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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 06:00

 

Nos vieilles outres des prescripteurs du monde vin, gonflées de suffisance, modèle Butane&Degaz dans l’affaire de la caricature de Régis Franc publiée par Nicolas Groin-Groin dans leur torchon glacé : En Magnum, ont fait la démonstration qu’elles n’avaient rien compris, ou plus exactement qu’elles ne voulaient rien comprendre, circulez, y’a rien à voir, sous le terreau des bio-cons poussaient les bobos-connes.

 

Horreur, malheur, leur petit monde d’entre soi, d’entre mecs, se lézardait, s’effilochait, s’effritait, s’effondrait, obsolescence programmée : leur utilité sociale, déjà proche de trois fois rien, se réduisait à rien et, pire encore pour elles – ce féminin-pluriel, pour désigner ces gonadiers, me ravit – l’espoir de rejoindre le cimetière des éléphants laissait la place au néant de l’oubli. Tout au long de leur vie Parker, ce ricain venu de rien, les avait réduits au rôle obscur de porteurs d’eau, de gregario faisant le nombre dans le ventre mou du peloton, et voilà qu’à la fin de leur parcours, alors que ce cher Bob a tiré sa révérence en empochant la mise, les voici réduits à l’état de zombis enfouis sous les cendres froides de feu leur fonds de commerce.  À la barre de la notoriété, nul repreneur ne se présente même pour le franc symbolique.

 

Je ne force ni le trait, ni n’enfourche des sujets à la mode, je ne joue pas au sociologue de salon, je me permets de poser le doigt là où ça devrait, depuis fort longtemps, faire mal : l’irruption des femmes dans le petit cénacle des prescripteurs de vin, et plus généralement dans les professions du vin, dérange l’establishment, la nomenklatura au pouvoir.

 

Car ce dont il est question, au-delà des questions sociétales, c’est le POUVOIR.   

 

Le problème avec ces « greluches » c’est qu’on les entend, ce sont elles qui portent la culotte, ne demandent la permission à personne pour l’ouvrir, s’affirmer. Elles font chier, elles les font chier…

 

Cependant ne soyons pas trop autocentrés, nous avons déjà perdu beaucoup de terrain dans notre leadership sur la planète vin, le machisme est une pandémie qui touche ce que Sumita Sarma nomme l’industrie du vin.

 

Deux précisions :

 

  • Pour les jeunes gaulois, une jeune Indienne est une ressortissante de la République Indienne et non une jeune squaw genre tipi de western.  Les hindous ne sont autres que les pratiquants de la religion indienne qu’est l’hindouisme. C’est la plus grande religion du pays, car elle est pratiquée par plus de 80 % de la population.

 

  • Au temps où, suite à mon rapport, j’écumais les plateaux des colloques, mes chers collègues anglo-saxons, Paganini du PowerPoint, m’ont familiarisé avec cette dénomination, l’industrie du vin qui choque nos oreilles terroirisées mais qui est la réalité du marché mondial du vin.

 

Si je vous livre la réflexion de Sumita Sarma, c’est qu’elle est représentative d’un courant, celui des nouvelles venues dans le monde du vin que les dominants auraient tort de brocarder ou de railler.

 

Leur ouvrir grandes les portes de ce monde compassé, les accueillir sans suffisance, se nourrir de leurs apports, de leurs différences, c’est anticiper, c’est tracer les voies nouvelles …

 

Bref, elles sont de l’oxygène !

The Buyer

 

Sumita Sarma: how wine can be proud not ashamed of how its diversity ICI

 

 

«Ma réflexion, en tant qu'étrangère qui a eu du mal à trouver un rôle approprié dans cette industrie…

 

… est-elle trop blanche, trop orientée vers les hommes et les hommes qui se ressemblent, agissent et se comportent exactement comme les autres. 

 

Où se situe le reste, une grande partie d'entre nous? 

 

Nous sommes comme des petites mouches essayant de trouver une ancre pour se reposer. Et si nous trouvons une place, nous sommes chassées. 

 

C'est la conclusion accablante que Sumita Sarma a ressentie après huit ans à essayer de faire carrière dans l'industrie du vin. Mais elle n'abandonne pas. Loin de là. Comme elle l'explique dans cet article percutant, stimulant, profondément personnel mais aussi inspirant, elle est déterminée à jouer son rôle pour que l'industrie s'ouvre à des personnes de tous horizons afin qu'elle puisse être fière, plutôt que honteuse de sa diversité. et inclusif.

 

http://2.gravatar.com/avatar/e84c7932856767a1055b5e945b15f2c0?s=35&d=mm&r=gPar Sumita Sarma 23 février 2021

 

L'histoire puissante de Sumita Sarma sur ce que cela a été pour elle en tant qu’«étrangère» essayant de se frayer un chemin dans l'industrie du vin est difficile mais doit être lue.

 

Comme point de départ, il est important pour tous ceux qui vont me lire de savoir que je n'ai pas grandi dans une famille qui a une histoire ou un lien avec les vins, ni que je ne viens d'un pays viticole établi (les choses ont certainement changé pour l'Inde au cours des 20 dernières années mais pas pendant que je grandissais). 

 

Mes parents sont des teetotallers (même aujourd'hui), ce qui signifie qu'aucun alcool n'a jamais été servi dans ma famille. Plus important encore, l'alcool a été historiquement considéré comme un tabou dans de nombreuses sous-sectes de la religion hindoue et pour travailler dans le vin, pour une femme, était complètement impossible, même dans mon rêve le plus fou.

 

Les bienfaits scientifiques du resvératrol des peaux de raisin, aidant à lutter contre une variété de problèmes médicaux, sont ce qui m'a vraiment attiré vers les vins. J'avais bien dans la trentaine lorsque j'ai commencé à étudier les vins, je ne suis donc pas un enfant prodige dans cette industrie d'élite. Au moment où j'ai décidé de faire un pas conscient pour faire du vin ma deuxième carrière, je ne savais pas que de nombreux facteurs allaient contre moi – mon âge, mon sexe, ma nationalité et mes origines.

 

Perception vs réalité: histoire de la diversité

 

J'étais très naïve de supposer que le vin étant un phénomène occidental développé, je ne serais confrontée à aucun problème de changement de carrière. Après tout, j'avais été une banquière à succès, un double Master en Finance et Ressources Humaines, titulaire d'un rang primé en Comptabilité Agréée (qui en Inde a un taux de réussite de moins de 10% dans l'ancien système lorsque je l'ai pris). Celles-ci me seraient certainement utiles et m'aideraient à me tailler une solide carrière dans les vins.

 

Malheureusement, la réalité fut déprimante. 

 

Une série d'au moins 50 demandes ont échoué auprès de plusieurs détaillants et boutiques indépendantes, distributeurs, producteurs de vin et organisations éducatives, m'ont ouvert les yeux sur le fait que je n'étais pas «assez bonne».

 

À qui ces emplois allaient-ils?

 

Que pourrais-je changer pour le rendre «assez bonne»?

 

Je ne pouvais pas changer mon identité, je ne pouvais pas changer mon âge ou mon sexe. La seule chose que je pouvais faire était de travailler plus dur par moi-même, de continuer à étudier et à essayer d'atteindre le summum de la profession du vin. 

 

Pourquoi? 

 

Juste pour prouver ma valeur personnelle.

 

Et la preuve est claire. Je poursuis actuellement les Masters of Wine.

 

Est-ce que cela est venu d'une curiosité «amusante» pour en savoir plus ou d'une promesse d’obtenir de meilleures opportunités ? 

 

En fait, c'est le manque d'opportunités, le manque de soutien et les portes closes qui m'ont poussé dans ce que je fais aujourd'hui. Et je ne regrette pas du tout cette décision. Parce que c'est grâce à ce voyage d'étude pour le Master of Wine, que j'ai trouvé des mentors engageants et des camarades empathiques qui étaient prêts à entendre mon histoire, à me montrer et à partager leurs chemins.

 

Mais le plus gros point n'est toujours pas abordé - qu'en est-il des huit dernières années que j'ai passées dans le monde du vin avec un doute de moi, un manque de clarté et une faible estime de soi? 

 

Est-ce que je parle avec le bon accent, est-ce que je m'intègre?

 

S'intègre dans cette minuscule petite boîte remplie de personnes similaires du même profil, qui se ressemblent, qui se comportent comme les autres. Dans quelle mesure était-ce confortable pour eux? 

 

À quel point cela était-il inconfortable et solitaire pour moi et beaucoup comme moi?

 

Réflexion sur la diversité - Un cas pour l'industrie du vin

 

Sur ce point, je ne rendrai pas justice si je ne remerciais pas Wink Lorch de m'avoir mis à l'honneur lors du séminaire (et je la remercie de tout cœur de l'avoir fait) avec une question, sur ce que j'ai ressenti lorsque j'ai visité des vignobles en L'Europe. C'était la première fois en huit ans dans l'industrie que quelqu'un me posait cette question personnelle d'emblée.

 

Ma gorge s'est asséchée pendant quelques secondes alors que je luttais pour trouver des mots. Des mots qui pourraient le mieux répondre à cette question avec diplomatie et tact, mais heureusement, l'anglais n'est pas ma langue maternelle et donc mes mots étaient simples et sortaient directement de mon cœur – que je me sentais seule et exclue. Et j'ai expliqué comment ces sentiments tournaient comme un tourbillon, dans un réseau vicieux de faible estime de soi.

 

Ma réflexion, en tant qu'étrangère qui a lutté dur pour trouver un rôle approprié dans cette industrie, n'ayant pas de relations ou d'histoire de travail dans les vins, est qu'il est trop blanc, trop orienté vers les hommes et des hommes qui ressemblent, agissent et se comportent exactement comme un. un autre

 

Où se situe le reste, une grande partie d'entre nous ? 

 

Nous sommes comme des petites mouches essayant de trouver une ancre pour se reposer. Et si nous trouvons une place, nous sommes chassées.

 

Le combat pour la diversité et l'inclusion n'est pas nouveau pour les personnes de couleur. Pour eux, il est enraciné, systémique et si profondément marqué dans le sang et le cerveau, ruisselant à travers des générations d'assujettissement. Il n'y a aucun moyen de l'isoler. La cicatrice se manifeste comme une douleur pure à l'intérieur de leur âme vivante, le sentiment d'impuissance et de vide qui l'entoure.

 

Le point de bascule

 

Au fil des ans, la diversité a évolué comme il se doit, embrassant de multiples facettes sous son égide, y compris, mais sans s'y limiter, les personnes de couleur, d'origine, de sexe, de culture, de religion, d’handicap et d'orientation sexuelle. Ce n'est sûrement pas un nouveau concept, alors que le monde s'y réveillait lentement, c'est la mort choquante de George Floyd en 2020 qui s'est avérée être le point de basculement pour que toute action se déroule réellement dans le monde.

 

Pour le commerce du vin, ce moment dur de réveil a été le scandale de harcèlement sexuel à la Cour des Maîtres Sommeliers aux États-Unis.

 

La paille qui a brisé le dos du chameau au Royaume-Uni a été les retombées de l'incident séparé et très différent lorsque les écrits privés de `` Wine Bitch '' sur les membres du commerce du vin britannique ont été rendus publics.

 

Il existe une fragilité flagrante et un cadre non diversifié disjoint dans l'industrie du vin; un manque de voix diverses.

 

Aider au changement

 

À mon avis, il y a deux types de personnes dont nous avons besoin pour aider à changer leur comportement. Ceux qui le font intentionnellement et ceux qui revendiquent l'ignorance et disent qu'ils ne sont pas conscients qu'ils causent une offense.

 

Aucun de ces deux types ne peut s'extirper de l'effet dévastateur qu'une telle discrimination peut causer à leurs victimes; érodant leur estime de soi et leur santé mentale. Cela ne devrait jamais arriver.

 

Je sors aujourd'hui (mieux vaut tard que jamais) pour exprimer ma désillusion face au manque de soutien ou de reconnaissance, que cette industrie offre aux entrants en vin ou d'ailleurs, à ceux qui sont membres de longue date. C'est la vie de chien ici et la survie est aussi simple que le départ. Au fil des ans, malheureusement, le secteur s'est tourné davantage vers l'intérieur que vers l'extérieur; plus en arrière qu'en avant, alors que les événements se déroulent devant nous. Ce qui s'est passé il y a quelques mois donne l'impression que nous vivons dans une histoire ancienne.

 

 
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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 06:00

 

New York

Franck Sinatra chantait: NEW YORK, NEW YORK…

 

I wanna wake up in a city that doesn't sleep

And find I'm king of the hill - top of the heap

 

These little town blues, are melting away

I'll make a brand new start of it - in old New York

If i can make it there, I'll make it anywhere

It's up to you - New York, New York

 

Je veux me réveiller, dans la ville qui ne dort jamais
Et constater que je suis le roi de la colline
Au sommet de l'échelle

Ces déprimes de petites villes, se fondent au loin
Je repartirai de zéro
Dans la vieille New York
Si je peux réussir là-bas, je réussirai partout
Ça dépend de toi, New York, New York

New York la ville qui ne dort jamais :

Avec une pointe de fierté, les New-Yorkais aiment faire remarquer aux touristes que New York est « the city that never sleeps », la ville qui ne dort jamais. Et ce titre est bien mérité, pour 3 grandes raisons : ICI 

 

1/ Le métro roule toute la nuit

2/ Des restaurants ouverts 24h/24

3/ De l’animation toute la nuit

 

Mais à New-York City, en ce temps de pandémie, ICI comme à Paris la nuit venue il vaut mieux rester chez soi et se faire une belle platée de pasta alla vodka

 

À quoi peuvent s'attendre les visiteurs?

 

Les rues animées de New York se sont calmées au début de la pandémie et la reprise a été lente au cours des mois depuis, bien que de nombreuses régions, y compris Brooklyn, soient à nouveau occupées.

 

La restauration en salle, qui avait été interrompue depuis la mi-décembre, a pu reprendre à 25% de sa capacité le 12 février.

 

Les repas en plein air se poursuivent, avec des restaurants et des bars construisant des structures ad hoc. Les clôtures de tente et le chauffage sont utilisés pendant l'hiver. Les bars et restaurants doivent fermer à 23 h

 

Les musées sont ouverts, mais ont commencé à exiger des réservations programmées, dans le but de se conformer aux règles de capacité inférieure. Le MoMA, le Musée d'histoire naturelle et le Whitney appliquent tous une politique de billets pré-achetés uniquement. Les visiteurs doivent s'attendre à des contrôles de température à leur arrivée.

 

La vente au détail non essentielle est ouverte. Les masques sont toutefois obligatoires en public et les directives de distanciation sociale doivent être respectées à tout moment.

 

  • The New York Times @nytimes

 

Adding pancetta brings a salty smokiness, but if you leave it out, you’re still in for a quick and flavorful dish.

