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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 00:09

Mangeons de saison ! L’irruption des cerises sur les étals des marchands de 4 saisons, qui n’en ont plus guère, marque d’ordinaire l’installation définitive du soleil dans notre quotidien. « Mariage pluvieux, mariage heureux » dit le diction populaire : l’irruption dans notre quotidien d’un PNR stoïque sous le déluge des Champs Elysée semblait nous faire entrer dans la sérénité d’un long fleuve tranquille avant que les filles de la Rochelle, qu’ont armés un bâtiment et partagé sa vie, viennent troubler ce tableau idyllique.

 

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N’empêche que l’origine limousine du clafoutis aux cerises,  ce plat rustique dont le côté domestique sans sophistication, entre pâtisserie et en-cas de résistance, très Le Central, ou Chez Poumier comme on dit à Tulle, m’oblige à l'évoquer ici ce samedi. J’en avions déjà causé l’an passé link  mais aujourd’hui c’est cette simplicité que je veux chanter. « Il ne fait pas de manière et se mange avec appétit. » Un appétit tel que celui du François d’avant notre Twiteuse nationale, gourmand et marrant.

 

 

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Maintenant que notre François de Tulle s’est glissé dans les habits d’un PNR et gîte sous les ors de la République, je me suis dit que je me devais de puiser dans les mythologies nationales, où la cuisine et le plaisir de manger, tiennent une large place. Manger est souvent une occasion ritualisée de consommer de la nourriture : repas de famille, dîner d’amoureux, noces et banquets, pique-nique, barbecue… et comme l’écrit Rémy Lucas dans son livre Mythologies Gourmandes chez PUF 14€ « Le mythe est une légende, une histoire qui nous donne une certaine connaissance du réel, une narration qui joue avec la forme et le sens, le signifiant et le signifié, at qui peut nous révéler une part de nous-même. »

 

Alors votre Taulier, bon Prince, afin de mettre un peu de baume sur l’urticaire du PNR provoqué par ses filles de la Rochelle, il était vénère le François, j’ai pensé qu’une douceur simple conviendrait. J’ai pour ce faire puisé dans les lignes de l’ouvrage susmentionné.

 

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CLAFOUTIS AUX CERISES

 

« Servi dans sa faïence rustique, il affiche la bonne mine des cerises en billes rubicondes, enchâssées dans leur écrin souple et givrées de sucre cristal.

 

La pâte jaune et molle, chaude encore, dégage une odeur pleine et réconfortante d’œuf et de lait. Légèrement blondie sur le dessus et tendrement élastique, elle fond dans la  bouche, tenant son serment parfumé, son goût d’œuf sucré, subtilement alcoolisé. Puis vient la cerise, plus croquante, dont l’arôme puissant envahit alors les papilles, et que l’on mâche en prenant bien garde de ne pas avaler le noyau. Celui-ci n’est pas là par paresse, dit-on, mais parce qu’il confère au plat une incomparable saveur d’amande fraîche, et, parce qu’en épargnant l’éventration des fruits qui transformerait le gâteau en flaque sanglante, il donne au résultat un aspect plus présentable. Le jeu consiste alors à rouler ce petit occupant dur comme un caillou dans sa bouche, de le tourner, le sucer, le lécher jusqu’à – discrètement – le déposer sur le bord de son assiette… Joie de saison, temps des cerises. »

 

Du côté du LIQUIDE pour accompagner le SOLIDE comme dirait le sieur Pousson : un Massia Vecchia Ariento sera parfait link et photo ci-dessous.

 

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 15:00

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Chers lecteurs,


Depuis mon érection de ce matin, celle d’un Grand Boucanier des Frères de la Croûte, en la personne de l’éminence cardinalice – en référence à ses superbes pompes fuchsia – Emmanuel Giraud, je suis bien aise. Tel un petit cochon, avec sa queue en tire-bouchon, je rosis de bonheur, je nage dans l’allégresse, je me vautre dans une félicité quiète proche de l’épectase chère au bon cardinal Daniélou.


Pensez-donc, moi, pauvre Taulier d’un minuscule espace de liberté, simple confetti de l’empire de la Toile, improbable Secrétaire-Perpétuel autoproclamé d’une Amicale du Bien Vivre qui a bien du mal à vivre, chroniqueur compulsif, grand amateur des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie, bien plus que des belles quilles qui nous précipitent dans une autre ivresse, tel la fusée Ariane, je viens de mettre avec succès sur orbite, un objet ludique non identifié.


Sera-ce une Académie, un Conservatoire, grand ou petit, un Cercle, une Compagnie, une Société savante ou non, une Bande, un Gang, un Peloton, une Troupe, un Régiment, une Division, une Section, une Cellule, un Clan, une Clique, une Coterie, une Maffia, une Horde, une Meute, un Troupeau (…) ?


Non, nous serons 20, prononcer VIN, pas un de plus pas une de moins !


Comme je suis contre la parité mais pour la disparité nous accueillerons plus de boucanières que de boucaniers. Donc si vous savez aussi bien compter que moi je sais conter : le grand boucanier et le petit taulier étant membres de droit, il reste 18 places à pourvoir…

 

Comment ?

 

Par les pieds afin de révérer les pompes de notre Grand Boucanier.

 

Démonstration du Taulier ci-dessous :


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Pour candidater prière de déposer un commentaire sur le site du Taulier et d’expédier sur bethomeau@gmail.com une photo en pied.

 

Le choix sera à la pure discrétion du Grand Boucanier mais faites confiance au Taulier pour l’influencer.


Enfin, 20 membres c’est peu mais faites confiance à notre génie français qui, dans l’hypothèse d’un afflux torrentiel de candidatures, saura tourner avec maestria les règles : par exemple en allant jusqu’à 1020 (prononcer mille VINS) voire  2020… et plus si affinités…

 

Le secrétaire particulier du Grand Boucanier empêché.

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 00:09

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Cher Emmanuel,


L’amer présida à ma première rencontre avec tes lignes link. Tu revenais d’un séjour en Italie, pensionnaire à l’Académie de France à Rome, la fascinante Villa Médicis dans son écrin de de pins, de cyprès et de chênes verts, sur le mont Pincio et je t’enviais.


Comme « Là-bas, l’amertume est joyeuse, sociale et évidente. » en vrai baroudeur des terroirs d’exception, pour découvrir les fameux castraure, tu te rendais  sur l’île de San Erasmo, le potager de Venise dont « le paysage est plutôt laid. On pense à certains coins de Vendée, ravagés par le vent et hantés par des white trash adorateur de MC. Circulaire, le chantre du rap rural » Là, j’étais conquis ! Je trouvais ton ironie fille de la plume du Chaissac d’Hippobosque du Bocage « En Vendée on a un faible très marqué pour ce qui est inauthentique et le Vendéen n’est d’ailleurs jamais un novateur mais toujours un suiveur ».


Le temps passa, et puis, au détour des lignes de cette charmante chipie d’Isa à l'appétit d'ogresse link, je découvris tes merveilleuses grolles fuchsia alors que tu dédicaçais, chez Gallimard, Boulevard Raspail, ton Anthologie fabuleuse, fallacieuse et facétieuse du pâté en croûte. Je fronçai les sourcils plongé que j’étais dans un état étrange de non-appétence.


419818 10150558589506107 699646106 9178219 1786652776 n                   Photo d'Isabelle Spiri

 

Rassure-toi Emmanuel comme je suis un « color addict » ton fuchsia dans tous ses états ne me choquait pas loin de là.


Alors quoi ?


Comme une vieille et profonde réticence charcutière face à ce qui fut pour moi l’emblème des banquets de toute obédience du temps de mon enfance. Curieusement cette allergie enfouie s’avérait purement oculaire car je n’avais goûté, en quelques rares occasions, que du bout des lèvres, à ce met. Bien plus que son esthétique, sommes toute assez banale, de son côté bourratif, c’est la vison des grosses bedaines, des faces rubicondes, des repas interminables, d’une forme de goinfrerie, qui creusa le fossé entre ce pâté encroûté et moi. Si je puis m’exprimer ainsi : le pauvre a pris pour tout le monde.

    

Alors anthologie oui ! Fabuleuse, fallacieuse et facétieuse trois fois oui ! Pâté en croûte : non !

Et pourtant : j’adore le pâté et j’adore la croûte… alors pourquoi donc n’aimerais-je pas le pâté en croûte ?


Sans doute suffisait-il que je te croise pour inverser le cours de mon à priori défavorable.


Je t’ai vu, tu m’as convaincu. Tel un père accueillant l’enfant prodigue tu m’as dit « viens jeudi chez mon ami Georges Casellato, caviste au marché St Germain (Cave "Bacchus & Ariane") et autour d'une  belle tranche de pâté en croûte je t’évangéliserai. Je ferai de toi un apôtre du pâté en croute et mon Anthologie fabuleuse, fallacieuse et facétieuse sera pour toi la Bible charcutière.


J’ai dit oui sauf que ce jeudi-là mes vaches m’avaient entraîné très loin de Saint-Germain-des-Prés, sur la rive gauche, chez un autre Saint prénommé Émilion, et je dinais à l’Envers du décor avec une brochette de biodynamistes assemblés par François de Ligneris. Au cours de la soirée je fus aspergé de vin rouge et, preuve de l’innocuité des vins nature, mon pull rose  retrouva son éclat après un séjour dans un bain savonneux à 30°. Privé de ma première communion avec un pâté en croûte digne de ce nom, fait de ta main : porc frais mariné au Port Ellen 78, figatellu sec, foie gras assaisonné au thé Pu Er, épices, etc... et en dépit de ta promesse de m’en refaire un autre dans le même esprit à l'occasion, j’étais en manque !


Alors pour le combler, dès mon retour sur mes terres je pédalai jusqu’à l’Ecume des Pages à Saint-Germain-des-Prés pour acquérir ton précieux livret facturé 14€. Je le lus d’une traite dans l’Intercités qui m’amenait en Normandie, la Haute, où m’attendaient d’autres vaches.


Et là, à l’étage d’un wagon banlieusard, hormis la confirmation que ce pâté encroûté était bien le symbole de la classe des notables de la IIIe et de la IVe République, ces radicaux ventrus, ripailleurs, beaux orateurs de fin de banquet, j’avoue avoir été fasciné par le côté sarcophage du pâté en croûte : camouflage de nourritures peu recommandables, œuvre de charcutiers-pâtissiers diaboliques, réceptacle de phantasmes les plus délirants, forme de mise en bière charcutière de chair, de viandes maléfiques, d’oiseaux et de gibiers qui mettraient en transe Alain Bougrain-Dubourd. Oui, je ne pouvais que souscrire au vœu de Gérard Oberlé « Les charcutiers sont des embaumeurs qui mériteraient qu’on les honore comme des prêtres égyptiens. »


Mais en dépit de cet apaisement intellectuel, paraphrasant Robert Lamoureux, dont ce fut avec ce canard la seule œuvre humoristique, « mon manque était toujours vivant ! »


Alors pour le conjurer, éviter une chronique rentrée, Emmanuel j’ai décidé, c’est chez moi un travers récurent, de te proposer de ressusciter Les Frères de la Croûte, qui fut, à la grande époque des clubs et des académies gastronomiques, un minuscule club de guère plus de vingt membres, et qui à l’image de l’A.B.V : l’Amicale du Bien Vivre dites des Bons Vivants, dont je suis l’érecteur, n’avait pas de président mais un « boucanier » faisant fonction d’organisateur des agapes. La viande boucanée Emmanuel, encore un ingrédient d’enfer, « l’architecte – lord Rustyn – aimait entendre le bruit mat des grouses mûres tombant lourdement sur le sol du cellier, lorsque la pourriture était telle que le corps se détachait de lui-même de ses pattes. »


Les Frères de la Croûte, pirates ou corsaires ou flibustiers, je trouve que cette appellation est bien plus incontrôlée, plus borderline, plus trash, plus en accord avec tes pompes fluo et ton Anthologie fabuleuse, fallacieuse et facétieuse, que Confrérie du Pâté en croûte si plon-plon, si assemblée de gastronomes en voie de momification. Et pourquoi pas un championnat du monde ? Que Michel Chapoutier me pardonne mais j’ai du mal à digérer les compétitions, dites gastronomiques, dont les résultats, tels ceux du patinage artistique, sont fondés sur les notes d’un jury souvent en désaccord avec le chœur du public. Ceci écrit, tu comprendras aisément Emmanuel que, pour te compromettre, en tant que Secrétaire-Perpétuel autoproclamé de l’ABV je te propose de te glisser dans la peau, tel John Malkovich, du boucanier des Frères de la Croûte.


Pour finir, parlons peu mais parlons croûte !


Oui Emmanuel, au risque de faire frémir les âmes sensibles, pour moi une croûte ce fut d’abord ce qui se formait sur mes bobos d’enfant, un peu de mon sang coagulé. Pour les autres croûtes, celle du pain et du fromage, ma mémé Marie les ôtaient pour les donner aux cochons dans l’eau de vaisselle. En effet, nous mangions du pain de 4 livres fort en mie et des fromages aux croûtes fleuries. Seule ma mère consommait de la baguette, de la ficelle plus exactement, et je trouvais ce pain si peu viril que j’attendis trop longtemps pour en goûter la croûte croustillante. Tu comprendras  aisément que la locution populaire, c’est une croûte, un vieux croûton prenait alors pour moi tout son sens.

 

Bien sûr, très vite casser la croûte et gagner sa croûte entrèrent dans mon langage sans que je fasse pour autant le rapprochement avec celle du pain. Un peu niais sans aucun doute mais c’était dans la même ligne que nos connaissances de la sexualité où nous étions incollables sur celle des animaux et croyions encore que les enfants naissaient dans les choux. Jamais, lorsque nous tuions le cochon à la maison, le pâté en croute n’entra dans la litanie qui veut que dans le cochon tout est bon. Il n’empêche que le proverbe « Croûte de pâté vaut bien pain » me fait encore saliver en souvenir de cette dentelle croustillante que je croquais avec délice, les doigts bien gras et les babines humides.


Mais, pour en finir avec la croûte, j’avoue que le summum de la croûte, reste que pour moi, qui me pique d’être amateur de peinture, le tableau du peintre du dimanche : une croûte ! Entre toutes les oeuvres kitch la croûte bien léchée, peinte, me procure une profonde jouissance proche de l’épectase forme ultime et radicale de la petite mort.


Reste, cher Emmanuel, après avoir apaisé ma faim spirituelle avec ta superbe et érudite Anthologie fabuleuse, fallacieuse et facétieuse du pâté en croûte, que je recommande à mes lecteurs www.editionsalternatives.com , à me donner la satiété de ton pâté en croûte. Je suis prêt à tout pour me voir oindre des derniers sacrements charcutiers afin d’entrer, du moins je l’espère, dans le cercle des initiés des Frères de la Croûte, dont je te rappelle tu seras le Grand Boucanier.


Dans cette attente sereine, reçois, Emmanuel, ma Profession de foie, et ma foi inébranlable en toutes les cochonneries de la terre.


Un Taulier repenti de son indifférence pour la pâte et la farce…


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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 00:09

Venir de Montréal en Bourgogne pour percer à jour, au travers de l’époisses, une règlementation – celle de la FDA US – qui met en danger la diversité gastronomique du monde entier, ça vaut plus que du respect : de l’intérêt. Bien sûr, Taras Gresco, dont le prénom me fait penser à Yul Brynner dans Taras Boulba  film tiré d’une nouvelle de Nicolas Gogol, adore provoquer le paisible bourgeois : « Et si on a pu dire que manger du durian – fruit tropical à piquant que l’on consomme à Bangkok –, c’était un peu comme déguster de la crème anglaise dans des toilettes publiques, alors manger de l’époisses, ce serait presque comme mâchonner des résidus d’urinoir en traversant une fosse à purin. »

 

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Mais son enquête au pays de l’époisses devrait servir de leçon à nos éminents journalistes spécialistes du terroir dans tous ses états : c’est du sérieux pas du bla-bla-bla…

 

Tout commence chez lui par un choix satanique « si Satan, le diable cornu des puritains avec ses sabots et son odeur de soufre, voulait concocter un plateau de fromages pour ses disciples » que choisirait-il ?

 

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-          Un chèvre sec des Pyrénées roulé dans la cendre, en veillant à laisser de la paille maculée de crotte en dessous.

-          Un morceau de vieux-boulogne, fromage à pâte molle lavé à la bière, qui sent l’étable et élu par un « nez électronique » anglais fromage à l’odeur la plus forte du monde.

-          Un stinking bishop ou « évêque qui pue » du Gloucestershire, non seulement pour le côté blasphématoire de son nom mais aussi pour sa croûte poisseuse et son arôme de vieilles chaussettes.

-          Au centre du plateau trônerait « un époisses défait et bien putride ».

