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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 06:00
Je préfère la cigarette après l’amour au dernier verre de Denis Saverot avant de passer l’arme à gauche…

« Pour accompagner mon dernier jour, il me semble que je choisirais un vin gai, croquant, un vin rouge naturellement, la couleur du sang, de la vie et de la mort.»

 

À la RVF la séquence mets-vin est sans doute usée jusqu’à la corde pour que notre Denis Saverot, dont la belle-mère ne boit que du Bordeaux, innovât avec le dernier verre pour la route qui mène au ciel ou en enfer avec, éventuellement pour la première destination, l’arrêt à la station purgatoire.

 

Ça part d’une bonne intention, partager un verre avec un ami dont la fin est proche, mais j’avoue que j’ai bien du mal à concevoir qu’un tel sujet fasse matière à l’éditorial du rédacteur-en-chef d’un mensuel comme la RVF.

 

N’y-a-t-il pas d’autres sujets de fond dans le monde de la vigne et du vin plus importants à traiter que de tirer des lignes sur « Boire un verre de vin, comme si c’était le dernier… » ? De faire de la philosophie de comptoir en 3 affirmations qui fleurent bon la dissertation de brave potache en mal de séduction :

 

- « C’est choisir de partager ce que l’on aime en faisant remonter à la surface la mémoire d’un passé chéri.

- « C’est abolir une dernière fois ce temps qui vous est désormais compté. »

 

- ​« C’est aussi conserver la gaîté dans un moment qui pourrait être funèbre… »

 

Pourquoi devrait-on précéder la mort en y allant déjà en deuil de soi-même ? Un grand bourgogne ou une coupe de champagne ne sont-ils pas, au contraire, le meilleur des hommages à une vie réussie ? »

 

Passé chéri, une vie réussie, nous entrons de plain-pied dans l’univers de la Petite Maison dans la Prairie des Ingalls…

 

 

Mais pourquoi diable seulement un dernier verre de vin ? Ma philosophie de la vie est bien plus large. Elle est celle de Ray Charles :

 

« Vous feriez bien de vivre chaque jour de votre vie comme si c’était le dernier, parce qu’un jour ou l’autre, ce sera le cas. »

 

Et comme illustration je vous offre l’une des œuvres impérissables du joyeux Charles Dumont.

 

* Passer l’arme à gauche

 

Mourir

 

L’expression date du Moyen Âge. Lors d’un mariage, les écus des deux familles nobles pouvaient être rassemblés pour former un nouveau blason. Les armes (armoiries) du mari figuraient à droite, celles de la femme à gauche. Lorsque le mari décédait, ses armes étaient placées à gauche du blason. Cela signifiait donc qu’il venait de rendre l’arme… et l’âme.

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 06:00
Le pot-au-feu d’Houellebecq dans la carte et le territoire, accompagné de 2 bouteilles de chablis d’Alice&Olivier de Moor et de Thomas Pico…
Le pot-au-feu d’Houellebecq dans la carte et le territoire, accompagné de 2 bouteilles de chablis d’Alice&Olivier de Moor et de Thomas Pico…

Houellebecq à table n’est pas pour moi une fiction, nous avons, l’été dernier, dans le jardin du restaurant Les Climats, partagé, si je puis m’exprimer ainsi, le menu déjeuner. Lui, à une table voisine, en compagnie de son éditeur Gallimard et d’un autre convive, et moi en bonne compagnie.

 

En revanche, je ne l’ai jamais vu aux fourneaux dans sa « grande cuisine, prolongée par une réserve – qui servait également de bûcher et de cave » (La carte et le territoire), alors lorsque j’ai appris la parution de Houellebecq aux fourneaux de Jean-Marc Quaranta, je me suis précipité chez l’un de mes libraires : Compagnie pour l’acheter. Pensez-donc, c’est du sérieux : Jean-Marc Quaranta est maître de conférences en littérature française et création littéraire à l’université d’Aix-Marseille. Il est l’auteur du Génie de Proust (Honoré Champion, 2011).

 

 

« Livre de cuisine et analyse approfondie de l’œuvre de Michel Houellebecq, cet essai d’un genre inédit renouvelle la connaissance de l’auteur de Soumission à partir d’une évidence que personne, jusque-là, n’a remarquée : la nourriture occupe chez lui une place centrale. L’étudier met en lumière la complexité, les nuances de ses livres, loin des caricatures médiatiques qu’ils ne cessent de susciter.

 

Jean-Marc Quaranta explore cette table bien garnie, définit avec rigueur et clarté son rôle romanesque, tout en donnant les recettes qui la composent, mélange de terroir et d’exotisme où l’on trouve aussi bien les poivrons à l’huile, le pot-au-feu ou la tarte aux pommes que le poulet aux écrevisses, les baklavas, le biryani d’agneau… Il nous invite, de toutes les manières possibles, à dévorer les romans de Houellebecq, à entrer dans la bibliothèque en passant par la cuisine, pour devenir les intimes de cette œuvre inépuisable, qui n’a pas fini de nous surprendre. »

 

 

La seule liberté que je me suis permise dans cette chronique se situe dans le titre où, pour amis Alice et Olivier de Moor et Thomas Pico, durement et doublement éprouvés par les fureurs du ciel, je leur ai attribué les deux bouteilles de Chablis bue par le Houellebecq de papier avec Jed lors de son dernier repas.

 

 

La carte et le territoire, « est certainement le roman où l’on mange le plus, et le mieux. »

 

Le roman est le récit de la vie du peintre Jed Martin, « rythmé par les grandes périodes de l’œuvre de l’artiste, par ses repas avec son père et par les péripéties de sa relation avec Olga, qui travaille au service communication du guide Michelin et avec qui il parcourt les relais et Châteaux. »

 

« Houellebecq est capable d’intégrer dans son roman des tendances authentiques de la cuisine des années deux mille, deux mille dix. L’usage de la roquette (aragula) ou celui du turbotin, plus petit que le turbot et dont l’élevage s’est développé à cette époque. »

 

« Tout au long du roman, Houellebecq joue avec la complexe et confuse notion de terroir pour prophétiser un retour à la nature et un exode urbain qui repeuplerait la diagonale du vide et ramènerait les Français à une vie rurale réinventée. »

 

« Pour la première fois, en réalité en France depuis Jean-Jacques Rousseau, la campagne est redevenue tendance »

 

« Ce retour à la terre passe par l’assiette et par les fourneaux, puisqu’il s’accompagne du « succès croissant, sur l’ensemble du territoire français, de cours de cuisine ; [de] l’apparition récente de compétions locales destinées à récompenser les nouvelles créations charcutières et fromagères »

 

« Dans l’enquête marketing que mène Olga pour Michelin, les « animaux bizarres, à connotation non seulement française mais régionale, tels que la palombe, l’escargot ou la lamproie, atteignaient des scores exceptionnels. »

 

« Le phénomène est d’une telle ampleur que même Libération parle de « la magie du terroir.»

 

« … c’est aussi l’occasion d’une satire du discours gastronomique » […] « La cuisine, selon le guide, « sublimait un terroir d’une richesse infinie » ; on était là en présence d’ « un des plus beaux concentrés de France »

 

«Au-delà de cet hymne à une France du terroir, une France mitterrandienne incarnée dans des paysages repris sur les affiches électorales – Vault-en-Lugny se situe dans l’Yonne, plus précisément dans le Morvan, lieu mitterrandien par excellence –, le discours gastronomique du roman port aussi sur la mondialisation et dessine une géopolitique qu’on retrouvera dans Soumission. »

 

« Dans ce livre qui se veut un hymne aux terroirs, les lieux de grande distribution demeurent « les seuls centres d’énergie perceptibles, les seules propositions sociales susceptibles de provoquer le désir, le bonheur, la joie. »

 

« Ce n’est pas un paradoxe houellebecquien mais celui de la société de consommation qui a récupéré la notion de terroir pour rassurer le consommateur et recréer un monde que l’industrialisation de la nourriture et l’évolution des mœurs ont détruit. »

 

Lors de son dernier repas avec Jed c’est un Houellebecq cuisinier qui s’annonce :

 

- On va passer à table. … J’ai préparé un pot-au-feu hier, il va être meilleur. Ça se réchauffe très bien le pot-au-feu

 

« Cette nouvelle incarnation de l’auteur est un Houellebecq aux fourneaux. Il cuisine et reçoit Jed en parfait maître de maison le repas s’ouvre par un apéritif composé d’olives et de saucisson, accompagnés de chablis. Il n’y a pas d’entrée, mais le pot-au-feu qui suit justifie cette entorse, d’autant que c’est l’auteur qui ‘a préparé.

 

En hôte attentionné Houellebecq demande : « Vous prenez un peu plus pot-au-feu ? » mais Jed décline l’offre et le repas se poursuit avec un saint-nectaire et un époisses que Houellebecq sort du réfrigérateur ; il les accompagne de tranches de pain et d’une nouvelle bouteille de chablis. Ensuite, il fait passer son invité dabs la salle de séjour pour servir des macarons et du café, accompagnés d’un alcool de prune. À part le fromage, qui aurait dû être sorti du réfrigérateur au moins une heure avant d’être consommé, le Houellebecq du Loiret connaît son affaire gastronomique et sait recevoir. »

 

« Le choix du pot-au-feu témoigne aussi d’une bonne connaissance de l’histoire de la gastronomie française, puisqu’il est vu comme un « plat national » et s’inscrit dans l’entreprise de définition de la cuisine française qui parcourt tout le XIXe siècle. »

 

« Lorsque Houellebecq se met en scène heureux, réconcilié avec lui-même et ses origines, il est aux fourneaux. Ce n’est pas qu’une question de retour à l’enfance mais une affaire politique, sociale et même socialiste. »

 

« Houellebecq cite à Jed cette conclusion d’une conférence de Morris dont il va chercher le fascicule dans sa bibliothèque : « Voilà en bref notre position d’artistes : nous sommes les derniers représentants de l’artisanat auquel la production marchande a porté un coup fatal »

 

« Il s’agit d’une conférence donnée par Morris le 30 octobre 1889, lors du deuxième congrès de l’Association nationale pour la promotion de l’art et son application à l’industrie, à Edimbourg. »

 

« … il est juste et raisonnable que les que les hommes, à l’instar de la nature, s’efforcent d’embellir ce qu’ils fabriquent, et que ce travail soit lui-même agréable, comme la nature rend agréable le fait de manger. »

 

« En faisant de son double de papier un Houellebecq aux fourneaux, Michel Houellebecq met en œuvre cette partie du programme de William Morris : il situe l’alimentation hors du champ de l’industrie agro-alimentaire, dans la vie de chacun, et en fait une occasion de produire quotidiennement de la beauté – et de la saveur. »

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 06:00
Les jours d’après le malheur dans les vignes : et si nous faisions preuve de solidarité par la proximité en achetant en primeur le millésime 2017 aux sinistrés !

L’ami Thomas Pico, vigneron à Chablis, le dit d’une façon crue : « Je vais peut-être être vulgaire, mais là on s'est pris une bonne « branlée »

 

« Abasourdi. Mais pas résigné. C’est l’état d’esprit de Thomas Pico, vigneron à Chablis, au moment de nous donner son témoignage sur le terrible épisode de grêle qui a ravagé le vignoble de l’Yonne, vendredi dernier. Le dernier avatar d’une année 2016 sinistrée.

 

Une campagne blanchie, à perte de vue. Des vignes ravagées, détruites. Des billes de grêle assassines qui jonchent le sol. C’est le spectacle apocalyptique que l’on a pu voir à Chablis vendredi dernier, après l’épisode orageux qui a frappé le vignoble. Après le gel du mois d’avril et le premier épisode de grêle du 13 mai, c’est le troisième coup dur porté au Chablisien en quelques semaines. Thomas Pico, vigneron à Courgis, n’y va pas par quatre chemins : « c’est une cata. Tout l’Auxerrois a été frappé, j’ai même vu des corbeaux morts sous les impacts de grêle. C’est la désolation. Déjà en avril, au moment du gel, il y avait des zones anéanties, comme à Chitry-le-Fort, Irancy, je n’avais jamais vu ça. Puis il y a eu la grêle il y a deux semaines, avec encore Chitry, Saint-Bris… C’est du délire ».

 

Face à un tel désastre, au-delà des témoignages de sympathie, la seule question qui vaille est : comment exercer concrètement sa solidarité ?

 

La solidarité peut-être publique, Thomas la précise dans l’article de Terre de Vins , je n’y reviens pas et ce n’est pas en accusant les élus de tous poils que nous pourrons la faire s’exercer.

 

La solidarité peut-être interprofessionnelle :

 

Sur ce sujet j’ai commis le 6 août 2013 une chronique : Faut-il mutualiser le risque de grêle ? 

 

Le 8 juillet 2014 j’affirmais plus que jamais la réponse est OUI. Mettons sur le chantier la mutualisation de l’assurance grêle en la rendant obligatoire comme l’assurance habitation ou automobile…

 

Je n’y reviens pas.

 

Reste la solidarité personnelle qui pourrait se traduire d’une manière simple, directe : l’achat en primeur du millésime 2017 à des vignerons sinistrés connus de vous.

 

Cet achat, payé rubis sur l’ongle par des cavistes, des restaurateurs et des particuliers, permettrait d’alimenter la trésorerie exsangue des vignerons sinistrés au moment où ils devront, en dépit d’éventuels reports de charges ou d’imposition, à des dépenses obligatoires.

 

C’est simple comme une avance, geste de proximité, de solidarité directe dépourvue de paperasses et de procédures interminables.

 

C’est une forme de financement participatif sans intermédiaires qui prélèvent leur dîme au passage.

 

Bref, mettre la main à notre poche, sous une forme qui n’a rien à voir avec une quelconque charité, me semble être le bon et le plus sûr moyen de partager, de mettre du concret dans les gloses solidaires qui ne restent que des mots.

 

Voilà c’est dit.

 

Je le ferai à ma petite échelle mais si vous souhaitez que nous le fassions ensemble alors faisons-le et surtout n’oublions pas !

 

 

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 06:00
Illustration Artus de Lavilléon pour M Le magazine du Monde

Illustration Artus de Lavilléon pour M Le magazine du Monde

« Trancher entre l'humour et l'injure, l'information et la diffamation... Telle est la mission de la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris. »

 

La chambre des libertés par Pascale Robert-Diard, l’une des plus fines plumes de la chronique judiciaire dans M le magazine du Monde du 29.11.2013.

 

Oui, votre serviteur, le 9 juin de l’an 2016, va entrer dans « Le plus grand salon de la vie parisienne a des boiseries claires, un vieux parquet qui craque et de hautes croisées lumineuses ouvrant sur la Seine. Ecrivains, philosophes, comédiens, responsables politiques, animateurs de télévision, chanteurs, humoristes, psychanalystes, journalistes ou patrons de presse se succèdent ou s'affrontent sur ses bancs. Au froissement des vanités se mêlent les soubresauts de l'Histoire et le tumulte des passions nationales. L'entrée est libre. Il suffit de franchir le portique du Palais de justice de Paris et de pousser la porte de la 17e chambre. Ici, siège le tribunal des mots. Mots imprimés ou lancés dans un lieu public, mots qui accusent, désignent, blessent ou injurient. Mots qui révèlent, aussi. »

 

J’espère bien y croiser « Le fantôme du procureur impérial Ernest Pinard qui, en 1857, avait requis la condamnation de Flaubert pour "outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs" après la publication de Madame Bovary et obtenu quelques mois plus tard celle de Baudelaire pour Les Fleurs du Mal hantait encore les couloirs du Palais de justice. »

 

Ce sera la seconde fois que je monterai les marches du Palais de Justice de Paris, ma précédente visite date de 1980, où j’étais venu assister le coursier de l’Office du Vin, dont j’étais le secrétaire-général, lors de sa comparution immédiate pour de petits larcins alors qu’il était déjà sous le coup d’un sursis. Une comparution immédiate permet au procureur de faire juger un prévenu immédiatement après sa garde à vue. C’est la justice la plus expéditive, où le prévenu en prend un max sans moufter en général. Ça m’a marqué à tout jamais.

 

Le 9 ce sera une autre paire de manches « Justice de luxe au service du dérisoire », persiflent les uns, raillant les heures passées à soupeser le poids d'un adjectif au regard des misères ordinaires qui s'exposent et se jugent à la va-vite dans les chambres voisines, « coeur nucléaire de la démocratie », affirment les autres, la chambre de la presse et des libertés publiques occupe une place à part dans l'institution judiciaire. « Un îlot d'excellence », soulignent ceux qui, comme Thierry Lévy, Henri Leclerc, Georges Kiejman, Richard Malka ou Jean-Pierre Mignard ont usé leur robe sur ses bancs. »

 

À qui dois-je ce privilège ?

 

À la Jeanne Hachette des petits producteurs plus connue sous le nom de Saporta Isabelle.

 

Le 29 avril 2016, au matin, un huissier, audiencier au TGI de Paris, a carillonné en bas de chez moi pour me porter en mains propres une citation à témoin, dans la procédure en diffamation engagée par Hubert de Boüard de Laforest concernant l’ouvrage «Vino Buiseness» écrit par Isabelle Saporta et paru aux éditions Albin Michel en mars 2014. Coût de l’opération 54,08 euros dont 9,1 de TVA.

 

Mon seul souci à l’heure où j’écris concerne mon « dress code » comme on dit sur les cartons des pinces-fesses chic où se pressent certains et certaines de mes collègues blogueurs ou des « journalistes » stipendiés.

 

J’hésite encore entre l’allure gentleman-farmer sans les bottes blanches et le petit sécateur ou la dégaine 68 hard chic, jean-chemise ouverte-bourgeron Adolphe Laffont. Bien évidemment avant de trancher je consulte mes conseillères en communication. Vous verrez bien mes loulous !

 

En effet, je compte bien que vous viendrez nombreux à cette audience contrebalancer la présence des groupies adoratrices de notre cher Hubert qui ne manqueront pas de venir le soutenir.

 

C’est à 13h 30, comme quoi dans notre vieux pays la justice ne chôme pas elle bosse à l’heure du déjeuner des bons français.

 

Quand à vous dire ce que je vais dire, n’y comptez pas, ma vieille expérience des tribunes de congrès d’agriculteurs en colère m'a enseigné qu’il fallait adapter sa stratégie en fonction de l’atmosphère.

 

Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?

 

Bien évidemment je dirai toute la vérité, rien que la vérité, la mienne bien sûr mais étayée sur ma petite expérience des coulisses de la décision dans notre République un peu secouée dans la crédibilité de ceux qui nous ggouvernent par les temps qui courent.

 

À vous voir donc chers amis le 9 Juin à 13h30, c’est au 10 boulevard du Palais dans le 1er arrondissement.

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 12:42
Vent debout plein gaz : On ne peut plus dire aux consommateurs « buvez notre vin cher » tout en le cultivant comme un champ de patates ! » Thierry Desseauve

Le propre d’un bon commerçant est de savoir s’adapter à l’évolution de la chalandise, virer de bord à 180° pour prendre le vent nouveau, se délester à temps des poids morts qui plombent le chiffre d’affaires, se « renier » avec un bel aplomb avant que le coq ne chanta trois fois.

 

C’est dans Challenges à la veille du grand raout parisien du duo d’experts de la dégustation : le WineLab.

 

Les changements radicaux de jurisprudence ne sont pas si fréquents dans notre beau pays pour ne pas souligner celui-ci. Je suppose que les cultivateurs de champ de patates estampillés GCC&Co apprécieront la saillie.

 

Le modèle Pontet Canet serait-il pour nos duettistes le seul maintenant en odeur de sainteté ?

 

I have a dream, et si les GCC bordelais s’inspiraient de la démarche Pontet-Canet… ce serait un grand pas vers la résilience… ICI 

 

Demandez donc à Hubert et à ses frères !

 

Le coup chapeau aux cavistes et aux bars à vin avant-gardistes.

 

« Comme toujours, il y a des gens en avance, reconnaît Thierry Desseauve. Mais au début des années 90, il n'y avait pas grand-chose ». Et puis une nouvelle génération de viticulteurs est arrivée , consciente que l'on ne peut plus polluer les sols impunément, soutenu par des cavistes et des bars à vin avant-gardistes.

 

Note du taulier : le bedeau appointé de B&D, l’éructeur patenté, grand cireur de pompes a, pendant un temps fréquenté ces lieux avant-gardistes, pour quel résultat : cracher sur eux !

 

Le bémol : merci aux grands experts !

 

« C’est la dégustation qui a mis en valeur l’intérêt de la biodynamie et dynamisé le secteur. De grands vignerons ont observé des changements réels dans leurs vins [...] Les consommateurs ont pu découvrir et apprécier de nouvelles saveurs, de nouveaux vins de plus en plus recherchés et plébiscités [...] Chaque vigneron a adapté une biodynamie à ses cépages, ses terroirs et son climat », explique de son côté Michel Bettane.

 

Note du Taulier : Dégustation, grands vignerons… toujours la même chanson : il faut que tout change pour que rien ne change, sauf que l’Histoire ne ressert pas les plats…

 

Ecoutez Thierry Desseauve, directeur de la rédaction du magazine En Magnum et auteur du guide des vins Bettane & Dessauve aux éditions Flammarion.

ICI 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 06:00
Vin de costard ou de tee-shirt le dilemme d’Emmanuel Macron le trublion chic et choc c’est un bon copié-collé pour le vin…
Vin de costard ou de tee-shirt le dilemme d’Emmanuel Macron le trublion chic et choc c’est un bon copié-collé pour le vin…

« Le sage tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. » Ce proverbe apparaît dans l’Ancien Testament. Il est attribué à Salomon (Proverbes de Salomon dans Le Livre des proverbes, Xe siècle av. J.C.)

 

Macron, en marche vers je ne sais quoi devrait prendre de la graine auprès de son mentor de l’Elysée qui a fréquenté sur les terres de Corrèze le Jacques Chirac :

 

- Connard ! lui hurle un quidam lors d’un bain de foule.

 

- Enchanté, moi c’est Jacques Chirac.

 

Et qu’il suive son conseil :

 

« Pour réussir une campagne électorale il faut impérativement respecter 3 principes :

 

- Bouffer dès qu’on peut,

 

- Pisser dès que c’est possible,

 

- Porter de bonnes chaussures.

 

Le Chirac érigeait au rang de principes des règles de bon sens politique à l’usage du scrutin d’arrondissement.

 

Bref, l’Emmanuel, en visite dans l'Hérault vendredi dernier, pour aller brosser dans le sens du poil les pêcheurs d'anguille de l'étang de l'Or, symboles de « la France qui se lève tôt », a eu droit un accueil très détendu. (J’ai corrigé l’orthographe de la dépêche d’agence qui parlait de pécheurs).

 

« On va vous prêter une salopette car avec votre costard à 3000 euros... ça serait con de le salir » s'est gentiment moqué un des pêcheurs chargé de lui montrer les rudiments de son métier. Eclats de rire du ministre mais la bonne ambiance n'allait pas durer.

 

Un peu plus tard, avec des militants CGT rencontrés presque par hasard dans une rue de Lunel, le ton est rapidement monté.

 

Au ministre qui leur demandait d'arrêter de « bloquer la France », les cégétistes ont vertement répliqué, la discussion virant alors à l'altercation. Selon un journaliste de L'Express citant un témoin de la scène, un jeune homme aurait lancé à Emmanuel Macron : « vous avec votre pognon, vous achetez des costards ».

 

Agacé, le ministre finit par lâcher: « Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt (...) la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler ». Réponse d'un militant CGT : « Depuis l'âge de 16 ans, je travaille monsieur ! »

 

Et le ministre de mettre fin à l'altercation, saisie par BFMTV, en se tournant vers « la jeunesse qui veut bosser ».

 

Là, ce fut la curée sur les réseaux sociaux, Macron se fit tailler des costards

 

Si la remarque de ce 27 mai sur le T-shirt et le costume entérine un peu plus ce fossé béant qui se creuse entre une partie du peuple et ses élites –après tout une grande partie des Français a mieux à faire avec son argent comme acheter de quoi se nourrir ou se payer un toit–, la phrase pourrait aussi faire auprès de ces jeunes élites globalisées dont il vante tant les mérites.

 

Aujourd'hui, les entrepreneurs qui incarnent le plus changement comme Mark Zuckerberg ou Elon Musk n'hésitent pas justement à se passer du costume. Ils en ont fait une sorte de symbole rétrograde d'une économie à l'ancienne empêtrée dans ses vieilles hiérarchies et ses archaïsmes. Un vestige de l'ancien monde vertical, là où eux défendent l'échange, le partage, l'horizontalité. Lors d'une session de questions-réponses menée en avril 2014, le PDG de Facebook expliquait ainsi qu'il portait le même T-shirt chaque jour pour ne pas s'embarrasser de «décisions stupides»:

 

«J'ai la chance d'être dans cette position où je peux me lever chaque jour et aider plus d'un milliard de personnes. J'ai la sensation de ne pas accomplir cette tâche, si je perds mon énergie sur des choses idiotes ou frivoles de la vie de tous les jours», se justifiait-il.

 

« Dans la bouche du ministre de l’Economie d’un gouvernement de gauche, a fortiori quand celui-ci, jamais élu, est un ancien banquier à la fortune faite, la réplique suinte une forme de mépris de classe. Costard contre tee-shirt. Elite contre prolo. Actif contre chômeur. Grossier et dévastateur. On pense à Nicolas Sarkozy et son «casse-toi pauv' con» lancé au Salon de l’agriculture. »

 

Pour ma part j’ai porté des costards, pas des au prix du caviar, mon faible étant les chemises anglaises pas données ; je suis depuis un bail chemise ouverte, polo ou tee-shirt avec jean.

 

Un de mes collègues, un beau jour d’été, me voyant arriver à une réunion en polo me fit cette remarque goguenarde « tu es en vacance ! » aussi con que la répartie de Macron. Le vêtement est une seconde peau et dénier son caractère de marqueur social serait une erreur. Cependant, il faut aussi se garder des associations simplistes : porter un tee-shirt Che Guevara ne transforme pas en révolutionnaire, surtout si l’on porte des Nike au pied et que le dit tee-shirt a été cousu au Bengladesh. De même porter un costume bien coupé dans un beau tissu, pour un Ministre de la République, même de gauche, ne le transforme pas forcément en suppôt du grand capital.

 

Ces raccourcis sont trop pratiques et bien hypocrites pour s’en satisfaire, mais nous sommes dans l’immédiateté, la formule-choc, le tweet vengeur, le commentaire ironique, penser n’est plus qu’un lointain souvenir.

 

Si j’ai effleuré ce sujet c’est qu’il est facile d’en faire un copié-collé avec les petites guéguerres que se livrent les tenants des vins de costard et ceux des vins nus…

 

Je ne crois guère aux vertus révolutionnaires des vins nature tout comme je n’ai guère d’affinités avec les tenants des GCC ou autres grands vins, formatés, médiatisés.

 

J’ai envie de crier : « faites chier vous êtes minoritaires ! »

 

Ne pourriez-vous pas vous intéresser d’un peu plus près à la réalité ? Je sais, c’est chiant la réalité, elle n’entre pas forcément dans vos moules, vos cadres, vos apriori, et pour certains dans leurs conflits d’intérêts.

 

Ceux qui me tapent beaucoup sur les nerfs sont les « porteurs d’eau », la confrérie de ceux qui vivent sur la bête et qui s’ingénient à jeter de l’huile sur le feu pour faire bouillir leur marmite.

 

Le vin, après tout, n’est que le jus fermenté du raisin nullement indispensable à la survie physiologique, instrument de pur plaisir, de convivialité, d’échange. Rien de plus, rien de moins.

 

J’assume, sans aucune honte, le fait de boire des vins cousus main dont je paye le prix tout comme des vins plus olé, olé qui ne sont pas pour autant donnés… C’est mon droit, c’est ma fierté d’assumer mes contradictions sans m’ériger en donneur de leçon.

 

L’important pour moi c’est le respect pour la main qui fait bien plus que la geste de ceux plus préoccupés par leur ego que par la vie des gens...

 

Je signale à madame Caroline De Haas ‎@carolinedehaas

 

Les costards Lagonda (fournisseur de Macron) coûtent selon leur site 1200€. Mille deux cent. #UnTshirtpourMacron

 

Que les costards Lagonda sont fabriqués en France par des petites mains (féminines ou masculines), « Tous ces produits sont fabriqués en France dans des étoffes provenant principalement d'Angleterre et d'Italie. »

 

Comme le chantait le défunt Coluche qui aimait trop les grosses motos très chères :

 

Misère, Misère!

C'est toujours sur les pauvres gens

Que tu t'acharnes obstinément

Misère, Misère!

ça sera donc toujours les salauds qui nous bouff'ront

L'caviar sur l'dos

Misère, Misère!

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège, la CGT est la fille naturelle du patronat français, « Ils ont l'air malins la CGT. Ils manifestent contre un président pour qui ils ont voté » pur sucre Sarko…

Près de huit Français sur dix (78%) ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy soit candidat à la présidentielle et seul un sur quatre pense que l'ancien président aurait fait mieux que François Hollande sur la loi travail, selon un sondage Odoxa pour CQFD/Itélé publié vendredi.

 

Selon ce sondage, 78% des Français ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy se présente à l'élection présidentielle de 2017, contre seulement 21% qui le souhaitent.

 

Même une nette majorité des sympathisants de droite (60%) ne le souhaitent pas et seulement 50% des seuls sympathisants Les Républicains souhaitent une candidature du chef de leur parti favori.

 

Les Français jugent également à 59% que l'ancien président « ne gérerait ni mieux ni moins bien le conflit actuel autour de la loi El Khomri » et 15% estiment même qu'il aurait encore fait moins bien.

 

Et pourtant, cela ne l’empêche pas de railler, de brocarder à tout va : « De l'incohérence et du mensonge » le président des Républicains a pourtant tenu un discours très politique et virulent à l'encontre de l'actuel locataire de l'Elysée. « C'est pas la loi [El Khomri] qui est en cause. Ce qui est en cause mes chers amis, c'est le mensonge. Mettez-vous à la place de tous ceux qui ont cru les balivernes de François Hollande. Quand a-t-il dit à ses électeurs qu'il réformerait le marché du travail ? Quand tous les syndicats ont appelé à voter pour lui. Ils ont l'air malin à la CGT. Ils manifestent contre un président pour qui ils ont voté. Voilà l'incohérence »

 

Rien n’arrête Paul Bismuth, l’homme aux 26 téléphones payés par les contribuables, Au total, ces frais représentent une facture de 14 791 euros sur toute une année. « Si je suis reçu aussi gentiment et avec autant d'enthousiasme par les Réunionnais, c'est parce qu'ils savent une chose, c'est que je n'ai pas menti »

 

Présidentielle: pourquoi Nicolas Sarkozy croit encore en sa bonne étoile.

 

Il est persuadé que "le noyau dur" de la droite sera, derrière lui, au rendez-vous de la primaire. Ce sera "la surprise", dit-il ceux qui l’enterrent déjà. Et si la surprise de la prochaine présidentielle était précisément que, cette fois-ci, il n’y en ait pas ?

 

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Et pendant ce temps-là, du côté de Denfert-Rochereau, d’où partent les défilés, les marcheurs, Nike ou Adidas aux pieds, fringués chez Carrouf ou Auchan où autres bradeurs de prix, smartphones à la main, protestent contre une loi qui, sans conteste, brise une part du droit du travail et, pour l’article 2, la fameuse inversion des normes, prive les grandes centrales d’une belle part de leur pouvoir, celle de ses permanents centraux et de branches, on est en droit de se poser cette question : le pourquoi de la dégradation des conditions de travail dans nos pays riches ?

 

Wal-Mart créateur de pauvres

 

« Le marché du discount repose sur une attention continuelle et quasi-obsessionnelle aux salaires et au coût du travail. Les discounters doivent avoir un turnover deux ou trois fois supérieur à celui des enseignes traditionnelles […] pour atteindre un profit équivalent. Quant à la vitesse de rotation des stocks, elle s’explique par des marges étroites, lesquelles exigent en retour que la part du coût de la main-d’œuvre ne dépasse pas 15% du total des ventes ; c’est-à-dire environ la moitié de ce que ce coût représente dans les supermarchés traditionnels. Et c’est Wal-Mart qui est aux avant-postes de ce marché du discount, avec des dépenses liées aux ventes et à l’administration générale – principalement des salaires – environ 25% moins élevées que (les autres géants de la distribution). En 1958, quand les emplois industriels étaient trois fois plus nombreux que ceux de la distribution, l’impact de cette pression à la baisse sur les salaires serait sans doute resté limité. Aujourd’hui, alors que le nombre d’employés de la grande distribution dépasse celui des travailleurs de l’industrie, ce sont des dizaines de millions de salariés qui sont touchés par la baisse des revenus. »

 

1968 : Grève générale et révolte étudiante en France : la trahison du PCF et de la CGT par Peter Schwarz

 

 

« A partir du 20 mai, l’ensemble du pays est arrêté. Deux tiers des salariés sont en grève, les étudiants occupent les universités. Le sort de De Gaulle et de son gouvernement repose à ce moment précis entre les mains du Parti communiste et de la CGT que ce dernier contrôle. Ils assurent la survie politique de De Gaulle et sauvent la Cinquième République. Le PCF représente encore en 1968 une force politique considérable. Il compte 350 000 membres et rassemble derrière lui 22,5 pour cent des électeurs (1967). Certes, le nombre d’adhérents de la CGT a chuté de 4 millions en 1948 à 2,3 millions, mais les secteurs clés de l’économie restent dominés par ce syndicat. Son secrétaire général, Georges Séguy, est membre du bureau politique du PCF.

 

Comme nous l’avons déjà vu, le PC et la CGT réagissent avec une hostilité à peine déguisée aux protestations des étudiants. L’article notoire dans lequel Georges Marchais insulte les étudiants le 3 mai, les qualifiant de provocateurs et d’agents gaullistes n’est pas une exception, mais la règle. L’Humanité ne se lasse pas de pester contre les « gauchistes ». Le journal y inclut sous ce label, tous ceux qui s’opposent à la ligne droitière du PCF. La CGT refuse toute manifestation commune des travailleurs et des étudiants et donne à ses membres l’instruction d’écarter des entreprises les étudiants qui cherchent à prendre contact avec les ouvriers.

 

Les occupations d’usine et la grève générale se sont développées contre la volonté et en dehors du contrôle de la CGT. L’occupation de Sud-Aviation, qui deviendra un modèle pour toutes les autres, se fera à l’initiative du syndicat Force ouvrière qui, dans l’entreprise, a du crédit auprès des travailleurs à bas salaire et qui sont rémunérés à l’heure. A Nantes, celui-ci est mené par un trotskyste, Yves Rocton, un membre de l’OCI. La CGT certes, n’empêche pas les occupations d’usines, mais cherche à en garder le contrôle en maintenant strictement les revendications au niveau de l’entreprise. Elle s’oppose à la création d’un comité de grève central ainsi qu’à la coopération avec des forces extérieures à l’entreprise. Elle s’oppose avec véhémence à la séquestration des directions.

 

Le 16 mai, la direction du syndicat concurrent, la CFDT, essaie au moyen d’une déclaration d’influencer la vague d’occupations. Contrairement à la CGT, elle traite positivement la révolte des étudiants. Celle-ci vise selon elle « les structures sclérosantes, étouffantes et de classes d’une société où ils ne peuvent exercer leurs responsabilités ». En ce qui concerne les entreprises, la CFDT lance le mot d’ordre de « l’autogestion » : « à la monarchie industrielle et administrative, il faut substituer des structures administratives à base d’autogestion ».

 

Séguy, le patron de la CGT, réagit par un accès de colère et attaque la CFDT publiquement. Il rejette toute tentative de donner une orientation commune au mouvement croissant, aussi limitée soit-elle. De fait, la revendication de la CFDT, qui à l’époque se trouvait sous l’influence du PSU (Parti socialiste unifié) de Michel Rocard, mène à une impasse. Elle ne met en cause ni le pouvoir capitaliste ni la domination des marchés capitalistes.

 

Le 25 mai, la CGT se précipite finalement directement au secours du gouvernement acculé. Les représentants des syndicats, des organisations patronales et le gouvernement se rencontrent vers quinze heures au ministère du Travail situé rue de Grenelle. Leur objectif : rétablir aussi vite que possible le calme dans les entreprises ! Bien que tous les syndicats soient représentés, les négociations se déroulent exclusivement entre deux hommes : le chef du gouvernement, Georges Pompidou et le patron de la CGT, Georges Séguy.

 

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Ironie de l’Histoire, la CGT de Martinez verse dans le gauchisme pendant que la CFDT soutien la loi au nom d’avancées pour les salariés. La France industrieuse a profondément changée depuis mai 68, elle s’est désindustrialisée, a laissé partir des pans entiers de secteurs à fort potentiel d’emplois, les bureaucrates et le personnel malmené de la GD ne fournissent pas beaucoup de bataillons aux syndicats, ils ne leur reste plus que quelques places dites fortes, l’énergie, les transports publics, la Fonction Publique, qui par ailleurs ne seront que peu impactés par la nouvelle loi si elle est adoptée. Nous pataugeons dans le plus grand coaltar avec aucune espèce de perspective donnée aux français qui ne sont pas à une incohérence près puisqu’il mettent en tête de leur préférence : un vieux Juppé, qui veut revenir sur les 35 heures, et beaucoup d’acquis sociaux, et un jeune, venu du diable vauvert, Macron qui estime que la loi El Khomery ne va pas assez loin.

 

 

Cambodge - Inde. Pour les ouvrières d’H&M, mieux vaut ne pas tomber enceinte

 

Une alliance internationale de syndicats a interrogé 251 employés des usines qui fabriquent les vêtements H&M au Cambodge et en Inde. Il en ressort que, pour les femmes, tomber enceinte revient généralement à perdre son emploi. Certaines ouvrières préfèrent avorter pour conserver leur contrat.

 

« Les femmes qui fabriquent les vêtements H&M sont virées parce qu’elles tombent enceintes”, titre sans détour Broadly. Le site de Vice consacré aux femmes a rencontré des représentantes de l’alliance internationale de syndicats Asia Floor Wage Alliance (Afwa) pour découvrir “à quel point la vie est pourrie quand on fabrique un top à 5,99 dollars”.

 

Asia Floor Wage Alliance a interrogé 251 personnes travaillant dans des usines cambodgiennes et indiennes qui fournissent H&M. Et le bilan n’est pas glorieux pour la marque suédoise.

 

D’après le rapport [publié par Afwa], dans 11 usines cambodgiennes sur 12, des employés ont été témoin de situations de fin de contrat pendant la grossesse [d’une travailleuse], voire en ont été victimes. L’ensemble des 50 employés des usines indiennes interrogés ont également déclaré qu’il était fréquent que des femmes soient licenciées pendant leur grossesse.”

 

Broadly explique que certains facteurs structurels empêchent les employés d’échapper à la précarité. Au Cambodge, les usines ne fournissent généralement que des contrats d’un à trois mois, “ce qui signifie que dès que quelqu’un sort du rang (en prenant un jour d’arrêt maladie, en refusant des heures supplémentaires ou en arrivant un peu en retard), il court le risque de ne pas voir son contrat renouvelé”.

 

Pseudo-transparence d’H&M

 

Résultat : au Cambodge, il arrive que des ouvrières préfèrent avorter plutôt que perdre leur emploi. Même si l’avortement est légal dans le pays, les femmes se tournent généralement vers des solutions clandestines, par manque d’éducation et d’accès aux soins.

 

Made in India : un désastre environnemental dans nos garde-robes.

 

Interrogée par Broadly, la militante syndicale indienne Anannya Bhatta note que les engagements d’H&M pour une chaîne de fabrication solidaire ne sont que “pure rhétorique”.

 

En apparence, H&M est très présent sur cette question, ils répondent aux questions et aux mails. Mais ils manquent cruellement de transparence. Ils refusent de dire dans quelles usines ils testent des projets pilotes, et ne sont pas très coopératifs lorsqu’il s’agit de détailler comment ils comptent mettre en place des salaires décents”.

 

Les héritiers

 

La pomme ne tombe pas loin du pommier

 

Je suis prof. Mes deux parents sont enseignants. Les deux parents de mon père étaient enseignants. Mon arrière-grand-mère paternelle était institutrice, et son père était lui aussi instituteur. Pendant longtemps, cela m'a semblé une simple coïncidence amusante.

 

A l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, dans laquelle j'ai enseigné longtemps, on trouve partout des plaques commémoratives indiquant les noms des anciens élèves depuis la fondation de l'école il y a 200 ans. Et il n'était pas difficile de remarquer qu'on retrouvait souvent des noms identiques, entre les élèves actuels et les anciens. Pas tous évidemment, mais plus de patronymes communs que ce qu'aurait produit le hasard. Pendant longtemps, cela m'a semblé une simple curiosité.

 

L'idée que le statut socio-économique soit hérité nous paraît détestable. On a aboli l'essentiel des privilèges hérités et les derniers qui subsistent (comme les monarchies européennes) paraissent au mieux, des traditions désuètes. On lit avec intérêt les histoires de gens partis de zéro et arrivés au sommet, on raille les fils à papa qui n'ont rien fait pour mériter leur situation, on loue les milliardaires qui cèdent leur fortune à des œuvres caritatives plutôt qu'à leur progéniture.

 

La méritocratie et l'égalité des chances sont les idéaux de nos sociétés. Même si nous savons que nos statuts socio-économiques ne sont pas entièrement déterminés par notre mérite personnel, nous consacrons énormément de ressources à contrebalancer les inégalités de naissance.

 

Retour vers la moyenne, mais pas trop vite la suite ICI 

 

Thierry Mandon : « Notre machine à décider tourne dans le vide »

 

Qu’est ce qui ne fonctionne plus?


Depuis de nombreuses années, et bien avant ce quinquennat, c’est toute notre "machine à décider"! C’est l’ensemble de notre système de gouvernance qui est obsolète. À tous les niveaux, les mécanismes de prise de décision sont grippés en France. Nous devons mener une réflexion globale pour remettre cette machine en état de marche. Oui, il faut avoir le courage de revoir profondément la façon dont on dirige le pays…

 

"On gouverne et on parle encore aux citoyens comme il y a cinquante ans"

 

Par exemple?


Il y a un indicateur qui me frappe : selon l’OCDE, la France a, en une génération, multiplié par plus de deux le taux de ses diplômés. C’est inédit dans le monde. En vingt-cinq ans, on est passé de 20% de diplômés du supérieur à 44%… Les Français d’aujourd’hui sont plus cultivés, plus éduqués, ont davantage d’esprit critique. Or ces aspirations à participer et à être écoutés ne sont pas prises en compte. On gouverne et on parle encore aux citoyens comme il y a cinquante ans, alors qu’ils sont surinformés et maîtrisent même leur propre accès à l’information… Ce n’est pas par hasard, à mes yeux, si, place de la République, il y a énormément de jeunes diplômés, d’enseignants, de gens qui ne se reconnaissent pas dans la vie politique… Telle qu’elle est exercée aujourd’hui, elle n’est plus capable d’absorber ni même de comprendre ces initiatives citoyennes. Et puis, en tant qu’ancien secrétaire d’État à la simplification, je vois bien que la façon dont on prend des décisions politiques, la façon dont on vote la loi, la façon dont on met en œuvre les décisions publiques, et la façon dont l’administration traite les citoyens, tout ce logiciel date des années 1970. C’est tout notre système de gouvernance, du haut vers le bas, un système qui écarte les Français de la décision, qui n’est plus adapté. Notre "machine à décider" tourne à vide…

 

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 06:00
Que les hauts salaires lèvent la main : « On allait jouer au foot pour conquérir une totale liberté, bref pour une cause noble » Rachid Mekhloufi « Un maillot pour l’Algérie »

Mémé Marie aurait dit « ils n’ont pas de honte » à propos de la hauteur vertigineuse des émoluments des dirigeants d’entreprises multinationales, représentés en France par les 2 Carlos, Ghosn et Tavarès, Olivier Brandicourt DG de Sanofi qui avec une rémunération totale de 16,76 millions d'euros par an, prend ainsi la première place au classement des rémunérations des patrons du CAC 40 (salaire fixe, variable, options et actions comprises), devant Bernard Arnault du groupe LVMH (9,40 millions d'euros par an) et Jean-Paul Agon de L'Oréal (9,10 millions d'euros).

 

Même que la Laurence Parisot, ex-présidente du Medef, s’étrangle d’indignation face, dit-elle, à l’arrogance de Carlos Ghosn un PDG à « mi-temps » chez Renault qui, à ce titre, est rémunéré à hauteur de 7,2 millions d’euros pour l’année 2015. Carlos Ghosn émarge également à hauteur de quelque 8 millions d’euros par an chez Nissan dans le même temps.

 

Le 29 avril, 54 % des actionnaires avaient rejeté la rémunération du dirigeant franco-brésilien. Mais le conseil d’administration n’avait pas tenu compte du vote et validé la rémunération dans les heures suivant l’assemblée générale.

 

«Je me considère comme un joueur de football ou comme un pilote de Formule 1» Carlos Tavares, patron de PSA

 

Belle ligne de défense que d’invoquer

 

Les 10 plus gros salaires du foot 

 

Lionel Messi (FC Barcelone)

 

L'attaquant argentin occupe la première place de ce classement avec 65 millions d'euros de gains annuels bruts sur les 12 derniers mois: salaires + contrats publicitaires + opérations diverses.

 

C’est pour cette raison que ce matin j’ai décidé de vous parler de Rachid Mekhloufi.

 

Qui se souvient de Rachid Mekhloufi ?

 

Pas grand monde, et pourtant, ce pensionnaire de l’AS Saint-Étienne de Jean Snella aurait pu jouer la fameuse coupe du Monde de 1958 en Suède où la France termina 3ième après avoir été battu par le Brésil de Pelé en demi-finale, celle des 13 buts de Just Fontaine.

 

Le gouvernement français, depuis le 1er novembre 1954, mène en Algérie, territoire français, 3 départements, une guerre qui ne dit pas son nom.

 

Les « indigènes » ne sont pas des Français à part entière : Rachid Mekhloufi, l’enfant de la cité Lévy, né le 12 août 1936, qui, à l’âge de 8 ans, a assisté aux scènes de massacre de la répression de la manifestation de Sétif le 8 mai 1945 : près de 102 colons tués, plus de 5000 musulmans abattus, déclare :

 

 

« J’étais un petit peu l’enfant gâté du football français et de Saint-Étienne. Or, en Algérie, l’algérien n’était jamais considéré comme un Français. »

 

Il « se remémore aussi l’école indigène, tant abhorrée malgré ses bons résultats, où les petits musulmans, crânes rasés règlementaires car suspectés de poux, ont l’interdiction de fouler les pelouses et sont, à l’instar de leurs parents, tenus à distance policière des quartiers européens.»

 

Repéré à 18 ans par l’entremise de Michel, le frère de son instituteur juif, Joseph Setboun, il est transféré en août 1954 à Saint-Étienne.

 

Il fait partie, à deux mois de la coupe du monde en Suède, des quelques professionnels des Maghrébins susceptibles de la disputer avec « les Monégasques Abdelaziz Ben Tifour, véloce attaquant, et Mustapha Zitouni, solide défenseur central alors convoité par le Real de Madrid. Les 3 joueurs ont déjà porté 4 fois chacun le maillot frappé du coq et font figure de probables titulaires en Suède. »

 

« La coupe du monde, bien sûr j’y pensais, mais ce n’était rien au regard de l’indépendance de mon pays ! Il fallait montrer ce que les meilleurs joueurs algériens étaient capables de faire pour leur pays », insiste rétrospectivement Rachid Mekhloufi.

Que les hauts salaires lèvent la main : « On allait jouer au foot pour conquérir une totale liberté, bref pour une cause noble » Rachid Mekhloufi « Un maillot pour l’Algérie »

Le lundi 14 avril 1958, à 7 h 30, aux abords de l’hôpital de Saint-Étienne, trois ombres prennent place dans un Simca Aronde extra-large, qui démarre en trombe. L’un d’eux, celui du milieu, tête largement bandée, en pyjama sous un imperméable trop grand, c’est Rachid Mekhloufi, 22 ans, coqueluche des Verts, fine moustache brune, silhouette gracile, qui, pour son dernier match à Geoffroy Guichard, perdu piteusement 2 à 1 contre la modeste équipe de Béziers, a été blessé à la tête.

 

Direction la Suisse puis la Tunisie d’Habib Bourguiba, indépendante depuis mars 1956, où siège le GPRA présidé par le paisible pharmacien de Sétif Ferhat Abbas. Rachid Mekhloufi balaye d’un souffle une carrière prometteuse. Un aller simple vers l’inconnu révolutionnaire sans aucune assurance de retour.

 

« Cela prouvait que tout le peuple algérien était solidaire et que tous les Algériens, même les plus favorisés par la France, étaient concernés. »

 

Dès le 16 avril 1958, la presse métropolitaine fustige « les traîtres repus passés sans vergogne à l’ennemi. » Paris Match, imprime un numéro spécial avec une manchette scandalisée « Vedettes du foot français, les voici fellaghas ! »

 

Toute cette histoire est fort bien contée et illustrée dans une bande dessinée « Un maillot pour l’Algérie » Rey/Gallic/Kris chez Aire Libre.

Source de cette chronique : Débordements : sombres histoires de football, 1938-2016 d’Olivier VILLEPREUX, Samy MOUHOUBI, Frédéric BERNARD, William GASPARINI.
Source de cette chronique : Débordements : sombres histoires de football, 1938-2016 d’Olivier VILLEPREUX, Samy MOUHOUBI, Frédéric BERNARD, William GASPARINI.

Source de cette chronique : Débordements : sombres histoires de football, 1938-2016 d’Olivier VILLEPREUX, Samy MOUHOUBI, Frédéric BERNARD, William GASPARINI.

Dans Give Me Five, chronique de l'émission « L'oeil du tigre » de Philippe Collin consacrée au sport, Joy Raffin a présenté cette bande dessinée.

 

5 bonnes raisons de lire Un maillot pour l'Algérie 

 

Première raison : parce que cette BD inspirée d’une histoire vraie aurait pu s’appeler Good luck Algeria !

 

Raison numéro 2 : parce que cette BD raconte l’histoire de France et celle de l’Algérie.

 

Raison numéro 3 : pour Rachid Mekhloufi

 

Raison numéro 4 : parce que cet épisode a contribué à une amélioration du football nord-africain.

 

Raison numéro 5 : Parce que ces hommes sont des héros.

 

Rachid Mekhloufi a donc fait la guerre avec sa tête et ses pieds sans verser une goutte de sang, et Dieu sait que ce conflit fut sanglant, barbare dans les deux camps.

 

« Nous avions une équipe formidable qui a représenté l’Algérie combattante d’une façon sereine et extraordinaire. De toute façon, dans mon esprit, c’était l’indépendance ou la mort. »

 

« Les 4 années vécues avec l’équipe du FLN m’ont fait progresser incroyablement en tant que citoyen. Cela m’a permis de rattraper toute une culture, notamment politique, que j’avais laissée de côté en me consacrant au foot. C’est comme si j’avais suivi des études supérieures. »

 

Son seul regret est de me pas avoir eu la possibilité de prévenir Jean Snella « un entraîneur que je respectais infiniment. »

 

En juillet 1962, la guerre d’Algérie est finie, et Rachid Mekhloufi est désormais algérien, mais il se sent une dette vis-à-vis de Saint-Étienne :

 

« Quand je suis arrivé à Saint-Étienne, j’avais 18 ans. Dans le trajet en train depuis Lyon avec M. Garonnaire, le recruteur de l’ASSE, j’ai vu pour la première fois le peuple français tel qu’il était. On m’a accueilli avec une gentillesse extraordinaire, parlé comme à un citoyen à part entière, ce qui n’arrivait jamais en Algérie. J’ai découvert le gazon, moi qui n’avais pratiqué que sur des terrains en dur… De 1954 à 1958, à Saint-Étienne, j’avais des copains, des coéquipiers qui me respectaient, un entraineur Jean Snella qui était mon second père, Saint-Étienne, c’est ma deuxième ville de naissance.»

 

Après un an au Servette Genève où il retrouve Jean Snella, Rachid Mekhloufi rejoint l’ASSE dès la saison 1963-64, bientôt auréolé de 3 titres de champion de France et d’une Coupe de France (1968) snobant ainsi les représailles promises par les plus récalcitrants de l’Algérie Française.

 

Robert Herbin, le Sphinx, l’homme à la crinière rousse, Robbie, réputé économe de ses mots, ne tarit pas d’éloges sur son ancien partenaire et s’incline devant son engagement militant, lui qui, comme tant d’autres, fit son armée en Algérie « Son départ, c’était politique, il a fait ce que sa conscience lui a dicté. »

 

Lors de la finale de la Coupe en 1968, c’est Rachid qui inscrit les 2 buts victorieux, dont un pénalty que lui laisse tirer le copain Herbin, non sans lui avoir glissé à l’oreille, juste avant, en lui tendant le ballon : « Tiens, Rachid, c’est pour toi… »

 

Vous me concèderai aisément que cette belle aventure humaine mérite réflexion dans notre vieux pays en proie à ses démons. Mon admiration je la réserve au Rachid Mekhloufi… qui aujourd’hui est « ambassadeur à vie de l’ASSE », et qui vit entre La Marsa, en Tunisie, Alger et Paris…

 

Consulter aussi ICI  des images de la BD

 

Que les hauts salaires lèvent la main : « On allait jouer au foot pour conquérir une totale liberté, bref pour une cause noble » Rachid Mekhloufi « Un maillot pour l’Algérie »
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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 08:00
C’est devant une poêle que je me sens vivant. L’huile qui crépite est une musique à mes oreilles… J’ai la cuisine dans le sang. Ugo Tognazzi

Je suis ainsi fait, emporté par mon élan amoureux pour l’Italie il m’est difficile de freiner alors je tire des bords, je vais là où j’ai envie d’aller.

 

Avant-hier : la parmigiana d’Erri De Luca, hier : le pesto de Genovese d’Alessandra Pierini, aujourd’hui : L’abbuffone, storie da ridere e ricette da morire d’Ugo Tonazzi

 

Ugo Tognazzi, nul besoin de le présenter, c’est l’un des protagonistes avec Piccoli, Noiret, Mastroianni, Andréa Ferréol, de la grande Bouffe le film de Marco Ferreri...

 

 

Dans la préface de son livre, il nous délivre un acte de foi sans contrition : «Manger non : je mange pour vivre»

 

Dans sa maison de Velletri, près de Rome, « son énorme frigo échappe aux règles de la société de consommation. »

 

« Il occupe un mur tout entier de la vaste cuisine. »

 

Muni de 4 petites fenêtres il permet à Tognazzi « d’épier l’intérieur… de saliver à la vue des saucissons, des fromages, des veaux et des quartiers de bœuf qui pendent, majestueux, à leurs crochets brillants. »

 

C’est sa chapelle de famille.

 

Tognazzi a la cuisine dans le sang « lequel contient sûrement une bonne quantité de sauce tomate en plus de ses indispensables globules rouges et blancs. »

 

Il a le vice des fourneaux.

 

« Je suis un malade des plats de spaghetti… la moindre petite olive me fait réellement saliver. »

 

« Je connais les entrées de service et les cuisiniers des meilleurs restaurants d’Europe.»

 

Ugo « pourrait même adopter le parfum d’un bon ragoût en guise d’après-rasage. »

 

Son histoire d’amour avec la cuisine ne supporte ni médiateurs, ni prescripteurs, il est « à la fois le créateur et l’exécuteur de la scène, le démiurge qui transforme les mots inertes de la recette en une réalité savoureuse et colorée… »

 

« Je participe viscéralement à la friture des pommes de terre… »

 

« Je souffre avec l’ail jeté dans l’huile bouillante… »

 

 

Ugo se perd dans les parfums en « adorant la moindre petite feuille de basilic qui vient d’être cueillie, immolée sur de fumants maccheroncini à la tomate. » 

 

« Chaque aliment me rappelle à moi les temps perdus ou retrouvés. Et la poule bouillie, par exemple, me ramène à ma grand-mère et à la mostarda, le dimanche à Crémone… »

 

Pour finir, Ugo Tognazzi, en un exorde flamboyant, nous invite à réexhumer la morale épicurienne de la joie et de la vie, en fustigeant les hygiénistes moralisateurs : « Goinfrerie, gourmandise : des mots stupides, dictés par la morale ordinaire, punitive et masochiste… »

 

« Chacun est libre de choisir, et pourquoi pas de choisir de mourir gavé de foie gras ou épuisé par les étreintes. »

 

« Redécouvrons ces deux grandes passions, saines et charnelles, trop longtemps réservées au ghetto de la culpabilité… »

 

« Rejoignons de nouveau, et avec force, le flux séculaire et ininterrompu de la bave, du sperme et de la merde… »

 

La conclusion est plus paisible :

 

« Autrefois il y avait une grand-mère, une maman, une terre, un potager.

Recréons-les. Cela ne dépend que de nous. »

 

Ugo Tognazzi (1922-1990) fut un acteur et metteur en scène italien pour le cinéma, le théâtre et la télévision. Il fut avec Alberto Sordi, Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni et Nino Manfredi l'une des figures marquantes de la comédie italienne. Il obtient en 1981 le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour son interprétation de Primo Spaggiari dans La Tragédie d'un homme ridicule de Bernardo Bertolucci.

 

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 06:00
Entre l’Italie et moi c’est je t’aime avec la mention passionnément pour le pesto de Genovese… qui fait son championnat du 3 au 5 juin à Paris

Bien avant de connaître Alessandra Pierini sur les hauteurs de la rue Rodier, au tant de son excellent restaurant, mon amour de l’Italie datait de ma période Michel Rocard au 78 rue de Varenne. Nous étions en guerre avec ce beau pays, la guerre du vin déclarée sous Edith Cresson avec l’affaire du pinardier l’Ampélos mazouté à Sète.

 

 

Mon chef bien-aimé qui appréciait son homologue transalpin, Filippo Maria Pandolfi me propulsa à Rome à plusieurs reprises pour déblayer le terrain avec nos homologues italiens.

 

Coup de foudre immédiat, l’attaché agricole de l’ambassade me fit découvrir les délices de la gastronomie de la ville éternelle, m’emmena aux arènes de Caracalla pour Aïda, c’était extraordinaire d’entendre le peuple chanter le chœur des esclaves.

 

Et puis un jour vint, lorsqu’Alberto Toscano publia son livre « Critique amoureuse des Français» chez Hachette en 2009 je pondis en juillet une chronique où j’affichais mon amour pour l’Italie.

 

Alberto la découvrit et m’appela au téléphone. Je crapahutais en Corse. Nous convînmes de nous retrouver à déjeuner à la rentrée. Et puis pour des raisons propres à nos vies ce rendez-vous fut différé.

 

Et puis mes pérégrinations me menèrent jusqu’à un nouveau restaurant italien qui venait de s’ouvrir : le RAP (comme Ristorante Alessandra Pierini celle par qui le lieu est né) au 24 rue Rodier dans le neuvième arrondissement. Heureux de mon repas avant de reprendre le collier je papotais avec Alessandra et dans la conversation j’évoquai Alberto. Bonne pioche, Alessandra avait lu «Critique amoureuse des Français» dans le TGV Paris-Marseille qu’elle empruntait pour venir prospecter afin de trouver le lieu de son restaurant parisien. La suite est facile à imaginer : je contacte Alberto et nous voici autour d’une table chez RAP.

 

La suite ICI 

 

Alessandra fut mon guide, mon conseil, mon amie dans la découverte des merveilles de l’Italie. Grâce à elle j’ai exploré la superbe palette de ses fromages, j’ai découvert le lard de Colonatta et bien sûr j’ai pu enfin boire d’excellents vins italiens.

 

La liste de mes chroniques est aussi longue qu’un jour sans pain et je suis bien incapable de vous la donner. Il vous suffit de chercher à l’aide du petit moteur de recherche de mon blog : taper Alessandra.

 

Alessandra Pierini est Génoise d'origine alors avec sa foi qui soulève les montagnes organisa en 2014 la première édition d'un concours qui élira le meilleur pesto de genovese réalisé au mortier. Ça se déroulait au Purgatoire 54, rue de Paradis 75010. 

 

 

En 2016, Alessandra récidive.

 

Du 3 juin à 18:00 au 5 juin à 16:00 c’est le Championnat de Pesto au Mortier à Paris 2016 (éliminatoire officielle pour le Championnat du Monde à Gênes 2018

 

LE PURGATOIRE - 54 rue de Paradis, 75010 Paris

 

Organisée pour la deuxième fois en France par l’Epicerie RAP et Alessandra Pierini, Alain Cirelli du Purgatoire – 54 paradis, et le restaurant Voltalacarta et son chef Maurizio Pinto, la sélection française du Championnat du Monde de Pesto Genovese pour 2018, se tient à Paris du vendredi 3 au dimanche 5 juin 2016.

 

Ce concours inédit est placé sous la haute autorité de l’Associazione Culturale dei Palatifini, initiateur du championnat à Gênes, avec la présence de Roberto Panizza, Président du Pesto Championship.

 

Pendant 2 jours, dans une ambiance résolument italienne et ligure, le Purgatoire, au 54 rue de Paradis (Paris, 10ème) accueille :

 

• un marché de produits en provenance de Gênes et sa région la Ligurie, le samedi et le vendredi.

 

• le Concours officiel de Pesto au mortier réservé aux amateurs,

 

• le concours de Pesto des Personnailtés, le #PP

 

• la réalisation par le Chef Maurizio Pinto du Capponmagro (Voltalacarta, à Gênes)

 

• un dîner-aperitivo le vendredi 3 juin (35 € sur réservation*)

 

• un brunch Ligure le dimanche 5 juin (25€ sur réservation*)

 

Toutes les informations sont disponibles sur le site de l’Epicerie-Cave Rap ainsi que sur l’événement dédié sur Facebook.

 

Réservations : https://www.weezevent.com/championnat-du-monde-de-pesto-au-mortier-eliminatoires-paris-concours-2018

 

Inscription pour le concours (30 places) : pestofrance@gmail.com

 

RECETTE DU PESTO GENOVESE AU MORTIER POUR LE CHAMPIONNAT DU MONDE

4 bouquets (60-70 g. de feuilles) de Basilico Genovese (Basilic génois) D.O.P., garantie du parfum et de la saveur caractéristiques

30 g. de Pignons de Pin

45-60 g. de Parmigiano Reggiano (Parmesan Reggiano) très vieux râpé

20-40 g. de Fiore Sardo râpé (Fleur Sarde, Pecorino Sarde)

1-2 Gousses d’Ail de Vessalico ( Imperia)

3 g. de Gros Sel de Mer

60-80 cc. de Huile d’Olive Vierge Extra « Riviera Ligure » D.O.P. doux et fruité, il exalte le parfum du Basilic et de l’assaisonnement

Entre l’Italie et moi c’est je t’aime avec la mention passionnément pour le pesto de Genovese… qui fait son championnat du 3 au 5 juin à Paris

10 juillet 2012

Du vrai pesto alla genovese de Ligurie à Beppe Grillo le blogueur provocateur du Vaffanculo-DAY et du mouvement des 5 étoiles

 

Le pesto alla genovese lorsqu’il est fait dans les règles de l’art, avec les bons ingrédients, atteint le sublime car lorsqu’on déguste un pesto, l’odorat est si bien sollicité que les aliments qu’il accompagne s’en trouvent exaltés, sublimés et que, l’espace d’un instant, on peut atteindre une forme d’extase culinaire, gagner le royaume des cieux en fermant les yeux. Bien évidemment votre Taulier préféré confectionne lui-même son pesto, le plus difficile étant de trouver le basilic ad hoc qui, s’il n’est pas de Ligurie, doit ne pas avoir un arrière-goût mentholé comme beaucoup de variétés. Le mieux est de le cultiver en achetant des plants chez un marchand spécialisé en plantes aromatiques de variétés anciennes (dans les foires aux plantes) Le basilic en pot que l’on trouve chez les marchands de légumes est un basilic bodybuildé. La bonne variété estl’Ocimum basilicum « Grand Vert » ou Ocimum basilicum var. Genovese.

 

« Pour préparer le pesto, selon des sources ligures faisant autorité, il est recommandé de rincer délicatement le basilic dans l’eau froide puis le laisser sécher naturellement. Avant de commencer, il est conseillé de placer tous les ingrédients et les ustensiles à température ambiante, de râper le fromage, et de tout tenir à portée de main afin d’éviter une interruption intempestive qui pourrait entraîner l’oxydation des ingrédients et nuire à la saveur du pesto.

 

 

Un mouvement rotatif doux et continu du pilon dans le mortier est le meilleur moyen de libérer toutes les huiles essentielles contenues dans les veinules des feuilles de basilic. Commencer par le basilic, l’ail et le sel jusqu’à l’obtention d’un jus vert et brillant. Ajouter les pignons de pin, le fromage et l’huile pour finir. »

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