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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 06:00

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Claire Naudin-Ferrand je l’ai découverte, le 24 juin 2008 après-midi, à la tribune de l’AG du BIVB, où elle prenait la parole en tant que présidente du SAQ au cours du débat  « Agrément, typicité et marchés » judicieusement organisé par PH Gagey en présence d’Yves Bénard, le président du CN Vins et Eaux-de-vie de l'INAO.

 

Les propos de Christelle Mercier de l'INAO sur la définition de la typicité venaient de me plonger dans un état d’attrition profond. Ébranlé donc, partagé entre l’effroi et la colère face à ce gloubiboulga de pseudoscience – j’ai subi lorsque j’étais président du Calvados le dénommé Jean Salette, père de la typicité  directeur de recherches émérite de l’INRA et membre de l’Académie d’Agriculture de France qui se targue d’être le spécialiste des relations entre les terroirs et les produits et qui joue les consultants dans le domaine des produits de terroirs et des appellations d’origine. Dieu nous garde des consultants de cet acabit – je regrettais le temps où mes fonctions me permettaient de donner le signal de la fin de la récréation. Je m’attendais donc à un gentil discours de présidente. Elle le fit et puis, avec conviction et finesse, ce furent : « des paroles simples d’une vigneronne sur la typicité »

 

ICI 

 

13 ans déjà, nous sommes devenus ami et, comme Claire publie sur Face de Bouc :

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Claire Naudin le 24 avril

Une photo de bouteilles pour parler du gel ??? Eh oui... Parce que depuis le gel de 2016, je préfère parler de : stratégie globale d'intégration des risques climatiques dans une exploitation.

 

Moi, ni une ni deux, toujours intéressé par celles et ceux qui réfléchissent, se remettent en question, je lui demandé si elle pourrait trouver du temps pour développer, ce qu’elle a gentiment fait le 1er Mai, au lieu  d’aller cueillir du muguet, pas au bois de Chaville vu que nous sommes confinés.

 

 

MERCI Claire

 

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STRATÉGIE D'INTÉGRATION DES RISQUES CLIMATIQUES
DANS UNE EXPLOITATION VITICOLE



02,05,2021

 

En 2003 nous avons pensé qu'un millésime exceptionnel se présentait, qui rappelait beaucoup 1969 en précocité, et en concentration des raisins. 

 

Le millésime 2003 posait 2 questions : la précocité et le (petit) volume de récolte. 

 

Accidents ou prémices ?


Depuis, les millésimes précoces se sont répétés, au point de ne plus nous surprendre : 2007, 2015, 2017, 2018, 2020…Ainsi le millésime 2003 était-il très probablement le début d'une nouvelle ère pour la viticulture. 


Combinés à un fort déficit hydrique, et/ou à une forte évaporation, ces millésimes précoces peuvent conduire à des pertes de récolte importantes. Ce stress hydrique est un nouveau facteur de perte de récolte, qui vient s’ajouter au gel et à la grêle.

 

Depuis une dizaine d'années, la grêle change de morphologie et prend des proportions alarmantes. En effet, au lieu de toucher classiquement un secteur géographique de quelques kilomètres carrés, elle touche aujourd'hui des dizaines de kilomètres carrés. Là aussi, la donne a changé…

 

En 2016, c'est un épisode de gelée noire qui est venu nous surprendre. Le phénomène est connu : une période douce déclenchant le gonflement prématuré des bourgeons, voire même le début de pousse des rameaux, puis une descente d'air polaire froid et sec, qui ravage tout sur son passage, potentiellement combinée à une gelée blanche classique (air froid et humide dans les points bas). La gelée blanche va toucher les points bas et la gelée noire touchera les meilleures expositions. Rien n'y échappe ou presque…

 

En 2016 nous avons été pris au dépourvu, par l'intensité et l'ampleur géographique du phénomène. De ce fait, chacun a pensé qu'il était très exceptionnel.


Néanmoins dans le doute, nombre de domaine ont réagi :


- à court terme en brûlant de la paille (2017, 2018, 2019), jusqu'à ce que l'on démontre que cette méthode était à peu près inefficace.

- ensuite en investissant dans des équipements de protection contre le gel, en particulier les bougies, les tours à hélices, l'aspersion ou encore les câbles chauffants.

 

Nous serions en Australie, en Californie ou au Chili, il nous faudrait aussi intégrer le risque Feu. Réjouissons-nous d'y échapper. Cela-dit, malheureusement, les périodes de canicule combinées à de gros déficits hydriques, peuvent nous laisser craindre de subir ces phénomènes à l’avenir et sur des secteurs plus importants que ce que nous connaissons de façon très épisodique.

 

En 2021, l'épisode de gel des 7-9 avril vient montrer 2 choses :


- l’occurrence de phénomènes de grande ampleur augmente et nous ne pouvons plus parier sur leur absence.


- les outils de protection ont un coût élevé pour une efficacité parfois limitée, sans parler des désagréments engendrés pour la population (fumées, nuisances sonores, pollution...).

 

Alors le moment est sans doute venu de redire qu'une exploitation viticole doit, au XXIème siècle, intégrer les risques climatiques dans son modèle économique, et mettre en place une stratégie ou un ensemble de moyens pour y répondre, au-delà des stricts moyens techniques de lutte.

 

La première étape est de ne plus faire l'autruche mais d'accepter l'idée du risque.


En 2015, année précoce et sèche, de demi-récolte donc, qui suivait 3 années parfois très impactées par la grêle, j'entendais nombre de collègues me dire : “l'année prochaine, il faut qu'on produise beaucoup". Lorsque je répondais : "mais que feras-tu si ce n'est pas le cas", mes collègues restaient sans voix. Et, bien qu'improbable pour eux, étant donné le terrible enchaînement qui avait précédé, le gel de 2016 est survenu, affaiblissant encore les entreprises.


Accepter l'idée du risque climatique c'est se préparer au pire, par tous les moyens.

 

C’est donc construire, étape après étape, une véritable stratégie d’intégration aux risques climatiques dans toute leur diversité.

 

Suite à 2016 je suis donc arrivée, comme de nombreux collègues, aux conclusions suivantes :

 

1- les assurances climatiques ne sont pas LA solution :


- les accidents climatiques sont d'une telle ampleur qu'on peut difficilement envisager de mutualiser le risque.


- le calcul de l'indemnisation sur la moyenne écrêtée des 5 dernière récoltes, pénalise les entreprises (nombreuses) qui ont aussi subi grêle et/ou sécheresse.


- la temporalité des indemnisations est désastreuse en terme de fiscalité (les indemnités devraient arriver en n+1 voire n+2, c'est à dire au creux de trésorerie, et non pas l’année n)


- la prime d'assurance ne comble pas votre manque de vin et la perte de clientèle qui s'ensuit.

 

L’assurance grêle reste à part, a priori et à mon sens, comme un outil pertinent, en fonction de l’avancement des autres éléments de notre stratégie de gestion des risques climatiques.

 

2- les moyens de lutte doivent être améliorés et cela ne se fera pas tout seul :


- les bâches sont utilisées dans de nombreux endroits dans le monde, pour lutter contre la grêle, la neige, l’échaudage ou encore le gel (et les oiseaux). Certes elles ne sont pas autorisées dans le cadre de l’AOP, mais c’est sans doute au cadre de s’adapter, non l’inverse. Nous sommes un certain nombre à penser que des systèmes de bâches facilement et rapidement déployables, possiblement complétés par des systèmes de chauffage (lutte contre le gel), permettraient de gagner en efficacité, donc en coût (meilleur bilan énergétique), tout en ne nuisant pas à la population (gênée par le bruit des hélices ou autres hélicoptères, sans parler de la pollution des bougies).


En outre, les bâches protègent de l’humidité (cf la neige tombée le 7 avril vers 23H, mais fondue vers 2H le 8 avril…) qui est souvent LE facteur qui génère les dégâts de gel, ou en tous cas les accentue.


- de nombreux domaines pratiquent une taille tardive, voire même un plumage tardif (une taille hivernale est effectuée, laissant sur le pied uniquement les branches destinées à contenir le courson et la baguette (pour une taille guyot). Dans ce cas on utilise le mécanisme physiologique de l’acrotonie, qui veut que la vigne envoie sa sève prioritairement vers les bourgeons les plus hauts (rappelons que la vigne est une liane qui s’élève dans la canopée à la recherche de lumière), ou du moins les plus éloignés de son cep, et ces bourgeons fabriquent une hormone, l’auxine, qui inhibe la pousse des bourgeons de la base de cette baguette. Il semble qu’il faille en moyenne 8 à 10 yeux par rameau pour qu’il y ait acrotonie. En vigne basse cela signifie qu’il ne faut pas pratiquer le pré-taillage mécanique.


Cette méthode est peu répandue car elle n’est pas facile à mettre en œuvre :


- elle change l’organisation du travail, en repoussant le plumage et l’attachage des baguettes d’un bon mois, voire de 2. D’après les travaux d’Alain Deloire à Supagro, un plumage effectué à 50 % pointe verte + 15 jours est idéal car n’engendre pas de retard significatif de la maturité et ne génère une perte de récolte que de 10 % environ.


Cela signifie que le domaine viticole devra disposer d’une main d’œuvre complémentaire, une année précoce, puisque ce travail se télescopera avec l’ébourgeonnage, voire même les 1ers relevages.

 

- elle doit être intégrée dans le modèle économique puisqu’elle diminue la récolte, et on peut craindre que, répétée, elle affaiblit durablement les pieds. En effet, au moment de cette taille tardive, certains rameaux sont au stade 3 feuilles étalées et plus (notamment sur les entre-coeurs), et ont donc pompé une partie des réserves des pieds.


Des études complémentaires seraient à mener pour évaluer ce risque d’affaiblissement et envisager des moyens nutritionnels pour le compenser.

 

- La destruction des bourgeons par le gel étant lié à la présence d’eau dans les cellules (qui, en gelant, fait exploser les cellules végétales), on peut imaginer diminuer ce risque en jouant sur la concentration en sucre de la sève. On touche ici à la question de la mise en réserve des pieds de vigne et il est clair que des pistes sont à explorer dans cette voie là.

 

- Le risque gel étant lié à la précocité de la pousse, elle-même liée notamment à une élévation précoce de température, en février voire mars, suite au réchauffement climatique, il nous faut sans doute explorer également toutes les voies qui permettraient de limiter cette précocité de pousse. Une phase de gel (noir ou blanc) sur des bourgeons au stade A, n’est plus un problème. Pour cela, outre la taille tardive, pensons aux variétés tardives. Et puisque la température du sol est un paramètre essentiel du démarrage de la végétation, peut-être pouvons-nous également imaginer retarder le réchauffement du sol (en retardant les façons culturales ? En utilisant des bâches?). Tout ce qui peut contribuer, ne serait-ce qu’un peu, à retarder le cycle végétatif, constitue une piste à explorer.

 

Cette liste n’est pas exhaustive.


Elle me permet en tout cas d’affirmer que des moyens restant à trouver, par la filière, pour explorer et trouver de nouvelles solutions de lutte, qui soient efficaces, mais aussi écologiques et économiques donc durables, et acceptables par nos concitoyens.

 

3- Notre stratégie doit contenir un volet comptable.


