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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 06:00
Aller aux Riceys pour parler fromage est-ce si déplacé : le Chaource entre rupture et continuité, la vie ordinaire d’une AOC…

Les railleurs SVP camembert ! Il existe un fromage des Riceys, petit frère du plus connu Chaource et, sur ce terre fromagère située en Champagne méridionale, y’en a d’autres : l’Ervy, le fromage de Barberey ou de Troyes, le Soumaintrain et le Saint-Florentin. Chacun porte le nom des villes-marchés où ils se vendaient.

 

Ils ont tous un facteur commun : le caillé lactique à égouttage lent fabriqué à base de lait entier.

 

Comme tous nos beaux fromages de terroir le Chaource à une longue histoire (voir plus loin) mais comme l’écrit Pierre Fargues de l’Institut de l’élevage sous le titre La barque de Delphes :

 

« Le propriétaire d’une barque est amené, petit à petit, à changer toutes les planches de sa barque. Tant et si bien qu’à la fin, la question se pose de savoir si c’est toujours sa barque. Oui, répond le propriétaire : toutes les planches ont bien été changées, mais le lien entre les planches est resté les mêmes.

 

Cette histoire illustre bien ce que nous rencontrons souvent en AOC. Lors des réunions avec les producteurs attelés à la révision des conditions de production en Chaource, le premier constat est que tout a changé ! Mais quand en fin de réunion, ce même groupe déguste le fromage, il reconnaît que la « typicité » (ce qui le rend unique) est restée et ce qui a changé, c’est la qualité. Ce ne serait pas les éléments techniques qui feraient la typicité, mais le lien entre ces éléments. »

 

2 gros mots à mes oreilles : typicité et qualité mais le lien entre la race des vaches, leur alimentation, le lait et la technique fromagère sont bien au cœur de nos AOC.

 

En effet, à partir des années 50, « les progrès techniques » transforme le système en profondeur : de mixtes (Brunes des Alpes, Tachetées de l’Est, Normandes, Pies Noires) les troupeaux se tournèrent exclusivement vers la Prim’Holstein.

 

Les tourteaux entrèrent progressivement dans la composition des rations des vaches laitières. L’ensilage d’herbe et de maïs se substituent aux betteraves fourragères dans les années 65-70, pour compléter le fourrage.

 

Parallèlement, le process de fabrication se codifie : les fromagers cherchent alors à produire un Chaource d’une qualité régulière. Les efforts portent une meilleure gestion des conditions de transformation par la pratique de l’ensemencement lactique. La généralisation des tanks à lait à la ferme permet une homogénéisation des conditions de collecte.

 

Mais comme le note le Syndicat de Défense « La seconde évolution majeure fut le travail thermique du lait. La pasteurisation ou la thermisation, même si elles ne sont pas systématisées, permirent de répondre aux attentes du marché tant sur le plan sanitaire qu’au niveau d’une régularité gustative des produits. Désormais, les consommateurs achetaient leurs fromages au supermarché. La production et la commercialisation du fromage avaient changé d’échelle »

 

Conséquence : « Les petites laiteries qui ne pouvaient suivre ces évolutions techniques ou faute de relève, cessèrent leur activité. L’instauration des quotas laitiers en 1984 fut un élément supplémentaire de modification, un certain nombre d’opérateurs se retirèrent. Aujourd’hui, la tradition fromagère de Chaource se perpétue avec 5 opérateurs, 2 artisans et 1 fermier (voir plus loin) qui élaborent chaque année 1800 tonnes de Chaource. »

 

Aujourd'hui, 90 producteurs de lait sont impliqués dans l'AOC chaource.

 

« En matière de transformation, trois fromageries industrielles structurent le paysage : les deux de la société Lincet (Saligny, près de Sens, et Vaudes) et celle des fromagers d'Armançon à Auxon. Parmi les opérateurs, il faut compter également sur une fromagerie artisanale (Callewært à Chaource) et trois activités fermières : le Gaec des Tourelles, au Mesnil-Saint-Georges, sur la commune d'Ervy-le-Châtel ; l'EARL de la Jersiaise à Beugnon ; et le Gaec Leclerc à Soumaintrain. »

 

En conclusion le Syndicat de Défense écrit :

 

« Cependant, l’évolution des compléments en tant qu’éléments de base des rations et la régression conjointe de l’utilisation de l’herbe au cours des 30ndernières années, s’inscrivent comme autant d’éléments de rupture dans la cadre de l’appellation. Le cahier des charges, s’il ne sera pas basé sur une alimentation exclusivement en herbe, devra néanmoins lui accorder une bonne place. »

 

Don’t acte !

 

Le Chaource est un fromage à pâte molle et croûte fleurie à prédominance lactique, le Chaource est exclusivement fabriqué avec du lait de vache entier dont la composition n’est pas modifiée (il ne subit ni d’ajout ni de soustraction de matières grasses ou de protéines).

 

Sa pâte, légèrement salée, a une teneur en matière sèche d’au moins 40 % et contient au moins 50 % de matière grasse dans l’extrait sec.

 

Sa croûte doit être recouverte de façon dominante de moisissure blanche de Penicillium Candidum. La présence d’une surface marbrée ou tourmentée due à la présence de Geotrichum est admise.

 

Il se présente sous forme de cylindre plat. Il est fabriqué en deux formats :

 

  • Un grand format dont le poids est compris entre 450 et 700 grammes à partir de la durée minimum d’affinage et caractérisé par le diamètre intérieur du moule, compris entre 110 et 115 millimètresUn petit format dont le poids est compris entre 250 et 380 grammes à partir de la durée minimum d’affinage et caractérisé par le diamètre intérieur du moule, compris entre 85 et 90 millimètres.
  •  

L'appellation d'origine contrôlée (AOC) a été délivrée au fromage de chaource en 1970. En 1996, le petit fromage rond à pâte molle et à croûte fleurie bénéficie de l'appellation d'origine européenne (AOP).

 

Histoire du fromage Chaource. 

