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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 00:09

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Le sanglier, la seule fois que je l’ai vu chassé c’était dans la forêt de Chambord lors d’une chasse du Ministère organisée par l’ONF. J’accompagnais les rabatteurs, des lycéens du lycée agricole de Vendôme « Gestion des Milieux Naturels et de la Faune ». Le prélèvement annuel dans la population des sangliers est une nécessité pour préserver les équilibres de la forêt. Les chasseurs qui étaient postés derrière des panneaux végétaux ne pouvaient tirer, vers l’aval, qu’à partir d’un coup de trompe et cesser à un nouveau coup  de trompe.


En revanche je n’ai jamais assisté au dépeçage du sanglier. C’est pour cette raison que je vous propose de lire ce qu’écrit Aurélien Bellanger dans son roman « L’Aménagement du territoire » prix de Flore.


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En scène : André Taulpin, le patriarche, un Francis Bouygues illuminé, et les deux enfants de son beau-frère Pierre et Yann Piau. Ce dernier « excellent tireur invité dans l’une de ses chasses les plus giboyeuses et accompagné de ses meilleurs veneurs, avait comme prévu abattu un sanglier, d’une balle en pleine tête, et lui avait apporté dans l’heure. »


Âmes sensibles s'abstenir ! Surtout de visionner la vidéo ci-dessous.


« La bête était à présent suspendue au plafond de la salle de découpe du château par des crochets qui passaient derrière les tendons de ses pattes arrière.


Pierre était arrivé presque en même temps qu’elle.


« Cher Yann, vous me seconderez. Cher Pierre, ne perdez pas une goutte du spectacle. Je suis comme un vieux chirurgien au faîte de sa carrière,  après des centaines d’opérations, dont un certain nombre conduites en plein champ de bataille dans des conditions d’inconfort extrême. Car l’éviscération du gibier doit être presque immédiate, surtout si la blessure fatale est intervenue au niveau du  ventre – ce qui n’est ici heureusement pas le cas. Dès  la première heure, le ventre de la bête gonfle et les bactéries prolifèrent. L’intestin perd son étanchéité. Tout va alors très vite, et la viande, en seulement deux ou trois heures, devient inconsommable – on parle d’un million de bactéries par gramme de viande souillée. Par bonheur, nos ancêtres nous ont légué des techniques de conservation d’une robustesse à toute épreuve. Prenez note de la précision de ces gestes ancestraux. »


Taulpin commença à trancher, d’un geste sûr, les testicules du sanglier, puis il incisa l’abdomen. Les poils foncés s’écartèrent, laissant apparaitre un univers beaucoup  plus propre, fait d’organes irisés et brillants. La bête, déjà vidée de tout son sang était lumineuse et précise. Le vieillard sectionna le morceau de cartilage qui unissait les deux parties du bassin et le fit jouer comme une charnière, afin  d’accéder aux entrailles. Il retira la vessie et se mit à couper les membranes dentelées qui retenait l’intestin ; celui-ci glissa doucement jusqu’à une bassine, expulsant avec lui l’estomac hors du corps. L’étape suivante, l’une des plus délicates, consistait à détacher, à la pointe du couteau, la vésicule biliaire sans la percer. Venaient ensuite le foie, les reins, les poumons et le cœur.


« Même les spécialistes de l’anatomie mettraient quelques secondes à  déterminer l’origine, animale ou humaine, de ces nobles organes. Nous frôlons ici les terres dangereuses de l’homicide et de l’anthrophagie, dit-il en regardant Pierre. Tenez, ajouta-t-il en tendant  le foie, les rognons et le cœur à Yann,  réservez cela pour nos invités de ce soir, qui auront l’honneur de les déguster poêlés et accompagnés d’une sauce aux échalotes et à la gnôle. Je vais aussi vous demander de prendre le relais. »


André Taulpin, épuisé, dut s’asseoir pour assister à la fin des opérations.


Yann enfila des gants en maille et, jouant avec un couteau dans la couche graisseuse qui séparait les muscles de la peau, dépeça l’animal avant de le décapiter et d’attaquer, à la scie, un pénible travail de découpe à travers la colonne vertébrale. Enfin l’animal se sépara en deux parts égales qui oscillèrent un instant, avant d’entamer un double mouvement de torsion symétrique.


« Jeune homme, c’est du beau travail. Quant à vous, mon cher Pierre, j’espère que cela vous aura éclairé. La découpe des êtres vivants, contrairement aux pénibles leçons des écologistes, est un processus très pur et très beau, qui n’a rien de barbare. C’est depuis des millénaires l’un des actes les plus achevés de notre civilisation. »


Les abats furent soigneusement cuisinés pendant que les trois hommes se préparaient, en se lavant les mains aussi minutieusement que s’ils avaient commis un crime, Yann Piau et André Taulpin par application des procédures d’hygiène cynégétique, Pierre avec un étrange sentiment de culpabilité. »


[…] L’arrivée du ragoût d’abats de sanglier à la gnôle, parfaitement assorti à un romanée-conti de 1971, détendit l’atmosphère du dîner. »


Une seule question pour les grands amateurs : est-ce que vraiment une romanée-conti 1971 va bien au teint d'un ragoût d'abats de sanglier ?


