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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 00:03

 

Quand je consulte les résultats des élections législatives j'ai toujours un oeil ému pour les résultats de Wallis-et-Futuna. En 1988, suite aux accords de Matignon, j'ai accompagné H.Nallet en Nouvelle-Calédonie. Avant de nous y rendre nous avons poussé jusqu'à Wallis-et-Futuna pour aller soutenir le candidat radical de gauche aux législatives : Camillo Gata qui fut élu. 33 heures d'avion : Paris-Nouméa avec UTA, puis Nouméa-Mata-Utu avec un Transaal de l'armée de l'air. Dix heures de décalage horaire, l'autre bout de la terre.

 

A notre arrivée dans une atmosphère d'étuve, la journée commençait. L'administrateur supérieur nous attendait en uniforme blanc impeccable sur le tarmak. Son chauffeur, un imposant Wallisien conduisait la R25 climatisée pieds nus. Pour respecter la coutume nous sommes allés rendre visite au roi d'Uvéa, le lavelua, chef de la hiérarchie coutumière, Tomasi Kulimoetoke II, et sacrifié à la cérémonie du kava, la boisson traditionnelle élaborée à partir de racines de plantes.

 

Nous étions assis en tailleur, face au roi entouré de toute la chefferie, sous l'auvent du palais. La préparation du dit kava, dans un récipient en bois, n'avait rien de ragoûtant. En effet, le préposé plongeait ses grands battoirs dans le récipient puis essorait les racines comme si c'était une serpillière.

 

A mon côté l'attachée de presse du Ministre me serrait le bras

" on ne va pas boire ça ?

" Entre les dents je lui murmurai " Si ! "

Je crus qu'elle allait tomber dans les pommes. La dégustation commença (Perrico devrait s'y coller un jour) par le Ministre. On lui tendit une coque de noix emplie d'un liquide brunâtre. Il s'acquitta avec dignité de ce geste rituel de bienvenue. Jean-François, l'homme de Rocard, me tapota sur l'épaule, " on dit que c'est un aphrodisiaque..." Quand vint mon tour j'y suis allé avec le sourire. Le breuvage était amer et la suite me prouva que ses effets étaient purement diurétiques. L'attachée de presse se fit porter pâle. La journée fut épuisante et le soir au dîner chez l'administrateur supérieur certains piquaient du nez dans leur assiette. Pas moi qui ramait pour entretenir le minimum syndical de conversation.

Wallis-et-Futuna est composée de trois îles principales : Wallis avec la préfecture Mata-Utu, Futuna et Alofi. Cet archipel de 96 km2, peuplé de plus de 14000 habitants, est situé à 16000 km de Paris. Les royaumes d'Uvéa à Wallis, d'Alo et de Sigave à Futuna ont signé à la fin du XIXem un traité de protectorat avec la France.

 

Les monarchies ne sont pas héréditaires mais aristocratiques : ce sont les familles nobles, les alikis, qui élisent ou destituent les rois. Le roi d'Uvéa, le lavelua, est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d'un premier ministre, kivalu, et de 5 ministres. Il nomme sur proposition de la population 3 chefs de district, faipule, qui ont autorité sur 21 chefs de village. Ceux-ci peuvent lever les corvées d'intérêt général. Ils sont plébicités ou destitués au cours d'assemblées, fono, qui ont lieu le dimanche dans la case commune, fale fono.

 

A Futuna, le Tugaifo à Alo et le Tuisigave à Sigave, disposent aussi de ministres et de pouvoirs équivalents. Les rois disposent pour couvrir leurs frais d'une dotation annuelle de la République. Pour l'administration de l'archipel, qui est une collectivité d'Outre-Mer à statut particulier, il y a une assemblée territoriale élue, un administarteur supérieur ayant rang de préfet, et un député et un sénateur.

 

Notre meeting électoral se déroula le second soir au rythme d'une fête colorée, pleine de colliers de fleurs, de palabres coutumiers, de danses traditionnelles et d'échanges de cadeaux. Dans ces sociétés traditionnelles le vote est avant tout conditionné par ce que peut apporter le candidat comme bénéfices à la famille, au clan, au village, au royaume.

 

Du côté gastronomie : cochon grillée - l'île est le royaume de petits cochons noirs - patates douces, ignames, fruits exotiques mais pas de poissons - les missionnaires catholiques, afin d'éviter la fuite des Wallisiens sous d'autres cieux, coupèrent les balanciers des barques de pêche - et comme boisson j'ose l'avouer du Coca Cola. Nous fîmes ensuite un saut à Futuna et nous repartîmes à Nouméa où vivent 16 000 Wallisiens qui forment la main d'oeuvre des entrepreneurs Caldoches. Je crois avoir écrit une chronique sur le Caillou. Bref, au dernier scrutin législatif, les Wallisiens se sont offerts, à la surprise générale, un député socialiste : Albert Likuvalu. Les éléphants du PS et la gazelle devraient aller tenir leur séminaire de réflexion à Wallis, là-bas, coupé du monde, l'Esprit Saint descendrait peut-être sur eux...  

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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 00:21

Ma chronique du jour, par delà son sujet même et le talent du réalisateur, montre qu'au-delà des calculs et du marketing, par le bouche à oreille, la rumeur locale, les réactions enthousiastes, un simple documentaire tourné par FR3 Normandie, a obtenu une audience inattendue. L'affaire est réjouissante car elle transgresse les lois de la pub, de l'Audimat et du formatage. " Paul dans sa vie " est sorti en salle en mai 2006 et en DVD voici quelques semaines. De quoi s'agit-il ?

En 2003, pendant toute l'année, Rémi Mauger, le réalisateur et son cadreur Guy Milledrogues ont suivi le quotidien d'un simple paysan septuagénaire, Paul Bedel. " Ce dernier, têtu et modeste, s'était juré de reprendre le travail agricole de son père, à l'extrémité venteuse et somptueuse du cap de la Hague. Apre paysage de bruyère et de landes cerné par l'océan, là où les champs sont enchâssés dans des murets de pierres et noyés dans la vapeur des embruns " pendant quarante ans, avec ses deux soeurs, Paul va mener une vie opiniâtre de besognes ordinaires. Des journées entières réglées sur les variations du ciel à aller et venir : la traite en plein champ, le matériel mille fois réparé, le beurre baratté, les volailles en liberté, les escapades de la pêche à pied aux grandes marées. Les gestes se répètent. Le temps est le vrai sujet du film. Les autres paysans sont presque tous devenus salariés à l'usine de retraitement de la Hague. Paul lui n'a pas accepté ce lâchage et résisté sans souci d'exemplarité. Son combat c'est le sien, au nom de fidélités d'un autre âge, pour interrompre l'écroulement du temps. Le temps d'une vie. La sienne.

Nul misérabilisme, Paul, silhouette courbée sous le vent d'Ouest, gâpette sur les yeux, paisible face à sa vieillesse, manie un humour aussi décalé que lui. Ce film est magnifique et il faut saluer la productrice, Marie Guirauden des Films d'Ici de nous permettre d'accéder à cette tranche d'humanité ordinaire. L'héroïsme au quotidien des gens de peu, en ce temps de paillettes et de célébrité en carton pâte, ne doit pas être confisqué par les passéistes. L'important n'est pas de réussir dans la vie mais de réussir sa vie. Moi qui, dans une certaine mesure, estime, sans doute à tort, avoir réussi la mienne, je me sens proche de Paul Bedel, enfant de la même terre que la mienne, rude et dure, celle que j'ai quitté, fui même, faute d'y trouver ce que je cherchais dans la vie. Bon film pour ceux qui  iront sur :
www.amazon.fr/Paul-dans-vie-Remi-Mauger/dp/B000NN9XP2

Tu nous a fait une sacré peur cher Michel. Je te souhaite un prompt rétablissement et à te voir bientôt sur Vin&Cie...

 

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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 00:05

Ma tête pleine de son sourire résistait. Planté dans l'embrasure de la porte je refusais de voir toute cette bouillie d'os et de sang mêlés maculant  la toile de Jouy en de monstrueuses éclaboussures. Mes yeux les paraient de couleurs irisées, telles ces taches orangées qui troublent la vue après qu'on se soit frotté les yeux. Je vacillais. M'accrochais à tout ce désordre, ces coussins éventrés, ces robes lacérées, ces sous-vêtements déchiquetés, ces bas cisaillés, maculés d'un sang coagulé et croûteux. L'image allait disparaître. J'allais la retrouver assise en train de se faire les ongles de pied. L'odeur âcre de cordite mêlée à la fadeur des chairs dispersées et séchées me levait le coeur. Tout au fond de ma poitrine une boule monstrueuse se nouait, enflait, me propulsait hors de mon refus de croire. D'une volte brusque je me jetais sur Dornier. Mouvement de colère et de rage froide : pourquoi ce salaud m'amenait-il ici ? Son enquête était bouclée. Ma présence en ce lieu relevait du pur sadisme. Je l'agrippai par le revers de son veston et le secouai avec toute la violence dont je me sentais capable. La raclure virait au cramoisi. Mousset n'esquissait aucun geste pour s'interposer. Les yeux dans le vague il s'acharnait à rallumer son mégot pendouillant. Mes doigts effleuraient la peau suintante du cou de Dornier. L'étrangler. Serrer. Le voir devenir chiffe molle. J'éclatais d'un rire de dément en balançant Dornier comme on jette un sac d'ordures à la poubelle. Il valdinguait lourdement sur le plancher du palier.

