Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 09:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne(16), Eiffel-Clémenceau le scandale de Panama, Mosco&Max, Fillon 1 calendrier de l'avent, Macron-Mélenchon coup de foudre !

Le jour où j’ai pris la décision d’ouvrir ce journal d’un chroniqueur de campagne j’étais loin de me douter qu’il allait être alimenté par des histoires de couple, de costards à des prix du caviar, des mises en examen… On se croirait dans Closer ou Voici, c’est de la folie.

 

Les caricaturistes s’en donnent à cœur joie, sur Twitter un ami belge Éric Boschman nous vanne en retwittant « J'ai l'impression que Fillon c'est un calendrier de l'avent: chaque jour t'ouvres une case, et tu découvres la petite surprise du jour. »

 

Bref, je ne vous fait pas un dessein c’est le souk et, en dépit de giclées de sondages nous sommes dans le potage.

 

Mais les affaires sont-elles une nouveauté dans notre doulce France ?

 

Les « chéquards » de l'affaire de Panama, l'affaire StaviskyLéon Daudet polémiste d’extrême-droite dénonça en Chautemps le chef d'une bande de voleurs et d'assassins, sous la Ve l’affaire de la Garantie Foncière…

 

Dans une chronique Pourquoi je ne crois pas à une sélection « éthique » en mai 2017 ! Michel Santo écrit le 22 mars 2017.

 

« À lire et écouter certains commentateurs, ce matin, je me demande si l’on vit dans le même monde. Ils semblent en effet découvrir que la violence et les affaires « pourrissent » la vie politique, délégitiment leurs acteurs et, conséquemment, mettent en danger la République et ses institutions. Comme si les cinq qui ont précédé celle ouverte par l’actuelle Constitution n’avaient jamais été souillés par des conflits d’intérêts, des emplois fictifs familiaux, des financements occultes, des cadeaux d’amis, des costumes, des « voyages culturels », etc. Il suffit de lire nos grands classiques : Maupassant et son « Bel Ami », par exemple, pour en comprendre, mieux que dans des essais politiques contemporains, – mal écrits souvent –, les ressorts psychologiques, sociaux et politiques. Ces liaisons dangereuses où se croisent financiers, politiques et journalistes, ont toujours existé, en effet. Ce petit rappel, non pour minorer la gravité des affaires en cours, en pleine campagne présidentielle, ni pour contester le rôle des médias dans leur exploitation quotidienne, ou pour négliger leur impact sur l’opinion que se font les Français de leur classe politique, mais pour signaler un phénomène malheureusement constant dans la longue histoire de notre pays. »

 

La suite ICI 

 

Et puis hier matin encore une histoire de costards offerts, à Pierre Moscovici commissaire européen, avant 2012, par un ami de longue date, présenté par Moscovici, comme 1 négociant en vins fournisseur de l'Elysée et de Matignon.

 

« Il m'est effectivement arrivé dans le passé de recevoir des costumes en cadeau de la part de Laurent Max », un "ami d'enfance », a réagi mercredi Pierre Moscovici, précisant qu'il s'agissait « de vrais cadeaux entre vrais amis ». « Il n'a jamais existé aucun lien entre ses activités professionnelles et mes fonctions politiques », a-t-il ajouté.

 

Vous me connaissez, la maison Louis Max je connais ICI mais de Laurent Max je n’en voyais pas dans mon périscope. Alors, contrairement au ragotier de Barcelone qui fait dans l’à peu près, je suis allé aux nouvelles sur la Toile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et bien sûr j’ai trouvé le sieur Laurent Max-Starkman, à l’extrême-droite sur la photo, le fameux acheteur de costumes de Pierre Moscovici, qui fut témoin à son dernier mariage à la mairie de Paris, Anne Hidalgo officiant, le 13 juin 2015, qui est propriétaire d'immeubles et dirigeant de 3 entreprises dont Louis Max Père et Fils à Beaune, ainsi que président du conseil d'administration de l'École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris.

 

Pas sûr que notre Laurent bichonne ses ceps, manie avec autant de dextérité qu’Hubert le sécateur, ou vente beaucoup de belles boutanches « Louis Max ». En effet, je lis dans les gazettes que « Jean-François Joliette avait repris l’entreprise en difficulté en 2007. Ce fils de vigneron beaunois, ex-Laroche et Mumm, s’était acoquiné pour cela avec un mécène genevois, passionné de vins, pour racheter la société nuitonne. L’an dernier, Joliette a repris en main l’opérationnel après le départ du directeur Philippe Bardet. Il s’est offert les services de David Duband, propriétaire du domaine éponyme de Hautes Côtes de Nuits (17 ha) mais également vinificateur de talent qui en fait profiter d’autres raisins que les siens. »

 

Manifestement Laurent Max-Starkman fait plus dans les Beaux-Arts que dans les ares et les centiares, plus communément dénommées ouvrées en cette Bourgogne en danger où le grand capital les croque à coup de milliards.

 

Cette campagne est formidable, je peux même étaler ma science du négoce bourguignon grâce à elle.

 

L’humour n’en est pas non plus absent grâce à Mélenchon qui a de la répartie, il a même séduit Hervé Lalau des 5 du Vin, pourtant pas très porté sur l’extrême-gauche, « Qui parle le mieux du vin dans la présidentielle? Mélenchon, bien sûr ! » ICI

 

1er acte : Macron-Mélenchon: coup de foudre en direct

 

Nathalie Segaunes 22 mars 2017

 

ICI 

 

2e acte : Mélenchon publie avant l'heure une anti-déclaration de patrimoine pleine d'humour

 

Geoffroy Clavel

 

ICI 

 

Enfin pour terminer sur le chapitre bonne humeur une photo-culte : Dimanche, arpentant le marché Mouffetard, Xavière Tibéri, en militante pro-Macron, pas peu fière (sic)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour terminer je vous propose deux fulgurances à la Jean-François Khan

 

  • Du stalinisme de gauche au stalinisme de droite

 

Au nom d'une culture nationale identitaire, il faudrait bannir tout multiculturalisme, c'est-à-dire toute diversité culturelle, ce que les staliniens qualifiaient de "cosmopolitisme"? Comme en Union Soviétique.

 

Imaginons, comme Montesquieu, un Martien sinon un Persan qui débarque en France pour étudier les caractéristiques de notre campagne électorale présidentielle. Il s'informe. Il lit les journaux, il écoute les radios, consulte les réseaux sociaux. Et, que constate-t-il? Que la confrontation électorale en cours est submergée par un discours qui consiste à stigmatiser la banque et les banquiers, la haute finance, le grand capital, le capitalisme déchaîné et sauvage, le libéralisme, l'argent, les riches, les grandes écoles...

 

Concevez alors sa surprise quand il découvrira que les diffuseurs de cette musique ne sont ni le trotskiste Philippe Poutou, ni le marxiste Jean-Luc Mélenchon, ni le tenant d'une gauche radicale Benoît Hamon, mais les partisans chauffés à blanc de l'homme aux costumes caviar: François Fillon. François Fillon que notre Martien pourrait donc prendre pour un candidat communiste stalinien de la grande époque, si, en lisant par pure curiosité son programme, il ne constatait que rien, absolument rien, bien au contraire, n'y est prévu contre les banques et les banquiers, le grand capital et le capitalisme fut-il déchaîné ou sauvage, la haute finance, les riches, l'économie libérale... les grandes écoles. Soulagement !

 

Musique marxisto-stalinienne sur paroles écrites par Milton Friedman en somme.

 

La suite ICI 

 

  • Le centrisme faux-nez ou le pire de la politique

 

Dans les démocraties populaires, il y avait des partis dits "libéraux" ou même "démocrates chrétiens" qui n'étaient, en réalité, que des supplétifs ou des faux-nez des partis communistes au pouvoir. De simples alibis pour gogos en somme.

 

La fonction de cette chose qui s'appelle l'UDI et que les médias désignent mécaniquement comme "centriste" est-elle radicalement différente? Ne s'agit-il pas, en fait, d'une escroquerie politique ou idéologique du même tonneau?

 

La suite ICI 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 06:00
Comme je n’ai pas 1 poil dans la main j’achète mes poêles à Villedieu-les-Poêles chez Mauviel qui fabrique aussi des casseroles avis aux candidats !

Je le confesse Arnaud Montebourg, avec son côté ramenard et égocentré, n’a jamais été vraiment ma tasse de thé. Pourtant sa militance pour le made in France ne m’a pas laissé indifférent car je la pratique à chaque fois que c’est possible.

 

Bien sûr, je l’ai charrié pour sa marinière.

