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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 00:31

Les femmes sauvagines, et Sylvie Brejoux était de celles-là, possèdent un sens animal exacerbé, leur corps entend, leur corps renifle, leur corps vibre, leur corps tel un regard aigüe vous perce à jour. Notre corps à corps s'alanguissait et, sentant que je lui échappais, que j'étais ailleurs, la sauvagine se raidissait, posait ses mains sur mes épaules en écartant son buste pour me toiser. Très mec qui ne s'en laisse pas compter je la maintenais par les hanches collé à moi. Elle riait sans chercher à se libérer de mon emprise. M'ébourriffait les cheveux. " Tu es un type qui contrôle tout, toi. Je le sens. N'importe qui d'autre m'aurait déjà passé la main au cul et culbuté. Toi, tu donnes juste ce qu'il faut. Pas plus. Cette grande conne veut danser ! Alors le beau jeune homme paumé, il danse. Plutôt bien d'ailleurs. Pas plus. Il la méprise la grande avec son short de pouf et ses gros nichons. Ne proteste pas ! Je suis une professionnelle... Une ex... Une ancienne pute quoi ! Papa Brejoux il m'a, comme disent les braves gens, sorti du ruisseau ou du caniveau puisque je faisais le trottoir. Bon, je sais que ça fait très roman photo mais c'est la vérité. Là, ce soir, tu vois, je te fais ce que je sais faire de mieux. Comme t'es malheureux comme les pierres moi tout ce que je peux te filer c'est ma chaleur. Sous mes airs de fille froide je cache un corps de vraie mère-poule. Ce que j'aime ce sont les câlins. Caresse-moi ! Tu as de belles mains... " Elle prenait mes mains et les guidait sous le coton de son Marcel. Ce fut tendre.

Quand Brejoux revint avec sa cartouche de Royale nous étions de nouveau sous la pergola. Sylvie avait débouché du champagne. Cette vieille pute de flic arborait un large sourire. Je lui donnai le change en affichant une bonne humeur de façade. La soirée s'éternisait un peu. Brejoux se tassait dans son fauteuil et, pour se tenir éveillé, il faisait craquer ses jointures. Sa tendre épouse avait desservi puis nous avait abandonné. Que me préparait ce couple infernal ? Allait-on me proposer de dormir ici ? Et puis madame viendrait me rejoindre pendant la nuit. Et... " Mais tu es complètement louf mon pauvre Benoît..." J'avais marmonné entre mes dents. Brejoux sursautait. Je me levais brusquement en lui disant " il est temps que je rentre..." et dans mon dos j'entendais en écho " c'est moi qui vous reconduit. Armand n'aime pas conduire la nuit..." Sylvie Brejoux avait troqué sa tenue sportive pour un ensemble en jeans : short et blouson avec des mocassins vernis noirs. Elle s'était maquillée, ce qui ne me disait rien qui vaille. Brejoux, tel un vieux chien fatigué, après m'avoir salué, rentrait dans la maison d'un pas lourd.  La Fiat 500, dotée d'une boîte italienne, permettait une conduite explosive. Madame Brejoux ne s'en privait pas. Silencieuse et concentrée, elle jouait du levier de vitesse avec un doigté félin. Dans le petit habitacle le mouvement de ses genoux me fascinait. Pour la première fois de la soirée je bandais. Arrivée sur le quai de la Fosse Sylvie se garait en créneau. Avec son sourire plein de dents elle proclamait en agitant ses clés sous mon nez " vous devez un verre au chauffeur..."

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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