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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 06:00

 

Je viens de lire « L'Inconnu de la poste » de Florence Aubenas.

 

L'Inconnu de la poste

 

Le titre ci-dessous résume tout, je n’aurai pas l’outrecuidance de mettre mon grain de sel même si je reste un peu dubitatif sur la narration édifiante de Florence Aubenas, sur le modèle d'un nouveau journalisme littéraire à la française… J’en reste à Truman Capote…

 

Lisez-le !

« L’Inconnu de la poste » de Florence Aubenas fait briller les critiques du Masque & la Plume ICI 

 

par France Inter publié le 1 mars 2021 

 

Après "La méprise : l'affaire d'Outreau" et "Le Quai de Ouistreham", la grande reporter se plonge dans un fait-divers, l'histoire d'un crime dans le village de Montréal-la-Cluse il y a 7 ans. Un livre qui a conquis à l'unanimité les critiques, profondément touchés par la narration édifiante de Florence Aubenas.

 

CRITIQUE

« L'Inconnu de la poste » : meurtre en terre de France ICI 

Dans son nouvel opus aux allures de roman noir, Florence Aubenas passe au scanner un tragique fait divers de 2008 : l'assassinat d'une postière d'un village de l'Ain, pour lequel l'acteur Gérald Thomassin fut longtemps considéré comme suspect numéro un. Une enquête fouillée et sensible, modèle d'un nouveau journalisme littéraire à la française.

 

Par Philippe Chevilley

 

Publié le 15 févr. 2021

 

A quoi reconnait-on une « non-fiction » réussie ? A ce qu'elle a l'allure d'une fiction. Elle nous embarque, grâce à sa qualité littéraire, à son aptitude à raconter le monde au-delà du fait de société ou du fait divers. Le nouvel opus de Florence Aubenas est de cette eau. « L'Inconnu de la poste » a tellement l'air d'un roman noir qu'on hésite à en résumer l'intrigue, de peur de s'attirer les foudres du lecteur. Pourtant l'affaire qu'elle retrace a fait la une de plusieurs journaux pendant des années.

 

Catherine Burgod-Arduini (en haut à gauche) a été tuée de 28 coups de couteau à la poste de Montréal-la-Cluse le 19 décembre 2008. Depuis, Gérald Thomassin, qui s'apprêtait à bénéficier d'un non-lieu, a disparu et Florence Aubenas a écrit un livre à succès sur ce qui reste un mystère. Photo DR/Progrès/AFP

 

« L’Inconnu de la poste », de Florence Aubenas : du coupable idéal au faux coupable ICI 

Critique 

 

Florence Aubenas explore les zones d’ombre d’un fait divers dans l’Ain et signe un roman-vrai d’atmosphères, à la Simenon, dans la France d’aujourd’hui.

 

  • Jean-Claude Raspiengeas, le 10/02/2021

 

Dans ses reportages comme dans ses enquêtes, Florence Aubenas (Le Quai de Ouistreham) aime flairer dans les recoins obscurs d’une France délaissée. Ce fait divers, avec ses zones d’ombre, condense ses centres d’intérêt. Une décennie de fiascos, une unité d’élite, cinq juges d’instruction successifs, deux mis en examen relâchés, un troisième qui tombe du ciel… Avec méthode et empathie, Florence Aubenas s’attache à tous les personnages sans les juger, et leur rend leur humanité. Elle fore un mystère qui ne cesse de s’épaissir dans un village où tout inconnu est un étranger, scanné de la tête aux pieds, où traînent des marginaux à la dérive. Un roman-vrai d’atmosphères, à la Simenon, dans la France d’aujourd’hui.

 

Disparition de l'acteur Gérald Thomassin, suspecté de meurtre: une enquête  ouverte pour "enlèvement" - RTL People

Récit

L'Inconnu de la poste Florence Aubenas

 

 On aime passionnément

 

Autour du fait divers criminel qui impliqua l’acteur Gérald Thomassin en 2008, la journaliste construit un récit sensible et captivant.

Éd. de L’Olivier, 240 p., 19 €.

Nathalie Crom

 

Ce scrupuleux et tenace travail d’enquête, Florence Aubenas en voile à dessein l’impressionnante méticulosité, en le fondant dans un récit grave et captivant, essoré de tout lyrisme, et où elle s’abstient d’apparaître — à l’exception du bref préambule —, narratrice omniprésente autant qu’invisible, s’effaçant derrière les protagonistes : le bouleversant Thomassin, ses compagnons de dèche Tintin et Rambouille, le père de Catherine Burgod, des gendarmes, des avocats… Des voix, des points de vue, des destins ancrés dans un paysage gris et entêtant — une vallée jurassienne précarisée et morose, vouée à l’industrie du plastique — dont Florence Aubenas fait bien plus qu’un décor : une atmosphère, à laquelle elle octroie parfois le premier rôle.

 

 

« Chaque chose est à sa place, mais tout est éclaboussé de sang » : les extraits du dernier livre de Florence Aubenas

Après quelques années de prison, l’acteur Gérald Thomassin a bénéficié en juillet 2020 d’un non-lieu pour le meurtre d’une postière, survenu douze ans plus tôt dans une commune de l’Ain. Florence Aubenas, grand reporter au « Monde », reconstitue ce fait divers dans « L’Inconnu de la poste », aux éditions de l’Olivier.

Par Florence Aubenas

Publié le 07 février 2021

 

Bonnes feuilles. Au centre du Haut-Bugey, une courte bande de terre se faufile entre les montagnes et permet de relier la France à la Suisse sans grimper sur les sommets. Pour qui s’y arrête, le premier saisissement, c’est un lac au milieu des à-pics. Il est plutôt petit, mais d’un bleu pas comme ailleurs, on le dirait intact, donnant à chacun l’impression d’être le premier à le découvrir.

 

Ce sentiment est d’autant plus vif que nul ici ne semble en faire grand cas. Le chemin de fer et la voie rapide ceinturent ses berges, avec ici une station-service, là un parking déprimant. Mais l’endroit est trompeur, d’une fausse innocence. Vous n’êtes pas là où vous croyez. Le lac de Nantua n’a rien d’une beauté cachée. Disons peut-être une beauté délaissée. Longtemps, il fut l’étape en vogue sur la route de Genève ou de l’Italie. Dans ses carnets de voyage, à l’été 1832, Alexandre Dumas se répand en pages flatteuses sur ce « lac bleu saphir », « comme un joyau précieux », etc. Plus tard, Edith Piaf, Louis Aragon ou l’Aga Khan ont eu leurs habitudes à l’Hôtel de France et au Belle-Rive, qui faisait aussi cabaret. Fernand Raynaud achetait ses Borsalino chez le chapelier de la rue du Collège, là où une mercière tente désespérément aujourd’hui de revendre son commerce.

 

Dans les années 1970, la construction de l’autoroute a mis en place le contournement du lac, et donc son abandon. Le dernier palace vient d’être transformé en appartements. Seuls rescapés de sa splendeur passée, les homards gravés sur les vitres de ce qui était jadis le restaurant. Une des nouvelles locataires aurait été incapable de situer Nantua sur la carte de France avant de venir s’y installer. Elle ignorait même que ce nom désignait une ville, croyant qu’il s’agissait seulement d’une sauce, « la sauce Nantua, vous savez, celle qu’on servait autrefois dans les banquets, épaisse et rose comme la porcelaine pour salle de bains ». Elle n’en repartirait plus. On ne quitte pas facilement le coin. Un jour, on voudrait aller voir ailleurs, mais c’est trop tard : quelque chose vous a attrapé ici et ne vous lâche plus. Vous restez.

 

« Bien que la haute saison démarre, Gérald Thomassin n’a aucun mal à trouver une place au camping de Port, près de Montréal-la-Cluse »

 

Donc ça commence au bord de ce lac, un jour d’été 2007, le 27 juin exactement. Bien que la haute saison démarre, Gérald Thomassin n’a aucun mal à trouver une place au camping de Port, près de Montréal-la-Cluse, un gros village en face de Nantua, sur l’autre rive. Mireille, la patronne, se souvient qu’il portait malgré la chaleur un coquet chapeau de feutre, des gants et un manteau mi-long, en cuir noir. Il lui tend ses papiers. 33 ans, 1,70 m, 52 kilos. Domicilié à Rochefort.

 

Une femme l’accompagne, un peu plus âgée, Corinne. La veille, on les a vus dormir dans une Renault Kangoo grise sur le parking du cimetière, à la sortie de Montréal-la-Cluse, là où commence la montagne. Maintenant, ils dressent leur tente sur l’adorable pelouse du camping. A vrai dire, ils n’en possédaient pas en arrivant. Ils sont partis l’acheter quand la patronne a refusé de les laisser dormir allongés dans l’herbe, au milieu des caravanes.

 

Le camping accueille des habitués, les mêmes chaque année, de génération en génération. On s’invite à boire l’apéritif, on partage le jambon au chablis et le gratin, spécialité de la maison. Des barques aux couleurs vives se dandinent sur l’eau au bout de leur chaîne, dans une gaieté naïve de vacances. La plage est à côté, au creux d’une anse que prolonge un ponton gentiment désuet. Tout l’été, les dames des villages déploient serviettes et paniers chaque jour au même endroit, bataillant avec les touristes qui empiéteraient sur leur territoire. Quoi d’autre ? Rien. C’est pour ça qu’on vient.

 

« La poste doit garder un rôle social, elle aime le répéter. On est humain, il faut aider, on est le service public, n’est-ce pas ? »

 

Personne n’a jamais vu Thomassin dans l’eau, ni même en maillot de bain. Les jours et les nuits, il les passe avec quelques gamins du camping, collé devant des jeux vidéo, à écluser des bières. C’est durant ce même été 2007 qu’il pousse la porte de la grande poste, à Montréal-la-Cluse. La conseillère financière remarque d’abord son allure. Sur ses vêtements, rien à dire, elle note même une certaine recherche. Pourtant, quelque chose cloche, elle ne saurait dire quoi. Un marginal, sans doute, ils débarquent dans les campagnes maintenant, moins que dans les grandes villes, bien sûr, mais on en voit passer au bord du lac, des jeunes, l’été surtout.

 

A l’agence, la conseillère a déjà reçu un type avec un bouledogue, un autre avec un rat. Parfois, elle s’arrange pour débloquer les quelques euros nécessaires à maintenir ouverts les comptes les plus tendus. La poste doit garder un rôle social, elle aime le répéter. On est humain, il faut aider, on est le service public, n’est-ce pas ? Thomassin lui annonce qu’il souhaite s’établir à Montréal et ouvrir un Livret A. Il ne semble pas saoul, mais elle lui trouve une odeur d’alcool. Ou alors est-ce une impression, à cause de ce manteau de cuir noir qui suffit à le désigner comme un étranger ? Le genre de client pénible qui vient, jour après jour, retirer trois sous sur son compte jusqu’au prochain versement des allocations. Elle en est sûre. A force, elle les repère.