 

 

« Satan est un ange déchu : le palais est soudain conquis par une essence divine de lait frais, une pure distillation de sel, de sucre, de crème, et toutes les riches senteurs de la campagne bourguignonne. »

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L’auteur rappelle qu’en 1999 des cas de listériose se sont déclarés et la souche a été découverte chez un producteur de fromage de Bourgogne (chez les Fromagers de l’Armançon qui avait été accusé à maintes reprises de contrevenir aux normes sanitaires et venaient juste d’être condamnés par le tribunal de Dijon pour avoir fabriqués de faux époisses vendus à bas prix et teintés avec des colorants). De plus les fromages incriminés étaient des fromages pasteurisés.


Et pourtant la presse française et internationale a pondu des titres ravageurs : Le fromage qui tue, La France victime d’un fromage tueur avec la palme du faux-cul au Wall Street Journal : Pourquoi défendre un fromage qui sent les pieds et le purin ?


En dépit du fait qu’aucun fromage Berthaut ne soit incriminé la fromagerie Berthaut à Epoisses link , avec ses 85 employés, est frappée de plein fouet. «  J’ai été forcé de retirer du marché et de détruire 3 millions de fromages, monsieur, qui avaient été déjà expédiés dans le monde jusqu’au Japon. Et un représentant de l’administration qui m’avait condamné avec des accusations complètement infondées m’a couru après en me suppliant de ne pas fermer. Vous imaginez ? » déclare Jean Berthaut « un bel homme d’une cinquantaine d’années, aux yeux bleu clair, aux cheveux argentés » qui possède « un indéniable talent oratoire » et une pipe.


Je passe sur les rivalités services du ministère de la Santé et les services vétérinaires de ma maison pour en arriver à la décision capitale de Berthaut : il utiliserait dorénavant du lait pasteurisé pour fabriquer ses fromages.


Et pourtant « le fromage pasteurisé est comme une page blanche, or la nature a horreur du vide. Donc s’il y a la moindre faille dans l’hygiène de l’usine, des agents pathogènes comme la listéria sautent sur le fromage, et les problèmes qui en résultent peuvent être beaucoup plus graves que si le fromage avait été fabriqué au lait cru. »


Jean Berthaut fulmine « les américains doivent arrêter de considérer les Français comme des gens sales qui portent des bérets et pataugent dans le fumier ! »  Il ne mange que des fromages non pasteurisés car « un fromage fermier au lait cru ne présente aucun danger ». Nous sommes de Bons Vivants et des amateurs d’émotions fortes en matière de saveur ajoute-t-il avant de déclarer « Vous savez, monsieur, un jour, je produirai de nouveau des époisses au lait cru. »


« Manger est une activité intrinsèquement risquée » mais comme le souligne Grescoe

 

« L’absolue modernité de l’entreprise Berthaut achève de dissiper en moi les dernières images romantiques : nulle part ici on ne verra de paysans en sabots penchés sur des faisselles avec une Gitane maïs au coin des lèvres. »


C’est après avoir entendu Georges Risoud président du syndicat de l’époisses que Grescoe nous livre son opinion sur la conviction de celui-ci du bien-fondé du concept de terroir.


« Appliqué à l’origine au secteur viticole, le mot terroir peut sembler un peu sentimental et sans grande signification au premier abord, une sorte de panthéisme ou d’animisme moderne, mais il exprime l’idée que les saveurs qui nourrissent le palais français, des saveurs d’une immense diversité, sont toutes le produit d’une terre particulière. Si les lentilles vertes du Puy, les poulets de Bresse ou le raisin de Bordeaux étaient élevés ailleurs, transportés sur d’autres terres, on les dénaturerait imperceptiblement en leur volant leur identité – leur âme – qu’ils tirent d’éléments aussi subtils et uniques que la composition d’un sol, l’exacte orientation d’un champ ou d’une ferme par rapport au soleil, et, dans le cas du fromage, la présence de souches bactériennes spécifiques au lieu »


Risoud explique « L’idée qu’on ne peut pas tout délocaliser, que certaines choses ne peuvent être fabriquées que sur leur lieu d’origine, est une idée d’avenir… »


« Ce sont Jean et Simone Berthaut, les parents de Jean qui ont sauvé l’époisses de la disparition. Après la Deuxième Guerre mondiale, Robert, nostalgique du fromage de son enfance, en demanda la recette à une voisine, une certaine, Mme Monin, et se mit à en fabriquer avec le lait de ses propres vaches. »


Gresco déjeune chez Jean et Simone Berthaut d’une omelette aux champignons de pays arrosée d’un excellent savigny et suivie d’un époisses bien fait.


Ensuite, comme il confie à Georges Risoud qu’il a très envie de goûter de l’époisses au lait cru, il part vers Gevrey-Chambertin, « ville célèbre pour un vin que Napoléon dit avoir bu vec l’époisses lors d’une visité en 1804. Les rangées de vignes régulières sont protégées par des pancartes interdisant la cueillette : « Pas de grappillage. » Il s’agissait sans doute d’atténuer les ravages faits par les touristes allemands à chaque arrêt de l’autocar. On les retrouve bien vite chez les cavistes et dans les bistrots de la ville. »


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Epoisses au lait cru de chez Gaugry  acheté chez Androuet MOUFFETARD link 10,05 euros

 

Il arrive à Brochon, à la laiterie de la Côte, chez Olivier Gaugry link   « tête brune de hérisson et joues vermillon ombrées par une barbe bleutée s deux jours. » En effet, « contrairement à jean Berthaut, Olivier Gaugry et son frère Sylvain ont décidé de continuer à travailler au lait cru, et leurs employés versent toujours le caillé à la louche dans des moules circulaires, comme les moines cisterciens l’ont fait pendant des siècles. »


Grescoe qui demande à Olivier Gaugry « est-ce que les normes européennes lui ont causé des difficultés ? » reçoit une réponse qui l’étonne « Non, pas vraiment. En fait, je pense que l’Union Européenne nous a été bénéfique, parce que la mondialisation encourage aussi la régionalisation ? Nous devenons plus fiers de nos traditions. Nous ne nous battons plus pour la France – qui n’est qu’une entité à l’intérieur de l’Europe – mais pour la Bourgogne, et, en tant que Bourguignons, nous sommes fiers de montrer notre savoir-faire partout dans le monde. Nous nous rendons compte que l’Allemand qui vient faire du tourisme chez nous n’est pas simplement un Allemand, d’abord et avant tout c’est un Bavarois ou que sais-je encore. En ce sens, l’AOC est une bonne chose, parce qu’elle nous permet de protéger l’authenticité de l’époisses dans le monde, en empêchant les Japonais ou les Brésiliens d’appeler époisses n’importe quel fromage. »


100% d’accord avec Olivier Gaugry !


Ne restait plus qu’à notre canadien à rejoindre « le dernier fabricant d’époisses fermier qui vit à Origny-sur-Seine, un hameau de quarante âmes, où un coq argenté tourne en haut du clocher de la petite église, et où le boucher, le boulanger et l’épicier passent faire leur tournée dans la semaine. Caroline et Alain Bartkowiez sont propriétaires d’un troupeau laitier mêlant montbéliardes et brunes, et d’une ferme au toit de tuiles rouges, appelée « Les Marronniers link »  en l’honneur des grands arbres qui ombragent les rues du village. Alain en m’offrant le café à la table de la cuisine, me détaille le carcan législatif qui enserre tous ceux qui, en France, veulent fabriquer du fromage fermier au lait cru. »   


Le plus dur pour Alain a été de mettre la ferme aux normes européennes.


« C’est bien dommage, commente-t-il. Un bâtiment en pierre du début du XIXe siècle, que nous avons été obligés d’entièrement plastifier. La rénovation est extrêmement coûteuse, au moins 50 euros par mètre carré de surface au sol. Beaucoup de fromagers ont renoncé parce que ça leur aurait coûté trop cher de transformer leurs fermes. »


Grescoe, avant de repartir le coffre plein de sa moisson d’époisses odoriférants, suit Alain dans son magasin « aussi impeccable que sa fromagerie. Rien à voir avec l‘image que je me faisais d’une ferme. »


-          Étonnant, non ? Personnellement, nous trouvons que les pouvoirs publics nous obligent à en faire un peu trop, surtout pour un produit fermier. »


Je termine cette chronique en écho à ce regret d’Alain  Bartkowiez pour suggérer :


-          À mes confrères vétérinaires du Conseil Général auquel je suis rattaché de se pencher sur la question et de ne pas s’abriter derrière les prescriptions de l’UE ;


-          À mon nouveau Ministre Stéphane Le Foll de se porter aussi sur le vrai terrain de notre agriculture pour rencontrer des gens qui portent haut l’excellence du meilleur de notre terroir en France et dans le vaste monde mondialisé… 

 mo_gres1002.jpg  

Taras Grescoe est journaliste, chroniqueur de voyage. Il a collaboré au National Geographic Traveler, au New York Times et au Times de Londres. Il a écrit un livre sur le Québec, Sacré blues, un autre sur les diverses façons de voyager, Un voyage parmi les touristes et Le pique-nique du diable, tous parus chez VLB éditeur. Quand il n’est pas sur la route, Taras Grescoe vit à Montréal.                                                                                

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 16:00

Mais où se trouve donc situé le mystérieux et fabuleux Château Altus ?

 

Qui le sait ?

 

Pourquoi s’y intéresser ?

 

La réponse est ICI link tout à la fin de la chronique


Dans ma chronique d’hier je citais :

 

« Dans les châteaux bordelais, parce que les rivalités se doublaient de gros enjeux financiers, la technique était légèrement différente. Plus complexe, mais aussi plus payante. Il suffisait de collecter des éléments sur l’ennemi désigné – plantations illégales, dépassement de quota, assemblages frelatés, stocks non déclarés, déclaration fiscale évasive, succession douteuse, main d’œuvre non déclarée, en cherchant bien, on finissait toujours par trouver quelque chose. Ensuite il fallait recruter un avocat complaisant et menacer, sous prétexte d’un préjudice fallacieux, d’alerter la justice. Ensuite, attendre et voir. Ce chantage de haut vol finissait souvent par un accord amiable contresigné par les deux parties. Au profit du diffamateur, bien sûr, et dans le plus grand secret… »


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Et puis ce matin en me rasant, façon de parler, j’entends sur France Inter qu’une grande maison de négoce bourguignonne est dans la tourmente. Alors je tweet, pardon je me rue sur le Net. C’est Labouré-Roi. Bien sûr, François Desperriers est sur le coup et je vous donne les liens utiles.


L’affaire  link


Les professionnels réagissent link 


Fallait-il révéler le nom de la société ? link 


Dictionnaire-manuel du négociant en vins et spiritueux et du maître de chai d’Édouard Féret (1896)


Coupage ou Mélange :


« Les vins fins ne se mélangent pas ; cependant ceux des années peu corsées ou peu colorées sont renforcés et améliorés par un coupage par un autre vin fin »


« Les vins que l’on emploie à faire des coupages doivent être sains, à  peu près du même âge  et bien s’unir. Le coupage des vins est une opération naturelle, logique et loyale, qui souvent s’impose comme une nécessité. C’est, de plus, une opération délicate. »


« Et combien de vins sortent de chez le propriétaire imbuvables s’ils n’étaient pas coupés ? »

Pour le négoce, et surtout le négoce bordelais, « le coupage fait partie de la bonne tradition des vins fins et les mauvais coupages concernent que les vins ordinaires. En même temps, cet argument s’appuie sur des éléments juridiques : le mélange est licite tant qu’il est déclaré. » note Alessandro Stanzani dans sa remarquable Histoire de la qualité alimentaire au Seuil.


La fameuse loi de 1905 sur les fraudes et les falsifications alimentaires se fondait sur deux arguments : la discipline de la concurrence et la tutelle de la santé publique. La hiérarchie entre ces deux objectifs est loin d’être toujours identique. Les normes sur le vin accordent en général la priorité à la discipline de la concurrence alors que, par exemple sur la viande et le lait, les préoccupations de santé publique sont plus importantes.


Donc, cette affaire, au seul stade d’une enquête préliminaire, reste dans le champ du droit de la concurrence et le seul commentaire valide est : attendre et voir, en soulignant bien sûr que les conséquences sur l’image et du négoce, et des vins bourguignons, se mesureront à l’aune du dossier. La révélation d’une « fraude » ne jette l’opprobre ni sur l’ensemble d’une profession, ni de toute une région, elle n’est que le signe évident d’un système juridique qui joue pleinement son rôle.


Quant au Tweet de madame Trierweiler, pour rester bourguignon je souscris à la réaction du maire de Dijon « C'était un message personnel qui répond à des considérations personnelles», a réagi François Rebsamen, après le tweet de Valérie Trierweiler. « Il faut qu'elle apprenne la réserve qui doit être la sienne en tant que compagne du président de la République», a ajouté le maire de Dijon sur France info. «Il faut qu'elle apprenne à tenir la place qui est la sienne, c'est-à-dire la réserve», a-t-il insisté. «On a aujourd'hui un président de la République qui tient à ce qu'on sépare le public du privé, il y a eu trop de mélange des genres sous Nicolas Sarkozy», a-t-il encore dit.


Et NKM qui, lorsque son verbe est libre, est souvent pertinente pose la bonne question après avoir souligné que « Le mélange des questions personnelles et des questions politiques, de l’affect et de la politique, n’est jamais une bonne chose»


«Mais au-delà de cela, ce qui pose problème c’est le statut. C'est-à-dire qu’on ne sait pas si Valérie Trierweiler s’exprime comme compagne du président de la République, s’exprime comme militante socialiste, ou s’exprime comme journaliste engagée», a-t-elle poursuivi.


Bien oui madame Trierweiler comme le dit la sagesse populaire « on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre » et pour rester dans le bon goût, je laisserai de côté la fermière.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 00:09

Je sais les bonnes âmes, et les moins bonnes, vont soupirer « après son jamboree, qui n’a pas résisté à la pluie qui n‘a cessé de tomber depuis qu’il en a lancé l’idée, voilà encore un truc à la mord moi le nœud que ce pauvre Secrétaire-Perpétuel autoproclamé de l’A.B.V balance du haut de sa chaire et qui va se vautrer dans l’indifférence générale… »



Désolé de vous décevoir mais aucune nouvelle mouche n’a piqué votre Taulier préféré, ce matin il se contente d’être le porte-parole d’un type border line Taras Gresco, un canadien allumé, qui déclare d’emblée « J’ai joué à cache-cache pendant un an avec le diable… » et qu’il « n’a pas toujours su résister à la tentation ». Pour sûr que ce gus donnerait des cauchemars à Claude Guéant et Manuel Valls réunis en séminaire, affolerait les sanitairement correct de tous poils et de toutes obédiences, plongerait l’ANPAA et ses adeptes dans la plus profonde attrition, risquerait les buchers des fous de Dieu, mais il faut se garder de le cantonner dans le rôle du pur provocateur. Mieux vaut le lire. En exergue il cite Voltaire « Usez, n’abusez point ; le sage ainsi l’ordonne. Je fuis également Épictète et Pétrone. L’abstinence ou l’excès ne fit jamais d’heureux. » et annonce la couleur « En ce qui me concerne, j’ai toujours été fasciné par les interdits. Adolescent, dès l’instant où je suis tombé sur les mots absinthe, haschich et opium, je n’ai plus eu de cesse d’en avoir trouvé. Je n’ai jamais compris les gens si peu curieux qu’ils se refusaient à expérimenter des sensations nouvelles et à modifier leurs perceptions, simplement parce que les moyens pour y arriver étaient mis hors-jeu par des lois arbitraires. Ceux qui passent outre, les rebelles, les bons à rien, les esprits indépendants, m’ont toujours semblé les compagnons les plus agréables. (Au contraire de ceux dont l’intérêt vire à l’obsession, les alcooliques, les victimes de la drogue, les tristes toxicomanes qui sont souvent assommants. »


Pour vous mettre en appétit je vous livre ce que notre homme déclare dès le prologue : « À la fonte des neiges, j’organiserai un grand pique-nique pour faire goûter ma curieuse récolte. Je déploierai une nappe dans le parc qui s’élève au centre de ma ville, celui qui domine une énorme croix catholique… » Je ne vais pas lever totalement le voile sur le menu de ce pique-nique sauf qu’en apéritif il servirait « un petit coup de gnôle à 96° » qu’on lui a vendu en Norvège avec des amuse-gueules « tartinés d’un époisses de 5 semaines bien coulant ». Pour le plat principal ça vient d’Espagne « une marmite de bébés anguilles tués dans une infusion de tabac et un ragoût de testicules de taureaux à l’ail » et vous vous doutez bien que ce ne serait pas du goût des écolos et des défenseurs des animaux.


12 mois de voyage à travers 7 pays ont permis à l’auteur de changer sa vision un peu jusqu’au-boutiste de la légalisation et de se forger une opinion plus nuancée de la prohibition et de sa mise en œuvre. Il souligne avec humour qu’il aurait dû s’en douter : « finalement, rien n’est simple. Le diable, c’est bien connu, est dans les détails. » 


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En épilogue de son livre Le pique-nique du diable Un tour du monde des fruits défendus Taras Grescoe petite bibliothèque Payot 10,50€ l’auteur nous livre ses réflexions sur l’inanité de la prohibition



« La prohibition, ce carcan d’interdictions, qui, à travers l’histoire, a assujetti les bouteilles et les comportements, les poudres et les plantes, est un instrument de pouvoir. La pulsion qui pousse à chercher le plaisir sexuel, le besoin d’échapper temporairement au quotidien à travers l’ivresse, la tendance à s’interroger sur le sens de la vie, surtout quand elle devient insupportable, sont indissociables de la condition humaine. Nous nous définissons par rapport à ces questions fondamentales, et notre façon de les aborder détermine notre identité. À travers les tabous et les prohibitions la société refuse l’autonomie de pensée à ses membres et s’octroie le droit de punir la sexualité, la discernement et le libre arbitre, donc d’empiéter sur les domaines les plus intimes de l’existence.


Il n’est pas innocent que l’islam se soit construit sur l’interdiction du vin et des jeux de hasard, et presque toutes les grandes religions sur la prohibition de certains types de plaisirs sexuels. Ce n’est pas non plus pour rien que, dans la tradition judéo-chrétienne, les premiers hommes n’avaient pas le droit de toucher au fruit défendu. Ce choix absurde d’une pauvre pomme (qui était peut-être une poire, une figue ou une grenade) est très révélateur : le pouvoir aime faire sentir sa présence à travers des interdictions arbitraires. C’est le serpent, le tentateur et l’aiguillon de la connaissance, qui a invité les hommes à leur premier pique-nique. Comme le disait Mark Twain :


« Adam n’était qu’humain, ce qui explique tout. Il ne voulait pas la pomme pour la pomme, il voulait la pomme parce qu’elle était interdite. On aurait mieux fait d’interdire le serpent ; il aurait alors mangé le serpent. »


Très exactement. Si le plat principal du pique-nique du diable avait été le diable lui-même – et avec lui la notion que la connaissance de soi est une forme de transgression –, les appétits naturels n’étant plus stigmatisés, les chrétiens et les juifs se seraient et évité de siècles de tourment. »


Grescoe n’en ait pas pour autant un partisan du marché libre des drogues, il estime que c’est une absurdité car comme le faisait remarquer Williams S. Burroughs à propos de l’héroïne « La came est le produit idéal – la marchandise n’est pas vendue au consommateur, c’est le consommateur qui est vendu à la marchandise. ». L’autorégulation est une vue de l’esprit car elle ne prend pas en compte le caractère insidieux de la dépendance et les conséquences à long terme sur la santé. Alors il affirme à juste raison « mais si la société ne doit pas jeter ses membres en prison ni leur donner d’amendes pour avoir fumé un joint, bu du vin de messe, ou s’être procuré du poison pour se suicider, elle a le devoir de règlementer le commerce des substances potentiellement dangereuses. »


Ceux qui liront le livre de Grescoe découvriront son approche de cette réglementation qui a le mérite de ne pas se fonder sur une pure vision idéologique mais sur la réalité des pratiques. L’auteur s’interroge sur son devenir car en paraphrasant Voltaire « Il est dangereux d’avoir raison quand les autorités constituées ont tort » :


« En attendant, je suis encore assez jeune pour aimer le monde et le désordre, et l’irrationalité des idéologies vétustes qui s’y affrontent. Un jour viendra peut-être où je serai forcé de trouver refuge dans un autre pays (…)


Et ce ne sera pas la France « J’ai déjà vécu en France, mais j’ai beau adorer ses fromages, son chocolat, son vin, la culture française devient si rigide et si immobiliste, si confite dans sa gloire passée, que j’aurais peur d’être perclus de rhumatismes avant l’âge. »

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 16:00

Les Bourguignons ont leurs communales :

 

Chablis, Petit-chablis, Irancy, Saint-bris, Marsannay, Fixin     Gevrey-chambertin, Morey-saint-denis, Chambolle-musigny, Vougeot, Vosne-romanée, Nuits-saint-georges, Ladoix, Aloxe-corton, pernand-vergelesses, Chorey-lès-beaune, Savigny-lès-beaune     Beaune, Côte-de-beaune, Pommard, Volnay, Monthélie, Auxey-duresses, Saint-romain, Meursault     Puligny-montrachet, Blagny, Saint-aubin, Chassagne-montrachet, Santenay, Maranges, Bouzeron, Rully, Mercurey, Givry, Montagny, Saint-véran, Pouilly-fuissé, Viré-clessé, Pouilly-loché, Pouilly-vinzelles.


Les Côtes-du-rhône villages avec nom de commune :

 

Cairanne, Chusclan, Laudun, Massif d'Uchaux, Plan de Dieu, Puyméras, Rasteau, Roaix, Rochegude, Rousset-les-Vignes, Sablet, Saint-Gervais,  Saint-Maurice-sur-Eygues, Saint-Pantaléon-les-Vignes, Séguret, Signargues Valréas, Visan.


Chinon, Bourgueil, Saint-Nicolas de Bourgueil, Sancerre, Saint-Tropez, Condrieu, Pauillac, Margaux, Pomerol, St Emilion, Madiran, Saint-Chinian, Faugères… longue litanie bien incomplète de bourgades qui donnent leur nom à nos fameuses AOC que le monde entier nous envie (formule rituelle à prononcer pour pouvoir adhérer à la CNAOC).


Mais lorsque Saint-Pantaléon-les-Vignes ou Clisson fêtent le vin ce n’est pas cette annonce qui va troubler les gardiens sourcilleux de la loi Evin.


En revanche je m’interroge : pourquoi ces « fous de la santé publique », ces « rats de prétoire » ne s’offusquent-ils pas du privilège de Bordeaux qui, de son nom de ville, couvre les vins dit de Bordeaux, on dit en effet dans le populo du Bordeaux, et même un petit Bordeaux même si le CIVB exige que tous les vins soient estampillés Grand Vin de Bordeaux. Bon je sais c’est difficile de parler des vins de Gironde vu que celle-ci est un estuaire donc une vaste étendue d’eau. Mais, à propos, combien de ceps, en dehors de ceux du beau quartier administratif de Mériadec, sur la commune de Bordeaux ?


Vous imaginez la tête d’Alain Juppé, le maire, si la mention réclamée par une cotriade de professeurs sponsorisés par les lobbies pharmaceutiques et d’associations sous perfusion d’argent public, se voyait accolée au cul des bouteilles de vin : « Bordeaux tue ! »


Tout ça pour vous offrir un beau morceau de non-sens entendu sur France-Inter ce matin, le billet de Stéphane Blakowski : le Bordeaux comme le coca et le Mc Do. Alain Juppé étant l’invité de Patrick Cohen.


Merci aux humoristes d’être plus courageux que certains journalistes et plus efficaces que nos pleureuses habituelles.



Le Bordeaux comme le Coca et le Mcdo par franceinter

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 00:09

Rassurez-vous, même si la crasse de fer donne un arome de truffe aux pomerols et que vous goûtiez à son juste prix l’homonymie, je ne vais pas jouer ni au Taulier chez les ferrailleurs, ni au chien truffier par l’odeur du scandale alléché. Le journalisme d’investigation patauge trop souvent dans l’intoxication de la basse police et se fait manipuler à plaisir par les tireurs de ficelles. Faire triompher la vérité, ambition louable, n’est à la portée de quiconque, y compris la justice des hommes. Il est des vérités dites premières, évidentes et indémontrables, et il est parfois salutaire de dire ses vérité, ses 4 vérités à quelqu’un, mais bien souvent il faut se contenter de demi-vérité et « comme deux demi-vérités ne font une vérité » c’est frustrant. Reste les contre-vérités, qui peuvent être la vérité des autres lorsqu’elles ne sont pas négationnistes.


La seule vérité vraie sort de la plume du romancier, sauf s’il s’aventure dans un roman à clés. Là, en maquillant les acteurs, en brouillant les pistes, en mélangeant des faits réels à de la fiction, l’auteur s’adresse en priorité aux initiés en capacité de mettre des noms sous la fiction. Pas toujours très probante cette gymnastique d’écriture où la relecture des avocats brime la liberté de l’auteur. Le seul intérêt, hormis l’éventuel talent du conteur, ce sont les bribes de vérité qui, si elles sont imprimées, portent témoignage des faits qui se sont réellement déroulés.