Suite à l’enchaînement 2012-2015 (3xgrêle + 1x sécheresse) j’ai pensé que je devais équilibrer mes comptes avec 60 % de récolte. Mon comptable m’a trouvée pessimiste. Puis en 2016 j’ai pensé qu’il était raisonnable d’équilibrer sur une base de 50 % voire moins, si possible. Et il me trouvait finalement assez réaliste…


Dans le cadre de cette réflexion, on peut s’interroger sur la stabilité des exploitations qui basent leur production sur un objectif de rendements élevé (proche du rendement maximum). Je suis issue de ce modèle, très dominant dans les années 90. Pourtant il présente une limite évidente : le rendement maximal n’est pas garanti, il n’est jamais une certitude. On ne peut que faire moins que prévu. Le rendement n’est donc pas moyennable d’une année à l’autre. Et demander plus de rendement de façon à assurer sa stabilité ne constituerait qu’une fuite en avant nuisible à la qualité des vins. Donc on est très fragile. 


Dans un modèle où l’on viserait, pour l’équilibre comptable, en moyenne 80 % d’une récolte pleine, on a plus de chance d’atteindre souvent l’objectif, et si l’on est en dessous, ponctuellement, on peut espérer avoir l’occasion de compenser en montant exceptionnellement à 100 %. Et les années à 100 % viennent alimenter notre stock stratégique. Si l’on vise 60 %, la marge de manœuvre est encore plus grande… C’est un virage à prendre doucement, car bien sûr, les prix de vente doivent suivre, cela peut donc engendrer un changement de clientèle.

 

4- Notre stratégie doit intégrer un volet commercial :


« Mon père m’a toujours dit : garde du vin en stock !». 


« Une année en fûts, une année en bouteille et une année à la banque ».


N’avons-nous pas tous entendu cela ? 


Pourtant l’enchaînement de belles années (entre 1990 et 2003) nous l’a fait oublier, d’autant que nos comptables nous reprochaient systématiquement ce stock, car fiscalement lourd.

 

Je vois 2 autres limites à cette précaution pourtant évidente :


- il faut avoir dans sa gamme au moins un vin capable de vieillir si possible en se bonifiant. Cela paraît évident en Bourgogne mais est-ce si simple ? Quid d’un domaine qui produit essentiellement des vins blancs ou des appellations régionales ? Pour aller dans cette direction, il faut solutionner la problématique des oxydations prématurées. Or depuis 20 ans, nous n’avons pas été capables de résoudre ce problème. Il est temps de s’y atteler…


- il faut être capable de bien valoriser un vin vieux. Cela paraît évident mais ne l’est pas du tout. Il m’a fallu 20 ans pour asseoir ma réputation et ne pas déclencher de la suspicion lorsque je propose un vin ancien à ma carte. Cet élément de stratégie doit donc être construit sur le long terme. En résumé, il ne faut pas confondre : stock valorisable et invendus. Ce sont 2 choses très différentes…



 

Si l’on est en mesure de valoriser son stock, ou du moins une partie, on peut imaginer comme objectif de :


1- voir quelle quantité de récolte on est capable de produire en moyenne sur 5 ans.


2- brider les ventes des millésimes généreux pour constituer ce stock stratégique, en bloquant ce qui dépasse de ce chiffre d’affaires moyen. Cela permettra de lisser son chiffre d’affaires et d’éviter des décalages de fiscalité.


3- augmenter encore ce stock en ayant quelques clients très fiables, décalés d’1 voire 2 millésimes. Ils deviennent finalement notre assurance climatique.

 

5- Notre stratégie doit intégrer un volet financier : 

 

S’il paraît évident de conserver un taux d’endettement limité, il est beaucoup plus difficile, année après année, de résister aux sirènes des marchands de matériel et des banquiers. Hiérarchiser ses investissements n’est pas forcément un exercice facile, surtout dans un contexte en perpétuelle évolution, avec des adaptations aux nouvelles normes à opérer impérativement et rapidement, des exigences techniques (liées au réchauffement climatique) et environnementales (suppression du glyphosate, ZNT, etc.) à satisfaire… Sans parler du financement de notre éventuel stockage (argent immobilisé + construction de bâtiments).


On en revient donc au fait qu’il faut accepter l’idée que les risques climatiques engendrent une quasi impossibilité de stabiliser notre niveau de production, même avec des moyens techniques optimisés. Donc il faut être capable coûte que coûte de faire avec cette variabilité de notre récolte.

 

6- Il faut peut-être aussi envisager une source externe de revenus : cela peut passer pour certains par une diversification de l’activité (enseignement et consulting, tourisme, autres productions animales ou végétales, etc.). 

Chacun doit faire avec ses compétences et ses talents.


Mais pour rester dans le monde du vin, cela peut passer par une activité de négoce.


En 2016 j’ai opté pour cette solution. Le domaine avait perdu 70 % de sa récolte. Aussitôt après le gel, je me suis imaginée dans ma cuverie avec toutes ces cuves vides. Je n’ai pas supporté cette vision. Je suis donc partie en quête de solutions pour « remplir quelques cuves ». J’ai trouvé du raisin et j’ai été très surprise de la rapidité de l’administration. Le négoce s’est monté en 4 jours. J’ai eu le plaisir de découvrir que cet outil me permet aussi de rendre service à des collègues, heureux de me vendre leur raisin à un bon prix. Aujourd’hui l’outil est en place, prêt à servir. Il est conçu pour être très souple et adaptable.

 

Cette liste d’éléments de stratégie n’est pas exhaustive. Elle se construit avec le temps et en fonction de mon imagination et des personnes que je rencontre. Je crois que chaque entreprise peut entrer dans une telle démarche. C’est passionnant et efficace. Encore faut-il accepter d’y passer du temps et être bien entouré.

 

Gérer une exploitation viticole en 2021, c’est piloter un paquebot entouré d’icebergs :


- un paquebot, parce que l’inertie d’une plante pérenne comme la vigne est importante, et aussi parce que les enjeux financiers sont souvent effrayants.


- des icebergs, parce que ce que nous voyons des problèmes n’en est que la partie émergée. Objectivement nous sommes très ignorants sur de nombreux aspects. Il nous faut donc être à la fois imaginatifs et prudents.

 

Si je devais résumer cette stratégie je dirais :


PRUDENCE - ANTICIPATION – SOUPLESSE - ADAPTABILITÉ

 

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 06:00

Macron « ne comprend pas les petites gens », affirme François Pinault, «  d'1 si bel article sur 1 milliardaire face à l'art contemporain le bruit et  la rumeur ne retiennent qu'une

À Saint-Émilion, l’appellation, son classement qui fait la joie des plaideurs, Me Morain en tête, « Il se passe toujours quelque chose, comme aux Galeries Lafayette… » C’est le Monopoly des châteaux et cerise sur le gâteau, à Bordeaux, la ville, depuis le départ de Juppé, rien ne va plus, les Verts sentent le sapin et le stade du défunt Chaban-Delmas a été déserté par les Girondins, les footballeurs pas les copains des Montagnards, pour fouler la pelouse du Matmut Atlantique.  

 

Le début de la fin !

 

https://www.lequipe.fr/_medias/img-photo-jpg/les-supporters-des-girondins-ont-manifeste-a-bordeaux-samedi-apres-l-annonce-par-king-street-de-son-desengagement-n-luttiau-l-equipe/1500000001480926/0:0,1827:1218-624-416-75/99365

 

En crise depuis la décision de King Street de se retirer, les Girondins de Bordeaux sont un monument en péril. Et pour François Pinault, amoureux du vin et du football, l’heure doit être à la mobilisation. Dans une lettre ouverte transmise à “Sud-Ouest”, il appelle les autres propriétaires de grands crus de Bordeaux à sauver le club.

 

C’est un véritable coup de tonnerre dans le ciel des Girondins de Bordeaux. Le 22 avril, King Street, le propriétaire du club, a annoncé qu’il ne « souhaitait plus soutenir le club et financer ses besoins actuels et futurs ». En conséquence, les Girondins de Bordeaux sont placés sous la protection du tribunal de commerce de Bordeaux

Château Beauséjour Duffau-Lagarrosse - Nicolas Thienpont

1- À Saint-Emilion, la délicate reprise du château Beauséjour

 

A 30 ans, Joséphine Duffau-Lagarrosse, ingénieure agronome et œnologue, a pu garder le domaine de sa famille, un grand cru classé, en s’associant au groupe Clarins.

Par Laure Gasparotto

Publié le 28 avril 2021

 

Le 12 avril 2021, à midi, la vie de Joséphine Duffau-Lagarrosse a pris un autre cap. A 30 ans, cette ingénieure agronome, également œnologue, a reçu les clés du Château Beauséjour, à Saint-Emilion. S’est alors achevé l’épisode haletant d’une transmission difficile. À son âge, la seule façon de trouver un vignoble à cultiver, dans une région où l’hectare dépasse souvent les dix millions d’euros, est de récupérer un domaine familial.

 

Château Beauséjour, propriété de 6,75 hectares classés en premier grand cru classé, appartenait à la famille Duffau-Lagarrosse depuis 1847. Les générations se succédant, augmentant toujours plus le nombre de propriétaires, le père de Joséphine et son cousin, cogérants depuis dix-sept ans, ont dû vendre le domaine familial. C’était en juillet 2020. Leurs voisins, la famille Cuvelier, à la tête du Clos Fourtet, se placent alors sur les rangs et proposent d’installer un jeune agriculteur, Grégoire Pernot du Breuil.

 

Joséphine Duffau-Lagarrosse rêve de reprendre les rênes de la propriété familiale, mais n’a pas les moyens d’acheter les parts des coactionnaires familiaux. D’autant que le prix s’élève à 75 millions d’euros. En novembre 2020, la majorité des associés propriétaires penchent pour une reprise par la famille Cuvelier. Sans investisseur pour l’aider à donner du crédit à sa candidature, Joséphine, qui travaille pour le groupe de vins de Bernard ­Magrez, voit son projet échouer. « À table, mon grand-père nous servait le vin de ma famille », explique alors la jeune vigneronne, le cœur serré.

 

Investisseur surprise

 

Mais la vente est finalement confiée à la société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) qui régente les cessions agricoles. Cet organisme d’intérêt général, sous la tutelle des ministères de l’agriculture et des finances, aide de jeunes agriculteurs à mettre le pied à l’étrier et à éviter les dérives financières. A la tête du prestigieux Château Angélus, Stéphanie de Boüard-Rivoal, qui a moins de 40 ans, se porte alors également acquéreuse à titre personnel.

 

Du côté de Joséphine Duffau-Lagarrosse, un miracle se produit. Ou plutôt un investisseur surgit. Au début de l’année, la jeune œnologue rencontre Prisca Courtin, 34 ans, qui s’occupe de diversifier le capital de sa famille, propriétaire du groupe Clarins. « C’était une grande chance ! », reconnaît Joséphine, qui parle de son projet à son patron. Bernard Magrez la soutient sans hésiter quand elle le prévient de sa démission éventuelle si la Safer choisit son dossier.

 

Le 7 avril, le comité technique de l’organisme donne un avis favorable au dossier Beauséjour-Courtin. « Même si je suis déçue du résultat, je dois reconnaître que la Safer a localement tenu son rôle », avoue, bonne joueuse, ­Stéphanie de Boüard-Rivoal. Pour Joséphine Duffau-Lagarrosse, c’est évidemment un soulagement et l’ouverture de perspectives. « Avec Prisca Courtin, nous sommes désormais ­cogérantes et nous avons la même vision ­des choses. »

 

Dès sa première nuit de vigneronne, Joséphine était dans ses vignes avec son équipe afin d’essayer de freiner le gel qui a tant meurtri le vignoble français en avril.

 

 

Saint-Émilion : le château Villemaurine racheté par la famille Lefévère

 

2- Château Villemaurine vendu, Justin Onclin tourne la page bordelaise

 

De nouveaux propriétaires pour les Châteaux Villemaurine et Branas Grand Poujeaux et de nouveaux challenges pour leur directrice.

Par Béatrice Delamotte

Publié le 09/04/2021

 

Arrivé de sa Belgique natale au début des années 1980, Justin Onclin a réussi à se faire une place de choix sur la place bordelaise. « Depuis 1982, j’ai pris un immense plaisir à distribuer ces superbes produits que sont les vins de Bordeaux, d’abord au sein de la maison Sovex Grands Châteaux, puis par mes fonctions dans le groupe Ballande France », se souvient Justin Onclin. Une passion pour les grands vins qui va prendre une nouvelle dimension en 2002 avec l’achat à titre personnel du Château Branas Grand-Poujeaux, dans le Médoc, puis en 2005 du Château Villemaurine, grand cru classé de Saint-Emilion. « Je me suis passionné pour la production de grands vins identitaires de leur terroir », reconnaît-il.

 

Pendant près de vingt ans, Justin Onclin va s’attacher à redonner leur lustre aux propriétés. C’est ainsi qu’en 2020, le rachat avec Hindrik Gommer, homme d’affaires néerlandais et amoureux du vin, de 5,2 hectares de Granins Grand Poujeaux permet au domaine du Médoc d’atteindre une taille critique et d’intégrer des parcelles de choix dans l’assemblage du vin de Branas Grand-Poujeaux.

 

Aujourd’hui, c’est une page qui se tourne pour Justin Onclin. Soucieux de régler sa succession, il a vendu le Château Villemaurine à Marie Lefévère, également propriétaire du Château Sansonnet, à Saint-Emilion et ne garde qu’une part minoritaire dans Branas Grand-Poujeaux. Quant à Cynthia Capelaere, la jeune et dynamique directrice des deux propriétés, elle va rejoindre dès le mois de mai le Château du Tertre, à Margaux, récemment acquis par une compagnie d’assurance et exploité par la famille Helfrich, à la tête du groupe Grands Chais de France. Aucune nostalgie pourtant chez Justin Onclin qui entend passer une grande partie de son temps à Bordeaux pour s’occuper de ses quatre petits-enfants.

 

 

3- Girondins de Bordeaux : François Pinault lance un appel au monde du vin pour un projet de reprise

 Publié le 26/04/2021

 

Troisième fortune de France et 27e fortune mondiale, François Pinault est notamment propriétaire du Château Latour, premier grand cru classé de Pauillac, en Gironde. Depuis 1998, le fondateur du groupe de luxe Kering (ex-Pinault Printemps Redoute) est également le grand patron du Stade Rennais FC, prochain adversaire des Girondins dimanche, via sa holding Artémis.

 

 

 

C’est un véritable coup de tonnerre dans le ciel des Girondins de Bordeaux. Le 22 avril, King Street, le propriétaire du club, a annoncé qu’il ne « souhaitait plus soutenir le club et financer ses besoins actuels et futurs ». En conséquence, les Girondins de Bordeaux sont placés sous la protection du tribunal de commerce de Bordeaux

« Lettre ouverte à mes collègues, propriétaires de grands crus bordelais

 

Comme tous les Français amoureux du football, je suis ému à l’idée de voir les Girondins de Bordeaux en risque de disparaître. Breton et propriétaire du Stade Rennais, je mesure depuis des décennies combien l’identité d’un club et si possible ses succès participent du contrat social dans une région.

 

Associé depuis trente ans à la vie bordelaise, à travers Château Latour, je pense que l’existence du club mythique que sont les Girondins est importante pour Bordeaux, son rayonnement, son équilibre auxquels tous les propriétaires viticoles ne peuvent que s’identifier.

 

Quelle est la force économique qui, dans cette région, peut se donner l’objectif de sauvegarder les Girondins et de les développer ? Le monde du vin et en particulier les propriétaires de grands crus.

 

Les règles légitimes en matière de possession des clubs m’interdisent de monter un projet de reprise des Girondins, dès lors que mon groupe est l’actionnaire unique du Stade Rennais. En revanche, je suis prêt à apporter mon soutien à toute opération montée par les acteurs du vin et je le ferai avec enthousiasme.

 

J’appelle donc mes collègues propriétaires à se réunir afin de préparer un projet de reprise des Girondins. »

 

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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 06:00

 

« On croyait avoir Papy Biden, on a le Popeye de la relance budgétaire »

 

Alain Frachon éditorialiste au « Monde » chronique publié le 18 mars 2021

 

On le disait fatigué, l’allure faiblarde, manquant d’énergie. En un mot : trop vieux ! Repêché miraculeux des primaires démocrates, il n’aurait gagné la Maison Blanche que par la grâce du vote anti Donald Trump. En somme, il ne fallait pas attendre grand-chose de ce centriste bientôt octogénaire, incarnation élégante – costumes cintrés à l’italienne – d’un establishment honni dans le pays. Quelle erreur !

 

L’hebdomadaire The Economist dit cette semaine que l’Amérique de Joe Biden est en passe « de défier le pessimisme ambiant ». On salue un plan de sauvetage économique post-Covid-19 – 1 900 milliards de dollars publics (environ 1 600 milliards d’euros) – de proportion gargantuesque. On croyait avoir Papy Biden, on a le Popeye de la relance budgétaire. Un risque-tout. Un président qui marque une rupture : le retour massif de l’Etat dans la conduite de l’économie. Roi de l’endettement public, fossoyeur d’une époque marquée par la crainte obsessionnelle du retour de l’inflation, Biden, selon The Economist, tente « une expérience sans parallèle depuis la seconde guerre mondiale ». Risquée.

 

Suite ICI

 

Au nom de l'unité de l'Amérique, Joe Biden est devenu aujourd'hui le 46e  président des États-Unis

Joe Biden est en passe d’accomplir une révolution économique aux Etats-Unis »

CHRONIQUE

Arnaud Leparmentier New York, correspondant

Publié le 30 mars 2021

 

Ni le Wall Street Journal ni le New York Times n’ont consacré de reportage à la visite du sénateur progressiste du Vermont Bernie Sanders en soutien aux salariés d’Amazon qui cherchent à syndiquer un entrepôt de 5 600 personnes en Alabama. Non que l’enjeu ne soit décisif, mais la partie est sans doute jouée – le vote avait lieu par correspondance jusqu’au 30 mars. Et Bernie Sanders a eu droit à des tweets rageurs d’Amazon : « Il y a une grande différence entre la parole et l’action. Le sénateur Sanders est un responsable politique puissant au Vermont depuis trente ans et le salaire minimum y est toujours de 11,75 dollars [10 euros]. Amazon offre 15 dollars, plus d’excellents soins de santé dès le premier jour. Sanders préfère parler en Alabama plutôt que d’agir dans le Vermont. »

 

 

Amazon se trompe (volontairement) de cible : celui qui a agi quand il le fallait, le vrai « révolutionnaire », c’est Joe Biden. Dès le 28 février, dans une allocution vidéo exceptionnelle, le président démocrate a mis en garde l’entreprise de Jeff Bezos, sans la citer toutefois, appelant au respect du droit des salariés à se syndiquer ou non. On pourrait dire que l’affaire est du passé, qu’Amazon a réalisé, avec son salaire à 15 dollars, ce que Joe Biden n’a pas été capable d’imposer au Congrès ces dernières semaines. Ce serait une erreur.

 

Amazon est la « Bastille » de Biden, peu importe qu’elle soit à moitié vide. Sa prise, cette semaine, créerait une dynamique politique décisive. Car il ne faut pas s’y tromper, Joe Biden est en passe d’accomplir une révolution économique aux Etats-Unis. Après avoir fait voter un plan de relance pharaonique de 1 900 milliards de dollars, il va proposer, mercredi 31 mars à Pittsburgh (Pennsylvanie), un plan de grands travaux tout aussi pharaoniques. Les démocrates ne bruissent que de hausses d’impôts, même si Joe Biden a promis dans sa campagne de n’augmenter que la taxation des revenus supérieurs à 400 000 dollars par an.

 

Plus Johnson que Roosevelt

 

Depuis le début, les commentateurs notent que les équipes Biden sont composées uniquement de centristes. C’est vrai. Nulle place n’a été faite aux Bernie Sanders, Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, ou Alexandria Ocasio-Cortez, égérie de la gauche au Congrès venue du Bronx. La seule candidate du président retoquée par le Congrès a été Neera Tanden, qui avait publié des tweets anti-Républicains et présidé un club de réflexion progressiste. Mais tout cela n’empêche pas Biden d’organiser une révolution aux Etats-Unis.

 

Le président aime à se comparer à son prédécesseur Franklin Delano Roosevelt (1933-1945), père du New Deal, promoteur de la fixation des salaires en période de dépression et resté dans l’histoire comme artisan de grands travaux. Qu’il soit permis de réfuter cette dangereuse comparaison. L’économie américaine, qui rebondit très fortement avec la généralisation du vaccin contre le Covid-19, est saine. Les grands travaux d’infrastructures ne sont pas des investissements destinés à préparer le futur. Ils s’apparentent plus à de coûteuses réparations, qu’il faut faire, mais ils n’ont rien de très high-tech. Joe Biden dit lui-même qu’en raison du réchauffement climatique, il va falloir surélever ponts et routes d’un mètre. La préparation du monde de demain est quant à elle faite, avec succès, par les géants de la technologie américaine.

 

La comparaison la plus juste est celle qui vaut avec le président Lyndon Johnson (1963-1969), le vrai réformateur de l’Amérique, à la différence de Kennedy qui fut avant tout une icône. Les Etats-Unis souffrent de pauvreté, d’inégalités et de discriminations criantes. Ce sont ces sujets qu’il convient de traiter. Au début de son mandat, Joe Biden a décrit un tableau apocalyptique de l’Amérique dont il héritait, digne de la Grande Dépression. Cette vision, électoraliste, était fausse. M. Biden a commencé à la corriger et c’est tant mieux. Les fondamentaux économiques des Etats-Unis sont bons. Le pays vit une crise digne des années 1960 plus que des années 1930. C’est cela qui doit être corrigé. La révolution Roosevelt, non, la réforme Johnson, oui.

 

Arnaud Leparmentier(New York, correspondant)

Joe Biden à la tribune du Congrès américain, le 28 avril 2021.

Ce qu’il faut retenir du premier discours de Joe Biden devant le Congrès américain

 

Près de 100 jours après avoir succédé à Donald Trump, le président américain a déclaré, mercredi, dans son premier discours devant le Congrès qu’il avait restauré la foi des Américains dans la démocratie et que le plan de vaccination mis en place était « l’un des plus grands succès logistiques » de l’histoire du pays.

 

Alors qu’il passera le cap de ses 100 premiers jours à la Maison Blanche jeudi, Joe Biden s’est adressé mercredi devant le Congrès américain pour la première fois depuis son élection. Le locataire de la Maison Blanche a décliné son « Projet pour les familles américaines », d’un montant total de près de 2 000 milliards de dollars, qu’il entend financer par des hausses d’impôts.

 

Il a décrit un « pays en crise » à son arrivée au pouvoir : crise sanitaire et économique mais aussi l’assaut contre le Capitole du 6 janvier par des partisans de Donald Trump« la pire attaque contre notre démocratie depuis la guerre de Sécession ». Mais il a aussi souligné le chemin parcouru.

 

« L’Amérique va de nouveau de l’avant »

 

« Après 100 jours, je peux le dire au pays : l’Amérique va de nouveau de l’avant », a-t-il lancé. Pour la première fois dans l’Histoire, deux femmes avaient pris place derrière le président, dans le champ des caméras : Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre, et Kamala Harris, devenue en janvier la première femme à accéder à la vice-présidence.

 

« Il était temps ! », a lancé le président américain, sous des applaudissements nourris, juste avant d’entamer son discours.

 

Se posant en défenseur de la classe moyenne, Joe Biden a vanté un gigantesque plan d’investissement visant à créer « des millions d’emplois » pour les Américains qui se sentent tenus à l’écart.

 

Annuler les baisses d’impôts pour les plus riches

 

« Je sais que certains d’entre vous se demandent si ces emplois sont pour vous. Vous vous sentez abandonnés et oubliés dans une économie qui change rapidement », a déclaré M. Biden, dans une allusion à peine voilée à son prédécesseur Donald Trump qui se posait en champion des « oubliés ».

 

« Près de 90 % des emplois dans les infrastructures (prévus dans son plan présenté le mois dernier) ne nécessitent pas de diplômes universitaires », a-t-il insisté.

 

Le plan, qui suscite déjà la colère des républicains, est ambitieux : 1 000 milliards d’investissements, en particulier dans l’éducation, et 800 milliards de réductions d’impôts pour la classe moyenne.

 

Pour le financer, le démocrate propose d’annuler les baisses d’impôts pour les plus riches votées sous Donald Trump, et d’augmenter les impôts sur les revenus du capital pour les 0,3 % d’Américains les plus fortunés. « Il est temps que les entreprises américaines et que les 1 % d’Américains les plus riches commencent à payer leur juste part », a-t-il martelé.

 

Avec une promesse martelée sur tous les tons : aucun Américain gagnant moins de 400 000 dollars par an ne verra ses impôts augmenter.

 

Cette allocution marquait aussi le début d’un âpre combat au Congrès : si son plan de soutien à l’économie de 1 900 milliards de dollars a franchi l’obstacle sans véritable difficulté, les discussions sur ses gigantesques programmes d’investissement dans les infrastructures et l’éducation s’annoncent beaucoup plus houleuses.

 

Succès logistique du plan de vaccination

 

À la tribune, le président démocrate a estimé que le plan de vaccination mis en place aux États-Unis contre le Covid-19 était « l’un des plus grands succès logistiques » de l’histoire du pays.

 

Plus de 96 millions de personnes, soit près de 30 % de la population, sont considérées comme totalement vaccinées. Et, dans une décision chargée en symboles, les autorités sanitaires ont annoncé mardi que les Américains ayant reçu les piqûres salvatrices n’avaient désormais plus besoin de porter de masque en extérieur, sauf au milieu d’une foule.

 

Revenant sur un autre sujet de société brûlant, le président a appelé le Sénat à adopter dès mai un vaste projet de réforme de la police, à l’occasion de l’anniversaire de la mort de l’Afro-Américain George Floyd, sous le genou d’un policier blanc

 

Pas « l’escalade » avec la Russie

 

Sur le front diplomatique, Joe Biden a martelé sa fermeté vis-à-vis de Pékin et de Moscou. Il a souligné qu’il ne cherchait pas « l’escalade » avec la Russie, tout en insistant sur le fait que Moscou devrait répondre de ses actes. Assurant ne pas « chercher le conflit avec la Chine », il a insisté sur le fait qu’il était « prêt à défendre les intérêts américains dans tous les domaines ».

 

Le sénateur républicain Ted Cruz a dénoncé la « vision socialiste » du président démocrate. Et offert en résumé en trois mots du discours présidentiel : « Ennuyeux mais radical ».

 

Si le discours présidentiel sur la colline du Capitole est un rituel qui rythme la vie politique américaine, celui de cette année s’est déroulé dans une atmosphère singulière, Covid-19 oblige.

 

Pas de « designated survivor » cette année

 

Seules quelque 200 personnes, contre plus de 1 600 habituellement, se sont retrouvées dans la prestigieuse enceinte de la Chambre des représentants pour y assister. Et les élus ont été priés cette année de présenter une liste d’invités « virtuels ».

 

John Roberts était le seul juge de la Cour suprême présent. Le chef de la diplomatie, Antony Blinken, et le chef du Pentagone, Lloyd Austin, étaient également sur place mais le reste du gouvernement a regardé le discours à la télévision.

 

Autre rupture avec la tradition : il n’a pas été nécessaire cette année de choisir un « designated survivor », un membre du gouvernement désigné chaque année pour ne pas assister au discours et qui reste dans un endroit tenu secret afin d’être en mesure de prendre les rênes du pouvoir en cas d’attaque visant le bâtiment.

 

« Je n’ai jamais été aussi confiant et optimiste pour l’Amérique », a conclu le 46e président de l’histoire, à l’issue d’un discours d’un peu plus d’une heure.

 

L’atmosphère était nettement moins tendue que lors de la dernière intervention de Donald Trump dans cette enceinte, en février 2020. Avant le discours, il avait ostensiblement évité de serrer la main que lui tendait Nancy Pelosi. Une fois l’allocution terminée, cette dernière avait déchiré sa copie du discours d’un geste théâtral.

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 06:00

Accents au Royaume Uni

« Durant mon enfance, la voix de mon père trahissait encore ses origines  du Dorset, avec ses r roulés et ses a traînants, mais le ravalement de façade était en cours et, le temps de l’adolescence, il avait presque (mais pas  tout à fait) acquis un accent distingué. Comme chacun le sait, en Angleterre c’est l’accent qui fait l’homme, et en ce temps-là une belle élocution pouvait vous obtenir un grade d’officier dans l’armée, un crédit à la banque, un traitement respectueux de la part des policiers ou un emploi à la City de Londres. »

John Le Carré

 

Parler anglais en Angleterre : une histoire d'accents et de dialectes

 

Dans les couloirs glacés du château de Balmoral, la famille royale d’Angleterre a un jeu : soumettre ses invitées à une batterie de tests. Un baptême en forme de notation cruelle, de son propre aveu. Si, dès son entrée dans la famille, Diana Spencer a obtenu un 10 parfait, subjuguant la dynastie, Margaret Thatcher, elle, a multiplié les faux pas, ne faisant que confirmer ce que tout ce petit monde supposait : c’est une sinistre plouc.

 

Revue de presse: Thatcher, «un ultralibéralisme qui a mené à la crise  actuelle» - Le MatinRoyaume-Uni: décès de Margaret Thatcher à l'âge de 87 ans

 

Fille d’un épicier et d’une couturière, elle ne connaît ni les codes ni les charades, ne saurait reconnaître le brame d’un cerf, n’a pas apporté de chaussures adaptées à la campagne écossaise. D’ailleurs, elle n’a pas traversé le Royaume-Uni – bagages et mari sous le bras – pour tenter de se fondre dans l’élite, elle est venue pour travailler. Voilà le seul droit chemin que Margaret Thatcher a choisi pour gravir les échelons d’une société dans laquelle l’ascenseur social ne fonctionne qu’à la manivelle.

 

La Dépêche du Midi défend l'accent du Premier ministre Jean Castex | Le  HuffPost

Jean Castex a un accent, et alors ?

 

Les intonations gasconnes du nouveau Premier ministre ont suscité de nombreux commentaires. Comme si, en France, l'on ne pouvait accéder aux plus hautes fonctions qu'avec l'accent standard... est l'une des remarques que l'on a entendues après la nomination de Jean Castex à Matignon. "Tiens ? Il a un accent". Enfin, cela, c'est la version neutre, car il y a eu aussi ce tweet de Bruno Jeudy, de Paris Match : "Le nouveau premier ministre n'est pas là pour chercher la lumière. Son accent rocailleux façon troisième mi-temps de rugby affirme bien le style terroir". On m'accusera peut-être de faire de la pub pour mon dernier bouquin sur le sujet, mais ces commentaires m'incitent à rappeler quelques vérités souvent oubliées.

 

Oui, Jean Castex, né dans le Gers et élu dans les Pyrénées-Orientales, a un accent, mais Edouard Philippe aussi en avait un ! L'accent n'est en effet que la manière de prononcer une phrase. Dès que l'on parle, on parle "avec un accent". Il est donc significatif qu'on le fasse remarquer aux uns, mais pas aux autres.

 

Il est révélateur que l'on s'étonne d'avoir pour Premier ministre un homme qui ne s'exprime pas avec l'accent standard. Cela laisse entendre, en creux, que l'on a du mal à considérer que l'on puisse occuper une haute fonction en parlant français différemment. 

 

La suite ICI 

 

35 Words ONLY Posh People Use - How to Sound POSH in English - YouTube |  Posh people, British english, Youtube

 

L’ANGLAIS POSH : UN ACCENT TENDANCE OU DISCRIMINANT ?

 

L’anglais « posh » désigne à première vue l’accent élégant de l’élite anglo-saxonne, en particulier londonienne, aussi appelé « Received Pronunciation ». Il s’agit autrement dit de la prononciation officielle ou standard, dont le modèle absolu reste la Reine d’Angleterre en personne (même si certains estiment que l’accent de la Reine doit encore être classé à part). Mais saviez-vous que derrière cet accent posh se dissimule une polémique à base de lutte des classes et de discrimination tant positive que négative ? ICI 

 

Découvrir les accents britanniques avec les séries | UK Actually

Les différents accents Britanniques

 

Ah l’accent British! Qu’est-ce que c’est sexy! Bien plus que l’accent américain très nasillard ou l’incompréhensible Australien. Pourtant, il y a plus d’un accent britannique. Et nous pouvons vous assurer, qu’ils sont plus ou moins compréhensibles ! Même si tu es du genre à regarder des séries américaines et à comprendre leurs accents, vous risquez d’être quelque peu déstabilisé par les nombreuses nuances que l’accent britannique peut avoir ! Le Royaume-Uni est probablement la nation la plus obsédée par les dialectes. Des centaines d’années ont permis le développement d’un nombre incalculable d’accents britanniques et une variété dans le langage particulièrement important sur un territoire de cette taille.

 

Il existe plus de 30 accents dits principaux, et chaque type d’accent comprend des centaines de variations. Il y a donc des différences de prononciations et de vocabulaire entre deux villes qui sont par exemple situées à seulement 5-10 miles de distance… Ce qui ne facilite pas la tâche !

 

De nombreux accents régionaux et accents de « classe »

 

Il est très facile de savoir d’où une personne vient ou à quelle classe sociale elle appartient. Si vous voyagez un peu hors de Londres ou regardez la télévision, vous vous rendrez vite compte que tout le monde parle de manière très différente et que certaines personnes sont plus faciles à comprendre que d’autres. Ils semblent y avoir autant de manières de parler anglais que de britanniques !

 

Cependant, on peut se faciliter la tâche, et diviser la langue par régions principales, et on commence par l’accent : la suite ICI 

 

Devant l'université d'Oxford, en 2011.

Devant l'université d'Oxford, en 2011. 

 

L’accent, une discrimination sociale typiquement britannique

 

Lors des entretiens d’embauche, les candidats qui parlent de manière « chic », souvent issus des meilleures écoles, sont nettement avantagés.

 

Par Philippe Bernard (Londres, correspondant)

Publié le 09 juillet 2015

 

LETTRE DE LONDRES. Au Royaume-Uni aussi, l’ascenseur social est en panne. Seuls 20 % des travailleurs pauvres ont réussi à sortir de la trappe des bas salaires au cours de la dernière décennie. Et les enfants élevés dans des milieux défavorisés ont six fois moins de chances que les filles et fils de bonne famille d’accéder à une université d’élite ouvrant sur les meilleurs emplois. La musique est connue. Mais les inégalités à la sauce british ont une singularité qui vient d’être analysée dans un retentissant rapport : elles se perpétuent par le langage.

 

On le sait depuis George Bernard Shaw et son Pygmalion (devenu My Fair Lady au cinéma) : la manière de parler est, au Royaume-Uni, un puissant marqueur social. Aujourd’hui encore, s’exprimer avec un accent typique des classes populaires, par exemple de type cockney ou gallois, vous « exclut systématiquement des meilleurs emplois », même à qualification égale, indique l’étude rendue publique, le 15 juin, par la commission sur la mobilité sociale et la pauvreté des enfants.

 

Tout se passe comme si les entreprises les plus prisées faisaient passer aux candidats à l’emploi un « test de distinction » (« posh test »), explique l’ancien ministre travailliste Alan Milburn, qui préside cette instance rattachée au ministère de l’éducation. Ne pas parler anglais avec l’accent chic très reconnaissable d’Oxbridge (contraction d’Oxford et Cambridge) comme les membres de l’élite économique et politique anglaise reste rédhibitoire.

 

« Processus de sélection biaisé »

 

Selon l’un des treize dirigeants d’entreprises des secteurs du droit, de la finance et de la comptabilité interviewés, les accents et les sujets de conversation « font la différence ». Lors des entretiens d’embauche, il est souvent demandé aux candidats de raconter leurs expériences dans des pays exotiques où ils sont censés avoir voyagé. Le processus de sélection se trouve ainsi biaisé, « excluant les jeunes qui ont les bons diplômes et capacités, mais dont les parents n’ont pas le bon solde sur leur compte en banque ».

 

Soucieux de minimiser leurs coûts et d’aller vite, les responsables du recrutement visent essentiellement les diplômés des universités les mieux cotées, auxquels sont proposés directement 70 % des emplois, alors même que ces établissements ne scolarisent que 11 % de la population, le plus souvent des étudiants déjà sortis de lycées privés ou sélectifs.

 

Les entreprises concernées par l’enquête, qui contrôlent à elles seules l’accès aux 45 000 meilleurs emplois du Royaume-Uni, se disent conscientes de la nécessité d’améliorer la mobilité sociale. Mais la classe sociale reste pour elles « un critère relativement masqué », en comparaison d’ « autres formes de diversité », comme le genre. Pour ne pas paraître intrusif, on n’interroge pas les candidats sur leurs origines sociales. Résultat : leur élocution et leur accent prennent une importance démesurée, ce qui les incite à contrefaire leur manière de parler pour se faire embaucher. « Une fois rentré chez moi, j’ai pu reprendre mon registre légèrement nasillard, témoigne un heureux sélectionné. Mais, quand je suis dans cet environnement [de travail], je fais croire que je suis plus distingué [« posh »] qu’en réalité. »

 

La reine Elizabeth est-elle « posh » ? Posséder un lave-vaisselle, est-ce « posh » ? Les questions fusent, les plus hurluberlues

 

L’emprise du monde posh sur la société britannique, la condescendance sociale de ses élites nourrissent d’infinis débats. « Ceux qui sont nés posh bénéficient d’un capital social acquis dès l’enfance et dont on ne peut pas se doter plus tard, écrit Stephen Moss, chroniqueur au Guardian et issu d’une famille galloise modeste. Il est tout simplement impossible de reproduire cette conviction qui veut que le monde entier est à votre service. »

 

Les multiples définitions de la « poshitude », entre chic, snobisme et complexe de supériorité, pourraient elles-mêmes nourrir des thèses entières. La reine Elizabeth est-elle posh ? Posséder un lave-vaisselle, est-ce posh ? Les questions fusent, les plus hurluberlues.

 

Ce qui est certain, c’est que le langage tient une place centrale dans cet entre-soi aux facettes multiples. Le Guardian, quotidien de l’intelligentsia de gauche, y a consacré récemment plusieurs suppléments, allant jusqu’à offrir à ses lecteurs un test personnel de « poshitude ». Etre posh peut signifier aussi bien se comporter en aristocrate qu’en personnage excentrique, voire vulgaire. Mais le comble de la « poshitude » tient à l’utilisation ou à la prononciation de certains mots : choisir « loo » plutôt que « toilet » quand on cherche les petits coins, dire « what ? » plutôt que « excuse me ? » pour faire répéter son interlocuteur, prononcer Cecil « Sissle » et Beaulieu « Byoo-lee ». Bref, tout un art que les personnes mal nées n’ont aucune chance de totalement maîtriser.

 

Philippe Bernard(Londres, correspondant)

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 06:00

Le Mont Ararat - circuit en petit groupe | Dijon Travel

Thierry Jacquillat l’ardéchois, je ne sais pourquoi, m’aimait bien, bien longtemps après mon départ du groupe pour la cause rocardienne, alors que pour m’occuper je m’étais « installé » comme indépendant, un jour il me proposa de mettre à son service ma belle plume (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même). J’acceptai. Le contrat était simple, à tout moment, Thierry Jacquillat était un impatient, il me demandait de pondre une note, d’écrire une lettre ou de répondre à un politique. J’adorais cette exigence.

 

Bref, un jour, il me demanda de commettre illico presto une bafouille à propos d’Ararat.

 

Le mont Ararat, en turc Ağrı Dağı ; en arménien Արարատ ; en kurde Çiyayê Agirî), appelé Masis par les Arméniens (Մասիս), les Hellènes (Μασίς) et les Hébreux (מעזיז), est le sommet le plus élevé (5 165 mètres d'altitude) de Turquie (auparavant d'Arménie occidentale).

 

Ararat, surplombe la ville arménienne d'Erevan. Cet ancien volcan vénéré par les Améniens, dont la légende explique que l'Arche de Noé s'y serait échoué attire des curieux du monde entier.

 

Ce volcan au sommet recouvert de neiges éternelles se situe sur le haut-plateau arménien, à l'est du pays. Les sommets du Grand Ararat et du Petit Ararat s'élèvent dans la province d'Ağrı mais 35 % du volcan appartiennent à la province d'Iğdır.

 

« Le mont Ararat fait partie de notre vie, de ce que nous sommes, nous les Arméniens. C'est la raison pour laquelle pour nous, ce n'est pas seulement une montagne, c'est bien plus que ça », explique Vardan Kyurumyan, randonneur arménien.

 

Où se trouve le mont Ararat sur la carte?

 

En Arménie, le mont fait l'objet d'une véritable passion. Le nom d’Ararat s'écrit partout. Sur le toit des usines, le fronton des hôtels et même les étiquettes des paquets de cigarettes. Mais entre la montagne et ceux qui l'a vénèrent se dresse une frontière fermée à double tour. La Turquie et l'Arménie n'entretiennent aucune relation diplomatique. Pour se rendre au mont Ararat, les Arméniens doivent passer par la Géorgie, un détour de 800 kilomètres alors qu'à vol d'oiseau il n'y en a que cinquante

 

Mais l’ARARAT pour lequel Thierry Jacquillat s’inquiétait était une marque de « Cognac » arménien du portefeuille du groupe. Celui-ci ne vouait guère d’adoration pour les appellations,  son cognac français Bisquit ne chalutait pas dans le  cercle des grands. Le rachat de Martell, qui lui en était, changea la donne et ARARAT se replia sur la dénomination brandy, qui entre parenthèses sonne bien aux oreilles des anglophones.

 

packshot Ararat

 

ARARAT est un véritable brandy arménien produit dans le plus grand respect des traditions et des standards de qualité – une incessante quête de l’excellence depuis 1887. Leader de sa catégorie, ARARAT est exporté dans plus de 30 pays à travers le monde.

 

L’histoire du premier brandy ARARAT est emprunte de générosité, de passion et de savoir-faire. La culture du vin en Arménie est vieille de plusieurs siècles et le brandy célèbre dans le monde entier aujourd’hui est né à la fin du XIXe siècle.

 

La gamme ARARAT scelle l’authentique union du savoir-faire de l’homme et de la générosité de la nature – élaborée exclusivement à partir de raisins arméniens, créée avec la part le plus noble du brandy, élevée dans des fûts de chêne du Caucase vieux de plusieurs siècles, ce brandy artisanal est le fruit du travail passionné de centaines de maîtres de la Yerevan Brandy Company.

 

Voir ICI 

Barils de “cognac” arménien sur un marché de Erevan, en Arménie, en 2007.  PHOTO / ARTHUR CHAPMAN / FLICKR

Barils de “cognac” arménien sur un marché de Erevan, en Arménie, en 2007.  PHOTO / ARTHUR CHAPMAN / FLICKR

Mais voilà, le bras armé de l’Union Européenne a œuvré :

 

Alcool. Le “cognac” arménien prié de changer de nom

COURRIER INTERNATIONAL - PARIS

Publié le 22/04/2021

 

Le “cognac” que l’Arménie produit depuis cent trente ans devra changer d’appellation. L’accord de partenariat avec l’Union européenne, entré en vigueur le 1er mars, l’y oblige. Un groupe d’experts arméniens est face à un défi peu banal : faire connaître, promouvoir et repositionner sur le marché l’eau-de-vie arménienne sous un nouveau nom.

 

 

L’accord de partenariat global et renforcé entre l’Union européenne et l’Arménie, signé en 2017, est entré en vigueur le 1er mars 2021. Il réglementera le dialogue dans tous les domaines entre les signataires.

 

Mais l’accord pourrait nuire à un produit phare arménien, considéré, dans l’Empire russe puis en Union soviétique comme “une ‘carte de visite’ de l’Arménie et un cadeau que l’on se devait de rapporter d’un voyage dans ce pays : le cognac arménien”, écrit le journal russe Argoumenty i Fakty.

 

Exporter vers les pays de l’ancienne Union soviétique

 

Aux termes de l’accord avec l’UE et à la demande insistante de la France, Erevan doit progressivement abandonner le nom “cognac”, appellation d’origine contrôlée (AOC). L’Arménie pourra exporter cette boisson sous cette dénomination jusqu’en 2032, mais uniquement sur le territoire postsoviétique.

 

Puis l’Arménie bénéficiera d’une période transitoire de dix ans, jusqu’en 2043, pour vendre les éventuels stocks restants. Si Erevan ne respecte pas cette condition, il devra en répondre devant l’arbitrage commercial international.

 

Un groupe de spécialistes arméniens a été constitué pour, d’ici à 2026, “trouver un nouveau nom à la boisson et penser le repositionnement de la marque, processus long et coûteux” mais indispensable pour “préserver les parts de marché”, explique le site News Armenia.

 

“L’Arménie peut et doit avoir son produit unique et qui lui sera propre, et le gouvernement arménien n’a qu’à trouver comment utiliser efficacement l’expertise et l’expérience accumulées pendant des siècles”, conseille le spécialiste russe du marché des spiritueux Sergueï Lichtchiouk, cité par le site Sputnik Armenia.

 

Des variétés de raisin venues de la vallée d’Ararat

 

La production de cognac en Arménie a débuté en 1887 grâce à l’énergie de Nersès Taïrian, riche homme d’affaires. L’eau-de-vie de vin était distillée “selon la technologie classique française” et en utilisant des alambics et des tonneaux importés de France, comme le rappelle le site arménien Armedia.

 

Pour faire du cognac arménien, on utilise des variétés endémiques de raisin de la vallée d’Ararat, que l’on trouve notamment dans les villages de Voskéat, Garandmak, Tchilar, Mskhali, Kangoun, Banants, Kakhet, Mekhali.

 

Après la révolution russe de 1917, la production a été nationalisée. La distillerie d’Erevan Ararat, du nom de la montagne sacrée des Arméniens et de la chrétienté, située en Anatolie (dans l’actuelle Turquie), s’est installée à Erevan. Ses caves abritent aujourd’hui des dizaines de millions de litres d’eau-de-vie, dont une partie vieillit là depuis le XIXe siècle.

 

La première demande européenne pour changer le nom du cognac arménien date de 1959, explique le site. À l’exportation, la boisson est commercialisée sous les noms de Naïri, brandy Ararat et Dvin brandy Ararat.

 

La distillerie d’Erevan reprise par Pernod

 

Non seulement la production de la distillerie d’Erevan était “savoureuse et de qualité”, mais aussi “abordable”, se souvient le journal arménien Novoïé Vremia.

 

À l’époque soviétique, “le cognac arménien avait pour lui le marché étranger”, écrit le site russe Life.ru. En 1975, l’Union soviétique a exporté 359 850 litres de cette boisson. En 1998, la distillerie a été reprise par le groupe français Pernod Ricard, “un des rares cas, dans l’histoire de l’Arménie indépendante, où une privatisation a été bénéfique et à l’entreprise et au pays”, remarque Argoumenty i Fakty.

 

La marque a beaucoup investi pour “moderniser la production”, mais “sans s’immiscer dans la technologie traditionnelle créée au fil des décennies par les maîtres arméniens du coupage”, dont le célèbre Markar Sedrakian.

 

Pour n’offenser personne, Pernod Ricard exporte le “cognac”, écrit en cyrillique, vers les pays ex-soviétiques, et le “brandy” vers l’Europe. “Il n’existait aucune possibilité de faire autrement”, avoue Novoïé Vremia. Et il cite un amateur de cognac arménien dépité, qui proposait alors ironiquement de “renommer un village arménien ‘Cognac’ et saluer donc chaleureusement les Français depuis ce Cognac arménien”.

 

Quel que soit son nom, le cognac arménien, véritable patrimoine historique, s’exporte bien (10 millions de litres par an en moyenne) et continue de remporter des prix lors de prestigieuses foires internationales, comme cette médaille d’or obtenue par Ararat Naïri (assemblage crée en 1967 et titulaire de 30 médailles internationales) le 17 mars dernier au IVe London Spirits Competition, “face aux concurrents français, américains, espagnols, irlandais”, s’enorgueillit le site arménien Verelq.

Alda Engoian

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 06:00

Plaque émaillée Michelin | Plaque emaillee, Clermont ferrand, Le 11 novembre

Le sécateur cet obscur objet du désir de puissance…« quand je rentre de mes  vignes, je pense droit… » - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 
A et O de Moor 
 
 
Bonjour Jacques,


Je viens de t'envoyer un article de MAS très intéressant. Il est extrait
de la revue des oenologues. Il décrit assez bien une impasse actuelle
.

 
Bonne journée,


Olivier

 

 

 

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 06:00

 

Mon impertinence revendiquée me permet d’affirmer, il me le pardonnera, qu’il y a chez Jean Viard un petit côté Carrefour, celui du fameux «quart d'heure d'avance »* et de son célèbre slogan « Avec Carrefour je positive »

 

*« Mais au lieu de prendre les forces de chacun, on a complexifié l'organisation, au siège et dans les filiales. Le résultat, aujourd'hui, en est un fonctionnement trop lourd, trop coûteux et pas assez réactif. Carrefour a perdu son quart d'heure d'avance. Il est temps de remettre les pendules à l'heure. » déclarait le nouveau PDG Lars Olofsson en 2009.

 

Jean Viard ne délivre pas dans ses interviewes un mince filet d’eau tiède, il a des angles vifs, prend des risques, s’expose, «  nous avons choisi de casser l'économie pour "sauver les vieux", pourtant improductifs, ce qui est extraordinaire. », pan sur le bec au petit protégé de la Saporta : Maxime Lledo, représentant auto-proclamé de la génération sacrifiée auditionné par les députés (je ne nie pas les difficultés des étudiants, j’ai des petits-enfants, mais les jeunes ne sont pas un magma indifférencié), il n’est ni dans le camp des contre, ultra-majoritaire sur les  réseaux sociaux,  ni de celui des pour trop souvent dernier carré des militants du Président, il sort des autoroutes de la bien-pensance, ne néglige pas les chemins de traverse qui me sont chers, iconoclaste, provincial : La Tour-d’Aigues, citoyen engagé mais pas verrouillé, « L'avenir va maintenant dépendre de la capacité du politique à accompagner ce mouvement, à créer des tiers-lieux, à assurer partout un excellent équipement numérique, à nous faire basculer dans un monde écologique, plus humaniste, à faire vivre l'Europe, à décentraliser la santé...Nous allons disposer d'une énorme énergie à utiliser ; la question est de savoir si nos dirigeants sauront en faire une énergie créatrice et non destructrice. La réponse n'est pas écrite. »

 

Lisez-le, d’accord ou pas d’accord, qu’importe, ce qui importe c’est de renouer les fils du dialogue citoyen, d’échanger, de s’écouter, de s’entendre au sens de la compréhension, sortir de nos tranchées, de notre immobilisme mortifère, revenir à l’essentiel : ce vivre ensemble si déchiré…

 

"En une année, la société s'est plus autoréformée qu'en vingt ans", Jean Viard

 

Le sociologue en est persuadé : l'après-Covid sera positif et marqué par une "soif de vie" comparable à celle qui a suivi la Libération.

 

- Il y aura selon vous un avant et un après 2020. En quoi ?

 

Jean Viard : Pour la première fois dans l'Histoire, cinq milliards d'humains ont mené un combat contre un ennemi commun. C'est gigantesque ! Ce combat, de surcroît, peut-être à ce jour qualifié de victorieux : avec des millions de morts et de malades, certes, mais sans doute 50 à 100 millions de vies sauvées. Et nous avons choisi de casser l'économie pour "sauver les vieux", pourtant improductifs, ce qui est extraordinaire. On impute généralement à Hitler 50 millions de morts. Ici, on a le même ordre de grandeur, mais inversé !

 

La suite ICI 

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 08:00

Première séance de négociation des travaux du sommet de la gauche, le 14 septembre 1977, au siège du Parti socialiste à Paris, sous la présidence de François Mitterrand. ImageForum/AFP

Loin des affres du choix du postulant à Sciences-Po : plan en 2 ou en 3 parties, thèse-antithèse puis conclusion ou thèse-antithèse-synthèse, ma prose de billettiste occupe l’entame, les écrits des autres suivent, aucune conclusion.

 

 

Chroniques du Cinéphile Stakhanoviste: Vincent, François, Paul... et les  autres - Claude Sautet (1974)

Il était beau le temps, que les gens de vingt-ans ne peuvent pas connaître, du trio Mitterrand-Marchais-Fabre, François, Georges, Robert et les autres aurait titré Claude Sautet…

 

Aujourd’hui, du côté gauche, de la sinistra, c’est plutôt plus on est de fous plus on rit, Yannick, Olivier, Anne, Julien, les 2 Éric, Sandrine, Ian, Benoît, Raphaël, 10,ils auraient pu arriver à la douzaine en ajoutant le bel Arnaud (Montebourg) et l’inconnu de Bourg-en-Bresse Guillaume (Lacroix) le chef des radicaux de gauche, mais où sont donc passés les radicaux de gauche, cher au pharmacien de Villefranche-de-Rouergue, sans doute auraient-ils pu prêter aux invités du beau Yannick Jadot leur cabine téléphonique…

 

 

Un hôtel sans fard ni artifices au 68 quai de la Seine dans le 19e arrondissement de Paris

 

Holiday Inn Express Canal de la Villette sur Hôtel à Paris

 

C'est le lieu choisi par l'entourage de Yannick Jadot pour accueillir la réunion des principaux leaders de la gauche samedi à 10 heures, en vue d'une hypothétique alliance pour la présidentielle de 2022.

 

« C'est un lieu qui n'a aucun intérêt particulier et c'est d'ailleurs pour ça que nous l'avons choisi », ironise un lieutenant du candidat écologiste.

 

Bien vu camarade, puisque cette réunion ne présente, à mon sens, aucun intérêt particulier, c’est du mou pour chat, un ensemble vide, de la geste médiatique pour occuper le terrain, d’où mon titre en attendant Jadot

 

 

Jugez-en !

 

Après un propos introductif de Yannick Jadot, à l'initiative de la rencontre, les échanges seront libres. Seule limite : le temps. « Il n'est pas prévu de plateaux repas », précise un proche de l'écologiste, pour qui les débats ne devraient pas dépasser « deux à trois heures », sans accoucher d'une déclaration commune.

 

Autour de la table, une personne par parti ainsi que les candidats déclarés – ou pressentis – à l'élection présidentielle : Olivier Faure et Anne Hidalgo pour le Parti socialiste, Julien Bayou, Yannick Jadot, Éric Piolle et Sandrine Rousseau pour EELV, mais aussi Éric Coquerel (LFI), Ian Brossat (PCF), Benoît Hamon (Génération.s) ou encore Raphaël Gluksmann (Place publique).

 

 

Coquerel, Mister No ?

 

« Laisser croire qu’on va pouvoir s’arranger autour d’une table entre candidats, ce n’est pas crédible… Pour l’instant, il y a de vraies différences de fond qui existent entre les différents mouvements »

 

Une vingtaine de dirigeants et cadres de la gauche, dont Sandrine Rousseau (EELV), Benoit Hamon (Generation.s), Olivier Faure (PS), Anne Hidalgo (PS), Julien Bayou (EELV), Yannick Jadot (EELV), Corinne Lepage (Cap Ecologie) après leur réunion en vue de la présidentielle 2022, le 17 avril 2021, à Paris. — Thomas SAMSON / AFP

La jauge a monté :

 

Ils étaient une vingtaine, même si le MRC cher au coeur de JP Chevènement qui a rallié Montebourg absent n'était pas de la partie... 

Présidentielle 2022 : Les gauches s'entendent pour poursuivre le dialogue ICI

 

UNION Après trois heures de réunion à huis clos, la plupart de la vingtaine de dirigeants et cadres de gauche affichaient leur satisfaction de voir dialoguer une famille souvent émiettée

B.D. avec AFP
  •  

A gauche, derrière l’unité, un axe social-écologiste se dessine pour 2022 ICI 

Les formations de gauche doivent se réunir samedi 17 avril à Paris, à l’initiative de l’écologiste Yannick Jadot, pour discuter de la présidentielle.

Par Abel Mestre et Sylvia Zappi

 

C’est son moment. Même s’il n’est pas le candidat officiel d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) – le parti doit désigner son représentant à la présidentielle lors d’une primaire en septembre –, Yannick Jadot agit comme s’il l’était déjà. Jeudi 15 avril, il était l’invité principal de « Vous avez la parole », l’émission politique de France 2, où il a débattu avec le ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Un coup de projecteur bénéfique pour le député européen qui réunira, samedi 17 avril dans un hôtel parisien du 19e arrondissement, l’ensemble des forces politiques de gauche et écologistes.

 

Ce rendez-vous fait suite à son appel à l’union lancé le 29 mars sur France Inter. « On doit se parler franchement, clarifier les divergences et se mettre d’accord sur une perspective pour construire un rassemblement, précise aujourd’hui M. Jadot. On doit d’abord travailler sur le fond, les idées. Il faut un pacte de législature. La question d’une candidature commune viendra après. » L’idée est donc de créer les conditions d’une candidature sociale-écologiste commune qui permette à cette famille politique de ne pas partir divisée au premier tour en 2022.

 

Socialistes, écologistes, communistes, « insoumis »… si les principales formations seront représentées samedi – ainsi que des partis de taille plus modeste –, certaines n’y vont pas avec un grand entrain. La France insoumise (LFI) a posé très tôt des conditions à sa participation : que de la rencontre émergent un « pacte de non-agression » et une volonté de « lutte contre l’extrême droite et pour les libertés publiques ».

 

Après des échanges épistolaires, LFI sera finalement présente mais sans son leader, Jean-Luc Mélenchon, qui est à l’étranger. « Yannick Jadot est l’un de ceux de la gauche d’accommodement qui rompt avec le “tout sauf Mélenchon” », estime toutefois le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel. Cependant, pas question de se ranger derrière une bannière commune qui ne serait pas portée par M. Mélenchon. « Au premier tour, il y aura une candidature de la gauche d’accommodement et une candidature de la gauche de rupture, continue M. Coquerel. Mais il ne faut pas oublier le deuxième tour. Nous ne sommes pas des adversaires. » Pas question, donc, d’insulter l’avenir.

 

Accélérer le calendrier

 

Les « insoumis » espèrent même retourner la réunion de samedi à leur avantage : ils sont persuadés que les écologistes sont divisés et veulent les pousser au bout de leurs contradictions, pour récupérer l’aile la plus à gauche. « A EELV, beaucoup sont plus proches de nous que d’Anne Hidalgo [la maire socialiste de Paris]. On peut attirer ceux qui veulent une rupture », veut encore croire M. Coquerel.

 

Du côté des communistes, on estime « qu’il est toujours utile de se parler », résume Ian Brossat, porte-parole du Parti communiste. Eux aussi demeurent très circonspects quant à l’éventualité d’un candidat commun : ils sont en plein processus de désignation de leur représentant, qui devrait être leur secrétaire national, Fabien Roussel. Prudence, donc. « On doit dire que la clé pour sortir la gauche de la nasse est de renouer avec les classes populaires et leurs préoccupations. C’est-à-dire le pouvoir d’achat, l’emploi, la désindustrialisation. Mais la question présidentielle ne doit pas nous empêcher d’aborder les législatives », précise M. Brossat.

 

Problème pour M. Jadot : la direction de son propre parti ne se montre pas non plus très allante… « On continue d’avancer dans les discussions, mais on se voit tous [les partis de gauche et écologistes] très souvent. Mais au lieu d’être en bilatéral, là, on sera plusieurs », temporise Sandra Regol, numéro 2 d’EELV. Cependant, plusieurs cadres des Verts ont signé un texte pour se féliciter de l’initiative de M. Jadot. Ils demandent par ailleurs d’accélérer le calendrier pour entrer au plus vite dans la bataille.

 

« Un signal clair »

 

Finalement, ceux qui se montrent les plus enthousiastes sont sans doute les socialistes. Le PS, qui sera représenté, notamment, par son premier secrétaire, Olivier Faure, et sa candidate putative Anne Hidalgo, entend que la réunion soit plus qu’une photo de famille. « Il faut envoyer un signal clair. Montrer que nous sommes prêts à conclure, dès cet automne, un contrat de gouvernement, une coalition et un mode de désignation d’un candidat commun. Nous avons l’obligation d’avancer pour les électeurs qui se désespèrent de voir cette division de la gauche dérouler le tapis rouge au duel Macron-Le Pen », plaide M. Faure. Une position qui n’est pas nouvelle pour lui. Il ne cesse de répéter qu’une alliance autour de la social-écologie est vitale et que les divergences ne justifient pas la présentation de candidats différents.

 

Derrière cette belle façade de l’unité, une sorte de « noyau dur » se dessine entre le PS et EELV. Avec un objectif : parvenir à afficher ensemble la volonté d’union et se mettre d’accord sur un calendrier dans la foulée. Les deux partis veulent tirer dans le même sens pour ficeler un agenda précis afin de parvenir à l’automne à un « accord de gouvernement, un contrat législatif et un mode de désignation d’un candidat commun », selon les vocables socialistes.

 

Depuis l’annonce de la proposition de M. Jadot, des rendez-vous de préparation ont été organisés et les téléphones ont chauffé. La maire de Paris a rencontré les trois candidats à la primaire écologiste – Yannick Jadot, le maire de Grenoble Eric Piolle, l’universitaire Sandrine Rousseau –, le secrétaire national d’EELV Julien Bayou, la présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale Valérie Rabault, le sénateur socialiste Patrick Kanner et les anciens ministres socialistes Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, pour s’assurer que la réunion déboucherait sur un engagement.

 

La date de la rencontre a même été plusieurs fois repoussée pour y parvenir. Le schéma final a été arrêté, mercredi 14 avril, lors d’une visioconférence entre Olivier Faure, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Julien Bayou. Socialistes et écologistes semblent être tombés d’accord sur le fait que le rapprochement devait se faire autour du socle social-écologiste et donc de leurs deux sphères d’influence. L’unité, oui, mais pas trop.

 

Abel Mestre et Sylvia Zappi

 

Portrait de Yannick Jadot réalisé lors de sa visite aux Sables d'Olonne.

Présidentielle . Yannick Jadot propose à toute la gauche de s’unir autour d’un projet en commun

 

Le chef de file des écologistes a proposé lundi une grande réunion de toute la gauche, allant de Jean-Luc Mélenchon à Anne Hidalgo, pour discuter projet et éviter de partir divisée face Emmanuel Macron lors de la prochaine élection présidentielle.

 

« Je veux lancer un appel à Anne Hidalgo, à Olivier Faure, à Julien Bayou, à Christiane Taubira, à Jean-Luc Mélenchon : il faut que dans les jours qui viennent, on se mette autour d’une table et qu’on se mette d’accord pour construire le grand projet d’espérance dont nous avons besoin pour 2022 », a-t-il plaidé sur France Inter, car « si nous y allons divisés, nous n’avons aucune chance de gagner ».

 

« J’invite depuis Cédric Villani à Fabien Roussel, Delphine Batho, Benoît Hamon, Raphaël Glucksmann. Toutes et tous, aujourd’hui, nous devons avoir la responsabilité historique de nous parler. Peut-être qu’on n’y arrivera pas, mais tentons et puis on verra », a-t-il ajouté pour compléter sa liste d’invitation.

 

Objectif : avoir une candidature unique de la gauche en 2022 ?

 

« On définira ensemble peut-être un processus de désignation pour avoir une candidature unique, mais parlons du fond, construisons cette espérance pour les Françaises et les Français » car « il n’y a pas à se résigner à l’extrême droite dans notre pays, il n’y a pas à se résigner à Emmanuel Macron » qui, selon lui, « n’est ni un rempart à l’extrême droite ni un rempart au dérèglement du climat ».

 

« Ce n’est pas possible que dans ce pays on ne puisse plus trouver des compromis, qu’on ne puisse plus débattre en respectant le concurrent ou le contradicteur », a-t-il déploré à propos des vifs échanges à gauche sur l’Unef et les réunions non-mixtes.

 

« Une primaire qui devient une primaire identitaire, qui n’est pas une primaire qui se tourne vers les Françaises et les Français, mais qui se regarde le nombril pour savoir quelle est l’identité de la gauche ou de l’écologie serait une primaire de la défaite, ce serait une machine à perdre », a-t-il mis en garde. « Ce dont nous avons besoin c’est d’un processus de désignation et d’un projet de conquête », a-t-il ajouté.

 

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 06:00

 

Les Texas Rangers: les gardiens de l'orage (ou l'histoire d'une auteur  amoureuse) | Marie-Pierre Bardou

Les éditions Liana Levi sont la garantie d’un choix d’auteurs étrangers de qualité.

 

Elles publient notamment Milena Agus, Andreï Kourkov et Iain Levison.

 

Liana Levi a fondé sa maison d’édition du même nom en 1982. Cette maison parisienne et indépendante est le fruit de l’envie et du travail de sa fondatrice. Journaliste en France pour des publications italiennes, Liana Levi souhaitait se lancer dans l’édition.ICI  

 

Grâce à elle j’ai découvert Milena Agus (dernier opus, Une saison douce ICI , et Andreï Kourkov

 

J’avais remarqué dès le départ qu’il tenait à la main un livre sur la jaquette duquel trônait une jeune vache pie noire dans un décor de papier vert d’eau très bucolique, « Laitier de nuit » d’Andrei Kourkov. J’avais lu son désopilant best-seller « Le Pingouin » qui racontait l’histoire, à Kiev, de Victor Zolotarev, un journaliste sans emploi et de son pingouin Micha rescapé du zoo de la ville en pleine débine. Tous deux tentaient péniblement de survivre, entre la baignoire et le frigidaire de l'appartement. C’est alors que le patron d'un grand quotidien offrit à Victor d'écrire les nécrologies - les « petites croix » - de personnalités bien portantes. Bien évidemment,  Victor  s’empressait d’accepter ce job tranquille et bien payé. Mais comme à Kiev la vie est loin d’être un long fleuve tranquille, un beau jour, les fameuses « petites croix » se mettaient à passer l’arme à gauche, de plus en plus nombreuses et à une vitesse alarmante. Victor et son pingouin neurasthénique se trouvaient alors plongé dans la tourmente d’un monde impitoyable et sans règles, celui d’une république de l’ancien  empire soviétique.

 

Bluebird, Bbluebird; un vrai polar d'atmosphère qui nous plonge dans  l'Amérique d'aujourd'hui - Baz'art : Des films, des livres...

 

Lors de ma dernière fournée de livres, c’est Attica Locke qu’elle m’a fait découvrir avec Bluebird, Bluebird

 

Attica Locke (auteur de Bluebird, Bluebird) - Babelio

 

Née à Houston (Texas) 1974 Attica Locke est scénariste pour le cinéma et la télévision. Enseignante au Sundance Institute, elle travaille actuellement pour une série de HBO sur le mouvement des droits civiques. Black Water Rising (Marée noire), son premier roman, est nominé pour le Edgar Award 2010. Elle vit à Los Angeles avec son mari et sa fille.

 

East Texas maps, maps of East Texas counties, list of Texas counties

 

Bluebird, Bluebird", le blues d'Attica Locke ICI 

 Le 15 janvier 2021 par Karen Lajon

 

LA VIE EN NOIR - Attica Locke débarque chez Liana Levi. C'est une prise de guerre. Au moment où les éléments les plus radicaux de la frange trumpiste ont pris d'assaut le Capitole à Washington DC, le nouveau livre de la romancière américaine, "Bluebird, Bluebird", pourrait presque avoir l'air d'un vieux disque rayé. Sauf qu'il colle aux événements récents comme jamais.

 

Bluebird, Bluebird a été écrit en 2016, date à laquelle Donald Trump accède à la Maison-Blanche, sous les yeux effarés du monde entier qui pense encore que c'est un clown que l'on va facilement gérer. En réalité, c'est l'Acte 1 d'une nouvelle Amérique. Il faut venir de l'East Texas pour comprendre la portée de de la victoire du milliardaire. Il faut s'appeler Attika Locke. La région appartient à la Bible Belt. Les fondamentalistes chrétiens s'y sont épanouis. Au plus fort de la ségrégation, alors qu'ils avaient servi pour l'Oncle Sam, beaucoup d'anciens soldats noirs ont quitté en masse le Sud pour le Nord afin d'échapper aux lois Jim Crow. Certains, propriétaires de leurs terres, n'ont pas voulu quitter leurs fermes. C'est le cas de la famille de l'auteur. "La terre, ils savaient que c'était le pouvoir", a-t-elle expliqué dans un entretien avec un journal américain. Alors, ce Sud texan, elle le connait, bien, elle l'a vécu dans sa chair.

 

La suite ICI 

 

Précision importante : il est Noir, il boit trop et sa hiérarchie veut le virer. N’empêche que c’est un bon et qu’il va faire surgir une incroyable vérité, sur les crimes d’aujourd’hui et sur ceux oubliés d’hier… Voilà toute l’histoire. Elle est magnifique et complexe, d’une effrayante actualité, peuplée de personnages puissants et plus vrais que nature. Pas étonnant. Attica Locke, qui a produit cette merveille est originaire du Texas. Mais ça ne suffit pas à écrire un polar du niveau de Bluebird, Bluebird, la chanson de John Lee Hooker qui passe régulièrement dans le troquet de Miss Geneva. Il faut du talent. Ce dont Attica Locke est amplement pourvue.

 

Bernard Poirette

 

HISTOIRE DE LA DIVISION DES TEXAS RANGERS. ICI 
Les Texas Rangers, patrouilleurs du Lone Star State
 

Une poignée d’hommes déterminés à protéger la frontière texane.

ICI 

Une poignée d’hommes déterminés à protéger la frontière texane.

 

Sans Dénomination Fixe, ils ne faisaient ni partie de l’armée, ni de la garde nationale ni de la milice, et n’étaient pas une force de police. Qui sont-ils ? Patrouilleurs solitaires, ils sont discrets, mais terriblement efficaces et gardiens de la frontière mexicaine : Ce sont les Texas Rangers, surnommés les « Diables Texans ». Présentation en quelques coups de colt.

 

 

Selon une légende de l’ouest qui circule dans le vent du désert, une émeute a un jour enflammé une petite ville du Texas, submergeant rapidement les autorités locales. Paniqué, le sheriff a alors contacté le gouverneur d’Austin, réclamant un peu d’aide. Un jour plus tard, un Texas Ranger débarquait du premier train, prêt à stabiliser la situation. Au sheriff s’inquiétant qu’il n’y avait qu’un seul Ranger, celui-ci lui rétorqua qu’il n’avait qu’une seule émeute.

 

 

Les premiers Texas Rangers sont apparus en 1823, lorsque le bon samaritain Stephen Fuller a sélectionné une poignée d’hommes forts pour protéger des centaines de familles tout juste arrivées au Texas, en bordure du Mexique. 12 ans plus tard, le corps était officiellement constitué, avec 3 compagnies, dirigées par un Capitaine et 2 Lieutenants.

 

Leur mission ? Protéger la frontière texane des Mexicains, et défendre les familles texanes contre les Cherokees et les Comanches. Leur réputation s’est faite à cette période, lorsqu’ils ne reculaient devant rien pour arriver à leurs fins, et connaissant tellement les régions et les conflits qu’ils servaient même d’éclaireurs et de guides à l’armée fédérale pendant les années de République du Texas (1836 – 1845).

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 06:00

 

J’apprécie beaucoup mes rencontres avec JPK, au détour de pages d’un grand auteur, ici avec David John Moore Cornwell, dit John le Carré, alors que dans la vie mes rencontres avec lui se comptent sur moins des doigts d’une seule main.

 

Dans son livre : Histoires de ma vie, Le tunnel aux pigeons, au chapitre 32 Déjeuner de prisonniers, John le Carré évoque sa rencontre avec JPK au début du nouveau millénaire, chez François Bizot qui « reste le seul Occidental à avoir été fait prisonnier par les Khmers rouges de Pol Pot et à avoir survécu. »

 

Le portail - François Bizot - Babelio

 

Le Carré, note : « Nous étions tous suspendus aux lèvres de Bizot pendant l’exposé de son raisonnement, sauf un convive qui restait étrangement impassible. Il était assis juste en face de moi. C’était un petit homme nerveux au front large dont le regard sombre et vif ne cessait de croiser le mien. On me l’avait présente comme étant l’écrivain Jean-Paul Kauffmann. J’avais lu son dernier livre, La Chambre noire de Longwood, avec un grand plaisir.

 

 

Le Carré, n’ayant pas été prévenu qu’il allait le rencontrer exprima, selon ses dires, sa joie de façon très spontanée, alors « pourquoi diable me regardait-il donc avec une telle sévérité, alors ? Avais-je commis un impair ? Etc.

 

« Je dus lui poser la question, ou bien mon attitude la lui posa indirectement pour moi. Et un soudain renversement des rôles, ce fut à mon tour de le dévisager. »

 

« S’il m’avait dévisagé pendant tout le déjeuner, c’est que, dans l’une de ses caches où il était confiné, il était tombé sur un de mes livres en édition de poche tout abîmé et l’avait dévoré à de nombreuses reprises, l’investissant sans doute d’une plus grande profondeur qu’il n’en avait jamais contenu. Il m’expliqua tout cela de ce ton neutre que j’avais déjà entendu chez d’autres victimes de torture, dont le quotidien inclus à jamais cette expérience indélébile. »

 

La vérité, version John Le Carré

 

Le Carré se replongea, après le déjeuner dans La Chambre noire de Longwood, et a fait le lien qui lui avait échappé à la première lecture « il s’agissait là d’un prisonnier traumatisé qui écrivait sur une autre, peut-être le plus grand de tous les temps. » Il en garda un souvenir marquant même si ils ne revirent jamais ni entretinrent une correspondance.

 

Amazon.fr - La Chambre noire de Longwood. Le Voyage à Sainte-Hélène -  Kauffmann, Jean-Paul - Livres

 

Lorsque le Carré se lance dans l’écriture des Histoires de sa vie, il cherche sur internet comment le contacter. Il obtient son adresse mail assortie d’un avertissement sur le fait qu’il était possible qu’il ne réponde pas.

 

Je ne sais si JPK lit encore mes graffitis mais, pour la première fois, à propos de Napoléon, il n’a pas saisi la perche que je lui avais tendue.

 

« Avec moult précautions, je lui écrivis, et au bout de quelques semaines me parvint la généreuse réponse ci-dessous :

 

Jean-Paul Kauffmann « j'ai toujours aimé l'entre-deux. Tous les mondes que j'ai  visités étaient flottants, situés à la limite.» - Le blog de JACQUES  BERTHOMEAU

 

Pendant ma captivité, j’ai manqué cruellement de livres. Nos geôliers nous en apportaient parfois. L’arrivée d’un livre constituait un bonheur sans nom. J’allais non seulement le lire une fois, deux fois, quarante fois, mais aussi le relire en commençant par la fin ou au milieu. Je prévoyais que ce jeu allait m’accompagner au moins deux mois. Pendant mes trois ans de malheur, j’ai connu d’intenses instants de joie. L’Espion qui venait du froid en fait partie. J’y ai vu un clin d’œil du destin ; nos geôliers apportaient n’importe quoi : des romans bon marché, le deuxième tome de Guerre et Paix de Tolstoï, des traités illisibles. Cette fois un écrivain que j’admirais… J’avais lu tous vos livres dont l’Espion mais dans ma condition ce n’était pas le même livre il n’avait même plus rien à voir avec le souvenir que j’en avais. Tout était changé. Chaque ligne était lourde de sens. Dans une situation comme la mienne, la lecture devenait une affaire grave et même dangereuse car le moindre fait se trouve relié à ce quitte ou double, qui l’existence même de l’otage. La porte de la cellule qui s’ouvre annonçant un responsable du Hezbollah signifie la délivrance ou la mort. Tout signe, toute allusion deviennent présages, symboles ou paraboles. Il y en a beaucoup dans L’espion.

 

Amazon.fr - L'espion qui venait du froid - Le Carré, John - Livres

 

Avec ce livre, j’ai ressenti dans mon être le plus profond ce climat de dissimulation et de manipulation (la taqqiya chiite). Nos ravisseurs étaient des experts en paranoïa : méfiance maladive, interprétation délirante, agressivité systématique, goût névrotique du mensonge. L’univers aride de Leamas, où les vies humaines ne sont que des pions, était le nôtre. Que de fois me suis-je senti comme lui un homme abandonné, désavoué. Et surtout usé. Cet univers de duplicité m’a appris aussi à réfléchir sur mon métier de journaliste. Finalement nous sommes des agents doubles. Ou triples. Il nous faut entrer en empathie pour comprendre et se faire accepter, puis nous trahissons.

 

Votre vision de l’homme est pessimiste. Nous sommes des êtres dérisoires ; individuellement nous ne pesons pas lourd. Heureusement, tout ne se vaut pas (voir le personnage de Liz).

 

J’ai puisé dans ce livre des raisons d’espérer. Le plus important c’est la voix, une présence. La vôtre. La jubilation d’un écrivain qui décrit un monde terne et cruel et se délecte de parvenir à le rendre si gris et désespérant. On le ressent presque physiquement. Quelqu’un vous parle, vous n’êtes plus seul. Dans ma geôle, je n’étais plus abandonné. Un homme entrait dans ma cellule avec ses mots et sa vision du mode. Quelqu’un me communiquait son énergie. J’allais m’en sortir…

 

2015 JPK

 

Le Carré note : « Voilà ce que c’est. Voilà comment fonctionne la mémoire, celle de Kauffmann, la mienne, les deux. J’aurais juré que le livre dont il m‘avait parlé au déjeuner était Les Gens de Smiley, et non L’espion qui venait du froid, et mon épouse en garde le même souvenir. »

 

De mon côté je penche pour la version JPK et ce pour deux raisons :

 

  • L’espion qui venait du froid best-seller devait plus sûrement traîner au Liban que Les Gens de Smiley…

 

  • La mémoire de JPK à propos de sa captivité me semble plus fiable que celle de le Carré, et de madame…
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