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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 06:00
À défaut de me mettre dans la peau de John Malkovich, j’ai rencontré son vin sous les dessous de Ginette…

Mon rapport avec John Malkovich est étrange, nous ne nous sommes jamais croisés, donc n’avons jamais échangés, mais depuis qu'un jour - que je ne sais plus situer précisément dans la première décennie des années 2000 - à Paris, sur mon vélo, sanglé dans un imperméable mastic, alors que j'étais arrêté au feu rouge, deux américaines s'exclamèrent : « Waouh ! John Malkovich... » N'en déplaise à mon ego surdimensionné j'aurais bien du mal à me glisser dans la peau du grand John même si, pendant la semaine que j'ai passé dans un Riad à Essaouira, Vikash Dorassho qui y séjournait en famille, me gratifiait, à chaque fois que nous nous croisions, d'un « comment va notre John Malkovich ? »

 

Depuis ce jour, avec une étrange régularité, mes amis peuvent en témoigner, on me refait le coup, « vraiment vous ressemblez à… » et moi je n’arrive toujours pas à me glisser dans la peau de John Malkovich.

 

D’abord c’est un gamin, il a 5 ans de moins que moi, mais en laissant de côté le physique, et bien sûr le talent, ce cher John et moi avons des amours en commun : les chiffons et le Luberon.

 

Je l’écrivais dans une chronique du 20 août 2007 Dans la peau de John Malkovich 

 

« Bien m'habiller, c'est une manière de bien contrôler la situation. » ou « Faire des vêtements, c'est peut-être une façon de s'en guérir ».

 

À l’heure où resurgit le vieux clivage agressif de la guerre froide : Aigle américain-Ours russe dans les milieux souverainistes de droite et de gauche, John, qui s'exprime parfaitement dans la langue de Molière, mettant ainsi « les interprètes au chômage » comme le relève Pascal Mérigeau, en 2007, à la question de savoir « s'il se sentait encore américain depuis qu'il a choisi de vivre en France ? » répondait :

 

« Pour moi, être américain, c'est être international avant tout... Etre américain, ce n'est pas être pour ou contre Bush, c'est défendre une certaine capacité à savoir s'adapter à toutes les circonstances de sa vie. »

 

Moi ça me va très bien, se sentir chez soi partout, loin de tous les replis identitaires, citoyen du monde et tout de même né quelque part.

 

John est éclectique acteur, réalisateur, producteur, metteur en scène et même de scénariste trouve également le temps de concevoir sa propre marque de vêtements, Technobohemian et de produire du vin dans sa propriété du Luberon.

 

Et lorsqu'on lui demande où il puise l'envie de toucher à tous ces domaines, il répond: « La vie est brève et j'ai eu énormément de passions depuis mon enfance. Mais je n'ai jamais vraiment eu assez de temps pour les assouvir. Donc j'ai envie d'apprendre et d'étudier, de toucher à des domaines éloignés de mon métier, de nourrir ma curiosité. »

 

Du côté chiffon j’ai acquis je ne sais plus quand dans un magasin éphémère une veste en laine siglé Technobohemian très confortable, mais du côté vin je n’en avais jamais vu la couleur.

 

 

Jeudi dernier, sortant d’un rhume carabiné soigné avec succès avec des remèdes de bonne femme, cédant aux violons d’une bonne amie, je me suis rendu en métro à un pince-fesses dans le bar les dessous de Ginette…

 

IGP du Vaucluse, pas très sexy comme dénomination mais dans ma petite Ford d’intérieur je me disais peut-être bien que je vais y rencontrer le Piton du Luberon. Pour être clair j’étais un peu bougon au sortir de la ligne 12, l’une des pires, à la station Lamarck-Caulaincourt avec son ascenseur à bestiaux. Pas à prendre avec des pincettes le vieux, mais bon à la guerre comme à la guerre : quand faut y aller, faut y aller.

 

Muni d’un verre, outil du dégustateur que je ne suis pas, d’une tablette pour prendre des notes que je ne prends jamais, j’errais entre les bouteilles. Tout de même, tout au fond, une étiquette m’accrochait l’œil par son graphisme épuré. Original, me disais-je pendant qu’une voix derrière moi, comme en écho, m’indiquait « c’est le vin de John Malkovich ! »

 

 

LQLC : Les Quelles Lacoste, John a acquis une propriété de 8 ha, dont 6 plantés de vignes, Cabernet-Sauvignon, Pinot noir et bientôt Carménère, sise dans la commune de Goult au lieu-dit Lacoste.

 

L’étiquette est de sa main mais le vin est de celle d’un vigneron de Bonnieux, je l’ai goûté, c’est un rosé sympathique, bien fait, mais si je puis me permettre, cher John, il va falloir y glisser un supplément d’âme.

 

Je suis prêt à échanger sur le sujet John…

 

Pas toujours simple d’aborder certains sujets, pas vrai sieur Piton du Luberon mais bon, nul ne pourra me changer il faut toujours que je ramène ma fraise même sur les IGP…

 

Bref, l’accueil était fort sympathique et j’étais entouré que de filles, ce qui n’était pas pour me déplaire. Étrange, mais où sont passés les garçons remarquai-je auprès d’elles ? Réponse ironique : « y’a foot à la télé… » J’ai donc papillonné, un peu goûté, écouté et même fait des affaires.

 

L’IGP Vaucluse c’est l’ex-vin de pays du Vaucluse. Les vins de pays de département ont toujours eu bien de la peine à se faire une place au soleil aux côtés de dénomination plus suggestives telle Coteaux des Baronnies.

 

En Vaucluse elles voisinent avec les vins des Côtes-du-Rhône aux déclinaisons parfois prestigieuses comme Châteauneuf-du-Pape, et les vins du Luberon, il n’est donc pas très simple pour elles de se faire une place dans l’offre.

 

Et pourtant il y en a une et les IGP me semblent être un bon contrepoids au tout AOP cher au cœur de beaucoup de vignerons. Mais pour aborder le sujet il faut se débarrasser d’une approche purement règlementaire charriant tous les codes traditionnels des vins dit de qualité.

 

En parlant clair et simple : comment faire dans des conditions économiques acceptables pour les vignerons des gentils vins, agréables, à des prix abordables ?

 

C’était le défi qu’avait lancé Cap 2010, je ne suis pas sûr qu’il ait été relevé, nous en restons encore à une gestion du vignoble d’une autre époque et, sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, nous nous préparons des lendemains qui ne chanteront pas forcément.

 

Le sieur Michel-Edouard Leclerc dit MEL qui a du pif pour humer la tendance déclare dans son style racoleur à l’emporte-pièce « La demande évolue, et plutôt rapidement, un effet « bobo » s'est emparé de l'univers du vin, il est sorti de son image un peu figée et souvent élitiste. Les nouveaux consommateurs sont préconisateurs, ils achètent l'armoire à vin avant la voiture, c'est culturel, statutaire, et on note une véritable objectivation de la consommation qui passe par le goût, plus que par l'étiquette et le nom prestigieux. »

 

Il y a donc une place pour des vins simples et populaires mais encore faut-il qu’ils ne donnent pas l’impression d’être tous sortis du même moule uniforme et d’être les petits cousins de tous les vins produits dans le monde uniformisé.

 

Pas simple, mais ça mérite réflexion. Le buveur amateur que je suis, qui croise chaque jour ces étranges petites bêtes que sont ces nouveaux consommateurs, qui ne sont pas tous des bobos loin s‘en faut, qu’évoque MEL, se doit de le dire même si ça ne plaît guère.

 

 

Alors, cher John Malkovich, pour ce Luberon que vous aimez tant, sans forcément jouer la partition d’Angelina et de Brad, avec le vin de votre propriété qui, je le souhaite sera de plus en plus le vôtre, vous pouvez contribuer à la notoriété du petit peuple des sans-grades de cette belle région.

 

Tout commence au cep et fini chez nous tout au bout, dans nos verres : écoutez-nous !

 

Merci au président et aux animateurs de l’IGP Vaucluse de m’avoir invité même si j’ai la fâcheuse tendance à la ramener. J’ai passé une bonne soirée en très bonne et belle compagnie.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 06:00
La main du fromager Antonio outil technologique dernier cri pour faire naître une meule de Parmigiano Reggiano.La main du fromager Antonio outil technologique dernier cri pour faire naître une meule de Parmigiano Reggiano.

Si vous voulez tout savoir sur le Parmigiano Reggiano procurez-vous le petit précis d’Alessandra Pierini sur lui : lire ICI 

 

 

Ce matin, dans le cadre de ma mission éducative des larges masses, comme disaient nos camarades de la Gauche Prolétarienne pour désigner la classe ouvrière séquestrée par le PC et la CGT, je vais vous conter la malédiction d’Antonio le fromager de la petite coopérative laitière de San Lucio située sur la route entre Felino et Marzorlara, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Parme.

 

Après avoir effectuée la collecte dans les fermes avoisinantes, le camion de lait arrivait à huit heures dans la petite coopérative laitière San Lucio. Antonio, le responsable de fabrication était fin prêt. Depuis longtemps d’ailleurs. Comme chaque matin, sa journée avait commencé à 6 heures. Il lui avait fallu enlever la crème de la traite du soir et mettre le lait écrémé dans les immenses cuves en cuivre en forme de cloche renversée.

 

Le lait qui venait d’arriver était du lait frais, c’est-à-dire juste trait et acheminé à la température ambiante, voire même tenu au chaud en hiver, car il ne devait pas descendre sous les 18°C afin de ne pas modifier la flore lactique.

 

C’est du lait cru, bien sûr, provenant de vaches élevées et nourries au foin de la région. Comme vous vous en doutez Antonio ne peut utiliser des bactéries lactiques provenant de laboratoires. Il doit obligatoirement utiliser du séro-ferment indigène, provenant de son petit lait de la veille.

 

« Nous le goûtons, ce fameux petit-lait. Il a la consistance de l’eau avec une teinte jaunâtre. En bouche, on a l’impression de boire un jus de citron. Rien à voir avec le petit lait du jour, au goût de lait très sucré. Les bactéries de l’acide lactique ont eu le temps, pendant la nuit, de croître et de se multiplier en mangeant le lactose du petit-lait et en le transformant en acide lactique, qui aura un rôle primordial dans l’affinage.» Nous confie-t-il.

 

Depuis le Moyen-Âge, la méthode reste la même : le lait frais est ajouté au lait écrémé de la veille. Chaque cuve en cuivre contient 1000 litres de lait. Le lait est porté à 36°C, à l’aide de vapeur qui circule entre la paroi intérieure et la paroi extérieure de la cuve, puis le petit lait des fromages de la veille et la présure sont ajoutés.

 

La présure est d’origine animale, et le chauffage à 36°C est la même que celle de l’estomac du veau précise Antonio.

 

C’est ensuite le stade du caillé, opération délicate car il faut éviter qu’il ne devienne dur. Alors, Antonio et ses acolytes le casse à l’aide de la spinatura – le tranche-caillé – « Ainsi le caillé passe d’une masse compacte à un agrégat de grains de la taille de grains de riz. »

 

La main d’Antonio est l’outil technologique dernier cri pour savoir si le caillé est au bon stade de la déshydratation.

 

Ensuite on chauffe pendant une dizaine de minutes le caillé pour que les grains se rétractent et perdent leur eau. Mais il ne faut pas que la déshydratation soit complète sinon les petits grains ne pourront s’unir pour faire une masse compacte de fromage.

 

L’œil et le toucher d’Antonio sont donc des outils essentiels dans cette opération délicate et cruciale.

 

Puis, il faut attendre l’agrégation en fond de cuve. La masse est ensuite soulevée avec une pale en bois pendant que l’on glisse une toile de lin par-dessous. Le tout est suspendu à une barre puis coupé en deux. Ce sont 2 futures meules placées dans des toiles en lin pour s’égoutter. Elles seront ensuite placées dans leur forme couverte du Tagliere, un lourd disque en bois, pour les aplatir et aider le petit-lait à s’évacuer. Lors de la première journée les meules sont retournées toutes les deux heures et à chaque retournement on change le linge.

 

Vers 20 heures, lors de la dernière rotation, Antonio va procéder, à l’aide d’un cerceau en plastique, au marquage de la mention Parmigiano Reggiano et aux mentions de l’autorité sanitaire indiquant le mois et l’année de la production et le code de la fromagerie.

 

Ensuite, les meules dans leur moule iront passer une vingtaine de jours immergées dans de l’eau saturée de sel. Elles vont perdre environ 2 kg et le sel aura pénétré 3 cm dans le fromage.

 

Elles gagneront après ce bain des caves maintenues à une température d’environ 17°C et à un taux d’humidité de 80% afin de se débarrasser doucement de leur eau ; pour ce faire on les retournera et les brossera chaque semaine.

 

Au bout d’un an les meules passeront à l’examen des « experti battitori » qui inspectent chaque meule avec un marteau. En une dizaine de coups, la meule gagne ou perd sa mention Parmigiano Reggiano.

 

« Si le son n’est pas homogène, cela veut dire qu’il y a des défauts à l’intérieur. Ce peut-être des trous ou des ruptures de la pâte dus à une fermentation non désirée. »

 

Ces défauts s’expliquent en règle générale par une mauvaise fermentation, et notamment la fermentation butyrique. Celle-ci est liée à l’alimentation des vaches et plus particulièrement à l’ingestion de végétaux fermentés, notamment l’ensilage.

 

Celui-ci est interdit pour la nourriture des vaches produisant du lait pour le Parmigiano Reggiano et autorisé pour le Grana Padano.

 

Les meules n’en ont pas pour autant fini, elles vont encore séjourner une ou plusieurs années en cave. C’est dans cette dernière ligne droite de leur vie que va se produire, sous l’effet de l’absence d’eau et d’une diffusion parfaite du sel, la protéolyse.

 

Les bactéries de l’acide lactique meurent et libèrent un enzyme qui va désintégrer la caséine. Au cours de ce processus la pâte devient plus friable et plus granuleuse. Un acide aminé se fragmente pour s’amasser sous forme de cristaux.

 

Voilà, lorsque vous goutterez du Parmigiano Reggiano ayez une petite pensée pour Antonio le fromager de San Lucio qui se lève tous les jours à 6 heures du matin pour faire naître ses 24 meules de 40 kg de Parmesan avec du bon lait cru tout juste sorti du pis des vaches.

 

Le Parmigiano Reggiano c’est 3300 producteurs de lait, 160 fromageries et 3,2 millions de meules produites par an.

 

Source : Bien Meulées d’Alexandre Zalewski

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 06:00
Interdire les fromages millénaires au lait cru ce serait comme « lacérer une toile de maître ou déchiqueter la partition originale d’une symphonie classique. »

Qui c’est qui a dit ça ?

 

José Bové, Isabelle Saporta, Carlo Petrini…

 

Non, l’association américaine de microbiologie, la plus ancienne et la plus importante du monde qui compte 39 000 membres lors du débat sur le lait cru au Codex Alimentarius où les USA et les lobbys agroalimentaire voulaient rendre la pasteurisation obligatoire pour tous les produits laitiers, y compris les fromages.

 

Le pot de terre contre le pot de fer sans doute mais pourquoi pas David contre Goliath et, si j’ai un conseil à donner aux révolutionnaires urbains naturistes c’est d’inciter les vignerons à s’allier avec les producteurs de fromages AOC au lait cru pour déstabiliser la vieille maison INAO avec son Q ajouté. Ce sera bien plus efficace, plus porteur, que de faire joujou avec quelques punks de Banyuls qui font du vin à pédales. Bien sûr c’est plus chiant, pas cool pour un sou, mais les fromages qui puent pèsent bien plus lourd dans l’imaginaire national que les vins à poils. Construire un rapport de forces avec des paysans-artisans pour bâtir une alternative crédible est le b.a.-ba de la consolidation d’une production, que, faute de mieux, je qualifierai de traditionnelle.

 

L’industrie a besoin de régularité dans la qualité, la forme ou la couleur du produit aussi bien que dans sa saveur. Elle ne veut pas se soumettre aux caprices des ferments!

 

Produire un fromage au lait cru c’est cher et difficile à gérer car ça relève de l’empirisme et ça comporte des aléas. « Le lait cru est imprévisible, instable, difficile à travailler sans une solide expérience. Il oblige à des contrôles rigoureux. Si on laisse maturer du lait pas très frais ou de qualité douteuse, il s’aigrit, il tourne. Travailler le lait cru oblige donc à l’excellence : il faut contrôler tous les points de la chaîne, depuis la santé et le bien-être de la vache jusqu’à l’emballage du produit final. Tout cela à un coût.

 

Alors il vaut mieux tuer le lait en le pasteurisant, le thermisant, car on peut optimiser la collecte, comme ils disent, en mélangeant tous les laits quels que soient leurs qualités et en le faisant ramasser par le collecteur le mieux placé géographiquement. La ressource devient un minerai qu’on met au pas, qu’on oblige à obéir à des machineries, à couler dans des tubes et à faire exactement ce qu’on veut qu’il fasse. On élimine tous les aléas. On lui enlève sa vie propre, même son goût, à tel point qu’on est obligé de lui rajouter des arômes : « arôme chèvre » ou « arome bleu » dans les fromages, c’est selon. »

 

On est loin de la saveur du fromage au lait cru qui dépend de son terroir, de la croissance de l’herbe, des races de vaches et aussi de leur humeur de la vache, de la météo du jour de la traite et du savoir-faire de la fermière. D’un jour à l’autre et d’une ferme à l’autre, le produit ne sera pas identique.

 

Impensable pour l’industrie laitière qui vend de millions de tonnes de fromage par an.

 

Objection votre honneur : le lait cru tue ! On l'interdit même aux femmes enceintes.

 

Faux : les scientifiques affirme que « le lait pasteurisé est bien plus risqué que le lait cru dans la fabrication des fromages étant donné que leurs micro-organismes vivants les protègent contre les pathogènes présents dans le lait ainsi que de ce qui pourrait les contaminer en aval de sa fermentation. »

 

« Le risque d’intoxication associé à la consommation de fromages au lait cru a donc toujours été extrêmement faible. Les intoxications sont très rares, aussi bien en France qu’à l’étranger, surtout rapporté à la production européenne annuelle de fromage au lait cru qui est de 700 000 tonnes. Les statistiques montrent que les intoxications se produisent plus souvent lors de la consommation de fromages au lait pasteurisé. »

 

Le lait cru est locavore. C’est l’outil le plus efficace contre le grand pot des produits standardisés et mondialisés.

 

Le lait thermisé, pasteurisé, permet de lisser les spécificités, de mélanger les laits de diverses provenances, même très lointaines : Pologne, Espagne… il suffira d’ajouter des additifs, des conservateurs, des colorants, des épaississants pour que le produit soit le même toujours et partout.

 

Autre objection : le retour en arrière, une forme d’idéalisation des pratiques anciennes, la lutte contre le progrès scientifique.

 

« L’INRA, grand partenaire historique de l’industrie, axe désormais ses recherches non pas sur l’éradication des microbes mais sur leurs facultés de défendre l’aliment contre les pathogènes. L’étude de la flore microbienne présente sur les croûtes du saint-nectaire et du comté permettra dans le futur de favoriser l’apparition des souches de bactéries et levures bénéfiques à la fois pour les qualités organoleptiques des fromages et pour lutter contre les micro-organismes nuisibles. »

 

« Le lait cru est une matière première vivante associée à la notion de terroir, décrit Marie-Christine Montel, chercheure à l'Inra d'Aurillac. Le lait cru, c'est un patrimoine qu'il faut maîtriser et dompter. Désormais, on a les outils pour mieux le connaître. La pasteurisation agit comme une « niveleuse ». Quand on réensemence, on peut reconstruire un écosystème, mais pas toute la richesse du lait cru. Enfin, on ne peut pas délocaliser une production au lait cru, contrairement au lait pasteurisé ! » 

 

Pour parfaire la démonstration, prenons le cas du refroidissement du lait à 4°C généralement pratiqué, il est interdit désormais dans le cahier des charges du comté au lait cru depuis le 1er janvier 2013. « Le lait collecté est désormais simplement réfrigéré à 12°C, ce qui en préserve la flore naturelle et augmente la qualité des fromages sans avoir d’impact sur la qualité sanitaire. Au contraire : on détecte plus rapidement les laits de qualité défectueuse, comme autrefois le laitier qui, en ramassant les bidons au bord du chemin dans lesquels le lait commençait sa maturation à température ambiante, voyait tout de suite si le lait de certains était altéré. »

 

J’en reste là pour aujourd’hui en sachant pertinemment que je prêche dans le désert, les petites chapelles ont du mal à entrouvrir leurs portes et les grandes ont leur portail cadenassé, mais bien plus que les grands discours ou les pirouettes sur la Toile, la force de certaines démarches ancestrales sont à méditer car elles sont d’une modernité aveuglante.

 

La suite dans une prochaine chronique sur le mode de collecte du lait du Parmigiano Reggiano, très intéressant, y compris pour nos amis les défenseurs de la résistance naturiste en chambre…

 

Lire Les États-Unis vont revoir leurs règlements sur le fromage au lait cru Lucie de la Héronnière 

 

Source Ni Cru Ni cuit Histoire et civilisation de l'aliment fermenté Marie-Claire Frédéric

Interdire les fromages millénaires au lait cru ce serait comme « lacérer une toile de maître ou déchiqueter la partition originale d’une symphonie classique. »
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 06:00
La politique agricole du dernier roi socialiste : « où il y a de la crotte, l’herbe pousse ! »

Rassurez-vous, je ne suis pas encore sénile et je ne fume toujours pas la moquette ; je ne suis qu’un joueur de GO, j’encercle.

 

L’une des grandes questions de notre monde est sans conteste : comment nourrir sa population de plus en plus nombreuse ?

 

Pour tenter de vous répondre je vous propose de lire cet échange entre le dernier roi socialiste George Akbar Ier, et son premier Ministre Hodge lors de leurs « ballades rurales » dans la « véritable Angleterre ».

 

- Contrôle des naissances, répétais-je. Des familles plus petites, maintenir la taille des exploitations, empêcher le morcellement. C’est ce que recommande l’Inpatco*, je crois.

- Et la main d’œuvre ? Vous avez entendu ce qu’il disait !

 

- Il faut mécaniser. Que l’Inpatco libéralise d’abord les faucheuses et les lieuses, pour rentrer les moissons, et ensuite, afin d’augmenter les rendements…

 

- Non ! tonna Hodge. Lâchez la machine dans la campagne et elle dévorera hommes et femmes. Elle détruira l’harmonie de la nature. Ces belles haies devront être arrachées pour laisser le passage à d’infernales mécaniques. Et alors on aura de grosses fermes, de plus en plus grosses, et une armée déguenillée d’esclaves salariés pour accomplir les tâches dont les machines et les produits chimiques ne sont pas encore capables. Et ça, il y en aura de moins en moins, car la technique évolue ! Ça donnera soit ces fermes collectives mécanisées que préconise cet imbécile de Marx dans son Manifeste communiste, soit des sociétés agricoles et alimentaires privées pratiquant les mêmes cochonneries, et ce sera le retour du capitalisme ! Fameux choix ! Non – et, citoyen roi, si ce sont vos amis de l’Inpatco qui vous donnent des idées pareilles, je vous interdirai d’y retourner !

 

[…]

 

- Bon dis-je conciliant. Alors nous n’avons pas de solution. Et nous avons négligé un facteur : l’approvisionnement des villes et des autres secteurs non agricoles […] Je sais que c’est contraire à vos principes, mais nous pourrions importer.

 

- Non, répliqua Hodge. Ça finirait aussi mal que la mécanisation. Du blé de mauvaise qualité, du mouton et du bœuf congelés. Des ananas en boîte. La ruine absolue de tout ça… »

 

L’Inpatco : l’International Patent Convention dont le slogan venu d’outre-Atlantique était « C’est tellement américain de vouloir mieux. »

 

Extrait du livre de Roy Lewis « La véritable histoire du dernier roi socialiste» publié en en 1990 en Angleterre et en 1993 par Actes Sud en France.

 

«Ce livre appartient à un genre très particulier de la science-fiction: l’uchronie. Ce thème littéraire consiste à créer un point de divergence dans l’Histoire donnant ainsi naissance à une Histoire alternative, différente de celle que l’on est censé avoir apprise à l’école. Cette parfaite illustration de l’effet papillon est intéressante à plus d’un titre:


- Elle compte souvent, parmi ses protagonistes, des personnages historiques. On retrouvera par exemple Churchill et bien d’autres dans ce roman.


- Elle nous donne à réfléchir à l’importance des détails, à nous faire prendre conscience que le destin du monde aurait pu être différent.»
 

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 09:20
Jacky Naegelen Reuters

Jacky Naegelen Reuters

Les réseaux sociaux sont devenus, et ça s’amplifie, les bassins déversoirs de caqueteurs stupides, bornés, acculturés, gobant tout ce qui défile à jet continu dans l’actualité. Le fil des commentaires est le plus souvent affligeant, donnant envie d’aller se réfugier sur une île déserte.

 

Vous allez me rétorquer qu’il suffit de couper le fil et le tour est joué, sauf que c’est pratiquer la politique de l’autruche et se couper de la réalité même s’il est désespérante.

 

Le marronnier de la Toile ces derniers temps étant « Finkielkraut, Onfray, Zemmour: ont-ils gagné la bataille des idées ? »

 

Qui, les a lus ?

 

Qui les a compris ?

 

Je suis prêts à prendre les paris, un pourcentage infime, mais ils les ont vu à ONPC ou entendu déblatérer à la radio.

 

Nous sommes dans un temps où il est de bon ton d’avoir des avis sur tout et surtout si on n’y comprend rien.

 

En effet, rien de construit, de réfléchi, de pensé, quelques bouts de phrases plus ou moins bien orthographiées, des horions, des insultes, du soi-disant second degré, avec en arrière-plan un coq dominant ou une dinde se targuant d’une supériorité intellectuelle sur la volaille.

 

Exaspérant et surtout ridicule cette prétention au débat intellectuel de la part, non pas du fameux peuple, que tout le monde nous sert, mais d’une frange versatile, dure pour les autres, accommodante pour elle-même et son petit cercle, le sous-produit d’une éducation ratée, le terreau de toutes les dérives en cours.

 

Je préférais de loin les discussions dites du café du commerce car elles recelaient parfois de l’intelligence, de ce bon sens populaire qui remettait certains à leur bonne place.

 

Hier matin sur mon mur Face de Bouc je notais, sans bien sûr savoir ce qu’il allait se passer à Roissy, Comme un lundi : « La foule a souvent trahi le peuple » Victor Hugo

 

Hier au soir, j’ai terminé un livre écrit en 1908 La Bombe et j’ai noté ce passage :

 

« Le plus grave inconvénient de ce séjour bordelais était la coupure quasi complète avec l’Amérique. Les journaux français ne parlaient presque jamais du reste du monde. Assurément les Français ont l’air de penser que le moindre incident national a plus d’importance qu’un évènement capital au-delà de leurs frontières. Il y a chez eux une insularité intellectuelle sidérante. Ils ont depuis si longtemps la conviction d’être la première des nations et de parler la première des langues qu’ils ne se sont pas encore rendu compte de leur vrai statut : la France n’est plus qu’un pays de second ordre ; l’anglais, le russe et même l’allemand ont bien plus de poids que la langue de Molière. Les Français ressemblent à des hommes côtoyant des adolescents : ils s’estiment plus forts et plus sages, alors qu’ils ne sont que plus vieux et moins purs. »

 

Un siècle plus tard : à méditer…

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 06:00
Manger et boire vivant est-ce naturel ? « La longue course du vivant à travers le temps a été une traversée sur la mer houleuse de la contingence »

Sous les pavés, la plage… loin de la mer des sarcasmes… sous l’écume, le mieux vivre… une quête parfois brouillonne, mais si vivante, d’une autre manière de se nourrir dans un monde où l’on produit plus de nourriture que jamais, et que nous connaissons une situation paradoxale, puisqu’un milliard de personnes sont suralimentées et en surpoids (diabète, maladies cardiaques), tandis que près de 800 millions d’autres sont affamées.

 

Quête de sens face au système alimentaire mondial global « contrôlé par les multinationales qui font claquer comme un fouet la chaîne de distribution. »

 

Rajeev Charles Patel Obèses et Affamés

 

« McDonald’s est l’emblème de la mondialisation commerciale. McDonald’s ne veut pas que les enfants deviennent des adultes, mais que les adultes restent des enfants. McDonald’s crée un cosmopolitisme universel fondé sur un produit alimentaire sous-culturel, inventant ainsi une façon nouvelle de voir le rôle de l’homme dans la société. McDonald’s rend manifeste, et de façon obscène, la standardisation… »

 

S’indigner ?

 

Pour Paolo Rossi « s’indigner semble être la seule chose que les intellectuels sachent faire. Lorsqu’ils ne se consacrent pas à cette activité stérile ils cultivent l’art de la prédiction apocalyptique. »

 

« L’indignation morale est la bonne stratégie pour un imbécile de se parer de dignité. » Marshall Macluhan

 

Reste le faire, le faire aussi petit soit-il qui s’insère dans les plis de notre société globalisée pour la pervertir, en redonnant du sens à nos besoins naturels.

 

Manger, boire… y aurait-il danger dans la simplicité du quotidien de ceux qui peuvent atteindre la satiété ?

 

Table vivante de Pierre Jancou, le « Manifeste pour le vin naturel » d’Antonin Iommi-Amunategui, le vivant et le naturel deux mots-clés.

 

Cependant le paysage de l’approche de la nourriture est très contrasté dans notre monde post-moderne :

 

« Lorsque nous sommes occupés à manger, le mot tuer nous semble totalement hors de propos, inopportun et radicalement « erroné », comme s’il n’avait aucun rapport entre ce que nous mangeons tranquillement et la viande ou le poisson que nous avalons. Dans ces moments-là – comme l’écrit avec pertinence Marguerite Yourcenar –, sereinement et paisiblement « nous digérons les agonies » d’êtres vivants. » Eleonora De Conciliis.

 

« Faut-il manger les animaux ? » Jonathan Safran Foer

 

« No steak » Aymeric Caron

 

« Être vegan, c’est refuser l’exploitation animale. Cela implique de ne pas consommer de chair animale, de laitage, d’œuf, de miel ni de produits de la ruche, de ne pas porter de vêtements faits de matières premières provenant d’animaux (fourrure, cuir, laine, soie, etc.) de ne pas utiliser des produits d’hygiène testés sur les animaux. »

 

Le vivant, le naturel, le « sans », … en dépit des gémissements des penseurs médiatiques officiels qui encombrent les plateaux, comme il n’est pas interdit dans ce pays de penser, de réfléchir, alors laissons un peu d’espace à ceux qui tentent de sortir de l’ambivalence et de l’ambigüité, de contradictions non assumées, bien commodes pour la militance, le lobbyisme, le conservatisme, les guerres de tranchées.

 

 

Ouvrons grandes portes et fenêtres des casemates et autres casernes de la pensée, place à Paolo Rossi « Manger », à Jean-Claude Ameisen « La sculpture du vivant », pour donner de l’oxygène au débat sur la base de vraies controverses et non de bouillie pour chat…

 

« Quand on n’ose pas dire ce qu’on pense, on finit par ne plus penser ce qu’on dit. » Zénon d’Élée

 

« Satisfaire sa faim et sa soif n’est « naturel » qu’en apparence […] La nourriture n’est pas seulement ingérée. Avant d’entrer dans la bouche, elle est pensée dans les moindres détails. Elle acquiert ce que l’on appelle communément une valeur symbolique. La préparation de la nourriture marque ainsi un moment central du passage entre fait de nature et fait de culture. Comme l’a montré Claude Fischler cette préparation devient une manière d’exorciser le danger potentiel de ce que nous allons introduire, par la bouche dans notre corps. De ce point de vue, le rapport entre nourriture et contamination peut apparaître véritablement ambigu et complexe. »

 

Les peurs…

 

« Allergies alimentaires, intolérance au gluten, intolérance au lactose ; régime de santé divers (groupes sanguins, living foods, instinctivorisme ou crudivorisme, macrobiotique, etc.) ; régimes éthiques et spirituels (végétarisme, veganisme, etc.) ; néoadhésion à des pratiques religieuses ; régimes sélectifs et restrictifs divers : pour des raisons diverses, une part importante de la population des pays développés adopte et revendique une alimentation particulière. »

 

Interrogations, anxiétés…

 

« En plusieurs siècles et surtout depuis plusieurs décennies, l’alimentation a profondément changé et le rapport à l’alimentation s’est totalement transformé. Grâce à l’industrialisation agroalimentaire, on est arrivé à produire à bon compte des aliments en abondance : en comparaison avec le chasseur-cueilleur ou même l’agriculteur du XIXe siècle, le mangeur moderne consacre bien peu de temps à la recherche et à la préparation de la nourriture, et les incertitudes de l’approvisionnement sont pour le moins réduites. Mais cette liberté laisse la place à de nouvelles interrogations, à de nouvelles anxiétés. » 

 

Appauvrissement et standardisation

 

Certains pensent que « nous glissons insensiblement vers une sorte de privation sensorielle, qui se manifeste dans l’appauvrissement des saveurs et la standardisation du goût. Nous sommes tous d’innocentes victimes, à l’exception de ces rares et impavides combattants qui se sont aperçus de notre situation, et présument s’ils savent clairement de qui nous sommes les victimes. Importe-t-il de le dire ? Nous sommes des esclaves inconscients (qui ne se savent donc pas esclaves), car nous n’avons pas compris que nous vivons « sous le contrôle capitalistique de tout le processus vivant naturel. »

 

Nature.

 

« Le terme nature (pour ceux qui aiment jouer sur les mots) n’est pas un genre naturel, mais culturel. Autrement dit, mais culturel. Autrement dit, son objet est difficile à déterminer […] Lorsqu’on parle de la nature, on fait référence à l’environnement modifié par l’homme. »

 

« La notion commune de nature est, aujourd’hui comme à l’origine, le résultat de projections anthropomorphiques. Elle est émaillée de mythes, liée à des instincts et des pulsions irrationnelles. La nature nous apparaît comme une force créatrice bénéfique, une invention permanente et merveilleuse de formes et, en même temps, c’est une énergie dangereuse, capable de produire le mal, dépourvue de pitié, constamment sur le point de nous anéantir et de susciter les démons de la destruction. Aucune philosophie ne pourra probablement éradiquer cette vieille et profonde ambivalence, qui a trouvé son expression dans le merveilleux poème de Lucrèce, le De rerum natura. »

 

 

Le mystère du vivant

 

« Nous sommes tous, au-delà de nos différences superficielles, […] un paysage pointilliste composé de minuscules êtres vivants. » Lynn Margulis.

 

« Chaque créature vivante doit être considérée comme un microcosme – un petit univers, constitué d’une multitude d’organismes qui se reproduisent, inimaginablement petits et aussi nombreux que ls étoiles du ciel. » Charles Darwin.

 

« Durant toute notre existence, nous portons en nous le sentiment de notre unicité, de notre irréductible individualité. Pourtant nous savons aussi que, comme l’ensemble des êtres vivants qui nous entourent, les oiseaux, les fleurs, les papillons, les arbres, les colonies de bactéries et les colonies de levures, nous sommes chacun composé de cellules : les plus petites entités vivantes, microscopiques, capables de puiser leurs ressources dans l’environnement et de se reproduire. Et chacun d’entre nous ne représente que l’une des innombrables variations que les cellules ont réalisées sur le thème de la diversité et de la complexité. »

 

« Le monde chatoyant qui nous entoure est un monde de rescapés. La longue course du vivant à travers le temps a été une traversée sur la mer houleuse de la contingence. Si cette histoire s’était répétée plusieurs fois, elle se serait sans doute déroulée de plusieurs manières différentes. L’histoire du vivant est une succession, imprévisible, d’accidents étranges, terribles ou merveilleux. »

 

Jean-Claude Ameisen

 

Affaire à suivre…

Manger et boire vivant est-ce naturel ? « La longue course du vivant à travers le temps a été une traversée sur la mer houleuse de la contingence »
Manger et boire vivant est-ce naturel ? « La longue course du vivant à travers le temps a été une traversée sur la mer houleuse de la contingence »
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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 06:00
les fondus du champagne t.4 – extrait  sous la plume de Cazenove et Richez et le dessin d’Olivier Saive

les fondus du champagne t.4 – extrait sous la plume de Cazenove et Richez et le dessin d’Olivier Saive

« L’Attila des vignes est à Bordeaux en 1866 et, remontant inexorablement vers le nord, envahit progressivement le territoire… sauf la Champagne qui reste indemne jusqu’au milieu des années quatre-vingt. Les Champenois considèrent avec commisération le fléau qui s’abat sur les vignerons incapables de s’occuper de leurs vignes avec autant de soin qu’eux. Ils ne sont nullement inquiets jusqu’à ce que le parasite se manifeste le 8 juillet 1888 dans l’Aube puis le 5 août 1888 dans l’Aisne. Le mal fond sur la Marne en août 1892, s’étend lentement, frappe soixante-quatre hectares en 1898, puis peu à peu plus de de la moitié du vignoble champenois. Les recettes utilisées pour lutter contre le ravageur sont diverses et pour l’essentiel inefficaces. Les vignerons champenois résistent à l’utilisation d’une méthode que d’autres régions viticoles mettent en œuvre depuis les années quatre-vingt, la greffe des plants nobles sur porte-greffe américain dont les racines résistent au parasite. »

 

« … la reconstitution du vignoble champenois à partir de plants greffés débute en 1897 et progresse ensuite jusqu’à se généraliser après la Première Guerre mondiale. On profite de ces bouleversements pour rénover les pratiques culturales et toiletter la règlementation passablement laxiste, jusqu’à l’excès et l’arbitraire qui aboutira à la révolte de 1911… »

 

Extraits de 2 chroniques de 2005 :

 

1907 : le raisin ne valait rien. 1908 : vendanges de nains. 1909 : la pourriture partout, des fumées grises, infectes, planaient sur les plateaux des pressoirs. 1910 : rien ne manqua, orages, gel, grêle, mildiou. On n'aurait pas fait une tarte avec tous les raisins de Champagne, tant la vendange était transparente. Il suffisait que la maladie entre dans un ménage pour que la ruine soit complète. Des terres qu'on se disputait autrefois comme on se dispute la vie ne trouvaient plus d'acquéreurs. Des vignerons quittaient leurs maisons, laissaient leurs terres aux friches. Mais le négoce se sucrait sur cette misère. »

 

« Les fraudeurs fabriquaient du Champagne avec n'importe quoi, des rebuts d'Anjou ou de Meuse, des piquettes achetées au comptant sur le quai des gares à des intermédiaires sans visage, et avec du cidre s'il le fallait. L'argent rentrait.

 

Les vignerons doutaient de tout, et même du ciel. Qu'est-ce qui leur restait ? Le front bas, la hargne, les hymnes provisoires, les drapeaux rouges qu'ils pendaient aux frontons des mairies. La fraude leur donnait le tournis. L'agitation seule arrivait à calmer leur souffrance du travail nié et insulté... »

 

C'est extrait d'un beau roman de Daniel RONDEAU " Dans la marche du temps " pages 126-127 chez Grasset.

 

« … Cette année-là, un arrêté limite à la Marne l’appellation contrôlée « champagne ». Après les épreuves subies, la situation des cultivateurs en général très petits propriétaires, est précaire. L’exclusion de l’Aube du périmètre de l’appellation contrôlée est un coup terrible. La contestation s’organise autour de Gaston Cheq, un petit viticulteur socialiste baralbin. En ces temps difficiles, les vignerons roses ou rouges. Ils ont bien changé depuis ! Malgré la forte mobilisation, les contestataires obtiennent seulement de dénommer leur breuvage « vin jaune pétillant », beaucoup ajoutent « … de Champagne ». Il faudra attendre 1927 pour que l’appellation contrôlée actuelle d’environ trente-deux mille hectares soit adoptée, avec environ vingt mille hectares dans la Marne, huit mille dans l’Aube, le reste dans l’Aisne, la Haute-Marne et la Seine-et-Marne.

 

« Cette aire d’AOC est en extension d’environ dix pour cent depuis 2009, déclenchant toutes les convoitises. En effet, le temps des vignerons champenois pauvres et révolutionnaires est bien révolu. Le prix de l’hectare de vigne en AOC est aujourd’hui révolu. Le prix de l’hectare de vigne en AOC est aujourd’hui d’un million et demi d’euros sur la montagne de Reims, de un million dans l’Aube ! Dans mes terres de Mussy-sur-Seine où je serai dans deux jours, un hectare de friches sur les coteaux est vendu au plus trois mille euros. Ce prix, s’il devient AOC, sera multiplié par… trois cent trente-trois ! De quoi déchaîner les passions. En effet, elles se déchaînent. »

 

Extrait d’une chronique du 25 janvier 2008 « Je rêve d'épouser la veuve du sacristain de Bouzy... »

 

« Mais, comme j’ai mauvais esprit, je fais un rêve : moi qui ne suis qu’un plumitif besogneux, un ersatz de haut-fonctionnaire, un petit rapporteur non patenté, cette révision champenoise pourrait m’ouvrir de brillantes perspectives, m’engager sur la voie royale d’une fin de carrière vigneronne. Moi qui ai tâté de la vigne avec le frère Bécot, à l’Ecole d’Agriculture de la Mothe-Achard, complanter et faire pousser de la vigne dans un ancien potager semble à ma portée. Le problème pour moi c’est de mettre la main sur le potager. Alors, toujours en rêve bien sûr, je me dis qu’il me faut me mettre en chasse sur Meetic, traquer la veuve du facteur ou l’ex-femme du sacristain de Bouzy, tchatcher, la séduire, me renseigner discrètement sur l’existence du potager, la demander en mariage, l’épouser sous le régime de la communauté de biens et me réveiller un beau matin à la tête d’un lopin Aoicisé, plus précieux que le sable d’un bout de désert d’Abu Dhabi, où chaque motte de terroir sera plus coûteuse qu’un gramme de caviar, l’extase absolu du néo-propriétaire. Fermez le rêve ! Mais, après tout, je suppose qu’il va y en avoir des néo-vignerons après la révision et que le modèle champenois leur fera produire les kilos de raisins ad hoc. Bienheureux les vignobles pilotés par l’aval car ils font éclore des vignerons heureux. Je plaisante et je rêve, bien sûr, et les champenois m’absoudront de mes mauvaises pensées. »

 

« Là, apparemment, rien de nouveau sous le soleil de l’INAO, les commissions d’experts travaillent sur les 319 communes de la zone de l’appellation avant de passer le parcellaire au crible. Je ne vous fais pas un dessin, pour les intéressés c’est une partie de cache-cache, le loto, l’euro millions, le paradis futur des plaideurs, en être, ne pas en être, en avoir été et y revenir, être exclu… quand le coefficient multiplicateur avoisine 100 pour un lopin de terre à betteraves ou un taillis, le facteur temps est essentiel. Le temps est politique. Rappelons qu’il s’agit d’une révision pas d’une extension mais qu’en définitive l’aire va s’enrichir d’un certain nombre d’hectares permettant d’alimenter la croissance. Combien, demande le naïf que je suis ? Pas de chiffres avancés, bien sûr, trop d’hectares ajoutés effraieraient le Monde, pas assez renforcerait l’inflation des prix du foncier et gripperait la belle mécanique. Alors, en un bel euphémisme on me répond que l’adjonction se devra d’être significative. Avec un soupçon d’ironie, on ajoute que cette progression ne sera pas entachée du soupçon de délit d’initié que recelait la distribution des nouveaux droits de plantation et, toujours très sérieusement, on ajoute auprès de moi qui suis bon public, et même si certains puristes de l’AOC, intégristes ou hommes des terroirs, vont rire jaune, que la belle mécanique inaoiste va renforcer le niveau qualitatif du vignoble champenois qui, rappelons-le fut formaté d’une manière très administrative en un temps où ni le raisin, ni l’hectare n’étaient rare. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes en Champagne... »

 

en italiques c’est signé Axel Khan, médecin généticien et essayiste, ancien Président de l'Université Paris Descartes, le frère du tonitruant Jean-François, dans Pensées en chemin Ma France, des Ardennes au Pays Basque.

 

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 07:00
PUBLIÉ PAR GUILLAUME NÉEL http://neelguillaumeleviking.blogspot.fr/2010_10_01_archive.html

PUBLIÉ PAR GUILLAUME NÉEL http://neelguillaumeleviking.blogspot.fr/2010_10_01_archive.html

Ma sérénité m’attriste, je ne suis pas malheureux je suis hors tout.

 

La dernière fois, au débouché de la Villette, avant qu’elle ne me largue à sa manière, froide, sans mots inutiles mais avec une volonté farouche de se débarrasser d’un poids mort, d’un importun qui s’était subrepticement glissé dans sa vie, j’aurais dû lui dire :

 

« Finalement nous n’avons pas eu d’histoire, toi et moi. »

 

« A-t-on besoin d’être deux pour avoir une histoire ? « Courage. Jeter ses épaules en arrière, aller tout droit, recommencer. Elle trouvera un homme neuf. Peut-être. Il ne faut jamais s’habituer. C’est ainsi qu’on reste soi-même. Intact. Pas de pliage parallèle des corps qui s’accoutument, s’endorment l’un contre l’autre, moins attendrissants que les chaises empilées à la terrasse des cafés après la fermeture. Pas de main posée sur un corps familier, dernier paragraphe sur un constat de petite mort. Rien n’est définitif. Il faut éviter ces leurres qui persuadent qu’on n’est pas si seul et dont l’absence, quand ils nous sont ôtés, est insoutenable. Dire le désir sans le séduire. Impossible, les coups et les caresses usent. C’est pourquoi on interdit aux visiteurs, et même aux aveugles, dont la pulpe des doigts est si sensible, de toucher aux statues dans les musées. Avoir du tact envers soi-même, oublier les anciens numéros de téléphone dont on sait, même si on avait le courage, une dernière fois, de les composer, qu’ils n’ont plus d’abonné. Oublier le nom, l’adresse de personnes dont on avait attendu la réponse. Elle ne viendra pas. Nos feus aimés se taisent. À quoi bon les rappeler, leur écrire des lettres ? À charge ou à décharge, ils pourraient les garder. Qu’ils les jettent. Poubelle. Autant se parler à soi-même. Oui, toi là-bas, seule dans ton coin, tais-toi, corps et rêves à l’encan. Lave tes yeux, oublie son nom, celui des lieux où vous avez été. »

 

Pourquoi, ce matin, suis-je tombé sur ce texte de Marie-Odile Beauvais ? Pur enchaînement après une soirée sur le qui-vive, à me défendre des assauts de mes amis « mais où est-elle ? » J’ai résisté. J’ai refusé de poster ce sms qu’ils me demandaient. Mal à l’aise, taraudé par l’envie, j’ai esquivé mais la plaie, que je croyais cicatrisée, s’est ouverte, béante, profonde. La musique, le brouhaha, des conversations qui me traversaient sans me toucher, mes cigarettes roulées en solitaire sur le trottoir, l’absence, ce je ne sais quoi qui m’aidait à vivre. Plus de message pour lui dire « suis arrivé à bon port ». Plus de post-it « lundi midi au Yard… » Alors, comme mu par un force invisible ma main ce matin à extirpé ce livre de la masse, l’a ouvert et mes yeux sont tombés sur ce texte de femme. Ce ne sont pas mes mots mais certains d’entre-eux disent ce que je n’ai plus le courage de dire.

 

Alors comme la Toile est une mer sans limite j’y jette ma bouteille, lundi je virerai face au métro Philippe-Auguste, station chère à mon cœur, j’accrocherai mon vélo puis j’irai m’asseoir à la même place, la nôtre et puis… la vie continuera…sans elle.

 

Les poubelles de la République débordent, c’est à qui y déversera son tombereau d’ordures.

 

Le Vicomte d’abord, Philippe de Villiers, l’autre fou du Puy, toujours aussi féroce, hobereau hâbleur, has been en déshérence, assez minable dans sa vulgarité surjouée, racontant un déjeuner avec son « ami » Fillon, le cocker triste, alors 1er Ministre du Lapin sur piles, un homme « sans aspérités » dit-il qui a la culture du secret, se livre peu. Fielleux, il ajoute que le François a été élevé à Solesmes et qu’il en a gardé l'air onctueux. « Il est monocorde et pratique le silencieux »

 

« Je me souviens d’un déjeuner, le 9 octobre 2008, à Matignon. Ce jour-là j’ai découvert que, derrière l’homme placide et impeccablement peigné, avec sa raie de premier communiant, il y avait une nature fragile, éruptive, explosive. Nous déjeunions sur la pelouse, tout près du pavillon de musique. Dès l’apéritif, son portable s’est mis à vibrer. Le visage crispé, il s’abandonne un instant :

 

– C’est Sarko. Il attendra.

 

– Tu fais attendre le président ?

 

François, visiblement excédé, me répond :

 

– Il n’a qu’à me traiter autrement ! Chaque jour est une humiliation.

 

Le portable sonne de nouveau. Je suis stupéfait. Quelle ambiance ! Voyant ma surprise, il m’explique, fourchette en l’air, que Sarko ne respecte que les rapports de force. En souriant, je lui glisse :

 

– Tu es devenu méchant ?...

 

– Non, au contraire, je suis trop gentil. Si je lui faisais du mal, alors il me respecterait !

 

Je suis effaré par tant d’animosité entre les deux hommes. En partant, il me glisse à voix basse un précepte de son mentor Le Theule :

 

– Tu sais Philippe, en politique, pour nuire, il faut être proche…

 

Quelques mois plus tard, le 10 novembre 2009, il m’invite à déjeuner de nouveau sans autre raison apparente qu’amicale. Il s’en prend à ma naïveté en s’agaçant :

 

– Depuis que tu es dans le Comité de liaison de la majorité, je t’observe, tu as l’air tout coiffé de Sarko. Tu devrais faire attention. C’est un monteur de coups redoutable. Il va t’utiliser.

 

Alors il penche la tête, l’air désolé, avec son visage de jeune homme candide et offusqué. Il hésite un instant et, en frappant sur la table avec le manche de son couteau, il finit par me livrer cette confidence :

 

– Tu verras, Philippe, ça finira mal. C’est Sarko qui fera tomber Sarko. Il fait n’importe quoi et multiplie les imprudences. Je le lui dis pourtant, mais il ne m’écoute pas.

 

– Il y a des affaires embêtantes ?

 

– Sarko répète toujours à propos de Villepin : il finira pendu par moi à un croc de boucher. Eh bien, moi, je te dis, Philippe : si ça continue, c’est Sarko qui finira à un croc de boucher. Et c’est la Justice qui l’accrochera. Elle sait tout. »

 

Et puis y’a l’inconnu le Préfet Moisselin, membre du cabinet du Ministre de l’Intérieur Sarkozy que dirigeait Guéant, il vaut le détour : «L’argent n’est pas notre mobile quand on arrive dans un ministère, on prend l’argent quand il arrive, on ne dit rien quand ça s’arrête. L’argent vient ou pas, on fait avec.»

 

« Il s’est surpassé vendredi, toujours à la barre, narrant sa première remise en cash, en mains propres (!), de Claude Guéant. «Il m’a tendu une enveloppe. En la recevant, je n’avais pas l’impression d’entrer en clandestinité : c’était une pratique ancestrale, coutumière, certainement archaïque. J’aurais pu, d’un geste noble, renvoyer l’enveloppe à la figure de Guéant en criant : Arrière, Satan !» Il ne l’a pas fait, quitte à vendre son âme au diable. «Je ne l’ai pas déclarée aux impôts, je le reconnais. J’ai eu tort, ce n’est pas très glorieux, mais je savais que des policiers en recevaient autant.»

 

Gérard Moisselin est une caricature de haut fonctionnaire, passé par la préfectorale, notamment en Indre-et-Loire comme la plupart des prévenus. Comme un relent d’une «mafia orléanaise», doublée d’un passage préalable et obligé au cabinet de Charles Pasqua (1993-1995) avant de doubler la mise sous Nicolas Sarkozy (2002-2004). »

 

Pour le reste de notre pauvre et piteuse actualité nationale, nos soi-disant intellectuels, les innommés car ils le valent bien, saisis par la débauche des médias, s’épandent, se répandent, dévaluent le peu de valeur qui leur restait. Navrant ! Signe du temps, alors je tire la chasse sur eux avant 22 heures puisque je vais m’exiler en Suisse où il est illégal de tirer la chasse d'eau des toilettes ou de prendre une douche après 22 heures pour toute personne vivant dans un appartement. Quant à l’autre, qui fut Ministre de la République, c’est faire injure aux poissonnières que de l’assimiler à cette honorable corporation ; aucune appellation ne lui convient, elle n’a pas honte.

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 06:00
On recycle tout, même les vieux en solo : Roger Hodgson ex-Supertramp, David Gilmour, l'ancien guitariste de Pink Floyd by SNCF…
On recycle tout, même les vieux en solo : Roger Hodgson ex-Supertramp, David Gilmour, l'ancien guitariste de Pink Floyd by SNCF…

Ça ne me rajeuni pas, les vieux groupes de ma jeunesse qui se sont déchirés, séparés, tentent avec plus ou moins de bonheur de se reformer. Récemment j’évoquais Téléphone. 

 

On annonçait Supertramp en novembre à Bercy.

 

Nous les «canal historique» des années 70 savons bien que notre Supertramp n’est plus l’original depuis que Roger Hodgson, le cofondateur du groupe avec Rick Davies, a pris ses distances avec ses anciens amis en 1983, il y a déjà plus de trente ans. Nous nous souvenons que c’est lui qui a signé ou cosigné les titres légendaires de Supertramp: Child of Vision, Dreamer, Take the Long Way Home...et que c’était lui qui chantait. En 2010, lui qui continue sa carrière en solitaire avait déclaré au Figaro: «Cela me peine que Rick Davies reprenne mes chansons».

 

Ce pauvre Rick Davies, aujourd'hui âgé de 71 ans, a dû annuler la tournée européenne prévue à partir de novembre en raison de sa maladie, un cancer. «Il a débuté un traitement agressif» pour combattre «un myélome multiple», un cancer de la moelle osseuse récemment diagnostiqué chez lui, a indiqué le groupe dans un communiqué.

 

Et voilà que David Gilmour, l'ancien guitariste de Pink Floyd, lui, attendant dans le hall de la Gare du Nord un Eurostar pour rentrer chez lui, à Londres a été inspiré par les quatre notes du jingle de la SNCF qui précède chacune des annonces diffusées en gare.

 

« Il a contacté Michaël Boumendil, chef d'entreprise de 44 ans spécialisé dans l'identité sonore de grandes entreprises pour lui proposer une collaboration inédite. Ce diplômé d'école de commerce, qui a créé l'agence Sixième son il y a vingt ans, aura le privilège d'apposer son nom aux côtés de celui d'une des plus prestigieuses personnalités du rock anglais. Intitulé Rattle That Lock, le fruit de leur collaboration est dans les bacs depuis le 17 juillet. La chanson donnera son titre au nouvel album, qui paraît moins d'un an après le disque d'adieux de Pink Floyd, The Endless River, et neuf ans après On an Island, dernière échappée solitaire de ce féru de collaborations. »

 

« Bonne dégustation ! »

 

Je plaisante bien sûr, à consommer sans modération...

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 06:00
« On travaille pas dans la parfumerie, ici… » les ouvriers pataugeaient dans le sang des gorets qui était récupéré pour faire des saucisses.

« Les porcs étaient égorgés, on les plongeait dans un bain d’eau brûlante, afin d’amollir leurs soies, facilitant ainsi leur arrachage. Des milliers de porcs subissaient quotidiennement ce traitement. Bien avant midi, il régnait dans ces bassins une puanteur fétide de sang et d’excrément mêlés. Personne n’y faisait attention. Les carcasses étaient plongées dans cette mixture sans nom ; elles étaient censées être nettoyés au contact de l’immonde liquide ! En tout état de cause, c’était le seul bain qu’elles subissaient ; elles étaient immédiatement débitées en tranches de lard, jambons, côtes et autres morceaux, puis jetées fumantes, dans des tonneaux de saumure, prêtes à la vente. Mais il y avait pire encore. Tous les jours, l’eau était renouvelée. Mais les bassins n’étaient réellement nettoyés que lorsque l’accumulation des résidus sur les parois était telle qu’il fallait vraiment récurer. Tant que n’étaient mises en danger que la qualité de la viande et la santé des ouvriers, rien n’était fait. En été, ces bassins puaient atrocement sans que personne ne se soucie de ces véritables cloaques.

 

- On travaille pas dans la parfumerie, ici, avait déclaré un industriel du secteur, riche à millions, et qui pensait avoir réglé la question de cette réconfortante manière. »

 

- Les ouvriers pataugeaient constamment dans le sang, disait-il, sang qui était récupéré dans des conduites et utilisé dans la confection des saucisses. »

 

Bon appétit !

 

Rassurez-vous je ne vous décris pas là l’état des abattoirs de cochons de nos voisins allemands, qui dans leurs Länder de l’est font la nique aux abatteurs bretons.

 

Ce sont les abattoirs de Chicago au début du XXe siècle, décrit par Franck Harris dans La Bombe publié en 1909. la dernière goutte  

 

 

« Chicago doit sa fortune et sa réputation aux énormes abattoirs (Union Stock Yards), installés au nord de la ville en 1865. À l’époque, ces abattoirs (les plus grands du monde, bien sûr) traitaient jusqu’à 19 millions de têtes de bétail par an, et faisaient vivre d’innombrables usines de traitement de la viande, où travaillaient plus de 30000 ouvriers.

 

Les abattoirs ont fermé définitivement leurs portes en 1971. En l’honneur du sympathique ruminant qui a quand même largement contribué à l’enrichissement de Chicago, on a choisi le bœuf comme symbole de la ville. Les Chicago Bulls, ça vous dit quelque chose ? Nous avons tous en mémoire la visite de Tintin (dans Tintin en Amérique) aux abattoirs de Chicago, et ses déconvenues avec les gangsters locaux.

Depuis, les abattoirs ont déménagé et les gangsters ont remisé leurs sulfateuses. »

 

Guide du routard

« On travaille pas dans la parfumerie, ici… » les ouvriers pataugeaient dans le sang des gorets qui était récupéré pour faire des saucisses.
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