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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /2010 00:06

Comme en France tout le monde, ou presque, rentre en septembre : les gamins, les syndicats, les politiques, les écrivains, les congepés, je me demande ce que nous foutons en juillet-août puisque les ¾ du pays est de sortie. Les 2 rentrées les plus célèbres sont : la sociale qu’on prédit souvent chaude et la littéraire qui elle s’apparente à la Grande Braderie de Lille (même que les auteurs de Guides de vin, qui se prennent pour des auteurs, s’y collent aussi) Comme je n’aime pas faire comme tout le monde moi je sors en septembre, c’est-à-dire que je suis en vacances, ce qui étonne beaucoup de gens qui s’évertuent à me bombarder de sollicitations auxquelles je réponds avec délice : « je suis en vacances en Corse »

Bref, tout ça pour vous dire que dans les rentrées de septembre y’a, comme disent les « espécialistes » les FAV, les foires aux vins ! Bon que voulez-vous moi FAV de mon temps c’était la Fédération des Associations Viticoles qui rassemblait les producteurs de vins de table. La piétaille quoi ! Alors que la Foire aux Vins c’est le machin avec plein de GCC en caisses bois SVP pour décideurs pressés qui veulent faire de bonnes affaires et bourrer jusqu’à la gueule leur 4x4 japonais. Qui a inventé les FAV ? Carrefour ou le père Leclerc ? Le concours est ouvert ! Peut-être que le jeune retraité de Pessac pourrait nous éclairer ? Pour clore le chapitre « je vanne tout le monde » moi quand j’entends foire je pense sitôt à la trilogie : foire aux bestiaux de la Mothe-Achard, foire exposition de la Mothe-Achard et bien sûr « faire la foire » au bal des pompiers de la Mothe-Achard. Pas très chicos tout ça mes cocos !

Toujours pour me distinguer des compulseurs compulsifs de catalogue de Foire aux Vins j’ai proposé à mon Marchand de Vins « conseil » de me faire pour moi tout seul une foire aux vins qui décoiffe les amateurs de brushing et de cheveux teints. En plus, comme je suis un « emmerdeur patenté » je lui ai collé un cahier des charges d’enfer :

1-     d’abord du beau, du bon, du Beaujolais et aussi un peu de Muscadet !

2-    ensuite du bio, du biodynamique comme s’il en pleuvait !

3-     des vins de mes amis aussi !

4-    puis tout plein de Luberon&Ventoux&Châteauneuf&Cie car j’suis snob comme disait Vian Boris !

5-    et vlan des grands Blancs !

6-    enfin, ou presque, le passage obligé des châteaux de Bordeaux

7-     des surprises, car j’aime les surprises !

8-    et pour finir mon cinéma un retour du côté de mon enfance, des vins bouchés : Anjou, Coteaux-du-Layon et St Nicolas de Bourgueil

 

Mais mon marchand de vins à moi n’est pas un garçon qui se démonte, comme l’aurait dit le regretté Raymond Devos, bien au contraire c’est un jeune homme qui avance à son pas « ne juge pas un homme tant que tu n’as pas marché 2 lunes dans ses mocassins »* et qui sait ainsi mettre les choses à leur juste place. Alors mettez vos pas dans ses pas et je vous assure que vous ne serez pas déçu du voyage. En route et bonne route !

* proverbe indien

 

Muscadet&Beaujolais 

 

Domaine Romany 2009 – Beaujolais – 3,50 €

Un Domaine sérieux et régulier du sud Beaujolais, qui retranscrit dès aujourd’hui les qualités de 2009, millésime historique dans la région. Un nez immédiatement séducteur, véritable corbeille de fruits rouges et noirs, lesquels croquent logiquement en bouche. Simple et bon, le vin du pique-nique et des cochonnailles.

Jacques Dupagneux Côte du Py 2009 – Morgon – 6,50 €

Du Beaujolais de garde ! La race du superbe terroir de la Côte du Py transparaît dès le premier nez, porté sur le minéral et un fruit noir très pur. On sent beaucoup de puissance retenue dans ce vin tendu, aux notes de graphite en bouche, qui soutient la force d’un millésime historique dans la région par une ossature en acier trempé. Pointu à tous les sens du terme, ce grand vin en devenir réjouira déjà les amateurs de caillou.

Villa Ponciago Grand Vin 2009 – Saint Amour – 9,90 €

Premier millésime dans le Millésime des 50 dernières années dans cette région et premier coup de maître pour la Maison beaujolaise créée par la famille Henriot, déjà à la tête de Bouchard Père & Fils à Beaune. Si leur projet, des plus ambitieux, s’appuie sur un patrimoine viticole exceptionnel en Fleurie, les achats de raisins effectués par leur œnologue sur les crus voisins sont de niveau comparable, c'est-à-dire au plus haut de leurs appellations respectives.

En témoigne cette quintessence de Saint Amour, produite en petite quantité. Nez de fraises très mûres, d’herbes aromatiques, avec une touche de cuir noble, bouche ronde, généreuse, toute en longueur réglissée. Un vin qui associe la gourmandise du cru, la profondeur des vinifications bourguignonnes, et la maturité du millésime. De quoi faire l’unanimité des dégustateurs !

Château de La Preuille Tête de Cuvée 2007 – Muscadet Sèvre et Maine sur Lie – 6,50 €

A l’image de son propriétaire, le facétieux Christian Dumortier, La Preuille offre un vin tout à la fois plein de noblesse et pétillant d’une humeur joyeusement rafraîchissante. Mais ici, foin du perlant et des arômes « levuriens » du Muscadet « Primeur », si le vigneron sait préserver le peps de ses cuvées, c’est pour mieux souligner la race du terroir de « granit porphyroïde à deux micas de Clisson » (sic). Les amateurs pourront l’encaver sans crainte de nombreuses années pour l’accorder aux poissons nobles ou crustacés, mais on peut profiter dès aujourd’hui de son élan sur des coquillages ou des terrines

 

Bio&Biodynamique

 

Hecht & Bannier « Bio » 2008 – Languedoc – 5,90 €

Agriculture Biologique

Une bombe ! Bouche puissante mais fraîche, un cocktail explosif de pruneau, garrigue, réglisse, menthol, tabac, graphite, eucalyptus… Au passage on remarquera que le duo H&B réussi un 2008 supérieur à son déjà très bon 2007 !

Domaine Les Hauts de Riquets « R de Fête » 2009 – Côtes de Duras – 6,50 €

Conversion Biodynamie

On se rapproche du concept de « vin nature » avec cette cuvée réalisée en Bio, sur le fruit, en levure indigène, avec apport minimal de souffre. A ne pas mettre sur toutes les langues donc, mais une belle réussite pour un domaine tout récent, qui exprime ici un fruité original, dominé par des notes de fraise, sur une structure croquante, avec des tanins tout à la fois fins et présents, « sableux », et une finale saline alléchante. 

Domaine Roche Audran 2009 – Côtes du Rhône – 6,50 €

Biodynamie

Une découverte épatante et un vigneron attachant, Vincent Rochette, qui magnifie son terroir de Buisson (le versant nord des collines réputées de Rasteau et de Cairanne) avec cette cuvée de pure gourmandise. Le Grenache, épaulé par le Carignan et le Mourvèdre, prend ici des accents d’une rare fraîcheur, avec un bouquet de fruits noirs, de garrigue, et des notes d’encre d’une grande pureté. Riche mais plus digeste que puissant, ce vin est un de nos chouchous de l’année !

Domaine Sérol La Croix Saint Paul 2009 – Côte Roannaise – 7,20 €

Conversion Bio

Il n’y a pas de hasard… Découvert lors d’une dégustation amicale où il m’avait littéralement ébloui en rosé, j’ai recroisé ce domaine dans un bistrot bourguignon où il illuminait la carte d’une lueur improbable. Stéphane Sérol, qui a un réel talent, compose une véritable ode au Gamay, cépage qui retrouve ses lettres de noblesse avec cette production qui ne déparerait pas dans une sélection des meilleurs crus du Beaujolais. Cette cuvée dotée d’une belle trame provient d’un des meilleurs lieux-dits de cette petite appellation, ses vignes âgées de 30 à 50 ans délivrent un fruité enjôleur accompagné d’une franche minéralité.

Château Grand Boise Vieilles Vignes 2009 – Côtes de Provence Sainte Victoire – 7,50 €

Conversion Bio.

Imaginez… Un domaine viticole dont les parcelles se perdent dans les collines, au milieu d’une nature provençale préservée, seulement troublée par les grognements des sangliers et les rares aboiements de l’impressionnant patou veillant sur les moutons. Des vignes perchées entre 300 et 600 mètres d’altitude, l’altitude idéale pour développer de délicats arômes et une vivifiante fraîcheur dans le vin… et pour admirer la somptueuse Sainte-Victoire étalée de tout son long face à la bastide. Un domaine à l’histoire plusieurs fois centenaire mais à la pointe de la technique sous la direction affectueuse du bouillonnant Olivier Dauga, « rock star » des œnologues. Tout cela se sent dans un rosé parfaitement équilibré, dont les reflets bleus évoquent le ciel si pur qui l’a vu naître.

Pierre & Chantal Frick Sylvaner « Bihl » 2007 – Alsace – 8,50 €

Biodynamie

Ce vigneron pionnier, parmi les premiers convertis à la biodynamie, est en perpétuelle expérimentation. Des dizaines de cuvées s’adaptant au caractère spécifique de chaque millésime… Ce sage laisse s’exprimer le terroir, comme dans ce Sylvaner hors normes, pour tout dire déroutant, intensément minéral, presque miellé dans ses flaveurs de fruits secs, pourtant « dry », éthéré et poudré, à la manière… d’un bon saké !

 Les Cornuds 2008 – Vinsobres – 8,90 €

Agriculture Biologique

Les Perrin ont massivement investi sur ce secteur : une colline à plus de 300 mètres d’altitude. Ils y ont créé Les Cornuds, impressionnant vignoble d’un seul tenant, ce qui en fait le deuxième domaine le plus étendu de la famille après leur berceau de Beaucastel. La raison en est simple à écouter Matthieu Perrin : « Ce terroir très frais, entre montagne et oliviers, permet de retrouver dans le vin comme l’association des Syrah de Crozes-Hermitage et des Grenaches de Gigondas ». Une réussite tout récemment classée par l’exigeant magazine anglais Decanter dans les « 50 meilleurs rapports qualité prix de France ». Evidemment.

Le nez quasi bourguignon par sa finesse et ses nuances, évolue sur les 5 épices, avec un côté fumé et une pointe de gentiane. En bouche, fruits frais, poivre, pointe lardée et finale saline procurent comme un frisson, qui appelle un porc au caramel version vietnamienne.

Domaine Fiumicicoli 2009 – Corse Sartène – 9,90 €

Conversion Bio

Un rosé de caractère, bien sûr… Mais non dénué de finesse ! En effet cette cuvée est entièrement vouée à l’expression du Sciaccarello, cépage typique du sud de l’île, dont le nom signifie « craquant sous la dent ». Les terroirs granitiques dans la fraîcheur des vallées de l’arrière-pays donnent une minéralité brillante à ce vin à la fois ample et étiré en bouche aux notes de petits fruits rouges et de pomelo. Ce bel exemple de la catégorie « rosés de gastronomie » ravira également les esthètes de l’apéritif.

Domaine La Fourmente « Garrigues » 2007 – Côtes du Rhône Villages Visan – 10,90 €

Biodynamie

Merci François Dauvergne ! Nous lui devons la découverte de ce Domaine coup de cœur, en pointe sur la culture bio, ses vignes de plus de 50 ans exhalent ici des parfums de cerise noire et de pruneau typiques, saupoudrés d’épices, mais surtout un captivant bouquet de garrigue, où pointe la lavande. Pour se remémorer le champ des cigales en accompagnant les daubes, gibiers et autres canards rôtis !

Jean-Marc Brocard « Organic » 2008 – Chablis – 11,90 € Biodynamie

Julien Brocard ne cesse de progresser sur cette cuvée, d’une intense pureté, qui a surpassé en dégustation la plupart des vins de cette région, atteignant le niveau des trop rares excellents premiers crus de Chablis. Un très grand vin de plaisir, avec de la personnalité, au nez de pierre à fusil et de fruits blancs bien mûrs, à la bouche d’une juteuse fraîcheur, avec une note fumée, une énergie et une prégnance captivantes

Le Coudoulet de Beaucastel 2004 – Côtes du Rhône – 13,50 Biodynamie

Loin de produire un 2nd vin de Beaucastel ou un Châteauneuf bis, les Perrin (encore eux !) ont choisi, en toute simplicité, de produire le plus grand Côtes du Rhône possible sur ce beau terroir de galets roulés bêtement déclassé de l’AOC mythique. Mission largement accomplie, puisque c’est ainsi que Coudoulet est aujourd’hui reconnu. Le millésime 2004 ne fait que renforcer cette impression et surpasse nettement le déjà très bon 2003. Il exprime bien la filiation bourguignonne de Beaucastel. Finesse, fraîcheur, complexité, ce 2004, avec ses arômes de garrigue où pointe l’origan, est aujourd’hui à point  et se boira très bien sur 2 ans. C’est tout simplement un vin difficile à recracher, et ne cessant de dévoiler de nouvelles facettes à l’aération 

Alphonse Mellot La Moussière 2009 – Sancerre – 14,90 €

Conversion Biodynamie

Plus qu’une affaire ou qu’un coup de cœur, une opportunité rare, une forme de privilège : en effet en 2009 la météo n’a pas été tendre avec les vignes de la famille Mellot, avec moins d’un quart d’une récolte normale de blancs. Les raisins restant ont été d’autant plus bichonnés, et leur concentration s’est révélée phénoménale. Une cuvée justement réputée parmi les meilleurs rapports qualité-prix au monde dans la catégorie très disputée du cépage Sauvignon.    

 

Mes Amis

 

Château de Lorgeril « Terroir d’Altitude » 2007 – Cabardès – 6,90 €

Waouh ! « Robe sombre, dense, presque noire. Un premier nez surprenant de gourmandise, évoquant le cola, la réglisse, les épices, la canne à sucre, la citronnelle et l’eucalyptus. Ce registre alliant fraîcheur et sucrosité s’accompagne de notes plus vineuses de jus de viande et de noisette, évoluant vers le cacao. L’attaque en bouche se fait sur un cocktail de fruits rouges frais qui rappelle la grenadine, avec une pointe de pruneau, elle est portée par des tanins très charnus, qui lui donnent une structure plus virile et la portent sur une belle longueur. » Ce terroir acquis par Miren et Nicolas de Lorgeril, à quelques kilomètres de leur fief de Pennautier, se révèle comme le plus captivant de cette appellation originale, partagée entre sud-ouest et Languedoc, cépages atlantiques et méditerranéens. Une brillante réussite à accorder aux plats mijotés.

