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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 06:00
Le dernier ¼ d’heure de retard des vins de Bordeaux se traduit encore par 1 plan stratégique « Bordeaux, ambitions 2025 !

Les expressions «valise » font florès, il en est ainsi du fameux «Bordeaux bashing» qui par construction laisse entendre que les vins de Bordeaux font l’objet d’une sauvage agression, d’un dénigrement systématique, qu’ils sont des victimes ?

 

Des victimes de qui ?

 

D’un sombre « cabinet noir » ?

 

Je plaisante, alors d’une action concertée de leurs concurrents gaulois ou mondialisés ?

 

La réponse est sans contestation est non !

 

Les vins de Bordeaux, plus précisément ceux qui sont « mandatés » pour les promouvoir, les dirigeants du CIVB n’ont pas su analyser les causes du désamour des nouveaux consommateurs et en tirer les conséquences. Ils se sont laissés ringardiser.

 

Parodiant le slogan qui était celui de Carrefour en ses beaux jours « son fameux ¼ heure d’avance sur la concurrence » j’affirme que par suffisance, une certaine forme d’arrogance, depuis les années 2000, accrochés qu’ils étaient à leur certitude de garder, contre vents et marées, leur leadership, les dirigeants du CIVB se sont plantés, n’ont pas pris les bons trains en marche, faute de faire des choix stratégiques courageux et clairs.

 

Souvenir ancien de ma participation au Journal inattendu de RTL sur mon fameux rapport, en duplex avec les dirigeants du CIVB restés à Bordeaux, je fus accusé par eux de mettre sur la table des propositions félonnes visant à déstabiliser les vins de Bordeaux au profit des roturiers du Languedoc.

 

Bordeaux régnait sans partage sur le royaume des AOC, oser affirmer qu’ils pourraient, un jour, tomber de leur piédestal était un crime de lèse-majesté, à l'INAO personne ne mouftait face à l'expansionnisme des vins de Bordeaux.

 

Mais 

 

« Sous les grandes ombrelles que sont nos appellations d’origine contrôlée, surtout sous celles qui jouissent de la plus grande notoriété, s’abritent des vins moyens voire indignes de l’appellation. Succès aidant ou pression d’une demande momentanée une grande part de nos vins de pays, petits nouveaux dans la cour, se sont laissés aller, comme certains de leurs grands frères AOC, à confondre rendement administré, moyenne arithmétique, et qualité du produit. On optimisait la déclaration de récolte. Nous étions sur notre petit nuage, grisés, insoucieux telle la cigale de la fable, alors qu’il eût fallu capitaliser les dividendes de cette embellie en investissements commerciaux, en un pilotage fin de chacun de nos vignobles - quel que soit son statut juridique, sa notoriété, - par les metteurs en marché. »

 

La suite vous la connaissez, je n’ai nul besoin de vous faire un dessin.

 

Face à cette situation le CIVB aligne des plans stratégiques à la queue leu leu :  ce fut en 2010, « Bordeaux demain » et en 2017 ce ne sera pas « Bordeaux après-demain » mais « Bordeaux, ambitions 2025 ».

 

L’enjeu ?

 

Redonner à Bordeaux la place de leader aux AOC de la filière.

 

« Bordeaux continue de souffrir sur les marchés français et européens »

 

Urgence.

 

En 2016 la commercialisation en France et à l’export des vins de Bordeaux a atteint 4,73 millions d’hectolitres. En volume comme en valeur la baisse est de 3%. En France et en grandes et moyennes surfaces, les ventes sont en baisse de 3% en volume et de 1% en valeur.

 

Allan Sichel, le président du CVB a donné le ton le 24 avril, en assemblée générale, martelant que «si la situation s’est améliorée, des défis importants demeurent ». D’où l’enjeu qui consiste à « redonner leur place de leader aux vins de Bordeaux en formalisant un plan ambitieux ».

 

Le CIVB sera accompagné dans sa réflexion, associant tous les acteurs de la filière, par le cabinet Kea. Le plan en question sera finalisé d'ici la fin de l'année.

 

« Il tracera des perspectives, proposera des outils, détaille Allan Sichel. Son objectif central sera d'identifier tous les leviers d'actions permettant de créer de la valeur, pour les opérateurs, viticulteurs, les distributeurs, les négociants... mais aussi pour le consommateur. »

 

« La reconquête des ventes passera notamment par l'Europe, où les vins de Bordeaux sont chahutés. La Chine, « un gros marché dont nous ne devons pas être trop dépendants », les USA « où les perspectives de gain de parts de marchés sont intéressantes », ne seront pas oubliées. Allan Sichel voit aussi plus loin et ambitionne « de se projeter plus loin, à l'horizon 10, 20, 30 ans. Quelle sera alors la consommation en Afrique, en Inde, que peuvent y espérer les vins de Bordeaux ? »

 

Fédérer ! Une gouvernance en Cercles

 

« Pour ce faire un dispositif en cercles concentriques devrait permettre de mobiliser l’ensemble du CIVB. Un premier cercle réunira une douzaine de personnes. Un deuxième cercle sera constitué de 50 à 80 représentants du CIVB, puis le troisième cercle avec le reste des adhérents. Pour la réussite de ce plan : trois conditions pour le cabinet Kea : « une dynamique collective, une vision inspirée et un dialogue stratégique «. Ni plus ni moins. D’ici la fin de l’année, l’ossature du plan sera présentée. Il abordera la marque avec ses forces et ses faiblesses, le couple produits-marchés, les actifs immatériels, le retour d’expérience du précédent plan, la création de valeurs, la RSE. »

 

Le cabinet Kea c’est 40 consultants en France, 123 bureaux en Europe, 50% du chiffre d’affaires réalisé en grande distribution et consommation sera chargé de concocter une partition permettant de reconquérir des parts de marchés.

 

Ha ! la sous-traitance, imaginez un instant l’état-major d’Eisenhower déléguer l’intendance du Jour le plus long à des consultants.

 

Aveu de faiblesse de la définition même d’une stratégie qui intègre le faire. On en reste à des objectifs si généraux, si flous, pour que tout le monde semble y retrouver son compte, preuve qu’il n’y a aucun stratège à la barre.

 

Tant qu’à Bordeaux il ne sera pas admis que l’ancien système recèle un gap systémique, une distorsion entre le grand luxe des GCC à l’international et la ramasse du vrac à quelques euros sur le marché domestique de Baron de Lestac (mais où sont au CIVB les Pierre Castel et les Joseph Helfrich, les volumiques ?) la stratégie ne sera qu’un exercice cosmétique, de pure politique.

