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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 06:00

couverture du n°557 de 60 Millions "S?CF, tout déraille"

Les Français sont des veaux ironisait le grand Charlot (désolé pour la familiarité c’est pour la rime), ils pensent bouffer du bœuf alors que leur steak haché c’est de la vache laitière de réforme moulinée soit chez le boucher, soit dans les rayons de la GD frais ou surgelé.

 

Ce marché représente dorénavant 48 % des différents types de viandes de bœuf achetés par les ménages.

 

Résultat, plus de 52 % de la viande transformée provient des vaches de races laitières contre 28 % pour celles issues de races à viande et 15 % de jeunes bovins. Et faute d’animaux légers disponibles sur le marché intérieur, les industriels n’hésitent pas à s’approvisionner à l’étranger en carcasses et en découpes d’animaux légers.

 

La France est ainsi le principal importateur de vaches laitières européennes des Pays Bas, d’Irlande et d’Allemagne essentiellement. Elles représentent 80 % des volumes de viande achetés.

 

Les viandes bon marché d’origine polonaise ont de plus en plus la côte mais aussi les jeunes bovins élevés en France et initialement destinés à l’export. Déclassifiée et devenue bon marché, leur viande pauvre en matière grasse, n’en est pas moins appréciée. 

 

Ils en bouffent de plus en plus, ils en gavent leurs mouflons, ça leur évite de mâcher, faut dire que la viande de bœuf fraîche, c’est-à-dire peu rassise, même pas maturée, s’apparente à de la semelle.

 

Autrefois les bouchers l’attendrissait, aujourd’hui certains la frappe avec violence pour que les fibres éclatent.

 

On peut attendrir la viande principalement avec 3 types d’appareils d’usage courant :

 

Le maillet : c’est un instrument qui s’apparente à un marteau, dont la tête du manche est dotée de deux faces. Le recto est souvent une face plate tandis que le verso est équipé d’une face avec des picots en forme de pyramidions conçus pour piquer et attendrir la viande. Il arrive sur certains modèles que les deux faces aient la même fonction. La plupart du temps, ces attendrisseurs sont en inox pour une meilleure hygiène.

 

Le batteur ou aplatisseur : ce modèle, en acier inoxydable ou en fonte, dispose d’un manche court avec une face ronde, généralement lisse ou quelquefois munie de picots.

 

L’attendrisseur à lames : celui-ci est muni d’une série de lames (de 48 à 56 lames selon les modèles) qui pénètre la viande en brisant les fibres. Le plus souvent, l’ustensile dispose d’une plaque qui permet aussi d’aplatir la viande.

 

Il existe une variante à roue crantée, munie d’une poignée, que l’on roule sur la viande en créant des aspérités. Une version particulièrement facile à utiliser pour rendre les steaks plus fondants.

 

Bref, on voit mal votre boucher vous dire « madame Michu j’ai de la vieille carne voulez-vous que je vous l’attendrisse ? »

 

L’heure est au steak haché frais ou surgelé généralement acheté dans les rayons de la GD.

 

Si je vous en parle ce n’est pas que je sois consommateur de vache moulinée mais parce que le jeudi 27 février, le magazine 60 millions de consommateurs a publié une étude concernant les steaks hachés frais ou surgelés que l’on retrouve dans les grandes surfaces. Résultat, les steaks hachés bio se retrouvent en queue de peloton.

 

Au total, 29 produits "100 % pur bœuf" ont été testés et répartis en deux catégories selon leur taux de matières grasses : les 15 % et 5 %. L’analyse a été effectuée à partir de multiples caractéristiques : mesures des paramètres physico-chimiques (taux de collagène, sel, protéines...), analyses microbiologiques (afin d’identifier l'éventuelle présence de souches pathogènes) et histologique (présence de cartilage, d’os ou de graisses). Une note sur 20 a été attribuée à chacun des steaks étudiés.

 

Collagène excessif, fragments d’os, manque de protéines... Les steaks bios n'ont pas la cote

 

Les steaks hachés bio sont les mauvais élèves du classement.

 

En effet, parmi la catégorie 15 % de matières grasses, les trois derniers du classement sont porteurs de la fameuse annotation bio :

 

  • le « steak haché bœuf » de la gamme Ensemble de Biocoop,

 

  • le « steak haché façon bouchère » de Naturalia

 

  • celui de Jean Rozé (Intermarché) avec les notes respectives de 12, 11,5 et 9,5 sur 20.

 

Par comparaison, le meilleur produit, les « steaks hachés » de Casino, a obtenu la note de 15/20.

 

Ce qui pose problème ?

 

Les steaks Naturalia sont trop chargés en collagène traduisant une « viande de moindre qualité, polluée par la présence de tendons, tissu nerveux ou membranes fibreuses »

 

Les steaks de chez Biocoop présentent quant à eux de grosses lacunes au niveau microbiologique

 

Les steaks Jean Rozé ont un taux de protéines trop faible et contiennent des fragments d'os : « Sans danger pour la santé du consommateur, cette présence reflète surtout une mauvaise découpe du muscle »

 

Concernant les steaks hachés 5 % de matières grasses, le résultat est le même : les "bio" se retrouvent derniers du classement, notés 12,5 et 11,5 sur 20. Face à eux, les premiers de la classe sont les steaks hachés surgelés Casino ou Auchan, avec les notes respectives de 15 et 16,5 sur 20.

 

Du côté des steaks 5% de matières grasses, les deux moins bien notés sont eux aussi de marques bio. Il s’agit des « Steaks hachés » de Carrefour Bio et des « Steaks hachés » de Bio Village (E. Leclerc). Tous deux ont une microbiologie peu satisfaisante. Leurs notes sont de 12,5 et 11,5 sur 20, la meilleure note étant de 16,5/20.

 

Bon point aux surgelés

 

Contre toute attente, ce sont les steaks hachés surgelés qui obtiennent de meilleures notes.

 

Les steaks hachés frais « laissent à désirer » - et davantage pour les steaks 5 % - : « La moitié d’entre eux dépasse la limite recommandée par la Fédération du commerce et de la distribution (...). Les surgelés sont quant à eux irréprochables, ou presque. Encore faut-il respecter la chaîne du froid »

2017-06-27-SOC Burger-Refonte-Ri

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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 06:00

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C’était en août 1998

 

Lorsque je fus dépêché, en plein mois d’août, par le Ministre de l’époque Louis le Pensec, sur le conseil d’un certain Jean-Luc Dairien actuel directeur de l’INAO, c’est les stocks de Rivesaltes avaient atteint la limite du supportable et que le château de cartes artificiellement tenu par le CIVDN s’écroulait. C’était chaud : un vigneron fut embastillé pour avoir balancé un cocktail Molotov dans les chais d’un négociant qui cassait les prix. Le président du CIVDN de l’époque Bernard Dauré ne contrôlait plus rien.

 

L’économie de la viticulture roussillonnaise était l’une des pires de France, le revenu viticole était le plus bas de France, bref, il fallut faire sauter le CIVDN, créer le CIVR pour fédérer les vins secs et les vins doux. Faire comprendre, y compris aux politiques de l’époque la SOCODIVINS, que l’avenir du Roussillon ne se trouvait pas dans le renouveau des VDN de masse.

 

Ce petit rappel historique pour dire l’état de la viticulture roussillonnaise  à l’entrée du XXIe siècle. Je n’irai pas au-delà de ce constat pour ne pas apparaître comme un ancien combattant mais j’ai passé 18 mois de ma vie, à raison de 2 ou 3 jours par semaine à sillonner le Roussillon profond. Pas pour y faire du tourisme ou de la dégustation, mais pour me frotter aux hommes de ce pays. J’ai même connu en ce temps-là un certain Hervé Bizeul en son fief qui n’avait pas encore découvert la Petite Sibérie…

 

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Quelques questions en vrac :

 

-          Les Vignerons catalans, qui s’en souvient ?

 

-          La Martiniquaise what else ?

 

-          Le Grand Roussillon c'était quoi au juste ?

 

-          L’économie de Banyuls a-t-elle été sauvée par le Collioure ?

 

-          Celle du Maury et de sa coopé « soviétique » a-t-elle raté le bon wagon ?

-          Demandez-donc à Jean-Luc Thunevin ce qu’il pense de la rentabilité de son investissement à Maury ?

 

-          Quel est le poids de la coopération en Roussillon ?

 

-          Le Mas Amiel joue quelle carte ?

 

Le Mas Amiel Repris en 1999 par le dynamique Olivier Decelle, fondateur avec son père de la marque de surgelés Picard, également propriétaire à Bordeaux (Jean-Faure à Saint-Émilion, Haut-Maurac en Médoc et Haut-Ballet à Fronsac)

 

15 février 2011

Trictrac baraque : lettre à Bernard Rouby Président du cru Maury ICI 

 

Cher Bernard Rouby,

 

En des temps difficiles, alors que je venais de débarquer à Perpignan dans la touffeur du mois août pour démêler les nœuds que la confrérie des VDN avaient su embrouiller avec une certaine facilité, médiateur donc, je vous ai reçu avec une petite poignée de vos amis. Vous étiez minoritaires, peu écoutés de la nomenklatura locale. En vous rappelant cela loin de moi de faire de vous mon obligé, comme vous le savez ce n’est pas le style de la maison.

 

Et puis, alors que je faisais un peu partie du paysage de votre beau département, une fin de journée je suis monté à Maury accompagné d’un natif du lieu : Jean-Pierre Borie, alors président de l’Interprofession des vins secs, pour sur l’invitation d’un groupe qui souhaitait se libérer du joug d’un petit potentat local faire le travail. C’était dans la grande salle communale, un vendredi soir je pense, il y avait beaucoup de monde. Je crois avoir ce soir-là mouillé le maillot. Paul Armengaud s’en souvient sans doute. Là encore je ne suis pas en train d’accumuler du crédit à l’endroit des vignerons de Maury.

 

Cependant, chers amis, si vous me permettez cette appellation, le mieux est souvent l’ennemi du bien : avec les meilleures intentions du monde il arrive parfois d’écraser des gens qui n’en peuvent mais. Bien évidemment, loin de moi l’intention de m’immiscer dans les affaires de l’ODG de Maury pour une histoire bien française consistant à se barricader dans son aire. Les erreurs du passé ne justifient pas forcément ce repli sans nuance sur soi-même. Ce n’est là que mon opinion mais j’en appelle au bon sens vigneron pour que l’esprit des origines des AOC retrouve de la vigueur et de la réalité. Vos pères n’auraient jamais édictés des règles aussi peu soucieuses de la vie en commun.

 

16 février 2011

Je n'irai pas à Maury : la réponse de Bernard Rouby ICI 

 

Bonjour monsieur Berthomeau,

 

Merci de mettre l’AOC Maury sous les feux de la rampe.

 

Quel est le rôle d’un syndicat ? Avec maintenant un statut d’ODG (organisme de défense et de gestion !!!), et un nouveau cahier des charges : c’est donner au consommateur la garantie, que sous la dénomination MAURY, il trouvera un vin correspondant aux exigences de qualités que ce sont fixées les producteurs.

 

Une vinification dans l’aire stricte : non ! Puisque des vinifications existantes en dehors de l’aire ont conduit à définir une aire de proximité immédiate (aire délimitée + 2 communes), qui n’a fait que reconnaître des antécédents.

 

Alors pour répondre aux interrogations, il faudrait les étendre et jusqu’où ? quelles seraient les nouvelles limites, car je suppose qu’il y aurait des limites quand même !: Le département ?, la région ? le sud de la France ?

 

Restons raisonnables, et parlons qualité, car il ne faudrait pas perdre de vue que si l’on dit ce que l’on fait et que l’on fait ce que l’on dit, le but ultime c’est de proposer au consommateur un Maury correspondant aux critères définis, avec une qualité irréprochable (j’ai bien dit but ultime)

 

Je concluais mon adresse à Bernard Rouby :

 

Je m’en tiens-là, cher Bernard Rouby, en ajoutant que les kilomètres de nos pères ne sont plus ceux de nos enfants et que les lignes Maginot ou autres réduits imprenables ne sont plus de saison. À mon humble avis il suffit pour assurer le consommateur de l’authenticité, de l’origine, d’un vin, de s’en tenir à la règle originelle des AOC « écrire ce que l’on fait, et faire ce que l’on a écrit... » Le passé a largement démontré, malheureusement, que sous des écrits vertueux se nichaient des pratiques moins avouables. Cette remarque est d’ordre général à l’attention de notre beau pays qui n’aime rien tant que donner la leçon à la terre entière, et non à Maury spécifiquement.

 

Au plaisir de vous revoir tous à Maury, en attendant ce jour je vous assure, cher Bernard Rouby, de mon meilleur souvenir et de ma réelle amitié.

 

Jacques Berthomeau médiateur un jour médiateur toujours

 

« J'ai sous-estimé la difficulté à vendre les VDN. Il faut déployer l'énergie nécessaire à la vente de 120 bouteilles de rouge pour vendre 1 bouteille de vin doux. »

Olivier Decelle Mas Amiel

Olivier Decelle, un vigneron tardif mais offensif ICI

L’ancien patron de Picard Surgelés ne cesse de s’imposer à la tête de vignobles : le Roussillon, le Bordelais, la Bourgogne, et maintenant le Rhône. Avec flair et un caractère trempé.

6 décembre 2013
 

C’était au temps où la Socodivin de Gilbert Conte et JL Cabaner allaient sauver le Rivesaltes du désastre le taulier y était ICI 

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Flash souvenir :

 

 

C’était en août 1998. J’arrosais mes jeunes arbres à l’orée de ma forêt reculée. Mon téléphone a sonné dans ma poche : un des premiers Nokia. J’ai décroché. À l’autre bout JL Dairien alors conseiller pour les affaires viticoles de Louis Le Pensec alors Ministre de l’Agriculture du gouvernement Jospin suite à la brillante dissolution de Jacques Chirac. Bien embêté le petit père Dairien (il est l’actuel directeur de l’INAO) car il avait en main une patate chaude : une crise du Rivesaltes qui mettait à feu et à sang Perpignan. « Ça te dirait d’aller faire le médiateur là-bas avant que ça dérape encore un peu plus (un vigneron était allé jeter un cocktail Molotov dans le chai de la SOCODIVIN)… Louis (le Ministre) est bien embêté, tu lui tirerais une belle épine du pied. » J’ai dit oui en faisant cette réflexion peu aimable pour le Rivesaltes « y’a encore des gens qui en boivent ?  

 

Le dossier était lourd comme celui d’un juge d’instruction tatillon, les catalans étaient procéduriers. Je pris mes dispositions et quelques jours après j’embarquais pour les Pyrénées-Orientales sans mettre des sandales dans mon bagage. En ce temps-là Perpiniyà pétait dans la soie avec deux compagnies aériennes : AOM et Air Liberté. Je choisis la première car sa carte d’abonnement était très avantageuse  et permettait de bénéficier de siège, type première à l’avant de l’avion (c’était des DC10 et MD82 ou 83 consommant 30 % de carburant de plus que des Airbus) et de plateaux dîners de qualité bien arrosés. Bien évidemment j’y voisinait les parlementaires du cru et un régional de l’étape : Jacques Séguéla qui s’était mis en tête de racheter l’USAP. À mon arrivée m’attendait la voiture « blindée » (je plaisante) du Préfet Dartout. Je nouerai avec son chauffeur d’excellentes relations qui me permirent de bien comprendre la vie secrète de Perpignan. Le précédent Préfet était celui qui deviendrait célèbre avec l’affaire des paillotes en Corse, Bernard Bonnet qui adorait faire du VTT en compagnie… (Censuré). J’appris aussi que les horodateurs du parking de l’aéroport avaient été pillés manuellement pendant des années par le président de la CCI.

 

Le Préfet Dartout fêtait la naissance de sa sixième fille je crois. Il faisait une chaleur quasi-tropicale. Le dîner fut bien arrosé et le DDA de l’époque Guy Bringuier continua de m’informer sur l’étendue du désastre. C’était l’un des plus beaux sacs de nœuds de ma carrière. Mais en leitmotiv revenait un seul acronyme : la SOCODIVIN et son âme damné un certain Gilbert Conte. Celui-ci, simple courtier, s’était mis en tête avec l’aide de son beau-frère JL Cabaner de « nettoyer les écuries d’Augias du CIVDN (le comité interprofessionnel) » et de faire rendre gorge à son président de l’époque Bernard Dauré de la famille Dauré ayant régné pendant des années sur les VDN (la marque Dauré avait été vendue à la Martiniquaise)

 

La suite ICI 

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 06:00

 

D’accord nous sommes loin de Noël mais, puisque les  cookies savent que Nantes est ma ville de cœur je suis vite informé des nouvelles de la ville du quai de la Fosse ICI, du Katorza ICI, du passage Pommeraye, de la place Royale débaptisée en 68 ICI, du Petit Lu ICI et ICI, du stade Marcel Saupin ICI, du campus de la Jonelière ICI, de l’Abélia de mon filleul ICI

 

Pauvre PAX que de liens à explorer, mais qu'il se rassure à l'époque je faisais court...

 

Des œufs durs du bar en face de Presse-océan aussi

 

Que voulez-vous pour moi c’est un paquet de souvenirs qui passerait ainsi à la trappe, toute une gestuelle de bord de bar, un rituel de bourse-plate. En effet, au temps de mes études de Droit à Nantes où nous passions plus de temps dans les cafés que dans les amphis de la Jonelière (des préfabriqués où nous nous gelions les fesses en hiver et étuvions aux beaux jours) – pardon Norbert pour ce manque d’assiduité qui explique tous les trous de mon savoir juridique – le soir après le cinéma ou les tonus (les fêtes) nous nous retrouvions dans un petit bistro tout étroit qui faisait face à l’atelier de composition du journal Presse-Océan (ex-Résistance de l’Ouest). Sa caractéristique : être ouvert jusqu’à pas d’heure. Vu l’état de nos moyens financiers l’œuf dur s’imposait et le ballon rouge suivait pour faire couler le morceau.

 

Donc Presse-Océan, propriété de la Socpresse-hersant passé sous la coupe de son ancien rival Ouest-France en 1999  titre : ICI 

 

EN QUÊTE D’HISTOIRES. Michel Decré, la saga d’un nom emblématique à Nantes ICI

 

Les grands magasins Decré en 1927, à Nantes.

 

A 91 ans, Michel Decré, l’ancien patron de Frigécrème et du premier hypermarché en périphérie nantaise, garde la mémoire vive, des comblements aux bombardements.

 

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Il vit auprès de son épouse Françoise dans une maison de retraite à Nantes et, malgré le poids des ans, 91 printemps au compteur, Michel Decré aime plonger dans l’histoire de sa vie avec son lot d’anecdotes. Son nom et celui de sa famille ont marqué la longue histoire économique de la ville avant d…

 

Suis pas abonné alors faut que j’aille glaner mes infos ailleurs.

 

Avant d’aller plus loin :

 

  • Pendant l’occupation mes parents allaient à Nantes à bicyclette soit 80 km x 2 via la D 117 donc 4 heures de pédalage multiplié par 2, donc départ tôt pour arriver aux alentours de 10 h puis retour après le déjeuner.

 

  • La Mothe-Achard-Nantes  et inversement pouvait se faire par les cars Citroën

 

  • La Mothe-Achard-Nantes et inversement  pouvait se faire en train, la gare de la Mothe-Achard fut au temps des foires à bestiaux un lieu de départ vers la Villette.

 

  • Pour les cadeaux de Noël maman et Madeleine Remaud bénéficiait de la C4 du p’tit Louis le mari de Madeleine.

 

  • J'ai peu fréquenté Decré lors de mon séjour nantais.

 

 

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La famille Decré : une saga entrepreneuriale nantaise

 

« Un siècle, une famille », c’est ainsi que l’on pourrait résumer la saga Decré à Nantes. En effet, cette famille – dont les ancêtres immigrent depuis l’Italie vers l’Ouest de la France1 –marque la vie entrepreneuriale et commerciale de la préfecture de Loire-Inférieure entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. Dresser le portrait des Decré permet alors de mieux comprendre les évolutions économiques et sociales de cette période.

 

La famille Decré est viscéralement liée au commerce et tout spécialement à l’aventure des grands magasins. Quand Jules Decré débarque à Nantes en 1857, depuis sa Mayenne natale, c’est pour travailler auGrand Bazar Motte, avec pour ambition de pouvoir ouvrir lui aussi, un jour, son propre commerce. Ce qui est chose faite dix ans plus tard, quand il installe sa boutique, Bazar Decré¸à la jonction de la rue du Moulin et de la Basse-Grande-rue – aujourd’hui rue de la Marne. Une fois le magasin installé en 1880 au n°6 de la Grande-Basse-rue, Jules Decré n’a de cesse de racheter les fonds de commerce attenant pour agrandir son commerce. Une stratégie d’expansion qui débouche sur la création des Magasins Decré Frères, quand ses deux fils le rejoignent en 1902.

 

En 1907, alors que le père prend du recul avec l’entreprise, celle-ci devient les Grands magasins Decré Frères. Il faut dire que ce type de commerce de détail est en pleine expansion depuis le XIXe siècle. Ce modèle économique prend son essor sur les grands boulevards parisiens avec pour objectif de proposer aux clients un grand choix de marchandises, à prix fixe, le tout sur une vaste surface dont l’entrée est libre. Les frères Decré excellent dans cette activité. Dès 1906 ils proposent même un service de livraisons à domicile à Nantes et dans la campagne environnante, à l’aide de voitures hippomobiles. La réputation de l’établissement grandit très vite dans la région et les affaires avec. Même la Première Guerre mondiale ne déstabilise pas l’affaire familiale, alors que les deux frères prennent part aux combats.

 

La suite ICI

 

 

Des choix doivent être réalisés dans les années 1970 parmi les trois activités du Groupe. Pour refinancer et développer Frigécrème qui en 1976 produit dix millions de litres de crèmes glacées dans son usine de Saint-Herblain, il se sépare de ses hypermarchés Record au profit des Docks de France (anciens hypermarchés Mammouth).

 

Quelques années plus tard, la majorité des trente actionnaires familiaux décide de récupérer ses capitaux. La SED (« Société d’Etude Decré » société mère munie d'un conseil de surveillance et d'un directoire.) est donc vendue en 1979 aux Nouvelles Galeries (société absorbée par la suite par le Groupe Galeries Lafayette) avec engagement écrit de continuer l’exploitation des deux activités du groupe : Frigécrème et le grand magasin. Cet engagement ne sera pas tenu, entraînant en 1981 la démission d’Yvon Decré, dernier représentant du groupe encore présent en tant que président du directoire de la SED, ainsi que la dissolution du Groupe. Le 9 juin 1998, l'usine herblinoise de Frigécrème, est ravagée par un incendie et son nouveau propriétaire, le groupe Unilever, décide de faire cesser les activités de l'entreprise.

 

Saint-Herblain c’est le nid de Jean-Marc Ayrault

 

Lors des élections cantonales de 1976, Jean-Marc Ayrault est élu conseiller général dans le canton de Saint-Herblain. Il siège au conseil général de la Loire-Atlantique jusqu'en 1982.

 

En 1977, il affronte directement Michel Chauty pour la mairie de Saint-Herblain et devient (avec 56 % des voix) le plus jeune maire de France d'une commune de plus de 30 000 habitants. Il a pour premier adjoint Charles Gautier, qui sera son successeur.

 

En 1978, il est désigné comme candidat par les militants pour les élections législatives, devant Alain Chénard, mais celui-ci est imposé par François Mitterrand pour des raisons d'équilibre entre les ex-SFIO (les « mauroyistes ») et les nouveaux socialistes. Jean-Marc Ayrault refuse d'être son suppléant (il le sera en revanche de 1981 à 1986).

 

Donc ,en 1976, 10 millions de litres de crèmes glacées sortait de l’usine de St-Herblain.

 

La marque Frigécrème qui en 1973-1974 sponsorisait une équipe cycliste sur le Tour de France, dont le leader n'était autre que le Hollandais Joop Zootemelk, est alors au zénith.

 

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Dans les années 80, elle révolutionne le marché en lançant la vente de boules de glace toute faites, enfermées dans des capsules de plastique. Un produit lancé à grand renfort de slogans publicitaires percutant : « Les petites boules, j'en suis maboule ».

 

 

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Mais l'histoire herblinoise se terminera mal. Ravagée par un incendie, l'usine qui employait 384 salariés est fermée le 9 juin 1998 par le groupe Unilever, son nouveau propriétaire.

 

« Cette usine dérangeait la direction et sa destruction l'arrange », déclare alors le député-maire socialiste de Nantes, un certain Jean-Marc Ayrault.

 

C’est ainsi que vivent les multinationales…

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 06:00

Résultat de recherche d'images pour "photos de rené Char et Camus" Albert Camus ( 1913-1960) et René Char ( 1907-1988) dans le Vaucluse à l'Isle-sur-Sorgue. Rue des Archives/©Rue des Archives/RDA

Sur la Toile il suffit d’un clic sur des sites de citations pour étaler, comme la confiture, sa culture  sur face de bouc.

 

Il  est loin le temps des livres de sa bibliothèque que l’on sauve de la mort en les ouvrant pour relire  les soulignés au crayon de papier.

 

Au risque de paraître membre de la caste, dites des élitistes, je revendique sans honte ma passion des livres, de leur lecture, du soin que je prends d’eux, à ma capacité de retrouver dans ma mémoire, encore vive en dépit de mon âge, non pas une citation mais la magie des mots d’un auteur, une phrase qui m’a touchée ou irritée, je ne sais…

 

 

J’ai pendant des années arpenté le Luberon, l’Isle-sur-Sorgue de René Char où il s’installe en 1935 rompant avec la vie parisienne pour « retrouver les eaux claires de la Sorgue et les paysages familiers de sa ville natale, et le Lourmarin d’Albert Camus  où il est enterré tout près de cette maison dont il n'a guère profité et que sa fille Catherine habite depuis de nombreuses années.

 

« Demain, oui, dans cette vallée heureuse, nous trouverons l'audace de mourir contents ! »

 

Camus à René Char

 

« Camus me proposa de venir à l'Isle (où je lui demandai) et il arriva un matin. J'allais le chercher en gare d'Avignon. Ce devait être dans l'automne 1946. La belle animation de la fin de la guerre durait encore, quoique légèrement abaissée. Les rapports entre les gens qui s'étaient connus pendant la Résistance restaient chaleureux, empreints du besoin de se retrouver, peut-être plus de se voir que de se parler, de respirer l'air nouveau, d'en étaler la liberté. »

 

Et puis un jour j’ai acheté dans je ne sais plus quelle brocante un tout petit carnet :

 

 

« Le Trousseau de Moulin premier », de René Char

 

« C'est un livre unique, composé, écrit et édité à un seul exemplaire, en 1937, par René Char (1907-1988) et aujourd'hui disponible en librairie grâce à sa veuve Marie-Claude Char et aux éditions de la Table ronde.

 

 

De quoi s'agit-il ?

 

D'une collection de cartes postales anciennes montrant L'Isle-sur-la-Sorgue, ce gros bourg du Luberon pénétré par la campagne et ses odeurs, divisé par les bras de cette rivière où l'on pêchait autrefois des écrevisses, piqueté de grands moulins répandant un "incendie blanc" sur toits et champs environnants.

 

 

Ce jeu de cartes postales, nous le feuilletons avec la sensation que René Char vient de nous le remettre, nous lisons dans ses marges ou au dos des cartes l'écriture du poète : le premier jet du poème "Versions", des vers aphoristiques que l'on retrouvera dans son recueil Moulin premier. D'où le titre de cet objet singulier : Le Trousseau de Moulin premier. Au charme des reproductions s'ajoute celui de la couverture de l'album, ornée d'un dessin à la plume du poète.

 

 

Mais au fait, pourquoi René Char s'est-il donné tant de mal ?

 

Pour qui ce cadeau tout à la fois modeste et somptueux ?

 

 

Pour Greta Knutson, une jeune peintre suédoise dont il est épris et qu'il veut initier aux charmes de sa ville natale. Sans tricher. Ainsi cet ensemble tient-il du guide amoureux, mais un guide où les images sont parfois corrigées par des annotations sévères. En contrepoint, on redécouvre à quel point la passion des cartes postales était déjà vive, largement répandue chez les surréalistes. A la demande de ses amis, et notamment de Paul Eluard et d'André Breton, Char écumait la Provence avec voracité. Il y trouvait des merveilles qu'il offrait généreusement à ses proches.

 

 

Résultat de recherche d'images pour "photos de rené Char et Camus"

 

Vingt ans plus tard, René Char délaisse les cartes postales. Une jeune photographe suisse, Henriette Grindat, lui rend visite. Il lui fait découvrir son pays. Elle en tire des photographies qui le touchent. René Char décide d'en faire un livre puis renonce et passe le témoin à Albert Camus. Ce dernier en rédige le texte en 1952, comme une respiration dans la polémique qui l'oppose à Jean-Paul Sartre à propos de L'Homme révolté. Enigme des compagnonnages : Camus fait du Char, adopte les images du poète qu'il place publiquement au niveau de Rimbaud et d'Apollinaire : « La matin est radieux ; la lumière pique. Renonce à ta visite. Ils peuvent attendre, et non ta joie. »

 

Une série d'aléas laissent le livre à l'état de projet.

 

Dans sa postface, Franck Planeille, spécialiste des deux œuvres, indique que Camus dira à son ami, quelques jours avant sa mort : « René, quoi qu'il arrive, faites que notre livre existe. »

 

René Char s'acquittera de son devoir : 120 exemplaires verront le jour. Une misère. Des exemplaires pour happy few. Il aura fallu attendre plus de cinquante ans pour lire La Postérité du Soleil chez soi, dans un grand format où les photographies respirent.

 

Par Laurent Greilsamer ICI Publié le 04 février 2010 

 

 

« Marqué par la poésie de Char qu’il admire profondément, il utilise l’aphorisme et cultive le tutoiement dans une forme parfois impérative : « Le matin est radieux ; la lumière pique. Renonce à ta visite. Ils peuvent attendre, et non ta joie. »

 

On observe dans l’ensemble une brièveté syntaxique, des phrases courtes relevant davantage de l’asyndète. L’ensemble dégage une impression de vitesse, de fulgurance. Les manuscrits révèlent qu’au moment de l’édition – dévolue à Char par la force des choses – le poète n’hésitera pas à corriger légèrement tel ou tel fragment. Les thèmes sont ceux de l’imaginaire camusien : ferveur de l’instant, tension entre les forces contraires, nostalgie des origines : « Le Premier amour t’attend à la fin des jours ».

 

 

Ce beau livre, désormais dans la Pléiade (tome IV), commence par un poème de Char, De moment en moment, et se clôt par l’un des rares textes que le poète ait consacrés à son ami Camus, Naissance et jour levant d’une amitié. »

Anne Prouteau

 

29 septembre 2018

Besoin de la lumière de Lourmarin «Chaque matin, de très bonne heure, je préparais son café à M. Camus et il partait faire son « tour de plaine » dans cette campagne austère, lumineuse, paisible, qui a bien peu changé en un demi-siècle » ICI 

René Char à Camus: «Je veux parler d'un ami» ICI

LES ARCHIVES DU FIGARO - Mort le 19 février 1988, René Char est l'un des plus grand poète français du XXe siècle. Proche de très nombreux écrivains, il entretient une profonde amitié avec Albert Camus. Le texte que le poète adresse au Figaro littéraire en 1957 en l'honneur de l'écrivain tout juste décoré du prix Nobel, en est un magnifique témoignage.

Le coronavirus dope les ventes de « La Peste » d’Albert Camus en Italie ICI

Le roman du prix Nobel 1957 connaît une hausse spectaculaire de ses ventes. Le phénomène est moins flagrant en France, mais un frémissement se fait sentir

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 06:00

Bruno Latour

Au temps où j’allais aux ventes des Hospices de Beaune, le moment le plus agréable de mon séjour était le déjeuner du dimanche à la table de Louis-Fabrice Latour, il y flottait comme un je ne sais quoi du charme discret d’une longue lignée : les Latour, à cent lieues de l’ostentation de certains « nouveaux riches » châtelains bordelais, les Magrez, de Boüard et autres boutiquiers de la GD.

 

Ça tenait du rituel, le dimanche matin, Louis-Fabrice ouvrait brillamment la journée dans l’imposante et frigorifique salle des Pôvres* de l’Hospice de Beaune, par la Conférence de Presse, un vrai régal, des chiffres, des tendances, un sujet parfaitement maîtrisé. « La petite musique discrète du négoce bourguignon se doit d’être écoutée avec attention car ma vieille expérience des instances nationales m’ont appris qu’il y exerce une influence, là encore discrète mais certaine. Bien plus que la flamboyance bordelaise un peu déconnectée du ventre du marché mondial, pratiquant le grand écart entre des prix stratosphériques et des prix de misère, le négoce bourguignon avance pas à pas en prenant soin de ne pas déséquilibrer ses marchés traditionnels par des prix trop liés à la spéculation des nouveaux riches. » novembre 2010.

 

Et puis, après avoir croqué des gougères, humecté nos papilles, en procession nous nous rendions au 18 rue des Tonneliers siège de la maison Louis Latour.

 

Louis Latour, le patriarche de cette maison bicentenaire fondée en 1797 après de premières acquisitions lors de la vente des Biens Nationaux. Louis-Fabrice, qui a repris les rênes en  1999,  notait avec son humour habituel : « Au cours de son histoire la maison a fait des coups d’accordéon entre le domaine et le négoce. Elle n’était que la 40e maison bourguignonne lorsque mon père l’a rejointe aux prémisses des années 1950… ».

 

Louis-Fabrice Latour dans ses caves (Crédits photo : Manuel Braun)

Louis-Fabrice Latour dans ses caves (Crédits photo : Manuel Braun)

 

Jean-Francis Pécresse dans les Échos en décembre 2018 qualifiait Louis-Fabrice de plus Bourguignon des Bourguignons

 

« Sa destination n'est pas l'Oregon. Quand la plupart des grands noms de sa région – Drouhin, Jadot, Lafon, Méo... – sont allés tenter l'aventure américaine, dans ce nouveau Far-West viticole qu'est cet Etat au nord de la Californie, là où chardonnays et pinots trouvent des conditions similaires à celles de la Bourgogne, lui refuse de partir.

 

Et s'accroche à cette terre viticole qu'ont exploitée avant lui, depuis plus de deux siècles, onze générations de Latour - dont presque autant de Louis. Si, à bientôt cinquante-cinq ans, Louis-Fabrice Latour ne ressent toujours pas d'envie d'ailleurs, ce n'est pas par vertige des grands horizons, c'est que lui, le plus Bourguignon des Bourguignons, pense que l'on n'en a pas fini avec son pays.

 

« L'histoire de la Bourgogne reste à écrire », assure celui dont le père, Louis (!), en écrivit le récit le plus érudit.

 

Belle transition, un jour, par le courrier, me parvint la somme de Louis Latour.

 

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26 mars 2012

La SOMME de Louis Latour «Vin de bourgogne Le parcours de la qualité 1er siècle-XIXe siècle» Belles feuilles : la variation des couleurs est une tradition bourguignonne ICI 

 

Louis Latour, né à Aloxe-Corton en 1932, est mort à Beaune (Côte-d’Or) le 5 avril. Il a été enterré dans le cimetière d’Aloxe-Corton, auprès de tous ses ancêtres. Issu d’une longue lignée de négociants en vin de Bourgogne, il était désigné comme Louis VI dans son clan familial, où les aînés portent le même prénom. ICI 

 

Bruno Latour

 

Mais restait dans cette lignée à vous parler de Bruno Latour Une star dans le monde des idées

THE GUARDIAN - LONDRES

Publié le 22/02/2020 -  ICI 

 

« Longtemps professeur à l’École des mines de Paris, avant de rejoindre Sciences Po en 2006, Bruno Latour est, selon The New York Times Magazine, « le philosophe français [actuel] le plus célèbre ». Issu d’une lignée de négociants en vin de Bourgogne (la prestigieuse Maison Louis Latour), ce sociologue et philosophe des sciences est une “figure à la renommée internationale”, qui fut au cours de sa carrière professeur invité à la London School of Economics (LSE) et au sein du département d’histoire des sciences de Harvard. »

 

Son premier livre (La Vie de laboratoire, coécrit en 1979 avec le sociologue britannique Steve Woolgar, éditions La Découverte) appliquait des méthodes ethnographiques à l’observation du quotidien d’un laboratoire de recherches. Il est resté comme “un texte fondateur dans la discipline naissante de l’étude des sciences et des technologies”, selon le magazine. Dans ses autres travaux des années 1970 et 1980, Bruno Latour a développé la thèse selon laquelle les faits scientifiques doivent être considérés comme le produit de processus sociaux et institutionnels, et non simplement comme la manifestation d’une vérité qui attendait d’être découverte. Comme l’explique The New York Times Magazine, « que les faits scientifiques soient confirmés ou démentis ne repose pas sur leur véracité proprement dite, mais sur la stature des institutions et des pratiques qui ont permis de produire ces données et de les rendre intelligibles ».

 

Un propos longtemps controversé, mais qui est aujourd’hui considéré comme l’un des modèles d’analyse les plus pertinents pour comprendre la formation et la diffusion des fake news en matière de sciences. Pour le magazine américain, Bruno Latour est même devenu un auteur essentiel « dans l’ère de post-vérité où toute notre société est maintenant condamnée à vivre ».

 

Ce sociologue et philosophe des sciences compte parmi les intellectuels français les plus réputés à l’étranger. Mais, loin de se cantonner aux amphithéâtres, Bruno Latour conçoit depuis plusieurs années avec la metteure en scène Frédérique Ait-Touati des conférences-performances uniques en leur genre.

 

La chercheuse et metteure en scène Frédérique Aït-Touati et Bruno Latour ont créé ensemble cinq spectacles, dont Moving Earths. PHOTO THÉÂTRE NANTERRE-AMANDIERS

PHOTO THÉÂTRE NANTERRE-AMANDIERS

 

Bruno Latour est un philosophe qui met en scène des vérités difficiles. Dans son étonnante conférence-spectacle Moving Earths, il décrit « la trajectoire parallèle de l’ordre social et cosmique, en route vers un double effondrement politique et écologique ». Latour a abondamment utilisé le théâtre pour présenter ses réflexions sur des questions aussi variées que la microbiologie, le discours politique, la géologie, la cosmologie, la démocratie, la théologie et tous les aspects de l’existence qui sont aujourd’hui profondément ébranlés par les dérèglements climatiques.

 

À mi-chemin entre le spectacle, le sermon, l’expérimentation, l’hypothèse et l’incantation, Moving Earths dresse un parallèle entre la théorie héliocentrique – et hérétique – de Galilée et « l’hypothèse Gaïa » avancée dans les années 1970 par le climatologue James Lovelock, qui conçoit la Terre comme un système dynamique, autorégulé et en lien intime avec les activités humaines.

 

Oser « épater la galerie »

 

Le spectacle s’achève sur deux images fortes : une photo des représentants du G7 attablés comme dans la Cène lors du sommet de Biarritz – avec le fauteuil vide du Judas-Trump ; et le regard furieux de Greta Thunberg en direction de Trump alors que celui-ci lui passe devant dans un couloir des Nations unies. Pour le philosophe, ces deux protagonistes « habitent deux planètes radicalement différentes : celle de Trump est infinie ; celle de Greta est une planète de finitude qui s’émeut [un écho à la célèbre exclamation de Galilée à propos de la Terre : ‘Et pourtant, elle se meut !’, également traduite ‘Et pourtant elle tourne !’]. Nous nous rendons compte que nous la connaissons très mal et qu’elle change aujourd’hui de manière incontrôlée. »

 

La suite ICI 

 

Résultat de recherche d'images pour "photos de la salle des pôvres"

*La salle des Pôvres inaugurée en 1542, aux dimensions majestueuses (46,30 m de long et 16 de haut), avec sa superbe  voûte en carène de navire. Elle abrite les couches des malades, toutes couvertes de rouge, et orientées vers la chapelle afin que les pensionnaires puissent suivre les offices dans les meilleures conditions possibles. C’est  un bijou d’architecture, comme l’ensemble, dû à Nicolas Rolin où tout y est « Plus beau, plus grand, l'Hôtel-Dieu de Beaune sera achevé en neuf ans, mobilisant les artistes les plus prestigieux du pays des Flandres, associés à ceux du vieux cœur de la Bourgogne. Loin d'être passive, la population prêta son concours à l'édification de ce chef-d'œuvre de l'architecture gothique. »

Le 23/02/2020

Bruno Latour, sa pensée et son influence ICI 

 

Sociologue, anthropologue, philosophe, Bruno Latour est l'un des intellectuels les plus traduits et commentés au monde. "Soft Power" consacre une émission-portrait à ce penseur hors-normes en se concentrant sur sa pédagogie, son rapport aux arts et aux numérique.

 

En ce dimanche de chasse-croisé des vacanciers des zones A, B et C, nous avons souhaité prendre un peu de recul (ou plutôt « atterrir » sur terre », sur le terrestre) dans « Soft Power » en nous intéressant à un penseur « hors-norme », un philosophe « hors champ » qui est aussi un historien des sciences et un sociologue : Bruno Latour. 

L’œuvre de Latour influence aujourd’hui nos secteurs créatifs, celui des medias, du numérique, de l’art et son influence, d’ailleurs, dépasse largement nos frontières. L’oeuvre de Bruno Latour a été présenté régulièrement sur cette chaine dans “Affinités électives”, dans “La Suite dans les idées”, dans “Les chemins de la philosophie” ou encore dans “Hors Champs” ou “Place de la Toile” et nous écouterons d’ailleurs dans cette émission plusieurs extraits empruntés à ces programmes. 

 

Ses ouvrages les plus connus sont La Vie de laboratoire (1979) , La Science en action (1987) et Nous n'avons jamais été modernes (1991). Parmi ses principales influences, on peut mentionner Ludwik Fleck, Michel Serres, Harold Garfinkel (ethnométhodologie), David Bloor, Gilles Deleuze et Gabriel Tarde.

Bruno Latour est membre du comité d'orientation de la revue Cosmopolitiques.

 

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 07:00

Affiche publicitaire pour la cigarette Marocaine, produit phare de la manufacture de tabac de Grandson, réalisée en 1945 par   André Simon. Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste.

La Journée des Droits des Femmes est née en Russie.

 

Le 8 mars 1917, à Petrograd, devenue Saint-Pétersbourg, des femmes descendent dans les rues pour faire entendre leur voix. Elles réclament de quoi manger et le retour de leurs époux partis au combat : c'est le début de la Révolution russe mais aussi celle des femmes du globe. Face à la misère et au froid, elles font grève et demandent la paix en marchant pacifiquement. C'est ainsi que la date du 8 mars est devenue une date-clé. En 1921, Lénine proclame le 8 mars comme étant la Journée des Femmes, en mémoire à celles qui ont fait naître la Révolution russe. Discours et affiches de propagande invitent les travailleuses opprimées à se rallier aux contestations communistes pour défendre leurs droits.

 

REVUE DE PRESSE HISTORIQUE du TEMPS de Genève

 

Les femmes stigmatisées

 

«Souvent stigmatisées pour leur participation» aux manifestations de mécontentement, les femmes furent par exemple «les instigatrices d’une grève à la fabrique de cigares Vautier d’Yverdon, en mai 1907». Fermée par British American Tobacco en 1975 qui l’avait rachetée quinze ans auparavant, la plus ancienne et plus importante manufacture de tabac vaudoise s’était étendue de Grandson à Yverdon en 1858, où apparurent les premières machines à fabriquer des cigarettes en 1893. Industrie aujourd’hui en déliquescence, mais qui a longtemps fonctionné dans la Broye et le Nord vaudois avec des «petites mains» en majorité féminines.

 

A cette époque, «l’opinion publique, hostile aux grévistes en général, se montre particulièrement dure envers les femmes». La Gazette de Lausanne du 30 mai 1907 fustige les ouvrières en grève qui ont la prétention de continuer d’amener leurs enfants à la crèche, alors que cette dernière est faite pour celles qui travaillent. Mais comme cette presse-là est jugée bourgeoise, on l’envoie au diable, et l’on appelle déjà à la révolte contre la «double journée».

 

«Tout commence, comme le racontait La Liberté en 2014, lorsque, début mai, des ouvrières tentent de créer un syndicat.» En représailles, leur patron, Henri Vautier, licencie sept travailleuses le 23 mai: «Depuis quelque temps, […] quelques [ouvrières] circulaient dans les ateliers avec des listes et forçaient plus ou moins les autres à signer comme quoi elles s’engageaient», lit-on dans un rapport de police cité par l’historien Claude Cantini. Le soir même, un secrétaire ouvrier négocie le réengagement des ouvrières remerciées, comme le résumera à la une le Journal de Genève une semaine plus tard, certain et rassuré que les autorités sauraient «sans doute faire cesser rapidement cette agitation».

 

Un événement emblématique la suite ICI 

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 06:00

 

Au temps où je courrais les galeries j’ai acquis à la Galerie Flak 8 rue des Beaux-Arts dans le 6e arrondissement un tableau de la période Toscane (2004) de Didier CARFANTAN. Je crois me souvenir que nous avons échangé du courrier mais je n’en retrouve pas la trace.

 

Ce tableau est accroché en bonne place, en pleine lumière du sud, dans la pièce à vivre chez moi. (Photo titre)

 

Dimanche matin dernier, suite aux louanges de la mouche du coche, je ne sais quelle autre mouche m’a piqué mais j’ai entrepris une recherche sur internet pour retrouver les œuvres de cet artiste.

 

Peu sauf, ce tableau.

 

Oeuvre de Didier Carfantan, La petite Table, à l'huile sur toile

La petite Table , 1992

huile sur toile vendu le 18 janvier 2018 par Mutual Art

 

J’ai appris que l’artiste était décédé en 2007.

 

Puis, j’ai découvert qu’en mai 2011 l’association les « Ailes Du !… » organisait un exposition au Château de l’Hermine à Vannes

 

Enfin, à travers cette manifestation, l’association a également souhaité rendre hommage à Didier CARFANTAN, artiste peintre disparu en 2007. Son oeuvre, tout autant que ses qualités humaines restent présents dans la mémoire de ses amis.

 

 

« Cette association qui s’inscrit dans la continuité de Pigment Actif. Elle regroupe des artistes plasticiens et des créateurs de Vannes et ses alentours. Par goût du partage, du jeu et de la surprise, la réalisation de projets collectifs sur l’espace public est une des formes d’action privilégiée de cette association. Mais ce groupement d’artistes est avant tout une somme d’univers singuliers, parfois secrets

 

 « Ailes Du !… » ICI  Un nom « suffisamment vague et dynamique pour être complétée à la guise de chacun, est aussi symbole d’envol »

 

« Ce n’est ni une école artistique qui imposerait une certaine vision de l’art ou un idéal esthétique à la manière des impressionnistes de Barbizon ou des Nabis de Pont-Aven, ni un groupe figé défendant un pré carré », préviennent-ils.

 

« L’art peut s’afficher hors des musées »

 

Leur leitmotiv est de « faire vivre l’art contemporain dans une ville comme Vannes, c’est dire que cette ville au très riche patrimoine historique et culturel est aussi traversée par des courants proches de la modernité artistique. Nous voulons montrer que l’art peut aussi s’afficher hors des musées et animer l’espace urbain. »

 

Je jette donc ma bouteille à la mer.

 

Merci par avance, si elle est ouverte dans la baie du Morbihan, pour le retour.

Publié le 14 mai 1997

« Sables », par Didier Carfantan peintre de l'éphémère ICI 

Ce conseiller pédagogique en arts plastiques, après quelques années de peintures figuratives, a produit sur des plages de Carnac, des milliers de traces - suite à la vision des andains de pailles brûlés par les sillons des collines de la terre rouge de Sienne en Toscane (Italie).

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 06:00

Image d'en-tête pour le site

« Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin…

Pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains,

Pour les Belges, y en a plus, pour les Belges, y en a plus,

Ce sont des tireurs au cul. »

 

Petite explication de texte officielle du Ministère des Armées pour comprendre les paroles du refrain de la marche de la Légion étrangère.

 

Tout d’abord, le boudin : avis aux amateurs, il ne s’agit pas ici de charcuterie mais de la toile de tente ou du paquetage que les légionnaires mettaient en bandoulière et dont la forme rappelait le boudin.

 

Concernant les Alsaciens, Suisses et Lorrains, il s’agit ici d’une allusion à une décision ministérielle du 6 mars 1871, rappelée par une circulaire du 27 novembre 1873, qui avait suspendu d’une manière générale les engagements volontaires des étrangers et spécifié que les Alsaciens, les Lorrains et les Suisses pouvaient seuls obtenir des autorisations.

 

Et les Belges ? Selon la version reconnue, en 1870, lorsque la guerre franco-prussienne éclate, la France décide que la Légion étrangère doit y participer. Le roi des Belges, Léopold II, demande formellement que les légionnaires ressortissants de son pays ne participent pas à ce conflit en raison de la neutralité de la Belgique. Le gouvernement français accède à cette demande et les légionnaires en partance chantent à leurs malheureux camarades belges obligés de quitter les rangs ces paroles quelque peu désobligeantes.

 

« Son rythme fait marcher la troupe à la cadence de 88 pas par minute, alors que généralement les marches des autres régiments sont fondées sur une cadence de 120 pas par minute. Le « pas Légion » est donc si lent qu'il oblige la Légion à défiler en dernier lors des cérémonies officielles. La lenteur de son pas reflète la force tranquille qui caractérise ce corps prestigieux. »

 

30 avril 1863, 11 heures du matin. Après le premier assaut des Mexicains sur l'hacienda de Camerone, les légionnaires de la troisième compagnie prêtent serment au capitaine Danjou de se battre jusqu'à la dernière extrémité.

 

Alors, dans ces terres chaudes, sous un soleil de feu, se déroule le combat légendaire entre une poignée d'hommes et toute une armée." Une lutte de géants", dira le maréchal Forey, commandant le Corps expéditionnaire.

 

Certains ont dit que sur ce petit coin de terre mexicaine a jailli, voilà plus d'un siècle, une source d'énergie capable d'aider des hommes à vivre et leur apprendre à mourir. Voici le Boudin, un autre symbole, l'hymne de la Légion Étrangère.

 

Il a été composé par Monsieur Wilhem en 1860.

 

Emmanuel Macron : pourquoi on lui a chanté “Tiens voilà du boudin” au milieu de l’océan Indien

 

Si l'origine de ce chant n'est pas clairement déterminée, néanmoins, elle a donné lieu à une tradition pour l'apéritif dans les casernes. Car désormais, c'est du boudin, et bien de charcuterie cette fois, qui y est servi, avec du vin blanc provenant du Domaine Capitaine Danjou, qui appartient à l’Institution des Invalides de la Légion étrangère à Puyloubier (Bouches-du-Rhône), et qui a pour but de réinsérer dans la vie civile les anciens légionnaires et les invalides. Et Emmanuel Macron n'a évidemment pas manqué ce moment, puisqu'il a également partagé le traditionnel BVB (Boudin vin blanc) avec les légionnaires…

 

14 août 2013

De fil en aiguille : Jean-Paul Kauffmann répond au Taulier pour nous amener jusqu’à Puyloubier «légion de vin d'honneur» ICI 

 

-          partir du côtes-de-provence mystérieux, millésime 1985 bu par JPK et ses deux compagnons de marche dans un petite baraque perdue au Val Travers sur les îles Kerguelen.

 

-          poser la question à JPK : se souvient-il d’où venait ce côtes-de-provence?

 

-          recevoir de Jean-Paul Kauffmann en retour la réponse :

 

Cher Jacques Berthomeau,

 

Il s'agit de Puyloubier, vignoble détenu par la Légion étrangère. Je crois qu'une cuvée se nomme Esprit de Corps. Je ne le mentionne pas dans le livre mais j'avais apporté six magnums de Lynch Bages 82 dégustés avec les hivernants à Port aux Français (…)

 

-          rechercher sur la Toile des éléments sur ce vignoble de la Légion étrangère,

 

-          trouver un très bel article du Monde Lifestyle du 21.05.2010 par Carole Rap Puyloubier, légion de vin d'honneur dont voici quelques extraits.

 

« Le vin fait partie de la culture de la Légion. Avant, à table, il y avait le quart de vin réglementaire. Après plusieurs jours sur le terrain, on buvait un bon coup, pour se décontracter et faire la fête", se souvient Nicolas Dadiani, un Géorgien de 62 ans dont vingt-cinq passés à la Légion ; »

 

« En janvier, ils sont une dizaine à tailler les sarments, parfois chaussés de rangers ou vêtus de pantalons treillis. "Mes respects mon adjudant-chef", lance un ouvrier agricole en passant devant le chef de viticulture Alain Lonjarret, retourné à la vie civile depuis peu, après trente ans de Légion. "Bonjour Picard", rétorque celui-ci, usant du seul nom de famille comme il le faisait en "opération", quand tout devait aller très vite. »

 

« Le raisin, apporté à la cave coopérative du mont Sainte-Victoire (la plus grosse cave en appellation Côtes-de-Provence), est désormais vinifié à part, dans cinq cuves en inox spécifiques à la Légion. Ainsi est née la cuvée Esprit de Corps – 80 000 bouteilles en 2008, plus haut de gamme que les cuvées dites Classique et Terroir – 60 000 bouteilles chacune, destinées aux régiments. Bien que réduite de 20 %, suite à la grêle du début août, la récolte 2009, de 227 tonnes, porte ses fruits. Pour la première fois, Esprit de Corps en rouge sera assemblé à partir de Mourvèdre, aux côtés des traditionnels cépages syrah et grenache. »

 

Aucune description de photo disponible.

Yohan Lastre  et  Marion Sonier

 

Aucune description de photo disponible. Lastre sans apostrophe 188 rue de grenelle 75007 Paris

Lastre Sans Apostrophe ou l’amour du bon ICI

 

S’ils maîtrisent leur sujet, ils montrent leur talent de l’entrée au dessert en passant par le plat. Oeufs mimosa à 63°, tête au carré, boeuf mode, boudin noir en terrine **avec des morceaux de tête et de poitrine fumée. Pour les becs sucrés : tartes aux fruits, aux pralines, biscuits de Savoie, riz au lait ultra crémeux, le flan de Mémé André, des shortbreads** à faire bisquer un écossais, un cake au citron qu’on vous défie de ne pas engloutir d’une traite…

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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 06:00

Jean Viard

Ce groupe de réflexion multidisciplinaire rassemble une quinzaine d’universitaires, de chercheurs, d’experts publics et de responsables professionnels, figurant parmi les meilleurs connaisseurs du monde agricole et rural français et international. Ont participé notamment à ces travaux : Gilles Allaire, économiste, Jacques Berthomeau, spécialiste de la viticulture, Vincent Chatelier, économiste, Jean-Claude Flamant, agronome, Bertrand Hervieu, sociologue, Jean-Luc Mayaud, historien, Jean Viard, sociologue… Ces échanges réguliers ont pour objectif d’éclairer les enjeux, les dynamiques et les tensions qui traversent nos territoires ruraux afin de contribuer à revisiter le projet de l’agriculture et de la ruralité, de ses territoires, ses fonctions, ses hommes et ses femmes. En clair, une redéfinition des politiques agricoles en France et en Europe. Avec pour but d’intégrer les données économiques, sociales et environnementales afin de proposer une vision partagée par le plus grand nombre, capable d’offrir aux agriculteurs un revenu, une reconnaissance et une légitimité dans la société.

 

J’en ai fait partie jusqu’en 2007, je l’ai quitté car j’estimais qu’il manquait autour de la table les principaux intéressés : les agriculteurs, les éleveurs, les viticulteurs ce qui conférait à nos réflexions un côté hors-sol c’est—à– dire déconnecté de la réalité. ICI 

 

Jean Viard est un garçon fort sympathique, très disert, charmeur, il aime s’entendre parler, né en 1949, il habite à La Tour-d'Aigues, dans le Luberon de Jean-Louis Piton (président de l’INAO). Il est directeur de collection aux éditions de l'Aube, dont il est le fondateur avec Marion Hennebert. Diplômé en économie (DES, Aix-en-Provence), et docteur en sociologie de l’EHESS (1982). Il est directeur de recherche au CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

 

Sociologue engagé à gauche, en 2017, il rejoint En marche !. Il est candidat aux élections législatives de 2017, dans la 5e circonscription de Vaucluse. Il arrive en tête du premier tour avec 33,3 % des voix, loin devant le député sortant. Mais, il n'obtient que 49,11 % au second tour et se trouve battu par Julien Aubert LR réélu avec 459 voix d'avance.

 

Dommage, Jean Viard aurait apporté aux godillots LREM une once d’intelligence dont ils sont dépourvus et son lien avec les fameux territoires délaissés qui ont fait le lit des Gilets Jaunes. Le Vaucluse, ancienne terre socialiste, est farouchement à la droite extrême. Pas sûr, que la politique du 78 rue de Varenne lui  aille mais je ne peux penser à sa place.

 

Jean Viard est un excellent communicant :

 

« Il est l’un des meilleurs connaisseurs du territoire français. Plus encore que ses titres – sociologue, directeur de recherche au CNRS… – c’est son éclectisme qui fait sa richesse.

 

« Et puis on se met à penser aux discours des hommes politiques qui se présentent à nos suffrages : ils devraient visiblement lire Jean Viard ! » Médiapart

 

Il dirige les éditions de l'Aube. ICI 

 

 

Jean Viard vient de publier Le sacre de la terre avec Michel Marié et Bertrand Hervieu (un compagnon de route du Taulier)

 

J’avoue que je ne prise guère ce titre…

 

La référence à la terre éveille en mois des relents de « la Terre qui ne ment pas » chère au Maréchal, « La terre qui meurt »  de René Bazin, de même que l’adoration de nos fameux terroirs…   

 

« Aucun métier n’a connu une telle destruction des structures familiales. »

 

Mais le modèle industriel promu depuis lors – toujours plus d’hectares, de matériels, d’intrants, d’emprunts – est aujourd’hui confronté à la « révolution écologique ». Pourtant l’agriculture « est l’avenir de l’humanité, car c’est par définition un métier du renouvelable qui travaille avec le sol, le vent, le soleil, l’eau et les savoirs locaux ».

 

Le sociologue souligne que les agriculteurs ne sont pas restés passifs face aux nouveaux enjeux de l’écologie. « 20 % des fermes sont passées au bio, l’agriculture de proximité se développe (…) Le modèle des fermes qui fournissent directement les cantines scolaires se développe. 32 % des poules ne sont pas élevées en cage… »

 

Mais le monde paysan, classe dominante qui produisait plus de rente que l’industrie jusqu’aux années 1950, « a encore du mal à s’adapter à son statut de minorité, à discuter, négocier, mais aussi à se faire respecter, en particulier de la grande distribution ».

 

Le climat pour nous réconcilier avec la politique

 

Jean Viard, est intervenu aux assises du Vivre ensemble à Rennes, le 18 janvier, publie Le sacre de la terre. « Le changement climatique va nous obliger à recréer du commun. Sinon, on est mort », estime le sociologue.

 

  • C’est autour de l’écologie qu’il faut réinventer la politique ?

 

Les structures issues de la révolution industrielle se délitent. Les crises se multiplient. Nous sommes désormais une société d’individus qui se disent d’ailleurs le plus souvent heureux dans leur famille, leur quartier ou leur travail mais inquiets quant à l’avenir de la société. Le changement climatique peut être une chance en nous permettant de nous réinventer un avenir commun. La politique demain ne sera plus bâtie sur l’affrontement entre le capital et le travail mais autour des questions écologiques. Il y aura une droite et une gauche écologique.

 

  • La France est-elle bien placée pour relever ce défi ?

 

On ne peut plus tenir la nature à distance. Il y a eu des avancées. Plus de 30 % du territoire est classé en parcs et réserves. La loi littoral a permis la préservation et la restauration de nombreux rivages : des Agriates corses à la Guyane en passant par l’île de Tatihou à Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) ou la pointe des Poulains de Belle-Île (Morbihan). On crée même de l’agriculture urbaine. Même s’il ne faut pas trop rêver. Paris consomme quotidiennement 1,2 million d’œufs. Il n’y aura jamais 1,2 million de poules dans la capitale.

 

  • Mais on continue aussi à beaucoup gaspiller.

 

On ne peut plus continuer à consommer chaque semaine 1 100 hectares de terre agricole. La France c’est aussi 63 000 ronds-points contre 10 000 en Allemagne et 5 000 aux États-Unis. Le temps est venu de sanctuariser les terres arables comme ont su le faire les Suisses ou les Canadiens. Notre survie dépend d’abord des sols, des écosystèmes, des travaux des champs et des fermes. Nous devons inventer un nouveau modèle agricole pour nous nourrir, capter du carbone et définir des paysages.

 

  • Comment réinventer de nouvelles relations ville-campagne ?

 

C’est un fait, la révolution numérique a concentré la création de richesses dans 200 métropoles réparties dans le monde. La France en compte huit qui représentent 61 % du PIB et où le prix du foncier, des bureaux et des logements a explosé. La France est encore trop organisée en silos alors que nous entrons dans un monde de mobilité. Il y a surtout un vrai sujet avec le périurbain dont toutes les cartes électorales nous montrent que c’est là que se développe le vote populiste. En France, le pourcentage du vote Rassemblement national double quand on est à 20 kilomètres de plus d’une gare.

 

Je n'ai pas encore eu le temps de me plonger dans ce gros livre, 469 pages, dès que j'aurai du temps j'y puiserai sans doute des sujets de chronique.

Pour le sociologue Jean Viard, l'agriculture ne sera probablement jamais 100% bio ICI

 

Selon Jean Viard, environ 50.000 fermes françaises sur 500.000 sont désormais converties en bio. Mais la perspective d'une production agricole complètement bio à l'avenir semble peu envisageable pour le sociologue. "Si on on veut que l'agriculture change, il faudra y mettre des moyens", rappelle-t-il lundi sur Europe 1.

INTERVIEW

L'année dernière en France, plus de 7.000 agriculteurs ont fait le choix de se convertir à l'agriculture biologique. Désormais, environ 50.000 fermes sur les 500.000 exploitations que compte la France fournissent une production bio, selon Jean Viard, sociologue et auteur du livre Le sacre de la terre. Invité du Grand journal du soir, délocalisé lundi à Langouët, cette commune d'Ille-et-Vilaine devenue célèbre en 2019 par l'arrêté anti-pesticides pris par son maire, Jean Viard confie ses doutes : il dit ne pas être "sûr" que la production agricole française sera 100% bio à l'avenir, même dans trente ans. "Ce qui est sûr, c'est que si on on veut que l'agriculture change, il faudra y mettre des moyens", affirme-t-il.

"L'agriculture et les pesticides tels qu'on les connaît n'existeront plus"

 

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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 06:00

Comment Lactalis veut devenir numéro 1 mondial du bio

Le feuilleton AOP camembert de Normandie vient de trouver son épilogue : Guerre du camembert : le camembert AOP reste 100 % au lait cru

 

Le syndicat du camembert d’Appellation d’origine protégée de Normandie a voté définitivement, mardi 3 mars, contre le projet de « grande AOP » autorisant le lait pasteurisé. ICI 

 

Véronique Richez Lerouge la reine du lait cru  triomphe :

 

OUF ! Après ce nouveau vote négatif contre la grande #AOP, l'#Inao doit encore statuer. Réunion prévue le 18 mars 2020. Je reste très attentive car dans ce dossier si complexe, il peut y avoir des rebondissements. L'#AssociationFromagesdeTerroirs est mobilisée pour aider la filière laitière à valoriser le #lait de #Normandie et à trouver une sortie de crise après deux ans de réunions qui n'ont abouti à rien. Tout reste à construire !!

 

Périco Légasse l'empereur du camembert tonne :

 

Soutien inattendu de Véronique Richez Lerouge au lobby industriel laitier, notamment le groupe Lactalis, qui a tout fait pour que capote le projet de nouvelle AOP camembert de Normandie. Ce projet prévoyait en effet la suppression et l'interdiction du "camembert fabriqué en Normandie", formulation illégale et malhonnête mise à profit par les industriels pour écouler des fromages au lait pasteurisé de provenance non spécifiée n'ayant rien à voir avec le camembert.

 

Une infamie commerciale qui trahit les producteurs de vrais camemberts et trompe le consommateur sur la nature du fromage. "Fabriqué en Normandie" signifie que l'usine d'où sortent ces fromages industriels à la chaine se situe sur l'un des cinq départements normands, en aucun cas que le lait qui les compose provient du territoire normand. Pourtant, ces fromages, dont certains conservent l'étiquette qu'ils avaient du temps où ils étaient de vrais camemberts d'appellation d'origine au lait cru, arborent en toute impunité le mot camembert et le mot Normandie. Il s'avère qu'un règlement européen interdit cette formule abusive et trompeuse et que, forts du silence, de la résignation, de la lâcheté des pouvoirs publics et des élus, les industriels l'utilisent depuis 20 ans dans l'indifférence générale. Combien d'honnêtes consommateurs croient-ils acheter un vrai camembert parce qu'il est "fabriqué en Normandie" alors que le lait qui le compose provient de Mayenne, de Pologne, d'Allemagne ou de Roumanie ?

 

Jamais nous n'avons entendu l'Association des fromages de terroir monter efficacement au créneau pour dénoncer ce scandale. Il s'avère que la nouvelle AOP, elle, lui tordait définitivement le cou. Elle autorisait, certes, la production de camembert AOP avec du lait chauffé, mais 100% normand et issu au minimum à 30% de vaches normandes nourries à l'herbe, et instaurait une autre AOP "Véritable camembert de Normandie", 100% lait cru de vaches normandes nourries à l'herbe. Projet soutenu en conscience par le président de l'organisme de défense du camembert de Normandie AOP, Patrick Mercier, par le président du Comité national laitier de l'INAO, Patrice Chassard, et par le président national de l'INAO, Jean-Louis Piton.

 

Amateurs vigilants et consommateurs avisés auraient fait la part des choses et chacun aurait su, enfin, ce qu'il mettait dans son assiette. C'était une conquête ! Le renoncement des industriels à la très bénéfique formule "fabriqué en Normandie" était donc un leurre car on sait aujourd'hui qu'ils avaient décidé depuis le début de ne rien lâcher. Il leur manquait juste des arguments éthiques, ceux sur lesquels ils ont toujours craché, pour torpiller la nouvelle AOP au dernier moment. Ces arguments leur ont été fournis par l'Association des fromages de terroir. Donc, le camembert de Normandie AOP reste au lait cru et l'on s'en réjouit bien sûr, avec ses 6.000 tonnes par an, mais le "camembert fabriqué en Normandie" sauve sa tête et continuera à sévir, en toute impunité, avec ses 60.000 tonnes par an et sa précieuse manne financière. Les industriels peuvent dire merci à Véronique Richez Lerouge.

 

Résultat de recherche d'images pour "vieilles étiquettes de camembert"

Moi je me gondole comme un touriste à Venise :

 

20 mai 2018

C’est la triste histoire d’un bon camembert Gillot au lait cru, moulé à la louche, congelé et coincé entre 2 Président dans une armoire de la GD : tout ça pour ça ! ICI 

 

  • Instruisons le dossier AOP fromagères

 

Les fromages français AOP kidnappés par les industriels

 

Fierté nationale, ils font la renommée de notre gastronomie partout dans le monde. En France, 45 fromages bénéficient du label AOP, « appellation d’origine protégée ». En principe une garantie de qualité, de produits du terroir fabriqués dans les règles de l’art.

 

70% des fromages AOP seraient industriels

 

La réalité est tout autre : 70% des fromages estampillés AOP sortent en fait de chaînes de production industrielle. Les multinationales du secteur laitier comme Lactalis, Savencia ou Sodiaal sont les trois multinationales françaises qui grignotent de plus en plus de parts de marché. Elles sont accusées de tirer les prix vers le bas au détriment de la qualité.

 

Frais, crayeux ou crémeux, à pâte cuite pressée ou lavée… la France compte plus de 300 fromages. Parmi eux, 45 bénéficient d’une appellation d’origine protégée, ou AOP, censée valoriser économiquement un savoir-faire local.

 

ICI 

 

Lactalis : le fromager aux vingt-sept AOC

 

L'industriel mayennais, connu pour le camembert Président, la mozzarella Galbani ou le lait Lactel, continue de produire des spécialités artisanales dans de minuscules ateliers du XIX e siècle. Paradoxes et ambitions d'un leader mondial.

Par Marie-Josée Cougard

 

Publié le 15 oct. 2010 Mis à jour le 6 août 2019

 

Les fromages qui fleurent bon le terroir ont-ils encore un avenir face au fromage à pizza, aux crèmes à tartiner, aux roues de Gouda néerlandaises et... aux barrières sanitaires ? Pour Lactalis, la réponse est un « oui » franc et massif. Dans la famille Besnier, où on est fromager de père en fils, on tient à la tradition du goût comme à la maîtrise totale du capital du groupe. Le mystérieux Emmanuel, qui a succédé à son père Michel et refuse tout contact avec la presse, estime avoir le devoir de perpétuer la diversité des plateaux de fromages à la française. Quitte à ne produire que de toutes petites quantités défiant les règles des économies d'échelle caractérisant... des entreprises de l'importance de Lactalis. Entre 400 et 500 tonnes dans la plus petite unité, contre 90.000 tonnes dans les plus grosses usines du groupe, dédiées aux fabrications industrielles sans prétention gastronomique. Seul 1 kilo de fromage sur 10 produits en France bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée (AOC). Un tout petit marché...

 

A 800 kilomètres du siège mayennais de Lactalis, Roquefort-sur-Soulzon : le village du célèbre fromage bleu s'étire comme un gros chat, à l'ombre du plateau du Combalou. En plein coeur de l'Aveyron, à 600 mètres d'altitude. Cette montagne émerge du paysage depuis qu'un énorme chahut de la croûte terrestre, il y a 1,5 million d'années, a provoqué l'effondrement d'une partie de la falaise rocheuse. Sous terre, des grottes aérées par les « fleurines », de longues failles très étroites, où filtre le vent du plateau. C'est là, dans ces lieux naturellement ventilés, que les fromages de Roquefort sont fabriqués et affinés depuis des siècles. A vrai dire, les historiens ne savent pas très bien en dater l'origine. « La recette est apparue à l'époque où les hommes ont domestiqué les animaux et commencé à boire leur lait », raconte la guide des caves.

 

Créée en 1925, l'appellation d'origine contrôlée Roquefort est la toute première née des 47 AOC que compte actuellement la France, sur un total de 400 fromages. Elle a fait l'objet d'une loi à cette époque, à la demande des habitants de la région de Roquefort, désireux de mettre un terme à la concurrence de tous les bergers du Grand Sud, qui baptisaient leur bleu « roquefort ». « Des caves bâtardes », dit-on encore dans la commune, où seuls les camions livrant du lait de la zone protégée par l'appellation sont admis, par crainte d'un nouvel accès de concurrence déloyale.

 

« Valise diplomatique »

 

Le groupe Lactalis est l'heureux propriétaire d'une grande partie de ce bleu historique, fait à base de lait cru. Diderot l'appelait « le Roi des fromages ». Pour beaucoup d'étrangers, il est un des symboles de la gastronomie française. Pour Lactalis, c'est surtout la plus rentable des AOC maison.

 

La famille Besnier a acheté les caves Société à Nestlé en 1992, lorsque le géant suisse lui a vendu sa production de lait de brebis pour faire l'acquisition de la source Perrier. Cette marque représente désormais 60 % du marché total du roquefort, estimé à 18.500 tonnes par an. « Une niche, si on la compare à l'ensemble de la production de fromage en France, qui atteint 730.000 tonnes. » Mais c'est celui qui s'exporte le mieux. « On le trouve dans 180 pays », précise Thierry Zurcher, patron de la division AOC chez Lactalis. « La valise diplomatique est pour beaucoup dans sa large diffusion, mais le nombre de marchés significatifs ne dépasse pas la cinquantaine », ajoute-t-il. Le précieux bleu dégage la meilleure marge à laquelle cette industrie puisse prétendre. Elle serait de l'ordre de 8 %. Un pourcentage important dans le secteur du fromage. Beaucoup plus faible que celui des yaourts, en tête de la rentabilité dans le classement des produits laitiers, indique Luc Morelon, le porte-parole de Lactalis. Le lait de brebis, matière première du roquefort, se paie nettement plus cher que le lait de vache, et celui destiné à la fabrication de roquefort 40 % de plus que le lait de brebis réservé à d'autres usages. Compte tenu de toutes les contraintes réglementaires et des soins extrêmes requis par les fabrications au lait cru, le roquefort coûte entre 10 % et 20 % de plus à produire que les fromages pasteurisés. Le lait de brebis est, en outre, très gourmand en main-d'oeuvre, dix fois plus que le lait de vache. « Une véritable richesse pour une zone difficile », affirme José Bové, éleveur à Millau (Aveyron), avocat infatigable du roquefort.

 

L'AOC fromagère la plus connue à l'étranger n'a pas été épargnée par la crise. C'est même celle qui a le plus souffert en raison de son prix élevé et de son exposition aux caprices des monnaies étrangères. Très prisé au Royaume-Uni, le roquefort a perdu beaucoup de terrain auprès des consommateurs britanniques ces derniers mois, tout comme il en a cédé aux Etats-Unis, où, en outre, il sert de cible, avec le foie gras et les échalotes, aux représailles de Washington contre le refus européen des importations de boeuf américain aux hormones. « Une AOC, ce n'est pas une assurance tous risques », relativise-t-on chez Lactalis. « C'est une garantie de qualité, en revanche. C'est aussi tout un pan de la tradition fromagère française. » Des valeurs auxquelles Emmanuel Besnier, le patron de Lactalis est très attaché. « On ne peut pas vouloir devenir le premier fromager mondial sans détenir un savoir-faire complet », explique Thierry Zurcher.

 

Risque sanitaire

 

C'est ce raisonnement qui a conduit le groupe mayennais à enrichir sans cesse son portefeuille d'AOC, au point d'en posséder aujourd'hui 27, dont 22 françaises, soit près de la moitié de toutes les appellations nationales fromagères. Elles ne représentent que 5 % du chiffre d'affaires global de Lactalis (8,5 milliards d'euros en 2009). Et beaucoup sont produites dans de très petits ateliers de fabrication artisanale, où les conditions de travail contrastent singulièrement avec la course à la rentabilité du géant fromager. Un des plus grands paradoxes de cette entreprise, qui, tout en vantant la tradition, a renoncé il y a deux ans au lait cru dans la fabrication de deux de ses plus célèbres camemberts AOC de Normandie : Lepetit et Lanquetot. Motif : le risque sanitaire. La décision lui a valu les foudres de nombreux artisans fromagers, des crémiers et de violentes critiques dans la presse. Beaucoup de procès de mauvaises intentions aussi, le groupe se voyant accusé de vouloir industrialiser toutes les productions fromagères, quitte à en sacrifier les qualités gustatives. En chauffant le lait cru, on en élimine les éventuels germes pathogènes, mais, disent les gourmets, on en perd toute la richesse bactérienne qui donne son goût au fromage au gré de l'affinage.

 

Des critiques pas toujours infondées... Ses détracteurs doivent pourtant lui reconnaître le mérite d'investir encore beaucoup dans des microfromageries, dont la seule raison d'être est la volonté de préserver un savoir-faire et une tradition séculaire. C'est le cas du moulin de Carel et de la laiterie de Jort, les deux unités de production des Laiteries de Bernières dans le Calvados. Une dizaine de salariés fabriquent le camembert de Jort au lait cru moulé à la louche selon les méthodes anciennes codifiées par le décret définissant l'appellation du camembert de Normandie. Pour combien de temps encore ? Les « loucheurs » y travaillent dans des conditions de labeur d'un autre temps. Il règne une moiteur tropicale avoisinant les 30 degrés dans l'atelier où, cinq heures et demie durant, en torsion permanente, ils déposent les couches successives de caillé. Première étape de l'élaboration des camemberts fabriqués avec une extrême minutie, en très petites quantités. A Bernières, on sert les crémiers parisiens à la carte, au degré exact de maturité qu'ils souhaitent, dans la boîte qu'ils ont choisie avec l'étiquette imprimée au dessin et au lettrage qu'ils ont sélectionnés ou proposés. Les Laiteries de Bernières ont leur fabricant de boîtes à la carte et un designer d'étiquettes, qui ne refuse aucun caprice. La haute couture du fromage. Les caractéristiques du lait sont elles aussi très clairement établies par l'Institut national des appellations d'origine contrôlée dans un décret de 2007. Les contraintes sont très importantes, et peu de jeunes éleveurs ont envie d'y souscrire.

 

« Pas des philanthropes »

 

A Allanches, en plein Cantal volcanique, Lactalis exploite depuis 1945 la plus petite usine de France de Saint-Nectaire, avec une dizaine de salariés. La tournée de lait, spécifiquement collecté pour ce fromage, se fait en montagne, à 1.000 mètres d'altitude au moins, dans des conditions de circulation parfois périlleuses. Du lieu de fabrication et de l'origine du lait dépend l'octroi de l'appellation d'origine. Dans certaines estives, on trait encore les vaches au pâturage, à la trayeuse électrique alimentée par le tracteur. Le lait est pasteurisé dès son arrivée à l'usine. Les contrôles inopinés du respect du cahier des charges sont redoutés, car ils sont susceptibles de remettre en cause la détention de l'AOC. Gare aux erreurs de salage, déterminant pour le goût et pour la conservation... L'affinage, lui, peut se passer ailleurs. A Riom, dans ce cas précis. « La concurrence est rude. Le nerf de la guerre, c'est le volume de lait », explique le directeur de l'usine d'Allanches. « On donne une prime importante aux éleveurs pour les fidéliser. Les Auvergnats ne sont pas des philanthropes », ajoute-t-il avec un sourire entendu.

 

Sur fond de restructuration, au rythme de 40 départs de producteurs par an, l'ambiance est souvent tendue dans la région. Les plus petits sont éliminés. Les petites fromageries aussi ferment. « Trop d'acteurs, c'est trop d'hétérogénéité et le risque de perdre l'AOC », explique René Condamine, chargé de la collecte du lait pour Lactalis en Auvergne. Et la bataille pour valoriser les appellations auprès de la distribution est rude. « Le consommateur réclame de la qualité mais il n'est pas prêt à payer plus cher une AOC », dit-il. Un paradoxe de plus, qui pèse sur l'avenir des fromages sous appellation.

 

MARIE-JOSEE COUGARD

 

  • Trop de labels, tue le label. Dominique Schelcher Président de Système U ICI 

 

Multiplication de labels. J’en compte 28 et ai la conviction de la non-exhaustivité de mon recensement.

 

Certains sont publics, d’autres privés.

 

Certains sont sérieux, d’autres moins.

 

Une étude de 2016 de Que Choisir montre que seulement 5 labels ont un taux de compréhension de leur sens supérieur à 50% (AB, Label Rouge, AOC, Viandes de France et Fairtrade).

 

La même étude montre que seulement 4 labels dépassent les 50% de taux de confiance (AB, Label Rouge, AOC et Viandes de France).

 

Seulement 4 labels sur 28 inspirent confiance à plus de 50% des consommateurs !

 

  • Comment Lactalis veut devenir numéro 1 mondial du bio

 

Déjà leader du bio en France, Lactalis s'est fixé, pour 2025, de devenir le numéro 1 mondial du bio. Une ambition qui passe par le développement des marques existantes en bio, le développement sur de nouveaux marchés et éventuellement des acquisitions.

 

Grand absent des précédentes éditions du Salon de l'agriculture, le très discret Lactalis a changé de stratégie pour l'édition 2020. Impossible de manquer son stand dans le hall 1. Juste à côté de son logo blanc et bleu, le groupe de Laval n'a pas oublié de mentionner son nouveau slogan : "Bio engagé".

 

ICI 

 

Le goût de la discrétion sans doute. Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers n’était jamais venu au Salon de l’agriculture. L’oubli est réparé. Clic-clac.  Dites « cheese » et repartez avec une boîte de fromage !  On se bouscule sur le stand du champion français de l’agroalimentaire : 15 000 salariés dans l’Hexagone, dont la moitié dans l’Ouest, pour une collecte laitière de 5,6 milliards de litres.

 

Traditionnellement, février est marqué par les négociations commerciales avec la grande distribution. Mais cette année, c’est le coronavirus qui donne le ton.  La Chine est le premier importateur mondial de produits laitiers.  Les mesures prises par Pékin bloquent la chaîne logistique.  Les ventes de mars ont été annulées.  Au sud de Shanghai où Lactalis dispose d’une usine,  l’activité reprend après avoir été arrêtée plusieurs semaines.  En Italie touchée à son tour, l’industriel craint des répercussions.  Nous avons un centre logistique dans la zone concernée. Pour l’instant, il fonctionne.

 

Autre inconnue, liée au Brexit. Lactalis dispose de trois usines au Royaume-Uni,  un des premiers marchés européens . Le groupe français (20 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, soit une hausse de + 8 %) y exporte aussi des fromages à pâte molle et des produits laitiers ultra-frais.  Nous avons toujours dit que nous saurions nous adapter. Mais pour l’instant, le sujet reste entier.

 

Lactalis, douzième groupe agroalimentaire mondial, emploie 85 000 salariés dans le monde. Il investit chaque année 200 millions d’euros dans ses 70 sites de production français, vient de rappeler Emmanuel Besnier, son président, dans un entretien au Journal du dimanche.

 

Et pendant ce temps-là le syndicat des vins naturels prêche pour l’érection d’un nouveau label vin méthode naturelle » ça ne peut que réjouir les petits squales du vin, tel Gégé, qui surfent sur la tendance bio-biodynamie, vin sans soufre, faites-leur confiance pour trouver des gens qui leur fourniront le produit avec tous les tampons de la DGCCRF.

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