3- Château de Ciffre « Terroir d’Altitude » 2008 – Faugères – 8,50 €

Tout dans ce vin évoque en effet la sensualité irrésistible des paysages de Faugères, où se situe ce magnifique domaine d’un seul tenant perdu dans l’arrière-pays de Béziers, la rondeur des collines, le vallonnement des vignes, les reflets dorés de la terre de schiste et les parfums enivrants de la garrigue. Un cru généreux et frais à la fois, d’une belle longueur, très représentatif de la nouvelle vague languedocienne.

Henry Marionnet « Première Vendange » 2009 – Touraine Gamay – 8,60 €

Le maître étalon des « vins natures » reste indépassable, a fortiori dans ce millésime de grande intensité pour les rouges de Loire. La gouleyance typique de la cuvée y a encore gagné en volume, et justement on en boirait encore plus

Dauvergne & Ranvier Vin Rare 2007 – Gigondas – 12,90 €

Un sommet absolu dans la gamme impeccable de François Dauvergne et Jean-François Ranvier, jamais avares de leur temps… ni de leur talent ! Un vin qui ne cesse de séduire la critique et qui converti même les plus réfractaires au caractère robuste de l’AOC Gigondas. Peut-être la cuvée la plus réussie du duo R&D, à qui l’on doit déjà tant de belles émotions, c’est dire ! Au nez crémeux de fruits noirs et d’épices douces succède une bouche pleine, aux tanins savoureux, charpentée, complexe, avec une finale d’une infinie longueur. Autant de buvabilité pour une telle puissance, difficile d’y résister… Pourtant quelques années de garde ne lui feraient pas de mal !

Domaine Claude Chevalier 2008 – Ladoix – 15,50 €

Claude Chevalier le meilleur ambassadeur de cette petite appellation au pied de la montagne de Corton, qui fait la jonction entre la Côte de Beaune et la Côte de Nuits. Un nez très intense et séducteur de fruits noirs frais, une bouche sur l’élégance et la pureté, toute en finesse. Sa trame serrée encourage à la garder 2 à 4 ans, mais une fois en carafe elle surprendra vos invités !

Domaine Louis Jadot Le Clos de Malte Monopole 2007 – Santenay – 16,50 €

Dans le registre des perles, cette cuvée s’impose  comme un des secrets les mieux gardés de la Bourgogne : à mi coteau, le Clos de Malte a été mystérieusement oublié dans le classement des 1ers crus. C’est pourtant un lieu magique, habité par un esprit, transmettant au promeneur comme aux vins une « énergie vibratoire » si bien décrite par Jacques Lardière, l’œnologue inspiré de la maison Jadot. Encore plus rare en blanc, le Clos y exprime toute sa minéralité, sous les arômes de noisette, de fleur d’acacia et de grillé qui rappellent Puligny. Il digèrera son bel élevage dans les 3 ans, mais s’exprimerait déjà sur des viandes blanches et des fromages.

Domaine Louis Jadot « Les Lavières » 2003 – Savigny-les-Beaune 1er cru – 19,95 €

Non loin de Pernand, un très joli Premier Cru bien maîtrisé par la maison Jadot. Le nez est tout simplement grand, avec ses notes de fruits à l’eau de vie et de pruneaux. La texture est d’une suprême distinction, et la bouche se pare ainsi de subtiles nuances automnales, sur une longueur caressante. Ayant atteint son apogée, ce cru sera délicieux sur les volailles de fête, et autres viandes blanches agrémentées de champignons.

 

à suivre...TOME 2 de suite après... 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 00:09

C’est un inédit de Rabelais écrit en tchèque du début du XVIe siècle : « Traité du bon usage de vin » lequel est grand ð perpétuel pour ébaudir âme ð corps ð contre diverses maladies de membres extérieurs ð intérieurs composé au profit d’enlumineurs de museaux par maître Alcofribas, l’architiclin du Grand Pantagruel . Ce traité est tiré des livres du médecin et éminent savant Rabelais à Lyon pour que tout être de raison, lisant ou entendant, se réjouisse grandement. Afin que si bel esprit, loin  de tomber dans l’oubli, profite aux hommes et soit l’honneur des Tchèques, cet ouvrage est publié par Martin Carchesius, clerc du chancelier de Prague, en l’An de grâce MDCXXII.   Caillou-8372.JPG

« Sachez cependant qu’il ne faut pas mêler le vin avec des éléments autres que ceux sus-nommés et qu’il y a lieu de craindre le pire à agir autrement. Le premier de ces éléments terribles est l’eau, laquelle, comme il sera démontré, menace souvent la vie. Mais il est des paltoquets qui versent de l’eau sur le marc en disant : vin de marc. Tudieu ! Par cet acte horrifique ils provoquent la grattelle*, la pépie*, les scrofules et la courante. D’autres versent de l’eau dans des tonnelets et cruchons sans mo dire ; que ces oiseaux funestes servent de repas aux corbeaux ! Songez à Godefroy de Bouillon qui ordonna à la veille d’une bataille qu’on envoie aux mahométans une coupe de vin ondoyé : ayant perdu toute vigueur, ces derniers furent massacrés sans résistance aucune.

Le deuxième de ces éléments est la gent féminine en mal de bonnet de nuit qui ne recule devant rien pour conduire les buveurs émérites devant l’autel. Force anecdotes épouvantables circulent sur des harpies de cette espèce qui mirent le grappin sur un homme et la grappe lui interdirent ; c’est pourquoi les très zélés prévôts de la confrérie des buveurs disent les plus avisés : le vin comble la femme quand l’homme en boit, et c’est tant vrai qu’il n’a besoin pour ce faire ni de bonnet de nuit, ni de cornes. »

       * la galle

       * induration de la muqueuse de la langue

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 00:09

Avec septembre reviennent les mois en R et autrefois les huîtres, pour les connaisseurs ne se consommaient que ces mois-là après qu'elles eussent fait leur laitance. Ce matin, loin de ma terre natale, je profite de ce basculement pour venir au secours de mon grand voisin nantais le Muscadet qui va aussi mal que le FC. Nantes, grandeur et décadence d’une belle et grande appellation et d’un grand et beau club. Rien n’est jamais perdu tout est à reconstruire alors toujours prêt à servir. En attendant un beau texte de Maurice Des Ombiaux sur Les Vins blancs publié en 1928.

 

« Les huîtres appellent le vin blanc. S’il y a des grands vins blancs traditionnels pour leur faire cortège, il y a aussi les Vouvray, le Montlouis, le Rochecorbon, dont s’enorgueillit la Touraine à juste titre, et d’autres encore, moins connus, comme le Muscadet qui croît du côté de Nantes et de Saint-Nazaire et dont M. Aristide Briand fait ses délices.

Il est très sec et laisse à l’arrière-goût un léger appel de Muscat. Il n’a pas son pareil pour servir d’accompagnement à une douzaine de Portugaises bien fraîches. On le soutire dans des fillettes. Son fin goût de muscat, se mariant avec celui de la pierre à fusil, charme ceux qui en boivent pour la première fois par l’inattendu de l’aventure et par une si merveilleuse expression de terroir. L’Anjou donne aussi des vins blancs de grande réputation. Mais la palme revient de Pouilly-sur-Loire, de Château-Laroche et de Chavignol, du cépage appelé Sauvignon. Le Sauvignon produit aussi le Château d’Yquem mais tandis que l’Yquem est doux, liquoreux et doré, le Blanc-fumé est sec, extra-sec, comme le silex, avec un léger goût de fumée extrêmement délicat. C’est le vin le plus blanc qui soit, tellement blanc que, dans le verre, il a presque l’aspect d’eau ou vert d’eau, dit-on de lui.

Ce goût de fumée et de silex, soulignant le goût sauvage et le parfum d’océan des Claires ou des Marennes vertes, quel régal pour le gourmand !

Les loges de Pouilly, de Girames, la loge aux moines, le clos de la Comtesse ondoie merveilleusement une sole au gratin ou tout autre poisson.

Il ne faut pas confondre les Pouilly donnés par le Sauvignon et ceux des autres cépages. Il y a entre eux à peu près la même différence qu’il y a en Bourgogne entre les vins fins qui proviennent du pineau et les vins communs issus du gamay.

Ces produits du Sauvignon se mettent au rang des plus grands vins blancs, et tel amateur sceptique auparavant, a reconnu, après les avoir tâtés comme chez M.Lubin, qu’ils se présentent comme des grands seigneurs de la treille française, la première entre toutes !

Il y a des amateurs qui feront un déjeuner au vin blanc ; il y en a même qui s’en tiendront, pour un repas plus substantiel, au seul vin de champagne, variant les goûts selon les mets, depuis le demi-sec jusqu’au brut. »

 

 

Maurice Des Ombiaux

 

Ecrivain
Beauraing 16.03.1868 - Paris (France) 21.09.1943

« Ses humanités achevées (1884), Maurice Des Ombiaux est poussé par son père à entreprendre des études notariales. Mais, déjà attiré par le renouveau littéraire des années 1880, il se lance dans la littérature. D'abord auteur de quelques pièces en vers et en prose dont il tire plusieurs recueils, ainsi que d'un drame symboliste, Les Amants de Taillemark (1892), il part ensuite à la recherche de son style, affiche des opinions extrémistes et quitte La Jeune Belgique pour Le Coq rouge, mouvement qui se veut le défenseur de la liberté en art (1895).

 

Après avoir pourfendu Edmond Picard, champion de l'âme belge, il opte pour la prose ainsi que pour une veine réaliste et populaire qui correspond mieux à sa nature. Il dévoile ses talents de conteur gaillard et sentimental. En fait, Des Ombiaux plonge aux sources de son enfance lorsque lui étaient racontées les vieilles légendes locales. Ses meilleurs écrits atteignent aux sommets du roman naturaliste (Mihien d'Avène et surtout Le Maugré), considérés par Lemonnier et Maeterlinck comme des chefs-d'oeuvre. Entre 1898 et 1914, il publie plus d'un ouvrage par an tout en consacrant des études à des artistes wallons. Critique d'art, il signe ainsi un Essai sur l'Art wallon, collabore à la revue Jeune Wallonie. Fondateur, avec Jules Destrée, son ami d'enfance, d'une Fédération des Artistes wallons, il est aussi à la base de la Société des Amis de l'Art wallon.

 

Coorganisateur de la première exposition d'Art wallon (Charleroi, 1911), il ne cessera de montrer que la Wallonie, trop souvent négligée au profit de la Flandre, est en réalité un des berceaux de l'art en Occident. Il révèle ou vulgarise quelques-unes des illustrations de notre patrimoine artistique : l'école de Tournai, qui influença l'art flamand, l'école de l'abbaye de Lobbes, Roger de le Pasture, Victor Rousseau... Il exige que l'apport artistique de la Wallonie soit reconnu et sa filiation française proclamée. Occupé par le seul passé wallon, Des Ombiaux ne se livrera jamais à une peinture de la Wallonie industrielle, même s'il ne resta pas insensible aux villes (Namur, Liège...).

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /2010 00:16

Lorsqu’un homme du cru, Bernard Ginestet, ici d’un grand cru puisque les Ginestet furent les propriétaires du Château Margaux (de 1950 à 1977), après avoir trempé sa plume dans la fameuse « Bouillie Bordelaise » en 1975 se glisse dans la peau du romancier pour brosser le portrait de l’archétype du courtier bordelais du milieu des années 60, c’est l’assurance pour le lecteur de savourer un texte dans lequel la fiction n’est qu’une manière élégante de mettre en scène la réalité. Son héros, « Edouard Minton est l’un des plus illustres représentants de cette caste privilégiée de la bourgeoisie bordelaise, enracinée depuis des siècles dans le quartier qui porte son nom : les Chartrons. » Bernard Ginestet qui fut maire de Margaux de 1973 à 1995, pur médocain, grand dégustateur est décédé le 29 septembre 2001.

 

Le premier chapitre suit la route du Médoc. Edouard Minton notre courtier, dans sa Peugeot a rendez-vous à Mouton (un Chartronnais ne dit jamais château devant le nom d’un cru et pratique l’abréviation : Las Cases ou Lafite comme le NAP dit Roland pour Roland Garros) avec le baron Philippe de Rothschild. « En fait, les courtiers bordelais se voyaient davantage convoqués qu’invités. Ils n’avaient à choisir ni le jour ni l’heure, fussent-ils déjà pris ou grippés »

 

Sa remontée vers Mouton nous vaut, lorsqu’il passe devant l’entrée du Château Prieuré-Lichine, un « Ah, celui-là ! Quel type ! En voilà un autre qui ne manque pas de culot ! Il a débarqué dans le paysage comme un crieur de journaux dans une librairie ancienne. Et ces monstrueux panneaux publicitaires qu’il a plantés un peu partout au bord des vignes... Les grands crus n’ont pas besoin de réclame populaire. Il se croît dans la vallée du Rhône ! « Dégustation-vente à toute heure ». Tout de même, il faut de l’aplomb pour appeler un cru « prieuré-lichine »Drôle d’œcuménisme. »

 

Pour situer le personnage, c’est un intégriste de l’église réformée qui, « en son for intérieur, n’aimait ni les catholiques ni les juifs ; quoiqu’il supportât leur compagnie avec civilité pour les nécessités du commerce. » Des manières un peu raides, une éducation parfaite, une façon de parler « imitable à cause d’un très léger bégaiement qui pouvait passer pour une recherche du mot juste et à cause de sa prononciation particulière des « t », mouillés à l’anglaise », toujours vêtu avec sobriété, « souvent en costume trois-pièces anthracite et richelieus noirs du meilleur cirage ». Madame « était née, Sluter, issue d’une lignée de marchands flamands dont l’installation à Bordeaux remontait au XVIe siècle » et « En trente-cinq ans de mariage, ils s’étaient tutoyés rarement, à l’occasion de disputes. Le changement de personne tenait lieu de changement de ton. Aucune invective, jamais, ne s’échangeait entre eux. » Bref, un couple uni, « malgré les incartades du courtier » et « quelques aventures passagères de son épouse. » Leurs vacances dans leur villa du Pyla « s’assortissaient d’une tolérance qui convenait surtout au mari » quoique madame se dévouait parfois « pour déniaiser un garçon de bonne naissance ». Le charme discret de la bourgeoisie des Chartrons donc !

