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               Vin&Cie, l'espace de liberté

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est
" un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 07:00

La grande lessive dans la Grande Maison et à la PP  n’y surprit personne, surtout pas moi qui la contemplait tout à la fois de très près et avec un très grand recul. Gaudin je le connaissais bien le vieux renard pour l’avoir pratiqué au temps où il était Préfet du Gard, habile et retord, tout à fait le profil pour se glisser dans les plis et les replis de la place Beauvau et prendre la bonne roue au bon moment. Par construction les Préfets ont l’échine souple, pour eux le concept de grands serviteurs de l’Etat est inadapté car, révocable ad nutum, ils servent le pouvoir en place. L’important pour eux est de plaire au Prince, et le dernier en date, plusieurs fois locataire de la maison poulagas, y était plus que sensible puisqu’il ne supportait pas la moindre manifestation au cours de ses soi-disant déplacements sur le terrain. Gaudin, comme les autres sbires, se sont moulés dans le mode de fonctionnement de l’homme qui ne pouvait que doper leur carrière. Nulle idéologie derrière tout ça, simplement le nécessaire opportunisme condition nécessaire pour sortir de l’ombre, ne plus se morfondre en Province, goûter les joies de la proximité du pouvoir. Ce brave pépé Gaudin, le foutre dehors de son joujou de la PP à un an de la retraite, tout le monde se gondole, ça ne fait pleurer personne. Quant à son successeur, lui aussi, je l’ai côtoyé de très près mais dans des lieux et des circonstances que je me garderai bien d’évoquer ici.


Reprendre le fil de mon histoire italienne me pesait, je ne savais plus par quel bout la prendre, sauf peut-être à évoquer mon mariage avec Chloé à mon retour à Rome, un mariage religieux de surcroît, avec Francesca et Lucia comme témoins. Chloé le voulait, sans plus d’explications. Nous vivions une période si troublée, sans grands repères, que je reste persuadé que cet étrange mariage constituait pour Chloé l’ultime tentative pour se raccrocher à une forme de bouée de sauvetage. Elle ne voulait pas donner le sentiment, à la bande de connards pour qui elle se sacrifiait, broyait sa vie, de les abandonner, de quitter leur foutue galère. Francesca et Lucia le comprirent très vite et, comme ni l’une ni l’autre n’avait caressé l’idée de m’épouser, ce que je comprenais parfaitement, elles jouèrent le jeu avec beaucoup d’élégance. N’allez surtout pas croire que je tirai profit de cette situation pour jouer le sultan dans son harem ; je fus chaste sans en faire le serment à mes compagnes. Je m’employai donc à plein temps à tisser au tour de Chloé une trame de plus en plus serrée pour la convaincre de se tirer au plus vite de ce guêpier. Prêt à tout pour réussir dans mon entreprise je me portai volontaire pour tous les coups de main risqués et je me transformai en braqueur de banques. Ce stratagème me permit de gagner du galon et d’approcher au plus près du cœur des BR. Mon plan était d’une grande simplicité : retourner contre eux, le moment venu, leur méthode favorite : l’enlèvement. Chloé serait la cible. Le coup signé de l’extrême-droite. Ne resterait plus alors qu’à éliminer Chloé, la rayer des cadres par une exécution sommaire accompagnée d’un corps balancée à la mer : la bonne vieille méthode de nos militaires pendant la bataille d’Alger. La plus difficile à convaincre, je le savais, eut été Chloé, c’est pour cette bonne raison que je me gardai bien de la prévenir de mes intentions.


Le destin se chargea de foutre mon beau plan par terre et de la pire des façons. Tout, comme trop souvent, s’était joué dans un enchaînement funeste. Nous devions, Chloé et moi dîner. Je revenais d’une mission. Mon train accumula des retards inexpliqués et inexplicables. J’arrivai à Rome avec deux heures de retard. Chloé pendant ce temps-là recevait un appel d’un de ses contacts pour aller récupérer des camarades isolés dans une ferme manifestement repérée par la police. Si j’avais été présent je me serais opposé à ce truc insensé qui puait le traquenard. Mes deux alliées, Francesca et Lucia, n’avaient pu faire barrage car sachant que Chloé et moi dînions « en amoureux » elles s’étaient éclipsées pour faire du shopping. Le mot que Chloé me laissa sur la table de la cuisine témoignait de son goût immodéré pour le romantisme révolutionnaire et pour sa volonté d’expier les fautes de sa mère grande consommatrice d’hiérarques fascistes. J’en aurais pleuré de rage mais j’étais impuissant. La nasse était idéale : une ferme isolée au bout d’un chemin de terre, des bosquets tout autour pour se planquer. La Fiat de Chloé arriva à la tombée de la nuit, les flics la laissèrent bien sûr passer. Les trois occupants de la ferme se précipitèrent pour s’embarquer. L’un d’eux tenait un pistolet à la main. Y eut-il des sommations ? Officiellement oui, mais j’en doute. La fusillade éclata. Chloé chopa une balle en plein front. À la morgue, toujours aussi belle dans son linceul administratif, ce point étrange, sans dégât apparent, simple impact mortifère, m’emplit d’une rage froide et meurtrière.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 00:09

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Comme un dimanche, le premier d’un mois juin enfin plein de soleil succédant à un mouillé quitté sans regret alors que j’ai toujours préféré les mois de mai. Puisque nous sommes à une semaine d’un nouveau à deux tours choix je vous en propose d’en faire un qui me semble de nature à ne pas provoquer une abstention massive ou un vote blanc.


Mes fesses dansent avec mes verres.

Mes instants durent avec mes joies.

Ô toi, l’amant, es-tu saoul,

Ou es-tu dégagé de l’ivresse ?

Lève-toi, prends-moi,

Renverse-moi, couvre-moi.

Par ma vie, lève-toi pour embrasser

Les sommets de mes joues.

 

Ali Al-Baghdâdî (XVIe siècle)


 

 

So give me one more chance let me try to explain

I've got the words in my heart

But not in my brain

And now I'm all tongue tied

But at least I tried

To build a little bridge to you

In a moment of weakness I give up on the romance

And I fall for a cliché but without thinking I say:  Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ?

But you turn your back

And come back with a slap !


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 00:09

Le retour en force du Dieu Soleil, une belle chaleur, me fait apprécier la fraîcheur d’un dessert bien de chez moi, les caillebottes de ma tante Valentine. Pour vous faire partager mes goûts nature il me suffit d’aller rechercher une petite chronique écrite il y a quelques années.

 

tarrasson.jpg

 

Mes élucubrations de la semaine passée sur la « Teurgoule normande » ou le « Kouign Anam »breton ont agi, tels des révélateurs, sur ma mémoire d'enfant. Même si c'est un peu tôt, mais comme notre climat est un peu déboussolé et qu'il fait plutôt chaud, le souvenir des caillebottes, que la tante Valentine nous concoctait aux beaux jours, me donne envie de vous en transmettre la magie. Comme leur nom l'indique, les caillebottes sont du lait caillé, mais comme souvent dans les recettes qui viennent de la nuit des temps, tout est dans le savoir-faire, le tour de main, il faut savoir prendre le temps. En effet, pour les puristes, 15 heures sont nécessaires pour la préparation. Je vois déjà la tête des ménagères de moins de 35 ans : on veut nous renvoyer à nos fourneaux, c'est la double peine : le boulot et le fricot. Rassurez-vous, chères femmes modernes, le temps ici prend tout son sens : il n'est là que pour laisser à la préparation justement, le temps, d'être, de naître, d'exister dans les conditions idéales. Et puis, de toute façon, vous n'avez qu'à épouser - pour celles qui épousent bien sûr - des mecs qui savent faire aussi la cuisine !


D'abord, il faut commencer par préparer la chardonnette, 12 à 15 g de fleur d'artichaut que l'on laisse macérer 5 heures. Oh lala mais où  vais-je trouver de la fleur d'artichaut me direz-vous ? Faites pousser un artichaut sur votre balcon, c'est très tendance, ou dans votre jardin pour les non urbains. Bon, comme je suis gentil, vous pouvez acheter de la présure chez votre pharmacien, mais bon, ça ne sera pas tout à fait les caillebottes de la tante Valentine.

Bref, vous mettez votre préparation ou la présure dans un litre de lait cru entier, pour que ce soit dans les règles de la tante V : dans un grand tarrasson de terre cuite émaillée. Vous placez le tout dans un lieu où la température est de 18°, chez nous c'était la souillarde. Quand le lait est caillé vous tracez sur la surface du caillé, à l'aide d'un couteau, une sorte de grille qui délimite des blocs carrés ou rectangulaires. C'est alors qu'intervient l'art du tour de main, c'est la cuisson à feu doux, le mieux c'est un bain-marie - la terre cuite du tarrasson est idéale - pour que les blocs de caillé se détachent. Flottent dans le petit lait. Quand l'opération est terminée on place le tarrasson soit dans un lieu très frais ou dans un réfrigérateur. Attention, ne glacez pas les caillebottes ! 

 

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Pour les manger, plusieurs manières : soit tels quels, soit on peut remplacer le petit lait par du lait : la tante Valentine y mettait du lait auquel on avait ôté la peau (ceux qui ne comprennent pas n’ont qu’à faire bouillir du lait cru entier et y verront ce qu’est la peau du lait) c'est plus léger. Reste une dernière option : sucrer ou non vos caillebottes, ça c'est à votre goût.

Comme vous l'avez compris c'est un dessert et, désolé pour mes amis les adorateurs du nectar divin, dans mon souvenir en culotte courte, avec les caillebottes on ne buvait rien, sauf un coup d'eau fraîche qui venait tout droit du puits (à ce propos, je vous signale, que pour rafraîchir les caillebottes on les descendait dans un seau au fond du dit puits).


Le concours est donc ouvert aux spécialistes, forts nombreux sur les blogs de vin, qui s'échinent sur les accords mets-vin : que conseillez-vous sur les caillebottes ? A vos souris maîtresses des chais, tirez-nous de ce mauvais pas. Pour toutes les ménagères de moins et de plus de 35 ans, soyez caillebottes, je vous assure ça fera très tendance auprès de vos copines et de vos copains dans un p’tit dîner entre amis.


Bon appétit !


En bonus une vidéo vendéenne sur le mode opératoire des caillebottes

 


les Caillebottes par Montaigu-Vendee

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Archives du taulier
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 14:00

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Chère Hélène,


Nous nous sommes souvent croisés, votre beau sourire et votre affabilité étaient des rayons de soleil dans ces dégustations parfois un peu tristounettes. Hier dans la soirée j’ai reçu de vous un courrier qui, avec beaucoup de pudeur, me faisait part des difficultés que vous viviez au mas de Libian. Les mots, dans les coups durs de la vie, sont bien impuissants mais sachez, chère Hélène, que les miens sont à votre service pour vous accompagner face à  cet accident technique qui vous frappe affectivement et économiquement.


Si le besoin s’en fait sentir mon petit espace de liberté est à votre disposition, usez –en sans compter et soyez assurée, vous et votre famille de mon amitié et de toute ma solidarité.


Je joins à cette lettre, la vôtre pour que ceux qui travaillent avec vous soient prévenus de ce qui vous arrive et puisse vous apporter un peu de la chaleur humaine dont vous avez tant besoin en ce moment.


L’autre soir, au dîner des Côtes-du-rhône avec Camdeborde et sa brigade reconstituée j’ai bu avec plaisir votre Bout d’Zan et j’étais content que le Mas de Libian fût présentée dans cette manifestation interprofessionnelle.


Si l’occasion se présente je me permettrai de passer chez vous pour vous dire de vive voix mon amitié et ma confiance.


Bien à vous, Hélène, je vous embrasse très fort


Jacques Berthomeau

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 00:09

Imaginez la scène : 14 Vinifilles du Languedoc, et même du Roussillon, qui vous rencardent à la Tour Jean Sans peur pour teuffer jusqu’au bout de la nuit ça vous branche, non ! Sauf que le pauvre Taulier, consultant son calendrier, a l’horreur de constater qu’à la date fixée par les luronnes, le 7 juin, il sera chez le Préfet de Bordeaux. Rassurez-vous, gentes dames et damoiselles, ce n’est point pour parler vin, que je va à Bordeaux – ha, Dario Moreno ! – mais de Perrette et de son pot au lait. Oui, les filles, adieu veau, vaches, cochons, couvée vous n’aurez pas la chance d’accueillir à votre « pinces fesses » le chéri des parisiennes.

 

 invitation vinifilles 7 juin 2012

 

Pour me faire pardonner, chères princesses, dans ma grande bonté, je mandaterai l’une d’elles pour m’y représenter. Seul problème, elles sont si nombreuses, je vais faire des malheureuses mais, quand l’heure est à la fête, je sais choisir. Vous nous promettez Hildegard, Isabelle, Pascale, Emmanuelle, Laetitia, Cathy, Séverine, Fanny, Marie, Lidewij, Fabienne et les 3 Françoise de déboucher « plus de 60 cuvées balayant pas moins de 60 appellations du Languedoc-Roussillon » et de jalonner « le donjon de ripailles conviviales. » Puis-je, en tant que défenseur de la cause féminine depuis un certain mois de mai, regretter vivement que vous prêtiez le flanc au peuple des mâles dominants, en parlant de balayer. Mais, vous serez pardonnées, absoutes même, car vous osez la convialité. « Sans prétention, avec humour, convivialité, sincérité, et originalité. » me dit votre Présidente, Pascale Rivière, qui me confie le plaisir que vous auriez de m’y rencontrer. C’eut été réciproque mais le devoir m’appelle dans une région félonne et je ne puis m’y dérober.

 

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Ne voulant pas sombrer dans un romantisme hors de saison, proclamer du haut de la montagne sainte-Geneviève, tel un Lamartine éploré, « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé… », j’en appelle à mes lecteurs parigots pour qu’ils se lèvent en masse, se ruent, « la Tour prend garde ! », prennent d’assaut vos cuves et vos cuvées, ouvrent leurs armures, « Montjoie Saint Denis ! », boivent et ripaillent en votre gente compagnie avant d’entonner (le verbe est de circonstance) à gorge déployée : « j’aime les filles… ». Et puis, si certaines d’entre vous veulent danser – certes, le meilleur cavalier s’étant fait porté pâle vous le regretterez – il faudra prévoir le Teppaz et les galettes vinyles pour le rock et les slows en alternance….

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 18:48

Dans le petit monde des journalistes du vin les vieux ou les toujours vieux se lamentent, les vieilles aussi, et les jeunes et les pas trop vieux, eux, crèvent la faim. C’est lapidaire mais, hormis ceux du duopole cher au forgeron de Dana, et encore ils ne roulent pas tous sur l’or, ça reflète bien la réalité. Comme vous le savez c’est aujourd’hui, pour mon « espace de liberté » un jour anniversaire j’ai donc décrété que ce serait un jour de bonté ce qui m’évitera d’aiguiser ma plume d’une manière acérée pour tailler  des costards aux petits cumulards.

 

Sans vergogne, n’étant ni de près, ni de loin, membre de la profession j’endosse pour cet afterwork les oripeaux du riche laboureur (1) sentant la mort prochaine qui assemble autour de lui ses enfants. Tout à la fin du marathon électoral le sortant a osé le « vrai travail » avant de battre en retraite la queue basse face à la stupidité de son qualificatif. La plupart d’entre nous travaillons pour vivre, pour faire vivre notre famille, sous l’emprise de la nécessité, avec des différences très importantes de degrés dans la gratification, la reconnaissance sociale, la satisfaction personnelle. À côté, certains pensent au-dessus, une poignée dont le privilège est de ne vivre que pour travailler, à la manière d’un Bernard Magrez, ceux qui ne veulent pas décrocher, s’accrochent, ne veulent rien transmettre si ce n’est un héritage. Enfin, et ils sont nombreux, reste ceux qui sont privés de travail, qui n’ont pas accès à un travail faute de trouver ou de retrouver un emploi. Dans ce bloc, ce sont les jeunes au sens large qui me préoccupent. Trop souvent ils galèrent, enfilent les petits boulots, les précaires dit-on.

 

Que faire alors pour inverser la tendance ?

 315519 10150416215934030 805609029 8589498 155730725 n

Faire tout simplement, même petitement, faire la courte-échelle, transmettre, ne pas se recroqueviller sur son pré-carré, partager son carnet d’adresses, bousculer, plaider la cause… Bref, sans m’envelopper dans le manteau d’autosatisfaction, dès que je le peux : je fais. C’est la moindre des choses et ce n’est pas de la charité.

Antonin Iommi-Amunategui, le Vindicateur, on aime ou on n’aime pas, mais la question n’est pas là pour moi, qui ni ne partage pas forcément tous ses emballements et ses causes, et qui le lui dit ou qui l’écrit. Ce qui compte dans un univers bien convenu, où certains bien installés s’apparentent à des encombrants, c’est de mettre le pied à l’étrier à  de vrais talents. Antonin en a, et plus que ça il possède une curiosité intellectuelle, une envie, qui fait souffler un vent d’air frais sur notre petit monde du vin bien plon plon. Pour moi, riche laboureur en voie de garage, il fait partie d’une génération qui travaille bien pour l’extension du domaine du vin. Il irrite certains, moi y compris, tant mieux ! Je préfère de loin, et j’en ai été, ceux qui ont des idées dérangeantes, à ceux qui, comme le petit marquis en richelieu bien lustrées, brassent des idées reçues et convenues. L’eau tiède convient aux fades et aux fats.

 

Je vous invite donc à suivre, à vous abonner aux chroniques d’Antonin No wine is innocent sur Rue 89 link Même lorsqu’il interviewe Olivier Tescher, et que celui enfile des vannes comme de mauvaises saucisses de Francfort, certes ça m’énerve, mais ça change des petits fruits rouges, des accords avec les tapas, des bouches tendues, des goûts de serpillière, et des incontournables terroirs du Kimméridgien qui sont, comme chacun le sait, le deuxième étage stratigraphique du Jurassique supérieur.

Francais2

Le Laboureur et ses Enfants

 

Travaillez, prenez de la peine :

C'est le fonds qui manque le moins.

Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

"Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage

Que nous ont laissé nos parents :

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage

Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'oût :

Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse."

Le père mort, les fils vous retournent le champ,

Deçà, delà, partout....

si bien qu'au bout de l'an

Il en rapporta davantage.

D'argent, point de caché. Mais le père fut sage

De leur montrer avant sa mort

Que le travail est un trésor.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 16:00

Dans le petit monde des journalistes du vin les vieux, les toujours vieux, les presque vieux se lamentent, les vieilles aussi, et les jeunes et les pas trop vieux, eux, crèvent la faim. C’est lapidaire mais, hormis ceux du duopole cher au forgeron de Dana, et encore ils ne roulent pas tous sur l’or, ça reflète bien la réalité. Comme vous le savez c’est aujourd’hui, pour mon « espace de liberté », un jour anniversaire j’ai donc décrété que ce serait un jour de bonté ce qui m’évitera d’aiguiser ma plume d’une manière acérée pour tailler  des costards aux petits cumulards.

 

Sans vergogne, n’étant ni de près, ni de loin, membre de la profession j’endosse pour cet afterwork les oripeaux du riche laboureur (1) sentant la mort prochaine qui assemble autour de lui ses enfants. Tout à la fin du marathon électoral, le sortant, a osé le « vrai travail » avant de battre en retraite la queue basse face à la stupidité de son qualificatif. La plupart d’entre nous travaillons pour vivre, pour faire vivre notre famille, sous l’emprise de la nécessité, avec des différences très importantes de degrés dans la gratification, la reconnaissance sociale, la satisfaction personnelle. À côté, certains pensent au-dessus, une poignée dont le privilège est de ne vivre que pour travailler, à la manière d’un Bernard Magrez, ceux qui ne veulent pas décrocher, s’accrochent, ne veulent rien transmettre si ce n’est un héritage matériel. Enfin, et ils sont nombreux, restent ceux qui sont privés de travail, qui n’ont pas accès à un travail faute de trouver ou de retrouver un emploi. Dans ce bloc, ce sont les jeunes au sens large qui me préoccupent. Trop souvent ils galèrent, enfilent les petits boulots, les précaires dit-on.

