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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 06:00
À Paris, quand la Cour s’amuse en Appel pour s’échapper du quotidien après 1 dure journée de travail dans 1 ambiance grise, elle crève 1 ballon de rouge de côtes-du-Rhône…

 

Haro sur le sentiment de gaîté et la légèreté, les dignes et, sans doute tristes, conseillers ou conseillères de la Cour d’Appel de Paris en ont décidé ainsi, quand après une dure journée de travail, dans une ambiance grise, tu t’offres un ballon de rouge de côtes-du-rhône, pour rêver, d’échapper du quotidien, pour faire une pause, tu entres de plain-pied dans la confrérie des pochtrons qui se murgent la tronche pour creuser plus encore le trou de la Sécurité Sociale.

 

À ce degré d’interprétation de la loi la jurisprudence se hisse au plus bas niveau d’une argumentation de piliers de café du commerce, verse dans un mauvais scénar du style Zola revisité par Franck Dubosc, participe à l’hygiénisation de la population.

 

La convivialité condamnée, comme si ceux qui ont envie d’oublier leur vie de merde avait besoin d’un visuel alléchant pour se noyer, en général en solitaire, dans l’enfilade de verres d’une boisson alcoolisée...

 

Qu’attends Jacques Dupont pour s’Invigner tout rouge ?

 

Inciter le bon peuple à s’offrir un petit verre à la sortie du boulot c’est le conduire, « en s’échappant ainsi aux difficultés de la vie », je cite, « à une consommation excessive pour atteindre le stade de félicité suggéré par le virtuel, lequel dépasse donc ce qui est nécessaire à la promotion du produit et inhérent à la démarche publicitaire proprement dite. »

 

Belle hypocrisie que celle-ci !

 

Vous me direz, ça n’est pas très grave car « qui regarde les affiches ? », « qui se dit, tiens pour m’envoyer en l’air en sifflant un petit verre ? », je vous assure : pas grand monde !

 

Tout ça c’est le fonds de commerce de l’ANPAA, association de lutte contre l’alcoolisme, addict à la chasse à la communication pour mieux masquer son incapacité à faire régresser le fléau.

 

Le 19 novembre 2014, les « incapables » avaient attaqué devant le TGI de Paris la campagne de publicité des Côtes du Rhône auprès du Tribunal de Grande instance de Paris le 19 novembre 2014 et par une ordonnance du 7 janvier 2015, le juge des référés du tribunal avait autorisé le maintien des visuels tout en demandant un changement du slogan « Au goût de la vie ». Ce qu’Inter Rhône avait fait en reprenant son ancien slogan « Des vins hauts en couleur ».

 

Appel bien sûr, et l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris qui vient de tomber le 27 mai : « ordonne la suppression de tout support publicitaire et notamment sur tout support papier et support de communication en ligne, la mise en scène d’un personnage en costume de ville tenant une sacoche dans la main droite, accroché à un ballon de baudruche rouge par la main gauche et s’élevant dans le ciel au-dessus d’une ville grise associée au slogan Côtes du Rhône ».

 

L’astreinte est de 5000 euros par infraction constatée à compter du 27 mai 2016.

 

Inter Rhône demande donc à tous les opérateurs qui auraient encore des affiches ou documents représentant cette campagne de les retirer.

 

À noter que le deuxième visuel de la campagne (un homme repeignant sa maison en rouge) n’est pas interdit, la Cour d’Appel ayant considéré qu’il n’était « pas de nature à inciter à une consommation abusive et excessive d’alcool ».

 

Allez, pour ne pas sombrer plus encore dans la sinistrose ambiante deux slogans que je propose à Inter Rhône.

 

« Plutôt rouges que mort ! »

 

« Les bêtes à cornes ont peur du rouge… »

 

NB. Le rédachef me signale que le mec à la cravate flottante, avec son beau cartable de cadre propre sur lui, qui s’envoie en l’air, est le portrait-type de l’ex chargé du marketing de la maison Rhône émigré sous d’autres cieux depuis.

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège, Régis Jauffret dans La Ballade de Rikers Island supposait même que DSK prenait des pilules érectiles...

Patrice de Mac Mahon : Que d'eau ! Que d'eau !

 

Le Préfet : Et encore, monsieur le Maréchal, vous ne voyez que le dessus.

 

Il aurait prononcé ces mots le 26 juin 1875, lors des terribles inondations de la Garonne.

 

Mac Mahon Maréchal de France, 3e président de la République française, fonction qu'il a occupée du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.

 

Statue de Georges Diebolt le Zouave du Pont de l’Alma a de la flotte jusqu'à la culotte ; il mesure 5,20 mètres de haut et représente, dans l'imaginaire parisien, l'indicateur le plus fiable du niveau de la Seine.

 

En 1910, lors de la crue du Siècle, il avait eu de l'eau jusqu'aux épaules. En 1970, il a été remonté de 70 centimètres mais a gardé sa superbe, lui qui date de 1856 et représente le courage des soldats de Napoléon III lors de la guerre de Crimée.

CHAP.16 code acratopège, Régis Jauffret dans La Ballade de Rikers Island supposait même que DSK prenait des pilules érectiles...

Il fait un temps à ne pas mettre un cycliste dehors alors je lis en écoutant FIP.

 

« … les rues vides lui offrirent une allée de feux rouges qu’il grilla doucement jusqu’à s’insérer sur la route nationale 3.

 

Quatre voies grises et sans fin s’enfonçant comme une lance dans le cœur de la banlieue. Au fur et à mesure, voir les maisons devenir immeubles et les immeubles devenir des tours. Détourner les yeux devant les camps de Roms. Caravanes à perte de vue, collées les unes aux autres à proximité des lignes du RER. Linge mis à sécher sur les grillages qui contiennent cette partie de la population qu’on ne sait aimer ni détester. Fermer sa vitre en passant devant la déchetterie intermunicipale et ses effluves, à seulement quelques encablures des premières habitations. C’est de cette manière que l’on respecte le 93 et ses citoyens : au point de leur foutre sous le nez des montagnes de poubelles. Une idée que l’on ne devrait proposer à la capitale, en intramuros. Juste pour voir la réaction des Parisiens. À moins que les pauvres et les immigrés n’aient un sens de l’odorat moins développé… Passer les parkings sans fin des entreprises de BTP et saluer les toujours mêmes travailleurs au black qui attendent, en groupe, la camionnette de ramassage. Tenter d’arriver sans déprimer dans cette nouvelle journée qui commence. »

 

Ça c’est le capitaine Coste du SDPJ 93 dans Code93 d’Olivier Norek. À lire absolument, avec un polar qui renouvelle le genre, écrit par un jeune flic lettré, au plus près d’une réalité dérangeante, sans concession, dans ces marges que l’on désigne avec facilité par la banlieue, apartheid territorial non assumé. Bien plus que certaines enquêtes sociologiques illisibles, orientées, ce premier roman plonge dans un univers gris, glauque, où tout ne se résume pas par un affrontement entre les bons et les méchants.

 

La réalité du 93

 

La brigade de répression du banditisme (BRB) a démantelé un cercle de jeux clandestin qui opérait depuis un an à Montreuil (Seine-Saint-Denis), une vingtaine de personnes ont été interpellées depuis début mai, a-t-on appris vendredi de source policière.

 

Des croupiers, des serveurs, des voituriers, des tables de poker: le cercle de jeux clandestin fonctionnait comme un petit casino dans le bas Montreuil, en petite couronne parisienne.

 

Tous les soirs, dans un local commercial loué, des parties de poker étaient organisées avec des "mises très importantes", selon une source policière. "Ces parties pouvaient rapporter à l'organisateur plusieurs milliers d'euros", a précisé à l'AFP cette source.

 

L'organisateur, un homme de 34 ans, était lui-même joueur et connu des services de police notamment pour port d'arme prohibé. Les clients "avaient des profils différents", selon la source policière.

 

Sur cette affaire, la BRB a "effectué une vingtaine d'interpellations depuis le début du mois de mai", selon cette source, "l'organisateur, les croupiers serveurs et voituriers mais aussi des joueurs".

 

Lors des diverses perquisitions, les policiers ont saisi des tables de poker, 40.000 euros, des armes ainsi que 8kg de résine de cannabis.

 

L'enquête a été menée avec l'URSSAF et les Douanes.

 

L’actualité des médias nationaux charrie elle, Benzema, Baupin, le sexe... avec pour le premier, en défense, l’évocation du délit de faciès mis sur le tapis par Cantona. Le galactique accuse ce brave DD d'avoir cédé à « la pression d'une partie raciste de la France ».

 

M. Benzema, bienvenue dans la vraie France du racisme

 

Lire ICI 

 

Du côté du sexe harceleur, DSK, contrairement au zouave du Pont de l’Alma, jeudi dernier, a été épargné par les gouttes, le tribunal correctionnel de Paris lui a donné raison et condamné l'écrivain Régis Jauffret.

 

« Où commence la fiction et le travail d'un romancier ? Jeudi, Dominique Strauss-Kahn a obtenu la condamnation en diffamation de Régis Jauffret, l'auteur de "La Ballade de Rikers Island", un roman sur l'affaire du Sofitel. L'écrivain a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 1.500 euros avec sursis, ainsi qu'à 10.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral pour certains passages de son ouvrage et à 5.000 euros pour des propos tenus à la radio pendant la promotion de son livre. La justice a aussi interdit toute nouvelle édition du roman comportant les passages jugés diffamatoires.

 

Les propos condamnés de Régis Jauffret avaient été exprimés au micro de Pascale Clark sur France Inter: « Ce dont j'avais été persuadé dès le début, j’en suis aujourd’hui aussi persuadé, c'est qu'il ne s'est pas aperçu qu'il l'avait violée, ou qu'il l'avait bousculée. Il ne s’est pas rendu compte. Quand vous voyez les images des caméras de surveillance, vous voyez très bien quand il sort qu'il n'a pas du tout conscience d'avoir commis un délit ». Plus tard, dans la discussion, il assénait à nouveau que, pour lui, DSK a commis un viol. « En effet, il n’y a pas eu de lutte. Ce n’est pas une femme qui était éduquée pour lutter, pour crier. C’est pour ça qu’il n’a pas cru qu’il l’a violée. » « L’enjeu de ce livre était d’arriver à être digne de l’avant-dernière phrase du livre qui n’est pas de moi. «Est-ce que tous les clients ont le droit de faire tout ce qu'ils veulent avec nous?» Aucun écrivain n'aurait pu l’inventer, c’est elle qui l’a dite. C’est là où tout bascule, c’est là que la responsable a dit non. » Régis Jauffret supposait même que DSK prenait des pilules érectiles... »

 

Sur le flanc politique le costar, puis son ISF, de Macron et la moustache de Martinez passionnent les journalistes et les réseaux sociaux.

 

Costard et ISF : la semaine qui a révélé les failles politiques de Macron 

 

« Désormais, Emmanuel Macron prétend à Mitterrand. Face aux attaques et aux rumeurs, le ministre de l’Economie dit à ses visiteurs qu’il se découvre le cuir de l’ancien président. Rien ne l’atteint, rien ne le blesse, rien ne le tue. Et il se sent plus fort encore les épreuves passées. Entre Nietzche et Mitterrand, il continuera d’avancer vers 2017, à la rencontre de son destin, sans désarmer. Quoi qu’il arrive. Quoi qu’il en coûte.

 

Détendu. Serein. Tel se présente ce Macron en campagne qui n’est encore en campagne et qui ne sait encore pas vraiment s’il le sera un jour. Déterminé, oui, mais pas encore décidé. Décidé, oui, mais pas encore déterminé. Ou alors dans des proportions qui demeurent à déterminer. C’est compliqué, mais c’est ainsi. Le phénomène Macron porte sa contradiction, donc sa limite, et la praxis Macron sa part de schizophrénie. En privé, Macron revendique l'indifférence aux attaques, façon Mitterrand. Et en public, il se dit blessé. Comprenne qui pourra. »

 

 

Philippe Martinez, le Lider Maximo de la contestation sociale 

 

« En quelques semaines, ses bacchantes sont devenues presque aussi célèbres que celles d’Astérix. Lider Maximo de la contestation sociale, dernier défenseur d’une lutte des classes à laquelle il croit dur comme fer, Philippe Martinez s’est trouvé propulsé sur l’avant-scène médiatique par son combat jusqu’au-boutiste contre la réforme El Khomri. Avant d’engager cette guerre d’usure, c’était un inconnu qui pouvait déambuler incognito avec ses deux gardes du corps. Mais c’était avant…

 

Depuis trois mois, le secrétaire général de la CGT est de toutes les manifs pour le retrait du projet de loi travail, bras dessus bras dessous avec Jean-Claude Mailly, son ex-frère ennemi de FO. Il est omniprésent sur les chaînes de télévision et les radios. Quand, le 21 mai, il va saluer ses camarades qui bloquent un dépôt pétrolier à Haulchin (Nord) et se fait photographier en train de jeter un pneu dans le brasier du piquet de grève, il est assailli par des militants qui veulent faire des selfies avec lui.

 

A la tête de la CGT depuis février 2015, Philippe Martinez, 55 ans, incarne la résistance à un pouvoir « dit de gauche » qui a trahi ses électeurs en voulant « casser le code du travail ». Nicolas Sarkozy et François Hollande, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. S’il a hésité sur le champ de bataille, songeant d’abord à porter le fer sur l’emploi et le pouvoir d’achat, voire sur sa revendication fétiche de la semaine de 32 heures, il a vite opté pour la lutte contre la « loi travail » qui lui a permis d’aborder son congrès confédéral, du 18 au 22 avril à Marseille, dans une posture combative. »

[…]

 

Philippe Martinez est le premier fils d’immigrés, espagnols en l’occurrence, à la tête de la CGT. Sa mère était femme de ménage et son père a combattu comme volontaire dans les Brigades internationales. Il naît le 1er avril 1961 à Suresnes (Hauts-de-Seine) et fréquente l’école Robespierre et le collège Les Bons Raisins, à Rueil-Malmaison. Il en hérite cet accent parigot dont il joue avec délice, l’air bourru et économe en sourires. En 1982, il est embauché comme technicien chez Renault à Billancourt, avant d’être muté au centre de recherche sur les moteurs à Rueil-Malmaison.

 

Délégué du personnel CGT dès 1986, il exerce les fonctions de délégué syndical central du groupe Renault de 1997 à 2004. Il s’engage dans les luttes, notamment contre la fermeture du site de Vilvorde en Belgique, et évite de se compromettre avec ses patrons, ne répondant jamais aux vœux annuels du directeur des relations sociales et refusant d’aller visiter avec « les tauliers » les sites de Nissan au Japon. Mais il fait partie de l’équipe de football de la firme, avec le dossard numéro 10. « Le seul point commun entre Martinez et Valls, s’amuse un proche, c’est leur amour du foot et du Barça [le club de Barcelone]. » Il reste fier de son entreprise et figure toujours dans ses effectifs, au point que le président de la fédération CFTC de la métallurgie, Joseph Crespo, l’a interpellé pour savoir « si on lui retire ses jours de grève »…

 

Elu secrétaire général de la fédération de la métallurgie CGT en mars 2008, il s’oppose à Bernard Thibault au comité confédéral de mai 2012 (où ce dernier sera mis en minorité sur sa succession), votant contre la désignation de la « dauphine » Nadine Prigent. En mars 2013, au congrès de Toulouse, il entre à la commission exécutive confédérale tandis que Thierry Lepaon est élu secrétaire général de la CGT. Commence ensuite une longue histoire qui va conduire Philippe Martinez à la tête de la centrale par effraction. Quand éclate l’affaire Lepaon, mis en cause pour les travaux entrepris dans son logement de fonctions et dans son bureau, il négocie un accord lors d’une réunion secrète le 3 décembre 2014. Sa fédération l’a mandaté pour demander la démission de Thierry Lepaon mais ce dernier obtient son soutien en échange d’une promesse de lui succéder en 2016. Philippe Martinez marche dans la combine avant de le lâcher.

 

Le 13 janvier 2015, lors du comité confédéral qui suit la démission de Thierry Lepaon, Philippe Martinez subit un camouflet. Avec 57,5 % des voix, il ne franchit pas le seuil des deux tiers des votants requis pour être secrétaire général mais il est désigné pour piloter un collectif chargé de préparer une session de rattrapage. Une faveur qu’il obtient grâce à une manœuvre qui conduit l’union départementale du Nord et la fédération de la santé, dont la secrétaire générale, Nathalie Gamiochipi, est sa compagne, à voter pour lui alors qu’elles étaient mandatées pour voter contre.

 

Qu’importe ! Le lendemain, il convoque la presse comme s’il était bien élu. Il s’installe dans le bureau de Thierry Lepaon au huitième étage du siège de Montreuil et se rend – sans cravate comme à son habitude –, aux vœux pour les partenaires sociaux à l’Elysée. Il devra toutefois attendre le 3 février pour être enfin promu avec 93,4 % des suffrages. Seule la fédération de la construction, dont l’ancien patron, Eric Aubin, avait postulé pour succéder à Bernard Thibault, vote contre. Le 27 mars, la fédération de la santé évince purement et simplement Nathalie Gamiochipi.

 

Une ligne d’opposition radicale

 

Peu à peu, Philippe Martinez, surnommé dans la CGT « Tapioca », comme le général de Tintin, ou « Zapata » comme le révolutionnaire mexicain, impose sa marque. Il part en guerre contre la « sur-institutionnalisation » des syndicats, reprochant au patronat de vouloir en faire « un syndicalisme délégataire » ou une « caste d’experts ». Il prône « une démarche permanente de consultation des salariés », présente la CGT comme un syndicat « qui conteste, propose, agit, négocie ». Dans une interview au Monde du 22 septembre 2015, il proclame que « le syndicalisme, par essence, est réformiste ». Mais il incarne vite une ligne d’opposition radicale au gouvernement.

 

Vent debout contre la proclamation de l’état d’urgence après les attentats terroristes du 13 novembre 2015, il se flatte d’avoir « un discours à contre-courant », une preuve de « modernité ». « Il est raide, difficile à cerner, imprévisible », note un dirigeant. « Il est colérique, ajoute un autre, même s’il peut être drôle dans l’intimité. » « Il est sûr de lui et assez fin manœuvrier, souligne Pierre Ferracci, expert du social et président du groupe Alpha, cabinet conseil dans les relations humaines et les conditions de travail. Il a réussi à souder la maison en peu de temps malgré les 30 % qui trouvent qu’il ne va pas assez loin. »

ABATTOIRS : « DANS LA TUERIE, L'OUVRIER EST LA SEULE MACHINE QUI NE FAIT PAS DE BRUIT »

 

Stéphane Geffroy travaille depuis 25 ans à l'abattoir de Liffré, près de Rennes. Avant son audition, la semaine prochaine à l ‘Assemblée nationale, il raconte son quotidien dans un livre. Sans filtre, entre condition animale et condition humaine.

 

D'une voix calme, timide presque gênée, Stéphane Geffroy raconte. Avec des mots souvent crus, il parle de se son quart-de-siècle passé dans l'abattoir de Liffré. Là, derrière l'image policée dépeinte par la grande distribution, il donne à voir, à sentir, à toucher, les conditions de vie et de mort des animaux, mais aussi les conditions de travail des ouvriers.

 

Un "pion qui doit rester à sa place"

 

L'odeur, d’abord. Ce mélange de lait caillé, de bouses, de sang, de peau brûlée... Une odeur acide, âcre, qui s’imprègne.

 

Le bruit, aussi. Les "clic-clic" métalliques, les chaînes et les scies électriques imposent leurs sons, leurs rythmes. "Dans la tuerie, glisse-t-il, l'ouvrier est la seule machine qui ne fait pas de bruit".

 

Les cadences, enfin. En moyenne, une minute et quinze secondes par bête.

 

La suite ICI 

Jean-Emmanuel Ray, Université de Paris I-Sorbonne : « La loi Travail opère un bon équilibre entre droit du travail et droit à l’emploi, mais passe un peu vite sur les effets du tsunami numérique en cours » 

 

« Au-delà de l'opposition à la loi El Khomri, qui constitue « une caricature de notre incapacité à négocier des compromis et à sortir des postures faciles et du tout ou rien », ce spécialiste du droit du travail pointe la nécessaire refonte des grands principes qui régissent le salariat depuis le XIXe siècle. Les nouvelles technologies sont passées par là.

 

C’est un lieu commun de le dire : la réforme du Code du travail, dite Loi Khomri, s’est en grande partie brisée sur les conservatismes. La faute au pouvoir politique qui n’a pas su en dégager le sens profond. La mission n’avait pourtant rien d’impossible, car il est dans la nature même du droit du travail d’être au point d’équilibre entre protection des travailleurs et efficacité économique. Or à l’examen, selon le professeur de droit Jean-Emmanuel Ray, le projet de loi adopté lors du Conseil des ministres du 24 mars entre deux manifestations répond à cette exigence en opérant “un bon équilibre entre droit du travail et droit à l’emploi”. Mais au-delà de la “bouffée d’oxygène” à donner aux outsiders pour leur ouvrir plus facilement les portes des entreprises, notre droit du travail doit aussi intégrer l’impact des nouvelles technologies et des changements de mentalités. Ces évolutions débouchent en effet sur des relations de travail de plus en plus basées sur la “confiance” et non plus sur “l’autorité”. Un vrai défi d’adaptation que le projet de loi aborde “trop vite” au goût de Jean-Emmanuel Ray.

 

Michel Rocard: « Le risque de la fin du PS existe » 

 

L’ancien Premier ministre Michel Rocard, père de la deuxième gauche, s’inquiète pour l’avenir de la France et… de la gauche. Il estime en revanche que Manuel Valls a trop misé sur cette loi travail mais qu’il ne doit pas démissionner.

 

- Cette crispation est-elle la faute du gouvernement, du Medef, des syndicats?

 

C’est d’abord la faute à l’Histoire de France. La France n’a jamais appris à discuter avec elle-même. C’est une très grave fragilité, une terrible faiblesse pour notre pays. La crise actuelle montre aussi que le gouvernement n’a pas su mener les négociations jusqu’au bout. Mais les partenaires étaient-ils prêts? La responsabilité est partagée par tous.

 

- Quel est l’objectif de la CGT?

 

La CGT est la mère des syndicats, elle en est la matrice. C’est une organisation plus que centenaire mais qui ne sait plus se faire respecter, qui n’a plus d’inspiration. Elle est donc en recherche d’identité et de prestige. Et elle ne sait le faire qu’à travers sa grande tradition de hurlement de slogans. Or les intérêts qu’elle défend sont minoritaires. L’opinion doit lui faire sentir que trop c’est trop pour qu’elle réalise que la sortie nécessaire suppose la reprise du dialogue. Mais la CGT n’est pas la seule coupable, elle amplifie juste les conséquences du désaccord dont elle n’est pas à l’origine.

 

- Peut-on réformer la France?

 

Il faut arrêter de penser que toute réforme doit passer par la loi. Le problème de la loi Travail, c’est justement que c’est une loi: ce qui régit la négociation entre les salariés ne devrait pas relever du pouvoir législatif mais de conventions ou d’accords. Pour cela, le patronat doit commencer par changer son comportement. Lui, mais aussi les syndicats ouvriers, doivent faire l’apprentissage de la négociation. C’est une absolue priorité que l’Etat doit encourager. Ce dernier doit également apprendre à se substituer le moins possible aux partenaires sociaux.

 

Et puis une pensée pour nos aïeux dans les tranchées « Nous ne mangeons que d'une dent, ne nous asseyons que d'une fesse... »: Jouvet au front

 

Infirmier de 1914 à 1917, Louis Jouvet ne cessa d'écrire à Jacques Copeau, son « bon patron », depuis l'enfer des tranchées. Extraits.

 

« En 1914, Louis Jouvet a 27 ans. Engagé comme infirmier, promu pharmacien auxiliaire, il fera la bataille de la Somme. Malade, épuisé, il sera évacué et affecté en février 1917 à l'infirmerie régimentaire du 1er groupe d'aviation de l'aérodrome de Saint-Cyr. En octobre, il partira rejoindre Copeau aux Etats-Unis. »

 

Les pages parmi les plus émouvantes sont celles où l'on côtoie le soldat Jouvet au plus sombre des nuits et des jours. Il chasse les rats, traque les poux et les puces.

 

Frigorifié au point de se faire «l'effet d'avoir la matière cérébrale en gelée de veau», il manie «les thermomètres, les urinaux, les bassins, le coton, les pinces, l'eau bouillie - et la teinture d'iode», mais ne rêve que pendillons, lanternes, maquettes, commedia dell'arte. Il écrit même le scénario d'une farce intitulée «le Malade, la Maladie et le Médecin»...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 06:00
Serf d’un grand seigneur impitoyable, le Temps, le vigneron lutte contre les vicissitudes et les infortunes, malgré les découragements et les rancœurs justifiées, tout au long d’une année

Cette chronique a été mise en ligne le 2 août 2011, c'est un extrait du livre d'André Lagrange Moi je suis vigneron.

 

« Le Toine serf d’un grand seigneur impitoyable, le Temps, le vigneron lutte contre les vicissitudes et les infortunes, malgré les découragements et les rancœurs justifiées, tout au long d’une année, c’est-à-dire sans répit d’une récolte jusqu’à l’autre. Fort de l’expérience des aïeux, et de la sienne propre, Le Toine s’enorgueillit de n’être pas un va-t-aux-vignes, mais un vigneron qui œuvre avec sa tête plus encore qu’avec ses bras. »

 

Pour l’auteur, Le Toine se veut la synthèse de tous les vignerons de Bourgogne, et d’ailleurs.

 

La fresque est située dans la Côte chalonnaise.

 

 

Le Toine bricole à son établi, devant la fenêtre du magasin ; il remet des manches à ses pioches. D’un oeil, il regarde son travail, de l’autre, le Mont-Juillet, qui s’empanache de traînées d’un violet sombre. L’inquiétude le ronge : fin juillet, c’est la période la plus redoutable pour les orages, avec les environs du quinze août.

 

- « Pardi ! hier, c’était la Madeleine ; elle a pas fait sa fête ; des fois que nous, on pourrait ben, malgré nous, la faire aujourd’hui ! On a bougrement raison de dire :

 

« La Madeleine

 

Ne passe pas sans son étrenne ! »

 

Hélas ! Elle pourrait donc pas les garder pour elle, ses lugubres cadeaux ? Maudite pécheresse ! Elle sème à tous les vents le malheur de sa honte ; elle fait dégouliner, tout au long du ciel, ses larmes grosses comme des œufs ; un courant d’air, venu on ne sait d’où, les glace, et voici l’étrange couvée de grêlons qui s’abat sur le vignoble, pour le ravager.

 

(...) Il n’a pas le temps d’achever, qu’une espèce de queue rouge, attachée à une boule de feu, fouette tout du long la brume jaune ; ave ça, un craquement, oh ! mais, un de ces craquements ! Comme une charpente qui s’effondre.

 

-« Le tonnerre est tombé à Mercœur ! souffle l’Ugène à mi-voix. Un coup tout seul, comme ça, c’est le signal de ce qu’on sait que trop.

 

- Oui, répond le Toine. Misère de Dieu ! Tout est foutu. Ecoute !... »

 

On entend comme le roulement d’un train lancé à toute vapeur.

 

- « C’est ce que je disais ; c’est plus de la pluie ; v’là la grêle.

 

Les visages se figent ; sur celui de l’Ugène, se creusent les sillons des larmes silencieuses, prélude de la révolte qui gronde intérieurement.

 

Ça a duré au plus dix minutes, une éternité pour les deux hommes. Le bruit s’assourdit, s’estompe, s’éloigne. Le brouillard s’enlève, comme une toile de tente, pour ne rester attaché que d’un côté, là-bas, vers Rosey.

 

A la lumière retrouvée, l’Ugène bondit vers les ceps les plus proches. Le Toine le suit en reniflant et, machinalement, enlève son chapeau, comme on fait devant un mort.

 

-« Regardez-moi ça, hurle l’Ugène, si c’est pas une pitié ! Toutes les grappes par terre, les feuilles aussi ! Hein ! Travaillez donc ! A quoi ça sert ? Vous vous échinez toute une année, et au moment où ça commence à promettre, en cinq minutes, crac ! plus rien ! Ça fait déjà quatre fois que je vois ça, et j’ai guère que trente ans ! Nom de Dieu ! Vous voulez vivre avec ça, vous Toine ?

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 06:00
photo La Conque d'Or

photo La Conque d'Or

Sachez que je me soigne, à l’homéopathie certes, pour ne pas succomber à la tentation, mon lourd passif d’enfant de chœur n’y fait rien, à la plus petite occasion je plonge.

 

Et c’est ce diable d’Andrea Camilleri qui aujourd’hui m’a alléché avec les arancini d’Adelina la bonne du commissaire Montalbano.

 

Ça va faire plaisir au grand Philippe, grand pourfendeur des ploutocrates néo-libéraux, qui voue un culte sans limite pour le héros de Camilleri, un commissaire pensez-donc !

 

« Les arancini de Montalbano » est extrait du recueil La Démission de Montalbano, traduit de l’italien par Serge Quadruppani et Catherine Siné et paru chez Fleuve Éditions en septembre 2001. © 1999, Arnoldo Mondadori Editore SpA, Milano. © 2001, Fleuve Éditions, pour la traduction française.

 

« Alors que la nouvelle année approche, le sarcastique commissaire Montalbano ne rêve que d’une chose : passer la Saint-Sylvestre loin du tumulte et de la foule. Aussi cet amateur de bonne chère, qui assaisonne volontiers la langue italienne classique de savoureuses bribes de dialecte sicilien, se fait-il une joie à l’idée de déguster les merveilleux arancini que sa bonne Adelina a promis de lui préparer pour le réveillon.»

 

 

« En rentrant chez lui à Marinella, il trouva sur la table de la cuisine un billet d’Adelina, sa bonne.

 

« Vous m’ascuserez si je me permets de dire vu que demain au soir étant que c’est le jour de l’an et vu que mes deux fis sont tous les deux en libberté, je pripare les arancini qui leur plaisent. Si vosseignerie veut me faire l’onneur de passer à manger la dresse vous le savez. »

 

[…]

 

« Doux Jésus, les arancini d’Adelina ! Il ne les avait goûtés qu’une fois : un souvenir qui lui était certainement passé dans l’ADN, dans le patrimoine génétique.

 

Adelina y mettait bien deux bonnes journées à les préparer. Il en connaissait par cœur la recette. La veille, on fait un aggrassato, mélange de veau et de porc en gelée et en parties égales, qui doit cuire à feu très bas pendant des heures et des heures avec oignon, tomates, cèleri, persil et basilic. Le lendemain, on prépare un risotto, ce ceux qu’on appelle « à la milanaise » (sans safran par pitié !), on le verse sur une planche, on le mélange à l’œuf et on le fait refroidir. Pendant ce temps, on cuit les petits pois, on fait une béchamel, on réduit en petits morceaux quelques tranches de salami et on fait toute une préparation avec la viande en gelée, hachée avec le hachoir demi-lune (pas de mixeur, pour l’amour de Dieu !). La sauce de la viande se mélange au riz. À ce point, on prend un peu de risotto, on l’arrange dans la paume d’une main tenue en forme de conque, on y met dedans l’équivalent d’une cuillère de la préparation et on le recouvre de ce qu’il faut de riz pour former une belle boulette. Chaque boulette est roulée dans la farine, puis on la passe dans le blanc d’œuf et la chapelure. Ensuite, tous les arancini sont glissés dans une cuvette d’huile bouillante et on les fait frire jusqu’à ce qu’ils prennent une couleur vieil or. On les laisse s’égoutter sur le papier. Et, à la fin, ringraraziannu u Signuruzzu, grâces soient rendu au seigneur, on les mange !»

 

 

« Les arancine, qu'apprécie le commissaire Salvo Montalbano et en particulier celles de Adeline sa cuisinière, est un délice de la cuisine traditionnelle sicilienne. A Palerme ou à Catane, on les mange dans les "friggitoria"magasin traiteur où l'on prépare et vend des "cibi di strada" cuisine de rue" en français : ce sont souvent des plats frits (friggitoria vient du verbe friggere: frire ). Mais on les prépare aussi chez soi en particulier le 13 décembre pour Sainte Lucie (tradition très respectée : on ne mange pas de pain ce jour-là mais les arancine ou autres plats délicieux) »

 

Voir la recette ICI du blog La Conque d'Or 

 

 

« En Sicile depuis 20 ans, dans un village près de Palerme, je vis au milieu des oliviers, pas loin de la mer. Je vous fais découvrir la cuisine sicilienne, ses parfums, sa simplicité et à la fois sa richesse à travers des recettes traditionnelles ou pas. »

 

Deux défis pour Alessandra Pierini :

 

- Le vin qui va avec les arancini du commissaire Montalbano: Curva minore IGT Terre Siciliane 2014 en hommage à Salvatore Quasimodo

 

Salvatore Quasimodo

Curva minore

Perdimi, Signore, che non oda
gli anni sommersi taciti spogliarmi,
si che cangi la pene in moto aperto:
curva minore
del vivere m'avanza.

E fammi vento che naviga felice,
o seme d'orzo o lebbra
che sé esprima in pieno divenire.

E sta facile amarti
in erba che accima alla luce,
in piaga che buca la carne.

Io tento una vita:
ognuno si scalza e vacilla
in ricerca.

Ancora mi lasci: son solo
nell'ombra che in sera si spande,
né valico s'apre al dolce
sfociare del sangue.

- Nous préparer des arancini pour nous les proposer dans son échoppe, je n’ai pas osé lui demander d’en faire rien que pour moi.

 

 

Nouvelle rechute de l’italien de cœur que je suis : les arancini d’Andrea Camilleri cuisiné par Adelina la bonne du commissaire Montalbano, ringraraziannu u Signuruzzu
Nouvelle rechute de l’italien de cœur que je suis : les arancini d’Andrea Camilleri cuisiné par Adelina la bonne du commissaire Montalbano, ringraraziannu u Signuruzzu
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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 06:00
Je préfère la cigarette après l’amour au dernier verre de Denis Saverot avant de passer l’arme à gauche…

« Pour accompagner mon dernier jour, il me semble que je choisirais un vin gai, croquant, un vin rouge naturellement, la couleur du sang, de la vie et de la mort.»

 

À la RVF la séquence mets-vin est sans doute usée jusqu’à la corde pour que notre Denis Saverot, dont la belle-mère ne boit que du Bordeaux, innovât avec le dernier verre pour la route qui mène au ciel ou en enfer avec, éventuellement pour la première destination, l’arrêt à la station purgatoire.

 

Ça part d’une bonne intention, partager un verre avec un ami dont la fin est proche, mais j’avoue que j’ai bien du mal à concevoir qu’un tel sujet fasse matière à l’éditorial du rédacteur-en-chef d’un mensuel comme la RVF.

 

N’y-a-t-il pas d’autres sujets de fond dans le monde de la vigne et du vin plus importants à traiter que de tirer des lignes sur « Boire un verre de vin, comme si c’était le dernier… » ? De faire de la philosophie de comptoir en 3 affirmations qui fleurent bon la dissertation de brave potache en mal de séduction :

 

- « C’est choisir de partager ce que l’on aime en faisant remonter à la surface la mémoire d’un passé chéri.

- « C’est abolir une dernière fois ce temps qui vous est désormais compté. »

 

- ​« C’est aussi conserver la gaîté dans un moment qui pourrait être funèbre… »

 

Pourquoi devrait-on précéder la mort en y allant déjà en deuil de soi-même ? Un grand bourgogne ou une coupe de champagne ne sont-ils pas, au contraire, le meilleur des hommages à une vie réussie ? »

 

Passé chéri, une vie réussie, nous entrons de plain-pied dans l’univers de la Petite Maison dans la Prairie des Ingalls…

 

 

Mais pourquoi diable seulement un dernier verre de vin ? Ma philosophie de la vie est bien plus large. Elle est celle de Ray Charles :

 

« Vous feriez bien de vivre chaque jour de votre vie comme si c’était le dernier, parce qu’un jour ou l’autre, ce sera le cas. »

 

Et comme illustration je vous offre l’une des œuvres impérissables du joyeux Charles Dumont.

 

* Passer l’arme à gauche

 

Mourir

 

L’expression date du Moyen Âge. Lors d’un mariage, les écus des deux familles nobles pouvaient être rassemblés pour former un nouveau blason. Les armes (armoiries) du mari figuraient à droite, celles de la femme à gauche. Lorsque le mari décédait, ses armes étaient placées à gauche du blason. Cela signifiait donc qu’il venait de rendre l’arme… et l’âme.

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 06:00
Le pot-au-feu d’Houellebecq dans la carte et le territoire, accompagné de 2 bouteilles de chablis d’Alice&Olivier de Moor et de Thomas Pico…
Le pot-au-feu d’Houellebecq dans la carte et le territoire, accompagné de 2 bouteilles de chablis d’Alice&Olivier de Moor et de Thomas Pico…

Houellebecq à table n’est pas pour moi une fiction, nous avons, l’été dernier, dans le jardin du restaurant Les Climats, partagé, si je puis m’exprimer ainsi, le menu déjeuner. Lui, à une table voisine, en compagnie de son éditeur Gallimard et d’un autre convive, et moi en bonne compagnie.

 

En revanche, je ne l’ai jamais vu aux fourneaux dans sa « grande cuisine, prolongée par une réserve – qui servait également de bûcher et de cave » (La carte et le territoire), alors lorsque j’ai appris la parution de Houellebecq aux fourneaux de Jean-Marc Quaranta, je me suis précipité chez l’un de mes libraires : Compagnie pour l’acheter. Pensez-donc, c’est du sérieux : Jean-Marc Quaranta est maître de conférences en littérature française et création littéraire à l’université d’Aix-Marseille. Il est l’auteur du Génie de Proust (Honoré Champion, 2011).

 

 

« Livre de cuisine et analyse approfondie de l’œuvre de Michel Houellebecq, cet essai d’un genre inédit renouvelle la connaissance de l’auteur de Soumission à partir d’une évidence que personne, jusque-là, n’a remarquée : la nourriture occupe chez lui une place centrale. L’étudier met en lumière la complexité, les nuances de ses livres, loin des caricatures médiatiques qu’ils ne cessent de susciter.

 

Jean-Marc Quaranta explore cette table bien garnie, définit avec rigueur et clarté son rôle romanesque, tout en donnant les recettes qui la composent, mélange de terroir et d’exotisme où l’on trouve aussi bien les poivrons à l’huile, le pot-au-feu ou la tarte aux pommes que le poulet aux écrevisses, les baklavas, le biryani d’agneau… Il nous invite, de toutes les manières possibles, à dévorer les romans de Houellebecq, à entrer dans la bibliothèque en passant par la cuisine, pour devenir les intimes de cette œuvre inépuisable, qui n’a pas fini de nous surprendre. »

 

 

La seule liberté que je me suis permise dans cette chronique se situe dans le titre où, pour amis Alice et Olivier de Moor et Thomas Pico, durement et doublement éprouvés par les fureurs du ciel, je leur ai attribué les deux bouteilles de Chablis bue par le Houellebecq de papier avec Jed lors de son dernier repas.

 

 

La carte et le territoire, « est certainement le roman où l’on mange le plus, et le mieux. »

 

Le roman est le récit de la vie du peintre Jed Martin, « rythmé par les grandes périodes de l’œuvre de l’artiste, par ses repas avec son père et par les péripéties de sa relation avec Olga, qui travaille au service communication du guide Michelin et avec qui il parcourt les relais et Châteaux. »

 

« Houellebecq est capable d’intégrer dans son roman des tendances authentiques de la cuisine des années deux mille, deux mille dix. L’usage de la roquette (aragula) ou celui du turbotin, plus petit que le turbot et dont l’élevage s’est développé à cette époque. »

 

« Tout au long du roman, Houellebecq joue avec la complexe et confuse notion de terroir pour prophétiser un retour à la nature et un exode urbain qui repeuplerait la diagonale du vide et ramènerait les Français à une vie rurale réinventée. »

 

« Pour la première fois, en réalité en France depuis Jean-Jacques Rousseau, la campagne est redevenue tendance »

 

« Ce retour à la terre passe par l’assiette et par les fourneaux, puisqu’il s’accompagne du « succès croissant, sur l’ensemble du territoire français, de cours de cuisine ; [de] l’apparition récente de compétions locales destinées à récompenser les nouvelles créations charcutières et fromagères »

 

« Dans l’enquête marketing que mène Olga pour Michelin, les « animaux bizarres, à connotation non seulement française mais régionale, tels que la palombe, l’escargot ou la lamproie, atteignaient des scores exceptionnels. »

 

« Le phénomène est d’une telle ampleur que même Libération parle de « la magie du terroir.»

 

« … c’est aussi l’occasion d’une satire du discours gastronomique » […] « La cuisine, selon le guide, « sublimait un terroir d’une richesse infinie » ; on était là en présence d’ « un des plus beaux concentrés de France »

 

«Au-delà de cet hymne à une France du terroir, une France mitterrandienne incarnée dans des paysages repris sur les affiches électorales – Vault-en-Lugny se situe dans l’Yonne, plus précisément dans le Morvan, lieu mitterrandien par excellence –, le discours gastronomique du roman port aussi sur la mondialisation et dessine une géopolitique qu’on retrouvera dans Soumission. »

 

« Dans ce livre qui se veut un hymne aux terroirs, les lieux de grande distribution demeurent « les seuls centres d’énergie perceptibles, les seules propositions sociales susceptibles de provoquer le désir, le bonheur, la joie. »

 

« Ce n’est pas un paradoxe houellebecquien mais celui de la société de consommation qui a récupéré la notion de terroir pour rassurer le consommateur et recréer un monde que l’industrialisation de la nourriture et l’évolution des mœurs ont détruit. »

 

Lors de son dernier repas avec Jed c’est un Houellebecq cuisinier qui s’annonce :

 

- On va passer à table. … J’ai préparé un pot-au-feu hier, il va être meilleur. Ça se réchauffe très bien le pot-au-feu

 

« Cette nouvelle incarnation de l’auteur est un Houellebecq aux fourneaux. Il cuisine et reçoit Jed en parfait maître de maison le repas s’ouvre par un apéritif composé d’olives et de saucisson, accompagnés de chablis. Il n’y a pas d’entrée, mais le pot-au-feu qui suit justifie cette entorse, d’autant que c’est l’auteur qui ‘a préparé.

 

En hôte attentionné Houellebecq demande : « Vous prenez un peu plus pot-au-feu ? » mais Jed décline l’offre et le repas se poursuit avec un saint-nectaire et un époisses que Houellebecq sort du réfrigérateur ; il les accompagne de tranches de pain et d’une nouvelle bouteille de chablis. Ensuite, il fait passer son invité dabs la salle de séjour pour servir des macarons et du café, accompagnés d’un alcool de prune. À part le fromage, qui aurait dû être sorti du réfrigérateur au moins une heure avant d’être consommé, le Houellebecq du Loiret connaît son affaire gastronomique et sait recevoir. »

 

« Le choix du pot-au-feu témoigne aussi d’une bonne connaissance de l’histoire de la gastronomie française, puisqu’il est vu comme un « plat national » et s’inscrit dans l’entreprise de définition de la cuisine française qui parcourt tout le XIXe siècle. »

 

« Lorsque Houellebecq se met en scène heureux, réconcilié avec lui-même et ses origines, il est aux fourneaux. Ce n’est pas qu’une question de retour à l’enfance mais une affaire politique, sociale et même socialiste. »

 

« Houellebecq cite à Jed cette conclusion d’une conférence de Morris dont il va chercher le fascicule dans sa bibliothèque : « Voilà en bref notre position d’artistes : nous sommes les derniers représentants de l’artisanat auquel la production marchande a porté un coup fatal »

 

« Il s’agit d’une conférence donnée par Morris le 30 octobre 1889, lors du deuxième congrès de l’Association nationale pour la promotion de l’art et son application à l’industrie, à Edimbourg. »

 

« … il est juste et raisonnable que les que les hommes, à l’instar de la nature, s’efforcent d’embellir ce qu’ils fabriquent, et que ce travail soit lui-même agréable, comme la nature rend agréable le fait de manger. »

 

« En faisant de son double de papier un Houellebecq aux fourneaux, Michel Houellebecq met en œuvre cette partie du programme de William Morris : il situe l’alimentation hors du champ de l’industrie agro-alimentaire, dans la vie de chacun, et en fait une occasion de produire quotidiennement de la beauté – et de la saveur. »

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 06:00
Les jours d’après le malheur dans les vignes : et si nous faisions preuve de solidarité par la proximité en achetant en primeur le millésime 2017 aux sinistrés !

L’ami Thomas Pico, vigneron à Chablis, le dit d’une façon crue : « Je vais peut-être être vulgaire, mais là on s'est pris une bonne « branlée »

 

« Abasourdi. Mais pas résigné. C’est l’état d’esprit de Thomas Pico, vigneron à Chablis, au moment de nous donner son témoignage sur le terrible épisode de grêle qui a ravagé le vignoble de l’Yonne, vendredi dernier. Le dernier avatar d’une année 2016 sinistrée.

 

Une campagne blanchie, à perte de vue. Des vignes ravagées, détruites. Des billes de grêle assassines qui jonchent le sol. C’est le spectacle apocalyptique que l’on a pu voir à Chablis vendredi dernier, après l’épisode orageux qui a frappé le vignoble. Après le gel du mois d’avril et le premier épisode de grêle du 13 mai, c’est le troisième coup dur porté au Chablisien en quelques semaines. Thomas Pico, vigneron à Courgis, n’y va pas par quatre chemins : « c’est une cata. Tout l’Auxerrois a été frappé, j’ai même vu des corbeaux morts sous les impacts de grêle. C’est la désolation. Déjà en avril, au moment du gel, il y avait des zones anéanties, comme à Chitry-le-Fort, Irancy, je n’avais jamais vu ça. Puis il y a eu la grêle il y a deux semaines, avec encore Chitry, Saint-Bris… C’est du délire ».

 

Face à un tel désastre, au-delà des témoignages de sympathie, la seule question qui vaille est : comment exercer concrètement sa solidarité ?

 

La solidarité peut-être publique, Thomas la précise dans l’article de Terre de Vins , je n’y reviens pas et ce n’est pas en accusant les élus de tous poils que nous pourrons la faire s’exercer.

 

La solidarité peut-être interprofessionnelle :

 

Sur ce sujet j’ai commis le 6 août 2013 une chronique : Faut-il mutualiser le risque de grêle ? 

 

Le 8 juillet 2014 j’affirmais plus que jamais la réponse est OUI. Mettons sur le chantier la mutualisation de l’assurance grêle en la rendant obligatoire comme l’assurance habitation ou automobile…

 

Je n’y reviens pas.

 

Reste la solidarité personnelle qui pourrait se traduire d’une manière simple, directe : l’achat en primeur du millésime 2017 à des vignerons sinistrés connus de vous.

 

Cet achat, payé rubis sur l’ongle par des cavistes, des restaurateurs et des particuliers, permettrait d’alimenter la trésorerie exsangue des vignerons sinistrés au moment où ils devront, en dépit d’éventuels reports de charges ou d’imposition, à des dépenses obligatoires.

 

C’est simple comme une avance, geste de proximité, de solidarité directe dépourvue de paperasses et de procédures interminables.

 

C’est une forme de financement participatif sans intermédiaires qui prélèvent leur dîme au passage.

 

Bref, mettre la main à notre poche, sous une forme qui n’a rien à voir avec une quelconque charité, me semble être le bon et le plus sûr moyen de partager, de mettre du concret dans les gloses solidaires qui ne restent que des mots.

 

Voilà c’est dit.

 

Je le ferai à ma petite échelle mais si vous souhaitez que nous le fassions ensemble alors faisons-le et surtout n’oublions pas !

 

 

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 06:00
Illustration Artus de Lavilléon pour M Le magazine du Monde

Illustration Artus de Lavilléon pour M Le magazine du Monde

« Trancher entre l'humour et l'injure, l'information et la diffamation... Telle est la mission de la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris. »

 

La chambre des libertés par Pascale Robert-Diard, l’une des plus fines plumes de la chronique judiciaire dans M le magazine du Monde du 29.11.2013.

 

Oui, votre serviteur, le 9 juin de l’an 2016, va entrer dans « Le plus grand salon de la vie parisienne a des boiseries claires, un vieux parquet qui craque et de hautes croisées lumineuses ouvrant sur la Seine. Ecrivains, philosophes, comédiens, responsables politiques, animateurs de télévision, chanteurs, humoristes, psychanalystes, journalistes ou patrons de presse se succèdent ou s'affrontent sur ses bancs. Au froissement des vanités se mêlent les soubresauts de l'Histoire et le tumulte des passions nationales. L'entrée est libre. Il suffit de franchir le portique du Palais de justice de Paris et de pousser la porte de la 17e chambre. Ici, siège le tribunal des mots. Mots imprimés ou lancés dans un lieu public, mots qui accusent, désignent, blessent ou injurient. Mots qui révèlent, aussi. »

 

J’espère bien y croiser « Le fantôme du procureur impérial Ernest Pinard qui, en 1857, avait requis la condamnation de Flaubert pour "outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs" après la publication de Madame Bovary et obtenu quelques mois plus tard celle de Baudelaire pour Les Fleurs du Mal hantait encore les couloirs du Palais de justice. »

 

Ce sera la seconde fois que je monterai les marches du Palais de Justice de Paris, ma précédente visite date de 1980, où j’étais venu assister le coursier de l’Office du Vin, dont j’étais le secrétaire-général, lors de sa comparution immédiate pour de petits larcins alors qu’il était déjà sous le coup d’un sursis. Une comparution immédiate permet au procureur de faire juger un prévenu immédiatement après sa garde à vue. C’est la justice la plus expéditive, où le prévenu en prend un max sans moufter en général. Ça m’a marqué à tout jamais.

 

Le 9 ce sera une autre paire de manches « Justice de luxe au service du dérisoire », persiflent les uns, raillant les heures passées à soupeser le poids d'un adjectif au regard des misères ordinaires qui s'exposent et se jugent à la va-vite dans les chambres voisines, « coeur nucléaire de la démocratie », affirment les autres, la chambre de la presse et des libertés publiques occupe une place à part dans l'institution judiciaire. « Un îlot d'excellence », soulignent ceux qui, comme Thierry Lévy, Henri Leclerc, Georges Kiejman, Richard Malka ou Jean-Pierre Mignard ont usé leur robe sur ses bancs. »

 

À qui dois-je ce privilège ?

 

À la Jeanne Hachette des petits producteurs plus connue sous le nom de Saporta Isabelle.

 

Le 29 avril 2016, au matin, un huissier, audiencier au TGI de Paris, a carillonné en bas de chez moi pour me porter en mains propres une citation à témoin, dans la procédure en diffamation engagée par Hubert de Boüard de Laforest concernant l’ouvrage «Vino Buiseness» écrit par Isabelle Saporta et paru aux éditions Albin Michel en mars 2014. Coût de l’opération 54,08 euros dont 9,1 de TVA.

 

Mon seul souci à l’heure où j’écris concerne mon « dress code » comme on dit sur les cartons des pinces-fesses chic où se pressent certains et certaines de mes collègues blogueurs ou des « journalistes » stipendiés.

 

J’hésite encore entre l’allure gentleman-farmer sans les bottes blanches et le petit sécateur ou la dégaine 68 hard chic, jean-chemise ouverte-bourgeron Adolphe Laffont. Bien évidemment avant de trancher je consulte mes conseillères en communication. Vous verrez bien mes loulous !

 

En effet, je compte bien que vous viendrez nombreux à cette audience contrebalancer la présence des groupies adoratrices de notre cher Hubert qui ne manqueront pas de venir le soutenir.

 

C’est à 13h 30, comme quoi dans notre vieux pays la justice ne chôme pas elle bosse à l’heure du déjeuner des bons français.

 

Quand à vous dire ce que je vais dire, n’y comptez pas, ma vieille expérience des tribunes de congrès d’agriculteurs en colère m'a enseigné qu’il fallait adapter sa stratégie en fonction de l’atmosphère.

 

Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?

 

Bien évidemment je dirai toute la vérité, rien que la vérité, la mienne bien sûr mais étayée sur ma petite expérience des coulisses de la décision dans notre République un peu secouée dans la crédibilité de ceux qui nous ggouvernent par les temps qui courent.

 

À vous voir donc chers amis le 9 Juin à 13h30, c’est au 10 boulevard du Palais dans le 1er arrondissement.

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 12:42
Vent debout plein gaz : On ne peut plus dire aux consommateurs « buvez notre vin cher » tout en le cultivant comme un champ de patates ! » Thierry Desseauve

Le propre d’un bon commerçant est de savoir s’adapter à l’évolution de la chalandise, virer de bord à 180° pour prendre le vent nouveau, se délester à temps des poids morts qui plombent le chiffre d’affaires, se « renier » avec un bel aplomb avant que le coq ne chanta trois fois.

 

C’est dans Challenges à la veille du grand raout parisien du duo d’experts de la dégustation : le WineLab.

 

Les changements radicaux de jurisprudence ne sont pas si fréquents dans notre beau pays pour ne pas souligner celui-ci. Je suppose que les cultivateurs de champ de patates estampillés GCC&Co apprécieront la saillie.

 

Le modèle Pontet Canet serait-il pour nos duettistes le seul maintenant en odeur de sainteté ?

 

I have a dream, et si les GCC bordelais s’inspiraient de la démarche Pontet-Canet… ce serait un grand pas vers la résilience… ICI 

 

Demandez donc à Hubert et à ses frères !

 

Le coup chapeau aux cavistes et aux bars à vin avant-gardistes.

 

« Comme toujours, il y a des gens en avance, reconnaît Thierry Desseauve. Mais au début des années 90, il n'y avait pas grand-chose ». Et puis une nouvelle génération de viticulteurs est arrivée , consciente que l'on ne peut plus polluer les sols impunément, soutenu par des cavistes et des bars à vin avant-gardistes.

 

Note du taulier : le bedeau appointé de B&D, l’éructeur patenté, grand cireur de pompes a, pendant un temps fréquenté ces lieux avant-gardistes, pour quel résultat : cracher sur eux !

 

Le bémol : merci aux grands experts !

 

« C’est la dégustation qui a mis en valeur l’intérêt de la biodynamie et dynamisé le secteur. De grands vignerons ont observé des changements réels dans leurs vins [...] Les consommateurs ont pu découvrir et apprécier de nouvelles saveurs, de nouveaux vins de plus en plus recherchés et plébiscités [...] Chaque vigneron a adapté une biodynamie à ses cépages, ses terroirs et son climat », explique de son côté Michel Bettane.

 

Note du Taulier : Dégustation, grands vignerons… toujours la même chanson : il faut que tout change pour que rien ne change, sauf que l’Histoire ne ressert pas les plats…

 

Ecoutez Thierry Desseauve, directeur de la rédaction du magazine En Magnum et auteur du guide des vins Bettane & Dessauve aux éditions Flammarion.

ICI 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 06:00
Vin de costard ou de tee-shirt le dilemme d’Emmanuel Macron le trublion chic et choc c’est un bon copié-collé pour le vin…
Vin de costard ou de tee-shirt le dilemme d’Emmanuel Macron le trublion chic et choc c’est un bon copié-collé pour le vin…

« Le sage tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. » Ce proverbe apparaît dans l’Ancien Testament. Il est attribué à Salomon (Proverbes de Salomon dans Le Livre des proverbes, Xe siècle av. J.C.)

 

Macron, en marche vers je ne sais quoi devrait prendre de la graine auprès de son mentor de l’Elysée qui a fréquenté sur les terres de Corrèze le Jacques Chirac :

 

- Connard ! lui hurle un quidam lors d’un bain de foule.

 

- Enchanté, moi c’est Jacques Chirac.

 

Et qu’il suive son conseil :

 

« Pour réussir une campagne électorale il faut impérativement respecter 3 principes :

 

- Bouffer dès qu’on peut,

 

- Pisser dès que c’est possible,

 

- Porter de bonnes chaussures.

 

Le Chirac érigeait au rang de principes des règles de bon sens politique à l’usage du scrutin d’arrondissement.

 

Bref, l’Emmanuel, en visite dans l'Hérault vendredi dernier, pour aller brosser dans le sens du poil les pêcheurs d'anguille de l'étang de l'Or, symboles de « la France qui se lève tôt », a eu droit un accueil très détendu. (J’ai corrigé l’orthographe de la dépêche d’agence qui parlait de pécheurs).

 

« On va vous prêter une salopette car avec votre costard à 3000 euros... ça serait con de le salir » s'est gentiment moqué un des pêcheurs chargé de lui montrer les rudiments de son métier. Eclats de rire du ministre mais la bonne ambiance n'allait pas durer.

 

Un peu plus tard, avec des militants CGT rencontrés presque par hasard dans une rue de Lunel, le ton est rapidement monté.

 

Au ministre qui leur demandait d'arrêter de « bloquer la France », les cégétistes ont vertement répliqué, la discussion virant alors à l'altercation. Selon un journaliste de L'Express citant un témoin de la scène, un jeune homme aurait lancé à Emmanuel Macron : « vous avec votre pognon, vous achetez des costards ».

 

Agacé, le ministre finit par lâcher: « Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt (...) la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler ». Réponse d'un militant CGT : « Depuis l'âge de 16 ans, je travaille monsieur ! »

 

Et le ministre de mettre fin à l'altercation, saisie par BFMTV, en se tournant vers « la jeunesse qui veut bosser ».

 

Là, ce fut la curée sur les réseaux sociaux, Macron se fit tailler des costards

 

Si la remarque de ce 27 mai sur le T-shirt et le costume entérine un peu plus ce fossé béant qui se creuse entre une partie du peuple et ses élites –après tout une grande partie des Français a mieux à faire avec son argent comme acheter de quoi se nourrir ou se payer un toit–, la phrase pourrait aussi faire auprès de ces jeunes élites globalisées dont il vante tant les mérites.

 

Aujourd'hui, les entrepreneurs qui incarnent le plus changement comme Mark Zuckerberg ou Elon Musk n'hésitent pas justement à se passer du costume. Ils en ont fait une sorte de symbole rétrograde d'une économie à l'ancienne empêtrée dans ses vieilles hiérarchies et ses archaïsmes. Un vestige de l'ancien monde vertical, là où eux défendent l'échange, le partage, l'horizontalité. Lors d'une session de questions-réponses menée en avril 2014, le PDG de Facebook expliquait ainsi qu'il portait le même T-shirt chaque jour pour ne pas s'embarrasser de «décisions stupides»:

 

«J'ai la chance d'être dans cette position où je peux me lever chaque jour et aider plus d'un milliard de personnes. J'ai la sensation de ne pas accomplir cette tâche, si je perds mon énergie sur des choses idiotes ou frivoles de la vie de tous les jours», se justifiait-il.

 

« Dans la bouche du ministre de l’Economie d’un gouvernement de gauche, a fortiori quand celui-ci, jamais élu, est un ancien banquier à la fortune faite, la réplique suinte une forme de mépris de classe. Costard contre tee-shirt. Elite contre prolo. Actif contre chômeur. Grossier et dévastateur. On pense à Nicolas Sarkozy et son «casse-toi pauv' con» lancé au Salon de l’agriculture. »

 

Pour ma part j’ai porté des costards, pas des au prix du caviar, mon faible étant les chemises anglaises pas données ; je suis depuis un bail chemise ouverte, polo ou tee-shirt avec jean.

 

Un de mes collègues, un beau jour d’été, me voyant arriver à une réunion en polo me fit cette remarque goguenarde « tu es en vacance ! » aussi con que la répartie de Macron. Le vêtement est une seconde peau et dénier son caractère de marqueur social serait une erreur. Cependant, il faut aussi se garder des associations simplistes : porter un tee-shirt Che Guevara ne transforme pas en révolutionnaire, surtout si l’on porte des Nike au pied et que le dit tee-shirt a été cousu au Bengladesh. De même porter un costume bien coupé dans un beau tissu, pour un Ministre de la République, même de gauche, ne le transforme pas forcément en suppôt du grand capital.

 

Ces raccourcis sont trop pratiques et bien hypocrites pour s’en satisfaire, mais nous sommes dans l’immédiateté, la formule-choc, le tweet vengeur, le commentaire ironique, penser n’est plus qu’un lointain souvenir.

 

Si j’ai effleuré ce sujet c’est qu’il est facile d’en faire un copié-collé avec les petites guéguerres que se livrent les tenants des vins de costard et ceux des vins nus…

 

Je ne crois guère aux vertus révolutionnaires des vins nature tout comme je n’ai guère d’affinités avec les tenants des GCC ou autres grands vins, formatés, médiatisés.

 

J’ai envie de crier : « faites chier vous êtes minoritaires ! »

 

Ne pourriez-vous pas vous intéresser d’un peu plus près à la réalité ? Je sais, c’est chiant la réalité, elle n’entre pas forcément dans vos moules, vos cadres, vos apriori, et pour certains dans leurs conflits d’intérêts.

 

Ceux qui me tapent beaucoup sur les nerfs sont les « porteurs d’eau », la confrérie de ceux qui vivent sur la bête et qui s’ingénient à jeter de l’huile sur le feu pour faire bouillir leur marmite.

 

Le vin, après tout, n’est que le jus fermenté du raisin nullement indispensable à la survie physiologique, instrument de pur plaisir, de convivialité, d’échange. Rien de plus, rien de moins.

 

J’assume, sans aucune honte, le fait de boire des vins cousus main dont je paye le prix tout comme des vins plus olé, olé qui ne sont pas pour autant donnés… C’est mon droit, c’est ma fierté d’assumer mes contradictions sans m’ériger en donneur de leçon.

 

L’important pour moi c’est le respect pour la main qui fait bien plus que la geste de ceux plus préoccupés par leur ego que par la vie des gens...

 

Je signale à madame Caroline De Haas ‎@carolinedehaas

 

Les costards Lagonda (fournisseur de Macron) coûtent selon leur site 1200€. Mille deux cent. #UnTshirtpourMacron

 

Que les costards Lagonda sont fabriqués en France par des petites mains (féminines ou masculines), « Tous ces produits sont fabriqués en France dans des étoffes provenant principalement d'Angleterre et d'Italie. »

 

Comme le chantait le défunt Coluche qui aimait trop les grosses motos très chères :

 

Misère, Misère!

C'est toujours sur les pauvres gens

Que tu t'acharnes obstinément

Misère, Misère!

ça sera donc toujours les salauds qui nous bouff'ront

L'caviar sur l'dos

Misère, Misère!

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