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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 08:00
CHAP.15 opération Chartrons « Ô médiocratie fétide… vomissements économiques, produit scrofuleux d’une nation épuisée, je vous exècre de toute les puissances de mon âme ! »

Tout arrive à qui sait attendre, nous avons déjeuné ensemble. Je revis. J’attends. Ai-je le temps ? J’ai du temps. À plaisir je le gaspille, sans elle. Rien ne me détournera de ma trajectoire et elle le sait. Son silence, ses silences loin de me plomber renforce ma détermination tranquille. Je l’aime. Elle le sait.

 

Impitoyable, le monde politique recèle une part de cruauté, de violence, d’humiliation, portée à sa quintessence pour ceux qui se retrouvent, par le fait du Prince, propulsé sous les ors de la République. Passer de l’ombre à la lumière, s’enivrer du pouvoir ou de son illusion, alors que simple CDD, sans contrat, le matin tu es courtisé et le soir rejeté dans les ténèbres extérieurs.

 

Fleur Pellerin, ministre de la Culture, vient d’être congédiée, prévenue de son infortune de façon lapidaire quelques minutes avant l’annonce officielle, elle a quand même eu droit, paraît-il à un coup de téléphone du président de la République après. Pour lui dire élégamment que le gouvernement avait besoin de quelqu’un « de politique ».

 

Qui ne s’est pas moquée de Fleur Pellerin suite à son aveu de ne pas avoir lu Patrick Modiano prix Nobel de littérature ? Ne pataugeant pas dans le marigot culturel je n’ai jamais eu d’opinion arrêtée sur elle ni sur son action. En revanche, ce que les Princes qui nous gouvernent viennent de lui faire subir me la rende soudain sympathique. Sentiment renforcé par son histoire personnelle assez extraordinaire.

 

À l’occasion de son discours de départ de la rue de Valois Fleur Pellerin vient de remettre les goujats à leur place avec une élégance, une sincérité et une fidélité qu’il saluer bien bas. Chapeau madame !

 

« Il y a peu de pays au monde où une enfant trouvée dans les rues d’un bidonville, d’un pays en développement, et adoptée par une famille modeste, dont la généalogie est faite d’ouvriers, de domestiques, puisse un jour se retrouver ministre de la Culture. J’ai une gratitude immense, indicible pour Manuel Valls d’avoir proposé mon nom au président de la République en août 2014. Je tiens à lui dire ma reconnaissance et ma fidélité ».

 

Vous avez incarné avec honnêteté ce bail précaire, soumis aux caprices du prince 

 

« Ô médiocratie fétide, poésie utilitaire, littérature de pions, bavardages esthétiques, vomissements économiques, produit scrofuleux d’une nation épuisée, je vous exècre de toute les puissances de mon âme ! Vous n’êtes pas la gangrène, vous êtes l’atrophie ! Vous n’êtes pas le phlegmon rouge et chaud des époques fiévreuses mais l’abcès froid aux bords pâles, qui descend, comme d’une source, de quelque carie profonde. »

 

Carnets du poète Louis Bouilhet cités par son ami Gustave Flaubert.

 

« Médiocrité » est en français le substantif désignant ce qui est moyen, tout comme « supériorité » et « infériorité » font état de ce qui est supérieur et inférieur. Il n’y a pas de « moyenneté ». Mais la médiocrité désigne le stade moyen en acte plus que la moyenne. Et la médiocratie est conséquemment ce stade moye hissé au rang d’autorité. Elle fonde un ordre dans lequel la moyenne n’est plus une élaboration abstraite permettant de concevoir synthétiquement un état de choses, mais une norme impérieuse qu’il s’agit d’incarner. Se dire libre dans un tel régime ne sera qu’une façon d’en manifester l’efficace. »

 

Et si Hollande ne se représentait pas ?

 

C’est Bouguereau, vieux briscard de la gauche soixante-huitarde, qui se pose la question.

 

« Que cherche donc François Hollande avec ce remaniement bricolé ? Où veut-il en venir ? L’homme est trop subtil, trop avisé, trop expérimenté politiquement pour qu’il puisse se leurrer sur sa situation personnelle, sur les chances de remonter la pente d’une impopularité qui ne se dément pas ? »

 

« … Il allait, disait-on, renverser la table. On n’a rien vu de tout ça. De mémoire de politologue on n’a jamais vu une telle volée de bois vert. Des journaux, aux députés de droite et de gauche, des associations féministes aux réseaux sociaux, le sentiment dominant, c’est la consternation. Il connaît les sondages. Il sait les interpréter. Comment peut-il penser rebondir alors que 75 % des Français ne souhaitent pas qu’il se représente et que dans les sondages, il retrouve ses plus mauvais scores, pires que ceux de Nicolas Sarkozy dont il connaît le niveau de détestation puisqu’il lui doit son élection ? Au point qu’on se demande si la condition qu’il a posée pour se représenter - l’inversion de la courbe du chômage - ne sera pas un prétexte tout trouvé pour jeter l’éponge in extremis. »

 

Comment Hollande peut-il sortir de la ratière ? le 8 février, 2016 par François Bazin

 

« François Hollande est dans la nasse. Fait comme un rat ? On ne va pas tarder à le savoir. Le Président de la République est à la veille de subir le plus rude revers de son quinquennat. Celui qui, à ce titre, risque de peser lourdement sur la fin de son mandat et les conditions de son éventuelle réélection. Jusqu’à présent, il avait franchi, vaille que vaille, toutes les haies qui se présentaient devant lui à force de ruse, d’habileté ou de persévérance. Depuis qu’il est à l’Élysée, François Hollande a parfois plié mais jamais il n’a encore reculé sur un texte engageant sa responsabilité personnelle. Or, c’est précisément ce qui lui pend désormais au nez avec la réforme constitutionnelle engagée au lendemain des attentats de novembre dernier.

 

Pour prendre la juste mesure de ce qui est en train de se passer, il suffit de rappeler que, sous la Cinquième République, une seule réforme de ce type a échoué après avoir été élaborée, vantée puis programmée par un Président en fonction. C’était en 1969 et la conséquence de cet échec fut le départ du général de Gaulle. On n’en est pas là. François Hollande, pour l’instant, a choisi la voie parlementaire pour arriver à ses fins. Si la révision doit échouer, ça sera donc le fait des députés et sénateurs et non celui des Français consultés par référendum. Mais, au bout du compte, comment imaginer que le Président puisse ne pas être atteint de plein fouet par un revers qui, s’il devait se confirmer, serait pour lui une forme de déchéance ?

 

À un an de la présidentielle, François Hollande joue donc très gros.

 

La suite ICI 

 

Pourquoi le « phénomène » Juppé inquiète Sarkozy et Hollande ?

 

« Comme si de rien n'était... Comme si, de livre en plateaux de télévision, Nicolas Sarkozy ne continuait de battre sa coulpe devant des Français chaque jour plus indifférents... Comme si François Fillon, avec intelligence et vaillance, ne se bâtissait pas une stature d'homme d'État en prenant la peine de s'opposer (pour de vrai) à François Hollande et au gouvernement... Tout cela, apparemment, ne sert à rien puisque Alain Juppé, impavide, continue de tout écraser sur son passage.

 

Non pas l'apparition - cela date en effet de quelques mois déjà - mais l'amplification d'un "phénomène" Juppé qui ne manque pas de désespérer ses rivaux à droite et d'inquiéter, sérieusement d'ailleurs, l'entourage du président de la République. »

 

La suite ICI 

 

Sarkozy-Juppé, un duel de styles

 

« Suivre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé revient à faire des allers-retours permanents entre deux planètes aux atmosphères bien différentes. Les deux principaux rivaux de la primaire à droite pour la présidentielle ne se ressemblent pas et leurs disparités colorent l’ambiance de leurs rencontres avec les Français.

 

Fort du succès de son livre, l’un se précipite vers ses fans et se réchauffe dans la ferveur d’une base de passionnés. Préparant méthodiquement son projet, l’autre prend consciencieusement des notes lors de ses déplacements, et accepte poliment les demandes de selfies. L’un séduit son public avec des petites blagues sur le président « Moi je », des envolées sur « les reculs de la République » et des revirements, comme sur le mariage pour tous. L’autre teste son futur programme, où il est question d’« apaisement », de « confiance » ou de « laïcité intransigeante mais intelligente » devant des salles très placides. D’un côté, une rock star capable de se dévoiler sur ses errements passés et jamais avare d’une confidence sur « Carla ». De l’autre, un professeur toujours prêt à disserter sur l’Union européenne devant les étudiants de Sciences Po, HEC ou Normale Sup. »

 

La suite ICI 

 

  • Il y a quelques années vous disiez François Hollande moins inspirant que Nicolas Sarkozy. Vous semblez avoir changé d’avis.

 

Patrick Rambaud : Il fallait voir Hollande à l’œuvre. Je l’ai donc laissé tranquille au début. Mais il n’a ni souffle, ni élan. Il ne sait pas parler aux gens, il ne parle que de chiffres et de courbes. Il vit en parallèle dans un monde imaginaire qui n’est pas le nôtre.

 

  • En quoi François Hollande est-il un personnage romanesque ?

 

P.R. : Son goût du pouvoir, qu’il tente de cacher, le rend romanesque. Il est persuadé qu’une étoile le protège. Tout cela cache une fêlure. Un type qui va bien ne cherche pas le pouvoir à tout prix. Il faut supporter trop d’épreuves et être un peu fou. Mais c’est une maladie contagieuse !

 

  • Beaucoup de ses amis le disent insaisissable. Pour vous, qui êtes habitué à croquer les politiques, quel est son vrai visage ?

 

P.R. : Il est assez dur en dépit de son côté rond et de sa bonhommie apparente. C’était aussi le cas de Raymond Barre ou de Charles Pasqua. Mais les petits nerveux ne sont pas mauvais non plus ! Nicolas Sarkozy est animé d’un esprit de revanche effrayant. On a l’impression que ces hommes politiques jouent aux échecs et se fichent du reste.

 

  • Votre envie de pasticher les poli­tiques est née après l’élection de Nicolas Sarkozy, sont-ce les images du Fouquet’s qui ont été le déclencheur ?

 

P.R. : Je ne vote pas. Mais le soir de son élection, lorsque son visage est apparu sur mon écran, je n’ai pas pu le supporter. Je suis sorti marcher deux heures, en me disant que ce n’était pas possible de passer 5 ans avec lui. J’ai eu envie de reprendre le principe de La Cour d’André Ribaud. Cela a donné mes premières chroniques du règne de Nicolas 1er. J’ai laissé sa chance à François Hollande mais l’énervement est vite monté et je me suis dis : « réintervenons » !

 

  • Vous citez François le Grand (Mitterrand) : « mes successeurs seront de petits comptables ». Partagez-vous son diagnostic ?

 

P.R. : Oui, d’ailleurs, il n’y a jamais eu autant d’énarques à l’Elysée que sous la présidence Hollande. Ces gens-là n’ont rien vécu. Ils passent directement de l’école aux cabinets ministériels.

 

  • Vous semblez plus indulgent avec Emmanuel Macron : « une étrange étoile dans la nuit d’un gouvernement inculte », écrivez-vous. Pourquoi trouve-t-il grâce à vos yeux ?

 

P.R. : Il est plus cultivé que les autres, lit des livres et est capable d’en parler. Manuel Valls aussi a une certaine culture. Il a grandi auprès d’un père peintre… Les ministres ne parlent aujourd’hui plus que de chiffres. Léon Blum, lui, travaillait le matin et lisait ou écrivait l’après-midi. Nous avons changé d’époque.

 

  • Les phénomènes de cour sont-ils aussi prégnants que sous la précédente présidence ?

 

P.R. : C’est la même chose sous tous les règnes, mais aujourd’­hui, les person­nages politiques ont un peu moins de volume. A moins qu’on ne magnifie ceux que l’on a oubliés !

 

NKM, la femme qui gare des chars d'assaut dans le désert

CHAP.15 opération Chartrons « Ô médiocratie fétide… vomissements économiques, produit scrofuleux d’une nation épuisée, je vous exècre de toute les puissances de mon âme ! »
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 06:00
Lorsque Cécile Duflot convoque l’Histoire au nom des valeurs de la République elle donne la preuve de son ignorance crasse… Vichy son eau, ses pastilles, son régime… Juger Pétain.

En notre vieux pays qui a beaucoup de mal à cautériser les plaies de son Histoire, dès que l’on veut disqualifier un contradicteur, un adversaire politique, on sort le régime de Vichy. Le père François et sa francisque en sait quelque chose.

 

Madame Duflot, adoubée par Martine Aubry alors 1ier Secrétaire du parti du Père François pour se faire élire dans un fauteuil dans XXe, n’a pas fait exception à propos du débat sur la déchéance de nationalité.

 

« Le dernier régime à avoir massivement utilisé [la déchéance de nationalité] fut le régime de Vichy »

 

Réplique gaullienne de Valls :

 

« Vichy, ce n'est pas la République. C'est une part de la France, et je rappelle mes mots, mais ce n'est pas la République. Ce n'est pas la République ! »

 

Réponse de Duflot :

 

« Quand on parle des valeurs, il faut pouvoir convoquer l'Histoire ».

 

Fort bien chère madame mais que savez-vous du régime de Vichy ?

 

En première analyse des bribes, les lieux communs habituels, de l’ignorance ordinaire qui permet d’interpréter l’Histoire au bénéfice d’un malheureux fonds de commerce qui part en quenouille.

 

En écrivant ce que j’écris je ne prends pas position sur le fond du débat sur la déchéance de nationalité que je considère hors de propos, surmédiatisé, mais sur l’utilisation abusive de la référence au régime de Vichy pour justifier des positions, par ailleurs pertinentes et justifiées dans un débat démocratique.

 

Madame Duflot je suppose que vous avez lu, comme moi, L’histoire de Vichy de Robert Aron (1954), La France de Vichy de Robert Paxton, Pétain de Marc Ferro, Vichy 1940-44 de Jean-Pierre Azéma et O.Wieviorka … etc.

 

Si vous ne l’avez fait je vous recommande une bande dessinée, à priori à votre portée, JUGER PÉTAIN, ça vous fera le plus grand bien…

 

Scénario : Saada Philippe et Vassant Sébastien

Dessin : Vassant Sébastien

 

Basé sur le documentaire du même nom signé Philippe Saada, Juger Pétain, est un album très documenté et structuré, et c’est avant tout le travail d'un historien qui raconte minutieusement le procès le plus retentissant du XXe siècle. L'accusé, un vieillard de quatre-vingt-neuf ans au moment des faits, doit rendre des comptes. Ce 23 juillet 1945, avant même que les américains ne bombardent Hiroshima, c'est plus qu'un homme qu'on juge, c'est un pays ! « Sébastien Vassant décortique ces trois semaines d'audience avec la justesse d'un chirurgien. Précisions biographiques, mises en contexte historique, chaque intervenant et chaque témoignage sont clairement décrits. Résultat, l'immersion est totale et, plus de soixante ans après, le lecteur a l'impression d'être dans la salle […] »

 

Philippe Saada et Sébastien Vassant ont construit scénario et dialogue en évitant la facilité. « Ils ne se contentent pas de relater les différents éléments apportés par les témoins, mais apportent un éclairage sur ceux qui étaient présents. Les grands journalistes comme Joseph Kessel, l'écrivain Albert Camus, sont mis en scène à travers leurs prises de position dans des éditoriaux. Et quelques passages en présence de Winston Churchill, ou dans un journal imaginaire de Pétain, donnent une distanciation délibérée à leur travail. »

 

« Les dessins de Sébastien Vassant ne donnent pas une vraie idée du talent de cet illustrateur, la mise en images d'orateurs à la barre laissant peu de place à l'épanouissement graphique. Il suffira de regarder les très belles vues de Paris qui ouvrent l'album pour s'en convaincre. Mais le reportage fonctionne, instructif et suffisamment personnel pour donner probablement lieu à des avis divergents ou des polémiques. Indispensables ou en tout cas inévitables lorsqu'on couvre les grandes heures de l'Histoire. »

Lorsque Cécile Duflot convoque l’Histoire au nom des valeurs de la République elle donne la preuve de son ignorance crasse… Vichy son eau, ses pastilles, son régime… Juger Pétain.
Lorsque Cécile Duflot convoque l’Histoire au nom des valeurs de la République elle donne la preuve de son ignorance crasse… Vichy son eau, ses pastilles, son régime… Juger Pétain.
Lorsque Cécile Duflot convoque l’Histoire au nom des valeurs de la République elle donne la preuve de son ignorance crasse… Vichy son eau, ses pastilles, son régime… Juger Pétain.
Lorsque Cécile Duflot convoque l’Histoire au nom des valeurs de la République elle donne la preuve de son ignorance crasse… Vichy son eau, ses pastilles, son régime… Juger Pétain.

 

Vichy, la ruée vers l’eau

 

« Au milieu du XIXe siècle, la bataille de l’eau fait rage tout autour de Vichy. La bouteille aiguise les appétits dont celui de l’intrépide Nicolas Larbaud, le père de l’écrivain, à l’origine des eaux de Saint-Yorre.

 

Sept sources (dont la fameuse Célestins) sont déclarées d’intérêt public. Dans la périphérie, le terrain libre ouvre les bras aux entreprenants. Saint-Yorre, à 7 km au sud-est, abrite le filon le plus précieux, par la qualité de son débit. Un homme, en particulier, va s’en emparer. Nicolas Larbaud, avant de devenir père, de Valery, l’auteur de Barnabooth, donnera naissance aux eaux de Saint-Yorre. Il les porte sur les fonts baptismaux en 1858 à coups de forages… et de procès avec la Compagnie fermière.

 

Quelques mois plus tard, sa cargaison est confisquée par le préfet. Car il exploite trois sources sans le feu vert des autorités. Les cinq mille bouteilles commercialisées cette année-là pèsent une goutte d’eau comparées au million écoulé par « l’ennemi » vichyssois. Mais l’Etat veille au grain et surveille la concurrence comme le lait sur le feu.

 

Il faudra à l’audacieux Larbaud attendre 1863 pour vendre légalement. Les chiffres explosent, atteignant 135.000 bouteilles en 1869. « Nicolas Larbaud commercialise son eau minérale essentiellement pour un usage thérapeutique, note la bibliothécaire Isabelle Minard, dans sa recherche sur la figure du père de Valery (2). Elles sont prescrites par des médecins pour la consommation à domicile, dans le traitement des maladies des voies digestives, engorgement du foie et de la rate, calculs biliaires, affections des reins, diabète, goutte. »

 

La Chateldon, un goût de luxe

 

« Vice-président. En 1932, Pierre Laval, natif de Chateldon, avocat célèbre et déjà plusieurs fois ministre, sauve la source en la rachetant, ainsi que le château, la scierie et autres bâtiments du village. L'eau doit donc sa survie et son positionnement haut de gamme au vice-président du gouvernement formé par le maréchal Pétain. En effet, Laval, entrepreneur avisé, use de tous les registres promotionnels : non content d'obtenir de l'Académie de médecine le titre d'eau minérale gazeuse et de faire construire l'usine d'embouteillage, il fait figurer «le cru» en exclusivité au Fouquet's, chez Maxim's, au cercle de l'Automobile Club, sur les tables des ambassades et du paquebot Normandie, au banquet de l'Exposition universelle de New York. Mais si l'avocat n'a aucun mal à se recommander de Louis XIV, les divers groupes qui rachètent, par la suite, la Châteldon ont plus de scrupules à faire cas de Laval. »

 

La pastille Vichy: histoire d’un médicament devenu bonbon.

 

« Depuis 1825, la pastille Vichy est bien connue des français. Inventée par un chimiste français, Jean-Pierre-Joseph D’Arcet, cette pastille fut d’abord un médicament, car elle concentrait tous les bienfaits de l’eau thermale de Vichy, située au coeur de l’Auvergne. C’est en 1855 que la première pastillerie de Vichy (l’usine de fabrication) est ouverte, et en 1856 qu’elle prend sa forme octogonale si reconnaissable. »

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 06:00
Badinguet, alias Napoléon III fit 75 fautes à la dictée concoctée par Prosper Mérimée… et nos ardents défenseurs de l’orthographe pure et dure en feraient combien ?

Notre vieux pays fourbu, ronchon, vient de vivre l’un de ces emballements médiatiques dont il raffole à propos d’une réforme, qui n’en était pas une, avec le summum de l’outrance badine d’un Jean d’Ormesson « Quand il y a des gens qui n’ont pas de travail, quand le niveau de vie a baissé comme il a baissé et que les agriculteurs se suicident, je refuse de parler d’accent circonflexe » c’est le Cercle d’Or un Club Belge d’orthographe qui m’a mis la puce à l’oreille. Grevisse, Charlier, la fine fleur de l’écrit de notre belle langue…

 

 

 

« Il arrive parfois qu'entre gens de bonne société la conversation tombe sur une question d'ordre orthographique.

 

Si quelqu'un évoque alors la dictée de Mérimée, dictée dont on a généralement entendu parler, mais que l'on n'a pas toujours vue, chacun craint que cette épreuve ne lui soit proposée.

 

Songez donc! Lorsque Mérimée, voulant donner ce divertissement à la cour de Compiègne, lui soumit la dictée qu'il avait composée, l'impératrice Eugénie, qui, ne l'oublions pas, était née Espagnole, fit soixante-deux fautes.

 

Il est probable que les fautes d'accents, de traits d'union, de trémas, etc., furent sévèrement relevés par Mérimée, pour que Napoléon III ait, de son côté, fait quarante-cinq fautes (ndlr 75 fautes), tandis qu'Alexandre Dumas et Octave Feuillet, tous les deux académiciens, en commettaient, le premier dix-neuf, le second vingt-quatre ; à moins qu'empereur et courtisans en aient commis sciemment par un souci de galanterie, assurés d'avance que l'impératrice en ferait beaucoup.

 

Quant à la princesse de Metternich, elle était responsable de quarante-deux fautes.

 

Mais le grand vainqueur de ce petit tournoi fut le prince de Metternich, l'ambassadeur d'Autriche, avec trois fautes seulement.

 

Et pourtant, cette fameuse dictée n'apparaît pas tellement hérissée de difficultés. »

 

« Si Mérimée éprouve une véritable tendresse pour Eugénie, il montre davantage de réserve face à l'Empereur. Il l'a écrit maintes fois à ses amis : "je suis trop bien avec elle pour être bien avec lui". Cependant, il apprécie peu à peu certaines qualités de Napoléon III : "il a un talent singulier pour gagner la confiance et mettre les gens à leur aise... Il est extrêmement poli et bienveillant mais réservé. Il sait faire parler." Selon Prévost-Paradol, peu soucieux de sympathie à l'égard de l'Empereur, "c'est un parfait gentleman" et pour Mérimée ce point est d'importance. »

 

Les ébraiements des politiques, les coquetteries de Jean d’Ormesson, même Bernard Pivot s’y est mis, sur le dernier avatar d’une soi-disant atteinte féroce à notre belle orthographe m'a incité à proposer cette dictée pour contrôle des connaissances de celles et ceux qui en ont fait des tonnes.

 

1-Voici le texte de « la fameuse dictée » publiée par Léo Claretie en 1900.

 

Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.

 

Quelles que soient et quelque exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une raclée alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.

 

Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés, une dysenterie se déclara, suivie d'une phtisie.

 

  • Par saint Martin, quelle hémorragie, s'écria ce bélître ! À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière.

 

2-La dictée de Mérimée avec ses difficultés expliquées par le menu*, règles d'orthographe et de grammaire et digressions sur la langue 

 

 

3-La dictée du bicentenaire de Mérimée

 

En septembre 2003, en hommage à Mérimée, Bernard Pivot a créé la dictée de Compiègne du bicentenaire de Mérimée, texte qui est publié dans l'ouvrage de Françoise Maison, La Dictée de Mérimée, Château de Compiègne, Séguier, 2003, 64p.

 

NAPOLÉON III : MA DICTÉE D'OUTRE-TOMBE

 

Moi, Napoléon III, empereur des Français, je le déclare solennellement aux ayants droit de ma postérité et aux non-voyants de ma légende : mes soixante-quinze fautes à la dictée de Mérimée, c'est du pipeau ! De la désinformation circonstancielle ! De l'esbroufe républicaine ! Une coquecigrue de hugoliens logorrhéiques !

 

Quels que soient et quelque bizarroïdes qu'aient pu paraître la dictée, ses tournures ambiguës, Sainte-Adresse, la douairière, les arrhes versées et le cuisseau de veau, j'étais maître du sujet comme de mes trente-sept millions d'autres. Pourvus d'antisèches par notre très cher Prosper, Eugénie et moi nous nous sommes plu à glisser çà et là quelques fautes. Trop sans doute. Plus que le cynique prince de Metternich, à qui ce fieffé coquin de Mérimée avait probablement passé copie du manuscrit.

 

En échange de quoi ?

 

D'un cuissot de chevreuil du Tyrol ?

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:00
Tentative de hold-up de l'INAO sur le vin nature « Une chose est sûre, le mot (nature) est extrêmement valorisant. Il a un fort impact sur les consommateurs. »

Suite au comité national des vins d’AOC du 10 février, Éric Rosaz l’homme-orchestre des vins à l’INAO, qui connaît bien le terrain puisqu’il a tenu pendant des années les rennes des VIF puis a fait un passage à FranceAgrimer, a déclaré :

 

« Il y a une forte demande de la part des professionnels pour engager une réflexion pour encadrer l’utilisation du mot nature »

 

Bon prince l’Inao a donc engagé la discussion sur le sujet en invitant à la table l’Association des vins naturels (AVN), pour son expertise en la matière.

 

« Pour l’instant, la discussion reste générale. La demande émane surtout des viticulteurs bio qui craignent une utilisation galvaudée du mot. »

 

Alors faut-il ou non donner un cadre strict à cette mention « nature » ?

 

« Une chose est sûre, le mot est extrêmement valorisant. Il a un fort impact sur les consommateurs

 

Nous y voilà, les va-nu-pieds, les réprouvés, les moqués, les qui font des vins pour bobo-parigot, les exclus de l’agrément, toute cette engeance qui n’a pas accès aux hautes instances, inquiète : pensez-donc ils séduisent les consommateurs.

 

Tout est dit ou presque : l’objectif est de mettre tout ce petit monde dans les clous, jugulaire-jugulaire, réglementons et tout ira bien dans le meilleur des monde. Bien sûr tout ça pour mieux protéger les consommateurs.

 

Il suffit de constater la jouissance d’un des plus farouches contempteurs de ces vins d’évier, par ailleurs grand chasseur de fonctionnaires, pour mieux saisir la grossièreté du piège.

 

Thierry Puzelat vigneron le dit clairement :

 

« Regardons ce qu'est devenu le cahier des charges vinif bio, malgré les bonnes volontés pour qu'il ressemble à quelque chose. Il suffit d'invoquer des règles pour que les plus mercantiles s'y engouffrent. Comme la plupart des associations de ce type, l'AVN ne pense qu'à communiquer sur ses pratiques, plutôt que de soutenir ses adhérents en les aidant à être toujours plus exigeants. C'est oublier qu'à la fin, les consommateurs sont seuls juges. Un vin sans âme avec le logo AVN sera-t-il plus crédible, qu'avec le logo AB, Demeter, lutte raisonnée ou Sains ??? Tous revendiquent des pratiques vertueuses. Partisans de la méthode mais pas toujours du résultat. »

 

Que l’on débatte, j’en suis un farouche partisan, mais en posant sur la table un dossier non biaisé, comme nous l’avions fait lors de la réflexion stratégique Cap 2010, avec toutes les parties prenantes et non les caciques habituels et une association en mal de reconnaissance officielle.

 

En son temps je me suis expliqué ICI

 

« Revendiquer une définition officielle du vin nature équivaut à demander d'autoriser les mobylettes à circuler sur les autoroutes… »

 

Éric Rosaz qui connaît bien son petit monde n’est pas tout à fait dupe de la démarche engagée : « Le problème est cela ne veut pas forcément dire la même chose pour le consommateur et pour le viticulteur ». Il relève également l’inquiétude de la filière : « On peut se demander s’il n’est pas dangereux de segmenter encore plus les vins bios en ajoutant une mention supplémentaire. Quelle sera perception des consommateurs à ce sujet ? »

 

Georges Clemenceau ou La Fontaine ?

 

« Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. »

 

« Maître Corbeau, sur un arbre perché,

 

Tenait en son bec un fromage.

 

Maître Renard, par l'odeur alléché,

 

Lui tint à peu près ce langage :

 

Et bonjour, Monsieur du Corbeau,

 

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

 

Sans mentir, si votre ramage

 

Se rapporte à votre plumage,

 

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 06:00
Face au vin de France à la mode de Nicolas les cavistes « alterno-bobo-parigot »* se fâchent « Lâchez-nous les grumes ! »

Je pédalais pénard sous un petit cagnard d’hiver lorsque mon regard chopait à la volée une pub pour le pinard placardé sur les arrêts de car.

 

Arrêt illico : photo !

 

 

Qu’en faire ?

 

Le pied de cuve d’une chronique mais qu’en dire ?

 

Fallait-il que je le dégustasse ou que nous le dégustassions ?

 

Notez la haute maîtrise de la conjugaison.

 

Exercice à haut risque car la seule vue de l’étiquette : Sélection Nicolas risquait de fausser le résultat.

 

À l’aveugle alors ?

 

J’hésitais lorsque sur l’écran neigeux de mes nuits blanches apparut à nouveau le message :

 

3 vins, 3 couleurs, 3€ la bouteilleLes Grumes

 

J’ouvrais.

 

 

Du marketing pur sucre, sans génie particulier mais sans doute efficace auprès de la clientèle traditionnelle de la vieille maison.

 

Donc pas grand-chose à se mettre sous la dent sauf qu’à nouveau sur l’écran neigeux de mes nuits blanches apparu sur les réseaux sociaux le lamento des cavistes «alterno-bobo-parigot »

 

Afin de ne pas me faire remonter les bretelles je signale que l’appellation « alterno-bobo-parigot » souvent accolée à Mélanchoniens est une marque déposée par le Phoenix d’au-delà des Pyrénées.

 

Philippe Cuq a partagé la photo de Damien Demichel. (de source sûre dans les milieux bien informés, Philippe Cuq du Lieu du Vin est le Président du Présidium du Soviet Suprême des cavistes alternatifs.)

6 février, 12:50 · Paris ·

 

3 fois plus de mal de tête et de mal de ventre.

30 fois plus de pesticides.

300 fois moins de plaisir...

 

Mes vieux neurones se sont alors mis en branle pour éclairer la lanterne du consommateur de vin à 3€.

 

Ces 3 couleurs sont des Vin de France.

 

- Grumes rouges : « ce vin rouge issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

 

Cépage principal carignan.

 

-  Grumes blanches « ce vin blanc issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

Cépage principal grenache Blanc et aussi melon de Bourgogne.

 

Grumes rosées « ce vin rosé issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

 

Cépage principal : cabernet franc, et aussi négrette.

 

Pourquoi diable Nicolas n’indique-t-il pas sur son étiquette le ou les cépages et le millésime comme il le pourrait ?

 

Tout bêtement parce qu’ainsi il se laisse toute latitude d’en changer en fonction des opportunités du marché du vrac. En effet, n’en déplaise aux sélectionneurs de Nicolas, c’est d’abord le prix d’achat qui prime. Chez Castel, en bon pinardier, on achète au ras des pâquerettes.

 

Autre raison, cette gamme de vins basiques ne doit pas faire concurrence à la marque La Roche-Mazet qui affiche les cépages.

 

Nos 3 Grumes affichent le même degré 12°5

 

Conclusion du Taulier : ce Vin de France de 3 couleurs est tout simplement l’héritier du bon vieux Vin de Table de France.

 

C’est sans nul doute du vin de coopé en majorité, sourcé dans South of France principalement, avec une prédilection du côté du blanc à une région où la ressource est bon marché. Le prix toujours le prix.

 

Sur le plan économique c’est, de la part des acheteurs Nicolas-Castel, de l’économie de cueillette au gré des opportunités du marché, la bonne vieille pratique des marchands de vin. Surtout pas de partenariat trop contraignant, ne pas se lier les mains, mieux vaut s’en tenir à un panier de prix pour tenir les coûts de la sauce.

 

Reste une vraie question à se poser du côté des cavistes « alterno-bobo-parigot » : leur est-il possible de satisfaire une demande de vin populaire à 3€ ?

 

Est-ce le même défi à relever que pour l’alimentaire, sauf que bien sûr l’achat du vin quotidien est de moins en moins de mise ? Hier matin, le chroniqueur économique de France Inter, relevait qu’un litre de lait UHT valait le prix d’une seule cigarette.

 

Pour le vin je ne le pense pas, le modèle Vin de France à haut rendement facteur d’une matière première pas chère n’est pas compatible avec celui du Vin de France dit naturel qui exige des prix de vente élevés.

 

Ce sont deux mondes incompatibles et c’est se leurrer que de penser que la large part des consommateurs, et pas seulement pour des raisons budgétaires, qui achète des prix va changer ses habitudes d’achat.

 

On peut le regretter mais les bons sentiments affichés sont vite oubliés par les consommateurs lorsqu’ils poussent leurs caddies dans les allées de la GD. L’exploitation médiatique outrancière des difficultés des agriculteurs et des éleveurs par les politiques, les donneurs de leçons, en est la plus efficace des démonstrations.

 

Que faire alors ?

 

Baisser les bras, subir, laisser le fameux marché tout régler, se contenter de slogans, de petites batailles de chapelles…

 

Je ne le pense pas.

 

Pour le vin commençons donc par l’essentiel pour un produit qui se revendique festif, lié à son terroir, à son histoire, à ses valeurs de convivialité : revenir à des pratiques culturales respectant l’environnement physique et humain… Le déni en la matière a, et va avoir, des effets de plus en plus dévastateurs sur l’image du vin.

 

La bataille d’Hernani autour des vins nature est d’une toute autre nature, un conflit de nature esthétique que je ne tiens pas, comme vous le savez, pour négligeable, mais qui ne touche que l’avant-garde, la minorité agissante, le ferment de la contestation sociale chère à Nossiter. Le populo cher à mes amis « alterno-bobo-parigot » ça lui passe largement au-dessus de la casquette…

 

Grumes : vieux, notamment en Bourgogne et en Beaujolais Grain de raisin. « [Eux qui travaillent la vigne,] les vignerons ont ben le droit d'écraser une grume « (La Petite lune, 1878-79.

 

« Un grain de raisin. Ce substantif féminin connu depuis 1552 s'est maintenu encore aujourd'hui dans la langue technique de quelques régions viticoles francophones. Il met probablement l'accent à l'origine sur l'épaisse peau emprisonnant la chair sucrée du raisin. »

 

Bois de grume, en grume, Tronc coupé, ébranché et revêtu de son écorce. Débiter des grumes.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:00
J’suis snob j'ne fréquente que des baronnes aux noms comme des trombones j’bois de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère…

Halte au feu, ne criez pas au sacrilège, jamais au grand jamais je n’ai bu de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère car je ne mange jamais le camembert à la petite cuillère. Pardonnez-moi, c’est mon côté taquin, j’aime les rimes en R, le genre Hubert Bonnisseur de la Bath notre OSS117 versus Jean Dujardin grand admirateur de René Cotyqui m’a poussé à parodier les paroles d’une chanson d’un provocateur germanopratin Boris Vian, dont l’une des chansons, Le Déserteur, fut censurée pendant les années où nous faisions la guerre sans la faire (levée en 1962).

 

Foin de ma tendance coupable à la provocation de potache qui me vaut l’ire des maîtres de la dégustation – y’a de l’eau dans le gaz entre eux et mon immodeste et vulgaire personne – et passons à ma petite chronique sur un beau moment de partage.

 

Rien à voir avec ceux qui vendraient père et mère pour disposer d’un tabouret en bout de table pour la Fête de la Fleur ; avec d’autres qui entrent en quasi-lévitation au seul son de l’Angélus ; avec d’autres enfin qui pensent faire partie du peuple élu parce qu’ils ont été reçu « au château » * pour mettre leur nez au-dessus des Primeurs.

 

Pour alimenter votre culture du côté du « château » je narre en fin de chronique 2 petites histoires le concernant, la bouillie bordelaise de Bernard Ginestet et les socialos version 1981 et les châteaux de Bordeaux.

 

Je plante le décor :

 

  • dans un lieu tenu secret, une antre souterraine, 2 flacons d’Ausone : un 2003 et un 2005 que, sur son fidèle destrier, votre serviteur avaient porté la veille de la rencontre car le 2005, encore très jeune, avait besoin d’être carafé.

  • 3 amis, Jacques Dupont du Point, nul besoin de le présenter, Laurent Bazin journaliste à Itélé, blogueur, un peu intermittent ces derniers temps, sur le vin de mes amis et chroniqueur au Point et bien sûr ma pomme.

 

 

Ce fut un très beau et bon moment de partage entre l'un des Big Four* de la Première League, un bon pensionnaire de la Ligue 1, et un habitué de la DRH capable de temps à autre de réaliser un exploit en Coupe de France.

 

Pour les non footeux : le Big Four est un terme anglais donné au groupe de quatre grandes équipes de football du championnat d'Angleterre qui sont Arsenal, Chelsea, Liverpool et Manchester United ; la Ligue 1 c’est le truc où y’a plus que le Paris Saint-Germain ; la DRH étant la division régionale d’honneur chère à mon cœur.

 

 

 

Jacques Dupont

 

« En avril 2004, quand j’avais dégusté en primeur ce 2003, j’avais noté « L’élevage devrait adoucir le côté fauve. » Effectivement, le vin s’est adouci. Il conserve les caractères du millésime marqué on s’en souvient par une période caniculaire. Je n’ai jamais été un grand fan de ce millésime. Toujours en avril 2004 dans ce même numéro du Point j’écrivais : « peu de vins de grande garde. La faible acidité n’est pas toujours compensée par des tanins solides. Les années de grande garde, à Bordeaux, sont celles des maturités progressives, sans grands heurts climatiques. Ici, les grands vins sont d’abord des vins d’équilibre. » Je n’ai pas changé d’avis malgré les commentaires laudatifs de certains dégustateurs d’outre-Atlantique, si tu vois ce que je veux dire. Mais Ausone c’est d’abord un grand terroir capable de résister à ce genre d’accident météo et il le prouve dans le verre. Certes, il possède un côté solaire, riche un peu exubérant et nettement moins en finesse que 2005 mais quand même c’est d’une gourmandise ! »

 

Pour le 2005

 

« Là, on est vraiment en compagnie d’un très grand millésime, (peut-être le plus grand depuis ce nouveau millénaire) et particulièrement à Ausone. Dans le numéro consacré eux primeurs en avril 2006, j’écrivais à propos de ce vin : « beaucoup d’intensité autant dans l’expression du fruit que dans le toucher, structure dense mais douce, un fort caractère contenu. » On retrouve onze ans après ce caractère intense mais pas démonstratif. La retenue des très grands vins qui n’ont pas besoin de tee-shirt moulant pour montrer qu’ils sont bien bâtis (#jesuiscirconflexe). Ce n’est pas un monstre, juste un vin magnifique, étiré, suave qui te fait découvrir de nouvelles saveurs à chaque gorgée, qui ne se livre pas d’un coup à grands renforts de vanille et de pruneau mais par petites touches. Et s’il ne faut pas trop attendre pour se régaler du 2003, on sent que dans 20 ans, ce 2005 sera encore là avec d’autres histoires à raconter. »

 

Laurent Bazin

 

« Je ne suis pas Bordeaux, mais Ausone ça n’est pas du Bordeaux. Ça n’est pas du Saint Emilion. C’est du Ausone. C’est de la magie pure! Le petit côté fumé du 2003, année casse-tête pour tous les vignerons... la fraicheur inouïe du 2005, sa finesse, son côté légèrement mentholé… Sa longueur… Sa magie, oui j’y reviens. Ausone ça n’est pas une oeuvre de vigneron, c’est un vin d’alchimiste. »

 

Et moi

 

« Me voilà au pied du mur, que c’est dur ! Je ne sais mettre des mots sur un vin, sans doute parce que j’en aligne trop sur tout et rien. Alors Ausone ! Lui accoler des qualificatifs étant hors de ma portée, trop grandiloquents, pas assez pertinents, je vais faire bondir certains. Ausone c’est le luxe ! le vrai, rare, le dernier, loin de l’ostentation, du paraître, discret celui que l’on s’offre entre amis quitte à manger des nouilles pendant un mois entier. Sans honte je revendique le droit à ce luxe qui n’a rien à voir avec des images fabriquées par des petits génies du marketing. J’aime la matière, son toucher, son odeur, les belles étoffes, les beaux pulls, les chemises anglaises, les godasses cousues mains, même si aujourd’hui je vis en jeans et en confection Monop. Ce temps passé avec Ausone fut de même nature, un voyage au pays de la belle matière, du cousu main, un temps où j’ai lâché la bride à mes sens, un petit caillou blanc sur mes chemins de traverse. »

 

Je signale aux mauvais coucheurs, que ces 2 flacons d’Ausone m’ont été expédiés par Alain Vauthier, fidèle lecteur de mon blog, sans autre contrepartie que notre estime mutuelle et notre amitié.

 

 

« J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’à Bordeaux il existe plus de château qu’en Espagne ; des milliers et des milliers de Châteaux qui noient le consommateur dans un océan de marques sans signification. Cette constante multiplication est une escalade impossible et absurde. Elle conduit la production à morceler sa commercialisation en micro-unités de vente. Certes, elles permettent au négociant d’éviter un affrontement direct avec la concurrence, mais en bloquant par là même toute tentative de regroupement des produits pour une meilleure exploitation viticole, et pour une plus large et plus efficace couverture des marchés par des marques.

 

Mais l’Univers bordelais est fait de galaxies dont les experts eux-mêmes ont grand-peine à démontrer qu’elles ne sont pas des nébuleuses... Et nous exigeons de l’observateur amateur le don prodigieux de percevoir et de reconnaître dans cette voie lactée chacune des unités qui la composent !

 

Bien sûr, nous possédons à Bordeaux des étoiles de toute première grandeur. Elles seules suffisent sans doute par leur éclat incomparable au rayonnement lointain et prestigieux de notre cosmos bordelais depuis des siècles de millésimes-lumière. Elles ont été cataloguées, classées. Mais selon qu’elles se lèvent sous le signe du Médoc, de Saint-Emilion, des Graves ou de Sauternes, elles appartiennent à des hiérarchies différentes sans équivalence des grades.

 

Pour le consommateur, le vin de Bordeaux c’est « du vin de Château » et l’on s’est efforcé depuis plus d’un siècle de lui faire comprendre que le meilleur était celui du cru classé. »

 

  • Profitant de la vague rose qui submergea le Palais Bourbon, en juin 1981, Catherine Lalumière, fut élue député de la Gironde et nommée, le 23 juin 1983, Ministre de la Consommation du second gouvernement Mauroy (elle finira sa carrière comme parlementaire européenne par la grâce de l’inénarrable Nanard qui, avec sa liste aux européennes de juin 1994 « Energie Radicale », où se trouvait aussi Noël Mamère, dézingua en plein vol celle de Michel Rocard où Rachida Dati se trouvait placée en 54e position et Bernard Kouchner en 3e : ambigüité vous avez dit ambigüité). 

Bref, la toute fraîche Ministre, sise au Louvre rue de Rivoli, avec un Jacques Delors Ministre de l’Économie et des Finances ne lui laissant guère d’espace, mais ayant les Fraudes mise à sa disposition – en ce temps-là elles étaient sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture – et voulant imprimer sa marque jusque dans la 3ième circonscription de la Gironde, déclara vouloir mettre à plat l’épineux dossier des noms de châteaux.

 

En 1981, les nouveaux arrivants avaient la mise à plat facile car c’était la version soft de « du passé faisons table rase ». Les hauts fonctionnaires des Finances, goguenards face à cette piétaille pépiante, eux, par leur silence hautain, jouaient « cause toujours tu m’intéresses. » Et moi dans tout ça je découvrais, pour parodier le nouveau slogan du CIVB : qu’on pouvait s’offrir un château de Bordeaux pour quelques euros. L’initiative de Lalumière fit long feu. Et moi, ayant la haute main sur la cave de la Présidence de l’Assemblée Nationale – fort bordelaise puisque nous succédions à Chaban-Delmas – je découvrais les « délices » des GCC avec Bruno Prats comme mentor.

 

Snobisme

 

- Ambition qui consiste à désirer fréquenter certains milieux sociaux jugés supérieurs et à se faire adopter par eux.

 

« M. de Charlus, qui jusque-là n'eût pas consenti à dîner avec Mme de Saint-Euverte, la saluait maintenant jusqu'à terre. Recevoir l'hommage de M. de Charlus, pour elle c'était tout le snobisme. » Proust Temps retrouvé, 1922.

 

« À leur propos [des solennités mondaines], il [Montesquiou] partage l'humanité en deux camps, les élus et les exclus, deux termes à quoi il faut d'abord songer lorsque l'on cherche à définir le snobisme» Mauriac, Écrits intimes, 1932.

 

- Affectation qui consiste à priser ou à mépriser quelqu'un ou quelque chose non en raison de sa valeur ou de sa qualité mais en fonction du choix des gens que l'on veut imiter.

 

« Pure de tout snobisme esthétique, elle [la reine Victoria] était incapable de feindre un plaisir qu'elle n'éprouvait pas. » Maurois, Édouard VII, 1933

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 06:00
Ramon Mason Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris

Ramon Mason Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris

C’est Camille Labro qui l’écrit vendredi dernier dans M le magazine du Monde.

 

«Longtemps dédaigné, relégué au rang des légumes grossiers, éclipsé par son cousin le brocoli et par un chou kale surmédiatisé, le chou-fleur connaît enfin son heure de gloire gastronomique. Voilà plusieurs années que quelques cuisiniers s'échinent à le valoriser, comme Yotam Ottolenghi, grand chef d'origine israélienne installé à Londres, qui tient une chronique régulière dans The Guardian : « Depuis 2007, je fais campagne pour convaincre le monde que le chou-fleur n'est pas un légume terne et fade. La bataille semble enfin gagnée ! », se réjouissait-il l'an dernier.»

 

Sans trop ramener ma science, affirmer que j’ai du nez pour humer les tendances, le 3 janvier 2015 sur mon espace de liberté je chantais déjà les louanges du chou cramé à la Miznon.

 

« Je plonge le chou-fleur dans une grande casserole remplie d'eau, je chauffe et fais cuire 15 minutes à partir de l'ébullition. J'égoutte le chou-fleur, puis je le mets dans un petit plat allant au four. J'arrose de 2 c.s. d'huile d'olive, je sale et j'enfourne environ 45 min à 230 °C (mode grill), le temps que le chou-fleur noircisse un peu. »

 

 

Bien sûr la journaliste du Monde peut se permettre, contrairement au modeste chroniqueur que je suis, de faire un tour exhaustif des tables de la haute-cuisine où le chou-fleur fait un beau retour en grâce :

 

« Et qui déboule aujourd'hui en force sur les tables étoilées : Pierre Gagnaire le rôtit en croûte d'épices tandoori et fromage blanc ; Romain Meder, au Plaza Athénée, le sert brioché et contisé* à la truffe ; Alexandre Gauthier La Grenouillère l'associe, en lamelles crues et purée mœlleuse, à des Saint-Jacques « calcinées », pour un contraste de couleurs et de textures ; quant à Julien Dumas, qui a pris la relève au Lucas Carton, place de la Madeleine, il a créé un chou-fleur « croustillant » d'anthologie. »

 

 

Elle cite aussi Marc Paugam, agriculteur bio à Lanhouarneau (Finistère) « Le chou-fleur, c'est dans nos gènes. Nous produisons une quinzaine de variétés, des anciennes et des hybrides, Medaillon, Carantic, Pierrot ou Belot, plus ou moins précoces ou tardives, pour en avoir toute l'année. »

 

En 1998, Jo Guivarch, de la Confédération paysanne, constatait « Gorgés de pesticides, dopés pour pousser plus vite, les choux-fleurs auraient perdu toute saveur. De quoi expliquer le désamour croissant dont ce légume souffre auprès des consommateurs. »

 

Il attaquait alors frontalement, Alexis Gourvennec le chef des légumes bretons « … une très grosse légume lui-même. Autoritaire, charismatique, doté d'une éloquence tribunitienne, il tient ses troupes depuis quarante ans. »

 

Tout avait commencé, en compagnie de Léon, avec la «prise» de la sous-préfecture de Morlaix, à l'aube du 8 juin 1961. Il avait 25 ans. Les années qui suivront organisera la production et la mise en marché des légumes bretons, artichauts et chou-fleur. C'est grâce à lui que la zone de production de Saint-Pol-de-Léon se verra qualifier de «ceinture dorée» de la Bretagne dans les années 60. A la même époque, il sera également à l'origine de la création de la marque Prince de Bretagne.

 

Ma chronique du 3 janvier 2015 comptait donc la saga du chou-fleur au temps d’Alexis Gourvennec (décédé en 2007) ICI 

 

Camille Labro, cerise sur le gâteau, donne la recette du chou-fleur croustillant de Julien Dumas du restaurant Lucas Carton 

 

Mais comme la plupart des chroniqueurs gastronomiques elle ne nous dit pas ce qu’elle boirait avec…

 

 

J‘ai choisi Le Clou 34 de Claire Naudin http://www.naudin-ferrand.com/philo.asp

 

« Clou est le patois local oral pour « Clos » : cette vigne est située en face du lieu-dit « Le Clos de Magny ». 1934 est l'année de plantation... Vin de France puisque le vin n'est pas dans les clous de l'AOC, justement... »

Le chou-fleur « injustement mésestimé, dédaigné, relégué au rang des légumes grossiers connaît enfin son heure de gloire gastronomique » accompagné de l’aligoté Le Clou 34 de Claire Naudin…
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:00
Nénuphar géant, Victoria d'amazonie

Nénuphar géant, Victoria d'amazonie

Comme l’aurait dit ma mémé Marie « ils n’ont que ça à faire » la flopée d’abruti (e)s qui, sans savoir, sans comprendre « ces gens-là ne lisent pas », racontent n’importe quoi sur les réseaux sociaux, injurient, braillent à la destruction de notre belle langue, de son orthographe inimitable, de son fameux accent circonflexe.

 

Chapeau les idiots !

 

Et si nous vous convoquions à la dictée de Pivot pour un petit contrôle de vos belles connaissances ? Sans nul doute ce serait, pour beaucoup, un piteux « courage fuyons » la queue entre les jambes…

 

Sachons raison garder.

 

Comme l’écrit avec justesse sur son blog son blog Charivari à l’école, une professeur des écoles (une institutrice « maitresse de CM1-CM2 ») en Sologne :

 

« Oui, Victor Hugo, Monet, Zola... écrivaient nénufar. Mais en 1935, on s’est trompé en pensant que le mot était de la famille du mot grec nymphéa, alors on a décidé de l’écrire avec ph. Depuis lors, on s’est rendu compte de l’erreur. Le mot vient du persan et le ph n’est pas du tout justifié. On réserve la graphie ph aux mots qui viennent du grec (lettre phi). Donc on écrira nénufar, mais on ne touche pas à éléphant ni à philosophie ! 

 

Autre voix celle de Lucille Bluth @ayyyvocado sur Twitter :

 

J'ai résumé pourquoi le débat accent circonflexe/ognon/nénufar est stupide

 

 

Comme l’aurait dit Tonton qui croyait aux forces de l’esprit : « Encore un mauvais coup de Rocard… »

 

« Lorsqu'il présente son rapport, devant le Conseil supérieur de la langue française, le 19 juin 1990, Maurice Druon, alors secrétaire perpétuel de l'Académie française l'accompagne d'un propos liminaire, à l'adresse du Premier ministre Michel Rocard. «Quand un Premier ministre se penche sur l'état de la langue française, ce qui n'arrive pas tous les jours, il met ses pas, volens nolens, dans ceux de Richelieu» écrit Maurice Druon. Une manière d'appeler à la prudence et à la mesure en rappelant que «quand le Cardinal fonda l'Académie (ndlr : en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635), il lui assigna pour principale fonction de donner des règles certaines à notre langue, de la rendre éloquente et pure, capable de traiter des arts et des sciences».

 

« En 1990, l’Académie française avait planché sur une grande révision du français, afin d’en simplifier l’apprentissage. Cette réforme proposait une série de modifications : harmonisations lexicales (« charriot » avec deux « r » pour être similaire à « charrette »), regroupement de noms composés (« portemonnaie » plutôt que « porte-monnaie ») et suppression de certains particularismes, dont l’accent circonflexe.

 

Cette réforme, violemment combattue et qui avait suscité des débats passionnés, ne présentait pas de caractère obligatoire. Elle constituait une série de suggestions. Et, si la plupart des dictionnaires les proposent comme graphie alternative, dans l’enseignement proprement dit, elle est restée lettre morte durant un quart de siècle. »

 

Lire ICI Non, l’accent circonflexe ne va pas disparaître c’est le journal le Monde qui le dit. 

 

Chemin faisant en écrivant cette chronique il m’est venu à l’esprit que je pourrais, une nouvelle fois, marier le bel exercice du maniement de la langue française avec celui de la cuisine de ménage.

 

Effilocher

 

Défaire un tissu fil à fil, notamment pour en faire de la bourre ou de la charpie.

 

« La mer, sertie entre les montants de fer de ma croisée comme dans les plombs d'un vitrail, effilochait sur toute la profonde bordure rocheuse de la baie des triangles empennés d'une immobile écume linéamentée... » Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, 1918

 

Conjugaison du verbe effilocher

 

Verbe du 1er groupe

 

Le verbe effilocher peut se conjuguer à la forme pronominale : s'effilocher

 

Le verbe effilocher se conjugue avec l'auxiliaire avoir 

 

Du côté cuisine, la lumière est venue de la Belgique

 

 

Effiloché de porc – Pulled pork

 

« Ahhh le pulled pork, une vraie recette américaine comme je les aime! Savoureuse, réconfortante… qui se détache d’une facilité déconcertante… Miam! Et puis j’adore la sauce barbecue, qui fonctionne extrêmement bien avec le porc. »

 

Le premier secret de cette recette consiste à trouver une partie bien grasse du cochon, telle que l’épaule par exemple, ou le spiringue. Le deuxième consiste quant à lui à ne pas être pressé et à arroser régulièrement la viande. J’ai cuit le porc pendant près de 5 heures au four, mais vous pouvez aussi utiliser une cocotte ou même un barbecue. Tant que la chaleur est douce. Vous pouvez après manger la viande comme vous le préférez »

 

Nappez la viande avec la moitié de la sauce barbecue. Laissez mariner quelques heures. Enfournez au four 5 heures à 110°. De temps à autre, retournez la viande et versez un filet d'huile d'olive. Arrosez-la souvent avec le jus de cuisson. A moitié de la cuisson, nappez à nouveau d'un peu de sauce barbecue. Gardez le reste pour la dégustation. Si la viande vous parait sèche, versez un peu d'eau dans le plat et arrosez de plus belle. La viande est prête lorsqu'elle se détache facilement, à l'aide d'une fourchette. »

 

Me reste plus qu’à trouver une palette de porc noir de Bigorre pour me préparer une belle effilochée de goret…

 

Avec ça, sur les conseils  de  Patrick Böttcher je boirai une Cantillon

 

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:00
CHAP.15 opération Chartrons « Si nous acceptions le paquet neutre, dans 6 mois on vous proposera la bouteille de vin neutre, et c'en sera fini de nos appellations, c'en sera fini de nos terroirs» du grand Sarko

« Ne tombe pas amoureux d’une femme qui lit, d’une femme qui ressent trop, d’une femme qui écrit…

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme cultivée, magicienne, délirante, folle.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui pense, qui sait ce qu’elle sait et qui, en plus, sait voler ; une femme sûre d’elle-même.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui rit ou qui pleure en faisant l’amour, qui sait convertir sa chair en esprit ; et encore moins d’une qui aime la poésie (celles-là sont les plus dangereuses), ou qui s’attarde une demie heure en fixant un tableau, ou qui ne sait pas comment vivre sans musique.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui s’intéresse à la politique, qui soit rebelle et qui a le vertige devant l'immense horreur des injustices. Une qui aime les jeux de foot et de baseball et qui n’aime absolument pas regarder la télévision. Ni d’une femme qui est belle peu importe les traits de son visage ou les caractéristiques de son corps.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme intense, ludique, lucide et irrévérencieuse.

 

Tu ne veux pas tomber amoureux d’une femme de la sorte. Car, si d’aventure tu tombes amoureux d’une femme pareille, qu’elle reste ou pas avec toi, qu’elle t’aime ou pas, d’elle, d’une telle femme, JAMAIS on n’en revient. »

 

Martha Rivera-Garrido

 

 

Avec Sarkozy ce n’est même plus de la démagogie c’est le degré extrême de la bêtise et du mépris du citoyen.

 

« Si nous acceptions le paquet de cigarettes neutre, dans six mois on vous proposera la bouteille de vin neutre, et c'en sera fini de nos appellations, c'en sera fini de nos terroirs, c'en sera fini de la défense de nos savoir-faire. Vous aurez demain des intégristes qui vous demanderaient la bouteille neutre. Puis le fromage neutre »

 

Et pendant ce temps-là, après avoir grimpé les 120 marches de la butte, dans le pub de Montmartre où se sont rassemblés plus de 300 de ses jeunes supporteurs, Alain Juppé a tombé la veste, retroussé ses manches à petits carreaux bleu blanc et rouge. Sur le tube de Macklemore & Ryan Lewis « Can’t Hold Us », les militants, verres de bière à la main, se ­déchaînent et crient à tue-tête : « Juppé pré-si-dent. » Installées au fond de ce bar irlandais, sa femme, Isabelle, en jean et chemise écossaise, et sa fille, Clara, née il y a un peu plus de vingt ans, à l’époque où Juppé était Premier ministre. C’est la deuxième fois, depuis le début de l’année, que la discrète épouse du maire de Bordeaux apparaît dans cette campagne. Dans les premiers jours de janvier, elle avait assisté à l’inauguration du QG de campagne. Cette fois, elle s’est impliquée dans l’organisation de la soirée. « Cela m’intéresse. Et, pour les jeunes, c’est normal de donner un coup de main »

 

 

« Quatre jours plus tôt, dans le TGV qui l’emmène à Calais, Alain Juppé confie qu’il vient justement de recevoir le livre du patron des Républicains. La dédicace : « Avec ma très réelle amitié, Nicolas Sarkozy. » Le maire de Bordeaux sourit. « Je termine celui de Copé et, après, je lirai celui de Nicolas », assure-t-il, tout en expliquant qu’il préfère de loin, pour s’endormir, les romans policiers. L’ancien président de la République a-t-il eu raison de faire son autocritique ? « Les gens ­aiment ça. Je l’ai moi-même faite, et plusieurs fois. Encore en septembre dernier, j’ai fait mon mea culpa devant un congrès des médecins réunis à La Baule. Il [Nicolas Sarkozy] tente de purger son passé et croit qu’il va rebondir. Il sait faire. Je vois bien qu’il mélange miel et fiel. Franchement, je ne suis pas sûr que son bouquin change radicalement les choses. […] Le rejet de Sarkozy est très fort chez les parlementaires, 90 % d’entre eux ne veulent plus en entendre parler », assène un Juppé plus confiant – trop ? – que jamais. « Sans forfanterie, je sens à mon égard un petit mouvement d’adhésion. Maintenant, c’est mon job de créer cet enthousiasme, de passer d’une élection par défaut à un vote d’adhésion. »

 

Et pendant ce temps-là Michel Onfray fait à nouveau parler de lui. Sa cure de silence médiatique souffre de nombreuses exceptions, surtout lorsqu’il s’agit de promouvoir l’un de ses livres, Penser l'islam en France, en Italie. Le voilà de retour dans un entretien au quotidien Corriere della sera, mercredi 3 février – journal qui édite par ailleurs son ouvrage en Italie.

 

« L’islam manifeste ce que Nietzsche appelle 'une grande santé' : il dispose de jeunes soldats prêts à mourir pour lui. Quel occidental est prêt à mourir pour les valeurs de notre civilisation : le supermarché et la vente en ligne, le consumérisme trivial et le narcissisme égotiste, l’hédonisme trivial et la trottinette pour adultes ? »

 

« La diplomatie ne saurait fonctionner qu’avec des Etats amis, moralement impeccables et inconnus d’Amnesty International. Il faut dîner en compagnie du diable avec une grande cuillère. »

 

Il regrette que la France ne prenne pas l'initiative d'une conférence mondiale pour la paix, sans préciser davantage les contours de sa mission éventuelle. « Mais je n’y crois pas. François Hollande n’a aucun charisme international et il n’a pour seule perspective que d’être réélu, or, la testostérone du chef de guerre est hélas un argument électoral. »

 

Il s'en prend aux hommages rendus aux victimes des attentats, place de la République à Paris : « Déposer des peluches au pied de la statue de la République est la seule manifestation d’intelligence autorisée par le pouvoir d’Etat soutenu par le pouvoir médiatique. »

 

Et pendant ce temps-là Longueurs&Pointes se prévaut d’un titre d’ingénieur agronome alors qu’elle n’a dû qu’à son classement de sortie de l’X d’être intégrée à l’ENGREF.

 

NKM-La France Droite ‏@LaFrancedroite 2 hil y a 2 heures

.@nk_m dans @OuestFrance "Je suis ingénieure agronome vous savez, une spécialité plutôt rare chez les politiques"

 

Les grandes écoles, leurs prépas, leurs concours, leurs rangs de sortie :

 

« La compétition frontale, un jour donné et à une heure précise, a son sens dans le cyclisme ou l’athlétisme. Elle n’en a aucun dans l’enseignement supérieur. Elle réintroduit un enjeu scolaire qui n’a pas sa place. Les études supérieures doivent être dures, sélectives au long d’un apprentissage programmé aujourd’hui sur cinq années, ouvertes sur un grand nombre de facultés et, pour ceux qui en sentent la motivation, se poursuit sur une thèse qui devrait toujours être financée.

Concours, classes préparatoires, grandes écoles, classement de sortie sont des scories d’un ordre ancien, périmé, nocif. La France est entre les mains de cette engeance arrogante. Tous et toutes sont sortis de cette colonne de distillation où la bande tournante combine CPGE, concours, classement de sortie, "grandes écoles". De l’Élysée à Areva, on voit le résultat. Et si on essayait autre chose ? Qu’a-t-on vraiment à perdre ? »

 

 

Comment rétablir la confiance dans les médias ?

 

« L’intérêt des Français pour l’information reste élevé tout comme leur exigence à l’égard des journalistes et des médias. L’année 2015, marquée par une profonde refonte du secteur, a accru le sentiment d’un manque d’indépendance des professionnels de l’information. Si la confiance envers la télévision, la radio et la presse écrite se maintient, la crédibilité d’Internet baisse.

 

Il y a un an, lorsque l’institut TNS Sofres avait, pour La Croix, sondé les Français sur leur confiance dans les médias, des Français, nombreux, brandissaient des crayons place de la République, les journaux s’arrachaient dans les kiosques, les audiences des radios et télévisions s’envolaient.

 

La rédaction de Charlie Hebdo venait d’être prise pour cible par des terroristes. Tuer des journalistes, c’était s’en prendre à la liberté d’expression, un socle de la démocratie. Les résultats de notre Baromètre (intérêt record pour l’information, crédibilité des médias en hausse, moindre défiance envers les journalistes…) reflétaient alors ce besoin évident d’union nationale, qui se révéla éphémère. »

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 06:00
« Mitterrand - Un jeune homme de droite » : le jeune Mitterrand fut le produit de son temps et de son milieu social…

Nous venons de commémorer le 20e anniversaire de la mort de François Mitterrand, deux t, deux r, ses adversaires le dénommait à plaisir Mitrand, ce que le premier cercle de la Mitterrandie exécrait, et l’actuel Président, flanqué de Mazarine, a fait le pèlerinage de Jarnac.

 

En France nous commémorons beaucoup et nos hommes politiques n’aiment rien tant que la captation d’héritage.

 

Madame Taubira lorsqu'elle prend la plume est plutôt gentille avec François Hollande. Dans Murmures à la jeunesse, l'ancienne Garde des Sceaux ne se livre à aucune attaque personnelle ni à aucune critique déguisée à l'égard du chef de l'État. Sans doute parce que les écrits restent alors qu’en revanche les paroles volent.

 

« Il a jonglé entre opposants et partisans, fait plaisir à la droite et au FN. Il s'est pris pour Mitterrand, mais il lui manque un étage. »

 

Propos rapportés par Le Canard Enchaîné le mercredi 3 février.

 

Michel Rocard, dont on connaît les relations exécrables avec Mitterrand, lorsque Léa Salamé lui a demandé, lors de son interview sur France Inter de mardi dernier : « si on en faisait trop sur l'ex-chef de l'Etat » a lancé avec son franc-parler coutumier :

 

« Oui. Je pense que l'histoire lointaine réglera ça. »

 

« N'en mérite-t-il pas tant? », l'a alors relancé la journaliste.

 

« C'est mon sentiment », a lâché Michel Rocard, avant de reconnaître, « Il y a un peu de partialité là-dedans, sans doute. »

 

Dans la roue de Michel Rocard j’ai passé dix années de ma vie alors qu’il bouclait ses deux septennats, j’ai même dirigé le cabinet d’un Mitterrandien du premier cercle, Louis Mermaz, alors ne comptez pas sur moi pour jouer les « vierges effarouchées » à propos de son passé. Sans tout savoir de celui-ci, je n’ai jamais fait semblant d’ignorer les zones d’ombre de sa jeunesse, ni son échine souple, ondoyante sous la IVe et pire encore, son intransigeance en tant que Garde des Sceaux. Bref, j’avais beaucoup lui sur lui et, en dépit de sa victoire en mai 1981, j’ai toujours estimé que le contrat initial qu’il avait passé pour prendre le pouvoir au Congrès d’Épinay, alliance de la droite du PS Gaston Deferre et des crypto-marxistes de Chevènement, portait en lui toutes les ambigüités d’une gauche qui prétendait marier l’eau et le feu. Les dividendes de ce PS attrape-tout, sans colonne vertébrale, repaire de candidats aux mandats, sont aujourd’hui au rendez-vous et, comme Michel Rocard, je le regrette.

 

La dernière biographie vraiment originale est due à la plume d’un anglais Philippe Short « François Mitterrand » Portrait d’un ambigu. L’auteur dans son prologue annonce la couleur « Les autres nations font face à des scandales. Les Français, eux, font face à des affaires » et dans ses remerciements il remercie le ciel de l’avoir envoyé en France sous la présidence de François Mitterrand. Comme je le comprends moi, l’homme de l’ombre, qui a passé sa vie à se glisser dans les plis. Souvenir d’André Rousselet, premier directeur de cabinet du nouveau Président de mai 81, «dont les récits tendres et ironiques et lucides sur son ami, François Mitterrand » ont été précieux pour Philippe Short. « Grâce à lui, Anne Pingeot accepta de mettre sa discrétion légendaire de côté pour me parler de l’homme avec qui elle partagea pendant plus de trente ans un amour extraordinaire et courageux. Elle fut « l’héroïne d’un film que personne ne verra jamais », selon les mots de leur fille, Mazarine. »

 

 

Aujourd’hui c’est un scénariste belge Philippe Richelle et le dessinateur français Frédéric Rébéna qui lui consacrent un admirable album de bande dessinée «Mitterrand - Un jeune homme de droite ». Une bande dessinée subtile et élégante, sans concessions, exigeante, fondé sur récit qui oublie de séduire.

 

Comme l’aurait écrit au temps de ma jeunesse la Centrale Catholique : à mettre entre les mains de lecteurs avertis.

 

« Les auteurs se sont penchés plus sur les années 36-45, les plus troubles de son parcours politique, sans pour autant charger la bête : le jeune Mitterrand fut le produit de son temps et de son milieu social mais ne sombra jamais dans les pires excès nationalistes dont l’antisémitisme. »

 

Mitterrand personnage de roman, c’est l’opinion de Philippe Richelle : « La révélation tardive de son passé vichyste, par exemple, a alimenté ce constat. Ça a ajouté à son parcours tout à fait atypique, exceptionnel, tortueux une dimension effectivement romanesque ».

 

« François Mitterrand m’intéresse et m’intrigue fortement depuis près de vingt ans. Même avant, remarquez : Je me souviens qu’en 1981, alors que j’étais en terminale, notre prof de lettres nous avait presque obligés à acclamer son élection. Globalement, on était aussi excités que nos jeunes voisins français, on sentait poindre un souffle nouveau dans la vie politique. Même si la suite nous a tous quelque peu déçus – et c’est un euphémisme ! ».

 

« Établi à partir d’une documentation solide - mais sans la consultation de ses héritiers -, ce portrait présente donc un jeune Mitterrand pour ce qu’il est alors : un jeune homme de droite, issu de la droite traditionaliste, provinciale et profondément catholique, et qui n’avait jamais vraiment accepté la République »

« C’était un personnage complexe, plein de contradictions. Mais malgré le fait qu’il ait été « façonné » par son extraction traditionaliste, il s’est, peu à peu, construit, il a souffert - notamment au stalag - et fait des rencontres qui ont élargi son horizon intellectuel », note Philippe Richelle.

 

Le découpage en 6 chapitres est pertinent, jamais on ne perd le fil de l’histoire familiale, amicale et amoureuse du jeune Mitterrand et celui de l’Histoire troublée de cette période. Biographie toute en finesse, ni à charge, ni à décharge, à la bonne distance qui laisse au lecteur sa liberté de choix. Le trait du dessinateur Frédéric Rébéna est incertain, changeant, volonté de traduire le flou, l’incertain, ou difficulté à saisir la véracité du personnage central ? Je ne sais mais la suite se devra d’être plus précise, le visage de Mitterrand, son masque est partie intégrante de sa vérité intérieure.

 

Ambitieux, fat, séducteur, déplaisant, arrogant, fascinant aussi, ambigu, pompeux, lyrique, pugnace, tenace, courageux, sûr de lui, déterminé, ondoyant, fidèle en amitié : Georges Dayan le socialiste, Patrice Pelat alors communiste, le Mitterrand jeune porte en lui tout ce qui façonnera le Mitterrand de la IVe ne rêvant que de devenir Président du Conseil, puis celui de l’Union de la Gauche, du Programme Commun qui accédera le 10 mai 1981 à la fonction présidentielle qu’il occupera, avec deux intermèdes de cohabitation, 14 ans.

 

À lire, à offrir à vos grands adolescents, cette biographie est de qualité et mérite d’être présente dans vos bibliothèques.

 

« Mitterrand - Un jeune homme de droite », de Philippe Richelle & Frédéric Rébéna - Éditions Rue de Sèvres, 18 euros

 

1 second volume devrait suivre, qui couvrira de l’immédiat après-guerre à la fin des années 1950 …

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