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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 06:00
Le terroir de Limoux a beaucoup d’atouts, pourquoi les gaspiller ?

À Limoux, pour faire court, le territoire viticole se partage très majoritairement entre 2 coopératives : Sieur d'Arques et Anne de Joyeuse, les blancs d’un côté, les rouges de l’autre, ce n’est pas une imagerie facile mais le fruit d’une histoire où la césure politique était sous-jacente.

 

Bien évidemment Limoux c’est d’abord la Blanquette : les bulles de Sieur d’Arques, puis vint le Crémant, le Chardonnay de Toques et Clochers, enfin une AOC limoux rouge… Les seigneurs, quoi, mais sans doute trop, à vouloir trop embrasser, la vieille maison n’a pas pu ou pas su tirer profit de l’explosion du marché de la bulle.

 

À côté, le challenger, Anne de Joyeuse, je la citais à titre d’exemple pour sa politique de pilotage du vignoble par l’aval.

 

Le bulletin de liaison des adhérents de la cave Anne de Joyeuse : L’Edit des Joyeuses écrivait sous le titre : la maîtrise des rendements : nouveau paiement différencié pour les cépages :

 

« La mondialisation nous fait connaître aujourd’hui les premiers effets d’une concurrence sévère sur le marché des vins.

 

La production mondiale du vin est en phase d’être excédentaire par rapport à la consommation. Nos futurs concurrents ne sont plus l’Espagne, l’Italie mais les pays de nouveaux producteurs (USA, Australie, Chili, Argentine, Nouvelle Zélande). Une concurrence se dessine : l’Europe viticole contre les pays du nouveau monde : celle-ci est d’autant plus facilité que les moyens de communication et de circulation ne sont plus un frein au développement. Ces nouveaux pays bénéficient d’un phénomène de mode sur le marché anglo-saxon et présentent des standards qualitatifs souvent supérieurs à nos vins de pays.

 

Nous nous devons de résister à cette concurrence. Pour cela la Cave Anne de Joyeuse doit produire des vins à très bonne typicité variétale avec des caractères plus « concentrés » et plus « complexes ». Cet objectif qualitatif nous permettra de maintenir l’accès au marché (la problématique commerciale des vins se pose en termes de prix et d’écoulement, il n’y a plus de place pour les vins moyens). »

 

Bref deux politiques, non pas antinomiques mais complémentaires. Elles le sont d’autant plus que bon nombre de vignerons coopérateurs limouxins (150 sur 227 à Sieur d'Arques) amènent leurs récoltes dans les deux établissements.

 

Mes liens avec les deux structures m’avaient amené à réfléchir sur leurs synergies, c’est-à-dire les étapes du chemin à parcourir pour qu’elles s’unissent. Les pesanteurs limouxines sur lesquelles je n’ai pas à revenir, ont empêché que les équipes dirigeantes s’engagent sur ce chemin. On ne réécrit pas l’histoire mais il n’est jamais trop tard pour renouer les fils et tirer parti d’une situation qui entrave la prospérité du terroir de Limoux.

 

Mon propos n’ira pas au-delà de ce questionnement, je n’ai pas et je n’ai jamais pour vocation de m’immiscer dans les affaires des vignerons de Limoux. Tout ce que je puis vous confier c’est que la situation actuelle m’attriste, me navre, comme une impression de gâchis.

 

À Sieur d’Arques la contestation qui couvait depuis de longs mois a débouché lors d'une assemblée générale extraordinaire sur un vote de défiance sur les 206 viticulteurs présents, 111 se sont prononcé contre l’équipe dirigeante.

 

Hormis le projet d’un nouveau caveau à 2 millions d'euros jugé trop onéreux au regard de la santé financière précaire de la coopérative, le deuxième sujet d'achoppement la rémunération des vignerons jugée beaucoup trop faible et c'est certainement là le nœud du problème. Aujourd'hui les vignerons de la cave voudraient voir le fruit de leur travail mieux rémunéré et selon l'opinion d'un vigneron au discours très imagé mais discret (les élections du prochain président se préparent activement) :

 

«Dorénavant il faudra faire pisser la vigne, maintenant on s'en fout des niches comme l'appellation d'origine protégée avec ses vendanges manuelles qui nous coûtent cher, et qui est mal commercialisée. Les Toques et Clochers qui ne font vibrer que des étoiles lointaines, il faut vendre notre récolte en indication géographique protégée avec moins de contraintes à la cueillette et faire du chiffre un point c'est tout

 

Discours choc d'un coopérateur, très Limouxin, un des bastions du rugby à XIII qui, sous ses excès de langage recouvre des problèmes bien concrets et pose la vraie question du retour pour les vignerons, le revenant bon, d’une politique aux ambitions qualitatives réelles mais dont les coûts commerciaux n’ont pas été générateur de ce retour.

 

« Difficile de comprendre pourquoi d'un côté les rémunérations sont au beau fixe et même en progression, pour leurs rouges chez ADJ, et frileuses et maigres pour leurs bulles à Sieur d'Arques, alors que les crémants alsaciens, par exemple, battent en ce moment tous les records de vente. »

 

La réaction de Rémy Fort, président de la cave Anne de Joyeuse à cette situation doit être décodée au regard de la vulgate limouxine.

 

« Le terroir de Limoux possède une richesse exceptionnelle, avec une diversité unique. Sur un même territoire on peut élaborer des vins effervescents de qualité, des chardonnays de réputation internationale et des vins rouges qui ont conquis le cœur d'opérateurs prestigieux et internationaux.

 

Dans un monde concurrentiel il ne faut pas voir l'avenir de cette petite région que par la bulle, ce serait une grave erreur économique. Les vins tranquilles sont également un atout indéniable pour demain. Cette diversité est un élément différenciant qui sera la richesse de notre avenir.

 

La vision scolaire d'un vignoble industriel, qui berce le vigneron dans la facilité, n'est pas concevable sur les terres du limouxin. Seul 15% du vignoble pourrait répondre à cette demande. On ne peut pas bâtir un développement sur une superficie marginale, ce n'est pas la politique des vignerons d'Anne de Joyeuse. »

 

À toute chose malheur est bon dit l’adage populaire, il est sans doute temps à Limoux de s’asseoir autour d’une table pour reparler avec pragmatisme d’Union entre les deux coopératives afin d’étudier les complémentarités, les doublons, les surinvestissements, les synergies.

 

Certes c’est une « affaire d’hommes » mais nul à Limoux, et Anne de Joyeuse en premier, n’a intérêt à ce que Sieur d’Arques s’enfonce ou s’engage dans une politique de sauve-qui peut. Avec autant d’atouts dans son jeu le terroir de Limoux doit jouer collectif, coopés et indépendants, pacifier le débat, revenir à l’essentiel.

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 06:00
C’est dur la culture, l’art et le vin,  le mangeur de fèves d’Annibal Carracci et son vin  Capintancelli Piana dei Castelli  de Matteo Ceracchi…

Les marieuses et les marieurs de vin sont à la peine, pensez-donc, chaque jour que Dieu fait, il leur faut accorder le dernier petit plat tendance, la carotte nouvelle de Créances, avec le pur jus d’un GCC, d’un champagne millésimé, surtout d’un flacon qui draine de la publicité.

 

Ça lasse, usé le procédé, ils ou elles ne savent plus à quel saint se vouer : faut du nouveau coco ! Racole ! Déniche-moi vite fait sur le gaz un mec ou une nana qui fasse le buzz !

 

- Un Chef, chef…

 

- Explicite !

 

- Un truc du genre : un chef, un plat, un vin…

 

- Emballé c’est pesé ma poule, mais c’est toi qui choisit le vin à sa place. Faut bien placer notre camelote ma cocotte !  Faire plaisir au petit Michel...

 

Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, mon rédachef m’a convoqué dare-dare pour que je m’engouffre dans la brèche. J’ai cogité et je lui ai proposé c’est dur la culture : l’art et le vin ! Je dois vous avouer que ça ne l’a pas enthousiasmé mais de guerre lasse il a cédé.

 

Me restait plus qu’à concrétiser. C’est au pied du mur qu’on reconnait le maçon…

 

J’ai enfourché mon vélo pour dénicher une idée et je suis tombé sur des fèves qui sont, selon Jean-Marie Pelt dans sa petite encyclopédie gourmande des légumes, les plus vénérables ancêtres du monde des légumes.

 

 

Emballé c’est pesé, retour à la maisonnée pour dérober mes fèves. En effet, la fève doit être débarrassée de sa robe avant d’être consommée.

 

 

Un pet d’Histoire :

 

« Déjà connues des hommes du néolithique - on a trouvé des graines de fèves sur les emplacements de la ville de Troie – la fève a longtemps traîné une très mauvaise réputation due essentiellement à sa forme mais pas seulement !

 

Les égyptiens n'en supportaient pas la vue parce qu'ils y voyaient le lieu de transmutation des âmes. En Grèce, Pythagore en fait une vraie phobie. Les romains qui ne l'apprécient guère voient dans les fleurs de fèves des taches noires qui leur semblent un mauvais présage. Quant aux gens d'Eglise... ils prêtaient à la fève des vertus aphrodisiaques forcément incompatibles avec la vie monastique.