 

Que faire alors pour inverser la tendance ?

 

Faire tout simplement, même petitement, faire la courte-échelle, transmettre, ne pas se recroqueviller sur son pré-carré, partager son carnet d’adresses, bousculer, plaider la cause… Bref, sans m’envelopper dans un manteau d’autosatisfaction, dès que je le peux : je fais. C’est la moindre des choses et ce n’est pas de la charité mais un coup de main, du temps bien placé.

 

315519_10150416215934030_805609029_8589498_155730725_n.jpg                         photo de LOLITA Sene

 

Antonin Iommi-Amunategui, le Vindicateur, on aime ou on n’aime pas, mais la question n’est pas là pour moi, qui ni ne partage pas forcément tous ses emballements et ses causes, et qui le lui dit ou qui l’écrit. Ce qui compte dans un univers bien convenu, où certains bien installés s’apparentent à des encombrants, c’est de mettre le pied à l’étrier à  de vrais talents. Antonin en a, et plus que ça il possède une curiosité intellectuelle, une envie, qui fait souffler un vent d’air frais sur notre petit monde du vin bien plon plon. Pour moi, riche laboureur en voie de garage, il fait partie d’une génération qui travaille bien pour l’extension du domaine du vin. Il irrite certains, moi y compris, tant mieux ! Je préfère de loin, et j’en ai été, ceux qui ont des idées dérangeantes, à ceux qui, comme le petit marquis en richelieu bien lustrées, brassent des idées reçues et convenues. L’eau tiède convient aux fades et aux fats.

 

Je vous invite donc à suivre, à vous abonner aux chroniques d’Antonin No wine is innocent sur Rue 89 link Même lorsqu’il interviewe Olivier Techer, et que celui-ci enfile des vannes comme de mauvaises saucisses de Francfort, certes ça m’énerve, mais ça me change des petits fruits rouges, des accords avec les tapas, des bouches tendues, des goûts de serpillière, et des incontournables terroirs du Kimméridgien qui sont, comme chacun le sait, le deuxième étage stratigraphique du Jurassique supérieur.

 

Francais2.jpg  

Le Laboureur et ses Enfants

 

Travaillez, prenez de la peine :

C'est le fonds qui manque le moins.

Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

"Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage

Que nous ont laissé nos parents :

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage

Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'oût :

Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse."

Le père mort, les fils vous retournent le champ,

Deçà, delà, partout....

si bien qu'au bout de l'an

Il en rapporta davantage.

D'argent, point de caché. Mais le père fut sage

De leur montrer avant sa mort

Que le travail est un trésor.

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 00:09

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Sur les écrans des ordinateurs du vaste monde mondialisé, le lundi 30 mai 2005, éclipsant la victoire du NON au référendum sur la constitution européenne et le départ calamiteux de Matignon du phœnix du Poitou link, apparaissait un étrange objet médiatique mal identifié (O2Mi) « Vin&Cie l’espace de liberté » qui allait bouleverser le PAV : le Paysage Audiovisuel du Vin. Et pourtant, les pontes du vin et les gardiens du troupeau des beaux vins ironisèrent, se moquèrent de cette intrusion d’un placardisé dans un domaine réservé à leur dire aux adolescents boutonneux en mal d’écriture.

 

Faisant fi de ces railleries, du fin fond de son sombre bureau sur cour de la rue de Rivoli, le futur Taulier, à contre-courant de tout ce que les conseilleurs lui avait dit, prédit, perdurait. Postait dans le désert, sollicitait son dernier carré d’amis – Face de Bouc n’existant point encore pour cet office – ferraillait, tapait dans la fourmilière d’où ne sortaient que des cancrelats ou des bousiers, accumulait tel une fourmi besogneuse des biscuits pour des jours meilleurs. Par bonheur Google aimait beaucoup le petit rapporteur et www.berthomeau.com, comme un vulgaire camembert de Normandie pasteurisé chez Leclerc, était fort bien référencé. Alors, sa petite entreprise artisanale constituait sa petite pelote de lecteurs, d’abonnés, de fidèles aussi que je remercie. Pour ne rien vous cacher, vint aussi le temps de la lassitude, l’envie de m’arrêter, de tout envoyer balader, d’aller au ciné, de courir la peurtantaine plutôt que de livrer des batailles perdues d’avance. Et puis, la drogue de l’écriture, votre fidélité et surtout l’arrivée d’une nouvelle génération de blogueurs m’a incité à continuer. J'aime la concurence !

 

Au premier temps je faisais bref mais je publiais déjà chaque jour et je postais manuellement mes chroniques où que je fusse (Moscou, Séville, Florence…); aujourd’hui je fais long, trop sans doute, et il m’arrive de publier deux fois le même jour avec les afterwork du Taulier, et c’est le robot, programmé de mon hébergeur, avec parfois des ratés, qui met mes chroniques en ligne (00 :09 et 16 :00, le lecteur aime les rendez-vous bien établis). Certains s’étonnent de ma prolificité mais je suis ainsi fait lorsque la glane me plaît, que le bon angle est trouvé, que l’envie surgit : j’écris ! Pour autant je ne passe pas ma vie devant mon écran. J’écris en séquence. Je stocke. Et puis, même si ça peut étonner certains, le vin n’occupe pas une place essentielle dans ma vie.

 

Bref, pour ceux qui aime les chiffres : 1021 abonnés (désolé pour ceux que mon hébergeur désabonne de façon aléatoire lorsqu’un nouvel abonné s’inscrit, c’est récurrent et je n’en peux mais) 

 

2880 chroniques au compteur

 

Je vogue vers le million de lecteurs (970 804 visiteurs uniques à ce jour)

 

2 356 875 pages lues

 

Ce n’a fait pas grand monde, j’en conviens, mais l’audience est régulière et progresse à son petit bonhomme de chemin. Mais surtout ce qui m’importe c’est que mon espace de liberté m’a permis de créer des liens, des vrais, avec vous. Grâce à vous j’ai ouvert ma focale. J’ai jeté définitivement aux orties mes habits de technocrate gris et froid pour revêtir ceux plus colorés du Taulier. J’appelle un con, un con ! Je ne monte plus sur mes grands chevaux au moindre commentaire vindicatif. Je fous à la poubelle, rarement, les aigreurs d’estomac des anonymes planqués sous des pseudos à la noix : Bof devenu Bionnet s’accroche mais charbonnier reste maître en sa demeure et je tire toujours la chasse d’eau pour évacuer les étrons.

 

Mon espace de liberté est ouvert et accueillant : Eva y chronique chaque début de mois régulièrement. D’autres, Fleur, Isa, Sophie, Samia, y on fait un passage remarqué, et y reviendront peut-être, tout ça pour vous dire que si votre plume vous démange vous êtes cordialement invité à venir vous exprimer sur mon espace de liberté.

 

Les commentaires ne sont pas filtrés : sur 8139 postés en 7 ans seuls 182 ont rejoint la poubelle, dont 99 étaient des pubs coucou. L’éventail des sujets traités est bien plus vaste qu’à l’origine afin de vous apporter de la diversité et des approches plus variées. Je cherche. J’expérimente. Je doute. Mais je ne suis pas un obsédé du flux, du trafic, du buzz, des classements et je fuis comme la peste les marchands et les marchandes de prémâchés, les rendez-vous de pique-assiette, les trucs et les machins formatés par des sous-doués.

 

Je revendique mon statut de non-dégustateur, de simple promeneur dans l’univers du vin, ce qui n’a pas pour corollaire de ma part de me comporter, vis-à-vis de ceux dont c’est la profession, comme un chevalier sans peur et sans reproche. Même si je ne manie pas la langue de bois, j’ai des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, ce qui ne me transforme pas pour autant en langue de pute ou de vipère. Quand je n’aime pas, je n’écris pas !

 

Reste un point de détail à régler : dois-je entamer un nouveau septennat ?

 

À l’heure où j’écris cette chronique je n’en sais fichtre rien. D’ailleurs qu’importe, l’aventure a commencé dans un bureau minable et Dieu seul sait comment elle se terminera ! Peut-être céderais-je mon fonds de commerce florissant à une multinationale prédatrice pour une valise en liquide ? Bien sûr, auparavant, comme Face de Bouc, j’aurai fait une entrée tonitruante en Bourse pour rafler une première mise auprès des gogos. Tout ça pour vous dire Que sera sera / Demain n'est jamais bien loin /laissons l'avenir venir /Que sera sera / Qui vivra verra (en français).

 

Pour terminer cette chronique sans sombrer ni dans l’autocélébration ni dans la nostalgie j’ai pensé à vous offrir une chronique mise en ligne le 29 janvier 2008 : Trois questions à Jean-Paul Kauffmann... qui a marqué la courte histoire  de mon « espace de liberté », lui a conféré une autre dimension, m’a donné le moral à une époque où je n’aimais guère la vie que je vivais. Jean-Paul, fidèle lecteur, m’a offert-là un cadeau que je souhaite vous faire partager en cette fin de septennat.   7741379813_jean-paul-kauffmann.jpg

 

« Ce matin je suis très heureux d'accueillir Jean-Paul Kauffmann dans ma petite maison d'intérieur, cet espace de liberté que j'essaie, jour après jour, de bâtir et de préserver. Du fond du cœur, je le remercie, il me fait grand plaisir. Avant de lui céder la parole je laisse à Bernard Pivot le soin de nous faire pénétrer dans l'univers de mon hôte.  

 

« C'est grâce à sa maison des Landes que Jean-Paul Kauffmann a repris goût à l'écriture. Il a d'abord raconté sa captivité et sa libération à l'aide d'une métaphore à la fois légère et classée: le vin (Le bordeaux retrouvé, hors commerce, 1989). «Je voulais écrire pour combler un vide, tenter de me refaire une mémoire, de me reconstituer un passé.» L'éloge de la maison où il s'est reconstruit est sa seconde tentative, très réussie, d'évoquer sans pathos, avec au contraire une allègre simplicité ­ et même, parfois, mais oui, bonne humeur­, la détresse psychologique où l'avaient plongé les geôles du Hezbollah.

Cependant, il n'a pas renoué avec le plaisir boulimique de lire. Plus que la littérature, la lecture l'avait pourtant sauvé pendant sa claustration à Beyrouth. Maintenant, hormis la poésie, les livres ne le retiennent pas longtemps. Ou mal. Il ressent cela comme une infirmité. Dans son airial, sur la pelouse, devant les arbres qu'il a sauvés ou plantés, il éprouve le même plaisir qu'autrefois devant ses rayonnages de livres.

C'est la nouvelle Bibliothèque verte de Jean-Paul Kauffmann. »

 

Bernard Pivot

 

Question 1 : Dans votre dernier livre « La maison du retour » à l’une de vos voisines, à qui vous faites visiter le chantier de la maison des Tilleuls que vous venez d’acquérir en Haute Lande, vous concédez : « Au fond, je ne suis qu’un amateur. 

-         Quelqu’un qui manque de sérieux ?

-         Sans doute (…)

Jean-Paul Kauffmann, ce manque de sérieux me plaît, l’amateur de vin que vous êtes peut-il nous en dire plus ?

 

Jean-Paul Kauffmann :

 

Il faut en revenir au sens premier de ce mot L’amateur est celui qui aime, tout simplement. Il y a beaucoup de manières d’aimer. De goûter, à mon avis, il n’y en a qu’une. C’est de se conformer à son propre plaisir, à sa propre intuition sans se laisser influencer par autrui, par la doxa comme l’on dit aujourd’hui, c’est-à-dire l’opinion admise, le politiquement correct. « L’amateur se choisit les situations » affirmait Nietzsche. L’amateur est à l’opposé du spécialiste, l’homme qui sait, tranche et se prononce à la place des autres. Nous périssons de cette culture de l’expert qui prétend tout évaluer en oubliant la délectation. L’amateur, à la différence de prescripteurs comme les critiques de vin ou les sommeliers, ne saurait être un homme de pouvoir. Quand je m’occupais de L’Amateur de Bordeaux, l’aspect technique me cassait les pieds, j’ai fini par m’y intéresser à mon corps défendant grâce à des pédagogues remarquables comme Emile Peynaud ou Denis Dubourdieu mais c’est le vin dans le verre et son contexte culturel qui m’ont toujours importé. Que de cuviers ai-je pu visiter de mauvaise grâce mais en faisant bonne figure ! Ils se ressemblent tous : les pompes, l’inox, ça manque totalement de poésie. En plus ces lieux sont humides, dominés par des courants d’air et on s’y gèle en hiver. C’est la part enfantine des propriétaires : ils veulent toujours qu’on admire leur dernier joujou technologique. Personnellement je préfère la vigne, le contact avec le sol mais il est significatif que ce sont les installations qu’on nous fait souvent visiter en priorité.

 Tout cela pour dire que l’amateur ne se prend pas au sérieux. En revanche, il prend au sérieux ses sensations et ses émotions. Je défends passionnément l’idée de gratuité qui n’est rien d’autre que la forme suprême du dilettantisme : une manière de détachement, une absence de professionnalisme – chacun son métier : le viticulteur et l’œnologue sont engagés dans les applications pratiques de la science. Pas trop tout de même car ils ont souvent la main lourde. Mais à l’amateur, il n’est demandé que l’aptitude à sentir, à discerner les beautés et les défauts d’un vin, à formuler un jugement personnel – ce qui n’est pas mince.

 

Question 2 : Amateur de vin de Bordeaux vous faites vôtre ce beau trait de Jean-Bernard Delmas, l’homme de Haut-Brion « Le bordeaux : il a tout et rien de plus. » Jean-Paul Kauffmann pourquoi le bordeaux, bourgeois ou cru classé, vous met-il dans tous vos états ?

 

Jean-Paul Kauffmann :

Je suis un peu comme Stendhal avec l’Italie, pays qu’il aimait par-dessus tout mais qui correspondait plus à son imagination et à un idéal qu’à la réalité. Le bordeaux rêvé, c’est un peu mon problème. À l’origine, ce vin s’est construit sur la notion de finesse et d’équilibre mais ces représentations ne sont plus guère à la mode, dans un monde qui révère l’offre supérieure, la surenchère, la force brutale des sensations. Autrement dit, la vulgarité. Entre le bordeaux le plus modeste et le cru classé il existait un air de famille dû sans doute à la typicité du cabernet-sauvignon et du merlot et à cette notion d’harmonie et de subtilité. Cette identité commune tend à disparaître. On exige à présent des vins sur construits, pansus, «tropicaux », sans aspérité, « sucrés ». L’amertume et l’acidité, indispensables à l’équilibre, sont rejetées, lissées pour une large part par des degrés alcooliques excessifs – le réchauffement climatique n’arrange rien. Si Bordeaux se met à ressembler aux autres vins alors on achètera les autres vins, souvent d’ailleurs meilleur marché. Je garde la nostalgie de ces bordeaux élégants et bien cambrés, équilibrés, parfaitement ajustés, nets, sans plis et sans ces invraisemblables draperies que sont le bois et la surextraction qui alourdissent l’ensemble. Où est passé le « délié » bordelais ? Il faut certes être de son temps mais ce temps-ci a diablement mauvais goût.

 

Question 3 : « Le parfum, ça vous saute au nez tandis que le bouquet, il faut aller le chercher. » cette réflexion que vous avez entendue dans la bouche d’un vigneron, et que vous partagez, laisse à penser que pour vous, Jean-Paul Kauffmann, certains bordeaux, cédants à l’air du temps, ont vendu leur âme au diable ?

 

Jean-Paul Kauffmann :

Il est significatif qu’on parle de moins en moins de bouquet qui induit la délicatesse alors que le parfum convient bien à la lourdeur et à la vulgarité de notre époque. À priori on ne peut rien contre cette standardisation du goût mais face à cette œnologie normative il y aura toujours des gens qui heureusement diront non. C’est une minorité bien sûr mais elle finit toujours par être agissante. Elle ne défend pas le passé comme on se plaît à le dire mais l’avenir. Elle refuse ce modèle qu’on nous propose : tous ces vins riches, confiturés, écœurants et finalement sans relief. « Le monde ne sera sauvé que par quelques-uns » disait Gide. C’est sans doute une conception élitiste de l’existence mais il en a toujours été ainsi dans le domaine de la politique comme dans celui des idées. Pour le vin, s’il s’agit d’une aristocratie, elle est ouverte à tous. Nous sommes certes dans le champ du plaisir mais les valeurs que le vin représente ne sont pas frivoles. Le goût est un excellent reflet de ce que nous sommes. C’est un bon marqueur de civilisation. Au passage on peut noter que le caractère sacré du vin élaboré jadis par les moines a disparu, il s’est laïcisé. Est-ce une bonne ou mauvaise chose ? Le pouvoir de l’argent s’est emparé de nombreux crus prestigieux. Le vin est devenu furieusement séculier aujourd’hui. Ce faisant, il s’est aussi banalisé. Mais la situation n’est nullement désespérée. Il y a une poignée de vrais amateurs qui croient à ceux qui défendent la diversité et la complexité de leur terroir. Mais comment traduire l’intégrité de ce sol ? D’abord en le respectant. C’est là qu’intervient le savoir-faire humain. Le vin n’est pas un produit naturel. N’oublions pas que c’est l’homme qui l’empêche de tourner au vinaigre. Tout est dans l’interprétation du terroir. Le problème est qu’à présent on surjoue. Il y a un côté résolument théâtral dans le monde du vin : trop de machinistes, de décorateurs, de maquilleuses, de bruiteurs, de souffleurs, d’accessoiristes. En somme trop d’emphase. Le goût est devenu pompeux, apprêté, grandiloquent, baroque. Oserais-je dire que j’ai envie de naturel, de fraîcheur, d’authenticité, mot galvaudé mais je n’en vois pas d’autres.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 16:00

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Moi vous savez, en matière de vinification, comme Alice Feiring, j’en suis resté au foulage aux pieds « Une fois le raisin transféré dans la benne de plastique, j’ai enfilé des vêtements jetables, destinés à se voir maculés de jus de la vigne. Je me suis lavé les jambes, ai empoigné l’échelle et, au grand amusement des travailleurs de Pellegrini, me suis jetée dans les grappes. En termes de température, ce n’était guère différent d’un plongeon dans les frigides eaux de la côte du Maine. Le sang reflua de mes orteils. M’efforçant d’éviter l’engelure, j’ai tâté de diverses techniques de foulage, telle les  cent pas, la ronde, le zigzag – tout mouvement capable de briser suffisamment de grains pour qu’assez de jus s’en dégageât qui enclencherait la fermentation de la levure. Les moucherons se mirent à voleter et, vingt minutes plus tard, j’allai me passer au tuyau d’eau, pour découvrir un avantage inattendu : mes pieds et mes jambes avaient été gommés jusqu’à une exquise douceur. Rien d’étonnant à ce que les produits cosmétiques à base de raisin connaissent une telle vogue. »

 

Vive Caudalie et la Vinothérapie, mais moi j’en reviens à la façon de faire le vin de mon pépé Louis qui aurait pu décrocher le label naturel sans problème si la mèche de soufre, l’arme fatale, n’avait pas annihilé son empirisme qui se résumait dans une formule lapidaire « on a toujours fait comme ça ! » qui ne souffrait aucune contestation.

 

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Muni de ce précieux viatique j’ai toujours été étonné par l’irruption de la technique dans les chais. Dans certaines caves c’est Beaubourg sans la couleur ! Tout ça pour dire que lorsqu’hier j’ai reçu d’une mystérieuse Roberta Winer des offres de service mon premier mouvement fut de les propulser vers la poubelle. Et puis, je me suis dit, mon petit Taulier, si toi t’es tout juste bon à actionner une pompe à bras, peut-être que d’autres seraient heureux de recourir au SAV de la Roberta ? J’ai donc décidé  dans ma grande sagesse de vous donner les liens utiles pour joindre cet androïde.

 

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Madame, Monsieur,

Chaque année, au printemps, pour bien preparer les vendages,
nous proposons à nos clients un Service de Maintenance (SAV)Robot.jpg
des Robots Vinificateurs Arkimede et Enobros,
présentes dans les Caves de la France, Espagne et Italie.

Nos systèmes intégrés pour la vinification sont légèrs, flexibles et simples à programmer;
ils son aussi faciles à déplacer d'une cuve à l'autre.


Grâce à leur maniabilité, petits accidents
peuvent survenir en raison d'une utilisation
pas toujours attentive
par le personnel de la cave qui, en pleines vendages, est surchargé de travail.


Il est compréhensible considérant la quantité de travail pendant cette période!

Pour cette raison est une priorité de Winer la pleine satisfaction des clients, et
il vous offre ce service pour n'avoir pas des soucis en pleines vendages.


Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à nous contacter immédiatement et
dès que possible nous vous enverrons des informations détaillées
sur notre Service de Maintenance (SAV)
.


Merci pour l'attention

Roberta
Responsable SAV

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 00:09

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Les scientifiques sont gens prudents, leur éditeur aussi – il s’agit de la Presse des Mines – puisque le sous-titre de leur ouvrage, sobrement – un comble – intitulé : Le vin et l’environnement, n’apparaît pas sur la jaquette Geneviève Teil, Sandrine Barrey, Pierre  Floux et Antoine Hennion dans la foulée d’un programme de recherche financé par le Ministère de l’Écologie : « Les vins sans pesticides ? Une analyse de la prescription à la consommation » se sont attelés à la lourde tâche de mettre en forme des expressions très diverses sur un sujet souvent abordé de façon passionnelle.


Tout scientifiques qu’ils sont nos 4 mousquetaires, à parfaite parité, sous la houlette de Geneviève Teil, n’en expriment pas moins un point de vue qui, s’empressent-ils de souligner, n’est celui de personne en particulier, mais celui de tous. N’empêche que sous la froide rigueur de la recherche, sur un tel sujet, une forme très maîtrisée de leur passion commune s’exprime dans le sous-titre.


Faire compter la différence, belle ambition, vaste programme car c’est vouloir la faire entendre pour la faire reconnaître à la fois par le plus grande nombre et surtout par les décideurs professionnels et politiques. Pour rester dans le registre gaullien ce serait une ardente obligation que de lui voir conférer une certaine valeur, et voire même, et c’est là où les choses se gâtent, lui reconnaître une supériorité sur les pratiques antérieure. Peut mieux faire écrivaient les professeurs sur les carnets scolaires à l’attention des élèves, dotés d’un bon potentiel, mais se laissant manifestement aller à la facilité, au je m’en foutisme, au minimum syndical.


Oui, nos viticulteurs, comme nos vinificateurs, peuvent mieux faire ! Bien sûr, comparaison n’est pas raison, cependant notre viticulture, tout comme l’élaboration des vins qui en sont issus, au cours de ce qu’on a appelé un peu facilement les Trente Glorieuses, s’est laissée aller à la facilité en se goinfrant d’intrants divers et variés. Le vin, produit non essentiel à la nutrition, est l’enfant de la vigne qui est elle-même une des plus grosses consommatrices d’herbicides et de pesticides de notre agriculture. Paradoxalement, le mouvement dit bio, ne l’a touchée que très récemment, avant de s’amplifier et d’apparaître comme « un torrent impétueux » que nul ne pourra arrêter.


Y aurai-t-il donc le long fleuve tranquille d’une viticulture qui continuerait de vivre sa vie comme si de rien n’était, ou presque, mais qui devrait faire face à des courants contraires de force et d’importance inégales ? La réponse est oui. Nous sommes face à des stratégies d’affrontement, de cohabitation impossible, de séparation de corps, de divorce pour faute, de surtout de jamais en parler, d’exclusion, d’excommunication, d’oukase, de mise en avant d’une échelle de Richter du propre et du sale, de noms d’oiseaux : charlatan, imposteur, empoisonneur, du chacun chez soi et les vaches seront bien gardées… Dans notre petit monde de la vigne et du vin, qui n’est d’ailleurs pas si petit que cela puisqu’on y distingue même un  Nouveau et un Ancien Monde, comme en témoigne le livre d’Alice Feiring Le vin nu sur lequel j’ai chroniqué hier, aborder la question du respect de l’environnement par les viticulteurs est un sujet à haut risque et, si je puis l’écrire : il sent le soufre ! C’est la bataille d’Hernani pour le niveau de bruit et, en degré de détestation, surtout chez les zélotes, il rejoint la célèbre affaire qui divisa si profondément notre pays au début du XXe siècle.


J’exagère à peine, et moi qui fréquente, sans discrimination aucune, toutes les parties en présence, je puis témoigner de la virulence et de la quasi-impossibilité de dialogue entre les divers courants. Au mieux, on s’ignore, au pire on s’insulte. Le grand mérite de l’ouvrage piloté par Geneviève Teil c’est de tenter « avant tout de rendre des efforts, couronnés ou non de succès, de tous ceux qui se sont engagés d’une façon ou d’une autre… » dans un meilleur respect de l’environnement. « Contrairement à nombre d’études qui cherchent à comprendre pourquoi le bio ne s’impose pas à eux, la parole est ici donnée en priorité à ceux qui agissent pour donner une place à l’environnement. »


Une telle approche dépassionnée, utile, bien plus que les postures de certains gourous urbains plus préoccupé de leur ego et de leurs idées reçues que du devenir des vignerons, me satisfait. En effet, ce sont les gens qui font, qui agissent, dont il faut tenir compte bien plus que d’une « force supérieure » qui imposerait, contraindrait les femmes et les hommes de la vigne et du vin à agir.


