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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 08:00

 

Le 11 novembre, revenant de faire quelques courses, face au portail sécurisé de la cour de l’immeuble mon porte-cartes tombe de ma poche arrière lorsque j’en retire le bip pour ouvrir. J’en m’en aperçois dès que je suis arrivé au 9e, je redescends. Rien sur le trottoir. Je refais mon parcours en vain.

 

Procédure d’urgence : je bloque par téléphone mes deux cartes bleues, reste ma carte vitale. Je me rends sur le site de la CPAM mais pour déclarer la perte il faut passer par un compte que je n’ai jamais ouvert. Je décide donc d’utiliser le courrier que je dépose à la Poste le lendemain.

 

3 jours après j’ai 2 nouvelles cartes bleues.

 

6 jours après je reçois un coup de téléphone : mon porte-cartes a été déposé dans la boîte aux lettres d’une caisse d’épargne du 17e (en effet la main anonyme qui a trouvé mon porte-cartes a constaté que l’une des cartes bleues était émise par la Caisse d’Epargne il l’a déposé dans la boîte aux lettres de la Caisse d’Epargne proche de son domicile. Le gérant a cherché mon numéro de téléphone sur sa base de données et m’a appelé)

 

Bref, il ne me restait plus qu’à attendre ma nouvelle carte vitale. L’ancienne restait active.

 

Le 16 décembre je reçois un courrier de la CPAM Paris me demandant de remplir un formulaire sur lequel je dois apposer une photo. Ce que je fais illico en renvoyant le tout au centre d’impression des cartes. À partir de ce moment-là je sais que mon ancienne carte vitale est désactivée.

 

En conséquence j’en suis démuni ce qui m’empêche d’accéder à un éventuel test Covid 19.

 

J’attends donc.

 

Le 12 janvier je reçois ma nouvelle carte vitale par courrier, elle a été émise le 5 janvier.

 

2 mois tout ronds !

 

Je suis tout prêt à admettre que la conjonction Covid et fêtes de fin d’années puisse justifier un délai raisonnable. Dans mon cas précis, je souligne que les pertes de carte n’ont pas dû submerger la CPAM Paris, que le retard est surtout dû à l’incapacité que ce type d’organisme à gérer efficacement, à l’image des cartes bleues, une demande sommes toute banale.

 

Et qu’on ne vienne pas me chanter la ritournelle : manque de moyens, c’est un état d’esprit s’appuyant sur des procédures obsolètes.

 

Bonne nouvelle : sur la nouvelle carte je n'ai plus une tronche de bagnard comme sur l'ancienne.

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 06:00

 

Buste de Louis-Michel Lepeletier, Musée de la Révolution française

 

Hommage soit rendu à mes lecteurs des origines dotés d’une fidélité inoxydable, il leur faut vraiment de la constance et du courage pour suivre chaque jour ma graphomanie.

 

Parfois, face à mon écran, je me dis « un jour tu vas être à court d’un nouveau sujet… ». Alors, certains d’entre eux sont mes bouées de sauvetage en expédiant dans ma boîte de messages du carburant non fossile à brûler.

 

Ainsi Olivier de Moor :

 

« Demain je pense sera évoqué les 25 ans de la mort de François Mitterrand. Je pense que de Mitterrand on n'oublie pas l'abolition de la peine de mort, et le discours habité de Robert Badinter. Il y a peu j'ai vu une émission sur les grands discours à l'assemblée nationale. Et Robert Badinter interrogé sur le sien expliqua que le premier à l'avoir demandé fut Lepeletier de Saint-Fargeau. Ignare que je suis, je n'en avais jamais entendu parler. Le Saint-Fargeau de la Puisaye voisine a éveillé ma curiosité. Et je viens de découvrir un personnage incroyable qui a eu une drôle de vie. Ton érudition étant sans limite, tu le connais sans doute. »

 

Je rassure Olivier moi aussi j’ignorais tout de Lepeletier de Saint-Fargeau, quant à mon érudition elle a des limites, c’est ma curiosité qui elle n’en  a pas.

 

En revanche, le plaidoyer de Robert Badinter le 17 septembre 1981 à la tribune de l’Assemblée Nationale est à jamais gravé dans ma mémoire. En effet, j’eus le privilège d’y assister car j’étais présent physiquement dans l’hémicycle, en bas, à gauche, à la place réservée aux conseillers du Président de l’Assemblée.  

Débats de l'Assemblée nationale sur le projet de loi
d'abolition de la peine de mort
(17 et 18 septembre 1981)

ANNEXES AU PROCÈS VERBAL
de la 2ème séance du vendredi 18 septembre 1981

 


SCRUTIN (N° 59) Sur l’article premier du projet de loi portant abolition de la peine de mort

Ont voté pour : ICI 

Le vote de la loi portant abolition de la peine de mort ICI 

 

Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau : l’oublié des journées des 20 et 21 janvier 1793 ICI 

 

 – La lutte pour l’abolition de la peine de mort

 

Si sa présence est peu remarquée au départ, il sut progressivement se faire entendre au sein de l’Assemblée nationale constituante. Alors qu’on s’apprête à abolir les titres de noblesse, il parvient à faire adopter le 21 juin 1790 la loi selon laquelle « tout citoyen devra porter le nom de sa famille réduit à sa plus simple portion ». Beaucoup s’efforcèrent ainsi de faire disparaître la particule de leur patronyme. D’Anton deviendra Danton, Maximilien de Robespierre ne signera guère plus que Robespierre. Pour Louis-Michel Lepeletier, Marquis de Saint-Fargeau, se fut tout simplement Michel Lepeletier bien que certains de ses comparses l’appellent encore Saint-Fargeau.

 

 

 

S’il présida un temps l’Assemblée nationale, ce n’est qu’en 1791 que Michel Lepeletier revint sur le devant de la scène pour plaider notamment la cause de l’abolition de la peine de mort. Rapporteur de la jurisprudence criminelle – il se souvint de l’arrêt du Parlement de Paris rendu à l’occasion de l’exécution de Robert-François Damien pour crime de lèse-majesté (Arrêt principal, prononcé contre Damien Parlement de Paris, Grand’Chambre assemblée, le 26 mars 1757 : « tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras de jambes, sa main droite, tenant en icelle le couteau dont il a commis ledit parricide, brûlée de feu de souffre ; et, sur les endroits où il sera tenaillé, jeté du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix-résine fondue, de la cire et du soufre fondus ensemble ») – il présenta donc un projet de Code pénal le 30 mai 1791.

 

« Il faut que les peines soient humaines, justement graduées, dans un rapport exact avec la nature du délit, égales cour tous les citoyens, exemptes de tout arbitraire judiciaire ; qu’elles ne puissent être dénaturées après le jugement dans le mode de leur exécution ; qu’elles soient répressives, principalement par des gênes et des privations prolongées, par leur publicité, par leur proximité du lieu où le crime a été commis ; qu’elles corrigent les affections morales du condamné, par l’habitude du travail ; quelles décroissent en approchant du terme fixé à leur durée, et enfin qu’elles soient temporaires. »
 

Discours du lundi 23 mai 1791 prononcé par Michel Lepeletier devant l’Assemblée nationale

 

Lui, et bien d’autres, ne parvinrent toutefois pas à faire changer l’opinion générale sur le sujet. Le 6 octobre 1791, les députés adoptèrent la grande loi pénale qui dispose, entre autres, en son article 3 : « Tout condamné à mort aura la tête tranchée ».

 

 

 

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 08:00

 

22 janvier 2020

 

Les « janvier sec » des prohibitionnistes masqués et les « buvez du vin sur ordonnance » de Vin&Société me gonflent à parts égales ICI 

 

Nous ne vivons pas dans un pays de prohibition, le vin est en vente libre et, en dehors de quelques restrictions justifiées, de la loi dites Evin, il est possible d’acheter la boutanche chère à son cœur aussi facilement que sa botte de poireau.

 

 

 

Alors en faire des tonnes, comme Saverot, Bettane et Pousson sur le nouveau joujou des prohibitionnistes masqués « Dry January » relève d’un réflexe pavlovien qui plaît beaucoup aux prohibitionnistes masqués pour taper sur le lobby du vin.

 

 

Je ne m’étendrai donc pas pour ces joutes dénuées d’intérêt.

 

 

En revanche, même si les buveurs de la perfide Albion sont désarrimés de notre UE, ils vont continuer de picoler nos jajas gaulois et l’opinion d’un journaliste du quotidien britannique The Guardian Toby Moses qui explique pourquoi il renonce à faire Dry January présente un réel intérêt. ICI

 

 

Tous les ans, je fais le vœu de ne plus manger de gâteaux. Ces bonnes résolutions durent généralement un mois, avec un peu de chance, parce qu’en février c’est mon anniversaire et qu’il est très malpoli de refuser une part de gâteau. Ou même deux, ou trois. Mais cette année j’ai pris une autre résolution.

 

En janvier, avec un bébé de trois mois très gourmand en attention, les bouteilles d’alcool gentiment offertes en cadeau prennent la poussière et les virées au pub appartiennent au passé. Comme bonne résolution, j’ai donc décidé de boire plus souvent. Certes l’idée peut paraître dangereuse, mais je pense que c’est le moment idéal pour apprendre à boire avec modération. Avant, j’avais cette attitude toute britannique vis-à-vis de l’alcool, c’est-à-dire que j’avais tendance à me prendre des cuites monumentales et à le regretter amèrement le lendemain matin.

 

Avec un bébé, ce n’était plus du tout faisable (sans parler des dégâts infligés à mon foie vieillissant). Et puis ce serait vraiment du gâchis de boire sans apprécier cette belle bouteille de gin maison que Tante Isa nous a offerte pour la naissance du bébé. J’ai donc décidé que quelques verres de vin ou quelques bières pourraient égayer un peu ces soirées d’hiver passées en intérieur avec mon fils, certes adorable, mais qui ne parle pas beaucoup.

 

Prendre l’engagement de boire davantage nécessite quelques garde-fous. Boire tous les soirs est sans doute une mauvaise idée, tout comme commencer l’apéro à 17 heures. Je ne le conseillerais pas non plus à quelqu’un qui a des problèmes d’alcool. Mais pour quelqu’un comme moi qui a tendance à boire sans modération, un verre de vin avant le dîner me permet d’avoir une attitude plus raisonnable à l’égard du démon de la boisson.

 

J’ai également décidé d’être plus exigeant sur la qualité de ce que j’ingurgite. Comme je ne sors pas, et que le bébé ne coûte pas grand-chose pour l’instant, j’ai décidé d’arrêter de me contenter des bouteilles en promo du supermarché. Je me suis donc aventuré chez un caviste du quartier, et j’ai dépensé plus de 10 livres pour une bouteille. Une folie, je sais, mais si je dois boire moins et plus régulièrement, je peux bien dépenser l’équivalent de trois pintes au pub.

 

 

Pour tout vous dire, je n’ai pas eu de mal à tenir cette bonne résolution – même s’il faut remplir plus souvent le frigo de bières. Ma résolution a coïncidé avec le début du confinement; c’était plutôt agréable de se détendre à la maison autour dun verre et c’était (presque) normal. Dans tous les cas, avoir un enfant est un excellent échauffement en cas de pandémie (sortir? quelle drôle didée). Et les apéros en visio avec les copains ont permis de donner une tournure sociale à notre consommation dalcool domestique.

 

La transition s’est faite en douceur et comme notre pub préféré, qui pourtant accepte les enfants, est fermé depuis cet été, les soirées cocktails dans le salon risquent de continuer encore longtemps.

Toby Moses

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 06:00

 

Désolé je n’ai pas pu m’en empêcher…

 

Tintin au pays des Soviets

 

 

Nous sommes le 10 janvier 1929, à Bruxelles. Accompagné de son chien Milou, un tout jeune reporter monte dans le train à destination de Moscou. Pour Tintin, c'est le début d'une grande aventure. Pour Hergé, c'est le vrai début de sa carrière. Les Aventures de Tintin, reporter du Petit Vingtième au pays des Soviets paraîtront sous forme d'album en 1930

 

 

Plus sérieusement :

 

MANIFESTATION EN FAVEUR DU CHILI AUX INVALIDES À LA SUITE 
DU COUP D'ÉTAT.  DE GAUCHE À DROITE AU PREMIER PLAN 
JEAN-MICHEL CATALA, PAUL LAURENT, GEORGES SÉGUY, 
EDMOND MAIRE, GEORGES MARCHAIS
 ET MICHEL ROCARD. PARIS 1973. 
PHOTO JEAN TEXIER

 

Pour comprendre la relation que Michel Rocard a entretenue avec le parti communiste tout au long de sa carrière politique il convient de distinguer trois périodes principales.

 

La première couvre les années cinquante et soixante jusqu’à 1974, celles de la formation politique et de son action au sein du PSU ;

 

La seconde couvre les années qui ont suivi son adhésion au PS (1974-1981) ;

 

La troisième est celle du gouvernement Rocard (1988-1991).

 

Une relation décomplexée avec le PCF.

 

Michel Rocard s’est situé politiquement à gauche d’emblée. Il se rappellera plus tard qu’il ne pouvait satisfaire l’humanisme transmis par sa mère protestante que de cette manière. «Le message égalitaire des écritures ne pouvait pas me laisser indifférent ».

 

Sa découverte du monde ouvrier et ses valeurs humanistes l’orientent vers le socialisme. «Dès lors, j’irais du côté de ceux par lesquels elles [les classes populaires] s’estimaient représentées, vers les partis qui bien ou mal aspiraient à les défendre. » Or, le Parti communiste, à cette époque, est à l’évidence l’organisation qui représente le plus largement la classe ouvrière. Quels que soient les désaccords, nombreux, qu’il entretient d’emblée avec ce parti, ils sont tous deux dans le même camp, celui de la gauche. « Nous savons très bien que la principale force de résistance à un durcissement autoritaire du régime est le PCF » déclare-t-il en 1971. Sa critique violente de Sartre lui permet de relativiser celle du PCF : « Je n’incriminerai pas le PCF : l’ennemi c’est J.P. Sartre et ce qu’il symbolise. C’est à dire l’intellectuel vaincu pendant vingt ans qui ne franchit pas le pas, qui est toujours un grand allié du parti de la classe ouvrière, qui ne porte pas de critique et se tait sur les camps de concentration pendant la période stalinienne et qui avale tout sans que jamais sa critique soit positive ; nous faisons l’inverse. Nous sommes du côté des communistes lors de tous les coups durs mais nous ne lui passons rien sur les affaires sérieuses. »

 

Le PCF n’est pas seulement le grand parti ouvrier, il est le grand parti marxiste. Rocard, membre des étudiants socialistes, a découvert Marx que lui a fait connaître Victor Faÿ. « Il s’est laissé séduire par le marxisme, notamment par les théories économiques de Marx, se souviendra ce dernier ». Il utilisera alors la thèse marxiste de la prééminence de l’infrastructure économique et sociale. Dans la tradition de la SFIO, il se veut un révolutionnaire. La lutte des classes est une évidence. La société socialiste doit succéder à la société capitaliste ; l’appropriation collective des moyens de production doit être réalisée. « Si le parti socialiste rejetait définitivement et le marxisme et le dogme de l’économie dirigée, il mettrait un point final à son évolution et perdrait tout espoir de jamais se rallier la classe ouvrière dont il aura fait don au parti communiste, écrit-il ».

 

Pour autant, Rocard ne ressentira jamais de proximité à l’égard du parti communiste. Il lui sera toujours étranger. Sa culture est différente. Sa génération n’est pas celle de la résistance mais celle de la guerre froide qui a découvert le totalitarisme stalinien. Contrairement à Léon Blum, il ne plaidera jamais pour la réunification des deux courants de gauche. Il ne souhaitera pas, comme lui, « effacer Tours ».

Il a une claire conscience des désaccords profonds qui existent entre eux. Au PSU, il énoncera clairement les deux plus importants : « le premier, c’est le caractère autoritaire ou non du modèle de société socialiste. A ses yeux, le modèle doit rester autoritaire, pour nous non. » ; « le deuxième point de controverse fondamentale, le voici. Des solutions de type socialiste sont-elles actuelles, correspondent-elles à la situation de la société française dans un avenir raisonnable ? Sur ce point nous constatons dans la pratique un comportement que nous qualifierons de conservateur ».

 

A la différence de nombreux socialistes, Rocard, sûr de ses valeurs et de ses idées, n’a pas de complexe à l’égard du « grand parti de la classe ouvrière ». Comme François Mitterrand, mais dans une vision différente, il conçoit la relation avec le PCF comme un rapport de forces. Quant à son marxisme, s’il lui arrive d’en donner des leçons aux communistes, il ne constitue qu’une part d’un bagage idéologique et intellectuel fort éclectique. N’étant pas sectaire, il et est ouvert à de multiples approches, d’autant que chez lui, la théorie, aussi importante soit-elle, ne l’emporte jamais sur les paramètres de l’action.

 

Faire !

 

Cet objectif en fait un héritier de Pierre Mendès-France. Il croit à l’économie. «J’avais, se rappellera-t-il plus tard, une crainte révérencielle devant l’économie. J’avais compris que c’était le cœur de la vie publique. » En 1954, Faÿ le perçoit davantage comme un modéré keynésien que comme un marxiste. Lui-même, interrogé plus tard sur le caractère révolutionnaire du PSU, donne une réponse qui le situe dans la ligne de Jaurès et de Blum : oui, le PSU est révolutionnaire s’il s’agit d’opérer un profond changement des rapports de production, une transformation radicale. Mais non s’il s’agit de déclencher un mouvement insurrectionnel. Il le montrera en mai 1968, étant à la fois en tête du mouvement mais soutenant le préfet Grimaud dans son action et faisant appel à Mendès France. Bref, comme l’écrit Jean-Louis Andreani, Rocard est alors un « révolutionnaire réfléchi ».

 

Mai 68 marque pour Rocard la rupture avec le PCF dont le PSU devient la bête noire. Lorsqu’en 1971, les négociations entre les deux partis à propos des élections municipales sont rompues, le PCF déclare que le PSU s’enfonce «dans des positions gauchistes irresponsables».

 

Rocard ne recherche pas à tout prix un rapprochement avec les communistes qui, comme le souhaite Guy Mollet pour la SFIO, pourrait être obtenu au moyen d’un « dialogue idéologique ». S’il est favorable à des actions communes avec les communistes, il réclame le droit à la différence. Il ne s’agit pas non plus pour lui, comme le voudra François Mitterrand en 1972, de faire un programme commun de gouvernement sans discuter du fond, estimant que ce faisant, le Premier secrétaire du PS consolide le PCF.

 

C’est, selon lui, en affirmant les valeurs socialistes qu’il sera possible de reprendre au PCF la classe ouvrière. Parmi celles-ci figure au premier chef la critique du totalitarisme qui, dans la période 1956-1968, trouve de nombreux points d’application. Il oppose au modèle soviétique le socialisme dans la liberté mais sans le faire au nom de la défense de la social-démocratie qu’il critique, percevant le congrès de Bad-Godesberg comme étant «l’expression parfaite d’un conformisme libéral sans ambition ». Le Rocard du PSU, comme Jaurès et Blum, n’est pas révisionniste.

 

Au modèle révolutionnaire communiste, Rocard oppose un autre modèle révolutionnaire : l’autogestion. Celle-ci ne pourra être instaurée qu’après la prise du pouvoir par les travailleurs et le renversement de l’état capitaliste ; l’objectif prioritaire demeure l’appropriation collective des moyens de production.  « C’est un fait, estime-t-il en 1972, qu’à travers la volonté d’autogestion s’expriment à la fois un refus et un projet :

 

- un refus, celui de la toute-puissance d’un État que la bourgeoisie a modelé en fonction de ses intérêts, et il est significatif qu’il s’accompagne d’un refus analogue à celui que l’URSS impose à ses travailleurs comme à ceux des démocraties populaires : un État qui en vient, comme naguère en Pologne et surtout en Tchécoslovaquie, à contredire la lutte ouvrière elle-même,

 

- mais aussi un projet, celui d’une société où les hommes soient capables de prendre en main leurs propres affaires, de prendre eux-mêmes les décisions qui concernent leur travail leur cadre de vie, leurs formation, leurs relations et toute leur vie quotidienne ». C’est sur cette ligne qu’il entend combattre le modèle communiste.

 

Si le PSU critique fortement, sans toutefois la condamner, la signature du programme commun en 1972, y voyant une perspective de changement politique mais considérant que le texte ne peut « ouvrir  la voie au socialisme» et qu’il est « l’expression d’une centralisation étatique largement aggravée », Rocard lui-même se montre un peu plus ouvert que son parti, estimant que son adoption « malgré les importantes réserves qu’appellent le contenu de ce texte et la stratégie qu’il implique, est un fait important. Son existence a une valeur de mobilisation, de mise en mouvement des forces populaires qu’il ne faut pas sous-estimer ».

 

La signature du programme commun va s’avérer une grande victoire stratégique pour François Mitterrand. Une perspective d’arrivée au pouvoir de la gauche se dessine. Rocard, lui n’a jamais conçu les relations avec le PCF en termes stratégiques. Il n’imagine pas ce que serait un gouvernement d’union. Aux élections législatives de 1973, alors que les progrès du PS sont remarquables, obtenant 19%, à deux points du PCF, le PSU obtient 2%. Rocard perd son siège dans les Yvelines.

 

Le PSU a raté le coche et n’a plus de perspectives sérieuses de jouer un rôle de premier plan dans la recomposition de la gauche. A l’élection présidentielle de 1974, Mitterrand, candidat d’union de la gauche dès le premier tour, manque de peu d’être élu au second. La partie est jouée et Rocard a perdu. Mitterrand ayant accepté sa demande d’adhésion au PS, il doit avaler le programme commun et l’union de la gauche.

 

Rocard, Mitterrand et le Parti communiste.

 

Les Assises du socialisme permettent au courant rocardien de préserver l’idée d’autogestion en entrant au parti socialiste. Les communistes ne voient pas d’un bon œil cette entrée qui risque de renforcer un parti qui menace de le dépasser électoralement. Mais ils ne savent pas trop par quel côté attaquer ces autogestionnaires entrés au PS qui entendent les tourner sur leur gauche. Ils sont tentés de renouveler leur accusation de gauchisme.

 

Mais en même temps, alors que Rocard vient de publier plusieurs articles sur la crise économique, en octobre 1974 ils choisissent un autre angle d’attaque : « il semble bien que les idées de M. Rocard pour faire face à la crise ne sont pas incompatibles avec les intérêts du grand capital », peut-on lire dans l’Humanité. C’est désormais cet angle qu’ils privilégieront. En 1975, Rocard est nommé secrétaire national du PS au secteur public. Ses interventions dans le domaine économique en font l’ennemi déclaré du PC. Il déclare qu’on ne biaise pas avec l’économie de marché et affirme que « la gauche sera crédible quand le PS sera dominant, ce qui suppose de la part du PC une inflexion doctrinale terrible ».

 

Dans une période où « l’Union est un combat», ses accrochages avec le PC sont constants sur les questions économiques, notamment sur les nationalisations et le SMIG. Mitterrand l’écarte alors de la renégociation du programme commun.

 

En septembre 1977, celle-ci échoue cependant. Rocard va attaquer alors de plus en plus durement le PC. En novembre, il déclare : « la pensée économique des dirigeants du PC est restée stalinienne. Les mesures sociales que le PC préconise sont insupportables pour l’économie française. » Georges Frischmann, membre du Comité central du PCF dénonce alors « cet ancien gauchiste devenu social-démocrate d’extrême droite au terme d’une trajectoire étonnamment rapide. »

 

La même année, au congrès de Nantes, son discours sur les deux cultures ne permet pas seulement à Rocard de se distinguer de la « première gauche » socialiste, elle est également, indirectement, une critique acerbe de la culture communiste. Il convient de rappeler les grandes lignes de cet important discours. « Il y a deux cultures dans la gauche française. […] La plus typée, qui fut longtemps dominante, est jacobine, centralisatrice, étatique, nationaliste et protectionniste. »

 

«L’autre culture, qui réapparait dans la gauche française d’aujourd’hui elle est décentralisatrice, elle est régionaliste, elle est libératrice, qu’il s’agisse de majorités dépendantes comme les femmes, ou de minorités mal accueillies dans le corps social : jeunes, immigrés, handicapés. Elle se méfie du règlement, et de l’administration, elle préfère l’autonomie des collectivités de base et l’expérimentation ». « Le risque qui, ici, nous menace est celui de l’étatisation ». Il faut « concevoir les nationalisations comme l’outil privilégié de de notre politique industrielle et non pas comme un principe fondamental du socialisme. »

 

« La deuxième question que la gauche au pouvoir doit résoudre est celle du risque et de la sanction économique. Il faut appeler un chat un chat. Toutes les expériences à vocation socialiste qui ont fait disparaître le risque et la sanction économique ont été conduites à construire des modèles de développement bureaucratiques ». Suit une défense de l’économie de marché. En quelques phrases, c’est feu le programme commun que Rocard enterre ici une seconde fois.

 

Le 19 mars 1978, au soir du second tour des élections législatives, qui voient la défaite de la gauche mais qui s’accompagnent cependant pour la première fois depuis 1936 d’un dépassement du PCF par le PS, le sabotage de la campagne de la gauche par les communistes libère définitivement Rocard de toute retenue dans ses attaques.

 

«  Alors pourquoi cette défaite aujourd’hui ? Une seule raison, la gauche n’a pas marché du même pas face au bloc des intérêts unis. Nos camarades communistes voulaient une victoire qui fût d’abord la leur. Ils ont pris là une terrible responsabilité devant l’Histoire et devant les travailleurs. »

 

Le 27 mars, il déclare au Nouvel Observateur que « la nouvelle union de la gauche devra assurer la convergence entre deux projets de société bien typés. Il ne faut plus que les facultés d’imagination et d’invention du PS soient indéfiniment stérilisées par un document programmatique détaillé ». Le 29 avril, devant la Convention nationale du parti, il déclare : « Nous ne ramènerons pas le PC à la stratégie de l’union par une confiance aujourd’hui bien difficile à reconstruire et encore moins par des concessions ». « La défensive qui consisterait à revenir à la pratique de simples accords électoraux consoliderait durablement l’hégémonie politique et sociale du PC sur la gauche. Il nous faut au contraire développer un parti capable d’engendrer un type d’unité dynamique et conflictuelle entraînant l’union des forces populaires ».

 

Le même mois, il déclare : « la réalité du parti communiste français c’est finalement qu’il ne sert à rien. » En octobre 1979, au Congrès de Metz, Mitterrand l’emporte. L’union reste à l’ordre du jour. Il faut alors être unitaire pour deux. Le 28 novembre Rocard plaide à nouveau pour la clarté dans les alliances et affirme que les deux projets ne sont pas de même nature : « l’union de la gauche, c’est le rassemblement au second tour sur un des deux projets ». Une union réduite aux acquêts… électoraux en quelque sorte.

 

En 1981, Mitterrand, à nouveau le candidat du parti, est élu. Le PCF subit une véritable défaite. Le gouvernement de Pierre Mauroy comprend quatre ministres communistes. Rocard est marginalisé au sein du nouveau gouvernement.

 

En 1984, lorsque Laurent Fabius succède à Pierre Mauroy à Matignon, le PCF décide de cesser sa participation. Le 6 avril 1985, Rocard décide de démissionner du gouvernement. A la veille de sa démission il a déclaré que le PS devrait définir un pacte démocratique sans s’arrêter aux « clivages d’hier. »

 

« Un pacte qui isole ses extrémistes  et refuse avec eux tout compromis ». De son côté, le PCF a rejeté la stratégie d’union. Aux élections de mars 1986, le déclin communiste se poursuit. Rocard écrit : «  le PC a manqué. Sa politique sectaire irréaliste l’a conduit à quitter la cour des grands pour se cantonner aux côtés de M. Le Pen dans celle des moyens. Par la défection de son électorat, le PC ramène la gauche à l’un de ses plus bas scores d’ensemble. On ne peut plus compter sur lui, et c’est donc au parti socialiste d’occuper le terrain de la gauche. »

 

En 1988, François Mitterrand est réélu. Rocard est nommé premier ministre. Une nouvelle période s’ouvre.

 

Le gouvernement Rocard et les communistes.

 

Les élections législatives n’ont pas donné une majorité absolue aux socialistes. L’ouverture au centre évoquée par le président et son premier ministre, et dont, en réalité, ils ne veulent ni l’un ni l’autre, ne peut constituer un véritable retournement stratégique. Le PCF, malgré son effondrement (7%), demeure donc un appoint indispensable.

 

Les communistes déclarent qu’ils ne peuvent faire partie de la majorité gouvernementale. Le premier ministre devra donc rechercher, tantôt à droite, tantôt à gauche, les votes indispensables à l’Assemblée pour s’assurer une majorité. Il ne peut donc pas rompre complètement avec le PCF.

 

Ses relations avec Georges Marchais n’en sont pas moins exécrables. Le PCF hésite un certain temps à voter les motions de censure déposées par la droite et le centre, mais, le 19 novembre 1990, alors que l’une et l’autre ont déposé une nouvelle motion de censure, cette fois sur le projet de CSG, le député communiste Georges Hage déclare : «  Aujourd’hui, le choix entre la droite et la gauche ne s’identifie pas au choix pour ou contre le gouvernement ». Rocard lui répond : « Qu’avez-vous fait de ces soixante-dix ans ? Beaucoup pour freiner les mieux, au nom de l’exigence du bien, mais bien peu au regard des espoirs que vous avez voulu incarner ». A quelques voix près, la motion de censure n’est pas votée, mais, pour la première fois, les communistes ont censuré un gouvernement socialiste.

 

Rocard quitte Matignon le 15 mai 1991. En février 1993, quelques semaines avant de devenir premier secrétaire du PS, Il lance son appel à « un big-bang politique en proposant de « bâtir, dès les législatives passées, un mouvement » socialiste ouvert aux écologistes, aux centristes et aux communistes rénovateurs. » Dans ce nouveau projet il n’y a pas place pour le Parti communiste. Rocard a définitivement largué les amarres de l’union de la gauche.

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 08:00

 

Les confinements successifs ont permis à Olivier de Moor de nous fait partager sa passion pour la peinture sur Face de Bouc.

Alice Olivier de Moor·

 

Rare de trouver peinture aussi saisissante. Je pense qu'il faut aller chez Helen Schjerfbeck pour trouver autant de force. Paula Medersohn-Becker vint souvent en France pour étudier et suivre ce qui s'y faisait. Elle ne vendit que trois tableaux durant sa courte vie.

 

« Je veux apprendre à exprimer la délicate vibration des choses, le frémissement en soi ». Tout un programme. Alors bonne année et tous mes meilleurs vœux. Ne me reste plus qu'à lire « Etre ici est une splendeur ».

 

 

 

Le peintre le plus cher du monde confiné avec ses deux assistants et son petit chien ICI

 

David Hockney a peint sa maison du Pays d'Auge et les toiles ont été exposées à New-York en septembre 2019.​​​​​​​

David Hockney a quitté le soleil californien pour venir s'établir en Normandie en 2019 dans le petit village de Beuvron-en-Auge dans le Calvados. Le célèbre peintre britannique, artiste vivant le plus cher du monde, y passe son confinement et se régale en peignant la nature au printemps.

Le peintre britannique, qui s'est installé dans le Pays d'Auge, profite du confinement pour peindre la nature au printemps.

 

Très sollicité à Londres, le peintre star a filé à l’anglaise vers la Normandie. Ses toiles du bocage où triomphe son art figuratif sont désormais exposées à la galerie Lelong. ICI 

 

C’est une route mauve, comme une moquette ultra confortable, qui serpente mollement. Des collines dodues de gazon vert pétant. Des pans de ciel moiré et un brouillard gris, léger, qui embrasse le bocage. Le magicien Hockney est de retour à la galerie Lelong. Mais pas comme on l’attendait. Star de la peinture contemporaine, le très célèbre peintre des piscines et des jeunes gens attirants s’est mué, à 83 ans, en un pimpant gentleman-farmer. Il montre une longue suite d’œuvres : jonquilles d’or au printemps, caprices branchus de pommiers gorgés de fruits lourds à l’automne, ou labours givrés quand le feu de cheminée est de retour. À deux doigts de la carte postale régionale, mais bigrement impressionnant, son éden est désarmant de fausse naïveté : voilà des paysages doux, coquets, au charme décalé, avec leurs typiques maisons à colombages et leurs sillons sagement labourés.

 

 

La Normandie façon Trenet

 

« Comme il arrive souvent dans la vie, cette aventure a commencé par un concours de circonstances, narre avec gourmandise Jean Frémon, directeur de la galerie Lelong. En octobre 2018, David Hockney était à Londres pour l’inauguration de son grand vitrail à l’abbaye de Westminster. Il ne souhaitait pas rentrer tout de suite à Los Angeles, trouvant les voyages intercontinentaux fatigants. Il savait que s’il restait à Londres il serait instantanément submergé de visites et de sollicitations diverses. Le salut est dans la fuite, se dit-il. » Réfugiés dans leur voiture (car au moins on peut y fumer tout à loisir), David et Jean-Pierre, son assistant, embarquent pour traverser la Manche, puis font halte à Honfleur. Un détour au musée de Bayeux pour revoir la tapisserie et la visite du bocage normand font germer l’idée chez l’artiste : pourquoi ne pas s’installer ici pour peindre l’arrivée du printemps ? Il déniche et achète une maison dans la campagne, au bord d’une rivière ; le bâtiment est doté d’un vieux pressoir à retaper : l’atelier idéal.

 

“J’ai toujours été d’accord avec Francis Bacon au sujet de l’abstraction”

 

On n’avait jamais vu, ni montré, les paysages d’une telle Normandie, façon Trenet, c’est-à-dire bien avant l’arrivée de l’hypermarché du coin et des sinistres rangées de pavillons sans âme. Faut-il donc être un incorrigible Anglais pour voir le monde ainsi ? Ou un artiste tellement à part, pas vraiment pop, résolument figuratif, qui, depuis les années 1970, s’ingénie à nourrir ses peintures (paysages et portraits d’amis, de famille et d’amants) d’un obsessionnel naturalisme ?

 

Depuis ses débuts à Londres jusqu’à ses séjours à Los Angeles et Paris, Hockney a prôné, à l’opposé d’une lecture linéaire de l’histoire de l’art, qui aboutit au pur art abstrait (selon l’avis principalement défendu par la critique américaine d’après-guerre), des créations nées de l’observation et de l’imagination. « J’ai toujours été d’accord avec Francis Bacon au sujet de l’abstraction, déclare-t-il. Je me disais : comment aller au-delà ? Ça ne mène à rien. Même la peinture d’un Jackson Pollock est une impasse.

 

Le très influent critique américain Clement Greenberg a affirmé : « Aujourd’hui il est impossible de peindre un visage. » La réponse du peintre De Kooning, « C’est sûr, et il est impossible de ne pas en peindre », m’a semblé plus sage. Je pensais : si ce que dit Greenberg était vrai, alors les seules images du monde visible que nous aurions seraient des photographies. Ce serait trop ennuyeux. Il doit y avoir quelque chose qui ne tourne pas rond dans ces arguments. »

 

Rebelle, anticonformiste et se revendiquant comme un héritier de l’inépuisable histoire de l’art (des paysages peints sur rouleaux par les Chinois à ceux des artistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, tels le Lorrain, Constable ou Van Gogh), Hockney explore et transforme l’art du paysage comme personne. Ainsi, dès son arrivée à Los Angeles en 1964, il apprend d’abord à conduire pour s’en aller découvrir, à bord d’une petite voiture décapotable, les immenses espaces exotiques, et si « sexy », comme il dit, de Santa Monica ou de Mulholland Drive. Il se crée son propre cinéma. Invente des perspectives. Multiplie, surtout à partir de 1980, les tableaux de paysages, affichant une palette débordante de plaisir visuel immédiat, une saturation de couleurs, rouge pétant, rose lumineux et orange cadmium. On dirait du Giotto à Hollywood, au bord de la highway.

 

À la même période, jamais à court d’inventivité, il se passionne pour le Polaroid et s’en va sillonner les routes d’Arizona, mitraillant les immenses espaces rocheux des canyons de Zion et de Bryce et, bien sûr, du Grand Canyon. Exposés au Centre Pompidou, à Paris, en 1982 puis à Arles en 1985, ses saisissants photocollages révèlent, une fois encore, un artiste très au fait des dernières techniques — il emploiera, on le sait, le photocopieur et l’iPad — et soucieux d’inscrire son œuvre dans un rapport de filiation à ses prédécesseurs, en s’appropriant la multiplicité des points de vue héritée du cubisme.

 

 

De retour en Angleterre, dans les années 2000, Hockney se lance illico dans un nouveau projet fou : une installation vidéo multi-écrans. Dans les bois de Woldgate, il fixe neuf caméras sur le toit d’une Jeep pour filmer un même sentier aux quatre saisons, comme si plusieurs paires d’yeux observaient le paysage de façon simultanée et ininterrompue. Ou encore, faisant le pari de la démesure, réalise Bigger Trees Near Warter, une œuvre monumentale composée de cinquante toiles juxtaposées, pour son exposition à la Royal Academy de Londres. Sir David Hockney est ainsi : hédoniste, acharné au travail. Qu’il neige ou qu’il vente, de la tablette numérique au mobile, de Los Angeles au pays d’Auge, ses fertiles pérégrinations ne cessent de jardiner l’amour profond de la nature.

 

À voir

 

« Ma Normandie » Jusqu’au 27 fév. | Du mar. au ven. 10h30-18h, sam. 14h-18h30 | Galerie Lelong & Co., 13, rue de Téhéran, 8e | 01 45 63 13 19 | galerie-lelong.com

 

À lire Conversations avec David Hockney, de Martin Gayford, éd. du Seuil, 28,40 €.

 

David Hockney peint le printemps dans sa maison en Normandie ICI
L'artiste britannique a choisi de s'installer dans le Pays d'Auge pour y peindre l'éclosion du printemps à laquelle il assiste dans son jardin. Le peintre le plus cher du monde en a déjà tiré une centaine de tableaux. Entretien exclusif.
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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 06:00

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Google est un drôle de fouineur,  en faisant des recherches sur ma mission à Cognac il m’a mis sous le nez un article de Catherine Bernard dans Libération :

 

Le vin français prend une piquette ICI 

 

Ce fut publié le 25 décembre 2001, 20 ans déjà !

 

Catherine était correspondante à Montpellier.

 

Voilà le travail :

 

De Bordeaux au Languedoc, en passant par le Beaujolais, son rapport, remis cet été à Jean Glavany, a fait l'effet d'une bombe (1).

 

Depuis, Jacques Berthomeau est devenu une star que les vignerons s'arrachent pour s'entendre dire leurs quatre vérités.

 

A Bordeaux, il y a trois semaines: «Vos vignes font de mauvais vins? Arrachez-les!»

 

Dans l'Hérault, invité la semaine dernière à fêter le centenaire des coopératives: «Buvez-vous du vin de table au petit déjeuner?»

 

Car, en cette fin d'année où les acheteurs font leur marché pour 2002, vignerons et négociants se sont rendus à l'évidence. L'année 2002 ressemblera à 2001, en pire. Les Français boudent le vin. Les Anglais, les Américains, les Allemands et les Japonais en consomment davantage, mais ils continuent à préférer ceux du Nouveau Monde (2) à nos appellations d'origine contrôlée (AOC), vins de pays ou vins de cépage. En conséquence de quoi, les prix sont au plancher. Et les transactions au ralenti. La règle vaut pour à peu près tous les vignobles, et notamment pour le Languedoc, plus grand vignoble du monde habitué à vendre dans l'Hexagone, un temps persuadé d'avoir gagné la bataille de la reconversion en misant sur les vins de cépage (sept millions d'hectolitres produits).

 

Poids de l'histoire. La scène se déroule à Narbonne chez Val d'Orbieu, premier fournisseur du marché français avec 3 milliards de francs de chiffre d'affaires (460 millions d'euros). Joël Castany, son président, sait que les 350 millions de francs (55 millions d'euros) d'aides aux viticulteurs décrochés par Jean Glavany, le ministre de l'Agriculture, auprès de Bruxelles, ne changeront rien à l'affaire. Voilà trois ans que le groupe coopératif audois peine à commercialiser ses vins de cépage sauvignon, plantés dix à quinze plus tôt en lieu et place des aramons, cinsaults ou carignans. Les sauvignons, comme les merlots, syrahs, chardonnays et cabernets, sont ici le symbole du sursaut qualitatif du Languedoc. «Sur les 10 000 hectolitres de sauvignon, on ne sait bien en vendre que 6 000, admet Joël Castany. J'ai le choix entre aller piquer les fesses des commerciaux ou aller voir ce qui se passe dans le vignoble. Là, on découvre que l'on a planté du sauvignon où il ne fallait pas, ou que les vignes sont mal conduites. Résultat: nos sauvignons sont moins bons que ceux du Nouveau Monde.» Ce qui vaut pour ce cépage vaut pour les autres. «On a oublié que, pendant que nous faisions des efforts, nos concurrents en faisaient aussi. Et eux, qui n'ont pas le poids de l'histoire, vont plus vite. Les acheteurs anglais de Tesco ou Sainsbury restent quatre jours dans le Languedoc. Ils goûtent une vingtaine de vins, en deux heures, chez moins d'une dizaine de fournisseurs potentiels. Ils demanderont à chacun deux ou trois échantillons qui déboucheront éventuellement sur une vente. Ils savent exactement ce qu'ils veulent et à quel prix. Loin des circuits commerciaux, les viticulteurs ne l'ont pas compris», résume Alain Grignon, ex-directeur commercial d'une cave coopérative, parti fonder son entreprise de négoce.

 

Premier touché, le vignoble languedocien n'est pas le seul. Longtemps dopée par son marché, la filière française s'est en réalité contentée de très bien vendre à l'international ses vins à 150 francs la bouteille (60 % exportés), oubliant au passage qu'ils ne représentent que 3,8 % de la production. Et elle se réveille bousculée sur le coeur du marché mondial, celui des vins entre 16 et 60 francs la bouteille, lesquels représentent 30 et 40 % de la production. Résultat, depuis janvier, les exportations de beaujolais ont reculé de 9 % en valeur. Globalement, les ventes de vin français reculent aux Etats-Unis (-9,7 %), en Allemagne (-4 %), au Danemark (-9,1 %) et en Belgique (-5,7 %), des marchés pourtant tous en croissance.

 

Pas dignes. «Nous sommes encore drapés dans le dogme de l'AOC qui permet aux paresseux de vivre sur un patrimoine commun, analyse Michel Laroche, négociant-éleveur de Chablis. Or, les AOC sont une garantie d'origine, mais pas encore de qualité. Elles le seront quand les comités de dégustation oseront refuser l'agrément à ceux qui n'en sont pas dignes. Si on ne regarde pas cette réalité en face, dans dix ans les Français consommeront eux aussi 10 % de vins importés.» A Narbonne, Joël Castany continue de battre sa coulpe: «Plutôt que de céder aux sirènes des vins de cépage, nous aurions dû concentrer nos moyens sur le lancement d'un bon vin de pays d'assemblage avec une marque, une étiquette simplifiée au maximum. Au lieu de commercialiser deux millions de bouteilles, comme c'est le cas aujourd'hui, nous en serions à cinq millions. L'image des grands vins a tenu lieu de politique commerciale à toute la filière.»

 

Ce défaut se lit dans les résultats de la première enquête conduite par la Direction régionale de l'agriculture et de la forêt (Draf) auprès des 364 caves coopératives du Languedoc-Roussillon. La moitié adhère à un groupement de commercialisation, 53 ont un oenologue et 14 ont des salariés chargés de la prospection des clients. «A quelques exceptions près, les groupements ont davantage servi à récupérer des aides qu'à bâtir une stratégie commerciale. En face, trop faible et trop régionalisé, le négoce n'a pas investi dans le marketing», pointe Michel Rémondat, ex-directeur du Comité interprofessionnel des vins du Languedoc et créateur d'un site Internet dédié à la filière (3). C'est ce qu'Alain Grignon stigmatise comme la «culture de l'écoulement» opposée à celle de la demande des producteurs du Nouveau Monde. Le 7 novembre, Jacques Berthomeau a mis autour d'une table trois producteurs et trois négociants pour animer un «comité stratégique». Une première. L'objectif ? Accoucher, d'ici à mars 2002, d'un plan stratégique à l'instar de celui réalisé par les Américains (Wine Vision) et les Australiens (Plan 2010). Les bonnes idées ne suffiront peut-être pas. Quand la filière vins française dégage 1,6 % de résultat net, les Australiens, avec leurs entreprises intégrées, en dégagent 10 %.

 

(1) Comment mieux positionner les vins français sur les marchés d'exportation.

 

(2) Vins des Etats-Unis, d'Australie, d'Argentine, du Chili, de Nouvelle-Zélande et d'Afrique du Sud.

 

(3) www.vitisphere. com

 

Catherine BERNARD

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 08:00

 

Puisque les lieux culturels sont clos, je lis, je lis beaucoup. Le dernier livre en date, dont je vous entretiendrai la semaine prochaine, La constance du jardinier, de John Le Carré, à la page 201, au début du chapitre 10, j’ai souligné :

 

« Et deux cerisiers caractériels dont il devrait se soucier car ils avaient la cloque du pêcher. »

 

Ça a éveillé le souvenir du grand cerisier du jardin du Bourg-Pailler qui se couvrait parfois de petites cloques :

 

La fusion des spores va donner naissance à des filaments de mycélium capables de pénétrer dans les tissus des feuilles où ils provoquent une profonde désorganisation. D'où l'apparition des fameuses cloques et d'enroulements en spirale suivis d'un dessèchement progressif. Le mycélium produit alors un grand nombre d'asques, des sortes de petits sacs à spores qui libèrent ces dernières à la surface des feuilles sous forme d’une poudre blanchâtre parfois teintée de rose. Entraînées par le vent et la pluie, ces spores peuvent contaminer d'autres arbres.

 

ICI 

 

La cloque (Taphrina deformans) est un champignon qui hiverne dans les écailles des bourgeons et les anfractuosités des rameaux. Un hiver humide, avec 8°C en journée et 10 mm d’eau en 24 h, déclenche une attaque. En été, les feuilles se boursouflent, virent au rouge et tombent.

LE CERISIER

Facile à travailler, le bois de cerisier offre une belle finition et une durabilité à long terme. Son superbe grain rougeâtre offre une finition magnifique et, avec le temps, se transforme en une couleur rouille foncée. Le bois de cerisier étuvé a une couleur uniforme brun-rouge.

 

 

LE MERISIER

Son bois est recherché en ébénisterie du fait de sa texture compacte et de sa couleur brun rougeâtre qu'il acquiert avec le temps. Homogène et fin. Le spectre de couleurs du bois de merisier va du brun rougeâtre à un rouge-brun intense.  Ce précieux bois de feuillus se caractérise par des pores fins, une structure homogène et des fibres denses. Le bois de merisier est très ferme et résistant.

 

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 06:00

 

Jean Glavany, alors Ministre de l’Agriculture, me dépêcha au chevet du Cognac en pleine perdition, médiateur entre les deux familles, comme on le dit en Charente, celles des viticulteurs faisant pisser la vigne et les « saigneurs », pardon les seigneurs des grandes maisons : Hennessy, Martell, Rémy-Martin, Courvoisier ICI (Martell n’était pas encore tombé dans le giron  de Pernod-Ricard)

 

Les rapports entre les 2 familles étaient musclés, les communistes du Modef, fort alcoolisés, s’étaient fait la main sur le directeur du BNIC, un sous-préfet pantouflard ; la Confédération Paysanne, les va-nu-pieds, posait les bonnes questions mais n’arrivait pas à accoucher de propositions de compromis ; le restant des viticulteurs suivait à la lettre les volontés des Grands. « Si tu n’es pas d’accord tu peux te la garder ton eau-de-vie, la blanche ! » On comprend que ça donnait à réfléchir.

 

Je ne vais pas entrer dans le détail de cette mission qui me voyait prendre chaque semaine le TGV Paris-Angoulême avant de gagner Cognac à bord de la R5 d’un agent de la DDA, gros fumeur. Je logeais dans un hôtel pour VRP au centre-ville. Je refusais toutes les invitations à dîner.

 

Bref, ayant pacifié le territoire, je sollicitai Glavany pour qu’il vienne sur le terrain sceller les fragiles accords. Très mitterrandien, il fut le chef de cabinet de Tonton, ce qui le chagrinait c’était que ceux-ci reposaient sur, disons, les gens de droite. Je le convainquis.

 

Tout ça pour vous dire que sa visite commença par le pèlerinage de Jarnac pour se recueillir sur les mannes de  François le petit gars de Jarnac. Je ne l’accompagnai pas. Tout se passa bien ensuite même si les excités du Modef firent leur cinéma habituel. Glavany fut content et, quelque temps après il me mit devant le fait accompli : m’accrocher la Légion d’Honneur au revers de mon veston. Je résistai. Très Tonton dans le texte le petit Jean me somma « C’est la République Jacques ! » Je cédai mais, fort de l’expérience, lorsque Le Foll, suite à ma mission laitière, voulut me promouvoir ce fut un non ferme et définitif.

 

Pour illustrer mon propos charentais une vieille chronique :

 

21 septembre 2007

Du rififi à Cognac  ICI 

 

Pour en terminer sur ce coup de rétroviseur je ne peux résister au plaisir d'évoquer les chefs de famille dont fait état l'article de Sud-Ouest : " Jean-Pierre Lacarrière entouré de Philippe Boujut vice-président, de Yann Fillioux chef de la famille du négoce, et Bernard Guionnet, chef de la famille viticole..." Ce titre désuet je l'ai découvert dans les années 83-84, lors de la énième crise du Cognac, lorsqu'à la demande du Président de la République de l'époque, qui n'oubliait pas ses origines charentaises, mon Ministre me missionnait pour rencontrer les chefs de famille du Cognac. Je fus reçu avec les honneurs dans une belle demeure. Les chefs de famille prirent la parole. Le ton était feutré. Je pris bonne note, assurais mes interlocuteurs que tout serait mis en oeuvre pour évacuer " les fameux cognacs mauvais goûts...", repartais pour Paris en ayant dans la tête l'image de l'arrivée dans la cour du château des représentants du Modef tout de noir vêtus tels des apparatchiks du Kremlin. Le dénouement de l'histoire c'est le marché qui s'en chargea : les ventes repartirent plein pot et on oublia les bonnes résolutions.

 

A la recherche de l'héritage de Mitterrand ICI 

Paris Match | Publié le 08/01/2021 à 05h48

Caroline Fontaine et Mariana Grépinet

 

A l’occasion du 25e anniversaire de la mort de l’ancien président, Emmanuel Macron se rend à Jarnac, ce vendredi, où il se recueillera sur la tombe de François Mitterrand mais ne prononcera pas de discours. Il déambulera ensuite dans la ville et visitera sa maison natale.

 

Ce vendredi 8 janvier, lorsqu’il signera le livre d’or de la maison natale de François Mitterrand, à Jarnac, après s’être recueilli sur sa tombe pour la première fois, Emmanuel Macron lira peut-être ce qu’a écrit son prédécesseur François Hollande. Ce dernier y rendait hommage à l’homme qu’il avait «suivi» et «servi» et ajoutait : «Tout est continuité et tout est changement.» Macron avait 4 ans en 1981. Le 10 mai 2021, pour le quarantième anniversaire de l’élection de Mitterrand, il lui rendra hommage avec un discours. «Le président retient de lui d’abord la construction de l’Europe, qui préserve la paix sur le continent, explique son conseiller mémoire, Bruno Roger-Petit. Puis l’abolition de la peine de mort, qui a permis un bond civilisationnel important.» Le 9 octobre, le chef de l’Etat célébrera les 40 ans de la promulgation de cette loi. Mitterrand est aussi, selon l’Elysée, «l’homme qui a banalisé les alternances et contribué à apaiser la vie démocratique».

 

François Mitterrand : le mystère de la dernière photo ICI

 

Le 16 janvier 1996, « Paris Match » publiait le cliché de l’ancien président de la République sur son lit de mort. Qui a osé le sacrilège ? En 2007, « Le Monde », révèlait que ce portrait avait été commandé à Patrick Amory, un proche de Danielle Mitterrand.

Par  et 

Publié le 17 janvier 2007 

 

Promotion de la Légion d’honneur du 1er janvier 2020 : Jean Glavany promu chevalier ICI 
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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 08:15

 

 

« Apprenti-blogueur » j’ai fréquenté, à l’heure du déjeuner, le nouveau temple du vin Lavinia qui venait de s’ouvrir boulevard de La Madeleine, ça me changeait de mon placard de la rue de Rivoli.

 

Même  si ça vous semble étrange c’est là où j’ai fait la connaissance avec les premiers vins nature, qui ne portaient cette dénomination, ils étaient présentés dans un petit coin de la cave des grands vins au sous-sol, à laquelle on ne pouvait accéder qu’en compagnie d’un caviste.

 

4 mai 2007

Vin de cheval ICI 

 

Quand j'ai déballé mon acquisition de Lavinia : le Bourgogne Pinot Noir 2005 Le Bedeau du domaine de Chassorney j'ai découvert au fond du sac un prospectus de la maison sur lequel figurait le dit domaine. Vous pouvez le visualiser ci-dessous et lire le texte. De cette magnifique photo j'ai bien sûr tiré le titre de cette chronique.

 

25 mars 2013

Y’en a que pour lui ce Château Le Puy, tout le monde parle de lui, même moi ICI 

 

Reste qu’à Paris, Château le Puy, a toujours eu dès son ouverture boulevard de la Madeleine, un soutien et une fidélité sans faille de LAVINIA. Dans les entrailles du grand caviste, au cœur de l’espace précautionneux, le Château le Puy occupait un bel espace. Chapeau aux dirigeants de Lavinia. Et ça ne faiblit pas puisque, un soir de cette semaine, rentrant sur ma flèche d’argent de dîner avec le Bout de ma langue, je découvrais une vitrine entièrement dédiée au Château le Puy. Vous me connaissez, samedi dernier j’y suis retourné et je suis tombé nez à nez avec Yannick Branchereau. Bien reçu le Taulier ainsi il a pu réaliser tous ses petits clichés en père peinard. L’a aussi dégusté le millésime 2008.

 

J’y suis allé déjeuner.

 

Petit à petit je m’en suis éloigné et puis je n’y ai plus jamais remis les pieds car l’offre ne correspondait pas à l’évolution de mes goûts.

L’affaire Sibard a bien sûr terni l’image de Lavinia.

 

 

Lavinia ferme son magasin à

 

Paris La Madeleine

Par Denis Saverot

 

Mis à jour le 07/01/2021

Après avoir tiré le rideau de son magasin dans le quartier d’affaires de La Défense, l'enseigne renonce à sa vitrine historique dans les quartiers chics de Paris. Un échec qui éclaire la mutation du marché de la vente de vin, très perturbé par le Covid.

 

C’est assurément une mauvaise nouvelle, qui montre la fragilité des métiers du vin en ces temps de Covid et qui va faire grand bruit : le magasin Lavinia, l’emblématique caviste du boulevard de la Madeleine, va fermer ses portes samedi 9 janvier au soir. L’une des plus belles vitrines du vin à Paris tire le rideau, après vingt années d’un travail ambitieux pour porter haut la réputation des meilleurs vins français et étrangers dans la capitale. Le bilan est lourd en terme d'emplois : 19 des 40 employés du magasin sont licenciés.

 

Que s’est-il passé ? Après des débuts difficiles en terme de rentabilité, l’enseigne créée en 1999 par Thierry Servant, ex-patron de L’Oréal Espagne et son associé Pascal Chevrot, avait fini par afficher des performances remarquables : près de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015 dont 17 millions pour le seul magasin de la Madeleine, son flagship. Dès sa création, Lavinia Madeleine avait vu grand et étonné Paris, proposant dans ses rayons 3000 références de vins français et surtout 2000 références de vins étrangers, une ouverture au-delà de nos frontières totalement inconnue en France à l’époque.

 

La suite ICI

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 08:00

 

-Personne ne sortira de cette pièce avant que nous n'ayons pu répondre à ces deux questions:
 a) Qui a organisé cette réunion? b) Dans quel but ?

Le 29 décembre 2020 j’ai commis cette chronique :

 

Journal d’1 soumis au couvre-feu (15) pour accéder à la fameuse botte de l’ENA je propose des épreuves pratiques : préparer une carbonara par exemple. ICI 

 

« Patrick Gérard avance, bille en tête. Un arrêté, signé le 22 décembre, entérine les changements qu’il mûrit depuis trois ans. L’un d’eux est potentiellement détonnant. Le redouté classement de sortie va changer en profondeur. L’enjeu est immense : la hiérarchie qu’il établit détermine la distribution des postes qu’occuperont les énarques frais émoulus. Ceux qui se hissent dans les quinze premières places, la « botte », décrochent le Graal : l’accès aux grands corps (Conseil d’Etat, Cour des comptes, Inspection générale des finances [IGF]).

 

Or, jusqu’à présent, les épreuves du classement de sortie sont encore très académiques. M. Gérard décide qu’à partir de la promotion qui arrivera à Strasbourg en janvier 2021, les épreuves ne porteront plus tant sur ce que les élèves savent, que sur ce qu’ils auront appris à faire. « Au lieu de faire des épreuves académiques comme on faisait jusqu’à présent, droit, économie et finances, territoires…, on va faire des épreuves extrêmement pratiques, qui ont pour objet de vérifier que les élèves ont acquis chacune des compétences », a déclaré le directeur à l’Agence France-Presse (AFP), jeudi 24 décembre. Ce qu’il s’agit d’évaluer, ce ne sont plus tant les connaissances, maintes fois démontrées par ces jeunes au parcours académique ultrabrillant, que les compétences acquises à l’ENA. »

 

D’où ma proposition provocante : leur faire préparer une carbonara par exemple.

 

Et qui mieux que l’un des duos les plus célèbres de France : Alessandra Pierini&François-Régis Gaudry pour débourrer les futures élites de la République…

 

Le tablier de FRG est tendance, celui d’Alessandra beaucoup plus sage. Tous deux parlent beaucoup avec les mains. Beau geste de gaucher de FRG pour faire sauter la pasta dans la poêle.

 

Sans me vanter ma carbonara vaut aussi le détour mais je ne suis pas candidat pour déniaiser les futures élites de la République.

 

Petit reproche au duo italo-français : l’absence du verre de vin qui lubrifie le palais entre deux fourchées de carbonara...

 

François-Régis Gaudry, le gourmand intranquille, sur France Inter et Paris Première ICI 

 

Hyperactif et exigeant, le journaliste mitonne ses émissions au gramme près, mais avec, toujours, des enthousiasmes d’enfant.

Par Emilie Grangeray

Publié le 04 décembre

 

Écouter François-Régis Gaudry, c’est s’ouvrir l’appétit, et, avouons-le, finir par avoir faim et se retrouver, si d’aventure on l’écoute en replay, avec quelque chose sur le feu en plein après-midi. Aller le voir, c’est donc prendre quelques risques. Celui qu’il nous parle de la cuisine « généreuse, évidente » de sa mère et de sa grand-mère corses (courgettes farcies au brocciu et fiadone en rab). Celui qu’il nous raconte mille anecdotes : « Saviez-vous que la betterave est de la même famille que les épinards, celle des chénopodiacées ? » Celui qu’il évoque un ou deux plats – le tiramisu, roi de l’oxymore : « froid et douillet à la fois » – et nous donne envie de rentrer dîner.

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