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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 07:00
.« Dans les lettres aussi, le talent est un titre de responsabilité » : Aragon, Éluard : la trahison des poètes.

Monsieur,

 

Robert Brasillach fut effectivement le seul traître écrivain, parmi ceux qui n'avaient pas activement servi l'ennemi, pour lequel j'ai dérogé au principe que je m'étais fixé : je n'ai pas commué sa peine. S'il a été fusillé, en ce matin glacial, triste et brumeux du 6 février 1945, malgré les appels de ses confrères les plus méritants, c'est que lui, j'estimais le devoir à la France. Cela ne s'explique pas. Dans les lettres aussi, le talent est un titre de responsabilité et il fallait que je rejette ce recours-là, peut-être, après tout, parce qu'il m'était apparu que Brasillach s'était irrémédiablement égaré. Je précise tout de même que ma décision n'eut rien à voir avec les orientations sexuelles de cet auteur, dont je reconnais par ailleurs, comme vous, la phénoménale culture. Si je me rappelle si bien de ce matin-là, c'est qu'à chaque dernière nuit d'un homme que je pouvais gracier, je ne fermais pas l'úil. A ma manière, il fallait que je l'accompagne.

 

Bien sincèrement à vous,

Charles de Gaulle

 

« Que la poésie se lève pour flageller les bourreaux, exalter l’héroïsme des torturés, garder la fière mémoire des fusillés, c’est sans nul doute l’une des missions les plus humaines eu temps présent. Mais que cette poésie soit souvent signées de poètes qui, par ailleurs, louent le bourreau, louent le tortionnaire, insultent les fusillés, mentent sur les tombes d’une autre résistance « mue » par les mêmes mobiles – la défense de l’homme contre la tyrannie –  cela nous amène par une effrayante alchimie, à la négation de toutes les valeurs affirmées. L’or pur n’est plus que vase trouble. La conscience de l’écrivain se révèle pleine de noires coulisses. La voix passionnée du chant n’est plus que celle du faux témoin. La qualité poétique de l’œuvre d’Aragon m’a quelquefois paru émouvante et même excellente ; mais combien d’hommes dont il chercha l’enseignement, qu’il aima ou feignit d’aimer en URSS et dans la IIIe Internationale ont subi la torture et la mort des fusiliers sans qu’il s’en émût ? Sans qu’il se soit posé à leur endroit la question élémentaire de l’innocence ou de la culpabilité ? Sans qu’il se soit interrogé sur la sinistre gravité des répressions paradoxalement justifiées par l’ « humanisme révolutionnaire » ? Aragon écrivit autrefois, en 1937 je crois, dans Commune des pages incroyables sur les accusés des procès de Moscou. Qu’il eussent ou non conspiré, ces vieux socialistes méritaient au moins le respect humain qu’un tribunal de vainqueurs accorde à Nuremberg aux chefs du nazisme. (…)

 

 

L’allégeance de l’écrivain au parti d’une grande puissance accoutumée à fusiller beaucoup, est dans ce cas précis une explication suffisante. Mais dès lors comment comprendre ces vers sur les traîtres écrits par un autre poète du même parti (Paul Éluard) :

 

 

Ils nous ont vanté nos bourreaux

Ils nous ont détaillé le mal

Ils n’ont rien dit innocemment.

 

Oui, comment les comprendre ? Constatons la désintégration psychologique. Constatons que le poème, si parfait qu’il puisse être dans sa coulée, rend un son faux. Le lecteur croît entendre la voix d’un défenseur de la liberté, d’un ennemi des fusilleurs d’innocents, et le lecteur est trompé. Et l’on s’inquiète. Mais que se passe-t-il donc dans l’âme de ces poètes ? Le poète est tout à coup dépouillé de sa clarté. « Qu’est-ce que la vérité ? » demandait Ponce Pilate au condamné. Des milliers d’hommes formés par les disciplines intellectuelles à la pensée scientifique – semble-t-il – répondent en fait : « C’est le commandant en chef de mon parti… » Mort de l’intelligence. Mort de l’éthique. »

 

Victor Serge La tragédie des écrivains soviétiques 1947

 

« Dans L’Archipel du Goulag, Alexandre Soljenitsyne rapporte une scène qui se déroule au camp n°5 de l’Ounjlag (centre-sud de la Russie), à peu près au moment où Sartre, Merleau-Ponty et Bourdet reproche à leur camarade Rousset (ndlr. David Rousset), d’ignorer le prisonniers politiques du camp occidental, singulièrement ceux de Grèce, « Après le travail, on chasse les détenus jusqu’à la conférence, raconte Soljenitsyne. Le camarade, à vrai dire, n’a pas achevé ses études secondaires, mais, politiquement parlant, il donne de façon irréprochable une conférence nécessaire et opportune : « Sur la lutte des patriotes grecs ». Les zeks (nom donnés aux prisonniers du Goulag à partir de l’abréviation officielle « Z/k ») sont assis, endormis, ils se cachent derrière le dos de leurs voisins : pas la moindre marque d’intérêt. Le conférencier raconte les terrifiantes persécutions des patriotes, poursuit Soljenitsyne, et comme quoi les femmes grecques en pleurs ont écrit une lettre au camarade Staline. Fin de la conférence. Cheremeteva  se lève, une femme comme ça, de Lvov, un peu simple, mais rusée, et elle demande : « Citoyen chef ! et nous autres, dis voir, à qui c’est-y qu’on pourrait écrire ? »

 

 

Né à Bruxelles, le 30/12/1890

 

Mort  à Mexico, le 17/11/1947

 

Victor Serge, de son vrai nom Viktor Lvovitch Kibaltchiche (В.Л. Кибальчич) était un révolutionnaire russe et écrivain francophone, né en Belgique d’un père ancien officier russe (converti au socialisme) et d’une mère issue de la noblesse polonaise, émigres politiques.

 

Après quelques errances durant son adolescence, il milita au sein des milieux anarchistes belges, français et espagnols. En France, il travailla comme imprimeur pour les anarchistes et employa un homme nommé Valentin qui défraya la chronique comme membre actif de la bande à BONNOT. Les frasques de Valentin coûtèrent (injustement) quelques années de prison à Victor Serge.

 

Il rejoint l’URSS en 1918 et devint un membre actif de la IIIème Internationale. Cette activité lui vaudra d’être déporté en Sibérie pour avoir lutté contre Staline qui semble leur confisquer la Révolution. Naturalisé citoyen soviétique, Victor Serge va passer dix-sept ans en Russie.

 

Libéré en 1936, il séjourne en Belgique et en France avant de fuir au Mexique en 1940. Pendant sept ans il continue l’écriture de ses derniers romans et ses mémoires et vit pauvrement.

 

Il sera persécuté par la GUEPEOU (Police politique soviétique) jusqu’à sa mort en 1947.

 

Il fut l’ami de Trotski et côtoya des hommes comme Boukharine, Zinoviev et Staline.

 

Il a laissé une œuvre considérable aussi bien comme romancier qu’historien ou poète. Proche des milieux anarchistes, il est à la fois acteur et témoin des grandes révolutions, et principalement du grand bouleversement de la Russie.

 

Honnête et intelligent il fut l’un des premiers à dénoncer les tricheries et les malversations staliniennes tout en restant un homme épris de justice, de liberté et un combattant pour l’égalité des Hommes.

Aragon, l'écrivain qui préférait Staline à Proust

Tandis qu'on célèbre le 30e anniversaire de la mort d'Aragon, l'ancien dirigeant du PCF Pierre Juquin consacre une volumineuse biographie à ce «personnage tragique de la tragédie des communistes». Fabrice Pliskin l'a rencontré.

 

A 82 ans, Pierre Juquin, ancien député communiste rénovateur exclu du PCF en 1987, publie le premier tome d'«Aragon. Un destin français», biographie-fleuve, biographie-Volga du poète et romancier, mort il y a trente ans. Cosmogonie critique d'un ogre des mots et des mètres.

 

C'est en 1957 que Juquin rencontre Louis Aragon, cet archétype de «la première génération rimbaldienne» (comme il se définissait lui-même), dandy anar passé du surréalisme au soviétisme et de dada à «da, da», stakhanoviste de la rime, prima donna de la comédie politico-littéraire, grand fauve boulimique qui sut ingérer mille écoles esthétiques, des troubadours à Barrès, de Racine à Maïakovski, de Lautréamont à Zola. Rencontre avec son biographe.

 

Le Nouvel Observateur Vous avez écrit la biographie d'Aragon qui, au Parti communiste, était votre camarade. Quelle image gardez-vous de lui?

 

Pierre Juquin Aragon, c'était Talma [immense comédien français (1763-1826), NDLR]. Je me souviens d'une rencontre avec lui en 1967, pendant la guerre du Vietnam. Le Parti communiste intensifiait son action pour la paix. Il se préparait une exposition avec Picasso. On demande à Aragon d'écrire un manifeste. Waldeck Rochet, le secrétaire général du PC, me dit: «Aragon est très occupé. Il ne veut pas le faire, mais souhaite que ça se fasse. J'ai obtenu que tu puisses aller le voir chez lui, rue de Varenne. Bonne chance, l'humeur est très mauvaise.» Je gratte un texte-manifeste. Je fais de mon mieux.

 

Aragon me reçoit. Il me dit: «Mon petit, on m'en demande trop. Si ça continue, je me jette par la fenêtre.» Je m'assois dans le fauteuil couleur boue des tranchées. Il commence à marcher de long en large sur ses grands fuseaux. Il me parle de Gorki, de la construction du canal de la mer Blanche, de Malraux, de mille choses passionnantes, peut-être un peu romancées. De temps en temps, il se regarde dans le miroir. Comme chacun sait, il détestait son image, mais il la regardait à chaque pas. Au bout de plus deux heures, il a besoin de sortir. Elsa entre, avec un grand plateau. Samovar, thé à la russe. Elle est charmante. Elle me dit: «Soyez patient, LOU-IS signera votre texte.»

 

Puis elle ressort dans le couloir et elle lui fait la leçon. Il revient, très digne. Il me dit: «Mon petit, il faut savoir terminer une grève. Tu as un papier?» Il dévisse le bouchon de son stylo à encre bleu Waterman. Il s'assoit et commence à lire mon texte. Il raie la première phrase. Il écrit quelque chose à la place. Je me dis avec inquiétude que mon papier n'est pas bon. Il lit le texte jusqu'au bout. A la fin, il me le tend et il me dit: «Je signe.» Je regarde sa correction. J'avais écrit: «La guerre des Etats-Unis au Vietnam.» Il a rectifié: «La guerre américaine au Vietnam.» Et Aragon de jouer à Aragon et d'ajouter: «Tu as compris: ça change tout.» Mais il le faisait avec une élégance. Il avait la classe. C'était le roi Louis.

 

C'est ce jour-là, je crois, qu'il m'a dit: «Ce parti a tous les défauts que tu lui connais, et d'autres, mais c'est le seul pour faire la révolution.» C'est le pari qu'il avait fait dès 1927, année où il entre au Parti. C'est le pari de Pascal. Il l'a dit. Et son ami et admirateur Antoine Vitez a repris cette idée dans «Ma nuit chez Maud» d'Eric Rohmer, où il improvise, à la demande du cinéaste, une théorie du pari de Pascal qui serait non plus chrétienne, mais marxiste. Cette théorie vient droit d'Aragon.

 

La suite ICI

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 06:00
« On fait de grands leaders d'extrême-droite avec des gens qui ont une expérience d'extrême-gauche » Pascal Ory « Mussolini était entouré d'anciens militants d'extrême-gauche »

Horreur, malheur, clameurs sue les réseaux sociaux lorsque Pascal Ory déclare sur France-Inter à un Nicolas Demorand estomaqué et confit dans ses images d’Epinal de gauchiste reconverti : « Mussolini était le Mélenchon de 1914 »

 

L’imparfait d’Ory, absolument justifié, a mis en transes tout le petit monde des Insoumis pour qui bien évidemment l’inventeur du fascisme ne pouvait qu'être dès l'origine qu’un type d’extrême-droite.

 

Ory a raison lorsqu’il affirme que « Mussolini était entouré d'anciens militants d'extrême-gauche" » « Il popolo d'Italia » (« Le peuple d'Italie »), le nom du journal lancé par Mussolini quand il fait dissidence en 1914.

 

Du socialisme au nationalisme

 

En juillet 1902, Benito Mussolini s'exile en Suisse pour éviter le service militaire. Il vit d'un travail de manoeuvre sur les chantiers tout en militant activement dans les milieux syndicaux et socialistes. Il rencontre les réfugiés bolcheviques et fait connaissance avec les thèses de Lénine. Il apprend aussi l'allemand et le français.

 

En 1904, de retour en Italie, il se résout à accomplir son service militaire.

 

À partir de 1909, il se consacre au journalisme et prend en Romagne la direction d'un hebdomadaire socialiste, La Lotta di classe. Il publie par ailleurs un virulent pamphlet anticlérical.

 

Qualifié d'agitateur politique, il grimpe dans la hiérarchie du Parti socialiste et prend en 1912 la direction du journal national du Parti socialiste Avanti ! à Milan.

 

À l'aube de la Première Guerre mondiale, les socialistes prônent la neutralité de l'Italie et la non-intervention à la guerre. Mussolini, qui a reçu des subsides du gouvernement français, se convertit quant à lui à l'interventionnisme.

 

Dans un nouveau quotidien, Il Popolo d'Italia, qu'il fonde grâce au soutien financier de la malheureuse Ida Dalser, il prône l'entrée en guerre de l'Italie et s'engage volontairement comme soldat lorsque l'Italie entre en guerre en 1915 du côté des Alliés français et anglais.

 

La guerre est une expérience-clé pour Mussolini (comme pour Hitler). Il y forge ses idées sur la militarisation des partis, la violence et le nationalisme. Gravement blessé en 1917, il retourne à la vie civile et au journalisme, à la tête du Popolo d'Italia.

 

Après la guerre, Mussolini rompt sans rémission avec ses anciens amis socialistes et s'oppose à leurs velléités pacifistes et internationalistes. Ses options nationalistes recueillent de plus en plus d'écho dans le pays.

 

Ory n’a pas suggéré que Mélenchon allait faire la jonction avec l’extrême-droite, il affirme à juste raison selon moi que le populisme, c'est le renouvellement réussi de la pensée de droite dans un style de gauche.

 

Le passage de Florian Philippot, ex-admirateur du Che : Chevènement bien sûr, au Front National jusqu’à  sa sortie en est la démonstration. La distinction jésuite entre les électeurs FN et l’adhésion aux idées du FN permet d’entretenir ce mélange comme ça été le cas pour le vote hostile au traité européen : pas de pincettes pour un NON très brun-rouge.

 

Dans la même logique, Pascal Ory affirme ensuite que le populisme n'est rien d'autre qu'un point de convergence entre les deux extrêmes, allant jusqu'à forcer le trait :

 

Il poursuit : « le fascisme est une version radicale du populisme qui va jusqu'au bout ». Ainsi Pascal Ory estime que « Si Trump gagne, c'est parce qu'il est un populiste soutenu par les républicains »

 

On fait du bon populisme avec la convergence des extrêmes de droite et de gauche.

 

Revenons à Mussolini :

 

« Ainsi, le fascisme révolutionnaire séduit-il aussi bien le patriotisme exalté de Giuseppe Ungaretti, l'irrationalisme antidémocratique et destructeur de la forme de Luigi Pirandello, que la volonté réactionnaire de restauration de l'ordre classique de Curzio Malaparte. Cette diversité permet de s'interroger sur l'existence véritable d'une culture fasciste, sur l'existence d'un transformisme culturel durant le régime de Mussolini, et de poser les problèmes en termes de rupture ou de continuité. Si les courants intellectuels du début du siècle ont favorisé le fascisme en Italie, celui-ci ne s'est jamais identifié à eux pour en tirer son idéologie. Le comportement des intellectuels sombrant dans l'adoration servile de la dictature confirme la "trahison des clercs". Mais ces attitudes n'engagent que les individus et non pas les concepts qu'ils ont défendus. La culture italienne du début du siècle a joué un rôle indéniable dans l'avènement du fascisme. En lui fournissant des éléments pour l'action et pour la propagande, elle a sans doute contribué à l'élaboration du style fasciste. Mais elle reste étrangère au régime de Mussolini qui ne parvient pas à dépasser le stade d'un comportement pour élaborer une culture fasciste authentique. »

 

« Il ne s'agit pas donc de "lyncher" les innombrables intellectuels italiens qui collaborèrent avec le fascisme à des degrés divers (Pirandello, Brancati, Malaparte, Silone, D'Annunzio etc.) mais de comprendre le pourquoi. Or, on ne peut que constater que le régime inspira à toutes ces personnes une véritable fascination, qui allait bien au-delà de la simple contrainte. D'ailleurs, la situation en France n'était guère très différente : cf. Céline, Drieu de la Rochelle etc. »

 

Lorsque le régime fasciste tombe que l’Italie se libère et devient une République Thierry Wolton note :

 

« Les intellectuels qui ont flirté avec le fascisme ne sont pas vraiment dépaysés chez les communistes. Ils retrouvent dans le PC le vieux fonds anticapitaliste et antilibéral qui fut aussi celui de Mussolini, un socialiste radical à l’origine, rappelons-le. La coloration rouge-brun du fascisme n’est pas incompatible avec le rouge-brun du communisme, comme on le sait. »

 

« Exister, produire, écrire sous le fascisme nécessitaient de pactiser avec le régime, au mieux par le silence, au pis en lui prêtant serment d’allégeance. La mauvaise conscience des intellectuels les conduit à vouloir se racheter.

 

Moravia fut-il fasciste ?

