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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:00
Tentative de hold-up de l'INAO sur le vin nature « Une chose est sûre, le mot (nature) est extrêmement valorisant. Il a un fort impact sur les consommateurs. »

Suite au comité national des vins d’AOC du 10 février, Éric Rosaz l’homme-orchestre des vins à l’INAO, qui connaît bien le terrain puisqu’il a tenu pendant des années les rennes des VIF puis a fait un passage à FranceAgrimer, a déclaré :

 

« Il y a une forte demande de la part des professionnels pour engager une réflexion pour encadrer l’utilisation du mot nature »

 

Bon prince l’Inao a donc engagé la discussion sur le sujet en invitant à la table l’Association des vins naturels (AVN), pour son expertise en la matière.

 

« Pour l’instant, la discussion reste générale. La demande émane surtout des viticulteurs bio qui craignent une utilisation galvaudée du mot. »

 

Alors faut-il ou non donner un cadre strict à cette mention « nature » ?

 

« Une chose est sûre, le mot est extrêmement valorisant. Il a un fort impact sur les consommateurs

 

Nous y voilà, les va-nu-pieds, les réprouvés, les moqués, les qui font des vins pour bobo-parigot, les exclus de l’agrément, toute cette engeance qui n’a pas accès aux hautes instances, inquiète : pensez-donc ils séduisent les consommateurs.

 

Tout est dit ou presque : l’objectif est de mettre tout ce petit monde dans les clous, jugulaire-jugulaire, réglementons et tout ira bien dans le meilleur des monde. Bien sûr tout ça pour mieux protéger les consommateurs.

 

Il suffit de constater la jouissance d’un des plus farouches contempteurs de ces vins d’évier, par ailleurs grand chasseur de fonctionnaires, pour mieux saisir la grossièreté du piège.

 

Thierry Puzelat vigneron le dit clairement :

 

« Regardons ce qu'est devenu le cahier des charges vinif bio, malgré les bonnes volontés pour qu'il ressemble à quelque chose. Il suffit d'invoquer des règles pour que les plus mercantiles s'y engouffrent. Comme la plupart des associations de ce type, l'AVN ne pense qu'à communiquer sur ses pratiques, plutôt que de soutenir ses adhérents en les aidant à être toujours plus exigeants. C'est oublier qu'à la fin, les consommateurs sont seuls juges. Un vin sans âme avec le logo AVN sera-t-il plus crédible, qu'avec le logo AB, Demeter, lutte raisonnée ou Sains ??? Tous revendiquent des pratiques vertueuses. Partisans de la méthode mais pas toujours du résultat. »

 

Que l’on débatte, j’en suis un farouche partisan, mais en posant sur la table un dossier non biaisé, comme nous l’avions fait lors de la réflexion stratégique Cap 2010, avec toutes les parties prenantes et non les caciques habituels et une association en mal de reconnaissance officielle.

 

En son temps je me suis expliqué ICI

 

« Revendiquer une définition officielle du vin nature équivaut à demander d'autoriser les mobylettes à circuler sur les autoroutes… »

 

Éric Rosaz qui connaît bien son petit monde n’est pas tout à fait dupe de la démarche engagée : « Le problème est cela ne veut pas forcément dire la même chose pour le consommateur et pour le viticulteur ». Il relève également l’inquiétude de la filière : « On peut se demander s’il n’est pas dangereux de segmenter encore plus les vins bios en ajoutant une mention supplémentaire. Quelle sera perception des consommateurs à ce sujet ? »

 

Georges Clemenceau ou La Fontaine ?

 

« Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. »

 

« Maître Corbeau, sur un arbre perché,

 

Tenait en son bec un fromage.

 

Maître Renard, par l'odeur alléché,

 

Lui tint à peu près ce langage :

 

Et bonjour, Monsieur du Corbeau,

 

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

 

Sans mentir, si votre ramage

 

Se rapporte à votre plumage,

 

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 06:00
Face au vin de France à la mode de Nicolas les cavistes « alterno-bobo-parigot »* se fâchent « Lâchez-nous les grumes ! »

Je pédalais pénard sous un petit cagnard d’hiver lorsque mon regard chopait à la volée une pub pour le pinard placardé sur les arrêts de car.

 

Arrêt illico : photo !

 

 

Qu’en faire ?

 

Le pied de cuve d’une chronique mais qu’en dire ?

 

Fallait-il que je le dégustasse ou que nous le dégustassions ?

 

Notez la haute maîtrise de la conjugaison.

 

Exercice à haut risque car la seule vue de l’étiquette : Sélection Nicolas risquait de fausser le résultat.

 

À l’aveugle alors ?

 

J’hésitais lorsque sur l’écran neigeux de mes nuits blanches apparut à nouveau le message :

 

3 vins, 3 couleurs, 3€ la bouteilleLes Grumes

 

J’ouvrais.

 

 

Du marketing pur sucre, sans génie particulier mais sans doute efficace auprès de la clientèle traditionnelle de la vieille maison.

 

Donc pas grand-chose à se mettre sous la dent sauf qu’à nouveau sur l’écran neigeux de mes nuits blanches apparu sur les réseaux sociaux le lamento des cavistes «alterno-bobo-parigot »

 

Afin de ne pas me faire remonter les bretelles je signale que l’appellation « alterno-bobo-parigot » souvent accolée à Mélanchoniens est une marque déposée par le Phoenix d’au-delà des Pyrénées.

 

Philippe Cuq a partagé la photo de Damien Demichel. (de source sûre dans les milieux bien informés, Philippe Cuq du Lieu du Vin est le Président du Présidium du Soviet Suprême des cavistes alternatifs.)

6 février, 12:50 · Paris ·

 

3 fois plus de mal de tête et de mal de ventre.

30 fois plus de pesticides.

300 fois moins de plaisir...

 

Mes vieux neurones se sont alors mis en branle pour éclairer la lanterne du consommateur de vin à 3€.

 

Ces 3 couleurs sont des Vin de France.

 

- Grumes rouges : « ce vin rouge issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

 

Cépage principal carignan.

 

-  Grumes blanches « ce vin blanc issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

Cépage principal grenache Blanc et aussi melon de Bourgogne.

 

Grumes rosées « ce vin rosé issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

 

Cépage principal : cabernet franc, et aussi négrette.

 

Pourquoi diable Nicolas n’indique-t-il pas sur son étiquette le ou les cépages et le millésime comme il le pourrait ?

 

Tout bêtement parce qu’ainsi il se laisse toute latitude d’en changer en fonction des opportunités du marché du vrac. En effet, n’en déplaise aux sélectionneurs de Nicolas, c’est d’abord le prix d’achat qui prime. Chez Castel, en bon pinardier, on achète au ras des pâquerettes.

 

Autre raison, cette gamme de vins basiques ne doit pas faire concurrence à la marque La Roche-Mazet qui affiche les cépages.

 

Nos 3 Grumes affichent le même degré 12°5

 

Conclusion du Taulier : ce Vin de France de 3 couleurs est tout simplement l’héritier du bon vieux Vin de Table de France.

 

C’est sans nul doute du vin de coopé en majorité, sourcé dans South of France principalement, avec une prédilection du côté du blanc à une région où la ressource est bon marché. Le prix toujours le prix.

 

Sur le plan économique c’est, de la part des acheteurs Nicolas-Castel, de l’économie de cueillette au gré des opportunités du marché, la bonne vieille pratique des marchands de vin. Surtout pas de partenariat trop contraignant, ne pas se lier les mains, mieux vaut s’en tenir à un panier de prix pour tenir les coûts de la sauce.

 

Reste une vraie question à se poser du côté des cavistes « alterno-bobo-parigot » : leur est-il possible de satisfaire une demande de vin populaire à 3€ ?

 

Est-ce le même défi à relever que pour l’alimentaire, sauf que bien sûr l’achat du vin quotidien est de moins en moins de mise ? Hier matin, le chroniqueur économique de France Inter, relevait qu’un litre de lait UHT valait le prix d’une seule cigarette.

 

Pour le vin je ne le pense pas, le modèle Vin de France à haut rendement facteur d’une matière première pas chère n’est pas compatible avec celui du Vin de France dit naturel qui exige des prix de vente élevés.

 

Ce sont deux mondes incompatibles et c’est se leurrer que de penser que la large part des consommateurs, et pas seulement pour des raisons budgétaires, qui achète des prix va changer ses habitudes d’achat.

 

On peut le regretter mais les bons sentiments affichés sont vite oubliés par les consommateurs lorsqu’ils poussent leurs caddies dans les allées de la GD. L’exploitation médiatique outrancière des difficultés des agriculteurs et des éleveurs par les politiques, les donneurs de leçons, en est la plus efficace des démonstrations.

 

Que faire alors ?

 

Baisser les bras, subir, laisser le fameux marché tout régler, se contenter de slogans, de petites batailles de chapelles…

 

Je ne le pense pas.

 

Pour le vin commençons donc par l’essentiel pour un produit qui se revendique festif, lié à son terroir, à son histoire, à ses valeurs de convivialité : revenir à des pratiques culturales respectant l’environnement physique et humain… Le déni en la matière a, et va avoir, des effets de plus en plus dévastateurs sur l’image du vin.

 

La bataille d’Hernani autour des vins nature est d’une toute autre nature, un conflit de nature esthétique que je ne tiens pas, comme vous le savez, pour négligeable, mais qui ne touche que l’avant-garde, la minorité agissante, le ferment de la contestation sociale chère à Nossiter. Le populo cher à mes amis « alterno-bobo-parigot » ça lui passe largement au-dessus de la casquette…

 

Grumes : vieux, notamment en Bourgogne et en Beaujolais Grain de raisin. « [Eux qui travaillent la vigne,] les vignerons ont ben le droit d'écraser une grume « (La Petite lune, 1878-79.

 

« Un grain de raisin. Ce substantif féminin connu depuis 1552 s'est maintenu encore aujourd'hui dans la langue technique de quelques régions viticoles francophones. Il met probablement l'accent à l'origine sur l'épaisse peau emprisonnant la chair sucrée du raisin. »

 

Bois de grume, en grume, Tronc coupé, ébranché et revêtu de son écorce. Débiter des grumes.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:00
J’suis snob j'ne fréquente que des baronnes aux noms comme des trombones j’bois de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère…

Halte au feu, ne criez pas au sacrilège, jamais au grand jamais je n’ai bu de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère car je ne mange jamais le camembert à la petite cuillère. Pardonnez-moi, c’est mon côté taquin, j’aime les rimes en R, le genre Hubert Bonnisseur de la Bath notre OSS117 versus Jean Dujardin grand admirateur de René Cotyqui m’a poussé à parodier les paroles d’une chanson d’un provocateur germanopratin Boris Vian, dont l’une des chansons, Le Déserteur, fut censurée pendant les années où nous faisions la guerre sans la faire (levée en 1962).

 

Foin de ma tendance coupable à la provocation de potache qui me vaut l’ire des maîtres de la dégustation – y’a de l’eau dans le gaz entre eux et mon immodeste et vulgaire personne – et passons à ma petite chronique sur un beau moment de partage.

 

Rien à voir avec ceux qui vendraient père et mère pour disposer d’un tabouret en bout de table pour la Fête de la Fleur ; avec d’autres qui entrent en quasi-lévitation au seul son de l’Angélus ; avec d’autres enfin qui pensent faire partie du peuple élu parce qu’ils ont été reçu « au château » * pour mettre leur nez au-dessus des Primeurs.

 

Pour alimenter votre culture du côté du « château » je narre en fin de chronique 2 petites histoires le concernant, la bouillie bordelaise de Bernard Ginestet et les socialos version 1981 et les châteaux de Bordeaux.

 

Je plante le décor :

 

  • dans un lieu tenu secret, une antre souterraine, 2 flacons d’Ausone : un 2003 et un 2005 que, sur son fidèle destrier, votre serviteur avaient porté la veille de la rencontre car le 2005, encore très jeune, avait besoin d’être carafé.

  • 3 amis, Jacques Dupont du Point, nul besoin de le présenter, Laurent Bazin journaliste à Itélé, blogueur, un peu intermittent ces derniers temps, sur le vin de mes amis et chroniqueur au Point et bien sûr ma pomme.

 

 

Ce fut un très beau et bon moment de partage entre l'un des Big Four* de la Première League, un bon pensionnaire de la Ligue 1, et un habitué de la DRH capable de temps à autre de réaliser un exploit en Coupe de France.

 

Pour les non footeux : le Big Four est un terme anglais donné au groupe de quatre grandes équipes de football du championnat d'Angleterre qui sont Arsenal, Chelsea, Liverpool et Manchester United ; la Ligue 1 c’est le truc où y’a plus que le Paris Saint-Germain ; la DRH étant la division régionale d’honneur chère à mon cœur.

 

 

 

Jacques Dupont

 

« En avril 2004, quand j’avais dégusté en primeur ce 2003, j’avais noté « L’élevage devrait adoucir le côté fauve. » Effectivement, le vin s’est adouci. Il conserve les caractères du millésime marqué on s’en souvient par une période caniculaire. Je n’ai jamais été un grand fan de ce millésime. Toujours en avril 2004 dans ce même numéro du Point j’écrivais : « peu de vins de grande garde. La faible acidité n’est pas toujours compensée par des tanins solides. Les années de grande garde, à Bordeaux, sont celles des maturités progressives, sans grands heurts climatiques. Ici, les grands vins sont d’abord des vins d’équilibre. » Je n’ai pas changé d’avis malgré les commentaires laudatifs de certains dégustateurs d’outre-Atlantique, si tu vois ce que je veux dire. Mais Ausone c’est d’abord un grand terroir capable de résister à ce genre d’accident météo et il le prouve dans le verre. Certes, il possède un côté solaire, riche un peu exubérant et nettement moins en finesse que 2005 mais quand même c’est d’une gourmandise ! »

 

Pour le 2005

 

« Là, on est vraiment en compagnie d’un très grand millésime, (peut-être le plus grand depuis ce nouveau millénaire) et particulièrement à Ausone. Dans le numéro consacré eux primeurs en avril 2006, j’écrivais à propos de ce vin : « beaucoup d’intensité autant dans l’expression du fruit que dans le toucher, structure dense mais douce, un fort caractère contenu. » On retrouve onze ans après ce caractère intense mais pas démonstratif. La retenue des très grands vins qui n’ont pas besoin de tee-shirt moulant pour montrer qu’ils sont bien bâtis (#jesuiscirconflexe). Ce n’est pas un monstre, juste un vin magnifique, étiré, suave qui te fait découvrir de nouvelles saveurs à chaque gorgée, qui ne se livre pas d’un coup à grands renforts de vanille et de pruneau mais par petites touches. Et s’il ne faut pas trop attendre pour se régaler du 2003, on sent que dans 20 ans, ce 2005 sera encore là avec d’autres histoires à raconter. »

 

Laurent Bazin

 

« Je ne suis pas Bordeaux, mais Ausone ça n’est pas du Bordeaux. Ça n’est pas du Saint Emilion. C’est du Ausone. C’est de la magie pure! Le petit côté fumé du 2003, année casse-tête pour tous les vignerons... la fraicheur inouïe du 2005, sa finesse, son côté légèrement mentholé… Sa longueur… Sa magie, oui j’y reviens. Ausone ça n’est pas une oeuvre de vigneron, c’est un vin d’alchimiste. »

 

Et moi

 

« Me voilà au pied du mur, que c’est dur ! Je ne sais mettre des mots sur un vin, sans doute parce que j’en aligne trop sur tout et rien. Alors Ausone ! Lui accoler des qualificatifs étant hors de ma portée, trop grandiloquents, pas assez pertinents, je vais faire bondir certains. Ausone c’est le luxe ! le vrai, rare, le dernier, loin de l’ostentation, du paraître, discret celui que l’on s’offre entre amis quitte à manger des nouilles pendant un mois entier. Sans honte je revendique le droit à ce luxe qui n’a rien à voir avec des images fabriquées par des petits génies du marketing. J’aime la matière, son toucher, son odeur, les belles étoffes, les beaux pulls, les chemises anglaises, les godasses cousues mains, même si aujourd’hui je vis en jeans et en confection Monop. Ce temps passé avec Ausone fut de même nature, un voyage au pays de la belle matière, du cousu main, un temps où j’ai lâché la bride à mes sens, un petit caillou blanc sur mes chemins de traverse. »

 

Je signale aux mauvais coucheurs, que ces 2 flacons d’Ausone m’ont été expédiés par Alain Vauthier, fidèle lecteur de mon blog, sans autre contrepartie que notre estime mutuelle et notre amitié.

 

 

« J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’à Bordeaux il existe plus de château qu’en Espagne ; des milliers et des milliers de Châteaux qui noient le consommateur dans un océan de marques sans signification. Cette constante multiplication est une escalade impossible et absurde. Elle conduit la production à morceler sa commercialisation en micro-unités de vente. Certes, elles permettent au négociant d’éviter un affrontement direct avec la concurrence, mais en bloquant par là même toute tentative de regroupement des produits pour une meilleure exploitation viticole, et pour une plus large et plus efficace couverture des marchés par des marques.

 

Mais l’Univers bordelais est fait de galaxies dont les experts eux-mêmes ont grand-peine à démontrer qu’elles ne sont pas des nébuleuses... Et nous exigeons de l’observateur amateur le don prodigieux de percevoir et de reconnaître dans cette voie lactée chacune des unités qui la composent !

 

Bien sûr, nous possédons à Bordeaux des étoiles de toute première grandeur. Elles seules suffisent sans doute par leur éclat incomparable au rayonnement lointain et prestigieux de notre cosmos bordelais depuis des siècles de millésimes-lumière. Elles ont été cataloguées, classées. Mais selon qu’elles se lèvent sous le signe du Médoc, de Saint-Emilion, des Graves ou de Sauternes, elles appartiennent à des hiérarchies différentes sans équivalence des grades.

 

Pour le consommateur, le vin de Bordeaux c’est « du vin de Château » et l’on s’est efforcé depuis plus d’un siècle de lui faire comprendre que le meilleur était celui du cru classé. »

 

  • Profitant de la vague rose qui submergea le Palais Bourbon, en juin 1981, Catherine Lalumière, fut élue député de la Gironde et nommée, le 23 juin 1983, Ministre de la Consommation du second gouvernement Mauroy (elle finira sa carrière comme parlementaire européenne par la grâce de l’inénarrable Nanard qui, avec sa liste aux européennes de juin 1994 « Energie Radicale », où se trouvait aussi Noël Mamère, dézingua en plein vol celle de Michel Rocard où Rachida Dati se trouvait placée en 54e position et Bernard Kouchner en 3e : ambigüité vous avez dit ambigüité). 

Bref, la toute fraîche Ministre, sise au Louvre rue de Rivoli, avec un Jacques Delors Ministre de l’Économie et des Finances ne lui laissant guère d’espace, mais ayant les Fraudes mise à sa disposition – en ce temps-là elles étaient sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture – et voulant imprimer sa marque jusque dans la 3ième circonscription de la Gironde, déclara vouloir mettre à plat l’épineux dossier des noms de châteaux.

 

En 1981, les nouveaux arrivants avaient la mise à plat facile car c’était la version soft de « du passé faisons table rase ». Les hauts fonctionnaires des Finances, goguenards face à cette piétaille pépiante, eux, par leur silence hautain, jouaient « cause toujours tu m’intéresses. » Et moi dans tout ça je découvrais, pour parodier le nouveau slogan du CIVB : qu’on pouvait s’offrir un château de Bordeaux pour quelques euros. L’initiative de Lalumière fit long feu. Et moi, ayant la haute main sur la cave de la Présidence de l’Assemblée Nationale – fort bordelaise puisque nous succédions à Chaban-Delmas – je découvrais les « délices » des GCC avec Bruno Prats comme mentor.

 

Snobisme

 

- Ambition qui consiste à désirer fréquenter certains milieux sociaux jugés supérieurs et à se faire adopter par eux.

 

« M. de Charlus, qui jusque-là n'eût pas consenti à dîner avec Mme de Saint-Euverte, la saluait maintenant jusqu'à terre. Recevoir l'hommage de M. de Charlus, pour elle c'était tout le snobisme. » Proust Temps retrouvé, 1922.

 

« À leur propos [des solennités mondaines], il [Montesquiou] partage l'humanité en deux camps, les élus et les exclus, deux termes à quoi il faut d'abord songer lorsque l'on cherche à définir le snobisme» Mauriac, Écrits intimes, 1932.

 

- Affectation qui consiste à priser ou à mépriser quelqu'un ou quelque chose non en raison de sa valeur ou de sa qualité mais en fonction du choix des gens que l'on veut imiter.

 

« Pure de tout snobisme esthétique, elle [la reine Victoria] était incapable de feindre un plaisir qu'elle n'éprouvait pas. » Maurois, Édouard VII, 1933

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 06:00
Ramon Mason Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris

Ramon Mason Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris

C’est Camille Labro qui l’écrit vendredi dernier dans M le magazine du Monde.

 

«Longtemps dédaigné, relégué au rang des légumes grossiers, éclipsé par son cousin le brocoli et par un chou kale surmédiatisé, le chou-fleur connaît enfin son heure de gloire gastronomique. Voilà plusieurs années que quelques cuisiniers s'échinent à le valoriser, comme Yotam Ottolenghi, grand chef d'origine israélienne installé à Londres, qui tient une chronique régulière dans The Guardian : « Depuis 2007, je fais campagne pour convaincre le monde que le chou-fleur n'est pas un légume terne et fade. La bataille semble enfin gagnée ! », se réjouissait-il l'an dernier.»

 

Sans trop ramener ma science, affirmer que j’ai du nez pour humer les tendances, le 3 janvier 2015 sur mon espace de liberté je chantais déjà les louanges du chou cramé à la Miznon.

 

« Je plonge le chou-fleur dans une grande casserole remplie d'eau, je chauffe et fais cuire 15 minutes à partir de l'ébullition. J'égoutte le chou-fleur, puis je le mets dans un petit plat allant au four. J'arrose de 2 c.s. d'huile d'olive, je sale et j'enfourne environ 45 min à 230 °C (mode grill), le temps que le chou-fleur noircisse un peu. »

 

 

Bien sûr la journaliste du Monde peut se permettre, contrairement au modeste chroniqueur que je suis, de faire un tour exhaustif des tables de la haute-cuisine où le chou-fleur fait un beau retour en grâce :

 

« Et qui déboule aujourd'hui en force sur les tables étoilées : Pierre Gagnaire le rôtit en croûte d'épices tandoori et fromage blanc ; Romain Meder, au Plaza Athénée, le sert brioché et contisé* à la truffe ; Alexandre Gauthier La Grenouillère l'associe, en lamelles crues et purée mœlleuse, à des Saint-Jacques « calcinées », pour un contraste de couleurs et de textures ; quant à Julien Dumas, qui a pris la relève au Lucas Carton, place de la Madeleine, il a créé un chou-fleur « croustillant » d'anthologie. »

 

 

Elle cite aussi Marc Paugam, agriculteur bio à Lanhouarneau (Finistère) « Le chou-fleur, c'est dans nos gènes. Nous produisons une quinzaine de variétés, des anciennes et des hybrides, Medaillon, Carantic, Pierrot ou Belot, plus ou moins précoces ou tardives, pour en avoir toute l'année. »

 

En 1998, Jo Guivarch, de la Confédération paysanne, constatait « Gorgés de pesticides, dopés pour pousser plus vite, les choux-fleurs auraient perdu toute saveur. De quoi expliquer le désamour croissant dont ce légume souffre auprès des consommateurs. »

 

Il attaquait alors frontalement, Alexis Gourvennec le chef des légumes bretons « … une très grosse légume lui-même. Autoritaire, charismatique, doté d'une éloquence tribunitienne, il tient ses troupes depuis quarante ans. »

 

Tout avait commencé, en compagnie de Léon, avec la «prise» de la sous-préfecture de Morlaix, à l'aube du 8 juin 1961. Il avait 25 ans. Les années qui suivront organisera la production et la mise en marché des légumes bretons, artichauts et chou-fleur. C'est grâce à lui que la zone de production de Saint-Pol-de-Léon se verra qualifier de «ceinture dorée» de la Bretagne dans les années 60. A la même époque, il sera également à l'origine de la création de la marque Prince de Bretagne.

 

Ma chronique du 3 janvier 2015 comptait donc la saga du chou-fleur au temps d’Alexis Gourvennec (décédé en 2007) ICI 

 

Camille Labro, cerise sur le gâteau, donne la recette du chou-fleur croustillant de Julien Dumas du restaurant Lucas Carton 

 

Mais comme la plupart des chroniqueurs gastronomiques elle ne nous dit pas ce qu’elle boirait avec…

 

 

J‘ai choisi Le Clou 34 de Claire Naudin http://www.naudin-ferrand.com/philo.asp

 

« Clou est le patois local oral pour « Clos » : cette vigne est située en face du lieu-dit « Le Clos de Magny ». 1934 est l'année de plantation... Vin de France puisque le vin n'est pas dans les clous de l'AOC, justement... »

Le chou-fleur « injustement mésestimé, dédaigné, relégué au rang des légumes grossiers connaît enfin son heure de gloire gastronomique » accompagné de l’aligoté Le Clou 34 de Claire Naudin…
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:00
Nénuphar géant, Victoria d'amazonie

Nénuphar géant, Victoria d'amazonie

Comme l’aurait dit ma mémé Marie « ils n’ont que ça à faire » la flopée d’abruti (e)s qui, sans savoir, sans comprendre « ces gens-là ne lisent pas », racontent n’importe quoi sur les réseaux sociaux, injurient, braillent à la destruction de notre belle langue, de son orthographe inimitable, de son fameux accent circonflexe.

 

Chapeau les idiots !

 

Et si nous vous convoquions à la dictée de Pivot pour un petit contrôle de vos belles connaissances ? Sans nul doute ce serait, pour beaucoup, un piteux « courage fuyons » la queue entre les jambes…

 

Sachons raison garder.

 

Comme l’écrit avec justesse sur son blog son blog Charivari à l’école, une professeur des écoles (une institutrice « maitresse de CM1-CM2 ») en Sologne :

 

« Oui, Victor Hugo, Monet, Zola... écrivaient nénufar. Mais en 1935, on s’est trompé en pensant que le mot était de la famille du mot grec nymphéa, alors on a décidé de l’écrire avec ph. Depuis lors, on s’est rendu compte de l’erreur. Le mot vient du persan et le ph n’est pas du tout justifié. On réserve la graphie ph aux mots qui viennent du grec (lettre phi). Donc on écrira nénufar, mais on ne touche pas à éléphant ni à philosophie ! 

 

Autre voix celle de Lucille Bluth @ayyyvocado sur Twitter :

 

J'ai résumé pourquoi le débat accent circonflexe/ognon/nénufar est stupide

 

 

Comme l’aurait dit Tonton qui croyait aux forces de l’esprit : « Encore un mauvais coup de Rocard… »

 

« Lorsqu'il présente son rapport, devant le Conseil supérieur de la langue française, le 19 juin 1990, Maurice Druon, alors secrétaire perpétuel de l'Académie française l'accompagne d'un propos liminaire, à l'adresse du Premier ministre Michel Rocard. «Quand un Premier ministre se penche sur l'état de la langue française, ce qui n'arrive pas tous les jours, il met ses pas, volens nolens, dans ceux de Richelieu» écrit Maurice Druon. Une manière d'appeler à la prudence et à la mesure en rappelant que «quand le Cardinal fonda l'Académie (ndlr : en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635), il lui assigna pour principale fonction de donner des règles certaines à notre langue, de la rendre éloquente et pure, capable de traiter des arts et des sciences».

 

« En 1990, l’Académie française avait planché sur une grande révision du français, afin d’en simplifier l’apprentissage. Cette réforme proposait une série de modifications : harmonisations lexicales (« charriot » avec deux « r » pour être similaire à « charrette »), regroupement de noms composés (« portemonnaie » plutôt que « porte-monnaie ») et suppression de certains particularismes, dont l’accent circonflexe.

 

Cette réforme, violemment combattue et qui avait suscité des débats passionnés, ne présentait pas de caractère obligatoire. Elle constituait une série de suggestions. Et, si la plupart des dictionnaires les proposent comme graphie alternative, dans l’enseignement proprement dit, elle est restée lettre morte durant un quart de siècle. »

 

Lire ICI Non, l’accent circonflexe ne va pas disparaître c’est le journal le Monde qui le dit. 

 

Chemin faisant en écrivant cette chronique il m’est venu à l’esprit que je pourrais, une nouvelle fois, marier le bel exercice du maniement de la langue française avec celui de la cuisine de ménage.

 

Effilocher

 

Défaire un tissu fil à fil, notamment pour en faire de la bourre ou de la charpie.

 

« La mer, sertie entre les montants de fer de ma croisée comme dans les plombs d'un vitrail, effilochait sur toute la profonde bordure rocheuse de la baie des triangles empennés d'une immobile écume linéamentée... » Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, 1918

 

Conjugaison du verbe effilocher

 

Verbe du 1er groupe

 

Le verbe effilocher peut se conjuguer à la forme pronominale : s'effilocher

 

Le verbe effilocher se conjugue avec l'auxiliaire avoir 

 

Du côté cuisine, la lumière est venue de la Belgique

 

 

Effiloché de porc – Pulled pork

 

« Ahhh le pulled pork, une vraie recette américaine comme je les aime! Savoureuse, réconfortante… qui se détache d’une facilité déconcertante… Miam! Et puis j’adore la sauce barbecue, qui fonctionne extrêmement bien avec le porc. »

 

Le premier secret de cette recette consiste à trouver une partie bien grasse du cochon, telle que l’épaule par exemple, ou le spiringue. Le deuxième consiste quant à lui à ne pas être pressé et à arroser régulièrement la viande. J’ai cuit le porc pendant près de 5 heures au four, mais vous pouvez aussi utiliser une cocotte ou même un barbecue. Tant que la chaleur est douce. Vous pouvez après manger la viande comme vous le préférez »

 

Nappez la viande avec la moitié de la sauce barbecue. Laissez mariner quelques heures. Enfournez au four 5 heures à 110°. De temps à autre, retournez la viande et versez un filet d'huile d'olive. Arrosez-la souvent avec le jus de cuisson. A moitié de la cuisson, nappez à nouveau d'un peu de sauce barbecue. Gardez le reste pour la dégustation. Si la viande vous parait sèche, versez un peu d'eau dans le plat et arrosez de plus belle. La viande est prête lorsqu'elle se détache facilement, à l'aide d'une fourchette. »

 

Me reste plus qu’à trouver une palette de porc noir de Bigorre pour me préparer une belle effilochée de goret…

 

Avec ça, sur les conseils  de  Patrick Böttcher je boirai une Cantillon

 

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:00
CHAP.15 opération Chartrons « Si nous acceptions le paquet neutre, dans 6 mois on vous proposera la bouteille de vin neutre, et c'en sera fini de nos appellations, c'en sera fini de nos terroirs» du grand Sarko

« Ne tombe pas amoureux d’une femme qui lit, d’une femme qui ressent trop, d’une femme qui écrit…

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme cultivée, magicienne, délirante, folle.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui pense, qui sait ce qu’elle sait et qui, en plus, sait voler ; une femme sûre d’elle-même.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui rit ou qui pleure en faisant l’amour, qui sait convertir sa chair en esprit ; et encore moins d’une qui aime la poésie (celles-là sont les plus dangereuses), ou qui s’attarde une demie heure en fixant un tableau, ou qui ne sait pas comment vivre sans musique.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui s’intéresse à la politique, qui soit rebelle et qui a le vertige devant l'immense horreur des injustices. Une qui aime les jeux de foot et de baseball et qui n’aime absolument pas regarder la télévision. Ni d’une femme qui est belle peu importe les traits de son visage ou les caractéristiques de son corps.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme intense, ludique, lucide et irrévérencieuse.

 

Tu ne veux pas tomber amoureux d’une femme de la sorte. Car, si d’aventure tu tombes amoureux d’une femme pareille, qu’elle reste ou pas avec toi, qu’elle t’aime ou pas, d’elle, d’une telle femme, JAMAIS on n’en revient. »

 

Martha Rivera-Garrido

 

 

Avec Sarkozy ce n’est même plus de la démagogie c’est le degré extrême de la bêtise et du mépris du citoyen.

 

« Si nous acceptions le paquet de cigarettes neutre, dans six mois on vous proposera la bouteille de vin neutre, et c'en sera fini de nos appellations, c'en sera fini de nos terroirs, c'en sera fini de la défense de nos savoir-faire. Vous aurez demain des intégristes qui vous demanderaient la bouteille neutre. Puis le fromage neutre »

 

Et pendant ce temps-là, après avoir grimpé les 120 marches de la butte, dans le pub de Montmartre où se sont rassemblés plus de 300 de ses jeunes supporteurs, Alain Juppé a tombé la veste, retroussé ses manches à petits carreaux bleu blanc et rouge. Sur le tube de Macklemore & Ryan Lewis « Can’t Hold Us », les militants, verres de bière à la main, se ­déchaînent et crient à tue-tête : « Juppé pré-si-dent. » Installées au fond de ce bar irlandais, sa femme, Isabelle, en jean et chemise écossaise, et sa fille, Clara, née il y a un peu plus de vingt ans, à l’époque où Juppé était Premier ministre. C’est la deuxième fois, depuis le début de l’année, que la discrète épouse du maire de Bordeaux apparaît dans cette campagne. Dans les premiers jours de janvier, elle avait assisté à l’inauguration du QG de campagne. Cette fois, elle s’est impliquée dans l’organisation de la soirée. « Cela m’intéresse. Et, pour les jeunes, c’est normal de donner un coup de main »

 

 

« Quatre jours plus tôt, dans le TGV qui l’emmène à Calais, Alain Juppé confie qu’il vient justement de recevoir le livre du patron des Républicains. La dédicace : « Avec ma très réelle amitié, Nicolas Sarkozy. » Le maire de Bordeaux sourit. « Je termine celui de Copé et, après, je lirai celui de Nicolas », assure-t-il, tout en expliquant qu’il préfère de loin, pour s’endormir, les romans policiers. L’ancien président de la République a-t-il eu raison de faire son autocritique ? « Les gens ­aiment ça. Je l’ai moi-même faite, et plusieurs fois. Encore en septembre dernier, j’ai fait mon mea culpa devant un congrès des médecins réunis à La Baule. Il [Nicolas Sarkozy] tente de purger son passé et croit qu’il va rebondir. Il sait faire. Je vois bien qu’il mélange miel et fiel. Franchement, je ne suis pas sûr que son bouquin change radicalement les choses. […] Le rejet de Sarkozy est très fort chez les parlementaires, 90 % d’entre eux ne veulent plus en entendre parler », assène un Juppé plus confiant – trop ? – que jamais. « Sans forfanterie, je sens à mon égard un petit mouvement d’adhésion. Maintenant, c’est mon job de créer cet enthousiasme, de passer d’une élection par défaut à un vote d’adhésion. »

 

Et pendant ce temps-là Michel Onfray fait à nouveau parler de lui. Sa cure de silence médiatique souffre de nombreuses exceptions, surtout lorsqu’il s’agit de promouvoir l’un de ses livres, Penser l'islam en France, en Italie. Le voilà de retour dans un entretien au quotidien Corriere della sera, mercredi 3 février – journal qui édite par ailleurs son ouvrage en Italie.

 

« L’islam manifeste ce que Nietzsche appelle 'une grande santé' : il dispose de jeunes soldats prêts à mourir pour lui. Quel occidental est prêt à mourir pour les valeurs de notre civilisation : le supermarché et la vente en ligne, le consumérisme trivial et le narcissisme égotiste, l’hédonisme trivial et la trottinette pour adultes ? »

 

« La diplomatie ne saurait fonctionner qu’avec des Etats amis, moralement impeccables et inconnus d’Amnesty International. Il faut dîner en compagnie du diable avec une grande cuillère. »

 

Il regrette que la France ne prenne pas l'initiative d'une conférence mondiale pour la paix, sans préciser davantage les contours de sa mission éventuelle. « Mais je n’y crois pas. François Hollande n’a aucun charisme international et il n’a pour seule perspective que d’être réélu, or, la testostérone du chef de guerre est hélas un argument électoral. »

 

Il s'en prend aux hommages rendus aux victimes des attentats, place de la République à Paris : « Déposer des peluches au pied de la statue de la République est la seule manifestation d’intelligence autorisée par le pouvoir d’Etat soutenu par le pouvoir médiatique. »

 

Et pendant ce temps-là Longueurs&Pointes se prévaut d’un titre d’ingénieur agronome alors qu’elle n’a dû qu’à son classement de sortie de l’X d’être intégrée à l’ENGREF.

 

NKM-La France Droite ‏@LaFrancedroite 2 hil y a 2 heures

.@nk_m dans @OuestFrance "Je suis ingénieure agronome vous savez, une spécialité plutôt rare chez les politiques"

 

Les grandes écoles, leurs prépas, leurs concours, leurs rangs de sortie :

 

« La compétition frontale, un jour donné et à une heure précise, a son sens dans le cyclisme ou l’athlétisme. Elle n’en a aucun dans l’enseignement supérieur. Elle réintroduit un enjeu scolaire qui n’a pas sa place. Les études supérieures doivent être dures, sélectives au long d’un apprentissage programmé aujourd’hui sur cinq années, ouvertes sur un grand nombre de facultés et, pour ceux qui en sentent la motivation, se poursuit sur une thèse qui devrait toujours être financée.

Concours, classes préparatoires, grandes écoles, classement de sortie sont des scories d’un ordre ancien, périmé, nocif. La France est entre les mains de cette engeance arrogante. Tous et toutes sont sortis de cette colonne de distillation où la bande tournante combine CPGE, concours, classement de sortie, "grandes écoles". De l’Élysée à Areva, on voit le résultat. Et si on essayait autre chose ? Qu’a-t-on vraiment à perdre ? »

 

 

Comment rétablir la confiance dans les médias ?

 

« L’intérêt des Français pour l’information reste élevé tout comme leur exigence à l’égard des journalistes et des médias. L’année 2015, marquée par une profonde refonte du secteur, a accru le sentiment d’un manque d’indépendance des professionnels de l’information. Si la confiance envers la télévision, la radio et la presse écrite se maintient, la crédibilité d’Internet baisse.

 

Il y a un an, lorsque l’institut TNS Sofres avait, pour La Croix, sondé les Français sur leur confiance dans les médias, des Français, nombreux, brandissaient des crayons place de la République, les journaux s’arrachaient dans les kiosques, les audiences des radios et télévisions s’envolaient.

 

La rédaction de Charlie Hebdo venait d’être prise pour cible par des terroristes. Tuer des journalistes, c’était s’en prendre à la liberté d’expression, un socle de la démocratie. Les résultats de notre Baromètre (intérêt record pour l’information, crédibilité des médias en hausse, moindre défiance envers les journalistes…) reflétaient alors ce besoin évident d’union nationale, qui se révéla éphémère. »

 

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 06:00
« Mitterrand - Un jeune homme de droite » : le jeune Mitterrand fut le produit de son temps et de son milieu social…

Nous venons de commémorer le 20e anniversaire de la mort de François Mitterrand, deux t, deux r, ses adversaires le dénommait à plaisir Mitrand, ce que le premier cercle de la Mitterrandie exécrait, et l’actuel Président, flanqué de Mazarine, a fait le pèlerinage de Jarnac.

 

En France nous commémorons beaucoup et nos hommes politiques n’aiment rien tant que la captation d’héritage.

 

Madame Taubira lorsqu'elle prend la plume est plutôt gentille avec François Hollande. Dans Murmures à la jeunesse, l'ancienne Garde des Sceaux ne se livre à aucune attaque personnelle ni à aucune critique déguisée à l'égard du chef de l'État. Sans doute parce que les écrits restent alors qu’en revanche les paroles volent.

 

« Il a jonglé entre opposants et partisans, fait plaisir à la droite et au FN. Il s'est pris pour Mitterrand, mais il lui manque un étage. »

 

Propos rapportés par Le Canard Enchaîné le mercredi 3 février.

 

Michel Rocard, dont on connaît les relations exécrables avec Mitterrand, lorsque Léa Salamé lui a demandé, lors de son interview sur France Inter de mardi dernier : « si on en faisait trop sur l'ex-chef de l'Etat » a lancé avec son franc-parler coutumier :

 

« Oui. Je pense que l'histoire lointaine réglera ça. »

 

« N'en mérite-t-il pas tant? », l'a alors relancé la journaliste.

 

« C'est mon sentiment », a lâché Michel Rocard, avant de reconnaître, « Il y a un peu de partialité là-dedans, sans doute. »

 

Dans la roue de Michel Rocard j’ai passé dix années de ma vie alors qu’il bouclait ses deux septennats, j’ai même dirigé le cabinet d’un Mitterrandien du premier cercle, Louis Mermaz, alors ne comptez pas sur moi pour jouer les « vierges effarouchées » à propos de son passé. Sans tout savoir de celui-ci, je n’ai jamais fait semblant d’ignorer les zones d’ombre de sa jeunesse, ni son échine souple, ondoyante sous la IVe et pire encore, son intransigeance en tant que Garde des Sceaux. Bref, j’avais beaucoup lui sur lui et, en dépit de sa victoire en mai 1981, j’ai toujours estimé que le contrat initial qu’il avait passé pour prendre le pouvoir au Congrès d’Épinay, alliance de la droite du PS Gaston Deferre et des crypto-marxistes de Chevènement, portait en lui toutes les ambigüités d’une gauche qui prétendait marier l’eau et le feu. Les dividendes de ce PS attrape-tout, sans colonne vertébrale, repaire de candidats aux mandats, sont aujourd’hui au rendez-vous et, comme Michel Rocard, je le regrette.

 

La dernière biographie vraiment originale est due à la plume d’un anglais Philippe Short « François Mitterrand » Portrait d’un ambigu. L’auteur dans son prologue annonce la couleur « Les autres nations font face à des scandales. Les Français, eux, font face à des affaires » et dans ses remerciements il remercie le ciel de l’avoir envoyé en France sous la présidence de François Mitterrand. Comme je le comprends moi, l’homme de l’ombre, qui a passé sa vie à se glisser dans les plis. Souvenir d’André Rousselet, premier directeur de cabinet du nouveau Président de mai 81, «dont les récits tendres et ironiques et lucides sur son ami, François Mitterrand » ont été précieux pour Philippe Short. « Grâce à lui, Anne Pingeot accepta de mettre sa discrétion légendaire de côté pour me parler de l’homme avec qui elle partagea pendant plus de trente ans un amour extraordinaire et courageux. Elle fut « l’héroïne d’un film que personne ne verra jamais », selon les mots de leur fille, Mazarine. »

 

 

Aujourd’hui c’est un scénariste belge Philippe Richelle et le dessinateur français Frédéric Rébéna qui lui consacrent un admirable album de bande dessinée «Mitterrand - Un jeune homme de droite ». Une bande dessinée subtile et élégante, sans concessions, exigeante, fondé sur récit qui oublie de séduire.

 

Comme l’aurait écrit au temps de ma jeunesse la Centrale Catholique : à mettre entre les mains de lecteurs avertis.

 

« Les auteurs se sont penchés plus sur les années 36-45, les plus troubles de son parcours politique, sans pour autant charger la bête : le jeune Mitterrand fut le produit de son temps et de son milieu social mais ne sombra jamais dans les pires excès nationalistes dont l’antisémitisme. »

 

Mitterrand personnage de roman, c’est l’opinion de Philippe Richelle : « La révélation tardive de son passé vichyste, par exemple, a alimenté ce constat. Ça a ajouté à son parcours tout à fait atypique, exceptionnel, tortueux une dimension effectivement romanesque ».

 

« François Mitterrand m’intéresse et m’intrigue fortement depuis près de vingt ans. Même avant, remarquez : Je me souviens qu’en 1981, alors que j’étais en terminale, notre prof de lettres nous avait presque obligés à acclamer son élection. Globalement, on était aussi excités que nos jeunes voisins français, on sentait poindre un souffle nouveau dans la vie politique. Même si la suite nous a tous quelque peu déçus – et c’est un euphémisme ! ».

 

« Établi à partir d’une documentation solide - mais sans la consultation de ses héritiers -, ce portrait présente donc un jeune Mitterrand pour ce qu’il est alors : un jeune homme de droite, issu de la droite traditionaliste, provinciale et profondément catholique, et qui n’avait jamais vraiment accepté la République »

« C’était un personnage complexe, plein de contradictions. Mais malgré le fait qu’il ait été « façonné » par son extraction traditionaliste, il s’est, peu à peu, construit, il a souffert - notamment au stalag - et fait des rencontres qui ont élargi son horizon intellectuel », note Philippe Richelle.

 

Le découpage en 6 chapitres est pertinent, jamais on ne perd le fil de l’histoire familiale, amicale et amoureuse du jeune Mitterrand et celui de l’Histoire troublée de cette période. Biographie toute en finesse, ni à charge, ni à décharge, à la bonne distance qui laisse au lecteur sa liberté de choix. Le trait du dessinateur Frédéric Rébéna est incertain, changeant, volonté de traduire le flou, l’incertain, ou difficulté à saisir la véracité du personnage central ? Je ne sais mais la suite se devra d’être plus précise, le visage de Mitterrand, son masque est partie intégrante de sa vérité intérieure.

 

Ambitieux, fat, séducteur, déplaisant, arrogant, fascinant aussi, ambigu, pompeux, lyrique, pugnace, tenace, courageux, sûr de lui, déterminé, ondoyant, fidèle en amitié : Georges Dayan le socialiste, Patrice Pelat alors communiste, le Mitterrand jeune porte en lui tout ce qui façonnera le Mitterrand de la IVe ne rêvant que de devenir Président du Conseil, puis celui de l’Union de la Gauche, du Programme Commun qui accédera le 10 mai 1981 à la fonction présidentielle qu’il occupera, avec deux intermèdes de cohabitation, 14 ans.

 

À lire, à offrir à vos grands adolescents, cette biographie est de qualité et mérite d’être présente dans vos bibliothèques.

 

« Mitterrand - Un jeune homme de droite », de Philippe Richelle & Frédéric Rébéna - Éditions Rue de Sèvres, 18 euros

 

1 second volume devrait suivre, qui couvrira de l’immédiat après-guerre à la fin des années 1950 …

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 06:00
« Mgr Ducourtray n’a rien compris au préservatif, il l’a mis à l’index » André Santini disserte sérieusement à Toulouse au colloque « Rire, Droit et Société » en qualité de Grand témoin.

André Santini, le député-maire d’Issy-les-Moulineaux, est un grand amateur de bonne chère, de gros cigares, en 1991, il a créé le « Club des parlementaires amateurs de havane », dont il est président à vie, de bons mots. Il est aussi très connecté.

 

Santini a écrit « Ces imbéciles qui nous gouvernent » et premier membre d'honneur intronisé Commandeur de la Confrérie Saint Vincent d'Issy-les-Moulineaux s'est donné pour objectif de promouvoir « la renaissance, le développement et l'exploitation de la Vigne d'Issy-les-Moulineaux et toutes activités annexes en découlant ».

 

Très récemment, il a participé, le jeudi 3 décembre 2015 au très sérieux colloque IDETCOM « Rire, Droit et Société » organisé par l’Université Toulouse-I Capitole, salle de la Manufacture des Tabacs, en qualité de Grand témoin. 

 

« Le rire méritait bien qu’on lui consacre un colloque, dans un moment où la gravité nous oppresse. C’est un rayon de lumière qu’on ne peut manquer de savourer. Comme RABELAIS, je vous le dis donc : vivez joyeux ! », André SANTINI.

 

 

L’humour et les politiques ne font pas souvent bon ménage, surtout lorsque celui-ci est manié par les politiques eux-mêmes.

 

La vidéo ci-dessous vaut la peine d’une audition attentive, Santini, face à un auditoire sérieux, donne le meilleur de lui-même.

 

Comme chacun sait François Hollande a toujours été amateur de bons mots.

 

Cabu, un an avant l’attentat, lui avait rendu visite à l’Élysée. Il tournait un documentaire d’après son dernier livre « Peut-on encore rire de tout ? » et il avait aussi alerté le Président de la situation dramatique de Charlie-Hebdo. Avant de partir, Cabu avait lancé « Surtout ne perdez pas votre humour. »

 

« Je me retiens parfois », avait répondu Hollande.

 

Lors du débat télévisé du second tour de l’élection présidentielle Nicolas Sarkozy lança « Ce n'est pas le concours de la petite blague, Monsieur Hollande », allusion transparente au surnom que lui avaient accolé ses rivaux socialistes. « La flèche avait été soigneusement affûtée, trop soigneusement peut-être. Elle alla se ficher dans le décor du studio, loin de sa cible. » rapporte un journaliste du Monde.

 

François Hollande en effet n'avait pas toujours tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant de blaguer. Aquilino Morelle, alors plume de Lionel Jospin avant de faire cirer ses pompes chez François, rapporte ce trait d'humour hollandais qui avait « blessé » le premier ministre accueilli par ce message ironique en plein conseil national du PS : « Entre, Lionel, nous parlions de ton bilan mais nous n'en étions pas encore au droit d'inventaire. » Quelques jours plus tard, l'austère Jospin, que certains trouvaient aussi drôle qu'un pasteur suédois, prophétisa : « François, un jour, ton humour te perdra. » Finalement, c'est plutôt l'humour qu'il a dû perdre pour gagner.

 

« Le député centriste André Santini, triple lauréat du prix de l'humour politique, n'a jamais consenti à un tel sacrifice. Il ne regrette aucun de ses bons mots tout en se disant convaincu que sa langue trop bien pendue a nui à sa carrière ministérielle. Alain Juppé et Valéry Giscard d'Estaing, en particulier, n'ont jamais franchement rigolé en entendant ses saillies « A force de descendre dans les sondages, Alain Juppé va finir par trouver du pétrole », « Je me demande si on n'en a pas trop fait pour les obsèques de François Mitterrand, je ne me souviens pas qu'on en ait fait autant pour Giscard ». Le député, maire d'Issy-les-Moulineaux, reconnaît volontiers que ses formules piquantes lui ont permis de sortir de l'ombre : « Si vous êtes à l'Assemblée parmi les obscurs, les sans-grades, vous n'êtes personne. L'humour vous permet d'exister, dès que vous balancez une vacherie, les journalistes viennent aussitôt vous chercher. »

 

« Hervé Morin est un peu court, il va sauter du pont de Normandie mais je ne sais pas si l'élastique est bien fixé. »

 

Prix Press Club humour et politique 2012.

 

À propos d'Alain Juppé « Le Premier Ministre souhaite un Gouvernement ramassé; il a parfaitement réussi. »

 

À propos de Raymond Barre « Quand je le vois roupiller à l'assemblée nationale et qu'il ne roupille pas, il se tourne les pouces et je me dis: tiens il fait son jogging. »

 

« Les experts naquirent du grand besoin qu'ils avaient d'eux-mêmes. »

 

« Si Saint-Louis rendait la justice sous un chêne, Arpaillange la rend comme un gland.»

 

François Goulard qui a aussi emporté le prix de l’humour politique pour cette phrase :

 

« Être ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas. »

 

« La Ve République n'a pas totalement anesthésié l'esprit en politique, mais le genre reste un art mineur réservé aux seconds couteaux et aux porte-flingues… André Santini voit dans cette incapacité des politiques français à prendre une distance amusée sur eux-mêmes l'influence de l'énarchie : « Pour entrer à l'ENA, il faut être tout sauf drôle. Il faut être classique, convenu, conventionnel. Les jeunes y sont formés à la langue de bois. Avant, il y avait chez les politiques bien plus d'avocats et de professeurs habitués aux amphithéâtres et aux plaisanteries de carabins

 

 

Georges Clemenceau avait le verbe assassin, il reste l'une des grandes références de François Hollande « Il y a deux organes inutiles : la prostate et le président de la République »

 

« La guerre ! C'est une chose bien trop grave pour la confier à des militaires ! »

 

« Ci-gît Marcellin Berthelot. C'est la seule place qu'il n'ait jamais sollicitée »

 

« Donnez-moi quarante trous du cul et je vous fais une Académie française. »

 

« Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins. »

 

« Celui qui quitte votre parti pour aller dans un autre est un traître. Celui qui vient d'un autre parti pour rejoindre le vôtre est un converti. »

 

« En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. »

 

« Il suffit d’ajouter « militaire » à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi la justice militaire n’est pas la justice, la musique militaire n’est pas la musique. »

 

« La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts. »

 

« Il voulait être César, il ne fut que Pompée » à propos de Félix Faure président de la République mort au cours d’une partie de jambes en l’air avec sa maîtresse Marguerite Steinheil.

 

Lorsque le prêtre mandé pour lui administrer les derniers sacrements se présente, quelques heures plus tard, il demande à un garde du palais : « Le président a-t-il encore sa connaissance ? », s’attirant la réponse mythique : « Non, elle vient de s’enfuir par l’escalier de service. »

 

 

Les saillies de Churchill sont célèbres, normal de la part d’un homme qui déclarait « les paroles sont les seules choses qui durent »

 

Elles fusaient, « d’innombrables idées jaillissaient quotidiennement de son cerveau, y compris dans la baignoire où il aimait travailler… »

 

« Il compte parmi ces orateurs dont on dit fort justement : « avant de se lever, ils ne savent pas ce qu’ils vont dire ; pendant qu’ils parlent, ils ne savent pas ce qu’ils disent; et quand ils se rassoient, ils ne savent pas ce qu’ils ont dit. »

 

À propos de Lord Charles Beresford, amiral et député conservateur

 

Sur le parti conservateur… quand il en était membre (ndlr il faut aussi membre du parti libéral)

 

« C’est un groupe de messieurs tout ce qu’il y a de respectables, braves et honnêtes, qui sont prêts à de grands sacrifices au nom de leurs opinions, mais qui n’ont pas d’opinions. Ils seraient prêts à mourir pour la vérité, si seulement ils savaient à quoi elle ressemble. »

 

« Les oiseaux morts ne tombent pas du nid »

 

Comme on lui fait remarquer que sa braguette est ouverte.

 

Lire ICI 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 09:23
« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.

Guillaume Nicolas-Brion a du Morgon dans les veines et il me pardonnera de le mettre dans la peau du célèbre commissaire San-Antonio cher à Frédéric Dard.

 

La répartie est tirée de « Fais gaffe à tes os » le 18e volume de la série des San-Antonio publié en 1956.

 

 

« Le Commissaire San-Antonio est sur les traces de criminels nazis. Secondé par l'ineffable Bérurier, dit l’enflure, spécialiste des filatures il doit retrouver et abattre Luebig, ex-bras droit d'Himmler qu’un certain Lefranc a reconnu aux actualités cinématographiques assistant au meeting d'aviation du Bourget… Aucun autre indice, à part ce film… C'est maigre… Quelques pistes semblent mener en Espagne... En route pour Barcelone où Bérurier disparaîtra et sera retrouvé piteux état dans un cul-de-basse-fosse.

 

« Fais gaffe à tes os, San-Antonio, me dit-il… cette histoire est à la c… comme un esquimau est à la vanille. »

 

Comme le disait dans les temps anciens les présentateurs à la télé sans transition passons de l’esquimau à la vanille au flan du même parfum cher aux papilles de Guillaume Nicolas-Brion qui dans une chronique du 2 février affirme que « Le flan de l'artisan Bruno Solques surpasse (et de loin) celui de Cyril Lignac »

 

 

Je n’en suis pas resté comme 2 ronds de flan, ni sur le cul pour faire vulgaire, car Bruno Solques je connais, sa boutique est au 243 Rue Saint-Jacques, près de l’hôpital du Val de Grâce à quelques encablures de chez moi où toutes les voies sont estampillées Saint-Jacques…

 

Mais, vous commencez à me connaître, je me suis dit que je ne pouvais en rester à ce simple duel entre une star pour bobo trentenaire et un bon artisan. Alors j’ai décidé de prendre mon petit vélo pour aller acheter 3 flans :

 

  • Celui de Poilâne rue du Cherche-Midi, (3) 

La numérotation est fonction de l’éloignement des boutiques de mon home.

 

  1. Poids : 153 g Prix : 2,30€

 

2. ​Poids : 230 g Prix : 2,50€

3. Poids : 222 g Prix : 3,50€

 

J’ai donc dégusté dans l’ordre de la numérotation 1 morceau de chacune des parts achetées hier matin.

 

- Le flan de Laurent Duchêne est sans grand intérêt, peu gouteux, ferme.

 

- Celui de Poilâne le surpasse aisément, il est onctueux, léger, un peu court en bouche.

 

- Enfin, le chouchou de GNB est bien tel que décrit par lui, aérien et très gouteux. Il n’y a pas une goutte de rhum dans ce flan cher Guillaume.

 

Reste son différentiel de prix avec celui de Poilâne : 1 € ce n’est pas rien. Est-ce le surcoût lié au statut de petit artisan ? Je ne sais…

 

Que choisir ?

 

C’est la gourmandise qui l’emporte : je vote Bruno Solques…

 

Si ça vous dit de vous taper une part de flan au dessert vous pouvez faire couler en vous offrant quelques gorgées de Crémant de mon chouchou Jean-Pierre Rietsch.

 

Le flan est une crème sucrée à base d'œufs, de lait et de farine que l'on fait prendre au four.

 

Voir la version vendéenne du flan : La Fiounaïe de mémé Marie 

 

« La femme tenait un large flan acheté chez un pâtissier de la chaussée Clignancourt»

 

Zola, Assommoir, 1877

 

L'expression « en rester comme deux ronds de flan » est apparue au tout début du XXe siècle. Son auteur serait-il alors allé piocher dans le vieux français pour construire cette expression ? Pourquoi pas.

 

Au XVIe siècle le flaon synonyme de la monnaie qu'on frappait et la métaphore tendrait à décrire une personne frappée d'étonnement comme la pièce de monnaie. Le terme rond quant à lui ferait référence à la forme de cette monnaie comme à la forme des yeux qui s'arrondissent suite à un événement qui provoque la stupeur.

 

Une autre explication tendrait à comparer cette expression française avec une autre qui fut l’une de ses variantes affirmant « rester comme du flan » signifiant devenir mou comme la pâtisserie en rapport à la « force d'étonnement ». Il se pourrait aussi que ce dicton ait un lien avec la forme des fesses représentées par les deux ronds de flan.

« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.
« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 06:00
« Il faut passer du vin produit au vin expérientiel » Jean-Noël Kapferer Les vins de Bourgogne sont-ils devenus des produits de luxe ?

Jean-Noël Kapferer « l’expert français des marques, est reconnu mondialement comme un des tous premiers spécialistes du sujet et un des plus influents » c’est la page d’ouverture de son site qui le dit, a donné une conférence organisée par l’INSEEC, le 28 janvier dernier sur le thème « Les vins de Bourgogne sont-ils devenus des produits de luxe ? »

 

Kapferer est une marque

 

Un compte-rendu assez exhaustif a été transcrit sur ce site 

 

Je vous en propose la lecture, sans faire le moindre commentaire, ce qui est de ma part une prise de position, car en creux elle est très révélatrice du regard d’un éminent spécialiste des marques sur le monde du vin français.

 

Jean Noël Kapferer, si je puis l’écrire, je connais.

 

En effet, lors de la préparation de mon rapport, lors de l’assemblée générale la FEVS, alors présidé par Patrick Ricard, il avait planché sur le sujet suivant : les marques sur les chemins de la reconquête.

 

Les AG raffolent de ce genre d’exercice, juste avant le déjeuner, dans le cadre élégant de la Maison de l’Amérique Latine. C’est chic. Tout le monde, c’est-à-dire la fine fleur de l’establishment du vin de Paris et de nos belles provinces, applaudit.

 

L’exposé de Jean Noël Kapferer, très Power Point, bien rodé, 7 visuels, je m’en souviens bien, avait fait sourire Louis-Fabrice Latour.

 

Son diagnostic était rude :

 

1- Trop de nos signes (noms, appellations…) sont liés à une définition objective du vin (optique producteur) ;

 

Alors que le consommateur des pays sans « culture vin » achète une garantie subjective et une constance d’expérience sensorielle (son goût) ;

 

2- Trop de nos signes sont inconnus, illisibles, incompréhensibles pour le non connaisseur ? Mais c’est le marché !

 

3- Nos quelques signes connus sont trompeurs. Exemple : CHÂTEAU

 

- sous une origine, on trouve le meilleur et le pire

 

- sans fonction-garantie, nos signes perdent toute valeur.

 

4- L’empilage de signes a créé une distance avec le consommateur amateur et a ouvert un boulevard aux vins du Nouveau Monde, plus proche du client

 

- goût adapté

 

- prix stimulant

 

- étiquettes : simples, sobres, compréhensibles, modestes

 

5- Vins français (la référence) perçus comme les meilleurs mais faibles sur les vins accessibles, complexes, compliqués, sectaires, parfois mauvais.

 

D’où : attente d’un « safe choice » non français occasion de rejeter le système des vins du Vieux Monde : confusion, prétention, complication. Un autre rapport au vin

 

6 - Nous avons bâti un écheveau de règles de production, de codes et interdits de consommation : excès de formalisme.

 

Les consommateurs des pays non producteurs ne connaissent pas ces règles

 

Vins du nouveau monde = pas de formalisme

 

Innovations – Adaptation au marché – Simplicité de la relation.

 

Voilà, je m’en tiens donc là…

 

Bonne lecture et si ça vous dit vous pouvez commenter…

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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