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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 06:00
Adhésion /obligation les 60 interprofessions agricoles sont, pour les grandes, plus des théâtres d'expression politique que des lieux de décisions sur les marchés.

Je n’ai pas compté le nombre de fois où Emmanuel Macron, dans son discours de Rungis, a utilisé les mots filières et interprofessions.

 

La notion de filière n’est guère opérante économiquement car elle n’est que le constat physique de l’imbrication des opérateurs économiques qui produisent, transforment, distribuent les biens alimentaires. Elle permet d’agréger des chiffres, de publier des statistiques permettant d’évaluer le poids des uns et des autres. Il n’y a pas à proprement parler de pilotes dans une filière, elles sont dominées par les industriels eux-mêmes soumis au diktat de la GD.

 

Comme nous sommes un peuple génial, pour « piloter » ces ensembles nous avons inventés les interprofessions et, pour faire bon poids, les avons fait financer par des Cotisations Volontaires Obligatoires, les CVO.

 

La CVO c’est simple comme une volonté exprimée par des organisations dites représentatives, pour faire joli on les nomme familles professionnelles, un vote accouchant d’un prélèvement rendu obligatoire par la puissance publique : arrêté conjoint du Ministère de l’Agriculture et du Ministère de l’Économie et des Finances.

 

Conséquence : tout le monde paye sans pour autant se sentir représenté par les organisations professionnelles, c’est surtout vrai du côté des agriculteurs de tous poils, je  dis ça pour les vignerons qui ont toujours tendance à se croire différents des paysans.

 

Ce système a été inventé par un énarque, membre du cabinet de Christian Bonnet, qui fut mon patron à l’ONIVIT sur la base d’un raisonnement simple, celui que font les fiscalistes, plus l’assiette est large plus le rendement est bon. Cette manne permettra de faire fonctionner des zinzins où les OPA pourront piloter la filière.

 

Ce fut assez vrai dans le secteur laitier tant que l’Interprofession fixait le prix d’achat du lait mais tout l’édifice s’est lézardé lorsque la Commission Nationale de la Concurrence a mis le holà. Dans le secteur des grandes cultures, ils ont mis en place des fonds financiers : Unigrains et Sofiprotéol qui leur ont permis d’intervenir économiquement. Unigrains par  exemple a permis la constitution du groupe Bigard en lui cédant ses parts dans Socopa. Sofiprotéol devenu le groupe Avril opère dans le biodiesel, les semences Limagrain,  les aliments du bétail, les œufs…

 

Dans le secteur des viandes ça n’a jamais fonctionné, comme pour les fruits et les légumes.

 

Dans le secteur du vin, les interprofessions ont essentiellement agit en placardant des affiches et en finançant de la publicité. Le pilotage de la filière s’opérant soi-disant dans la section spécialisée vin de FranceAgrimer sous la houlette d’un apparatchik Jérôme Despey pur produit du syndicalisme majoritaire (ex-président des JA et VP de la FNSEA).

 

L’article ci-dessous de Marie-Josée Cougard dans les Échos fait un assez bon état des lieux.

 

Multiples, les interprofessions agricoles sont, pour les plus grandes d’entre elles, devenues des théâtres politiques.

 

Ultra organisée, l'agriculture française regorge de représentations dans tous les secteurs de production, dont beaucoup ne sont plus adaptées à une Europe désormais largement ouverte sur le monde. La plupart ont été créées dans les années soixante ou soixante-dix. C'est le cas des interprofessions, dont le fonctionnement a été codifié par la loi du 10 juillet 1975 pour que se concertent les agriculteurs et leurs clients, industriels, négociants, etc. Emmanuel Macron demande au monde agricole d'en faire de véritables instances de décision économique.

 

Les interprofessions ou filières sont aujourd'hui plus de soixante. Toutes au départ avaient l'ambition de partager des décisions d'ordre économique. Elles ont à vrai dire longtemps rempli leurs objectifs, jusqu'au moment où il a été décidé de réformer la politique agricole européenne (PAC). Cela s'est fait par vagues successives, jusqu'à mettre l'agriculture communautaire en prise directe sur les marchés mondiaux. D'une logique de négociation politique sur les aides à l'agriculture, l'Union européenne est passée à une logique économique, qui ne s'est pas toujours imposée dans les cénacles agricoles.

 

Conflits

 

Tant et si bien que les grandes interprofessions, comme celles de  la viande ou du lait, sont souvent devenues davantage des théâtres d'expression politique que des lieux de décisions sur les marchés. Résultat, de belles empoignades entre producteurs et industriels, et des conflits impossibles à dénouer. Au point que les impétrants ont fini par prendre l'habitude de faire appel au ministre de l'Agriculture en place pour tenter de dénouer les conflits. Dans de nombreux cas, les situations se sont avérées si complexes qu'il a fallu trouver un médiateur et les plus grands groupes industriels les boycottent fréquemment.

 

A l'inverse, les interprofessions plus restreintes dans leur champ d'action fonctionnent parfaitement. C'est le cas du CIVC, le comité  interprofessionnel du vin de champagne: les vignerons trouvent chaque année un accord sur les prix du raisin et ils s'entendent avec les maisons de champagne sur un rendement à l'hectare et un niveau de stock. C'est également vrai de l'interprofession du comté ou du roquefort où les industriels acceptent de rémunérer sans sourciller le lait à des prix deux fois supérieurs à celui que reçoivent les autres. De crise on ne parle jamais. Les marchés sont circonscrits et les intérêts de chacun bien compris. Une logique à méditer.

 

Marie-Josée Cougard

@CougardMarie

 

Pour donner une couleur viticole à cette chronique je vous livre l’état d’un conflit qui oppose le négoce bourguignon à la CAVB organe représentatif des vignerons bourguignons.

 

A l’attention des Président-e-s d’ODG et des membres des commissions du BIVB représentant la CAVB

 

Mesdames, Messieurs,

 

Lors de la conférence de presse sur le millésime 2017, organisée par le BIVB le 20 septembre dernier, son Président, Louis-Fabrice Latour, a annoncé aux journalistes son souhait de se voir reconduire, ainsi que le Président délégué représentant la viticulture, à la tête de l’interprofession.

 

Ainsi, il a délibérément et publiquement ignoré le vote démocratique organisé par la CAVB au mois de juillet dernier qui a vu notre Conseil d’administration élire Jean-Michel AUBINEL représentant de la viticulture à la future présidence du BIVB.

 

Par la suite, Jean-Michel AUBINEL a rencontré Louis Fabrice LATOUR et Pierre-Henri GAGEY. Au cours de cet entretien, ces derniers lui ont fait savoir qu’ils ne le laisseraient pas accéder à la présidence du BIVB.

 

Les vignerons du Conseil d’administration du BIVB ont souhaité avoir un débat sur cette ingérence dans la vie interne de la CAVB lors du dernier Conseil d’administration du BIVB.

 

Malgré plusieurs demandes, le Président du BIVB n’a pas voulu aborder cette question importante.

 

Les vignerons ont donc décidé de quitter la salle et ont tous écrit un courrier à l’attention de Président du négoce, Frédéric Drouhin, dénonçant cette attitude et sollicitant une discussion sur cette situation inacceptable. En effet, il est urgent de savoir si cette initiative malheureuse est le fait de quelques personnes ou la position de la famille du négoce. Ce qui provoquerait une véritable rupture dans le contrat qui lie nos deux familles, à savoir le respect des décisions de chacune des deux composantes de l’interprofession.

 

Dans l’attente, la viticulture ne participera plus aux réunions (Comité Permanent, Conseil d’administration, Assemblée générale et commissions) du BIVB.

 

Vous trouverez ci-joint le courrier envoyé vendredi dernier à Frédéric DROUHIN, Président du négoce bourguignon, signé par tous les vignerons, membres du Conseil d’administration du BIVB.

 

La CAVB tiendra un Conseil d’administration la semaine prochaine qui débattra notamment des suites éventuelles.

 

Il paraissait important que chacun-e d’entre vous soit informé-e.

Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.

 

Bien cordialement

 

Thomas NICOLET

Directeur

06 99 74 03 73 / t.nicolet@cavb.fr

 

Affaire à suivre, je ne parle pas des chicayas du BIVB mais du pilotage des filières par les Interprofessions pour mener à bien les fameuses montées en gamme chères au Président Macron.  

 

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:00
Que vient faire Ausone avec le brochet qui, écrit avec un grand B, comme Emmanuel Brochet est une pépite de champagne ?

Pour les grands amateurs, style LPV, ceux qui se lamentent sur les prix pharaoniques atteint par les GCC de Bordeaux et leurs cousins de Bourgogne, Ausone c’est un château de Saint-Émilion propriété de la famille Vauthier qui a atteint les sommets sans avoir recours, comme le chante Alain Souchon, aux jupes des filles.

 

Les lettrés, de plus en plus nombreux sur  Face de Bouc grâce à la consultation assidue de Wikipédia, savent qu’Ausone, né à Bordeaux, Decimus Magnus Ausonius, fit ses études à Toulouse pour revenir dans sa ville natale, où il enseigna la grammaire, puis la rhétorique. Appelé à Trèves pour être précepteur du futur empereur Gratien, Ausone fut élevé au consulat (379). Après l'assassinat de Gratien (383), il revint définitivement à Bordeaux, où il mourut.

 

« Le contenu chrétien de ces poèmes est assez mince, et d'autres sont franchement païens. On a pu se demander si Ausone était païen ou chrétien. Sans doute était-il de ces esprits qui, comme il y en eut beaucoup au IVe siècle dans les milieux cultivés, étaient au fond assez indifférents en matière religieuse, et dont le christianisme ne fut peut-être qu'un opportunisme. » Pierre Thomas CAMELOT

 

Ce cher Ausone, dans son hymne à la Moselle, atteste que le nom du brochet en latin c’est lucius.

 

Ce nom serait un emploi métaphorique du prénom romain Lucius. En effet, Ausone, a qualifié le brochet de « poisson plaisamment désigné par un prénom latin ». C’est controversé mais le fait que Lucius Licinius Murena, consul romain défendu par Cicéron à propos de la murène, ait été un gros poisson de la politique apporterait un argument suffisant pour en faire l’origine du nom de ce poisson.

 

En gaulois, ce nom est formé sur l’adjectif latin brocc(h)us « aux dents proéminentes »

 

 

« Les traits morphologiques les plus remarquables, chez le brochet, sont la gueule, si parfaitement conçue pour la capture des proies, et le corps, si bien profilé pour l'attaque surprise. La gueule en bec de canard, large, aplatie, et arrondie, s'ouvre démesurément pour montrer un armement impressionnant de plus de 700 dents, acérées et coupantes, se répartissant en deux catégories ayant chacune sa fonction : celles qui garnissent les mâchoires, les moins nombreuses mais les plus grosses et les plus longues, servent à saisir et à clouer la proie; les autres, fines et serrées en massifs, tapissent le palais et la langue et, inclinées vers l'intérieur, ont pour rôle de conduire la proie vers le fond de la gorge en l'empêchant de ressortir.

 

Le corps, parfaitement hydrodynamique, avec une nageoire dorsale rejetée loin vers l'arrière et une caudale large et puissante, n'est pas conçu pour une nage à grande vitesse prolongée, comme celui du saumon par exemple, mais pour le rush foudroyant à partir de l'immobilité de l'affût afin d'intercepter la proie qui passe à bonne portée.

 

 

La robe du brochet est d'ailleurs parfaitement mimétique grâce aux couleurs et aux motifs (taches, zébrures) qui lui permettent de se confondre avec son environnement; d'un milieu aquatique à l'autre, ces couleurs peuvent varier considérablement: jaune paille et gris argenté à verdâtre sur le corps, avec des nageoires orangé à brun rouge, très vives et contrastées dans des eaux claires acides et très pâles et affadies dans les eaux opaques. La femelle peut atteindre une longueur de 1,50 m pour un poids de 35 kg en Europe et, selon certains auteurs, jusqu'à 65 kg en Sibérie - ce qui le placerait bien au-dessus du fameux muski (masquinonge) nord-américain, brochet géant qui ne dépasse pas (!) 2 m de long pour une quarantaine de kilos. Mais chez nous, des sujets de 15 à 20 kg sont déjà de très gros brochets. Les mâles sont sensiblement plus petits, n'atteignant qu'exceptionnellement une dizaine de kilos. »

 

Bien qu'essentiellement chasseur de proies vivantes - et, plus rarement, dans des conditions normales, «ramasseur» de proies mortes -, le brochet est loin d'être ce féroce prédateur pour lequel il a longtemps passé. Il a des cycles d'activité alimentaire espacés de plusieurs jours (parfois huit à dix), entre lesquels il reste totalement apathique, ce qui fait qu'il est bien loin, au total, de manger «son propre poids de poisson par jour», comme l'on disait dans le temps.

 

Loin d'être un nuisible, il assume une fonction indispensable dans la régulation des équilibres interspécifiques du milieu où il vit, en limitant les espèces à fort pouvoir de reproduction, et aussi dans la sélection de chacune en éliminant les sujets les plus faibles ou malades. Dans les plans d'eau ou cours d'eau où il n'est pas en densité suffisante, il peut se produire des perturbations graves, comme le nanisme des perches, dont il est le prédateur limitant naturel (les premières proies des tout jeunes brochets sont les alevins de perche qui, nés après eux, sont à la bonne taille juste au bon moment) ou bien l'installation d'une maladie sur une espèce donnée, sa dégénérescence, etc.

 

Il vit en solitaire, sur un territoire dont l'étendue est fonction de ses besoins et de la densité en poisson-fourrage. Tout concurrent qui s'y aventure fait l'objet d'une agression; si le plus faible ne fuit pas, il peut être mangé par le plus fort: ce cannibalisme constitue également une régulation et une sélection de l'espèce par elle-même. Toutefois, ces territoires ne sont pas fixés une fois pour toutes et s'il se produit, à un moment quelconque, une grosse concentration de proies, les brochets peuvent accepter une cohabitation sans agressivité du fait de l'absence de concurrence alimentaire. »

 

LIRE ICI 

 

Pour faire la transition avec le réel objet de cette chronique j’évoquerai le brochet au beurre blanc de maman.

 

En effet, ce plat de communion solennelle, aurait aimé se marier avec le splendide Les Hauts Meuniers 2010 d’Emmanuel Brochet.

 

Mais qui est Emmanuel Brochet ?

 

Les amis de Mi-fugue mi-raisin écrivent :

 

« Emmanuel Brochet a eu la chance de récupérer de ses parents une parcelle de 2.5 hectares louée auparavant à d’autres vignerons. Il est donc le premier vigneron de la famille et n’est pas lié par un contrat de fermage. Son approche et sa philosophie font penser à un autre vigneron, Richard Leroy: les deux sont passionnés et préfèrent vivre simplement tout en élaborant des vins de rêve. Leur  priorité est de rentrer des raisins sains et équilibrés leur permettant d’aller le plus loin possible dans la vinification.

 

La parcelle est située à quelques kilomètres à l’ouest de Reims, sur des sols argilo-limoneux en surface et crayeux en sous-sols. On obtient donc des vins secs d’une grande minéralité, mais avec un très beau fruit. Paradoxalement, on est  à la fois sur un Champagne d’esthète, précis, minéral, pur  et sur un vin de (grand!) plaisir. »

 

J’ai découvert Emmanuel Brochet et ses rares pépites il y a 3 ans à Aÿ.

 

Depuis j’arpente Paris en espérant kidnapper l’un de ses flacons.

 

Il était au Paul Bert en compagnie d’une belle poignée de vignerons, les champenois y étant majoritaires, et j’ai découvert la dernière de ses merveilles Les Hauts Meuniers 2010 100 % pinot meunier. (1180 bouteilles)

 

Question au gentil et discret Emmanuel : où le trouver ?

 

Réponse : aux caves Legrand rue de la Banque !

 

Dès le lendemain matin j’ai enfourché mon fier destrier pour m’y rendre.

 

Le trésor était bien caché, il a fallu aller le chercher à la cave.

 

 

Mon enlèvement réussi je suis reparti le cœur léger « quand on aime on ne compte pas »

 

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 07:00
Au matin de ce dimanche d’été indien en retrouvant la photo de la petite classe de l’école libre de la Mothe-Achard je sais d’où je viens…

Ceux d’entre vous qui me lisent chaque matin savent que, en dépit de mon grand âge, ma plume aime à s’égarer sur des chemins qui mènent nulle part ou, plus exactement, qui s’aventurent dans les secrets de mon petit jardin d’intérieur.

 

Hier, j’ai cuisiné pour des invités. Mettre les mains dans la farine est le moyen le plus sûr pour permettre à son esprit de folâtrer.

 

En faisant mes courses j’ai à l’insu de mon plein gré fait la charité en versant chez le boulanger 1 euro pour 1 Love Baguette dans le cadre d’une opération nationale de l'association AIDES pour aider la recherche contre le Sida puis 3 euros à la supérette pour construire une école en Syrie.

 

 

Charité moderne, indolore, sans main tendue à la sortie de la messe.

 

En entrée, c’est là où je peux exercer ce qui me reste de créativité, j’ai dressé des assiettes sous-bois&mer sur un lit de salades. Soit en français : des petits cèpes, des noix fraîches de Saint-Jacques, des moules de bouchot sur des endives de plein champ, du cresson et du pissenlit. Le tout aspergé de vinaigre de miel et d’huile d’olive.

 

Pour le reste du repas, des pappardelle au ragù de cerf (préparé pour moi par l’ami Giovanni Passerini), un plateau de fromages pestilents à souhait : une boulette d’Avesnes d’enfer, et bien sûr la fameuse tarte aux pommes. ICI  

 

 

Là-dessus 1 Clairet de chez Massereau.

 

 

Tout le monde était content d’avoir bien mangé et bien bu, merci petit Jésus…

 

Sur le soir, sur le fil d’infos, il m’est proposé un sujet qui me touche  La photo de classe, un rituel toujours vivace. Je les ai toutes, ou presque, et sans nostalgie exagérée c’est toujours un plaisir de les regarder. 

 

Avec elles, si tant est que je l’aurais oublié, je sais d’où je viens !

 

L’article souligne : « L'école publique de Jules Ferry se met aussi en scène. Enfants sagement alignés, instituteur ou institutrice vêtu sobrement au milieu du groupe d'élèves, cette photo de classe veut transmettre jusqu'aux tréfonds des campagnes l'excellence de l'école républicaine et laïque. L'école libre, elle, valorise les symboles religieux »

 

Si vous me reconnaissez sur la photo de l'école libre de la Mothe-Achard je vous offre une bouteille de Clairet.

 

La nuit passe là-dessus, je me lève de bonne heure : 5 heures, que vais-je leur raconter ?

 

Disserter sur l’hypocrisie du « Tout le monde savait… » à propos du producteur prédateur sexuel ou sur l’impudeur d’un Bertrand Cantat s’affichant à la Une des Inrocks pour faire la promo de son nouvel opus ?

 

Je ne m’en sens pas le courage.

 

Sur le premier sujet, Virginie Despentes dans Vernon Subutex dresse un portrait très ressemblant d’un producteur qui passe sa vie à se faire des lignes et à traquer des proies.

 

 

Quant à Cantat, grand pourfendeur, donneur de leçons, il a purgé sa peine humaine, mais bordel de merde qu’il ne vienne pas ramener à nouveau sa fraise. Et Dieu sait si j’ai aimé Noir Désir, pas vraiment Cantat.

 

J’en étais donc là lorsque mon esprit descendit l’escalier sans préavis, sous l’effet du discours ambiant sur la valeur travail, je me souvins de la fable de Jean de La Fontaine : Le Laboureur et ses Enfants.

 

Emmanuel Macron va causer à la télévision ce soir :

 

 

Travaillez, prenez de la peine :

C’est le fonds qui manque le moins.

Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage

Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’Oût.

Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse.

Le père mort, les fils vous retournent le champ

Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an

Il en rapporta davantage.

D’argent, point de caché. Mais le père fut sage

De leur montrer avant sa mort

Que le travail est un trésor.

 

Je regarderons point Macron à la télévision mais descendant d’une lignée de laboureur, ne sachant ni le jour ni l’heure, je me demande toujours si j’ai pris le bon chemin…

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 06:00
Si vous passez en Champagne pouilleuse arrêtez-vous donc chez Drappier, le Taulier vous contera l’histoire de Clairvaux la centrale Badinter et Jean Genet…

Drappier est un must, il cultive l’authenticité et le naturel grâce notamment à un très faible dosage et un usage extrêmement modéré des sulfites, dont la cuvée Brut Nature Sans Soufre est l’aboutissement.

 

Même que mardi dernier cette belle maison auboise a offert un léger en-cas au petit bouiboui de la rue de Varenne, l’Arpège, à des « critiques », sans doute pour leurs beaux yeux, ces gens-là sont des incorruptibles comme chacun sait. Si on en fait la remarque ces braves gens poussent des cris d’orfraies.

 

 

Un petit coup de pouce à la communication ne saurait nuire à l’extension du domaine de buvaison de la maison Drappier.

 

Celle-ci puisée sur le site nous dit :

 

« Si la vigne fut plantée pour la première fois à Urville par les Gallo-Romains il y a 2000 ans, c’est Saint Bernard, fondateur de l’Abbaye de Clairvaux qui fit construire nos caves en 1152.

 

Sept siècles plus tard, en 1808, c’est autour de ce témoignage médiéval, magnifiquement préservé, où dorment des cuvées d’exception, que fut créé le domaine familial dirigé aujourd’hui par Michel Drappier. Terre d’accueil du Pinot Noir, cépage qui « coule dans nos veines », c’est à Urville que fut planté notre vignoble, cultivé selon les principes du bio et du naturel.

 

Comme des « archives » de la longue histoire de notre maison, nous continuons également à cultiver des cépages oubliés et pourtant inoubliables : l’Arbane, le Petit Meslier et le Blanc Vrai. »

 

La Champagne Pouilleuse, aussi connue sous le nom de Champagne Crayeuse, doit son nom à sa pauvreté passée. En effet, son sol calcaire y empêchait les cultures et seuls les moutons y étaient élevés.

 

Depuis la généralisation de la culture sous engrais, la Champagne Pouilleuse est devenue une riche région agricole malgré ses terres blanches, l'égale de la Brie et de la Beauce.

 

La Champagne crayeuse est une vaste région naturelle, qui occupe une des auréoles du Bassin Parisien : celle de la craie sénonienne. Elle s'étend sur quelques 820 000 hectares, sous la forme d'un croissant long de 175 km du nord au sud, large d'une soixantaine de kilomètres en son milieu. Bordée à l'ouest par la Côte de l'Ile de France, à l'est par la Champagne humide et l'Argonne, elle bute au sud sur le Pays d'Othe, et, au nord, ne franchit guère la vallée de l'Aisne. Elle chevauche ainsi les trois départements des Ardennes, de la Marne et de l'Aube. Elle se présente comme une plaine largement ondulée et coupée par des vallées, dont l'altitude varie entre moins de 100 m et 235 m.

 

 

Même si mon pouvoir d’influence est immense je ne vais pas pour autant tresser des lauriers à Drappier, je l’ai fait par le passé, mais vous conter l’histoire de l’abbaye de Clairvaux.

 

Pourquoi ?

 

Champagne «Cuvée de Clairvaux» un vin rare ? titrais-je le 25 mai 2009

 

« Cette cuvée, élaborée par la maison Drappier dans les anciennes caves de l’Abbaye de Clairvaux à Urville, je l’ai dégustée et appréciée au Salon des Vins d’Abbayes – Cellier du Collège des Bernardins 20, rue de Poissy 75005 Paris » écrivais-je.

 

Une abbaye quoi de plus banal sauf que l'abbaye de Clairvaux fut acquise par l'État le 27 août 1808 en même temps que treize autres anciens monastères pour mailler le territoire de « maisons centrales de force et de correction ». La Révolution ayant érigé la liberté en valeur fondamentale le nouveau système pénal s'élabore autour de la privation de liberté, éventuellement associée aux travaux forcés. Quelques aménagements suffirent à transformer en bureaux, en dortoirs et surtout en ateliers, les immenses bâtiments dont l'autre intérêt résidait dans son haut mur d'enceinte. De quoi faire de Clairvaux dans les décennies suivantes, non pas une maison centrale parmi d'autres, mais la plus grande de France : 1 456 détenus en 1 819 ; 2 700 en 1 858 dont 1 650 hommes, 489 femmes et 555 enfants.

 

Clairvaux, la Centrale fut rendue « célèbre » par « l’affaire Buffet/Bontems », et le réquisitoire de Robert Badinter contre la peine de mort.

 

Clairvaux, où fut enfermé un certain Jean Genet, qui y rédigea le « Journal d’un voleur ».

 

Clairvaux est l’une des maisons centrales les mieux gardées de France ses hauts et longs murs interminables, en rangées successives, interdisent toute vue sur les vestiges des splendeurs d’autrefois. »

 

La chronique ICI 

 

 

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 06:00
« Quand on voit le prix que la tarte atteint, on n'est pas loin de tomber dans les pommes... » (1)

Avoir l’air tarte… ce n’est pas de la tarte… c’est une tarte à la crème… foutre une tarte… ce n’est pas de la tarte… et bien évidemment les célèbres chemises à col pelle à tarte… le tarte ta gueule à la récré d’Alain Souchon

 

 

Quand vient la saison des pommes je mets mes mains dans la farine pour pétrir une pâte brisée que je roule, que je dresse dans un moule embeurré, pour la napper de compote sur laquelle je pose des quartiers de pommes.

 

Attention c’est une tarte aux pommes nature, simple, sans artifices… pas d’excès de sucre… le respect de la pomme. Tout est bio.

 

Pour la pâte que fais-je ?

 

  • Je creuse un puits dans ma farine sur laquelle j’ai aspergé du sucre vanillé ;

 

  • J’y casse un œuf entier ;

 

  • Je mélange ;
  • J’ajoute un filet d’huile d’olive ;
  • Je mélange ;
  • J’ajoute un peu d’eau tiède ;
  • Je mélange ;
  • Je découpe des morceaux de beurre que j’ajoute ;
  • Je pétris.

La pâte en boule va reposer.

    

Pour la compote :

  • Des reinettes du Canada dont j’extrais le trognon ;
  • Je les épluche ;
  • Je les mets entière dans une casserole, j’ajoute du Calvados et un peu d’eau ;
  • Je couvre ;
  • Je les cuis à feu vif ;

 

  • Les pommes explosent ;
  •  

  • Je les écrase à la fourchette ;
  • Tout à la fin je la bats au fouet pour la lisser.

 

Pour le fond de tarte :

  • Sur une table farinée j’étends le pâton ;
  •  

  • J’embeurre le moule ;
  • J’y dépose la pâte étendue ;
  • Je découpe les bords ;
  • Je pique à la fourchette le fond de tarte ;
  •  

  • Je mets l’ensemble à four chaud.

 

Pendant ce temps-là je prépare les pommes pour garnir le fond de tarte.

Lorsque le fond commence à dorer je le retire du four, j’y dépose la compote puis je dresse les quartiers de pomme. J’enfourne à nouveau l’ensemble.

 

Je n’ai pas de temps de cuisson. Je retire la tarte lorsqu’elle a pris de belle couleur.

 

Enfin avec les retaillons je fais une tarte riquiqui selon le même processus.

 

 

Voilà mon labeur achevé je me dis que je pourrais m’engager comme homme de maison pour occuper ma retraite. Mais comme je ne veux pas encombrer le marché de l’emploi : je bois en partageant ma tarte aux pommes. 

 

(1) Mots en Mêlée (2011) de Marc Hillman

 

 

 

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 06:00
Le discours complet d'Emmanuel Macron à Rungis sur les états généraux de l'alimentation

J’ai écouté attentivement hier, en direct depuis Rungis, le discours du chef de l’État pour la fin de la première phase les états généraux de l’Alimentation.

 

Pour faire plaisir à Emmanuel Macron je ne me rangerai pas de suite dans le camp des sceptiques même si sous des habits neufs et des intentions louables j’ai reconnu la patte des hauts-fonctionnaires de la rue de Varenne qui ont recyclé des idées et des concepts usés jusqu’à la corde : organisation des producteurs par filière, contractualisation et le serpent de mer de la régulation sans instruments physiques d’intervention.

 

Attendre et voir donc !

 

Pour l’heure je n’ai ni le courage, ni l’envie de pousser plus avant mon analyse. D’ailleurs, il n’est pas certain que, quoi qu’il arrive, je mette l’ouvrage sur le métier.

 

Pour refonder la politique agricole il est nécessaire de faire des choix, de vrais choix, des choix parfois douloureux qui remettent en cause des situations acquises.

 

Je ne sens pas souffler sur le 78 rue de Varenne un grand souffle de remise en cause, et le sieur Travert n’est pas Pisani et la vision du monde agricole d’Emmanuel Macron reste biaisée et influencée par son vécu auprès de certains responsables.

 

Bref, je n’en dirai pas plus mais traiter les commodities dans le même panier fourre-tout des fameuses filières où les interprofessions n’ont plus aucun pouvoir économique, en implorant une nécessaire montée en gamme via les signes de qualité, le bio, la vente directe… c’est méconnaître la sclérose intellectuelle des dirigeants de ces organisations professionnelles.

 

Qui vivra verra mais le défi alimentaire, bien analysé par Emmanuel Macron, ne pourra être relevé que si les citoyens consommateurs y mettent beaucoup du leur. Demander aux industriels, aux distributeurs, aux agro-managers d’être gentiment raisonnables, de s’auto-discipliner c’est se leurrer.

 

Je vous propose de lire l’analyse du Monde qui colle bien au système, puis si vous en avez le temps d’écouter le discours du Président de la République.

 

Etats généraux de l’alimentation : le donnant-donnant de Macron aux agriculteurs

 

Le chef de l’Etat propose une réorganisation des filières et redonne la main aux producteurs dans la construction des prix.

 

LE MONDE ECONOMIE | 11.10.2017 à 11h13 • Mis à jour le 12.10.2017 à 06h43 | Par Laurence Girard

 

Les agriculteurs qui attendaient des mesures immédiates du gouvernement pour améliorer leur rémunération risquent d’être déçus. Emmanuel Macron, qui s’est exprimé, mercredi 11 octobre, depuis le marché de Rungis, donne rendez-vous à la profession dans deux mois pour établir la feuille de route de l’agriculture française.

 

Le président de la République a choisi ce moment pour « fixer un cap », selon l’Elysée. Il demande aux filières de mettre sur pied un grand plan de restructuration de la « ferme France » sur cinq ans. Ces annonces ont été saluées par Michel-Edouard Leclerc, qui a exprimé son « grand soulagement ».

 

Le discours du chef de l’Etat, très attendu, est censé marquer la fin du premier chantier des Etats généraux de l’alimentation (EGA), une promesse de campagne du candidat à la présidentielle. Il est désormais considéré comme un point d’étape.

 

Les premiers travaux des EGA portaient sur la création et la répartition de la valeur au sein de la filière agroalimentaire. Leur objectif était de trouver des solutions concrètes pour mieux rémunérer les agriculteurs. L’accent était clairement mis sur la question économique 

 

Un rapport de force déséquilibré

 

Le sujet de la juste rémunération des agriculteurs est plus que jamais d’actualité. Dans son premier bilan qui porte sur l’année 2016, publié mardi 10 octobre, la Mutualité sociale agricole (MSA) estime que leur revenu moyen est de l’ordre de 13 000 à 15 000 euros. Soit en très légère augmentation par rapport à 2015, sachant que cette progression est plus due à la baisse des charges décrétée par le précédent gouvernement qu’à une évolution des recettes. Surtout, comme le souligne une nouvelle fois la MSA, 30 % des exploitants auraient un revenu inférieur à 350 euros par mois. Et 20 % seraient en déficit en 2016.

 

Les discussions au sein des ateliers ont mis en lumière le déséquilibre du rapport de force entre agriculteurs, d’une part, industriels et grande distribution, d’autre part. Ou encore les effets dévastateurs de la guerre des prix menée par les enseignes.

 

Plusieurs propositions ont été avancées, comme la volonté de contractualiser les relations entre agriculteurs, industriels et distribution en permettant aux producteurs de se regrouper et de négocier en tenant compte des coûts de production et d’indicateurs de marché. D’autres mesures ont été demandées, comme la revalorisation du seuil de revente à perte, l’encadrement des promotions et la définition du prix abusivement bas.

 

Levée de boucliers

 

La revalorisation du seuil de revente à perte, prix en dessous duquel un distributeur ne peut pas vendre ses produits, a provoqué une levée de boucliers de Michel-Edouard Leclerc. Le patron de Leclerc a brocardé cette mesure qui, selon lui, entraînerait une revalorisation des prix de 5 % à 15 %.

 

Quatre associations de consommateurs, (UFC-Que choisir, CLCV, Familles rurales et UNAF) se sont regroupées et lui ont emboîté le pas pour dénoncer, mardi, dans un communiqué commun, les répercussions d’un tel relèvement sur le budget des ménages.

 

M. Macron a décidé de ne pas trancher pour l’heure sur les mesures qui suscitent la polémique. Il demande à tous les intervenants des Etats généraux de poursuivre leur travail. Sachant que le second temps des travaux, qui se terminera fin novembre, a pour thème « une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous ».

 

Le chef de l’Etat demande aux filières de préparer un plan de restructuration à cinq ans. Un préalable avant toute mesure législative et réglementaire. La structuration de filières interprofessionnelles serait une condition sine qua non pour mettre en place le plan d’investissements agricoles de 5 milliards d’euros sur cinq ans, cofinancé par l’Etat. Une promesse de M. Macron, qui demande par ailleurs aux coopératives d’être plus transparentes, en particulier sur la redistribution de leurs marges auprès de leurs adhérents.

 

Inverser la construction des prix

 

En attendant, le président de la République met en exergue la piste qui a fait consensus lors du premier chantier : une inversion de la construction des prix en redonnant la main aux agriculteurs pour « changer la philosophie de la négociation commerciale », selon L’Elysée. Une loi devrait être présentée et adoptée par ordonnance « au premier semestre de 2018 », a précisé le chef de l’Etat.

 

Ce sera au producteur de proposer à l’industriel un contrat avec un prix tenant compte des coûts de production, et non l’inverse. Et pour que l’amont puisse peser dans les négociations, le gouvernement demande aux agriculteurs de se regrouper pour commercialiser leurs produits. L’Etat se dit prêt à accompagner le mouvement en les aidant à se « professionnaliser » et à leur donner un guide pour éviter les écueils du droit à la concurrence, dont la France veut faire bouger les lignes à Bruxelles.

 

Le renforcement des moyens de l’Observatoire des prix et des marges et de la direction générale de la concurrence (DGCCRF) est aussi à l’agenda.

 

Reste que les mesures réglementaires risquent de n’être applicables que pour les négociations commerciales 2019. Cette année, le gouvernement compte sur la dynamique créée par les Etats généraux pour qu’elles se déroulent dans de meilleures conditions.

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 06:00
Défenseurs des vins nature à l’assaut, les députés adorent le Coca zéro ils boivent de moins en moins de vin à la buvette !

Encore un effet du dégagisme macronien, Ouest-France journal officiel d’une région de picoleurs tire la sonnette d’alarme :   Les députés boivent moins, l’Assemblée vend son vin.

 

J’imagine le désarroi de Vin&Société, la panique de la CNAOC, l’incrédulité des anciens députés habitués de la buvette de l’Assemblée, car cette désaffection pour notre nectar national propulse le Coca Zéro au rang de boisson favorite des députés.

 

« La buvette doit maintenant s’adapter et notamment se réapprovisionner en Coca zéro et en bière « qui sont très demandés, observe Florian Bachelier. La buvette est parfois en rupture sur le Coca pendant les séances nocturnes ».

 

Souvenir, souvenir, j’ai fréquenté après mai 1981 la buvette de l’Assemblée, surtout pendant les séances de nuit, fort nombreuses en cette période, j’ai même envisagé de dresser une typologie des boissons selon les groupes politiques. Du côté du vin, les hiérarques du groupe vin de l’AN imposaient à la Questure l’achat de bouteilles provenant de leur circonscription. Le plus doué dans cet exercice était sans contestation le député de la Drôme, Henri Michel, grand ami de Tonton.

 

Bref, suite à des votes importants les bouchons de champagne pétaient et, tous groupes confondus ça picolait grave. Le moment le plus étonnant que j’ai vécu à la buvette se situe au tout début de la législature qui a suivi la seconde élection de Tonton. Rocard était Premier Ministre, Nallet Ministre de l’Agriculture et moi directeur-adjoint de son cabinet. Ma bonne connaissance de la maison faisait que j’accompagnais le Ministre lorsqu’il allait y défendre un texte.

 

Donc, nous étions juste installé, le Ministre se pointe un soir à l’AN, moi je me rends à la buvette où je tombe sur la fine fleur du groupe RPR qui m’accueille à bras ouverts. À juste raison je m’en étonne. Ils se marrent. « Même si on préférerait avoir gagné, vous venez de nous rendre un fier service en nous débarrassant de François Guillaume. Ce type nous méprisait. Jamais nous n’avons été traités de cette façon. »

 

Précision pour les petites louves et les petits loups qui pensent que le monde commence avec eux, François Guillaume, ancien Président de la FNSEA, fut le Ministre de l’Agriculture du gouvernement de Cohabitation de Jacques Chirac.

 

Ils me payèrent le champagne.

 

Bref, revenons à la désaffection pour le vin de nos nouveaux députés.

 

Je cite Ouest-France :

 

Les députés sont plus sobres et réclament du Coca et de la bière. L’Assemblée nationale va devoir vendre son stock de bouteilles de vin.

 

Les nouveaux députés sont beaucoup plus sobres que leurs prédécesseurs. La consommation de bouteilles de vin et d’alcools forts à la buvette de l’Assemblée nationale a chuté de 50 % depuis le mois de juillet. Une baisse spectaculaire qui a interpellé, à la rentrée, la questure de l’Assemblée nationale, chargée de gérer le budget de l’institution (550 millions d’euros).

 

Sociologiquement, il y a une différence importante entre l’Assemblée actuelle et la précédente. Cela se voit dans beaucoup d’endroits. Les députés boivent moins, mais fument plus qu’avant", affirme-t-il. Avant de confirmer avoir été obligé de "rétrocéder une partie des stocks" de l'hémicycle. Thierry Solère

 

Florian Bachelier (premier questeur et député LaREM d’Ille-et-Vilaine), a donc demandé au conseil d’administration des restaurants du Palais Bourbon des détails. Et pour l’élu rennais, la raison est simple. « Les nouveaux députés, dont 351 marcheurs, sont plus représentatifs de la société française. La consommation d’alcool baisse en France, elle baisse également à l’Assemblée nationale. C’est plutôt une bonne chose. »

 

5 100 bouteilles à vendre

 

La questure a donc décidé de vendre une partie de la cave de l’Assemblée. En tout 5 100 bouteilles pour une économie estimée à 77 000 € par an. « Nous avons contacté nos fournisseurs pour qu’ils nous rachètent une grosse partie du stock. On négociera un bon prix de reprise », précise Florian Bachelier.

 

Face à ce tsunami je propose à mes « amis », je mets des guillemets car mon irrespect en irrite certains, puisque beaucoup d’entre eux sont en connexion avec les Insoumis du Jean-Luc nouveau converti à l’écologie, de faire des pieds et des mains pour que le vin nature soit inscrit à la carte de la buvette afin d’entreprendre la reconquête.

 

Voilà un beau challenge mes « amis », plus important à mon avis que vos petits combats sur  Face de Bouc.

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 06:00
Bonne nouvelle le nouveau prix Nobel d’économie aime les bons vins, il fait un raisonnement qui devrait faire jouir les Lpviens !

Pendant que les zinzins du vin s’excitent, j’oserais même écrire se branlent à propos du fameux tire-bouchon de la mère Buzyn, l'économiste américain Richard Thaler nouveau Nobel d'économie 2017 (littéralement « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel ») pour son travail en finance comportementale, lui va faire jouir jusqu’à l’extase les grands amateurs de vin, ceux qui s’agitent la nouille face aux grands vins tout en se lamentant sur la faiblesse de leurs bourses pour les acquérir.

 

Pour les ignares que nous sommes : les études d'économie comportementale explorent l'intersection entre le comportement humain et les principes économiques — ou pourquoi nous nous comportons d'une certaine manière avec l'argent.

 

Outre l'économie, le professeur de l'université de Chicago aime aussi le golf et les bons vins m’indiquent-on dans mon oreillette. Alors rien de surprenant que Thaler ait posé une question sur le vin à Paul Sullivan, chroniqueur au New York Times, pour expliquer l'économie comportementale dans son  livre « The Thin Green Line: The Money Secrets of The Super Wealthy. »

 

Je plante le décor : vous êtes un Lpviens-type qui a acheté au bon temps des bons prix des grands vins de magnifiques flacons et qui, bien sûr, les a conservés dans sa belle cave voutée.

 

Voici sa question du nouveau Nobel d’économie :

 

Combien cela vous coûterait de boire une bouteille de vin que vous avez acheté il y a des années pour 50 dollars et qui vaut désormais 500 dollars?

 

Prenez le temps de la réflexion :

 

La réponse de l’éminent professeur a moins à voir avec le vin qu'avec les sciences économiques.

 

Dans les faits, c'est même une illustration de la distorsion cognitive qui affecte beaucoup de gens lorsqu'ils confondent coûts irrécupérables et coût de renoncement.

 

Un coût irrécupérable est de l'argent que vous avez déjà dépensé. Il est perdu et vous ne pouvez rien faire pour changer cela maintenant. Dans ce cas, les 50 dollars dépensés pour la bouteille initialement sont un coût irrécupérable.

 

Un coût de renoncement est le prix que vous coûte le choix d'une action plutôt qu'une autre — dans ce cas, choisir de boire la bouteille au lieu de la vendre pour 500 dollars, voire la garder pour la revendre plus cher encore à l'avenir.

 

La bonne réponse est que cela vous coûte 500 dollars de boire la bouteille, parce que vous choisissez de la savourer au lieu de la vendre.

 

« La plupart des gens disent que ça ne leur coûte rien », explique Thaler à Sullivan. » Il y a des gens que j'apprécie beaucoup qui me disent même qu'ils se font de l'argent en buvant le vin car il ne leur a coûté que 50 dollars. C'est de la segmentation mentale."

 

Sullivan poursuit dans son ouvrage:

 

« Vraisemblablement, certains collectionneurs qui choisiront de boire leur vin auraient eu du mal à aller acheter la même bouteille pour 500 dollars afin de la boire avec leur dîner, mais pourtant c'est exactement ce qu'ils font lorsqu'ils boivent cette bouteille aujourd'hui. Ils préfèrent croire que la boire est une affaire, car ils l'ont achetée pour 50 dollars des années plus tôt. »

 

Sullivan souligne que les gens ne sont pas rationnels lorsqu'il s'agit d'argent. Nous achetons trop et n'économisons pas assez, parce que le consommateur moyen ne pense pas l'argent comme un économiste.

 

Les travaux Richard Thaler nous rappellent avec brio que les acteurs économiques ressemblent plus à Homer Simpson qu'à Superman.

 

Reste à répondre à une question : ceux qui ont acheté des vins pour spéculer, le boiront-ils si le prix se met à dévisser. L’adage en Bourse reste t’as rien perdu tant que t’as vendu, ici c’est bu !

 

Version originale: Libby Kane/Business Insider

 

LA TÂCHE ? CE N'EST PAS UNE MARCHANDISE

 

Dire qu’Aubert de Villaine n’a pas apprécié est un euphémisme. Il était furieux ! Depuis des années, le gérant du domaine de la Romanée-Conti (ses fidèles disent “le DRC”), au nom du caractère sacré et convivial du vin, demande par courrier à ses clients allocataires de résister aux sirènes de l’argent facile et de ne pas revendre leurs flacons mais de les boire en les partageant. "Tout producteur de grand vin a le sentiment de produire quelque chose de précieux, son devoir est de veiller à ce qu’il soit dégusté à son apogée. Une Romanée-Conti ou une Tâche n’ont pas vocation à être une marchandise sur laquelle on spécule", assène-t-il du haut de son Olympe bourguignon, en l’occurrence le village de Vosne-Romanée.

Lire ICI Spéculation : les grands crus face au mur de l’argent

 

 

Le coup de gueule des viticulteurs audois

 

« On ne peut pas être encouragés, encensés par Ubi­France et la Sopexa pour aller commercialiser nos vins dans tous les pays du monde et être considérés chez nous comme des assassins » : Jean-Marie Fabre, président de la fédération audoise des vignerons indépendants, ne décolère pas contre la dernière campagne de communication du ministère de la santé en faveur de la lutte contre le cancer, et qui utilise comme illustration un tire-bouchon (allusion directe au vin). 11.000 pétitions demandant le retrait de la campagne sont déposées le 28/9 par la filière viticole sur le bureau de Stéphane Travert, ministre de l’agriculture. « Le député audois Roland Cour­teau va de son côté saisir le CSA et le ministère de la Santé pour demander le retrait », complète Jean-Marie Fabre. Un tire-bouchon ne peut en effet ouvrir qu’une bouteille de vin, la campagne excluant de fait les autres alcools du type whisky, vodka ou bière. « Or, la loi interdit la stigmatisation d’un seul alcool dans les campagnes de communication. Soit on cite tous les alcools, soit aucun. Une fois de plus, seul le vin est stigmatisé alors que la consommation d’alcool fort ex­plose, et par des clients de plus en plus jeunes. Si la France consi­dère que le vin est un problème de santé publique, il faut un vrai plan Marshall pour faire disparaître la filière viticole, qui induit des emplois et contribue à l’aménagement du territoire. »

11 000 SIGNATURES preuve de faiblesse !

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:00
C’eut été une belle journée de dégustation au Paul Bert si Jean Rochefort le mari de la coiffeuse n’avait pas eu la mauvaise idée de tirer sa révérence.

Ce lundi temps idéal pour le vélo, cap sur la rue  Paul Bert qui, pour un jour, est le repaire de vignerons que j’aime bien. Comme vous le savez peut-être rue Paul Bert est sis le Paul Bert où, pro de chez pro, j’arrive pile poils à 10 heures. Le trottoir est noir de monde, des vignerons qui prennent leur temps, poignées de mains et quelques bises.

 

Je rejoins un trio qui cause : Bruno Verjus le taulier de Table et Bertrand Auboyneau le boss du Bistrot le Paul Bert, entourant le patriarche de Patrimonio Antoine Arena.

 

« Pace è Salute ! »

 

 

Nous papotons, les oreilles de certains doivent siffler, vers 10 heures et demi la gente vigneronne se met au turbin.

 

C’est une dégustation mais je sais que je vais boire car cracher certains nectars relève d’une forme de masochisme bien au-dessus de mes forces de pauvre pécheur.

 

 

Venir dès l’ouverture présente un double avantage, le parigot étant comme le dit notre Président une grosse fainiasse y’a pas trop de monde devant les saintes tables ; ces même tables saintes sont encore d’un blanc virginal.

 

Ma résolution : tu fais le job sérieusement !

 

Je me retrousse les manches et je m’y mets. Ça roule Mimile jusqu’au moment où, fourbu, je fais une pause, je pose mon cul sur l’une des chaises prévue à cet effet sur le trottoir. Je pianote sur le fil  Twitter et la putain de mauvaise nouvelle me tombe sur la tronche : Jean Rochefort est mort.

 

Ça me fait chier !

 

Jean Rochefort, hors ses rôles, c’est pour moi une délicieuse rencontre avec lui. En 1991, je lance la Première Journée Nationale du Cheval et, connaissant sa passion pour l’équitation, il a un haras, je le sollicite pour en être le parrain. Je le fais chercher. Nous nous retrouvons dans mon bureau et pendant plus d’une heure nous devisons. L’homme est plein d’humour et délicieux. Prenant mon courage à deux mains je me décide à évoquer, disons le défraiement, pour sa participation. Souvenir de son sourire sous sa moustache, il me répond « je n’ai qu’une faveur à vous demander, c’est que, comme aujourd’hui, votre chauffeur vienne me chercher et me reconduire. C’est bien agréable et votre chauffeur a de la conversation. »

 

Il passa le dimanche avec nous, simple, disert, disponible, un vrai gentleman. Encore merci cher Jean Rochefort.

 

 

J’ai repris le turbin avec du vague à l’âme, le spectacle continu.

 

Puis la faim m’a tenaillé alors j’ai enfourché mon vélo pour casser une graine dans le quartier, chez Fabrizio Ferrara à quelques rues de là.

 

 

Je mange rarement seul à table, dans ce cas je choisi des crèmeries à bar où des voisins viennent me rejoindre, mais aujourd’hui ça va bien à mon humeur tristounette. Mon positionnement en salle me permettait de contempler les tablées.

 

Ironie du hasard, un couple illégitime, à ma gauche, lui un peu vulgaire, elle très petite bourgeoise, pantalon de cuir, escarpins vertigineux, chemisier avantageux, se prenait d’assaut. Elle menait l’offensive comme savent le faire les femmes qui veulent arriver à leur fin et dans la geste amoureuse je contemplais à son annulaire son alliance et le solitaire, le Jean Rochefort un peu volage d’un éléphant ça trompe aurait souri, moi aussi.

 

De retour devant la neige de mon écran, et que je relis ce que je viens de pondre, j’en conclue que ça fait une chronique et que je vais me contenter de vous offrir les photos de mes amours matinaux.

    

 

Jean Rochefort, portrait en amoureux des chevaux

ICI

Jean Rochefort, acteur

inoubliable d’« Un

éléphant ça trompe

énormément », est mort

 

Le comédien, âge de 87 ans, est mort dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 octobre. Il a tourné dans environ 120 films au cours de sa carrière, longue d’une soixantaine d’années.

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

 


 

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 06:00
Antonin je suis à 100 % Claire Naudin vigneronne des Hautes Côtes  de Beaune « imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. »

Dans le tout petit buzz, provoqué par une vidéo d’Antonin Iommi–Amunategui sur le site de l’Obs.,  qui a agité le minuscule marigot des qui croient qu’il n’y a que le vin dans la vie, j’ai particulièrement aimé le leitmotiv de certains : « C’est un crie contre le vin ! »

 

Les mecs, faut pas pousser pépé dans les chiottes quand on sait qu’à peine 5% de nos concitoyens acheteurs de vin déclarent  s’y connaître et s’y intéresser, tout le reste, plutôt « pousseur de caddie » comme dirait l’expat. de Barcelone, se tamponne largement de cette bataille picrocholine.

 

Antonin est très mitterrandien, il cultive avec soin l’ambiguïté, en ne traçant pas très clairement une ligne entre ce que certains balancent dans leurs vignes et ce que l’on peut rajouter comme additifs pour faire le vin.

 

Et pourtant dans le premier cas, les fameux pesticides, on touche à des questions de santé publique qui intéressent de plus en plus les consommateurs et qui impactent ceux qui travaillent dans les vignes. Le choix du propre, surtout pour un produit comme le vin, est inéluctable et toutes les arguties des défenseurs des pesticides tombent les unes après les autres.

 

Dès 2001, dans mon rapport, j’avais placé la défense de l’environnement comme étant la priorité numéro 1 de la vigne France, et  pas que pour des raisons de santé publique. On ne peut pas dire qu’à cette époque les soi-disant critiques, experts, dégustateurs se soient rués pour en promouvoir le combat. Depuis, les ouvriers de la 25e heure en rajoutent.

 

En revanche, les additifs pour faire le vin ne constituent pas un problème de santé publique mais une question d’information du consommateur qui est en droit de savoir ce que ce jus de raisin fermenté a été  fabriqué. Tous les produits alimentaires affichent la couleur alors pourquoi pas le vin. Le débat de l’étiquetage informatif est ouvert.

 

Reste le goût du vin, il est assez étonnant que les grands défenseurs du terroir ne s’offusquent pas des multiples béquilles proposées par les marchands de produits, à la fois conseils et vendeurs de poudre de perlimpinpin. Leur goût il a été formaté par des années de soi-disant critiques dégustatives. Ils sont de plus en plus hors-sol et très clairement tout le monde se fiche, à part les soi-disant grands amateurs, de leur avis.

 

Dernier point, en écrivant ce que j’écris je ne suis en rien « un allié objectif »  de l’un ou l’autre camp et ce n’est pas aujourd’hui que je me plierai à la bonne vieille menace qui faisait florès au temps du PCF triomphants « si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous… »

 

Tout ça pour vous dire que les minorités agissantes ou les minorités déclinantes qui s’expriment en lieu et place des intéressés je n’en rien à cirer. Elles défendent becs et ongles leur fonds de commerce, c’est leur droit mais ça ne me touche pas plus qu’un pet sur une toile cirée.

 

Je préfère redonner la parole à une vigneronne : Claire Naudin qui s’exprimait ainsi dans l’excellent livre de Guillaume Laroche « Entre les Vignes » :

 

J’adore le parler net de Claire : « Pour moi, il y a vraiment deux vinificateurs : celui qui a peur des bestioles et celui qui n’en a pas peur. Même ce qu’on appelle les levures bactéries de contamination, que ce soit de Brettanomises pour les levures ou de Prédiocoques pour les bactéries, il y a des équilibres à trouver qui font que l’on peut tout à fait cohabiter avec. Les Bretts, il faut sans doute les maîtriser, mais elles ne produisent pas toutes des phénols volatils. Il y a encore plein de choses à découvrir pour comprendre pourquoi elles se mettent à fabriquer ça, qui est effectivement dégueulasse. En attendant, bombarder les vins au soufre parce que l’on ne veut pas de Bretts, ça n’a pas de sens, avec de très petites quantités, on pilote ça très bien. »

 

Ça me change des empaillages convenus Bio or not bio sur les réseaux sociaux entre les tenanciers de divers fonds de commerce, les vendeurs de poudre de perlimpinpin tout comme les « gentils » défenseurs du bio.

 

Ça ne sent pas le soufre mais le petit huis-clos entre gens du vin qui se regardent le nombril en feuilletant le papier glacé d’un truc qu’eux seuls lisent. Ce conformisme satisfait, buté, avec des œillères, m’étonnera toujours. « Passe-moi le sel, je te passe la moutarde… » « Nous sommes sur le même bateau alors renvoyons-nous l’ascenseur ! »

 

C’est beau comme le commerce !

 

Pour ne rien vous cacher je trouve ces pseudos-batailles tellement dérisoires que je n’en mêle pas car elles sont le fait de protagonistes qui ne font que défendre leur petite boutique.

 

Comme l’écrivait un humoriste méconnu Vincent Rocca « On peut se torcher avec un vin, avec un livre aussi. »

 

Si ces docteurs de la loi daignaient laisser la parole aux intéressés serait-ce trop leur demander ?

 

Revenons à Claire qui n’a pas sa langue dans sa poche :

 

« L’agriculture  biologique qui est faite actuellement, c’est de la bio d’assurance qui n’a de bio que le nom, et ça, ça ne m’intéresse pas. Dans la biodynamie, je suis gênée par le côté gourou, et ce que je ne je ne supporte pas, c’est le côté : « Ne cherchez pas à comprendre, faites juste ce que je vous dis. » Moi ça, je ne peux pas. Comme je fréquente beaucoup ce milieu-là, ça me choque de voir ça chez des potes. Il n’y a jamais de parcelle témoin, on leur amène une nouvelle poudre en leur disant : « Mets ça, tu vas voir, ça va aller mieux. » Ils le mettent, ça va mieux, mais il n’y a pas de témoin. Le gourou a dit que ça allait aller mieux, donc c’est mieux  (rires) et, au passage, il t’a facturé ça 500 euros. Je suis quand même près de mes sous par obligation, donc j’ai du mal avec cet aspect-là (elle réfléchit)  Je suis peut-être trop cartésienne pour plonger là-dedans en fait.

 

En revanche, j’ai un pote à Bergerac qui a créé sa propre méthode et c’est assez intéressant. Le gars, c’est une tronche, il a passé des nuits et des nuits à potasser sur toutes ces notions. Si je devais m’y mettre, je pense que je ferais comme lui. Je veux comprendre ce qui se passe, comme j’ai pu le faire par rapport au soufre et aux bestioles. »

 

Que ça fait du bien à la tête de lire cela !

 

Mais Claire va plus loin et c’est l’objet de ma chronique d’aujourd’hui :

 

« Mais les maladies, c’est compliqué. Le mildiou, on le connaît par cœur, mais l’oïdium, franchement, on ne le maîtrise pas. C’est pourtant un champignon qui est présent presque tout le temps, mais on a tous la trouille. Il y a plein de trucs que l’on ne comprend pas, alors forcément on bombarde en masse. Malgré tous les modèles que l’on nous propose, je vois bien que l’on n’y arrive pas, mais je ne connais pas certainement pas assez mes vignes et mes sols. C’est donc mon défit pour les 50 prochaines années. (Rires)

 

Mais mon projet, ce n’est pas d’être bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter. La vigne de demain sera sans traitement ou elle ne sera pas. La société va nous l’imposer de toute façon, on n’aura pas le choix. Actuellement, nous sommes des pollueurs ! Je l’ai vu au moment de l’affaire de la flavescence (Emmanuel Giboulot), il ne fallait pas aller chercher beaucoup sur Internet. En gros, lorsqu’on expliquait que c’était soit le traitement, soit la disparition des vignerons, la réponse du grand public c’était : « Mais qu’ils crèvent ces salauds de pollueurs ! »

 

Le vin ce n’est quand même pas un aliment essentiel, on est dans le facultatif. Pendant combien de temps la population va-t-elle accepter que l’on pollue pour un truc qui n’est pas indispensable ? Avec Jean-Yves on participe à des groupes de prospective, on essaie de se poser aujourd’hui les questions qui vont apparaître dans 20 ou 30 ans et d’imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. On ne sait pas encore comment on fera, ni à quel niveau de rendement on pourra espérer arriver, mais, objectivement, on ne peut pas continuer à bombarder de la cochonnerie, même si on en met le moins possible et même si elle est bio. »

 

Moi ça me va, ça correspond à ma philosophie de la vie, douter, réfléchir, écouter, entendre, avancer même s’il faut se battre contre les idées reçues et les marchands du temple quels qu’ils soient. Dieu sait qu’ils sont nombreux à papillonner autour des vignerons…

 

L'intégrale de la chronique ICI   

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