 

J’écrivais en octobre 2012 :

 

« Bien sûr le Taulier n’a pas une belle gueule d’amour comme Montebourg, il n’est qu’un vieux cheval de labour blanchi sous le harnois (vieux mot : ensemble des défenses qui protègent le corps d'un guerrier). Mais il n’a pas attendu le héraut du fabriqué en France pour se chausser (mes Heschung made in Alsace) et se vêtir français dès qu’il le pouvait. Sa marinière à lui, donc à moi, c’est une Saint-James qui, comme son nom ne l’indique pas, est une entreprise française. Elle n'a pas poussé jusqu'à s'appeler Saint-Jacques pour faire plaisir au taulier mais, même si les Français ne sont pas très doués en anglais, le rapport est évident ce qui n'est pas le cas pour le bel Arnaud qui n'est pas Breton »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Taulier bien avant Montebourg s’exhibait en marinière Made in France même que c’était une Saint-James

 

ICI 

 

Laissons-là, et les déçus du hollandisme, et les partisans de la relance par la consommation profitant aux importations, pour aller tout au fond de nos territoires afin de vous faire découvrir l’excellence française.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque jour, plus de 1 200 pièces sortent des ateliers sourdins (sis à Villedieu-les-Poêles), qui comptent plus de 1 000 références au catalogue. Avant, Mauviel vendait 80 % de sa production aux professionnels, 20 % au grand public. Aujourd'hui, c'est l'inverse.

 

Ce changement de cap « entamé il y a dix-douze ans était nécessaire pour maintenir notre volume d'activité », résume Valérie Le Guern-Gilbert, qui a succédé à son père à la tête de l'entreprise. Elle parcourt le monde au rythme des grands salons culinaires. « Avant on vendait ce que l'on produisait, aujourd'hui on produit ce que les commerciaux rapportent. » Mauviel réalise 60 % de ses ventes à l'export.

 

« 1830 célèbre la fondation de l'entreprise par Ernest Mauviel dans une petite ville surnommée la "Cité du cuivre", où l’on pratique depuis le 12° siècle la poêlerie et la dinanderie (le mot vient de Dinant, en Belgique) qui est la fabrication d’ustensiles de cuisson à partir de métaux bi-laminés (cuivre-inox, multicouche inox). On savait alors comment attirer les artisans, en les dispensant de payer les impôts, en vertu d’un privilège accordé par le Duc de Normandie, qui permit aux Chevaliers de l’Ordre de Malte d'administrer directement la cité.

 

Après le tournant favorable des années 60 avec une ouverture à l'international, les budgets fondent vingt ans plus tard et les investisseurs privilégient d'autres achats que le matériel. Il aurait fallu se tourner vers une fabrication chinoise pour conserver totalement la clientèle professionnelle. Mauviel fait le choix de rester sur le haut de gamme mais à destination du grand public qui à l'époque ne pesait que pour 20%.

 

Cette voie sauve l'entreprise en assurant 80% des commandes. Aujourd'hui le rapport se rééquilibre en descendant à 60 pour le grand public et remontant à 40 pour les chefs que Mauviel n'a jamais cessé d'écouter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire la suite de cette très intéressante chronique ICI sur le procédé de fabrication.

 

Les établissements Mauviel sont aujourd'hui le leader mondial du cuivre culinaire [3]. « Mille produits sont référencés dans nos catalogues, dont certaines gammes en inox et aluminium », explique Vincent Le Guern.

 

Les Ets Mauviel exportent leur production à 60 %, dans 40 pays, dont les États-Unis, principal client étranger. L'entreprise possède d'ailleurs, depuis 2004, sa propre filiale à New Castle (Delaware), qui emploie 130 représentants.

 

L'entreprise emploie 80 salariés en 2010. Son chiffre d'affaires est de 9 millions d'euros (2010).

Comme je n’ai pas 1 poil dans la main j’achète mes poêles à Villedieu-les-Poêles chez Mauviel qui fabrique aussi des casseroles avis aux candidats !
Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 11:05
Jacques Dupont, d’un bon pas, entame son chemin de croix annuel en escaladant le Golgotha, pardon les côtes de bordeaux…

En ce temps de carême, alors que nous progressons jour après jour vers la semaine sainte, le sieur Dupont et son acolyte Olivier, entament d’un bon pas (sic Pierre Dac) leur dur labeur de goûteur de primeurs.

 

J’ai une pensée émue pour leur cul posé sur des sièges inconfortables, pour leur nez enivré de fragrances boisées, toastées, rollandisées, pour leur vue contemplant les murs blancs des laboratoires aseptisés, pour leur ouïe soumise à la monotonie du son de leurs jets, pour leurs pensées tendues telles des cordes de violon, pour leurs soirées passées dans le Formule 1 du coin.

 

Je compatis.

 

Les voilà donc partis sur les chemins sinueux de la Gironde qui les mèneront en des lieux, qui n’ont rien à voir avec les critères chers à Hubert du côté de Saint-Émilion, pour faire court je les qualifierais de monacaux.

 

Toutefois je les mets en garde contre les tentations depuis que j’ai appris que le sieur Moscovici s’était fait offrir, lui aussi, avant 2012, des costards Arnys par un négociant en vins de ses amis, fournisseur de l’Élysée et de Matignon. Ça sent le GCC !

 

Comme je suis en ce moment dans un état de « je n’en fous pas une rame » je vais vous faire profiter du Journal de bord des 2 compères, qui sont à leur manière les « frères Goncourt » du milieu des beaux vins.

 

Mon titre, n’en déplaise aux mauvais coucheurs, se justifie, même si les côtes sur les routes de Gironde ne sont guère pentues, mais c’est une tradition bordelaise, ici on ne fait rien comme tout le monde.

 

Nos deux larrons en foire commencent donc leur chemin de croix par les Côtes de Bordeaux.

 

« On explique. Les Côtes ce sont des vignobles qui se situent dans la hiérarchie entre les bordeaux et bordeaux supérieurs et les appellations plus classieuses – une sorte d'entre deux où l'on trouve des bons vins de copains et des petites perles qui valent bien les gros diamants (les perles par définition sont moins chères que les diamants).

 

Autre avantage, on les trouve au nord de la région (côtes-de-bourg et blaye) au sud et à l'est (côtes-de-bordeaux-cadillac ou castillon…). Cette année, même la tout à l'est bordeaux-sainte-foy, située à la limite avec le Périgord a rejoint le groupement des Côtes. Il n'y a guère que la péninsule médocaine qui échappe à ce maillage. Idéal donc de les goûter en premier pour avoir une première vue d'ensemble. »

 

La suite ICI 

 

Pour meubler un peu, je chambre un peu, notre Jacques cite un Extrait de l'âme du vin, de Maurice Constantin-Weyer.

 

Si vous voulez tout savoir sur cet opus allez lire ICI une excellente chronique du 4 mai 2009 Le vin a-t-il encore une âme ? la réponse de Jean-Paul Kauffmann

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 06:00
La clé de l’accord Palombe&anguille marinée au soja du Clarence et le Calon-Ségur 1970 pour Olivier Poels c’est le chou de Bruxelles

Je confesse ma fascination, mon étonnement toujours renouvelé pour l’ingéniosité de ceux qui font profession d’accordeurs mets&vins.

 

Dans La Revue du vin de France N°600 j’ai découvert une pépite dont je vous livre 3 extraits.

 

C’est signé Olivier Poels

 

Ce plat terre-mer de caractère illustre bien l’esprit de la cuisine de Christophe Pelé. À la délicatesse de cette palombe fondante et juteuse, il oppose le caractère de l’anguille marinée. Les deux saveurs se complètent à merveille. Le chou de Bruxelles, qui peut paraître incongru dans un accord mets/vin, ne l’est pas ici car il vient en appui, donne de la texture et surtout joue un lien avec le Calon-Ségur. Ce plat est une création et n’est pas servi à la carte.

 

Saint-Estèphe Château Calon-Ségur 1970

 

À 45 ans passés, il affiche encore une forme remarquable. À commencer par sa couleur, délicatement tuilée mais encore profonde. Le nez est superbe de distinction, avec des senteurs de cuir, de tabac, de fumé et de délicat sous-bois. En bouche, il a conservé beaucoup de vigueur et offre surtout un fondu et une intensité d’arômes qui pourraient laisser penser qu’il est plus jeune de 20 ans. L’équilibre est magnifique, il s’agit là d’un superbe exemple de ce que peut être un grand médoc patiné par le temps. À ouvrir une heure à l’avance.

 

LA CLÉ DE L'ACCORD

 

Le chou de Bruxelles joue un rôle intéressant : ses notes végétales se combinent au côté tertiaire du vin et donnent le sentiment de rafraîchir ses tanins. Mais le cœur de l’accord se joue sur le côté juteux et sauvage de la palombe, les notes juteuses du soja de l’anguille marinée qui permettent au Calon-Ségur de jouer les premiers rôles, d’exprimer toute la gamme de sa palette aromatique mais qui, surtout, respectent admirablement le soyeux de ses tanins.

 

La chronique ICI 

 

Chou de Bruxelles: 10 bienfaits et vertus santé

ICI  

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 08:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne(15), le legs si précieux de Jean Poperen, «Je suis le con de service» Le Foll, le clashomètre du débat présidentiel…
Journal d’1 chroniqueur de campagne(15), le legs si précieux de Jean Poperen, «Je suis le con de service» Le Foll, le clashomètre du débat présidentiel…

Je suis un nostalgique des préaux sous lesquels mon père m’emmenait pour écouter les candidats se présentant aux suffrages pour se faire élire au Conseil Général. Je n’y comprenais goutte mais ce qui me plaisait c’était la césure visible sur les bancs entre les pour et les contre. Aucun débat, aucune question, chez nous on était taiseux, l’important pour le candidat c’était de jauger son potentiel de voix. Le parti des maîtres et de la calotte, les indépendants&paysans chers à Antoine Pinay, trustaient les sièges jusqu’au jour où la vague gaulliste d’après 58 les balayerait pour les envoyer définitivement dans les ténèbres d’un monde dépassé.

 

Paradoxalement cette absence de débat, cette sourde opposition des gueux, m’ont fait aimer la confrontation directe, le débat d’idées sans filtre. À contrario, les meetings à grand spectacle où les militants braillent comme des supporters de foot, les débats télévisés ne m’ont jamais passionné.

 

Hier au soir je suis donc allé sagement me coucher plutôt que de regarder sur TF1 la confrontation des 5 les plus capés. Je me serais endormi. Pour autant, dans mon sommeil, en souvenir de la « vraie gauche » défunte, le souvenir de Jean Poperen est remonté de ma mémoire. Pour les jeunes pousses qui datent le début de l’histoire au carbone 14 de leur entrée en 6e, le dit Poperen s’apparente au Mammouth de l’Holocène.

 

Et pourtant, Jean-Marc Ayrault, dont tout le monde a oublié qu’il fut le premier Premier Ministre du septennat d’un futur autre disparu, François Hollande, fut au sein de la maison socialiste : Popereniste.

 

Pour compléter le tableau des futurs disparus j’évoque aussi le sort d’un grand brûlé du hollandisme : Stéphane Le Foll.

 

Enfin, pour conforter mon peu de goût pour les matchs de boxe à 5 sur le ring, l’Obs., descendu bien bas, compte les pichenettes, gifles et uppercuts… du fameux débat.

 

« Homme de convictions dont le goût du débat d'idées allait souvent avec celui de la polémique: à l'égard de ses adversaires de droite, vis-à-vis de ses anciens camarades communistes, mais aussi à l'encontre de ses amis du Parti socialiste qu'il avait rejoint en 1971, au moment du congrès d'Epinay. Ne lança-t-il pas un jour le célèbre «Rocard d'Estaing» quand, en 1979, ses options le conduisirent à en découdre avec celui qu'il avait pourtant longtemps fréquenté dans des combats communs, depuis la création du PSU? »

 

« Né à Angers, le 9 janvier 1925, «né à gauche» comme il aimait à le dire - son père, instituteur, se revendiquait de la culture anarcho-syndicaliste - Jean Poperen participa aux combats de la Résistance et donna alors son adhésion au Parti communiste français. Agrégé d'histoire en 1947, passionné de Révolution française - il signa notamment un ouvrage sur Robespierre - il fut dirigeant des Etudiants communistes, avant de prendre, petit à petit des distances avec le PCF - notamment à partir de 1956, lors de l'intervention soviétique à Budapest: il le quitta en 1958, déclarant alors: «J'ai adhéré au PC parce que j'attendais le grand chambardement. La façon dont le PC a avalé le coup de force de De Gaulle m'a guéri à jamais»...

 

« Pour Jean Poperen, la gauche est un tissu unitaire qui s'étend du coeur du Parti communiste au vieux jacobinisme républicain de la SFIO en passant par la nouvelle gauche née de la guerre d'Algérie. Dans ce tissu unitaire, un fil rouge : la refondation du rôle central de la démocratie. Cette intuition l'aura conduit à une longue odyssée dans le mouvement socialiste. Mais elle se fondait d'abord sur l'Iliade d'un jeune résistant communiste fidèle à la tradition française du pluralisme et intransigeant dans sa défense du respect des autres.

 

C'est ce qui fait le legs si précieux de Jean Poperen aujourd'hui : on aimerait savoir ce qu'il aurait pensé d'une époque de si grande confluence ou, précisément, parce que les cartes se redistribuent, la première exigence du politique devrait résider dans l'absolue rigueur des choix et la recherche de ce langage pédagogique, celui-là même qu'avaient inventé nos instituteurs et qui est l'enveloppe nécessaire de l'idée démocratique dans notre République.

 

« Nous ne pouvons qu'être frappés par la rapide dissolution des identités politiques dans les démocraties de l'Occident »

 

Alexandre Adler le 22/10/2007 ICI

 

 

Le porte-parole du gouvernement revient sur la soirée du 6 mai 2012, le jour de la victoire de François Hollande. Stéphane Le Foll, qui est à ses côtés depuis le début de la campagne, raconte qu’il comprend alors que « plus rien ne sera jamais comme avant ».

 

Avant de monter sur scène pour prendre la parole, le président, tout juste élu, salue « distraitement » celui qui est aujourd’hui porte-parole de son gouvernement. Les soutiens sont priés de quitter la scène pour la laisser à François Hollande. Stéphane Le Foll s’exécute, tandis que certains restent, malgré les instructions, et se pressent autour du vainqueur.

 

« Je suis le con de service » raconte Stéphane Le Foll au journaliste du Monde. « Je vois tous ces crapauds, dont certains n’ont jamais été hollandais, se coller à François. Et moi, je ne suis pas sur la photo. Trop bon, trop con ! ». Un récit qui est décrit comme « l’un des pires souvenirs de sa vie politique ».

 

Même que, ce pauvre Stéphane, fut à deux doigts de ne pas toucher un maroquin, le pressenti était « le veau sous la mère » Jean-Michel Baylet mais devant la levée de boucliers de la FNSEA, il fut repêché à la dernière minute.

 

« Dans son bureau, une dizaine de photos aux murs ou disposées sur la cheminée. François Hollande et lui figurent sur la quasi-totalité des clichés, dont certains ont plus de vingt ans. Le ministre fait la visite guidée de ce petit autel privé avec un empressement et une tendresse qui tranchent avec sa coupe argentée et son imposante silhouette carrée.

 

Autant de souvenirs dans l’ombre d’un homme qui ne s’est pas toujours montré reconnaissant avec son plus fidèle lieutenant, qui a dirigé son cabinet au PS, rue de Solférino, de 1997 à 2008. En décembre, François Hollande lui a préféré Bernard Cazeneuve pour Matignon, dont il rêvait.

 

Mais il y a pis. Dans le livre des journalistes au Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme (« Un président ne devrait pas dire ça… », Stock, 2016), le président explique qu’il n’a pas de « relation intime » avec Stéphane Le Foll, dont il dit connaître « à peine » l’épouse. Le ministre fait mine d’avoir oublié ce propos désobligeant, préfère se rappeler que le chef de l’Etat, dans le même ouvrage, a dit de lui qu’il était le seul à savoir garder un secret. »

 

Le clashomètre du débat présidentiel : qui a été le plus attaqué, le plus offensif ?

 

Le format était inédit : pour la première fois sous la Ve République, les 5 candidats en tête dans les sondages ont débattu en direct lundi soir sur TF1 à cinq semaines du premier tour. Et la principale inconnue résidait dans la façon dont François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon interagiraient sur un plateau délibérément conçu pour faciliter les échanges et les affrontements.

 

Face à quatre adversaires déjà rompus aux débats télévisés, la prestation du candidat d'En Marche!, dont la participation a été longtemps incertaine, était attendue. Mais c'est Marine Le Pen qui a semblé le plus subir les feux croisés de ses quatre adversaires, qui affichent tous son élimination comme une priorité.

 

format était inédit : pour la première fois sous la Ve République, les 5 candidats en tête dans les sondages ont débattu en direct lundi soir sur TF1 à cinq semaines du premier tour. Et la principale inconnue résidait dans la façon dont François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon interagiraient sur un plateau délibérément conçu pour faciliter les échanges et les affrontements.

 

Face à quatre adversaires déjà rompus aux débats télévisés, la prestation du candidat d'En Marche!, dont la participation a été longtemps incertaine, était attendue. Mais c'est Marine Le Pen qui a semblé le plus subir les feux croisés de ses quatre adversaires, qui affichent tous son élimination comme une priorité.

 

Qui a été le plus attaqué ce soir ? La réponse avec notre compteur de pichenettes, gifles et uppercuts…

 

Lire ICI 

Journal d’1 chroniqueur de campagne(15), le legs si précieux de Jean Poperen, «Je suis le con de service» Le Foll, le clashomètre du débat présidentiel…
Journal d’1 chroniqueur de campagne(15), le legs si précieux de Jean Poperen, «Je suis le con de service» Le Foll, le clashomètre du débat présidentiel…
Journal d’1 chroniqueur de campagne(15), le legs si précieux de Jean Poperen, «Je suis le con de service» Le Foll, le clashomètre du débat présidentiel…
Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 06:00
La vigne est 1 jardin, il faut équilibrer les cultures et les espaces de friche, « les délaissés » : le « tiers-paysage » cher à Gilles Clément

Dans le petit monde des GCC bordelais les plus bienveillants, lorsqu’on aborde la conversion de château Palmer à la biodynamie, vous répondent avec un petit sourire qui se veut courtois « Thomas Duroux est un bon communicant… ». Les autres, les « Le bio c’est stupide, dès qui pleut il faut retraiter... » dixit Antoine Gerbelle, nouvel apôtre des vins nus, suite à un déjeuner avec le charmant propriétaire de Cos Labory, GCC de St-Estèphe, c’est le déni, un immense désert de la pensée qui va leur revenir un jour dans la tronche au plan commercial, le seul qui les touche.

 

Revenons à Palmer, pas notre cher Jack, mais le château qui a viré de bord, lire ICI

 

« On faisait du Rudolf Steiner avant l’heure, dans ces petites fermes, qui étaient de vrais organismes autonomes » Jacques Dupin chef de culture au château Palmer…

 

Que Thomas Duroux soit un bon communicant c’est un fait avéré mais lui ne se contente pas de nous tartiner, comme certains de ses confrères, un storytelling usé jusqu’à la corde, il fonde celle-ci sur des actions qui sortent des sentiers battus. Il investit, non dans des chais pharaoniques, ça devient d’un commun, mais dans ses vignes et leur environnement. Et que l’on ne me rétorque pas qu’il en a les moyens, il n’est pas le seul dans l’univers des GCC.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le dernier L’Œil de Palmer il écrit : « Le visiteur qui a connu le domaine de Château Palmer au début du XXIe siècle le redécouvre magnifié. Le lieu, majestueux a gagné en poésie. Car la nature a opéré, mais une nature composée, ordonnée : un jardin ! Fait de profondeurs, de reliefs, jouant des couleurs et des volumes, mêlant les essences dans un entrelac savant.

 

[…]

 

« Au-delà du jardin, s’étendent les vignes. Lorsqu’elles sont menées avec sagesse, les vignes sont elles-mêmes un jardin, dit le grand paysagiste Gilles Clément, qui s’est arrêté au domaine un jour de l’été 2016. Le « jardin planétaire » qui lui est cher, ces espaces sauvages qui constituent le grand réservoir de biodiversité, Gilles Clément les a trouvés en bordure de vigne, dans les prairies et les lisières de forêt. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que nous dit Gilles Clément ?

 

« La Terre est un jardin, qu’il est nécessaire de préserver. Et pour cela, il faut équilibrer les cultures et les espaces de friche, « les délaissés » : le « tiers-paysage ».

 

« Il y a, tout autour, des vignes, le boisement, la partie sauvage. Et puis une marge qui n’est pas exploitée, un espace tampon, où l’on peut envisager un tiers-paysage herbacé, c’est-à-dire l’accueil d’une diversité qui a besoin de soleil et de lumière. On peut aussi imaginer des cultures potagères, pour une production locale qui pourrait être associée au chef cuisinier japonais de Château Palmer, dont la cuisine est extraordinaire. Et puis, aux alentours du château, vers la Gironde, j’ai vu les vaches du domaine. On leur a parlé…

 

On n’a plus l’habitude de voir ce type de vaches, elles ne sont pas dans les critères de la rentabilité et de la compétitivité. Grâce à elles, château Palmer peut avoir du bon compost non bourré d’antibiotiques… »

 

À propos d’un grand vignoble chilien passé en biodynamie : « Ils se sont compliqué délibérément la vie pour revenir à une agriculture héroïque ! »

 

« Car le combat aujourd’hui n’est plus dans la reconnaissance de l’efficacité et de l’importance de la biodynamie ou de la culture biologique en général. Cette vérité est passée dans les consciences. Il est dans l’acceptation d’un autre modèle culturel qui prenne en compte l’aléa, qui s’intéresse au moyen et au long terme. »

 

« On travaille avec le vivant, chaque pied de vigne a son comportement. Ce sont des êtres vivants. Il faut que chacun comprenne cela.

 

« Il faut répéter qu’on est en train de connaître un changement de modèle culturel et économique. Et que notre survie est en jeu§ Quel est notre modèle de convoitise ? Une autre voiture, ou un autre yacht pour les plus riches, mais pourquoi faire ? Ne vaut-il pas mieux désirer davantage de silence, moins de pollution, une qualité de paysages, un développement plus immatériel. Il est évident, par exemple, en matière agricole, que la polyactivité va dans le bon sens. C’est une attitude du futur. »

Visite privée de la maison verte de Gilles Clément

Visite privée de la maison verte de Gilles Clément

« Dès lors, je sais où j'habite ». Il a fallu que Gilles Clément découvre un vallon dans sa Creuse natale et s'y installe, la trentaine passée, en 1977, pour découvrir le sentiment de propriété. Anticonformiste, écolo avant l'heure, comment "habiter", comment penser cadastre, clôture, mur, pour ce jardinier-poète

Voir ICI 

 

Chaire de Création artistique (2011-2012) au Collège de France

Leçon inaugurale prononcée le jeudi 1er décembre 2011

Gilles Clément

 

TEXTE INTÉGRAL ICI 

 

La Vidéo ICI 

 

Gilles Clément est ingénieur horticole, paysagiste, jardinier et enseignant à l’École nationale supérieure du paysage. Ses travaux s’articulent autour des concepts de jardin en mouvement, de jardin planétaire et de tiers-paysage. Parmi ses réalisations figurent les jardins de l’abbaye de Valloires, le domaine du Rayol, le jardin de l’ENS de Lyon et, en région parisienne, les jardins du musée du Quai Branly et de l’Arche de la Défense. Il est titulaire de la chaire de Création artistique au Collège de France pour l’année 2011-2012.

 

Le site de Gilles Clément ICI 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 09:00
Du rififi dans les vignes et autour de la boutanche : des conflits d’intérêts sur le glyphosate et d’1 molécule contre l’alcoolo-dépendance !

Ce week-end j’étions point à Paris, si j’avions été j’aurions point été me les geler samedi à la République ou me les chauffer dimanche à Bercy ; tous ces pinces-fesses organisés en autocars c’est pour les convaincus, je n’en dirai pas plus pour ne pas froisser le militant.

 

Là où j’étions il faisait gris. Alors j’avions écrit.

 

Le chœur des commentateurs politiques le proclame sur tous les tons : « la présente campagne électorale est nulle ! »

 

Et pourtant, à y regarder de plus près, elle oblige le citoyen lambda à potasser le code pénal et celui de procédure pénale pour suivre le feuilleton : mise en examen, détournements de fonds publics, complicité et recel d'abus sociaux, manquements aux obligations de déclaration à la Haute autorité sur la transparence de la vie publique, et dernier en date à propos de costards : conflits d’intérêts.

 

Nous qui avons le chic pour donner des leçons à la terre entière grâce à notre personnel politique nous sommes à la pointe de l’innovation en matière de corruption et de morale publique, beaucoup de pays nous envient.

 

Trêve de plaisanterie, revenons au sujet du jour les Conflit d'intérêts

 

« Le conflit d'intérêts n'est pas défini par la loi française. On peut toutefois le définir communément comme un conflit entre la mission d'un agent public et ses intérêts privés, conflit susceptible d'influencer la manière dont il exerce ses fonctions. En d'autres termes, le conflit d'intérêt peut potentiellement remettre en cause la neutralité et l'impartialité avec lesquelles la personne doit accomplir sa mission du fait de ses intérêts personnels. »

 

Le conflit d'intérêts n'est pas un délit. En revanche, c'est la prise illégale d'intérêts, qui bien souvent en découle, qui est sanctionnée pénalement. L'article 432-12 du Code pénal le définit comme le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public ou par une personne investie d'un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l'acte, en tout ou partie, la charge d'assurer la surveillance, l'administration, la liquidation ou le paiement. »

 

Plus ICI 

 

La frontière délimitant les relations entre scientifiques experts et l’industrie chimique ou pharmaceutiques pour l’étude de la toxicité d’une molécule avant sa mise sur le marché ou pour son retrait du marché n’est pas toujours très étanche et les conflits d’intérêts sont fréquents.

 

L’une des vedettes de cette lutte entre intérêts économiques et santé publique est sans nul doute le Glyphosate la molécule du Roundup de Monsanto qui est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des cultures transgéniques capables de le tolérer.

 

L’arroseur arrosé

 

« La firme de Saint Louis jette son dévolu ( à la fin des années 90) sur James Parry, alors professeur à l’université de Swansea (Pays de Galles), l’un des papes de la génotoxicité – auteur de près de 300 publications. Mark Martens, alors directeur de la toxicologie de Monsanto pour l’Europe et l’Afrique, est chargé de cornaquer le savant britannique et le faire accoucher d’un rapport sur le sujet.

 

Hélas ! James Parry semble n’avoir pas saisi les règles tacites de l’exercice. Au lieu de défendre le glyphosate en mobilisant ses connaissances, il fait valoir de sérieuses inquiétudes. Le rapport qu’il remet à Monsanto ne sera jamais rendu public, ni transmis aux autorités de régulation.

 

Et pour cause : sur la base d’études alors récentes, écrit M. Parry, « je conclus que le glyphosate est un clastogène potentiel in vitro ». Une substance « clastogène » est un mutagène capable de casser l’ADN et d’induire des aberrations chromosomiques. Sur la foi d’observations menées sur des cellules sanguines (lymphocytes) bovines et humaines, James Parry ajoute que « cette activité clastogénique [du glyphosate] pourrait se produire in vivo dans les cellules », à l’exception des cellules germinales (spermatozoïdes et ovocytes).

 

James Parry précise que le mécanisme en jeu serait la capacité du glyphosate à induire un « stress oxydatif » sur les cellules – c’est précisément ce processus qui sera identifié par le Centre international de recherche sur le cancer, dans sa monographie de mars 2015. Une monographie que Monsanto qualifiera immédiatement, dans un communiqué, de « science pourrie »…

 

Depuis la nature cancérogène du glyphosate, le principe actif de l'herbicide Monsanto, divise la communauté scientifique.

 

Le Roundup, célèbre désherbant vendu par la firme américaine Monsanto, est-il dangereux pour la santé ? Alors que l’Agence européenne des produits chimiques a décidé mercredi de ne pas classer son principe actif, le glyphosate, comme cancérogène, des documents déclassifiés jeudi par la justice américaine montrent que la firme Monsanto s’inquiète des effets sanitaires de cette molécule depuis au moins 1999. «En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens», affirme «Le Monde», en s'appuyant sur les courriels révélés par la justice.

 

Les 250 pages de documents ont été déclassifiées après l’action en justice collective lancée devant une cour fédérale de San Francisco par plusieurs centaines de salariés agricoles atteints par un cancer du sang (lymphome non hodgkinien). Les plaignants attribuent leur maladie à leur exposition au glyphosate, s’appuyant sur les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la Santé.

 

Les méthodes de Monsanto pour peser sur la recherche

 

La suite ICI

 

Connivences

 

Les précédentes archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde daté du 17 mars).

 

Cette fois, les courriels mis au jour racontent une autre histoire. En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens. Tout l’enjeu est de les convaincre que le produit n’est pas génotoxique.

 

« Prenons un peu de recul et regardons ce que nous voulons vraiment faire, écrit un cadre de l’entreprise à ses collègues. Nous voulons trouver quelqu’un qui est familier du profil génotoxique du glyphosate/Roundup et qui peut avoir une influence sur les régulateurs, ou conduire des opérations de communication scientifique auprès du public, lorsque la question de la génotoxicité [du glyphosate] sera soulevée. »

 

Les messages échangés suggèrent qu’en interne, la crainte est forte que le glyphosate ne soit considéré comme génotoxique, c’est-à-dire nocif pour le matériel génétique et donc capable d’y induire des mutations susceptibles d’initier des cancers.

 

LIRE ICI 

 

Question : une molécule (Selincro/nalméfène) est-elle plus efficace qu’un générique sans droits (baclofène) lorsqu’elle rapporte des royalties à un laboratoire pharmaceutique Lundbeck ?

 

LA SOCIETE FRANCAISE D'ALCOOLOGIE SOUPCONNEE DE CONFLITS D'INTERETS

 

La Direction générale de la santé et la Haute autorité de la santé a été alertée sur un possible conflit d’intérêt de la Société française d'alcoologie. Influente auprès des médecins dans la lutte contre l'alcoolodépendance, cette dernière prônerait en priorité l'utilisation d'une molécule de Lundbeck, alors que plusieurs membres de l'association ont bénéficié d'avantages d'une valeur de plusieurs milliers d'euros de la part de ce laboratoire.

 

Une bataille pour trouver le meilleur traitement contre la dépendance à l'alcool se déroule entre plusieurs laboratoires pharmaceutique, à l'image de Lundbeck, Etypharm, ou encore D&A Pharma. Mais une guerre a également lieu en coulisse, entre professionnels de santé. Selon nos informations, un universitaire et professionnel de santé très impliqué dans le domaine de la lutte contre l'alcoolisme, et défenseur du baclofène, a alerté la Haute autorité de santé et la Direction générale de santé.

 

Selon lui, la Société française d'alcoologie (SFA), association reconnue d'utilité publique dans laquelle des professionnels des problèmes d'alcool et autres addictions font part de leur expertise, serait concernée par un conflit d'intérêts avec le laboratoire pharmaceutique danois Lundbeck.

 

Contacté par La Tribune, le professionnel de santé nous a confirmé "avoir alerté les pouvoirs public".

 

"J'ai considéré que la SFA n'avait pas une attitude objective et ce serait en raison de conflits d'intérêts. Cette dernière et Lundbeck ont des liens considérables. Or la SFA dit du bien de la molécule du laboratoire danois (le Selincro/nalméfène, NDLR) contre l'addiction à l'alcool", fait-il valoir. Néanmoins, le plaignant n'attend pas d'action drastique de la Direction générale de la santé ou de la Haute autorité de santé, car cela "n'est pas inscrit dans leurs missions".

 

LA MOLÉCULE DE LUNDBECK EN PREMIÈRE PRESCRIPTION

 

Le plaignant critique le fait que la Société française d'alcoologie prône la prescription du Selincro (nalméfène) "en première intention" pour un "objectif de réduction" de la consommation d'alcool dans ses recommandations de bonnes pratiques publiées en décembre 2014, et destinée aux professionnels de santé. Il ne comprend pas pourquoi une molécule comme le baclofène est préconisée en "deuxième intention" par la SFA Pour le professionnel de santé, plusieurs études contredisent cette position de SFA. Il nous a notamment transmis un article de la revue scientifique américaine Plos Medecine daté de 2015, jugeant que "la valeur du nalméfène pour le traitement de l'addiction à l'alcool n'est pas établi. Au mieux, le nalméfène est efficace pour réduire la consommation d'alcool." L'étude juge que l'approbation de la molécule était "controversée".

 

CONFLIT D'INTÉRÊTS ?

 

En parallèle, le professionnel de santé reproche à la Société française d'alcoologie de percevoir des avantages conséquents du laboratoire Lundbeck. Il se réfère au site transparence.gov pour étayer ses attaques. Pour rappel, cette plateforme "rend accessible l'ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d'intérêts qu'elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé"

 

Dans cette base de données, on constate que plusieurs membres de l'équipe rédactionnelle de l'organisation ont bénéficié d'avantages de Lundbeck en repas, frais d'hospitalité, de transport, ou d'hébergement pour une valeur de plusieurs milliers d'euros. Et parfois, plus de 15.000 euros, comme c'est le cas pour le président Mickael Naasila, ou encore le rédacteur associé Philippe Batel, tandis que les avantages octroyés par des laboratoires concurrents sont minimes. Toutefois, quelques membres de l'équipe rédactionnelle ont parfois touché plus d'argent de laboratoires concurrents (d'Etypharma, notamment), des sommes qui s'élèvent à quelques centaines d'euros au maximum.

 

DES "DÉCLARATIONS D'INTÉRÊTS COMPATIBLES"

 

Interrogée à ce sujet par La Tribune, la Direction générale de santé et la Haute autorité de santé n'ont pour le moment pas donné suite. Le président de la SFA n'a pas répondu à nos sollicitations non plus pour l'instant.

 

Sur son site, la Société française d'alcoologie se défend de tout conflits d'intérêts en expliquant que "les participants des groupes de travail ont communiqué leurs déclarations d'intérêts". Et d'assurer qu'"elles ont été analysées par les membres du comité de pilotage et considérées comme compatibles avec leur participation au groupe de travail de cette recommandation de bonne pratique."

 

Consommation et "craving"

Alcoolo-dépendance : l'efficacité du Baclofène confirmée par Marion Guérin

 

L’étude Bacloville a montré des résultats satisfaisants dans le traitement de la dépendance à l’alcool. La RTU est renouvelée pour un an.

