Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 06:00
Goutte de Poire William passerillée de Laurent Cazottes, « Trois Morceaux en forme de poire » d’Erik Satie mais connaissez-vous la poire d’angoisse et la Poire des papes ?

Cette chronique est dédiée à un Jean-Baptiste fidèle lecteur... lui seul comprendra pourquoi...

 

Commençons avec légèreté : plus le poirier est vieux, plus il est fécond, de son bois les luthiers font des bassons…

 

En avant la musique !

 

En 1864 pour célébrer la première de La Belle Hélène l’opérette de Jacques Offenbach, sur un livret d’Henry Meilhac et Ludovic Halévy, Auguste Escoffier, dit-on, invente la poire Belle Hélène.

 

En septembre 1903 Erik Satie a composé une suite pour piano « Trois Morceaux en forme de poire ». Les critiques estimaient que sa musique manquait de structure alors avec humour, il a expliqué que si sa musique avait une forme de poire, on ne pourrait plus lui dire que ses compositions étaient sans forme ! »

 

En 1959, Sacha Distel, guitariste de jazz, qui vivait une histoire d'amour passionnée avec Brigitte Bardot se lance dans la chansonnette avec « des pommes, des poires et des scoubidous… » l'adaptation française d'Apples, Peaches and Cherries, un tube de Peggy Lee, composé par le poète américain Abel Meeropol alias Lewis Allan.

Mais connaissez-vous la poire d'angoisse et la poire des Papes ?

 

Patience, patience, avant la poire est le poirier : « Le poirier croît avec lenteur, il peut vivre très longtemps.

 

Les luthiers en font des bassons, des flûtes et autres instruments ; les charpentiers l'emploient dans les menues pièces du rouage des moulins, les menuisiers pour en faire des meubles, les ébénistes pour la marqueterie »

 

J’aime le bois, surtout les bois fruitiers…

 

« Le bois du poirier est pesant, d'un grain très-uni, fin, serré et d'une couleur rougeâtre ; il n'est pas sujet à être attaqué par les vers. Il prend la teinture noire on ne peut mieux, et ressemble alors tellement à l'ébène, que l'œil s'y trompe et qu'on ne le reconnait qu'à la différence de pesanteur spécifique. Selon Varennes de Feuilles, le pied cube de ce bois pèse soixante-dix-neuf livres cinq onces quatre gros, quand il est vert, et cinquante-trois livres deux onces, quand il est sec. Il travaille et diminue de près d'un douzième de son volume ; mais il lui arrive rarement de se fendre. Pour la gravure et la sculpture en bois c'est un des meilleurs qu'on puisse employer, après le buis et le cormier. »

 

 

D’où vient notre poirier ?

 

« Le poirier, du temps d'Homère, était déjà cultivé. Dans son Odyssée (1, VII, v. 116), le prince des poètes le cite parmi les arbres qui ornaient le verger d'Alcinoüs. Apios était le nom que les Grecs donnaient ordinairement au poirier cultivé ; les Latins l'appelaient pirus, nom qui tire son origine du celtique peren, bien plus vraisemblablement que du mot grec pur, feu, étymologie fondée sur ce que les fruits du poirier ont la même forme que la flamme qui se termine en pointe. Pline a commis à l'égard du poirier une erreur singulière : il le place au nombre des arbres qui croissent rapidement et durent peu, tandis que c'est tout le contraire : le poirier croît avec lenteur, il peut vivre très longtemps et acquérir, par les années, une grosseur assez considérable. Théophraste, observateur plus judicieux, remarque que plus le poirier est vieux, plus il est fécond ; rien n'est plus vrai. M. Bosc a vu des poiriers auxquels on attribuait trois à quatre siècles d'âge et qui étaient extrêmement productifs. On parle d'un poirier d'Erford, en Angleterre, ayant dix-huit pieds de circonférence. Disséminé dans les forêts de l'Europe tempérée, où il est indigène, le poirier ne forme jamais à lui seul des forêts entières. Moins difficile que le pommier sur l'exposition et la nature du sol, il réussit dans les terrains secs et pierreux ; il y enfonce avec force ses racines et s'introduit jusque dans les fentes des rochers. Cependant une terre grasse et profonde est celle qui lui convient mieux. ».

 

Frédéric Cuvier, Dictionnaire des sciences naturelles, F.G. Levrault, 1826.

 

Originaire, comme beaucoup de fruits, de l’Asie centrale, le poirier Pyrus communis s’est répandu dès l’époque néolithique dans toute l’Europe occidentale (on a d’ailleurs retrouvé des pépins de poire dans de nombreux sites préhistoriques).

 

La culture proprement dite de la poire aurait commencé en Chine, plus de 4000 ans avant notre ère. Les Grecs semblent avoir apprécié les poires, Homère dans l’Odyssée, les décrit comme un cadeau des dieux, grandi dans le jardin d’Alcinoos, roi des marins Phéaciens. Pyrrhus, roi d’Épire, victorieux de deux grandes batailles contre les Romains, est un grand amateur de poires. Il en plantait partout où il allait combattre. Il aurait introduit la poire en Italie. À Pompéi, on a retrouvé des poires dans les ruines de la ville détruite par l’éruption du Vésuve en 79.

 

Ce sont les Romains qui, pratiquant systématiquement la greffe «Greffe tes poiriers, Daphnis, tes petits neveux en recueilleront les fruits», chantait Virgile, développèrent le nombre des variétés : Caton n’en cite que six, Pline déjà plus de quarante, et on en recensait une bonne soixantaine à la fin de l’empire romain.

 

À Rome, on mangeait déjà la poire crue ou cuite ; les moins bonnes étaient transformées en alcool : le Poiré, ou en vinaigre.

 

À Byzance on se délectait de poires en gelée, transformées en confitures ou bien cuites dans du vin.

 

Au Moyen-âge, une liste de 209 variétés de poires est envoyée au Duc de Toscane. Charlemagne aurait constitué la première collection de poires en France. Les meilleures poires s’appelaient «Saint-Rieul», l' «Habisteau» et « Bon-Chrétien ».

 

Louis XI était certain de guérir grâce à ses poires parce qu’à cette époque, on pensait que les poires favorisaient une bonne digestion.

 

Aux banquets de Charles VII à la fin du XVème siècle, on servait des poires au sucre en fin de repas, recommandées par les médecins ! On pensait que la poire était bien plus utile accompagnée de vin rouge et d’épices.

 

Un siècle plus tard, Montaigne qui voyage s’étonne de déguster de la poire fraîche, séchée ou en compote non seulement dans les desserts mais aussi, en Europe centrale et orientale, avec les viandes comme aromate et condiment.

 

Louis XIV aime tant les poires qu’il fait planter de nombreux poiriers dans le Potager du roi. La poire devient un met royal !

 

C’est Jean-Baptiste de la Quintinie qui ayant abandonné sa carrière de juriste pour s’adonner au jardinage (le droit mène à tout) se verra appeler par le roi Soleil pour superviser les vergers et les potagers cultivés pour la table de la cour.

 

Dans son verger on recense 500 poiriers. Dans son ouvrage épique Instructions pour les jardins fruitiers et potagers il décrit la variété dite bon-chrétien qu’on appelait Williams en Angleterre :

 

« … mais particulièrement le coloris incarnat, dont le fond de son jaune est relevé, quand elle est à une belle exposition, luy attire l’admiration de tout le monde ; […] elle réjouit tous les jours le curieux qui veut la regarder, tout de même que la vue d’un bijou, ou d’un trésor, réjouit le maître qui en est le possesseur ».

 

En traversant l’Atlantique pour atteindre les USA elle sera baptisée Bartlett du nom d’un horticulteur local.

 

Jean de la Quintinie, popularisera la poire à travers des variétés aux noms évocateurs : Muscate, Frangipane, Cuisse-Madame, autant de promesses de voluptés…

 

En Angleterre, en 1842, 700 variétés de poires sont cultivées.

 

Le caricaturiste Philippon se moque de Louis Philippe, roi de France, en le dessinant avec une tête en forme de poire…

 

À l’heure actuelle, il y aurait dans le monde plus de 15 000 variétés mais 2000 variétés sont recensées dont une dizaine seulement se retrouve sur nos étals, la plupart datant du XVIIIème siècle et du XIXème siècle : la Guyot et la Williams sont disponibles dès l’été, les autres variétés sont disponibles en automne et en hiver Beurré Hardy, Comice, Passe-Crassane, Conférence

 

 

Certes, certes me direz-vous mais quand saurons-nous ce que sont la poire d’angoisse et la poire des Papes ?

