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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 08:00
A young couple riding a Vespa on the Champs-Elysées in Paris, 1954

A young couple riding a Vespa on the Champs-Elysées in Paris, 1954

Submergé et démuni, le commun s’en remet aux expertises et ne peut plus juger du tout. Là où s’investit l’action règnent l’imprévisible et le complexe, c’est-à-dire le désordre saisissant des confrontations. La liste des obstacles, qui rendent inopérant un conseil vain et prétentieux, est longue. Étrange service que ce conseil : sa valeur n’est mesurable qu’après coup. Toute action se soumet aux indurations d’un donné imparfait, elle subit et affronte la résistance granitique du concret. Le bon sens, à juste titre, se méfie du conseil et du conseilleur. Sa douteuse validité invite à se défier de son emprise maligne. Elle incité à refuser l’illusoire sérénité de son expertise. Le conseilleur est-il condamné à la solitude de l’oiseau de malheur ? Ou, pour être écouté et suivi, est-il condamné à tenir le discours attendu du solliciteur pour le satisfaire dans ses attentes et le conforter dans une décision déjà prise ? Manipulateur stipendié ou conseilleur répudié ? Le bon conseil le plus souvent déconseille.

 

Montesquieu, Condillac, Diderot radicaliseront le projet d’institutionnaliser un conseil savant et partageable qui puisse échapper aux humiliations « d’un danseur de corde » pris « entre l’écorce et le noyau » comme le regrettait Voltaire face à Frédéric II.

 

Je tiens mon titre, me reste plus qu’à écrire.

 

Relire Le Prince de Machiavel

 

Comment investir le territoire politique ?

 

« Comme ceux qui dessinent les paysages se placent en bas dans la plaine pour observer la nature des montagnes et des lieux élevés, et pour observer celle des lieux bas se placent en haut sur la montagne, de même pour bien connaître la nature des peuples, il faut être prince et pour bien connaître celle des princes, il faut être du peuple. »

 

Ce roman, que je porte en mon sein depuis 25 ans, vais-je l’accoucher ? Rien n’est moins sûr, qui l’attend ? Personne ! Et pourtant… Je me complais dans l’attente, ce temps indécis, qui s’étire, où l’on guette, sans trop y croire, l’instant où l’urgence s’imposera. Indolence, tout est prétexte à l’évitement, je rêve de pouvoir conjuguer les frissons de l’action avec la solitude froide du temps de l’écriture.

 

 

Rire !

Son rire…

Elle me taquine « Allons Jacques ! »

Je lui concède tout.

Elle est la clé de tout.

Elle me remet gentiment à ma place…

Je l’aime ainsi.

 

 

Mon défi, me glisser dans les plis de l’Histoire sans raconter mon histoire, être au-dehors, chercher un narrateur, le trouver, un compagnon de toujours, m’étonnant de ne pas y avoir songé plus tôt, il me faut le délivrer de mon emprise. J’en suis là, dans un étrange entre-eux où une petite voix me dit : « toi, le monsieur qui tient tout sous contrôle, et s’il t’échappait ! »

 

Fais chier la petite voix !

 

M’en fout !

 

Cause toujours, un jour viendra où je te prendrai à contre-pied. En attendant, rien que pour te faire chier je fais la cuisine tout me plongeant dans le ragout de l’actualité politique.

 

Voici mes petites antisèches :

 

Tout d’abord un vieux briscard de la Rocardie, Jacques Julliard

 

« IL Y A UNE ENVIE DE MARINE LE PEN »

 

Le grand entretien

 

  • Comment analysez-vous la séquence politique à laquelle nous assistons ?

 

Cet automne dans Marianne, j’ai écrit que, bien entendu, le futur président de la République figurait dans un quatuor comprenant Juppé, Sarkozy, Hollande et Valls. Personne n’a protesté, c’était une évidence ! Aujourd’hui, pour le moment, aucun de ces quatre n’est en état d’être élu, ni même d’être candidat. C’est une situation si nouvelle qu’elle n’a aucun précédent dans notre histoire. Traditionnellement, en France, pays conservateur, les principaux candidats étaient connus et confirmés deux ans avant l’échéance. Il fallait très longtemps pour faire un candidat. C’est en train de changer. La défaillance de Fillon n’était certes pas prévisible, tout comme l’élimination du grand favori DSK en 2012. Au-delà de cette conjoncture, il existe un rapport nouveau et inquiétant à la présidence.

 

  • En quoi est-il nouveau ?

 

Compte tenu de ce qu’est la France, je suis pour un système vraiment présidentiel. Il suppose une personnalité ancrée dans la vie politique et dotée d’une stature exceptionnelle. C’était le cas du général de Gaulle et de Mitterrand. Les choses ont vraiment changé ensuite. En 2012, à cause de la « défaillance » de DSK, un homme que personne n’attendait est désigné, sans avoir au départ la stature requise. Même chose à présent, pour d’autres raisons. Le statut du candidat à la présidence évolue. La preuve : les hommes dont on parle maintenant n’ont pas le surplomb nécessaire par rapport à la vie politique. Au-delà des cadres institutionnels français, il y a une défiance envers ceux qui sont en place et, à l’inverse, une prime au nouvel arrivant. On l’a vu pour Fillon qui a réussi un temps à incarner l’homme nouveau. On avait presque oublié qu’il avait été Premier ministre de Sarkozy.

 

  • Pourquoi cette évolution vous inquiète-t-elle ?

 

On a dit à tort que de Gaulle avait fait la Constitution de la Ve pour lui. C’est faux. Au contraire, il voulait qu’après lui le système se prolongeât. Le système combine ainsi la légitimité élective, celle du suffrage universel, et celle liée au charisme, à une certaine personnalité, pour que se rencontrent un homme et un peuple. Or toutes les personnalités ont été éliminées. Par ailleurs, on note une prime à la jeunesse. Juppé a été battu pour deux raisons : il était trop à gauche pour l’électorat des primaires de droite ; il était aussi trop vieux. Longtemps cela n’a pas été un problème : un cliché ancien veut que, chaque fois qu’elle est en difficulté, la France se jette dans les bras d’un noble vieillard avec un noble passé, comme Clemenceau, Pétain, de Gaulle. Si l’on pense à Hamon ou à Macron, leur jeunesse est pour beaucoup dans leur éclosion. J’ajoute que ces hommes s’imposent indépendamment des partis. On disait jusqu’ici qu’on ne pouvait être candidat sans parti. Macron montre que c’est possible. Hamon s’est imposé au départ contre la logique d’appareil favorable à Valls ou Montebourg ; aujourd’hui l’appareil le récupère. Cela m’inquiète car la France ne peut vivre normalement à l’intérieur de cadres purement institutionnels. Le charisme ou l’extraterritorialité politique font partie de sa norme. Des historiens essaient aujourd’hui de gommer cette dimension. Hamon l’a théorisée, Hollande aussi en son temps, avec l’idée d’un président « normal » – ça ne lui a pas réussi. Les Français font très bien la différence entre l’humilité et la distance.

 

  • Que voulez-vous dire ?

 

Ils veulent des hommes moins arrogants mais ils récusent la familiarité. Notre vie politique a toujours été conçue comme une guerre d’extermination. Les Français comprennent spontanément que l’équilibre doit être assuré par une figure exceptionnelle, car nous n’en avons jamais fini avec la monarchie. De Gaulle a toujours pensé que la France était un pays à la fois démocratique et charismatique, pour ne pas dire monarchique.

 

  • Les primaires ont-elles accru le caractère chaotique de la situation que nous vivons?

 

Le bilan n’est pas très positif pour les partis. Ils ont cru que ce serait pour eux un moyen de se revaloriser. On voit bien que la primaire de droite a mis du baume au cœur à droite, mais pas chez Les Républicains. Sarkozy tenait le parti, et il a été le grand battu. Pareil à gauche. On ne peut pourtant imaginer une démocratie sans partis. La situation instable actuelle risquerait de s’éterniser. Cette primaire n’est pas facilement compatible avec l’esprit de nos institutions. Elle a pour effet de dévaloriser le système présidentiel, d’en faire un épisode parmi d’autres de la lutte politique traditionnelle.

 

  • Comment interprétez-vous cette tentation de grand coup de balai qu’on a vue ailleurs avec le Brexit ou l’élection de Trump ?

 

Ce qui est commun, c’est le « essayons autre chose ». L’idée n’est pas de dire qu’il y a une meilleure solution ailleurs, mais d’exprimer un mécontentement. Il y a un air du temps. Aujourd’hui ce qui est surprenant, c’est quand il n’y a plus de surprise.

 

  • Pourquoi ?

 

Il ne faut pas écarter l’idée qu’il y ait un jeu de la part de l’opinion. On imagine toujours le peuple comme grave, préoccupé seulement par ses intérêts. Mais la politique est aussi un jeu. Ce qui se passe aujourd’hui passionne l’opinion. Dans un pays qui a une tendance naturelle à la neurasthénie, le spectacle politique distrait beaucoup ! En revanche, cela n’a pas permis de recentrer la politique française sur l’essentiel. On aurait dû, après les déclarations de Donald Trump, mettre l’Europe au centre du débat. Or cela n’a pas été le cas, malgré les tentatives d’Emmanuel Macron. C’est pourtant la grande question de politique étrangère. Je tiens pour ma part à l’idée qu’il faut recommencer par une Europe à deux, France et Allemagne, comme d’ailleurs l’avait proposé en 1950 Robert Schuman.

 

  • Quelles sont selon vous les perspectives de la gauche ?

 

On dit que les deux gauches sont irréconciliables, je ne crois pas que ce soit vrai. Il y a moins d’écart entre Macron et Mélenchon qu’il n’y en avait jadis entre Thorez et Guy Mollet. L’écart, alors, s’appelait l’Union soviétique, le communisme révolutionnaire, le bolchevisme. L’écart des positions – je ne parle pas des hommes, des partis, des passions – ne s’est pas accru, il s’est réduit. Mélenchon est un social-démocrate de gauche. C’est un keynésien qui dit que l’économie doit être relancée par la demande et non par l’offre. Il n’y a là rien d’incompatible avec le fameux discours du Bourget de François Hollande. Ce qui rend la situation si difficile à gauche, ce ne sont pas les écarts idéologiques mais l’incapacité de la social-démocratie à tenir ses promesses dans une période où le capitalisme est trop fort et le mouvement ouvrier trop faible. Voilà pourquoi des Mélenchon ou des Hamon disent : il faut en finir avec la social-démocratie. Mais laissez-les seuls et ils réinventeront cette social-démocratie, car il n’y a pas aujourd’hui grand-chose d’autre à inventer. Si la gauche se divise, ce sera sa faute. Ce sera moins le résultat de la situation, paradoxalement plus favorable à un rapprochement qu’à d’autres époques, que du rapport des forces qui depuis une vingtaine d’années joue en défaveur du salariat. La social-démocratie a payé les pots cassés par le stalinisme, ses difficultés remontent à l’effondrement du communisme. Il faut rester un peu marxiste : le rapport des forces, national et international, pèse autrement plus que la trahison de Hollande !

 

  • Marine Le Pen peut-elle bénéficier de l’envie d’essayer autre chose ?

 

Oui, il y a une envie de Marine Le Pen que la gauche nie avec acharnement. Son père avait un côté loup-garou, pas elle. Pas un mot dans son langage qui puisse faire penser qu’elle est fasciste. Elle est peut-être xénophobe, plutôt moins que Trump d’ailleurs, mais pas fasciste. Certains diront : elle le cache. Je ne le crois pas. En démocratie, on est toujours obligé de faire ce que l’on dit et de dire ce que l’on fait. Le fond de l’affaire est que le parti socialiste n’est plus un parti populaire, et Mélenchon guère davantage. À part une petite frange d’ouvriers un peu radicaux, un peu trotskistes, un peu révolutionnaires, l’essentiel de la clientèle de la gauche ce sont les nouvelles classes salariées, urbaines, diplômées, dont beaucoup sont à l’aise dans la mondialisation. La gauche a laissé le peuple partir vers Marine Le Pen, parce qu’elle ne savait tout simplement pas où le mener. Les bobos sont nombreux, ils forment une vraie classe sociale désormais, mais pour tous les autres, pour cette France périphérique qu’a décrite Christophe Guilluy et qui représente environ 40 % de la population, rien n’a été fait. J’ajoute que le volontarisme culturel de la gauche a laissé le peuple de côté ; l’insécurité culturelle est une réalité aussi forte que l’insécurité physique. Le problème n’est pas qu’économique, il est d’abord culturel.

 

Propos recueillis par Éric Fottorino et Sophie Gherardi

 

 

Ensuite, un vieux de la Mitterrandie, François Bazin

 

Hamon, Jadot et Mélenchon : la bien mauvaise comédie de l’union

 

Il fut un temps où l’union était un combat. C’est devenu une comédie. Le sketch à trois que sont en train de jouer Benoit Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon a ceci de risible qu’il est écrit d’avance. Chacun sait déjà les répliques des uns et des autres. Les rôles ont été distribués de longue date. Des portes vont s’ouvrir puis claquer, puis s’entrouvrir à nouveau. On va s’aimer, puis se disputer avant de feindre de se réconcilier et de se promettre de futures retrouvailles. Mais quand le rideau tombera, on en sera exactement au même point que lorsqu’il s’est levé et surtout, il n’y aura guère plus de monde, dans la salle, pour applaudir un spectacle d’une aussi piètre originalité. Tout ça pour ça…

 

Quitte à décevoir les amateurs de suspens et les derniers amoureux de la politique bisounours, on peut donc passer sans grand risque à ce qui sera la conclusion de cette partie de campagne. Benoit Hamon est candidat et il le restera. Yannick Jadot n’a pas les moyens de l’être et donc il jettera l’éponge d’une façon ou d’une autre. Jean-Luc Mélenchon n'a aucune envie de se retirer et il poursuivra donc, coûte que coûte sa route en solitaire.

 

Pour le dire autrement, le seul objet véritable des rencontres et autres ambassades qui se multiplient depuis quelques jours est de savoir qui héritera, en fin de compte, du mistigri de la division, étant entendu qu’aucun des acteurs de cette prétendue négociation n’imagine un seul instant qu’elle puisse déboucher, à gauche, sur une candidature unique au 1er tour de la présidentielle.

 

La variable d’ajustement, dans toute cette affaire, c’est Yannick Jadot. Le candidat écolo n’a pas les 500 parrainages d’élus nécessaires pour être candidat. Il n’a pas davantage les moyens financiers pour mener une campagne digne de ce nom. L’appareil de son parti, téléguidé par Cécile Duflot, lui tire le tapis sous les pieds. Il est crédité dans les sondages d’un score oscillant entre 1 et 2%. Qu’a-t-il encore à vendre ? Tout le problème pour lui est de changer de rôle. Il était censé porter les couleurs des Verts. C’est mission impossible. Il voudrait donc être celui qui sacrifie ses ambitions perdues sur l’autel d’une alliance rose-verte. Tout cela n’exige, au fond, qu’un peu de mise en scène.

 

Dernière Benoit Hamon et Yannick Jadot, la main de Jean-Christophe Cambadélis et de Cécile Duflot

 

Seul Benoit Hamon est en mesure de lui sauver la mise, à condition toutefois que le PS joue le jeu. Le projet du candidat socialiste est presqu’aussi écolo que celui de Yannick Jadot. Sur beaucoup de points, celui de Jean-Luc Mélenchon l’est tout autant. Mais le leader des Insoumis n’offre pas les mêmes garanties dès lors qu’on passe à l’étape suivante : celle du partage des circonscriptions pour les législatives. Benoit Hamon et Yannick Jadot jurent la main sur le cœur que ces viles questions d’intendance n’ont jamais été abordées lors de leurs dernières rencontres. Mais alors de quoi ont-ils bien pu parler puisque sur le reste, ils sont d’accord sur presque tout ?

 

Dans les soutes de leurs partis respectifs, les hommes du métier n’ont d’ailleurs pas attendu pour reprendre langue à leur tour. Contre un paquet de Jadot, les négociateurs écolos veulent obtenir quelques barils de députés. En clair, ils veulent présenter plus de soixante candidats autonomes pour les législatives afin que leur parti puisse bénéficier d’un financement public. Ils demandent surtout que leurs huit sortants soient reconduits avec le soutien du PS et, en prime, une circonscription gagnable pour leur éphémère candidat à la présidentielle.

 

Ce sont là des exigences raisonnables qui butent sur un seul point : le sort réservé à Cécile Duflot. La maire de la capitale, Anne Hidalgo n’a jamais admis l’arrivée sur ses terres de l’ex-patronne de Verts, en 2012. Elle n’a aucunement l’intention de changer d’avis, même pour faciliter la tâche de Benoit Hamon dont elle est pourtant la marraine officielle. La seule solution serait donc de parachuter Cécile Duflot - à condition bien sûr qu’elle accepte cette petite humiliation ! - sur une nouvelle circonscription qui ne soit pas parisienne.

 

Mais laquelle ? En banlieue ou en province, les places sont devenues rares depuis que les principales investitures ont déjà été distribuées et validées par les militants socialistes. Là est le côté comique de toute cette opération « restore hope », à gauche. Placée sous le signe de l’unité, au nom des grands principes et de la résistance face à la droite dure et l’extrême droite populiste, elle met en scène, façon camp du drap d’or, deux champions - Benoit Hamon et Yannick Jadot – qui ont besoin l’un de l’autre pour rehausser leur image alors que l’essentiel se réglera, au final, sur un coin de table, façon bistrot, entre apparatchiks de Jean-Christophe Cambadélis et tireurs de ficelles de Cécile Duflot.

 

Pas de place pour Mélenchon dans la chambre nuptiale

 

Dans ces jeux de rôles, Jean-Luc Mélenchon n’a désormais le choix qu’entre celui du mauvais coucheur et celui du cocu magnifique. Le leader des Insoumis est convié à une noce unitaire où on lui demande simplement de tenir la chandelle. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de cette histoire. Benoit Hamon et Yannick Jadot partagent déjà le même lit mais ils font croire qu’ils en sont encore à négocier le contrat de mariage. Jean-Luc Mélenchon, à l’inverse, sait bien qu’il n’y a pas de place pour lui dans la chambre nuptiale mais il doit faire semblant d’être prêt à passer auparavant devant notaire.

 

Ces pitreries sont plus qu’une concession à l’air du temps. Elles disent le grand dérèglement d’une stratégie qui semblait imparable. Au début de l’année, Jean-Luc Mélenchon s’interrogeait à voix haute que « l’utilité » d’une candidature socialiste coincée entre la sienne et celle d’Emmanuel Macron. Il pariait alors sur la désignation de Manuel Valls et surtout sur l’échec de la primaire de la Belle Alliance. Or la sur-mobilisation d’un électorat souvent proche de ses thèses a eu pour effet paradoxal non seulement de sauver l’image de ce scrutin – et donc du PS ! – mais aussi de promouvoir un candidat - Benoit Hamon - qui lui a siphonné illico dans les sondages un bon tiers de ses soutiens potentiels.

 

Dernière Jean-Luc Mélenchon, la main de Pierre Laurent

 

Depuis, Jean-Luc Mélenchon est dans la nasse. L’élan qui le portait a été stoppé. L’espoir qu’il nourrissait de figurer au second tour de la présidentielle s’est définitivement évanoui. Le ressort unitaire dont il comptait jouer lorsqu’il faisait, à gauche, la course en tête s’est retourné contre lui. Le seul fait qu’il se soit résigné à des palabres avec ses concurrents écolos et socialistes alors qu’il connait la nature du piège et le nom du gibier est un signe qui ne trompe pas.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 06:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne (4), évangile selon St Matthieu, respect pour les vrais voleurs, dans la tête de François Bayrou…

Lorsque j’ai ouvert cette chronique je n’imaginais pas que j’allais ouvrir une boîte de Pandore :

 

« Dans la mythologie grecque, Prométhée vola le feu aux Dieux pour le donner aux hommes. Pour se venger, Zeus ordonna à Vulcain de créer une femme faite de terre et d’eau. Elle reçut des Dieux de nombreux dons : beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction. Ils lui donnèrent le nom de Pandore, qui en grec signifie "doté de tous les dons". Elle fut ensuite envoyée chez Prométhée. Epiméthée, le frère de celui-ci, se laissa séduire et finit par l’épouser. Le jour de leur mariage, on remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. On lui interdit de l’ouvrir. Par curiosité, elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre. Seule l’espérance resta au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux. C’est à partir de ce mythe qu’est née l’expression "boîte de Pandore", qui symbolise la cause d’une catastrophe.»

 

Jean-Louis Bourlanges, fin analyste du jeu politique s’alarme à juste raison :

 

« Fillon joue à la roulette russe avec son propre camp »

[…]

 

Il est désormais probable que Mme Le Pen aura entre 5 et 10 points d'avance au premier tour sur le deuxième finaliste. Trois hypothèses:

 

Le Pen-Hamon, il est plus que possible qu'elle soit élue.

 

Macron-Le Pen, et là je pense que Macron serait élu, que la droite sortirait brisée de l'épreuve, et que Le Pen structurerait l'opposition à Macron. D'où un risque de victoire du FN en 2022.

 

Fillon - Le Pen : la capacité de Fillon à rattraper son retard sur la candidate du Front national est très très douteuse. Contrairement à ce que disent les dirigeants de LR, Fillon a cessé d'être un rempart contre l'arrivée de l'extrême droite. Il est plus que temps que les responsables de LR et de l'UDI en prennent conscience.

 

Le fameux plafond de verre du second tour risque donc de se briser sous la double conjonction des ultras des deux bords ; rappelons-nous le deuxième tour des Régionales où dans deux grandes régions, bastion du FN, la Gauche s’est fait hara-kiri pour faire barrage. Il est moins que certain que la frange la plus radicale de la Droite classique en soit capable. Hamon ou Mélenchon, assis sur union circonstancielle, de type gauche plurielle, soit en capacité de faire barrage à une droitisation de la France profonde. N’oublions pas que Mitterrand pour se faire réélire avait joué la carte Rocard pour séduire la frange centriste et que le FN n’était pas dans le jeu.

 

Le problème de cette équation c’est Macron. En faire la dernière digue contre la fille de Montretout c’est supposer que la volatilité de son électorat ne le transforme en baudruche dans la dernière ligne droite.

 

Revenons au fil rouge d’une non-campagne.

 

Dimanche 12 février à Notre-Dame de la Paix, à Saint-Gilles ce n’était ni Don Camillo en chaire, ni Peponne flanqué de sa pieuse épouse, mais Russel Torpos et François Fillon sans Pénélope qui faisait ses dévotions.

 

Sous le soleil austral, face à l’Océan Indien, la « meute », avant qu’il n’entre à l’église l’avait bombardé de questions ironiques «Certains disent que vous avez beaucoup de choses à vous faire pardonner ? » ou encore « Qu’allez-vous confesser ? » face auxquelles le François avait opposé un silence dépourvu de sourire.

 

Notre « harcelé national » espérait sans doute trouver dans ce lieu saint, justement nommé, un répit, un havre de paix, mais il y a des moments, dans une campagne où l’on ne sait plus à quel saint se vouer. À l’intérieur de l’église, un éventail à la main, les paroissiens contemplaient le ballet des caméras autour du député de Paris. Et puis vint le moment de la lecture des Evangiles.

 

Et là, patatras, la tuile, le chapitre 25 du livre 5 de l’Evangile de saint Matthieu. «Accorde-toi vite avec ton adversaire tant que tu es en chemin avec lui pour éviter que ton adversaire ne te livre aux juges, le juge aux gardes et qu’on ne te jette en prison» «Amen, je te le dis, tu ne t’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou

 

Pauvre François ce n’est, depuis quelque temps, jamais son jour et dans son homélie le curé n’a pas été beaucoup plus charitable, il en a remis une couche : «Si nous pensons être quittes de tout ce que nous avons fait au motif que personne ne nous a vus, nous nous trompons.»

 

À Paris aussi il en prend plein la tronche :

 

« Chez Fillon, c'est très net. On a à faire à un candidat qui est, à la fois, sournois, arrogant et corrompu. C'est terrible pour son camp. C'est certainement le pire candidat que la droite de gouvernement pouvait avoir », assure Jean-Louis Bourlanges.

 

« À mon âge je n'ai plus la mémoire des gens que je ne vois pas », a affirmé l'ancien président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré.

 

« La République s'est construite parce qu'il y avait des journaux satiriques l'Assiette au beurre, Le Charivari, qui ont été des aiguillons qui ont empêché un certain nombre de déraillements », a-t-il estimé.

 

L'ancien soutien d'Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre a également salué le travail du Canard enchaîné. « Aujourd'hui, le Canard enchaîné a joué un rôle important pour éviter que lorsqu'on est au pouvoir, on abuse du pouvoir »...

 

Le Canard parlons-en !

 

Claude Angeli : « On ne peut pas se contenter d’une presse sage et complaisante »

 

  • Depuis trois semaines le Canard enchaîné a révélé le “Penelopegate“, qui embarrasse grandement François Fillon. Que pensez-vous de sa réaction depuis le début de cette affaire ?

 

Claude Angeli – Elle est similaire à celle de beaucoup d’hommes politiques qui ont été mis en cause par les informations du Canard depuis le début des années 1970. Ils se considèrent souvent comme des “intouchables”, même quand ils sont pris la main dans le sac. Ils nous accusent donc systématiquement de servir leurs adversaires, de faire du “lynchage médiatique”. A une époque, on nous accusait de “terrorisme journalistique”. Maintenant ce mot n’est plus à l’ordre du jour mais on parle de “tribunal des médias”, et on nous accuse de vouloir la peau de Fillon. Xavier Bertrand a même parlé de “méthodes fascistes” à propos de Médiapart. C’est une idéologie imbécile qui tombe systématiquement dans l’insulte pour éviter d’aborder les vraies questions. Bref, un déni de toute responsabilité mâtiné d’une dose de paranoïa.

 

La suite ICI

 

«Haïr le journalisme, c’est haïr la démocratie»

 

Edwy Plenel Le président et fondateur de «Médiapart» analyse le «journalist bashing» pratiqué par François Fillon.

 

  • Edwy Plenel, que vous inspire ce «journalist bashing»?

 

La haine du journalisme est toujours associée à la haine de la démocratie. Il est parfaitement légitime de critiquer les journalistes qui ne sont pas au-dessus des lois. Mais ce n’est pas cela qui est en cause avec ce «journalist bashing» qui, en fait, récuse le droit à l’information, à l’information qui bouscule, qui questionne, qui dérange. Il met en cause la démocratie elle-même, avec son agencement de pouvoirs et de contre-pouvoirs. Ce qui est visé, c’est le cœur même du droit d’être informé, indissociable de l’exercice de la démocratie. Et sans information indépendante et fiable, les citoyens peuvent voter pour leur pire ennemi et provoquer leur pire malheur. Nous ne stigmatisons personne, c’est pourquoi Médiapart s’est toujours refusé à parler de «Penelopegate». Nous ne cherchons que les faits.

 

La suite ICI 

 

Fillon : saint François, victime de la transparence par Raphaël Glucksmann

 

Il était digne, propre sur lui, bien élevé, bien habillé, bien coiffé. Son passage dans l’émission "peopolitique" de Karine Le Marchand, en mode réhabilitation du Barbour versaillais et recette de pâtes à la saucisse, avait suscité un orgasme collectif dans nos chaumières droitières. Sa voix posée, sa famille parfaite, son drone, son sourire timide, sa chemise nickel, sa chasse aux "assistés" et son conservatisme revendiqué : tout en lui faisait rêver la France bourgeoise.

 

Il n’était ni vulgaire comme Nicolas ni empêché comme Alain. Les tristes temps du bonapartisme erratique et de l’orléanisme soporifique étaient révolus, la primaire avait vu triompher un légitimisme assumé et assuré. Toute une classe socioculturelle, rebutée tant par le bling-bling sulfureux du parvenu de Carla que par le néocentrisme bobo-compatible du géronte girondin, tenait enfin son héros.

 

Elle allait pouvoir voter pour un homme qui lui ressemble, un homme bien de "chez nous", un homme vivant comme si Mai-68 et Juin-1936 n’avaient jamais eu lieu, se moquant de la couv des "Inrocks" comme d’une guigne, refusant ostensiblement de se marrer aux blagues de France-Inter, osant rabrouer Charline Vanhoenacker en direct sur France 2, recadrant les journalistes sans hausser la voix, comme il convient à un bon père de famille ou un chef d’Etat, bref, un homme de qualité, un gentilhomme, disait-on jadis. Et patatras.

 

Il aimait l'argent. Trop

 

L’admirateur de Tante Yvonne aimait donc l’argent. Il ne l’aimait certes pas comme on le fait dans le Sentier, à Deauville ou chez les Balkany (il n’aurait probablement pas fêté sa victoire au Fouquet’s). Il l’aimait discrètement, lui, comme il se doit, comme avant, sans l’afficher, ni le proclamer. Avec pudeur. Secrètement. Mais il l’aimait quand même. Trop. Et les "journalopes" – ces "socialopes" masquées ! – ont sauté sur l’occasion. Ils l’ont livré aux loups (l’opinion), lui, sa femme et ses enfants. Et aujourd’hui la fierté retrouvée des conservateurs français laisse place à l’amertume. Voire parfois à la rage.

 

Les fans de François Fillon crient donc au complot du "système médiatico-politique". Le ridicule de leur plainte est à la mesure de leur déception, ne remuons donc pas le couteau dans leur plaie. Ses défenseurs avisés, en revanche, nous disent quelque chose de sérieux. Ils soulignent que des dizaines de parlementaires font la même chose, puis prennent un ton grave pour nous mettre en garde contre les "pulsions de lynchage" et dénoncer ce fameux "populisme" qui ébranle nos démocraties. En nous "acharnant" sur le candidat LR, nous ferions du tort à la République.

 

La suite ICI 

 

Insert personnel : la tentation politique de la comtesse !

 

Sur l’écran de Face de Bouc elle apparut soudain en supportrice du Stade Toulousain ; anguille sous roche me dis-je ; ça sent l’appel du pied au peuple du Sud. Mon pif flairait la suite logique de la Manif pour tous et la voilà faisant un selfie avec François. Défi difficile en terre rose cassoulet, sans compter avec les scories du passé, courageuse donc. Et puis voilà que son François, chevalier blanc, si en phase avec sa vision de la France, chute lourdement de son piédestal. Dur, dur, d’entonner le couplet du complot médiatique, de répéter les éléments de langage, de ramer à contre-courant. Sans ironie je compatis. Pour bien la connaître, je me dis que pour assurer un tel contre-emploi il faut, soit une forte dose d’inconscience, soit assumer un rôle par procuration. Ainsi va la vie, la roue tourne, chacun sa route, chacun son chemin.

 

Je suis né dans un pays où le curé nous faisait chanter « sauvez, sauvez la France Au nom du Sacré-Cœur »

 

Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur,

Sauvez, sauvez la France – Au nom du Sacré-Cœur ;

Sauvez, sauvez la France – Au nom du Sacré-Cœur.

 

Pitié, mon Dieu ! C’est pour notre patrie

Que nous prions au pied de l’autel.

Les bras liés et la face meurtrie,

Elle a porté ses regards vers le ciel.

 

Attrapé sur un blog :

 

« Il y a chez les militants fillonistes des accents qui reflètent les attaches gaullistes et chrétiennes de leur Guide avec un zeste de ce pétainisme – ce n’est pas contradictoire – qui fleure encore bon la France profonde, la Sarthe comme la Vendée très chrétienne de son directeur de campagne Taïaut-et-Retaïaut. J’ai pensé à eux, à tous ces Croisés portant sur la poitrine le Sacré-Coeur de François. En d’autres temps, ils auraient chanté des cantiques sulpiciens inspirés de la sainte figure du père de Montfort. C’était un missionnaire breton de la Contre-Réforme. Il avait sévi dans tout l’Ouest au début du XVIIIème siècle. »

 

De Jacques Duquesne

 

« MEA CULPA » SUR LA POITRINE DES AUTRES

 

« Car la France a péché. Et c’est parce qu’elle a péché qu’elle a été battue en un mois de combat. Telle est la conviction qui s’est répandue au lendemain de l’armistice. Le Maréchal Pétain a donné le ton dans l’un de ses premiers messages, le 26 juin en dénonçant « l’esprit de jouissance ». Notre défaite, a-t-il dit, « est venue de nos relâchements. »

 

Weygand, le généralissime en chef, s’exonère à bon compte : « la France a mérité sa défaite ; elle a été battue parce que les gouvernements depuis un demi-siècle ont chassé Dieu de l’école. »

 

Les coupables, le Front Populaire en tête, comme aujourd’hui la foutue gauche molle et, bien sûr, les jouisseurs comme moi fruits dévoyés de mai 68.

 

Je goûte à sa juste saveur cette rhétorique de sauveur qui se hausse du col pour quitter ses anciens vêtements de serviteur du quinquennat de Nicolas. Revoilà la vraie droite et, pour ne rien vous cacher ça ne me déplaisait pas, comme le disait son ancien camarade de la bande à Philippe Séguin, Henri Guaino : «La droite n’aurait-elle rien de plus sérieux à proposer qu’une politique obéissant à la même inspiration que celle de Laval en 1935 ?»

 

Il s’agit du Laval de 1935, donc fréquentable !

 

Fermons le ban, et revenons au dur : le DROIT !

 

Affaire Fillon : pas d’atteinte à la séparation des pouvoirs

 

Par le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau

 

La séparation des pouvoirs ne signifie pas droit pour le pouvoir exécutif de faire ce qu’il veut, droit pour les parlementaires de faire ce qu’ils veulent, droit pour les juges de juger comme ils le veulent. Elle signifie que chacun des trois pouvoirs doit être indépendant dans sa formation et dans l’exercice de ses compétences.

 

Ainsi, pour les parlementaires, afin de protéger l’exercice de leur mandat de toute intrusion de l’exécutif et du judiciaire, l’article 26 de la constitution prévoit qu’aucun « membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou vote émis par lui dans l’exercice de ses fonctions ». Ce que la séparation des pouvoirs protège, c’est la liberté d’expression politique de la Nation qui parle par la voix du parlementaire – « ses votes et ses opinions » – ce n’est pas l’utilisation qu’il peut faire du crédit affecté à la rémunération de ses collaborateurs. Soutenir le contraire revient à dire que la Nation en la personne de son représentant peut utiliser les fonds publics à d’autres fins que le service de la Nation. Un juriste ne peut soutenir un tel raisonnement. Et, il faut l’espérer, pas davantage un politique.

 

D’autant que la révision constitutionnelle de 1995 a supprimé la nécessité de l’autorisation préalable de l’assemblée pour poursuivre un parlementaire qui doit désormais répondre de ses actes devant la justice comme n’importe quel citoyen. Il est donc parfaitement légal que le Parquet National Financier se soit saisi de la question d’un éventuel détournement de fonds publics par le député François Fillon – et non le candidat à l’élection présidentielle – puisque cette infraction entre dans son champ de compétence défini à l’article 705 du code de procédure pénale.

 

Le détournement de fonds publics est, selon l’article 432-15 du code pénal, « le fait par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public de détourner des fonds publics qui lui ont été remis en raison de ses fonctions ou de sa mission ». La Nation est titulaire de l’autorité publique et le parlementaire, qui est le représentant de la Nation, est le dépositaire de cette autorité publique. D’autre part, tous les parlementaires disent, à juste titre, qu’il n’y a pas de plus belle mission de service public que de représenter la Nation et de voter les lois qui façonnent le vivre-ensemble. Enfin, personne ne conteste que les crédits avec lesquels un parlementaire paie ses collaborateurs sont bien des crédits publics qui lui sont attribués en raison de sa mission et pour cette mission. Par conséquent, au sens du droit constitutionnel, le Parquet National Financier est parfaitement dans ses compétences pour enquêter sur d’éventuels détournements de fonds publics par un parlementaire.

 

La protection nécessaire du statut de parlementaire est faite pour lui permettre de parler librement au nom de la Nation, pas pour lui permettre de détourner des fonds publics. Derrière tout ce tohu-bohu, la question en droit est simple : le député François Fillon a-t-il utilisé les crédits publics pour payer des collaborateurs à faire des tâches sans lien avec l’exercice de son mandat de parlementaire ? Cette question ne porte atteinte ni au principe de la séparation des pouvoirs ni à la dignité du mandat de parlementaire ni aux droits constitutionnels des citoyens.

Dominique Rousseau

Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

 

À un petit paquet de jours du premier tour, des partants à grosse casaque, deux sont sûrs de concourir : la de Montretout même avec ses grosses casseroles et le Macron, même si des peaux banane vont se glisser sous ses Richelieu bien cirées. Pour les autres : Fillon droit dans ses bottes risque fort de chier dans les bottes de son camp, et à gauche Hamon, le petit héritier de Tonton, va sans doute absorber Jadot pour une poignée de circonscriptions, dont celle …, mais buttera, au grand désespoir de ceux qui rêvent du grand soir, sur l’ego de Mélenchon.

 

Mais reste l’héritier du MRP, l’ancien parti des curés, François Bayrou !

 

Y aller ou pas ?

 

Philippe Ridet du Monde c’est donc glissé Dans la tête de François Bayrou

 

On l’imagine tard le soir, dans la cuisine de sa maison de Bordères, dans les Pyrénées-Atlantiques. Tout le monde dort, sauf lui qui s’interroge. Y aller ou pas ? Etre candidat une quatrième fois consécutive à une élection présidentielle ? Pour gagner, pour peser, pour témoigner, pour perdre à plate couture ? De temps en temps un aboiement, un meuglement, un hennissement ponctuent la nuit. La campagne n’est jamais silencieuse.

 

Après trois échecs (2002, 2007 et 2012), quelque chose pousse encore François Bayrou à tenter sa chance. François Fillon pourrait être mis en examen, la « bulle » Emmanuel Macron pourrait éclater, ne laissant qu’une auréole. Quant à la gauche, elle restera en miettes. C’est maintenant ou jamais, pense-t-il, en ouvrant la porte du frigo à la recherche d’un petit quelque chose à grignoter. Il se sent prêt. D’un autre côté, il aura 66 ans en mai, il est même plus vieux que Jean-Luc Mélenchon, à quelques mois près. Juppé, Sarkozy, Hollande, Valls sont tombés. Il sait que les temps sont durs pour les hommes d’expérience au rang desquels il se compte. Le ball-trap ? Très peu pour lui. Compromettre sa carrière par une nouvelle candidature de témoignage ? A quoi bon. Pourquoi ne pas se contenter de Pau ?

 

Deux colonnes, pour et contre

 

Il y a plus de vingt ans, pareil dilemme s’était présenté à Jacques Delors et à Valéry Giscard d’Estaing. Le premier avait renoncé, arguant qu’il n’aurait pas de majorité pour gouverner en cas de victoire : « Vous savez, avait-il dit à la télévision, le 11 décembre 1994, me retrouver dans les salons de l’Elysée comme le couronnement de ma carrière, cela n’a jamais été mon but. » Trois mois plus tard, le 7 mars 1995, l’ancien président de la République jetait lui aussi l’éponge au terme d’un long débat intérieur constatant « avec tristesse » que ses idées « ne rencontrent pas d’écho dans l’opinion publique française ».

 

Longtemps après, Jacques Delors ajoutera : « Même si je ne m’en suis pas rendu compte immédiatement, c’était renoncer à la politique. Et renoncer à la politique, ce n’est pas renoncer aux glorioles, c’est renoncer au fait de faire quelque chose d’utile à un endroit. » Bref, la retraite.

 

François Bayrou, lui, ne s’y résout pas. Il prend une feuille blanche, qu’il divise d’un trait noir en deux colonnes. Dans celle de gauche, il écrit « Pourquoi je me présente » ; dans celle de droite, « Pourquoi je ne me présente pas ». Il mâchouille son crayon, fait quelques pas, revient s’asseoir. La nuit promet d’être longue. Et si je me faisais un café ?, se demande-t-il.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 06:00
Marlène Dietrich et sa fille - photo : Horst - 1949

Marlène Dietrich et sa fille - photo : Horst - 1949

Dans sa très belle Préface de Dîner chez Marlène, Macha Méril , née Maria-Magdalena Wladimirovna Gagarina, avec le rang de princesse, de l'union de Marie Vsevolodovna Bielskaïa, issue de la noblesse ukrainienne, et du prince Wladimir Anatolievitch Gagarine, tous deux exilés avec leurs familles sur la Côte d'Azur après la Révolution de 1917, écrit :

 

« Et voilà qu’un jour je découvre Marlène cuisinière. Comme elle, j’ai cultivé toute ma vie l’arme puissante de la gastronomie. Car même aux moments les plus aigus du féminisme, auquel j’au évidemment adhéré en 68, je n’ai jamais voulu renoncer à mes casseroles, ainsi que le préconisaient les enragées de l’émancipation des femmes. Ah non ! Pour rien au monde je ne me priverais de cet art qui m’a procuré tant de joie, et tant de succès auprès des hommes ! Le chemin vers le cœur des hommes passe son estomac. Je l’ai maintes fois vérifié. Tous les hommes : les amis, les amants, les maris, les enfants, les collègues, les ennemis politiques, les producteurs et le metteurs en scène… Marlène l’avait compris avant moi, elle a peaufiné son registre de nostalgique Allemande pour trouver un style bien à elle, et elle a enjôlé von Sternberg, Jean Gabin, Billy Wilder, Orson Welles et les autres avec ses bouillons et ses pot-au-feu. »

 

« J’ai une admiration sans bornes pour ce genre de femmes, d’une grande intelligence, qui ont su s’emparer de leur identité à l’heure où l’émancipation des femmes n’existait pas encore. » Macha Méril est intarissable sur Marlene Dietrich. « J’ai été très flattée lorsqu’on m’a demandé d’écrire la préface de ce livre »

 

«Dîner chez Marlene : De L’Ange bleu au cordon-bleu» 

 

« Même pendant les tournages, Marlène était impatiente de se retrouver devant les fourneaux pour cuisiner…

 

En 1957, elle tourna avec son réalisateur préféré Billy Wilder Witness for the Prodecution (Témoin à charge). « En travaillant avec toi, j’ai appris à te connaître et à t’aimer, tu m’as enrichie et emplie de gratitude », lui avait-elle déjà écrit le 14 juillet 1948. Elle fut très heureuse durant ce tournage avec Billy Wilder, et Charles Laughton qu’elle adorait : « C’était un acteur remarquable, sans artifice ni prétention. Il ne manifestait ni exigences particulières ni mauvaise humeur à l’égard des réalisateurs ou des producteurs, contrairement à l’attitude de nombreuses vedettes…»

 

Lors d’une séquence, son interprétation était si impressionnante qu’à la fin du tournage… tous ceux présents sur le plateau restèrent immobiles, comme fascinés. »

 

Alors pour ramener tout le monde à la réalité, elle annonça soudain qu’elle allait préparer le déjeuner pour tout le monde !

 

Un goulasch hongrois avec des pâtes et une salade de concombres.

 

Dessert : fraises au vin rouge

 

« Et pour terminer un café absolument délicieux » selon Charles Laughton (carnet daté du 11 novembre 1957)

 

Le lendemain, même émotion « elle était si extraordinaire que tout le monde sur le plateau avait les larmes aux yeux. Elle aurait dû être épuisée, mais non, elle nous invita tous de nouveau à déjeuner de très fines escalopes viennoises avec un mélange de choux de Bruxelles et d’artichauts. Elle avait initialement prévu des petits pois frais à la parisienne, mais pendant la cuisson, elle trébucha et tout se renversa par terre. Comme dessert, elle prépara des crêpes et son délicieux café. »

 

Toujours Charles Laughton.

 

Quelques jours plus tard, après une scène où la tension était si intense que l’équipe en trembla « Eh bien ce jour-là, elle nous fit un poulet aux pâtes, des framboises accompagnées de quelques herbes, et une fois de plus son délicieux café. » note Charles Laughton conquis.

 

Tellement addict de la cuisine de l’Ange Bleu qu’il revint au studio lors d’un de ses jours de repos. Il s’arrangea pour passer à l’heure du déjeuner. « Marlène était en train de préparer un bœuf strogonoff qui s’avéra savoureux, léger et juteux comme je n’en avais jamais mangé… et toujours son merveilleux café. »

 

L’acteur avoue qu’à la fin du tournage « nous étions tous gonflés comme des baudruches, et je dus moi-même me mettre à la diète. »

 

Billy Wilder eut cette boutade « les hommes admiraient les jambes de Marlène dans l’espoir de profiter d’un bon repas. »

 

Une très grande dame et un livre exceptionnel…

Marlene Dietrich welcomes a soldier returning from World War 2 with a passionate kiss through a porthole, 1945.
Marlene Dietrich welcomes a soldier returning from World War 2 with a passionate kiss through a porthole, 1945.
Marlene Dietrich welcomes a soldier returning from World War 2 with a passionate kiss through a porthole, 1945.
Marlene Dietrich welcomes a soldier returning from World War 2 with a passionate kiss through a porthole, 1945.

Marlene Dietrich welcomes a soldier returning from World War 2 with a passionate kiss through a porthole, 1945.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 06:00
Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…

Il se murmure sur face de bouc que je passe ma vie à table, sous-entendu que je fais table ouverte au restaurant, alors que la table où je passe le plus de temps est celle où je m’échine à écrire mes chroniques journalières, à égalité de temps avec celui passé vautré dans mon vieux fauteuil en cuir où je brûle mes vieux yeux à lire.

 

Mon budget livres fait jeu égal avec celui de mes frais de bouche, et dans les deux cas je soutiens le commerce de proximité, avec moi Amazon plierait bagage et les fourgueurs de poches à réchauffer mettraient la clé sous la porte.

 

Ainsi va ma vie de vacancier éternel qui s’offre, comme ça, au débotté, l’extrême volupté de lire à TABLE, en solitaire, mêlant les délices du sieur Verjus à ceux des épandeurs de mots sur le papier.

 

JOUIR !

 

« Jouir sans entraves » proclamaient les enragés de Nanterre en 68.

 

Lors de l’une de mes récentes moissons de livres, à peine avais-je accroché mon fidèle destrier au poteau qui fait face à la librairie Gallimard, boulevard Raspail, que mon regard fut capté par le titre d’un livre exposé en vitrine : Jouir comme une sainte et autres voluptés, de Pascal Ory.

 

Pascal Ory je connais ! Lu et apprécié certains de ces livres, un érudit pas chiant et cerise sur le gâteau une fine bouche…

 

Achat immédiat !

 

À la maison, dans ma tanière d’écriture, le petit livre rejoignit la pile branlante, en attente de lecture…

 

Et puis, c’était un mardi, en fin de matinée, le ciel jusqu’ici grisoulloux donnait des signes d’éclaircie. Sans hésiter j’enfourchais mon fidèle destrier, non sans avoir glissé dans ma sacoche le petit livre d’Ory, cap sur TABLE !

 

La cantine des délices du Bruno était emplie jusqu’au bec mais tout au bout du bar, là où j’aime me poser, en retrait, mon couvert fut dressé par la souriante Emilie. Même qu’elle m’apporta une moelleuse peau de mouton pour que je puisse prendre mes aises.

 

Mes voisins de bar étaient discrets.

 

Crayon de papier 8 B en main le temps de lire était venu. Du côté menu je l’illustrerai en images tout à la fin de cette chronique.

 

Comme toujours j’ai commencé par feuilleter et, je ne sais pourquoi, je me suis arrêté à la deuxième volupté… sans doute mon flair de vieil épagneul breton.

 

Page 61 : une pépite, je cite :

 

« Ma mère était là pour faire de moi un petit homme fier et soumis à la fois, donc un premier de classe. Abandonnée dans son jeune âge par la sienne, de mère, la trop jolie Rose, à une époque où ça ne se faisait pas pour une mère d’abandonner son enfant –, pour un père, surtout « naturel » (quelle expression !), c’était monnaie courante –, elle avait été élevée par un homme sévère qui tenait seul le ménage et que, bien entendu, elle admirait. Elle était peu portée à voir la vie en rose mais elle savait camoufler son absence d’illusion sur l’humanité ( que je me suis empressé d’adopter) derrière un sourire notoirement forcé et des tenues impeccables qui faisaient d’elle une jolie élégante de sous-préfecture. »

 

Ça me touche, ça me parle…

 

J’ai ensuite fait marche arrière pour lire la première volupté où à la page 34 j’ai goûté avec délice l’entrée en écriture de Pascal Ory. C’est jouissif !

 

Enfin, au dessert, j’ai expédié par sms à mon amie Isabelle mère d’un tout nouveau Augustin ce passage : « Saint Augustin, ce grand malheureux, maître de tous les puritanismes parce qu’il a été le sujet de toutes les tentations, a imaginé trois désirs condamnables : désir de jouir, désir de dominer, désir de savoir. Que tout trois réunis résument l’histoire humaine dit assez l’inhumanité d’un tel système. »

 

Je sais que certains d’entre vous vont me reprocher ces zigzags, cette lecture fractionné, mais pour ma défense je réponds que la forme du livre s’y prête et que, bien sûr, dans le calme de ma thurne je jouirai en solitaire, page à page, dans la plus totale volupté, du beau livre de Pascal Ory.

 

Peut-être une nouvelle chronique verra le jour si je trouve un bon angle…

 

Pour mon appétit terrestre ce fut ceci :

Poireau monstrueux de Carentan en mille-feuille. Lard de porc noir de Bigorre, coques jaune d’œuf osmosé à l’eau de mer.

Poireau monstrueux de Carentan en mille-feuille. Lard de porc noir de Bigorre, coques jaune d’œuf osmosé à l’eau de mer.

Rouget grondin de l’Ile d’Yeu grillé sur peau. Laqué d’hibiscus, foie gras poêlé, chou de Pontoise, raddichio, agrumes.

Rouget grondin de l’Ile d’Yeu grillé sur peau. Laqué d’hibiscus, foie gras poêlé, chou de Pontoise, raddichio, agrumes.

Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…
Tarte aux pralines selon la recette d’Henry Connil pour Alain Chapel, crème glacée à la rose d’Ispahan et hibiscus.

Tarte aux pralines selon la recette d’Henry Connil pour Alain Chapel, crème glacée à la rose d’Ispahan et hibiscus.

Livre de TABLE : Jouir comme une sainte et autres voluptés, Pascal Ory, le fragmenté comble mes désirs…
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 06:00
« Foyes gras mincés à la chicoté… du gavage au doigt des Égyptiens au virus H5N8, est-ce la fin du foie gras de Maïté
« Foyes gras mincés à la chicoté… du gavage au doigt des Égyptiens au virus H5N8, est-ce la fin du foie gras de Maïté

Dans le Sud-Ouest, le sacrifice de centaines de milliers de canards sains pour tenter de freiner la progression de la grippe aviaire n’est pas toujours bien compris par beaucoup.

 

Le virus porté par des oiseaux migrateurs venus du nord de l'Europe s'est propagé très vite lors du transport des animaux vivants à d'autres départements.

 

Le virus H5N8 qui se propage depuis fin novembre dans l'Hexagone est classé "hautement pathogène", comme l'était la souche H5N1 apparue en Dordogne fin 2015. Mais la grippe concernait alors « strictement la France et le sud-ouest ». Il était « sans doute issu d'un virus qui avait circulé depuis plusieurs mois dans les élevages » et son ampleur n'avait été repérée qu'à la fin 2015, explique Jean-Luc Guérin, professeur à l'École nationale vétérinaire de Toulouse et chercheur à l'INRA. Au contraire, cet épisode de grippe aviaire est beaucoup plus large et concerne « l'ensemble de l'Europe ».

 

Le premier cas, hors faune sauvage, a été rendu public le 2 décembre dans le Tarn. Des animaux venant de cette zone avaient été acheminés dans trois élevages du Gers le 30 novembre, ainsi que dans les Hautes-Pyrénées et le Lot-et-Garonne. L'ouest du Gers, où se multiplient les foyers, est une zone « assez humide » avec une « concentration très importante » d'élevages, ce qui favorise la propagation, selon Philip Everlet, responsable du pôle aviculture à la chambre d'agriculture du Gers. Il s'agit du deuxième département producteur de foie gras en France, derrière les Landes.

 

D’où la nouvelle stratégie des services sanitaires du Ministère de l’Agriculture :

 

Influenza aviaire hautement pathogène H5N8 : évolution de la stratégie de lutte pour éradiquer le virus dans les départements touchés ICI

 

Mais par-delà le strict point-de-vue sanitaire, certains pointent le doigt sur la responsabilité de l’industrialisation, de l’intensification, qui ont favorisé la concentration des élevages et la segmentation des fonctions entraînant des transports d’animaux vivants.

 

Comment les coopératives agricoles ont ubérisé le foie gras ICI 

 

Comment les coopératives subventionnées préparent la fin du foie gras français ICI 

 

Mais, à propos, c’est quoi un foie gras ?

 

C’est un foie d’oie ou de canard, dont l’important volume et le poids sont obtenus grâce au « gavage ».

 

Mais qu’est-ce que le gavage ?

 

C’est obligé un animal à continuer à absorber de la nourriture alors qu’il a atteint la satiété, alors qu’il est repu.

 

Pour ce faire on dispose de nombreux procédés : par exemple entretenir sa soif et l’obliger ainsi à absorber beaucoup de bouillies imprégnées d’eau, mais ce n’est pas suffisant pour obtenir notre foie gras.

 

Mais, et c’est ce qui provoque des polémiques et de violentes oppositions, on réserve le terme gavage à celui réalisé grâce à la mise en place dans l’œsophage de l’animal, c’est donc un gavage « instrumental ».

 

Avec l’usage immodéré des gavages sous forte pression et la surgélation, conjugués avec la dégradation de la qualité maïs et une cuisson excessive, ont largement écornée l’image d’Épinal du foie gras produit d’un terroir où il fait bon vivre, « le bonheur est dans le pré ».

 

Mais quels ont été les pionniers du gavage ?

 

Ce sont les Égyptiens.

 

Mais dans quel but gavaient-ils ?

 

« Concernant les oies et les autres palmipèdes, sans aucun doute pour recueillir leur précieuse graisse ou donner de la saveur à leur chair.

 

Mais ils gavaient aussi des hyènes comme on le voit dans les illustrations « ils poussaient avec un doigt des aliments, et ce procédé imposait de maintenir la mâchoire en ouverture, ce qui pour les hyènes qui possèdent le record de puissance de mastication parmi tous les mammifères, n’est pas chose facile.

 

Pourquoi ce gavage ?

 

Les hyènes étaient domestiquées pour la chasse et certains prétendent que c’était dans le seul but de leur couper l’envie de dévorer le gibier.

 

Mais pour autant il est fort probable que les Égyptiens ne produisaient pas des foies gras car qu’auraient-ils fait de cet amoncellement de substance éminemment putrescible ? En effet, si la viande se conserve bien, par séchage ou salage, ce n’est pas le cas du tissu hépatique.

 

Même si l’usage de l’expression « foie gras » est attesté dès le XVIe siècle, sans doute cela désignait-il des « foies blonds », de couleur claire peu volumineux, plus moelleux, ils étaient émincés ou malaxés pour entrer dans la composition de pâtés ou de farces.

 

« Force est d’admettre que la production de « notre » foie gras n’est apparue, sous sa forme actuelle, qu’au début du XIXe siècle. Il est le résultat de la conjonction de trois facteurs : l’abondance du maïs, les améliorations pratiques du gavage, et au bout du compte l’appertisation. »

 

Auparavant les « boîtes de conserve » lorsqu’elles apparurent les éleveurs durent apprendre à s’en servir ; jusqu’à la fin des années 30, ils se contentèrent de mettre en place un joint de caoutchouc sur lequel ils posaient un couvercle mécanique, maintenu en place par des encoches. Ce n’était pas toujours étanche et un foie corrompu ça pue. Puis vint le sertissage, encore faut-il bien le faire car rien ne ressemble autant à un ouvre-boîte qu’une sertisseuse maniée avec vigueur. C’est pour cette raison, bien avant les vins de garage chers à Jean-Luc Thunevin, les femmes de garagistes qui possédaient de bonnes sertisseuses bricolées par leurs maris se lancèrent dans la conserve de foie gras.

 

Les Romains gavaient aussi les oies, mais là je vous laisse le soin de le découvrir dans la bible des Abats en Majesté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vais me contenter de vous donner la recette des « Foyes gras mincés à la chicoté » du cuisinier gascon Louis Auguste de Bourbon 1740

 

Cette recette illustre ce que l’on nommait, à l’époque, des foyes gras (au pluriel). À noter que l’on écrit mincer pour émincer.

 

Prenez de la chicorée accommodée comme pour les filets de mouton (il s’agit de feuilles), minces à l’ordinaire ; prenez ensuite des foyes gras blanchis que vous mincez le plus qu’il se peut.

 

Vous les jetez dans cette chicorée, prenez garde qu’ils ne bouillent ; ajoutez une pointe d’ail et servez ; vous en faites au cresson de même, le cresson bien blanchi avant de l’employer.

 

Louis-Auguste de Bourbon, marmiton princier !

 

Ce prince-là, de son prénom Louis-Auguste (1700-1755), était le fils aîné du duc du Maine et de Louise-Bénédictine de Bourbon-Condé, la petite-fille du Grand Condé. Un livre lui a été dédié, il s’agit du Cuisinier gascon imprimé à Amsterdam, en 1741, sans nom d’auteur. Cet anonymat ne trompait personne, du moins à la cour, car tout le monde savait qu’il était de la main de Louis-Auguste de Bourbon lui-même. Ce Cuisinier gascon est considéré comme l'un des livres de cuisine les plus célèbres du XVIIIe siècle. Il offre peu de recettes, mais celles-là sont désignées sous des noms pittoresques : poulet chauve-souris, yeux de veau farcis, poulets en culottes, sauce au singe vert, sauce au bleu céleste, veau en crotte d'âne roulé à la neuteau, hachis d'oeuf sans malice, etc. On y trouve aussi de nombreuses recettes italiennes très détaillées.

 

« Foyes gras mincés à la chicoté… du gavage au doigt des Égyptiens au virus H5N8, est-ce la fin du foie gras de Maïté
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 06:00
L’inexorable déclin des baby-boomers : la barboteuse, le bébé Cadum, le timbre antituberculeux, le DDT…

Nous les baby-boomers sommes poussés vers la sortie tout en contemplant avec un brin de nostalgie nos petits-enfants ; j’en ai 3 de sang et 1 dont je suis le papy d’occasion, mais je suis tout aussi attendri par les petits de mes jeunes amies : Adam, Augustin, Isidore…

 

850 000 bébés naissent en France en 1948, un record depuis les années 1900. Les femmes avaient en moyenne trois enfants, soit un de plus qu’avant-guerre. Nous étions pour la plupart d’entre nous nés dans un chou…

 

Pile poils dans la cible puisque né au beau milieu de 1948, petit dernier d’une famille de 3 enfants. Depardieu, Nathalie Baye, Charles d’Angleterre, Anne Sinclair, en sont eux aussi.

 

Les Américains sont encore populaires, les hommes délaissent le gris que l’on roule et la Gitanes pour les Lucky Strike, les Camel ou les Craven A, les femmes découvrent le luxe du bas nylon, et les gamins mâchouillent du « chouinegomme ».

 

À la ville où beaucoup de bras paysans migrent, les parents poussent leurs landaus, traversent la chaussée dans des passages piétons délimités par de vrais clous, alors qu’une nuée de vélos zigzaguent entre les grosses Traction avant et les petites 4 ou 2 CV. Même si Victor Mills aux USA a inventé la couche jetable, les bébés gaulois sont emmaillotés par leurs mères dans des langes en tissu qu’elles épinglent sur leur petit cul.

 

Je lis dans une publication Nous les enfants de 1948 :

 

« On nous immortalise dans cet état de grâce : recherchés pour leur aptitude à nous faire tenir en place, certains photographes se spécialisent dans l’enfance, et nos parents trouvent leurs coordonnées au verso des photos que leur montrent leurs amis. Quand nous ne jouons pas aux vedettes, nous agitons nos hochets et nos crécelles dans des landaus ou des berceaux. »

 

Là encore je suis plein centre de la cible : le photographe de la famille Berthomeau c’était Mr Ferlicot à la Roche s/Yon.

 

Mais ce matin ce qui motive mon retour en arrière c’est que je souhaitais tirer de l’oubli : la barboteuse.

 

Je n’ai pas dans mes archives photographiques de cliché de ma pomme en barboteuse afin d’illustrer mon propos ; alors je puise dans le crédit photo de la Toile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Avec notre petite crête ondulée sur la tête, nous remuons dans les mêmes barboteuses que nos parents. Leur popeline garantit une certaine douceur à nos derrières, tandis que la laine de la version hivernale les protège du froid. La culotte bouffante, les manches ballon et le col Claudine ne sont pas démodés, même si « pour bien habiller les enfants », la fillette Marinette recommande la culotte Petit Bateau. Blanches, parfois à smocks ou brodées, les barboteuses réussissent miraculeusement à nous donner une certaine élégance. »

 

Ma sainte mère étant couturière j’ai toujours été habillé comme une figure de mode mais je n’ai pas décroché le titre de « Bébé Cadum » pour la bonne et simple raison qu’il ne lui serait jamais venu à l’idée de me présenter au concours du plus beau bébé de France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes couches passaient à la lessiveuse pour bouillir avant de se faire frictionner au savon de Marseille et par la brosse de chiendent. L’heure n’était pas venue d’utiliser Persil qui lavait « plus blanc » puis « encore plus blanc »

 

Dans nos campagnes, comme à la ville, la tuberculose sévissaient, chez les humains et chez les vaches. Le timbre antituberculeux « tôt dépisté, vite guéri » nous était apposé au bras par la médecine scolaire. Des poumons d’acier étaient installés dans des hôpitaux. Le Dr Morineau, qui fut le candidat du PSU à la Roche s/Yon était pneumologue.

 

En ville, la Croix Rouge française ouvre des centres de stérilisation appelés « Goutte de lait ».

 

Le plan Marshall aide le développement de l’industrie laitière et plusieurs coopératives fondent France Lait, qui deviendra Régilait. En l’absence de réfrigérateur, le lait en poudre est le bienvenu.

 

Paul Herman Müller reçoit le prix Nobel de médecine pour sa découverte du DDT, remède « miraculeux » contre les poux, la gale et la mouche tsé-tsé…

 

Ce petit retour en arrière qui donne un peu de perspective à certains acculturés qui sévissent sur la Toile pour qui le monde a commencé avec eux, n’avait pour seul but que de lancer un appel à mes amies mères ou futures mères : cousez votre première barboteuse pour votre bébé !

 

« Quoi de plus craquant qu'un bébé en barboteuse ? J’adore le côté bouffant de ces vêtements, c'est confortable à porter et ça met en valeur les petits bras et les petites cuisses potelées de bébé. »

 

C’est sur Petits petons à croquer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors Isabelle, Fleur, Justine, Lily… lancez-vous !

 

L’amie Marie, très couture, pourra guider vos pas ou plus exactement vos points…

 

Attention, mes très chères amies, ne voyez pas dans mon appel une injonction pour vous renvoyez dans l’univers confiné de la femme au foyer. Bien sûr que non, vous pouvez sans problème transmettre mon appel à vos compagnons qui pourront chausser le dé et tirer l’aiguille si vous le leur demander.

 

La barboteuse étant unisexe qu’importe le sexe de ceux qui exécuteront le chef d’œuvre !

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:00
La catastrophique St Valentin du petit Pochon, sa Marie-Chantal l’a envoyé sur ses roses parfumées aux pesticides # Pousson # château Siaurac

Le petit Pochon végétait au fin fond d'un triste bureau du Cadastre Viticole Informatisé, rue du Bac dans le 7ième arrondissement de Paris. Face à la neige de son écran gris souris il rêvait d'une autre vie, de nouveaux horizons, ceux qui s'offriraient à ses yeux émerveillés le jour où ces ares et ces centiares accrochés à flanc de coteaux, au lieu de les stocker sur le disque dur de son ordinateur, il les foulerait de ses bottes comme vigneron. Son père, le gros Pochon, qui avait passé toute sa vie à faire le président de tout et de rien, de zinzins, lui répétait à satiété qu'il n'était qu'un petit con qui ne ferait jamais rien de bon. Condamnée au silence, sa mère, cachée derrière un éternel sourire, semblait lui dire du fond de ses grands yeux clairs, ne t'inquiète pas mon fils : bon sang ne saurait mentir...

 

Entre la saisie des parcelles de notre beau vignoble de France et de Navarre, le petit Pochon surfait sur le Net à la recherche d'une âme soeur avec qui il ferait son bonheur. Avec candeur il s'inventait des vies, trichait un chouia sur sa taille, se dotait de professions improbables, s'octroyait en conséquence de revenus confortables et, comme il était plutôt mignon notre Pochon, la moisson se révélait bonne sans que pour autant il ne se décidât à sauter le pas. Dans le monde virtuel les mots lui venaient à la pelle, légers, hors le train-train du quotidien, mais lorsque la réalité le rattrapait, notre petit Pochon esquivait. Jamais il ne se rendait aux rendez-vous que lui donnaient ses belles virtuelles. Chevalier de la barre haute il attendait le grand jour où le hasard ouvrirait en grand une large fenêtre sur l'Amour, l'Amour bien sûr avec un grand A.

 

Et puis la saint Valentin vint !

 

Depuis quelque temps il maraudait sur Tinder et après quelques râteaux le petit Pochon avait décroché le gros lot.

 

Elle était sommelière dans un triple étoilé alors notre Pochon se dit qu’il lui fallait sortir le grand jeu !

 

Il se risqua tout d’abord sur le site d’un certain Pousson qui titrait sobrement : Saint-Valentin, poil au vin !

 

Il vous plaît, ce tampon*? Pas mal, non? Pour le 14 février, on peut même l'imprimer en rose, ce sera plus dans le ton de cette journée gorgée d'amour et de bons sentiments…

 

«Au cas où vous ne l'auriez pas deviné, la Saint-Valentin, ça m'emmerde! Comme toutes les fêtes obligatoires d'ailleurs, qu'on voit au passage transformées, par la grâce de marketeurs finauds en gros sabots, en incontournables quinzaines commerciales. Je n'ai rien contre ce pauvre saint Valentin (personne ne sait trop lequel d'ailleurs), ça n'a rien de religieux, même si je m'étais un peu fichu de lui dans cette chronique, mais j'en ai marre de voir ma boîte à lettres polluée par tant de propositions d'effusions tarifées. Le tapin, ce n'est pas ma came. »

 

Le gars, qui devait être célèbre, énumérait plein de propositions : « Des bijoux, des concerts, des bouquets de fleur, des disques, des voyages en avion, des posters de musée, des cours "d'œnologie", des cosmétiques, des massages, des téléphones portables, des slips, des draps, des montres, des jeux de société, des sextoys (et pas du bon endroit…), des jeans, des coussins et même un "chocolat au lait personnalisé moulé sur l'anus de votre partenaire". Je précise (ça ne concerne que ce dernier cadeau romantique) que l'objet est disponible en trois parfums, noir, au lait et blanc. Le Professeur Choron aurait adoré. »

 

Rien qui ne puisse séduire sa Marie-Chantal ornementée d’un patronyme à particules.

 

C’est alors qu’il tomba sur une offre qui ne pouvait que séduire sa belle qui ensorcelle :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme le petit Pochon connaissait bien un vieux chroniqueur il s’enquit auprès de lui de ce qu’était le château Siaurac. Comme ça avait un petit goût de Dallas il cassa sa tirelire.

 

En quelques clics il réserva au château et bloqua 2 places en 1er AR pour un Paris-Libourne.

 

Ne restait plus pour lui qu’à prévenir avec élégance sa dulcinée. Il opta pour une gerbe de roses rouges qu’il fit porter par coursier jusqu’à son hôtel particulier.

 

Il bichait !

 

Dans la soirée il reçut un SMS ainsi libellé « tes roses bourrées de pesticides *, tu peux te les mettre au cul ! »

 

Désespéré, le petit Pochon, se dit qu’à ce petit jeu-là, même s'il se cachait la réalité derrière son petit doigt, il filait tout droit vers la triste position de vieux garçon. Qui, quelle jeune fille de bonne famille, quelle donzelle délurée, quelle biche aux lèvres camélias, pourrait avoir envie de passer sa vie aux côtés d'un petit attaché de deuxième classe de la DGDDI ?

 

* « Offrez des fleurs, pas des pesticides. À l’approche de la Saint-Valentin, nous nous sommes intéressés aux roses vendues dans le commerce. Nous avons mené des analyses en laboratoire sur des bouquets achetés auprès de dix grandes enseignes (Aquarelle, Au nom de la rose, Happy, Interflora, Monceau Fleur, Rapid’Flore…) et nous les avons interrogées, via un questionnaire précis, sur les conditions sociales et environnementales de production.

 

Dans les roses, nous avons recherché toute une liste de substances jouant le rôle d’engrais, de fongicide, d’insecticide ou encore d’acaricide. Et le résultat est accablant : en effet, aucun bouquet n’est dépourvu de substance chimique. »

 

La suite ICI 

 

Marie-Chantal avait lu ça dans le Figaro :

 

Prenez garde avant d'offrir un magnifique bouquet de roses à votre dulcinée! C'est la conclusion d'une enquête menée par le magazine 60 millions de consommateurs, que Le Figaro s'est procurée. Les experts ont mené des tests en laboratoire sur les bouquets de dix grandes enseignes, telles que Monceau Fleur, Aquarelle et Interflora. Le constat est sans appel: les fleurs vendues dans le commerce contiennent toutes des substances chimiques.

 

Fongicide, acaricide, insecticide... Au total, 49 molécules différentes ont été identifiées par 60 millions de consommateurs. Ce dernier nuance néanmoins ses analyses: toutes les fleurs, et donc toutes les marques, ne sont pas logées à la même enseigne. Le meilleur élève, un bouquet de roses rouge d'Aquarelle, contient tout de même «trois substances contestables, mais autorisées» et un fongicide interdit en France. Happy, Monceau Fleurs, Le Jardin des fleurs recèlent, en moyenne, 15 substances. Le dernier du classement, un bouquet commercialisé par Au nom de la rose, contient 25 produits différents, dont neuf pesticides interdits dans l'Hexagone.

 

Acétamipride, méthamidophos ou encore dodémorphe vous apparaissent sans doute comme des mots d'une langue étrangère, et pourtant ils sont loin d'être sans effet. Certains sont même classés dans la catégorie des pesticides néonicotinoïdes. À titre indicatif, le Parlement a voté leur interdiction en juillet dernier, dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Ces produits, considérés comme tueurs d'abeilles, seront bannis à compter du 1er janvier 2018. Des dérogations pourront toutefois être accordées aux agriculteurs, jusqu'au 1er juillet 2020.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 06:00
Dans le bac à sable de la toile gastronomique les « Ballotant d'la queue, grignotant des dents » s’agitent avec leur petit seau et leur petite pelle…

En la matinée du jeudi 9 février ils étaient excités, ceux qu’étaient invités au pince-fesses, comme des puces sevrées de leur dose de vermillon, pensez-donc à 11 heures pétantes en l’ancienne Bourse de Paris, les étoiles du Michelin allaient être délivrées de leur embargo cette année respecté, pas de fuites.

 

Y étaient fiers comme des petits bancs d’en être, eux, les demi-soldes de la Toile gastronomique, ceux qui cherchent à faire du beurre en s’autoproclamant conseil, disons consultant.

 

Je goûte avec délice cette définition :

 

« Un consultant est quelqu’un qui connaît 129 positions du Kama Sutra, mais qui ne connaît aucune femme »

 

Dans le milieu des petites mains gastronomiques on s’embrasse à grands bras, on se congratule avec bruits et rires, mais dès qu’untel a le dos tourné chacun s’empresse de rappeler son palmarès de turpitudes diverses que, bien sûr, je me garderai d’énumérer : y’a pas que les politiques qui barbotent dans les conflits d’intérêts.

 

La proclamation des étoiles est pour eux un moment privilégié, beaucoup ne roulent pas sur l’or alors c’est le moment de montrer à ceux qu’ils vont draguer, afin de leur fourguer du conseil, leur importance. Suivez mon regard, s’ils sont dans le Saint des saints c’est qu’ils font partie des privilégiés.

 

Alors, ça tweet à la vitesse de la lumière, ça se démène, ça frotte l’ego des grands chefs comme le préposé aux grolles d’Aquilino Morelle. Pitoyables, s’ils savaient ce que ceux-ci disent d’eux. C’est du même tonneau que ce que j’entendais dans la bouche des propriétaires de GCC : « vous savez les inviter ça ne nous coûte pas cher même si ce qu’ils écrivent n’intéresse pas grand monde. Au moins nous les tenons en laisse… »

 

Qu’importe le genou plié, l’espoir d’éblouir ceux qui rêvent des étoiles vaut bien une génuflexion. En effet, tout est là, nos consultants du bac à sable de la gastronomie vont se mettre en chasse de restaurateurs avides de conseil pour accéder à ces foutus étoiles.

 

Ainsi j’ai vu sur BFM TV Paris un certain Jean-Philippe Durand consultant qui conseille les chefs à cet effet. Oui, oui, c’est son métier.

 

Avec un sourire narquois j’ai appris par ses bons soins et ceux de Roger Feuilly que le locavorisme serait cette année une lame de fond :

 

« Cette année, toute une génération de jeunes chefs, épaulés par leurs aînés, confirme une tendance double : celle du retour au produit, et de la prééminence du goût sur le visuel. Les deux vont de pair. Moins de nuages, de mousses évanescentes ; place au terroir, à l’identité affirmée. On ne va pas au restaurant pour faire des photos mais pour manger. Une nouvelle ligne a envahi les ardoises des tables : « Les légumes de mon jardin ». Priorité au locavorisme, à savoir les circuits courts, et les partenariats avec les producteurs locaux, qui font vivre leur terre, parfois une région toute entière. Les inspecteurs du guide MICHELIN ont assisté cette année à un amusant retournement : les cartes ont raccourci au profit d’énoncés parfois minimalistes tandis que la mise en avant du producteur, sur la carte et en salle, n’a cessé de prendre de l’importance. Comme si les chefs, à leur tour, retournaient la politesse à ceux sans lesquels leur talent ne pourrait s’exprimer : les paysans, petits producteurs, pêcheurs, maraîchers, éleveurs, fromagers… Naturellement, le guide MICHELIN 2017 est le reflet de cette évolution ! »

 

En effet, y z’ont mis du temps à capter les gars du Michelin et le mouvement n’est pas venu de nos fameux consultants.

 

Le 27 mai 2008 j’avais pondu un petit papier :

 

Les « locavores » : une espèce en voie d’apparition…

 

« On va m’objecter que les locavores on s’en tamponne la coquillette et que ce ne sont pas eux qui changeront la face d’un monde alimentaire en pleine crise. J’en conviens sans problème mais je me permets de signaler que notre charmant nectar, produit de luxe ou de pure festivité, donc n’entrant pas dans la ration alimentaire de base, ne peut continuer dans notre beau pays de tradition d’ignorer ce type d’attitudes qui sont le terreau de phénomènes « répulsifs ». Les attaques contre nos « vignes sales », nos vins « bourrés de pesticides », nos vins à quelques euros qui se baladent en bouteilles, forment le terreau de base pour ceux qui appellent au boycott de Vinexpo. La guerre économique que j’évoquais dans ma chronique sur les pesticides ne relève pas de la paranoïa mais d’un strict constat. L’ignorer, faire comme-ci ça n’arrive qu’aux autres, relève de l’inconscience. »

 

Dans le monde de la Grande Cuisine, sans offenser certains chefs, le locavorisme est assez petit bras, lié au sens du vent, et en dépit de beaux discours, main sur le cœur,  bons sentiments en bandoulière, à propos des braves gens de la terre ceux-ci ne doivent pas trop compter sur eux pour que les choses changent du tout au tout.

 

En effet, dans le petit monde des consultants gastros certains se piquent d’avoir la fibre contestataire, loin de la pensée unique, des idées reçues, on peut compter sur eux pour lancer des pétitions, pleurer sur le sort des pauvres paysans, défendre le petit artisan perdu dans sa cambrousse, mais point trop n’en faut ça reste au niveau de la discussion de salon. Faut quand même dénicher le pognon dans les bonnes poches.

 

Dans ma vie de petit blogueur solitaire, payant ses notes de restaurant, ses déplacements, son hébergement, ne pratiquant aucun ménage ou pige, j’ai pu en toute liberté échanger avec des restaurateurs sur la qualité du travail de ces consultants qu’ils avaient rémunérés. J'aimerais beaucoup voir apparaître, sous les belles photos de certains, celles de leur addition et de leur note d'hôtel. Transparence, crédibilité de leurs commentaires.

 

Attention, je ne mets pas tout le monde dans le même panier, ne procède à un quelconque amalgame, mais d’une manière générale je remarque que peu d’entre-eux n’ont mis les mains dans la farine, je veux dire ont exercé le métier, ont risqué leur bel argent ou celui emprunté à une banque ; ce ne sont des observateurs extérieurs.

 

Le regard extérieur a bien sûr une importance lorsque l’on se trouve en phase de création ou lorsque l’on estime que le chemin emprunté n’est pas le bon. Mais, chacun sait qu’il n’y a pas de recette magique pour le succès. Et c’est là que le bât blesse très souvent chez les consultants qui se contentent d’accommoder à la tête de leur client des recettes toutes faites copiées sur des modèles.

 

Ainsi, pour un restaurant qui avait connu une première année difficile j’ai pu, à la lecture des préconisations de leur consultant, constater que son chamboule tout, simple copié-collé du « ce que j’ai vu ailleurs », démontrait sa totale cécité face à la réalité. S’il avait pris le temps, ou si ça capacité d’analyse le lui permettait, il se serait aperçu que tous les points originaux de cette maison, qu’il conseillait d’abandonner, étaient annihilés par une erreur de casting dans le choix du chef. Par bonheur, les gérants ont jeté aux orties les brillants et coûteux conseils de leur consultant et engagé un chef qui collait avec leur concept. Résultat : l’année suivante ils décrochaient leur première étoile.

 

Dans ma vie professionnelle j’ai côtoyé, lorsque j’étais patron, des grands cabinets de consultants mandatés par la holding ; lorsque j’étais sous les ors de la République, dès qu’une boîte était en difficulté ou qu’il s’avérait nécessaire de mieux connaître un secteur, je les voyais arriver en rang serrés.

 

Les bons, il en existe, étaient ceux en capacité de dénicher dans l’entreprise les sources leur permettant de poser un diagnostic sérieux pour décliner ensuite des propositions d’actions opérationnelles. Les vendeurs de solutions clés en mains sont des charlatans qui profitent de l’angoisse des décideurs.

 

J’avoue que je suis effaré par la prolifération de ces consultants, au statut flou et ambigüe, vendeurs de vent qui prolifèrent sur la Toile.

 

Il va m’être rétorqué que les restaurateurs n’ont qu’à être plus attentifs, qu’ils s’informent, qu’ils se renseignent sur la réalité des références affichées du consultant.

 

J’en conviens mais il faut se mettre à la place de beaucoup d’entre eux, le nez dans le guidon, les mains dans le cambouis des emmerdes du quotidien, confrontés qu’ils sont à une forme, j’ai du mal à trouver l’appellation car je ne veux pas être taxé d’excès, de réseau de copinage et d’influence qui tient le haut du pavé dans le milieu de la haute cuisine.

 

Comme en toute chose malheur est bon, les « Ballotant d'la queue, grignotant des dents », du bac à sable de la gastronomie, qui frétillent sur la Toile, ne sont que les scories d’un système qui se mord la queue. Rien qu’un peu de vent dans les branches de sassafras et là, comme ailleurs, nous les consommateurs, les bons vieux clients seront les meilleurs consultants pour les tables qu’ils fréquentent.

 

C’est ce qu’écrit l’un d’eux en conclusion de Tout savoir en 15 conseils pour séduire l’inspecteur du guide Michelin 

 

« Que tous les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Au final, Michelin ou pas, le seul juge reste le client. C’est lui qu’il faut satisfaire tout l’année. Voilà bien là la seule vérité incontestable. A ne jamais oublier ! »

 

 

Le Guide Michelin 2017 : faut que ça brille !

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 08:00
François Mitterrand répond à Bernard Pivot, "Bouillon de culture" diffusée le 14 avril 1995 sur Antenne 2

François Mitterrand répond à Bernard Pivot, "Bouillon de culture" diffusée le 14 avril 1995 sur Antenne 2

Je me suis longtemps glissé sous la peau du pouvoir, l’affleurant en évitant de l’effleurer afin de me pas créer trop de capillarité, de me connecter au système, d’en être, d’en vivre, de l’exploiter, de l’user jusqu’à la corde ; j’ai vu, perçu, entendu, senti, ressenti, ce qu’aucun journaliste ou biographe peut écrire, faute de l’avoir vécu, ces gens de pouvoir qui se forgent, pour se préserver, se cacher, ne montrer que leur face plaisante, une image, plus ou moins nette, la cultivent, la font prospérer sans révéler ce qui se cache vraiment dans les plis de leur vie. D’ailleurs pourquoi le feraient-ils, c’est leur vie privé ! La frontière entre celle-ci et la publique n’est jamais nette, il existe des no man’s land, des marges, des passerelles, que seuls ceux qui, comme moi, les discrets, les taiseux, les fidèles, les arrangeurs, sont en capacité de franchir ou d’occuper. Forme de complicité qui ne relève pas du code pénal, ni de l’amitié, mais de la stricte nécessité. Pour survivre dans l’ombre il est impératif de n’être jamais redevable au système, vivre sa vie au dehors, garder son cap, repousser les honneurs, se maintenir à la bonne distance, ne pas s’exonérer de sa part de responsabilité, on ne peut s’estimer indemne de tous germes dans un tel bouillon de culture.

 

Dans ce marais parfois cloaque, il y a les exécuteurs des basses œuvres, les portes-flingues qui vont jusqu’à se salir les mains, les compagnons de route, les amis, les proches, les serviteurs, les courtisans, les obligés et il y a ceux, peu nombreux, visiteurs discrets du soir, qui osent dire, parfois avec des gants, au Prince et à sa Cour, ce qu’ils n’aiment pas entendre. Exercice complexe qui ne peut perdurer que si le Pouvoir ne vous ressent pas comme une menace. Prendre le risque de déplaire avec la garantie absolue de la discrétion est un exercice de haut vol, sans filet. Jouissif, parfois frustrant, ne jamais pouvoir dire, ne jamais prendre la lumière, satisfaction de croire que l’on peut agir, infléchir le cours du monde. Suprême et incommensurable orgueil !

 

Ce passé sans traces écrites, à cent lieues de la pâte des biographes, discours, courriers, déclarations publiques, confidences des proches, livres, qu’en faire ? Le coucher sur une page blanche en tant que tel c’est prendre le risque de ne pas être cru, ce qui est tout à fait compréhensible : ce ne serait que ma parole, la parole d’un inconnu, de quelqu’un qui n’a jamais été repéré par les radars médiatiques. Crédibilité faible alors que ce ne serait, certes ma vérité, mais une vérité sans filtre. Dans le temps qui me reste, vais-je me résoudre à ne pas dénouer ce dilemme entre le besoin d’écrire et de mon incapacité à me mettre au travail. À souffrir. La seule porte de sortie qui s’offre à moi c’est le roman pour déjouer les pièges d’une vérité témoignée. Trop tard, me dis-je ? Personne ne t’attend ! J’hésite, tergiverse, m’engouffre dans tous les prétextes qui s’offre à moi pour me dérober, me disperser. Je m’englue, mes amours sont en rade, il faut que je me fasse violence sinon je vais me déliter.

 

Le matériau est là, brut, chaque matin je me refuse à mettre la main à la pâte. Faudrait-il que je sois acculé pour me mettre enfin au travail ? Je sais bien que non, seule une puissante colère pourrait me jeter hors de moi ; elle monte. Je le sens.

 

Pour me détendre, une petite incursion, de ce qui fut, en son temps, l’un des secrets les mieux caché de la République : Mazarine.

 

« Bernard Pivot avait lu le manuscrit de L’Honneur perdu de François Mitterrand. « Je ne suis pas d’accord. Si ton livre paraît, je ne t’inviterai pas », dit-il à Jean-Edern Hallier. Quand les écoutes téléphoniques ont été dévoilées, Mitterrand a voulu récompenser Pivot de n’avoir pas donné la parole au pamphlétaire. »En 1995, à « Bouillon de culture », il m’a accordé son dernier entretien télévisé. J’avais reçu un coup de fils de l’Elysée : « Le Président veut vous voir. » « Vous avez émis le vœu de faire un entretien avec moi et je vous ai choisi. » Le matin même de l’entretien, je n’étais pas certain qu’il puisse venir. À 15 heures, il était pâle comme la mort. Son cancer le tenaillait. On lui a fait une piqure, et pendant soixante-quinze minutes il a été éblouissant. »

 

Au départ, il s’agissait d’une émission sur son bilan culturel. Elle s’intitule : Du Grand Louvre à la Bibliothèque Nationale. D’autres sujets furent abordés. En partant, Bernard Pivot dit au Président : « Pourquoi m’accordez-vous ce privilège ? Je ne suis pas de vos amis. – Cherchez, cherchez ! » « J’avais été consterné par le récit de Jean-Edern. Je lui avais dit : « Le meilleur de ton livre, c’est la dédicace : À Michel Rocard, notre recours. Comme convenu » Assez vacharde ! C’est peut-être à Jean Edern Hallier que je dois d’avoir fait cet entretien avec Mitterrand. » Ce « Bouillon de culture » historique date du 14 avril 1995. À la question « Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous lui entendre dire ? », le Président répondit à Pivot : «Enfin, tu sais!»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Edern toujours :

 

« Je suis le fils naturel de la gauche, comme la petite Mazarine, révèle-t-il dans ses missives au percepteur et au ministre des Finances, je mérite d'être salarié au moins au Smig pour mes dix ans de combat pour la gauche»

 

La «cellule» Christian Prouteau ­ ces pages noircies par l'écrivain provocateur. La cellule élyséenne place alors Jean-Edern Hallier sur écoute téléphonique, tous azimuts, sur les lignes de son restaurant favori (la Closerie des Lilas), de son bistrot préféré (le Vieux comptoir) et même de sa cuisinière équatorienne Piedade à demeure dans son appartement place des Vosges. Barril, censé convaincre Hallier de renoncer, n'a pas la tâche compliquée, puisque le «romancier du réel» (1) se sert de son manuscrit comme monnaie d'échange contre l'annulation de ses dettes à l'Etat. Le 20 février 1984, le rappel d'impôts de Jean-Edern Hallier part aux oubliettes. Le 29 mars à la brasserie Lipp, l'écrivain remet le brûlot Tonton et Mazarine au capitaine, et griffonne sa reddition sur la nappe: «Je ne veux pas faire profiter de la haute littérature à la basse politique»

 

Jean-Edern Hallier a rebondi en 1993 avec la révélation de l'affaire des écoutes téléphoniques de l'Elysée (1983-85) qui l'ont particulièrement ciblé. «L'homme le plus écouté de France» n'a eu de cesse de dénoncer les «persécutions» à son encontre «du totalitarisme démocratique de François Mitterrand» et ce «scandale de l'Elysée-gate», notamment en mars 1995 lors d'une conférence de presse avec ses acolytes Barril et Vergès. Hallier a fini par appeler à voter RPR à la présidentielle de 1995. «J'ai sauté sur l'occasion de montrer ma reconnaissance à Jacques Chirac qui, en 1993, m'a appelé à la Pelouse, mon café avenue de la Grande-Armée et m'a obtenu un prêt immédiat et sans intérêt de la banque Vernes (1 et 3) pour me sauver des griffes de Tapie qui voulait me ruiner et me jeter à la rue». Jean-Edern Hallier a ainsi fini argenté et chiraquien ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Dans son pamphlet, Jean-Edern Hallier écrit : « C’est à juste titre qu’il a mis toutes ses polices à mes trousses. Je lui dois mes années terribles. « Mais c’était terrible », me déclara-t-il, en me parlant de ces pages quand je le rencontrai en 1992, sur son initiative, à la librairie Gallimard, en un guet-apens qu’il avait organisé pour me revoir. Il n’y a jamais eu réconciliation entre nous. La littérature est irréductible au reste, donc irréconciliable. L’ami de la vérité n’a pas d’amis. »

 

La voiture du président de la République s’est garée à proximité du 15, boulevard Raspail où se situe la librairie Gallimard. J’ai le souvenir d’avoir vu François Mitterrand penché sur des boîtes de romans pleines à ras bord. C’était un samedi après-midi. Il m’a jeté un regard furtif avec une arrière-pensée d’entente, presque de complicité. Le jour de sa rencontre avec Jean-Edern Hallier, il est accompagné de Patrice Pelat qui a été son camarade de stalag et se prénommait alors Roger-Patrice. Accusé de délit d’initié, Pelat mourra d’une crise cardiaque peu de temps après cette visite.

 

Paul Derieux, le directeur de la librairie, est absent. Il succède à Raymond Poulin qui a longtemps guidé Mitterrand dans ses choix d’éditions originales. Il s’adresse aussi à Jean-Luc Marchand, le principal vendeur. Celui-ci était présent lorsque le Président bibliophile s’est heurté à Jean-Edern Hallier. Il n’y avait pas eu de rendez-vous. Mais les lois du hasard ont leur logique.

 

« François Mitterrand et Patrice Pelat étaient dans le bureau du directeur lorsque Hallier est arrivé. Je lui ai dit « « Mitterrand est dans le bureau. – Je veux absolument le voir. » M’ayant emboîté le pas, j’ai assisté à la scène des retrouvailles. « Bonjour François Mitterrand », suivi d’une logorrhée. Dans ce flot de paroles il y avait beaucoup d’humour. Mitterrand l’a écouté sans dire un mot. Jean-Edern Hallier est reparti en lâchant : « au revoir, François Mitterrand.» Le Président s’est tourné vers Patrice Pelat. « Ce garçon est vraiment expressif. » Pelat a acquiescé avec un petit sourire. Mitterrand a pris un ouvrage de philosophie qu’il paya en espèces. »

 

« Le chef de l’Etat quitte parfois la librairie Gallimard avec une conquête. Une jolie fille qui n’avait pas froid aux yeux achète Passion simple d’Annie Ernaux et lui offre le livre. Devant les clients, ils sont partis ensemble. Quelqu’un a dit ans leur dos : « J’espère qu’il a des préservatifs ! »

 

Avec sa vie amoureuse chaotique, Jean-Edern n’aurait pas agi autrement si une groupie à la belle poitrine s’était présentée. Pourquoi se priver d’une éruption érotique passagère ? Il aime voir se lever l’aube derrière les hanches d’une femme. »

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 06:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne (3), «Beaucoup de Français en ont assez d’être de bons élèves alors que d’autres semblent profiter du système.» Fillon

Cette phrase figure à la page 65 de son livret Pour vous, où François Fillon déclare ses intentions façon abécédaire. Le titre de la rubrique ? «Injustices»…

 

Mon problème de tout nouveau chroniqueur de campagne c’est que, pour l’instant, il n’y a pas de campagne électorale ; Macron semble descendu du ciel la main sur le cœur, Mélenchon se dédouble en veste tendance Staline, Hamon se la joue « gauche plurielle bis » en caban breton, la de Montretout je m’en fous, et le Fillon se fait asticoter, avec sa Pénélope et deux de ses moutards, par le Parquet National Financier.

 

Si j’avais su j’aurais pas venu vu que je ne me sens aucune aptitude à me transformer en chroniqueur judiciaire.

 

Restons un instant dans la légèreté en mettant en exergue l’une de mes fausses citations.

 

« À chaque fois qu’on dépose une plinthe, le parquet n’est pas loin… »

Christiane Taubira

 

Mais c’est quoi le Parquet ?

 

Le parquet, dont la dénomination doit son origine au « petit parc » clos dans lequel se tenaient à l’audience les procureurs du roi sous l’Ancien Régime, possède la mission générale de veiller à l’application de la loi au nom du respect des intérêts fondamentaux de la société.

 

Le parquet désigne l’organisation, au niveau du tribunal de grande instance, de l’ensemble des magistrats du ministère public qui sont chargés de requérir l’application de la loi et de conduire l’action pénale au nom des intérêts de la société.

 

Au niveau de chaque tribunal de grande instance, le parquet comprend un procureur de la République, éventuellement assisté de procureurs adjoints, de vice-procureurs et de substituts. Le parquet est chargé de la représentation du ministère public auprès du tribunal correctionnel, des juridictions pour mineurs, du juge d’instruction et des formations civiles du tribunal. À l’échelle de la cour d’appel, le parquet est dit « général » et il comprend un procureur général assisté d’avocats généraux (qui, en dépit de leur nom, ne sont pas des avocats mais des magistrats). Notons que l‘ensemble des magistrats d’un même parquet est indivisible et substituable, ce qui signifie que chacun d’entre eux peut représenter indifféremment le ministère public au cours de la procédure.

 

Le Parquet National Financier : suite à l’affaire Cahuzac la loi du 6 décembre 2013, qui marque l'acte de naissance de cette institution.

 

ICI 

 

Le parquet national et financier (PNF) a été créé par une loi du 6 décembre 2013 et sa compétence est prévue par les dispositions des articles 705 et suivants du code de procédure pénale. L’article 705 précise notamment que le procureur de la République financier est compétent, en concurrence avec le procureur de la République du lieu de l'infraction, celui de la résidence ou du lieu d'arrestation de l'une des personnes soupçonnées, pour la poursuite d’un certain nombre d’infractions dont le délit prévu à l’article 432-15, à savoir le détournement de fonds publics par une personne dépositaire de l’autorité publique, par une personne en chargée d’une mission de service public ou par un comptable public.

 

Quand on prend un virage à 180° dans son système de défense c’est que l’on s’aperçoit que le premier n’était pas le bon, que ça sent le roussi et qu’il faut en toute hâte tenter d’élever un contre-feu. Le problème pour François Fillon et ses avocats c’est que leur combat judiciaire ne touche pas le cœur de la désapprobation des Français qui se situe à un autre niveau, celui de la crédibilité d’un père la rigueur, qui demande du sang et des larmes à ses concitoyens, alors qu’il n’a pas été avare, tout au long de sa longue carrière, de largesses pour sa petite famille. Ça ne passe pas, et ce n’est pas qu’une question de morale ou d’honnêteté, c’est considéré comme une insulte au travail.

 

Le changement de pied de la défense de Fillon

 

C’est donc sur le fondement de ces textes que le PNF a ouvert une enquête préliminaire concernant les faits dénoncés par le Canard Enchaîné relatifs aux soupçons d’emplois fictifs qui occupent le devant de la scène depuis deux semaines.

 

« Les avocats du couple Fillon affirment que dans la mesure où M. Fillon, en qualité de parlementaire, n’était à l'époque des faits ni dépositaire de l’autorité publique, ni chargé d’une mission de service public ni comptable public, il ne relèverait pas des dispositions en cause et ne permettrait pas au PNF de diriger cette enquête.

 

Cet argument, qui est juridiquement intéressant, est toutefois en l’état totalement inefficace compte tenu de la nature de la procédure actuellement ouverte. Il s’agit en effet d’une enquête préliminaire, nullement contradictoire, dont quelques avocats qui me sont proches affirment sans hésiter qu'elle ne permet pas aux personnes soupçonnées d’exercer réellement les droits de la défense ; dans ces conditions, les conseils de M. Fillon ne peuvent actuellement soulever cette incompétence devant quelque juridiction que ce soit, faute de saisine d'un juge d'instruction ou d'une juridiction de jugement qui signerait le passage à une procédure dominée par le principe du contradictoire (qui suppose que chaque partie puisse répondre aux arguments adverses et avoir connaissance de l'ensemble des éléments de preuve en cause).

 

M. Fillon et son épouse ne pourront contester l’intervention du PNF que lorsqu’ils deviendront partie à la procédure, soit dans le cadre d’une instruction judiciaire par le biais d’une mise en examen (ce qui leur ouvrira la possibilité de saisir la Chambre de l’instruction d'une requête en nullité), soit dans le cadre de poursuites directes devant le Tribunal correctionnel en qualité de prévenus.

 

S’agissant du fond de cet argument, la jurisprudence de la Cour de cassation précise que « doit être regardée comme chargée d’une mission de service public, au sens de l’article 432-12 du code pénal, toute personne chargée, directement ou indirectement, d’accomplir des actes ayant pour but de satisfaire à l’intérêt général peu important qu’elle ne disposât d’aucun pouvoir de décision au nom de la puissance publique ».

 

Il me semble qu’un député relève d’une telle définition, le statut de l’Assemblée Nationale, par exemple, définissant les parlementaires comme représentants de l’intérêt général.

 

En tout état de cause, nous devrions un jour ou l'autre être fixés sur cette question : nul doute que la Cour de cassation soit amenée à se prononcer tôt ou tard sur ce dossier.

 

Comme je suis consciencieux, moi qui ne pose jamais mon cul devant la télé, je me suis tapé la conférence de presse du sieur Fillon. Ce fut le genre, mon père j’ai péché, je suis plein de regrets, donnez-moi l’absolution, et mesdames, messieurs les journalistes foutez-moi la paix avec vos questions sur mes affaires !

 

Alors là j’ai cru tomber de ma chaise ! Le gars de la Sarthe parachuté dans le VIIe cher à son amie Rachida ne manque pas d’air, il te convoque une brassée de journalistes accrédités pour plaider sa cause et il leur interdit de moufter. C’était beau comme l’ORTF de Michel Droit sous ce cher Alain Peyrefitte.

 

Vu de Suède. Affaire Fillon : « Comment les journalistes peuvent-ils accepter de se faire engueuler ? »

 

Johan Tollgerdt est un journaliste suédois indépendant basé à Paris. Il a assisté, incrédule, à la conférence de presse de François Fillon du lundi 6 février, lors de laquelle le candidat a annoncé poursuivre sa campagne malgré les soupçons d’emplois fictifs qui l’entourent.

 

  • Avez-vous été convaincu par les explications données par François Fillon lundi 6 février ?

 

Pas du tout. J’ai avant tout été choqué par le fait qu’il a engueulé assez violemment les journalistes français. Dans aucun pays en Europe les journalistes accepteraient de se faire engueuler de la sorte. En Suède, le politicien aurait été accablé de questions sur sa manière de traiter les journalistes, certains auraient même quitté la salle.

 

En France, on aurait dit que les journalistes faisaient leur mea culpa devant lui, ce qui est très étonnant. Monsieur Fillon a tenté de détourner l’attention, c’est une technique qui n’aurait jamais fonctionné en Suède mais on va voir comment ça évolue en France.

 

  • Quelle est la première question que vous auriez posée à François Fillon ?

 

Comment pouvez-vous vous permettre d’engueuler la presse qui fait son travail, qui dénonce les abus des élus ? Les journalistes sont là pour aider les électeurs à bien choisir leur président lors des élections. C’est leur droit et on ne veut pas d’une évolution à la Donald Trump. À présent, je me demande si Fillon, une fois élu, installerait d’autres moyens de nuire à la presse, alors que la France s’est récemment dotée d’une loi très intéressante, la loi Bloche, pour que les journalistes puissent mieux faire leur travail. [Cette loi, adoptée en novembre 2016, vise notamment à assurer la protection des sources des journalistes.] C’est très inquiétant.

 

  • À quoi est dû ce manque de pugnacité de la part des journalistes français à l’égard des politiques ?

 

C’est sans doute lié à une certaine timidité. Pendant des décennies, la presse française n’a pas été libre. Jusqu’à il y a une quinzaine d’années, elle ne sortait pas certaines affaires politico-financières. Il y a eu beaucoup de progrès depuis. Quand des enquêtes sortent dans la presse, elles frappent très fort. Dans la presse suédoise, on sort les petites affaires comme celles du Toblerone [en 1995, une ministre a été forcée de démissionner après avoir acheté du chocolat avec sa carte de crédit de fonction] mais pas celles qui se chiffrent avec plusieurs zéros, alors qu’elles existent là-bas aussi.

 

  • Êtes-vous surpris que M. Fillon continue sa campagne ?

 

Oui, je suis surpris qu’il continue. Dans les pays scandinaves, il aurait arrêté il y a plus d’une semaine, à cause de la pression médiatique et de celle de son propre parti politique. Cette affaire crée beaucoup de blessures dans la droite française, qui va avoir du mal à s’en remettre.

C’est un moment dangereux pour la France. Marine Le Pen a une chance supplémentaire d’être élue puisque les électeurs croyaient beaucoup en Monsieur Propre pour la battre. Cette situation va apporter encore plus de colère et c’est Marine Le Pen qui récolte les fruits de la colère de manière générale.

Propos recueillis par Corentin Pennarguear

 

Reste dans cette drôle de campagne qui, pour l’heure se résume en des shows à l’américaine, le cas Macron. Jusqu’où ira-t-il ? Comment va-t-il éviter ou esquiver la litanie de ce qu’on nomme un programme et qui n’est en fait, depuis les 110 propositions de Mitterrand, qu’un catalogue pour capter tout et son contraire.

 

De Gaulle, en bon militaire, ne s’embarrassait pas des détails d’intendance :

 

4 novembre 1965

 

Ce jour-là, celui de la Saint- Charles, les Français qui ont allumé leur poste de télévision ou de radio à 20 heures ont entendu le président de la République leur dire ceci : « Que l'adhésion franche et massive des citoyens m'engage à rester en fonctions, l'avenir de la République nouvelle sera décidément assuré. Sinon, personne ne peut douter qu'elle s'écroulera aussitôt et que la France devra subir - mais, cette fois, sans recours possible - une confusion de l'Etat plus désastreuse encore que celle qu'elle connut autrefois. »

 

« Moi ou le chaos », résume l'opposition. De Gaulle, qui va avoir 75 ans, ne présente pas aux Français de projet, de programme, d'objectifs, ni même de perspective précise. Il leur demande de lui confirmer leur confiance, sous peine d' « écroulement » et de « confusion » s'il s'en va. Et il y met une condition : il ne suffit pas qu'ils lui accordent simplement la majorité absolue de leurs suffrages, comme le veut la loi ; il faut que leur « adhésion » soit « franche et massive ».

 

Le jeune Macron n’est pas de Gaulle mais les Français aiment les hommes providentiels, même jeune, versus Bonaparte, cependant l’heure de vérité va bientôt sonner pour lui. Qu’il se méfie, les Français sont capables de brûler très vite ce qu’ils ont adoré.

 

Gérard Leclerc pose bien le problème qui se présente à lui dans la dernière ligne droite de cette non-campagne. Pourra-t-il sauter l’obstacle ?

 

« C'est le nouveau leitmotiv des politiques et de la presse: sous ses airs de gendre idéal Emmanuel Macron, est transparent, son discours est creux, son programme est vide. Dans une version plus hard », cela donne une série de sous-entendus et de rumeurs relayées par certains politiques ou médias gouvernementaux russes sur « ses affaires qui vont sortir », « sa collusion avec les banques américaines et Hilary Clinton » (!), ou son « soutien par un très riche lobby gay »: cette dernière gracieuseté provenant du député Les Républicains Nicolas Dhuicq...

 

Emmanuel Macron peut y voir une forme de reconnaissance. S'il est attaqué, c'est qu'il est devenu en quelques semaines l'un des deux favoris d'une présidentielle qui lui a réservé une série de divines surprises: la mise hors course de deux ex-présidents, l’élimination des deux candidats – Alain Juppé et Manuel Valls – qui auraient pu le priver de l'électorat centriste et modéré qu'il convoite, enfin le maelström des emplois de la famille Fillon dont l'intéressé, à qui semblait être promis l'élection, ne parvient pas à se dépêtrer.

 

Mais en ces temps où les Français se régalent à déjouer les pronostics et à faire tomber les têtes, il ne fait pas bon être favori. Surtout quand vous êtes un candidat qui ne s'est jamais frotté au suffrage universel, qui se proclame à la fois de droite et de gauche –« attrape-tout » raillent se détracteurs – et qui n'a le soutien que d'une escouade d'élus mais d'aucun parti de gouvernement : « Macron, combien de divisions? » selon la célèbre formule.

 

Comme Benoit Hamon a plutôt bien joué le coup avec le PS et que Manuel Valls ne veut pas faire la courte échelle à son ancien ministre de l'économie, les parlementaires socialistes ne se ruent pas chez Macron. Des grands élus qui semblaient séduits s'interrogent sur sa solidité dans un monde dominé par Trump et Poutine. Emmanuel Macron lui-même donne des signes d'essoufflement, comme lors de son meeting de samedi dernier à Lyon.

 

Alors, même si l'on ne sort de l'ambigüité qu'à ses dépens, et si le candidat veut conserver le rythme des « Marcheurs » qui lui a plutôt réussi jusque-là, il va bien lui falloir aller au-delà des bribes de programmes qu'il a parcimonieusement dévoilées. C'est une affaire de quelques jours nous promet-on. Ce sera davantage un contrat avec une douzaine d'engagements qu'un catalogue de mesures. Le volet économie essaiera de concilier –comment? – maitrise des dépenses courantes et augmentation des budgets de la défense et de la sécurité. Le social se déclinera autour de l'idée de souplesse: 35 heures modulables, départs en retraite flexibles, suppression des charges sur le Smic. L'environnement qui connaît un retour de flamme, sera bien traité. Corinne Lepage aide à définir une écologie réaliste: nucléaire ramené à 50% en 2025, investissement dans le renouvelable, rénovation thermique des logements, alignement de la taxation du diésel sur l'essence... Ajoutez une rasade d'Europe, une dose de proportionnelle à l'Assemblée, une larme d'autonomie pour l'école, et le Pass-culture... Réservez une ou deux surprises... Et vous aurez le programme sensé réunir des progressistes de droite et de gauche, sous la houlette d'un homme de 39 ans qui donnerait un sérieux coup de jeune à la France.

 

Ça c'est la théorie. Il reste à concilier parfois des contraires et trouver le thème qui s'imposera au coeur de la campagne comme le « Changez la vie » de 1981, le « Travaillez plus pour gagner plus » de 2007 ou le « Moi président » de 2012... Il faudra surtout résister à la « lessiveuse » d'une campagne présidentielle, tenir à distance les concurrents et enfin affronter, selon toute vraisemblance, une Marine Le Pen qui continue tranquillement à battre des records dans les sondages et les audiences télé...

 

Aujourd’hui on cherche le gay sous l’hétéro, le pédé qui se masque, comme avant le youpin sous le gentil

 

Lire ICI

 

Nicolas Dhuicq, député LR de l’Aube, a tiré la première salve dans un entretien au site pro-russe Sputnik: «Concernant sa vie privée, c’est en train de devenir public. Emmanuel Macron est un chouchou, un chéri des médias français, qui appartiennent à un petit nombre de personnes, comme chacun sait. L’un de ses soutiens est le fameux businessman Pierre Bergé, un partenaire d’affaires et vieil amant d’Yves Saint Laurent, qui est ouvertement homosexuel et défend le mariage gay. Il y a donc tout un riche lobby gay derrière lui. Cela dit tout.»

 

J’imagine ainsi Nicolas Dhuicq au printemps 1936, applaudissant de son banc son ami Xavier Vallat, qui dénonçait cette profanation: un juif, Léon Blum, devenait Président du Conseil. «Votre arrivée au pouvoir, monsieur le président du Conseil, est incontestablement une date historique. Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un Juif. (…) pour gouverner cette nation paysanne qu’est la France, il vaut mieux avoir quelqu’un dont les origines, si modestes soient-elles, se perdent dans les entrailles de notre sol, qu’un talmudiste subtil.»

 

On nous dira qu’Emmanuel Macron n’est pas homosexuel, si Blum était bien juif, et que chez Dhuicq, la manipulation précède la manie? Et donc? Écrire ceci est déjà entrer dans la logique des fascistes. On ne devrait pas avoir à répondre aux immondices, ni à démentir ce qui n’aurait, normalement, aucune importance. Macron y a consenti avec humour, dans la blague des hologrammes; il fait avec l’air empuanti du temps, comment le lui reprocher. Mais notons bien. Dans l’obsession fasciste, «être» ou «ne pas être» l’objet de la haine est indifférent. Dans les années riches de l’antisémitisme, les Dhuicq de l’époque dénonçaient comme juifs des gens qui ne l’étaient guère, baptisés mais ne détestant pas le peuple détesté. Pour Lucien Rebatet, Jacques Maritain, philosophe catholique, «était enjuivé de corps et d’âme». Le même Rebatet voyait dans l’église «une judéophilie» éperdue, et Céline, dont on s’obstine à trouver les sécrétions poétiques, affirmait que même le Pape était juif, «de son nom véritable Isaac Ratisch» et que le Vatican était «un ghetto».

 

Plus dangereux pour lui, sa fiabilité, sa sincérité :

 

Comment Macron m’a séduit puis trahi

 

« Je suis Adrien de Tricornot, je suis journaliste au Monde. En 2010, le groupe Le Monde avait de grosses difficultés financières et j’étais vice-président de la Société des Rédacteurs du Monde.

 

Nous les journalistes, au travers de la Société des Rédacteurs du Monde, étions les principaux actionnaires du groupe*. Nous savions que nous allions devoir faire appel à de nouveaux investisseurs, et voir nos parts diminuer. Nous allions perdre le contrôle actionnarial du journal. Il fallait nous entourer de spécialistes : avocats, banquiers d’affaires.

 

Macron, jeune banquier d’affaires, propose de nous aider

 

C’est à ce moment là qu’Emmanuel Macron, jeune banquier chez Rothschild, fait savoir à une journaliste, qu’il est prêt à nous aider « pro bono ».

 

Emmanuel Macron se présente à nous comme un banquier d’affaires qui fait de l’argent, mais n’y trouve pas du sens, membre de la Fondation Jean Jaurès, voulant défendre la liberté de la presse, ancien assistant de Paul Ricœur… Et donc prêt à nous aider bénévolement.

 

La suite ICI

 

Qui sont les Français qui soutiennent Emmanuel Macron?

 

Jérôme Fourquet — 09.02.2017 –

 

Contrairement à la critique souvent relayée, l'électorat d'Emmanuel Macron n'est pas particulièrement jeune, ni hégémonique chez les cadres. Le fondateur d'En Marche! fait en revanche le plein chez les plus diplômés, illustrant un nouveau clivage électoral.

 

Aujourd’hui, les avocats de M. et Mme Fillon ont laissé entrevoir en conférence de presse une partie de leur stratégie de défense. Ils ont notamment précisé qu’ils remettaient en cause la compétence du parquet national financier et sollicitaient qu’il se dessaisisse de l’enquête portant sur les soupçons de détournements de fonds publics dans le cadre d’emplois fictifs évoqués autour de la famille Fillon.

 

La suite ICI 

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