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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 09:10
CHAP.18 en vrac, «L’amour est dans le prêt et la vérité est tailleur» le nouveau père la rigueur se révèle âpre au gain, grippe-sous, minable jusque dans ses regrets…

Bien plus que le fameux cabinet noir de l’Elysée « révélé » par Bienvenue Place Beauvau, le livre coécrit par Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé, qui, selon le châtelain de la Sarthe, lui ferait que des misères en le mettant à nu, puisqu’il a dû renvoyer les fameux costars sur mesure, c’est le buisson ardent de François qui fait jaser le Tout Paris.

 

Le 6 avril 2014, durant le Marathon de Paris, François Hollande s’est retrouvé bloqué en voiture porte d’Auteuil à cause d’un terrible embouteillage.

 

Inquiet de savoir le président de la République immobilisé trop longtemps au même endroit, le service de sécurité de ce dernier a contacté la préfecture de police de Paris et lui a demandé de fluidifier au plus vite la circulation.

 

La préfecture de police de Paris a alors demandé à une vingtaine de fonctionnaires qui « veillent en permanence sur les 5000 caméras vidéo de la police parisienne » de zoomer sur le cortège du président. Ces derniers se sont exécutés… et qu’ont-ils découvert?

 

Une scène bien loufoque et surtout, bien mystérieuse : « en grand format (…) sortant d'un buisson, François Hollande et … une jeune femme que le président va ensuite prendre en photo avec son iPhone ».

 

Voici ce qu'ont relaté les auteurs, avant d’ajou­ter que ce fameux dimanche 6 avril, «François Hollande et Julie Gayet se rendent à la Lanterne, l'ancien pavillon de chasse du château de Versailles, devenue résidence secondaire des présidents depuis Sarkozy. »

 

L’identité de la « jeune femme » du buisson étant donc facile à déduire, reste à savoir ce que faisaient les deux tourtereaux derrière ce buisson… » ?

 

En voilà une bonne question mais revenons à des choses sérieuses : la référence au suicide de Pierre Bérégovoy par François Fillon relève, pour moi, de l’ignominie la plus sordide. J’ai bien connu Bérégovoy lorsqu’il fut Premier Ministre, dans son bureau de Matignon, tirant sur son éternel petit cigarillo, il s’inquiétait de la montée de la grogne des paysans face à la première réforme de la PAC. L’homme était simple, intelligent, sensible, un peu complexé par son statut de je me suis fait tout seul dans un univers peuplé de têtes d’œufs, las d’arriver trop tard pour redresser la barre. Je l’aimais bien et je suis allé au Val de Grâce me recueillir, comme une foule d’anonymes, sur sa dépouille mortelle.

 

Béré comme nous l’appelions, c’était l’anti-Fillon, ce qui lui importait c’était d’être reconnu pour sa compétence, ses capacités à gouverner, tout le contraire d’un petit apparatchik âpre au gain, grippe-sous, minable jusque dans ses regrets…

 

« Né en 1925 à Déville-lès-Rouen, Pierre Bérégovoy a connu l’épicerie de ses parents, puis une petite et modeste ferme à La Vaupalière avant de devenir ajusteur en usine. Pendant la guerre, c’est cheminot à la gare d’Elbeuf qu’il entre dans la Resistance et rencontre Roland Leroy.

 

Après la guerre il s’engage dans le la vie politique et syndicale. En 1950 il est à Gaz de France, à Rouen, comme agent technico-commercial. Sur l’intervention de Tony Larue (le maire socialiste de Grand-Quevilly) il est muté en 1957 à Paris où il fera la carrière que l’on sait. »

 

C’est ce qu’on appelle l’école de la vie et non le petit fleuve tranquille d’un petit attaché parlementaire qui courbe l’échine, cherche l’ombre des puissants, trahit les mannes de son mentor Philippe Séguin, gère sa petite entreprise familiale en profitant de toutes las failles du financement public, s’acoquiner avec la France rance de la Manif pour tous et la lie réactionnaire de la France rentière représentée par le petit Bruno Retailleau minable clone de Philippe de Villiers.

 

Mon passé d’enfant de chœur en chef me permet d’exhumer mes référence en matière de contrition :

 

Soumis à votre réflexion à propos des remords, regrets de François Fillon : est-il en état de contrition ou d’attrition ?

 

L’église catholique établit deux degrés dans le remords :

 

L'un, qu'elle appelle la contrition, qui est le regret d'avoir péché, fondé sur la douleur d'avoir offensé Dieu ;

 

L’autre qu'elle appelle attrition, ou contrition imparfaite, qui est le regret d'avoir péché, fondé sur la crainte des peines de l'enfer.

 

Quand les faiblesses de l’homme sabordent le projet du candidat

LE MONDE | 24.03.2017 par Françoise Fressoz

 

CHRONIQUE. N’est pas de Gaulle qui veut. Plus le doute s’insinue autour de la personnalité de François Fillon, plus son projet s’édulcore, comme si le redressement du pays, qui était sa visée et l’objet même de sa candidature était en train de se réduire au rôle de variable d’ajustement d’une aventure qui prend l’eau.

 

Depuis le début de la campagne, les Français ont découvert un personnage très différent de celui qu’ils avaient imaginé lorsque, réduit au rôle de « collaborateur » de Nicolas Sarkozy, François Fillon endurait à Matignon. Ils avaient imaginé un homme sobre, ombrageux, orgueilleux, souffrant, au nom de la raison d’Etat, de n’être que second mais préparant déjà le redressement du pays dont il avait diagnostiqué très tôt l’état de « faillite ».

 

Ils ont découvert un élu âpre au gain, capable de transformer son mandat parlementaire en une entreprise familiale lucrative, un député qui se faisait prêter de l’argent par un ami financier, un candidat qui a accepté de se faire offrir de coûteux costumes par un avocat avant de reconnaître qu’il avait eu « tort » et de les rendre.

 

L’assiégé dénonce « une machination »

 

Ils ont surtout vu un candidat prêt à renier sa parole pour pouvoir aller jusqu’au bout de sa candidature à la présidentielle et pourtant constamment rattrapé par ce reniement qui était le coup de canif porté à l’image qu’il avait projetée : il ne serait pas candidat s’il était mis en examen. Pourtant il l’est. Et c’est devenu sa croix qui s’alourdit chaque jour au gré des révélations avec cette semaine une extension de l’enquête à des faits de « faux et usages de faux » et « escroquerie aggravée ».

 

En retour, François Fillon cogne comme le faisait naguère Nicolas Sarkozy. L’assiégé dénonce « une machination » politique, parle de « scandale d’Etat » accuse nommément François Hollande d’animer un « cabinet noir » à l’Elysée, ce que l’intéressé dément vigoureusement.

 

La campagne vire au pugilat et toute cette hargne déployée à défendre son honneur est inversement proportionnelle à celle que le représentant de la droite met à sauver son projet qui ne pouvait fonctionner que sur deux pieds : la vertu et le courage, puisque tel était le contrat de départ, un remède de choc assené par un père la rigueur. La rigueur pour le pays mais aussi pour lui-même.

 

« Attention casse-cou »

 

D’un coup, le mot « courage » a disparu de la campagne et, sous la pression des élus, de l’huile a été mis dans tous les rouages du projet. La TVA augmentera de deux points mais le taux intermédiaire sera épargné ; les 35 heures seront supprimées mais pas aussi brutalement ni aussi radicalement qu’il avait été dit puisqu’une négociation d’un à dix-huit mois est prévue dans les entreprises, laquelle aboutira à définir une durée moyenne.

 

La dépense publique sera amputée sans que l’on puisse accorder un quelconque crédit au chiffre de 100 milliards d’euros brandi par le candidat puisque l’effort demandé aux collectivités locales qui était au départ de 20 milliards d’euros a brusquement fondu.

 

Quant aux 500 000 postes de fonctionnaires en moins, François Baroin, désormais présenté comme la bouée de sauvetage de François Fillon, ne les cautionne nullement. « Attention casse-cou », a lancé le maire de Troyes, mercredi 22 mars. Et cela ressemblait à l’ultime pelletée jetée sur un projet devenu trop grand pour le candidat.

 

Macron, modèle 1958 ou modèle 1981 ?

 

25 mars, 2017

 

Emmanuel Macron ne doute pas un seul instant de pouvoir de disposer d’une «majorité cohérente» dans la prochaine Assemblée nationale s’il est élu Président de la République. Il l’a redit dimanche dernier dans le JT de TF1. L’étonnant aurait été bien sûr qu’il affirme le contraire mais il y a quand même dans cette conviction inébranlable quelque chose d’un peu paradoxale. Le candidat d’En Marche a beau considérer que toutes les règles classiques de la vie politique sont désormais obsolètes, il n’imagine visiblement pas qu’une des plus vieilles d’entre elles puisse ne pas fonctionner à son service, en mai et juin prochain.

 

Un Président, une majorité présidentielle et, enfin, une majorité parlementaire ! Pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? L’élan qui permet l’élection du premier et fonde la seconde entraine, du même coup, l’installation quasi-naturelle de la troisième : il n’y a pas d’exemple sous le Cinquième République où cet enchainement n’a pas fonctionné dans le cadre d’une alternance franche. Avec le quinquennat et ce qu’on a appelé «l’inversion du calendrier» – d’abord la présidentielle, ensuite les législatives –, tout est d’ailleurs fait pour qu’il en soit ainsi. François Hollande, lui-même, a pu le vérifier en juin 2012 alors que beaucoup, on l’a oublié, lui promettait le contraire.

 

L’ancien ministre chiraquien, Jean-Paul Delevoye, qui préside la commission d’investiture d’En Marche est allé un peu plus loin que son champion lorsqu’il a expliqué, jeudi, dans les colonnes de l’Opinion, que le schéma sur lequel il travaille est celui d’une majorité de 400 députés sur 577. Ce qui, en soit, est énorme ! Même en 1981, François Mitterrand, dans la foulée de son élection, n’avait pas réussi pareille performance. Jean-Paul Delevoye a par ailleurs précisé que la moitié de ces députés sera issue de la société dite « civile ». Ce qui implique donc que l’autre sortira des rangs des partis politiques traditionnels.

 

Mais ces députés-là seront-ils des ralliés ou des alliés ? Seront-ils encartés chez Emmanuel Macron après avoir rompu les amarres de leurs anciennes fidélités ou seront-ils membres de formations ayant choisi de soutenir de manière autonome l’action du nouveau Président ? Et cela dans quelle proportion ? On est là au cœur du problème soulevé par la possible installation à l’Elysée d’un homme au profil atypique et au parcours improbable. Pour pouvoir gouverner, Emmanuel Macron aura besoin d’une majorité parlementaire. Si elle est cohérente, sera-t-elle aussi massive qu’il l’imagine ? Si elle est massive, sera-t-elle aussi cohérente qu’il le prétend ? Est-il enfin imaginable qu’au bout du compte, elle ne soit ni vraiment massive, ni même totalement cohérente, ce qui, dans le contexte de grand dérèglement du système politique français, ouvrirait évidemment une nouvelle page dans l’histoire de nos institutions ?

 

Plusieurs acteurs, et non des moindres, de l’aventure d’En Marche ont tenu récemment des propos qui montrent que ces questions ne relèvent pas de la pure spéculation. Pour Jean-Pierre Mignard, par exemple, la situation de 2017 est potentiellement comparable à celle de 1958. Afin de refonder la République, le Général, lors de son retour au pouvoir, avait rassemblé autour de lui une majorité composite dans laquelle une fraction notable des forces politiques traditionnelles, centristes et socialistes notamment, avait conservé une place de choix au côté des députés dûment estampillés gaullistes. Puis, au fil des ans, à grands coups de ruptures et de clarifications, via le référendum et la dissolution, s’était constituée une majorité plus homogène, dominée par le parti – l’UNR en l’occurrence – d’un Président bientôt élu au suffrage universel direct.

 

Jean-Pierre Mignard fait mine d’oublier le détail et le rythme – pourtant essentiel – de cette histoire chaotique dans le remake de laquelle son ami Hollande tiendrait la place de René Coty et Emmanuel Macron, celle d’un conquérant promis à des Arcoles sans fin. Ce qu’il signale, plus sérieusement, est la capacité qu’aurait ce dernier à réenclencher un mouvement dont le point d’aboutissement serait un retour, selon de nouveaux clivages, à une bipolarisation de la plus belle eau au sein des Assemblée à venir. Ce qui, soit dit en passant, est peu compatible avec l’instauration, fut-elle limitée, de la proportionnelle…

 

À cette Cinquième différée, imaginée par un socialiste d’un genre particulier nourri au biberon du gaullisme et du PSU, répond un autre projet dont François Bayrou est aujourd’hui l’incarnation principale. Le leader centriste, si on l’écoute attentivement, se veut le promoteur d’une Cinquième rénovée dont le cœur serait non pas la domination mais la coalition, non pas la fusion mais l’équilibre, non pas la soumission au plus fort mais l’alliance entre égaux. Vue la manière dont il a choisi de soutenir la candidature d’Emmanuel Macron, l’ambition de François Bayrou ne parait pas être de faire du Modem, l’UDF d’en Marche. En cela, il semble d’accord avec Manuel Valls dont on ne sache pas que le projet politique soit de récréer, avec ses amis, à l’ombre d’Emmanuel Macron, ce que le MRG fut autrefois au PS de François Mitterrand.

 

Dans ce système institutionnel d’un nouveau genre, c’est la place de l’Assemblée nationale qui se trouve ainsi rehaussée et avec elle, le rôle des députés de la majorité. Ceux-ci cessent alors d’être des godillots – ou des «obligés» du Président – pour redevenir des partenaires, libres de conserver des attaches partisanes particulières pourvues que leur action s’inscrive dans la ligne générale dessinée à l’Élysée. Sans être «une maison d’hôtes» – ou de passe ? –, la majorité redevient pluraliste puisqu’«il y a plusieurs demeures dans la maison du père» (Jean 14.2). Là encore, la proportionnelle est le signe et l’instrument à venir d’une recomposition qui fait du modèle 1958, un point d’arrivée et non pas de départ.

 

La question n’est pas ici de savoir ce qu’Emmanuel Macron a véritablement en tête ou ce qu’il a pu promettre à ses différents partenaires. L’histoire récente a montré qu’en ce domaine, il était un pragmatique absolu doublé d’un joueur à sang froid. François Hollande l’a vérifié à ses dépens et sans doute n’est-il pas le dernier sur la liste. Dans son essence, le macronisme est un bonapartisme centriste – bel oxymore – dont le ressort premier est celui du «on s’engage et puis on voit». Par nature, il est sans tabous ni limites.

 

La logique de son tempérament voudrait donc que le leader d’En marche ne change pas ses manières de faire, une fois élu. Il est rare qu’autour du tapis vert, pareil flambeur se fasse soudain rentier. Il est tout aussi rare qu’un trader de cet acabit devienne tout à coup partageux. On voit mal pourquoi, à quelques semaines de distance, le même homme irait mobiliser des ressorts différents, sinon contradictoires, pour conquérir, sous son nom, le pouvoir présidentiel et pour contrôler, dans la foulée, sous son autorité, le pouvoir parlementaire. Entre la Cinquième différée, façon Mignard et la Cinquième rénovée, façon Bayrou, il serait logique qu’il cherche à aller demain au plus simple. Bref, à la Cinquième confortée, pour ne pas dire, sublimée.

 

Dire une tendance ou une inclinaison personnelle ne sert toutefois pas à grand-chose tant que les dés n’ont pas commencé à rouler. Or, pour le moment, on en est là. En politique comme dans la vie, il y a ce que l’on veut et ce que l’on peut. Avant d’imaginer la manière dont Emmanuel Macron gérera, s’il est élu, l’élan de sa victoire à l’occasion des législatives de juin prochain, mieux vaut donc examiner les ressources qui pourront être alors les siennes dans cet exercice de haut vol où l’objectif compte moins que les marges qu’offrent les circonstances.

 

Procédons, pour cela, dans l’ordre que dicte le calendrier. De quelle ampleur sera tout d’abord l’hypothétique succès d’Emmanuel Macron ? Si le candidat d’En Marche s’impose nettement dès le 1er tour de la présidentielle, en faisant par exemple jeu égal avec Marine Le Pen, il bénéficiera d’une impulsion initiale susceptible d’entraîner des ralliements sans conditions, à commencer par ceux de ses concurrents éliminés d’entrée de jeu. Si en revanche, il se qualifie de justesse, il lui faudra tenir compte davantage des attentes de ses soutiens potentiels. De même, au second tour, il ne bénéficiera pas du même élan s’il gagne largement face la présidente du FN, comme le disent aujourd’hui les sondages (60/40), ou s’il l’emporte de justesse à l’issue d’une campagne jusqu’au bout incertaine.

 

Pour le dire autrement, un Président dont l’élection est un sacre n’a pas la même force, pour la suite, qu’un Président élu au forceps. C’est là un constat d’évidence qu’on oublie parfois un peu vite quand on imagine la suite. L’un peut dicter sa loi dans la distribution de ses investitures, aux législatives. L’autre est nécessairement conduit à des accommodements avec les représentants des partis issus du vieux système. Pour que l’appel au peuple dans la confirmation du message de la présidentielle soit susceptible d’être entendu encore faudrait-il que le dit message soit clairement exprimé. Rien ne permet de dire aujourd’hui qu’il le sera avec la netteté requise. Macron Président, c’est encore un slogan. Avant de savoir comment il présidera et avec quelle majorité, le candidat d’En Marche n’a pas d’autre choix que d’attendre le verdict des urnes, le 23 avril et le 7 mai prochain.

 

Dès à présent, on peut toutefois décréter sans risque que s’il doit être élu, Emmanuel Macron le sera dans le cadre d’un affrontement direct avec Marine Le Pen. Sa majorité présidentielle sera donc l’expression d’un front républicain. Comme candidat, le leader d’En Marche ne se dit «ni de gauche, ni de droite». Comme Président, il le sera davantage encore. Mais ce qui était hier un positionnement politique deviendra alors un cadre pour l’action à venir, aussi large que contraignant. Dans un front républicain, on ne fait pas le tri. Dans une majorité présidentielle, issue d’un front républicain, peut-on le faire après coup ?

 

Jacques Chirac en 2002 a montré que c’était possible. Réélu face à Jean-Marie Le Pen avec 82% des voix après en avoir recueilli 19.9% au 1er tour, il est revenu sans complexe dès le lendemain de son triomphe aux bonnes vieilles méthodes du clivage droite/gauche. Il est vrai qu’à cette époque, le PS et ses alliés s’étaient ralliés à son panache sans ne poser la moindre condition et en ne demandant surtout aucune ouverture pour la bataille des législatives. Tout le monde était donc d’accord pour que le front républicain du second tour de la présidentielle ne soit qu’une brève parenthèse.

 

Rien ne dit qu’il en sera de même en 2017. Tout laisse même à penser que dans un tel front, une fraction du PS se considérera comme partie prenante de la nouvelle majorité présidentielle. Et cela d’autant plus qu’elle aura appelé à voter pour Emmanuel Macron avant même le 1er tour. Dans ce contexte, le nouveau Président pourra toujours considérer que ce soutien ne prête à aucune conséquence, pour la suite des opérations, notamment aux législatives. Mais pour le dire plus concrètement encore, il lui sera quand même difficile d’expliquer que François Hollande, en 2012, a commis une faute majeure en laissant battre François Bayrou à la députation mais qu’il n’est d’aucune importance de réitérer cette erreur au centuple, en 2017, avec des élus socialistes sortants.

 

Ce que signale potentiellement cette situation relève moins de la morale que de la politique, étant entendu que dans un processus électoral, il est plus aisé de s’asseoir sur l’une que sur l’autre. Vu le tempérament d’Emmanuel Macron, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Son élection créera nécessairement un élan à la mesure de celui dont avaient bénéficié ses prédécesseurs dans une situation comparable. Mais les conditions particulières de son éventuelle victoire mettront aussi des freins à cette impulsion quand il faudra la traduire dans la constitution d’une majorité parlementaire. Peut-être seront-ils moins forts qu’on peut l’imaginer aujourd’hui. Mais ils existeront quoi qu’il arrive. Ne pas le voir, c’est ne rien comprendre aux scénarii possibles de l’après 7 mai.

 

D’autant – et on finira par là – que la nature très spéciale du rassemblement dont En Marche est désormais l’expression ne favorise pas forcément son implantation dans les 577 circonscriptions de la bataille des législatives. Le mouvement d’Emmanuel Macron est fort de ses chevau-légers et de ses voltigeurs. Il est adapté en cela à une présidentielle. Sa jeunesse – moins d’un an ! – fait sa fraicheur. Celle-ci lui évite les arbitrages pesants auxquels sont contraint les partis ancrés de longue date dans la réalité électorale française. En même temps, elle l’oblige, si elle ne veut pas être qu’une machine à recycler l’ancien, à mettre en piste des candidats sinon hors sol, du moins lestés d’une faible expérience.

 

Dans le contexte que l’on a dit plus haut – celui d’une majorité présidentielle issue d’un front républicain – est-ce vraiment un avantage ? Est-il vraiment sûr que l’électeur désireux de donner une majorité au Président, selon la formule consacrée, choisira forcément la nouveauté d’un candidat macronien pur sucre dans l’hypothèse d’une compétition, au 1er tour des législatives, avec un député sortant, membre du PS ou de toute autre formation de gauche ou de droite, ayant soutenu d’emblée l’aventure du nouveau quinquennat ?

 

Plus encore, sera-t-il vraiment de bonne tactique, dès lors que l’objectif reste de constituer une majorité parlementaire, de favoriser, à l’occasion des législatives, une tripartition du paysage politique entre représentants d’En Marche, survivants des anciens partis de gouvernement et candidats du Front national ? À ce jeu, le risque n’est-il pas celui qu’on pensait éviter avec, au bout du compte, une nouvelle Assemblée fragmentée, incapable de la moindre majorité, fut-ce même dans le cadre d’une coalition ?

 

Il y a là un danger qu’avec un brin d’ivresse, les stratèges macroniens ne veulent pas considérer à sa juste mesure. C’est ainsi que l’un d’entre eux – François Patriat pour ne pas le nommer – a expliqué récemment dans Le Monde du 8 mars qu’il avait fait l’expérience, en 1981, de la force des vagues qu’entraine, dans son sillage, une victoire à la présidentielle. Pour être élu député de la nouvelle majorité, à cette époque, il suffisait, selon lui, de mettre sur ses affiches «une photo de Mitterrand» et «c’était plié». L’ennui, c’est qu’à y regarder de près, cette histoire s’est déroulée à l’inverse de ce que raconte aujourd’hui François Patriat.

 

En 1981, celui-ci n’avait défait le député de droite sortant, cacique du giscardisme, qu’après avoir devancé, au 1er tour, le candidat investi par le PS, ami personnel de François Mitterrand au demeurant. Socialiste dissident, pilier du courant Rocard en Côte d’Or, François Patriat était alors un jeune conseiller général, solidement ancré sur son territoire. C’est cette implantation qui lui avait permis de résister à la vague nationale qui aurait dû l’emporter si les consignes de votes, données par le parti du nouveau Président, avait été suivies à la lettre par les électeurs bourguignons.

 

Cas d’espèce, dira-t-on. Mais une élection, législative en l’occurrence, n’est-elle pas une somme de cas d’espèces ? Et puis surtout, au-delà du cas Patriat, réécrit à sa façon par l’intéressé, tout cela ne montre-t-il pas que, pour comprendre la nature de l’élan suscité par une présidentielle, il ne suffit pas de répéter, en convoquant les expériences passées, combien il a toujours été irrépressible. Le grand remplacement gaulliste amorcé en 1958, tout comme celui du mitterrandisme, effectué en 1981, n’était pas le fruit d’une génération spontanée. Les racines de ces mouvements étaient profondes. La France libre, les compagnonnages de la Résistance, l’épopée du RPF, dans un cas. Les clubs des années 60, le parti d’Epinay, ses succès municipaux de 1977, dans l’autre. Bref, tout ce qui manque encore à En Marche et qui ne s’installe pas, en moins d’un an, d’un claquement de doigt, sur une scène parlementaire avec des acteurs recrutés sur internet.

 

Ce serait aller trop vite en besogne que de conclure illico que l’ambition affichée par Emmanuel Macron de réunir sous son aile une majorité solide et cohérente n’est qu’une vue de l’esprit. Mais si l’avenir du projet politique, incarné par le leader d’En Marche, reste aussi flou, s’il peut être dessiné à la manière Mignard aussi bien qu’à la manière Bayrou, bref s’il est susceptible de lectures à ce point contradictoires, n’est-ce pas avant tout parce qu’il marrie des logiques différentes entre lesquelles les circonstances du prochain scrutin présidentiel viendront bientôt trancher ? Tout est possible. Il y a dans cette aventure inédite des forces qu’il serait sot de nier et des freins qu’il serait vain d’oublier. Mais entre les enfants barbares du macronisme et les vieilles barbes des partis à l’ancienne, les jeux sont loin d’être faits. C’est ce qui fait le sel de leur rivalité dans une campagne qui en manque singulièrement.

 

Voyage dans la France de Macron (à lire absolument)

 

De Lyon à Metz en passant par Brive-la-Gaillarde, pendant trois mois, « Le Monde » est allé à la rencontre de ceux qui aujourd’hui envisagent de voter pour le candidat d’En marche !

 

LE MONDE | 24.03.2017 par Florence Aubenas

 

A la station-service de Rocamadour (Lot), il arrive que des touristes se photographient devant les pompes à essence, belles comme le décor d’un vieux film. Ils sont tout étonnés quand Tassadit, la patronne, leur annonce qu’ils peuvent même faire le plein. En général, ils répondent : « Alors mettez-moi de quoi aller jusqu’à la grande surface, ce sera moins cher là-bas. » Il est 9 heures et Rocamadour attend la visite d’Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle. Pour l’instant, on l’entend en sourdine débattre sur BFM au sujet des Uber. « La Saint-Hubert ? », s’étonne Tassadit. Bruno, son mari : « Non, c’est un genre de taxis. » Tassadit éventre cordialement un paquet de madeleines, qu’elle offre avec le café. Ça fait longtemps que Rocamadour n’a plus de boulanger.

 

En ce moment, le village s’arc-boute autour d’un distributeur de billets qu’il est question de supprimer. A ce stade, la conversation devrait basculer sur les élections. On s’y adonnait férocement ici, à coups de cannes, dans de délectables fâcheries. Ça s’est perdu. Reste un dégoût. Bruno : « Je me sens comme un amant trompé. »

 

A la mairie, plus bas dans le bourg, une tornade fait claquer la porte. « Je suis Monsieur Eddarraz, mais appelez-moi Ahmed », trompette la Tornade. Il dévide son CV d’un seul souffle : « 31 ans, en échec scolaire de partout, un jeune rabougri sur lequel personne ne misait » et aujourd’hui gérant d’un bar-tabac prospère du côté de Millau (Aveyron). « Et ici, vous vivez de quoi ? », embraye la Tornade. Maryline Delcayre, secrétaire de mairie, énumère les truffes, le fromage, « la forêt des singes », « le rocher des aigles », le sanctuaire de la Vierge noire, 684 habitants l’hiver, 2 millions de visiteurs l’été, « le deuxième site touristique après le Mont-Saint-Michel ».

 

La Tornade l’arrête : « Tatata ! Chaque fois qu’on arrive quelque part, les gens prétendent être deuxièmes derrière le Mont-Saint-Michel. » La Tornade est venue en éclaireur pour la visite d’Emmanuel Macron. « Des questions ? » Maryline Delcayre se risque : « Quel programme pour les agriculteurs ? » La Tornade s’esclaffe. Désolé, ce ne sera dévoilé que dans une semaine. « En général, on me demande plutôt deux choses. Un : Comment est Macron ? Deux : Comment est sa femme ? »

 

L’un et l’autre apparaissent à 16 heures à l’entrée du bourg. « C’est Les Feux de l’amour, ma parole », siffle un vendeur de fringues. Pour lui, les affaires reprennent : les Anglais, partis en Croatie avec la crise financière de 2007, sont revenus depuis le Brexit. Sur le trottoir en face, un représentant en bijouterie explique l’inverse. Il fait 120 000 km par an « dans un pays prêt à exploser, des villes aux magasins fermés où on voit monter la haine. Ça va mal finir ». Et d’un coup, la France ressemble à la Grand-Rue de Rocamadour, un côté ombre, un côté soleil, un qui veut y croire, l’autre qui veut tout renverser.

 

Au pied de la « citadelle de la foi », la Tornade regarde le soleil qui vient se déchirer sur les rochers. Macron est en train de finir son discours sur « la ruralité conquérante », la RGPP, la « bataille numérique ». Un élu enlève ses lunettes : « Puisqu’on parle chiffre, voila le mien : j’ai compris 30 % de ce qu’il a dit. » Son voisin : « Tu as de la chance. » A la présidentielle de 2012, la Tornade était dans l’équipe de campagne de Dominique Strauss-Kahn. Il a encore du mal à en parler. « DSK était le rêve français, il pouvait faire face à tout. » La Tornade a pleuré quand son candidat a été arrêté à New York quelques mois avant le scrutin. « On s’est retrouvés orphelins, sans oser s’appeler entre nous. Pour se dire quoi ? On était dans la honte et le désarroi. » A son avis, ils sont nombreux de ce réseau-là à se retrouver autour d’Emmanuel Macron. Rien qu’à prononcer ce nom, la Tornade ressuscite. Le voilà qui raconte son dernier anniversaire. Ce soir-là, son portable a sonné : « C’est moi, Emmanuel. » Une erreur, a pensé la Tornade. « Mais si, Emmanuel Macron ! Bon anniversaire. » Alors la Tornade a mis le haut-parleur pour que toute la tablée entende. « J’ai retrouvé ma fierté », il dit.

 

Il y a quelques mois encore, « on était quatre au QG de Tour-de-Faure à se demander quoi faire », se souvient Sébastien Maurel, 46 ans, chef d’entreprise et référent En Marche ! pour le Lot. La formation d’Emmanuel Macron compte aujourd’hui près de 600 membres pour le département, des M. et Mme Tout-le-Monde, plutôt classe moyenne, hors radars qui ont surpris leurs amis en s’entichant de politique. « Mon beau-frère aussi est chez Macron », avance une coiffeuse. Elle le votera, d’ailleurs, sans en savoir grand-chose au fond, un presque inconnu aux mesures compliquées, qui n’a ni entourage ni appareil vraiment identifié. C’est sa musique qu’elle aime. Le dernier de ses enfants vient de se caser, « un presque CDI ». Les yeux se baissent, impression de l’avoir échappé belle. « Cette petite réussite m’autorise un petit espoir. »

 

La suite ICI 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 06:00
Qu’est-ce que le risque ?

Je ne sais si le sujet a été donné au baccalauréat mais au temps où j’étais en terminale philo il se racontait qu’il avait été donné et qu’un prétendant à la feuille de chou sésame de l’accès à l’enseignement supérieur avait répondu : « C’est ça ! » et rendu une feuille vierge.

 

Le 22 novembre 2005 j’abordais dans une chronique le sujet :

 

Le risque

 

C'était sur Planète, la chaîne thématique, deux émissions avec Pierre-Gilles de Gennes un de nos Nobel. L'homme est séduisant, plein d'humour et de vitalité mais l'on sent l'intervieweur gêné – il n'apparait pas à l'écran - la cause, on le sent si je puis m'exprimer ainsi, c'est que le cher grand homme de science tire consciencieusement sur un petit cigarillo qui n'a de cesse de s'éteindre.

 

Au bout d'une dizaine de minutes l'intervieweur n'y tient plus, il se lance sur le thème « Ce n'est pas politiquement correct de s'afficher cigarillo au bec » Notre Nobel s'y attendait et sa réponse, elle aussi politiquement incorrecte, est à méditer par ceux qui veillent avec le soin des comptables sur notre santé.

 

Lire ICI sa réponse 

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 09:00
Hubert de Boüard pratique la novlangue djeune, Jacques Dupont la clef des sols et les « sans-papiers » de la gauche…

Être tout à la fois juge et partie, c’est-à-dire propriétaire et conseil de propriétaires, on les dénomme œnologues-conseils, permet à l’un des plus médiatique d’entre-eux, Hubert de Boüard de Laforest, de dérouler un discours œcuménique mêlant l’expérience du vieux cheval blanchi sous le harnois à la novlangue pratiquée par les djeunes.

 

C’est un cas d’école à étudier dans les fameuses écoles de commerce qui fleurissent un peu partout.

 

Le sieur Dupont et son compère Bompas, eux, mêlent pédagogie et compétence, loin de l’enivrement de l’encens de ce cher Hubert au sécateur doré et des langues de vipères qui prospèrent sur les 2 fameuses rives de la Gironde.

 

« Et nous ne voudrions pas joindre nos voix aux sempiternelles turlutaines distillées par des gosiers qui en fait de dégustation ne savourent que les rumeurs. »

 

La parole est au Père Hubert :

 

Du nord au sud, et de l’est à l’ouest, il y a de très beaux vins, que ce soit en rouge, ou en blanc sec comme liquoreux… des très grands vins sur les deux rives…

 

Rive droite, on a des merlots à tomber tellement c’est bon.

 

Et rive gauche, on trouve des cabernets sauvignons à se damner et des cabernets francs très bons.

 

Le nord-Médoc est absolument exceptionnel

 

Les vignobles de Saint-Emilion sur argiles se distinguent de façon incroyable.

 

Il y a aussi de superbes vins à Pomerol, à Margaux, ou en Pessac-Léognan.

 

Ce millésime va faire le bonheur des consommateurs : ne passez pas à côté, il va y avoir des vins fabuleux et souvent pas chers, avec dans l’entrée de gamme, des vins uniques.

 

2016 a un vrai classicisme moderne, qui se donne facilement, ce n’est pas un classicisme austère.

 

C’est peut-être dans son style l’un des deux ou trois plus grands millésimes d’Angélus que je considère avoir faits sur la propriété, avec 1989 et 2005. Il a cette trame à la fois sur l’élégance, la pureté, une précision diamantaire, il est cristallin et a une grande buvabilité. Des vins tellement construits du début à la fin, c’est juste un vrai bonheur!

 

On a un grand millésime à Bordeaux. Il faut être ambitieux, mais ne pas faire n’importe quoi, être réaliste… il ne faut pas prendre le consommateur pour un pigeon, c’est lui qui nous fait vivre… Il doit y avoir un respect mutuel : le consommateur doit respecter le producteur qui a travaillé, investi et demande une augmentation, tout comme le producteur respecte le consommateur. C’est comme l’amitié, quand un seul donne, ça ne fonctionne pas ! C’est sûr qu’on va avoir une demande dans le monde.

 

Ce millésime doit être un millésime de reconquête de certains marchés.

 

La parole est donnée maintenant aux frères convers Dupont et Bompas :

 

On le sait, une vaste région comme le Bordelais n'est pas composée d'une sorte de socle uniforme recouvert d'une terre idéale qui accueille avec bonheur les ceps offerts là par quelque dieu barbu et jouisseur. Un terroir de vin est d'abord et avant tout une construction humaine. Ce sont en effet les hommes qui ont décidé d'implanter à un endroit la vigne pour souvent des raisons marchandes (facilité de transport, proximité d'une ville, d'un fleuve, d'un port…) Après, ils n'ont pu le faire que si effectivement le relief, le climat et les sols permettaient cette culture. Souvent, il leur a fallu aménager profondément, modifier les lieux de production.

 

La suite ICI 

 

Cela se murmurait dans les « milieux bien informés » bordelais, c'est-à-dire œnologues, courtiers et négociants, qui auscultent verre en main le vin depuis sa naissance : sur la rive gauche, le millésime 2016, à l'inverse de 2015, aurait mieux réagi aux aléas climatiques que sur la rive droite.

 

La rive gauche de la Garonne, ce sont le Médoc et la région des graves. La rive droite, comprend Pomerol, Saint-Émilion and Co. Une limite naturelle qui longtemps a fait office de quasi-frontière. Pour les vieux Médocains, il était hors de question de s'aventurer en terre inconnue, rive droite, sauf pour un enterrement et encore si le défunt figurait sur la liste des très proches. Là-bas, c'était ailleurs. On savait qu'on y faisait une sorte de boisson, du vin peut-être, mais certainement pas du bordeaux.

 

Évidemment, avec le temps et les moyens de communication modernes qui relient, sans fil, tribus et communautés, les mentalités ont bien évolué. On se parle. Mais il n'est guère difficile pour un esprit un tant soit peu taquin de réveiller les vieilles rivalités. Il n'y a pas si longtemps qu'un maître de chai d'un cru classé du médoc nous affirmait : « Pour griller l'entrecôte, il n'y a que les sarments de cabernet-sauvignon qui conviennent ! Même les gars de Saint-Émilion viennent en chercher chez nous. » À Saint-émilion, le cépage merlot domine et le cabernet-sauvignon se fait rare. À la lumière de telles sentences et sur un sujet aussi grave que la cuisson de l'entrecôte, on saisit mieux les difficultés rencontrées pour bâtir une Europe des peuples…

 

Bref, 2016 s'annoncerait globalement meilleur sur la rive gauche. À la lumière d'un premier tour de piste sur 70 échantillons en provenance de toutes les appellations du médoc ce matin, on ne peut que confirmer. Aujourd'hui en effet, on dégustait les « sans-papiers » de cette région.

 

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:00
Qu’est-ce qu’un excellent Ministre de l’Agriculture ?

Au lendemain des élections présidentielles, Stéphane Le Foll, quittera l’Hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne, après avoir été, sans discontinuité Ministre de l’Agriculture tout au long du quinquennat sous 3 Premier Ministre : Jean-Marc Ayrault où on l’avait flanqué d’un Ministre délégué : Guillaume Garot, Manuel Valls où il ajoute la casquette de Porte-Parole du Gouvernement, puis Bernard Cazeneuve.

 

Une longévité sans égale sous la Ve République.

 

Mais ce matin je recycle une chronique sur son prédécesseur Bruno Le Maire basée sur les écrits de celui-ci dans son livre Jours de Pouvoir chez Gallimard.

 

« Bertrand Landrieu détourne la conversation, vante mon action comme ministre de l’Agriculture. Jacques Chirac hoche la tête « Alors ça c’est vrai ! Tu es un excellent ministre de l’Agriculture ! Tout le monde le dit ! » Il ajoute : « Et je m’y connais. »

 

Le 18 février 2011 page 153 Jours de Pouvoir

 

« L’année précédente, alors qu’il espérait une promotion, le jeudi 18 novembre 2010, Bruno Le Maire écrivait « Au conseil de la FNSEA, dans le VIIIe arrondissement (NDLR rue de la Baume), je mesure combien ma reconduction a été appréciée par le monde agricole. Une centaine de représentants de toute la France sont là. Chacun, avant de prendre la parole, se dit soulagé du choix du Président et du Premier ministre, parle de bonne nouvelle puis avance ses questions. Ils sont loin les premiers mois de mon mandat, quand les paysans regardaient avec un mélange de méfiance et de consternation la nomination de ce produit de la haute fonction publique, tombé dans la politique par le jeu des circonstances, sans racines agricoles sinon ses liens familiaux dans le Gers. Maintenant je leur appartiens et ma fierté est de leur appartenir. La politique a le don de vous arracher à votre milieu étroit comme une courette, pour vous implanter ailleurs, parmi des visages, des mots, des mémoires et des regards différents. » Pages 24-25

 

La chronique ICI 

 

En bonus bel exercice d'honnêteté journalistique… La FNSEA frappée au cœur par le décès brutal de Xavier Beulin

GÉRARD LE PUILL

MARDI, 21 FÉVRIER, 2017

L'HUMANITÉ

 

Il se préparait pour le Salon de l’agriculture en fin de semaine et pour le congrès de son syndicat à la fin du mois de mars. Mais Xavier Beulin, président du principal syndicat agricole, est décédé dimanche, d’une crise cardiaque. Il avait 58 ans.

 

Le Salon de l’agriculture qui s’ouvre samedi, à Paris, se tiendra sans lui. L’annonce, dimanche en début de soirée, du décès de Xavier Beulin, mort soudainement d’une crise cardiaque à l’âge de 58 ans, a surpris les rédactions. Il était le président depuis 2010 de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), organisation représentative majoritaire dans le monde agricole, qui s’apprête à tenir son congrès le mois prochain.

 

Xavier Beulin avait quitté l’école l’année de ses 18 ans, suite au décès brutal de son père. Ce père à qui il avait succédé par la force des choses était mort dans ses bras, faute d’avoir pu être transporté à temps vers un hôpital. Au sortir de l’adolescence, Xavier Beulin avait donc repris la ferme familiale par devoir en 1976. Elle s’était ensuite agrandie en devenant un groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) à plusieurs associés familiaux, puis une société agricole à responsabilité limitée (Sarl) sur 450 hectares dans le département du Loiret.

 

La suite ICI 

Stéphane Le Foll, le blues du dernier grognard de Hollande

 

Le fidèle hollandais regardera lundi le débat télévisé avec ses troupes orphelines, au ministère de l’agriculture. Entre Hamon et Macron, il se sent piégé.

 

LE MONDE | 20.03.2017 Par Solenn de Royer

 

« Je suis le con de service, se souvient M. Le Foll. Moi, on me dit de descendre, alors je descends ! Je vois tous ces crapauds, dont certains n’ont jamais été hollandais, se coller à François. Et moi, je ne suis pas sur la photo. Trop bon, trop con ! » Furieux, il quitte la Bastille en liesse pour aller boire des bières dans un café du quartier. « Ce soir-là, il s’est senti dépossédé », raconte un conseiller.

 

Certains hollandais aimeraient désormais le voir se détacher, voler de ses propres ailes. Il dit lui-même qu’il sera « beaucoup plus libre ». Puis, en faisant le geste d’épousseter son veston, il ajoute : « Je me dis : “Let it be”, je ferai comme je le sens. » Avant, il doit « sauver » sa circonscription dans la Sarthe, historiquement de droite. « Si je perds, tout s’arrête, confie-t-il encore. Dans ce cas, je retournerai peut-être à l’enseignement. Je n’ai pas envie d’aller cachetonner ici ou là… Je ne suis pas un salaud. »

 

Malmené pendant cinq ans, au gré des crises agricoles, il quittera son ministère détenteur du record de longévité, devant Edgard Pisani. « Je vais rester dans l’Histoire », se rengorge-t-il. Il se lève, va chercher un prix que l’Union internationale des sciences du sol lui a décerné pour son action « pour les sols », contre le réchauffement climatique. Après le roi du Cambodge, il est le deuxième « non scientifique » à l’avoir reçu, depuis 1924. « Au moins, ça, c’est à moi, ajoute-t-il en touchant la statuette. Je partirai avec. »

 

A son successeur, il laissera le potager bio, qu’il a fait cultiver dans le jardin, les abeilles et ses rosiers. Il dit qu’ils vont « bientôt fleurir » mais qu’il ne sera « plus là pour les voir ». Un silence. « La seule chose que je regrette, c’est de n’avoir pas su convaincre François d’y retourner. Lui comme nous aurions mérité une fin de quinquennat différente. »

 

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/20/stephane-le-foll-le-blues-du-dernier-grognard-de-francois-hollande_5097261_4854003.html#w3RjedjUszZT73kX.99

 

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 09:00
Pour leur exercice de voyance des primeurs de Bordeaux Dupont&Bompas sortent leur Périscope et leurs Impitoyables Taster!

Putain ! 40 mn 49 s le cul sur ce foutu siège de moissonneuse-lieuse genre McCormick je plains vraiment ce pauvre forçat de Jacques Dupont.

 

Souriez-vous êtes filmés !

 

C’est sur un truc de djeunes : Périscope que le Jacques et l’Olivier font leur show.

 

J’avoue que c’est un peu longuet mais j’ai visionné l’intégralité.

 

Déjà, merci de monter un peu le son !

 

Première découverte, le tastevin moderne un drôle de verre* tout tordu, j’espère qu’un jour le sieur Dupont m’en offrira un gravé à mes initiales.

 

J’adore les vins qui sentent le poulailler car je ne sais qui peut encore trouver un vrai poulailler comme celui de ma mémé Marie.

 

Je propose que Jacques et Olivier ouvrent 1 compte de pénibilité : 3000 vins en 5 semaines, avec des dégustations à répétition : 2 ou 3 fois pour décortiquer les crus, plus une dégustation très rapide pour le PLAISIR. C’est très physique et technique, en plus ils ne déjeunent pas.

 

« Aller vers la vérité du vin» Jacques Dupont.

 

C'est à l'aveugle, bien sûr !

 

Aux royaumes des aveugles les dégustateurs sont rois !

 

Comme Saint Pierre, avant que le coq ne chante, ils crachent plusieurs fois pour ne pas être ronds comme des ballons.

 

L’air de rien, de rin de rin, j’aime beaucoup aimé l’air du vin…

 

« La dégustation n’est pas un don du ciel » Olivier Bompas.

 

Faut bosser ! Comme je suis un ramier vous comprendrez mieux que je ne sais pas déguster.

 

L’audition des 2 larrons est ICI

 

Nous sommes en direct de Saint-Émilion pour notre #Périscope #SpécialPrimeurs avec @Dupont_LePoint et @OBompas !

 

 

* Les Impitoyables Taster Universel

MODÈLE: 9042

MARQUE PEUGEOT

 

Le « Taster », de la série LES IMPITOYABLES est fait main et soufflé bouche. La forme du dégustateur « Taster » a été soigneusement étudiée pour amener le maximum de perceptions aromatiques du vin, en un minimum de temps. Aux lignes pures, de taille réduite, ce verre est facile à transporter et à remiser. Il met en évidence toues les vertus d’un vin : robe, arômes, équilibre en bouche, etc. Le dégustateur « Taster » est fait main et soufflé bouche. Les cavités de son fond permettent de le tenir entre deux doigts, sans réchauffer son contenu et aux molécules de venir se briser conter sa parais. Le caractère fonctionnel de ce verre spécialisé pour la dégustation le désigne comme étant le tastevin du 21e siècle. On le retrouve dans les caves à vin, en salles de dégustation et entre amis. De plus, le dégustateur « Taster » convient à tous les types de vins et alcools.

 

Avec Les Impitoyables, la dégustation devient perfection. Chaque verre est spécialement étudié pour révéler toutes les qualités des vins. Les formes dédiées à chaque style de vin favorisent l’éclosion des arômes, et le volume idéal conduit chaque vin à livrer sa quintessence. Chaque verre Les Impitoyables est une pièce unique, réalisée à la main et soufflée bouche dans la grande tradition verrière.

 

 

 

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 06:00
« Vous savez, si quelqu'un vit comme un saint, je suis sûr qu'après sa mort c'est ça qu'on fera boire à lui au paradis. » 1 château-margaux, 1937, le choix de Sophie.

« Le choix de Sophie je pense que c'est le plus grand choc de lecture que puisse éprouver un lecteur lorsqu'il lit un roman. »

 

Je l’ai lu et relu et je partage l’intense émotion de Yann Queffelec.

 

« Sophie, mère de 2 enfants, est sommée par un médecin sadique sur un quai de gare au petit matin à Birkenau, à côté d'Auschwitz, de choisir lequel de ses 2 enfants sera sauvé. Lequel périra dans les minutes qui suivent », explique l'écrivain.

 

Pour lui, « c'est un livre qui pose toutes les questions qu'un être humain se pose lorsqu'il vit, le bien, le mal, l'amour. »

 

J’ai vu l'adaptation cinématographique avec Meryl Streep est, elle aussi, inoubliable.

 

A lire ou relire, Le choix de Sophie de William Styron publié chez Folio.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un monde à part, une vie à part

 

« Stingo est un jeune américain originaire du Sud. Il veut devenir écrivain mais, s'il sent qu’il a un sujet depuis des années, il a vraiment l'impression qu'il n’arrivera pas à écrire un vraiment bon livre.

 

Il habite Brooklyn et trouve un job de critique littéraire. Mais sur une période d'un an il n’a jamais trouvé un bouquin qu’il devait critiquer et qui trouve grâce à ses yeux. Il est viré et aura bien vite des problèmes d’argent.

 

Installé dans une maison essentiellement occupée par des Juifs, il nous dit que « comme les gens du Sud et cultivé » il aime les juifs. Les locataires de l'étage au-dessus sont deux jeunes Juifs, Nathan et Sophie. Ou ils s’engueulent à ne plus en pouvoir, ou ils s’envoient en l’air avec des cris et des râles pour tout l'immeuble. Célibataire, il lui est difficile de dormir.

 

Un jour, les cris de colère de Nathan prennent des proportions hors mesure. Stingo entend que la bagarre se déplace dans le couloir et que Sophie pleure et supplie Nathan de ne pas partir. Cela tourne en bagarre. Voilà comment il fait la connaissance de Sophie, une jolie jeune femme d’un peu plus de vingt-cinq ans. Nous sommes en 1947.

 

Soudain, il voit une marque sur l'avant-bras de la jeune femme et il lui demande : « Tu viens d'où ?» Elle répond « d’Oswiecim » soit Auschwitz… Il finira par vivre avec elle et, lentement, il va descendre dans le monde intérieur de cette femme. Celui-ci est fait de cauchemars et d'horreurs dont elle n’arrive pas à se dépêtrer.

 

Styron donne ici un récit plein de force, difficile à aborder, mais il le fait avec un immense talent. Ce qui est aussi touchant c’est le langage de cette femme, mêlé d’allemand de polonais et même de français. Cette sorte de maladresse dans le discours nous la rend plus touchante encore. Une déracinée de son pays, mais de sa vie aussi. »

 

Critiques Libres. Critiqué par Jules, le 5 juin 2001 (Bruxelles)

 

« Mais si le dîner, bien qu'en soit excellent, était avant tout reconstituant, le vin lui, était un vrai nectar. Dans la maison de son enfance, à Cracovie, Sophie avait toujours vu boire du vin, car son père, doué d'un penchant pour l'hédonisme, insistait (dans un pays aussi dénué de vignobles que le Montana) pour que les repas viennois, fort copieux et souvent raffinés que préparait sa mère, soient en général arrosés de bons vins d'Autriche ou des plaines de Hongrie. Mais la guerre, qui avait balayé tant d'autres choses dans sa vie, l'avait privée d'un petit luxe aussi humble que le vin, et depuis lors, elle ne s'était jamais souciée de chercher à en boire, même si elle en avait parfois eu la tentation dans le périmètre de Flatbush, où les indigènes ont le culte de la bouteille. Mais, jamais elle n'aurait cru qu'il existât une chose pareille - cette liqueur des dieux! La bouteille qu'avait apportée Nathan était d'une telle qualité que Sophie fut tentée de remettre en question ses idées en matière de goût ; elle ignorait tout de la mystique des vins français, il était donc inutile que Nathan lui précise qu'il s'agissait d'un château-margaux, ni que c'était un 1937 - la dernière grande année d'avant-guerre - ni qu'il coûtait, la somme faramineuse de quatorze dollars (à peu près, la moitié de son salaire de la semaine, constata-t-elle avec incrédulité quand son oeil accrocha le prix porté sur l'étiquette) ; ni qu'il aurait encore pu gagner du bouquet s'ils avaient eu le temps de le laisser décanter. Nathan était d'une drôlerie intarissable sur ce chapitre. Quant à elle, il lui suffisait de constater que la saveur de ce vin lui procurait un ravissement incomparable, une sensation somptueuse de chaleur, d'intrépidité et d'exaltation qui peu à peu gagnait jusqu'à ses orteils, confirmant toutes les vénérables et bizarres maximes qui prêtent au vin des vertus curatives. Un peu pompette, les jambes molles, elle s'entendit vers la fin du repas dire à son pourvoyeur :

 

- Vous savez, si quelqu'un vit comme un saint, je suis sûr qu'après sa mort c'est ça qu'on fera boire à lui au paradis.

 

Le choix de Sophie William Styron pages 257-258 Gallimard 1981

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 09:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne(16), Eiffel-Clémenceau le scandale de Panama, Mosco&Max, Fillon 1 calendrier de l'avent, Macron-Mélenchon coup de foudre !

Le jour où j’ai pris la décision d’ouvrir ce journal d’un chroniqueur de campagne j’étais loin de me douter qu’il allait être alimenté par des histoires de couple, de costards à des prix du caviar, des mises en examen… On se croirait dans Closer ou Voici, c’est de la folie.

 

Les caricaturistes s’en donnent à cœur joie, sur Twitter un ami belge Éric Boschman nous vanne en retwittant « J'ai l'impression que Fillon c'est un calendrier de l'avent: chaque jour t'ouvres une case, et tu découvres la petite surprise du jour. »

 

Bref, je ne vous fait pas un dessein c’est le souk et, en dépit de giclées de sondages nous sommes dans le potage.

 

Mais les affaires sont-elles une nouveauté dans notre doulce France ?

 

Les « chéquards » de l'affaire de Panama, l'affaire StaviskyLéon Daudet polémiste d’extrême-droite dénonça en Chautemps le chef d'une bande de voleurs et d'assassins, sous la Ve l’affaire de la Garantie Foncière…

 

Dans une chronique Pourquoi je ne crois pas à une sélection « éthique » en mai 2017 ! Michel Santo écrit le 22 mars 2017.

 

« À lire et écouter certains commentateurs, ce matin, je me demande si l’on vit dans le même monde. Ils semblent en effet découvrir que la violence et les affaires « pourrissent » la vie politique, délégitiment leurs acteurs et, conséquemment, mettent en danger la République et ses institutions. Comme si les cinq qui ont précédé celle ouverte par l’actuelle Constitution n’avaient jamais été souillés par des conflits d’intérêts, des emplois fictifs familiaux, des financements occultes, des cadeaux d’amis, des costumes, des « voyages culturels », etc. Il suffit de lire nos grands classiques : Maupassant et son « Bel Ami », par exemple, pour en comprendre, mieux que dans des essais politiques contemporains, – mal écrits souvent –, les ressorts psychologiques, sociaux et politiques. Ces liaisons dangereuses où se croisent financiers, politiques et journalistes, ont toujours existé, en effet. Ce petit rappel, non pour minorer la gravité des affaires en cours, en pleine campagne présidentielle, ni pour contester le rôle des médias dans leur exploitation quotidienne, ou pour négliger leur impact sur l’opinion que se font les Français de leur classe politique, mais pour signaler un phénomène malheureusement constant dans la longue histoire de notre pays. »

 

La suite ICI 

 

Et puis hier matin encore une histoire de costards offerts, à Pierre Moscovici commissaire européen, avant 2012, par un ami de longue date, présenté par Moscovici, comme 1 négociant en vins fournisseur de l'Elysée et de Matignon.

 

« Il m'est effectivement arrivé dans le passé de recevoir des costumes en cadeau de la part de Laurent Max », un "ami d'enfance », a réagi mercredi Pierre Moscovici, précisant qu'il s'agissait « de vrais cadeaux entre vrais amis ». « Il n'a jamais existé aucun lien entre ses activités professionnelles et mes fonctions politiques », a-t-il ajouté.

 

Vous me connaissez, la maison Louis Max je connais ICI mais de Laurent Max je n’en voyais pas dans mon périscope. Alors, contrairement au ragotier de Barcelone qui fait dans l’à peu près, je suis allé aux nouvelles sur la Toile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et bien sûr j’ai trouvé le sieur Laurent Max-Starkman, à l’extrême-droite sur la photo, le fameux acheteur de costumes de Pierre Moscovici, qui fut témoin à son dernier mariage à la mairie de Paris, Anne Hidalgo officiant, le 13 juin 2015, qui est propriétaire d'immeubles et dirigeant de 3 entreprises dont Louis Max Père et Fils à Beaune, ainsi que président du conseil d'administration de l'École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris.

 

Pas sûr que notre Laurent bichonne ses ceps, manie avec autant de dextérité qu’Hubert le sécateur, ou vente beaucoup de belles boutanches « Louis Max ». En effet, je lis dans les gazettes que « Jean-François Joliette avait repris l’entreprise en difficulté en 2007. Ce fils de vigneron beaunois, ex-Laroche et Mumm, s’était acoquiné pour cela avec un mécène genevois, passionné de vins, pour racheter la société nuitonne. L’an dernier, Joliette a repris en main l’opérationnel après le départ du directeur Philippe Bardet. Il s’est offert les services de David Duband, propriétaire du domaine éponyme de Hautes Côtes de Nuits (17 ha) mais également vinificateur de talent qui en fait profiter d’autres raisins que les siens. »

 

Manifestement Laurent Max-Starkman fait plus dans les Beaux-Arts que dans les ares et les centiares, plus communément dénommées ouvrées en cette Bourgogne en danger où le grand capital les croque à coup de milliards.

 

Cette campagne est formidable, je peux même étaler ma science du négoce bourguignon grâce à elle.

 

L’humour n’en est pas non plus absent grâce à Mélenchon qui a de la répartie, il a même séduit Hervé Lalau des 5 du Vin, pourtant pas très porté sur l’extrême-gauche, « Qui parle le mieux du vin dans la présidentielle? Mélenchon, bien sûr ! » ICI

 

1er acte : Macron-Mélenchon: coup de foudre en direct

 

Nathalie Segaunes 22 mars 2017

 

ICI 

 

2e acte : Mélenchon publie avant l'heure une anti-déclaration de patrimoine pleine d'humour

 

Geoffroy Clavel

 

ICI 

 

Enfin pour terminer sur le chapitre bonne humeur une photo-culte : Dimanche, arpentant le marché Mouffetard, Xavière Tibéri, en militante pro-Macron, pas peu fière (sic)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour terminer je vous propose deux fulgurances à la Jean-François Khan

 

  • Du stalinisme de gauche au stalinisme de droite

 

Au nom d'une culture nationale identitaire, il faudrait bannir tout multiculturalisme, c'est-à-dire toute diversité culturelle, ce que les staliniens qualifiaient de "cosmopolitisme"? Comme en Union Soviétique.

 

Imaginons, comme Montesquieu, un Martien sinon un Persan qui débarque en France pour étudier les caractéristiques de notre campagne électorale présidentielle. Il s'informe. Il lit les journaux, il écoute les radios, consulte les réseaux sociaux. Et, que constate-t-il? Que la confrontation électorale en cours est submergée par un discours qui consiste à stigmatiser la banque et les banquiers, la haute finance, le grand capital, le capitalisme déchaîné et sauvage, le libéralisme, l'argent, les riches, les grandes écoles...

 

Concevez alors sa surprise quand il découvrira que les diffuseurs de cette musique ne sont ni le trotskiste Philippe Poutou, ni le marxiste Jean-Luc Mélenchon, ni le tenant d'une gauche radicale Benoît Hamon, mais les partisans chauffés à blanc de l'homme aux costumes caviar: François Fillon. François Fillon que notre Martien pourrait donc prendre pour un candidat communiste stalinien de la grande époque, si, en lisant par pure curiosité son programme, il ne constatait que rien, absolument rien, bien au contraire, n'y est prévu contre les banques et les banquiers, le grand capital et le capitalisme fut-il déchaîné ou sauvage, la haute finance, les riches, l'économie libérale... les grandes écoles. Soulagement !

 

Musique marxisto-stalinienne sur paroles écrites par Milton Friedman en somme.

 

La suite ICI 

 

  • Le centrisme faux-nez ou le pire de la politique

 

Dans les démocraties populaires, il y avait des partis dits "libéraux" ou même "démocrates chrétiens" qui n'étaient, en réalité, que des supplétifs ou des faux-nez des partis communistes au pouvoir. De simples alibis pour gogos en somme.

 

La fonction de cette chose qui s'appelle l'UDI et que les médias désignent mécaniquement comme "centriste" est-elle radicalement différente? Ne s'agit-il pas, en fait, d'une escroquerie politique ou idéologique du même tonneau?

 

La suite ICI 

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 06:00
Comme je n’ai pas 1 poil dans la main j’achète mes poêles à Villedieu-les-Poêles chez Mauviel qui fabrique aussi des casseroles avis aux candidats !

Je le confesse Arnaud Montebourg, avec son côté ramenard et égocentré, n’a jamais été vraiment ma tasse de thé. Pourtant sa militance pour le made in France ne m’a pas laissé indifférent car je la pratique à chaque fois que c’est possible.

 

Bien sûr, je l’ai charrié pour sa marinière.

 

J’écrivais en octobre 2012 :

 

« Bien sûr le Taulier n’a pas une belle gueule d’amour comme Montebourg, il n’est qu’un vieux cheval de labour blanchi sous le harnois (vieux mot : ensemble des défenses qui protègent le corps d'un guerrier). Mais il n’a pas attendu le héraut du fabriqué en France pour se chausser (mes Heschung made in Alsace) et se vêtir français dès qu’il le pouvait. Sa marinière à lui, donc à moi, c’est une Saint-James qui, comme son nom ne l’indique pas, est une entreprise française. Elle n'a pas poussé jusqu'à s'appeler Saint-Jacques pour faire plaisir au taulier mais, même si les Français ne sont pas très doués en anglais, le rapport est évident ce qui n'est pas le cas pour le bel Arnaud qui n'est pas Breton »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Taulier bien avant Montebourg s’exhibait en marinière Made in France même que c’était une Saint-James

 

ICI 

 

Laissons-là, et les déçus du hollandisme, et les partisans de la relance par la consommation profitant aux importations, pour aller tout au fond de nos territoires afin de vous faire découvrir l’excellence française.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque jour, plus de 1 200 pièces sortent des ateliers sourdins (sis à Villedieu-les-Poêles), qui comptent plus de 1 000 références au catalogue. Avant, Mauviel vendait 80 % de sa production aux professionnels, 20 % au grand public. Aujourd'hui, c'est l'inverse.

 

Ce changement de cap « entamé il y a dix-douze ans était nécessaire pour maintenir notre volume d'activité », résume Valérie Le Guern-Gilbert, qui a succédé à son père à la tête de l'entreprise. Elle parcourt le monde au rythme des grands salons culinaires. « Avant on vendait ce que l'on produisait, aujourd'hui on produit ce que les commerciaux rapportent. » Mauviel réalise 60 % de ses ventes à l'export.

 

« 1830 célèbre la fondation de l'entreprise par Ernest Mauviel dans une petite ville surnommée la "Cité du cuivre", où l’on pratique depuis le 12° siècle la poêlerie et la dinanderie (le mot vient de Dinant, en Belgique) qui est la fabrication d’ustensiles de cuisson à partir de métaux bi-laminés (cuivre-inox, multicouche inox). On savait alors comment attirer les artisans, en les dispensant de payer les impôts, en vertu d’un privilège accordé par le Duc de Normandie, qui permit aux Chevaliers de l’Ordre de Malte d'administrer directement la cité.

 

Après le tournant favorable des années 60 avec une ouverture à l'international, les budgets fondent vingt ans plus tard et les investisseurs privilégient d'autres achats que le matériel. Il aurait fallu se tourner vers une fabrication chinoise pour conserver totalement la clientèle professionnelle. Mauviel fait le choix de rester sur le haut de gamme mais à destination du grand public qui à l'époque ne pesait que pour 20%.

 

Cette voie sauve l'entreprise en assurant 80% des commandes. Aujourd'hui le rapport se rééquilibre en descendant à 60 pour le grand public et remontant à 40 pour les chefs que Mauviel n'a jamais cessé d'écouter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire la suite de cette très intéressante chronique ICI sur le procédé de fabrication.

 

Les établissements Mauviel sont aujourd'hui le leader mondial du cuivre culinaire [3]. « Mille produits sont référencés dans nos catalogues, dont certaines gammes en inox et aluminium », explique Vincent Le Guern.

 

Les Ets Mauviel exportent leur production à 60 %, dans 40 pays, dont les États-Unis, principal client étranger. L'entreprise possède d'ailleurs, depuis 2004, sa propre filiale à New Castle (Delaware), qui emploie 130 représentants.

 

L'entreprise emploie 80 salariés en 2010. Son chiffre d'affaires est de 9 millions d'euros (2010).

Comme je n’ai pas 1 poil dans la main j’achète mes poêles à Villedieu-les-Poêles chez Mauviel qui fabrique aussi des casseroles avis aux candidats !
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 11:05
Jacques Dupont, d’un bon pas, entame son chemin de croix annuel en escaladant le Golgotha, pardon les côtes de bordeaux…

En ce temps de carême, alors que nous progressons jour après jour vers la semaine sainte, le sieur Dupont et son acolyte Olivier, entament d’un bon pas (sic Pierre Dac) leur dur labeur de goûteur de primeurs.

 

J’ai une pensée émue pour leur cul posé sur des sièges inconfortables, pour leur nez enivré de fragrances boisées, toastées, rollandisées, pour leur vue contemplant les murs blancs des laboratoires aseptisés, pour leur ouïe soumise à la monotonie du son de leurs jets, pour leurs pensées tendues telles des cordes de violon, pour leurs soirées passées dans le Formule 1 du coin.

 

Je compatis.

 

Les voilà donc partis sur les chemins sinueux de la Gironde qui les mèneront en des lieux, qui n’ont rien à voir avec les critères chers à Hubert du côté de Saint-Émilion, pour faire court je les qualifierais de monacaux.

 

Toutefois je les mets en garde contre les tentations depuis que j’ai appris que le sieur Moscovici s’était fait offrir, lui aussi, avant 2012, des costards Arnys par un négociant en vins de ses amis, fournisseur de l’Élysée et de Matignon. Ça sent le GCC !

 

Comme je suis en ce moment dans un état de « je n’en fous pas une rame » je vais vous faire profiter du Journal de bord des 2 compères, qui sont à leur manière les « frères Goncourt » du milieu des beaux vins.

 

Mon titre, n’en déplaise aux mauvais coucheurs, se justifie, même si les côtes sur les routes de Gironde ne sont guère pentues, mais c’est une tradition bordelaise, ici on ne fait rien comme tout le monde.

 

Nos deux larrons en foire commencent donc leur chemin de croix par les Côtes de Bordeaux.

 

« On explique. Les Côtes ce sont des vignobles qui se situent dans la hiérarchie entre les bordeaux et bordeaux supérieurs et les appellations plus classieuses – une sorte d'entre deux où l'on trouve des bons vins de copains et des petites perles qui valent bien les gros diamants (les perles par définition sont moins chères que les diamants).

 

Autre avantage, on les trouve au nord de la région (côtes-de-bourg et blaye) au sud et à l'est (côtes-de-bordeaux-cadillac ou castillon…). Cette année, même la tout à l'est bordeaux-sainte-foy, située à la limite avec le Périgord a rejoint le groupement des Côtes. Il n'y a guère que la péninsule médocaine qui échappe à ce maillage. Idéal donc de les goûter en premier pour avoir une première vue d'ensemble. »

 

La suite ICI 

 

Pour meubler un peu, je chambre un peu, notre Jacques cite un Extrait de l'âme du vin, de Maurice Constantin-Weyer.

 

Si vous voulez tout savoir sur cet opus allez lire ICI une excellente chronique du 4 mai 2009 Le vin a-t-il encore une âme ? la réponse de Jean-Paul Kauffmann

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 06:00
La clé de l’accord Palombe&anguille marinée au soja du Clarence et le Calon-Ségur 1970 pour Olivier Poels c’est le chou de Bruxelles

Je confesse ma fascination, mon étonnement toujours renouvelé pour l’ingéniosité de ceux qui font profession d’accordeurs mets&vins.

 

Dans La Revue du vin de France N°600 j’ai découvert une pépite dont je vous livre 3 extraits.

 

C’est signé Olivier Poels

 

Ce plat terre-mer de caractère illustre bien l’esprit de la cuisine de Christophe Pelé. À la délicatesse de cette palombe fondante et juteuse, il oppose le caractère de l’anguille marinée. Les deux saveurs se complètent à merveille. Le chou de Bruxelles, qui peut paraître incongru dans un accord mets/vin, ne l’est pas ici car il vient en appui, donne de la texture et surtout joue un lien avec le Calon-Ségur. Ce plat est une création et n’est pas servi à la carte.

 

Saint-Estèphe Château Calon-Ségur 1970

 

À 45 ans passés, il affiche encore une forme remarquable. À commencer par sa couleur, délicatement tuilée mais encore profonde. Le nez est superbe de distinction, avec des senteurs de cuir, de tabac, de fumé et de délicat sous-bois. En bouche, il a conservé beaucoup de vigueur et offre surtout un fondu et une intensité d’arômes qui pourraient laisser penser qu’il est plus jeune de 20 ans. L’équilibre est magnifique, il s’agit là d’un superbe exemple de ce que peut être un grand médoc patiné par le temps. À ouvrir une heure à l’avance.

 

LA CLÉ DE L'ACCORD

 

Le chou de Bruxelles joue un rôle intéressant : ses notes végétales se combinent au côté tertiaire du vin et donnent le sentiment de rafraîchir ses tanins. Mais le cœur de l’accord se joue sur le côté juteux et sauvage de la palombe, les notes juteuses du soja de l’anguille marinée qui permettent au Calon-Ségur de jouer les premiers rôles, d’exprimer toute la gamme de sa palette aromatique mais qui, surtout, respectent admirablement le soyeux de ses tanins.

 

La chronique ICI 

 

Chou de Bruxelles: 10 bienfaits et vertus santé

ICI  

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