 

Bientôt mais pour vous détendre faites donc le poirier « Tenir en équilibre sur les mains, les pieds en l'air et la tête en bas » et pour parfaire votre culture je vous conseille de lire cette chronique sur la poire de terre 

 

Et puis entre la poire et le fromage

 

« Ne dis pas au maître

 

À quel point le fromage est bon avec les poires »

 

Al padrone non far sapere

 

Quanto è buono il formagio con le père

 

« Ne dis pas au paysan

 

À quel point le fromage est bon avec les poires

 

Mais le paysan, qui n’était pas couillon,

 

Le savait avant son maître. »

 

Al contadino non far sapere

 

Quanto è buono il formagio con le père.

 

Ma il contadino, che non cra era coglione,

 

lo sapeva prime del padrone.

 

J’y viens, j’y viens, en attendant vous prendrez bien une petite Goutte de Poire William passerillée de Laurent Cazottes avant d’aller acheter votre poire chez votre boucher

 

En boucherie, la poire est une pièce qui se situe au niveau de l’arrière-train du bœuf, au-dessus de l’araignée.

 

Ce morceau de première catégorie en forme de poire, ce qui lui donne son nom, est un muscle à fibres courtes pesant de 500 à 600 grammes. C’est un morceau du tende de tranche, ensemble de muscles sur la face interne de la cuisse. Ces muscles, relativement peu sollicités, donnent une viande très tendre, particulièrement fine et fondante. Avec le merlan, l’araignée et la fausse araignée, la poire fait partie des « morceaux du boucher ».

 

Son appellation courante dans les bistros et restaurants de « poire du boucher » n’a rien à voir avec la « poire de boucher », ou de bouchet, qui est une poire grosse, ronde, tendre et blanche, mûrissant à la mi-août.

Goutte de Poire William passerillée de Laurent Cazottes, « Trois Morceaux en forme de poire » d’Erik Satie mais connaissez-vous la poire d’angoisse et la Poire des papes ?

Mais non, mais non, je ne me fiche pas de votre poire… même que je vais vous dire que bien sûr vous pouvez la manger, la poire pas ma pomme, crue, avec sa peau ou pelée, mais aussi qu’elle est aussi succulente cuite :

 

  • Au four : ha, les poires cuites de mémé Marie !

  • À la vapeur

  • Pochée 
photos Thomas Straub in Cuissons éditions Keribus
photos Thomas Straub in Cuissons éditions Keribus

photos Thomas Straub in Cuissons éditions Keribus

Antoine Gerbelle ‏@GerbelleLaVie  Crème b. poire W. sorbet vanille : triple lutz d'un crémeux fruité inoubliable #clapclap #philippemille @lescrayeres

 

  • Rôtie

  • Poêlée

  • En croûte…

 

Avec ça vous prendrez bien un petit coup de Poiré !

 

C'est une boisson traditionnelle de la Haute comme de la Basse Normandie obtenue par fermentation du jus de poires fraîches.

 

Elle était considérée comme la boisson des plus pauvres, le poiré, à base de poires, était fort répandu et, coupé d'eau, constituait une boisson pour les enfants.

 

Il est principalement produit dans les régions de Domfront et de Mortain.

 

Culture des poires et culture de la poire : les peintres ont toujours été inspirés par les poires.

 

Vincent Van Gogh Nature morte aux poires

 

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593) fait usage de la forme de poire dans ses portraits fantastiques entièrement constitués de fruits.

 

Goutte de Poire William passerillée de Laurent Cazottes, « Trois Morceaux en forme de poire » d’Erik Satie mais connaissez-vous la poire d’angoisse et la Poire des papes ?

Mais pour finir, en ce temps où l’on nous parle de barbarie, rappelons-nous les raffinements de la Sainte Inquisition :

« Je vous présente des poires de bon-chrétien pour des poires d'angoisse que vos cruautés me font avaler tous les jours. »

 

Molière - La comtesse d'Escarbagnas – 1671

 

Au Moyen-Âge pour ne plus les entendre les hurlements des torturés, un bon moyen consistait à leur enfoncer dans la bouche un instrument qui, selon Larousse, « s'ouvrait au moyen d'un ressort, se développait en forme de poire, et étouffait complètement les cris »

 

La poire d'angoisse était un instrument de torture. 

 

 

 

Elle aurait été inventée au XVIe siècle par un voleur nommé Palioli avec la complicité d'un serrurier parisien.

 

Cet instrument était une sorte de petite boule qui, par des ressorts ou une vis situés à l'intérieur, venait à s'ouvrir et à s'élargir, de sorte qu'il n'y avait aucun moyen de la refermer sauf à l'aide d'une clé. Elle était placée dans la bouche des victimes.

 

Tom Fontana créateur américain de la série “Borgia”, écrit « Dans mes recherches sur l'époque des Borgia, j'ai essayé de trouver des faits authentiques qui soient étonnants pour des hommes d'aujourd'hui. Quand j'ai découvert le supplice de la « poire papale » [une scène particulièrement gore à découvrir dans le deuxième épisode, ndlr], j'ai eu moi-même du mal à y croire. Les débuts de la Renaissance constituent un cadre particulièrement stimulant pour une fiction : c'est la jonction d'une ère de ténèbres, riche en barbaries de toutes sortes, et d'une période humaniste, brillante, où émergent des génies comme Léonard de Vinci. »

 

La poire du pape était réservée aux sodomites, aux femmes soupçonnées d'être coupables d'union sexuelle avec le Diable (sic), aux prédicateurs hérétiques… elle était affublée de dents acérées qui s’écartelaient en tournant une vis… et elle était placée dans le lieu où l’on avait péché…

 

Voilà chers lecteurs, je n’ai pas coupé la poire en deux… je vous ai livré un panier de poires… à vous d’en faire ce que vous voulez…

 

« Cette expression ne semble apparaître dans la littérature qu'après les années 1880. En 1882 Félix Galipaux et Lucien Cressonnois, publient une saynète où discutent deux personnages, intitulée «la poire en deux». Les deux personnes, sont sur une scène et se disputent le fait de pouvoir déclamer chacun leur texte qui est en vers. Après quelques échanges, l'un propose à l'autre de «couper la poire en deux» et de réciter chacun leur tour quatre de leurs vers. Ils finiront par se séparer sans avoir dit leur texte.

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 06:00
« La ferme des milles vignes » est un phantasme cher Raphaël Schirmer…

Le titre du POINT, très à la manière FOG, La fin des droits de plantation ou "la ferme des milles vignes" a de quoi tournebouler les black bérets si fier de leur terroir inimitable.

 

Le signataire de l’article n’est pas notre Jacques Dupont mais Raphaël Schirmer qui sur son blog emboite le pas de ceux qui imaginent ou prévoient voir pousser de la vigne en lieu et place des champs de betteraves, de céréales, de colza dans les grandes plaines du Nord.

 

Pur phantasme !

 

Pourquoi ?

 

« Trop tard ! » en parodiant Mac Arthur

 

La vigne ce n’est ni du blé, ni du colza ou de la betterave à sucre, c’est une culture pérenne dont le retour sur investissement est long, périlleux, le vrac n’est pas coté à la Bourse de Chicago.

 

Le modèle du Nouveau Monde invoqué s’est développé sur la base d’une séparation entre ceux qui investissent dans la vigne, pour des raisons d’optimisation fiscale, et les wineries. Je vois mal nos élus de tous bords s’embarquer dans une telle galère.

 

Et pourtant c’est un groupe français, Pernod-Ricard, qui a développé sa branche vin sur la base du modèle australien, mais son modèle fondé sur des marques mondiales premium n’a pas fait école en notre vieux pays de vin. En effet, il n’existe aucun groupe français du vin de marque de dimension mondiale et, en dépit des ambitions d’In Vivo, ce n’est pas demain la veille que l’on va voir s’en constituer un.

 

Quant à notre grosse GD lamineuse de prix, accro aux foires aux vins, elle a d’autres chats à fouetter que d’aller investir dans un vignoble industriel ou de bâtir un véritable partenariat de sourcing avec un vignoble de masse. En un temps, Prodis-Carrefour l’a imaginé avec le succès que l’on connait.

 

Quant aux investisseurs extérieurs, financiers ou institutionnels, la force d’attractivité de certains pays de l’UE, telle la Roumanie, qui a de belles potentialités viticoles, sera bien plus grande que la Beauce ou la Picardie.

 

Bref, on peut toujours tout imaginer mais voir se réanimer le vieux modèle du négoce de place qui a fait fortune au temps béni des VCC il y a un pas que nul n’est prêt à franchir.

 

Invoquer les concentrations extrêmes des groupes producteurs bière n’est pas pertinent car il n’existe pas dans le vin de marques vraiment mondiales (c’est-à-dire leader sur tous les grands marchés consommateurs), et celles qui existent, telle Jacob’s Creek, ne bradent pas le prix de leur bouteille, elles y intègrent au contraire un très fort % de marketing en pratiquant le positionnement ou vulgairement les prix de marchands de chaussures avec deux 9 après la virgule.

 

D’ailleurs ce modèle, si le Languedoc l’avait souhaité il pouvait le réactiver dans l’ancien système, du fait de sa gestion du vignoble : mixité, et générer un vignoble industriel par le truchement des caves coopératives. Ce choix, comme le dit Despey n’est pas celui des dirigeants de la production.

 

Quant à la banalisation du vin ce n’est vraiment pas une nouveauté, elle n’est pas liée à l’irruption de nouveaux contenants, tels les bag-in-box, mais à la politique du tout AOP-IGP qui place beaucoup de ces vins en entrée de gamme dans la GD à des prix au ras des pâquerettes.

 

Le parallèle avec la Ferme dites des 1000 vaches, n’est pas non plus très convaincant. Celle-ci n’est pas le fait de la volonté de l’industrie laitière, privée ou coopérative, mais d’une pure décision individuelle d’un entrepreneur extérieur. Ayant quelque expérience du secteur laitier, il y a fort longtemps que l’arc Atlantique-Manche a choisi un modèle hyper-productif. Les tours de séchage de lait pour le marché chinois y poussent sans avoir besoin de générer des fermes de 1000 vaches.

 

Quant au maire champenois qui s’inquiète ça relève du grand n’importe quoi. Il ferait mieux de se poser des questions sur les scores du Prosecco et sur les investissements de Taittinger au Royaume-Uni.

 

Bref, cher Raphaël Schirmer, ne soyez pas trop inquiet pour nos chers paysages viticoles, la vigne France a d’autres défis à relever que de jouer à se faire peur avec la libéralisation des droits de plantation. « Quand le vin est tiré il faut le vendre… »

 

Enfin lorsque vous écrivez ce qui suit permettez-moi de sourire car le rapport auquel vous faites allusion, signé par Mme Vautrin, alors député de Reims, est sorti de mon porte-plume, si je puis le dire ainsi. J’ai fait le nègre comme on dit. Il fallait passer la période Sarko I à la phase Sarko II. Les dés étaient jetés, il fallait simplement un peu de vaseline sur le suppositoire.

 

« On remarquera à ce propos que le monde viticole est tout de même un lobby puissant : il a réussi à limiter la libéralisation du secteur. On pourra lire les points de vue des professionnels dans ce rapport de 2010. Mais un lobby moins puissant qu’il n’y paraît, puisque la mesure est en demi-teinte : les AOC sont exclues de la réforme jusqu’en 2018, et seuls les vins sans IG sont pour l’instant libres de plantation. »

 

Vu mon grand âge je ne serai pas là pour vérifier si la libéralisation des droits de plantation bouleversera de fond en comble le paysage viticole français. J’en doute, pour moi les risques sont ailleurs, mais je ne vais pas entonner mon sempiternel couplet sur la banalisation de nos vins à IG…

 

Cap 2010 est toujours d’actualité… Ne pas choisir c’est régresser…

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 06:00
« Du venin dans les vignes » suspens insoutenable dans les beaux terroirs…
« Du venin dans les vignes » suspens insoutenable dans les beaux terroirs…

Quel beau titre !

 

Évocateur à plus d’un titre… surtout dans les belles vignes à haut potentiel de rendement médiatique et financier…

 

« Les deux demoiselles jetèrent à Canalis un regard chargé d’autant de venin qu’en insinue la morsure d’une vipère. » — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)

 

Nœud de vipères, « Vipère au poing » d’Hervé Bazin, langue de vipère ou en langage populaire langue de pute, la vipère image emblématique du serpent tentateur d’Eve, le serpent rampant, sa langue fourchue, sa morsure mortelle, de quoi épouvanter les petits et les grands.

 

Au temps de mes culottes courtes les juvénistes de l’ordre des frères de Louis Grignon de Montfort (Le juvénat : dans certains ordres ou congrégations, période d'études et de formation qui suit le noviciat et prépare éventuellement au professorat; situation des religieux pendant cette période.) qui étudiaient sur le même site que mon école d’agriculture de la Mothe-Achard, occupaient leurs loisirs du dimanche, lors de la saison favorable, à ramasser des vipères avec des bâtons dotés d’une pointe à leur extrémité. Ils stockaient leurs prises dans des boîtes cylindriques et j’ai le souvenir de cet enchevêtrement de vipères qui me fascinait. Leur butin était expédié à l’Institut Pasteur pour la fabrication de sérum anti-venin.

 

En TP de sciences-naturelles j’ai disséqué une vipère sur une paillasse…

 

Mais le sommet de mon imaginaire érotique d’adolescent  fut sans conteste la danse de Debra Paget face au cobra dans « Le Tombeau Hindou » de Fritz Lang (1959) vidéo ci-dessous.

 

Pour ne rien vous cacher je n’ai aucun goût pour les serpents et je ne vivrais pas avec un boa dans mon salon, mais dans la nature, les leçons de choses aidant, je ne me promenais jamais en sandales dans certains lieux et je marchais un bâton à la main pour que ces « charmants » rampants surpris dans leur digestion au soleil détalent avant que je mette le pied dessus.

 

Et moi suis-je venimeux ?

 

Sans doute un peu, beaucoup, passionnément à l’endroit de certains de mes chers confrères de la blogosphère qui ne font que m’énerver. J’assume sans honte. Mes mots ne sont pas meurtriers.

 

Ceci écrit pourquoi avoir commis cette chronique ?

 

Tout bêtement parce que voguant vers Brest en TGV, à la gare de Rennes une flopée de panneaux publicitaires ont attiré mon regard acéré de chroniqueur journalier.

 

« Du venin dans les vignes » suspens insoutenable dans les beaux terroirs…

J’ai cherché et j’ai trouvé :

 

Kobra de Deon Meyer Seuil policier

 

« Paul Anthony Morris, mystérieux client britannique de la guest-house d'un domaine viticole de Franschhoek, a disparu, et ses trois gardes ont été tués. Seul indice : des douilles de cartouches gravées d'une tête de cobra. Dès le début de son enquête, Benny Griessel se heurte à la réticence du consulat et de sa hiérarchie.

 

Au Cap, le jeune Tyrone Kleinbooi dérobe sous l’œil d’une caméra de surveillance le sac d’une touriste dans la marina du port. Alors qu'ils s'apprêtent à l'interroger, les agents de sécurité sont abattus méthodiquement par un tueur cagoulé qui laisse sur place des douilles gravées d'une tête de cobra.

 

Tyrone réussit à s’échapper en emportant son butin, mais quand, peu après, sa sœur Nadia est kidnappée, Benny le soupçonne d'être en possession d’un élément crucial.

 

Le tueur semble être un professionnel surnommé Kobra, mais pour qui travaille-t-il ?

 

Quand à Paul Anthony Morris, il se révèle être un brillant mathématicien, inventeur d'un logiciel permettant de repérer, dans les transactions financières mondiales, le parcours de l’argent sale issu du crime organisé et du terrorisme. Qui a commandité son enlèvement? »

 

Conclusion : l’évocation de la vigne fait vendre…

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, «1 programme ? Jamais! La politique, c’est la réalité. La réalité, c’est tous les jours qu’elle change. Il faut avoir des principes et des objectifs, non 1 programme». De Gaulle

En rangeant des livres j’ai mis la main sur « Secrets de Femmes Voyage au cœur du plaisir et de la jouissance », qui donc avait oublié chez moi ? Je n’en avais pas la moindre idée. Ce n’avait plus aucune espèce d’importance mais je le feuilletai pour peut-être retrouver entre les pages, ou griffonné sur elles, un indice. Il n’y en avait pas. Dans ma recherche mon œil fut attiré par un titre : L’orgasme féminin opère une sélection sur les hommes.

 

« Une autre hypothèse part elle aussi de la constatation que l’orgasme féminin n’est pas aussi rapide que celui des hommes. Certains chercheurs voient précisément là une « astuce » de l’évolution. Cette difficulté serait le moyen d’opérer une sélection parmi les hommes. Si les femmes atteignaient l’orgasme avec tout le monde, elles s’accoupleraient au premier venu et en seraient satisfaites. Mais si certains partenaires sont capables de le produire et d’autres pas, les femmes vont privilégier les bons amants. Or les qualités requises pour être un bon partenaire sexuel, patience, sensibilité, intelligence, empathie sont précisément celles qui en feront aussi un bon père, capable de s’occuper de sa progéniture. Ce sont des qualités sociales plus importantes pour le succès parental que la force brute. Grâce à leur orgasme capricieux les femmes font donc une pierre deux coups : d’une pierre d’achoppement un bon coup et un papa modèle. »

 

Étrange hypothèse, pendant très longtemps dans nos sociétés peu de femmes ont pu librement choisir leur partenaire et encore moins elles ont pu le faire sur des critères sexuels. Pour l’immense majorité des femmes de notre planète quand on découvre le comportement sexuel de son partenaire, les jeux sont faits et il est trop tard. La sélection a donc fonctionné dans l’autre sens, les femmes ont tenté de repérer des hommes sensibles et attentionnés dans la vie sociale en espérant qu’ils seront bons au lit.

 

L’irruption de la libération sexuelle des années 60, crime majeur de ma génération, a-t-elle changé la donne ? Je ne le crois pas, le testage sexuel n’a pas inversé la capacité des femmes à se précipiter entre les pattes de mecs invivables mais sérieusement burnés. Le bal de la séduction a perduré, les unions se font et se défont à une vitesse exponentielle. Familles recomposées, enfants bourlingués, femmes maltraitées, le en couple devient une posture sociale bien souvent tragique. Un peu de douceur dans ce monde de brutes ne passe guère par le mitant du lit.

 

Et dire que je croise des femmes avec qui j’aurais aimé faire ma vie.

 

Trop tard !

 

Bowie est mort…

 

 

« Parmi les 1001 conquêtes (supposées) de l’artiste aux mille visages, on compte aussi Bianca Jagger, Amanda Lear (qui disait qu’il se maquillait plus qu’elle), Marianne Faithfull, Oona Chaplin, la veuve de Charlie, ayant 20 ans de plus que lui au compteur, la tigresse Tina Turner, Ronnie Spector, qu’il attendra nu dans une chambre d’hôtel après un show à New York en 1976, Susan Sarandon et Iman (épousée en 1992 et mère de sa fille) pour une union plus longue et conformiste que les autres - même si la presse américaine de l’époque trouva non conventionnel ce mariage interracial. Slash, futur membre des Gun’s N roses, eut aussi la mauvaise surprise, de découvrir, à l’âge de 8 ans, sa mère, Ola Hudson, au lit avec la légende du rock. D’après le livre de Leigh, une étonnante «amitié amoureuse» se serait également nouée entre le chanteur et une Liz Taylor de quinze ans son aîné, en 1975.

 

Mais si la beauté, la séduction et l’attraction exercées par Bowie semblaient infinies, on peut aussi voir dans cette façon d’éprouver ses sens jusqu’à la débauche, une volonté de tout expérimenter dans la tentation de faire de sa vie une œuvre d’art (en ne se donnant aucune limite, pas même celle du genre) plus qu’une simple recherche de frivolité. »

 

Le livre qui éclaire Hollande 

 

 

« Pour lire Hollande, quoi de mieux… qu’un livre ? Non pas un traité de psychologie, genre «la traîtrise expliquée aux nuls». Encore moins un manuel de com’ sur l’art de la triangulation en politique. Mais un de ces essais rares qu’on croit d’érudition et qu’on réserve, à ce titre, aux spécialistes de la profession alors qu’il éclaire la période comme nul autre dont c’était pourtant l’ambition affichée.

 

«La force de gouverner» de Nicolas Roussellier se présente comme une histoire du pouvoir exécutif en France au XIXe et au XXe siècle. Six-cents pages de texte, cent-cinquante de notes. Rien de moins !

 

« … Au cœur de la démonstration de Nicolas Roussellier, il y a cette confrontation sans cesse retravaillée qui place la République devant un défi qu’elle n’imaginait pas. D’autres que le fondateur de la France libre l’avaient entrevue avec lui. Blum ou Mendés, à gauche notamment. C’est d’ailleurs ce qui explique que la rupture de 1958 ait été aussi simple, logique et surtout irréversible.

 

Elle est venue parachever un mouvement qui sapait les fondements de la vieille République parlementaire. Non pas que ses principales figures aient été inconscientes de leur tâche et de leurs responsabilités. Nicolas Roussellier montre précisément l’inverse. Mais parce que leur structuration intellectuelle les empêchait d’être à la hauteur d’une Histoire bien plus haute et bien moins simple qu’ils ne l’avaient imaginé lorsqu’ils pensaient que le progrès était fils des Lumières et que les Lumières naissaient naturellement du débat de la Nation assemblée dans le cadre du seul Parlement.

 

«La guerre revêt essentiellement le caractère de la contingence», écrivait de Gaulle dès 1932 dans «Le Fil de l’épée». «La guerre, rappelait-il encore en 1959, se compose indéfiniment de cas particuliers surgis à l’improviste». Comme le dit à son tour Nicolas Roussellier, «de Gaulle a longtemps bataillé pour imposer l’idée d’un gouvernement des circonstances dans le cadre des modes de commandement militaire». D’où une conception de la politique, au sommet de l’État, qui, vue par le premier Président de la Cinquième, fait fi des programmes et exclut, par nature, les procès en soi-disant trahison : «un programme ? Jamais! La politique, c’est la réalité. La réalité, c’est tous les jours qu’elle change. Il faut avoir des principes et des objectifs, non un programme».

 

J’aime l’Italie !

 

Ça se passe en Italie : Les Italiens, un peuple en voie d’extinction 

 

« Un symbole de l’Italie est en train de disparaître : la Mamma. Les nouvelles mères n’ont jamais été aussi peu nombreuses. Pour la première fois les naissances sont tombées en 2015 sous le seuil psychologique des 500.000, à peine 400.000 si les deux parents sont italiens. Le taux de fécondité est l’un des plus bas du monde avec 1,37 enfant par femme. Ce n’est pas le record de 1,19 atteint en 1995, mais le même chiffre qu’en 1986. Pour la première fois depuis 1919, la population de la péninsule a diminué l'année dernière. Selon les prévisions de l’ISTAT, pas plus de 495.000 nouveaux nés verront le jour dans la péninsule en 2016. 8 naissances pour mille habitants, contre 10 naissances pour mille dans l’Union Européenne. Une chute de la natalité qui fait écho à une hausse de 10% de la mortalité en 2015 par rapport à 2014.

 

Une véritable démographie de temps de guerre pour le pays le plus âgé du monde après le Japon. »

 

J’aime Nantes, enfin un article clair sur le projet de ND des Landes

 

Aéroport : « Nantes se tire une balle dans le pied » selon Jacques Bankir 

 

Pourquoi prenez-vous ainsi position ?

 

J'ai participé à Roissy et j'en suis fier. Je ne suis pas contre les grands projets. Encore faut-il qu'ils soient justifiés. Ici, on engage de l'argent public, on gèle 1 200 ha de bocage, c'est la surface d'Heathrow, premier aéroport européen, 70 millions de passagers... Alors que vous avez un très bon aéroport, proche, facile à raccorder au tramway, bien géré par l'équipe de François Marie. Pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? Et puis, il y a, au sud de la Loire, en Vendée, un tissu remarquable de PME (Petites et moyennes entreprises) que j'ai découvert quand je travaillais à Nantes. Ces gens-là n'accepteront pas de se payer les embouteillages pour aller au nord-ouest de Nantes. Je déjeune régulièrement avec des responsables d'aéroports européens. Ce dossier les fait rigoler. Et moi, je pense que Nantes se tire une balle dans le pied.

