jamais ; quant à vos 6 verres c’est gentil de me les fourguer mais à mon âge on n’en est plus à se constituer une liste de mariage.

 

Bref, sans vouloir être mauvaise langue, vos petits cadeaux sont un peu là pour faire gonfler la note, faire péter le pourcentage, alors qu’en fait vous me proposez de payer 61€ pour 12 numéros de la RVF soit 5€ le numéro ce qui vaudrait 84,20€ chez mon kiosquier soit 7€ le numéro.

 

 

 

La RVF me veut vraiment : 55% de réduction + le guide rouge des bonnes affaires du vin + 6 verres Reveal’Up Soft : 61€ seulement pour 1 an : racolage !

Avouez qu’ainsi c’est un peu plus riquiqui comme solde.

 

Si vous m’aviez proposé une caisse du nectar d’Hubert de Boüard de Laforest classé A + les œuvres complètes du blogueur de l’année Antonin Iommi-Amunategui + le portrait de Laurent Fabius dédicacé, je suis sûr que j’aurais craqué.

 

Je me serais alors vautré dans la dégustation chic et choc et ainsi je serais entré de plain-pied dans le cercle très étroit des amateurs éclairés. J’aurais enfin pu me débarrasser de ma couche d’ignorance crasse, tenir le crachoir à des petites louves et des petits loups émerveillés par mon bagage, être invité dans tous les nouveaux chais haut comme des cathédrales, accueilli par des hôtesses en mini-jupe à ma descente d’hélicoptère, m’abonner à l’académie des vins vieux de François Audouze, aligner des grosses notes sur 1OO comme Bob Parker, rivaliser avec Bettane, vanner plus encore JM Quarin, faire blêmir de rage plus encore le de Rouyn, colloquer avec le Pr Pitte, donner des cours dans les écoles de commerce, courir le monde sur les traces toutes fraîches de Stéphane Derenoncourt, devenir conseil comme Hubert, peut-être même m’installer dans un garage à la manière d’un Jean-Luc Thunevin, postuler à la présidence de l’INAO, pour enfin commettre un brûlot à la manière d’Isabelle Saporta titré MOI.

 

Voilà ce à quoi vous avez échappé mon cher Denis en voulant m’appâter avec votre bimbeloterie, vous voilà donc maintenant rasséréné et apaisé.

 

Un petit détail mon cher Denis Saverot : il est très malséant d’écorcher le nom d’un personnage tel que moi, dont la surface médiatique est immense, en effet mon patronyme c’est BERTHOMEAU avec M comme Marcel et non BERTHOREAU avec un R comme Robert.

 

J’attends de votre part Denis SAVEMOT pardon SAVEROT de plates excuses par écrit.

 

Par avance merci !

 

Avec mon meilleur souvenir et des bises aux quelques rédacteurs de la RVF que j’aime bien…

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

Semaine de funambule, côté cœur comme côté job, ça avait très mal commencé avec une envie de tout quitter, ça a beaucoup mieux fini dans un bar du bout du monde rue de Lancry. Toucher le fond de la piscine, couleur bleue marine, pour se retrouver rasséréné, regonflé, il en a toujours été ainsi dans ma vie même si aujourd’hui je sens se pointer l’extrémité de celle-ci. Je suis heureux comme je ne l’ai jamais été. Ma vie est fluide, légère, impalpable. Je ne demande rien, n’exige rien, profite des bons moments à plein, intensément. Le temps ne compte plus tout au bout de notre isthme, il s’égoutte dans son sablier. Nos vies se croisent sans s’emmêler. C’est doux c’est chaud, la vie au présent partagée comme une cigarette roulée fumée de concert.  Le cinquante, au 50 de la rue de Lancry et à cinquante pas du canal Saint-Martin avec des airs d’années 1950 pas trop appuyés... Le bar cache bien son jeu, sonne juste en un entre-deux à l’ancienne sans trop de vieilleries, de bric et de brac avec table et chaises en formica jaunes, vertes … et un zinc derrière lequel de bonnes tronches servent à boire et à manger. À l’arrière,  deux salles très maison campagne où ce soir-là, le piano était en mains avec à ses côtés une contrebasse, des vieux dans une antre de jeunes. Tout ça c’est Émilia ma belle persane. J’aime ! Je l’aime…

