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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 00:09

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Vincent, François, Olivier, Antonin… pourles mâles dominants… Eva, Isa, Samia pour  celles qui nous mènent par le bout du nez…. et bien d’autres moins sympathiques, bien plus que le Taulier qui n’est qu'un ramier patenté, occupent les espaces nouveaux de la Toile et donnent des démangeaisons à nos amis de l’écrit papier qui voient en eux des concurrents redoutables qui risquent de venir picorer dans leurs écuelles déjà peu garnies. Rassurez-vous je ne vais pas traiter pour la énième fois ce sujet mais profiter d’un article d’Andrew Jefford pour tenter de mettre cul sur tête les idées reçues de la corporation journalistique.

 

Qu’écrit Jefford ?

 

« Tôt ou tard, l'auteur devra gagner sa vie, ou se consumera dans un passe-temps coûteux et chronophage qui ne pourra jamais s'épanouir dans une carrière. Le monde du vin pourrait bien y perdre ses nouveaux auteurs les plus originaux, et ne conserver que ses geeks et ses auto-promoteurs. (Traduction, qualifiée  d’approximative  par l’intéressé François Desperriers) »

 

« Most wine blogs are doomed: sooner or later the writer will need to earn a living, or will burn out of an expensive and time-consuming hobby which can never blossom into a career. The wine world may well find it loses its most original new writers, and keeps only its geeks and its self-promoters. »

 

Jugez par vous même ICI link

 

Ce cher Jefford fait des constats incontestables mais il raisonne, comme le disent les mathématiciens, toute chose égale par ailleurs et ses conclusions alarmistes sur le devenir, voire la disparition, des meilleurs blogueurs de vin, sont à mon avis erronées. Pour preuve, les exemples suivant qui concernent François Desperriers, Vincent Pousson et Olivier Borneuf. Bien évidemment, ce ne sont des blogueurs du modèle « critique de vin » cher à Andrew Jefford, dont je ne crois pas, comme lui, à la viabilité économique à long terme, mais des généralistes au bon sens du terme. Leur modèle économique, fondé sur leur activité propre, préexistante, leur permet de concilier l’écriture indépendante sur un blog, ou comme François au travers de Bourgogne Live d’être une plate-forme d’échanges.  L’avenir des blogs de vin se situe là, se contenter de singer les bons vieux critiques, à la papa, est une impasse. Certes, un noyau restreint d’amateurs cherchera toujours son bonheur dans les guides ou ses références dans des notes et des commentaires de dégustations, mais n’en déplaise à beaucoup de mes confrères l’avenir n’est pas là. C’est le vieux monde et il est déjà derrière nous.


Mais alors, me direz-vous où est le nouveau ? Ma réponse va vous surprendre : je ne sais pas ! Ce que je sais c’est qu’il est en train de se construire autour du bouillonnement présent. Nous vivons une phase de foisonnement débridé, d’arborescence touffue, d’expériences plus ou moins maîtrisées, de feux de paille et de maillages patients qui  avec le temps façonnera un nouveau paysage, de nouvelles pratiques, de nouveaux modèles économiques. Moi, avec mon antériorité, j’y participe à ma façon au sens, où je persiste à croire à la force du contenu, mais je ne m’érige aucunement en modèle, bien au contraire. Ce qui me plaît dans la phase actuelle c’est que de plus en plus le fond et la forme, chez les bons blogueurs, se rejoignent. Mes collègues travaillent leur sujet, marie spontanéité, effervescence et pertinence ce qui rend bien fadasse les chroniques de certains dont le faux esprit frondeur s’apparente au teint du cachet d’aspirine.


Ma démonstration vous la trouverez ci-dessous avec 2 chroniques de Vincent Pousson et d’Olivier Borneuf à propos de ce que savent le mieux faire certains de nos amis anglais, en l’occurrence ici Robert Joseph, éminent conseilleur mais néanmoins porteur d’un discours où sous le couvert de la satisfaction des désirs de consommateurs on véhicule insidieusement des présupposés fort en cours dans l’industrie agro-alimentaire mondiale, nous faire prendre des vessies pour des lanternes et abandonner la proie pour l’ombre.

 

Chronique de Vincent Pousson link

Chronique d'Olivier Borneuf link

 

Pour clore cette chronique je vous mets un lien link avec mon Bourgogne Live préféré, celui de mon ami François Desperriers et de son acolyte Aurélien Ibanez. Avec de tels acteurs le Net du Vin se construit sur un terroir solide et c’est ça que j’aime par-dessus tout dans cette aventure commune où je suis un peu présent par hasard. Créer des liens c’est ça la trame sur laquelle va s’appuyer toute une nouvelle génération du monde du vin. Et du côté d'Antonin Iommi-Amunategi c'est ICI link

 

Et, comme la nostalgie est toujours aec moi ce quel était une petite couche de Claude Sautet : Vincent, François, Paul et les autres...

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 16:00

alimentation-004.JPGHier j’ai reçu l’information brutale : «  Début mars, la Mission Agrobiosciences annonçait l’arrivée dans les kiosques d’un nouveau venu : Alimentation Générale. Las, lancer un magazine papier indépendant est un pari (trop) osé. En dépit du succès éditorial de ce magazine, la trop faible diffusion du magazine contraint l’équipe d’Alimentation Générale à suspendre la parution de ce trimestriel. Une triste nouvelle dont on pourra éventuellement se consoler en consultant le dossier de ce premier numéro auquel la MAA avait participé. »


J’ai acheté le premier numéro de ce trimestriel : 6,90€ mais je n’ai pas chroniqué sur son contenu car je n’ai pas vraiment trouvé la bonne position de lecture et, en dépit d’un contenu d’un bon niveau, mon appétence a été freinée dans le domaine du vin abordé par l’approche du rédacteur-en-chef Pierre Hivernat à propos de Mondovino « devenu, disait-il, un film de référence » ou « Jonathan Nossiter, son réalisateur, y a formidablement posé les bases du rapport entre l’économie et le goût du vin. Huit ans après, nous avons rencontré ses principales stars pour revisiter la toile du Wine business. » Sans commentaire ! Ou plus précisément quelle vision bien parisienne, réductrice de ce qu’est le monde réel du vin en notre vieux pays et dans le monde.


Je n’épiloguerai pas plus sur cette déception, ce regret de voir traité un sujet sous l’angle d’une vision en chambre, sans vraiment de prise sur le réel, car il est toujours très triste de voir un nouveau venu disparaître aussi rapidement. Cependant, lui attribuer, comme le fait la MAA bien imprudemment, un satisfecit de succès éditorial me paraît révéler une forme de méconnaissance des attentes d’un plus large lectorat. L’exemple de XXI est là pour le prouver : la haute tenue éditoriale conjuguée avec une large ouverture à des plumes de grandes diversités est gage de succès. Mon reproche essentiel à Alimentation Générale c’est qu’il semblait ne s’en tenir qu’à l’approche de son créateur, sans réelle volonté d’ouverture et, en dépit de la référence à l’éternel cité Michel Onfray à propos du  repas qui « n’est pas une corvée nutritionnelle, mais une jubilation existentielle » Alimentation Générale m’a semblé un peu pesant, sans réel élan, un peu triste… pas très jubilatoire en dépit d’une couverture accrocheuse mais tout de même hermétique à un public peu averti.


Entre le grand n’importe quoi de Grand seigneur Tecknikart, œuvre lui aussi d’un seul homme : Olivier Malnuit et le sérieux un peu pesant d’Alimentation Générale je reste persuadé qu’il y a un espace à occuper mais encore faudrait-il que les chapelles s’ouvrent, que certaines détestations soient mises au rencart, et qu’une réelle équipe se penche sur les attentes d’un lectorat en recherche d’informations et non de simples point de vue d’un tout petit groupe. Lorsqu’on a la prétention, ou l’ambition, de se faire une place dans la presse magazine qui « a poussé à l’extrême le marketing de niche. Chacun sa passion, chacun sa publication » pour aborder « sur un seul et même support l’ensemble des sujets politiques, sociologiques, économiques et culturels » à propos de la nourriture des hommes, la passion d’une poignée d’individus est certes nécessaire mais pas suffisante. Pour moi, il faut accepter de confronter les différences, s’obliger à sortir de son cercle, s’ouvrir, se colleter à la réalité même si elle dérange. L’entre-soi ne peut que déboucher sur des impasses et des échecs.


Que les créateurs d’Alimentation Générale me pardonnent mais le petit blogueur que je suis, qui côtoie tellement de gens emplis de certitudes, de gens qui campent sur elles, toujours prompts à jeter l’anathème sur le camp d’en face, qui se complaisent dans leurs douillettes ou hautaines chapelles, ceux qui pensent en lieu et place des autres sans se soucier de la logistique de leurs brillantes pensées, regrette que leur entreprise fondée sur une belle et haute mission, n’ai pas cru bon  de mobiliser plus largement autour d'eux pour qu’elle puisse durer et réussir. Je le regrette profondément et, comme ma plume est libre, je forme des vœux pour que cet échec permette, dans un avenir prochain, de bâtir sur des bases plus larges un magazine citoyen qui s’adresse au plus grand nombre.


Le champ est toujours ouvert, à nous de l’investir ou plus précisément à vous, nouveaux talents du Net et journalistes chevronnés, de vous retrouver, de vous fédérer, de bien tracer les règles d’un réel espace de liberté fondé sur des valeurs communes mais respectueux des différences. Prêcher en permanence aux déjà convertis, aux convaincus, est certes rassurant mais ne fait guère bouger les lignes et laisse de côté la plus large part de ces consommateurs auxquels on dit vouloir s'adresser. Bon courage et, encore une fois, mes mots un peu durs ne sont que l’expression de ma déception d’une belle et grande occasion gâchée.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 00:09

Bifteck-frites contre moules-frites, la bataille fait rage entre nos amis belges et nous pour savoir qui a inventé la pomme de terre frite ? Avant, non pas donner des éléments de réponse à cette question controversée, je rappelle que dans Mythologie, Roland Barthes, commence son chapitre sur Le bifteck et les frites par « le bifteck participe à la même mythologie sanguine que le vin. » avant de souligner que « comme le vin, le bifteck est, en France, élément de base, nationalisé plus encore que socialisé ; il figure dans tous les décors de la vie alimentaire. » pour conclure qu’ »associé communément aux frites, le bifteck leur transmet son lustre national : la frite est nostalgique et patriote comme le bifteck. » Pour Barthe « la frite est le signe alimentaire de la francité. »

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Ce signe né d’une pure annexion rend donc de peu d’importance la question de la primauté de l’invention de la pomme de terre frite. Cependant il est difficile de faire l’impasse totalement car elle taraude nos amis belges qui en ont un peu ras la coupe de la prétention française. Dans l’Express (quotidien liégeois) du 14 novembre 1900 le débat était lancé : Quelle est la véritable histoire de la pomme de terre frite ? Aussi bizarre que ça puisse paraître, une origine russe fut évoquée. Elle fut vite écartée car elle reposait quiproquo : Mr Fritz, marchand forain de frites, profitant de l’écho médiatique de la guerre de Crimée, avait baptisé ses cornets de frites, les grands « russes », les petits « cosaques ».

La seconde piste évoquée par les historiens belges serait que la pomme de terre frite viendrait  tout simplement de France, par l'intermédiaire des nombreux exilés du Second Empire. Lorsque Georges Barral guide Charles Baudelaire sur les traces de Victor Hugo à Waterloo et qu’il l’emmène dans le restaurant habituel de son mentor. Le verdict à propos de l'origine des frites était sans appel :


« À peine avons-nous terminé, qu'on met au centre de la table une large écuelle de faïence, toute débordante de pommes de terre frites, blondes, croustillantes et tendres à la fois. Un chef-d'œuvre de friture, rare en Belgique. Elles sont exquises, dit Baudelaire, en les croquant lentement, après les avoir prises une à une, délicatement, avec les doigts : méthode classique indiquée par Brillat-Savarin. D'ailleurs c'est un geste essentiellement parisien, comme les pommes de terre en friture sont d'invention parisienne. C'est une hérésie que de les piquer avec la fourchette. M. Joseph Dehaze que nous appelons pour lui transmettre nos félicitations, nous assure que M. Victor Hugo les mangeait aussi avec les doigts. Il nous apprend en outre que ce sont les proscrits français de 1851 qui les ont introduites à Bruxelles. Auparavant elles étaient ignorées des Belges. Ce sont les deux fils de M. Victor qui nous ont montré la façon de les tailler et de les frire à l'huile d'olive ou au saindoux et non point à l'infâme graisse de boeuf ou au suint de mouton, comme font beaucoup de mes compatriotes par ignorance ou parcimonie. Nous en préparons beaucoup ici, surtout le dimanche, à la française, et non point à la belge. Et comme conclusion à ses explications, M. Joseph Dehaze nous demande si nous voulons « récidiver ». Nous acceptons avec empressement, et bientôt un second plat de « frites » dorées apparaît sur la table. À côté est une boîte à sel pour les saupoudrer comme il convient. Cette haute salière percée de trous nombreux fut une exigence de M. Hugo. »

Mais, en dépit des certitudes françaises, tout s’effondre car dès 1848, trois ans avant l'arrivée des proscrits du Deux Décembre, Mr Fritz, « le roi de la pomme de terre frite » prévient ses consommateurs qu’il «a l'honneur de prévenir ses consommateurs de fritures qu'il ouvrira son établissement Sur-la-Batte, Marché-aux-Pommes, demain, pour la Foire de Liège » et il annonce qu'il fera rouler, pas encore ses « russes », ni ses « cosaques », mais bien ses « omnibus » et ses « vigilantes » à 10 et 5 centimes.


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Reste  donc l’hypothèse de l'origine belge qui elle aussi va faire chou blanc : « mais alors, où le mariage entre la pomme de terre et la friture s'est-il déroulé ? La pomme de terre, au XVIIIe siècle, était méprisée et demeurait totalement absente du menu quotidien des classes plus aisées. La frite fut-elle l'œuvre d'un humble ? Nous venons de voir que c'est impossible, il ne disposait pas de suffisamment de graisse. Le bain d'huile, cuisson extrêmement chère, était l'apanage des classes supérieures. Alors, la frite fut créée dans la cuisine cossue d'un aristocrate ou d'un bourgeois ? Impossible encore. Aucune pomme de terre n'y a jamais posé sa robe. Ce mariage parait donc impossible. Et pourtant, la frite est bien née quelque part…

Là je vous conseille de vous reporter ICI link  pour suivre l’épopée de la pomme de terre découpée en bâtonnets au travers de la saga Fritz. C’est passionnant.  Quant à savoir qui détient la paternité de la pomme de terre frite ? Nous ne le saurons probablement jamais et c’est le lot dans l’Histoire de beaucoup de créations de la vie quotidienne. Je laisse donc nos amis belges aux affres des non réponses ou des mauvaises réponses sur un sujet qui leur tient à cœur pour en revenir à Paris où la pomme de terre frite a aussi prospéré. Pour vous instruire je vais me référer à l’excellent ouvrage de Madeleine Ferrières Nourritures Canailles éditions du Seuil Points 10,10€.

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Qu’écrit-elle à propos de l’avènement de la frite ?


« La frite se situe au point de rencontre d’une continuité et d’une rupture. Évolution longue, celle qui par le lent travail de sélection met sur le marché des variétés à peau jaune et à chair si ferme qu’on peut les tailler en bâtonnets. Effet de conjoncture avec l’arrivée en masse sur les marchés de pommes de terre moins chères après la reprise des cultures en 1861. Rupture dans le domaine culinaire avec le traitement à grande friture, un mode de cuisson jusque-là à  peu près ignoré de la cuisine populaire. »

L’innovation c’est la friture.

« L’avènement de la pomme de terre frite intervient dans des conditions semblables à celles qui ont diffusé la pomme de terre bouillie. À un siècle de distance, on retrouve une cuisine urbaine des rues. Vers 1830, on signale à Paris les premiers marchands ambulants de frites. La cuisine nomade s’installe sur les quais de Seine. Le cornet de pommes frites s’y débite facilement, nourriture ludique, en-cas de luxe, car il coûte cher. La pomme de terre de 1830 n’est pas encore un légume bon marché. La maladie qui l’attaque à partir de 1846-47, faisant pourrir les récoltes, a eu des effets sur son prix jusqu’en 1861. Signalons au passage que le cornet de frites offre un débouché pour les livres qui se vendent mal. Jusque-là ils finissaient comme emballage alimentaire chez la beurrière, l’épicier où le poissonnier. »


Le Grand Dictionnaire Larousse des années 1860 à « pomme de terre » parle d’une découpe « en morceaux prismatiques » comme le note Madeleine Ferrières ça ne fait pas rêver mais « notre frite démocratique et nationale est officialisée » Pour autant note-t-elle »Il n’y a pas un épicentre bien repéré à partir duquel se diffuserait la frite. Tout porte à croire que la gestation a été diffuse et l’éclosion simultanée dans tout le territoire. » Pour l’auteur la querelle sur l’honneur de la naissance, cette querelle de préséance, ce serait tomber dans « le piège du diffusionnisme ». Elle raille gentiment la fable des Sablons qui veut que c’est à partir de la plaine des Sablons où Parmentier à planté ses pommes de terre se diffusa le précieux tubercule jusque dans le fin fond des provinces.


Bien plus important est de ne pas tourner autour du pot de graisse : « Si l’émergence de la frite est tardive, ce n’était pas faute de pomme de terre. La matière grasse dont nous avons peu parlé jusqu’ici, fournit la clé décisive. C’est elle qui définit le plus simplement et le plus exactement le fond de cuisine.


Qu’est-ce donc le fonds de cuisine ?


Lucien Febvre l’avait affirmé avec force, « le fonds de cuisine le plus répandu dans l’ancienne France », c’était l’eau et « l » mode le plus usité » le bouilli sous toutes ses formes. La cuisine au beurre est réservée aux riches. Quant aux corps gras, l’ancienne cuisine les manie avec précaution. Pour désigner ce type de cuisson, les manuels ont le verbe doux : on ne dit pas, brutalement, « faites frire »mais « frisez », « fricassez », « dorez », ce qui suggère des petites quantités et une petite chaleur.


Je ne vais pas ici suivre l’auteur sur l’amour du gras, ça demande une chronique particulière afin de retracer l’histoire du saindoux et des autres graisses animales et végétales. Mais m’en tenir à la friture où l’une des huiles les plus répandues, dans la partie sud surtout, l’huile d’olive ne supporte pas le feu qui « la rend âcre et caustique ». Il y a donc pénurie et la récupération est la règle : « on réemploie les graisses jusqu’à l’écœurement » La cuisine nomade de la friture n’a pas bonne presse d’autant plus que l’on peut aussi y utiliser des huiles destinées à ‘autres usages : éclairage ou graissage. « La grand friture est considérée comme le pire mode de cuisson. »


« la concomitance entre l’avènement de la pomme de terre frite et l’arrivée des graines exotiques, converties en huiles  végétales dans les raffineries portuaires, est frappante. L’introduction des graines exotiques débute dans les années 1830, grâce aux relations fructueuses entre les savonneries de Marseille et les planteurs d’arachide au Sénégal, mais ce n’est qu’après 1845 qu’on assiste à l’invasion oléagineuse. Là où les autres européens se tournent vers d’autres corps gras importés, huile de palme ou huile de coco, les Français, qui connaissent depuis longtemps la « pistache de terre », en font leur graine exotique préférée. » Mais la frite pour autant n’est pas née sur la Canebière mais comme Dunkerque et Bordeaux construisent des unités de trituration et de raffinage, ils peuvent légitimement revendiquer à bon droit l’antécédent dans la création de la frite.

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« L’arachide fait baisser le prix de l’huile et rend pour la première fois accessible le grand bain de friture. Elle doit son succès, au-delà des facteurs de circonstance, au fait qu’elle a la réputation de cuire, qu’elle supporte les fortes températures grâce à un point de fumée très élevé. C’est la friture « maigre » par excellence, qui saisit très chaud et qui frit « plus ferme ». Elle s’adapte parfaitement au goût nouveau des fritures à température élevée. Le succès de la pomme frite ne lui doit peut-être pas tout mais il lui doit beaucoup. »


Ne me reste plus qu’à conter le mariage du bifteck avec les frites mais ceci est une autre histoire à découvrir sur mes lignes.

 

Affaire à suivre !

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 00:09

embre.jpgÀ Embres&Castelmaure on a l’esprit frondeur avec un grand F eu égard aux origines de leur président Patrick Hoÿm de Marien et à l’art consommé de son spadassin favori – au sens homme d’épée – Vincent Pousson de pointer la lame là où elle touche au plus près de ce qui déplaît aux gardiens du troupeau. Je m’explique : la Fronde trop souvent assimilée à une guerre d’écoliers gâtés, à une lutte de petites jalousies, de petites haines, de petites passions, « une sorte de comédie enfin, féconde en vains projets et en désappointements comiques, en grandes paroles et en minces actions. » « La Fronde, dit Fortoul dans ses Fastes de Versailles, n’était pas seulement une guerre de chansons ; c’était une révolution populaire dans son principe, qui pouvait être grave dans ses résultats, et qu’on n’a prise en plaisanterie que parce qu’elle a échoué. Elle souleva des passions vives, fit sortir de la foule des personnages extraordinaires, et développa des idées qui, après avoir été obligées de se travestir sous des formes détournées, finirent cependant par triompher… »


 « Les dupes, dit Saint-Evremond, témoin oculaire, viennent là tous les jours en foule; les misérables s’y rendent des deux bouts du monde. Jamais tant d’entretiens de générosité sans honneur, jamais tant de beaux discours et si peu de bon sens, jamais tant de desseins sans action, tant d’entreprises sans effet ; toutes imaginations, toutes chimères ; rien de véritable, rien d’essentiel que la nécessité et la misère. De là vient que les particuliers se plaignent des grands qui les trompent, et les grands des particuliers qui les abandonnent. Les sots se désabusent par l’expérience, et se retirent ; les malheureux, qui ne voient aucun changement dans leur condition, vont chercher ailleurs quelque méchante affaire, aussi mécontents des chefs de parti que des favoris. »


« Les nobles mécontents suscitèrent contre le pouvoir la foule, trop souvent prête à se ranger du côté des opposants. Mais cette fois l’émotion populaire présenta un caractère tout nouveau. Ce n’était plus la sédition, la guerre civile, l’anarchie et la licence, telles qu’on les avait vues si souvent dans les rues de Paris, depuis les cabochiens jusqu’aux ligueurs. Non, la Fronde est la première émeute, le premier soulèvement politique, et, si elle eût pu réussir, la première révolution. Le peuple, accablé d’impôts et de tailles, humilié dans son amour-propre national par la domination d’un étranger ; le peuple, appuyé sur ses défenseurs naturels, les magistrats, qui prenaient en main sa cause, soutenu et comme autorisé dans sa révolte par ceux-là mêmes qu’il considérait comme les gardiens de la justice, comme les dépositaires du droit public et des franchises du royaume ; le peuple faisait le premier acte de sa souveraineté. »

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Je rappelle aux ignorants que La Fronde (1648–1653) est une période de troubles graves qui frappent le royaume de France pendant la minorité de Louis XIV (1643-1661), alors en pleine guerre avec l’Espagne (1635-1659). « Louis XIII mourut le 14 mai 1643 ; le 18 du même mois, la reine alla en compagnie de son fils, qui n’était âgé que de cinq ans, tenir un lit de justice au Parlement. En grand deuil, et paraissant plongée dans une profonde affliction, elle parla ainsi : « Je viens chercher de la consolation dans ma douleur. Je suis bien aise de me servir des conseils d’une aussi auguste compagnie. Je vous prie, messieurs, de ne point les épargner au roi mon fils, ni à moi-même, selon que vous le jugerez nécessaire, en votre conscience, au bien de l’Etat. » Ce discours produisit beaucoup d’effet sur l’assemblée. Depuis près de vingt ans le Parlement était condamné, sous le rapport politique, à la nullité la plus absolue ; et il voyait avec satisfaction que non seulement on lui rendait son ancien droit de faire des remontrances, mais qu’on l’autorisait en quelque sorte à se mêler au gouvernement.


Le Parlement se montra reconnaissant ; il cassa l’ordonnance du feu roi, et Anne d’Autriche fut déclarée régente avec tous les pouvoirs attachés à ce titre. Personne ne doutait que le premier acte de la régente serait de chasser le ministère ; mais à peine quatre heures s’étaient-elles écoulées depuis le lit de justice, qu’elle envoya le prince de Condé prier Mazarin de diriger le conseil : elle avait reconnu la supériorité du cardinal, et croyait devoir sacrifier ses goûts particuliers à l’intérêt du roi. »


Revenons au N°3, l’enfant du couple Bernard Pueyo&Michel Tardieu qui est depuis l’origine un assemblage de carignan, grenache et syrah, dont le millésime 2010, est plus sur l'équilibre, la finesse que la puissance, un vin qu'on pourra commencer à goûter plus tôt. Du côté des raisins, c'est la crème de la crème de Castelmaure, en effet au fil des ans la sélection s'affine puisque les données sur les parcelles sont informatisées depuis maintenant plus de vingt ans et que le recul, ça aide à faire dans le cousu-main. Grosses mailles, ça donne 40 000 bouteilles dont une grande partie se vendra directement à la boutique de la cave. www.castelmaure.com et Route des Canelles  11360 Embres-et-Castelmaure 04 68 45 91 83.

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Comme il se doit, l’étiquette du N°3 est un brulot, un libelle vengeur, une adresse sans concession, j’ose écrire que ça sent le Pousson et comme je l’ai écrit dans le titre de cette chronique : un vent de Fronde moqueur souffle sur les Corbières. Je cite :


« Autant l’avouer ce vin a un énorme défaut. Ce sont des professionnels qui nous l’ont dit : « il n’est pas assez cher ! » Certes il sort souvent en tête des dégustations à l’aveugle mais, à ce prix-là, impossible de devenir un grand cru. Eh bien tant pis ! Ou tant mieux : la cuvée N°3  restera toujours une bouteille que l’on boit et que l’on partage. Nous sommes vignerons pas actionnaires d’une multinationale du luxe et, franchement, le faux goût qui nous déplaît le plus dans le vin, c’est celui de l’argent. »

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L’étendard de la révolte flotte donc tout au sommet du chai d’Embres&Castelmaure, pas sûr que Bernard et François, les 2 ault, s’y risquent car « qui s’y frotte s’y pique ! » devise des ducs d’Orléans reprise par Louis XII (mort le 1er janvier 1515, en l'hôtel des Tournelles à Paris, des excès, de la goutte et le fait qu'il se serait épuisé dans la chambre à coucher à force de vouloir concevoir un fils avec Marie d'Angleterre) – ne parlons pas du grand Bob le notateur et de ses acolytes outre-pyrénéens mis en déroute par une coalition de petits blogueurs de M… levée par le preux chevalier Pousson. Mais ne croyez pas pour autant que ce combat homérique ne s’apparente pas aussi à une guerre en dentelles et jabots, comme le prouve la photo du président H de M, en pleine action guerrière, lors du dernier Vinisud. Que voulez-vous, que l’un des tous premiers adhérents de l’A.B.V sache côtoyer certaines profondeurs avec panache et légèreté en dit plus long qu’un discours de Mélanchon place de la Bastille : « Morts aux cons ! » c’était le nom de la Jeep du capitaine Raymond Dronne des FFL, 9e compagnie de combat, La Nueve du régiment de marche du Tchad devenue 2e division blindée. Elle fut la première à entrer dans Paris, le 24 août 1944, lors de la bataille pour la libération de la capitale.

img_0489.jpgBolduc 8387

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 08:00

Jasmine rayonnait. J’ai gardé les enfants pour qu’elle aille à la Bastille. Moi je me souvenais du 10 mai 1981, la fête de la victoire socialiste, place de la Bastille, avait tourné court, noyée sous les trombes d'eau d'un orage ! Mais le souvenir des 200.000 personnes qui avaient déferlés, ce soir- là, demeure impérissable. Paul Quilès fut le grand ordonnateur de la fête animée par Claude Villers le célèbre animateur de Radio France qui s’illustrera avec son Tribunal des Flagrants Délires avec Pierre Desproges et Luis Rego. Ce fut un vrai happening,  Anna Prucnal entonnait  l'Internationale en polonais. Premiers arrivés sur les lieux, avec Michel Rocard, le rival malheureux de Mitterrand, et le lamentable Pierre Juquin, communiste hétérodoxe, je ne pus les  empêcher de s'emparer du micro. Rocard fit du Rocard, sincère et militant alors que ce pauvre Juquin ressemblait à un ouvrier de la vingt-cinquième heure accroché à une bouée de sauvetage. Vers 23 heures, Huguette Bouchardeau, dans un grésillement de larsen fut interrompue par une énorme cataracte... La fête continua, improvisée et bon enfant sous la haute surveillance du service d'ordre de l'UnefID, tenu par les trotskistes de l'Organisation communiste internationaliste, sous la direction de Jean-Christophe Cambadélis. Son obsession ? Juguler les militants de la Ligue communiste révolutionnaire qui prétendaient marcher sur l'Elysée...


Nous avions attendus les résultats dans la grande cour de l'immeuble du « Nouvel Observateur » rue d'Aboukir, autour de Jean Daniel, Mendès France, Delors, Maire, Rocard, Cheysson, Martinet, Badinter, Foucault, Vernant, Le Goff, Le Roy Ladurie, Duvignaud, Morin, auxquels s’était joint une équipe qui comptait Hector de Galard et Serge Lafaurie, André Görtz, François Furet, Mona et Jacques Ozouf, Michel Cournot, Claude Roy Jacques Julliard, Guy Dumur, Pierre Benichou, Jean Lacouture, André Burguière et tant d'autres. Qu'avaient-ils en commun ? Eh bien, pour dire la vérité, le fait d'être presque tous très réservés à l'égard de la personne de François Mitterrand et de se préparer à déplorer une fois de plus la fatalité qui faisait régulièrement échouer la gauche. Lorsque le visage de Mitterrand s’inscrivit sur les écrans de télévision, et que sa victoire fut annoncée d’une voix blanche par Elkabbach, tous ces êtres différents, sceptiques, embarrassés par une Union de la Gauche qui incluait sa frange restée stalinienne, n'ont pu s'empêcher d'exploser de joie. Moi le premier, et quand la ferveur populaire se manifesta dans la rue et que Jack Lang proféra l’une de ses premières outrances « que le peuple de France était enfin passé des ténèbres à la lumière », beaucoup d’entre nous étions attendris et heureux.

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Du côté des vedettes, on ne parlait pas encore de people, se pressaient les mitterrandophiles pur sucre : Roger Hanin, le beau-frère, en tête avec Barbara, Dalida, dont la tontonmania deviendra célèbre, Claude Chabrol, François Truffaut, Michel Piccoli, Yves Boisset ou Daniel Gélin... puis les compagnons de route du PCF Juliette Gréco, Isabelle Aubret, Jean Ferrat et, ce n’est pas une plaisanterie, Gérard Depardieu. Enfin, les coluchiens Daniel Balavoine, Alain Souchon, Julien Clerc, Jacques Dutronc, Lino Ventura... restaient orphelins. Dans les beaux quartiers du triangle d’or, comme aux Etats-Unis, le bruit métallique des chenilles des chars russes déferlant sur la place de la Concorde résonnait comme dans un mauvais rêve. La peur des cosaques galopant sur les Champs Elysées avant de déferler vers l’avenue Foch serrait le bas-ventre des grandes bourgeoises dont certaines espéraient en secret mettre un peu de piment dans leur petite culotte délaissée. Je plaisante à peine. La vague rose au Palais Bourbon qui s’ensuivrait, la nomination de Ministres communistes dans le second gouvernement Mauroy Charles Fiterman au Transports, Anicet Le Pors  à la Fonction publique, Jack Ralite à la Santé et Marcel Rigout à la Formation professionnelle, faisaient déborder la coupe. Le pince-sans-rire, Louis Mermaz, compagnon de toujours du nouveau Président, devant un parterre de journalistes assemblés autour de sa table de l’Hôtel de Lassay, résidence du Président de l’Assemblée Nationale, ironisait à propos du retour des communistes au gouvernement après trente-quatre ans d’absence, avant d’assurer que les socialos- communistes savaient fort bien se servir d’un couteau à poissons. Je puis vous l’assurer puisque j’étais présent et que j’avais choisi les vins

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 00:09

 

Il est sur les écrans  à Paris au MK2 Beaubourg 50 rue Rambuteau « Nino une adolescence imaginaire de Nino Ferrer » avec David Prat, Lou de Laâge, Sarah Coulaud, Benoît Gruel, Alex Golino, Anne Hiribarren, Alice Mourgues. « Nino a 16 ans, les vacances commencent et son cœur balance entre Natacha, une très belle fille, comédienne au théâtre comme dans la vie, et la délicieuse Nathalie qu'il connaît depuis toujours. Celle-ci refuse que « l'homme de sa vie » s’éloigne d'elle aussi inexorablement que son enfance. »

 

À Bayeux le trio Les Nino's lui rendra hommage lors d'un concert à Bayeux le 15 mai prochain. « Parce qu’ils sont fous de Nino Ferrer, Les Nino's - Laurent Madiot, Benoît Simon et Tom Poisson - ont décidé de le prendre à contre-pied et de retourner à l’essence même des chansons et à l’esprit volatile et fantasque du grand blond ! »

 

Nino Ferrer le 13 août 1998, se tire une balle dans le cœur au milieu d'un champ de blé situé à quelques kilomètres de sa maison, une magnifique bastide du XVème siècle située au lieu-dit Lataillade dans le Quercy-Blanc.

 

Moi je suis et je reste Nino tendance Le Sud, la maison près de la fontaine et de la petite perle de bossa-nova qu’est La rua Madureira.

 

Pour la bio complète c’est ICI link

 

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 14:35

Juste avant d’enfourcher mon fier destrier, sous le soleil retrouvé, deux infos toutes chaudes : nous les blogueurs sommes imbattables même par les adeptes de Twitter car nous servons du contenu tout juste sorti du four comme sur les meilleures tables.  

 

Bon appétit sur mes lignes !


Le Quick Book c’est sitôt pondu sitôt emballé : des titres imprimés du jour au lendemain. C »e sont près d'une vingtaine de livres qui, quelques jours après l'élection de François Hollande et la défaite de Nicolas Sarkozy, ont atterri sur les étals de librairie » écrit Ariane Chemin dans la Monde.

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Qu’elle me pardonne mais je ne peux résister à la citer in extenso car sa prose sur celui de FOG est trop jouissive.link 


« Le plus original sans doute, le plus drôle et délirant en tout cas, est celui de Franz-Olivier Giesbert (Derniers carnets, Flammarion, 204 p., 17,90 euros), qui est aussi un livre sur lui. Ce grand fauve du journalisme politique ne craint plus rien ni personne. A 63 ans, il a cessé de jouer au « caniche », comme lorsqu'il offrait des cadeaux à François Mitterrand en promettant de ne jamais griller ses " off ". Il jure que 2012 est sa dernière campagne, qu'il préfère s'arrêter avant d'être déçu par le nouveau président. Il se ridiculise à chaque page comme pour mieux construire sa statue. Sa révérence ressemble un peu aux éternels adieux de Maurice Chevalier à la scène, mais pourquoi pas ?


FOG a ce talent d'incarner toujours les politiques. Il en fait des êtres de chair, de sang et de souffrance. On croyait avoir fait le tour de Nicolas Sarkozy, mais Giesbert avait gardé dans ses carnets à spirale quelques tableaux, d'autant plus jouissifs que son antisarkozysme, qu'il voudrait réfléchi, est devenu épidermique. C'est simple, en se promenant dans sa galerie de portraits, on se croirait dans un bestiaire, où l'on guette le dernier arrivé, le plus secret et méconnu aussi : François Hollande. Il faut rendre cette justice au patron du Point : il a toujours su devenir l'intime de ceux qui allaient gagner l'Elysée. Il appartient aux « hollandais » de la première heure. Quand, en 2004, un an avant la défaite du " »oui «  au référendum et deux avant l'intronisation de Ségolène Royal, il avait sacré Hollande en « homme de l'année «  de son magazine, il se moquait que tout le monde le prenne pour un dingue. »

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Toujours dans le Monde je note que notre Jean-Paul Gaultier national, après avoir fait dans le Coca, fait feu de tout bois pour Roche&Bobois « Il habille cette fois de sa célèbre marinière, toujours pour la marque française de mobilier, des luminaires. Soit deux bustes transparents, sculptés comme les flacons de ses parfums, revêtus de tissu matelot. Perchés sur des piétements en bois laqué blanc, ils existent en deux versions, féminine et masculine, d'une hauteur de 160 cm pour l'un, 170 cm pour l'autre. Deux lampadaires-mannequins très couture baptisés Femina et Maschio, auxquels il ne manque plus que de diffuser quelques effluves de fragrances du couturier... »

 

En bonus : les Pétasses des Inconnus où il est question d'un lampadaire


 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 00:09

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Le texte qui suit va sûrement défriser les tenants des vérités définitives sur le vin, la nourriture et l’alliance des deux, comme tous ceux qui pensent que notre temps post-moderne marque la fin de l’Histoire. Il est de Jean-François Revel, plus connu par les gens de ma génération pour sa plume exerçant ses talents à l’Express, et qui fut une espèce rare dans le petit monde assez convenu de la gastronomie. À celle-ci il doit son nom de plume : en 1956, professeur de philosophie et auteur il eut le scrupule de ne pas « mélanger lycée et librairie » et comme il fréquentait avec ses amis, rue Montpensier dans le 1ier arrondissement un établissement à l’enseigne de « Chez Revel », il n’alla pas chercher plus loin et ce patronyme deviendra légal en 1977.


« (…) se joignaient chez lui, en un dosage dont il possédait le secret, l’appétit, l’esprit de sérieux et la générosité, trois ingrédients liés par un savoir construit, médité et toujours prompt à l’expérimentation. Un savoir encyclopédique qui serait resté le monopole de ses commensaux éblouis si, en 1979, il n’avait transformé ses propos de tables en un livre charpenté, comme on dit d’un vin de haute côte, et goûteux comme sait, quelquefois, l’être un pain de boulangerie. Ce fut Un festin en paroles. Histoire littéraire de la sensibilité gastronomique de l’Antiquité à nos jours, paru alors chez Jean-Jacques Pauvert. » écrit Laurent Theis dans sa Préface au dit ouvrage réédité chez Texto 8,11€.


L’extrait qui suit est tiré du Prologue de ce livre qui est une mine, un ouvrage de référence pour quiconque à l’ambition d’écrire sur la gastronomie autre chose que des recettes ou de simples critiques de bonnes tables. »

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« Mais plus important que l’histoire des produits alimentaires, c’est l’histoire du goût dont il est question ici, au sens premier, ou plutôt au double sens de ce terme. À savoir : quel était le goût d’un repas, d’un vin, au IIIe siècle avant ou après J.C. ? Et quel était le goût des convives : qu’aimaient-ils, que cherchaient-ils ? À quoi ressemblait le contenu de l’une de ces vieilles bouteilles qu’Horace tirait de son cellier en toutes circonstances ? Et les vins de la Sabine dont, en revanche, il ne dit pas grand bien ? Et les flots de vin courant qui circulaient dans les coupes du Banquet de Platon ? Pour les lecteurs de l’époque, la reconstitution allait de soi.

L’imagination gastronomique, en effet, précède l’expérience, l’accompagne et, en partie, y supplée. Parler aujourd’hui de se faire servir « une douzaine d’huîtres arrosées de chablis » ou de pouilly évoque aussitôt un mariage de saveurs très précis et caractérisé. Cela ne dira rien dans mille ans à un lecteur qui n’aura probablement aucune notion de ce qu’était le chablis ;  tout comme ne lui dira rien l’information que, vers 1900, les huîtres, les belons surtout, avaient pour vin attitré le sauternes (ce qui est oublié maintenant, déjà, et semblerait monstrueux aux amateurs de coquillages de cette fin du XXe siècle). Car ce lecteur futur n’aura sans doute aucun moyen de savoir que les sauternes étaient des blancs doux et les chablis et pouilly des blancs secs. Et encore faudra-t-il qu’il sache que « sec » signifiait en l’occurrence « exempt de tout goût sucré » et non point « fort en alcool ». Nous ne savons pas à quelles expériences gustatives fait allusion Horace quand il écrit, dans un billet d’invitation à Mécène, « tu boiras du mauvais vin de Sabine », précisant qu’il l’a lui-même mis et cacheté dans « une amphore d’argile autrefois remplie de vin grec ». Pourquoi ? Quel vin grec ? Le poète cite ensuite plusieurs crus : le Cécube, le Calès, le vin de Formies, en laissant entendre qu’il est trop pauvre pour en offrir à ses invités. Ces noms, pour nous, sont dépourvus de tout pouvoir évocateur. Tout est coutume, et la coutume n’est jamais définie avec précision pour qui elle va s’en dire, pour qui elle est toujours sous-entendue, de sorte qu’elle est presque impossible à  reconstituer quand elle s’est perdue. Les touristes acceptent comme folklorique et amusant de boire, en Attique, du vin raisiné, parce que cette préparation leur est connue, mais seraient horrifiés si on leur servait du vin coupé d’eau de mer. Ce mélange, pourtant, se pratiquait dans certaines régions de Grèce antique, de même, en général, que se pratiquait universellement le coupage des vins non pas seulement avec de l’eau pure (ce qui subsistera jusqu’au XVIIe siècle après J.-C.) mais encore toutes sortes de liquides ou de solides (solubles ou non) au parfum fortement marqué, ce qui serait  naturellement un scandale pour l’œnologue moderne. Sauf, encore une fois, quand l’association correspond à l’une de nos propres habitudes, ainsi le vin chaud à la cannelle, en France, ou la sangria espagnole, le champagne au jus d’orange, etc. »

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 14:00

Ce matin le ciel de Paris charrie de lourds nuages noirs, le plafond est bas, des saucées d’une pluie lourde s’abattent sans préavis. Hier pourtant ce mois de mai affichait ce qu’un mois de mai sait faire de mieux : un soleil radieux qui me permit de me rendre en fin de journée, à vélo, jusqu’au DiVinamente Italiano d’Inès et de RaffaellaLucia et Matteo Ceracchi du domaine Piana Dei Castelli nous accueillaient pour une Enogastronomia Laziale sous la baguette du chef Matteo Oggioni. En ce quartier où trône encore le Palais Brongniart : la Bourse de Paris vidée de sa substance par l’économie numérique, en accrochant mon vieux destrier à un poteau je ne pouvais m’empêcher de penser que notre jeune monnaie commune : l’euro, symbole fort de destin commun entre certains pays de l’Union Européenne, de nouveau menacée par le chaos politique en Grèce, était entre les mains, et les clics des traders donnent encore plus de sens à cette expression, d’une cohorte anonyme soucieuse de préserver les fonds de pension et autres gestionnaires de fortune. Bien plus que la météo ce mois de mai accumulait des menaces.

 

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Et puis, en quelques pas, je me suis retrouvé dans une enclave italienne à Paris où, par la magie du partage je ne savais plus si j’étais Italien ou Français, d’ailleurs peu m’importait, ce qui comptait c’est que nous étions la réalité d’une Europe qui ne veut pas ou qui ne peut pas avouer son nom. La Trama, l’un des vins que nous goûtâmes, oui la Trame qui se tisse, assemble, supporte, en était le meilleur symbole. Les frontières elles sont encore dans nos têtes, façonnées par notre Histoire, nos cultures, nos préjugés ou nos idées reçues, la barrière des langues, et elles semblent bien plus difficiles à effacer que celles autrefois gardées par les douaniers. Autour d’une belle table, avec de merveilleux vins, il est facile de refaire le monde, alors pourquoi ne pas en profiter pour y tisser des liens qui nous permettrons, avec nos différences, tout ce que nous sommes, de nous sentir chez nous jusque dans les plus petites parcelles de nos territoires, nos terroirs, à Velletri comme à Paris. La Savoie n’est française que depuis 1860 et c’est comme un trait d’union entre nos deux pays.


Sur cette belle soirée je chroniquerai dès que j’aurai, si je puis dire, mis les mots qu’il faut sur mes émotions. Mais, comme un bonheur n’arrive jamais seul, juste avant d’enfourcher  mon vélo j’ai reçu d’Alessandro Merlo un très beau cadeau que je vous transmets comme le gage de la seule Internationale qui vaille celle des amoureux du Bien Vivre ensemble. Merci Alessandro. Et puis, comme mon premier regard sur l’Italie, si lointaine de ma Vendée océanique, fut un regard sportif, je vous  livre par la même occasion un petit texte d’Alessandro Barrico tiré de son livre Next.


Jacques,

 

J’ai pensé à l'accord suivant pour bien commencer le printemps :

 

 - Domaine des Ardoisières Schiste 2009 - Savoie

   jacquère, roussanne et pinot gris. un vin très fin, profond et soyeux.

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Petit commentaire du taulier : la Savoie, et c’est un vin de l’ami Michel Grisard du domaine des Ardoisières link

 - Lotte/fèves/radis

 Lotte sautée à l'ail et au romarin avec bouillon de poisson et ses fèves à la vapeur, radis croquants

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« Quand j'étais petit (nous parlons de la fin des années 60) il y avait le jour où l'on allait acheter les chaussures de sport (...) En ce temps-là, quand il fallait acheter des chaussures de sport, le choix était pratiquement limité à : Superga beige et Superga bleues. Enfin : dans ma famille c'était comme ça. En réalité, d'autres possibilités, il y en avait, du moins en théorie. Les plus chicos et/ou riches achetaient les mythiques Adidas, trois bandes sur le côté, semelle profilée, renfort devant et derrière. Il y en avait de quatre sortes : je me souviens que j'étais dingue d'un modèle qui s'appelait Rom. Adidas Rom. Ou bien Room ? Je ne sais plus. En tout cas j'en étais dingue. Plus élitistes encore, les Puma : très peu en avaient, et elles étaient regardées avec un grand respect mais aussi avec une pointe de méfiance (elles étaient considérées comme les rivales des Adidas, ce qui ne témoignait pas en leur faveur). Et pour finir, les All Star, mais elles étaient vraiment rarissimes : ce qui nous plaisait c'est qu'il y en avait aussi des rouges, mais en gros elles étaient vues comme des chaussures de blaireau, elles étaient très difficiles à trouver, les seuls pratiquement qui en avaient c'étaient ceux qui jouaient au basket. En dessous de cet Olympe on trouvait les nulles. C'étaient des chaussures avec des noms spirituels genre Tall Star, Luma, Addas. Elles tentaient le coup. Sans aucune pudeur, elles affichaient les bandes mythiques sur le côté : sauf qu'il y en avait quatre, ou deux. Elles ne coûtaient pas cher, et elles se vendaient au marché (...) Il faut rappeler aussi que les chaussures de sport se mettaient quand on allait faire de la gymnastique, et pas à d'autres occasions (pourquoi les abîmer ?).

Je me rappelle que puisque tout le monde avait des Superga, et que dans la salle de gym on était tous là avec les mêmes chaussures comme si on était des Chinois, à part deux ou trois privilégiés avec des Adidas ou des Puma, mais il y en avait peu, les autres c'était tous les mêmes - bref, je me rappelle que certains d'entre nous, les plus originaux, un peu rebelles, ceux qui étaient les plus éveillés, n'arrivaient pas à accepter ça, qu'on soit tous pareils, et alors, pour essayer d'être différents, pour vaincre la monoculture de la chaussure, ils décidaient de se rebeller, et ce qu'ils faisaient, justement, c'était : dessiner quelque chose au stylo-bille sur leurs Superga. Ou peut-être une inscription. Ou des petits cœurs, des fleurs, des choses de ce genre. Dans ce monde-là, pour inventer tes propres chaussures, tout ce que tu pouvais faire c'était dessiner dessus au stylo bille.

Bon. Et maintenant un grand saut dans la machine du temps. Imaginez que vous avez un fils d'une douzaine d'années et que vous l'emmenez acheter des chaussures de sport. Janvier 2002. »

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 00:09

 

Mes chers administrés,


Dès que j’eus su, par l’entremise du Président Patrick Hoÿm de Marien, que le Taulier, qui a toujours eu l’amabilité de relayer sur son « espace de liberté » (1) nos initiatives communales, se déplaçait au domaine de Verchant sur les terres de nos voisins et néanmoins amis de l’Hérault pour participer aux IXe journées techniques de Vino Latino, j’ai convoqué en urgence mon Conseil Municipal. De plus le sujet traité : Quelle hiérarchisation pour les vins ?, je le pressentais, ne pouvait qu’attiser le contentieux entre nos deux belles coopératives, la mienne L’Étoile la cave coopérative des « blancs » qui ne fait que des rouges, et celle d’Ulysse Vergnes président de la cave des « rouges » La Moderne  qui a fusionné avec la cave de « Saint-Gapour » la commune d’à côté rien que pour faire du tort à la nécessaire union communale et qui fait de tout comme le supermarché de la sous-préfecture. Contentieux que notre Achille Gauche, seul vigneron en cave particulière de notre commune, ne pouvait qu’attiser surtout qu’il venait de nous annoncer que le Taulier serait à Orange aux journées des VIF.


Bien évidemment, j’avais aussi convoqué pour assister à la séance le club Facebook «Tous derrière les vins de Losse-en-Gelaisse» que, soit-dit en passant, ce mécréant d’Ulysse Vergnes appelle, vu son appellation, le club Fesses Bouc, et le club du 3ième âge de tricot féminin de Losse-en-Gelaisse «Les aiguilleuses du ciel» qu’Achille Gauche, qui est en cave particulière et qu’a toujours été plus porté sur les jupons que sur la vinification, notre DSK à nous, appelle « les chroniqueuses du fiel » vu que la présidente en est  Eugénie Poulain, l’ancienne bonne du curé, qui n’a pas sa langue dans sa poche, a dit à qui a bien voulu l’écouter, et elles sont nombreuses, qu’il ferait mieux de mettre des glaçons dans son pantalon plutôt que dans son Ricard.


La séance a été houleuse vu que ce démagogue d’Ulysse Vergnes a de suite voulu faire voter une motion préalable qualifiant la hiérarchisation des vins de notre vignoble : d’entreprise visant à la mainmise du grand capital sur le passé glorieux de la coopération viticole, appuyé par ce sournois de Gauche qui en rajoutait trois couches en regrettant la non-participation du Forgeron de Dana qui, bien que vivant chez les catalans, lui paraissait le seul capable de planter l’étendard de la révolte des gueux sur le sommet des chais de ceux qui singent les châtelains de Bordeaux.   

 

Rejetée à mains levées !

 

 Ulysse Vergnes, pas bougon des cépages pour deux sous, a contre-attaqué en proposant que les deux Conseil d’Administration s’y rendent alors en car. S’en est ensuivi un long débat pour savoir quelle serait la quote-part de chaque cave pour payer le car : basé sur les volumes ou sur le chiffre d’affaires ? L’Achille Gauche qu’avait pas pipé mot a soudain tapé sur la table du Conseil  pour proclamer « et moi je sens le gaz ? » et d’ajouter « tels que je vous connais si par hasard vous tombiez d’accord sur le paiement, je suis sûr que vous continueriez à vous empailler pour savoir quel serait le bénéficiaire de vos largesses sur le dos de vos coopérateurs ? Vous avez vos habitudes, je ne vous vois pas en changer. Et puis, je vous le dis, au cas bien improbable que vous mettiez d’accord, je vous colle un abus de bien social au cul ! »


Ça a jeté un froid. Nous nous serions crus revenu au temps de « la guerre du sucre » où, sur dénonciation anonyme, l’un des nôtres fut alpagué sur le tarmac de l’aéroport de Toulouse alors qu’il portait une lourde valise.


Suspension de séance et prise de paroles immédiate de nos deux femmes : la présidente du club Face de Bouc et celle des Tricoteuses du Ciel : « C’est elles qui iraient sur leur cassette personnelle ! » Pas entendu une mouche voler et nous avons pu passer aux choses sérieuses : le vin d’honneur. Le Compte-rendu est de leur encre (si c'est écrit trop petit prière de le réclamer au Taulier par les voies habituelles ou à v.crispel@lagencevinifera.fr 


Amédée Costes,

 

le maire de « Losse-en-Gelaisse », charmante bourgade sise dans un coin reculé de la France profonde, tout au bout d’une route départementale pleine de nids de poules, et qui n’a jamais reçu la visite de Jay Miller et de Pancho Campo…

 

(1)

Le maire de «Losse-en-Gelaisse» à l’attention de Mr Paul Dubrule président du Conseil Supérieur de l’Oenotourisme link

 

Le maire de « Losse-en-Gelaisse » aux soi-disant gastronomes patentés au portefeuille étoffé link


Délibération du Conseil de Losse-en-Gelaisse en date du 8 décembre : faut-il faire appel à Robert Parker pour le mondial de l'aramon?link


Lettre des Présidents de l’Étoile et de La Moderne de Losse-en-Gelaisse qui sont dans le besoin de subventions pour écouler leur vin dans les Pays tiers.link 


Lettre du maire Losse-en-Gelaisse : « la vérité est verte, disons-là vertement » disait Vauban alors « vive le cul de la Pyramide des vins de chez nous ! » link

 

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