 

La fève est cependant consommée dans le bassin méditerranéen depuis l'Antiquité mais c'est surtout au Moyen-Age et à la Renaissance que la fève trouve vraiment sa place dans l'alimentation humaine. Elle paraît avoir été un des principaux légumes du paysan français avec les choux, les raves, les aulx, poireaux et oignons (cf. Histoire des légumes de Georges Gibault). N'oublions pas qu'avant la découverte de l'Amérique et des haricots mexicains, le cassoulet était confectionné avec des fèves. »

 

Rassurez-vous je ne vais pas faire tout un plat de mes fèves

 

Le Mangeur de Fèves d’Annibal Carrache ou Carracci 

 

(1580-90). Huile sur toile, 57 × 68 cm, Galleria Colonna, Rome. Annibal Carrache a commencé par des scènes de genre très réalistes. Une telle approche n'est pas commune au 17e siècle, d'autant que ce tableau, sans aucun artifice de composition, acquiert paradoxalement une modernité surprenante.

 

« Signe d’une transformation importante, ce tableau d’Annibal Carracci est une des toutes premières représentations de paysans en train de manger. Son repas, servi sur une nappe blanche, même chez les plus pauvres, est fait de fèves appelées « haricots noirs », originaires d’Afrique – bientôt supplantés par le haricot de la famille Phaeasalus plus facile à cultiver – d’oignons qui remplacent la viande, d’une assiette de salade qu’on souhaiterait un peu plus verte, de vin rouge réservé aux paysans et de pain en petites miches accolées. Aliment essentiel à la nutrition, le pain est l’objet de tous les soins. Sa composition, ses ingrédients, la qualité du blé et de la farine varient énormément d’un lieu à l’autre. Pain blanc pour les riches, pain noir ou complet pour les pauvres, son goût et sa qualité sont commentés par ceux qui ont la chance de pouvoir comparer. L’œil allumé, le sourcil levé, la bouche prête à avaler la cuillerée évoquent la gourmandise, celle du pauvre qui préfère la quantité à la qualité. Mais de même qu’on attribue au pauvre une gloutonnerie qui l’assimile à l’animal et au sauvage, il ne lui est pas interdit de faire preuve de goût dans la différenciation de la qualité de ses plats, aussi simples fussent-ils. »

 

Manuel Vásquez Montalbán

 

 

Je me confectionne une petite Salade de fèves à la ciboulette et je me débouche une bouteille de Capitancelli du domaine Piana dei Castelli achetée au Lieu du Vin chez le grand Philippe.

 

Normal c’est le vin de Matteo Ceracchi, un rouge IGP Lazio

 

Le domaine Piana dei Castelli  est situé près de Velletri, au sud-est de Rome, dans le Latium, il est consacré à la vigne depuis neuf générations. Son positionnement géographique se situe à la convergence entre des masses d’air sèches et humides, froides et tempérées d’origines maritimes et subcontinentales, provoquant une alternance climatique continue favorable à une lente maturation du raisin. L’identité du domaine est garantie par ces vents qui proviennent de l’est des monts Lepini.

 

Les 30 ha de vignes, à proximité de la mer, sont implantées sur un terroir crayeux/siliceux, typiquement volcanique La diversité des cépages : Malvasia Puntinata, Trebbiano, Grechetto, Sauvignon, Pinot Gris, Cesanese, Merlot etc. permet au domaine Piana dei Castelli d’élaborer une large palette de cuvées originales portant la signature de Matteo Ceracchi qui pratique une viticulture respectueuse de l’harmonie entre le sol et la plante et une vinification douce.

 

Capitancelli

 

Cépages : Sangiovese 30% - Shirah 30% - Cabernet Franc 20% - Merlot

 

Age des vignes : 60 ans

 

Rendement : 20/30 hl/ha

 

Date de récolte : Fin Octobre

 

Vinification : Vendange manuelle. Macération en cuve inox sur peaux pendant 6 mois.

 

Non-filtré

 

Robe rouge avec des reflets violacés. Nez très présent et mature. La bouche est concentrée et harmonieuse avec une longue finale sur les épices et la réglisse.

C’est dur la culture, l’art et le vin,  le mangeur de fèves d’Annibal Carracci et son vin  Capintancelli Piana dei Castelli  de Matteo Ceracchi…
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 06:00
Moins la production est vitale pour l'humanité ou la planète, et moins son impact sur l'environnement devrait être important, la méthode Fukuoka appliquée à la vigne.

Hier matin l’ami Olivier dans les frimas chablisiens redoutables m’a expédié ce texte de Masanobu Fukuoka extrait de son livre « La révolution d'un seul brin de paille » Une introduction à l’agriculture sauvage.

 

 

Lecture ICI 

 

 

Le goût

 

Les gens disent: « on ne connait pas le goût des aliments jusqu'à ce qu'on y ait goûté »; mais même si l'on goûte, le goût des aliments peut varier selon le temps, les circonstances et les dispositions de le personne qui goûte.

 

Si vous demandez à un savant ce qu'est la substance du goût, il essaiera de la définir en isolant les divers composants et en déterminant les proportions de sucré, d'acide, d'amer, de salé et de piquant. Mais on ne peut pas définir un goût par l'analyse ni même du bout de la langue. Même si la langue perçoit les cinq goûts, les impressions sont rassemblées et interprétées par l'esprit.

 

Une personne naturelle peut atteindre une alimentation juste parce que son instinct fonctionne bien. Elle se satisfait d'une nourriture simple; elle est nourrissante, a bon goût, elle est une médecine quotidienne. La nourriture et l'esprit humain sont unis.

 

L'homme moderne a perdu la clarté de son instinct, par conséquent il est devenu incapable de cueillir et d'aimer les sept herbes du printemps. Il est parti à la recherche de la diversité des goûts. Son alimentation devient désordonnée, l'écart entre préférences et aversions s'élargit, et son instinct s'égare de plus en plus. A ce point les gens commencent à assaisonner fortement leur nourriture et à utiliser des techniques culinaires compliquées, augmentant encore la confusion. La nourriture et l'esprit humain sont devenus étrangers.

 

Dans ma petite tête de chroniqueur impénitent a resurgi l’une d’elle titrée : « J'ai en horreur la confusion, savamment entretenue par beaucoup, entre méthodes d'agriculture bio ou «naturelle» et vins «nature» ou «naturels »

 

Retour sur images :

 

Le 23/03/2009 je publiais anonymement, avec son accord, le texte d’un vigneron. Ce garçon discret m’avouait qu’il ne goûtait guère le côté place publique de la blogosphère, qu’il n’avait nulle envie de devenir un icône de tous les milieux alternatifs du microcosme de la viticulture française, qu’il ne souhaitait pas rejoindre telle ou telle micro mouvance, qu’il n'avait rien demandé à personne et n’avait aucune aspiration de la sorte.

 

Donc, c’est l’histoire d’un mec * qui un jour me dit, comme ça, qu’il mène un peu moins d'1 ha en « agriculture naturelle » (expression française de la méthode de M. Fukuoka) sur une parcelle expérimentale où il ne revendique aucune AOC car pour lui rien ne lui permet d'affirmer que ce type d'agriculture, qui n'autorise pas de forte densité de plantation à l'ha, permettrait de donner une image fidèle, ou plus exactement traditionnelle du terroir sur lequel elle est implantée. Je lui demande :

 

- pourquoi, faites-vous ça ?

 

- tout simplement parce que 8 années de viticulture de type bio, ne m'ont pas convaincu du bienfondé de cette approche.

 

Comme j’en reste coi, il ajoute :

 

- si le travail du sol permet de se passer de cette saloperie de glyphosate (nom générique du Roundup) et s'il existe bien des moyens de se passer d'insecticides organochlorés (confusion sexuelle, bacillus thuringiensis, abeilles,...) l'abandon de molécule de synthèse de type folpel, dithane et al pour retourner vers le cuivre sous quelque forme que ce soit me dérange énormément. Le cuivre est un polluant d'une rémanence et d'une toxicité exceptionnelle pour l'environnement et ne devrait d'ailleurs pas tarder à être interdit en agriculture conventionnelle comme bio !...

 

Je suis tout ouïe. Je fais bien car, ce qu’il me dit, sans élever le ton, ni se poser en donneur de leçons, exprime fort bien ce que pense au fond de moi.

 

- Dans tous les cas, la plante cultivée reste sous perfusion de l'homme. Et ceci me dérange sur un plan éthique et citoyen. Peut-on justifier qu'une production aussi peu indispensable à l'humanité provoque la mort biologique de sols dont on pourrait avoir un jour besoin pour des besoins vitaux. Rassurez-vous je n'y mets pas la Côte d'Or, mais honnêtement, quel est le pourcentage des terres viticoles qui produisent des vins dignes d'intérêt culturel et gastronomique à l'échelle mondiale?

 

Comme pour s’excuser il se croit obligé d’ajouter :

 

- Voilà mon idée stupide : moins la production est vitale pour l'humanité ou la planète, et moins son impact sur l'environnement devrait être important. Encore une fois, et bien qu'étant un passionné de longue date et tentant d'en tirer un revenu pour faire vivre ma famille, je ne mets pas le vin au rang des absolues nécessité pour la vie, n'en déplaise à Platon.

 

Et moi pour faire rebondir la conversation je le branche sur la méthode Fukuoka. Intarissable.

 

La suite ICI 

 

 

« Depuis des années, essai après essai, erreur après erreur, un agriculteur Japonais, Masanobu Fukuoka, a développé une approche faite de simplicité, une agriculture à contre-courant du modèle occidental. Comme toutes les idées simples mais révolutionnaires, elle surprend par sa banalité et étonne par ses innombrables retombées. Laisser la nature nous nourrir et intervenir le moins possible. Pas de labour, aucun produit chimique, pas de désherbage. Planter lorsque les plantes égrainent naturellement, laisser les plantes sauvages à leur place, enrichir le sol avec des légumineuses, quelques animaux et de la paille. Rien de bien impressionnant à première vue, pourtant vous en entendrez reparler, croyez moi. Quand cela? Attendez la dernière goutte de pétrole! »

 

« La méthode de culture de Masanobu Fukuoka ne pourra donc pas s’étendre tant que l’on vivra dans une société de croissance, car celle-ci est incompatible avec l’idée d’économie de ressources. Le déclin rapide du pétrole qui arrivera pendant ma vie (je suis encore jeune) verra triompher sans gloire des agricultures inspirées de cette méthode énergétiquement économe. Le simple fait que cette technique connue depuis plus de trente ans soit toujours marginale en est à mes yeux une des meilleures preuves. Il y a de quoi se réjouir toutefois, car cet homme simple nous a montré une chose dont les survivalistes ne semblent pas d’accord, la fin du pétrole n’est pas l’apocalypse. En effet, en faisant le pari de la diffusion de cette approche, il est possible à la fois de nourrir la planète sans l’or noir et de vivre en intelligence dans un environnement agréable. Toutefois, si cela se passait mal, je vous conseille de prendre les devants et de vous mettre un lopin de terre de coté…il n’y en aura pas pour tout le monde. »

 

Le texte intégral ICI

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 06:00
Et si « L’appellation » « vin de Beaune » connue dans toute l’Europe appréciée et connue des «riches gens» du Nord n’avait pas disparue le modèle champenois aurait-il été celui de la Bourgogne ?

Dans son dernier chapitre : la dernière offensive du vin commun, Louis Latour, met ou remet les pendules à l’heure.

 

« Le préjugé « moderniste » qui veut que la longue histoire du vignoble ait été toujours inspirée par une recherche de la qualité, a pour conséquence de minimiser les périodes de décadence, voire de les gommer entièrement. »

 

« Le récit « moderniste » de cette période décisive (ndlr la disparition de la Côte dijonnaise) insiste sur les supposés progrès de « l’art de faire le vin » et veut passer sous silence cet épisode peu glorieux, au nom d’une doctrine de la qualité qui est ici sévèrement contredite par les faits. Comment peut-on affirmer que la décadence du Dijonnais est un « fait de nature » alors qu’il est de toute évidence un « fait de culture » que les circonstances différentes auraient pu, auraient dû contrarier. »

 

La capitale de la Bourgogne « … en adoptant l’attitude qui fut toujours la sienne depuis lors, d’un véritable « déni œnologique » face à la côte vineuse, elle signifiait qu’au rebours de ce qui s’est fait à Reims et surtout à Bordeaux, elle voulait couper les ponts avec une tradition qui constitue pourtant la meilleure part de la notoriété mondiale de la Province dont elle est la capitale.

 

Il traite ensuite de la naissance des dénominations bourguignonnes, passionnant comme toujours.

 

Extraits

 

 

« Contrairement à une idée reçue, le choix d’un « site de terroir » adéquat à un projet viticole ambitieux, ne présente pas de difficultés insurmontables. L’œil exercé du vigneron repère très aisément les meilleurs emplacements, comme le prouvent les expériences anciennes et récentes qui conduisent très souvent à d’étonnants succès œnologiques. S’il ne peut deviner à l’avance quel sera exactement le résultat de ses efforts d’implantation, le vigneron fondateur sait par expérience qu’en appliquant les principes définis il y a vingt siècles par les agronomes latins et réitérés par tous les ouvrages spécialisés, il a très peu de chances de se tromper, car la problématique du site repose sur des exigences simples et faciles à mettre en pratique. Les difficultés commencent plus tard lorsque s’engage le dur parcours de la qualité. La situation actuelle des clos qui rythment les paysages d’une Côte bourguignonne permet de constater l’homogénéité de ces « sites de terroir » qui l’emporte de très loin sur les menues différences de sol ou d’exposition.

 

Compte une fois tenu de ces exigences fondamentales, la localisation actuelle des clos s’explique par des considérations très banales. Le réseau incroyablement complexe d’obligations et de droits ans la société féodale fut la raison qui détermina leur emplacement : donations, héritages, contraintes diverses, droits féodaux etc. Si les Cisterciens ont opté pour le Clos Vougeot et obtenu du duc de Bourgogne toutes facilités pour leur installation près des sources de la Vouge, ce fut parce que la Côte, à cet endroit, se situe au plus près de l’abbaye de Cîteaux. Ainsi furent conciliés les avantages du site et les commodités de la proximité avec le « chef d’ordre ». Les clos médiévaux ne sont devenus de grands crus, selon l’acception moderne du terme, qu’en raison d’une coïncidence réussie entre l’œnologie exigeante du vin fin qui inclus évidemment le choix judicieux du site et la pérennité d’une entreprise viticole poursuivie avec constance pendant des siècles.

 

Mais le clos seigneurial n’est pas toute la Bourgogne. Dans les interstices de ces « constructions » œnologiques réservées à la plus haute classe, se situent des vignobles de moindre envergure, cultivés et parfois possédés par de petits vignerons qui devaient se contenter des vignes basses, ou issues du démantèlement de certains clos seigneuriaux, comme ce fut le cas à Volnay par exemple où dès le XIVe siècle l’effritement du domaine ducal a laissé le champ libre à leurs initiatives. Plus tard les bourgeois de Nuys ou de Dijon acquirent ici ou là de belles pièces de vigne dans l’intention de tirer profit du commerce du vin vermeil. Lors de l’érection de Beaune en commune en 1204 par le duc Eudes IV, les énergies et les capitaux furent mobilisés autour de ce genre nouveau qui rencontrait un grand succès. Les échevins beaunois réussirent à cette époque à imposer aux paroisses circum voisines, de renoncer à promouvoir sous leur propre nom les vins qu’elles produisaient. « L’appellation », connue désormais dans toute l’Europe sous le nom de « vin de Beaune », fut le résultat de cette démarche audacieuse. Le contrôle strict de la qualité et de l’authenticité des vins était assuré par les ordonnances des échevins de la ville et leur notoriété par l’emploi d’une dénomination appréciée et connue des « riches gens » du Nord. Il serait d’un intérêt extrême pour l’histoire du vignoble de savoir à quelle époque cette dénomination, significative d’un genre qui préfigurait celle créée par la Champagne cinq siècles plus tard, a définitivement disparu. En 1728, en tout cas Arnoux ne mentionne pas le « vin de Beaune » dans son acception géographique ancienne.

 

Le nom de la paroisse apparut donc en pleine lumière quand disparut cette référence commerciale médiévale, qui ne s’appliquait d’ailleurs qu’à une partie d’entre elles. Chacune s’efforçait de défendre un projet œnologique distinct, mais les clos échappaient à toute préoccupation mercantile par le statut juridique supérieur de leurs propriétaires et ne se souciaient guère de ces variantes à finalité marchande. La hiérarchie des crus, d’abord confinée au territoire viticole d’un seul village, indépendamment de tous les autres, fut la conséquence toute naturelle d’une occupation du terroir, qui ne nécessitait aucune consécration « officielle ». Les meilleurs lieux-dits étaient mis en avant par la rumeur locale. On savait depuis longtemps qu’ils produisaient les meilleurs vins. Toujours aux mains des puissances établies, ils se situaient à mi-pente dans les meilleurs emplacements. Bien avant d’être introduits sous leur nom propre, dans le circuit commercial, ils étaient inscrits à la première place dans la conscience collective de la communauté de plusieurs dizaines de familles vigneronnes, qui composaient la population active de la paroisse. Ce fut une nouveauté quand Jobert, au XVIIIe siècle, s’empara, non sans quelques difficultés et procès, de l’écoulement de la récolte du Chambertin. Jusque-là il semble que seul le Clos Vougeot ait été introduit dans le circuit commercial.

 

L’effacement de la dénomination « vin de Beaune » permit l’émergence du « village », subdivision traditionnelle de l’espace viticole qui devint le canevas de toute dénomination. Le livre d’Arnoux ou celui de Courtépée individualisent en quelques phrases les paroisses qui deviendront après la Révolution, des communes, selon une présentation géographique qui est aujourd’hui encore la règle quasi absolue. C’est ainsi que Chassagne, selon Arnoux est « extrêmement violent, plein de feu, fameux, a ordinairement du vert qui le rend plus durable que les autres… » « Savigny produit d’excellents vins veloutés, moelleux, qui ont du corps et de la délicatesse. Quand ils ont été tirés en bouteilles, i faut de temps à autre les visiter, crainte d’échapper le temps auquel ils doivent être bus, etc. » On comprend que ces notations œnologiques, à visée commerciale, induisent un argumentaire centré sur le genre propre à chaque finage qui permet de le distinguer de toutes les autres provenances concurrentes.

 

La mise en valeur de ces particularismes locaux était à l’avantage des vignes moins bien situées qui occupaient de vastes surfaces au pied des coteaux, ou qui n’étaient pas incluses dans des clos. Notons que ces dénominations communales étaient appliquées à la totalité des vins issus d’un finage quelconque, y compris pour les parcelles encépagées en plants mi-fins ou même communs […] Il y eut donc confusion pendant des siècles entre les meilleurs crus et les vins secondaires qui portaient le même nom et se targuaient d’une même origine. On ne mit fin à cette anomalie qu’au XIXe siècle sous la pression de la clientèle qui ne pouvait accepter que des vins communs soient dénommés comme l’étaient les vins fins […] Au moment de la replantation post-phylloxérique on supprime carrément l’usage du nom de la commune pour les vins inférieurs. L’appartenance d’une parcelle à un cadastre, finalement reconnu par les usages puis par la loi, fut exigée et permit d’organiser la promotion d’un « village » qui ne « reconnaissait » plus que les vignes fines de son territoire. Les propriétaires des vignes mal situées et/ou mal encépagées durent se contenter d’appeler « bourgogne » les vins produits dans des localisations douteuses. Cette appellation dite « générique » remplaça les anciennes mentions et l’acheteur ne courut plus le risque d’être trompé par la notoriété d’un village déjà connu qui ne garantissait ni la qualité ni l’authenticité d’un vin. »

 

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 06:00
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile

Mon « collègue » J π tout à la fin de son bouquin rêve de faire son vin.

 

Ce n’est pas mon cas, ma seule expérience de vinification fut d’abord celle naturelle, du noah, du pépé Louis puis celle d’Alcide Robert, le winemaker du Frère Bécot à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard.

 

En revanche je mets la main à la pâte depuis toujours et, déçu par le conformisme des magazines de cuisine, qui nous bassinent avec des recettes alambiquées, j’ai décidé de vous proposer de l’e-cuisine. Ça fera saliver les gourmets et les gourmands qui m’accusent de sadisme avec les photos de mes agapes ici ou là.

 

Aujourd’hui ce sera necci et millet

 

Dans l’e-cuisine on ne cause pas ce sera donc minimaliste :  

 

- Necci

L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile

Je signale à mes amis corses qu’il est quasiment impossible de s’approvisionner en farine de châtaignes insulaire en notre bonne ville de Paris.

 

Les necci se consomment chauds agrémentés de miel, de sucre, de confiture de figues ou du filet d’huile d’olive, de beurre salée, d’une fine tranche de lard de colonnata, de coppa, de lonzu… d’oignons confits… etc.

 

Vous pouvez boire corse bien sûr…

 

L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile

Deux points très important : le sucrage final et le blocage de la cuisson.

 

Soyez modérés avec le sucre, je vous conseille le sucre vanillé bio ou le sucre no-raffiné bio.

 

L’onctuosité de votre millet est conditionnée par l’aspersion immédiate avec du lait glacé de votre millet bouillant.

 

Du côté jaja c’est du blanc : du chenin de Jo Pithon, du chardonnay de la maison Perraud ou le Je suis Viré de l’ami Valette (interdit par la police des mœurs )

L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
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L’e-cuisine du Taulier : c’est un régal à domicile
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 06:00
L’herbe naît après la pluie, les paroles après le vin, post vinum verba, post imbrem nascitur herba…

Samedi dernier dans mon éloge du trouble je plaidais pour que toujours soit ouvrir le champ des possibles, revendiquais le droit d’être curieux de tout !

 

Halte aux œillères des rabougris… Sus aux carcans, aux espaces exigus, aux limites artificielles…

 

Dimanche je défendais la gourmandise qui n’est pas un péché mais une vertu car l’aliment nourri le corps et l’esprit.

 

Dans son discours de Robinson sur la morue, Manuel Vásquez Montalbán, ode au péché de gourmandise, met en scène la rencontre de son texte inédit avec une sélection de peintures, du XVIe au XXe siècle, illustrant avec force la puissance d’inspiration de ce délicieux péché. Cet ouvrage offre une plongée sensuelle et jubilatoire dans l’univers de la gourmandise par une association élégance et inattendue entre littérature et peinture.

 

Je vous propose donc d’en découvrir un extrait qui illustre bien ma philosophie de la vie de chroniqueur impénitent.

 

 

« Piscis captivus vinum vult, flumina vivus : poisson pêché réclame le vin, poisson en liberté recherche l’eau. Et la morue ? Elle veut des vins rouges, et je le proclame après avoir stupidement ratissé mon île en essayant de croire que, sous ces latitudes, j’aurais pu trouver de quoi en élaborer un jour ou l’autre. Je fais ici référence à la morue ressuscitée, non à la fraîche, qui peut se manger avec tout ce que l’on veut, bien que le vin blanc, si possible fruité, lui convienne mieux. Mais la morue ressuscitée appelle des rouges légers, jeunes, à ceci près que certaines recettes portugaises tolèrent un vin du Duero un peu plus mûr, et les plats basques un bordeaux ou un rioja ayant déjà du corps. Enfin, post vinum verba, post imbrem nascitur herba, l’herbe naît après la pluie, les paroles après le vin, et moi je parle, je parle de vins et je fais comme si j’en avais bu en réalité, alors qu’il s’agit seulement pour moi d’enivrer mon imagination.

 

D’après la tradition hébraïque, Noé fut le premier homme à planter une vigne, à élever du vin, à se soûler, et à se conduire comme un poivrot jusqu’à finir par se faire remarquer et par susciter des réactions diverses de ses fils. Il devait être fort rancunier, ce Noé – à moins que ce ne fut son dieu, Jehovah –, puisqu’il chargea Sem et Japhet, les deux enfants qui avaient voulu étouffer le scandale, de fonder les dynasties d’Asie et d’Europe, alors que Cham, pour s’être moqué du vieux soûlard, fut condamné à devenir le père des Africains, c’est-à-dire des peuples les plus maltraités par une Histoire qui, pour reprendre un principe nietzschéen, accepte de se laisser faire par certains mais exige des autres qu’ils se contentent de la subir.

 

Descendant de Japhet, j’endure pourtant un bien triste sort : me voici devant plusieurs douzaine de morues séchées, intransformables, qui ne font que proclamer peu charitablement mon impuissance. Non sans frémir, j’ai lu un jour quelque part que l’avenir alimentaire de l’humanité d épendra essentiellement des levures, riches en protéines et en vitamines B, ainsi que des algues et du soja, toutes ces herbes folles asiatiques dont on dit, comme du porc – que rien ne se perd, et donc le potentiel protéinique attend le Girardet du XXIe siècle. Il y aura aussi des concentrés nutritifs comme l’incaparine, mélange de maïs et de sorgho moulus, de farine de de graines de coton et de vitamine A. Comment cuisiner pareil élixir ? On m’a assuré qu’il est possible d’obtenir une autre mixture, appelée « laubina », obtenue à base de blé, de pois chiches et de lait écrémé, ou encore du « fortiflex », composé de farine de soja et de cacahuètes. L’étonnement horrifié qu’avaient provoqué chez moi ces informations ne fut rien devant la révolte qui me saisit en lisant que nous pourrions bien finir par nous nourrir de scarabées, de fourmis, de libellules, de sauterelles, de punaises, de poux et de cigales, qui, d’après le National Geographic, sont particulièrement appréciées pour leur saveur[…]

 

Vive le monde selon Aymeric Caron : « La protection animale est le marxisme du XXIe siècle » 

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège, Et l’autre con de chevelu, là ! Faux jeton de première classe ! Putain, il faudrait lui mettre une bouteille de Coca dans le cul et lui faire péter le sphincter !

C’est tout de même Charles Villeneuve, ancien journaliste à TF1 et ex-président du PSG, qui tient ces propos. Dans son édition du mercredi 20 avril, Le Canard Enchaîné dévoile des extraits d'écoutes téléphoniques opérées par l'Office central pour la répression de la grande délinquance (OCRGDF) dans le cadre de l'enquête sur les transferts douteux de l'Olympique de Marseille.

 

C’est du gratiné.

 

« Haro sur Vincent Labrune. Déjà, mis à mal par les déboires financiers et sportifs de l'OM cette saison, le "chevelu" président doit, semble-t-il, faire avec une ambiance délétère dans les couloirs de la Commanderie.

 

Le langage est fleuri et le casting de ces écoutes - qui concernent, entre autres, Bernard Tapie, Jean-Pierre Bernès, agent et ancien cadre sulfureux du club, ou le journaliste Charles Villeneuve - est savoureux.

 

Même Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus et ancien entraîneur marseillais, y perd son calme. »

 

C’est notre amuse-bouche avant dîner. Même si j’ai décroché de l’opération Chartrons je reste attentif à l’évolution du paysage politique. Avec ma nouvelle compagne, présentée comme étant Sophia, j’organise des dîners avec la fine fleur de ceux qui savent dans le Tout-Paris.

 

 

Avec les entrées le sujet c’est Mélenchon qui estime aujourd'hui sa candidature confortée tant par les frémissements de l'opinion que par les soubresauts de l'actualité. Sans dédaigner les sondages "suaves" qui le donnent à touche-touche avec François Hollande, le cofondateur du Parti de Gauche se dit convaincu que sa campagne présidentielle est aujourd'hui portée par la fronde anti-loi Travail ou par le mouvement « Nuit debout » et qu'elle peut bousculer le match annoncé de 2017. 

 

Je cadre du mieux que je peux la discussion :

 

« Étrange période, nous voguons vers mai, un mois qui semble à jamais marqué du fer de tous les dangers, en un entre-deux insaisissable, sur la place de la République la marmite bouillotte gentiment, le couvercle a de temps en temps des soubresauts, ça castagne, nos forces de l’ordre aime toujours autant la matraque et en face les « qui ne sont ni beaux, ni gentils, qui se tamponnent des commissions, des discours… » cherchent le contact. Leurs Cohn-Bendit, Sauvageot et autre Geismar, ont pour noms, Lordon, Ruffin avec tapis dans l’ombre l’opportuniste Mélenchon qui rêve de tirer les marrons du feu.

 

Nuit debout et le “refus du leader”: “Occuper une place ne suffit pas” 

 

« Le mouvement est très horizontaliste, très «basiste» et ne désire ni leader, ni organisation, ni hiérarchie. Il est rafraîchissant de voir ces jeunes qui se réveillent, mais j'ai néanmoins des réserves. Occuper une place ne suffit pas.

 

Si les manifestants veulent avoir un impact politique et être en mesure de transformer le réel, il va falloir qu'ils s'organisent d'une manière un peu plus verticale. A l'exception de quelques prises de position, par exemple de la part de François Ruffin ou de Frédéric Lordon, le mouvement est très spontané.

 

Nuit debout met en scène l'idée de l'«auto-organisation», inspirée notamment de Michael Hardt et Toni Negri [auteurs de «Multitude» et «Empire» et considérés dans les années 2000 comme les théoriciens de l'altermondialisme, NDLR]. Occupy Wall Street, que j'ai soutenu, nourrissait la même croyance romantique d'être en train d'inventer une nouvelle façon de faire de la politique. Il y avait l'idée que, dans l'occupation d'un lieu, toutes les demandes hétérogènes - les revendications des salariés, des femmes, des minorités ethniques, des écologistes… - convergent spontanément. Or ce n'est pas vrai. Pour qu'elles convergent, il faut construire un principe d'articulation. »

 

Et puis, une voix rageuse interrompt nos savants débats :

 

- Mélanchon c’est Guy Mollet aux premières tomates il se dégonflera comme une baudruche.

 

Et de rappeler :

 

Une « guerre imbécile et sans issue » avait déclaré Guy Mollet pendant la campagne électorale où le Front Républicain avait battu les estrades pour la paix en Algérie.

 

On attendait Mendès et ce fut Guy Mollet.

 

Patrick Rotman raconte :

 

En ce jour du 6 février 1956, je viens pour entendre et m’informer auprès de tous. À tous mes interlocuteurs, je parlerai sans détour d’homme à homme. J’attends d’eux la même franchise et la même loyauté. Ma première préoccupation est que le sang ne coule plus en Algérie. »

 

« Le cortège du Président du Conseil roule maintenant sur la route qui va de l’aéroport à Alger. De chaque côté de la chaussée, des milliers de soldats et de CRS forment une haie d’honneur. Les trottoirs sont déserts, les rideaux de fer des magasins sont baissés. Des affiches indiquent fermé pour cause de deuil. J’aperçois Guy Mollet assis à l’arrière de la voiture qui passe devant moi. Il semble bien pâle. »

 

« Le cortège est maintenant parvenu en bas des marches qui conduisent au monument aux morts. M. Guy Mollet sort de sa Delahaye, accompagné de Max Lejeune, le secrétaire d’État à la Guerre. La foule tente de déborder les rangées de CRS. Des cris fusent. »

 

Des hurlements avaient couverts la voix du reporter. On entendait distinctement des « mollet au poteau ! » « Catroux à la mer ! » qui s’échappaient de la radio.

 

Dans le poste, le journaliste s’égosillait pour tenter de couvrir la cacophonie de cris, de slogans, d’explosions de grenades.

 

« Le long du plateau des Glières, une foule énorme déborde le service d’ordre. Une pluie de projectiles s’abat sur M. Mollet, livide. Des légumes, des fruits, des œufs pourris tombent sur les personnalités officielles qui refluent vers les voitures. Max Lejeune a son manteau éclaboussé de rouge, sans doute une tomate. Le cortège de voitures protégées par les CRS démarre maintenant tandis que la foule envahit les escaliers. Les gerbes déposées un instant plus tôt sont piétinées. »

 

Mollet est pris en otage dans le Palais d’Été.

 

Mendès-France qui revient de l’Élysée où Coty a eu Guy Mollet au téléphone. On entendait dans le combiné les hurlements de la foule déchaînée et les bruits des explosions et des grenades. Coty lui a dit « j’ai Catroux à côté de moi. Il ne veut pas être la cause d’un bain de sang en Algérie. Il offre sa démission. »

 

Et Mollet l’a accepté !

 

Mauriac écrit « M. Guy Mollet n’a pas pris la foudre. Il a pris des tomates pourries, mais sur le nez. Et si ce n’était que sur le sien nous nous serions fait une raison. Mais c’est l’État qui a reçu cet outrage. »

 

« Il n’y aura plus de gouvernement possible dans ce pays, déclara Mendès avec une solennité grave. »

 

« Je suis de votre avis, insista Camus. À partir d’aujourd’hui le pouvoir ne sera plus à Paris mais à Alger. Là-bas, il n’y aura plus de libéraux. Ils vont tous suivre les ultras puisque les ultras, grâce à Mollet, ont gagné. Ils vont faire des ratonnades, du contre-terrorisme et ça finira par la sécession. »

 

Cette journée entrée dans l’Histoire sous le nom de la « journée des tomates » mettrait e mouvement la fatale dégringolade, où se perdrai les espoirs déçus.

 

Ce ne fut pas la pacification, 200 000 jeunes Français furent confrontés aux horreurs de la guerre, à l’escalade de la violence, au déchaînement du terrorisme, à la pratique généralisée de la torture. Les libertés fondamentales furent bafouées.

 

Le décret 56-269 sur les pouvoirs spéciaux confiait aux tribunaux militaires tous les crimes commis sur le territoire algérien. Il mettait en place une sorte d’état d’urgence hors légalité républicaine, qui permit lors de la bataille d’Alger tous les excès de la répression.

 

Mitterrand le signa.

 

253 condamnations à mort ont été prononcées depuis le 1er novembre 1954 contre les rebelles, dont 163 par contumace, 90 se trouvent dans les prisons d’Algérie. Les peines de 55 d’entre eux ont été confirmées par la Cour de Cassation.

 

Lejeune exige que la justice doit passer. Les sentences doivent être exécutées.

 

Gaston Deferre, Pierre Mendès-France, Alain Savary sont contre l’application de la peine de mort.

 

François Mitterrand était pour.

 

Vaille que vaille je ramène le sujet sur des bases plus actuelles en évoquant l’interview d’Emmanuel Todd par François Ruffin :

 

Fakir : C’est un petit truc, Nuit debout…

 

Emmanuel Todd : Il ne faut pas dire ça. D’abord, c’est peut-être une petite chose mais au milieu de rien. Et ça, le fait que les médias s’intéressent à cette petite chose, c’est aussi un signe du grand vide. Les journalistes, qui certes appartiennent à des grands groupes, liés à l’argent, qui certes ne remettront jamais en cause ni l’euro ni l’Europe ni le libre-échange, mais qui sont des gens diplômés, pas toujours bêtes, ils sentent ce grand vide. Ils savent qu’ils donnent la parole à des hommes politiques méprisables, inexistants, tellement creux. Eh bien, ce qui se dit, ce qui se passe place de la République, et sur les places de province, parce qu’il faut regarder l’ouest de la France, Rennes, Nantes, Toulouse, la jeunesse des villes universitaires, ce qui se dit sur ces places, pour aussi farfelus que ce soit, ça vaut toujours mieux que ce grand vide. Et il ne s’agit pas seulement de remplir des pages, de vendre du papier…

 

Fakir : Ça remplit l’âme ? C’est l’indice d’une crise métaphysique ?

 

E.T. : Presque ! Et puis, pour aussi petit que ce soit, c’est peut-être un signe avant-coureur. Regardez Occupy Wall Street. Quelques mois après, je regardais les sondages qui paraissaient aux Etats-Unis, les jeunes devenaient favorables à l’Etat, à du protectionnisme. Et aujourd’hui, certes Bernie Sanders a perdu contre Hillary Clinton, mais il s’est revendiqué du « socialisme » aux Etats-Unis, et ses thèmes font maintenant partie de la campagne.

 

Bien évidemment, le même, nous ramène à la conduite de Grenoble d’Alain Finkielkraut en citant mon pote Onfray qui voit toujours midi à sa porte.

 

 

« Je crois que je me souviendrai toute ma vie de ce crachat qui maculait le visage d'Alain Finkielkraut quand il a quitté la place dite de la République, contraint par les insultes qui fusaient non pas d'un individu isolé, mais d'une meute en furie que rien ne retenait plus. "Salaud", "facho", "dehors", "dégage ", le tout hurlé, vociféré, crié, beuglé dans le ton qui fut assez probablement celui des premiers révolutionnaires qui coupaient au couteau les têtes de ceux qui ne leur revenaient pas afin d'accélérer la venue de la fraternité. Quelque temps plus tard, le couteau de ceux-là était remplacé par le rasoir de la guillotine - c'était le temps venu de Robespierre. Il existe aujourd'hui des prétendants robespierristes à la relève.

 

On peut aborder la question avec la moraline, comme il est de coutume aujourd'hui : "C'est bien" - témoins, les jeunes communistes qui revendiquent de l'avoir "tej" [jeté]. "C'est pas bien" - tous les autres, FN en tête, bien sûr. Autre version du "C'est bien" : le journal de France Inter le dimanche à 14 heures, qui relate l'information en disant que le philosophe s'est fait "plus ou moins" chasser de la place de la République. J'aurais aimé savoir où était le plus et où était le moins dans cette affaire...

 

Ou bien, comme dans le journal de LCI le même jour, choisir les images dans ce qui a été filmé avec des téléphones portables et qui a circulé intégralement sur le net, puis monter à charge en ne montrant que peu d'images d'insultes des vociférants et autant d'images d'un Finkielkraut excédé par ce long épisode de haine contre lui qui finit par répondre par une insulte. Un point partout, semble dire le reportage... Sauf que, dans la foulée, on envoie un long sujet avec Marion Maréchal-Le Pen qui déplore les événements et prend le parti d'Alain Finkielkraut. Autrement dit, bien souligné au feutre rouge média : Marion Maréchal-Le Pen défend Alain Finkielkraut, c'est donc bien la preuve qu'il est l'un des siens. Donc un fasciste - comme Drieu, Rebatet, Brasillach...

 

Ordre moral

 

On peut aussi faire son travail de philosophe et refuser la logique de l'ordre moral qui est celle de la majorité des médias, lesquels criminalisent toute pensée n'allant pas dans leur sens, et préférer la généalogie nietzschéenne en demandant, comme avec les Le Pen à 30 % ou le terrorisme dans nos rues, d'où viennent ces catastrophes.

 

Les médias dominants nous invitent à vanter les mérites de l'Europe libérale, de l'école d'aujourd'hui, qui, avec ses machines à lire, s'avère plus performante que celle d'hier, de la réforme de l'orthographe qui brûle les dictionnaires et prend ses avis dans les commentaires de tweets, de la mise à mort du grec et du latin, du gouvernement socialiste qui a réenchanté la France, des flux migratoires qui garantissent un sang neuf dans une Europe décadente (pour le coup, on a le droit de parler de décadence sans être un fasciste...), de la location de l'utérus de femmes pauvres aux riches qui peuvent se la payer pour s'offrir une progéniture de leur sang (là aussi, on a le droit de revendiquer le droit du sang sans passer pour un nazi...), à justifier qu'on tue des civils dans l'État islamique sous prétexte que ça assécherait le marais terroriste européen. Etc. À défaut de souscrire à ce catéchisme du nouvel ordre moral, on est un fasciste...

 

D'où vient cette haine dont Alain Finkielkraut a fait l'objet place de la République ? D'une malveillance beaucoup plus ancienne qui, depuis des années, coule à flots continus dans certains journaux, certaines radios, certaines émissions de télévision, certains sites Internet où la chasse à ceux qui pensent librement est ouverte jour et nuit. D'une pétition de certains Immortels qui refusaient l'entrée du philosophe à l'Académie française, aussi. La meute se permet tout, y compris, à la une de journaux, ce que les noctambules de la République se sont contentés de répéter - vieux tropisme moutonnier. On ne peut appeler à faire couler symboliquement le sang et regretter un jour qu'il coule réellement. Les mots tuent en invitant à tuer ; d'aucuns qui ont pignon d'écriture sur rue semblent l'avoir oublié.

 

Le crachat sur le visage d'Alain Finkielkraut était visible, luisant dans la nuit comme une bave mortelle, lui balafrant le haut de la joue comme un coup de couteau qui aurait raté sa carotide. Ce geste a été longuement préparé avec des mots, longuement mûri avec des phrases, longuement organisé avec des vidéos taillées, montées et diffusées en boucle, longuement mitonné avec des phrases sorties de leur contexte. Les anonymes de la République ont craché tout haut sur le visage du philosophe ce que nombre de médias crachent tout bas depuis des années.

 

Faire son travail de philosophe

 

Les comiques ne sont pas en reste qui, incapables d'humour sur eux-mêmes, grassement payés pour être haineux, ont réussi à faire croire que la haine, quand elle est enveloppée d'un rire, le mépris, quand il est accompagné d'un sourire, la méchanceté, quand elle est emballée dans un gloussement, remplacent avantageusement une pensée qu'ils sont incapables d'avoir en dehors du catéchisme du moment. Ces faux clowns sont de vrais miliciens. Le droit à cracher sur une personne a donc aussi pour généalogie ces émissions dites comiques où seuls les animateurs rient, et toujours au détriment des mêmes. Dans un camp de concentration, le droit à l'humour se trouve toujours du même côté.

 

La vision du monde d'Alain Finkielkraut n'est pas la mienne ; ses propositions et ses solutions ne sont pas non plus les miennes. Et alors ? Il travaille, il écrit ses livres. Lui, il montre une fréquentation assidue des pensées d'autrui, sans les travestir pour mieux les salir, il sait ce qu'est le débat sans mépris. Est-ce là le portrait d'un fasciste ? D'un compagnon de route du Front national ? Soyons sérieux...

 

Place de la République, le philosophe n'est pas venu se faire voir, comme d'aucuns, mais voir. Il aurait pu, comme beaucoup, se contenter de l'idéologie, de la morale moralisatrice, de la moraline, du like ou du nique, de ce qu'un journal qui aurait été de son bord aurait pu dire sur ce sujet. Il a voulu voir, de ses yeux voir. Autrement dit : faire son travail de philosophe. Ce crachat porté sur sa joue, comme le tatouage porté sur l'avant-bras de ses parents, m'a fait honte, terriblement honte, plus que terriblement honte.

 

La haine qui, en régime de dictature du Veau d'or, fait vendre du papier, crée le buzz, assure la reconduction des animateurs dans les grilles des saisons suivantes, en même temps qu'une augmentation substantielle de leurs cachets déjà obscènes, est aussi ce qui, par-delà les mots, conduit un jour tel ou tel à grimper les marches de l'échafaud. Le vrai, celui-là. Ce crachat pourrait bien être le dernier avertissement avant la catastrophe. »

 

Tenace je relance la discussion en parlant de Frédéric Lordon.

 

« A demain dans la rue, et à la Nuit debout ! » Le 30 mars, veille du premier rassemblement sur la place de la ­République, à Paris, l’appel de Frédéric Lordon est accueilli par un tonnerre d’applaudissements dans l’amphi de l’université Paris-I-Tolbiac. L’universitaire a fait, depuis, de rares apparitions sur la place, toujours très applaudies. ­Notes griffonnées entre les mains, il se montre peu mais parle haut et enchaîne les répliques cinglantes.

 

Le 20 avril, à la Bourse du travail, il encourage les nuitdeboutistes à « faire dérailler le cours normal des choses » et prévient les médias choqués par l’altercation avec Alain Finkielkraut : « Nous n’apportons pas la paix. » Chercheur en philosophie au CNRS, économiste de formation, Frédéric ­Lordon est devenu l’une des figures intellectuelles de ce mouvement, après en avoir été l’un des initiateurs. Car c’est lui, avec François Ruffin, le réalisateur du film Merci patron !, qui a lancé l’idée de transformer le mouvement social contre la « loi travail » en occupation. Déjà connu pour sa critique de l’économie néolibérale, notamment via Le Monde diplomatique où il tient un blog, le chercheur refuse pourtant d’être considéré comme un « leader ». Il n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde. » 

 

Belle soirée, Sophia est ravie. Elle me le dit en se serrant tout contre moi. «Baisez-moi ! »

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:00
Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol

C’est une belle histoire comme je les aime.

 

1 belle histoire de gourmandise.

 

Au risque de me faire gourmander par le haut-clergé, j’affirme comme le fit Lionel Poilâne, que la gourmandise n’est pas un péché mais une vertu car l’aliment nourri le corps et l’esprit.

 

En 2002, celui-ci avait créé l'association « De la question gourmande ». Avec ses amis, il avait pris la décision de s'adresser au pape afin de lui demander de requalifier le péché de gourmandise (en péché de gloutonnerie ou d'intempérance). Selon lui, pécher ne consiste pas à aimer la bonne chère, mais bien à trop manger.

 

Mon histoire est donc celle d’une gourmande fort bien placée pour, chaque jour que Dieu fait, aimer la bonne chère, qui fondait face à une génoise légère que façonnait sa pâtissière aux doigts de fée. Elle n’en pouvait mais, son addiction était totale, aucune barrière ne pouvait l’empêcher, non de pécher, mais de célébrer ce chiffon-cake adoré par nos amis japonais.

