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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 06:00

Amazon.fr - Le Châtiment de l'Ombre jaune (Bob Morane) - VERNES Henri -  Livres

Bob Morane l'Intégrale Tome 17. Les dents du... - Henri Vernes - Livres -  Furet du Nord

Henri Vernes n'est plus.

 

Henri Vernes, créateur de Bob Morane, est décédé

 

De son vrai nom Charles-Henri Dewisme, le créateur de Bob Morane s'est éteint à l'âge de 102 ans ce dimanche 25 juillet.

 

Sous de très nombreux pseudonymes (Cal W. Bogar, Gaston Bogart, Pat Richmond, Ray Stevens, Jacques Seyr ou encore Jacques Colombo), il a signé plus de 230 romans d'aventure et de science-fiction.

 

En 2018, à l'occasion de ses 100 ans, il nous avait reçus pour évoquer son parcours à la longévité exceptionnelle. À l'époque, le temps ne semblait pas avoir de prise sur l'auteur. Certes, Henri Vernes se déplaçait à petits pas dans son appartement, appuyé sur une béquille. Mais, à 100 ans, cet Athois de naissance, qui vécut ensuite à Tournai, s’apprêtait à recevoir la visite des édiles saint-gillois pour son anniversaire. Il n'en revenait pas lui-même.

 

Il n'avait pas manqué pas de planter quelques piques et bons mots à ceux qui devaient l'honorer ce jour-là tant son langage était vert et fleuri. Des mots, il en a commenté une vingtaine avec nous, retraçant son parcours…

 

Avant-Bob

 

« J’ai été renvoyé de toutes les écoles où je suis passé. J’étais un mauvais élève, sauf en français. J’avais quatre amis étrangers, notamment un juif russe qui habitait Shanghai, un Turc d’origine espagnole, un Roumain d’origine persane et un Portugais. Je suis parti fin 1936 en Chine, et revenu en 1937. J’ai repris l’école et en 1938, j’ai rencontré ma fiancée, fille d’un gros diamantaire. Une fois marié, j’ai été diamantaire durant un an. Puis j’ai divorcé. J’ai été espion pour un service secret britannique par l’intermédiaire d’une dame, Alice, puis, à la fin de la guerre, je me suis retrouvé à Paris comme journaliste pour des journaux du Nord et pour une agence de presse, l’Overseas News Agency. De retour en Belgique, j’ai bientôt rencontré Jean-Jacques Schellens. »

 

Les 5 meilleurs livres de Bob Morane - 5livres.fr

 

Naissance

 

« Bob Morane est né de la volonté de Jean-Jacques Schellens, des éditions Marabout, lequel cherchait quelqu’un pour écrire des romans pour la jeunesse et s’en était ouvert à un de mes amis, Bernard Heuvelmans (le père de la cryptozoologie, NdlR). »

 

 

 

Stakhanovisme

 

« Si peu ! Il se fait que le courant est bien passé avec Schellens qui voulait une production soutenue; et je me suis lancé dans l’aventure, à raison d’un livre tous les deux mois, soit six par an, soit encore jusqu’à trente pages d’écriture par nuit. Pour tenir le coup, je prenais un cocktail fait de Coca et d’aspirine; ça secouait. Et je suis toujours là malgré tout ! »

 

Écriture

 

« J’écris comme je respire. Et quelques fois, j’y ai même pris du plaisir. Parfois, vu le rythme effréné des parutions, je me mettais en mode écriture automatique, surtout s’il fallait que je ponde 20 ou 30 pages par nuit. Là, j’étais en état second. Au total, roman plus BD, j’ai dû publier 220 livres. Mais tout n’était pas bon, loin de là. »

 

Originalité

 

« À l’époque, contrairement à ce qui se faisait en matière de bande dessinée et de littérature jeunesse où les héros sans peur et sans reproche ne côtoyaient jamais la gent féminine, je n’ai pas hésité à coller à Bob Morane de belles petites amies. Tout cela restait bien sage dans les pages, au grand désespoir de Bob (rire). En revanche, le lecteur rajoutait les éléments du récit que je ne pouvais pas écrire… J’ai aussi écrit la série DON, pour les adultes (sous le pseudonyme de Jacques Colombo, NdlR)… »

 

Méchant la suite ICI 

 

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Indochine

 

"Bob Morane a fait beaucoup pour Indochine et Indochine a fait beaucoup pour Bob. Un jour, j’étais dans mon salon, en train de regarder la télé quand ma petite amie haïtienne de l’époque me téléphone pour me dire d’écouter Radio Luxembourg. ‘ Écoute, ils diffusent une chanson sur Bob Morane’, et c’est ainsi que j’ai entendu L’Aventurier. Étant en Belgique, j’ai vite renoncé au procès; au contraire, je me suis dit qu’il valait mieux s’entendre avec les jeunes gens du groupe. Ils ont fait beaucoup pour la notoriété de Bob Morane et aujourd’hui encore, L’Aventurier est leur chanson fétiche."

Bob Morane - L'intégrale Tome 8 - Intégrale Bob Morane nouvelle version -  Vance, Henri Vernes - cartonné - Achat Livre | fnac

(Bruxelles) À 101 ans, Henri Vernes, père de Bob Morane, revient sur la série qui l’a rendu célèbre

 

Publié le 26 avril 2020

Jean-Christophe Laurence

 

« Si j’écrivais un Bob Morane aujourd’hui, je dirais que le coronavirus est une invention de l’Ombre jaune. Et c’est d’ailleurs une invention de l’Ombre jaune, puisque c’est né en Chine ! »

 

Bien calé dans le canapé mou de son appart bruxellois, Henri Vernes regarde vers la fenêtre. La voix est rocailleuse, mais à 101 ans, le père de Bob Morane n’a manifestement rien perdu de son esprit… même s’il a perdu la vue il y a un an, après une opération des cataractes qui n’a pas fonctionné.

 

« Je n’ai jamais bu, jamais fumé et j’ai toujours fait du sport » lance-t-il, quand on lui demande le secret de son étonnante condition physique et mentale. « Mais pour une photo, tout de même, je préférerais que vous en preniez une de moi un peu plus jeune… »

 

La suite ICI

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 06:00

 

La bataille fait rage, la mêlée est confuse, on en vient aux mains, des familles se déchirent, les anti-vac., les anti-passe sanitaire, sont dans la rue menés par les Dupont-Aignan, Philippot, Lalanne, Bardot, Binoche, Bigard… même Ruffin… les gilets jaunes reprennent du service…

 

Mais qui compose le gros de la troupe, même si le nombre des manifestants reste modeste au  regard de l’ensemble de la population ?

 

Les réduire à un tas d’abrutis, de fous, d’illuminés, est bien trop simplificateur, dans la liste de mes amis Face de Bouc, certains vignerons biodynamiques sont dans leurs rangs,une étude réalisée en décembre 2020 par deux sociologues et mise en ligne sur MedRxiv ICI  Un Français sur quatre environ serait particulièrement hésitant face à la vaccination.

 

 

Le mouvement anti-vaccin ne date pas d’aujourd’hui, comme en témoigne cette manifestation de 1973 dans les rues de la cité de Pasteur. ICI

 

 

Les plus modestes, les jeunes, et les femmes

 

Les personnes les plus méfiantes face au vaccin sont en réalité celles qui sont souvent les plus exposées, résume l'étude. Il s'agit, par exemple, des catégories sociales les plus modestes qui hésitent à se rendre dans les centres. Or, ce sont elles qui ont travaillé sans relâche pendant les différents confinements et qui occupent souvent des emplois nécessitant beaucoup de contacts humains.

 

Les jeunes sont eux aussi surreprésentés, même s'ils sont plus résistants face au virus. Le virus circule énormément parmi eux, car ils sont souvent moins enclins à respecter les gestes barrières. Les femmes sont également parmi les plus méfiants (27% se disent résolues à se faire vacciner), notamment en raison de la crainte de prendre un risque lors d'une éventuelle grossesse. Cette méfiance semble diminuer à partir de 45 ans.

 

La réflexion de Jacques Rancière dans AOC à propos des partisans de Trump « Après l’assaut du Capitole, on a pu s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les ont vus comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison. » est intéressante.

 

BALLAST | Jacques Rancière : « Le peuple est une construction »

Les fous et les sages – réflexions sur la fin de la présidence Trump

Par Jacques Rancière

PHILOSOPHE

 

Après l’assaut du Capitole, on a pu s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les ont vus comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

Il est facile de se moquer des errements de Donald Trump et de s’indigner de la violence de ses fanatiques. Mais le déchaînement de l’irrationalité la plus pure au cœur du processus électoral du pays le mieux formé à gérer les alternances du système représentatif nous pose aussi des questions sur le monde que nous partageons avec lui : un monde que nous pensions être celui de la pensée rationnelle et de la démocratie paisible. Et la première question est bien sûr : comment peut-on mettre tant d’acharnement à ne pas reconnaître les faits les mieux attestés et comment cet acharnement peut-il se trouver aussi largement partagé ou soutenu ?

 

Certains voudraient encore s’accrocher à la vieille planche de salut : ceux qui ne veulent pas reconnaître les faits seraient des ignorants mal informés ou des esprits crédules trompés par des fake news. C’est l’idylle classique d’un bon peuple qui se laisse prendre par simplicité d’esprit et auquel il faudrait seulement apprendre à s’informer sur les faits et à les juger avec un esprit critique. Mais comment croire encore à cette fable de la naïveté populaire quand on vit dans un monde où les moyens d’information, les moyens de vérifier l’information et les commentaires qui « décryptent » toute information abondent et surabondent à la disposition de tous ?

 

Il faut bien alors renverser l’argument : si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Et l’intelligence, c’est bien connu, consiste à se méfier des faits et à se demander à quoi sert cette énorme masse d’information déversée sur nous chaque jour. À quoi la réponse se propose tout naturellement que c’est bien évidemment pour tromper le monde, car ce qui s’étale à la vue de tous est généralement là pour couvrir la vérité, qu’il faut savoir découvrir cachée sous l’apparence fallacieuse des faits donnés.

 

La force de cette réponse est de satisfaire en même temps les plus fanatiques et les plus sceptiques. Un des traits remarquables de la nouvelle extrême droite, c’est la place qu’y tiennent les théories conspirationnistes et négationnistes. Celles-ci présentent des aspects délirants, comme la théorie du grand complot international des pédophiles. Mais ce délire n’est en dernier ressort que la forme extrême d’un type de rationalité qui est généralement valorisé dans nos sociétés : celui qui commande de voir en tout fait particulier la conséquence d’un ordre global et de le replacer dans l’enchaînement d’ensemble qui l’explique et qui le montre au final bien différent de ce qu’il semblait être d’abord.

 

La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme ». Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

On sait que ce principe d’explication de tout fait par l’ensemble de ses connexions se lit aussi à l’envers : il est toujours possible de nier un fait en invoquant l’absence d’un lien dans la chaîne des conditions qui le rendent possible. C’est ainsi, on le sait, que des intellectuels marxistes radicaux ont nié l’existence des chambres à gaz nazies parce qu’il était impossible de déduire leur nécessité de la logique d’ensemble du système capitaliste. Et aujourd’hui encore des intellectuels subtils ont vu dans le coronavirus une fable inventée par nos gouvernements pour mieux nous contrôler.

 

Les théories complotistes et négationnistes relèvent d’une logique qui n’est pas réservée aux esprits simples et aux cerveaux malades. Leurs formes extrêmes témoignent de la part de déraison et de superstition présente au cœur de la forme de rationalité dominante dans nos sociétés et dans les modes de pensée qui en interprètent le fonctionnement. La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme » mis en cause par les graves esprits qui s’imaginent être les gardiens de l’universalité rationnelle. Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

On dira qu’il ne suffit pas d’avoir les armes intellectuelles qui permettent de tout nier. Il faut encore le vouloir. C’est tout à fait juste. Mais il faut bien voir en quoi consiste cette volonté ou plutôt cet affect qui porte à croire ou à ne pas croire.

 

Il est peu probable que les soixante-quinze millions d’électeurs qui ont apporté leur suffrage à Trump soient autant de cerveaux faibles convaincus par ses discours et par les fausses informations qu’ils véhiculent. Ils ne croient pas au sens où ils tiendraient pour vrai ce qu’il dit. Ils croient au sens où ils sont heureux d’entendre ce qu’ils entendent : un plaisir qui peut, tous les quatre ou cinq ans, s’exprimer par un bulletin de vote, mais qui s’exprime bien plus simplement tous les jours par un simple like. Et ceux qui colportent les fausses informations ne sont ni des naïfs qui les imaginent vraies ni des cyniques qui les savent fausses. Ce sont simplement des gens qui ont envie que ce soit comme ça, envie de voir, de penser, de sentir et de vivre dans la communauté sensible que tissent ces paroles.

 

Comment penser cette communauté et cette envie ? C’est là que guette une autre notion produite par la paresse satisfaite, celle de populisme. Celle-ci n’invoque plus un peuple bon et naïf, mais, à l’inverse, un peuple frustré et envieux, prêt à suivre celui qui sait incarner ses rancœurs et en désigner la cause.

 

Trump, nous dit-on volontiers, est le représentant de tous les petits Blancs en détresse et en colère : les laissés-pour-compte des transformation économiques et sociétales, qui ont perdu leur emploi avec la désindustrialisation et leurs repères identitaires avec les nouvelles formes de vie et de culture, ceux qui se sentent abandonnés par les élites politiques lointaines et méprisés par les élites diplômées. La chanson n’est pas nouvelle : c’est déjà ainsi que le chômage servait dans les années 1930 d’explication au nazisme et ressert indéfiniment pour expliquer toute poussée de l’extrême droite dans nos pays. Mais comment croire sérieusement que les soixante-quinze millions d’électeurs de Trump répondent à ce profil de victimes de la crise, du chômage et du déclassement ? Il faut alors renoncer à la seconde planche de salut du confort intellectuel, la seconde figure du peuple traditionnellement chargée du rôle de l’acteur irrationnel : ce peuple frustré et brutal qui fait pendant au peuple bon et naïf.

 

Il faut, plus profondément, mettre en question cette forme de rationalité pseudo-savante qui s’attache à faire des formes d’expression politiques du sujet-peuple des traits appartenant à telle ou telle couche sociale en ascension ou en déclin. Le peuple politique n’est pas l’expression d’un peuple sociologique qui lui préexisterait. Il est une création spécifique : le produit d’un certain nombre d’institutions, de procédures, de formes d’action, mais aussi de mots, de phrases, d’images et de représentations qui n’expriment pas les sentiments du peuple mais créent un certain peuple, en lui créant un régime spécifique d’affects.

 

La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité.

 

Le peuple de Trump n’est pas l’expression de couches sociales en difficulté et à la recherche d’un protecteur. C’est d’abord le peuple produit par une institution spécifique où beaucoup s’entêtent à voir l’expression suprême de la démocratie : celle qui établit un rapport immédiat et réciproque entre un individu censé incarner le pouvoir de tous et un collectif d’individus censé se reconnaître en lui. C’est ensuite le peuple construit par une forme particulière d’adresse, cette adresse personnalisée permise par les technologies nouvelles de la communication, où le leader parle tous les jours à chacun et à tous, à la fois comme homme public et comme homme privé, utilisant les mêmes formes de communication qui permettent à chacun et à tous de dire quotidiennement ce qu’ils ont dans la tête ou sur le cœur.

 

C’est enfin le peuple construit par le système spécifique d’affects que Donald Trump a entretenu à travers ce système de communication : un système d’affects qui n’est destiné à aucune classe particulière et qui ne joue pas sur la frustration mais au contraire sur la satisfaction de sa condition, non pas sur le sentiment de l’inégalité à réparer mais sur celui du privilège à maintenir contre tous ceux qui voudraient y attenter.

 

La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité, celle qui permet également aux riches et aux pauvres de se trouver une multitude d’inférieurs sur lesquels ils doivent à tout prix conserver leur supériorité. Il y a en effet toujours une supériorité à laquelle on peut participer : supériorité des hommes sur les femmes, des femmes blanches sur les femmes de couleur, des travailleurs sur les chômeurs, de ceux qui travaillent dans les métiers d’avenir sur les autres, de ceux qui ont une bonne assurance sur ceux qui dépendent de la solidarité publique, des autochtones sur les migrants, des nationaux sur les étrangers et des citoyens de la nation-mère de la démocratie sur le reste de l’humanité.

 

La coprésence, dans le Capitole occupé par les nervis trumpistes, du drapeau des treize États fondateurs et du drapeau du Sud esclavagiste illustre assez bien ce singulier montage qui fait de l’égalité une preuve suprême d’inégalité et de la pursuit of happiness un affect haineux. Mais, pas plus qu’à une couche sociale particulière, cette identification du pouvoir de tous à la collection innombrable des supériorités et des haines n’est assimilable à l’ethos d’une nation particulière. Nous savons le rôle qu’a tenu ici l’opposition entre la France travailleuse et la France assistée, entre ceux qui vont de l’avant et ceux qui restent crispés sur les systèmes de protection sociale archaïques, ou entre les citoyens du pays des Lumières et des droits de l’homme et les populations arriérées et fanatiques qui menacent son intégrité. Et nous pouvons voir tous les jours sur Internet la haine de toute forme d’égalité ressassée jusqu’à plus soif par les commentaires des lecteurs de journaux.

 

De même que l’entêtement à nier n’est pas la marque des esprits arriérés mais une variante de la rationalité dominante, la culture de la haine n’est pas le fait de couches sociales déshéritées mais un produit du fonctionnement de nos institutions. Elle est une manière de faire-peuple, une manière de créer un peuple qui appartient à la logique inégalitaire. Il y a près de deux cent ans que le penseur de l’émancipation intellectuelle, Joseph Jacotot, avait montré la façon dont la déraison inégalitaire faisait tourner une société où tout inférieur était à même de se trouver un inférieur et de jouir de sa supériorité sur lui. Il y a seulement un quart de siècle, j’avais, pour mon compte, suggéré que l’identification de la démocratie au consensus produisait, à la place du peuple déclaré archaïque de la division sociale, un peuple bien plus archaïque fondé sur les seuls affects de la haine et de l’exclusion.

 

Plutôt qu’au confort de l’indignation ou de la dérision, les événements qui ont marqué la fin de la présidence de Donald Trump devraient nous inciter à un examen un peu plus approfondi des formes de pensée que nous appelons rationnelles et des formes de communauté que nous appelons démocratiques.

 

Cet article a été publié pour la première fois le 14 janvier 2021 dans le quotidien AOC.

 

 

 

Jacques Rancière

 

PHILOSOPHE, PROFESSEUR ÉMÉRITE À L'UNIVERSITÉ PARIS VIII​​​​​​​

 

akg-images - The Cow-Pock – or – the Wonderful Effects of the New  Inoculation!

Le vaccin, le droit et la liberté

Contenue jusqu’alors, la véhémence des anti-vaccins, communément appelés antivax, est montée d’un cran en lendemain de l’intervention du Président de la République, le 12 juillet dernier, quand celui-ci ouvrait la voie à une possible obligation vaccinale à l’endroit de certaines branches professionnelles. Dès lors, nombreuses furent, et sont, les manifestations de contestation à l’égard de la décision présidentielle, manifestants et opposants arguant du fait que cette obligation entravait la liberté individuelle et plus largement les libertés fondamentales Or, les arguments avancés par ces groupes d’opposants, globalement minoritaires dans la population, mettent en évidence deux lignes de forces que le développement de la pandémie, et les conséquences qui l’accompagnent, ont révélé. La première est la crainte, que l’on croyait dans l’ensemble apaisée, voire éradiquée, nourrie à l'endroit de la vaccination. Ainsi, il apparaît que le principe d’une protection immunitaire, via l’injection d’une souche virale à la virulence atténuée pour combattre cette dernière par la production d’anti-corps, n’est pas partagée par tous et que la pédagogie mais aussi l’information sur les bienfaits de cette pratique sont encore à travailler.

La suite ICI 

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 07:00

Sentia: il serait maintenant possible de prendre un coup sans alcool... et  sans lendemain de veille | 24 heures

Nous sommes, là, loin du vin, sang de la terre, de l’univers des amateurs, dégustateurs, licheurs de vin nu, de la sociabilité, pour chaluter dans le caniveau des boissons alcoolisées industrielles, celles ingurgitées, sans retenue, pour se murger, oublier les soucis de la vie, sombrer dans l’ébriété…

 

Le professeur David Nutt, psychopharmacologue de renom, travaille depuis 30 ans à la réduction des risques de l'alcool. « Je dirais que l'alcool est la drogue la plus dommageable pour la société, dit-il. Je ne pense pas qu'il y ait une seule famille sur terre qui n'ait pas été affectée par l'alcool, ou dont l'un des proches n'ait pas été victime de quelqu'un qui a bu. C'est l'une des principales causes évitables d'hypertension artérielle : il y a plus de personnes qui meurent d'hypertension à cause de l'alcool, parce qu'il provoque des accidents vasculaires cérébraux ou des crises cardiaques, que de cirrhose. »

 

« L’alcool a un impact sur différents systèmes de récepteurs dans le cerveau, m’explique Nutt via Zoom. Aux niveaux les plus bas du cerveau, il fonctionne par le biais du système GABA. Nous savons maintenant qu'il existe 15 récepteurs GABA différents dans le cerveau et qu'ils contrôlent différentes choses. Avec Sentia, nous avons décidé de cibler les récepteurs qui contrôlent la sociabilité et la relaxation, qui se trouvent dans les parties avant du cerveau, et nous avons évité les récepteurs qui causent des problèmes, comme l'instabilité, les chutes, l'irritabilité, la colère et la gueule de bois. »

 

Pour créer Sentia, Nutt et l'équipe de GABA Labs ont consulté des milliers de bases de données et « ont trouvé un certain nombre de plantes qui produisent des substances agissant sur le système GABA », ainsi que d'autres plantes qui accélèrent leur absorption. Si ces ingrédients ne tombent pas sous le coup de la loi sur les substances psychoactives, c'est parce qu'ils sont depuis longtemps approuvés comme aliments ou compléments alimentaires.

 

« Nous avons fini par mettre au point ce cocktail : il est constitué de quatre herbes qui produisent des substances similaires au neurotransmetteur GABA, et de trois ou quatre herbes qui les font pénétrer plus rapidement dans le cerveau, explique Nutt. Enfin, nous utilisons la mûre qui, en plus d’être un joli colorant, facilite aussi l'absorption des substances dans le cerveau. »

 

Peut être une image de une personne ou plus et texte qui dit ’SEN TIA’

 

On a envoyé à l’auteur de l’article, Simon Doherty, quelques échantillons à essayer, et je n'ai pu m'empêcher d'être sceptique. Une boisson à base de plantes peut-elle vraiment rendre quelqu’un pompette ?

 

La suite ICI Sentia, la boisson qui « rend pompette sans donner la gueule de bois » 

 

L’inconvénient du Sentia est qu’il n’est pas bon marché. À 35 euros les 50 cl

David Nutt: inventing the alcohol antidote | The Times

Qui est le professeur David Nutt ? ICI 

 

Le prof. David Nutt est l’un des protagonistes les plus compétents, et controversés, du débat sur les drogues psychédéliques et leur rôle en médecine. Très impliqué dans la recherche sur les produits psychédéliques comme le cannabis, le LSD et la psilocybine, c’est également un fier défenseur d’une réforme politique au bénéfice de la science et du savoir.

 

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 06:00

En ce temps-là Libération dans sa rubrique Idées publiait  REBONDS, j’en découpais certains, dont celui-ci que je classais. Dans mon grand ménage je viens de retrouver : Cuisine et Création par Christian Conticini.

 

 

Le Paris-Brest qui, comme son nom l’indique, s'inspirait d'une très vieille classique de la petite reine : le Paris-Brest-Paris créée en 1891 par Pierre Giffard du Petit Journal (elle défuntera en 1951 faute de participants). Elle avait lieu tous les 10 ans et comptera en tout et pour tout 7 éditions (interruption pendant le 2d conflit mondial, reprise en 48).

 

 

 Le gâteau, créé lui en 1910, est censé représenter une roue de bicyclette avec des rayons en pâte à pain (certains pâtissiers, dit-on, perpétuent la tradition des grands Paris-Brest, si vous en connaissez faites-le savoir). Ceux de maman, fine cuisinière et excellente pâtissière, dans mon souvenir, avaient de 35 à 40 cm de diamètre. Pour faire simple le gâteau consiste en une couronne de pâte à choux garnie d’amandes effilées, garnie d’une crème au beurre ou d’une crème mousseline pralinée.

 

 

Revisité par Conticini « affiche les rondeurs de pâte à choux. Une surprise à découvrir : du praliné pur coulant au cœur d’une crème pralinée. 100% addiction... » (Portion individuelle ou pour 4). Les deux sont, pour les amateurs du péché de gourmandise, à se damner.

 

 

Si vous souhaiter lire mes chroniques sur Conticini, renseigner son nom dans la case en haut à droite du blog : RECHERCHE.

 

 

Si je publie ce point de vue c’est que je viens de terminer la lecture du livre de Bruno Verjus : L’ART de Nourrir, qui lui prône une cuisine de produits. Je tenterai de chroniquer sur ce livre.

 

L'art de nourrir de Bruno Verjus - Editions Flammarion

 

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19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 06:00

 

Retour en force du Taulier sur le vin…

 

Au tout début de juin 2006, en une nuit, une belle nuit douce et étoilée, partout en France, dans les villes et villages, sur les chariots d'hyper et de super, même de hard, aux grands carrefours, aux portes des usines et des bureaux, des affichettes et des sticks : La FRANCE en ROSE ? Coup éclair, affichage sauvage, les autorités se taisent. Bien sûr la presse régionale et nationale suppute, les journaux télévisés subodorent un coup médiatique d'une étoile montante de la galaxie politique, les correspondants étrangers alertent leurs rédactions. Tout le monde en parle...

 

Huit jours plus tard même offensive éclair, les affichettes et les sticks proclament : le ROSE est mis ! Dans le même temps, à Londres, une grande campagne d'affichage couvre les murs : sur fond blanc : The ROSE ! La leur, celle qu'ils arborent sur les maillots de leur équipe nationale de rugby. Là, tout le monde des médias s'emberlificote, ne sait plus quoi penser mais ça ne les empêche pas d'écrire ou de causer. Un grand magazine titre : un coup royal ! En voyant une alliance entre le Poitou et Tony Blair. Tout le monde en parle : d'Ouzbékistan aux Iles Vierges...

 

Trois jours après sur les murs de Paris, des grandes villes de France, aux abords des hypers et des supers, des usines et des bureaux, à Londres, une belle affiche : le ROSE est la couleur des Rosés de France. Et dans le même temps dans les cafés, les restaurants, les pubs le ROSE est mis dans de beaux verres sur des ronds de verre et...

 

C'était une campagne initiée par "SANS INTERDIT" qui n'a trouvé aucun écho auprès de ceux qui pourraient s'unir. Ils préfèrent choisir la couleur du papier peint de la salle de réunion, de la taille de la bassine, faire leur petite campagne perso ou prospecter les marchés porteurs du Vietnam ou des Galápagos... Pour ma part, comme l'avait fait Michel Laroche - que je salue car il est abonné - et son équipe à Vinexpo, pour une journée du Rosé, je vais me contenter d'arborer une chemisette type Lacoste ROSE en prenant le risque qu'on me dise que je fasse de la politique. Ainsi va la France mes chers lecteurs, les présidents y sont plus nombreux que les fromages et nous regardons passer les trains. Bon Pont et diffusez l'info... Soyez réactifs !

 

ICI 

 

 

15 avril 2009

Supplément saumon de Vin&Cie sur « l’affaire du rosé pur »

 

Dans ma chronique du 27/03: « On ne nous dit pas tout… », une source bien informée me dit des choses inavouées sur le « mesclun » des rosés ICI je m’efforçais de mettre sur la table des éléments objectifs d’information. Depuis, l’affaire suit son cours normal à la française : On pétitionne pour sauver la pureté du rosé ; On sonde les Français : vive l’opinion publique ! ; On tente d’informer : Bernard Burtschy courageusement s’y colle dans le Figaro ; On tonne : Périco Légasse s’y colle avec sa finesse coutumière…

 

Moi je ne pétitionne jamais ; j’adore les sondages qui ne veulent rien dire sauf ce que les commanditaires veulent leur faire dire ; j’aime les gens courageux qui font leur métier même à contre-courant ; j’ai un « faible » pour la grosse mauvaise foi en béton armé de Périco Légasse.

Enfin, parce que j’adore mettre mon grain de sel dans le potage : tout à la fin je fais une suggestion de valorisation des vrais rosés.

 

ICI

 

La vie en rose

 

« Tout commence en 1945 quand Édith rejoint, à la terrasse d’un café, Marianne Michel, une bonne copine elle aussi chanteuse qui se plaint auprès de son amie de ne pas rencontrer le succès. Marianne n’est pas venue seule. Elle est avec son nouveau fiancé qui tape tout de suite dans l’œil d’Édith. Pour consoler Marianne, Piaf griffonne sur un coin de table : « Quand il me prend dans ses bras/ qu’il me parle tout bas / je vois les choses en rose. » Marianne lui fait remplacer « les choses » par « la vie ». Quelque temps plus tard, Édith lui donne la chanson qu’elle trouve trop mineure pour son répertoire et lui pique son fiancé. Mais Marianne fait un tabac dans les cabarets avec cette Vie en Rose… Vexée de son erreur de jugement, la môme lui reprend son cadeau et l’enregistre le 9 octobre 1946. Quant au fiancé, l’histoire ne dit pas si elle l’a rendu… »

Le rosé est tendance, Brad Pitt, Angelina Jolie, Georges Clooney, Sacha Lichine, John Malkovich, George Lucas, Début 2021, la maison Chanel a fait parler d'elle en achetant un deuxième domaine sur l'île de Porquerolles. En face, le géant du luxe LVMH a acheté en 2019 un des 18 crus classés de Provence, château du Galoupet à La Londe-les-Maures.

 

Sur une carte, Mme Maligne situe quelques-uns des chefs d'entreprise qu'elle a installés: l'horloger de luxe Richard Mille en 2019, le cachemirier Eric Bompard en 2014, le fondateur du prestataire télécoms Itancia Yan Pineau en 2011 ainsi que le milliardaire britannique spécialisé en immobilier de bureaux Mark Dixon.

 

Son confrère a sa propre liste de grands patrons atterris dans le vignoble: l'industriel de la charcuterie Michel Reybier (Cochonou, Aoste et Justin Bridou) qui a repris en 2020 un domaine au magnat américain Tom Bove, le producteur TV Stéphane Courbit en 2019, le roi des chips William Chase (Tyrells Crisps).

 

Dans cette course aux hectares, les professionnels du vin ne sont pas en reste. Les champagnes Bruno Paillard ont ouvert la marche en 1995 à Saint-Antonin-du-Var, avant que ne débarquent des géants du négoce viticole comme Castel, Chapoutier, Mora, Magrez, Béjot, Aegerter, etc. Dans le monde agricole, LVMH inquiète même: « Si demain Bernard Arnault s'étend encore, il va définir le cours du vin », frémit un vigneron qui préfère garder l'anonymat.

Angelina Jolie et Brad Pitt se lancent dans le vin - L'Express Styles

Bref, les murs de la GD sont de plus en plus rosés, et les gens du Monde par l’odeur alléchés ce sont mis à 4 pour proposer une SÉLECTION

 

Des rosés de qualité, alliant légèreté et acuité du goût, des bulles rosées, des pétillants naturels… L'été se prête aux dégustations entre amis. Voici les bouteilles sélectionnées par « M ».

 

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Je signale aux 4 beaux nez que le Clairet bordelais n’est pas un rosé :

 

28 novembre 2012

 

À Bordeaux le Clairet de château Massereau des Chaigneau fait le miel du Taulier

 

Le taulier est fou du Clairet mais les Bordelais emboitant le pas  à la tendance se sont mis dans la tête de faire du « rosais » comme ces marauds de Provençaux. Grand bien leur fasse mais, tout même, lorsqu’on a le privilège de pouvoir élaborer du Clairet on en fait un must, parole de Taulier. Je sais le Clairet n’est pas du rosé mais pour une fois qu’une ambiguïté linguistique concernant une dénomination d’un de nos vins, à Bordeaux de surcroît, est le fruit de nos amis anglais, si prompt à nous moquer pour les subtilités de nos AOC, je ne résiste pas au plaisir de chroniquer. Claret, clairet, sont des héritages so british, et dans son chapitre 4 Jane Anson conte avec détails et précisions l’histoire des New French Clarets dès les années 1660, « où Arnaud III de Pontac s’était aperçu qu’il ne suffisait pas de faire un grand vin, il fallait le vendre… » et il envoya son fils, François-Auguste, accompagné d’un de ses maître-queux,  à Londres en 1666 à la fin d’une épidémie de peste bubonique et le grand incendie de la ville…

 

ICI 

 

MON CHOIX EST TRÈS CLAIRE ICI MÊME

 

 

 

Vins rosés : la sélection du « Monde »

ICI

 

Isabella Cotier pour M Le magazine du Monde

VINS ROSÉS

 

Beaujolais

 

Maison Jean Loron, Jean, beaujolais, 2020

Dans la famille beaujolais, ce gamay rosé, en pressurage inerte pour éviter toute oxydation et conserver une belle fraîcheur au jus, est bien séduisant. Des petits fruits rouges, groseilles
et framboises, une touche de fleur d’acacia. Simple et efficace pour accompagner l’été, pâtes au pesto, côtes d’agneau au grill, salade
de fruits rouges…7 €. loron.fr

 

Bordeaux

 

Château La Freynelle, bordeaux clairet, 2020

 

Ce clairet conçu par Véronique Barthe est éminemment sympathique, avec sa robe soutenue, un nez puissant et très aromatique. On est loin des typicités provençales souvent marquées par le pamplemousse. Ici, le fruit, fraise et framboise, est bien mûr avec des touches acidulées qui confèrent à l’ensemble une belle fraîcheur. Haute valeur environnementale (HVE). 7 €. vbarthe.com

 

Château Peybonhomme, Rosita Bomba, 2020

 

Voici une des dernières trouvailles de Rachel Hubert, un rosé de pressée, à base de merlot (70 %) et de cabernet franc (30 %). Outre l’étiquette qu’on adore – référence à Anita Bomba, l’héroïne de la BD d’Éric Gratien et de Cromwell –, ce rosé est goûtu, avec un fruit incroyable, des fraises et de la grenadine. C’est un vrai vin charnu et ample. Biodynamie. 12 €. hubert-vigneron.com

 

Clos Dubreuil, Clara, bordeaux clairet, 2019

 

Cette jolie propriété classée grand cru à Saint-Émilion produit un clairet d’une élégance remarquable. Avec la robe rose sombre qui sied à ce type particulier de rosé, un nez intense de framboise et de cerise, il démarre avec beaucoup d’ampleur et de gras en bouche mais s’affine sur la longueur, ce qui évite toute lourdeur au palais. A servir à table. 17 €. closdubreuil.fr

 

Corse

 

Yves Leccia, E Croce, corse patrimonio, 2020

 

Fraîcheur et minéralité caractérisent souvent les blancs et les rosés de patrimonio, AOC sous influence maritime dont les domaines s’épanouissent au pied du cap Corse. C’est le cas de cette cuvée, composée à 80 % de nielluciu et de 20 % de grenache. Légèrement épicé, mais d’une jolie tension, cet E Croce possède une précision qui est souvent la signature des vins d’Yves Leccia. 16 €. Yves-leccia.com

 

Languedoc-Roussillon

 

Domaine Cazes, Le Canon du maréchal, côtes-­catalanes, 2020

 

Véritable institution du Roussillon, possédant le plus grand vignoble en biodynamie de France (220 ha), le Domaine Cazes partage sa production entre vins doux mutés (banyuls, rivesaltes) et vins secs. Plus fruitée, souple et friande que les Clos de Paulilles, la gamme du Canon du maréchal (les vignes ont appartenu au maréchal Joffre) se distingue en particulier en rosé, grâce à une bouche riche en fruits rouges et bonbons anglais. 8 €. Cazes-rivesaltes.com

 

Domaine de la Sapinière, malepère, 2020

 

C’est le genre de rosé qu’il faut boire bien frais, sur la facilité et la légèreté. Couleur saumon très pâle, il est conçu pour être bu rapidement, presque comme pour se désaltérer. Un style estival et décontracté totalement assumé. 10 €. domainedelasapiniere.com

 

Lanye Barrac, Le Cochon lunatique, saint-chinian, 2020

 

Enorme coup de cœur pour ce rosé aussi atypique qu’irrésistible, à la robe d’un rose franc. Au nez, c’est un jus de fruits explosif de fraise gourmande, de framboise, de grenadine. Aucune sucrosité en bouche pourtant, il a la tonicité qu’il faut, et même une petite amertume qui rappelle le pamplemousse et lui donne de l’allant. À base de grenache (60 %) et de cinsault, il n’est ni filtré ni collé, et ne contient qu’une infime dose de soufre. Certifié biodynamie, label Vin méthode nature. 11 €. lanye-barrac.fr

 

Loire

 

Domaine de Lachaux, La Vigne de Nicolas, côtes-d’auvergne-corent, 2020

 

Sur le terroir basaltique de ce petit domaine (6 ha) du Puy-de-Dôme, entre parc naturel des volcans d’Auvergne et du Livradois-Forez, Yolande et Thierry Sciortino produisent, entre autres, du corent, une dénomination n’existant qu’en rosé. D’un exceptionnel rapport qualité-prix, cette bouteille assemblant avec un fruité légèrement poivré gamay (80 %)
et pinot noir (20 %) régalera sur tous les barbecues de l’été. 6,50 €. Tél. : 06-64-18-48-84.

 

Château de Minière, bourgueil, 2020

 

Essentiellement rouge, comme il se doit à Bourgueil, le répertoire de ce domaine cultivé en bio se partage entre cabernets francs charpentés (issus de vignes centenaires) et d’autres plus fruités, à boire dans leur jeunesse. C’est dans ce dernier registre que s’illustre ce rare rosé, friand à souhait, avec ses notes de pêche et d’agrume, s’affirmant à petit prix comme une belle alternative à ses cousins provençaux. 8,50 €. Tél. : 02-47-96-94-30.

 

Château de la Grille, chinon, 2020

 

Cépage roi de bien des rouges de Loire, le cabernet franc produit aussi quelques rosés se prêtant avec une bienveillante légèreté aux jeux estivaux. Tout en fraîcheur et fruits rouges, ce chinon du Château de la Grille, exploité, depuis 2009, par le tandem Baudry-Dutour, sera un idéal compagnon d’apéro en bord de Vienne, avant un dîner mettant en vedette légumes et poisson. 11 €. Chateau-de-la-grille.fr

 

Jean-Michel Sorbe, La Muse, reuilly, 2020

 

A base de pinot gris, ce reuilly dévoile rapidement ses touches délicates et fruitées de pêche de vigne. Les arômes fleuris ne sont pas absents, avec des roses fraîches, des pivoines qui composent un rosé disponible pour tout le repas, salades, charcuteries, mets exotiques… HVE. 12 €. josephmellot.com

 

Henri Bourgeois, Les Bonnes Bouches, sancerre, 2020

 

Dans son fief de Chavignol, la famille Bourgeois fait surtout rayonner le sauvignon dans une gamme multiple de blancs, souvent de haut niveau (La Côte des Mont Damnés, La Bourgeoise…). Mais pour un pique-nique dans les coteaux vallonnés du Sancerrois, ce rosé de pinot noir, tout en gourmandise florale et acidulée, fera merveille avec les charcutailles, un poulet froid, un chavignol pas trop sec et quelques fraises. 16 €. henribourgeois.com

 

Provence

 

Bastide de Blacailloux, Saint-Probace, vin de pays du Var, 2020

 

Pas moins de cinq cépages composent ce rosé franc et gourmand. D’une robe couleur incarnat, il a un goût de cerise, fraise et framboise, mais sans sucrosité. Croquant, équilibré et frais, on l’aime à l’apéritif avec des beignets de crevette. 7,70 €. bastide-de-blacailloux .com

 

Château Beaulieu, Basalte, by Beaulieu, coteaux-d’aix-en-provence, 2020

 

Parce qu’il naît sur le terroir volcanique d’un ancien cratère, ce rosé porte le nom de la typicité de son terroir. Composé de fossiles, son sol contribue à une finesse minérale étonnante. Du coup, ce rosé singulier offre un toucher cristallin, frais, structuré. 8,95 €. chateaubeaulieu.fr

 

Château La Verrerie, côtes-de-provence, 2020

 

Grâce à ses arômes fleuris quasi guillerets, ce rosé inspire l’élan, la joie et le partage. Fond sur une belle matière, née de grenache et de cinsault, il reste classique dans sa texture. Une perle, certifiée bio. 11,50 €. chateau-la-verrerie.com

 

Château de Sannes, 1603, luberon, 2020

 

L’assemblage de cépages rouges (syrah et grenache) et blancs (vermentino et ugni blanc) en fait un rosé clair à l’œil et frais en bouche. Ses saveurs citronnées sont vives et se déploient vers des notes de pamplemousse. Du coup, la cuisine asiatique lui va bien. Un ensemble délicat et équilibré, certifié bio. 12 €. chateaudesannes.fr

 

Domaine de la Navicelle, côtes-de-provence, 2020

 

Le joli domaine sis au Pradet (Var), au pied du massif de la Colle-Noire, profite du littoral et des cépages qui s’y épanouissent. Tels le tibouren et le mourvèdre qui composent, avec le grenache, cette très belle cuvée. Ses notes aromatiques de fruits jaunes, de melon, un peu de fenouil et quelques épices séduiront les amateurs de rosé frais et de gastronomie. Bio. 15 €. domainedelanavicelle.com

 

La Bastide Peyrassol, côtes-de-provence, 2020

 

Ce domaine, qui régale autant les yeux (avec sa stupéfiante collection d’art contemporain) que les papilles, a créé cette nouvelle cuvée, qui exprime clairement son fruité, notamment grâce à sa dominante de grenache. Un nez de fraise des bois, une bouche aérienne, une certaine tendresse en finale. Pour l’apéritif ou pour une cuisine estivale, légère. 15 €. vignobles-austruy.com

 

 

Château Maïme, Héritage, côtes-de-provence, 2020

 

Fidèles de nos rendez-vous estivaux et rosés, les vins de Pierre-Jean Sibran et Jean-Michel Garcia continuent de séduire. Tel cet Héritage (qui se décline aussi en blanc et en rouge), qui propose ses notes gourmandes d’agrumes légèrement acidulés. Disponible pour un agneau (provençal, évidemment), des sushis, une salade de fruits rouges… 15,80 €. chateau-maime.com

 

Jean-André Charial, L’Affectif, les Baux-de-provence, 2020

 

Le nom de cette cuvée si éloquent traduit bien l’identité de ce vin. « Affectif », certes, mais cela n’empêche pas la précision. Ce rosé surprend par son équilibre parfait, sa texture bien enrobée et sa tendresse. Finale sur des notes acidulées de fraise des bois et de groseille. Il est certifié en biodynamie. 16 €. laffectif.com

 

Château Crémade, palette, 2019

 

Cette minuscule appellation d’Aix-en-Provence recèle des trésors. Comme ce rosé enchanteur, né de l’assemblage de 12 cépages locaux, parmi lesquels le durif, le castet, le brun-fourcat, le manosquin, et de vieux muscats noirs. Dans le verre, voici un vin à la couleur saumonée qui se révèle épicé, vineux, à mille lieues des vins stéréotypés de Provence. On le sert à table, sans hésiter, avec par exemple un loup (un bar hors de la région) cuit au four. 16 €. chateaucremade.fr

 

Ultimate Provence, Up, côtes-de-provence, 2020

 

Voici un rosé aux saveurs étonnantes par ses notes de citron mûr qui feraient penser à un vin blanc. Il serait amusant de le goûter dans le noir pour savoir si on pense à un rosé. Toujours est-il que ce sont bien des cépages rouges qui le constituent : syrah, cinsault, grenache, avec néanmoins un peu de rolle, qui est blanc. Ensemble très harmonieux et légèrement épicé. 16,50 €. ultimateprovence.com

 

Château La Gordonne, La Chapelle Gordonne, côtes-de-provence-pierrefeu, 2020

 

Propriété de Vranken Pommery, cet immense domaine (plus de 300 ha), s’étalant sur les coteaux schisteux de Pierrefeu-du-Var, élabore des vins d’une élégante ampleur. À l’instar de cet assemblage de grenache, syrah et cinsault, équilibrant joliment fraîcheur d’agrume et une voluptueuse longueur en bouche, qui fit mouche, l’autre soir, sur des rougets poêlés au beurre d’anchois. 18 €. lagordonne.com

 

Château Romanin, les baux-de-provence, 2020

 

C’est l’un des plus beaux rosés de l’été, qui s’impose toujours par sa densité régulière. Ses nuances se dévoilent peu à peu. Un rosé qui ne dit pas tout dès le premier verre, c’est rare. Salivant, celui-ci délivre ses notes peu à peu, des herbes aromatiques aux fruits exotiques, en passant par des fleurs délicates. Certifié en biodynamie. 18 €. chateauromanin.fr

 

Minuty, Prestige, côtes-de-provence, 2020

 

Château Minuty a lancé, à côté de la production « maison », des vins de marque issus du négoce. Franche réussite avec ce vin, d’une superbe finesse, floral au nez, et qui n’est pourtant pas dénué de longueur. À apprécier très simplement, sous la chaleur de l’été. 18,50 €. minuty.com

 

Château d’Estoublon, les baux-de-provence, 2020

 

Aussi réputé pour ses vins que pour son huile d’olive, ce château, repaire de l’œnotourisme au cœur des Alpilles, propose un rosé (certifié bio, comme tous les vins de l’AOP les baux-de-provence) qui s’épanouit les yeux fermés sur la gamme des spécialités méditerranéennes – des tians de légumes à l’anchoïade, des brochettes d’agneau aux poissons grillés à la plancha… En équilibre parfait entre fraîcheur et complexité. 19,50 €. Estoublon.com

 

Domaine La Courtade, La Courtade, côtes-de-provence, 2020

 

Bercé par les influences de la Méditerranée, puisque le domaine se trouve sur l’île de Porquerolles, ce rosé a profité d’une tempérance (relative) qui lui confère élégance et puissance. L’assemblage de grenache (50 %), de mourvèdre (30 %) et de rolle (20 %) est juste bien dosé et vinifié en barrique de 400 litres pour apporter des touches fines de pêche et de brioché en même temps. Un régal. Bio. 24,50 €. lacourtade.com

 

Château Saint-Maur, Excellence, côtes-de-provence, 2020

 

Pourquoi faire simple quand on peut faire complexe ? L’assemblage de huit cépages procure à ce vin sa puissance, sa longueur en bouche sans compromettre une vivacité et une fraîcheur de bon aloi quand le soleil réchauffe l’atmosphère. Les fruits y composent une véritable symphonie, qu’ils soient agrumes, exotiques, blancs ou rouges. Un plaisir toujours au rendez-vous. 25 €. chateausaintmaur.com

 

Château Léoube, Le Secret de Léoube, côtes-de-provence, 2020

 

Le superbe domaine de Bormes-les-Mimosas propose une gamme fournie : pas moins de quatre rosés et deux effervescents dans cette couleur. Allons plutôt sur Le Secret, qui allie tension et complexité. Discret au nez, il s’ouvre vite sur des arômes minéraux, fruités et floraux. Il faut le laisser venir et sa finale délicate se prolongera longtemps en bouche. 26 €. leoube.com

 

Rhône

 

Château d’Aqueria, tavel, 2020

 

Ce vin est un véritable cocktail aromatique, fruits rouges, blancs, un peu d’épices, le tout dans un bel équilibre. C’est sûrement grâce à l’assemblage de huit cépages, des grenaches, de la clairette et du cinsault pour 80 %, mais aussi de la syrah, du mourvèdre, du bourboulenc et du picpoul. Bravo, donc, pour cette complexité et cette précision. 12,20 €. aqueria.com

 

Domaine de la Mordorée, Reine des bois, tavel, 2020

 

La robe est d’un rose soutenu, les arômes sont complexes, faisant la part belle aux fruits rouges, fraises et framboises. Pas de doute, on est bien à Tavel, la « capitale du rosé », dans le beau domaine tenu par Madeleine Delorme. Le vin est précis, long en bouche et fera honneur à la table. Chaque année, on aime. En biodynamie. 16,90 €. domaine-mordoree.com

 

Sud-Ouest

 

Domaine Le Roc, Ninette, fronton, 2019

 

Il y en a, mais pas seulement : la fameuse négrette, le cépage typiquement frontonais, est bien présente dans cette cuvée. Mais elle est assemblée avec de la syrah, ce qui apporte souplesse et rondeur à l’ensemble. C’est donc un rosé qui possède un vrai caractère, plutôt épicé et persistant, qui peut accompagner des plats consistants. 8 €. leroc-fronton.com

 

Nicolas Carmarans, Minimus, vin de France, 2020

 

Si l’Aveyron est parfois considéré comme le nouveau pays de cocagne des vins naturels, il le doit en particulier à Nicolas Carmarans, ancien bistrotier parisien (le Café de la nouvelle mairie, près du Panthéon) revenu dans son Aubrac familial travailler des vignes dominant la Truyère. Ses rouges domptent avec élégance le rustique fer servadou qui, en rosé non filtré et presque sans soufre, s’écoule en un fluide gouleyant et léger (11,5°). 17 €. Cavistes.

 

BULLES ROSÉES

 

Alsace

 

Wolfberger, crémant d’Alsace, brut, 2019

 

Issues de pinot noir, ses bulles sont légères (même en alcool, avec 11,68°, pour être précis !) et évidentes en été. On apprécie ses notes acidulées très fraîches, et sa gourmandise généreuse. Sa robe soutenue aux reflets framboise prouve que ce crémant s’impose avec aisance et équilibre. Une belle découverte, certifiée bio. 8,50 €. wolfberger.com

 

Bestheim, Grand Prestige, crémant d’Alsace, 2019

 

Ce crémant, un assemblage de rosés de saignée et de pressurage, aux bulles délicates, est d’une grande fraîcheur. Le pinot noir y révèle ses arômes de fruits rouges, cerises et framboises, et l’équilibre entre gourmandise et persistance tanique est parfaitement trouvé. 15 €. bestheim.com

 

Champagne

 

Champagne Alfred Gratien, brut

 

Tout est fin et délicat dans ce champagne à la robe pâle, aussi bien ses bulles que ses saveurs. Issu de chardonnay en majorité (56 %), de pinot noir et de pinot meunier, il exhale des arômes de lilas et de muguet avant d’exprimer en bouche des saveurs d’abricot. On aime sa complexité raffinée et sa finale longue et vive. 37,95 €. alfredgratien.com

 

Champagne Drappier, brut nature

 

Cette « saignée » de pinot noir a forcément une robe d’une forte intensité colorante : son rosé est profond. L’absence de dosage en fait un champagne léger et digeste. Non filtré, non décoloré et non dosé, donc, il offre des saveurs intenses de fraise et de mandarine, relevées d’une pointe élégante de poivre blanc. 41 €. champagne-drappier.com

 

Champagne Billecart-Salmon, Elisabeth Salmon, brut, 2008

 

Le rosé version luxe, le voici avec ces bulles uniques et rares. Billecart-Salmon est l’une des premières maisons de Champagne à avoir produit des bulles rosées. Les siennes sont devenues emblématiques, reconnaissables à leurs nuances chatoyantes. Cette cuvée 2008 est sortie des caves en avril 2021, après une longue garde qui ajoute au raffinement de l’ensemble. Un grand vin complexe, issu de chardonnay et de pinot noir. Finale puissante et pleine d’étoffe. 190 €. champagne-billecart.fr

 

Rhône

 

Jaillance, La Rosé, 2020

 

Idéal compagnon d’un été chaud, cet effervescent, assemblage de muscat à petits grains et de gamay, séduit par sa fraîcheur et ses délicats arômes de litchi et de griotte. L’étiquette qui indique « fruité » ne ment pas, et ce vin conçu par la coopérative Jaillance, sur les contreforts du Vercors, est facile à boire, désaltérant, et très bon marché. 5,95 €. Bio. jaillance.fr

 

PÉTILLANTS NATURELS

 

Maison Crochet, Pet Native, vin de France, 2020

 

À travers ses cuvées plus classiques, ce domaine de Bulligny (dans le Toulois, en Lorraine) nous avait déjà apporté la preuve de la qualité de ses vins. Même si celle-ci semble plus rock’n’roll, avec sa capsule et son étiquette sauvage, elle abrite un pet’ nat’ très droit, fruité mais surtout vif et rafraîchissant. Qui se boit sans même y penser. Majorité de gamay, complété de pinot noir et d’auxerrois. 12 €. maisoncrochet.fr

 

Domaine Philippe Gilbert, L’Emoustillant, vin de France, 2020

 

On aime beaucoup les vins de ce petit domaine, une référence de la biodynamie, sis à Menetou-Salon. Et, dans sa gamme, on goûte bien cette particularité pétillante de pinot noir, gourmand et désaltérant. Et si la bouteille est sous capsule, telle une bière, on a bien affaire à un beau vin bien travaillé. 20 €. domainephilippegilbert.fr

 

Rémi Barroux

 

Stéphane Davet

 

Laure Gasparotto

 

Ophélie Neiman

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 06:00

 

 

Dans un document saisissant, Sara Daniel, grand reporter à l’Obs, et le chercheur Benoit Kanabus retracent le calvaire de Marie, chrétienne d’Irak devenue esclave sexuelle des bourreaux de Daech.

 

 

 

 

« Esclave de douze maîtres, vendue et revendue de Qaraqosh en Irak à Raqqa en Syrie, l’histoire de Marie dessine la géographie de l’État islamique. Et sa théologie : tous les péchés des hommes se sont incarnés dans son corps de femme » écrivent les auteurs de La putain du Califat, une enquête terrifiante sur la tragédie d’une jeune chrétienne enlevée comme tant d’autres par les voyous de Daech. Des voyous obsédés et obscènes, drapant leur orgie de sang et de sexe dans le drapeau noir des fous d’Allah. Pornographes de tous âges et de tous pays, ils passent de la pulsion du meurtre à celle du viol, de la décapitation à la fornication, l’une justifiant l’autre on ne sait plus dans quel ordre, mais sans oublier ablutions et prières.

 

 

Marie a des cheveux blond vénitien et des yeux verts. En ce mois d’août 2014, elle se prépare à sa rentrée de professeur d’anglais, en septembre au lycée de Qaraqosh, la plus grande cité chrétienne d’Irak. Ce jour ne viendra jamais. À sa place commence une longue nuit quand Daech se jette sur la ville. Marie rejoint le fleuve des victimes : la mort pour les hommes, l’esclavage sexuel pour les femmes. Mais le viol aussi  a ses hiérarchies. Sur un marché saturé de jeunes yézidies « les chrétiennes sont des perles rares, la part réservée des chefs et des alliés les plus méritants. Marie ne sait pas cela, elle ne sait pas non plus que la couleur de ses cheveux blonds exaspère le désir de ses geôliers : chrétienne, blonde, c’est un joyau. »

 

 

La suite ICI 

 

 

 

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 06:00

Rebelles

J’entre en concurrence frontale avec Ciné Papy mais il me donnera sans problème l’absolution puisque dans le trio des 3 nanas y’a sa chouchoute Cécile de France.

 

Achat Rebelles en DVD - AlloCiné

 

Le film  passe le 12 juillet sur Ciné+émotion. ICI 

 

Sandra (Cécile de France) est de retour à Boulogne-sur-Mer. Il s’agit d’un échec qui la voit retourner chez sa mère qui vit dans un mobile-home. Son titre de Miss Nord-Pas-de-Calais (qui date de 2005) lui avait peut-être un peu monté à la tête. Sandra pensait vivre la belle vie sur la Côte d’Azur où elle avait suivi un homme. Le retour à la réalité est difficile à vivre : pas d’autre boulot qu’à la conserverie locale où elle va mettre des maquereaux en boîte à la chaîne.

 

Yolande Moreau et Audrey Lamy complètent avec fraîcheur ce trio de bras cassés, les trois comédiennes jouent une partition parfaite. Les trois filles se lient d'amitié, Marylin et Sandra se connaissant du lycée, et se retrouvent vite fait et malgré elles embarquées dans une histoire de meurtre, drogue et gros sous.

 

Rebelles», le «Boulogne-sur-Mer version Kill Bill», dernier film à voir  gratuitement sur Canal+

 

Moi j’ai aimé, c’est trash, caustique, bien sûr ça ne chalute pas dans la finesse et le bon goût, mais contrairement à ce que pensent les deux critiques féminines du Monde (1) et (2) de Télérama, « les dialogues où fleurissent grossièretés et vulgarités, révélatrices d’un certain laisser-aller dû aux conditions d’existence peu reluisantes. Sous couvert d’une comédie policière, Allan Mauduit livre donc également une fable sociale qui permet de donner quelques pistes de réflexion sur les causes et conséquences de l’état de notre société. »

 

Un des points positifs de ce film est la description du milieu des ouvriers qui survivent tant bien que mal à Boulogne-sur-Mer. Les femmes qui travaillent à la conserverie (dont l’origine remonte à 1959), sont presque des privilégiées, puisqu’elles ont un emploi. Bien-sûr, elles gagnent trois fois rien et elles éprouvent les pires difficultés pour maintenir le ménage à flot, entre maris absents ou sans emploi et enfants en manque de repères à qui elles ne savent pas toujours dire non malgré les difficultés financières (refrain un peu vain « Ça va aller »). Dans ces conditions, une vie familiale équilibrée relève de l’improbable. Le scénario en joue habilement.

 

Mais tout cela va plus loin et explose littéralement avec la découverte par ce trio infernal, d’un beau paquet de billets de banque qui leur tombe du ciel. Un magot qui va jouer les révélateurs et les placer dans des situations dangereuses auxquelles elles feront face avec leurs personnalités (grande gueule, culot, opportunisme, organisation personnelle, etc.). Quand on vit de trois fois rien, comment résister aux perspectives qu’offre une telle somme ? On notera au passage qu’à des degrés divers, la même tentation titille bien d’autres personnages de cette comédie... »

 

(1) ICI 

 

(2) ICI 

 

Source Critique publiée par Electron le 6 mai 2019 ICI

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6 juillet 2021 2 06 /07 /juillet /2021 06:00

In 1936, Joseph Stalin Created the Proletariat's Very Own 'Champagne' |  VinePair

Les Russes adorent le champagne, ils le sabrent !

 

Les maîtres du champagne, avec leur bras armé qu’est le CIVC, font la chasse aux usurpateurs de l’appellation champagne.

 

Yves Saint Laurent l’a subi à ses dépens :

 

 

Le Tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 28 octobre 1993, annulait la marque "Champagne" et interdisait son utilisation. A la suite d'un appel effectué par la société Yves Saint-Laurent, la Cour d'appel de Paris, dans un arrêt du 15 décembre 1993 confirmait ce jugement de première instance. Selon la Cour, « en adoptant le nom Champagne pour le lancement d'un nouveau parfum de luxe, en choisissant une présentation rappelant le bouchon caractéristique des bouteilles de ce vin et en utilisant dans les arguments promotionnels l'image et les sensations gustatives de joie et de fête qu'il évoque, la société Yves Saint-Laurent a voulu créer un effet attractif emprunté au prestige de l'appellation Champagne ; ... de ce seul fait, elle a, par un procédé d'agissements parasitaires, détourné la notoriété dont seuls les acteurs et négociants en Champagne peuvent se prévaloir pour commercialiser le vin ayant droit à cette appellation ». YSL se pourvoira en Cassation en pure perte.

 

 

Le village suisse de Champagne n'a pas le droit de qualifier son vin de... champagne

 

Vaud - La Suisse n'a pas droit à son Champagne - Le Matin

 

Après des années de combat pour défendre l'utilisation de son nom, cette petite commune du canton de Vaud a dû s'incliner face au comité interprofessionnel des vins de Champagne. ICI

 

Champagne : Poutine lance la guerre des bulles

 

Vladimir Poutine a donné son feu vert, vendredi 2 juillet, à un amendement de la loi sur la réglementation des boissons alcoolisées qui fait réagir en Russie… et en France. Selon ce texte, seuls les producteurs russes auront désormais le droit d’afficher l’appellation « champagne » sur leurs bouteilles. Les vins importés devront, eux, signifier une appellation «vin à bulles». Cet amendement indique clairement que la législation russe ne tiendra pas compte de la protection de l’appellation française « champagne AOC ». (Suite 1)

 

 

Il semblerait que le Tsar Paul Ier soit le premier a avoir tenté d'introduire un vin pétillant en Russie, dans son palais de Soudak en Crimée. On sait que la première école de viticulture ouvre en 1804 et qu'en 1812, plusieurs producteurs ont établis domicile sur la péninsule ukrainienne. En 1840, le Prince Vorontsov, grand amateur de vins, créé le label Ay-Danil, mais l'intégralité des vignes, de l'équipement et du laboratoire d’œnologie sont détruits par les Anglais et les Français pendant la guerre de Crimée (1853-1856).

 

A la fin du 19ème siècle, les vins de Champagne ont si bien conquis les aristocrates que la Russie est devenue un débouché fort intéressant pour les producteurs français. Ceux-ci distribuent même une version plus sucrée, adaptée au "goût russe". En 1876, à la demande d’Alexandre II, Henri Roederer crée la cuvée Cristal pour la consommation exclusive des Tsars de Russie. En 1896, il fonde la Société vinicole de la Russie méridionale. L'usine de vins mousseux d'Odessa produit aujourd'hui 34 types de produits sous les marques Odessika et Henri Roederer.

C'est néanmoins le prince Léon Golitsyne, surnommé le roi du vin russe, qui est le considéré comme le père de la vinification mousseuse à la russe. Il parcourt tout l'empire avant de jeter son dévolu sur la Crimée. En 1878, il crée une cave à champagne où il teste plus de 600 variétés de raisins de différents crus et leur potentiel de production sur la mer Noire. Il sélectionne finalement plusieurs cépages: le Pinot Franc, le Pinot Gris, l'aligoté et le Chardonnay. En 1892, le prince Golitsyne débute sa production sur son domaine de Novy Svet (Nouveau Monde), selon la méthode champenoise classique, mise au point par le moine bénédictin Dom Pérignon au 17e siècle. Ce champagne, qui est nommé Paradisio, est servi au banquet du sacre de Nicolas II en 1896. Quatre ans plus tard, à l’Exposition Universelle de Paris, il est récompensé par le Grand Prix de la Coupe. Il s'agit de la première étape dans l'histoire des vins mousseux russes. ICI 

 

(Suite 1)

 

Gastronomie - Une loi russe met sous pression les livraisons de champagne -  Le Matin

 

En réaction à cette décision, le Français Moët-Hennessy a suspendu, le temps d’un week-end, ses exportations vers la Russie. Dans un courrier destiné à ses clients russes et auquel le quotidien économique Vedomosti a eu accès, la société française a annoncé devoir réaliser une nouvelle certification de ses produits, qui devrait coûter plusieurs millions de roubles.

 

Staline fit créer à la fin des années 1930 un « champagne soviétique » produit en masse, avec l’objectif de le rendre accessible à tous

 

Ayant accepté, dimanche 4 juillet, de se plier aux requêtes russes, elle doit changer ses étiquetages et renommer ses produits dans le respect de la nouvelle législation. Le quotidien russe rappelle que 13 % des 50 millions de litres de mousseux et champagne importés chaque année en Russie viennent de France. Moët-Hennessy représente 2 % de ce marché.

 

Une AOC menacée dans le monde entier

En Russie, cela fait longtemps que le terme « champagne » est utilisé sans complexe et pour toutes sortes de vins à bulles. Staline fit créer à la fin des années 1930 un « champagne soviétique » produit en masse, avec l’objectif de le rendre accessible à tous.

 

 

Au lendemain de la chute de l’URSS, ce « champagne soviétique » est devenu une marque synonyme de mousseux bas de gamme, mais toujours aussi populaire lors des grandes occasions. Un état de fait qui n’a jamais ravi les producteurs champenois, défendus par le comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC), et qui mènent depuis de nombreuses années une bataille destinée à protéger cette appellation contrôlée menacée dans le monde entier.

 

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Comment la Russie de Poutine a fait chuter l’alcoolisme

Avec cet amendement, les autorités russes souhaitent certainement mettre en valeur les producteurs de vins pétillants locaux. Et notamment ceux de Crimée, producteurs ancestraux qui ont connu une deuxième jeunesse à la suite de l’annexion de la péninsule en 2014 et leur pleine ouverture au marché russe. La marque phare du pays, le vin criméen Novy Svet, appartient à un ami du président russe, Iouri Kovaltchouk.

 

Friand de viniculture, Vladimir Poutine avait fait monter l’action d’un autre géant du marché, Abrau-Durso, en janvier, après avoir signifié qu’il se verrait bien travailler dans cette entreprise à l’issue de sa carrière politique.

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 14:03

Havana Club

3 infos pour vous expliquer mon intérêt pour l’affaire Pernod-Ricard/Bacardi à propos du rhum Havana-Club.

 

  • Justice. Pernod Ricard sauve son rhum cubain (1)

 

 

  • Au temps où je bossais pour Thierry Jacquillat le DG de PR, celui-ci adorait me parler de cette prise de guerre qu’il mettait, à juste raison, à son actif.

 

 

  • J’aime le rhum, mais pas Havana Club.
  •  

Havana Club-Bacardi : la guérilla du rhum cubain

 

Histoire :

 

Jusqu'à la révolution de 1959, l'Edificio Bacardi était en effet le siège d'un des empires les plus prospères de Cuba, fondé en 1862 par Facundo Bacardi. Très puissants, les Bacardi ont soutenu le régime de Fidel Castro dans les mois suivant la révolution, «pensant sans doute pouvoir le manipuler», confie un connaisseur de l'île. Vilma, l'épouse de Raul Castro, était la fille de José Espin, l'avocat des Bacardi.

 

 

Ce lien n'a pas suffi à empêcher les Barbudos de confisquer les biens cubains des Bacardi et de les forcer à l'exil à Miami. Depuis, ces derniers ont fait fructifier leur affaire de rhum, à l'époque implantée à Mexico et Porto Rico. Le groupe, basé à la Barbade, fusionné en 1993 avec l'italien Martini, est le huitième acteur des spiritueux au monde, avec les whiskys William Lawson's et Dewar's, la tequila Cazadores, le gin Bombay Sapphire, les vodkas Eristoff et Grey Goose, sans oublier Noilly Prat, Bénédictine et Get 27. Malgré ce succès, les Bacardi n'ont pas digéré leur défaite face aux Castro.

 

Depuis leur exil, des discothèques de La Havane aux hôtels de Varadero en passant par les bars de Trinidad et la Casa de la Trova de Santiago, plus une goutte de Bacardi n'est servie. Même au bar de l'Edificio Bacardi, la boisson phare est Havana Club. En quelques années, ce rhum est même devenu le troisième au monde. Avant la révolution, ce n'était qu'un petit challenger de Bacardi, lancé en 1934 par José Arechabala, un magnat cubain de l'industrie sucrière. Sa société de rhum, qui avait ses bureaux et un bar sur la place de la Cathédrale de La Havane, distribuait Chivas et Dubonnet, deux marques aujourd'hui propriété de Pernod Ricard. Avant la Seconde Guerre mondiale, José Arechabala avait exporté Havana Club aux États-Unis et en Espagne. Mais après la révolution, ses affaires ont, elles aussi, été nationalisées sans contrepartie. Comme les Bacardi, les Arechabala ont quitté Cuba. Mais ils n'ont jamais exploité ­Havana Club ailleurs et n'ont pas redéposé les droits de la marque en Espagne et aux États-Unis.

 

 

Dans les années 1970, la société d'État Cubaron a ressorti Havana Club de l'oubli, la distribuant dans l'île et l'exportant dans les pays frères: URSS, ­Allemagne de l'Est… À l'époque, elle a enregistré la marque Havana Club dans quasiment tous les pays. L'effondrement de l'empire soviétique l'a obligée à changer de stratégie. En 1992, Fidel Castro a conclu avec Patrick Ricard un accord de coentreprise.

 

 

Havana Club International, dirigé depuis Cuba par des expatriés de Pernod Ricard, produit et commercialise désormais la marque dans 124 pays. Le succès de cet attelage communisto-capitaliste est détonant. Depuis que Pernod Ricard a pris en charge sa distribution à Cuba, en 2003, la marque est visible partout, des tee-shirts des guides aux sous-verre des bars de l'île en passant par les coco-taxis qui arpentent le Malecon, à La Havane. Les ventes mondiales sont passées depuis 1992 de 3,6 à 44,4 millions de bouteilles, hissant Havana Club à la troisième place des rhums. Le groupe vise 60 millions de bouteilles d'ici à 2015. Entré en 1998 dans le top 100 des marques de spiritueux, Havana Club est désormais 22e.

 

 

 

Début 2007, les deux partenaires ont ouvert à San José, à 40 kilomètres de La Havane, la plus performante des usines de Pernod Ricard. Le groupe doit s'adapter aux coutumes locales. Lors de l'inauguration, quatre tonneaux avaient été dédicacés par Pierre Pringuet, Patrick Ricard, le premier ministre cubain et son ministre de l'Agriculture. Mais ces deux derniers ont depuis été démis de leur fonction, et leurs signatures effacées des tonneaux…

 

 

Les Bacardi ont vu rouge devant cette nouvelle concurrence. Havana Club est certes loin derrière leur rhum, troisième spiritueux au monde après la vodka Smirnoff et le whisky Johnny Walker. Mais les ventes de Bacardi stagnent. En Allemagne, premier pays à l'export d'Havana Club, le rhum cubain détient plus de 50% du marché… jadis contrôlé à 90% par Bacardi. Havana Club est devenu leader en France et gagne du terrain en Espagne.

 

Le désir de revanche politique et l'agressivité juridique des Bacardi constituent un cocktail ravageur. En 1997, leur groupe a racheté aux héritiers de José Arechabala des titres de propriété de la marque Havana Club, ainsi que la recette originale de ce rhum. Depuis, Bacardi a déposé Havana Club dans quatre pays oubliés par Cuba: Croatie, Kirghizstan, Nicaragua et Tadjikistan. Mais, à chaque fois, il ne l'a pas exploitée, et Pernod Ricard l'a récupérée en justice en 2010 ou 2011.

 

Bacardi mène son principal combat aux États-Unis, premier marché du rhum (40% des ventes mondiales), où il réalise près de la moitié de son activité. Son objectif n'est pas d'y interdire la vente d'Havana Club; pour cela, l'embargo américain suffit. Il cherche à tout prix à empêcher ses ennemis de déposer Havana Club aux États-Unis. Cela leur laisserait un boulevard en cas de levée de l'embargo.

 

Bacardi et Havana Club croisent aussi le fer en Espagne, pays d'origine des Arechabala et des Bacardi, un des principaux marchés de la marque cubaine. Jusqu'ici, toutes les tentatives de Bacardi de déchoir Havana Club de ses droits outre-Pyrénées ont échoué.

 

Aux combats judiciaires s'ajoutent les échauffourées marketing. Depuis que le rhum cubain est devenu à la mode, ­Bacardi a retrouvé l'intérêt de ses racines à Santiago de Cuba, dans l'est de l'île, et indique sur ses bouteilles Fundata in Cuba. Il y a douze ans, La Havane et Pernod Ricard ont rétorqué en instaurant une étiquette verte aux allures de timbre douanier. Collée sur le col des bouteilles d'Havana Club, elle est censée garantir l'authenticité du rhum fabriqué à Cuba. Dans leurs pubs, les rivaux se battent sur leur capacité à faire le meilleur mojito, cocktail inventé sur l'île. Personae non gratae à Cuba, les Bacardi pensent déjà à l'après-Castro. Ils rêvent de récupérer la marque Havana Club lors de la restitution des biens confisqués à la révolution. La chauve-souris Bacardi, qui a inspiré le créateur de Batman, n'est pas près de replier ses ailes.

Havana Club-Bacardi : la guérilla du rhum cubainBacardi, Pernod spar over rights to Havana Club name - News from Havana

(1) Justice. Pernod Ricard sauve son rhum cubain

 

Deuxième négociant de spiritueux au monde, la multinationale française Pernod Ricard a finalement gagné la partie devant la justice américaine. Elle pourra conserver la marque “Havana Club”, qui était revendiquée par la famille de son fondateur, exproprié par Fidel Castro en 1959.

 

La multinationale française des alcools Pernod Ricard a finalement gagné son combat face aux héritiers du rhum Havana Club, l’une des marques stratégiques du groupe à l’international. Mardi 22 juin, une juge fédérale américaine a déclaré non recevable la plainte de ces héritiers d’une célèbre famille cubaine, exilée en Floride après avoir été expropriée comme beaucoup d’autres à la suite de l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, en janvier 1959.

 

 

Le quotidien en espagnol de Miami El Nuevo Herald résume l’histoire :

 

 

“La plainte avait été déposée par des descendants de Fernando Tomas Cueto Sánchez, qui avait fondé la société Coñac Cueto à Cuba avant le triomphe de la Révolution en 1959. Avec l’arrivée de Castro au pouvoir, tous les biens de Cueto Sánchez avaient été nationalisés sans compensation de la part du gouvernement, arguait la famille : Coñac Cueto avait été immédiatement absorbée par la compagnie publique du rhum.”

 

Cette entreprise d’État est finalement devenue “Havana Club international”, au début des années 1990, après un accord de joint-venture passé avec Pernod Ricard.

 

La multinationale française pèse plus de 8,5 milliards de chiffre d’affaires et la marque Havana Club est l’un de ses produits phare, tout comme Ricard évidemment, mais aussi beaucoup d’autres spiritueux mondialement célèbres, du whisky au gin en passant par du champagne dit “de luxe” et une fameuse marque de vodka.

 

Durcissement de l’embargo

 

Pour comprendre la plainte déposée par les héritiers, il faut remonter un peu en arrière, en 1996, à la loi dite Helms-Burton qui durcissait l’embargo américain contre Cuba. À l’époque, le démocrate Bill Clinton était au pouvoir à Washington mais le Congrès était aux mains des Républicains.

 

Un chapitre de cette loi prévoyait la possibilité, pour des entrepreneurs cubains expropriés en 1959, d’engager des recours contre n’importe quelle entreprise mondiale ayant depuis investi à Cuba dans les négoces de ces exilés.

 

Ce chapitre n’a de facto jamais été appliqué. Jusqu’à l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. El Nuevo Herald continue :

 

Sous la présidence de ce dernier est entré en vigueur [en 2019] le chapitre de la loi qui permet à des ressortissants américains d’engager des poursuites contre les individus et les entreprises tirant profit de biens confisqués par le régime cubain.”

 

Mais la juge fédérale de Floride a finalement rejeté la plainte de la famille du “créateur” originel du Havana Club. Plus pour des raisons de forme que de fond :

Pour la magistrate, la justice des États-Unis n’est pas compétente pour juger cette affaire, dans la mesure où Pernod Ricard est une entreprise française et qu’elle commercialise le rhum Havana Club en dehors du territoire américain.”

 

Bacardi, Pernod spar over rights to Havana Club name - News from Havana

Havana Club

L’histoire de la marque Havana Club : aux origines d’un succès détonant ! ICI

 

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 06:00

 

ICI

Il y a des romans, comme ça, où l’on se dit : « Mais bordel de serpent à queue, comment ai-je pu ne le découvrir que maintenant. » C’est exactement l’effet que me fit la lecture du roman (noir) Le dernier baiser, de James Crumley. Pire. Parce que je me suis également demandé comment j’avais pu passer à côté d’un tel auteur pendant toutes ces années. Bon. Les optimistes me répondront que rien ne sert de s’arracher les cheveux par grosses touffes, l’essentiel étant d’avoir lu Le dernier baiser avant de mourir. Pas faux.

 

Allez ! On se plante une gorgée de whisky au fond du gosier, et on trace directement jusqu’au canapé. Parce qu’avant de décuver, il va se passer un bon petit moment, donc autant être bien installé. ICI 

 

Le Dernier Baiser

 

« Quand j'ai finalement rattrapé Abraham Trahearne il était en train de boire des bières avec un bouledogue alcoolique nommé Fireball Roberts dans une taverne mal en point juste à la sortie de Sonoma, en Californie du Nord ; en train de vider le cœur d'une superbe journée de printemps. »

 

Caro(z)ine lit : Le dernier baiser - James CRUMLEY

 

Ainsi commence « le dernier baiser » et aux grandes œuvres, une grande première phrase…

 

C’est dire le monument qu’est ce roman noir de Crumley, son troisième livre, et assurément son meilleur.

 

Pages 15-16

 

Le bâtiment en bois décati se dressait à cinquante mètres à l’écart de la route de Petaluma, et la Cadillac rouge décapotable de Trahearne était garée devant. À l’époque où la vieille route était neuve, avant qu’on la remodèle selon un tracé plus efficace, ce bar à bière faisait aussi station-service, t le fantôme fané d’un cheval rouge ailé hantait encore les vieux murs en bardeaux. Une petite harde de voitures abandonnées, dont une vieille Henry J grenat et une Dodge Charger relativement récente mais salement cabossée, paissait plongée jusqu’au jarret dans le sorgho d’Alep et autres herbes folles, orbites énuclées de leurs phares rêvant de Pégase et de pointes de vitesse sur un ruban d’asphalte. L’endroit n’avait pas de nom, juste une enseigne passée qui promettait de la Bière en grinçant sous son portique. les vieilles pompes à essence à réservoir en verre n’étaient plus là depuis longtemps – sans doute parties ouvrir un magasin d’antiquités à Sausalito –, mais les boulons rouillés de leurs embases  sortaient encore du béton en pointant  vers le haut comme des squelettes de mains saillant d’une tombe trop peu profonde.

 

Je me garai à côté de la Caddy de Trahearne, fis quelques pas pour évacuer les kilomètres de mes jambes, puis quittai le soleil printanier pour entrer dans la pénombre poussiéreuse du bar. Les talons de mes bottes oscillèrent doucement sur le parquet voilé et je lâchai un long soupir dans l’atmosphère assombrie. C’était l’endroit parfait. L’endroit où je serais venu moi-même dans une orgie d’errances, l’endroit où je me serais logé comme une bille dans une fente, ce refuge pour Okies’ du Midwest et exilés texans, foyer d’accueil des paysans expropriés de fraîche date, aux yeux si vides de tout espoir qu’ils ne renvoient que le reflet des plaines brûlantes balayées par les vents, des quadrants d’horizon aride quasi bibliques à peine entrecoupés par des armatures de fauteuils à bascule orphelins, et tout au fond, tout au bout, ennuagés de colère, les mirages des orangeraies et des manches de haches. Ce lieu aurait tout aussi bien pu être mon lieu, l’abri où un homme pouvait boire dans l’ennui, se repentir dans la violence et gagner son pardon pour le prix d’une seule bière. »

 

On l’a déjà dit, certes, mais on ne le dira jamais assez, James Crumley est certainement l’un des meilleurs écrivains américains de la seconde moitié du vingtième siècle en général, et de roman noir en particulier. Il est donc heureux que les éditions Gallmeister aient décidé de le faire découvrir à un nouveau public et même redécouvrir à ses anciens lecteurs à travers de nouvelles traductions de ses romans.

 

Car même si Philippe Garnier avait précédemment rendu une copie honorable avec sa version du Dernier baiser, le choix d’une nouvelle traduction par Jacques Mailhos s’avère payant. Plus tourné vers le respect de la musique de la phrase et le souci de choisir des mots et expressions moins datés, le traducteur de Gallmeister offre en effet à l’habitué de Crumley une nouvelle lecture certainement plus marquante que les précédentes, un texte doté de plus de relief et qui rend justice à la poésie de la plume de l’auteur américain autant qu’à son humour désespéré et à la tendresse réelle qu’il porte aux hommes et aux femmes auxquels il donne vie.

 

Amazon.fr - Le dernier baiser - Crumley, James, Mailhos, Jacques - Livres

 

Car c’est bien cela qui fait le sel de Crumley, ses personnages abîmés vomissant la corruption du monde dans lequel ils vivent, cherchant une impossible rédemption que leur haine de soi semble leur interdire mais que l’amour qu’ils portent à certains êtres dont ils croisent la route permet parfois de toucher du doigt, avant qu’elle ne leur échappe encore. ICI

 

Le dernier baiser est ma première rencontre avec l’univers et la plume de James Crumley, un auteur américain issu de « l’école du Montana ». Il a écrit plusieurs romans et nouvelles, des scénarios et deux séries policières mettant en scène des détectives privés: la série Milo Milodragovitch et la série C.W. Sughrue. Le dernier baiser fait partie de cette dernière et est la première aventure de Sughrue.

 

Sughrue est un anti-héros tout ce qu’il y a de plus cliché, du moins seulement en apparence. Ancien militaire, il est porté sur la bouteille et les femmes compliquées. Sauf que Crumley a un don certain pour raconter des scènes complètement loufoques et étranges. Ce qui fait de ce roman un polar au parfum vieillot (il est paru en 1978 en langue originale) teinté d’humour, tant dans les dialogues que dans les événements qu’il raconte. ICI

 

Le dernier baiser une enquête de C. W. Sughrue Une enquete du prive c.w.  sughrue - Poche - James Crumley - Achat Livre | fnac

 

James Crumley, écrivain américain

 

"Crumley sait écrire et il sait boire", disait de lui son collègue James Welsh, laissant entendre par là qu'il peut exister un rapport entre les deux activités auxquelles James Crumley s'est livré avec une constance remarquable. Le romancier américain qui vient de mourir à 68 ans à l'hôpital de Missoula (Montana) était la figure de proue de ces écrivains du Montana, durs à cuire et forts en gueule. Mais ses dehors de plantigrade bourru cachaient une sensibilité à fleur de peau tout comme son univers déjanté et ses personnages à la dérive semblaient une politesse désespérée destinée à masquer la virtuosité de son écriture.

 

Né le 12 octobre 1939 au Texas, dans une famille modeste, il avait commencé à travailler dès l'âge de 12 ans pour financer ses études à l'Institut de technologie de Géorgie. Après son retour de l'armée, où il s'est engagé pour trois ans, il reprend ses études, puis s'installe à Missoula, où il enseigne à l'université. Son premier roman, en 1969, Un pour marquer la cadence, évoque l'amitié, sur fond de guerre du Vietnam, entre un soldat gauchiste et un sergent dur à cuire.

 

C'est dans son deuxième roman, Fausse piste, en 1975 (Ed. Christian Bourgois) qu'apparaît pour la première fois celui qui deviendra un de ses personnages récurrents, Milton Chester Milodragovitch dit "Milo", ancien adjoint du shérif de la ville de Meriwether, dans le Montana, véritable archétype du privé alcoolique et drogué entraîné dans les aventures les plus folles, capables de persuader quiconque que "la vie moderne est une guerre sans fin".

 

Dans Le Dernier Baiser (1978) surgit un deuxième personnage, Chauncey Wayne Sughrue, ancien du Vietnam, lui aussi détective à Meriwether. Le roman prend la forme d'un étonnant pèlerinage d'un bistrot à l'autre, qui est aussi un hommage explicite à l'un des auteurs préférés de Crumley, Raymond Chandler (1888-1959).

 

Dans Les Serpents de la frontière, en 1996, James Crumley imagine la rencontre entre Sughrue et Milo, explosive comme on peut s'en douter. Les deux comparses se retrouvent aux prises avec des trafiquants de drogue à la frontière entre le Mexique et la Californie. Dans Folie douce (2005), véritable feu d'artifice, ce Rabelais du roman noir semble tirer un bouquet final ; il entraîne toute une sarabande de psychopathes transsexuels, de handicapés sadiques et de gorilles sanguinaires, dans une enquête qui débute dans le Montana et finit par impliquer le FBI et la CIA avant de trouver son dénouement en Ecosse, ce qui est somme toute assez logique compte tenu de la quantité de whisky ingurgitée à chaque page.

 

James Crumley se soucie peu de vraisemblance, mais la douzaine de livres qu'il a publiés (essentiellement chez Gallimard en France) donne un portrait saisissant de l'envers de la société américaine. Ils sont d'autant plus attachants qu'ils dévoilent sans ostentation une fragilité déguisée en délire. Evoquant le Montana dans un documentaire de Mathieu Serveau (2002) intitulé L'Esprit de la route, James Crumley déclarait au milieu de sa tournée des bars : "Je me dis qu'on ferait mieux de l'appeler le Grand Vide ou le Pays de la Haute Solitude. L'animal humain y cherche la compagnie de ses congénères, mais aussi des endroits où s'abreuver, (...) et, croyez-moi, le Montana regorge d'abreuvoirs formidables."

 

Pourtant, au terme de toutes ces beuveries festives, l'auteur de La Danse de l'ours concluait que "chacun danse seul sur une musique que lui seul entend".

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