 

Retour au taf, discours musclé :

 

Le jeune Macron s’est fait un nom. Ha ! ce fameux 49-3, on ne vote pas le texte de loi débattu, adopté par défaut d’un vote positif d’une motion de censure, l’arme nucléaire, belle mécanique pour mater sa majorité parlementaire imaginée par le père de la Constitution de la Ve République, Michel Debré. L’exécration du grand Charles pour ce qu’il qualifiait avec mépris de régime des partis, trouvait là sa plus haute expression. Devant ses ministres réunis le dimanche 20 janvier 1946, il expliquait qu'il serait « vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan ». Il s'agit, dans son esprit, de bien choisir entre un gouvernement qui gouverne et une assemblée omnipotente, ne faisant que déléguer à un gouvernement pour accomplir ses volontés. Dans ses Mémoires de guerre (Le Salut), de Gaulle s’expliquait : « J'entrai, serrai les mains et, sans que personne s'assît, prononçai ces quelques paroles : « Le régime des partis a reparu. Je le réprouve. Mais, à moins d'établir par la force une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n'ai pas les moyens d'empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer. Aujourd'hui même, j'adresserai au Président de l'Assemblée nationale une lettre lui faisant connaître la démission du Gouvernement. Je remercie bien sincèrement chacun de vous du concours qu'il m'a prêté et je vous prie de rester à vos postes pour assurer l'expédition des affaires jusqu'à vos successeurs soient désignés. »

 

Les soi-disant héritiers du Général, le petit caporal Nico en tête, se sont, comme à l’ordinaire couvert de pipi. Tous, à l’exception de Juppé qui s’est fait discret, ont joué des partitions dans le plus parfait désordre, la surenchère, bel exemple du retour en force des petites et basses manœuvres d’une UMP traversée par les dérives du fameux régime des partis. La palme de l’ignorance de la vulgate gaullienne revenant sans contestation à ce pauvre et lourdaud Christian Jacob. Pour qui, comme moi, connaît le personnage, son ton de gros tambour creux était pitoyable, minable. Cette forme de frénésie à appeler à la dissolution de l’Assemblée Nationale pour revenir à la soupe avec le FN au cul est contraire à l’un des credo du Général : la stabilité des institutions. C’est le coup d’Etat permanent à la Mitterrand. Je ne puis m’empêcher de citer aussi une belle raffarinade, pour  le génie du Haut-Poitou, l’utilisation de l’article 49.3 équivaut à aller «chercher un bulldozer pour faire des pâtés de sable». C’est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité, avec le coup de pied de l’âne en direction de la bande à Sarko  «Ce n’est pas un drame d’utiliser l’article 49.3 qui est un outil institutionnel, ce qui est dérisoire, c’est de [le] sortir pour un texte de cette nature, qui n’a pas du tout l’ampleur que nous attendons dans la crise économique dans laquelle nous sommes». Ces gens-là n’ont pas de honte quand on se souvient, et de leurs reculades, et de leur incapacité à assumer la mise en œuvre des fameuses réformes qu’ils disent vouloir maintenant nous enfiler.

 

À gauche rien de nouveau, du côté du Front du même nom c’est toujours la surenchère avec des cocos qui disent vouloir voter une motion de censure avec la droite et un Merluchon qui commence à se sentir bien seul pour tirer les marrons du feu d’un PS dont il diagnostique la fin. Chez les écolos, comme toujours, c’est le grand n’importe quoi entre la danseuse mondaine Cécile Duflot et le renard des sables Vincent Placé : le jeu des alliances cher à la IVe qui assure des sièges dans les assemblées. À quand le retour des apparentements que le gouvernement de la Troisième Force avait fait voter dans une loi électorale de mai 1951 qui instaure les apparentements. La Troisième force fut une coalition politique française sous la quatrième qui rassemblait les socialistes de la SFIO, le MRP et les radicaux plus quelques petits partis centristes. Cette loi prévoyait que, dans un scrutin proportionnel, deux listes distinctes pouvaient annoncer qu'elles s'apparentaient. Dans ce cas, elles additionnaient le nombre de voix qu'elles ont obtenues. Si à elles deux elles obtenaient la majorité absolue des suffrages, elles recevaient tous les sièges au sein d'une circonscription. Ce système favorisait les partis de la Troisième Force qui pouvaient s'apparenter, alors que les gaullistes ou les communistes ne pouvaient pas le faire. Le triomphe du régime des partis !

 

Alors, entendre ce pauvre Christian Paul jouer les frondeurs, pour quelques messes de moins, afin de tenter de sauver ses meubles, est tellement dérisoire qu’on en vient à souhaiter que les petites manœuvres d’un congrès du PS subclaquant amplifieront la déroute électorale à venir. Montebourg lui, pendant ce temps-là, fait le beau avec son Aurélie du côté de la grosse pomme en se ramassant un miroir sur la tronche. Il laisse le champ libre à un Benoît Hamon qui, en bon breton, a toujours l’air avec sa cravate noire de porter le deuil de ses ambitions déçues. Et pendant ce temps-là aussi Bayrou est à Pau et le petit Nicolas arpente la Saône-et-Loire en faisant semblant d’écouter les agriculteurs « Alors que les députés UMP votaient la censure du gouvernement, jeudi 19 février, Nicolas Sarkozy a sillonné les routes de Bourgogne. Au milieu des photographes, il a caressé le mufle d’une vache charolaise, embrassé les enfants du village et discuté avec leurs parents, pour la plupart éleveurs à Mellecey (Saône-et-Loire). Dans une pièce de l’étable, autour d’un café, il a été question des charges sociales, de la politique agricole commune (PAC), de la concurrence des abattoirs allemands… Mais aussi d’un mode de vie à défendre, de « ces terroirs qui ne se transportent pas » contrairement à ces vins de mauvaise qualité que « l’on produira toujours moins cher quelque part dans le monde ».

 

Et nous on est un peu dans la merde car entre le patron de l’UMP et Alain Juppé, l’Elysée choisit le premier comme adversaire en… 2017. Un journaliste a écrit un papier qui résume bien la situation : «Merci Sarkozy !» A l’Elysée, on ne le crie pas trop fort, mais les amis de François Hollande ont bien du mal à retenir ce cri du cœur. Un de ses proches résume la nouvelle donne politique depuis le retour sur scène de l’ex-chef de l’Etat : «Sarkozy, il faut le garder au chaud. Et quand la flamme diminue, il faut remettre du gaz.» Les hollandais attendaient ce moment avec gourmandise. «Qu’est-ce qu’il fait comme bêtises !» se réjouit un vieux compagnon de route de François Hollande, oubliant un peu vite les débuts calamiteux du quinquennat et les sondages qui recommencent (déjà) à plonger. Qu’importe ! Pour l’heure, les fidèles du président ne se lassent pas de commenter les premières semaines cafouilleuses du patron de l’UMP. François Hollande ne rate pas une occasion de glisser des piques contre son meilleur ennemi. Lors de sa dernière conférence de presse, il a ironisé sur l’art de la synthèse que ce dernier expérimente à l’UMP. «Sarkozy, il ne le regarde pas d’un œil mais des deux. C’est son sparring-partner. Ça le motive et ça le fait rigoler. C’est un personnage qui le fascine», explique un visiteur de l’Elysée. «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

 

Obsession mutuelle, Sarko « ne croit pas une seconde à une autre hypothèse que Hollande. Il n’envisage pas Manuel Valls. «N’enterrez pas trop vite le duel droite-gauche », a-t-il lâché récemment devant des proches. Preuve qu’après l’avoir longtemps sous-estimé – à tort – Sarkozy a fini par prendre Hollande pour un redoutable adversaire. » J’exhorte mes troupiers : « Pour nous le cap n’a pas changé, nous jouons la carte Juppé pour préserver la trajectoire présidentielle de Manuel et faire la peau à la Marine qui avec lui prendra une vraie mufflée… »

CHAP.15 opération Chartrons, «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

Un rajout signé Roselyne Bachelot

 

Dans « A feu et à sang : carnets secrets d’une présidentielle de tous les dangers » (Flammarion), paru en 2012, vous critiquiez sévèrement la « droitisation » de la campagne de Nicolas Sarkozy. Cet hiver, lors d’un meeting tenu près d’Angers, l’ex-chef de l’Etat a exprimé ses regrets de vous avoir "choisie" comme ministre...

 

« J’ai bien servi la République et j’ai été une ministre loyale. Je fais crédit à Nicolas Sarkozy de m’avoir nommée pour de bonnes raisons : il connaissait mon expérience, ma capacité de travail et ma connaissance des sujets sociaux et sanitaires. C’est lui qui a pris toutes les décisions importantes. Sur tous les sujets, j’ai appliqué « sa » politique. Je n’ai d’ailleurs fait l’objet d’aucune remontrance ni d’aucune discussion. Certains collègues, au sein du gouvernement, me disaient : "C’est drôle, tu es la seule qu’il n’engueule pas." Sur cette campagne de 2012, j’ai dit ce que j’avais à dire. Je suis une femme politique, j’ai des convictions. Je ne suis pas une femme que l’on « choisit » dans un harem. Nicolas Sarkozy est le pire ennemi de lui-même. Pourquoi dire cela dans une circonscription que j’ai représentée pendant près de vingt-cinq ans, devant des militants qui m’aiment ? Pourquoi ne joue-t-il pas les grands seigneurs ? Pourquoi supporte-t-il uniquement les gens qui sont à genoux devant lui ? Pourquoi se laisse-t-il toujours emporter par ses passions ? Pourquoi s’en prendre à moi, alors que je suis retirée de la vie politique, chroniqueuse sur D8 et que je ne reviendrai pas dans le jeu politique ? Cet homme est incorrigible. »

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 00:09
Mais où est donc le véritable paysan ? De Le Roy Ladurie avec Les Paysans Français d’Ancien Régime à ceux de l’intelligence est dans le pré…

Dans sa postface au livre d’Emmanuel Le Roy Ladurie Les Paysans Français d’Ancien Régime, Jean-Marc Moriceau écrit : « À l’heure où l’on s’interroge sur la place de l’agriculture en Europe et où le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, voté en septembre 2014, peine à préciser l’identité des « agriculteurs »,  un regard rétrospectif sur les « paysans » dans notre histoire nationale est le bienvenu. Un regard ouvert, et détaché de tout dogmatisme. Ce parti est d’autant plus sain qu’il peut s’appuyer sur une définition très large des paysans français. »

 

Les penseurs du Think tank Groupe saint-Germain cher au cœur de Stéphane Le Foll dans leur ouvrage collectif L’intelligence est dans le pré abordent la même question en partant de l’Angélus de Millet : « Une fois entré dans le tableau nous le voulons humble, les yeux baissés sur la terre et la parole rare. L’image devenue cliché, chacun est prisonnier de l’album photographique et la figure du paysan comme travailleur, comme personne agissant dans la modernité passe au second plan. »

 

Le métier a changé disent-ils, erreur ce sont maintenant des métiers qui vont du quasi-salarié fournisseur de minerai pour l’agro-alimentaire à l’agro businessman en passant par celui de producteur-transformateur en vente directe, de serriste hors-sol, de petit producteur de…,  avec des approches radicalement différentes de leur relation à la terre ou à leurs animaux ou de l’élaboration de leur produit : le cas du vin étant très emblématique.

 

Le couplet sur les années 60, l’autosuffisance alimentaire, la révolution verte et silencieuse, la mécanisation, l’intensification, la dépendance vis-à-vis de l’aval tant des IAA que de la GD, le pétrole vert, l’ouverture au grand large, la fin des politiques communes protectrices, la pression des contraintes environnementales, l’isolement de plus en plus grand des paysans, font que toute tentative de dresser le portrait-type du paysan est voué à l’échec.

 

Personne n’échappe à une vision caricaturale des paysans : pour certains ils ne sont aimables que s’ils sont petits, accrochés à leur terre, soucieux de leur terroir, de leur produit, pour d’autres ils se doivent d’être dans l’hyper modernité : OGM, robot de traite, carburant vert, chimie verte, marché à terme, tour de séchage pour lait infantile exporté en Chine… Et les petits franciliens, eux, iront s’esbaudir Porte de Versailles sur la plus grande ferme de France devant des animaux carrossés comme des prototypes et lorsqu’ils rentreront ils demanderont à leurs parents un bon yaourt La Laitière avec un « Vermeer » sur l’étiquette…

 

Cette diversité a toujours existée même si elle s’est amplifiée avec la modernité et occuper le 78 rue de Varenne n’est, n’a jamais été, une sinécure. La FNSEA joue sur du velours, avec la droite au pouvoir elle est en phase : Bruno Le Maire dans son livre ne dit rien d’autre qu’il était au service de la Profession agricole ; avec la gauche gouvernementale elle souffle le chaud et le froid pour mieux imposer sa loi. Je lisais sur Twitter qu’un jeune loulou était vénère que le gouvernement donna des gages à la FNSEA. Que faire alors ? Changer de modèle clame les Verts ! Certes, mais on ne manœuvre pas un porte-avion comme une goélette : rappelons-nous la détresse des salariés bretons face à la désintégration de la filière avicole intensive et la crise des abattoirs de porcs. Le virage ne peut être que progressif, pragmatique, accompagné d’une réelle évolution de notre modèle alimentaire qui passe prioritairement par des achats en GD. Nous sommes aussi le système, les radicalités sont des aiguillons nécessaires mais surmonter nos propres contradictions, ne pas tout demander aux autres, permettra une réelle et salutaire inflexion. Le temps long cher à mon vieux mentor facétieux Michel Rocard.

 

Transition toute trouvée avec la postface du livre de Le Roy Ladurie : « dans ce théâtre d’ombres, les rôles sont variés, mais où est donc le « véritable » paysan ? En fait ce sont surtout les notables ruraux qui alternent sur le devant de la scène. Le curé Berthier et son cheptel bovin avec ses 24 vaches et 714 moutons baillés à cheptel en Bourgogne grâce à son inventaire de 1377. Les intermédiaires entre seigneurs et rustres comme Masenx, gros fermier languedocien vers 1530, porte-parole des « bayles » du Languedoc., ou ce Pierre Hersant, fermier laboureur à la Norville en 1456, héraut des gros fermiers-receveurs de l’Île-de-France qui « triompheront » au siècle des Lumières avant d’acquérir de « beaux lots » lors des ventes de biens nationaux. Notables ces curés, clercs ou maîtres d’écoles qui défilent au fil du texte. Notables aussi ces grandes communautés familiales qui marquent l’histoire des provinces du centre de la France comme les Quittard-Pinon près  de Thiers et les Jault près de Nevers. Notables toujours ces quelques femmes à poigne qui s’intéressent à leurs biens ruraux, comme la demoiselle Poignant qui surveille ses vignes d’Athis-sur-Orge en 1495, la « veuve Couet, vigneronne et herbagère » aux portes de Paris dans les années 1550, et, bien sûr, en Tonnerrois, Jeanne de Chalon, cette « petite grande dame » en « semi-déconfiture » qui parvient quand même à force d’économies et d’une stratégie de « grippe-sou systématique » à transmettre à ses héritiers « quelques brimborions du patrimoine ». Notables enfin ces grandes figures de l’ethnographie historique à laquelle l’auteur s’est attelé à toute époque depuis le curé Clergue, de Montaillou, autour de 1300 : Gouberville – Jacques Picot, écuyer, au Mesnil au Val –, qui offre certes le regard d’un « quasi-paysan » au milieu du XVIe siècle ; Rétif de la Bretonne, dont le père Edme et l’aïeul Pierre incarnent le pouvoir au village deux siècles plus tard au nord de la Bourgogne. Le sieur de Gouberville entretient dans son manoir toute une micro-société bocagère avec ses domestiques comme comparses. Chez les Rétif aussi, les petites gens ne sont pas loin : autour de La Bretonne, on rencontre plus modestes qu’eux comme les « suitiers » de Bourgogne qui s’associent pour faire charrue complète, des maçons et vignerons, des tisserands et journaliers qui annoncent, comme l’a bien vu Emmanuel Le Roy Ladurie, les premiers chapitres des Cahiers du capitaine Coignet, lui aussi originaire des lieux tout comme cet extraordinaire Valentin Jameray-Duval, témoin oculaire, dans son enfance, de la misère du règne de Louis XIV.

 

Pourtant rares sont les historiens à avoir fourni au scénariste les seconds rôles, hormis peut-être Jean Jacquart dont les « petits » laboureurs du Hurepoix, au sud de Paris, étaient accompagnés de nombreux manouvriers avant qu’ils ne les rejoignent eux-mêmes, au lendemain de la crise de 1661-1662, au terme d’un tragique « déclassement ». Les petites gens de la terre sont donc encore à l’arrière-plan. La voix des humbles demeure peu audible. C’est là l’un des chantiers posibles pour l’avenir. L’Association d’histoire des sociétés rurales, qui vient de se pencher du 8 au 10 octobre 2014 sur les « petites gens de la terre du néolithique à nos jours » dans un colloque international, en est bien consciente. »

 

Mais où est donc le véritable paysan ? De Le Roy Ladurie avec Les Paysans Français d’Ancien Régime à ceux de l’intelligence est dans le pré…

Dans Slate : Surréaliste Salon de l’Agriculture

 

« Comment s’étonner du divorce croissant entre les agriculteurs et l’opinion publique quand le Salon de l’agriculture s’emploie chaque année à ne surtout pas parler des techniques agricoles modernes? Il serait temps que les agriculteurs cessent de cacher leur moissonneuse-batteuse dernier cri derrière les animaux du concours général agricole... »

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 00:09
L’Angélus de Millet et le millet du Taulier le donneur de recettes pour ménagères émancipées : 50 nuances de féminité…

Ce titre est 1 deux en 1, en effet demain, alors que nos beaux bovins vont se faire caresser la croupe par l’engeance politique je me pencherai sur  l’identité paysanne et les images véhiculées en partant du fameux Angélus de Millet (ne voyez là aucune allusion subliminale).

 

Pour le sujet du jour j’ai un instant balancé titrer Les douceurs de madame Ginette : l’amour est un bouquet de violettes… mais je me suis dit que la Ginette en question serait bien la seule à comprendre l’allusion.

 

Pour mieux attirer une chalandise prometteuse je me suis donc replié sur mes nouvelles fonctions de donneur de recettes pour ménagères émancipées. En effet, mes efforts de diversification portent leurs fruits : je suis en train de me tailler une solide réputation de donneur de recettes à faire rougir la corporation des héritières de Françoise Bernard. Ma frittata di maccheroni a fait un tabac et sur Face de Bouc mes fricassées et mes platées sont plébiscitées par des ménagères dont je ne sais si elles ont plus ou moins de 50 ans.

 

Vous commencez à me connaître, opportuniste comme je suis, je me suis tout de suite dit : « surfe sur la vague taulier ! », profite des vents portant, cingle vers de nouveaux territoires ! Lance tes assauts en direction d’une population bien plus large que celle des buveurs de quilles : les filles !

 

De mon temps, comme dirait le Pousson de tradition, les mères disaient à leurs filles que pour retenir leurs petits maris il fallait leur cuisiner des bons petits plats ; aujourd’hui les psy parlent plutôt du lit mais moi je suis plus Françoise Bernard que Ménie Grégoire et comme beaucoup de filles détestent faire la cuisine je vais déployer mon immense pouvoir de séduction pour leur donner envie.

 

 « J’ai horreur de ça ! s’exclame Élodie, 33 ans. Je ne sais jamais quoi faire ni comment. Cela m’ennuie de suivre une recette, d’émincer, d’attendre... »

 

Rien ne vaut un bon sociologue, Jean-Claude Kaufmann en l’occurrence, auteur entre autres de Familles à table (Armand Colin, 2007) pour mettre de l’ordre dans la maison : « la cuisine ordinaire n’a rien à voir avec la “cuisine passion”, aujourd’hui à la mode. La préparation des repas reste, pour beaucoup, une activité fastidieuse, interminable et rarement gratifiante. Elle soulève par ailleurs des choix cornéliens : que privilégier ? La santé, le plaisir, le budget, le goût des uns ou des autres ? » Pour les non-passionnés, faire la cuisine est « une tâche anxiogène, éprouvante et culpabilisante »

 

Ouille, ouille Jacquouille, les pauvrettes personne ne leur a appris à manier l’économiseur et la queue d’une poêle. Il est loin le temps de la transmission familiale et comme le dit, avec les mots qu’il faut, Gérard Apfeldorfer, le psychiatre de service spécialiste des troubles du comportement alimentaire, « Si notre éducation ne nous a pas appris à aimer toutes ces notions de plaisir, de partage, d’héritage qui passent par la cuisine, il est difficile de les développer sur le tard, seul. »

 

Qu’elle est la cause de ce désamour ?

 

Là je dégaine ma psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol :

 

« Toute la charge émotionnelle que cuisiner implique : la peur de rater son plat, d’être jugé par l’autre ou qu’il n’aime pas le repas ; mais aussi la crainte de ne pas faire aussi bien que sa mère, “le” chef par excellence... Ces peurs paralysent facilement »

 

Alors que faire pour vaincre leur peur de mal faire ?

 

« Tuer la mère ! »

 

Mettre sa moitié mâle aux fourneaux ?

 

Tout bêtement, avec les conseils du taulier donneur de recettes, oser et faire dans la simplicité !

 

Nourrir c’est donner.

 

C’est pour cela que j’ai décidé d’extirper de mon garde-manger de chroniques celle que j’avais écrit le 4 mars 2011  Millet aux violettes et le Beaujolais blanc de Pierre-Marie Chermette 

 

Pour lire cette chronique il suffit de cliquer sur le titre souligné et marqué en rouge. C’est la nouvelle méthode liée au changement de plate-forme d’Overblog qui a supprimée la mention Link. Merci de vous y habituer et de ne pas insinuer que je pompe mes petits camarades – ici c’est moi-même – en jouant les détectives privés, c’est fort désagréable. 10 années de chroniques ça apprend à respecter les bonnes manières et à renvoyer l’ascenseur aux sources.

 

Pour compléter cette chronique je vous invite à lire cet article : Le millet… une céréale qui tape dans le mille ! 

 

« Peu allergène et sans gluten, le millet est une céréale peu connue dans les pays occidentaux, mais dont l’Afrique et l’Asie ont compris ses vertus et son utilité. Peu allergène et sans gluten, c’est un ingrédient de choix pour les repas remplaçant le riz ou la semoule !

 

Le millet, une céréale pas si connue…

 

Le millet fait partie de la famille des poaceées (graminés). Son nom regroupe plusieurs espèces végétales, la plus cultivée étant le « millet perlé » ou « petit mil ». Il existe également d’autres variétés : l’élusine, le millet commun, le millet des oiseaux, le teff, le fonio blanc, fonio noir et fonio à grosses graines, le panic pied de coq, le millet indien, l’herbe à épée et le coix. Attention à ne pas confondre le millet et le sorgho !

 

Histoire du millet

 

Si la céréale est présente Chine depuis 5000 ans avant J-C, la culture du millet se répand en Asie, en Afrique et arrive en Europe au Moyen-Age. Quotidiennement consommée, elle fut ensuite délaissée pour le blé, la pomme de terre et le riz. Aujourd’hui, cette céréale est surtout utilisée pour nourrir les oiseaux, mais en Asie et en Afrique c’est un aliment essentiel et indispensable ! Classé par la FAO1 comme aliment favorisant la sécurité alimentaire, le millet peut être cultivé dans les zones arides et sèches d’Asie et d’Afrique. La production de ces deux continents réunis s’élève à 28 millions de tonnes par an, soit 94 % de la production mondiale !

 

L’Inde et la Chine sont les plus gros pays producteurs de millet en Asie. En Afrique la production et la consommation du mil s’étend sur plusieurs pays du Sahel et des régions arides (par exemple Nigéria, Niger etc.). Dans ces endroits-là, la production est surtout locale, sauf pour l’Inde qui est le premier pays exportateur de mil.

 

Mais pourquoi alors parler du millet, s’il semble que nous n’en consommons pas tellement ?

 

Pour ceux qui sont intéressés lire la suite en cliquant sur le lien ci-dessus.

 

 

L’Angélus de Millet et le millet du Taulier le donneur de recettes pour ménagères émancipées : 50 nuances de féminité…

Le millet au lait comme à l’eau c’est aussi simple que de faire cuire des nouilles et ne me faites pas le coup d’insinuer que j’ai bu l’eau des nouilles… qui signifie dans le français d’aujourd’hui être un abruti…

 

Affaire à suivre les filles !

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 00:09
Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.