 

Si le Bordeaux ordinaire veut retrouver de la notoriété, là où se gagne aujourd’hui la notoriété, il faudra faire de vrais choix sur la ressource, trier, admettre l’espace de liberté des vins de France, cesser de tergiverser sur le respect réel de l’environnement.

 

Convaincre, quoi !

 

Et ce n’est pas avec les vieilles recettes d’un cabinet conseil en grande consommation que viendra la lumière, aussi bien sur le marché domestique qu’à l’international, bien au contraire c’est par une réelle remise en cause du modèle de base que la grande maison de Bordeaux peut retrouver les bases de son prestige écorné.

 

Moi ce que j’en dis c’est pour causer puisque je suis retiré des voitures mais en cochon de payant, vous savez le consommateur de plus de 65 ans qui traîne plutôt ses guêtres dans les bars à vin de Paris et d’ailleurs, plutôt que de se faire rincer à la table des grands châteaux, je continue d’affirmer que sans un diagnostic clair et courageux il n’y a pas de stratégie gagnante.

 

Se leurrer c’est commode mais de grâce cessez de nous saouler avec votre prétendu Bordeaux bashing !

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 06:00
e-cuisine du Taulier : j’ai toujours aimé recevoir ceux que j’aime à la maison ce qui ne m’empêche pas d’être furibard face à ceux qui ont des vapeurs…

En ces temps où certains, qui se disent militants du vivre ensemble, nous saoulent à coup de postures intransigeantes, sans concessions, les militants paresseux de la Toile ICI  je cultive le bonheur de recevoir à la maison.

 

L’ancien combattu de mai 68, lacrymogène et pavé d’artilleur, 3 semaines de grève générale dans ce que Yannick Guin a nommé La Commune de Nantes 1968, où paysans-ouvriers-étudiants unis souhaitaient renverser la table  ICI, contemple avec une pointe d’ironie tous ces « révolutionnaires assis ». Bien sûr nous avons échoués va-t-on me rétorquer. Et alors, nous n’étions pas bien au chaud le cul sur notre chaise à poser des libelles révolutionnaires.

 

Donc camembert les révolutionnaires en chaise longue (1), revenons au sujet du jour bien recevoir ceux qu’on aime !

 

(1) Les intellectuels en chaise longue Georges Suffert

 

Tout commence par « ils viennent déjeuner mercredi… »

 

Alors débute la réflexion sur : qu’est-ce-que je pourrais bien faire pour leur faire plaisir ?

 

L’objectif est de ne pas passer l’essentiel de son temps dans la cuisine à concocter des plats compliqués mais d’allier le bien manger avec la convivialité de la conversation à table.

 

Une fois le schéma de menu esquissé il faut faire ses courses.

 

Vélo, direction rue du Nil, avec une liste en tête : mesclun, asperges, petits pois, agneau, fromages…

 

Tout est là sauf les fameux petits pois.

 

Achats, retour chargé comme un mulet, déchargement puis re-départ cette fois-ci rue Daguerre. Mas petits pois sont là, made in France.

 

Pour le dessert je pataugeais mais soudain illumination, direction Geronimi tout près de l’église Saint-Sulpice chère au cœur de Jean-Paul Kauffmann.

 

Je pédale de bon cœur et je trouve mon bonheur.

 

De retour at home : écossage des petits pois, épluchage des navets, des carottes, des patates, des petits oignons. Cuisson à la vapeur en même temps que mes asperges violettes et d’Argenteuil.

 

Ce sera tout pour ce soir.

 

Au lever je prépare mes assiettes, couverts, verres et plats…

 

Ensuite lavage et tri du mesclun, réchauffage de mes pointes d’asperges.

 

Mise en chauffe du four pour le roulé d’agneau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préparation des assiettes pour l’entrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfournage du roulée d’agneau.

 

 

Réchauffage de mes petits légumes.

 

 

J’ouvre la bouteille de Myosotis arvensis 2014 de Claire Naudin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout va bien…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suis assez content du résultat, la tablée est ravie…

 

 

 

Un beau plateau de fromages, il adorent ça…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous finissons sur les glaces de Geronimi : au choix châtaigne, fruit de la passion, chocolat et pistache…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même que le petit Loulou du haut de ses presque 1 ans a liché de la glace au chocolat…

 

 

Du bonheur simple avec les enfants qui ont tracé leur route et Dieu sait qu’ils ne sont pas nés avec une petite cuillère en argent entre les dents.

 

 

Et après cela vous voudriez que j’aie de la considération pour des gens qui ont des vapeurs lors du 2e tour pour botter le cul de l’héritière de ceux qui ont trahi la France à l’heure où il fallait résister.

 

 

Seuls les communistes ont eu une attitude digne ! Et Dieu sait que je ne partage pas leur analyse mais j’ai travaillé avec des Ministres communistes : Anicet Le Pors, Jack Ralite, Charles Fiterman et c’étaient de bons ministres compétents et loyaux.

 

 

Comme je suis presque au bout de la route je ne veux pas prendre le plus petit risque d’ouvrir la porte à cette porteuse de haine.

 

 

Lui signifier sèchement son congé et ensuite voter aux législatives pour ses convictions.

 

 

Bordel, c’est simple, pas besoin de prendre de gants !

 

 

Quelque fut le candidat face à la haine j’aurais eu la même attitude alors de grâce épargnez moi vos vapeurs de chochottes déçues…

 

 

Me reste plus ce soir à manger les restes, y’en a pas beaucoup mais un peu de légèreté dans ce monde de calculateurs ne peut qu’être bénéfique…

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 06:00
Léon Blum 1932: « Entre Hitler et le pouvoir une barrière infranchissable est dressée » Sebastian Haffner, Histoire d'un allemand, souvenirs 1914-1933

J’avoue que dimanche soir j’ai été sidéré en écoutant le discours de Jean-Luc Mélenchon. Je comprends son immense déception et celle de tous ceux estampillés insoumis qui ont voté pour lui mais, tout de même, j’attendais de lui, avec son panache habituel, un discours de mobilisation contre le danger mortifère que constituent le FN et sa nouvelle gravure.

 

 

Leurs idées sont souvent aussi courtes que leurs cheveux et je vous épargne toute forme de comparaison animale car j’ai trop de respect pour mes amies les bêtes. De même je n’affirmerai pas qu’ils sont bêtes comme leurs pieds, Prévert et Montand vous expliquerons pourquoi, mais me contenterai de constater qu’ils pensent avec leur bras et que cette geste mène toujours au même endroit.

 

 

Je vous invite à lire ou à relire un livre qui m’a ouvert les yeux, un livre magnifique de Sebastian Haffner, « Histoire d'un allemand, souvenirs 1914-1933 » où l’auteur, un magistrat protestant, qui n'essaie pas de se donner un beau rôle, décrit comment la société allemande policée et cultivée bascule petit à petit dans l'acceptation du nazisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comparaison n’est pas raison, je n’écris pas que nous en sommes là me contentant de constater que ceux qui menaient la danse contre la faible République de Weimar «pensaient avec leurs bras comme un seul homme…»

 

 

J’exècre toute forme de geste collective pratiquée en horde au nom d’une soi-disant lutte antisystème alors qu’elle n’est qu’un signe de ralliement à tous les partisans de la haine de l’autre.

 

 

Suivez-les, approuvez-les en silence, accordez leur plein de bonnes raisons, osez même dans l’isoloir pencher de leur côté, mais ne venez pas me dire lorsque vous récolterez ce qu’ils ont semé : « on ne savait pas ! »

 

 

 

« Peu de choses sont aussi comiques que le calme souverain et détaché avec lequel mes semblables et moi-même contemplâmes, comme d'une loge de théâtre, les débuts de la révolution nazie en Allemagne - processus qui ne visait pourtant à rien d'autre qu'à nous exterminer. La seule chose qui soit peut-être plus comique encore, c'est que des années plus tard, avec notre exemple sous les yeux, l'Europe entière se soit offert la même attitude supérieure de spectateur passif et amusé, alors que les nazis étaient depuis longtemps occupés à lui bouter le feu aux quatre coins. »

 

 

« Il est probable que les révolutions, et l'histoire dans son ensemble, se dérouleraient bien différemment si les hommes étaient aujourd'hui encore ce qu'ils étaient peut-être dans l'antique cité d'Athènes : des êtres autonomes avec une relation à l'ensemble, au lieu d'être livrés pieds et poings liés à leur profession et à leur emploi du temps, dépendant d'une foule de choses qui les dépassent, éléments d'un mécanisme qu'ils ne contrôlent pas, marchant pour ainsi dire sur des rails et désemparés quand ils déraillent. La sécurité, la durée, ne se retrouvent que dans la routine quotidienne. A côté c'est tout de suite la jungle. Tout européen du XXe siècle le ressent confusément avec angoisse. C'est pourquoi il hésite à entreprendre quoi que ce soit qui pourrait le faire dérailler - une action hardie, inhabituelle, dont lui seul aurait pris l'initiative. D'où la possibilité de ces immenses catastrophes affectant la civilisation telle que la domination nazie en Allemagne. »

 

 

« La situation des allemands non nazis en été 1933 était certainement une des plus difficiles dans lesquelles peuvent se trouver des hommes : un état d'impuissance totale et sans issue, combiné avec les séquelles du choc causé par une attaque -surprise. Les nazis nous tenaient à leur merci. Toutes les forteresses étaient tombées, toute résistance collective était devenue impossible, la résistance individuelle n'était plus qu'une forme de suicide. Nous étions traqués jusque dans les recoins de notre vie privée, la déroute régnait dans tous les recoins de notre existence, une débandade dont on ne savait où elle finirait. En même temps, on était exhorté chaque jour non à se rendre, mais à trahir. Un petit pacte avec le diable, et on ne ferait plus partie des prisonniers et des poursuivis, mais des vainqueurs et des poursuivants »

 

Voilà ce qu’écrivait Haffner qui n’avait rien d’une révolutionnaire

 

 

Et puis je jouais avec mes pieds

C’est très intelligent les pieds

Ils vous emmènent très loin

Quand vous voulez aller très loin

Et puis quand vous ne voulez pas sortir

Ils restent là ils vous tiennent compagnie

Et quand il y a de la musique ils dansent

On ne peut pas danser sans eux

Faut être bête comme l’homme l’est si souvent

Pour dire des choses aussi bêtes

 

Prévert

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 08:05
Et si nous commencions par le commencement : 1 école minée par des injustices dignes de l’Angleterre victorienne.

Le petit livre, Un petit fonctionnaire d’Augustin d'Humières est une œuvre salutaire sans avoir des relents réactionnaire qu’il faut lire pour comprendre l’école publique française du XXIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits :

 

« Au début des années 2010, la France est confrontée à l’affaire des « réseaux djihadistes ». Ce qui a attiré mon attention, c’est le déséquilibre très frappant entre le temps que ces jeunes français radicalisés avaient passé dans un lieu supposé de radicalisation : une mosquée, une prison, la Syrie, et celui qu’ils avaient passé dans une école publique française. Je crois que le ratio était de l’ordre d’1 à 10 : pour une journée passée « en radicalisation », ils en avaient passé 10 à l’École publique. »

 

« Cette école avait pensée, structurée, organisée pour que l’élève en sache le moins possible. La multiplication des matières, des filières, entre lesquelles l’enfant devait choisir comme dans un supermarché, au nom de la sacro-sainte « liberté » de l’élève, l’inadaptation totale des programmes à la réalité des classes, la diminution continue des horaires, la priorité donnée au projet, à l’expérimentation hasardeuse, tout avait été fait pour transmettre un savoir volatile, éclaté, absurde. On avait cassé tout ce qui pouvait ressembler à un cadre. Certes, la famille pouvait rattraper l’affaire.

 

Mais introduisez dans ce système des enfants qui n’avaient personne pour passer derrière l’école, pour donner les bases, en français, en histoire, en anglais. Ajoutez-y le sentiment de profonde injustice, d’être systématiquement dans le camp des perdants, de ceux qui n’ont pas accès aux « bons plans », et vous obteniez des centaines de milliers d’élèves très facilement manipulables. »

 

L’auteur :

 

« C'est quelqu'un de bien. Il est là, sur le terrain. Tous les jours. Il applique les consignes, il suit les programmes, il exécute. Souvent, on loue son dévouement. Et puis un jour sonne l'heure des comptes : vous avez contribué à instaurer un système injuste, inégalitaire, et absurde, qui n'a fait qu'engendrer l'ignorance, la violence, et le ressentiment. A présent, il faut répondre. Nous professeurs, nous savons que l'histoire n'a commencé ni à Racca ni à Mossoul ; elle commence chez nous, avec des familles et des enfants qui ne sont pas très riches, et auxquels nous n'avons rien transmis.