 

Mais après ce détour dans les alcôves Bernard Ginestet, en un brillant paragraphe, brosse avec subtilité, l’art et la manière d’exercer le métier de courtier de GCC. « Le métier de courtier est à la fois lent et rapide. Il faut être à l’écoute du marché et le pressentir autant que possible en attendant l’heure de l’action. Il faut savoir téléphoner pour ne rien dire et se montrer omniprésent mais pas insistant. Il faut pouvoir foncer chez un acheteur en puissance, échantillons en main, muni d’un accréditif verbal mais indestructible de la part du vendeur. Les arguments ne reposent pas tous sur la qualité du vin. Savoir que Bertrand de Plassac a réalisé un joli contrat au Canada, et qu’il est – si tant que faire ce peut – heureux en amour et en famille, est un atout dans la manche que les maîtres du jeu utilisent à merveille. Connaître les besoins d’argent d’un propriétaire ambitieux, au moment, où il convient le mieux de les satisfaire, constitue un avantage décisif. Faire traîner l’établissement d’un bordereau, pour des raisons futiles mais réelles, est susceptible de provoquer une émulation bénéfique, à l’achat comme à la vente. C’est une question de dosage du temps. Car l’attente excessive peut se retourner contre vous. De même, la trop grande hâte est préjudiciable à l’image sérieuse de l’intermédiaire. Le courtier est une ombre agissante, qui possède l’art de ne rien faire en donnant l’impression d’être indispensable, ou qui va plus vite que ses partenaires, grâce à un supérieur instinct de chien de chasse, pointer et retriever. »

 

En bonus, pour les courageux qui m’ont suivi jusque là, encore une savoureuse histoire du terroir des grands châteaux médocains. « La Peugeot montait sans effort la petite côte arrivant sur le plateau de Beychevelle. De part er d’autre de la route, les châteaux Beychevelle et Branaire se regardaient en chiens de faïence. On ne sait plus trop comment le lopin de terre qui se trouve devant la grille principale d’entrée de Branaire appartenait à Beychevelle. Pour aller à Branaire, il fallait contourner la vigne et pénétrer par les communs. Les relations entre les deux vis-à-vis s’étant dégradées, Beychevelle mettait son linge à sécher devant la grille de fer forgé de Branaire. Edouard Minton pensa à la légende du duc d’Epernon, selon laquelle les navires passant devant le château devaient baisser leurs voilures en signe de salut. Maintenant, c’était « le duc » qui suspendait ses draps de lit au bord de la route ! »

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /2010 07:45

Comme dit l’autre à vous de jouer ! Je regroupe ici les 20 Questions+1 pour les retardataires et pour ceux qui ne l’auraient pas lu je rappelle quelques points du règlement :

 

1- L’ensemble des réponses devra m’être transmis sur berthomeau@gmail.com en 1 seule fois à partir du mercredi 1ier septembre.

 

2- La date limite d’envoi des réponses est fixée au mercredi 15 septembre minuit.

 

3- Les participants devront impérativement indiquer une adresse postale précise et un numéro de téléphone afin de faciliter la logistique de livraison des lots (celle-ci se fera directement par les généreux donateurs).

 

4- Les bonnes réponses seront publiées le mercredi 22 septembre à 11 heures.

 

5 - La liste de ceux qui ont auront eu tout bon sera publiée le même jour à la même heure.

 

6 - Très important : sans préjuger du nombre de ceux qui ont auront eu tout bon, afin que les lots soient attractifs, le concours fera l’objet d’un unique podium : 12

En conséquence, si le nombre de ceux qui ont auront eu tout bon est égal ou supérieur à 3, la maison Berthomeau organisera, en un lieu qui vous sera précisé en temps utile, un tirage au sort afin d’attribuer dans l’ordre : la 3ième marche, la 2ième et enfin la 1ière.

 

7 - Tous ceux qui ont auront eu tout bon mais qui n’auront pas eu la chance de monter sur le podium recevront une belle bouteille.

 

8 - Le concours est ouvert à tout le monde mais les participants devront être majeurs. Un seul bulletin de réponse par participant mais rien n’interdit de faire participer les membres de la famille...

 

En espérant que vous avez pris du plaisir à ce jeu concours de l’été – vos commentaires sont les bienvenus pour que le taulier puisse déjà réfléchir à ce qu’il pourrait vous proposer l’été prochain – je forme des vœux pour que vous soyez nombreux et que le sort vous soit favorable !

 

1-                  Ne vous prenez pas le cigare répondez à la 1ière Question du Grand Concours de l’été http://www.berthomeau.com/article-ne-vous-prenez-pas-le-cigare-repondez-a-la-1iere-question-du-grand-concours-de-l-ete-54348609.html

2-                  « Beth s'envoyait en l'air avec un oenologue plein aux as » l’énigme de la 2ième Question du Grand concours de l’été. http://www.berthomeau.com/article-ne-vous-prenez-pas-le-cigare-repondez-a-la-1iere-question-du-grand-concours-de-l-ete-54350638.html

3-                  C’était le genre de chose que l’on attendait de lui, un gros vin poussif et pompeux, la 3ième Question du Grand concours de l’été vanne sec ! http://www.berthomeau.com/article-c-etait-le-genre-de-chose-que-l-on-attendait-de-lui-un-gros-vin-poussif-et-pompeux-la-3ieme-question-du-grand-concours-de-l-ete-vanne-sec-54351648.html

4-                  « Une seule qualité, la première », telle est ma devise depuis le premier jour. Honneur aux femmes pour la 4ième Question du Grand concours de l’été http://www.berthomeau.com/article-une-seule-qualite-la-premiere-telle-est-ma-devise-depuis-le-premier-jour-honneur-aux-femmes-pour-la-4ieme-question-du-grand-concours-de-l-ete-54352448.html

5-                   Qui c’est qui a acheté la pièce de charité Pommard 1er Cru « Dames de la charité » ? La 5ième question du Grand concours de l'été est bourguignonne     http://www.berthomeau.com/article-qui-c-est-qui-a-achete-la-piece-de-charite-pommard-1er-cru-dames-de-la-charite-la-5ieme-question-est-bourguignonne-54354130.html

6 - «Rien ne lui a semblé trop beau pour ses bœufs et pour son vin...» puisqu'il leur a bâti un château à Bordeaux… la 6ième question fait dans l’exotisme

http://www.berthomeau.com/article-rien-ne-lui-a-semble-trop-beau-pour-ses-boeufs-et-pour-son-vin-puisqu-il-leur-a-bati-un-chateau-a-bordeaux-la-6ieme-question-fait-dans-l-exotisme-54357397.html

7 - « Ce fut le coup de foudre réciproque, aidé peut-être par la qualité du Bourgogne » la 7ième question fait dans le road-movie

http://www.berthomeau.com/article-ce-fut-le-coup-de-foudre-reciproque-aide-peut-etre-par-la-qualite-du-bourgogne-la-7ieme-question-fait-dans-le-road-movie-54358254.html

8 - Oser l’extase au pays de naissance de Pierre Abélard : des vignerons polissons donnent matière à ma 8ième Question

http://www.berthomeau.com/article-oser-l-extase-au-pays-de-naissance-de-pierre-abelard-des-vignerons-polissons-donnent-matiere-a-ma-8ieme-question-54359491.html

9 - Lorsque mon espace de liberté se voulait libertin il parlait du vin Papal, c’est la 9ième Question qui vaut excommunication

http://www.berthomeau.com/article-lorsque-mon-espace-de-liberte-se-voulait-libertin-il-parlait-du-vin-papal-c-est-la-9ieme-question-qui-vaut-excommunication-54360159.html

10 - « La soif wallonne n’a jamais été dédaignable » nos amis belges ont toujours aimé les vins français pour preuve la 10ième Question

http://www.berthomeau.com/article-la-soif-wallonne-n-a-jamais-ete-dedaignable-nos-amis-belges-ont-toujours-aime-les-vins-francais-pour-preuve-la-10ieme-question-54360948.html

11 « Le vin a-t-il encore une âme ? Tout est dans la 11ième Question du grand concours de l’été »

http://www.berthomeau.com/article-le-vin-a-t-il-encore-une-ame-tout-est-dans-la-11ieme-question-du-grand-concours-de-l-ete-54362869.html

12 -  « La Vigne arrachée » la 12ième question puise ses racines dans mon petit terroir maraîchin

http://www.berthomeau.com/article-la-vigne-arrachee-la-12ieme-question-puise-ses-racines-dans-mon-petit-terroir-maraichin-55294778.html

