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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 06:00
« En Corse, il vaut mieux savoir qu’on ne sait pas, plutôt que de croire qu’on a compris. »

Même si je suis maintenant toujours en vacances, la seule question que me posent mes amis, i et e, est simple « Quand pars-tu en Corse ? »

 

La Corse « une île à faire rougir de honte les toutes les autres.»

 

Julie Burchill, militante féministe autoproclamée, déclare dans le Times de Londres sa flamme à la Corse.

 

« Même l'Anglais le plus suffisant, le plus chauvin et le plus près de ses sous risque fort de devoir admettre, si on l'y accule, que quand même il est plutôt sympathique de pouvoir quitter la pluvieuse et humide Albion en prenant un avion à Gatwick à 6 heures du matin pour se poser en Corse environ deux heures plus tard. Et de là, en voiture pendant une ou deux heures de plus, avec son meilleur pote au volant, celui qui n'a peur de rien, emprunter les routes les plus tortueuses dans les montagnes les plus sauvage que connaisse l'homme.»

 

Comme l’écrit mieux que moi JMG Le Clézio « Il y a un esprit des îles... Ce n’est pas facile de dire en quoi cela consiste, mais cela se sent... C’est d’abord et avant tout, un sentiment de l’étrangeté. Ou de l’étranger. Être insulaire, être né dans une civilisation d’îles, cela veut dire qu’on est séparé, éloigné, écarté des autres... On est, naturellement, et irrémédiablement, isolé... Leurs frontières c’est la mer, et la mer n’est pas une véritable frontière. »

 

Malraux, dont on connaît l’art de la formule choc, écrivait « De Gaulle avait son mystère, comme nous avons la Corse » et il précisait « Il y avait en lui un domaine dont on savait qu’on ne l’éclairerait jamais. C’est cela que j’appelle la Corse »

 

Garder sa part de mystère, sa part d’ombre, c’est s’accepter homme, c’est accepter l’autre. La Corse irrite certains, elle me fascine car elle est singulière dans un monde qui se lisse. Oui, la Corse est unique, les insulaires le répètent à l’envi jusqu’à l’outrance. « Une montagne dans la mer » qui scinde son territoire avec l’« en-deçà »(le versant oriental) et l’«au-delà des monts » qui traduit une césure sociale « la terre du commun » et « la terre des seigneurs ». Dès que l’on pénètre dans les terres, que l’on monte « au village » on comprend ce qu’est l’isolement de l’intérieur. Fut un temps, pas si éloigné, où la plupart des villages perchés, nids d’aigles suspendus à la falaise, étaient inaccessibles. «Deux communes adossées aux flancs de la même montagne, et seulement par un trajet de quelques heures, demeurent sans communication d’aucune sorte pendant plusieurs années » Adolphe Blanqui Rapport sur l’état économique et moral de la Corse en 1838. Ce cloisonnement perdure, ici « le kilométrage théorique est moins utile que... le nombre de lacets de la route pour juger de la longueur du trajet. »

 

La Corse est une île méditerranéenne.

 

La Méditerranée, le mare nostrum, avec sa rudesse géographique et climatique qui est cause « de la fragmentation des peuples et de l’accentuation des particularismes. »Elle fait l’unité de ces sociétés promptes à se lancer des défis, à cultiver le paradoxe, sourcilleuses sur le sens de l’honneur, la cohésion de la famille, la pureté du sang... alors qu’il y a peu de régions au monde où le sang s’est autant mêlé. Le « miracle méditerranéen » réside dans la capacité de ces peuples à préserver leur identité. « Le Méditerranéen honore le père, emblème tout puissant de la famille patriarcale, vénère la mère, redoute la femme... » Paul Balta.

 

« La mère, la mort, l’honneur... », le clan, le clientélisme, le paraître, la théâtralisation du quotidien, la violence, la loi du silence... « Le fait est établi, il n’y a guère qu’en Corse qu’une épouse, qui a des éléments à communiquer sur l’assassinat de son mari, ne témoigne pas... » Mais, pour avoir vécu la Corse quand je tenais le dossier au cabinet du Ministre, Dieu sait si la Corse peut-être bavarde, bruir de rumeur, caisse de résonnance d’un lieu clos de 260 000 habitants, grande lectrice de journaux, auditrice de ses radios, spectatrice de sa Télévision. Oui « En Corse, il vaut mieux savoir qu’on ne sait pas, plutôt que de croire qu’on a compris. »

 

Jean-Louis Andreani dans son remarquable livre « Comprendre la Corse » – dans lequel j’ai largement puisé pour écrire cette chronique – « La Corse existe, avec son histoire, sa mémoire, la fierté d’une île et d’une humanité très anciennes, qui n’oublient rien, marquées par la mort et le tragique ; la Corse existe avec ses archaïsmes, ses contradictions, ses rigidités, sa revendication d’identité et son envie de vivre comme le reste de la France, ses richesses humaines et ses petitesses, ses énergies et ses forces destructrices, sans conteste plus fortes qu’ailleurs. C’est un monde particulier, au bord du continent. Il ne sert à rien de le nier, ou de faire comme si on pouvait, justement, ne rien faire et laisser filer, pour ensuite s’insurger de la situation »

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 06:00
Le REX le cinéma de mon enfance peint par Henri-Pierre Troussicot

Le REX le cinéma de mon enfance peint par Henri-Pierre Troussicot

Combien de fois ai-je du décliner sur des paperasses inutiles cette origine géographique, je ne sais. Certains lecteurs rencontrés me parlent de l’évocation fréquente de mes racines dans mes chroniques. Certes j’ai raciné pendant mes vertes années dans la glaise du bas-bocage mais depuis je vis ailleurs sans me sentir déraciné. La Vendée c’est le premier bout de ma vie, mon élevage de sauvageon, mes premières expériences, tout ce à quoi je me réfère lorsque j’évoque mes origines. Pour autant je ne tire d’elles aucun sentiment identitaire. Toute l’idéologie récupératrice autour du conflit entre les Vendéens et la République me hérisse le poil. Pire ceux qui me qualifient de Chouan. Comme le rappelle Louis Chaigne « il est superflu de rappeler que les Vendéens ne sauraient être confondus avec les Chouans. Le Chouannerie est essentiellement bretonne et normande. » Quand à la Vendée contemporaine elle ne se réduit pas au Puy-du-Fou et je n’en dirai pas plus ici.

 

La route du Bourg-Pailler

 

Je préfère évoquer ici les mots de mon enfance, ils ne manquent pas de pittoresque et de réalisme : ICI 

 

Les vins chouans n'existent pas !

 

Confondre le soulèvement de la Vendée militaire et la Chouannerie est une erreur historique grave, entretenue par le Vicomte et son barnum du Puy du Fou. Si les deux mouvements ont pour origine des causes identiques : religieuses et refus de la conscription, l'insurrection vendéenne (1) fut déclenchée par les paysans et le petit peuple (2), ses premiers chefs sont issus du peuple : Cathelineau est colporteur, Stofflet est voiturier, les nobles et le clergé prirent le train en marche (3) ; la chouannerie bretonne et bas-normande fut, elle, un mouvement de petits nobles miséreux : « dans aucun pays la noblesse ne pullule comme en Bretagne. A la Réformation de 1668, on y compte seize à dix-sept mille individus nobles, sans parler de deux mille deux cents familles usurpatrices, contre lesquelles il y eut arrêt. Chez les familles, peu de grandes fortunes de trente à quarante mille livres de rente. Nombreux sont les nobles qui mendient des pensions pour subsister, pensions rares. La plupart vivent comme les paysans, habillés comme eux, souvent aigris comme eux.

 

La suite ICI

 

Des caves et des hommes en Vendée lire ICI 

 

« Tout « honnête homme » en Vendée se doit d'avoir « sa cave ». Les meilleures caves sont connues et deviennent l'objet d'une concurrence acharnée tant pour la quantité et la qualité des vins que pour l'esthétique et l'originalité du lieu. Marcel H., d'Antigny, nous explique avec insistance qu'elle ne fut sa surprise quand des nouveaux amis du Nord de la France vinrent leur rendre visite en juillet 1984 en avouant qu'ils ne savaient pas ce que signifiait "descendre à la cave" et encore moins ce qu'était une "cave". Par la suite, il leur fit faire une "tournée des caves" des copains au cours de laquelle ses amis purent prendre des photos et goûter aux vins de pays en général prohibés par la loi : variétés Noa, Oberlin... »

 

La Quichenotte ICI

 

« Marcel Lachiver dans son Dictionnaire du Monde Rural Les mots du passé la décrit ainsi : « Du pays de Retz (Loire-Atlantique) à la Vendée et aux îles de la Charente-Maritime, grande cape de mousseline empesée en forme de cornette allongée vers l’avant, employée surtout pour la fenaison. Les femmes du Marais Breton, qui tenaient beaucoup à la fraîcheur de leur teint, en faisait un élégant usage. »

 

La Vigne arrachée Extrait de la  Terre qui meurt de René Bazin, chapitre IX.

 

Le roman a pour cadre le Marais Vendéen dit Breton, « territoire qui s'étend de Saint-Gilles à l'île de Bouin « La Vendée viticole de l'entre-deux guerres, en superficie, se classait au 10ième rang des départements viticoles.

 

« Cette vigne avait un âge dont nul ne se souvenait. Chaque année, depuis qu'il avait conscience des choses, Driot avait taillé la vigne, biné la vigne, cueilli le raisin de la vigne, bu le vin de la vigne. Et elle mourait. Chaque fois que, sur le pivot d'une racine, il donnait le coup de grâce, qui tranchait la vie définitivement, il éprouvait une peine; chaque fois que, par la chevelure depuis deux ans inculte, il empoignait ce bois inutile et le jetait sur le tas que formaient les autres souches arrachées, il haussait les épaules, de dépit et de rage. Mortes les veines cachées par où montait pour tous la joie du vin nouveau ! Mortes les branches mères que le poids des grappes inclinait, dont le pampre ruisselait à terre et traînait comme une robe d'or ! Jamais plus la fleur de la vigne, avec ses étoiles pâles et ses gouttes de miel, n'attirerait les moucherons d'été, et ne répandrait dans la campagne et jusqu'à la Fromentière son parfum de réséda ! Jamais les enfants de la métairie, ceux qui viendraient, ne passeraient la main par les trous de la haie pour saisir les grappes du bord ! Jamais plus les femmes n'emporteraient les hottées de vendange ! Le vin, d'ici longtemps serait plus rare à la ferme, et ne serait plus de "chez nous". Quelque chose de familial, une richesse héréditaire et sacrée périssait avec la vigne, servante ancienne et fidèle des Lumineau.

