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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 06:00
snowce, Michelangelo Antonioni and Monica Vitti snowce.tumblr.com

snowce, Michelangelo Antonioni and Monica Vitti snowce.tumblr.com

« Michelangelo Antonioni est mort en 2007 à l’âge de 94 ans. Très malade depuis quinze ans, Monica Vitti erre aujourd’hui à Rome, « par-delà les nuages ».

 

À 83 ans, l’inoubliable actrice de L’Avventura est atteinte d’Alzheimer.

 

Stéphane Bonvin, en 2011, écrivait dans le journal Le Temps :

 

« La nouvelle est d’autant plus poignante que Monica Vitti, à la ville et sans doute aussi à l’écran, c’est un mélange d’hyper-présence physique et de détachement affectif ; Vitti, c’est un mélange d’instinct et de retenue. Du coup, aujourd’hui, sachant qu’elle se meurt d’Alzheimer, c’est comme si on lisait, dans ses interviews des années 1960, la prophétie de ce qui lui arrive. »

 

Il s’interrogeait :

 

« Nous n’imaginons plus le temps comme une durée mais comme une suite d’instants. Du coup, nous ne pouvons plus envisager ni l’éternité ni la mort à jamais, peut-être que c’est la faute à l’essoufflement et à l’impatience qui sont devenus nos façons d’exister. Peut-être que c’est à cause de l’accélération de tout. Peut-être que le coupable, c’est l’immédiateté, nos pouls qui filent à la vitesse de la lumière. Peut-être que c’est à cause de tout cela que nous préférons, et c’est nouveau, les people qui meurent aux people déjà morts. »

 

Je hais l’appellation people.

 

Le temps n’aura à jamais aucune prise sur Monica Vitti inoubliable actrice qui erre aujourd’hui « par-delà les nuages »

 

« Sa photogénie si particulière qui naît d’une forme étrange de gravité heureuse, de conscience existentielle et de volupté à vivre. On y comprend mieux, aussi, ce mélange de candeur et d’autorité naturelle qu’elle a toujours exprimé, même silencieusement. Cette empreinte magnétique qui fait qu’en tout lieu où elle passe, fut-ce discrètement, l’actrice laisse sa marque profonde. Fut-ce discrètement. Ce parfum incommunicable. Italien et blond. »

 

« De loin, la silhouette de Monica Vitti dans le paysage noir et blanc de l’Italie sixties, sauvage ou urbaine, c’est une ondulation pulpeuse mais fragile, comme une ombre lumineuse qui tâtonne dans un décor de souffrances. De près, son visage exprime tout l’inverse : une détermination vitale et sensuelle, carré, malgré les yeux de biche et le petit fouillis de mèches que concède le casque de blondeur. »

 

« Cette blondeur mérite que l’on s’y attarde.

 

Avant d’être antonionienne, Monica Vitti était romaine, et l’est restée. Elle est née dans la « Città eterna » voilà quatre-vingt-trois ans, et y vit encore.

 

Son blond, si l’on nous permet cette audace, est un blond romain. Ce n’est absolument pas le blond hollywoodien, platine, Marilyn ou peroxydé. Encore moins le blond prussien. Non, regardez bien, c’est un blond latin épais, soyeux, presque moussu, un blond du sud. Le blond italien. Et encore : ni vénitien (mélange de safran et de citron dont les femmes de l’aristocratie Renaissance s’enduisaient le cheveu), ni florentin (dont Botticelli a fixé le chromatisme avec sa Vénus bouclée corail).

 

C’est un blond romain, donc. Un blond teint, en effet. Un faux blond, certes. Mais il faut se figurer l’océan de brunes qu’était le cinéma italien d’alors, cette compétition entre chevelures de Berenice que se livraient Gina Lollobrigida, Sophia Loren, Anna Magnani, Silvana Mangano, Alida Valli… Dans ce contexte, il n’était pas de fausse blonde plus vraie. Monica Vitti, c’était la blondeur du cinéma italien. »

 

La cinéaste Laetitia Masson qui envoie à Monica Vitti, l’actrice fétiche d’Antonioni, une lettre, une déclaration, un film, dit bien mieux que moi ce qu’elle représente dans la construction de mon imaginaire :

Monica Vitti, l’actrice fétiche d’Antonioni, « est belle au-delà de la beauté, une beauté animale irrésistible…

Tomber amoureux

 

« Ils se sont aimés au premier regard. Un coup de foudre. Michelangelo l’a raccompagnée chez elle le soir même. Monica me l’a raconté : subito, tout de suite, elle aussi était fascinée et ne pensait qu’à lui, à ce bel homme distingué et cultivé », raconte le réalisateur Citto Maselli, 84 ans, un proche des deux artistes. »

 

« Ils se sont rencontrés en 1957. Monica Vitti double l’actrice italienne Dorian Gray. Elle lui prête sa voix rauque qu’exige son personnage dans Le Cri, un film d’Antonioni en postsynchronisation. Le réalisateur admire la chevelure claire et la silhouette longiligne de la comédienne, sa beauté singulière.

 

« Vous avez une belle nuque, lui dit-il. Vous pourriez faire du cinéma. »

 

« De dos, seulement ? », répond Monica.

 

Antonioni est séduit par la repartie de la Romaine de 25 ans. La femme qu’il cherchait se matérialise soudain, on la dirait jaillie d’une toile de Piero della Francesca, que le réalisateur ferrarais admirait. »

 

LA MUSE DU CINÉASTE

 

« Bien sûr, Antonioni, cinéaste de notoriété mondiale, a réalisé de nombreux films auparavant, dont certains excellents (Chronique d’un amour). Mais il naît autant avec Monica que la Vitti naît avec lui. La Nuit puis L’Eclipse et Le Désert rouge suivront L’Avventura. " Dire les choses… le moins possible ", telle était l’éternelle devise, tacite et secrète, de Michelangelo Antonioni. Dans ces conditions, il incombait à la muse qu’il s’était choisie d’exprimer puissamment toutes ces choses, par le corps, le regard, la chevelure. Et à ce petit jeu de l’indicible, Monica Vitti était très communicative. »

 

SOURCES :

 

- Vitti et Antonioni, une passion italienne

 

MONICA VITTI, LA PLUS BELLE FEMME DU MONDE, CÉLÉBRÉE À LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 08:00
Laissons nos enfants demeurer dans l’enfance, être des enfants…
Laissons nos enfants demeurer dans l’enfance, être des enfants…

J’avais envie de revoir l’océan, alors avant que le jour se lève j’ai quitté Paris. L’air était pur, j’étais sûr que j’allais retrouver mes sensations d’enfance. Le soleil rouge s’est soudain plaqué derrière mon dos. Rouler. Rouler jeunesse disait le forain de la kermesse lorsque nous montions dans les autos-tamponneuses. Que la Bretagne est belle sous le soleil ! J’aime les ports de pêche, les laboureurs de la mer, la pêche, la cueillette, les chalutiers colorés, les filets emmêlés, rude métier.

 

Je me suis posé au Guilvinec face à l’entrée du port, au Poisson d’Avril, des petites langoustines fraîchement pêchées, fermes et goûteuses, un vrai régal, comme un parfum d’enfance de celles de maman.

 

Comme toujours, j’ai ouvert un livre et j’ai lu.

 

« Chez mes grands-parents, à la mer, pendant les interminables soirées d’été, mon frère et moi dînions avant les autres. En cuisine ou, encore mieux, sur la terrasse. Assis à une petite table de fer rouge et blanche, on jouissait d’un menu spécial qui nous évitait les plats dégoûtants du dîner des adultes. D’habitude on nous servait une petite soupe (ma préférée était celle à la semoule avec énormément de parmesan), une sole meunière et une pêche coupée en tranches. Parfois, le luxe d’une crème caramel sortie toute fraîche de son moule. »

 

Michele Serra, me propulse dans la salle commune du Bourg-Pailler, tout italien qu’il est, l’enfance n’a pas de frontière.

 

« En réfléchissant, je me rends compte que j’ai vécu ces dîners en aparté non comme une exclusion mais comme une exemption. Manger ma soupe à la semoule, ma sole et ma crème caramel avec mon frère, alors que le vol d’hirondelles effleurait la terrasse, voulait dire que je demeurais dans l’enfance.

 

Que j’étais un enfant (…)

 

J‘étais à la marge de leur monde. Mais pas un exilé. »

 

La marge, là où laisse son imagination vagabonder, ce temps d’attente où loin de l’agitation et des désirs des grandes personnes, des luttes à venir, des vexations, du pouvoir, on se laisse aller dans la pénombre d’une rêveuse indolence, de l’ennui, à l’irresponsabilité.

 

Ce temps, c’est celui de la fabrique de notre vie, de son socle, de ce qui fait ce que l’on sera, de sa colonne vertébrale, de la ligne de force sur laquelle on s’appuiera.

 

C’est ainsi que je me suis fait dans ma Vendée crottée.

 

Et, Michelle Serra de pointer là où sont nos enfants ou petits-enfants :

 

« Quand j’assiste à la négligence unanime des adultes dans les restaurants face aux cris et aux courses effrénées des insupportables petits chéris rendus hystériques par une promiscuité imposée, quand j’assiste au triste exhibitionnisme d’enfants que la vulgarité sentimentale des parents a transformés en petits adultes, donnés en pâture à leur acerbe vanité et au voyeurisme infanticide des grandes personnes, je repense avec nostalgie à l’heureuse marginalité de mon enfance, à cette avant-vie si dense de parfums, de bienheureuses solitudes et de temps vide et silencieux. »

 

Voilà, c’est écrit et qu’on ne vienne pas me dire que c’est le résultat de la permissivité des soixante-huitard, l’enfant-roi n’est pas le produit de ce temps de libération des mœurs il est un sous-produit d’un consumérisme exacerbé, d’une société qui se dit libertaire mais qui ne fait que, au nom de beaux et bons sentiments, propulser ses enfants dans la grande compétition où il faut être le premier, celui qui réussit : à 5 ans si tu ne parles pas 3 langues tu n’as pas réussi ta vie…

 

Michele Serra Les Affalés Flammarion

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 06:00
www.la-peche-a-pied.fr

www.la-peche-a-pied.fr

Combien de citadins, combien de citadines, au camping des flots bleus, à l’hôtel des flots bleus, à la résidence des flots bleus, loin du macadam, des senteurs de gas-oil, des camarades de boulot, s’emmerdent grave et en ont ras-le-bol de jouer au scrabble ou de faire des parties de raquettes où la balle s’égare en des lieux difficiles d’accès ?

 

Je ne sais, mais si vous êtes au bord de la mer ou de l’océan, situation ultra-majoritaire, il est un loisir à votre portée où que vous soyez, en Manche, Mer du Nord, Atlantique et Méditerranée, c’est la pêche du bigorneau qui ne présente aucune difficulté, elle est à la portée de tous, même sous la pluie… Le coquillage vit en colonies importantes dans les secteurs rocheux recouverts de varech et sur les plages de galets et de pierres.

 

Il suffit de se pencher, c’est de la pure cueillette.

 

Faudra tout de même reconnaître un bigorneau, des autres escargots de mer. Il mesure entre 1 et 3 cm pour les plus beaux spécimens. Sa coquille est uniforme de couleur noire dans l'eau et grise au sec avec des reflets bleu vert. Des rayures régulières suivent la forme spiralée de la coquille.

 

Si le coquillage est d'un gris non uniforme, vert, jaune, blanc ou tout autre couleur, ce n'est pas un véritable bigorneau noir.

 

Regardez la vidéo, le monsieur il vous explique tout ça pour ne pas vous gourrer.

 

Pour faire genre science : « Littorina littorea, le bigorneau, est un mollusque marin à qui son apparence vaut le surnom d'escargot de mer. Il fait partie des littorines. Il porte également d'autres noms comme le bourgot, la littorine commune ou le vignot ; en anglais il se nomme Periwinkle. »

 

« Le bigorneau a le corps mou et une coquille en spirale, conique et pointue. Il rampe sur son pied en broutant des bouts d'algues, en particulier d'algues vertes comme des ulves, dont la laitue de mer (Ulva lactuca). Le bigorneau est un gastéropode rugueux au toucher dont la couleur est variable. La taille dépend de sa provenance. »

 

Du côté cuisson, attention il faut faire vite :

 

  • Y’a la méthode eau bouillante : vous les plongez dedans et lorsque l’ébullition reprend, selon la grosseur de la bestiole, 2 à 3 mn pas plus.

  • Y’a la méthode eau froide : vous les plongez dedans et vous comptez 3 à 4 mn selon la taille de vos bigorneaux.

L’eau doit être salée et accompagnée d’un bouquet garni.

 

Il vaut mieux un bigorneau al dente qu’un trop cuit car son extraction déjà compliquée avec une aiguille devient quasiment impossible.

 

Pour bigorner dans le langage popu à l’origine c’est discuter des points de détail ou se disputer futilement. C’est aussi, dans un langage plus familier abîmer, endommager.

 

« Avez-vous su que Petit-Louis a été bigorné ? […] Il a pris une balle en plein dans le carafon, une quinzaine avant l'armistice. »

 

Enfin, pour faire très Figaro vins : que boire avec les bigorneaux ?

 

L’apéro !

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 08:00
J’suis pas plus con qu’un autre. « N’essayez pas de changer le monde : changez de monde ! »

Ce n’est pas moi qui le dis, de moi, c’est Henry Miller qui l’écrit, de lui, dans un court texte, écrit en français.

 

En ce qui me concerne, plus ça va plus j’ai le sentiment du contraire face à l’évolution du monde, de mon pays, quand je lis ce que je lis, entends ce que j’entends, vois ce que je vois, je me sens de plus en plus à côté de la plaque, et je me trouve de plus en plus con de prendre autant les choses à cœur. Je pense de plus en plus : casse-toi pauvre vieux con ! Fais de la place à la cohorte des jeunes ou aux proclamés tels !

 

C’est une petite merveille.

 

Son ami, Joseph Delteil, le dit mieux que quiconque « il s’agit d’écrire tout nu comme le premier homme, celui qui inventa voyelles et consonnes, et les épingles pour. Le péril de l’écriture c’est la prolixité, la redondance, les finasseries… »

 

« Le grand écrivain c’est l’ignorant de génie, qui ne sait rien mais comprends tout. »

 

« La langue des hommes comme son pain est devenue une apparence, qui ne nourrit plus » note Trémolières dans Partager le Pain.

 

Et Delteil d’ajouter « Elle a besoin d’un peu de bouse de vache, d’un peu de folie »

 

Et Miller d’écrire « En général, j’aime ceux qui sont un peu, ou largement, fous L’imbécile, non ! L’idiot, oui ! Il y a une grande distinction entre les deux. D’être fou, c’est être poète. Ce sont les imbéciles qui gouvernent le monde. Vaut mieux avoir des simples à la législature que les gens d’aujourd’hui, des rats, des punaises ! »

 

« Nous nous souviendrons des auteurs qui nous ont donnés de la joie plus longtemps que ceux qui nous ont fait penser. »

 

« À la fin du Sept Samouraïs le chef des samouraïs dit à son compagnon – « Regardez ! (Il pointe dans la direction des paysans qui ont commencé à jouer de la flute et à danser) Ce sont eux, les paysans qui sont toujours les victorieux. »

 

« Un bruit que donne les frissons ce sont les sanglots dans le silence de la nuit… »

 

« J’aime bien ce mot sanglot. Je l’aime mieux que le mot sob en anglais. »

 

« Tout récemment à l’âge de quatre-vingt-deux, je commençais à sangloter à la fin d’un vieux film de FelliniLes Nuits de Cabiria. Je dis j’ai sangloté. Mais j’ai fait plus. J’ai pleuré et ne pouvais m’arrêter pendant vingt minutes. Cela m’a fait tellement du bien ! Je voudrais pouvoir voir chaque jour un film qui me ferait sangloter. »

 

Terminons par cette merveilleuse phrase de St François d’Assise « N’essayez pas de changer le monde : changez de monde ! »

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été du Taulier (10) Tu devais être ma Nafissatou Diallo pour rabattre le caquet de mon père ce DSK des chais…

Nous laissâmes la moto devant la Préfecture. Sur le trottoir, Émilia traçait la route à grands pas devant moi. Je peinais à la suivre mais je m’accrochais. Elle savait qu’il allait lui falloir s’expliquer. En dépit de mon air con et de ma vue basse je subodorais le fin mot de cette histoire. Pour ne rien vous cacher ça m’excitait.

 

Dans notre pérégrination nous croisâmes le maire,  Alain Juppé qui, cabas au bras, revenait de faire ses courses au Marché des Grands Hommes. Il s’arrêta pour présenter à Émilia ses civilités, demander des nouvelles de son père et s’inquiéter des ventes en primeurs de la propriété. J’en profitai pour le saluer et lui dire tout le bien que je pensais de sa candidature aux Primaires de l’UMP, pardon de Républicains. Nous devisâmes longuement pour le plus grand plaisir des passants.

 

Comme une faim d’ogre me tenaillait je fis part à Émilia de mon souhait d’expérimenter la nouvelle cantine de luxe de Bordeaux, La Petite Maison, que Bernard Maigret et Joël Reblochon venaient d’ouvrir, au 10 rue Labottière, dans un hôtel particulier, pur Napoléon III, contemporain du classement des vins de Bordeaux de 1855, une référence quasi absolue dans l’Histoire des 77 crus classés du Médoc, de Pessac et du Sauternais.

 

Oui, comme le notait cette vieille truffe de Nicolas de Ravaudy, là-bas au moins le foie gras de canard était issu de fermes où le gavage est contrôlé, c’est le moins qu’on puisse faire dans une grande maison qui, dit-on dans les gazettes gastro et sur le woueb, choit si bien sa brigade. Bref, je rêvais déjà de l’œuf de poule mollet et friand au caviar osciètre et saumon fumé, de la découpe en salle, sur guéridon, de la poularde en vessie, de sa délicate cuisson sur sarments de vigne, les flammes léchant le cœur des viandes d’où le goût profond…

 

Nous nous y rendions après qu’Émilia eut réservé, sans problème, une table.

 

Nous étions toujours aussi peu présentables mais c’est le privilège de la classe dirigeante de pouvoir se trimballer décontractée, avec des fringues de chiffonnier, dans les palaces.

 

L’heure était au champagne et aux mises au point. Je commandai du Horiot, Sève, très précisément mais le sommelier, hautain, me répliqua qu'il ne servait pas de champagne de paysan. Je lui claquai le bec en lui rétorquant que je ne supportais pas les larbins habillés en croque-mort et que le meilleur service qu'il puisse nous rendre c'était de disparaître et d'aller faire la plonge pour justifier ses émoluments.

 

L'homme au taste-vin à la boutonnière repartait la queue entre les jambes.

 

Je commandai un Drappier sans soufre au premier serveur venu qui en fut tout estomaqué.

 

Face à moi Émilia conservait son petit air boudeur, ça lui allait bien ce petit air boudeur. D'ailleurs tout lui allait bien à cette belle fille. Je n'allais pas la brusquer, je savais qu'elle savait et qu’elle ne pouvait plus s’esquiver.

 

Nous commandâmes, l'effet sommelier devait avoir fait son effet, la reptation fut de mise.

 

Je levai ma coupe de champagne : « Émilia à notre belle rencontre !

 

Elle éclata en sanglots.

 

Décontenancé je ne savais que faire. Je posai ma main sur sa main, balbutiai des mots gentils où je l'assurais que quoi qu'il arrive je serais à ses côtés.

 

Elle sécha ses larmes avec le coin de sa serviette.

 

- Eugène je te dois la vérité. C’est moi qui t’ai recruté. Je misais sur ton talent de fouille-merde pour mettre au grand jour une situation qui m’était devenue intolérable. Le tout Bordeaux en parle. C’est un secret de Polichinelle. Je voulais, si je puis m’exprimer ainsi, le prendre la main dans le sac. En flagrant délit de cochonneries. Tu devais être ma Nafissatou Diallo pour rabattre le caquet de mon père ce DSK des chais… Mais le destin, et ton art de prendre tout le monde de court, se sont ingéniés à foutre parterre mon beau plan. Je n’ai aucun regret Eugène, tu viens de me faire vivre la plus belle séquence de ma vie. Foin des galipettes de mon cher père, je m’en tamponne maintenant la coquillette, ce qui compte maintenant pour moi c’est toi…

 

- Qu’entends-tu par là ?

 

- Rassures-toi mon cher Eugène ce que je te propose ce n’est pas le mariage, Dieu te préserve de moi, je suis impossible, mais une belle et fructueuse association…

 

- Pas pour aller cultiver la vigne et faire du vin aux antipodes j’espère. Je n’ai pas la main verte et j'ai une sainte horreur des travaux pratiques et de l’anglais et des mecs qui le parlent surtout s'ils sont Français…

 

- T’en fait pas mon Eugène, pour le pinard j’ai déjà donné. Ils me saoulent. Me gonflent. J’en ai ma claque. Adieu Bordeaux, bonjour Paris !

 

- Tu risques d’être un peu refroidi par le haut standing de mon bureau…

 

- Ne soit pas rabat-joie, l’heure est aux réseaux sociaux, plus besoin de bureau. Nous allons conjuguer nos talents mon grand…

 

- Tu me surestimes…

 

- Ne fait pas ton Tarpon, nous allons ce jour, ici même, chez Maigret&Reblochon, porter sur les fonds baptismaux notre agence de contage d’histoires en tout genre : Les drôles d’oiseaux…

 

- Si c’est toi qui le dis je te suis…

 

- J’appelle illico le Jacques Dupond, avec un grand D au début et un petit à la fin, du Poing pour lui annoncer en primeur la nouvelle…

 

Voilà enfin une histoire qui finit bien… Tous les personnages ici évoqués sont comme toujours sur la Toile des avatars et n’ont qu’un très lointain rapport avec la réalité.

 

Affaire et affaires à suivre… J'adore broder c'est mon côté couturière que je tiens de ma mère... Comme une idée de faire un vrai POLAR de cette histoire de corne-cul... Vous me dites...

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 08:00
Dis Papy ça sert à quoi 1 Ministre ?

À rien si l’on applique la jurisprudence Yves Thréard, du Figaro, qui proclame que « Le ministre du Travail ne sert à rien ! » 

 

Dans le cas d’espèce, le départ de Rebsamen dont on dit qu’il a échoué à inverser la courbe du chômage, comme son prédécesseur Sapin, et bien d’autres avant eux, ce n’est pas inexact dans la mesure où le talent personnel du Ministre n’est pas vraiment en cause. C’est la politique menée qui est en cause. Pour Thréard ça ne fait pas un pli, il chante l’antienne de son camp qui, lorsqu’il était aux manettes, n’a guère brillé sur ce terrain.

 

Du côté du 78 rue de Varenne, celui de l’Agriculture est dans la tourmente, en première ligne, empêtré dans une politique agricole, qu’on dit commune, qui se heurte au dumping social allemand, aux charges, aux contraintes du Grenelle de l’environnement, à l’embargo sur la Russie, dans le cas du porc au marché tout bêtement. En effet, le marché du porc n’a jamais bénéficié de soutien des prix, de subventions, c’est un marché hyper concurrentiel.

 

Le successeur de Le Foll est tout trouvé, notre ex-président « Ce n’est pas une crise conjoncturelle, c’est une crise structurelle. Il faut sauver l’agriculture française. Pour cela il va falloir réinventer un modèle »

 

« Il y a eu une déclaration qui a été faite par le ministre de l’agriculture. Les engagements ont été pris et ils doivent être respectés. Et pour cela, c’est au plus haut niveau de l’Etat que ça doit être géré. »

 

Le prix du cochon c’est du ressort du Président de la République !

 

« Ce n'est pas rien et je me battrai pour défendre la PAC », a-t-il dit. Pour autant, « ce système peut-il perdurer ? Non. Il faut qu'on le réinvente »

 

Vaste programme ! Paroles, paroles, mais qui c’est qui a plaidé pour l’abandon des quotas laitiers ?

 

Vive le grand large, le grand export, la régulation par le marché, une forme de course à l’échalote au moins disant, pas sûr que la majorité des agriculteurs, même les hyper-productifs, y soient vraiment préparés.

 

Bruno Le Maire, lui, depuis la Nouvelle-Calédonie, a parlé du juste prix du porc ?

 

Sur un marché sans filet ça n’existe pas et la Cooperl comme Bigard sont dans le vrai de la réalité, la dure réalité, quand ils contestent la mécanique de prix minimal.

 

L’ex peut qualifier le Foll d' « intermittent de l'agriculture » et faire son mea-culpa à propos du Grenelle de l’Environnement : « j’aurais dû être plus attentif. Ils ont été trop loin, j'aurais dû être plus hyperprésident », a-t-il ironisé à propos d'une formule souvent employée à son encontre lors de son quinquennat.

 

J’adore ce « ils » beau paravent pour celui par qui tout se décide sous le régime de la Ve République.

 

En effet, un Ministre c’est le membre d’un gouvernement avec à sa tête un 1er Ministre (pas un chef du gouvernement puisque l’exécutif est à deux têtes) qui applique une politique définie par les 2 patrons de l’exécutif.

 

L’application de celle-ci passe par des arbitrages interministériels tranchés à Matignon (les bleus). Bref, un Ministre, ne fait pas ce que bon lui semble, s’il n’est pas d’accord il fout le camp. Bien sûr, son talent, son entregent politique : proximité avec le boss, l’importance politique de sa boutique, les équilibres dans la majorité, peuvent faire pencher la décision dans le sens de ses priorités mais il doit toujours se soumettre au cadrage, tout particulièrement budgétaire, du 1er Ministre.

 

Bref, un Ministre c’est un politique soudain placé à la tête d’une grosse machine très conservatrice et très attachée à ses prérogatives : son Administration, centrale et ses services extérieurs (c’est le cas de l’Agriculture).

 

Les Ministres passent, les fonctionnaires restent…

 

Bien sûr, à chaque alternance les nouveaux coupent des têtes mais, très sincèrement, ça ne change pas grand-chose dans les grandes boutiques : Quai d’Orsay, Armées, Intérieur, Affaire Étrangères, Économie et Finances, Budget et Agriculture aussi.

 

Les dossiers du Ministre ce sont eux et ça pèse d’autant plus lourd dans la balance que le cabinet du Ministre est maintenant peuplé de leurs collègues qui savent fort bien qu’ils sont en CDD. Ils n’insultent rarement l’avenir.

 

Alors, sous forme de boutade, je répondrai à ma question : un Ministre ça sert à faire le Ministre. Il suffit de consulter les agendas publiés pour s’en rendre compte, de suivre les comptes Twitter. Les communicants sont les rois du pétrole.

 

Reste aussi pour graver le nom du Ministre dans le marbre ou le bronze à lui faire porter une LOI qui prendra son nom.

 

Le destin de Claude Évin est là pour en témoigner, sans sa fameuse loi il serait pour toujours dans les ténèbres extérieures. Le jeune Macron l’a bien compris il participe activement à l’extension du domaine de Macron.

 

Le débat sur la compétence ou l’incompétence d’un Ministre est de bien mauvaise politique, il n’est que l’instrument d’un projet politique, pas un magicien, il peut être un bon comédien, savoir donner le change, mais quoi qu’il arrive il sera un jour rattrapé par la dure et implacable réalité.

 

Gouverner c’est choisir !

 

Le choix qui a été fait par l’ancien Président et qui a été repris par son successeur, d’une agriculture dite compétitive, tournée vers le grand large, sans véritables protections ni soutien, a et aura dans les années à venir, tout particulièrement dans le secteur laitier, des conséquences lourdes et importantes sur la localisation et la taille des exploitations.

 

Réinventer le modèle, le génie français quoi, je dis chiche et j’attends sans grande impatience ce beau modèle tout neuf qui va tout régler d'un seul coup d'un seul !

 

Ça me rappelle le brillant épisode de la suppression des droits de plantation votée par le Ministre de l’Agriculture de l’ex et, face à la fronde de la CNAOC, madame Vautrin députée de la Marne me dire avec aplomb : nous allons inventer un nouveau modèle ! Mon scepticisme lui déplut, la suite est connue de tous…

 

Pour la fin des quotas laitiers je m'en tiens à mon devoir de réserve mais bon prêcher dans le désert...

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été du Taulier (9) « Eugène et moi nous allons nous marier avant de partir cultiver la vigne et faire notre vin en Australie… »

Nous nous sommes présentés à la Préfecture un peu chiffonnés. L'huissier nous a demandé d'attendre dans un petit salon, on attend toujours chez les hauts représentants de notre République ils ont tant à faire. Nous n'attendîmes pas longtemps, preuve s'il en était que j'étais considéré comme une mouche à merde. Le Préfet nous attendait debout, plus Préfet que Préfet, tiré à quatre épingles, cheveux lustrés, petites lunettes cerclées et costume bleu marine croisé. 

 

Il était flanqué de l’intraitable et omniprésent président Marge. Nous nous serrâmes les pognes. La présence d’Émilia constituait pour moi un atout essentiel, ils allaient devoir marcher sur des œufs. Nous nous assîmes, à la demande du Préfet, autour d’une grande table ovale. Le Préfet s’enquit, avec onctuosité, auprès d’Émilia, de ses préférences : « thé ou café ? » Elle opta pour la première option. «Avec du lait ?» Là ce fut non. Pour nous les mâles ce fut un café. Pour moi sans sucre demandai-je avec un sourire le plus benêt que je puisse afficher.

 

Mal à l’aise, le Préfet, tout en joignant ses mains aux ongles manucurés, s’engagea dans un discours alambiqué sur la situation économique contrastée des vins de Bordeaux, la baisse inquiétante des exportations, la lutte contre la corruption en Chine, le désamour de Paris pour les petits Bordeaux, le bordeaux bashing des réseaux sociaux peuplés d'affreux naturistes sans foi ni loi, les difficultés de Vinexpo à retrouver un second souffle, le prix trop bas du tonneau de Bordeaux, les chicaïas insupportables de Miss Supportable, la mollesse de l'INAO, la chaptalisation des Sauternes et autres joyeusetés. J’opinais constamment du chef, avec une conviction béate, ce qui devait le renforcer dans sa conviction profonde que je n’étais qu’un petit con sans intérêt. Qu’il perdait son temps avec moi. Qu’il avait hâte que cette mauvaise plaisanterie se terminât. Le service commandé n’était pas son fort, il s’essoufflait.

 

Le Président Marge prit le relais en évoquant l'importance de l’implacable escadrille des équivalents Rafale, la perfidie sournoise et  fielleuse des prohibitionnistes, les embuches ineptes de la loi Évin qui faisait que Jacques Dupont venait lui casser les burnes dès le matin, alors qu'il était sur son tracteur pour l'interviewer sur une histoire foireuse de cavaliers, les casses-couilles d’écologistes, les couilles molles de socialos…

 

Là, le Préfet toussa, si par malheur je donnais écho à ces propos il risquait sa casquette. Charitable, je lui vins en aide en assurant le Président Marge de mon constant et indéfectible soutien à son combat. J’ajoutai, pour faire bon poids, que toutes ces années j’avais contribué bien plus que la plupart de mes concitoyens à freiner la chute de la consommation domestique. Moi je buvais au quotidien du rouge, boisson totem, chère au défunt Roland Barthes renversé par une camionnette de chez Nicolas. Là, je brodais pour faire dans le réalisme soviétique.

 

Ce discours roboratif prit de court mes deux interlocuteurs qui restèrent un moment sans voix. C’est à cet instant qu’intervint cette chère Émilia.

 

Elle conta par le menu ma lamentable histoire.

 

Du Dickens teinté d’Hector Malo revisité par le Gilbert Cesbron de Chien perdu sans collier. En fait, du pur jus Jean-Pierre Manchette, un Manchette qui eut une vision forcément arbitraire, certes élégante dans ses choix mais lucide quant à son projet.

 

Pour lui, affirmait-elle, le véritable roman noir, celui qu’il défend, est né outre-Atlantique dans les années vingt. Ce moment historique (1ère Guerre mondiale, révolution bolchevique, capitalisme triomphant) qui voit, dans une plantureuse cacophonie créative, l’irruption de toutes les avant-gardes rebelles du XXe siècle.

 

Elle reprenait son souffle et assénait à nos deux interlocuteurs ébahis :

 

« Des mouvements où la question du langage, et de son pouvoir à la fois créatif et corrosif, est centrale. C’est en effet aux alentours des années 20 que se croisent Dada et Joyce, le cubisme et Kafka, Dos Passos et les surréalistes, Eisenstein et les futuristes. La renaissance du roman noir va s’élaborer en contestation du classique policier à énigme, né dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le genre doit faire sa mue et troquer ses mystères de chambre close, sa psychologie douillette et ses petits jeux logiques pour la violence des rapports sociaux, la lutte des classes et le récit « cinématographique ».

 

Elle concluait superbe :

 

« En un mot, il était temps de remettre le polar sur ses pieds. Et si Manchette fait de Dashiell Hammett l’un de ses principaux maîtres à écrire, il sait rendre discrètement hommage à ceux qui ont inventé, travaillé, peaufiné, le réalisme dit « objectif », « l’esthétique du rapport de police », le fameux style « à chaux et à sable » béhavioriste, et notamment Hemingway et Dos Passos. »

 

La messe était dite, leur attrition était complète. Détruits, laminés, pulvérisés comme dirait Monsanto…

 

Pour achever l’œuvre de ma compagne adorée, ingénu, je leur confiais «si ça peut vous rassurer je ne suis pas l’amant de la baronne des Sables de Sainte Émilion…»

 

De nouveau Émilia rosissait.

 

Elle buvait une petite gorgée de thé avant de confier à nos deux interlocuteurs pétrifiés : « Eugène et moi nous allons nous marier avant de partir cultiver la vigne et faire notre vin en Australie… »

 

Je blêmissais.

 

Le Préfet se répandait en félicitations. Le Président Marge, plus réaliste, me glissait un petit papier écrit à la hâte « Ne touchez pas à notre cloche »

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 09:20
Les Murgers des Dents de Chien Saint-Aubin 1er Cru de chez les Derain poils aux… vins…

Un site de vente de vente, qui nous dit que vendre du vin c’est un métier, pose ce matin une question de la plus haute importance : « Que boire avec des Cuisses de Grenouille ? » Encore un truc à nous faire bien voir de nos amis anglais qui nous traitent à tout bout de vignes de « Frog-eaters » et à déchaîner sur Face de Bouc une prise de bec entre les défenseurs des spécificités françaises, genre je ne mange que des andouillettes locavores de ma belle-mère, et les amoureux et défenseurs des petites bêtes…

 

J’avoue que je ne suis pas amateur de ces cuisses-là, non pour des raisons de militance pour la cause des animaux mais parce que, contrairement à Alexandre Dumas qui, dans son grand dictionnaire de cuisine : note que « Bien des médecins du Moyen Âge se sont opposés à ce qu'on mangeât cette viande qui cependant est blanche et délicate et contient un principe gélatineux plus fluide et moins nourrissant que celui des autres viandes. », je n’apprécie pas.

 

Dumas relève que c’est une tradition ancienne puisqu’ « Au seizième siècle pourtant, les grenouilles étaient servies sur les meilleures tables, et Champier se plaignit de ce goût qu'il regarda comme bizarre, et il y a un siècle à peu près qu'un Auvergnat, nommé Simon, fit une fortune considérable avec les grenouilles qu'on lui envoyait de son pays, qu'il engraissait et qu'il vendait ensuite aux premières maisons de Paris où cet aliment était fort à la mode. »

 

Alors pourquoi vous faire tout un plat des cuisses de grenouilles ?

 

Pour rien, ou presque, mon esprit d’escalier associant toujours l’évocation de ce plat à la chanson de Pierre Perret : « Cuisses de Mouche »

 

Sa petite paire de noix gonfle un petit poil sa minijupe

Elle a des gambettes comme un fil à couper le roquefort

Ses petits œufs au plat sous son chemisier me préoccupent

Autant que le joli sourire qui lui sert de passeport

 

C'est pour ça qu'on l'aime dans notre HLM

Chez le beau Riri ou dans le bistrot de la mère Tatzi

On l'appelle Cuisse de Mouche fleur de banlieue

Sa taille est plus mince que la retraite des Vieux

Elle chante tout le temps sans finir sa chanson

C'est la faute bien sûr à ses tous petits poumons…

 

Et, comme je n’hésite devant rien, je descends encore plusieurs marches de mon esprit d’escalier pour vous confier que Pierre Perret va bien à Dominique Derain, le vigneron de Saint-Aubin, dont la devise plaira beaucoup à l’association des philosophes amateurs de vins sans poils :« Un rien naturel...Le vin dans son expression naturellement. » Dom Derain.

 

 

Voilà la boucle est bouclée et sans me ramasser la gueule dans mon escalier je peux maintenant vous affirmer :

 

- J’aime beaucoup le Saint-Aubin…

 

- J’aime beaucoup les vins de Dom Derain

 

Donc, syllogisme impeccable, j’ai adoré Les Murgers des Dents de Chien Saint-Aubin 1er Cru 2013 de Dom Derain, au restaurant Les Climats le jour de la Saint-Jacques.

 

Une merveille de finesse, de fraîcheur, ample en bouche, qui provient d’une parcelle de 35 ares situé au-dessus du Montrachet! Sol calcaire marbrier (comblanchien) et terre rouge ferreuse, vigne d'une trentaine d'années en chardonnay vinifié comme l'ensemble du domaine en fut vieux sans aucun intrant pour valoriser le lieu et le millésime.

 

« Bon jeune et bon vieux. Ce premier cru sera peut-être classé grand cru un jour... » dit le Dom, ha, ha ! et je n’ajoute pas Ding, ding, dong car là je verserais dans le Bordeaux Bashing cher à Isabelle Supportable grande copine du Dom.

 

De mon côté j’ai réservé, avant que les prix flambent, quelques flacons de ce nectar en millésime 2014.

 

Et vous allez me dire : tu manges quoi avec cette merveille ?

 

Du homard bleu breton saisi, bouillon de carapace parfumé à la verveine fraîche, fricassée de girolles et abricots du chef des Climats : Julien Boscus.

 

Saisi, vous avez écrit saisi, oui, barbare je suis, mais comprenne qui pourra pour les beaux yeux d’une reine on ne compte pas, on n’est pas à une contradiction près…

 

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 06:00
Le feuilleton de l’été du Taulier (8) Luchini pour détendre l’atmosphère de l’AG du CIVB se proposa de lire du Paul Valéry

Je fis semblant de ne pas voir le léger trouble qui avait envahi ma nouvelle et belle amie.

 

Avant de faire route vers la Préfecture de la Gironde nous décidâmes de manger des sardines à l’huile arrosées d’un beau petit Clairet du château Mandigot. Je dis à Émilia : « Ça me fait penser à ma mémé de Saint-Guénolé… »

 

Mon âme allégée baignait dans la félicité. Pour la première fois de ma vie j’étais bêtement heureux.

 

Dans un accès de lyrisme je citai un chroniqueur occupant dans le monde du vin une surface médiatique enviée :

 

« J’aime les presqu’îles. Tout est dans le presque, comme l’épaisseur d’un petit trait d’union. Celle de Talmont sur Gironde, promontoire surplombant les eaux mêlées du plus grand estuaire d’Europe, offre au simple promeneur qui sait prendre le temps de s’attarder face à l’estuaire dans l’enclave qui ceint l’église romane, un sentiment de bout du monde qui le fait communier avec les éléments et atteindre le sublime. Alchimie régénératrice où la lumière sculpte la pierre, tire de la couleur compacte des eaux et de la matière déchiquetée de la falaise, un tableau sans pareil. Comme l’écrit Jean-Marc Soyez « En pays royannais, la Gironde n’est pas un fleuve impassible. La plus grande frayère d’Europe est un carrefour en perpétuelle turbulence, où se heurtent et se mêlent des eaux contraires. Deux fois par jour, l’Atlantique y renouvelle le mythe forcené de Sisyphe, repoussant en vain les eaux de Dordogne et de Gironde…

 

La renommée contemporaine de Talmont doit, dit-on, beaucoup aux chemins de fer et à Malraux. En effet, après 1955, une de ces affiches dont la SNCF avait le secret, exposait dans les gares et les wagons la superbe église romane dédiée à Ste Radegonde, reine de France, « morte en odeur de sainteté à Poitiers, en 587 ». Malraux, Ministre de la Culture, exigea qu’on l’apposât dans le passage donnant sur le Palais Royal. La montrant à des visiteurs il déclarait de sa voix au vibrato étrange

 

«Voyez ces pierres sublimes, indifférentes aux rumeurs des âges… »

 

Et de rappeler à Émilia l’immense SAGA de Marie de Saint-Drézéry, marquise de Bombon, jeune et riche héritière, improbable et déjantée, dans l’univers feutré des GCC, qui du 20 juillet au 20 août 2011, du 20 au 20 quoi, se révéla être l’équivalent de l’Ouragan sur la Caine.

 

Pompeux, je pontifiait :

 

- Démonstration que la légèreté permet souvent d’aller bien plus au fond des choses que les lourdes démonstrations. Faire dans le sérieux n’est pas forcément gage de pertinence.

 

J'ajoutais en rigolant :

 

- Bien évidemment tout ça n’était que pure fiction.

 

- Raconte-moi !

 

Marie de Saint-Drézéry, marquise de Bombon, vivait dans un grand loft de la place Fürstenberg, à quelques pas de Saint Germain-des-Prés, en compagnie de son chat dénommé Lénine, en souvenir du séjour de celui-ci, avec sa mère et sa sœur l'été 1909, dans le village briard de Bombon et de Tintin au Congo un mainate religieux qui jurait comme un charretier.

 

Orpheline très jeune elle avait été élevée par un couple d’excentriques américains, grands amis du défunt marquis son père, amateurs d’art contemporains et de bonne chère. Pour être proche de la vérité Marie poussa telle une herbe folle, loin de l’école, baguenaudant dans le quartier où les habitués du Flore la laissaient picorer dans leur assiette et vider leur verre. Toute tachetée de son, le nez en trompette, de grands yeux vairons, des cheveux de foin, un long cou entre des épaules frêles et aucun goût pour se vêtir, lui avait valu le surnom de hérisson.

 

De temps en temps elle faisait des extras au rayon charcuterie de Monoprix rien que pour le plaisir de voir passer les chalands et de s’empiffrer de Rosette de Lyon. Si ses clients avaient su que cet épouvantail à moineaux se trouvait être l’unique héritière de beaux châteaux à Bordeaux, rien que des Grands Crus Classés, sur que notre Marie aurait eu plus de succès. Elle s’en fichait d’avoir du succès. Jamais elle n’avait mis les pieds sur ce qui serait un jour ses propriétés car elle était allergique à tout ce que la campagne peut générer comme pollen ou autres trucs allergènes. Ses deux oncles et trois tantes, tous sans descendance, géraient dans une société en commandite simple son futur bien et lui versaient une rente qui suffisait à son bonheur.

 

 

Mon petit coeur il faut que nous y allions, l’intégrale de cette œuvre feuilletonnesque sans équivalent emplie de phrases cultes telle que celle-ci « Luchini pour détendre l’atmosphère de l’AG du CIVB se proposa de lire du Paul Valéry » C'est du LOURD très chère et c'est : ICI

 

Trêve de souvenirs il nous fallait filer grand train jusqu’au blockhaus de Mériadeck.

 

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:00
FICHE ANTHROPOMÉTRIQUE du n°1 d’EN MAGUM de Bettane&Dessauve

Comme je ne suis qu’un pauvre petit blogueur insolent dépourvu de surface médiatique, au contraire du rédacteur-en-chef d’En Magnum, je n’ai pas eu le privilège de recevoir le N°1 de ce nouveau-né de la presse du vin en service de presse.

 

Face à mes intenses regrets, ma grande affliction, un vigneron compatissant, m’a expédié par la Poste l’exemplaire qu’il avait acheté, pour un usage dont je tairai la destination, merci à lui.

 

Je l’ai reçu le jour où je partais me balader en Suisse j’ai donc déposé EN MAGNUM dans mon sac de voyage. Seule critique que j’oserai formuler : pas pratique le format qui me semble plutôt destiné aux salles d’attente des professions libérales qu’aux lecteurs nomades.

 

Après examen et lecture, sans problème vu le nombre de pages à lire, j’ai estimé qu’il y avait si peu ou pas de grains nouveaux à moudre et que ça ne valait pas le coup de chroniquer.

 

Si par hasard, l’un ou l’une de vous, ayant acquis honnêtement le N°1 d’EN MAGNUM, et qui ne s’est pas contenté de visionner les images, veut se fendre d’un point de vue je suis preneur.

 

Merci par avance.

 

Moi je me contente de vous communiquer la FICHE ANTHROPOMÉTRIQUE d’EN MAGUM

 

POIDS : 445 g

 

HAUTEUR : 34 cm

 

LARGEUR : 23,5 cm

 

130 pages officielles

 

38 pages de publicité dont la 4e de couverture (dont 12 Bordeaux, 8 champagnes, 6 Provence…

 

26,5 pages de textes signés plus l’édito de Thierry Dessauve.

 

Le reste photos, 7 pages de notes de B&D sur les Primeurs de Bordeaux 2014 (rien au-dessous de 15,5/20, 4 pages champagnes d’été, 4 pages 60 nuances de plaisir pas cher) et 1 page pour 1BD…

 

Prix : 5,90€

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