 

ICI

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 06:00
I love Alsace ou comment me la jouer dégustateur patenté qui cherche désespérément des cotisants.

Les critiques ordinaires, ceux de cinéma ou littéraire, puisent dans le stock de films à l’affiche ou des livres parus pour chroniquer. Même si certains sont sensibles aux sirènes des chargés de communication, leur choix est libre, nul ne fait un tri préalable pour eux.

 

Dans le monde du vin, tel n’est pas le cas pour certains besogneux de la critique qui se voient offrir sur un plateau, parfois tous frais payés par les interprofessions, des vins proposés par ces pompeuses de CVO. De même beaucoup de vins dit sélectionnés et commentés par ces « critiques » l’ont été par des boîtes de com déjeuner de presse inclus.

 

Certains se vantent du nombre de flacons dégustés pour asseoir leur réputation alors qu’ils ne pratiquent que de la dégustation d’abattage où très souvent les nouveaux talents sont absents.

 

Bref, tout ce petit monde, ouvrier de la 25e heure m’emmerde par sa suffisance et son arrogance. Comme je n’ai nulle envie de me faire des trous dans l’estomac pour si peu je préfère me moquer d’eux, ce qui est péché en ce temps de carême, en déclarant ma flamme à l’Alsace.

 

Et pourtant, à l’origine, ce n’était pas gagné, le 13 mars 2010 j’écrivais :

 

« Lorsque mon ami d’enfance Dominique Remaud rejoignit Strasbourg pour y terminer ses études de pharmacie nous étions persuadés à la Mothe-Achard qu’il quittait la douceur océanique, certes un peu pluvieuse, pour les froidures d’un rigoureux et austère climat continental. Il nous décrivit Strasbourg comme une ville universitaire accueillante et chaleureuse ça nous rassura.

 

Bien avant cet épisode, en dehors de mes connaissances d’Histoire et de Géographie sur l’Alsace – des matières dont je raffolais – mes images de cette province frontalière écartelée se résumaient dans deux de ses symboles, qu’un char de notre quartier, lors de la fête des fleurs, avait reconstitués : la cigogne et la grande coiffe alsacienne avec ses deux ailes de papillon noir (le tout fait avec des fleurs de papier crépon).

 

Du côté des vins, hormis des noms de cépages dont certains se révélaient pour nous imprononçables, en ce temps-là je les rangeais dans une étrange trilogie : les Monbazillac, les Layon, et bien sûr les Alsace. Les puristes vont me fusiller mais que voulez-vous l’ignare, que j’étais et que je reste, ne retenait que la sucrosité. Ma relation au sucre est depuis toujours proche de l’ascétisme, de la dose infinitésimale, je n’aime guère les bonbons, les desserts sucrés et je bois mon café nature. Le sucre masque, alourdit, empâte. Donc, hormis le nez des Alsace qui me plaisait je préférais tremper mes lèvres et égailler mes papilles dans d’autres nectars.

 

Ensuite je suis monté à Paris et là, surprise, les vins d’Alsace n’étaient guère présents sur les cartes des restaurants. Je passe sur les détails de ma vie mais je dois confesser que si sur cet espace de liberté je n’ai jamais chroniqué sur les vins d’Alsace c’est sans doute de ma part une forme de retenue, de pudeur car j’ai du mal à pénétrer dans l’univers des vignerons alsaciens. En effet, dans mon parcours je n’ai jamais arpenté le terroir alsacien – tant mieux pour lui d’ailleurs car mes chefs m’envoyaient plutôt en terre de mission – et si j’ai tout au long de ma vie personnelle pu apprécier des Grands Vins d’Alsace mon côté semelles de crêpe dans les chais et les vignes, mon goût pour le contact des hommes, n’ont jamais été assouvi. Bien sûr il ne tient qu’à moi d’aller m’immerger un de ces quatre du côté de Ribeauvillé chez Etienne Sipp ou de Bergheim chez Jean-Michel Deiss ou chez quiconque voudra bien me recevoir. Les longs nez et les gorges profondes doivent en lisant ces lignes faire déjà des gorges chaudes « au lieu de nous enfariner de tes angoisses t’as qu’à déguster mon petit c’est le B.A.BA des écrivains du vin... » Ben non, chers éminents collègues, je ne suis qu’un chroniqueur pas un dégustateur, moi j’ai besoin de sentir, de ressentir avant de m’aventurer sur un terrain qui n’est pas le mien.

 

La chronique ICI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 23 mai 2012, au Pavillon Gabriel, je découvrais Jean-Louis Mann, vigneron avenant et passionné, qui me fit déguster son Sylvaner 2010 Vieilles Vignes AOC Alsace.

 

Superbe, droit, d’une fraîcheur sans pareille, un blanc comme je les aime, vif mais sans angle aigu, charnel au sens le plus tendre : l’envie de caresser plutôt que de prendre, apprécier, se laisser aller sans précipitation. Scotché le Taulier, d’autant plus accroché que ce vigneron respire la même rectitude que son vin. Nous avons beaucoup échangé, y compris dans un lieu où le Général de Gaulle délivra à Pompidou, à l’entracte d'une pièce de théâtre, un de ses traits dont les militaires ont le secret.

 

La suite ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 4 octobre 2014 je relatais la découverte de Jean-Pierre Rietsch à Besançon, en compagnie de son épouse, lors du lancement de la bible naturiste « Tronches de vin », des gens délicieux, discrets et avenants. Alsaciens, leur domaine de Mittelbergheim fut créé à la fin des années 1970 par Pierre et Doris Rietsch ; il est aujourd’hui dirigé par leurs enfants qui le conduisent désormais avec une approche nature.

 

Depuis je suis conquis, 100% Ritch pour vous épargner « le My tailor is Rietsch® » déjà déposé par une célèbre blogueuse estampillée RVF qui m’enverrait sinon du papier bleu par huissier.

 

La suite ICI

 

Et puis au gré de mes découvertes personnelles, sans le filtre qui limite le choix de mes chers confères j’ai découvert :

 

Christian Binner ICI 

 

Frederic Geschickt ICI 

 

Philippe Brand ICI 

 

Christophe Lindenlaub ICI 

 

Oui I love Alsace, et dernière remarque vacharde pour ceux qui vouent les vins dit nature à finir dans l’évier, les vins cités ici ne le sont pas tous loin de là, faites donc honnêtement votre métier, allez donc sur vos deniers à la rencontre de cette nouvelle génération de vignerons alsaciens au lieu de nous bassiner avec les seuls vins qu’on vous met sous le nez.

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 08:00
CHAP.18 en vrac, imagine-t-on Fillon à l’Élysée et Pénélope à la Santé ! Macron, une énigme française ?

Et si nous parlions du peuple, par exemple celui qui lit toujours Nous Deux 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«Nous deux», c'est pour toujours

Catherine Mallaval — 26 janvier 2005

 

Petite causette avec Pierrette, Nicole et Simone, le comité de lecture de l'hebdomadaire né en 1947, qui a passé le cap du 3000e numéro.

 

Nous deux, né en 1947, est tout simplement le seul survivant des journaux à l'eau de rose. Confidences et Intimité ont quitté ce monde de brutes. Lui se maintient (au sein du groupe Emap), avec des ventes de 347 000 exemplaires. Certes, les records à plus d'un million atteints dans les années 60, quand les stars posaient dans les romans photos sont loin derrière. Mais l'hebdo gagne de l'argent, malgré une franche aversion des annonceurs pour ses lectrices du genre «CSP -» (en clair, pas du tout friquées), comme ils disent, et dont la moitié a plus de 50 ans. Des lectrices comme Pierrette, Nicole et Simone qui ont commencé à bosser dans la couture, à 14 ans. Pas seulement pourtant. Depuis que Nous deux a viré les couples d'anonymes de sa couverture au profit de stars, comme Michèle Torr ou Dalida (en alternance tout de même avec des plus jeunes, genre Laura Smet), voilà que des gays s'en régalent aussi...

 

«On peut tout dire dans Nous Deux. Et nous avons déjà publié une histoire d'homosexuelles, d'amours entre deux personnes du troisième âge, de Viagra... Nous évoluons avec la société, et le prince charmant n'est plus forcément chirurgien, même si ça marche toujours. Toutefois, il faut que les nouvelles se terminent sur une note d'espoir», tranche la rédactrice en chef, Marion Minuit. Une grosse machine à mouliner du Marshmallow, ce journal ?

 

Happy end. «Nous deux, c'est un journal qui a une vraie personnalité. C'est du rêve. A savourer comme un bon dessert au chocolat», renchérit Marion Minuit. «D'ailleurs, tous les gens de marketing qui ont eu des velléités de changement ont rebroussé chemin», se félicite-t-elle. «Nous, ce qui nous importe, ce sont nos lectrices. Et c'est pour cela que j'ai besoin de savoir ce que Nicole, Simone et Pierrette ressentent quand je leur soumets des nouvelles, ajoute Dominique Faber. Simplement, nous avons aussi des lectrices plus jeunes qui, bizarrement, sont nettement plus conservatrices, et nous devons en tenir compte.»