 

 

« La célébrité de l’écrivain l’amène à collaborer à diverses revues du régime fasciste et surtout à fréquenter le salon, alors recherché, de Margherita Sarfatti, l’une des plus influentes et intelligentes collaboratrice du Duce… »

 

« Il est certain que l’écrivain est animé de sentiments hostiles à la bourgeoisie dont l’univers s’incarne autant dans l’Angleterre que dans les USA. Son récit de ce qu’il voit dans ce pays apparaît avant tout de circonstance (se faire bien voir du régime). Mais en 1941, Moravia qui se dit communiste, espère leur victoire. En réalité, ce qui anime l’écrivain, comme le révèle plus tard l’une de ses œuvres les plus connues, Le Conformiste, c’est son anti-antifascisme. […] Moravia est plus hostile à la bourgeoisie libérale qu’au fascisme, sans pour autant adhérer à celui-ci. Parler d’un « antifascisme passif » nous semble bien plus exact. Sceptique, désabusé, amer, il accepte le fascisme et s’en sert (…)

 

FRÉDÉRIC ATTAL

Histoire des intellectuels italiens au XXe siècle

 

Peuple souverain : de la révolution populaire à la radicalité populiste

De Pascal Ory

Gallimard, 2017

 

Notre conjoncture historique ramène au-devant de la scène une série de questions sur ce que fut l'expérience politique du XXe siècle. L'anniversaire de la révolution d'octobre 1917 fournit l'occasion naturelle de les examiner. Cet essai s'efforce d'y apporter des réponses précises. Qu'est-ce que le populisme? Une idéologie de synthèse qui permet à la droite de trouver le chemin des classes populaires en adoptant un style de gauche. Qu'est-ce que la radicalité? Une mythologie qui rapproche les extrêmes dans un rejet commun de la réforme et du compromis et facilite, le cas échéant, la circulation de l'un à l'autre. Dans certaines conditions de température et de pressions politiques, la radicalité de gauche ou la radicalité populiste peuvent accéder au pouvoir. Elles en font alors un usage qui satisfera, en proportions variées, le goût de l'absolu qui anime les radicaux et la servitude volontaire qui anime les populistes. Cela donne ce qui mérite le nom de «catastrophe».

 

 

FRÉDÉRIC ATTAL

Histoire des intellectuels italiens au XXe siècle

 

 

« La figure de l'intellectuel naît, en Italie, avec le XXe siècle. Animés de l'ambition de forger la culture nationale et de former les élites – voire de s'y substituer –, ces hommes ont épousé toutes les passions politiques de leur temps : nationalisme, fascisme, communisme, libéralisme, catholicisme, socialisme.

 

Or, quel que fut leur engagement, différentes manières de le comprendre et de l'exercer se sont succédé en fonction du contexte historique. Aux côtés des prophètes comme D’Annunzio, Moravia, et Pasolini, prédominants durant les périodes de crises (entrée dans la Grande Guerre en 1915, stratégie de la tension), coexistent, dans la première moitié du siècle, des philosophes comme Croce ou Gentile. Puis, dans une Italie en pleine mutation, c’est la figure du sociologue qui domine, l’intellectuel-expert, plus en prise avec l’actualité, chargé d’orienter les choix de la classe politique, d’accompagner les vicissitudes du réformisme en Italie.

 

Cette histoire intellectuelle d’une ampleur et d’une précision inédite (elle est suivie de plus de 500 notices biographiques) est bien plus qu’un outil indispensable pour comprendre l’Italie : elle constitue une typologie de l’engagement intellectuel d’une grande richesse, à même d’être adaptée à de nombreux contextes.

 

Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, Frédéric Attal a consacré sa thèse de doctorat à l’étude des intellectuels napolitains après 1945. Il est maître de conférences à l'École normale supérieure de Cachan et est l’auteur d’une Histoire de l’Italie de 1943 à nos jours (2004) »

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 06:00
 « Cet homme qui exposait son vin à la critique des noix, ne pouvait avoir une mauvaise cave! » Maurice Constantin-Weyer

Les noix, délices d'octobre titre le Monde Magazine

 

Profitez-en dès le début de saison lorsqu'elles sont fraîches.

 

Tout à fait d’accord

 

Un dossier de Sabine Simon le 16/10/2017.

 

15 recettes de noix ICI 

 

J’ai choisi la Salade Waldorf

 

 

« La salade Waldorf a été créée dans les années 1890 par le chef de l'hôtel Waldorf-Astoria (situé sur Park Avenue, tout près du Rockefeller Center). A l'origine, cette salade contenait des morceaux de céleri et de pomme avec de la mayonnaise. On y a ajouté par la suite les noix (et parfois des raisins secs). »

 

Lire sur le blog ICI 

 

« Il n’est à ma connaissance, que deux aliments qui sachent rendre justice à tous les vins, faire éclater l’arôme de leur bouquet, démontrer le plasticité de leur corps, exalter leur volonté, faire bondir leur légèreté, ou, s’il le faut, condamner leurs défauts : ce sont les fromages et les noix. »

Maurice Constantin-Weyer L'âme du vin

 

Lire Le vin a-t-il encore une âme ? la réponse de Jean-Paul Kauffmann ICI

 

Et si vous voulez tout savoir sur la noix sous toutes ses acceptions c’est à lire ICI 

 « Cet homme qui exposait son vin à la critique des noix, ne pouvait avoir une mauvaise cave! » Maurice Constantin-Weyer
 « Cet homme qui exposait son vin à la critique des noix, ne pouvait avoir une mauvaise cave! » Maurice Constantin-Weyer
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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 06:00
AOC, Drôlement Soif, Atabula… de nouveaux « micromédia » numériques appliquent le « Si tu veux consulter faut raquer ! »

La gratuité d’utilisation, la liberté d’accès à une infinité de contenus et la «tradition» du téléchargement illégal sont pour ainsi dire consubstantielles au web et désormais bien ancrées dans les habitudes des consommateurs. Au point d’être devenues de véritables dogmes.

 

Dès 2008, Chis Anderson annonçait « Le Web est devenu le monde de la gratuité » prophétisant l’extension du principe : « Les coûts sur Internet vont tous dans la même direction : vers zéro. Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité ».

 

Et Olivier Bomsel, professeur d’Economie industrielle à l’Ecole des Mines de Paris complétait : « Le gratuit va continuer de s’étendre, ne serait-ce que parce que l’économie numérique  suscite de plus en plus d’information, laquelle engendre de plus en plus de publicité, laquelle a vocation à subventionner des utilités nouvelles (…) Pour initier ces effets, il faut subventionner les premiers consommateurs. Il y aura donc de plus en plus de gratuit, mais aussi moins de lisibilité sur le prix des produits ».

 

Cette destruction radicale de valeur a provoqué des dégâts « collatéraux » sur les industries de création : l’édition, le commerce des produits culturels : films, musique…, la presse quotidienne et hebdomadaire…

 

L’habitude était née, celle d’un accès universellement gratuit aux contenus de création, des professions entières se sont trouvé face à l’obligation de proposer des alternatives crédibles et rentables pour pérenniser leurs activités.

 

Un exercice plus que difficile, les grands groupes de presse tentent encore d’imposer et de viabiliser leur nouveau modèle économique et la complémentarité offline-online, les pure players de la presse numérique tels que le Huffington Post, Rue 89, Slate… leur font une sérieuse concurrence.

 

Ces nouveaux acteurs s’appuyant largement sur la participation gratuite de nombreux contributeurs externes exploitent sans vergogne l’expertise et les compétences rédactionnelles de professionnels en manque d’exposition. Une concurrence presque déloyale faite aux journalistes et pigistes dont cette activité reste le gagne-pain, d’après Pascal Béria : « Notoriété et visibilité sont ainsi devenues les nouveaux opiums du peuple connecté qui altèrent mécaniquement le prix d’un travail que d’autres ont aujourd’hui du mal à se faire rémunérer ».

 

Économiquement coûteuse, notamment pour les secteurs de la création et pour les nombreux pure players qui ne réussissent jamais à trouver le chemin de la rentabilité (du fait de business models intenables), la gratuité est aussi coûteuse socialement et en termes de libertés individuelles.

 

Au point pour Pascal Béria de livrer ce jugement sans appel : « Loin de nous apporter la liberté, la gratuité nous conduit par de multiples chemins à une dépendance profonde à quelques grands majors à qui nous offrons informations personnelles, codes de carte bleue, fichiers informatiques et à qui nous communiquons les produits que nous consommons et parfois même les détails les plus intimes de nos existences en l’échange de quelques services dont nous avons aujourd’hui du mal à nous passer (…) L’utopie de la gratuité ne rend pas libre. Elle est au contraire devenue une cause d’aliénation ».

 

Alors, face aux mastodontes du Net , Google tout particulièrement, ne trouvant plus leur place dans la presse traditionnelle, certains tentent d’émerger en fondant leur petite entreprise personnelle en pariant sur l’abonnement pour la faire vivre.

 

Ainsi, l'ex-journaliste de Libération Sylvain Bourmeau va lancer un "micromédia" numérique mettant en valeur des opinions d'auteurs, un site payant qui proposera chaque jour des textes longs sur des sujets culturels ou sociétaux, a-t-il indiqué lundi à l'AFP. Pensé comme une variation des pages "débats" des quotidiens, le site dénommé AOC publiera à partir de janvier 2018 trois longs articles par jour en semaine: une analyse, une opinion et une critique d'auteurs variés, trois genres dont les initiales donnent leur nom au site. Un grand entretien sera publié le samedi, un texte de fiction le dimanche. "On veut remettre un peu de verticalité dans l'espace public, à un moment où tout est nivelé, où toutes les informations ont tendance à se valoir", souligne Sylvain Bourmeau, actuellement producteur d'une émission sur France Culture et professeur associé à l'École des hautes études en sciences sociales, après avoir été directeur adjoint des Inrocks et participé au lancement de Mediapart. "La consigne pour chaque auteur sera de produire un texte qui va faire référence, qu'on aura envie de partager, avec lequel on n'est pas forcément d'accord. Le but est de faire écrire les bonnes personnes dans les 48 heures qui suivent une actualité", a souligné le journaliste. Entourés d'un petite équipe d'éditeurs, les auteurs seront rémunérés environ 500 euros le texte. Sylvain Bourmeau est accompagné à la direction du site par Raphaël Bourgois, également présentateur sur France Culture, et d'Hélène Fromen, ex-responsable du site du Monde puis de Mediapart.   Accessible sur abonnement (douze euros par mois), AOC sera un "micromédia haut de gamme" qui atteindra son équilibre financier avec 10.000 abonnés, a précisé Sylvain Bourmeau, qui réfléchit aussi à publier régulièrement ces textes en librairie et à organiser des évènements.

 

Tout beau tout neuf, Tellement Soif est un nouveau média lancé samedi 17 juin. 100% vin, 100% vidéo, il entend bouleverser l’offre médiatique et porter une parole singulière et indépendante. Entretien avec le rédacteur en chef de Tellement Soif, Antoine Gerbelle.

 

Atabula – Vous venez de lancer Tellement Soif, média 100% vidéo dédié au vin. Pourquoi ?

 

Antoine Gerbelle – Notre choix de créer Tellement Soif s’inscrit dans une tendance forte, celle de la montée en puissance de la vidéo sur Internet en tant que véritable média. C’est un mode d’expression qui est enfin mature. Nous le voyons déjà très bien avec les médias créés par Michel Onfray ou Natacha Polony. D’ailleurs, c’est le même groupe – Le Magasin Numérique/Téléparis – qui assure toute la partie technique des trois médias. Quant au contenu, notre ambition est de permettre au vin et à son approche critique de sortir du ghetto, d’échapper à un entre-soi terrible dans lequel vivent les journalistes et les vignerons. Tellement Soif doit décloisonner cet univers passionnant pour qu’il s’ouvre au plus grand nombre. D’où le parti-pris de permettre aux internautes de liker les sujets qu’ils souhaitent voir traiter. Cette interaction est aujourd’hui nécessaire et salutaire. Autre élément obligatoire : la liberté de traitement de l’information. Sur Tellement Soif, nous serons libres de traiter tous les sujets comme nous le voulons, sans autres impératifs que notre avis. Et ça, c’est révolutionnaire ou presque.

 

La suite ICI 

 

Après plus de sept années d’existence, le média Atabula développe une nouvelle offre. À partir du 1er septembre, Atabula+ va apporter encore plus d’informations et plus de services à nos lecteurs. Cette offre – dont vous pouvez découvrir tous les avantages en cliquant ICI – sera réservée aux abonnés.

 

En faisant ce choix du payant pour une partie de son contenu éditorial, Atabula vise un double objectif. D’abord, le souci d’une plus grande indépendance. Cette indépendance est au cœur de la démarche d’Atabula. C’est grâce à elle que le média peut continuer son travail d’information en toute liberté et aborder tous les sujets sans concession. Cette diversification de nos sources de revenus va logiquement renforcer la qualité et la pertinence de notre production éditoriale. L’équipe va s’agrandir pour assurer notre développement et garantir aux 250 000 visiteurs uniques mensuels un contenu toujours plus pointu et tourné vers les professionnels de la restauration. C’est pour eux qu’Atabula+ a été pensé.

 

Ensuite, ce choix économique va donc nous permettre de développer nos offres. Dès le mois de septembre, vous trouverez des rubriques renouvelées, des dossiers thématiques, des benchmarks, une nouvelle plateforme de présentation des acteurs des arts de la table et une application mobile pour un plus grand confort de lecture. Dans les prochains mois, les abonnés auront également accès à des bases de données exclusives.

 

Dès le 1er septembre, le contenu éditorial d’Atabula sera mixte : des articles gratuits et des articles payants. Le « gratuit » sera dédié à des contenus courts (fil info, actualités diverses). En cela, Atabula restera une vigie d’information pour tous. Le « payant » sera principalement consacré à des analyses, du décryptage et, plus largement, à du contenu à forte valeur ajoutée.

 

L’ambition d’Atabula est claire : proposer toujours plus d’informations et de services aux professionnels de la restauration, et répondre à leurs multiples attentes dans un secteur en mutation perpétuelle.

 

Très bien tout ça mais j’avoue que ça ne s’adresse pas à moi, je ne suis pas le coeur de cible et mon budget abonnements + livres est déjà très important et, pour l’heure, à l’exception de l’AOC de Bourmeau, les contenus de Tellement Soif et d’Atabula n’entrent pas dans le champ de mon intérêt pour l’information.

 

Pour autant la naissance de tout nouveau média doit être saluée avec intérêt, donc bon vent à eux.

 

Ma seule interrogation tient au bassin de chalandise que Tellement Soif et Atabula souhaitent toucher en ayant l’ambition de sortir de l’entre-soi du petit milieu du vin et de la gastronomie. Ambition louable certes mais les sujets abordés me semblent être ceux que l’on brasse depuis toujours dans le marigot et qui n’intéressent que les accros du marigot.

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 06:00
La cave du poivrot de père de Gus pleine de vapeurs soufrées et de cadavres de bouteilles avec leur fermoir en porcelaine qui avaient contenu du cidre jadis…

J’ignorais qu’il existait un prix SNCF du polar qualifié sur le bandeau de l’éditeur de plus grand prix des lecteurs de France. Comme j’ai l’esprit mal tourné j’ai pensé à Florence Parly.

 

Grossir le ciel de Franck Bouysse à la MANUFACTURE DE LIVRES (09/10/2014) est le lauréat 2017.

 

35 000 lecteurs ont voté pour Grossir le ciel, de Franck Bouysse (Le Livre de Poche) dans la catégorie roman.

 

 

Grossir le ciel, un roman noir lumineux

 

Sur son blog, « Boulevard du crime », Alain Léauthier nous livre son « coup de cœur » de l'année 2014 en matière de polar : Grossir le ciel de Franck Bouysse. Un « grand livre » qui traite de « l'essentiel ». « Misère et grandeur de la condition humaine. Deux solitudes paysannes. Des secrets de famille comme une bombe à retardement. Les Cévennes, somptueuses et austères ». Avec en prime, un « style Bouysse » : « charnel, racé, levant l'émotion comme la pâte d'un bon pain ».

 

Pas mieux !

 

À lire absolument par celles et ceux qui ont une vision bucolique de la campagne d’avant.

 

 

Extrait

 

« Gus se souvenait que, quand il était petit, son père l’envoyait toujours tirer du vin à la cave, au moment des repas. Il devait alors ouvrir la petite porte au fond de la cuisine, descendre un escalier en bois sans contremarches, un genre d’échelle améliorée, avec un garde-fou fait d’un vulgaire tuyau en galva. Un problème électrique, que son père n’avait jamais résolu, faisait que les plombs sautaient une fois sur deux quand on allumait la lumière. Pour ne pas le mettre en rogne, Gus descendait avec une lampe électrique en faisant attention à ne pas louper de marche, ce qui l’aurait conduit en bas plus rapidement que prévu, le cul en compote, par-dessus le marché. Une erreur que son père lui aurait probablement pardonnée à vide, mais certainement pas avec une bouteille de pleine entre les mains. À chaque descente, c’était pourtant une sensation de joie qui lui venait, au fur et à mesure qu’il s’enfonçait dans la cave, dans ce silence gardé par les grosses pierres dissemblables des murs, au milieu des vapeurs soufrées et des cadavres de bouteilles, avec leur fermoir en porcelaine, qui avaient contenu du cidre jadis, à l’époque où on ramassait encore les petits fruits boursouflés et tavelés des pommiers plein-vent, et que l’on ne les laissait pas bouffer par les vaches à mesure qu’ils tombaient par terre.

 

Le grand  plaisir du gamin, c’était de balancer le faisceau de lumière à l’intérieur de la cave et de surprendre des araignées grosses comme une main, sa main. Aussi loin qu’il lui était possible de remonter, Gus n’avait pas le souvenir d’avoir éprouvé de la peur, même quand un rat déboulait de derrière des barriques, pour se fourrer dans un des trous du mur, jamais le même. Ce qui l’incitait à se demander comment la maison pouvait encore tenir debout, vu qu’il pensait que les rats étaient capables de bouffer la pierre avec leurs dents, aussi facilement que du fromage. Ça n’aurait pas vraiment gêné Gus qu’une telle chose arrivât au moment où il était enfermé dans la cave, se disant que ce ne serait pas donné à tout le monde d’avoir une tombe de ce genre. Il devait avouer que bien des fois il avait espéré que ça se produise, pendant qu’il tournait le robinet serti dans le bois de la barrique et qu’il regardait un vin épais gicler dans la bouteille, puis qu’il ralentissait progressivement le débit quand le niveau du liquide approchait du goulot. C’est qu’il ne fallait pas en perdre une seule goutte. La dernière, il l’essuyait d’un doigt et la portait à ses lèvres avant de remonter donner sa ration quotidienne à son père, qui trouvait immanquablement que Gus avait été trop long. Sa contrariété oubliée, le père renversait le goulot de la bouteille dans son verre, comme il l’aurait fait avec une cheville pour planter une salade le long d’un cordeau tendu, puis il buvait cul sec cette bénédiction et faisait claquer sa langue contre son palais en même temps qu’il reposait bruyamment son verre vide sur la table en disant : « encore un que les boches n’auront pas ! » Gus l’observait attentivement en se disant que le vin apportait plus de choses qu’il n’en prenait, que c’était une des grandes lois de la nature, étant donné que son père était bien plus calme quand il avait picolé, comme apaisé ; que ce qui se passait à l’intérieur d’un homme après un verre ou deux était une expérience à vivre chaque jour, un délicieux engourdissement qui faisait voir les choses différemment, qui vous conduisait à regarder à l’intérieur de vous sans vous laisser emmerder par ce qui se passait autour.

