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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 08:00

 

Le grand enfant de Choeur De Chaïm SOUTINE (1893-1943)

Je n’ironise pas, la messe du dimanche je l’ai servie au temps de mes culottes courtes, soutane rouge, surplis empesé, savates de feutre, en dirigeant la manœuvre, assis sur mon tabouret de boss des enfants de chœur.

 

Le président de la Conférence des évêques de France a déposé un recours devant le Conseil d’État. L’interdiction des messes porte « atteinte à la liberté de culte »

 

Mgr Éric de Moulins-Beaufort estime que la décision du gouvernement « porte atteinte à la liberté de culte qui est l’une des libertés fondamentales » en France. Après avoir consulté tous les évêques de France, il estime « hors de proportion l’interdiction de célébrer la messe et d’autres sacrements en communauté. » Une cérémonie jugée « essentielle » par l’Église, qui réclame un assouplissement des mesures. « Pour les fidèles, ces célébrations sont vitales parce qu’elles sont une rencontre avec le Seigneur et avec leurs frères », justifie le président de la Conférence des évêques de France.

 

Ouragan dans le bénitier !

 

Dans le cadre d'un déconfinement progressif, notre Emmanuel qui s’occupe de tout a annoncé la réouverture des messes. Mais avec une condition : elles seraient limitées à 30 personnes. Une décision que Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, qualifie de "contradictoire" et "grotesque".

 

Nouvelle tempête pour la jauge, notre grand timonier fait machine arrière

 

Lors d'une conversation téléphonique dans la soirée du 24 novembre, entre le président de la République et le président de la conférence des évêques de France (CEF) Mgr Eric de Moulins-Beaufort qui protestait contre la «stricte limite de 30 personnes pour les messes» imposées par Emmanuel Macron, il a été convenu qu'un nouveau plafond maximal de fidèles pour les messes sera étudié d'ici jeudi matin 26 novembre, pour une «jauge réaliste, tout en étant stricte» a indiqué l'épiscopat par communiqué mercredi matin.

 

Donc, au sortir de la grand-messe, préparez-vous des spaghettis cacio e pepe selon la recette de Gabriele Muti, chef du restaurant Uncino

 

La recette des spaghettis cacio e pepe du chef Gabriele Muti Les spaghettis cacio e pepe de Gabriele Muti, chef du restaurant Uncino.

 

Ingrédients

 

150 g de pecorino romano (si vous trouvez le pecorino trop salé, vous pouvez mettre 2/3 pecorino et 1/3 de parmesan)

 

10g de poivre (en fonction de vos goûts et de la puissance de votre poivre, on a utilisé du poivre noir de Sarawak)

 

200g de spaghetti

 

8g de sel par litre d’eau pour la cuisson de la pasta

 

 

Préparation

 

Râpez finement le fromage et réservez-le dans un petit saladier.

 

Mettez l’eau à bouillir.

 

Dans une poêle, mettez le poivre finement moulu et faites-le torréfier à feu doux. Attention, en chauffant le poivre va dégager un arôme puissant qui pique.

 

Mettez les spaghettis à cuire (la moitié du temps de cuisson indiqué sur le paquet)

 

Quelques minutes avant la fin de la cuisson, ajoutez un peu d’eau de cuisson au fromage et commencez à le travailler.

 

Ajoutez un peu d’eau au fur et à mesure. Bien mélanger pour obtenir une boule compacte.

 

Ajoutez de l’eau de cuisson sur le poivre torréfié (ne vous mettez pas au-dessus, et aérez bien) puis ajoutez la pasta.

 

Il faut terminer la cuisson des pâtes à la poêle en ajoutant au fur et mesure de l’eau de cuisson. Quand la cuisson est finie, l’amidon relâché par la pasta, l’eau et le poivre vont former une sorte de sauce crémeuse, éteindre alors le feu.

 

Hors du feu, versez la boule de fromage et continuez à mélanger jusqu’à ce que tout se lie. La sauce devient crémeuse, dressez immédiatement car la sauce coagule rapidement.

 

La suite ICI

Le conseil de qui vous savez :

 

Loreline Laborde
Les Granges Paquenesses
39800, Tourmont
Tél. : +33 (0)6 23 87 65 19
Mail : contact@granges-paquenesses.fr  

 

Les Granges Paquenesses - Loreline Laborde

 

Un jeune domaine établi à Tourmont, près de Poligny.

 

 Présentation (par amicalementvin):

 

Partie de Montpellier Loreline la citadine est devenue vigneronne et paysanne. Les rencontres et les heures passées au milieu des vignes, de la terre et des animaux, lui ont forgé des envies et des certitudes. Le Jura est devenue sa terre d'accueil, ses parcelles sont terrain de jeu et sa ferme des Granges Paquenesses son refuge.

 

Loreline Laborde exploite seule 3,5ha en Côtes du Jura, depuis 2010. Des vignes assez groupées mais à la géologie nuancée, qui lui permettent de s'exprimer sur les cépages typiques du Jura : Savagnin, Chardonnay, Poulsard et Trousseau.

 

Le domaine des Granges Paquenesses est en bio tout naturellement. Travail du sol, maîtrise des rendements, préparation de compost,... tout est fait pour exprimer l'extraordinaire terroir du Jura, en respectant la nature.

 

Le travail à la cave va à l'essentiel, avec peu d'intervention. Le vin est gentiment accompagné, les fermentations sont en levures indigènes, pas de chaptalisation ou autre enzymage. Le soufre est utilisé à bon escient. Bref c'est propre quoi !

 

A la vigne, Loreline marche dans les pas de sa jument comtoise Amazone. Avec elle, elle travaille l'ensemble de ses parcelles, pour vivre un peu plus en harmonie avec la nature.

 

 

COMMENT RÉUSSIR LES PÂTES CACIO E PEPE ? DEUX MÉTHODES

 

 

Méthode scientifique : c’est celle qui a été élaborée par le scientifique Dario Bressanini dont je vous ai déjà parlé et que j’aime beaucoup. Il s’occupe de divulgation scientifique de l’alimentation, avec rigueur, humour et bon sens (un peu comme Hervé This mais plus à notre portée je trouve, avec des aliments ou plats basiques).

 

Le principe est celui de porter la température du fromage mélangé avec l’eau de cuisson des pâtes (important pour la présence d’amidon) à une température de 55°C (celle idéale où le fromage fond mais ne coagule pas). Pour ce faire (et sans se casser la tête à tremper un thermomètre), il suffit de réaliser un mélange de fromage et d’eau de cuisson (proportions 40/60 par ex. 80 g de fromage et 120 g d’eau) et le réchauffer au bain-marie jusqu’à ce le mélange soit fluide et non coagulé. On garde ensuite cette crème au chaud (dans le bain-marie), on la verse sur les pâtes égouttées et misent dans un saladier et on mélange rapidement.

 

 

Il nous explique aussi que l’amidon contribue à empêcher la coagulation rapide du fromage (il cite d’ailleurs l’exemple de la sauce Mornay qui contient de la farine et du fromage). Donc plus il y a d’amidon dans l’eau des pâtes (mais pas trop non plus) mieux c’est. C’est pourquoi, il préconise aussi de mettre la moitié de l’eau habituelle pour la cuisson des pâtes : soit 50 cl au lieu d’un litre pour 100 g de pâtes.

 

 

Méthode empirique : c’est celle de la plupart des chefs romains (certains même étoilés) mais qui peut ne pas marcher à 100% (et c’est celle que j’utilise le plus aussi)

 

Elle consiste à créer le mélange au moment de l’égouttage des pâtes ou juste un peu avant en prenant un peu d’eau de cuisson mélangée au fromage dans un saladier. Ensuite, on y met les pâtes, encore un peu de fromage et on dilue avec un peu d’eau de cuisson tout en mélangeant. Cela peut être parfait mais il peut arriver que la température de l’eau soit trop chaude ou pas assez et donc de ne pas avoir une crème parfaite.

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 06:00

 

Le confinement a du bon pour un gars comme moi qui, en temps normal ne fiche rien de ses dix doigts, je suis bien obligé d’occuper mes journées dans mon 9e étage avec ascenseur, privé de balcon plein sud par la météo je regarde des films.

 

Ainsi j’ai visionné un film passionnant The Imitation Game de Morten Tyldum qui a réalisé un film efficace sur l'histoire d’Alan Turing, mathématicien britannique génie tragique, (1912-1954)

 

Imitation Game-DVD: Amazon.fr: DVD & Blu-ray

 

Le pardon royal fut accordé à Alan Turing le 24 décembre 2013 par la reine Elizabeth. La souveraine britannique en finissait ainsi avec l’une des injustices les plus flagrantes du XXe siècle : la condamnation pour « indécence manifeste », en 1952, du mathématicien, héros méconnu de la seconde guerre mondiale.

 

Son crime ?

 

Il était homosexuel.

 

Il avait réussi à casser le code Enigma utilisé par l’armée allemande pour ses communications secrètes et, ce faisant, contribué à la victoire des Alliés dans la bataille de l’Atlantique.

 

En 1952, la justice britannique avait donné à Turing le choix entre deux ans d’emprisonnement et un traitement aux hormones féminines revenant à une castration chimique.

 

Le mathématicien choisit les injections, qui le rendirent impuissant. Le lundi de Pentecôte 1954, il croqua une pomme avant de se coucher. Le fruit ayant macéré dans du cyanure, le scientifique mettait fin à ses jours en s’inspirant de Blanche-Neige et les sept nains, le dessin animé de Walt Disney qu’il aimait tant.

 

Franck Nouchi le 26 janvier 2015 dans la Monde ICI 

 

 

Alan Turing est un personnage fascinant. En à peine quarante et un an d'existence, ce génie anglais a marqué le monde des mathématiques, de l'informatique et de l'intelligence artificielle. En 1936, il présente une expérience de pensée qu'on nommera ensuite machine de Turing et qui permettra de donner une définition au concept d'algorithme et de procédure mécanique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint les services secrets britanniques et réussira à briser les secrets des communications allemandes et de la machine Enigma. Après la guerre, Alan Turing travaillera sur le concept de l'ordinateur à programme enregistré (ACE), le premier ordinateur moderne. Une vie si remplie qu'elle est impossible à résumer en quelques lignes.

 

 

Heureusement, l'Histoire a réhabilité ce personnage énigmatique, ce génie au destin brisé. Au travers de films comme The Imitation Game, sorti au cinéma en 2014, son œuvre est désormais accessible au plus grand nombre et du livre de Dermot Turing, son neveu, auteur de la biographie Prof: Alan Turing Decoded (The History Press, 2015, non traduit), pour parler de la personnalité, des succès et des périodes les plus méconnues de la vie de ce scientifique visionnaire.

 

Dermot Turing, neveu d'Alan Turing et auteur de "Prof: Alan Turing Decoded"

 

Alan Turing n'était pas vraiment le génie torturé de "The Imitation Game", et son neveu nous explique pourquoi ICI

 

Histoire de la machine Enigma ICI 

 

Été 1940. La guerre semble avoir choisi son camp. La Pologne, la France ont capitulé. La Grande-Bretagne résiste, mais elle dépend, pour la moitié à peu près de son approvisionnement en matières premières, des importations maritimes. Or, dans les mers, les sous-marins allemands, les redoutables U-Boot, font régner la terreur, coulant de nombreux navires. Ils attaquent de nuit, en meutes. Pour leur coordination tactique, ils échangent de nombreux messages radios, avec le commandement à terre. Ces messages sont cryptés à l'aide d'une remarquable machine, l'Enigma.

 

Enigma, les secrets du code nazi

 

L'Enigma

 

L'Enigma est une machine à chiffrer inventée initialement par Arthur Scherbius et Richard Ritter en 1918. Cette machine, créée par ses inventeurs pour s'amuser, connait en réalité un grand succès commercial, et près de 30 000 modèles civils sont vendus, notamment à des banques ou à de grandes compagnies.

 

L'armée allemande, qui sait l'importance du renseignement dans les conflits modernes, se dote alors massivement d'une version militaire de cette machine. Elle se présente sous la forme d'une caisse en bois de 34×28×15 cm, et pèse une douzaine de kilos. Elle est composée : 

 

  • d'un clavier alphabétique
  • d'un tableau de connexion
  • de 3 rotors mobiles à 26 positions
  • d'un rotor renvoi à 26 positions (le réflecteur)
  • d'un tableau de 26 ampoules correspondant aux 26 lettres de l'alphabet.

 

La suite ICI 

Utilisation de la machine Enigma, par les Nazis

 

Alan Turing et le  décryptage des codes secrets nazis

 ICI 

10.05.2012, par 
Mis à jour le 06.06.2019

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 08:00

La récolte du raisin en septembre. Dans cette miniature du XVe siècle, on remarque que la vigne ne forme pas de longs alignements comme aujourd’hui. Détail des Très Riches Heures du duc de Berry, Septembre (Musée Condé à Chantilly)Détail des Très Riches Heures du duc de Berry, Septembre (Musée Condé à Chantilly)

Voilà-t-y pas qu’un gus gominé, qui se la pète dans ses vignes, pour le Bojolo Nouvo, s’est permis d’écrire qu’un de ses copains, qui lui brosse ses poils huilés dans le bon sens, était le dernier blogueur de vin ; la moutarde m’est montée au nez et j’ai décidé de laver l’outrage en abordant un sujet rarement traité : le vin remède qui guéri toutes les écrouelles.

 

Hippocrate, fondateur de la médecine | Odysseum

 

Selon Hippocrate, « le vin est chose merveilleusement adaptée à l’homme. »

 

Un grand médecin humaniste de l'Antiquité, Galien de Pergame - Ép. 4/4 -  Les grandes figures de la médecine et de la science

 

Pour Galien au IIe siècle « s’il est bu avec mesure, le vin pour la digestion, la distribution des sucs, la production du sang et la nutrition, contribue grandement à  rendre notre âme plus douce et en même temps courageuse.

 

La médecine et les remèdes du Moyen Âge

 

Ordonnances du Dr Berthomeau (je le suis  docteur…)

 

  • « Le vin dans lequel on aura cuit du gingembre et du cumin est bon contre les douleurs d’estomac dues à des ventosités et facilite la digestion. »

 

La médecine et les remèdes du Moyen Âge

 

  • « Qui a la voix rauque et mal à la gorge et dans la poitrine fera cuire du bouillon-blanc (ou molène) et du fenouil en poids égaux dans du bon vin et en boire et en boira souvent après l’avoir tamisé. (important pour éviter d’avoir l’impression d’avaler « du poil à gratter. »
  •  

Au Moyen Âge, les médecines alternatives concurrençaient déjà la médecine  scientifique | Slate.fr

 

  • « Qui fait bouillir de la lavande avec du vin et du miel et en boit souvent tiède soulagera les douleurs de son foie et de ses poumons aussi que l’oppression de sa poitrine, purifiera son savoir et clarifiera ses pensées. »

 

 

Quelle médecine pratiquait-on au Moyen Âge ?

 

  • Pour ceux qui souffre de la rate : « Le vin où l’on a plongé et refroidi des pièces d’or rougies au feu apporte soulagement ; ceux qui n’auraient point de pièces d’or peuvent utiliser des pièces d’acier » (Neuves de préférence !)

 

médecine médiévale: l'anestesia

 

  • « Si l’on doit couper ou cautériser quelque membre ou y porter le fer, que le patient boive une demi-once de mandragore dans du vin et il dormira jusqu’à ce que le membre soit coupé, sans éprouver de douleur. »

 

La médecine et les remèdes du Moyen Âge

  • Important aussi pour conserver les dents, il suffit « de les laver deux fois par mois avec du vin dans lequel aura bouilli une racine de thym »

 

Gueule de bois, les remèdes au fil des siècles | Raconte-moi l'Histoire

 

  • « si tu souffres de maux de tête, broie des baies dans un mortier en y versant un peu de vin et enduis ensuite avec ce vins le sommet de ton crâne, ton front et tes tempes ainsi que la tête entière ; ensuite, couvre ton chef pour qu’il soit chaud et mets-toi au lit. Les douleurs peuvent avoir été aussi fortes qu’elles le veulent, elles faibliront. »

Les Remèdes Au Moyen Age - Histoire, actualité, politique | Rakuten

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 06:00

Le Crystal Palace, monument à la gloire de l'Angleterre

Joseph Paxton, Le Crystal Palace réalisé dans Hyde Park pour l’Exposition universelle de Londres, 1851. © Bridgeman.

Les nénuphars sur les mares de ma jeunesse qui donnaient l'impression de flotter sur l'eau avec leurs grandes feuilles ovales se divisant en deux lobes laissant pointer de très belles fleurs aux coloris variés, qui ont beaucoup de pétales avec des étamines au centre. Leurs fruits sont semblables à des baies, me fascinaient.

 

Les Nymphéas de Claude Monet, série de 250 tableaux commencées en 1895, ont certainement contribué à l'intérêt que l'on porte pour ces fleurs de bassin, de différentes couleurs, avec de larges feuilles ovales et arrondies, très esthétiques.

 

Les « Nymphéas » de Claude Monet, un don en hommage à la France

 

Miscellanées des fleurs Tout sur les fleurs et un peu plus encore - relié -  Anne-France Dautheville - Achat Livre | fnac

 

La Victoria regia, fut découverte en 1801 par un botaniste venu de Bohème, Thaddeüs Haenks qui en rédigea une description très détaillée. Il mourut sur le bateau du retour terrassé par une mauvaise fièvre tropicale. Ses confrères botanistes jetèrent son travail au panier « Allons soyons sérieux ! Une fleur géante ! Des feuilles sur lesquelles un enfant peut rester assis ! Ce pauvre Thaddeüs ne savait plus ce qu’il disait, c’est évident ! »

 

Victoria amazonica - Monaco Nature Encyclopedia

 

18 ans, c’est le temps qu’il fallut pour que sa découverte soit réhabilitée lorsqu’Aimé Bonplan, un botaniste français, corrobora ses écrits.

 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : « La première exposition universelle ouvrit ses portes le 1er mai 1851 à Londres, au sud de Hyde Park. Elle se tenait sous une gigantesque verrière, une serre de fer et d’acier, 560 m de long et une surface de 8 ha édifiée par 5000 ouvriers.

 

Tel était le Crystal Palace, conçu par un jardinier, Joseph PaxtonICI

 

La racine de ce projet grandiose  et un peu fou plonge dans les eaux c’une rivière sauvage ; en bref, la Crystal Palace n’aurait jamais existé sans le Victoria regia, le nénuphar géant de l’Amazonie.

 

Quatre ans plus tôt, un certain Thomas Bridges en rapporte quelques graines. Ses prédécesseurs en  ont fait autant, elles n’ont pas survécu au voyage. Lui, il a l’idée de les installer dans une boîte remplie d’argile humide. Le jardin botanique de Kew lui en achète 22, en vend quelques-unes à Joseph Paxton, le jardinier du château de Chatsworth, propriété du duc de Devonshire.

 

Joseph Paxton — Wikipédia

Créateur : National Portrait Gallery London Crédits : National Portrait Gallery London
Droits d'auteur : © National Portrait Gallery, London

 

Le 9 novembre 1849, le premier Victoria regia anglais s’épanouit sous la grande serre dessinée par Paxton pour ses plantes tropicales ; une dizaine d’autres vont suivre pendant tout le mois. Kew doit attendre le 21 pour l’imiter : sur toutes ses graines, deux seulement ont levé.

