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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 00:09

Sur un forum, comme il en existait avant que Face de Bouc draine les chalands, un brave continental notait « Au cours d'un de mes séjours en Corse au début des années 60, j'ai vu, lors d'une excursion à Corte, une laiterie coopérative arborant le macaron caractéristique du Roquefort Société. Stupéfait qu'on puisse fabriquer du roquefort en Corse, j'ai interrogé notre guide local qui nous a affirmé que si, bien évidemment, on ne « fabriquait » pas de roquefort dans l'Île de Beauté, une partie des laits collectés pour la fabrication des fromages locaux était néanmoins utilisée pour préparer et ensemencer des « pains » de fromage qui étaient ensuite expédiés sur le continent pour affinage dans les caves appropriées afin de justifier de l'appellation de roquefort. »


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Oui il en fut ainsi, voir l’histoire plus loin. Mais aujourd’hui la Corse est dans une situation paradoxale.


« Elle a le lait de brebis le mieux payé des trois bassins traditionnels (entre 1200 et 1250 euros les mille litres). Pourtant, la production ne cesse de baisser, alors que le succès des fromages corses ne se dément pas. « Entre 2008 et 2012, nous avons perdu 1,6 million de litres », indique Antoine Ottavi, président de l’interprofession laitière ovine et caprine de Corse (ILOCC). La collecte s’élevait l’an dernier à 6,5 millions de litres. Cependant, 30 % de la production (quelque 3 millions de litres) sont transformés directement à la ferme. Pour satisfaire la demande des industriels, il manque de 1,5 à 2 millions de litres qui sont importés de Sardaigne et du bassin de Roquefort. « Nous craignons que la baisse de la collecte continue sur la même pente », dit Antoine Ottavi. En Corse, l’accès au foncier reste souvent précaire. Cela n’incite pas à réaliser des investissements productifs ni à l’amélioration de la productivité. L’accès aux financements est difficile. Le sous-équipement, notamment en bâtiments et équipements de traite, est important. Ce qui accroît la pénibilité du travail. De plus, la population des éleveurs est vieillissante : la moitié a plus de 50 ans. Plusieurs actions ont été lancées pour stopper cette hémorragie. Mais, la tâche est difficile.


Parmi la quinzaine d’entreprises, dont un seul groupe national (Société des Caves), neuf ont créé un GIE pour s’approvisionner à l’extérieur. « Ce sont des solutions à moyen terme, mais à long terme la situation est vraiment problématique, assure le président de l’ILOCC. Il est plus facile d’avoir une collecte propre que de s’approvisionner auprès des grands groupes ». Cette situation fragilise les petites laite- ries qui ne parviennent pas à atteindre une taille critique. Co-produit de la transformation fromagère, le brocciu (420 tonnes par an) est la seule AOP fromagère de l’île de Beauté. Le plateau des fromages corses est pourtant d’une grande richesse. L’un des enjeux de la filière est de parvenir à identifier ses produits avec des signes officiels de qualité. « Nous travaillons sur trois ou quatre projets d’AOP (sartinese, bastelicacciu, venachese, niolo), avec le lait produit en Corse, et sur un projet d’IGP sur les pâtes pressées pour du lait transformé en Corse mais avec la possibilité de s’approvisionner à l’extérieur, explique Antoine Ottavi. Il y a un consensus de la filière autour de ces projets ». La dégradation de la collecte est d’autant plus dommageable que le potentiel de marché des fromages corses est loin d’être exploité. Environ 70 % des fromages sont écoulés sur le marché local et le reste sur le continent (Rungis notamment) et à l’export. »


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égouttage du caillé, fromagerie de la socité des caves de Roquefort à l'Ile Rousse 1955

 

« La légende veut que l'origine de l'installation des industriels de Roquefort en Corse tienne à « la rencontre fortuite, aux eaux de Vichy, d'un négociant aveyronnais, d'un Corse et d'un fromage de Niolo, blanc et gras, qui ne pouvait échapper à son sort d'être mangé ». Plus que cette rencontre factuelle, l'intérêt que les industriels du roquefort vont porter à la Corse tient à deux facteurs : d'une part la nécessité d'étendre leur aire de collecte pour faire face à la demande croissante de fromage ­ une extension que facilite l'amélioration des transports maritimes ­, et d'autre part, le décalage des dates de lactation entre Corse et Rayon. En effet, en Corse les mises-bas ont lieu à l'automne pour les brebis, la traite a donc lieu de novembre à mai, alors que dans le Rayon elle est plus tardive, de février-mars à juillet.

 

Des grandes maisons de Roquefort, c'est Louis Rigal qui, le premier, a entrepris la fabrication de roqueforts blancs en Corse. Il était à la recherche de lait et ne pouvait plus surenchérir sur ses concurrents pour leur « voler » des producteurs dans le Rayon. Il se serait également aperçu à la lecture de sa correspondance commerciale que, de Paris et de la région du Nord, on lui demandait surtout des fromages frais « n'ayant pas acquis ce piquant, ce relevé qu'ils prennent d'habitude à l'affinage ». Or, le désir de cette clientèle n'était facile à satisfaire que durant les premiers mois de traite (de mars à août) ; c'est alors qu'il se serait avisé que « la Corse était un pays essentiellement adonné à la culture pastorale, que, grâce à l'influence du doux climat maritime, le pacage des bestiaux y était possible à un moment où les rigueurs hivernales obligent les fermiers de nos régions aveyronnaises à nourrir les troupeaux dans les bergeries ». La période de traite corse est d'autant plus intéressante qu'elle correspond au pic de consommation (septembre à mai). Non seulement elle permet d'offrir des roqueforts primeurs aux consommateurs, mais aussi de réduire les frais de stockage en chambre froide.

 

Dès 1894, Louis Rigal réalise des essais. Il éprouve un certain nombre de difficultés à discipliner les bergers, « toujours errants à travers le maquis ». Mais il finit, en 1899, par installer une fromagerie et par faire des bénéfices. En 1901, il est à la tête de six laiteries réparties en Balagne, Casinca et dans la plaine d'Aléria. Le succès aidant, il est imité par d'autres industriels : en 1901, la maison Maria Grimal et la Société des caves et des producteurs réunis de Roquefort créent également six laiteries. Ainsi dès 1905, près de 1 400 000 litres de lait sont collectés en Corse, soit environ 5 % de la production de pâtes de roquefort. Le nombre de laiteries progresse avec rapidité, surtout après la Première guerre mondiale, période pendant laquelle le lait tend à manquer sur le Rayon. »

 

« Il est clair que les industriels de Roquefort ne sont pas venus s'approprier des savoir-faire fromagers en Corse, mais chercher une matière première pour produire leur propre fromage et selon leur propre logique industrielle. D'ailleurs les laiteries de Roquefort sont dénommées « succursales » et le lait corse n'est collecté qu'en fonction des besoins de Roquefort : lorsque la campagne roquefortaine n'est pas commencée. Les maisons de négoce ne revendiquent pas non plus la provenance corse, même si les fromages blancs corses revêtent des qualités particulières et ont des destinations précises. »

 

La suite ICI link


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« À travers la chronique d'un siècle de relations entre les industriels aveyronnais du Roquefort et les producteurs corses, cet article se propose d'analyser les transmissions, les échanges ou les appropriations successives qui ont pu s'opérer entre les deux cultures laitières et fromagères. Cette chronique peut être analysée en trois temps. Celui de la rencontre à la fin du siècle dernier. Celui de l'hégémonie des industriels de Roquefort en Corse, période où la culture fromagère traditionnelle corse est bouleversée alors que celle de l'industrie du Roquefort est à son apogée. Celui, enfin, courant des années 1970 à nos jours, qui serait le temps du repli de la fabrication du roquefort et de la redécouverte du patrimoine régional corse, tant par les Corses que par les industriels de Roquefort. »

 

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 09:00

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Les faits se sont déroulés galerie Sully, au 78 rue de Varenne, nouvellement nommé conseiller technique pour les productions végétales au cabinet de Michel Rocard, il m’est demandé de recevoir une délégation d’agriculteurs de Haute-Corse conduite par le Président de la Chambre d’agriculture : Ange Poli link  Je n’ai plus le souvenir exact de l’objet du rendez-vous, mais il s’agissait de gros sous. Après avoir écouté sagement les revendications je me lançais dans une réponse très argumentée pour signifier que nous ne pouvions raquer, comme ça, sur la foi de leurs déclarations. Imperturbable, le président Poli m’écoutait lorsque soudain il se leva de sa chaise, interloqué je me tus, alors à 3 reprises, comme dans un souffle, avec une lassitude qui s’exprimait sur son visage : « Monsieur Berthomeau, vous me fatiguez… »


Tétanisé je craignais qu’ils lèvent l’ancre mais, à ma grande surprise, Ange Poli se rasseyait et je pus reprendre mon argumentation mais j’y glissai quelques ouvertures compréhensives. Le président Poli resta de marbre. Je ne savais trop comment mettre un terme à l’entretien alors j’optai pour le tenez-bon. Tactique payante puisqu’à l’issue du rendez-vous, le Président Poli se félicita auprès de la presse d’avoir été reçu longuement et entendu.


Tout ça pour vous dire que, moi aussi, je suis fatigué.


Pourquoi suis-je fatigué alors que je me prélasse en Corse ?


Je suis fatigué du spectacle offert, c’est un faible euphémisme, par le comportement de ce que le placide Raymond Barre nommait le microcosme politique.


C’est un véritable désastre, et le pire c’est que les Français s’en repaissent avec une délectation qui leur permet de se dédouaner de leur propre responsabilité. La caisse de résonnance des réseaux sociaux leur permettent de se défouler, après tout ce n’est pas un drame, mais aussi de participer à un jeu de massacre avec la complicité d’un ramassis de journalistes passant leur vie sur Twitter.


Pour quel bénéfice ?


Le degré zéro du débat démocratique en fait, nul ne se préoccupe de l’essentiel, des termes de choix possibles, de notre capacité commune à vivre ensemble et à mettre en œuvre des règles acceptables. C’est le règne du bashing, forme moderne du jeu de foire sur les mannequins de têtes connues, on se défoule, on donne même du crédit à la fille du borgne aux mains sales, on ressort Chevènement de sa naphtaline, on donne crédit à des gens qui nous proclament que le pouvoir est dans la rue alors que celle-ci se résume en des défilés entre Bastille et République, nous allons tout droit dans le mur alors que nous avons en mains des atouts inexploités.


Ça me désole mais pour autant je ne crierai pas avec les loups, ni n’accompagnerai pas les charognards, je ne mets pas tout le petit monde du microcosme politique dans le même sac, simplement je suis fatigué des gloses des coureurs de plateaux télés : miss Polony nouvelle égérie de la résistance de salon, des éditorialistes qui éditorialisent sur tout et n’importe quoi : les lunettes embuées du président à l’Ile de Sein ou la manipulation dans tous les sens d'une photo par exemple, de l’inconséquence de beaucoup de politiques avec une prime toute particulière au dernier entrant : Thomas Thévenoud.


Que ce type ait pu accepter d’être nommé Ministre me sidère, j’ai pourtant de la bouteille et j’ai côtoyé de beaux spécimens de crétins et de nuls au 78 rue de Varenne et je précise des deux bords.


Pour la petite histoire, avec lui nous perdons un héraut du vin : comme me l’écrit un fidèle lecteur « c’est trop ballot ! »


« Pour son premier déplacement en tant que nouveau secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger, Thomas Thévenoud a choisi la coopérative viticole de Lugny (Saône-et-Loire). Il a promis de promouvoir le vin à travers le monde.


Thomas Thévenoud a réservé sa première sortie à la cave de Lugny en Saône-et-Loire. © C.MICHELIN


Angleterre, États-Unis, Belgique... La cave de Lugny exporte. Elle réalise 35 % de son chiffre d’affaires annuel (11,5 millions sur 33 millions d’euros) à l’étranger, contre seulement 5 % pour la vente directe. Une activité « incontournable », a insisté Marc Sangoy, le président de la coopérative, en présentant ces chiffres le 1er septembre à Thomas Thévenoud, nouveau secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur venu visiter la cave.


250 exploitations et 50 salariés en dépendent directement. Évidemment, l’euro « fort » est un frein parfois. Car le « principal handicap » pour pénétrer certains marchés étrangers reste la compétitivité. « Il faudrait baisser le coût de la main-d’œuvre, diminuer les charges et nous simplifier l’embauche », a réclamé Marc Sangoy.


Michel Barraud, président de la Fédération des caves coopératives Bourgogne-Jura, a souligné que « le vin est le deuxième contributeur à l’export. Mais, contrairement à l’aéronautique, tout est produit chez nous en terme de valeur ». Il a regretté que les coopératives n’aient toujours pas droit au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).


EXPORTER LE MADE IN FRANCE link

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 00:09
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Fastoche d'être de gauche extrême pour les baby-boomer, jusqu'en 1981 c'est la droite qui a tenu les manettes sans discontinuité et quand le père Mitterrand s'est pointé avec ses 101 propositions toutes droites issues d'un programme commun un peu édulcoré, et que nos vieux potes communistes non révisés, qui venaient de prendre une déculottée, se sont précipités place de la Bastille, ha Pierre Juquin !, pour fêter la victoire. 

1983, patatras : virage sur l'aile et roule Mimile... Mais ils sont où les Emmanuelli ? Au gouvernement, bien sûr !

En 1988, c'est la France Unie, l'ouverture, Rocard à Matignon, l'horreur de l'horreur, comme un soupçon de social-démocratie.

Et puis vint Jospin avec sa gauche plurielle, Mélanchon ministre tout comme le petit Paul, que des révoltés, des frondeurs, des petits gars héritiers du père François, un marxiste convaincu comme chacun sait.

Enfin nous y voilà, au dernier épisode, celui que nous vivons aujourd'hui, la gauche de la gauche biche, elle n'aime rien tant qu'un retour vite fait bien fait dans l'opposition, ce qui ne saurait tarder.

Vu mon grand âge je n'aurai pas la chance de voir aux manettes une grande union des gauches de la gauche : de Duflot à Mélanchon en passant par le brave Pierre Laurent le fils de son père fidèle partisan du socialisme réel au bilan globalement positif.

Je n'ai toujours pas compris comment ça marcherait avec eux, ils ne m'ont jamais vraiment expliqué, ils adorent le pouvoir de dire non, ce qui après tout une manière de gouverner.

Je plaisante à peine, alors retournons aux mannes de ce cher Jules Méline qui a son portrait de Ministre de l'Agriculture dans la galerie Sully link, là où j'ai débuté ma vie de petit gris de cabinet au temps de Rocard qui lui aussi y est en photographie.

La gauche de la gauche je connais : de la Conf'Pé à la FSU je me l'a suis tapée sans pour autant percevoir ce qu'ils attendaient du pouvoir. 

Je suis un affreux et indécrottable réformateur, je ne crois pas à la révolution par les urnes, soit on renverse la table, soit on gère au mieux. Certes ça n'est pas très glorieux mais il faudra un jour qu'on m'explique ce que veulent les Français, à mon avis que tout change pour que rien ne change.

Reste le bon vieux protectionnisme, et c'est là que le bon Jules ressort de sa naphtaline. 

2 articles du Monde afin d'éclairer vos lanternes :

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Jules Méline (1838-1925), chantre du protectionnisme LE MONDE | 29.08.2014 à Pierre Bezbakh (maître de conférences à l'université Paris-Dauphine) link

Un sixième cycle de négociations engagées entre les Etats-Unis et l'Union européenne à propos d'un accord de libre-échange étendu entre les deux zones économiques s'est achevé à la mi-juillet.

Certains y voient l'occasion de stimuler la concurrence porteuse de baisse de prix, de progrès technique et de spécialisation accrue de chacun dans ses domaines de compétence, alors que d'autres mettent en avant les effets pervers de ce « grand marché transatlantique » : la victoire des grosses entreprises sur les petites, la perte d'indépendance économique des deux zones, la standardisation de la production, la concurrence déloyale pratiquée par ceux qui utilisent tous les moyens pour réduire leurs coûts de production.

Un domaine d'activité inquiète particulièrement les Européens : l'agriculture, en raison de pratiques tolérées outre-Atlantique mais proscrites dans la plupart des pays européens (viandes issues de bêtes élevées aux hormones ou soignées aux antibiotiques, poulets lavés au chlore, utilisation des OGM dans la culture des végétaux…).

Ce refus d'accepter l'entrée de ces produits sur le sol européen, justifié d'un point de vue sanitaire, peut toutefois être considéré comme une sorte de protectionnisme non tarifaire condamné par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et par ceux qui défendent les vertus du libre-échange.

CARRIÈRE D'AVOCAT

Cette question du protectionnisme agricole s'est déjà posée en France à la fin du XIXe siècle, alors que les produits agricoles nord-américains commençaient à inonder l'Europe, et que l'agriculture française connaissait diverses difficultés.

Le Royaume-Uni avait fait le choix du libre-échange depuis les années 1840 en abolissant les Corn Laws (« lois céréalières ») qui protégeaient ses céréaliers, en application des idées ricardiennes – d'après l'économiste britannique libéral David Ricardo (1772-1823) –, selon lesquelles l'élimination des droits de douanes sur le blé permettait la baisse des salaires ouvriers, très dépendants du prix des denrées alimentaires, et la hausse des profits, sources d'investissements.

En France, après une période également orientée vers le libre-échange (comme en témoignent le traité franco-anglais de 1860 et ceux passés avec la Belgique en 1861 et la Prusse en 1862), les lois Méline allaient au contraire renforcer la protection de l'agriculture française.

Jules Méline (1838-1925) a commencé une carrière d'avocat à la fin du Second Empire ; puis il a été membre de la Commune de Paris en mars 1871 et élu député des Vosges en 1872 ; il est devenu sous-secrétaire d'Etat à la justice et aux cultes de décembre 1876 à mai 1877, puis ministre de l'agriculture dans le gouvernement présidé par Jules Ferry de février 1883 à avril 1885, et président de la Chambre des députés d'avril 1888 à novembre 1889.

C'est en tant que rapporteur général à la Chambre des députés qu'il a défendu le projet de loi protectionniste de 1892 et qu'il a fait voter celle de 1894 créant les sociétés locales de crédit agricole, permettant de financer les investissements paysans. Il est devenu ensuite président du Conseil d'avril 1896 à juillet 1898, étant en même temps ministre de l'agriculture, a fait voter une nouvelle loi protectionniste en 1897, a été candidat malheureux à l'élection à la présidence de la République en 1899, et est redevenu ministre de l'agriculture durant la première guerre mondiale, d'octobre 1915 à décembre 1916.

INSUFFISANCE DE DÉBOUCHÉS

Elu sénateur des Vosges en 1903, il le restera jusqu'à sa mort. Il a laissé deux ouvrages exprimant sa pensée : Le Retour à la terre et la surproduction industrielle (Hachette, 1905) et Le Salut par la terre et le programme économique de l'avenir (Hachette, 1919).

C'est dans ces livres qu'il a précisé le sens de la politique économique qu'il a appliquée durant ses années de responsabilité ministérielle. A ses yeux, les pays capitalistes industriels souffraient d'une insuffisance de débouchés pour leur production, ce qui réduisait le désir de fabriquer et de créer des emplois ; de plus, la France devait faire face à l'arrivée de denrées provenant de peuples jeunes, favorisés par la nature, un sol vierge, une main-d'oeuvre bon marché, l'insignifiance des charges fiscales.

La solution était le protectionnisme, principalement agricole car, disait-il, « il ne reste plus qu'un seul champ d'action et d'expansion capable d'absorber toutes les forces sans emploi (…), c'est la terre (…), qui ne laisse jamais mourir de faim ceux qui l'aiment et se confient à elle… Donc, retournons à la terre et dirigeons de ce côté le plus que nous pourrons l'attention du grand public ».

Ainsi, la loi de 1892 créait un tarif douanier minimal appliqué aux produits venant de pays avec lesquels la France avait passé une convention commerciale, et un tarif général maximal dans le cas contraire. La loi de 1897, dite « du cadenas », autorisait à relever davantage les droits sur les importations en cas de surproduction, ce qui se produira à plusieurs reprises.

Au total, ces tarifs protectionnistes maximums seront compris entre 15 % et 30 %, et seront plus élevés sur les importations de produits agricoles que sur les produits industriels. Ils toucheront plus particulièrement la viande, le vin et les céréales. Mais, en moyenne, ces droits agricoles ne seront que de 22 % en 1905 et de 18 % en 1910.

MENACE DES ETATS-UNIS

En ce qui concerne les produits industriels, ils resteront compris entre 10 % et 12 % au début des années 1900 et pour l'ensemble des importations ils n'excéderont guère les 10 %. Le protectionnisme français est resté donc relativement limité, surtout en comparaison des droits américains relevés alors à environ 50 %.

Pour ses opposants, il aurait retardé la modernisation de l'agriculture française en freinant le progrès technique, le remembrement des exploitations, la spécialisation agricole, comme cela se produisait dans les pays « ouverts » (comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark) ; il aurait maintenu les prix agricoles élevés et limité l'exode rural, ce qui aurait pesé sur les salaires et handicapé l'industrie.

A l'inverse, les défenseurs du protectionnisme considèrent qu'il a permis de sauver l'agriculture française, menacée d'être ruinée par les produits alimentaires venant des Etats-Unis. Ils font aussi remarquer que le protectionnisme « mélinien » n'a pas empêché la France de connaître au début du XXe siècle un essor industriel remarquable : elle a été en 1913 le deuxième producteur et le premier exportateur mondial d'automobiles, et son solde commercial industriel est passé de 11,4 % de la valeur de la production industrielle à 13,3 % entre 1885-1894 et les années 1905-1913 (Jean-Charles Asselain, Histoire économique de la France, vol. 1, Seuil, 1984).

Contrairement à l'espoir de Méline, le retour à la terre ne constitue peut-être pas l'avenir des pays industriels, mais le savoir-faire agricole est un élément du patrimoine d'une nation, qui pérennise les traditions culinaires, maintient des emplois, attire des touristes et évite une trop grande standardisation des modes de vie.

⦁ Pierre Bezbakh (maître de conférences à l'université Paris-Dauphine) 

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Dans les archives du « Monde »: Jules Méline et la naissance du Crédit agricole link
LE MONDE | 29.08.2014  Charles-Emmanuel Haquet

La croissance de la population urbaine au XIXe siècle provoque une augmentation de la demande en produits de la campagne. Il faut moderniser une agriculture peu rentable. Les pouvoirs publics prennent alors conscience de l'inadaptation du système bancaire au monde paysan.

Une première banque de crédit agricole est fondée en 1860 à l'initiative de Napoléon III sur le modèle du crédit foncier. Tentative malheureuse, puisque la société est dissoute en 1876 à la suite de spéculations aventureuses.

La loi du 24 mars 1884, en reconnaissant les syndicats, autorise la constitution de sociétés mutuelles de crédit. En 1885, la première caisse de crédit purement agricole voit le jour à Poligny, dans le Jura (…).

Le 5 novembre 1894, Jules Méline fait voter une loi qui s'inspire du schéma mutualiste mis en place en Allemagne. En donnant un statut aux caisses mutualistes locales, le gouvernement français signe l'acte de naissance du Crédit agricole qui sera, pour reprendre les termes de son fondateur, «construit par le bas, et non par le haut».

En 1897, seules 75 caisses locales ont été créées. Emprunter n'est toujours pas entré dans les moeurs du monde paysan. Sauf exception, l'épargne drainée est insuffisante pour faire des prêts et le mouvement est menacé d'étouffement. Un financement externe devient nécessaire.

Jules Méline se décide alors à faire intervenir l'Etat. Cette même année, une loi impose à la Banque de France le paiement au Crédit agricole d'une avance de 40 milliards de francs-or et d'une redevance annuelle si elle veut se voir renouveler le privilège d'émission dont elle bénéficiait. Les fonds sont gérés par des caisses régionales.

Créées par la loi du 31 mars 1899, celles-ci jouent un rôle d'intermédiaire entre les caisses locales et le ministère de l'agriculture qui délivre les subsides. « Cette intervention financière étatique fonde le développement du Crédit agricole », explique André Gueslin (Le Crédit agricole, La Découverte, 1985).

PYRAMIDE MUTUALISTE

A la veille de la Grande Guerre, pratiquement tous les départements disposent d'une caisse régionale ; plus de 4 500 caisses locales se répartissent les 240 000 sociétaires attirés par le mouvement, autorisées, à partir de 1910, à distribuer des crédits à long terme aux petits exploitants et des avances aux coopératives et assurances mutuelles agricoles.

Le projet initial prévoyait la mise en place d'un organisme central une fois la majorité financière atteinte. Or, en 1920, près de 60 % des ressources sont encore d'origine étatique (…). Le 5 août 1920, le sénateur Etienne Clémentel fait voter une loi qui va doter l'institution d'un organe de gestion et de coordination interrégional, l'office national du crédit agricole, qui devient la caisse nationale en 1926.

La pyramide mutualiste à trois niveaux est enfin achevée. Elle présentera longtemps la particularité d'associer une structure régie par le droit privé, les caisses locales et régionales, à un établissement de droit public, la caisse nationale. Hormis son rôle de réglementation, cette dernière a pour mission de répartir la collecte réalisée à l'échelon local et remontée jusqu'au sommet. Ce système de péréquation a été l'un des moteurs du développement du Crédit agricole en France (…).

La loi de mutualisation du 18 janvier 1988 donne à la caisse nationale un statut de société anonyme alors qu'un décret de 1991 supprime les dernières limites de compétence de l'établissement. Le Crédit agricole devient maître de son destin.

« Le Monde » du 27 septembre 1994

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 09:00

Ça castagne dur sur la Toile, ça dézingue sec à qui mieux mieux, David contre Goliath, dans le viseur les foires aux beaux vins des Mammouths qualifiées par l’Antonin plus Vindicateur que jamais de foire ovins link


Première remarque : pourquoi tant de haine et de mépris pour nos braves animaux de la ferme, ils ne sont en rien responsables que les Français soient des veaux.


Deuxième remarque : pourquoi en parler lorsqu’on est contre c’est le meilleur moyen de leur faire de la publicité, principe élémentaire de la réclame selon feu Marcel Bleustein-Blanchet.


Troisième remarque : s’il y a des foires aux vins c’est qu’il y a des clients pour ça en vertu du grand principe qu’à Paris les vendeurs à la sauvette vendent des petites Tour Eiffel, idem à Pise pour la tour éponyme… Pas la peine de s’époumoner, de vitupérer, c’est aussi inutile que le refus de certains libraires de vendre le torchon de Valérie Trierweiler.


Votre Taulier jamais en reste d’une provocation préfère de loin le concept de Foire aux voleurs.


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Normal il est né au pays du bon beurre !


Quand il était petit sa mémé Marie lui disait qu’elle allait l’emmener à la Foire aux voleurs de la Chaume le port des Sables d’Olonne. Prendre le car Citroën sur la place des Halles et nous voilà partis pour la foire aux voleurs…


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« L'origine de cette foire remonte au XIIIe siècle comme l'atteste la charte de Savary de Mauléon, prince de Talmont et seigneur d'Olonne. En effet, ce dernier « concède à la bienheureuse Marie, au prieuré Saint Nicholas de La Chaume et aux moines de Sainte Croix de Talmond, desservants de cette même chapelle le bénéfice pur et simple et à perpétuité de deux foires, l'une dans la fête de Saint Nicholas, pendant l'Avent du Seigneur, l'autre en la fête de la Translation, et qu'elles soient célébrées, chaque année, à perpétuité ».


Ces foires ne se déroulent cependant plus à La Chaume au XVIIIe siècle comme l'indique l'arrêt du Conseil d'État du 7 août 1753 ordonnant la réunion des bourgs des Sables et de La Chaume. Il y est écrit que « les habitans de la Chaume, [...] n'ont chez eux ny foire, ny marché, ny halles [...] ».


Pour autant, ces foires n'ont pas disparu car on retrouve leur trace dans la délibération du Conseil municipal du 3 août 1770. Cette année-là, les marchands de la ville font requête auprès du parlement pour faire défense aux colporteurs et marchands forains de venir vendre en ville en dehors des deux foires, la Saint Nicolas de mai et la Saint Nicolas de décembre  qui durent trois jours chacune et où l'on n'y vend que de la ferraille.


Interrompues lors de la période révolutionnaire, les deux foires reprennent sous le Premier Empire. En 1810, le maire prévient le public que les deux foires qui ont coutume d'avoir lieu dans cette commune les 10 mai et 7 décembre de chaque année se tiendront désormais au nouveau marché couvert (à l'emplacement des Halles Centrales).


Ces foires sont supprimées en 1829 par le Conseil d'Arrondissement comme en témoigne la demande du Conseil municipal qui « prie très instamment les autorités de rendre à la ville la petite foire qui s'y tenait à l'époque du 7 décembre, et qui a été supprimée avec celle du 7 mai, qui n'est pas réclamée ici [...] ».


Par la suite, la ville retrouve sa foire ancestrale. On la trouve ainsi mentionnée en 1864 dans le « Dictionnaire des communes de la France » d'Adolphe Joanne.


L'appellation « Foire des Voleurs » apparaît pour la première fois dans un article du Journal des Sables en 1891, avant d'être définitivement dénommée « Foire aux Voleurs » à partir de 1906.


L'origine du mot « Voleurs » suscite depuis longtemps la controverse : certains y voient la confiscation des foires chaumoises au profit des Sablais sous l'Ancien Régime ; d'autres, rappelant le contexte nocturne de la foire des temps anciens, insistent sur le fait que « telle personne qui croyait faire un bon marché dans un important achat, se trouvait toute désappointé lorsqu'au grand jour elle voyait que tout ce qu'elle avait acheté à la lanterne n'était que pure camelote...[...] ». Cette théorie induit donc que les marchands soient les fameux voleurs dont il est question...


Au début du XXe siècle, outre les vieux objets usagés, l'autre spécialité tant attendue est la fouace légendaire qui ne se vend que ce jour-là. Au cri de « À la fouace ! À la fouace ! Toutes chaudes les fouaces !... »link, les marchandes écoulent sans peine cette « petite galette feuilletée toute chaude que le mari galant s'empresse alors d'acheter à son épouse et que les enfants croquent à plaisir encore dans leur lit ». La dégustation n'en est que meilleure, paraît-il, lorsqu'elle est arrosée d'un petit vin blanc de l'année...


La foire s'est déplacée tout au long de son histoire. Primitivement à La Chaume, elle est transplantée par la suite en bord de mer sur le Remblai. Son transfert sur la place de la Liberté intervient dans la seconde moitié du XIXe siècle et ce, jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Depuis décembre 1940, elle a pris ses quartiers cours Dupont.*


En 1955, à la demande des commerçants du centre-ville, la municipalité décide de fixer la Foire aux Voleurs au 1er vendredi du mois de décembre de chaque année, avec faculté de prolongement le samedi et, éventuellement, le dimanche pour les attractions.


Depuis 1997, la Foire au Voleurs se concentre uniquement sur une seule journée. »

 

* le cours Dupont comme notre Jacques et voici le lien avec la foire ovins...

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 00:09

Dans la foulée de mai 68 nous eûmes le grand bonheur de découvrir les Nouveaux Philosophes dont deux beaux spécimens sont encore connus de notre jeunesse inculte : BHL et André Glucksmann.


Le XXIe siècle, reléguant les nourritures spirituelles au rang des accessoires inutiles, porte sur le pavois de la renommée des maîtres-queue qui manient avec autant d’habileté le tartare de cabillaud que le communiqué de presse pour gogos.


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Alain Ducasse.[THOMAS SAMSON / AFP]

 

Un des maîtres, hormis l’omniprésent Thierry Marx, est sans conteste Alain Ducasse qui vient de nous gratifier lors de la réouverture du Plaza, l’une de ses nombreuses gargotes étoilées, d’un bel échantillon de ses hautes pensées sans doute concocté dans le salon VIP d’un aéroport international.


Pensez-donc notre homme vient d’expliquer à l’AFP par communiqué que « la planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement, plus équitablement »


Notre chef vénéré et surmédiatisé, qui prône depuis longtemps la diminution des protéines animales ne jure plus que par la « naturalité », d’ailleurs va-t-il dans la foulée se mettre aussi aux vins natures. J’aimerais voir la tronche de Gérard Margeon son « Monsieur Vin » : vert !


Virage radical pour le nouveau Plaza: finie la viande, bienvenue la pêche de ligne durable, les céréales « bio, autant que faire se peut », légumes « du jardin de la Reine » cultivés au Château de Versailles.


« Le chef jongle avec les tendances végétariennes, locavores et environnementales dans son menu « jardin-marin ».


Mais le menu conserve son prix palace: 380€ hors boissons, il ne faut pas tout de même tomber dans le simplisme, pour défriser les permanentes et les moumoutes le sommelier d’Alain Laurent Roucayrol prévient : « Il ne faut pas avoir peur du vin rouge avec le poisson » pour accompagner le terre-mer « lentilles vertes du Puy, caviar doré, gelée d'anguille ».


Nous sommes face au chef de file de Nouveaux Révolutionnaires, version restauration : face à ses clients du CAC 40 Alain ne cèdera pas d’un pouce à la pression populaire « … pour les desserts au chocolat, au goût prononcé en cacao : on nous demande de la crème ou du caramel avec le chocolat... non, on ne va pas céder, maintient-il, sinon on est dans la globalisation. On mange tous le même gras, le même sucré ».


Face à une telle détermination nous sommes rassurés pour le devenir la planète et nos bonnes vaches qui pètent pourront tranquillement couler des jours heureux dans leur pré même que Ducasse cotisera pour leur assurer une bonne retraite.


Restent, hormis les moutons et autres volailles de tout acabits, nos cochons les sauvages comme les domestiques, que va-t-on en faire ?


Exilé en Corse depuis quelques jours je transmets quelques éléments de réponse corses à notre nouveau converti :


« … la manière dont Virgile Ordioni n’oubliait jamais de découper dans les entrailles fumantes du sanglier mort de fines lamelles de foie qu’il mangeait comme ça, toutes chaudes et crues, avec une placidité d’homme préhistorique, malgré les cris de dégoût auxquels il répondait en évoquant la mémoire de son pauvre père qui lui avait toujours enseigné qu’il n’y avait rien de meilleur pour sa santé. »


« … ils trouvèrent Virgile Ordioni occupé à châtrer les jeunes verrats regroupés dans un enclos. Il les attirait avec de la nourriture tout en poussant différents grognements modulés censés sonner agréablement à l’oreille d’un porc et quand l’un d’eux, envoûté par le charme de cette musique ou, plus prosaïquement, aveuglé par la voracité, s’approchait imprudemment, Virgile lui sautait dessus, le balançait par terre comme un sac de patates, le retournait en l’attrapant par les pattes arrière avant de s’installer à califourchon sur son ventre, enserrant dans l’étau implacable de ses grosses cuisses la bête fourvoyée qui poussait maintenant des hurlements abominables, pressentant sans doute qu’on lui voulait rien de bon, et Virgile, couteau en main, incisait le scrotum d’un geste sûr et plongeait les doigts dans l’ouverture pour en extraire un premier testicule dont il tranchait le cordon avant de faire subir le même sort au second et de les jeter ensemble dans une grande bassine à moitié remplie. Aussitôt l’opération terminée, le cochon libéré, faisant preuve d’un stoïcisme qui impressionna Matthieu, se remettait à manger comme si  de rien n’était au milieu de ses congénères indifférents qui passèrent l’un après l’autre entre les mains expertes de Virgile. »


« Virgile les rejoignait, la bassine sous le bras…


-       Alors les garçons, ça va ? on va manger ?


et Matthieu découvrit que la bassine contenait leur repas et il s’efforça de ne rien laisser paraître de sa surprise parce que ce monde était le sien, même s’il ne le connaissait pas encore tout à fait, et chaque surprise, si rebutante fût-elle, devait être niée sur-le-champ et transformée en habitude, bien que la monotonie de l’habitude fût justement incompatible avec la délectation que ressentait Matthieu à se gaver de couilles de porc grillées au feu de bois… »

 

Extrait de Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari prix Goncourt 2012


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Lire aussi : « Brochettes de couilles d’agneau et merguez à la sauce tomate et le vin qui va avec. » chronique du 6 février 2010 link

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 09:47

Dur, dur de n’être que la femme de… les mecs  vont à l’avenir expérimenter le statut inverse… Encore plus difficile lorsqu’on n’est qu’une concubine… Il fallait être Ségolène pour avoir l’audace de griller la politesse à son concubin lors de la présidentielle de 2007. Les officielles de tante Yvonne à Anne-Aymone la potiche, j'oubliais Claude injustement traînée dans la boue de l'affaire Markovitch, en passant par Danièle la militante alter ignorant la paternité de Mazarine, puis par l’impérieuse Bernadette « c’est elle ou moi ! » à propos de Marie-France Garaud,  avec enfin le feuilleton de Nicolas : en 1982 il épouse sa première femme, Marie-Domi­nique Culioli, avec laquelle il a deux enfants, Pierre et Jean. En 1996 il divorce et épouse Céci­lia Ciga­ner-Albé­niz, l’ex-femme de Jacques Martin dont il est tombé éper­du­ment amou­reux. Ensemble, ils donnent nais­sance à Louis. Il est le premier président en exer­cice à divor­cer. Il se marie pour la troi­sième fois avec l’ex-mannequin deve­nue chan­teuse, Carla Bruni, avec laquelle il a une fille, Giulia, née en 2011.


La seule égalité entre Nicolas et François est le nombre d’enfants : 4, avec une différence notable : 3 mères pour le premier, 1 seule pour notre infidèle en scooter.


Bref, être la femme de… ne confère aucune légitimité… il faut arrêter de nous gonfler avec un soi-disant statut de première dame car ça donne ça :


« Parfois, rien à faire, on éclate de rire. Elle raconte qu’à un Noël des enfants, à l’Elysée, elle invite des petites orphelines et une jeune paralytique en fauteuil.

Je demande à la directrice du cabinet du Président, Sylvie Hubac, la permission d’acheter six sacs de la créatrice Vanessa Bruno, dont les adolescentes des beaux quartiers raffolent.
– Mais c’est cher, prends plutôt des imitations, me répond-elle.
Comme quoi on peut avoir fait l’ENA et manquer de bon sens.
– Sylvie, c’est impossible ! Nous sommes à l'Elysée nous ne pouvons pas offrir de la contrefaçon !

C’est beaucoup plus drôle que les sans-dents ! Chaque phrase de cette histoire est une merveille.


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C’est Jacques Drillon critique littéraire au Nouvel Obs.qui a lu « Merci pour ce moment » qui le dit. Verdict: tout le monde n'est pas Marcela Iacublink


« Selon les informations de Femme Actuelle, c’est l’écrivain Laurent Binet qui lui aurait donné un coup de main. Ce dernier a tout de même remporté le prix Goncourt du premier roman en 2010 pour HHH et publié (en 2012) un ouvrage sur les coulisses de la campagne présidentielle de François Hollande (intitulé Rien ne se passe comme prévu). »


C’est vachard à souhait tout comme la Chronique d’HERVÉ GATTEGNO « Elle était illégitime à l'Élysée, Valérie Trierweiler est indigne en librairie »

 

« Toute cette histoire est lamentable, du début à la fin. La façon dont Valérie Trierweiler s'est arrogé une place dans le dispositif présidentiel, dont elle s'est servie de sa position pour intervenir dans le champ politique, tout annonçait ce vaudeville pitoyable. Par vengeance, par jalousie, par mesquinerie, elle ajoute l'indignité à l'indécence avec ce qui n'est rien d'autre qu'un sordide règlement de comptes personnel, qui n'a rien à faire sur la place publique. J'ai lu qu'elle avait envisagé d'appeler son livre L'illégitime. Elle aurait mieux fait de garder ce titre, parce qu'il qualifie parfaitement sa démarche. Ou encore mieux : de ne pas le publier. » link


Enfin une analyse plus sereine La triple faute de Valérie Trierweiler par Ariane Bonzon journaliste sur Slate.fr


« Lors de l’affaire DSK un de mes amis, qui n’avait pourtant rien à voir directement avec cette histoire, m’avait dit qu’il se sentait lui aussi touché: «J’ai honte à trois titres: en tant qu’homme, en tant que juif et en tant que libertin.» Chacune de ces identités impliquant chez mon ami une certaine exigence éthique. Comme si l’opinion qu’il avait de lui-même avait été bafouée par DSK, homme, juif et libertin. » link


 

 

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 00:09
Nous sommes dimanche, je ne suis pas allé à la foire du Niolu, à Casamaccioli, je lis. 

Et pourtant, si j'avais été plus courageux pour affronter le parcours sinueux, au lever du jour, je serais allé à la plus vieille foire de Corse qui, tel Janus, elle a deux visages : l’un sacré et l’autre mercanti. Comme chez notre ami Norbert le Forestier avec ses cloches, l'évêque sera présent mais sans montgolfière, pour la procession ancestrale en l’honneur de la Vierge et la Granitula où les pénitents marchent en cercle tout autour de la place centrale du village en portant la statue de la Santa. L'ambiance est pesante soutenue par des chants sacrés, nous ne sommes pas en Corse pour rien. Ensuite place à la foire pour les produits du terroir.

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Non, je lis.

Je lis que les partisans de l’indépendance de l’Ecosse sont pour la première fois en tête dans un sondage qui doit être publié dimanche, à onze jours du référendum, par le Sunday Times.

Selon ce sondage YouGov/Sunday Times, le camp du oui, favorable à l’indépendance, remporte 51% d’opinions favorables alors que le camp des opposants n’en compte que 49%.

Je lis aussi, et ça fait quelques jours que je suis attelé au second opus du très lettré Bruno Albert : Le conclave de Bordeaux. Notre homme adore les longues tirades, nous sommes loin de la Sicile de la même épopque et de l'insolence de Camillieri. J'y reviendrai lorsque j'aurai mené à bien ma lecture.
Pour l'heure j'en suis à la page 128 et notre cher Bruno Albert lâche un peu la bride à son héroïne Bérénice de Lignac, jeune veuve ayant épuisé le délai de viduité. La belle, «soucieuse d'échapper au péril de consanguinité si répandu en Médoc avec son cortège de débilités... projète d'élargir son «territoire de chasse»

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Diantre, sous le sage Bruno se cacherait-il un libertin ?

« Bérénice fut saisie d'une idée burlesque qui lui fit brièvement secouer les épaules puis aussitôt s'esclaffer...»

En effet, le mâtine a sélectionné 2 beaux partis : le séduisant Ryan Driscoll, marchand de vin irlandais installé à Podensac, et en second rang Iniacio Felix de Verdugo un héritier.

Qui choisir sur sa carte du tendre ?

«Naturellement, il y aurait bien une voie d'apaisement mais cela nécessiterait de tirer de chacun le meilleur !» songeait Bérénice séchant deux petites larmes de rire au coin des yeux : Driscoll pour le grand amour et Verdugo pour la particule. Le second pour le salon, le premier pour le lit ? Et malgré toute sa bonne volonté, elle ne parvenait aucunement à éprouver de la honte pour ce démoniaque dispositif.» Bah, une fois l'an, l'abbé Champion m'entendra en confession !»

Les bras m'en tombaient, je restais baba face à une telle audace, certes à mille lieux de Houellebecq et Camillieri réunis, j'imaginais les frissons parcourant les salons, Mgr Ricard haussant le sourcil et Norbert Le Forestier envisageant même de plaider maintenant qu'il est abonné aux prétoires.

Bref émoustillé, je poursuivais fébrilement ma lecture, me disant que, même si Driscoll n'était pas Ecossais mais Irlandais, l'anglomanie suffisante du Bordeaux des Chartrons en prenait pour son grade.

Je bichais grave sans S.

Mais le gai luron Bruno emporté par son élan me sortait sa botte de Nevers : la dégustation à l'aveugle comme moyen de drague féminine.«Bérénice... engagea Ryan Driscoll dans une dégustation à l'aveugle de vins de Bas-Médoc comparés à d'autres crus situés plus au sud»

En voiture Simone (fine allusion bien sûr au Deuxième Sexe)

« Après avoir laissé l'officer irlandais recueillir sa part de gloire, déclinant avec brio une verticale de Sociando-Mallet depuis un quart de siècle, Bérénice était conquise lorsque Driscoll lui-même proposa à son hôtesse d'identifier le contenu d'une bouteille qu'il avait pris soin de masquer d'un papier journal. Un vin bouché bien sûr, odorant et subtilement coloré. bérénice concentra toute son attention sur l'effet du liquide roulant sur la paroi du verre, le tourna délicatement entre deux doigts, le huma et livra un premier sentiment :

- Une belle robe tirant sur le violet. un bel éclat, il a tout d'un philtre. Peut-être un sortilège...

Puis reposant le verre, elle observa le vin notant une légère présence de pourriture noble en suspension, ces impuretés descendant lentement : « Ce vin a juste passé ses vingt ans. Il est le fruit d'un grand travail. C'est un vin d'un bon coteau correctement orienté. Ses baies ont discerné de loin l'estuaire, ses racines ont tracé leur identité dans une généreuse terre de grave. Deux tiers de Cabernet Sauvignon, le reste réparti à parts inégales entre Merlot, Cabernet Franc et Petit Verdot à peine suggéré mais décisif à l'assemblage. C'est un Saint-Julien. C'est un Léoville postérieur au démembrement. C'est donc un Léoville Poyferré 1823 » acheva-t-elle sans même goûter au vin.

Révélant l'étiquette, Ryan Driscoll, perdu d'admiration, se leva et applaudit quasi frénétiquement l'exposé de Bérénice qui, de fait, avait vu parfaitement juste.»

Fermez le ban, Bob est carbonisé, le père Bettane sur le cul, Norbert Le Forestier envisage de la faire jouer dans le prochain film où il exhibera sa cloche, mon Jacques Dupont bluffé, moi j'avoue préférer L'éteignoir à chandelles, de Taninè mais je suis un canaillou dévergondé.

Affaire à suivre donc, que nous réserve la suite :
Allons vers des ébats ou notre cher Bruno Albert va-t-il privilégier les débats entre Bérénice et ses hommes ?

Je ne sais...

Je suis en conclave avec moi-même.
Je lis.  

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 07:00
Alors que le soleil, en un soudain et brutal retour en force, redonnait à Paris une lumière crue d'été, je décidais de m'exfiltrer de la Mouzaïa pour mettre en oeuvre un projet fou, une forme de solde de tout compte : j'allais demander sa main. Dieu que la Bretagne est belle sous le soleil ! Le pays bigouden, un port sardinier, « Quand les bateaux arrivaient, il fallait que les sardines soient mises en boîte tout de suite. La corne de brume sonnait donc. Les ouvrières arrivaient à toute heure du jour ou de la nuit. Au début, elles y allaient à pied et, pour ne pas avoir peur la nuit, elles chantaient sur la route. Quand il n'y avait plus de travail ici, chez Cassegrain, Amieux ou les autres, on les envoyait comme du bétail aux Sables-d'Olonne, au Croisic ou à Saint-Jean-de-Luz. Là-bas, les ouvrières logeaient dans des dortoirs. ».

Sa mère, l'effet de surprise passé m'a écouté avec un léger sourire, puis nous avons échangé, longuement, je me suis expliqué, maladroitement, le temps filait, « je suis sûre qu'elle vous vouvoie...» enfin je me suis permis de l'inviter à dîner à l'hôtel Le Sterenn, plage de la joie. Elle a accepté. Mon audace me stupéfiait mais je ne pouvais m'empêcher de l'apprécier, d'en goûter le miel, elle me libérait de mes dernières entraves. « Dans ce restaurant typiquement breton, posé sur la pointe de Penmarch, on travaille en famille: le chef compose avec son gendre une partition culinaire à quatre mains. Les produits de la mer dominent, avec des poissons issus de la pêche côtière locale, préparés avec attention et joliment présentés dans l'assiette...». Google avait raison, ce fut un moment simple et délicieux, nous en profitâmes sans retenue. Nous rîmes même, « vieux fou que je suis...». Il se faisait tard, elle m'a proposé de m'héberger. J'ai accepté.

Pourquoi ai-je pris le Quimper-Bordeaux ? Parce qu'il le fallait ! Il fallait que je me donne le temps d'égrener mes souvenirs, non pas pour les ressasser mais pour tenter de mettre un terme à mon errance. Face au malheur qui m'était tombé dessus en ce jour d'août 68, pourquoi  toujours ce verbe tomber, j'avais décidé de brûler ma vie et je l'avais brûlé avec une complaisance sans limite. L'avais-je pour autant bousillé ? Qu'en aurais-je fait si Marie en était resté le coeur ? Je ne sais, mais ce que je savais aujourd'hui, alors que les gares entre Nantes et la Roche-sur-Yon défilaient, c'est que l'irruption de ce grand amour, si neuf, si fort, dans mon dernier bout de vie lui redonnait un sens. Suprême dérision que l'impossible, l'inatteingnable, comme une forme d'esthétisme pur, l'amour rien que l'amour. J'appréciais même l'affreux sandwich du marchand ambulant. Bordeaux Saint-Jean, l'ami François venait me quérir pour me porter jusqu'à l'aéroport, son éternel sourire accroché dans le buisson de sa barbe il se gardait bien de me poser la question de savoir en quoi consistait mon étrange périple. L'amitié, la vraie, n'aime pas les questions, nous nous comprenions d'un simple échange de regards. François savait qu'il y avait le feu au lac, il vaquait, avec son habituelle discrétion, à l'ordinaire de mes folies. En peu de mots je lui faisais part, avant de passer le contrôle de police, de l'état des lieux, il me prenait dans ses bras et murmurait « Prends soin de toi...»

« En survolant la Giraglia, j’ai l’impression de toucher des yeux ce caillou couvert de myrte et de lentisque. Les hublots deviennent autant de masques qui grossissent les contreforts du cap Corse, un index tendu vers le golfe de Gênes… Une forte odeur de maquis me gagne à l’aéroport de Bastia-Poretta, quelque chose d’âpre et d’entêtant qui fait battre mon cœur et me confirme que je suis Corse aussi…» Corse, elle l'est la belle, à demi et, dans le taxi qui me mènait à l'hôtel Castel Brando à Erbalunga, je me rappellais du jour où je vins témoigner, dans le dossier de la Caisse de Crédit Agricole Corse, dans le cabinet du juge Charles Duchaine. Journée étrange, je m'étais juré de ne plus jamais remettre les pieds dans ce pays sauvage, si beau et si étrange.

Tout ça pour ça ! Risquer sa vie pour ça ! Pourquoi pas après tout, les causes perdues sont souvent les plus belles...

« Dix ans d’instruction, un pôle financier spécialement créé au tribunal de Bastia, 40 mis en examen dont deux préfets, un dossier de près de 100 tomes et… un gros flop. Dans son réquisitoire écrit du 24 novembre, le parquet de Bastia a réclamé un non-lieu général dans l’instruction judiciaire sur le Crédit agricole et le détournement de subventions d’Etat. Lancée après l’assassinat du préfet Erignac, en 1998, dans le cadre d’une opération «Mains propres», l’affaire semblait au départ accablante : le Crédit agricole offrait des crédits à des agriculteurs qui ne remboursaient jamais, attendant que l’Etat efface l’ardoise. Les vrais ou faux agriculteurs truquaient leurs déclarations, et certains prêts n’avaient aucun rapport avec l’agriculture : l’un a acheté des chevaux de course, l’autre des voitures, le troisième a construit un lotissement. L’Etat approuvait sans contrôle la dilapidation des fonds publics, au nom de la «paix sociale» chèrement acquise.»

Je m'étais pourtant payé la tronche d'un Ministre.

« Ministre de l'intérieur de mai 1988 à janvier 1991, Pierre Joxe , aujourd'hui membre du Conseil constitutionnel, a été interrogé le 28 juin en qualité de témoin par le juge Duchaine. « Comment expliquez-vous que l'Etat ait pu consacrer plus de 440 millions de francs à la mesure Nallet, alors que l'enveloppe prévue était de 185 millions ? », lui a demandé le magistrat. « Les dépassements de crédits sont fréquents, a répondu M. Joxe. Ils sont votés annuellement, ils peuvent être reconduits d'année en année ou augmentés par décision budgétaire ou par transfert interne. » Questionné sur le témoignage du directeur de cabinet au ministère de l'agriculture à cette époque, JB, pour qui le dossier avait été « piloté par Matignon (...) et copiloté par Pierre Joxe », il a indiqué : « C'est exact que j'ai copiloté ce dossier, puisque, même si Rocard s'y intéressait beaucoup, il m'a délégué et soutenu dans l'élaboration du statut pour la Corse » M. B..., qui avait déclaré qu'il voyait « mal un préfet aller chercher ses ordres ailleurs qu'auprès de M. Joxe », s'est attiré cette réplique : « Si B... voit mal, je n'y peux rien. » 

Sous les palmiers du Castel Brando, avant d'aller dormir je sirotais un Muscat du Cap Corse glacé en pensant à elle, demain je monterais au village, dans la Castagniccia et ce serait une autre histoire, un vrai défi au code en vigueur sur cette île.

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 00:09

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« Vins libertins à ne pas mettre entre toutes les mains » titrais-je le lundi 19 janvier 2009. Ce matin je repasse dans l’alcôve pour vous émoustiller.


Si vous souhaitez savoir quel poète a écrit les 4 vers ci-dessous allez d’un cœur léger ICI link


« Heureux qui, profitant des plaisirs de la terre,


Baisant un petit cul, buvant dans un grand verre


Remplit l'un, vide l’autre, et passe avec gaieté


Du cul de la bouteille au cul de la beauté. »

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 08:00
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Hier, pépère, je rentrais de l'une de mes visites journalières à mes voisins de palier, un ban de gros sars indolents, lorsque je découvre dans ma boîte une invitation.

Je parcourais le pli ci-dessous et je me disais c'est qui ce Thévenoud ?

Et puis je me douchais, me peignais et je cassais une petite graine.

Et puis alors que je lisais mon cri-cri électronique m'alertait. Comme je suis relié direct avec l'Elysée un communiqué venait de tomber le sieur Thévenoud venait d'être exfiltré du gouvernement.

La suite vous la connaissez, le gars s'est embrainé les pieds dans sa feuille d'impôts, surréaliste !

Bruno Roger-Petit chroniqueur politique sur le + du Nouvel Obs. se lamente avec une certaine pertinence :

«... un député qui ne déclarait pas ses revenus depuis trois ans. Autant dire qu'aux yeux des Français, cela va se résumer de manière plus directe encore : François Hollande et Manuel Valls ont nommé secrétaire d'État un député qui fraudait le fisc.

 Un secrétaire d'État qui se moquait bien des Français

Hollande et Valls, en toute légèreté, en toute bonne conscience, ont consacré un secrétaire d'État en délicatesse avec son percepteur depuis trois ans.

Un secrétaire d'État qui, député, avait enquêté sur le fraudeur Cahuzac, en tant que membre de la Commission d'enquête parlementaire sur le sujet. Un secrétaire d'État qui, député, ne cessait de dénoncer les fraudeurs et les paradis fiscaux. Un secrétaire d'État qui, député, exigeait des fraudeurs "la repentance fiscale". Un secrétaire d'État qui, député, se moquait en réalité des Français, des contribuables et des électeurs.

 Il a beau dire, aujourd'hui, Thomas Thévenoud, qu'il a fini par payer ce qu'il devait, avec pénalités afférentes, cette repentance, qui n'en est pas une, est inaudible. Car après tout, s'il était désormais en règle avec l'administration fiscale, pourquoi s'en aller comme un voleur, après neuf jours en poste, comme s'il fallait très vite disparaître du champ public ? Quand on lit l'enquête de Mediapart, on se demande si la réalité correspond aux éléments de langage accompagnant la piteuse sortie du gouvernement du secrétaire d'État.»

Dans tout ça moi je suis gros Jean ( pardon Olif) comme devant et les gens de l'Agence We vont devoir rectifier le tir.

Comment qui s'appelle le nouveau ?

Je ne sais pas, et de toute façon je n'irai pas au Hong Kong Trade Development Council j'ai piscine...

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Le 28 octobre et pour la 1ère fois en France, le Hong Kong Trade Development Council organise au Carrousel du Louvre, l’événement « Think Asia, Think Hong Kong », inscrit au programme officiel du cinquantenaire des relations franco-chinoises. Cette journée d’information et d’échanges réunira, autour du Chef de l’Exécutif de la Région Administrative Spéciale, CY Leung, et des principaux acteurs économiques de Hong Kong, une importante délégation d’entrepreneurs et d’investisseurs chinois et hongkongais. 

Un symposium et des ateliers donneront toutes les clés nécessaires aux chefs d’entreprises pour aborder les marchés asiatiques à partir du premier hub commercial et financier d’Asie.

9h30 : Session d’ouverture

M. Jack So Chak Kwong, GBS, OBE, JP, Président, Hong Kong Trade Development Council

L’Honorable CY Leung, GBM, GBS, JP, Chef de l’Exécutif de la Région Administrative Spéciale de Hong Kong

Thomas Thévenoud, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’extérieur.
La suite ICI link

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