 

INGRÉDIENTS

 

  •  Sel casher
  • 1 livres de pâtes rigatoni ou penne
  • 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
  • 4 onces de pancetta en dés, facultatif
  • 1 oignon jaune moyen, haché finement
  • 2 gousses d'ail, hachées finement
  • ½ cuillère à café de flocons de piment rouge
  • ¾ tasse de vodka
  • 1 (28 onces) peuvent tomates concassées
  •  Poivre noir fraichement moulu
  • ¾ tasse de crème épaisse
  • ¼ tasse de Grana Padano ou de parmesan râpé, et plus pour servir
  • 1 cuillère à soupe d'origan frais grossièrement haché
  • 2 à soupe de persil italien grossièrement haché

 

PRÉPARATION

 

Porter à ébullition une grande casserole d'eau salée (2 cuillères à soupe de sel casher pour environ 7 litres d'eau). Ajouter les pâtes et cuire selon les instructions sur l'emballage jusqu'à ce qu'elles soient al dente.

 

Pendant ce temps, préparez la sauce: faites chauffer l'huile dans une poêle profonde ou une casserole de 12 pouces à feu moyen. Ajouter la pancetta, le cas échéant, et faire frire jusqu'à ce qu'elle soit croustillante, en remuant de temps en temps, de 3 à 5 minutes. Ajouter l'oignon, l'ail et les flocons de piment rouge et cuire, en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que l'oignon soit translucide, environ 3 minutes. Baisser le feu à moyen-doux, ajouter la vodka et cuire jusqu'à réduction de moitié, 2 à 3 minutes.

 

Incorporer les tomates, puis remplir la boîte à moitié d'eau et la faire tourner pour ramollir les restes de tomates; ajoutez un quart à la moitié de l'eau dans la casserole. Laisser mijoter jusqu'à ce que la sauce commence à épaissir, environ 10 minutes, et assaisonner de sel et de poivre. Si vous préférez votre sauce un peu plus souple, allez-y et ajoutez le reste de l'eau et laissez mijoter 2 à 3 minutes de plus. Réduire le feu à doux, ajouter la crème et cuire, en remuant, jusqu'à ce que la sauce devienne une couleur rosée uniforme, environ 1 minute. Incorporer les pâtes cuites et 1/4 tasse de fromage mélanger pour enrober. 

 

Assaisonner au goût avec du sel et du poivre. 

 

Répartir dans des bols, garnir de fromage supplémentaire, si désiré, et saupoudrer d'origan et de persil.

 

Rosso Isi 2019 ICI

Cantina Alessandro Viola

IGP Terre Siciliane - Année 2019

 
  • Domaine : Cantina Alessandro Viola
  • Appellation : IGP Terre Siciliane
  • Millésime : 2019
  • Encépagement : nerello mascalese et nero d'avola
  • Contenance : 75cl
  • Degré d'alcool : 13,00%
  • Potentiel de garde : 5 ans
  • Saveur : fruité et gourmand

 

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Giacomo Puccini : 10 (petites) choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur le compositeur ICI 

 

Publié le mercredi 19 décembre 2018

 

Ses œuvres (Tosca, La Bohème, Madame Butterfly) sont immensément connues, mais sa vie et sa personnalité beaucoup moins. Voici 10 (petites) choses à savoir sur Giacomo Puccini.

 

 

Une résistance à toute épreuve 

 

« Vous verrez que j’ai raison » écrit Puccini en 1904 après la désastreuse première de Madame Butterfly. Sifflé, hué par les spectateurs de la Scala de Milan, l’opéra n’en est pas moins une fierté pour son compositeur, et il aura raison de parier sur son succès puisque l’oeuvre est aujourd’hui célébrée à travers le monde. 

 

Quatre ans auparavant, Tosca a été violemment critiqué par la presse romaine, et un peu plus tôt, La Bohème a lui aussi fait l’objet des plus durs jugements. Mais, à chaque fois, les œuvres de Puccini finissent par trouver leur public, en Italie comme à l’étranger, et la pugnacité du compositeur paye, ses opéras faisant de lui le nouvel ambassadeur de la musique italienne, après Verdi. S’il arbore une allure fière et élégante, Puccini n’en est pas moins traversé par de profonds et douloureux questionnements. « J’ai tellement besoin d’un ami mais je n’en ai aucun. [...] Je suis le seul à me comprendre et cela me fait énormément souffrir », écrit-il ainsi à son librettiste Luigi Illica, en 1903.

 

Malgré le succès grandissant et la reconnaissance internationale acquise grâce à ses opéras, le temps apporte aussi à Puccini son lot d’angoisses et de peurs. Aussi lorsqu’en 1921, un journal romain rapporte son décès par erreur (c’est en fait le poète Fucini qui vient de s’éteindre), le compositeur en ressort terrifié, d’autant plus hanté par la mort.

 

1922. En voyage en Allemagne, Puccini avale par mégarde un os de volaille. Une opération chirurgicale est nécessaire pour le lui retirer. Si l’anecdote paraît sans intérêt, elle est pour certains l'élément déclencheur du mal qui l’emportera, deux ans plus tard. 

 

1923. Puccini est en proie à une toux constante et douloureuse. Une première visite chez le médecin, puis une deuxième, une troisième… On finit par lui diagnostiquer un cancer de la gorge, et c’est auprès de grands spécialistes qu’il part se faire soigner à Bruxelles. Il y meurt quelques mois plus tard, le 29 Novembre 1924, son Turandot inachevé. 

 

 

 

 

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 08:00

 

 

Le 1er septembre 1977, Maria Callas est chez elle, dans son grand appartement parisien de l’avenue Georges-Mandel, seule. Rideaux tirés, elle regarde les photos de ses rôles, réécoute ses disques et se souvient de sa vie.

 

Elle disparaît le 16 septembre au matin. On a dit que le grand air de Tosca, Vissi d’arte, vissi d’amore « J’ai vécu d’art, j’ai vécu d’amour » résumait toute son existence : elle a vécu d’art, c’est certain, mais d’amour ?

L'homme qui a détruit leur vie: Maria Callas et Onassis, un souffle de vie et de mort ICI 

 

 

Quand elle lui fut présentée, ce mardi 3 septembre 1957, à Venise, au bal de l’hôtel Danieli, elle portait une robe du soir composée d’un sobre haut noir à fines bretelles et d’une ample jupe en satin à pois, la taille prise dans une large ceinture blanche et les cheveux relevés en chignon, mêlés dans un collier de grosses larmes d’émeraude. Il posa sur elle un regard noir et fiévreux qui la fit légèrement frémir. Il avait alors cinquante-trois ans, un empire et une très jeune épouse, Tina. Elle avait trente-trois ans, le monde à ses pieds et un vieux manager de mari, Giovanni Battista Meneghini. A la fin de son existence, elle avouera avoir été dès le début subjuguée par le charme, et la forte personnalité d’Aristote. «Non seulement il était plein d’entrain, mais il était source de vie.» Et la vie, c’était justement ce qui faisait défaut à Maria. La Callas la dévorait depuis si longtemps. C’est elle qu’on adorait, elle qu’on sacrait, elle qui se mourait d’amour sur scène. Mais qui s’intéressait à Maria? Qui?

 

[…]

 

En 1968, le monde bascula. Maria sombra. De retour de leur traditionnelle croisière dans les Caraïbes, Aristote lui demanda expressément de quitter le Christina. Il devait se rendre à New York «pour affaires». Dans la précipitation, elle oublia ses bijoux dans le coffre – il les offrira plus tard à la nouvelle favorite. A peine rentrée à Paris, elle apprenait que Jackie Kennedy prenait sa place à bord. Elle avala des barbituriques. «Un simple accident», affirmait-elle à ceux qui lui rendirent visite à l’hôpital.

 

Le 17 octobre, la secrétaire de l’ex first lady publiait un communiqué: «Mme John F. Kennedy projette d’épouser Aristote Onassis la semaine prochaine.» Le 20 octobre, à 17h15, sous un crachin tenace, l’archimandrite les mariait à Skorpios. Au même moment, attablée chez Maxim’s, Maria jouait à La Callas et lâchait devant une assemblée hilare: «Mme Kennedy a raison de donner un grand-père à ses enfants», «Onassis est beau comme Crésus!» Mais, dans la limousine avec chauffeur qui la ramena dans la nuit à son domicile, sa silhouette recroquevillée sur la banquette arrière n’était que douleur. Et même si la blessure narcissique trouva quelque satisfaction en voyant Onassis, une semaine seulement après son mariage, revenir sous ses fenêtres et la supplier de le voir – ce qu’elle accepta en dépit de la trahison – la femme qu’il avait fait naître ne se relèverait pas.

 

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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 08:00

 

J’ai toujours eu un faible pour Carrefour depuis que l’ami Jean-Louis Vallet, directeur général de Prodis, la filiale vins de Carrefour, membre du groupe stratégique Cap 2010, m’en a fait découvrir les arcanes avant de se faire virer pour cause de désaccords stratégiques.

 

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15 mai 2009

CARREFOUR : Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ * et vins compris. ICI

 

Incroyable : la nouvelle est tombée sur mes télescripteurs qui, face à l’énormité de celle-ci, d’abord en sont restés cois, abasourdis, et puis, comme pris par le tournis, ils se sont lancés dans une gigue de cliquetis. Chaude comme la braise la new, à prendre avec des pincettes, renversante, une forme à l’état pur du génie du Mammouth de la GD, un beau cas d’école de la réactivité : le fameux quart d’heure d’avance cher aux « Carrefouriens » des origines, une pépite quoi !

 

Je prends mon élan : comme chacun sait Carrefour est en perte de vitesse, il patine, il régresse donc. Alors, afin de combler son retard Carrefour va adapter ses hypermarchés au niveau de vie de la clientèle locale. Fort bien : c’est le B.A.-BA du métier d’épicier. Mais comme nous sommes, nous les gens d’en bas, un peu lourds d’esprit, les beaux esprits de Levallois-Perret, tapent sur notre petit clou, pour nous le river bien sûr, avec leur gros marteau. En effet, la reconquête va prendre son point d’appui sur l'hypermarché de la porte d'Auteuil, dans le XVIe arrondissement de Paris. Après quatre mois de travaux, ce magasin doit faire office de « laboratoire » pour le groupe. . Objectif : regagner les clients perdus en proposant une offre "sur-mesure", dixit Alain Souillard, directeur exécutif des hypermarchés Carrefour France (j’adore l’empilement des grandes volières : un directeur exécutif comme son nom l’indique c’est quelqu’un qui exécute les directives d’en haut, d’où l’extrême réactivité de ce type d’organisation).

 

 

Je ne suis jamais retourné au Carrefour de la porte d’Auteuil, ni dans aucun Carrefour d’ailleurs même si Carrefour-Drive s’est rapproché de moi, rue de la Santé, mais l’heure est aux bulletins de santé, celui de Carrefour, dopé par la Covid 19, est excellent et l’on comprend l’appétit du groupe canadien Couche-Tard

 

Résultats de Carrefour: « sa meilleure performance depuis 20 ans » ICI  

 

JULIE DELVALLÉE | 

CARREFOURRÉSULTATENTREPRISES

PUBLIÉ LE 18/02/2021

 

RÉSULTAT La publication des résultats de Carrefour pour l’année 2020 vient de tomber. En France, tous les formats affichent une solide croissance, une première depuis près de longtemps selon le communiqué de l’enseigne. Le chiffre d’affaires groupe s’établit à 70,7 milliards d’euros HT.

 

 

L’année 2020 aura de quoi rassurer les actionnaires de Carrefour. En 2020, le chiffre d’affaires est en croissance de +7,8% en comparable (LFL), « Carrefour réalise sa meilleure performance depuis au moins 20 ans », assure le groupe par la voie d’un communiqué. En France (+3,6% LFL), tous les segments sont en croissance : hypermarchés (+1,0% LFL), supermarchés (+6,8% LFL) et proximité (+8,3% LFL). La très bonne dynamique se confirme en Espagne avec +7,1% LFL. Carrefour Brésil affiche une croissance record de +18,2%, portée tant par Carrefour Retail (+19,6% LFL) que par Atacadão (+17,6% LFL). «2020 a été une année décisive pour Carrefour. Dans une crise qui accélère les mutations en cours, notre groupe a franchi un cap. Il y a 3 ans, le plan Carrefour 2022 introduisait une première rupture pour notre Groupe. Aujourd’hui, ce modèle assure de façon pérenne le dynamisme de nos ventes et la profitabilité de notre Groupe, et nous permet de dégager d’importantes capacités de financement pour poursuivre notre développement. Nos résultats 2020 en sont la démonstration. Nous sommes confiants pour l’avenir, et traduisons cette confiance par de nouveaux engagements opérationnels et financiers. », a déclaré Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour.

 

 

Bilan chiffré de l'année 2020 :

 

En France, tous les segments sont en croissance, y compris les hypermarchés (+1%, dont +3,9% au quatrième trimestre). Les supermarchés ont progressé de 6,8% sur l'année, et les épiceries de proximité de 8,3%.

 

La croissance de l'activité e-commerce alimentaire a dépassé les 70% en 2020 à 2,3 milliards d'euros de GMV, contribuant dorénavant positivement à l'amélioration du ROC et du taux de marge opérationnelle.

 

En effet, la profitabilité de Carrefour est un autre point positif de cette publication, le résultat opérationnel courant (ROC) atteignant les 2,173 milliards d'euros, en ligne avec les attentes des analystes, et en hausse de 16,4% à changes constants. Cela inclut un ROC des activités de distribution en hausse de 630 millions d'euros.

 

 

Tout en bas du compte de résultat, le bénéfice net ajusté, part du groupe, ressort ainsi en hausse de 17,9%, à 1,011 milliard d'euros, conforme aux prévisions.

 

Sur le plan financier, Carrefour a fini l'exercice 2020 avec un cash-flow libre net de 1,056 milliard d'euros, contre 324 millions un an plus tôt. La dette nette est, elle, restée stable à 2,62 milliards d'euros.

 

Le distributeur a également annoncé une "normalisation" de sa politique de dividende, puisqu'après presque 10 ans d'option de dividende en titres, il proposera une rémunération de 48 centimes par action, versée intégralement en numéraire.

 

Enfin, Carrefour s'est engagé à réaliser 2,4 milliards d'euros d'économies de coûts additionnelles en année pleine à horizon 2023, l'objectif de 3 milliards d'euros à horizon 2020 ayant été atteint. Le groupe s'est aussi engagé à générer plus de 1 milliard d'euros de cash-flow libre net par an dès 2021. Sur le e-commerce, il vise une GMV de 4,2 milliards d'ici 2022.

 

A la mi-journée, le titre du distributeur gagne 1,15% à 14,89 euros, enregistrant l'une des meilleures performances du CAC 40.

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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 06:00

Me Morain 

La Force était exceptionnellement forte en Anakin Skywalker et son histoire est en fait celle de la lutte de tout Jedi entre le côté clair et le côté obscur de la Force.

 

Le vénérable Maitre Yoda « Il continua de conseiller et de transmettre son savoir à Obi-Wan jusqu’à sa mort de ce dernier en l’an 0 et reçu quelques survivants de la grande purge dans le plus grand secret afin de terminer leur formation. Il s'éteignit en l'an + 4 sur Dagobah de mort naturelle après 900 ans d'existence et la légende veut qu'il ne fasse plus qu'un avec la Force … »

 

 

Mes références sont celles de mon petit-fils Martin, avec qui, en juillet 2006, je visitai l’EXPO STAR WARS à la Cité Des Sciences de la Villette, il avait 5 ans et maintenant il est en Prépa, ça ne me rajeunit pas.