 

« Le fromage Chaource était déjà connu au XIVème siècle. Charles Bel, de passage à Chaource, se le fit présenter et Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X le Hutin, l’exigeait à sa table. Au XIXème siècle, les fermières du Chaourçois fabriquaient déjà un fromage appelé « fromage de Chaource ». Il devait être fabriqué avec du lait gras. Il existait des marchands de fromages qui collectaient ce produit dans les fermes et le revendaient sur des marchés régionaux. Le Chaource était l’objet d’un important commerce et avait acquis sa renommée sur les principales places françaises : Paris, Lyon, Dijon, Toulouse, Reims, Metz, Douai, Clermont-Ferrand, Annecy et Lons-le -Saunier.Ce fromage doit son nom à la petite ville de Chaource, située dans l’Aube à 30 kilomètres au sud de Troyes. Mais on retrouve les premières traces du Chaource ou équivalent, dès le XII ème siècle, alors que des fermiers du village régalaient par leurs présents, l’Évêque de Langres, d’importantes quantités de fromages. Charles le Bel, de passage à Chaource, se le fit présenter, et Marguerite de Bourgogne l’exigeait à sa table. Au début du XIXème siècle, un commerçant nommé M. DEOTTE lançait le Chaource et l’acheminait à Paris, en voiture à cheval. L’herbe riche et parfumée des prairies argileuses donne une saveur délicate au lait des 3 races de vaches dominantes dans la région : la Brune des Alpes, la frisonne et la tachetée de l’Est. »

 

Les Tourelles : dix ans de chaource fermier au lait cru 

 

« À Ervy-le-Châtel, au hameau du Mesnil-Saint-Georges, l'air du bocage d'Armance s'inspire à la fois de la Bourgogne et de la Champagne. On n'est pas très loin de Soumaintrain. On est aussi tout proche de Chaource. Ici, l'herbe est verte et grasse et l'eau n'est jamais très loin. À la ferme des Tourelles, les vaches laitières exploitent ce filon. Attachées aux lieux depuis des générations, les prim'hosltein du Gaec des Tourelles sont même à la source de fromages fermiers au lait cru, devenus des fleurons de la gastronomie locale. » Libération Champagne 5 janvier 2009

Aller aux Riceys pour parler fromage est-ce si déplacé : le Chaource entre rupture et continuité, la vie ordinaire d’une AOC…
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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 06:00
Le GO des vins des Riceys qui c’est ? Demandez à JP Kauffmann qui a le sens de la géographie humaine…

Même sous les pires menaces je ne répondrai pas à cette question, et ce pour deux raisons, la première et la seconde comme l’aurait dit à juste raison Pierre DAC.

 

Y’a des jours où je me demande pourquoi je me décarcasse comme le proclamait Ducros pour ses épices, dès que je m’éloigne de votre vin chéri pour soutenir une jeune entrepreneuse, qui par ailleurs est une bonne buveuse ICI, la majorité se fait porter pâle. 

 

Je n'en sors pas pour autant mon magnum mon MAGNUM  et mets donc sagement un mouchoir sur mon juste courroux et fait appel au sens de la géographie humaine de JP Kauffmann : Les Riceys, miroir d’un monde par JP Kauffmann :

 

« Apercevant pour la première fois les Riceys il y a une quinzaine d’années, je n’en croyais pas mes yeux. De vieilles maisons vigneronnes bien tenues, ornées de ferronneries, d’admirables façades ne laissant rien deviner du dedans, un vignoble intensément travaillé, un air de superbe et de secret. Comment un tel village à la beauté intacte pouvait-il encore exister en France ? Un village ou plus exactement trois villages en un seul. Je faisais connaissance avec la redoutable complexité ricetonne, presque aussi difficile à concevoir que le mystère de la Sainte Trinité. »

 

La suite ICI vaut le détour 

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 06:00
P’tite soif à Vinexpo comme Jean-Pierre Papin commandez-donc un CACOLAC né en 1954 dans le quartier de La Bastide à Bordeaux, vous me ferez plaisir !
P’tite soif à Vinexpo comme Jean-Pierre Papin commandez-donc un CACOLAC né en 1954 dans le quartier de La Bastide à Bordeaux, vous me ferez plaisir !

J’en ai fait des tas et pourtant j’irions point cette année à Vinexpo, non pas parce que notre Président va aller l’inaugurer, c’est une première, et que notre Hubert « est ravi d’avoir Julie Gayet, au même titre que François Baroin et Michèle Laroque. Julie Gayet, je l’ai rencontré il y a quelques mois quand elle est venue présenter son film « Quai d’Orsay » à Bordeaux. Cette invitation, c’est l’engagement de Saint-Emilion envers les acteurs français et étrangers. On est résolument tourné vers le cinéma. Donc je serai ravi d’accueillir Julie Gayet en qualité d’actrice de cinéma. »

 

Bref, Bernard Farge va pouvoir lui placer son couplet habituel comme quoi il devrait être « moins difficile » pour les autorités étatiques « d'assumer la défense du produit vin » que la vente d'armes, référence aux récentes ventes de Rafale : « le vin est peut-être dangereux mais il est moins dangereux que le Rafale ». 

 

Moi qui est fini ma carrière dans le lait en fréquentant beaucoup la belle ville de Bordeaux je souhaite simplement que sous les tentes de Vinexpo le badeau puisse se faire servir l’un des fleurons de Bordeaux : le Cacolac.

 

« … Rappelons-nous que Cacolac nous vient de la laiterie de la Benauge, créée en 1946 par la coopération de deux familles de laitiers vivant à la Bastide, un quartier de Bordeaux : les Lauseig et les Lanneluc. C’est en 1954 que le Cacolac est lancé. Il y a plus de soixante ans ! Je vois déjà le procès des modernes sans racines : ceux qui l’aiment sont des réacs incapables de comprendre la modernité, la souplesse du monde, l’apport de la mondialisation, la nécessité du virtuel… Les amateurs de Cacolac sont des perdants, des paysans égarés au XXIe siècle, des dépassés. Que non ! L’amateur de Cacolac est au contraire un esthète joyeusement moderne qui cherche le subtil équilibre entre histoire et mouvement. Jamais en vrac avec du Cacolac… »

 

C’est extrait d’un délicieux petit livre Éloge <Politique> du chocolat de Serge Guérin chez Lemieux éditeur www.lemieux-editeur.fr

P’tite soif à Vinexpo comme Jean-Pierre Papin commandez-donc un CACOLAC né en 1954 dans le quartier de La Bastide à Bordeaux, vous me ferez plaisir !

« Les amateurs de Cacolac forment une confrérie discrète qui se reconnaît sans un mot, sans un signe. Une connivence de minoritaires. Certes, aucun Cacolacophilile n’a subi d’autres persécutions que le mépris et la condescendance. Mais dans une société de la vitrine, du moi télévisé, il n’est jamais facile de vivre hors la norme. Le grand sociologue Georges Palante disait déjà, au début du XXe siècle, que dans une société, la souffrance première de l’individu réside dans la conscience qu’il a de ne pas répondre à la norme du groupe… »

 

Ça ne vous rappelle rien ?

 

Alors, sous les charmilles artificielles de Vinexpo, s’il vous vient une petite soif, pour faire faire un break à vos papilles saturées de tanins commandez donc un Cacolac bien frais car « Plus d’une fois, la conversation s’est amorcée avec des adeptes assis à une autre table, juste pour le plaisir de partager ce sentiment d’appartenir à la même confrérie des amateurs de Cacolac. Jolie entrée en matière qui s’appuie sur la découverte d’un point commun et le désir de partager un même plaisir. »

 

« a laissé son empreinte dans les années 1990 à la télévision. C'était la boisson favorite de la marionnette du footballeur Jean-Pierre Papin, dans Les Guignols de l'info. Une façon de garder le personnage caricatural en enfance »

 

La vidéo Corrompu ci-dessous colle bien à l’esprit Blatter FIFA

 

Que reste-t-il de Cacolac ? 2 novembre 2012 

 

Cacolac : soixante ans d'histoire bordelaise et chocolatée dimanche 7 juin 2015 

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 06:00
Ça va de soi : « Ce n’est pas parce que l’on met du sulfite depuis des siècles dans le vin, que c’est suffisant pour le justifier » et 1 petit coup de vin de plâtre ça vous dit ?

Reçu ce qui suit :

 

« Les « natures » seraient-ils rousseauistes ?

 

Si certains sont effectivement de doux rêveurs – et jusqu’à preuve du contraire, il est écrit nulle part qu’il est interdit de rêver » - la plupart ont des arguments techniques et des méthodes d’élaboration tout aussi rationnelles que les tenants purs jus de la maison d’en face.

 

Encore une fois, on oppose à une méthode « contrevenante » des arguments considérés comme allant de soi, j’oserais presque dire «naturels» car convenus, usuels et totalement entrés dans les mœurs.

 

Ce n’est pas parce que l’on met du sulfite depuis des siècles dans le vin, que c’est suffisant pour le justifier. On y a mis du plâtre aussi, du miel, des épices, et bien d’autres choses encore, pendant des siècles, ce qui ne veut pas dire que c’est « bon » ni justifiable. Présenté comme cela, l’argument tombe.

 

Faire du vin sans sulfite, c’est impossible !

 

C’est peut-être là qu’est le rêve, justement.

 

La face nord de L’Eigerwand était impossible. Elle s’est faite, avec des victimes certes, mais ce n’est plus un rêve illusoire.

 

Faire du vin sans sulfite, est un problème.

 

Et à partir du moment où c’est un problème, cela devient intéressant : c’est qu’il y des solutions nouvelles à imaginer.

 

Donc l’argumentaire est à nouveau caduc. Mais effectivement l’exercice reste risqué !

 

Un dernier point, le plus sensible à mon avis justement : la question aujourd’hui est sociologique. La rupture est moins finalement sur la place de la technique, centrale dans notre société, que sur la technique elle-même. C’est-à-dire que des deux côtés, ce qui est mis en avant c’est l’approche utilisée, explicitement (vin sans sulfite) ou implicitement (conventionnel) avant la finalité, qui est le vin.

 

Je renvoie dos à dos les thuriféraires de chacune des techniques : ils sont coincés dans le même piège intellectuel.

 

C’est l’aspect qui échappe totalement aux « techniciens » et à tous ceux qui «s’opposent» à ces vins (nature). »

 

Un petit retour historique :

 

Vin de plâtre d’abord : « Cette dernière pratique, qui consiste à introduire dans le vin du sulfate de potasse, est traditionnellement utilisée dans le Midi, en Espagne et en Italie pour éviter que les vins tournent en cas de changement de température. Les caractéristiques de ces vins méditerranéens (forts en acidité et en teneur alcoolique) impliquent aussi des conditions difficiles de transport ; le plâtrage permet de mieux garder le vin. C'est dire que cette technique ne peut être abandonnée qu'au prix d'investissements importants en caves et en procédés de vinification.

 

Cependant, après le phylloxéra, le plâtrage commence à être utilisé aussi pour rendre les vins plus solides, brillants et colorés. Comme l'observe le Journal des chambres de commerce, « nos pères obtenaient le même résultat d'une façon naturelle en laissant vieillir le vin et en faisant deux ou trois soutirages »

 

Le plâtrage répond donc en partie à un problème ancien puisque, à un niveau de technique donné, il permet de se protéger de certains risques de production. Mais, à partir des années 1880, ce procédé acquiert une autre fonction : il sert à accélérer le processus de fermentation du vin, il vise dès lors plutôt la quantité (éventuellement au détriment de la qualité). De ce fait, on ne peut parler d'un lien univoque entre technique de production et qualité du produit. La même technique, en l'occurrence le plâtrage, peut s'accompagner de perceptions différentes de la qualité du produit et implique des biens effectivement différenciés. En France, le plâtrage est pratiqué surtout dans le Midi, pour faire face aux températures élevées et changeantes. Cependant, dans le Bordelais aussi, il est courant d'importer des vins italiens et espagnols plâtrés, notamment au tournant des années 1880-1890 (...)

 

Extrait de « Histoire de la qualité alimentaire » Alessandro Stanziani pages 84-85.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 18:25
Et si le destin du short de Wawrinka à Roland-Garros préfigurait celui des vins nus…

Non je ne suis pas tombé la tête la première sur la terre battue de mauvaise qualité de Roland-Garros.

 

Le succès ça change tout, le short de Stan Wawrinka, vainqueur dimanche de Roland-Garros, façon nappe de pique-nique en rouge, gris et blanc, que lui seul semblait aimer, objet de toutes les railleries, les moqueries, est devenu la star des réseaux sociaux. Il fait l'objet de toutes les convoitises.

 

Le Parisien nous explique la genèse La genèse de cet incroyable buzz :

 

« Stan Wawrinka est apparu pour la première fois avec cet improbable short à Monte-Carlo, en avril. Sur le Rocher, le tenant du titre, équipé par Yonex depuis 2012, s'était alors fait sortir sans ménagement par Grigor Dimitrov. Mais plus que sa défaite, c'est son accoutrement qui avait fait rire tout le monde.

 

J’adore la réponse du Suisse :

 

«C'est un short 3 en 1, avait-il expliqué à la télévision suisse. Je vais me baigner, je joue au tennis et je dors avec.»

 

La collection, dessinée au Japon, avait été présentée un peu moins d'un an auparavant à tous les revendeurs de la marque. «Il y en a quatre par année, une pour chaque saison. Il est rare qu'elles soient lancées sans l'aval du joueur.

 

Là, il y avait une volonté de créer un truc tape-à-l'œil, assure Jean-Luc Aznavorian le responsable tennis de BDE Sports, revendeur de l'équipementier japonais Yonex pour la France et pour l'Espagne. C'était fait exprès que cela ressemble à un caleçon de bain. Il fallait faire original et presque pas beau pour faire parler de nous. En textile dans le tennis, on n'a pas la notoriété de Nike ou Adidas.»

 

D'où la décision de ne pas commercialiser le fameux short en France. Avec le sacre de Wawrinka à Paris, la stratégie de vente devrait changer en 2016...

 

Pour l'instant, seul le site américain Tennis Waterhouse propose le produit à 42 dollars (environ 37,50 €), auxquels vous devez rajouter... 50 dollars si vous voulez l'avoir en moins de 10 jours !

 

Le bon goût, le mauvais goût, la provocation, faire original et presque pas beau, casser les codes… Bon moi ce que j’en dis c’est pour causer mais l’avenir nous dira si dans notre petit monde du vin les railleurs ne vont devenir des « rallieurs »

 

Affaire à suivre… Les affaires sont les affaires..

 

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 06:00
In Vivo acquiert le groupe vin Cordier-Mestrézat : j’oserai écrire que les vendeurs doivent se dire ouf merci Aspro !

Avec mon ami JLV, suite à mon rapport et à la note stratégique Cap 2010 le défi des vins français, nous avions posé, avec 3 acteurs majeurs du marché, les fondations d’un grand groupe français en capacité de répondre au défi des vins du Nouveau Monde sur les grands marchés émergeants.

 

Le cours de l’Histoire en a décidé autrement mais ce n’était pas un château en Espagne comme ce que nous annonce Le Figaro, qui se targue d’être une référence en économie des entreprises, mais qui a la mémoire courte lorsqu’il titre que le rachat de Cordier Mestrezat, l'un des trois plus grands négociants de Bordeaux, par In Vivo, un groupe coopératif, le premier du pays (c’est une Union) est une Révolution Quai des Chartrons.

 

La révolution c’aurait été ça : 22 juin 2009 Coup de tonnerre à Vinexpo : une mystérieuse holding lance 1 OPA inamicale sur les Big Three coopératives de South of France… 

 

« Vin&Cie a reçu dans la nuit un communiqué émanant d’une mystérieuse Holding « CCL » qui déclare vouloir prendre le contrôle des Big Three de South of France en lançant une OPA inamicale auprès des détenteurs de parts sociales de ces groupes coopératifs qui contrôlent une large part de la production viticole languedocienne et qui sont parmi les plus importants metteurs en marché du pays. »

 

En effet, y’a belle lurette que la maison Cordier est passée sous pavillon coopératif grâce à l’un de ces montages (avec le groupe suisse TAG) qu’affectionnait l’audois de Bizanet, Yves Barsalou, lorsqu’il présidait boulevard Pasteur ce que l’on appelait alors le Crédit Agricole (maintenant c’est CASA) et qu’il menait en sous-main le Val d’Orbieu.

 

Lorsque le Val d’Orbieu se vit pour des raisons de survie économique dans l’obligation d’élaguer : fourguer Listel au champenois Vranken et, comme on dit chez les banquiers, faire porter par CASA ce que le groupe coopératif ne pouvait plus supporter dans le groupe Cordier Mestrezat. Suite à cette dernière opération 78% du capital était entre les mains du Crédit agricole et du groupe suisse TAG, propriétaire de l'écurie de F1 McLaren et de TAG Aviation, leader du jet privé, le restant détenu par le Val d’Orbieu.

 

Ce sont ces 78% qu’In Vivo vient d’acquérir pour près de 40 millions d’euros nous dit Le Figaro et j’oserai écrire que les vendeurs doivent se dire : ouf merci Aspro !

 

En effet, ça fait un bail que Cordier était sur le marché et ne trouvait pas preneur.

 

Thierry Blandinières, directeur général du groupe déclare que «C'est la première pierre à l'édifice du pôle vin d'In Vivo » et qu’il est déterminé à faire du vin son quatrième pilier à côté de l'agriculture, de la santé animale et du pôle grand public (Gamm Vert, Delbard).

 

«Nous sommes déjà présents en amont de la filière via la gestion de vignes, explique-t-il. Nous souhaitions nous développer dans l'aval et allons saisir des opportunités de structurer ce nouveau pôle pour atteindre assez vite un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros.»

 

Le Figaro nous dit que pour y parvenir, In Vivo veut développer les ventes des vins de la marque Cordier, qui représentent 25 % du chiffre d'affaires de sa nouvelle filiale (45 millions d'euros) aux côtés du négoce de grands crus (50 %) et de petits châteaux bordelais (25 %).

 

Le groupe coopératif (5,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans 28 pays) mise sur son savoir-faire d'exportateur pour développer à l'international la marque Cordier sur le segment premium (8 à 10 euros en grandes surfaces).

 

Il veut convaincre plus de viticulteurs de lui vendre leur production et est prêt à élargir la gamme Cordier au-delà des bordeaux.

 

Si In Vivo réalise son objectif, Cordier Mestrezat deviendra le troisième acteur français du vin, derrière les groupes Castel et Grands Chais de France. Et sera un acteur majeur de la riposte française à l'offensive des acteurs des vins du Nouveau Monde, bien meilleurs dans la commercialisation des vins de marque. »

 

Don’t acte !

 

Permettez-moi de penser que baser une stratégie de conquête des marchés émergeants sur Cordier et sur Bordeaux c’est vraiment se fourvoyer…

 

L’avenir tranchera…

In Vivo acquiert le groupe vin Cordier-Mestrézat : j’oserai écrire que les vendeurs doivent se dire ouf merci Aspro !
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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons «Le bègue, je vais le crever» « C’est une phrase d’une très grande élégance, sympathie, distinction et finesse et qui contribue à tirer vers le haut le débat politique français. »

Mes mèches blanches, sous les larges coups de ciseaux de ma coiffeuse, tombaient drus comme des flocons sur le large sarrau noir qui m’enveloppait, glissaient sur la pente lisse et formaient des petits tas sur le plancher. Le climatiseur pulsait des frigories qui nous faisaient ignorer la canicule qui tombait sur Paris. Je n’étais entouré que de femmes, mes pensées vagabondaient, se dispersaient avant de revenir, têtues, s’accumuler toujours sur le même rocher, elle, telles des moules. Quitte à prendre une gamelle, un râteau comme on dit, mon penchant naturel me portait vers l’assaut de la forteresse. Et si ses murailles n’étaient là que pour me contraindre à aller au-delà de ma vaine attente. Ma peur de la perdre. Je l’imaginais cédant aux godelureaux qui tournaient autour d’elle. Leurs mains sur elle. Leur plaisir. Son plaisir. Je censurais mes pensées. L’une des clientes refusait le shampoing. S’ensuivait une discussion confuse sur la nature, les produits naturels. Et moi je pensais à la sente de ses cuisses. Lui dire. Non taire. « Je tourne en rond, je tourne en rond… » Le balai assemblait les restes de ma toison argentée en un petit tas dérisoire. La bousculer, la renverser, l’aimer sans concession ni rémission, la fournaise me happait à la sortie. Ne rien lâcher. Je descendais la rue de Belleville pour aller déjeuner au Baratin avec quelques membres de ma petite équipe.

 

En sirotant un Poulsard de Philippe Bornard à bonne température nous nous laissons aller à une certaine forme de découragement teintée de résignation : le débat politique vole de plus en plus bas sous l’impulsion du chef d’escadrille Sarkozy. Même Dati l’étrille « On a tellement critiqué ceux qui ont affaibli les institutions, la fonction présidentielle... Quand on est candidat à la fonction suprême, on n'est pas là pour faire des sketches » Elle est vénère la Rachida, Longueurs&Pointes, son ex-rivale aux municipales à Paris, était annoncée sur le départ de la direction des Républicains, et son Nicolas chéri a finalement choisi de garder sa numéro 2. « Il avait annoncé urbi et orbi ne pas vouloir la reconduire dans ses fonctions. Mais il l’a maintenue. Ce revirement ne m’a pas surpris. Il n’a pas changé ». Jamais en manque d’opportunisme, la maire du VIIe, sans doute en hommage à Edouard Frédéric Dupont le député des concierges, non contente de dire ses quatre vérités à son ex protecteur, Rachida Dati pousse désormais la fronde jusqu'à distribuer des bons points aux candidats déclarés ou pressentis à la primaire. Dans une courte interview au Parisien, la maire du 7e arrondissement a trouvé le moyen de caser trois fois le nom d'Alain Juppé pour souligner à chaque fois leur convergence de vue sur des sujets stratégiques. Mais, la mâtine ne met pas tous ses œufs dans le même panier : il y a moins d'un mois, elle se fendait de deux tweets pour soutenir avec enthousiasme Bruno Le Maire dans sa croisade contre la réforme du collège. A ses yeux, l'ancien challenger de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP et probable troisième homme de la primaire de 2016, est désormais une « valeur sûre pour la droite ».

 

« Le bègue, je vais le crever » formule assassine digne des « Tontons flingueurs », mais comme pour l’ainé des Volfoni, alias Bernard Blier, promettant « y va voir qui c’est Raoul » au "Gugusse de Montauban », la rodomontade du nabot en talonnettes pourrait bien revenir en boomerang dans la gueule de son auteur. « Une formule spontanée qui ressemble à Sarkozy, puisqu’il s’agit de lui, il joue au voyou avec beaucoup de naturel quand il laisse parler à haute voix sa rancune à l’égard de François Bayrou. Comme devant le public acquis des meetings des Républicains, il a fait son numéro de gros bras devant les ralliés de l’UDI, déjà prêts à se coucher devant le nouveau maître de la droite… forte. La détestation entre centristes aidant, comme un petit vin traître, il s’est laissé aller, en confiance, à la saveur acide de son désir de vengeance. La question n’est même pas de douter de la véracité du propos rapporté par « Le Canard Enchaîné ». Le président des Républicains l’a bien tenu, et devant témoins. On peut parier qu’il n’en éprouve aucun regret : la formule est tellement spontanée, impulsive et brute de fonderie, qu’elle lui ressemble bien. »

 

L’agressé ne s’y est pas trompé « Il ne supporte pas qu’on n’ait pas peur de lui et il se trouve que je n’ai pas, que je n’ai jamais eu et je crois qu’à vue humaine il n’y aura pas d’hypothèse où j’aurais peur de lui » Sur France Inter, François Bayrou affirmait ironiquement : « C’est une phrase d’une très grande élégance, sympathie, distinction et finesse et qui contribue à tirer vers le haut le débat politique français. » Quant au caractère authentique de l’attaque de Nicolas Sarkozy, il complétait sur LCP : «Loin de moi l’idée que Le Canard enchaîné puisse écrire des choses éloignées de la réalité». En notant au passage que « ces phrases se multiplient » et a dénoncé la « violence » et l' « agressivité » du président du parti Les Républicains. Pour nous c’est du tout bon car ça fortifie l’axe Juppé-Bayrou.

 

Et pendant ce temps-là « Plutôt Sarkozy que Juppé en 2017 : l'intrigant calcul de Hollande ? »

 

« En Hollandie, la joie demeure. « François a de bonnes chances d’être réélu « dit l’un, brillant député. « Face à Sarkozy et Le Pen, les Français préféreront François » dit l’autre, qui se présente comme un hollandais historique, « Des 3% et même moins »… Et ils ne sont pas les seuls. La victoire, qui paraissait encore impossible il y a quelques semaines encore, est désormais considérée comme probable. Et les uns et les autres de réécrire l’analyse des Départementales, « Le PS et ses alliés ont bien mieux tenu qu’on ne le dit », et le retour de Sarkozy est un échec sans nom, tant « il est à côté de la plaque ».

 

Bref, une petite reprise, une petite baisse du chômage, un petit effort de redistribution en faveur des classes moyennes et populaires, et c’est tout juste si l’élection présidentielle de 2017 ne relèvera pas de la formalité.

 

Depuis l’été dernier, la communication Hollande ressemble à ce que fut celle de Jacques Chirac à la fin de sa cohabitation avec Lionel Jospin. Retour du « Président sympa », tout en proximité, empathie et sympathie. Quand le président honore le soldat inconnu, le 11 novembre, il en profite pour parcourir la place de l’Etoile, de part en part, pour y serrer la main des vraies gens. Quand le président est confronté à des lycéens sympathisants « dieudonnistes » sur le plateau de Canal plus, il en profite pour se montrer bienveillant et avenant, pédagogue, disert, et ne s’énerve pas quand une lycéenne considère que la colonisation en Algérie était un « génocide ». Quand le président fait entrer, en solennité, quatre Résistants au Panthéon, il en profite pour se livrer à un nouveau bain de foule, aux quatre coins de la place du Panthéon, serrant encore et encore des mains. Et quand le président remet la Coupe de France aux joueurs du PSG, il claque la bise à Ibrahimovic, vedette incontournable du football français, comme Mitterrand l’avait laissé faire à Jean-Pierre Papin en 1989… Et la télévision d’enregistrer les images du président sympa, et les réseaux sociaux de les diffuser à l’infini… »

 

« Pour le moment, un seul nom effraye la Hollandie : « Alain Juppé ». Alain Juppé est aux yeux des partisans du président sympa, l’équivalent du crucifix pour le Vampire émergeant de son tombeau. Alain Juppé, terreur du Hollandais revenu d’entre les morts. Alain Juppé qui plait aux électeurs des centres, et pourrait même se payer le luxe, au cas où il serait candidat à la présidentielle, de ramener à lui les électeurs des classes moyennes et populaires égarés dans le vote FN et allergiques au vote Sarkozy. Alain Juppé est le cauchemar de la Hollandie… »

 

Ça nous plaît tout ça même que dans le camp d’en face, l’inconsistant Baroin, le fils de son père la carrure en moins, revendique l'héritage politique de Jacques Chirac, en reprenant une célèbre citation de ce dernier. « Juppé n'est pas le meilleur d'entre nous, c'est le préféré d'entre nous ». Le sénateur-maire de Troyes poursuit l'attaque. Dressant un portrait d'un homme froid et dénué d'empathie, il montre bien que l'attachement commun à l'héritage chiraquien n'est pas synonyme d'amitié. « Juppé n'a pas changé. Il souffre d'un autocentrisme total. Si Bernadette lui en veut, c'est qu'elle a des raisons. Avec Sarkozy, il n'y a pas de coups tordus. C'est clair et direct. Vous verrez que s'il est candidat face à Juppé, la moitié des chiraquiens le soutiendront ».

 

Nous adorons !

 

« Il y a du Poutine chez cet homme-là : il assume un comportement dont il sait parfaitement qu’il choque. Ses propos (outranciers jusqu’à la caricature) sur les socialistes qui mépriseraient la République, il refuse de les juger excessifs. Et quand il affirme « je respecte l’ensemble de mes adversaires », c’est pour ajouter dans la foulée : « Quand je dis qu’ils sont médiocres, je suis même un peu indulgent. »

 

Nicolas Sarkozy a des méthodes de caïd. Il n’a pas d’état d’âme et estime n’avoir aucun compte à rendre ni à personne. Une question de tempérament mais surtout de stratégie. Il a l’aplomb du tueur qui retombe sur ses pieds. On lui passe des images de Juppé copieusement hué par ses partisans, il sourit et ramène l’incident à un « il y a eu quelques sifflets ». Et rappelle qu’il en fut lui-même l’objet au RPR, dans la période 1995-1997, quand les Balladuriens, et lui en particulier, étaient honnis et ciblés… par les Chiraquiens.

 

Ils s’aiment… Sarko veut balladuriser Juppé, tant mieux…

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 06:00
« Cette soirée au Lapin Blanc, ce ragù de Jancou, ce rosé des Riceys d’Olivier Horiot : « Une vrai tuerie ! »

Au fait, d’où vient-elle cette tuerie-là ?

 

« Rappelez-vous : autrefois, on disait «c’est trop fort», puis on en vint à s’exclamer «’tain ça déchire», avant de gueuler «ça tue !»

 

De là vient l’expression «un truc de la mort qui tue», qui exprime joyeusement que… c’est vraiment épatant. La tuerie désigne le massacre que l’on commet sur les avatars numériques et celui qui explose le cholestérol ; mais aussi le plaisir que l’on prend à (se) faire du mal. Le mal qui fait du bien, en somme. »

 

Ainsi s’exprimait Didier Pourquery dans une chronique de Libé écrite le 20 DÉCEMBRE 2008, soit une éternité 

 

Après voir noté que «C’est une tuerie» faisait un score d’enfer parmi les accros du pad. Normal et pas étonnant vu le nombre de jeux de baston et autres wargames qui y cartonnaient en cette préhistoire de la Toile.

 

Il ajoutait « Mais cette riche métaphore hyperbolique est aussi employée couramment par une autre catégorie de nos contemporains, les gourmands régressifs qui s’assument. Selon plusieurs versions, bien sûr. Façon VIe arrondissement :

 

«Ton cheesecake est une vraie tuerie, ma chérie» ; façon grande gueule qui fanfaronne…

 

Le mode girlie copine : «Attention les fiiilleeeuu, mon fondant au chocolat et à la crème de marrons est une vraie tuerie, vous êtes averties, hi hi hi.»

 

Mais ce cher Pourquery se trompait lourdement lorsqu’il pensait :

 

« On imagine mal un gourmet à casquette vintage, assis devant une toile cirée à carreaux, rugir façon Gabin : «Alors là, Monique, ma petite Monique, laisse-moi te dire que ta langue de veau sauce gribiche est une véritable tuerie… et j’m’y connais.»

 

En effet les réseaux sociaux sont passés par là et l’expression « c’est une tuerie ! » fleurit à propos de tout et de rien, et même du vin sur Face de Bouc.

 

Pour ne rien vous cacher je ne l’aime pas cette expression car elle évoque pour une image d’enfance : celle des tueries particulières de mon enfance évoqué dans cette chronique du 12 novembre 2013 « Je me souviens des « tueries particulières » celle de la Mothe-Achard tout particulièrement. » 

 

« Le terme de « tuerie » ou « tuerie particulière » fut d’abord utilisé pour désigner le lieu où chaque boucher abattait ses propres animaux : dans la cour ou la remise attenante à sa boucherie, parfois même directement sur le trottoir, devant la boutique. Le mot abattoir est apparu dans le langage professionnel et administratif lorsque des locaux spécialisés ont été imposés dans les grandes villes, et d'abord à Paris, pour y mettre à mort les animaux de boucherie. »

 

Métaphore pour métaphore entrons tout de suite dans le bain avec une autre métaphore bien connue « ça va être une vraie boucherie ». Faisant directement référence au contact de la viande et au côté sanglant du métier de boucher, on parle de boucherie lorsqu’une situation devient tendue, qu’une dispute est sur le point de surgir ou bien encore pour définir un capharnaüm. »

 

« Interviennent alors le boucher et la bouchère, le masculin pour des raisons culturelles séculaires étant étroitement lié à la viande, à son choix, à sa préparation, à sa présentation. Et si le mot viande surprend par son rapport à la vie, boucher est encore plus étrange, plus inattendu : c’est un dérivé très ancien de bouc. Au moyen âge, on a parlé de viandier, mais le mot, qui venait du sens ancien de « nourriture », désignait une personne qui nourrissait bien ses hôtes, de même que le vivandier, puis la vivandière, chargés de nourrir les troupes, jusqu’à ce que la cantinière ne détrône la vivandière. Rien à voir avec ce spécialiste qu’est le boucher. »

 

« … En fait, le « boucier » du XIIIe siècle était celui qui abattait les bêtes pour les vendre. La référence au bouc était sans doute symbolique, et ce mot voulait dire « sacrificateur », donnant à l’élevage la valeur que cette notion a chez Homère, certaines bêtes étant réservées aux dieux. Or, l’animal sacrificiel par excellence fut dans notre moyen âge le bouc, chargé de pouvoirs surnaturels… »

 

« … Le boucher d’aujourd’hui n’est sans doute plus le prêtre d’un sacrifice solennel. Mais son domaine s’est élargi : il est passé du bouc au mouton, au bœuf, parfois encore à la chèvre et au chevreau, laissant le porc au « cuiseur de chair », que dissimule notre charcutier familier, mais s’emparant parfois d’autres espèces. La boucherie appelée « hippophagique » fut naguère florissante, et continue à vivre dans le nord de la France. »

 

Note de la rédaction « La cynophagie - le fait de manger du chien - était une pratique répandue en Europe et surtout en France jusqu'au début du XXe siècle où l'on trouvait encore des boucheries canines. Plus encore, durant la guerre de Prusse de 1870, effort de guerre oblige, on se rabattit sur les viandes de basse qualité et un véritable marché du chien fut ouvert à Paris, rue Saint-Honoré. »

 

« … Si les mots boucher et boucherie, employés au figuré, gardent des traces de leur origine, l’abattage, lorsqu’ils s’appliquent au métier, qui est plus qu’un commerce, ils supposent un savoir-faire traditionnel très élaboré. On dit que, si l’on peut devenir cuisinier, on naît rôtisseur, ce qui suppose un sens inné de cet art. On peut en dire autant du bon boucher, qui n’intervient qu’après l’abattage – il y a des professionnels pour cela – et qui doit choisir, préparer, découper, mûrir, parer la viande, enfin la présenter de manière alléchante.

 

Menacée, comme tout artisanat délicat, par l’industrialisation effrénée de « l’agroalimentaire » , la boucherie est un patrimoine de talent et d’habileté à conserver jalousement, pour que la viande conserve son sens originel : ce qui conserve la vie et la santé. »

 

La viande, patrimoine vital par ALAIN REY 

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 00:06
Faut-il avoir le nez creux pour apprécier un vin nu ?

Guerres intestines… odeur nauséabonde…bataille entre le vin nature et les vins classiques… des camps… des chapelles… des ayatollahs… véritables escroqueries… terrorisme intellectuel… J’en passe et des pires.

 

À tout cela je réponds : disproportion du rapport des forces en présence. Que les ultras minoritaires naturistes donnent de l’urticaire aux lourdement majoritaires dit classiques, par un haut niveau de bruit médiatique, sans proportion avec leur poids économiques, est dans l’ordre des choses et dans la nature même de leur combat fort pacifique.

 

Un vigneron, peu soupçonnable d’être un suppôt des vins nus, s’adressant à Michel Bettane écrivait récemment « Enfin, tu parles de ton influence sur les consommateurs tout en tirant à boulets rouge sans discontinuer sur un phénomène de société, les vins nature, que personne ne peut aujourd'hui ignorer, tant il est fort et vigoureux et montre au minimum que tout a changé, le consommateur, les marchés, l'information, la critique. »

 

Oui, les lignes bougent, « Le monde évolue parce que certains marchent à côté des chemins. C’est dans la marge que se font les plus claires corrections » écrivait avec pertinence Robert Mallet.

 

Même si ça sent la retape pour regagner de la crédibilité, du racolage même m’écrit un vigneron, lorsque Denis Saverot le rédac-chef d’une RVF qui est passée à côté de tout, écrit « Comment l’essentiel du vignoble a-t-il pu le refuser si longtemps ? On reste pantois devant les erreurs accumulées dans les années 60, 70 et 80. Un aveuglement collectif. Pour produire davantage en dormant plus tranquilles, beaucoup de vignerons se sont mis à planter des clones ultra-productifs, cultivés à grands coups de traitements chimiques. Et la plupart des critiques, les clients même, ne voyaient rien, ou si peu. Les ravages ont été considérables : la dégustation des crus des années 70, robe orangée et palais sec et décharné, en témoigne. Et que dire des atteintes sévères à la santé des vignerons manipulateurs de produits phytosanitaires ? » c’est que le vent tourne, pas la girouette.

 

Pour ma part je n’ai pas forcément le nez propre mais, après avoir été peu sensible à ces sujets, au contact de la réalité j’ai évolué en observant, depuis la remise de mon rapport en 2001, les mouvements de ces vignerons qui prenaient des chemins de traverse pour revenir à l’essence de leur métier. Mes amis de Sève m’y ont bien aidé et le vin aussi…

 

Oui, j’ai eu le nez creux ! Et je m’en félicite comme aimait à le dire de mon temps le Président Antoine Verdale le boss des coopératives vinicoles.

 

C’est à dessein que j’ai utilisé deux expressions tombées en désuétude. En effet, fêtant les 10 ans de mon blog avec mon amie Claire, dans la conversation, à propos d’une belle photo, je lui dis en me marrant : « Tu sais j’ai souvent le nez creux ! » Étonnée, elle m’a confié que c’était la première fois qu’elle entendait cette expression.

 

Alors, pour l’édification de la jeunesse, en voici les définitions :

 

Garder son nez propre : s’en sortir sans dommage, ne pas être innocent, ne pas être parfait…

 

« Ayant fait ses preuves en maint coup dur, ayant toujours gardé son nez propre, il était devenu une sorte d'arbitre de la voyoucratie internationale. »

Auguste Le Breton

 

Avoir le nez creux

 

« Avoir du flair, avoir de l'instinct, une bonne intuition, être malin, découvrir quelque chose aisément, faire un bon choix, montrer de la perspicacité

Synonyme : malin, intelligent, astucieux, débrouillard, habile… »

 

« Ben, ma vieille futaille, l'apostropha familièrement Croquignol, tu peux te vanter d'avoir le pif plus creux qu'une canne de sureau.

Les Pieds Nickelés

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 06:00
Même pas peur des notes des dégustateurs aveugles !

Je ne parle pas de moi mais des vignerons et je n’écris pas en leur nom.

 

Alors pourquoi diable une telle affirmation qui frise la provocation ?

 

Tout simplement parce que l’un d’eux le dit sur le GJE.

 

Comme je n’ai que peu d’appétence pour les forums : LPV et GJE par bonheur j’ai de bons informateurs.

 

L’un de ceux-ci, samedi matin, me signalait que sur le blog du sieur Mauss celui-ci avait posté le 27 mai « Incohérences de journalistes du vin » et que s’ensuivait une longue litanie de commentaires.

 

Parmi ceux-ci, mon informateur me copiait-collait l’un de ceux posté par Hervé Bizeul le vendredi 29 Mai 2015, 21:32 GMT+

 

Intéressant, très intéressant, comme le diraient les journalistes tendance : clivant, très clivant…

 

Donc à lire mais, afin de ne pas sortir ce commentaire du contexte de la discussion, si vous souhaitez en prendre connaissance je vous invite à aller sur le site du GJE ICI

 

Je n’en retiens pour ma part que la conclusion, même si je partage l’ensemble de l’analyse d’Hervé Bizeul.

 

« Le temps où les journalistes avaient du « pouvoir » sur les vignerons est révolu. On a plus peur. En tout cas pas moi. »

 

Les journalistes dégustateurs, à l’aveugle ou en plein jour, critiques de vin qui étaient des faiseurs de roi ne le seraient donc plus !

 

Leur titanesque travail, lors des Primeurs de Bordeaux ou des dégustations groupées des zinzins du vin débouchant sur des notes sur 20 ou sur 100 ne compterait plus que pour du beurre pour les vignerons et les propriétaires comme on dit dans certaines hautes appellations.

 

Pourquoi ce soudain dédain de l’utilité des notations pour la prescription et la notoriété des vignerons ?

 

Petite réflexion matinale sur ce qu’est une note :

 

  • À quoi servent les notes en général ?
  •  

À juger la valeur du travail fourni ;

 

À s’étalonner par rapport aux autres notés ;

 

À se situer dans le peloton de tête des meilleurs pour passer la barre des concours chers à notre beau pays plein de Grandes Écoles ;

 

À se motiver…

 

Je ne sais car mon rapport aux notes a toujours été strictement utilitaire :

 

  • En avoir de bonnes en cours d’année scolaire me permettait de couler des jours tranquilles, qu’on me fiche la paix, la croix d’honneur à la boutonnière plaisait à ma mère ça me laissait donc une large marge de liberté.

  • De même pour les examens, mes deux bacs, ma stratégie avait la simplicité de la guerre éclair : cultiver exclusivement les bonnes notes dans les matières à fort coefficient qui vous font passer l’obstacle sans trop de danger. Je visais les 18/20 en dissertation : banco pour le capital de points !

 

  • Mais ayant aussi enseigné j’ai dû noter.

Ma pratique de la notation fut à l’image de la conception que j’avais en tant que noté : pas de notes molles type écarts en 8 et 12, non des très bonnes et de très mauvaises. Ça motivait le noté. Rassurez-vous n’ayant jamais noté ni des examens, ni des concours je n’ai, en procédant ainsi, jamais nuit à l’avenir de vos chérubins.

 

  • Revenons à nos chers notateurs de vin qui, eux, sont des gens beaucoup plus prudents du type ratiocineur « ils fignolent et se pignolent sur une mesure de longueur avec un double de décimètre alors que le km a été estimé au jugé. »
  •  

Conséquence de cette prudence : les notés forment un gros peloton groupé comme cela les « agences de notation » ne risquent pas de fâcher les notés qu’il faut savoir dorloter car ils peuvent être aussi de bons clients pour salon ou régie publicitaire !

 

Tout ça pour ça a-t-on envie de dire ? Tout ce cinéma pour des résultats où les notés se tiennent dans un mouchoir de poche.

 

Autre point à soulever : est-ce qu’un 16 de Tartemolle a la même valeur qu’un 16 de Tartempion ?

 

La réponse est d’une simplicité biblique : non !

 

La valeur d’une note dépend, aussi bien pour le vigneron que pour l’acheteur, du poids spécifique de celui qui note.

 

Au temps de l’aventure des vins de garage j’imagine aisément l’angoisse de Jean-Luc Thunevin, et Dieu sait qu’il s’angoisse vite le Jean-Luc, lorsqu’il attendait la note de Parker.

 

Était-il dans le même état pour les autres notes venues de la concurrence ? Sans doute un peu mais si vous le lui le demandez, comme il est sympa et qu’il ne veut pas faire de peine à qui que ce soit, il sourira. Bien sûr une bonne note de Tartemolle ou de Tartempion ça ne peut pas faire de mal, ça ne mange pas de pain, mais quand à faire péter les ventes ça ne me semble jamais avoir été un jour à l’ordre du jour.

 

Je sais qu’en écrivant cela que je vais irriter Périco Légasse qui tonne à nouveau dans Marianne «Quand l'infamie vinicole devient une référence».

 

Désolé cher Périco ça reste toujours d’actualité même si le gourou a plié bagage.

 

« On croit rêver ! Désormais, il en est pour nous vendre des vins "parkerisés" du nom de Robert Parker, ce journaliste américain qui, avec son guide, est responsable de tant de dégâts dans le secteur vinicole français.

 

Afin de plaire au gourou, dont le palais est étalonné aux vins californiens, les châteaux bordelais firent appel à des œnologues, dont le plus célèbre est Michel Rolland, pour donner à leurs vins la matière, la structure et la vigueur entrant dans les canons conformes aux critères parkériens. Reniant la finesse, en privilégiant des raisins surmûris, et l'élégance, pour obtenir des moûts concentrés, ont produit ainsi des monstres dont l'élevage prolongé en barriques de chêne neuf leur donne la musculature d'un athlète olympique en masquant le terroir et le millésime, c'est-à-dire l'âme du cru. Tout le contraire de l'esprit du vin de France. »

 

Or voici que le site Wineandco, pourtant sérieux, valorise une promotion avec l'expression « prix imbattables sur 20 crus parkérisés ». Le « label » porte même sur des vins de la vallée du Rhône. Déconcertante réalité d'une époque où ce qui doit servir de repoussoir vire au compliment. »

Même pas peur des notes des dégustateurs aveugles !

Avec nos Tartemolle et nos Tartempion nationaux les sites de vente sont beaucoup plus modestes : ils se contentent parfois d’accoler aux flacons proposés leurs notes et leurs commentaires lapidaires.

 

De plus, mon petit doigt me dit que dans la GD, dont la poignée d’acheteurs fait la pluie et le beau temps dans la vigne France, la ménagère de plus de 50 ans est plutôt sensible aux macarons, pas ceux de Ladurée mais ceux généreusement distribués par les nombreux concours.

 

Pour finir une petite dernière question naïve d’un gros nul aux grands experts qui naviguent à longueur de jour sur les forums :

 

Hormis celles de Parker qui font chauffer les prix, est-ce qu’une très bonne note de Tartemolle ou de Tartempion, dans un bon millésime, permet d’amplifier le coup de pouce au tarif et, dans un millésime moyen (espèce en voie de disparition) de les maintenir au même niveau ?

 

Oh ! là, là, là cachez-moi ce prix que je ne saurais voir c’est affreusement mercanti… comme chacun sait les vignerons sont comme les oiseaux du ciel… qui ne sèment ni ne moissonnent… façon de parler… ils vivent de l’air du temps…

 

À propos d’argent je me pose une question qu’il ne faut pas poser aux vignerons qui vont dans les grands salons : est-ce que l’investissement en vaut encore la peine au plan commercial ?

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