 

Ni une langue, ni une histoire, ni des textes, ni des mots. Nous savons que nous avons construit une école qui perpétue les inégalités et même les amplifie, qui fait sortir de son sein des élèves chez lesquels nous n'avons rien fait retentir sinon la colère sourde et diffuse d'avoir été victimes d'un système qui sous couvert d'égalité des chances et de formation à la citoyenneté ne fait qu'amplifier les inégalités, et vise à n'apprendre strictement rien de clair et de précis à un élève. »

 

Autre extrait :

 

« La salle des professeurs est pourtant un enjeu de pouvoir, aussi dérisoire soit-il. Vous y trouvez toujours les mêmes tauliers, ceux qui sont sur les terres : « Ici, c’est chez nous ! » Ils gèrent le marché noir, la répartition des miettes du gâteau, le business susceptible d’enjoliver un peu le quotidien, les heures sup, les décharges, les nouvelles options, les prépas, parfois les emplois du temps, les promos, les muts… Si vous respectez tous leurs codes, alors vous faites partie de la grande famille : vous êtes la laïcité, la culture, l’héritier de Gambetta, Jaurès, Malraux, Charlie. Vous ne savez pas très bien pourquoi, ni comment, mais c’est ainsi : ils se veulent « de gauche ». Le moindre désaccord, la simple question vous classe nécessairement dans la catégorie des dangereux réactionnaires. Cette gauche de convention se définit par ses codes. On se sert sans vergogne dans le folklore ouvrier, on appelle le proviseur « le patron », on est « en lutte », on fait des « AG » en déclinant un credo universaliste : « on fait grève pour tous ceux qui ne peuvent pas faire grève ! », « Nous sommes tous des caissières de chez Carrefour ! ». Force est de reconnaître que ces décennies de luttes ont assez peu amélioré le quotidien de la caissière de Carrefour, qui nous avait pourtant confié une opportunité de taille d’améliorer son quotidien : éduquer ses enfants. »

 

Augustin d'Humières : « Les devoirs à la maison sont absolument essentiels pour l'élève »

 

ICI

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 07:40
Un dimanche ordinaire hier ?

Cette chronique est écrite en direct au fil de ce dimanche de votation sous haute tension.

 

Lever 7 h 30.

 

Déjeuner ordinaire en compagnie du chat du voisin qui râle pour avoir sa pitance.

 

Je me vêts sans passer par la douche, je vote dans mon jus. Dress code : vieux bobo assumé, jean gris, polo parme, veste bleue roi, richelieu sur socquettes fuchsia…

 

Au dehors 6° au compteur, 8 h 02 la contre-allée du boulevard Saint-Jacques baignée d’une douce lumière est paisible.

 

Bureau de vote n°26 boulevard Arago, 9 personnes déjà, je patiente dans la file car les opérations de vérification me semblent plus serrées que d’ordinaire. En effet, un jeune homme vérifie sur une liste avant de délivrer un numéro.

 

Je prends mon enveloppe.

 

Comme j’ai une procuration même procédure puis vérification sur le bordereau des procurations. Je signe en tant que mandataire.

 

Je prends une seconde enveloppe.

 

J’ai les mains bien encombrée lorsque je pioche dans les bulletins de vote. Précautionneux je pioche dans 3 piles, respectueux de la loi en cela : il faut prendre 2 bulletins différents au moins.

 

L’isoloir.

 

J’emplis avec soin mes 2 enveloppes.

 

Direction l’urne.

 

Nouvelles vérifications puis je glisse mon enveloppe dans l’urne et j’émarge dans le petit rectangle prévu à cet effet.

 

Je remets ça pour la procuration.

 

Je salue les assesseurs :

 

En sortant je croise mon voisin du 7e que je salue. La file d’attente s’est allongée.

 

Il est 8 h 16

 

Retour par la place de l’île de Sein : photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À la maison je poste ma citation fausse du jour :

 

Citations fausses N°4 bis

 

«Un vent de fronde a soufflé ce matin»

 

Goliath

 

Ma chronique le militantisme sur internet c’est le “militantisme paresseux” qui pisse dans un violon… me vaut l’assentiment de 2 amies de Face de Bouc Isabelle et Laurence. Je like.

 

Il est 9 h 28

 

Douche.

 

Petits travaux ménagers de ménagère de plus de 65 ans.

 

Petite faim.

 

Il est 10 h 16 il fait 10°

 

Par bonheur j’ai fait du riz au lait hier au soir, pause sur le balcon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yves-Marie Cann @yvesmariecann

 

Pour rappel : aucun "sondage sortie des urnes" n'est réalisé dans la journée. Tout prétendu chiffre s'y référant serait donc faux !

 

Retweeted Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) :

 

#ElectionPrésidentielle2017 28,54 % : taux de participation à 12h pour le 1er tour en 🇫🇷 métropolitaine (28,29 % en 2012 et 31,21 % en 2007)

 

12° je pars déjeuner à 12 H40.

 

Je passe devant plusieurs bureaux de vote, du monde, tout est calme.

 

Arrivée à Amarante rue Biscornet, j’arrime mon vélo à son poteau.

 

Maréva est enrhumée, je m’assois à ma table habituelle. Le restaurant est plein.

 

Je choisis de la cervelle, une sole de petit bateau avec des panisses et une glace à la poire. Je bois ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La sole est superbe et la glace comme je les aime…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’accompagne ensuite Maréva qui va voter rue de Charonne, puis nous filons jusqu’au Châteaubriant pour une dégustation. Boulevard Parmentier une file d’attente très longue devant un bureau de vote.

 

C’est plein de bobos.

 

Mon choix :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est l’heure de revenir à la maison.

 

J’allume mon écran.

 

Nos amis belges rejouent via Le Soir # Radio Londres avec peu de succès car la fermeture des bureaux de vote à 19 heures les prive de grain à moudre. Pourtant dès 19 heures ils pronostiquent Macron en tête.

 

La suite vous la connaissez.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les fameux sondages avaient vu justes.

 

Macron en tête suivi par la fille du borgne.

 

Exit Fillon et Mélenchon.

 

Bérézina pour Hamon.

 

Fidèle à ma cure de désintoxication je ne ferai aucun commentaire et j’avoue que ça m’arrange lorsque je lis et j’entends les réactions de certains.