 

Me Jean-Yves Moyart, dit Me Mô, je ne l’ai jamais croisé dans les prétoires*, je le voyais voguer sur Twitter – cet océan sans limites trop souvent cloaque fangeux charriant tellement de boue, d’abjection, d’ignominie – tel une goélette, toutes voiles dehors, tirant des bords sous le vent, celui du Nord, son Nord, « y’en a même qui l’ont vu voler… », « Il était  libre M », arborant le pavillon noir, qui n’était pas de complaisance, le noir de sa robe, je le sentais plus pirate que corsaire, un boucanier, un chasseur d’injustice, un hors-norme cinglant loin des vents dominants.

 

 

Ma mémé Marie, elle aussi tout de noir vêtue, me disait « Mon p’tit gars, ce sont toujours le meilleurs qui partent les premiers… »

 

Mémé Marie et sa sœur la tante Valentine 

 

Me Mô, n’était pas homme à aimer se voir couvrir de fleurs, face aux éloges, en levant sa fameuse coupette, emplie de vin de pays de la Marne, extirpant les Fonds de tiroir de Pierre Desproges, aurait rétorqué « Si c'est les meilleurs qui partent les premiers, que penser alors des éjaculateurs précoces ? »

 

 

*à propos de prétoire, ma première expérience en ce domaine fut d’accompagner en audience de comparution immédiate notre jeune coursier de l’Office des  Vins  de Table, auteur de menus larcins, c’était en 1980. J’assistai impuissant à une justice expéditive, défilé de pauvres hères, de paumés, j’en fus marqué à vie. Malheureusement récidiviste, il avait la première fois bénéficié d’un sursis, nous lui évitâmes d’aller en Taule grâce à une intervention de mon énarque de patron auprès d’un  de ses collègues à l’Hôtel Matignon, Directeur des Affaires Criminelles et des Grâces  à la Chancellerie. J’avoue sans aucune honte être fier de ce recours peu orthodoxe.

 

Me Mô fut, en son domaine, hétérodoxe.

 

Me Mô, avant Twitter, fut blogueur, un cher confrère ICI 

 

Me Mô, c’était aussi un « humble géant de près de deux mètres, avec d’immenses oreilles pour écouter le pire et un regard d’enfant pour l’affronter. »

 

Un côté Christophe Salengro,  1er, président de Groland pour l'éternité !

 

 

La face inversée de Philippe Gildas le « petit Breton aux grandes oreilles »

 

 

« C’était il y a deux ans, le cancer était déjà là, Jean-Yves Moyart avait peur mais Maître Mô voulait faire sourire encore. « Si un jour je meurs, ce qui m’étonnerait sincèrement, ne dites pas mes supposées qualités ou ne rappelez pas ce que j’ai fait ou dit ; dites que je vous manque, que vous aimeriez m’aimer encore ou rire avec moi, ou bien ne dites rien du tout. Enfin, sans vous commander », écrivait-il le 5 mars 2019 sur son compte Twitter. Jean-Yves Moyart, avocat au barreau de Lille depuis 1992, est mort samedi 20 février. Il avait 53 ans. »

 

le 16 décembre 2020 

 

Étant incompétent pour aller au-delà, bravant le copyright, je confie ma plume à Pascale Robert-Diard et en lecture libre au célèbre Me Eolas et au buveur de quilles «nu» Me Morain.

 

Mais avant, comme je suis fou de Verdi pour ce bon vivant qu’était, disent ses amis, Me Mô je vous mets en ligne la scène 1 du premier acte d’Ernani avec le célèbre chœur Evviva ! Beviam ! Beviam

 

En traduction libre ça donne :

 

Hourra ! Buvons ! Buvons !/Trouvons du plaisir au moins dans le vin !/Que reste-t-il d'autre au bandit, /évité par tous/S'il n'a pas un verre ?/Jouons, car l'or est un trésor inutile/ qui vient et qui part/Jouons, si la vie/n'est pas rendue plus agréable/par une beauté souriante/Dans les bois et sur les collines/nous avons nos seuls amis/le mousquet et le poignard/Lorsque descend la nuit/dans la triste grotte/qui nous sert d'oreiller/Soyons gais et buvons. Buvons !/Trouvons du plaisir au moins dans le vin.

 

Jean-Yves Moyart, alias Maître Mô, est mort ICI

 

Inscrit au barreau de Lille, l’avocat, qui faisait, sur son blog et dans des textes puissants, le récit de la justice ordinaire, s’est éteint samedi 20 février à l’âge de 53 ans.

 

Par Pascale Robert-Diard

 

C’était il y a deux ans, le cancer était déjà là, Jean-Yves Moyart avait peur mais Maître Mô voulait faire sourire encore. « Si un jour je meurs, ce qui m’étonnerait sincèrement, ne dites pas mes supposées qualités ou ne rappelez pas ce que j’ai fait ou dit ; dites que je vous manque, que vous aimeriez m’aimer encore ou rire avec moi, ou bien ne dites rien du tout. Enfin, sans vous commander », écrivait-il le 5 mars 2019 sur son compte Twitter. Jean-Yves Moyart, avocat au barreau de Lille depuis 1992, est mort samedi 20 février. Il avait 53 ans.

 

« Il y a les élégants, les talentueux, les généreux, les fêtards, les courageux, les fêlés laissant passer la lumière, mais je n’ai connu aucun autre avocat qui soit tout cela à la fois », a écrit l’un de ses confrères et plus proches amis, Eric Morain, en annonçant sa disparition sur le réseau social. Twitter pleure son Maître Mô, qu’il a tant aimé. Son compte affichait 70 000 abonnés. Ce n’est pas un chiffre, c’est une communauté. Il lui a tant donné.

 

Pour comprendre le chagrin, il faut remonter un peu plus de dix ans plus tôt. L’époque est aux blogs. Parmi eux, celui d’un jeune avocat du barreau de Paris connu sous le pseudonyme de Maître Eolas, constitue la référence absolue de tous les passionnés de droit. Dans un de ses billets, Eolas intime l’ordre à ses lecteurs d’aller toutes affaires cessantes découvrir le texte qu’un de ses confrères de Lille vient de publier sur son propre blog né au printemps 2008 et qui propose une « petite chronique judiciaire, ordinaire et subjective, alimentée quand elle le peut. » On clique. On est des milliers à cliquer. Le texte s’appelle Misérable.

 

 « Elle est assise avec les autres sur son banc, prostrée, le regard vide et la bouche ouverte, son vêtement de pluie jaune vif et trop grand pour elle boutonné jusqu’au cou, tache de couleur dans l’océan de bleu des gendarmes des escortes, qui attire immédiatement le regard ; elle est beaucoup trop frêle, beaucoup trop jeune, beaucoup trop absente, beaucoup trop menottée ; on se dit d’emblée qu’elle ne devrait pas être ici. »

 

Une infinie tendresse

 

« Elle », c’est Odile, croisée par Me Jean-Yves Moyart lors d’une audience de comparution immédiate où elle était renvoyée pour une tentative de vol de chaussettes. On lit jusqu’au bout, on ne sait pas encore que ce n’est qu’un début.

 

Après Odile viendront Ahmed, Jade, Omar, Noël et tant d’autres. Toutes les histoires sont vraies, Maître Mô les puise dans son quotidien d’avocat. Il change un prénom, modifie quelques détails, maquille le lieu, mais garde l’essentiel : du brut de vie, du noir très noir, et une infinie tendresse pour les raconter.

 

A chaque fois, on en prend plein la figure. Au Guet-apens, l’un de ses plus beaux textes, l’un des plus âpres aussi sur le métier d’avocat et les claques que l’on y prend, donnera son titre au recueil que Jean-Yves Moyart publie à la Table ronde en 2011. « Tous les pénalistes d’une génération ont grandi en lisant les blogs de Maître Mô et de Maître Eolas », note l’un de ses abonnés. Le compteur de son blog explose, celui de son fil Twitter aussi.

 

Ceux qui le suivaient avaient compris. Derrière le pseudonyme devenu célèbre, le débatteur intrépide, le blagueur impénitent, le grand amateur de « coupettes », il y avait un humble géant de près de deux mètres, avec d’immenses oreilles pour écouter le pire et un regard d’enfant pour l’affronter. Un pénaliste ardent qui aimait plus que tout la cour d’assises, ce centre géographique du malheur, parce que disait-il, « c’est là qu’on y trouve le plus de vérité. » Un colosse fragile qui se consumait pour ceux qu’il défendait, portait la peine des autres et ne riait que de lui. Un avocat bienveillant et ce n’est pas un oxymore.

 

Pascale Robert-Diard

J’avais un confrère et un ami ICI 

Par Eolas le lundi 22 février 2021

 

Jean-Yves Moyart, alias Maitre Mô, nous a quitté le 20 février 2021. Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages se sont multipliés, et à raison.

 

Ce n’est pas faire dans l’emphase de dire que c’est un avocat d’exception qui est parti, que la perte pour le barreau est immense, et que le trou béant qu’il laisse dans le cœur de ceux qui l’ont connu et aimé (ce sont forcément les mêmes), incommensurable. C'est la pure vérité.

 

Jean-Yves avait la défense dans le sang, dans les tripes, dans chaque fibre de son être.

 

 

Le Cabinet Moyart ICI 

(Hommage) Un Avocat ICI 

 
 
Par Éric Morain,
avocat au barreau de Paris,
associé, Carbonnier Lamaze Rasle & Associés

 

 

Un avocat qui meurt, c’est une voix qui disparaît et il était une des plus belles voix des avocats.

 

Jean-Yves Moyart, avocat au barreau de Lille, est mort le 20 février 2021. Il avait 53 ans. On le connaissait sous le pseudonyme de Maître Mô.

 

Une pluie d’hommages s’est abattue sur Twitter qui était son terrain de jeu et de mots.

 

Il n’était pas « vu à la télé ». Il était de ces avocats qui avaient investi un autre média, plus libre, plus frais, plus instantanée. Et paradoxalement plus incarné.

 

La suite ICI

Et un dernier pour la route plus oriental 

La Traviata: “Libiamo, ne’ lieti calici” pour la coupette

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 06:00

 

Je n’avais nul souvenir de Jessica Lange née le 20 avril 1949 à Cloquet, dans le Minnesota, même si j’avais beaucoup aimé en 1989 : Music Box de Costa-Gavras.

 

Depuis que j’ai décidé d’écumer la bibliothèque de DVD je me tape, plutôt en fin de journée, en moyenne 2 ou 3 toiles par jour afin de rompre mon rythme de lecture, je découvre des films.

 

Tel fut le cas, samedi soir 13 février, du film de Bob Rafelson Le Facteur sonne toujours deux fois The Postman Always Rings

 

 

J’avais bien aimé Le facteur sonne toujours deux fois réalisé par Tay Garnett en 1946 avec Lana Turner, John Garfield, Cecil Kellaway

 

 

Tay Garnett ne fut pas le premier à porter à l’écran ce drame de la passion adultère. Avant lui, Pierre Chenal adapta le roman de James M. Cain, publié en 1934 qui remporta un grand succès, avec un Michel Simon tendre et pathétique, dans Le Dernier Tournant (1939). Et Luchino Visconti établit des liens entre cette histoire déchirante et le fascisme italien, dans Les Amants diaboliques (1943).

 

 

Alors que la première adaptation représentait plutôt une femme maléfique causant le malheur d’un homme faible, dans le style des “films noirs” très en vogue dans les années 40, la seconde version de 1981 par Bob Rafelson a plutôt recréé l’époque sociale où le roman a été écrit : l’Amérique de la Dépression et des coureurs de route cherchant un travail, un port d’attache même provisoire.

 

Avec ce film, le réalisateur Bob Rafelson en profite pour provoquer une Amérique prude : on y voit Jessica Lange, sous l’emprise d’un séducteur Jack Nicholson, l’un de ses grands rôles. Les parties de jambes en l’air entre Lange et Nicholson constituent un sommet de l’érotisme au cinéma.

 

 

« On pardonnera facilement à Franck (Jack Nicholson) ses égarements car le pauvre est certainement tombé, dans cette station essence paumée au fin fond de la Californie, sur une des actrices les plus torrides que le cinéma nous ait donnée. Jessica Lange irradie littéralement chacune des scènes où elle apparait et si Jack se consume à sa vue, il n'est pas le seul. Elle tient parfaitement sa place dans la grande famille des femmes fatales que le film noir américain a inventée. Mais là où Barbara Stanwyck dans Assurance sur la mort campe une garce vénéneuse, Jessica Lange offre une candeur, un rayonnement juvénile qui fait qu'il est difficile de lui reprocher jusqu'au meurtre le plus sordide. »

 

 

Deux énormes acteurs, Nicholson égal à lui-même et Lange une révélation.

Icône

Comment Jessica Lange a acquis son panache légendaire

ICI

 

Deux oscars, trois Emmy Awards, cinq Golden Globes, un Tony Award et un SAG : la liste de récompenses de l'actrice est longue comme le bras. Aujourd'hui, après 41 ans de carrière, elle est reconnue pour son « chien » autant que pour ses talents d'actrice.

Publié le JEUDI, 20 AVRIL 2017
par Alexane Pelissou

Le dimanche après-midi le gris étant au rendez-vous, je pioche dans ma bibliothèque de DVD où je trouve Music Box de Costa-Gavras 1989  et en consultant la pochette je découvre que le rôle d’Ann Talbot, l’avocate, la fille du monstre, est Jessica Lange.

 

 

J’enfourne immédiatement, sous le regard toujours intrigué du chat, le disque dans le lecteur. J’ai déjà vu le film, je connais donc l’épilogue, mais je le suis avec la même passion que lorsque je l’avais vu sur grand écran.

 

 

Télérama critique par Pierre Murat

 

Et si ça vous arrivait à vous ?

 

Et si vous découvriez que votre père, votre vieux père si gentil, a — peut-être — été un criminel nazi ?

 

L’un des plus beaux films de Costa-Gavras (Ours d’or au festival de Berlin 1990), parce que la thèse (la mémoire, la faute) se fond dans une intrigue romanesque subtile. Et aussi parce que l’héroïne qui mène l’enquête sur l’innocence ou la culpabilité du père est interprétée par Jessica Lange. Dont chaque mouvement, chaque regard, chaque intonation reflètent le doute, l’angoisse et la honte du doute et, donc, l’écroulement des certitudes. Costa-Gavras mélange le romanesque et le politique avec une maestria qui lui a, parfois, manqué.

 

On sait moins que, en fait, de très nombreux criminels de guerre (ils sont estimés à dix mille) se réfugièrent tout simplement aux Etats-Unis. Beaucoup d’entre eux (surtout ceux qui étaient originaires des pays baltes, d’Ukraine et de Biélorussie) collaborèrent, dès le début de la guerre froide, avec les services de renseignement américains : ils purent, en récompense, facilement s’installer aux Etats-Unis et y couler une forte paisible existence, dans l’oubli.

 

Parfois cependant, par les hasards de la justice, un dossier remonte à la surface de l’obscur océan des archives. Et celui qui pensait ne plus avoir à rendre des comptes se retrouve brutalement confronté au cauchemar de son propre passé. Un passé gravé dans la mémoire, ineffaçable, inoubliable comme la petite mélodie, douce et lancinante, d’une ancienne boîte à musique.

 

Tel est le thème de Music Box, le nouveau film de Costa-Gavras. Un thriller poignant, réalisé aux Etats-Unis et qui raconte, avec une formidable virtuosité narrative, l’histoire d’un émigré hongrois bien tranquille (remarquablement interprété par Armin Mueller-Stahl), accusé, quarante ans après, d’avoir été un tortionnaire fasciste, membre des Croix fléchées, collaborateur des nazis et assassin de juifs (plus de cinq cent mille juifs hongrois furent exterminés pendant la guerre). Il nie et demande à sa fille, brillante avocate (Jessica Lange), de le défendre, de prouver qu’on le confond avec un autre, qu’il est victime d’une machination.

 

 

Cas de conscience Dans " Music box ", de Costa-Gavras, Jessica Lange, avocate découvre les fautes pour lesquelles il ne peut y avoir prescription

Le Monde publié le 28 février 1990

 

Après le passage de ce film au Festival de Berlin et l'ours d'or qu'il y a reçu, après les commentaires qu'il a déjà suscités, on ne peut ignorer le sujet qu'il traite ou, plutôt, la situation qui sert de base au scénario : en 1989, à Chicago, Michael Laszlo, homme d'une bonne soixantaine d'années, hongrois émigré depuis quarante-cinq ans (Armin Mueller Stahl) est informé par le bureau des enquêtes spéciales que le gouvernement hongrois demande son extradition ; il est poursuivi comme tortionnaire au service des nazis, pour crimes de guerre. Michael Laszlo doit comparaitre devant la justice américaine ; il risque de perdre sa citoyenneté et d'être renvoyé en Hongrie. Sa fille, Ann Talbot (Jessica Lange), brillante avocate, décide d'assurer sa défense. Elle n'a aucun doute sur son innocence. Née aux Etats-Unis, elle ignore bien des choses sur le pays natal de son père.

 

 

En 1920, après avoir maté une révolution, l'amiral Horthy avait été nommé régent de Hongrie par l'Assemblée nationale. Onze ans plus tard, il gouvernait en dictateur. Après s'être rapprochée de l'Italie fasciste, puis de l'Allemagne nazie (surtout après l'Anschluss, qui lui valut des avantages territoriaux), la Hongrie entra en guerre aux côtés des nazis, en 1941. En mars 1944, Hitler fit occuper le pays qui, voyant la guerre perdue, cherchait un rapprochement avec les alliés. Horthy fut destitué et remplacé par Ferenc Szalasi, fondateur du sinistre parti pro-nazi des Croix-Fléchées, qui fit déporter et massacrer les juifs hongrois, et intensifia la guerre. Szalasi s'enfuit après la défaite allemande et la libération de la Hongrie par les Soviétiques. Il fut retrouvé, condamné à mort et exécuté en 1946.

 

 

Vérité historique

 

Ainsi, en 1944-1945, la Hongrie n'était-elle pas une nation innocente. Parmi les nombreuses " personnes déplacées " fuyant les troupes soviétiques et demandant l'assistance des alliés - ce fut vrai, d'ailleurs, pour toute l'Europe de l'Est, - se glissèrent des fascistes et des criminels de guerre. Les autorités américaines qui, à mesure que se précisait la " guerre froide ", avaient besoin de collaborateurs anticommunistes, ne furent pas très regardantes pour accorder les visas d'immigration.

 

Cette vérité historique, il faut la rappeler pour parler de Music-Box. Elle sous-tend le scénario de Joe Eszterhas, se révèle dans certains détails au cours du procès et déplace le suspense.

 

On ne se demande pas : Michael Laszlo est-il innocent ou coupable ?

 

Mais : comment Ann Talbot, citoyenne américaine, placée du côté de la loi, mère d'un petit garçon qui doit être préservé du mal, va-t-elle réagir lorsque la vérité – qui ne sort pas d'un puits au terme d'une troublante enquête – deviendra, pour elle, irréfutable ?

 

Armin Mueller-Stahl interprète avec une tranquille assurance le bon Américain qu'est devenu Laszlo, ouvrier, veuf et père de famille exemplaire (deux enfants qui ont chacun sa place dans la hiérarchie sociale, le fils ayant moins bien réussi) soudain poursuivi par un agent implacable, Jack Burke (Frederic Forrest excellent) lequel ne peut tout de même pas être soupçonné de participer, en 1989, à une machination communiste. Face à sa fille, aux juges, aux jurés, aux spectateurs du procès – et du film – Armin Mueller-Stahl est un bloc, un rocher. Cheveux blancs, yeux d'un bleu métallique qui n'expriment rien, phrases tranchantes du genre " Je n'ai pas fait cela ", " Ce n'était pas moi ", il donne froid dans le dos à cause de sa dualité devinée derrière le bon Américain qu'il est devenu.

 

La mise en scène cinématographique du procès est très forte : les dépositions des témoins passionnent jusque dans l'horreur et font basculer, non pas l'accusé, mais l'avocate, ébranlée à la fois dans son amour filial et dans l'idée qu'elle a, par nature, pourrait-on dire, de la démocratie américaine. Ce qui a été enfoui dans les " accidents de l'histoire" et les bonnes consciences remonte à la surface avec un remugle de charnier, d'horreurs pour lesquelles il ne peut y avoir prescription.

 

Un grand peintre psychologique

 

On voit toujours, avec raison, en Costa-Gavras, un cinéaste politique qui, depuis Z, s'est attaqué à tous les maux engendrés par les systèmes totalitaires, les diplomaties militaires et les phénomènes pervers de société. Mais Costa-Gavras est, aussi, un grand peintre psychologique dont le style classique, direct, sec parfois et toujours efficace, part des faits pour traduire les conflits intérieurs, les bouleversements et les choix de personnages amenés à remettre en question une certaine idée de l'ordre et de la morale.

 

Comme Jack Lemmon dans Missing, Jill Clayburgh dans Hannak, et Debra Winger dans la Main droite du diable, Jessica Lange est un personnage placé en face d'un débat, d'un problème individuel, soudain extrait, comme une noix de sa coque, de l'espace-temps historique. En avocate américaine "clean", peu à peu forcée d'imaginer et d'admettre des images de supplices, de meurtres et d'extermination – c'est comme un procès de Nuremberg dans sa tête – Jessica Lange casse son image d'actrice irréprochable, exprime la douleur et la détermination d'une femme qui ne se remettra jamais d'un traumatisme reçu, un jour, sur les bords du Danube et le pont des supplices de 1944. Ce voyage en Hongrie donne moins la solution d'une énigme que le déclic, tragique, d'un cas de conscience. Mais Costa-Gavras n'est-il pas le plus hollywoodien des cinéastes français ?

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 08:00

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La Claire en question est Claire Touzard (chronique du matin) – j’en connais un qui a dû se faire des cheveux à la lecture de mon titre, le pauvre – la journaliste virée salement du magazine Grazia où j’ai découvert cette information capitale.

 

 

Mon vieux pote Jacques Séguéla, que j’ai croisé du côté de Perpignan au temps où il voulait racheter l’USAP et que je m’échinais sur la crise des VDN – ça c’est pour mon vieil addict Bof devenu Pierre – dirait « Si t’as pas ta paire de Birkinstock-Hermès  à moins de 35 ans, c’est que t’as raté ta vie… »

 

Tout ça c'est New-York, l'idée vient du collectif MSCHF, un groupe artistique américain fondé en 2016 et basé à Brooklyn, réputé pour passionner les foules avec des projets mode un peu fous comme la «Jesus shoe», une paire de Nike aux semelles remplies d'eau bénite... vendue en seulement une minute ou une collection de tee-shirts baptisée L’impossible collaboration, qui a dévoilé une version très personnelle des sandales iconiques "Arizona" de Birkenstock, fabriquée à partir de luxueux sacs Birkin de la marque française Hermès.

 

Le collectif a dépensé 122.500 dollars en sacs, transformés en matière première, pour pouvoir mettre au point son projet, sans compter les semelles en liège de la griffe allemande. Et s'est lancé dans un travail de déconstruction du Birkin pour mettre au point sa claquette. «Le simple fait de découper un sac Birkin a effrayé tant de gens», a déclaré Lukas Bentel, directeur créatif de la MSCHF à CNN.

 

Les 2 marques n’ont pas donné leur accord pour ce genre de création comme le rapporte le New York Times.

 

Déclinées en trois couleurs, et disponible uniquement en édition limitée, ces claquettes "Birkinstock" d'un autre genre sont vendues entre 34.000 à 76.000 dollars selon le modèle. Le prix de chaque varie en fonction du sac utilisé pour fabriquer la pièce (cuir grainé noir ou blanc et cuir vernis bordeaux.

 

 

 

 

Pourquoi L'association Birkenstock-Chaussettes Est Un Combo Mode Au Sommet ?

 

13 août 2020

Par Chloé Maurin

 

Combo mode polémique qui faisait jadis frissonner d'effroi la fashion police, l'association des Birkenstock-chaussettes revient dans les bonnes grâces des filles stylées et se veut tendance ultime de la rentrée.

 

La recette de ce succès aux origines stylistiques douteuses ?

 

Un confort indéniable, une allure des plus casual et une ode à la "mode moche" : longtemps considérées comme l'apanage des touristes en short cargo beige et affublées du terme "ugly shoes", les sandales allemandes Birkenstocks - au même titre que le bob ou la banane - se sont vues récemment devenir le nouveau cool.

 

Et le toc au summum de la tendance pour les porter reste encore de les enfiler par-dessus des grosses chaussettes tricotées... Oui oui, nous parlons bien de cette vision qui nous a pourtant donné moultes sueurs froides dans le passé. Mais la mode est un éternel recommencement (et surtout un vaste terrain d'expérimentation où les Birkenstocks et les chaussettes peuvent finalement se retrouver pour le plus grand plaisir de nos pieds).

Le combo Birkenstock-chaussettes se décline aussi en version sabotLe combo Birkenstock-chaussettes se décline aussi en version sabotRésultat de recherche d'images pour "Birkenstock X Hermès"

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 06:00

 

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Dans ma dernière moisson de livres, au milieu des romans noirs ou blancs le « Sans Alcool » de Claire Touzard me provoquait, il faisait tache, en effet la photo sur le bandeau de son livre de cette journaliste, tout de blanc vêtue, n’a rien à voir avec celle d’une pochtronne abîmée par 22 ans de bitures et autres addictions. Dans l’une des interviewes qui suit elle s’en explique.

 

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Depuis le témoignage d’Olivier Ameisen je suis attentif à celles et ceux qui sont tombés dans l’alcoolisme.

 

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3 novembre 2008

« Le Dernier Verre » du Dr Olivier Ameisen : un témoignage qui dérange… ICI

 

« Je suis hanté depuis toujours par un sentiment angoissant d’inadéquation, d’imposture. Alors que je dégage – selon ce qu’on me dit – une impression de force et d’assurance et même, pour beaucoup, de charisme, je me sens en totale inadéquation avec cette image. Pour moi, cette personne dont le CV épate tout le monde n’a rien à voir avec la personne que je suis réellement. Je vis dans la crainte d’être découvert. Un jour, forcément, quelqu’un comprendra que tout ce que j’entreprends, tous mes succès ne sont qu’une escroquerie, et le château de cartes s’écroulera en quelques secondes. » Là est la racine de sa maladie. Ce livre vous devez le lire. Je ne vais donc pas vous le résumer mais vous confier, dans l’ordre chronologique, des passages que j’ai soulignés lors de ma lecture. »

 

9 janvier 2012

Portrait d’Olivier Ameisen dans Libération « Arrêter l’alcool, ce n’est rien. Découvrir la vie, c’est extraordinaire»

 

« Aujourd’hui, il se dit heureux comme jamais. «Arrêter l’alcool, ce n’est rien. Découvrir la vie, c’est extraordinaire», confie ce fana de marches en montagne. «Sans ma souffrance, je n’aurais jamais connu le bonheur. Je croyais poésie et souffrance indissociables et ne pouvais m’empêcher de pleurer en entendant Rachmaninov ou Barbara, en lisant Eluard ou Tolstoï.» Il ne pleure plus, puisqu’il ne boit plus. »

 

Et puis cette fois-ci c’est une femme qui témoigne, dans notre pays du soi-disant bien boire, les hommes sont en première ligne, affichant avec suffisance leur belle descente – combien ai-je côtoyé de soi-disant amateurs qui n’étaient en fin de compte que des pochtrons ? Beaucoup ! Et de très connus – alors que les femmes doivent cacher leur ivrognerie, « une femme saoule ce n’est pas beau » tranchent les gens bien comme il faut.

 

Baby-boomer, né dans un des départements les plus alcoolisé de France, la Vendée, à la Mothe-Achard, avec ses 60 points de buvaison pour 1300 habitants, j’en ai vu défiler des bourrés dans la cuisine familiale, beaucoup allait se désintoxiquer « aux fous » disait-on, l’hôpital psychiatrique de la Grimaudière. Ma distance avec l’alcoolisation y trouve son origine.

 

Claire Touzard pourrait être ma fille, j’aurai bientôt 73 ans, j’ai fumé un temps des Boyard maïs, puis des roulées, des biddies, un temps des Puros, le tabac était un excellent moyen pour se concentrer sur l’écriture, j’ai cessé un beau jour, et mon séjour en pneumologie à Cochin suite à mon accident de vélo, m’a fait toucher le calvaire des fumeurs. J’ai commencé à boire fort tard, à mon arrivée à Paris en 1976, les vins d’alors ne me plaisaient guère, j’en buvais peu et dans les lieux sociaux je laissais mon verre plein. Et puis, sur le tard j’ai découvert les vins nature au Lapin Blanc lieu improbable sur les hauts de Ménilmontant, j’y ai trouvé le plaisir alors, lorsque j’en bois, je ne déguste pas, j’en bois à satiété. Jeûner, ne pas en boire ne me pose aucun souci, je ne suis pas dépendant, ma seul addiction c’est la caféine.

 

Pour un blog qui affiche Vin&Cie aborder l’ivrognerie est déjà une provocation pour les tenants stupides du vin n’est pas un alcool comme les autres. Mais j’affiche aussi que c’est un Espace de liberté, alors l’autoportrait de Claire Touzard, fort bien écrit, y a sa place, à chacune et chacun de se faire son opinion même si ça déplaît à Saverot le rédac-chef de la RVF.

 

Un clin d’œil provocateur à l’attention de ceux, les frustrés qui se reconnaîtront,  qui me reprochent de ne fréquenter que des filles :

 

Les femmes qui pensent sont dangereuses par Bollmann

 

Les femmes qui pensent sont dangereuses Stefan Bollmann GRÜND (26/09/2013)

 

L'autoportrait de François de La Rochefoucauld

 

Je suis d’une taille médiocre, libre et bien proportionnée. J’ai le teint brun mais assez uni, le front élevé et d’une raisonnable grandeur, les yeux noirs, petits et enfoncés, et les sourcils noirs et épais, mais bien tournés. Je serais fort empêché à dire de quelle sorte j’ai le nez fait, car il n’est ni camus ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que je crois. Tout ce que je sais, c’est qu’il est plutôt grand que petit, et qu’il descend un peu trop bas. J’ai la bouche grande, et les lèvres assez rouges d’ordinaire, et ni bien ni mal taillées. J’ai les dents blanches, et passablement bien rangées. On m’a dit autrefois que j’avais un peu trop de menton : je viens de me tâter et de me regarder dans le miroir pour savoir ce qui en est, et je ne sais pas trop bien qu’en juger. Pour le tour du visage, je l’ai ou carré ou en ovale ; lequel des deux, il me serait fort difficile de le dire. J’ai les cheveux noirs, naturellement frisés, et avec cela assez épais et assez longs pour pouvoir prétendre en belle tête. J’ai quelque chose de chagrin et de fier dans la mine ; cela fait croire à la plupart des gens que je suis méprisant, quoique je ne le sois point du tout. J’ai l’action fort aisée, et même un peu trop, et jusques à faire beaucoup de gestes en parlant. Voilà naïvement comme je pense que je suis fait au-dehors, et l’on trouvera, je crois, que ce que je pense de moi là-dessus n’est pas fort éloigné de ce qui en est. J’en userai avec la même fidélité dans ce qui me reste à faire de mon portrait ; car je me suis assez étudié pour me bien connaître, et je ne manque ni d’assurance pour dire librement ce que je puis avoir de bonnes qualités, ni de sincérité pour avouer franchement ce que j’ai de défauts.

Extrait du Recueil des portraits et éloges écrit en 1659.

 

 Autoportrait donc, en relation avec autobiographie, confrontation de son image telle qu’on la voit avec celle du regard des autres.

 

 

EXTRAITS

 

NDLR :

 

Chère Claire,

 

Je n’ai jamais rien cherché dans le vin, je bois, de temps en temps, que des vins nu aujourd’hui, jamais seul, mais avec mon amie  Claire caviste, mon absence d’addictions ne doit rien à un interdit social, moral, religieux, et j’aime danser, faire la fête, le bien-manger, mais tout bêtement à mon souci de ne jamais me retrouver privé de ma liberté, d’être contraint, enserré, tout comme le surendettement qui vous entraîne dans une fuite en avant. L’alcoolisme est une maladie et, comme Olivier Ameisen, je pense qu’il faut en traiter les causes, dont l’une d’elle est le craving. Le flacon, ou la dose, la clope, ne sont en rien responsables de l’addiction, même si je conteste le discours imbécile : le vin n’est pas de l’alcool et pire le vin est bon pour la santé. Je roule vers 73 balais, donc j’eus 20 ans en 68, nous y avons tenus des discours en béton, nous étions un peu cons, aujourd’hui on nous taxe d’être la cause de toutes les dérives que votre génération a connue, et pourtant la cause des femmes pesait aussi très lourd dans nos revendications. J’ai eu la chance de croiser, puis de travailler avec Michel Rocard, j’ai donc eu une belle vie, de beaux petits enfants, et je vous souhaite, sur le chemin difficile du sevrage, à vous aussi, une belle vie à la tête d’une petite entreprise que j’ai connue en son temps : élever et aimer son enfant.

 

Mais l’anxiété sociale, la timidité font partie des raisons qui me poussent à boire… page 109

 

Moi qui avait si peur du jugement des autres, j’avais livré mon autre visage : l’alcoolique vulnérable, et non la guerrière bravache (…) Je me suis déshabillée, j’ai enlevé les couches ; les belles pompes, la veste chic, le brushing, jusqu’à ce que l’on voit l’os, les sédiments. J’ai été à poil… page 111

 

C’est plutôt la qualité de l’ivresse que je jugeais : certains vins nature la rendaient douce et sereine, n’arrachais pas le crane le lendemain. Certains bordeaux étaient comme de petits cercueils érotiques, leur chaleur m’assourdissait, avant de me faire vriller tout à fait par leur lourdeur… page 113

 

ll y a un déchirement vif, entre cet imaginaire idyllique et exaltant que transporte l’alcool et cette arme assassine, chaotique et sanguine qu’il représente aujourd’hui pour moi. J’ai du mal à rompre avec le vin, comme j’ai du mal à me séparer d’un amour toxique. Comme avec les pervers, les sales types : on s’accroche toujours à l’illusion du plus beau, du plus grandiose, là où  est en vérité sombre lorsqu’on a le bon filtre… page 115

 

la vérité est que boire mène toujours et irrémédiablement à un seul état : l’ivresse. Cela procure, certes un plaisir considérable, parfois quasi sexuel, mais reste une sensation relativement immédiate qui n’apporte pas d’élévation de l’esprit.

 

Il n’est en rien un art. Ni une philosophie. Il ne permet pas d’accéder à d’autres portes de compréhension du monde.

 

 

Il bourre la gueule. Point barre… page 116

 

J’ai toujours eu un caractère sensible et anxieux : l’alcool, comme la coke, et même le shit ou la weed, ont des effets toxiques et immédiats sur mon âme que je métamorphose sous leurs effets. Paradoxalement, ma sensibilité et mon anxiété sont les raisons profondes de mes addictions. Il s’agit là d’une association de malfaiteurs : jamais l’alcool ou la drogue ne seront pour moi des effets bénéfiques. Je dois me faire une raison… page 119

 

Existe-t-il des personnes qui boivent juste pour le plaisir serein, pour l’orgasme gustatif ? Cela me paraît impensable, puisqu’on ne peut dissocier la saveur ou l’usage du vin, de l’ivresse, et que dans la quête de l’ivresse, il y a une recherche d’évasion qui prouve le désamour du moment présent. J’ai la conviction que si l’on s’essaie à ces produits, c’est qu’inconsciemment on cherche tous à soigner un mal-être inconscient… page 121

 

Nous gueulions sur le système, mais nous n’en imaginions aucun autre. Nous ne créions aucune idéologie moderne. Notre époque a été particulièrement nihiliste et dépolitisée, et les artistes, intellectuels du moment, occupaient le terrain, noctambule à nos côtés… page 162

 

À la campagne, comme à la ville, l’alcool permet de tabasser la solitude, l’ennui, les contrariétés financières : il permet de tenir physiquement dans un ciel crevassé, avec des jobs parfois trop violents et sous-payés.

 

En Bretagne, comme dans beaucoup de régions en France, boire est incontournable. L’alcool est le psy inexistant, le Lacan des âmes torturées du village. Les aînés ne lésinent pas sur la bouteille. On vous y met le doigt dedans dès l’enfance… page 166

 

Tant que l’abstinence s’effile, plus que je ne l’aurais imaginé aux prémisses, je comprends que la dépendance naît d’un faisceau d’éléments, d’époques, comme des bouts de puzzle qui s’accordent au fur et à mesure du temps… page 194

 

 

 

Claire Touzard : « Arrêter de boire, c’est ça la vraie rébellion ! »

 

À 37 ans, après deux décennies de consommation excessive, Claire Touzard a décidé d’en finir avec l’alcool. Cette journaliste, qui a des attaches à Brest et Plouescat (29), savoure aujourd’hui une année de sobriété qu’elle décrit dans un livre confession, « Sans alcool », en forme de journal d’un sevrage.


« Beaucoup de femmes, comme moi, s’emparent de l’alcool pour son supposé rôle émancipateur. C’est évidemment un leurre », confie la journaliste Claire Touzard, auteur du livre témoignage « Sans alcool » (Photo Alexandre Tabaste)

 

Publié le 21 janvier 2021

 

  • Votre livre s’achève à la fin de l’été 2020. Où en êtes-vous de votre sevrage aujourd’hui ?

 

Je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis et puis je suis devenue maman à Noël ! J’ai le sentiment - même si je touche du bois - que le plus dur est vraiment derrière moi. Je ne pense plus du tout à boire de l’alcool. Un thérapeute m’a dit un jour qu’il était parfois possible de revenir à une consommation raisonnable, mais je n’en ferai rien : vu tout ce que j’ai gagné en arrêtant, c’est non.

 

  • Quel a été le déclic ?

 

J’ai eu envie que ma vie change. Je me rendais bien compte que j’allais trop loin. À l’époque, j’étais célibataire, je sortais, mais il m’arrivait aussi de boire seule, chez moi. Les jours « sans » étaient devenus très rares. Et puis, j’ai rencontré quelqu’un. Et la première fois où je me suis retrouvée ivre devant lui a agi comme un déclic : je devais arrêter.

 

  • Pourtant, votre physique ne disait rien de ces excès. Vous « présentiez bien », à l’opposé du cliché de la « pochtronne » négligée…

 

Oui, je remercie la génétique, mais il est vrai que j’ai un physique athlétique, une peau qui ne trahit pas mes excès. Au point d’ailleurs qu’après une interview en vidéo, des gens m’ont dit que ce que je racontais de ma consommation ne pouvait pas être vrai, que j’étais trop « fraîche » pour sortir de 22 ans d’alcool. Je pense juste que je me suis arrêtée à temps. Si j’ai pu cacher mon alcoolisme, c’est parce que je vivais seule, que mon boulot me faisait souvent voyager à l’étranger. Cela ne m’empêchait pas d’avoir honte de passer chez le caviste acheter une bouteille, en prétextant un dîner entre amis…

 

Beaucoup de gens pensent que l’alcool les inspire. Moi, je n’ai pas l’impression que ça rend intelligent. Tout ce que j’ai écrit bourrée, c’était très mauvais !

 

  • Vous dites que l’alcool vous aidait à échapper à une féminité un peu encombrante. Qu’est-ce à dire ?

 

J’ai toujours eu du mal avec la féminité. Pour moi, l’alcool servait d’arme pour casser les codes conventionnels de la féminité : j’avais l’impression que je m’émancipais en buvant trop, en buvant comme un mec. L’alcool, pensais-je, me rendait moins lisse, plus puissante. Beaucoup de femmes, comme moi, s’emparent de l’alcool pour son supposé rôle émancipateur. C’est évidemment un leurre.

 

  • Vous pensiez être plus forte sous alcool, alors que l’ivresse rend vulnérable, particulièrement quand on est une jeune femme…

 

Oui, je revois le film de tout ce que j’ai fait sous alcool pendant toutes ces années… Et tous ces lendemains où l’on réalise ce qu’il s’est passé la veille, ce regard de dégoût que l’on pose alors sur soi. Beaucoup de gens pensent que l’alcool les inspire. Moi, je n’ai pas l’impression que ça rend intelligent. Tout ce que j’ai écrit bourrée, c’était très mauvais !

 

  • Quels bénéfices retirez-vous après un an de sobriété ?

 

J’ai meilleure mine, j’ai perdu un peu de poids, mais surtout je suis en forme. Avant, j’étais en gueule de bois ou a minima fatiguée par la consommation de la veille, un jour sur deux. Et ça me rendait irascible. Beaucoup de mes angoisses ont disparu, aussi. Quand on boit, on pense que l’alcool est un bon moyen de déstresser, de décompresser. En fait, ça ne fait que mettre de l’acide sur nos plaies.

Les gens qui ne boivent pas d’alcool sont toujours les culs-bénis, les chiants. Dans l’imaginaire collectif, les bons vivants, les sympas, les drôles, les cools sont ceux qui boivent… C’est ce que je croyais aussi

 

  • Vous racontez que certains de vos proches ont été étonnés de votre annonce. La sobriété est parfois mal vue…

 

Oui, car quand on annonce qu’on arrête de boire, on tend un miroir à l’autre. On l’oblige à regarder en face sa propre consommation. Et puis, en France, les gens qui ne boivent pas d’alcool sont toujours les culs-bénis, les chiants. Dans l’imaginaire collectif, les bons vivants, les sympas, les drôles, les cools sont ceux qui boivent… C’est ce que je croyais aussi.

 

  • En fait, la sobriété, dites-vous, est bien plus subversive qu’on ne le pense.

 

Oui, arrêter de boire, c’est ça la vraie rébellion ! L’abrutissement, ce n’est pas subversif. Arrêter l’alcool, c’est vivre sous une forme plus pure. Je me redécouvre depuis un an. J’ai repris le pouvoir sur moi-même. Je suis connectée à mes émotions. L’alcool prenait trop de place, générait tant de honte, d’oublis, de fatigue et de nervosité… Vraiment, la liberté, c’est de ne plus boire.

 

  • Comment avez-vous géré les contrariétés de la vie sans alcool ?

 

Même quand j’ai eu des coups durs, je n’ai pas pensé à boire de vin. Vous savez, quand on boit, on pense qu’on a besoin de l’alcool comme d’un médicament. Mais en fait, aujourd’hui je me rends compte qu’affronter le réel, ce n’est pas plus dur que de le fuir comme je le faisais avant. En réalité, l’alcool, quand on ne va pas fort, ajoute au drame. C’est le plus mauvais des pansements. Aujourd’hui, ma vie est plus tournée vers la nature : son contact est devenu un besoin à travers la contemplation, la marche. Je sais qu’on peut aller se balader avec des amis plutôt que de prendre l’apéro, et c’est sympa. En plus, sans alcool, on a l’esprit plus aiguisé : les blagues sont meilleures ! La parole, l’écriture aident beaucoup aussi.

 

  • Née à Paris, vous avez ensuite grandi à Brest puis à Plouescat (29). Quelles sont vos attaches avec la Bretagne aujourd’hui ?

 

J’y passe encore beaucoup de temps. Une partie de mon livre a d’ailleurs été écrite depuis Plouescat, où vit ma famille. Je ne reste jamais très longtemps sans aller me balader baie du Kernic, dont j’aime par-dessus tout la lumière en hiver.

 

  • Les Bretons sont réputés pour « lever le coude ». Pensez-vous que cette réputation soit fondée ?

 

Ce qui est sûr, c’est qu’ils en rient eux-mêmes ! Bien sûr que les Bretons sont un peuple qui aime réunir sa tribu, qui apprécie la convivialité : l’alcool va avec. Mais est-ce bien différent ailleurs ? Le Pastis des Marseillais sert aussi à ça !

 

 

PORTRAIT. Claire Touzard, ancienne alcoolique : « L’alcool m’aidait à avoir l’air cool et rebelle »

 

Originaire de Morlaix, Claire Touzard s’est fait une place dans les milieux branchés parisiens. Elle révèle dans un livre ce que tout le monde, autour d’elle, avait déjà deviné : son alcoolisme.

Claire Touzard, journaliste, a cessé de boire le 31 décembre 2019 : « Ça faisait longtemps que je savais qu’il y avait un problème »

 

| DANIEL FOURAY,  Ouest-France Texte : Thierry RICHARD.Photo : Daniel FOURAY. Publié le 26/01/2021 

 

Une longue chevelure noire et épaisse, des yeux clairs, une peau diaphane, une silhouette athlétique… À bientôt 40 ans, Claire Touzard ne passe pas inaperçue. « Je présente bien », écrit-elle. On peine à croire qu’elle a pu être cette « pochtronne » qu’elle évoque dans son livre, sans rien cacher de ses frasques. « Vous ne pourriez le deviner, j’avance masquée », écrit-elle encore.

 

Claire Touzard a tombé le masque. Elle révèle aujourd’hui ce que tout le monde, dans son entourage, savait déjà. Elle est alcoolique. Ou plutôt « était ». Elle a arrêté l’alcool le 31 décembre 2019, après une énième soirée de beuverie, quand elle a vu dans le regard de son nouvel amoureux l’image de ce qu’elle était devenue, « la beurrée, la barrique ».