 

Et pourquoi les magazines féminins seraient-ils destinés uniquement aux femmes ?

 

Les lectures de l'oncle Paul

 

Magazine Nous Deux N°3598 du 14 au 20 juin 2016.

 

Ne serait-ce pas de la ségrégation ?

 

Faisant fi du ricanement de certains, et sachant que le ridicule ne tue pas, la preuve, je me suis acheté puis ai offert à ma femme le dernier Nous Deux en date.

 

Pour des raisons simples qui se nomment littérature et découverte.

 

En effet les magazines, les périodiques qui proposent des nouvelles inédites et variées sont de plus en plus rares. Plus rares que les vulgaires revues consacrées au voyeurisme ciblé stars et politiciens en mal de publicité et qui font tout pour attirer le regard sur eux.

 

Donc revenons à Nous Deux que j'ai feuilleté, comme il m'arrive souvent de parcourir des revues dans mon hypermarché, que ce soit musicales, historiques ou politiques, de moins en moins ces dernières puisqu'elles ne reflètent que le bon vouloir de leur financier de patron, donc en feuilletant le Nous Deux en question, j'ai découvert qu'au sommaire figuraient deux nouvelles signées par des figures littéraires qui ne m'étaient pas inconnues : Frédérique Trigodet qui est publiée chez SKA éditeur, et Jean-Marie Palach chez Pavillon Noir et Daphnis et Chloé.

 

Pour 2,10€, je me suis dit in petto, oui je me parle à moi-même parfois ne craignant pas la contradiction, que pour ce prix-là je pouvais me l'offrir, et qu'éventuellement je l'offrirai à quelqu'un d'autre, femme ça je l'ai déjà dit, filles, belle-sœur, voire pourquoi pas mon médecin afin qu'il renouvelle son stock, en ayant soin au préalable de mettre de côté les textes des deux auteurs cités et hypothétiquement d'autres textes qui me sembleraient intéressants.

 

Pour une fois, je vais essayer de faire court, ça me changera, dans la présentation de ces deux nouvelles, sachant qu'il y en a quatre au sommaire, plus des romans-photos pour ceux qui s'intéressent à ce genre romanesque.

 

La suite ICI

 

Le peuple toujours vu par Hannelore Cayre dans La daronne

 

« Mes fraudeurs de parents aimaient viscéralement l'argent. Pas comme une chose inerte qu'on planque dans un coffre ou que l'on possède inscrit sur un compte. Non. Comme un être vivant et intelligent qui peut créer et tuer, qui est doué de la faculté de se reproduire. Comme quelque chose de formidable qui forge les destins. Qui distingue le beau du laid, le loser de celui qui a réussi. L'argent est le Tout ; le condensé de tout ce qui s'achète dans un monde où tout est à vendre. Il est la réponse à toutes les questions. Il est la langue d'avant Babel qui réunit tous les hommes. »

 

« Il faut dire qu'ils avaient tout perdu, y compris leur pays. Il ne restait plus rien de la Tunisie française de mon père, rien de la Vienne juive de ma mère. Personne avec qui parler le pataouète ou le yiddish. Pas même des morts dans un cimetière. Rien. Gommé de la carte, comme l'Atlantide. Ainsi avaient-ils uni leur solitude pour aller s'enraciner dans un espace interstitiel entre une autoroute et une forêt afin d'y bâtir la maison dans laquelle j'ai grandi, nommée pompeusement La Propriété. Un nom qui conférait à ce bout de terre sinistre le caractère inviolable et sacré du Droit ; une sorte de réassurance constitutionnelle qu'on ne les foutrait plus jamais dehors. Leur Israël.

 

Mes parents étaient des métèques, des rastaquouères, des étrangers. Raus. Une main devant, une main derrière. Comme tous ceux de leur espèce, ils n'avaient pas eu beaucoup le choix. Se précipiter sur n'importe quel argent, accepter n'importe quelles conditions de travail ou alors magouiller à outrance en s'appuyant sur une communauté de gens comme eux ; ils n'avaient pas réfléchi longtemps.

 

Mon père était le PDG d'une entreprise de transport routier, la Mondiale, dont la devise était Partout, pour tout. "PDG", un mot qui ne s'emploie plus aujourd'hui pour désigner un métier comme dans Il fait quoi ton papa ? - II est PDG..., mais dans les années 70 ça se disait. Ça allait avec le canard à l'orange, les cols roulés en nylon jaune sur les jupes-culottes et les protège-téléphones fixes en tissu galonné.

 

Il avait fait fortune en envoyant ses camions vers les pays dits de merde dont le nom se termine par -an comme le Pakistan, l'Ouzbékistan, l'Azerbaïdjan, l'Iran, etc. Pour postuler à la Mondiale il fallait sortir de prison car, d'après mon père, seul un type qui avait été incarcéré au minimum quinze ans pouvait accepter de rester enfermé dans la cabine de son camion sur des milliers de kilomètres et défendre son chargement comme s'il s'agissait de sa vie.

 

Je me vois encore comme si c'était hier en petite robe de velours bleu marine avec mes chaussures vernies Froment-Leroyer, à l'occasion de l'arbre de Noël, entourée de types balafrés tenant dans leurs grosses mains d'étrangleurs de jolis petits paquets colorés. Le personnel administratif de la Mondiale était à l'avenant. Il se composait exclusivement de compatriotes pieds-noirs de mon père, des hommes aussi malhonnêtes que laids. Seule Jacqueline, sa secrétaire personnelle, venait rehausser le tableau. Avec son gros chignon crêpé dans lequel elle piquait avec coquetterie un diadème, cette fille d'un condamné à mort sous l'Épuration avait un air classieux qui lui venait de sa jeunesse à Vichy. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Macron, une énigme française

—The New York Times

(extraits) New York

 

Les insultes et les rumeurs vont bon train : ses discours sont trop longs et regorgent de banalités rassurantes ; il n’a pas de vrai programme ; son passage au gouvernement a été un échec ; il cache son homosexualité ; il développe un culte de la personnalité ; il est pour le capitalisme ; et, pour couronner le tout, il est jeune.

 

S’il fallait un signe qu’Emmanuel Macron, l’ancien ministre de l’Économie de 39 ans, est le nouveau favori de la course présidentielle française, il n’y a qu’à voir la volée de bois vert qu’il reçoit.

 

Même les Russes l’attaquent, via des sites favorables au Kremlin.

 

Les deux grands partis du pays se sont tiré une balle dans le pied, le premier avec l’aff aire de corruption autour de François Fillon, le second avec le projet utopiste de Benoît Hamon. Le jeune Macron s’est habilement glissé dans la brèche. Candidat apolitique, il est de plus en plus perçu comme celui qui renversera le courant populiste autoritaire et battra la présidente du Front national, Marine Le Pen.

 

Pourtant, son élection pourrait être plus improbable encore pour la France que celle de Marine Le Pen. En dépit des efforts de sa présidente pour redorer le blason de son parti, le Front national reste infréquentable pour une majorité de Français. Marine Le Pen a beau arriver en tête des intentions de vote, personne ou presque ne s’attend à ce qu’elle remporte le second tour.

 

Macron, lui, n’a jamais été élu.

 

Pendant deux années peu fructueuses, il a dirigé l’économie languissante de la France sans laisser beaucoup de réalisations importantes dans son sillage.

 

Membre d’aucun grand parti, voire d’aucun parti, il n’est guère aimé de ses anciens collègues du gouvernement socialiste. Se faisant fort de transcender les partis, il défend un programme qui inclut des éléments de gauche, de droite et du centre : préservation des aides sociales, maintien du pays au sein de l’Union européenne et allégement des charges sur les entreprises. Cependant, en optant pour cette stratégie, il propose des mesures que tout le monde peut détester. Et, peut-être plus grave encore en France, il risque de passer pour un pseudo-candidat qui ne défend rien.

 

Les ricanements suscités par le nom de son mouvement, En marche !, ont couvert le message qu’il tentait d’adresser au peuple.

 

“En marche vers quoi ?” demandaient les sceptiques. À ce jour, cette question est restée sans réponse, même si le candidat a gagné du terrain.

 

M. Macron a épousé son ancienne professeure de lycée, de 24 ans son aînée – une histoire fascinante pour ses compatriotes, mais qui a fait scandale dans sa ville d’Amiens. Et il a travaillé pour la banque d’aff aires Rothschild, une profession qui est loin de faire l’unanimité. Début février, à la surprise des médias, il a ironisé en public sur les rumeurs qui couraient sur son homosexualité :

 

“C’est désagréable pour Brigitte, a-t-il dit. Mais je vous rassure, comme elle partage tout de ma vie, du soir au matin, elle se demande simplement comment physiquement je pourrais. Et je ne l’ai jamais rémunérée pour cela”, faisant allusion aux emplois fictifs dont la femme de M. Fillon est soupçonnée.

