Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 06:00
Je vis donc je lis… « On tua au nom de tout, de n’importe quoi et de rien du tout. » Lluís Llach… la guerre d’Espagne mère des pires atrocités du XXe siècle…

Vivre d’amour et d’eau fraîche pourquoi pas, je peux, mais me priver de lire : jamais !

 

Mon inextinguible soif de lire en solitaire, le grenier du Bourg-Pailler, une cellule de moine, Robinson Crusoé sans Vendredi, au cabinet, la cabine d’un cargo mixte…

 

« Mon retour vers la France ne fut rien d’autre qu’une balade de santé, sur le cargo mixte je me suis enfilé « A la recherche du Temps Perdu » cadeau de Clarisse.

 

- Encore une qui est passée par la case lit !

 

- Ironise, comme tu le sais je n’ai pas toujours eu le choix...

 

- En plus il faudrait peut-être que je te plaigne coq de basse-cour ?

 

- Non petit cœur ce fut pour moi une belle période de chasteté empli d’un plaisir exquis.

 

- Madame Verdurin !

 

- Oui Jasmine j’ai un faible pour la Verdurin car avec elle on ne sait jamais si ce qu’elle prévoit est pur égoïsme ou d’attention aux autres. Je crois que Proust se moquait un peu d’elle. J’adore ce que disait d’elle sur France-Culture le beau petit précieux Enthoven, le papa du premier mouflon de Carla, Madame Verdurin, tout au délice de son croissant, se trouve littéralement dans la position humienne de celui qui considère qu’ « il n’est pas contradictoire à la raison de préférer la destruction du monde à une égratignure de son petit doigts ». Il cause riche ce garçon je ne suis pas sûr que son successeur atteigne de telles hauteurs de vues...

 

- Arrête ton ironie facile, lis-moi ce passage, j’adore !

 

- Qui te dit que je l’ai sur moi ?

 

- Moi !

 

- J’abdique.

 

- Oui rends-toi tu as tant à te faire pardonner...

 

- Tu ne crois pas si bien dire mon cœur car ces années de plomb ont été surtout des années de sang...

 

« Mme Verdurin, souffrant pour ses migraines de ne plus avoir de croissant à tremper dans son café au lait, avait obtenu de Cottard une ordonnance qui lui permettait de s’en faire faire dans certain restaurant dont nous avons parlé. Cela avait été presque aussi difficile à obtenir des pouvoirs publics que la nomination d’un général. Elle reprit son premier croissant le matin où les journaux narraient le naufrage du Lusitania. Tout en trempant le croissant dans le café au lait et donnant des pichenettes à son journal pour qu’il pût se tenir grand ouvert sans qu’elle eût besoin de détourner son autre main des trempettes, elle disait : « Quelle horreur ! Cela dépasse en horreur les plus affreuses tragédies. » Mais la mort de tous ces noyés ne devait lui apparaître que réduit au milliardième, car tout en faisant, la bouche pleine, ces réflexions désolées, l’air qui surnageait de sa figure, amené probablement là par la saveur du croissant, si précieux contre la migraine, était celui d’une douce satisfaction. »

 

- C’est Le Temps Retrouvé ?

 

- Oui mère de mes enfants... »

 

Mon livre de chevet « Les yeux fardés »

 

Lluís Llach…

 

 

La guerre d’Espagne mère des atrocités de ce XXe siècle…

 

 

« Ces yeux furent pour nous la première annonce des nombreuses exactions commises pendant la guerre civile. Des injustices, des assassinats, une ribambelle de cruautés qui se déchaînèrent et firent remonter en surface la part la plus abjecte de l’être humain. Les pires choses imaginables se produisirent alors. Des folies collectives et des bassesses individuelles d’une férocité déchirante. On tua au nom de la révolution, de la religion, de l’ordre nouveau fasciste de droite, du surprenant totalitarisme de gauche. On tua au nom de tout, de n’importe quoi et de rien du tout. Je vais vous dire une chose : ce fut une insulte à toutes les valeurs et à tous les droits de l’homme. Oui, il y eut de l’infamie des deux côtés. Aussi bien dans mon camp que dans l’autre. Je vous assure que oui. N’allez pas croire que j’ai perdu la mémoire et que je n’en ai pas honte. Vous vous tromperiez cruellement à votre tour… »

 

« … je vais être sincère avec vous : jamais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai entendu la voix des fascistes qui ont gouverné l’Espagne pendant quarante ans par le sang de cette guerre demander pardon pour leur responsabilité dans tous ces massacres, qui se prolongèrent longtemps après la victoire. Jamais. Et je n’ai jamais entendu le moindre regret des catholiques non plus, ni une mise au point critique des communistes, ni des républicains de telle ou telle tendance, qui furent cependant souvent responsables d’incroyables atrocités. Alors ce n’est pas moi qui vais me mettre à présent à rendre responsables les miens, les groupes libertaires de tout ce qui s’est passé. Pendant plus de soixante ans, tous les acteurs de cette époque ont transformé le mouvement anarchiste en grandiose décharge où chacun est venu déverser ses propres immondices, pour mieux les cacher. Et il faudrait que ce soit moi qui vienne maintenant y épandre mes propres remords ? Non ! Il n’en est pas question. »

 

Le père de Lluís Llach était membre de la CNT.

 

Mes lectures m’ont nourri, étayé ma manière d’être, protégé de mes velléités, aidé à vivre dans le nœud inextricable de mes contradictions…

 

Enregistrée en 1974 par Jeanette, alors âgée de 23 ans, cette chanson connaît un succès impressionnant, notamment grâce au film Cría cuervos de Carlos Saura dont elle fait le générique en 1976. 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 06:00
© DR - Capture écran - www.bobosse.fr

© DR - Capture écran - www.bobosse.fr

En 2013, lors du SIA, Gilbert Delmond, président du veau IGP Blason Prestige en Corrèze partait en croisade pour la levée de l’interdiction de la fraise veau. C'est un cri du cœur qu’il a poussé toute la semaine « Il est grand temps désormais d’autoriser la consommation de la fraise. C’est le seul abat qui soit encore interdit depuis la crise de l’USB. Il n’existe aujourd’hui aucune raison valable de ne pas permettre sa libre consommation ».

 

« Faudra-t-il qu’on en arrive à créer des associations clandestines pour se régaler à nouveau de fraise de veau ? ».

 

Dans une chronique du 22 mars 2014  je m’interrogeais : Va-t-on vers un Front de Libération de la Fraise de veau ?

 

L’ex-président du Conseil Général de la Corrèze devenu roi de France va-t-il inverser la courbe du déclin de la fraise de veau ?

 

Je concluais : « Mobilisons-nous : libérons la fraise de veau ! »

 

Voilà un combat de gagné pour le locataire de l’Elysée puisque la commercialisation de la fraise de veau qui avait été interdite le 21 mai 2001, en pleine crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) vient d’être à nouveau par la commission européenne.

 

Le qualificatif "fraise" fait allusion à la collerette encombrante dont nobles et bourgeois aisés des deux sexes se parèrent pendant deux bons siècles en Europe. Un ornement de cou lui-même ainsi baptisé parce que sa forme, avec plis et godrons, évoquait le fruit aux alvéoles plus ou moins profondes.

 

Le Code des usages de la charcuterie mentionne la fraise de veau au chapitre Andouillette.


Il en donne une définition assez large :

 

On entend par "fraise de veau" l'ensemble de l'intestin grêle et du gros intestin, avec ou sans ratis —de "ratisser" : la graisse détachée du boyau (terme préféré à mésentère par le Code pour désigner des replis graisseux soutenant l'intestin).

 

« Cette membrane qui entoure l'intestin grêle du veau est un abat blanc de la même famille que les ris, la tête de veau ou encore les pieds de veaux. Elle s'appelle ainsi, car après sa préparation par le tripier, dégraissée et ébouillantée, elle devient blanche et ferme comme la collerette que portaient les hommes jusqu'au XVII e siècle »

 

France 3 Rhône-Alpes pouvait s’exclamer « La véritable andouillette lyonnaise ramène sa fraise ! »

 

François Mailhes dans la Tribune de Lyon le 02 septembre 2015 écrivait :

 

« En matière d’andouillette, il y a autant d’écoles et de points de vue définitifs que de chauvinismes de clocher. Mais les vrais Lyonnais, ceux qui ont des soyeux et des patrons de bouchons dans leur arbre généalogique, savent bien que la meilleure andouillette, entre toutes, c’est la lyonnaise. Pourquoi ? Parce qu’elle est à base de veau et non de cochon, ce qui est loin d’être une nuance.

 

DU FAIT MAIN Depuis lundi 24 août, une date historique de la gastronomie locale, le charcutier star de l’andouillette lyonnaise Bobosse a jailli comme un ressort en réutilisant le veau et en reconstituant une filière qui rouillait dans les abattoirs. Le premier à immédiatement l’intégrer dans son menu est le bouchon Le Café des Fédérations. Nous avons donc pu la dévorer après 15 ans d’abstinence. Le constat est net : l’andouillette à la fraise de veau est à la fois d’une saveur beaucoup plus délicate et d’une texture beaucoup plus fondante que la cochonne. Bobosse la fait mariner pendant trois jours dans de la moutarde et du beaujolais, ce qui apporte du caractère et de la douceur en bouche. Attention, elle n’est pas hachée comme les succédanés que l’on vous vend sous blister pour barbecue. Les morceaux de fraise – une partie de l’intestin particulièrement chiffonnée – sont introduits à la main (autrefois à la ficelle). »

 

Guillaume Nicolas-Brion, toujours à la pointe des combats de l’assiette goûteuse, a célébré la victoire en se régalant d’une andouillette lyonnaise et en lichant du Clos Hidalgo...

 

 

Dans le même temps, à dîner chez la Isabelle la cathodique, Marco aux fourneaux nous régalait, en plat de résistance, d’une longue andouillette lyonnaise achetée dans la cité des Gones.

 

Je vous recommande du côté liquide un vin de la maison Perraud c'est signé d'une autre Isabelle et de son Bruno...

 

L’extase !

Arrête de faire l’andouille : ne ramène pas ta fraise de veau Berthomeau !
Arrête de faire l’andouille : ne ramène pas ta fraise de veau Berthomeau !
Arrête de faire l’andouille : ne ramène pas ta fraise de veau Berthomeau !
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 06:00
J-Y Bizot vigneron à Vosne-Romanée prends connaissance de son bulletin de scolarité, niveau CP, envoyé par l’organisme de contrôle. Il y a quelque chose qui ne va pas dans son travail… alors je lui passe la parole…  J-Y Bizot vigneron à Vosne-Romanée prends connaissance de son bulletin de scolarité, niveau CP, envoyé par l’organisme de contrôle. Il y a quelque chose qui ne va pas dans son travail… alors je lui passe la parole…

Avant de passer la parole à Jean-Yves – passeur, il existe même aujourd’hui dans le vocabulaire sportif la passe décisive – quelques mots, un petit édito :

 

Dans le microcosme du vin, le mouchoir de poche de ceux qui prétendent tout savoir, ou presque, pour s’empresser de juger, noter, commenter, exclure, la voix des vignerons est peu présente. Les maîtres à penser les tiennent en tutelle pour les maintenir, ou même parfois les remettre, à leur juste place, celle d’éternels obligés.

 

J’exagère à peine.

 

La quintessence de cette attitude condescendante s’exprime lorsqu’un quarteron de plumitifs en quasi-pré-retraite se permet de désigner le meilleur vigneron de l’année.

 

Pour l'historienne Mona Ozouf, l'école de Jules Ferry, c'est fini…

 

Dans le petit monde du vin sûrement pas, le tableau d’honneur, la croix du meilleur, la note au ½ point près, l’appréciation à l’encre rouge dans la marge et, pire encore, avec la grande réforme des appellations, le coup de règle sur les doigts, la menace de sanctions et même d’exclusion : au coin le cancre coiffé du bonnet d’âne.

 

 « Parce que l’école de Jules Ferry, c’était ça aussi, pour ceux qui en ont la nostalgie. Elle en a brisé quelques-uns cette école.

 

Sans regret pour moi !

 

Mais comme l’appellation, si l’on veut que l’école continue sa mission, il faut la réinventer. Le rôle du maître est ailleurs que dans la transmission du savoir mais plutôt dans la sélection et l’organisation de celui-ci. Une révolution à faire, mais pas seulement dans l’esprit des enseignants :  dans celui des parents, déjà.» 

 

Là je n’exagère absolument pas.

 

C’est le lot de ceux qui ne suivent pas la route balisée, normée, goudronnée, pour emprunter des chemins de traverse.

 

J’ose l’écrire : très souvent ceux dont j'aime les vins.

 

Alors, et ce n’est pas un fait nouveau, mon espace de liberté à toujours été à leur disposition pour qu’ils puissent s’y exprimer.

 

Ils le font rarement.

 

Je le regrette mais je les comprends. L’impérialisme des sachants, des juges, des organismes extérieurs, des journalistes, des blogueurs qui se font reluire entre eux pour mieux contempler leur ego, érige un « rideau de fer » bien difficile à contourner.

 

Et pourtant, ces autoproclamés gardiens du temple ont-ils la gueule de l’emploi ?

 

J’en doute et c’est avec un réel plaisir et une certaine fierté que j’ouvre grandes les portes de mon espace de liberté à Jean-Yves Bizot vigneron à Vosne-Romanée.

 

Merci Jean-Yves.

J-Y Bizot vigneron à Vosne-Romanée prends connaissance de son bulletin de scolarité, niveau CP, envoyé par l’organisme de contrôle. Il y a quelque chose qui ne va pas dans son travail… alors je lui passe la parole…

Le Salon Officiel et le Salon des Refusés.

 

Objet : Résultat de contrôle produit

 

Madame, Monsieur,

 

Nous avons le plaisir de vous annoncer que votre lot de vin prélevé par nos services en vue des contrôles produits a été soumis à des examens organoleptiques et a été jugés conforme. Il s’agit du lot de vin revendiqué en AOC VOSNE ROMANEE RGE 2013 pour 11,4 Hl.

 

Vous trouverez ci-joint le rapport de contrôle concerné.

 

Néanmoins, nous attirons votre attention sur le nombre d’avis défavorables qui nous amène à considérer que le constat réalisé présente des caractères nous laissant craindre qu’à terme, un manquement soit constaté sur un autre produit.

 

Par conséquent, nous accompagnons votre conformité d’un point sensible.

 

Par ce point sensible, nous souhaitons vous sensibiliser sur cette situation et vous serez, dans cette optique, contacté par votre ODG ou la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne afin qu’un technicien diligente un audit dans votre chai.

 

Nous vous conseillons, si vous le pouvez, de conserver votre vin (ou des échantillons) jusqu’à cette visite qui a un objectif pédagogique.

 

Ce matin je prends connaissance de mon bulletin de scolarité, niveau CP, envoyé par l’organisme de contrôle. Il y a quelque chose qui ne va pas dans mon travail, et il faut que j’en prenne conscience. Si je n’y prends garde, attention, je pourrai avoir une punition. Avertissement aux parents. Vous apprécierez le mot « craindre » : c’est l’organisme qui craint ! Moi je ne suis pas capable, sauf si je suis sensibilisé.

 

Ouf !

 

Comme à 50 ans j’estime avoir passé l’âge de recevoir des admonestations à visées « pédagogiques » – soit elles sont trop tardives, soit désespérément inutiles- je transmets aux personnes concernées – et ce ne sont pas celles de l’organisme de contrôle - ces feuillets de mon carnet de mauvais élève.

J-Y Bizot vigneron à Vosne-Romanée prends connaissance de son bulletin de scolarité, niveau CP, envoyé par l’organisme de contrôle. Il y a quelque chose qui ne va pas dans son travail… alors je lui passe la parole…

En 1863, s’ouvre à Paris, en même temps que le Salon officiel de Sculpture et de Peinture – un off, dirait-on aujourd’hui – un autre Salon exposant des tableaux qui y ont été refusés. 12 salles, quand même, dans le Palais de l’Industrie. Et le lieu n’est peut-être pas totalement anecdotique : on entre bien dans une ère nouvelle.

 

Cette année-là, en 1863, le jury de l’Académie, qui organise le Salon de Sculpture et de peinture, s’est montré particulièrement sévère. Il retoque 3000 œuvres sur les 5000 proposées, suscitant ainsi la colère de quelques peintres, dont Edouard Manet. Il monte alors rapidement ce salon des Refusés, appuyé par Napoléon III en personne. Napoléon III ! On ne peut guère faire plus officiel pour contester l’art officiel.

 

Cette sévérité n’est pas une première. Le jury de l’Académie a détourné certaines œuvres depuis un moment déjà, qui font date pourtant dans l’histoire de l’art… Par exemple, l’Atelier du Peintre de Courbet, en 1855. Cette toile immense se joue des codes de la peinture académique en mélangeant allègrement les genres dont la hiérarchie (1667…) est un des fondements de l’Académisme. La société bouge et l’Art doit répondre à d’autres services, d’autres besoins, d’autres attentes. L’Art de l’Académie, l’Art officiel, ne répond plus forcément aux nouvelles exigences des amateurs. Il y a comme un besoin d’air frais…

 

Le « Salon » de l’Académie s’épuisait et disparaissait dans un nouveau contexte politique et esthétique. Et Napoléon III était bien trop fin politique pour ne pas le comprendre ni saisir l’opportunité. Il donne ici une impulsion qui va transformer l’art. Le salon des Refusés n’aura pas lieu en 1864. Mais en 1874 se déroula le premier salon de peintres qui deviendront à cette occasion les Impressionnistes. Peu à peu l’Etat se désengage des Salons et Raymond Poincaré souligne dans son discours lors de l’inauguration de celui de 1882 que « la tâche de l’État n’est donc pas de favoriser des genres, de donner des directions, d’immobiliser la vie dans le cadre des leçons artificielles... ». L’Académie avait fini par céder pour ouvrir les perspectives de l’art moderne. Une nouvelle ère.

 

L’engagement de Napoléon III en tant que souverain n’est pas une première dans l’histoire, finalement, et fait écho à celui des monarques d’avant la Révolution.

 

Car d’où vient-elle cette Académie, engoncée alors dans ses principes ?

 

Elle a été créée « Académie Royale de Peinture et de Sculpture », en 1648, à la demande des Peintres et Sculpteurs du Roy, dont Charles Le Brun, en raison d’un conflit avec la Communauté des Maîtres Peintres et Sculpteurs de Paris, communauté qui, elle, date de 1391, sous patente royale depuis confirmée plusieurs fois, créée elle aussi pour mettre un peu d’ordre dans ces métiers. Peut-être un peu trop près de 2 siècles et demi plus tard ? Cette nouvelle institution, l’Académie royale, entend répondre à un besoin d’indépendance des artistes (libertas artibus restitua est sa devise), que leur accorde le nouveau statut, et à une ambition : favoriser l’éclosion d’un nouvel Art français de qualité grâce à cette liberté conquise contre la corporation. Liberté placée de facto sous l’égide d’un monarque absolu dont l’Etat serait bientôt lui. Mais liberté garantie par lui aussi.

 

Qu’est-ce à dire donc ?

 

Que la vérité est du côté des Refusés et des contestataires ?

 

Un peu facile. Mais si on regarde dans quel sens va le vent, c’est bien vers d’avantage de libertés. Ou plutôt vers moins de contraintes… mais seulement par moment. Puisque le nouveau groupe s’empresse d’en édicter de nouvelles.

 

Car le refus ou le rejet de la règle d’un moment ne signifie pas absence de règles. Rien n’est si simple : l’Académisme, nous y adhérons tous autant que nous le suspectons. Et c’est d’ailleurs cette articulation presque psychologique entre l’individu et le groupe, puis le groupe et l’Etat qui pérennisent ce système et finit peut-être par l’épuiser. Et si je me place au niveau du psychologique, c’est bien parce que l’Etat n’intervient pas lui-même en fait, mais seulement dans l’officialisation d’un cadre. Le contrôle de l’institution est entre les mains d’individus reconnus par lui. Considérer alors qu’il n’y a de bonnes règles que la Règle est une attitude très rassurante, confortable, et même morale pour ne pas dire moralisante : ce que fait l’Autre est suspect. Hors du cadre, point d’œuvre.

J-Y Bizot vigneron à Vosne-Romanée prends connaissance de son bulletin de scolarité, niveau CP, envoyé par l’organisme de contrôle. Il y a quelque chose qui ne va pas dans son travail… alors je lui passe la parole…

Longue introduction pour en venir à mes moutons.

 

Le système d’appellation puise à la même source et fonctionne sur ce modèle. L’Etat qui protège, qui offre un cadre, un espace moins contraint. Puis l’évolution, l’enfermement, avec des règles, écrites ou non, édictées ou tacites, un système qui se met en place avec des individus qui sont reconnus sachants, et qui de ce fait, contrôlent, contraignent et jugent suivant ces règles. L’art de bien faire… l’Académie de 1863… jusqu’à cette bascule, ce renversement de la raison où le système ne protège plus que lui-même au détriment de ce qu’il est censé protéger. L’outil primant sur sa finalité, les règles sur le fond : l’Académie plutôt que la Peinture ; l’Appellation plutôt que le Vin.

 

« Faire de l’AOC, ce n’est pas forcément faire ce qu’on aime ». C’est par ces mots d’un vigneron que Lionel Gratian débute sa thèse soutenue 2008. Il les a placés dans l’introduction, et ce n’est certainement pas par hasard : ils ont dû le frapper, ces mots, comme ils me frappent. C’est leur résignation, presque douloureuse si ce mot a encore un sens, qui arrête. Le constat d’une rupture dans une tradition, dans un cheminement.

 

Arrêtons-nous un instant pour considérer la signification de cette phrase et en percevoir la violence. Pour saisir cette bascule, cette désagrégation du sens et appréhender le renversement de la raison.

 

Le vigneron ne dit pas : « ce qu’on veut » mais bien : « ce qu’on aime ». Il ne parle pas de faire n’importe quoi, mais quelque chose qui a du sens, qui a de l’importance, auquel il croit.

 

Une quête, une exigence. Car la qualité n’est pas une constante, n’en déplaise à l’homme grand et sympathique de l’INAO évoqué par Jacques. Elle se rêve et s’invente et se veut en permanence, et elle finit toujours par dépasser le cadre qui la contient, et ce même dans la tradition. Lorsque le cadre n’est plus capable de changer, on tombe dans l’académisme dans le pire sens du terme. Ou la tradition meurt.

 

L’adverbe « forcément » n’est pas neutre, loin de là.

 

« Par une conséquence forcée », dit le Littré.

 

S’insinue ici alors comme le sentiment d’une fatalité, une perte d’engagement. « L’AOC, je la subis. Pour en faire partie, je suis obligé d’abandonner une partie – et quelle partie : ce que j’aime – de moi-même ». Le « ce que j’aime » qui nous anime dans la vie de tous les jours, qui est notre moteur, qui nous conduit à nous engager, à créer, à partager, à vivre avec quelqu’un, à choisir un métier, une activité, un vêtement, un livre, un restaurant, un plat, un vin… Ou à rejeter. Qui fait que nous sommes ce que nous sommes.

 

Dans l’AOC, le vigneron peut faire des choses qu’il n’aime pas. Dont peut-être ses vins.

 

C’est-à-dire que ce vigneron est prêt à admettre que l’image qu’il projette sur les autres, l’image que les autres ont de lui, - dont ceux qui boivent ses vins - ne lui ressemble pas. Au « bénéfice » de l’AOC.

 

Est-ce un énième atermoiement sur l’agrément de deux de mes vins qui m’incite à m’exprimer ici ?

 

Peut-être. Mais cela n’aurait pas suffi. Et puis, l’incertitude… plus suffisante non plus, non que je m’en moque, c’est pire que ça : je m’en détache. Parce que si le millésime 2013 était à refaire, je ne crois pas que je le ferais autrement. Ou plutôt : j’aimerais obtenir le même résultat. Désolé pour ceux qui jugent et qui ne l’acceptent pas. Ils ont perdu leur temps et moi mes bouteilles.

 

Que d’autres collègues soient dans la même situation ? Certainement et ce d’autant plus que l’un d’eux m’a confié : « je ne vois pas quoi changer. Si c’était à refaire, j’aimerais pouvoir faire le même vin ».

 

La question de savoir si ce qu’on aime a un sens ne se poserait pas sans clients. Mais en face, il y des réponses. Des personnes aiment et choisissent ces vins. C’est-à-dire que cette possibilité qui nous est refusée est aussi un refus de la liberté de l’amateur. Sa liberté d’aimer un vin, de le chercher et de le trouver. Ou de le rejeter.

 

Il y a quelques années, j’avais posé la question suivante à un responsable de l’INAO : « Peut-on être plus ambitieux que son appellation ? ». La réponse est : « non ! ». On ne peut être ambitieux que dans le cadre de son appellation ».

 

Chacun a sa place et chacun à sa place.

 

Je laisse à chacun apprécier dans sa vie, ce qu’impose cette réponse.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 14:15
Quand on prend des VCI rouges pour des lanternes ils pètent et ça barde entre le « placide » Bernard Farges et le « bouillonnant » Michel Chapoutier

C’est quoi le VCI ?

 

« L’article D. 645-7 du code rural et de la pêche maritime permet aux producteurs de vins blancs tranquilles bénéficiant d'une appellation d'origine protégée de produire un volume complémentaire individuel, au-delà du rendement fixé pour chaque appellation, afin d'alimenter une réserve individuelle mobilisable ultérieurement en cas de récolte déficiente sur le plan qualitatif ou quantitatif »

 

La suite ICI 

 

En 2015 « Une cinquantaine d'appellations avait présenté une demande de VCI (rouges). Au total, vingt-six AOP pourront constituer un VCI de 4 à 6 hl/ha pour leurs vins rouges, dont une grande majorité d'appellations bordelaises (Bordeaux, Bordeaux supérieurs, Côtes de Bourg, Médoc et Graves, notamment). Savoie, Ventoux, Bergerac, Chinon et Bourgueil font également partie de la liste des admis.

 

« C'est un système assez complexe à mettre en place, faisait remarquer Éric Rosaz le responsable du pôle vin de l’INAO. Nous vérifions que les ODG ont la capacité de gérer les contraintes administratives lourdes que cela implique. » Mais à l'Inao, on insiste bien sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une décision irrévocable, un VCI refusé une année peut être accepté l'année suivante.

 

Dans la vallée du Rhône, le VCI avait créé des tensions entre production et négoce. La production voulant placer l'intégralité des volumes autorisés en VCI (10 % maximum du rendement, soit 5 hl/ha) quand le négoce souhaitait en commercialiser le plus possible. Comme de bien entendu c'est bien la production qui a obtenu gain de cause, puisque l'Inao a orienté ses préconisations pour un VCI de 5 hl/ha pour le côtes-du-rhône et de 4 hl/ha pour les côtes-du-rhône villages.

 

Bref, de quoi échauffer le sang du bouillonnant Président d’InterRhône qui préside aussi l’UMVIN le bras armé du négoce français.

 

En 2014, le négoce avait déjà porté un contentieux auprès du Conseil d’Etat, dénonçant la circulaire autorisant, par dérogation, l’achat de vendanges par des vignerons sinistrés. La plus haute juridiction administrative a annulé ce texte en 2015.

 

Pour la campagne en cours l’Union des Maisons et des Marques de Vin a posé un recours gracieux auprès du premier ministre pour que les interprofessions deviennent force de gestion dans les Volumes Complémentaires Individuels (VCI).

 

« S’appuyant sur la réglementation européenne, l’UMVIN estime que la régulation des VCI revient de plein droit aux instances interprofessionnelles, étant considérées par l’Union comme des outils de gestion économique. Une appréciation qui remettrait donc en cause les derniers décrets VCI, qui ne donnent aux interprofessions qu’un rôle consultatif. Ces arguments à l'appui, le négoce français vient de poser un recours gracieux à Matignon pour arbitrer entre ces deux lectures françaises et européennes. Pouvant être un préalable à un recours auprès du Conseil d’Etat, cette démarche scandalise les représentants du vignoble. Comme en témoigne la dernière assemblée générale de l’interprofession bourguignonne, on ne peut plus houleuse. »

 

Le torchon brûle entre le « placide » (sic) Bernard Farges et le « bouillonnant » (sic) Michel Chapoutier

 

 

Coup tordu tempête ce dernier : « Le négoce a été roulé dans la farine »

 

« À trop tirer le fil, il se casse » lâche Bernard Farges lâche dans un soupir exaspéré…

 

On se croirait à la Chambre des députés.

 

Si vous vous passionnez pour les débats de haute volée qui occupent les Grands Chefs le CR du match de boxe est ICI 

 

Pas de souci, mon petit doigt m’a déjà dit qui va gagner…

 

Petit rajout : 

 

En conclusion de son discours, Jean-Michel Aubinel a donc demandé au nouveau président du BIVB, Louis-Fabrice Latour, et devant l'assemblée présente, de se « désolidariser » de l'action de l'UMVIN. Il l'a également pressé de s'engager à ce que les débats « ne soient plus pollués par des attaques incessantes des prérogatives des ODG, comme les contingents ».

 

Des demandes auxquelles le principal intéressé n'a évidemment pas répondu directement. Il a néanmoins reconnu une attitude un peu trop « pushy » de la part de l'UMVIN ces derniers temps, sur les « grands sujets comme les contingents de plantation et le VCI, créant beaucoup de tensions ». « Ces grands débats nationaux polluent un peu l'atmosphère, a t-il ajouté. Nous sommes plus modérés que le négoce au niveau national et tant que la région prospère, les deux familles s'entendront ». Concernant le point précis de la divulgation des stocks du négoce, celui a déclaré vouloir faire « des efforts » mais sans s'engager fermement pour autant : « Nous ferons tout notre possible pour y parvenir, a indiqué le nouveau président du BIVB. C'est dans la bonne direction, mais c'est une démarche compliquée... », a commenté celui-ci.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 06:00
Von Markus Budai http://www.gute-weine.de/

Von Markus Budai http://www.gute-weine.de/

C’est Carole Colin la Taulière du restaurant Les Climats qui m’a fait découvrir et Sylvain Pataille et ses vins de Marsannay.

 

Le Taulier ruine les raseurs mais encense les jeunes vigneron(e)s bourguignon (ne)s chronique du 26 septembre 2013 

 

J’ai un faible pour Marsannay chronique du 21 octobre 2008 Les vignerons de Marsannay-la-Côte, Jacques Dupont et moi

 

La dernière livraison du LeRouge&leBlanc nous livre sous la plume de Franck Sauvey une belle rencontre avec Sylvain Pataille. Ça nous change de l’encens de B&D et de leur bedeau sur les soi-disant stars et des classements à la con de la RVF.

 

 

 

 

Pour vous mettre l’eau à la bouche je vous propose quelques brèves de vigne.

 

« J’avais les vignes les plus pourries du village… »

 

« Des vignes qui font des choses super maintenant mais qui faisaient 80 hl/ha et totalement désherbées chimiquement pendant trente ans… »

 

« Il y a eu un cap, 2007, l’année du passage en bio… »

 

« On flippe un peu mais je me doutais qu’on allait y arriver… »

 

Sylvain Pataille évoque une cuvée de vignes de Clos du Roy 2011 qu’il pensait décuver au bout de 3 semaines mais qu’il a laissé plus longtemps parce qu’il voyait que le vin prenait du fond. « Je comprends le vin en mettant les mains dans la cuve… »

 

 

Des pressurages lents (6 à 8 heures). « Ça presse très doux. Tes jus sont presque limpides avec très peu de lies. Tu n’as jamais des fonds de tanins durs. Bien sûr tu laisses un peu de jus. Mais, ce qui reste, tu ne voudrais pas en faire grand-chose… »

 

« Le soufre, c’est zéro jusqu’à temps qu’il en faille… »

 

« Depuis que je suis passé en bio, j’ai senti que les vins avaient une résistance à l’oxygène qui était vraiment plus importante… »

 

« Un vin qui n’a jamais vu de SO2, il est très réactif. Du coup tu lui mets juste 1g/hl et tu as un résultat immédiat… »

 

L’objectif est de comprendre le sans soufre tout en gardant le mordant du terroir de chaque cuvée : « Parfois tu goûtes de supers raisins un peu lissés par l’approche sans SO2. Un chardonnay, un chenin, un vin du sud, j’ai un profil commun qui fait que je ne sais plus bien où j’en suis. »

 

Pour le moment, le schéma au domaine est vinification sans SO2 pour conserver intactes les levures, élevage idem ; juste l’ajout d’1g/hl au soutirage, la même quantité en masse et un autre gramme au moment de la mise.

 

« Je veux les accompagner à la mise parce que sinon ça fait des vins un peu compotés, mielleux que je n’aime pas… »

 

Hygiène du chai, ouillages scrupuleux, soutirage sans oxygène, sont des éléments de réussite. La longueur de l’élevage également. Elle joue également dans la stabilisation des vins peu sulfités.

 

Voilà, il ne vous reste plus qu’à vous abonner au LeRouge&leBlanc pour découvrir l’intégralité de l’article et les résultats de la dégustation des cuvées de Sylvain Pataille.

 

Aligoté Champs Forey 2013 - Aligoté Les Auvonnes du pépé 2013 - Marsannay rosé Fleur de Pinot 2007, 2008, 2012 - Marsannay blanc Charme aux Prêtres 2013,2012,2009 - Marsannay rouge Clos du Roy 2013, 2012, 2009, 2008, 2007 - Marsannay rouge L’Ancestrale 2012, 2010, 2005.

 

Et comme Franck Sauvey je souscris et je signe : « Le village de Marsannay produit décidemment de beaux vins dignes d’autres villages de la Côte de Nuits. »

 

 

Domaine Sylvain Pataille 
 
Adresse : 73 Rue de Mazy, 21160 Marsannay-la-Côte, France
Téléphone :+33 3 80 51 17 35
 
 
Les brèves de vigne du « grand frisé » Sylvain Pataille vigneron à Marsannay dans LeRouge&leBlanc.
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 06:00
Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

Cher Daniele,

 

Tu te fais rare en notre vieux pays de France et, comme tu le sais, j’aime cultiver avec soin mes amis et je ne fais pas mien l’adage « loin des yeux loin du cœur ».

 

Pour te rappeler à mon bon souvenir d’Italien de cœur je me suis risqué à titrer dans ta langue maternelle. Évoquer les Pouilles, ton pays, ton terreau, tes racines, est, je le sais un moyen infaillible de raviver ton inépuisable enthousiasme.

 

Aimer les gens de peu, ceux qui tiennent encore entre leurs mains notre héritage commun du vivre ensemble.

 

Deux femmes : une vieille paysanne du Salento, le talon de la botte italienne et Donata une aïeule de quatre-vingt ans et quelques.

 

Deux textes glanés dans un superbe livre : TRANSMISSIONS de Tiziana & Gianni Baldizzone publié aux éditions du Chêne.

 

« La rencontre avec l’autre est au cœur de notre démarche photographique, prendre le temps de la rencontre… » 

Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

« D’un regard sévère, une vieille paysanne du Salento inspecte l’assiette de sa belle-fille, qui s’apprête à goûter la massa qu’elle vient de sortir du feu. Cette soupe traditionnelle de pâtes aux pois chiches et au chou noir saupoudrée de cannelle constitue aussi un rite médiéval qui remonte à la corporation des menuisiers, dont les statuts prévoyaient des œuvres caritatives comme la distribution de repas le jour de la saint-Joseph. Préparée à domicile par les dévotes dans le silence et la prière, et servie aux pauvres, la massa a gardé son secret : la recette est transmise de femme en femme et perpétue une coutume qui célèbre les valeurs de solidarité. »

Lettera a Daniele de Michele della Puglia : la famosa massa salentina o massa di San Giuseppe e i vermicelli di Donata

« Donata a quatre-vingt ans et quelques. Elle habite dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Elle dit que les pâtes sont un rite sacré. Toute la famille y participe les voisines aussi, car elle n’a plus la force de pétrir la grosse boule de farine de blé dur, pouvant atteindre vingt kilos, avec laquelle on prépare les vermicelli, ces fines pâtes dont était friand le poète latin Horace. On fait sécher les pâtes partout, même sur les lits. Donata dit que personne ne lui a vraiment appris. Tout simplement, elle est née dedans. Elle a ça dans le sang. »

 

Je m’en tiens là cher Daniele toi qui tout simplement tombé dedans, tu as ça dans le sang, toujours en quête de la transmission.

 

Reçois ma fidèle amitié en attendant de te revoir chez toi dans les Pouilles où à Paris chez notre amie commune Alessandra.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 06:00
Supplique au Pontissalien Olivier Grosjean dit Olif : accouche-moi d’un accord vin nu pour mon Morbier au confit d’échalotes !
Supplique au Pontissalien Olivier Grosjean dit Olif : accouche-moi d’un accord vin nu pour mon Morbier au confit d’échalotes !

En Franche-Comté, dans la montagne, il faut « résister, stocker des vivres, trouver des vivres dans un environnement où la température peut descendre à – 43° en hiver, et monter à + 35° au plus chaud de l’été… » nous dit Gwenaëlle Leprat dans Régal.

 

Tout le monde sait, ou du moins je l’espère, qu’en Franche-Comté on fait du comté dans de belles et petites fruitières.

 

Claude Querry, l’affineur des comtés Marcel Petite au fort Saint-Antoine, qui élève cent milles meules avec ses vingt-trois cavistes… lui confie :

 

 

« Un bon comté ne pique jamais, c’est la revanche du produit naturel sur le produit industriel. »

 

« Choisir selon l’âge est absurde car les meules évoluent chacune à leur rythme. Demandez plutôt un comté doux, fruité, vieux ou hors d’âge, le fromager saura choisir. La musique est encore ce que l’on a trouvé de mieux pour expliquer ce qu’on fait. »

 

Vous me connaissez dès que j’entends causer de naturel je ne sors pas mon Opinel mais mon Pontissalien dénicheur de vins que certains qualifient de vins nus, le docteur Olif, grand sachem de la bande des Tronches de Vin.

 

Mais comme j’ai le goût de la contradiction je ne vais point vous causer du comté mais du morbier qui est un peu comme le grand blond avec sa chaussure noire.

 

 

Le morbier n’a pas une raie sur le côté mais au beau milieu ; mais pourquoi donc?

 

Dans les temps anciens, que les jeunes nés chauffage-central ne peuvent pas connaître, sur les hauts plateaux enneigés du massif jurassien, balayés par les vents quasi-sibériens de l’hiver, beaucoup de fermes se retrouvaient alors isolée, sans moyen de communication avec la « fruitière », où convergeait le lait des fermes avoisinantes et où l’on fabriquait le comté.

 

Hors de question de jeter le lait d’hiver au ruisseau ! Les paysans fabriquaient, un fromage plus petit, de 8 à 10 kilos. On ne sait pas exactement à quelle époque on commença à fabriquer le fromage Morbier, que les producteurs de Comté réservaient autrefois à leur consommation personnelle.

 

Comme la traite était faible en hiver, celles du matin et du soir, ne suffisaient pas à elles seules pour fabriquer un fromage, les éleveurs faisaient « prendre » le lait d’une traite, il s'agissait en effet d'un recherchon, élaboré avec le reste d'une cuve qui n'avait pu être pris dans la toile que l'on mettait en attente jusqu'à la traite du lendemain. Pour éviter que le fromage ne soit contaminé par les insectes, les fromagers en enduisaient la surface de suie qu'ils grattaient sur « au cul du chaudron » (le bois qui servait à le chauffer émettait en effet des résines brûlées aux propriétés insecticides). Le lendemain, on « rechargeait » ce demi-fromage du reste de la "coulée" suivante.

 

Aujourd’hui, cette raie noire est obtenue avec du charbon végétal qui n’a pas d’incidence sur le goût du fromage.

 

Le Morbier tient son nom de son village d’origine : Morbier qui est à une altitude de 800 m avec un point culminant à 1 200 m. « Morbys », « Bys » ou « Bief » désignait en patois un petit ruisseau qui coulait en amont du village.

 

Dès 1660, « la Morbier » était aussi le nom des célèbres horloges de la région, un peu comme notre Olif de nos jours.

 

• 1795 : Le Maire de Morbier, dans une lettre, parle de la fabrication de "fromages gras" de 8 à 10 kg appelés "Petit Morbier".

 

• 1799 : « ...À la Chapelle-des-Bois, sur le Mont Risoux, des fromages sont faits à la façon des gruyères, mais le résultat est une pâte plus grasse, moins percée de trous que le gruyère et un peu persillée par raies ... »

 

Fin 19e siècle : Le fromage est baptisé « Morbier » et fabriqué selon un savoir-faire traditionnel par les fermiers du Doubs et du Jura (Extrait d’une lettre de Droz à Parmentier sur la fabrication des fromages dans le Doubs et le Jura).

 

C’est une AOC depuis le 22 décembre 2000 et en 2002 il obtient l’AOP.

 

Le fromage Morbier prend la forme d'un disque à talon en équerre, de 35 à 40 cm de diamètre, 7 à 9 cm d'épaisseur pour un poids compris entre 6 et 8 kg. L'affinage de ce fromage du Jura dure entre deux et trois mois en cave fraîche et humide. Ceux d’entre vous qui s’intéresse au détail voir ci-dessous un extrait du cahier des charges.

 

Moi j’en reviens à mon Pontissalien, réincarnation d’un Paganini des accords entre les divins vins naturels et les fromages des terroirs profonds, dont les mauvaises langues, tel le Pr Tiron, disent qu’ils puent tous les deux. Mais laissons-là ces « handicapés » des papilles pour aborder le défi que je lance à Olif : accorder mon morbier au confit d’échalotes avec un vin nu !

 

C’est un réel défi que ne sauraient relever nos conseilleurs patentés pour qui le divorce est consommé entre le vin et le fromage, tout juste si certains acceptent de les pacser.

 

 

La recette est dans Régal :

 

Le confit d’échalotes c’est un truc qu’on fait avec des échalotes cuites avec des épices (coriandre, cumin, curcuma, cannelle, clous de girofle) du sucre cristallisé et du vinaigre balsamique.

 

Ensuite on coupe le morbier bien froid en 3 dans le sens de l’épaisseur, on tartine les 2 morceaux bordés de croute de confit et l’on prend en sandwiche le morceau intérieur qui contient la raie noire.

 

Le tout est ensuite emmailloté serré et stocké pendant 24 heures dans un endroit frais, la souillarde de votre appartement par exemple.

 

Bon sieur Olif à toi de jouer, photos et petit topo à l’appui. Grand merci !

 

Art 1 du cahier des charges « Le morbier est un fromage au lait de vache, à pâte pressée non cuite, de la forme d'un cylindre plat de 30 à 40 centimètres de diamètre, d'une hauteur de 5 à 8 centimètres, d'un poids de 5 à 8 kilogrammes, qui présente des faces planes et un talon légèrement convexe. Son croûtage naturel, lisse et homogène, est de couleur gris clair à beige orangé. Sa pâte est de couleur ivoire à jaune pâle avec éventuellement une ouverture discrète. Elle est souple, onctueuse et fondante, de texture fine, à léger goût de crème. Son parfum est franc, fruité et persistant. Ce fromage présente une raie noire centrale horizontale, bien soudée et continue sur toute la tranche. Ce fromage contient au minimum 45 grammes de matière grasse pour 100 grammes de fromage après complète dessication. L'humidité dans le fromage dégraissé (HFD) ne doit pas excéder 67 %. »

 

Tableau (Pastel sec) "Montbeliarde" par l'artiste calmejane sur ateliermagique.com

 

Article 3 - Troupeaux, races et alimentation

Le lait pour l'obtention du morbier provient uniquement de vaches de race montbéliarde ou de race simmental française. Le troupeau est conduit selon les usages locaux, loyaux et constants. Sur l'exploitation, la superficie herbagère effectivement exploitée doit être au minimum égale à un hectare par vache laitière. La ration de base de l'alimentation des vaches laitières est constituée de fourrages issus de prairies situées dans l'aire géographique définie à l'article 2. L'alimentation des vaches laitières est exempte toute l'année de tout produit d'ensilage ou d'autres aliments fermentés, dont les fourrages conservés sous forme de balles enrubannées.

 

Article 4 - La fabrication du fromage Morbier

Le morbier est fabriqué exclusivement avec du lait de vache mis en oeuvre à l'état cru. A l'exception d'un écrémage partiel, d'un emprésurage, d'un ajout de ferments lactiques ou d'auxiliaires de fabrication définis par le règlement prévu à l'article 9, tout retrait ou ajout à ce lait sont interdits. Seuls les laits conformes aux articles 2 et 3 du présent décret peuvent entrer dans les locaux de fabrication du morbier. Ces laits sont collectés séparément de tout autre lait ne respectant pas les conditions du présent décret. Ils parviennent à l'atelier de transformation dans le plus bref délai après chaque traite. Toutefois, ils peuvent n'être apportés qu'une fois par jour lorsqu'ils sont refroidis dans les conditions précisées par le règlement d'application. Sous réserve de dérogations prévues par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, la mise en fabrication intervient dans un délai maximum de quatorze heures après la traite la plus ancienne en cas de conservation du lait entre 14°C et 18°C ou de vingt-quatre heures après la traite la plus ancienne en cas de refroidissement du lait à 8°C maximum. Ce délai peut être étendu exceptionnellement à trente-six heures en cas de difficultés routières exceptionnelles, dues à des aléas climatiques.

 

Le lait est emprésuré après avoir été chauffé à une température au plus égale à 40°C. L'atelier de fabrication du morbier et ses dépendances ne détiennent aucun système ou installation susceptible de chauffer, en un temps très court, le lait avant emprésurage à une température supérieure à 40°C. Le caillé est découpé en grains de 1 centimètre de côté environ. Les pains sont formés par un léger pressage. La raie noire centrale horizontale est obtenue exclusivement par enduction de charbon végétal (carbo medicinalis vegetalis) sur l'une des faces avant pressage. L'affinage du fromage est effectué pendant une durée minimale de quarante-cinq jours à compter du jour de fabrication à une température comprise entre 7°C et 15°C. Le croûtage est obtenu exclusivement par frottage à l'eau salée, éventuellement additionnée de ferments lactiques. L'usage de tout colorant est interdit.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 06:00
Carton rouge aux médias : Et si ce buzz d’un typhon dévastateur des vins sans origine n’était qu’un leurre pour mieux cacher le verrouillage des Vin de France ?

Le petit peuple des journalistes généralistes, sur la foi d’une dépêche AFP alambiquée, reprise avec l’objectif évident de faire le buzz par une journaliste du Parisien « Fin de l'indication géographique : avis de tempête dans les verres de vin » ont enfourché l’aubaine comme les moutons habituels qu’ils sont en copiant-collant.

 

C’est normal puisque que dans la presse généraliste tout ce qui concerne le vin est sous-traité à des grands nez très portés sur un consumérisme fort commercial qui vise à attirer des annonceurs. Il ne faut donc pas s’étonner que les journalistes en titre gobent le premier leurre venu.

 

Et c’en était bien un, bien gros, mais si attirant !

 

La vieille RVF s’est elle aussi contentée de reproduire la dépêche AFP même si sur Europe 1 Olivier Poëls tempérait l’emballement avec des arguments qui n’étaient pas les bons.

 

En bon lou ravi libéral Jean-Baptiste Noé, historien et écrivain, rédacteur pour la revue de géopolitique Conflits et chroniqueur à l'Opinion, entonne le « sonnez hautbois, résonnez musettes ! »

 

« Cet assouplissement est une petite nouveauté. Elle change surtout les mentalités : elle apporte plus de liberté aux vignerons, elle permet de développer les vignobles sans indication géographique, et elle ouvre le vignoble vers l’extension, et non plus la régression comme il le connaît depuis vingt ans. À cela s’ajoute l’assouplissement de la loi Evin et la possibilité de mieux parler du vin dans la publicité. 2016 s’ouvre donc sur de belles perspectives viticoles ! »

 

Embrassons-nous donc Foleville, tout va très bien madame la marquise dans le monde du vin français qui va pouvoir enfin mettre le Cap sur le grand large en plantant des vignes pour produire du raisin sans origine !

 

Mais où donc vont être plantées ces vignes ?

 

Dans le Nord-Pas de Calais, la Normandie ou la Bretagne en lieu et place du maïs et des prairies…

 

En théorie oui sauf que « les autorisations de plantations nouvelles pour les vins sans indication géographique (IG), les indications géographiques protégées (IGP) et les AOC, ne devront pas excéder 1 % des plantations des Etats-membres, chaque année. Soit 8.000 hectares maximum pour la France, avec la possibilité de mettre en place des contingents par bassins de production. »

 

C’est le sieur Despey, coopérateur languedocien, qui préside le conseil spécialisé des vins de FranceAgriMer qui le dit.

 

Et puis, implanter une vigne ce n’est pas comme semer du blé :

 

« Pour planter un hectare, entre les pertes de récolte et les coûts de plantation, il faut compter entre 25.000 et 30.000 euros. Avec aucune aide européenne ! Alors que les replantations seront, elles, aidées à 50 %. Il faut être sûr des débouchés commerciaux… »

 

Alors pourquoi tout ce raffut ?

 

Tout bêtement pour détourner l’attention sur le fait que le système est verrouillé dans les grands lacs de vignes que sont Bordeaux et le Languedoc-Roussillon !

 

Les Échos posent la question à Despey : « Cette réforme concerne également les vins sans indication géographique. Les producteurs du Languedoc-Roussillon pourraient-ils revenir sur ce marché ? »

 

« Je ne pense pas. Sur 13,5 millions d'hectolitres, la récolte 2015 ne compte que 4 % de vins sans IG. Je ne vois pas comment, dans cette région, on va faire des vins sans IG, avec, pour les producteurs, des autorisations à tenir jusqu'en 2030, sans être adossés à des garanties contractuelles des metteurs en marché. Ce serait suicidaire. Le nouveau système s'applique autant sur les IGP, les AOC que sur les vins sans IG. »

 

Du côté de Bordeaux 1 ha sur 400 pour les vins sans origine, y’a pas à dire ça sent le raz-de-marée…

 

2 précisions pour nos journalistes parisiens et régionaux ignares de la chose du vin  :

 

- La France a beaucoup arraché de vignes, surtout dans le Languedoc-Roussillon, mais elle a aussi toujours planté de nouvelles vignes, parfois trop comme à Bordeaux et à Cognac, dans les zones AOC devenues AOP et dans les vins de pays devenus IGP.

 

- Les fameux vins sans IG ne sont pas une nouveauté ils sont les successeurs des vins de table et surtout, depuis le basculement, ils peuvent être étiquetés Vin de France avec mention du cépage et du millésime.

 

Et c’est sur ce dernier point que les choses fâchent les grands mamamouchis qui disent piloter notre grand vignoble : ces putains de Vin de France chers aux naturistes échevelés.

 

Ils ne sont certes qu’une goutte d’eau dans le fleuve des vins français mais comme l’AOC et l’IGP sont des revendications le producteur qui sollicitera une autorisation pour des plantations IGP ou AOC pourra basculer vers le sans IG s'il le souhaite, mais pas l'inverse.

 

En clair :

 

- J’ai 1 vignoble classé AOP ou IGP je peux faire du Vin de France à ma guise.

 

- Je sollicite 1 autorisation pour planter de nouveaux ha AOP ou IGP cette faculté de faire du Vin de France reste dans le champ de mes possibilités.

 

- Je sollicite 1 autorisation pour planter de nouveaux ha en VSIG je pourrai faire des Vins de France mais pas d’AOP et d’IGP.

 

Le système est donc bien verrouillé.

 

C. LIMITATIONS POUR LES VSIG

 

VSIG - départements 67 et 68 : 0,1 ha

 

VSIG - départements 54, 55, 57 et 88 : 0,5 ha

 

VSIG Bassin Val de Loire zone 1 (Centre Loire) le département 18 en totalité et les départements 36,45 et 58 en partie, conformément à la liste des communes de la zone 1 précisée ci-dessous : 1 ha

 

VSIG Bassin Val de Loire zone 2 (dept 41, 44, 49 et 86)  75 ha

 

VSIG Bassin Val de Loire zone 3 - autres vignobles Les départements 79,72,37,85,03,63 en totalité et les départements 36 et 45 en partie, conformément à la liste des communes de la zone 3 précisée ci-dessous : 5 ha

 

VSIG Aire géographique AOP CHAMPAGNE les communes de l'aire géographique de l'AOP Champagne 0,1 ha

 

VSIG Bassin Vallée du Rhône Provence Tout le bassin hors les communes du département du Gard situé dans ce bassin : 50 ha

 

VSIG - département 33 : 1 ha

 

VSIG - départements 24 et 47 : 25 ha

 

Ces chiffres font vraiment frémir, sèment la terreur tout particulièrement en Champagne avec ses 0,1 ha pour les Coteaux champenois... La Bérézina quoi !

 

Du côté South of France ils s'en tamponnent le coquillard vu qu'ils pratiquent depuis des lustres les joies de la mixité...

 

Lorsque Despey déclare « … pour ma part, je continuerai à produire un IGP Pays d'Oc. On n'est pas compétitifs sur les vins sans indication géographique, car les metteurs en marché n'ont pas contractualisé sur des volumes suffisants. Et nos terroirs de plaine ne sont pas adaptés à ce type de production. » il a tout à fait raison sauf que notre vignoble presque 100% origine produit des vins en grande partie vendus à 2 balles dans la GD !

 

Compétitivité vous avez dit compétitivité !

 

Nous raisonnons, appuyés sur 1 marché domestique encore très important, alors que nous sommes un pays très exportateur, comme si nous vivions dans un système fermé.

 

Réduire la gestion du potentiel de production à une petite tambouille administrative franco-française abritée derrière une ligne Maginot est le plus sûr moyen d’enkyster le système et de ne pas le préparer à l’évolution des tendances de la consommation.

 

La grosse usine à gaz ICI ne fera que conforter les situations acquises et alimenter une ressource soi-disant d’origine mais qui ne débitera que des vins formatés, cousins germains des vins industriels sans en avoir la rentabilité.

 

Et pendant ce temps-là les ODG traqueront les affreux jojos qui ne veulent pas entrer dans le moule de leur dégustation réductrice…

 

Pour quel bénéfice ?

 

Même pas le leur avec des vins qui finiront chez Lidl !

 

Récemment, avec une amie, nous nous sommes retrouvés dans un bar lambda, nous avons choisi de boire un verre de Sancerre. Pour être gentil disons que ce fut un petit blanc sans intérêt… si c’est cette insignifiance que l’on souhaite il ne faudra plus s’en prendre au père Évin ou à ses frères constipés de l’ANPAA si notre belle jeunesse préfère se licher des vins nus estampillés vin de France.

 

Si je peux comprendre la hantise en Languedoc du retour d’un vignoble pissant l’hecto pour un négoce prédateur, j’ai beaucoup plus de mal à admettre l’acharnement déployé par les zinzins AOP contre la production de vins à faible rendement, bien vendus, dit vins nus.

 

Si la peur de la surproduction obsède vraiment les grands régulateurs du vignoble AOP je me permets de leur signaler qu’ils ont à leur disposition un outil principal très puissant dans les vins d’origine : la fixation annuelle des rendements et un autre pas si accessoire qu’on le prétend : la chaptalisation.

 

Beaucoup de bruit pour rien sauf la démonstration d’un mal bien français : l’enfumage au nom de grands principes !

 

Le plus drôle dans cette affaire c’est que la majorité des vins sans origine seront estampillés Vin de France. Franchement notre identité fout le camp !

 

L'interview d'Olivier Poussier par un journaliste d'E1 Pierre de Vilno ci-dessous est la démonstration que l'intervieweur ne balance que des lieux communs, il ne connait rien au dossier, c'est niveau café du commerce, alors qu'Olivier Poussier tente vaille que vaille de remettre les pendules à l'heure...

Carton rouge aux médias : Et si ce buzz d’un typhon dévastateur des vins sans origine n’était qu’un leurre pour mieux cacher le verrouillage des Vin de France ?
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 07:20
J’exhume de la naphtaline, 2011, l’interview mystère, d’un homme, grand et sympathique, de l’INAO, par Michaël Steinberger du New York Times…

Cette interview pourrait être sous-titrée par la célèbre réflexion désabusée « Il faut que tout change pour que rien ne change. » que Giuseppe Tomasi di Lampedusa met dans la bouche de Tancredi neveu du prince Salina, Le Guépard.

 

Chronique d’une catastrophe annoncée…

 

« Cet homme, grand et sympathique, choisissant bien ses mots – j’avais affaire à un bureaucrate –, convint que le système était en lambeaux. Accroître si considérablement le nombre des appellations avait été une erreur, reconnut-il, une erreur qui avait sévèrement nuit à la réputation des vins français à l’étranger. « Notre image n’a pas été détruite, mais elle a été affectée par la qualité moindre de ces vins. » Suivait le couplet sur l’agrément, son côté économique et social, les pressions des producteurs et le oui franc et massif dans 99% des cas. Air connu, puis « l’homme grand et sympathique » abordait les réformes en cours d’élaboration « Les problèmes dans la bouteille, me dit-il, ont souvent pour origine des problèmes dans les vignobles ou dans les chais. Nous voudrions éliminer ces problèmes. »

 

- Mais pour résoudre ces difficultés, était-il opportun de créer plus de règles encore ?

 

Et bien sûr de jouer ensuite le provocateur « Soudain, je m’avisai de jouer le rôle de Milton Friedman, le libéral par excellence. Au lieu de multiplier les règles, pourquoi ne pas en réduire plutôt le nombre, et laisser la liberté aux vignerons de faire ce qu’ils ont à faire et aux consommateurs de décider quels sont les vins qui méritent d’être bu ? »

 

Réponse de « l’homme grand et sympathique » :

 

« Au cours des années 1930 et 1940 la régulation était légère. « Les règles n’étaient pas très nombreuses – elles couvraient les limites territoriales et les variétés de cépages. Historiquement, les producteurs d’une même appellation fabriquaient leur vin de la même façon. Ce n’était pas le même vin, mais un vin similaire… « certains d’entre eux s’étaient éloignés de manière inacceptable des pratiques de fabrication traditionnelles »

 

« Lorsqu’on appartient à une tradition collective, me dit « l’homme grand et sympathique » il faut bien établir des règles pour les choses importantes, et vous ne pouvez laisser faire un vin complètement différent. »

 

« Il me paraissait à moi que le problème était que les bons vignerons se trouvaient contraints de transgresser de mauvaises règles. J’invoquai le nom de Jean Thévenet, dont les difficultés avec son appellation dans la région de Mâcon avaient fait l’objet de certains articles de journaux. »

 

« Un excellent producteur – et là « l’homme grand et sympathique » se piégea lui-même, ce qui l’obligea à reformuler –, un producteur qui a une bonne intuition du marché peut faire un vin qui aura beaucoup de succès sans pour autant faire partie d’une AOC. Monsieur Thévenet n’est pas un mauvais homme ; c’est un grand homme, et il fait un grand vin. Mais nous sommes confrontés à ce problème partout ailleurs en France : des gens qui font du vin complètement différent. Et on ne peut laisser faire ça. » Le manque de conviction perceptible dans sa voix laissait penser qu’il ne croyait pas lui-même à son argumentation. »

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 06:00
C’est la faute à UBER si votre boîte mail fut encombrée hier matin à 6 heures…

Chers abonnés,

 

Vraiment désolé pour la gêne occasionnée par cette intrusion massive, je vous prie de bien vouloir m’en excuser.

 

Alors que je dormais du sommeil du juste et que j’avais déposé sur ma table nuit ce que l’on n’appelle plus un téléphone je fus réveillé par une suite ininterrompue d’arrivée de message. 6 heures c’est l’heure de la mise en ligne de mes chroniques.

 

Je m’inquiète et je constate les dégâts ma chronique se duplique sans discontinuer.

 

Je me précipite vers mon grand écran. J’ouvre la boîte d’administration et verrouille les envois.

 

36 messages dans ma boîte mail, le mal était fait.

 

Comme nous étions dimanche je m’inquiétais pour la suite car tous bons français mes hébergeurs sont en week-end. Leur demander de réparer leur petit robot c’était pisser dans l’eau.

 

Subir sans pouvoir agir tel est le risque de confier à des robots des tâches autrefois contrôlée par sa main.

 

Au tout début de mon blog tel était le cas.

 

Que faire avec la prolifération de cette sous-traitance aveugle ?

 

Reprendre la main ?

 

Pourquoi pas !

 

Dans le cas présent l’incident est mineur mais lorsque nos vies dans un avion sont en grande partie entre les mains d’ordinateurs de bord, les conséquences d’un dérèglement sont d’une extrême gravité.

 

Bref, la société uberisée  que l’on nous promet ne me dit rien qui vaille.

 

« ... nous nous trouvons apparemment à la croisée des chemins. Soit la technologie servira à consolider l’actuelle société centrée sur le travail, en confinant nos enfants (et leurs enfants) dans une masse grandissante de “personnes jetables” n’ayant aucun rôle social ou économique, soit elle sera mise au service d’une société différente. Une société qui libérera du temps au lieu de le gaspiller en en nous obligeant à patienter dans la salle d’attente d’une agence pour l’emploi ou à gagner péniblement notre vie en menant une “carrière en portefeuille” [portfolio career, plusieurs jobs à la fois].

 

Nous sommes en train de réaliser que le travail n’est plus une question de survie biologique – envoyer des courriels à longueur de journée dans un bureau n’a pas grand-chose à voir avec l’activité d’un chasseur-cueilleur – mais une invention qui n’est pas gravée dans le marbre. »

 

Si l’incident se reproduisait pour le postage de mes chroniques je reprendrai la main.

 

Bonne journée avec mes excuses renouvelées…

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents