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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 00:09
Le quart d’heure d’avance des blogueurs : nous humons les tendances bien avant les magazines papier glacé type Régal

Mon titre fait référence au fameux quart d’heure d’avance de Carrefour qui, de l’aveu même de Lars Olofsson son PDG aujourd’hui débarqué, s’était transformé en quart de retard. Viré pour avoir sur internet aussi, perdu son quart d’heure d’avance. « Carrefour a certes confié la gestion de ses rayons non alimentaire au spécialiste Pixmania mais Casino a une longueur d’avance avec sa filiale C Discount, numéro un du marché. »

 

Exposé des faits :

 

1er acte : Le 2 juin 2013 je publie une chronique « Comme y fait un temps de pique-nique alors je ne sors jamais sans mon pot cornichons bas-bourguignons 100% bio dans ma musette et mon kil de Callcut » 

 

J’écrivais : « … face aux envahisseurs Indiens (voir plus loin)  se dressèrent les cornichons français introuvables du Guillaume Nicolas-Brion, qui se shoote au Morgon. Notre naturiste patenté, dans un papier engagé, promouvait « Le cornichon made in France contre la « mondiabanalisation » de chez Martin-Pourret d’Orléans le vinaigrier (n'y voyez aucune allusion en rapport avec notre Nicolas-Brion)

 

Appâté, le Taulier se précipitait pour acquérir ces cucurbitacées françaises, mais après avoir erré entre les rayons de GE du BM n’en n’avions point trouvé mais il lui en fallait bien plus pour le décourager. Il remit donc l’ouvrage sur le métier lors d’un nouveau passage et, immense bonheur, avec sa sagacité habituelle, tout en bas du rayon son œil de lynx repéra un petit bocal de cornichons dont l’étiquette verte arborait un fin liseré tricolore. Mais ce n’était pas tout, ces cornichons « aigre doux » bas-Bourguignons, originaires de Chemilly-sur-Yonne s’affichaient cultivés  sans herbicides, sans insecticides et ramassés à la main. »

 

Pour lire la chronique c’est ICI

 

2ième acte : Régal de mars-avril 2015 « Le cornichon français reprend du piquant » par Françoise Dabadie

 

« La cucurbitacée tricolore a bien failli disparaître face à la concurrence indienne. Grâce à un producteur qui  a fait des émules, elle relève la tête sans mollir » proclame-t-elle fièrement !

 

Sans trop ironiser je ferais remarquer : « vous avez mis le temps pour dégainer, deux ans ça fait un chouïa ouvrier de la 25ième heure.

 

3ième acte : lecture comparative entre ma chronique et l’article de Régal…

 

Si vous avez pris la peine de me lire vous saurez à peu près tout sur le cornichon, même le prix du bocal de la cucurbitacée tricolore.

 

Le petit plus de Régal :

 

  • Jamais avec les doigts « Utilisez une pince en bois pour saisir vos cornichons. Ne les attrapez pas avec les doigts sinon le vinaigre se couvre de fleurs. Et bannissez la fourchette qui le fait tourner. » conseil de Florent Jeannequin.

  • La marque « maison Marc » de Florent Jeannequin est servie sur la table de l’Elysée.

  • La consommation française de cornichons 25000 tonnes soit 400g/habitant.

  • La récolte n’est pas mécanisable « il faut cueillir les fruits sous la plante et les casser net à la base du pédoncule. Par temps humide, la fleur se détache mal du cornichon. » Florent Jeanneret.

  • La production des Jeannequin père&fils de 90 à 200 tonnes/an (la culture est très sensible aux écarts de température)
  •  

CONCLUSION : les blogueurs sont des défricheurs de tendance lorsqu’ils ne sont pas inféodés à ceux qui sont payés pour leur faire cracher de la copie pour le compte de leurs clients. Si la presse écrite était un peu plus attentive, moins hautaine, elle ferait son miel de nos découvertes mais elle applique un chacun chez soi et les vaches seront bien gardées d’un autre temps.

Le quart d’heure d’avance des blogueurs : nous humons les tendances bien avant les magazines papier glacé type Régal
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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 00:09
Difficile de dire adieu à Bashung « Osez les nuances, la patience, la difficulté. Il faut prospecter vers d'autres horizons, réinventer des mélanges, se mettre en danger »

L’inoublié…

 

Alain Bashung, longtemps qualifié de perdant magnifique, son allure fantomatique, ses choix suicidaires, ses errances, ses doutes, l’alcool, la dépression, presque l’oubli entre Gaby à l’âge du Christ et Osez Joséphine à 44 ans. À six mois près, et un saut d’année, nous avions le même âge, lui à l’Est, dans l’Alsace d’un père d’adoption, Roger Baschung, qui lui donne son nom (avec un c), moi à l’Ouest dans ma Vendée crottée.

 

Échapper à son mal-être, à sa bâtardise – sa bretonne et ouvrière de mère, chez un sous-traitant de Renault à Boulogne-Billancourt, se refuse à parler de son père un inconnu, sans doute kabyle – une enfance à la campagne, dans une ferme de Wingersheim avec « Oma », une grand-mère qui ne parle pas le français et lui interdit de fréquenter les juifs. Pour ses 5 ans, il reçoit, de Roger son beau-père, son Rosebud, un harmonica. « L'instrument des nomades, des mélancoliques. Posé plus tard sur un guéridon de scène avec ses clopes. »

 

Avant de devenir un fumeur compulsif, Bashung fut un sportif accompli, il pratique le basket et sera enfant de chœur, nos deux points communs. La solitude dans les champs de houblon. Pour s'évader, tromper l’ennui – Dieu qu’on s’ennuyait à la campagne en ce temps-là – il y a surtout la musique. « Strauss, Wagner, et surtout le Mahagony de Kurt Weill diffusé par la radio allemande – si son univers est proche de celui de Tom Waits, ce n'est pas un hasard. »

 

« Parisien en Alsace, alsacien à Paris, Alain prend vite la tangente, et les contre-allées… »

« Des ébats à l'arrière des berlines et des dauphines… »

 

« Ses douze albums studio sont autant d’étapes vers une destination connue de lui seul, douze facettes d’un personnage polymorphe, douze tentatives de recomposer une identité brouillée. »

 

« Alain est un architecte à qui l'on fournit des briques ; à la fin, je n'ai plus rien reconnu… » Miossec

 

« Kurt Weill – « mon premier rockeur dissonant », dira-t-il –, découvert, gamin, à la radio allemande. »

 

Bashung « puise dans les textes de ses paroliers des bouts de phrases, les colle là ; ça tient du cadavre exquis des surréalistes et du « cut-up » à la William Burroughs. Pareil pour les sons. »

 

Citations de François Cano l'Express.

 

Victoire de la musique, la figure montante de l'électro-pop française, Christine and the Queens a « livré une cover épurée et audacieuse d'Osez Joséphine » Elle explique pourquoi elle a repris cette chanson d'Alain Bashung.

 

Qu'est-ce qui vous séduit chez lui ?

 

« Son utilisation de la langue française me plaît énormément ; il a su en faire une langue rock, une langue pop, sans maniérisme, toujours avec une grande force poétique. Quand je pense à lui, je pense surtout à ses textes et à la façon qu'il avait de les interpréter. C'est pour moi un artiste populaire et exigeant. »

 

Et musicalement ?

 

« Je suis attachée à Bashung comme beaucoup, pour sa musique qui était d'une modernité folle. Il n'y a pas si longtemps, à une soirée, j'ai cru reconnaître une chanson que je ne connaissais pas de lui, et c'était en fait King Krule [chanteur, compositeur et musicien anglais]. La voix et les chansons audacieuses de Bashung, on les retrouve en négatif dans des compositions de musiciens, qui n'étaient encore que des gamins quand il est mort... »

Difficile de dire adieu à Bashung « Osez les nuances, la patience, la difficulté. Il faut prospecter vers d'autres horizons, réinventer des mélanges, se mettre en danger »
Difficile de dire adieu à Bashung « Osez les nuances, la patience, la difficulté. Il faut prospecter vers d'autres horizons, réinventer des mélanges, se mettre en danger »
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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 13:45
Les sauternes sont-ils trop… bon marché pour être dilués dans l’eau de Perrier ?

Voilà la bonne question qu’il fallait se poser à propos de la tempête soulevée dans un verre de So Sauternes par sa dilution dans l’eau de la source de Vergèze. Ça fait un bail que Perrier n’est plus fou que dans la pub. 

 

L’ancien copropriétaire de Château d’Yquem, Alexandre de Lur Saluces, aux commandes du château familial de Fargues, évoquait il y a peu, dans une lettre au négoce de Bordeaux, la situation dramatique des crus du Sauternais et répondait OUI.

 

« Nous sommes revenus aux prix obtenus il y a quinze ans. Nous allons vers un suicide collectif pour toute la filière viticole, pour la propriété condamnée à abâtardir sa production, pour l’appellation sauternes et pour le négoce lui-même, qui perdra une large part de sa crédibilité dans l’abandon d’un pan entier du classement de 1855 et d’une AOC exceptionnelle dans le cénacle des grands vins girondins. » Le concepteur de l’Yquem moderne, qui a passé trente ans à peaufiner ce vin d’or - « de la lumière bue » a écrit Frédéric Dard - n’y va pas de main morte. « Veut-on pousser ce terroir enviable à concurrencer l’océan des vins sucrés ou bien encore à trouver son avenir dans la production d’un blanc sec ? C’est comme si les premiers crus du Médoc étaient condamnés à se reconvertir dans la production de vins rosés. »

 

Bordeaux : les vins de sauternes peuvent-ils disparaître ? 

 

Sauternes-Perrier, le cocktail iconoclaste se défend 

 

« Moitié Sauternes, moitié Perrier, un zeste d'agrume et des glaçons : peu l'ont goûté et nombreux semblent déjà dégoutés par cette robe de cocktail iconoclaste. A écouter la sommelière Laura Vidal, c'est pourtant « un Spritz très chic et revisité sans trop d'amertume ». Certes il y a « dilution, mais qui renforce les arômes et conserve l'ADN du Sauternes. Ce n'est pas une blague, c'est bon ! » appuie Michel Garat, le directeur du château Bastor-Lamontagne*, à l'origine de ce Sauternes à l'eau pétillante. Preuve du sérieux de la démarche, la cuvée dédiée à ce cocktail est produite avec les châteaux Guiraud et Rayne Vigneau, sous la marque commune So Sauternes. Et cette cuvée « a du sens techniquement, c'est une gamme pour ne pas miser que sur les dernières tries. Ici on est au stade pourri plein, avec un style allégé sur la tension. Et on retrouve avec le cocktail l'effervescence qui plait au grand public lors des visites de nos chais » se défend Michel Garat, qui espère que ce partenariat inédit avec les eaux gazeuses Perrier profitera à l'ensemble de l'appellation girondine. »

Les sauternes sont-ils trop… bon marché pour être dilués dans l’eau de Perrier ?
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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 00:09
Ce vin nu me trouble beaucoup car il ne vit pas à la colle… du lait, du sang frais, du blanc d’œuf et de la colle de poisson et ron et ron petit patapon

Le bruit de la chaîne au fond de la barrique, évoqué dans ma chronique sur le Bercy englouti, a éveillé en moi un autre souvenir celui d’une expression du pépé Louis, vinificateur improbable de cépages à numéros, tels le 54/55, « va falloir que je soutire mon vin… » Avec mécher, c’est-à-dire, faire brûler une petite plaque de soufre dans ses barriques, soutirer fut pour un long moment mon seul bagage technique dans le domaine du vin.

 

Le pépé Louis était, à sa manière, naturiste, car peu interventionniste, il ne collait ni ne filtrait son vin qui je dois à la vérité était une gentille piquette qui se couvrait de fleurettes. Comme madame Cathiard avec son So Sauternes nous la coupions d’eau et, l’un de mes musts, était de la mélanger avec de l’eau de Vichy. Le breuvage prenait alors une superbe couleur violette et, comme j’étais esthète, ça me plaisait énormément. Mon goût de la transgression prenait forme.

 

Mais ce n’est pas tout : savez-vous ce qu’était un « Jaune d’œuf » ?

 

Pourquoi cet imparfait, vous prendrais-je pour des demeurés : un jaune d’œuf est un jaune d’œuf !

 

Certes, même si beaucoup les achètent en bidons…

 

Le « jaune d’œuf » était un personnage familier des entrepôts de Bercy. Il ramassait les jaunes d’œufs, les blancs étant utilisés pour le collage des vins, pour les revendre aux pâtissiers du quartier.

 

 

Ce vin nu me trouble beaucoup car il ne vit pas à la colle… du lait, du sang frais, du blanc d’œuf et de la colle de poisson et ron et ron petit patapon

Coller les vins qu’est-ce à dire ?

 

Pourquoi certains vignerons inscrivent-ils sur leurs flacons « Ce vin n’a été ni collé, ni filtré. » ?

 

Soutirage, collage et filtration furent longtemps les 3 mamelles du beau vin au sens d’un vin sans trouble…

 

La limpidité érigée au rang de vin de signe de qualité ?

 

Séparer le bon vin de l’ivraie : les particules en suspension qui se déposent au fond de la cuve, faire du vin « propre » ?

 

Mais soutirer, coller, filtrer c’est ôter, le risque est donc grand de voir le vin perdre de sa fraîcheur aromatique, se décharner, à l’appauvrir, à simplifier sa texture. Le collage, le filtrage sont des opérations non sélectives et elles éliminent à la fois des particules « mortes » et inutiles mais aussi des éléments qui participent positivement à la texture en bouche et au goût du vin.

 

Revirement de jurisprudence : la mention « ni collé, ni filtré » serait donc plutôt un signe qualitatif…

 

Comme de bien entendu je n’y connais rien je laisse la parole à une œnologue, une vraie, diplômée, Marie-Madeleine CAILLET, responsable de la Commission technique de l’Union des Œnologues de France :

 

« Le lait, le sang frais, le blanc d’œuf et la colle de poisson ont été les premiers auxiliaires de collage des vins.

 

Ces produits, cités dans des ouvrages du XVIIe siècle, deviennent d’utilisation plus répandue au XVIIIe siècle mais seulement pour les vins de qualité. Le tanisage se développe au XIXème siècle pour combattre la graisse. On incorpore également du tanin extrait de la noix de galle d’Alep ou de chêne d’Asie mineure.

 

Enfin, on trouve même une pratique courante « pour faire des vins prompts à boire » qui est de se servir des râpés de copeaux.

 

Un moyen de rendre buvables les vins verts ou de prolonger de quelques mois la vie des vins qui ne vieillissent pas élégamment

 

(M. Lachiver, Vins Vignes et Vignerons, Histoire du vignoble français).

 

La pratique du collage va devenir quasi-systématique dès la fin du XIXème siècle avec l’explosion de la monoculture de la vigne en Languedoc après la crise du phylloxera.

 

Dès le milieu du XIXème siècle, des volumes de vins de plus en plus importants sont vendus très rapidement après vinification, aux négociants de Paris et du Nord.

 

Ces vins arrivent à Bercy « brut de cuve » après avoir séjournés dans des cuves mal affranchies, en ciment. Ils sont riches en fer, cuivre et leurs tanins sont souvent râpeux et verts.

 

Les collages sont alors des moyens énergiques et curatifs. La poudre de sang et les gélatines sont les colles les plus utilisées, le plus souvent avec une addition préalable de tanins.

 

Jusque dans les années 1975-1980, il n’était pas rare de trouver des vins rouges contenant 25 mg/L de fer, voire plus, et des vins blancs en contenant 15-20 mg/L. Le meilleur traitement pour les vins rouges était alors un collage « tanin-gélatine » précédé d’une aération. Après traitement, la teneur en fer tombait à 10-12 mg/L et le vin était stable, prêt à l’embouteillage.

 

A partir des années 1980, le développement des techniques de vinification et le conseil des œnologues, au niveau des petites et grandes caves, a permis d’aborder la pratique du collage avec plus de doigté dans une logique de prévention et de préservation des caractéristiques organoleptiques et visuelles des vins Le négociant a pris l’habitude d’acheter des vins « prêts à la mise » et de laisser la responsabilité de la stabilisation physicochimique et colloïdale aux producteurs.

 

Dès lors, le collage se pratique sur de plus petits volumes, chez le producteur, avec des colles plus différenciées : par exemple des gélatines plus ou moins hydrolysées par voie enzymatique. Depuis les années 1990, les difficultés à vendre les vins ont conduit le producteur à attendre la vente pour préparer son vin.

 

L’élevage des vins est devenu courant, il repousse l’échéance du collage. En revanche, la réactivité est devenue le mot d’ordre même pour les colles. Le producteur attend souvent le moment de le vendre pour vérifier s’il est limpide et stable.

 

La préparation d’un vin pour la mise en bouteille ne doit pas se faire en 48 heures, les meilleures colles en termes de rapidité demandent un minimum de 48 heures pour floculer et sédimenter. Les filtrations successives remplacent alors le collage et amènent rapidement le vin au niveau de limpidité souhaité, mais pour combien de temps ? Puisque la stabilité dans le temps n’est pas acquise. »

 

Crédit photo ICI

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 00:09
Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !

Au tout début de ma carrière, les Finances, le gratin des hauts-fonctionnaires c’était Rivoli, mais en dépit de la résistance de Balladur celui-ci fut « déporté » à Bercy dans un navire-amiral de style post-soviétique, œuvre de Paul Chemetov.

 

Aujourd’hui Bercy c’est tout à la fois un Palais des Sports où l’on chante aussi et la grande cabane abritant ce qui se veut encore la fine fleur de l’Administration Française…

 

Si je vous parle de Bercy c’est parce qu’André Deyrieux, l’homme qui est fou d’œnotourisme, m’a mis la puce à l’oreille en écrivant ceci « La vraie entrecôte Bercy, servie aux négociants en vin du quartier, était à l’origine une viande chevaline grillée accompagnée d’une sauce à base de vin blanc, d’échalotes et de citron, et servie avec du persil et du cresson. Mais le plus indispensable, c’est le feu de bois… fait avec des tonneaux non réparables ! Et regardez bien, écoutez bien… dans chaque verre de vin, il y a une histoire… » 

 

Lire à propos de la viande de cheval « Pourquoi l’interdiction de l’hippophagie a-t-elle été aussi tenace jusqu’en 1866 ? » 

 

Ce Bercy a commencé de s’engloutir, d’être rayé de la carte « En septembre 1979, les bulldozers font une irruption brutale dans la tranquille cités des vins… Quelques coups de butoirs et les chais Joninon et Saillard sont à terre ; puis c’est la maison Badoc, cour Canonge… si caractéristique avec son mur peint en jaune ; puis les chais Chamard, rue de Nuits… les rues sont dépavées, les poutres brûlées, triste spectacle que cette agonie, vision désolante que ces rues qui disparaissent […]

 

« … Seules les cuves en ciment armé offrent quelque résistance, véritables monuments érigés à la gloire du vin, phares symboliques qui se dressent dans une mer de ruines…»

 

C’est la plume de Lionel Mouraux dans son livre Bercy qui, après avoir retracé l’histoire de ce lieu du vin dans la capitale, nous décrit le début de son agonie. Lorsque j’ai travaillé à la SVF nous avions encore à Bercy un chai plein de vieilles bouteilles poussiéreuses et dépourvues d’étiquettes, des tirés-bouchées comme on le dit dans la profession. Les anciens de Bercy me racontaient des anecdotes savoureuses de ce lieu étrange où l’ensemble du monde du vin se côtoyait dans une confraternité qu’il ne retrouvera jamais.

 

Afin d’éclairer la lanterne de ceux qui pensent que le monde du vin a commencé avec eux, qui ne prennent même pas la peine de comprendre le passé, je vous propose quelques extraits de ce livre de mémoire.

Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !

« À peine a-t-on franchi l’ancienne barrière de la Râpée, qu’on aperçoit de tous côtés sur le quai qui manque de largeur, de longues files de tonneaux symétriquement rangés sur les berges ou voiturés sur des haquets ou autres véhicules.

 

Il faut avoir été témoin de l’animation qui règne en semaine sur ce quai, pour pouvoir s’en faire une idée. Ce ne sont que négociants, courtiers, commis, allant, venant, munis de leurs inséparables outils, tasses d’argent, pince et foret, occupés ceux-ci à faire charger le liquide, ceux-là à les faire goûter aux clients, qui, en leur qualité d’acheteurs, affectent de toujours trouver le prix de la marchandise trop élevé. »

 

« En 1820, selon un rapport du maire, M. Gallois, 3000 bateaux par an déchargeaient leur cargaison dans le port […] En 1847, la voie publique du quai fut pavée. Le nouveau pont Louis Philippe, qui fut inauguré en 1832, donna au port une grande importance.

 

La berge sur laquelle étaient entreposée les marchandises (en particuliers les tonneaux) constituait une zone franche, c’est-à-dire exempte de droits. Le négociant destinataire devait, bien entendu, payer aux postes de l’octroi, installés sur le quai, un droit afin de disposer de sa marchandise. »

 

« Représentez-vous un mouvement perpétuel de voitures, deux lignes de petits bureaux, d’innombrables fûts pleins ou vides de toutes contenances, dispersés çà et là, et gerbés en bouquets. Les travailleurs sont à l’heure, avec la grande blouse, la cotte et le grand tablier de forte toile ou de cuir. Ils remplissent et préparent les pièces que les voituriers vont charger… rincent les futailles en faisant rouler dans le ventre des douves une chaîne de fer, introduisant la mèche de soufre devant leur ôter le mauvais goût, et collent les vins pour les clarifier. Et puis, c’est le maillet des tonneliers qui retentit sur les futailles…

 

… Comme sur le port, les marchands et les courtiers sont occupés à faire goûter le vin aux clients… le courtier, c’est là sa science principale, a rempli plusieurs fois sa tasse d’argent à divers fûts, il a mêlé le tout dans un pichet. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !... » Alfred Sabatier

Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !

« Revenons au port et à la berge qui, non seulement est une terre d’accueil pour le vin acheminé par voie d’eau, mais aussi un havre des plus agréable pour négociants et clients, ouvriers, canotiers ou artistes, bref pour le Paris populaire et mondain. C’est en cet endroit que se concentrent cafés, restaurants, auberges et guinguettes. La population de ce quartier suffisait déjà à leur assurer une clientèle nombreuse…mais leur développement n’aurait certainement pas été aussi grand, sans l’existence de cette position hors barrière, qui faisait consommer ici le vin moins cher. Ainsi tout le « Paris de la Soif » se précipitait en ces lieux hospitaliers, pour sacrifier son penchant à la « dive bouteille ».

 

« Si Bercy avait la réputation d’être, pour tout un public parisien l’un des endroits les plus gais de la capitale, il n’en demeurait pas moins, en particulier sur le port, un lieu de transactions entre professionnels et clients. Aucun marché digne de ce nom ne se traitait en dehors de la table… De deux choses l’une, ou bien « l’affaire » se révélait modeste, on goûtait alors la cuvée de quelques vins nouveaux au-dessus des futailles et l’on invitait le client à sa table, sans façon… ou bien il s’agissait d’une grosse affaire qui méritait une discussion dans la chaude ambiance du « Rocher de Cancale » ou des « Marronniers ». Et dans ces « lieux saints », l’affaire se concluait bien souvent avant le pousse-café. »

 

Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !
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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 00:09
J’Écluse de Gordon Zola : un inspecteur de la sûreté nationale, amateur de vers de vin, embringué dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus

« Quand un Français est con, on dit :

« Quel sale con ! »

Quand un Juif est con, on dit :

« Quel sale Juif ! »

Je revendique pour les Juifs,

le droit d’être cons ! »

 

Pierre Dac

 

La rue Daguerre est un repaire de marchands de vins, 5 sur 630 mètres, 3 dans la portion piétonne pas les meilleurs, 2 sur la partie avec autos avec la célébrissime cave des Papilles. Paradoxalement les cafés, eux, sont pas plus nombreux et ils sont presque tous accoumussés sur le secteur piétonnier. J’y fais parfois mes courses car il y a de bons commerces de bouche. Je ne m’aventure guère au-delà de la cave des vins nus sauf un beau dimanche un peu frisquet, pas le dernier qui fut très ensoleillé, où je l’ai remonté à pied pour aller repérer un nouveau restaurant La Cantine du Troquet Daguerre, de Christian Etchebest et Nicolas Gras.

 

Et je suis tombé nez à nez avec une devanture un peu rétro tout de jaune vêtue et affichant en bandeau « Les éditions du Léopard démasqué ». La maison n’avait rien de compassée, elle affichait au contraire des titres déjantés, parodies de Tintin « Le 13 heures Réclame le Rouge » et autres opus aux titres évocateurs « Le père Denoël est-il une ordure ? » tous signés par un auteur unique signant Gordon Zola.

 

Petite photo, retour at home et dès le lundi j’ai poussé l’huis de ce qui est aussi une librairie pour faire l’emplette de quelques bouquins. Ensuite je suis allé manger en face à la Cantine du Troquet tout à côté d’un couple d’huissiers dont la conversation valait son pesant de propos réactionnaires. Du côté assiette, honnête sans plus, vins sans grand intérêt. Ce ne sera pas ma cantine.

J’Écluse de Gordon Zola : un inspecteur de la sûreté nationale, amateur de vers de vin, embringué dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus

Retour at home, j’ai feuilleté les 4 bouquins achetés du dénommé Gordon Zola. Je dois avouer que ses parodies de Tintin me sont un peu tombées des mains car y’a du lourd, du lourdingue même, des calembours par charretée, des jeux de mots comme s’il en pleuvait, ça lasse un peu. Cependant, dans ses romans historico-déconnant lorsqu’il abandonne son penchant déconnant, par trop répétitif, l’auteur s’appuie sur fond historique très bien documenté. L’homme pond beaucoup, il commet 5 à 7 romans par an, mais l’ensemble est assez bien ficelé.

 

Je me suis donc attelé à la lecture de celui qui m’apparaissait le plus abouti J’Écluse dans lequel Émile Bonplaisir*, Inspecteur de la sûreté nationale, pochtron limite délirium « très mince » en parodiant le parodieur, addict à l’absinthe, va se retrouver impliqué malgré lui dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus. Au cours de son enquête imbibée, chez son pote Clopin le bistroquet il croisera des gens illustres tels Edmond Rostand, l’autre Zola, Félix Faure, Louise Michel, Gustave Eiffel, Theodor Herzl, le capitaine Esterhazy et bien sûr l’ignoble Édouard Drumont. « Drumont le sauvage ! […] le fondateur de la Ligue nationale antisémitique […] le déboucheur de saloperies […] l’homme de « la France aux Français ! »

 

« Il existe chez l’énorme majorité des militaires un sentiment de répulsion instinctive contre les fils d’Israël. On reconnaît en ceux-ci l’usurier qui consomme la ruine de l’officier endetté, le fournisseur qui spécule sur l’estomac du soldat, l’espion qui trafique sans pudeur des secrets de la défense nationale. Partout et toujours, en paix comme en guerre, l’armée a vu le Juif se dresser contre elle, contre ses devoirs, contre son bien-être, contre son bonheur. »

 

La Libre Parole de Drumont

 

Tout d’abord un petit focus sur le héros :

 

« Pourtant, l’Émile, il en avait eu du flair avant que son tarin se fleurisse et s’épate aux mille vins sucrés des bistroquet (…) Aujourd’hui, plus bon qu’à démusquer un coteau prometteur, à dénicher une bonne poire… »

 

« - T'as aucune poésie, Clopin ! T'as l'esprit turgescent, voilà ce que t'as ! L'esprit pleurnicheur et turgescent d'un mémorialiste aigri et salace ! Tu te dilates dans la médiocrité ! Je te parle magie éthylique, caressage de goulot, passion viticole, tu me réponds Mauricette, Gertrude ou Nana ... Tu sais pourtant que l'alcool et l'alcôve ne font pas bon ménage ! Tu as l'âme du petit ... Troquet étriqué !

- Je vends du vin, j'fais pas des vers !

- Justement, tu devrais ! Oui, tu devrais servir des vers de vin ! »

 

« Les petites orphelines que tu nous débouches tous les matins, c’est du réel, du palpable ! C’est aussi doux, aussi frais que les petites fringuettes de chez madame Léonce… Mieux, peut-être ! Moins vachardes, moins perverses… plus attentives à nos misères, à nos désirs ! »

 

Ensuite un petit florilège des sévices textuels de Gordon Zola la bête humaine de l'humour

 

«… des tripes à l’air à la mode des chefs de camp… Tous ces destins grêles… »

 

L’inspecteur Louis Javert-Héson

 

« … cet acerbe à cerveau croate ? »

 

« … Je parie le tonneau de rhum d’un saint-bernard contre un haut-marc thermidor qu’il s’agit d’un stylet ! »

 

« …les absinthes ont toujours tort »

 

« … fluctuat sex vergeture, comme dit si mal la fumeuse locution latrine… »

 

« … Ramassis d’âmes rassis… »

 

« Le commerce de spiritueux du père Pouillot qui fait l’angle (de deux rues) était ouvert aux quatre vins… »

 

« Tout travail malhonnête ne mérite-t-il pas sale air ? »

 

« - Oui, mais pas à la fausse Commune ! »

 

« … l’évidence, elle en voulait plus à sa vie qu’à son vit ! »

 

« 25 novembre 1892 – entre 1 heure moins le kir et 2 heures Ricard »

 

« En Israël, tout finit par des Samson ! »

 

« Chez lui, le vin n’était pas vérité comme le disait le vieil adage latin, mais vers il était. In Vino vers et tasse ! »

 

« L’Opération bouc à misères »

 

Enfin, un zeste de la face de Gordon Zola que je préfère

 

A propos de Sainte-Pélagie « prison des intellectuels, des dissidents, des endettés aussi… les plus nombreux. »

 

« Courbet, le peintre qui n’avait jamais voulu se plier aux diktats des Académies, celui qui n’avait pas eu peur d’appeler un chat une chatte… »

 

« Il arriva rapidement au carrefour du « Puits d’Amour ». Nom charmant… Autrefois, lorsque la vanité des hommes ne les poussait pas encore à attacher leurs noms aux rues de leurs villes, on pouvait comprendre l’histoire des lieux… Rue de la Grande-Truanderie, rue des Petites-Boucheries, ruelle Casse-Cul, rue Joli-Cœur, impasse de la Putte, rue du Chat-qui-Pêche, rue des Femmes-Fraîches… Que des choses qui fleuraient bon la vie. »

J’Écluse de Gordon Zola : un inspecteur de la sûreté nationale, amateur de vers de vin, embringué dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus
J’Écluse de Gordon Zola : un inspecteur de la sûreté nationale, amateur de vers de vin, embringué dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus

« Notre choix s’est porté sur un certain Alfred Dreyfus. Une transparence… Capitaine stagiaire dans les différents services du Deuxième bureau. Type intelligent, officier brillant, bien marié, petite fortune personnelle du côté de sa femme. Voix désagréable, plutôt arrogant, peu apprécié de ses collègues… »

 

Correspondance entre le colonel Schwartzkoppen attaché militaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris au major Panizzardi son homologue à l’ambassade d’Italie :

 

« Mon gros artilleur,

 

Quel souvenir que ce fût brûlant où mon obus s’est bien éclaté ! Tu as pu, de ton côté, constater que mon frein n’était pas qu’hydraulique… Aux prochaines grandes manœuvres, je te ferai découvrir un nouveau canon qui tire à boulets rouges.

 

Avec toi, c’est de la bourre, toujours de la bourre… »

 

Alexandrine

 

Gordon Zola a du talent, sa verve sait se faire impitoyable lorsqu’elle se débarrasse de la facilité, l’homme est cultivé, bien documenté, il sait pourfendre « les vérités admises et les lieux communs en une fantaisie jubilatoire (comme le dira un jour Patrick Besson) ! Quand l'Histoire nous prouve qu'elle sait être burlesque ! »

 

En APÉRITIF de J’Écluse il prévient le lecteur :

 

« Ce n'est pas, à proprement dit, l'affaire Dreyfus que vous verrez exposée dans cet ouvrage de facture policière, cette affaire mille fois exposée et commentée, mais la mécanique implacable qui porta un innocent à être sacrifié sur l'autel de... Enfin, vous verrez bien !

 

Mais attention, il va falloir vous accrocher au pinceau de la fantaisie parce que nous allons enlever l'échelle du raisonnable ! Nous ouvrons là des portes dangereuses, désoclons des certitudes, violons des préjugés...

 

Aux détracteurs qui se demanderont une fois de plus si on peut rire de tout, je répondrai comme mon ami Grégoire Lacroix : «Oui, si c'est drôle !»

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 13:36
Tempête dans un verre de sauternes à l’eau de Perrier : un remake moderne d’une pratique de  Philippe de Rothschild qui mettait en furie Bertrand de Lur Saluces

La Toile est un lieu merveilleux où, au hasard d’une lecture vous découvrez un lien sur l’un des grands sujets qui agitent notre bas monde mondialisé sous la plume d’un roi du name dropping, l’énumération de ses chers amis, j’en ai compté 9 : Xavier Planty Château Guiraud, Denis Dubourdieu château Doisy-Daëne, Magrez à Clos Haut-Peyraguey, Denz à Lafaurie-Peyraguey, Paul-Henry de Bournazel Château de Malle, Bérénice Lurton à Climens, Alexandre de Lur-Saluces à Fargues, Pierre Lurton à Yquem Alain Déjean et son merveilleux rousset-peyraguey, qui se sent soudain zadiste face à l’affront fait au sauternes « le plus raffiné, le plus compliqué, transformé en ingrédient de «mixologie» (encore un joli néologisme, tiens). Cette manière unique de toujours prendre le consommateur pour un demeuré. » En clair, une « idée monstrueuse : mettre du Perrier dans mon sauternes. »

 

Pauvre chou, comme je le plains !

 

L’échange entre le susdit et Florence Cathiard vaut aussi le détour.

 

La transgression papa ça ne se commande pas !

 

Ce petit courroux m’en a rappelé un autre d’un tout autre niveau, celui du marquis Bertrand de Lur Saluces à l’endroit du baron Philippe de Rothschild.

 

Je l’avais conté dans une chronique du septembre 2010 : Déjeuner de courtiers chez le baron Philippe, « je souhaite qu’il soit étouffé par les serpents, piétiné par les éléphants et dévoré par les tigres ! » 

 

« Le dessert était une tarte aux pommes maison, légèrement caramélisée. Le maître d’hôtel servit des petits verres emplis d’un liquide topaze. On aurait dit une liqueur. Édouard Minton connaissait la marotte de son hôte pour l’avoir expérimentée. Le baron affectionnait de faire mettre une bouteille d’Yquem, débouchée er placée debout, dans le compartiment à congélation du réfrigérateur. En trois heures de temps, le vin se dissociait, son eau devenant glace tandis que l’alcool et l’essentiel des autres principes restaient à l’état liquide. Cette concentration par le froid produisait un extrait qui était versé à chacun en faible quantité, pour une qualité très particulière. Lorsqu’il avait appris le traitement infligé à son cru, le marquis Bertrand de Lur Saluces était entré dans une colère monstre. Les deux seigneurs des vignes se détestaient de tout cœur. Mis à part l’originalité du sous-produit d’Yquem ainsi obtenu, Philippe de Rothschild jubilait à l’idée que le marquis eût immanquablement vent de cette pratique et qu’il en éprouvât quelque furie. »

 

Le retour à l’envoyeur de Bertrand de Lur Saluces : apprenant le prochain voyage en Inde de son ennemi intime Bertrand de Lur Saluces déclara sur un ton calme et féroce : « Ah ! En Inde ? Eh bien, je souhaite qu’il soit étouffé par les serpents, piétiné par les éléphants et dévoré par les tigres ! »

 

Autre temps autre mœurs, sans doute serait-il plus utile de se poser la question de la chaptalisation des sauternes, mais cela n’intéresserait que le populo qui l’achète chez Métro pour le revendre aux gogos !

 

Sur la photo  Robert Mondavi et le baron Philippe dans les vignes...

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 00:09
Mais où sont passés les mécènes d’antan : les interprofessions aux abonnés absents de la Culture pour soutenir le «Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes» de Pierre Galet

Touche pas à mon vin produit de culture et de civilisation !

 

Face aux hordes ignorantes, aux vieux chevaux de retour de l’ANPAA, aux actuels et futurs dirigeants de la France venus caresser le cul des vaches et trinquer à l’occasion, le fleuron, l’élite dirigeante de la vigne France et de ses vins, pourfend Evin au nom de la Culture.

 

Mais, comme le chantait avec son accent inimitable Dalida : paroles, paroles, paroles… lorsqu’il s’agit d’entrouvrir leur gousset empli par le pognon des cotisations des vignerons ils sont abonnés absents. Faut pas gâcher dirait le Guy Roux du chablis ! Les picaillons c’est pour étaler de belles affiches dans les couloirs du métro pour conquérir le populo. À quoi bon mettre 3 francs six sous dans le «Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes» de Pierre Gallet, pour quel revenant bon ? Que voulez-vous ma bonne dame le Culture ça ne rapporte pas gros, c’est pour les intellos.

 

Vous allez me dire que j’exagère, que tout ce beau monde se voue corps et âme à la défense de la culture et de la civilisation du vin, qu’ils joignent le geste à la parole lorsqu’il s’agit de mécénat pour soutenir une publication qui permettra aux générations futures de s’instruire.

 

Eh bien non, je n’exagère pas, le 5 décembre 2014 j’ai pris ma plume pour commettre une Lettre aux présidents des Interprofessions du Vin : faites œuvre de mécène aidez à la réédition du Dictionnaire encyclopédique des cépages de Pierre Galet, en pure perte !

 

Que l’on ne me réponde pas à moi ça ne me vexe pas. En revanche que pas un seul Président ne prenne la peine, même via son directeur ou je ne sais qui de leur maison, de solliciter l’éditeur Jean-Paul Barriolade les éditions Libre & Solidaire dont j’avais pris le soin de mentionner toutes les coordonnées dans ma lettre libre.solidaire@gmail.com j’en suis resté estomaqué.

 

Oui, j’espérais un minimum d’attention de la part de certains d’entre eux pour soutenir la pugnacité et le risque pris par un tout petit éditeur mais à l’évidence je ne suis pas allé frapper à la bonne porte. Et pourtant, c’est dans le monde du vin c’est dans les interprofessions qu’il y a le plus de pognon. En mettre une pincée serait ni le gaspiller, ni le détourner de son objet.

 

Mais il ne faut jamais lâcher, s’accrocher et rappeler aux discoureurs que leur crédibilité passe par des actes concrets. Alors Jean-Paul Barriolade, nous en avions discuté à l’époque, a recours au crowdfunding sur la plate-forme Fundovino.

 

 

Au jour où j’écris cette chronique, à J – 44, la bouteille est un peu plus qu’à moitié pleine 57% des 20 000 € sollicités. Nous sommes donc au milieu du gué et la bouteille est encore à moitié vide. Il est temps de donner un coup de rein, un coup de mains, en diffusant l’information autour de vous, y compris pour les vignerons auprès de leurs Interprofessions.

 

Les ouvriers de la 25e heure seront accueillis à bras ouverts, nul ne demandera aux présidents de se couvrir la tête de cendres, de se battre la coulpe, l’important c’est de remplir le contrat pour bien montrer que la Culture du vin passe encore par les livres, des livres telle que la Somme de Pierre Gallet.

 

Merci de votre attention et de votre aide

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 00:09
Je viens d’hériter d’un pré, de vignes et d’un tonneau : aidez-moi je suis noyé sous la paperasse de mon notaire !

I love Macron. J’ai été à deux doigts de l’inscrire sur l’enveloppe qui contenait une simple procuration : + de 100g, paraphage sur toutes les pages, bon pour pouvoir, avec la énième copie de ma carte d’identité, posté à l’attention d’un cabinet de notaires de Sommières. Vous me direz que c’est la règle sauf que je venais juste d’en poster une, la semaine d’avant, avec les mêmes mentions sauf les fameux paraphes des pages et la copie de CI. Cerise sur le gâteau celle de mes chers notaires était antidatée vu qu’ils devaient avoir omis de me la demander à l’époque. Bravo pour des officiers ministériels ça vaut d’être souligné. J’ai retenu ma main vengeresse par égard pour ma chère vigneronne. J’espère au moins qu’ils ne passeront pas mon courrier au broyeur comme c’est la coutume dans cette étude.

 

Mon petit couplet poussé j’en viens à l’essentiel : mon héritage…

 

Je soumets à votre sagacité 2 problèmes algébriques :

 

Je viens d’hériter d’un pré, de vignes et d’un tonneau : aidez-moi je suis noyé sous la paperasse de mon notaire !
Je viens d’hériter d’un pré, de vignes et d’un tonneau : aidez-moi je suis noyé sous la paperasse de mon notaire !
Je viens d’hériter d’un pré, de vignes et d’un tonneau : aidez-moi je suis noyé sous la paperasse de mon notaire !

Désolé de vous avoir dérangé mais je viens de m'apercevoir que j'ai les réponses à la fin du fascicule mais je ne suis pas le seul à proclamer I love Macron car Macron s’envole dans le dernier sondage IFOP-Paris-Match : + 6 points... Le FOLL fait mieux : + 8pts mais là je ne dis rien c'est encore mon patron...

 

Si ça vous dit vous pouvez faire tourner vos neurones et m'envoyer vos réponses. J'en doute mais bon l'espoir fait vivre...

 

 

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, même si nous n’avons pas appuyé sur la gâchette comme dit Fillon, Poutine n’a pas tout à fait tort lorsqu’il affirme « Vous avez tué Kadhafi! »

Je déteste février, chaque année j’attends la chute de ce petit mois du calendrier avec impatience ; elle me ravit, car il a beau être raccourci, tout rabougri, cet entre-deux teinté de gris m’amène sur des rives d’ennui qui me bouffent l’âme. Le cru 2015 fut, plus encore, redoutable : au spleen traditionnel s’ajoutât l’absence, son absence. Elle partait, à l’époque des grandes marées, tout à la fin de la Terre voir sa grand-mère et sa mère. Grand seigneur, je m’armais d’une patience de fer, que je rêvais à toute épreuve ; elle le fut sauf que, plus les jours passaient plus mon désir d’elle montait. Je le réfrénais. Mes jours, s’effilochaient. Je les comptais la tête pleine de ce que je lui déclarerais à son retour. Faire des déclarations d’amour ça je savais faire mais, face à elle, elles me fuyaient me laissant désarmé. Paradoxalement cette incapacité à lui dire tout ce je voulais lui dire m’apaisait, me rendait sans doute aimable. Notre déjeuner à son retour fut un de ces moments qui vous donnent ou redonnent le goût de vivre. De vivre au présent, intensément. Regonflé à bloc j’ai convoqué in petto ma bande de joyeux drilles tout juste remise de la tournée des provinces au Salon de l’Agriculture : ils avaient bouffé et picolé à s’en faire péter la sous-ventrière.

 

Mon propos liminaire fut décapant :

 

Et plus dure est la rechute pour le couple exécutif « Les sondages se suivent et se ressemblent pour le président de la République et son Premier ministre. François Hollande perd quatre points de confiance, à 25 %, en mars par rapport à février, tandis que Manuel Valls fait une chute de sept points, à 37 %, selon un sondage CSA/Les Echos/Radio classique* publié vendredi. », avec en prime une déculottée magistrale aux départementales. Se prendre une veste ne va pas être du goût des notables locaux du PS qui vont devoir abandonner voitures de fonction, notes de frais, cabinet pléthorique, et se retrouver dans leur misérable permanence ignorés de tous. Quand tu n’as plus le pouvoir : tu n’es plus rien ! Mon analyse fut radicale : ce gros parti, assoupi, sourd, lourd, mêlant des bien-assis conservateurs à de jeunes loups qui n’ont même plus de dents tellement elles ont rayés le parquet, d’ailleurs comment osent-ils se baptiser les frondeurs, regardez ce pauvre Christian Paul tout avachi, mou comme du beurre, ce parti, donc, a besoin d’un bon lavement. Vous savez le clystère dans le cul ! Ça dégage ! L’ex-premier secrétaire le sait, l’as de la synthèse va se retrouver juché sur un tas de décombres face aux survivants tétanisés qui n’auront plus que lui pour se raccrocher. L’heure des choix radicaux sonnera, les termes de l’alternative seront simples : retour à la balkanisation que le père Mitterrand a cassé, dans l’ambigüité, au Congrès d’Epinay ou l’érection d’un vrai parti social-démocrate fondé sur les nouvelles aspirations de la société. Comme c’est dans les vieux pots qu’on fait le bon beurre, Hollande n’aura que le choix que de la seconde voie pour entrer vraiment dans l’Histoire. Le petit père Queuille adoubera l’héritier de Clémenceau, le Manuel dont il nous faut préserver l’avenir en ouvrant la voie à une droite présentable représentée par le vieux Juppé.

 

Mes troupes apprécièrent ce discours musclé. Pour détendre l’atmosphère je changeais de registre en annonçant une nouvelle que venait de me transmettre une de mes gorges profondes non dépourvue d’humour : « Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis et le Premier ministre Manuel Valls se déplacent jeudi en Haute-Vienne dans le cadre des élections départementales. Au programme, la visite de France Confection, spécialisée dans le vêtement sur mesure de haut de gamme. » Mon correspondant, en verve, notait :

 

  • ETONNANT, ALLER VISITER UNE FABRIQUE DE VESTES À LIMOGES POUR SOUTENIR DES CANDIDATS AUX DÉPARTEMENTALES !

Quelle idée ! Pour une élection ?

 

Aller visiter une fabrique de vestes !

 

Ohé les communicants de Matignon ! Vous ignorez l’expression ? Pourtant, avec les anniversaires de la grande guerre …

 

Aujourd’hui, cette expression signifie subir un échec. Curieusement, la veste dont il est question était à l’origine un capot ! Si le rapport entre le vêtement et la carrosserie de la voiture ne semble pas évident, rassurez-vous, c’est qu’il s’agit d’un jeu de mots datant de 1867. Pour commencer, le terme capot désignait le manteau long qu’on appelait « capote », comme la capote militaire que portaient les poilus pendant la première guerre mondiale.»

 

Pertinent autant qu'impertinent il avait conclu « Même si une entreprise française dans le domaine du vêtement est devenu une rareté. Je suis sûr qu’en ce domaine, ceux qui gagnent le plus sont ceux qui collent leur marque (leurs étiquettes) sur les produits de l’entreprise. »

 

Passé ce moment de détente, je rebranchais mes troupes sur l’actualité en évoquant la tentative quasi-désespérée de ce pauvre Fillon pour tenter de surnager dans le bourbeux marigot de l’UMP. Difficile car Talonnette à ressort, dont il a été le chef de rayon pendant 5 ans, a repris ses thèmes usés jusqu’à la corde pour tenter de doubler Juppé sur son extrême-droite. Son interview au nouveau magazine Society est un modèle du genre looser absolu.

 

Morceaux choisis :

 

Pourquoi il n'a pas quitté Matignon en 2010

 

« François Fillon explique pourquoi il a refusé de démissionner en 2010 au moment du large remaniement opéré par Nicolas Sarkozy : « C'est compliqué de répondre à cette question. Premièrement parce que les relations (avec Nicolas Sarkozy, Ndlr) n'étaient pas exactement celles que la presse décrivait. C'est un mélange de complicité et de différences. Sur beaucoup de sujet, je n'ai pas hésité, en réalité, à entamer un bras de fer avec le président de la République. Deuxièmement, j'étais extrêmement populaire au sein de ma majorité durant cinq ans. Il faut se rendre compte de ce que c'est. Vous avez un président de la République pas très populaire et vous, à l'Assemblée nationale, les gens se lèvent dans l'hémicycle à chaque fois que vous prenez la parole, c'est grisant. Vous vous dites : « Merde, je ne vais pas m'en aller! Pourquoi je m'en irais? » Je ne saurai jamais si j'ai eu raison ou tort. »

 

La colère de Poutine sur la Libye

 

« Je me souviens d'une discussion très violente avec Poutine, fin 2011 :

- Je ne vous croirai plus jamais', disait-il. Vous m'avez trompé une fois, c'est terminé.

- C'est faux, on s'est contentés de bombarder les colonnes de chars...

- Vous avez tué Kadhafi !

- Mais ce n'est pas nous qui avons tué Kadhafi.

Bref, il m'a fait tout une démonstration : les avions français qui bloquent la colonne de Kadhafi, les forces spéciales sur le terrain... Même si c'est ce n'est pas nous qui avons appuyé sur la gâchette, l’honnêteté m'oblige à dire que ses arguments n'étaient pas tous fallacieux »

 

François Fillon et son ami Poutine 

CHAP.15 opération Chartrons, même si nous n’avons pas appuyé sur la gâchette comme dit Fillon, Poutine n’a pas tout à fait tort lorsqu’il affirme « Vous avez tué Kadhafi! »
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