 

Gus n’avait jamais vu son père saoul, probablement qu’il buvait trop pour ça. Il s’endormait invariablement après le repas, assis sur sa chaise, la tête basculée en arrière sous sa casquette crottée, et il se mettait à ronfler comme une locomotive gorgée de charbon. Gus pouvait demeurer ainsi, à l’observer, en attendant qu’il se réveille et lui demande de retourner remplir la bouteille, pendant  que sa mère était partie Dieu sait où. »

PRIX SNCF DU POLAR

 

PRIX 100% PUBLIC

 

Vous avez toujours rêvé d’être jury d’un prix Littéraire ? Alors le PRIX SNCF DU POLAR est fait pour vous ! Pour preuves, des sélections élaborées par des comités d’Experts composés de spécialistes du polar en Roman, Bande Dessinée ou Court Métrage. De quoi vous faire frissonner de plaisir.

 

 

Prix 100% public, le sort des œuvres en compétition est placé entre les mains du plus intransigeant des jurys : VOUS !

 

 

Grâce à vos votes et à votre engagement, de nombreux noms du polar ont été révélés depuis 18 ans : Franck Thilliez, Mo Hayder, Gilda Piersanti, Gilles Legardinier, Jérémie Guez, Ian Manook ou encore Emmanuel Grand ! Lors de la 17e édition, 35 000 votes ont ainsi été recueillis.

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 06:00
L’illusion du prix de revient moyen et du contrat-béton qui fait s’évanouir les rapports de forces dans les grandes filières agricoles, celle du lait en premier

L’enfer est pavé de bonnes intentions.

 

La crise laitière qui a mis au grand jour ce qu’est devenu ce secteur pour sa plus grande part : la collecte d’un minerai dont le prix est fonction de la conjoncture laitière internationale. Depuis la disparition des quotas laitiers les économistes du secteur use d’une formule agréable : la volatilité des prix.

 

L’illusion de la régulation, sans outils physiques de régulation, a fait long feu.

 

En août 2016 le Monde découvrait l’eau chaude : « Dans le secteur laitier, c’est l’acheteur qui fixe les prix. Depuis deux ans, les prix d’achat du lait chutent, au détriment des producteurs ».

 

Belle découverte, comme si le secteur laitier était une exception, tous les secteurs agricoles, dans une économie ouverte de matières premières, depuis que les outils de régulation des politiques communes de l’Union ont été jetés aux orties, sont soumises à l’état des marchés mondiaux, régionaux et nationaux.

 

Rien ne ressemble plus à un litre de lait collecté ici qu’un litre de lait collecté là, même le lait bio est soumis à la confrontation offre demande, les collecteurs privilégient donc la ressource la moins coûteuse. Il existe un marché spot du lait.

 

Pendant tout un temps la conjonction d’une gestion régionalisée des quotas laitiers, privilégiant les zones de montagne, et d’une fixation par le CNIEL d’un prix national du lait a permis à la France laitière de préserver encore un équilibre entre un Grand Ouest hyper-productiviste et des zones moins privilégiées.

 

Mais, patatras la Commission Nationale de la Concurrence a mis le holà, il est interdit de fixer un prix plancher du lait.

 

Alors nos beaux esprits de la rue de Varenne et d’ailleurs n’ont eu de cesse de nous vendre deux concepts qui allaient permettre de réguler ce bel ensemble soumis à la concurrence : la contractualisation et les organisations de producteurs.

 

En soit ils sont satisfaisant sauf qu’ils se heurtent aux dures réalités de terrain qui font que les producteurs sont depuis des décennies entre les mains de leurs collecteurs privés et coopératifs et que beaucoup d’entre eux, au vu des échecs économiques des groupements de producteurs, des coopératives incapables pour la plupart de bien valoriser le lait, répugnent à se lier dans ses fameuses OP.

 

Pour avoir passé 18 mois en tant que médiateur entre les producteurs et les grands opérateurs laitiers je puis vous assurer que les réactions des producteurs sont parfois déroutantes et n’entrent pas dans les clous de la rationalité économique développée par nos hauts-fonctionnaires.

 

La contractualisation, chère à Bruno Le Maire, a consolidé la main ferme des grands collecteurs. sur leurs producteurs.

 

Alors, changeons, inversons les facteurs, faisons en sorte que ce soient les producteurs qui fixent leurs prix en fonction de leur prix de revient.

 

Génial !

 

Moi je veux bien mais pour rendre opérante la réforme il va falloir lever deux obstacles de taille : le prix de revient moyen recouvre de fortes disparités régionales et régionaliser le prix d’achat du lait risque d’accélérer la déprise laitière ; le poids des entreprises laitières qui, en dépit de l’inversion, garderont la main sur la conclusion du contrat.

 

Le coût de la production laitière pondéré en fonction du volume de lait produit par exploitation, a été calculé pour neuf régions laitières (voir graphique).

 

Vu les différences de structure d’une région à l’autre, les résultats finaux des coûts de production pour les neuf  régions laitières varient entre 34 centimes par kilo de lait dans les régions côtières (Grand Ouest) et 49  centimes dans les régions montagneuses (Sud-est).

 

Dans l’ensemble, le coût de production du lait dans les régions laitières en 2013 s’élevaient à environ 40 – 45 centimes d’euros par kilo de lait (Grand Est, Nord-Picardie, Normandie, Poitou-Charentes, Sud-Ouest.

 

 

Mettre en avant les obstacles, les difficultés ce n’est pas faire preuve de défaitisme mais prendre en compte la réalité qui ne cadre pas souvent avec les bonnes intentions des discours.

 

Pour lever ces obstacles, ce qui est possible et souhaitable, il faut commencer par le commencement et remettre le droit de la concurrence sur de bons rails, ceux permettant une forme de protection pour les producteurs des zones en déprise. Traiter un producteur sous-smicard comme un agro-éleveur intensif relève de l’ineptie.  Attention aussi à ne pas tomber dans le miroir aux alouettes de la montée en gamme, de la valorisation par les fameux signes de qualité, des circuits courts pour ses producteurs à la ramasse. Ces segments sont déjà occupés par des producteurs bien implantés commercialement et s’imposer sur ces marchés exige des ressources humaines, financières, techniques qui ne sont pas à la portée de beaucoup d’entre-eux.

 

Donc tout est possible mais de grâce ne pas croire ou faire accroire que l’on peut, dans les secteurs dominés par de grands groupes, d’une production de minerai mondialisé, de commodities, à une production artisanale de valeur, sans ériger des protections, des outils de régulation. La PAC avait beaucoup de défauts, normal ce sont des hauts-fonctionnaires français qui l’ont couché dans les textes, mais elle avait un grand mérite c’est de constituer une exception dans les rapports de force mondiaux. C’est bien pour cette raison que les USA n’ont eu de cesse, au travers du GATT d’abord, puis de l’OMC de la détruire.

 

Le virage amorcé par Emmanuel Macron ne pourra s’effectuer dans de bonnes conditions que si l’on sort de la logique mortifère dans laquelle la Commission Européenne, avec la complicité des Ministres de l’Agriculture et des Finances des pays membres, s’est engagée. Le verdissement des aides n’est qu’un leurre. La cohabitation entre une agriculture ferraillant sur les marchés mondiaux avec une agriculture paysanne ou artisanale exige que l’on mette en place des outils physiques de régulation.

 

Si le Comté se porte si bien c’est qu’il se protège, détermine les quantités à produire en fonction des débouchés, n’oublions jamais que les AOC étaient lors de leur création des instruments de protection, et non comme la vulgate stupide le proclame aujourd’hui des outils de promotion de la qualité.

 

Mais pour que l’imagination, qui prévalait à cette époque préhistorique où les dirigeants se plaçaient devant la troupe pour l’entraîner, soit au pouvoir un nécessaire ménage est à effectuer dans les grandes organisations corporatistes. La CNAOC est plus mobilisée sur le tire-bouchon de madame Buzyn que sur ce nécessaire aggiornamento.

 

J’ai, en 2000, fâché beaucoup de monde dans mon Rapport, qui n’avait rien de révolutionnaire, mais pendant un court moment le monde du vin s’est soumis à une intense réflexion mise ensuite sous le boisseau par Hervé Gaymard sur injonction de l’Elysée où Jacques Gravegeal régnait en maître.

 

Les Assises voulues par le Président de la République souffrent du mal que génèrent les technostructures publiques comme privées, le conservatisme lié à leur incapacité à prendre des risques, à anticiper, à innover.

 

       - JeanFrançois Fortin, maître du lait

PHILIPPE LEGUELTEL 16/10/2017 ICI 

 

                      - Combien coûte la production d’un litre de lait ?

LE MONDE | 23.08.2016 par Cécile Bouanchaud ICI 

 

 

        - Le coût de la production laitière en France European Milk Board ASBL 2013 ICI 

 

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L’illusion du prix de revient moyen et du contrat-béton qui fait s’évanouir les rapports de forces dans les grandes filières agricoles, celle du lait en premier
  • Etats Généraux : carton plein d'Emmanuel Macron à quelques réserves près Pierre Christen |  16 Octobre 2017 | ICI  

 

Un accueil favorable, y compris de la part de Michel-Edouard Leclerc

 

Du côté des transformateurs, l’accueil se révèle – sans surprise – favorable. « C’est le socle d’un sursaut positif pour toute la filière avec une volonté commune inédite de mettre fin à la guerre des prix », a commenté Jean-Philippe Girard, président de l’Ania, porte-parole de l’industrie alimentaire. Unanimité aussi pour les agriculteurs, de la FNSEA à la Confédération paysanne en passant par la Coordination rurale. Les distributeurs ont aussi globalement bien accueilli le discours du Président. La FCD (qui représente Carrefour, Géant Casino,…), par la voix de son secrétaire général Jacques Creyssel, s’est déclarée satisfaite que le président ait repris ses propositions. Pour les Mousquetaires, « plusieurs mesures vont dans le bon sens » , affirme Didier Duhaupand, président du groupement. Serge Papin, le p-dg de Système U, se montre lui-aussi satisfait que les propositions des ateliers aient été reprises. D’autant qu’il co-présidait l’atelier 5. Plus surprenante est la réaction de Michel-Edouard Leclerc, qui, à quelques jours de l’intervention présidentielle, a mené une vive campagne contre la hausse du SRP. Il s’est déclaré soulagé et satisfait. Soulagé car le Président a réservé le relèvement du SRP aux seuls produits alimentaires. Et satisfait, car le cap est mis sur « l’indispensable montée en gamme de la production agroalimentaire française ». Il s’est même déclaré plutôt favorable à l’encadrement des promotions : « Ce n’est pas une satisfaction mais une position issue d’un consensus devant une situation devenue un peu incontrôlée ».

 

La partie est loin d'être gagnée

 

On l’aura compris, aucun acteur clef n’a voulu jouer le rôle du vilain petit canard. Michel-Edouard Leclerc a bien saisi le risque d’isolement médiatique. Mais cette unanimité pourrait sembler étrange, si elle ne masquait pas quelques réserves, voire même quelques réticences qui n’ont pas tardé à s’exprimer.

 

Preuve que rien n’est joué dans cet ambitieux projet de transformation du modèle agricole français, Emmanuel Macron a suscité des sueurs froides dans les rangs de la FNSEA, en opposant le bio et les signes de qualité, « qu’il faut développer » et des modèles productivistes « qu’il faut arrêter ». Il a ainsi remis en cause la pertinence de certaines productions, qui ne pourront plus être compétitives face à la concurrence internationale. Et cité l’exemple des volailles destinées aux marchés moyen-orientaux, faisant une référence implicite aux difficultés de Doux. Il a également pointé l’immobilisme de la filière porcine, déplorant que le bio ne pèse que 0,5 % de la production. Pour la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, Emmanuel Macron a été « parfois caricatural ». Coop de France a réagi en soulignant que « ce n’est pas uniquement en inversant la construction du prix dans les contrats agricoles que l’on traitera de l’enjeu central de la compétitivité et de la performance ». Pour les coopératives agricoles et agroalimentaires, l’écart avec les compétiteurs européens est un pré-requis indispensable à l’analyse des références de prix de revient français à la production.En clair, le système français ne doit pas être déconnecté des prix mondiaux, s'il veut rester compétitif.

 

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 06:00
Adhésion /obligation les 60 interprofessions agricoles sont, pour les grandes, plus des théâtres d'expression politique que des lieux de décisions sur les marchés.

Je n’ai pas compté le nombre de fois où Emmanuel Macron, dans son discours de Rungis, a utilisé les mots filières et interprofessions.

 

La notion de filière n’est guère opérante économiquement car elle n’est que le constat physique de l’imbrication des opérateurs économiques qui produisent, transforment, distribuent les biens alimentaires. Elle permet d’agréger des chiffres, de publier des statistiques permettant d’évaluer le poids des uns et des autres. Il n’y a pas à proprement parler de pilotes dans une filière, elles sont dominées par les industriels eux-mêmes soumis au diktat de la GD.

 

Comme nous sommes un peuple génial, pour « piloter » ces ensembles nous avons inventés les interprofessions et, pour faire bon poids, les avons fait financer par des Cotisations Volontaires Obligatoires, les CVO.

 

La CVO c’est simple comme une volonté exprimée par des organisations dites représentatives, pour faire joli on les nomme familles professionnelles, un vote accouchant d’un prélèvement rendu obligatoire par la puissance publique : arrêté conjoint du Ministère de l’Agriculture et du Ministère de l’Économie et des Finances.

 

Conséquence : tout le monde paye sans pour autant se sentir représenté par les organisations professionnelles, c’est surtout vrai du côté des agriculteurs de tous poils, je  dis ça pour les vignerons qui ont toujours tendance à se croire différents des paysans.

 

Ce système a été inventé par un énarque, membre du cabinet de Christian Bonnet, qui fut mon patron à l’ONIVIT sur la base d’un raisonnement simple, celui que font les fiscalistes, plus l’assiette est large plus le rendement est bon. Cette manne permettra de faire fonctionner des zinzins où les OPA pourront piloter la filière.

 

Ce fut assez vrai dans le secteur laitier tant que l’Interprofession fixait le prix d’achat du lait mais tout l’édifice s’est lézardé lorsque la Commission Nationale de la Concurrence a mis le holà. Dans le secteur des grandes cultures, ils ont mis en place des fonds financiers : Unigrains et Sofiprotéol qui leur ont permis d’intervenir économiquement. Unigrains par  exemple a permis la constitution du groupe Bigard en lui cédant ses parts dans Socopa. Sofiprotéol devenu le groupe Avril opère dans le biodiesel, les semences Limagrain,  les aliments du bétail, les œufs…

 

Dans le secteur des viandes ça n’a jamais fonctionné, comme pour les fruits et les légumes.

 

Dans le secteur du vin, les interprofessions ont essentiellement agit en placardant des affiches et en finançant de la publicité. Le pilotage de la filière s’opérant soi-disant dans la section spécialisée vin de FranceAgrimer sous la houlette d’un apparatchik Jérôme Despey pur produit du syndicalisme majoritaire (ex-président des JA et VP de la FNSEA).

 

L’article ci-dessous de Marie-Josée Cougard dans les Échos fait un assez bon état des lieux.

 

Multiples, les interprofessions agricoles sont, pour les plus grandes d’entre elles, devenues des théâtres politiques.

 

Ultra organisée, l'agriculture française regorge de représentations dans tous les secteurs de production, dont beaucoup ne sont plus adaptées à une Europe désormais largement ouverte sur le monde. La plupart ont été créées dans les années soixante ou soixante-dix. C'est le cas des interprofessions, dont le fonctionnement a été codifié par la loi du 10 juillet 1975 pour que se concertent les agriculteurs et leurs clients, industriels, négociants, etc. Emmanuel Macron demande au monde agricole d'en faire de véritables instances de décision économique.

 

Les interprofessions ou filières sont aujourd'hui plus de soixante. Toutes au départ avaient l'ambition de partager des décisions d'ordre économique. Elles ont à vrai dire longtemps rempli leurs objectifs, jusqu'au moment où il a été décidé de réformer la politique agricole européenne (PAC). Cela s'est fait par vagues successives, jusqu'à mettre l'agriculture communautaire en prise directe sur les marchés mondiaux. D'une logique de négociation politique sur les aides à l'agriculture, l'Union européenne est passée à une logique économique, qui ne s'est pas toujours imposée dans les cénacles agricoles.

 

Conflits

 

Tant et si bien que les grandes interprofessions, comme celles de  la viande ou du lait, sont souvent devenues davantage des théâtres d'expression politique que des lieux de décisions sur les marchés. Résultat, de belles empoignades entre producteurs et industriels, et des conflits impossibles à dénouer. Au point que les impétrants ont fini par prendre l'habitude de faire appel au ministre de l'Agriculture en place pour tenter de dénouer les conflits. Dans de nombreux cas, les situations se sont avérées si complexes qu'il a fallu trouver un médiateur et les plus grands groupes industriels les boycottent fréquemment.

 

A l'inverse, les interprofessions plus restreintes dans leur champ d'action fonctionnent parfaitement. C'est le cas du CIVC, le comité  interprofessionnel du vin de champagne: les vignerons trouvent chaque année un accord sur les prix du raisin et ils s'entendent avec les maisons de champagne sur un rendement à l'hectare et un niveau de stock. C'est également vrai de l'interprofession du comté ou du roquefort où les industriels acceptent de rémunérer sans sourciller le lait à des prix deux fois supérieurs à celui que reçoivent les autres. De crise on ne parle jamais. Les marchés sont circonscrits et les intérêts de chacun bien compris. Une logique à méditer.

 

Marie-Josée Cougard

@CougardMarie

 

Pour donner une couleur viticole à cette chronique je vous livre l’état d’un conflit qui oppose le négoce bourguignon à la CAVB organe représentatif des vignerons bourguignons.

 

A l’attention des Président-e-s d’ODG et des membres des commissions du BIVB représentant la CAVB

 

Mesdames, Messieurs,

 

Lors de la conférence de presse sur le millésime 2017, organisée par le BIVB le 20 septembre dernier, son Président, Louis-Fabrice Latour, a annoncé aux journalistes son souhait de se voir reconduire, ainsi que le Président délégué représentant la viticulture, à la tête de l’interprofession.

 

Ainsi, il a délibérément et publiquement ignoré le vote démocratique organisé par la CAVB au mois de juillet dernier qui a vu notre Conseil d’administration élire Jean-Michel AUBINEL représentant de la viticulture à la future présidence du BIVB.

 

Par la suite, Jean-Michel AUBINEL a rencontré Louis Fabrice LATOUR et Pierre-Henri GAGEY. Au cours de cet entretien, ces derniers lui ont fait savoir qu’ils ne le laisseraient pas accéder à la présidence du BIVB.

 

Les vignerons du Conseil d’administration du BIVB ont souhaité avoir un débat sur cette ingérence dans la vie interne de la CAVB lors du dernier Conseil d’administration du BIVB.

 

Malgré plusieurs demandes, le Président du BIVB n’a pas voulu aborder cette question importante.

 

Les vignerons ont donc décidé de quitter la salle et ont tous écrit un courrier à l’attention de Président du négoce, Frédéric Drouhin, dénonçant cette attitude et sollicitant une discussion sur cette situation inacceptable. En effet, il est urgent de savoir si cette initiative malheureuse est le fait de quelques personnes ou la position de la famille du négoce. Ce qui provoquerait une véritable rupture dans le contrat qui lie nos deux familles, à savoir le respect des décisions de chacune des deux composantes de l’interprofession.

 

Dans l’attente, la viticulture ne participera plus aux réunions (Comité Permanent, Conseil d’administration, Assemblée générale et commissions) du BIVB.

 

Vous trouverez ci-joint le courrier envoyé vendredi dernier à Frédéric DROUHIN, Président du négoce bourguignon, signé par tous les vignerons, membres du Conseil d’administration du BIVB.

 

La CAVB tiendra un Conseil d’administration la semaine prochaine qui débattra notamment des suites éventuelles.

 

Il paraissait important que chacun-e d’entre vous soit informé-e.

Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.

 

Bien cordialement

 

Thomas NICOLET

Directeur

06 99 74 03 73 / t.nicolet@cavb.fr

 

Affaire à suivre, je ne parle pas des chicayas du BIVB mais du pilotage des filières par les Interprofessions pour mener à bien les fameuses montées en gamme chères au Président Macron.  

 

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:00
Que vient faire Ausone avec le brochet qui, écrit avec un grand B, comme Emmanuel Brochet est une pépite de champagne ?

Pour les grands amateurs, style LPV, ceux qui se lamentent sur les prix pharaoniques atteint par les GCC de Bordeaux et leurs cousins de Bourgogne, Ausone c’est un château de Saint-Émilion propriété de la famille Vauthier qui a atteint les sommets sans avoir recours, comme le chante Alain Souchon, aux jupes des filles.

 

Les lettrés, de plus en plus nombreux sur  Face de Bouc grâce à la consultation assidue de Wikipédia, savent qu’Ausone, né à Bordeaux, Decimus Magnus Ausonius, fit ses études à Toulouse pour revenir dans sa ville natale, où il enseigna la grammaire, puis la rhétorique. Appelé à Trèves pour être précepteur du futur empereur Gratien, Ausone fut élevé au consulat (379). Après l'assassinat de Gratien (383), il revint définitivement à Bordeaux, où il mourut.

 

« Le contenu chrétien de ces poèmes est assez mince, et d'autres sont franchement païens. On a pu se demander si Ausone était païen ou chrétien. Sans doute était-il de ces esprits qui, comme il y en eut beaucoup au IVe siècle dans les milieux cultivés, étaient au fond assez indifférents en matière religieuse, et dont le christianisme ne fut peut-être qu'un opportunisme. » Pierre Thomas CAMELOT

 

Ce cher Ausone, dans son hymne à la Moselle, atteste que le nom du brochet en latin c’est lucius.

 

Ce nom serait un emploi métaphorique du prénom romain Lucius. En effet, Ausone, a qualifié le brochet de « poisson plaisamment désigné par un prénom latin ». C’est controversé mais le fait que Lucius Licinius Murena, consul romain défendu par Cicéron à propos de la murène, ait été un gros poisson de la politique apporterait un argument suffisant pour en faire l’origine du nom de ce poisson.

 

En gaulois, ce nom est formé sur l’adjectif latin brocc(h)us « aux dents proéminentes »

 

 

« Les traits morphologiques les plus remarquables, chez le brochet, sont la gueule, si parfaitement conçue pour la capture des proies, et le corps, si bien profilé pour l'attaque surprise. La gueule en bec de canard, large, aplatie, et arrondie, s'ouvre démesurément pour montrer un armement impressionnant de plus de 700 dents, acérées et coupantes, se répartissant en deux catégories ayant chacune sa fonction : celles qui garnissent les mâchoires, les moins nombreuses mais les plus grosses et les plus longues, servent à saisir et à clouer la proie; les autres, fines et serrées en massifs, tapissent le palais et la langue et, inclinées vers l'intérieur, ont pour rôle de conduire la proie vers le fond de la gorge en l'empêchant de ressortir.

 

Le corps, parfaitement hydrodynamique, avec une nageoire dorsale rejetée loin vers l'arrière et une caudale large et puissante, n'est pas conçu pour une nage à grande vitesse prolongée, comme celui du saumon par exemple, mais pour le rush foudroyant à partir de l'immobilité de l'affût afin d'intercepter la proie qui passe à bonne portée.

 

 

La robe du brochet est d'ailleurs parfaitement mimétique grâce aux couleurs et aux motifs (taches, zébrures) qui lui permettent de se confondre avec son environnement; d'un milieu aquatique à l'autre, ces couleurs peuvent varier considérablement: jaune paille et gris argenté à verdâtre sur le corps, avec des nageoires orangé à brun rouge, très vives et contrastées dans des eaux claires acides et très pâles et affadies dans les eaux opaques. La femelle peut atteindre une longueur de 1,50 m pour un poids de 35 kg en Europe et, selon certains auteurs, jusqu'à 65 kg en Sibérie - ce qui le placerait bien au-dessus du fameux muski (masquinonge) nord-américain, brochet géant qui ne dépasse pas (!) 2 m de long pour une quarantaine de kilos. Mais chez nous, des sujets de 15 à 20 kg sont déjà de très gros brochets. Les mâles sont sensiblement plus petits, n'atteignant qu'exceptionnellement une dizaine de kilos. »

 

Bien qu'essentiellement chasseur de proies vivantes - et, plus rarement, dans des conditions normales, «ramasseur» de proies mortes -, le brochet est loin d'être ce féroce prédateur pour lequel il a longtemps passé. Il a des cycles d'activité alimentaire espacés de plusieurs jours (parfois huit à dix), entre lesquels il reste totalement apathique, ce qui fait qu'il est bien loin, au total, de manger «son propre poids de poisson par jour», comme l'on disait dans le temps.

 

Loin d'être un nuisible, il assume une fonction indispensable dans la régulation des équilibres interspécifiques du milieu où il vit, en limitant les espèces à fort pouvoir de reproduction, et aussi dans la sélection de chacune en éliminant les sujets les plus faibles ou malades. Dans les plans d'eau ou cours d'eau où il n'est pas en densité suffisante, il peut se produire des perturbations graves, comme le nanisme des perches, dont il est le prédateur limitant naturel (les premières proies des tout jeunes brochets sont les alevins de perche qui, nés après eux, sont à la bonne taille juste au bon moment) ou bien l'installation d'une maladie sur une espèce donnée, sa dégénérescence, etc.

 

Il vit en solitaire, sur un territoire dont l'étendue est fonction de ses besoins et de la densité en poisson-fourrage. Tout concurrent qui s'y aventure fait l'objet d'une agression; si le plus faible ne fuit pas, il peut être mangé par le plus fort: ce cannibalisme constitue également une régulation et une sélection de l'espèce par elle-même. Toutefois, ces territoires ne sont pas fixés une fois pour toutes et s'il se produit, à un moment quelconque, une grosse concentration de proies, les brochets peuvent accepter une cohabitation sans agressivité du fait de l'absence de concurrence alimentaire. »

 

LIRE ICI 

 

Pour faire la transition avec le réel objet de cette chronique j’évoquerai le brochet au beurre blanc de maman.

 

En effet, ce plat de communion solennelle, aurait aimé se marier avec le splendide Les Hauts Meuniers 2010 d’Emmanuel Brochet.

 

Mais qui est Emmanuel Brochet ?

 

Les amis de Mi-fugue mi-raisin écrivent :

 

« Emmanuel Brochet a eu la chance de récupérer de ses parents une parcelle de 2.5 hectares louée auparavant à d’autres vignerons. Il est donc le premier vigneron de la famille et n’est pas lié par un contrat de fermage. Son approche et sa philosophie font penser à un autre vigneron, Richard Leroy: les deux sont passionnés et préfèrent vivre simplement tout en élaborant des vins de rêve. Leur  priorité est de rentrer des raisins sains et équilibrés leur permettant d’aller le plus loin possible dans la vinification.

 

La parcelle est située à quelques kilomètres à l’ouest de Reims, sur des sols argilo-limoneux en surface et crayeux en sous-sols. On obtient donc des vins secs d’une grande minéralité, mais avec un très beau fruit. Paradoxalement, on est  à la fois sur un Champagne d’esthète, précis, minéral, pur  et sur un vin de (grand!) plaisir. »

 

J’ai découvert Emmanuel Brochet et ses rares pépites il y a 3 ans à Aÿ.

 

Depuis j’arpente Paris en espérant kidnapper l’un de ses flacons.

 

Il était au Paul Bert en compagnie d’une belle poignée de vignerons, les champenois y étant majoritaires, et j’ai découvert la dernière de ses merveilles Les Hauts Meuniers 2010 100 % pinot meunier. (1180 bouteilles)

 

Question au gentil et discret Emmanuel : où le trouver ?