 

Les petits calculs sont toujours d’actualité.

 

Mon seul bonheur c’est la défaite de Sens Commun et l’espoir de renvoyer dans 15 jours l’autre à ses désirs déçus.

 

Ensuite nous rentrerons dans le carnage des élections législatives.

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 08:00
René Pleven vérifiant la première page du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, qu'il avait lancé en 1946 (DR - Coll. Famille Pleven)

René Pleven vérifiant la première page du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, qu'il avait lancé en 1946 (DR - Coll. Famille Pleven)

Le temps est suspendu.

 

Hier où que j’aille tout le monde était tendu, inquiet.

 

Muré dans mon silence j’attends, il sera toujours temps de lever le voile sur cette période à fortes turbulences.

 

Sur les réseaux sociaux c’est la débauche, empoignades, invectives, mensonges, fausses nouvelles, tombereaux d’ordures.

 

Peine perdue !

 

Stoppez-tout !

 

« Vous pensiez qu’en publiant sur Facebook des articles engagés, des pétitions argumentées et autres coups de gueule politiques, vous alliez convaincre vos amis de prendre parti avec vous ? C’est malheureusement inefficace. C’est ce que met en évidence un sondage réalisé aux Etats-Unis par l’entreprise d’analyse de réseaux sociaux Rantic, et relayé par Wired.

 

Aucun effet sur les opinions de vos “amis”

 

Pour cette étude, 10 000 utilisateurs de Facebook, répartis de manière équitable sur tout le spectre politique, ont été interrogés. La question qui leur était posée était simple : un post Facebook les a-t-il déjà fait changer d’avis sur un sujet ? La réponse est éloquente : 94 % des républicains, 92 % des démocrates et 85 % des indépendants répondent non. La plupart d’entre eux estiment aussi que les réseaux sociaux ne sont pas des agoras propices à la discussion politique – ce qui ne les empêche pas de le faire parfois.

 

Slacktivisme

 

En revanche, il ressort de ce sondage que ces posts Facebook en forme d’apostrophes politiques ont un effet sur la perception que vos “amis” ont de vous. Les opinions politiques que vous publiez sur vos réseaux sociaux sont donc des critères majoritairement retenus par vos connaissances pour vous juger… 12 % des républicains, 18 % des démocrates et 9 % des indépendants confient même avoir déjà supprimé un “ami” Facebook en raison des commentaires politiques qu’il exprimait.

 

Le militantisme sur internet est parfois taxé de “slacktivisme” (littéralement, “militantisme paresseux”). Il semble donc avec cette étude que par-dessus le marché, cette forme de militantisme soit inefficace. Est-ce à dire que Nicolas Sarkozy se trompait lorsqu’il déclarait, en juin 2014 : “J’ai un million d’amis sur Facebook et je compte bien m’en servir. En plus, ça coûte zéro centime” ? »

 

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, suis pas plus con que la moyenne…

 

Nous venons de vivre une longue et fructueuse période de tribunes libres en tout genre du genre pourquoi il ne faut pas voter pour tartempion.

 

Vous me direz c’est dans l’ordre des choses, chaque camp cherche à discréditer le programme de son ou de ses adversaires. J’en conviens sauf que le signataire ou les signataires se drapent dans leurs titres universitaires, ce sont des …logues ou des …istes, qu’ils soient atterrés ou nobélisés, pour nous faire la leçon.

 

Et ils le font dans la presse parisienne qui est le matériau essentiel des commentateurs, des chroniqueurs, des éditorialistes des médias parisiens.

 

L’important étant la reprise, le tweet, l’écume de la notoriété du ou des signataires, rien de plus rien de moins.

 

En effet, qui lit de A à Z leur prose ?

 

Pas grand monde, et surtout pas ceux qu’ils voudraient persuader de ne pas « mal-voter ».

 

Leur prose veut s’adresser tout aussi bien à la France d’en haut (je ne partage pas cette catégorisation) qu’à celle d’en bas.

 

Pour la première, du moins pour celle qui lit encore, ces conseilleurs patentés, estampillés détenteurs d’un savoir, disent s’adresser à l’intelligence de leurs lecteurs. Pourquoi pas, mais ils le font par le biais d’un langage qui est celui de leur spécialité, ils ne cherchent pas à convaincre mais à faire la preuve de leur supériorité intellectuelle.

 

Font chier à me prendre de haut, à nous prendre de haut, je ne suis pas plus con que la moyenne, nous ne sommes pas plus con que la moyenne de cette engeance qui se dit intellectuelle.

 

Le politique, la chose publique, ne se nourrit pas que de concepts, de théories économiques ou sociales, mais du faire, du choix. Bien sûr, je ne disconviens pas qu’il faille articuler l’action politique autour de grands principes mais le cambouis de la vie, nos égoïsmes catégoriels, notre incapacité à passer des compromis, ne permettent pas d’entrer dans des moules bien huilés.

 

Que de grandes voix s’élèvent pour baliser nos chemins politiques, pourquoi pas, mais ces voix ont disparues laissant la place à des ersatz essentiellement tournés vers leur nombril, leur fonds de commerce.

 

Reste cette France dites d’en-bas, qu’ils auscultent d’en haut, dont la fenêtre sur le monde est majoritairement l’écran de télé qui déverse toute les horreurs du monde, la peur des autres, les promesses des démagogues, des images-choc, des formules toutes faites, tous ces gens qui se raccrochent à l’illusion qu’on va se préoccuper d’eux.

 

C’est là que ça se passe messieurs les conseilleurs, la gent masculine est ultra-majoritaire, du côté de l’Éveil de Pont-Audemer ou du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, façon de parler pour désigner le flux continu des chaînes télé qui coule dans la salle à manger.

 

Encore plus « je pisse dans un violon » : sur les réseaux sociaux des clampins qui pensent s’adresser à la terre entière alors qu’ils ne mobilisent que quelques potes inoccupés ou une poignée de détracteurs, toujours les mêmes, nous tancent, nous font la morale, sature l’espace d’empoignades très vite incompréhensibles.

 

L’important c’est l’audience, le buzz, et de se plaindre de l’absence de débats de fond dans une campagne très au-dessous de celles que nous avons vécu depuis l’an 2000.

 

Là, je me gondole grave car ces campagnes furent des prototypes de programmes non tenus, viré par-dessus bord sitôt le vote. L’important était de gagner.

