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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 00:09

Hier matin sur France Inter (voir plus bas le reportage de Matthieu Ferri de France Bleu Roussillon) alors que j’étais déjà au turbin mon oreille fut captée par un titre  « Le scandale de la Socodivin enfin devant la justice » et d’entendre Paul Armengaud de Maury évoquer cette affaire vieille de plus  de 10 ans.


Flash souvenir :


C’était en août 1998. J’arrosais mes jeunes arbres à l’orée de ma forêt reculée. Mon téléphone a sonné dans ma poche : un des premiers Nokia. J’ai décroché. À l’autre bout JL Dairien alors conseiller pour les affaires viticoles de Louis Le Pensec alors Ministre de l’Agriculture du gouvernement Jospin suite à la brillante dissolution de Jacques Chirac. Bien embêté le petit père Dairien (il est l’actuel directeur de l’INAO) car il avait en main une patate chaude : une crise du Rivesaltes qui mettait à feu et à sang Perpignan. « Ça te dirait d’aller faire le médiateur là-bas avant que ça dérape encore un peu plus (un vigneron était allé jeter un cocktail Molotov dans le chai de la SOCODIVIN)… Louis (le Ministre) est bien embêté, tu lui tirerais une belle épine du pied. » J’ai dit oui en faisant cette réflexion peu aimable pour le Rivesaltes « y’a encore des gens qui en boivent ? »


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Le dossier était lourd comme celui d’un juge d’instruction tatillon, les catalans étaient procéduriers. Je pris mes dispositions et quelques jours après j’embarquais pour les Pyrénées-Orientales sans mettre des sandales dans mon bagage. En ce temps-là Perpiniyà pétait dans la soie avec deux compagnies aériennes : AOM et Air Liberté. Je choisis la première car sa carte d’abonnement était très avantageuse  et permettait de bénéficier de siège, type première à l’avant de l’avion (c’était des DC10 et MD82 ou 83 consommant 30 % de carburant de plus que des Airbus) et de plateaux dîners de qualité bien arrosés. Bien évidemment j’y voisinait les parlementaires du cru et un régional de l’étape : Jacques Séguéla qui s’était mis en tête de racheter l’USAP. À mon arrivée m’attendait la voiture « blindée » (je plaisante) du Préfet Dartout. Je nouerai avec son chauffeur d’excellentes relations qui me permirent de bien comprendre la vie secrète de Perpignan. Le précédent Préfet était celui qui deviendrait célèbre avec l’affaire des paillotes en Corse, Bernard Bonnet qui adorait faire du VTT en compagnie… (Censuré). J’appris aussi que les horodateurs du parking de l’aéroport avaient été pillés manuellement pendant des années par le président de la CCI.


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Le Préfet Dartout fêtait la naissance de sa sixième fille je crois. Il faisait une chaleur quasi-tropicale. Le dîner fut bien arrosé et le DDA de l’époque Guy Bringuier continua de m’informer sur l’étendue du désastre. C’était l’un des plus beaux sacs de nœuds de ma carrière. Mais en leitmotiv revenait un seul acronyme : la SOCODIVIN et son âme damné un certain Gilbert Conte. Celui-ci, simple courtier, s’était mis en tête avec l’aide de son beau-frère JL Cabaner de « nettoyer les écuries d’Augias du CIVDN (le comité interprofessionnel) » et de faire rendre gorge à son président de l’époque Bernard Dauré de la famille Dauré ayant régné pendant des années sur les VDN (la marque Dauré avait été vendue à la Martiniquaise)


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Ouille, ouille Jacquouille, c’est une mêlée ouverte où tous les coups sont permis. Pendant deux semaines j’auditionne le ban et l’arrière-ban de la viticulture des PO et je vois défiler les bataillons « des y’a qu’a faut qu’on » si ça se vend pas faut trouver des clients bien sûr. Je découvre l’ampleur des détestations entre les dirigeants professionnels, les politiques, tout le monde déballe les vieilles histoires : les collabos, las latifundiaires, les profiteurs du système j’en passe et des meilleures. Le conflit est porté à Bruxelles par un Paganini du mémoire auprès de la Commission, un certain Claude Ortal, qui profite de son poste de lobbyiste pour EDF à Bruxelles et de ses attaches locales au Clos Saint-Georges. C’était le déluge. En plus la campagne de Séguéla pour promouvoir les VDN en catalan fut le bide du siècle.


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Un petit aperçu de chicaïas juridiques :

-         Entente sur les prix des opérateurs VDN ;


-         Non-respect par la France des engagements pris lors de la modification du régime des VDN liée à l’arrêt de la Cour de Justice Européenne (affaire C 24/09/19991)


-         Gestion quantitative du marché des VDN ;


-         Non-respect de la procédure aides d’Etat en ce qui concerne le Plan Rivesaltes adopté par le précédent gouvernement ;


-         Illégalité des taxes parafiscales ;


-         Délais de paiement discriminatoires ;


-         Accords interprofessionnels contraire aux règles européennes ;


-         Vignes fiscales…


Je m’arrête car ça n’intéresse plus personne sauf qu’au milieu de ce gros bordel s’agitait les deux larrons de la SOCODIVIN de Gilbert Conte et JL Cabaner qui passaient leur temps, surtout le premier, à me demander de couper des têtes. Des alliances improbables se nouaient avec eux qui se présentaient comme les chevaliers blancs des VDN.


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Votre serviteur, lui, cherchait à sauver ce qu’il restait de meubles. J’ai passé 18 mois de ma vie à faire des AR Paris-Perpignan-Paris. J’ai beaucoup appris de ce qu’on appelle le terrain. J’ai connu grâce à cette mission Hervé Bizeul mais le camarade Michel Smith lui ne s’est pas manifesté, il n’appréciait guère les missionnaires


Lorsque le scandale de la Socodivin a éclaté en 2006 le Taulier avait quitté les PO et le dossier des VDN depuis un bail. Restait qu’en son temps il n’avait pas manqué de mettre en garde ses interlocuteurs viticulteurs des risques qu’ils prenaient des risques en introduisant un loup dans la bergerie. Le loup avait de longues dents mais la bourse plate et les clients rares. Bref, la plus belle configuration pour emmener ses fournisseurs au fond du trou.

 

Les dosssiers du Taulier sont bien tenus comme en témoigne ces quelques clichés,  ça facilite son boulot et lui évite  de réécrire l'histoire.


Le scandale de la Socodivin enfin devant la justice

 

Le reportage de Matthieu Ferri link  


« Le négociant en vins Jean-Luc Cabaner doit être jugé jeudi devant le tribunal correctionnel de Perpignan. En 2006, son entreprise, la Socodivin, avait fait faillite de façon douteuse. Il n'avait pas payé une centaine de vignerons, et provoqué une catastrophe économique à l'échelle des Pyrénées-Orientales.


Le patron avait caché qu'il n'avait plus d'argent pour payer les vignerons. Selon l'enquête, Jean-Luc Cabaner trafiquait les comptes de son entreprise pour faire croire que tout allait bien. Pendant des mois, il continuait de constituer des stocks de vins doux naturels alors que sa structure est déjà en cessation de paiement. Il ne payait plus aucun producteur.


Les vignerons travaillaient donc pour rien, sachant qu'il n'avaient guère d'autres solutions : dans les années 2000, la Socodivin était devenue incontournable dans le secteur viticole des Pyrénées-Orientales. Installée à Villelongue-de-la-Salanque, elle était le premier distributeur de vin doux naturel du Roussillon, un quasi-monopole que les viticulteurs ne pouvaient éviter. Difficile de se rebeller contre celui qui achète quasiment toute votre production... Les viticulteurs continuaient d'ailleurs de faire affaire avec la Socodivin, même sans être payés. Le patron promettait toujours de faire le chèque dès que possible.


Et puis en 2006, tout s'écroule : la Socodivin fait faillite et entraîne dans sa chute une centaine de viticulteurs indépendants. Deux caves coopératives ne s'en remettront jamais : Pezilla-la-Rivière et Espira-de-l’Agly, obligées de cesser toute activité. Gilbert Conte, l'ancien associé de Jean-Luc Cabaner va même jusqu'à porter plainte contre lui pour escroquerie et malversations. Il avait démissionné de son poste en 2002, effaré par les malversations du co-gérant. Et puis 7 ans après, il y a tous ces vignerons qui continuent d'éponger les dettes de ce scandale.


Qu'attendre de ce procès ?


Le rendez-vous est capital pour les professionnels du vin, qui auront enfin face à eux l'escroc qui les a ruinés. Deux vignerons seulement devraient témoigner à la barre ce jeudi, mais ils se feront les porte-paroles de l'ensemble de leurs confrères. Denis Pigouche, le président du syndicat des vignerons du Roussillon appelle d'ailleurs toutes les victimes à faire acte de présence au tribunal, même s'ils ne prennent pas la parole. Une présence pacifique même si les vignerons restent très énervés par cette affaire.


En plus, du point de vue financier, il n'y a pas grand-chose à attendre de ce procès, les viticulteurs ne reverront certainement jamais leur argent. La vente des biens personnels du gérant n'épongera qu'une infime partie de ses dettes. Quant à Jean-Luc Cabaner, il est resté dans le domaine du vin : on retrouve facilement son CV sur internet. Il est aujourd'hui gérant de la Cabaner Wines and Spirits Consulting... Il vend notamment du vin sur internet, via la Nouvelle Société de la Côte Radieuse. Une filiale de la Martiniquaise, le numéro 2 français des vins et spiritueux, qui avait racheté les restes de la Socodivin, lors de la faillite en 2006. »

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 10:00

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À Vino Bravo samedi dernier Philippe Meyer a regretté, à juste raison, que l’interprétation des chansons à boire dans les temps anciens étaient grivoises et qu’il serait de bon ton de leur donner une nouvelle chance en les confiant à de vrais chanteurs.


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Votre Taulier, toujours prompt à fouiner, alors qu’il tombait sur les propos louangeurs * de son entraîneur à propos de Mikaël Landreau, l’ancien gardien de mon cher FC Nantes, avec une affirmation à mettre sous le nez des hygiénistes « Il a très bien géré son corps tout au long de sa carrière. C’est un bon vivant, capable de s’amuser, mais il est toujours dans le contrôle de ses émotions et de son corps », s’est mis à gamberger dans sa petite tête de bon vivant : Nantes capitale de la Bretagne… le château d’Anne de Bretagne… et son vin de Clisson chanté par Tri Yann


Je confie à Jacques Dupont le soin de faire passer ce message à Philippe Meyer de France Inter «  écoutez donc les bretons de Tri Yann chanter le Vin de Clisson pour la plus grande gloire des chansons à boire ! »


Buvons buvons vin de Clisson

De la treille jus vermeille qui remplit les flacons

Mangeions, jusques à nous faire jouir

Nous esclater le bidon et s'il faut le redire

Buvons mangeions amons et chantons

Mais que la route tire, tire aux jambons

 

Chantons chantons à pleins poulmons

De merveilles saintes et belles ou coasseries de souillons

Amons jusques à nous faire jouir

Nous esclater le bourgeon et s'il faut le redire

Buvons mangeions amons et chantons

Mais que nous viesnent rires, rires à foison

 

Tri Yann


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« Formé en 1971 et toujours actif depuis, Tri Yann détient le record de longévité d'un groupe français. Passant d'une musique traditionnelle, à un mélange de rock et de world music plus ou moins folklorique, jusqu'à de récents spectacles sur le thème de la mer (« symphonies » hautes en costumes et en couleurs), les « Trois Jean » de Nantes continuent leur chemin avec leur bonne humeur caractéristique. Ils font partie de ces groupes, artistes et personnalités, comme Alan Stivell ou Dan Ar Braz, qui ont fait beaucoup pour la reconnaissance de la culture celtique. Try Yann fête ses 40 ans de scène de belle manière en 2011, tout d'abord avec l'album conceptuel Rummadou, puis par une tournée évènement. Mi nouvel album, mi compilation, Chansons de Marins sort en décembre 2012. »


Mikaël Landreau


« Clairvoyance, engagement et talent. Dans la lecture de ce qu’est un club, une équipe, un groupe, il est peut-être le joueur que j’ai pu entraîner qui a la plus grande clairvoyance. Rien ne lui échappe. Pour moi, il est entraîneur, dirigeant, supporter. Engagement, parce que sous ses côtés nantais –on dirait qu’il est toujours dans l’analyse– il s’engage. Il réfléchit beaucoup avant de prendre une décision, mais une fois qu’il a tout pesé, il y va à fond. Et talent : depuis qu’il est à Bastia, ce qui m’a le plus surpris, c’est son talent individuel. Je savais qu’il avait beaucoup de charisme, une grande expérience.


Bien qu’il ait commencé sa carrière à dix-sept ans, il n’est donc pas usé...


Non, et c’est lié à sa clairvoyance. Il a très bien géré son corps tout au long de sa carrière. C’est un bon vivant, capable de s’amuser, mais il est toujours dans le contrôle de ses émotions et de son corps. Il est en fin de contrat au mois de juin, mais il peut jouer au haut niveau pendant encore deux, trois, voire quatre ans.

 

Mickaël Landreau va dépasser le record de Jean-Luc Ettori de 602 matchs de Ligue 1 mais il avoue dans France Football qu'il aurait aimé le battre sous le maillot nantais. "Je suis satisfait, même fier de ma carrièreMais j’aurais adoré, comme Jean-Luc Ettori, battre le record sous un seul maillot, celui de Nantes."


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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 00:09

Afin de ne pas écrire d’imbécillité, avec deux L bien sûr, pas deux ailes comme les mouches, pour ne pas nuire à ma tranquillité, toujours cette histoire de doublement d’L, pas d’elle de celles qui ensorcèlent les pauvres gros bourdons des dégustations, d’accord j’arrête de décoconner (ce mot n’est pas français mais du dialecte sicilien) pour en venir au fait.


Lundi dernier je dînais en un haut lieu de la gastronomie en la compagnie très relevée des plus beaux nez de la cité. Moi j’étais enrhumé jusqu’aux oreilles. Ce fut un dîner tout en anglais, of course nous étions entre happy few (bien que j’ai repéré dans le lot des qui, à mon avis, en dépit de leur brillante gestuelle avec leur verre auraient quelques soucis à se faire si on leur bandait les yeux). Les mets d’excellence, l’ambiance feutrée, la distance : je pouvais de ma place embrasser d’un seul coup d’œil la tablée en U, ont fait que je me suis pris à chroniquer dans ma tête pendant que l’un de mes brillants confrères de la blogosphère s’échinait à prendre des notes sur son calepin couverture molesquine.


Alors, allez savoir pourquoi, dans ma pauvre tête folâtre allait et venait « élevé sous bois », « élevé sous bois » et je pensais sous-bois, sous-bois en me remémorant le temps où j’habitais dans les bois (rassurez-vous c’était sous le toit d’une vieille bicoque sous les fenêtres de laquelle le cerf en rut venait bramer.)


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Je pensais aussi à Michel Smith. Sans conteste il eut été bien mieux à ma place et, comme il aime beaucoup le poireau, que je devrais m’occuper de son cas. Je batifolais, je baguenaudais, je brodais, je buvais aussi en psalmodiant en moi « sous bois, sous bois… » que ça en devenait gênant pour ma concentration et mon attention.

 

Je me souvenais de ce qu’avait écrit dans Vinifera Jacques Perrin « L’aboutissement d’un grand vin, c’est l’élevage, cette forme d’ascension symbolique, lente montée en puissance à travers laquelle le vin va, au fil des mois, s’affiner et se préciser, parachever sa forme, gagner en complexité à travers toute une série d’échanges. Élever un vin, élever un enfant. La comparaison permet de préciser l’enjeu. On peut penser que son enfant, parce qu’il est beau, bien né et naturel, révèlera naturellement toutes ses vertus sans intervention extérieure, sans éducation. Que trouvera-t-on à l’âge adulte ? Un être émouvant, sensible et équilibré ou un individu fragile, instable, peu enclin à voyager, tiraillé entre l’état de nature et la culture, réticent à l’inconnu ? »


Là je perdais un peu pied : l’inné et l’acquis, élevage et éducation, le vice et la vertu, le physique et le mental, l’état naturel et l’état sauvage, la culture… Tout ça sous bois, bien sûr ! Pour moi élevage sonne aussi comme dressage, voire débourrage comme pour les chevaux et qu’éduquer ce n’est pas élever. Il est tout à fait possible d’être bien né d’avoir été bien élevé et d’être mal éduqué et lycée de Versailles comme l’aurait dit Pierre Dac.


Et pourquoi tout ça sous bois ?


Du bois neuf ou du vieux bois ?


Je sais que les grands œnologues-consultants ricanent déjà, cherchent dans leur poche un carton rouge, disqualifié le  Taulier, radié à vie du terrain des grands vins.


Moi je veux bien admettre que je n’y connais rien mais dans le secret des chais pourrait-on me montrer tout ce qui se fait ? Comment donc cet enfant a-t-il été fait ? Fabriqué quoi avant d’être élevé… Est-ce de l’alchimie ? Sans aucun doute au sens premier de la chimie puisque le vin est « exclusivement la boisson résultant de la fermentation alcoolique complète ou partielle du raisin frais, foulé ou non, ou du moût de raisin. » Que je sache les marchands de produits œnologiques ne travaillent pas pour les beaux yeux des princesses mais pour que leurs ingrédients soient achetés par le plus grands nombre de clients. Ça aide à mettre sur pied un costaud qui traversera les mers sans bobo.


Reste dit-on, du moins c’est le privilège des grands vins m’affirme-t-on, d’être élevé sous bois. Bien évidemment il y a élevage et élevage entre le laxisme soixante-huitard et la schlague des prytanées militaires le fossé est très large. En clair entre ne rien faire et ne faire que faire le choix est souvent plus complexe. Le sous bois s’apparenterait-il au bon vieux internat de ma jeunesse : un bon petit coup d’éducation chez les Jésuites de Ginette  (lycée privé Sainte-Geneviève situé à Versailles, l’un des lycées de classes préparatoires les plus réputés de France en raison de son exceptionnelle réussite aux concours des grandes écoles d'ingénieurs et de commerce) ça vous forme la jeunesse !


En résumé on élève plutôt les animaux domestiques et l’on éduque plutôt les humains mais, dans les deux cas, il est important d’établir entre l’éleveur et l’élevé, l’éducateur et l’éduqué, un échange permettant la transmission. Cherche-t-on pour les vins en les élevant à les domestiquer, à les rendre sociables c’est-à-dire adaptés  au goût de la classe cultivée ? N’étant moi-même qu’un ignare, un rustaud mal dégrossi, je ne puis vous apporter les réponses à  ces questions.


Mettre le vin dans le bois ou le bois dans le vin fut un des grands sujets de fâcheries du début de la décennie. Le mérite de ce débat fut de mettre en lumière l’apport aromatique du bois au vin. Aromatisation : enfer et damnation, péché mortel impardonnable, insulte inqualifiable, le vin n’est dans la barrique neuve que pour « affiner son esthétique à travers la notion d’élevage. » Passe ton chemin maraud va faire du vélo, tes réflexions à la con garde-les pour toi ça nous suffira.


Je suis tout à fait d’accord, même si poser des questions ça n’a pas d’autres buts que de recevoir des réponses plutôt que des coups de pied au cul. Bien sûr je ne suis pas assez savant pour faire mienne ce qu’affirme Claude Lévi-Strauss « Le savant n'est pas l'homme qui fournit de vraies réponses ; c'est celui qui pose les vraies questions. » mais que vous le vouliez ou non messieurs les éleveurs « l'ignorance précède la connaissance qui ne s'acquiert que par la recherche de réponse trouvées en se posant de bonnes questions. »


Donnez m’en et je serai content car je n’ai rien contre l’élevage des vins mais ce que je n’aime pas c’est le goût de bois !


Comme un malheur n’arrive jamais seuls ô grands éleveurs ce matin 3 décembre j’ai reçu ce courrier qui devait vous être adressé : « Tonneaux ou bois alternatifs? » D’accord ce genre de littérature c’est pour les vins des vilains pas pour l’élevage de nos princes héritiers de la longue lignée des grands vins de France.


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Désolé d’avoir aligné autant d’imbécilités avec un seul L car c’est la graphie recommandée par l’Académie française (orthographe rectifiée de 1990), avec un seul L. Elle rompt avec l’étymologie, mais réintroduit la cohérence avec l’orthographe d’imbécile (écrit avec un seul L depuis l’édition de 1798 du dictionnaire de l’Académie française).


J’adore la tranquillité lors des dégustations ça me permet de rêver en un monde où comme le note le sage bourguignon Jacky Rigaud « face aux impasses de la viticulture chimique et de l’œnologie correctrice, la voie ouverte par la biodynamie » serait « l’avenir  du vrai vin, du vin sincère, du vin fruit du mariage heureux de l’homme et de la nature, un homme qui a compris que la nature fonctionnait avant qu’il n’en comprenne les mécanismes, et qui pense qu’il est toujours important de se demander si ce qu’il fait sur la nature est bonne pour elle ? »


Élevage, vous avez dit élevage… 

 

Quand j'aurai un peu de temps je chroniquerai sur

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:39

Bordeaux, son métro, pardon son tram sans fil, je file jusqu’à la splendeur nocturne de la Place de la Bourse pour dîner chez Gabriel. Le gratin du Vino Bravo se pressait, y’avait même du Muscadet. Bien mangé, bien bu même un Virginie de Valandraud 2010, bravo Jean-Luc t’es dans les petits papiers du CIVB. L’heure du coucher a sonné car le lendemain il nous faut  sauter sur le QG des hygiénistes dans le  cadre de Vino Bravo. Cap sur le Mama Shelter, concept d’hôtel conçu par le couple Stark-Trigano dans le 20arrondissement de mon Paris, qui est à 2 pas. Lorsque je pointe mon nez dans le hall je tombe nez à nez avec une flopée de petites louves et de petits loups qui lichent des verres autour d’un immense bar au rythme d’un DJ. Ni une ni deux je récupère ma carte, monte déposer mon petit bagage et je redescends. C’est bon enfant le bobo  de Bordeaux, assez sage même et je me disais que si une colonie d’hygiénistes-prohibitionnistes débarquaient là, ce serait la panique dans le troupeau en vertu de leur principe : le premier verre d’aujourd’hui fait l’alcoolo de demain.


Mes hautes pensées furent interrompues par la très charmante Marie-Amélie Le Grix De la Salle qui venait tout juste de dîner en ce lieu  de débauche en compagnie d’un petit morceau de sa famille. Nous papotons. Le Mama  Shelter sert leur vin du château le grand Verdus link  et ça marche fort bien. Comme quoi même les jeunes bobos de Bordeaux boivent du bordeaux supérieur. Nous trinquons. Temps d’aller dormir. L’ascenseur est un véritable dictionnaire du vin.


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Samedi matin, je flemmarde, petit déjeune d’œufs brouillés et ce qui va avec. Direction la Bourse de Bordeaux où dans l’entrée je tombe nez à nez avec Dominique Babin haut directeur de la CCI que j’ai connu haut-fonctionnaire au temps où la Rocardie régnait sur la rue de Varenne et ses dépendances avec sa moustache à la colonel Thomson et sa cravate à la gloire des GCC. Les gars du Point et Audrey de Vin&Société ont mis les petits plats dans les grands. Je vais poser mes fesses sur une chaise et j’attends que l’opération Vino Bravo commence.


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Rassurez-vous je ne vais pas vous faire un condensé de la journée ça n’aurait pour vous pas beaucoup d’intérêt. En revanche je vais pousser, non un coup de gueule car je ne goûte guère ce type de braiement, mais un exorde à l’attention de tous les organisateurs de colloque et à ceux de Vino Bravo en particulier : feu sur tous les Power Point de la terre car c’est une vraie calamité. Les orateurs y sont accrochés telle la vérole sur le bas clergé et ça dure, ça dure, y passe leur temps à cliquer sur leur souris sans queue, à se retourner, à nous resservir in extenso les phrases qui s’affichent sur l’écran, c’est vraiment lassant. Pas possible de les faire accélérer scotchés qu’ils sont à leurs fameux « slides » qu’ils ont préparés dans leur salle à manger. Manque de  rythme, de spontanéité, ça ressemble à la fameuse cuisine réchauffée aux micro-ondes. Les orateurs déroulent sans se soucier de l’attention de l’auditoire, de son intérêt. En clair, c’est du cours magistral à la française du haut de la chaire peu adapté à un colloque où l’échange avec la salle devrait être privilégié.


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Attention, je n’affirme pas que le contenu de ces interventions PP fût de mauvaise qualité, bien au contraire c’était du lourd, parfois du trop lourd et dans le cas de l’économiste bordelais du plomb pas très au fait de la réalité. Du rythme, de la diversité, de l’humour, de la convivialité et là nous avons été gâté par deux intervenants bien dotés : Pierre Arditi, pertinent et impertinent, et l’acidulé Philippe Meyer qui a chanté et nous a fait chanter. L’ensemble des tables rondes, bien animées surtout par Jacques Dupont, furent d’un bon niveau et les sujets qui fâchent abordés  sans passion ni horions. Ce ne fut pas simple pour les organisateurs d’amener sur l’estrade ceux qui ne pensent pas comme nous et, pour ce simple fait, ils doivent en être remerciés. Entre la bataille de chiffonnier, l’empoignade virulente, confuse et de doctes échanges un peu ennuyeux, le chemin de crête est étroit. Bravo à Vino Bravo pour l’avoir emprunté !


Reste un point important : la maîtrise du temps !


Pas simple de faire respecter les contraintes du sablier à des intervenants tous persuadés que l’importance de leur message se mesure à sa longueur. Cependant, en tant qu’ancien locataire d’estrade j’estime qu’il faut dans ce domaine être bestial : le temps imparti doit être respecté pour deux raisons : le respect de l’auditoire et celui des autres intervenants, surtout les derniers de la liste qui se voient amputés de leur temps de paroles. Donc pas de débordements, donc pas de corsets type Power Point, vive le discours libre !


La démonstration de la supériorité de ce type d’intervention a été de nouveau vérifiée lors de Vino Bravo par 3 intervenants :


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1-      La virtuosité du grand intellectuel Michel Maffesoli, le sociologue de la post modernité (j’espère recevoir le contenu  de son intervention  que je publierai

« L’un de mes premiers livres, qui traitait de Dionysos, s’appelait Contribution à la sociologie de l’orgie ; or beaucoup ont confondu orgiasme et orgasme. De fait mon livre traitait des passions communes. La couverture représentait l’ombre de Dionysos qui planait sur les mégapoles modernes. Aujourd’hui 30 ans après, dans Homo eroticus, je continue cette analyse. » link 


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2-     La sincérité du « petit chose » Jean-Claude Berrouet devenu le vinificateur de Pétrus link 


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3-     L’émotion teintée de juste colèrede l’hommage à Olivier Ameisen par le Docteur Renaud de Beaurepaire link


Ceci était ma modeste contribution à l’opération Vino Bravo qui je l’espère aura une nouvelle édition l’année prochaine. Deux vœux :


-         Aller chercher un public plus large pour que nous ne soyons pas qu’entre nous gens du vin ;

-         Plus de Power Point !


J’ai repris le train pour Paris sans pouvoir assister à la conclusion de la journée vu que celle-ci avait un peu débordée de son verre…. Merci à Jacques Dupont et ses collègues du Point. Merci aussi à Audrey de Vin&Société pour la qualité de l'accueil et l'organisation impeccable. 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 00:09

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Les adeptes des réseaux sociaux adorent s’enflammer comme de l’étoupe. Dénoncer, combattre, mettre au piquet les affreux, sales et méchants. Dans le lot le bouc-émissaire idéal est souvent le fonctionnaire au front bas, planqué dans son bureau poussiéreux, abrité derrière ses piles de circulaires, grincheux, inefficace, obtus, intraitable, qui passe son temps à pourrir la vie de ses concitoyens. Les pires bien sûr sont ceux qui contrôlent et verbalisent.


De tous les fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture des corps de contrôle les moins connus sont ceux de la Protection des Végétaux.

 

Pourquoi diable protéger les végétaux me direz-vous ?


«  Le ministère en charge de l’agriculture conduit de nombreuses actions pour la prévention et la gestion des risques sanitaires et phytosanitaires inhérents à la production végétale.


Les services de la protection des végétaux ont ainsi trois principaux objectifs : la veille sanitaire et phytosanitaire ; le contrôle des conditions de production des végétaux ; la promotion de pratiques agricoles plus respectueuses de la santé et de l’environnement. La Direction générale de l’alimentation élabore la politique de protection des végétaux et de contrôle de la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et en surveille l’utilisation. Elle coordonne le contrôle et la dissémination des organismes génétiquement modifiés (OGM), élabore les plans de surveillance et de contrôle des résidus de produits phytosanitaires dans les denrées végétales et les milieux et veille à leur mise en œuvre. »


Si ça vous dit allez voir ICI link 


La semaine dernière il y eu donc l’affaire Emmanuel Giboulot link  


Mon but ici n’est ni de prendre la défense du service de la protection des végétaux, ni de m’instaurer en médiateur ou en arbitre dans la mêlée médiatique mais tout simplement de vous informer sur ce qu’est la flavescence dorée et sur les moyens alternatifs qui peuvent être utilisés dans la lutte contre la maladie en vous donnant la possibilité de lire :


1-      une thèse sur la flavescence en bio « mémoire Pyrèthre naturel et stratégie de lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée en viticulture biologique ». mémoire de fin d’étude de Tiphaine Ripoche link


2-     les dernières découvertes génétiques de l'INRA sur la flavescence dorée de la vigne link 


Retenez 2 points importants :


-          Il n’existe pas de traitement curatif contre cette maladie, le seul moyen de limiter sa propagation est donc de lutter contre son vecteur.


-          Les plans de lutte obligatoire contre le vecteur, basés sur l'utilisation d'insecticides de synthèse, sont polluants, coûteux, et peuvent générer à terme le développement de résistances et des effets indésirables sur l’environnement. (INRA).

 

Grand merci à mon ami Olivier un vigneron comme je les aime  qui prend le temps d'éclairer ma lanterne. La citation du titre est de Picasso.


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EXTRAITS


1-      INTRODUCTION du Mémoire de Tiphaine Ripoche


La flavescence dorée est une maladie phytoplasmique qui ravage les vignobles français depuis les années 50 et qui est aujourd’hui présente dans la majorité du vignoble européen. C’est une maladie épidémique qui se propage rapidement grâce à son vecteur, la cicadelle de la flavescence dorée (Scaphoideus titanus) et par le matériel de multiplication contaminé. Il n’existe pas de traitement curatif contre cette maladie, le seul moyen de limiter sa propagation est donc de lutter contre son vecteur. En 1994, une lutte insecticide obligatoire est instaurée contre la cicadelle de la flavescence dans les vignes de production situées dans un périmètre établis en fonction de la présence de la maladie : le Périmètre de Lutte Obligatoire. Celui-ci ne cesse de s’étendre chaque année. Aujourd’hui, en Aquitaine, 90% du vignoble est situé dans le PLO (Chiffres SRAL Aquitaine)


Cependant, la mise en place de programmes de lutte contre la cicadelle vectrice ne semble pas éviter la dissémination de la maladie dans les vignobles aquitains : de nouveaux foyers sont découverts chaque année. Par exemple, en Gironde, 47 nouvelles communes contaminées ont été découvertes en 2011 (Données SRAL Aquitaine)


La lutte obligatoire est accompagnée d’une surveillance active des populations présentes dans les vignobles, par piégeage de cicadelles adultes. Or, certains techniciens effectuant les relevés de ces pièges affirment observer un taux de piégeage plus important dans des parcelles menées en viticulture biologique (ou à proximité de celles-ci) que dans celles menées en culture conventionnelle. Ces observations ne sont pas généralisables ni chiffrées mais elles sont suffisantes pour interpeller sur la stratégie de lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée dans les vignobles biologiques. Un seul insecticide biologique est actuellement homologué contre la cicadelle de la flavescence dorée : le Pyrévert qui est à base de pyrèthre naturel. Les diverses structures professionnelles, dont le travail est en lien avec la lutte contre la flavescence dorée et/ou la viticulture biologique, se sont réunies avec la firme Samabiol qui commercialise le Pyrévert ; il a été décidé de mettre en œuvre une étude permettant de faire le point sur la situation et d’identifier les éventuels problèmes lié à l’utilisation du Pyrévert.


 

Cette étude, fondée sur une approche « de terrain », repose sur le suivi de 50 parcelles de vignes biologiques d’Aquitaine traitées au Pyrévert. L’objectif est d’obtenir un aperçu global de la situation dans les vignobles biologiques aquitains afin d’estimer si les observations ponctuelles mentionnées précédemment sont généralisables à l’ensemble du vignoble biologique. Les résultats obtenus devraient nous en apprendre plus sur l’action et le comportement du Pyrévert utilisé dans des conditions réelles. Cela nous permettrait de définir une utilisation optimale du produit et d’élaborer, pour la viticulture biologique, une stratégie de lutte adaptée et efficace contre la cicadelle de la flavescence dorée.


La démarche adoptée pour répondre à cette problématique comprend dans un premier temps un suivi des populations de cicadelles présentes sur des parcelles traitées afin de mesurer l’efficacité de la lutte. Ensuite on cherchera à expliquer ces résultats en identifiant quels paramètres influencent le plus l’efficacité du traitement En particulier, est étudiée l’influence du nombre de traitements ainsi que les positionnements et les conditions dans lesquelles sont faits ceux-ci. Seront aussi pris en compte les facteurs environnementaux et les pratiques culturales propres à chaque parcelle. Cela permettra ainsi d’établir les conditions optimales d’utilisation du pyrèthre naturel et d’adapter la stratégie de lutte en conséquence. En parallèle, cette étude permet aussi de faire le point sur les pratiques adoptées par les viticulteurs en ce qui concerne les traitements au Pyrévert.


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2-      L’origine de la flavescence dorée vu par l’INRA


Les études génomiques ont permis de montrer que les souches de phytoplasmes responsables de la flavescence dorée sont d'origine européenne et qu'elles pré-existaient dans des plantes sauvages telles que l'aulne et la clématite, avant d'être introduites dans la vigne. L'insecte vecteur Scaphoideus titanus est d'origine américaine. Il aurait été introduit en France lors de l'importation de porte-greffes américains pour lutter contre le mildiou et le phylloxera, au début du 20e siècle. Scaphoideus titanus aurait largement contribué à l'expansion rapide de la flavescence dorée en France et en Europe.


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La flavescence dorée préexistait chez des plantes sauvages en Europe


A partir du séquençage du génome du phytoplasme de la flavescence dorée, des marqueurs génétiques ont été isolés. Ils ont permis d'étudier la diversité moléculaire des phytoplasmes de la flavescence dorée afin de mieux comprendre l’origine de cette maladie, d’identifier de nouveaux réservoirs et de suivre la propagation des différentes souches au vignoble. Ces études ont montré l’origine européenne du phytoplasme de la flavescence dorée, avec comme réservoir hôte originel des plantes sauvages, dont l'aulne et la clématite. En effet, les souches des trois groupes génétiques de phytoplasmes responsables de la flavescence dorée (FD 1, 2 et 3) sont identiques ou proches de certains isolats présents dans l'aulne. Ces phytoplasmes auraient pu être transmis accidentellement à la vigne par une autre cicadelle Oncopsis alni, comme l'a démontré une équipe allemande. Des phytoplasmes identiques à des souches de type FD3 ont aussi été identifiés dans des clématites blanches à proximité de parcelles de vignes mais également dans des zones non viticoles en Italie et dans les Balkans. Des études italiennes ont noté la présence d’insectes fréquentant les clématites en sous-bois et la présence de Scaphoideus titanus de manière sporadique sur cette plante. Un fulgore Dictyophara europaea a aussi été observé dans ces écosystèmes, or on sait qu’il peut être porteur de phytoplasmes identiques à la souche FD 3 et capable de l’inoculer à la vigne. Il y a donc plusieurs hypothèses pour expliquer le passage du phytoplasme des plantes sauvages vers la vigne.


Quoiqu'il en soit, la maladie a été caractérisée pour la première fois en 1949 sur la vigne en Armagnac. Cette année-là, la flavescence dorée ne concernait que très peu de ceps regroupés dans une zone géographique restreinte. Le vecteur majeur S. titanus aurait ensuite accéléré la transmission de la flavescence dorée de vigne en vigne.


Toutefois, la faible diversité génétique, la rapidité de propagation au vignoble ainsi que l’absence de différences de virulence entre souches suggèrent que les souches prédominantes aujourd’hui ont été propagées par le transport de plants de vignes contaminés, relayé ensuite par la transmission naturelle par l’insecte vecteur.


Le vecteur majeur S. titanus est arrivé en Europe au début du 20e siècle


D’après les données historiques, la cicadelle S. titanus a été accidentellement introduite d'Amérique du Nord en Europe au début du siècle dernier. Dans sa zone d’origine, peu d'individus sont observés sur les vignes cultivées, la plupart des captures sont réalisées dans le compartiment sauvage, principalement sur des espèces sauvages de Vitis. En Europe, la cicadelle a été observée pour la première fois en 1958 dans un vignoble du sud-ouest de la France et s'est répandue rapidement dans une grande partie du vignoble français, puis a colonisé l’Italie, la Suisse, le Sud et une grande partie du Centre de l'Europe.


La caractérisation génétique des populations de S. titanus américaines et européennes  a pu montrer que les populations européennes proviennent d’une seule introduction depuis les États-Unis (un haplotype majoritaire en Europe) et que la région viticole de la côte Est des États-Unis est l’origine la plus probable des populations européennes.


L’introduction de la cicadelle pourrait être liée aux intenses importations de bois de vigne depuis les États-Unis destinées à lutter contre la crise du mildiou et la crise phylloxérique en Europe, et qui, dans leur grande majorité ont été effectuées avant 1930. Pendant cette période, un grand nombre d’œufs de S. titanus ont probablement été introduits à plusieurs occasions et en provenance de la même région du Nord des États-Unis. La reconnaissance des voies de colonisation en Europe seront des éléments indispensables pour évaluer ‎l'impact des méthodes de lutte sur la dissémination des populations introduites.‎


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3-      Les Moyens de lutte alternatifs et durables


 

Les plans de lutte obligatoire contre le vecteur, basés sur l'utilisation d'insecticides de synthèse, sont polluants, coûteux, et peuvent générer à terme le développement de résistances et des effets indésirables sur l’environnement. Les recherches actuelles ont pour objectif de mettre en place des stratégies de lutte permettant une diminution des intrants.


Brouiller l’écoute


L'accouplement chez les cicadelles met en jeu une communication utilisant des signaux vibratoires transmis par la vigne. Les mâles émettent des vibrations perçues par les femelles qui leurs répondent si elles sont disponibles pour s'accoupler. La nature de ces vibrations (intensité, longueur d'onde, fréquence) renseigne le mâle sur la localisation de la femelle et sur sa disponibilité. Une technique de lutte possible contre la cicadelle consiste à émettre des vibrations créées artificiellement afin de perturber la communication entre les deux sexes. Le but étant que le mâle ne puisse plus localiser de femelles et qu'il n'y ait donc plus, ou peu, d'accouplements. Les premiers essais menés en Italie ont été concluants en laboratoire et au vignoble.


Application des stratégies de type "push-pull"


Ces stratégies actuellement à l’étude consistent à manipuler le comportement des insectes via l'utilisation simultanée de stimuli attractifs et répulsifs : la culture est rendue répulsive par utilisation par exemple du kaolin, tandis que des produits attractifs (par exemple des extraits végétaux de différentes espèces américaines de Vitis) permettent d'attirer les ravageurs dans une zone où ils seront détruits. La concentration des insectes dans une zone précise permet de mieux contrôler leurs populations avec de plus faibles quantités d'insecticides ou grâce à l'utilisation ciblée de méthodes alternatives. Cette technique de push-pull a déjà donné des résultats prometteurs en Israël, contre des vecteurs de phytoplasmes de la vigne tels que Hyalesthes obsoletus.


Recherches de vignes moins sensibles


Les chercheurs de l'Inra ont initié un programme de recherche de résistances naturelles au phytoplasme et au vecteur au sein du genre Vitis. Ces travaux de phénotypage sont menés par observation des symptômes et quantification de la multiplication des phytoplasmes après inoculation par le vecteur en serre de haut confinement. L'objectif à court terme est d'identifier des assemblages porte-greffe/greffon plus résistants à la maladie, puis, à plus long terme, de caractériser les bases génétiques de la résistance.

 

Dernière minute le BIVB communique : FLAVESCENCE DOREE : UN PREMIER BILAN RASSURANT, MAIS LA VIGILANCE RESTE DE MISE

 

Confronté à la Flavescence Dorée, comme presque tous les vignobles français, la Bourgogne s’est « largement mobilisée pour réagir. Le dispositif régional de lutte, mis en place en 2013 se devait d’être très énergique pour répondre à l’urgence. Dans ce cadre, plus de 3 000 professionnels, accompagnés par les organismes référents, ont réalisé une prospection « pied à pied », afin d’endiguer l’extension de cette maladie. Il s’agissait de repérer au plus tôt les pieds malades, pour les arracher.


A l’heure du bilan intermédiaire (bilan définitif mi-décembre), ce dispositif est une réussite.


Pour le moment, seuls quelques nouveaux cas ont été constatés (dont Meursault, Mercurey, Viré et la Chapelle de Guinchay). Ces contaminations restent donc limitées, au regard du caractère très épidémique de la maladie, et maîtrisées.


 

La vigilance et la mobilisation restent primordiales pour 2014.


 

Pour mémoire, cette maladie est transmise par la piqûre d’un insecte mobile (cicadelle de la Flavescence Dorée). Une fois un pied contaminé, il n’existe aucun traitement. Il doit être arraché. Si une parcelle est touchée à plus de 20 %, elle doit être détruite. Les principaux moyens de lutte sont le traitement à l’eau chaude des plants, l’arrachage des pieds malades et la régulation des populations de l’insecte vecteur.


 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 10:00

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« Le Secours Catholique-Caritas France et l’agence Myop présentent, Oubliés de nos campagnes, une exposition photographique sur la précarité en milieu rural.

 

Habitats dispersés, souvent anciens et vétustes, difficultés de mobilité, d’accès à l’emploi, aux soins et aux aides, autant d’obstacles qui exposent le milieu rural au développement de situations de précarité.

 

Compte-tenu de ce contexte, les personnes les plus fragiles se trouvent confrontées à un isolement géographique, psychologique et social dans lequel la précarité, souvent stigmatisée, est rapidement cachée et devient silencieuse, oubliée.

 

Oubliés de nos campagnes, c’est une série de rencontres avec des hommes et des femmes, ruraux de souche ou néo ruraux, visages pluriels de cette précarité en milieu rural.

 

Des moments d’intimité, de partage, que cinq photographes de l’agence MYOP (Lionel Charrier, Pierre Hybre, Olivier Jobard, Alain Keler et Ulrich Lebeuf) présentent en images.

 

A travers cette exposition, le Secours Catholique-Caritas France a souhaité mettre en lumière ceux qui sont trop souvent dans l’ombre, favoriser une prise de conscience du phénomène grandissant de la précarité en milieu rural et surtout favoriser le changement de regard. »

 

Diagonale du vide link

Jean-Pierre 43 ans.                                                                                                 Riom Es Montagnes. Cantal

1min23 link

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:09

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Ma chronique du jour cadre bien avec mon choix.

 

Choisir !

 

Après plusieurs va-et-vient entre 3 présentations je reviens à mon choix initial.

 

Pourquoi ?

 

Tout simplement parce que mon hébergeur ne m’offre qu’un choix très limité dans la présentation épurée que je souhaitais donner à mon blog : noir, un violet tirant sur le rose et un bleu bien pâlichon. Rien qui ne me satisfaisait vraiment.


Mes chroniques comme les livres et les journaux seront donc en noir et blanc pour quelque temps. Le temps de bâtir un site original dégagé des contraintes graphiques que m’impose Overblog mon hébergeur.

 

J’y travaille.

 

Ce sera pour le début de l’année 2014.


En attendant je m’en tiendrai à mon choix dominical, certes un peu strict, privilégiant votre confort de lecture.


Pour les abonnés, hormis ma tronche de cake, c’est la chronique en prise directe : titre puis texte.


Pour ceux qui entrent par www.berthomeau.com c’est le même portail qu’auparavant en allégé.


Reste les photos de ma tronche de cake, 3 photos de Ludovic Carème, un grand photographe www.ludoviccareme.com, qui font un tabac sur Facebook. Je les ai exhumées d’un carton dimanche après-midi et j’ai eu envie de les mettre en ligne. Photos d’auteur, deux heures de shooting, vous faites ce que l’on vous dit de faire. Je les trouve intéressantes, presque dix ans déjà. Elles seront là elles aussi pour un temps. Combien de temps ? Je ne sais. Et qu’on ne vienne pas me reprocher de ne pas aimer les couleurs ou je sors mes chèches 


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Avis aux petites louves et petits loups de partout, mais surtout les parigotes et goths affublés du doux nom de bobos, le charbon dont vous n’avez pas connu les poêles dans les salles de vos écoles maternelles ce n’était pas que dans le Nord-Pas-de-Calais.


Y’en avait même dans l’Aveyron : allez sur Google Maps voir où c’est. Les Houillères et Fonderies de l'Aveyron, créées en 1826 par le duc Decazes (1780-1860), qui avait hérité des mines, allait faire d’un village-rue un grand centre métallurgique qui prit le nom, au début de la Monarchie de Juillet en 1835, de Decazeville. Au début du XXe siècle 9000 travailleurs y produisaient 1 million de tonne de fonte. Le déclin des industries minières, commencé dans les années 70,  frappa Decazeville qui vit sa dernière mine fermer en juin 2001. Ce bassin minier connu une grande grève qui vit 1 500 mineurs rester 66 jours au fond de la mine entre le 23 décembre 1961 et le 26 février 1962. C’était au temps du Général et ne venez pas dire que ce temps c’était le bon temps.


Si vous voulez tout savoir sur Decazes, ce qui m’étonnerait mais sait-on jamais, son portrait se trouve dans le livre Decazeville, Promenade historique de Jean Costumero.link Je soutiens le petit commerce, moi…


Ça commence ainsi :


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« A tout seigneur tout honneur ! Decazes (Élie, Duc) naquit à St-Martin de-Laye (Gironde) le 28 septembre 1780 et décède le 24 octobre 1860 à l’âge de 80 ans. Fils du lieutenant particulier de la sénéchaussée et présidial de Libourne (Gironde), Élie Decazes commence des études à l’école militaire de Vendôme de 1790 à 1799.


Après ses études militaires, il entame des études de droit, et deviendra en 1805, après son mariage avec la seconde fille du comte Muraire, juge au tribunal civil de la Seine. A 22 ans il est avocat à Libourne, juge au tribunal de la Seine en 1806, puis devient  secrétaire principal de la mère  de Napoléon Bonaparte, la Princesse Letizia Ramolino.


Mais les Reines n’ont-elles pas le droit d’accoucher avant terme ? Il est nommé ensuite conseiller de Louis Bonaparte en 1807, et devient avocat-conseil à la cour  d’appel de Paris en 1811. Il fut en même temps attaché comme conseil au jeune roi de Hollande, Louis, et à l’impératrice mère. Blessé et malade après la mort prématurée de sa première  femme, il part panser ses plaies à Cauterets, dans les Pyrénées. Que  s’est-il passé ici ? Les ragots ne manquent pas (est-il le père d’un empereur ?). Il rencontre en effet sur place la Reine de Hollande, Hortense de Beauharnais, épouse de Louis Bonaparte. Elle fait de lui son secrétaire particulier. Le 6 juillet, cette jeune femme romantique, mariée par raison d’État, se trouve seule à Cauterets…. »


Si vous passez dans le nord Aveyron sur votre vélo ou votre camping-car, si le cœur vous en dit consultez ci-dessous la fiche du syndicat d’initiative de Decazeville :


« Commune de 6302 habitants, située à une altitude 220 m, jumelée avec Coazze (Italie) et Utrillas (Espagne).


Située à quatre kilomètres du Lot, une des plus belles rivières de France, au Nord-Ouest du département de l’Aveyron, entre Quercy et Auvergne, Decazeville vous accueille.


Fondée au XIXe siècle par le Duc DECAZES pour l’exploitation du charbon et le développement de la sidérurgie, Decazeville abritait la plus grande « Découverte » de France.


Etape sur le chemin de St Jacques de Compostelle (GR65), entre Conques et Figeac, vous y découvrirez des paysages variés, une architecture diversifiée et profiterez de nombreuses distractions.


Sur le plan de la gastronomie, ce terroir est riche de multiples saveurs.situé dans la Mecanic Vallée.


Vous allez me dire que je me transforme en agence de voyage, que je fais de la retape pour l’Aveyron.  Y’a du vrai mais ce n’est que le résultat de l’irruption d’un grand aveyronnais dans le paysage parisien du vin. Philippe Cuq officie au « Lieu du Vin » au 3 avenue Gambetta dans le 20elink


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Ce Cuq-là est un gars de Decazeville. Avant de m’attaquer à lui, si je puis me permettre cette expression qui se veut sportive, je vous propose de bien observer une photo des conscrits de Decazeville datant d’avant la Grande Guerre. Bien sûr Philippe n’y est pas présent mais vous pourrez noter 3 références vineuses sur cette photo. Si vous les trouvez je vous offre un flacon de l’Aveyron en provenance du Lieu du Vin.


 

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En effet, chez lui vous trouverez ce que vous ne trouverez nulle part ailleurs : les trésors les plus recherchés de l’Aveyron.


Des exclusivités mondiales : des fioles introuvables, de quoi épater le syndicat des naturistes révérant les vins nus  et agacer les dents de leurs opposants.


Comme son échoppe est à quelques encablures du Lapin Blanc, lieu de perdition du Taulier, l’autre soir j’y suis passé pour bavasser, mâchonner et se mettre derrière la cravate des gorgeons du nouveau de Chermette.


Mais vous commencez à me connaître faut toujours que je fouine partout, c’est mon côté Hercule Poirot, et je suis tombé nez à nez face à une fiole baptisée Vin d’Autrefois avec sur l’étiquette un chevalement de mine.


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Dans l'industrie minière, le chevalement est la structure qui sert à descendre et remonter les mineurs, ainsi que le minerai, via une cage d'ascenseur.


Faut tout expliquer à la jeunesse !


Ses racines et sa couleur

Nos racines et nos valeurs

De sang et de charbon

Ce terroir de coteaux de Cransac Aubin

Donne  à ce vin puissance et douceur

… depuis 4 générations.


Cransac c’est à deux pas de Decazeville la patrie du Philippe qui la défend et la promeut dans son lieu du vin.


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Vin de France 2012 avec en son sein 3 cépages : Mouyssaguès (cépage recommandé en Aveyron, je crois, mais je n’ai pas mon Galet me dit Philippe...) du Couderc et du 54/55.


Au seul énoncé de cépage à numéro mon cœur bat la chamade : le 54/55 était le cépage fétiche de mon maître vigneron le frère Bécot.


Il est fort ce Philippe, capable de déstabiliser votre Taulier, il ira loin ça c’est sur même que N de R a fait de sa cave sa cave de référence, dit-il.


J’achète : 9,20€.


Les vignerons ce sont Geneviève er Didier Bouscal à Cransac 12110.


Je n’ai pas encore bu le nectar : affaire à suivre sur mes lignes…

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 10:00

 

 

Comme on me fait le coup au moins une fois par semaine, les filles surtout, je me permets en ce début du dernier mois de l’année de me glisser dans la peau de John Malkovich.link 


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Malgré mon ego aussi gros qu’une montgolfière je pense ne ressembler que de très loin au grand John. Cependant, je partage avec lui deux amours : la mode et le Luberon.  


« Son amour de la mode, tout comme sa passion des livres, aide John Malkovich à défendre un certain art de vivre, qui fait de lui l'un des américains les plus européens de son époque. Son éclectisme est aussi savoureux que son sens de la mise en scène. L'acteur se glisse dans la peau de John Malkovich couturier avec un naturel qui désarçonne. » Laurence Benaïm le Monde du 14 mars 2003.

 

Répondant à cette journaliste il déclarait, entre autre, « Bien m'habiller, c'est une manière de bien contrôler la situation. » ou « Faire des vêtements, c'est peut-être une façon de s'en guérir ». Plus fort encore, lorsqu'il rapporte cette anecdote personnelle « Je me souviens encore du jour où ma grand-mère m'a offert le même imperméable que mon frère. Une expérience atroce : je devenais son jumeau. En fait, la mode m'a permis de refuser toute forme de soumission. Depuis cette date, personne ne m'a jamais acheté de vêtements. Lorsqu'un jour une petite amie m'a dit : «Merveilleux, maintenant je pourrai te faire ta valise», j'ai rompu immédiatement. Ma garde-robe, c'est ma propriété privée. Je suis tellement maniaque qu'il m'arrive même de repasser mes chemises... »


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Ludovic Carème © 

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« Pour le Luberon, Malkovich y a vécu pendant des années, je crois qu'il l'a quitté récemment, mais peu importe, ce qui compte pour moi - j'entends déjà les railleries sur ce haut-lieu des néo-bourgeois parisiens - c'est qu'il a été séduit par ce petit coin de paradis. Je l'ai découvert par Michel H, grâce lui soit rendue. J'y suis retourné régulièrement grâce à Jean-Louis. Je ne me lasse jamais de la beauté des paysages. J'aime y marcher, y réfléchir et y écrire. J'y ai été heureux. Pour en revenir à John j'aime beaucoup ce qu'il répond lorsque la journaliste lui pose la question s'il se sent encore américain depuis qu'il a choisi de vivre en France : « Pour moi, être américain, c'est être international avant tout... Etre américain, ce n'est pas être pour ou contre Bush, c'est défendre une certaine capacité à savoir s'adapter à toutes les circonstances de sa vie. » Alors, dit comme ça, je me sens américain, un tout petit peu dans la peau de John Malkovich »

 

Alors parigot et gotes têtes de linottes si vous souhaitez vous saper à la technobohemian by John Malkovich je vous joins le carton d'invitation.

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 00:09

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Chers lecteurs j'ai allégé pour vous la présentation graphique de mon blog. Si vous êtes nostalgique de l'ancien portail vous pouvez aller le consulter sur www.berthomeau.com. Bonne lecture.

 

 

« Un mot venu  d’Allemagne, qui eut plus de vitalité, fut trinquer de trinken, boire, qui signifiai boire à la santé en choquant les verres. Etait-ce pour chasser le diable qui risquait de s’y trouver ? » nous explique Renée Elkaïm-Bollinger dans son article « Toasts, santés et grand boire boire » paru dans les Cahiers de la Gastronomie ».

 

De la philotésie des Grecs, la cérémonie du boire à la santé des uns des autres, à la trinquerie de Rabelais jusqu’à nos jours, la gestuelle et les paroles qui vont avec sont devenues un rite, surtout du peuple. « Le dictionnaire Larousse du XIXe siècle, avance que le mot et la chose n’ont pas été adopté par les hautes classes : pourtant il semble que madame de Sévigné y ait fait allusion, et plus tard Marivaux, dans le Jeu de l’Amour et du Hasard : « Je n’ai jamais refusé de trinquer avec personne »  note Renée Elkaïm-Bollinger.

 

Petit florilège littéraire :

 

En examinant plus attentivement la séduisante virago, il me sembla vaguement que je la reconnaissais pour l'avoir vue trinquant avec quelques drôles de ma connaissance (Baudelaire, Poèmes prose, 1867, p. 104)

 

J'ai été fâché de ne pas trinquer ensemble avant mon départ, d'autant plus que je t'avais donné la veille une assez pitoyable idée de moi, en ne buvant pas et en ne mangeant pas (Flaubert, Correspondance., 1841, p. 86).

 

Il aurait pas fallu qu'il en parle de politique, surtout quand il avait bu un peu, et ça lui arrivait. Il était même noté pour trinquer, c'était son faible (Céline, Voyage au bout de la Nuit, 1932, p. 574).


 

Nous levons donc toujours nos verres, nous les choquons, avec celui ou celle ou ceux avec lesquels nous nous  apprêtons à boire en formulant un vœu, un souhait, un engagement : la santé, l’amour, la réussite d’une entreprise, à un problème résolu… que sais-je la liste n’est pas limitative.  


Existe-t-il une plus belle preuve de la sociabilité du vin ?


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Certains esprits chagrins vont me rétorquer que les verres n’en sont pas forcément emplis, que d’autres breuvages spiritueux ou fermentés y prennent place. Que la trinquerie est aussi une affaire de poivrots choquant les chopes ou leurs apéros au bord des bars. J’en conviens et je suis même prêt à faire mien le vieil adage « Lorsque les parents boivent les enfants trinquent » mais n’est-ce pas le propre de l’homme que se laisser emporter parfois par ses excès. Pour autant, la convivialité est de notre côté et que les méfaits de l’abstinence ne sont pas comptabilisés par nos statisticiens. Sauf que notre boulimie médicamenteuse est sans aucun doute le symptôme de dérèglements profonds de notre vivre ensemble.


Nos amis les Anglais qui ne font jamais rien comme le commun se sont « piqués, écrit Voltaire, en 1770, de renouveler plusieurs coutumes de l’Antiquité, boivent à l’honneur des dames : c’est ce qu’ils appellent toaster, et c’est parmi eux un grand sujet de dispute si une femme est toastable ou non, si elle est digne ou non qu’on la toste. »


Renée Elkaïm-Bollinger s’interroge sur « quels sont les critères de cette tostabilité féminine » ? et « quelles étaient les proportions de femmes tostables dans un dîner » ?


Toaster les douelles d’une barrique tous les grands amateurs savent ce que c’est, du moins je l’espère pour eux car ça se retrouve dans leurs verres. Bien évidemment dans les assemblées de mâles, qui sont plutôt la règle dans le monde du vin, porter des toasts fait partie intégrante du cérémonial.


Rappelons-nous le fameux « A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent. Par Saint Georges, Vive la cavalerie ! 

Toast de la cavalerie, cité par J. Chirac, sorti de Saumur.

 

Renée Elkaïm-Bollinger nous éclaire « Le mot toster, griller, rôtir, vient de France et désignera en Angleterre une rôtie, puis reviendra en Europe, indispensable aux banquets politiques. Le maître de maison, à la fin du repas, mettait une croute de pain rôtie, au fond de la coupe, versait la boisson par-dessus, et faisait circuler la coupe, jusqu’à ce que le dernier buveur, savoure son croûton imbibé d’alcool. »


Lire les 2 chroniques ci-dessous qui montrent l’importance du toast dans les relations humaines :


« Kempei ! » cul sec de petits verres de shiao shin JP Raffarin éméché chantait avec ses petits camarades l’Internationale dans un mini-bus le ramenant à Tatsin en Chine »link


« Les 53°du Moutai au service de la diplomatie chinoise de Mao… à nos jours »link 


Renée Elkaïm-Bollinger conclut son article en soulignant que « les pratiques actuelles des apéritifs ne datent que de deux siècles à peine »


Elle cite l’étude sociologique : nouveau regard sur les Français et l’apéritif conduite par Jean-Pierre Poulain link et note que sont « apparues de nouvelles formes de convivialité, dans lesquelles l’aliment tint une place significative. Les femmes préparent et mettent en scène ce moment par le biais de la nourriture et des accessoires la contenant. Amuse-gueules, tapas, mezzés, kémias, tout est sur la table, à l’avance. Plus de va-et-vient cuisine/salon pour découper et surveiller les cuissons. Tout le monde peut parler et trinquer. »

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 07:00

 

 

 

Adeline s’affairait. La venue de Jasmine et des enfants c’était son affaire, que son affaire, j’étais relégué au rang des accessoires inutiles. J’en profitais pour lire. Avec le beau Daniele elle prévoyait tout jusqu’au moindre détail, l’hébergement, le calendrier des sorties, les réveillons, les cadeaux, le petit déjeuner, ce qui me permis de lui faire remarquer qu’elle devrait troquer sa maigre solde d’officier de police contre les émoluments plus conséquents d’une agence organisatrice de pinces-fesses ce qui me valut un retour cinglant qui me laissa sans voix « Toi tu éviteras de pincer les miennes devant les enfants… » Face à une telle ébullition je jouai alors, avec beaucoup d’à-propos, la seule carte qui me restait : me faire désirer d’Adeline. Je fis même, sans la prévenir, un bref séjour à Rome pour revoir quelques compagnons des années de plomb.

 

À son « t’es où ? » au téléphone j’avais répondu benoîtement « à Rome ! » et son « ah bon ! » un peu pincé m’avait fait comprendre que je venais de marquer un point capital. Badin, je lui avais demandé  si tout se passait comme elle voulait. « T’es fâché ? » Je la rassurais en enfonçant le clou  « mais non ma belle mais je t’encombrais. Tu as tant à faire… » Là j’ai senti qu’elle craquait « Rentre, tu me manques ! » J’ai toussoté. « Mais petit cœur je suis en mission, j’ai plein de rendez-vous. Je dois assurer… » Allait-elle sortir ses griffes ? Non, avec sa voix de petite fille à laquelle on ne résiste pas, elle me répondit « J’arrive ». Le soir même nous étions dans le même lit à l’hôtel Stendhal Via Del Tritone. Ce fut un carnage qui me laissa sur le flanc. Adeline se douchait. « Encore ! »

 

Sur l'estrade de l’amphi 3 la foire d'empoigne, entre la nébuleuse, pileuse et hirsute, des multiples groupuscules politico-syndicaux, pour prendre la direction du mouvement faisait rage. Contraste étonnant entre le joyeux bordel de la base et la teigne des apparatchiks, image saisissante de ce que ce mouvement véhiculera d'images contradictoires. Les émeutes du Quartier Latin, relayées par les radios périphériques, l'ORTF étant muette, nous avaient électrisés, la bonde était ouverte et plus rien ne semblait pouvoir arrêter le flot de nos délires. Pour ma part, même si je restais encore en retrait, sous l'action conjuguée de Pervenche l'insurgée et du grand Boulineau, j'appréciais l'irruption dans ma vie de coq en pâte d'une forte dose d'extraordinaire. Sans que je puisse l'expliquer, ce chaos naissant m'apparaissait comme une chance à saisir, un temps où tout devenait possible, un moment d'histoire dont j'allais être acteur.


Tout est allé alors très vite. Lors d'une brève accalmie sur l'estrade, je me levais pour me saisir du micro et, face à l'amphi bruissant, au lieu de brailler comme mes prédécesseurs, de servir des tonnes de camarades, de proclamer ma foi en la révolution prolétarienne, de faire allégeance à une bannière, sur le ton de la confidence je me suis entendu me présenter comme le porte-parole de ceux qui n'avaient jamais eu la parole. Très vite le silence se fit.


Etonnés, pris de court, les chefs de meutes ne purent que me laisser faire. Alors, sans trémolo ni grosse caisse, j'ai parlé des gens de peu de mon pays crotté, de notre servitude séculaire, de toutes ces années de génuflexion et de tête baissée. Des milliers de paires d'yeux me soutenaient. J'enchaînais sans élever la voix, en disant que le temps du silence, de la frustration et de l'obéissance venait de prendre de fin. On m'applaudissait. Je levais la main et l'amphi refaisait silence. J'osais. Oui cette parole arrachée à ceux qui nous en privaient nous n'allions pas nous la faire confisquer par d'autres. Les nouveaux chefs conscients du danger voulaient me jeter.


L'amphi grondait. Ils reculaient. Alors, avec un aplomb que je ne soupçonnais pas, je proposais l'élection d'un Comité de grève. L'amphi m'ovationnait. Immédiatement je me portais candidat en tant que représentant des étudiants salariés. A mains levées il m'élisait. Tout étourdi de mon audace je rendais le micro à Dieulangard, leader de la tendance dure des Maos Spontex. Il me toisait.


« T'es qui toi ?


- Un mec qui va te marquer à la culotte...


- Faudra d'abord ôter tes couches branleur !


- Et toi compter sur les doigts d'une main tes clampins décervelés...


- Tu nous cherches ?


- Non camarade je t'explique que le rapport de force est en ma faveur et faudra que tu en tiennes compte...


- Que tu dis...


- C’n’est pas ce que je dis bouffeur du petit Livre Rouge. C'est ! Regarde bien cet amphi. Ta Révolution, versus longue marche, ils s'en branlent. Ce qu'ils veulent c'est que ça change même s'ils ne savent pas ce qu'ils veulent changer...


- T'es qu'un petit bourgeoisvérolé ! Tu n'as aucune perspective historique...


- Coupes ton magnéto petit Mao je connais par cœur tes sourates...


- On t'écrasera comme une punaise !


- Avec tes potes staliniens versus Budapest...


« Libérez nos camarades...Libérez nos camarades... » L'amphi tonnait.

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