Credit photo link


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 26 novembre 2014 3 26 /11 /Nov /2014 00:09

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C’est un court récit de Didier Daeninckx édité chez Verdier Retour à Béziers. Houria, à sa retraite, aussi épaisse qu’un fil à couper le beurre 917 euros, quitte Montreuil pour revenir à Béziers la ville de son enfance. Elle trouve facilement à se loger dans un immeuble haussmannien avec vue sur les Champs Elysées biterrois, les allées Paul-Riquet. Ensuite le choc est rude : il ne reste plus grand-chose de l’ancienne capitale du Midi viticole…


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L’extrait ci-dessous est intéressant car il éclaire bien l’antagonisme violent qui explique beaucoup de prises de position futures loi Evin compris.


Françoise l’interrompit.


-          C’est sa marotte qui le reprend… Depuis qu’il a décidé d’être abstinent, il ne parle plus que de vin!


Il avait soupiré mais on voyait que leur numéro était bien réglé.


-          Pour ce que je buvais ! Personne ne peut nier que c’est le jus de treille qui a fait l’immense richesse de Béziers. Les immeubles des allées Paul-Riquet, les châteaux pinardiers de la rue de la République, les halles, le théâtre, la gare de triage, la Caisse d’Épargne ! Tout vient des alignements de ceps qui striaient le paysage ! Jusqu’à la guerre de 14 qui a, elle aussi, été source de profits quand le pipeline de gros rouge alimentait les tranchées. Il pèse bien 10% du sang répandu à Verdun sur le chemin des Dames… Cette ville est bâtie sur le crime ! Tenez, lisez ce texte, il date seulement de 1961, vous n’allez pas en croire vos yeux !


J’ai saisi la feuille pliée de la Dépêche du Midi où se détachait en lettres grasses le titre « S.O.S ». L’article que j’avais sous les yeux était signé d’Émile Claparède, ancien ministre, sénateur, maire de Béziers, et avant tout président du Comité national des Vins de France :


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La défense de notre boisson nationale est devenue une nécessité vitale, impérieuse. Au départ, en novembre 1954, la lutte anti-alcoolique avait été organisée dans un esprit louable. Ensuite, beaucoup plus récemment, les coups les plus durs – des coups bas – furent portés au vin. De tels moyens étaient déjà inadmissibles, révoltants. Aujourd’hui la situation s’aggrave considérablement. Le vin, selon certains, ne serait plus UN des facteurs de l’alcoolisme, mais le SEUL responsable du fléau. Il est temps de réagir énergiquement contre de telles aberrations. Il faut, sans plus attendre, mettre en place, avec des moyens puissants, une véritable « force de frappe » qui touchera les masses. C’est alors, mais alors seulement, que triomphera la vérité, celle que criait avec autorité et bon sens, sous la IIIe République le président Raymond Poincaré : « Mais is le vin était nuisible, eh bien !on le saurait. On le saurait depuis les Latins, depuis les Grecs, depuis Homère, depuis la Genèse… C’est un très vicieux procès. C’est un procès jugé depuis Bacchus. » Croyez-moi, amis vignerons, et vous tous qui vivez du produit de la vigne : la vague anti-vin se développe de façon très inquiétante. Il est relativement facile de l’endiguer. Mais attention il n’y a pas une minute à perdre.


Jean-Claude s’était rapproché pour lire par-dessus mon épaule.


-          C’est incroyable, non ? Ils ont organisé des caravanes de promotion de la boisson hygiénique » dans toutes les fêtes de village, au moment du Tour de France, sur les plages. Résultat, des cirrhoses du foie comme s’il en pleuvait… »

 

Photos extraites de La caravane publicitaire VINS DE FRANCE link


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 25 novembre 2014 2 25 /11 /Nov /2014 09:18

Depuis que le Tribunal de commerce de Paris a homologué le  plan de continuation, entraînant la clôture de la procédure de redressement judiciaire d’Héraclès, société faîtière du groupe 1855 - CHATEAUONLINE - CAVES DE LA TRANSAT - CAVE PRIVÉE ! J’entends certains pousser des cris d’orfraies, parler même de journée noire de l’e-commerce.


Il faut savoir raison garder la clôture de la procédure de redressement judiciaire n’éteint en rien les autres procédures judiciaires. En effet, c’est Héraclès lui-même qui, en octobre 2013, s'était placée sous la protection du Tribunal de Commerce de Paris afin de mettre en place « un plan de traitement global et équitable des derniers clients attendant des Bordeaux Primeurs. »


Le Tribunal de commerce de Paris a donc homologué ce  plan de continuation et avec le soutien de son partenaire financier historique Héraclès « estime qu'elle a désormais l'opportunité de reprendre sereinement le développement de l'activité de vente de vins des différentes marques du groupe »


Et c’est là qu’il faut faire la part entre le traitement du passé et l’activité de ce groupe.


Sur le premier point il faudra vérifier si Héraclès a vraiment apporté « une solution permettant à tous les clients concernés d'obtenir soit le remboursement intégral et progressif du montant de leur commande, soit une livraison garantie d'une sélection de vins de Bordeaux de qualité ». Selon les intéressés : « À ce jour, plus de 500 clients concernés ont choisi une livraison de vins en remplacement de leur commande initiale de Bordeaux Primeurs. »


Affaire à suivre !


Pour l’avenir, en dépit du bel optimisme affiché par les petits génies de l’e-commerce de 1855 and Co reste pour eux à rétablir avec leurs clients le lien de confiance quelque peu effiloché. De plus, à eux aussi d’être en capacité de faire des offres crédibles et attractives par rapport à leurs concurrents de l’e-commerce.


L’avenir des marques d’Héraclès est donc entre les mains à la fois de ses clients et de ses fournisseurs.


Aux premiers je dis tout simplement : donnez-moi 1 bonne raison d’aller acheter votre vin chez 1855 - CHATEAUONLINE - CAVES DE LA TRANSAT - CAVE PRIVÉE ?


Aux seconds, je ne dis rien, à eux de juger de l’opportunité de commercer avec les marques du groupe Héraclès.


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Bref, dans ce genre d’affaire, un homme averti en vaut deux alors :

 

Apprenez que tout flatteur


Vit aux dépens de celui qui l'écoute :


Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.


Le Corbeau, honteux et confus,


Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.



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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 25 novembre 2014 2 25 /11 /Nov /2014 00:09

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Dans une chronique du 21 novembre 2014 Jamie Goode s’interroge « Whatever happened to wine journalism? »link


Certes Jamie Goode est anglais, docteur en biologie végétale, mais comme d’entrée il cite Sartre, l’homme de l’enfer c’est les autres « In his play No Exit, Jean-Paul Sartre outlines a vision of hell. It consists of three people who don’t like each other confined together for eternity» et que du vin on en trouve un peu plus de ce côté-ci du Channel, son point de vue mérite qu’on s’y arrête un instant car il met en lumière l’une des ambiguïtés de la presse du vin.


En effet, lui qui s’estime être un journaliste du vin, c’est-à-dire quelqu’un qui aime visiter des vignobles, prendre son temps, le temps rencontrer des vignerons pour écrire des histoires, de goûter des vins tranquillement, soit tout le contraire d’un critique de vin qui lui reçoit des échantillons dans un bureau ou va déguster, à Bordeaux ou ailleurs, à la chaîne pour pondre des brèves notes de dégustation accompagnées de notes chiffrées sur 100pts, a peur d’être aspiré par ce modèle dominant et ça le déprime.


« And instead of spending time in the vineyards, getting to grips with the culture of a wine region, I’ll be stuck in an air-conditioned office, tippy tapping into my laptop as I work through a flight of 120 Douro reds before lunchtime. Welcome to my version of wine hell. »


Comme je le comprends!

 

À qui la faute ?

 

Au modèle Parker dominant ?


Sans aucun doute mais, à mon avis, pas que. Le journalisme du vin, tel que défini par Jamie Goode, doit aussi se pencher sur sa part de responsabilité dans la désaffection de son lectorat. Cette remise en question des lignes éditoriales suivies, de certaines proximités avec les annonceurs, de la pertinence de certains contributeurs, d’un certain mélange des genres, me semblerait salutaire à l’heure où la presse du vin, comme le presse tout court, ne jouit pas d’une santé très florissante.


Quant au fameux modèle Parker on peut légitimement se poser la question : survivra-t-il au maître qui a passé la main en cédant son entreprise tout en continuant à peser encore de toute sa notoriété sur la critique du vin ?


Nul ne le sait et l’espoir de Jamie Goode de voir ce modèle régresser du fait de la foultitude de critiques, qui se bousculent au portillon sans avoir la notoriété de Parker, ainsi que l’inflation de leurs notes, me semble vain.


« But in this increasingly competitive wine critic landscape, an important part of the model is that your score appears in marketing material such as shelf-talkers and bottle stickers. It’s one of the ways that you build your brand. The irony fo this is that most consumers have never heard of most of the many critical voices – it’s the score they notice. And the score that will be used in this context is invariably the highest. This creates an upwards pressure on scores, and soon we will be running out of points. The situation is particularly bad in Australia, where even a modestly good wine is ranked in the mid-90s by the leading critical voices. »


Certains vont m’objecter que ce qu’écrit Jamie Goode ne concerne pas la presse du vin en langue française où la césure entre notateurs et écrivains du vin n’est pas aussi nette. Je suis tout prêt à en convenir mais n’est-ce pas là aussi une des raisons du peu d’audience dont bénéficie cette presse comme du poids très relatif des notes de nos critiques dans les décisions d’achat du plus grand nombre des consommateurs ?


Bien évidemment Internet est pour beaucoup dans ce phénomène. Le consommateur avisé peut aller chercher des informations sur la Toile, les croiser et se faire une opinion personnelle mieux fondée que le pur suivisme de notateurs. Et la situation de la presse du vin en France, ne vivant que de publicité et d’organisation de salons ou d’évènements lucratifs, ne s’améliorera pas tant que le traitement sur le Net ne sera qu’une simple transcription de ce qui se faisait avant dans la presse papier.


Les blogueurs vin de langue française, se contentant de se caler sur le modèle existant, n’ont pas effectué une percée notable sur la Toile eux aussi et leur contribution au renouvellement de la presse du vin et de la critique est infime.


Alors l’horizon d’une vraie presse du vin, indépendante et suivie, est-il totalement bouché en France  comme chez nos voisins ?


Je ne le pense pas car beaucoup de nouveaux arrivants sont friands de contenu. Pas le énième reportage sur la saga de Tartempion ou de Tartemolle, ni des papiers recyclés pour des numéros spéciaux vin de la presse généraliste sous-traités aux 2 boutiques qui ont encore pignon sur rue. Aborder de vrais sujets, même ceux qui fâchent, les traiter avec rigueur, ouvrir des perspectives, intégrer bien mieux que par les éternels accords mets&vins les autres produits de bouche dans le monde du vin.


S’ouvrir quoi !


Le confinement et l’entre-soi du monde du vin français est source de confusion qui pèse sur la crédibilité des notateurs-prescripteurs. Dans ce domaine il ne suffit pas de plaidoyer pro-domo ou de bordées d’insultes à l’endroit de quiconque ose faire entendre une opinion discordante pour rétablir la confiance dans l’indépendance de certains critiques

.

Investigation vous avez dit investigation ?


Triste époque que la nôtre que de voir se pavaner des laquais… Oui je préfère être traité de grouillot de Michel Rocard par un courageux anonyme sur le blog du bedeau d’Hubert et, que je sache, être à la retraite n’est ni un choix, ni une tare, un fait tout simplement… Après cela il ne faut s’étonner  de voir nos hommes publics abaisser le débat au degré zéro car ils satisfont une demande d’une part de nos concitoyens.

 

Le 23 novembre Jamie Goode complète sa chronique Wine critics and wine writers

 

“There’s been a lot of response to this article, so I thought I’d attempt to clarify my stance here”.link 

 


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 24 novembre 2014 1 24 /11 /Nov /2014 00:09

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Dans cette chronique mon objectivité « reconnue et légendaire » va être prise en défaut : Catherine d’abord ma voisine car née sur un arpent de la Vendée militaire où coule le Muscadet fut d’abord mon intervieweuse de choc pour la Tribune à propos du rapport éponyme, elle me tira même le portrait, avant d’émigrer dans les vignes à Saint-Drézéry dans cet Hérault macho – souvenir du bougon  des cépages son perfecto, ses ray-ban, ses santiags et son double langage – est aujourd’hui une grande amie au sens de Montaigne et de La Boétie.


Catherine c’est Catherine Bernard en sa Carbonnelle où j’ai eu cette année le plaisir de pique-niquer, dans l’obscurité, au milieu de ses vignes, afin de finaliser et de porter son nouveau projet : sa cave ouverte à tous les vents.link


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Comme j’ai, contrairement à elle, un égo surdimensionné, Catherine me voue une reconnaissance éternelle, qu’elle renouvelle chaque année, puisqu’elle élabore une cuvée Vin de France en rosé.


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Je m’enivre de mon propre encens alors que notre Catherine fait une entrée remarquée dans la Bible des naturistes : la saison 2 des Tronches de Vin. Consécration suprême pour elle que de recevoir l’onction du Pape des vins nus Olivier Grosjean, dit Olif pour les intimes de son blog jurassien, aussi vieux que le mien.  


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Bien sûr je ne déflorerai pas les lauriers tressés par notre Olivier à Catherine me contentant de dévoiler un énorme scoop : à Montaud grâce à plusieurs plantiers de terret bourret, cépage autochtone languedocien, Catherine va revenir à ses amours de jeunesse faire du blanc, enfin !


Donc, comme vous pouvez vous en douter c’est officiel, Tronches de vin 2 – le guide des vins qu’ont d’la gueule sortira dans toutes les bonnes librairies le 13 mars 2015 !


Au menu :


-         120 portraits inédits de vigneron-ne-s issu-e-s de quelque 12 pays différents,


-         un sixième auteur : Patrick Böttcher, amoureux fou des Vins Libres, j’atteste !


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-         un préfacier qu’a d’la gueule Jonathan Nossiter, réalisateur de Mondovino ou, plus récemment, de Résistance Naturelle, suis pas très fan…


-         un carnet de cavistes très largement consolidé, avec plus de 250 adresses en France, en Europe et dans le monde,


-         une nouvelle couverture  toujours conçue et réalisée par Michel Tolmer himself… et pas mal d’autres surprises !


Vous avez la possibilité de précommander dès à présent un ou plusieurs exemplaires de notre ouvrage, en téléchargeant et renvoyant ce bon de souscription ICI link


Vous bénéficierez ainsi d’un tarif préférentiel (17 euros franco de port, contre 22 euros) et contribuerez directement au succès de ce deuxième opus !


Souscrivez, souscrivez, faites du crownfunding c’est très tendance, ouvrez les cordons de votre bourse largement, placez votre argent dans l’éloge des vins nus vous pourrez ainsi dire à vos petits enfants émerveillés : j’en étais !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 23 novembre 2014 7 23 /11 /Nov /2014 07:00

L’opération mobilisation des réseaux de gauche pour faire voter massivement Juppé à la primaire de l’UMP fut baptisée, à mon instigation : « opération Chartrons ». Je convoquai ma fine équipe vendredi soir au Lapin Blanc rue de Ménilmontant. Prévenus ils étaient tous en jeans et perfecto, des vrais loubards d’opérette versus 9 cube. Claire nous fit du Parmentier de canard et nous nous rinçâmes abondamment au Lestignac. Comme amuse-bouche nous visionnâmes la prestation de Sarko devant les militants du Sens Commun. Avant la projection je gratifiai mes troupes d’un petit speech qui fut très apprécié.


Mes chers collègues,

 

Pour ne rien vous cacher j’ai bu du petit lait…


Rires


Façon de parler bien sûr… Comment aurais-je pu ne pas goûter avec délice la performance de notre Ex ? Notre matamore nous a gratifiés d’une prestation quasi-unique dans l’histoire des meetings politiques. Exceptionnel que de découvrir enfin sous le petit Sarko une pauvre baudruche à la Benito, dégonflée en moins d’une minute chrono, le coup de ce pauvre Conducator Nicolae au balcon de son immeuble bunkérisé, éberlué par l’audace de la piétaille…


-         Z’êtes chaud bouillant patron !


-         Normal je suis amoureux Stéphane… Énorme jouissance que de voir notre Nico, le mec au karcher, tétanisé par la pugnacité des énervés de son camp, soudain paniqué face à la bronca, « abolition, abolition… », qui perd pied et qui, croyant se sauver, tout à trac lâche tout, plie ses petits genoux cagneux, concède, se couche. Dans son langage de maquignon qui se croyait madré il s’humilie. S’enfonce. Coule…

 

-         Ok mais la bête n’est pas morte chef. Elle n'en est que plus dangereuse.

 

-        Bonne remarque, ne nous laissons pas aller au péché mignon de notre proie : la suffisance. Rien n’est jamais gagné avec lui. Même à terre il mord. Nous pouvons faire confiance dans la capacité de cet homme à utiliser toutes les astuces, les plus grosses ficelles de la communication marchandisée, pour séduire, plaire. Certes il s’essouffle, toujours aussi agité il lasse et surtout il perd de plus en plus le contrôle de lui-même. Ses points faibles nous les connaissons mais l’important pour nous est de repérer les traîtres en puissance, ceux qui quitteront le navire à la première voie d’eau. Comme notre bateleur raille en permanence ses « amis » bien plus que ses ennemis, tous des cons, des nuls, lui le beau, l’élégant, qui a une belle gonzesse, le petit rouleur de mécaniques sur talonnettes portant des costards griffés qui se croit bien sapé alors qu’il n’a pas plus d’allure qu’un pingouin pataugeant sur une banquise molle. Nous jouerons le centre d’accueil et de recyclage des déçus du petit Nico. Je suis persuadé qu’ils ne vont pas manquer…


 

-         Le pingouin sur la banquise celle-là je la replacerais… Patron on peut faire les fonds de chiottes ?


 

-         Tout est permis mais moi seul décide des suites à donner à la collecte. Compris ! Pour l’heure jouons dans la cour des culs bénis et balançons dans les présentoirs d’églises des feuilles de choux où nous nous offusquerons qu’un mec, qui collectionne les divorces, trois femmes au compteur, des enfants en pagaille, vienne nous faire la morale sur le mariage socle de notre société pour plaire à ceux qui croient en son indissolubilité. J’ai pondu un édito au vitriol « mariage outragé, mariage brisé, mariage martyrisé. Ça devrait plaire aux chaisières…


 

-         Ouais je trouve que ça a un petit côté film de Jean-Pierre Mocky avec Bourvil qui pillait les troncs en soutane…


 

-         Un peu de sérieux, pour l’heure la tendance est bonne pour nous puisque dans le sondage Odoxa pour i>Télé et Le Parisien/Aujourd’hui en France d’aujourd’hui : 63% des sympathisants UMP, contre 73% il y a un mois, souhaitent voir Nicolas Sarkozy élu à la présidence de l’UMP, contre 31% (+5) qui préfèrent Bruno Le Maire et 5% (+4) Hervé Mariton (1% sans opinion). Auprès de l’ensemble des Français, Bruno Le Maire dépasse largement Nicolas Sarkozy : 48% contre 34%, tandis que 12% préfèrent Hervé Mariton (6% sans opinion), pour cette élection à laquelle ne participent toutefois que les adhérents de l’UMP (et non les sympathisants).


La cave du Lapin Blanc termina sa nuit à sec même que sur le coup de trois heures du matin une brave patrouille de la Territoriale pointa son museau enfariné dans le terrier. Elle fut accueillie par un mur de cartes tricolores qui la fit refluer dans un désordre penaud. Je bloquai tout ce petit monde pour leur offrir une tournée de bulles. Nos collègues en uniforme levèrent le siège à 5 heures et ils raccompagnèrent Claire chez elle avec leur voiture de service. En cette soirée je pense avoir bien contribué à la compréhension entre notre belle jeunesse et la Police nationale.


De retour at home face à un café brûlant je fis part à Émilie d’une proposition qu’elle accueillit avec une grande stupeur. Après l’avoir prévenu, qu’en dépit de mon taux d’alcoolémie élevé, mes propos étaient tout ce qu’il y a de sérieux, je déclinai mon projet :


-         Je suis marié…


-         Oui je le sais


-         Je suis marié devant le maire…


-         Rien de très original.


-         J’en conviens mais je ne suis pas passé devant le curé.


-         Ça n’est pas obligatoire.


-         Bonne remarque mais ça m’ouvre une perspective…


-         Laquelle ?


-         De te mener à l’autel.


-         C’est quoi ce délire ?


-         Je veux faire avec toi un mariage en blanc…


-         Un mariage blanc ?


-         Non, en  blanc, tu sais une belle robe de mariée avec un voile, une traîne et tout le toutim.


-         Tu es cinglé !


-         Non très sérieux. Je suis allé voir le curé de Saint-François Xavier dans le 7e et tout est au carré.


-         Je refuse !


-         Tu ne peux pas Émilie !


-         Pourquoi ?


-         Les faire-part sont déjà expédiés.


-         M’en fiche !


-         Ne monte pas sur tes grands chevaux même si ça te va bien. Ce mariage ne t’engage en rien. Le soir même après la fête tu seras libre comme l’air…


-         Alors pourquoi tout ce cirque ?


-         Pour faire une grande fête pour que je puisse tirer ma révérence en beauté.


-         Et pourquoi veux-tu tirer ta révérence en beauté ?


-         Parce que je t’aime comme un dingo Émilie !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 23 novembre 2014 7 23 /11 /Nov /2014 00:09

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Sur cette photo de classe de l’école Sainte-Marie à la Mothe-Achard, avec le frère Pothin, en 1957, j’avais donc 9 ans, beaucoup de mes petits camarades, une bonne dizaine, fils de paysans disparaissaient de l’école lorsque les bras manquaient à la ferme. Nous, les gars du bourg, nous ne nous en étonnions pas car pour beaucoup de parents en ce temps-là aller à l’école c’était perdre son temps et les temps étaient durs en ces années d’après-guerre.


Alors, lorsque j’ai lu la nouvelle de l’immense auteur suédois Stig Dagerman, « la voiture de Stockholm », la première du recueil « Le froid de la Saint-Jean » chez Maurice Nadeau, j’ai de suite eu envie de chroniquer pour le souvenir des gars qui en revenant en classe « n’avaient pas les mains propres ».


J’ai découvert Stig Dagerman lorsqu’une amie m’offrit, il y a 6 ou 7 ans, un minuscule opus « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier » publié en 1952 dans la revue Husmoden numéro 13.


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« Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n'ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d'où je puisse attirer l'attention d'un dieu : on ne m'a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l'athée. Je n'ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m'inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui- ci n'était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m'atteindrait moi-même car je suis bien certain d'une chose : le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier. »link


Vous pouvez aussi écouter le texte déclamé par les Têtes Raides (vidéo ci-dessous)


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Extrait de la nouvelle « la voiture de Stockholm »


« Quand vient l’époque du ramassage des pommes de terre, on tombe régulièrement malade et il faut qu’on reste deux ou trois jours à la maison, sans aller à l’école. Chez les enfants de petits paysans c’est là une maladie incurable. Alors après notre maladie quand nous revenons à l’école, les enfants des gros propriétaires et les enfants des ouvriers d’usine nous chuchotent, mais quand même suffisamment haut pour que le maître puisse entendre, qu’en passant sur la route ils nous ont vu ramper dans le champ de pommes de terre. Ce n’est pas vrai, ils ne nous ont pas vus, car au moment où les enfants qui ont le droit d’être des enfants passaient, nous, on s’allongeait dans les sillons. Mais autrement, ce qu’ils disent est vrai. Impossible d’ailleurs de cacher de quelle maladie nous étions atteints, car nous n’avons jamais les mains propres en automne. Nous avons beau frotter, gratter avec les brosses de chiendent, la terre d’octobre reste là où elle est, dans les plis des articulations et tout autour des ongles »

Croyez-moi, ces « enfants qui ont le droit d’être des enfants », j’en étais un dans mon bas-bocage en ces années 50, un qui se souvient des mains tachées par l’étêtage des betteraves, des ongles noirs de terre, de mes copains : le gros Grollier de la Durandière,  les frères Tenailleau de la Ste Marie, le grand Mathé des Chapelières, le petit Bironneau de Villeneuve qui mourut si tôt, le Bouron tout rond de la Giraudière, le Delaire du Chiron et quelques autres dont j’ai oublié malheureusement le nom.

Tout au long de ma vie professionnelle, ils m’ont, à leur manière, rappelé à l’ordre au cas où j’aurais oublié d’où je venais.


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 22 novembre 2014 6 22 /11 /Nov /2014 00:09

Le fromage c’est d’abord la forme… le moule, une « forme »… la déformation du mot initial le formage… la langue italienne a conservé la morphologie première du mot : formaggio…


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Alessandra Pierini, génoise par son père et émilienne par sa mère, est à Paris l’une des plus sûre référence de ce que l’Italie nous offre d’excellence liquides et solides. Que du bon accompagné d’un large sourire, d’une connaissance profonde de ce qu’elle nous propose dans son épicerie, la voix chante, Alessandra prend le temps de raconter, d’expliquer. C’est rare en ce temps de gens pressés, oublieux de tout ce représente d’amour et de minutieux travail, l’intelligence de ce que fait la main, ces fromages, ces vins, ce lard de Colonatta, ces câpres de Pantelleria, l’or liquide de l’huile d’olive… Dans sa nouvelle caverne d’Ali-Baba, à l’ombre des hauts murs de l’église Notre-Dame de Lorette, 4, rue Fléchier, Alessandra est plus encore qu’auparavant l’ambassadrice de l’Italie de cette Italie que j’aime, celle qui me donne le sourire.


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Pour le chroniqueur que je suis Alessandra Pierini est du pain béni car elle écrit des Petits Précis de la gastronomie italienne : tel son Parmigiano aux éditions du Pétrin.

 

L’enfance à Vesta, à l’heure du déjeuner, la maman d’Alessandra l’appelait « Ale vieni a lavari le mani e gratta il parmigiano ! » Râper le parmesan n’était pas un jeu, gare aux doigts ! Mais, comme tout travail mérite salaire, la jeune gourmande lorsqu’elle atteignait la croute, la crosta di formaggio abbrustolita, la croute toastée du parmesan c'était l'extase. Les goûts premiers de la petite enfance forment le socle du goût.


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Alessandra conte bien, elle laisse place à notre propre imaginaire : la latteria de son grand-père à Gênes, les 8 jolies rousses, vacche rosse, broutant l’herbe  des alpages de Vesta avant de donner leur lait pour faire le parmesan : 600 litres pour faire une meule de 35 kilos, le coltello a mandorla, une sorte de poinçon en forme de goutte pour couper le fameux formaggio. Notre Alessandra malgré sa constitution fluette une meule de parmesan ne lui fait pas peur : traduction elle sait entamer une meule de 35 kg avec un long coltello a mandorla.


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Le prince des formaggio a forgé ses lettres de noblesse dans une longue histoire qu’Alessandra nous relate en la reliant à celle d’aujourd’hui, le Parmigiano Reggiano « est le fer de lance de l’économie laitière italienne (13% du lait produit sur le territoire sert à sa production), ainsi qu’une valeur bancaire innovante. Dans les coffres-forts de certaines banques italiennes, les meules de parmesan sont entreposées tels des lingots  d’or en échange de financements. Ce système unique en son genre permet aux producteurs de contracter des prêts, les meules de parmesan leur servant de garanties. Dans ces coffres-forts aménagés, les meules sont ainsi déposées deux ans en garantie – le temps requis de l’affinage – avant leur mise en vente par leur propriétaire. »


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Mais l’Italie aurait pu être privée de son prince puisque le parmesan a bien failli devenir français… C’est l’histoire de Jean-Baptiste Huzard, vétérinaire et membre de la Société Royale d’agriculture fondée par Louis XV. Je vous laisse découvrir le dénouement de cette histoire vraie dans le petit opus d’Alessandra.


Comme en Italie tout fini par des tortelli (tortelli di patate e parmigiano di San Nicola), Alessandra nous donne quelques recettes où le Prince di formaggio est un merveilleux compagnon.


Rappelons que, 10 ans avant que ne s’achève le grand siècle, en 1690, dans son Dictionnaire universel, Antoine Furetière, écrivait « Quant au fromage de Parme, c’est-à-dire le parmesan, voici bien naturellement aussi l’Italie mise en vedette qui, de tout temps, fut très prisée en matière de fromage. »


Cambacérès, duc de Parme, eut droit à une épigramme hostile :


Le duc de Parme déménage ;

Plus d’hôtel, plus de courtisan ;

Monseigneur mange du fromage ;

Mais ce n’est pas du parmesan…

 

* Manger du fromage pour le peuple : être mécontent, rager, pester…

 

Alessandra qui est aussi Française de cœur conseille, entre autre, pour accompagner le Prince « un verre de champagne non dosé ». Comme elle a raison !

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Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 00:09

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Belle découverte en sortant d’une belle rencontre au Chat Noir rue JP Timbaud, la librairie Libralire 116 rue Saint Maur. En devanture deux livres de nouvelles de Stig Dagerman chez Maurice Nadeau. J’entre et je tombe nez à nez avec Yves Camdeborde, sous le trait de Jacques Ferrandez, panier empli de légumes à la main en compagnie de ses «Frères de terroirs».


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Je feuillette à peine : j’achète !

 

Sébastien Lapaque, l’homme de tous les bons coups, l’ami de Marcel Lapierre link dans sa préface est limpide  « Frères de terroirs link est un bande dessinée qui donne faim et soif. Ce livre refermé, on a envie de s’éloigner des grandes villes pour partir à la découverte d’une France rurale disparue des statistiques. Yves Camdeborde a l’art de s’y faire des amis, Jacques Ferrandez celui d’en restituer les couleurs. »


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Comme c’est Lapaque qui a présenté Jacques Ferrandez à Yves Camdeborde et que la dédicace de son livre « Chez Marcel Lapierre » Stock est « pour Yves et Claudine Camdeborde » il ne me restait plus qu’à vous présenter quelques planches de « La mémoire du Beaujolais »


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Jeudi 20 novembre 2014 4 20 /11 /Nov /2014 00:09

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Qu’écrire sur le Beaujolais Nouveau qui n’ait déjà été écrit ?


-         Égrener les souvenirs des grands anciens : Fallet, Carmet, Brassens and Co.link


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-         Regretter les grosses fiestas dans les cafés avec petit tonneau et parigots. Se lamenter sur les beaux jours à jamais disparus ou presque.


-         Vanner le goût de banane ?


-         Manquer de respect à celui par qui le Beaujolais Nouveau est arrivé ?


-         Taper sur Cdiscount et ses grosses ficelles ?


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-         Charrier Borloo retiré des autos ? 


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-         Demander au sieur Dupont de refaire sa soirée Beaujolais Nouveau dans les locaux de la rédaction du Point ?


-         Mieux encore exhiber le Taulier nu comme en 2012 ?


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Non, comme je suis rabat-joie je vais parler des chiffres, la foutue réalité :


-         105 000 hectolitres hl en beaujolais nouveau contre 120 000 hl en 2013 et de 60 000 hl en beaujolais-villages nouveaux contre 77 000 hl l’an dernier.


-         « Nous sommes sur la base d’un recul de 30 000 hectolitres. Un volume manquant qui correspondrait à une chute supérieure à 10 % ! En 2013, la France n’avait connu qu’une légère érosion (-0,73 %), quand l’export cédait déjà près de 10 %. « Avec la vente à la propriété, nous étions à 230 000 hl au total, soit -4,86 % par rapport à 2012. » En 2014, la région ne pourra sauf miracle que déplorer des chiffres largement inférieurs. Bruno Mallet, vice-président d’Inter Beaujolais à la tête de la maison de négoce Aujoux.


-         « Prix moyen à l’achat de 217,80 euros pour les beaujolais nouveaux et de 226,50 euros pour les beaujolais-villages nouveaux. A titre de comparaison, la campagne s’était achevée en 2013 sur un prix moyen de 220,48 euros pour les beaujolais nouveaux. »


« C’est une surprise, tous les voyants étaient au vert. Je ne m’attendais pas une baisse de cet ordre-là » affirme Bruno Mallet


« Il semble que le phénomène s’essouffle. Il n’y a plus l’engouement d’il y a dix ou quinze ans. C’est dommage car nous avons un super millésime, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif » regrette un vigneron dans Le Patriote.


« Tout n’est pas perdu, la région dispose d’un formidable potentiel avec des vins et des paysages superbes, mais il y a parfois de quoi être en colère. On doit faire du business et nous ne sommes pas bons. On ne sait plus communiquer. » ajoute-t-il ?


Sainte Communication priez pour nous qui avons recours à vous !


Étonnement d'un négociant et constat désabusé d'u nvigneron de base c’est dans la logique d’un phénomène, celui du Beaujolais Nouveau qui, victime de son succès planétaire, s’est inversé faute d’avoir su et voulu maîtriser la dégradation de son image, l’érosion de ses clients historiques sur le marché domestique, et l’irruption d’une nouvelle génération à la recherche d’authenticité et de naturalité.


Le temps des grands flux de vrac dépotée par la GD est derrière vous vignerons du Beaujolais, l’heure est venu de revenir à des cuvées plus vigneronnes, plus rock-and-roll, plus populaire a sens premier. Le mouvement est bien amorcé par toute une nouvelle génération de vignerons qui redonnent une âme au Beaujolais avec son gai Gamay.


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Dans tout Paris aujourd’hui le Tout-Paris des larges soifs va hanter les antres des cavistes. Ce sera la fête, une vraie, avec de la musique aux Papilles link, de la bonne humeur et du cœur chez le Grand Philippe au Lieu du Vin link et bien sûr dans le terrier du Lapin Blanc link où nos belles : la Claire aux doigts d’argent et la Gaëlle qui a de la musique plein le cœur, nous régalerons du Bojolo de notre Téo, le beaujolais nouveau de Raphael Champier et du Lapin de 6 semaines le Muscadet du jovial et sympa Jérémie Mourat et de son acolyte Jérémie Huchet, du Domaine de La Chauvinière.link

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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