 

Celle-ci, avec de vrais clivages, certes fait un peu peur sans aucun doute, y compris au militants paresseux de la Toile, secoue le cocotier habituel.

 

C’est le risque, mais à ne pas prendre de risque on fait du sur-place.

 

« Le temps n'est plus où le monde nous passait tout. Soyez assurés qu'il ne nous passera plus rien. Le dénuement d'un homme ou d'un pays change ses amis en conseilleurs, en critiques et en juges.

 

Mauriac, Le Bâillon dénoué, 1945, p. 416 CNRTL

 

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 06:00
Traité de l’art bousier par Hannelore Cayre appliqué aux bavards du pinard

Si vous me suivez avec la même attention que Pax vous devez savoir que je suis un accroc d’Hannelore Cayre qui n’a ni sa plume ni sa langue dans sa poche.

 

Elle dézingue.

 

Elle sulfate grave !

 

ICI et ICI 

 

Dans l’émission Boomerang d’Augustin Trapenard elle nous lit un passage de son futur livre : Traité de l’art bousier.

 

Je trouve que sa conclusion : « Lorsque l'on regarde de près sa création, lorsque l'on lit entre les lignes qu'il a laborieusement pondu, c'est le spectacle d'une petite vie brute animé d'une immense détermination face à l'adversité qu'il nous offre et c'est ça qui est merveilleux. » s’applique merveilleusement bien aux besogneux de la plume (voir plus bas)

 

« L'art bousier désigne la production artistique des personnes dénuées de génie mais animées d'une puissante nécessité intérieure conjuguée à une obstination hors-norme. Il tire son nom du Scarabée Bousier, un insecte robuste de couleur noire de type Cafard qui se sert de ses pattes antérieures pour façonner des boules de merde qu'il déplace en les faisant rouler sur le sol. Un spectacle passionnant que son quotidien minuscule. Il pousse sa boule, la perd, la rattrape, se fait écraser par son fardeau : n'abandonner jamais quelque soit les obstacles et les péripéties rencontrées.

 

Ainsi l'art bousier n'est pas le fruit de la spontanéité de l'artiste secoué par la divine inspiration, mais le résultat d'un tragique effort de travail. Le niveau est plus ou moins correct, les normes esthétiques du moment respectées. Mais lorsque l'on sait l'effort déployé pour arriver à l'oeuvre finale, même s'il ne s'agit que d'un court paragraphe, c'est juste triste.

 

A la manière de son homologue Bousier, le Cafard artiste est capable d'endurer n'importe quoi pourvu qu'il arrive à conduire sa daube jusqu'au bout. C'est sa foi inébranlable conjuguée à son entêtement navrant à créer, saupoudré d'un zeste des erreurs de choix de son lectorat qui finissent par le rendre transgressif. Lorsque l'on regarde de près sa création, lorsque l'on lit entre les lignes qu'il a laborieusement pondu, c'est le spectacle d'une petite vie brute animé d'une immense détermination face à l'adversité qu'il nous offre et c'est ça qui est merveilleux. »

 

L’énergie, marqueur majeur du vin de lieu

 

Jacky Rigaux le 19 avril 2017

 

« Quand Einstein, après de longs travaux, proposa une nouvelle théorie où une certaine matière devenait énergie, initiant une troisième physique aux côtés de la physique mécanique conceptualisée par Descartes et de la physique électromagnétique inventée par Hertz et Helmholtz, la communauté scientifique établie était sceptique. Cependant, le grand mathématicien et épistémologue Paul Painlevé (1863-1933), parlant du petit groupe des scientifiques de la future physique nucléaire, déclara : « si ce qu’ils font nous échappe, ils se comprennent ! » Il en va de même aujourd’hui autour de la question de l’énergie dans le vin. Pour les tenants de l’œnologie objectivante, en quête d’énumération des composants du vin comme pour les promoteurs de l’analyse sensorielle, en quête de l’identification objective des arômes, parler d’énergie dans le vin ne s’appuie sur aucun fondement scientifique validé, donc ne peut relever que d’approches imaginaires, voire ésotériques ou farfelues, surtout quand ce sont des vignerons biodynamistes qui s’expriment.

 

« Et pourtant elle tourne », avait déclaré en son temps Galilée, sommé par le pape de renoncer à sa théorie de l’héliocentrisme et des mouvements satellitaires qui contredisait la thèse officielle d’un géocentrisme stable et d’un ordre immuable des éléments défendue par les théologiens jésuites de l’Eglise catholique romaine. Autres temps, autres mœurs… On ne risque plus le bûcher en parlant d’énergie dans le vin, simplement un regard amusé des tenants des sciences officielles de la vigne et du vin. On n’enseigne ni la biodynamie, ni la dégustation géo-sensorielle, dans les facultés d’œnologie et dans les grandes écoles d’agronomie, mais on n’interdit pas aux étudiants de s’y initier ailleurs.

 

Dans le vin, comme en physique nucléaire, l’énergie, c’est de l’information en mouvement. La transformation du raisin en vin, par le processus de la fermentation, produit de l’énergie… Cette énergie peut sans doute être plus ou moins évidente selon les pratiques mises en œuvre dans la culture de la vigne et dans les processus de vinification et d’élevage. Elle peut être masquée où révélée, voire transcendée ! Gomme arabique, tanins industriels, acide tartrique ajouté, brûlage excessif des tonneaux, et autres ajouts œnologiques, associés aux résidus de pesticides, acaricides, herbicides, fongicides, masquent à n’en point douter l’énergie naturelle du vin… »

 

La suite ICI

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 06:00
Voter peut nuire gravement aux idées graves *...

J'ai recueilli ce titre, en avril 2007, veille d’un autre scrutin présidentiel, sur un mur de Paris, je lui trouve des accents 68 huitard.

 

Ceux qui me suivent sur mon espace de liberté savent que j'avais 20 ans en mai 1968 et que, contrairement à Paul Nizan dans Aden Arabie, aujourd'hui je n'écrirai pas « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie ».

 

De ce temps je ne suis ni fier, ni repentant, il reste pour moi le moment où la société française, sa jeunesse tout particulièrement, dans l'un de ses spasmes violents dont elle a le secret, explosaient les coutures d'un habit trop étroit. Nous pensions sincèrement faire la Révolution, renverser la table alors qu’en fait la société de consommation avait besoin qu'on brise des tabous pour prospérer, et nous lui avons grande ouverte les portes.

 

Ne me dites pas qu’il faut que jeunesse se passe, nous étions dans un monde dur et dangereux, la guerre du Vietnam, la guerre froide, les répressions sociales et sociétales… nos copines avortaient clandestinement, la peine de mort existait, et nous osions écrire « nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. »

 

C'est vrai que nous n'étions guère préoccupés par nos retraites, nous étions des enfants de la Paix et, tout au fond de nous, sous notre épaisse couche de connerie verbale, la certitude d'un monde meilleur ne souffrait d'aucun doute.

 

Bravaches nous proclamions « élections, piège à cons » mais nous votions.

 

Ce matin, sans faire de longs discours, le vieil homme indigne que je suis qui, oui a vécu une très belle vie, contemple avec effroi le triste spectacle de spectres resurgi des poubelles de l’Histoire.

 

Face à eux, puisque nos démocraties permettent à ceux qui les gangrènent de s’exprimer en toute légalité, il nous reste pour leur faire obstacle, les confiner dans leurs outrances, notre bulletin de vote.

 

S’abstenir ou même voter blanc c’est favoriser l’extension de leurs idées graves, c’est mettre le doigt dans un engrenage fatal.

 

L’offre politique de cette présidentielle n’est pas aussi calamiteuse que beaucoup le proclament, même morcelées toutes les sensibilités y sont représentées et il est possible de choisir en fonction de ses convictions en excluant je l’espère les idées de haine et d’exclusion.

 

Il n’y a ni vote utile ou inutile, mais certains candidats du premier tour devraient peser leurs mots s’ils veulent rassembler au second.

 

2002 plus jamais !

 

Allez voter pour faire barrage aux idées graves !

 

Le Larousse

 

* Qui peut avoir des conséquences fâcheuses, qui peut entraîner des suites dangereuses : Commettre une faute grave.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:00
La France de pépé, le mythe gaulliste, la dévotion gaullienne, Malraux  le gaullisme à ses yeux, ne saurait être victime que de l’apocalypse, le PSU de Rocard…

Rassurez-vous je n’ai pas repiqué à ma drogue préférée, j’ai simplement retrouvé une pile de Nouvel Observateur datant de mai-juin68.

 

Je les ai feuilleté, Dieu qu’ils étaient austères, le nombre de signes des articles abondant, et très vite j’ai retrouvé le parfum du mois de mai, sulfureux, bien loin des interprétations qui fleuriront par la suite, soit pour minorer le mouvement, soit pour en faire une révolution d’opérette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le personnage central, de Gaulle, longtemps ébranlé puis ressuscité, tel Lazare (titre La résurrection de Lazare) « Je ne serai ni Pflimlin, ni Daladier, ni Louis XVI… » a-t-il laissé tomber « mercredi 29 mai, avant de quitter l’Élysée pour l’aérodrome de Saint-Dizier où l’attendait la Caravelle présidentielle. »

 

Pompidou lui avait dit « Partez ! » afin de mettre sur pied une sorte de « gouvernement de salut public » pour « défendre la République contre l’insurrection communiste ». « Le bateau ne doit pas couler avec de Gaulle » tel était le sentiment qu’exprimait le Premier Ministre. Il le paiera d’une éviction.

 

« Pas de sang sur mes mains, à la fin de ma vie » aurait murmuré le vieux Général devant des fidèles, alors comme à Londres, il va faire bouger « le parti de la trouille » en direct à la radio. La vieille garde qui « en a marre de rester les fesses sur des chaises alors que la rue est livrée aux révolutionnaires… » va mobiliser « une manifestation place de la Concorde… »

 

Ce sera un raz-de-marée, une Chambre bleue horizon, le début de la fin pour le vieux Général malgré le débarquement de « la couleuvre Pompidou » au bénéfice du martial Messmer.

 

Pendant cette campagne il a été fait beaucoup référence à de Gaulle pour évoquer des questions d’intendance d’un de ses lointains héritiers, des sujets qui se devaient de rester subalternes mais qui ont pris du relief dans une atmosphère délétère de dégagisme, rejet des élites et montée des démagogues.

 

Quelques morceaux choisis de l’époque qui le remette à sa place, celle d’un chef d’Etat obligé de s’appuyer sur le jeu parlementaire des partis politiques honnis pour sauver les meubles du pouvoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jamais tant d’imprévoyance, tant de légèreté, tant d’impéritie n’ont été plébiscités si massivement.

 

« Écorné par l’élection présidentielle en 1965, et mis à miettes en 1967 par le second tour des législatives, voici le mythe gaulliste paradoxalement retrouvé. Ces dernières années, l’homme était redevenu un candidat comme les autres, soumis au ballotage, menacé par les motions de censure. Le voici à nouveau symbole national. Et, malgré la maladroite concurrence du parti communiste, il s’est adjugé le drapeau tricolore. C’est qu’il faut à de Gaulle un théâtre tragique. La guerre mondiale, puis la guerre coloniale lui ont fourni deux scènes à sa taille. Manquait la guerre civile. Ce troisième acte, dont la révolte étudiante et les grèves ouvrières ont fourni le livret, s’est révélé providentiel. Il importe peu, dès lors, que la tragédie soit en réalité une farce et qu’à l’Étoile, « la Marseillaise » de ministres convulsionnaires ait paru sortir de Marat-Sade plus que d’un drame patriotique.

 

Voici du même coup reparu le caractère bonapartiste de la conjoncture politique française, bien atténué dans les derniers scrutins. Le talent de M. Pompidou a été de camoufler un plébiscite en élections législatives. Car qui, ces dernières semaines, s’est soucié de l’Assemblée nationale ? Ni les étudiants, ni les neuf millions de grévistes, ni le gouvernement. Il a fallu le discours du 30 mai pour que le chef de l’État, en dissolvant l’Assemblée, la rappelle à l’existence. En votant U.D.R, aucun Français n’a vraiment cru élire un représentant au Parlement, mais affirmer la magie d’une étiquette. »

 

François Furet-Jacques Ozouf le 26 juin 1968

 

« Pour les amateurs de « signes », la révolution de mai a été quelque chose de prodigieux et nous aurons failli à notre métier si nous ne sommes pas arrivé à en convaincre nos lecteurs les plus réticents, les plus inquiets et les plus calmement réformistes. Un des rares esprits que le signe de cette révolution n’a pas abêtis, c’est André Malraux, et je suis, à gauche, du petit nombre de ceux que cela n’étonne pas. Sans doute le ministre de notre culture contestée n’a-t-il pu s’empêcher de sacrifier à la dévotion gaullienne, et de triste manière. Pour l’histoire il aura tout de même dit :

 

« La répétition générale de ce drame suspendu annonce la grande crise de la civilisation occidentale […] La rencontre de l’élément jeunesse et de l’élément prolétariat est un phénomène sans précédent […] Une grève capitale est toujours plus qu’une grève. »

 

Il aura ajouté que, tandis que ses « amis » formulaient des affirmations péremptoires, lui, Malraux, s’interrogeait, « fasciné », et qu’il voudrait bien être un sociologue de 25 ans étudiant les transformations vertigineuses de la société occidentale comme on étudie la civilisation maya.

 

[…] Le gaullisme à ses yeux, ne saurait être victime que de l’apocalypse. Pour justifier la fin du gaullisme dit « de gauche », il ne faut rien moins que la fin du monde. »

 

Jean Daniel 26 juin 1968

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un conflit d’avenir

 

La vieille gauche de la FGDS, celle de Mollet, Billères, Defferre, Mitterrand pense que « le pouvoir, en France, n’est pas prête à un gouvernement communiste ou à majorité communiste. Pour installer un régime socialiste, nous avons absolument besoin de l’appui des classes moyennes. Tout ce qui contribue à les effrayer fait donc reculer le socialisme – et c’est pourquoi, nous condamnons si sévèrement l’attitude du PSU, qui, sur le plan électoral, favorise le gaullisme en divisant les voix de gauche – et qui, à long terme, ne débouche que sur un affrontement sanglant. »

 

Michel Rocard n’est pas d’accord, pour lui, il n’y a pas deux moyens de prendre le pouvoir, mais trois :

 

  • la voie légale « qui mène fatalement à des compromissions dont nous ne voulons plus » ;

 

  • l’insurrection « que nous refusons aussi, car nous ne voulons pas gouverner dans la rue » ;

 

  • la pression populaire et pacifique : « c’était le cas, en mai dernier. Il y avait effectivement une situation nouvelle de vacance du pouvoir. Avec dix millions de travailleurs en grève, tout le pays bloqué, il était possible de provoquer une paralysie générale qui aurait amené pacifiquement la chute du régime, et l’avènement d’un gouvernement de gauche. Le parti communiste n’a pas voulu ou pas osé jouer cette carte. Maintenant, il est trop tard, mais l’occasion se représentera… »

 

Josette Alia 26 juin 1968

 

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 06:00
 Le dégagisme est-il réversible ?

Partout sur les murs de Paris : « Qu’ils dégagent ! »

 

Je trouve l’injonction un peu molle, très petit bras de petits bourgeois, style sortez les sortants du papetier de Saint-Céré qu’a fini dans les soupentes de l’Élysée.

 

Les murs de 68, eux, ne faisaient pas dans la dentelle pour bobos bien au chaud, pas de quartier pour les adversaires !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Dans les cavernes de l’ordre nos mains forgeront les bombes »

 

« Ne prenez plus l’ascenseur, prenez le pouvoir »

 

« L’économie est blessée, qu’elle crève »

 

« Soyez réalistes demandez l’impossible »

 

« Enragez-vous ! »

 

« Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil »

 

« Je jouis dans les pavés »

 

« Déculottez vos phrases pour être à la hauteur des sans culottes »

 

Non, non, non, je ne repique pas au truc, je me contente de me gondoler face au spectacle des révolutionnaires de salon.

 

La seule question qui vaille est : pourquoi rendre le pouvoir lorsqu’on l’a pris, légalement bien sûr, aux ennemis de la Révolution ? L’œuvre révolutionnaire prend du temps, et ses adversaires sont puissants.

 

Fidèle à mon sevrage j’en reste là et vous propose une variation bien française :

 

Dégage !

 

Dans mon charmant village de Vendée, la Mothe-Achard, le basket-ball, la Vaillante Mothaise, était sous la férule du curé et le football, le Foot-ball Club Mothais, entre les mains des laïcs. Mes copains jouaient au foot, moi j'étais le capitaine de la Vaillante, et comme au basket nous jouions souvent le dimanche matin, j'allais voir jouer les footeux l'après-midi.

 

Le capitaine du FCM, le gros Arnaud, qui jouait demi-centre, était surnommé : « dégage ! » car pour lui, même s'il était maçon, son seul souci était se débarrasser du ballon et non de construire du jeu. Alors le cuir s'envolait, se perdait parfois dans le champ de choux voisin, mais ça plaisait aux supporters car le gros Arnaud mouillait le maillot. Les plus experts disaient que le FCM jouait à l'anglaise. Moi, admirateur du FC Nantes et de son jeu léché, je m'en donnais à coeur joie dans les lazzis vachards...

 

Du dégagement

 

« Le dégagement, c'est l'âme de toute qualité, c'est la vie de toute perfection, c'est l'élégance en action, c'est la grâce en paroles, c'est ce qui enchante le goût, c'est ce qui flatte l'intelligence - c'est ce qui ne s'explique pas.

 

C'est la touche finale apportée à l'ouvrage - c'est une beauté formelle. Les autres qualités embellissent la nature, mais le dégagement les rehausse encore. Il est la perfection des perfections, une beauté qui les transcende toutes avec une grâce universelle.

 

Il tient à je ne sais quoi d'aérien d'indiciblement élégant dans le dire et le faire, et même dans la façon de penser.

 

Il est en grande partie inné ; le reste, il le tient de l'observation. Et jusqu'à présent, personne ne l'a vu obéir à une quelconque autorité. Il est même supérieur à l'art.

 

On l'apparente au charme pour sa séduction ; à l'allure pour son caractère insaisissable ; au brio pour la fierté qui l'accompagne ; au dégagement, donc, pour son caractère affable ; à l'aplomb, pour ce qu'il révèle de facilité. mais tous ces mots ne traduisent que l'impossible tentation de le définir.

 

Ce serait lui faire injure que de le confondre avec la facilité : il se tient bien au-delà, au-delà même de la hardiesse. Bien qu'il suppose la légèreté, c'est une valeur ajoutée à la perfection... «

 

Baltasar Graciàn (né en 1601 meurt en 1658 prêtre au sein de la Compagnie de Jésus en délicatesse permanente avec sa hiérarchie il sera destitué de sa charge pour manquement au devoir d'obéissance) in Le Héros éditeur Le Promeneur le cabinet des lettres

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