 

Elle n’a rien de très originale mon histoire me direz-vous, sauf que le jeune oiseau Yukiko la pâtissière un jour quitta le nid pour voler de ses propres ailes vers des contrées moins huppées. D’une Rive à l’autre, de la gauche vers la droite, du 7e vers le 11e, de Rachida à l’habitat de notre Manuel, ce fut Nanan.

 

Tout cela se passa sous l’œil attendri de notre gourmande qui fondit plus encore, son coeur bondit, battit la chamade, lorsqu’elle découvrit le nom de baptême de ce chiffon cake, sans beurre, spécialité nippone, Carole !

 

Bien plus qu’un simple clin d’œil c’était un vrai hommage, une marque sincère d'amitié, de reconnaissance, à celle qui fut sa patronne.

 

Touchée mais pas coulée mais qui donc est cette Carole ?

 

Mystère !

 

Je vous laisse mariner en vous proposant d’écouter 2 chansons cultes.

 

Lettre A Monsieur Le Chef De Gare De La Tour De Carol de Brigitte Fontaine

Carol de Chuck Berry

Lever le voile, pas encore !

 

Comme vous le savez nous vivons sous l’état d’urgence et le cycliste émérite que je suis n’en croise pas pour autant des hirondelles en pèlerine chevauchant d’antiques bicyclettes, mais plein de jeunes gens munis de mitraillettes.

 

 

 

 

Nanan se situant rue Keller je m’étonnais d’une forte présence militaire dans cette petite rue paisible. Je fis mon enquête auprès des milieux bien informés pour m’entendre dire que le locataire de Matignon, qu’aime tant le petit Macron, y possédait un pied-à-terre.

 

 

Carole me fuyait !

 

En effet, à chaque fois que je passais chez Nanan c’était pour m’entendre dire plus de Carole !

 

Tenace je suis et enfin jeudi j’embarquais Carole sur mon beau vélo.

 

Il me fallait être précautionneux car Carole est fragile. Pensez donc cette génoise légère, parfumée à la vanille, est couronnée d’une aérienne Chantilly.

 

Nous arrivâmes à bon port.

 

J’avais hâte !

 

Je réfrénais mon envie.

 

Je me posais l’habituelle question : que boire avec Carole ?

 

 

Et soudain la lumière vint : j’allais le demander à Carole du restaurant Les Climats.

 

Ainsi dit fut fait samedi, Carole se délecta du Carole de Yukiko tout en me confiant son dilemne, en effet avec ce dessert ses papilles rêvaient d'un poiré d'Eric Bordelet, était-ce bien raisonnable dans ce temple Bourguignon que d'avouer sa flamme pour un poiré roturier. Je la rassurai, ce choix me plaisait puisque je fus pendant 5 ans, non pas une bonne poire, mais le président des AOC pommes et poires sans les scoubidous mais le poiré de Domfront. 

 

Mais, comme je suis un fieffé politique, je ne pouvais quitter les Climats sans jouer la partition chère à mes collègues : l'accord mets-vin !

 

Ainsi comme ainsi Carole choisit aussi la cuvée Agnès un Crémant de Bourgogne qui est un assemblage d'une stricte sélection de Chardonnay provenant de la Côte Chalonnaise et de la Côte de Beaune : 100 % chardonnay.    

 

Voilà, si vous passez rue Keller allez chez Yukiko goûter ses gâteaux... Ils font fondre Carole qui elle vous accueillera à bras ouverts rue de Lille aux Climats.

 

Je la trouve belle cette histoire, pleine d'attention et de chaleur humaine,  " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... " 

 

 

Poiré Grand cru est une cuvée gastronomique de bonne garde, d'assemblage d'une vingtaine de variétés de petites poires au goût sauvage.

Poiré Grand cru est une cuvée gastronomique de bonne garde, d'assemblage d'une vingtaine de variétés de petites poires au goût sauvage.

Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol
Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol
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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 06:00
Éloge du trouble par un meneur de vie en bâton de chaise onolâtre compulsif…

N’en déplaise aux derviches tourneurs des cercles fermés : Oui j’aime le trouble, y compris dans le vin ! Oui mais je l’aime comme je peux aimer aussi les taches de rousseur, les nez en trompette, les rondeurs, les défauts comme ils disent, car sur le lisse tout glisse. Les aspérités, la résistance aux canons de la beauté, cette perfection froide sur papier glacé.

 

Mes goûts, mes choix sont éclectiques et je ne formate pas mes sentiments, mes coups de cœur, mes passions, mes engagements, l’ennui naît toujours de l’uniformité des codes, de l’impératif des académies.

 

La monoculture vinique me gonfle absolument !

 

Le côté collectionneur, encyclopédie vivante sur un seul sujet, l’entre soi réducteur m’ont toujours paru être une source d’appauvrissement.

 

Toujours ouvrir le champ des possibles, être curieux de tout !

 

En peinture je suis addict de Gaston Chaissac, natif d'Avallon, vendéen d’adoption, qui se définissait comme un enlumineur d’ordures et qui étaient présenté sous l’appellation « comme un quasi-éliminé et comme l’illuminé »

 

Il écrivait beaucoup aussi « Dès 1944, Raymond Queneau puis Jean Paulhan, Gaston Gallimard, et plus tard Benjamin Perret et Gerashim Luca le stimulent au point qu’il engage une activité épistolaire qui va outrepasser le temps consacré à la peinture. Les lettres qu’il sait être lues et échangées vont devenir des outils de communication pour décrire son travail artistique et franchir les limites imposées par des cercles de connaissances exigus et son manque d’assurance dans le contact direct. Grâce à ses lettres, sa démarche devient explicite et corrobore avec les recherches de ses contemporains artistes et hommes de lettres. »

 

Les carcans, les espaces exigus, les limites artificielles, pour un artiste comme Gaston Chaissac, c’étaient autant d’entrave à sa créativité inquiète. Certains le citent en corrigeant ses fautes d’orthographe, ça n’enlève aucune force à ses écrits mais gâte un peu leur saveur, leur relief.

 

 

« J’avais pensé aussi à m’établir marchands de baignoires dans une des localités où personne n’en fait usage puisque de toute façon je suis pour échouer dans toutes les entreprises. Je tenterai peut-être la chose si un jour je suis assez en fonds pour avoir quelques baignoires en magasin. Quoique embarrassants ces objets ce serait tout de même mieux d’en avoir quelques-unes en magasin que de les faire choisir sur catalogue. Il faudra que je demande à Cattiaux le sorcier s’il me voit dans le marc de café vendant des baignoires à Chavagnes-en-Paillers. Ça pourrait d’ailleurs ‘être très bon d’être dans ce Chavagnes à cause des pères de ce nom qui y ont leur maison mère et qui sont dans le monde entier et pour peu qu’ils parleraient un peu de moi un peu partout s’ils me connaissaient ça me donnerait des chances de trouver le placement sinon de baignoires du moins de quelques dessin (à R.G., juin 1948)

 

Il n’empêche que je jouis de la même émotion esthétique en parcourant la galerie des Offices à Florence, le Musée d’Orsay ou le MOMA…

 

« Un peintre c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence. » Christian Bobin L’inespérée

 

Idem pour la musique où je pleure en me gavant de Verdi dans les arènes de Caracalla tout en étant électrisé au Badaboum par le suraiguë d’Oiseaux Tempête mélange détonnant de free jazz, d’expérimentation Boulézienne au service d’un rock expérimental.

 

Bref, je fuis les figés, les installés dans des convictions inébranlables, les qui décrètent de ce qui est grand ou qui ne l’est pas, les frustrés des GCC, les qui m’habillent pour l’hiver en cataloguant en amateur de bistrouille.

 

Peu me chaut mais qu’ils sachent que je ne leur lâcherai pas la grappe, je continuerai de railler leur côté monomaniaque à la Bouvard et Pécuchet.

 

« En même temps que l'aloyau, on servit du bourgogne. Il était trouble. Bouvard, attribuant cet accident au rinçage de la bouteille, en fit goûter trois autres sans plus de succès. »

 

C’est ma liberté.

 

Chez moi la maison à les portes et les fenêtres sont grandes ouvertes, nul besoin de faire partie du club pour s’exprimer, critiquer, me rouler dans la farine, dire que je fais l’âne pour avoir du foin, que je nage en eaux troubles sous le pont-aux-ânes de mes détracteurs…

 

Le sieur Voltaire n’y allait pas avec le dos de la cuillère pour traîner plus bas que terre ceux qui l’attaquaient.

 

L’autre jour au fond d’un vallon

Un serpent piqua …

Que croyez-vous qui arriva ?

Ce fut le serpent qui creva.

 

Je vous laisse le soin d’étaler votre culture générale en plaçant le nom de l’intéressé en lieu et place des 3 points de suspension. Ce doit être dans les cordes d’un En Éducation Nationale.

 

Si tel n’était pas le cas je me propose de lui faire un chouïa de soutien scolaire : l’égratigneur de Voltaire publiait dans L’Année littéraire, rebaptisé par le polémiste L’âne littéraire.

 

J’eusse aimé être ainsi traité par l’innommé car je suis onolâtre.

 

L’onolâtrie est le culte de l’âne.

 

J’adore les ânes. Je leur voue un culte sans concession.

 

L’homonymie avec l’œnolâtrie me va comme un gant pour jouer sur les mots : ha, le trouble !

 

Le 4 décembre 1985, Laurent Fabius, le plus jeune Premier Ministre que Tonton ait donné à la France, clame son « trouble » devant l’Assemblée nationale face à la décision du Président de la République de recevoir le général Jaruzelski chef d’Etat polonais, l’homme aux lunettes noires qui a décrété l’état de guerre et qui réprime le combat de Lech Walesa pour la démocratie.

 

 

Y’avait de quoi.

 

Étrange état que ce trouble, il perturbe le calme intérieur, rend perplexe, embarrasse, inquiète, altère le jugement, proche du dérèglement des sentiments qui fait naître une émotion amoureuse, un désir charnel.

 

« Ta mère... comme elle était belle! (...) La nudité de son cou, de ses bras et de ses mains me troublait » François Mauriac, Nœud de vipères.

 

Le trouble fend l’armure, « Heureux sont les fêlés car ils laisseront passer la lumière » c’est signé Michel Audiard.

 

Cinglé, insensé, sonné, timbré, toqué, avoir un grain de folie, être légèrement ou totalement à l’Ouest, aimer les filles du bord de mer avec leur teint si clair : chauffe Arno, citer Louis Scutenaire «J’écris pour des raisons qui poussent les autres à dévaliser un bureau de poste, abattre un gendarme ou son maître, détruire un ordre social. »

 

Mon espace de liberté, maintenant que je suis retiré des voitures, c’est mon oxygène, ma manière à moi de mener une vie de bâton de chaise* , nul est obligé de me lire, je ne fais de tort à personne, je mène les combats que je peux, alors ceux que j’irrite, indispose, n’ont qu’à passer leur chemin ou venir vraiment débattre : comme les mémés j’aime la castagne. Mais en ce domaine c’est courage fuyons, chacun dans son pré et les vaches seront bien gardées.

 

Le vin est pris en otage, instrumentalisé, il n’est plus un objet de plaisir ou de désir mais un simple véhicule de je ne sais quelle ambition, du paraître, d’une forme de compétition dégustative. C’est triste, ennuyeux, chiant, entre mecs bien évidemment, la gente féminine s’occupe de l’intendance. Ils ont le vin triste. Le poids des mots n’efface pas le choc des photos sur les réseaux sociaux…

 

Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin… après tout ce n’est que du vin, un peu de douceur dans ce monde de brutes…

 

*du côté des bâtons de chaise rappelez-vous Plantu à propos de Balladur : sa chaise à porteurs munie de 2 grands bâtons en permanence manipulés, soulevés, posés, tirés pour dégager la porte de la chaise, remis en place... ils avaient une existence très peu reposante, ce qui explique l'expression dans laquelle l'idée d' « activité excessive » a peu à peu fait place à l'idée de « vie désordonnée ».

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 06:00
Gare aux morilles ! « Faut pas confondre copulation et ramassage de champignons… »

Lorsque mercredi après-midi je me suis dit que, après un passage à Terroir d’avenir, puisque c’était la saison des Morilles, je me devais de plancher sur cet étrange champignon, un titre a jailli dans ma cervelle éruptive, en hommage à la chanson du Georges de Sète : gare aux morilles !

 

 

Je l’ai inscrit sur mon petit carnet. Me restait plus qu’à trouver le bon lieu pour déguster des morilles de compétition.

 

Mon GPS, sans hésitation, m’indiquait TABLE.

 

Illico, allo Bruno, t’en as, oui, alors j’y va !

 

Direction la rive droite en sautant la Seine sur le pont d’Austerlitz !

 

Table d’hôte, deux couples m’y rejoignent, l’un en face et l’autre à ma droite, normal nul ne peut être plus à gauche que moi.

 

Bruno décréta : que la fête commence !

 

Je ne fis, connaissant la maison, aucune objection.

 

Au cœur du dîner, lorsque le plat de morilles, ne pas confondre avec celui de lentilles cher à Esaü, fut déposé sous mon nez je fus envié par la tablée. J’adorai ! Je suis ainsi fait, j’adore les privilèges.

 

Les morilles étaient auvergnates, loin des clichés éculés sur cette belle région pleine de Puy, étaient généreuses, girondes, elles exhalaient des fragrances puissantes. Je chavirai. Me laissait aller à des pensées sauvages, tel un Giscard priapique face à Lady Di. Extase ! Épectase ! Je jouissais sans entrave.

 

Je carburais aux Bigotes pour expier mes pensées impies.

 

 

Bref, frais comme un gardon, jeudi matin je me colletais à ma tâche quotidienne : m’épandre, vous écrire. Ce que je fis comme vous le constaterez ci-dessous.

 

Mais je ne sais ce qui me pris j’interrogeai l’ogre GOOGLE : Gare aux morilles !

 

Surprise totale !

 

La vidéo ci-dessous vous étonnera tout comme moi.

 

Bonne dégustation.

 

 

Survivant de l’économie de cueillette le champignon sauvage est un produit de saison. Bien sûr il n’est pas possible de fixer des dates d’apparition immuables et générales pour les diverses espèces de champignons, mais il est possible de donner un calendrier de la cueillette des champignons.

 

Le premier qui pointe son nez vers la mi-avril, parfois avant, c’est la morille.

 

La morille champignon de printemps, juste avant les Mousserons de la Saint-Georges, est une star, drôle de star que ce mystérieux champignon tapi dans des lieux improbables, inattendus, peut atteindre le prix du caviar ou flirter avec celui des GCC.

 

Alors, tel notre Hubert de Laforest, chaussons nos bottes blanches, pour nous promener dans les bois Pendant que le loup n'y est pas, Si le loup y était, Il nous mangerait…

 

Mais attention mes petits loups, les petites louves aussi, la morille contient des substances toxiques qui sont thermolabiles, c’est-à-dire qui disparaissent à la cuisson. Faites-donc bien cuire vos morilles pendant au moins 15 minutes avant de les consommer !

 

 

Rassurerez-vous je ne suis pas mycologue et je ne vais pas vous la jouer connaisseur donneur de conseil. Comme mes potes de la LPV, J π en tête, je ne suis qu’un amateur qui n’a jamais mis les pieds dans les lieux secrets où, lorsque les premiers bourgeons pointent leur nez sur les frênes ou noisetiers, que la fleuraison des prunelliers sauvages s’épanouit, nos belles morilles pointent, elles, leur étrange chapeau pointu. Le point culminant de la poussée des morilles étant la floraison de la jacinthe des bois.

 

En effet, « comme presque tout champignon, la morille présente un pied et un chapeau, tous deux creux. Le pied est généralement blanc ou beige, lisse mais pas forcément cylindrique. Les gros spécimens on en effet besoin d’un enracinement important pour soutenir le poids de leur chapeau, d’où un pied large à la base et qui s’affine vers le chapeau. Ce dernier est arrondi ou pointu et présente des alvéoles/circonvolutions creuses mais peu profondes renfermant les spores. Elle présente donc une morphologie typique et vraiment particulière. La taille moyenne de la morille est de 10 cm mais des « spécimens » bien plus impressionnants et inratables sont ramassés chaque année. »

 

Comme je n’y connais queue de chique c’est bien sur une citation. Dans la même veine je ne vous infligerai pas la liste les noms latins des différentes « sortes » de morilles. Pour votre culture mycologique c’est ICI

 

 

Mais je ne résiste pas au plaisir d’évoquer la morille élevée, la blonde et la ronde, et bien sûr la délicieuse… selon un spécialiste de la cueillette « les premières à sortir sont généralement des petites grises pointues, suivies par des noires, un peu plus grandes. La saison se termine souvent avec les morilles jaunes ou blondes: rondes, brun clair, grisâtres parfois (selon l’environnement), et généralement plus grosses. Ces dernières sont souvent accompagnées de morillons.

 

Les morillons ressemblent aux morilles noires mais leur chapeau est beaucoup plus petit soutenu par un pied relativement long. Malheureusement, ils ressemblent également aux gyromitres qui sont des champignons toxiques. On les reconnaît à leurs circonvolutions qui ne sont pas creuses, ressemblant à un cerveau. On peut également trouver des verpes qui ressemblent à la Morille. »

 

Bientôt ce sera le 1er mai avec son lot de cueilleurs de muguet sauvage, ayant habité en forêt je les ai vu débarquer, et tout comme à eux je supplie les cueilleurs novices de respecter les terroirs à morilles si, par un hasard heureux, ils en découvrent un.

 

« Lors de vos cueillettes, faites attention à ne pas trop piétiner les « spots » de récoltes car en écrasant les jeunes individus vous pouvez entraîner la régression du nombre de morilles d’année en année.

 

Si vous tombez sur un beau gisement, pensez à en laisser quelques-unes matures et bien cachées pour assurer la pérennité de l’espèce et vos prochaines récoltes !

 

Il sera aussi judicieux de couper en morceaux les chapeaux de quelques individus matures et de les enterrer en de multiples endroits sur le site de récolte. Cela permettra d’assurer la dissémination des spores, et favoriser ainsi l’apparition de nouvelles morilles l’année suivante. »

 

Merci Bruno Verjus et à son équipe de TABLE pour cette belle soirée improvisée. Je commence à faire partie des meubles.

 

Un salut aussi à mes voisins de table à TABLE, à la revoyure autour d’un verre de vin nu de chez Patrick Bouju

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