Pas sûr que ce chef soit dans les petits papiers de Pousson, vu qu’il a des étoiles dans la vieille bible rouge et qu’il pratique une cuisine pour « bobos niais », mais peu me chaut car c’est du Txakoli dont je veux vous parler aujourd’hui. Bernard Burtschy qui sait tout nous dit d'où vient le mot "txakoli" ?

 

« Le terme est clairement d'origine basque, mais son origine est mystérieuse. L'autre désignation, txakolin, est claire par son suffixe, les liquides se terminant toujours par in. Le mot se prononce phonétiquement tchakoli. En espagnol, il s'écrit chacoli et on lit fréquemment el txakoli de Bizkaia pour la variété de Biscaye par exemple. »

 

Les journalistes d’ « Itinéraires d’une cuisine contemporaine » Sophie Cornibert & Hugo Hivernat, avant d’aller rendre visite à ce jeune chef très tendance, notaient « un peu d’identité basque, un poil de jeunisme, l’architecture flamboyante de son restaurant Azurmendi, agrémentée d’un beau discours sur le développement durable pour faire bonne mesure ; la ficelle marketing nous avait paru un peu grosse, le scepticisme nous avait gagné. »

 

Et puis, dans la région de Txorierri, à une quinzaine de kilomètres de Bilbao, arrivés au sommet d’une colline dominant un magnifique paysage de vignes, ils ont commencé leur visite par la vigne en ce site exceptionnel, où tout respire la culture basque…

 

C’est « le domaine de l’oncle d’Eneko, où depuis neuf ans il améliore le modèle de ce vin fabriqué avec des raisins verts, qui donne pas mal d’acidité et peu d’alcool. 300 000 bouteilles aujourd’hui, un million à terme, mais pourquoi une telle ambition ? Eneko, nous donne quelques clefs. « L’ensemble de ce que vous voyez ici peut être qualifié de complexe œno-gastronomique où l’on a à cœur de travailler notre identité. Le txakoli est un vin uniquement produit en Pays Basque et il aurait disparu si on s’était reposé sur ses pieds de vigne très anciens. On le préserve, le renouvelle et on travaille pour en faire un vin de meilleure qualité que l’on continuera à ne produire qu’ici »

 

Laissons de nouveau la parole à Bernard Burtschy qui répond à  neuf questions, en voici quelques-unes :

 

Comment est-il élaboré ?

 

Ce vin blanc, très rarement rosé ou rouge, a longtemps été élaboré dans un cadre familial, surtout dans les fermes, à partir de raisins verts pour garder la fraîcheur. Il n'était ni filtré, ni clarifié, d'où le service avec la bouteille en hauteur et en petite quantité pour repérer la partie la plus claire du liquide. Son taux d'alcool se situe entre 10 et 12° et il est légèrement effervescent, perlant.

 

Quelle est sa zone de production ?

 

Artisanalement, l'espace de production est très vaste et s'étend dans tout le nord de l'Espagne, Rioja, Navarre. Mais seul le Pays basque en a fait une appellation d'origine contrôlée (DO, denominacion de origen) et il est produit dans les trois provinces de la région autonome. L'essentiel de la production se concentre le long du golfe de Gascogne côté espagnol, dans une zone de forte pluie. En dehors du Pays basque, la province de Burgos fait renaître sa vieille tradition locale pour obtenir son appellation d'origine.

 

Y a-t-il plusieurs types de txakoli ?

Actuellement, il existe trois appellations d'origine. Le txakoli de Getaria a été le premier à recevoir son appellation en 1989, mais il reste le plus petit en surface. Le txakoli de Biscaye a obtenu son appellation en 1994 et il comprend plusieurs centaines de producteurs. Enfin, le txakoli d'Alava est le plus récent (2001) et se reconnaît par sa couleur jaune et son vin très acide. Très en vogue au XIXe siècle, il a failli disparaître mais est en pleine renaissance.

 

Va s’en dire que je n’ai jamais bu une goutte de txakoli car, que je sache, nul n’en vend à Paris. Sait-on jamais ou bien si mon vieux complice Jean-Louis Vallet passait au-delà des Pyrénées peut-être pourrait-il me rapporter un flacon pour dégustation.

 

Question au sieur Burtschy : tu manges quoi avec ton txakoli ?

 

Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.
Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.
Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.

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