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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 08:00
René Pleven vérifiant la première page du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, qu'il avait lancé en 1946 (DR - Coll. Famille Pleven)

René Pleven vérifiant la première page du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, qu'il avait lancé en 1946 (DR - Coll. Famille Pleven)

Le temps est suspendu.

 

Hier où que j’aille tout le monde était tendu, inquiet.

 

Muré dans mon silence j’attends, il sera toujours temps de lever le voile sur cette période à fortes turbulences.

 

Sur les réseaux sociaux c’est la débauche, empoignades, invectives, mensonges, fausses nouvelles, tombereaux d’ordures.

 

Peine perdue !

 

Stoppez-tout !

 

« Vous pensiez qu’en publiant sur Facebook des articles engagés, des pétitions argumentées et autres coups de gueule politiques, vous alliez convaincre vos amis de prendre parti avec vous ? C’est malheureusement inefficace. C’est ce que met en évidence un sondage réalisé aux Etats-Unis par l’entreprise d’analyse de réseaux sociaux Rantic, et relayé par Wired.

 

Aucun effet sur les opinions de vos “amis”

 

Pour cette étude, 10 000 utilisateurs de Facebook, répartis de manière équitable sur tout le spectre politique, ont été interrogés. La question qui leur était posée était simple : un post Facebook les a-t-il déjà fait changer d’avis sur un sujet ? La réponse est éloquente : 94 % des républicains, 92 % des démocrates et 85 % des indépendants répondent non. La plupart d’entre eux estiment aussi que les réseaux sociaux ne sont pas des agoras propices à la discussion politique – ce qui ne les empêche pas de le faire parfois.

 

Slacktivisme

 

En revanche, il ressort de ce sondage que ces posts Facebook en forme d’apostrophes politiques ont un effet sur la perception que vos “amis” ont de vous. Les opinions politiques que vous publiez sur vos réseaux sociaux sont donc des critères majoritairement retenus par vos connaissances pour vous juger… 12 % des républicains, 18 % des démocrates et 9 % des indépendants confient même avoir déjà supprimé un “ami” Facebook en raison des commentaires politiques qu’il exprimait.

 

Le militantisme sur internet est parfois taxé de “slacktivisme” (littéralement, “militantisme paresseux”). Il semble donc avec cette étude que par-dessus le marché, cette forme de militantisme soit inefficace. Est-ce à dire que Nicolas Sarkozy se trompait lorsqu’il déclarait, en juin 2014 : “J’ai un million d’amis sur Facebook et je compte bien m’en servir. En plus, ça coûte zéro centime” ? »

 

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, suis pas plus con que la moyenne…

 

Nous venons de vivre une longue et fructueuse période de tribunes libres en tout genre du genre pourquoi il ne faut pas voter pour tartempion.

 

Vous me direz c’est dans l’ordre des choses, chaque camp cherche à discréditer le programme de son ou de ses adversaires. J’en conviens sauf que le signataire ou les signataires se drapent dans leurs titres universitaires, ce sont des …logues ou des …istes, qu’ils soient atterrés ou nobélisés, pour nous faire la leçon.

 

Et ils le font dans la presse parisienne qui est le matériau essentiel des commentateurs, des chroniqueurs, des éditorialistes des médias parisiens.

 

L’important étant la reprise, le tweet, l’écume de la notoriété du ou des signataires, rien de plus rien de moins.

 

En effet, qui lit de A à Z leur prose ?

 

Pas grand monde, et surtout pas ceux qu’ils voudraient persuader de ne pas « mal-voter ».

 

Leur prose veut s’adresser tout aussi bien à la France d’en haut (je ne partage pas cette catégorisation) qu’à celle d’en bas.

 

Pour la première, du moins pour celle qui lit encore, ces conseilleurs patentés, estampillés détenteurs d’un savoir, disent s’adresser à l’intelligence de leurs lecteurs. Pourquoi pas, mais ils le font par le biais d’un langage qui est celui de leur spécialité, ils ne cherchent pas à convaincre mais à faire la preuve de leur supériorité intellectuelle.

 

Font chier à me prendre de haut, à nous prendre de haut, je ne suis pas plus con que la moyenne, nous ne sommes pas plus con que la moyenne de cette engeance qui se dit intellectuelle.

 

Le politique, la chose publique, ne se nourrit pas que de concepts, de théories économiques ou sociales, mais du faire, du choix. Bien sûr, je ne disconviens pas qu’il faille articuler l’action politique autour de grands principes mais le cambouis de la vie, nos égoïsmes catégoriels, notre incapacité à passer des compromis, ne permettent pas d’entrer dans des moules bien huilés.

 

Que de grandes voix s’élèvent pour baliser nos chemins politiques, pourquoi pas, mais ces voix ont disparues laissant la place à des ersatz essentiellement tournés vers leur nombril, leur fonds de commerce.

 

Reste cette France dites d’en-bas, qu’ils auscultent d’en haut, dont la fenêtre sur le monde est majoritairement l’écran de télé qui déverse toute les horreurs du monde, la peur des autres, les promesses des démagogues, des images-choc, des formules toutes faites, tous ces gens qui se raccrochent à l’illusion qu’on va se préoccuper d’eux.

 

C’est là que ça se passe messieurs les conseilleurs, la gent masculine est ultra-majoritaire, du côté de l’Éveil de Pont-Audemer ou du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, façon de parler pour désigner le flux continu des chaînes télé qui coule dans la salle à manger.

 

Encore plus « je pisse dans un violon » : sur les réseaux sociaux des clampins qui pensent s’adresser à la terre entière alors qu’ils ne mobilisent que quelques potes inoccupés ou une poignée de détracteurs, toujours les mêmes, nous tancent, nous font la morale, sature l’espace d’empoignades très vite incompréhensibles.

 

L’important c’est l’audience, le buzz, et de se plaindre de l’absence de débats de fond dans une campagne très au-dessous de celles que nous avons vécu depuis l’an 2000.

 

Là, je me gondole grave car ces campagnes furent des prototypes de programmes non tenus, viré par-dessus bord sitôt le vote. L’important était de gagner.

 

Celle-ci, avec de vrais clivages, certes fait un peu peur sans aucun doute, y compris au militants paresseux de la Toile, secoue le cocotier habituel.

 

C’est le risque, mais à ne pas prendre de risque on fait du sur-place.

 

« Le temps n'est plus où le monde nous passait tout. Soyez assurés qu'il ne nous passera plus rien. Le dénuement d'un homme ou d'un pays change ses amis en conseilleurs, en critiques et en juges.

 

Mauriac, Le Bâillon dénoué, 1945, p. 416 CNRTL

 

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 06:00
Traité de l’art bousier par Hannelore Cayre appliqué aux bavards du pinard

Si vous me suivez avec la même attention que Pax vous devez savoir que je suis un accroc d’Hannelore Cayre qui n’a ni sa plume ni sa langue dans sa poche.

 

Elle dézingue.

 

Elle sulfate grave !

 

ICI et ICI 

 

Dans l’émission Boomerang d’Augustin Trapenard elle nous lit un passage de son futur livre : Traité de l’art bousier.

 

Je trouve que sa conclusion : « Lorsque l'on regarde de près sa création, lorsque l'on lit entre les lignes qu'il a laborieusement pondu, c'est le spectacle d'une petite vie brute animé d'une immense détermination face à l'adversité qu'il nous offre et c'est ça qui est merveilleux. » s’applique merveilleusement bien aux besogneux de la plume (voir plus bas)

 

« L'art bousier désigne la production artistique des personnes dénuées de génie mais animées d'une puissante nécessité intérieure conjuguée à une obstination hors-norme. Il tire son nom du Scarabée Bousier, un insecte robuste de couleur noire de type Cafard qui se sert de ses pattes antérieures pour façonner des boules de merde qu'il déplace en les faisant rouler sur le sol. Un spectacle passionnant que son quotidien minuscule. Il pousse sa boule, la perd, la rattrape, se fait écraser par son fardeau : n'abandonner jamais quelque soit les obstacles et les péripéties rencontrées.

 

Ainsi l'art bousier n'est pas le fruit de la spontanéité de l'artiste secoué par la divine inspiration, mais le résultat d'un tragique effort de travail. Le niveau est plus ou moins correct, les normes esthétiques du moment respectées. Mais lorsque l'on sait l'effort déployé pour arriver à l'oeuvre finale, même s'il ne s'agit que d'un court paragraphe, c'est juste triste.

 

A la manière de son homologue Bousier, le Cafard artiste est capable d'endurer n'importe quoi pourvu qu'il arrive à conduire sa daube jusqu'au bout. C'est sa foi inébranlable conjuguée à son entêtement navrant à créer, saupoudré d'un zeste des erreurs de choix de son lectorat qui finissent par le rendre transgressif. Lorsque l'on regarde de près sa création, lorsque l'on lit entre les lignes qu'il a laborieusement pondu, c'est le spectacle d'une petite vie brute animé d'une immense détermination face à l'adversité qu'il nous offre et c'est ça qui est merveilleux. »

 

L’énergie, marqueur majeur du vin de lieu

 

Jacky Rigaux le 19 avril 2017

 

« Quand Einstein, après de longs travaux, proposa une nouvelle théorie où une certaine matière devenait énergie, initiant une troisième physique aux côtés de la physique mécanique conceptualisée par Descartes et de la physique électromagnétique inventée par Hertz et Helmholtz, la communauté scientifique établie était sceptique. Cependant, le grand mathématicien et épistémologue Paul Painlevé (1863-1933), parlant du petit groupe des scientifiques de la future physique nucléaire, déclara : « si ce qu’ils font nous échappe, ils se comprennent ! » Il en va de même aujourd’hui autour de la question de l’énergie dans le vin. Pour les tenants de l’œnologie objectivante, en quête d’énumération des composants du vin comme pour les promoteurs de l’analyse sensorielle, en quête de l’identification objective des arômes, parler d’énergie dans le vin ne s’appuie sur aucun fondement scientifique validé, donc ne peut relever que d’approches imaginaires, voire ésotériques ou farfelues, surtout quand ce sont des vignerons biodynamistes qui s’expriment.

 

« Et pourtant elle tourne », avait déclaré en son temps Galilée, sommé par le pape de renoncer à sa théorie de l’héliocentrisme et des mouvements satellitaires qui contredisait la thèse officielle d’un géocentrisme stable et d’un ordre immuable des éléments défendue par les théologiens jésuites de l’Eglise catholique romaine. Autres temps, autres mœurs… On ne risque plus le bûcher en parlant d’énergie dans le vin, simplement un regard amusé des tenants des sciences officielles de la vigne et du vin. On n’enseigne ni la biodynamie, ni la dégustation géo-sensorielle, dans les facultés d’œnologie et dans les grandes écoles d’agronomie, mais on n’interdit pas aux étudiants de s’y initier ailleurs.

 

Dans le vin, comme en physique nucléaire, l’énergie, c’est de l’information en mouvement. La transformation du raisin en vin, par le processus de la fermentation, produit de l’énergie… Cette énergie peut sans doute être plus ou moins évidente selon les pratiques mises en œuvre dans la culture de la vigne et dans les processus de vinification et d’élevage. Elle peut être masquée où révélée, voire transcendée ! Gomme arabique, tanins industriels, acide tartrique ajouté, brûlage excessif des tonneaux, et autres ajouts œnologiques, associés aux résidus de pesticides, acaricides, herbicides, fongicides, masquent à n’en point douter l’énergie naturelle du vin… »

 

La suite ICI

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:00
Voter peut nuire gravement aux idées graves *...

J'ai recueilli ce titre, en avril 2007, veille d’un autre scrutin présidentiel, sur un mur de Paris, je lui trouve des accents 68 huitard.

 

Ceux qui me suivent sur mon espace de liberté savent que j'avais 20 ans en mai 1968 et que, contrairement à Paul Nizan dans Aden Arabie, aujourd'hui je n'écrirai pas « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie ».

 

De ce temps je ne suis ni fier, ni repentant, il reste pour moi le moment où la société française, sa jeunesse tout particulièrement, dans l'un de ses spasmes violents dont elle a le secret, explosaient les coutures d'un habit trop étroit. Nous pensions sincèrement faire la Révolution, renverser la table alors qu’en fait la société de consommation avait besoin qu'on brise des tabous pour prospérer, et nous lui avons grande ouverte les portes.

 

Ne me dites pas qu’il faut que jeunesse se passe, nous étions dans un monde dur et dangereux, la guerre du Vietnam, la guerre froide, les répressions sociales et sociétales… nos copines avortaient clandestinement, la peine de mort existait, et nous osions écrire « nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. »

 

C'est vrai que nous n'étions guère préoccupés par nos retraites, nous étions des enfants de la Paix et, tout au fond de nous, sous notre épaisse couche de connerie verbale, la certitude d'un monde meilleur ne souffrait d'aucun doute.

 

Bravaches nous proclamions « élections, piège à cons » mais nous votions.

 

Ce matin, sans faire de longs discours, le vieil homme indigne que je suis qui, oui a vécu une très belle vie, contemple avec effroi le triste spectacle de spectres resurgi des poubelles de l’Histoire.

 

Face à eux, puisque nos démocraties permettent à ceux qui les gangrènent de s’exprimer en toute légalité, il nous reste pour leur faire obstacle, les confiner dans leurs outrances, notre bulletin de vote.

 

S’abstenir ou même voter blanc c’est favoriser l’extension de leurs idées graves, c’est mettre le doigt dans un engrenage fatal.

 

L’offre politique de cette présidentielle n’est pas aussi calamiteuse que beaucoup le proclament, même morcelées toutes les sensibilités y sont représentées et il est possible de choisir en fonction de ses convictions en excluant je l’espère les idées de haine et d’exclusion.

 

Il n’y a ni vote utile ou inutile, mais certains candidats du premier tour devraient peser leurs mots s’ils veulent rassembler au second.

 

2002 plus jamais !

 

Allez voter pour faire barrage aux idées graves !

 

Le Larousse

 

* Qui peut avoir des conséquences fâcheuses, qui peut entraîner des suites dangereuses : Commettre une faute grave.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:00
La France de pépé, le mythe gaulliste, la dévotion gaullienne, Malraux  le gaullisme à ses yeux, ne saurait être victime que de l’apocalypse, le PSU de Rocard…

Rassurez-vous je n’ai pas repiqué à ma drogue préférée, j’ai simplement retrouvé une pile de Nouvel Observateur datant de mai-juin68.

 

Je les ai feuilleté, Dieu qu’ils étaient austères, le nombre de signes des articles abondant, et très vite j’ai retrouvé le parfum du mois de mai, sulfureux, bien loin des interprétations qui fleuriront par la suite, soit pour minorer le mouvement, soit pour en faire une révolution d’opérette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le personnage central, de Gaulle, longtemps ébranlé puis ressuscité, tel Lazare (titre La résurrection de Lazare) « Je ne serai ni Pflimlin, ni Daladier, ni Louis XVI… » a-t-il laissé tomber « mercredi 29 mai, avant de quitter l’Élysée pour l’aérodrome de Saint-Dizier où l’attendait la Caravelle présidentielle. »

 

Pompidou lui avait dit « Partez ! » afin de mettre sur pied une sorte de « gouvernement de salut public » pour « défendre la République contre l’insurrection communiste ». « Le bateau ne doit pas couler avec de Gaulle » tel était le sentiment qu’exprimait le Premier Ministre. Il le paiera d’une éviction.

 

« Pas de sang sur mes mains, à la fin de ma vie » aurait murmuré le vieux Général devant des fidèles, alors comme à Londres, il va faire bouger « le parti de la trouille » en direct à la radio. La vieille garde qui « en a marre de rester les fesses sur des chaises alors que la rue est livrée aux révolutionnaires… » va mobiliser « une manifestation place de la Concorde… »

 

Ce sera un raz-de-marée, une Chambre bleue horizon, le début de la fin pour le vieux Général malgré le débarquement de « la couleuvre Pompidou » au bénéfice du martial Messmer.

 

Pendant cette campagne il a été fait beaucoup référence à de Gaulle pour évoquer des questions d’intendance d’un de ses lointains héritiers, des sujets qui se devaient de rester subalternes mais qui ont pris du relief dans une atmosphère délétère de dégagisme, rejet des élites et montée des démagogues.

 

Quelques morceaux choisis de l’époque qui le remette à sa place, celle d’un chef d’Etat obligé de s’appuyer sur le jeu parlementaire des partis politiques honnis pour sauver les meubles du pouvoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jamais tant d’imprévoyance, tant de légèreté, tant d’impéritie n’ont été plébiscités si massivement.

 

« Écorné par l’élection présidentielle en 1965, et mis à miettes en 1967 par le second tour des législatives, voici le mythe gaulliste paradoxalement retrouvé. Ces dernières années, l’homme était redevenu un candidat comme les autres, soumis au ballotage, menacé par les motions de censure. Le voici à nouveau symbole national. Et, malgré la maladroite concurrence du parti communiste, il s’est adjugé le drapeau tricolore. C’est qu’il faut à de Gaulle un théâtre tragique. La guerre mondiale, puis la guerre coloniale lui ont fourni deux scènes à sa taille. Manquait la guerre civile. Ce troisième acte, dont la révolte étudiante et les grèves ouvrières ont fourni le livret, s’est révélé providentiel. Il importe peu, dès lors, que la tragédie soit en réalité une farce et qu’à l’Étoile, « la Marseillaise » de ministres convulsionnaires ait paru sortir de Marat-Sade plus que d’un drame patriotique.

 

Voici du même coup reparu le caractère bonapartiste de la conjoncture politique française, bien atténué dans les derniers scrutins. Le talent de M. Pompidou a été de camoufler un plébiscite en élections législatives. Car qui, ces dernières semaines, s’est soucié de l’Assemblée nationale ? Ni les étudiants, ni les neuf millions de grévistes, ni le gouvernement. Il a fallu le discours du 30 mai pour que le chef de l’État, en dissolvant l’Assemblée, la rappelle à l’existence. En votant U.D.R, aucun Français n’a vraiment cru élire un représentant au Parlement, mais affirmer la magie d’une étiquette. »

 

François Furet-Jacques Ozouf le 26 juin 1968

 

« Pour les amateurs de « signes », la révolution de mai a été quelque chose de prodigieux et nous aurons failli à notre métier si nous ne sommes pas arrivé à en convaincre nos lecteurs les plus réticents, les plus inquiets et les plus calmement réformistes. Un des rares esprits que le signe de cette révolution n’a pas abêtis, c’est André Malraux, et je suis, à gauche, du petit nombre de ceux que cela n’étonne pas. Sans doute le ministre de notre culture contestée n’a-t-il pu s’empêcher de sacrifier à la dévotion gaullienne, et de triste manière. Pour l’histoire il aura tout de même dit :

 

« La répétition générale de ce drame suspendu annonce la grande crise de la civilisation occidentale […] La rencontre de l’élément jeunesse et de l’élément prolétariat est un phénomène sans précédent […] Une grève capitale est toujours plus qu’une grève. »

 

Il aura ajouté que, tandis que ses « amis » formulaient des affirmations péremptoires, lui, Malraux, s’interrogeait, « fasciné », et qu’il voudrait bien être un sociologue de 25 ans étudiant les transformations vertigineuses de la société occidentale comme on étudie la civilisation maya.

 

[…] Le gaullisme à ses yeux, ne saurait être victime que de l’apocalypse. Pour justifier la fin du gaullisme dit « de gauche », il ne faut rien moins que la fin du monde. »

 

Jean Daniel 26 juin 1968

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un conflit d’avenir

 

La vieille gauche de la FGDS, celle de Mollet, Billères, Defferre, Mitterrand pense que « le pouvoir, en France, n’est pas prête à un gouvernement communiste ou à majorité communiste. Pour installer un régime socialiste, nous avons absolument besoin de l’appui des classes moyennes. Tout ce qui contribue à les effrayer fait donc reculer le socialisme – et c’est pourquoi, nous condamnons si sévèrement l’attitude du PSU, qui, sur le plan électoral, favorise le gaullisme en divisant les voix de gauche – et qui, à long terme, ne débouche que sur un affrontement sanglant. »

 

Michel Rocard n’est pas d’accord, pour lui, il n’y a pas deux moyens de prendre le pouvoir, mais trois :

 

  • la voie légale « qui mène fatalement à des compromissions dont nous ne voulons plus » ;

 

  • l’insurrection « que nous refusons aussi, car nous ne voulons pas gouverner dans la rue » ;

 

  • la pression populaire et pacifique : « c’était le cas, en mai dernier. Il y avait effectivement une situation nouvelle de vacance du pouvoir. Avec dix millions de travailleurs en grève, tout le pays bloqué, il était possible de provoquer une paralysie générale qui aurait amené pacifiquement la chute du régime, et l’avènement d’un gouvernement de gauche. Le parti communiste n’a pas voulu ou pas osé jouer cette carte. Maintenant, il est trop tard, mais l’occasion se représentera… »

 

Josette Alia 26 juin 1968

 

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:00
 Le dégagisme est-il réversible ?

Partout sur les murs de Paris : « Qu’ils dégagent ! »

 

Je trouve l’injonction un peu molle, très petit bras de petits bourgeois, style sortez les sortants du papetier de Saint-Céré qu’a fini dans les soupentes de l’Élysée.

 

Les murs de 68, eux, ne faisaient pas dans la dentelle pour bobos bien au chaud, pas de quartier pour les adversaires !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Dans les cavernes de l’ordre nos mains forgeront les bombes »

 

« Ne prenez plus l’ascenseur, prenez le pouvoir »

 

« L’économie est blessée, qu’elle crève »

 

« Soyez réalistes demandez l’impossible »

 

« Enragez-vous ! »

 

« Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil »

 

« Je jouis dans les pavés »

 

« Déculottez vos phrases pour être à la hauteur des sans culottes »

 

Non, non, non, je ne repique pas au truc, je me contente de me gondoler face au spectacle des révolutionnaires de salon.

 

La seule question qui vaille est : pourquoi rendre le pouvoir lorsqu’on l’a pris, légalement bien sûr, aux ennemis de la Révolution ? L’œuvre révolutionnaire prend du temps, et ses adversaires sont puissants.

 

Fidèle à mon sevrage j’en reste là et vous propose une variation bien française :

 

Dégage !

 

Dans mon charmant village de Vendée, la Mothe-Achard, le basket-ball, la Vaillante Mothaise, était sous la férule du curé et le football, le Foot-ball Club Mothais, entre les mains des laïcs. Mes copains jouaient au foot, moi j'étais le capitaine de la Vaillante, et comme au basket nous jouions souvent le dimanche matin, j'allais voir jouer les footeux l'après-midi.

 

Le capitaine du FCM, le gros Arnaud, qui jouait demi-centre, était surnommé : « dégage ! » car pour lui, même s'il était maçon, son seul souci était se débarrasser du ballon et non de construire du jeu. Alors le cuir s'envolait, se perdait parfois dans le champ de choux voisin, mais ça plaisait aux supporters car le gros Arnaud mouillait le maillot. Les plus experts disaient que le FCM jouait à l'anglaise. Moi, admirateur du FC Nantes et de son jeu léché, je m'en donnais à coeur joie dans les lazzis vachards...

 

Du dégagement

 

« Le dégagement, c'est l'âme de toute qualité, c'est la vie de toute perfection, c'est l'élégance en action, c'est la grâce en paroles, c'est ce qui enchante le goût, c'est ce qui flatte l'intelligence - c'est ce qui ne s'explique pas.

 

C'est la touche finale apportée à l'ouvrage - c'est une beauté formelle. Les autres qualités embellissent la nature, mais le dégagement les rehausse encore. Il est la perfection des perfections, une beauté qui les transcende toutes avec une grâce universelle.

 

Il tient à je ne sais quoi d'aérien d'indiciblement élégant dans le dire et le faire, et même dans la façon de penser.

 

Il est en grande partie inné ; le reste, il le tient de l'observation. Et jusqu'à présent, personne ne l'a vu obéir à une quelconque autorité. Il est même supérieur à l'art.

 

On l'apparente au charme pour sa séduction ; à l'allure pour son caractère insaisissable ; au brio pour la fierté qui l'accompagne ; au dégagement, donc, pour son caractère affable ; à l'aplomb, pour ce qu'il révèle de facilité. mais tous ces mots ne traduisent que l'impossible tentation de le définir.

 

Ce serait lui faire injure que de le confondre avec la facilité : il se tient bien au-delà, au-delà même de la hardiesse. Bien qu'il suppose la légèreté, c'est une valeur ajoutée à la perfection... «

 

Baltasar Graciàn (né en 1601 meurt en 1658 prêtre au sein de la Compagnie de Jésus en délicatesse permanente avec sa hiérarchie il sera destitué de sa charge pour manquement au devoir d'obéissance) in Le Héros éditeur Le Promeneur le cabinet des lettres

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:00
Philippe CARA COSTEA - Peinture - L'orchestre rouge

Philippe CARA COSTEA - Peinture - L'orchestre rouge

Je sature !

 

Trop c’est trop !

 

Quand est-ce qu’ils vont cesser de nous saouler, de nous les briser, avec l’excellence du millésime 2016 dans l’enclave de Bordeaux… Voilà même que le Figaro titre : Le rayonnement du millésime Bordelais dépasse-t-il ses frontières ?

 

Bordeaux, Bordelais, comme si cette vieille ville girondine regroupait tous les ceps de vigne de la Gironde, mais où sont donc passées les appellations !

 

Sans faire un affreux jeu de mots : tous comme une bande de moutons !

 

Ras-la-coupe, je donne la parole à « Edouard Minton [qui] est l’un des plus illustres représentants de cette caste privilégiée de la bourgeoisie bordelaise (le courtier), enracinée depuis des siècles dans le quartier qui porte son nom : les Chartrons. »

 

Vous allez voir, c’est drôlement plus enlevé que la prose pesante d’un pisse-copie de la Toile ICI

 

Dans sa Peugeot, Edouard Minton notre courtier, suit la route du Médoc car il a rendez-vous à Mouton (un Chartronnais ne dit jamais château devant le nom d’un cru et pratique l’abréviation : Las Cases ou Lafite comme le NAP dit Roland pour Roland Garros) avec le baron Philippe de Rothschild. «En fait, les courtiers bordelais se voyaient davantage convoqués qu’invités. Ils n’avaient à choisir ni le jour ni l’heure, fussent-ils déjà pris ou grippés»

 

Sa remontée vers Mouton nous vaut, lorsqu’il passe devant l’entrée du Prieuré-Lichine, à un « Ah, celui-là ! Quel type ! En voilà un autre qui ne manque pas de culot ! Il a débarqué dans le paysage comme un crieur de journaux dans une librairie ancienne. Et ces monstrueux panneaux publicitaires qu’il a plantés un peu partout au bord des vignes... Les grands crus n’ont pas besoin de réclame populaire. Il se croît dans la vallée du Rhône ! « Dégustation-vente à toute heure ». Tout de même, il faut de l’aplomb pour appeler un cru « prieuré-lichine ». Drôle d’œcuménisme. »

 

Pour situer le personnage, c’est un intégriste de l’église réformée qui, «en son for intérieur, n’aimait ni les catholiques ni les juifs ; quoiqu’il supportât leur compagnie avec civilité pour les nécessités du commerce.»

 

Des manières un peu raides, une éducation parfaite, une façon de parler « imitable à cause d’un très léger bégaiement qui pouvait passer pour une recherche du mot juste et à cause de sa prononciation particulière des « t », mouillés à l’anglaise », toujours vêtu avec sobriété, « souvent en costume trois-pièces anthracite et richelieus noirs du meilleur cirage ».

 

Madame « était née, Sluter, issue d’une lignée de marchands flamands dont l’installation à Bordeaux remontait au XVIe siècle » et « En trente-cinq ans de mariage, ils s’étaient tutoyés rarement, à l’occasion de disputes. Le changement de personne tenait lieu de changement de ton. Aucune invective, jamais, ne s’échangeait entre eux. » Bref, un couple uni, « malgré les incartades du courtier » et « quelques aventures passagères de son épouse. »

 

Leurs vacances dans leur villa du Pyla «s’assortissaient d’une tolérance qui convenait surtout au mari» quoique madame se dévouait parfois «pour déniaiser un garçon de bonne naissance». Le charme discret de la bourgeoisie des Chartrons donc !

 

L’auteur brosse avec subtilité, l’art et la manière d’exercer le métier de courtier de GCC.

 

« Le métier de courtier est à la fois lent et rapide. Il faut être à l’écoute du marché et le pressentir autant que possible en attendant l’heure de l’action. Il faut savoir téléphoner pour ne rien dire et se montrer omniprésent mais pas insistant. Il faut pouvoir foncer chez un acheteur en puissance, échantillons en main, muni d’un accréditif verbal mais indestructible de la part du vendeur.

 

Les arguments ne reposent pas tous sur la qualité du vin. Savoir que Bertrand de Plassac a réalisé un joli contrat au Canada, et qu’il est – si tant que faire se peut – heureux en amour et en famille, est un atout dans la manche que les maîtres du jeu utilisent à merveille.

 

Connaître les besoins d’argent d’un propriétaire ambitieux, au moment, où il convient le mieux de les satisfaire, constitue un avantage décisif.

 

Faire traîner l’établissement d’un bordereau, pour des raisons futiles mais réelles, est susceptible de provoquer une émulation bénéfique, à l’achat comme à la vente. C’est une question de dosage du temps. Car l’attente excessive peut se retourner contre vous. De même, la trop grande hâte est préjudiciable à l’image sérieuse de l’intermédiaire.

 

Le courtier est une ombre agissante, qui possède l’art de ne rien faire en donnant l’impression d’être indispensable, ou qui va plus vite que ses partenaires, grâce à un supérieur instinct de chien de chasse, pointer et retriever. »

 

« La Peugeot montait sans effort la petite côte arrivant sur le plateau de Beychevelle. De part et d’autre de la route, les châteaux Beychevelle et Branaire se regardaient en chiens de faïence. On ne sait plus trop comment le lopin de terre qui se trouve devant la grille principale d’entrée de Branaire appartenait à Beychevelle. Pour aller à Branaire, il fallait contourner la vigne et pénétrer par les communs. Les relations entre les deux vis-à-vis s’étant dégradées, Beychevelle mettait son linge à sécher devant la grille de fer forgé de Branaire. Edouard Minton pensa à la légende du duc d’Epernon, selon laquelle les navires passant devant le château devaient baisser leurs voilures en signe de salut. Maintenant, c’était « le duc » qui suspendait ses draps de lit au bord de la route ! »

 

C’était le bon temps !

 

Si vous me dites à qui appartenait cette belle plume je vous mijoterai un bon petit plat.

 

En attendant je vous offre la partition de l'Orchestre rouge, paroles et musique de JACQUES DUPONT ET OLIVIER BOMPAS…

 

« Quel est selon vous votre meilleur millésime ? » demandait un candide.

 

« Celui qui est à vendre », lui fut-il répondu. Histoire bordelaise bien connue. Nous approchions donc ce nouveau-né avec des accents circonspects. Vrai diamant ou verroterie ?

 

ICI

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 06:00
Parabole d’après-Pâques : la France aurait bien besoin ces temps-ci d’un anti-monte-lait !

Ceux d’entre vous qui ne le sauriez pas encore, depuis plus d’une semaine victime d’overdose je me suis placé volontairement en cellule de dégrisement politiqueje me suis donc mis en mode avion … je vis comme 1 réfugié en Corée du Nord… sauf que, dès que je sors je suis libre car, contrairement au bon vieux temps des démocraties populaires chères au cœur des communistes français, ma prison n’a pas de mur.

 

Vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien, je ne suis pas en manque, bien au contraire je jouis laissant aux excités de tous bords le soin de se crêper le chignon.

 

Étonnés par mon mutisme, mon indifférence sans arrogance, mes amis, après quelques vaines tentatives, du même tonneau que celles des piliers de bar « tu prendras bien un petit verre », me fichent une paix royale. Une jeune amie s’est exclamée :

 

  • Tu iras voter tout de même ?

 

  • Oui, bien sûr.

 

Nous entamons la dernière semaine de ce marathon électoral commencé dès les Primaires de la Droite et la folie sondagière exacerbée par les médias surexcités nous prédit une arrivée au sprint dans un mouchoir de poche de 4 des candidats.

 

Ça va bouillir comme le disait Zappy Max !

 

Bouillir est une notion qui a quasiment disparue au XXe siècle :

 

  • On ne fait plus bouillir le linge dans une lessiveuse en tôle galvanisée…

 

  • On ne fait guère bouillir du pot-au-feu…

 

  • On ne boit plus du café qui avait bouillu toute la journée sur le coin de la cuisinière…

 

  • On ne fait bouillir le lait pour occire les microbes vu qu’on achète du lait mort.

 

Séquence souvenir du Bourg-Pailler :

 

Le matin, avant de partir à l’école, alors que je trempais mes tartines de beurre dans ma tasse de cacao, les bonnes défilaient devant moi avec leur bidon de lait en métal muni d’une poignée en bois. Ça caquetait, ça cancanait, le lait tout juste sorti du pis des vaches du pépé Louis était tout chaud et tout moussu dans le grand seau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant l’aire des Frigidaire il fallait vite le faire bouillir !

 

C’est alors qu’une fois refroidi il se couvrait d’une épaisse croûte jaune (plus ou moins jaune selon la saison) : la peau du lait.

 

Mais faire bouillir le lait c’était prendre le risque de son débordement, c’était la terreur des plaques bien lustrées de la cuisinière et l’odeur de lait brûlé n’était pas du meilleur effet pour les ménagères pas encore libérées.

 

Sauf qu’il y avait l’anti-monte-lait !

 

« C’était une sorte de soucoupe ourlée d’un rebord, avec, sur chaque face, une sorte d’encoche. Les plus anciens étaient en porcelaine, les modernes, en verre estampillé « Pyrex ». Comme on ne sait pas trop bien pourquoi le lait déborde si généreusement à l’ébullition (les protéines qui s’enroulent autour des bulles ? La tension de surface qui est perturbée par les lipides ?), il est vain d’imaginer que l’anti-monte-lait, dans sa grande simplicité, ait pu avoir des vertus physiques capables de conjurer la soudaine éruption. Non, l’anti-monte-lait, secoué par les tourbillons du lait près à bouillir s’agitait au fond de la casserole. Freinait-il le débordement ? D’aucuns l’affirment – sans preuve. En tout cas, il faisait cloc-cloc-cloc et, alertée par ce bruit caractéristique, une main venait couper le gaz. Sans elle, la catastrophe était inévitable. »

 

Qu’il était beau mon Meccano Jacques Gaillard

 

Mots-clés de la parabole :

 

  • débordement

 

  • éruption

 

  • tourbillons

 

  • casseroles

 

  • catastrophe

 

Suggestions à l’attention des candidats : distribuer des anti-monte-lait à leur effigie

Parabole d’après-Pâques : la France aurait bien besoin ces temps-ci d’un anti-monte-lait !
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 06:00
Rien pour faire bisquer qui vous savez : Embres&Castelmaure un jour, Embres&Castelmaure toujours !

Suis ainsi fait mes amis, suis fidèle en amitié et ce ne sont pas les coups bas d’un aigre renégat qui me feront changer d’avis.

 

C’est Catherine Bernard ma vigneronne préférée qui m’avait branché sur la coopé, ce n’est pas tout neuf, dix ans déjà, le 23 juin 2007 je chroniquais : Embres et Castelmaure la coopé des 12 apôtres 

 

Par la suite j’ai beaucoup écrit sur Embres&Castelmaure, la coopé du village, je ne vais pas vous infliger la liste de mes chroniques. Si ça vous dit, inscrivez dans le petit rectangle tout en haut du blog intitulé Rechercher soit Embres&Castelmaure, soit Patrick Hoÿm de Marien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le camarade président Patrick Hoÿm de Marien, grand président de la coopé est, au fil de mes chroniques, devenu un ami. Il était toujours flanqué d’un porte-serviette vibrionnant, se poussant du col, le genre à s’attribuer toutes les médailles de la réussite de la coopé qui, il faut le noter, avait fait une belle percée jusque chez les bobos parigots. Chantre du village, tel Assurancetourix, barde de la France profonde, pourfendeur des marchands du temple en vieux pull cachemire, notre homme avait de grandes ambitions culinaires.

 

En attendant son apogée, il passait jalousement les plats pour le président Patrick Hoÿm de Marien, et c’est ainsi que le 15 septembre 2009 il me transmettait les réponses aux 3 Questions à Patrick de Hoÿm de Marien, le hobereau révolutionnaire d’Embres&Castelmaure, la photo de son idole de l'époque est bien sûr de lui.

 

Je présentais ainsi ce président d’un autre type qui détonnait nettement dans l’univers des coopés des Corbières :

 

L’homme est un seigneur, de cette aristocratie qui force le respect car elle tire sa supériorité, non de privilèges, mais de son action. Dans la galaxie postsoviétique des présidents de la coopération audoise, avec son allure à la de Staël, P.H.M jette comme un trait de blanc de kaolin sur leur grisaille. L’homme cultive aussi une forme d’insolence, policée dans ses mots mais luxuriante, provocante, dans ses choix de taggueur pop’art. Osez, osez Joséphine chantait Bashung, dans le scepticisme du Languedoc, dans ce bout du monde des Corbières, Patrick de Hoÿm de Marien et son équipe, au lieu de s’abouser, se sont affanés, « du courage, du courage... »… comme le chante la Grande Sophie avec ce qu’il faut de patience, d’intelligence des choses et des gens, de ténacité pour nous offrir des couleurs pleines de bonheur.

 

Lire la suite ICI

 

3 Questions à Patrick de Hoÿm de Marien, le hobereau révolutionnaire d’Embres&Castelmaure

 

Et puis un jour, patatras, les grandes ambitions du gâte-sauce se noyèrent dans la mégalomanie de ses ambitions. Adieu, belle vaisselle chinée, tout le tralala financé par les sous de la coopé, clap de fin : la débandade, sa chose lui échappait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est ainsi que le village, si longtemps encensé, se retrouva peuplé de gens mal votants, la coopé qualifiée de kolkhoze géré par un directeur obtus, le genre « technicien de Chambre d’Agriculture » sic, quant au grand président il était jeté au bas de la stèle érigé par le petit Beria, en fait ce n’était rien qu’un roi fainéant adepte du laisser-faire.

 

Le début de la fin donc pour Embres&Castelmaure qui ne pourrait survivre sans son petit guide qui soudain proclamait qu’il avait prêché dans le désert la bonne parole d’une autre viticulture.

 

Tout ce blablabla auto-justificateur, seriné, sent le réchauffé, la rancœur recuite, et le mépris du fameux petit peuple maintenant vanté par l’exilé.

 

Bref, même si je suis un grand amateur de vins nus, que je milite pour le propre dans les vignes, il n’est pas dans mon ADN de stigmatiser les paysans, de leur dicter mes choix, je préfère convaincre plutôt que d’imposer…

 

Alors lorsque mercredi dernier, sortant de mon déjeuner hebdomadaire chez Giovanni Passerini, je suis entré chez la caviste qui lui fait face, mon œil a intercepté de suite le flacon de rosé de la coopé.

 

Dans ma petite Ford d’intérieur je me suis gondolé en pensant au pourfendeur attitré de la coopé qui voue la même aigreur pour elle comme pour les vins nu. En effet, le lieu était un repaire de vins nus, et le flacon du kolkhoze d’Embres&Castelmaure y trônait.

 

La double peine !

 

La semaine Sainte débutait et je ne pouvais m’empêcher de jouir de ce beau pied-de-nez, de n’être point charitable, de jeter du sel sur la plaie vive du rejeté…

 

Allez les gars de la Coopé un petit effort pour me faire plus encore plaisir !

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 08:00
CHAP.18 cabinet noir, nous avions entre les mains tout ce qu’il fallait pour faire couler le soldat Fillon.

Depuis des mois j’ai brodé, fait comme si, lancé des leurres, vous ai enfumé, j’ai omis de vous dire.

 

Ne pas dire, est-ce mentir ? Dans le temps où nous vivons, pour la plupart des gens, le mensonge est inadmissible, déformer la réalité ou inventer une histoire, c'est quelque chose d'inacceptable.

 

Mais qu'en est-il pour le mensonge par omission?

 

Pour certains, ce n'est pas vraiment un mensonge, puisqu'on ne parle pas, on ne ment pas: on « oublie » juste de dire quelque chose. Donc cacher n'est pas vraiment mentir, c’est oublier d’en parler. Puisqu’on ne dit rien, on élude la chose, on fait comme si elle n'existait pas. On ne ment pas vraiment directement, on évite juste d'en parler, c'est une dissimulation de la vérité.

 

« Lorsque les gens disent qu'ils veulent la vérité, la transparence, ils mentent »

 

Le citoyen des sociétés modernes vit dans cette contradiction permanente et les politiques savent en tirer le meilleur parti : « d'un côté les électeurs disent exiger le parler vrai, dénoncent la langue de bois ; de l'autre, ils renvoient à leurs chères études les candidats trop honnêtes pour leur faire miroiter des promesses dont ils savent qu'elles seront sans lendemain. » Contradiction normale puisque c'est dans la sphère privée que le mensonge s'épanouit avec le plus de facilité et de luxuriance. Mais comme la sphère publique est exposée à nos regards, nous sommes intransigeants avec le personnel politique.

 

Vous dire quoi ?

 

Au soir du premier tour de la Primaire de la Droite il était patent que l’opération Chartrons se soldait par un échec patent. Certes nous avions éliminé le Sarko mais du fond de la Droite rance Fillon se voyait promettre un boulevard dans la future élection présidentielle.

 

« Somme toute, quand on se plante dans la vie, il y a toujours deux interprétations, deux responsables possibles : soi ou les autres.

 

Parlons de Juppé :

 

« Enfin il y a l’essentiel, il y a le tempérament d’Alain, qui n’a pas écouté, qui n’a pas su s’entourer comme il le fallait, qui n’a pas su sortir de lui-même, qui n’a pas voulu se travestir pour l’emporter. Au mois de septembre, lorsqu’Isabelle et quelques proches, conscients du risque qu’induisaient les débats télévisés, lui ont conseillé de se faire « coacher », Alain a dit non. Définitivement. Il ne voulait pas manger de ce pain-là, refusant de se transformer en candidat de la communication politique, qu’il méprise depuis toujours.

 

Nous savions tous qu’il n’était pas fait pour jouer à l’escrime des mots et des postures jetées à l’emporte-pièce du grand public. Nous savions tous qu’il ne saurait pas tourner à quatre cents mots de vocabulaire « coups de poing », là où son langage habituel avoisine les trois mille, dans la dentelle de concepts peu audibles en une poignée de minutes télévisuelles. La suite de l’histoire l’a démontré.

 

La conjoncture a décuplé les faiblesses d’Alain. Il entendait dire de toutes parts qu’il serait vainqueur depuis si longtemps, qu’il a fini un peu par y croire, sans remettre en cause ni ce à quoi il croyait, ni son positionnement politique, ni rien d’autre d’ailleurs. Il ne voulait pas voir que l’essentiel de son entourage ne le contrait pas, ne le plaçait pas en situation de doute, d’interrogation,, alors que chacun était témoin de la montée du candidat Fillon depuis le mois d’octobre. Une autre lecture consisterait à affirmer qu’Alain n’a pas recruté suffisamment de profils opposés au sien. Elle est juste.

 

Il n’entrevoyait pas ou ne corrigeait pas les impairs, les imperfections de certains membres de son équipe, chacun s’exprimant dans les médias sans élément de langage, y compris dans l’entre-deux-tours. Résultat, le candidat est monté au créneau pour mordre son adversaire, tandis que seul son cercle aurait dû le faire, afin de lui éviter d’être pris pour cible. Même le b.a.-ba de la politique n’a pas été respecté.

 

Si les mots qu’il n’a prononcés dans l’entre-deux-tours peuvent se discuter, ils n’expliquent pas sa défaite. Tout s’était joué avant. »

 

Gaël Tchakaloff Divine Comédie

 

Juppé pour moi était le meilleur candidat de second tour face à la MLP. Fillon au profil de droite dure ne me séduisait guère. Avec ma petite équipe de fouilles-merde j’aurais pu baisser les bras, laissé tomber, sauf que nous avions entre les mains tout ce qu’il fallait pour faire couler le soldat Fillon.

 

C’est que nous avons fait avec méthode et précautions…

 

L’heure n’est pas encore venue de narrer cette aventure, le sera-t-elle un jour d’ailleurs, je ne sais, qui vivra verra…

 

 

Robert Bourgi a, pour sa part, quelque chose à reprocher à François Fillon. Interrogé par Mediapart ce vendredi 14 avril, l'avocat raconte avoir subi "des pressions d'ordre politique" après les révélations du Journal du Dimanche sur les costumes de l'ancien Premier ministre. Et ces pressions ne venaient pas de nulle part. Elles venaient directement de François Fillon. "Dans le camp de M. Fillon et venant de M. Fillon lui-même, on voulait que je participe à la dissipation de tout doute autour de cette histoire, sur laquelle je crois pouvoir dire que je détiens la vérité", commence Robert Bourgi, avant d'ajouter :  

Je l’ai eu personnellement à plusieurs reprises. Et à plusieurs reprises, il a fait appel à ma solidarité de gaulliste. […] François Fillon et sa très grande papesse de la communication, Anne Méaux, ont souhaité que je ne dise rien concernant l’identité de la personne qui a offert les costumes : moi. L’un et l’autre m’ont appelé dès le samedi après-midi [la veille de la publication du JDD – NDLR] pour que je ne dise pas que c’était moi. Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont dit : 'Tu sais, c’est la Françafrique, on va penser que… '. Mais qu’est-ce que la Françafrique a à voir avec cela ? Par conséquent, j’ai été contraint pendant une semaine de mentir.


« Les grands acteurs ne recherchent pas l’épanouissement, figurez-vous, ni les plaisirs. Le bonheur n’est pas le but. Ils cherchent le gant de crin plus que la caresse, le silice plutôt que la soie, l’humiliation plus que les vivats. C’est pour ça qu’on les appelle monstres »

 

Gilles Leroy Dans les Westerns

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 06:00
La Corse Michel Rocard, Pierre Joxe et moi… je soutiens la vérité de Sylvie Rocard-Pélissier née Emmanuelli…

« Michel pensait que l'on avait été un peu injuste avec la Corse et lorsqu'il était à Matignon il espérait s'occuper de la Corse. M. Joxe, ministre de l'Intérieur et ami du président de la République, lui avait fait savoir: « La Corse c'est moi ! ». Le dossier s'était refermé pour Michel à cette époque-là, mais il l'avait toujours regretté. »

 

C’est ce que dit Sylvie Rocard dans un entretien à France 3 Corse ViaStella au moment où les cendres de Michel Rocard ont été inhumées le jeudi 2 mars à Monticello en Balagne, village d'où son épouse est originaire.

 

Je ne vais pas me pousser du col mais j’ai participé à tous les Conseils interministériels sur la Corse, j’étais le seul non Ministre à la table (privilège que m’accordait Michel Rocard avec qui j’avais collaboré lorsqu’il était Ministre de l’Agriculture). Je pilotais le volet agricole du dossier corse, qui pesait lourd. Je me rendais au moins une fois par mois sur l’île.

 

Le 1 août 2006 j’écriais dans une chronique :

 

« Je me souviens du préfet Thoraval, un grand bonhomme nommé par Charles Pasqua, il me jaugea, la connection se fit et bien plus tard, alors qu'il était devenu président du Secours Catholique, dans le bus 68 nos regards se croisaient;

 

Je me souviens du DRAF louant un hélicoptère pour me faire découvrir l'île vue du ciel : un choc ! Nous en profitâmes pour rendre visite discrètement à deux éleveurs. J'étais déjà infréquentable;

 

Je me souviens de ce petit c... de Filidori, avec ses petites lunettes, son mépris, me traitant de valet du pouvoir colonial au nom de la Confédération Paysanne ;

 

Je me souviens des bureaux de la Chambre d'Agriculture calcinés, un moyen sûr de faire taire les disques durs des ordinateurs ;

 

Je me souviens de Lucien Tirroloni, le président de la Chambre que j'aimais bien, assassiné sur un trottoir ;

 

Je me souviens des Comités Interministériels avec Michel Rocard, j'ouvrais mon clapet en plantant mon regard dans celui de Pierre Joxe dont les sourcils broussailleux me rappelaient le maquis;

 

Je me souviens du préfet de police d'Ajaccio négociant ma sécurité avec les chefs du Canal à propos d'une émission en direct sur France 3 Corse entre 22H et minuit;

 

Je me souviens d'un Préfet de Région nommé pour faire du développement économique, bon petit soldat jeté dehors qui s'épanchait dans mes bras sous la voute du salon de la Préfecture en écoutant un opéra de Verdi ;

 

Je me souviens des gilets pare-balles qui venaient me cueillir au bas de la passerelle sur le tarmac de Campo del Oro lors de mes derniers voyages »

 

EXTRAIT du journal Le Monde du jeudi 24 octobre 2002 : Pierre Joxe a témoigné devant le juge en juin.

 

« Ministre de l'intérieur de mai 1988 à janvier 1991, Pierre Joxe, aujourd'hui membre du Conseil Constitutionnel, a été interrogé le 28 juin en qualité de témoin par le juge Duchaine. « Comment expliquez-vous sue l'Etat ait pu consacrer plus de 440 millions de francs à la mesure [Nallet], alors que l'enveloppe prévue était de 185 millions ?" lui a demandé le magistrat. » Les dépassements de crédits sont fréquents, a répondu M. Joxe. Ils sont votés annuellement, ils peuvent être reconduits d'année en année ou augmentés par décision budgétaires ou par transfert interne. » Questionné sur le témoignage du directeur de cabinet au ministère de l'agriculture à cette époque, Jacques Berthomeau, pour qui le dossier avait été « piloté par Matignon (...) et co-piloté par Pierre Joxe », il indiqué : « C'est exact que j'ai co-piloté ce dossier, puisque, même si Rocard s'y intéressait beaucoup, il m'a délégué et soutenu dans l'élaboration du statut pour la Corse. M. Berthomeau, qui avait déclaré qu'il voyait « mal un préfet aller chercher ses ordres ailleurs qu'auprès de M. Joxe », s'est attiré cette réplique : « Si Berthomeau voit mal, je n'y peux rien. »

 

Sylvie Pélissier née Emmanuelli a raison !

 

Elle revient sur aussi sur la soudaine décision de Michel Rocard :

 

Lorsque... il y a quelques temps nous sommes venus au village (...) je l'ai emmené au cimetière et je lui ai dit: « Tu sais c'est là que je jouais quand j'étais petite ». J'adore ce cimetière, ce n'est pas triste du tout (...) et quand il a vu cet endroit il m'a dit: « C'est magnifique, je viens avec toi. »

 

Je m’y suis rendu cet été ICI Ma supplique pour être enterré dans le cimetière sur les hauts de Monticello…

 

J’y retournerai bientôt.

 

Corse-Net Infos raconte la cérémonie d'inhumation :

 

C'est sur le stade de Monticello, que le Puma de l'armée de l'air s'est posé peu après midi avec à son bord le président de la République François Hollande.

 

Le chef de l'Etat s'est aussitôt dirigé vers Hyacinthe Mattei, Maire honoraire et son fils Joseph Mattei, maire de la commune, pour une franche accolade, avant de saluer quelques personnes, et de s'engouffrer dans une voiture pour se diriger vers le cimetière communal où devait se dérouler la cérémonie d'inhumation des cendres de l'ancien premier ministre Michel Rocard, grand serviteur de l'Etat, décédé à Paris en juillet 2016.

 

Une cérémonie qui se déroulait dans la plus stricte intimité, en présence de sa veuve Sylvie Pélissier née Emmanuelli et d'une vingtaine d'invités.

 

 

 

 

 

 

 

Parmi eux, conviés par la veuve, Gilles Simeoni, président de l'Exécutif et son père Edmond Simeoni, Jean-Guy Talamoni, président de l'assemblée de Corse.

 

Devant la stèle recouverte du drapeau tricolore, François Hollande s'est longuement recueilli, avant que l'épouse de Michel Rocard ne prenne la parole.

 

Emue, mais fière de cet hommage rendu à son époux défunt, Sylvie lisait des passages de cette lettre que Michel Rocard avait intitulé «J'irai dormir en Corse».

 

« Le temps viendra bientôt, pour moi, comme pour tous, de quitter la compagnie des vivants.

 

Sylvie, ma dernière épouse, m’a fait, le temps de ce qui nous restait de jeunesse, redécouvrir l’amour, puis surtout rencontrer sérénité, tranquillité, confiance, le bonheur tout simplement.

 

A son père adoptif corse, elle doit le sauvetage de son statut social, mais pas l’affection. Elle lui doit pourtant un lieu, celui de ses joies d’enfant, de ses premières et longues amitiés, de l’exubérance de la nature, de sa beauté et de ses odeurs, au fond le lieu de son seul vrai enracinement.

 

C’est un village, Monticello en Balagne.

 

A Monticello, le cimetière est plein. Ne restait dans la partie haute, au-delà des caveaux, qu’une micro parcelle trop petite pour une tombe, suffisante pour deux urnes, au ras de la falaise. Arbres et tombeaux, tout est derrière nous. L’un des plus beaux paysages du monde. Et puis bien sûr, qui dit cimetière dit réconciliation…

 

Le grand Pierre Soulages s’est chargé de pourvoir à ce que les objets à placer là, une urne puis deux, un support, une plaque puis deux, magnifient la beauté du lieu plutôt que de la déparer.

 

A l’occasion, venez nous voir, me voir : il faut garder les liens. Peut-être entendrez-vous les grillons, sans doute écouterez-vous le silence… A coup sûr la majesté et la beauté de l’endroit vous saisiront. Quel autre message laisser que de vous y convier ?"

 

Aujourd'hui, cette volonté de ce grand homme qu'était Michel Rocard est respectée. C'est face à l'Ile-Rousse, où il comptait beaucoup d'amis que Michel Rocard veille sur les siens.

 

Jean-Guy Talamoni, Gilles Siméoni, Edmond Siméoni se sont également exprimés au cours de cette cérémonie.

 

Chacun a rappelé l'attachement de Michel Rocard pour la Corse.

 

« C’était un visionnaire, un ami de la Corse ».

 

François Hollande a pour sa part rappelé l'attachement à la paix de Michel Rocard et son attachement pour la Corse avant d'avoir des mots chargés d'affection et de tendresse.

 

Moment intense d'émotion lorsque le groupe Meridianu chantait "Canta", avant d'entonner le "Dio vi salvi regina" qui résonnait dans le ciel.

 

Désormais, comme il l'a toujours souhaité, Michel Rocard est chez lui à Monticello, près des siens.

 

Le président de la République devait poursuivre son périple corse vers Patrimonio.

 

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