 

Ils avaient, l'un et l'autre, le sentiment si profond de cette perte, que le père ne put s'empêcher de dire, à la nuit tombante, en relevant une dernière fois sa pioche pour la mettre sur son épaule : " Vilain métier, Driot, que nous avons fait aujourd'hui ! ".

 

Cependant, il y avait une grande différence entre la tristesse du père et celle de l'enfant. Toussaint Lumineau, en arrachant la vigne, pensait déjà au jour où il l'a replanterait ; il avait vu, dans sa muette et lente méditation, son successeur à la Fromentière cueillant aussi la vendange et buvant le muscadet de son clos renouvelé. Il possédait cet amour fort et éprouvé qui renaît en espoirs à chaque coup du malheur. Chez André, l'espérance ne parlait pas de même, parce que l'amour avait faibli.

 

 

1973    Les Pompier de la Mothe-Achard Michel Jolly, Romain Guilbaud, Roland Arnaud André Huet, René Deniot, Yves Vincent, Michel Arnaud, Claude Lesage, Ruchaud, Bernard Guicheteau, ?, Jacques Arnaud,           Gilbert Pérocheau, Rouillé, Charlot Mollé, Houillé, Francis Dubreuil, Cabanétos, Pierre Brizard, Denis Chevillon;

1973 Les Pompier de la Mothe-Achard Michel Jolly, Romain Guilbaud, Roland Arnaud André Huet, René Deniot, Yves Vincent, Michel Arnaud, Claude Lesage, Ruchaud, Bernard Guicheteau, ?, Jacques Arnaud, Gilbert Pérocheau, Rouillé, Charlot Mollé, Houillé, Francis Dubreuil, Cabanétos, Pierre Brizard, Denis Chevillon;

"mur" mercerie de chez Louise Proud prises vers 1985... par HPT

"mur" mercerie de chez Louise Proud prises vers 1985... par HPT

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 06:00
Penser est notre activité première. Mais au fond, avons-nous jamais appris comment.

J’ai acheté ce petit livre Petite philosophie des grandes trouvailles puis il est entré dans l’une de mes nombreuses piles submergé par d’autres livres. Mais, avant de partir sur mon île je me suis dit qu’il fallait que je fasse un peu de spéléologie.

 

 

Mathématicien de formation, Luc de Brabandere a occupé de hautes fonctions dans la banque et la finance avant de reprendre des études de philosophie. Il est aujourd’hui consultant pour le Boston Consulting Group. Il a signé chez Eyrolles Petite Philosophie de nos erreurs quotidiennes (2009), Petite Philosophie des grandes trouvailles (2010) et Petite Philosophie des mathématiques vagabondes (2011).

 

L’ouvrage prend racine dans une question d’un des participants à une conférence sur l’innovation : « Vous dites qu’il faut sortir du cadre mais de quel cadre parlez-vous ? ».

 

Je l’ai donc retrouvé et je l’ai lu.

 

Il s’agit d’un petit livre pratique, dans à peu près tous les sens du terme. Court, percutant, drôle, facile à lire, pétri d’idées et d’observations confrontées à la théorie philosophique. Compter 3 heures de lecture.

 

Ça tombait bien car un des chapitres J’OUBLIE ET PUIS J’Y PENSE cadrait bien avec mes dernières chroniques.

 

J’OUBLIE ET PUIS J’Y PENSE

 

On pense toute la journée. Le matin, on pense à ce qu’on va faire et le soir on pense à ce qu’on a fait. Ou à ce qu’on doit faire le lendemain. Ou à mille autres choses. Parfois la pensée aboutit. Elle permet alors de conclure, de choisir, de décider. Mais souvent, elle est inachevée. On a essayé de comprendre, on a tenté d’expliquer, on a testé une hypothèse, mais en vain. Il faudra donc qu’on y repense.

 

L’occasion s’en présentera d’ailleurs vite, car il n’est pas possible de ne pas penser (sauf peut-être pendant le sommeil, et encore). Penser est notre activité première. Mais au fond, avons-nous jamais appris comment faire ? Pas vraiment. Petit, on nous a expliqué comment nouer nos lacets, rouler à vélo, ou réciter une poésie pour la fête des Mères. Ensuite, nous avons commencé l’apprentissage du calcul et celui d’une deuxième langue. Et puis, on nous a enseigné la géographie et l’histoire, la littérature et les mathématiques, et beaucoup d’autres choses encore… Mais avons-nous le souvenir d’un professeur qui aurait commencé son cours un jour en disant « aujourd’hui, nous allons apprendre à penser » ? Probablement que non. C’est bien dommage…

 

Prenons un exemple. Il nous est demandé tous les jours de « penser au futur de la planète ». Voilà bien quelque chose que nous croyons indispensable, que nous recommandons à tout le monde de faire. Mais l’attention se porte immédiatement sur la Terre et sur tous les défis écologiques qui nous attendent. C’est oublier un peu vite que dans l’expression « penser au futur de la planète », il y a aussi le mot « penser » et que ce mot, à lui tout seul, est un énorme défi. Car il est possible de penser mieux, ce qui est un grand bénéfice quel que soit l’objet de la pensée, qu’il s’agisse de réchauffement climatique ou de l’organisation de vos prochaines vacances.

 

Sans arrêt, nous pensons aux choses, nous pensons les choses. Mais finalement, qu’est-ce que penser ? Je vous propose une réponse en trois temps. Si l’on accepte de dire que réfléchir c’est jouer avec les idées, examinons alors sur quel genre de terrain se déroule le jeu, comment un génie a remporté une partie mémorable au XVIIe siècle, et quelle serait donc la meilleure manière de jouer.

 

Dans une de ses nouvelles fantastiques intitulée « Funes ou la mémoire », qui fait partie du recueil Fictions et qui a été publiée en 1944, Jorge Luis Borges raconte l’histoire étrange d’un homme accidenté. Ayant subi un violent traumatisme, sa mémoire est tout à coup devenue illimitée, et il se souvient désormais de tout.

 

Borges décrit très bien la conséquence effrayante de la situation. Incapable d’oublier, Irénée Funes devient incapable de penser ! Revenant d’un voyage, il ne peut le raconter. Ayant lu un livre, il ne peut le résumer. Et encore moins l’évaluer, le comparer à d’autres, etc. Incapable d’éliminer des détails, il ne peut synthétiser, il ne peut forger de concepts et a fortiori émettre la moindre opinion. Il ne supporte pas que le mot « chien » désigne autant d’animaux différents. Cela le gêne même que le chien de 3 h 14 vu de face ait le même nom que celui de 3 h 15 vu de profil, alors qu’il s’agit pourtant du même. Enfin, pas tout à fait… Pour se remémorer un jour entier, il lui faut un jour entier !

 

Et quand il se regarde dans la glace, il se voit comme une personne différente à chaque instant. Avec une conséquence effrayante que Nietzsche avait bien perçue : un tel homme incapable de voir ce qui est constant en lui ne peut appréhender son identité (du latin idem, le même), il ne peut croire à son propre être…

Borges nous invite à revenir à l’essentiel : pour pouvoir penser, il faut pouvoir oublier. Sans une prise de distance par rapport au monde, l’homme ne peut forger de concept, il ne peut penser au monde. Pour pouvoir abstraire, il doit d’abord pouvoir s’extraire. Cet éloignement par rapport aux choses crée un espace où la réflexion peut se déployer. D’un côté, il y a les objets, et de l’autre, il y a nous, les sujets, obligés de prendre de la hauteur.

 

La suite ICI 

 

4e de couverture

 

« Tout a un jour été trouvaille : la soie, l'aspirine, la boussole, l'inconscient, la chasse d'eau, la colle, la géométrie, la pile électrique, le crayon, la relativité, la boîte de conserve, le code Morse, les lentilles de contact, Gaston Lagaffe, les surgelés, le parcmètre, le livre de poche, l'iPad, le frisbee, le code-barres, le laser, le test de grossesse, la comptabilité...

 

Mais finalement d'où viennent les trouvailles ? Y a-t-il une méthode sûre pour trouver ? Comment se différencient la découverte, l'invention et la création ? Comment Louis Braille a-t-il permis aux aveugles de lire ? Et pourquoi Thomas Edison a-t-il construit une chaise électrique ?

 

Luc de Brabandere apporte ici des éléments de réponse. Dans le style des autres ouvrages de cette série consacrés aux histoires drôles, aux erreurs quotidiennes et aux mathématiques, il dissèque les mécanismes de la créativité. »

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 06:00
Le VéloSolex de Dominique Derain vigneron biodynamique respecte-t-il les principes de Steiner ? Michel Onfray vélosolexologue répond…

Le sieur Dominique Derain, dit Dodo la carbure, fait tout pour se faire remarquer dans le milieu coincé des vignerons bourguignons. Pensez-donc, ce coquin hilare, se permet de livrer ses vins biodynamiques, et même sa bière, en 203 Peugeot et, lorsque celle-ci n’a plus d’essence, il roule en VéloSolex qui lui carbure à la Solexine.

 

 

 

C’est bien beau tout ça mais, au beau milieu de la grande controverse soulevée par le conteur de philosophie de la Normandie profonde, ses vaches, ses pommiers, son calva, son camembert, à propos de la biodynamie chère à Rudolf Steiner, j’ai décidé d’élever le débat.

 

Laissant de côté son antique 203 Pigeôt, qui n’a pas l’aura de la 403 décapotable, chère à l’inspecteur Colombo, je me rabats sur le vélosolex icône du M. Hulot de Jacques Tati et je m’adresse à l’oracle rural de Caen, à ne pas confondre avec celui de Kant, afin qu’il nous délivrât son agrément sur la compatibilité de cet hybride étrange avec les grands principes de Rudolf Steiner.

 

 

Entreprise à hauts risques car l’ermite, qui déjeune chez Mollard lorsqu’il descend à Paris, est un homme fort occupé.

 

Je suis donc allé droit au but : 

 

 

- Maître, d’après vous le mode de carburation du Solex est-il en phase avec les grands principes de Steiner.

 

- Non !

 

 

- Pourquoi ?

 

- La Solexine est un produit de synthèse. Elle fabriquée par l’gnoble multinationale BP pour Solex depuis 1946. C'est un mélange d'essence et de 6% d'huile Énergol. En 1972, le bidon de Solexine était consigné à 1,20 F et en dehors de bidons, certains gros débitants utilisaient des pompes distributrices. Il existe plusieurs types de bidon différents. Jusqu'en 1957, le bidon est couleur or, et Solexine est écrit en vert. À partir de 1958, le bidon devient vert, Solexine est écrit en jaune et un angle blanc est incrusté du logo BP. Sur les premiers bidons, la capsule verte était là garantie d'authenticité du mélange. En 1967, la capsule de garantie devient or. Aujourd'hui on utilise un mélange de sans plomb 95 ou 98 ainsi que 2-3 % d'huile pour moto…

 

 

 

- Que préconisez-vous comme carburant alors ?

 

 

- Le calvados du pays d’Auge ou le poiré de Domfront !

 

 

- Mais, cher Maître ce sont des produits nobles, AOC…

 

- J’en conviens, je profitais seulement de votre tribune pour promouvoir des eaux-de-vie trop souvent méprisées par les élites parisiennes.

 

 

- Vous avez donc une autre idée derrière la tête ?

 

 

- Bien sûr, je ne suis, comme vous le savez, jamais à court d’idée, c’est mon côté feu la Samaritaine…

 

 

- Je suis tout ouïe !

 

 

- C’est très simple. Au lieu de jeter à l’évier ces affreux vins biodynamiques à poils qui puent, je propose de les distiller pour en faire de l’éthanol de carburation certifié par Déméter pour la carburation des solex, des motos, des scooters…

 

 

- C’est génial maître mais les 2 à 3 % d’huile où les trouvez-vous ?

 

 

- Tout aussi simple, puisque ces illuminés aiment l’herbe dans leurs vignes, je propose qu’ils cultivent de l’arachide entre les ceps.

 

 

- Pourquoi de l’arachide maître ?

 

 

- Pour expier les fautes du colonialisme… et parce que j’ai trop consommé d’huile Lesieur raffinée avec de la laitue molle…

 

 

- Je comprends, est-ce tout maître ?

 

 

- Non cette huile biodynamique devra être non filtrée… nature pour que ça pue…

 

 

- Je vous trouve dur…

 

 

- Je sais, mais quand Mae West se frottait contre son partenaire dans Lady Lou de Lowell Sherman et lui susurrait à l’oreille de sa voix gouailleuse «C’est un pistolet dans votre poche, ou vous êtes juste content de me voir ?», il n’existait aucune équivoque sur les intentions de la blonde aguicheuse.

 

 

- Qu’entendez-vous par là maître ?

 

 

- Pas grand-chose chose comme le disait avec pertinence le regretté Pierre Dac

 

 

- Allez-vous écrire une somme à propos de ce grand philosophe méconnu ?

 

 

- ’y songe mais j’envisage surtout, avec la libération des droits de plantation, d’implanter un vignoble dans mon Orne chérie…

 

 

- Pour faire des vrais vins, levurés, oxygénés, boisés,collés, filtrés…

 

 

- Bien sûr !

 

 

- En vin de France ?

 

 

- Non, la France n'est plus ce qu'elle était, je demanderai à l’INAO la reconnaissance d’une IGP vin d’Argentan rien que pour moi…

 

 

- Merci maître… le peuple vous en sera reconnaissant…

 

 

Après ce brillant échange, sachant que le sieur Dominique apprécie par-dessus tout, les chutes… si vous voyez ce que je veux dire, je vais édifier les jeunes bobos en leur contant l’histoire du VéloSolex.

 

 

Je signale au passage que j’ai possédé 2 VéloSolex, tous 2 m’ont été volés.

 

SOURCE ICI 

 

Au tout début, vers 1905, deux centraliens, Maurice Goudard et Marcel Mennesson, créé la société Solex. Ils déposent divers brevets, particulièrement sur un radiateur centrifuge qui leur fait remporter un concours de la Compagnie Générale des Omnibus pour fournir 400 radiateurs. Ce fait qui le succès de leur société ce sont des carburateurs d'une grande qualité qui deviennent une référence mondiale dans tous les moteurs de l'automobile à l'aéronautique.

 

En 1916, Marcel Mennesson dépose 1 brevet pour un moteur auxiliaire à loger au centre de la roue arrière d'un cycle. Ce brevet lui est accordé le 31 décembre 1917. Un second brevet déposé le 31 décembre 1918 et délivré le 26 mai 1919 concernera un deux-roues complet prévoyant : un cadre composé d'un tube unique de large section allant de la selle à la colonne de direction en passant par la repose pied, ainsi qu'une suspension avant par fourche pendulaire. Ces brevets ne seront jamais suivis d'une mise en production.

 

L'histoire du Vélosolex commence en 1940, Mennesson conçoit et fait réaliser un prototype de moteur de 38 cm3 de cylindrée dont les caractéristiques sont celles du Solex : transmission par galet, cylindre décalé par rapport à l'axe de la roue et l'essence, pompée en sus, est renvoyée dans le réservoir.

 

En décembre 1940, ce moteur est installé sur un vélo d'homme Alcyon à grandes roues de 700, couleur noire à filets or « C’est le premier modèle de VéloSolex »

 

En 1943, 1 décret officialise 1 nouvelle catégorie de deux-roues : « les bicyclettes à moteur de secours d'une cylindrée au plus égale à 50 cm3 », c'est la possibilité de passer à la production en série.

 

Le modèle est arrêté en 1942 et jusqu'en 1946 des préséries seront confiés au personnel afin d'opérer les améliorations qui aboutiront à la version définitive du printemps 1946.

 

 

C'est donc en avril 1946 que seront vendus les premiers VéloSolex, ils sont produits à Courbevoie à la cadence de 15 machines par jour et ils coûtent 13 600 Fr pièce.

 

La cylindrée du moteur est portée à 45 cm³ pour délivrer une puissance de 0,4 CV à 2000 tr/min. Les années suivantes, quelques améliorations vont être portées à la partie cycle dont les plus importantes datent de 1951 avec l´ajout d´une béquille centrale et d´un levier de relevage du moteur fixé sur la culasse. En 1947 le pétrolier British Petroleum crée la Solexine, un mélange prédosé essence/huile, qui réduit le calaminage.

 

 

À partir de 1954, les modèles sont définis par des numéros, comme le solex 330 qui se différencie de son prédécesseur par un porte-bagages en tôle emboutie et un moteur d´une cylindrée portée à 49 cm³. La puissance est maintenant de 0,5 CV.

 

Le 660 sort en 1956. Il est équipé d´un tout nouveau cadre avec repose-pieds et le design de la partie motorisation change légèrement : le réservoir et l´habillage du volant magnétique sont désormais nervurés et le phare intégré au capotage du moteur.

 

 

En 1957 le 1010 arrive sur le marché. Le cadre est identique à celui du 660 mais le moteur a été retravaillé : nouvel ensemble piston – cylindre, agrandissement du filtre à air et échappement en S.

 

Le 1010 est équipé en 1959 de roue de 550 et prendra la désignation 1400.

 

 

En 1960, l´embrayage automatique centrifuge, fait son apparition sur le modèle 1700. A l´arrêt, le moteur est en prise sur le galet, ce qui permet son démarrage en poussant le Solex. Le S2200 est produit à partir de 1961. Il est doté d´un système d´antiparasitage et voit sa puissance moteur augmentée de 0,5 à 0,7 CV.

 

 

Jusqu'en 1988, année dans laquelle Solex arrête sa production en France, la production des vélomoteurs sera transférée en Hongrie puis en Chine.

 

En 1998, le groupe Magneti-Marelli (Fiat) reprend la marque Solex. Il accorde au hongrois Impex une licence d'exploitation, mais cette aventure se terminera par une faillite. En juin 2004, le groupe Cible rachète la marque en vue de commercialiser l'e-Solex : le Solex électrique.

 

 

 

On estime désormais que plus de dix millions de VeloSolex ont été produits à travers le monde.

Loik Lherbier 10 janvier 2014 Étude de cas

Solex ou l’histoire d’une marque qui a voulu revenir à contre-courant ICI

 

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 06:00
Marcel Lapierre à Alice Feiring : « Chauvet n’avait rien créé de nouveau, il avait simplement effectué un retour à une manière anti-technologique de faire du vin. »

… Car, si tu n’aimes pas le vin, tu n’éprouves aucune incitation à travailler avec la nature. Et Chauvet adorait le vin. »

Mes vieux neurones en voie de désintégration progressive connectent encore le fonds de ma mémoire ainsi, après avoir mis en boîte la chronique de Jean-Yves Bizot, j’y suis allé pêcher une chronique publiée le 29 mai 2012 :

 

Le vin nu « un vin qui se contente de refuser le soufre et n’exprime rien n’est pas naturel. » Alice Feiring buvait les paroles de Marcel Lapierre.

 

 

Chère Alice,

 

Vous êtes New-Yorkaise, une forme de Woody Allen du vin, du vin nature bien sûr, d’un vin dont la philosophie est qu’on n’y ajoute ni n’en retire rien, et vous estimez, assez justement, que l’adjectif naturel est utile car le public a besoin d’un terme général lui indiquant le type de vin qu’il cherche, « et que naturel vient naturellement » imparfait certes mais, faute de mieux il sert en attendant qu’un autre terme voit le jour, « tel que pur, nu, réel ou même simple ».