 

Réponse : aux caves Legrand rue de la Banque !

 

Dès le lendemain matin j’ai enfourché mon fier destrier pour m’y rendre.

 

Le trésor était bien caché, il a fallu aller le chercher à la cave.

 

 

Mon enlèvement réussi je suis reparti le cœur léger « quand on aime on ne compte pas »

 

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 07:00
Au matin de ce dimanche d’été indien en retrouvant la photo de la petite classe de l’école libre de la Mothe-Achard je sais d’où je viens…

Ceux d’entre vous qui me lisent chaque matin savent que, en dépit de mon grand âge, ma plume aime à s’égarer sur des chemins qui mènent nulle part ou, plus exactement, qui s’aventurent dans les secrets de mon petit jardin d’intérieur.

 

Hier, j’ai cuisiné pour des invités. Mettre les mains dans la farine est le moyen le plus sûr pour permettre à son esprit de folâtrer.

 

En faisant mes courses j’ai à l’insu de mon plein gré fait la charité en versant chez le boulanger 1 euro pour 1 Love Baguette dans le cadre d’une opération nationale de l'association AIDES pour aider la recherche contre le Sida puis 3 euros à la supérette pour construire une école en Syrie.

 

 

Charité moderne, indolore, sans main tendue à la sortie de la messe.

 

En entrée, c’est là où je peux exercer ce qui me reste de créativité, j’ai dressé des assiettes sous-bois&mer sur un lit de salades. Soit en français : des petits cèpes, des noix fraîches de Saint-Jacques, des moules de bouchot sur des endives de plein champ, du cresson et du pissenlit. Le tout aspergé de vinaigre de miel et d’huile d’olive.

 

Pour le reste du repas, des pappardelle au ragù de cerf (préparé pour moi par l’ami Giovanni Passerini), un plateau de fromages pestilents à souhait : une boulette d’Avesnes d’enfer, et bien sûr la fameuse tarte aux pommes. ICI  

 

 

Là-dessus 1 Clairet de chez Massereau.

 

 

Tout le monde était content d’avoir bien mangé et bien bu, merci petit Jésus…

 

Sur le soir, sur le fil d’infos, il m’est proposé un sujet qui me touche  La photo de classe, un rituel toujours vivace. Je les ai toutes, ou presque, et sans nostalgie exagérée c’est toujours un plaisir de les regarder. 

 

Avec elles, si tant est que je l’aurais oublié, je sais d’où je viens !

 

L’article souligne : « L'école publique de Jules Ferry se met aussi en scène. Enfants sagement alignés, instituteur ou institutrice vêtu sobrement au milieu du groupe d'élèves, cette photo de classe veut transmettre jusqu'aux tréfonds des campagnes l'excellence de l'école républicaine et laïque. L'école libre, elle, valorise les symboles religieux »

 

Si vous me reconnaissez sur la photo de l'école libre de la Mothe-Achard je vous offre une bouteille de Clairet.

 

La nuit passe là-dessus, je me lève de bonne heure : 5 heures, que vais-je leur raconter ?

 

Disserter sur l’hypocrisie du « Tout le monde savait… » à propos du producteur prédateur sexuel ou sur l’impudeur d’un Bertrand Cantat s’affichant à la Une des Inrocks pour faire la promo de son nouvel opus ?

 

Je ne m’en sens pas le courage.

 

Sur le premier sujet, Virginie Despentes dans Vernon Subutex dresse un portrait très ressemblant d’un producteur qui passe sa vie à se faire des lignes et à traquer des proies.

 

 

Quant à Cantat, grand pourfendeur, donneur de leçons, il a purgé sa peine humaine, mais bordel de merde qu’il ne vienne pas ramener à nouveau sa fraise. Et Dieu sait si j’ai aimé Noir Désir, pas vraiment Cantat.

 

J’en étais donc là lorsque mon esprit descendit l’escalier sans préavis, sous l’effet du discours ambiant sur la valeur travail, je me souvins de la fable de Jean de La Fontaine : Le Laboureur et ses Enfants.

 

Emmanuel Macron va causer à la télévision ce soir :

 

 

Travaillez, prenez de la peine :

C’est le fonds qui manque le moins.

Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage

Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’Oût.

Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse.

Le père mort, les fils vous retournent le champ

Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an

Il en rapporta davantage.

D’argent, point de caché. Mais le père fut sage

De leur montrer avant sa mort

Que le travail est un trésor.

 

Je regarderons point Macron à la télévision mais descendant d’une lignée de laboureur, ne sachant ni le jour ni l’heure, je me demande toujours si j’ai pris le bon chemin…

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 06:00
Si vous passez en Champagne pouilleuse arrêtez-vous donc chez Drappier, le Taulier vous contera l’histoire de Clairvaux la centrale Badinter et Jean Genet…

Drappier est un must, il cultive l’authenticité et le naturel grâce notamment à un très faible dosage et un usage extrêmement modéré des sulfites, dont la cuvée Brut Nature Sans Soufre est l’aboutissement.

 

Même que mardi dernier cette belle maison auboise a offert un léger en-cas au petit bouiboui de la rue de Varenne, l’Arpège, à des « critiques », sans doute pour leurs beaux yeux, ces gens-là sont des incorruptibles comme chacun sait. Si on en fait la remarque ces braves gens poussent des cris d’orfraies.

 

 

Un petit coup de pouce à la communication ne saurait nuire à l’extension du domaine de buvaison de la maison Drappier.

 

Celle-ci puisée sur le site nous dit :

 

« Si la vigne fut plantée pour la première fois à Urville par les Gallo-Romains il y a 2000 ans, c’est Saint Bernard, fondateur de l’Abbaye de Clairvaux qui fit construire nos caves en 1152.

 

Sept siècles plus tard, en 1808, c’est autour de ce témoignage médiéval, magnifiquement préservé, où dorment des cuvées d’exception, que fut créé le domaine familial dirigé aujourd’hui par Michel Drappier. Terre d’accueil du Pinot Noir, cépage qui « coule dans nos veines », c’est à Urville que fut planté notre vignoble, cultivé selon les principes du bio et du naturel.

 

Comme des « archives » de la longue histoire de notre maison, nous continuons également à cultiver des cépages oubliés et pourtant inoubliables : l’Arbane, le Petit Meslier et le Blanc Vrai. »

 

La Champagne Pouilleuse, aussi connue sous le nom de Champagne Crayeuse, doit son nom à sa pauvreté passée. En effet, son sol calcaire y empêchait les cultures et seuls les moutons y étaient élevés.

 

Depuis la généralisation de la culture sous engrais, la Champagne Pouilleuse est devenue une riche région agricole malgré ses terres blanches, l'égale de la Brie et de la Beauce.

 

La Champagne crayeuse est une vaste région naturelle, qui occupe une des auréoles du Bassin Parisien : celle de la craie sénonienne. Elle s'étend sur quelques 820 000 hectares, sous la forme d'un croissant long de 175 km du nord au sud, large d'une soixantaine de kilomètres en son milieu. Bordée à l'ouest par la Côte de l'Ile de France, à l'est par la Champagne humide et l'Argonne, elle bute au sud sur le Pays d'Othe, et, au nord, ne franchit guère la vallée de l'Aisne. Elle chevauche ainsi les trois départements des Ardennes, de la Marne et de l'Aube. Elle se présente comme une plaine largement ondulée et coupée par des vallées, dont l'altitude varie entre moins de 100 m et 235 m.

 

 

Même si mon pouvoir d’influence est immense je ne vais pas pour autant tresser des lauriers à Drappier, je l’ai fait par le passé, mais vous conter l’histoire de l’abbaye de Clairvaux.

 

Pourquoi ?

 

Champagne «Cuvée de Clairvaux» un vin rare ? titrais-je le 25 mai 2009

 

« Cette cuvée, élaborée par la maison Drappier dans les anciennes caves de l’Abbaye de Clairvaux à Urville, je l’ai dégustée et appréciée au Salon des Vins d’Abbayes – Cellier du Collège des Bernardins 20, rue de Poissy 75005 Paris » écrivais-je.

 

Une abbaye quoi de plus banal sauf que l'abbaye de Clairvaux fut acquise par l'État le 27 août 1808 en même temps que treize autres anciens monastères pour mailler le territoire de « maisons centrales de force et de correction ». La Révolution ayant érigé la liberté en valeur fondamentale le nouveau système pénal s'élabore autour de la privation de liberté, éventuellement associée aux travaux forcés. Quelques aménagements suffirent à transformer en bureaux, en dortoirs et surtout en ateliers, les immenses bâtiments dont l'autre intérêt résidait dans son haut mur d'enceinte. De quoi faire de Clairvaux dans les décennies suivantes, non pas une maison centrale parmi d'autres, mais la plus grande de France : 1 456 détenus en 1 819 ; 2 700 en 1 858 dont 1 650 hommes, 489 femmes et 555 enfants.

 

Clairvaux, la Centrale fut rendue « célèbre » par « l’affaire Buffet/Bontems », et le réquisitoire de Robert Badinter contre la peine de mort.

 

Clairvaux, où fut enfermé un certain Jean Genet, qui y rédigea le « Journal d’un voleur ».

 

Clairvaux est l’une des maisons centrales les mieux gardées de France ses hauts et longs murs interminables, en rangées successives, interdisent toute vue sur les vestiges des splendeurs d’autrefois. »

 

La chronique ICI 

 

 

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