 

Sur le formulaire, à la case « profession », elle le voit écrire « acteur ».

 

Elle n’a pas sursauté, l’habitude professionnelle. Une vedette ? Lui ? Comme Robert Lamoureux qui faisait sensation en descendant de sa décapotable en slip panthère ? Ou Charles Aznavour qui signait des autographes à la charcuterie de Montréal, quand il s’arrêtait acheter du pâté maison ? Encore un mythomane, elle pense. Mais Thomassin s’est déjà lancé, volubile, énumérant les tournages. Les anecdotes et les grands noms défilent, il parle d’une voix douce, pas désagréable. Il roule délicatement une cigarette, manque l’allumer, puis la range, s’excusant poliment. Plus rien ne l’arrête désormais, il raconte le film qu’il vient de terminer, il y a quelques semaines. Il tenait le rôle principal, sous la direction de Jacques Doillon. Est-ce qu’elle connaît Jacques Doillon ? Son cachet était de 20 000 euros, enfin 17 339 exactement, il précise. Il serait incapable de dire où ils ont filé en deux mois. Ses histoires s’étirent, filandreuses, pleines de détails enchevêtrés. Il est même question d’un César du jeune espoir qu’il aurait gagné au début de sa carrière.

 

« On en vient à ses revenus. Très naturel, il déclare toucher le RMI. Elle en était sûre : tout ce baratin pour en arriver là »

 

Elle se dit : ça y est, il délire. Elle le dévisage maintenant : des yeux possiblement verts, des cils épais. Elle ne peut s’empêcher de lui trouver quelque chose de profond dans le regard. La drogue, peut-être ?

 

On en vient à ses revenus. Très naturel, il déclare toucher le RMI.

 

Elle en était sûre : tout ce baratin pour en arriver là. Dès qu’il quitte l’agence – enfin ! –, la conseillère saute sur Internet. C’est vrai qu’il est acteur, elle le reconnaît sur un site spécialisé. Sa biographie recense plus d’une vingtaine de rôles, un tournage par an pour le cinéma ou la télé. Et le César non plus n’est pas une fable : il l’a gagné en 1991. Elle n’en revient pas. Tout serait vrai, et pourtant elle n’arrive pas à y croire. Pourquoi connaît-elle le nom des autres comédiens dont il a parlé et pas le sien ? De toute manière, qu’est-ce qu’un artiste viendrait chercher aujourd’hui sur les rives du lac de Nantua ?

 

Au camping, les vacanciers se plaignent de Thomassin. Certains commencent à en avoir peur. Le 14 juillet, il a tiré un coup de fusil en l’air. Un autre soir, emporté par un jeu vidéo, il a brisé son ordinateur en hurlant, comme un cavalier crève sa monture sous lui. C’était le seul objet qu’il s’était acheté avec l’argent de son dernier film. Son amie Corinne repart dans sa Kangoo grise. Trop de bruit, trop d’alcool, trop de disputes. Mireille, la patronne du camping, finit par lui demander de s’en aller aussi. Elle suppose qu’il a dû quitter la région, mais un samedi soir de septembre, à la messe de Montréal-la-Cluse, elle sursaute. Thomassin est là, agenouillé, à quelques bancs d’elle. On dirait qu’il prie. Il a emménagé dans le vieux village quelques jours plus tôt.

 

« Montréal-la-Cluse est devenu un bourg ouvrier, mais le temps s’y écoule toujours comme à la campagne, entre la maison et le jardin »

 

Cette partie-là du bourg garde son jus de campagne. Longtemps, il y eut des vaches, une rivière, une comtesse dans son château, qui semble parfois y être encore. Une venelle étroite se tortille à flanc de montagne, où les voitures se croisent à peine : c’est la rue principale qui passe devant l’église, puis débouche sur une placette avec une belle fontaine où les bêtes se relayaient pour boire. Les maisons se serrent les unes contre les autres, presque toutes semblables. On entre par ce qui était l’écurie, les animaux se tenaient en bas, le foin en haut. Derrière, vient la cuisine, servant à tout. Du linge claque sur un fil, les bûches coupées s’alignent en tas sous des bâches blanches. Les potagers finissent au ras des prés, les limites du village se fondent dans le paysage, la plaine et le lac d’un côté, la montagne et les sapins de l’autre. S’occuper du bois, savoir conduire très vite sur la neige ou éviter de nuit un sanglier garde ici tout son sens.

 

L’industrie du plastique fait maintenant vivre la région, des usines en chapelet, petites ou grosses, s’égrènent sur une vingtaine de kilomètres. La « Plastics Vallée », annoncent triomphalement les panneaux sur l’autoroute, premier pôle européen du secteur. Montréal-la-Cluse est devenu un bourg ouvrier, mais le temps s’y écoule toujours comme à la campagne, entre la maison et le jardin.

 

Thomassin a loué un studio dans une bâtisse ancienne près de la fontaine, deux étages, quatre petits appartements occupés en général par des gens sans grands moyens. « Des cas sociaux », commente un agent immobilier. Il l’a baptisée la « maison des catastrophes ».

 

« Au fond, elle n’est pas mécontente qu’un des locataires se révèle plus démuni qu’elle »

 

Le logement de Thomassin est au sous-sol, une sorte de cave, à laquelle on accède aussitôt après l’entrée. Il faut ensuite descendre trois marches pour pénétrer dans une pièce qu’éclaire péniblement un soupirail au ras du trottoir.

 

Depuis sa fenêtre, la voisine du premier étage le regarde vadrouiller, faire hurler sa musique, remonter les ruelles en parlant tout seul, une canette à la main, ses cheveux bruns très courts plaqués sur la tête. Ici, personne ne fait ça. Parfois, quand la voisine cuisine, il se coule sur son palier en reniflant comme un chat. « Ça sent bon », il dit. Alors, elle lui prépare « son » assiette, c’est devenu une habitude entre eux, du riz, des patates, du poulet, des plats du Cap-Vert, son pays à elle. Avec son mari, elle est arrivée il y a trente ans pour le travail, ouvriers dans le plastique, comme tout le monde.

 

Elle regarde Thomassin engloutir sa gamelle sous les photos de famille et les chromos éclatants des îles, où des Jésus s’arrachent le cœur de la poitrine. Au fond, elle n’est pas mécontente qu’un des locataires se révèle plus démuni qu’elle.

 

C’est en face que se trouve la petite poste, la seconde agence de Montréal-la-Cluse. (…)

 

[La responsable de cette agence est une femme de 41 ans, Catherine Burgod, mère de deux enfants, dont une fillette de 8 ans. En instance de divorce, elle attend un enfant de son nouveau compagnon. Ce matin-là, le 19 décembre 2008, elle arrive en voiture avec sa fille, qui s’apprête à aller à l’école.]

 

Catherine Burgod se gare à sa place habituelle, devant chez son père, au début de la rue des Granges. A midi, elle déjeunera avec lui, comme tous les lundis, jeudis et vendredis. S’il le décide, ils iront au Charron, en face de la mairie. Depuis des années, sa table lui est réservée chaque jour dans la deuxième salle, celle avec les nappes en tissu et plusieurs verres devant les assiettes.

 

La poste n’est plus qu’à quelques mètres, de l’autre côté de la fontaine. Un écolier aperçoit la mère et la fille, il reconnaît la Petite, qui lui semble marcher sur la pointe des pieds pour éviter la neige, amassée en croûte dure le long du trottoir. Elle a 8 ans.

 

8 h 24 et 31 secondes : l’alarme de l’entrée est désactivée. Les volets s’ouvrent, la lumière s’allume, le coffre est déverrouillé dans la salle de repos. Un des ordinateurs entre en fonctionnement à 8 h 32. Dans la salle derrière, la Petite chipote son pain au chocolat, puis quitte l’agence pour prendre le car scolaire à 8 h 40, sur le parking de l’école maternelle, cinquante mètres plus bas. La bande de copines [de Catherine Burgod] ne devrait pas tarder à débarquer. Ça sent déjà le café.

 

« Rien ne bouge de l’autre côté de la cloison. L’un finit par crier : “Y a quelqu’un ?” Le silence retombe »

 

Ce jour-là, le premier à entrer dans la poste est ébéniste, venu en bermuda malgré la neige, le temps de récupérer un paquet, le cadeau de Noël pour sa mère. Il est 9 h 05. Le bureau est ouvert, parfaitement en ordre, mais vide et silencieux. Au milieu de la pièce, il ne voit que le chien de Catherine Burgod, un bichon blanc, parfumé et toiletté comme un milord. Blague des copines : qui des deux, d’elle ou du petit chien, est le plus pomponné ? Pour attirer l’attention, l’ébéniste risque quelques toussotements d’usage. Le bichon le regarde, puis trotte vers la porte qui sépare le bureau de la salle de repos. Il la pousse du museau, à peine, juste un filet qui laisse entrevoir la lumière allumée. Le chien n’aboie pas, tranquille. Une dame entre à son tour dans l’agence, la secrétaire du cabinet médical à côté, qui vient pour un recommandé. On se salue entre voisins et, d’un même mouvement, tous deux lèvent la tête vers l’horloge.

 

9 h 07. Le jour devrait se lever, mais les nuages continuent de plomber l’horizon. Dans la poste, l’ébéniste et la secrétaire médicale parlent de plus en plus fort, volontairement. Rien ne bouge de l’autre côté de la cloison. L’un finit par crier : « Y a quelqu’un ? » Le silence retombe. Résolument, le bichon s’est campé devant la porte entrebâillée. L’ébéniste se décide à approcher. Lorsqu’il frappe, elle s’écarte toute seule. Le petit chien a bondi à l’intérieur de la salle de repos. Sur la table, il y a la tasse de café de Catherine Burgod avec la cuillère dedans, son paquet de Marlboro, un journal de mots fléchés ouvert et le crayon posé avec soin par-dessus. Sa chaise est à peine repoussée, comme si elle s’était levée tout naturellement. Chaque chose est à sa place, pas un papier n’a bougé, mais tout est éclaboussé de sang, une pluie de sang jusque sur les dessins d’enfants au mur, la vaisselle dans l’égouttoir, le pardessus en laine rouge ou le numéro du magazine Closer sur le guéridon qui proclame : « Alice : elle a déjà oublié Mathias. »

 

Le petit chien s’est assis à côté de Catherine Burgod. Elle gît entre l’évier et le coffre, dans une nappe de sang.

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 08:00

White Sands National Park : Meilleurs parcours | AllTrails

 

 

 

Dans le cadre de l’école à domicile je propose à nos moutardes et lardons confinés ce petit texte de Richard Morgièvre extrait de Cimetière d’étoiles, page 245-246, chapitre La caravane.

 

 

Le ciel était blanc tel le désert de White Sands, cet immense champ de yaourt qui se perdait au Nouveau-Mexique. Là-bas, à Alamogordo, ils avaient fait péter la première bombe atomique en juillet 45. « Trinity » qu’elle  s’appelait. En 61, ils avaient envoyé dans l’espace un sous-homme. Un chimpanzé moins cher qu’un chicano. En ce moment les militaires rachetaient des terres aux ranchers pour agrandir l’aérodrome de Fort Bliss, voisin d’El Paso. Un jour, il y aurait des barbelés de partout et on ne pourrait plus venir ici pour enterrer un proche un peu chiant ou une auto-stoppeuse dans les trous creusés par l’El Paso Electric Co au début des années cinquante.

 

La compagnie de distribution d’électricité avait programmé l’installation d’une ligne à haute-tension avant de laisser tomber. Restaient les trous de six pieds de circonférence et de profondeur. On pouvait y caser un gars assis avec un très, très gros cul. On recouvrait de yaourt et c’était terminé. Ces trous, les initiés les appelaient les « tapettes à souris ». La plupart avaient un fond en béton avec des fers à béton qui en dépassaient. Pas de fromage, d’accord, mais c’était très dangereux quand même. Surtout quand les tapettes à souris étaient plus ou moins recouvertes des virevoltants. Il leur arrivait de faire du surplace au-dessus des trous pour d’obscures raisons physiques. Il y a de ça six mois, on avait retrouvé par hasard un « dos mouillé » en train de racornir dans une des tapettes à souris. Il était tombé dedans et y était resté, un fer à béton enfilé dans la cuisse. Il était mort en tenant un virevoltant par la main – c’est ainsi qu’il était monté en enfer.

 

Ce texte leur permettra :

  1. 1- D’identifier le désert de White Sands ICI et situer la ville d’El Paso.  

 

    1. États-Unis, la frontière avec le Mexique grince à El PasoVilles frontières : « El Paso », porte close sur le « rêve américain » –  International | L'Opinion
  1.  
  2. 2- De découvrir le nom de la première bombe atomique US «Trinity » ICI
  3.  
  4. Comment Kodak a détecté la première bombe nucléaire secrètement testée aux  États-UnisBombes Psychiques NSA
  1. 3- De rechercher ce qu’est à la frontière mexicaine un « dos mouillé» ICI 

Libération.fr – Frontière mexicaine : l'Amérique en ligne de mur

 

 

Depuis des décennies, des migrants discrets — que l’on appelle « wet backs » ("dos mouillés") parce qu’ils traversent à la nage le fleuve frontière Rio Bravo — entrent clandestinement aux Etats-Unis. Ils viennent surtout du Mexique et de l’Amérique centrale, fuyant la misère, toujours, et parfois aussi les guerres locales (El Salvador). Une police américaine, la célèbre Border Patrol, spécialement équipée et entraînée à la surveillance des frontières, traque sans cesse ces malheureux clandestins qui, sans cesse également, retraversent la limite qui les sépare du « pays de l’abondance ».

 

virevoltant-kalitouffe

  1. 4- De découvrir ce que sont les virevoltants
  2.  

 

Les virevoltants, des plantes qui roulent au vent ! ICI 

 

Qui connaît ce drôle de nom et son sens ? Il désigne des plantes dont l’ensemble des parties aériennes, une fois fructifiées et desséchées, se détachent d’un bloc au ras du sol (la racine reste donc en terre) et se mettent à rouler, à culbuter en tous sens sur le sol, à rebondir de proche en proche, dès que le vent souffle. Virevoltant dérive du verbe virevolter (s’agiter en tous sens de manière légère) lui-même issu d’un verbe désuet virevouster qui signifiait, pour un cavalier, tourner autour de son cheval pour essayer de l’enfourcher. Les américains les appellent les tumbleweeds (les herbes qui roulent) et elles restent étroitement associées aux rues désertes des cités fantômes du far West, battues par le vent, et où elles se bousculent en tous sens.. image récurrente des westerns spaghettis !

 

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 06:00

Octobre 17 Patrick Rotman et le dessinateur Benoît Blary

Heureux chroniqueur que je suis d’avoir un fidèle lecteur comme Jean Pierre Glorieux, la preuve par l’écrit. 

 

Suite du titre : Sept années durant cet allemand a travaillé à la ferme renouvelant chaque année l'engagement. Mais la nostalgie, l'envie de revoir le pays font qu'un matin la chambre est vide, « Kurt a filé à la cloche de bois » commenta mon père.

 

Un gars sympa, généreux qui nous installait le sapin à Noël et émerveillés, nous chantions  " Ô Tannenbaum" dans sa langue.

 

 

O Tannenbaum, O Tannenbaum,

 

Wie treu sind deine Blätter.

 

Du grünst nicht nur zur Sommerzeit,

 

Nein auch im Winter wenn es schneit.

 

O Tannenbaum, O Tannenbaum,

 

Wie grün sind deine Blätter!

 

 

Mon beau sapin, roi des forêts

 

Que j'aime ta verdure!

 

Quand par l'hiver, bois et guérets

 

Sont dépouillés de leurs attraits

 

Mon beau sapin, roi des forêts

 

Tu gardes ta parure.

 

4 zones d'occupation pour l'Allemagne et Berlin

Les Sirènes de Berlin 

                                                                         

                                                                                     Zone soviétique Berlin 22 février 1953

 

                                                                                         

 

La foule est canalisée par des barrières métalliques. Fusil à l'épaule, les sentinelles russes font les cent pas. Trois civils en long manteau sombre coiffés d'une chapka contrôlent les passagers débarquant du Paris Francfort Berlin en zone soviétique.

 

L'horloge là-haut indique 9 heures. Kurt qui a envie d'un café doit d'abord passer au bureau de change, car il a omis de changer ses francs pour des marks hier midi en Gare de l'Est. Au fond de sa poche un ticket de métro troué et la dernière lettre contenant la photo de «sa fiancée» qui ne devrait pas tarder à arriver au rendez-vous, précisément sous cette grosse horloge.

 

Il tend ses papiers à l'un des trois types qui les garde pour « examen complémentaire ».

 

  • Tu es seul, tu viens de Paris ? 

 

  •  Oui, enfin à côté ; j'ai rendez-vous juste là-bas avec cette personne …

 

 Kurt sort la photo d'une accorte femme souriante en chemisier clair, cheveux remontés sur la nuque et collier de perles. 

 

  •   C’est elle, ma fiancée !...

 

Le type regarde puis amusé, adresse un clin d'œil à l'un de ses collègues qui commente en russe :

 

  • A mais celle- là on la connaît bien, c’est notre petite sirène …! Viens, tu vas nous suivre au bureau d'enregistrement.

 

Un militaire entrouvre la barrière et les escorte sur la cinquantaine de mètres les séparant du dit bureau. On prie notre voyageur de déposer son bagage. Un comptoir en marbre encombré de sacs et valises ouverts, des femmes allemandes posent des questions et mettent de côté divers objets extraits avec circonspection. Derrière elles, leur chien tenu en laisse, quelques sentinelles vêtues de gris et casquées. Ce nouveau casque de la jeune Armée Populaire rappelle vaguement celui que portait Kurt lors de son séjour en France, avant le sinistre épisode d'Août 1944 vers Chambois en Normandie, là où il s'était rendu, terrassé par la peur et la faim.

 

La peur, dans cette meule de foin en plein milieu d'un pré où vaches et veaux broutaient sous les pommiers, partant au galop quand surgissaient les Spitfire au ras des haies.

 

Nuitamment, il avait réussi à chaparder le pantalon, la chemise et le béret suspendus sur un fil dans un jardin proche puis avait roulé en boule cet uniforme vert de gris détesté, au creux d'un fossé.

 

Après réflexion, il y avait ajouté son Mauser, inutile sans munitions …

 

Kriegschmutz ! Saloperie de guerre !

 

Caché au creux de cette meule, il entendait parfaitement les chars américains sur la route proche, les tirs saccadés suivis des cris de ses camarades qui se rendaient, mains sur la tête à des soldats aussi jeunes qu'eux-mêmes.

 

La nuit, furtif, il se rendait à l'étable, buvait le lait trait dans la gamelle du chien ; au poulailler il trouvait quelques œufs, prestement emportés dans son nid de foin odorant.

 

Une chouette lançait son cri aigre et dans les moments d'accalmie on percevait le chant des grenouilles venant de la mare proche.

 

Au matin du 4 ème jour, n’y tenant plus, Kurt traversa l'herbage, ignorant le chien hirsute en quête d'une caresse (ils se connaissaient.)

 

Sursautant, la fermière avait laissé tomber le seau dans la litière s'exclamant :

 

-Mais qu'est-ce donc qui vous amène  à c't'heure au cul de mes vacques ??

 

-Krieg Vorbei  ….....Maintenant guerre finie …. ! avait-il répondu levant les mains  et faisant quelques pas vers la femme.

 

-Allemand ?? Deutsch Soldat ? demanda -t-elle ? 

 

Elle réfléchit un instant. « Komm ...manger et laver à la maison... ! »

 

 -Gut ….Danke sehr     Bien ...Merci beaucoup ….....

 

Il répondit à son sourire, l’aidant à porter le bidon de lait vers la laiterie proche.

 

Devant un bol de café au lait, il fit comprendre aux enfants que combattre ne l'intéressait plus et qu'il souhaitait sortir vivant de cet enfer. La fermière appela son aînée et lui tendit un courrier écrit à la hâte :

 

-Ma Jacotte, vas vite porter ce message au maire...tu passes par derrière et si des américains t'arrêtent, dis leur que je suis malade ...Allez file… !

 

  Berlin 9h30   bureau d'enregistrement.

 

- Ouvre-moi cette valise ! »  Ordonna la femme;

 

Kurt s’exécute.

 

-Oh les amies mais regardez-moi ça ! Une épicerie ambulante : chocolat, café, oranges, des crayons Bic et des pelotes de laine. Tu viens de France mon garçon  ? Poursuivant sa recherche ... Et pas de Cognac ? Non pas de Cognac !

 

A ces remarques l'un des gardes s'approche et saisit une orange qu'il mord à même l'écorce provoquant le rire de la femme et de ses collègues. Saisissant ces trésors, elle les dépose dans différentes caisses  sur les étagères proches, y ajoutant la paire de chaussures neuves achetées la veille.

 

Les trois sbires, témoins de la scène signifient à la femme que la fouille doit s'achever. Kurt est conduit dans un bureau, un officier de police allemand le prie de s'asseoir.

 

Monsieur Kurt Schneider né à Dresden en 1915; vous avez servi en Espagne en 1936 puis en France dès 1943 comme auxiliaire de santé.... Exact ?

 

-Exact Herr Offizier !

 

-Avant la guerre que faisais-tu ?

 

-Tailleur dans un atelier de confection à Dresden 

 

-Propriété d'un Juif je suppose, as-tu des contacts avec ta famille ?  

 

-Non aucun depuis 1944, je servais à Brest en Bretagne 

 

-Oui merci je connais, j’étais dans les sous-marins à Lorient

 

-As-tu adhéré au Parti National Sozialist ?

 

-Non jamais, j'étais communiste en 1934. Herr Offizier

 

-Kamarade Offizier s'il te plaît…!

 

-En France tu as été fait prisonnier en quelles circonstances et pourquoi reviens-tu 8 ans après la fin de la guerre ??

 

-Je me suis engagé chez un agriculteur victime de guerre, on m'a bien traité et j'ai renouvelé mon contrat plusieurs fois mais j'avais le mal du pays ...Après avoir reçu les lettres de cette veuve allemande j'ai décidé de rentrer pour fonder une famille et être utile à ma patrie Euh ….Savez-vous si je pourrai bientôt...

 

-Halt ! Ici c'est moi qui pose les questions …. Compris ?!

 

 Il appelle son assistant que l'on entend taper à la machine dans le bureau voisin, celui-ci entre et lui remet un dossier. L’officier relit en silence, tend un stylo à Kurt : c’est ta déclaration de « Volontaire au Service de la Patrie et des Pays Frères», tu signes là en bas avec mention lu et approuvé. Voici le double à présenter au responsable du camp.

 

-Messieurs veuillez accompagner le Kamarade Schneider vers sa destination.

 

Ils repassent sous l'horloge. Kurt ne cherche point la jeune veuve, pure création de la police politique. Ils marchent silencieux le long du transsibérien ; il reste des places dans le wagon de tête aux rideaux tirés.

 

A chaque extrémité du couloir des gardes parlant russe fument en riant ; sur le quai il sent l'odeur du café vendu par une pauvre femme. Un des hommes à la chapka en commande à la vieille, Kurt offre son paquet de gauloises entamé à la femme, saisit le gobelet de café et monte déposer sa valise dans un compartiment vide.

 

L'annonce indique que le train partira dans une heure via Poznan et Varsovie pour Moscou, 

 

Novossibirsk ….etc…

                                                                                                            

Jean Pierre Glorieux    

 

 

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 08:00

 

Vir Prudens Non Contra Ventum Mingit

 

La lettre V n'existe pas en latin classique. Elle a été créée par les humanistes du XVIe siècle pour distinguer l’u-voyelle de l’u-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un « U » en latin classique ; avec un « V » dans les éditions modernes.

 

L'homme prudent ne pisse pas contre le vent…

 

Certes cette locution latine est absolument genrée et je risque de me faire avoiner mais, si l’on s’en tient à la pratique majoritaire des mâles de pisser debout, son sens ne prête à aucune contestation ou confusion.

 

Salomon (Proverbes de Salomon dans Le Livre des proverbes, Xe siècle av. J.C.) : « Le sage tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. »

 

L’important est aujourd’hui de dégainer la première ou le premier pour créer le buzz, foin de la prudence, de l’intelligence, de la pertinence, surtout viser au-dessous de la ceinture (expression elle aussi genrée).

 

Peu importe, les réseaux sociaux, occupés majoritairement par des redresseurs de torts des deux sexes, sont, comme nos poubelles, emplis de détritus même pas bons à faire du compost, une vacherie en remplace une autre, certains tueraient père et mère pour placer ce qu’ils estiment être « un bon mot » qui tue.

 

Parfois aussi, comme dans les poubelles des grandes surfaces, où des produits soit disant périmés sont consommables et font le bonheur des SDF, on tombe sur des pépites.

 

Comme le recommande la mairie : il faut faire le tri

 

La crise sanitaire a été le terreau fertile de cette engeance raisonneuse, peuple des y’a ka et des faut kon, versatile, péremptoire, tango des ego, bal des hypocrites, cohorte des logues, des faux-sachants, l’important c’est l’audimat.

 

Patience c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses…

 

Les conneries c'est comme les impôts, on finit toujours par les payer.

 

Une habitude bien française consiste à confier un mandat aux gens et de leur contester le droit d'en user.

 

Michel Audiard

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 06:00

Thierry Blandinières (à gauche) présente ce premier avril une « entreprise restructurée avec une nouvelle équipe ». Jacky Maria quitte la présidence du directoire de Vinadeis et la nouvelle entité à partir du 30 juin, « pour suivre de nouvelles orientations professionnelles » indique Philippe Leveau (à droite).

 

Les titres claquent*, les paroles volent, Thierry Blandinières a de grandes ambitions, ça ne surprendra personne, il veut bousculer Castel, grand bien lui fasse, mais je ne vois rien venir depuis que ce Rastignac du Gamm Vert fait des rodomontades, certes il a beaucoup de pognon mais quant à en gagner dans le secteur du vin c’est une autre histoire : le dit Pierre Castel n’a pas bâti son empire sur la rentabilité de sa branche vins mais en Afrique avec la bière et, accessoirement  avec Cristalline dans les eaux minérales, devenir gros à coups de fusions, d’acquisitions mineures, ne signifie en rien devenir un acteur majeur dans un secteur où la locomotive des marques n’existe pas.

 

Tout ça ce n’est que de la poudre aux yeux, de la communication fumeuse d’un acteur qui n’a rien compris aux évolutions de la consommation du vin, à l’état poussif du marché domestique, à la réalité de nos exportations, en fait avec ses coopés fusionnées il se contentera d’écouler, à vil prix, la production de ses coopérateurs. Il devrait consulter le futé Jean-Claude Boisset, le bourguignon qui avait de grandes ambitions et les a concrétisées, il lui dirait avec son air matois « Nous faisons un métier de pauvre monsieur Blandinières… »

 

Mais Thierry Blandinières c’est Jupiter !

 

Qui vivra verra, sans doute qu’un jour il ambitionnera de racheter les jajas de Pierre Castel, pas ses châteaux bien sûr, ni Nicolas, il pourrait aussi jeter son dévolu sur la branche vins de Carrefour, il atteindrait ainsi son seuil d’obésité gage comme on le sait de rentabilité dans le monde des coopés.

 

*InVivo redouble d’ambitions dans le vin

 

Le groupe vise 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2030, et veut bousculer Castel.

 

«La France mérite bien un acteur dans le top 5 mondial. Au lendemain de la finalisation du rapprochement entre la coopérative InVivo et Vinadeis, premier producteur viticole en France, les ambitions de Thierry Blandinières dans le vin ne sont pas taries. InVivo (5,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans les céréales, le vin, la jardinerie…) vient ainsi de doubler son poids dans la production, la vente et la distribution de vin, pour atteindre les 500 millions d’euros de chiffre d’affaires dans ce domaine. L’opération accentue sa présence en grandes surfaces: la moitié de son activité sera désormais réalisée par ce canal de distribution.

 

 

Après avoir restructuré et regroupé sous une entité unique (Cordier) ses nombreux rachats menés dans le secteur depuis cinq ans, InVivo est en ordre de marche pour venir bousculer le leader en France, Castel (Malesan, Roche Mazet, Baron de Lestac, Listel…), dont le chiffre d’affaires est estimé entre 1 et 1,2 milliard.

 

*Naissance d'un géant européen de la coopération viticole : Cordier by In Vivo

 

La Fusion d'InVivo Wine et de Vinadeis, deux  sociétés holdings de coopératives parmi les plus importantes en France, a été votée lors des assemblées générales extraordinaires des différentes entités ce mercredi à Paris.

 

 En créant ce mastodonte, les deux groupes InVivo Wine et Vinadeis propulsent la coopération agricole sur la scène internationale. Car cette fusion, acceptée par l'ensemble des actionnaires, va plus loin que le projet initial. On se souvient qu'au cours de l'année 2020, InVivo Wine, les Vignobles de Vendéole et Val d'Orbieu, les actionnaires de Vinadeis, étaient entrés en négociations...

 

Cordier by InVivo : nouvel écrin pour les marques de l'activité vin du  groupe coopératif. | InVivo

Vins : InVivo Wine devient Cordier by InVivo

Agro Media / Conjoncture - Tendance / Vins : InVivo Wine devient Cordier by InVivo

 

InVivo Wine, filiale vin du groupe InVivo, harmonise sa communication sous le nom Cordier by InVivo et dévoile son nouveau logo. Ce changement a pour objectif de gagner en lisibilité et renforcer l’impact commercial de son portefeuille de marques. En 2015, le groupe InVivo crée sa filiale consacrée au vin. Cette activité, débutée avec l’acquisition de Cordier Mestrezat, s’est développée 

 

Ce changement de nom a pour objectif de gagner en lisibilité et de renforcer l’impact commercial de son portefeuille de marques.

 

InVivo Wine, filiale vin du groupe InVivo, harmonise sa communication sous le nom Cordier by InVivo et dévoile son nouveau logo. Ce changement a pour objectif de gagner en lisibilité et renforcer l’impact commercial de son portefeuille de marques. En 2015, le groupe InVivo crée sa filiale consacrée au vin. Cette activité, débutée avec l’acquisition de Cordier Mestrezat, s’est développée par l’intégration de plusieurs sociétés, tant en France qu’à l’international. Le groupe se dit aujourd’hui solide, actif sur toute la chaîne de valeur du vin, de l’élaboration à la distribution, depuis son siège opérationnel basé à Bordeaux. 

 

Début mars, InVivo Wine a adopté son nouveau nom commercial : Cordier by InVivo. « Nous avons choisi de capitaliser à la fois sur la notoriété du nom Cordier dans le monde du vin, et conserver InVivo, car l’appartenance à ce groupe coopératif majeur est un de nos atouts » a déclaré Philippe Leveau, directeur général délégué Cordier by InVivo. Cordier by InVivo continuera d’œuvrer à la construction de marques internationales fortes s’appuyant sur une base viticole de 25 000 hectares répartie entre Bordeaux, le Sud-Ouest, le Languedoc, le Roussillon, la vallée du Rhône et le Beaujolais. C’est un acteur mondial verticalement intégré avec 9 caves coopératives partenaires (3 600 viticulteurs), des sociétés de distribution implantées dans les pays à forte consommation (France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suisse, Belgique, Asie, Amérique du Nord, Afrique du Sud) et des sites d’embouteillage en propre. Producteur, marketeur et distributeur, Cordier by InVivo a pour raison d’être de cultiver « une filière vin durable qui inspire les générations d’aujourd’hui et de demain ». 

 

Cordier by InVivo : nouvel écrin pour les marques de l'activité vin du  groupe coopératif.

 

CORDIER BY INVIVO : NOUVEL ÉCRIN POUR LES MARQUES DE L’ACTIVITÉ VIN DU GROUPE COOPÉRATIF.

01 mars 2021

 

Cordier by InVivo : nouvel écrin pour les marques de l'activité vin du groupe coopératif

 

InVivo Wine, filiale vin du groupe InVivo, harmonise sa communication sous le nom Cordier by InVivo et dévoile son nouveau logo. Un changement pour gagner en lisibilité et renforcer l’impact commercial de notre portefeuille de marques.

 

En 2015, le groupe InVivo crée sa filiale consacrée au vin. Cette activité, débutée avec l’acquisition de Cordier Mestrezat, s’est développée par l’intégration de plusieurs sociétés, tant en France qu’à l’international.

 

Le groupe est aujourd’hui solide, actif sur toute la chaîne de valeur du vin, de l’élaboration à la distribution, depuis son siège opérationnel basé à Bordeaux.

 

Avec l’appui de l’agence de communication InVivo Events, l’équipe dirigeante a engagé une démarche de création d’identité afin de structurer la communication et montrer ainsi la cohérence et la force de son organisation.

 

A partir du 1er mars, InVivo Wine adopte son nouveau nom commercial : Cordier by InVivo.

 

« Nous avons choisi de capitaliser à la fois sur la notoriété du nom Cordier dans le monde du vin, et conserver InVivo, car l’appartenance à ce groupe coopératif majeur est un de nos atouts » déclare Philippe Leveau, directeur général délégué Cordier by InVivo.

 

Les activités se structurent donc comme suit :

 

Cordier Excel, pôle dédié à l’embouteillage et fabrication,

 

Cordier Wines, pôle qui regroupe tous les services liés à l’élaboration et la commercialisation des domaines, châteaux et marques de vins : Œnologie, R&D, marketing, vente et distribution

 

Cordier by InVivo qui se positionne en producteur de vins délicieux, avec le développement de nombreux projets et innovations portés par ses marques phares telles que Café de Paris, Maris, Canei, Lyngrove, Cordier Collection Privée.

 

Mousseux Café de Paris

 

4,20 € le flacon... ça crache de la marge... c'était dans l'escarcelle de Pernod si ça crachait du pognon il ne l'aurait pas largué...

 

A propos de Cordier by InVivo

 

Créé en juin 2015, Cordier by InVivo est une filiale du premier groupe coopératif agricole français, InVivo.

 

Cordier by InVivo œuvre à la construction de marques internationales fortes s'appuyant sur une base viticole de 25 000 hectares répartie entre Bordeaux, le Sud-Ouest, le Languedoc, le Roussillon, la vallée du Rhône et le Beaujolais.

 

C’est un acteur mondial verticalement intégré avec 9 caves coopératives partenaires (3 600 viticulteurs), des sociétés de distribution implantées dans les pays à forte consommation (France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suisse, Belgique, Asie, Amérique du Nord, Afrique du Sud) et des sites d'embouteillage en propre. Producteur, marketeur et distributeur, Cordier by InVivo a pour raison d’être de cultiver une filière vin durable qui inspire les générations d’aujourd’hui et de demain.

 

Le chiffre d’affaires consolidé de Cordier by InVivo pour l’exercice 2020-2021 s’est élevé à 245 millions d’euros…

 

Ha, le chiffre d’affaires !

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 08:00

 

En ce jour de Pâques, où mécréant que je suis-je ne les ai pas faites, je ne vous raconte pas des menteries, sinon vous me sonneriez les cloches, tout particulièrement la mouche du coche qui se dore au soleil de Collioure, j’ai, en mes années de présidence des cidres&calvados réunis, habité à Selles près de Pont-Audemer et, pour m’y rendre depuis Paris je passais à Corneville-sur-Risle.

 

 

Les Cloches de Corneville, une légende : pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais pillèrent l’abbaye de Corneville. Ils chargèrent le trésor et les cloches dans une barque qui chavira à cause de leur poids. Les moines récupérèrent le trésor et les cloches excepté une seule que l’on ne retrouva jamais. Selon la légende, lorsque les cloches de l’abbaye sonnèrent à nouveau, celle restée au fond de la Risle répondit au carillon de Corneville. Robert Planquette s’inspira de cette légende pour composer la célèbre opérette « Les Cloches de Corneville ».

 

Les Cloches de Corneville est un opéra-comique en trois actes de Robert Planquette, sur un livret de Clairville et Charles Gabet, créé à Paris, au Théâtre des Folies-Dramatiques, le 19 avril 1877. C’est l’œuvre la plus célèbre de Planquette.

 

L’action se passe en Normandie à la fin du XVIIIe siècle.

 

Après une longue absence, Henri (baryton), marquis de Corneville, revient incognito en son domaine, et s’éprend de Germaine (soprano), qui passe pour une simple paysanne. Ils confondent Gaspard (baryton) qui a voulu dilapider les biens d’Henri, bravent les prétendus fantômes du château hanté et déjouent les mensonges du mousse Grenicheux (ténor) et Serpolette (soprano), une enfant trouvée. Henri épousera Germaine, qui se révèle être la vicomtesse de Lucenay.

 

 

Les Cloches de Corneville : une genèse difficle - INF'OPERETTE, L'opérette  c'est la fête

En 1877, le directeur des Folies-Dramatiques, salle spécialisée dans les opérettes où étaient jouées les œuvres d'Hervé et Lecoq, cherchait une nouvelle pièce pour remplacer le succès inégal de La Fille de madame Angot. Il choisit Les cloches de Corneville d'un compositeur assez méconnu : Robert Planquette.

 

 

 

L'accueil critique fut très mitigé pour ne pas dire négatif mais ce fut un triomphe auprès du public.

 

L'opérette a été traduite en plusieurs langues et jouée en anglais (sous le titre The Chimes of Normandy) au Fifth Avenue Theatre à New York, à partir du 22 octobre 1877. Une autre version appeleée The Bells of Corneville a été jouée au Victoria Theater, à New York, à partir du 21 avril 1902. Elle a également été présentée à Londres en 1878 pour 705 représentations.

 

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 06:00

 

Au Bourg-Pailler pour Pâques c’était la gâche dénommée aussi la fouace

 

6 avril 2007

La gâche de Pâques ICI 

 

Au temps où, dans ma Vendée profonde, les pires mécréants acceptaient sous la pression de leurs pieuses femmes de faire leurs Pâques, chez nous on s'affairait pour préparer les douceurs d'après Carême : la gâche - en patois la fouace - et les fions. Dans cette entreprise tout le monde était sur le pont, y compris les hommes, plus particulièrement le pépé Louis, l'homme de la cuisson.  Le rituel était bien réglé et le processus de fabrication, comme la recette, étaient entourés de secret. Dans le pays, notre gâche était unanimement considérée comme la meilleure. Le clan des femmes en tirait une légitime fierté et moi, tel un jeune Proust - ne vous gondolez pas - savourant sa madeleine dans son thé j'en garde un souvenir extraordinaire que le temps passé n'a jamais effacé. Dans cette chronique je ne vais pas vous donner la recette des femmes, je l'ignore. Tout ce que je puis vous dire c'est que celles que vous trouverez sur l'internet ne vous permettront pas d'atteindre la perfection de notre gâche. Je magnifie. J'exagère. Je vous assure que non et je vais m'efforcer de vous faire partager mon point de vue.

 

 

Je signale que la tradition de la gâche du Bourg-Pailler est perpétuée par la famille Berthomeau

 

Pascale&Vincent tenanciers de l'Abélia ICI à Nantes.

 

Pour le fion c’est Agathe la sœur de  Vincent qui s’y colle…

 

26 mars 2016

 

Les autres dénominations avancées par Michel Gautier dans son Dictionnaire de la Vendée je n’en avais jamais entendu parler.

 

Dictionnaire de Vendée à coeurs ouverts - Parlanjhe - Geste Editions -  Editeur, diffuseur et distributeur de livres

 

« Certains prétendent que les trois gâteaux n’ont rien à voir. Moi, je pense qu’il s’agit du même, mais avec des recettes variables selon que vous mettez plus ou moins de beurre, de crème ou d’œufs. Mais c’est vrai qu’ « alise » dans la Marais de Challans (mais où donc passé l’exilé de Crémone ?) ne signifie pas du tout la brioche de Pâques : il s’agit d’un gâteau fait avec des restes de pâte à pain non levée, ou avec des feuilles de pâte entre lesquelles on mettait du beurre. C’était au temps où on « cuisait », comme dirait Charles Perrault dans son Petit Chaperon rouge. Le mot « alise » a maintenant disparu des boulangeries, s’il y a jamais existé. Vous y trouvez « fouace » ou « gâche ». Détournez-vous de la brioche vendéenne, produit industriel. À moins que ce ne soit pour le petit déj’ avec de la confiture. Demandez gâche ou fouace, plutôt aux environs de Pâques que pendant les vacances d’été : pour le même prix et pour les estivants, on a tendance à diminuer la quantité de beurre et d’œufs. Il faut la manger fraîche ; un passage au frigo peut-être utile. Je l’aime « patouse ». Avec une crème aux œufs, de la « craeme fouétáie », de la crème fouettée, autrement appelée de la crème anglaise, c’est une vraie gourmandise  de Pâques. Il faut savoir sortir du carême ! Autrefois, on chauffait le four dans les fermes pour la cuisine de cochon, pour cuire le pain et rituellement, les avant-veilles de Pâques, pour cuire la fouace ou la gâche. Il arrive encore qu’on chauffe les derniers fours à bois sauvegardés ou restaurés, précisément pour cette cuisson.

 

J’ai vu dernièrement un village se grouper autour de son four. Un moment fatidique : quand le four est-il assez chaud ? C’est le « moene » qui le dit : une pierre que la chaleur blanchit. Il est alors temps de « rabalàe » la cendre et la braise avec la « rabale » (rateau) et d’enfourner. Mais, oh là là ! le chauffeur, avant de lancer l’opération, s’enquiert auprès de l’assistance. Quelqu’un conseille de jeter une plume d’oie sur la sole : si la plume roussit, le four est trop chaud. Un autre conseille une feuille de papier : si le papier brûle, le four est trop chaud. Il faudra donc attendre, le four restant la gueule ouverte. Mais, attention ! pas trop tout quand même. La plume ne roussit plus. Enfournons ! Et c’est le défilé des fouaces bien modelées en formes ovales ou rondes, chacun apportant la sienne, les anciens comme les enfants. Aujourd’hui, on surveille la cuisson avec des lampes électriques. Autrefois, on captait la lumière venant de la cheminée avec un miroir. Heureux villageois qui se réunissent encore autour du four. »

 

Au Bourg-Pailler

 

Tout commençait le vendredi saint par l'acquisition d'un pâton de pâte à pain levé chez Louis Remaud notre boulanger puis, le soir venu, autour d'une immense bassine, tel un pétrin, nos femmes s'affairaient. La gâche est un pain de Pâques qui n'a ni goût de pain, ni goût de brioche. C'est là toute l'alchimie de ce pain qui n'en n'est pas un et de ce gâteau qui n'est pas une friandise. Outre la qualité des ingrédients, le temps de pétrissage était essentiel. La pâte était lourde et nos femmes lui transmettaient ce qui la rendrait ferme, onctueuse et légère. Lorsque le temps était venu, en des panières de joncs tressés, les gros pâtons recouverts d'un linge étaient mis au levage dans une pièce ni trop chaude, ni trop froide. Là encore, toute approximation était interdite. Nos femmes se chamaillaient parfois sur la température idéale. Tout ça se passait la nuit et au matin, le pépé Louis entrait en jeu.

 

 

 

Notre maison familiale, ancienne auberge, relais de poste,  était dotée d'un four à pain. Le porter à bonne température et surtout la maintenir constante pendant la cuisson était un art que notre orgueilleux Louis maitrisait assez bien. Comme dirait nos djeunes il se la jouait un peu, dans le genre soliste qu'il faut encenser. Y'avait de l'électricité dans l'air avec les jupons. Il chauffait son four avec des sarments de ses vignes.

 

Par la gueule du four le rougeoiement me fascinait. Lorsque les tisons viraient de l'incandescence au gris, avec une grande raclette en bois, le pépé Louis, façonnait deux tas qu'il plaçait de chaque côté de la bouche du four. Venait alors l'opération la plus redoutable : la détermination de la bonne température pour enfourner.

 

Trop chaud serait la cata : la gâche serait saisie et son coeur resterait mou car il faudrait éviter qu'elle crame ; trop froid ce serait l'affaissement lamentable. Tout se jouait autour de l'état d'un morceau de papier que le pépé plaçait sur la pelle au centre du four. Bref, là encore ça chicorait sec entre les protagonistes. La cérémonie d'enfournage me plaisait aussi beaucoup.

 

Les pâtons levés, badigeonnés au jaune d'oeuf - qui ferait la belle couleur brun doré - posés sur des feuilles de papier kraft, faisaient 50 à 60 cm de diamètre (une brassée). À l'aide d'une grande pelle en bois le pépé Louis alliait force et doigté. Jamais l'opération n'a tourné au désastre. Les 7 ou 8 pâtons, tels des grosses corolles de champignons, allaient se transmuer en gâche onctueuse derrière la porte de fer.

 

Le temps de cuisson était aussi une question de feeling. On discutait toujours beaucoup. Seule la tante Valentine en imposait au Louis. L'un des moments que je préférais c'était celui où les gâches cuites étaient posées à même le carrelage frais d'une pièce plongée dans la pénombre. Exhalaison extrême de sucs chauds, je m'y plongeais en salivant déjà du bonheur d'une belle tranche de gâche plongée dans mon cacao du matin.

 

À cet instant, une grave question, jamais tranchée, se posait : pouvait-on manger de la gâche chaude ?

 

Le clan des femmes y était hostile avançant des raisons médicales : possible indigestion. Mon père passait outre, et moi aussi.

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 08:00

 

Et les œufs de Pâques ?

 

Rappelons tout d'abord qu'en Belgique et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques.

 

Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu'elles sont parties pour Rome, et elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu'elles laissent tomber à leur passage.

 

Mystère des cloches de Pâques partant pour Rome et objets volants moyenâgeux

 

Cette tradition remonterait à l'Antiquité.

 

Déjà, les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints au printemps car ils étaient le symbole de la vie et de la renaissance. L'Eglise ayant instauré au IVe siècle l'interdiction de manger des oeufs pendant le Carême et les poules continuant à pondre, les oeufs pondus depuis le début du Carême - n'ayant pas été mangés - étaient alors décorés et offerts.

 

Sauf que cette année à juste raison je me pose la question : les cloches ont-elles pu se barrer à Rome ?

 

Je n’ai trouvé aucune réponse à cette importante question ni dans la production de notre prolifique administration paperassière, ni dans celle de nos voisins transalpins.

 

Aucune attestation de déplacement ne porte ce motif.

 

Aucun passeport vaccinal n’a été édité pour les cloches, et pourtant les cloches prolifèrent sur les plateaux télévisés et sur les réseaux sociaux.

 

Nos héritiers de Courteline auraient pu penser, mais ils ne pensent pas : ils pondent,  que l’eau bénite qui a consacré ces cloches pouvait tenir lieu d’Astra Zeneca.

 

Nous sommes donc face à un vide juridique, aussi profond que le vide de la pensée de nos professeurs de médecine télévisée,  qui va poser problème aux pandores de Darmanin. En effet, si les cloches se sont tirées en loucedé, à la cloche de bois quoi, pourront-ils verbaliser ?

 

Je suggère que le clergé, l’évêché, saisissent le Conseil d’État, puisque de nos jours on saisit le Conseil d’État pour n’importe quoi : « Le Conseil d’État a donné raison à Lactalis qui souhaitait qu’indiquer l’origine du lait ne soit plus obligatoire. Le géant laitier voulait défendre « la libre circulation des marchandises » ; la Confédération paysanne dénonce « une décision favorable à ceux qui exportent mais pas à ceux qui privilégient la relocalisation ».

 

Le protégé de la pétroleuse Isabelle Saporta, Maxime Lledo le fracassé a bien raison ce gouvernement n'en a rien à cirer des enfants.

 

Que fait l’opposition ?

 

Les Verts, les Rouges, les Roses, s’il en reste, les Bleus, unis pour déposer une motion de censure pour humilier Macron…

 

Quitte à me faire sonner les cloches j’affirme qu’il faut sauver la liberté de circulation des cloches, il en va de la respiration de notre démocratie, de la sauvegarde du droit de se moquer : notre excédent de cloches risque de nous faire sombrer, il faut les exporter, via le canal de Suez, par porte-containers entiers, en Chine, afin de compenser leur don du coronavirus.

 

Pâques : les cloches sont arrivées - Urtikan.net | Dessin humoristique,  Humoristique, Dessin

 

Comme vous le savez peut-être les cloches portent des noms, il sera donc facile de les identifier, je tiens à votre disposition une liste de noms, de les empaqueter dans du papier soie – ha la route de la Soie –, de confier la logistique à Amazon, et le tour est joué, au pays de l’ex-Président Mao nos cloches nationales pourront se rééduquer, prendre des leçons de démocratie.

 

I have a dream !

 

Rassurez-vous, ce ne sont pas les effets secondaires de l’Astra Zeneca mais une réelle colère face à la bêtise ambiante, au degré zéro de la réflexion, au « c’est la faute des autres », à la victimisation,  à l’infantilisation…

 

De ce pas, afin d’écluser ma sainte colère, je vais cacher dans mon jardin extraordinaire, des œufs de Pâques que je me suis fait livrés par la cloche qui porte mon prénom à l’église Saint-Jacques de la Mothe-Achard.

 

Joyeuses Pâques !

Objets d'hier, Crécelle

Pâques : la douce tradition des ... crécelles ICI

 

C'est une tradition en Alsace et en Lorraine, pour Pâques les crécelles sont de sortie. Le but ? Faire le plus de bruit possible pour appeler les fidèles à la messe en remplacement des cloches qui sont parties à Rome. Ouille.

Enfin, dans la liturgie catholique, avant Vatican II, maniée dans les rues par les enfants de chœur, elle annonçait les offices durant le Triduum pascal en remplacement des cloches.



Et c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui.



Quand les cloches ne sont pas là, les crécelles dansent


L'apôtre Mathieu écrit qu'au moment où Jésus mourut, il se produisit des phénomènes terrifiants.


C'est pour rappeler cet événement que le son des cloches a été remplacé, pendant de nombreuses années, par le bruit des « instruments des ténèbres » (claquoirs, crécelles, martelets...).


Ainsi, aux offices, dès le Jeudi Saint, la crécelle ou le claquoir remplace la sonnette d'autel.

Dans la tradition de l’Eglise catholique, les crécelles font donc partie du mobilier liturgique de la sacristie : elles servaient notamment au moment de l’élévation à la messe du Jeudi Saint.



Elles étaient alors prêtées aux enfants de chœur ou au milieu du XXe siècle, réservées aux communiants qui avaient l'honneur d'agiter les crécelles trois fois dans la journée aux heures habituelles de l'angélus. 

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 06:00

La saga Panzani avec Don Patillo par Nath-Didile - Les petits dossiers des  Copains d'abord

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J’ai bien connu Robert Skalli le boss des vins Skalli à Sète, inventeur des vins de cépages à la française via les vins de pays d’Oc, il fut membre du groupe stratégique qui pondit Cap 2010. En ce début des années 2000 Robert pilotait aussi pour le compte du groupe Cohen-Skalli la branche Lustucru pâtes fraîches.

 

La première guerre de la nouille eut lieu dès 1968, année de tous les dangers, la famille Carret propriétaire de Rivoire&Carret redoutant la puissance de feu des italiens Barilla et des allemands Birkel, proposa à la famille Cartier-Million propriétaire de Lustucru, qu’elle côtoyait dans le Syndicat des fabricants, un rapprochement.

 

Ainsi vit le jour en 1969 une holding à deux filiales, Rivoire & Carret et Lustucru, chacune des filiales détenant respectivement 58 et 42% des actions, ces dernières étant réparties entre 32 actionnaires familiaux. La holding récemment créé décida de construire une nouvelle usine, dans l'Oise, à Ourscamp. Cette dernière installation produisit vite plus de 200 tonnes de pâtes par jour contre 130 tonnes à Marseille (usine des Rivoire & Carret) et 100 tonnes à Grenoble. Dans les années 70-80, les ventes de Rivoire & Carret commencèrent à stagner tandis que celles de Lustucru continuèrent à croitre.

 

Pendant cette même période, en 1971, les Cartier-Millon furent pris de court par la revente de la majeure partie des actions de la famille Carret à la famille de semouliers marseillais les Cohen-Skalli. Ces derniers devant la situation de l'époque et le suréquipement en usines décidèrent de fusionner Rivoire & Carret et Lustucru en 1981.

 

De nombreuses procédures judicaires s'ensuivirent sur une période de 7 ans, jusqu'au rachat en 1987 des 42% de la famille Cartier-Millon par les Cohen-Skalli. Lustucru fut transférée à Marseille et en 1989 l'usine de Grenoble fut fermée.

 

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Rivoire & Carret allait-il disparaître ?

 

Le boulet passa très près avec l’irruption de la pâte fraîche qui bouleversait les équilibres, permettait une profitabilité supérieure. Lustucru tira le premier. Robert Skalli triomphait, et comme lui alliait Pasta et Vins il dérangeait les barons de Panzani tenus par les banquiers de PAI (Paribas).

 

En 2002, comme l’écrivait Frédéric Pons dans Libé : « Panzani aspire Rivoire et Carret-Lustucru. «Al dente», pour mieux déguster les pâtes fraîches et le riz Taureau ailé de son concurrent historique. Par crainte d'indigestion, en revanche, Panzani chipote sur les activités «pâtes sèches» et sur les «semoules» du groupe français Rivoire et Carret-Lustucru, propriété de la famille Skalli : Don Patillo, mascotte de Panzani, aimerait bien refiler son assiette à un autre convive. »

 

En effet, même si la pasta sèche représente 90 % de la consommation des Français, c’est un marché mature, il ne progresse pas alors que celui de la fraîche se tape du +10% par an. Et là Lustucru c’est 40% du créneau. Le rêve pour un cartel.

 

12 septembre 2002 Après avoir risqué l'enlisement, Panzani sort victorieux du dossier Lustucru. Le numéro un français des pâtes fraîches, contrôlé par le fonds de capital-investissement PAI, a finalisé, hier, l'acquisition des pâtes fraîches et du riz Lustucru avec l'aide du vendeur, la famille Skalli. En effet, l'activité pâtes sèches, dont la cession était requise par les autorités de la concurrence, restera finalement dans le giron de ses anciens propriétaires. Numéro un français des pâtes sèches, Panzani avait tenté de trouver un repreneur extérieur pour cette branche, mais le désistement subit, à la fin de l'été, de l'italien Agnesi, filiale de Colussi, l'avait laissé sans solution de rechange.

 

Le bouclage de l'opération a été annoncé aux salariés, lors du comité d'entreprise ordinaire qui s'est tenu hier au siège de Rivoire et Carret Lustucru (RCL) à Marseille. Robert Skalli, vice-président du groupe et actionnaire principal, a annoncé la création d'une nouvelle structure, Pasta Corp., dont les actionnaires seront lui-même et son frère Bernard. L'entité regroupera Les Semouleries de Normandie, à Rouen (32 salariés), une partie du personnel administratif et commercial du siège de Marseille (200 salariés), qui sera en majorité transféré au siège lyonnais de Panzani, et les deux usines de pâtes sèches, celle de La Pomme à Marseille (112 salariés) et celle d'Ourscamp, dans l'Oise (160 salariés).

 

Depuis lors :

 

  • 24 février 2005 Panzani vendu au numéro un espagnol de l'agroalimentaire
  •  

Ebro Foods,el beneficio neto se redujo a € 37 millones, un 15% menos,  Nuestra deuda neta aumentó en € 88,3 millones en el año hasta la fecha a €  793 millones,

 

Ancienne filiale de Danone, Panzani devait passer sous bannière espagnole. Ebro Puleva, le premier groupe agroalimentaire espagnol, est entré hier en négociations exclusives pour acheter la société française pour un montant total de 639 millions d'euros, dont 302 millions de reprise de dette financière nette. Le vendeur est Financière Panzani, une société holding basée au Luxembourg, contrôlée majoritairement par PAI Partners, et minoritairement par Fonds Partenaires et IRR Capital.

 

Les conseils dans cette opération sont JP Morgan pour Ebro Puleva et Rothschild & Cie pour les vendeurs. La transaction était encore hier sujette à l'accord des autorités de la concurrence, de même qu'à la consultation des représentants du personnel de Panzani. Le bouclage de l'opération devrait être réalisé au deuxième trimestre de cette année.

 

Ebro Puleva a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros, pour un profit net de 121 millions. Le groupe est un gros producteur de sucre, de riz et de produits laitiers. Alors que la fabrication de sucre risque de devenir moins rentable en raison de la baisse des prix garantis par l'Union européenne, l'entreprise cherche à diversifier ses activités.

 

De fortes plus-values

 

Numéro deux des pâtes alimentaires en Europe, Panzani a acquis Lustucru en septembre 2002. Au total, l'entreprise française a réalisé en 2004 un chiffre d'affaires de 431 millions d'euros, pour un profit brut d'exploitation de 69 millions.

 

De leur côté, les vendeurs peuvent se féliciter. A la fin de 1997, Paribas Affaires Industrielles, à 50-50 avec deux fonds d'investissement (alors Fonds Partenaires et Finance & Investors), avait acheté une grande partie de la branche épicerie de Danone, qui comprenait Panzani, William Saurin et Maille-Amora, pour un montant de 3,9 milliards de francs (595 millions d'euros). Au mois de novembre 1999, Unilever avait pris le contrôle de Maille-Amora pour 4,7 milliards de francs (717 millions d'euros). La vente de William Saurin était, quant à elle, annoncée en juin 2001 : la société était alors cédée au Comptoir Commercial Alimentaire, présidé par Monique Piffaut, pour un montant non précisé.

 

A priori, les investisseurs initiaux dans la branche épicerie de Danone ont donc réalisé de fortes plus-values sur leurs différentes cessions.

 

  • De Skalli à Boisset : la valse des géants ICI 

La saga Panzani avec Don Patillo par Nath-Didile - Les petits dossiers des  Copains d'abord

LUSTUCRU VEUT S'OFFRIR PANZANI, TROIS FOIS PLUS GROS QUE LUI

T.L. avec AFP

Le 26/03/2021

 

Selon les Echos, le fabricant français de pâtes alimentaires sèches serait prêt à se positionner, aidé par un fonds britannique.

 

Lustucru a-t-il les yeux plus gros que le ventre?

 

Le groupe français est prêt à faire une offre de rachat pour Panzani, qui pourrait être mis en vente pour 600 millions d'euros, affirme le quotidien Les Echos jeudi soir. La différence entre les deux groupes est de taille puisque Panzani réalise un chiffre d'affaires trois fois plus élevé (470 millions d'euros) que Lustucru (150 millions d'euros).

 

Lustucru, société contrôlée par la famille Skalli, se prépare donc à ce que le premier groupe agroalimentaire espagnol, Ebro Foods, actuel propriétaire de Panzani, démarre le processus de vente en avril. Dans ce cadre, Lustucru s'associerait au fonds britannique CVC, selon Les Echos.

 

Ebro Foods possède par ailleurs Lustucru Sélection (pâtes fraîches...), issue de la scission de Lustucru en deux sociétés en 2002.

 

Aucune décision, assure Panzani

 

Dans un entretien mi-mars au journal espagnol el Economista, Antonio Hernandez Callejas, le président d'Ebro Foods, indiquait ne pas être opposé à la vente de Panzani. "Je n'ai jamais dit que je ne vendais rien. Tout dépend du prix", avait-il déclaré.

 

Si nous procédons à un désinvestissement de 600 millions [Panzani, en France], il y a des possibilités, car avec ces montants beaucoup de choses peuvent être faites: réduire la dette, verser des dividendes ou investir dans autre chose", ajoutait-il.

 

Contacté par l'AFP, Panzani a réagi en affirmant que "si certains acteurs ont effectivement exprimé un intérêt suite aux ventes du groupe Ebro en Amérique du Nord, Panzani confirme que l'actionnaire du groupe Panzani, Ebro Foods, n'a pris aucune décision de cession de ses activités en France et n'a signé aucun mandat de vente en ce sens".

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 08:00

 

Qui se souvient d’Édith Cresson la météorique 1ère Ministre de Tonton 15 mai 1991 – 2 avril 1992 ?

 

 

Les rosbifs :

 

La majorité des hommes (dans les pays anglo-saxons) sont homosexuels - peut-être pas la majorité - mais aux USA il y en a déjà 25 %, et au Royaume-Uni et en Allemagne c'est bien pareil. Vous ne pouvez pas imaginer ça dans l'histoire de France... Je considère qu'il s'agit d'une sorte de faiblesse.

 

« Édith Cresson a déclaré qu'un anglais sur quatre est homosexuel. Alors, des Beatles, c'est lequel qui mordait l'oreiller ?... »

Les Nuls

 

« Quand je reçois des journalistes, je leur dis franchement ce que je pense », confiait, le 18 juin 1991, Mme Édith Cresson.

 

C'était au lendemain de ses propos rapportés par le journal britannique The Observer, qui venaient de mettre en émoi la presse d'outre-Manche. Le premier ministre y avait affirmé que 25 % des Américains, des Britanniques et des Allemands étaient homosexuels. L'Hôtel Matignon avait alors argué que ces déclarations avaient été extraites d'une conversation datée de...1987.

 

Le 14 juillet 1991, François Mitterrand feignait de se délecter de ce parler cru de son Premier ministre. Mais peut-être en viendra-­t­-il un jour à penser, comme le dit l'adage célèbre, que lorsque les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limites.

 

 

 

Tel fut le cas, le 2 avril 1992, la pétulante Édith passait à la trappe ! Adieu fourmis japonaises, Abel Farnoux son gourou « son Raspoutine », disait Chirac en privé… La billettiste du Monde, Claude Sarraute, évoquait « les câlineries d'une femelle en chaleur ». « Le bébête show » représentait le premier ministre par une marionnette appelée Amabotte.

 

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Comme elle aimait à le dire, de son éviction « j’en eus rien à cirer ! » en effet lorsque je sortais des réunions à Matignon j’étais en charpie tellement elle alignait des inepties… et qu’on ne vient pas me rétorquer que c’est du sexisme, les mecs Ministres aussi en alignaient mais, comme me l’avait dit lors de sa nomination à Matignon, son ancien directeur de cabinet au Ministère de l’Agriculture, « au bout de la première page d’une note, elle décroche… » Elle avait un côté gilets jaunes Édith, et sa méthode tenait du « on avance, on avance… »  

 

Fallait-il que Tonton détesta autant Rocard pour l’avoir vidé sans préavis au profit d’une Édith dotée d’autres qualités que celles permettant de survivre dans l’Enfer de Matignon.

 

Bref, j’en reviens au sujet du jour :

 

Pourquoi les Britanniques adorent détester les Français ICI  

 

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.

 

Si le Britannique, malgré des siècles d’histoire commune, éprouve de l’agacement voire de l’antipathie à l’encontre de son voisin français, c’est parce que ce dernier serait d’une nature incompréhensible et exaspérante. C’est ce qu’explique cet auteur londonien en s’appuyant sur des exemples, dont celui d’un poulet mal cuit au XVe siècle.

 

 

Après des années de gabegie politique sur notre île, ces dernières semaines nous ont permis de renouer avec un sentiment essentiel, le seul capable de ragaillardir tout Anglais digne de ce nom. Alors certes, il faut se féliciter que notre campagne de vaccination ait déjà sauvé des milliers de vies, mais c’est peu de chose comparé à ce constat rafraîchissant : pour la première fois depuis bien longtemps, nous sommes dans un bien meilleur état politique que la France. Enfin, l’ordre cosmique est rétabli.

 

Le président français a compromis sa réputation plus qu’aucune autre personnalité en ces temps de Covid – et pourtant, la concurrence est rude. Emmanuel Macron a commencé par jeter le doute sur le vaccin d’AstraZeneca, qu’il a qualifié de “quasi inefficace” pour les plus de 65 ans dans un accès d’irresponsabilité propre à faire rougir Trump lui-même. Puis, conséquence des mesures liberticides qu’il a imposées, le magazine The Economist [dans son indice de démocratie publié en février] a requalifié la France au rang de “démocratie imparfaite”, aux côtés des sales types du groupe de Visegrád et de l’Inde de Modi.

 

Et voilà que Paris suspend [pour quelques jours] l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca au prétexte d’un nombre ridicule de cas de thromboses, inférieur au risque que présente la pilule contraceptive. Mais au fond, cela n’a peut-être pas grande importance dans ce pays de toute façon champion du monde du mouvement antivax, et plus largement du complotisme. Un pays incompréhensible et exaspérant au possible, ce qui explique au moins en partie l’antipathie de l’Anglais à son égard, qui ne date pas d’hier.

 

Une relation compliquée

 

Quand l’année dernière le Royaume-Uni est sorti de l’UE, cela faisait des décennies que nos médias crachaient leur hostilité à l’Europe, et en particulier, plus encore que leur germanophobie, leur francophobie. L’exemple le plus célèbre reste sans doute ce gros titre du Sun en novembre 1990 : Up Yours, Delors [“Va te faire foutre, Delors”]. Celui qui était alors président de la Commission européenne était devenu une sorte d’épouvantail de la droite britannique. Il avait eu l’audace de critiquer l’isolement croissant de Londres en Europe, alors le Sun s’était empressé de répliquer : “Il a fallu que nous rabattions son caquet à Napoléon à Waterloo en 1815 pour que ces gens cessent de tenter d’envahir l’Europe” ; “Ils ont capitulé devant les nazis quand nous résistions jusqu’au bout.” Le Sun appelait ainsi tous les “bouffeurs de grenouilles” à scander “Up Yours, Delors”, et déplorait qu’on sente jusque sur la côte sud les effluves d’ail des voisins français.

 

À l’époque, Delors n’était pas le seul Français à prendre les Anglais à rebrousse-poil. L’année suivante, la Première ministre Édith Cresson se disait convaincue qu’un quart des “hommes dans les pays anglo-saxons” étaient homosexuels, ce à quoi le député conservateur Tony Marlow avait répondu : “Si Mme Cresson insulte la virilité de l’homme britannique, c’est que lors de son dernier passage à Londres elle n’a pas dû avoir son content de regards admiratifs.” Et puis en France, les hommes s’embrassent et font usage de sacs à main, firent remarquer nos tabloïds, prenant la balle au bond.

 

Certes, le Sun ne parlait pas pour l’Angleterre tout entière, mais une bonne proportion de ses lecteurs se retrouvaient probablement dans les propos du journal. Si l’Angleterre entretient avec la France une relation compliquée, c’est aussi une relation inextricablement liée à notre système de classes : les classes moyennes anglaises ont une obsession pour la France, tandis que les classes ouvrières anglaises, traditionnellement, détestent tout ce qui a à voir avec elle.

 

Une histoire de classes

 

Dès la Révolution française, les radicaux de bonne famille se sont enflammés pour les événements qui se déroulaient à Paris, à l’image de Charles James Fox, homme politique [du Parti] whig, qui, lors de la prise de la Bastille, s’enthousiasma : “C’est le plus grand événement qui se soit jamais produit dans le monde!”

 

Ce n’est pas seulement qu’ils adhéraient à l’idéologie révolutionnaire, c’est que cette idéologie était française. Quand la France sombra ensuite dans l’anarchie, puis la tyrannie, l’intelligentsia britannique continua de la soutenir. Lord Holland, neveu de Charles James Fox, soutint publiquement Napoléon, et son épouse, Lady Holland, alla jusqu’à envoyer des livres à l’empereur déchu exilé à Sainte-Hélène. “Quel chagrin que les plus grands espoirs de la Terre reposent sur toi!” déplorait de son côté le poète William Wordsworth, en parlant de son pays.

 

À l’inverse, au sein de la classe ouvrière anglaise, le soutien à la Révolution était presque inexistant, si bien que quand l’Angleterre lança une campagne de recrutement de volontaires pour combattre la France, elle parvint à enrôler 20 % de ses hommes adultes [ce chiffre comprend les volontaires, les forces régulières et la milice], signe de l’ampleur de l’opposition à Napoléon. Ce n’est pas juste qu’ils voulaient défendre la liberté de l’Angleterre contre un système révolutionnaire, c’est qu’ils voulaient combattre les Français.

 

Des milices locales furent alors formées. En 1804, lors d’un simulacre de bataille organisé à des fins d’entraînement à Wood Green, dans le Middlesex, les volontaires d’Islington furent désignés pour jouer les Britanniques, tandis que ceux de Hackney et de Stoke Newington devaient incarner les Français [Islington, Hackney et Stoke Newington sont des quartiers de Londres]. Mais les soldats de Hackney rechignaient tant ne serait-ce qu’à faire semblant d’être français qu’une rixe éclata, faisant plusieurs blessés, dont un poignardé à la jambe.

 

C’est que les gars de Hackney étaient des cockneys, des ouvriers. Des volontaires issus des classes moyennes auraient adoré jouer aux Français, jacasser sur les derniers snobinards en vogue rive gauche en insistant sur toutes les prononciations à la française comme des journalistes de la radio publique.

 

Un complexe d’infériorité

 

Notre relation à la France est évidemment façonnée par un complexe d’infériorité qui remonte à l’occupation normande, et par le soupçon, durablement enraciné dans le prolétariat, que les aristos au fond sont toujours des Français (et c’est un fait, 950 ans plus tard, les Anglais portant des patronymes normands restent plus riches que le reste de leurs concitoyens).

 

Ce complexe d’infériorité a encore été aggravé par la domination culturelle de la France du XVIIIe siècle, lorsque les élites anglophones s’évertuaient à imiter l’étiquette de Versailles et que les mœurs sexuelles des Français scandalisaient les sensibilités petites-bourgeoises de notre côté de la Manche. Louis XV a eu plus de cent maîtresses (cent! et parmi elles, cinq sœurs) – à côté, Charles II, le plus grand coureur de jupons de la cour d’Angleterre, à demi-français d’ailleurs, passerait presque pour un eunuque.

 

Il y a donc la question de la chair, et puis il y a celle de la bonne chère, une obsession française touchante, et un peu déroutante aussi. Au XVe siècle, les Anglais régnaient sur une grande partie de la France, et lors du couronnement à Paris d’un roi Henry encore bébé, un poulet trop cuit signa pour eux le début de la fin – même les miséreux qui faisaient la queue pour en grappiller les restes trouvèrent à redire de cette viande immangeable. Quelques années plus tard, les Français s’étaient révoltés et avaient bouté l’Anglais hors de chez eux.

 

La bonne chère

 

Il n’y a qu’en France que des supporteurs de foot s’enflamment contre la perte d’une étoile Michelin par un restaurant du coin, comme ce fut le cas à Lyon il y a deux ans. Il n’y a qu’en France qu’une expédition himalayenne, de la plus haute importance pour le pays, peut échouer accablée sous huit tonnes de provisions de bouche, dont 36 bouteilles de champagne et d’innombrables conserves de foie gras. Il n’y a que la France pour bercer en son sein d’authentiques terroristes œnologiques associés dans un Comité régional d’action viticole*, responsable d’attentats à la bombe contre des épiceries, des cavistes et autres échoppes coupables d’importation de produits étrangers. Voilà tout de même un pays qui ne s’est résigné qu’à contrecœur, dans les années 1950, à cesser de servir aux enfants une boisson parée de mille vertus qui était, non du lait (comme quiconque n’est pas français aurait pu le penser), mais du cidre [et du vin].

 

Dans ce pays, l’adultère est chose si banale qu’on peut léguer ses biens à ses amants et maîtresses, et qu’un meurtre, quand il est commis par amour, n’en est pas vraiment un. Voyez Henriette Caillaux, l’une des plus grandes femmes du monde de l’époque, qui, pour avoir tué par balle le directeur du Figaro, à la veille de la Première Guerre mondiale, fit seulement quatre mois de prison car il s’agissait d’un crime passionnel* – ah, d’accord, ça va, alors.

 

Le dernier duel de l’histoire de France, en revanche, eut lieu en 1967, après que le maire de Marseille Gaston Defferre eut traité le député René Ribière d’“abruti”. Ce dernier s’en trouva blessé, d’abord dans son orgueil, puis dans sa chair.

 

La fierté française

 

Tout cela relève d’un certain sens de l’honneur, qu’on retrouve aussi dans la fierté nationale à la française – cette dernière restant comme la première cause d’agacement des Britanniques dans l’UE, alors qu’avec les Allemands ou les Néerlandais, ça passait encore. L’animosité contre les Français motivait une partie de notre europhobie, c’est certain. Rappelez-vous l’année dernière, comme notre quotidien par ailleurs bien maussade s’est trouvé égayé par l’éventualité de quelques escarmouches entre la Royal Navy et des pêcheurs français.

 

Pourtant, la France, “Ce tendre ennemi” [That Sweet Enemy, titre d’un ouvrage paru en 2007, rédigé par un historien britannique et une historienne française], est en réalité, et de loin, notre plus proche alliée. Qui sur le terrain de bataille à Waterloo aurait pu imaginer que c’était là la dernière fois que les deux pays s’affronteraient, et que cette date marquerait le début d’une amitié qui dure aujourd’hui depuis plus de deux cents ans, d’une alliance militaire bien plus forte que la prétendue “relation particulière” avec les États-Unis? Quarante ans plus tard, Britanniques et Français combattraient dans les mêmes rangs en Crimée (bien que Lord Raglan continuât sur place à les appeler “l’ennemi”), et depuis nous avons toujours été dans le même camp, que les guerres fussent mondiales ou plus régionales, de Suez à la Libye.

 

Cette année, nous n’irons pas en France, et je dois reconnaître que j’en suis ravi. Je n’écris pas ça par dépit, non. Je suis ravi d’aller à Bognor, qui peut se targuer d’être la troisième ville la moins pluvieuse du Royaume-Uni. Mais qu’irais-je faire dans le Languedoc?

 

Mais nous y retournerons, si ce n’est cette année, alors la suivante, et nous reformerons cette longue caravane élancée sur l’A26 dans un interminable périple vers l’eldorado des classes moyennes anglaises, là-bas, au sud de la Loire.

 

* En français dans le texte.

Ed West

 

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