 

Ses amis le disent : « Sarkozy c'est Rocky 3 ».

 

Il a perdu, il remonte sur le ring, et à la fin il gagne. C’est cette histoire que les sarkozystes veulent écrire, alors que leur champion dévisse dans les sondages. Cette comparaison avec Rocky ne gêne pas l'ancien chef de l'Etat : « Rocky, Rocky, c’est sympa… Je ne sais pas si je le mérite, quand même. Il devient champion du monde, et en, plus il est aimé ! »

 

Quand la droite se défoule sur Nicolas Sarkozy

 

« Plus que jamais, l'anti-sarkozysme est tendance. Quasiment un phénomène de saison, de mode. Même s'il a toujours éprouvé, et éprouvera à jamais, les plus grandes difficultés à admettre cette phobie autant politique que personnelle, même s'il n'a toujours pas le cuir épais et tanné, l'ex-président a fini par admettre la détestation - le mot n'est pas trop fort - qu'éprouve à son égard les électeurs de gauche. De cet état, Nicolas Sarkozy rend responsable les "élites" (comme s'il n'en faisait pas partie...) et les médias (comme s’il ne les avait pas dominés durant une décennie!). »

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
commenter cet article
17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 06:00
Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.

Dimanche dernier je vous confiais mon amour immodéré de la lecture, les livres furent les premiers ruisseaux de mon imaginaire. Tout à côté, le cinéma, celui du REX de la Mothe-Achard, puis du Modern des Sables d’Olonne, m’a livré les premières images animées d’un monde dont j’ignorais tout. En effet, je n’ai quitté le petit horizon fermé de ma Vendée bocagère qu’à l’âge de 17 ans pour entreprendre mes études supérieures à Nantes. Pas d’argent pour voyager, pas de télé si ce n’est le nez collé à la vitrine du revendeur ou 5 colonnes à la Une et le Tournoi des 5 nations au pensionnat.

 

Ma première fenêtre sur le monde, immense bouffée d’oxygène, grand accélérateur d’imaginaire, ce fut le cinéma.

 

Le REX, ciné de patronage, programmait aussi des films italiens…

 

Ainsi les Pain, amour et … de Comencini

 

Boudés par la critique et les cinéphiles, les Pain, amour… ces deux réalisations de Comencini sont des réussites commerciales exceptionnelles qui révèlent l’avènement du grand public qui souhaite renouer avec la commedia dell'arte après des années d'austérité néo-réaliste.

 

Ces 2 films sont de petits bijoux « des œuvres épanouies, rondes et parfaites (...), étrangères à toute école »

 

En français ils se déclinent en i, alors qu’en italien Pane, amore e fantasia… e gelosia riment avec l’époustouflante Gina Lollobrigida, encore très connue à cette époque, la Bersagliera dans le film, et le fabuleux Vittorio De Sica dont c’était avec ces films le grand retour en tant qu’acteur.

 

Toute l’histoire tourne autour du maréchal des logis Antonio Carotenuto (Vittorio De Sica), natif de Sorrente, qui est nommé dans un petit village isolé dans les montagnes des Abruzzes. Cinquantenaire mais toujours célibataire, charmeur invétéré, qui n'est pas insensible à la beauté simple de Maria (Gina Lollobrigida), surnommée la Bersagliera, une jeune fille très pauvre qui vit avec sa mère et ses jeunes frères et dont toute la richesse est un âne...

Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.

L’interprétation de Vittorio De Sica est toujours juste, il ne charge jamais ses effets comiques. Même dans ses extraordinaires uniformes d’apparat il y a chez lui une retenue, une façon de se moquer de lui-même d’une grande élégance. Il assume avec une ironique légèreté le ridicule des situations dans lesquels il se place.

Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.

Gina Lollobrigida, elle, est absolument époustouflante elle rayonne et illumine les 2 films en montrant une palette étonnante, capable de tout faire avec une spontanéité confondante et un charme érotique naturel. « Le meilleur rôle de toute sa carrière » selon beaucoup de critiques.

Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.
Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.

Le ton des 2 films reste le même avec une finesse dans la caricature et une réjouissante interprétation de Vittorio De Sica et de Gina Lollobrigida.

 

Deux acteurs omniprésents : le clergé gardien de l’ordre et de la morale populaire, en penchant très souvent du côté des puissants et l’extrême misère de ces paysans, qui la vivent dans une dignité à la fois sonore et bien vivante. Le double repas de baptême auquel le Maréchal doit se soumettre est une ode à la pasta des mamma italiennes. On mange, on boit, on chante, on se chamaille, on danse, on pleure, on se console…

Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.
Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.
Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.

Cette fenêtre ne s’est jamais refermée, à Nantes au Katorza 3, rue Corneille tout près de la place Graslin avec son magnifique café La Cigale, je me suis gavé de cinéma à 3 francs la place.

 

Et sans contestation le cinéma italien y a tenu la toute première place :

 

Roberto Rossellini commence sa carrière dans les années 1940, il signa ensuite de grands films comme Le général Della Rovere (1959) et dans Les évadés de la nuit (1960).

 

Vittorio De Sica adapte en 1960 le roman de Moravia : La Ciociara, puis signe Mariage à l'italienne en 1964 et Le Jardin des Fizzi Contini en 1970 avec Dominique Sanda.

 

Luchino Visconti dans les années 1960 signe sans doute ses meilleurs films. En 1960 Rocco et ses frères, un film assez proche du néoréalisme qui fait alors déjà partie du passé. Il réalise également des fresques historiques comme Les Damnés en 1969 et Le Guépard en 1963 l'une de ses œuvres les plus connues.

 

Michelangelo Antonioni atteint aussi sa maturité dans les années 1960 en réalisant sa trilogie des sentiments composée de L'Avventura en 1960, La Nuit en 1961, et L'Eclipse en 1962. À partir de 1964, il décide de voir le monde en s'aventurant dans la banlieue de Ravenne pour réaliser Désert Rouge en 1964, à Londres pour Blow up en 1967, en Amérique pour Zabriskie point en 1969.

 

Federico Fellini qui dans les années 1960, signe deux films majeurs La Dolce Vita en 1960 représentant la bourgeoisie romaine dépravée et 3 ans plus tard, il réalise Huit et demi, un film semi-autobiographique.

 

Pier Paolo Pasolini apporte lui un nouveau langage sulfureux, écrivain, homme de théâtre, journaliste, poète, artiste polémique, il dépeint souvent ses obsessions. Ainsi, en 1962, il réalise Mamma Roma, avec une formidable Anna Magnani, puis en 1964, c’est L'Evangile selon Saint Matthieu, OEdipe Roi en 1967, Théorème en 1968, Porcherie en 1969, et Médée en 1969.

 

Le cinéma politique s'épanouit aussi dans les années 1960 notamment avec des réalisateurs comme Francesco Rosi avec Salvatore Giuliano de 1961 qui traite des conditions de la mort du bandit sicilien du même nom. En 1963, il réalise Main basse sur la ville, film sur la spéculation immobilière à Naples et de l'implication de certains politiciens dans ce genre d'affaire. Rosi s'intéresse à la mafia et aux rapports étroits entre le milieu politique et le milieu des affaires avec Lucky Luciano en 1973, au problème du pouvoir personnel avec L'affaire Mattei en 1972 et à la question de la survie d'un Etat de droit avec Cadavres Exquis en 1976. Le réalisateur s'intéresse aussi au fascisme avec Le Christ s'est arrêté à Eboli (1979).

 

Bernardo Bertolucci se penche lui aussi sur la nature du fascisme avec La stratégie de l'araignée (1970), Le conformisme (1971).

 

Elio Petri signe même un triptyque politique : Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970), La classe ouvrière va au paradis (1971), La propriété n'est plus le vol (1973).

 

Ettore Scola qui débute sa carrière en 1960, s'affirme dans les années 1970 avec Nous nous sommes tant aimés en 1974, Une journée particulière en 1977.

 

Les frères Taviani signent en 1977 Padre Padrone, un film montrant l'ascension sociale vue comme une provocation du monde rural d'un berger devenu un professeur de linguistique.

 

L'Arbre aux sabots qu’Olmi réalise en 1978 a de nombreux points communs avec Padre Padrone En effet, ces 2 films sont réalisés avec de petits budgets avec des acteurs non-professionnels et des dialogues en dialectes italiens.

 

Le cinéma italien ce sont des femmes superbes : la Magnani, Silvana Mangano, Alida Valli, Sophia Loren, Monica Vitti, Gina Lollobrigida, Claudia Cardinale...

 

Et les hommes de la comédie à l’italienne, ne sont pas en reste, avec les extraordinaires Vittorio Gassman, Alberto Sordi, Ugo Tognazzi, Nino Manfredi et Marcello Mastroianni

Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.
Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.
Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.

Les réalisateurs italiens aimaient aussi les acteurs français : Jean-Louis Trintignant est un habitué du cinéma italien, il avec Dino Risi Le Fanfaron, Ettore Scola La Terrasse, Passion d'amour, la nuit de Varennes, Valerio Zurlini Été violent, le désert des Tartares...), Bertolucci Le conformiste, Comencini La donna della domenica...

 

Dominique Sanda est révélée en Italie par Bertolucci également dans le conformiste et enchaîne la même année avec Le jardin des Finzzi Contini de Vittorio de Sica, tournant ensuite pour Bolognini l'Héritage qui lui vaut le prix d'interprétation féminine à Cannes en 1976, encore Bertolucci (1900) ou Visconti Violence et Passion.

 

Les deux grandes vedettes de Rocco et ses frères de Visconti sont Annie Girardot et Alain Delon. Annie Girardot fera de récurrentes incursions dans le cinéma italien au cours des années 60 avec par exemple I compagni de Monicelli avec Mastroianni ou Le Mari de la femme à la barbe de Marco Ferreri.

 

Anouk Aimée, certainement l'une des plus grandes actrices françaises du cinéma, elle est l’interprète de Fellini à deux reprises La Dolce Vita et Huit et demi.

 

Jeanne Moreau joue aux côtés de Marcello Mastroianni dans La Notte d'Antonioni.

 

Belmondo tourne dans La Viaccia de Mauro Bolognini et avec Sophia Loren sa partenaire dans La Ciociara de Vittorio de Sica.

 

Quant à Delon, il doit évidemment sa consécration à Visconti, avec Rocco et Le Guépard.

 

Pour finir, deux géants du cinéma français Michel Piccoli, Philippe Noiret et deux géants du cinéma italien Ugo Tognazzi et Marcello Mastroianni réunis dans La grande bouffe (la grande abbufatta) de Marco Ferreri.

 

Mon amour de l’Italie ne date pas d’aujourd’hui, il a commencé avec Pain, amour et fantaisie (1953) … et jalousie (1954) de Comencini.
Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 10:45
À propos de l’affaire Liber Pater de Loïc Pasquet à quand un opus « La chronique pour les Nuls » ?

Lorsque je lis ce que je lis sous la plume de certains de mes « confrères » blogueurs à propos de l’affaire Liber Pater de Loïc Pasquet (voir l'excellente dépêche AFP ICI je me dis qu’avant de raconter tout et n’importe quoi, de procéder à des amalgames ineptes pour défendre ou charger la barque du vigneron condamné par le Tribunal Correctionnel de Bordeaux, il serait bon que ces Nuls sachent de quoi ils parlent.

 

Ont-ils consulté le jugement du Tribunal ?

 

Que non il n’était pas encore accessible (un avocat spécialiste des dossiers de ce type interrogé me répondait « Bonsoir, pour le moment l'AFP que j'ai interrogé ne l'a pas encore récupéré ») alors qu’ils accouchaient de leur prose approximative (commentaire du même avocat « Raison pour laquelle il s'écrit n'importe quoi... »)

 

Bref, les accros à la dépêche AFP, au passage de plats pour booster la régie publicitaire du type la résistible ascension de la tsarine de Saint-Émilion s’épandent et se répandent avec hauteur et suffisance sur un dossier auquel ils ne comprennent rien.

 

D’où mon vœu : « à quand un opus « La chronique pour les Nuls » ?

 

Lorsque l’on chronique sur la Toile, même enveloppé d’un titre de rédacteur-en-chef d’une feuille de chou vineuse, on doit se soumettre aux exigences de l’éthique journalistique. 

 

Ce n’est malheureusement pas très souvent le cas et comme me le faisait remarquer un ami journaliste, un vrai, mais jusqu’où iront-ils ?

 

« Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. » raillait Michel Audiard dans les Tontons Flingueurs.

 

Oui, mais il n’est pas interdit de se moquer de leur connerie et de les flinguer, au sens figuré bien sûr.

 

Bref, dans le cas présent l’intitulé américain les Crétins irait comme un gant à cette engeance.

 

D’où ma supplique aux éditions First qui a germé dans mon esprit car ce matin sur France Inter Alexandra Ackoun répondait à la question : D'où est venue la collection Pour les nuls ?

 

En 1991, aux USA, qu'un jeune éditeur, John Kilcullen, cette collection a bénéficié, au début des années 1990, de l’engouement des ménages pour l’informatique, avec son premier volume DOS for Dummies.

 

Le pari : écrire un livre grand public sur un sujet compliqué sans endormir le lecteur avec un jargon venu d'une autre planète ! Le succès est immédiat : 50 000 exemplaires vendus en quelques mois. Le nom de ce premier titre ? Depuis, des centaines de titres sont parus, aux USA, et dans une trentaine de pays à travers le monde, dont la France.

 

Le 17 janvier 2001, il y a 15 ans, les éditions First publient en France leurs premiers titres dans une collection baptisé Pour les nuls. Même maquette mais les Crétins deviennent des Nuls sans doute pour surfer sur le succès de l’émission-culte de Canal +.

Le premier opus Le Français correct pour les nuls, écrit par un inconnu Jean-Joseph Julaud... ancien professeur va devenir au fil des années l'auteur le plus lu de la collection en France, et même dans le monde ! En août 2004, il signe L'Histoire de France pour les nuls qui deviendra le livre d'histoire le plus vendu en France (à plus d'un million d'exemplaires).

 

Comme le Hollande bashing est très tendance je rappelle que celui-ci, s'est fait prendre en 2006, alors qu’il était premier secrétaire du Parti socialiste (PS), en caleçon de bain par des paparazzis en pleine lecture de L’Histoire de France pour les nuls.

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 06:00
Délit d’initié au Mercato des vins nus : Olivier Grosjean dit Olif pressenti par Bettane&Dessauve pour tester et approuver la fine fleur des naturistes…

Dans ma prime jeunesse, sur Radio-Luxembourg – l’actuelle RTL – Geneviève Tabouis (à écouter sur la vidéo ci-dessous) chroniqueuse politique commençait ses billets par « attendez-vous à savoir »

 

 

Ce matin, en abordant la présentation de cette chronique de l’ami Olivier Grosjean, je n’ai pu résister à l’envie irrépressible de faire un remake. En effet, hier l’une des tronches de vin, Guillaume Nicolas-Brion, le plus extrémiste de la bande des licheurs de vin nu, annonçait que le Stéphane Bern de la maison B&D recherchait un goûteur de vins nus pour étoffer leur équipe de rabatteurs.

 

Étonnant non ! Mister B, l’inépuisable pourfendeur des vins qui puent, aurait-il soudain mangé son chapeau, retourné sa veste, serait-il tombé de son cheval sur le chemin de Damas ?

 

Ou alors, est-ce la récente et soudaine conversion du RP. Saverot de la RVF, les lauriers de blogueur 2015 attribués à une autre tronche de vin, Antonin Iommi-Amunategui par le Sacré Collège de la vieille maison, le recrutement de Sylvie Augereau grande-prêtresse de la Dive et de Sébastien Lapaque le « situationniste » du jaja nu, qui aurait poussé le duo à succomber, en dernière extrémité, à recruter.

 

Je ne sais mais ce que je sais c’est qu’attendez-vous à savoir que leur choix s’est porté sur le plus ancien dans le grade le plus élevé des licheurs de vins nu, le Pontissalien Olivier Grosjean dit Olif.

 

Normal face l’offensive perfide de la RVF il fallait sortir un beau calibre, le nec plus ultra du naturisme, l’alter ego de Michel Bettane versus vin à poils.

 

Comme vous vous en doutez mon chaleureux soutien à Olivier a pesé lourd dans la balance de pharmacien de Michel et Thierry.

 

En fait, tout cela est parti du défi que j’ai lancé le 6 janvier : Supplique au Pontissalien Olivier Grosjean dit Olif : accouche-moi d’un accord vin nu pour mon Morbier au confit d’échalotes !

Délit d’initié au Mercato des vins nus : Olivier Grosjean dit Olif pressenti par Bettane&Dessauve pour tester et approuver la fine fleur des naturistes…

C’est fait !

 

Voici la réponse d’Olivier :

 

Testé et approuvé.

 

Bouteille introuvable, par contre. Mais je donne quelques pistes de remplacement.

 

Pour bien faire, je me suis procuré une tranche de fromage et le magazine susmentionné. Ainsi qu'un confit déjà apprêté, par commodité. Histoire de voir et goûter. Dans la recette initiale, le morbier est donc fourré avec un confit d'échalotes au balsamique truffé d'épices.

 

Ma première idée d'accord fut évidemment régionale: un Macvin rouge. Qu'il faudra d'ailleurs bien tester un jour ou l'autre. Vin de liqueur, muté à l'eau de vie de marc de Franche-Comté exclusivement. D'où son nom: marc-vin. Un seul exemplaire en cave, de couleur rouge, hors AOP et non étiqueté, pas très photogénique. Mais néanmoins excellent, Selim Bassa, du domaine de l'Octavin. Cela aurait pu fonctionner.

 

Mais, brouillons l'écoute. Une raie, un téton, délire d'initié. Vin de table de France, plus spécifiquement du Languedoc, dans sa partie basse, mais pas en dessous de la ceinture. Un nu suffisamment artistique pour ne pas être vulgaire, n'en déplaise à Kevin. Maria Fita, le nom fait tout. Délire d'initié et vin OVNI. Maccabeu passerillé sur souche ramassé le 3 novembre 2001 et élevé pendant 5 ans, non muté, goûtant rancio mais sec. Parfait pour le fromage et le confit. Parfait tout seul, aussi.

 

Merci Olivier pour ta participation à l’extension des vins nus et à la glorification des fromages qui puent de ta belle région.

 

NDLR : Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans écrits des autres
commenter cet article
15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 06:00
L’Audois Antoine Verdale était 1 précurseur de tendance : les hipsters new-yorkais ont une nouvelle passion le cassoulet de Castelnaudary.

C’était au temps où les politiques de tous bords surveillaient le Midi Rouge comme du lait sur le feu, les VCC : vins de consommation courante devenus le Vins de Table quittaient inexorablement la table du populo. Les Comité d’Action Viticoles avaient la mèche lente facile et les gros bataillons des caves coopératives fondaient comme neige au soleil.

 

« Les Événements de Montredon-Corbières » dramatiques marquèrent les esprits : 1 mort chez les vignerons : Émile Pouytès, un mort chez les CRS, le Commandant Joël Le Goff. Le 4 mars 1976. Lors d'une fusillade qui dura près d'une demi-heure, et durant laquelle plusieurs dizaines d'autres personnes furent blessées par balles ou chevrotine, près du pont de Montredon-Corbières. 

 

Pour apaiser les tensions toujours vives le gouvernement de Jacques Chirac créait par Décret n°76-302 du 7 avril 1976 l’OFFICE NATIONAL INTERPROFESSIONNEL DES VINS DE TABLE (ONIVIT).

 

L’homme-clé de ce nouvel Office était l’audois Antoine Verdale, de Trèbes, le tout président des Caves Coopératives Vinicoles alors CNCV devenu de nos jours CCVF.

 

Michel Rocard le reconnaît : « L’homme puissant était précisément le président de la Fédération des caves coopératives viticoles. Il s’appelait Antoine Verdale et il était de l’Aude (…) C’était un vieux de la vieille de la SFIO que j’avais le souvenir d’avoir rencontré dans quelques congrès. Bref, on se connaissait un peu. En qualité de vieux militants socialistes, nous nous tutoyions. Mais depuis que j’étais ministre, c’était complètement banni (…) Je ne comprenais que 25 % de ce qu’il me disait. Son accent était plus prononcé que l’Aveyronnais. Bref, c’était dur.»

 

Ayant travaillé de 1978 à 1981 à l’ONIVIT, sans me pousser du col, et les audois peuvent en témoigner, s’il était quelqu’un qui connaissait l’Antoine c’était ma pomme. Petite fourmi auprès du Ministre j’ai œuvré pour faire avaler aux durs des CAV, Jean Huillet en tête, le bougon des cépages, les accords de Dublin.

 

L’Antoine, qui avait le sens des relations publiques et qui aimait le rugby, organisait, lorsque le Tournoi alors des 5 Nations se jouait au Parc des Princes, un déjeuner d’avant-match au restaurant de Roland Garros tout proche. Au menu : Cassoulet de Castelnaudary et y’avait du beau monde autour de la table.

 

L’Antoine devint Président de la Sopexa et il voyagea beaucoup. Un jour qu’il séjournait à New-York on l’emmena dans le club de jazz où Woody Allen avait l’habitude de faire des bœufs et le Woody était présent. Je ne sais comment s’instaura la conversation entre lui et le cinéaste, sans doute par l’intermédiaire d’un collaborateur de la Sopexa car Antoine ne maîtrisait pas l’anglais, mais lorsque Woody Allen les quitta l’Antoine lâcha « C’est un petit con ce Woody Allen ! »

 

Bref, je trouve que le fait que les hipsters new-yorkais aient une nouvelle passion pour le cassoulet de Castelnaudary constitue, « assez curieusement d’ailleurs »* un hommage à la mémoire d’Antoine Verdale qui fut, à sa manière, l’un des artisans du renouveau du Languedoc du vin.

 

* Expression favorite d’Antoine Verdale

 

 

INSOLITE - De Castelnaudary à New York et Osaka. On a du mal y croire mais notre cassoulet, ce bon vieux plat du Languedoc, est la dernière sensation culinaire à New York et au Japon.

 

« Le cassoulet c'est tendance. C'est le nouveau ramen », peut-on lire dans l'interview d'un restaurateur et de blogueurs culinaires par le New York Post

 

Les Américains viennent donc découvrir notre ragoût de haricots blancs et ils en sont fous. Il est présenté par le quotidien new-yorkais comme un plat d'hiver "réconfortant" et parfait pour ce moment de l'année.

 

Le 9 janvier avait même lieu le troisième National Cassoulet Day où plusieurs événements étaient organisés aux États-Unis, notamment dans les restaurants Benoit d'Alain Ducasse.

 

Le propriétaire du restaurant Jimmy's No. 43 explique aussi au New York Post que son concours de cuisine autour du cassoulet n'a jamais attiré autant de monde. Il y a huit ans, sa clientèle était composée de nostalgiques de la période où les bistrots français étaient à la mode, aujourd'hui ce sont surtout des jeunes.

 

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 06:00
La Pèira en Damaisela Terrasses du Larzac est-il « Le Grand Cru du Sud de la France » ?

Comme je suis un ignare massif, que je ne suis ni abonné à LPV, à la RVF, à En Magnum, à Terre de Vins ou autres bulletins ; que je ne collectionne pas les guides papiers ou numérisés ; que je ne cours plus les dégustations diverses et plus ou moins variées, j’ignorais jusqu’à la réception de newsletter du Club des Amateurs de Vins Exquis d’une offre pour les vins de ce domaine j’en ignorais jusqu’à l’existence.

 

Fr. 13.60 la bt dès 6 bt achetées 
(au lieu de Fr. 16.-)
Fr. 31.05 la bt dès 3 bt achetées 
(au lieu de Fr. 34.50)
 
 
Fr. 59.40 la bt dès 3 bt achetées
(au lieu de Fr. 66.-)
 

Alors j’ai consulté mon pote Google qui ne m’a indiqué presqu’aucun site de grands nez français.

 

Frédéric Durand-Bazin en 2014 dans son dossier du Figaro Les Terrasses du Larzac, l'élite du Languedoc classait dans sa sélection en 7ième et dernière place le Domaine la Pèira en Damaisela - Las Flors de la Pèira 2011 :

 

« Le nez s’ouvre sur des arômes de fruits noirs, de roses et de Zan. La bouche est ample, intense, réglissée, épicée, longue. »

 

Seule la critique dite anglo-saxonne, ci-dessous (1), répond à mon interrogation par un OUI si franc et si massif, dithyrambique que pris d’un doute je m’interroge.

 

Je vous interroge.

 

Éclairez ma faible lanterne !

 

Sauvez-moi du ridicule !

 

La Pèira en Damaisela Terrasses du Larzac est-il « Le Grand Cru du Sud de la France » ?

 

Merci

 

(1)

 

Robert Parker

«Pour de nombreux observateurs, il s’agit du domaine le plus excitant du Languedoc.»

 

Jancis Robinson MW

« Que l’on ne s’y trompe pas, ce vin, comme le domaine dont il est issu, occupent une place résolument à part. »

 

Andrew Jefford – Decanter

« Capable de rivaliser avec les meilleurs vins de Bordeaux et du Rhône. »

 

Jeb Dunnuck – Wine Advocate

« Le meilleur producteur du Languedoc Roussillon. »

 

David Schildknecht – Wine Advocate « Des vins pouvant soutenir la comparaison avec les icônes mondiales parmi les grands vins. »

 

Gary Vaynerchuk – Wine Library

« La cuvée phare de cette nouvelle exploitation est tout droit destinée à devenir le nouveau vin culte du monde. »

 

Jay McInerney – Wall Street Journal

« Stupéfiant par sa texture et sa profondeur de goût, ce vin me rappela par moments le Château La Mission Haut-Brion 1989, le Fattoria Galardi Terre di Lavoro 2004 et le Henri Bonneau Réserve des Célestins 1990. »

 

Andrew McMurray Vice-président de Zachys (la plus célèbre et la plus grande maison d’enchères de vins fins aux Etats-Unis) fondée 1944

 

« La « dernière frontière » de la viticulture mondiale ne cesse de nous étonner. Si le sud de la France était autrefois uniquement connu pour ses appellations régionales proposant des vins corrects à prix modiques, ce sont désormais leurs déclinaisons géographiques qui gagnent en notoriété auprès du public amateur. En témoignent Bandol dans l’AOC Provence et les Corbières dans le vignoble du Roussillon. Et aujourd’hui, grâce à des vignerons de talent comme La Pèira en Damaisela, l’appellation Terrasses du Larzac fait honneur au Languedoc, s’imposant comme le berceau de vins de grande qualité, doté d’un formidable rapport qualité-prix. »

 

David Schildknecht, août 2011

 

« … Au cas où cela ne sauterait pas immédiatement aux yeux, il s’agit là d’un des trois ou quatre domaines les plus excitants du Languedoc, pour ne par dire conduits de main de maître, revendiquant une qualité dont La Pèira se prévaut pour transmettre ce message essentiel « les sols de la région comme ses vignes recèlent une grandeur latente, qui n’attend qu’une combinaison idéale d’inspiration, de travail et de chance pour se manifester ». Espérons seulement que sa voix soit entendue à travers le monde, et ce aussi bien par les viticulteurs et vignerons en herbe que par les amoureux du vin ». »

 

Normal me dire-t-on car « ce domaine languedocien de onze hectares, qui a vu le jour en 2004, a été créé par Rob Dougan, compositeur de musique connu notamment pour sa contribution à la bande originale du film Matrix.

 

 

Plus précisément le site indique « Notre équipe est constituée de notre viticulteur Jérémie Depierre (un jeune vigneron qui a effectué des stages au Château Margaux et au Château Guiraud), Karine Ahton (une avocate née dans le Languedoc) et Rob Dougan (un auteur-compositeur de musique). »

 

Après une campagne 2015 irréprochable, c’est avec grand plaisir que nous accueillons aujourd’hui Audrey Bonnet-Koenig. Audrey vient prendre la relève de Jérémie Depierre, oenologue chez La Pèira de 2005 jusqu’à son dernier millésime en 2014, dix années de réussites spectaculaires.

 

La Pèira en Damaisela Terrasses du Larzac est-il « Le Grand Cru du Sud de la France » ?

« Notre domaine a vu le jour en 2004 – dans un petit mas en pierre à mi-chemin entre La Grange des Pères et Daumas-Gassac. Il est situé au pied du plateau du Larzac où commencent les pâturages et la production du Roquefort. C’est un lieu où les étés sont chauds et les hivers froids et où la terre, pauvre et rocailleuse, sent bon le fenouil, le romarin et le thym.

 

Nous étions animés par une foi : qu’avec un travail rigoureux et sans concession dans le vignoble et une vinification non-interventionniste, le véritable caractère de ce terroir peut transmettre quelque chose de sa beauté et de ses paysages, quelque chose d’unique et d’expressif.

 

Cela impliquait une approche méticuleuse de la viticulture, de très petits rendements, une taille courte, l’ébourgeonnage, l’éclaircissage, l’effeuillage et la vendange verte, la cueillette à la main, à l’aide de petites cagettes, de raisins parfaitement mûrs, un tri double, une table de trie et finalement, l’élevage avec beaucoup de soin, de petites quantités de vin dans des barriques neuves

 

Le nom de notre domaine nous a été inspiré par une maxime des‘ travailleurs de la pierre’ de la région et par une ancienne expression occitane.

 

‘Plaçar una pèira en damaisèla’– (Litt.Placer une Pierre en Demoiselle)

 

Comme ces travailleurs d’antan, notre objectif est de prendre ce que la nature et cette terre rocailleuse ont à offrir et essayer de donner naissance à leur plus belle expression. »

 

Tout sur le domaine ICI

La Pèira en Damaisela Terrasses du Larzac est-il « Le Grand Cru du Sud de la France » ?
La Pèira en Damaisela Terrasses du Larzac est-il « Le Grand Cru du Sud de la France » ?
La Pèira en Damaisela Terrasses du Larzac est-il « Le Grand Cru du Sud de la France » ?
Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 17:15
Merci champagne MAILLY grand cru pour vos vœux pas tapés machine…

Les gens du champagne Mailly Grand Cru sont fidèles en amitié, c’est si rare par les temps qui courent que je me devais de pondre une chronique à une heure inhabituelle pour les remercier de leurs bons vœux manuscrits.

 

Ça aussi c’est si rare que je me devais de le saluer.

 

Attention il ne s’agissait pas d’un ersatz d’écriture manuscrite comme l’a fait notre maire de Paris, non il y avait Jacques d’un côté et cher Monsieur de l’autre…

 

Je ne fréquente plus les salons, la RVF m’ayant blacklisté sur ordre du sieur Lubot leur PDG et comme je ne suis pas en odeur de sainteté du côté du couple B&D, je n’ai plus l’occasion de leur serrer la pince et de déguster leurs nouvelles cuvées.

 

Je le regrette. Il va falloir que je pousse jusqu'à Mailly Champagne.

 

Merci à eux et excellente année à eux tous et à leur belle entreprise coopérative à taille humaine.

 

Je profite de l’occasion pour proposer à ceux de mes lecteurs nouvellement arrivés une chronique du 13 janvier 2010 (le hasard fait bien les choses pile poil 6 années) «Champagne Mailly Grand Cru : une belle histoire d’hommes debout... »

 

« En un temps où le chacun pour soi, souvent bardé d’une flopée de bonnes intentions et d’une cotriade de belles justifications, triomphe en notre beau pays, y compris dans les vignes et les chais, l’histoire d’une poignée d’hommes, tous viticulteurs à Mailly Champagne, Édouard Hutasse, Louis Dubreuil, surnommé Ti Louis, Pierre Homand, Irénée Janisson qu’on appelle le Père Jibé, Fernand Rémy et Paul Dubreuil emmené par Gabriel Simon, fondateur et véritable figure de proue, ainsi que René Tournay, Camille Rémy et Charles Petit qui décident en 1923 de se regrouper afin de presser en commun leurs raisins, vinifier leur vin pour le vendre aux Maisons de Champagne est intéressante à conter. »

 

Lire la suite de cette belle histoire qui dure ICI 

 

PS : pour les vœux « pas tapés machine » lire la chronique du 2 janvier 2006 ICI c’est aussi une belle histoire je vous l’assure.

Repost 0
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents