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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 08:25
J’ai acheté une vieille coquette de Saint-Guénolé qui a des lèvres très épaisses, des incisives carénées, 1 robe allant du brun au rouge en passant par le vert…

 

Saint-Guénolé, Sant-Wennole en breton, anciennement Enez Raden, île Fougère, forme une agglomération distincte de la commune de Penmarc'h, en Pays Bigouden, dans le Finistère sud.

 

 

Important port de pêche, il est en 2016, dans le classement des ventes en criée des bateaux français, 8ième  9 732 tonnes et 15ième 17028 K€

 

 

Avec le Guilvinec 3ième 19 388 tonnes 3ième 76 086K€ c’est une place forte de la pêche française.

 

Le Bigouden ne se plaint pas, ça n'est pas dans sa nature. Il est dans la lutte contre les éléments.

 

 

Un beau jour d’été j’suis allé avec ma petite auto à Saint-Guénolé pour aller à la criée. Avant je me suis promené sur les rochers de Saint-Guénolé : le trou de l'enfer, à proximité de la roche du préfet (le préfet Gustave Levainville vit disparaître sous ses yeux, en 1870, une bonne partie de sa famille emportée par une de ces traitres et puissantes lames de fond. Une plaque commémorative y atteste aujourd'hui de la tragédie et des dangers du site)

 

 

 « La nuit est tombée. L'équipage finit d'amarrer les 16 mètres du «Brendan» en double file. Alentour, sur les quais chichement éclairés, des silhouettes passent et repassent. Des marins toujours occupés à trimbaler quelque chose; des vieux bien décidés à ne pas rater une seule marée jusqu'à leur mort; des femmes et des enfants venus chercher le mari ou le père, qu'ils ne verront pas de sitôt à la lumière du jour. En cette saison, les côtiers embarquent vers 4 heures du matin et débarquent au coucher du soleil. Ce soir-là, il y avait aussi Nicole, la blonde et mince femme de Guénolé, et ses deux petites filles. »

 

Á la Criée de Saint-Guénolé il y a trois types de marchandises :

  • la langoustine, dites demoiselles du Guivinec,

 

  • la « chauderée » (émisole, baudroie, cabillaud, …)

 

  • et « l’étripage » (merlu, merlan,…).

 

La vente, désormais informatisée, se fait entre 6h et 7h en amphithéâtre, en silence: un grand tableau lumineux affiche au fur et à mesure les caractéristiques du lot pour tous les acheteurs installés dans les gradins.

 

À Saint-Guénolé, les enchères sont dites « descendantes »: on donne un cours assez élevé et celui-ci descend au tableau. Le premier acheteur qui appuie sur le bouton est définitivement l’acquéreur du lot.

 

La vente des poissons bleus

 

Elle se fait entre 7h et 8h, jamais plus tard que 9h. Les services de la criée contactent les bolincheurs entre 2h et 5h du matin et prennent connaissance des quantités, des espèces et des tailles pêchées, de façon à pouvoir informer les mareyeurs qui appellent.

 

Pour les poissons bleus, l’enchère est dite « montante », la vente se fait au crieur, hors de l’amphithéâtre, dans la halle : le lot est attribué au plus offrant. Le volume de marchandise acheté par acquéreur est plafonné en fonction de la quantité d’apport disponible.

 

31 mai 2017

Craquez pour les poissons bleus : harengs, anchois, sardines, ces poissons qui voyagent en rangs serrés sauf le maquereau qu’est 1 souteneur…ICI 

 

La vieille, Labrus berggylta en latin ou Ballan wrasse en anglais, appartient à la famille des Labridés. Avec les quelques 500 espèces différentes qui la composent, il s’agit de l’une des plus grandes familles de poissons.

 

Ballan wrasse (Anglais), Geflekte lipvis (Hollandais), Vaquete ou maragota (Eespagnol), Margota ou budiao (Portugais), Laszi (Italien), Berggylt (Danois et Norvégien), Berggylta (Suédois), Viherhuulikala (Finlandais), Kniazik (Polonais)

 

Il existe deux catégories de vieille : la vieille commune et la vieille coquette.

 

Le Poisson Flotté Coquette

 

La vieille commune se trouve essentiellement en Atlantique du Nord et en Méditerranée occidentale. La vieille coquette est le plus souvent orangée avec quelques petites nageoires blanches et noires-bleues sur le dos, on la retrouve sur les côtes bretonnes. Sa chair est recherchée pour sa qualité.

 

 

La vieille possède un corps massif, comprimé latéralement, fuselé, protégé par de grandes écailles tenaces. Pouvant mesurer jusqu’à 65 cm pour un poids maximal de 3,5 kg. Les couleurs et dessins de sa robe diffèrent selon son environnement, son stade de développement ou encore son état émotionnel ! La vieille présente donc une intéressante polychromie allant du brun au rouge en passant par le vert.

 

 

Elle se reconnaît également à ses lèvres très épaisses, ses incisives carénées, ses grandes écailles. La bouche de la vieille est garnie de fortes dents coniques : 13 pour la mâchoire supérieure et 20 pour l’inférieure. Une des particularités de la vieille est la présente de grandes lèvres épaisses de couleur vert émeraude à bleuâtre.

 

 

La vieille est un poisson sédentaire, habitant les zones rocheuses couvertes de laminaires. Elle affectionne surtout les crevasses et failles ou elle se réfugie la nuit.

 

Á une profondeur pouvant aller jusqu’à 50 m, la vieille affectionne les fonds rocheux et récifs, les herbiers, les laminaires et les algues. Exploitant ses capacités de mimétisme : elle aime se camoufler et se confondre avec son habitat. La vielle se nourrit de coquillages et crustacés qu'elle broie avec ces fortes mâchoires.

 

 

La vieille est un carnassier dont les mâchoires puissantes broient tous les coquillages et les carapaces. Après le passage de vieilles, les fonds sont dévastés et il ne reste que des débris de coquilles. Au passage, la vieille s’alimente aussi de petits poissons ou encore de crevettes.

 

La vieille atteint sa maturité sexuelle entre 6 et 9 ans.

 

La vieille pond ses œufs dans une cavité soigneusement garnie d’algues au préalable par un mâle. Après la ponte le mâle recouvre les œufs d’algues et surveille le nid jusqu’à l’éclosion après une dizaine de jours d’incubation.

 

Les jeunes vieilles rejoignent les fonds tapissés d’algues à 6 ou 8 cm après une vie larvaire pélagique. La vieille naît femelle et devient mâle entre 4 et 14 ans.

 

La vieille juvénile est elle-même victime des bars, lieus jaunes, congres, seiches et calmars, ces carnassiers la débusquent dans les champs de laminaires.

 

A l’âge adulte, elle n’a quasiment plus de prédateur. La chair de la vieille n’est pas très appréciée (je ne l’apprécie pas moi-même), elle est plutôt cuisinée en soupe de poissons.

 

La vieille se capture de préférence à la saison chaude, entre mai et août, période à laquelle elle se rapproche des côtes. Quant à son activité, elle varie en fonction de la journée : c’est une espèce uniquement diurne. En début de journée, à marée montante jusqu’à la pleine mer, vous aurez toutes les chances de la rencontrer car c’est à ce moment qu’elle part à la chasse notamment de crustacés et coquillages. Elle écrase alors leurs coquilles et carapaces à l’aide de ses puissantes mâchoires dotées de longues dents pharyngiennes.

 

À marée descendante, ou par mer calme, la vieille commune se réfugie dans une faille, sous une pierre ou entre les algues. La nuit, au repos, elle a la particularité de se poser sur le sédiment et de se coucher sur le flanc, ce qui la rend particulièrement vulnérable, notamment aux yeux du congre qui raffole de la vieille.

 

La vieille étant un poisson de roche, il faut la chercher au fond ou dans les failles. Pour cela, plusieurs techniques s’offrent à vous : pêche au flotteur, palangrotte, à soutenir, à la dérive, au lancer-ramener de leurres durs ou souples, à la traîne lente en profondeur etc.

 

La vieille est un poisson « petit prix »

 

L’inconvénient de ce poisson, ce sont les arêtes, fines et assez nombreuses. L’avantage, c’est sa chair tendre, à la saveur légère, qui apprécie une préparation un peu relevée. Une belle vieille, entière, au four, sur un lit d’oignon, est un régal. Les plus petites sont parfaites pour la soupe de poissons.

 

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 06:00
Hé oui Sébastien Lapaque, l’1 des dieux de Me Morain, même les vieux aiment la facilité, la légèreté, la sapidité, la buvabilité et la digestibilité. Sans oublier la palatabilité…

Mon maigre, mon étique, vocabulaire du vin, vient de s’enrichir à la lecture du Figaro qui est en passe de rejoindre, via les gilets jaunes, l’Humanité comme organe de la Révolution prolétarienne,  et ce, par la grâce d’un vieux pote de Marcel Lapierre et de Guy Debord, qui sont allés rejoindre Noé, un certain Sébastien Lapaque, l’idole de la star du barreau parisien, le naturiste Me Morain, qui adore se rouler en robe noire dans l'herbe des vignes d'Alexandre Bain rien que pour embêter l'INAO.

 

 

 

« [La clientèle] … jeune, découvrant parfois le vin naturel en même temps que le vin. Elle aime et recherche la facilité, la légèreté, la sapidité, la buvabilité et la digestibilité. Sans oublier la palatabilité… »

 

La palatabilité

 

La palatabilité, qu’est-ce c’est que ça ?

 

Le CNTRL l’ignore.

 

Le Larousse dit Qualité d'un aliment palatable. (Se dit d'un aliment qui procure une sensation agréable lors de sa consommation.)

 

Palatabilité et comportement alimentaire chez les ruminants

 

La palatabilité d’un aliment intègre les caractéristiques physiques et chimiques qui déterminent les préférences alimentaires de l’animal.

 

Ainsi, par exemple, les ruminants préfèrent les aliments dont les caractéristiques physiques leur permettent de les ingérer rapidement.

 

Mais la palatabilité est difficilement quantifiable car la réponse des sens, mesurée par la consommation, fait intervenir la valeur nutritive et le plaisir procuré par l’ingestion de l’aliment. L’article fait le point sur les différentes méthodes de mesure de la palatabilité et sur son rôle dans le contrôle des quantités ingérées.

 

Lire ICI 

 

« Dans une étude de palatabilité menée chez des adultes sains avec de l'éfavirenz mélangé à de la compote de pomme, de la gelée de raisin, à un yaourt, ou à du lait maternisé, la gelée de raisin a obtenu le meilleur classement au test de goût. »

 

« Les ouvrages scientifiques permettent aussi de présumer que l'avoine pure peut se révéler bénéfique pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque qui la tolèrent et que sa palatabilité peut contribuer à augmenter l'observance d'un régime sans gluten. »

 

« Le produit visé est un agent de palatabilité au goût sucré qui confère aux aliments pour porcelets un goût plus agréable. »

 

« L'association d'hydrogène et de molybdène aide à la réduction des sulfites dans le vin et a pour résultat une boisson qui est plus acceptable à boire en termes de palatabilité et qui a moins d'effets secondaires nocifs sur la santé d'un consommateur. »

 

Lire la chronique de Lapaque ICI

 

Citations pour fin de banquet : 

 

« Sitôt bu sitôt pissé… »

 

« Avec Fénelon, le vigneron sait pourtant que les heures sont longues et la vie est courte. « Si l’on doit attendre vingt ans pour boire une bouteille, l’attente risque d’être un peu interminable. À force de lenteur, on se rend compte un matin qu’on a cessé d’être jeune et qu’on touche déjà la vieillesse. »

 

« De mémoire d’ivrogne, on n’avait jamais imaginé que l’on pouvait voir des vins disparaître du monde avant le buveur. »

 

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 06:00
Trop tard Bertrand Girard ! Ancien PDG de Vinadeis et d'InVivo Wine. « Les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard. »

Dans ma petite boîte à malices, mon smartphone, j’ai reçu un SMS de vœux émanant de Bertrand Girard. «Excellente année 2019. Cordialement, B. Girard»

 

C’était une première.

 

Mais qui est donc Bertrand Girard ?

 

La réponse est tapie dans mes prolifiques œuvres :

 

25 mai 2018

La folie des grandeurs : InVivo Wine ou la petite histoire de 2 squales dans le même marigot !

 

Et Bertrand Girard vint, les génies de Vitisphère et de la Vigne réunis l’élurent  « homme le plus influent de la filière » après qu’il se fut pacsé avec l’ambitieux Blandinières.

 

La suite ICI 

 

Toujours aussi pertinents les gens de Vitisphère !

 

Et moi je suis impertinent :

 

Le communiqué de Thierry Blandinières est à son image, plein empathie et d’humanité :

 

« Je vous informe d'un changement dans l'organisation d'InVivo Wine avec le départ de Bertrand Girard. Je reprends en direct la direction de cette activité pour une période transitoire qui permettra d'accélérer la dynamique du projet vin en France et à l'international »

 

Quitte à se ramasser la gueule vaut mieux accélérer...

 

Bien sûr Bertrand Girard est aux abonnés absents…

 

Et bien je me trompais, il pensait à moi l’auteur de ce fichu rapport vieux de 18 ans.

 

J’assume totalement ce que j’y écrivais mais tout ça est maintenant à classer au rayon des vieux papiers, des occasions perdues, vendangées par l’incapacité des grands chefs du vin à sortir de leur petit marigot, de leurs ambitions à courte vue.

 

« Les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard. » Douglas MacArthur

 

Alors lorsque je lis, toujours dans Vitisphère, Bertrand Girard calls for the industry to “think French” je me dis que le type de discours ci-dessous relève de la méthode Coué car les mêmes causes produisent les mêmes effets.

 

Avant de se lancer à l’assaut des marchés internationaux sur le segment de vins qui s'articule autour d'habitudes de consommation «détendues, amicales, agréables et partageables», « Mettre l'accent sur le modèle think French » priorité pour « le tiers le plus faible de la pyramide dans certaines régions viticoles », il faut que la ressource soit maîtrisée par les grosses coopés. Celles qui constituent le socle d'InVivo Wine.

 

Tel n’est pas le cas !

 

Bref, on peut toujours rêver, psalmodier les bonnes vieilles recettes du marketing mais pour qu’il soit efficace il faut engloutir des sommes considérables. Donc gagner un pognon de dingue pour le réinvestir pendant des années pour tailler des croupières à ceux de nos concurrents déjà bien installés.

 

Et du pognon y’en a pas, fermez le ban.

 

Former CEO of Vinadeis and InVivo Wine, Bertrand Girard has decided to make full use of his complete freedom of speech now that he is no longer a member of the company. In an article published on Linkedin on December 28, he discusses French business strategy, starting out by setting the record straight regarding the country’s export performance. France is undeniably a world leader in terms of value sales, but much less so when it comes to volumes. Bertrand Girard insists that figures for the French wine trade are not as flourishing as they may seem, because if revenue generated by Champagne, top Bordeaux and Burgundy is removed... “only 2 billion euros are left”. And the revenue stems from “affordable, accessible, good value for money wines, exported for young consumers, who are either not very affluent or not yet affluent”. By way of comparison, comments Bertrand Girard, exports of Californian wines total... 2 billion dollars.

 

The model is stalling

 

He believes that it is a “major” mistake not to focus on this segment of wines that revolves around “relaxed, friendly, enjoyable and shareable” drinking habits. “Focusing on the ‘think French’ model” should be a priority for “the weakest third of the pyramid in certain wine regions”, he claims. He believes this ambition is within reach, if efforts are directed towards quality and consumer-driven marketing: “There is room to develop a value-generating model for all with good control and transparency along the value chain if, and only if, the dogmas and self-centred fears or inabilities of some leaders evolve to make way for a simple system”.

 

Bertrand Girard: “There is room to develop a value-generating model for all with good control and transparency along the value chain”.

 

traduction automatique :

 

Ancien PDG de Vinadeis et d'InVivo Wine, Bertrand Girard a décidé de tirer pleinement parti de sa liberté d'expression totale, maintenant qu'il n'était plus membre de la société. Dans un article publié sur Linkedin le 28 décembre, il discute de la stratégie commerciale de la France, en commençant par mettre les choses au clair en ce qui concerne les résultats du pays à l’exportation. La France est indéniablement un leader mondial en termes de ventes à valeur ajoutée, mais beaucoup moins en termes de volumes. Bertrand Girard insiste sur le fait que les chiffres du commerce du vin français ne sont pas aussi florissants qu'ils le paraissent, car si les revenus générés par la Champagne, les hauts Bordeaux et la Bourgogne sont supprimés ... "il ne reste que 2 milliards d'euros". Et les recettes proviennent de «vins abordables, accessibles et d'un bon rapport qualité / prix, exportés pour les jeunes consommateurs, qui ne sont pas très riches ou qui ne le sont pas encore». À titre de comparaison, commente Bertrand Girard, les exportations de vins californiens totalisent ... 2 milliards de dollars.

 

Le modèle cale

 

Il estime que c'est une erreur «majeure» de ne pas se concentrer sur ce segment de vins qui s'articule autour d'habitudes de consommation «détendues, amicales, agréables et partageables». "Mettre l'accent sur le modèle" think French "" devrait être une priorité pour "le tiers le plus faible de la pyramide dans certaines régions viticoles", a-t-il déclaré. Il estime que cette ambition est à portée de main si les efforts sont orientés vers un marketing de qualité axé sur le consommateur: «Il est possible de développer un modèle générant de la valeur pour tous, avec un bon contrôle et une transparence tout au long de la chaîne de valeur, si et seulement si les dogmes et les peurs égocentriques ou les incapacités de certains dirigeants évoluent pour laisser la place à un système simple ».

 

Bertrand Girard: «Il est possible de développer pour tous un modèle générateur de valeur, avec un contrôle et une transparence adéquats tout au long de la chaîne de valeur».

 

Comme je suis poli « Meilleurs vœux Bertrand Girard, que 2019 soit pour vous une belle année où les 100 fleurs de vos projets vont enfin éclore… »

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 06:00
Parfum d’enfance au pays du chabichou : Les Grands Espaces de Catherine Meurisse bien plus qu’1 bande dessinée, 1 grand bol d’air frais de la campagne de mon enfance de sauvageon.

Ma fille connaît bien son père, elle se souvient aussi que nous nous gavions de BD à L’arbre à Lettres, librairie sise au bas de Mouffetard, alors pour la Noël elle m’a offert un vrai petit bijou de BD : Les Grands Espaces de Catherine Meurisse.

 

 

« Le 7 janvier 2015, Catherine Meurisse était arrivée en retard rue Nicolas-Appert, à Paris, à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. Ayant ainsi échappé aux balles des frères Kouachi, mais pas indemne pour autant, la caricaturiste a entrepris depuis une forme de convalescence qui passe par l’abandon du dessin de presse pour l’écriture exclusive d’albums de bande dessinée. »

 

Dans Les Grands Espaces Catherine Meurisse me fait retrouver mes souvenirs d’enfance, ma jeunesse de sauvageon, ce monde fait d’imaginaire et de liberté. C’est léger, dénué de nostalgie sirupeuse, on respire, c’est drôle, le trait est spontané, il « baguenaude du côté de Bretécher et de Reiser »

 

« Là est la force de l’album : divertir le lecteur sans lui faire sentir le long travail de résilience qu’il représente. « La Légèreté posait la question “qui suis-je ?”. Les Grands Espaces racontent « d’où je viens ». Trois ans après l’attentat, retourner aux sources, à l’enfance, m’est apparu comme une nécessité », confie Catherine Meurisse. »

 

J’ai dévoré !

 

Même que je suis prêt à en faire la lecture à ceux que j’aime.

 

Un conseil : offrez !

 

Mais avant de clore cette chronique je ne puis m’empêcher de vous infliger un florilège de mes souvenirs.

 

Je vais être sans pitié, pour nous Vendéens, les Deux-Sèvres, où les parents de Catherine se sont installés, retapant une vieille bâtisse, département voisin du nôtre, qui lui faillit se nommer les Deux-Lay, le 79, c’était une vague annexe de la Vendée militaire.

 

Et puis vint Ségolène qui y débarqua en 1988, après avoir tanné Tonton (c’est Louis Mermaz qui s’en est chargé) pour se faire élire députée de la seconde circonscription. Elle fut élue et me tanna aussi pour que son chabichou soit reconnu AOC.

 

 

De notre côté nous fûmes affligés par le règne sans partage du vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, avatar du Puy-du-Fou.

 

 

« L’ancienne dessinatrice de presse n’a pu résister, non plus, à doter son récit d’une dimension documentaire sous la forme d’une plongée dans les années 1980. Y sont décrits l’avènement de la société des loisirs, les mutations industrielles de l’agriculture, la périurbanisation du monde rural… Ségolène Royal, René Monory et Philippe de Villiers y font également des apparitions furtives – plutôt désopilantes. « On ne se refait pas, je suis caricaturiste », s’excuse Catherine Meurisse. Nul ne lui en voudra. »

 

 

Pour les petites louves et les petits loups ignorants, René Monory, le garagiste de Loudun, inventeur du Futuroscope, fut Ministre des Finances dans le gouvernement de Raymond Barre, un autodidacte comme Pierre Bérégovoy.

 

Enfin, pendant longtemps les Deux-Sèvres pour moi c’était le marché aux bestiaux de Parthenay où je suis allé avec mon père vendre des bêtes. On partait tôt, les maquignons avec leurs blouses noires, le verbe haut, le casse-croûte dans les bistrots. À l’époque l’un des plus grands marché de bestiaux de France avec Sancoins. Et puis y’avait aussi ma cousine Maryse, la fille de l’une des sœurs de maman, la tante Jeanne et son mari Tatave et ses 4CV gonflées, mais là motus et bouche cousue.

 

Pour finir :

 

Et in arcadia ego

 

« Oui ça se faisait dans ma région, les agriculteurs épandaient sur leurs champs de maïs ce qu’ils appelaient du sang de nettoyage, des résidus d’abattoir. Ça sent très mauvais. Mes parents ont grandi et vécu à la campagne, mon père était ingénieur dans l’industrie du bois et ma mère, femme au foyer. Ils  connaissaient très bien la terre, les plantes, les arbres et savaient parfaitement comment les faire pousser et s’en occuper. Ce n’était pas de militants écolo, mais voir la campagne se modifier à toute allure, les haies abattues pour que les tracteurs puissent passer plus facilement, les champs qui empestent les produits chimiques, les lotissements qui poussent en dépit du bon sens, la disparition des insectes, le remembrement, le productivisme, tout ce cortège d’aberrations leur brisaient le cœur. Ma sœur et moi avons été sensibilisées très tôt à tous ces problèmes et rétrospectivement que je me sois retrouvée caricaturiste à Charlie Hebdo ne doit rien au hasard. Mes convictions rurales, ma hargne envers les ronds-points et les pesticides amusaient beaucoup Charb et Wolinski. Evidemment les pluies n’étaient pas aussi rouges, j’ai demandé à la coloriste Isabelle Merlet d’accentuer le côté fin du monde, ce qu’elle a parfaitement réussi ! Mais c’était très inquiétant quand même et l’odeur était pestilentielle ! »

 

Télérama ICI 

 

Lorsque j’officiais en Normandie comme président des cidres et Calvados d’appellation, Jean Pinchon, hobereau d’Épaignes dans l’Eure (dont le maire était le Morin qui préside la région réunifiée, une lumière), éleveur de belles charolaises, aimait lors des agapes dominicales choquer les bourgeoises parisiennes, évoquer le fait que la merde des vaches modernes, gavées d’ensilage maïs, puait alors que celle d’autrefois fleurait bon l’herbe fraiche et le foin.

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 06:00
Dans le futur grand débat national je trouve que les pouvoirs publics mettent la charrue avant les bœufs en voulant tout régenter sans vraiment pour autant bien organiser la collation des doléances du bon peuple.

Les premières modalités d'organisation du grand débat national dévoilées Publiée le 11/01/2019

 

Le président de la République et le gouvernement ont promis des échanges avec la population sous la forme d’un grand débat national qui commencera le 15 janvier prochain. Même si toutes les modalités ne sont pas encore connues, que savons-nous déjà de l’organisation et du déroulement de cette grande consultation citoyenne ?

 

Le point dans cet article.

Lire ICI 

 

Dans l’affaire  du grand débat national je trouve que les pouvoirs publics mettent la charrue avant les bœufs en voulant tout régenter sans vraiment pour autant bien organiser la collation des doléances du bon peuple.  

 

Tout doit être mis sur la table, ce ne sont que des doléances qui n’ont pas toutes vocations à se traduire dans la loi ou à changer changer la loi.

 

La plus grande difficulté est à la fois de déterminer les lieux où ces cahiers de doléances « nouvelle manière » seront élaborés et la représentativité de ceux qui les signeront.

 

Trop de flou nuit, il faut être précis.

 

La France est le pays où il subsiste le plus grand nombre de communes, alors pour les plus petites la mairie pourrait être le lieu avec peut-être une collation au niveau des syndicats de communes. Pour les villes c’est plus compliqué mais avec les moyens modernes de communication, avec un peu d’inventivité, c’est jouable.

 

Toutes les communes donc !

 

Nous sommes aussi un pays où prospèrent de multiples associations de toute nature, avec des statuts, un mode fonctionnement démocratique, alors pourquoi ne seraient-elles pas le réceptacle des doléances ?

 

Sans prendre trop de temps il faut prendre le temps, ne pas brûler les étapes, ne pas laisser à une minorité active le monopole de l’expression.

 

En 89, ce sont des groupes identifiés qui se sont exprimés, ils représentaient leurs membres, bien sûr tel n'est plus le cas et je doute que la somme d'expressions individuelles accouche d'un quelconque concensus.

 

Enfin, même si la nôtre est un peu malade, le dernier mot restera aux élus, la démocratie représentative reste encore le meilleur rempart aux dérives totalitaires.

 

Faisons preuve d’inventivité, imaginons, sortons un instant des chemins convenus sans pour autant oublier que même les chemins de traverse mènent quelque part.

 

Cahier Doléances au Relecq Kerhuon, le 8 janvier. Didier Olivré POUR LE MONDE

 

« Gilets jaunes » : voyage dans les cahiers de doléances à travers le Finistère

 

De Plouguerneau à Concarneau, en passant par Brest et Quimper, « Le Monde » a sillonné les routes du département breton agité par la crise des « gilets jaunes » pour consulter les cahiers de doléances mis à disposition par les mairies.

par Anne Michel Publié le 12/01

 

Cinq jours en Finistère, du nord au sud, et 347 kilomètres parcourus, pour faire le tour des principales communes qui ont ouvert des cahiers de doléances, et sonder ainsi les âmes des Finistériens, à la veille du débat national voulu par le gouvernement. Sur une soixantaine de villes et de villages visités ou joints par téléphone, plus de la moitié a mis en place de tels cahiers, souvent à la demande des associations de maires. Ils seront ensuite transmis au préfet ou aux députés, pour nourrir le « grand débat ». A ce jour, le succès des cahiers est variable et les retraités semblent surreprésentés. Tour d’horizon d’un département qui se distingue par un réseau de communes peu nombreuses, mais de tailles importantes, et bien organisées en termes de communications routières.

 

Landerneau, kilomètre zéro

 

Avec 15 800 habitants, c’est une ville à la campagne, jusqu’où s’entendait autrefois le canon du bagne de Brest. Dans le hall de la médiathèque, un écritoire a été installé. Un couple s’assoit. Elle tient la plume. Lui fait souffleur : « Il faut commencer par la CSG sur les retraites. Dire qu’avec moins de 2 000 euros par mois, on n’est pas riches, on est la classe moyenne. Qu’on veut bien contribuer, mais que là ça fait trop. »

 

De son écriture appliquée, Yamina Gobry, retraitée de la fonction publique comme son mari, Lionel, consigne les doléances du couple dans le cahier à grands carreaux mis à disposition du public, depuis décembre, par la mairie. Ils sont les cinquante et unièmes à s’exprimer. L’annonce d’un grand débat national les a conduits jusqu’ici. « On est là pour que quelque chose se passe. On est dans la catégorie qui paie tout, tout le temps, plein pot, l’eau, le médecin. On paie pour ceux qui ne peuvent pas, d’accord. Mais justement, pourquoi Macron pénalise les retraités ? », lance Lionel Gobry, 66 ans. « Je ne comprends pas ce qu’on nous reproche, ajoute sa femme, soucieuse. C’est comme si l’argent tombait du ciel ou qu’on l’avait volé. Mais on a travaillé sans jamais s’arrêter. Toi, quarante-deux ans, moi quarante-trois. Vraiment, Macron fait une politique pour les très riches… Les vrais riches, eux. »

 

Beaucoup d’autres doléances, au ton policé, sont déclinées sur le même thème : « Augmentation générale des petites retraites, suppression de la hausse de 1,7 % de la CSG sur les retraites et indexation sur l’inflation… », réclament-elles. « Je suis d’une génération qui a travaillé, dans les années 1960, 56 heures par semaine. J’ai débuté à 14 ans sans le sou, j’ai une retraite de 1 650 euros, suis-je un nanti ? », interroge un signataire.

 

Une autre doléance revient en boucle : le « rétablissement de l’ISF », l’impôt sur la fortune, d’autant que, note une habitante, « depuis sa suppression, les personnes fortunées ont largement diminué leurs dons aux associations comme ATD Quart Monde ». Deux Landernéens enfoncent le clou : « Monsieur le Président, arrêtez de nous pomper de l’argent et demandez plutôt aux riches qu’aux pauvres », écrit l’un. « Lorsque j’ai voté pour Emmanuel Macron il y a dix-huit mois, j’ai cru au Père Noël (…) je trouve le Père Noël qui habite l’Elysée très arrogant », écrit l’autre. Ils ont laissé leurs noms et adresses. Au cas où.

La suite ICI

 

 

Les cahiers de doléances ont été rédigés en mars-avril 1789 par la noblesse, le clergé et le Tiers-Etat pour servir aux Etats généraux convoqués par Louis XVI pour le 1er mai 1789.

 

Ils contiennent les plaintes et les vœux des populations que doivent présenter les députés élus aux Etats généraux.

 

Pour le Tiers-Etat, les opérations se sont déroulées en trois temps donnant lieu, à chaque étape, à la rédaction d'un cahier : cahiers des villes, paroisses, communautés de métiers de l'assemblée préliminaire, cahiers des bailliages secondaires, cahier du bailliage principal.

 

 Dans les cahiers de doléances, plusieurs catégories sociales s’expriment : paysans aisés (laboureurs) et pauvres et des ouvriers (manouvriers).

 

Les doléances portent sur plusieurs domaines :

 

- les impôts, jugés trop lourdes et injustes,

 

- les privilèges,

 

- le système seigneurial, notamment en matière de justice.

 

Les textes font apparaître des divisions au sein du Tiers États-. Le cahier des laboureurs et ouvriers de Pont-L’Abbé critique les bourgeois qui ont refusé de tenir compte des doléances des laboureurs et ouvriers (paysans salariés pauvres).

 

 « Sire, nous sommes accablés d’impôts de toutes sortes ; nous vous avons donné jusqu’à présent une partie de notre pain, et il va bientôt nous manquer si cela continue. Si vous voyiez les pauvres chaumières que nous habitons, la pauvre nourriture que nous prenons, vous en seriez touché. Cela vous dirait mieux que nos paroles que nous n’en pouvons plus et qu’il faut nous diminuer nos impôts. Ce qui nous fait bien de la peine, c’est que ceux qui ont le plus de bien paient le moins. Nous payons la taille, et le clergé et la noblesse rien de tout-cela. Pourquoi donc est-ce que ce sont les riches qui paient le moins et les pauvres qui paient le plus ? Est-ce que chacun ne doit pas payer selon son pouvoir ? Sire, nous vous demandons que cela soit ainsi, parce que cela est juste. »

Les paysans de Culmont, 1789.

 

« Nous ne sommes pas jaloux de leur grandeur et de leurs privilèges, mais nous sommes jaloux qu’ils ne payent pas le quart des impôts qu’ils devraient payer… D’où tiennent-ils ces honneurs, ce n’est que par les Devoirs et les Services que leurs ancêtres ont rendu à l’Etat et dont ils sont comptables…»

 

Un extrait de cahier de doléances de 1789 (Saint-Avit, en Agenois)

 

« Cayher des plaintes, doléances et remontrances qu’ont l’honneur de faire très respectueusement au Roi les très soumis, fidèles sujets du tiers Etat de la communauté et juridiction de Saint Avit en Agenois, tendantes au besoin de l’Etat et à la réforme des abus.

 

(…)

 

Article 2. Il sera observé que, outre le impôts mentionnés en l’article ci-dessus[4], le Seigneur du lieu retire encore une rente considérable qui est un picotin par journal[5] de froment, avoine autant, un sou en argent et chaque maison ou famille paye encore de la volaille. […] il est payé au Seigneur une infinité de journées [6].

 

Article 3. Il sera observé à Sa Majesté qu’outre les impôts mentionnés aux articles précédents, il est encore payé un dixième [7] au curé.

 

Article 5. Il sera observé au Roi qu’on ne peut comprendre la raison qui a pu occasionner la diversité des poids et mesures qui se pratique dans le royaume ; on pense que l’uniformité serait plus utile […], les individus connaîtraient ce qu’ils achèteraient et ce qu’ils vendraient.

 

Article 7. Sa Majesté sera suppliée d’observer que le Clergé et la Noblesse jouissent de revenus immenses, avec honneurs et privilèges sans bornes […]. Nous ne sommes pas jaloux de leur grandeur et privilèges, mais nous sommes jaloux qu’ils ne payent pas le quart des impôts qu’ils devraient payer.

A Saint-Avit, le 9 mars 1789. »

 

Cahier de doléances du village de La Caure (Marne) en 1789

 

 « Les impôts. « Les impôts nous surchargent : la répartition en est mal faite ; ceux qui ont les plus grands biens [8] ne paient presque rien ; le peuple paie tout et plus qu’il ne doit. […] »

 

Les mendiants. « Nos campagnes inondent de mendiants de tout âge, de tout sexe et de toute condition ; c’est le plus grand et le plus dangereux de tous les abus. […] Nous demandons donc que chaque pauvre demeure dans sa paroisse et qu’on établisse un bureau de charité pour les vrais pauvres. »

 

Les pères de famille. « Le nombre de nos enfants nous décourage ; nous n’avons pas de quoi les nourrir, les vêtir. Nous demandons donc un soutien, par exemple une gratification ou une diminution des impôts à raison de chaque enfant qui naîtrait, jusqu’à l’âge de quatorze ans, temps où l’enfant pourrait gagner sa vie. […] »

 

Conclusion. «  Telles sont les doléances, plaintes, remontrances et demandes vraies que nous exposons à la bonté du Roi et aux lumières des états généraux.

 

Fait et arrêté à La Caure, dans le lieu accoutumé de nos assemblées, par nous syndic [9], officiers municipaux7 et habitants soussignés, le 1er mars 1789. »

 

« Nous, paroissiens de Chennevières-sur-Marne, pour nous conformer à la lettre et au règlement du roi et à l’ordonnance de la vicomté et prévôté de Paris, pour la convocation des états généraux, nous sommes assemblés aujourd’hui 14 avril 1789, au lieu et à la manière ordinaires, pour dresser le cahier des plaintes et doléances. (Et nous avons chargé nos délégués) :

 

Art. 1er. De supplier très respectueusement le roi d’établir dans ses finances et dans les charges de l’Etat une administration fixe et économique, afin que son peuple, et spécialement les cultivateurs et gens de la campagne, y trouvent le plus tôt possible un soulagement sur les impositions multipliées dont ils sont chargés sous différentes dénominations, comme tailles, ustensiles, vingtièmes, corvée, droits d’aides, gabelle et autres.

 

Art. 2. Demander la suppression de la gabelle, et le remplacement de cet impôt mis sur chaque tête.

 

Art. 3. Demander la suppression des corvées, soit en nature, soit en argent.

 

Art. 4. Demander la suppression des droits de gros manquant, sous la dénomination vulgaire de trop bu. (Il s’agit d’un droit sur le vin consommé par le producteur).

 

Art. 17. Enfin, demander qu’il y ait mêmes poids et mesures pour tout le royaume, et que l’on tienne plus exactement la main à la vérification desdits poids et à la police qui doit s’observer dans les bourgs et villages relativement au bon ordre. »

 

Archives parlementaires, t. IV.

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 06:00
Rien à faire d’Hitler ! Qui était 1 sorte de condensât, de précipité de quelque chose qui s’est cristallisé à l’orée du XXe siècle et finit par le transformer en sorte de paradigme, de quelque chose qui doit sortir, donner 1 système d’idée, puis 1 Etat

« Un Hitler en 190 pages, voilà qui pourra étonner le connaisseur. Celui-ci passera son chemin car l’ouvrage ne s’adresse pas à lui mais bien à tous ceux qui ne connaissent du Führer que ce qu’ils ont appris à l’école et ne souhaitent pas se jeter dans un pavé biographique, aussi excellent soit-il. »

 

C’est mon cas, Hitler connaît pas ou si peu.

 

J’ai beaucoup aimé le film La Chute  d’Oliver Hirschbiegel 2 h 36 min  8 septembre 2004

Avec Bruno Ganz, Alexandra Maria Lara, Corinna Harfouch

ICI

 

J’ai donc acheté chez Gallimard HITLER  de Johann Chapoutot et Christian Ingrao 207 pages

 

Un petit livre que j’ai avalé d’une traite.

 

Ce qui suis traduit bien ce que j’en ai pensé et surtout levé dans mon esprit des doutes que j’avais du mal à formuler.

 

Faut-il oublier Hitler pour comprendre le nazisme ?

 

C’est votre postulat, Hitler serait avant tout un produit de circonstances avant d’être une force de volonté individuelle pliant le réel à ses désirs ? ICI

 

Quelques extraits

 

  • Johann Chapoutot Effectivement, il est à la fois symptôme et acteur. Le problème, c’est qu’on a beaucoup trop longtemps insisté sur le côté acteur, et acteur unique en plus, jusqu’à confondre nazisme et hitlérisme. Cette focalisation sur l’homme, alors que c’est un acteur parmi d’autres qui a eu une capacité d’action qui reste à élucider pour l’historien, est problématique. Par ailleurs, sa biographie est intéressante dans la mesure où elle est un symptôme d’une époque.

 

« Ce livre est la biographie qui vous fera oublier Hitler ».

 

Parler beaucoup d’Hitler au début, et peu à la fin pour parler de l’Etat allemand et du nazisme – à la différence que ce que nous voulons monter est qu’il a été une sorte de maëlstrom du nazisme, de cœur du réacteur mais que les réactions qu’il créait, il ne les maîtrisait pas.

 

Parler de cette manière d’Hitler nous fait nécessairement sortir de la biographie du seul individu. On essaie de faire le portrait d’une époque, et quand on parle d’Hitler c’est seulement en tant que citoyen d’une Europe centrale du début du XXe. Avec Hitler, on fait donc le portrait d’une Autriche-Hongrie, de ses rapports avec l’Allemagne, et de ses propres problèmes de confrontation avec la modernité.

 

[…]

 

Il ne comprend rien à la réalité stratégique des combats. Il n’est en fait jamais sorti de la Grande guerre. On le voit pendant la Campagne de France, pendant la Blitzkrieg (la Guerre éclair) : il ne comprend rien au mouvement et à la vitesse, que ses généraux imposent, parfois par la ruse (tel général invoque un problème de réception des ordres du GQG, tel autre désobéit ouvertement pour poursuivre sa route..). Il a peur du mouvement. Au fond, il ne fait que reproduire de manière sclérosée des types de combats qu’il a connus, sans aucune invention ni imagination. Son art de la guerre est comparable à son art de l’aquarelle : il reproduit de manière stéréotypée, il ne crée rigoureusement rien.

 

[…]

 

Effectivement, il ne sait pas travailler, ne lit pas les dossiers ni les notes… mais il est hypermnésique, cette force des imbéciles : il retient tout, ce qui impressionne tout le monde, et il dispose de qualités orales certaines. Bien des témoins ont ergoté sur son "magnétisme", alors que c’est tout simple : c’est quelqu’un de tellement convaincu de ce qu’il dit, qu’il parvient à convaincre.

 

  • On pourrait vous asséner le reproche de déresponsabiliser Hitler, non ?

 

CI- Je préfère déresponsabiliser Hitler et essayer de comprendre comment 80 millions d’individus s’y sont mis. En somme, me demander pourquoi 100 000 personnes ont participé à des fusillades d’hommes et de femmes en URSS.

 

Je vais vous dire, le 22 juin 1944, l’Armée Rouge lance la plus grande offensive terrestre qui a jamais existé. Ce jour-là, 50% des soldats allemands qui doivent mourir dans la guerre sont encore en vie. Alors que la situation tactique montre qu’il n’y a non seulement plus aucun espoir de gagner mais pas non plus de la perdre convenablement, pourquoi est-ce que ces 2,6 millions de soldats allemands (les 50% en vie) acceptent de mourir dans ce désespoir absolu qu’est-ce cette dernière année de guerre ?

 

Quand Christian fait cela, cet exercice qui consiste à comprendre l’autre et ses modes de représentation, cela implique de faire un usage d’oxymores. L’ "espérance nazie", c’est une réalité. Ça, les historiens s’en sont rendu compte dans les années 1980 : il n’y avait pas simplement violence nazie, mais aussi séduction. On ne tient pas une société de 80 millions de personnes avec 30 000 agents de la Gestapo. D’ailleurs, le débat se pose également lors de la guerre des tranchées. Les soldats restent-t-ils parce qu’il y a d’autres soldats derrière prêts à leur tirer dessus s‘ils reculent ou parce qu’ils adhéraient à ce combat ? Pour le nazisme, il y a, a minima, un consentement déjà acheté matériellement. Quand on n’est pas Juif, pas homosexuel, pas déviant…etc, on vit mieux, et on a un espoir de vivre mieux qui se concrétise déjà avec l’extension de l’empire. Vous pouvez avoir fait des études médiocres en droit, ne pas avoir de doctorat, et finir responsable de district en Biélorussie. Vous pouvez être capitaine, et huit ans plus tard être Maréchal du Reich, comme Rommel. Parallèlement, il y a l’adhésion spirituelle et intellectuelle.

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 06:00
Le discours de santé publique sur le vin en France : vers un nouvel hygiénisme ? Tous derrière Jacques Dupont le chevalier Bayard sans peur et sans reproches du French Paradox !

Pour les ignorants, et antes, le chevalier Bayard, selon mes livres d’Histoire, est né vers 1475. Pierre Terrail de Bayard devint célèbre dès l’âge de 17 ans grâce à sa bravoure et ses faits d'armes lors de toutes les guerres d'Italie qui seront menées par Charles VIII, Louis XII et François Ier.

 

En 1503, il s'illustre notamment en défendant le pont du Garigliano, seul face à 200 Espagnols pour protéger la retraite de ses compagnons.

 

Epicness (Bayard sur le pont du Garigliano, par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, 1840)

 

En raison de son courage légendaire, il est surnommé le chevalier sans peur et sans reproche.

 

Fait capitaine par le roi Louis XII pour lequel il remporte plusieurs victoires, Bayard est nommé lieutenant général du Dauphiné par François Ier dès son accession au trône.

 

Au soir de la bataille de Marignan, où il a encore joué un grand rôle, le roi de France afin de l'honorer lui demande de l'armer chevalier.

 

Au cours de la sixième guerre d'Italie, Bayard est mortellement blessé par un coup d'arquebuse alors qu'il protège la retraite des Français. Il meurt auprès de ses ennemis qu'il avait si vaillamment combattus mais dont il a gagné le respect et l'admiration.

 

Bayard restera dans les mémoires comme l'exemple même du parfait chevalier à la loyauté et au courage indéfectible.

 

1515 Marignan !

 

Les dates, une autre époque mais, bref, comme disait Pépin, revenons à nos moutons, plus exactement à nos blouses blanches, gardiennes de notre santé Publique, qui veulent couper la route du vin, faire de nous des abstènes, transformer la France des vignes en un Sahara !

 

Mais Delbello Manon • Hassini Sarah • Mouinie Angèle • Martin-Meyer Laura •Abgrall Ewen • Marin Cécile, dans leur parcours de cinquième année, «Risques, Science, Environnement et Santé» à SCIENCES PO TOULOUSE - Septembre / Décembre 2018, encadrés par Valérie Péan et Antoine Doré, relèvent le gant pour épauler notre Jacques Dupont.

 

« Souvenez-vous. Il y a près d’un an, Agnès Buzyn déclarait "Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre", suscitant une vague de protestations d’élus, d’acteurs de la filière comme de certains scientifiques. Et la ministre de la santé de se voir taxée d’"intégriste de l’hygiénisme". C’est parti pour la controverse ! Entre tenants de la prohibition et défenseurs de la modération, se déploie toute une palette d’enjeux et d’arguments scientifiques, culturels et économiques que synthétise ce document, réalisé par un groupe d’étudiant(e)s en 5ème année de Sciences Po Toulouse (Parcours "Risques, Science, Environnement et Santé"). L’originalité de leur approche ? Une mise en perspective de l’hygiénisme "pris entre deux vins", des premières croisades du XIXe siècle à la situation actuelle du sanitairement correct. Mais aussi une analyse par le prisme du portefeuille de risques dont se dote notre société. Le tout émaillé d’encadrés repères et de verbatims tirés d’entretiens exclusifs menés avec des professionnels du vin et d’experts scientifiques. »

 

Je vous donne LE MOT DE LA FIN...

 

En militant aujourd’hui pour une tolérance zéro vis-à-vis de la consommation d’alcool de ses citoyens, les termes du discours français de santé publique paraissent contradictoires au sein du «pays de la gastronomie », où la production de vin de qualité (357 vignobles A.O.C recensés en 2014) permet pourtant de s’adonner au « plaisir de déguster du bon vin » et d’exporter 13 millions d’hectolitre par an dans le monde. Plus qu’un nouvel hygiénisme, c’est un nouveau French Paradox que ces récentes injonctions sanitaires semblent définir, à savoir le rejet d’une spécificité culturelle française – une consommation régulière de vin - pour éviter une source d’exposition supplémentaire aux maladies.

 

Certes, appeler à modérer les consommations, sous couvert de preuves scientifiques, ne peut être nocif pour la santé des individus. Néanmoins ces injonctions publiques envers la tolérance zéro sous-entendent / révèlent des tendances plus larges sous lesquelles est régie la santé publique en France.

 

Premièrement, cette tentation d’associer la consommation – modérée – de vin à la seule absorption d’éthanol / alcool revient à nier tous les potentiels liens sociaux ou potentiels plaisirs émanant de la dégustation du vin. Appréhendé par les seules substances le composant, le vin passe progressivement sous le joug de notre société hypermédicalisée qui inhibe progressivement l’idée d’hédonisme à laquelle étaient jusqu’alors associées nourriture et boisson.

 

Les individus ingurgitent des nutriments, calories, sucres, graisses ou autre substances psycho-actives et non plus des saveurs, des textures, des couleurs, des savoir-faire. Ensuite, appréhender la consommation de vin comme la seule absorption d’une substance nocive qu’est ici l’éthanol, c’est également nier tous les autres facteurs pouvant porter atteinte aux états de santé des individus. Si le buveur est jusqu’ici rendu coupable de sa consommation, de ses excès et des travers que ceux-ci occasionnent, de plus en plus de chercheurs militent aujourd’hui pour que soit reconnue la contribution des contextes sociétaux, conditions de travail et de vie dans la propension ou la dissuasion à consommer de l’alcool. Si la prohibition éloignerait le consommateur de comportements à risques, elle éloignerait également les pouvoirs publics de la recherche sur les causes sociales conduisant à l’excès, à l’addiction. ; à la promotion de politiques éducatives et préventives efficaces pour prévenir les conduites à risques.

 

Enfin, n’envisager le vin que par sa quantité d’alcool, c’est masquer tout.e.s ceux et celles qui le façonnent, - ses récoltant.e.s, ses vigneron.ne.s, ses vendeu.r.se.s, ses consommat.eur.ice.s. - et surtout tout ce qui le compose. Car si l’alcool est un fléau, la présence de produits phytosanitaires dans ses raisins en est un autre. L’essor récent de vin “naturels”, “biologiques”, “biodynamiques”, promouvant une culture plus saine, un rapport différent à la terre, au terroir, aux vendanges doit peut-être s’appréhender comme une réponse au lynchage sanitaire présentant le vin comme nocif. Ou peut-être l’est-il au nom d’une spécificité culturelle française, d’un mode de vie qui émerveille à l’étranger, et que l’on souhaiterait continuer d’exporter...

 

L’idée de ce projet n’étant pas de donner tort ou raison à ces injonctions politiques, scientifiques ou encore économiques, notre volonté première était de mettre à disposition de chacun.e des clés de lectures suffisamment claires pour se forger une opinion sur l’association de consommation régulière de vin rouge à une bonne humeur quotidienne, une bonne santé cardio-vasculaire ou encore une exposition à un risque supplémentaire. Parce que le vin n’est pas encore prêt à disparaître de nos rayons et paysages, nous conclurons par ce proverbe gallicana du XVe siècle : «Le vin est bon pour qui en prend par raison».

 

Une raison que seules éducation et information permettraient d’atteindre...

 

Le tout est ICI 

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 06:00
Le crépuscule des grands blancs… fantasme ou réalité ? la côte d’or de Franck Ribery…

En ces temps incertains où, n’importe qui peut affirmer n’importe quoi sans être contredit par ceux qui se disent « le peuple », chenille jaune errant dans les rues de Paris* d’où souvent des « rageux »* qui boxent, brisent, brûlent, sous les yeux plus ou moins complices des autres ; en face, les mainteneurs  de l’ordre ne sont pas tous des enfants de chœur et leur équipement, les fameux flash-ball, peuvent blesser grièvement ; escalade incontrôlée de la haine et de la violence ; je ne vais pas verser dans la théorie du grand remplacement ou dans le déclin de la population blanche dans notre vieux pays.

 

« Cessons de faire les chochottes la bouche en cul-de-poule et ouvrons les yeux : le grand remplacement est un fait, que tous les démographes reconnaissent, mesurent, et que les courbes de naissance et de mortalité annonçaient depuis longtemps. »

Jean-Marie Le Pen, Mémoires, 2018

 

*J’écrivais dimanche soir :

 

Ignorant qu’il y avait du grabuge autour du Palais Bourbon je me suis rendu tranquille à vélo rue de Bourgogne, qui relie la rue de Varenne, celle de l’hôtel Matignon, à la place du Palais Bourbon, via la rue de Grenelle. J’ai remonté une chenille de gilets jaunes errante, lorsqu’elle est arrivée à l’intersection de la rue de Bourgogne elle semblait perdue, ignorant qu’elle pouvait débouler sur la rue de Varenne et foncer sur Matignon. Pas un casque en vue, lorsque je suis sorti de faire ma course une colonne de fourgons de Gendarmes : 5 ou 6 a surgi toutes sirènes dehors pour occuper l’intersection. Les gilets jaunes ont reflué vite fait sur la rue de Grenelle, sauf un cycliste sur VTT bardé de jaune des pieds à la tête qui s’est lancé vers la rue de Varenne. Je l’ai suivi. À l’angle, devant chez Alain Passard, il a viré à gauche. Face au Ministère de l’Agriculture il a hésité et a pris la rue Barbet de Jouy. Je l’ai suivi jusqu’à l’intersection de la rue de Babylone. Il a encore hésité, un peu paumé, puis a tourné à droite vers le boulevard des Invalides. Étrange impression d’errance sans but de gens âgés, des hommes surtout… Moi je connais le quartier comme mes poches, je n’en dis pas plus mais l’hôtel Matignon était à leur portée…

 

PS. C’est en refluant sur la rue de Grenelle que certains ont forcé les portes, avec un engin de chantier, des locaux du porte-parole du gouvernement, B. Griveaux. Cet hôtel particulier accueilli le Ministre délégué du gouvernement Jospin, le sénateur à vie Mélenchon qui ironise sur Twitter :

 

Griveaux veut plus de respect pour la porte d'un ministère que Belloubet n'en eu pour celle de chez moi. Sa porte est sacrée ? La République c'est sa porte ? 😉

 

*Les « rageux » selon Franck Ribery, le footeux bouffeur de bidoche badigeonné à l’or fin, ceux qui ont osé s’en offusquer, je vous épargne le texte complet qui va lui valoir de la part de son employeur le Bayern de Munich une amende salée.

 

Revenons une seconde sur la question : LE « GRAND REMPLACEMENT » EST-IL UN CONCEPT COMPLOTISTE ?

 

Les fantasmes sur l’immigration sont anciens et ceux qui les diffusent ont parfois recours à des chiffres fantaisistes ou à des comparaisons abusives. Revient régulièrement dans ces débats la thèse du « grand remplacement », qui désigne clairement des responsables aux flux migratoires ainsi que la solution – radicale – envisagée pour les endiguer, la « remigration ». Rudy Reichstadt et Valérie Igounet analysent les origines de ce concept et la puissance de ce mythe complotiste.

 

Lire ICI 

Mon propos est plus modeste ou plus exactement c'est celui d’un grand dégustateur de grands vins, Jean-Emmanuel Simond, officiant à la RVF, qui s’angoisse :

 

Est-on en train de dénaturer les vins blancs ?

 

Tribune publiée le 08/01/2019

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous la donner à lire car j’avoue ne pas bien comprendre cette soudaine angoisse. J’adresse aux bourguignons une supplique : est-ce que ça a vraiment à voir avec le réchauffement climatique ou n’est-ce qu’une pratique visant à un rentabilité plus immédiate ?

 

La mode des rosés insipides est-elle en train de déteindre sur les vins blancs ?

 

Pour conserver de la fraîcheur et lutter contre les effets du réchauffement, de plus en plus de vignerons vendangent en sous-maturité. Dans une tribune sentie, notre dégustateur Jean-Emmanuel Simond dénonce l'avènement de vins blancs squelettiques et même anorexiques.

 

Lorsque j’ai découvert le vin, à la fin des années 80, j’étais émerveillé par les grands blancs de Bourgogne, du Mâconnais à Chablis, et en particulier par les blancs de la Côte de Beaune. Encore accessibles, ces flacons représentaient le Graal de tout amateur, que faisaient rêver les climats prestigieux qui jalonnent ces vignobles d’exception. Et comme pour les grands rouges, pouvoir déguster des blancs de millésimes âgés permettait de s’éduquer et d’accéder à un monde merveilleux de saveurs et d’arômes uniques, issus de raisins à pleine maturité, sublimés par de formidables terroirs.

 

Trente ans plus tard, le paysage des vins blancs me déconcerte. La culture des blancs à maturité s’est comme perdue : combien d’amateurs ou de restaurateurs attendent au moins dix ans un Premier cru bourguignon, et cinq à dix ans de plus un Grand cru ?

 

Les scènes absurdes se multiplient : ici, c’est un blanc aux saveurs mûres qui déconcerte des critiques qui ne jurent que par le ciselé, le tranchant, la fraîcheur acidulée. Là, ce sont quelques grammes de sucres résiduels dans un vin dit sec qui sont jugés suspects, comme toute couleur un peu foncée dans le verre. Nous assistons à l’avènement de blancs anorexiques, squelettiques à force d’être dépouillés, neutres et variétaux à force d’être récoltés en sous-maturité. Tout se passe comme si la mode envahissante du rosé apéritif et insipide avait déteint sur les blancs.

 

L'AFFAIRE DES "PRÉMOX" A LAISSÉ DES TRACES

 

Que s’est-il passé ? La redoutable affaire des “prémox”, phénomène d’oxydation prématurée qui a fait des ravages dans les années 90 et 2000 – principalement en Bourgogne – a modifié les usages : diminution du batonnage, crainte des élevages longs et du contact avec l’oxygène, choix d’une maturité plus précoce. Mais en revisitant le style d’élaboration des blancs, un mouvement de balancier les a portés vers un excès opposé, tout aussi redoutable et insidieux. On rencontre de plus en plus de vins longilignes, souvent réduits à l’excès, dénués de chair et de relief. Et l'on est surpris devant des meursaults qui ressemblent presque à des sancerres, ou bien des savennières dont le profil se rapproche de certains blancs du Roussillon.

 

Trop de vignerons croient réussir des blancs plus précis alors qu’ils confondent acidité et fraîcheur, nervosité de saveurs et raisins insuffisamment mûrs dans des breuvages cliniques, issus de raisins récoltés trop tôt, qui ne peuvent donner des vins capables de vieillir harmonieusement. Le manque de chair, les raisins verts enfantent des vins qui ne tiennent que par l’acidité, puis s’amincissent dans le temps sans vraiment gagner en complexité.

 

Rares sont les producteurs du talent d’un Jean-Marc Roulot, capable de récolter des raisins “sur le fil” et, tel un équilibriste, d’affronter le danger du vide avec juste ce qu’il faut de saveurs pour transformer l’austérité en pureté lumineuse. Mais ce dernier lui-même va parfois trop loin : un meursault 1er cru Charmes 2008 bu récemment s’est montré maigre et monocorde, bloqué dans son évolution.

 

La compréhension de ce qu’est un grand blanc est en jeu : beaucoup de vignerons réduisent la prise de risques avec des récoltes précoces, pléthoriques si la nature le permet, abondamment sulfitées par sécurité, et des moûts généreusement chaptalisés pour obtenir ensuite les degrés requis. Combien récoltent leurs raisins blancs à pleine maturité ? Il y en a, mais les voici en minorité.

 

PLUS PERSONNE NE LAISSE VIEILLIR LES GRANDS BLANCS

 

En Bourgogne, surtout en Côte de Beaune, la facilité commerciale fait dévier nombre de domaines qui privilégient le confort et galvaudent leurs terroirs. Au nom du réchauffement climatique, on récolte des raisins plus tôt pour préserver l’acidité alors que l’on pourrait en profiter pour rentrer des raisins mûrs, surtout lorsque l’état sanitaire est excellent.

 

Je suis persuadé que de très grands blancs peuvent naître avec des acidités basses dans des années solaires, pour peu qu’on sache faire preuve de patience, comme le prouvent aujourd’hui certains 2003 qui bluffent par leur éclat frais et leur gourmandise. Ceux qui auront la chance de déguster un viré-clessé des Bret Brothers ou l’hermitage blanc de Jean-Louis Chave pourront en témoigner.

 

Hélas : comme les vins nés dans le culte de la tension acide se présentent souvent mieux jeunes qu’à leur supposé apogée, personne n’a intérêt à les laisser vieillir. Et chacun boit des Grands crus âgés de deux ou trois ans, la clientèle impatiente comme les sommeliers friands de ces blancs al dente soi-disant adaptés à une cuisine épurée traquant le gras et les sucres. La plupart des blancs sont désormais bus dans les six mois suivant leur mise en marché, ce qui arrange beaucoup de monde. Mais n’est-on pas en train d’assister au crépuscule des grands vins blancs ?

Bonjour Jacques,

 

J'ai déjà discuté avec JE Simond de ce sujet. Et je suis en accord avec ce qu'il dit. Même si je ne sais pas ce qu'est un grand blanc.

 

En tout cas cette mode de l'acidité dominante existe depuis un certain temps. Je pense qu'elle trouve son origine en termes de goût à la fin des années 80, et dans le début des années 90 quand les vins plus opulents tenaient le haut de la rampe.

 

Et les vins du nouveau monde en ont profité à cette époque.

 

Générant une contre-réaction interne pour argumenter sur la typicité qui ici voulait dire acidité. L'acidité quand il n'y avait que ça, fut et reste le vrai cache misère de notre travail. Quand j'y sombre moi-même, et que je fais tout pour l'éviter, je sais que c'est un échec dû à un manque de moyens. Mais je suis toujours frappé que nombre de clients appréciant ce type de vins monocorde. Journalistes compris. J'aime que cette acidité structurelle soit accompagnée d'autre chose. D'une chair, d'une épaisseur. Mais on a caricaturé la présentation de l'acidité la renvoyant à sa portion congrue, à l'absence de nuance. Nous en sommes là comme sur bien d'autres points.

 

Dans l'article, il y a une coquille de taille mais si révélatrice: on recherche dans les blancs des PO, du 66, à faire du Savennières ou du Chablis. La tournure de la phrase laisserait penser le contraire mais elle fait plutôt un constat de ressemblance de banalisation. Et en termes de mode, puisque cela en est une bien pratique donc, je dis t'avouer que je préférais presque ces Meursaults "gras", beurrés que flirtaient avec le diacetyl. Le bon goût a voulu qu'on détruise cette mode. Il ne faut pas oublier non plus que la géographie de blancs à grande réputation s'est faite en allant taquiner les sucres résiduels, et même au-delà. Par exemple le Château-Chalons était vendangé le plus tard possible par le moniales (un gros mot pour JY) dans cette recherche. Désormais le meilleur vigneron, "le grand vigneron" est celui qui vendange le plus tôt.

 

En écrivant ceci et en réfléchissant, je me dis que le vrai danger actuel c'est la simplification des saveurs, des présentations, des résonnements, des questions, des chemins parcourus. Trop souvent les "gens", comme diraient Méluche et les autres, se fourvoient dans des autoroutes de la pensée. Jusqu'ici.

 

Alors cet article a un aspect bénéfique.

 

Bon faut que je retourne tailler.

 

Amicalement,

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 06:00
Discours de notre Présidente Catherine Bernard «je pense profondément que s’il ne se trouve pas une poignée à résister au rouleau compresseur du déni et du tout prêt, le vin perdra de son humanité, et nous la nôtre.»

Chaque année, le  GFA de LA CARBONELLE, tient son assemblée générale ordinaire et extraordinaire au pied du chai de Catherine Bernard, en pleine campagne. 

 

 

Cette année j’ai pris le TGV jusqu’à Nîmes puis un TER jusqu’à Lunel, où l’on vint me chercher, pour assister à l’AG du 6 octobre 2018, c’était un samedi.

 

Au menu, les 8 résolutions, mais surtout le petit discours de Catherine, que j’ai baptisée pour l’occasion présidente, car ça fait sérieux dans le Languedoc qui recèle le plus de présidents à l’are de vignes.

 

 

Ensuite nous avons bien mangés et bien bus et à la fin, à 23 heures, comme prévu par la météo un orage monstrueux nous est tombé dessus. La pluie, tant attendue par tous, les vignes y compris, tomba comme vache qui pisse.

 

 

J’ai attrapé un rhume dans le mobil-home jouxtant le chai où j’ai dormi malgré les illuminations du ciel et ses fureurs.

 

 

Mais revenons au plat de résistance, le petit discours de Catherine, c’est elle qui le qualifie ainsi, pourtant il n’a rien à voir avec ceux que j’ai, dans ma vie antérieure, si souvent entendus dans les AG de caves coopé (une pensée pour le président Verdier), car il donne à réfléchir.

 

C’est si rare dans le monde du vin de réfléchir, de donner à réfléchir, et j’ose écrire, en parodiant l’ouvrage de Laure Adler « les femmes qui lisent sont dangereuses », que « les femmes qui donnent à penser sont dangereuses », Catherine est de cette espèce.

 

 

Bien évidemment, j’ai bu ses paroles comme du petit lait – Catherine est née dans un pays de vaches à lait – et je me suis dit, dans ma petite Ford d’intérieur, sitôt qu’elle eut terminé : en voilà une belle chronique !

 

Mais, comme nous n’étions point dans une AG de coopé, le petit discours de Catherine n’était pas dactylographié pour être distribué aux membres du GFA. Elle avait bien un petit papier, notre présidente d’un jour, mais comme disait mon père, elle a brodé.

 

J’ai donc dû attendre ce début d’année où avec les papiers officiels, que je ne lis jamais, Catherine a eu l’obligeance de nous transcrire son petit discours comme je le lui avais demandé.

 

Merci à notre présidente d’un jour et bonne lecture à vous mes chers lecteurs.

 

 

Chers tous,

 

Je vous avais promis de coucher par écrit les quelques réflexions ébauchées lors de l’assemblée générale le 6 octobre dernier. Le temps a passé, mes réflexions sont toujours à l’état d’ébauche, et sont, en fait, avec le recul, plutôt des interrogations.

 

Comme vous le savez tous maintenant, la grêle et le mildiou ont mangé 85% de la vendange 2018. C’est fort dommageable, mais cela n’engage pas l’avenir. Tout vigneron, où qu’il soit, connaît au moins une fois dans sa vie une telle perte. Cela fait partie du métier.

 

Mes interrogations se situent ailleurs sur l’échelle du temps. Je pense que nous sommes à l’aube d’une grave crise du vignoble, et plus généralement agricole. Le paradoxe est le suivant : après presque un demi-siècle de désamour, les Français, et avec eux le monde occidental ou en voie d’occidentalisation, ont (re)trouvé le goût du vin. Jamais le vin n’a été aussi bon, jamais il n’a été aussi populaire, de la Chine aux pays nordiques. Il n’a pourtant jamais été autant menacé. Sauf et comme en 1863, année de l’apparition du phylloxera à Pujaud, dans le Gard. Il n’y a pas de cause unique, mais un enchaînement de causes qui forment un écheveau difficile à démêler, au rang desquels :

 

Le changement climatique

 

Cela fait maintenant trois millésimes, 2018 compris, que les vignes souffrent d’un stress hydrique que je qualifierais au minimum d’inquiétant. Je pourrais même en ajouter un 4ème, 2015. Ce stress  (pour la seule année 2018, conjugaison de températures extrêmes, jusqu’à 48°, et 16 semaines de sécheresse) n’ampute pas seulement les rendements en jus, il modifie profondément les équilibres et le métabolisme du raisin, rendant les fermentations compliquées, et plus grave, porte atteinte à la pérennité des vignes.

 

Ces conditions climatiques répétées rendent très difficiles l’enracinement des jeunes vignes. Sur les 900 jeunes vignes plantées en janvier à La Carbonelle pour remplacer les mourvèdres morts de ce que l’on qualifie banalement de «dépérissement précoce», la moitié n’a pas survécu d’abord à l’asphyxie racinaire engendrée par les 300mm de pluie du printemps, puis par la sécheresse de l’été. Enfin, chaque année supplémentaire de stress hydrique  fragilise davantage encore les plus âgées, comme nous-mêmes vieillissons. Nous prenons chaque année une année supplémentaire, mais la prise de conscience de l’âge se fait par palier. Boum.

 

La dégénérescence du vignoble

 

Depuis le phylloxera, les vignes (vitis vinifera, à peu près 6 000 variétés connues dans le monde) sont greffées sur 4 autres familles de vigne (vitis berlandieri, labrusca, riparia et rupestris). 

 

En soi, déjà, cela interroge. C’est comme si on arrivait au monde avec une jambe de bois. Et en soi, cela réduit singulièrement la diversité. On passe, dans la terre, de potentiellement 6 000 à 4.

 

Cette diminution (le mot est faible) a été elle-même multipliée de manière exponentielle par les pratiques viticoles et la généralisation des pépiniéristes. Au fil des ans, de manière tout à fait insidieuse, les vignerons ont délégué aux pépiniéristes l’acte de planter. Depuis plus d’un demi-siècle, ces derniers sélectionnent par clonage les porte-greffes ainsi que les greffons. Cela a eu pour première conséquence l’abandon de cépages dits «autochtones»,  par exemple en Languedoc, le terret, le ribeyrenc, l’aramon, et d’autres qui ne me viennent pas sous mon clavier.

 

Le nombre de cépages réellement cultivés en France a fondu comme neige au soleil, tant et si bien, que maintenant, n’importe quel amateur peut demander à  propos d’un vin : «qu’y a-t-il comme cépage dedans ?» 

 

Cette question a priori tout à fait banale et ordinaire a le don de me mettre dans une colère noire.

 

Car la connaissance que l’on a aujourd’hui des cépages est précisément rendue possible par l’immensité de la perte. Je referme la parenthèse, et reviens à mes interrogations.

 

La deuxième conséquence de ce rétrécissement de la diversité engendre aujourd’hui la dégénérescence, ainsi de la consanguinité. Apparaissent donc des maladies qui amputent l’espérance de vie de la vigne et son équilibre présent.

 

Je passe sous silence les autres pratiques, encore plus innommables, qui répondent à un marché et ne nous concernent pas : les machines à vendanger, les pesticides dans le sol et foliaires, les plantations forcées

 

Je ne suis pas sûre (encore un euphémisme) que les instituts de recherche divers et variés cherchent dans le bon sens, ni d’ailleurs la profession dans son cri majoritaire.

 

Nous abordons les choses de manière saucissonnée, en faisant aveuglément confiance au positivisme scientifique.

 

Après analyse des bois auprès de l’Institut Français de la Vigne, il s’avère que «le dépérissement précoce» des mourvèdre de La Carbonelle est lié au porte-greffe, lequel s’avère pas du tout adapté au Languedoc, pourtant à l’époque conseillé et vendu par le pépiniériste…

 

Comme celle de la démocratie, la crise est encore à ce jour trop complexe à cerner pour qu’il y ait un vrai sursaut conduisant à un changement de paradigme, soit, non plus regarder les choses avec les yeux de la volonté rivés sur l’objectif, mais à travers le prisme de leur environnement.

                                                                                                      

Il n’y a pas de solution miracle, ni unique, mais peut-être une multitude de solutions, propres à chaque région viticole, à chaque manière de conduire la vigne. Et peut-être, faudra-t-il se résigner à pas de solutions du tout dans certains cas.

 

En 2009, je suis allée pour Vitisphère à Nuits Saint Georges au festival international de la vigne et du vin. J’ai retrouvé depuis le titre de l’un des films que j’ai vu et dont les images continuent de me hanter, bien qu’improbables, «Les temps changent». Le film, au demeurant assez moyen, se déroule en 2099. Le réchauffement climatique n’est plus un scénario. L’héritière d’un Château de l’appellation de Bordeaux se bat pour maintenir en vie le domaine dont les vignes ont été remplacées par des orangers. Les orangers sont eux-mêmes menacés par des nuées de criquets poussés par les vents du Maghreb, lui-même devenu inhabitable...

 

Si en Languedoc, à La Carbonelle, à Saint-Drézéry, « La » solution au stress hydrique doit être l’irrigation, cela n’en est pas une.

 

Cela signifie qu’il faut cultiver autre chose à La Carbonelle, et cultiver des vignes ailleurs, là où c’est possible sans avoir à puiser dans les ressources de l’eau.

 

Avant d’en arriver là, je vais explorer d’autres voies, cette année la permaculture, pour limiter l’évapotranspiration qui stérilise les sols.

 

Néanmoins, en viticulture, à cause ou grâce (selon le point de vue où l’on se place), le temps se compte en années et il n’y a qu’un millésime par an.

 

Avant de planter les 27 ares qui restent à planter à La Carbonelle et de replanter les 30 ares des Travers et les 30 ares des Combes, je vais réfléchir à comment planter : d’abord le porte-greffe pour qu’il s’enracine, puis au bout de deux à trois ans greffer. Entre temps, il faut trouver des porte-greffes, apprendre à greffer ou trouver un greffeur …

Et si la vigne n’a pas sa place, planter autre chose. Bref, chercher, retourner aux origines pour comprendre, expérimenter, se tromper.

 

Si j’ai dix millésimes devant moi, Nicolas, ou tout enfant de ma génération, en a 40 devant lui. C’est en cela où la vigne, le vin et le GFA prennent tout leur sens.

 

Pour conclure, je pense profondément que s’il ne se trouve pas une poignée à résister au rouleau compresseur du déni et du tout prêt, le vin perdra de son humanité, et nous la nôtre.

 

Mon intention n’était pas de vous affoler, mais de partager avec vous mieux qu’avec quiconque, ces quelques interrogations majeures.

 

 

Les photos illustrant cette chronique sont tirées du très beau reportage qu'a réalisé le photographe François Flohic, venue avec Catherine Flohic, deux jours pendant les vendanges 2016, pour le livre « Les semences en questions de la terre à l'assiette », que je vous invite aussi à lire.

 

 

 

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9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 06:00
La Vendée est-elle 1 « terroir de haricots » ? Le petit traité du haricot de Marie-France Bertaud vous dit tout sur les  mojhètes…

En pension nous chantions «Patate, fayot, patate, fayot/C'est le régime, c’est le régime/ Patate, fayot, patate, fayot/C'est le régime pour être beau… »

 

Tout comme le Carrouf triomphant d’autrefois votre serviteur se gausse d’avoir toujours un ¼ d’heure d’avance sur la concurrence.

 

Ainsi le 13 juillet 2015 je pondis :

 

Des mojhètes froides couchées sur une tranche de pain de 4 embeurrée, un délice d’été et ne me dites pas que vous n’en avez rien à péter ! ICI

 

Revenons à nos mojhètes, souvenir des semis aux premiers jours de mai, le labour en planches ou billons, en refendant ou en adossant, avec notre vieille jument Nénette «pour y enfouir, pas trop profond, répétons-le, sinon ils pourrissent, ses lingots »

 

« Le haricot « veut voir partir son semeur », il aime « entendre sonner midi »

 

« Il ne doit être ni profondément enterré, ni recouvert d’une terre trop froide. »

 

Souvenir encore des cosses de mojhètes étendues sur des grandes bernes de jute au soleil, ça craquaient, puis ont les battaient au sens propre du mot avec une fourche à 8 dents. On les laisserait encore sécher avant de les ensacher puis, pendant les veillées d’hiver, sur la table de la cuisine, on trierait les mojhètes.

 

Au Bourg-Pailler les mojhètes étaient autoconsommées.

 

Rajout : nous jouions aussi aux fayots, je n’ai plus aucun souvenir des règles mais ça consistait à faire péter son voisin en lui refilant ses haricots. Gagnait celui qui avait épuisé son tas initial.

 

Mais à côté de celle de Françoise Bertaud ma science du haricot est du niveau cours élémentaire.

 

Son petit Traité’est complet, bien documenté, bien illustré et vous connaissez mon amour pour les petits livres.

 

Je lui laisse la parole :

 

« C'est une formidable aventure qui a démarré pour moi l'année dernière quand j'ai intégré les Editions le Sureau avec ce projet de Petit traité. J'apprécie depuis longtemps cette maison d'édition située à Gap, grâce aux nombreux ouvrages d'un de leurs auteurs, Pierre-Brice Lebrun : Petit traité de la boulette, Petit traité du pois chiche, Petit traité de la pomme de terre et des frites, Petit traité des pâtes, Petit traité du camembert.

 

Mon Petit traité du haricot s'inscrit donc dans une ligne éditoriale très fournie et m'a obligée à des recherches passionnantes sur une légumineuse - le haricot sec - présente dans le monde entier.

 

Ce que j'aime particulièrement dans cette collection, c'est le mélange des deux genres : travail d'écriture avec recherches sur l'histoire du produit, et élaboration de recettes. Ce sont de beaux livres, toujours passionnants à lire, mêlant histoire, humour et recettes.

 

Je me suis efforcée de respecter ces critères en explorant l'histoire du haricot de par le monde et dans toutes les régions de France : lingots de Paimpol, haricot de Soissons, haricot tarbais, lingot du Nord, mogette de Vendée... et bien d'autres, et en traitant aussi du haricot dans la littérature, le cinéma et dans son utilisation argotique.

 

LES ILLUSTRATIONS

 

Je suis particulièrement fière d'avoir collaboré avec Agnès Doney, illustratrice très talentueuse qui a réalisé des dessins vraiment extraordinaires, au fur et à mesure que j'avançais dans le texte et les recettes. Vous pouvez déjà en consulter quelques-uns sur son portfolio ICI.

 

Je laisse à Bérurier, le gros de San-Antonio (un des maraîchers de Terroirs d’avenir se nomme Bérurier *) le mot de la fin (c’est extrait du livre de Blandine Vié San-Antonio se met à table)

 

13 mars 2016

Des nourritures spirituelles aux nourritures terrestres, d’Alexandre Benoît Bérurier à Laurent Berrurier… une histoire de légumes oubliés. 

ICI

« Un pet, j’peux plus m’permette’, commissaire. C’est esclu ! Mais comme madame Bérurier avait confectionné un cassoulet pour suivre les asperges, il faut savoir prend’ ses responsabilités : éclater ou y aller à la surfateurse… »

 

[…]

 

« Tandis qu’y jactait, un rappel des flageolets s’opère dans ma boîte. Moi, caparé par la causance du miniss, j’oublille les précautions dont j’dois prendre, et v’zoum, je veux balancer un’louise. Ma douleur ! Désastre du parvis ! Dieu d’Dieu, c’déboulé ! D’autant qu’ j’y allais franco d’port... »

 

Extraits de Remouille-moi la compresse.

20 mai 2011

 

« Moi, j’estime que, religion pour religion, autant s’en farcir une qui t’incite au godet. »

 

Cette déclaration date de 1971, presqu’un demi-siècle, une éternité pour notre pas de temps médiatique. Elle émane d’un personnage très aimé et très populaire auprès de la France qui se lève tôt. Pour lui c’est le vin qui fait l’homme. La suite de ses propos que je vais vous rapporter, sans en changer un iota, sont « politiquement incorrects ». À l’époque, nul ne s’en était ému car la langue verte ne charriait pas des relents exploités par les xénophobes qui se planquaient encore eu égard à leur faits d’armes peu glorieux sous l’Occupation. Alexandre-Benoît Bérurier, dit le Gros, marié à Berthe Bérurier (dite B.B.), inspecteur de police sous les ordres du commissaire San-Antonio, collègue de l’inspecteur Pinaud dit Pinuche, n’est pas à proprement parlé un être raffiné, il adore entonner l’hymne des matelassiers, il se bâfre, lichetronne sec, il n’est pas très finaud mais il n’a pas mauvais fond et il est assez représentatif du populo de l’époque.

ICI

 

 

Un document calameo permet de pré-visualiser et découvrir quelques pages. Je vous laisse y jeter un œil ICI

https://fr.calameo.com/read/000219963cbc71d97ff1e

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