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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:00
Nénuphar géant, Victoria d'amazonie

Nénuphar géant, Victoria d'amazonie

Comme l’aurait dit ma mémé Marie « ils n’ont que ça à faire » la flopée d’abruti (e)s qui, sans savoir, sans comprendre « ces gens-là ne lisent pas », racontent n’importe quoi sur les réseaux sociaux, injurient, braillent à la destruction de notre belle langue, de son orthographe inimitable, de son fameux accent circonflexe.

 

Chapeau les idiots !

 

Et si nous vous convoquions à la dictée de Pivot pour un petit contrôle de vos belles connaissances ? Sans nul doute ce serait, pour beaucoup, un piteux « courage fuyons » la queue entre les jambes…

 

Sachons raison garder.

 

Comme l’écrit avec justesse sur son blog son blog Charivari à l’école, une professeur des écoles (une institutrice « maitresse de CM1-CM2 ») en Sologne :

 

« Oui, Victor Hugo, Monet, Zola... écrivaient nénufar. Mais en 1935, on s’est trompé en pensant que le mot était de la famille du mot grec nymphéa, alors on a décidé de l’écrire avec ph. Depuis lors, on s’est rendu compte de l’erreur. Le mot vient du persan et le ph n’est pas du tout justifié. On réserve la graphie ph aux mots qui viennent du grec (lettre phi). Donc on écrira nénufar, mais on ne touche pas à éléphant ni à philosophie ! 

 

Autre voix celle de Lucille Bluth @ayyyvocado sur Twitter :

 

J'ai résumé pourquoi le débat accent circonflexe/ognon/nénufar est stupide

 

 

Comme l’aurait dit Tonton qui croyait aux forces de l’esprit : « Encore un mauvais coup de Rocard… »

 

« Lorsqu'il présente son rapport, devant le Conseil supérieur de la langue française, le 19 juin 1990, Maurice Druon, alors secrétaire perpétuel de l'Académie française l'accompagne d'un propos liminaire, à l'adresse du Premier ministre Michel Rocard. «Quand un Premier ministre se penche sur l'état de la langue française, ce qui n'arrive pas tous les jours, il met ses pas, volens nolens, dans ceux de Richelieu» écrit Maurice Druon. Une manière d'appeler à la prudence et à la mesure en rappelant que «quand le Cardinal fonda l'Académie (ndlr : en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635), il lui assigna pour principale fonction de donner des règles certaines à notre langue, de la rendre éloquente et pure, capable de traiter des arts et des sciences».

 

« En 1990, l’Académie française avait planché sur une grande révision du français, afin d’en simplifier l’apprentissage. Cette réforme proposait une série de modifications : harmonisations lexicales (« charriot » avec deux « r » pour être similaire à « charrette »), regroupement de noms composés (« portemonnaie » plutôt que « porte-monnaie ») et suppression de certains particularismes, dont l’accent circonflexe.

 

Cette réforme, violemment combattue et qui avait suscité des débats passionnés, ne présentait pas de caractère obligatoire. Elle constituait une série de suggestions. Et, si la plupart des dictionnaires les proposent comme graphie alternative, dans l’enseignement proprement dit, elle est restée lettre morte durant un quart de siècle. »

 

Lire ICI Non, l’accent circonflexe ne va pas disparaître c’est le journal le Monde qui le dit. 

 

Chemin faisant en écrivant cette chronique il m’est venu à l’esprit que je pourrais, une nouvelle fois, marier le bel exercice du maniement de la langue française avec celui de la cuisine de ménage.

 

Effilocher

 

Défaire un tissu fil à fil, notamment pour en faire de la bourre ou de la charpie.

 

« La mer, sertie entre les montants de fer de ma croisée comme dans les plombs d'un vitrail, effilochait sur toute la profonde bordure rocheuse de la baie des triangles empennés d'une immobile écume linéamentée... » Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, 1918

 

Conjugaison du verbe effilocher

 

Verbe du 1er groupe

 

Le verbe effilocher peut se conjuguer à la forme pronominale : s'effilocher

 

Le verbe effilocher se conjugue avec l'auxiliaire avoir 

 

Du côté cuisine, la lumière est venue de la Belgique

 

 

Effiloché de porc – Pulled pork

 

« Ahhh le pulled pork, une vraie recette américaine comme je les aime! Savoureuse, réconfortante… qui se détache d’une facilité déconcertante… Miam! Et puis j’adore la sauce barbecue, qui fonctionne extrêmement bien avec le porc. »

 

Le premier secret de cette recette consiste à trouver une partie bien grasse du cochon, telle que l’épaule par exemple, ou le spiringue. Le deuxième consiste quant à lui à ne pas être pressé et à arroser régulièrement la viande. J’ai cuit le porc pendant près de 5 heures au four, mais vous pouvez aussi utiliser une cocotte ou même un barbecue. Tant que la chaleur est douce. Vous pouvez après manger la viande comme vous le préférez »

 

Nappez la viande avec la moitié de la sauce barbecue. Laissez mariner quelques heures. Enfournez au four 5 heures à 110°. De temps à autre, retournez la viande et versez un filet d'huile d'olive. Arrosez-la souvent avec le jus de cuisson. A moitié de la cuisson, nappez à nouveau d'un peu de sauce barbecue. Gardez le reste pour la dégustation. Si la viande vous parait sèche, versez un peu d'eau dans le plat et arrosez de plus belle. La viande est prête lorsqu'elle se détache facilement, à l'aide d'une fourchette. »

 

Me reste plus qu’à trouver une palette de porc noir de Bigorre pour me préparer une belle effilochée de goret…

 

Avec ça, sur les conseils  de  Patrick Böttcher je boirai une Cantillon

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:00
CHAP.15 opération Chartrons « Si nous acceptions le paquet neutre, dans 6 mois on vous proposera la bouteille de vin neutre, et c'en sera fini de nos appellations, c'en sera fini de nos terroirs» du grand Sarko

« Ne tombe pas amoureux d’une femme qui lit, d’une femme qui ressent trop, d’une femme qui écrit…

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme cultivée, magicienne, délirante, folle.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui pense, qui sait ce qu’elle sait et qui, en plus, sait voler ; une femme sûre d’elle-même.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui rit ou qui pleure en faisant l’amour, qui sait convertir sa chair en esprit ; et encore moins d’une qui aime la poésie (celles-là sont les plus dangereuses), ou qui s’attarde une demie heure en fixant un tableau, ou qui ne sait pas comment vivre sans musique.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme qui s’intéresse à la politique, qui soit rebelle et qui a le vertige devant l'immense horreur des injustices. Une qui aime les jeux de foot et de baseball et qui n’aime absolument pas regarder la télévision. Ni d’une femme qui est belle peu importe les traits de son visage ou les caractéristiques de son corps.

 

Ne tombe pas amoureux d’une femme intense, ludique, lucide et irrévérencieuse.

 

Tu ne veux pas tomber amoureux d’une femme de la sorte. Car, si d’aventure tu tombes amoureux d’une femme pareille, qu’elle reste ou pas avec toi, qu’elle t’aime ou pas, d’elle, d’une telle femme, JAMAIS on n’en revient. »

 

Martha Rivera-Garrido

 

 

Avec Sarkozy ce n’est même plus de la démagogie c’est le degré extrême de la bêtise et du mépris du citoyen.

 

« Si nous acceptions le paquet de cigarettes neutre, dans six mois on vous proposera la bouteille de vin neutre, et c'en sera fini de nos appellations, c'en sera fini de nos terroirs, c'en sera fini de la défense de nos savoir-faire. Vous aurez demain des intégristes qui vous demanderaient la bouteille neutre. Puis le fromage neutre »

 

Et pendant ce temps-là, après avoir grimpé les 120 marches de la butte, dans le pub de Montmartre où se sont rassemblés plus de 300 de ses jeunes supporteurs, Alain Juppé a tombé la veste, retroussé ses manches à petits carreaux bleu blanc et rouge. Sur le tube de Macklemore & Ryan Lewis « Can’t Hold Us », les militants, verres de bière à la main, se ­déchaînent et crient à tue-tête : « Juppé pré-si-dent. » Installées au fond de ce bar irlandais, sa femme, Isabelle, en jean et chemise écossaise, et sa fille, Clara, née il y a un peu plus de vingt ans, à l’époque où Juppé était Premier ministre. C’est la deuxième fois, depuis le début de l’année, que la discrète épouse du maire de Bordeaux apparaît dans cette campagne. Dans les premiers jours de janvier, elle avait assisté à l’inauguration du QG de campagne. Cette fois, elle s’est impliquée dans l’organisation de la soirée. « Cela m’intéresse. Et, pour les jeunes, c’est normal de donner un coup de main »

 

 

« Quatre jours plus tôt, dans le TGV qui l’emmène à Calais, Alain Juppé confie qu’il vient justement de recevoir le livre du patron des Républicains. La dédicace : « Avec ma très réelle amitié, Nicolas Sarkozy. » Le maire de Bordeaux sourit. « Je termine celui de Copé et, après, je lirai celui de Nicolas », assure-t-il, tout en expliquant qu’il préfère de loin, pour s’endormir, les romans policiers. L’ancien président de la République a-t-il eu raison de faire son autocritique ? « Les gens ­aiment ça. Je l’ai moi-même faite, et plusieurs fois. Encore en septembre dernier, j’ai fait mon mea culpa devant un congrès des médecins réunis à La Baule. Il [Nicolas Sarkozy] tente de purger son passé et croit qu’il va rebondir. Il sait faire. Je vois bien qu’il mélange miel et fiel. Franchement, je ne suis pas sûr que son bouquin change radicalement les choses. […] Le rejet de Sarkozy est très fort chez les parlementaires, 90 % d’entre eux ne veulent plus en entendre parler », assène un Juppé plus confiant – trop ? – que jamais. « Sans forfanterie, je sens à mon égard un petit mouvement d’adhésion. Maintenant, c’est mon job de créer cet enthousiasme, de passer d’une élection par défaut à un vote d’adhésion. »

 

Et pendant ce temps-là Michel Onfray fait à nouveau parler de lui. Sa cure de silence médiatique souffre de nombreuses exceptions, surtout lorsqu’il s’agit de promouvoir l’un de ses livres, Penser l'islam en France, en Italie. Le voilà de retour dans un entretien au quotidien Corriere della sera, mercredi 3 février – journal qui édite par ailleurs son ouvrage en Italie.

 

« L’islam manifeste ce que Nietzsche appelle 'une grande santé' : il dispose de jeunes soldats prêts à mourir pour lui. Quel occidental est prêt à mourir pour les valeurs de notre civilisation : le supermarché et la vente en ligne, le consumérisme trivial et le narcissisme égotiste, l’hédonisme trivial et la trottinette pour adultes ? »

 

« La diplomatie ne saurait fonctionner qu’avec des Etats amis, moralement impeccables et inconnus d’Amnesty International. Il faut dîner en compagnie du diable avec une grande cuillère. »

 

Il regrette que la France ne prenne pas l'initiative d'une conférence mondiale pour la paix, sans préciser davantage les contours de sa mission éventuelle. « Mais je n’y crois pas. François Hollande n’a aucun charisme international et il n’a pour seule perspective que d’être réélu, or, la testostérone du chef de guerre est hélas un argument électoral. »

 

Il s'en prend aux hommages rendus aux victimes des attentats, place de la République à Paris : « Déposer des peluches au pied de la statue de la République est la seule manifestation d’intelligence autorisée par le pouvoir d’Etat soutenu par le pouvoir médiatique. »

 

Et pendant ce temps-là Longueurs&Pointes se prévaut d’un titre d’ingénieur agronome alors qu’elle n’a dû qu’à son classement de sortie de l’X d’être intégrée à l’ENGREF.

 

NKM-La France Droite ‏@LaFrancedroite 2 hil y a 2 heures

.@nk_m dans @OuestFrance "Je suis ingénieure agronome vous savez, une spécialité plutôt rare chez les politiques"

 

Les grandes écoles, leurs prépas, leurs concours, leurs rangs de sortie :

 

« La compétition frontale, un jour donné et à une heure précise, a son sens dans le cyclisme ou l’athlétisme. Elle n’en a aucun dans l’enseignement supérieur. Elle réintroduit un enjeu scolaire qui n’a pas sa place. Les études supérieures doivent être dures, sélectives au long d’un apprentissage programmé aujourd’hui sur cinq années, ouvertes sur un grand nombre de facultés et, pour ceux qui en sentent la motivation, se poursuit sur une thèse qui devrait toujours être financée.

Concours, classes préparatoires, grandes écoles, classement de sortie sont des scories d’un ordre ancien, périmé, nocif. La France est entre les mains de cette engeance arrogante. Tous et toutes sont sortis de cette colonne de distillation où la bande tournante combine CPGE, concours, classement de sortie, "grandes écoles". De l’Élysée à Areva, on voit le résultat. Et si on essayait autre chose ? Qu’a-t-on vraiment à perdre ? »

 

 

Comment rétablir la confiance dans les médias ?

 

« L’intérêt des Français pour l’information reste élevé tout comme leur exigence à l’égard des journalistes et des médias. L’année 2015, marquée par une profonde refonte du secteur, a accru le sentiment d’un manque d’indépendance des professionnels de l’information. Si la confiance envers la télévision, la radio et la presse écrite se maintient, la crédibilité d’Internet baisse.

 

Il y a un an, lorsque l’institut TNS Sofres avait, pour La Croix, sondé les Français sur leur confiance dans les médias, des Français, nombreux, brandissaient des crayons place de la République, les journaux s’arrachaient dans les kiosques, les audiences des radios et télévisions s’envolaient.

 

La rédaction de Charlie Hebdo venait d’être prise pour cible par des terroristes. Tuer des journalistes, c’était s’en prendre à la liberté d’expression, un socle de la démocratie. Les résultats de notre Baromètre (intérêt record pour l’information, crédibilité des médias en hausse, moindre défiance envers les journalistes…) reflétaient alors ce besoin évident d’union nationale, qui se révéla éphémère. »

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 06:00
« Mitterrand - Un jeune homme de droite » : le jeune Mitterrand fut le produit de son temps et de son milieu social…

Nous venons de commémorer le 20e anniversaire de la mort de François Mitterrand, deux t, deux r, ses adversaires le dénommait à plaisir Mitrand, ce que le premier cercle de la Mitterrandie exécrait, et l’actuel Président, flanqué de Mazarine, a fait le pèlerinage de Jarnac.

 

En France nous commémorons beaucoup et nos hommes politiques n’aiment rien tant que la captation d’héritage.

 

Madame Taubira lorsqu'elle prend la plume est plutôt gentille avec François Hollande. Dans Murmures à la jeunesse, l'ancienne Garde des Sceaux ne se livre à aucune attaque personnelle ni à aucune critique déguisée à l'égard du chef de l'État. Sans doute parce que les écrits restent alors qu’en revanche les paroles volent.

 

« Il a jonglé entre opposants et partisans, fait plaisir à la droite et au FN. Il s'est pris pour Mitterrand, mais il lui manque un étage. »

 

Propos rapportés par Le Canard Enchaîné le mercredi 3 février.

 

Michel Rocard, dont on connaît les relations exécrables avec Mitterrand, lorsque Léa Salamé lui a demandé, lors de son interview sur France Inter de mardi dernier : « si on en faisait trop sur l'ex-chef de l'Etat » a lancé avec son franc-parler coutumier :

 

« Oui. Je pense que l'histoire lointaine réglera ça. »

 

« N'en mérite-t-il pas tant? », l'a alors relancé la journaliste.

 

« C'est mon sentiment », a lâché Michel Rocard, avant de reconnaître, « Il y a un peu de partialité là-dedans, sans doute. »

 

Dans la roue de Michel Rocard j’ai passé dix années de ma vie alors qu’il bouclait ses deux septennats, j’ai même dirigé le cabinet d’un Mitterrandien du premier cercle, Louis Mermaz, alors ne comptez pas sur moi pour jouer les « vierges effarouchées » à propos de son passé. Sans tout savoir de celui-ci, je n’ai jamais fait semblant d’ignorer les zones d’ombre de sa jeunesse, ni son échine souple, ondoyante sous la IVe et pire encore, son intransigeance en tant que Garde des Sceaux. Bref, j’avais beaucoup lui sur lui et, en dépit de sa victoire en mai 1981, j’ai toujours estimé que le contrat initial qu’il avait passé pour prendre le pouvoir au Congrès d’Épinay, alliance de la droite du PS Gaston Deferre et des crypto-marxistes de Chevènement, portait en lui toutes les ambigüités d’une gauche qui prétendait marier l’eau et le feu. Les dividendes de ce PS attrape-tout, sans colonne vertébrale, repaire de candidats aux mandats, sont aujourd’hui au rendez-vous et, comme Michel Rocard, je le regrette.

 

La dernière biographie vraiment originale est due à la plume d’un anglais Philippe Short « François Mitterrand » Portrait d’un ambigu. L’auteur dans son prologue annonce la couleur « Les autres nations font face à des scandales. Les Français, eux, font face à des affaires » et dans ses remerciements il remercie le ciel de l’avoir envoyé en France sous la présidence de François Mitterrand. Comme je le comprends moi, l’homme de l’ombre, qui a passé sa vie à se glisser dans les plis. Souvenir d’André Rousselet, premier directeur de cabinet du nouveau Président de mai 81, «dont les récits tendres et ironiques et lucides sur son ami, François Mitterrand » ont été précieux pour Philippe Short. « Grâce à lui, Anne Pingeot accepta de mettre sa discrétion légendaire de côté pour me parler de l’homme avec qui elle partagea pendant plus de trente ans un amour extraordinaire et courageux. Elle fut « l’héroïne d’un film que personne ne verra jamais », selon les mots de leur fille, Mazarine. »

 

 

Aujourd’hui c’est un scénariste belge Philippe Richelle et le dessinateur français Frédéric Rébéna qui lui consacrent un admirable album de bande dessinée «Mitterrand - Un jeune homme de droite ». Une bande dessinée subtile et élégante, sans concessions, exigeante, fondé sur récit qui oublie de séduire.

 

Comme l’aurait écrit au temps de ma jeunesse la Centrale Catholique : à mettre entre les mains de lecteurs avertis.

 

« Les auteurs se sont penchés plus sur les années 36-45, les plus troubles de son parcours politique, sans pour autant charger la bête : le jeune Mitterrand fut le produit de son temps et de son milieu social mais ne sombra jamais dans les pires excès nationalistes dont l’antisémitisme. »

 

Mitterrand personnage de roman, c’est l’opinion de Philippe Richelle : « La révélation tardive de son passé vichyste, par exemple, a alimenté ce constat. Ça a ajouté à son parcours tout à fait atypique, exceptionnel, tortueux une dimension effectivement romanesque ».

 

« François Mitterrand m’intéresse et m’intrigue fortement depuis près de vingt ans. Même avant, remarquez : Je me souviens qu’en 1981, alors que j’étais en terminale, notre prof de lettres nous avait presque obligés à acclamer son élection. Globalement, on était aussi excités que nos jeunes voisins français, on sentait poindre un souffle nouveau dans la vie politique. Même si la suite nous a tous quelque peu déçus – et c’est un euphémisme ! ».

 

« Établi à partir d’une documentation solide - mais sans la consultation de ses héritiers -, ce portrait présente donc un jeune Mitterrand pour ce qu’il est alors : un jeune homme de droite, issu de la droite traditionaliste, provinciale et profondément catholique, et qui n’avait jamais vraiment accepté la République »

« C’était un personnage complexe, plein de contradictions. Mais malgré le fait qu’il ait été « façonné » par son extraction traditionaliste, il s’est, peu à peu, construit, il a souffert - notamment au stalag - et fait des rencontres qui ont élargi son horizon intellectuel », note Philippe Richelle.

 

Le découpage en 6 chapitres est pertinent, jamais on ne perd le fil de l’histoire familiale, amicale et amoureuse du jeune Mitterrand et celui de l’Histoire troublée de cette période. Biographie toute en finesse, ni à charge, ni à décharge, à la bonne distance qui laisse au lecteur sa liberté de choix. Le trait du dessinateur Frédéric Rébéna est incertain, changeant, volonté de traduire le flou, l’incertain, ou difficulté à saisir la véracité du personnage central ? Je ne sais mais la suite se devra d’être plus précise, le visage de Mitterrand, son masque est partie intégrante de sa vérité intérieure.

 

Ambitieux, fat, séducteur, déplaisant, arrogant, fascinant aussi, ambigu, pompeux, lyrique, pugnace, tenace, courageux, sûr de lui, déterminé, ondoyant, fidèle en amitié : Georges Dayan le socialiste, Patrice Pelat alors communiste, le Mitterrand jeune porte en lui tout ce qui façonnera le Mitterrand de la IVe ne rêvant que de devenir Président du Conseil, puis celui de l’Union de la Gauche, du Programme Commun qui accédera le 10 mai 1981 à la fonction présidentielle qu’il occupera, avec deux intermèdes de cohabitation, 14 ans.

 

À lire, à offrir à vos grands adolescents, cette biographie est de qualité et mérite d’être présente dans vos bibliothèques.

 

« Mitterrand - Un jeune homme de droite », de Philippe Richelle & Frédéric Rébéna - Éditions Rue de Sèvres, 18 euros

 

1 second volume devrait suivre, qui couvrira de l’immédiat après-guerre à la fin des années 1950 …

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 06:00
« Mgr Ducourtray n’a rien compris au préservatif, il l’a mis à l’index » André Santini disserte sérieusement à Toulouse au colloque « Rire, Droit et Société » en qualité de Grand témoin.

André Santini, le député-maire d’Issy-les-Moulineaux, est un grand amateur de bonne chère, de gros cigares, en 1991, il a créé le « Club des parlementaires amateurs de havane », dont il est président à vie, de bons mots. Il est aussi très connecté.

 

Santini a écrit « Ces imbéciles qui nous gouvernent » et premier membre d'honneur intronisé Commandeur de la Confrérie Saint Vincent d'Issy-les-Moulineaux s'est donné pour objectif de promouvoir « la renaissance, le développement et l'exploitation de la Vigne d'Issy-les-Moulineaux et toutes activités annexes en découlant ».

 

Très récemment, il a participé, le jeudi 3 décembre 2015 au très sérieux colloque IDETCOM « Rire, Droit et Société » organisé par l’Université Toulouse-I Capitole, salle de la Manufacture des Tabacs, en qualité de Grand témoin. 

 

« Le rire méritait bien qu’on lui consacre un colloque, dans un moment où la gravité nous oppresse. C’est un rayon de lumière qu’on ne peut manquer de savourer. Comme RABELAIS, je vous le dis donc : vivez joyeux ! », André SANTINI.

 

 

L’humour et les politiques ne font pas souvent bon ménage, surtout lorsque celui-ci est manié par les politiques eux-mêmes.

 

La vidéo ci-dessous vaut la peine d’une audition attentive, Santini, face à un auditoire sérieux, donne le meilleur de lui-même.

 

Comme chacun sait François Hollande a toujours été amateur de bons mots.

 

Cabu, un an avant l’attentat, lui avait rendu visite à l’Élysée. Il tournait un documentaire d’après son dernier livre « Peut-on encore rire de tout ? » et il avait aussi alerté le Président de la situation dramatique de Charlie-Hebdo. Avant de partir, Cabu avait lancé « Surtout ne perdez pas votre humour. »

 

« Je me retiens parfois », avait répondu Hollande.

 

Lors du débat télévisé du second tour de l’élection présidentielle Nicolas Sarkozy lança « Ce n'est pas le concours de la petite blague, Monsieur Hollande », allusion transparente au surnom que lui avaient accolé ses rivaux socialistes. « La flèche avait été soigneusement affûtée, trop soigneusement peut-être. Elle alla se ficher dans le décor du studio, loin de sa cible. » rapporte un journaliste du Monde.

 

François Hollande en effet n'avait pas toujours tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant de blaguer. Aquilino Morelle, alors plume de Lionel Jospin avant de faire cirer ses pompes chez François, rapporte ce trait d'humour hollandais qui avait « blessé » le premier ministre accueilli par ce message ironique en plein conseil national du PS : « Entre, Lionel, nous parlions de ton bilan mais nous n'en étions pas encore au droit d'inventaire. » Quelques jours plus tard, l'austère Jospin, que certains trouvaient aussi drôle qu'un pasteur suédois, prophétisa : « François, un jour, ton humour te perdra. » Finalement, c'est plutôt l'humour qu'il a dû perdre pour gagner.

 

« Le député centriste André Santini, triple lauréat du prix de l'humour politique, n'a jamais consenti à un tel sacrifice. Il ne regrette aucun de ses bons mots tout en se disant convaincu que sa langue trop bien pendue a nui à sa carrière ministérielle. Alain Juppé et Valéry Giscard d'Estaing, en particulier, n'ont jamais franchement rigolé en entendant ses saillies « A force de descendre dans les sondages, Alain Juppé va finir par trouver du pétrole », « Je me demande si on n'en a pas trop fait pour les obsèques de François Mitterrand, je ne me souviens pas qu'on en ait fait autant pour Giscard ». Le député, maire d'Issy-les-Moulineaux, reconnaît volontiers que ses formules piquantes lui ont permis de sortir de l'ombre : « Si vous êtes à l'Assemblée parmi les obscurs, les sans-grades, vous n'êtes personne. L'humour vous permet d'exister, dès que vous balancez une vacherie, les journalistes viennent aussitôt vous chercher. »

 

« Hervé Morin est un peu court, il va sauter du pont de Normandie mais je ne sais pas si l'élastique est bien fixé. »

 

Prix Press Club humour et politique 2012.

 

À propos d'Alain Juppé « Le Premier Ministre souhaite un Gouvernement ramassé; il a parfaitement réussi. »

 

À propos de Raymond Barre « Quand je le vois roupiller à l'assemblée nationale et qu'il ne roupille pas, il se tourne les pouces et je me dis: tiens il fait son jogging. »

 

« Les experts naquirent du grand besoin qu'ils avaient d'eux-mêmes. »

 

« Si Saint-Louis rendait la justice sous un chêne, Arpaillange la rend comme un gland.»

 

François Goulard qui a aussi emporté le prix de l’humour politique pour cette phrase :

 

« Être ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas. »

 

« La Ve République n'a pas totalement anesthésié l'esprit en politique, mais le genre reste un art mineur réservé aux seconds couteaux et aux porte-flingues… André Santini voit dans cette incapacité des politiques français à prendre une distance amusée sur eux-mêmes l'influence de l'énarchie : « Pour entrer à l'ENA, il faut être tout sauf drôle. Il faut être classique, convenu, conventionnel. Les jeunes y sont formés à la langue de bois. Avant, il y avait chez les politiques bien plus d'avocats et de professeurs habitués aux amphithéâtres et aux plaisanteries de carabins

 

 

Georges Clemenceau avait le verbe assassin, il reste l'une des grandes références de François Hollande « Il y a deux organes inutiles : la prostate et le président de la République »

 

« La guerre ! C'est une chose bien trop grave pour la confier à des militaires ! »

 

« Ci-gît Marcellin Berthelot. C'est la seule place qu'il n'ait jamais sollicitée »

 

« Donnez-moi quarante trous du cul et je vous fais une Académie française. »

 

« Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins. »

 

« Celui qui quitte votre parti pour aller dans un autre est un traître. Celui qui vient d'un autre parti pour rejoindre le vôtre est un converti. »

 

« En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. »

 

« Il suffit d’ajouter « militaire » à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi la justice militaire n’est pas la justice, la musique militaire n’est pas la musique. »

 

« La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts. »

 

« Il voulait être César, il ne fut que Pompée » à propos de Félix Faure président de la République mort au cours d’une partie de jambes en l’air avec sa maîtresse Marguerite Steinheil.

 

Lorsque le prêtre mandé pour lui administrer les derniers sacrements se présente, quelques heures plus tard, il demande à un garde du palais : « Le président a-t-il encore sa connaissance ? », s’attirant la réponse mythique : « Non, elle vient de s’enfuir par l’escalier de service. »

 

 

Les saillies de Churchill sont célèbres, normal de la part d’un homme qui déclarait « les paroles sont les seules choses qui durent »

 

Elles fusaient, « d’innombrables idées jaillissaient quotidiennement de son cerveau, y compris dans la baignoire où il aimait travailler… »

 

« Il compte parmi ces orateurs dont on dit fort justement : « avant de se lever, ils ne savent pas ce qu’ils vont dire ; pendant qu’ils parlent, ils ne savent pas ce qu’ils disent; et quand ils se rassoient, ils ne savent pas ce qu’ils ont dit. »

 

À propos de Lord Charles Beresford, amiral et député conservateur

 

Sur le parti conservateur… quand il en était membre (ndlr il faut aussi membre du parti libéral)

 

« C’est un groupe de messieurs tout ce qu’il y a de respectables, braves et honnêtes, qui sont prêts à de grands sacrifices au nom de leurs opinions, mais qui n’ont pas d’opinions. Ils seraient prêts à mourir pour la vérité, si seulement ils savaient à quoi elle ressemble. »

 

« Les oiseaux morts ne tombent pas du nid »

 

Comme on lui fait remarquer que sa braguette est ouverte.

 

Lire ICI 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 09:23
« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.

Guillaume Nicolas-Brion a du Morgon dans les veines et il me pardonnera de le mettre dans la peau du célèbre commissaire San-Antonio cher à Frédéric Dard.

 

La répartie est tirée de « Fais gaffe à tes os » le 18e volume de la série des San-Antonio publié en 1956.

 

 

« Le Commissaire San-Antonio est sur les traces de criminels nazis. Secondé par l'ineffable Bérurier, dit l’enflure, spécialiste des filatures il doit retrouver et abattre Luebig, ex-bras droit d'Himmler qu’un certain Lefranc a reconnu aux actualités cinématographiques assistant au meeting d'aviation du Bourget… Aucun autre indice, à part ce film… C'est maigre… Quelques pistes semblent mener en Espagne... En route pour Barcelone où Bérurier disparaîtra et sera retrouvé piteux état dans un cul-de-basse-fosse.

 

« Fais gaffe à tes os, San-Antonio, me dit-il… cette histoire est à la c… comme un esquimau est à la vanille. »

 

Comme le disait dans les temps anciens les présentateurs à la télé sans transition passons de l’esquimau à la vanille au flan du même parfum cher aux papilles de Guillaume Nicolas-Brion qui dans une chronique du 2 février affirme que « Le flan de l'artisan Bruno Solques surpasse (et de loin) celui de Cyril Lignac »

 

 

Je n’en suis pas resté comme 2 ronds de flan, ni sur le cul pour faire vulgaire, car Bruno Solques je connais, sa boutique est au 243 Rue Saint-Jacques, près de l’hôpital du Val de Grâce à quelques encablures de chez moi où toutes les voies sont estampillées Saint-Jacques…

 

Mais, vous commencez à me connaître, je me suis dit que je ne pouvais en rester à ce simple duel entre une star pour bobo trentenaire et un bon artisan. Alors j’ai décidé de prendre mon petit vélo pour aller acheter 3 flans :

 

  • Celui de Poilâne rue du Cherche-Midi, (3) 

La numérotation est fonction de l’éloignement des boutiques de mon home.

 

  1. Poids : 153 g Prix : 2,30€

 

2. ​Poids : 230 g Prix : 2,50€

3. Poids : 222 g Prix : 3,50€

 

J’ai donc dégusté dans l’ordre de la numérotation 1 morceau de chacune des parts achetées hier matin.

 

- Le flan de Laurent Duchêne est sans grand intérêt, peu gouteux, ferme.

 

- Celui de Poilâne le surpasse aisément, il est onctueux, léger, un peu court en bouche.

 

- Enfin, le chouchou de GNB est bien tel que décrit par lui, aérien et très gouteux. Il n’y a pas une goutte de rhum dans ce flan cher Guillaume.

 

Reste son différentiel de prix avec celui de Poilâne : 1 € ce n’est pas rien. Est-ce le surcoût lié au statut de petit artisan ? Je ne sais…

 

Que choisir ?

 

C’est la gourmandise qui l’emporte : je vote Bruno Solques…

 

Si ça vous dit de vous taper une part de flan au dessert vous pouvez faire couler en vous offrant quelques gorgées de Crémant de mon chouchou Jean-Pierre Rietsch.

 

Le flan est une crème sucrée à base d'œufs, de lait et de farine que l'on fait prendre au four.

 

Voir la version vendéenne du flan : La Fiounaïe de mémé Marie 

 

« La femme tenait un large flan acheté chez un pâtissier de la chaussée Clignancourt»

 

Zola, Assommoir, 1877

 

L'expression « en rester comme deux ronds de flan » est apparue au tout début du XXe siècle. Son auteur serait-il alors allé piocher dans le vieux français pour construire cette expression ? Pourquoi pas.

 

Au XVIe siècle le flaon synonyme de la monnaie qu'on frappait et la métaphore tendrait à décrire une personne frappée d'étonnement comme la pièce de monnaie. Le terme rond quant à lui ferait référence à la forme de cette monnaie comme à la forme des yeux qui s'arrondissent suite à un événement qui provoque la stupeur.

 

Une autre explication tendrait à comparer cette expression française avec une autre qui fut l’une de ses variantes affirmant « rester comme du flan » signifiant devenir mou comme la pâtisserie en rapport à la « force d'étonnement ». Il se pourrait aussi que ce dicton ait un lien avec la forme des fesses représentées par les deux ronds de flan.

« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.
« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 06:00
« Il faut passer du vin produit au vin expérientiel » Jean-Noël Kapferer Les vins de Bourgogne sont-ils devenus des produits de luxe ?

Jean-Noël Kapferer « l’expert français des marques, est reconnu mondialement comme un des tous premiers spécialistes du sujet et un des plus influents » c’est la page d’ouverture de son site qui le dit, a donné une conférence organisée par l’INSEEC, le 28 janvier dernier sur le thème « Les vins de Bourgogne sont-ils devenus des produits de luxe ? »

 

Kapferer est une marque

 

Un compte-rendu assez exhaustif a été transcrit sur ce site 

 

Je vous en propose la lecture, sans faire le moindre commentaire, ce qui est de ma part une prise de position, car en creux elle est très révélatrice du regard d’un éminent spécialiste des marques sur le monde du vin français.

 

Jean Noël Kapferer, si je puis l’écrire, je connais.

 

En effet, lors de la préparation de mon rapport, lors de l’assemblée générale la FEVS, alors présidé par Patrick Ricard, il avait planché sur le sujet suivant : les marques sur les chemins de la reconquête.

 

Les AG raffolent de ce genre d’exercice, juste avant le déjeuner, dans le cadre élégant de la Maison de l’Amérique Latine. C’est chic. Tout le monde, c’est-à-dire la fine fleur de l’establishment du vin de Paris et de nos belles provinces, applaudit.

 

L’exposé de Jean Noël Kapferer, très Power Point, bien rodé, 7 visuels, je m’en souviens bien, avait fait sourire Louis-Fabrice Latour.

 

Son diagnostic était rude :

 

1- Trop de nos signes (noms, appellations…) sont liés à une définition objective du vin (optique producteur) ;

 

Alors que le consommateur des pays sans « culture vin » achète une garantie subjective et une constance d’expérience sensorielle (son goût) ;

 

2- Trop de nos signes sont inconnus, illisibles, incompréhensibles pour le non connaisseur ? Mais c’est le marché !

 

3- Nos quelques signes connus sont trompeurs. Exemple : CHÂTEAU

 

- sous une origine, on trouve le meilleur et le pire

 

- sans fonction-garantie, nos signes perdent toute valeur.

 

4- L’empilage de signes a créé une distance avec le consommateur amateur et a ouvert un boulevard aux vins du Nouveau Monde, plus proche du client

 

- goût adapté

 

- prix stimulant

 

- étiquettes : simples, sobres, compréhensibles, modestes

 

5- Vins français (la référence) perçus comme les meilleurs mais faibles sur les vins accessibles, complexes, compliqués, sectaires, parfois mauvais.

 

D’où : attente d’un « safe choice » non français occasion de rejeter le système des vins du Vieux Monde : confusion, prétention, complication. Un autre rapport au vin

 

6 - Nous avons bâti un écheveau de règles de production, de codes et interdits de consommation : excès de formalisme.

 

Les consommateurs des pays non producteurs ne connaissent pas ces règles

 

Vins du nouveau monde = pas de formalisme

 

Innovations – Adaptation au marché – Simplicité de la relation.

 

Voilà, je m’en tiens donc là…

 

Bonne lecture et si ça vous dit vous pouvez commenter…

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 06:00
« Vous y verrez la belle Lison. Oui, elle est quelque chose comme cantinière, marchande de singe et de pinard » Albert Londres

Mon grand ami JP Lubot DG délégué de Marie-Claire m’a offert mon HOROSCOPE CHINOIS

 

2016 l'année du Singe

 

« Quand le Singe entre dans l’univers temps (le 8 février 2016), on ne sait jamais s’il s’agit d’un ouistiti ou de King Kong… C’est ce qui est comique ou peu rassurant.

 

Les chinois sont tous d’accord sur une chose : durant l’année du Singe, tout peut arriver ! De la même façon que le Singe oscille entre le fantasque et la grimace, l’humour et la dérision, l’intelligence et la ruse, l’année du Singe peut balancer entre l’imprévisible et l’irrationnel, la surprise et le bouleversement, entre la prise de risque et l’effet boomerang, la spéculation et l’escroquerie…

 

Il paraît qu’il faut avoir des idées lumineuses durant l’année du Singe et que l’argent y est une denrée foisonnante. Vous savez tout ou presque…

 

On rajoutera que 1968 était une année sous le signe du Singe : indice ou fausse piste ? »

 

Diane Boccador

 

Mon titre « Vous y verrez la belle Lison. Oui, elle est quelque chose comme cantinière, marchande de singe et de pinard » Albert Londres 1924. Dante n'avait rien vu, pourrait vous laisser accroire que je vous suggère de manger du singe en buvant votre pinard…

 

Que nenni !

 

Horreur, en Chine, et dans d'autres pays, le singe est parfois présenté vivant et le crâne ouvert aux convives. L'animal est ivre et attaché et ne sera servi que lorsqu'il aura perdu connaissance. On prête à ce plat la vertu de guérir l'incontinence. Rien n'est moins vrai et le consommer n'est pas sans risque. Les cellules cérébrales peuvent en effet être porteuses de maladies graves comme celle de Creutzfeldt-Jakob.

 

Mon singe à moi, c’est du bœuf en conserve, la ration du poilu de 1914-1918. Grâce à la stérilisation inventée par Nicolas Appert au XVIIIe siècle on peut enfermer dans des boîtes en fer-blanc à ouverture facile des sardines, des viandes, des pâtés, des légumes et des fruits.

 

Scène de repas au front, 1915. BM Dijon. Est 2148. Album photographique (fonds Robert). 

 

Le poilu y prend goût, même s'il les dénigre : du « singe », dit-il des boîtes de boeuf !

 

Les plus grandes entreprises comme Cassegrain (1856) ou Saupiquet (1891) sont les principaux fournisseurs et connaissent un bel essor, qui se poursuit après-guerre : tout le secteur profite alors à plein des nouvelles habitudes alimentaires nées de la guerre qui se propagent surtout dans la population urbaine, devenue aussi nombreuse que la population rurale à la fin des années 1920.

 

«Un poilu de mes amis m'a affirmé que jadis les boîtes de boeuf assaisonné portaient un nom de fabricant : Singer, d'où était venu le mot de singe» (Dech1918)

 

«Je me souviens particulièrement du « singe aux oignons », une salade de boeuf de conserve accompagnée de pommes de terre, légumes divers et relevée d'oignons crus.»

 

Jean Renoir 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945)

 

« On profite de la halte, qui se prolonge, pour manger. Le menu est simple : boules de pain et boîtes de singe. Mais l'appétit est bon et l'on aurait tort de médire de ce boeuf à la gelée que les soldats dénomment singe par dérision »

 

Jean Petithuguenin 1918. La barrière des Vosges

 

« Je tends mon dos à la chaleur qui grandit, en mâchant du singe filandreux et du pain élastique. » 1914-1919

 

« Le singe est la viande en conserve de l'armée, du boeuf bouilli tout préparé, dont la qualité est remarquable. On arrivait toujours à trouver des boîtes, et elles étaient toujours bonnes. »

 

Maufrais Louis J'étais médecin dans les tranchées (2 août 1914-14 juillet 1919)

 

« Et pendant cette soirée du 19 [mai 1916] (soirée d’angoisse et de tristesse), l’on nous a distribué à chacun 4 boîtes de singe, 48 biscuits et 300 cartouches, tout un fourbi qui nous donnait le cafard ; ça commençait à sentir mauvais car les munitions que l’on donnait, ainsi que les vivres, n’étaient sans doute pas pour aller au grand repos ».

François BargeAvoir vingt ans dans les tranchées, Saint-Pourçain-sur-Sioule, C.R.D.P., 1984, p. 17.

 

 

Grande question : le singe est-il du corned-beef ?

 

Oui mais l’appellation corned-beef couvre 2 formes :

 

  • soit en une pièce de viande généralement la poitrine, dite « demi-sel », qui a été préparée dans une saumure,

  • soit en « menus morceaux agglomérés de bœuf maigre, additionnés d'un mélange salant et mis en conserve, qui se consomme tel quel en tranches ne se déchiquetant pas » moulé en forme de pain.

Selon le Dictionnaire du Français non conventionnel de Cellard et Rey, l'appellation serait née au XIXe siècle, lorsque les soldats français en poste en Côte d'Ivoire auraient été réduits à manger de la viande de singe. D'aucuns pensent qu'une étiquette de boite de corned-beef représentait l'animal. D'autres encore rappellent qu'un ouvre-boite faisant partie du paquetage réglementaire en 1916-1918 portait la marque « Le singe».

 

« En 1904, le journaliste Upton Sinclair enquête pendant sept semaines, en vivant parmi les ouvriers, sur les conditions de travail dans les abattoirs de Chicago. La Jungle, le livre qu'il en tire, sort le 28 février 1906 et fait l'effet d'une bombe : il y dénonce non seulement des conditions de vie et de travail atroces, les magouilles électorales, la corruption, le pouvoir des trusts mais y expose aussi, en long en large et en détail, les procédés de fabrication du corned-beef, des saucisses, du saindoux, etc. Les Américains et le monde découvrent l'horreur. Les produits manufacturés contiennent de tout jusqu'aux déchets de fabrication, aux rats, jusqu'à de la viande de bœufs tuberculeux et à celle des ouvriers tombés dans les cuves géantes de préparation des produits ! Le scandale est tel que l'écrivain est reçu par le président Théodore Roosevelt et que le Pure Food and Drug Act, constituant un premier pas pour la protection des consommateurs, est voté le 30 juin de l'année même de la publication de l'œuvre. »

 

« Après le débarquement, le passage de l'armée américaine fut un choc pour les Français : c'est la révélation de l'extraordinaire puissance américaine, c'est la jeunesse et la modernité qui viennent bousculer une France figée dans ses archaïsmes et ses routines. Les Français découvrent les cigarettes blondes, Camel et Philip Morris, le chewing-gum, le corned-beef, le café en poudre, les œufs en poudre, la pénicilline. Les Américains semblent tout avoir, toujours en quantité inépuisable.»

 

Philippe Roger, Rêves et cauchemars américains. Les États-Unis au miroir de l'opinion publique française (1945-1953)

 

Lire La fermentation de la viande : le corned-beef, ce n'est pas ce qu'on croit par l’auteur du livre ni cru ni cuit Marie-Claire Frédéric 

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 09:30
« Tous les problèmes auxquels notre filière est confrontée ne sont pas forcément de plus en plus complexes, mais les solutions, si ! » Jean-Yves Bizot viticulteur à Vosne-Romanée

La PQR, la presse quotidienne régionale, face à l’uniformité et la fugacité de l’information dites générale, profitant de sa proximité joue, de plus en plus, sur les questions économiques locales, loin des marronniers habituels, la carte du contenu.

 

Et Dieu sait que sur l’approche de l’économie de la vigne et le vin nous vivons sur une masse de lieux communs, d’images d’Épinal, de faux-semblants, de comparaisons éculées et que la parole est le plus souvent donnée à une petite poignée de chantres, plus ou moins lyriques, du vin.

 

L’irruption des réseaux sociaux dans le paysage médiatique jusqu’ici bien contrôlé bouleverse de plus en plus la donne. La construction de l’image du vin change :

 

« L’influence c’est la qualité du contenu, ce n’est pas quelque chose qui s’achète mais se construit. »

 

C’est un mouvement de fond qui, comme tel, n’est encore peu perceptible à la surface car notre faculté d’anticipation est toujours aussi faible. En terme footballistique nous bétonnons, nous sommes les rois de la défense et, comme chacun sait, la meilleure défense c’est l’attaque.

 

J’arrête là mon bla-bla-bla pour vous donner à lire ce que Le Bien Public le quotidien de Dijon et de la Côte d'Or, donc de la Bourgogne vinicole, nous proposait dans son édition d’hier : l’interview de Jean-Yves Bizot, président du Groupement d’intérêt public « Pôle Bourgogne Vigne et Vin »

 

Les mauvais esprits vont railler : un zinzin de plus

 

Qu’importe ! L’intelligence économique est un outil, pour ne pas écrire une arme, dont nous aurions tort de nous priver dans la grande foire d’empoigne du monde mondialisé. Faire émerger sa différence exige bien plus que des discours et des affiches 4x3…

 

Viticulteur à Vosne-Romanée, Jean-Yves Bizot est, depuis le mois d’octobre dernier, le président du « Pôle Bourgogne Vigne et Vin », le nouveau Groupement d'intérêt public (GIP) relatif au vin. La structure rassemble et unifie l’ensemble des acteurs régionaux de l’innovation et de la recherche dans le domaine viti-vinicole.

 

Lire ICI 

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 06:00
« Les producteurs de vin ont du mal à vendre leurs vins. Il faut donc s’atteler à aider les producteurs à vendre les vins, et pas à aider les consommateurs à choisir les vins. » Marc Roisin

C’est la conclusion d’une chronique du sieur Roisin, un peu belge sur les bords, fondateur du site de vente et de conseils Vinogusto.com.

 

Avec ses mots, son style et son approche, il met le doigt là où ça fait mal chez les auto-proclamés « je choisis le vin à votre place, sur le woueb bien sûr. » marque de la quintessence d’une forme de mépris « braves gens vous ne comprenez rien au vin je vais vous guider et la plus belle expression de la supériorité des « élites » du vin sur le vulgaire. Constat amer que le vulgaire peuple n’en a rien à péter de ces cicérones qui ne s’adressent qu’au peuple élu avec un petit côté curé en chaire prêchant aux ouailles vivant dans le péché de chair dont ils ignorent, ou sont sensés tout ignorer.

 

Bref, vendre du vin et vendre des conseils ou des services ce n’est pas tout à fait la même chose, et vendre l’ensemble du paquetage relève très souvent d’un mélange des genres qui ne séduit ni ne convainc l’acheteur. De plus, tout ce petit monde qui veut mettre rapidement du beurre dans son pinard se rue sur le même segment de marché bien étroit par ailleurs. C’est l’océan rouge !

 

Mais comme je ne vends rien, ni vin, ni conseils, ni services n’attendez pas de moi que je me lance dans une fine analyse d’un modèle économique en capacité de faire vivre durablement les startups du vin.

 

Roisin lui n’y va pas par 4 chemins :

 

 

Les startups du vin ont tout faux !

 

« Depuis le lancement du guide du vin Vinogusto.com en 2007, j’ai pris connaissance d’une multitude de projets de startup liée au monde du vin, entre autres via le Founder Institute, les Vinocamps, le Wine Business Innovation Summit, la European Digital Wine Communication Conference ou les salles de cours de l’INSEEC à Bordeaux. Et je pense que les aspirants entrepreneurs font systématiquement l’erreur que Vinogusto, Cork’d, Snooth, Findawine, Adegga,… et bien d’autres guides du vin sur Internet ont faite il y a 7-8 ans.

 

Ils pensent encore et toujours que les consommateurs sont malheureux dans leurs achats de vin et espèrent que quelqu’un va les aider à mieux choisir leurs bouteilles. Mais ce n’est pas le cas. La majorité des consommateurs sont très heureux avec leurs achats de vin tels qu’ils sont et ne sont pas du tout à la recherche de solution pour les aider à mieux choisir. Les vins qu’ils achètent un peu au hasard chez le caviste, en grande surface, sur internet, au resto ou dans les bars à vin leur conviennent très bien. Toujours plus ou moins bon, dans leur budget, sans se casser la tête, et avec la fonctionnalité la plus recherchée qui est bien au rendez-vous : le vin contient de l’alcool, on peut le boire en société, ça rend heureux et beau, lubrifie les relations humaines, et c’est avant tout cela qu’on lui demande. »

 

Sa conclusion « Car sans clients potentiels, pas de vente.

 

Et cela nous amène au vrai problème à résoudre : les producteurs de vin ont du mal à vendre leurs vins. Il faut donc s’atteler à aider les producteurs à vendre les vins, et pas à aider les consommateurs à choisir les vins. »

 

Aider, s’entraider donc, en voilà de beaux sentiments mais j’avoue que ça me chagrine un chouïa car je sens sous cette bonne volonté afficher une légère pointe de supériorité « les braves gars, z’ont du mal à vendre leurs vins, nous qui savons faire nous allons les tirer de ce pétrin… »

 

Pour me convaincre de la bonne foi de cette main tendue il me semble que, son ou ses promoteurs, se doivent de me dire :

 

  • Pourquoi, selon eux, les producteurs de vin ont du mal à vendre leur vin ?

  • En quoi consiste cette fameuse « aide » à la vente ?
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 15:45
photo www.svendandersen.fr

photo www.svendandersen.fr

En notre vieux pays nous n’aimons rien tant que les classements de toutes natures aussi bien celui de la sortie de l’ENA, être dans la botte ou pas, que celui maintenant célèbre des GCC de Saint-Émilion… Si j’évoque ce dernier, à propos de la dernière cuvée des étoilés du Guide Rouge Michelin, c’est qu’il y a, dans les 2 cas, des déclassés : ceux qui perdent 1 étoile.

 

Cette perte a pu prendre par le passé une tournure dramatique pour un chef au faîte de la notoriété. Les enjeux économiques sont tels, excessifs souvent, disproportionnés au vu de ce qui n’est, après tout, qu’une activité économique s’apparentant de plus en plus à un luxe du paraître qu’à une saine conception de la haute gastronomie, que la digue bien fragile qui retient les hommes à la vie se fissure et lâche…

 

L’irruption des réseaux sociaux dans le paysage médiatique, avec leur aspect caniveau plus ou moins nauséabonds, n’a fait qu’amplifier un phénomène exécrable, une forme de jouissance malsaine à jouer les oiseaux de malheur. C’est le phénomène bien connu des voyeurs qui se précipitent sur les lieux d’un drame pour contempler, avec « émotion » le malheur des autres.

 

Les bonnes nouvelles ne font guère recettes… sauf à propager des fausses bonnes nouvelles.

 

On me rétorquera qu’il y a pire sur l’échelle du malheur. Je n’en disconviens pas mais, dans le même esprit que le vieil adage « qui vole un œuf vole un bœuf », il me semble salutaire, comme le fait, Franck Pinay-Rabaroust d’Atabula, de remettre les pendules à l’heure. Il n’y va pas avec le dos de la cuillère, c’est tout à son honneur.

 

« Thibaut Danancher et Gilles Pudlowski qui ont pignon sur rue avec leur média respectif – Le Point pour le premier, Les Pieds dans le Plat pour le second – et qui agissent contre les principes mêmes de leur profession.

 

Nulle analyse, nul recul, nulle volonté d’informer, juste l’envie de montrer qui a la plus grosse en sortant le premier les scoops étoilés.

 

En annonçant « en exclusivité » la troisième étoile au Plaza Athénée d’Alain Ducasse, Thibaut Danancher prouve une fois encore qu’il reste le meilleur attaché de presse du chef monégasque qui se réjouit de perturber les plans du Bibendum en laissant fuiter l’info… »

 

« Quant à Gilles Pudlowski, c’est peu ou prou la même chanson : il met la pression chaque semaine aux chefs pour tenter de sortir des « chuchotis » qui tiennent la route ; il a juste accélérer la cadence pour être le « prem’s » à sortir ses scoops michelinés. Nous touchons ici au niveau zéro du journalisme… »

 

Journalistes, vous avez dit journaliste, Franck n’est-ce pas là une appellation bien trompeuse… et sûrement pas d'origine contrôlée...

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