" T'aggrave ton cas sale petit merdeux..." éructait-il en se relevant avec peine. Il s'époussetait. Je me retenais de lui cracher dessus. Mousset tétait son tube de maïs éteint. " Et toi, sac à puces, tu le laisses faire...
     - Ce ne sont pas mes oignons Bib. C'est une affaire d'hommes...
     - Cesse de te foutre de ma gueule ! Nous sommes en service.
     - Ouais, mais entre collègues...
     - Collègues mon cul !
     - Tu causes pour ta pomme Bib...
    - Putain de merde Mousset, cesse de m'appeler Bib et garde tes insinuations pour toi sinon je vais te foutre mon poing sur la gueule...
    - Essaie pour voir Bib ?
Leur partie de ping-pong m'aidait à reprendre mes esprits. La boutade de Dornier faisait tilt. Je reconnectais ce qui me restait de neurones : " alors Bib tu veux me coller une inculpation de proxénétisme au cul ? Te prives pas mon gros. J'en ai rien à traire. Comme toutes les fiottes molles tu compenses ton absence de couilles par l'usage de ta carte de police. T'es la loi. Ca te permet tout, selon toi, d'être la loi. Tu te défoules sur la piétaille. Ca te fait bander bander de faire chier un mec comme moi. Ca te met en transes comme de faire suer le burnous des crouilles ou de déculotter un bamboula. Tu n'es qu'un étron Dornier. Même pas une ordure, rien que de la merde graisseuse enveloppée dans du papier de soie...
    - Ta gueule où je te coffre !
    - Chiche ! J'attends que ça...
   

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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 00:19

Tout au fond de la pièce, une fenêtre ouverte donnait sur la rue laissant entrer la rumeur sourde de la circulation. Les rideaux de tulle, gonflés par le courant d'air, ondulaient mollement. Mes yeux fuyaient la réalité. Je ne voulais voir que ce trou de lumière enveloppé de gaze. Dornier avait fait sauter les scellés et ouvert la porte en s'effaçant pour me laisser passer le premier. Ce salaud jubilait. Mousset posait sa grosse paluche sur mon avant-bras " t'es pas obligé de voir ça mon ptit gars. Mais si tu y vas y'a pas de honte de pleurer. Vois-tu, y'a que les hommes qui sont capables d'une telle sauvagerie. Les bêtes, elles, tuent pour vivre. Lui c'est par amour qu'il a fait ça. Putain d'amour ! " En l'écoutant je fermais les yeux. Retrouver son visage, ses yeux interrogateurs, son sourire rieur du jour où nous nous étions quittés. Heureuse me disait-elle, heureuse de s'occuper de mes affaires, de mon ménage, de ma lessive, de mes provisions. Elle s'occupait de tout. Repassait mon linge. Remplissait mes papiers. Toujours fraîche et pimpante, jamais un reproche, Sylvie me maternait. En échange - mot ignoble - je luis faisais l'amour et je la sortais de temps à autre. Ca lui suffisait me disait-elle en passant son bras sous le mien. Toujours inquiète de ma santé elle décrétait face à mon teint de noctambule " je vais t'acheter des ampoules de fortifiants..." Nous échangions peu de mots. Des mots je n'en avais plus mais je tenais à Sylvie car elle était tout ce qui me restait de vie.

Sylvie adorait les intérieurs bonbonnières. Dans son petit appartement, dans cet immeuble pourri d'un quartier glauque, elle s'en était donné à coeur joie, laissant libre court à ses envies de fanfreluches. Les murs tapissés de toile de Jouy, ornés d'une foultitude de miroirs dorés à la feuille, qu'elle avait chiné aux Puces de St Ouen, donnaient à la pièce basse de plafond l'image d'un nid d'amour. Elle savait bien que je détestais tout ce rose, tout ces coussins accumulés, tout ces poufs, toutes ces potiches posées sur des guéridons juponnés et son nickel chrome permanent. Ennemie de la poussière et des moutons sous les meubles je la raillais " t'as qu'un amant, petite pute, ton plumeau..." Elle riait de mes goutajeries. Tolérait, les nuits où je dormais avec elle, mes chaussettes, mon calbar, mes pompes et mes fringues jetés sur sa belle moquette de haute laine. Jamais elle ne mouftait. J'étais son pacha. Elle était ma gagneuse ; une gagneuse tendre et généreuse. Sylvie m'habillait. Pourvoyait à mes menus plaisirs. Vautré dans mon indifférence je profitais de ses largesses sans la moindre once de mauvaise conscience. Mes jours de bonté, rares, me voyaient la sortir. Nous allions au ciné puis au resto. Sylvie se transformait, ces soirs-là, en bourge type triangle NAP : tailleur Chanel, escarpins Céline, sac et foulard Hermès avec rang de perles de culture de chez Chaumet. Elle s'habillait. Au fond de moi je ne pouvais m'empêcher d'admirer l'aisance avec laquelle elle passait des outrances des bas résilles, des talons aiguilles, du maquillage à la truelle de pute non patentée à l'image lisse d'épouse sage et décérébrée de l'avenue Henri Matin.

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 00:27

Lundi dernier, Canal+ diffusait un documentaire : "Mensonges" du réalisateur Juan Pittaluga. Beau sujet ! "Lorsque les gens disent qu'ils veulent la vérité, la transparence, ils mentent." affirme à juste raison un journaliste qui souligne, " le citoyen des sociétés modernes vit dans cette contradiction permanente et les politiques savent en tirer le meilleur parti.  " et, comme je l'ai souvent écrit, " d'un côté les électeurs disent exiger le parler vrai, dénoncent la langue de bois ; de l'autre, ils renvoient à leurs chères études les candidats trop honnêtes pour leur faire miroiter des promesses dont ils savent qu'elles seront sans lendemain." Contradiction normale puisque c'est dans la sphère privée que le mensonge s'épanouit avec le plus de facilité et de luxuriance. Mais comme la sphère publique est exposée à nos regards, nous sommes intransigeant avec le personnel politique. Celui-ci prête sans doute le flanc mais comme le déclare, Laurent Wauquiez, nouveau porte-parole du gouvernement, qui était le plus jeune député de la précédente Assemblée Nationale, " j'ai découvert rapidement que la politique n'était pas un domaine moral. Pourquoi les maires mis en examen sont-ils réélus triomphalement ? Si les politiques doivent faire un travail d'introspection, les citoyens en ont aussi le devoir." Pour Jean-François Khan, toujours aussi tranché dans ses opinions, assène : " il n'y aurait pas de société possible sans mensonge"

La transparence intégrale, la vérité de tous les instants pourraient bien vite nous conduire à la pire des sociétés totalitaires. Le mensonge comme le rire est bien le propre de l'homme. Enquêter sur le mensonge, les mensonges se heurte à la difficile césure entre les bons mensonges, ceux qui épargnent la vérité à ceux qui ne la supporterait pas "je n'ai jamais dit mon homosexualité à ma mère, confie Bertrand Delanoë parce que je n'avais pas envie de lui faire du mal" et les mauvais mensonges, pervers, parfois meurtriers. Toute appréciation globale sur le mensonge est difficile. Mentir est un art, un art dangeureux car le menteur s'expose à la découverte de la vérité. Les mensonges trop parfaits reviennent souvent en boomerang sur ceux qui les profèrent. La réalité n'a jamais la perfection du mensonge. Reste que les mensonges pour manipuler l'opinion publique ne sont jamais ni légitimes, ni moraux. Laissons à une philosophe, Françoise Dastur, le mot de la fin "je crois cependant qu'il y a une chose impossible, c'est de se mentir à soi-même. il me semble difficile d'être à la fois le trompeur et le trompé."

EXTRAIT du journal Le Monde du jeudi 24 octobre 2002 : Pierre Joxe a témoigné devant le juge en juin.

Ministre de l'intérieur de mai 1988 à janvier 1991, Pierre Joxe, aujourd'hui membre du Conseil Constitutionnel, a été interogé le 28 juin en qualité de témoin * par le juge Duchaine. " Comment expliquez-vous sue l'Etat ait pu consacrer plus de 440 millions de francs à la mesure[Nallet], alors que l'enveloppe prévue était de 185 millions ?" lui a demandé le magistrat." Les dépassements de crédits sont fréquents, a répondu M.Joxe. Ils sont votés annuellement, ils peuvent être reconduits d'année en année ou augmentés par décision budgétaires ou par transfert interne." Questionné sur le témoignage du directeur de cabinet au ministère de l'agriculture à cette époque, Jacques Berthomeau, pour qui le dossier avait été "piloté par Matignon(...) et copiloté par Pierre Joxe", il indiqué : " C'est exact que j'ai copiloté ce dossier, puisque, même si Rocard s'y intéressait beaucoup, il m'a délégué et soutenu dans l'élaboration du statut pour la Corse. M.Berthomeau, qui avait déclaré qu'il voyait " mal un préfet aller chercher ses ordres ailleurs qu'auprès de M.Joxe", s'est attiré cette réplique : " Si Berthomeau voit mal, je n'y peux rien."

*Joxe, Berthomeau, deux témoins ordinaires qui, avant de témoigner, jurent de dire la vérité et rien que la vérité. Le premier, avant d'être au Conseil Constitutionnel, était 1er Président de la Cour des Comptes, donc un expert de la chose budgétaire ; le second, une chiure de mouche, renvoyé dans ses petits 18 mètres, qui se voit conseiller de s'acheter une paire de lunettes (il n'en portait pas à l'époque) puisque l'expression de la vérité n'est qu'une question de point de vue... A noter que dans notre beau pays le secret de l'instruction n'est qu'un chiffon de papier. En l'espèce ça ne me dérange pas, même si certains pensent que le simple fait de se rendre comme témoin dans le cabinet d'un juge d'instruction est le premier pas pour je ne sais quel acte de procédure. Le témoin témoigne, point c'est tout. L'inculture civique est la mère de tous les amalgames, toutes les rumeurs, mais les chiens aboient la caravane passe...

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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 00:05

" Helena Frith est pour moi une parfaite inconnue et pourtant c'est l'une des journalistes au monde que j'aime le moins. Elle est arrogante, peu attirante, dépourvue de charme et anglaise. Pis encore, elle est conservatrice. Pourtant, je ne peux m'empêcher de commencer à éprouver pour elle une once d'intérêt." A la lecture de ce texte certains vont penser que je me départis de ma ligne de conduite consistant à ne pas mettre en cause les personnes. Rassurez-vous, si je me suis permis de commettre ce texte c'est que je l'ai voulu homotétique à l'introduction d'un article paru dans le Daily Telegraph de Londres signé par la dénommée Helena Frith. Maniant méchanceté et mauvaise foi avec un certain talent de plume elle déverse sa bile sur Ségolène qui, selon elle, préfère sa carrière à son ménage.

" François Hollande est l'un des hommes politiques que j'aime le moins. Il est arrogant, peu attirant, dépourvu de charme et français. Pis encore, il est socialiste. Pourtant je ne peux m'empêcher de commencer à me sentir désolée pour lui. La raison ? Ségolène Royal, mère glamour de ses enfants, il y a peu encore sa "partenaire" depuis trente ans, vient de le flanquer à la porte. il semblerait qu'il ai eu une liaison. Si les femmes trouvent les hommes de pouvoir irrésistibles, manifestement les hommes préfèrent des femmes un rien moins ambitieuses. Peut-être Hollande a-t-il été séduit en son temps par le charme, le style, les vêtements, la silhouette mince et les ongles soigneusement manucurés de Ségolène, mais quand il s'agit vraiment de passer du temps avec quelqu'un, il préfère visiblement quelqu'un d'autre. Ce qui n'a rien de franchement étonnant. Les présidentiables n'ont pas la réputation de tenir particulièrement à se sacrifier pour les autres. J'imagine que Ségolène ne doit pas être des plus faciles à vivre (...)" 

 

Le reste de l'article est à l'avenant. Ce n'est ni élégant - qualité rare chez les anglaises - ni très charitable - vertu inconnue des britanniques - mais c'est assez bien vu. Juste, en dépit de l'outrance. Mais, me direz-vous, pourquoi diable traiter de ce sujet dans mon blog ? La réponse est simple : j'ai, dans mes années d'éminence grise, eu le privilège de supporter : Michèle (prononcer Michéleux), Thérèse et Annie, les épouses légitimes de mes Ministres et de croiser Ségolène Ministre de l'environnement.

 

 Les trois premières, chacune à leur manière, occupaient un espace important dans la conduite de la carrière de leur Ministre de mari. Ma discrétion naturelle et ma déontologie professionnelle vont vous priver d'anecdotes savoureuses sur ces dames et leurs hommes. Un jour, à la veillée, devant la cheminée, un bon Calvados dans le creux de la main et un cigare au bec, peut-être que je me laisserai aller avec certains d'entre vous. La vie politique est si féroce que la vie privée des éminences est tout sauf un long fleuve tranquille. Beaucoup de cabosses, de blessures, de vexations, de faux-semblants que l'on cache au bon peuple sous le vernis des apparences et derrière les vitres teintées des limousines.

 

Reste notre Ségolène qui ne connaît pas le mot défaite, sans avoir pour autant gagné, qui congédie son François de 1er Secrétaire sans grand ménagement en lui intimant l'ordre de " quitter le domicile conjugal" et, royale suffisance, en lui permettant de "vivre son histoire sentimentale de son côté". Je la retrouve telle qu'en elle-même : abrupte, implacable et déterminée. Elle sait se qu'elle veut, met tout ce qui en son pouvoir de son côté pour arriver à ses fins. Animal politique à sang froid Ségolène ne connaît que le rapport de forces. Elle ne recule que si elle le juge en sa défaveur. Une fois dans ma vie, moi, petit directeur de cabinet, j'ai engagé, par Préfet des Deux-Sèvres interposé, au téléphone, une partie de bras de fer avec madame la Ministre. J'ai argumenté, sur de mon bon droit. Résisté sans baisser la garde un seul instant. Elle a cédé. Sans doute m'en a-t-elle voulu sur l'instant mais je suis persuadé, qu'au fond, elle comprenait que je venais de lui rendre service. Les puissants, ou les présumés tels, attirent les courtisans, les oui madame ou monsieur le Ministre, rares sont ceux qui osent les brosser à rebrousse-poils.  

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27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 00:08

 

 

 

Un de mes amis - un vieux monsieur élégant et spirituel, amateur d'art, fortuné, encore très vivace et séduisant, cultivé et fort courtois -  à propos de certaines femmes, dites du monde, qui déployaient toute l'étendue de leurs charmes, réels ou supposés tels, pour le séduire, me disait avec un petit sourire moqueur, là ou d'autres, moins civils, se seraient contentés de les qualifier d'insupportables emmerdeuses, de croqueuses de diamants, " que voulez-vous Jacques  elles sont proprement imbuvables."

 

J'appréciais à sa juste valeur ce qualificatif à mi-chemin de la contrepéterie salace et de la bonne utilisation de ce sens mal connu qu'est le goût. Pour moi, l'imbuvabilité touchait à des souvenirs d'enfance. Alors que la piquette pleine de fleurettes de mon grand-père, coupée d'eau, trouvait grâce à mes yeux, en revanche, trois liquides entraient dans cette catégorie : l'huile de foie de morue, le thé et le tilleul.

 

Paradoxalement, mes lèvres n'avaient jamais effleuré la moindre cuillèrée d'huile de foie de morue, on m'avait épargné ce supplice, mais la seule évocation du nom de ce liquide visqueux, extrait du foie d'un poisson que les marins de l'Ile d'Yeu allaient pêcher du côté de St Pierre et Miquelon, me révulsait. En revanche, le thé comme le tilleul j'y avais goûté. Pour moi, ils représentaient la quintescence de la fadeur, le triomphe des breuvages pour grenouilles de bénitier.

 

Mais pourquoi diable ce matin me suis-je embarqué dans cette galère voguant sur des eaux incertaines ?

 

Primo je vais me faire réduire en charpie par les ligues féministes. Ce ne serait que justice mais, à ma décharge, ayant souvent la dent dure pour les hommes de pouvoir, on peut m'absoudre pour ce léger écart.

 

Secundo, même si j'ai de bonnes raisons, sans bien sûr vous préciser lesquelles, mon appréciation ne changera pas le cours de l'histoire.

 

Tercio, quand le vin est tiré il faut le boire. Pour autant, comme ma chronique de ce matin ne s'adresse qu'aux initiés - à ceux qui, comme mon camarade le guide éclairé du Pous, où mes compagnons de route de ces dernières années, connaissent mon esprit d'escalier et mon goût immodéré pour les histoires à tiroirs - je me contenterai d'un " Imbuvable donc, oui je le dis tout net, cette ... [ texte censuré ]...". Je n'irai pas au-delà de cette banderille, laissant aux plus perspicaces le soin de décoder tout ce qu'il y a de subliminal dans mon texte. Pour les autres, autour d'un verre, je leur donnerai les clés de mes obscures pensées.

 

Cependant, pour me faire pardonner auprès de celles et ceux qui n'y comprennent goutte je vais leur raconter l'histoire de blonde qui consulte un médecin

 

" docteur j'ai mal partout "

 

et, joignant le geste à la parole, elle pose son doigt d'abord sur son cou. Aïe ! Puis sur sa poitrine. Aie ! Puis sur son ventre. Aie ! Puis sur sa cuisse. Aïe ! Et le praticien de lui dire :


- Vous êtes une vraie blonde et vous avez le doigt cassé...


Désolé !

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 00:03

Au lendemain de mai 68, la Fac de Droit de Nantes, après avoir coupé le cordon ombilical avec celle de Rennes et s'être délestée de ses mandarins, tournait la page en accueillant un jeune universitaire dont elle allait faire son doyen : Yves Prats. L'homme avait une allure austère illuminé par un regard rieur. Précis, exigeant, ouvert au monde sans les concessions de son prédécesseur, d'une intelligence fine et subtile, il ne pouvait que séduire le petit chose que j'étais. Lorsque je suis allé le solliciter pour qu'il soit mon directeur de thèse, Yves Prats me réserva un accueil bienveillant. Avec le sujet que je lui proposais : les interventions de l'Etat dans la filière Porc, je m'attendais de sa part à un soupçon d'ironie. Pas très accadémique, très branché sur le réel, loin de ses préoccupations de grand juriste, et pourtant il me prit tout de suite au sérieux. Au cours des deux années où je me consacrai à ce travail il me reçut des samedi après-midi entiers dans le salon de sa belle maison de Nantes. Je pataugeais grave. Le formalisme de la thèse me cassait les burettes. Il me ramenait dans le droit chemin. Cette thèse, première expérience d'écriture, ressemblait à un gros bloc de pierre mal équarri. Qu'importe, elle a été ma première clé pour m'ouvrir à la vie professionnelle.

 

Entre Yves Prats et moi, un lien s'était créé. Je crois qu'il avait décelé en moi ce goût d'agir, de dénouer les dossiers complexes, de plonger les mains dans le cambouis. Tout le contraire du grand universitaire qu'il était. Pendant mon séjour en Algérie, lui étant alors professeur à Aix-en-Provence, à chaque fois que je revenais en France, il m'accueillait dans sa superbe demeure de la Blaque. Au tout début 1981, Yves Prats nous offrit, à Anne-Cécile et moi, pour des petites vacances, l'hospitalité. Au cours de ce séjour nous sommes allés pique-niquer à la St Victoire. Quelle splendeur ! Un temps superbe, le plaisir du poulet froid et d'un rosé de Provence arrivé au sommet dans sa fraîcheur. Nous nous sommes revus à Paris. Toujours la même attention, et un petit air de dire : si vous en êtes-là c'est un peu grâce à moi. Et c'est vrai. Merci Yves Prats de ce tuteurage ferme et souriant. Votre dignité, dans les épreuves, je le sais, est à l'image de l'homme qui m'a guidé.

 

 

 

La vie a toujours des raccourcis saisissants. En 1980, le directeur de l'ONIVINS, PML, énarque de son état, organisa pour un petit paquet d'entre-eux, promotion Michel de l'Hospital je crois, un séminaire sur la viticulture française, agrémenté de trois visites de vignobles. Bordeaux en était bien sûr. Comme j'étais l'homme de l'intendance c'est moi qui m'occupais de la petite troupe de futurs technocrates. Nous fûmes reçus dans les grands châteaux : Palmer, Laffite et d'autres dont je n'ai plus souvenir, et le soir l'Union des Grands Crus Classés nous recevait à Cos d'Estournel. C'est là où je connus Bruno Prats. La soirée fut somptueuse. Nos énarques un peu gris. La tradition voulant qu'un d'entre-eux fît un discours pour remercier nos hôtes, ce soir-là ce fut Jean-Louis Bourlanges - bien connu des plateaux de TV comme chantre du Bayrou du Béarn, quitté depuis - qui s'y colla. Les effets des grands nectars aidants, notre normalien fut encore plus lyrique que d'ordinaire, limite ironique. Le lendemain matin il s'enquit auprès de moi des effets de ses propos échevelés. Je le rassurai même si, dans mon fors intérieur, je pensais que notre Bourlanges multidiplomé était de l'étoffe de ces énarques qui tombent vite dans la marmite politique. Il y tomba. Le arpport coût des études sur retour sur investissement pour l'administration française se révélait très mince. Par la suite, alors que je gérais la cave du Président de l'AN, Bruno Prats contribua largement à me dégrossir en m'initiant aux charmes des grands châteaux bordelais. Comme la roue tourne, aujourd'hui c'est Jean-Guillaume Prats qui est l'un des membres fondateurs de "Sans Interdit"...

 

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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 00:02

J'ai eu une 4L, une 4L immatriculé en TT sur plaque rouge car je m'expatriais en Algérie, à Constantine, pour faire mon service national comme VSNA à l'Université de cette ville. Avec elle j'ai sillonné l'Est algérien, les Aurès, le grand sud : El Oued, Gardhia, la côte : Béjaia... Pas une panne, une vaillante la ptite Renault, vous comprendrez donc que j'ai un faible pour cette boîte à chaussures sur 4 roues, un vrai must d'une beauté saine, sans prétention... Et puis voilà t'y pas que par le courrier je reçois dans une enveloppe une grande affiche et un superbe et sobre 4 pages sur beau papier m'annonçant la naissance des 4 L de la Méditerranée : L'Arjolle, l'Hortus, La Liquière, La Rectorie. La photo très kitch, tendance rural profond, est d'un goût très sûr. Des quatre domaines j'en connaît 3, seule la Liquière manque à mon palmarès.

Je vais donc vous parler de l'Arjolle. Plus précisément de Louis-Marie Tesserenc qui, en temps que président du syndicat des vins de pays des Côtes de Thongue, m'a invité au temps de mon rapport à son AG. Ce fut une mini-expédition car mon avion ayant du retard et le suivant de l'avance, le viticulteur devant me réceptionner constatant, que je n'étais pas dans le premier flux d'arrivants, était reparti. Je pris donc un taxi. Chauffeur top, intarissable sur les tarés qui pètent les péages d'autoroute, remonté comme une pendule contre la fine fleur des agités qui passent plus de temps à la chasse que dans leurs vignes. Quand je suis arrivé sur le lieu de l'AG j'avais la tête aussi farcie qu'un poivron. A la tribune, le "bougon des cépages", grand chef charismatique de la contrée, tirait lui une tête de cinq pieds de long. Faut le comprendre, avec mes idées à la con je lui volais la vedette et il n'aimait pas ça le bougre qu'on lui fasse de l'ombre. Je fais dans la révérence polie. J'évoque ce qui nous uni, bref je fais un peu le putassier sous le regard amusé du président Tesserenc.

Bref, l'assemblée se passe aux petits oignons. On se restaure. J'aime bien ces repas avec des gens tout simple. Lorsqu'arrive l'heure d'aller se glisser dans les bernes, Louis-Marie Tesserenc me dit qu'il m'emmène coucher chez lui au domaine de l'Arjolle. C'était la première fois dans ma longue carrière d'errant qu'un président m'offrait l'hospitalité. J'en fus très touché. Il était fort tard lorsque nous sommes arrivés et pourtant nous avons pris tout notre temps pour visiter le chais qui, dans mon souvenir, m'étonna par sa modernité et son souci du geste architectural. Depuis cette petite virée en Côtes de Thongue je garde pour ce vin de pays un petit faible. Alors, vous comprendrez mieux maintenant pourquoi je suis si attaché à créer des liens. Pour faire bouger les lignes, s'adapter sans se renier, il nous faut cultiver les proximités intellectuelles, nourrir la convivialité, sortir des querelles d'appareil, vivre quoi !

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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 00:02

A ceux qui arrivent sur ce blog comme à mes fidèles et anciens lecteurs un petit rappel s'impose à propos de mes écrits du samedimanche.
- Depuis le samedi 7 octobre 2006 avec "ne m'appelez pas Benoît" jusqu'au 25 février 2007 avec "c'est encore un de ces fichus poivrots", Benoît, le narrateur de cette histoire écrite en direct sur mon blog pour les jours du WE, se lançait dans le roman de sa vie. C'était le chapitre 1.
- Du 3 mars 2007 avec "c'est le chapitre 2 opus 1" jusqu'au 9 juin 2007 avec "qui se souvient du soleil d'Austerlitz opus 32" il en terminait avec le second chapitre.
- Aujourd'hui, 24 juin, avec l'entame du chapitre 3, Benoît entre brutalement de plain pied dans la part la plus noire ou la plus rouge de sa vie. Bonne lecture chers abonnés...

Je pressentais le pire. La montée de l'étroit escalier au tapis élimé me semblait interminable. A chaque palier son lot d'odeurs, lampées de la misère ordinaire, discrète, cachée même sous le soin des gens de peu. Mes collègues m'encadraient. Devant moi, Dornier, un pataud ventru, boudiné dans un costume en tergal gris lustré, épongeait son cou de taureau avec un grand mouchoir à carreaux pas très net. Il peinait. Au commissariat de la place d'Aligre c'est lui qui m'avait réceptionné sans grand ménagement. Chauve et sans lèvres, imberbe, lardeux et rosé, il me tendait une main molle aux ongles manucurés. "Inspecteur Dornier, c'est moi qui vous ai appelé..." Voix de fausset, regard fuyant, effluves de lavandin, imperceptible trémoussement des hanches et petit doigt levé, une vraie caricature de la tantouse refoulée. Mon indifférence affichée, ma barbe de trois jours, mon costard de luxe froissé et mes pompes cousues Goodyeard lui tiraient une petite moue mauvaise.Il réajustait nerveusement sa cravate graisseuse. Ce geste, d'apparence anodin, ne l'était pas. Ce type réfrénait à peine son envie de me cracher son venin. Ma seule vue l'agressait. La lecture de mon dossier me classait sans recours dans la colonne dangeureux. Comment pouvait-on recruter des types comme moi dans la police ? Tout foutait le camp. Lui empestait Vichy et l'Algérie française. Juifs, bougnoules ou gauchistes, l'essentiel pour ce salopard c'était d'éradiquer la vermine. " On va y aller..." Je le suivais.

Dans la rue, adossé à une 403 grise, un grand échalas roux sans âge grillait une Gitane maïs qui poudrait de gris sa chemise qui fut blanche. " Mousset, éteins moi cette merde ! La bagnole empeste déjà assez ton jus de chaussettes et le tabac froid..."
- Ca compense ta putain de brillantine, Bib...
- Cesse de m'appeler Bib !
- Ne monte pas sur tes petits ergots nacrés pour impressionner notre collégue, Bib !
- Au lieu de débiter des conneries tu ferais mieux de bouger ta couenne. On est déjà à la bourre...
- Oui ma mémère tes désirs sont des ordres.
Dornier tirait nerveusement sur ses poignets mousquetaires ornés de boutons de manchettes en or jaune pétant. Mon petit sourire rajoutait une dose supplémentaire à sa fureur rentrée. Je serrais la main osseuse de Mousset qui m'avertissait avec une réelle compassion " j'espère que vous avez le coeur bien accroché collégue car j'ai rarement vu un tel carnage..." J'opinai sans grande conviction en esquissant ce qui se voulait une sourire. Ses chicots pourris jaunis par la nicotine comme ses sourcils broussailleux me le rendaient sympathique.
   

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