13 -  Le 1ier Congrès de l'Origine, qui le présida ? À vous de répondre à la 13ième Question du Grand Concours de l’été

http://www.berthomeau.com/article-le-1ier-congres-de-l-origine-qui-le-presida-a-vous-de-repondre-a-la-12ieme-question-du-grand-concours-de-l-ete-54368090.html

13 bis - Un bien étrange amateur de grands crus classés... la 13ième Question bis n’est pas pour les « âmes sensibles »

http://www.berthomeau.com/article-un-bien-etrange-amateur-de-grands-crus-classes-la-13ieme-question-n-est-pas-pur-les-ames-sensibles-54368166.html

14- Un spécialiste de médecine sportive comme on en fait plus, la 14ième question plonge dans les archives de l’INA

http://www.berthomeau.com/article-un-specialiste-de-medecine-sportive-comme-on-en-fait-plus-la-14ieme-question-plonge-dans-les-archives-de-l-ina-54368239.html

15 - Le courrier commercial d'une propriétaire très vieille France... une 15ième question à contre-courant du bling bling

http://www.berthomeau.com/article-le-courrier-commercial-d-une-proprietaire-tres-vieille-france-une-15ieme-question-a-contre-courant-du-bling-bling-54368358.html

16 - Au « Canard Enchaîné » : on ne boit pas, on se désaltère... la 16ième Question donne la plume à une vieille gloire du Canard aujourd’hui disparue

http://www.berthomeau.com/article-au-canard-enchaine-on-ne-boit-pas-on-se-desaltere-la-16ieme-question-donne-la-plume-a-une-vieille-gloire-du-canard-aujourd-hui-disparue-54368442.html

17- « Les notes de Robert Parker, sont parmi les plus grosses conneries de la planète » dit-il, la 17ième question vous permettra de lever le voile sur son identité.

http://www.berthomeau.com/article-les-notes-de-robert-parker-sont-parmi-les-plus-grosses-conneries-de-la-planete-dit-il-la-17ieme-question-vous-permettra-de-lever-le-voile-sur-son-identite-54368507.html

18 - «Condrieu il y a plus malheureux comme nom de ville » la 18ième Question fait une incursion dans la critique gastronomique.

http://www.berthomeau.com/article-condrieu-il-y-a-plus-malheureux-comme-nom-de-ville-la-18ieme-question-fait-une-incursion-dans-la-critique-gastronomique-54368600.html

19 - « Qui sait boire sait régner *» la 19ième Question s’attaque au vin présidentiel

http://www.berthomeau.com/article-qui-sait-boire-sait-regner-la-19ieme-question-s-attaque-au-vin-presidentiel-54368676.html

20 - Escapade à la Romanée Conti d’un académicien avec la 20ième Question le Grand Concours de l’été finit en beauté

http://www.berthomeau.com/article-escapade-a-la-romanee-conti-d-un-academicien-avec-la-20ieme-question-le-grand-concours-de-l-ete-fini-en-beaute-54368752.html

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Concours
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /2010 00:03

Quand j’ai appris que Catherine Bernard étiquetait sa cuvée 2009 sous la bannière des « Vin de Pays de l’Hérault » je me suis dit qu’elle voulait ainsi donner un coup de chapeau au « bougon des cépages », le Languedocien de l’Hérault, le héraut des CAV, le chantre de l’Occitanie, qui pendant des décennies présida aux destinées des Vins de Pays de notre doulce France qui n'aime rien tant que les présidents à succursales multiples basés dans ma bonne ville de Paris (ça les change de la vie à StDrézéry) 

Caillou-8394.JPGComme d’ordinaire je raconte n’importe quoi pour faire l’intéressant, le calamantran dirait les provençaux. Mais trêve de galéjades revenons à notre vigneronne de Saint-Drézéry.

Saint qui ? Drézéry en occitan Sant Dreseri, Saint-Drézéry est petit village à 15 km au nord-est de Montpellier de 2093 habitants dont les vignes sont nichées sous la bannière des Coteaux-du-Languedoc. Au même titre que : Cabrières, Grès de Montpellier, La Méjanelle, Saint-Christol, Vérargues, Saint-Georges-d'Orques, Saint-Saturnin, La Clape, Quatourze, Montpeyroux, Pic-Saint-Loup et Picpoul-de-Pinet, Saint-Drézéry est une appellation sous-régionale qui a fort envie de devenir une communale. Si vous n’avez pas tout compris prière de s’adresser à l’ami David Cobbold qui raffole de nos villages gaulois.

Mais comment puis-je vanner Saint-Drézéry alors qui est sis une star, un chouchou des « longs nez et des becs fins » : Gérard Bru l’homme du Château Puech-Haut qui a droit cité sur le site communal en compagnie de la coopé « Les Grès du Bérange » à Vendargues et le domaine du Caratà. Mais pas de trace de Catherine Bernard et de ses 3 hectares plantés de grenache, marselan et mourvèdre. N’aimerait-on pas les « estrangères » madame le maire ? Je suis sûr que non et je suis persuadé que dans la prochaine édition elle sera référencée comme elle est vient de l’être à la Contre-Etiquette. De plus, le simple fait de se voir dédier une chronique signée du seul « dégustateur imposteur » de la Toile la hisse sur des hauteurs qui ne peuvent que porter haut la renommée de Saint-Drézéry.

Mais qu’est-ce donc la Contre-Etiquette ?

Une petite boutique de marchands de vins d’abord virtuelle, puis tout ce qu’il y a de matérielle, un petit chouia naturelle, composée de Bons Vivants, de gens que j’aime, des gars qui bossent pour l’extension du domaine du vin. La maison a du changer de nom : c’est plus ochato c’est maintenant la contre-étiquette www.la-contre-etiquette.com . J’ai chroniquer sur elle y’a quelque temps et comme je suis un peu fainéant je vous conseille de vous reporter à mes admirables écrits : « Et si j’allais faire la foire o vins ochato : Nashville ou Belleville... » http://www.berthomeau.com/article-36521203.html Chaque fois que je monte dans le bas de Belleville j’ai toujours le même sentiment d’y être un peu chez moi.

Rue Ste Marthe, Christophe Guitard, disponible, m’attend pour déguster la dernière cuvée de l’ignorée des édiles de Saint-Drézéry, la susdite : Catherine Bernard. Bon comme je suis nul en dessin je ne vais pas vous en faire un mais je suis toujours heureux lorsqu’une intuition débouche sur une histoire. L’histoire d’une rencontre entre une vigneronne passionnée qui ne verse pas dans les outrances, et un marchand de vins qui aime ses vignerons.

Catherine Bernard et moi, nous sommes un peu pays, mais nous nous sommes rencontrés la première fois sur une terrasse d’un café de la place de la Comédie, chère au cœur du Grand Jojo le statuaire, juste après la publication de mon fichu rapport http://www.berthomeau.com/article-2480172.html et depuis qu’elle est devenue vigneronne.

Goûter le vin de ses amis est chose bien plus aisée qu’on le pense : la flatterie n’a pas sa place dans l’amitié. Le vin de Catherine lui ressemble, il est s’en flafla, rieur, généreux mais avec la discrétion qui sied aux gens de chez nous, loin du paraître et des artifices. Cet esprit commence dès l’étiquette d’un minimalisme frisant la coquetterie janséniste. Même si certain vont m’accuser de copinage, le vin de Catherine a une âme terriblement humaine, avec ses grandeurs et ses imperfections. Que ce vin de pays de l’Hérault soit comme le dit avec sa franchise désarmante Catherine « le fruit d’une succession d’erreurs », non agréé par les instances Igépiennes, en définitive un assemblage de ce qui ne pouvait être selon elle ni un coteau-du-Languedoc ni un vin de table, peu me chaut. Ce qui compte au bout du compte c’est que vin a mené une double vie, qu’il a même eu plusieurs vies, et que lorsqu’il se présente à moi je me dis que ce gars de Saint-Drézéry n’est ni un patapouf, ni un rustaud, mais jeune luron délicat, souple et plein de fraîcheur qui fait la nique aux soi-disant icones du cru qui peuplent les étendues glacées des magasines. En plus, c’est un plaisir abordable mais attention faut vous dépêcher car la Catherine ne fait pas dans la grande série... Caillou-8393.JPG

Pour les amateurs de détails techniques voici la fiche technique de la cuvée 2009 de Catherine Bernard Vin de Pays de l’Hérault :

 

À la vigne

Trois hectares à Saint-Drézéry plantés de grenache, marselan et mourvèdre en AOC Coteaux du Languedoc

Deux fois trente ares de cinsault à Montaud.

Terroir argilo-calcaire, très argileux et très calcaire, allégé par des galets roulés du Rhône

Vignes travaillées en agriculture biologique, en cours de certification, doses de cuivre inférieures à celles autorisées grâce à des tisanes de prêle et d’ortie.

Vendange manuelle en caissettes

 

À la cave

Vinification en vendange entière sur un fond d’égrappé.

Courte macération préfermentaire à froid

Cuvaisons courtes et  extractions légères.

Levures indigènes

Sans sulfite, non filtré, non collé, non dégazé

 

Composition du vin

Production cette année d’une seule cuvée, assemblage du cinsault (un tiers), du grenache (un quart), du marselan (un quart), et du mourvèdre (un tout petit quart)

 

Esprit du vin

2009 est l’un de ces millésimes chauds et secs du Languedoc après un printemps pluvieux donnant une végétation importante.

J’ai fait le choix de vendanges précoces pour garder de la fraîcheur, du fruit croquant et un degré alcoolique réel raisonnable (13,4°).

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /2010 06:28

Comme tout le monde n’a pas forcément accès à l’Indépendant, sauf quelques privilégiés qui crèchent à quelques encablures de la gare de Perpignan « le centre cosmique de l’univers » je propose à votre lecture la réaction de l’ami Pascal Frissant vigneron au château Coupe Rose à La Caunette, avec Françoise Le Calvez, membre de la Commission Nationale viticole de la Confédération Paysanne (lire sa lettre de 2008 lors de sa démission  de l’office des Vins http://www.berthomeau.com/article-21080606.html 20040203 OBS5429

CARCASSONNE Pascal Frissant Vous êtes membre de la commission nationale viticole de la Confédération Paysanne : comment avez-vous réagi à cette action anti-OGM ?


Pascal Frissant Vous êtes membre de la commission nationale viticole de la Confédération Paysanne : comment avez-vous réagi à cette action anti-OGM ?

 

« L'Inra de Colmar est une station que nous connaissons bien. Ses chercheurs sont très sérieux et planchent sur des sujets primordiaux, tels que la sélection de nouvelles variétés de vigne. Nous sommes bien sûr opposés à l'usage d'OGM dans la viticulture, mais nous faisons confiance aux scientifiques œuvrant pour mieux connaître ces organismes. Le problème, c'est qu'il existe au sein de la Confédération un petit noyau d'activistes  

qui n'a pas compris la différence entre viticulture et céréales. Or cibler l'Inra, outil où les spécialistes ont quand même pas mal d'indépendance, est à mes yeux une grosse connerie. On sent une volonté d'en découdre : je ne peux que condamner ce type d'attitude idiote.

 

Quel a été selon vous l'élément déclencheur de ce coup de force ?

 

« Il y a eu sans aucun doute la visite sur le site de Colmar du ministre de l'Agriculture, qui a annoncé à tort que ces plans de vignes transgéniques seraient rapidement commercialisés. Il cherchait sans doute à rassurer les exploitants inquiets à cause du court-noué : cette opération politique fondée sur une information erronée a servi de prétexte à ce groupe de faucheurs volontaires qui attendait l'occasion de passer à l'acte. Il n'empêche que leur action relève d'une sorte de dérive sectaire, semblant dictée par une poussée limite obscurantiste. Ça commence quand même à m'inquiéter un peu. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /2010 02:09

Plutôt que de répondre à la relance de Chloé je lui prenais la main et l’entrainais dans Huerfanos, l’avenue chic de Santiago sur laquelle les salles de cinéma alternaient avec les vitrines de luxe et les bars.  Dans El Mercurio j’avais lu que la plus grande salle d’Huerfanos présentait : El primer aňo. Face à la caisse Chloé se regimbait «Tu ne crois-pas que nous avons déjà eu notre dose ! » Je la rassurais en ramassant ma monnaie « C’est la dernière avant notre reconversion ma belle... » Pour la première fois de la journée elle me souriait. Je venais de marquer mon premier point. La salle était bondée. Dans la meilleure tradition de la propagande officielle, chère aux démocraties populaires, le film retraçait les étapes d’une année de gestion de l’UP : la flopée de nationalisations, le charbon, le cuivre, l’acier... très bandant... mais je n’ironisais pas lorsque la voix off qualifiait le jour du cuivre de symbole de la dignité nationale. Chaque apparition à l’écran du bon docteur Allende, gentil et bonnasse, un chouïa Vincent Auriol en plus raide et moins bon vivant, se voyait ponctuée d’une bordée d’applaudissements. Comme la journée du cuivre, Allende symbolisait la dignité, c’était le père noble de la Nation. En revanche, l’omniprésente armée, en toile de fond, élément central du décor, n’était ni applaudie, ni sifflée. Le clou du spectacle, l’anti-Allende, le socialisme en battle-dress léopard, Fidel dont la barbe tenait lieu de pensée révolutionnaire, nous offrait un numéro de grande pute de la Révolution. Hors lui point de salut pour la Révolution. Pas de pitié pour tous ceux qui voulaient dénaturer les idéaux de la révolution castriste. Les cubains crucifiés à Cuba en savaient quelque chose. Chloé glissait sa main sous ma chemise. « Il nous balade, c’est à vomir... »

Huerfanos la nuit, la foule, un peu d’air frais venu des Andes, je prenais Chloé par la taille « Maintenant ma belle nous allons aller nous vautrer à nouveau dans les délices du bon vieux capitalisme... » Direction le Cintra où le maître d’hôtel nous accueillait avec une certaine circonspection eu égard à notre allure négligée mais mon français truffé d’espagnol hésitant et les belles manières aristocratiques de Chloé levaient ses appréhensions et le poussait même à nous installer à l’une des meilleures tables de la salle. Mon pourboire royal mais discret en billets verts consolidait notre position. Autour de nous que des vieux, des presque vieux, des déjà vieux flanqués d’une progéniture en passe de l’être. Chloé qui avait ôté son pull informe aspirait l’attention de ces messieurs, Dieu que les failles de son débardeur laissaient à voir une poitrine ample dépourvue de tout soutien. L’arrivée, d’une bouteille de Laurent Perrier Grand Siècle parachevait notre statut de gosses de riches venus s’offrir à bon compte une cure de Révolution démocratique. Chloé adorait le Champagne. J’embrayais. « Je suis persuadé que dès ce soir notre ami Bob Dole va recevoir un télégramme crypté annonçant que nous sommes arrivés à bon port à Santiago...

-         C’est pour cela que nous sommes ici ?

-         Non petit cœur, nous sommes ici pour renouer avec nos riches heures parisiennes. Foin des groupuscules, de la bouffe pourrie, des parlottes interminables, nous allons goûter aux plaisirs de la caste qui rêve de faire la peau du bon docteur Allende.

-         C’est ça ton plan mon génial légionnaire ?

-         Ne raille pas fille de peu de foi, attend au moins que je te révèle les arcanes de mon machiavélisme...

Nous passions notre commande, Chloé avait choisi les plats, moi les vins. Homard à l’américaine et faux-filet pommes en l’air arrosés d’un Montrachet dont j’ai oublié le millésime et d’un Ducru-Beaucaillou 1953. Le patron du Cintra se fendait d’une visite pour s’enquérir de l’état de conservation du Montrachet. Son bulletin de décès provenait sans aucun doute de son voyage, de son séjour ici et de son grand âge et je demandais gentiment à notre hôte empressé de le remplacer par une production locale. Ce qu’il fit en se répandant en excuses. Chloé se gondolait. « Vous les français vous vous la jouez avec le service du vin...

-         D’accord ma belle mais dans le cas présent goûte et tu comprendras...

-         Boua...

-         Alors je suis snob ?

-         Non, qu’est-ce qui lui est arrivé ?

-         Assassinat ou non assistance à personne en danger... De toute façon c’est un crime inexcusable...

-         Je t’aime comme ça...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /2010 00:09

 

 

Enfin ce coup de sonnette se fit entendre.

Le majordome revint bientôt avec cette note qu’accompagnait un autre mets :

 

« Râles de genêts rôtis sur une croûte à la Sardanapale.

Ne manger que les cuisses er le croupion des râles ; ne pas couper la cuisse, la prendre par la patte qui la termine, la saupoudrer légèrement de sel, trancher net au-dessus de la patte, et tout broyer, chair et os.

Mastiquer largo et fortissimo ; manger presque simultanément une bouchée de la rôtie brûlante, enduite d’un condiment onctueux dû à la combinaison de foies et de cervelles de bécasse, de foies gras de Strasbourg, de moelle de chevreuil, anchois pilés, épices de haut goût, etc.

Boire deux verres de clos Vougeot de 1817.

Verser ce vin avec émotion, le boire avec religion. »

Après ce rôti, digne de Lucullus ou de Trimalcyon, et savouré par le chanoine avec idolâtrie et une faim inassouvie, le majordome reparut avec deux entremets que le menu signalait ainsi :

 

« Morilles aux fines herbes et à l’essence de jambon ; laisser fondre et dissoudre dans la bouche ce champignon divin.

Mastiquer pianissimo.

Boire un verre de vin de Côte-Rôtie 1829 et un verre de Johannisberg de 1729 (provenant de la grand’ foudre municipale des bourgmestres de Heidelberg).

Aucune recommandation à faire à l’endroit du vin de Côte-Rôtie ; ce vin est fier, impérieux, il s’impose.

À l’égard du vieux Johannisberg de cent-quarante ans, l’aborder avec la vénération qu’inspire un centenaire, le boire avec componction.

 

Deux entremets sucrés.

Bouchées à la duchesse, à la gelée d’ananas.

Mastiquer amoroso

Boire deux ou trois verres de ce vin de Champagne frappé de glace (Sillery sec, année de la comète).

Dessert :

 

Fromage de brie de la ferme d’Estrouville près de Meaux ;

Cette maison a eu pendant quarante ans l’honneur de servir la bouche de M. le Prince de Talleyrand, qui proclamait le fromage de Brie le roi des fromages (seule royauté à laquelle ce grand diplomate soit resté fidèle jusqu’à sa mort).

 

Boire un verre ou deux de vin de Porto  tiré d’une barrique retrouvée sous les décombres du grand tremblement de terre de Lisbonne. 

 

 

Bénir la Providence de ce miraculeux sauvetage, et vider pieusement son verre.

N.B. Jamais de fruits le matin, ils réfrigèrent, chargent et obèrent l’estomac aux dépens du repos du soir ; se rincer simplement la bouche avec un verre de crème des Barbades de madame Amphoux (1780), et faire une légère sieste en rêvant au dîner. »

 

 

 

 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /2010 11:00

« J’en avais marre de l’eau […] de son sérieux, de sa fadeur, de sa pureté et, par-dessus tout, de son IMPORTANCE. Un impérieux besoin de PLAISIR m’était soudain venu. Le genre d’appel auquel je n’ai jamais su résister, et moins encore aujourd’hui que l’âge vient.

Bref j’avais envie d’une récréation.

Voilà pourquoi, le 17 janvier 2008, je pris le train pour Dijon, en savante compagnie de mes amis du bureau de l’Académie du vin de France, pour l’une de ces « voyages d’études » qui agrémentent fort l’existence. Bernard Pivot s’était fait excuser. Une mauvaise bronchite. Oh ! comme nous l’avons plaint.

En Bourgogne, on appelle »climat » une entité géographique : composition, texture et profondeur du sol ; mais aussi exposition de la parcelle, altitude, degré d’inclinaison… Le mot « climat » dit mieux et plus que le mot « terroir ».

Le climat que je veux saluer se trouve sur les Côtes de Nuits, à mi-pente, comme tous les grands crus. Plus haut, l’eau ruisselle trop, la terre s’assèche trop vite. Plus bas, l’eau stagne.

Ce climat mesure 1,8 hectare et ne produit que six mille bouteilles (les bonnes années, car les mauvaises, comme en 1968, on ne vinifie rien…).

Le prénom de ce climat, c’est Romanée, par référence à l’occupation romaine… Son nom, c’est Conti : il vient de la famille qui, longtemps, posséda le domaine.
Sous la conduite du maître des lieux, Aubert de Villaine, nous avons parcouru les vignes. Puis, dans la cave, à la lumière des bougies, religieusement dégusté. Comme à son habitude, Jacques Puisais, notre génial chimiste promenait son pendule sur les millésimes pour tenter d’en percer les mystères.

Les autres vins soulignent les saveurs ou les parfums qu’ils offrent. Ils font la roue. Ils bavardent, commentent, précisent : maintenant je sens la violette ; vous avez reconnu le goût de griotte ? Et là, que dites-vous de cette bouffée de framboise ? Soyez francs, aimez-vous cette brève irruption de pain grillé, de vieux cuir ?

La Romanée Conti rassemble. Bien malin – ou menteur – celui qui distingue. Chacune des composantes est trop intimement liée aux autres. On passe de l’une à l’autre insensiblement, les barrières des frontières sont levées. On qualifie la Roman ée Conti de « vin complexe ». À l’évidence. Mais qu’est-ce-que la complexité sans l’union ? Et qu’est-ce que la diversité sans l’équilibre ?

Les autres vins s’épuisent, même les plus riches. Il arrive un moment où l’on arrive au bout des saveurs. Fin du parcours.

La Romanée Conti poursuit. Nous nous promenons parmi les fruits, nous voici dans la forêt, à humer les sous-bois. Le gibier n’est pas loin. Bientôt, nous plongerons dans la terre, en nous approchant de la truffe. Et voici que nous partons pour une nouvelle escale, la réglisse. D’autres vont suivre. Heureusement que notre planète est ronde, nous ne reviendrions jamais.

Et puis, brusquement, alors que vous croyiez avoir épuisé tous les plaisirs connus, vous arrive un miracle, une caresse, une douceur, le souffle d’un pétale de rose juste avant quelle ne fane.

De tout cœur, je vous souhaite ce voyage une fois, rien qu’une fois dans votre vie. »

 

20ième Question : Quel le nom et le prénom de l’auteur de ces lignes et dans quel livre les a-t-il écrit ?

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Concours
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