Comme l’écrivent les auteurs dans leur INTRODUCTION « L’engouement actuel pour le bio n’est pas né comme une source qui jaillit de nulle part. La qualité environnementale des vins tourmente bien des producteurs, revendeurs, consommateurs, journalistes, restaurateurs, fonctionnaires, chercheurs. Depuis plus de vingt ans, ils pointent du doigt cette production prestigieuse, emblématique : la vigne est la meilleure amie de l’homme, mais c’est aussi une une très grande consommatrice de produits phytosanitaires. Et c’est une culture pérenne ; aucune rotation des cultures ne permet d’alterner les traitements ou d’utiliser des complémentarités entre plantes. Depuis des dizaines d’années les vignes sont aspergées des mêmes pesticides, fongicides et autres herbicides. »


Et de poser la question « Cette accumulation permet-elle de contenir les maladies ou favorise-t-elle les résistances ? Présente-t-elle un danger pour la santé des viticulteurs ou des consommateurs, pour les sols et les terroirs qui ont fait la réputation des vins français, pour l’environnement, la faune, la flore ? Aucune de ces questions n’a de réponse simple, universelle, qui permettrait de prendre des mesures immédiates, de faire des lois. »


Les auteurs le constatent « Agrobiologie et agriculture raisonnée sont donc en opposition farouche, car chacune représente une menace pour l’autre ; elles se voient en concurrence pour donner un contenu à la notion de protection de l’environnement et conquérir le marché de la qualité environnementale. Au début des années 2000, de nouveaux acteurs s’invitent à la table de la qualité environnementale : les vignerons de terroir. Ils entrent dans le débat « par la bande », parce que les pratiques respectueuses de l’environnement sont pour eux des pratiques respectueuses de leur terroir. Leur problème est agnat tout un problème de qualité gustative. Des vignerons très engagés dans la recherche de l’expression du terroir notent un changement du goût de leurs vins. Ils ne sont pas les seuls. Les jurys de dégustation des AOC qui goûtent les avant de donner leur accord  de commercialisation font de même. Mais au lieu d’associer comme les producteurs ce changement de goût à une meilleure expression du terroir, ils reprochent à  ces vins de ne pas « être conformes aux canons organoleptiques de la typicité de leur appellation ». Il leur arrive ainsi de refuser le label AOC à certins vins, alors qu’ils sont issus d’une zone d’appellation et qu’ils respectent toutes les contraintes du cahier des charges, parce qu’ils manquent de typicité. »


Ceux d’entre vous qui me lisez depuis les origines savent bien que telle est ma porte d’entrée sur les questions environnementales. J’ai été un compagnon de route fidèle, et somme toute courageux, de la démarche de la petite poignée d’hommes et de femmes qui ont initiés le mouvement « vignerons dans nos appellations », que d’amis ai-je ainsi découvert, puis de SEVE qui lui a succédé. Jamais je me suis substitué à leurs réflexions, ni parlé en leur nom car je ne suis pas vigneron. Si je souligne ce point d’histoire c’est que, trop souvent, ceux qui s’autoproclament penseur et porte-parole des diverses mouvances ou courants de l’agrobiologie sont des urbains qui gravitent à divers titres dans le monde du vin. Accompagner un combat, défendre des vignerons maltraités par les grands-prêtres de la typicité : oui ! Penser et agir à leur place : non ! Cette manière de faire conforte les dirigeants des organisations professionnelles dans leur attentisme, leur immobilisme. Je n’ai jamais cru à l’efficacité des avant-gardes révolutionnaires dominées par des intellectuels ou de petits bourgeois et, surtout j’ai toujours constaté, leur peu de goût pour le débat démocratique. Imposer ses idées, ses conceptions, exiger un ralliement pur et simple des autres, sans transition, sans prise en compte des contraintes économiques et commerciales tel est trop souvent la stratégie de ceux qui ne s’insèrent pas dans une démarche collective.


Le grand mérite de l’ouvrage Le vin et l’environnement c’est, tout en gardant sa rigueur scientifique, de bien montrer que l’irruption des vignerons de terroir pousse plus avant la mise en cause de la signification de la différence à faire. »Pour ces adeptes d’un renouveau du terroir, les AOC viticoles ne signifient plus rien. Il faut les reconstruire. Ils ébranlent aujourd’hui les procédures de garanties et de preuve de nos dispositifs de signalisation de la qualité en voulant réinstaurer le terroir. » Certains beaux esprits objecteront que le terroir nul ne sait le cerner et le définir et que vouloir identifier un lien entre une appellation et son terroir est une pure vue de l’esprit. Alors pourquoi le mettre à toutes les sauces comme le font les représentants du syndicat des droits acquis des AOC dont le dernier avatar est le nouveau président du comité vins de l’INAO ? Revenons aux origines des appellations origines, sortons de l’ambiguïté  des appellations attrape-tout qui ne voient leur salut que dans la norme, le soi-disant air de famille.


Une telle approche ne règle pas tout d’un coup de baguette magique mais elle place le sujet de l’environnement au bon niveau, celui qui donne à réfléchir à la réalité des images du vin que nous mettons en avant pour affirmer son authenticité, sa différence et sa réelle maîtrise par la main de l’artisan. Dans la mondialisation, notre approche, celle qui prévalait chez les pères fondateurs des AOC, constitue un avantage comparatif indéniable qui, s’il continue de se diluer, de se normaliser, d’être abimé des pratiques peu soucieuse des éléments constitutifs  de notre fameux terroir, disparaîtra. Encore plus explicitement notre modèle social de vignerons nombreux sur nos territoires viticoles ne peut s’accommoder d’une approche où la rentabilité ne passe que par des pratiques calquées sur un productivisme d’un autre âge. Ni élitisme hautain, ni démagogie des professionnels de la profession, mais reprise en mains par les vigneronnes et les vignerons de leur destin. Belle ambition, vaste programme certes mais, sans cela, nul ne pourra se plaindre des dérives et des pesanteurs bureaucratiques de notre système.


Pour autant, comme les auteurs, je ne sombre pas dans l’angélisme « pour montrer que l’on peut faire différemment, il ne suffit pas de convaincre. Il leur faut montrer que cette différence compte, qu’elle a une importance, des effets, qu’elle garantit des débouchés en pleine crise, qu’elle améliore la qualité des vins, qu’elle diminue les coûts de production, qu’elle protège la santé et l’environnement, qu’elle est recherchée par les importateurs, qu’elle intéresse les consommateurs… Bref, cette différence doit non seulement être une finalité en soi mais aussi une ressource pour produire mieux, quel que soit le sens donné à ce terme. »

  

Le vin et l’environnement 32€ pour 325 pages aux Presses des Mines www.pressesdesmines.com est un ouvrage de référence pour qui prétend aborder sérieusement le sujet. Ayant assisté, à l’Ecole des Mines, à sa présentation par Geneviève Teil, présentation judicieusement accompagnée d’une belle dégustation, je puis affirmer sans risque qu’il serait judicieux que le Comité National des vins de l’INAO consacre du temps à l’audition des auteurs pour mener par la suite une réflexion  de fond sur l’évolution de notre système d’AOC gravement menacé me dit-on par la seule libéralisation programmée des droits de plantation. J’ai comme l’impression qu’en cette matière les enjeux ne se situent pas là où les maîtres du troupeau font accroire qu’ils sont ! Réguler dit-on ! Oui, mais commençons par mettre de l’ordre dans la maison pour que certains volumes produit sous les grandes ombrelles ne perturbent pas l’ensemble en maintenant les prix à un niveau où les efforts demandés aux vignerons ne sont pas finançables…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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