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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Dimanche 26 octobre 2014 7 26 /10 /Oct /2014 07:00

« L’amour, comme dit le poète, c’est le printemps. Il monte en vous, vous séduit doucement et tendrement, mais il vous arrime comme les racines d’un arbre. C’est seulement en s’apprêtant à partir qu’on s’en rend compte qu’on est incapable de bouger, qu’il faudrait se mutiler pour se libérer. Voilà ce qu’on ressent. Ça ne dure pas, du moins ça ne devrait pas. Mais ça vous serre la poitrine comme une pince métallique… »


Allongé sur le lit de Claire, immergé dans le livre de Walter Mosley que je venais d’acheter à l’Écume des Pages, « Un homme dans ma cave », je n’entendis pas venir Émilie. De retour, elle me faisait face telle que je l’aime depuis le premier jour. Cataclysme soudain, le manque d’elle radical en un retour en force irrépressible me ravageait. Éruption. Je la voulais tout contre moi. La sentir. Graver son corps sur le mien. Explorer chaque courbe, chaque sente secrète du pays de son corps. L’embrasser. La sentir palpiter. S’abandonner. Se donner. S’offrir à mes caresses. Ne lui laisser aucun répit. La faire prisonnière de mon désir dur, me libérer de la tenaille de cet amour sans avenir. J’inspirais. Me maîtrisais. Mes mains, mes mains, me contenter d’effleurer ses épaules, de tenir, de me retenir. Les mots me manquaient. Je laissais la tendresse m’investir doucement, avec ce nœud de regrets indémêlable, mais pourquoi diable étais-je tombé amoureux d’elle, amoureux à la folie, sans espoir de rémission. Pour la première fois de ma vie je ne combattais pas à armes égales, je subissais mais j’étais heureux comme jamais je ne l’avais été. Apaisé.


Émilie n’étant pas très vélo, après le déjeuner, nous avons souscrit un abonnement à Autolib pour qu’elle puisse se rendre plus facilement à son association des jardins urbains. À son retour j’inspectais ses paumes de main : « Mais tu n’as pas attrapé d’ampoules tu vas devenir une vraie fille de la terre… » Elle riait. Pendant son absence, tout à fait par hasard j’étais tombé sur le générique d’un film de Serge Leroy La Traque sur une chaîne du câble : Policier, et je l’avais regardé. C’est le défilé des noms des acteurs : Jean-Pierre Marielle, Philippe Léotard, Michel Constantin, Jean-Luc Bideau, Michael Lonsdale, Paul Crauchet, Michel Robin, Georges Géret, qui me fit faire une entorse à mon ascèse d’écrivain besogneux. Casting extraordinaire : monsieur Sutter, un Michael Lonsdale tel qu’en lui-même, onctueux et autoritaire, puissant bourgeois local, Mansart un Jean-Luc Bideau, bonnasse et coureur, futur conseiller régional, les Danville Philippe Léotard et Jean-Pierre Marielle, deux ferrailleurs paillards grossiers et pervers, le capitaine Nimier jugulaire-jugulaire l’efficace Michel Constantin, Rollin, un Paul Crauchet, froid, distant et implacable, notaire, Chamond, Michel Robin, le con de service, ahuri,  assureur, Maurois Gérard Darrieu, le garde forestier aux ordres et, pour une brève séquence, Georges Géret en braconnier goguenard.


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Dans l’une des dernières séquences, Paul Crauchet, a cette phrase terrible : « nous ne sommes pas des gens facilement soupçonnables ». Des salauds ordinaires, rien qu’une horde d’honorables bourgeois, des pleutres entraînés vers l’horreur, par deux frères ferrailleurs qui les tiennent par la barbichette, les lourds secrets du petit marigot d’un bled de la campagne, après le viol de la pauvre Helen Wells qui sera le point de départ d’une chasse impitoyable. Aucun voyeurisme, tout le film, est mis en scène avec une forme de hâte sauvage. La caméra est portée, de longs plans restituent sans artifice la frénésie et l’âpreté de la traque, la photo superbe est moite, boueuse comme le lieu. La musique anxiogène, entêtante n’est présente qu’en ouverture et pour le générique de fin, Serge Leroy n’a ajouté aucun artifice à son récit sans concession. Aucune échappatoire n’est possible, on guette un sursaut d’humanité qui n’arrivera jamais, chaque personnage se révèle implacable par lâcheté, par corruption de la préservation de son rang social, par cette lourde fraternité des mâles en bande, même par une forme d’honneur militaire chez Jean Constantin. Aucun manichéisme, de l’horreur ordinaire, sans fioritures, froide, inéluctable, qui m’a scotché à l’écran 90 minutes. Cet excellent film, méconnu, m’a replongé dans des souvenirs de ma jeunesse, comme une trace indélébile de tous ces viols enfouis sous l’hypocrisie des gens honorables ou bien de chez nous. Combien de bonnes engrossées, de gamines souillées par leur père, de filles forcées au sortir du bal par des bêtes avinées ? Les faiseuses d’anges, avec leurs bottes de persil ou leurs aiguilles à tricoter, avaient bien du travail en ce temps-là. Lors de sa sortie en 1975, l’année de la loi Veil, je ne vivais pas en France, mais je suis certain que ce film a dû  choquer les bonnes âmes et horrifier les chasseurs. C’est sans doute pour cela qu’il est tombé dans l’oubli ou presque, il n’existe même pas d’édition en DVD.


Claire avait séduit, lors du pince-fesses d’Anne H, un beau grand jeune homme qui s’avéra être un des gros bras du catalan, un VO dans notre jargon. Le lendemain matin je le croisai dans la salle de bain. Ce finaud avait déposé son instrument de travail sur la tablette du lavabo, entre les brosses à dents et les pots de crème des filles. Je l’avais vaguement salué puis nous nous étions retrouvés à la table de la cuisine face à nos bols de café. Mon jeune collègue, très jeune coq, émoustillé, baratinait Émilie tout juste sortie du lit. Vénère une folle envie de lui clouer le bec me pris. J’évoquai devant lui, sans m’adresser à lui, des souvenirs de la grande maison, me livrant à un name dropping des huiles qui le fit blêmir. Il restait coi, sa tartine beurrée pointée au-dessus de son bol. Je bichais, puis changeant de pied, je pianotais sur mon smartphone pour appeler Patrice Gassenbach, le patron de la fédération de Paris du Parti radical valoisien, pour lui parler de l’élection du président de l’UDI. Il me prenait et pêle-mêle, j’évoquais Borloo, Rama Yade, et bien sûr Hervé Morin. C’est à ce moment-là qu’Émilie, encore dans la ouate du sommeil, intervenait ingénument pour me dire que « ce Morin elle l’avait entendu le matin sur radio classique où il tenait une émission sur la musique elle aussi classique ». J’opinais en me marrant. Émilie ajoutait qu’il en parlait bien mais qu’elle ne le trouvait pas très sympathique. Mon jeune collègue ne savait plus où il habitait, coincé qu’il était entre mon Hervé Morin, con comme un bourrin à sulky d’Épaignes, et le Christian Morin d’Émilie plutôt joueur de clarinette sur les bords. Nous voyant pouffer il a levé l’ancre vite fait sans demander son reste. Rétrospectivement je m’en suis voulu, non pas de lui avoir cloué le bec mais de l’avoir mis sur ma piste. J’étais repéré.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 26 octobre 2014 7 26 /10 /Oct /2014 00:09

Cette maxime (1) de François de La Rochefoucauld me donne à penser.


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Albert et son frère Pierre, célibataires, ainsi que Roger veuf depuis peu.link

 

 

Les vieillards, ça me fait penser à Suzanne et les vieillards link


 

« Suzanne a l'habitude de se promener dans le jardin. Les deux vieillards libidineux la désirent. Ils l’observent. Un soir, Suzanne demande à ses servantes de fermer les portes du jardin et d'aller quérir de l'huile et des parfums afin qu'elle se baigne parce qu'il fait chaud. L’occasion est trop belle pour les deux lubriques qui soumettent Suzanne à un odieux chantage : « tu te donnes à nous sinon nous te dénonçons en affirmant que tu étais avec jeune homme… »


 

« Sulfureuse histoire où la belle et jeune Suzanne repousse 2 vieillards libidineux et non le péché de chair : aurait-elle été aussi farouche si la proposition était venue de la bouche d’un jeune tourtereau ?  Tous les ingrédients sont assemblés pour laisser planer sur cette histoire un érotisme torride : le bain, les huiles, la nudité, le désir, la concupiscence, la bestialité… »


 

Ça me donne aussi à penser que doucement avec le temps les vieillards ont laissé la place aux vieux. En 1963, Brel écrira Les Vieux, où il décrit sans complaisance le quotidien des personnes âgées, de leurs diminutions physiques et intellectuelles, qui n'ont pour tout avenir que la perspective de la mort :


 

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s´ensommeillent, leurs pianos sont fermés

Les vieux ne meurent pas, ils s´endorment un jour et dorment trop longtemps.


 

En 1963 j’avais 15 ans et les amies de maman lui disait « Il fait plus vieux que son âge ». Ça me plaisait car j’avais hâte d’être adulte pour entrer de plain-pied dans la vraie vie.


 

Mais les vieux de ce temps-là c’étaient des gens comme ma mémé Marie, usés, cassés, qui touchaient une maigre retraite des vieux travailleurs.


 

Ça me donne encore à penser que presque 50 ans plus tard, les vieux ont laissé place aux seniors qui filent droit vers le 3e âge avant de verser dans la catégorie des personnes âgées dépendantes ou non.


 

Alors, aujourd’hui, alors que je sors doucement de la vie professionnelle, que je suis un senior avec réduction à la SNCF, au ciné…, le plaisir est-il le même de m’entendre dire, à 66 ans, « Tu fais plus jeune que ton âge… » ?


 

Non, car « Vivre, c’est vieillir rien de plus. » comme l’écrit très justement Simone de Beauvoir.


 

Nous ne sommes pas en mesure de faire jouer un quelconque curseur, ce plus vieux ou ce plus jeune n’a pas grand sens sauf à cultiver une harmonie entre la précocité et la vivacité de son corps et celle de son esprit. Bien évidemment j’exclus l’irruption de la maladie ou d’un accident sur lesquels nous n’avons guère de prise même en ayant ce que l’on nomme une bonne hygiène de vie.


 

Mon principe de vie est simple : je vis ma vie comme elle vient sans m’embarrasser du qu’en dira-t-on tel Berthe Bertini, la vieille dame indigne du très beau film de René Allio.


 

La voix off sur le générique de fin résume en quelques mots cette philosophie de la vie :


 

« À bien voir les choses elle vécut seulement deux vies successives, la première en tant que fille, femme et mère ; la seconde simplement en tant que madame Berthe, personne seule, sans obligations, aux moyens modestes mais suffisants.


La première vie dura environ 60 ans ; la seconde pas plus de 18 mois.


Elle avait savouré pleinement les longues années de servitude, les brèves années de liberté et consommé le pain de la vie jusqu’aux dernières miettes… »


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Madame Berthe c’est la mémé type de mon enfance, petit chapeau, petit sac, de noir vêtue, simple et modeste, nous sommes dans les années 50, même vie de servitude, mais au contact de Rosalie serveuse de bar, jeune femme très libre et d’Alphonse, merveilleux Jean Bouise, cordonnier libertaire, des marginaux, madame Berthe consomme le pain de la vie jusqu’à sa dernière miette.


 

Ma mère se prénommait elle aussi Berthe, lorsque mon père mourut prématurément, elle dut travailler à l’usine  de confection de Saint-Julien-des-Landes pour se constituer une retraite. Ce fut dur mais elle se fit de jeunes copines à l’atelier et, sans prendre la liberté de Berthe Bertini, elle profita de la vie, voyagea avec son amie Madeleine Remaud. Juste retour d’une vie de labeur.


 

Alors tout ça pour vous dire que moi, qui ai eu la chance d’avoir une vie avec bien peu de servitudes mais seulement quelques contraintes liées à mes activités, devoir de réserve, représentation, pour mon dernier tronçon je goûte le pain de la vie jusqu’à sa dernière miette avec qui bon me semble en laissant les envieux et les bilieux aboyer.


 

Comme « Vieillir est le seul moyen qu’on ait trouvé pour vivre longtemps »*, mon compte âge ne m’ayant apporté ni un supplément de sagesse et de bonté d’âme, ni un excès de dévergondage, seulement un zeste supplémentaire de liberté, je laisse les bons préceptes et le mauvais exemple aux autres. 

 

* Sainte-Beuve

 

(1)          « La critique contemporaine se montre dans l’ensemble assez peu favorable à la maxime.

 

Non qu’elle adopte le point de vue de Voltaire, aux yeux de qui la réflexion brève n’est au plus que l’ornement d’un plus long discours. Elle ne dénie pas toute vertu  à une littérature du discontinu, bien au contraire : elle accorde à l’aphorisme et au fragment ce qu’elle retire à la maxime, l’authenticité d’un dire originel. » 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 25 octobre 2014 6 25 /10 /Oct /2014 14:15

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Moi quand je lis sous la plume du spécialiste des vins de Bordeaux au journal Sud-Ouest César Compadre ceci « En fait, à la dégustation, de ce hauts-de-pontet-canet 2012 ne correspondrait pas à la typicité d'un vin de Bordeaux. C'est le verdict de Qualisud, organisme qui contrôle les vins pauillacais. En effet - même certains vignerons ont tendance à l'oublier -, obtenir une AOC (c'est le cas pour environ la moitié de la production viticole française) n'est pas un dû. Elle se gagne sur les terrains de la qualité et de la typicité, avec parfois une remise en cause annuelle. » je monte immédiatement sur mes petits chevaux et je sabre.


La typicité est un concept industriel qui n’a jamais été défini par ceux qui la mette en avant  lire « C’est typique » 20/02/2006 link


La dégustation versus CAC, et même sur le principe, m’est toujours apparue comme antinomique du concept même de l’appellation qui garantit l’origine mais n’est en rien un signe de qualité. Je m’en suis suffisamment expliqué sur mon espace de liberté pour y revenir.


Sur le chemin du retour d’Aÿ Le sieur Dupont m’emboîtait le pas.


C’était mêlée ouverte sur la Toile.


Les Rouletabille enquêtaient et surfaient sur le buzz.


Moi j’en apprenais de bien belles en commentaires :


« Jacques,


Pour la dégustation de Qualisud, les dégustateurs sont payés 100 Euros par demi-journée qui correspond à une séance de dégustation. C'est la raison pour laquelle beaucoup de personnes, ayant des difficultés financières (presque pauvres chez les vignerons de base) mais peu qualifiées se font nommer pour avoir cet argent qui est un revenu non négligeable. De plus chez les négociant, souvent on envoie des employés même administratifs (homme ou femmes, souvent femmes car leur salaire est moindre) car les dirigeants ne veulent pas perdre leur temps mais avoir l'air de contribuer au système. Ces employés de négociants sont contents du système car cela leur procure une demi-journée de relaxe.

Une vraie mascarade. Mais en plus les dirigeants de Qualisud défendent le système puisqu'ils en vivent... »


Le directeur de QualiBordeaux me harcelait et me sommait d’apporter des preuves. Pourquoi ne le faisait-il pas auprès de César Compadre qui, dans cette affaire, était le seul à blâmer.


Cependant mon pif d’ancien direcab. habitué aux situations de crise me poussait à enquêter sur cette affaire pour en avoir le cœur net.


J’appelai donc mes gorges profondes du sérail qui me répondirent qu’en effet il y a à peu près 3 semaines  ils avaient reçu un courrier d’Alfred Tesseron qui leur indiquait que son second vin serait vendu sous la dénomination vin de France. Il estimait dans cette lettre être la victime de ses choix qui ne plaisent pas à tout le monde. Dégusté ce vin est déclaré bon par mes interlocuteurs, ce n’est pas une bombe mais un vin sans artifice. Donc aucun problème commercial.


Bien évidemment j’avais aussi envoyé un e-mail à Alfred Tesseron pour qu’il réponde à mes questions et j’avais aussi  jeté mes lignes dans des eaux plus poissonneuses. Bref,  je faisais le métier de journaliste que je ne suis pas.


De source sûre, je retire de mon enquête qu’il n’y a eu aucun acte de déclassement de la part de Qualisud sur Pontet Canet.


Le détail de l’affaire, que je détiens, relève du secret professionnel et ma vieille pratique du devoir de réserve fait que je n’irai pas au-delà de cette information. Sans doute le raconterais-je un jour, à la veillée, à mes jeunes copines, devant un feu de bois un verre de hauts-de-pontet-canet 2012 à la main.


Alfred Tesseron a fait délibérément le choix de Vin de France pour son hauts-de-pontet-canet 2012, c’est son droit le plus strict, tout comme celui de ne pas le motiver. Sans interpréter sa pensée je pense qu’il y a de sa part une forme de « bras d’honneur » au système.


Je profite de cette chronique pour transmettre à l’ami Bruno Kessler les excuses de Jacques Dupont , dont la plume a fourché entre 2 cahots du TER, il  ne voulait en rien dévaloriser la catégorie Vin de France, fort honorable pour lui, qui accueille beaucoup de refusés du système qui valent bien les soupes agréées par les OC...


La morale de cette histoire est limpide : certains journalistes ne font plus leur boulot et la prochaine fois je ne prendrai pas pour argent comptant leurs infos.

 

PS. l'avantage de poster une chronique un samedi après-midi c'est que les Bordelais sont àn Ferret et je ne risque pas d'être enseveli sous leurs commentaires

 

Important, je n'ai eu aucun contact avec Qualisud...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 25 octobre 2014 6 25 /10 /Oct /2014 00:09

Mauro Bochicchio est un italien de Paris, un vrai lui, qui organise des dîners à 4 mains. Cette semaine c’était avec les chefs Luca Abbruzzino et Domenico Cugliandro au restaurant Café ARTCURIAL à Paris.link


Con la squadra del Ristorante “Antonio Abbruzzino - Alta Cucina Locale” à Catanzaro link : Luca Abbruzzino Abbruzzino Antonio Matteo Morello e Mauro Bochicchio (l'homme à l'écharpe)


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Ma maîtrise de la langue de Dante ne me permettant pas de rédiger cette chronique en italien et ne m’étant pas enocre découvert sur le tard une vocation de critique gastronomique je vais me contenter de vous faire part lors de ce dîner d’une vraie découverte, d’un dessert rare, extraordinaire : Yogurt di bufala, nocciole, fois gras e vino rosso.


Dans la haute-cuisine italien, d’ordinaire ce ne sont pas les desserts qui me branchent, voir ICI link mon addiction pour les pâtes.


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Les « fusilli di Gragnano fatti a mano, nduja, peccorino e ricci di mare» m’ont bien sûr séduit mais le dessert Yogurt di bufala, nocciole, fois gras e vino rosso était permettez-moi l’expression un poil vulgaire à se taper le cul par terre !


Du grand style, l’œuvre du jeune chef pâtissier del Ristorante Antonio Abbruzzino Matteo Morello.


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Bravissimo !


Face à notre ravissement Mauro, en privilégiés que nous sommes, avons eu droit, comme pour les grands airs d’opéra, à un bis de Matteo Morello.


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Hommage aussi au superbe dessert de Domenico Cugliandro : Montebianco di castagne


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Le détail du dessert hors du commun de Matteo Morello :

-        Yaourt de bufflonne

-        Sorbet au yaourt de bufflonne

-        Noisettes grillées

-        Sablé à la noisette

-        Crème de foie gras

-        Émulsion de vin rouge

-        Marjolaine


Francesco Cilea est un compositeur italien né le 23 juillet 1866 à Palmi (région de Calabre. Adriana Lecouvreur est un opéra en quatre actes, musique de Francesco Cilea, livret de Arturo Colautti, d'après la pièce d'Eugène Scribe, Adrienne Lecouvreur (1849). Créé à Milan, au Teatro Lirico, le 6 novembre 1902.

 

Mirella Freni est née à Modène en Émilie-Romagne, dans une famille ouvrière. Sa mère travaille à la fabrique de cigarettes avec la mère de Luciano Pavarotti. C’est une immense soprano.

 

Maria Callas que l'on ne présente pas...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 09:30

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Sur la Toile, certains glosent, d’autres en son réduit à des conjectures, sur les raisons qui ont conduit le comité de dégustation de Qualisud à retoquer  les Hauts de Pontet 2012, moi je me contente de consulter le cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « PAUILLAC » homologué par le décret n° 2011-1746 du 1er décembre 2011, JORF du 4 décembre 2011 pour y trouver la doctrine de référence sur  la qualité et de la typicité des vins de l’AOC Pauillac.

 

Lecture fort intéressante et édifiante comme vous pourrez le constater...


Du côté des contrôles c’est encore  plus succinct, c’est de la cuisine interne qui n’est sans doute pas à notre portée sauf sans doute celle de blogueurs qui se targuent d’être de hauts connaisseurs du vin et qui nous tartinent leur science en long en large et en travers.


C. ― CONTRÔLES DES PRODUITS


Vins non conditionnés. Examen analytique et organoleptique de tous les lots.

 

Vins conditionnés. Examen analytique et organoleptique.

 

Vins non conditionnés destinés à une expédition hors du territoire national. Examen analytique et organoleptique de tous les lots. 


Pour obtenir plus de renseignements sur le fameux examen prière de s’adresser à Qualisud 15, avenue de Bayonne 40 500 Saint SEVER Tél : (33) (0)5.58.06.15.21 Fax : (33) (0)5.58.75.13.36

Courriel : contact@qualisud.fr

Cet organisme de contrôle est accrédité conformément à la norme 45011et agréé par l’INAO.

Le contrôle du respect du présent cahier des charges est effectué par un organisme tiers offrant des garanties de compétence, d'impartialité et d'indépendance, pour le compte de l'INAO, sur la base d'un plan de contrôle approuvé.

Le plan de contrôle rappelle les autocontrôles réalisés par les opérateurs sur leur propre activité et les contrôles internes réalisés sous la responsabilité de l'organisme de défense et de gestion. Il indique les contrôles externes réalisés par l'organisme tiers ainsi que les examens analytique et organoleptique.

L’ensemble des contrôles est réalisé par sondage. Les vins non conditionnés font l’objet d’un contrôle analytique et organoleptique systématique.

 

 

LIRE  CONSEIL DES AGREMENTS ET CONTROLES de l'INAO

DIRECTIVE

Commission chargée de l'examen organoleptique

CAC - 2007 – 02 DATE : 4 octobre 2007 link

 

La version 2013 de ce monument est sur le site de l'INAO : prière de la chercher vous-même je n'ai pas le temps link.

 

Lire aussi :


Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC une vieille chronique de 2008 link

 

 

Patrick Beaudouin DIRECTIVE INAO/CAC SUR LA DEGUSTATION D’AGREMENT DES VINS link

 

 

X. ― Lien avec la zone géographique


1°- Informations sur la zone géographique


a) - Description des facteurs naturels contribuant au lien


Dans le département de la Gironde et dans la partie centrale de la presqu’île du Médoc, à 50 kilomètres au Nord de Bordeaux sur la rive gauche de l’estuaire, la zone géographique de production de l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac » correspond au territoire de la commune de Pauillac ainsi qu’à une partie du territoire des communes de Cissac-Médoc, Saint-Estèphe, Saint-Julien Beychevelle et Saint-Sauveur.


Cette appellation, qui s’inscrit dans le contexte d’un climat océanique tempéré, bénéficie de facteurs climatiques favorables à l’établissement d’un grand vignoble par l’effet thermique régulateur engendré par la présence des eaux de l’Océan Atlantique et de la Gironde. Le climat océanique, accompagné certaines années de quelques dépressions automnales pluvieuses ou, au contraire d’arrière-saisons chaudes et très ensoleillées, est à l’origine d’un effet millésime marqué. Mais les principales caractéristiques de cette région sont surtout associées à la géologie typique de ce bassin sédimentaire, à l’histoire géologique originale de ses sols, au modelé et à la topographie, ainsi qu’aux composantes pédologiques actuelles de ses terres à vignes.

 

La géologie de la commune de Pauillac correspond à l’extension de terrasses graveleuses disposées parallèlement à l’estuaire de la Gironde, à des altitudes variant de 3 à 30 mètres. Ces terrasses d’âge quaternaire et d’une épaisseur de l’ordre d’une dizaine de mètres en moyenne, recouvrent presque totalement les marnes et calcaires de l’éocène et de l’oligocène sur lesquels elles reposent. Perpendiculairement à l’axe de l’estuaire, les terrasses ont été disséquées par un réseau hydrographique dense affluent de la Gironde : les « esteys » et les « jalles ». Sur l’ensemble du territoire, les zones de dépressions sont souvent comblées de sables éoliens (Sables des Landes). En bordure de l’estuaire, les alluvions récentes appelées localement « palus » complètent la diversité des formations rencontrées. Ainsi les sols de graves plus ou moins sableuses des croupes dominent les sols sableux sur argiles des dépressions et les argiles grises et noires des « palus » et marais.


Par l’étagement en terrasses disséquées, le territoire de Pauillac jouit d’un modelé de croupes de graves particulier et reconnaissable. Le moutonnement et le nombre important des croupes confèrent au territoire une morphologie unique et propice, par les expositions, la proximité de l’estuaire et les propriétés drainantes des sols, à la naissance d’une viticulture de très haute qualité. De grands axes de dissection isolent le territoire de ses voisins et coïncident avec les limites administratives de la commune à de rares exceptions près.


Les paysages de Pauillac se déclinent en trois principaux systèmes de croupes viticoles de tailles variables : la plus étendue dans la partie méridionale de la commune où l’on trouve les hameaux de Saint-Lambert et Bages est limitée au Sud par le vallon de Juillac, qui correspond également avec la limite administrative de Saint-Julien-Beychevelle, et au Nord par le vallon du Gaêt ; ce dernier isole la plus réduite dans la partie centrale de la commune structurée autour du hameau d’Artigues ; la croupe septentrionale organisée autour du hameau du Pouyalet est limitée au Nord par le chenal et le marais de Lafite qui coïncident avec la limite entre les communes de Pauillac et Saint-Estèphe. La ville et le port de Pauillac sont situés en contrebas de ces croupes sur la rive de l’estuaire.

 

b) – Description des facteurs humains contribuant au lien


Comme dans le reste du Médoc, les premières traces de vignes à Pauillac datent de l’Antiquité pendant l’occupation romaine. Cependant, la région comprenait alors de nombreux marécages. La particularité du lieu tient ici dans l’établissement d’un port dont la première activité a été le commerce du bronze. Et c’est autour de ce lieu d’échanges commerciaux que le vignoble va se développer et attirer des investisseurs.


Ce n’est véritablement qu’au milieu du XIIIème siècle que les premiers foyers viticoles se développent. Les plantations s’étendent progressivement et au XVIIème siècle, les anciennes seigneuries deviennent peu à peu des propriétés de la noblesse de robe bordelaise. L’influence des Hollandais concourt au drainage ce qui permet une mise en culture de secteurs inexploités jusqu’alors. Ils sont également à l’origine de la constitution des grands domaines viticoles dans cette région. A partir du XVIIIème siècle, l’évolution est rapide. Les constructions se multiplient, les techniques s’améliorent. Les nouvelles plantations se font exclusivement avec des « cépages à petits grains » : le cabernet-sauvignon N surtout, mais aussi les carmenère N, cabernet franc N, petit verdot N, cot N et merlot N.


Pauillac devient alors le plus important port des vins du Médoc, véritable porte d’entrée et de sortie de toute la production vinicole. Au début du XIXème siècle, des négociants et des courtiers investissent dans plusieurs propriétés. Si aujourd’hui la ville dispose surtout d’un port de plaisance, au XIXème et au XXème siècles, Pauillac est le siège d’industries lourdes (hauts fourneaux, raffinerie de pétrole) et une porte ouverte sur le monde car c’est l’une des escales des grands transatlantiques à destination de l’Amérique du Sud.


Au début du XXème siècle avec la mise en place progressive du concept d’appellation, la définition de l’appellation « Pauillac » est d’abord judiciaire. Et c’est en vertu des usages « locaux, loyaux et constants » que le jugement du tribunal de Lesparre du 29 novembre 1926 octroie le droit à l’appellation « Pauillac » à certaines parcelles des communes de Cissac-Médoc, Saint-Estèphe, Saint-Julien-Beychevelle et Saint-Sauveur car elles appartenaient historiquement à des crus classés de la commune de Pauillac. Par la suite, le décret de l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac » publié le 14 novembre 1936 reprend ces dispositions.

 

Le vignoble de Pauillac s’étend aujourd’hui sur près de 1 250 hectares où se côtoient encore d’une part les grandes propriétés à la renommée mondiale qui exploitent 90 % du vignoble et d’autre part une soixantaine de petites exploitations fréquemment en métayage et structurées autour d’une cave coopérative qui depuis 1933 fédère les petits vignerons pauillacais.


Le vignoble d’appellation « Pauillac » produit en moyenne 55 000 hectolitres de vins rouges tranquilles.


 2°- Informations sur la qualité et les caractéristiques du produit


Les vins de « Pauillac » sont de couleur très soutenue. Ces vins sont puissants et charpentés notamment grâce à l’assemblage où le cabernet-sauvignon N est particulièrement dominant. La structure tannique qui en découle confère à ces vins une aptitude au vieillissement remarquable. Néanmoins, le merlot N reste présent afin d’apporter rondeur et fruit. La structure et la complexité sont renforcées par le cabernet franc N voire plus rarement le petit-verdot N. Après un long vieillissement, ces vins développent un bouquet d’une grande complexité.

 

Le mode de conduite du vignoble, à travers une densité réelle bien au-delà des 7 000 pieds par hectare exigés par le cahier des charges de l’appellation, permet d’obtenir grâce à des rendements maîtrisés, des raisins très mûrs, sains et très concentrés. Les macérations très longues et des extractions importantes sont ainsi possibles pour obtenir la structure nécessaire au vieillissement. De ce fait, un élevage, fixé à au moins six mois, est indispensable pour favoriser les combinaisons tanins-anthocyanes nécessaires à la stabilisation de la couleur et à l’enrobage des tanins perdant ainsi leur dureté.


3°- Interactions causales


Dans le respect des usages déjà transcrits dans le décret définissant l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac », l’aire parcellaire de production délimite les parcelles dont la nature des sols est graveleuse ou sablo-graveleuse à condition que la teneur en sable fin, généralement d’origine éolienne, soit assez faible et que la perméabilité des sols soit correcte. Les sols de Pauillac font partie des terres de prédilection du cabernet-sauvignon N mais le merlot N s’y exprime également très bien. Par contre, les parcelles situées sur alluvions modernes, sur placages de sables éoliens importants ou mal drainées car situées sur sous-sol imperméable sont exclues de l’aire parcellaire de production. Il en va de même des parcelles artificialisées, bâties ou exploitées en gravières. La conduite du vignoble est très sélective par un écartement entre les rangs limité et une charge maximale à la parcelle et au pied de vigne maîtrisés.


La qualité et la typicité des vins de l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac » trouvent leurs racines dans la nature des sols et leur situation topographique à proximité de l’estuaire qui protège le vignoble des excès du climat.

 

Dès les débuts de la commercialisation sur le marché londonien des « New French Clarets », au XVIIIème siècle, les vins de Pauillac sont parmi les plus reconnus. En 1787, la hiérarchie des crus établie par Thomas Jefferson, affiche les châteaux Latour et Lafite parmi les premiers crus. Plus encore que dans les autres appellations viticoles de la presqu’île du Médoc, les crus de la commune de Pauillac ont fait l’objet d’une grande reconnaissance par les différents classements de propriétés entrepris depuis la fin du XVIIème siècle. Avec aujourd’hui 18 crus classés (dont les premiers Lafite-Rothschild, Latour en 1855 et Mouton-Rothschild en 1973), cette commune compte le plus grand nombre de crus classés.


Par son port, dont l’activité commerciale historiquement diversifiée a permis le développement, et par sa situation géographique présentant les meilleures dispositions pour l’expression des cépages du bordelais et principalement du cabernet-sauvignon N, le territoire de Pauillac a fédéré des générations de viticulteurs puis d’investisseurs qui se retrouvent et s’identifient dans l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac ». La notoriété et la renommée mondiales de toutes les prestigieuses propriétés de ce territoire sont à l’origine et contribuent grandement à celles de l’appellation et de la région de Bordeaux.

 

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Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 00:09

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Tout est parti d’une bonne question de bar en sirotant une bière : pourquoi les pignons sont-ils si chers ?


Moi dès qu’on me parle pignon je pense illico à François Pignon le héros du dîner de cons de Francis Veber link : le regretté Jacques Villeret.


Le vocabulaire de la langue française est riche et le mot pignon n’échappe pas à la règle puisque :


-        En mécanique, un pignon est une roue dentée utilisée pour la transmission de puissance à travers un mécanisme. C'est la roue dentée qui a le plus petit nombre de dents. Le pignon fixe fait fureur sur les urban cycle en ce moment.


-        En architecture, un pignon est un mur en forme triangulaire soutenant les pannes et le faîtage d'une charpente.


-        En botanique : Pignon, un des noms du pin parasol (Pinus pinea) ; le pignon (ou pignon de pin) désigne surtout les graines (également appelées pignes) de cet arbre ainsi que celles d'autres pins.


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Donc le pignon est la graine de forme oblongue et de couleur ivoire à la coquille dure, qui se développe sous chaque écaille du cône du pin parasol (pin pignon). Ce cône est appelé pomme de pin ou parfois pigne. Ce n’est pas un fruit au sens strict (botanique) du terme.


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Les hommes, toujours soucieux de leur virilité, au temps des Grecs et des Romains, croyaient aux propriétés aphrodisiaques des pignes et en consommaient avec du miel et des amandes au coucher pour fortifier leurs ardeurs.


Le pignole ou pignolat au Moyen Âge, était une friandise à base d’amandes, de pistaches, de pignons et de sucre, l’ancêtre du nougat.


Mais revenons à la question pourquoi les pignons sont-ils chers ?


Réponse très complète d’un blogueur :

 

« Les pignons sont souvent difficiles à extraire : entouré d’une coque dure, le pignon est logé entre les écailles des pommes de pin. Elle s’extrait naturellement lors des fortes chaleurs qui font rétracter puissamment les fibres, écartant les écailles.


Mais les pins méditerranéens se sont adaptés au feu, et les meilleures graines n’arrivent très souvent à être naturellement extraites que sous la chaleur de la flamme. Tel est le cas avec les pins du groupe halepensis.


Chez le pin pignon, une seule pomme contient de 20 à 100 graines, mais certaines pignoles (pignons, dans le midi) sont tellement petites qu'il en faut en moyenne 1 400 pour obtenir 500 g de pignons.


Les pins à pignons poussent dans des terrains où peu d’autres plantes poussent. C’est ce qui en fait leur intérêt, mais d’un autre côté, ces espaces difficiles interdisent souvent une véritable culture avec fertilisation et cueillette mécanique. Du coup, l’exploitation est manuelle et donc le pignon est assez coûteux.


Enfin, même si les pins sont de croissance assez rapide, compte-tenu des conditions difficiles du milieu, il faut tout de même entre 15 et 25 ans d’attente, suivant les espèces, pour obtenir des pignons, sachant que ces arbres ne deviennent vraiment productifs commercialement parlant qu'à partir de soixante à soixante-dix ans ! »


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Tout sur le pignon de pin : link


Rappelons aussi que le pignon entre dans le célèbre pesto à base de basilico genovese, d'huile d'olive, d'ail et de fromage râpé (pecorino romano et/ou parmigiano reggiano)


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Enfin : Pignons de pin dans l'alimentation : Prudence


Certains pignons de pin consommés dans l'alimentation peuvent provoquer une sensation très désagréable dans la bouche appelée disgueusie.


La disgueusie


La disgueusie est une modification voire une disparition du goût accompagnée d'un goût très amer dans la bouche, pouvant apparaitre dans les 24 heures et se prolonger pendant plusieurs semaines, parfois même jusqu'à 70 jours.link


Les pignons sont riches en acides gras polyinsaturés, leur huile est évidemment très prisée mais pour les graines le temps est leur ennemi car les graines finissent par devenir rances. Placez les pignons dans un endroit frais, sec et à l'abri de la lumière…


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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 11:03

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« Cela doit faire deux ans que je n’ai pas produit un commentaire de dégustation sérieux. Je ne suis pas le seul : de plus en plus de commentateurs font l’économie de ces descriptions organoleptiques, qui se voudraient parfois précises comme des équations mathématiques. Les arômes de griottes, de poire Comice, de sous-bois à l’aube ou de cuir de Russie, on n’en a cure.


 

Ces commentaires souvent un peu pompeux, qu’on les écoute religieusement ou qu’on les lise sur un revers d’étiquette, n’ont en fait qu’un seul dessein : en imposer, impressionner son auditoire ou son lectorat, pour, finalement, justifier sa position d’expert. Mais, essentiellement, c’est du bluff. »

 

Antonin Iommi-Amunategui link


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Lire Vin : le grand bluff des commentaires de dégustation link

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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 00:09

J’ai vu le Calce d’avant la révolution Gauby, au temps où la viticulture catalane vivait les dernières heures de la petite rente des vins doux naturels gérés par une Interprofession calcifiée (sans jeu de mots) le CIVDN dont l’un des vice-présidents était le président de la coopé de Calce Jean-Claude Balmigère.


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J’ai donc emprunté la D18 qui « s’enfonce en grimpant au flanc d’un vallon de plus en plus étroit et aride peuplé de vignes en terrasses, de buissons de romarin et de caillasses. Le village apparaît. Sage, propret et fleuri, il s’étage au dos de la colline tout recroquevillé qu’il est à l’abri de la tramontane […]   Glaïeuls sauvages, orchidées, euphorbes, figuiers, cyprès et chênes verts, du thym, de la lavande, du ciste… Puis du grenache gris, du carignan, du mourvèdre, que sais-je encore ? »


 

C’est le local de l’étape, Michel Smith, qui l’écrit dans la revue 180°C « Calce village de vignes et de cailloux »


Michel nous conseille, à juste raison, « d’abandonner la D18 sur les hauteurs de Baixas (prononcer Bachasse) pour suivre à pied une route parallèle inégalement goudronnée, le plus souvent réservée aux viticulteurs et aux chasseurs… » note-t-il, à défaut d’ajouter que c’est sur cette sente que le Préfet Bernard Bonnet, alors préfet des PO, venait faire du VTT pour rejoindre sa mie, femme du colonel M, avant de s’en aller sur l’Île de Beauté afin de faire cramer la paillotte chez Francis par la main du colonel M.