 

Les foules qui se pressent à ses meetings ces dernières semaines ne laissent pas de surprendre les commentateurs.

 

[Le 4 février,] 8 000 personnes sont allées l’écouter au palais des Sports de Lyon, pendant que plusieurs milliers d’autres le regardaient sur un écran géant à l’extérieur. Il a parlé près de deux heures, le visage relevé, comme en extase, utilisant à plusieurs reprises l’expression “mes amis” pour s’adresser à l’assistance. Il y avait de vagues promesses d’espoir et d’union, et surtout beaucoup de joie, dans l’énorme foule qui avait fait le déplacement. “Votre présence, ce mur de présences autour de moi, c’est la preuve vivante que nous sommes bien là”, a lancé le candidat, rayonnant. “C’est une démonstration d’envie.” À Lyon, il a fait référence à la gauche, à la droite et au centre, citant Charles de Gaulle et des écrivains comme Émile Zola, Charles Péguy et René Char, et plaçant sa candidature sous le signe du “rassemblement” et de la “réconciliation”. Son discours manquait de précision et de détails. Mais la foule n’était pas venue pour cela.

 

—Adam Nossiter

Publié le 13 février

 

Le caméléon a trouvé la faille

 

Pour réussir sa campagne, Emmanuel Macron a bénéficié des faiblesses de ses concurrents, mais a surtout fait preuve d’un sens du placement politique hors pair, juge ce journal espagnol.

—El País Madrid

 

Emmanuel Macron réunit autant de raisons d’être président que de ne pas l’être. Il est trop jeune, il n’a pas de parti politique et a construit une candidature incertaine en quelques mois. Malgré tous ces obstacles, il bénéficie d’une étrange conjonction astrale. Il est servi par son charisme et son profil “apolitique”, mais aussi par la situation catastrophique dans laquelle se démènent ses adversaires, ce qui lui a ouvert la voie vers l’Élysée, comme s’il était prédestiné depuis le berceau à la succession de François Hollande.

 

Dans le psychodrame de la politique française, il devait immanquablement y avoir un crime lacanien et œdipien. Macron a été ministre des Finances jusqu’à l’été dernier, il a défendu la très polémique loi travail, texte d’inspiration libérale, puis a abandonné son poste pour se concentrer sur ses propres ambitions. Après un démarrage très modeste, dans l’incrédulité et la condescendance générales, il a pris son essor à mesure que ses adversaires se retrouvaient piégés dans leurs propres candidatures.

 

Benoît Hamon est trop à gauche.

 

Marine Le Pen est trop à droite.

 

Et François Fillon paraît carbonisé par les aff aires de népotisme qu’a révélé Le Canard enchaîné.

 

Prêt-à-porter. Pour se glisser dans la brèche, rien de tel qu’un candidat prêt-à-porter, qui ne se soucie pas d’ambiguïté idéologique depuis qu’il a déclaré à ses compatriotes en août dernier ce qu’ils savaient déjà ou avaient déjà supposé : “Je l’avoue, je ne suis pas socialiste.”

 

Il est quoi, alors ? Difficile à dire, car l’homme manœuvre au centre avec une habileté diabolique, spéculant sur le conservatisme anthropologique des Français, dont le nouveau golden-boy espère qu’il l’emmènera vers la victoire.

 

Macron entend faire de la responsabilité républicaine de l’électorat son cheval de bataille. Effectivement, par son messianisme, sa promesse de réformer radicalement le pays, sa télégénie, sa philanthropie, il présente des traits populistes, mais cela n’a rien à voir avec les bas instincts lepénistes (ou trumpistes), pas plus que cela ne contredit son appartenance au cœur de l’establishment.

 

Macron est en effet issu de l’École nationale d’administration (ENA) : trois lettres qui renvoient à la plus grande caste politico-financière de France et qui lui ont ouvert les portes de la banque Rothschild. C’est la raison pour laquelle sa candidature est perçue avec attention et enthousiasme au sein du système.

 

Et c’est aussi pourquoi Macron a jugé bon de rappeler son engagement social : dans ses discours, outre les principes de liberté, d’égalité et de fraternité, il met toujours en avant la solidarité.

 

Macron incarne le néorépublicanisme, sans donner dans l’exaltation patriotique ni dans le nationalisme, mais en revendiquant la laïcité et l’attachement à l’Europe.

 

Dès son plus jeune âge, sa liaison avec sa professeure de français fait scandale. Aujourd’hui, Brigitte Trogneux est l’épouse du favori de l’Élysée. Et Macron considère comme siens les trois enfants et les sept petits-enfants de sa femme.

 

Cette modern family convient à l’image progressiste de Macron – et constituerait une nouveauté dans l’arrière-boutique sentimentale de l’Élysée.

 

Mitterrand avait une famille parallèle dans la clandestinité.

 

Chirac s’entourait de favorites.

 

Sarkozy et Hollande ont quitté leurs compagnes pour des femmes plus jeunes, liées au monde de la culture et du show-biz.

 

Macron a intérêt à ne pas commettre d’erreurs et à consolider son image de franc-tireur : occuper un grand ministère d’un gouvernement socialiste sans être socialiste, être un pur produit du système sans avoir l’air d’en faire partie, passer pour une “nouveauté” sans tache en ces temps de changement politique, enfin jouer les hommes providentiels en s’appuyant non pas sur un parti traditionnel, mais sur un mouvement dont le nom résume le concept de macronisme cinétique.

 

Il faut remonter à Silvio Berlusconi pour retrouver un phénomène aussi fugace et ambitieux. Il Cavaliere a construit Forza Italia en cinq mois, mais Macron ne disposait pas d’une plateforme télévisuelle à son service.

 

Par ailleurs, la désaffection pour la politique française et le désenchantement iconoclaste de l’électorat rappellent cette scène des Temps modernes où Chaplin ramasse sur le sol un drapeau rouge tombé d’un camion dont la remorque transporte une armoire à glace. Charlot l’agite pour attirer l’attention du chauffeur. Et dès qu’il le fait, il devient le leader involontaire d’une énorme manifestation.

 

Il ne suffit pas de vouloir être président, encore faut-il trouver le moment pour y parvenir.

 

—Rubén Amón

Publié le 13 février

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
commenter cet article
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 06:00
Le NU

Vais-je vous refaire le coup du vin nu ?

 

Dans ce domaine j’ai déjà donné Le vin nu «un vin qui se contente de refuser le soufre et n’exprime rien n’est pas naturel.» Alice Feiring buvait les paroles de Marcel Lapierre.

 

Lire ICI 

 

Le nu est proscrit sur Face de Bouc, les ricains sont pudibonds ça fâche beaucoup Pousson très friand de femmes nues.

 

Désolé pour lui ici il s’agit de l’HOMME NU

 

Behrouz Mehri

 

Jeudi 9 mars 2017

 

Okayama, Japon -- Comment photographier un évènement au sujet duquel on ne sait rien, ou pas grand-chose? L’avantage du Hadaka matsuri, le festival de l’homme nu, c’est qu’il suffit de se laisser emporter par la ferveur du moment. Un rituel mystérieux, à la violence plus ou moins maîtrisée.

 

En l’occurrence, Tout ce que je savais est que des milliers d’hommes se rassemblent à Okayama, un soir, vêtus d’un simple pagne, dans le froid. Qu’après s’être purifiés dans un bassin d’eau glacée, ils attendent un long moment, en se bousculant pour être bien placés au pied d’un temple. Avant de se presser dans une mêlée brutale pour s’emparer des “shingis”, des amulettes en bois jetées par des moines depuis une fenêtre, et censées apporter la prospérité à leur possesseur.

 

Après quatre heures de train depuis Tokyo, jusqu’à Okayama dans l’ouest, nous sommes arrivés au temple de Saidaiji, avec Alastair et le JRI bureau, Quentin Tyberghien.

 

L’endroit accueille cette cérémonie depuis environ 500 ans.

 

Il est très beau, comme tous les lieux de culte shintoïste ou bouddhiste.

 

C’est une architecture traditionnelle en bois, ceinturée de jardins japonais, qui me rappelle les décors des films classiques d’Akira Kurosawa et Masaki Kobayashi.

 

J’adore me trouver dans un cadre ancien, dans lequel il suffit de fermer les yeux pour, en les rouvrant, se retrouver à une autre époque. Comme une machine à remonter le temps.

 

La suite ICI : superbes photos

 

Mais comme je suis bon garçon j’offre à Pousson une belle collection de corps nus d’athlètes féminins et masculins, des ricains.

 

ICI 

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents