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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:00
« Au jeu des ceps familles » le cadet des Arena : Antoine-Marie multi-étoilé par les nez du continent.

Le journaliste de Corse-Matin, Jean-Marc Raffaelli, pour dresser le portrait du cadet des Arena, n’est pas avare de jeux de mots, tel celui du titre.

 

À propos de l’aîné, Jean-Baptiste, il se surpasse « à l’image de sa production, a le niveau idéal de la maturité, a pris parallèlement de la bouteille en politique comme nationaliste de premier plan (t). »

 

 

Mais revenons au chouchou du guide vert de la RVF : 2 * sur 3 et du duo d’enfer Butane&Degaz : 4 * sur 5, pour qui la passion pour le vin n’était pas génétique, « elle a fermenté » (sic).

 

Olivier Poussier « se fait lyrique, tel un poète qui sirote ses vers » (re-sic).

 

« Fraîcheur florale et fruitée des blancs, texture ciselée, empreinte minérale. Il n’a que trois millésimes derrière lui, mais ses cuvées impressionnantes de cohérence et de justesse, dévoilent une telle sensation de pureté et d’osmose qu’Antoine-Marie Arena pourrait avoir dix ans de métier et plus. »

 

Bon sang ne saurait mentir, « le père, Antoine, est la figure de proue du riacquistu viticole de Patrimonio, pour ne pas dire l’âme, de l’appellation. »

 

 

Antoine-Marie est aussi un sportif « Quand il court au milieu de ses vignes, on peut dire qu’il prend son pied. « J’ai beaucoup joué au football, j’ai commencé à l’Étoile filante bastiaise puisque ma mère (ndlr Marie) est du quartier Saint-Joseph, je fais aussi régulièrement du vélo, des randonnées en montagne et de la chasse sous-marine. »

 

« La plongée est bien la seule discipline où il met de l’eau dans son vin » (re, re, sic)

 

Pour ne rien vous cacher je n’ai pas attendu les nez experts pour aimer les vins d’Antoine-Marie, on les trouve à ICI MÊME, en face de chez Giovanni Passerini, dans le 12e une très belle cave, j’aime beaucoup l'étendue du choix et la qualité de l'accueil !

 

 

« Il a isolé une vieille vigne, presque centenaire, planté par son arrière-grand-père Barthélémy. Il tient à ce demi-hectare comme à la prunelle de ses yeux, privilégiant la qualité à la rentabilité : là où il pourrait sortir quatre mille litres, il en sort six cents. C’est la cuvée Memoria dont il dit, en souriant, que c’est une danseuse. »

22 mois d'élevage 15 jours de macération en grappes entières millésime 2015
22 mois d'élevage 15 jours de macération en grappes entières millésime 2015

22 mois d'élevage 15 jours de macération en grappes entières millésime 2015

Ici-même

68 rue de Charenton

75012 Paris

01 43 40 00 99

Horaires :

lundi 17h – 20h (pas de service sur place)

mardi au samedi 10h30 – 22h30 (service sur table jusqu’à 21h45)

dimanche 10h30 – 19h (service sur table jusqu’à 17h)

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 06:00
Le temps des Métives est de plus en plus précoce, qu’il est loin le temps des batteries à la vanneuse de mon père Arsène…

Août chez les Berthomeau c’était « Le temps des battages » pas celui des mariages

 

« Mon père Arsène était entrepreneur de battages et, avant l’irruption des moissonneuses-batteuses, après la moisson avec sa batteuse Société Française de Vierzon et le matériel qui allait avec, le monte-paille puis la presse-botteleuse, la locomobile Merlin puis le tracteur SFV, il allait de ferme en ferme, selon une tournée qui alternait : les premiers de la saison précédente étaient les derniers de la saison suivante. Le prix du battage n’était à l’heure passée mais au sac de grains récolté ce qui associait l’entrepreneur à la bonne ou à la mauvaise récolte. »

 

Dans le parler de chez moi la batteuse c’était une vanneuse.

 

Alors vous comprendrez aisément que le texte de Jacques Braud que m’a fait parvenir l’ami mothais Henri-Pierre Troussicot me va droit au cœur.

 

En effet, tout ce qu’il écrit je l’ai vécu au temps de mes culottes courtes, dans les aires de métairies, où j’étais « le p’tit gars d’Arsène »

 

Métives

 

La demi-route entre La Briolière et La Guignardière est complètement obstruée par l'équipage. On le sent prêt à dévorer l'auto et son conducteur. Le Berlingo est obligé de reculer sur près de 100 mètres pour trouver, dans la haie qui borde le chemin vicinal, une muce donnant accès à une parcelle de colza déjà moissonnée sur les terres de La Sauzaie pour laisser passer le gros insecte jaune.

 

La New Holland EVEREST (c'est écrit dessus) pousse devant elle une barre de coupe de 6 mètres de large au moins à l'aspect singulièrement agressif. Ça prend toute la largeur de la voie, banquettes et fossés compris. Sûr, l'une des deux n'est pas adaptée à l'autre. Perché là-haut dans l'aquarium climatisé de l'habitacle de plexiglas de sa monture à 200 000 euros, le conducteur prête à peine attention au « gêneur ». Il domine du haut de son EVEREST la voie communale, fort de la priorité que, pense-t-il, lui confère l'importance de sa tâche en cette période de moissons.

 

Le monstre vient de brouter une parcelle de 10 ha sur les coteaux du Petit Boquet et se rend dare-dare vers les terres du Fief Fromenteau qui gardent le souvenir de vignobles arrachés entre Foliet et Le Pâtis, dont témoignent des sarments devenus sauvages escaladant les ronces de quelques haies épargnées et qui arborent de jolies grappes dorées dont seuls les oiseaux profiteront. Les remembrements, au long des années, y ont ménagé de vastes zones à cultures céréalières à la place des alignées des ceps noueux et de la mosaïque de petits pâturages jadis domaine des vaches, malgré l'importance des pentes au creux desquelles la rivière du Petit Lay déroule ses méandres vers l'Assemblée pour consommer son union avec son grand-frère. Lui se fraiera laborieusement son chemin sinueux à travers bocage, plaine et marais jusqu'à sa destination finale, l'Océan, entre les Pointes de l'Aiguillon et d'Arçay. Là, freiné dans son élan par les courants de marée, il laissera choir au fond de son estuaire les boues provenant des terres ravinées prélevées sur les pentes du bocage privées de tout obstacle à l'érosion.

 

Ainsi en a voulu la gestion « raisonnée » de l'agriculture. Bientôt, le vent de suet apportait le vrombissement ininterrompu des 400 CV du 6 cylindres turbo-diésel de la dévoreuse machine traçant, imperturbable, son chemin dans les blés mûrs et dans un nuage de poussière, vomissant par sa goulotte semblable à une tête de dragon cracheur de feu un jet continu de grains dans l'énorme benne qui l'accompagne comme un rémora accroché à son requin, et laissant dans son sillage un large andain de paille blonde attendant de finir en bottes de 500 kg.

 

Le travail se poursuivit sans interruption tout le jour et une bonne partie de la nuit tandis qu'une noria de tracteurs titanesques acheminaient à toute allure vers les silos de la CAVAC leurs énormes remorques pllénes a faetàe. Le lendemain, en balayant la route, on aurait pu ramasser plusieurs quintaux de grains que les cahots avaient semé sur le bitume, comme si de l'urgence de la tâche et de la vitesse à laquelle elle était exécutée dépendait sa destination supposée, à savoir nourrir l'humanité, sans se soucier de ce honteux gaspillage.

 

De quoi dégoûter les glaneuses de Millet ! C'est la rançon du progrès, l'aboutissement d'une politique et d'un système économique où, sous couvert de soulager la pénibilité du travail, on l'a robotisé et déshumanisé. Pénibilité disparue ? Parlez-en au pilote du monstre agricole. Il vous dira le plaisir d'être secoué au volant de son engin pendant de longues heures dans le bruit et la poussière, sans parler des séances de mécanique sous la machine pour peu qu'elle ait heurté un gros caillou. Encore heureux si les étincelles produites par la rencontre avec cet obstacle minéral ne boutent pas le feu à la moissonneuse et à toute la récolte.

 

Bien sûr, le jeune agriculteur d'aujourd'hui, la tête pleine des idées modernistes qu'y ont inculquées les technocrates qui mènent le monde agricole, n'a sans doute aucun souvenir des moissons de jadis, et n'a-t-il en la matière que la vision de ces fêtes des « battages à l'ancienne » que certaines communes organisent pour les touristes ou les nostalgiques d'un passé soi-disant heureux qui le magnifient en oubliant les dures conditions qu'imposaient ces travaux aux paysans d'alors que miment des borgadins déguisés. Ce n'était certes pas une sinécure que de faucher au dail, de rortàe les gerbes, puis de les charger à la forche a troes piuns sur les charrettes emmenées par de robustes percherons ou sur les tombereaux tirés par des bœufs sous le joug.

 

C'était dangereux, surtout quand on avait un peu bouvassai, de les enfourner dans la trémie de la machine à battre entraînée à grand bruit par la courroie passée sur la poulie latérale du tracteur. Plus d'un bras a ainsi mêlé le rouge de ses chairs à l'or du froment. Le vin coulait à flots ; il fallait bien décoller la poussière au fond des gosiers et se donner du cœur à l'ouvrage. Ce n'était pas de tout repos de brasser la paille, d'enbarjhàe le pailler et de l'afaetàe de la plus belle manière qui soit, symbole de savoir-faire et de fierté, avant de l'arrimer à l'aide de trolles fabriquées au torniquét, de monter des sacs de 80 kg à l'épaule par l'échelle au grenier de la métairie, tout ça dans le bruit, la poussière et la chaleur de juillet, sans oublier ces sentiments de frustration et de colère qui resurgissaient quand on regardait partir la moitié de la récolte vers le logis du « maître ».

 

Le métayage était alors la norme et peu de paysans revendiquaient le fermage, qui pourtant leur donnait plus d'autonomie et de liberté. Il est vrai que le curé, en bon serviteur de la classe dirigeante, condamnait énergiquement ce changement de statut, n'hésitant pas à jouer les maîtres-chanteurs. La compensation était que, ces jours-là, lés mundes d'içhaulun, qui n'en avaient pas souvent l'occasion, en profitaient pour faire la fête et se donner un peu de bon temps.

 

La convivialité et le labeur en commun rapprochaient les gens, les sortaient de leur isolement habituel. Et c'étaient les longues tables installées sur des tréteaux dans l'aire, couvertes de nappes blanches et de victuailles, poulets, charcuteries, mojhétes, mell, callebotes, flluns et fouaces ou galettes confectionnées par les femmes, sans oublier les baricots et bouteilles qui permettaient de comparer les produits des récoltes de la vendange de l'année précédente issus du baco ou de l'oberlin, de la folle ou du noah.

 

Et allaient bon train commérages, plaisanteries et francs rires. C'était l'occasion de dévoiler ses talents de chanteur, de conteur, ou de pitre, le vin aidant à délier les langues et à gommer les timidités tandis que les enfants couraient, criaient et se roulaient dans la paille en se jetant des poignées de bale. Au soir, après une harassante journée où chacun avait payé de sa personne, pour peu qu'un musicour sortît son violon, sa vese ou son accordéon, l'aire se transformait en piste de danse, balayées de penes et arrosée à grands renforts d'entonnoirs pour la circonstance.

 

S'enchaînaient alors, au rythme du jhaz ou du pied du debout sur une estrade improvisée, avant-deux, quadrilles, ronds, demi-ronds et boulangères où l'on se lançait gaillardement, oubliant la fatigue, les douleurs dans les bras et les reins. C'est là que se nouaient parfois les amourettes et que naissaient les futures accordailles, lorsque les danses de couples, polka, valse, scotiche ou mazurka, favorisaient les rapprochements tant attendus et où, la nuit venue, l'obscurité encourageait des audaces longtemps retenues.

 

Oserai-je dire que bien des enfants du printemps devaient leur naissance aux métives de l'année précédente ? Après tout, Cérès, déesse des moissons, n'était-elle pas aussi celle de la fécondité ? Et les curés, à part quelques progressistes - mais ce n'étaient pas les plus nombreux - n'hésitaient pas à noyer de honte la jeune mariée en éspoer, son futur époux et leurs familles en les privant de l'entrée principale de l'église et des cloches, et en les contraignant à passer par la petite porte latérale, et ce suffisamment tôt pour qu'il n'y eût pas trop de témoins du péché dont les amoureux s'étaient rendus coupables.

 

Les moissons d'aujourd'hui, pressées et toute influencées par l'efficacité et le souci du profit lié au rendement offrent-elles encore au gens du monde rural cette occasion de manifester leur attachement à une certaine idée de la convivialité ?

 

J.B. Le 12/07/2017

 

- Métives : moissons

– muce : passage dans une haie

– suét : sud-est

– pllénes a faetàe : remplies à ras-bord

– borgadin : citadin

– dail : faux

– rortàe : lier à l'aide d'un végétal

– forche a troes piuns : fourche trident

– bouvassai : bu un peu trop

– enbarjhàe : mettre en tas (paille ou foin)

- afaetàe : parfaire le sommet

- trolles : cordages de paille ou de foin

- torniquét : sorte de manivelle à crochet pour tourner les trolles

– lés mundes d'içhaulun : les gens du pays d'ici

- mojhétes : haricots blancs

- mell : millet

- callebotes : lait caillé sucré

- flluns : flans - fouaces : brioches

– baricot : tonnelet - bale : enveloppe du grain

– musicour : musicien

- vese : cornemuse

– penes : genêts

– jhaz : gros tambour battu par une pédale, surmonté parfois d'une cymbale

- sounéùr : joueur d'instrument de musique

– acordalles : fiançailles

– en éspoer : enceinte


 

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 06:00
Je suis un ex-baissier de l’estran de la Normandelière qui va exaspérer les vegan en dévorant crue des berniques juste décrochées de leur rocher.

La bernique est tenace « la puissance d’adhérence à la roche est étonnante, celui qui ne parvient pas à la décrocher du premier coup pourra ensuite user de sa force, il cassera plus de coquilles qu’il n’en ramènera. Cette ténacité fait parfois prétendre qu’en se cramponnant ainsi aux rochers, la bernique les empêche d’être emportées par les flots. »

 

En image crue : la bernique a un petit côté vérole sur le bas-clergé.

 

Dans ma Vendée buissonnante à quelques kilomètres de l’Océan, mon paysan de grand-père, le pépé Louis, doté comme tout un chacun d’un couteau, lorsqu’il se risquait, rarement, à pratiquer la pêche à pied, se contentait de décoller des berniques de leur rocher.

 

Mon premier beau-père pêchait lors des grandes marées sur l’estran de la Normandelière. Je l’ai accompagné et j’ai gagné son estime en étant un remarquable pêcheur de dormeurs, les tourteaux pour les parigots, et d’étrilles dites balleresses en patois vendéens.

 

C’est pour cette raison que j’ai fait l’acquisition de Récits et Recettes du Ressac La pêche à pied de Patrick Cadour aux éditions de l’épure.

 

 

Il s’adresse « aux fanatiques de la marée basse, ceux qui se rendent sur l’estran pour ramener des denrées comestibles, transformant parfois la pêche à pied, qui était une activité locale récréative ou de subsistance, en une manière de fête foraine, attirant des populations venues de loin. »

 

Je fus donc un baissier pur jus, celui qui mangeait ce qu’il pêchait, les tableaux de pêche n’étaient pas ma tasse de thé.

 

J’ai peu pêché la bernique me contentant lors de mes pêches à pied d’en décoller quelques-unes de leur rocher pour les manger toute crue.

 

C’est pour cette raison que j’ai choisi de citer quelques passages de Patrick Cadour, qui est calé sur tout ce qui se balade sur les estrans, à propos de la bernique ou patelle.

 

« Le mot bernique provient du mot breton brenning, lui-même issu du gaulois bronn, qui signifie « sein », voire « ventouse ». On lit également que brenn est le mot celtique pour « montagne », ou qu’il s’agit d’une allusion au casque du légendaire Brennus. Les Celtes la considéraient donc comme une bosse, tandis que qu’en français on s’intéresse plutôt au creux, puisque son nom officiel de patelle vient du latin patella, « la petite coupe ».

 

« On met tout le monde d’accord en parlant de « chapeau chinois », même les Provençaux pour lesquels elle est une arpède, qui dérive du mot occitan (Arapeda qui signifie « accroché par le pied »), ou les Charentais pour lesquels c’est une jambe ».  

                                                         

La bernique est casanière. Lorsqu’elle se déplace sur son rocher pour se nourrir elle revient à la même place.

 

La bernique est abondante et facile à pêcher « On peut en ramasser toute l’année, sachant qu’en été elle peut être laiteuse. On prétend que « la bernique de mai est aussi tendre que la raie ».

 

J’aime beaucoup le conte du renard et de la bernique : celui-ci ayant une petite faim apercevant une bernique mal accrochée à son rocher glisse sa langue pour l’attraper. Ce devait arriver arriva « l’offensée se rebiffe, et elle adhère fortement au rocher, emprisonnant le présomptueux. » C’est la morale de la fable Le Rat et l’huître de La Fontaine « Que tel est pris qui croyait prendre ».

 

Voilà c’est dit pour plus vous allez acheter l’opus ICI

 

Moi je la mange crue sur le rocher. C’est simple « on détache l’animal, on gratte les fragments de rocher qui pourraient y rester collés, on décoquille et on enlève la tête et la boule d’entrailles et surtout le fil digestif qui est un barbelé indigeste. »

 

Pour les raffinés vous pouvez les faire griller, ce qui vaudra plus encore les insultes des vegan, arrosées de beurre salé.

La pêche à pied des coques dans le Gois de Noirmoutier ou des hénons en baie de Somme…    ICI

 

Je suis un ex-baissier de l’estran de la Normandelière qui va exaspérer les vegan en dévorant crue des berniques juste décrochées de leur rocher.
Je suis un ex-baissier de l’estran de la Normandelière qui va exaspérer les vegan en dévorant crue des berniques juste décrochées de leur rocher.
Je suis un ex-baissier de l’estran de la Normandelière qui va exaspérer les vegan en dévorant crue des berniques juste décrochées de leur rocher.
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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 07:00
Mon amie Mareva, nez au vent, part faire un tour à vélo dans notre vaste monde : suivez-là !

Mareva est une amie, une véritable amie au sens de Montaigne et de la Boétie, « parce que c'était elle, parce que c'était moi »

 

Je l’ai rencontré à la Bellevilloise où certains bobos parisiens croient que « sous les pavés la vigne », elle était juchée sur des béquilles et projetait de faire des glaces à l’italienne pour les vendre dans un triporteur.

 

Mareva, entre autres, est une passionnée de vélo : pensez-donc, l’an dernier elle a « fait » un mois au Rwanda en solitaire sur son vélo !

 

Elle est éclectique Mareva, elle pige pour des revues, elle participe à l’aventure du Lapin Blanc, elle mais la main à la pâte pour recevoir excellement, se transforme en sommelière discrète et avertie à Amarante, son beau sourire toujours accrochée à ses lèvres, élégante et sincère.

 

Je sais que je vais me faire tirer les oreilles par elle car les brassées de fleurs ce n’est pas sa tasse de thé mais désolé Mareva il faut bien qu’un jour ce fut écrit.

 

Pourquoi aujourd’hui ?

 

Parce que Mareva part, cette fois-ci en duo, à la pure aventure.

 

Elle l’écrit sur l’espace qu’elle vient d’ouvrir sur la Toile, les réseaux sociaux comme on dit :  Velicita un tour à vélo.

 

Elle nous dit :

 

« Oui ce monde est beau, partout, tout le temps. Il nous faut mettre la truffe au vent et lever les yeux pour en profiter et s’émerveiller »

 

Pas d'itinéraire, pas de durée, pas d'argent

 

La recherche d'une maîtrise de nos vies, et peut être d'un peu de sens.

 

  • L’émancipation : sortir du cadre. Nous prenons pour un temps indéterminé le chemin d'une vie nomade. Tout à la fois un acte de rébellion et une façon de se prouver qu'une autre voie existe.

 

  • Le besoin : l'argent change tout. Ne pas en avoir pourra peut-être nous permettre de renouer un contact plus direct et plus simple avec les gens et le monde qui nous entoure. Cela nous recentrera pour sûr sur nos besoins plutôt que sur nos envies.

 

  • Le rapport au temps : ne pas avoir d'itinéraire ni de date de retour doit nous permettre de voyager à l'envie...ou de rester un temps au même endroit. Se retrouver devant deux belles routes opposées et se dire que oui, on va faire les deux.

 

La suite ICI

 

Oui Mareva je partage :

 

Partager !

Vous faites partie du voyage, forcément. Ces idéaux vous les incarnez. Alors on va essayer au maximum de maintenir le lien et l'échange. Nous aurons un téléphone et une SIM, ce blog pour raconter, Facebook pour partager et Instagram pour montrer.

 

Je ne sais si mes vieux os de cycliste urbain auront la force pour aller vous rejoindre mais sache que le cœur y est.

 

Bonne route à vous 2, je suivrai avec passion votre périple…

 

Baci !

Mon amie Mareva, nez au vent, part faire un tour à vélo dans notre vaste monde : suivez-là !
On a décidé de démarrer le voyage depuis la pointe de Corsen. C’est le point le plus à l’ouest de la France métropolitaine.  Maréva la rejoint depuis la Normandie et Vindhya depuis Toulouse. Si tout se passe comme (pas) prévu, on devrait s’y retrouver le week-end du 6/7 octobre !
On a décidé de démarrer le voyage depuis la pointe de Corsen. C’est le point le plus à l’ouest de la France métropolitaine.  Maréva la rejoint depuis la Normandie et Vindhya depuis Toulouse. Si tout se passe comme (pas) prévu, on devrait s’y retrouver le week-end du 6/7 octobre !

On a décidé de démarrer le voyage depuis la pointe de Corsen. C’est le point le plus à l’ouest de la France métropolitaine. Maréva la rejoint depuis la Normandie et Vindhya depuis Toulouse. Si tout se passe comme (pas) prévu, on devrait s’y retrouver le week-end du 6/7 octobre !

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 06:00
À propos du Mariage en douce de Romain et de Jean « J’ai été plus discret qu’une urne puisque j’ai tenu 5 jours ! » Natale Sarrola maire de Sarrola-Carcopino.

Mon amour des petits livres est connu de vous, petit par la taille bien sûr.

 

Celui d’Ariane Chemin Mariage en douce est un amour de petit livre que je ne pouvais que lire du côté de la Gravona, de Tiuccia sur la commune de Casaglione je prends la D25 puis la D1 jusqu’à Sari-d’Orcino pour arriver à Sarrola-Carcopino qui domine la plaine de Péri.

 

La D1 rejoint ensuite l’axe central de la Corse la N193 Ajaccio-Bastia. Tout ça pour les pinzuti qui ignore qu’en Corse on ne compte pas en kilomètres mais en virages.

 

Conter, Ariane Chemin y excelle, lire ma chronique sur  «Fleurs et couronnes» chez Stock. ICI Six enterrements, de Georges Marchais, le 20 novembre 1997, à Rafaël Kuderski, un SDF débarqué de Pologne à Paris, inhumé le 15 janvier 2008, en passant par Gérard Brach, Maurice Kriegel-Valrimont, Alain Robbe-Grillet et Robert Feliciaggi enterré le 13 mars 2006.

 

Pour Mariage en douce, ne comptez pas sur moi pour vous révéler le fin mot de l’histoire j’applique la consigne « In bocca chjusa un c’entri mosca » soit « dans une bouche fermée une mouche ne rentre pas. »

 

Des citations en vrac, comme ça pour mettre l’eau à la bouche…

 

« Depuis À bout de souffle, deux ans plus tôt, l’actrice a laissé pousser ses cheveux. Dommage, cette coupe garçonne, c’était tellement elle. »

 

« Le « Vieux » demeure le dieu du panthéon intime du diplomate-écrivain, la seule autorité qu’il a respectée toute sa vie avec sa mère, général à sa manière. »

 

« Le ballet à Campo dell’Oro le prouve : la République tout entière s’est mise à la disposition du compagnon de la Libération. Les noces se déroulent sous le haut patronage des services secrets français, qui ont déployé un de leurs meilleurs agents, avion, voitures et protection. Sur la piste de l’aéroport, le comité d’accueil des futurs mariés a des mines d’agents secrets préparant un putsch ou un coup d’État. »

 

« Pas de bouquet ? » interroge Jean l’air mutin…

« Pas d’orchidée pour miss Seberg, pas de champagne, ni de flonflons. »

 

« Jean prolonge l’érotisme des Américaines aux cheveux courts qui avaient le diable au corps quand elles dansaient le charleston et déquille les canons de beauté des stars made in Hollywood. Mais aussi du french style. Jean provoque jusqu’au pied de Sénéquier la choucroute et les carreaux Vichy de BB, icône nationale adoubée par la France gaulliste, reçue à l’Élysée en spencer à brandebourgs. »

 

« Ce genre de sex-appeal n’est jamais apparu à l’écran » a expliqué François Truffaut (un homme qui aimait les femmes).

 

« Tout est grâce » chez Seberg, écrit Rivette.

 

« Encore sage – et encore sage – mais plus pour longtemps. Jean Seberg, avec ses petits cheveux blond cendré sur son crâne de pharaon, ses yeux bleus grands ouverts et ses éclairs de malice garçonnière, porte sur ses petites épaules tout ce film qui n’est d’ailleurs qu’un poème d’amour que lui dédie Otto Preminger. »

 

Truffaut dans Arts en mars 1958.

 

« Ce qui était délicieux chez Jean, c’est qu’elle avait appris à être une star avant de devenir actrice », disait Gary Cooper.

 

« La petite Américaine parle peu mais a de l’esprit et ses yeux mouillés – une merveille – brillent comme chez les femmes qui pleurent souvent. Comment disait Truffaut ? Elle est juste « divine »

.

À Bout de souffle « Mon premier film », dira-t-elle, fait d’elle l’Américaine préférée des Françaises. « Les étudiantes chantonnent « New York Herald Tribune ! » comme Patricia sur les Champs-Élysées… les filles s’habillent chez Prisunic, oublient leur soutien-gorge et volent l’accent et les faute de français de Jean. »

 

« Paris brûle pour Jean. »

 

« La Ve République est vierge, le gaullisme pudibond […] « Tante Yvonne » refuse d’en ouvrir les grilles (de l’Élysée) à ceux qui sortent leurs maîtresses comme Olivier Guichard. »

 

Le 23 juin 1963, le couple Gary-Seberg est convié à dîner à la Maison Blanche, où John Kennedy a été élu deux ans plus tôt. Pendant que les hommes fument le cigare au salon, Jackie avait entraînée Jean dans son boudoir et l’avait interrogée sur ses projets d’union avec Romain.

 

« Oh, ne le faites pas. Si vous vous mariez, il deviendra juste dur et indifférent », avait lâché la femme du Président. « Je ne crois pas qu’une femme mariée vraiment heureuse s’exprimerait ainsi », avait finement noté Jean dans la lettre envoyée à ses parents.

 

« Quel effet cela fait-il de se sentir passionnément aimée ? demande l’ambassadeur à Erika von Leyden dans Europa, le roman que Gary publie dix ans avant son mariage.

 

  • Vous d’abord, murmure-t-elle.

 

  • L’impression de poser pour le portrait d’un autre. Et vous ?

 

  • Une certaine tristesse à l’idée que je suis seulement en train de rêver. »

 

« J’ai été plus discret qu’une urne puisque j’ai tenu cinq jours ! »

Natale Sarrola maire de Sarrola-Carcopino.

 

« Aucun rapport avec Jean Seberg. Les fervents du cœur brisé sont priés de s’adresser ailleurs. »

 

Mot laissé par Gary au pied de son lit sur lequel il vient de se tirer une balle dans la bouche.

 

Lisez ce livre !

 

 

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 07:00
Pour la stèle de Michel Rocard au cimetière de Monticello ce ne sera pas Soulages mais les copains  Pierrot le facteur, Mimi du bar des Platanes et Jojo de la Pastourelle.

L’an dernier, il n’était pas arrivé…

 

Cette année, il est arrivé. En effet, l’urne funéraire de Michel Rocard est arrivée à Monticello, et, qu’à la demande de Sylvie Rocard François Hollande, encore Président de la République, est venu poser à l’ombre d’un olivier, le jeudi 2 mars.

 

Madame Chemin, pour qui la Corse, en dépit de l’omerta, n’a aucun secret, écrit très justement dans le Monde « En Corse, on réserve toujours les plus beaux panoramas aux défunts. Voilà pourquoi les cimetières y sont marins ou tournés vers la mer. Sur les dernières marches de celui de Monticello, joli village perché de Haute-Corse, on embrasse toute la Balagne du regard : le sémaphore de l’Ile-Rousse, le désert des Agriates et, quand il fait beau, les rives du Cap. »

 

« Ce cimetière, j’y jouais enfant, raconte Sylvie Rocard. Un jour qu’on s’y promenait, Michel m’a dit : “Je laisse le caveau du cimetière Montparnasse, je reste avec toi, ici”. » 

 

« Oui sur les hauts de Monticello le panorama vous coupe le souffle, vous sidère : tout en bas la mer d’un bleu d’azur, s’étale, sous le soleil, se confond avec le ciel et, à perte de vue, tout autour, les montagnes en enfilade dessinent leurs crêtes jusqu’au cap Corse. L’Ile-Rousse son fort, son port, et plus près la coupole de l’église Saint-François-Xavier du village originel. »

 

Lire ICI ma chronique de l’an dernier : Ma supplique pour être enterré dans le cimetière sur les hauts de Monticello…

 

 

« Jeune militant du Parti socialiste unifié, il avait passé sur l’île, en 1968, des étés enfiévrés. De là était née sa passion pour le passé de la Corse, des droits de suzeraineté rachetés à Gênes jusqu’au rapatriement des pieds noirs d’Algérie en 1962. « Je n’ai pas une goutte de sang corse mais je n’aime pas qu’on me raconte des histoires, fût-ce au nom de mon pays », disait ce Girondin convaincu. »

Toujours Ariane Chemin.

 

Mais pourquoi diable le François a-t-il posé l’urne à l’ombre d’un olivier alors que je croyais qu’elle devait être déposée dans un édicule confié à Soulages ?

 

Madame Chemin m’explique :

 

« Pierre Soulages a été chargé de sculpter un tombeau par Pierre Encrevé, ancien conseiller « culture » du défunt et auteur du livre Les Peintures (Seuil) du maître de l’outrenoir ; mais l’affaire a pris du retard. La pierre brute coûtait plus de 60 000 euros et elle était si massive qu’il aurait fallu un hélicoptère pour la livrer au cimetière. « Monticello, c’est pas le Père-Lachaise. Il faut rester modeste », sourit Sylvie Rocard. L’œuvre monumentale s’est muée en projet de « livre ouvert », future stèle sculptée dans la pierre blanche qu’est invitée jeudi à imaginer le petit cercle des vrais amis : Pierrot le facteur, Mimi du bar des Platanes et Jojo de la Pastourelle, Edmond Simeoni, le père de l’autonomie corse, son fils Gilles, Jean-Guy Talamoni, président nationaliste de l’Assemblée de Corse… »

 

Pour autant cette année j’ai encore fait la route pour me rendre à nouveau au beau cimetière de Monticello, certes en tirant un peu la jambe mais le ciel était pur et il ne faisait pas trop chaud.

 

Alors, si Dieu me prête vie, je reviendrai à Monticello dès que la stèle sera en place.

 

J’suis un bon chien fidèle…

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 06:00
Jacques Perritaz by Jacques Perrin pour Jacques Berthomeau…

J’adore les cidres et le poiré de Jacques Perritaz distribué par mon amie Fleur Godart et Jacques Perrin, le philosophe du vin, est raccord avec moi.

 

Mais qui est donc Jacques Perrin ?

 

C’est un Valaisan habitant à Gland.

 

 

« Philosophe, enseignant, auteur, blogueur, alpiniste, œnologue, négociant et membre permanent du Grand Jury Européen, Jacques Perrin a de nombreuses casquettes. Toutes ont en commun le goût, et une certaine verticalité: « Il y a un côté ascension, initiation, formation et quête, dans le vin », précise le passionné de gastronomie et de littérature. « Et le lien avec la philosophie est assez subtil. Le philosophe recherche la sagesse, dont la racine en latin veut dire « saveur ».

 

Voilà qui nous en dit long sur ce Valaisan qui a fondé en 1984 le CAVE (Club des Amateurs de Vins Exquis) après avoir quitté un poste d’enseignant de philo au Collège Voltaire. La démarche est alors assez novatrice. « Nous avons fait œuvre de pionnier en Suisse Romande où il n’y avait pratiquement aucun bar à vins ».

 

La suite ICI

 

Chers Amis du CAVE,

 

Peut-être avez-vous entendu parler de Jacques Perritaz, dont le nom est sur beaucoup de lèvres en ce moment ? Il faut dire que ses cidres "bio" sont bouleversants de précision et pureté...

 

Le Vulcain est le papillon fétiche de la cidrerie. L’insecte représenté sur l’étiquette (oeuvre de Gisèle Rime) est un fidèle ami lors des cueillettes de l’automne, vaquant au gré des fruits au sol.

 

La cidrerie transforme les fruits du verger local fribourgeois, à savoir des pommes, poires et coings de variétés anciennes élevés sur haute-tige et non-traités. Le terroir local, avec son climat frais et la diversité de ses sols, permet une expression de très belles nuances dans les arômes.

 

Les fruits sont directement achetés chez les producteurs et parfois même, Jacques Perritaz se charge lui-même de la récolte. Cette démarche contribue à valoriser les vieux vergers haute-tige, actuellement délaissés faute de débouchés sur le marché du cidre et de fruits de table. Ce qui permet ainsi la préservation d’un paysage traditionnel diversifié et riche, essentiel à la biodiversité.

 

Les produits phares sont le cidre mousseux partiellement fermenté selon la technique du « guillage » de la Clairette de Die ou du cidre bouché de Normandie et de Bretagne. Ils sont déclinés en différentes cuvées selon les variétés disponibles et sont toujours « pur jus », fermentés via levures indigènes, grossièrement filtrés et, selon les cuvées, légèrement sulfités à la mise.

 

 

Jacques Perritaz sublime les variétés oubliées dans ses cidres

 

« Jacques Perritaz était biologiste indépendant, spécialisé dans la protection de l’environnement. Un jour, il en a eu marre. «J’ai voulu agir moi aussi, au lieu de dire aux autres ce qu’ils devaient faire, et de remplir des pages et des pages de rapports que personne ne lirait.» Alors, pour défricher des territoires peu explorés en Suisse, il s’est lancé dans la production de cidre, dans sa fabrique du Vulcain, au Mouret près de Fribourg. Parce que «la pomme parfaite n’existe pas», il a commencé à tester divers mélanges de fruits. »

 

Pour l’instant, Jacques Perritaz fait croître son verger de façon 100% naturelle, sans aucun traitement. «J’ai souhaité travailler en favorisant au maximum la biodiversité, et de manière extensive, pour privilégier la qualité des fruits.» Entre les plants de pommes et de poires se trouvent des coings ou des pêches de vigne. «J’ai complanté de nombreuses variétés, de manière à désorienter les ravageurs.» Pour limiter leur prolifération, il compte aussi sur les «auxiliaires» tels que coccinelles, chrysopes ou encore le syrphe, «une mouche qui ressemble à une guêpe et dont les larves, carnassières, s’attaquent aux pucerons».

 

Au pied des arbres s’épanouissent herbes, mauves ou marguerites, et même de l’origan. «Ce champ a été pendant longtemps une jachère florale, et des semences subsistent dans la terre.» L’homme n’y intervient qu’à l’aide d’une broyeuse, qui réduit les herbes, formant un tapis qui va fertiliser le sol. «J’adorerais ajouter des bandes de légumes et de céréales pour augmenter encore la biodiversité, mais je n’y arrive pas pour l’instant au niveau de la logistique.» 

 

Tout l’article ICI 

Jacques Perritaz by Jacques Perrin pour Jacques Berthomeau…
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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 07:00
On dira ce qu’on voudra, mais avant Hidalgo ça roulait mieux.

On dira ce qu’on voudra, mais avant Hidalgo ça roulait mieux.

Si vous êtes abonné comme moi, qui le suis depuis la nuit des temps, le temps où il fallait dire un pater et deux ave, à Télérama, vous pourrez lire ICI la prose du sieur Couston sur La reconquête de terroirs oubliés

 

Vendange volcanique dans le Puy-de Dôme

 

 

Si vous ne l’êtes pas, bravant les foudres du copyright, me considérant comme un quasi-actionnaire de Télérama, je vous l’offre.

 

C’est mon côté insoumis !

 

L'illustration de cette chronique va en ce sens...

 

 

S’il n’était pas devenu vigneron, Patrick Bouju ­aurait pu être archéologue. « Quand on a le nez dans la terre du matin au soir, à tailler, à gratter, on met au jour des tessons de poteries, des morceaux d’amphores. On comprend alors qu’on n’est pas le premier à travailler le sol, qu’on n’a rien inventé. Depuis deux mille ans, cette terre vit. C’est l’histoire qui dessine les paysages. » 

 

L’agriculteur est aux premières loges pour les observer et y voir ressurgir le passé. Installé sur les bords de l’Allier, aux portes de Clermont-Ferrand, Patrick Bouju, la quarantaine, cultive une dizaine d’hectares en plein territoire arverne. L’une de ses parcelles descend en pente douce du puy de Corent, célèbre dans la région, comme Gergovie ou Gondole, pour abriter un oppidum gaulois. Ce village fortifié, qui compta jusqu’à vingt-cinq mille habitants, fut sans doute la capitale des Arvernes et la ville natale de Vercingétorix.

 

Gaulois cultivés

 

Il n’a pas fini de livrer ses trésors, puis­qu’une récente campagne de fouilles a permis d’y découvrir une cave gauloise et les débris d’une centaine d’amphores. Venu des coteaux lointains de l’Italie, le vin n’était alors ni produit ni consommé localement mais servait à des offrandes en l’honneur de divinités. Pour les Gaulois, grands buveurs de cervoise, ancêtre de la bière à base d’orge et d’herbes aromatiques, il était encore un produit rare et sacré. « Une amphore de vin pouvait valoir plusieurs esclaves », précise Patrick Bouju. A force de déterrer fossiles et artefacts dans ses rangs, le vigneron-archéologue s’est passionné pour la période celtique. « On commence à redécouvrir les Gaulois depuis une vingtaine d’années. Le cliché du guerrier qui passe son temps libre dans des banquets n’a plus lieu d’être. C’était un peuple cultivé, commerçant, extrêmement raffiné. »

 

Bien qu’il soit l’un des plus anciens de France, le vignoble du Puy-de-Dôme souffre d’un déficit de notoriété auprès du grand public.

 

Dans le même élan qui l’a vu se lever pour défendre ses ancêtres les Gaulois, Patrick Bouju s’est mis en tête de réhabiliter le vin de son pays d’adoption. Originaire d’une ­famille tourangelle, dépourvu d’ascendants vignerons, il s’est installé en Auvergne à la fin des années 1990 pour suivre la mère de ses enfants. Ingénieur chimiste de formation, passé par l’informatique, il découvre le vin par l’intermédiaire d’amis vignerons chez qui il participe, à l’occasion, aux vendanges. Bien qu’il soit l’un des plus anciens de France, le vignoble du Puy-de-Dôme souffre d’un déficit de notoriété auprès du grand public. Rattaché géographiquement à la Loire, il ne couvre aujourd’hui que 800 hecta­res, répartis en majorité sur les ­coteaux qui bordent la vallée creusée par l’Allier, affluent ligérien. Et quand ce vin est connu des amateurs, on met rarement en avant ses qualités gustatives. Comme le saint-pourçain voisin, produit un peu plus au nord, celui élaboré autour de Clermont-Ferrand est assimilé à un vin de masse, peu alcoolisé (autour de 10 degrés), à boire dans l’année. Le contraire d’un vin de terroir…

 

Les cinq crus des côtes-d’auvergne

 

Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. L’existence d’une voie fluviale vers Paris a naturellement contribué à l’essor de la viticulture. Née probablement à l’époque gallo-romaine — les premières traces de vigne datent du Ve siècle après J.-C. —, elle s’y est développée avec l’aide des moines cisterciens qui, dès le Moyen Age, délimitent le vignoble auvergnat comme ils l’ont fait en Bourgogne. C’est la naissance de la notion de cru, en fonction de la nature du sol. Henri IV sera un grand amateur du vin de chanturgue, issu de la colline clermontoise du même nom — et devenu depuis l’un des cinq crus des côtes-d’auvergne. Avec l’ouverture du canal de Briare, en 1642, qui assure la connexion de la Loire et du Loing (donc de la Seine), le commerce s’intensifie. Les Auvergnats chargent leurs « sapinières » (embarcations en bois) de vin et de charbon du Massif central et font voguer leur marchandise jusqu’à Paris, où ils ouvrent des brasseries pour écouler leur breuvage. Les lecteurs d’Astérix se souviennent sans doute d’Alambix, le marchand de Gergovie à l’accent chuintant du Bouclier arverne, précurseur du florissant commerce en vin et charbon qui fit la fortune des bougnats.

 

Funeste puceron

 

A la fin du XIXe siècle, le phylloxera, puceron importé d’Amérique, ravage le vignoble européen. L’Auvergne con­naît paradoxalement un fugace âge d’or. Beaucoup plus enclavé que le Languedoc et le Bordelais, premières régions touchées par la maladie, le vignoble auvergnat compense la baisse de production des régions concurrentes : dans le Puy-de-Dôme, la barre des 45 000 hectares de vignes est ­atteinte à l’aube des années 1890 et avec 1,6 million d’hectolitres le département devient le troisième ­producteur viticole de France, derrière l’Aude et l’Hérault. Plus que l’actuel vignoble bourguignon ! Mais le funeste puceron finira par atteindre les ceps épargnés et plon­gera la région dans une longue et inexorable dépression viticole, prolongée et amplifiée par la Première Guerre mondiale et la crise économique de 1929.

 

Toscane d’Auvergne

 

Réduites à peau de chagrin, quelques centaines d’hectares à peine, voilà que les vignes du Puy-de-Dôme relèvent timidement la tête : « Grâce à la présence des volcans, il y a un sous-sol exceptionnel en Auvergne, unique en France, qui combine des coulées de basaltes et de calcaire », explique Patrick Bouju, vigneron devenu géologue. Sans oublier les fameuses pépérites, une espèce de ciment naturel qui mêle de ­petits morceaux de magma vitrifié, ressemblant à des grains de poivre, à la roche sédimentaire broyée par explosion. Sur ce sol volcanique, le gamay d’Auvergne, cépage local, développe des arômes poivrés particulièrement typés. « Protégées par la chaîne des Puys et les monts du Forez, nos vignes bénéficient d’un climat très sec, avec une arrière-saison fraîche, et donc des amplitudes thermiques importantes, bénéfiques pour la vigueur de la vigne. Il ne pleut que 600 millimètres par an, moins qu’à Bordeaux ! » Un microclimat et un relief qui ont valu à la région le surnom de Toscane d’Auvergne, attribué à la Renaissance par Catherine de Médicis, de passage dans ces paysages vallonnés qui lui rappelaient son pays natal. Réchauffée par « l’effet de foehn », phénomène météorologique qui concentre la pluie d’un côté des montagnes et engendre des masses d’air chaud de l’autre côté, la plaine de la Limagne, à l’est de Clermont-Ferrand, est théoriquement à l’abri du gel, l’ennemi juré du vigneron avec la grêle. Pourtant, pour la première fois en vingt millésimes, Patrick Bouju a perdu cette année 80 % de ses raisins…

 

Avec d’autres « congelés », dont ses amis Alexandre Bain, en Loire, et Alice Bouvot, dans le Jura, il a donc sillonné la France à la fin du mois d’août pour vendanger et acheter du raisin (bio) à des vignerons plus chanceux que lui. Du muscat du côté de Banyuls, du gamay dans le Beaujolais, de la syrah vers Pézenas. « Ces raisins serviront à produire mon vin de négoce, plus simple et facile à boire que le vin de terroir que je fais habituellement sur le domaine. J’ai pu à cette occasion partager mon expérience avec des vignerons qui débutent et n’ont jamais tenté l’aventure des vins sans soufre. » Patrick Bouju appartient à cette génération de néo-vignerons très respectueux de la nature, ennemis des « manipulations » en tous genres : « Dans mes vins, il n’y a que du raisin et de la sueur », aime répéter ce diplômé en chimie moléculaire, qui a appris à interroger ses connaissances et s’est formé aux côtés de Jean Maupertuis et de Pierre Beauger, précurseurs du vin naturel en Auvergne.

 

Des vins chargés d’émotion

 

Alors que les vins locaux ressemblaient de plus en plus à de l’eau à force d’être dilués par des rendements poussés au maximum (on les aurait même utilisés un temps dans la région pour fabriquer du mortier !), Patrick Bouju a laissé la vigne se battre avec le basalte, fidèle au précepte de Lao Tseu qu’il a reproduit sur les étiquettes de ses bouteilles : « Produire sans s’approprier, agir sans rien attendre, guider sans contraindre, voilà la vertu primordiale. » Seules ses très vieilles vignes, âgées de cent vingt ans, sont un peu aidées avec des décoctions de plantes et des amendements de purin d’ortie. En agissant ainsi, il produit des vins aux arômes complexes qui peuvent vieillir, et dément la légende propagée par les détracteurs des vins libérés des camisoles chimiques : « Je pense sincèrement que l’agriculture dite conventionnelle, c’est-à-dire chimique, est une parenthèse dans l’histoire. Pour ma part, je cherche à remettre l’homme au centre du processus de production pour faire des vins chargés d’émotion. » Personne ne peut rester de marbre devant un verre de Festejar, son gamay pétillant légèrement sucré, ou de Basalte, son pinot noir intense à la fraîcheur toute volcanique. Grâce à Patrick Bouju et à ses camarades, Aurélien Lefort ou Vincent Marie, parmi une douzaine d’autres, les vins d’Auvergne se vendent désormais sur les plus grandes tables, du Japon au Danemark : « Avec le réchauffement climatique, d’autres vignobles d’altitude vont renaître, car ils bénéficieront d’une certaine fraîcheur. Je suis sûr qu’il reste de futurs grands terroirs à redécouvrir. » 

 

 

 

 


 

 

L’œil de Soulcié in Télérama soirée

L’œil de Soulcié in Télérama soirée

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 06:00
Cheffe d’entreprise à 18 ans, Apollonia Poilâne s’endormait dans un panier pour le pain transformé, par sa mère, en lit pour enfant : et si vous vous offriez une glace au pain torréfié…

Il m’arrive, lorsque je flâne, dans le quartier des Boucicaut, Aristide et Marguerite, ce Bon Marché devenu le temple d’un luxe ostentatoire, ADN du LVMH de Bernard Arnault, de virer devant l’œuvre équestre de César pour enfiler la rue du Cherche-Midi, dont une sinistre prison porta le nom avant d’être rasée.

 

 

Où vais-je ?

 

Chez Poilâne acheter une miche tranchée…

 

J’accroche mon vélo à l’une de ces rambardes fixées au trottoir, tels d’étranges bastingages, est-ce pour éviter que les piétons ne versent sur la chaussée ou pour empêcher les chevaux-vapeurs d’y monter ?

 

La boutique est un mouchoir de poche, gentiment désuète comme les blouses du personnel, une caissière, deux ou trois serveuses jeunes ou pas jeunes, les tranches sont enveloppées dans du papier soie puis glissées dans un sac en papier kraft. C’est bon pour le stockage.

 

Vous allez me dire, Poilâne ce n’est pas tendance, l’heure est aux petits boulangers géniaux, les naturistes du pain qui font lever des pâtes pétries avec des farines anciennes, pourquoi s’intéresser à un boulanger qui vend dans les supermarchés ?

 

Parce que Lionel Poilâne fut un précurseur, le fournil il en parlait comme d’un « monde clos où la régularité favorise le rêve. » Homme de son époque, conscient du legs des siècles passés, Lionel Poilâne avait édicté une doctrine : la rétro-innovation. Prendre le meilleur du passé et le meilleur du présent. Le 31 octobre 2002, Lionel Poilâne et sa femme Ibu, designer, meurent dans un accident d’hélicoptère. Apollonia, 18 ans, se retrouve (avec l’accord de sa sœur Athéna, 16 ans) à la tête d’une entreprise de 150 collaborateurs, au moment où elle doit partir étudier l’économie et la gestion à Harvard. »

 

Et que dit Apollonia ?

 

« Mon endroit favori, soupire-t-elle. Un lieu simple et calme où la chaleur du four vous enveloppe. C’est une expérience qui engage tous les sens : la vue de gestes aussi coordonnés qu’un ballet, l’odeur du levain, le toucher d’un pain pétri, le bruit des miches qui craquellent au four, et le goût du pain cuit. »

 

Presque tout le monde a entendu parler du fameux pain Poilâne, une miche au levain d’environ 1,9kg, avec une croûte épaisse et farinée signé P pour Poilâne.

 

Mais moi, contrairement à une américaine je n’ai jamais «… descendu un escalier en courbe, tout en pierres, polies et arrondies par le temps. La pièce en bas était en longueur, pas grande du tout avec le four à bois comme un autel central et qui dégageait une chaleur constante et assez puissante. J’avais l’impression de pénétrer dans un autre siècle. Il y avait un seul jeune boulanger au travail qui s’occupait de la cuisson des pains et les décors en pâte morte. Je lui ai demandé à un moment s’il savait qu’il pleuvait dehors et il m’a répondu que non, il ne le savait même pas. Les autres boulangers travaillaient dans une pièce derrière (certainement pour le pétrissage, façonnage, confections des viennoiseries, sablés, etc.). »

 

« … Il y avait le bac de levain et j’ai pioché ma main dedans pour le toucher et le goûter. Il avait un goût légèrement acidulé et complexe. C’est difficile à expliquer. Quand on a l’habitude de goûter le levain, avec le temps, on arrive à distinguer ses qualités comme le vin par exemple. Leur levain est une pâte fermentée, c’est-à-dire, une portion de la pâte de la production de la journée qui est gardée et puis utilisée comme chef. »

 

L’Épure, avec sa collection dix façons de préparer… ne pouvait échapper à la miche de pain d’Apollonia Poilâne. ICI 

 

 

 

« La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallée, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.

 

Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit, ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. »

 

Francis Ponge (1899-1988), Le Parti pris des choses

 

Comme nous sommes en été même si le thermomètre est déréglé j’ai choisi la Glace au pain torréfié, une recette de Nathaly Nicolas-Iannielelo.

 

 

LIRE ICI  et ICI

 

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 06:00
Le chardonnay selon Jacques Dupont le bas-bourguignon, « un médiocre et un très grand ont enfanté un excellent »

Le débat sur le sexe des anges n’étant pas d’actualité vous comprendrez aisément que je n’ouvrirai pas celui sur la minéralité, surtout celle du chablis provenant du « calcaire dit à astéries (c’est-à-dire gavé de petites huîtres), le fameux kimméridgien vieux de 150 millions d’années… »

 

Je laisse ça aux amoureux de la tension (pas celle prise par votre toubib avec sa petite machine à poire), à celles et ceux qui grimpent au ciel en suçant des cailloux… j’avoue humblement qu’étant né dans un pays de glaise lourde, de crottés, voisin de l’Océan les galets du rivage m’ont rendu sensible à la salinité.

 

L’effet minéral est donc la patte du chablis, il est « presque unique, inimitable… bien des régions du monde ont tenté de l’approcher sans jamais y parvenir. »

 

Maturité, surmaturité, et la sous-maturité dont on me dit qu’elle règne aussi à Chablis ! Rien que des mauvaises langues !

 

Revenons au sujet de notre bas-bourguignon : le chardonnay.

 

Encore un coup des moines de l’abbaye de Cîteaux

 

Dès le XIIIe siècle ils ont créé aussi le vignoble de Chablis et isolé les meilleures parcelles.

 

« Ont-ils également inventé le chardonnay, cépage des grands bourgognes ? C’est aussi mystérieux que la foi. On connaît ses ascendants, un très vulgaire raisin, le gouais, qu’on trouvait partout dans la partie septentrionale de la France, marié au pinot noir. Un médiocre et un très grand ont enfanté un excellent, mais qui le premier l’a fabriqué ? Nul ne le sait : les voies du bouturage sont impénétrables.

 

Le chardonnay pourrait être défini comme un cépage éponge, un transmetteur. À l’inverse du sauvignon, qui impose ses arômes avec une certaine facilité, voire arrogance si on ne le maîtrise pas, le chardonnay reflète son milieu naturel. Planté dans les Sud, sous le soleil, il donne un vin gras, riche en saveurs, parfois un peu lourd. Sur la craie champenoise, il se révèle floral et parfois tranchant. À Chablis, il adopte plusieurs personnalités avec cependant une permanence, que ce soit sur la rive gauche du Serein, le petit affluent de l’Yonne qui sépare en deux le vignoble, ou sur la rive droite en grand cru, premier cru ou en villages : la minéralité. »

 

AMEN

 

Vous pouvez refermer vos cahiers et si ça vous chante tapez-vous un Kir ou un blanc limé rien que pour pécher.

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