 

« Je buvais seule, de plus en plus »

 

Un an plus tard, elle raconte cette nuit d’ivresse dans le salon de son appartement parisien où elle vient d’emménager avec Alexandre. « Quand j’ai vu ses yeux sur moi, ce soir-là, je me suis dit : « Es-tu prête à perdre cette personne ? » J’avais foutu en l’air tellement d’amitiés à cause de l’alcool. Il était hors de question de le perdre lui. Il y a eu un déclic. Mais ça faisait longtemps que je savais qu’il y avait un problème. Je buvais seule, de plus en plus. »

 

Il faut se méfier des apparences. À l’époque, Claire Touzard est une journaliste en vue, rédactrice en chef d’un magazine branché, Grazia Hommes. Après une formation en journalisme à Rennes, elle a enchaîné les jobs à France Inter, Canal +, Paris Première, Libération, GQ… Un milieu cool et intello où l’on a le sens de la fête. Où l’on assène des vérités qu’on croit géniales en sirotant des grands crus.

 

Alcoolisme ? Sûrement pas. Éthylisme mondain, au pire. Rien à voir avec « ce type sans dents et sans emploi, qui carbure au pastis dès 10 h du matin au PMU ». Vraiment ? Un peu de lucidité : « Nous buvons pour les mêmes raisons et les dégâts physiques sont similaires. Le vin n’est ni plus gai ni moins dangereux parce qu’il est mieux sapé, plus cher, dans des meilleurs verres. »

 

Claire Touzard a grandi en Bretagne, près de Morlaix, dans le Finistère. C’est là-bas qu’elle a « appris » à boire sans modération, à 16 ans. « À l’adolescence, les amitiés se nouent très vite autour de l’alcool. Au lycée, on sortait beaucoup, on buvait énormément, jusqu’à se rouler par terre. C’était une sorte de concours de l’excès. Pour sortir de l’ennui peut-être. »

 

« En France, tout le monde boit »

 

Elle a compris, depuis, que l’alcool n’était pour elle qu’une sorte d’élixir d’immunité dans lequel elle croyait pouvoir dissoudre son mal-être. « Quand on est ado, l’alcool fait partie des armes qu’on a à sa disposition pour avoir l’air un peu plus fort, plus audacieux. Je suis très timide, l’alcool m’a beaucoup aidée socialement, il m’aidait à avoir l’air cool et rebelle. »

 

La fêtarde invétérée qu’elle est alors se trouve des excuses pour continuer à se mettre minable. « Je confondais l’alcool avec l’émancipation. » Elle se raconte des histoires en pensant que boire est un « geste politique, un pied de nez au statut de femme trop lisse que l’on m’obligeait à tenir ». Balivernes, évidemment. L’alcool, constate-t-elle, ne fait que renforcer la fragilité physique des femmes et la domination des hommes.

 

Mais pourquoi se priver d’un petit remontant quand la société tout entière nous y encourage ? « En France, tout le monde boit, c’est une norme sociale. » Pire : on pardonnerait beaucoup aux gens bourrés. « L’ivresse n’est pas un défaut, c’est une excuse nationale au manque de civilité. »

 

La faute aux lobbies du vin. Mais aussi à notre héritage culturel. « La France, c’est Gainsbourg, La Grande bouffe. Nous sommes une patrie épicurienne tournée vers les plaisirs de la table. Refuser un verre, c’est vu comme un rejet de cette culture. »

 

On peut passer une bonne soirée sans alcool

 

Claire Touzard l’a compris quand elle est sortie des brumes de l’alcool. Pour y voir clair, il lui a fallu la compagnie de cet homme, Alexandre, lui-même ancien alcoolique. Il lui a montré qu’on peut avoir la sobriété heureuse, que l’on peut être cool, moderne et drôle sans la boisson. Quand elle a arrêté de boire, Claire Touzard craignait de « devenir chiante », d’être exclue de la fête. Tout le contraire. « Je n’ai jamais été aussi drôle que depuis que je ne bois plus. »

 

Dans son appartement, il n’y a plus une seule goutte d’alcool. Quand les copains déboulent à l’heure de l’apéro, on trinque au kombucha, un thé fermenté. « Je n’achète pas d’alcool, mais je ne leur interdis pas de boire s’ils veulent venir avec une bouteille. En général, ils s’en passent. Ils voient qu’on peut passer une bonne soirée sans alcool. »

Claire Touzard a fait une pause dans sa vie. Elle a été licenciée sans ménagement du dernier magazine où elle travaillait, preuve que le sens de la fête ne mène pas bien loin. Aujourd’hui, elle élève son bébé. Et s’offre de grandes balades en forêt ou en bord de mer avec ses copines. « Avant, quand on se retrouvait, c’était pour prendre l’apéro. »

 

 

 

« A 20 ans, j’ai pris l’alcool comme une arme de puissance », raconte Claire Touzard

« 20 MINUTES »

AVEC Claire Touzard, journaliste et écrivaine de 38 ans, a arrêté de boire le 1er janvier 2020. Un an après, elle publie « Sans alcool » (Ed. Flammarion), un livre en forme de journal de sa sobriété

Armelle Le Goff

Publié le 22/01/21

Chaque semaine, 20 Minutes propose à une personnalité de commenter un phénomène de société dans son rendez-vous « 20 Minutes avec… ».

Ce vendredi, Claire Touzard, journaliste et écrivaine de 38 ans, autrice de « Sans alcool » (Ed. Flammarion) revient sur sa décision d’arrêter de boire et son rapport à la sobriété.

 

Remplir un vide. S’extraire du monde. Pour ces raisons et pendant longtemps Claire Touzard s’est alcoolisée avec l’objectif de chercher une liberté qu’elle considère aujourd’hui comme une illusion qui l’a abîmée. C’est avec la décision de sa sobriété que démarre son journal intitulé Sans alcool (Ed. Flammarion), qui explore son rapport à l’alcool comme une norme sociale avec laquelle elle a grandi puis comme une norme de transgression en tant que femme indépendante. Un cheminement passionnant qui lui permet d’aborder des questions qui le sont rarement et de parvenir à cette conclusion : être sobre peut aussi être subversif.

 

  • Le mois de janvier est marqué par la possibilité de faire le « Dry january ». Ce genre d’événements, pour vous, c’est de la communication ou pensez-vous que cela peut aider à faire le point sur sa consommation d’alcool ?

 

J’ai toujours été en faveur du dry january parce que cela permet de questionner notre consommation d’alcool. Mais personnellement, je ne l’ai jamais fait. Avant d’arrêter définitivement, je n’ai jamais réussi à arrêter. Je n’en étais pas capable, je buvais tous les jours ou quasi et depuis longtemps. Je suis issue d’une famille où l’alcool est très présent, très festif. Mais petit à petit et pour un faisceau de raisons je me suis auto-intoxiquée. J’avais une consommation qui était bien au-delà des seuils de l’OMS [deux verres par jour dont deux jours sans]. Pour autant, arrêter n’a pas été compliqué physiquement, mais psychiquement. L’addiction était surtout dans ma tête.

 

  • Vous expliquez qu’en buvant, vous aviez le sentiment de devenir une super héroïne, un peu comme une héroïne de série ?

Quand on est femme et que l’on boit, on est moins présentable, moins lisse et moins docile que ce que l’on attend de nous. Je pense que beaucoup de femmes, en tout cas, je l’ai observé autour de moi, s’alcoolisent pour cette raison-là. Pour casser l’image attendue qu’on a de la femme. A 20 ans, j’ai pris l’alcool comme une arme de puissance. Sans doute que dans mon esprit, de façon inconsciente, l’alcool était associé au masculin. Plus tard, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule. Les personnages de série cool boivent, boivent trop et leur force et leur indépendance sont associées à l’alcool. Mais cette image de l’émancipation associée à l’alcool est évidemment fausse. L’alcool est une arme très ambiguë. L’alcool désinhibe, certes, donne un sentiment de puissance, mais, en réalité, les lendemains sont durs. En buvant, on cherche à mettre un filtre entre nous et la réalité, on cherche à transcender le quotidien. Mais la réalité nous rattrape toujours et, entre-temps, on s’est bien abîmé.

 

  • Vous écrivez que votre alcoolisme avait à voir avec un refus de votre genre, c’est-à-dire ?

Jeune, j’étais androgyne et sportive. Et j’avais du mal avec le fait d’être une femme. J’ai été anorexique et l’alcool a suivi pour me maltraiter un peu plus. J’ai découvert en rencontrant Fatma Bouvet de la Maisonneuve, qui est psychiatre et addictologue à l’hôpital Sainte-Anne, que c’est un parcours fréquent. En tant que femme, on est soumise à beaucoup d’injonctions et l’alcool permet soit d’exprimer notre colère, soit de nous éteindre. Cela permet de s’énerver entre nous pour des sujets dont on ne parle pas publiquement. Comme un pansement.

 

  • Comment avez-vous mis le doigt sur votre problème d’alcool ?

Je crois que j’ai toujours eu conscience de la place trop importante qu’occupait l’alcool dans ma vie. Mais le déclic a été de voir le regard de mon conjoint sur moi quand j’étais bourrée, lors d’une fête en Bretagne le 31 décembre 2019. Je comprends alors que je suis sur le point de le décevoir et peut-être de le perdre. Or, en 20 ans, l’alcool s’était trop souvent imposé dans mon rapport à l’autre, à l’amour, à la féminité. Et lui était tellement important, je me suis dit cette fois-ci ce n’est pas possible. Le lendemain, j’ai décidé d’arrêter l’alcool.

 

 

  • Qu’est-ce qui change avec la sobriété ?

Arrêter l’alcool c’est repenser son rapport à l’autre. En étant alcoolisé on montre une partie de soi qui n’est pas soi, en ce qui me concerne en tout cas. Avec l’alcool, j’étais dans une sorte de fuite par rapport à mon genre et à ce que je suis vraiment. Donc, en arrêtant l’alcool, il faut remettre les choses en place avec les autres. Avec les images du passé, les violences et les ruptures que cela a pu engendrer, qui reviennent aussi. Mais une fois que l’on a passé ce cap, c’est très fluide. Et les relations avec les autres n’en sont que meilleures. Cela permet d’avouer qu’on est bien avec quelqu’un comme on est vraiment.

 

  • Néanmoins, vous racontez qu’annoncer à votre entourage que vous arrêtiez l’alcool n’a pas toujours été bien reçu…

Quand on arrête l’alcool, on tend un miroir à l’autre sur sa propre consommation. Et souvent cela fait mal. On est dérangeant parce qu’on devient spectateur de l’ivresse des autres. Cela nécessite beaucoup de dialogues avec ses proches. Car individuellement notre consommation d’alcool est finalement quelque chose que l’on questionne peu.

 

  • L’alcool, dites-vous, est une sorte de norme, associé au fait de bien vivre.

Le cool c’est l’alcool. On ne nous laisse pas le choix. Et, en ce sens, c’est une norme. On est soumis à une obligation inconsciente de boire pour appartenir au groupe, pour faire partie de la fête. Mais ce n’est pas si festif de boire et pas si drôle non plus. Il y a vraiment une croyance populaire à remettre en question et un héritage culturel, qui va des écrivains à Gainsbourg.

 

  • La sobriété, c’est un autre rapport au monde ?

On est dans une telle période de questionnements sur le monde d’après, collectivement, individuellement… La sobriété est une valeur qui tant sur le plan de la consommation que sur le plan économique me paraît intéressante. C’est s’autoriser à être éveillé par rapport à nous-même et au monde qui nous entoure. Mais il nous manque des exemples de gens qui parlent de sobriété de façon positive. Honnêtement, j’avais des visions assez négatives des gens qui arrêtent de boire. Aujourd’hui, je trouve la sobriété assez subversive. Mais c’est parce que j’ai trouvé des exemples inspirants chez les Alcooliques anonymes, mais surtout auprès de mon conjoint, qui a lui-même a arrêté de boire. Cela donne l’élan nécessaire.

 

  • A la fin de votre livre, qui est un journal de votre sobriété, vous évoquez la possibilité de reprendre l’alcool avec parcimonie, est-ce toujours le cas ?

Non, plus maintenant, je n’ai plus envie de partir en arrière. L’alcool ne me manque pas

 

Le décryptage de Claire : Couche-t-on avec un métier ?

 

29 février 2016

Par Claire Touzard

 

Claire Touzard est journaliste à Grazia. Toutes les semaines, elle décrypte une question de société.

 

"Non mais, moi, une relation avec un photographe, no way." J'entendais cela dans une galerie. Un garçon accoudé, en bomber bleu, observait une de mes amies. Mais depuis l'énonciation de sa profession, elle préférait lui tourner le dos. Ce qui, en même temps, la positionnait face au champagne - rien n'est jamais perdu. "Le photographe, mauvais plan : il est obnubilé par son métier, il va chercher en toi cette image qui n'existera jamais." Je me demandais dans quelle mesure nous n'étions pas conditionnés par le CV. "Dis-moi quel est ton job, je te dirais comment tu baises", lâche mon amie. Peut-être que la crise a accentué cette vision-là. A force de mettre notre travail au coeur de notre vie, de se battre pour un CDD, il est devenu la grande définition par excellence. On est pieds et poings liés à lui, via les portables, les mails, les Instagram et les Facebook. On y est connecté à chaque instant : il est nous. Le job devient un élément de caractère. On ne dit plus "il est sensible" ou "il est colérique" mais "il est DJ". Quitte à en devenir un label qui se scotche sur l'ensemble de votre vie.

 

Ainsi je me souviens d'un ex-petit ami, extrêmement passif agressif, qui avait lâché cette belle phrase : "Ça ne m'étonne pas que vous, les journalistes, vous n'ayez pas de mecs, vous ouvrez tout le temps votre gueule." Journaliste : il s'agissait visiblement d'un label approuvé. Exploratrice, spirituelle, mais chieuse et mauvaise à marier. "Grand reporter de l'amour foireux, c'est un peu moi, tu me diras", me lance mon amie, qui exerce ce même travail intellectuel précaire. Sans doute aussi que nous passons tant de temps dans nos emplois que nous ne voyons plus les barrières entre ce qui est nous et ce qui est un nous formaté pour cette profession-là. Les réseaux sociaux mêlent les deux, grands shakers flous de nos différentes vies. Nous devenons des professionnelles de l'intime, et à l'inverse, le travail embrasse de plus en plus d'affect car il est fragile, il faut s'y arrimer plus que tout. On a lâché le mec en bomber bleu pour aller écouter Young Girls, des Sparks, chez une amie, en se demandant ce qui nous définissait au juste, loin de ce que l'on fait 90 % du temps. Un morceau aimé communément, une phrase qui nous ressemble, un refrain des Sparks. Qui sait.

Infos

Rédactrice en chef presse et TV. Reporter et réalisatrice.

 

Rédactrice en chef du magazine Grazia Hommes. Reporter, chroniqueuse, pour le magazine Grazia.

 

Anciennement rédactrice en chef de l’émission La Mode La Mode La Mode (Paris Première) et réalisatrice pour diverses émissions sur Canal +, Paris Première ou France 2.