 

Entre nous Alice en dehors de nu, qui est très sexy, qualifier le vin de nature c’est génial car ça sent le soufre, ça irrite, ça met le feu aux poudres, ça excite les « pontes » du vin qui estiment que vous vous laissez subjuguer par le concept, non parle goût ». Ce n’est pas pour me déplaire, d’autant plus que lorsque Jason Lett vous suggère de vinifier du sangratino en Californie en fonction de vos « principes », vous avez l’honnêteté d’avouer que « d’appuyer trop sur le principe » ça vous met mal à l’aise. « La manière de faire du vin n’est pas une question morale. Le vin captif de sa cuve n’a rien à voir avec le poulet emprisonné dans sa cage ».Vous savez mettre de l’eau dans votre vin et lorsque votre amie Pascaline rugit « il est somptueux. Je suis fière de toi » en le goûtant « jamais je n’aurais eu le culot de faire ce que tu as fait. » vous avez presque commencé à pleurer, même sans la mélopée de Tom Waits et en oubliant le mouillage.

 

La suite ICI 

 

Vraiment, si vous avez quelques minutes à perdre, lisez ma lettre à Alice Feiring, je n’en renie aucune phrase.

 

« Vivre, c’est vieillir, rien de plus » écrivait Simone de Beauvoir

 

« Les vieillards ne deviennent pas plus sages mais plus prudents. » selon Ernest Hemingway

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 06:00
« Saint-Sulfite, priez pour nous ! » Jean-Yves Bizot vigneron instille de l’intelligence dans la bataille de chiffonniers autour d’Onfray.

Le titre est de mon cru.

 

Le choix de la photo aussi, j'ai toujours aimé Reiser...

 

Le verbe instiller m’a été révélé par le François de Jarnac, grand maître de l’ambiguïté, lorsqu’il a, pour les élections de 1986, instillé une dose de proportionnelle aux législatives, provoquant le départ au cœur de la nuit de mon ministre Michel Rocard.

 

Quant à l’intelligence, il serait bon qu’elle revienne au galop dans tous nos débats.

 

Pour la bataille de chiffonniers, ma chronique Pour Onfray Steiner est un imposteur mais notre conteur de philosophie se prend les pieds dans le tapis de l’œnologie en faisant 1 drôle de méli-mélo entre les vins bios, biodynamiques et les natures. roule tranquillement vers ses 6000 lecteurs.

 

Depuis l’irruption de Face de Bouc sur la Toile les commentaires se font rares sur les blogs et pourtant certains s’y risquent encore tel celui-ci :

 

« Michel a raison sur bien des points surtout la dégustation des vins natures et autres biodynamique ...pour avoir dégusté de nombreux vins de la sorte j’en ressort toujours déçu bon à mettre à l’évier... aucune finesse...border line sur la volatile ou avec une bonne salade… désolé mais c’est la réalité d’un bon nombre de ces affreux breuvages...alors sous prétexte de l'écologie bobo parigo on devrait se coltiner ces vins infâmes… non, stop !

Après vous parlez de Pontet-Canet… ah oui très bien vin mais à quelle prix????? Descendez dans le monde réel et venez déguster des vins bio ou nature a 20 euros...et là c’est un autre plaisir… beurkkk… »

 

Seb œnologue de métier et passionné de bons vins (Sébastien Cruss)

 

NB. Même si plus personne ne s’en inquiète sur FB je me suis permis de corriger les nombreuses fautes d’orthographe, comme diraient les dégustateurs de Siqocert ce sont des défauts.

 

J’ai donc commis une nouvelle chronique Pourriez-vous me dire ce qu’est un amateur de bons vins ?  pour que cet homme de l’art me réponde, mais, sans doute trop occupé à préparer sa trousse pour la prochaine campagne de vinification, il est resté muet.

 

Et pendant ce temps-là sur Face de Bouc, les divers camps s’écharpaient, s’invectivaient, les coups volaient parfois très bas, même au-dessous de la ceinture, et fallait même que Pierre Guigui, grand maître des amphores bios sommât l’inénarrable Fuster, grand vendeur de poudres et d’onguents, de débattre sur le sujet. Ayant viré ce dernier de mes amis FB je ne puis vous relater l’empoignade. Mais, avait-elle un quelconque intérêt ?

 

Je ne sais, mais ce que je sais c’est que le sujet révèle une ligne de fracture qui inquiète de plus en plus les tenants de l’idéologie dominante. Le revirement du couple Bettane&Desseauve sur la bio et la biodynamie en est la preuve la plus mercantile. Dans le dernier En Magnum l’immense Michel, Bettane, concède que le « désolant concept de vin nature » (sic) « produit de plus en plus souvent des vins bien fait et très plaisants. »

 

Bref, y’a le feu au lac ! Les grands de la chimie rachètent à tour de bras des start-ups de biotechnologie, beaucoup d’œnologues, tels St Paul sur le chemin de Damas, se convertissent, du moins officiellement, le CIVB bat sa coulpe doucement et lentement, le grand Gégé en bon commerçant se voit déjà en pape de la biodynamie, comme c’est étrange Michel Chapoutier est resté muet, et même si le millésime 2016 fut compliqué, provoquant la remontée des on vous l’avait bien dit, le virage d’une viticulture plus respectueuse de l’environnement se prend au grand dam de certains dirigeants aux casquettes multiples.

 

Le vin n’est pas pour moi une nourriture, même spirituelle, c’est un plaisir partagé et ceux qui mettent des tonnes de mots sur « leur dégustation » me saoulent. Je me contente de boire ce que j’aime, sans exclusive mais avec le souci que ceux qui le font aient une ligne de conduite qui corresponde à mes valeurs.

 

Comme je fais mien les propos de De Gaulle à propos des vins dit nature « Naturellement on peut sauter sur sa chaise comme un cabri, en criant l'Europe, l'Europe, l'Europe ... mais ça ne mène à rien ! »

 

Mon passé de Vendéen qui a sifflé le vin des burettes fait que je ne suis idolâtre de rien, vin nature compris.

 

Ce qui me plaît, me passionne, c’est ce que font ceux des vignerons qui ne suivent pas les chemins balisés pour emprunter les chemins de traverse, libre ensuite à chacun d’aimer ou de ne pas aimer, de ne pas acheter leur vin, de dire qu’ils sont bons pour l’évier, mais comme ils ne mettent qui que ce soit en danger je demande un peu plus de respect.

 

Je me tais et je laisse la parole à un vigneron dont j’aime les vins et apprécie sa pratique : Jean-Yves Bizot de Vosne-Romanée.

 

 

Lors d’un cours de vinification que je donnais à des BTS, je posai la question : « que faut-il pour faire du vin ?

 

Du sulfite. »

 

Euh…

 

Même pas une cuve, ou un pressoir ou mieux encore, du raisin ? Non. Du sulfite. Le reste est secondaire.

Serait-ce de l’idéologie…

 

« Je compris que ce vin avait moins à voir avec le raisin qu’avec l’idéologie et qu’il procédait d’une croyance qui lui donnait sa loi.

 

Remplaçons « ce vin » par « le vin » et tout le monde sera en phase.

 

Merci Michel, finalement ! Car quelle que soit l’approche, on va dire usuelle (ou conventionnelle ?), biodynamique et/ou naturelle, il y a toujours une idéologie, quasiment la même d’ailleurs, qui se cache : la foi absolue dans la technique, la primauté de celle-ci sur sa finalité, qui la rend plus importante que le produit lui-même ; ce vin est bon (ou mauvais) parce qu’il est nature ; ce vin est bon (ou mauvais) parce qu’il est « technologique » (faute de mieux).

 

 

Dans le cas de l’approche usuelle, plus personne ne se rend compte de ce renversement. Elle est devenue naturelle à force d’être conforme. Impression renforcée par le profil des vins obtenus, qui répondent parfaitement à la définition des « bons » vins pour lesquels Seb se passionne. Mais profil tout autant conforme donc devenu naturel que la technique qui préside à leur élaboration. On est qu’on le veuille ou non, dans la convention. Technique et (donc) esthétique.

 

la photo n'est pas de moi, qui n'achète pas En Magum, mais de Vincent Bonnal vigneron

la photo n'est pas de moi, qui n'achète pas En Magum, mais de Vincent Bonnal vigneron

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « Nicolas Sarkozy est désormais trop dans lui-même, il ressemble à Louis de Funès, il se singe souvent. » Benoist Apparu le bras droit de Juppé.

Prendre du champ, qui n’a pas un jour dans sa vie souhaité s’extirper du train-train quotidien, lever le nez du guidon, faire le point, souffler, prendre un nouveau départ, changer de vie. Vaste programme jamais vraiment mis en œuvre, trop souvent on biaise un pied dedans, un pied dehors, la peur de se voir exclure du jeu, de perdre pied, d’être oublié.

 

L’avantage de la vieillesse, si tant est qu’il puisse y en avoir, c’est que beaucoup de portes sont définitivement fermées. Nul besoin de rêver à un je ne sais quel renouveau, la dernière pente, même si elle est douce, est inexorable, imprégnée d’un sentiment fort de finitude. Aimer, être aimé en retour, n’est plus de saison, le temps long manque, les projets buttent sur le délitement du corps.

 

Se résigner serait une défaite, alors prendre du champ, non pour s’éloigner mais pour contempler, voir, admirer, se contenter du possible, attraper du bonheur, vivre à plein la chance de côtoyer l’aimée.

 

C’est simple comme l’amour lorsque celui-ci ne se vautre pas dans la possession…

 

Dans mon refuge suisse je lis un inédit de Calaferte dont j’adore la chute.

 

Je te voudrais perdue épave des naufrages

Que le passé ne soit qu’un titre marginal

Échouante sur mon fanal

Terme de ton dernier voyage

Mettre à l’élan un point final

Recouverte déjà de la mousse des âges.

Nous éloigner si loin dans la nuit des grimoires

Passagers disparus qui eurent leur saison

Une obscure conjugaison

Dont tous les temps sont illusoires

Avec la mort pour guérison

De ce tourment des corps qui lès la mémoire.

T’avoir tant parcourue et t’avoir découverte

Sauvagerie en friche à l’écart du chasseur

Tel un royal envahisseur

Que ton mystère laisse inerte

Endolori de ta fureur

Je voudrais qu’après moi tu demeurâs déserte.

 

Et j’aligne des lignes déjà tracées, le temps est à la confection, j’assemble les pièces et je surfile…

 

Avec Marie nous évoquions, pour la rentrée, notre installation. Mon pécule gagné sur l'île, plus la petite rente que lui versait son père, nous permettraient de louer soit un studio, soit un petit deux pièces dans la partie populaire de Nantes. Pour vivre ensuite, les petits boulots ne manquaient pas. Nous aviserions. La perspective d'entamer notre vie commune, rien que tous les deux, nous rendaient plus amoureux encore. Marie me rendait simple. Je ne fabriquais plus de nœuds. Depuis notre première jour, à aucun moment, nous nous étions livré au ballet traditionnel du je me présente sous mon meilleur jour et je me garde bien de remarquer, les grandes et les petites choses, qui m'agacent chez l'autre. Pour ce qui me concerne, ça tenait de l'exploit. Avant elle c'était mon mode fonctionnement exclusif. Quant à Marie, comment le dire sans paraître prétentieux, elle me dispensait, à doses quasi égales, ce qu'il me fallait, et d'admiration, et de franchise. Avec son petit air pince sans rire, et sans jamais me faire la morale, elle mettait le doigt sur mes si nombreuses contradictions. Elle me rendait léger. Nous aimions être ensemble. Nous aimions nous retrouver. Je ne lui cachais pas son soleil et elle me donnait sa lumière.

 

Ce lundi-là, le père de Marie, ce cher maître, annonçait par téléphone son arrivée sur l'île pour le lendemain. Branle-bas de combat pour Marie, il lui fallait mettre la villa en ordre de marche. Bien sûr, il ne venait pas seul, une cour de beaux jeunes gens l'accompagnait. Pendant toute la journée Marie vaqua. Le soir venu, j'allai la chercher pour que nous dînions à la Ferme des 3 Moulins. La pauvre était fourbue. Pour lui redonner des forces je lui fis des spaghettis à la carbonara. Marie tombait de sommeil. Comme elle devait rentrer à la villa je lui proposais de la raccompagner. « Non, non me répondait-elle, je prends le solex, ça m'oxygènera et toi tu dois attendre le coup de fil de Jean... » En effet, celui-ci, qui était toujours sur le continent m'appelait tous les soirs au téléphone aux alentours de minuit. Je bougonnai que Jean pouvait attendre. Marie me faisait les grands bras « Je suis une grande fille mon amour, les loups garous ne vont pas me manger en chemin. Tu sais bien que si tu n'es pas au bout du fil quand il appellera, grand zig va paniquer... » De mauvaise grâce je cédai. Avant qu'elle n'enfourche le mini-solex je la serrai fort. La nuit était claire. Le lit grand et froid. Comme ce cher maître refusait d'installer le téléphone dans la villa, je ne pouvais même pas appeler Marie. Le sommeil me précipitait dans une nuit agitée. On tambourinait à la porte d'entrée. J'étais en nage. Dans l'encadrement, sous la lumière jaune du lumignon, le capitaine de gendarmerie Thouzeau, en se tordant les mains me disait d'une voix enrouée « Il vaut mieux que je vous le dise tout de suite monsieur, elle est morte. C'est encore un de ces fichus poivrots... »

 

Et puis, lorsque je pose mon ouvrage, vient le temps de l’exaspération :

 

Je me souviens de mes années d’enfant de chœur, le clergé, toutes les cléricatures, remisait la femme au rang de procréatrice, allant jusqu’à exiger après la maternité une cérémonie de purification, les relevailles, ne tolérant pas les têtes nues, femmes tentatrices, objet du péché de chair, prisonnière de ses désirs… Ces religions dominées par les hommes rendent vaines toutes les paroles, écrits, sur la liberté des femmes de vêtir comme bon leur semblent. Le poids des pères, des frères, et même des mères, ne laisse que peu d’espace aux filles. Libre à elles, clament certains, pourquoi pas mais tant que des femmes seront lapidées parce qu’elles souhaitent assumer pleinement leur liberté, messieurs les beaux parleurs fermez-donc votre gueule !

 

Mais les signes extérieurs de la religion reviennent en force dans le poulailler politique en plein caquetage pré-électoral:

 

Mais qu’est-ce donc ces pluri-divorcés, le sur talonnettes en tête avec le score de 2, et 3 épouses à son compteur, le Juppé juste derrière, vivants dans le péché qui s’exhibent en bons fidèles à la messe pour l’assomption de la Vierge le 15 août ? Des hypocrites, des qui n’ont pas honte de bafouer le sacrement du mariage qui ne peut être rompu que par Dieu. Vraiment je me marre comme un vieux fou de ces bondieuseries de circonstances, ils n’ont vraiment pas de honte les pépères.

 

« L’ancien président de la République a fait une apparition remarquée ce lundi matin à l’église du Lavandou (Var). Accompagné de sa femme Carla, Nicolas Sarkozy s’est rendu à la messe de l’Assomption dans cette commune sur laquelle est située, au Cap Nègre, la propriété de la famille Bruni-Tedeschi.

 

Les paroissiens, dont les sacs avaient été fouillés à l’entrée par des policiers, ont vu le couple arriver par l’allée centrale à 9h35. Longuement photographiés, les Sarkozy ont assisté à l’office religieux. A l’issue de la cérémonie, ils ont serré quelques mains.

 

Peu après, le président du parti Les Républicains s'est également fendu d'un tweet à l'intention des «catholiques de France qui prient pour notre pays si durement éprouvé ces derniers mois».

 

Nicolas Sarkozy ✔ @NicolasSarkozy

En pensée avec les catholiques de France qui prient pour notre pays si durement éprouvé ces derniers mois #perehamel #15aout - NS

 

A Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, où au moins 22.000 fidèles étaient présents, le maire de Bordeaux Alain Juppé a assisté avec sa femme Brigitte Juppé à la messe dans la matinée, et participé en début d'après-midi à la "prière pour la France" dans les sanctuaires, lieux de culte catholique au pied des Pyrénées. Se définissant comme catholique et prenant soin de préciser venir régulièrement à Lourdes pour le 15 août, l'ancien Premier ministre a exprimé son "soutien" aux catholiques après les attentats et salué le message de "concorde" de l'Eglise de France.

 

« Je crois qu'il était important d'adresser un message de fidélité et de soutien aux catholiques de France. Je comprends leur inquiétude, je suis moi-même catholique, je pense aussi aux chrétiens d'Orient qui sont déracinés par la guerre et la violence de leurs terres ancestrales », a déclaré le favori des sondages.

 

Alain Juppé ✔ @alainjuppe

15 août à Lourdes. Comme il y a 2 ans, comme à chaque passage depuis tant d'années, je ressens la même émotion. Lieu où souffle l'esprit.

15:51 - 15 Août 2016

 

Heureusement il reste encore chez les Républicains de bons chrétiens :

 

Fillon dans la Sarthe, Bruno Le Maire discret

 

François Fillon était lui à l'abbaye de Solesmes, dans son fief de la Sarthe, pour la célébration de l’Assomption. Pour « retrouver nos racines chrétiennes et l’esprit des Béatitudes », a-t-il tweeté.

 

François Fillon ✔ @FrancoisFillon

A l’abbaye de Solesmes pour la célébration de l’#assomption de notre Dame. Retrouver nos racines chrétiennes et l’esprit des Béatitudes.

13:12 - 15 Août 2016

 

En revanche, le député de l'Eure Bruno Le Maire a lui préféré rester discret. « Il estime que sa vie de chrétien ne regarde que lui. Cela change de l'impudeur de certains qui s'affichent un 15 août, mais qui peuvent omettre que la foi catholique est avant tout des pratiques de vie et des valeurs quotidiennes », explique un de ses proches au Parisien. « Il n’a pas à prouver qu’il est catholique. Il ne veut pas faire de la politique clientéliste", fait par ailleurs valoir son entourage auprès du Lab d'Europe »

 

Bravo Bruno !

 

Les enjeux de la visite de François Hollande au Vatican

 

L'historien des religions Jean-François Colosimo a apporté son éclairage sur la rencontre du président de la République avec le pape qui a eu lieu mercredi.

 

Trois semaines après l'assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray, François Hollande se rendra, ce mercredi au Vatican où il sera reçu en audience privée par le pape François.

 

Le déroulé

 

Le président de la République sera accompagné du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve en sa qualité de ministre des cultes. Il existe deux sortes d'audience du pape. Les premières ont lieu à Saint-Pierre de Rome ou dans des grandes salles. Il s'agit des audiences générales. A cette occasion, le Saint-Père reçoit des groupes de pèlerins pour s'entretenir avec eux et leur faire la catéchèse.

 

Les secondes sont appelées les audiences spéciales. Elles sont réservées aux évêques, aux cardinaux de passage à Rome et aux personnalités de la société mondiale: artistes, scientifiques et aussi les chefs d'Etat. Ces derniers sont reçus selon un protocole très clair. Ils doivent en faire la demande et ne peuvent venir qu'en petit groupe ne dépassant pas une dizaine de personnes. « Parfois, c'est la famille comme dans le cas des Obama », rappelle le spécialiste. L'audience dure entre une demi-heure et trois-quarts d'heure.

 

La rencontre est suivie d'entretiens entre « les responsables des Affaires étrangères des deux niveaux ». L'idée est de « dissocier le caractère courtois, amical, finalement personnel de la rencontre avec le pape et le fait que, malgré tout, on va traiter de sujets », précise l'historien des religions.

 

Un contexte tendu

 

Plusieurs contentieux ont émaillé les relations entre la France et le Vatican depuis le début du quinquennat de François Hollande. Cela a commencé avec la loi sur le mariage pour tous. La manière dont la manif pour tous et l'épiscopat ont été traités, à ce moment-là, a déplu au Saint-Siège.

 

Il y a également eu un différend lors de la nomination de l'ambassadeur français au Vatican. « Un premier candidat avait été annoncé sans concertation par Paris. Il a été finalement refusé parce que bien que catholique, il avait la réputation d'être gay », rappelle Jean-François Colosimo. Pendant 15 mois, il n'y a pas eu d'ambassadeur.

 

« Une relation désastreuse »

 

Enfin, le fait que la secrétaire d'Etat à l'aide des victimes, Juliette Méadel ait « demandé la démission du cardinal Barbarin sans même penser à la présomption d'innocence » a ajouté de l'huile sur le feu. Le primat des Gaules était mis en cause pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs et non-assistance à personne en danger. L'enquête a finalement été classée sans suite.

 

« Il y avait une espèce de relation désastreuse entre Paris et le Saint-Siège », résume l'historien des religions. Pour la réparer, un nouvel ambassadeur a été nommé. « Le père Hamel et la tragédie qui a suivi ont montré que finalement l'église catholique était très sérieuse, que s'il y avait un grand groupe qui adhérait à la laïcité en France, c'est elle par ses paroles d'apaisement », souligne-t-il.

 

Des enjeux politiques

 

François Hollande ira se recueillir en l'église Saint-Louis-des-Français, l'église nationale des Français à Rome. « C'est une première pour lui. C'est une habitude normalement protocolaire. Tout président qui se rend à Rome doit passer par là », rappelle Jean-François Colosimo. En janvier 2014, le chef de l'Etat avait refusé d'entrer à l'intérieur par « signe de désaccord diplomatique et aussi par une sorte de démonstration de laïcité, pure, dure et intransigeante », estime le spécialiste. Cette fois-ci, il ira se recueillir dans l'enceinte du bâtiment religieux en pensant aux victimes des attentats.

 

En France, l'église catholique ne donne pas de consignes de vote mais traditionnellement, les catholiques pratiquants votent plutôt à droite « à trois quarts ». Ils ont actuellement tendance à se rapprocher de la tendance nationale en se dirigeant plus vers le Front national, indique Jean-François Colosimo. « C'est une cause, un peu perdue », estime l'historien des religions. Mais François Hollande se doit de ne pas être trop distancié par ses adversaires à la présidentielle de 2017. Nicolas Sarkozy s'est rendu à la messe de l'Assomption sur son lieu de vacances et Alain Juppé était de son côté à Lourdes.

 

Nicolas Sarkozy, le "sang-mêlé" contre le droit du sol

 

Avec la primaire en ligne de mire, le concours Lépine des propositions radicales bat son plein à droite. Nicolas Sarkozy réclame ainsi une "modification substantielle" du droit du sol en inventant la "présomption de nationalité". Lui qui se définissait comme "un petit Français de sang-mêlé", et qui s'est longtemps méfié des remises en cause d'inspiration maurassienne du droit du sol, se vautre dans une radicalité motivée par sa soif de revanche.

 

Un peu plus de trois mois. Cent six jours exactement. C'est la durée qui nous sépare de l'issue de la primaire de la droite. Ça va être long... Quand on observe le rythme effréné sur lequel s'est engagé le concours Lépine des propositions les plus radicales censé servir à désigner le vainqueur de cette compétition, on se dit que le trimestre qui s'ouvre va être long, très long. Et franchement pénible pour tous ceux qui demeurent attachés par-dessus tout aux valeurs républicaines.

 

Quand on aime, on ne compte pas, l'axiome est connu. Et, quand on aime plus que tout gagner, quand on est prêt à tout, ou presque, pour y parvenir, on ne s'embarrasse pas d'« arguties juridiques » susceptibles d'entraver sa marche triomphale vers la victoire. Tel est à peu près l'état d'esprit de Nicolas Sarkozy au moment d'engager très officiellement le fer avec ses frères ennemis pour reconquérir ce qu'il considère comme son dû, son trône élyséen.

 

Ainsi donc, l'ancien président de la République ose-t-il proposer une « modification assez substantielle » du droit du sol. Il prétend lui ôter tout caractère d'automaticité, laquelle n'existe pourtant déjà pas aujourd'hui pour ceux qui naissent sur le sol français de deux parents étrangers. Peu importe, l'ex-chef de l'Etat veut aller plus loin et restreindre la portée d'un droit de la nationalité bien moins généreux qu' aux Etats-Unis ou au Canada.

 

La suite ICI 

 

Primaire PS: ce que cache la candidature de Benoît Hamon par François Bazin

Publié le 18-08-2016

 

Sur l’aile gauche du PS, il y aura bientôt plus de candidats qu’il n’y avait de tendances dans l’ancien parti de Michel Rocard, le PSU. Leur seule ambition n’est pas de gagner en 2017 mais de contrôler une part de marché de ce qui restera demain du PS.

 

Au suivant! Sur ce qu’il est convenu d’appeler l’aile gauche ou l’aile frondeuse du PS, Marie-Noëlle Lienemann est partie la première, avant l’été, suivie bientôt par Gérard Filoche. Pour ceux qui s’intéressent plus au mercato de la Ligue 1 de football qu’aux méandres de la vie politique, il convient de rappeler que la première est, à 65 ans, sénatrice de Paris, qu’elle a été deux fois ministre –de Pierre Bérégovoy puis de Lionel Jospin– dans des gouvernements qui ont mal fini à force de pencher à droite. Elle a par ailleurs suivi une carrière erratique d’élue locale entre l’Essonne et le Pas-de-Calais où elle fut un temps l’héritière présomptive de Jacques Mellick. Et qu’avant d’animer un courant du PS avec Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray, elle avait été l’une des chefs de file de ce qu’on appelait, au début des années quatre-vingt, "les néo-rocardiens", lesquels plaidaient alors pour une réponse libérale aux défis de la crise.

[…]

Dans pareil contexte, l’encombrement des ambitions face au Président sortant est à la fois logique et suicidaire. Vu l’état où est aujourd’hui la gauche, cela ne changera rien au destin d’une présidentielle dont on voit mal comment elle pourrait ne pas la perdre avec fracas. La primaire du PS ne règle d’aucune façon la question de la dispersion du camp progressiste dès lors que les écolos de Cécile Duflot n’ont pas renoncé à faire entendre leur petite musique et que Jean-Luc Mélenchon poursuit avec méthode son œuvre de destruction massive.

 

Si on lève le nez en regardant plus loin que 2017, on constatera simplement, à l’épreuve des faits, que pendant que les uns réinventent la SFIO et les autres le Parti communiste d’autrefois, certains, comme par réflexe, rejouent les grandes heures du PSU, de ses querelles d’apothicaire et de ses multiples tendances, toutes plus radicales les unes que les autres. C’est seulement en ce sens que la candidature Hamon dépasse l’anecdote. Elle relève de la mise en scène dans ce remake que la gauche est en train de rejouer. »

 

La chronique intégrale ICI 

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 06:00
Vous et votre équipe allez travailler sur le projet d’1 voiture pouvant transporter 4 paysans ou paysannes en sabots, 50 kilos de pommes de terre ou un tonneau, rouler à 60 km/h, ne pas consommer plus de 3 l au 100km.

Le 27 Juillet 1990, la production de la 2CV vit son dernier jour : à 16h30, la 2CV n° 5.114.961 se présente en bout de chaîne, c’est une 2CV Charleston grise, elle sera la dernière 2CV.

 

C’est le 21 juin 1949 que le type A de la 2CV est soumis au Service des Mines. Homologuée le 28 juin, elle sera de nouveau au Salon d’octobre 1949 et mise en fabrication en novembre.

 

Voilà ce qui m’est arrivé : depuis plusieurs jours une idée me trottait dans la tête : « et si pendant ce mois août parisien je chroniquais sur mon premier amour, ma deuche Citroën. »

 

C’était en 1967, je l’avais acheté au curé-doyen de la Mothe-Achard, à crédit : c’est mon père qui m’avait prêté 3000 francs sans intérêts.

 

Elle n’était pas grise mais vert embruns et je crois que c’était le modèle AZAM (AM pour AMéliorée). Elle était produite à Levallois-Perret.

 

Mais ce n’était pas la première que je pilotais, en effet j’avais, bien avant d’avoir mon permis, fait mes premières armes de pilote sur la 2CV de mon père : une antiquité.

 

Mon lourd investissement était motivé par le fait que je m’étais dégoté un emploi au CEG de Pouzauges et qu’il me fallait une auto pour me rendre à la Fac de Droit à Nantes où j’étais inscrit en deuxième année.

 

Donc dans ma petite tête de chroniqueur je ruminais lorsque dimanche 7 août sur le coup de midi je stoppe mon fier destrier au pied d’un distributeur de billets du crédit des agriculteurs. Ayant empoché mon oseille je voltais et là je tombais nez à nez avec ça.

 

Photos.

Vous et votre équipe allez travailler sur le projet d’1 voiture pouvant transporter 4 paysans ou paysannes en sabots, 50 kilos de pommes de terre ou un tonneau, rouler à 60 km/h, ne pas consommer plus de 3 l au 100km.
Vous et votre équipe allez travailler sur le projet d’1 voiture pouvant transporter 4 paysans ou paysannes en sabots, 50 kilos de pommes de terre ou un tonneau, rouler à 60 km/h, ne pas consommer plus de 3 l au 100km.
Vous et votre équipe allez travailler sur le projet d’1 voiture pouvant transporter 4 paysans ou paysannes en sabots, 50 kilos de pommes de terre ou un tonneau, rouler à 60 km/h, ne pas consommer plus de 3 l au 100km.

Comme la première de la deuche ma chronique est enclenchée.

 

Je cherche sur la Toile ce qui s’est écrit et ce que j’ai écrit sur la 2CV.

 

Et là je tombe sur un article LA DEUCHE DE NOTRE JEUNESSE publié le 11 Octobre 2011 mais ce qui m’étonne c’est que sur l’intitulé de Google il est écrit « MERCI, MONSIEUR BERTHOMEAU pour vos articles comme quoi on a tjrs qqe chose à apprendre »

 

Et je retrouve ainsi ma chronique du 26 août 2008 La 2CV : voiture de l'année 48, le terroir profond...

 

Avant de vous livrer ma science quelques détails mécaniques intéressants, contenus dans l’article, sur la fameuse 2CV :

 

  • C’est l’une des rares voiture française qui a eu un châssis à 4 routes indépendantes jusqu’à son extinction en 1990 ;

  • Le moteur qui équipait les premières 2cv avec un peu plus de 400 cm3 n’était pas plus gros que celui d’une moto ;

  • Et il était à refroidissement à air évidemment et bien sûr il y avait un trou pour la manivelle ;

  • La caisse était boulonnée au châssis par 18 boulons et le moteur tenait par quatre boulons de 17 démontables avec la manivelle ;

  • Les essuie-glaces étaient couplé au compteur à câble, c'est-à-dire qu’à l’arrêt plus d’essuie-glace. Les phares étaient réglables de l'intérieur ;

  • Il n'y avait pas de filtre à huile à changer et le filtre à air était nettoyable ;

  • Il fallait compter aussi sur la pédale d'accélérateur qui se déboitait de temps en temps ;

  • Côté équipement on pouvait compter sur des banquette enveloppantes avec leurs fameux ressorts interchangeables à souhait ;

  • Le démarrage se faisait par un câble qui tirait sur un démarreur asthmatique en 6 volts ;

  • Pas de jauge, seule une baguette textile extérieure donnait approximativement le reste d’essence.
Vous et votre équipe allez travailler sur le projet d’1 voiture pouvant transporter 4 paysans ou paysannes en sabots, 50 kilos de pommes de terre ou un tonneau, rouler à 60 km/h, ne pas consommer plus de 3 l au 100km.

« André Citroën, génial ingénieur, en 1934, va se ruiner en concevant et en lançant une voiture révolutionnaire : la Traction avant devenue par la suite, comme le sera la DS 19, une voiture culte. Les usines Citroën, dont l’emblématique quai de Javel, vont donc être reprises par l’entreprise à qui André Citroën doit le plus d’argent : Michelin. Les hommes de Michelin arrivent donc au quai de Javel, Pierre Michelin en tête flanqué de son ami Pierre-Jules Boulanger. André Citroën meurt en juillet 1935. PJB, c’est ainsi que Boulanger, qui a vécu quelques années aux USA, aime se faire appeler, va diriger le bureau d’études où sont conçus les nouveaux modèles. C’est un autodidacte qui a la confiance du patriarche Edouard Michelin.

 

PJB possède une grande maison à Lempdes, un village proche de Clermont-Ferrand berceau des « bibendums », là sont fabriqués les fameux pneus Michelin : le cœur de l’empire de la famille Michelin. De sa fenêtre il voit passer, sur des vieilles charrettes, tirées par des bœufs ou des chevaux, des paysans, accompagnés de leurs femmes et de leurs filles, qui s’en vont au marché vendre leurs produits. Les garçons sont restés à la ferme pour travailler. Et le voilà qui pense que « si la femme pouvait venir seule au marché dans une voiture, le paysan pourrait consacrer ce temps gagné à travailler à la ferme… »

 

De retour à Paris PJB convoque, à son bureau du 48, rue du Théâtre, son adjoint Brogly et il lui dicte un surprenant cahier des charges : « vous et votre équipe allez travailler sur le projet d’une voiture pouvant transporter quatre paysans ou paysannes en sabots, cinquante kilos de pommes de terre ou un tonneau, rouler à 60 km/h, ne pas consommer plus de 3 l au 100km, être suffisamment confortable pour transporter un panier d’œufs dans un champ labouré sans en casser un seul. De plus elle devra être assez légère pour être conduite par une femme venant de passer son permis de conduire. Enfin ce devra être une voiture pas chère : 5000 F alors que la Traction 7 CV dépasse las 18000F… »

 

Légende sans doute car chez Citroën on sait très bien, qu’étant donné la situation économique, si l’on veut multiplier les possesseurs d’automobiles il faut fabriquer une voiture bon marché. Pour l’obtenir il faut selon leurs enquêtes :

 

1° créer un type de voiture qui soit un véritable outil de travail.

 

2° le fabriquer par quantité vingt fois plus fortes que les productions actuelles les plus élevées. »

 

Cette petite voiture économique sera cachée chez Citroën sous le nom de code « TPV » : très petite voiture. La folle histoire de celle que l’on appellera familièrement la deudeuche commence officiellement en 1939. L’ingénieur qui va être le père de la 2CV est André Lefèvre qui est un esprit novateur. De son passage dans l’aéronautique, chez André Voisin, il retiendra le dépouillement des tableaux de bord des premiers avions : le volant et le levier de la vitesse de la 2CV s’en inspireront ainsi que la capote, les sièges et la carrosserie en duralumin. Voiture spartiate, une vraie faucheuse de marguerites. Le premier prototype avec son phare unique a vraiment une sale gueule et il peine à tenir la route. La voiture définitive dispose de tout ce que le bureau d’étude a pu inventer pour simplifier et alléger la voiture. C’est ingénieux, intelligent et laid. 250 voitures sont produites fin août lorsque la guerre est déclarée. Elles seront stockées partiellement montées à Javel et Levallois avant d’être transférées à la Ferté-Vidame où elles rouilleront pendant dix ans avant d’être détruites, sauf quelques-unes sauvées par des employés.

 

 

La suite de l’histoire avec des photos ICI 

 

Les grandes dates de la 2 CV ICI 

 

Ainsi, en 1984, Françoise Castro, l'épouse de Laurent Fabius, arrive-t-elle à Matignon au volant de sa 2 CV Charleston, pour la passation des pouvoirs de son mari avec Pierre Mauroy. Une manière pour le jeune premier ministre de François Mitterrand de favoriser le succès de cette petite voiture française, symbole de la jeunesse et de la décontraction. Et surtout de faire oublier les images de lui au volant d'une luxueuse voiture de course italienne.

 

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 06:00
De l’addition au restaurant…

La douloureuse…

 

Le camarade Roger Feuilly qui sait se tenir aussi bien au comptoir qu’à table, adepte de la nappe et de la serviette à carreaux assortis, grand amateur de gras et des liquides qui vont avec, une référence quoi, écrit dans son Tout n'est que litres et ratures :

 

« Quoi de plus courant que de demander "l'addition" au restaurant, le mot "note", comme l'a rappelé Jean-Michel Barrault dans "Le Figaro" du 20 septembre 2002, étant plus spécialement réservé au paiement dans un hôtel ? L'addition, mot emprunté au langage arithmétique, est la "somme", le "total", des divers services fournis dont le restaurateur a l'habitude de détaille le coût en présentant au client ce que l'argot appelle la "douloureuse".

 

L'usage du mot "addition" vient du latin "additio", chose ajoutée, augmentation, repris dans le sens de "note à payer", en particulier dans un restaurant ou un café, est relativement récente. D'après le "Dictionnaire de la langue verte" d'A. Delvau, ce mot désigne ce que "nos pères appelaient la "carte à payer", ce que les paysans appelle le "compte" et les savants en goguette le "quantum"

 

La plupart des dictionnaires du XIXe siècle et du début du XXe expriment une certaine réticence envers ce sens du mot "addition". "Néologisme" pour les uns, pour d'autres, c'est un "terme familier", ou, selon les termes de Littré, une "assez mauvaise location"... Peut-être lui trouvait-on une sonorité trop mercantile ?

 

Jean Nohain racontait que, encore très jeune, il avait dîné un soir dans un restaurant avec son père, le poète Franc-Nohain, et que celui-ci, pour le familiariser avec les bonnes manières, l'avait prié de demander "la note", en lui faisant remarquer que le terme "addition" manquait de délicatesse et était à éviter. Le jeune homme s'était exécuté et, en réponse, le garçon avait clamé à travers la salle de restaurant : "Et l'addition pour Monsieur !".

 

La suite ICI

 

En France l’addition est toujours libellée service compris mais selon que l’on choisit de manger au menu ou à la carte, que l’on y ajoute une ou plusieurs boissons : eau en bouteille, vin en bouteille ou aux verres, il faut être bon en calcul mental pour anticiper le total de l’addition. Bien évidemment il reste toujours possible de laisser un pourboire pour mettre du beurre dans les épinards du personnel.

 

Le vin, grosse machine à cash des restaurateurs, est un redoutable amplificateur du montant de l’addition surtout lorsque celui-ci est servi au verre. Et là, le plus souvent les restaurateurs, profitant de la modération de la clientèle surtout au déjeuner, poussent le bouchon très loin en pratiquant des prix hors de la raison.

 

C’est déraisonnable, injustifié, pénalisant aussi bien pour le client que pour le vigneron.

 

Bref, il serait temps que les crèmeries qui se veulent promoteur de vins produits dans des conditions équitables et soucieuses de l’environnement mettent leurs pratiques au diapason de leur discours.

 

Merci, le service est compris.

 

Mais ce n’est pas tout, lorsque la douloureuse est allongée sur la nappe qui va la payer?

 

Préférences nationales face à l’addition après un repas au restaurant avec trois autres amis très proches de même sexe :

 

Chacun paie pour ce qu’il a consommé : 64 % en Allemagne, 50 % aux USA, 19 % en France et en Italie, 20 % au RU, 30 % en Suisse.

 

Quelqu’un paie pour tout le monde : 16 % en Allemagne, 20 % aux USA, 25 % en France, 13 % en Italie, 21 % au RU, 13 % en Suisse.

 

On partage l’addition en quatre : 20 % en Allemagne, 30 % aux USA, 56 % en France, 68 % en Italie, 59 % au RU, 58 % en Suisse.

 

Durant les années 2000, le sociologue Claude Fischler et la psychologue sociale Estelle Masson ont réalisé une vaste enquête comparative internationale en vue de saisir les variations culturelles des représentations de l'alimentation.

 

Du côté de la bienséance à la française :

 

« Les codes tacites classiques de bienséance ascendant Nadine de Rothschild veulent que la personne la plus âgée paye pour la plus jeune, que le parent paye pour son enfant, que le client paye pour son prestataire, que le patron paye pour son employé : bref, que les personnes ayant un rapport de domination sociale sur les autres paye l'addition. Inclure à cette liste l'homme paye pour la femme positionne l'homme comme dominant, la femme comme dominée. »

 

Marlene Schiappa Présidente de Maman travaille, adjointe au Maire du Mans à l'égalité vient de publier 1 Manifeste pour que les femmes payent (aussi) l'addition au restaurant - et ailleurs :

 

« Les restaurateurs ont tendance à présenter l'addition à l'homme (ou aux hommes) de la table. La femme qui a comme eux consommé, bu ou mangé, est donc considérée tacitement comme étant "prise en charge". Nous, femmes, pourrions trouver cette situation confortable et pratique, voire économique. En effet, entre les soirées "gratuites pour les filles" et cette tradition voulant que l'homme soit le payeur, il est possible pour une femme de sortir, de boire ou de manger sans dépenser le moindre Euro.

 

Vous pensez que j'exagère ? Observez. C'est systématique. Qu'il s'agisse d'un couple, d'un groupe d'ami-es mixtes ou de familles, c'est à chaque fois à l'homme que l'on tendra la note ou la machine à carte bancaire, sorte d'héritage du "chef de famille" sorti tout droit du vieux Code Napoléon (inspiration de notre Code Civil actuel).

 

Or, cette situation n'a rien de confortable pour bien des femmes ! Au contraire : elle induit que nous serions incapables de payer pour nous-même, voire pour les autres.

 

La suite ICI 

 

Pour ma part, afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté lorsque j’invite, je règle l’addition et j’accepte sans problème dans le cas inverse qu’une amie la paie. Dans le cas d’un déjeuner ou d’un dîner partagé, le partage 50/50 de l’addition est la règle. Il peut aussi exister des variantes telle la prise en charge du vin qui, comme je l’ai écrit, corse souvent l’addition. L’important dans ce moment est de rester discret, de ne pas agir avec ostentation, beaucoup de mes cantines pratiquent avec doigté la remise et le paiement de l’addition. C’est ça la classe.

 

Au resto, les 7 techniques des serveurs pour alourdir l’addition ICI 

 

L’ADDITION par Jerry Seinfeld humoriste américain né en 1954

 

« je suis sorti dîner l’autre soir, et on nous a apporté l’addition, comme toujours, à la fin du repas. Je n’ai jamais aimé ce système, parce que l’argent est une chose très différente avant et après avoir mangé.

 

Avant de manger, l’argent n’a aucune espèce d’importance. Quand on a faim, on s’assoit au restaurant et on se prend pour un empereur romain. On se moque de savoir combien ça coûte, on veut juste le maximum de plats en un minimum de temps :

 

« Servez-nous des apéritifs, et amenez aussi des amuse-gueule, vite, vite ! Les amis, nous allons faire le plus grand repas de notre vie ! »

 

Puis, après avoir mangé, une fois qu’on est bien rassasié, on ne se souvient même plus de ce que c’est que d’avoir faim. On voit des gens qui rentrent dans le restaurant et ça nous fait presque mal : « Pourquoi ces gens viennent ici ? Je suis tellement gavé. Comment font-ils pour avoir envie de manger ? » La ceinture est déboutonnée, la nappe est ruinée, le cendrier est plein à ras bord. On ne veut plus voir de nourriture pour le restant de nos jours. Et c’est à ce moment précis que l’addition arrive. C’est pour ça que ça énerve tout le monde. »

 

Le Monde selon moi.

 

 

A Paris-Plages, la guinguette hache menu l’addition des démunis.

 

Les pieds (presque) dans l’eau, la tête sous le parasol, papilles en éveil et soucis au vestiaire. La voilà la recette de la « guinguette solidaire» de l’association Tous à table, qui s’apprête à éteindre ses fourneaux après un 6e été sur le bassin de la Villette, dans le cadre de Paris-Plages. Un crève-cœur. Chaque jour, autour des petites tables multicolores, on met le couvert pour des convives qui ne paient que 10 % du prix. Et c’est la seule différence entre ces clients accueillis sur réservation, par l’intermédiaire de service d’aide sociale et d’associations d’entraide, et les autres.

 

«Cela représente des repas à environ 2,30 € pour le même service soigné, de la jolie vaisselle, de la cuisine saine et raffinée. Nous sommes un restaurant, pas juste un snack ! Venir manger ici doit être pour tous un moment d’harmonie, de qualité et de plaisir», milite Flavio Nervegna, le fondateur de Tous à table, également à l’origine des repas de Noël solidaires organisés avec près de 70 restaurateurs.

 

Une expérience reconduite chez Ma tante

 

« Pour nous, les VIP sont ces gens en difficulté, qui ne vont plus au restaurant depuis longtemps », sourit-il. Flavio Nervegna aurait adoré voir la plage du bassin de la Villette prolongée, comme celle de la voie Georges-Pompidou (Ier-IVe) jusqu’au 4 septembre. Mais sa requête auprès de la maire a été recalée. «Cela a un coût et l’on ne peut pas prolonger les deux sites », répond l’Hôtel de Ville, qui rappelle que la plage du bassin « a déjà été prolongée pendant trois années consécutives ». A la guinguette solidaire, ce refus laisse un petit goût amer. « Quand on connaît l’impact social extraordinaire et reconnu de cette opération, les messages que l’on reçoit, les sourires des gens... »

 

Flavio Nervegna et l’équipe du restaurant Café A auront ravi les palais de «12 à 20 » personnes en difficulté chaque jour sur les 200 à 300 couverts servis. L’été dernier, ces clients avaient représenté environ 30 % de l’ensemble (400 au total). « Avec la fermeture du site à 22 heures au lieu de minuit, j’ai aussi été obligé de réduire un peu la voilure de cet aspect social. Car, même si le but n’est pas de gagner des sous, il y a des salariés à payer, une cuisine 100 % fraîche à faire tourner... Il faut que l’association vive », regrette Flavio Nervegna, qui prévoit en revanche de prolonger l’initiative dès septembre dans un lieu atypique et symbolique : la cour de Ma tante, le crédit municipal de Paris.

 

« Un moment de vrai plaisir »

 

Quand on n’a plus trop les moyens, la première chose que l’on fait, c’est de freiner sur les extras. Alors, être accueillie ici, si bien reçue et servie comme tout le monde, déguster de la bonne cuisine que d’autres ont mitonnée pour vous, sans être stigmatisée, c’est presque un luxe et c’est formidable. » Ce soir-là, en bord de Seine, Françoise est accompagnée de sa fille de 25 ans, venue pour quelques jours de Lyon. La sexagénaire a rarement l’occasion de la chouchouter. « C’est une jolie façon de la recevoir et de partager un moment de vrai plaisir », sourit-elle. Françoise n’évoque qu’à mots couverts sa « galère temporaire ». Son regard très doux porte aussi ce voile triste d’un quotidien « pas trop facile », comme l’admet cette ancienne travailleuse sociale. Autrefois, elle épaulait des jeunes en grande difficulté. Aujourd’hui, c’est elle qui peine à garder pied, avec 200 € par mois et l’obligation de recourir à l’épicerie sociale d’une association d’entraide. Pour compenser, elle y travaille bénévolement. Elle a découvert l’existence de la guinguette solidaire en cherchant… un cours de yoga à Paris-Plages. « Des initiatives comme celles-ci redonnent le goût de sortir. Le plaisir tranquille qu’on y prend regonfle aussi un peu l’estime de soi », sourit-elle en rejoignant sa table, son regard bleu pétillant à l’idée de cette parenthèse.

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 08:00
Pourriez-vous me dire ce qu’est un amateur de bons vins ?

Dans un commentaire sous ma chronique « Pour Onfray Steiner est un imposteur mais notre conteur de philosophie se prend les pieds dans le tapis de l’œnologie en faisant 1 drôle de méli-mélo entre les vins bios, biodynamiques et les natures. » un œnologue me fait la leçon, ce qui est son droit, en entonnant le couplet classique des détracteurs des vins nature :

 

« Michel a raison sur bien des points surtout la dégustation des vins natures et autres bio dynamique ...pour avoir dégusté de nombreux vins de la sorte j’en ressort toujours déçu bon à mettre à l'évier... aucune finesse … border line sur la volatile ou avec une bonne salade… désolé mais c’est la réalité d’un bon nombre de ces affreux breuvages...alors sous prétexte de l'écologie bobo parigo on devrait se coltiner ces vins infâmes… non, stop ! »

 

Grand bien lui fasse ma chronique n’était en rien une défense des vins nus mais un simple rappel à la modestie au conteur de philosophie en matière d’œnologie. Point c’est tout.

 

Mais cet œnologue, Sébastien Cruss, dont je ne sais où il exerce ses talents, de mon temps on se présentait avant d’entrer chez les gens, pour mieux me river le clou ajoute à son titre : amateur de bons vins.

 

Le qualificatif vaut son pesant d’une forme insidieuse de mépris.

 

En effet, je n’ai jamais vu qui que ce soit revendiquer d’être un amateur de mauvais vin.

 

Là, il n’y a pas photos les amateurs de vins nus sont des amateurs de mauvais vins qui puent, des bobos parigos quoi, des qui vivent dans des lofts, fréquentent des bars destroy, achètent leurs vins chez des cavistes alternatifs, bouffent des légumes bios rachitiques, des gars et des filles qui ne comprennent pas que l’avenir est à l’agriculture et à la viticulture conventionnelle. Bref, une engeance qui veut ruiner les vendeurs d’intrants de tout acabit grand révélateur de l’excellence de nos terroirs.

 

Mais c’est quoi un mauvais vin ?

 

Définition !

 

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément.

 

Allez ne soyez pas timides, lancez-vous, éclairez ma pauvre lanterne de buveur de vin…

 

Hé ! oui je l’avoue je ne suis qu’un buveur de vin qui n’en a rien à cirer de toutes les sangsues qui s’arrogent le droit de me dire ce qui est bon et ce qui est mauvais.

 

Quand j’aime, oui l’amour quoi qui n'a pas besoin de mots pour exister, je n’éprouve pas le besoin de me rassurer avec l’avis de consultants de tous poils, de classificateurs tarifés, de gens qui me disent détenir la vérité.

 

Libre à eux d’exercer leur savoir-faire auprès de ceux qui ont besoin d’être rassurés ou conseillés, c’est leur job, mais de grâce qu’il me lâche la grappe, qu’ils nous lâchent la grappe, avec leurs bons vins. Pour parodier Giscard lors de son débat avec Mitterrand « Messieurs vous n’avez pas le monopole du bon ! »

 

Pour être un brin méchant quand j’en croise certains je me dis dans ma petite Ford d’intérieur qu’ils ont bien la gueule de l’emploi.

 

Quand arrêtera-t-on de vouloir nous imposer le goût dominant, celui des sachants, des appointés des gros de la chimie, des produits œnologiques, des Diafoirus moderne ?

 

Bref, chacun ce qu’il veut, ce qu’il peut, ce que lui permet son porte-monnaie, mais quand on voit l’état de l’offre de vins en France vendu dans la GD, à des prix misérables, on est droit de se demander si les œnologues qui sont derrière eux n’ont pas le même petit air que les architectes qui ont construits les barres à l’orée de nos villes…

 

Belle réussite pour ces chers amateurs de bons vins !

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