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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 08:00
En dévers et contre tout (2) une haine de Corse

Ce titre c’est du Talleyrand pur sucre.

 

C’est le titre d’un des livres que je lis, signé Marie Ferranti, une Bastiaise.

 

 

En Corse, je lis rarement corse.

 

Mais la règle souffre d’exceptions, en 2013 je me suis plongé dans « La chambre noire de Longwood » de Jean-Paul Kaufmann.

 

Lire permet de s’extraire des turbulences du jour, de tirer son rideau de fer pour s’isoler, ne pas se laisser happer par le dégoût, se mettre entre parenthèses, loin de tout, hors tout sur son île, refuge de l’extraterritorialité.

 

Talleyrand est un scalpel : « composant ses Mémoires et se souvenant de Pozzo, a, comme toujours le mot juste : « M. Pozzo di Borgo, écrit-il, est un homme de beaucoup d’esprit, aussi Français que Bonaparte, contre lequel il nourrissait une haine qui avait été la passion unique de sa vie, haine de Corse. »

 

Je ne sais si je chroniquerai à propos de ce livre ?

 

Pour l’heure, je vous rapporte un fait historique que j’ignorais ?

 

Comme vous le savez sans doute la Corse fut longtemps sous le joug génois.

 

En 1864, moins de 100 ans avant que la République de Gênes « ne cède ses droits sur la Corse à la France, le doge de Gênes avait commis l’erreur de défier Louis XIV en fournissant des galères à l’Espagne… »

 

Le Roi Soleil l’écrasa comme une vulgaire punaise il « fit envoyer dix mille bombes incendiaires des galiotes de Duquesne sur Gênes ; la ville fut dévastée en moins de six jours »

 

Le doge « alors qu’il lui était interdit de quitter la ville durant son mandat… dut aller s’humilier à Versailles, vêtu d’un habit de velours, en plein mois d’août. À Louis XIV qui lui demandait ce qui l’avait le plus étonné à Versailles, le Génois, maître de la ville qu’on appellera la « New York du Moyen-Âge » avec ses somptueux palais hauts de huit étages et cette strada nuova dont Mme de Staël dira qu’elle était « la rue des rois et la reine des rues », n’eut l’air étonné de rien. Il répondit avec simplicité : « Mi chi » (Moi ici). »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 06:00
France Gall Noirmoutier 1964 http://www.jean-marie-perier.net/france-gall.html

France Gall Noirmoutier 1964 http://www.jean-marie-perier.net/france-gall.html

Noirmoutier, son bois de la Chaise, et France Gall qui dans le n°59 de Melle Âge Tendre d’octobre 1969 confiait « Dès les premiers beaux jours je redevenais Babou et nous allions en vacances dans la maison que nous avions à Noirmoutier ». Toute seule sur cette plage pauvre petite fille riche, je me souviens même que Jack Troussicot, qui osait tout, s’est fait prendre en photo avec elle.

Le feuilleton de l’été Taulier (1) : qui couche avec la baronne des Sables de Saint-Émilion ?

Agrafé tout de traviole sur la porte de mon 5e sans ascenseur de l’Impasse du marché aux chevaux, dans le 5e arrondissement, un bristol tout jauni indiquait sans équivoque à la chalandise ma raison sociale : Eugène Tarpon Jr, privé.

 

 

Faut avouer que le chaland ne se bousculait pas dans mon 10 m2 sur cour vu qu’en bas, sur la rue qu’est une impasse, y’avait pas la moindre plaque de cuivre à mon nom et profession, car le syndic de la copropriété, un gros véreux, me l’avait refusé pour un beau paquet de raisons, dont une m’avait scié à la base : « je n’avais pas la gueule de l’emploi. »

 

 

Et pourtant, « bon sang ne saurait mentir » pensais-je sur le coup, Eugène Tarpon mon père, Tarpon un nom de poisson, eut son heure de gloire dans laSérie Noire de Gallimard avant de prendre la gueule de Jean-François Balmer au ciné. Pandore déchu pour avoir envoyé ad patres un plouc breton déversant son fumier sur la chaussée, poivrot invétéré, quand il était beurré à point comme un petit LU, sur le bord de mon lit, il marmonnait que j’étais le fils d’une mère maquerelle et que j’étais né un matin au 5 bis de la rue de la Grange aux Belles près du Canal Saint-Martin.

 

 

Délire d’ivrogne, ma mère infirmière-chef à l’hôpital Beaujon s’était tirée vite fait mal fait avec un jeune interne boutonneux qu’était parti s’installer comme toubib du côté de Bordeaux où sa famille possédait un château pissant du pinard, un GCC qu’y disaient les canards à pinard. Vu que ma génitrice me laissa tomber comme un baluchon de linge sale, il est vrai que je faisais alors encore pipi au lit, le pauvre hère qui me servait de père m’a lourdé. Destination immédiate : ma grand-mère paternelle, bretonne de son état, baignant dans l’eau bénite, empileuse de sardines à l’huile en usine à Saint-Guénolé.

 

 

Qu’est-ce que je me suis fait chier à Saint-Guénolé ! Même que j’ai été enfant de chœur pendant un paquet d’années. Mémé sentait l’huile d’arachide et ronflait comme un sonneur de biniou. J’étais tout boulot car la mémé me gavait comme une oie. Mon teint rougeaud avec des petits yeux de goret et des cheveux tout filasse, mes courtes pattes et mes doigts potelés, mes frusques miteuses, m’handicapaient grandement auprès des filles. Je me rattrapais en les faisant rigoler. Du bagout j’en avais, mémé disait que je tenais ça de ma salope de mère, ce qui me ravissait : pour une fois qu’elle m’avait donné quelque chose celle-là. Quand je poussais le bouchon trop loin mémé me calmait d’un beau revers de main. Des torgnoles j’en ai reçu, pas trop tout de même car je me rebiffais en menaçant la grand-mère de la dénoncer au curé.

 

 

J’ai toujours été un ramenard un peu flemmard. De mon père le seul truc que j’ai reçu en héritage c’est un goût très prononcé pour me foutre dans la merde et d’y patauger. Quand mémé a passé l’arme à gauche mon pater m’a flanqué en pension mais, comme y pouvait plus payer, les curés m’ont viré. C’est alors qu’au lieu de rentrer à Paris j’ai pris la route avec mon baluchon. La suite de ma courte histoire de routard ne présente guère d’intérêt, j’ai tout fait et j’ai rien fait, avant de me retrouver dans mon 5e sans ascenseur, Impasse du marché aux chevaux dans le 5e arrondissement. Ma seule passion c’était les livres. M’en goinfrait. J’en volais. Carburer à l’imprimé me permettait d’exister. Je bouffais de tout mais, quand ça me tombait sous la main, je bouffais bien.

 

 

Chez moi, la limite entre ce qu’on appelle la vie, celle que tu vis, et celle que je forniquais dans ma tête, a toujours été floue. Autour de moi, surtout mes employeurs car j’ai même eu peu de gonzesses dans ma vie, on disait que j’étais toujours à côté de mes pompes, alors que ce qui me trottait dans la tête depuis longtemps c’était de mettre mes grôles dans celles de mon père. Les jours de déprime, je me trouvais prétentieux et velléitaire, mon père, aussi pochard qu’il fut, avait su se glisser dans les lignes d’un héros romanesque. Alors pour remonter à la surface je me plongeais dans mes livres jusqu’à plus soif. Moral revenu au beau fixe je me lovais à nouveau dans la peau d’Eugène Tarpon qu’avait eu la bonne idée de me donner le même prénom que lui.

 

 

Et puis, un beau jour, tout a basculé sans que j’y sois pour grand-chose. Ça m’est tombé dessus. À l’époque je vivais en pavillon avec une veuve beaucoup plus âgée que moi tout en végétant comme vigile au Carrouf de Pontault-Combault. Tous les soirs je rentrais chez elle, la bicoque était à elle, comme un âne qui recule. La retrouver, son gros cul posé sur le canapé, face à sa télé, me déprimait. Y’avait jamais rien à bouffer. Par bonheur elle s’endormait devant sa télé ce qui me dispensait de la sauter. Le plus souvent je retardais l’échéance, au café des Sports, à coup de petits jaunes. La bande de bois-sans-soif avec qui j’étayais le zinc jouaient à tout ce qui pouvait se jouer. Moi pas car, comme la chance et moi ne faisions pas très bon ménage, je préférais m’abstenir. Et puis un vendredi soir, alors que j’en avais fini avec mes jaunes, suis allé pisser avant de m’en aller. Dans les chiottes, sur le dévidoir de PQ y’avait un formulaire de l’Euro-Millions. Il était rempli, un gars devait l’avoir oublié. Je l’ai glissé machinalement dans ma poche de veste. En tirant la chasse je me suis mis à gamberger, l’aspiration rauque du siphon me précipitait dans le vide de ma vie.

 

 

En me rebraguettant je gueulais « Putain de merde, ducon bouges-toi les fesses !» Tous ces gros cons alignés en rang d’oignons face à la caisse pour jouer me renvoyaient ma sale image à la gueule. Foutu, t’es foutu mec. Je fulminais. Péter un câble me pendait au nez. Fallait que je fasse sauter la soupape ! C’est Simone, la femme du patron, qu’est bien roulée mais qu’a la tronche de travers, qui m’a dégoupillé en m’étalant un beau sourire. Ça m’a donné envie. Simone m’envoyait des pleins phares. J’ai triqué. J’ai joué. J’ai gagné.

 

 

Direction Paris, non pas pour mener la grande vie mais pour m’installer dans mon bureau miteux au 5e sans ascenseur, Impasse du marché aux chevaux dans le 5e arrondissement. Mon pognon je l’ai tout mis sur un compte non rémunéré à la Caisse d’Épargne. Pas question d’y toucher. Pour m’installer j’ai pioché dans mes maigres économies. C’était une question d’honneur vis-à-vis des mannes de mon vioque. J’allais relever le défi, le réhabiliter lui qui avait fini à l’hospice. Mes débuts furent calamiteux, un seul client qui me refila un chèque en bois. Têtu je m’accrochais en campant dans mon bureau, bouffant des sardines à l’huile, en souvenir de la grand-mère, et du camembert. Faut être aussi con que moi pour vivre comme un mendigot alors que j’avais un gros magot qui roupillait sur un compte.

 

 

La chance ne sourit pas qu’aux audacieux mais aussi aux merdouilleux dans mon genre. Pour faire mes filoches je m’étais acheté un vélo d’occasion, un Raymond Poulidor violet. Ça allait bien à mon état de looser. Je pédalais dans Paris, surtout la nuit. C’est ainsi que je me suis retrouvé un soir dans un bar, une cantine d’altitude tenue par des filles bien roulées. Elles m’ont déniaisé, mentalement j’entends. Au début, leurs vins qui puaient me ramenaient à la Bretagne et son lisier de gorets. Et puis je m’y suis fait. Ça m’a même guérit des petits jaunes. J’étais chez elles, dixit le gros Mao variqueux, comme un poisson dans l’eau. Reines d’la com qu’elles étaient, l’m’ont filé le virus : j’ai acheté un vieux Mac, un ordinateur quoi, et me suis torché un profil Face de Bouc aux petits oignons. Addiction radicale !

 

 

Le démarrage fut du genre diesel, poussif, besogneux, les amis ne se bousculaient pas au portillon. Scotché à mon écran je guettais le moindre frémissement. Rien, morne plaine, peine perdue, sur la Toile je n’existais pas. Alors je me suis mis à poster les photos des boutanches de vin nature, les vins à poils que j’éclusais, en dézinguant les Grands Crus Bordelais. Vengeance rance à l’égard du château Mandigot que ma très chère mère menait d’une main de fer car son époux avait d’autres chats à fouetter. Je retrouvais ma verve de gamin. Faut dire que dans le marigot de Bordeaux le matériau était de choix, un vrai bouillon de culture. Eugène Tarpon Jr, privé attira sur son mur la fine fleur des mouches à merde tourbillonnant autour des crus. J’en profitai pour aller mettre mon tarin dans tous les bons coups de la profession. Ma surface médiatique croissait.

 

Tout ça était bel et beau mais pour ce qui était des clients, Nada !

 

 

Au tout début août, étant à sec, je m’apprêtais à déclencher le Plan Orsec. L’idée me vint de solliciter un prêt auprès de ma Caisse d’Épargne. Ma conseillère financière, Mlle Durand, qui me harcelait avec constance pour que je place mon magot, me reçut illico. Ma proposition de solliciter un prêt la jeta dans une forme d’attrition ricanante. Elle bafouilla, me jeta des regards suppliants, m’implora. Je lui concédai l’ouverture d’un Livret A en échange d’un prêt de 1000 euros pour assurer mon mois. Son sourire désespéré, alors qu’elle remplissait la montagne de papiers pour le prêt, vainquit mes dernières résistances. Bandant ce qui me restait de courage, tout à trac, je lui déclarai :

 

 

- Je serais ravi que vous acceptiez de dîner avec moi pour que nous discutions de mes placements…

 

Elle rougit et me dit oui.

 

 

Mademoiselle Durand, comme son nom de l’indique pas, était une vietnamienne adoptée par un couple de postiers du Kremlin-Bicêtre. Sans le savoir je venais d’avancer un pion essentiel sur l’échiquier de mon job de privé. Guilleret je regagnais mon bureau. Faisait beau, je me sentais un homme nouveau. Décidais de changer de peau. M’achetais des fringues, des pompes, m’offrais une nouvelle coupe de cheveux, des lunettes de soleil. Bon, je n’étais pas un Apollon mais, comme avec mon régime alimentaire spartiate j’avais fondu comme de la Vache qui rit, je me trouvais assez potable et sortable.

 

 

Y’a des jours comme ça où tout va, et même si les vaches maigres occupaient encore mon pré, ce jour se révélait être d’un excellent millésime.

 

 

Au bureau, grande première, sur mon écran ouvert, à ma page Face de Bouc s’étalait une demande d’ami émanant d’un certain « c’est à bouar ou à laisser»

 

Je cliquai de suite sur « accepter »

 

Quelques secondes plus tard je recevais mon premier message, de lui bien sûr : «qui couche avec la baronne des Sables de Sainte Émilion ? »

 

 

Le feuilleton de l’été du Taulier (2) : « c’est à bouar ou à laisser » voulait m’engager…

 

L’échange avec « c’est à bouar ou à laisser » fut intense et dense mais je ne réussis pas à lui tirer le moindre vers du nez. Mon interlocuteur était retord, vicieux, il voulait m’engager à moindre frais. Pour le déstabiliser je lui fis une proposition malhonnête qui lui coupa l’herbe sous le pied pendant de longues minutes : « j’acceptais sa proposition à la seule et unique condition de travailler gratos. »

 

 

- Pourquoi ?

 

-  Pour rien !

 

- Je ne comprends pas…

 

- Ne cherchez pas à comprendre mais topez de suite sinon je vous vire !

 

 

Nouveau silence radio, puis tombait un « c’est d’accord… »

 

 

- Très bien mais avant que je lance mon enquête vous devez me faire parvenir un dossier complet sur la baronne des Sables de Sainte Emilion…

 

- Je veux savoir comment vous allez procéder !

 

- Vous n’avez rien à vouloir, c’est mon affaire…

 

- Vous ne manquez pas d’air !

 

- Normal, Tarpon c’est un nom de poisson…

 

 

« C’est à bouar ou à laisser » capitula en rase campagne. Je passai mon après-midi à faire la sieste. Fallait que je sois en forme pour faire bonne impression à ma banquière. Nous dinâmes japonais, rue Sainte-Anne, et nous finîmes dans son lit, face à la Seine, elle créchait dans une tour du XVe, au 28e étage, où je me révélais au-dessous du niveau de la mer. Normal, Tarpon, un nom de poisson…

 

 

Le lendemain matin dans le TGV Paris-Libourne j’étais frais comme une limande de supermarché délaissée par les ménagères de plus de 50 ans, l’œil vitreux, la bouche pâteuse et de brutales envies de pisser. Au bar, où je me rinçais à l’eau minérale, une conversation, de deux greluches sapées court et moulé, captait mon attention. Il y était question du propriétaire du château la Cloche, plus précisément de sa nouvelle moitié, «d’une vulgarité à décoiffer les adeptes les plus chics du Ferret» (sic) je cite. S’en suivait une revue d’effectifs complète sur un phénomène qui semblait fort répandu sur le terroir d’exception où je me rendais : « la seconde épouse des propriétaires en retour d’âge ». Passionnant ! J’emmagasinais dans ma petite tête le fruit de ce name dropping ferroviaire émanant de deux nanas informées et connectées.

 

 

En découvrant la gare de Libourne mon seul qualificatif fut : minable ! En la matière je suis un grand expert. Aucun taxi à l’horizon, je restais un moment planté comme un cierge de Pâques sur le parking dans l’espoir d’en voir s’en pointer un. Comme une envie de foutre le camp, je hais la province, les routes départementales, les prés, les vaches, les veaux, les cochons et les couvées, j'ai un côté Jean Yanne très prononcé.

 

 

- Monsieur Tarpon vous attendez quelqu’un ?

 

 

La voix m’interpellant provenait d’un type, avec des Ray Ban sur le front, assis au volant d’un gros 4x4 teuton noir. Je m’approchai :

 

 

-  Bonjour monsieur, vous me connaissez ?

 

- Bien sûr que oui je vous suis sûr Face de Bouc. J’aime bien votre style…

 

- Merci !

 

Jean-Luc Boisduvin, garagiste… Qu’est-ce qui vous amène dans notre beau pays monsieur Tarpon ?

 

 

Le gus avait une bonne bouille sympa, des yeux rieurs, et une tenue décontractée, je n’avais aucune raison de jouer les mijaurées. Bien au contraire il me fallait saisir l’occasion. J’étalais ma science vineuse : « très heureux de faire la connaissance de l’érecteur du château Vadanleau… »

 

 

- Toujours le mot qui fait mouche monsieur Tarpon !

 

- Appelez-moi Eugène !

 

- Et vous Jean-Luc… Je rentre à Saint-Émilion, je peux vous poser à votre destination…

 

- C’est très aimable à vous mais, pour ne rien vous cacher, je ne sais pas très bien où aller…

 

- … et si nous allions discuter de tout cela autour d’un verre ?

 

- Avec plaisir mais je vous préviens, Jean-Luc, je n’ai pas un palais très raffiné…

 

- Faites comme-ci, jouez la comédie, ici c’est le bal des faux-culs…

 

 

Dans la bourgade pleine de belles pierres, de pavés, de hordes de retraités drivés par des nénettes bien gaulées, Jean-Luc s’arrêtait tous les 3 mètres pour serrer des pinces mâles locales et me présenter d’un «Eugène Tarpon, un nom de poisson… ». Poilant le Jean-Luc, mais comme arrivée discrète faudrait que je repasse, d’ici à ce soir j’allais faire l’objet des conversations du tout Saint-Émilion des châteaux.

 

 

Nous atterrîmes enfin à «L’Endroit du décor» chez l’aubergiste poèteFrançois Des Lices. Jovial, disert, accueillant, sous les charmilles, il déflora toute une floppée de belles quilles. Le téléphone arabe, aussi efficace que le télégraphe Chappe à Austerlitz, draina la fine fleur du cru. En moins de temps qu’il faut pour dire une messe basse je me retrouvais au centre d’une tablée des plus belles gorges profondes des GCC hauts perchés ; pas la piétaille. Tels des chiens truffiers ils avaient repéré le bon client. Nous dînames jusqu'à une heure fort avancée. Sans que j’eusse à lever le petit doigt je me retrouvais logé en un lieu prestigieux que je tiendrai secret. Sur les hauteurs, disons…

 

 

Ces messieurs ne se firent pas prier pour dévider la cotriade des vacheries les plus savoureuses et les plus croustillantes circulant à propos d’untel ou d’une telle. J’enrichissais mon vocabulaire. Bizarrement aucune allusion ne fut faite à la baronne des Sables de Sainte Émilion. Un peu parano, et surtout flottant dans des vapeurs alcoolisées, je commençais à me demander si je n’étais pas en train de tomber dans un coup fourré. Au dessert, en sirotant un Yquem de je ne sais quel vieux millésime, je lançais à la cantonade : « l’un d’entre vous pourrait-il me prêter une mobylette ? »

 

 

Loin de les désarçonner, ma demande incongrue trouva un écho favorable...

 

Le feuilleton de l’été du Taulier (3) : de gros engins épandaient sur les vignes des nuages aux fragrances acides

 

L’effet de surprise passé, et malgré l'heure tardive, mon vœu fut rapidement exhaussé par Pierre Luron. Un des ouvriers du chai du château Âne Blancpossédait une superbe mobylette bleue, siège biplace, moteur débridé, un petit bijou. Il se ferait un plaisir de me la prêter. 

 

 

Après une bonne nuit dans une superbe chambre d’un château mythique, et un petit déjeuner copieux, en forme olympique je pris la route sur ma mobylette bleue siège biplace, au petit bonheur la chance. Il faisait beau, de gros engins épandaient sur les vignes des nuages aux fragrances acides. Je nouais un large mouchoir sur le bas de mon visage. Les routes étaient étroites, je croisais deux mondes : celui de messieurs et madames tout le monde dans des voitures de monsieur et madame tout le monde et celui des grosses cylindrées des maîtres de la contrée et de ceux qui venaient les visiter.

 

 

Mon but inavoué : le château La Cloche pour y faire toc, toc, qui qu'est là à la porte , ce n'est pas la Charlotte et demander au maître de chai que l’on fasse carillonner, rien que pour moi, à l’heure de l’Angélus bien sûr, les deux gros bourdons et le carillon de 18 cloches.

 

 

Après avoir tournicoté, je me présenterais enfin au portail, nu-pieds, vêtu d’une simple robe de bure que m’avait prêté François Des Lices, comme un saint homme sur le chemin de Compostelle, et rappellerais que la prière de l’Angelus tire son nom des premiers mots de la prière en latin : Angelus Domini nuntiavit Mariae, «L’Ange du Seigneur annonça à Marie», coutume établie dans les monastères franciscains, encouragée par saint Antoine de Padoue, de réciter trois Ave Maria après l’office du soir et codifiée par un décret du roi Louis XI en 1472. Cette prière est récitée trois fois par jour, à l’aube, à midi et le soir, au son des cloches.

 

 

Mon beau plan dérapa sur une chargée de com junior circulant sur un scooter rose bonbon qui, après m’avoir doublé, cheveux au vent, donc sans casque, m’attendait au carrefour suivant. Maigre comme un coucou, montée sur des échasses Lauboutin, sourire carnassier, ongles carminés, slim déchiré aux genoux, elle n’y alla par 4 chemins « Tarpon tu as une table réservée pour dîner au Logis de la Caserne…

 

 

- Avec qui ?

 

- Tu verras bien mon gros, du lourd bien sûr !

 

- J’espère que ton beau cendré viendra en bottes avec son petit sécateur… suis très sentimental…

 

- Très drôle !

 

- Envoie de suite un petit message à ton maître !

 

- Pour quoi faire ?

 

- Lui transmettre mes exigences !

 

- Et puis quoi encore !

 

- Ne discutes pas carpette !

 

- T’es grossier Tarpon !

 

- Ouais c’est ma marque de fabrique. Exécution !

 

 

Tu lui dit « Accord, mais en couple… »

 

 

- T’es louf Tarpon !

 

- Oui, j’attends sa réponse…

 

- C’est un homme très occupé…

 

- Remballe ton baratin ma poule je ne suis pas d’humeur à me faire enfumer.

 

- Tu cherches le baston Tarpon ?

 

- Ferme ton claque merde tu me gonfles !

 

 

Pincée, elle s’exécutait. La réponse ne se fit pas attendre.

 

 

C’était oui, un oui franc et massif !

 

 

La communicante étique en fut toute bouleversifiée. Bon Prince, afin d’atténuer ma grossièreté, je lui proposais d’aller sucer une glace au village. Surprise, retrouvant un semblant de sourire, elle acceptait. Pour ne rien vous cacher, sachant que ces petites communicantes Twittaient comme elles respiraient, je faisais du marketing viral. J’allais, grâce à elle, être géo-localisé, repéré sur Instagram, toute la place de Bordeaux allait bruir de mon insolite présence en ce village plein de bruits et de rumeurs.

 

 

Restait pour moi à me trouver une dame à la hauteur pour m’accompagner à ce dîner au Logis de la Caserne. Mon carnet d’adresses étant aussi mince que la taille de la communicante junior je commençais à baliser lorsqu’une idée, aussi sotte que grenue, se mit à tourner dans ma tête.

 

 

Gouverner, c'est choisir proclamait Mendès-France.

 

 

Illico ma décision fut prise :

 

 

« Et si je demandais à mon absentéiste de mère, épouse du propriétaire du château Mandigot ? »

 

 

Le feuilleton de l’été du Taulier (4) : « Tarpon tu as une table réservée pour dîner au Logis de la Caserne…

 

La manœuvre était à hauts risques mais comme j’étais le dos au mur il me fallait aller jusqu’au bout de ma provocation. Tout en contemplant la brindille anorexique suçant sa glace, à petits coups de langue vipérine, je composais le numéro du portable de ma mère que je n’avais jamais utilisé jusqu’ici.

 

 

Elle décrocha très vite. La voix était sèche :

 

« Allo, à qui ai-je l’honneur ?

 

- Eugène Tarpon le fruit chéri de ta chair…

 

 

Le blanc qui suivi me parut interminable. Un raclement de gorge l’interrompit, suivi d’une interrogation balbutiée « … Que veux-tu ?

 

 

- Que tu me rendes un service ?

 

- Tu es où ?

 

- À Saint-Émilion…

 

- Que fais-tu à Saint-Émilion ?

 

- Je mange une glace vanille-chocolat…

 

- Épargnes-moi ton humour de potache sinon je raccroche !

 

- Tu es coutumière de ce genre de fuite ma chère mère…

 

- Je te l’accorde. Que veux-tu ?

 

- Que tu m’accompagnes à dîner ce soir au Logis de la Caserne !

 

- C’est hors de question…

 

- Pourquoi ?

 

- Je ne mettrai jamais les pieds dans ce restaurant…

 

- Le propriétaire n’est pas dans tes petits papiers ?

 

- Oui c’est un cuistre et un arriviste…

 

- C’est un bon point pour toi mais il ne reste pas moins vrai que tu devrais faire un effort pour moi. Tu me dois bien ça.

 

- Je te l’accorde.

 

- Alors force-toi.

 

- Non, mais j’ai une proposition qui va te satisfaire : la fille de mon mari sera ravie de t’accompagner.

 

- Pourquoi ?

 

- Elle te lit tous les jours sur Face de Bouc…

 

- En voilà une bonne nouvelle. J’ignorais son existence.

 

- C’est Émilia.

 

- Beau prénom, elle a quel âge ?

 

- 35 ans, célibataire, une beauté !

 

- Je vais être intimidé.

 

- Ça m’étonnerait. J’ai à faire. Je la préviens et elle te rejoint pour 21 heures je suppose…

 

- Oui, merci beaucoup.

 

 

Elle avait raccroché. Tout à trac j’ai balancé sur un ton sans appel à ma communicante, déjà passablement éberluée par le bout de conversation qu’elle venait de capter, « Emmenez-moi à Bordeaux avec votre scooter, il faut que je m’achète un costard, une chemise et des pompes ! »

 

 

Bordeaux est une belle ville, le Alain s'est décarcassé.

 

 

Comme pour lui rendre hommage, en attendant de voter pour lui aux Primaires de l'ex-UMP pour faire la nique au petit ex, je me suis sapé à la manière d’unAlain Juppé post-moderne, une décontraction étudiée, sans ostentation, l’anti-bling bling. Dans mon costume gris souris de belle coupe, chemise blanche ouverte en coton égyptien, j’étais présentable, quoiqu’un peu engoncé, les grolles, des Richelieu black, me serraient un peu les pieds, mais ce n’étaient là que de tous petits désagréments au regard de l’angoisse qui m’étreignait en attendant Émilia.

 

 

Du côté fille, surtout les belles, j'étais très au-dessous du niveau de la mer - j'sais Tarpon, un nom de poisson - au degré zéro quoi. Jamais osé les trop belles pour moi, j'suis pas Depardieu moi pour m'attaquer à la face Nord de Carole Bouquet ! Mon expérience se résumait à la drague laborieuse de gros boudins de campagne dans des boîtes pourries. Je ruminais. Qu'allais-je lui dire ? Comment allais-je me présenter? T'es con, elle sait qui tu es ! Calme-toi sinon tu vas ressembler à une serpillière. Je me dandinais, avais une folle envie de me tirer. Fumer ! Non, t'as déjà l'air vulgaire alors n'en rajoute pas mon coco. Bouger. Je me mis à faire les cents pas d'un air le plus dégagé possible. 

 

 

Ponctuelle, elle arriva quelques secondes avant l’heure. Le doute n’était pas permis c’était bien elle cette haute et belle tige en ballerines noire vernies qui s’avançait vers moi d’un pas fluide, aérien, un léger sourire aux lèvres, vêtue d’une robe légère noire  à pois blancs qui laissait de l’ampleur à ses longs compas. Elle me tendit une main aux doigts fins et déliés avec de beaux ongles carminés, que je secouai avec conviction. J’étais au bord de l’asphyxie. Puis, d'une voix rieuse, elle me dit :  « Allez, faisons nous la bise, nous sommes un peu frère et soeur d'une certaine manière...

 

 

Elle me claquait deux bises. Avec l'énergie d'un quasi-noyé qui espère encore être sauvé j'en déposai gauchement qu'une sur sa joue droite. 

 

 

Cramoisi le Tarpon, incapable de la moindre initiative, figé comme une statue de sel, en attrition, mais Émilia le sauva : « Vous êtes sapé à la Alain Juppé, le pull sur les épaules en moins. Très bon point mon cher Eugène...

 

 

Elle me vouvoyait, ça me décoinçait. Je m'animais.

 

 

Émilia  glissa sa main sous mon bras et nous nous ébranlâmes. Elle me chuchota :

 

 

« Disons-leur que nous sommes fiancés ! »

 

Le feuilleton de l’été du Taulier (5) : Ce n’est pas parce que l’homme a soif d’amour qu’il doit se jeter sur la première gourde…

 

Décrire mon état avec Émilia à mon bras relèverait du même défi que de demander à un Henri Guaino de faire preuve, une seule seconde, d’une once de modestie. Je flottais dans les éthers puissants d’un monde où de petits vieux bedonnants trimballent à leurs côtés de jeunes beautés. Notre entrée dans la salle du restaurant ne passa pas inaperçue, le ton des conversations baissa, les fourchettes se suspendirent, les regards envieux des messieurs, et ceux moins charitables de ces dames, nous entourèrent. Crinière au vent notre hôte se propulsa vers nous, surpris, il marqua un temps d’arrêt face à Émilia, se ressaisit pour effectuer un baisemain emprunté avant de me serrer la louche « Très heureux de vous recevoir en si bonne compagnie cher monsieur Tarpon…

 

 

Les affaires sont les affaires, je ne suis pas très porté sur les mondanités…

 

 

Ma saillie ajouta au malaise de notre hôte qui s’attendait à tout sauf à voir arriver dans son petit jeu une locale de l’étape. Nous nous installâmes après les présentations croisées. De suite on nous servit du Krug millésimé. J’avais décidé de me réfugier dans un mutisme souriant. Ce que je fis avec une componction qui m'étonna. Je hochais la tête, me me contentant de lâcher que quelques vagues banalités ponctués  d'onomatopées. Notre hôte épandait le miel à  grandes louches mais s'épuisait face à mes minauderies. J'avais décidé de laisser la main à Émilia, qu'elle soit à la manœuvre. Ce qu’elle fit avec humour et brio. Nous ne nous étions pas concertés mais mon intuition me suggérait que c’était le parti le plus déstabilisateur pour notre homme aux mille facettes. Le pauvre ramait comme un galérien sans pouvoir se défaire des fers que nous venions de lui passer. Sa compagne ne comprenait rien au film et tentait d’amener Émilia sur des terrains futiles, en vain. Afin d’ajouter à la confusion je ne sortais de mon silence que pour elle. Je lui citais dans un désordre étudié : Onfray, Zemmour, BHL, Guaino, Lucchini… avant de placer, avec une fraîcheur d’enfant de chœur, ma belle proximité avec Isabelle Supportable

 

 

Un très long blanc suivi cette annonce cataclysmique, accompagné d’un rouge écrevisse flamboyant pour lui, de stupeur et tremblements pour elle, une séquence à la Woody Allen du genre « Quand j'écoute trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne. » Il me fallait pousser plus loin mon avantage, je plaçais alors plus qu’une banderille, une quasi-estocade « vous le savez mieux que moi, tout homme a son prix pour lequel il se vend

 

 

La tension était palpable, notre hôte ne pouvait que réfréner sa fureur intérieure, l’heure n’était pas aux esclandres. Émilia me lançait un clin d’œil pour me signifier qu’il me fallait revenir à plus d’urbanité. Ce que je fis en levant mon verre pour porter un toast. Jusqu’à cet instant je n’avais pas encore trempé mes lèvres dans le château La Cloche, dont j’ignorais le millésime puisqu’il nous avait été servi en carafe. Nous en étions au lièvre à la Royale façon Joël Reblochon.

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 08:00
En dévers et contre tout (1), après les fureurs du ciel notre Catherine Bernard mets toute son énergie à l’essentiel : rentrer la récolte et en faire du vin.
En dévers et contre tout (1), après les fureurs du ciel notre Catherine Bernard mets toute son énergie à l’essentiel : rentrer la récolte et en faire du vin.
En dévers et contre tout (1), après les fureurs du ciel notre Catherine Bernard mets toute son énergie à l’essentiel : rentrer la récolte et en faire du vin.

Le dimanche 23 août un très violent orage s’est abattu sur Montpellier et ses environs. Il a causé de gros dégâts et endommagé tous les accès à la nouvelle cave en finition de notre chère vigneronne Catherine Bernard sur la commune de Restinclières.

 

Toujours vaillante et déterminée Catherine, avec son humour habituel, nous écrit:

 

« Les pompiers ont pompé.

 


Une entreprise de terrassement et de maçonnerie est à l'œuvre.

 


Le processus d'indemnisation est en cours (Restinclières sera probablement classé catastrophe naturelle), mais pas abouti et sera compliqué et long.

 


Les banquiers suivent.

 


Nicolas, revenu de Bourgogne, l'équipe de vinification et des amis, nous nous attelons à en refaire une cave pour rentrer la vendange.

 


L’ampleur des dommages est la rencontre de trois facteurs : la violence même de la pluie et du vent (224mm en 6 heures), le fait que la cave n’était pas tout à fait achevée (les gouttières n’étaient pas posées, la terre fraîchement remblayée s’est affaissée et a provoqué des coulées de boue), et enfin une sous-estimation de l’écoulement des eaux. Ce à quoi les travaux en cours devraient remédier.



Cela aurait pu être pire, arriver pendant les vendanges, ou les barriques pleines ... »

 

Même si ça fait vieux jeu, mais c’est un fait je suis vieux, quel bel exemple de courage et d’optimisme à mettre en contrepoint de l’humeur de notre époque portée sur la morosité.

 

Merci Catherine, je suis fier de vous et je me félicite plus encore aujourd’hui d’être à vos côtés dans cette belle aventure humaine.

 

Je vous souhaite bon courage, mais je sais qu’il ne vous fait pas défaut. Sachez que nous répondrons toujours présent pour qu’au-delà de ce coup du sort votre pari qui, dès l’origine paraissait aux beaux esprits du coin, insensé, se matérialise et se pérennise.

 

Allez Catherine, haut les cœurs, bonne vendange et bonne vinification !

 

Je vous embrasse.

 

À bientôt pour partager le pain et le sel lors de l’inauguration de votre cave.

 

Votre vieil ami Jacques.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 06:00
L’irruption de la chimie dans la vigne alsacienne par M.Burger : la naissance de la « viticulture moderne »

C’était au temps je récitais la liste des départements avec la préfecture et les sous-préfectures et de ce temps-là seul le Bas-Rhin est resté bas. Les autres les Basses-Pyrénées et les Basses-Alpes n’ont pas supportés l’outrage ils se sont rebaptisés : Pyrénées-Atlantiques et Alpes-de-Haute-Provence. La Haute-Saône, comme le Haut-Rhin sont restés hauts, mais les inférieures : Loire, Seine, Charente se sont haussées pour être : Atlantique, et Maritime.

 

Les Alsaciens sont ainsi, ils ne changent pas facilement d’avis. 

L’irruption de la chimie dans la vigne alsacienne par M.Burger : la naissance de la « viticulture moderne »
L’irruption de la chimie dans la vigne alsacienne par M.Burger : la naissance de la « viticulture moderne »
L’irruption de la chimie dans la vigne alsacienne par M.Burger : la naissance de la « viticulture moderne »
L’irruption de la chimie dans la vigne alsacienne par M.Burger : la naissance de la « viticulture moderne »

Je vais remplir PAX d’aise, d’autant plus que ce n’est pas moi qui écris.

 

Le vignoble alsacien « s’étend, avec une remarquable continuité, sur les versants des collines sous-vosgiennes qui s’alignent sur le bord faillé de la montagne, depuis le débouché de la Doller, en plaine au pont 5haut-Rhin), jusqu’à celui de la Mossige à Wasselonne, en Bas-Rhin. »

 

« Dans cette région, écrit le professeur Vélain, le vignoble a marqué dans le paysage son empreinte d’une façon aussi impérieuse qu’en Champagne, de part et d’autre d’Épernay, ainsi qu’en Bourgogne sur les « Côtes » à grands crus de beaune ou de Nuits »

 

Partout on ne voit que lui, entre les gros villages blancs à maisons serrées. Il suffit ensuite qu’une vallée s’ouvre dans la montagne pour que, à son débouché sur la plaine, la vigne en profite pour s’y infiltrer et pour étager ses belles rangées de ceps sur les flancs bien exposés au midi et face au soleil levant.

 

Elle monte jusqu’à cette altitude de cinq cents mètres, favorisée par les vents chauds descendus des Vosges qui y déterminent une douceur de température telle que les gelées printanières n’y sont plus à redouter. En sorte que, en automne, de belles journées permettent aux vignes de parvenir au degré de maturité qui les rend capables de donner des vins vifs et nerveux.

 

C’est sur les pentes marneuses que s’étagent les vignes, tandis que les crêtes de la plate-forme calcaire qui couronnent ces pentes sont couvertes de bois au milieu desquels se profilent, pittoresquement, les ruines d’anciennes demeures féodales. »

 

Nous sommes alors dans les années 20, une révolution est en marche : « la viticulture n’est plus seulement un métier. Une révolution toute scientifique s’est accomplie, de laquelle est née la viticulture moderne, moins simple que l’ancienne, qui était basée que sur l’observation et l’empirisme des périlleux essais. Les maladies de la vigne, qui n’ont jamais été si nombreuses et si dommageables, ont incliné la viticulture à se considérer comme une science. »

 

Viticulture moderne vous avez dit viticulture moderne !

 

Faites chauffer les commentaires !

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, «Hollande est tellement traumatisé qu’il ne veut plus entendre parler de « première dame »

Je suis colère car je suis un vieux con, un pauvre idiot !

 

« Casse-toi, vieux con ! » me dis-je.

 

Bienheureux ceux qui marchent sur la gueule des autres sans même s’excuser, ils sont les rois du monde.

 

Être soucieux des autres est la pire incongruité de notre époque, tout pour ma gueule, rien pour les pauvres idiots qui s’efforcent de privilégier le cœur, la sensibilité, une forme de poésie courtoise faite d’attention et de sincérité.

 

Exercer mon droit de retrait !

 

Gagner l’île de mon imaginaire, loin de tout ce qui me touche et me déglingue. Ne pas geindre, se plaindre, le corps se charge de vous rappeler que la vraie douleur se niche en lui.

 

Résister !

 

« … Se côtoyaient en lui toutes sortes de contradictions et d’anomalies, comme chacun de nous : mais il semblait courtiser les extrêmes de l’existence avec plus d’envergure que les autres. » Franck Harris dans La Bombe.

 

Le même : « La vue de son visage me coupa le souffle. C’était celui de mes rêves – même yeux sombres, même cheveux noirs, même sourcils ; le nez le plus fin, peut-être, les contours plus anguleux ; mais c’était bien la même expression volontaire et assurée ; et ses yeux d’un brun noisette étaient divins. »

 

« … ce jour-là, sa beauté provocante me parcourut les veines avec la chaleur du vin.»

 

Mais pourquoi diable les humains s’ingénient-ils à se faire du mal pour des petits riens?

 

Ma décision est irrévocable : je pars !

 

«Suzanne et le Pacifique » de Jean Giraudoux.

 

« C’était dimanche. Échangeant leurs dieux, équipages allaient entendre la messe dans les églises, et citadins aux paquebots. Je m’embarquais. Il y avait entre mon navire et le quai deux mètres d’océan incompressible et deux mètres de lumière entre l’extrême mer et l’horizon. Des voyageurs retour de Damas qui partaient pour l’Océanie regardaient avec émoi, symbole de la vie errante, des mouettes qui n’avaient jamais quitté Saint-Nazaire. Le soleil étincelait. Les flammèches et les pavillons doubles pour le jour saint battaient l’air, et de chaque élément, de chaque être aussi l’on sentait doublée l’épithète, la même épithète ; le navire était blanc, blanc ; la mer bleue, bleue. Seule, abandonnée dans le dock, parmi ses bagages, une jolie petite femme, au lieu d’être brune, brune, était brune, rose. Je lui proposai mon porteur, déchargé de ma grosse malle, et qui, de voir ces petits sacs, rapprochait déjà les bras comme un compas. »

 

Suis-je si vieux pour ne plus être aimé ?

 

Relégué dans un no man’s land antichambre de l’asile dernière case avant le retour à la terre.

 

Désolé je n’en suis pas, vous ne me piègerez pas avec vos faux-semblants, votre autisme du cœur, votre égoïsme maquillé sous vos bons sentiments, vos velléités, vos petits mecs étroits d’esprit, votre incapacité à aimer tout simplement…

 

Alors je me replie dans le silence puisque mes mots ne sont que des cendres que le vent disperse.

 

Vie privée, vie publique, la césure est une vue de l’esprit bien commode pour les puissants.

 

Nous vivons à l’étroit entre esprits étroits, le temps des grands récits qui jalonnèrent l'histoire humaine, d'Homère à Tolstoï et de Sophocle à Shakespeare, qui racontaient des mythes universels et qui transmettaient les leçons des générations passées, leçons de sagesse, fruit de l'expérience accumulée, est passé à la trappe pour croupir aux oubliettes.

 

Vive le storytelling qui parcourt le chemin en sens inverse, qui plaque sur la réalité des récits artificiels, bloque les échanges, sature l'espace symbolique de séries et de stories. Il ne raconte pas l'expérience passée, il trace les conduites et oriente les flux d'émotions. Loin des « parcours de la connaissance » que Paul Ricœur décryptait dans l'activité narrative, le storytelling met en place des engrenages narratifs, suivants lesquels les individus sont conduits à s'identifier à des modèles et à se conformer à des protocoles ».

 

«Sarkozy était cohérent avec la mutation de l’Homo politicus, de Clinton aux Etats-Unis à Berlusconi en Italie. Il a été le premier à installer en France la figure de l’homme d’Etat qui ne puise pas sa légitimité dans ses actions, son programme ou ses alliances politiques, mais dans sa crédibilité personnelle. Le petit Louis, Cécilia qui fuit à New York avec Richard Attias et revient pour la campagne de Nicolas, le divorce à l’italienne. Disneyland en Ray-Ban, «avec Carla c’est du sérieux»… «On est passé de la mise en scène de l’image de l’homme politique à des engrenages narratifs où ce dernier n’incarne plus l’autorité et la souveraineté du pouvoir, mais doit se comporter comme un bon acteur pour faire de l’audience» c’est Christian Salmon décrypteur du storytelling qui l’écrit.

 

Dans le storytelling, le dernier épisode efface les précédents.

 

«L’électeur spectateur finit par se connecter émotionnellement avec un personnage dont il prédit et critique le comportement. Pour lui, seule compte l’issue, le dénouement.»

 

François Hollande pour les besoins de cette cause « a fini par opérer une synthèse entre Ségolène Royal et Julie Gayet. La mère de ses quatre enfants sur la scène officielle et l’actrice rive gauche au plan personnel. L’une est politique et publique et l’autre pudique et privée. Après des mois d’hystérie, les Français se sont accoutumés à la présence discrète de l’actrice à l’Elysée, révélée par des photos volées dans Voici. »

 

Ségolène Royal tient sa revanche, elle triomphe de la Trierweiler répudiée en «18 mots glaçants» via un communiqué «personnel» du chef de l’Etat à l’AFP, promue ministre de l’Ecologie en avril 2014 après l’éviction de sa rivale.

 

Au côté du Président, l’ex assure «symboliquement la fonction imaginaire de « première dame » et de « vice-présidente » sans que cela coûte un centime aux Français», analyse le psychanalyste Gérard Miller dans un récent article du New York Times. Ce que Royal dément mollement : «Je ne suis pas la reine de France même si mon nom est Royal !» C’est elle qui a accueilli le pape à Strasbourg en novembre, représenté la France en Israël lors des funérailles des victimes juives de l’attentat de l’Hyper Cacher en janvier, et se tenait au côté de Hollande sur le perron de l’Elysée lors de la visite du roi et de la reine d’Espagne en juin. »

 

« Des millions d’êtres se révoltent en silence contre leur sort. Nul ne sait combien de rébellion fermentent dans la masse de vie que les gens enterrent. On suppose que les femmes sont très calmes ; mais les femmes sentent de la même façon que les hommes. Elles ont autant que leurs frères besoin d’exercice pour leurs facultés et d’un terrain pour leurs efforts ; elles souffrent d’une contrainte par trop inflexible, d’une inactivité par trop absolue comme en souffriraient les hommes ; et c’est étroitesse d’esprit chez leurs semblables plus privilégiés, de dire qu’elles devraient se borner à faire des puddings et à tricoter des chaussettes, à jouer du piano et à broder des sacs.»

 

Une chambre à soi

Virginia Woolf

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 06:00
C’était au temps où Romain, dit Sylvère Maës, se baignait à la rivière en slip kangourou bleu…

L’heure est la baignade en mer.

 

Certains mâles, tannés par le soleil, s’exhibent sur la plage en slip minimalistes pour mettre en valeur leurs bijoux de famille. 

 

Selon Marc Beaugé le slip de bain, successeur de la grenouillère des années 20, est « l'apanage des « ringards » et des « malotrus », tels Christian Clavier dans Les Bronzés ou Franck Dubost dans Camping. Dévoilant trop souvent une pilosité incontrôlée et des cuisses grasses, le slip de bain suscite même aujourd’hui une quasi forme de malaise. »

 

Pour lui, il n’assure qu’une fonction technique : « tenir le paquet »

 

Obligatoire à la piscine, sur la plage le clivage se fait entre le boxer à la Jean Dujardin ou Daniel Craig et le long short des surfeurs qui n’est pas un bermuda.

 

 

Illustration de Bob London in Marc Beaugé de l'art de mal s'habiller sans le savoir 

 

Le slip, en tant que simple sous-vêtement, « apparaît dans le catalogue de Manufrance dès les premières années du XXe siècle, et il est en laine douce, conseillé « aux athlètes ».

 

« Le slip permet de stabiliser ce que la nature lassait imprudemment pendouiller : c’est donc sans équivoque, un instrument de culture, très supérieur à l’étui pénien des primitifs, qui ne traite la totalité du sujet et peut, par sa rigidité emphatique, se révéler extrêmement casse-couilles. »

 

Comme vous le voyez Jacques Gaillard traite avec doigté sa chronique sur le slip kangourou dans son charmant opus « Qu’il était beau mon meccano ! 21 leçons de choses » chez Mille et Une Nuit.

 

Avant lui régnait en maître le caleçon long en rude lainage. Les pionniers de l’Ouest américain s’y ensachaient tout comme mon pépé Louis. « John Wayne, dit-on, ne détestait pas ces unions suits… mais il céda au charme du caleçon anglo-saxon, dit « boxer », en fin coton, qui impressionna durablement les jeunes filles de chez nous à la Libération… »

 

« Mais c’est en France, semble-t-il, à troyes, que sous la marque Jil apparut le premier slip digne de ce nom, en 1927 »

 

Mais le slip kangourou, avec son ouverture horizontale, c’est Éminence qui a montré la voie en France.

 

Moi j’en portais des blancs qu’il fallait faire bouillir dans la lessiveuse pour qu’ils retrouvent leur blancheur. Les hommes de la maison en portaient des bleus, comme celui de leur tricot de corps, assortis à leur cotte de travail.

 

Chez moi, à La Mothe-Achard, Romain Guilbaud, dit Sylvère Maës, portait lui aussi des bleus et lorsqu’il se baignait à la rivière, ça pendouillait à la sortie comme pour le personnage fétiche de Reiser.

 

 

C’était au temps où Romain, dit Sylvère Maës, se baignait à la rivière en slip kangourou bleu…

Le blanc pour les cols blancs ; le bleu pour les travailleurs…

 

Dans une chronique du 12 février 2014 provocateur je titrais : « La principale cause de la chute de consommation du vin est le renoncement à la lutte des classes »

 

« Je suis sérieux comme un Pape, en effet il est loin le temps où Roland Barthes dans Mythologies célébrait le vin comme la boisson-totem des Français en notant qu’il était senti par la Nation comme un bien qui lui est propre.

 

C’était en 1957 et, avec les années 60, les fameuses Sixties, ce fut le début d’un déclin inexorable qui bien sûr n’avait rien à voir avec la fameuse loi Evin qui n’intervint que dans les années 90.

 

Au risque de choquer les âmes sensibles et prudes j’affirme que cette chute s’accompagna de l’abandon du slip kangourou et du marcel bleu qui peut se lire comme un renoncement à la lutte des classes. »

 

Lire la suite ICI et vous saurez tout sur le slip kangourou

 

La vidéo ci-dessous contient, tout à la fin, des images à voir absolument...

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 08:00
En dévers et contre tout, courtes chroniques d’un ramier emplumé…

Dévers : « qui n’est pas d’aplomb. »

 

Ramier : paresseux, inefficace…

 

« Bouboule passe son temps assis à la table. C'est un ramier de première. » José Giovanni Le Trou.

 

Si j’en ai le courage, pendant 3 semaines, chaque jour que Dieu fait, face à la mer, je pondrai une courte chronique sur tout et rien, au petit bonheur du matin.

 

« On peut vivre de sa plume, ça dépend où on la met. » Joséphine Baker

 

Surtout, ne me dites pas que je suis en vacances, j’y suis pour la vie, du moins ce qu’il m’en reste.

 

Je voyage en dévers et contre tout car disait Flaubert « De toutes les débauches, c’est le voyage que je préfère. »

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 06:00
« On faisait du Rudolf Steiner avant l’heure, dans ces petites fermes, qui étaient de vrais organismes autonomes » Jacques Dupin chef de culture au château Palmer…

En 1980, j’ai fait visiter le château Palmer à un groupe d’énarques, en ce temps-là Thomas Duroux était encore en culottes courtes, si tant est qu’il en eut portées. J’ai dîné, il y a un petit paquet d’années, avec Thomas chez des amis communs. Ce jeune homme, avec sa « tête d’énarque » décontracté – qualificatif antinomique avec ce que sont devenus les élèves de l’ENA – m’a séduit par son ouverture d’esprit, sa curiosité intellectuelle, sa dynamique positive. Et puis, un amoureux de la musique ne saurait être mauvais.

 

Et puis la vie s’écoula jusqu’au jour où en 2014 je découvre que Thomas déclarait «Ne plus exploiter Palmer, mais le vivre»

 

Thomas Duroux : Fin 2007 nous avons pensé avec Sabrina Pernet, qui me seconde, qu’il fallait éviter tous les produits de traitement de la pétrochimie, et au-delà, comprendre les tenants et les aboutissements d’une agriculture alternative.

 

Nous nous sommes lancés dans une expérimentation, la mise en œuvre de certains principes de Rudolf Steiner, ceux que nous comprenions. Nous hésitions entre la culture biologique et la culture biodynamique. Mais qui peut le plus peut le moins, et nous avons décidé de passer 1 ha en biodynamie. Puis 3 ha en 2009, en lisant et relisant le Cours aux Agriculteurs de Rudolf Steiner, nous être entourés des conseils de Matthieu Bouchet, le fils de François Bouchet, avoir rencontré Paul Barre (Château La Grave), Alain Moueix (Château Fonroque) et Jean-Michel Florin (Mouvement de l’Agriculture Biodynamique).

 

Petit à petit nous nous sommes mis à vivre la biodynamie d’une manière différente. En 2010 nous étions convaincus que c’était la bonne direction. Et en août de cette même année, nous avons décidé de convertir les 55 ha de Palmer. Et convaincu les propriétaires du Château que c’était la bonne décision. Qu’il n’y avait là rien de sorcier ou de magique. Il s’agissait juste de quelques grands principes, comme regarder l’endroit où nous nous trouvions de manière différente, considérer que Palmer était un tout une entité, et qu’il ne fallait plus exploiter Palmer mais le vivre. Un retour aux principes anciens. »

 

In PLUS BELLE LA VIGNE BIO 

 

Et puis, je viens de recevoir L’œil de Palmer tout de bleu vêtu, le fameux bleu de l’étiquette de Palmer. Le vieil amoureux du bleu d’Yves Klein que je suis a bien sûr été séduit mais ce qui a attiré mon œil c’est le portrait de Jacques Dupin le chef de culture du château.

« On faisait du Rudolf Steiner avant l’heure, dans ces petites fermes, qui étaient de vrais organismes autonomes » Jacques Dupin chef de culture au château Palmer…

Beau portrait d’un homme né dans l’une de ces grandes familles d’autrefois, onze enfants, sur une petite exploitation familiale de 15 ha dont 4 en vignes. Je me sens en proximité avec cet homme qui se définit ainsi sans fard « Le vin est monde de la sensualité. Je suis formaté sur l’efficacité, la pratique. Ça me demande beaucoup d’effort de m’arrêter, de contempler… »

 

Alors, avant le changement opéré par Thomas, avec les méthodes traditionnelles des « 4 façons » et les « prix-faiteurs », des gens payés à la tâche, souvent en couple, avec une répartition des taches immuables : à l’homme la taille, le palissage, les chausserons ; à la femme, l’acanage, le pliage, le levage… ce système lui convenait bien « J’étais à l’aise avec cette méthode. L’enfance continuait… »

 

Il reconnaît « qu’il a mis du temps à adhérer… Je reconnais que j’ai résisté un peu… Le changement n’est évident pour personne… Mais toute cette herbe dans les vignes… C’est vrai que j’aimais que ce soit « propre », les pieds. Je suis traditionnaliste, mes parents ne remettaient rien en cause. Ils appartenaient à une génération qui a passé son temps à se battre contre les mauvaises herbes. Peut-être se sont-ils trompés. Mon père, les premiers désherbants qu’il a utilisé, en avait-il envie ? Lui a-t-on fait croire à des intérêts qui n’étaient pas les siens ? »

 

Franchise simple qui me fait penser aux débats entre mon père et le pépé Louis son père « on a toujours eu fait comme ça… »

 

« En tant qu’être humain, il est important de moins se considérer comme des vedettes de cette planète. D’être humble face à la nature, de ne plus la voir comme un ennemi mais comme un partenaire, de tolérer quelques bestioles, de l’herbe… »

 

Alors, aujourd’hui, Jacques Dupin est même allé à une conférence de Pierre Rabhi à Pessac… Je m’intéresse de plus en plus aux questions environnementales. Même si j’ai le sentiment que ce n’est pas moi et mon travail qui vont changer le monde. »

 

Merci Thomas pour cette approche sensible et intelligente, dont devrait s’inspirer le CIVB au lieu de se braquer contre les « khmers verts ». Comme quoi il est possible de bien communiquer même lorsque l’on fait partie du gotha des GCC…

« On faisait du Rudolf Steiner avant l’heure, dans ces petites fermes, qui étaient de vrais organismes autonomes » Jacques Dupin chef de culture au château Palmer…

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 08:00
Le Bonheur est dans le pré, au bord  de l’océan, n’en déplaise aux pharisiens qui n’aiment pas les bobos parisiens…
Le Bonheur est dans le pré, au bord  de l’océan, n’en déplaise aux pharisiens qui n’aiment pas les bobos parisiens…

Sans pousser le bouchon trop loin, il existe sur Face de Bouc des spécialistes du « délit de faciès » qui, pour exhaler leur rancœur, pour tout et rien, vilipendent le bobo parisien, bourré de thune, bourré tout court à grandes lampées de vin nu, snob, qui bouffe bio ou dans des crèmeries qui servent la carotte au prix du caviar, qui ne savent pas s’amuser entre gros copains, qui ne savent pas bien boire bien sûr, qui ne vont pas se taper de l’andouillette locavore chez belle-maman, et j’en passe pour ne pas rallonger la sauce des sous-Blondin.

 

Qui sait où se trouve Lucinges ?

 

Moi depuis pas longtemps...

 

J’y suis allé dîner et j’y ai découvert une superbe carte de vin nu et pourtant y’a pas beaucoup de bobos dans le coin. J’y ai bien mangé et bien bu, merci petit Jésus et, en restant poli, merde aux pharisiens qui se prennent pour Blondin.

 

C’est chez Cyril & Ludyvine Marcillon 2011 route de Bellevue, 74380 Lucinges Le bonheur dans le pré, ancienne ferme du XIXème, havre de paix entre lac et montagne.

nous

 

Voilà la carte des Vins

 

Savoie: Domaine Les vignes de Paradis (Dominique Lucas)*, Domaine Belluard*, Domaine des Ardoisières, Jacques Maillet*, Domaine l'Epervière (Julie Portaz)

 

Bugey: Yves Duport*

 

Jura: Jean François Ganevat*, Domaine Pignier*

 

Vallée de la Loire: M&S Bouchet*, Domaine de la grange Tiphaine*, François Chidaine, Sébastien Bobinet*, Frederic Mabillaud, Noëlla Morentin*, Domaine de la Tour Grise*, Le Rocher des Violettes*...

 

Vallée du Rhône: Dard & Ribo*, Château de la Selve*, Domaine du Joncier*, Natacha Chave, Domaine de la Soumade*, Domaine Gramenon*, Domaine Viret*, Thierry Allemand*, la Ferme des 7 Lunes*, Domaine de la Roche Buissière*, Domaine de Marcoux*, Domaine Chaume Arnaud, Domaine de la Grange Louiset*...

 

Languedoc Roussillon: Domaine Olivier Pithon*, Vila Symposia, Domaine Léon Barral*, Roc d'Anglade, Mas Coutelou*, Domaine Gauby, Domaine de la nouvelle donne, Domaine Clos Massotte*...

 

Bourgogne: Philippe Pacalet*, Domaine Sarnin Berrux*, Domaine Valette*, Arnaud Ente, Domaine François Lumpp, Sylvain Pataille, Jean Claude Boisset...

 

Beaujolais: Yvon Métras*

 

Alsace: Domaine Gérard Scueller*

 

Corse: Domaine Leccia

 

Provence, Nice: Domaine de Trévallon*, Domaine de Toasc, Elodie Balme*, Domaine de Lauzières*, Domaine de Fondrèche, Domaine de la Camarette, Henri Milan*, Domaine le Béates*, Domaine Turenne*

 

Champagne: Bourgeois Diaz*, Hersccher, Krug, Dom Pérignon

 

* Domaine en vin nature

 

Voilà c’est écrit et ça me fait du bien.

 

Ceci écrit avant d’aller marier Eva et Laurent j’ai eu envie d’aller voir l’Océan. J’ai bien fait le soleil était au rendez-vous et j’ai pu déjeuner dehors et dîner face à la mer dans 2 charmants établissements : Le Poisson d’Avril et les Rochers

 

Accueil jeune et sympathique, dynamique, sans chichi, où l’on dit « bon appétit » et non « bonne dégustation », nourriture d’une grande fraîcheur, excellente, bien cuisinée, prix raisonnables, reste que pour le vin la Bretagne est encore une terre de mission pour les vignerons naturistes, les cartes y sont bien classiques. Je fais passer le message à la fois aux restaurateurs et aux défricheurs de vin nu. Un peu de fantaisie avec ces belles tables ne ferait qu’ajouter au bonheur d’être face à l’Océan.

 

Merci à cette génération de faiseurs à manger, grâce à eux nous sommes encore le pays de la bonne table…

Le Poisson d'AvrilLe Poisson d'Avril
Le Poisson d'AvrilLe Poisson d'Avril

Le Poisson d'Avril

Les RochersLes Rochers
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Les Rochers

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 06:00
Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»
Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»

Se rendre depuis Paris en Suisse Romande c’est facile, y’a même un TGV Lyria qui pousse des pointes à 300 km devant de braves charolaises qui n’ont même plus le temps de voir le train passer. Bien sûr il est bien loin le temps du wagon-restaurant avec service en gants blancs où Pierre Jancou trempait son croissant dans son chocolat fumant.

 

Bon il faut s’habituer à compter en septante [70], octante [80] et nonante [90]. Quelques cantons de Suisse utilisent huitante au lieu d’octante. Et puis, eux ils ont toujours leur franc, nous devrions, comme au temps de l’Édit de Nantes, y expédier tous nos souverainistes, Jacques Sapir en tête lui qui bécote la fille Le Pen.

 

 

Mais y’a aussi des vignes chez nos voisins suisses, des belles en terrasses, classée par l’UNESCO, et même des naturistes, oui, oui, donc même en escapade vous voyez bien que le vin me tient.

 

Pour preuve : un bel exemple d’échange épistolaire, la correspondance ça se perd, c’est bien dommage…

 

www.24heures.ch Image: Patrick Martin

 

Le 28 août,

 

Cher Gilles Wannaz, (pour l'entendre c'est ICI)

 

Ce n’est pas par hasard que nous sommes passés devant chez vous l’après-midi du 15 août, l’un de vos vins avait séduit les jeunes gens qui nous y ont conduits. Nous pensions ne point vous trouver mais nous nous sommes pourtant arrêté et, bien nous en a pris car nous avons été accueilli par une charmante jeune femme avec chaleur et courtoisie. Elle nous a même ouvert une bouteille de Dézaley Grand Cru 2012 pour que nous goûtions.

 

Et puis vous êtes arrivé. Notre commune réserve naturelle aidant nous avons peu échangé mais de bonnes ondes ont été, elles, échangées. Pour ma part je suis peu bavard, c’est ma plume qui l’est. Il me faut ajouter que le lieu où vous vivez, où vous cultivez vos vignes, où vous élaborez vos vins, est splendide et que j’étais tout empli de ce que l’on coutume d’appeler l’esprit du lieu.

 

Et nous sommes reparti lestés de précieux flacons.

Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»
Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»
Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»

Et puis, ô surprise quelques jours ayant passés vous m’avez écrit via mon petit espace de liberté :

 

« Bonjour,

 

Ravi d'avoir croisé votre regard moi qui croise vos mots depuis des hectares...

 

Qu'entendez-vous par traitement de la vigne?

 

Comme toute porte qui s'ouvre s'offrant à un nouvel univers, la biodynamie ouvre à la réponse. Au plaisir de vous relire et au regret de ne vous avoir reconnu… mais l'écureuil a retrouvé une jolie noisette qui fait du bien.

 

Merci.

 

Gilles

 

Ça fait toujours plaisir de recevoir ce genre de message.

 

Le seul point qui m’intrigue c’est votre question à propos du traitement de la vigne.

 

Je pourrais vous répondre, à la manière de Pierre Dac dans le sketch cultissime avec Francis Blanche, que je n’entends rien par là mais ce serait céder à la facilité et je me dois d’être plus explicite.

 

Le terme traitement ne fait pas vraiment parti de mon vocabulaire pour ce qui concerne mon corps, disons, qu’autant que faire ce peu, j’en prends soin en m’alimentant sainement et en baguenaudant sur mon vélo. Ma pharmacopée personnelle se réduit à l’aspirine, je n’avale rien d’autre. Alors pour ce qui concerne le végétal comme l’animal je suis très attentif aux formes de soins que le vigneron, dans votre cas, ou l’éleveur, procure à sa vigne ou à son cheptel.

 

Pour faire simple je m’en remets à ce qui est naturel et non intrusif. Le respect de l’intégrité de son terroir et l’authenticité du vin exigent cette philosophie.

 

Je ne sais si ma réponse vous satisfera mais mon peu de goût pour la technique, et mon absence de savoir-faire, font que je ne peux guère aller au-delà de ce que je peux expliciter.

 

Comme nous n’avons fait que croiser nos regards il m’est à ce stade difficile de prétendre dire à mes lecteurs qui vous êtes. Alors, je m’en tiendrai, en attendant de mieux vous connaître lors d’une prochaine visite, à une citation.

 

« Gilles Wannaz est un explorateur qui aime repousser les frontières du possible.

 

À la tête d’un domaine cultivé en biodynamie, le vigneron vaudois multiplie les expériences pour sortir des sentiers battus. Le chasselas qui recouvre 60% de ses 4,5 hectares de vignes, est son sujet de prédilection. « Ce cépage est le bonheur et le drame de notre région estime-t-il. Dans une monoculture, il y a le risque que tout le monde fasse la même chose. Pour l’éviter je me suis lancé dans un processus de redécouverte du chasselas. »

 

Sa quête, qui s’appuie sur l’utilisation exclusive des levures indigènes pour la fermentation du raisin connaît plusieurs déclinaisons : un chasselas classique, un chasselas primeur pétillant et deux vins doux issus de techniques de vinification différentes : des « vendanges tardives et un « vin de plafond », jolie expression qui définit le séchage du raisin sur des fils suspendus sur le modèle du vin de paille du Jura ou des « vino santo » ou « passito » italiens. »

 

Voilà, cher vigneron, ce que je puis écrire pour aujourd’hui car je n’ai pas pris le temps d’ouvrir les flacons car au mois d’août Paris est vidé de mes amis et le vin ça ne se boit pas ça se partage.

 

À la revoyure, bonne vendange, bonne vinification naturelle, et avec mon meilleur souvenir et à bientôt j’espère.

 

Jacques

 

PS : pour les qui veulent tout savoir

 

- Article de David Moginier 24 heures

 

- Origine du nom Lavaux

 

« On dit Lavaux sans article et non « le » Lavaux, que l'on parle « de » Lavaux et non « du » Lavaux, de même que l'on dira « en » Lavaux et non « dans le » Lavaux. Ceci vient de l'étymologie de Lavaux. En effet, en arpitan « la vau » signifie « la vallée ». La lettre « x » a été rajoutée à la fin pour signifier que le dernier son voyelle, ici « au », doit être prononcé. Cette règle s'applique à tous les toponymes de langue arpitane »

 

 

Comme je ne vais pas faire l’intéressant en faisant accroire que je suis incollable sur le vignoble de Lavaux, pour les précédemment cités je leur conseille d’aller ICI 

Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»
Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»
Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»Le domaine de Gilles Wannaz : vignoble au naturel en Lavaux canton de Vaud «Le vin reste le meilleur moyen qu’ait trouvé l’homme pour faire parler la terre.»

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