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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été du Taulier (5) : Ce n’est pas parce que l’homme a soif d’amour qu’il doit se jeter sur la première gourde…

Décrire mon état avec Émilia à mon bras relèverait du même défi que de demander à un Henri Guaino de faire preuve, une seule seconde, d’une once de modestie. Je flottais dans les éthers puissants d’un monde où de petits vieux bedonnants trimballent à leurs côtés de jeunes beautés. Notre entrée dans la salle du restaurant ne passa pas inaperçue, le ton des conversations baissa, les fourchettes se suspendirent, les regards envieux des messieurs, et ceux moins charitables de ces dames, nous entourèrent. Crinière au vent notre hôte se propulsa vers nous, surpris, il marqua un temps d’arrêt face à Émilia, se ressaisit pour effectuer un baisemain emprunté avant de me serrer la louche « Très heureux de vous recevoir en si bonne compagnie cher monsieur Tarpon…

 

- Les affaires sont les affaires, je ne suis pas très porté sur les mondanités…

 

Ma saillie ajouta au malaise de notre hôte qui s’attendait à tout sauf à voir arriver dans son petit jeu une locale de l’étape. Nous nous installâmes après les présentations croisées. De suite on nous servit du Krug millésimé. J’avais décidé de me réfugier dans un mutisme souriant. Ce que je fis avec une componction qui m'étonna. Je hochais la tête, me me contentant de lâcher que quelques vagues banalités ponctués  d'onomatopées. Notre hôte épandait le miel à  grandes louches mais s'épuisait face à mes minauderies. J'avais décidé de laisser la main à Émilia, qu'elle soit à la manœuvre. Ce qu’elle fit avec humour et brio. Nous ne nous étions pas concertés mais mon intuition me suggérait que c’était le parti le plus déstabilisateur pour notre homme aux mille facettes. Le pauvre ramait comme un galérien sans pouvoir se défaire des fers que nous venions de lui passer. Sa compagne ne comprenait rien au film et tentait d’amener Émilia sur des terrains futiles, en vain. Afin d’ajouter à la confusion je ne sortais de mon silence que pour elle. Je lui citais dans un désordre étudié : Onfray, Zemmour, BHL, Guaino, Lucchini… avant de placer, avec une fraîcheur d’enfant de chœur, ma belle proximité avec Isabelle Supportable

 

Un très long blanc suivi cette annonce cataclysmique, accompagné d’un rouge écrevisse flamboyant pour lui, de stupeur et tremblements pour elle, une séquence à la Woody Allen du genre « Quand j'écoute trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne. » Il me fallait pousser plus loin mon avantage, je plaçais alors plus qu’une banderille, une quasi-estocade « vous le savez mieux que moi, tout homme a son prix pour lequel il se vend

 

La tension était palpable, notre hôte ne pouvait que réfréner sa fureur intérieure, l’heure n’était pas aux esclandres. Émilia me lançait un clin d’œil pour me signifier qu’il me fallait revenir à plus d’urbanité. Ce que je fis en levant mon verre pour porter un toast. Jusqu’à cet instant je n’avais pas encore trempé mes lèvres dans le château La Cloche, dont j’ignorais le millésime puisqu’il nous avait été servi en carafe. Nous en étions au lièvre à la Royale façon Joël Reblochon.

 

En fait, plus qu’un toast, je me fendis d’un petit discours mezzo voce afin de me pas ameuter la clientèle  huppée :

 

« Ce n’est pas parce que l’homme a soif d’amour qu’il doit se jeter sur la première gourde… plaisantait à juste raison le regretté Pierre Desproges. Je reprends à mon compte cette image appliquée à la vérité. Les vérités devrais-je dire, je m'éclaircicait la voix avant de poursuivre :

 

Certes « toutes ne sont pas bonnes à dire » mais les autres, « en plus grand nombre, ne sont pas meilleures à entendre… »

 

Je me gardais bien de signaler que je paraphrasais là Léon Bloy. Mon chapelet de citations n’avait d’autres fonctions que d’embrouiller le poisson, de lui donner le tournis, de faire en sorte qu’il ne sache plus si c’était du lard ou du cochon, foi de Tarpon !

 

Émilia était aux anges, nos hôtes proches de l'Enfer...

 

Afin de parachever mon œuvre, pour la chute, je fis dans l’autodérision érudite en plaçant une vacherie de ce salonnard de Paul Morand « Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes…»

 

Suite à cet acte de bravoure, certes sans queue ni tête mais avec beaucoup de corps comme le disent les grands amateurs de vin, je portais mon verre à mes lèvres, par la rondelle du pied, tel un calice, avec religiosité, bus à petites lampées, le nectar des stars. Simulant une forme d'épectase dégustative je déposais mon verre avec grâce et me rasseyais en levant les yeux au ciel.

 

Émilia en profita pour lancer la conversation sur la douloureuse retraite de Bob Parker, l'essor du consulting mondialisé, les affres du classement... Ainsi je pus me replonger dans mon abîme de silence que je déchirais de temps à autre, pour bien montrer à notre hôte toute l’étendue de ma perspicacité, en plaçant des scuds très affutés.

 

Pour ceux que la relation de ce dîner rendrait perplexes je me dois de leur avouer que, moi-même, je serais bien incapable de justifier ma méthode. En avais-je une d’ailleurs? Au risque de vous étonner la réponse est assurément oui. Quand on ignore le fond de la pensée de son interlocuteur on se contente de semer le doute en espérant qu’il produira des fruits.

 

Même le Roundup ne viendrait pas à bout des graines d’adventices que je venais de balancer !

 

Nous prîmes congés. Auparavant j'avais réclamé l'addition en dépit des protestations de notre hôte. Mon dernier scud le cloua au sol définitivement : « Il est hors de question que je laisse ce festin à votre charge, les conflits d'intérêts ne sont pas ma tasse  de thé. Je ne mélange jamais les genres, ici je ne suis pas votre obligé mais un privé sous contrat...»

 

Émilia contenait avec peine un fou-rire qu'elle laissa éclater sitôt que nous fûmes sortis.

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été du Taulier (4) : « Tarpon tu as une table réservée pour dîner au Logis de la Caserne…

La manœuvre était à hauts risques mais comme j’étais le dos au mur il me fallait aller jusqu’au bout de ma provocation. Tout en contemplant la brindille anorexique suçant sa glace, à petits coups de langue vipérine, je composais le numéro du portable de ma mère que je n’avais jamais utilisé jusqu’ici.

 

Elle décrocha très vite. La voix était sèche :

« Allo, à qui ai-je l’honneur ?

 

- Eugène Tarpon le fruit chéri de ta chair…

 

Le blanc qui suivi me parut interminable. Un raclement de gorge l’interrompit, suivi d’une interrogation balbutiée « … Que veux-tu ?

 

- Que tu me rendes un service ?

 

- Tu es où ?

 

- À Saint-Émilion…

 

- Que fais-tu à Saint-Émilion ?

 

- Je mange une glace vanille-chocolat…

 

- Épargnes-moi ton humour de potache sinon je raccroche !

 

- Tu es coutumière de ce genre de fuite ma chère mère…

 

- Je te l’accorde. Que veux-tu ?

 

- Que tu m’accompagnes à dîner ce soir au Logis de la Caserne !

 

- C’est hors de question…

 

- Pourquoi ?

 

- Je ne mettrai jamais les pieds dans ce restaurant…

 

- Le propriétaire n’est pas dans tes petits papiers ?

 

- Oui c’est un cuistre et un arriviste…

 

- C’est un bon point pour toi mais il ne reste pas moins vrai que tu devrais faire un effort pour moi. Tu me dois bien ça.

 

- Je te l’accorde.

 

- Alors force-toi.

 

- Non, mais j’ai une proposition qui va te satisfaire : la fille de mon mari sera ravie de t’accompagner.

 

- Pourquoi ?

 

- Elle te lit tous les jours sur Face de Bouc…

 

- En voilà une bonne nouvelle. J’ignorais son existence.

 

- C’est Émilia.

 

- Beau prénom, elle a quel âge ?

 

- 35 ans, célibataire, une beauté !

 

- Je vais être intimidé.

 

- Ça m’étonnerait. J’ai à faire. Je la préviens et elle te rejoint pour 21 heures je suppose…

 

- Oui, merci beaucoup.

 

Elle avait raccroché. Tout à trac j’ai balancé sur un ton sans appel à ma communicante, déjà passablement éberluée par le bout de conversation qu’elle venait de capter, « Emmenez-moi à Bordeaux avec votre scooter, il faut que je m’achète un costard, une chemise et des pompes ! »

 

Bordeaux est une belle ville, le Alain s'est décarcassé.

 

Comme pour lui rendre hommage, en attendant de voter pour lui aux Primaires de l'ex-UMP pour faire la nique au petit ex, je me suis sapé à la manière d’un Alain Juppé post-moderne, une décontraction étudiée, sans ostentation, l’anti-bling bling. Dans mon costume gris souris de belle coupe, chemise blanche ouverte en coton égyptien, j’étais présentable, quoiqu’un peu engoncé, les grolles, des Richelieu black, me serraient un peu les pieds, mais ce n’étaient là que de tous petits désagréments au regard de l’angoisse qui m’étreignait en attendant Émilia.

 

Du côté fille, surtout les belles, j'étais très au-dessous du niveau de la mer - j'sais Tarpon, un nom de poisson - au degré zéro quoi. Jamais osé les trop belles pour moi, j'suis pas Depardieu moi pour m'attaquer à la face Nord de Carole Bouquet ! Mon expérience se résumait à la drague laborieuse de gros boudins de campagne dans des boîtes pourries. Je ruminais. Qu'allais-je lui dire ? Comment allais-je me présenter? T'es con, elle sait qui tu es ! Calme-toi sinon tu vas ressembler à une serpillière. Je me dandinais, avais une folle envie de me tirer. Fumer ! Non, t'as déjà l'air vulgaire alors n'en rajoute pas mon coco. Bouger. Je me mis à faire les cents pas d'un air le plus dégagé possible. 

 

Ponctuelle, elle arriva quelques secondes avant l’heure. Le doute n’était pas permis c’était bien elle cette haute et belle tige en ballerines noire vernies qui s’avançait vers moi d’un pas fluide, aérien, un léger sourire aux lèvres, vêtue d’une robe légère noire  à pois blancs qui laissait de l’ampleur à ses longs compas. Elle me tendit une main aux doigts fins et déliés avec de beaux ongles carminés, que je secouai avec conviction. J’étais au bord de l’asphyxie. Puis, d'une voix rieuse, elle me dit :  « Allez, faisons nous la bise, nous sommes un peu frère et soeur d'une certaine manière...

 

Elle me claquait deux bises. Avec l'énergie d'un quasi-noyé qui espère encore être sauvé j'en déposai gauchement qu'une sur sa joue droite. 

 

Cramoisi le Tarpon, incapable de la moindre initiative, figé comme une statue de sel, en attrition, mais Émilia le sauva : « Vous êtes sapé à la Alain Juppé, le pull sur les épaules en moins. Très bon point mon cher Eugène...

 

Elle me vouvoyait, ça me décoinçait. Je m'animais.

 

Émilia  glissa sa main sous mon bras et nous nous ébranlâmes. Elle me chuchota :

 

« Disons-leur que nous sommes fiancés ! »

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été du Taulier (3) : de gros engins épandaient sur les vignes des nuages aux fragrances acides

L’effet de surprise passé, et malgré l'heure tardive, mon vœu fut rapidement exhaussé par Pierre Luron. Un des ouvriers du chai du château Âne Blanc possédait une superbe mobylette bleue, siège biplace, moteur débridé, un petit bijou. Il se ferait un plaisir de me la prêter. 

 

Après une bonne nuit dans une superbe chambre d’un château mythique, et un petit déjeuner copieux, en forme olympique je pris la route sur ma mobylette bleue siège biplace, au petit bonheur la chance. Il faisait beau, de gros engins épandaient sur les vignes des nuages aux fragrances acides. Je nouais un large mouchoir sur le bas de mon visage. Les routes étaient étroites, je croisais deux mondes : celui de messieurs et madames tout le monde dans des voitures de monsieur et madame tout le monde et celui des grosses cylindrées des maîtres de la contrée et de ceux qui venaient les visiter.

 

Mon but inavoué : le château La Cloche pour y faire toc, toc, qui qu'est là à la porte , ce n'est pas la Charlotte et demander au maître de chai que l’on fasse carillonner, rien que pour moi, à l’heure de l’Angélus bien sûr, les deux gros bourdons et le carillon de 18 cloches.

 

Après avoir tournicoté, je me présenterais enfin au portail, nu-pieds, vêtu d’une simple robe de bure que m’avait prêté François Des Lices, comme un saint homme sur le chemin de Compostelle, et rappellerais que la prière de l’Angelus tire son nom des premiers mots de la prière en latin : Angelus Domini nuntiavit Mariae, «L’Ange du Seigneur annonça à Marie», coutume établie dans les monastères franciscains, encouragée par saint Antoine de Padoue, de réciter trois Ave Maria après l’office du soir et codifiée par un décret du roi Louis XI en 1472. Cette prière est récitée trois fois par jour, à l’aube, à midi et le soir, au son des cloches.

 

Mon beau plan dérapa sur une chargée de com junior circulant sur un scooter rose bonbon qui, après m’avoir doublé, cheveux au vent, donc sans casque, m’attendait au carrefour suivant. Maigre comme un coucou, montée sur des échasses Lauboutin, sourire carnassier, ongles carminés, slim déchiré aux genoux, elle n’y alla par 4 chemins « Tarpon tu as une table réservée pour dîner au Logis de la Caserne…

 

- Avec qui ?

 

- Tu verras bien mon gros, du lourd bien sûr !

 

- J’espère que ton beau cendré viendra en bottes avec son petit sécateur… suis très sentimental…

 

- Très drôle !

 

- Envoie de suite un petit message à ton maître !

 

- Pour quoi faire ?

 

- Lui transmettre mes exigences !

 

- Et puis quoi encore !

 

- Ne discutes pas carpette !

 

- T’es grossier Tarpon !

 

- Ouais c’est ma marque de fabrique. Exécution !

 

Tu lui dit « Accord, mais en couple… »

 

- T’es louf Tarpon !

 

- Oui, j’attends sa réponse…

 

- C’est un homme très occupé…

 

- Remballe ton baratin ma poule je ne suis pas d’humeur à me faire enfumer.

 

- Tu cherches le baston Tarpon ?

 

- Ferme ton claque merde tu me gonfles !

 

Pincée, elle s’exécutait. La réponse ne se fit pas attendre.

 

C’était oui, un oui franc et massif !

 

La communicante étique en fut toute bouleversifiée. Bon Prince, afin d’atténuer ma grossièreté, je lui proposais d’aller sucer une glace au village. Surprise, retrouvant un semblant de sourire, elle acceptait. Pour ne rien vous cacher, sachant que ces petites communicantes Twittaient comme elles respiraient, je faisais du marketing viral. J’allais, grâce à elle, être géo-localisé, repéré sur Instagram, toute la place de Bordeaux allait bruir de mon insolite présence en ce village plein de bruits et de rumeurs.

 

Restait pour moi à me trouver une dame à la hauteur pour m’accompagner à ce dîner au Logis de la Caserne. Mon carnet d’adresses étant aussi mince que la taille de la communicante junior je commençais à baliser lorsqu’une idée, aussi sotte que grenue, se mit à tourner dans ma tête.

 

Gouverner, c'est choisir proclamait Mendès-France.

 

Illico ma décision fut prise :

 

« Et si je demandais à mon absentéiste de mère, épouse du propriétaire du château Mandigot ? »

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été du Taulier (2) : « c’est à bouar ou à laisser » voulait m’engager…

L’échange avec « c’est à bouar ou à laisser » fut intense et dense mais je ne réussis pas à lui tirer le moindre vers du nez. Mon interlocuteur était retord, vicieux, il voulait m’engager à moindre frais. Pour le déstabiliser je lui fis une proposition malhonnête qui lui coupa l’herbe sous le pied pendant de longues minutes : « j’acceptais sa proposition à la seule et unique condition de travailler gratos. »

 

- Pourquoi ?

 

-  Pour rien !

 

- Je ne comprends pas…

 

- Ne cherchez pas à comprendre mais topez de suite sinon je vous vire !

 

Nouveau silence radio, puis tombait un « c’est d’accord… »

 

- Très bien mais avant que je lance mon enquête vous devez me faire parvenir un dossier complet sur la baronne des Sables de Sainte Emilion…

 

- Je veux savoir comment vous allez procéder !

 

- Vous n’avez rien à vouloir, c’est mon affaire…

 

- Vous ne manquez pas d’air !

 

- Normal, Tarpon c’est un nom de poisson…

 

« C’est à bouar ou à laisser » capitula en rase campagne. Je passai mon après-midi à faire la sieste. Fallait que je sois en forme pour faire bonne impression à ma banquière. Nous dinâmes japonais, rue Sainte-Anne, et nous finîmes dans son lit, face à la Seine, elle créchait dans une tour du XVe, au 28e étage, où je me révélais au-dessous du niveau de la mer. Normal, Tarpon, un nom de poisson…

 

Le lendemain matin dans le TGV Paris-Libourne j’étais frais comme une limande de supermarché délaissée par les ménagères de plus de 50 ans, l’œil vitreux, la bouche pâteuse et de brutales envies de pisser. Au bar, où je me rinçais à l’eau minérale, une conversation, de deux greluches sapées court et moulé, captait mon attention. Il y était question du propriétaire du château la Cloche, plus précisément de sa nouvelle moitié, «d’une vulgarité à décoiffer les adeptes les plus chics du Ferret» (sic) je cite. S’en suivait une revue d’effectifs complète sur un phénomène qui semblait fort répandu sur le terroir d’exception où je me rendais : « la seconde épouse des propriétaires en retour d’âge ». Passionnant ! J’emmagasinais dans ma petite tête le fruit de ce name dropping ferroviaire émanant de deux nanas informées et connectées.

 

En découvrant la gare de Libourne mon seul qualificatif fut : minable ! En la matière je suis un grand expert. Aucun taxi à l’horizon, je restais un moment planté comme un cierge de Pâques sur le parking dans l’espoir d’en voir s’en pointer un. Comme une envie de foutre le camp, je hais la province, les routes départementales, les prés, les vaches, les veaux, les cochons et les couvées, j'ai un côté Jean Yanne très prononcé.

 

- Monsieur Tarpon vous attendez quelqu’un ?

 

La voix m’interpellant provenait d’un type, avec des Ray Ban sur le front, assis au volant d’un gros 4x4 teuton noir. Je m’approchai :

 

-  Bonjour monsieur, vous me connaissez ?

 

- Bien sûr que oui je vous suis sûr Face de Bouc. J’aime bien votre style…

 

- Merci !

 

- Jean-Luc Boisduvin, garagiste… Qu’est-ce qui vous amène dans notre beau pays monsieur Tarpon ?

 

Le gus avait une bonne bouille sympa, des yeux rieurs, et une tenue décontractée, je n’avais aucune raison de jouer les mijaurées. Bien au contraire il me fallait saisir l’occasion. J’étalais ma science vineuse : « très heureux de faire la connaissance de l’érecteur du château Vadanleau… »

 

- Toujours le mot qui fait mouche monsieur Tarpon !

 

- Appelez-moi Eugène !

 

- Et vous Jean-Luc… Je rentre à Saint-Émilion, je peux vous poser à votre destination…

 

- C’est très aimable à vous mais, pour ne rien vous cacher, je ne sais pas très bien où aller…

 

- … et si nous allions discuter de tout cela autour d’un verre ?

 

- Avec plaisir mais je vous préviens, Jean-Luc, je n’ai pas un palais très raffiné…

 

- Faites comme-ci, jouez la comédie, ici c’est le bal des faux-culs…

 

Dans la bourgade pleine de belles pierres, de pavés, de hordes de retraités drivés par des nénettes bien gaulées, Jean-Luc s’arrêtait tous les 3 mètres pour serrer des pinces mâles locales et me présenter d’un «Eugène Tarpon, un nom de poisson… ». Poilant le Jean-Luc, mais comme arrivée discrète faudrait que je repasse, d’ici à ce soir j’allais faire l’objet des conversations du tout Saint-Émilion des châteaux.

 

Nous atterrîmes enfin à «L’Endroit du décor» chez l’aubergiste poète François Des Lices. Jovial, disert, accueillant, sous les charmilles, il déflora toute une floppée de belles quilles. Le téléphone arabe, aussi efficace que le télégraphe Chappe à Austerlitz, draina la fine fleur du cru. En moins de temps qu’il faut pour dire une messe basse je me retrouvais au centre d’une tablée des plus belles gorges profondes des GCC hauts perchés ; pas la piétaille. Tels des chiens truffiers ils avaient repéré le bon client. Nous dînames jusqu'à une heure fort avancée. Sans que j’eusse à lever le petit doigt je me retrouvais logé en un lieu prestigieux que je tiendrai secret. Sur les hauteurs, disons…

 

Ces messieurs ne se firent pas prier pour dévider la cotriade des vacheries les plus savoureuses et les plus croustillantes circulant à propos d’untel ou d’une telle. J’enrichissais mon vocabulaire. Bizarrement aucune allusion ne fut faite à la baronne des Sables de Sainte Émilion. Un peu parano, et surtout flottant dans des vapeurs alcoolisées, je commençais à me demander si je n’étais pas en train de tomber dans un coup fourré. Au dessert, en sirotant un Yquem de je ne sais quel vieux millésime, je lançais à la cantonade : « l’un d’entre vous pourrait-il me prêter une mobylette ? »

 

Loin de les désarçonner, ma demande incongrue trouva un écho favorable...

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été Taulier (1) : qui couche avec la baronne des Sables de Sainte Émilion ?

Agrafé tout de traviole sur la porte de mon 5e sans ascenseur de l’Impasse du marché aux chevaux, dans le 5e arrondissement, un bristol tout jauni indiquait sans équivoque à la chalandise ma raison sociale : Eugène Tarpon Jr, privé.

 

Faut avouer que le chaland ne se bousculait pas dans mon 10 m2 sur cour vu qu’en bas, sur la rue qu’est une impasse, y’avait pas la moindre plaque de cuivre à mon nom et profession, car le syndic de la copropriété, un gros véreux, me l’avait refusé pour un beau paquet de raisons, dont une m’avait scié à la base : « je n’avais pas la gueule de l’emploi. »

 

Et pourtant, « bon sang ne saurait mentir » pensais-je sur le coup, Eugène Tarpon mon père, Tarpon un nom de poisson, eut son heure de gloire dans la Série Noire de Gallimard avant de prendre la gueule de Jean-François Balmer au ciné. Pandore déchu pour avoir envoyé ad patres un plouc breton déversant son fumier sur la chaussée, poivrot invétéré, quand il était beurré à point comme un petit LU, sur le bord de mon lit, il marmonnait que j’étais le fils d’une mère maquerelle et que j’étais né un matin au 5 bis de la rue de la Grange aux Belles près du Canal Saint-Martin.

 

Délire d’ivrogne, ma mère infirmière-chef à l’hôpital Beaujon s’était tirée vite fait mal fait avec un jeune interne boutonneux qu’était parti s’installer comme toubib du côté de Bordeaux où sa famille possédait un château pissant du pinard, un GCC qu’y disaient les canards à pinard. Vu que ma génitrice me laissa tomber comme un baluchon de linge sale, il est vrai que je faisais alors encore pipi au lit, le pauvre hère qui me servait de père m’a lourdé. Destination immédiate : ma grand-mère paternelle, bretonne de son état, baignant dans l’eau bénite, empileuse de sardines à l’huile en usine à Saint-Guénolé.

 

Qu’est-ce que je me suis fait chier à Saint-Guénolé ! Même que j’ai été enfant de chœur pendant un paquet d’années. Mémé sentait l’huile d’arachide et ronflait comme un sonneur de biniou. J’étais tout boulot car la mémé me gavait comme une oie. Mon teint rougeaud avec des petits yeux de goret et des cheveux tout filasse, mes courtes pattes et mes doigts potelés, mes frusques miteuses, m’handicapaient grandement auprès des filles. Je me rattrapais en les faisant rigoler. Du bagout j’en avais, mémé disait que je tenais ça de ma salope de mère, ce qui me ravissait : pour une fois qu’elle m’avait donné quelque chose celle-là. Quand je poussais le bouchon trop loin mémé me calmait d’un beau revers de main. Des torgnoles j’en ai reçu, pas trop tout de même car je me rebiffais en menaçant la grand-mère de la dénoncer au curé.

 

J’ai toujours été un ramenard un peu flemmard. De mon père le seul truc que j’ai reçu en héritage c’est un goût très prononcé pour me foutre dans la merde et d’y patauger. Quand mémé a passé l’arme à gauche mon pater m’a flanqué en pension mais, comme y pouvait plus payer, les curés m’ont viré. C’est alors qu’au lieu de rentrer à Paris j’ai pris la route avec mon baluchon. La suite de ma courte histoire de routard ne présente guère d’intérêt, j’ai tout fait et j’ai rien fait, avant de me retrouver dans mon 5e sans ascenseur, Impasse du marché aux chevaux dans le 5e arrondissement. Ma seule passion c’était les livres. M’en goinfrait. J’en volais. Carburer à l’imprimé me permettait d’exister. Je bouffais de tout mais, quand ça me tombait sous la main, je bouffais bien.

 

Chez moi, la limite entre ce qu’on appelle la vie, celle que tu vis, et celle que je forniquais dans ma tête, a toujours été floue. Autour de moi, surtout mes employeurs car j’ai même eu peu de gonzesses dans ma vie, on disait que j’étais toujours à côté de mes pompes, alors que ce qui me trottait dans la tête depuis longtemps c’était de mettre mes grôles dans celles de mon père. Les jours de déprime, je me trouvais prétentieux et velléitaire, mon père, aussi pochard qu’il fut, avait su se glisser dans les lignes d’un héros romanesque. Alors pour remonter à la surface je me plongeais dans mes livres jusqu’à plus soif. Moral revenu au beau fixe je me lovais à nouveau dans la peau d’Eugène Tarpon qu’avait eu la bonne idée de me donner le même prénom que lui.

 

Et puis, un beau jour, tout a basculé sans que j’y sois pour grand-chose. Ça m’est tombé dessus. À l’époque je vivais en pavillon avec une veuve beaucoup plus âgée que moi tout en végétant comme vigile au Carrouf de Pontault-Combault. Tous les soirs je rentrais chez elle, la bicoque était à elle, comme un âne qui recule. La retrouver, son gros cul posé sur le canapé, face à sa télé, me déprimait. Y’avait jamais rien à bouffer. Par bonheur elle s’endormait devant sa télé ce qui me dispensait de la sauter. Le plus souvent je retardais l’échéance, au café des Sports, à coup de petits jaunes. La bande de bois-sans-soif avec qui j’étayais le zinc jouaient à tout ce qui pouvait se jouer. Moi pas car, comme la chance et moi ne faisions pas très bon ménage, je préférais m’abstenir. Et puis un vendredi soir, alors que j’en avais fini avec mes jaunes, suis allé pisser avant de m’en aller. Dans les chiottes, sur le dévidoir de PQ y’avait un formulaire de l’Euro-Millions. Il était rempli, un gars devait l’avoir oublié. Je l’ai glissé machinalement dans ma poche de veste. En tirant la chasse je me suis mis à gamberger, l’aspiration rauque du siphon me précipitait dans le vide de ma vie.

 

En me rebraguettant je gueulais « Putain de merde, ducon bouges-toi les fesses ! » Tous ces gros cons alignés en rang d’oignons face à la caisse pour jouer me renvoyaient ma sale image à la gueule. Foutu, t’es foutu mec. Je fulminais. Péter un câble me pendait au nez. Fallait que je fasse sauter la soupape ! C’est Simone, la femme du patron, qu’est bien roulée mais qu’a la tronche de travers, qui m’a dégoupillé en m’étalant un beau sourire. Ça m’a donné envie. Simone m’envoyait des pleins phares. J’ai triqué. J’ai joué. J’ai gagné.

 

Direction Paris, non pas pour mener la grande vie mais pour m’installer dans mon bureau miteux au 5e sans ascenseur, Impasse du marché aux chevaux dans le 5e arrondissement. Mon pognon je l’ai tout mis sur un compte non rémunéré à la Caisse d’Épargne. Pas question d’y toucher. Pour m’installer j’ai pioché dans mes maigres économies. C’était une question d’honneur vis-à-vis des mannes de mon vioque. J’allais relever le défi, le réhabiliter lui qui avait fini à l’hospice. Mes débuts furent calamiteux, un seul client qui me refila un chèque en bois. Têtu je m’accrochais en campant dans mon bureau, bouffant des sardines à l’huile, en souvenir de la grand-mère, et du camembert. Faut être aussi con que moi pour vivre comme un mendigot alors que j’avais un gros magot qui roupillait sur un compte.

 

La chance ne sourit pas qu’aux audacieux mais aussi aux merdouilleux dans mon genre. Pour faire mes filoches je m’étais acheté un vélo d’occasion, un Raymond Poulidor violet. Ça allait bien à mon état de looser. Je pédalais dans Paris, surtout la nuit. C’est ainsi que je me suis retrouvé un soir dans un bar, une cantine d’altitude tenue par des filles bien roulées. Elles m’ont déniaisé, mentalement j’entends. Au début, leurs vins qui puaient me ramenaient à la Bretagne et son lisier de gorets. Et puis je m’y suis fait. Ça m’a même guérit des petits jaunes. J’étais chez elles, dixit le gros Mao variqueux, comme un poisson dans l’eau. Reines d’la com qu’elles étaient, l’m’ont filé le virus : j’ai acheté un vieux Mac, un ordinateur quoi, et me suis torché un profil Face de Bouc aux petits oignons. Addiction radicale !

 

Le démarrage fut du genre diesel, poussif, besogneux, les amis ne se bousculaient pas au portillon. Scotché à mon écran je guettais le moindre frémissement. Rien, morne plaine, peine perdue, sur la Toile je n’existais pas. Alors je me suis mis à poster les photos des boutanches de vin nature, les vins à poils que j’éclusais, en dézinguant les Grands Crus Bordelais. Vengeance rance à l’égard du château Mandigot que ma très chère mère menait d’une main de fer car son époux avait d’autres chats à fouetter. Je retrouvais ma verve de gamin. Faut dire que dans le marigot de Bordeaux le matériau était de choix, un vrai bouillon de culture. Eugène Tarpon Jr, privé attira sur son mur la fine fleur des mouches à merde tourbillonnant autour des crus. J’en profitai pour aller mettre mon tarin dans tous les bons coups de la profession. Ma surface médiatique croissait.

 

Tout ça était bel et beau mais pour ce qui était des clients, Nada !

 

Au tout début août, étant à sec, je m’apprêtais à déclencher le Plan Orsec. L’idée me vint de solliciter un prêt auprès de ma Caisse d’Épargne. Ma conseillère financière, Mlle Durand, qui me harcelait avec constance pour que je place mon magot, me reçut illico. Ma proposition de solliciter un prêt la jeta dans une forme d’attrition ricanante. Elle bafouilla, me jeta des regards suppliants, m’implora. Je lui concédai l’ouverture d’un Livret A en échange d’un prêt de 1000 euros pour assurer mon mois. Son sourire désespéré, alors qu’elle remplissait la montagne de papiers pour le prêt, vainquit mes dernières résistances. Bandant ce qui me restait de courage, tout à trac, je lui déclarai :

 

- Je serais ravi que vous acceptiez de dîner avec moi pour que nous discutions de mes placements…

Elle rougit et me dit oui.

 

Mademoiselle Durand, comme son nom de l’indique pas, était une vietnamienne adoptée par un couple de postiers du Kremlin-Bicêtre. Sans le savoir je venais d’avancer un pion essentiel sur l’échiquier de mon job de privé. Guilleret je regagnais mon bureau. Faisait beau, je me sentais un homme nouveau. Décidais de changer de peau. M’achetais des fringues, des pompes, m’offrais une nouvelle coupe de cheveux, des lunettes de soleil. Bon, je n’étais pas un Apollon mais, comme avec mon régime alimentaire spartiate j’avais fondu comme de la Vache qui rit, je me trouvais assez potable et sortable.

 

Y’a des jours comme ça où tout va, et même si les vaches maigres occupaient encore mon pré, ce jour se révélait être d’un excellent millésime.

 

Au bureau, grande première, sur mon écran ouvert, à ma page Face de Bouc s’étalait une demande d’ami émanant d’un certain « c’est à bouar ou à laisser »

 

Je cliquai de suite sur « accepter »

 

Quelques secondes plus tard je recevais mon premier message, de lui bien sûr : « qui couche avec la baronne des Sables de Sainte Émilion ? »

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 07:00
Les  nouveaux marronniers : le vin le plus cher du monde, les Sages du Conseil Constitutionnel sont anti-vin, et vive mes 2 millions de lecteurs uniques
Les  nouveaux marronniers : le vin le plus cher du monde, les Sages du Conseil Constitutionnel sont anti-vin, et vive mes 2 millions de lecteurs uniques
Les  nouveaux marronniers : le vin le plus cher du monde, les Sages du Conseil Constitutionnel sont anti-vin, et vive mes 2 millions de lecteurs uniques

Il est des jours où une folle envie me prend de quitter mon vieux pays à la cloche de bois, tel un vulgaire exilé fiscal, pour ne plus avoir à subir la vacuité qui règne en maître sur les réseaux sociaux et dans beaucoup de médias classiques.

 

Plus ça va moins ça va, c’est le déferlement, un flux ininterrompu de copié-collé de l’AFP ou autre source d’info, un torrent de prises de position de quidams qui ne savent pas de quoi ils parlent, le tam-tam exaspérant d’opportunistes qui découvrent l’eau chaude pour faire bouillir leur pauvre marmite, bref la digue est rompue : quand les bornes sont dépassés y’a plus de limites à la stupidité.

 

« Il y a deux choses d’infini au monde : l’univers et la bêtise humaine mais pour l’univers je n’en suis pas très sûr » Albert Einstein

 

« Les dictateurs sont les domestiques du peuple, - rien de plus -, un foutu rôle d’ailleurs, - et la gloire est le résultat de l’adaptation d’un esprit avec la sottise nationale. » Baudelaire

 

Carlo M. Cipolla dans Les lois fondamentales de la stupidité humaine

 

« L’individu stupide est le type d’individu le plus dangereux. »

 

Il s’agit de la Troisième Loi fondamentale : « Est stupide celui qui entraîne une perte pour un autre individu ou pour un groupe d’autres individus, tout en n’en tirant lui-même aucun bénéfice et en s’infligeant éventuellement des pertes. »

 

Face de Bouc est peuplé de je sais tout sur tout, de yaka faukon, de redresseur de torts, de néo-poujadistes, d'adeptes du bashing, d'aspirants à tenir les rênes du pays qui, pour la plupart, ont déjà du mal à maîtriser notre langue et sa syntaxe, et dont on peut supposer que leur expérience et leur pratique soient à la même hauteur.

 

Tout ça vole très bas, en rase-mottes...

 

Vous me direz que je m’exaspère pour pas grand-chose et que je ferais mieux d’ignorer tout ce petit monde insignifiant. Mais ce monde est notre monde, c'est aussi la pâte de notre pays, celle qui vote aussi, et lorsque l’on veut se tenir informé, comprendre, il faut tout prendre en compte, même les inepties.

 

Et encore je ne lis pas, bien sûr, les énormités conspirationnistes ou autres écrits délirants à l'attention de débiles profonds.

 

Alors, en dépit de mon allergie elle aussi profonde, je continue de lire et je jette les épluchures au compost. C’est bon pour la nature le compost !

 

Donc, si vous ne le savez pas encore, c’est sans doute que vous êtes parti en vacances sur une île déserte ou que vous avez cessés d’écouter la radio, de regarder la télé ou que vous vous foutez comme de votre première chemise des réseaux sociaux.

 

Même le Courrier du Vietnam nous fait part de sa surprise. 

 

Même l’ancien quotidien du soir dit de référence nous torche un article simple resucé de la dépêche AFP.

 

« Le vin le plus cher au monde est un bourgogne et il ne s’agit pas d’un romanée-conti, mais un vin d’Henri Jayer à 15 195 dollars (14 254 euros) la bouteille de 75 cl. Le premier bordeaux sur la liste, le réputé Pétrus, doit se contenter du 18e rang, selon un classement établi par le site en ligne spécialisé Wine Searcher.

A eux seuls les bourgognes font un tir groupé impressionnant trônant aux trois premières places, avec quatre autres vins dans les dix premiers et au total pas moins de 40 vins sur 50 ! »

 

Lire ma chronique : 

 

« Il n’y aura plus d’autre Henri Jayer… Il ne peut y avoir qu’un seul « Dieu des Bourgognes » ce n’est pas Jacky Rigaud qui l’a dit, alors c’est qui ?

 

Nulle part pas le moindre pet d’analyse, c’est cocorico ou bien le genre : les braves vignerons bourguignons font la nique aux cons de bordelais des châteaux. Tout le monde est content et roule Mimile la viticulture française se porte comme un charme, mieux que le vignoble qui tremble sous l’esca et la flavescence, et les boucs émissaires ne manquent pas, on les ramasse à la pelle : les écolos, les bios, les bobos, la loi Evin

 

À propos de cette dernière, le rejet par le CC de l’amendement à la loi Macron concernant un assouplissement de la loi Evin, pour cause de cavalier législatif, c’est le déferlement habituel de commentaires stupides qui taxent ces pauvres sages de Montpensier, Debré Junior en tête, de participer au désamour du vin. Mis dans le même sac que ces « vendus » de politiques, des moins que rien, des ennemis de nos si beaux équivalents Rafale.

 

La forme et le fond, y connaissent pas les crétins : en France nous avons une vision de sanction pour tout ce qui touche à toute forme de juridiction. tout prend figure de condamnation.

 

N'en déplaise au sénateur César, le CC a simplement appliqué sa jurisprudence constante et renvoyé la modification de la loi Evin à un texte de Santé Publique qui est son fondement originel. Rien de plus normal et le gouvernement se devra de faire, si ce n'est déjà fait puisque l'amendement avait reçu l'aval de l'exécutif, les arbitrages entre les Ministères en présence, c’est son boulot, rien de plus, rien de moins. J’ai pratiqué, ça se passe à Matignon, ensuite aux députés de voter, avec ou sans 49/3. C’est aussi leur job.

 

Je rassure Jacques Dupont, le Président Farge sur son tracteur est tout à fait légitime lorsqu'il demande au gouvernement de remettre l'ouvrage sur le métier.

 

Mais le pompon, sans contestation, est revenu sur ce sujet à la Grosse Caisse la plus tonitruante, pas forcément la plus entendue hormis le cercle de ses zélotes, le Périco du pauvre qui, drapé dans notre drapeau tricolore, cria à l’anti-France et, Ô grande découverte réinventa  l’eau chaude pour proclamer qu’il existait en France un lobby anti-alcool qu’il réduisit à l’anti-vin pour enfoncer son petit clou plus encore. Ce lobby, ne lui en déplaise, est plus vieux que l’invention des contributions indirectes, puisque Pasteur et Clémenceau en furent. Mais, que voulez-vous faut bien qu'il fasse bouillir sa pauvre marmite l'exilé de par delà les Pyrénées. Ça lui fait du bien et moi ça me fait rigoler. J'adore les grosses caisses mais dans les orchestres symphoniques où il faut beaucoup de doigté.

 

 

Je rigole d’autant plus qu’en plein mois d’août, ce 10 août, ma crèmerie vient de passer la barre des 2 Millions de visiteurs uniques.

 

 

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Bonne journée et large soif comme le proclame notre Roger Feuilly national qui aime tant les moutons de chez Etchemaïté à Larrau, face aux falaises noires du massif de Mendibelza.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été du Taulier en 10 épisodes avec Eugène Tarpon, un nom de poisson, qui plonge dans l’Enfer de Saint-Émilion…

Comme vous le savez j’ai une addiction toute particulière pour l’AOC Saint-Émilion car, comme le disait le vétérinaire de mon père, c’est un beau cas. Elle a un petit côté Galeries Lafayette car il s’y passe toujours quelque chose.

 

J’y compte une poignée d’amis et une flopée de gens que j’insupporte car en effet je suis insupportable avec mon goût immodéré de ramener ma fraise à tout propos alors que nul ne me demande rien.

 

Comme le disait Niels Bohr prix Nobel de Physique « Un expert est une personne qui a fait toutes les erreurs qui peuvent être faites dans un domaine très étroit. »

 

J’ai tété le lait des grands polards américains, bouffé aussi du Frédéric Dard et fait du vocabulaire avec Audiard, un expert « Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute. »

 

Ancien 68 huitard j’ai découvert Jean-Patrick Manchette et son Eugène Tarpon

 

« Après avoir exploré sur deux années quelques intrigues offertes à l’auteur de roman noir, Manchette s’attaque à une figure du genre, le détective privé. Hommage à ses glorieux aînés d’outre-Atlantique ou même plus proches, Manchette, comme pour les intrigues précédentes, décide d’inscrire son personnage dans le présent.

 

En 1973 paraît le premier des deux romans narrant les aventures d’Eugène Tarpon. Il s’intitule Morgue pleine.

 

Tarpon est un ancien gendarme devenu enquêteur privé. Le décor est posé en quelques lignes, il vit dans un appartement qui lui sert également de bureau. Son lit, transformé en canapé dans la journée, est dans l’antichambre, son bureau juste à côté et une cuisine complètent le tout. Les WC sont sur le palier. Un lieu de vie simple, spartiate, Morgue pleine (Gallimard, 1973) qui est quand même parvenu à lui grignoter ses économies. Tarpon est au plus bas, financièrement, quand l’affaire commence… Nous sommes indiscutablement chez Manchette, les descriptions sont rapides et efficaces et l’intrigue est lancée immédiatement. »

 

Eugène Tarpon dans Morgue pleine :

 

« Il s'est levé avec un sourire de mépris, il a jeté sa cigarette sur la moquette et il l'a écrasée paisiblement avec son pied. J'ai voulu poser mon verre sur le coin du bureau et il a oscillé et dégringolé sans se casser, et j'ai fait deux pas vers le jeune mec que j'ai empoigné au col. Il a essayé de me repousser en me collant son poing dans les côtes et je l'ai frappé à l'estomac, très sec. Il s'est tout de suite plié en hoquetant. Il était léger. J'avais honte de moi. Je luttais de toutes mes forces contre la honte. Je ne savais pas comment nous en étions venus là. - Espèce de vieux con, sale flic ! Il a murmuré. Je l'ai redressé contre le mur. Mes lèvres étaient tout près de son visage. Il était très pâle, il avait un masque de Méduse, sous ses cheveux crépus. - Écoute, petit. Essaie pas de lutter. Fous le camp. Et je veux dire, pas seulement de chez moi. Barre-toi de ta boîte, barre-toi de toute cette merderie. Tu m'entends ? Il n'y a plus rien à faire. C'est fini. - Vous puez l'alcool, il a observé. Vous êtes complètement bourré. Lâchez-moi. Je l'ai lâché ». (p. 26-27)

 

La morne plaine parisienne d’août aidant j’ai donné un fils à Eugène Tarpon et je me suis lancé à l’aveugle, comme nos grands experts de la dégustation pour pondre une quinzaine de pages au fil de mon imagination.

 

À la manière du rosé piscine qui est très tendance je vous propose Le feuilleton de l’été du Taulier en 10 épisodes à consommer sans modération en tout lieu et à toute heure du jour et de la nuit.

 

Bonne lecture… et large soif !

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, Le Maire a gagné la primaire des quadras Au pouvoir, le papier prend le dessus sur la vie. En peu de temps on perd une certaine candeur, on se durcit, une part de soi se décolore.

Avec Aragon

 

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire

J’ai vu tous les soleils y venir se mirer

S’y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire...

 

Partir… Revenir…

 

Sur mon petit carnet j’ai noté : elle embarque à 19 :00 sur le PIANA le ferry le plus moderne de la Compagnie La Méridionale. Elle arrivera  06 :45.

JMG Le Clézio « Il y a un esprit des îles... Ce n’est pas facile de dire en quoi cela consiste, mais cela se sent... C’est d’abord et avant tout, un sentiment de l’étrangeté. Ou de l’étranger. Être insulaire, être né dans une civilisation d’îles, cela veut dire qu’on est séparé, éloigné, écarté des autres... On est, naturellement, et irrémédiablement, isolé... Leurs frontières c’est la mer, et la mer n’est pas une véritable frontière. »

 

La Corse «Une montagne dans la mer» qui scinde son territoire avec l’«en-deçà»(le versant oriental) et l’«au-delà des monts» qui traduit une césure sociale «la terre du commun» et «la terre des seigneurs».

 

Dès que l’on pénètre dans les terres, que l’on monte « au village » on comprend ce qu’est l’isolement de l’intérieur. Fut un temps, pas si éloigné, où la plupart des villages perchés, nids d’aigles suspendus à la falaise, étaient inaccessibles. « Deux communes adossées aux flancs de la même montagne, et seulement par un trajet de quelques heures, demeurent sans communication d’aucune sorte pendant plusieurs années »

 

Ici « le kilométrage théorique est moins utile que... le nombre de lacets de la route pour juger de la longueur du trajet. »

 

Malraux, dont on connaît l’art de la formule choc, écrivait « De Gaulle avait son mystère, comme nous avons la Corse » et il précisait « Il y avait en lui un domaine dont on savait qu’on ne l’éclairerait jamais. C’est cela que j’appelle la Corse »

 

Garder sa part de mystère, sa part d’ombre, c’est s’accepter homme, c’est accepter l’autre. La Corse irrite certains, elle me fascine car elle est singulière dans un monde qui se lisse. Oui, la Corse est unique, les insulaires le répètent à l’envi jusqu’à l’outrance.

 

Jean-Louis Andreani dans son remarquable livre « Comprendre la Corse » écrivait:

 

« La Corse existe, avec son histoire, sa mémoire, la fierté d’une île et d’une humanité très anciennes, qui n’oublient rien, marquées par la mort et le tragique ; la Corse existe avec ses archaïsmes, ses contradictions, ses rigidités, sa revendication d’identité et son envie de vivre comme le reste de la France, ses richesses humaines et ses petitesses, ses énergies et ses forces destructrices, sans conteste plus fortes qu’ailleurs. C’est un monde particulier, au bord du continent. Il ne sert à rien de le nier, ou de faire comme si on pouvait, justement, ne rien faire et laisser filer, pour ensuite s’insurger de la situation »

 

Bruno Le Maire je l’ai pratiqué, c’est de l’acier trempé, froid, intelligent, tranchant, mais aussi flexible, ondoyant, charmeur pour ceux qui servent ses intérêts immédiats, sans état d’âme lorsqu’il s’agit de grimper un degré supplémentaire du pouvoir. Sa candidature à la présidence de l’UMP, comme celle à la Primaire se situent dans une stratégie de prise de dividendes politiques qu’il entendra bien monnayer auprès du gagnant de la Primaire, le poste de Premier Ministre, sa préférence allant bien sûr à Sarkozy.

 

Bruno Le Maire a gagné la primaire des quadras à droite. Ce n'était pas gagné il y a encore un an, mais sa candidature à la présidence de l'UMP, son bon score, puis ses prises de position successives et son opportunisme politique ont fait de lui le quadra le mieux placé et même l'incarnation de la relève derrière les barons de la droite traditionnelle qui ont tous, pour ce qui est d'Alain Juppé, de François Fillon ou de Nicolas Sarkozy, plus de 60 ans.

 

J’ai lu Jours de Pouvoir.

 

Dans l'épilogue à ses Mémoires, Saint-Simon notait, à propos de ce genre littéraire, qu'« il n'y en peut avoir de bons que de parfaitement vrais, ni de vrais qu'écrits par qui a vu et manié lui-même les choses qu'il écrit, ou qui les tient de gens dignes de la plus grande foi, qui les ont vues et maniées ; et de plus, il faut que celui qui écrit aime la vérité jusqu'à lui sacrifier toutes choses ».

 

La question de la vérité, celle aussi de l'impartialité, Bruno Le Maire ne manque pas de se les poser, dès le préambule de Jours de pouvoir, journal tenu au quotidien de sa participation au troisième gouvernement de François Fillon (14 novembre 2010-10 mai 2012) :

 

« Qui parle ici ? Pas un témoin, mais bien un acteur [...]. Le témoin ne prend pas de risque. Or on ne peut pas dire la vérité du pouvoir sans prendre de risque, faire un pas de plus. Et ce pas est un saut : on bascule dans une autre vie, avec son anxiété, sa violence. Si la vérité du pouvoir est dans son exercice, alors elle est aussi dans les tripes et dans la rage de ceux qui le détiennent. »

 

« Sur mon bureau se sont ­accumulés des parapheurs par dizaines [...]. Au pouvoir, le papier prend le dessus sur la vie. Les rencontres humaines sont plus rares, moins franches et moins disponibles, on pare au plus pressé. Les notes remplacent les discussions, les ­arbitrages se rendent dans la solitude. En peu de temps on perd une certaine candeur, on se durcit, une part de soi se décolore... »

 

« Dans le sillage d'un Sarkozy auquel plus personne ne croit, pas même ses alliés, Le Maire a perçu la menace. « A mesure que le pouvoir lui échappait, et donc que le mien se réduisait, le moment est venu où tout allait finir dans le silence. Rien ne serait conservé », a-t-il compris. Le voilà qui note cette montée vers la défaite, les regards cruels et les meetings de la dernière chance. Ce halo de désenchantement s'insinuant sous les dorures de l'Elysée est la matière première de son récit. Car autour du président, c'est presque une veillée funèbre. Une assemblée de sceptiques, au mieux, de croque-morts, au pire, qui décrivent entre eux, à l'avance, la disparition de leur champion. Ils ne mentent pas, cependant, devant Sarkozy. Une armée d'élus, de présidents d'association, de syndicalistes défile pour lui dire les ratés de sa politique. Face à eux, ils trouvent un monstre de déni. « Je vais te dire, mon Bruno, ça va plutôt pas mal ! », répète le malade, conscient que, s'il cède au défaitisme ambiant, tout s'effondrera. »

 

Un jour, dans l'un des livres du Prix Nobel de littérature Imre Kertész, Bruno Le Maire lit ceci : « Quoi que vous croyiez, si un jour vous prenez le pouvoir, vous aurez à décider de la vie et de la mort ; et quoi que vous ayez cru, vous vouliez prendre le pouvoir pour pouvoir décider de la vie et de la mort. » Face à lui, dans l'avion présidentiel, Sarkozy lance l'intervention française en Libye.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 06:00
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…

Alphonse Allais voulait que l’on construise les villes à la campagne, Veni Verdi fait venir la campagne sur le toit des villes pour y faire pousser des salades, des petits légumes, des herbes aromatiques, accueillir des ruches pour faire du miel ; mais aussi occuper des espaces en friche dans le périmètre de collèges, de résidences ou même dans la rue...

 

Le concept d’agriculture urbaine est réinventé par Veni Verdi 

 

« L’agriculture urbaine est un melting-pot, voici le nôtre, tout comme le concept il n’est pas figé, nous nous adaptons au contexte »

 

Faire pousser un légume en ville, en voilà une drôle d’idée… me direz-vous !

Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
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Pour Veni Verdi il s’agit d’amener le plus grand monde possible à cultiver, pour agir sur notre environnement, notre biodiversité, nos relations sociales, notre autonomie alimentaire, installer une une nouvelle économie.

 

Agir donc !

 

Les premières actions en faveur de l’agriculture urbaine se sont tournées vers les habitants.

 

Depuis 2012, Veni Verdi a accompagné dans leur création et installation 4 jardins partagés, 2 jardins scolaires et il continuera de le faire auprès de tout habitant ou bailleur qui souhaiterait créer un jardin au sein de sa résidence.

 

La création de jardin partagé est l’une des réponses à plusieurs de nos maux sociaux d’humanus urbanus que nous sommes devenus. Une aire de culture alimentaire, de rencontres, de jeux, d’échanges, de repos, de bricolage…

Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
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En 2014 Veni Verdi se fait agriculteur en ville, maraîcher, apiculteur…

 

Les 165 m2 du toit du collège Matisse (Paris 20e) les accueillent depuis le mois d’avril 2014

 

Le projet d’aménagement des espaces cultivables du collège Pierre Mendes France (Paris 20e) est engagé et productif.

 

Les objectifs fixés en 2013 sont se sont concrétisés.

 

D’autres projets sont en chantier…

 

3 idées principales guident les projets de Veni Verdi :

 

  • Expérimenter une installation agricole en milieu urbain.

  • Mettre en place un système économique global, local et viable.

  • Créer un pôle artisanal.

L’objectif étant de produire en créant 3 types de culture :

 

  • Céréalière,

  • Maraichère,

  • Osiéricole (travail de l’osier)
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…
Le mariage heureux de Veni Verdi avec le meilleur de l’Italie d’Alessandra Pierini : Pesto de Genovese made in Taulier…

Comme je suis fou du Pesto de Genovese j’ai donc décidé de m’approvisionner :

 

  • En pignons, huile d’olive, Parmigiano Reggiano et Pecorino sarde chez Alessandra Pierini

Pesto genovese par Alessandra Pierini

 

  • 4 bouquets de basilic D.O.P frais de Ligurie
  • 30g de pignons
  • entre 45g 60g de Parmigiano Reggiano D.O.P.affiné 24 mois râpé,
  • entre 20 et 40g de Pecorino sarde (Fiore Sardo D.O.P. ) râpé
  • 1 à deux gousses d'ail de Vessalico
  • 10g de gros sel marin
  • 60 à 80cl d'huile d'olive extra vierge de la Riviera ligure D.O.P, délicate et parfumée.

Au mortier (pour les puristes, en marbre avec le pilon en bois): écraser sur le fond la gousse d'ail avec les pignons. Ajouter les feuilles de basilic entières et quelques graines de sel et continuer à piler par mouvements circulaires de manière à obtenir une sorte de pâte. Quand le basilic commence à libérer un jus vert brillant, il faut rajouter les fromages. Verser en filet l'huile d'olive tout en mélangeant pour que la pâte devienne plus crémeuse.

 

L'opération doit se terminer assez rapidement pour éviter l'oxydation des ingrédients.

 

La cuisine de la Riviera italienne Alessandra Pierini 

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 06:00

De mon vélo je vois tout ce qui s’affiche à Paris.

 

Sur les colonnes Morris on annonce le film de Philippe Le Guay Floride avec Jean Rochefort et Sandrine Kiberlain, et que vois-je au flanc de l’auto bleue décapotée : Floride S.

La Floride S de Gil Delamare à Jean  Rochefort… souvenir du Taulier…

« La Renault Floride était une voiture à deux portes coupé ou cabriolet fabriquée par le constructeur Renault à partir de 1958 et dessinée par Pietro Frua. Dérivée de la Dauphine, la Floride en possédait le moteur arrière et le soubassement. »

 

Pas un modèle de tenue de route !

 

Flash, zoom arrière, souvenir que lors du tournage du film Le Saint prend l'affût (1966) de Christian-Jaque, qui se déroulait sur une portion de l'Autoroute du Nord en construction, l'une des scènes dans laquelle il doublait Jean Marais comportait un « tête à queue ». Malheureusement, le revêtement neuf était trop accrocheur. Il aurait été possible de recouvrir la chaussée de gravillons pour faciliter le dérapage de la Renault Floride S décapotable que Gil devait conduire, mais ceux-ci étaient trop clairs et se seraient vus. Le temps pressant, Gil Delamare décida néanmoins de poursuivre, avec les cascadeurs Gaston Woignez et Odile Astier à ses côtés. Aux alentours de 17h50, la voiture, au lieu de glisser, ripa, un bras de l'essieu arrière se brisa, projeta la voiture qui partit en tonneaux, éjectant les passagers et coinçant Gil, le tuant net. »

 

Voilà c’est ainsi les souvenirs.

La Floride S de Gil Delamare à Jean  Rochefort… souvenir du Taulier…
La Floride S de Gil Delamare à Jean  Rochefort… souvenir du Taulier…
La Floride S de Gil Delamare à Jean  Rochefort… souvenir du Taulier…

« À quatre-vingts ans passés, Claude Lherminier n'a rien perdu de sa prestance. Costume de lin blanc, foulard de couleur, nous le retrouvons dans un avion qui décolle pour la Floride : sur un coup de tête, Claude s'est décidé à rendre visite à sa fille cadette, Alice, mariée à un Américain et installée à Miami. Très vite, nous revenons en arrière et décrivons les semaines qui ont précédé le voyage de Claude. L'aînée de ses filles, Carole, est la mère d'un fils de vingt ans. Matériellement, affectivement, les choses ne sont pas faciles pour elle. Et c'est elle qui est dans l'obligation de s'occuper de son père, en proie à des troubles de mémoire. Il est difficile de statuer sur l'état de confusion de Claude. Parfois, il surjoue ses absences, en profitant pour tyranniser son monde. À d'autres moments, au contraire, il est réellement perdu, confondant les visages, les lieux, et même les âges de sa vie. Le décalage parfois drôle ou cocasse des débuts laisse peu à peu place à la détresse de ses proches. »

 

Delphine Legouté

 

Jean Rochefort est un homme du genre "en roue libre". Et Rachida Dati en fait les frais dans Le Point du 6 août. Alors que le magazine l'interroge sur ses films à venir et lui fait remarquer que le prochain - qui évoque les rapports entre un amateur d'art contemporain et un cordonnier - parle de "grand écart social", l'acteur décide de se lâcher contre la maire du 7e arrondissement parisien dans lequel il réside.

Motif de son courroux : une invitation à une fête organisée par la mairie pour tous les habitants de l'arrondissement, et que sa concierge n'aurait pas reçue. Il raconte :

C'est surtout comme Rachida Dati qui envoie une invitation pour une grande fête à tous les habitants du 7e arrondissement. Moi, je la reçois. Mais pas la dame qui est gardienne chez nous. Elle travaille, paie ses impôts et a élevé cinq enfants qui ont merveilleusement réussi - trois ont fait Sciences po. C'est une mère Courage, mais elle n'est pas invitée. Pourquoi ? C'est ignoble, non ? moi ça me révolte.
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