 

Expérience

 

  • Flammarion Écrivain janv. 2020

Durée d’emploi 1 an 2 mois

 

  • Freelance: GQ, Les Echos, Air France, Rika Magazine

Dates d’emploi  avr. 2019

Durée d’emploi 1 an 11 mois

 

  • Mondadori France

Durée totale 6 ans

 

  • Poste Rédactrice en chef Grazia Hommes

Dates d’emploi sept. 2016 – avr. 2019

Durée d’emploi 2 ans 8 mois

 

  • Poste Reporter et chroniqueuse société pour Grazia. Rédactrice en chef de l'appli "Grazia Daily" Cannes.

Dates d’emploi 2013 – avr. 2019

Durée d’emploi 6 ans

 

  • Paris Première

Rédactrice en chef de La Mode La Mode La Mode sur Paris Première

Dates d’emploi sept. 2012 – sept. 2013

Durée d’emploi 1 an 1 mois

 

  • Emission Avant-Première / France 2

Reporter et réalisatrice pour l'émission culture "Avant-Premières" sur France 2.

Dates d’emploi 2011 – 2012

Durée d’emploi 1 an

 

  • Libération Médias

Reporter pour Libération, Libération Next, Double Magazine, Technikart, GQ.

Dates d’emploi 2007 – 2012

Durée d’emploi 5 ans

 

  • Paris Première

Réalisatrice de sujets mode pour La Mode La Mode La Mode sur Paris Première.

Dates d’emploi janv. 2008 – janv. 2010

Durée d’emploi 2 ans 1 mois

 

  • Radio France

Chroniqueuse pour Le Mouv'.

Dates d’emploi 2010

Durée d’emploi moins d’un an

 

  • Emission Culturelle Ça Balance à Paris / Paris Première

Journaliste et réalisatrice pour "Ça balance à Paris" sur Paris Première.

Dates d’emploi 2008 – 2010

Durée d’emploi 2 ans

 

  • France Télévisions

Chroniqueuse télé en plateau et réalisatrice de sujets musique pour France 4.

Dates d’emploi 2007 – 2010

Durée d’emploi 3 ans

 

  • Louise contre-attaque... Les Francofolies 2011

Réalisatrice pour Culture Pub.

Dates d’emploi 2008 – 2009

Durée d’emploi 1 an

 

  • CANAL+

Réalisatrice société pour "Tentations 07" sur Canal +.

Dates d’emploi 2007

Durée d’emploi moins d’un an

 

  • Radio France

Assistante à la rédaction sur l'émission culture quotidienne Charivari sur France Inter.

Dates d’emploi 2005 – 2006

Durée d’emploi 1 an

 

  • CANAL+

Documentaliste image pour Le Grand Journal, sur Canal +.

Dates d’emploi 2004 – 2006

Durée d’emploi 2 ans

 

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 08:00

 

Rassurez-vous, il ne s’agit pas du Jacques à la pipe et au solex qui fut un jour censuré ICI 

 

 

Il s’agit tout bêtement de nippes.

 

Longtemps le matin, au temps où je nichais dans les bois, j’empruntais la ligne 2 du métro pour me rendre à la station Victor Hugo. Cette ligne, qui part de Nation pour se terminer à la Porte Dauphine, est encore emblématique des groupes sociaux qui habitent Paris, oui il reste du populo du côté de Stalingrad, Barbès, Pigalle, Blanche, et à partir de Montceau on file vers les quartiers huppés.

 

La ligne est aérienne, près de deux kilomètres en viaduc, soit environ 20 % de sa longueur. Quatre stations sont aériennes, dont celle de Barbès-Rochechouart qui surplombait le navire-amiral du magasin TATI.

 

Vous me connaissez, j’aime les fripes alors j’y suis allé fouiner, c’était à la fin des années 90.

 

Mais voilà, Tati, c’est vraiment fini  ICI 

 

L’immeuble historique de l’enseigne, situé dans le quartier de Barbès, dans le 18e arrondissement de Paris, est en vente. La municipalité veut y installer des logements sociaux et des commerces.

 

Juliette Garnier nous résume La fin d’une saga

 

La fermeture du Tati Barbès signe la fin d’une saga qui a débutée en 1948. Un entrepreneur d’origine tunisienne, Jules Ouaki, ouvre un petit magasin de blanc, c’est-à-dire une boutique de linge de maison, rue Belhomme dans le même arrondissement. Son nom est celui de l’anagramme de Tita, surnom de sa grand-mère Esther.

 

L’ancien sous-marinier de la France libre vend des lots ; il rachète au comptant des invendus, puis se fournit dans le quartier du Sentier, pour proposer des vêtements bon marché. L’entrepreneur a grandi dans le quartier de la Goulette à Tunis. A Barbès, il reprend la formule de vente au déballage, comme dans un souk. Les vêtements sont présentés en vrac dans des « cuvettes », sortes de bacs où les clients affluent pour trouver la bonne affaire. La formule du « Tati, les plus bas prix » séduit.

 

Jules Ouaki et son cabas imprimé en Vichy rose, inventé en 1962. Scoop, Gérard Géry, Paris-Match.

 

M. Ouaki impose son logo au vichy rose d’abord au 4, boulevard Rochechouart, puis sur les magasins voisins, toujours du côté pair. Exigeant, celui qui disait avoir pour devise « Deux yeux pour acheter et un pour vendre » est réputé pour « étrangler ses fournisseurs », rapporte un ancien de ses cadres.

 

Photo Pierre Boussel, AFP.

 

Puis Tati s’expatrie place de la République, en 1975, et, rive gauche, rue de Rennes, au rez-de-chaussée de l’immeuble Félix Potin. Dans ce quartier proche de Montparnasse, l’enseigne rencontre un grand succès. Simone Veil y achète « ses cadeaux de Noël », assure Pierre Génichon, un ancien de la maison. Les étudiantes du Quartier latin s’y fournissent en collants mousse à 2 francs. « Il fallait employer des femmes de ménage pour ramasser les sacs Tati dont les bourgeoises se débarrassaient dans la rue », rapporte-t-il.

 

Tati Barbès demeure cependant le magasin le plus fréquenté. « En 1975, on y vendait 1,5 million de blouses d’écoliers », selon M. Génichon.

 

A la fin des années 1970, après avoir racheté « les hôtels de passe voisins », rapporte un autre cadre, l’entreprise exploite près de 100 mètres du boulevard Rochechouart. La famille Ouaki met la main aussi sur Le Louxor, un cinéma qu’il veut transformer en magasin.

 

La folie des grandeurs, les pertes se creusent

 

Tati devient ainsi le cœur du carrefour Barbès-Rochechouart. C’est aussi un écosystème. M. Ouaki soigne « ses employés », à en croire les anciens. Rue Belhomme, à l’arrière du magasin de Barbès, une cantine sert à déjeuner à tous les salariés et « une tarte et une boisson », à l’heure de la pause. Des colonies de vacances gratuites sont proposées à leurs enfants, « dans le Cantal ou les Pyrénées », rapporte M. Génichon.

 

Mais, Tati, c’était aussi la « misère sociale », juge aujourd’hui Karl Ghazi, représentant de la CGT commerce de Paris, qui rappelle les conditions de travail « horribles », la « vétusté » des locaux, les salaires « très bas » et le clientélisme envers ses employés non syndiqués ou proches de la direction. Malgré tout, sur Facebook, les 476 membres des « anciens de Tati » échangent souvenirs, photos et vidéos pour évoquer « ce foutoir joyeux ».

 

En 1982, Jules Ouaki décède des suites d’un cancer. Il n’a pas préparé sa succession. L’un de ses fils, Gregory, reprend les rênes. Il meurt un an plus tard, d’un accident. Les frères de Jules Ouaki reprennent le flambeau. Puis se déchirent. Sa veuve assure la relève.

 

Le 17 septembre 1986 se produit l’attentat de la rue de Rennes qui fait sept morts. La fréquentation des magasins Tati dévisse, même si dans la France des années 1980, l’enseigne discount continue de faire parler d’elle. C’est rue de Rennes, que l’équipe de Madonna achètera les culottes que la star américaine jettera à la foule lors de son concert au parc de Seaux, le 29 août 1987. Quant au point de vente de Barbès, il reste le meilleur de ses magasins : en 1987, il attire 35 millions de visiteurs dans l’année. C’est alors quatre à cinq fois plus que le Musée du Louvre.

 

En 1991, à 33 ans, Fabien Ouaki, l’un des cinq enfants du fondateur prend la suite de sa mère. Et, très vite, celui qui aime chanter du rock et élever des chevaux de courses prétend « faire passer Tati du cheap au chic ». Tati ouvre une enseigne d’optique, une agence de voyages, une bijouterie sous le nom de Tati Or, en 1994, rue de la Paix. L’enseigne s’installe aussi en province, à Marseille, en 1997 et à l’étranger (Suisse, Turquie, Liban) et exporte ses robes de mariée à New York, en 1998.

 

Folie des grandeurs. Les pertes se creusent.

 

L’enseigne se déploie encore en province, à marche forcée mais, en avril 2017, le groupe Eram jette l’éponge

 

En 1999, l’entrepreneur obtient une indemnité d’éviction de la compagnie d’assurances AGF, son bailleur, pour quitter son emplacement de la rue de Rennes et laisser la place à Zara. Mais c’est insuffisant pour remettre sur pied Tati. En 2001, les pertes atteignent 6 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 150 millions d’euros. Cinq de ses trente magasins sont fermés. En 2003, Tati dépose le bilan. Presque un an plus tard, l’enseigne est reprise par Vetura, une filiale du groupe familial Eram. La famille Ouaki sort des affaires.

 

L’enseigne se déploie encore en province, à marche forcée mais, en avril 2017, le groupe Eram jette l’éponge. Au terme de mois de négociations, Tati tombe dans l’escarcelle du groupe GiFi. Son fondateur, Philippe Ginestet, a l’appui des salariés. Pour l’emporter, il promet de ne pas procéder à des licenciements pendant deux ans et surtout de continuer à exploiter le magasin de Barbès auquel les salariés et les élus du personnel se disent tant attachés. Il n’en sera rien. Les travaux de rénovation n’ont pas été entrepris, souligne une élue syndicale.

 

Le roi du discount est déchu, dépassé, concurrencé aussi par Internet et « Wish », cette application qui vend des articles à bas prix, juge le gérant d’une boutique voisine. Et, à en croire un ancien cadre, le génie des Ouaki n’anime plus l’immeuble. « On entre par une petite porte et on ressort par la grande, celle de l’angle. C’est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire. »

 

Tati vit des dernières heures chaotiques. Le magasin situé à Paris dans le quartier de Barbès (18e arrondissement), ultime point de vente à porter son enseigne, devait initialement fermer ses portes courant janvier. Le groupe GPG (GiFi), qui détient l’entreprise depuis 2017, a annoncé, le 7 juillet 2020, le transfert de dix-huit de ses magasins sous son enseigne de déstockage KLO et la fermeture définitive du magasin historique situé à l’angle des boulevards Barbès et Rochechouart.

 

Depuis, alors que la crise du Covid-19 ravage le commerce parisien, le groupe fondé par Philippe Ginestet, créateur de GiFi, a discrètement mené des négociations avec les trente-quatre salariés du magasin pour assurer leur reclassement, leur départ à la retraite ou leur licenciement. Ses représentants ont aussi rencontré les élus du 18e arrondissement pour évoquer le sort des employés et celui de l’immeuble haussmannien qui demeure en copropriété entre la famille héritière du fondateur Jules Ouaki et le groupe GPG.

 

Tous deux ont convenu d’un bail précaire, à titre gratuit, le temps de vendre les 6500 mètres carrés. Ils ont donné un mandat au spécialiste de la transaction immobilière BNP Paribas Realestate, début 2021, pour boucler la cession « au cours du deuxième trimestre de 2021 », selon une source proche de la famille Ouaki, qui refuse de dévoiler le montant attendu.

 

Mais la municipalité parisienne vient de s’inviter dans le dossier.

 

Ça c’est une autre histoire qui ne m’intéresse pas.

 

Fabien Ouaki et Tati. Une affaire de famille

 

Fabien Ouaki a dirigé le groupe sans la ferveur de son père.

par Nathalie BENSAHEL et Frédéric PONS

 

publié le 30 août 2003

 

Encore tout récemment, il disait qu'il rêvait de contrôler une centaine de magasins à l'enseigne rose Vichy, multipliant par quatre le nombre de ses commerces. Et envisageait d'ouvrir un restaurant boulevard Rochechouart, à Paris, dans les coursives de la maison de Barbès. Il caressait également l'idée d'ouvrir boutique sur les Grands Boulevards de la capitale. Las, Fabien Ouaki, 46 ans, PDG de Tati, n'ira manifestement pas au bout de ses ambitions : la situation financière de la maison l'a conduit, vendredi, à déposer le bilan du groupe familial (lire ci-contre).

Vrac.

 

La faute à ce patron atypique ?

 

Son père Jules, lui, avait la «gniaque». Tout juste débarqué de Tunisie en 1948, il ouvre son premier magasin de 50 mètres carrés au 22 boulevard Barbès. C'est là qu'il invente un concept révolutionnaire dans le commerce français : la fringue en vrac. Il achète des lots soldés qu'il paye cash, fait tourner ses stocks à toute allure et reconstitue l'atmosphère du bazar où les clients peuvent toucher une marchandise à tout petit prix. Des culottes et des collants à 1 franc, des savons et des casseroles, et dès la fin des années 60, des robes de mariée à moins de 500 francs. Les immigrés du XVIIIe de Paris sont les premiers à faire sa fortune. L'idée improbable est devenue un énorme succès qui permet à Jules Ouaki de s'installer en grand à Barbès, puis à République et jusqu'à la rue de Rennes à Paris. Le «cheap» devient branché et les bourgeoises s'en entichent : Azzedine Alaïa, le célébrissime couturier tunisien, a donné à la marque ses lettres de noblesse en lui dessinant une collection. Quand Jules Ouaki disparaît en 1982, Tati semble là pour l'éternité.

 

Mais il y a un hic : depuis le décès du fondateur, toute la famille se mêle des affaires du groupe. Les deux frères de Jules, ses cinq enfants et son gendre Hubert Assous copilotent l'entreprise dans un joyeux foutoir. Il n'y a pas vraiment de stratégie mais plutôt une sorte de «Soviet Ouaki». Le tout s'accompagne d'embrouilles familiales interminables sous l'oeil impitoyable de la gardienne du temple «Madame Eléonore». En 1991, c'est elle qui propulse le plus jeune des cinq enfants à la tête du petit empire, histoire de mettre de l'ordre. «J'ai pris la direction à la demande de maman», raconte Fabien Ouaki. «Il fallait protéger l'entreprise de nos bagarres familiales. Je me suis retrouvé en première ligne et je devais faire gaffe : ça tirait dans les couloirs.»

 

Bon fils. Las, de son propre aveu, Fabien, benjamin de la famille, n'était pas un manager. Mais il choisit d'être un bon fils. Pourtant, ses centres d'intérêt sont ailleurs : le rock d'abord, avec le groupe qu'il a formé. Ouaki flirte aussi avec le spiritualisme et accroche pour de bon au bouddhisme du dalaï-lama avec qui il cosigne en l'an 2000 un ouvrage intitulé La vie est à nous. Et puis il y a les chevaux de course, une écurie d'une vingtaine de pur-sang qu'il fait courir aux couleurs du dalaï-lama, orange et bordeaux.

 

Le PDG de Tati n'en passe pas moins les années 90 à tenter de moderniser la vieille maison. Passer de l'ère des carnets à souche des vendeuses (qui ont perduré longtemps après l'âge d'or des années 60-70) au temps des codes-barres, organiser la logistique et les achats, diversifier les activités commerciales vers la bijouterie (Tati Or), les bonbons (Tati Bonbons), les lunettes (Tati Optique), les voyages... il aura tout essayé. Y compris d'aller s'installer, en 1998, sur la Cinquième Avenue à New York. Un flop terrible.

 

Concurrence. Et Fabien Ouaki a beau faire, la lourdeur de Tati se révèle trop pesante. La réactivité du groupe est beaucoup trop lente : les Zara et autres H & M lui taillent des croupières à coups de nouvelles collections permanentes. Et des coûts de fabrication ultra bon marché : pendant que Ouaki se perd dans la joaillerie et la confiserie, les autres grandes enseignes de la distribution font fabriquer en Asie des dizaines de milliers de pièces de confection qu'ils revendent à des prix de plus en plus bas. Tati ne peut bientôt plus concurrencer les Auchan (enseigne Kiabi) et autres Vivarte (La Halle aux vêtements) : là où Ouaki passe commande pour 5 000 ou 7 000 pièces en Thaïlande ou en Chine, ses compétiteurs cassent le marché en commandant des lots de 30 000 à 40 000 pièces.

 

Et puis il y a l'argent, qui commence à manquer. En 1995, Fabien s'est endetté avec deux de ses frères ­ Albert et Sylvain ­ et sa soeur Esther, pour racheter à leur mère la totalité du capital de la marque. Fabien devient premier actionnaire avec 57 % du capital, les autres recevant 14 % chacun. Mais pour devenir propriétaires, ces quatre Ouaki-là se sont lourdement endettés : en l'an 2000, ils devaient rembourser l'équivalent de 200 millions d'ici 2006 à leurs créanciers.

 

Poker menteur. Quatre ans plus tard, Ouaki est fatigué. Disputes familiales, affaires de moins en moins florissantes : le patron, finalement, aimerait bien quitter le navire. Contre l'avis de ses frères et soeurs, il décide de donner un mandat de vente de Tati à la prestigieuse banque Lazard. Ce qui ne va pas vraiment arranger les négociations, qui ressemblent de plus en plus à une partie de poker menteur. Un jour, Ouaki affirme à qui veut l'entendre qu'il a reçu une «offre ridicule» de 300 millions de francs, un autre qu'il a refusé une proposition à 600 millions.

 

Que s'est-il passé ?

 

La famille s'est-elle opposée à la vente ?

 

Lui laissait entendre qu'il faisait monter les enchères entre les acheteurs potentiels, notamment les frères Grosman, propriétaires de Celio. Et que la notoriété de la marque et les emplacements immobiliers de Tati, surtout à Paris, valaient de l'or : «Tati, c'est plus d'un milliard de francs de chiffre d'affaires, plus de 30 magasins, 25 millions de clients et des sites inestimable, disait-il à l'époque. Tout cela vaut de l'argent.» Un avis que n'ont jamais partagé les banquiers du secteur : «Cette maison est un vrai foutoir», affirmait l'un d'entre eux. «Il faut attendre que le prix demandé par Ouaki baisse. Et encore, même pas cher, je ne suis pas certain que cette affaire vaille la peine.» En désespoir de cause, Fabien Ouaki a fini par retirer son mandat à la banque Lazard. Et s'est mis à chercher du cash seul. Quitte à vendre le magasin de la place de la République à Paris, voici deux ans. «A un très bon prix», dit-il. Avant, en 1998, il y avait eu la vente en or massif du Tati de la rue de Rennes.

 

Partage. A bout de souffle, Ouaki est allé chercher un spécialiste de la grande distribution en 2001 pour en faire son directeur général, partageant pour la première fois le pouvoir avec un étranger à la famille. Redresseur de la marque Jacadi, Christian Raillard voulait redonner à Tati son statut de bazar de centre-ville. Et d'ouvrir deux magasins dans Paris intra-muros ­ Italie 2 et rue Réaumur ­ pour donner le ton. Raté. Toujours à court d'argent, Fabien Ouaki a fini par vendre à la Mairie de Paris l'ancien cinéma Le Louxor, boulevard Barbès, pour 1,3 million d'euros. Ça n'aura pas suffi.

 

 

 

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 06:00

 

En  ce temps de pandémie je pratique l’alternance blanc/noir, deux couleurs – qui ne sont pas des couleurs ICI   – abhorrées : en effet le blanc fut la couleur du drapeau royal et le noir celle des pirates et des anarchistes.

 

Mon alternance à moi n’a rien d’idéologique ou de politique, elle est littéraire.

 

À propos d’alternance, il en est une que les urbains ignorent : celle des arbres fruitiers à pépins tels les pommiers, les poiriers ou les agrumes qui sont les plus sensibles à l'alternance. Les oliviers et certains pruniers sont aussi victimes de ce phénomène. Ces arbres donnent une belle récolte tous les deux ans, la récolte intermédiaire étant moindre ou quasi-inexistante.

 

Bref, comme le disait Pépin (ça devrait plaire à la mouche du coche), j’alterne mes lectures entre les polards, dit noirs, et les romans, dit blancs surtout chez Gallimard qui s’est octroyé une collection du même nom et où Marcel Duhamel a créé la couverture très sobre et typographique de la Série Noire. Parfois, je pratique l’alternance à l’intérieur d’un même jour en lisant du blanc le matin et du noir le soir.

 

Bref, comme le redirait Pépin, mes choix dans le blanc comme dans le noir se portent surtout vers des auteurs non gaulois, étasuniens, italiens, espagnols, anglais, allemands, ex-pays de l’Est, etc. Les jeunes plumitifs français de romans noirs n’arrivent pas à la cheville des anciens, quant aux blancs c’est pire.

 

Bref, comme oserait le re-re-dire Pépin, au risque que le coq chantât trois fois, attendu que les plumitifs redresseurs de torts de Télérama que j’engraisse de mon abonnement depuis des siècles et des siècles, viennent de commettre le 12/02/21 un article au titre très Télérama sous la plume de Christine Ferniot ICI :

 

La littérature a-t-elle assassiné le polar ? ICI 

 

Attendu que je douille pour mon  abonnement je le partage avec vous, même si je ne pense pas que la question de la porosité entre le polar et la littérature classique soit essentielle, si j’ai du courage je chroniquerai sur une nouvelle tendance des polars franchouillards : l’abus de références historiques très Wikipédia.

 

Romans noirs absorbés dans des collections généralistes, auteurs qui délaissent le polar au profit de la littérature “blanche”, porosité grandissante dans les codes et thèmes abordés par le roman policier et la fiction traditionnelle…

 

Le polar est-il toujours un (mauvais) genre à part ?

 

En 1986, le romancier et essayiste Michel Lebrun écrivait dans son encyclopédie L’Année du polar : « D’ici dix ans, tous les romans seront policiers. » Ce parrain du polar appréciait les formules à l’emporte-pièce, reconnaissant – déjà – que « les frontières séparant le roman noir et la littérature blanche se fendillent… » au profit du genre « noir ». Mais voilà qu’à présent il semble que la balance penche de l’autre côté, et que le polar soit en train de perdre son statut, enviable, de mauvais genre.

Cela commence par les couvertures, comme le décrit Oliver Gallmeister, patron des éditions du même nom – qui publient, entre autres, Craig Johnson, William Boyle ou David Vann : « Pour moi, le polar, c’est de la littérature, alors pourquoi faire une collection à part estampillée polar ? Depuis trois ans, j’ai une seule collection de romans, et une autre de livres en poche, sans distinction de genre. Le terme polar devrait disparaître et le noir n’est plus un sujet»

 

 

Oliver Gallmeister : « Pour moi, le polar, c’est de la littérature, alors pourquoi faire une collection à part estampillée polar ? »

 

 

Oliver Gallmeister ne déteste certes pas la provocation, ni dans le domaine de la littérature, ni dans celui du marketing. Mais il représente une tendance, confirmée par un de ses confrères, Pierre Fourniaud, patron des éditions La Manufacture de livres, qui firent notamment connaître Franck Bouysse (Prix des libraires 2019 pour Né d’aucune femme) : « Je culpabilise un peucar j’ai monté ma maison grâce au polar, face auquel les lecteurs, critiques et animateurs de festivals se révèlent moins hermétiques que pour la littérature dite blancheCes lecteurs-là sont passionnés et moins sectaires. Mais pour la suite, le lectorat s’obtient plus largement en littérature blanche. » Pierre Fourniaud a donc, lui aussi, délaissé ses couvertures emblématiques pour lecteurs de polar et, comme Oliver Gallmeister, souhaite que les libraires placent ses romans sur les tables de littérature générale.

 

Outre ce positionnement commercial, qui touche donc au premier regard, il faut aller voir du côté des auteurs. Là non plus, le voyage d’une couleur à l’autre n’est pas nouveau. Dans les années 1980-1990, Daniel Pennac et Tonino Benacquista quittent la Série Noire pour se glisser dans la Blanche de Gallimard. Plus récemment, Pierre Lemaitre chez Albin Michel et Nicolas Mathieu chez Actes Sud passent du côté « blanc ». Ces écrivains ont des univers bien à eux et ne les abandonnent pas à la faveur de ce mouvement, mais le changement de couverture leur permet d’être inscrits sur les listes de prix littéraires – jusqu’à obtenir le Goncourt, Pierre Lemaitre en 2013 et Nicolas Mathieu en 2018.

 

“Lorsque Sandrine Collette était labellisée polar, elle n’avait pas autant de lecteurs qu’aujourd’hui.” Véronique Cardi, directrice des éditions Lattès

 

Sandrine Collette est un autre exemple symptomatique de cette migration. La romancière fait ses débuts en 2013 chez Denoël, dans la collection Sueurs Froides, avec Des nœuds d’acier, un huis clos dans une ferme isolée, entre captivité, violence et vengeance. Elle obtient coup sur coup le Grand Prix de littérature policière et le Trophée 813 du meilleur roman francophone. Deux récompenses reconnues et estampillées polar. Au fil des livres, l’autrice ploie sous les récompenses polar (prix Quais du polar, Landerneau du polar, Sang d’encre…). Jusqu’en 2020 où Sandrine Collette est publiée chez Lattès, en littérature générale, pour Et toujours les forêts, suivi en 2021 par Ces orages-là. Véronique Cardi, qui dirige les éditions Lattès, est la première à dire que Sandrine Collette traite toujours les mêmes thèmes et motifs, et que la frontière est floue. « Mais lorsque Sandrine Collette était labellisée polar, elle n’avait pas autant de lecteurs qu’aujourd’hui », ajoute-t-elle. Pour l’éditrice, le polar permet de faire émerger des œuvres intéressantes qui feront leurs œufs ailleurs.

 

 

Destinée aux inconditionnels du polar, la couverture de la Série Noire est « comme une balise », note Stéfanie Delestré, patronne de la collection. 

 

 

Le polar en serait-il alors réduit à ouvrir la voie à la fiction généraliste, à labourer le terrain pour les autres ? C’est oublier trop vite le succès du noir et ses « tonalités parallèles », comme le souligne Marie-Caroline Aubert, responsable du domaine étranger à la Série Noire : « Chez nous, ce qui marche le mieux, ce sont des auteurs comme Jo Nesbo, Deon Meyer, Jorn Horst, Dror Mishani et Dolores Redondo. Du pur polar. C’est simple, il ne faut pas mélanger le contenu et le contenant, ne pas brouiller les emballages. » Stéfanie Delestré, patronne de la Série Noire, insiste quant à elle sur la « promesse faite au lecteur ». La couverture de la Série Noire est, note-t-elle, « comme une balise » et les lecteurs inconditionnels savent où ils vont et ce qu’ils attendent : « Il faut continuer les collections, les reconnaître dès la couverture. En Série Noire, ce qui se vend bien, c’est un polar qui respecte les codes. La charte graphique décide pour le lecteur qui achète une Série Noire les yeux fermés. Quand Marcel Duhamel crée la couverture très sobre et typographique de la Série Noire, à une époque où la mode est aux photos de femmes dénudées, tout le monde lui dit qu’il a tort, et c’est lui qui a raison en proposant des points de repère. »

 

Même conviction chez Natalie Beunat, éditrice de Points/Policier (au Seuil), qui voit dans ce « mauvais genre » une dimension politique et idéologique : « Dans l’histoire du genre, il faut noter l’arrivée d’auteurs comme Dashiell Hammett (1894-1961) ou Raymond Chandler (1888-1959), qui font la révolution avec leurs romans noirs subversifs, mettant en cause la société. Déjà, à cette époque, on dit à Chandler : vous écrivez tellement bien que vous devriez écrire un “vrai” livre. Et lui de répondre : il y a deux sortes de livres, les bons et les mauvais ! » Pour Natalie Beunat, « le polar est un mauvais genre car il s’empare du roman social, il réfléchit sur ce qu’est la quête absurde de l’argent et du pouvoir. Le roman noir aujourd’hui, c’est le roman politique ».

 

“Tant que le crime ne disparaîtra pas, le polar ne pourra pas mourir.” Jeanne Guyon, éditrice chez Rivages/Noir

 

La grande différence, c’est le code ! Pas d’infériorité ou de supériorité entre littératures noire et blanche, mais dans le cas de la première, le respect de l’enquête, de la quête, de la résolution d’un crime, qui peut être politique, social, familial. Jeanne Guyon, éditrice chez Rivages/Noir, rappelle que le crime est au centre du polar : « Tant qu’il y aura crime et point de vue moral, il y aura polar. Tant que le crime ne disparaîtra pas, le polar ne pourra pas mourir. » Citant Jean-Patrick Manchette, elle rappelle la colère de l’écrivain lorsque son roman Fatale (1977) avait été édité hors collection noire : « Ça dépolardisait son livre et il répétait en l’occurrence que la ratatouille des labels était inepte. »

 

En fait, le polar, quelle que soit l’époque, est en embuscade. Tantôt il remplace le roman social qui semble prendre ses distances, tantôt il nous révèle des situations dramatiques, politiques, historiques, par le biais du délit, maître mot dans la fiction noire. « C’est le reste de la littérature qui se sert du polar », insiste Jeanne Guyon. Mais contrairement au roman « blanc », il respecte les codes et les contraintes. Hervé Le Corre, dans son dernier roman, Traverser la nuit, en est l’exemple évident. Un flic, une femme battue, un tueur en série, un crime à résoudre, une enquête dans la ville. « Oui, je travaille sur les codes, je laboure les clichés… Je les crois encore pertinents pour décrire des tragédies intimistes », explique le romancier. Le roman noir doit avoir de l’ambition pour que la qualification s’applique de manière valorisante : « Ça étendra le domaine de la lutte », dit-il encore. « Le polar doit garder son statut d’empêcheur de tourner en rond », reprend Natalie Beunat. Les lecteurs ne s’y trompent pas, puisque un roman vendu sur quatre est un polar.

 

 

 

 

 

 

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