Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 06:00
Dans 1 feuille de chou papier glacé ils se sont mis à 5 pour choisir les champagnes de fête : service minimal garanti

Le bouzin appartient à une filiale du Crédit Agricole ce qui explique le pourquoi que je le reçusse tous les mois dans ma boîte aux lettres ; ça booste la diffusion.

 

Dans mon diaporama, comme je ne connais aucun des vignerons cités, et que les grandes marques n’ont pas besoin de publicité puisqu’ils la payent déjà à la feuille de chou papier glacé 9 pages et demi.

 

5, 3 filles et 2 garçons, pour ça :

 

 Montagne de Reims  

Cuvée de vignerons

  • Epanoui et complexe 15,40€
  • Puissant et profond 18,50€
  • Souple et gourmand 21€
  • Sapide et fruité 22,50€
  • Alerte et aérien 35€

 

- Blancs de noirs

  • Vif et franc 36€
  • Energique et croquant 38€
  • Intense et profond 42€
  • Longueur et caractère 45€
  • Vif et fringant 49€

Reims

- Fleurons rémois

  • Souple et parfumé 32€
  • Convivial et facile 34€
  • Elégant et parfumé 35€
  • Long et patiné 40€
  • Vineux et tendre 44€
  • Epanoui et vineux 55€

Vallée de la Marne

- Aÿ : haut-lieu de la Marne

  • Tendre et frais 38€
  • Fin et sapide 40,50€
  • Tendre et frais 30€
  • Puissant et structuré 46,90€
  • Intense et raffiné 39€

 

- Vignerons marnais

  • Tendre et frais 17,80€
  • Intense et complexe 20€
  • Classe et tempérament 19,50€
  • Harmonieux et élégant 19,50€
  • Plénitude et fraîcheur 16,30€

 

Épernay

- Maisons sparnaciennes

  • Soyeux et parfumé 35€
  • Onctueux et intense 44€
  • Souple et savoureux 48€
  • Structuré et minéral 48€
  • Finesse et longueur 60€

Côte des blancs

- Cuvées de vignerons

  • Charme et souplesse 13,50€
  • Ciselé et délicat 24€
  • Fin et citronné 25€
  • Structuré et intense 26€
  • Précis et parfumé 26€

 

- Objectif blancs de blancs

  • Vif et ferme 30€
  • Velouté et aérien 38€
  • Tendre et parfumé 39€
  • Fringant et droit 39,50€
  • Epanoui et vineux 45,40€
  • Rond et énergique 56€
  • Intense et éclatant 64,50€

Côte des Bars

- Vignerons barrois

  • Intense et énergique 20€
  • Gourmand et tonique 14,10€
  • Franc et croquant 17€
  • Structuré et fringuant 12,50€
  • Tonique et intense 17,50€

 

- Pépites locales

  • Ferme et juteux 35€
  • Vineux et généreux 38€
  • Pureté et élégance 49,90€

 

Lorsque les généreux donateurs n’ont pas la chance de voir un de leur champagne nominé ils ont droit à un petit encadré, faut bien de le directeur du marketing et de la communication serve à quelque chose.

 

 

Bravo la rédaction pour le travail intense sur le vocabulaire sans contestation vous œuvrez efficacement pour l'extension du domaine du vin !

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 06:00
Politique à l’ancienne au 78 rue de Varenne : la « fiertitude » de Le Maire, la « bravitude » de Le Foll, la « crétinitude » de Travert.

Hormis la particule Le, qui n’est pas un signe de noblesse mais un sobriquet ou une origine, leur haute taille 1,90 m pour le premier et 1,89 m pour le second, la durée de leur bail au 78 rue de Varenne presque 3 ans pour le premier et un quinquennat pour le second, leur goût pour se trimballer en manches de chemise au milieu des dirigeants agricoles, tout différencie Le Maire et le Foll, quoi de commun entre le brillant énarque normalien qui publie dans la collection blanche de Gallimard et le besogneux petit prof de lycée agricole qui publie chez Calmann-Lévy ?

 

Hé bien si, il y a entre eux un facteur commun : la continuité de la politique de cogestion avec la FNSEA.

 

Leur successeur, le bien nommé Travert, a, lui aussi, chaussé les mêmes godillots mais avec la légèreté d’une bufflonne dans un magasin de statuettes de Sainte Thérèse de l'enfant Jésus à Lisieux.

 

L’ironie de mon emploi de la syntaxe en « ude » de la madone du Poitou est justifiée par un faisceau de raisons : Stéphane Le Foll ne peut pas piffer Ségolène, celle-ci fut Ministre de l’environnement et le Ministre de l’environnement est la bête noire des locataires du 78 rue de Varenne : Le Maire ne pouvait piffer NKM et ce pauvre Travert à l’air d’un gros nain, genre Simplet, face à la star des sondages Nicolas Hulot.

 

Petit retour en arrière, j’avais oublié un autre trait commun entre Bruno et Stéphane : « Tout en étant le cul dans leur fauteuil de Ministre de l’Agriculture ils rêvaient d’un autre poste ». Le Bruno se voyait à Bercy mais, sous Sarkozy, Baroin lui souffla la place, toujours pugnace Le Maire a fini par décrocher la timbale sous Macron ce qui explique son actuelle jubilation jouissive ; le Stéphane, lui, rêvait de Solférino, le capitaine pédalo, pour calmer son ennui, lui confia le micro de porte-parole, tâche qu’il assura avec un certain brio, puis revenu à la vie civile, têtu comme un breton, il bat la campagne pour sauver de la ruine un PS en voie de liquidation.

 

Et, pendant ce temps-là, l’autre Stéphane, rame !

 

Tout le monde s’en fout, même que certains pensent que c’est toujours Le Foll le ministre de l’agriculture parce qu’on le voit partout dans les médias faire la promotion de l’agroécologie.

 

Ça c’est le truc de Le Foll, dès qu’il est dans l’opposition il retrouve son goût de la proposition. Tant qu’il est en poste : il gère ; redevenu député par la grâce de Macron il chausse à nouveau ses bottes de paysan. C’est ainsi que l’on fait de la politique à l’ancienne.

 

Travert devrait prendre des cours auprès de Stéphane c’est un bon pédagogue !

 

Dans la galerie Sully, là où maintenant sont accrochés aux murs les portraits des Ministres de l’Agriculture et des Secrétaires d’Etat, celui du père Travert venant à la suite de ceux de Le Maire et de Le Foll, dont on peut sans risque prédire un destin national, ira rejoindre la jachère des « on se demande ce qu’ils sont venus faire là ».

 

Par charité chrétienne je ne donnerai pas de noms mais, en revanche, je soupçonne le jeune Macron de s’être souvenu que le 78 rue de Varenne constituait un beau tremplin pour accéder à la notoriété des postes élevés et qu’il a préféré y mettre un gros « crétin » qui ne voit pas plus loin que le bout de ses carottes de Créances.

 

N’est pas Edgard Faure ou Pisani, Jacques Chirac ou Michel Rocard qui veut…

 

 

Pour vous prouver que je ne suis pas si mauvaise langue :

 

Petit test : combien de ministres connaissez-vous? Visiblement pas beaucoup, répondent les Français. Le renouvellement a pour effet premier de promouvoir un gouvernement d'inconnus. Portrait en main, France 2 a tenté l'expérience ce vendredi 10 novembre dans les rues de Paris : sauriez-vous identifier Jacques Mézard (ministre de la Cohésion des territoires), Stéphane Travert (ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation), ou Florence Parly (ministre des Armées) ? « Je ne pourrais pas dire son nom, mais je l'ai déjà vu à la télé, c'est sûr », répond une femme.

 

Ministres : les inconnus de la République? Sondage Odoxa

 

Sans surprise, le plus célèbre des ministres est Nicolas Hulot : l'ancien animateur télé, est plus connu qu'Édouard Philippe, Premier ministre. Bruno Le Maire arrive en troisième position.

 

Trêve d’amabilité, tout ça est bel et beau mais, comme le disait le véto de mon grand-père à propos d’un vêlage difficile, le « beau cas » c’est sans contestation le Bruno.

 

Ce gars-là qui, après avoir été candidat à la présidence de son parti Les Républicains, se tire sous un beau prétexte, passe avec armes et bagages à l’ennemi d’hier, accède enfin à Bercy, en fait des tonnes, et se voit gratifier par ses nouveaux « amis » je cite :

 

« Bruno Le Maire, c'est un cynisme absolu »

 

« Bruno Le Maire est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë. »

 

« Bruno Le Maire, quadragénaire de la politique issu du vieux monde, n'a visiblement pas saisi ce qu'impliquait la révolution Macron. » signé de Bruno Roger-Petit porte-voix du Président dans une soupente du château.

 

Moi, pour avoir lu, Jours de Pouvoir, et tous ses autres livres, du sieur Le Maire, pour l’avoir vu à l’œuvre lors de la crise laitière, je ne suis pas étonné, en effet, Le Maire est encombré de son moi. C’est ce qui fait son charme, il est aussi pressé en plus cultivé que Sarkozy et plus ambitieux que son ancien mentor de Villepin.

 

Bruno Le Maire ne se renie jamais, il saute dans le bon wagon au bon moment et se rend indispensable, de par sa compétence, auprès de son nouveau maître.

 

Avant d’aller plus avant dans ma démonstration, une dernière amabilité à l’attention de mes anciens collègues du 78 rue de Varenne pour qui, selon la célèbre formule de Lampedusa, « il faut que tout change pour que rien ne change ». Je voudrais bien être une petite souris pour voir leur à plat ventrisme, lors des grandes réunions dans l’ex grande salle jaune, devant « monsieur le Ministre ».

 

 

Et pourtant la culture de l’encens ne fait pas l’objet d’une politique commune à Bruxelles.

 

Bruxelles, les Conseil des Ministres, c’est le plus de tous les Ministres de l’Agriculture qui peuvent y laisser leur marque. Ainsi Bruno Le Maire, alors grand libéral, vota la fin des droits de plantation, avant de retourner sa veste sous la pression  des professionnels. Ayant tenu la plume de madame Vautrin, alors député de la Marne, je fus sommé de le sortir de ce merdier et, comme à l’ordinaire, j’en pris plein la gueule pour avoir osé dire que soit il y avait des droits, soit il n’y en avait pas, la recette miracle n’existait pas. Le directeur de cabinet de Bruno, le sieur Pascal Viné me mis au piquet.

 

Ma vie au « gagatorium » ne fut pas un long fleuve tranquille même si, face au merdier du lait dans le Grand Sud-Ouest, le cabinet de Bruno ne trouva rien de mieux que de me confier le « bâton merdeux ».

 

Pragmatique le Bruno, mais revenons à l’actualité l’analyse publiée dans le JDD de ce Week-end sur le « beau cas » Le Maire est, à ce titre, fort intéressante.

 

 

« Désormais, à Matignon, on ne dit plus (presque) plus de mal de Bruno Le Maire. La récente série d'articles émaillés de petites phrases censées attester que le ministre de l'Économie est « sur la sellette » aura sans doute eu cette vertu. « Bruno est bon. Il a un peu de mal à se départir de son côté mouche du coche et de ses méthodes de politique à l'ancienne, mais il apprend. On a décidé de le défendre », affirme un collaborateur d'Édouard Philippe. Voilà qui est nouveau!

 

Le Maire dit avoir trouvé un « équilibre » avec Macron et Philippe

 

La rivalité Philippe-Le Maire a été mise au jour au début de l'été. L'histoire est connue, mais pas les sous-titres. Le 4 juillet, à l'occasion de son discours de politique générale – dûment validé par Emmanuel Macron –, le Premier ministre reporte la mise en œuvre de deux engagements présidentiels : les réformes de la taxe d'habitation et de l'ISF. Le 9, Le Maire charge les siens de faire savoir que le Président a in extremis « contre-­arbitré », comme ils disent. Le 10, nombre de journaux racontent que Le Maire a convaincu Macron d'écouter les milieux économiques. Représailles le lendemain dans Les Échos : « N'est pas recadré celui qu'on croit », écrit l'éditorialiste politique qui explique en citant « plusieurs sources » que Macron « n'aurait pas apprécié la volonté de son ministre de mettre un coin entre Philippe et lui ». À l'époque, l'entourage de Le Maire soupire : « C'est Ismaël Emelien [le conseiller spécial du Président] qui a nourri ce papier parce qu'il fallait donner des gages à Édouard. »

 

Les proches du chef du gouvernement estiment que Le Maire a perdu la partie : « Bruno a eu un rôle dans la volte-face du Président, mais il a eu tort de se mettre en avant comme l'ayant influencé. » Le 12 juillet, c'est un autre éditorialiste qui accable le ministre, un certain Bruno Roger-Petit, aujourd'hui… porte-parole de l'Élysée. « Pourquoi Le Maire est un boulet pour Macron et Philippe » : ainsi s'intitule sa chronique sur le site de Challenges, où il lui prédit « un destin ministériel compliqué ». Et encore : « Bruno Le Maire, quadragénaire de la politique issu du vieux monde, n'a visiblement pas saisi ce qu'impliquait la révolution Macron. » De là à penser que Roger-Petit n'est pas l'allié du ministre…

 

Edouard a une distance et une sagesse qui ne sont pas les miennes. Moi, je pousse toujours à la roue. J'ai la volonté toujours d'en remettre dans la balance et parfois c'est trop.

 

Au sujet de cet épisode de tensions avec Philippe, Le Maire assure à présent au JDD : « Ça, c'est du calage. C'est des moments où on n'a pas toujours les bons réflexes. On a appris à se connaître. Dans l'équation à trois - Édouard Philippe, le Président et moi -, on a trouvé un équilibre. » Vendredi soir, alors qu'une nuit glacée est tombée derrière les vitres de son bureau, il parait fatigué mais tranquille. « J'assume la différence de tempérament avec Édouard : il a une distance et une sagesse qui ne sont pas les miennes. Moi, je pousse toujours à la roue. J'ai la volonté toujours d'en remettre dans la balance et parfois c'est trop. Chez Emmanuel Macron, il y a les deux. Il peut vous donner des injonctions dans les deux sens. »

 

« Bruno Le Maire, c'est un cynisme absolu »

 

Est-ce ce qui s'est passé au ­moment de la dénonciation par Le Maire du « scandale » à 10 milliards d'euros de la taxe sur les dividendes ? Le ministre a commandé un rapport à l'Inspection générale des finances – qui doit être publié demain – pour « faire toute la lumière sur les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire », a-t-il tonné dans Le Figaro du 23 octobre. Hic : en 2012, Macron était secrétaire général adjoint de l'Élysée en charge des questions économiques. À Matignon, on précise – décidément très en défense de Le Maire : « Cette interview, elle a été relue par nous et par l'Élysée ! » Comme le furent toutes celles où l'équipe de Philippe a dû rajouter des « sous l'autorité du Premier ministre » par-ci par-là. Le Maire avait tendance à omettre de le citer, tout à son credo : « Je veux aller plus vite, plus fort, plus loin. » De quoi rendre le cabinet de Philippe « hystérique » - dixit un lemairiste.

 

Bruno Le Maire est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë.

 

Ce n'est pas que ces deux-là s'entendent mal, mais leurs univers s'entrechoquent. Les points communs – l'âge, les belles écoles, la grande taille, l'écriture, l'appartenance à la bande du Bellota-Bellota – n'y font rien. Quand l'un - Le Maire, le 2 septembre, depuis Cernobbio, sur le lac de Côme - tonitrue : « Nous allons privatiser certaines entreprises », le lendemain, l'autre modère sur France Inter : « Des cessions de participations interviendront. » Un ami de Philippe théorisait il y a quelques semaines : « Le Maire est imbibé des années 2000. Il est atteint d'une maladie rare : une villepinite avancée doublée d'une sarkozyte aiguë. Comme Villepin, il est obsédé par la métaphysique de l'audace : ce qui n'est pas flamboyant ne mérite pas d'exister. Comme Sarkozy il croit que dire, c'est faire. Édouard est beaucoup plus rationnel, plus prudent, moins cynique. Le Maire, c'est un cynisme absolu. Et il est incapable d'autodérision, alors que l'ADN des philippistes, c'est l'humour. Le Maire est encombré de son moi. Ça amuse Édouard de voir que Bruno ne peut pas rentrer dans son bureau sans se demander comment il le redécorera. C'est devenu une petite blague entre nous. »

 

Le Maire ne veut pas Matignon : « Finir à 2,4% alors que vous étiez à 17%, ça vous transforme »

 

Aucun d'eux ne croit Le Maire quand il hurle qu'il ne veut pas du job - ce qu'il a refait devant nous : « Mon ambition, c'est de durer à Bercy. Si j'ai pu marquer les paysans, c'est parce que je suis resté trois ans au ministère de l'Agriculture. Je veux faire la même chose. Finir à 2,4% au soir du premier tour de la primaire alors que vous étiez à 17% vingt et un jours avant, ça vous transforme. Après un tel échec, pour que l'engagement politique retrouve du sens, il faut de l'action et des résultats. Ici, j'avance sur tout, c'est totalement enthousiasmant. Et on délivre! On a fait voter une grande transformation fiscale ; on a lancé la taxation des Gafa ; on a sorti la Grèce de la difficulté. » Aurait-il appris à ne plus dire seulement « je » ?

 

Son pari, il l'expose en petit comité : « C'est sur l'économie que Macron est attendu. S'il réussit, il sera la matrice d'une génération politique pour les vingt-cinq prochaines années. » Dit autrement : Le Maire rêve de devenir le meilleur avatar du macronisme. « Il est un des rares ministres qui fait de la politique, relève un haut responsable de la majorité qui pourtant ne l'aime guère. Castaner fait de la com'; Le Drian ne nous fait plus profiter de son sens politique ; Collomb a beaucoup de métier, mais plus l'énergie de se projeter ; Darmanin a beau avoir tout compris, il est encore dans la case 'jeunes'. Cela fait de Le Maire une cible. »

 

Devant ses lieutenants, l'intéressé a trouvé des raisons supplémentaires : « Je suis un homme venu de la droite classique alors que Macron et ceux qui travaillent avec lui sont issus de la gauche. Forcément, ça attire la foudre et les critiques. Et puis je suis le seul de ce gouvernement à avoir voulu me présenter à la présidentielle. Forcément, il y a un soupçon qui pèse sur moi. » Peut-être aussi ne fait-il pas assez de déclarations d'admiration à Macron devant les micros. Autant, en off, il dit que le chef de l'État est « extraordinaire », autant il s'interdit pareilles louanges en public. « Je ne veux pas être lèche-bottes, moi », confiait-il il y a peu. – Vendredi, il nous a certifié : « Le Président connaît mon goût de la ­liberté. » Et si c'était ça le ­problème, justement ?

 

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 06:00
©Domaine Léon Barral

©Domaine Léon Barral

Y’a jamais de mal à réfléchir, qui plus est lorsque  ce sont d’autres que moi qui tiennent la plume : je songe à créer l’association des ramiers de France.

 

Je vous livre donc ce matin un patchwork d’articles du numéro 2 de la revue Sésame

 

 

Après avoir cliqué sur ce lien ICI vous pourrez accéder à l’intégralité des articles que j’ai sélectionnés.

 

Pour sûr que ce n’est pas avec ça que je vais faire le buzz ni fomenter la révolution chère aux activistes en chaise longue qui exploitent le filon.

 

Lisez, réfléchissez, commentez, contestez, faites ce que bon vous semble en buvant de bons coups…

 

(1) Les vieux cépages reviennent dans le rang par Yann Kerveno

 

 

Réchauffement climatique, pression sociale, marketing évolutif, la vigne est sous le coup d’une intense pression.

 

Face au temps long de la plante, s’empilent les défis pour les vignerons et les chercheurs. Mais l’avenir de la vigne passe, en partie, par son passé déjà lointain.

 

Les vignes sont consciencieusement plantées entre des haies de roseaux. Le marin pousse sur la côte une nébulosité diffuse qui gomme le bleu du ciel si cher à Bataille. Au loin, deux hommes avancent doucement entre les rangs, s’arrêtant sur certains ceps, sans logique apparente. Pour y rester plantés un moment. Je les vois consulter des documents, échanger entre eux un instant, puis reprendre leur marche dans le sable. Vigneron isérois, Nicolas Gonin est venu avec un collègue pour « réviser » et mettre à l’épreuve ses connaissances d’ampélographe.

 

Les vignes qu’il parcourt avec tant d’attention sont celles du domaine de Vassal, à quelques kilomètres de Sète où l’Inra prend soin d’une des collections de vignes (au sens large) les plus importantes du monde. Dans la salle de l’herbier, des classeurs, des armoires, des dossiers, des fiches… 8000 accessions, éléments en collection (porte-greffes, cépages, hybrides producteurs directs, vitacées, lambrusques…) sont décrites dans cet herbier unique. Pour chaque accession, un dossier complet qui comprend cinq feuilles de la plante, des photographies, la description ampélographique complète, plus d’une centaine de critères retenus par l’Office International du Vin (OIV) permettant de décrire les feuilles, le bourgeonnement, la baie, la grappe… Y sont ajoutés les fruits d’autres observations, description et notation de phénologie, rendement, fertilité, dates de débourrement, toutes les plantes présentes au domaine sont minutieusement décrites. « Ici, nous conservons mais nous essayons de savoir ce que nous conservons, à savoir l’identification et la caractérisation, mais nous essayons aussi de définir le potentiel agronomique et technologique de chaque plante. Nous allons, pour les raisins de cuve, jusqu’à réaliser des micro-vinifications pour avoir des données sur les vins produits » détaille Cécile Marchal, responsable du domaine de Vassal.

 

« La collection sert de support à de nombreuses recherches, en génétique bien entendu, nous avons de tout temps été associés avec l’unité qui s’occupe de génétique de la vigne et d’amélioration à Montpellier. Mais les recherches peuvent aussi sortir de ce strict domaine, porter sur la domestication, l’étude des phénols, nous recevons même des archéo-botanistes qui réalisent des prélèvements de pépins. Mais, aujourd’hui, la nouvelle thématique phare, c’est le comportement face aux maladies, maladies du bois et les champignons, mildiou, oïdium… »

 

La suite pages 24 à 28

 

(2) On a sauvé le carignan blanc !

 

 

Un entretien avec Emmanuel Cazes, vigneron dans les Pyrénées-Orientales, membre de la commission scientifique de l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO).

 

  • Vous êtes-vous penché sur les vieux cépages ?

 

Oui, et j’en suis assez fier personnellement, parce que nous avons obtenu la réintégration du carignan blanc, très rare et peu connu dans l’appellation des Côtes du Roussillon. Ce cépage n’est pas fantastique, mais il a de très bonnes capacités d’adaptation à la chaleur et aux conditions sèches. En plus, il offre des notes fraîches et minérales qui plaisent beaucoup. Il y a quatre ou cinq ans, on avait 40 hectares de carignan blanc dans le département. Aujourd’hui, on doit  être à 100 hectares, parce qu’il a sa place dans 10 ou 15% des assemblages. On a sauvé ce vieux cépage qui était voué à disparaître. Il s’est passé la même chose avec le grenache gris qui était quasiment oublié. On s’est rendu compte qu’il était magnifique à Collioure, alors que c’était au départ un cépage à vin doux.

 

La suite page 29

 

(3) Quel est le juste prix du lait ?

 

Julien Dupré. La vache blanche (v. 1890).

 

- Pascal Massol, agile pour ne plus être fragile

 

 

Converti au bio pour éviter la faillite, l’ancien leader des producteurs de lait en colère a rejoint un réseau de fabrication de yaourts à la ferme.

 

Pascal Massol est redevenu invisible. Petites lunettes rondes et longs cheveux blonds, l’ancien leader de l’Association des Producteurs de Lait Indépendants (APLI), crevait l’écran entre 2008 et 2009 avec sa « grève du lait ». Il est présenté à l’époque comme « le nouveau José Bové ou le futur Raymond Lacombe » par Éric de La Chesnais dans Le Figaro. Le bouillant éleveur aveyronnais au look de hippie fut un temps affilié à la Coordination rurale, mais il a fini par trouver les syndicats « minoritaires » trop envahissants dans son association, présentée comme apolitique et sans obédience syndicale. Pascal Massol a claqué la porte de l’Apli qui s’est pour sa part diluée au sein de l’European Milk Board (EMB). Cette organisation revendique 100000 producteurs au niveau européen et milite pour un lait « équitable ». En 2013, elle a lancé sa propre marque de lait en France comme dans cinq autres pays européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Luxembourg, Italie). Affichant fièrement une vache tricolore, FaireFrance revendique avoir écoulé 5 millions de litres en pack, vendus exclusivement en grandes surfaces. Les 500 producteurs qui ont rejoint cette Société par Actions Simplifiée (SAS) fonctionnant comme une coopérative de vente sont assurés de toucher un minimum de 45 centimes par litre. C’est le coût moyen de production en France calculé par un bureau d’études allemand pour l’EMB en 2013. Mais l’enquête montrait une forte disparité à l’échelle des régions: 34 centimes seulement en Bretagne et les Pays de la Loire, 10 centimes de plus dans le Sud-Ouest.

 

La suite page 32-33

 

(4) Damien Lacombe mise sur le bio et la Chine

 

 

Le président de Sodiaal récuse l’idée que sa coopérative soit devenue une « multinationale ».

 

Damien Lacombe a été projeté dans la lumière en décembre 2014. Le fils de Raymond Lacombe, ancien président de la FNSEA, a pris la présidence de Sodiaal, la plus grosse coopérative laitière de France, à la veille du démantèlement des quotas européens. La colère des producteurs réclamant « un juste prix » quand les cours du lait ont dégringolé ne l’a pas épargné. À Guingamp, des manifestants qui bloquaient la laiterie Entremont en juin dernier lui ont symboliquement remis le diplôme du « plus mauvais payeur ». Après le groupe privé Lactalis en 2016, le groupe coopératif se retrouve à son tour dans le collimateur. Damien Lacombe s’est rendu en personne dans les Côtes d’Armor et a multiplié les déplacements pour tenter d’éteindre le feu dans les 70 sites industriels du groupe, qui collecte le lait de 12500 exploitations. « L’essentiel est de garder la confiance de nos 20 000 adhérents. Elle a été ébranlée, c’est vrai », soupire-t-il dans sa ferme de Camboulazet (Aveyron). Même la FDSEA de son département a manifesté devant l’une des usines du groupe à côté de Rodez.

 

Grosses lunettes et cheveux ras, Damien Lacombe retrouve parfois les accents syndicaux de son père quand il s’enflamme. Chose rare. D’un naturel plutôt pondéré, il a choisi l’action économique plutôt que syndicale pour défendre une agriculture à la fois moderne et paysanne. « La fin des paysans, ça fait 50 ans qu’on en parle, mais je ne suis pas sûr qu’ils soient bien morts », dit l’éleveur aveyronnais qui a repris l’exploitation familiale spécialisée dans le lait, avec un troupeau de 70 têtes. Soit légèrement au-dessus du troupeau laitier moyen en France (58 vaches). « Dans cette crise, les plus vulnérables ne sont pas les plus petits, mais les producteurs qui ont grossi rapidement en empruntant », remarque-t-il.

 

La suite pages 35-36

 

(5) La dernière Tentation du bio !

 

Robert Combas

 

Par Tomás García Azcárate, chercheur à l’Institut d’Économie, Géographie et Démographie de Madrid, membre de l’Académie d’Agriculture de France, ancien fonctionnaire européen.

 

Entre les valeurs des pionniers et la ruée des nouveaux convertis, le point sur les effets paradoxaux de la standardisation du bio…

 

Un accord politique semble avoir été trouvé entre le Conseil et le Parlement européens autour de la proposition de la Commission européenne de règlement sur l’agriculture biologique. Il « semble », car au Conseil des ministres européens de l’Agriculture de juillet 2017 – le dernier en date à l’heure d’écrire ces lignes –, l’Allemagne a demandé à retarder l’adoption du texte jusqu’à son élection fédérale.

 

La proposition de la Commission est pourtant sur la table depuis 2014 et l’analyse d’impact préalable avait commencé en 2012. Il aura fallu quelque 18 trilogues pour arriver à ce qui est aujourd’hui encore un non-accord qui, de plus, laisse une (trop) grande marge de manœuvre aux États membres. Pourquoi est-il si difficile d’intervenir sur l’agriculture biologique ?

 

La suite pages 8-9

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 06:00
Hubert de Boüard de Laforest, saison 2 : château Angélus, portraits de famille… « Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable »Nicolas Boileau

La chronique de Bruno de Boüard Château Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche par Bruno de Boüard ICI ayant rencontré un réel succès, sans pour autant soulever l’ire de mon ami Hubert, afin de la compléter, nous avons décidé de publier une saison 2 riche en portraits.

 

 

« C’est à la fin du XVIIIème siècle, en 1782, que Jean de Boüard de Laforest, garde du corps du Roy, s’installe à Saint-Emilion. Sa fille, Catherine Sophie de Boüard de Laforest, épouse Charles Souffrain de Lavergne en 1795 et s’installe sur le vignoble de Mazerat, propriété de son mari »… (1)

 

À Angélus, l'art de la communication ne s'arrête pas seulement à la réécriture de l'histoire familiale, mais aborde aussi l'iconographie de ses membres. Il suffit de se tourner vers les portraits présentés dans la galerie du Château Angélus.

 

À preuve du contraire il n'existe aucun portrait des trois membres les plus anciens : Jean le soi-disant « fondateur », Catherine Sophie sa fille et Jacques Germain un des fils de cette dernière. Hormis les trois photographies des deux dernières générations, les portraits présentés dans la galerie du Château Angélus (2) ont été réalisés par l'artiste peintre plasticien Philippe Saunier (3).

 

Jean de Boüard de Laforest (né en 1745) (Château Angélus) [1745-1801, AD 24]

 

 

Officier des Gardes du corps de Monsieur, frère du Roi, tableau d'Alphonse Giroux (1775-1848)

 

Le portrait de Jean de Boüard (4) est la copie d'un tableau d'Alphonse Giroux réalisé au début du 19e siècle, représentant un officier des gardes du corps de Monsieur, frère du Roi (le comte de Provence), chevalier de l'ordre militaire et royal de Saint-Louis dont il porte la décoration sur la poitrine (5). En réalité Jean est garde du corps du roi dans la compagnie de Beauvau (2e compagnie 1re Cie française) (6). Il n'y a aucun rapport entre la compagnie de Beauvau et celle du portrait. Enfin Jean n'a jamais été chevalier de l'ordre de Saint-Louis dont il ne pouvait porter la décoration(7).

 

 

Catherine Sophie de Boüard (née en 1773) (Château Angélus) [1773-1855, AD 24-AD 33]

 

 

Jacques Germain Souffrain (né en 1796) (Château Angélus) [1797-1798, AD 24]

 

Le portrait de Catherine Sophie de Boüard de Laforest (8) est une oeuvre de pure fiction, une vague copie dite en costume d'époque d’une personne étrangère à la propriété comme nous l’avons vu (9). Catherine Sophie n'apparait jamais dans les actes notariés comme propriétaire (succession, donation...).

 

Le portrait de Jacques Germain Souffrain est particulièrement étonnant. Il est présenté par Jane Anson (10) comme étant le grand-père de Jean Charles Souffrain (1804-1886), en réalité son frère. Nous ne lui connaissons aucune descendance, ce qui semble plausible puisqu'il est mort à l'âge de seize mois (11)... ce qui est un peu jeune pour être propriétaire. Son portrait le vieillit un peu !

 

Le portrait de Jeanne Eugénie Chatenet épouse et héritière de Jean Charles Souffrain, est en fait la copie d'une photographie d'un autre membre de la famille, la mère (12) de Maurice de Boüard (cinquième portrait), étrangère à la propriété. Les de Boüard possèdent pourtant une photo de la véritable Jeanne Eugénie peut-être autour de ses quatre-vingts ans, mais jugée trop « disgracieuse » par la famille. On trouve également quelques erreurs de dates (13), une particulièrement amusante comme celle concernant Jeanne Eugénie Chatenet qui serait née en 1850, soit sept ans après son premier mariage (14).

 

Jeanne Eugénie Chatenet (née en 1850) (Château Angélus) [1823-1910, AD 87]

 

Marie Ithier [1851-1939 AD 33] Document familial

 

Le cinquième portrait, celui de Maurice de Boüard (1870-1959), devrait être  le premier de la galerie. Avec l’arrivée de Maurice à Mazerat en 1910, c’est la première génération des de Boüard qui s’installe sur le vignoble de Saint-Emilion.

 

Ainsi quatre des membres de la famille n'ont pas leur place dans la galerie, n’ayant aucun lien direct avec la propriété (15). Par contre, cinq autres membres au moins devraient y figurer en tant que propriétaires (16).

 

En résumé, il est fallacieux d'affirmer la présence des de Boüard depuis 200 ans sur 8 générations à Saint-Emilion (17) : à ce jour une présence de 4 générations seulement sur 107 ans à Saint-Emilion, dont 95 ans à Angélus, serait plus exacte. L'actuelle propriété des de Boüard n'est que la continuité du domaine de la famille Souffrain sur Mazerat, transmis en 1910 par Jeanne Eugénie Chatenet à Maurice de Boüard. C'est le « clos de l'Angélus » acheté à la famille Gurchy en 1922 par Elisabeth de Boüard, deuxième épouse de Maurice, qui donnera après la guerre le nom à la propriété familiale. Leurs trois fils Jacques, Christian et Alain reprendront la propriété en 1946.

 

N'oublions pas que c'est de la « branche aînée », celle de Michel Bertrand fils de Jean de Boüard, que descendent les de Boüard de Laforest du Château Angélus, et non de celle de Catherine Sophie sa sœur (19).

 

         Encore une fois il s’agit ici, en dehors de toute remise en cause du Château Angélus et de la qualité de ses vins, de corriger toute falsification de l’histoire familiale et de faire en sorte que la recherche de notoriété ne l’emporte pas sur la recherche de la vérité.

 

 

Bruno de Boüard

 

 

 

1. Site internet du Château Angélus.

 

2. Les dates données entre crochets sous les portraits ont été corrigées ou complétées après recherches dans l’état civil.

 

3. ICI 

 

4. Jean de Boüard n’a rien à voir avec la propriété comme nous l’avons vu dans l’article précédent : « Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche » sur le blog de Jacques Berthomeau.

 

5. École FRANÇAISE du XIXe siècle. Portrait d'homme en habit rouge sur sa toile d'origine (Alphonse Giroux). (Accidents). 81,5 x 65 cm RM. Le personnage représenté est un officier des gardes du corps de Monsieur, Frère du Roi (le comte de Provence). Il est chevalier de Saint Louis dont il porte la décoration sur la poitrine. ICI 

 

6.Jean figure dans un état du guet des gardes du roi d'octobre 1781, pour la compagnie de Beauvau (Gardes du corps du Roi). - AD33, Série 4 J, Fonds de Boüard, 4 J 914-915,  4 J 915, chemise 1, pièces concernant Jean de Boüard.

 

7.Jean ne fait pas partie des récipiendaires de la catégorie des Chevaliers de l’ordre de Saint-Louis :

    - Jean-François-Louis d'Hozier, Recueil de tous les membres composant l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, depuis l'année 1693, époque de sa fondation, Paris, 1817.

    - Les membres manquants : ICI 

 

8. Elle assume avant tout son rôle d'épouse et de mère de ses sept enfants, cinq au moins nés à Libourne, où elle réside rue St Thomas et y décède. On ne la retrouve pas sur les listes nominatives (recensement) de Saint-Emilion. Elle ne s’est jamais installée à Mazerat. En 1798 elle habite encore à Villefranche-de-Longchat (24), année de décès de son fils Jacques Germain.

 

9. Voir l’article précédent : « Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche ».

 

10. « Angélus », Editions de La Martinière, 2015. Dans cet ouvrage de commande destiné à servir la notoriété du Château Angélus, Jane Anson accumule les erreurs et les incohérences sur l'histoire des de Boüard et de la propriété familiale, contredisant les archives familiales et l'historien Michel de Boüard régulièrement cité comme l'historien de la famille.

 

11. Jacques Germain, acte de naissance 1er mai 1797, Villefranche-de-Longchat - AD 24, 5 MI 27905-002. Acte de décès du 9 septembre 1798, Villefranche-de-Longchat - AD 24, 5 MI 27905-004.

 

12. Marie Ithier, acte de naissance, Saint-Macaire 15 mars 1851 - AD 33, 4 E 11916. Décédée en 1939.

 

11.Jacques Germain n'est pas né en 1796 mais en 1797. Jean Charles Souffrain n'est pas né en 1796 mais en 1804.

 

12. Acte de mariage de Jeanne Eugénie Chatenet et Pierre Faussette, novembre 1843 - AD 87, 3 E 85/175, n° 272. Acte de naissance de Jeanne Eugénie 17 juillet 1823 - AD 87, 3 E 85/112. Acte de décès 21 septembre 1910  - AD 87, 3 E 85/453.

 

13. Jean de Boüard, Catherine Sophie de Boüard, Jacques Germain et Marie Ithier mère de Maurice de Boüard…

 

14. Charles époux de Catherine Sophie de Boüard, sa soeur Emilie Souffrain, Théodore et Jean Charles Souffrain fils de Charles, et Elisabeth de Boüard épouse de Maurice de Boüard. Il existe des photographies de Jean Charles Souffrain et d’Elisabeth de Boüard. Voir aussi l’article : « Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche »

 

15. À deux reprises (11 janvier et 16 février 2017) Angélus a été contacté pour avoir connaissance du document permettant de dater l’arrivée de Jean de Boüard à Saint-Emilion en 1782 et d’affirmer les 200 ans des de Boüard sur la propriété. Aucune réponse. Alors en faisant preuve d’une grande imagination on pourrait poser l’équation suivante : 1er juillet 1782 date de fondation du Château Angélus (sur le compte Facebook du même Château) = [1er juillet jour de naissance d’Hubert de Boüard] + [1982 année de naissance de Stéphanie de Boüard-Rivoal] – 200 ans. Mais cette équation  n’est que pure imagination à partir d’étonnantes coïncidences.

 

16. Alain de Boüard, troisième fils de Maurice de Boüard, pourrait avoir sa place dans cette galerie. Après une quinzaine d’années sur la propriété familiale, il s'est retiré de la Société Civile du Château de l'Angélus en 1960.

 

17.Voir l’arbre généalogique dans l’article : « Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche ».

 

18. À ce jour il n’a pas encore été possible de remonter au-delà pour déterminer l’origine de la propriété des Souffrain.

 

19.Le Château Mazerat (Maurice de Boüard) et l’Angélus (Elisabeth de Boüard) ont produit séparément leur vin jusqu’à la dernière guerre.

 

AD : Archives Départementales (24 : Dordogne, 33 : Gironde, 87 : Haute-Vienne)

 

 

Davos du Vin Ajoutée le 25 oct. 2012 S'ABONNER 145 SUBSCRIBE SUBSCRIBED UNSUBSCRIBE Inauguration avec bénédiction du Cardinal jean-Pierre Ricard du Carillon qui domine maintenant le Château Angelus, premier grand cru classé "A" en AOC St-Emilion. Le 24 octobre 2012

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans écrits des autres
commenter cet article
14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 06:00
Mon filleul Vincent Berthomeau, chef de l’Abélia, aimait la boursette en langage nantais la mâche qui poussait auprès des murs de vignes de Muscadet.

Vincent, le fils aîné de mon frère Alain, est un bon vivant. Il a commencé son parcours de gâte-sauce chez Cabanétos à l’hôtel du Stade à la Mothe-Achard. C’est aussi un courageux qui n’a pas hésiter à s’expatrier de sa Vendée pour faire la saison alpine, puis de monter à Paris pour faire ses classes au Laurent d'abord, puis chez Guy Savoy qui lui a confié un de ses bistros du côté des Ternes. Mais l'air du pays était trop fort, et les logements parisiens bien étroits, avec Pascale ils se sont installés à Nantes, près de la Cathédrale, se sont fait une belle notoriété puis ouvert une grande maison dans une maison de ville l’Abélia ICI  

 

De plus, grâce à Pascale et Vincent, le nom des Berthomeau du Bourg-Pailler pourra se perpétuer grâce à Jules.

 

Vincent a passé sa jeunesse au Bourg-Pailler et, comme moi il a connu le jardin qui, à son époque, était cultivée par le cousin André Neau, et il a connu la boursette, comme il le rappelle dans la vidéo ci-dessous.

 

« Que m'importait de savoir le nom scientifique de toutes ces jolies herbes des prés, auxquelles les paysans et les pâtres ont donné des noms souvent plus poétiques et toujours plus significatifs : le thym de bergère, la bourse à berger, la patience, le pied de chat, le baume, la nappe, la mignonnette, la boursette, la repousse, le danse-toujours, la pâquerette, l'herbe aux gredots, etc. » G. Sand, Histoire de ma vie, t. 2, 1855, p. 446.

 

Alors, quoi de plus normal que, chef d’un restaurant nantais, Vincent nous livre ses préparations avec la fameuse mâche nantaise.

 

Marie-France Thierry  écrit le 26 Mars 2017

 

La mâche, toute une histoire

 

« On pourrait la croire toute jeunotte, et pourtant ses feuilles fragiles et légères comme des pétales de fleurs étaient déjà vantés par Ronsard, au XVIème siècle, qui chantait la mâche comme « la petite salade des champs et des prés ». Elle brillera plus tard sous les lumières du Second Empire lorsqu’un restaurateur parisien créera la salade Victor-Emmanuel, aux couleurs du drapeau italien, en mêlant mâche, céleri rave et betterave rouge dans une même assiette. »

 

La suite ICI 

 

« MÂCHE NANTAISE » IGP

 

Petite plante à végétation rapide de la famille des Valérianacées, genre Valerianella, espèce olitoria, désignée sous le nom de mâche commune, à feuilles radicales, allongées, spatulées, à nervures assez marquées, naissant par paires, superposées en croix les unes au-dessus des autres et formant une rosette assez fournie. Le groupement sélectionne les variétés utilisées pour l’IGP : de type verte ou coquille, avec un phénotype permettant de récolter et conditionner la mâche en plante entière, inscrites au catalogue officiel français ou communautaire, et répondant à des normes professionnelles phytosanitaires et de pouvoir germinatif.

 

La mâche, non commercialisable à l’état brut sortie du champ, doit subir une élaboration spécifique en produit fini : mâche plateau, mâche barquette et mâche prête à l’emploi, qui sont les 3 types de conditionnement sont concernés par l’IGP.

 

5.1. Spécificité de l’aire géographique

 

Facteurs naturels

 

Le climat océanique tempéré est parfaitement adapté à la production de mâche. Il permet des températures hivernales froides, idéales pour la Mâche nantaise, sans pour autant maintenir des périodes de gelée trop longues.

 

Présent sur la totalité du bassin, il limite les variations de température excessives ou brutales et permet d’obtenir une qualité optimale et spécifique en toute saison.

 

Historiquement les terres les plus appropriées pour la culture de légumes primeurs, dont la mâche, sont faites d'alluvions sableuses et donc perméables. Elles se trouvent proches de la ville de Nantes qui offrait alors des débouchés pour les produits, et proche de la Loire, qui fournissait l’eau et de grandes quantités de sable utilisé dans la profession.

 

Pendant plusieurs générations, le sable utilisé pour la culture de mâche provenait du gisement naturel de la Loire.

 

En 1994, les pouvoirs publics décident d’interdire l’extraction du sable en Loire du fait des dégradations causées à de nombreux ouvrages ligériens (ponts, berges…). Les maraîchers se sont tournés vers d’autres types d’approvisionnement en sable présentant les mêmes caractéristiques.

 

Facteurs humains

 

Le maraîchage nantais débuta au milieu du XIXème siècle à l'Ouest de Nantes, produisant des légumes destinés à l'alimentation de la région et à l'approvisionnement des navires. La culture maraîchère nantaise n'a véritablement pris son essor qu'à partir de 1919-1920, où la plupart des grands maraîchers abandonnèrent les marchés locaux pour expédier directement leurs productions sur Paris et les grandes villes de province.

 

C'est également entre les deux guerres que se poursuivit et se concrétisa une organisation professionnelle des maraîchers qui avait débuté à la du fin siècle. Celle-ci fut un des moteurs du développement avec par exemple la création le 7 juillet 1928, de la Fédération des Groupements de Producteurs Maraîchers Nantais.

 

Au début du siècle sont nés les châssis nantais, et au cours de l’entre-deux guerres se sont généralisées les cultures sous châssis. Les parcelles furent subdivisées en planches correspondant à la largeur des châssis et séparées par des “passe-pieds” d’environ 40 centimètres de large. Les planches étaient buttées afin de favoriser le ressuyage des sols, facteur déterminant pour la précocité et la qualité de la Mâche nantaise. La disposition en planches permettait, du fait de la stabilisation naturelle des passe-pieds durant l’été, de semer et récolter sans abîmer le sol en automne et en hiver.

 

Ce point est fondamental pour comprendre le développement de la mâche dans la région nantaise. Combinée à l’usage possible du sable et au climat favorable, la culture en planche sous châssis permettait d’obtenir un produit précoce et de très bonne qualité qu’aucune autre région n’était capable de fournir à cette période de l’année.

 

Dès les années 1950, Nantes s’imposa progressivement sur les marchés de France et d’Europe. A partir des années 1960 et surtout dans les années 1970, le châssis traditionnel est remplacé par de petits tunnels plastiques, mais la culture en planches est maintenue.

 

De 3 000 tonnes produites par an entre 1975 et 1983, à aujourd’hui 12 000 tonnes pour la seule région nantaise, l’essor de la mâche nantaise a été permis grâce à la mécanisation de la récolte et aux nouvelles formes de conditionnement (barquette, sachet…).

 

Lors de la campagne 2007-2008 (de septembre à mai), le Bassin Nantais a produit 26 000 tonnes de mâche, confortant ainsi son leadership national et européen. Environ la moitié est destinée à l’export, notamment en Allemagne.

 

Les trois types de conditionnement possibles sont :

 

Mâche plateau : Mâche à grandes feuilles (poids de 100 pieds > à 200g), sélectionnée, rangée, dessablée puis mise en plateau.

 

Mâche barquette : Mâche sélectionnée, dessablée, lavée, triée, mise en barquette filmée ou assimilée.

 

Mâche prête à l’emploi : Mâche sélectionnée, dessablée, lavée, triée, mise en sachet ou en emballage hermétique, prête à l’emploi et bénéficiant de la chaîne du froid.

 

4. Délimitation de l’aire géographique

 

Département de la Loire-Atlantique (excepté 13 cantons situés au Nord-est du département) :

 

Aigrefeuille sur Maine – Ancenis – Bouaye – Bourgneuf en Retz – Carquefou – La Chapelle sur Erdre – Clisson – Le Croisic – La Baule Escoublac – Guérande – Herbignac – Legé – Ligné – Le Loroux-Bottereau – Machecoul – Montoir de Bretagne – Nantes – Nort sur Erdre – Orvault – Paimboeuf – Le Pellerin – Pontchateau – Pornic – Rezé – Saint Étienne de Montluc – Saint Herblain – Saint Nazaire – Saint Père en Retz – Saint Philbert de Grand Lieu – Savenay – Vallet – Vertou – Vertou Vignoble

 

8 cantons de la Vendée (dont 6 limitrophes de la Loire-Atlantique) :

Beauvoir sur Mer – Challans – Le Poiré sur Vie – Montaigu – Palluau – Rocheservière – Saint Gilles Croix de Vie – Saint Jean de Monts

 

2 cantons du Maine et Loire (limitrophes de la Loire-Atlantique) :

Champtoceaux - Montrevault

 

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:00
Portrait avec beau tressage de lauriers du « Grand Jacques » géniteur des vins de pays d’Oc

Novembre 2003, salle à manger de l’Hôtel de Villeroy, 78 rue de Varenne, Ministère de l’Agriculture :

 

« Il était ému, le grand Jacques Gravegeal, lors de la cérémonie de remise des insignes de la Légion d'honneur par le ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard. Attribuée par le président de la République, cette décoration récompense l'engagement et la compétence du président de la chambre d'agriculture de l'Hérault depuis 1979 et du syndicat des vins de pays d'Oc.

 

Jacques Gravegeal est donc devenu l'espace d'un moment, et maintenant pour la fin de sa vie, chevalier de la Légion d'honneur. Une récompense amplement méritée pour un homme de la terre qui n'a cessé de se battre pour l'agriculture héraultaise et les vins de pays d'Oc. Il fut l'un des grands ordonnateurs de la restructuration du vignoble, mais l'un de ses principaux faits d'armes fut sans conteste d'avoir permis à la viticulture héraultaise d'opérer sa mue. En effet, Jacques Gravegeal a mis en place dès 1973 le plan de Jacques Chirac de restructuration du vignoble. Ainsi, il a participé et supervisé l'arrachage d'un bon nombre de vignes, permettant la restructuration en profondeur du vignoble héraultais… Et un bon vivant également, pour l'avoir accompagné dernièrement à Vinexpo… »

 

Comme vous pouvez vous en douter je n’y étais pas convié et, je ne suis pas certain que Robert Skalli, le co-géniteur des vins de pays d’Oc, s’y soit rendu. Bob pour les intimes avait eu le mauvais goût de cosigner la note stratégique Cap 2010 les défis des vins français qui avait ravi le brave Hervé Gaymard mais beaucoup fâché le « Grand Jacques »

 

Pensez-donc, il y était écrit qu’il fallait créer un espace de liberté pour des Vins de cépages de France

 

Louis XIV déclara devant le Parlement parisien « L’État c’est moi ! »

 

Alors, fort de ses appuis au château, le « Grand Jacques » déclara avec force « Les cépages c’est moi ! »

 

Par la même occasion ce bon Gaymard avala son chapeau et m’envoya pour quelque temps en pénitence, en notre vieux pays on appelle ça un placard.

 

J’y passai quelques mois avant d’être réhabilité discrètement avec l’interdiction de mettre mon nez dans les affaires de vin.

 

Un beau jour, par l’intermédiaire d’un ancien collaborateur de la SVF, Adolphe Tourcher, devenu grand manitou de Pierre Castel sur les Terres languedociennes, je sollicitai un rendez-vous auprès du « Grand Jacques » pour que nous nous expliquions « entre hommes ».

 

Il accepta. Rendez-vous fut pris pour un déjeuner à Béziers dans un restaurant face à la gare dont j’ai oublié le nom. Je pris un A-R TGV que je payai de ma poche (ça s’est pour l’incorruptible Bettane) et le jour dit je rejoignis Adolphe et le « Grand Jacques » autour d’une belle table.

 

Ce fut très agréable, j’ai toujours eu un faible pour le côté « Grand enfant » de Jacques Gravegeal, et j’ai toujours respecté son engagement face à un mouvement coopératif languedocien qui avait conduit la viticulture du Midi dans le mur. Mais je n’avais pas fait le voyage pour passer de la pommade à Jacques Gravegeal qui n’en avait nul besoin dans la mesure où l’encens de ses partisans l’enfumait.

 

Bref, très vite je lui posai la question de confiance : « Pourquoi ? » Sa réponse fut limpide « Parce que vous m’emmerdez ! » Elle résumait assez bien l’enterrement du débat de l’époque et, par la suite mes relations avec le « Grand Jacques » furent emprunte de la même franchise. Le déjeuner fut excellent, Adolphe régla l'addition (ce fut la contribution du groupe Castel à cette rencontre historique).

 

Je n’étais qu’un petit rapporteur, avais-je raison ou avais-je tort, ce n’est pas le lieu d’en juger, surtout sous ma plume. Pour autant je continue de penser que la structuration de l’offre des vins français souffre de l’illusion du tout « signes de qualité » AOP-IGP.

 

Je suis passé de mode et je n’ai que peu de goût pour les vins dit de cépages à la mode  Roche Mazet et Ormes de Cambras du papy Pierre. Ça me fait penser au Préfontaines et à la Villageoise du temps de la SVF ; autre temps autres habillages.

 

Laissons là l’évocation de ces souvenirs et fêtons avec  le « Grand Jacques » les 30 ans de l’érection des Pays d’Oc.

 

Vitisphère, passé sous la coupe du groupe France-Agricole en 2014 ICI  (En juin 2014, Isagri et son partenaire Avril reprend le capital du Groupe France Agricole à hauteur de 95 %.), sous la plume de Marion Sepeau Ivaldi le 9 novembre 2017, tresse avec enthousiasme les lauriers du « Grand Jacques »

 

Une aventure languedocienne d’inspiration californienne

ICI 

 

Le rêve américain

 

Car l’aventure des Pays d’Oc est une histoire de pionniers, de visionnaires, de défricheurs… Des mots qui évoquent le Far West et ce n’est pas pour rien. Jacques Gravegeal grandit dans l’après-guerre et le rêve américain lui susurre des mots doux, appelle sa vocation et, au final, façonne sa destinée. Il pose les pieds pour la première fois en Californie dans le début des années 1970. « J’en ai eu des frissons ! Enfin, je touchais cette terre… » lâche-t-il dans un des rares moments où il se livre. S’il vient dans cette terre lointaine du Pic Saint Loup et des Coteaux du Languedoc, c’est qu’il veut comprendre la stratégie américaine viticole.

 

« Enfin, je touchais cette terre »

 

« C’est un vignoble ancien. Au départ, la Californie a cherché à copier le modèle français avec des Cabernet Bordeaux, des Merlot Bordeaux. Mais cela n’a pas fonctionné. Ils ont donc conservé uniquement le nom du cépage » explique-t-il. Le « Grand Jacques », comme certains l’appelle en rapport avec sa taille et peut-être aussi son charisme, revient en France avec l’idée qu’il faut vendre des vins de cépages.

 

Mais comment faire ? A cette époque, le vignoble languedocien est en pleine transformation. Il continue de souffrir de la crise de la mévente des vins qui a présidé au lancement de la Directive Languedoc fin des années 70, politique voulue par Jacques Chirac en tant que ministre de l’Agriculture. Le vignoble commence à recevoir des primes à la restructuration et crée des îlots de plantation selon des schémas directeurs définis par la Chambre d’agriculture. Lentement, le vignoble introduit les cépages internationaux et plante un vignoble mécanisable. Du fait de ses fonctions Jacques Gravegeal n’est pas étranger à cette nouvelle politique, il est alors président des Jeunes Agriculteurs de l’Hérault et reçoit le mandat de président de la Chambre d’agriculture en 1976. Mais, si le vignoble est en train de changer de visage, reste une question : comment vendre ce vin nouvelle génération ?

 

Nouer un deal avec le négoce

 

Peu s’en souviennent sans doute, mais au début des années 1980, Jacques Gravegeal s’est investi pour les AOC. Il est vice-président délégué de l’AOC Coteaux du Languedoc, dont le directeur est un certain Jean Clavel. Pour eux, il est clair qu’ils ne parviendront pas à convaincre l’Inao d’autoriser l’extension de l’aire des Coteaux du Languedoc. « Dans ce contexte, on se dit qu’il faudrait un vin de pays régional » explique Jacques Gravegeal. Mais surtout, un négoce pour le vendre, car le président est convaincu d’une chose : la réussite commerciale ne passera que par un partenariat solide entre la production et le négoce. Jean Clavel lui conseille de rencontrer Jeanjean qui l’envoie chez Robert Skalli, négociant à Sète.

 

La rencontre sera décisive. Elle a lieu chez Robert Skalli. Agé de 35 ans, Jacques Gravegeal est impressionné. Il n’a pas l’habitude de fouler des lieux aussi spacieux ; et surtout de manger les délicieuses pâtes préparées par la mère de Robert Skalli dans la plus pure tradition italienne. S’il ressent une certaine fébrilité, c’est qu’il n’a pas non plus l’habitude de côtoyer le monde des grands entrepreneurs : la famille Skalli détient alors Taureau Ailé et Lustucru, lui ne connaît que le monde de la vigne languedocienne. « A ce repas, il y avait toutes les forces de vente de Skalli. Je lui parle du projet de vendre des vins de cépages. J’évoque aussi ce que j’ai vu en Californie » explique Jacques Gravegeal. Robert Skalli ne montre que peu de réactions durant la discussion. « A la fin du repas, je pensais que je ne l’avais pas convaincu ». Pourtant, après avoir consulté son équipe sur ce qu'elle pense du projet, Robert Skalli se tourne vers Jacques Gravegeal et lui tend la main. Le deal est scellé. « Ce n’est qu’après m’avoir serré la main qu’il m’a confié qu’il détenait un domaine en Californie et que c’est mon discours sur cette viticulture américaine qui l’avait convaincu » s’étonne toujours Jacques Gravegeal.

 

L’effet boule de neige la suite ICI

 

Le groupe Skalli passe sous le contrôle du Bourguignon Boisset. Après plusieurs mois de négociation, un protocole d’accord vient d’être signé portant sur la cession des actifs des vins Skalli (Vallée du Rhône et Languedoc) à Boisset. Robert Skalli l’avait confié il y a plusieurs mois à Vitisphère : sans succession familiale pour son activité vins en France, le pionnier français des vins de cépage cherchait une solution pour pérenniser son entreprise. Le caractère familial de la maison Boisset a été un élément clé de cette décision. « Je suis très heureux que ce soit Boisset qui insuffle son esprit de famille à Skalli dans une volonté de faire perdurer aussi bien les marques dans la continuité des produits que les partenariats que nous avons mis en place depuis des années. Je suis ravi que cette famille soit aussi engagée dans la viticulture que dans la qualité des vins et ait la volonté de les faire croître à travers le monde. Je suis très confiant dans l’avenir que je dépose entre ses mains», a confié Robert Skalli.

 

Robert Skalli vit en Belgique à Bruxelles sans doute est-ce trop loin pour lui demander sa version de l’histoire des Pays d’Oc…

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:00
L'hôpital universitaire de la Charité de Berlin (Charité-Universitätsmedizin Berlin)
L'hôpital universitaire de la Charité de Berlin (Charité-Universitätsmedizin Berlin)

L'hôpital universitaire de la Charité de Berlin (Charité-Universitätsmedizin Berlin)

En ces temps où les idiots utiles et les compagnons de route sévissent encore, j’ai une pensée pour ceux qui, du temps de l’URSS et de ses satellites derrière le rideau de fer, nous qualifiaient de valets de l’impérialisme parce que nous osions critiquer la patrie du socialisme réel. Ils ont pour la plupart virés leur cuti, sans l’ombre d’une quelconque autocritique, je tairai leur nom par pure charité chrétienne mais bordel de merde ça fait chier de se faire donner des leçons par eux.

 

Bref, voici un bel exemple de respect du peuple en RDA ainsi qu’une industrie pharmaceutique occidentale dépourvue de scrupules.

 

RDA, pays de cobayes

 

Dans les années 1980, près de 50 000 Allemands de l'Est ont expérimenté à leur insu des médicaments pour des laboratoires de l'Ouest. Une commission d'enquête doit s'ouvrir le 15 juin.

 

LE MONDE | 14.06.2013 par Serge Michel

 

La carrure d'Herbert Bruchmüller remplit l'encadrement de la porte de sa maison villageoise. Il respire à grands coups. Son visage est rouge, peut-être en raison du traitement de sa maladie cardiaque. Il parle fort, comme s'il lui fallait encore couvrir le bruit des chantiers et des usines dans lesquels il a passé sa vie d'électricien est-allemand. "J'ai rien reçu, pas une explication, pas une excuse", dit-il.

 

Herbert Bruchmüller ne parle pas là des nazis qui, en 1941, ont envoyé son père sur le front de l'Est, comme presque tous les hommes de ce village de Dannigkow, non loin de Magdebourg, en République démocratique allemande (RDA). Il ne parle pas non plus des Soviétiques qui n'ont libéré son père des camps de travail forcé que cinq ans après la guerre. Et pas davantage du régime communiste est-allemand, lequel, dans les années 1950, a saisi la ferme, les bêtes et les champs de la famille pour les intégrer dans une coopérative que l'économie socialiste allait couler corps et biens.

 

Il parle des médecins de la RDA. Juste avant la chute du Mur, en 1989, ils l'ont soumis à son insu à des tests de médicaments possiblement dangereux. Il parle des autorités de l'époque, qui ont vendu leurs concitoyens pour quelques millions de marks ouest-allemands. Il parle des compagnies pharmaceutiques occidentales qui l'ont utilisé, lui et peut-être 50 000 de ses compatriotes, comme des cobayes bon marché et incapables de faire valoir leurs droits. Durant l'un de ces tests, un homme est mort, juste à côté d'Herbert Bruchmüller.

 

JE SUIS LE DERNIER SURVIVANT

 

Nous étions trente patients dans cette expérience, dit-il. Je suis le dernier survivant.

 

Autour de lui, une rue nouvellement pavée, des pavillons proprets et des chevaux qui paissent dans des prés rendus à la réunification à leurs anciens propriétaires, lesquels ne savent plus qu'en faire.

 

Un peu plus loin, une rivière gonflée par les pluies de la veille, des champs de blé et de colza, des forêts de pins plantés au cordeau et des éoliennes. Plus loin encore, à Magdebourg, la capitale de ce Land de Saxe-Anhalt à 150 km à l'ouest de Berlin, des usines désaffectées, d'anciennes casernes russes et une montagne de déchets ménagers de l'époque communiste, sur 14 hectares, que la municipalité a astucieusement recouverts de panneaux solaires en 2012.

 

Début 1989, Bruchmüller a 35 ans. Le médecin qui soigne sa myocardite depuis une quinzaine d'années lui parle d'un nouveau traitement, disponible à la clinique pulmonaire de Lostau, à 20 km de chez lui. Il s'y rend plein d'espoir et reçoit un flacon de 50 comprimés, à prendre chaque soir. Le médicament n'a pas de nom, mais un fabricant : Sandoz, géant suisse de la chimie et de la pharmacie, fusionné en 1996 avec Ciba Geigy pour former le numéro deux mondial, Novartis.

 

Il s'agit du Spirapril, un hypotenseur qui sera mis en vente peu après, avec certaines contre-indications. Car durant les tests à Lostau, qui seront interrompus le 20 décembre 1989, six patients vont trouver la mort. Soit en raison des effets secondaires, soit parce qu'ils n'ont reçu qu'un placebo (une pastille neutre, destinée à faire ressortir chez les autres patients les effets des pastilles actives) et qu'il aurait été préférable de les traiter avec leurs médicaments habituels, soit parce que la maladie était déjà trop avancée.

 

Ingeborg Assmann, la médecin qui supervise les opérations, sera sèchement licenciée en mars 1990, six mois avant la fin de l'existence de la RDA, pour n'avoir pas documenté certains décès. Comme celui, le 20 novembre 1989, du patient numéro 29, foudroyé par une attaque cardiaque alors qu'il pédalait, couché sur le dos, à la droite de Bruchmüller, lors de l'un de leurs examens hebdomadaires.

 

"ON FAISAIT CONFIANCE"

 

"Il y avait une certaine discipline, dans notre pays de l'époque, dit-il. On ne posait pas de questions. Personne ne pensait avoir le droit de savoir quoi que ce soit. Il y avait aussi de bons médecins. On faisait confiance. Mais on n'avait pas le choix."

 

De fait, l'ex-Allemagne de l'Est, dans sa dernière décennie, ressemble au territoire parfait pour les tests d'une industrie pharmaceutique occidentale dépourvue de scrupules. Le personnel médical, du bas au haut de l'échelle, est à la fois bien formé pour documenter les tests, bien surveillé pour ne pas désobéir et suffisamment désargenté pour apprécier les petits cadeaux des représentants de Bayer, Schering, Hoechst (aujourd'hui Sanofi), Boehringer Mannheim (aujourd'hui dans le groupe Roche), Pfizer, Ciba Geigy, Sandoz ou Roche. La Stasi, l'ex-police politique d'Allemagne de l'Est, ne manquait pas d'espionner ces rencontres. L'hebdomadaire Der Spiegel s'est plongé dans les rapports sur la foire médicale de Leipzig.

 

« Dès le matin, il y avait du champagne sur la table, une cartouche de cigarettes et des produits de beauté pour ma femme, rapporte, enthousiaste, un médecin à son officier traitant, en évoquant sa visite au stand de Mack. L'entreprise allemande fait alors partie du groupe américain Pfizer, numéro un mondial, lequel reconnaîtra avoir testé en 1996 son antibiotique Trovan sur des enfants au Nigeria, causant la mort de cinq à onze d'entre eux. » Vers midi, on était déjà bien intoxiqués à l'alcool, les discussions étaient moins précises, on parlait plutôt de cochonneries avec des femmes », affirme Jörg, chef de département à l'hôpital de Schwedt, près de la frontière polonaise, après sa visite au stand de Ciba Geigy.

 

En RDA, le système de santé se voulait la fière vitrine d'un régime progressiste voué au bien-être des masses populaires. Or, les pénuries de matériel sont une humiliation quotidienne. Dans les hôpitaux, on manque de gants jetables, d'ordinateurs, de couveuses, de sondes, et même d'oranges et de bananes à offrir aux patients le jour de Noël. Dans les années 1980, 20 % des préparations pharmaceutiques ne pouvaient plus être assurées, et les statistiques de mortalité étaient en train de couler l'Allemagne de l'Est dans sa comparaison avec l'Ouest. Les tests dont avaient besoin les groupes pharmaceutiques occidentaux furent une bouée de sauvetage pour un régime aux abois. L'homme chargé par le régime de traiter avec l'Ouest, Alexander Schalck-Golodkowski, lui-même officier de la Stasi, appelait cela les "exportations immatérielles" et organisait un partage équitable, entre les caisses du chef de l'Etat, Erich Honecker (1976-1989), et les besoins des hôpitaux.

 

50 000 PATIENTS CONCERNÉS

 

Près de 600 tests ont été menés par une cinquantaine de cliniques et d'hôpitaux du pays. Le Spiegel estime qu'ils ont concerné 50 000 patients. Les études allaient de la chimiothérapie aux antidépresseurs, des médicaments cardiaques au traitement de l'alcoolisme.

 

Par souci d'efficacité, le gouvernement est-allemand ouvre en 1983 un bureau de liaison à la Fehrbelliner Strasse de Berlin-Est, qui reçoit jusqu'à quarante visites par semaine de représentants pharmaceutiques de l'Ouest. Selon leur ampleur et leur sophistication, les tests sont facturés jusqu'à 800 000 deutschemarks chacun (400 000 euros). Dans les archives de la Stasi, le Spiegel a retrouvé les minutes d'une réunion du 15 octobre 1985 entre deux patrons de la société ouest-allemande Schering, 24 000 employés à l'époque, fusionnée en 2006 avec Bayer, et une délégation est-allemande de haut niveau venue les accueillir à Checkpoint Charlie, le passage du mur de Berlin.

 

Schering veut alors tester le Rolipram, un psychotrope, l'Echosan, un produit de contraste pour les rayons X, ainsi que l'Iloprost, pour les troubles circulatoires. Durant une pause, le fabricant de médicaments prend à part un médecin chef de la Charité, le grand hôpital de Berlin-Est, et tente de négocier un forfait : davantage de tests encore pour 6 millions de marks (plus de 3 millions d'euros) par an. « Cela fait un tiers de tout ce que nous dépensons pour nos tests, plaide l'Allemand de l'Ouest. Et si des obstacles politiques devaient surgir, ils seraient vite balayés par les intérêts commerciaux. » Marché conclu.

 

Roland Jahn, ancien dissident et prisonnier politique à l'Est, dirige depuis mars 2011 les archives de la Stasi. Au sommet d'un grand bâtiment gris non loin de l'Alexanderplatz, coeur soviétique de Berlin-Est, il règne sur une équipe de 1 600 employés, 158 km de rayonnages de documents et de films, ainsi que 39 millions de fiches qui n'ont apparemment pas encore livré tous leurs secrets, vingt-trois ans après la chute du Mur.

 

« Je ne suis pas surpris par ces révélations, dit-il. Je fais confiance à la dictature de la RDA [pour avoir commis des choses pareilles]. Il n'y avait aucune liberté d'opinion, pas d'Etat de droit. Aucune possibilité qu'un individu puisse résister à l'Etat. Toutes les conditions étaient réunies pour que ces tests puissent se dérouler à l'insu des patients, afin de satisfaire une dictature assoiffée de devises occidentales. Le Parti et l'Etat étaient pour cela prêts à mettre à disposition leur propre peuple. »

 

Cet homme a lutté toute sa vie contre le régime communiste de l'Est. Le voilà perplexe, face à de nouveaux "méchants", les complices et les profiteurs de l'Ouest. Un chapitre ouvert en 2012, lorsque le géant suédois Ikea a dû reconnaître qu'il avait eu recours au travail forcé des prisonniers d'Allemagne de l'Est pour fabriquer ou assembler certains de ses meubles.

 

« La polarisation des années 1990 sur les méfaits de la Stasi doit maintenant être élargie aux responsabilités de l'Ouest, poursuit Roland Jahn. Celui qui traite avec une dictature doit savoir qu'il a affaire à des individus déterminés à piétiner les droits humains. Une commission d'enquête va établir les responsabilités : quelles ont été les motivations des médecins - peut-être certains ont-ils cru bien faire ? Et que savaient les firmes occidentales ? »

 

Les groupes pharmaceutiques, de fait, sont sur la défensive. Sont-ils prêts à ouvrir leurs archives à la commission d'enquête ? Prêts à financer les recherches des historiens ? Ont-ils un message à adresser aux personnes ayant servi de cobayes ? Aux questions du Monde, Stepán Krácala, porte-parole de Roche à Bâle, n'a voulu répondre que par courriel :

 

« Tout d'abord, je vous remercie pour votre demande. Les règles, les principes ainsi que les directives imposant un haut niveau éthique dans la conduite des activités de recherche et développement ont une importance particulière chez Roche. C'est pourquoi nous allons regarder en détail et rechercher bien les cas des études cliniques concernées. Nous prévoyons, par exemple, de lancer des recherches dans nos archives. Néanmoins, nous croyons qu'il est essentiel que le contexte scientifique des années 1980 soit pris en compte. (...) Les standards scientifiques de cette époque ne correspondent plus aux standards actuels. Les méthodes de recherche et développement d'aujourd'hui sont soumises à des règles beaucoup plus sophistiquées et nous nous réjouissons de cette évolution. Meilleures salutations. »

 

La réponse de Novartis, par courriel, elle aussi, présente des similarités troublantes. Même insistance sur les standards actuels, qui répondent aux plus hautes exigences éthiques, même volonté de contribuer à l'enquête à condition qu'elle soit « indépendante, scientifique et centralisée ».

 

DES TESTS SELON LES RÈGLES ET LES LOIS DE L'ÉPOQUE

 

Cette enquête, c'est Volker Hess, l'historien en chef de l'hôpital de la Charité, à Berlin-Est, qui va la mener, dès le 15 juin et pour deux ans et demi. Sans enthousiasme exagéré.

 

« La folie médiatique récente n'est pas tout à fait compréhensible, dit-il. Ces tests, on en entendait déjà parler au début des années 1990. Il y a même eu à cette époque une commission du Sénat et de la chambre des médecins. Et aussi plusieurs émissions de télévision.

 

- Pourquoi avoir attendu si longtemps pour lancer une enquête ? L'Allemagne est pourtant un pays qui a l'habitude de fouiller dans son passé...

 

- C'étaient des essais cliniques de médicaments, pas des expérimentations sur des êtres humains ! Ces tests ont suivi les règles et les lois de l'époque, qui étaient mauvaises partout dans le monde. Il ne faudra pas les juger avec les standards d'aujourd'hui.

 

- Mais une enquête est tout de même nécessaire ?

 

- Oui, parce que personne n'avait idée de la masse de tests qui ont eu lieu, près de 600. Dans quelques cas, ces tests semblent avoir heurté les spécifications normatives. La question à éclaircir est de savoir si ces cas individuels étaient des exceptions, des valeurs aberrantes, des extrêmes, ou s'ils ont eu un spectre plus large.

 

- Et cela ne pose pas de problème que vous soyez rattaché à la Charité tout en étant chargé d'une enquête qui pourrait in fine nuire à la réputation de la Charité ?

 

- Le travail du groupe de recherche sera encadré par un conseil scientifique indépendant, dans lequel nous avons invité un chercheur français du CNRS."

 

La Charité, à Berlin, est un hôpital très particulier. D'abord, c'est le troisième plus grand au monde, avec 3 200 lits et 13 000 employés. Ensuite, il se déploie dans un immense parc arboré du centre-ville en plusieurs dizaines de bâtiments, certains ultramodernes, d'autres en brique rouge du XVIIIe siècle, époque où les spectateurs de son ravissant théâtre anatomique pouvaient admirer plus de 200 dissections de cadavres par an.

 

Enfin, il fut un symbole de Berlin-Est, avec le Mur qui, en 1960, fut construit juste sous ses fenêtres. Lesquelles seront murées, pour éviter sans doute que des patients ne passent à l'Ouest.

 

La Charité possède son propre musée. Pour 7 euros (âmes sensibles s'abstenir), on y admire des centaines de crânes et de scalpels, des couveuses qui ressemblent à des Trabant, une très jolie collection de calculs rénaux multicolores et surtout d'innombrables bocaux de formol, certains du fameux docteur Rudolf Virchow (1821-1902) et d'autres plus récents, qui contiennent des coeurs, des rates, des lambeaux de peau rongée par la lèpre, des vésicules ou des nouveau-nés, certains siamois, d'autres hydrocéphales. L'un d'eux, étranglé par son cordon ombilical, date de 1987. C'était l'époque où les pédiatres de la Charité se sont livrés, pour le compte de l'entreprise ouest-allemande Boehringer Mannheim, à des tests sur des prématurés qui consistaient à leur injecter de l'EPO, le produit dopant des sportifs.

 

Soudain, après une brigade de médecins portant monocle et haut-de-forme, on tombe sur quatre panneaux troublants. C'est la période nazie, et l'autocritique est cinglante.

 

« Après 1934, les médecins allemands ont plutôt bien accepté l'idéologie nazie d'élimination des faibles et des malades (...) pour créer une race pure. Ils ont peu protesté contre l'éviction de leurs collègues juifs et sont devenus les sbires du régime, en pratiquant la stérilisation et le meurtre (70 000 personnes euthanasiées en 1941 déjà). En même temps, certains ont profité de la situation pour mener des expériences sans le consentement des patients. »

 

Et là, une photo : le pathologiste berlinois Berthold Ostertag, né en 1895, pose fièrement devant un enfant handicapé de moins de 10 ans qu'il vient d'euthanasier et de disséquer. Cet homme a terminé tranquillement sa vie à Tübingen en 1975, médaillé de l'ordre fédéral du Mérite pour ses travaux de neuropathologie.

 

Quelques mètres plus loin, changement de ton. Le musée raconte les prouesses de la Charité sous la RDA. "Cet hôpital a joué un rôle important pour la confiance en soi et l'indépendance médicale du pays, peut-on lire. Malgré les circonstances, il a offert d'excellentes conditions à ses patients et ses chercheurs. Il a permis des progrès importants pour la biologie moléculaire et cellulaire, la pathologie, la biotechnologie médicale, les maladies cardiaques, les transplantations, les organes artificiels et les sciences neurologiques."

 

Sera-t-il nécessaire de reformuler quelques écrits du musée après l'enquête qui démarre sur les tests pour des laboratoires de l'Ouest ? « C'est une question pour un futurologue, pas pour un historien », réplique sèchement Volker Hess, ajoutant qu'il y a entre les pratiques nazies et celles de la RDA une différence fondamentale : « Les patients est-allemands pouvaient espérer un bénéfice de ces tests. Que cela n'ait pas toujours été le cas est intrinsèque à une tentative de soin, non ? »

 

Dans le salon silencieux de sa maison villageoise, Herbert Bruchmüller, lui, se dit prêt à faire don au musée de la Charité de la boîte à moitié pleine de Spirapril qu'il conserve soigneusement sur sa bibliothèque depuis l'an de grâce 1989, qui a vu s'effondrer un pays appelé la République démocratique allemande.

 

ICI  

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU
commenter cet article
12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 06:00
Pierre Desproges « Quels sont vos héros ou héroïnes préférés dans la vie réelle ? » : Louis  Mermaz. Limogeons-le !
Pierre Desproges « Quels sont vos héros ou héroïnes préférés dans la vie réelle ? » : Louis  Mermaz. Limogeons-le !

Qui ne connaît le fameux questionnaire de Proust, (Le Questionnaire de Proust : les réponses de Charlotte Gainsbourg ICI  la réponse de Pierre Desproges, c’est tout lui.

 

En effet, qui connaît ou a connu, Louis Mermaz, fidèle porte-flingue de Mitterrand, dès la Convention des Institutions Républicaines, qui fut Président de l’Assemblée Nationale « rose » de 1981 et Ministre de l’Agriculture et de la Forêt dans le gouvernement de Michel Rocard.

 

 

Moi, bien sûr, puisque j’ai fait partie de son cabinet à la Présidence de l’AN en tant que conseiller-technique de 1981 à 1983, puis je fus son directeur de cabinet à l’Agriculture de 1990 à 1992. J’étais le rocardien de service, en mission, et je dois avouer, qu’en dépit de nos divergences, Louis Mermaz m’a toujours accordé sa confiance et, sur ce blog, je n’ai jamais fait état d’une quelconque critique à son égard.

 

Quand on accepte de servir il m’a toujours semblé malséant d’étaler sur la place publique ce genre de confidences. J’ai beaucoup appris et compris ce qu’était la Mitterrandie au contact de Louis Mermaz.

 

Cette réponse est extraite du volumineux et passionnant livre : Desproges par Desproges édition établie par sa fille Perrine et Cécile Thomas.

 

 

Les obsédés de Mézidon

 

« En septembre 1914, le haut commandement militaire à Paris décidait d’envoyer en disponibilité, dans la bonne ville de Limoges, une poignée de généraux qui ne donnaient pas satisfaction, soit qu’ils affichassent des sentiments germanophiles alors démodés, soit qu’ils courussent après les petites filles dans les sous-bois de Boulogne, ou, peut-être, pour d’autres raisons, que j’aurais pu connaître en téléphonant à Alain Decaux, mais ça sonne toujours occupé.

 

Toujours est-il que naquit le verbe « limoger ». C’était bien pratique d’avoir un verbe en plus dans le dictionnaire. Hélas, le conseil général de la Haute-Vienne (chef-lieu : Limoges, je ne vous le fait pas dire) vient d’adopter à l’unanimité « un vœu par lequel il demande au secrétaire d’Etat à la Culture d’user de son autorité  pour que le verbe « Limoger », blessant pour la ville de Limoges, soit proscrit du langage public »

 

On devra donc, à l’avenir, se contenter du verbe « virer », qui est malheureusement plus approximatif, mais qui n’a jamais fait de tort aux andouilles.

 

Par chance, on a toujours le droit d’être harassé à Arras, de canner à Cannes, de se faire castrer à Castres, d’avoir mal à la tête à Montcuq, et même d’être obsédé à Mézidon. »

 

Tapuscrit, collection particulière, 1er juin 1976.

 

 

Se faire limoger

Les expressions françaises décortiquées Expressio.fr

 

Pour un officier, se faire relever de son commandement.

Par extension, pour une personne ayant des responsabilités, être mis en disgrâce ou être frappé d'une sanction disciplinaire (mise à la retraite, révocation, licenciement...)

 

Origine

 

Beaucoup de gens savent que le verbe 'limoger' est issu du nom de la ville de Limoges.

 

Mais cette origine est-elle justifiée et quelle est la véritable histoire du limogeage ?

 

Au début de la guerre de 14-18, le général Joffre (Lien externe) doit résoudre une crise importante dans le haut commandement de l'armée française. Il écarte alors de nombreux hauts gradés de leur poste. C'est de cette disgrâce que naît le verbe 'limoger'.

 

Le 15 août 1914, Joffre reçoit du ministre de la guerre Messimy un télégramme lui indiquant que, désormais, les officiers généraux pourront être mis à la retraite d'office sur simple rapport motivé du commandant en chef.

 

Ayant jugé que de trop nombreux généraux et hauts gradés, brillants en temps de paix, étaient des incapables au front, Joffre décide le 27 août que ces généraux faillibles doivent se retirer dans une localité de la 12e région qui, alors, englobe loin du front les département de la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne, et dans laquelle se trouve Limoges, entre autres.

 

Au moment où débute la bataille de la Marne, début septembre, 58 officiers sont d'abord renvoyés à l'arrière. Au total, en décembre, 40% des hauts gradés sont ainsi écartés de leur poste.

 

Selon certaines sources, tous ces officiers auraient été envoyés à Limoges, justifiant ainsi la naissance de ce qui était à l'époque un néologisme.

 

Mais selon d'autres sources, il paraît que sur les 150 à 200 officiers ainsi éliminés, il y en aurait finalement moins d'une vingtaine qui auraient été réellement tenus de séjourner dans la 12e région, et pas obligatoirement à Limoges même. Et comme cette zone géographique contient plusieurs autres villes importantes, les officiers auraient donc très bien pu se faire plutôt angoulemer, briver, guereter, tuller ou même magnac-lavaler[1].

 

Dans ce cas, c'est un peu abusivement que 'limoger' serait né en 1916.

 

[1] On aurait alors pu entendre le dialogue suivant :

« - Tu ne travailles plus à la fabrique de porcelaine ? Que t'est-il arrivé ?

- Je viens de me faire magnac-lavaler pour incompétence ! »

Ça le fait mieux, non ?

 

Voir Wikipédia Limogeage ICI

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:00
« Pourquoi ne peut-on plus parler de l’islam qu’en présence de son avocat ? » Jacques Julliard

Je suis né dans un pays confit de religion où le curé et le maître se partageaient la tutelle du petit peuple des paysans soumis, les  combattre, les remettre à leur place, les expulser  du champ public, fut pour moi un combat salutaire, alors vous comprendrez que je suis sidéré des positions de certains, dit intellectuels, face à l’Islam.

 

Le pire, et le moins connu, est sans conteste, François Burgat, que j’ai croisé à l’Université de Constantine où, grand admirateur du grand démocrate Boumediene, petit assistant besogneux et péremptoire, il a fait depuis sa pelote et son fonds de commerce d’islamologue.

 

Les affrontements sont violents, les menaces, y compris de mort, fleurissent sur les réseaux sociaux, nous excellons à nouveau dans l’exercice de la guerre entre factions.

 

Pour ce 11 novembre je me permets donc de proposer à votre lecture 2 textes qui font, le plus objectivement qu’il soit possible, le point sur ce sujet.

 

Tariq Ramadan : quelle mouche les pique?

 

7 novembre 2017 par Roger Evano

 

Que se passe-t-il ? Quelle agitation, soudain! François Bonnet commet un article sur « la croisade des imbéciles ». La rédaction de Médiapart semble en ébullition. Il est vrai qu'à travers les révélations sur le producteur Weinstein, Denis Baupin ou Tariq Ramadan les bouches s'ouvrent: les lieux de pouvoir sont aussi ceux d'agressions sexuelles. Une révolution des mœurs est en cours.

 

« Tariq Ramadan ne trouve pour sa défense qu'une plainte pour diffamation et subornation de témoin contre Caroline Fourest et déclare: "Il s'agit d'une campagne de calomnies qui fédère assez limpidement mes ennemis de toujours" et son bras droit parle d'un "complot sioniste international". Cette affaire, de viols supposés, met au jour des violences sexuelles et un antisémitisme répugnant. Quand on est journaliste ou intellectuel l'aveuglement est une faute. En l'occurence l'aveuglement ne porte pas sur la vie intime de Tariq Ramadan qui peut être cachée et donc ignorée, mais sur sa politique.

 

Comment T.Ramadan est-il devenu au fil du temps la parole la plus écoutée de la religion musulmane en France? Les responsabilités sont nombreuses dans les médias et elles ne sont pas seulement celles d'E.Plénel ou d'E.Morin. T.Ramadan a représenté pour des journalistes le type idéal. Jeune, beau parleur, maniant la langue française avec aisance, capable de tenir tête à beaucoup de contradicteurs et de provoquer quelques polémiques, synonymes d'audience. C'était un bon client. Il est devenu au fil de ses apparitions et de ses polémiques l'icône d'une partie des musulmans en mal de repères, la figure phare d'un islam modéré. Cette apparence faisait presque oublier qu'il représentait les Frères musulmans en Europe et leur volonté de conquête du vieux continent à leurs thèses. Il faut le rappeler que l'antisémitisme est enseigné chez les Frères, que leur but est l'installation d'un califat gouverné par la loi islamique. Finie la liberté de conscience et de pensée, au rebut l'égalité des hommes et des femmes, exit la laïcité, remplacée par l'instauration d'une théocratie autoritaire règlementant tant la vie publique que la vie personnelle. Parallèllement à l'audience de son leader se développait l'UOIF, filiale de l'organisation internationale des Frères Musulmans, qui dirige un cartel d'environ 400 associations en France et de nombreuses mosquées.

 

Pendant deux décennies, des médias ignorants ou inconscients ont permis que se développe ce courant islamique dit "modéré" alors que d'autres auteurs, opposés à leur propagande, n'avaient pas les mêmes tribunes . C'est le reproche que l'on peut faire à Plenel, à E. Morin et à beaucoup d'autres, d'avoir participé à mettre au-devant de la scène de la deuxième religion de France un type qui, avec habileté, maquillait ses objectifs pour ne pas affronter les valeurs qui fondent notre pays. De nombreux autres intellectuels musulmans restaient ignorés. L'on peut se demander pourquoi ils n'ont pas eu de débats ou de livres d'entretiens avec A. Meddeb (de son vivant), avec A. Bidar, ou F.Benslama sans parler de K.Daoud, M. Sifaoui, G.Bencheikh, S.Rushdie, D.Benhabib, Adonis et tant d'autres?. La seule réponse tient au fossé politique séparant les protagonistes. Pour T.Ramadan et les Frères musulmans l'objectif est une société régie par la loi islamique, tous les autres se donnent pour but de réformer l'islam pour qu'il soit compatible avec les libertés d'une société démocratique. Tous sont critiques de l'intégrisme musulman, de ses dérives djihadistes, de ses volontés hégémoniques. "Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela. Tu ne peux plus faire moins que ta révolution la plus complète. En te débarrassant méthodiquement de toutes les métastases de ton cancer religieux qui menace ta civilisation tout entière : fondamentalisme, intégrisme, radicalisme, antisémitisme, machisme, littéralisme, et tous les autres "ismes" de l'obscurantisme dont tu souffres aujourd'hui.." (Abdennour Bidar "Lettre ouverte au monde musulman" p.23). Ces paroles sont celles de musulmans dénoncés parfois comme " traitres à leur origine" (Vincent Geisser) ou à leur religion et sans craindre le ridicule, comme islamophobes.

 

Vous, les intellectuels et journalistes qui privilégiez les contacts avec Tariq Ramadan et sa mouvance, vous n'êtes pas devenus complices de viols. Mais vous êtes coupables d'avoir participé à la création de ce personnage et donné les couleurs de démocrate à quelqu'un qui ne l'est pas. Tariq Ramadan en compagnie d' E.Plénel ou d' E.Morin est plus présentable qu'aux côtés de Al-Qaradawi présentateur vedette de la chaine Al-Jazeera. Sur Canal+ Edwy Plénel a dit en 2015 qu'il n'avait "aucune divergence de fond avec lui (Tariq Ramadan)".

 

Un autre de mes désaccords tient au fait qu'après le massacre des onze journalistes de Charlie Hebdo, des policiers et des trois juifs de l'hyper cacher, votre protestation publique porta sur le thème de "l'islamophobie" et E.Plénel a participé à une conférence avec Tariq Ramadan. J'aurais préféré une conférence avec les rescapés du massacre et ceux que menacent les intégristes. Avec le recul, l'on peut mesurer l'énormité de la chose. Rokhaya Diallo qui avait été à l'initiative d'une pétition contre Charlie Hebdo, après l'incendie de ses locaux lors d'un premier attentat en 2011 fut même recruté par Médiapart. Il est des erreurs dont on doit s'expliquer.

 

La suite ICI 

 

 

Islam et laïcité : le schisme de la gauche

LE MONDE IDEES | 05.05.2016 par Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué

 

« Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe. Lorsque les gens auront compris que ce terme, c’est une arme contre la laïcité, peut-être qu’ils pourront laisser leur peur de côté pour dire les choses »

Elisabeth Badinter sur France Inter

 

« Nous sommes plusieurs à constater la montée d’un mouvement communautariste et racialiste, très organisé intellectuellement, face auquel nous sommes des enfants de chœur, dit Laurence Rossignol. Eux, ils font de la politique ; nous, on fait de l’humanisme à deux balles. »

 

Tweets, insultes, appels, actions en justice (ou simples menaces de plainte) font rage. « Pourquoi ne peut-on plus parler de l’islam qu’en présence de son avocat ? », provoque ­ Jacques Julliard dans Le Figaro. Sur les réseaux sociaux, les anathèmes se déclinent via les blocages d’abonnés ou des hadiths du Prophète, postés par des pratiquants, en guise de rappel à la loi.

 

De véritables campagnes sont lancées par des communautaristes pro-voiles contre les défenseurs de la laïcité, d’autant plus violentes lorsque ces laïcs sont eux-mêmes d’origine musulmane et taxés de « collabeurs ». Inversement, l’adversaire traque aussi chaque mot de ceux qu’ils appellent « les muses » (les musulmans). Une guerre virtuelle, parfois relayée par des extrémistes étrangers, et qui, comme la présence de gardes du corps autour de la journaliste franco-marocaine de Charlie Zineb El Rhazoui ou d’autres, vient rappeler que la violence du débat n’est pas seulement symbolique.

 

Les plateaux de télévision et les débats publics sont de plus en plus difficiles à composer : pas question pour certains de débattre avec l’ancien journaliste franco-algérien Mohamed Sifaoui, dont les chaînes d’information en continu raffolent à cause de ses propos péremptoires sur les musulmans. Impossible, pour d’autres, de discuter avec la féministe Rokhaya Diallo qui, avec son association Les Indivisibles, décerne des « Y’a bon Awards » à ceux qu’elle juge racistes (la plupart du temps, des militants laïques). Elle avait cosigné en 2011, après l’incendie de Charlie Hebdo, une pétition « contre le soutien » à l’hebdomadaire.

 

En mars, l’ingénieur – Mohamed Louizi, qui écrivait régulièrement sur Mediapart, a suspendu son blog. Il ne se retrouve plus dans « la ligne éditoriale, plus que complaisante envers l’islamisme et particulièrement envers les Frères musulmans, que défend notamment Edwy Plenel ». Dans le camp des « différentialistes », certains ont même proposé des réunions dites « paroles non blanches », organisées à ­Paris-VIII, et, en août, près de Reims, un « camp d’été décolonial » réservé aux personnes ­ « subissant à titre personnel le racisme d’Etat en contexte français ». Le 4 mai, un appel pour le droit à la non-mixité a été publié par Mediapart, signé entre autres par Eric Fassin.

 

Islam et laïcité : le schisme de la gauche

En savoir plus sur ICI 

 

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans écrits des autres
commenter cet article
10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 06:00
Il fait enfin un temps de pot-au-feu : vive les bas-morceaux ! Paleron, gîte, carotte, plat de côte, macreuse, basse côte, joue, queue, crosse, os à moelle…

Suivez le bœuf ! proclamait François Missoffe Ministre du général, celui même qui conseilla à Dany le Rouge, juste avant mai 68, lors de l’inauguration de la piscine de Nanterre, de s’y plonger pour calmer ses ardeurs sexuelles parce qu’il réclamait la mixité dans les cités universitaires.

 

 

Le peuple de râleurs que nous sommes n’en finit pas de se plaindre au bord des bars qu’il fasse froid. 3° ce n’est pas la Sibérie du goulag et, bordel  de merde, heureusement qu’il fait froid en novembre.

 

Sur mon vélo j’adopte la vêture oignon, Jean-Louis Etienne, l’homme des pôles, m’a appris qu’il fallait conserver sa chaleur interne. Je me couvre la tête avec mon miki breton ICI , mes moufles, une écharpe et c’est parti sur le bitume.

 

Pour moi, c’est un temps de pot-au-feu !

 

Le pot-au-feu ça tient au corps et c’est un plat peu onéreux puisqu’il ne se compose que de bas-morceaux boudés par la gaulois qui croient que le bœuf se résume aux 4 classiques : Faux-filet, Entrecôte, Rumsteak, Bavette d’aloyau.

 

Le pot-au-feu c’est un patchwork qu’énumère Hugo Desnoyer dans l’une de ses 8 recettes fondamentales pour les amoureux de la viande. Je vous les énumère, tout en soulignant que pour ma part, le pot-au-feu c’est du bœuf et rien que du bœuf. Si je suis ainsi c’est la faute de mon père qui, à chaque fois que Ratier le boucher – le camionneur marchand de charbon se dénommait Lebœuf – achetait un bœuf gras au pépé Louis il gratifiait mon père, grand-amateur de pot-au-feu avec une prédilection pour la queue de bœuf, de tous les morceaux ad-hoc. Donc, contrairement à maître Desnoyer point de veau dans notre pot-au-feu. Du pur bœuf !

 

-    Paleron de bœuf

-    Gîte de bœuf

-    Carotte de bœuf

-    Plat de côte

-    Macreuse

-    Basse côte

-    Jarret de veau

-    Joue de bœuf

-    Queue de bœuf

-    Crosse de veau

-    Crosse de bœuf

-    Os à moelle

 

 

 

Du côté des légumes je suis aussi puriste : carottes, navets des 2 couleurs violet et jaune, poireaux, oignons piqués de clou de girofle et surtout pas de pommes de terre.

 

Donc, ce mercredi j’ai fait du pot-au-feu en me limitant à deux morceaux du paleron et du plat de côte avec un os à moelle.

 

Hormis la pluche des légumes, y’ a pas beaucoup de boulot donc de temps à passer dans la cuisine. Le seul temps qui compte c’est celui de la cuisson. Au début faut un peu écumer.

 

 

Bref, bande de féniasses comme dit notre Président ce n’est pas ça qui va vous fatiguer ou vous empêcher de regarder vos conneries à la télé.

 

Tout à la fin, pour accompagner ma pitance bouchère je fais cuire du riz dans le bouillon que je nappe de crème fraîche crue.

 

Voilà c’est du chaud de la calorie économique, bon appétit et large soif !

 

 

le Pot-au-feu de Dodin-Bouffant de Marcel Rouff La Vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet, Société littéraire de France, 1920

 


« Il arriva enfin, ce redoutable pot-au-feu, honni, méprisé, insulte au prince et à toute la gastronomie, le pot-au-feu Dodin-Bouffant, prodigieusement imposant, porté par Adèle sur un immense plat long et que le cordon-bleu tenait si haut au bout de ses bras tendus que les convives, anxieux, n’en aperçurent rien tout d’abord. Mais quand il fut posé avec effort et précaution sur la table, il y eut plusieurs minutes de réel ahurissement. Le retour au sang-froid de chacun des convives se manifesta suivant des réactions et des rythmes personnels. Rabaz et Margot, mentalement, se morigénaient d’avoir douté du Maître ; Trifouille était pris d’un saisissement panique devant tant de génie ; Beaubois tremblait d’émotion ; quant au prince d’Eurasie, son sentiment oscillait entre le noble désir de faire duc Dodin-Bouffant, comme Napoléon voulait faire duc Corneille, une envie furieuse de proposer au gastronome la moitié de sa fortune et de son trône pour qu’il consentit à prendre la direction de ses fêtes, l’énervement de recevoir une leçon qui était cette fois parfaitement limpide, et la hâte d’entamer la merveille qui étalait devant lui ses promesses et ses enivrements.

 


Le pot-au-feu proprement dit, légèrement frotté de salpêtre et passé au sel, était coupé en tranches et la chair en était si fine que le bouche à l’avance la devinait délicieusement brisante et friable. Le parfum qui en émanait était fait non seulement de suc de bœuf fumant comme un encens, mais de l’odeur énergique de l’estragon dont il était imprégné et de quelques cubes, peu nombreux, d’ailleurs, de lard transparent immaculé, dont il était piqué. Le tranches assez épaisses et dont les lèvres pressentaient la velouté, s’appuyaient mollement sur un oreiller fait d’un large rond de saucisson, haché gros, où le porc était escorté de la chair plus fine du veau, d’herbes de thym et de cerfeuil hachés. Mais cette délicate charcuterie cuite dans le même bouillon que le bœuf, était elle-même soutenue par une ample découpade, à même les filets et les ailes, de blanc de poularde, bouillie en son jus avec un jarret de veau, flottée de menthe et de serpolet. Et pour étayer cette triple et magique superposition, on avait glissé audacieusement derrière la chair blanche de la volaille, nourrie uniquement de pain trempée de lait, le gras et robuste appui d’une confortable couche de foie d’oie frais simplement cuit au chambertin. L’ordonnance reprenait ensuite avec la même alternance, formant des parts nettement marqués chacune, par un enveloppement de légumes assortis cuits dans le bouillon et passés au beurre ; chaque convive devait puiser d’un coup  entre la fourchette et la cuiller le quadruple enchantement qui lui était dévolu, puis le transporter dans son assiette.

 


Subtilement, Dodin avait réservé au Chambertin l’honneur d’escorter ce plat délite. Un vin uni aurait juré avec quelqu’une des parties qui le composaient ; le Chambolle nuancé, complexe et complet, recelait dans son sang d’or rose assez de ressources pour que le palais y pût trouver à temps, suivant la chair dont il s’imprégnait, le ton nécessaire, la note indispensable… »

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents