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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 06:00

 

Ma sainte et héroïque mère, utilisait souvent à l’adresse de ses amies, pour souligner le soin qu’elle prenait à m’éduquer : ce mot – qui n’est pas un mot valise – « bagage », elle constituait mon bagage, la somme de tout ce qui me permettrait de réussir ma vie.

 

Dans ce lourd bagage, hormis les fondamentaux scolaires : orthographe (le zéro faute aux  dictées), lire, compter, écrire à la plume Sergent Major ; ceux de la civilité : s’exprimer correctement, être poli, avoir de la tenue ; s’ajoutait l’éducation religieuse de stricte obédience.

 

L’Église catholique romaine, en dépit de la séparation de l’Église et de l’État, gardait encore la haute-main sur les deux volets de l’éducation via « l’école libre » et le catéchisme.

 

Mon statut d’enfant de chœur me permettait de jouir d’une immunité dont je profitais largement : « on me donnait le bon Dieu sans confession », pourtant il faut toujours se méfier de « l’eau qui dort ».

 

Au Bourg-Pailler, la tante Valentine, veuve de guerre, sœur de la mémé Marie, lectrice du Pèlerin sans lunettes, tenait lieu de gardienne des pratiques religieuses, de plus sa pension lui permettait  de voyager, elle adorait les pèlerinages, Lourdes tout particulièrement.

 

L’un de ses pèlerinages favoris se tenait à quelques 50 kilomètres de La Mothe-Achard, celui du sanctuaire de la Salette, sis à La Rabatelière, commune située au nord de La Roche sur Yon, il se déroulait chaque premier dimanche de septembre et nous nous y rendions dans un car affrété par les grenouilles de bénitier de la contrée. J’étais le seul gamin du car, ce qui me valait de recevoir des brassées de compliments sur mon goût pour les dévotions.

 

« Les dévotions mon cul ! » comme l’aurait dit Zazie, j’adorais aller au pèlerinage de La Salette pour le pique-nique, tout particulièrement les œufs durs.  

 

Lorsque je partis, pour la seule fois de ma vie, en colonie de vacances avec les enfants de marins de l’Ile d’Yeu (le curé-doyen Bailly avait officié sur l’île), à Saint Jean de Maurienne, nous fîmes une excursion à La Salette en Isère, où, en 1846, la Vierge Marie serait apparue à deux jeunes enfants : Mélanie Calvat et Maximin Giraud. Le temps était caniculaire, les fayots fermentèrent, nous constellâmes le col de la Croix de Fer de nos effluents odoriférants. De retour au bercail familial je me gardai bien d’en faire état, pour la tante Valentine j’avais approché son Graal pèlerinesque, elle n’alla jamais à la vraie Salette.

 

Tout ça pour que vous informer sur le pourquoi de cette étrange institution vendéenne : un sanctuaire de « carton-pâte » à La Rabatelière.

En Vendée, le sanctuaire de la Salette, 135 ans d’histoires et de folies monumentales ICI

 

En 1887, le triptyque monumental rouge et gris sortait de terre grâce aux paroissiens de La Rabatelière, en Vendée. Aujourd’hui, le sanctuaire de la Salette est un lieu de pèlerinage religieux et culturel, unique en son genre.

 

 

Ouest-France Margaux HUCHON.

 

Publié le 03/08/2022 

En contrebas de La Rabatelière (Vendée), à deux pas du ruisseau de l’Anguiller, affluent de la Petite-Maine, les monuments ont des allures de forteresses andalouses, aux lignes nettes. Au sommet d’une pente abrupte : un donjon, des tourelles, de faux mâchicoulis en briques rouges, presque comme un château fort. Les visiteurs les plus prudents diront « baroque » , pour qualifier l’architecture de ce sanctuaire de la Salette, habillé de pins et de quelques yuccas. « Les enfants, en revanche, me disent qu’on dirait Disneyland », rit Michel Cossard, guide bénévole du sanctuaire. Le pape Jean XXIII l’avait surnommé Notre-Dame des briques.

 

Depuis sa création en 1887, la Salette cristallise interrogations et émerveillements. Comment l’abbé Hillairet a-t-il fait construire de tels monuments et pourquoi à La Rabatellière ? Toujours est-il que le traditionnel pèlerinage, chaque premier dimanche de septembre, se maintient. Ils étaient 15 000 fidèles au XIXe siècle, et environ 600 aujourd’hui.

 

 

Dans le sanctuaire, Michel Cossard déambule régulièrement. Il est l’un de ses guides et a été aussi maire de La Rabatelière, de 1995 à 2008. Une commune d’un peu plus de 900 habitants. L’homme de 80 ans aime raconter l’époque des premiers pèlerinages, du temps de l’abbé Hillairet : « il y avait des commerces ambulants sur 3 km, jusqu’au château de La Rabatelière. C’était la fête ! Les gens n’avaient pas de voitures, alors ils laissaient leurs chevaux dans le bourg, près des cafés, et descendaient en procession jusqu’à la Salette. »

 

Avec le temps, la prairie au bord du ruisseau a été appelée le « champ aux œufs durs, glisse Joël Cossais, habitant de la commune. Car les pèlerins venaient pique-niquer avec leurs œufs durs. » Une fois, les fidèles ont même cru au message divin, quand ils ont aperçu un essaim d’abeilles au sommet de la statue de la Vierge Marie.

 

Le sort n’aura pas été aussi glorieux pour le magasin de souvenirs et le café plantés en haut du sanctuaire. Cartes postales, chapelets, petites statuettes… « Ca tournait bien ! » Mais désormais, il ne reste que la façade noircie et le lampadaire du magasin, en souvenir. Le reste est parti en fumée, emportant ses deux propriétaires. La maisonnette, dont il ne reste que quelques briques, existait bien avant la construction de la Salette, selon l’ancien maire. Michel Cossard pense même que « l’abbé Hillairet s’est inspiré de l’architecture de celle-ci pour le sanctuaire. »

 

De l’Isère à La Rabatelière, en Vendée

 

En 1997, deux ans après son élection, Michel Cossard et son équipe municipale ont décidé de racheter les 4 000 m2 du sanctuaire. Des négociations, « pas simples », se sont engagées avec les propriétaires de l’époque : la famille de La Poëze. « Mais finalement, on a réussi ! » se félicite-t-il encore aujourd’hui. La même année, il a fait entrer le complexe architectural aux Monuments historiques. Ce dernier a ensuite été remis aux mains du Département, en 2002.

 

« Les membres de la famille de La Poëze sont les ancêtres du comte, maire de La Rabatelière en 1887 quand le sanctuaire a été érigé sur ses terres par l’abbé Hillairet et ses paroissiens, détaille l’ancien édile. C’était un chemin de terre, avec des ajoncs et des moutons », appelé coteau de Bel-Air. Il est soutenu par de grosses pierres grises, encore visibles aujourd’hui devant le parking.

 

L’abbé Hillairet a posé ses valises dans la commune du comte de La Poëze le 9 mars 1873. Il ne la quittera pas avant sa mort, en 1908. Le religieux aimait déjà participer à des pèlerinages avec ses fidèles, bien avant la construction du sanctuaire. Dont l’un, notamment, à La Salette en Isère. Là-bas, en 1846, la Vierge Marie serait apparue à deux jeunes enfants : Mélanie Calvat et Maximin Giraud. Un phénomène de dévotion qui émeut au plus haut point l’abbé.

 

 

Il décide à son retour de créer son propre sanctuaire de la Salette, mais à La Rabatelière. « Il estimait que pour maintenir la dévotion de ses paroissiens, il lui fallait un monument semblable. En plus, ça évitait de se déplacer chaque année en Isère », explique Michel Cossard. Un moyen de garder ses fidèles près de lui et de lutter contre la politique anticléricale s’installant dans l’Hexagone à l’époque.

 

Il engage alors les habitants du village à la tâche, bénévolement. « Il leur invoquait la dévotion à Dieu… L’abbé les tenait un peu par les idées, il était rigoureux dans la religion. » 1 600 jours de travail et des centaines de charrettes pour rapporter les briques des briqueteries alentour, ainsi que le schiste. L’abbé Hillairet était aux commandes, « mais les plans de construction n’ont jamais été retrouvés… J’ai juste vu passer une sorte de dessin avec des formes géométriques mais c’est impossible d’avoir construit tout cela avec si peu de détails », s’interroge l’ancien maire. Alors comment dirigeait-il ces travaux ? Impossible de le savoir. En 1887, les trois scènes avec des statues représentant l’apparition à la Salette sont inaugurées. Puis, le Rosaire et la tour du Triomphe de la croix. Enfin, la chapelle à la croix de Jérusalem et le chemin de 14-croix. Les folies de l’abbé sont terminées.

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17 août 2022 3 17 /08 /août /2022 06:00

Avec me conflit ukrainien la presse a beaucoup glosé sur la pénurie d’huile de tournesol, moi ça ne me dérange pas je ne suis pas consommateur d’huile raffinée.

 

Mais lorsque je lis dans les Echos de Bernard Arnault que la future récolte d’olives françaises va tourner autour de 630 tonnes, je m’inquiète car notre production est déjà confidentielle, je déteste la notion de niche, nous friserons soit le rationnement, soit le vertige des hauts prix.

 

Peut être une image de 1 personne et position debout

 

Si je lance cette bouteille d’huile d’olive à la mer en direction  d’Olivier Nasles, c’est qu’il est le pape du Bio de l’INAO, l’homme qui tient dans ses mains l’huile et le vin dans son domaine de Camaïsette, devenu pour les bobos l’antre Olivier Bio, et que, dans mes souvenirs d’ancien Président de la SIDO convaincant Louis Le Pensec, ministre de l’agriculture, breton consommateur de ce nectar provençal, de se glisser entre les grands de l’huile d’olive, l’Italie et l’Espagne, pour obtenir un plan de relance de l’oliveraie française, et il y parvint.

 

 

Aucun rêve de gigantisme bien sûr, mais, sans ironie de ma part, je trouve que nous sommes au même niveau qu’au point de départ et que les congrès d’Olive France ont des allures de ceux du parti radical et des défuntes cabines téléphoniques.

 

Lors de son dernier conseil d'administration, le 22 juillet, France Olive a anticipé pour cette année « une très petite récolte » de 630 tonnes d'olive, de moitié inférieure à la moyenne de production.

 (Richard DAMORET/REA)

 Sécheresse : une récolte en péril pour les producteurs d'huile d'olive en Provence ICI 

 

Les oléiculteurs provençaux n'ont pas vu la pluie depuis plusieurs mois. Ils s'attendent à une baisse de production de près de 50 % et cherchent des solutions pour s'adapter au changement climatique.

 

Par Paul Molga

 

Publié le 2 août 2022

 

La récolte des olives n'est prévue qu'à l'automne mais à cause de la sécheresse persistante , les oléiculteurs savent déjà qu'elle sera mauvaise. « Je vais perdre cette année plus de 70 % de ma production », témoigne Jean-Benoît Hugues, propriétaire du Moulin Castelas qui cultive des olives centenaires sur 45 hectares de la Vallée des Baux-de-Provence, le terroir star des appellations d'origine qui fournissent 17 % de la production nationale et le quart des huiles haut de gamme. Ce domaine des Bouches-du-Rhône produit habituellement jusqu'à 90.000 litres d'huiles, souvent médaillées. « En mai, le coup de chaud précoce a grillé les premiers bourgeons printaniers et une bonne partie des olives qui ont survécu sèchent sur l'arbre à cause de la canicule. S'il ne pleut pas cet été, elles tomberont au sol », se désespère l'oléiculteur.

 

C'est une particularité de cette espère végétale : pour résister aux chaleurs intenses, elle privilégie sa survie et rejette ses fruits. « Après le manque d'eau persistant qui a crevassé les sols, la canicule assèche maintenant l'atmosphère. L'arbre se déshydrate et se protège en renfermant ses feuilles. Il fait le dos rond », explique Hélène Lasserre, directrice du pôle de conservation et de recherche chez France Olive.

Peu d'accès à l'eau

 

La vallée des Baux n'est pas une exception. La France compte 40.000 hectares de vergers d'olives, dont le quart est géré par des professionnels, mais moins de 20 % bénéficient d'un accès à l'eau. En Provence, la situation est particulièrement tendue : souvent éloignés des canaux d'irrigation, les oléiculteurs doivent puiser la ressource dans les profondeurs du sol pour entretenir leurs arbres. « Or la recharge hivernale des nappes phréatiques a été insuffisante cette année et les prélèvements très précoces », constate Julien Balajas, responsable du pôle agronomique auprès de l'association professionnelle. Lors de son dernier conseil d'administration qui s'est tenu le 22 juillet, France Olive a anticipé pour cette année « une très petite récolte » de 630 tonnes d'olive, de moitié inférieure à la moyenne de production.

Ce qui inquiète les producteurs, c'est que la situation se répète de plus en plus souvent et que toutes les variétés sont désormais impactées, même les plus résistantes. « Depuis 2014, nous avons subi quatre importantes canicules et deux épisodes de sécheresse », observe Philippe Carra, oléiculteur à La Londe-les-Maures dans le Var, qui estime ses pertes entre 20 % et 30 % sur ses 20 hectares de plantation. Dans ce département qui a vu sa production d'huile chuter de moitié en 2017 et 2019, la Société du Canal de Provence prévoit d'investir massivement pour irriguer 20.000 hectares de terres agricoles les plus éloignées de la ressource. Mais ailleurs ?

 

La solution pourrait venir d'Apt, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Depuis 2017, l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse et l'Irstea y testent un nouveau système d'irrigation à partir des eaux usées de la commune en utilisant l'autoépuration naturelle des plantes et des procédés physico-chimique pour éliminer les bactéries. S'appuyant sur ce programme baptisé « Readap't », les oléiculteurs de la vallée des Baux envisagent à leur tour d'utiliser ce principe. Ils ont fait leurs calculs : les 4.500 mètres cubes traités quotidiennement par la station d'épuration de la communauté de communes seraient suffisants pour les mettre à l'abri de la sécheresse. Reste à trouver les fonds nécessaires : 6 millions d'euros.

Paul Molga (Correspondant à Marseille)

 

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16 août 2022 2 16 /08 /août /2022 06:00

No steak (Documents) eBook : Caron, Aymeric: Amazon.fr: Boutique Kindle

Mon titre est volontairement putassier, plus accrocheur, on n’attrape pas les mouches (tapette à mouches) avec du vinaigre, Aymeric est un grand défenseur des moustiques suceur de sang ICI. La chronique qui suis, de Claude Boiocchi, consultant et philosophe, est très sérieuse, ce que je ne suis pas.

 

Aymeric Caron

Journaliste

 

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille en 1995, Aymeric Caron quitte la France pour s'installer à Shanghai où il travaille dans un studio de production radiophonique pour le compte du Consulat de France. De retour en France en 1997, il travaille pour TF1, LCI, France 3 et l'agence CAPA.

En 1999, il rejoint Canal+ comme grand reporter, il couvre alors différents conflits parmi lesquels ceux du Kosovo, de l'Afghanistan, de la Côte d'Ivoire, du Congo et de l'Irak.

 

De mars 2006 à juin 2008, Aymeric Caron anime la matinale du week-end sur i> Télé.

 

Durant l'été 2009, il anime la matinale sur Europe 1 en remplacement de Marc-Olivier Fogiel.

 

En septembre 2009, la direction de la station lui confie la présentation des matinales du week-end. Après plusieurs allers-retours entre les tranches du week-end et de la semaine, en juillet 2011, il quitte la station, les propositions d'Europe 1 pour la rentrée "ne correspondant pas à ses projets".

 

En 2012, Laurent Ruquier et Catherine Barma lui proposent de rejoindre en l'équipe d'On n'est pas couché, comme chroniqueur aux côtés de Natacha Polony sur France 2.

 

En janvier 2013, il publie aux Éditions Fayard, No Steak, un essai dans lequel il explique pourquoi et comment le végétarisme remplacera dans le futur le régime omnivore.

 

Il quitte l'émission en 2015. Après un bref passage dans l'émission C L'hebdo sur France 5, il lance en 2019, une web TV baptisée Komodo TV. Mais c'est un échec et le projet est stoppé l'année suivante. A la rentrée 2019, Aymeric Caron arrive sur LCI où il devient éditorialiste et intervient dans plusieurs émissions.

 

Depuis plus de 20 ans, Aymeric Caron est végétarien. En 2020, il publie l'ouvrage La revanche de la nature, un essai dans lequel il présente la pandémie comme l'occasion de réfléchir à de nouveaux modèles pour la société future. En 2022, il revient en librairie avec son premier roman : Nous mourrons de nous être tant haïs.

 

Le 3 mai 2022, lors d'une interview accordée au Parisien il annonce sa candidature aux élections législatives de juin 2022. Le 19 juin 2022, il est élu député de 18e circonscription de Paris, sous la bannière de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES).

De quoi la viande cellulaire n’est-elle pas le nom ? ICI

Une chronique de Claude Boiocchi, consultant et philosophe


Présentée par ses promoteurs comme une solution prodigieusement ingénieuse, la « viande cellulaire » semble s’imposer comme le nouvel eldorado qui séduit les investisseurs et excite les entrepreneurs les plus avant-gardistes. Songez que cette fascinante alternative nous sauverait à la fois de la sous-alimentation à venir et nous libérerait de notre soumission fautive à l’élevage intensif cruel, polluant et dévastateur.

Mais de quoi parlons-nous au juste lorsque nous nous laissons aller à convoquer cette étrange expression pour tenter de conjurer notre sort ?

 

Pour tenter de répondre à cette question, il nous faut d’abord nous interroger sur le sens que nous attribuons aux mots et à l’importance que nous accordons à cette forêt de sens. En effet, nous vivons dans un monde bruissant de mots, des mots qui se disent, qui s’écrivent et nous servent à identifier des choses, des individus, des êtres, et notamment à les penser sous une forme organisée et dénombrable. Dès lors que nous comprenons ce que peux signifier une chose, ce que peut être une entité vivante, nous nous sentons capables de la désigner et d’en compter les manifestations.

 

Ainsi nous nous représentons notre environnement en repérant la présence de ce que nous pensons être un arbre, une pomme, une fourmi, un chien, une chaise, un voilier, un avion, etc. Or, pour qu’une chose soit comptable il faut qu’elle soit « une » afin que nous puissions en percevoir une autre puis d’autres équivalentes.

 

Ce qui nous ramène à cette fameuse dénomination de « viande cellulaire » appelée également « viande cultivée » ou « viande de culture », et qui selon Wikipédia : « est un produit carné réalisé par des techniques d’ingénierie tissulaire qui se passent ainsi de l’abattage d’animaux. Elle est produite à partir de cellules animales, que l’on fait croître en dehors du corps de l’animal. » Ainsi, nous parlons d’une substance produite en cuve à partir de prélèvements et cultivés indéfiniment en tenant compte d’un cahier des charges nutritionnel, gustatif et esthétique censé satisfaire notre appétit carnivore tout en réduisant considérablement notre impact fautif sur la planète et le monde animal.

 

Seulement voilà, cette création laborantine en passe d’être industrialisée (à un coût et dans des conditions encore peu communiqués !) n’est pas à proprement parlé de la viande, ou partie d’un animal ayant vécu, mais seulement le résultat d’une extrapolation tissulaire savamment assaisonnée pour tromper du mieux possible et d’aucuns diront de manière éthique, le consommateur reconnaissant de ne plus avoir à porter sa croix de pécheur viandophile impénitent.

 

Mais comment donc nous représenterons-nous ce que nous mangerons lorsque l’essentiel de nos nourritures ne seront plus comptables ?

 

Lorsque nous en serons à ingurgiter de la pâte d’origine animale produite par mètres cubes dans de gigantesques cuves supervisées par des « bouchimistes » formées dans les écoles dont rêve déjà Elon Musk, Xavier Niel  et consort ?

 

Comment parviendrons-nous à nous figurer que nous sommes vivants, vulnérables et organiques lorsque nos parfums seront de synthèses, comme notre viande et l’essentiel de ce qui devrait nous renvoyer ce que nous sommes fondamentalement et auquel nous participons depuis bien avant notre naissance : le monde des vivants et l’universalité des phénomènes naturels vitalisants ?

 

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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 06:00

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Démonstration que sur Twitter il peut s’écrire autre chose que des horions, en 10 messages @pierrehaski explique simplement une page d’Histoire qui permet de mieux comprendre l’imbroglio de Taïwan.

 

MERCI PIERRE HASKI !

 

Un détail dans cette photo de Nancy Pelosi et de la Présidente taiwanaise Tsai Ing-wen : le portrait derrière les deux femmes résume toute la complexité et l’ambiguïté de la situation. C’est celui de Sun Yat-sen, le père de la République en Chine, mais qui n’a jamais mis les pieds dans l’île de Taïwan. Et pour cause, Taïwan est devenue japonaise, sous l’empire des Qing, lorsque Sun Yat-sen (photo) n’avait que 24 ans, et l’était toujours à sa mort, en 1925.

 

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Pourquoi ce portrait à la présidence à Taipei alors ?

 

C’est toute la subtile complexité historique de cet imbroglio. Taïwan est la continuation de la République de Chine (ROC selon son acronyme anglais), fondée à Pékin en 1912 sur les décombres de l’empire. Sun Yat-sen en fut le premier président.

 

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En 1949, à l’issue de la guerre civile, Mao Zedong proclama la naissance (photo) de la République populaire de Chine (RPC), tandis que Chiang Kai-chek, le dirigeant de la ROC, s’enfuyait à Taïwan avec l’espoir de reconquérir le continent.

 

Malgré cette opposition idéologique et militaire, aussi bien Pékin que Taipei honorent la mémoire de Sun Yat-sen, un rare trait d’union entre le continent et l’île.

 

Mais la présence du portrait de Sun constitue aujourd’hui une présence paradoxale à Taipei où l’on cultive une identité « taiwanaise » distincte de l’identité « chinoise », pour résister aux pressions de Pékin en faveur de la réunification.

 

C’est l’héritage du Kuomintang de Chiang Kai-chek (photo) qui a imposé sa dictature à Taïwan pendant deux décennies, tandis que son rêve de reconquête de la Chine s’évaporait…

 

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Les Taïwanais d’aujourd’hui  se sont construits contre cette histoire, à partir de leur lutte pour la démocratie, qui en fait aujourd’hui un pays véritablement démocratique, pratiquant l’alternance, sans prisonniers politiques, la liberté de conscience, et une société libre et ouverte. Sun Yat-sen et tout ce qui rattache Taïwan à son passé chinois est loin et refoulé, ce qui agace considérablement la Chine !

 

De nombreux Taiwanais, parmi les partisans du parti de la Presidente Tsai, aimeraient bien se débarrasser de cet encombrant symbole, même si le personnage de Sun Yat-sen est infiniment plus sympathique que son successeur, le sinistre Chiang Kai-chek. Mais ce « wokisme » taiwanais fournirait à Pékin le prétexte d’un procès en « Indépendance » qui vaut casus belli pour les dirigeants chinois.

 

Voilà pourquoi cette cérémonie de défi entre la Présidente de Taïwan et la Speaker de la Chambre des Représentants des Etats-Unis s’est déroulée sous le regard de l’homme qui incarne paradoxalement un lien historique, politique et culturel avec une « mère patrie » dont les Taiwanais ne veulent plus.

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14 août 2022 7 14 /08 /août /2022 06:00

ANCIEN CAHIER DE devoir de vacances écolier EDIP old school french book EUR  34,90 - PicClick FR

Les cahiers de devoir de vacances existent encore pour la marmaille, ils devraient être imposés aux élus de la NUPES pendant le temps où ils ne vont pas siéger sur les bancs de l’AN. Le sujet à l’ordre du jour : L’EMPLOI.

 

Comment, pour certaines tâches difficiles et peu attractives, comment trouver de la main d’œuvre adaptée ?

 

Bien sûr, la réponse risque d’être, dans la bouche de Sandrine Rousseau et comparses : « y’a qu’à les payer mieux et le tour sera joué ! »

 

Si c’était aussi simple que pondre des amendements, de twitter à tour de bras, de déverser jusqu’à plus soif des « éléments de langage » prémâchés, ça se saurait.

 

Je les invite à lire ce reportage du Monde pour éclairer leur lanterne qu’ils estiment être le phare du Monde des travailleurs.

 

 

SOCIÉTÉ  IMMIGRATION ET DIVERSITÉ

A Figari, en Corse, les ouvriers marocains font vivre la vigne

 

Par Julia Pascual (Figari (Corse-du-Sud), envoyée spéciale)

 

REPORTAGE

 

Depuis de nombreuses années, les vignerons corses, confrontés au manque de main-d’œuvre locale, font venir des travailleurs saisonniers du Maroc.

 

Jean-Baptiste de Peretti se lève tôt. Et le jour, peu avant lui. Au volant de son pick-up, l’esprit encore cotonneux, il descend le long de son vignoble, qui s’étend sur 15 hectares vallonnés. En piémont de la splendide chaîne montagneuse de l’Omu di Cagna, en Corse-du-Sud, il détaille les vignes qu’il a commencé à planter en 2013 et qu’agite un timide vent venu de la mer.

 

Entre les rangées des plus jeunes ceps, le vigneron de 52 ans salue ses deux ouvriers agricoles marocains, Abdou et Morad (ils ont requis l’anonymat). Depuis 6 heures, les deux hommes s’affairent à installer un système de goutte à goutte qui viendra rafraîchir la vigne naissante. Il n’a pas plu depuis trois mois à Figari. Chemin faisant, Abdou et Morad se courbent pour fixer les tuteurs des pieds encore frêles, d’un geste répétitif. Enfin, ils arrachent à la main les rares mauvaises herbes qui s’accrochent encore à la terre granitique tout juste labourée. Dans peu de temps, il fera plus de 30 °C sous le soleil.

 

Un « métier difficile », concède Jean-Baptiste de Peretti. Sûrement l’une des raisons pour lesquelles le domaine a du mal à recruter des saisonniers. Ici comme ailleurs, la main-d’œuvre se fait rare alors, comme d’autres avant lui, M. de Peretti s’est tourné vers le Maroc pour embaucher.

 

Tradition familiale

 

En 2022, un nombre croissant d’employeurs ont fait venir des saisonniers de l’étranger. Ainsi, la direction générale des étrangers en France (DGEF) a déjà délivré 22 000 autorisations de travail saisonnier, deux fois plus qu’en 2021. Une croissance qui s’explique par « la levée des contraintes sanitaires et par des tensions accrues sur le marché du travail », avance la DGEF.

 

M. de Peretti s’est rendu dans la région viticole de Meknès en janvier 2019. Il voulait choisir sur place des saisonniers ayant « une vraie connaissance de la vigne » pour son exploitation labellisée AOC et en conversion bio. Là-bas, il a croisé une dizaine d’ouvriers, et parmi eux, Morad. Le patron corse a demandé au Marocain de faire une marche arrière en tracteur et l’affaire était conclue.

 

Après trois saisons, Morad, 38 ans, a signé un CDI à temps plein au domaine de Peretti della Rocca. « C’est quelqu’un de très important pour moi », insiste le vigneron. « Jean-Baptiste, c’est comme la famille », lui retourne l’ouvrier. Maintenant qu’il est à l’année en Corse, Morad aimerait faire venir sa femme et ses quatre enfants. Pour cet homme, la migration s’inscrit dans une tradition familiale. Issu d’une fratrie de quatorze enfants, il compte un frère ouvrier agricole comme lui, en Haute-Corse, deux frères mécanicien et chauffeur de poids lourds sur le continent, un autre frère dans le bâtiment en Espagne et un autre encore qui exerce comme coiffeur aux Pays-Bas. Deux frères qui font les saisons agricoles en Corse complètent cette diaspora.

 

Son collègue Abdou, 45 ans, a décroché son premier contrat saisonnier grâce à l’entremise de son frère, Tareq, installé sur l’île depuis 2008. Leur père avait avant eux travaillé cinquante ans dans la vigne en France. « Il n’y a que des Marocains qui font [ce travail]. C’est dur », explique Abdou, qui effectue sa deuxième saison d’affilée au domaine de Peretti della Rocca. Ici, les ouvriers sont logés et gagnent 1 500 euros net par mois, contre environ 300 euros au Maroc pour le même travail.

 

Tensions diplomatiques

 

Si les Corses, en revanche, ne se bousculent pas, « c’est sûrement une question de salaire », veut croire M. de Peretti, qui évoque tour à tour l’augmentation du prix de l’essence, des taux bancaires et la cherté des loyers dans la région. Mais lui ne peut pas offrir davantage, « ou alors il faut baisser les charges », suggère-t-il.

 

Le vigneron souligne aussi le besoin d’organiser des formations professionnelles de qualité sur l’île, « pas des voies de garage », alors qu’il regarde, fataliste, tous les jeunes bacheliers partir « faire du droit à Corte pour devenir avocats ».

 

L’an prochain, M. de Peretti aurait besoin de trois saisonniers et il s’inquiète déjà de ne pas les trouver. Un frère de Morad devait venir cette année en renfort, mais, en dépit de l’autorisation de travail qu’il avait obtenue, le visa lui a été refusé en avril par le consulat de France au Maroc. « On n’a vraiment pas compris », lâche, dépité, M. de Peretti, qui s’est laissé dire que des tensions diplomatiques entre Paris et Rabat expliqueraient ce tour de vis. En septembre 2021, le gouvernement avait annoncé réduire drastiquement le nombre de visas accordés aux ressortissants du Maghreb, une mesure de rétorsion face au peu de diligence de ces pays à faciliter l’expulsion de leurs nationaux en situation irrégulière.

 

Cette année-là, M. de Peretti s’en souvient. Il avait dû monter au créneau pour débloquer les choses. « Le préfet nous avait refusé la main-d’œuvre étrangère et il y avait eu du gel dans les vignes, rapporte-t-il. J’étais allé voir la directrice de l’agriculture et je lui avais dit : “Vous voulez qu’on se pende ?” Le préfet était finalement revenu sur sa décision. Il s’était déplacé sur l’exploitation et m’avait demandé pourquoi je n’allais pas à Pôle emploi. Mais on n’a jamais personne par le biais de Pôle emploi ! »

 

« Surenchère »

 

Même pour faire tourner la maison d’hôtes qu’il a lancée en 2020, M. de Peretti a dû recruter en dehors de l’île. Une Argentine et un Sénégalais font notamment le ménage des chambres de juin à octobre. Et il peut faire appel à des prestataires portugais en cas de besoin supplémentaire. Le patron peste contre les propriétaires de grosses villas à Porto-Vecchio qui font de la « surenchère en payant des femmes de ménage 25 euros de l’heure au noir ». Ou contre Pôle emploi, encore, qui est devenu à son sens « une pension ». « Les gens ne veulent plus travailler », finit par croire le vigneron.

 

Il se demande s’il ne va pas investir dans une machine à vendanger, même si le résultat sera moins qualitatif. C’est déjà le choix qu’a fait Jean Curallucci, un autre vigneron de Figari, âgé de 64 ans et qui a racheté dans les années 1990 avec son cousin le domaine de 50 hectares de Petra Bianca. Les contrats de saisonniers étrangers, il y a toujours eu recours dès qu’il n’a plus suffi de descendre au petit matin sur la place de Porto-Vecchio pour trouver des ouvriers. Ses travailleurs sont marocains, mais aussi polonais et italiens. Et certains se succèdent de père en fils. M. Curallucci en a un besoin essentiel pour la taille de son vignoble en conduite bio. Mais pour gagner en « indépendance », il essaye de « mécaniser au maximum » sa production. « Ça coûte cher, mais c’est le prix à payer », concède-t-il. Le matin où nous le rencontrons, son fils est justement parti dans une concession de matériel agricole découvrir un tout nouveau robot viticole.

 

Julia Pascual

Figari (Corse-du-Sud), envoyée spéciale

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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 06:00

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Le 6 juillet 2022, les 500 plus grandes fortunes de France ont été révélées par Challenges.

 

À Bordeaux (Gironde), le commerce du vin fait le bonheur de nombre d'entre elles.

 

Au niveau national, l’indétrônable Bernard Arnault (groupe LVMH), avec ses 149 000 millions d’euros, domine le classement. Il est suivi des héritiers de la maison Chanel, Alain et Gérard Wertheimer (80 000 millions d’euros) et de la famille Hermès (78 700 millions d’euros).

 

Le vin, première source de richesse en Gironde

À la première place des Girondins les plus riches (10e au classement national), Pierre Castel, qui contrôle 80 % du troisième négoce de vins au monde. Sa fortune est estimée à 13 500 millions d’euros.

 

S’ensuivent une vingtaine de propriétaires de vignobles et/ou négociants en vins et spiritueux dans le bordelais, parmi lesquels :

 

Patrice Pichet, 75e fortune de France avec 1 500 millions d’euros

 

Bernard Magrez (propriétaire de 42 vignobles) 104e avec 1 100 millions d’euros

 

Philippe Sereys de Rothschild (Mouton Rothschild), 128e avec 900 millions d’euros

 

Jean-François et Jean Moueix (maison de négoce Duclot et 80 % du Pétrus), 193e avec 625 millions d’euros

 

La famille de Boüard de Laforest (château Angélus), 373e avec 320millions deuros

 

Le top 20 des fortunes ayant des propriétés en Gironde

- Pierre Castel (10e national)

- Patrice Pichet (75e)

- Bernard Magrez (104e)

- Michel Ohayon (104e)

- Philippe Sereys de Rothshild (128e)

- Éric et Robert de Rothschild (128e)

- Jean-François et Jean Moueix (193e)

- Jean-Jacques Frey (227e)

- Sébastien Breteau (232e)

- Gérard Perse (283e)

- Famille Ballande (291e)

- Jean-Hubert Delon et Geneviève d'Alton (326e)

- Christian et Edouard Moueix (354e)

- Bruno et Marie Borie (362e)

- Jean-Michel et Sylvie Cazes (362e)

- Famille de Boüard de Laforest (373e)

- Philipe Castéja (389e)

- Famille Manoncourt (420e)

- Famille Labruyère (420e)

- Franck Allard (426e)

 

Il faut

TRIBUNE

Il faut "éviter une déprise viticole anarchique" à Bordeaux

Sa moustache est l’inévitable poil à gratter de toutes les réunions d'instances politiques des vins de Bordeaux. Dans cette tribune, retranscrite en intégralité, Dominique Techer est moins le porte-parole de la Confédération Paysanne que d’un vignoble en souffrance qui demande des solutions d’urgence. Sans oublier de s’attaquer aux Cotisations Volontaires Obligatoire (CVO).

 

Bordeaux traverse une crise historique et la question de l’arrachage s’invite enfin à la table. Il aura fallu pour cela un mouvement spontané des vignerons eux-mêmes, pour bousculer une institution fossilisée. Le spectacle des vignes abandonnées, comme le drame social silencieux qui va avec, n’échappent visiblement qu’aux officiels. Tous les prétextes et les faux -arguments ont été utilisés pour faire espérer le retour des « jours heureux » à des vignerons qui ne savent plus à quoi croire : le Covid, les taxes Trump, la Chine etc. On a usé et abusé des respirateurs bancaires pour retarder les échéances. Mais les faits sont têtus : Bordeaux a un potentiel de production de 5 millions d’hectolitres et en vend 4 au mieux. Ce chiffre est probablement surestimé, vu la récession déjà en cours et les restrictions énergétiques majeures prévues à partir du deuxième semestre. Au bas mot, comme nous le disons depuis des années, il y a autour de 30 000 hectares de vignes qui n’ont déjà plus de marché. Les chais sont pleins et les trésoreries à sec.

 

Il faut être clair sur le diagnostic. Le vin n’occupe plus structurellement l’espace comme au vingtième siècle. La France a terminé sa déchristianisation, le repas familial comme institution assez patriarcale a fait place à la restauration hors domicile et au réfrigérateur en libre-service. La génération du baby-boom, clientèle historique, arrive en fin de course et le vin a perdu sa place prépondérante dans l’imaginaire des jeunes, qui sont les amateurs de demain. Ce monde du vin s’est industrialisé, rationalisé, robotisé et a perdu son âme, sa place symbolique de rapport à la terre et au vivant. Ce sont les petites brasseries de bière artisanales qui ont repris ce flambeau. L’idéal du wine business c’est maintenant l’intelligence artificielle, les outils autonomes, guidés GPS, si possible sans intervention humaine. Certains nous proposaient même de « vinifier avec notre smartphone » ! On recherchait autrefois les vins de vignerons passionnés et originaux. Qui va aujourd’hui rêver aux vins des robots ? Va-t-on ré-enchanter le vin en passant du rapport à la terre au mirage de la technologie 2.0 ? Là encore, on a une représentation professionnelle totalement décalée par rapport aux idées et préoccupations qui travaillent en profondeur toute la société.

 

 

Un tel aveuglement des instances chargées d’orienter stratégiquement les appellations de Bordeaux étonne. Un ancien président de l’interprofession, siégeant à FranceAgriMer, déclarait encore récemment que la crise était conjoncturelle et pas structurelle ! Ce qui explique la politique expansionniste du CIVB de « restructuration du vignoble-modernisation des chais » qui a lourdement endetté les vignerons, au moment même où le marché se contractait.

 

 

Consentement aux taxes

 

L’interprofession se contente donc maintenant d’assurer l’administration du désastre, de faire « comme si » elle orientait quelque chose d’autre que des intérêts particuliers. Ça ne l’empêche pas de demander, comme si de rien n’était, la reconduction de l’accord triennal validant le niveau des Cotisations Volontaires Obligatoire (CVO). Mais avant de demander cette reconduction, en toute honnêteté, il faudrait demander à tous les cotisants un vote de confiance explicite. Il va bien falloir s’assurer du consentement aux taxes et de la confiance dans la gouvernance actuelle. Et si cette confiance n’était pas confirmée, il faudrait alors mettre fin au jeu de chaises musicales entre quelques dizaines de personnes pour se répartir les postes.

 

L’heure est grave à Bordeaux, mais sans doute aussi dans d’autres vignobles. Il faut prendre acte de la diminution du périmètre économique de la viticulture. Il faut prendre acte du chaos climatique qui s’installe et qui interroge lourdement sur l’agriculture qui restera possible demain : les vignerons présents à Tech&Bio le 7 juillet ont été « sonnés » par les prévisions concrètes d’évolution climatique présentées par les Chambres d’agriculture.

 

Il faut prendre acte de la fin de la mondialisation heureuse, synonyme de libre et fluide circulation des marchandises et des capitaux.

 

Que les professionnels de la représentation viticole arrêtent donc de défendre des petits pré-carrés, des assiettes de cotisations assurant des fonctionnements confortables et d’émollientes rémunérations, et se préoccupent enfin des vrais enjeux et des humains qui sont derrière tout ça.

 

Il n’y aura donc pas de solution purement viticole aux problèmes actuels.

 

 

Monoculture intensive

 

On ne peut pas envisager de tamponner les effets du chaos climatique dans une stratégie purement « filière ». Cette crise peut être l’occasion, si tous les acteurs prennent leurs responsabilités, de restructurer une agriculture girondine trop imprégnée par la monoculture intensive de la vigne. C’est un plan d’ensemble, notamment sur le plan foncier, qui est nécessaire pour éviter une déprise viticole anarchique. L’arrêt de la culture de la vigne ne doit pas déboucher sur des paysages défigurés par une série de confettis de friches, de pseudo « fermes solaires » ou de plantations industrielles d’arbres servant d’alibi « vert » à de gros consommateurs d’énergie fossile. Les terres les plus adaptées à des cultures alimentaires doivent être restructurées dans des unités viables. Et un véritable plan d’accompagnement de ces installations doit se mettre en place.

 

Pour cela, il faut que chacun réalise, à l’heure de la crise alimentaire mondiale où chaque état cherche à retenir ses ressources alimentaires, l’importance d’une agriculture locale et surtout autonome. Le financement de cette mutation doit devenir une priorité.  Avons-nous encore les moyens d’investir 14 milliards d’euros (budget prévisionnel...) dans une Ligne à Grande Vitesse (LGV) pour gagner 30 minutes entre Bordeaux et Toulouse, au moment où des pans entiers de notre société partent en ruine ? Faut-il investir dans un nouveau projet agricole garant de notre sécurité alimentaire ? C’est le véritable choix de société.

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 06:00

Face à Gaïa - Bruno Latour - Éditions La Découverte

Le britannique James Lovelock est mort mardi à l’âge de 103 ans. En 2018, le philosophe Bruno Latour s’était rendu dans le Devon afin de rencontrer ce savant à l’origine de l’un des concepts écologistes les plus féconds de ces dernières années. Il en avait tiré ce récit que nous republions avec tristesse.

 

James Lovelock à Paris en 2009. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

James Lovelock à Paris en 2009. (JACQUES DEMARTHON / AFP

 

C’est le temps des vacances, de l’indolence, alors pour vous tirer de votre somnolence postprandiale je vous propose du Latour, pas du Louis-Fabrice, du Bruno, le philosophe.

 

Stephan Harding m’avait dit : « Au moindre rhume, on sera obligé d’annuler ; il a eu une bronchite il n’y a pas longtemps ; on ne doit prendre aucun risque. » Comme, malgré le froid polaire qui tombait sur l’Angleterre en février, je n’avais pas la moindre toux, nous avons décidé d’y aller. Par précaution, toutefois, nous nous sommes lavés soigneusement les mains plusieurs fois avec un savon antiseptique. Et nous voilà partis pour la côte du Dorset, dans le sud de l’Angleterre, sur la route de la Cornouailles.

 

James Lovelock est un très vieux monsieur de 98 ans. C’est un penseur aussi important que peu académique, qui fut le premier à théoriser ce que l’on appelle, dans les milieux de l’écologie et des sciences de la Terre, l’hypothèse « Gaïa », que l’on peut résumer provisoirement ainsi à ce stade de mon enquête : la Terre est un ensemble d’êtres vivants et de matière qui se sont fabriqués ensemble, qui ne peuvent vivre séparément et dont l’homme ne saurait s’extraire. Je n’avais jamais prévu de rencontrer le père de Gaïa. J’avais lu tous ses livres, mais ses interventions récentes dans la presse, ses opinions politiques assez loufoques, son amour exagéré pour l’industrie nucléaire, tout cela ne m’attirait pas particulièrement, d’autant que je n’ai jamais eu l’obsession de visiter les lieux où les auteurs que j’aime ont écrit leurs livres.

 

Mais Harding, son ami et disciple, m’avait assuré que Lovelock souhaitait me rencontrer. Il se demandait pourquoi un philosophe français pouvait s’intéresser à la théorie Gaïa au point de lui consacrer un livre [Bruno Latour a publié en 2015 « Face à Gaïa » aux Editions La Découverte, N.D.L.R.]. Et comme j’ai la conviction que la proposition théorique de Lovelock a la même importance dans l’histoire de la connaissance humaine que celle de Galilée, il s’amusait apparemment que j’aille jusqu’à le comparer à cet astronome admiré et inventeur disputé, parce qu’il avait compris avant les autres que la Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse.

 

En roulant sur les petites routes du Dorset avant de parvenir à une maison posée en plein vent au bord de la mer, au bout d’une piste couverte de galets déposés par les vagues, je ne pouvais cacher mon inquiétude à l’idée de déranger un homme de 98 ans. Que pouvais-je lui dire qui l’intéresserait ? Que pouvait-il me dire qu’il n’aurait pas raconté des dizaines de fois aux journalistes qui cherchaient régulièrement à alimenter sa réputation d’homme à scandale ? N’avait-il pas récemment traumatisé une journaliste du « Guardian », en lui expliquant que l’humanité n’en avait plus que pour cent ans avant que les robots ne prennent le pouvoir ? Comme j’allais l’apprendre bientôt, ce n’est pas lui qui se fatiguerait, mais c’est moi qui, épuisé par cinq heures de discussion scientifique, me résignerais à quitter la délicieuse hospitalité de « Jim » et de son épouse, Sandy.

 

En regardant, à travers la fenêtre de la salle à manger où nous partagions un repas léger, la tempête de neige qui s’avançait sur la mer en couvrant de nuées sombres le soleil qui se couchait, j’essayais de comprendre le paradoxe de ce vieil homme pugnace à la voix encore fraîche qui avait introduit en histoire des sciences une nouveauté décisive objet de tant de malentendus. En remontant dans la voiture de Stephan, je me demandais si c’était moi qui avais exagéré l’importance de Gaïa, ou si je me trouvais en effet comme quelqu’un qui aurait eu la chance, dans les années 1620, de rencontrer le sieur Galileo Galilei avant que ses idées ne deviennent le sens commun d’une civilisation encore à venir.

 

Un malentendu fondamental la suite ICI 

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11 août 2022 4 11 /08 /août /2022 06:00

https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2019/06/10/cover-r4x3w1000-5cfe222ce23d4-capture-d-e-cran-2019-06-10-a-11-24-14.jpg

C’est un vrai et grand débat, où les lanceurs d’alerte tirent la sonnette d’alarme, c’est leur fonction même, le plus difficile, hormis les grandes exhortations, est de baliser la marche à suivre pour assurer la transition. Ça ne se fera pas d’un claquement de doigts, les principaux concernés, les agriculteurs, les éleveurs, les viticulteurs etc…, qui ne sont pas une masse homogène, devront adhérer et l’assurer. Entre le grand chambardement et la politique des petits pas, des solutions innovantes sont à imaginer, ni les politiques ni les représentants professionnels n’y sont près. Quant aux citoyens-consommateurs, ils devront eux aussi changer radicalement leurs pratiques, le temps du tout prêt, vite fait, mal fait, pas cher, vite livré est terminé. Demander aux autres de changer alors que pour soi-même il faut que tout change pour que rien ne change est aussi le vrai défi.

 

https://www.novethic.fr/fileadmin/secheresse-restrictions-d-usage-de-l-eau-arrosoir-interdiction-istock-Corazza.jpg

 

Canicules et sécheresses à répétition, inondations catastrophiques : partout dans le monde, les désastres liés au changement climatique frappent durement les agriculteurs, qui n’ont d’autre choix que de s’adapter.

 

Au Bangladesh, les fermiers, qui subissent la montée de la mer, créent des potagers flottants et sèment du riz résistant au sel. En Inde, par manque d’eau, des fermiers abandonnent le riz au profit du millet et des légumineuses. Aux Etats-Unis, de nombreux exploitants sont contraints de modifier leur irrigation. En France, le sorgho, plante de climat chaud peu exigeante en eau, est maintenant cultivé en Ile-de-France, tandis que dans plusieurs régions, des agriculteurs optent pour des variétés de céréales et des cépages plus résistants à la chaleur.

 

Trois fois plus de pertes agricoles en 50 ans la suite ICI

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 06:00

Draisy pourra être piloté « à vue » comme le sont les tramways en ville.

Draisy pourra être piloté « à vue » comme le sont les tramways en ville. (Draisy Lohr Haiku Design)

J’ai un problème avec nos deux beaux départements alsaciens, suis incapable de savoir où situer le Haut ou le Bas Rhin, donc de situer la résidence hivernale des Axelroud.

 

En conséquence, lorsque je lis dans le journal Les Échos, de Bernard  Arnault, que : « C'est un peu le retour de la Micheline, options moteur de bus et autonomie énergétique. Lohr ICI, spécialiste des transports situé à Hangenbieten (Bas-Rhin) s'attelle à la réalisation d'un train léger d'un nouveau genre pour conserver, voire réhabiliter, des petites lignes régionales. »

 

Nom de code du projet, mené dans le cadre d'un consortium lancé en 2019 par la SNCF : Draisy. Il s'agit d'un véhicule de la taille d'un bus, doté de batteries rapidement rechargeables et pouvant donc circuler sur des voies non électrifiées. Il pourra être piloté « à vue » comme le sont les tramways en ville.

 

80 passagers

 

Draisy a été retenu en mars 2022 dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) sur la digitalisation et la décarbonation du transport ferroviaire. Le volet « trains légers » de cet AMI vise le remplacement des trains régionaux conventionnels, jugés surdimensionnés et trop coûteux, sur les lignes de desserte fine du territoire. C'est un potentiel de 9.100 kilomètres de lignes, à 85 % non électrifiées, qui s'offre aux trains légers.

 

La suite ICI 

 

Conclusion :

 

  • J’imagine que notre SNCFe va faire circuler entre Port-Bou et Argelès-sur-Mer via Collioure, un DRAISY-PAX pour que celui-ci puisse promener Nane zéro carbone
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9 août 2022 2 09 /08 /août /2022 06:00

Peut être une image de 13 personnes, personnes debout, arbre et plein air

L’ami Olivier de Moor qui a certes parfois la tête dans les étoiles – c’est un compliment – ne reste pas les deux pieds dans le même sabot – ça c’est pour les écolos de salon – il les a dans ses vignes et pas que, il cherche, avec d’autres comment « sauver la vigne » face aux dangers qui la menace.

 

Il m’alerte :

 

Bonsoir Jacques,

 

Voilà donc mis bout à bout:  Si on remets l'agronomie et un peu de réflexion face aux nouveaux enjeux, et ben mon petit doigt me dit que y'a du turf dans nos belles appellations. Les moines défricheurs ce qu'on a oublié, c'est que la vigne ils ne la piochaient pas mais la laissaient pousser dans les arbres en lisière de forêt ... Donc tout est à revoir et il va falloir changer le pitch !

 

Ça me motive, c’est tout de même mieux que l’appel de Jean-Marie Fabre le patron des VIF pour un plan Marshall de l’irrigation. ICI 

 

Faire monter la vigne dans les arbres ça me fait rêver d’un vin nu ayant flirté avec les étoiles

 

A Plea From Chablis: Olivier de Moor Speaks Out

 AVIS D'EXPERTS

 

"La biodiversité peut sauver la vigne" ICI 

 

Mauvaise nouvelle : le vignoble français est en danger.

 

Bonne nouvelle : il a la capacité intrinsèque de se sauver. Pour les premiers Assises de l’agroécologie en beaujolais, quatre agronomes « spécialistes du vivant » ont exhorté les vignerons à remettre en question leurs pratiques pour miser sur la vie du sol.

 

Par Bérengère Lafeuille Le 26 juillet 2022

 

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