 

Les fleurs géantes sont escortées par des feuilles démesurées, capables de porter Annie, 7 ans, la fille de Joseph : l’expérience fut tentée par le duc lui-même, le jour où lady Newburg vint lui rendre visite, émit quelques doutes sur leur robustesse ; la petite fille se tint debout, les mains croisées, attendit bien sagement que les grandes personnes finissent de jouer avec elle afin qu’elle puisse revenir à ses poupées.

 

Crystal Palace, Paxton, 1851

 

Quand l’Angleterre décida d’organiser cette première exposition universelle, Paxton proposa les plans d’un pavillon orné d’une sorte de rosace au-dessus de l’entrée. Une rosace dont les  armatures métalliques copient à la perfection le dessin des nervures d’une feuille de Victoria regia. L’eau ne menaça jamais l’édifice ; c’est le feu qui le détruisit, en 1936.

 

 

À l’issue du concours lancé en 1850 par le prince Albert, époux de la reine Victoria, pour la construction d’un palais destiné à recevoir les plus récentes inventions technologiques, industrielles ou artistiques des nations invitées, aucun des 245 projets reçus ne convainc le jury. Joseph Paxton, horticulteur et jardinier, propose alors de soumettre un projet qu’il dessine en une semaine. Désigné comme l’architecte du palais de l’exposition, il s’inspire de la construction des serres et imagine un bâtiment en verre, en fer et en fonte, de 564 mètres de long, atteignant jusqu’à 34 mètres de hauteur et offrant une surface de 92 000 mètres carrés. L’édifice est construit en six mois seulement grâce à l’emploi de matériaux préfabriqués et montés sur place, introduisant une nouvelle façon de concevoir et de bâtir. Déplacé dans la périphérie de Londres en 1852 et agrandi, il est malheureusement détruit lors d’un incendie en 1936.

Les expositions universelles de Paris, de 1855 à 1937.

verso de la feuille de Victoria Regia | Planter des fleurs, Jardin d'eau,  Art des jardins

verso de la feuille de Victoria Regia

Victoria regia de son vrai nom Victoria cruziana, découverte en Amazonie en 1838 et baptisée en l'honneur de la reine Victoria, est une plante aquatique aux feuilles si grandes (jusqu'à 1,50 mètre de diamètre) qu'elles peuvent supporter le poids de deux enfants.

 

Victoria Nilüferi, Victoria Regia, Victoria Amazonica

Delphine Gres
 
Delphine Gres l'a enregistrée dans plants
Victoria Nilüferi, Victoria Regia, Victoria Amazonic

 

Victoria amazonica, ICI le nénuphar géant ou la victoria d’Amazonie est l’une des plus fascinantes plantes aquatiques flottantes appartenant à la famille des Nymphéacées. Ce géant est originaire des zones inondées résiduelles après la crue de l’Amazonie, dans ce milieu la victoria d’Amazonie devient rapidement une espèce dominante. Elle est présente en Guyane, Brésil et Bolivie. Ramenée en Europe en 1800, les divers jardins botaniques d’Europe n’ont eu de cesse de réussir sa culture : magnifique, elle représente l’exotisme dans toute sa démesure. Il fallut néanmoins près de 50 ans pour maîtriser sa culture loin de sa latitude.

 

Rare en France car difficile à cultiver, il est toutefois possible d'en voir dans la serre de Chaumont-sur-Loire ou celles de la Tête d'Or à Lyon, au jardin botanique de Nancy ou encore à l'arboretum du Canet-en-Roussillon.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 08:00

 

Paul Morand chez lui en 1964. (André Bonin/archives Gallimard)

Je suis le fil de mon intérêt de l’heure et je suis favorisé par l’actualité :

 

« Il faut lire ce dernier opus du journal de guerre de Paul Morand. Cet antisémitisme de classe, cet antisémitisme politique et littéraire, cet antisémitisme ordinaire de témoins conscients et privilégiés des réalités de la collaboration qui ont conduit au désastre et au déshonneur… »

 

Me Éric Morain  le 22 novembre.

 

Paul Morand à Berne, où il est quelques mois ambassadeur en 1944, avant que la Suisse ne devienne son pays d’exil.

 

Disons-le d’emblée, la publication de ce Journal de guerre accablera les fans de Paul Morand, et donnera du grain à moudre à ses adversaires, par ce qu’elle révèle de la corruption morale de la collaboration. Quarante-quatre ans après sa mort, quatre-vingts ans après les faits, le célèbre romancier (1888-1976) nous offre l’un des plus édifiants témoignages jamais parus sur le régime de Vichy et Pierre Laval, son chef à la fois tout-puissant et aboulique entre 1942 et 1944.

 

[...]

 

« A cette aune, la lecture des événements de juin 1940 par l’écrivain est sans surprise : le général de Gaulle, qu’il méprise, incarne une dissidence truffée d’aventuriers et de juifs ratatinés ; la communauté française à Londres est déchirée en deux blocs antagonistes, déterminés, selon Morand, par la race et l’esprit de parti (les juifs et la gauche du côté de De Gaulle, les bons Français soutenant Pétain). Le 1er août 1940, c’est donc en triomphateur que le romancier, naturellement rallié au nouveau régime, prend l’initiative de se rendre à Vichy. Dénonçant, dans son dernier rapport, ses collègues anglophiles de l’ambassade, il s’attend à des félicitations et à une belle promotion. Mais, dans l’entourage du Maréchal et au sein du ministère des affaires étrangères, on déplore la bassesse du procédé et la désinvolture de son auteur. Son poste lui est retiré ! Mortifié, le diplomate en disgrâce rejoint Paris, délaisse la politique pour la littérature et attend son heure. »

[…]

A 54 ans, l’écrivain arrivé se sent rajeuni par l’atmosphère de Vichy. Plein d’enthousiasme, tout heureux de se trouver au cœur du pouvoir, il tient son Journal avec assiduité et renoue avec ses ambitions de grand mémorialiste des temps nouveaux. Près de 600 des quelque 730 pages du Journal proprement dit se rapportent à son expérience auprès de Laval.

 

Qu’en dire ? Abasourdi, le lecteur se demande s’il lit les notes d’un esprit faux enclin à l’inversion permanente des valeurs (Mauriac et Duhamel, qui supportent mal l’Occupation, sont d’amers hystériques, les adversaires de la collaboration sont des destructeurs, l’agitateur antisémite Darquier de Pellepoix est un homme « intelligent, courageux, de bon sens », ceux qui s’indignent du traitement infligé aux juifs à l’été 1942 font preuve d’une « violence inouïe »…) ou d’un romancier égaré et candide qui croit tous les ragots qu’on lui rapporte et les consigne scrupuleusement dans ses carnets.

 

Paul Morand - Actualités - Site Gallimard

 

« Journal de guerre. Tome I. Londres, Paris, Vichy (1939-1943) » : Paul Morand, pétainiste pressé

 

Le Journal des années de guerre de l’écrivain est enfin publié. Un premier tome (1939-1943) le découvre défaitiste à Londres, vichyste à Paris puis à l’Hôtel du Parc, antisémite partout et toujours.

 

Par Laurent Joly Publié le 05 novembre 2020 ICI

 

Journal de guerre - Les Cahiers de la NRF - GALLIMARD - Site Gallimard

Journal de guerre. Londres - Paris - Vichy (1939-1943)

Édition de Bénédicte Vergez-Chaignon

 

Collection Les Cahiers de la NRF, Gallimard

 

Parution : 05-11-2020

 

Le Journal de guerre de Paul Morand était un objet mythique dont l'existence même était sujette à caution. Au vrai, l'écrivain avait bien conservé ses notes prises durant la guerre et avait même commencé à en préparer la publication. Il en avait déposé le manuscrit à la Bibliothèque nationale, parmi un vaste ensemble de papiers personnels.

 

Ce journal paraît pour la première fois, sans retouches ni coupes, et même complété des ajouts et des annexes prévus par Paul Morand lui-même et de quelques textes contemporains de sa rédaction.

 

On se rappelle peut-être que Paul Morand, diplomate, était en mission à Londres le 18 juin 1940 et qu'il fut nommé ambassadeur en Roumanie en 1943. On découvre au fil des pages que, à défaut de s'être rallié en Angleterre au général de Gaulle, il choisit de se présenter à Vichy à l'été 1940, où il est mis d'office en retraite. Il décide alors de s'installer dans Paris occupé avant de rejoindre au printemps 1942 Vichy et le Cabinet de Pierre Laval, chef du gouvernement, en qualité de chargé de mission, poste qu'il occupera seize mois durant.

 

À Londres, à Paris et à Vichy, de la déclaration de guerre de septembre 1939 à août 1943, Paul Morand a tenu son journal sans filtre ni censure, prenant note de ce qu'il voyait, de ce qu'on lui disait et de ce qu'il comprenait. C’est l'œuvre d'un témoin conscient d'être placé aux premières loges de l'Histoire, observateur privilégié des réalités de la collaboration d'État et de la participation française à la mise en œuvre de la Solution finale.

Ce Journal de guerre est un document exceptionnel pour l'Histoire.

1040 pages, 152 x 240 mm

« 20 novembre 1942. Vendredi.


Monté à cheval sur les bords de l’Allier. Rentré avec fièvre. Me suis couché et ne suis redescendu que pour déjeuner à la popote : Laval, Achenbach, Scapini, Villar, Chambrun, Brinon et Abel Bonnard, après le déjeuner sont venus tour à tour s’asseoir à la table Guérard, Bonnafous, Rochat, Bousquet, Ménétrel, le ministre Krug, l’amiral Platon.


– Si vous ne défendez pas l’Afrique du Nord, ce seront l’Italie et l’Espagne qui l’auront, dit Achenbach.


– Il y a une chose dont les Français ne veulent pas entendre parler, c’est la mobilisation », répond Laval.


(Ces propos sont la suite d’une conversation à deux dans le bureau du Président et qui se continue à table.)


– Ne me faites pas de blagues avec Paul Reynaud et les autres, dit Laval à Achenbach. Je préfère les garder moi-même.


(Il est question ici de leur mise en lieu sûr par les Allemands.)


– Je vais faire une légion de combattants français et mettre Darnand à sa tête, dit Laval, pour aller reconquérir l’Afrique du Nord. Je l’annoncerai dès demain. Ceci dit, Achenbach, laissez-moi faire, n’excitez pas la presse parisienne contre moi.


(…)


On parle des pâturages en montagne. Je dis à Laval que je viens d’en acheter un.


– Combien ?


– Soixante-quatorze hectares.


– Non, combien l’avez-vous payé ?


– Trois cent soixante mille.


– Vous avez fait une affaire d’or, c’est moi qui vous le dis.


Le Président est à la fois content de voir que j’aime son pays et furieux de voir que j’ai payé le domaine si bon marché.


– C’est un prix de 1938, me dit-il. Ce n’est pas possible. Vous êtes un vicieux. Il doit y avoir quelque chose là-dessous.


– Je vous assure que ce n’est pas un bien juif.


– Il n’y en a pas en Auvergne, me répond-il fièrement. »


Journal de guerre, pages 605-606

Le « Journal de guerre » de Paul Morand, un témoignage capital sur le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs ICI

Des notations de première main qui révèlent l’état d’esprit du gouvernement de Vichy, accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux.

Par Laurent Joly Publié le 05 novembre 2020 

Le « chef de l’Etat français », Philippe Pétain, Pierre Laval (à sa droite) et le premier gouvernement du régime de Vichy, juillet 1940.

A qui douterait de l’inanité historique de la théorie du « moindre mal » (en vertu de laquelle le gouvernement de Vichy n’aurait livré les juifs apatrides aux nazis à l’été 1942 que pour sauver les juifs français exigés par l’occupant et en ignorant le sort fatal qui attendait les déportés), on ne pourrait que conseiller de se reporter aux pages du Journal de guerre de Paul Morand (Tome I. Londres, Paris, Vichy.1939-1943, Gallimard, « Les cahiers de la NRF », 1028 p., 27 €) consacrées au « problème juif ». D’une authenticité incontestable, ces notations de première main révèlent un état d’esprit accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux. Le vase clos de Vichy dans ce qu’il avait de pire.

Antisémite chevronné

C’est Laval défendant froidement sa politique en petit comité le 15 août 1942 : « L’alignement du problème juif français sur le problème juif allemand (…) ne nous coûte rien et n’a pour nous que des avantages. Le sol seul compte. »

C’est Bousquet, le chef de la police de Vichy, pérorant à la « popote » de l’Hôtel du Parc, le 31 août 1942 : « Je ne les poursuis [les juifs] que comme antigouvernementaux. Je les sonne dur pour qu’ils comprennent. J’en ai liquidé treize mille et continuerai jusqu’à ce qu’ils se calment. » Puis, réagissant à la remarque d’un collaborateur de Laval au sujet des exemptions pour certains juifs, de s’exclamer : « Dès qu’on fait une exception, tous y passent. »

Lire aussi, sur « L’Etat contre les juifs », de Laurent Joly (2018) : Vichy, coupable

Morand, antisémite chevronné (son roman de 1934, France la Doulce, a eu l’honneur d’une traduction dans l’Allemagne d’Hitler dès 1936), suggère alors qu’il faudrait empêcher toute exemption en faveur des soldats juifs de la guerre 1939-1940, car, dans ces combats contre l’Allemagne nazie, « leur intérêt s’est conjugué avec l’intérêt national » (son tour d’esprit pervers considère qu’ils n’ont aucun mérite à avoir porté les armes face à Hitler). Et la conversation de rouler sur la protestation des évêques (une demi-douzaine de prélats ont condamné publiquement les rafles de juifs) : Bousquet et Morand, indignés, égrènent les mesures de rétorsion envisageables contre l’Eglise.

Avec hargne

La popote encore, le 30 octobre 1942. Entouré de collaborateurs et de quelques ministres, Laval résume les propos qu’il a tenus au cardinal Gerlier, primat des Gaules, qu’il vient de recevoir en audience : « Vous faites votre métier en défendant les juifs et le point de vue humain ? C’est tout. Moi, je fais le mien en les chassant. 

 

Tel était, véritablement, l’état d’esprit à Vichy, en 1942. Il n’est alors nullement question d’une pression allemande insoutenable à laquelle il faudrait parer en désignant certaines victimes pour en sauver d’autres. Seuls sont invoqués des motifs sécuritaires, antisémites et xénophobes, avec une hargne qu’on ne soupçonnait guère, mais qui, tout compte fait, est terriblement logique. Dans le fond, Laval et Bousquet savent qu’ils prennent part à un crime : « Quant aux juifs il n’en reste presque plus. On dit à Vichy couramment qu’ils ont été gazés dans leurs baraquements », note Paul Morand, le 23 octobre 1942. Pour que leur conscience ne leur reproche rien, tout doit être de la faute des victimes, qu’il faut donc « sonner dur », « chasser »… L’antisémitisme le plus débridé était la conséquence fatale du choix de la collaboration d’Etat.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 06:00

 

Sans être comme mes voisins de la Santé, privé totalement de liberté, je dois tout de même occuper mes journées : je lis, entre autres, Français, on ne vous a rien caché: La Résistance, Vichy, notre mémoire de François Azouvi, je regarde des vieux films, des documentaires, Melville, le dernier samouraï de Cyril Leuthy.

 

Melville, c’est d'abord une voix. Posée, grave, littéraire. Sans un mot d’argot. Une voix qui enveloppe, réchauffe, rassure. Qui semble dire : « Entrez, je vais vous faire un café. » Une voix dont on ne se lasse pas, qu’on écouterait des heures lire Proust. Ou l'annuaire. Autant ses héros sont taiseux, autant Melville est volubile et ne rechigne pas à se mettre en scène face à la caméra. N’oublions pas qu'il a d’abord été acteur. Il est l’un des deux journalistes perdus dans New York et la voix off veloutée de Deux Hommes dans Manhattan (1959). Sur les images d'archives réunies dans le merveilleux portrait diffusé sur Arte, Melville prend un plaisir communicatif à expliquer ses manies, comme le système de volets mis au point pour faire le noir dans son bureau et perdre la notion de jour et de nuit quand il entre en écriture. »

 

La suite ICI 

 

Arte rend hommage à Melville, ce misanthrope qui préférait le cinéma à la vie Jérémie Couston

 

 

« Si Melville est considéré comme le roi du polar français, traversé par l’ombre de la tragédie grecque, ce fut avant tout un autodidacte inclassable, qui se forma lui-même et tourna ses premiers films intuitivement, hors des studios, sans suivre aucune des règles de la profession, pas même celles du thriller. Son premier film découle de ses expériences de guerre, de sa participation à la Résistance : l’adaptation du Silence de la mer, roman de Vercors. Une réflexion poétique sur la guerre et la culpabilité, autoproduite et tournée avec de la pellicule achetée au marché noir, hors des systèmes de production. Les libertés esthétiques et techniques que Melville se permit étaient inouïes à l’époque, où le cinéma était hyper corporatiste. »

 

Le Silence de la mer (1949) | Un film, un jour

 

Me revoilà dans replongé dans le temps incertain de l’Occupation, je repense à L’Armée des ombres tournée en plein Mai 68, une ode à la patrie, L’Armée des ombres, sans doute son plus beau film, le plus sombre aussi. Difficile de faire moins en phase avec l'air du temps.

 

Achat L'Armée des Ombres en DVD - AlloCiné

 

« Après la liberté un peu sauvage de ses premiers films, Melville se rêve patron de major hollywoodienne et fonde son propre studio à Paris, rue Jenner, dans le XIIIe. Il y tournera la plupart de ses films à partir de 1954. Là, il refaçonnera son fantasme hollywoodien à l’aune de la réalité française. Le cinéaste deviendra un peu l’inverse du jeune fou de septième art ruant dans les brancards qu’il avait été au départ. Rue Jenner, son cinéma se sédentarisera et il y deviendra méticuleux jusqu’à l’excès. Il y a du Kubrick chez Melville. Il était comme lui un “control freak”. »

 

La suite ICI 

 

L'homme aime soigner son apparence et adore qu'on le reconnaisse.

 

« Un  Stetson vissé sur son crâne d'œuf, une paire de Ray-Ban fumées pour dissimuler ses yeux abimés par les nuits trop courtes. « Il s'était composé à la ville comme à la scène un personnage sorti tout droit de son amour, infini, du cinéma américain. Cet homme était devenu une citation vivante. Il était finalement le meilleur acteur de son propre rôle. » estimait le cinéaste et critique André S. Labarthe. »

 

Melville, odieux et tyrannique

 

Jean-Pierre Melville on Twitter: "#LArmeeDesOmbres. Simone Signoret, Lino  Ventura et Jean-Pierre Melville pendant le tournage… "

 

Si la production lui a imposé un acteur ou si une "vedette" comprend mal ses directives, il peut se montrer vexant, odieux, invivable, parfaitement tyrannique.

Lino Ventura  en fera les frais.

 

Au cours du tournage de L'armée des ombres, les deux hommes ne communiqueront que par assistant interposé.

 

Au vu du résultat, (un chef d'oeuvre où la tension va crescendo), on peut se demander si tout cela ne relève pas d'une ruse tordue de la part du cinéaste : instaurer cette mauvaise ambiance pour mettre "au diapason" l'acteur principal et cela, afin de mieux servir l'angoisse du film.

 

Humiliant l'acteur Charles Vanel, le harcelant avec une cruauté malsaine parce que celui-ci pointe les invraisemblances du script et qu'il n'est pas d'accord avec une clause de son contrat, le vieil acteur, très malmené,  ne devra son salut qu'à Jean-Paul Belmondo, qui fera valdinguer Melville. Et les deux acteurs  abandonneront carrément  le tournage de l'Aîné des Ferchaux.

 

L’article ICI 

 

J’ai habité un temps dans le XIIIe et aujourd’hui je vis à la limite entre le XIVe et le XIIIe, la rue Jenner est à 8 mn à vélo de chez moi via le boulevard Blanqui, place d’Italie puis Boulevard de l’Hôpital, Les studios de Melville étaient rue Jenner, adossés à la rue Gustave Mesureur. Démolis peu après la mort de Melville, les studios Jenner (Paris 13e) ont été remplacés par un vaste ensemble d'immeubles. L'entrée des studios se situait au 25bis, à 20 mètres environ en amont sur le trottoir de droite.

 

ImageImage

 

Ci-dessus, deux vues du mur de la rue Jenner, derrière lequel on voit l'hôpital de la Pitié. Un peu plus bas se trouve l'entrée de la section maternité de l'hôpital.

 

Fumée, pompiers, sirènes… en arrivant au studio le 29 juin 1967, je découvre le ravage. Melville, le réalisateur, erre en pyjama. C’est la mort du film qui va offrir un de ses grands rôles à Delon.

 

Ce matin-là, je file en voiture sur le tournage du « Samouraï », heureux à l’idée de retrouver les acteurs, Alain Delon et son épouse Nathalie, François Périer, Cathy Rosier, et mes amis techniciens. Nous avons travaillé depuis de longs mois avec mon équipe pour réaliser les décors de ce film, en tournage depuis quatre semaines. Tous les intérieurs ont été construits rue Jenner, sur les plateaux du réalisateur Jean-Pierre Melville, seul cinéaste à posséder son propre studio, une sorte de capharnaüm vétuste avec des fils électriques qui pendouillent comme des lianes.

 

Mais ce fameux 29 juin 1967, la vie est moins drôle. En arrivant rue Jenner, j’aperçois une immense colonne de fumée. De nombreuses voitures de pompiers me croisent, toutes sirènes dehors. Je découvre le studio ravagé par le feu, détruit de fond en comble. Melville, encore en pyjama, totalement trempé par les lances à incendie, déambule hagard au milieu des débris fumants. Il serre dans ses bras sa chatte Griffaulait, le seul bien qu’il a pu sauver du désastre. Je n’oublierai jamais cette image d’un homme défait, s’accrochant à son petit animal hirsute, lui qui affichait toujours une élégance sévère, imposante. En quelques minutes, des jours et des nuits de travail sont réduits à néant. Tout est foutu, plus de film. Melville baisse les bras. « Débrouille-toi », me dit-il quand je le presse de reprendre le tournage.

 

Accueil - (page 2) - le blog d'alexandre clement

 

La suite ICI J'ai sauvé "Le Samouraï" ! Par François de Lamothe

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 06:00

https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2020/03/24/macron-raoult-et-la-chloroquine.jpg

Dans cette chronique j’avais presque tout dit…

 

9 mai 2010

Marseille : l'OM, ses bars, Nanar le "burné", Dédé, RLD et le millésime 93

 

Pour une fois dans les bars de Marseille, le champagne a détrôné le pastis pour fêter le sacre tant attendu de l'OM ! Je vais Droit au But : cette chronique est typique de l'esprit berthomesque : elle va, elle vient et elle revient pour chuter sur l'essentiel : le millésime 93.

 

Bonne dégustation !

 

ICI

 

 

Reste  la star du COVID le Pr Didier Raoult qui accuse  ses collègues médecins « Vous portez une responsabilité dans les mesures déraisonnables prises contre la ville, par le ministre de la santé. » Dans un courrier très sec daté de jeudi 24 septembre, le professeur Didier Raoult accuse ses collègues de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) de diffuser des « messages alarmistes qui ne reflètent absolument pas la réalité » et d’avoir déclenché en partie les nouvelles contraintes sanitaires annoncées par Olivier Veran et qui ont provoqué de violentes réactions à Marseille dans les milieux politiques et économiques.  ICI 

 

 

J’ai fait fin juillet un bref séjour à Marseille :

 

1 septembre 2020

Mon meilleur dîner depuis des lustres : La Mercerie 9, cours Saint-Louis, Marseille (Ier) m’a fait chavirer, extase, épectaseICI

 

 

Pour compléter le tableau je vous propose un podcast :

 

Chaque jour dans les Matins, la chronique de l'écrivain Aurélien Bellanger.

 

Image

L’image contient peut-être : boisson

 

MARSEILLE

Le 01/03/2018

 

Quand Netflix s’est lancé en France et que l’entreprise a annoncé que son produit d’appel francophone serait une série appelée Marseille, j’ai un peu ri. La bande-annonce — Depardieu en Jean-Claude Gaudin, Magimel en Renaud Muselier — était abominablement outrancière, pleine de mots d’auteurs, de postures viriles et de personnages secondaires plus truculents que des voyous dans un Julie Lescaut. Marseille, c’était Châteauvallon trente ans plus tard. Châteauvallon : le grand feuilleton d’Antenne 2 qui racontait des luttes de pouvoir dans une ville imaginaire qui ressemblait à Toulouse mais qui était située au bord de la Loire. Châteauvallon au générique inoubliable et à l’histoire tragique, quand son héroïne, Chantal Nobel, manqua d’être tuée, au sortir de l’émission Champs Elysées, dans la Porsche de Sacha Distel qui fonçait vers le sud. C’était juste avant qu’ils ne franchissent  la Loire et il y a dans cet accident comme une revanche de la géographie malmenée par le feuilleton. 

 

Une cruauté spatiale particulière, aussi, celle de la course vers le soleil, celle du passage du vaudeville au tragique grec — ce moment dans le train, où l'on s’aperçoit que les collines bourguignonnes ont laissées la place à un calcaire rugueux qui finira en à pic au niveau des calanques.  Mais le sud était peut-être là dès Paris — dès la porte du studio ouverte, dès la portière de la Porsche escaladée.  Marseille et Paris sont tout proches dans la géographie imaginaire de la France. Comme sont proches, dans l’imaginaire des séries, la puissante Washington de House of Cards et l’ingouvernable Baltimore de The Wire.  Marseille est la seule ville de France dont les parisiens  reconnaissent en général l’existence. La Provence était d’ailleurs déjà là tout entière à ma fenêtre hier — les toits bleutés en zinc comme une mer implacable, les cheminées en terre cuite orange comme les petits mas provençaux d’une crèche traditionnelle.  Rongées par la rouille, les antennes râteaux formaient une garrigue convenable et les paraboles exotiques évoquaient cette façon subliminale qu’a trouvé la fiction télévisée française de convoquer un imaginaire oriental en les filmant suffisamment de profil  pour qu’on puisse les confondre avec le croissant de l’islam. Marseille est un cliché à peine meilleur.  

 

C’était une blague populaire dans les années 80 : quelle est la première ville africaine traversée par le Paris-Dakar ? C’était Marseille, évidemment. J’avais un oncle qui se mettait en colère, au volant, dès qu’il voyait le numéro 13 sur une plaque de voiture. La ville du décentralisateur Defferre était ainsi violemment rejetée du corps national, rétrogradée de comptoir grec à colonie africaine. La France aurait pu avantageusement s’arrêter à Aix.  Ici prenait fin le pays réel et commençait les terres de la caricature. C’était évidemment à Marseille qu’il fallait que Netflix vienne tourner sa première série géographique. Il n’existe aucun autre endroit en France aussi propice à l’extraction industrielle de ce qui fait l’essence des bonnes séries mainstream : l’irrépressible usage du cliché. J’ai pour ma part longtemps confondu, à cause d’une vieille histoire de Spirou et Fantasio, le Vieux Port et le vallon des Auffes, ce  qui m’a demandé, en arrivant pour la première fois au bout de La Canebière, un véritable effort pour remettre toute la ville à l’échelle — et j’y ai mis une certaine opiniâtreté, en rejoignant à pied la calanque de Sormiou. C’est ainsi que j’ai presque frôlé le syndrome de Stendhal en atteignant une crête blanche qui s’enfonçait dans la mer et en me retournant soudain sur la ville entière : je n’avais jamais vu de ville à la géographie aussi prodigieuse, je n’avais jamais vu de ville aussi belle — même dans GTA.

 

Vue prise en février 2001 du petit port de pêche du Vallon des Auffes au coeur de Marseille

Vue prise en février 2001 du petit port de pêche du Vallon des Auffes au coeur de Marseille Crédits : GERARD JULIEN - AFP

 

J’ai fini par m’abonner à Netflix, par paresse, essentiellement : l’offre illégale commençait à être trop mauvaise et, enfant de la télévision, du film du dimanche et de la série policière France 2 du vendredi soir,  je déteste me demander ce que j’ai envie de voir. J’ai suivi le deuxième ou le troisième choix de l’algorithme : j’ai regardé la série Marseille.  C’est Magimel qui m’a le plus surpris : il n’y a pas une réplique, aussi grotesque soit-elle, qu’il n’arrive pas à transcender. Magimel, j’en ai eu la révélation soudaine, est un acteur de génie. Aucun “Putain, qu’est-ce que j’aime cette ville” ne le ridiculise.  Un voyou des quartiers nord, à un moment, réchappe d’une poursuite en voiture et tire de bonheur sur la voûte immaculée du tunnel du Prado : on est là en revanche dans une représentation du syndrome de Stendhal qui ridiculise nettement les larmes de joie que j’ai versé sur le calcaire blanc des calanques.

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 08:00

124 quai des Chartrons

Le sieur Axelroud, grand lecteur du palmipède déchaîné réclame du pauvre vendeur de Vieux Papes que je fus que je m’expliquasse sur mes relations « sulfureuses » avec la maison Cruse :   « On en apprend de belles ! Le Taulier fricotait avec la famille Cruse ? Ca vaudrait une chronique ça »

 

Je n’en eu aucune puisqu’en 1979 le Monde annonçait : LA SOCIÉTÉ DES VINS DE FRANCE POURRAIT RACHETER LA SOCIÉTÉ CRUSE

 

La Société des vins de France (S.V.F.), premier négociant français de vins de table, pourrait racheter la célèbre maison de vins de Bordeaux Cruse. Plusieurs acheteurs sont sur les rangs, dont un important groupe britannique, et les négociations, très avancées, sont sur le point d'aboutir. Il semble que la S.V.F. soit la mieux placée pour emporter l'affaire.

 

Ce qui fut fait et, lorsque je pointais mon bec enfariné en 1986 au siège de la SVF sur le magnifique port de pêche de Gennevilliers la société Cruse était l’une des filiales de la SVF qui elle-même était une filiale du groupe Pernod-Ricard. J’ai d’ailleurs fat livré des GCC de chez Cruse chez l’un des membres du CA du groupe, dans son chalet des sports d’hiver, car il souhaitait régaler le Boss Patrick Ricard.

 

Lorsque j’allais à Bordeaux, j’appréciais le charme suranné de l’hôtel particulier du 124 quai des Chartrons. ce fut mon seul fricotage avec les fantômes de la maison Cruse.

 

Pour les Cruse, la « période compliquée » se situe au mitan des années 1970. En 1973, exactement. Après cent cinquante ans à tenir le haut du pavé bordelais, un tumulte retentissant vient tragiquement éclabousser la lignée en même temps qu’il fait vaciller tout le Médoc.

 

Dans le collimateur des inspecteurs des fraudes, des vins commercialisés sous l’étiquette « Bordeaux » mais arrangés avec des jus provenant du sud de la France ou d’Algérie. Dix-huit personnes dans le milieu des négociants doivent répondre en correctionnelle du « scandale des vins de Bordeaux ». Dont la maison Cruse, fils & frères. Jusque-là, producteurs et propriétaires font antichambre dans leur hôtel particulier.

 

La notoriété de la société est incontestable, son nom un sésame. Lionel Cruse, un ami de longue date et l’un des premiers soutiens de Jacques Chaban-Delmas en campagne pour les présidentielles face à Valéry Giscard d’Estaing.

 

Est-ce à cette proximité politique que les Cruse doivent d’avoir vu leur sort basculer ?

 

La presse fait ses gros titres avec les Cruse. Petits et grands sont au cœur du maelström. Les amis d’hier tournent le dos.

 

Le scandale éclata réellement fin août 1973 avec des articles dont une double page dans le Nouvel Observateur, suivi du Canard Enchainé qui titrait sur cette « fraude généralisée à Bordeaux ». Le Canard Enchainé ajouta une dimension politique au scandale : toute cette affaire était une excellente nouvelle pour le ministre des Finances de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing, dont le principal rival politique de droite pour l'élection présidentielle de 1976 n'était autre que Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux et un ami de longue date et allié du monde du vin du quartier des Chartrons. Le mot de la fin du Canard Enchainé annonçait « un autre point pour Giscard ! Pauvre Jacques ! »

 

Durant le procès, des ténors du barreau s’affrontent. Jean Loyrette lave l’affront fait aux Cruse.

 

En face, il y a Robert Badinter.

 

La société Cruse fils & frères gagne en appel.

 

Mais pour éponger les dettes, la maison est vendue (à la SVF) en 1979.

 

Afin de tenter de renflouer l'affaire, la famille Cruse fut contrainte de vendre le château Pontet-Canet, grand cru classé du Bordelais, puis sa participation majoritaire dans la société Lionel J. Bruck, propriétaire de la marque Cruse pour les vins de Bourgogne, de Chablis, du Beaujolais et des Côtes-du-Rhône. C'est la Société des vins de France qui s'était portée acquéreur de cette société. La société Cruse reste cependant l'une des dix premières sociétés bordelaises de négoce.

 

Château Pontet-Canet - Wikipedia

 

La Société des vins de France, créée en 1973 du regroupement de Margnat et de la Société d'approvisionnement en vins (SAPVIN), est de loin le premier négociant français. Commercialisant environ 5 millions d'hectolitres de vin par an (soit 15 % du total), elle a réalisé en 1977-78 un chiffre d'affaires de 1,009 milliard de francs. Elle est spécialisée dans le vin de table (marques Préfontaines, Gévéor, Margnat, Kiravi, Grap, Postillon, etc.), mais commercialise également des vins fins (Berthet, Maîtres Vignoux, Combastet), et des apéritifs (Bartissol). Ses actionnaires principaux sont le groupe Pernod-Ricard, la SAPVIN, l'Union d'études et d'investissements (filiale du Crédit agricole) et la Banque de Paris et des Pays-Bas.

 

La fin d’une époque. Mais aussi la remise en cause du fonctionnement de ces grosses maisons de négoce.

Winegate » : le scandale qui secoua le monde du vin bordelais en 1973 - Le  Bordeaux Invisible

L'autre " scandale " : 60 000 hectolitres et un colorant

 

Bordeaux. - On ne s'indigne plus à Bordeaux, on s'inquiète. Chacun comprend maintenant - et les appels téléphoniques des agents de vente à l'étranger le confirment - que la fraude sur le vin pourrait devenir pour la région une catastrophe économique. Toute personne concernée par cette affaire tend donc à la minimiser et à ne plus y voir qu'une simple fraude sur le papier : " rassurer le consommateur ", telle semble être la devise. Pourtant, sur le terrain, les agents de la répression des fraudes, qui ont maintenant la certitude que 15 000 à 20 000 hectolitres de vins du Midi ont été " baptisés " vins de Bordeaux entre mars et juin 1973, cherchent la destination de ces vins. La visite qu'ils ont faite, mardi 28 août, chez deux négociants pour essayer de déterminer si des traitements interdits ont été effectués sur ces vins " pourrait donner une orientation nouvelle à l'enquête ".À Paris, les organismes officiels s'inquiètent aussi, et le directeur de l'Institut national des appellations d'origine (INAO), M. Perromat, a réuni le 29 août une conférence de presse pour rappeler que six mille contrôles avaient été réalisés en 1972 par l'administration des finances, et quatre mille par la répression des fraudes. Il a affirmé que l'INAO se porterait partie civile contre les négociants indélicats si les fraudes étaient reconnues. Tentative pour remonter la pente ? Mais cela sera-t-il possible ? La découverte d'une très importante fraude vieille de près de trois ans, jusque-là tenue secrète n'y aiderait pas.

Par BRUNO DETHOMAS. Publié le 31 août 1973

 

Saint-Germain-de-Grave est une petite commune des côtes de Bordeaux dans l'Entre-Deux-Mers. Si petite qu'il n'y a pas le moindre café, tout juste un magasin. C'est là que, le 22 juin, les services spécialisés dans la répression des fraudes effectuaient " une descente " qui allait faire naître le " scandale " du vin de Bordeaux.

 

Dans un petit hangar comportant quatre cuves - 1 200 hectolitres, au plus, - cette brigade spécialisée a saisi du vin et fait des prélèvements. Le propriétaire du chai, M. Guy Ballarin, affirme n'être pour rien dans la fraude. " Comme j'avais été condamné à payer une amende importante au fisc, à cause de ma comptabilité, je louais mon hangar à M. Serge Balan. Cela me permettait de payer mon amende. "

 

S'il est difficile de dire quel a été le rôle exact de M. Balan, le nom le plus souvent prononcé actuellement à Bordeaux est celui d'un courtier, ancien négociant, M. Pierre Bert, très au fait des subtilités administratives.

 

Rue d'Aviau, cette rue où se sont réfugiés les grands négociants lorsqu'on a construit des hangars sur le quai des Chartrons, M. Pierre Bert habite " du mauvais côté ", c'est-à-dire qu'il n'est pas adossé au Jardin public. Et si la maison a l'austérité qui convient au négoce du vin à Bordeaux, le bureau où travaille M. Bert est franchement sinistre.

 

Très bavard, il y a quelques jours M. Pierre Bert est devenu plus prudent : " Pourquoi tant de bruit pour une si petite affaire, dit-il ; tout cela est extrêmement regrettable pour le vin de bordeaux. "

L'interroge-t-on sur ses rapports avec M. Balan ? " C'est un ami, répond-il, je suis son seul courtier. " Et, si on lui parle de coupage, il n'hésite pas à affirmer : " C'est une opération normale dans le Bordelais. Les mélanges sont faits constamment dans l'intérêt de la clientèle. "

 

En fait, telle qu'elle aurait été démontée par l'administration, la fraude aurait porté sur les acquits à caution, ce document administratif qui doit accompagner obligatoirement toute circulation du vin. Profitant de ce que la partie de ce document qui doit être renvoyée à la régie d'origine ne comporte pas d'indications sur la qualité du vin, la société Balan aurait fait d'un vin de table du Midi un bordeaux d'appellation contrôlée. L'opération était facilitée par le fait que M. Balan disposait de " la machine ", autorisation accordée par l'administration à un négociant de timbrer lui-même ses acquits sans aller à la régie pour chaque opération.

 

Ainsi métamorphosé de " vulgaire piquette " en honorable bordeaux, ce vin était revendu - " à des prix intéressants ", explique M. Bert - à des négociants connus sur la place. " Je travaillais depuis longtemps avec la maison Cruse ", ajoute le courtier.

 

C'est ainsi que cette maison honorable - depuis cinq générations dans le négoce du vin à Bordeaux, elle est le principal exportateur des négociants bordelais - se trouve mêlée au scandale.

 

Le refus, le 28 juin, de laisser la brigade spéciale pénétrer dans ses locaux - " cela m'aurait obligé à fermer pendant huit jours ", dit M. Lionel Cruse, mais d'autres Chartrons parlent de " gaffe monumentale " - la font suspecter de complicité par certains. D'autant, dit-on, que, " à la dégustation, les experts de la maison Cruse ne pouvaient pas ne pas s'apercevoir de la différence ".