Je vous livre en vignettes (lisibles indépendamment les unes des autres mais dont la chronologie répond à une logique, la dernière étant évidemment la cerise sur le mille feuilles)  des extraits de mes notes de lecture de L’esprit du vain de Sophie Pons L’écailler du Sud  2006 7,50 prises dans un TGV Paris-Bordeaux qui ne s’arrêtait pas à Libourne

 

Avertissement :

 

« Dans le vignoble, le sous-entendu se maniait au sécateur, sans pitié pour les redondances. On ne cancanait pas, on ironisait entre soi,  à demi-mots, seuls les initiés pouvaient comprendre… »

 

Mode d’emploi :

 

« Dans les châteaux bordelais, parce que les rivalités se doublaient de gros enjeux financiers, la technique était légèrement différente. Plus complexe, mais aussi plus payante. Il suffisait de collecter des éléments sur l’ennemi désigné – plantations illégales, dépassement de quota, assemblages frelatés, stocks non déclarés, déclaration fiscale évasive, succession douteuse, main d’œuvre non déclarée, en cherchant bien, on finissait toujours par trouver quelque chose. Ensuite il fallait recruter un avocat complaisant et menacer, sous prétexte d’un préjudice fallacieux, d’alerter la justice. Ensuite, attendre et voir. Ce chantage de haut vol finissait souvent par un accord amiable contresigné par les deux parties. Au profit du diffamateur, bien sûr, et dans le plus grand secret… »


Certificat de conformité:


« Hormis quelques monuments hérités du Moyen Age et quelques folies conçues par de rares originaux, les châteaux du Bordelais se ressemblaient tous d’une certaine façon. Plus que le confort ou ‘esthétique, leurs bâtisseurs visaient à asseoir leur prestige, à marquer leur appartenance certifiée conforme à l’élite locale. Aujourd’hui encore, la plus modeste des vignerons flanquait sa propriété d’une grille en fer forgé. Les plus impudiques rajoutaient des colonnes ornées d’aigles ou de lions ailés. Les grands capitaines d’industrie, qui s’offraient les vignobles les plus recherchés à coup de millions, se disputaient les bâtiments les plus majestueux avant de lancer des rénovations coûteuses, avec chais pharaoniques, cuvier d’avant-garde, parc paysagé et œnologue diplômé pour superviser le tout. Tandis qu’ils jouaient aux vignerons, leurs épouses testaient les vertus du très sélect « centre de Vinothérapie » du Médoc, qui trempait ses clientes dans le moût de raisin en leur promettant des miracles de jouvence. »


Le Tout Bordeaux et le reste :

 

« Des bataillons de vieilles dames en tailleur strict, collier  de perles et permanentes impeccables, occupaient les bancs de bois. Un amas de gerbes et de couronnes jonchait le parterre, au pied de l’autel. L’odeur entêtante des fleurs mortes se mêlait aux parfums capiteux. Tout Bordeaux en grande tenue de deuil, pleurait la disparition (…) Têts raides, comme statufiées, les parents du gentil W… se tenaient debout au premier rang. Derrière eux une cohorte disciplinées, le petit personnel de la société de négoce et les ouvriers des propriétés viticoles affichaient un air affligé. »

 

Le Maire :

 

« le maire de Bordeaux, guindé comme il se doit, s’arrêta pour serrer quelques mains. L’ambiance funèbre lui seyait comme un gant. »


L’avenue la plus Snob : 

 

« il lui fallut traverser l’avenue la plus snob de Bordeaux, où, pour se différencier du reste du continent et par nostalgie d’un passé plus britannique, les voitures roulaient à gauche. »


Le Vignoble :

 

« À perte de vue, les rangées sages proclamaient le triomphe de l’homme sur la nature, la victoire du cordeau sur la treille, la dictature du rendement contrôlé. »


alessandro-and-co-040.JPG

La Généalogie des N qui sonnent [on] :

 

« les N, donc : grande dynastie locale, descendants en droite ligne des conquérants anglais qui avaient occupés l’Aquitaine à l’époque de la guerre de 100 ans. Cette généalogie semblait apocryphe, mais la famille se plaisait, depuis la Restauration, à invoquer d’improbables ancêtres chevaliers. Les N disaient moins volontiers que leur fortune s’était bâtie à l’époque du commerce triangulaire, en armant des navires qui partaient pour l’Afrique la soute pleine d’étoffes, de quincaillerie et d’armes, les échangeaient contre des captifs destinés aux colonies avant de rentrer à bon port chargés d’indigo, de sucre et  de café. C’est à cette époque qu’aviat été fondé à Bordeaux, la maison N, une des premières à investir dans les plantations de sucre à Saint-Domingue, une des dernières à se spécialiser dans le commerce des vins après l’abolition de l’esclavage, une des rares à se convertir au catholicisme. »

 

Le Patrimoine des Doubles Prénoms des N qui sonnent [on] :

 

« de génération en génération, le patrimoine des N s’était enrichi de propriétés viticoles que ses rejetons rachetaient à des propriétaires plus nobles qu’eux mais moins doués pour les affaires. Leur fortune avait survécu à la seconde guerre mondiale, car, comme d’autres, le grand-père n’avait pas dédaigné commercer avec l’Allemagne nazie, même s’il avait assuré par la suite que c’était le moyen d’aider secrètement les réseaux résistants (…) Les N échapperaient de justesse à la grande crise qui avait ébranlé le négoce bordelais après une sombre histoire de vins frelatés. Des maisons plus solides avaient sombré, les N avaient résisté. L’aîné James-Paul dirigeait la société familiale depuis la mort de son père, le frère cadet Philippe-Antony gérait de main de maître trois prestigieux châteaux du Médoc, un lointain cousin issu d’une branche ruinée exerçait sur une autre propriété à Pomerol. William-Alain, le fils de James-Paul n’était pas une lumière mais il aurait pu, de l’avis général, parvenir à perpétuer le nom des N. »


L’Abri Anti-Atomique pour se protéger des Socialo-Communistes des A qui sonnent en [eix]

 

« les A, qui comme leur nom l’indiquait, avaient accompagné la vague corrézienne partie des montagnes à la conquête de la région bordelaise juste après la guerre (…) la famille avait, à tout hasard, fait construire un abri anti-atomique pour stocker ses vins au début des années 80, quand la coalition socialo-communiste menée par François Mitterrand avait remporté les élections. »


Les Journalistes du Vin reçus au Château :

 

« B reconnut quelques journalistes à leur air confit du contentement de soi et à leur satisfaction visible de côtoyer ceux qui comptent. Leur complaisance servile, une certaine façon de pencher la tête en voûtant légèrement les épaules, leurs rires appuyés, les trahissaient sans erreur possible. Le temps d’un dîner, les seigneurs du vin prétendaient les traiter en égal. Par intérêt économique, parce qu’ils savaient qu’un jour ou l’autre un bon article paierait leurs faux-semblants. Mais ils les recevaient par pure nécessité et non sans un certain mépris. D’où le rôle crucial des attachées de presse : auprès d’elles, les journalistes pouvaient à leur tour déverser leur dédain. Tout était prévu, codifié, huilé par l’euphorie douce que donne le bon vin. »

Le Requin, un Prédateur Redoutable, un Vautour : les doux qualificatifs de G qui sonne d’une Galante façon


« Regardez la famille G : le grand-père est descendu de sa montagne natale il y a trente ans avec un petit pécule de maquignon. Depuis ils ont accumulé un patrimoine colossal, une maison de négoce, des vignobles, des châteaux. Tout ça en trente ans. »


« Savez-vous comment les G ont bâti leur fortune ? La récupération des veuves sans descendance, c’était ça la spécialité du père G. Un très bel homme, entre nous soit dit. Difficile de résister à son charme. D’ailleurs, les dames esseulées ne résistaient pas. Il obtenait la gérance des vignobles et attendait patiemment que le temps fasse son œuvre. Une fois la propriétaire au cimetière, il faisait jouer son droit de préemption. Un système d’une simplicité enfantine. Son fiils jean a pris la suite, haut la main. Tout le monde le sait dans la région. Mais personne ne dit rien. Qui n’a pas un cadavre dans son placard ? La loi du plus fort règne dans le vignoble. Et le père G a su s’imposer, par tous les moyens. Prêt à tout pour se faire respecter. Vous ne le saviez pas ? »


« G avait acquis Altus pour une bouchée de pain il y a plus de vingt ans. Un vrai coup de maître, parce que ce vignoble-là c’est un des plus beau du monde. »


« Madame B a hérité de Altus, son nom figurait sur les étiquettes depuis un demi-siècle, tous les répertoires professionnels du Bordelais la présentent comme la propriétaire du château. Voilà qu’i=on découvre tout à coup, sous un montage juridique compliqué que la propriété appartient  en fait à la famille G depuis plus de vingt ans et que madame B n’est qu’un prête-nom doté d’un poste fictif dans un vague conseil d’administration… Ce n’est plus du business, c’est  de la magie, non ? »

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 00:09

 2 femmes en tout et pour tout sur 90 membres, sans compter les 2 présidents, des 2 Comités AOP et IGP vins tout nouvellement nommés en février par arrêté ministériel : c’est beau comme une forme de mépris bien machiste des professionnels de la profession qui ne manquent pas une occasion de se gargariser dans les colloques ou dans les gazettes spécialisées de la montée en puissance des femmes en tant que consommatrices de vin et, bien sûr vigneronnes ou vendeuses de vin.


Je salue donc Mmes Caumette Nathalie, à Autignac (Hérault) et Neisson-Vernant Claudine, au François (Martinique).


Bravo les mecs, scotchés pour certains à leurs strapontins depuis des lustres, vous êtes à la hauteur qui est la vôtre !


Je n’aurais pas l’outrecuidance de désigner certains qui sont présents dans le décret par seul le fait du Prince ou le poids d’organisations nationales qui n’en ont rien à péter du vin si ce n’est que comme une annexe à leur fonds de commerce. Combien de retraités ou d’apparatchiks ? Beaucoup de place étaient libérables pour que des fesses de femmes viennent se poser sur les travées des Comités Nationaux de l’INAO.


Enfin, et je m’en tiendrai là sinon ma plume pourrait déraper dans les PQ : les personnalités qualifiées à la discrétion du Ministre, beaucoup de Gros Culs auraient pu, sans préjudice aucun pour l’avenir des AOP et des IGP, dégager au profit de vigneronnes ou de femmes du vin dont la qualification est reconnue mais sans doute n’ont-elles pas autant d’expérience qu’eux pour cirer les pompes de ceux qui aiment qu’on leur cire avec assiduité, échine courbée et révérence incorporée.


Pour que certains mauvais esprits ne me fassent pas dire ce que je n’ai pas écrit il y a dans cette liste des professionnels compétents et représentatifs qui ne sont pas responsables de la nomination de ceux qui feraient mieux d’aller planter leurs choux ailleurs.


Le titre de cette chronique est inspirée d’un tube tombé dans l’oubli « Mais où sont passées les gazelles » de Lizzy Mercier-Descloux née Martine-Elisabeth Mercier le 16 décembre 1956 à Paris, décédée le 20 avril 2004 à Saint-Florent en Haute-Corse d’un cancer. En 1983, elle accomplit un long périple en Afrique. Partie d'Éthiopie sur les traces d'Arthur Rimbaud, elle finit en Afrique du Sud, alors encore sous le régime de l'Apartheid. Elle s’inspire de la musique de Soweto pour son hit français Mais où sont passées les gazelles ?


« Les gazelles » à la Mothe-Achard Vendée désignait le groupe féminin de danse du patronage, les gars du bourg comme des métairies les avaient surnommées les « gas-oils ». En un demi-siècle pas sûr que les abonnés aux places dans les Comités aient vraiment dépassé ce stade.


alessandro-and-co-036.JPG

- Arrêté du 9 février 2012 portant nomination au comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des eaux-de-vie de l’Institut national de l’origine et de la qualité


1o En qualité de représentants professionnels du secteur de la production

 

M. Angelras (Bernard), à Nîmes (Gard).

M. Baccino (Alain), à Cuers (Var).

M. Biau (Philippe), à Monfaucon (Dordogne).

M. Boesch (Gérard), à Soultzmatt (Haut-Rhin).

M. de Boüard de Laforest (Hubert), à Saint-Emilion (Gironde).

M. Brisebarre (Philippe), à Vouvray (Indre-et-Loire).

Mme. Caumette (Nathalie), à Autignac (Hérault).

M. Cavalier (Jean-Benoît), à Vacquières (Hérault).

M. Cazes (Emmanuel), à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

M. Fabre (Vincent), à Cissac-Médoc (Gironde).

M. Farges (Bernard), à Mauriac (Gironde).

M. Férat (Pascal), à Vertus (Marne).

M. Gachot (Damien), à Corgoloin (Côte-d’Or).

M. Héraud (Stéphane), à Marcillac (Gironde).

M. de Larquier (Jean-Bernard), à Arthenac (Charente-Maritime).

M. Laurendeau (Patrice), à Notre-Dame-d’Allençon (Maine-et-Loire).

M. Parcé (Marc), à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales).

M. Paris (Gilles), à Chiroubles (Rhône).

M. Pastorino (Eric), à Gonfaron (Var).

M. Pellaton (Philippe), à Laudun-l’Ardoise (Gard).

M. Piton (Jean-Louis), à Apt (Vaucluse).

M. Rotier (Alain), à Cadalen (Tarn).

M. Sempe (Jean-Paul), à Bourrouillan (Gers).

M. Vinet (Gérard), à La Haye-Fouassière (Loire-Atlantique).

 

2o En qualité de représentants professionnels du secteur du négoce

 

M. Barillère (Jean-Marie), à Reims (Marne).

M. Castéja (Philippe), au Bouscat (Gironde).

M. Chapoutier (Michel), à Saint-Barthélemy-de-Vals (Drôme).

M. Crouzet (Franck), à Saint-Loubès (Gironde).

M. Delord (Jérôme), à Lannepax (Gers).

M. Gagey (Pierre-Henri), à Beaune (Côte-d’Or).

M. Géré (Vincent), à Echebrune (Charente-Maritime).

M. Heydt-Trimbach (Pierre), à Ribeauvillé (Haut-Rhin).

M. Jacob (Bernard), à Varrains (Maine-et-Loire).

M. Jousset-Drouhin (Frédéric), à Bouze-lès-Beaune (Côte-d’Or).

M. Lavau (Frédéric), à Sablet (Vaucluse).

M. Lefort (Rodolphe), à Basse-Goulaine (Loire-Atlantique).

M. Leizour (Gilles), à Lannion (Côtes-d’Armor).

M. Morillon (Florent), à Chassors (Charente).

M. Schyler (Yann), à Bordeaux (Gironde).

 

3o En qualité de personnalités qualifiées

 

M. Blanchez (Vincent), à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

M. Bronzo (Michel), à Sainte-Anne-du-Castellet (Var).

M. Despey (Jérôme), à Saint-Geniès-des-Mourgues (Hérault).

M. Durup (Jean-Paul), à Irancy (Yonne).

M. Faure-Brac (Philippe), à Paris.

Mme. Neisson-Vernant (Claudine), au François (Martinique).

M. Pauleau (Christian), à Nueil-sur-Layon (Maine-et-Loire).

M. Payon (Cyril), à Béziers (Hérault).

M. Prince (Jérôme), à Beaune (Côte-d’Or).

M. Ribéreau-Gayon (Dominique), à Bordeaux (Gironde).

 

Arrêté du 9 février 2012 portant nomination au comité national des indications géographiques protégées relatives aux vins et aux cidres de l’Institut national de l’origine et de la qualité

 

1o En qualité de représentants professionnels des secteurs de la production, de la  transformation ou du négoce des produits en cause


M. Baux (Jacques), à Taden (Côtes-d’Armor).

M. Birot (Pierre), à Murviel-lès-Béziers (Hérault).

M. Bou (Christophe), à Saint-Sulpice (Tarn).

M. Bougrier (Noël), à Onzain (Loir-et-Cher).

M. Calmette (Boris), à Fabrègues (Hérault).

M. Carrère (Michel), à Toulouse (Haute-Garonne).

M. Carretier (Denis), à Olonzac (Hérault).

M. Champetier (Pierre), à Labeaume (Ardèche).

M. Defrances (Michel), à Caussens (Gers).

M. Delaunay (Laurent), à L’Etang-Vergy (Côte-d’Or).

M. Floutier (Jean-Marc), à Savignargues (Gard).

M. Gally (Gilles), à Juvignac (Hérault).

M. Girard (Bertrand), à Cognac (Charente).

M. Hérissé (Joël), à Bourgneuf-en-Retz (Loire-Atlantique).

M. Issaly (Michel), à Gaillac (Tarn).

M. Maffre (Etienne), à Goult (Vaucluse).

M. Malinowski (Franck), à Sèvres (Hauts-de-Seine).

M. Moreno (René), à Montagnac (Hérault).

M. Musellec (Philippe), à Saint-Samson (Côtes-d’Armor).

M. Orion (Philippe), à Chantonnay (Vendée).

M. Patti (Salvatore), à Collobrières (Var).

M. Paul (Eric), à Montfort-sur-Argens (Var).

M. Pelletier (Thomas), à Vaux-sur-Aure (Calvados).

M. Poli (Eric), à Linguizzetta (Haute-Corse).

M. Pons (Sébastien), à Aspères (Gard).

M. Praz (Bertrand), à Wettolsheim (Bas-Rhin).

M. Reggio (Olivier), à Marseille (Bouches-du-Rhône).

M. Rolandeau (Denis), à Tillières (Maine-et-Loire).

M. Servage (Michel), à Puichéric (Aude).

M. Simonou (Olivier), à Nîmes (Gard).

M. Taillades (Francis), à Ouveillan (Aude).

M. Verdier (Denis), à Saint-Côme-et-Maruéjols (Gard).

 

2o En qualité de personnalités qualifiées

 

M. Bordereau (Michel), à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).

M. Despey (Jérôme), à Saint-Geniès-des-Mourgues (Hérault).

M. Devic (Bernard), à Caves (Aude).

M. Dubois (Serge), à Sète (Hérault).

M. Escudier (Jean-Louis), à Armissan (Aude).

M. Nadal (Bernard), à Valflaunes (Hérault).

M. Saintout (Dominique), à Bordeaux (Gironde).


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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 07:00

J’étais administrativement veuf, et sauf à entrer dans la clandestinité comme les fous furieux  des BR, il me fallait donner le change à mes chers  collègues italiens. Aller à la morgue, sans préparer le terrain, voir sa femme étiquetée terroriste, et c’était une réalité physique puisqu’une étiquette pendait attachée au gros doigt de pied de Chloé, c’était courir au-devant des pires emmerdements. Lorsque j’appris la nouvelle, très vite, je savais que les enquêteurs ignoraient tout de moi mais s’ils faisaient bien leur boulot ils remonteraient vite jusqu’à moi sans pour autant me localiser dans Rome. Il me fallait les prendre de vitesse et ce pour deux raisons, ma tranquillité future bien sûr, mais surtout je voulais me venger. Les écrabouiller ! Il fallait donc que je puisse repérer les responsables de l’assassinat de Chloé. Je déclenchai donc les grandes orgues en alertant mes chefs de la grande maison. Ma requête fut accueillie avec des hauts cris. « Je n’avais qu’à me démerder… » Alors je sorti les armes lourdes, les orgues de Staline pour que mon pilonnage remonte jusqu’au plus haut niveau  de l’Etat. La mère de Chloé, en dépit de sa réelle douleur, fut pour moi une alliée de choix auprès de l’entourage du Président Pompe. Le petit fouteur de merde que j’étais fut donc convoqué à l’ambassade, reçu par l’ambassadeur lui-même qui, après un round d’observation courtois, me fit savoir en mots choisis mais lourds, qu’il allait faire le nécessaire auprès des autorités italiennes mais que cette histoire d’infiltration des Brigades Rouges par un policier français ne tenait pas debout. Que c’était saper le prestige de la France. Que j’étais…


-         Vous ignorez sans doute, monsieur l’ambassadeur de France, que j’ai été le conseiller écouté d’Albin Chalandon et que j’ai été  un des grands pourvoyeurs de fonds pour l’UDR…


L’homme perdait de sa superbe, fronçait les sourcils, se levait  de  derrière son imposant bureau, alors qu’il m’avait accueilli sans bouger le cul de son fauteuil, le contournait tout en tirant sur ses poignets mousquetaires puis, en joignant les mains, et venait s’assoir dans le fauteuil visiteur placé à côté du mien. En bon diplomate il pensait m’amadouer en rectifiant par petites touches ses propos inappropriés comme les relations de certains grands de ce monde. Je le laissais s’avancer, patauger s’enferrer sans mot dire avant de me lancer moi-même dans un discours onctueux tel un chanoine cherchant les faveurs d’une adolescente gironde. Loin de lui tenir rigueur de son accueil désinvolte, de ses propos peu amènes, je le félicitais de sa méthode que je qualifiais d’efficace pour tester son interlocuteur. J’appréciais, lui dis-je, qu’il ne se soit pas laissé aller à la flagornerie eu égard à mes appuis. En me présentant comme un homme d’influence, j’endossais un statut qui lui allait mieux que celui du petit flic minable qu’il faut tirer de la panade. Ce que je recherchais par cette manœuvre pas très subtile, mais qui se révéla efficace, c’est que ce cher homme fasse jouer ses relations mondaines plutôt que d’user des voies officielles. Il me retint à déjeuner. Le premier secrétaire et l’attaché militaire étaient présents ce qui me permit de briller en étalant ma parfaite connaissance des mouvements révolutionnaires. Je venais de gagner la première manche.


Alors que j’en terminais de mon labeur quotidien Jasmine faisait irruption dans mon bureau et agitait devant mon nez un article du Monde qu’elle venait d’imprimer. « Lis-moi ça mon amour, je suis que ça va te plaire… elles sont géniales les deux nanas : Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin»


(...) Nicolas Sarkozy sait depuis longtemps que Dominique est un séducteur. Lui-même ne dédaigne pas les tentations qu'offre le pouvoir. Mais il est étonné de ses manières expéditives, de cette façon qu'il a de ne prendre aucun détour pour s'attacher les faveurs d'une femme tout juste rencontrée. Une chose l'intrigue encore davantage : son imprudence, voire son étrange goût du risque. Il l'a compris d'emblée : lorsqu'il s'agit de femmes, même la politique n'a plus d'importance pour Dominique.

 

Il se souvient encore de ce premier débat télévisé qui les a opposés à quelques mois de la présidentielle de 1995. Derrière Nicolas Sarkozy, la jeune attachée de presse blonde du maire de Neuilly s'était assise juste dans le champ de vision de DSK. Pendant toute la durée de leurs échanges, Strauss-Kahn a répondu à Sarkozy en la fixant dans les yeux. Les mois suivants, alors qu'elle travaillait pour la campagne d'Edouard Balladur, la jeune fille a reçu des dizaines de textos insistants. Au siège de la campagne, la garde rapprochée de Sarkozy entend encore les rires qui s'échangeaient à chacun de ces SMS compulsifs.


Autant dire qu'il le connaît, ce Français qu'il envoie à Washington ! Et mieux encore depuis qu'il est passé par le ministère de l'intérieur, où il a pris l'habitude de marcher comme un flic, épaules rentrées, mâchoires fermées, de parler, de rire et d'applaudir aux mêmes blagues salaces que les policiers. Quel meilleur endroit que la place Beauvau pour se lancer dans une course électorale ? De ses adversaires, en effet, on voit tout, on sait tout. Pas un rapport qui reste dans l'ombre, pas une note blanche ou bleue qui vous échappe.


Au cabinet de Sarkozy, on sait donc que, lorsqu'il se rend aux Chandelles link, un club libertin au centre de Paris, DSK abandonne sa voiture à quelques mètres, au rond-point, plutôt que de se garer dans la rue Thérèse, trop étroite. Qu'il ne se cache pas pour se rendre à l'Overside link, cet autre club échangiste de la rue du Cherche-Midi. On connaît aussi des affaires plus ennuyeuses, survenues au bois de Boulogne, au cœur du 16e arrondissement, dans les circonscriptions tenues par deux élus UMP, Pierre-Christian Taittinger et Bernard Debré.


Mais voilà qu'à l'hiver 2006-2007, c'est un deuxième incident, plus grave, qui est remonté jusqu'à la place Beauvau. Un policier est tombé, dans la nuit, sur plusieurs voitures arrêtées, non pas au bord mais au milieu de la chaussée, dans une des allées du bois. Si on en croit la buée qui voile les vitres, les occupants sont nombreux. Le policier tape à la fenêtre de l'une des voitures, une portière s'ouvre. Parmi les occupants, Dominique Strauss-Kahn. Y a-t-il eu une note écrite détruite plus tard à la broyeuse ? Un simple récit a-t-il suffi ? Une chose est sûre : lorsqu’Alain Gardère - patron de la sécurité publique parisienne - (...) retrace le récit devant le ministre et son directeur de cabinet, Claude Guéant, Sarkozy rit à gorge déployée, sans pouvoir s'arrêter (...).


- Lorsqu'il le reçoit avant son départ au FMI, à l'été 2007 -, le président n'aborde évidemment pas " l'affaire " secrète qui l'avait tant fait rire quelques mois plus tôt. Alors que la nomination de DSK au FMI semblait bien engagée, Nicolas Sarkozy a d'ailleurs renouvelé ses consignes de silence à Guéant, Gardère et au nouveau préfet de police de Paris, Michel Gaudin : " Il va sans doute avoir le FMI. On garde ça pour nous, hein ? " Loin d'accabler le socialiste, il choisit de protéger sa réputation.

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