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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 06:00
Le vin prétentieux selon Kilien Stengel dans son Dictionnaire du bien manger… Le vin d’aujourd’hui est-il réellement du vin ?

L’auteur, Kilien Stengel, à un parcours atypique, « né en Gastronomie, pays où le discours démocratique se limite à « Oui Chef ! », le libéralisme à « le client a toujours raison » et la politique d’entreprise aux préceptes du « Guide Michelin», cet auteur et enseignant au parcours atypique fit carrière en Relais & Châteaux étoilés Michelin, et fut hôtelier-restaurateur, avant de devenir auditeur qualité pour le Ministère du Tourisme, et recruteur du personnel de cuisine pour le Ministère de l’Equipement. Il fut durant 12 ans professeur de gastronomie à l’Education nationale puis affecté à l’inspection d’apprentissage du Rectorat de Paris. Collaborant avec diverses associations, commissions municipales, conseils régionaux et généraux, en 2008, cet enseignant intègre l'université François-Rabelais de Tours dans l’équipe de l'Institut européen de l'histoire et des cultures et de l'alimentation pour participer à l’inscription du « Repas gastronomique des Français » au patrimoine culturel de l’humanité, et où il organise chaque année les Rencontres Rabelais, qui traitent des sujets de fond : Qu’est-ce qu’un bon produit ? Cuisine-santé ou plaisir ? Sait-on transmettre l’alimentation ? Le tourisme gastronomique, Les nouvelles tendances... » source Babelio.

 

Pour ceux qui sont sur Face de Bouc c’est ICI 

 

Il vient de nous livrer, chez Honoré Champion, un Dictionnaire du bien manger et des modèles culinaires.

 

Vous me connaissez je me suis précipité à la lettre V et j’y ai noté :

 

  • Que le cépage cabernet sauvignon « étymologiquement originaire du latin bidurica qui donnera plus tard la bidure puis la biture, autrement dit une « mauvaise cuite », une origine pas forcément glorieuse, mais ceci dit amusante. »

  • « Avec leurs arômes prétentieux pour lesquels les nouveaux chimistes de l’œnologie ont un penchant coupable, voire immodéré, il est bien difficile de nos jours de trouver un vigneron qui produit un vin à l’ancienne, un vrai grognard de la garde des vins authentiques. Imaginez un vin qui comme son vigneron fait figure de dinosaure, aussi nerveux l’un que l’autre. Le vin d’aujourd’hui est-il réellement du vin ou est-ce plutôt une boisson alcoolisée aromatisée qui doit plaire au consommateur et qui sert les intérêts de ceux qui les élaborent ? L’élaboration des vins est devenue une science exacte et les formules magiques ne sont plus tirées de grimoires, mais soigneusement mises en fiches dans les mémoires des ordinateurs. Le maître de chai est encore là, certes, essentiellement pour le folklore, mais il a cédé la place à l’électronique et à la chimie moderne, que des apprentis sorciers manipulent avec un certain succès. C’est l’inexorable marche du temps que l’on appelle le « progrès » et l’implacable évolution des goûts et des modes avec des extravagances comme celle du « fût neuf », que semble prôner tout le vignoble mondial : les vins sont dès lors trop boisés, et leur dégustation vous fait vous demander si vous n’êtes pas en train de… mâcher une branche. »
  •  

Pas très rock-and-roll cette affaire, on peut aimer Iggy Pop et Tom Waits et contribuer à l’extension du domaine des vins prétentieux !

 

Beaucoup de « fées » se penchent pourtant sur les berceaux :

 

« Pour ce millésime, le château Lanessan a fait appels aux conseils d'Hubert de Boüard. Aux côtés d'Eric Boissenot et en complémentarité avec l'œnologue historique* de la propriété, Hubert de Boüard apportera son expertise et sa technicité de la vigne. »

 

L’œnologue historique, Paz Espejo, a dans l’histoire perdu nom et prénom…

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 06:00
Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »

Grande première dimanche passé, dans un grand chai néo-art déco de la rue de Lille qui bute sur la rue de Beaune, les tauliers Carole Colin et Denis Jamet, organisaient au lieu-dit Les Climats la première paulée parisienne.

 

C’est quoi une paulée ?

 

Dans son Dictionnaire du Monde Rural Les Mots du passé Marcel Lachiver explique c’est qu’est une paulée : « En Bourgogne, repas et réjouissances qui suivent la fenaison, moisson et vendange, et qu’à Dijon on appelait tue-chien. On trouve aussi pêlée, poêlée, dans certaines régions on écrit aussi pôlée. En Bourgogne, la tradition de la paulée des vignerons a repris en 1923. »

 

Comme toujours, poursuivant inlassablement mon œuvre d’éducation populaire, je vous offre, avant d’aborder le versant moderne de la paulée,  un morceau de choix tiré du livre d’André Lagrange « Moi je suis vigneron » publié en 1960.

 

 

Pendant que le vin « travaille » y’a beaucoup de monde devant le cuvage de Jean-Marie

 

- Y a-t-y une paulée comme d’habitude, oui ou non ?

 

- Bien sûr, demain. Le Louis vous a donc pas fait la commission ?

 

- Si, mais, comme t’avais rien dit hier au soir…

 

- Je savais pas exactement, le régisseur est venu seulement ce matin. Le Môssieu est à Paris. Il arrive à Chalon, au rapide, cette nuit.

 

[…]

 

« Tout le monde discute de choses et d’autres, quand survient Monsieur de la Vernaye. Les hommes se découvrent. Aimablement, le propriétaire va serrer la main de chacun. Un grand avocat, ça sait être poli…

 

Petit discours du plus vieux vigneron, le Toine, juché sur l’échelle appuyée au linteau du magasin :

 

« Tout ce que j’ai à dire, c’est que depuis soixante ans que je me rappelle, j’ai encore pas vu un vin si fort en alcool, ni si bouqueté… Y me reste qu’une chose à souhaiter, c’est que dans soixante ans, on se retrouve tous ici, et qu’on puisse dire : c’est la deuxième fois qu’on goûte une cuvée pareille. »

 

Monsieur de la Vernaye donne le signal des applaudissements.

 

« Le Toine cède la place au Jean-Marie, qui cloue, au-dessus du portail une croix rudimentaire, faite de deux troncs de paisseaux, habillée de lierre, et garnie de raisins rouges et blancs. Puis s’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge l’ex-voto, des prémices de la récolte. »

 

Ensuite « Jean-Marie tire, sur une feuillette, un chant de flûte de vin déjà en fermentation, et en emplit la tasse d’argent que son patron a sorti de sa poche…

 

Celui-ci grume la liqueur, la regrume encore un coup, puis :

 

- Mes compliments Jean-Marie, et mes remerciements les plus sincères ! Grâce à toi, tous les sucs des plantes de nos coteaux se sont donné rendez-vous dans mon verre pour exhaler un parfum subtil et enivrant.

 

[…]

 

Survient le régisseur, le Félicien Chanteau, traînant un petit tombereau empli de bouteilles bouchées…

 

« Monsieur de la Vernaye donne l’ordre au Félicien de servir un blanc cinquante, premier choix. Il emplit les verres trônant au milieu d’une table de fortune : quelques planches reposant sur des tonneaux…

 

[…]

 

« On trinque à la santé du Môssieu si généreux. Lui il se rapproche du Marcel, et pendant que tout le monde déguste avec ferveur, il engage la conversation :

 

- Où en es-tu de tes études ?

 

- Je vais me présenter à l’agrégation de philosophie.

 

- C’est fort bien !... En attendant tu fais la paulée ?

 

- Comme tout le monde !

 

- Tu as bien raison. Personnellement j’ai toujours tenu à ce que, chez moi, on célébrât la paulée : on me traitera de réactionnaire, un peu plus, un peu moins d’ailleurs. Vois-tu, Marcel, on a considéré la tradition comme un obstacle au progrès. Quelle erreur grossière ! On l’a confondu avec la routine. Au reste, les défenseurs du progrès prennent-ils seulement le soin de définir de terme !

 

- Généralement pas.

 

- Ils entendent, sous quelque forme que ce soit, le progrès matériel, c’est-à-dire, en fin de compte, la substitution à l’homme, de la machine, qu’ils voudraient, de plus en plus, modeler à son image, jusqu’à en faire un robot pensant.

 

- Oui. L’âge d’or de l’humanité, en somme, coïnciderait pour eux, avec l’oisiveté totale et universelle…

 

[…]

 

- Au fond, Monsieur de la Vernaye, l’idéal serait d’aboutir à un monde où la machine supprimerait la peine de l’homme, sans le frustrer de ses joies essentielles : la possibilité d’agir à sa guise, ce qui engendre le besoin de créer et la satisfaction de l’œuvre achevée.

 

- C’est très vrai. Vois-tu, tout à l’heure, quand Jean-Marie plantait sa croix de paulée, il accomplissait un geste millénaire : nos ancêtres gallo-romains offraient en remerciements à Bacchus, une couronne de feuillage. Le christianisme a changé les accessoires. Mais au fond persiste la volonté de s’incliner devant une force supérieure, à qui l’on doit rendre des comptes.

 

- Sans aucun doute. Et ce sentiment de gratitude, confusément exprimé, honore grandement l’homme : l’humilité assigne des limites à son orgueil de créateur, et lui évite la tentation d’apprenti-sorcier… »

 

Revenons au temps présent :

 

 

C’est la Paulée de Meursault, créée en 1932 par Jules Lafon, aujourd’hui Domaine des Comtes Lafon, alors maire de Meursault, qui redonne de la modernité à la paulée. Il eût l’idée de rétablir la tradition du repas de fin de vendanges. Ce repas, traditionnellement, rassemblait le propriétaire et ses ouvriers. Il invita 35 de ses amis à un petit banquet : la Paulée de Meursault était donc née. Elle clôture les Trois Glorieuses célébrées chaque troisième week-end de novembre en Bourgogne :

 

- La première glorieuse : le troisième samedi de novembre se déroule au château du Clos de Vougeot la réunion du plus grand chapitre annuel de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin avec grand dîner au château.

 

- La deuxième glorieuse : le dimanche qui suit, a lieu à l’Hôtel-Dieu de Beaune, la vente aux enchères des Hospices de Beaune.

 

- La troisième glorieuse : le lundi suivant c’est donc la Paulée de Meursault.

 

Elle se déroule dans l’ancienne salle de vinification du château de Meursault, ex- propriété de la famille Boisseaux, fondatrice du groupe Kriter et de la maison Patriarche qui ont été revendus au groupe bordelais de Pierre Castel.

 

« 800 convives, les agapes commencent vers 13 h et vont s’étirer tout l’après-midi. Le repas est payant mais chacun apporte son vin, le meilleur si possible (jéroboams, grands crus, millésimes anciens…). En résumé, on assiste à un véritable marathon gastronomique avec force bouteilles (dont la dégustation peut s’étirer jusqu’à l’aube dans la cave de certains vignerons de Meursault), le tout ponctué de discours et de chansons bachiques dont la Bourgogne a le secret. »

 

Dimanche dernier nous étions moins nombreux à la paulée des Climats mais l’esprit festif de la paulée était là bien présent. Chacun de nous avait apporté dans sa petite musette de beaux flacons qui trônaient en bataillons serrés sur le bar des Climats avant que nous leur fissions un sort.

Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »

Le temps était incertain mais j’y suis allé à vélo.

 

Ensuite, le mieux c’est de vous proposer une brassée de photos :

 

Tout d’abord hommage à l’assiette et à ceux qui l’ont faite et l'un de mes vins qui allait bien avec : 

Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »
Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »
Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »

La suite des évènements :

Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »
Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »
Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »
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Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »
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Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »
Paulée des villes, paulée des champs… « S’emparant d’une bouteille de vin nouveau, que lui tend la Madeleine, sa femme, il asperge la croix de paulée, des prémices de la récolte. »
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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 06:00
Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats

Celles et ceux qui me connaissent intimement savent que j’ai l’âme d’un moine cistercien, un défricheur de la Toile qui, inlassablement poursuit sa mission d’éducation populaire auprès des jeunes pousses comme des vieilles branches scotchées à leur écran.

 

Dimanche dernier, en une enclave de la Bourgogne à Paris, le restaurant Les Climats, sis rue de Lille, à l’ombre de la Caisse des Dépôts et Consignations, le chef Julien Boscus nous avait préparé en entrée pour la Paulée : une Terrine que j’ai baptisée sauvagine.

 

*« Ensemble des oiseaux sauvages qui ont le goût sauvagin (Se dit du goût ou de l'odeur particulière de certains oiseaux sauvages.)» dit le Larousse.

 

Qu’est-ce donc une terrine ?

 

Permettez-moi un petit saut dans l’Histoire :

 

- On lit dans le Dictionnaire général de la cuisine française d’Alexandre Dumas :

 

Terrine : « Entrée, qui tire son nom de l'usage où l'on était autrefois de servir la viande dans la terrine même où elle avait été cuite, sans aucune autre sauce que le mouillement qu'elle avait produit. Aujourd'hui la terrine est composée de plusieurs sortes de viandes cuites à la braise, qu'on sert dans un vase appelé terrine, soit d'argent ou de porcelaine, avec telle sauce, coulis, ragoût ou purée qu'on trouve bien d'y ajouter.

 

Les terrines de foies de canards de Toulouse et celles de Nérac, qui sont garnies de perdreaux aux truffes, ont une juste réputation ; mais tout cela doit céder à l'ancienne terrine du Louvre, ainsi qu'elle est formulée par Leclerq. »

 

Terrine à l'ancienne mode.

 

Faites cuire avec du bouillon un poulet gras, une perdrix, le râble d'un lièvre, une noix de veau et une noix de mouton, le tout piqué de lard moyen bien assaisonné de fines herbes et d'épices. Laissez tout cela bouillir ensemble. Pelez ensuite des marrons grillés, nettoyez-les convenablement et mettez-les à cuire avec les viandes. Fermez bien la terrine et lutez-la de pâte ferme, afin que tout cela cuise en son jus. Dégraissez la sauce avant de la servir, et ajoutez-y pour lors un gobelet de vin des Canaries.

 

Terrines d'ortolans.

 

Hachez en portions égales la chair d'un ou deux perdreaux et de la panne de porc ; ne vous contentez pas de hacher, mais assaisonnez et pilez jusqu'à ce que la pâte soit bien lisse, coupez les cous et les pattes des ortolans, étendez une couche de farce dans la terrine, semez dessus de la truffe.

 

Rangez sur votre farce un lit d'ortolans que vous assaisonnez de sel épicé ; mettez une seconde couche de farce sur laquelle vous semez de nouveau des truffes ; couchez une autre rangée d'ortolans que vous assaisonnez comme la première. Finissez par une couche de farce et de truffes, couvrez de bardes de lard, mettez une feuille de laurier dessus, couvrez la terrine et faites cuire.

 

Mais la terrine est aussi un contenant 

 

- « De forme ovale, la terrine est un récipient en général posé sur un plateau, doté d'une doublure et accompagné d'une grande cuillère ovale ainsi que d'une fourchette à servir. L'origine de la terrine est quelque peu mystérieuse ; il est probable que ce type de récipient soit une imitation luxueuse des récipients de terre modestes, sans pied ni anse, utilisés dans les cuisines pour la cuisson des pâtés. Néanmoins il semblerait que l'on servait dans les terrines d'argent des recettes se rapprochant plutôt du ragoût. Accompagnées de pots à oille, de forme ronde, les terrines faisaient partie des éléments les plus importants des services de table. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, un nombre constant et égal de terrines et de pots à oille est intégré aux services, mais cet équilibre ne dure pas. »

 

- « Tians et terrines ont une étymologie commune : le tian est un mot provençal ancien, issu du grec tegamon qui signifie poêle à frire, qui désigne un plat en terre cuite ; et terrine est issu du vieux français terrin, attesté dès le XIVe siècle et qui désigne un pot de terre.

 

C'est donc le même plat en langue d'Oïl - la terrine – ou en langue d'Oc - le tian -. La principale différence entre ces deux plats en terre est que le tian est un plat en terre vernissé le plus souvent rectangulaire et découvert, alors que la terrine, vernissée ou non, est toujours recouverte d'un couvercle.

 

Ce ne sont pas les seuls plats traditionnels de la cuisine qui doivent leur nom au récipient : ainsi le nom de cassoulet provient de la cassole d'Issel, petite cité proche de Castelnaudary, où l'on fabriquait les plats en terre cuits au four où l'on cuisait le cassoulet à four doux pendant plusieurs jours en perçant la croûte au moins six fois. Il en est de même des tajines arabes, qui dénomment à la fois le récipient tronconique et le plat qu'il contient.

 

Tians et terrines La chronique Histoire et Gastronomie de Jean Vitaux

 

- « Il ne fut pas dit une parole pendant le court trajet de la jetée de Guérande à l’extrémité du port du Croisic, endroit où se charge le sel que des femmes apportent dans de grandes terrines placées sur leurs têtes, et qu’elles tiennent de façon à ressembler à des cariatides. Ces femmes vont pieds nus et n’ont qu’une jupe assez courte. »

Honoré de Balzac La Comédie Humaine.

 

D’où vient-elle ?

 

- « Le maréchal de Contades, commandant militaire d'Alsace, de 1782 à 1788, craignait de se soumettre au régime culinaire de cette province, emmena avec lui son cuisinier, lequel se nommait close et était Normand. Il avait conquis la haute société de l'époque dans la haute société de l'époque la réputation d'un habile opérateur.

 

Le cuisinier normand avait deviné ce que le foie gras pouvait devenir entre les mains d'artiste. Avec le secours des combinaisons classique empruntées à l'école française , il avait élevé , sous forme de pâté, à la dignité de mets souverain en affermissant et en concentrant la matière première , en l'entourant d'une farce de veau et de lard haché que recouvrait une fine cuirasse de pâte dorée et historié . Tel était le pâté de foie gras à son origine.

 

En 1788 le maréchal de Contades fut remplacé par le maréchal de Stainvillier. Close entra pendant quelques temps chez l’évêque de Strasbourg, mais ayant assez de la servitude, épousa la veuve d'un pâtissier français nommé Matie, s'établit à Strasbourg et , pour la première fois, on vit vendre ces merveilleux pâtés, qui jusque-là avait fait les délice exclusif de Mgr L'évêque , de M. de Contades et de leurs convives .

 

La Révolution éclata et les parlements venaient de disparaître avec l'ancien régime ; les monarques licenciaient leurs cuisiniers quand, par hasard, celui du président du parlement de Bordeaux vint chercher fortune à Strasbourg.

 

Il était jeune, intelligent, ambitieux et se nommait Doyen.

 

Il débuta d'abord par les plus modestes confections, notamment par les chaussons de pommes, dans lesquels il excellait, puis il trouva les chaussons de veau hachés ; mais le pâté de Close l’intéressait au plus haut point ; il lui manquait quelques choses ; il trouva.

 

Doyen lui ajouta la truffe parfumée du Périgord et l’œuvre fut complète. »

 

Histoire de la terrine ou du pâté de foie gras J. FAVRE Dictionnaire universel de la cuisine.1895

Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats

Mais revenons à la terrine populaire, dite de campagne servie avec des petits oignons, des cornichons et du vrai pain à la mie serrée et à la croûte croquante qui a été extirpée de l’oubli par les chefs de la bistronomie : Yves Camdeborde, Rodolphe Paquin, Thierry Breton…

 

Si vous souhaitez faire le tour de la question 2 livres : Terrines de Rodolphe Paquin et Terrine de Stéphane Reynaud.

 

Pour celle de Julien Boscus la sauvagine il faut :

 

  • Le gibier de chez « Huguenin » le roi du gibier à Paris Colvert, des Perdreaux, des Palombes, du Lièvre et de la Grouse…

Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats
  • Faire cuire ces charmants et sauvages volatiles…

  • Les « épibosser » et les mélanger…
Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats
  • Préparer les terrines, les chemiser…
Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats
Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats
Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats
  • Cuire le tout au bain-marie

  • Démouler puis découper
Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats
  • Servir en assiette…
Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats

Déplier sa serviette et se régaler, entre chaque bouchée boire 1 Saint-Aubin 1er Cru 2014 Les Murgers des Dents de Chien de Dominique Derain.

 

La Terrine de Gibier est au Menu déjeuner des Climats : parfumée au marc de bourgogne, moutarde de Crémone, cornichon de la maison Marc et pain de seigle toasté.

Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats
Terrine sauvagine du chef Julien Boscus pour la Paulée du restaurant Les Climats
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 06:00
Des petites fenêtres ouvertes sur la vie vigneronne : le road-movie en BD de 2 filles Justine&Fleur pour l’amour du vin

Oh les filles, oh les filles

 

Elles me rendent marteau

 

Oh les filles, oh les filles

 

Moi je les aime trop…

 

C’était signé « Au bonheur des dames » un groupe de rock parodique des années 1970 emmené par Ramon Pipin. Ce fut leur plus grand succès qui figurait sur leur premier album Twist, sorti en 1974.

 

C’était le temps du Golf-Drouot, j’étais jeune et beau (c’est pour la rime) et je dansais le rock jusqu’au bout la nuit jusqu'à en avoir la pépie...

 

Beaucoup d’eau a coulé depuis sous les ponts de Paris et Bercy n’est plus le port du gros rouge mais un grand chapiteau abritant des décibels ou de la sueur ou les deux à la fois.

 

Le XXIe siècle du vin sera une affaire de filles n’en déplaise à la caste dominante et bedonnante !

 

Elles déboulent, jeunes et belles, sans complexe, pleine de vie, bousculent les codes, s’approprient le plaisir de boire, de le dire et, ici, dans le projet de Fleur et de Justine, en ouvrant des petites fenêtres sur la vie de ceux qui vivent de la vigne et du vin.

 

 

De suite elles affichent la couleur :

 

« La vocation, disait Stendhal, c'est d'avoir pour métier sa passion.» C'est notre cas – Fleur et Justine – passionnées, l'une par le travail des vignerons, l'autre par l'univers graphique et la bande dessinée.

 

Leur projet à 4 mains, si je puis dire, est né d’un besoin de mieux comprendre le travail de la vigne au fil de l’année, en arpentant différentes régions de France et d’Europe. La richesse et la précision des réponses apportées par les vignerons aux problèmes qu'ils rencontrent leur ont donné l'envie de partager leurs découvertes et parfois leurs secrets, dans un ouvrage à la fois pédagogique, drôle, et tendre, car ils sont extraordinaires, chacun à leur manière !

 

Elles projettent donc de publier, sous la forme d’une bande dessinées, des séquences narratives et des dialogues avec les vignerons qu’elles ont accompagnés dans leur geste quotidienne. Le choix de la bande dessinée c’est ouvrir une fenêtre aux professionnels et aux amateurs sur une autre façon de voir les techniques viticoles et les différentes manières de vinifier.

 

Ce sera un éphéméride illustré, conçu comme une invitation au voyage dans le temps et dans l’espace, pour éclairer la technique viticole : la taille (cordon de royat, guyot double, ombrelle, corbeille etc.), le travail des sols (mécanique, en traction animale ou à la pioche), les traitements (classiques, biodynamiques, bricolés et improvisés), ou encore les grandes questions telles que l’équilibre de la faune et de la flore en milieu viticole ou celles, fondamentales, du désir de faire du vin et du sens qui en découle...

Des petites fenêtres ouvertes sur la vie vigneronne : le road-movie en BD de 2 filles Justine&Fleur pour l’amour du vin

Beau et intelligent projet qui m’a de suite intéressé dès que Fleur me l’a exposé en partageant à déjeuner le pain et le sel et bien sûr une belle bouteille.

 

Si vous souhaitez le découvrir et le soutenir par une contribution, même modeste, les petits ruisseaux font les grandes rivières, rendez-vous sur le site qui lui est dédié sur Ulule ICI 

 

Faites tourner.

 

Merci par avance pour elles…

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 06:00
« On a vu cette horreur du progrès porter ces malheureux jusqu’à incendier les fermes modèles. » Philipe de Villiers le retour du temps des maîtres

« Piquer une bonne colère est parfois salutaire. Et aujourd’hui les raisons d’être en colère ne manquent pas ! »

 

C’était la semaine passée sur le blog d’Alain Juppé, dit le vieux par un ancien Président de la République reconverti en chef de son parti.

 

Tout comme Juppé je suis vieux, un peu moins que lui, et très en colère… pour les mêmes raisons plus une : le fait que des « amis » accordent du crédit à cette grande brêle de Philippe de Villiers parce qu’il conchie les élites.

 

Ils picorent comme des poulets dans l’aire de la métairie dans ses écrits, en prenant disent-ils ce qui est bon pour leurs analyses et le reste qui est le corpus du vicomte, qu’en font-ils ?

 

Une telle confusion dans les esprits me navre, m’exaspère, me flanque en colère car, le vicomte est bien pire que tous ceux qu’ils jettent à la vindicte dite populaire. Il est la quintessence de l’élite qui mène le petit peuple par le licol, avec lui, en Vendée était revenu le temps des maîtres.

 

Cet homme est habile « le moment est venu pour les Français de se rebeller contre cette classe politique qui vit entre elle de façon endogamique - avec les journalistes français. Ils pensent les mêmes choses, travaillent ensemble, rêvent ensemble, et vivent ensemble. »

 

Bonne vieille antienne des vieilles ligues de la droite dure et extrême, ça conduit où ?

 

À une « bonne guerre civile » ou à la France des nostalgiques du Maréchal avec le vicomte en tête, mais il n’est pas Stofflet, homme du peuple, mais le dernier avatar du temps des maîtres, ceux qui ont amené les paysans à l’abattoir de 14-18. Merci pour ce moment camarades révolutionnaires virtuels.

 

Je connais mon Histoire de France comme celle de ma Vendée, et croyez-moi jamais je ne me laisserai aller à partager le moindre verset des harangues du vicomte.

 

C’est un imposteur !

 

Dans mon petit roman du dimanche j’écrivais :

 

« Dans ce pays, où la vigne voisine les vaches et des boisselées de blé, la cave est un lieu entre parenthèses. Au café, les joueurs d'aluette, se contentaient de baiser des fillettes, ce qui, dans le langage local, consiste à descendre petit verre après verre, des petites bouteilles d'un tiers de litre à gros culot, emplies de Gros Plant ou de Muscadet. Ils picolaient. A la cave, le rituel était différent. Certes c'était aussi un lieu d'hommes mais le vin tiré directement de la barrique s'apparentait à une geste rituelle, c'était un soutien à la discussion. Dans la pénombre, le dimanche après-midi, tels des conspirateurs, les hommes déliaient leur langue. A la cave ces peu diseux disaient et ils se disaient, ce qu'ils n'osaient dire à l'extérieur. Echappant à la chape qui pesait sur eux depuis des millénaires, ils se laissaient aller. Les maîtres et leurs régisseurs en prenaient pour leur grade, surtout ces derniers, supplétifs visqueux et hypocrites. Ces hommes durs et honnêtes se donnaient la main pour soustraire du grain à la part du maître. Le curé, lui aussi, recevait sa dose, en mots choisis, il fallait t pas blasphémer. Pour lui taper sur le râble, ils raillaient leurs bonnes femmes, culs bénites, auxiliaires dévotes de leur servitude. Et quand le vin les y poussait un peu, les plus chauds, versaient dans leurs exploits de braguette. »

 

Ce pays, tout juste sorti de la dernière guerre, je l’ai connu dans toute sa misère, sa pauvreté, lorsque j’accompagnais le dimanche mon père, dans les années 60, pour visiter les paysans. Combien de métairies, avec de petits métayers, sans électricité ni eau courante, la terre battue, encore si proche de ce peuple des campagnes décrit par Jean Vidalenc dans son livre la Société Française de 1815 à 1848.

 

« Une métairie vendéenne a un caractère rustique particulier. La place qui est devant la maison et qu’on nomme la cour, n’est point environnée de murs, une épaisse litière d’ajoncs épineux et de genets flétris la couvre presque toute entière ; foulées aux pieds et dissoutes par les pluies d’hiver, ces plantes sont destinées à servir d’engrais… La maison d’habitation ne se compose que d’un rez-de-chaussée avec une porte au milieu et une fenêtre de chaque côté… L’intérieur répond à une simplicité de l’extérieur ; c’est une grande pièce formant un carré long où, pendant l’hiver, la flamme du foyer unie à celle d’un flambeau de résine jette une lumière douteuse. Le manteau de la vaste cheminée est décoré de fusils de chasse ou de munition : on en compte quelquefois jusqu’à cinq ou six. Dans les angles du foyer sont des morceaux de bois ou de pierre servant de siège au métayer et à ses enfants : aux deux côtés de la cheminée sont deux lits… Leur hauteur est telle qu’on ne peut y arriver qu’en montant sur les coffres étroits de cerisier poli qui bordent les lits dans toute leur longueur. À la tête de chaque lit on remarque un petit bénitier, un rameau de buis bénit, une croix de bois et quelques images de saints. Les armoires et les autres meubles de la chambre sont également en bois de cerisier… Au milieu de la chambre se trouve une longue table entourée de bancs sur laquelle, d’après un usage antique, un pain est toujours placé. Ce pain indique à l’indigent qu’on est prêt à lui donner. »

 

« Cet aspect assurément sympathique de l’hospitalité vendéenne n’était pas sans contrepartie pour le voyageur « choqué par le manque de propreté des cours et par le peu de soin à utiliser les matières fertilisantes ; on y montrerait des meules de fumier sans fosse à purin, s’égouttant de tous les côtés pour aller se perdre dans la mare où le bétail va s’abreuver, de tiges de colza, des pailles de blé noir et des chaumes pourrissant au dehors, exposés aux pluies de l’hiver et formant au printemps un affreux cloaque où les pourceaux se vautrent en liberté, et d’autres détails qui ne donnent pas une idée plus satisfaisante des habitudes de la population.

 

Une fois pourtant chaque année, cette cour sordide est l’objet de soins qui correspondent au temps de la moisson : la ferme change d’aspect ; la cour est balayée, le fermier prépare l’aire où il battra son grain. Par un moyen qui n’a rien de propre et de délicat, il atteint le but qu’il se propose en se servant de la bouse de vache délayée dans un peu d’eau ; il nivelle le terrain de manière à obtenir un plan parfait, imprègne la surface de ce singulier mélange et, le soleil séchant le tout, le sol reste couvert d’une sorte de vernis qui dure assez longtemps pour que le battage puisse s’opérer. »

 

« Dans les zones de marais, les femmes travaillaient aussi les bouses de vache, les ramassant et les faisant sécher pour en faire un combustible, le seul possible dans ce pays sans arbres ; les cendres en étaient ensuite vendues à des habitants du Bocage en échange de quelques fagots indispensables pour le chauffage des fours à pain. Le respect des traditions allaient très loin. « Un propriétaire qui défrichera une portion de lande sera très mal vu de toute sa commune. On a vu cette horreur du progrès porter ces malheureux jusqu’à incendier des fermes modèles. »

 

C’était cela l’exploitation familiale chère aux hobereaux grands propriétaires que les gamins saluaient d’un bonjour nôtre maître. Le vicomte est de cette trempe, hautain, méprisant, roublard, flatteur, autocrate, de la race des nouveaux maîtres.

 

« Cette fois, surpris par le danger (ndlr le départ de son fils pour la ville), en plein travail de labour, il tourna lentement sur lui-même, comme poussé par l’habitude, et chercha dans la campagne, aussi loin que ses yeux pouvaient porter, un sauveur, un appui, quelqu’un qui défendît s cause et le conseillât. Ses bœufs au repos le regardaient. Il aperçut d’abord, entre les arbres, le clocher de Sallertaine. Mais il secoua la tête. Non, le curé n’y pouvait rien. Le vieil et bon ami qu’il consultait volontiers, Toussaint Lumineau le savait impuissant contre les hommes de la ville, les fonctionnaires, les administrations, contre tout l’inconnu immense qui s’étendait autour de la paroisse. Son regard quitta l’église, rencontra des fermes et ne s’arrêta pas ; mais il s’arrêta un peu sur les toits aigus de la Fromentinière. Ah ! le marquis, s’il avait été là ! Rien ne l’intimidait, lui, ni les galons, ni les titres, ni les paroles que les pauvres ne comprennent pas. Et rien ne lui coûtait non plus : il aurait fait le voyage de Paris pour empêcher un Maraîchin de partir. Hélas ! le château était vide. Plus de maîtres… »

 

La Terre qui meurt René Bazin

« On a vu cette horreur du progrès porter ces malheureux jusqu’à incendier les fermes modèles. » Philipe de Villiers le retour du temps des maîtres
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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 06:00
Le produit fermenté est purement local et autochtone, et sa fabrication ne peut pas être délocalisée sous peine de perdre ses caractéristiques gustatives…

La laitière de Vermeer sur un pot de yaourt, les publicités pour les fromages industriels en recherche de légitimité, les vieilles marques de vin de table, les pains dits à l’ancienne, les vaches dans les prés, les poulets qui picorent, mettent en scène « l’âge d’or d’une paysannerie qui n’a plus cours, la campagne verte, la richesse de « nos » terres, la ruralité, la famille, l’enfance, la transmission, l’enracinement, l’attachement à des recettes ou des procédés ancestraux, et le patrimoine culturel. »

 

Beaucoup de nos contemporains, qui n’ont plus le temps disent-ils, ou qui ne le prennent plus, consomment des images pour se rassurer de leur angoisse face à la mondialisation, l’uniformisation, l’industrialisation.

 

Comme le note Etienne Klein : « Notre façon de confondre temps et vitesse en dit long sur notre rapport à la modernité »

 

« Le temps n’accélère pas. Il est indifférent à nos agitations : une heure dure une heure, que nous la passions à jouer aux boules ou à souffrir mille morts. Le cours du temps ne dépend en rien de notre emploi du temps, ni même de notre perception du temps : ce qui s’écoule dans le temps n’est pas la même chose que le temps même. Mais, par un effet de contagion entre contenant et contenu, nous sommes portés à attribuer aux temps les caractéristiques des processus qui s’y déroulent. C’est ainsi que la vitesse est une sorte de doublure métaphysique du temps : lorsque nous disons que le temps passe plus vite, nous imaginons un quelque chose qui coule à vitesse croissante. »

 

Alors c’est la course au prêt à manger, aseptisé, operculé, fabriqué avec du minerai rapidement élaboré, j’ose écrire élevé, poussé, boosté, car le temps c’est de l’argent, avec DLC, gaspillage, déchets, obésité, cul posé face à la télé ou vite fait mangé debout dans la rue…

 

Dans le même temps, les médias nous saturent de gastronomie, de belles recettes, de chefs de cuisine stars, de grands vins, d’inscription au patrimoine immatériel de l’humanité de nos beaux terroirs, de nos incomparables produits alors que le fameux peuple, cher à nos philosophes de comptoir, toutes classes sociales confondues, pousse le caddie à toute berzingue dans les temples modernes de la distribution. Les uns par pure nécessité économique, d’autres pour se payer voyages ou le dernier miracle de la technologie, d’autres encore par insouciance, désintérêt pour ce qui n’est, selon eux, après tout que se nourrir pour vivre.

 

Bien sûr, il existe des résistants, trop souvent éparpillés ou réfugiés dans leur petite chapelle, trop libertaires disent-ils, un poil libertariens, révolutionnaires en chaise longue, cosignataires de pétition ou de tribunes dans une presse moribonde, auteurs de films pour les seuls disciples, amateurs de buzz sur les réseaux sociaux, chacun pour sa peau comme nous disions sur nos cours de récréation.

 

Ne pourrions-nous pas, un instant, un bref instant, nous poser pour échanger, nous écouter, nous entendre sans pour autant verser dans une unanimité béate, afin de redonner du sens à un acte essentiel : nous nourrir.

 

Klein nous prévient, ce n’est pas simple, car « Il y a de fortes inégalités dans notre rapport au temps. Autrefois, dans les villages, il y avait un rythme collectif assez synchrone. Mais aujourd’hui, chacun peut individualiser son rapport au temps. Du coup, nous ne sommes plus vraiment ensemble. Cela rend plus difficile la création et l’entretien d’un lien social authentique. D’autant que beaucoup de nos concitoyens souffrent de se sentir hors du flux, de ne pas vivre avec la même intensité que les autres. »

 

Création et entretien d’un lien social authentique en voilà une belle ambition commune. Je n’ai pas écrit collective car c’est un gros mot.

 

Alors je pose au beau milieu de notre agora virtuelle un beau sujet de réflexion à ceux qui tentent ou disent qu’ils veulent, souhaitent, changer le cours des évènements.

 

Au commencement était le ferment.

 

Comme l’écrit Marie-Claire Frédéric :

 

« Le produit fermenté est nécessaire à la vie, il a même parfois sauvé des vies, et il est considéré comme bon pour la santé autant que bon au goût. Le produit fermenté a une dimension symbolique qui transcende celle de la simple qualité nutritionnelle ou gastronomique. Le produit fermenté est purement local et autochtone, et sa fabrication ne peut pas être délocalisée sous peine de perdre ses caractéristiques. Le produit fermenté est enfin considéré par les gens du pays comme étant lié à leur histoire. C’est un emblème de la communauté, il fait partie de la culture. On s’identifie à lui. Le fermenté en tant que marqueur identitaire pourrait diviser les hommes. En fait, il les relie, les unit même. Car, comme la cuisine, la fermentation nous définit comme humains. »

 

Et l’on revient au temps passé dans l’espace-temps invariant :

 

« Le temps est un véritable ingrédient. Il permet le processus de fermentation, et fixe le but, surtout lorsque ce but est la longue conservation du produit. Le lait, qui à l’état frais ne va pas se conserver plus de vingt-quatre ou quarante-huit heures, à une longévité de plusieurs années, lorsqu’il est transformé en fromage. On peut dire la même chose de bien d’autres aliments fermentés. Non seulement l’élaboration, mais aussi la maturation et l’affinage de ces produits s’inscrit dans le temps. C’est un processus à la fois long et dynamique que l’on ne peut raccourcir, sous peine de le voir échouer ou perdre de la richesse sensorielle du produit. Le temps qui, d’habitude, conduit à la putréfaction et à la mort, dans ce cas précis, sert au contraire à la prolongation de la vie. Le temps ne mène plus à la vieillesse et à la destruction, mais à la maturation qui, dans tous les cas, améliore l’aliment. Ma fermentation est aussi une manière de rendre acceptable l’inacceptable : le vieillissement ; et de réconcilier l’homme avec sa plus grande terreur : le temps qui passe. »

Le produit fermenté est purement local et autochtone, et sa fabrication ne peut pas être délocalisée sous peine de perdre ses caractéristiques gustatives…
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, « Je ne protège personne mais il m'arrive d'avoir peur. Je n'ai pas envie d'apprendre à nager dans 20 centimètres d'eau comme Robert Boulin »

Alors que j’attendais, au premier étage de l’hôtel de Matignon, dans l’antichambre de mon ancien petit camarade devenu Premier Ministre, je ne pouvais m’empêcher, tout en feuilletant la presse du jour, de pester contre la géolocalisation. Sans contestation, c’est l’une des pires calamités du XXIe siècle, plus d’intimité, de petits secrets, de beaux mensonges, de tranquillité, vous êtes pisté comme un vulgaire malfrat en cavale. Bien sûr il vous reste toujours la possibilité de balancer à la Seine votre crapaud plein de puces – c’est con comme image, les crapauds n’ont pas de puces, me disais-je – mais, il y a toujours un ou plusieurs mais, qui vous scotchent à ce satané téléphone. Ne m’en déplaise je ne suis qu’un vulgaire phubbers. « Nous sommes tous des phubbers ». Pour les allergiques à l’intrusion d’un anglais de cuisine sur les réseaux sociaux et dans les échanges sms le « Phubbing » est une contraction de « phone » (téléphone) et « snubbing » (snober), donc en gros snober son interlocuteur en passant son temps à regarder l’écran de son téléphone alors qu'on lui parle. Agaçant, frustrant, grossier, pratique devenue très commune, on regarde en moyenne son smartphone 221 fois par jour, pour une utilisation quotidienne de 3h16.

 

« Le phubbing est un mal qui s'est insinué dans les diners, dans les apéros, dans les réunions, devant la télé et au cinéma, voire même au lit. Une récente étude de l'université Baylor au Texas (Etats-Unis) met en lumière plusieurs situations de plus en plus communes dans les couples :

 

Il/Elle sort son téléphone de sa poche durant un diner ;

 

Il/Elle positionne son portable de manière à pouvoir le voir ;

 

Il/Elle conserve son smartphone dans la main ;

 

En pleine conversation, il/elle se détourne après une sonnerie ou un bip ;

 

Il/Elle jette un regard à son téléphone tout en parlant ;

 

Au premier temps mort dans une conversation, il/elle saisit son portable.

 

Il y a aussi les phubbers jusqu'aux-boutistes qui ne lâchent pas leur téléphone, même pendant l'acte sexuel : 36% des Britanniques se disent prêts à répondre à un appel pendant l'amour, et une Européenne sur 5 affirme consulter son portable lors de l'accouplement. »

 

Si je vous dis ça c’est tout bêtement parce qu’en attendant Manuel je venais de lire dans l’Obs. une très sérieuse chronique « Le phubbing serait-il le mal du siècle ?» 

 

Consulter son téléphone en faisant l’amour, ça il fallait le faire. Je me déridais en tentant de m’imaginer le modus operandi de la manœuvre. Même que je pensais que l’un des mais, le plus important, qui m’empêchait de foutre mon smartphone à la poubelle c’était elle, une belle qui ensorcelle. À nouveau, en dépit de l’érection de défenses soi-disant inexpugnables, je venais de tomber.

 

Tomber !

 

Il y a sous ce verbe une fatalité bien commode dont je m’accommodais pour mieux planquer ma faiblesse côté coeur.

 

À cet instant précis j’aurais dû prendre mes cliques et mes claques et me tirer de ce cloaque où, j’en étais certain vu mes états de service, la main ferme du pouvoir voulait me précipiter. Chez Manuel, il y a du Clémenceau.

 

L’huissier m’introduisait dans son bureau. Tête à tête, mazette, ça devait chauffer. La poignée de mains énergique, l’œil bleu, le sourire un peu crispé, le café. Je souriais. Allais-je prendre une avoinée ou me voir flatté ? Pour ne rien vous cacher je n’en avais strictement rien à fiche, et Manuel, comme s’il lisait dans mes pensées, laissait de côté la carotte et le bâton, pour fendre l’armure. Se confier. Je l’écoutais sans l’interrompre tout en pensant à ce qu’écrivait Flaubert : « L’avenir nous tourmente, le passé nous retient, c’est pour cela que le présent nous échappe. » et insensiblement je m’évadais de la conversation.

 

Zoom arrière !

 

Nourri de la sève de mes précieux livres, adolescent ambitieux, ne doutant pas un seul un instant que ma vie serait belle, je rêvais d’enlever, aux premières lueurs de l’aurore, l’une des belles qui ensorcellent, tirée de son sommeil, au nez et à la barbe de son barbon de père, au grand désespoir de sa mal aimée de mère. Nous fuirions juchés à cru, sur un grand cheval alezan, vers des terres ignorées où nous fonderions une dynastie. Filer le parfait amour, l’amour fou, exigeaient de grands desseins et ne pouvaient se soumettre aux petits accommodements d’une geste étriquée.

 

De temps à autre j’opinais sans rompre le fil de mes pensées. Chacun de nous était dans l’intime et je me persuadais, en l’écoutant, que seule une telle radicalité – l’enlever – pourrait me sauver.

 

Me sauver de qui ?

 

Mais d’elle venue du diable vauvert troubler mon voyage en solitaire alors que je voguais en des eaux enfin apaisées. Stupéfait, sans défense, je contemplais mon absolue faiblesse ; sa jeunesse limpide m’émouvait, me troublait, m’embrasait.

 

Que m’arrivait-il ?

 

Je me raillais : « Tu es tel le bois mort d’un vieux chêne abattu, pas encore sec, mais prêt à être fendu, bardé d’échardes vives, qui luit en un dernier éclat, prêt à un embrasement soudain à la première étincelle avant de se consumer au cœur en une infinie lenteur. »

 

J’appelais Aragon à la rescousse « Il n’y a pas d’amour heureux »

 

Rien n’y faisait…

 

Alors je décidai de l’enlever et de l’embarquer dans mon roman.

 

Cette perspective me permettait d’atterrir en douceur dans le monologue de Manuel. Je lui tendais immédiatement une perche :

 

- Je suis ton homme, ne t’inquiète pas…

 

- Mais tu ne sais pas ce que je vais te demander…

 

- L’important pour moi n’est pas dans ce que tu vas me demander mais dans mon désir d’aller au bout de mon destin…

 

- Je ne comprends pas…

 

- C’est mieux ainsi car tu peux tout me demander.

 

- Sans contrepartie ?

 

- Aucune, sauf mon entière liberté d’action. Je ne rendrai compte qu’à toi.

 

- Je vais y réfléchir…

 

- C’est de suite ou jamais !

 

- Toujours le même, inflexible, je prends mais ne compte pas sur moi pour te couvrir…

 

- Ça va de soi.

 

Le ciel de la rue de Varenne charriait un flot de nuages moutonneux. En marchant je convoquais ma fine équipe pour le début d’après-midi.

 

Ils étaient tous content de me revoir. Pour reprendre le fil de notre mission je débutai mon speech en citant un Twitte de Michel ONFRAY ‏@michelonfray

 

Juppé. « C'est une catastrophe d'entendre ces intellectuels prédire l’effondrement de la civilisation occidentale ». La preuve? Sa candidature.

Haute élévation de l’esprit pour le nouveau chroniqueur qui fait la Une du magazine d'extrême droite « Eléments» 

 

C’est le « vieux » qui a déclenché les hostilités sur son blog du 10 octobre :

 

Faisons-nous confiance

 

Piquer une bonne colère est parfois salutaire. Et aujourd’hui les raisons d’être en colère ne manquent pas !

 

Contre l’abaissement du débat public, la course à la vulgarité, la recherche du bon mot, ou mieux encore du gros mot qui fera la une des médias … et en même temps nourrira la dérision quotidienne que ces mêmes médias entretiennent avec délectation au détriment des hommes politiques.

 

Contre le nouveau « politiquement correct » que nous serinent à longueur de bavardages télévisés les chantres du déclinisme, les nostalgiques d’un prétendu « âge d’or », les Cassandre qui annoncent l’effondrement de la civilisation occidentale.

 

Contre les partis qui jouent sur les peurs des Français et dessinent le visage d’une France ratatinée dans ses égoïsmes, frileuse devant le monde global, barricadée dans d’illusoires frontières nationales, prête à jeter aux orties l’union construite si patiemment avec nos voisins européens.

 

Contre les falsificateurs qui diffusent le mensonge sur les réseaux sociaux et profitent d’un lâche anonymat pour attiser les haines.

 

Contre la sottise qui inspire la caricature d’une France de race blanche et insulte du même coup les Français de Guadeloupe, les Français de Martinique, les Français de Guyane , la belle société multiraciale de la Réunion , je n’oublie pas les Polynésiens , les Calédoniens de toutes origines , nos compatriotes venus d’Asie , du Vietnam par exemple… pardon de ne pas citer tous les Français qui savent que la patrie française ne se définit pas par la couleur de la peau mais par le partage du bien commun que constituent les valeurs de la République, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen , l’égalité entre les femmes et les hommes, le respect de la laïcité.

 

Contre l’arrogance des bien-pensants qui se réclament bruyamment des racines chrétiennes de la France sans y être vraiment fidèles. Certes notre pays a des racines chrétiennes, ce qui ne veut pas dire qu’elles soient exclusives ! J’ai été élevé dans la religion catholique et j’y demeure attaché. C’est pourquoi j’ai retenu des Evangiles, des Pères de l’Eglise, de l’enseignement des papes que les valeurs chrétiennes, c’est l’amour du prochain, l’accueil de l’étranger, le respect de l’autre, l’attention porté au plus petit, au plus faible, au plus pauvre.

 

Voilà, j’avais envie de vous dire tout cela. Naturellement, on se calme. J’ai une confiance inébranlable dans le bon sens des Français. Alors, ensemble, résistons aux vents mauvais. Faisons-nous confiance. »

 

Meeting commun, Sarko-Juppé, mercredi 14 octobre à Limoges en soutien à Virginie Calmels, candidate de la droite et du centre en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Ils pensent à la primaire matin, midi et soir. Mais, officiellement, l’automne politique sera collectif.

 

L’ex dans son français approximatif a comme d’habitude surjoué :

 

« On n’a pas besoin de s’expliquer. Il sait ce que je pense. Je sais ce qu’il pense. Nous avons lui et moi une responsabilité sur les épaules, celle d’être unis sans faille pour assurer l’alternance »

 

Mais dans son discours, il n’a par contre fait aucune allusion à l’actualité politique de la journée. Dans un entretien à L’Obs. du jeudi 15 octobre, Jérôme Lavrilleux, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé, emploie des mots très durs à l’égard de l’ancien chef de l’Etat au sujet de l’affaire Bygmalion. 

 

« Je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit, et dont j'ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd'hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont débordé de tous les côtés Et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire « Bygmalion », mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Rien n'a été contrôlé. (…) Il n'y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne... » 

 

C’est chaud. Ma petite troupe frétille, elle pressent que je vais de nouveau les remettre sur les sentiers de la guerre… Je cite Herriot avant de leur dresser leur feuille de route :

« La politique c'est comme l'andouillette, il faut que ça sente la merde mais pas trop»

 

Ils m’applaudissent. Dans ma poche mon smartphone frétille : et si c’était-elle ?

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 06:00
Sur les conseils d’Alessandra Pierini comme Pline je suis allé pêcher des agoni depuis mon lit dans le lac de Côme…

Taquiner le goujon, faire frétiller la mouche, contempler le bouchon, appâter, ce n’est pas ma tasse de thé, je n’ai pas l’âme d’un pêcheur.

 

Je me contente de pécher ça me donne la pêche.

 

Ceci écrit, né à quelques lieues du port des Sables d’Olonne, je suis amateur de poisson de mer. Pour ceux de terre, c’est plus récent et l’on n’en trouve guère sur les tables de mes cantines habituelles.

 

Alors, vous comprendrez, que dès que j’ai vu que dans sa belle nichée au flanc de l’église Notre-Dame de Lorette Alessandra Pierini vendait des agonis je me suis précipité pour aller en acheter. Ça m’a semblé plus simple que d’aller les pêcher depuis mon lit dans le lac de Côme lorsqu’on habite à Paris.

 

 

Qu’entends-je par cette étrange histoire de lit ?

 

Pas grand-chose comme l’aurait dit Francis Blanche, tout simplement dans le cadre de ma mission d’éducation populaire, j’étale mes références. En effet, selon Pline l’ancien sur le lac de Côme « on pêche presque de son lit les agoni, ces petits poissons séchés servis frits entre deux feuilles de laurier. »

 

Agoni vous avez dit agoni, agoni c’est qui ?

 

« On pêche dans le lac de Guarda, près de Vérone, un poisson gros comme un petit hareng ou une grosse sardine, connu en Italie sous le nom de agoni ou sardine d’eau douce ; car quoique ce lac soit d’eau douce, on trouve à ce poisson un peu le goût de la sardine de mer ; au reste il en a tous les caractères, tant pour les nageoires, que pour les ailerons.

 

Les agons du lac de Côme ne font guère plus grands qu’une forte sardine ou un célerin ; mais ils ont le ventre un peu plus large. On ne transporte ordinairement cette espèce que jusqu’aux environs de Milan & de Mantoue, les uns secs, les autres en barils, où ils font confits avec une saumure : il n’y a point dans ces provinces de poisson plus commun que les agons. »

 

Dictionnaire de toutes les espèces de pêche An IV de la République une et indivisible.

 

Qui sont donc ces agons ?

 

En italien donc l’agone, augmentatif de « ago » aiguille, à cause de la forme allongée de ce poisson, est une alose feinte.

 

En effet, il y a deux espèces d’aloses, l’alose vraie ou grande alose et l’alose feinte ou finte. Elles diffèrent non seulement par leur taille, mais aussi par leur nombre de taches qu’elles portent sur le dos (1 à 5 pour l’alose vraie, 6 à 10 pour la feinte).

 

 

Les aloses sont généralement des poissons migrateurs qui remontent de la mer dans les rivières pour s’y reproduire mais il en existe aussi dans les lacs. Elles sont donc anadromes car elles remontent les cours d’eau et potamotoques car elles pondent en rivière.

 

Maintenant vous savez ou tout ou presque sur les agonis me reste plus qu’à les cuisiner.

 

« La chair des aloses est appréciée, mais elle présente le grand inconvénient d’être porteuse d’arêtes très nombreuses et très fines. Déjà Aristote (IX, 37) qualifiait l’alose de « poisson à trop nombreuses arêtes » et le nom grec de ce poisson, thrissa, est formé sur thrix « cheveu », car ses arêtes sont fines comme des cheveux.

 

Pour rendre l’alose vraiment comestible, il faut prévoir une cuisson prolongée en présence d’ingrédients favorisant le ramollissement des arêtes. Ainsi, dans l’alose à l’oseille, l’oseille n’est pas là seulement pour son goût acidulé – ni pour créer l’allitération – mais aussi sans doute pour faciliter la dissolution des arêtes, encore que cela ne soit pas prouvé scientifiquement »

 

Nos amis italiens sont piégeurs pour nous pauvres mangeurs de grenouilles leurs petits agoni une fois séchés sont baptisés missoltini.

 

L’agoni est donc poisson d’eau douce qui a la gueule d’un poisson de mer l’alose et il ne me restait plus qu’à cuisiner mes missoltini.

 

Vous m’avez suivis chers amis.

 

Avant de me mettre au piano pour cuisiner mes missoltini je me dois de signaler que du côté des poissons d’eau douce, il y eu dans ma jeunesse le brochet au beurre blanc de maman et plus récemment l’Omble chevalier au beurre blanc : recette d’un notaire vigneron

 

Ce fut simple :

 

  • J’ai préparé de la polenta...

  • J’ai mis une poignée de minutes en aller-retour les missoltini sous le grill.

  • J’ai préparé des petites galettes de polenta que j’ai fait dorer sous le grill.

  • J’ai mangé la moitié de mes missoltini tout chaud de la queue à la tête en croquant entre deux bouchées dans mes galettes de Polenta.

  • Comme ces charmants poissons séchés sont aussi salés ça vous donne une belle soif alors j’ai ouvert un Frappato Terre Siciliane 2014 signé Lorenzo Piccione di Pianogrillo

Les autres je les ai mangés froids sur une tartine de beurre...

Lire Le baron de Pianogrillo ICI 

 

« Le lieu-dit de "Pianogrillo", que l'on pourrait s'enhardir à traduire par "plaine du grillon" – ou plus probable "plaine du grillo" (le cépage) –, situé sur les collines d'Ibleo sur l'ancien comté de Modica, jouxte le site d'Akrille, mystérieux comptoir grec qui préfigura la Magna Græcia. Du haut de Pianogrillo tant de siècles vous contemplent monsieur de baron, et l'on comprend soudain votre choix poétique ! Connaissant vos classiques, vous vous êtes s'en nul doute dit à l'exemple de Montaigne, « si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des…vignes ! »

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 06:00
Pouvoir et limites de la paperasse : « Nous avons en France une maladie qui fait bien des ravages ; cette maladie s’appelle la bureaumanie. »

Hier, je vous comptais le dernier avatar de la bureaucratie viticole : le contrôle des plantations voulu par le peuple des vignerons dit-on. Mais, nos nouveaux bureaucrates, lassés d’être accusés de n’être que des paperassiers, ont trouvé la parade : la dématérialisation.

 

Est-ce pour autant la fin de la bureaucratie même rebaptisée technocratie?

 

En 1788, dans son Tableau de Paris, Louis-Sébastien Mercier, chroniqueur de la vie et des lettres parisiennes, définissait ainsi « la bureaucratie » :

 

« Mot créé de nos jours pour désigner, d’une manière concise et énergique, ce pouvoir étendu de simples commis qui, dans les différents bureaux su ministère, font passer une multitude de projets qu’ils forgent, qu’ils trouvent le plus souvent dans la poussière des bureaux, ou qu’ils protègent par goût ou par manie. » Ces hommes, ajoute-t-il, « sont d’autant plus forts avec leur plume, qu’ils sont toujours derrière la toile. » Dans un autre article il estimait la nation menacée par « une race innombrable de tailleurs de plumes, chiffrant, calculant, faisant la ronde et de la bâtarde ». Qu’aurait pensé Charlemagne de ce « régiment de griffonneurs qui immortaliseraient un paiement de douze sols, qui constateraient l’entrée d’un lapin, et qui, à l’apparition d’une bouteille de vin, signeraient le reçu du droit royal avec la date du lieu, du jour et le paraphe. »

 

« Le mot « bureaucratie » apparut pour la première fois dans une édition de la Correspondance Littéraire, la revue bimensuelle de politique, des arts et des lettres animée par Frédéric Melchior, baron de Grimm et dont certains des abonnés comptaient parmi les plus puissants d’Europe.

 

Célébrant les avancées récentes dans la libéralisation du commerce du blé, l’auteur profita de l’occasion pour rendre hommage à la mémoire de feu Vincent de Gournay, l’inspirateur de Turgot et de l’école physiocratique qui avait contribué à populariser la doctrine qu’il avait lui-même baptisée de laissez-faire.

 

Melchior Von Grimm raconta comment Gournay lui disait quelquefois : « Nous avons en France une maladie qui fait bien des ravages ; cette maladie s’appelle la bureaumanie. »

 

Gournay allait même jusqu’à qualifier cette manie de « quatrième ou cinquième forme de gouvernement, sous le titre de bureaucratie. »

 

Le gouvernement des bureaux, celui aujourd’hui de la technocratie triomphante, mais au-delà des sarcasmes, de la satire, de nos plaintes, de la pauvreté des saillies des habitués de face de bouc, d’où nous vient ce désir de bureaucratie ?

 

En effet, l’érection de la bureaucratie est le fruit du désir que les individus modernes ont projetés sur l’Etat depuis environ deux siècles et demi. « Ce désir transcende les besoins élémentaires en terme de sécurité, de prospérité et d’autres bien plus ou moins tangibles. Il transcende les formes de reconnaissance que bon nombre d’entre nous, en particulier issus des minorités raciales, religieuses et sexuelles, exigent de l’Etat. En effet, si de tels besoins peuvent être contentés, de telles demandes satisfaites, en revanche, il est dans la nature du désir de demeurer inassouvi. »

 

« Toute l’histoire de la « bureaucratie » se résume à l’histoire de ce désir qui ne peut être réduit ni à un besoin, ni à une demande… »

 

Elle finit toujours par nous décevoir. « Nous n’obtenons jamais ce que nous voulons. »

 

Au cours des mois qui précèdent la Révolution, les critiques de la bureaucratie allaient « concilier à la fois les revendications essentiellement démocratiques portant sur la légitimité du pouvoir et celles, essentiellement libérales, sur le statut de la société civile. »

 

Cette alliance de circonstance, de deux sensibilités politiques incompatibles, voire antinomiques, permettait de mettre sous le mouchoir les contradictions structurelles du projet libéral-démocratique en tant que tel, qui étaient responsable de la prolifération de la paperasse non seulement pour gouverner, mais pour être gouverné dans le monde moderne.

 

« Cette dénégation avait l’avantage d’occulter une vérité qui apparaissait comme extrêmement perturbante, voire traumatisante. Non seulement la prolifération de paperasses contredisait les principes normatifs qui régissaient le rapport entre l’Etat et la société civile, l’Etat et ses citoyens, mais elle rendait la vie plus difficile aux citoyens, notamment en permettant à de parfaits inconnus d’exercer un pouvoir aussi indicible qu’absolu sur tout un chacun.

»

Cette situation inquiétait les libéraux.

 

« N’avez-vous pas quelquefois eu affaire à des fonctionnaires publics qui abusent de la prééminence que leur donnent sur vous leur place et le besoin que vous avez d’eux, pour se permettre à votre égard des actions ou des paroles qu’ils ne se permettraient certainement pas si, au contraire, ils avaient besoin de vous ? » Jean-Baptiste Say.

 

En 1798, le mot « bureaucratie » entra pour la première fois, de façon modeste, dans le dictionnaire de l’Académie Française : « Pouvoir, influence des chefs et commis de bureau dans l’administration. »

 

Pour Pierre Rosanvallon : « L’humour témoigne de l’impuissance des Français à saisir intellectuellement la croissance de la bureaucratie dans le monde moderne. L’approche pathologique et satirique du problème permet de ne pas en analyser la dimension sociologique. »

 

Pierre Larousse dans son grand Dictionnaire universel du XIXe siècle ironise sur notre bureaucratie : « Y-a-t-il un pays qui puisse, non pas nous contester une prééminence bien établie, mais prétendre même nous suivre de loin sur ce terrain ? »

 

« Proudhon a dit quelque part que la comptabilité en partie double, la science du doit et de l’avoir, avec tous ses comptes qui se contrôlent les uns les autres, était le chef d’œuvre de l’esprit humain ; mais notre bureaucratie est un chef d’œuvre bien autrement admirable, puisque tout ce qui se fait n’y est pas seulement contrôlé une fois, mais l’on y voit le contrôle du contrôle, puis le contrôle du contrôle du contrôle, presqu’à l’infini. »

 

Mais le fonctionnaire poussiéreux, messieurs les ronds de cuir, « le fonctionnaire médiocre, nul, imbécile, pelliculaire, ridicule, râpé, pauvre impuissant… » cher à Michel Foucault a laissé la place au haut-fonctionnaire flamboyant issu de l’Ecole Nationale d’Administration grande pourvoyeuse du sérail politique et de ses diverticules.

 

Ainsi nous avons atteints la quintessence de la bureaucratie et schizophrènes nous nous enorgueillissons de notre superbe et impuissante Cour des Comptes, présidée par un ancien politique par la grâce de Nicolas Sarkozy, alors qu’elle n’est que le miroir emblématique de nos frustrations.

 

Je pointe avec ironie, que c’est une bouture issue de ce sérail, qui n’a pas passé par la case élection, qui séduit les français et même jusqu’à une grosse partie des troupes de Mélanchon, j’ai nommé Macron.

 

Est-ce aussi étrange que ça en a l’air, et n’en déplaise à cette bourrique de Hamon, Macron n’est pas que la nouvelle coqueluche du tout-Paris, il symbolise, à tort ou à raison, l’antidote à une gauche étatiste, jacobine, règlementariste, appuyée sur ses bataillons de fonctionnaires organisés en bastions syndicaux.

 

Rien que pour rire : « Qu’est-ce que vient fiche la DGDDI dans la gestion de la viticulture au XXIe siècle ? »

 

Je me rappelle de la réponse que me fit Charasse, tirant sur son Puros et ses bretelles tapageuses dans son bureau meublé empire de Bercy, à propos du reclassement des douaniers dans les services de la viticulture après la création de l’espace Schengen : « Que veux-tu que j’en foute ? »

 

Lorsque Jacques La Goff occupa la fonction de présidant de ce qui était alors la 6e section de l’Ecole pratique des hautes études, il souhaita qu’une personne se consacre à prendre de la hauteur pour considérer la place de l’Ecole en France comme à l’étranger et envisager son avenir. Il décida de s’adresser à Barthes et, à son grand étonnement, après un délai de quelques jours, celui-ci accepta.

 

« Le résultat pouvait être tour à tour comique ou profond. Le Goff évoque le souvenir de quelques séances de travail avec des fonctionnaires ministériels assis dans un silence gêné pendant que Barthes lisait attentivement la moindre proposition qu’ils avaient apportés. Mais sa présence n’était jamais aussi remarquée que lors des réunions du vendredi matin, quand les membres du bureau se réunissaient pour discuter des affaires quotidiennes de l’Ecole. « Au détour d’une page du budget l’épistémologue s’éveillait, et tout comme il a déclaré être heureux quand il était possible de dramatiser la science, il nous donnait le bonheur de dramatiser la paperasse […] À la « fatigue » du langage il nous conviait à substituer la « fraîcheur du langage », donc de la pensée. Devant da tasse de café vide, son cendrier bourré d’énormes mégots, Roland, comme un magicien, nous emportait sur un tapis volant autour du bureau. »

 

« Pendant deux ans et demi il fut – dans ses responsabilités – un Juste, un Poète et un Travailleur, exact, discret et amical. »

 

Moi, Président de la République, je vous emporterai sur mon tapis volant, serai Travailleur, Juste et Poète…

 

Source : Le démon de l’écriture Pouvoir et limites de la paperasse Ben Kafka zones sensibles

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 06:00
Ronald Searle

Ronald Searle

Grande victoire, tous unis derrière les bannières syndicales et les gouvernements de toutes couleurs, après avoir voté la fin des droits de plantation, la France a, lors de la négociation de la réforme de la politique agricole commune en 2013, obtenu le maintien de ce système de régulation européen.

 

Clap de fin, bel exemple d’Union Nationale, des champenois aux languedociens en passant par Bordeaux et la région délimitée de Cognac.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE – Mise en place d’un nouveau dispositif européen de gestion du potentiel de production viticole au 1er janvier 2016 

 

Vive la politique du petit robinet pour l’ensemble des types de vins (AOP, IGP et VSIG) et sur tout le territoire !

 

Sus aux barbares qui n’ont pas de territoire !

 

Érection d’une superbe usine à gaz à 3 étages, pyramide inversée, en haut la noblesse de sang des appellations, au-dessous celle de la moyenne bourgeoisie des ex-vins de pays qui copie, et sur la pointe la piétaille pourvue d’un tout petit robinet.

 

Bien évidemment, même si le gaz est à tous les étages, le principe des vases communicants n’est pas de mise, on ne mélange pas les torchons et les serviettes même si sur les marchés beaucoup de vins AOP-IGP sont au prix des torchons et des vins de France au prix des serviettes.

 

Pas grave, l’important c’est de réguler le potentiel de production par une belle et somptueuse procédure administrative comme les aiment les permanents des organisations professionnelles et leurs correspondants de l’administration.

 

Il est vrai que l’ancienne procédure avait fait ses preuves tant dans le beau vignoble de Bordeaux que de celui voisin des Charentes. La gestion politico-administrative est toujours très performante car elle développe un grand sens de l’anticipation.

 

Y’a un petit côté Gosplan dans notre goût immodéré de mettre en place de lourdes mécaniques administratives verrouillées par les tenants de l’immobilisme, genre marteau-pilon pour taper sur la tête d’un petit clou.

 

Dans le même temps où ces belles usines à gaz s’érigeront nul ne s’exonérera de protester contre la bureaucratie.

 

Et qu’on ne vienne pas m’accuser d’être un adorateur de la dérèglementation, la soi-disant régulation de l’offre par celle du potentiel de production est une plaisanterie de garçons de bain qui amuse la galerie de nos chers élus du vin. Les rendements et l’enrichissement systématique ça existe je crois.

 

Bref, c’est tout bêtement la défense corporative de son pré-carré.

 

Si vous pensez que je pousse le bouchon trop loin je vous invite à lire ce qui suit :

 

Chaque année, la France rendra disponible des autorisations de plantations nouvelles correspondant au maximum à 1 % de la superficie nationale totale plantée en vigne. Le nouveau dispositif prévoit par ailleurs des mesures de régulation du potentiel en cas d’excédent de l’offre ou en cas de risque de dépréciation importante d’une indication géographique (AOP ou IGP).

 

Ces autorisations sont incessibles et octroyées à titre gratuit pour toutes les catégories d’autorisations (plantations nouvelles, replantations, replantations anticipées ou droits convertis).

 

Le nouveau dispositif permet une régulation du potentiel de production. En effet, en cas d’excédent de l’offre ou en cas de risque de dépréciation importante d’une indication géographique (AOP ou IGP), cette régulation peut se traduire par :

 

  • la réduction de la superficie disponible au niveau natio­nal pour les plantations nouvelles,

  • la mise en place de contingents de plantations nou­velles à un niveau régional, le cas échéant par segment ou AOP/IGP,

  • la mise en place de restrictions à la replantation,

  • les obligations liées aux droits acquis dans le cadre d’une autorisation "ancien système" de transfert de droit, d’achat de droit à la réserve ou issus d’un arrachage avant le 31 décembre 2015 sur l’exploitation peuvent, sous certaines conditions, s’appliquer aux autorisations "nouveau système" issues de la conversion de ces droits.
  •  

Tout ça semble beau comme un nouveau chai de GCC sauf que pour la vigne France il faut compter sur 2 Ministères de tutelle : Finances et Agriculture, 2 établissements publics : l’INAOQ et FranceAgrimer et bien sûr les défenseurs des intérêts bien compris de toutes les catégories.

 

Le talon d’Achille du bel édifice ce sont les fameux vins sans indication géographique, les ex-vins de table.

 

Décret n° 2015-481 du 28 avril 2015 relatif à la gestion du potentiel de production viticole

 

« Le décret confie au directeur général de l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) le pouvoir de délivrer les autorisations individuelles de plantation prévues pour les vins sans indication géographique. Il prévoit, par ailleurs, des procédures de consultation des différents acteurs du secteur sur l'évolution du potentiel de production viticole ainsi que sur les demandes de contingents et précise la procédure de classement des variétés de vignes pouvant être commercialisées.

 

« En ce qui concerne les vignes destinées à produire des vins bénéficiant d'une indication géographique protégée, les critères, dont certains ont une portée nationale, et les contingents d'autorisations de plantation sont, après avis de l'Institut national de l'origine et de la qualité et du conseil spécialisé de la filière viticole de l'établissement mentionné à l'article L. 621-1, arrêtés conjointement par le ministre chargé de l'agriculture et celui chargé de l'économie et des finances.

 

Le conseil de bassin viticole intéressé, lorsqu'il existe, émet un avis sur les demandes de contingents formulées par les organismes de défense et de gestion pour les vignes destinées à produire du vin bénéficiant d'une indication géographique et les organisations professionnelles pour les autres vignes.

 

Les avis des conseils de bassin sont motivés en tenant compte de l'évolution du potentiel de production de la zone géographique en cause, ainsi que des risques d'offre excédentaire ou de dépréciation d'un ou plusieurs signes de qualité donnés.

 

Le comité national compétent de l'INAO et le conseil spécialisé de l'établissement mentionné à l'article L. 621-1 se prononcent dans les mêmes conditions, au vu, le cas échéant, des avis des conseils de bassin mentionnés au I.

 

Décret n° 2015-480 du 28 avril 2015 relatif à la gestion du potentiel de production viticole

 

En ce qui concerne les vignes destinées à produire des vins ne bénéficiant ni d'une appellation d'origine protégée ni d'une indication géographique protégée, les ministres chargés de l'agriculture et du budget fixent, par arrêté, après avis du conseil spécialisé de la filière viticole de FranceAgriMer et, lorsque les vignes concernées se situent dans une zone couverte par une appellation d'origine protégée ou une indication géographique protégée, de l'Institut national de l'origine et de la qualité :

 

«-les critères objectifs et non discriminatoires d'éligibilité et de priorité en vue de l'attribution des autorisations de plantation ;

 

«-les contingents d'autorisations de plantation, après s'être assurés de la viabilité des projets concernés.

 

« L'avis de l'Institut national de l'origine et de la qualité est également requis pour toute autorisation de plantation de vignes destinées à produire du vin à l'intérieur d'une aire délimitée d'appellation d'origine ou d'indication géographique.

 

« II.- Les autorisations mentionnées au I sont délivrées par le préfet de département du siège de l'exploitation, sur proposition du préfet de bassin viticole lorsqu'il existe. »

 

Consulter : Autorisations de plantation de vigne - Le nouveau dispositif européen

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