 

M. Lionel Cruse s'en défend. S'il reconnaît que " la dégustation est la seule chose qu'un négociant ne délègue jamais ", il ajoute : " tout cela est subjectif. Un vin qui est bon pour les uns ne l'est pas pour les autres, surtout pour ce qui n'est qu'un bordeaux ordinaire. "

 

Dans cette affaire, ce qui semble avoir choqué M. Cruse, c'est un certain changement dans les règles du jeu. Jusqu'à présent, toute visite de contrôle était annoncée quatre ou cinq jours à l'avance par l'administration. Or, le 28 juin, le contrôle fut inopiné. Changement des règles du jeu aussi, mais cela ce n'est pas M. Cruse qui le dit, dans la loi du silence qui régnait chaque fois qu'une fraude était découverte. " Pourquoi cet étalage public, alors que des affaires beaucoup plus graves ont été couvertes ", nous a-t-on dit à plusieurs reprises dans des conversations où l'on sentait sourde l'inimitié profonde qui peut exister entre négociants et producteurs.

 

Si dans l'affaire actuelle ces derniers sont totalement innocents, il n'en a pas été de même il y a près de trois ans. Or tout le monde a couvert la fraude. La cave coopérative de l'une des communes les plus renommées du Bordelais s'était alors vu interdire de vendre les 60 000 hectolitres qu'elle avait dans ses chais, parce que l'administration aurait décelé, par analyse, la présence dans ce vin d'un colorant chimique jugé nocif. Non seulement les poursuites auraient été suspendues, mais les mauvaises langues se demandent même où est passé ce vin.

 

Cette " nouvelle " affaire ne facilitera pas la tâche de ceux qui veulent rassurer le consommateur à tout prix. M. Bert, démentant ce qui se disait à Bordeaux à la fin de la semaine dernière, affirme que tout le vin a été vendu sur le marché, " ce qui est bien la preuve, selon lui, que le vin n'était pas trafiqué ". Et M. Lionel Cruse tient à rappeler que pas une seule de ses bouteilles n'a été mise sous séquestre. " Depuis le 28 juin, je n'ai reçu aucune visite de l'administration ", ajoute-t-il.

 

Le précédent du chianti

 

Autre preuve avancée de l'innocence des responsables de la fraude, le silence de la justice. On tend à faire accroire ainsi que la fraude est uniquement fiscale, puisque des faux en écriture ou une fraude sur le produit, délit de droit commun, relèverait de la justice. Pourquoi tarde-t-on à ouvrir une enquête sinon une information au palais de justice de Bordeaux ? " Le procureur de la République est en vacances ", dit-on, ce qui arrange tout le monde, et, s'il est revenu deux jours au début du mois d'août, nul ne semble savoir si le dossier de l'affaire lui a été communiqué. Pourtant, on affirme bien au service de la répression des fraudes que la fraude " sur le papier " avait pour but unique de cacher " la fraude sur le produit ".

 

Une chose en tout cas est certaine pour tous les négociants, et particulièrement pour les maisons dont l'activité principale est l'exportation : la révélation des fraudes " tombe " à un mauvais moment.

 

Si la baisse des cours - 2 700 F au tonneau de 900 litres, fin août, contre 5 000 F en février - est liée aux prévisions sur la prochaine récolte, dont on dit qu'elle sera bonne qualitativement comme quantitativement, les considérations économiques n'en sont pas moins inquiétantes.

 

Tout d'abord, l'ambiance risque d'être particulièrement mauvaise dans les discussions entre propriétaires et négociants, alors même que certains espéraient mettre enfin sur pied des contrats de progrès qui auraient stabilisé les rapports entre ces deux professions aux intérêts souvent divergents.

 

Mais surtout la crainte de perdre certains marchés étrangers est profonde. Les négociants, qui avaient étalé la répercussion des hausses de prix en puisant dans leurs stocks afin de ne pas briser le marché, sentent, depuis juillet - époque à laquelle la hausse a été répercutée entièrement sur le marché américain - quelques réticences des consommateurs étrangers. Si " la confiance dans le produit " n'existe plus, les pertes financières, liées à une diminution des marchés étrangers, pourraient être catastrophiques pour certaines maisons. Aussi les Chartrons méditent-ils amèrement l'expérience du " scandale " faite par le chianti il y a quelques années. Les vins italiens n'ont pas mis moins de cinq ans à regagner le marché américain.

 

BRUNO DETHOMAS.

Winegate » : le scandale qui secoua le monde du vin bordelais en 1973 - Le  Bordeaux Invisible

« Winegate » : le scandale qui secoua le monde du vin bordelais en 1973  ICI 

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 06:00

dessins far west saloon - Recherche Google | Le far west, Saloon, Dessin

Le confinement me pousse à une surconsommation de westerns et de vieux film américains ; le constat le plus criant est : les cow-boys, les malfrats, les justiciers type Clint Eastwood, les flics véreux, ont tous une sacré descente, ils sifflent des shots de whisky à un rythme d’enfer sans pour autant rouler par terre, du moins pour certains tout à la fin.   

 

Fistful of Dollars – teaching me how to dress pt. II | margot-escargot

 

Selon la légende, les shots proviendraient de l’époque du Far West pendant laquelle les cow-boys en manque d’argent échangeait des cartouches de fusils/de revolver contre des petites quantités d’alcool. Sinon de façon plus réaliste, il s’agit juste d’un terme utilisé à partir de 1940 aux États-Unis pour parler de « petits verres destinés à servir du Whisky » (des verres de 4 cl)

 

Dans les films pas de problème, les verres sont souvent remplis de thé, alors est-ce une légende ou l’expression d’une réalité historique prouvée ?

 

 

Un peu d’Histoire donc :

 

Lorsque les colonies d’Amérique du Nord s’établirent, elles n’étaient que de simples ramifications de la culture éthylique européenne, et elles carburaient donc à la bière. Les pères pèlerins n’étaient pas supposés à l’origine débarquer à Plymouth Rock, mais le Mayflower étant à court de bière, ils avaient dû y jeter l’ancre.

 

Les nouveaux arrivants bâtirent des brasseries bien que l’eau de ce continent vierge fût potable : en bons Européens, ils hésitaient à boire de celle-ci…

 

Toutefois, la bière posait un problème  de transport. Un tonneau de bière pèse son poids et, comparé à un tonneau de spiritueux, il ne contient pas énormément d’alcool. Vous, le pionnier mettent le cap à l’Ouest, vers un monde inconnu, avec un espace et un poids limités dans votre chariot, un tonneau de whisky vous soûlera beaucoup lus et plus longtemps.

 

[…]

 

Chaque fois qu’un américain s’aventurait dans l’Ouest sauvage, il emportait donc un tonneau de whisky (ou de cognac de pêche s’il s’en sentait d’humeur). Plus vous vous éloigniez de New-York, de Philadelphie, de Boston et du monde des buveurs de bière de la côte est, plus vous constatiez que la mousse traditionnelle laissait place aux alcools forts.

 

[…]

 

Hollywood aime représenter l’Ouest sauvage comme un monde de va-nu-pieds sans-le-sou, ou presque, une terre habitée par des hommes misérables et malhonnêtes…

 

C’est faux !

 

C’était là-bas que se produisaient les booms économiques – sur les mines, la fourrure, le bétail – alors que la main-d’œuvre manquait. Aussi les salaires ne cessaient-ils d’augmenter…

 

Le hic, c’est que les infrastructures ne suivaient pas assez vite. Il n’y avait ni routes, ni voies ferrées, ni tribunaux, ni shérifs. Pas de bars non plus (et très peu de femmes, mais nous y reviendront) Il en résulta une population composée en grande majorité d’hommes devenus riches qui ne pouvaient dépenser leur argent…

 

Donc, partout où se rendaient les travailleurs, le barman ambitieux n’était jamais loin.

 

Le premier saloon à avoir été désigné ainsi fut le Trou de Brown, en Utah. « Saloon » est le mot que j’emploierai pour le reste du chapitre. Sans doute l’idée était-elle de se donner un air légèrement guindé et français, ce que les premiers d’entre eux, situés sur la Frontière, ne pouvaient certainement pas revendiquer.

 

Je passe sur les ancêtres des saloons classiques : de simples tentes, une bâche, une planche posée sur deux tonneaux, le tour était joué. On y vendait du vrai whisky si on pouvait en acquérir un tonneau ou de l’alcool frelaté.

 

Après la tente vint la tranchée-abri, une sorte d’appentis creusé à flanc de colline… Quand le tavernier avait besoin de s’agrandir, il lui fallait dépenser 500 dollars pour une fausse façade de saloon. Le dernier élément de l’établissement était plus onéreux : le bar débarqua, taillé dans du bois dur et acheminé à dos de mule ; son prix était de 1500 dollars, transport compris.

 

Alors à quoi ressemblait lieu fini et comment était-ce d’y boire un coup ?

 

Hollywood nous montre un unique et énorme saloon situé au centre de la ville. Cette contrainte dramatique permet au héros d’y affronter le méchant…

 

Faux !

 

… il y avait des tas de saloons en ville…

 

Un saloon était souvent une bâtisse étroite, de préférence à un coin de rue, ce qui augmentait sa visibilité…

 

La fausse façade

 

Elle s’élevait sur deux étages et était clouée sur la vraie façade d’une maison d’un étage…

 

La fausse façade était ouvragée, avec de fausses fenêtres au second étage, et parfois même une gouttière pour un toit qui n’existait pas en réalité…

 

La fausse façade était un mensonge universel et flagrant qui, pour une raison mystérieuse, ne semblait gêner personne en Amérique.

 

La fameuse porte à double battant

 

Faux !

 

Elle passe formidablement bien à l’écran, mais dans la réalité, les portes étaient d’un modèle à peu près classique.

 

Dans les films, vous vous retrouvez ensuite face au bar. Autre erreur, car vous êtes en fait dans une salle longue et étroite, et le bar se trouve au fond, sur un côté, presque toujours le gauche. Il est réellement de toute beauté : sculpté, en bois dur – souvent en acajou ou en noyer –, verni au-delà de l’imaginable.

 

Sur le mur derrière le bar est accroché le miroir. Lui aussi est soigneusement astiqué car il vaut une somme rondelette. Il fait la longueur du bar et est lui aussi le symbole du statut du patron…

 

Le miroir a néanmoins une fonction, peut-être même deux. Il permet à ceux qui sont assis au bar de garder un œil sur quiconque approche dans leur dos. Et il leur donne l’occasion de lorgner la dame en costume d’Ève : le tableau est accroché sur le mur opposé – Il s’agit d’un nu voluptueux, de style pseudo-classique, pas exactement pornographique mais pas trop guindé non plus. La pose sage et les dentelles cachent les parties les plus intimes du modèle…

 

Le long du bar, à quelques centimètres au-dessus du plancher couvert de sciure, est fixé un rail en cuivre. Son rôle demeure obscur. Mais les clients n’avaient pas l’impression d’être dans un saloon tant qu’ils n’avaient pas posé un pied dessus. Fait étrange, au moment de l’instauration de la Prohibition en 1920, c’est ce rail qui manqua le plus aux clients qui leur fit verser des litres de larmes de nostalgie.

 

On peut s’en étonner dans la mesure où cet accessoire était probablement gluant de salive. Par terre, à intervalles réguliers – idéalement tous les quatre clients – étaient en effet disposés des crachoirs. On aurait pu croire que les consommateurs souffraient de rages de dents, en réalité, ils chiquaient tous du tabac.

 

Donc, vous placez votre botte (maculée de crottin) sur le rail de cuivre (gluant de salive) et le barman s’approche de vous et vous demande : « Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? »

 

En voilà une bonne question, pour avoir la réponse deux possibilités :

 

  • acheter Une brève histoire de l’ivresse de Mark Forsyth

 

Une brève histoire de l'ivresse – Les Éditions du Sonneur

 

  • ou attendre une éventuelle chronique de ma pomme !

Aux portes du Saloon - Page 2 - Western Movies - Saloon Forumaffiche poster les héros de spirou : lucky luke, bagarre au saloon (dessein  achdé ) (taille 56+ X 160 cm) | Rakuten

Bières à cinq cents et chevaux à boire dur: 15 photos de saloon révèlent le vrai Far West

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 06:00

Bouteille Coca Cola 1943 | US Militaria & collection

soldats de la 36ième division, lignes de front près de San Michele Italie 2 mars 1944

 

Pages 238-239

 

Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Coca-Cola dévorait à lui seul 90 000 tonnes (de sucre) par an et avait besoin que l’on protège son approvisionnement – à bas coût. En plein conflit, le gouvernement fédéral fit tout ce qu’il pouvait pour en stabiliser le prix, alors que les entreprises devaient s’adapter au rationnement (…) Coca-Cola reprit sa vieille tactique éprouvée, en persuadant le public – et surtout le gouvernement – qu’elle était une entreprise patriote et que sa boisson apportait un réconfort indispensable dans la tourmente ; elle redonnait du courage en désaltérant les travailleurs en temps de guerre, en premier lieu ceux qui portaient l’uniforme.

 

[…]

 

Coca-Cola s'associe à l'exposition commémorative des 70 ans de la  libération de Paris

 

Le coup de maître fut néanmoins d’obtenir le soutien des militaires – ce qui se révéla d’une valeur inestimable. L’armée des États-Unis persuada le gouvernement d’exempter Coca-Cola de tout rationnement de sucre pour que l’entreprise puisse envoyer sa boisson dans toutes les bases à travers le pays et sur tous les théâtres d’opération à l’étranger. En janvier 1942, le général Eisenhower commanda un approvisionnement mensuel en Coca-Cola pour les troupes américaines. Ainsi, l’entreprise put acheter du sucre avec le soutien du gouvernement et bénéficier d’un accès exclusif au vaste marché que représentaient les États-Unis en guerre – en Europe et en Asie. Ses profits bondirent à 25 millions de dollars pour la seule année 1944.

 

[…]

 

Coca-Cola s'associe à l'exposition commémorative des 70 ans de la  libération de Paris

 

Au cours de la seconde Guerre mondiale, on estime que la firme a vendu 10 milliards de bouteilles sur les bases américaines et dans les magasins de ravitaillement (PX), fournissant 95% de tous les sodas bus par les soldats américains.

 

[…]

 

Pin on Coca Cola...

 

L’inextinguible soif de Coca-Cola des militaires américains en diffusa le goût partout dans le monde. Des membres de l’entreprise (surnommés les « colonels Coca-Cola ») voyageaient dans le sillage des militaires, créant des usines d’embouteillage et des systèmes de distribution pour atteindre les troupes partout.

 

Pin on Coca-Cola

 

Tout aussi important, des figures emblématiques de l’armée – Patton, MacArthur, Omar Bradley, et, surtout, le chef suprême du commandement allié en Europe, Eisenhower – assuraient la promotion de la marque en public. Eisenhower et le général Marshall signèrent des ordres autorisant le transport par bateau et l’installation d’usines de Coca-Cola sur e théâtre des opérations – alors même que les moyens manquaient pour acheminer les équipements militaires vitaux.

 

À la fin du conflit, les militaires américains avaient construit 64 usines d’embouteillage pour Coca-Cola, où travaillaient de nombreux GIs. L’impact fut sensationnel. Entre 1941 et 1945, l’armée américaine a acheté 10 milliards de bouteilles à Coca-Cola.

Le 18 février 1933, le Coca-Cola arrivait à Paris

70 ANS DE LA LIBÉRATION DE PARIS

PERNOD-RICARD ET COCA-COLA : LE DIVORCE

Mis en ligne le 10/08/1989

 

 

Coca-Cola Co. est devenu le seul maître à bord sur le marché français. La société américaine vient d'annoncer l'acquisition de la Société parisienne de boissons gazeuses (SPGB), une filiale de Pernod-Ricard, qui était concessionnaire, embouteilleur et distributeur depuis plus de quarante ans de la marque Coca-Cola sur la plus grande partie de la France.

 

En 1988, elle avait commercialisé plus de un milliard de bouteilles, soit près de 90 % de la consommation française. La transaction s'élève officiellement à 890 millions de FF. Mais Pernod-Ricard a pour sa part déjà évoqué un montant supérieur au milliard de francs français.

 

Cette acquisition met fin à plus d'un an de conflit commercial entre Coca-Cola et Pernod-Ricard. En janvier 1988, les deux sociétés, à la suite de divergences de vues portant sur le développement des marques appartenant à Coca-Cola, avaient engagé des pourparlers pour examiner les conditions d'une reprise éventuelle par la société américaine de certaines activités des filiales du groupe Pernod-Ricard. Mais cela avait été assez rapidement la rupture. Pernod avait accusé Coca-Cola de rupture de contrat et porté l'affaire devant les tribunaux.

 

Coca-Cola voulait reprendre les activités de production, de distribution et de vente des boissons Coca-Cola, Sprite, Fanta et Finley exploitées sous licence par plusieurs filiales du groupe français. Soit un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de FF pour Pernod-Ricard, ou 8 % du chiffre d'affaires total et environ 10 % de son résultat net.

 

Les deux parties viennent donc d'aboutir à un accord, qui porte «en grande partie sur des biens immobiliers», a-t-on précisé chez Coca-Cola, en ajoutant que l'ensemble du personnel du groupe SPBG serait repris. Il faut dire que les différentes actions intentées, qui ne sont pas encore achevées, pouvaient durer encore longtemps, l'embouteillage, la distribution, la production étant répartis sur neuf territoires et plus d'une centaine de contrats liant les deux partenaires. De plus, Pernod-Ricard, s'il n'avait pas les moyens de s'opposer à un rachat de concessions, pouvait fort bien attendre jusqu'à l'échéance de certaines d'entre elles, qui couraient jusqu'en l'an 2000.

Coca-Cola n'était donc pas en position de force dans cette négociation. Il devait payer le prix fort, s'il voulait être le seul maître d'oeuvre sur le marché français.

En annonçant cet accord, qui est le fruit de négociations entamées en mai dernier par les deux groupes, Coca-Cola prend donc la pleine maîtrise de l'exploitation de ses produits en France. Pernod-Ricard était concessionnaire des marques Coca-Cola en France depuis 1947. L'acquisition du groupe SPBG «renforce l'importance du rôle de la France dans le développement de nos activités dans la CEE», a commenté M. Douglas Ivester, président du groupe Coca-Cola pour la Communauté européenne.

 

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Un, deux, trois (titre original : One, Two, Three) est une comédie américaine réalisée par Billy Wilder, sortie en 1961.

 

En 1961, pendant la guerre froide, C. R. MacNamara, représentant à Berlin-Ouest de la société Coca-Cola, ambitionne d'en devenir le directeur en Europe, et d'introduire la boisson derrière le rideau de fer. Son patron, Wendell Hazeltine, lui demande de s'occuper de sa fille, Scarlet, qui fait un séjour en Europe. Mais la jeune femme disparaît, puis revient accompagnée d'un militant communiste, Otto Ludwig Piffl, qu'elle présente comme son mari. Ils se rendent également compte qu'elle est enceinte.

 

MacNamara, qui souhaite ardemment sa promotion, transforme alors le jeune homme en quelques heures en un gendre idéal pour Hazeltine. Il le fait adopter en payant un comte désargenté pour lui donner une situation sociale. Il l'engage comme chef d'une usine de production de Coca-Cola pour lui donner une situation professionnelle. Il lui constitue également une garde-robe en correspondance.

 

Lorsque Hazeltine rencontre son gendre, il est subjugué. MacNamara obtient alors une promotion, mais pas précisément celle qu'il escomptait.

UN, DEUX, TROIS (Critique) – Les Chroniques de Cliffhanger & Co

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