Belles photos, bel article, de la belle ouvrage, un beau reportage  de bon vignerons « qui ont toujours eu cet instinct qui les fait se tourner vers des vignes au physique dur, brûlées par le soleil ardent, fouettées par des vagues de tramontane, transies par le climat froid et vif d’une terre tournée vers le Nord. »


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À lire absolument dans :


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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 10:50

César Compadre du journal Sud-Ouest link me fera toujours rire à propos de sa conception de l’AOC, en effet il y a chez lui une forme de comique de répétition dans l’erreur. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, ultra-majoritaires malheureusement, ce n’est qu’un label délivré par un comité tarte molle. Un banal signe de qualité comme le label rouge. Je le cite :


« En fait, à la dégustation, de ce hauts-de-pontet-canet 2012 ne correspondrait pas à la typicité d'un vin de Bordeaux. C'est le verdict de Qualisud, organisme qui contrôle les vins pauillacais. En effet - même certains vignerons ont tendance à l'oublier -, obtenir une AOC (c'est le cas pour environ la moitié de la production viticole française) n'est pas un dû. Elle se gagne sur les terrains de la qualité et de la typicité, avec parfois une remise en cause annuelle. »


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Ben voyons messieurs : la typicité d’un vin de Bordeaux, il faudra un jour m’expliquer ce que c’est ? En l’occurrence, il s’agit d’un Pauillac mais mieux vaut mettre tout le monde dans le même tonneau à Bordeaux !


Autre perle de CC « On note aussi qu'il n'existe pas d'exemple de grand vin vendu durablement sans l'appui d'une AOC. Elles se construisent depuis plus d'un siècle et inspirent confiance. Les grands noms de châteaux ont des notoriétés bien plus récentes. »


Faut sortir de Bordeaux monsieur Compadre, s’aérer et observer les tendances des marchés de valeur. L’écoulement des vins de Bordeaux labellisés AOC ça a un petit air d’IGP…. même le co-gérant de la Romanée-Conti fait du Vin de France dont le prix ferait rêver les Bordeaux agréés par Quali-Bordeaux... 


Bref, hormis mon ironie facile à l’égard de CC, tout ce petit biseness de la dégustation, ici organisée par Qualisud, et effectuée par des jurys de cinq personnes (technicien, producteur, négociant, courtier), volontaires et non rémunérées, est la meilleure méthode pour amplifier l’uniformisation des AOC. C’est inepte et c’est la démonstration par l’absurde du dévoiement de ce concept.


La seule bonne nouvelle dans cette affaire c’est que la catégorie Vin de France, dont je suis dans une certaine mesure le géniteur, récupère un beau fleuron avec le second vin de Pontet-Canet… et que le négoce et les acheteurs n’en ont rien à taper de l’avis de la commission Théodule… La marque c’est bien connu prime l’AOC : prière de s’adresser à Norbert le Forestier grand expert en la matière auprès du Comité National de l’INAO. Vu de mon point-de-vue il n'en a rien à péter de l'AOC...

 

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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 00:09

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Tout s’achète et tout se vend tout, ou presque, sur la Toile, c’est pratique, le cul sur sa chaise, face à son écran, en quelques clics l’affaire est bouclée. Pour les billets de train ou d’avion pas de problème de livraison, notre imprimante ou même notre smartphone s’en chargent.


 

Le succès d’Amazon avec les livres (j’achète les miens en librairie) tient à la rapidité mais aussi à la livraison postale d’un produit léger. La boîte aux lettres est à la bonne dimension  alors que pour un produit pondéreux comme le vin il faut être présent chez soi pour la livraison. C’est un véritable goulot d’étranglement, si je puis dire, la logistique du dernier kilomètre en ville avec les problèmes de stationnement, de disponibilité du client à être chez lui pendant une large plage horaire, le coût, sont des freins à l’essor de ce type de vente.


 

Alors, lorsque la vieille dame permanentée, toujours aussi poussive, parle de boom de la vente de vin en ligne link, elle ne voit vraiment pas plus loin que le bout de son nez confondant une simple translation de la prise de commande via le Net et une véritable  révolution. La part de marché du Net, certes conséquente, n’a rien d’extraordinaire, d’autant plus que les plus gros sites de ventes sont aussi présents physiquement avec des magasins ou sont des généralistes qui ont ajouté le vin à leur offre Ventes Privées et Cdiscount bâtis sur le modèle GD. Enfin, cette même GD emboîte la tendance et ouvre des sites de vente via Internet, c’est le cas de système U.


 

En clair, l’Internet ne s’avère qu’un nouveau canal de vente pour le vin qui, en première analyse, ne semble pas avoir contribué, sur le marché domestique, à créer de nouveaux consommateurs, ou de façon très marginale, et à étendre la part de marché du vin. Une étude sérieuse serait la bienvenue pour donner des indications aux vignerons et aux négociants afin qu’ils puissent mieux orienter leur commerce.


 

Pour l’heure nous vivons dans une forme d’incantation où ceux qui vivent ou espèrent vivre sur le dos des producteurs de vin surfent sur l’affirmation que le Net est un eldorado pour eux.


 

Sans faire de jeu de mots : il ne s’agit là que d’un gros tuyau dans lesquels il est facile de faire circuler de l’info à destination de chalands mondiaux. C’est la force de l’Internet : sa mondialisation, sa fluidité, son instantanéité, permettant d’aller draguer dans des eaux où le marché se développe, s’étend. Essentiellement hors de nos frontières.


 

Mais le petit monde de la Toile du vin est franchouillard, ne s’intéresse qu’à une petite partie de son marché domestique,  celui des mateurs tout aussi peu poussif que l’ensemble. Le jeu consiste à déshabiller Paul pour habiller Jacques sans le plus petit effet sur l’extension du domaine du vin. Tout le monde broute dans le même pré, c’est de la surpâture où les conseilleurs se bousculent auprès d’une poignée de consommateurs dit amateurs pour les orienter vers leurs clients. Les critiques marnent pour les foire aux vins, organisent des salons, sont en cheville avec des sites de vente.


 

Le Net, en France, n’a pas généré d’approche nouvelle du consommateur, buveur de vin ou non buveur, nos chers blogueurs ou adeptes de Face de Bouc ne s’adressent qu’à leurs paroissiens, ça suffit à leur bonheur mais ça ne fait pas celui des vignerons ou des négociants en quête de nouveaux consommateurs. Cet entre soi permet de se réconforter, de produire des discours conformistes ou soi-disant décoiffant sur les nouveaux marronniers du Net : les vins natures par exemple qui sont sans doute ceux qui créent le plus de nouveaux consommateurs.


 

Les agités du Net proclament « j’aime le vin ! » mais j’ai une certaine inclinaison à penser que c’est d’abord pour leur pomme et non pour le profit de ceux qui le font ce vin. Je m’explique : le Net a-t-il créé de la valeur pour le vigneron ? En clair, a-t-il permis au vigneron de mieux valoriser sa production ? Pour certains oui sans doute en leur permettant d’accéder d’une manière plus aisée et plus rapide au marché, mais pour la grande majorité la tendance est à l’uniformisation et au tassement des prix quel que soient les réseaux de distribution. Le surfeur du net sait faire marcher sa calculette comparative.


 

Bref, lisez-moi bien, je ne suis pas en train d’écrire que le Net n’apporte rien de neuf au marché du vin, bien au contraire je suis même persuadé que c’est un canal extraordinaire de diffusion mais à la condition de sortir de notre petit ronron bien de chez nous, d’utiliser la force du Net en investissant sur le long terme, prioritairement sur les marchés en croissance, c’est-à-dire en semant du contenu solide, original, pas de la communication formatée, des discours éculés, usés jusqu’à la corde. L’imagination n’est vraiment pas au pouvoir dans notre étroit marigot du vin !

 

La presse du vin qui ne vit plus depuis longtemps, et plus encore que la généraliste, de son lectorat, grappille l’intérêt des amateurs en leur infligeant des sujets dont l’intérêt ne dépasse guère la frontière de la recherche d’annonceurs. Je me demande d’ailleurs pourquoi des gens continuent de raquer pour un contenu aussi pauvre.

 

Prenons le cas de la RVF, qui adore les notes et les classements, qui nous fait un inestimable cadeau en nous gratifiant d’un article sur les meilleurs sites de vente par internet mais omet, pour des raisons compréhensibles, de faire référence à château-on-line site historique qui n’a jamais été rentable et qui est tombé entre les mains des petits prédateurs de 1855.

 

Je cite :

                                                                                                           « « Le boom de la vente de vin en ligne n’est plus un mythe : ce marché est incontournable. Dans le monde, 5 % des ventes de vin se font en ligne, selon l’étude e-Performance Barometer 2013.

 

Et cette tendance est encore plus marquée en France. Dans l’Hexagone, la vente de vin en ligne représentera un chiffre d’affaires de près de 900 millions d’euros en 2014, soit 8 à 10 % de l’ensemble des ventes nationales de vin.


 

Ce marché devenu terriblement concurrentiel réunit plus de 350 sites français d’e-commerce de vin. La frontière initiale entre les "pure players", uniquement sur le web, et les "click and mortar", également présents dans le "monde réel" avec des magasins, tend à s’effacer. En revanche, différents métiers s’affirment et redessinent le paysage du vin sur la Toile. »


 

Tous ensemble, têtes baissées, c’est la ruée dans l’océan rouge de la vente du vin sur la Toile, on baptise allègrement start-up des boutiques créées par de jeunes gens qui se contentent de faire financer leur business par des braves acheteurs qui payent d’avance des box qui ne cassent pas 3 pattes à un canard et qui, à l’instar de 1855, lèvent des fonds pour assurer disent-ils leur fabuleuse croissance. Moi je veux bien tout ce que l’on veut mais je ne suis pas convaincu, ni de la novation, ni du modèle économique. Je ne mettrai jamais un rond dans ce genre d’affaires, non par peur du risque mais parce que j’estime qu’elles n’apportent pas un + aux vignerons qui ont bien plus d’intérêt à investir sur le net, seul ou groupés, pour trouver des marchés. Sous les bonnes intentions des promoteurs se planquent un « tout pour notre gueule » qui n’est pas à la hauteur  des enjeux et des défis.

 

 

Pour autant je le répète, je ne suis pas en train d’écrire que la vente en ligne de vin n’a pas d’avenir mais je demande d’analyser son développement sous un angle économique et non pas, comme ce fut le cas la semaine passée, sous la forme de « oh que c’est beau et bon de vendre du vin sur le Net, venez, venez, braves vignerons, négociants modernes, nous sommes là pour vous conseiller, vous guider, pour notre plus grand profit… »


 

Je force à peine le trait, la conférence de presse Figaro-Vin – Sowine qui a mis en transe le petit monde des blogueurs, des facedebookeurs, des twitteurs, m’a laissé sans voix. 


 

Qu’un site tel que Figaro-vin link fasse sa promotion pour séduire les annonceurs comme nous l’avait seriné Etienne Mougeote lors de sa création ou qu’une agence de communication comme Sowine link fasse la sienne pour séduire ses clients potentiels, rien de plus normal, mais quant à s’extasier sur la merveilleuse saga du vin sur le Net au travers d’un sympathique sondage il y a un pas que je ne franchirai pas.


 

Si certains blogueurs ou adeptes de face de Bouc et de twitter se contentent de n’être que des haut-parleurs, à très bas bruit d’ailleurs, de ce que leur donne en pâture des communicants, leur crédibilité ne dépassera guère celle des bateleurs de foire exposition vantant les derniers avantages du fil à couper le beurre.


 

Réflexion de vieux ronchon me rétorquera-t-on !


 

J’assume pleinement ce statut dans la mesure où mon intérêt pour le vin ne se borne pas à une passion mais est lié à ce qu’il représente pour un vieux pays comme le nôtre si enclin au défaitisme : l’avenir. Ma préoccupation est essentiellement tournée vers ceux qui font, ceux qui, au fin fond de leur terroir, créent de la valeur, la fixent. Celles et ceux qui disent être en mesure de leur vendre des services doivent intégrer que ceux-ci doivent générer de la valeur et non pas qu’ils se contentent de capter celle-ci sur des marges déjà pas très épaisses.


 

Depuis 10 ans  que je poste sur le Net je n’ai jamais eu l’occasion de saluer en France une success story dans l’Internet du vin  et je le regrette… Mais patience et longueur de temps peut-être vivrais-je assez vieux pour voir s’éclore une vraie start-up du vin mais ce ne sera pas, j’en suis certain, un petit ballon dégonflé

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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