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25 mai 2021 2 25 /05 /mai /2021 06:00

Vin Mariani : Quand le Bordeaux était mélangé à de la coca ! - Mets et vin

C’est la guerre, une guerre internationale qui plus est, le genre Goliath contre David puisqu’elle oppose  Coca-Cola Company, multinationale à une micro entreprise insulaire Coca Mariani

 

1868.

C'est la date de création du nom Coca Mariani.

 

L'invention d'un apothicaire bastiais que tout le monde s'arrache

 

L'histoire Coca Mariani commence il y a plus d'un siècle. En 1863, dans son laboratoire parisien, un apothicaire de Bastia, Angelo Mariani, met au point un vin à base de vin blanc corse et d’extrait de feuille de coca de Bolivie.

 

Le succès est immédiat

 

Président de la République, hommes d'État, écrivains de renom comme Émile Zola, Jules Verne ou Colette vantent les mérites de cet élixir miraculeux. Et les imitations se multiplient. Aux États-Unis, un certain docteur Pemberton lance le French Wine Coca.

 

La prohibition interdit l'alcool. Le vin est remplacé par du soda... c'est la naissance du Coca-Cola. « Il faut remettre les choses dans leurs contextes. Le docteur Pemberton a copié les vins Mariani et il s'en est même vanté de dire : 'J'ai copié le meilleur' », raconte Christophe Mariani.

 

En 2014, l'actuel président de la société Coca Mariani, un autodidacte qui n'est pas un descendant d'Angelo Mariani relance le vin de coca. Il concocte une nouvelle recette : à base de vermantinu un cépage corse et le précieux alcool de coca, décocaïnisé, qui arrive directement de Bolivie. L'ancien président Bolivien, Evo Morales, rencontre même Christophe Mariani, et salue cette collaboration.

 

fabricant de vin tonique -

 

En 2019, la tuile.

 

Après avoir déposé la marque en France, la maison Coca Mariani effectue les démarches devant l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle. Coca-Cola s'y oppose. La multinationale considère que le mot Coca, de la marque Coca Mariani présente un risque de confusion.

 

L'avocat du vin tonique corse, Me Antoine Chéron compte résister au géant américain. « Pour nous, le risque de confusion n'existe pas. L'histoire a montré qu'il n'y avait jamais eu de problème par le passé. Sauf qu'aujourd'hui le projet de Monsieur Mariani réactive des choses qui relèvent de l'histoire, réactive des boissons à base de feuilles de coca et on s'aperçoit que c'est Coca-Cola qui considère que c'est une problématique pour eux.

 

« C’est une injustice »

 

Christophe Mariani n’entend pas plier devant le géant mondial et fait valoir l’origine et le patrimoine corse dans le succès de la boisson américaine.

 

« On était là 25 ans avant eux. En 1885, John Pemberton, un Américain préparateur en pharmacie, décide de copier ce vin tonique Mariani, puis [en 1886] arrive la Prohibition [à Atlanta]. Il est alors obligé de changer sa formule, d’enlever le vin et de créer une boisson qu’on connaît aujourd’hui, qui s’appelle Coca-Cola », assure-t-il sur Europe 1.

 

« Sans Angelo Mariani et son histoire, ils ne seraient probablement pas là. C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité », dénonce-t-il.

 

L'entreprise américaine, de son côté, ne souhaite pas faire de commentaire. Le dossier est actuellement entre les mains de l'Office européen de la propriété intellectuelle mais la guerre des marques, elle, est bien ouverte entre la Corse et les Américains.

 

Le vin corse, ancêtre du Coca-Cola va t'il pouvoir garder sa marque en Europe face au soda mondialement connu ? Les protagonistes attendent la décision de l'office européen de la propriété intellectuelle. 

Alors le vin Mariani quésaco ?

 

Vin Mariani à la Coca de Peroum, plus simplement appelé Vin Mariani, était un «vin tonique» qui a été inventé en 1863 et a rapidement fait sensation dans le monde entier. Inventé par le chimiste français Angelo Mariani, originaire de Corse, ce breuvage est né de sa fascination pour les récentes études de Paolo Mantegazza sur la plante de coca et ses bénéfices perçus.

 

 

L’étude a incité Mariani à combiner des feuilles de coca moulues avec du vin rouge de Bordeaux, à raison de 6 milligrammes de coca par once de vin, et ainsi est né le vin Mariani.

 

Ne souhaitant rien laissé au hasard, ce pharmacien préconisait :

 

Deux à trois verres par jour, à prendre avant ou après les repas (réduction de moitié pour les enfants!).

 

Le produit était commercialisé sous forme de digestif, d’apéritif ou les deux… La délicieuse préparation promettait de guérir tout ce qui vous faisait mal et de donner l’énergie nécessaire aux actrices, aux inventeurs et aux travailleurs.

 

La suite ICI 

 

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 08:00

Le dossier d’ADN n’éclairait guère ma lanterne, outre la liste des oligarques russes qui ne m’apprenait rien, il se résumait en un simple feuillet dactylographié sur lequel le Garde, à la suite d’un petit topo, auquel je ne compris goutte, de son humour féroce, il me conseillait, sic, de dépiauter l’affaire Lawyer X, avant d’aller respirer le bon air de Zug ! Le jeu de piste de ce bougre d’homme prenait l’allure d’un rébus.

 

L’affaire Lawyer X était partie du Conteneur 1250218 bloqué, le 22 juillet 2007, sur le port de Melbourne par les douanes. Celui-ci contenait une cargaison de métham-phétamines, plus connu sous le nom d’ecstasy, d’une valeur de 300 millions d’euros. Les commanditaires, des calabrais de ‘NDRANGHETA, après avoir cru à un simple retard, se rendent à l‘évidence le conteneur n’a pas été découvert par hasard lors d’un contrôle de routine mais ils ont été balancé.

 

Par qui ?

 

Là est toute la question…

 

Les calabrais sont mis à l’ombre le 8 août 2008, dans les procès qui suivirent la version de la police selon laquelle avertis par Europol de La Haye qu’une énorme cargaison, 4 tonnes 4, de drogue devait arriver à Melbourne mais qu’aucune saisie n’avait été prévue le 22 juillet 2007 fatidique.

 

Le hasard !

 

C’est le préposé des douanes, chargé des formalités de routine, qui selon la police avait eu des soupçons à la suite d’une contradiction sur les documents d’expédition, ce qui l’avait conduit à signaler le conteneur aux agents. Donc, pas d’espions ou d’infiltrés parmi les gangsters, pas de coups de téléphone anonymes, pas de fuites : seulement de vulgaires documents mal remplis. Emballé c’est pesé les commanditaires en prirent un maximum.

 

Mais c’était trop bien ficelé pour être vrai, en 2014, une enquête publiée en mars, par le Herald Sun, révèle qu’un pool secret de policiers aurait recruté, payé et accompagné un informateur au sein du groupe d’avocats chargés de défendre les différents parrains criminels de la ville.

 

Lawyer X a violé le secret professionnel pendant des années, affirme le journal, en fournissant à la police des informations confidentielles sur ses clients.

 

Scandale !

 

Les journalistes ne peuvent révéler le nom de l’avocat X en raison du veto imposé par la police, alors que l’État créé une commission d’enquête.

 

C’est la paranoïa : qui est Lawyer X ?

 

Qu’a-t-il fait exactement ?

 

Combien de personnes connaissent son identité ?

 

L’informateur était-il uniquement piloté par la police ou les juges étaient-ils au courant de cette opération illégale ?

 

À ce jour l’affaire Lawyer X n’est pas encore close et pourrait compromettre la carrière de hauts-fonctionnaires de police, d’hommes politiques et de juges.

 

Mais pourquoi diable ADN, avocat pénaliste de profession, me branchait-il sur une affaire n’ayant aucune ramification dans notre doulce France ?

 

Loin de me tranquilliser, cette absence de lien prenait des odeurs d’exemple pour décalque sur un sujet plus gaulois. La connexion avec Zoug me mettait plus encore la puce à l’oreille.

 

Pourquoi Zug ou Zoug ? À l'exception d'une première tour de 18 étages, dont la silhouette en biseau domine la ville, Zoug - 25 000 habitants -, catholique et de langue allemande, garde un charme d'avant-hier. Avec ses demeures du XIVe siècle, sa Zytturm (tour de l'Horloge), et ses rues étroites et tortueuses donnant sur un lac paisible. Mais en se glissant dans le hall des maisons bourgeoises, sous la plaque des avocats et des notaires s'alignent quelque 200 000 noms d'entreprises du monde entier.

 

« La spécialité de Zoug, c'est moins son lac, son marché aux taureaux et son alcool de cerises que ses privilèges fiscaux aux sociétés holdings. Leur capital n'y est taxé qu'à 0,02 pour mille. « Quant à l'impôt sur les bénéfices, les sociétés ne le payent que sur le chiffre d'affaires réalisé en Suisse. Comme elles gagnent essentiellement leur argent à l'étranger, elles ne payent rien, ou presque, à Zoug », constate Josef Lang. Historien de renom, il n'a curieusement pas trouvé de travail à Zoug, et doit enseigner à Zurich.

 

Glencore, le numéro un mondial des matières premières, qui emploie plus de 50 000 salariés dans le monde, est ainsi domicilié à Baar, une bourgade à côté de Zoug. Apparemment, les managers ne se réunissent pas très souvent au siège social : Baar ne compte qu'un modeste hôtel deux étoiles, donnant sur la gare... Même la Fraternité Saint-Pie X, fondée par monseigneur Marcel Lefebvre, n'est pas restée insensible à ce paradis fiscal. Elle a établi sa « maison généralice » à Menzingen, un autre village du canton de Zoug. Les offrandes peuvent être déposées à la Zuger Kantonalbank (la banque cantonale de Zoug). »

 

Au XIXe siècle, Zoug, canton presque exclusivement agricole, était l’une des régions les plus pauvres de Suisse. En 1860 encore, le canton présentait la dette par tête la plus élevée du pays et un rendement bien en dessous de la moyenne nationale.  C’est grâce à l’initiative d’entrepreneurs que Zoug a progressivement relevé la tête. En 1834, Wolfgang Henggeler construit la première fabrique du canton, une filature de coton à Unteraegeri, et en 1866, l’Américain George Ham Page implante à Cham la première usine de lait condensé en Europe. A la même époque Zoug est relié au réseau de chemins de fer, permettant au canton de se développer.

 

C’est cependant à partir des années 1950 que la région commence véritablement à prendre son envol. En 1956, dix ans après l’adoption d’une nouvelle loi fiscale, l’opérateur financier Philipp Brothers s’installe à Zoug. Un établissement qui est le premier d’une longue série; un taux d’imposition favorable ainsi que la proximité de l’aéroport de Zurich transforment alors Zoug en un centre financier et de courtage.

 

De nos jours, Zoug est le canton le plus riche de Suisse avec un taux de chômage d’à peine 1,9% et un produit intérieur brut que l’institut de recherches conjoncturelles BAK estimait à 117'000 francs par tête à la fin 2010.

 

Situé à 30 minutes du centre des affaires de Zurich et du pôle touristique que représente Lucerne, Zoug est depuis de nombreuses années stable, tant au niveau économique que politique, social et financier. Ses habitants ont en moyenne moins de 40 ans et plus de 10% sont au bénéfice d’un titre universitaire, un record suisse selon l’Office fédéral de la statistique.

 

Ce n’est pas par hasard si, Louis et Ambrose, lorsqu’ils décidèrent, dans les années fric, de se mettre à leur compte, firent de Zoug,  le « siège social » de leur petite entreprise qui ne connut pas la crise mais en profita. Des guillemets à siège social, l’affaire ne reposait sur aucun statut mais sur une enseigne : la galerie d’Art Contemporain de Clotilde Aebischer-Brändli domiciliée à Zoug, dont le chiffre d’affaires se générait essentiellement à Londres, Hong-Kong, Los Angeles. Le jour où, Clotilde Aebischer-Brändli et Louis convolèrent en 1986, un discret mariage civil, blanc comme la neige du Schnebelhorn, ils se firent mitonner par un cabinet de notaires franco-suisse un contrat de mariage aux petits oignons, qui se révéla fort utile en 1990 pour bâtir les fondations de la petite entreprise de Louis&Ambrose, sans objet social affiché, normal puisqu’il s’agissait de faire pour le duo « le sale boulot fait proprement ».Depuis qu’ils s’étaient rangés des voitures, Clotilde-Louis, résidaient 6 mois par an, les beaux jours, à Zoug.

 

Les dés roulaient sur le tapis vert du Craps, Ambrose savait pertinemment qu’il se fourrait dans un fichu guêpier, rien ne l’y obligeait, il pouvait laisser tomber, il ne devait rien à ADN,  du côté de Louis il en était moins sûr, l’injonction du Garde de se rendre à Zug confirmait cette crainte. Reconstitution de ligue dissoute, besoin d’adrénaline, folle envie de se remettre en tandem avec Louis, le poussaient inexorablement vers les emmerdements. Ambrose, prenait à son compte le « Peu me chaut !» que lançait Louis à ceux qui lui criaient casse-cou. Il pianota sur son smartphone « Chouchou, je pars à Zoug ! »

 

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 06:00

 

Tribune de Genève

L’art de Plonk & Replonk ICI

Humour 

 

Confit dans l’irrévérence comme la poire dans son alcool, la triplette du Jura Plonk & Replonk a mûri un manuel de «Suissitude ultra moderniste» avec un patriotisme remarquable. D’autant que l’ouvrage est appelé à rayonner dans la capitale française, au sein de l’exposition «Modernités suisses» qui aura les honneurs prochains du musée d’Orsay. Les facétieux entendent reproduire le choc expérimenté avec «L’art d’en bas. En ces temps viraux, il faut se contenter du mince catalogue toilé pour mesurer l’ampleur d’une déflagration atomique propre à vitrifier le concept d’art moderne. Estampillé Prix des Gardes suisses, une vision irrésistible de Hodler et autres courants esthétiques tels les Vachistes ou Metouistes. 

Boutique France/Monde

Plonk & Replonk est un collectif d'éditeurs de La Chaux-de-Fonds, spécialisé dans les photomontages et les détournements de cartes postales Belle Époque. ICI

 

Exposition Lapsus Mordicus de Plonk & Replonk au Petit Echo de la Mode du 6 juillet au 22 septembre 2019, Châtelaudren-Plouagat (22).

 

Jacques Froidevaux, Hubert Froidevaux et Miguel-Angel Morales composent le collectif Plonk & Replonk, qui a vu le jour en 1995 dans les montagnes du Jura suisse. L’un est Plonk, qui plante le clou. L’autre est Replonk, qui l’enfonce. Le troisième, parfois surnommé Esperluette (&), tend le prochain clou au premier. Mais souvent, ils inversent les rôles.

 

 

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 08:00

Interno - Photo de LE PIED DE FOUET, Paris - Tripadvisor

Le lieu était minuscule, bas de plafond, la cantine d’Ambrose depuis son arrivée à Paris avant la révolution ratée, son rond de serviette, son statut d’habitué auprès d’Andrée, petite bonne femme, poitevine, qui régentait le client : pas de réservation, on ne fume pas, on prend son café au bar, on se déplace si ça arrangeait la patronne pour placer de nouveaux arrivants. Tout le monde obtempérait dans la bonne humeur, certains étrangers en redemandaient. Au bar Martial le patron, placide, souriant, belge, forçant un peu sur le litron de Gamay de Marionnet, en cuisine, le chef un pays de la patronne, Hamid le plongeur algérien, officiaient dans 4 ou 5 m2. Le frichti familial, abondant, de qualité, goûteux, l'addition légère. On faisait la queue sur le trottoir. Je m’y sentis bien, comme un parfum d’enfance même si je ne pouvais s’empêcher de penser que le lieu aurait plu à Marie. Ambrose avait dû briffer la patronne, elle me traita comme un grand brûlé.

 

Ambrose ne me laissa pas le temps de souffler « Mon grand tu t’inscris en 3e année à Panthéon-Sorbonne…

 

- Moi je me serais bien vu à Vincennes…

 

- T’es louf, ça va être un repaire de chevelus, un dépotoir, une poubelle pour sociologues…

 

Tu as sans doute raison mais pour te faire plaisir je m’inscris aux deux…

 

Au lendemain du  « joli » mois de mai 1968, alors que les carcasses de voitures et les pavés parisiens jonchaient encore les artères du quartier latin, de Gaulle décida de réformer l’Université. Soucieux de ne plus voir son trône vaciller et son mandat présidentiel sclérosé par le mouvement estudiantin, le chef de l’État confia à son nouveau ministre de l’Éducation nationale, le sémillant et zozotant Edgar Faure, la rude tâche de gérer l’après mai. À commencer par l’éloignement des étudiants de gauche du centre de Paris et de ses ruelles propices à l’insurrection.

 

Décision prise de construire de nouvelles universités aux portes de la capitale pour accueillir les premières générations de baby-boomers et les « perturbateurs » gauchistes des facultés parisiennes. Résultat, en quelques semaines, sortirent de terre des milliers de mètres carrés de salles, d’amphis, de cafétérias, au cœur du bois de Vincennes. Cette faculté d’un nouveau genre, baptisée « centre expérimental » fut lancée avec l’appui du doyen éclairé de la Sorbonne Raymond Las Vergnas et sous l’impulsion d’Hélène Cixous, alors professeure à l’université de Nanterre2. « La contestation de Mai 68 était nécessaire, mais je savais qu’elle ne durerait pas. Qu’il faudrait que cela débouche sur quelque chose de durable. J’avais ce projet d’université en tête depuis quelque temps. Mai 68 a été l’occasion de le faire et du coup, avec l’aide de Jacques Derrida, j’ai créé Paris-VIII. » Ainsi, sous l’égide de cette spécialiste de la littérature comparée, une équipe d’une trentaine d’enseignants est bientôt constituée. Avec comme leitmotiv, rassembler ceux qui, au sein de l’université française, souhaitent un changement. « Les gens se connaissaient, on savait ce que pensaient les uns, les autres. Mais ils étaient disséminés un peu partout. Il fallait donc les réunir dans un même lieu et ça a été Vincennes. »

 

Ce n’était là que le hors-d’œuvre d’Ambrose, alors que nous attaquions le poulet au vinaigre, plat culte de la maison, il aborda la question cruciale de l’intendance, en prenant soin de ne pas me brusquer « Tout est réglé…

 

- Qu’est-ce qui est réglé ?

 

- Nous avons de quoi vivre sans soucis…

 

- Comprends pas…

 

- Tu me fais confiance ?

 

- Bien sûr que je te fais confiance !

 

- J’exécute les volontés du père de Marie…

 

- Qui sont ?

 

- Marie étant sa seule fille, il avait fait d’elle la présidente de sa fondation…

 

- Je sais.

 

- C’est toi qui la remplace.

 

- Pourquoi ?

 

- C’était la volonté de Marie.

 

- Elle avait prévu de mourir.

 

- T’es con, je voulais dire que ce serait la volonté de Marie.

 

- Encore une combine montée avec le papa…

 

- Et alors, tu as quelque chose contre ?

 

- Pas vraiment, j’accepte à une seule condition : c’est toi qui t’occupe de tout.

 

- Ça va de soi mon grand.

 

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 06:00

Épinglé sur Cinerama

Bilan du confinement :

 

1949 : Riz amer

1971 : Mort à Venise

1972 : Ludwig ou le crépuscule des dieux 1ière partie

1973 : Ludwig ou le Crépuscule des dieux, 2ième partie

1987 : Les Yeux noirs

 

Dénominateur commun Silvana Mangano

 

Silvana Mangano | Actrice, Video musique, Girardot

 

Au risque  de surprendre les cinéphiles, dans Mort à Venise, Visconti qui excelle dans l'art de montrer les palais décrépits, les ruelles lépreuses, l'ocre des murs au moment de la mort, les palais dorés sous la lagune, c’est la beauté princière et irréelle de Silvana Mangano, ses voilettes, sa démarche altière, qui m’a fasciné, pourtant elle qui incarne la baronne Moes, mère de Tadzio, jeune adolescent androgyne, qui trouble, Gustav von Aschenbach, Dirk Bogarde, vieux compositeur en villégiature, très librement inspiré de Gustav Mahler, ne prononce que quelques mots insignifiants dans ce film.

 

Dans "Mort à Venise", la beauté et la vie se dérobent - L'Express

 

La dernière fois que je suis allé à Venise je me suis rendu au Lido où j’ai constaté que le Grand Hôtel des Bains n’était plus qu’un chantier entouré de viles palissades de bois, il n’était ni réduit en cendres, ni enseveli dans les sables de la lagune, mais tout bêtement vendu à un promoteur de Padoue, Est-Capital pour être découpé en appartements de luxe. C’est pire que tout que ce joyau Art nouveau en soit réduit à cette dégradation ignominieuse.

 

Mostra, les vestiges de la gloire

HÔTEL DES BAINS À VENISE

 

Silvana Mangano a littéralement « explosé » à l'écran dans Riz amer (1949), un film de Giuseppe de Santis, illustrant avec une conviction toute militante un conflit social dans les rizières du nord de l'Italie. Pour le réalisateur et pour les scénaristes, tous proches du Parti communiste, le film s'inscrivait dans le droit fil d'un cinéma de contestation, tout bardé d'idéologie, tel que les pères fondateurs du néo-réalisme l'avaient imaginé et théorisé sous l'éteignoir mussolinien.

 

Riz amer - film 1949 - AlloCiné

 

Mais il faut reconnaître qu'ils ont simultanément joué, avec une belle conviction, la carte de l'érotisme, imposée sans doute par un producteur soucieux de rentabilité. La Mangano, dans son improbable short d'improbable prolétaire, la cuisse musclée, le corsage tendu, le regard fier, a séduit l'Italie, puis l'Europe. Elle a conquis également le jeune producteur du film, Dino de Laurentis, qui l'a épousée l'année même de la sortie du film, en 1949.

 

Photo du film Riz amer - Photo 5 sur 8 - AlloCiné

Riz amer (Giuseppe De Santis, 1948) - La Cinémathèque française

 

À la fin des années 1940, le néo-réalisme se dissout doucement dans la comédie italienne et dans l'érotisme : les entreprises de production romaines, reconstituées après la débâcle du fascisme, recrutent des actrices pour leur physique, révélé dans les innombrables concours de beauté qui émoustillent la péninsule. Apparaissent ainsi, entre 1947 et 1949, Gina Lollobrigida, Sophia Loren, puis Silvana Mangano, parmi des centaines d'autres qui ne se sont jamais hissées au-dessus des rôles de figurantes ou des productions de seconde zone.

 

Silvana Mangano, fille d'un cheminot sicilien et d'une mère anglaise, fut élevée par son frère aîné Roy et ses deux sœurs cadettes, Patrizia et Natascia dans la pauvreté et la privation. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la misère s'accentua. Elle découvre la danse à l'Opéra et, pendant sept ans, sa mère fera l'effort de lui payer des cours de danse chez Jia Ruskaya, à Milan.

Silvana devient mannequin à l'atelier Mascetti puis est élue  Miss Rome  à l'âge 17 ans. La même année, le metteur en scène Mario Costa la remarque et lui fait tourner un petit rôle dans L'Élixir D'Amour (1946) avec une jeune Gina Lollobrigida dans un registre musical. Elle tourne deux autres films comme figurante jusqu'à ce que De Santis la remarque.

 

Le 17 juillet 1949, elle épouse Dino De Laurentiis jusqu'à son décès le 16 décembre 1989. Ils eurent 4 enfants : Véronique, Raffaëlla, Federico et Francesca.

 

En 1949, il l'engage pour être la partenaire de Raf Vallone  dans Riz Amer. Elle n'obtient pas la tête d'affiche mais le troisième des quatre principaux rôles. Grâce à la publicité, Silvana devient une célébrité avant même la sortie du film. Les contrats affluents, elle signe avec la Lux-Films.

 

En 1950, les tournages s'enchainent : Anna  (1951) avec Raf Vallone, Mambo (1954) avec Shelley Winters, Ulisse (1955) avec Kirk Douglas et Anthony Quinn, This Angry Age (1958) et 5 Branded Women  (1960) avec Vera Miles et Van Heflin pour les plus connus.

 

Très soucieuse de l'éducation de ses enfants mais aussi de sa carrière, elle tourne une moyenne d'un film par an : chacune de ses apparitions sont des succès au box-office en Europe. Silvana, malgré sa beauté et son talent, ne suivra pas sa concurrente Gina Lollobrigida qui atteint la consécration aux États-Unis.

 

Son fils Frederico est décédé en le 15 juillet 1981 dans un crash d'avion en Alaska. Souffrant de la perte de ce fils, le couple commence à battre de l'aile et l'actrice tombe dans une profonde dépression, ils se sépareront en 1983 mais resteront mariés.

 

En 1987, elle tourne dans son dernier film " Oci Ciornie " dans un tout petit rôle.

 

Sa fille Rafaela est devenue productrice.

Silvana Mangano est décédée le 16 décembre 1989 d'un cancer des poumons à Madrid, en Espagne.

 

Gruppo di famiglia in un interno- di Luchino Visconti, 1974 Silvana Mangano  Foto di Mario Tursi – Archivio Enrico Appetito – A Shaded View on Fashion

Mort de Silvana Mangano La magicienne

Le Monde

Publié le 17 décembre 1989

 

 

Elle était belle comme une fille de la Terre, mystérieuse comme si elle se souvenait d'un autre monde. Elle a fasciné les plus grands cinéastes tout comme le public. Le temps, chez elle, n'avait rien altéré. Pourtant elle est morte à Madrid dans la nuit du 15 au 16 décembre. Elle souffrait d'un cancer et avait subi une opération le 4 décembre. Depuis, elle survivait dans un état de coma. Elle était âgée de cinquante-neuf ans.

 

En 1949, néoréalisme oblige, le monde a les yeux fixés sur le cinéma italien. Au Festival de Cannes, un film fait sensation : Riz amer, d'un réalisateur marxiste, Giuseppe De Santis, préoccupé de problèmes sociaux, et dont on connait déjà le style épique. La sensation ne vient d'ailleurs pas de là mais d'une jeune actrice (elle n'a pas encore vingt ans), Silvana Mangano, dans un rôle d'ouvrière saisonnière de repiquage du riz, dans la plaine du Pô, une mondine moulée dans un pull-over noir collant, portant un short qui laisse voir des cuisses généreuses, et des bas noirs déchirés roulés au-dessus des genoux. Voilà Silvana Mangano consacrée " bombe sexuelle " ou " Rita Hayworth du néoréalisme ", ce qui n'entrait absolument pas dans les intentions de Giuseppe De Santis, mais le malentendu devait durer quelque temps, et il y eut, même, des imitations italiennes de Riz amer. De toute façon, il revient à De Santis d'avoir révélé, sous ses aspects sensuels et son physique encore marqué d'adolescence, l'étonnante comédienne qui allait être la grande dame du cinéma italien.

 

Silvana Mangano naît à Rome, le 21 avril 1930, d'un père sicilien et d'une mère anglaise. La famille est pauvre et les privations de la guerre n'arrangent rien. Silvana a suivi des cours de danse pendant sept ans. En 1946, elle devient mannequin, modèle, est élue Miss Rome, ce qui lui vaut un bout de rôle dans l'Elexir d'amour, de Mario Costa... auprès de Gina Lollobrigida. Ni le Crime de Giovanni Episcopo, d'Alberto Lattuada (1947) ni Carrefour des passions, d'Ettore Giannini (1948) n'attirent l'attention sur elle. Mais, après Riz amer, la voilà vedette. Elle signe un contrat avec la Lux Films, tourne, en 1949, le Loup de la Sila, de Duilio Coletti et épouse Dino De Laurentiis, producteur en pleine ascension. Ils auront quatre enfants et il guidera sa carrière.

 

Soucieuse de ne pas altérer sa vie de famille par son statut de star, Silvana Mangano sera sans doute moins populaire que ses " rivales " de l'époque, Gina Lollobrigida et Sophia Loren, mais elle échappera très vite à sa réputation de bombe sexuelle (entretenue dans Mara, fille sauvage, de Mario Camerini, 1950, Anna, d'Alberto Lattuada, 1953, Mambo, de Robert Rossen, 1954). Et se révélera la comédienne dramatique, la femme au profil de vase crétois, mystérieuse, hiératique même dans les rôles de prolétaire et de paysanne, qui tourne avec les plus célèbres réalisateurs italiens. Le changement, déjà perceptible dans Anna et dans un sketch de l'Or de Naples (Vittorio de Sica, 1954), est éclatant avec Hommes et loups, de Giuseppe De Santis (1956), Barrage contre le Pacifique, de René Clément (1957), d'après le roman de Marguerite Duras, la Tempête, d'Alberto Lattuada (1958, d'après Pouchkine), la Grande Guerre, de Mario Monicelli (1959), Une vie difficile, de Dino Risi (1961), le Jugement dernier, de Vittorio De Sica (1962). En 1963, la Mangano tient, d'une manière remarquable, le rôle difficile d'Edda Ciano, fille de Mussolini, dans le Procès de Vérone, de Carlo Lizzani.

 

Intemporelle beauté

 

Avec la vogue de la comédie italienne, elle connait une légère éclipse ; puis relève le défi en interprétant les cinq rôles féminins des Sorcières, film à sketches réalisé par Franco Rossi, Mauro Bolognini, Pier Paolo Pasolini, Luchino Visconti et Vittorio de Sica (1966). Voici venues, pour elle, les années de majesté où elle restera intemporelle dans sa maturité, sa beauté royale, qui n'a souffert d'aucune standardisation. Pasolini en fait Jocaste dans son OEdipe roi (1967), puis la grande bourgeoise de Théorème (1968), " visitée " comme les autres membres de la famille, par l'ange Terence Stamp. Deux ans plus tard, c'est Mort à Venise, où Luchino Visconti recrée, à travers elle, l'image de sa mère. En 1971, elle est la Madone du Décaméron de Pasolini. En 1972, elle compose, avec la même classe, le même talent et les nuances psychologiques les plus subtiles, Cosima von Bülow, compagne de Richard Wagner, dans Ludwig, de Visconti, et une mère de famille vivant dans un bidonville romain, dans l'Argent de la vieille, l'un des plus grands films de Luigi Comencini. Elle retrouve Luchino Visconti en 1974, pour le rôle d'une bourgeoise ambiguë et quelque peu perverse dans Violence et passion.

 

Il émanait de Silvana Mangano une telle fascination qu'elle n'est jamais apparue antipathique, même dans ds rôles comme celui-là. On aurait volontiers, devant elle, plié le genou. Après Violence et passion, on ne l'a revue qu'en prêtresse au crâne rasé de Dune (David Lynch, 1984) et en épouse malheureuse de Marcello Mastroianni dans les Yeux noirs, de Nikita Mikhalkov (1986), film inspiré de Tchekhov. On espérait bien qu'elle n'en resterait pas là.

 

On n'a pas fini de regretter cette magicienne.

 

Le Monde

 

 

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 08:00

Campagne à Paris

Notre périple sous terre, tels des lombrics entrelacés, teintait d'un plaisir malsain mon blues matinal. Ici, dans cette ville grouillante, indifférente, me fondre dans son magma serait un jeu d'enfant. Ma nouvelle vie de merde se présentait sous les meilleurs auspices. Pour la première fois depuis notre arrivée je souriais. Ambrose, ma mère poule, sentait que je me détendais, il en profitait pour m’annoncer : « Nous allons porte de Bagnolet dans un petit village au coeur de Paris. Tu vas voir nous t’avons préparé une belle surprise. » Je ne relevai ni le nous, ni l'indication de notre point de chute, ça m'importait peu, tel un Giovanni Drogo vieillissant face à la frontière d'où nuls envahisseurs n'avaient jamais surgi, je me sentais las. Aurais-je encore le courage de me colleter à la vie ? De le faire sans complaisance ni masochisme. De le faire, tout simplement, n’être qu’une insignifiante trace dans ces années de fric corrupteur. « T'es bien trop petit mon ami » chantait le pépé Louis. Une irrésistible envie d'envoyer valdinguer tout ce fatras de souvenirs me saisissait. Sortir ! Ne pas céder à la lassitude. Voir des gens. Les sentir. Les entendre. Leur parler. Avoir de nouveau la sensation d'être vivant.

 

Moche la porte de Bagnolet, rien qu’un nœud de bitume plein de bagnoles, de bruit, de pestilence sulfurée, Ambrose sur son petit nuage, me guidait, dissertait : « Oui mon ami, difficile de croire que nous sommes dans le XXe arrondissement, même si ça t’étonne, la Campagne à Paris, c’est bien le nom du quartier perché sur les hauteurs où nous allons nous installer ; un petit village créé, sur l’ancienne commune de Charonne, en une vingtaine d’années, au début du XXe siècle, un  îlot situé sur des anciennes carrières souterraines et composé d’une demi-douzaine de jolies ruelles, à l’origine organisé en coopérative : il permettait à la classe ouvrière d’accéder à une centaine de pavillons construits spécialement pour eux et proposés à des prix abordables. Feu la classe ouvrière ! Bien avant les bobos, comme à la Mouzaïa, ce fut le nec plus ultra des nouveaux bourgeois intellos parigots... » Nous montions des escaliers, une fois en haut des ruelles pavées, des petites maisons en brique ou en meulière, jardinets fleuris et verdoyants. Tout ce je trouvai à dire « C’est une annexe de la grande muette, y’a plein de capitaines : Ferber, Marchal… » Ambrose me prit par les épaules « Nous allons rue Jules Siegfried, un industriel havrais, préoccupé par le sort des plus pauvres qui chercha à promouvoir l’habitat social. Ainsi, la « loi Siegfried » du 30 novembre 1894 encourage la création d’organismes d’habitations à bon marché. C’est auprès de cet homme politique influent, « le plus représentatif de l’esprit havrais » selon René Coty, que ce dernier entama sa carrière politique. » Ambrose est ainsi, le roi du  détail, le champion de la logistique.

 

La surprise d’Ambrose : le père de Marie se tenait sur le perron d’un charmant pavillon, il m’enveloppa de ses grands bras « Mon fils : bienvenue au logis de Marie, c’était ma dot, comme on le dit chez les bourgeois, voici les clés, ce n’est pas un mausolée, Marie c’était mon bébé, l’amour de ma vie, un rayon  de soleil que tu as su capter, foin d’émotion mon garçon, gardes-là dans ton cœur c’est un ordre ! » Je balbutiai je ne sais plus trop quoi, Ambrose rayonnait « Comme tu es le roi de la brocante nous allons chiner pour la meubler » Nous fîmes le tour du propriétaire, le père de Marie et Ambrose s’entendaient comme deux larrons en foire, je planais. « En attendant votre installation je vous héberge ! » Nous repartîmes dans sa vieille Jaguar Mk2, aux fragrances de vieux cuir et de havane, conduite à  droite, éphèbe café crème à la manœuvre, moi à la place du mort, les deux comploteurs sirotant sur la banquette arrière un Cognac Delamain hors d’âge.

 

En pénétrant dans le grand penthouse de l’avenue de Breteuil, elle, partout, son rire, ses taquineries, ses allures de gazelle, son lit de jeune fille, des photos d’elle sur les murs blancs, je tanguais. Le grand homme, prévenant, flanqué d’un Ambrose plus mère poule que jamais, m’encadraient, silencieux. Se ressaisir. « Je vais prendre une douche… » Mon jeans, mon tee-shirt me collaient à la peau, mes Clarks cocotaient. Je les flanquais à la poubelle. Nu comme un ver je farfouillais dans ma maigre garde-robe, un pantalon ample de lin, un sweet-shirt, des tennis blanches. En m'enfournant dans le futal la rouille de mes genoux me rappelait à l'ordre. Je marmonnais « Si tu continues, mec, t'es bon pour Saint-Anne. Bouge ton cul ! » Le miroir de la salle de bains confirmait le diagnostic, en pire. Le désastre fondait sur moi. Un vrai naufrage. Me récurer. Tailler dans le poil. Sentir bon. Ambrose, au sortir de la salle de bains, ne me laissa pas le choix « Je t’invite à dîner au Pied de Fouet, nous avons à causer mon grand… » C’était à deux pas, au cul du jardin de l’hôtel Matignon, nous nous y rendîmes à pied.

© tasogareningen / Instagram

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 06:00

 

Qui se souvient du boulanger du 207 rue de Tolbiac ?

 

Moi, qui allais lui acheter sa fameuse Sachertorte.

 

La boulangerie a disparue, c’est aujourd’hui une agence du Crédit Agricole.

 

Le boulanger, un grand gaillard lunaire au regard cerclé de grosses lunettes d’écaille, en blouse blanche de pharmacien, savates, semblait porter tout l’ennui du monde. Il faisait du bon pain à l’ancienne et, une sachertote à damner un Saint.

 

Derrière le comptoir, la boulangère, une sainte femme souriante, prenait le temps, attentionnée, d’une voix douce, tête légèrement inclinée, elle était toujours soucieuse de la santé du client, de leurs maux et malheurs, dame de charité à l’association la Mie de Pain toute proche.

 

Et puis, y’avait aussi, leur fils, balourd, sans ressort, celui qui refusa de prendre la succession de ses parents, trop fatiguant le métier. Et sa mère, pour une fois peu charitable, attribua ce refus à sa bru.

 

Qui se souvient de Klemens Wenzel von Metternich ?

 

Fürst Metternich: Wir müssen den Reaktionär als guten Menschen sehen - WELT

 

Le 26 juin 1813, Clément de Metternich, ministre des Affaires étrangères de l’empire d’Autriche, passe neuf heures en tête-à-tête avec Napoléon, qui se trouve alors dans un château à côté de Dresde. Après sa défaite en Russie, le Français fait face à l’alliance du tsar et du roi de Prusse, tous deux biens décidés à le perdre - c’est le « commencement de la fin ».

 

L’envoyé de Vienne vient marchander la position de l’Autriche, qui prétend ne pas savoir encore dans quel camp elle se rangera. La rencontre est importante, savoureuse aussi, puisqu’elle confronte deux hommes que tout oppose, le chef de guerre et le diplomate, le fougueux « petit caporal » qui se prétend l’héritier des idéaux de la Révolution et l’aristocrate madré, pur produit de l’aristocratie d’Ancien Régime.

 

Napoléon - Metternich : le commencement de la fin

Histoire Réalisateur Mathieu Schwartz , Christian Twente

Télérama

Critique par Gilles Heuré

 

De nombreux duos étaient possibles : Bonaparte avec Barras, Talleyrand, Fouché ou Pie VII, protagonistes célèbres. Mais les auteurs de ce docu-fiction réussi ont choisi la difficulté : Napoléon avec Klemens Wenzel von Metternich, ministre des Affaires étrangères de l’Autriche. La rencontre eut lieu pendant neuf heures, le 26 juin 1813 à Dresde. La fortune de l’empereur a décliné : la campagne de Russie de 1812 a tourné à la débâcle et considérablement affaibli la Grande Armée, la guerre en Espagne vire au désastre et des sentiments nationaux commencent à se dessiner, notamment chez les Allemands pénalisés par le blocus continental imposé par Bonaparte. Celui-ci a bien réussi à lever une nouvelle armée de quatre cent mille soldats composée de jeunes conscrits inexpérimentés, surnommés les « Marie-Louise », mais son invincibilité, malgré la peur qu’il inspire toujours, semble écornée. L’enjeu de ce tête-à-tête est important : il s’agit de savoir si l’Autriche va ou non rejoindre la coalition, qui regroupe le Royaume-Uni, la Prusse ou encore la Suède, décidée à en découdre une bonne fois pour toutes avec celui que ses membres nomment « l’ogre assoiffé de sang ». Tout oppose les deux hommes. Napoléon (David Sighicelli) est droit dans ses bottes, combatif et déterminé à ne pas se contenter d’une trêve : « Mon empire est détruit si je cesse d’être redoutable. » Metternich (Pierre Kiwitt), lui, aristocrate tout en diplomatie feinte, joue une dernière carte en demandant, en vain, à l’empereur des concessions territoriales. Mais sa décision est prise et Bonaparte en est convaincu : l’Autriche va rejoindre la coalition. Une journée historique qui annonce la fin et que les historiens interrogés commentent avec clarté.

 

Au sommaire

 

Le 26 juin 1813, Clément de Metternich, ministre autrichien des Affaires étrangères, vient rencontrer Napoléon Ier à son quartier général de Dresde, capitale du royaume de Saxe. L'hiver précédent, pour la première fois, la Grande Armée a été vaincue et décimée lors de la désastreuse campagne de Russie. Depuis, même s'il domine toujours l'Europe, les signaux d'alerte se multiplient dans l'immense Empire français : alors qu'au sud l'Espagne a été perdue, au nord la Prusse s'est ralliée à la Russie pour lui faire la guerre, avec le soutien financier de la couronne britannique, son ennemie de toujours. Même si, en mai, il a remporté contre ses adversaires deux batailles successives, l'empereur est inquiet.

La “Sachertorte”, gâteau princier

Publié le 08/05/2021 - 06:10

La Sachertorte, un gâteau traditionnel viennois au chocolat, avec une ou deux couches de confiture d’abricot. ILLUSTRATION / CAROLE LYON / COURRIER INTERNATIONAL

La Sachertorte, un gâteau traditionnel viennois au chocolat, avec une ou deux couches de confiture d’abricot. ILLUSTRATION / CAROLE LYON / COURRIER INTERNATIONAL

 

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.

OUVRIR DANS LE RÉVEIL COURRIER

La Sachertorte, ou tarte Sacher, porte le nom de son créateur, Franz Sacher. Ce gâteau au chocolat et à la confiture d’abricots a traversé près de deux siècles et régale encore Viennois et touristes attablés dans les cafés de la capitale autrichienne. Une recette en infographie proposée par 1843, le magazine de The Economist, pour un nouvel épisode de notre rendez-vous hebdomadaire Le Courrier des recettes.

 

 

À Vienne, les cafés sont des endroits “dédiés à la consommation de temps et de café, mais seul le café vous est facturé”. C’est ainsi que l’Unesco décrit ces célèbres institutions. Du temps et de l’espace, voilà peut-être de quoi combler un philosophe viennois mais, pour la plupart d’entre nous, une part de gâteau reste la meilleure alliée de notre boisson caféinée. Et, en la matière, difficile d’imaginer mieux que la Sachertorte.

 

La légende raconte que ce gâteau a été créé en 1832 lorsque le prince de Metternich, chancelier impérial d’Autriche, demanda la confection d’un dessert pour un dîner officiel. La charge incomba à Franz Sacher, jeune apprenti juif âgé de 16 ans. Il proposa un gâteau au chocolat – ingrédient nettement moins commun à l’époque qu’aujourd’hui – et ainsi naquit la Sachertorte.

 

C’est son fils, Eduard, qui en fit un trésor national : un gâteau au chocolat moelleux, entrecoupé de confiture d’abricots, enveloppé d’un glaçage lisse et surmonté d’une généreuse cuillerée de crème fouettée. C’est à la boulangerie Demel qu’il perfectionna la recette avant de fonder l’hôtel Sacher en 1876. Ses liens avec ces deux établissements aboutirent à une bataille juridique – “la guerre de sept ans” – pour déterminer lequel pouvait prétendre utiliser l’adjectif “original” dans sa description. Les différences étaient ténues, les discussions enflammées. La Sachertorte de Demel ne comportait qu’une seule couche de confiture d’abricots, sous le glaçage ; celle de l’hôtel en contenait une seconde, au milieu du gâteau. Finalement, ce fut l’hôtel qui l’emporta : ses gâteaux sont à présent authentifiés par un sceau en chocolat – et un prix élevé.

 

Pour un gâteau source d’amères batailles, la Sachertorte est étonnamment austère. Si elle est réalisée par des mains novices, le résultat peut être sec – et l’ajout de crème fouettée relever autant de la nécessité que de la gourmandise. Son charme réside toutefois dans sa simplicité et la modération de ses saveurs.

 

Les recettes pullulent, bien qu’il n’en existe aucune officielle. Celle du Sacher Cookbook se rapproche probablement de l’originale. Commencez par faire fondre du chocolat au bain-marie. Fouettez le beurre et le sucre avant d’y ajouter les jaunes d’œuf. Choisissez si vous êtes plutôt vanille ou expresso, les deux mettant parfaitement en valeur le goût du chocolat sans l’éclipser. Remuez le chocolat fondu et ajoutez-le à la farine tamisée. Battez les blancs en une neige ferme. Ajoutez du sucre selon votre goût. Versez d’abord une cuillerée de blancs au chocolat avant d’y incorporer le tout. Mettez au four. La confiture d’abricots devrait être filtrée pour être étalée en couches fines et uniformes.

 

Pour cette recette, le glaçage est un mélange de chocolat, de sucre et d’eau. Certains proposent une version plus riche avec du beurre ou de la crème pour former une ganache. Tracez le nom de Sacher à la surface et servez avec de la crème fouettée.

La recette de la Sachertorte (ou tarte Sacher) en infographie, publiée par le magazine 1843 de The Economist et traduite par Courrier international.  Jake Read pour The Economist - 1843 / Catherine Doutey pour Courrier international

La recette de la Sachertorte (ou tarte Sacher) en infographie, publiée par le magazine 1843 de The Economist et traduite par Courrier international.  Jake Read pour The Economist - 1843 / Catherine Doutey pour Courrier international

Josie Delap

Sachertorte — Wikipédia

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 08:00

L7 - Rame Sprague entrant en Station

Notre arrivée gare Montparnasse me reconnectait violemment avec Paris, cette pute fardée, soupe au lait, délurée et populacière, dangereuse, que la grande écrémeuse immobilière, tournant à plein régime, vidait de son petit peuple et des nouveaux venus. Cap au nord, toujours plus loin dans les champs de betteraves, empilés. Montparnasse où nous échouions ne serait plus bientôt le bassin déversoir des crottés de l'Ouest, filles et garçons, émigrés de l'intérieur, bonniches et manœuvres, rien que des bras. Les cafés du bord des gares, même au petit matin, puent la sueur des voyageurs en transit. Ils sont crasseux de trop servir. Les garçons douteux. Les sandwiches mous. La bière tiède et les cafés amers. Dans le nôtre, les croissants rassis et le lait aigre, allaient bien aux ongles noirs et aux cheveux gras du serveur et les effluves froides et graillonneuses de croque-monsieur rehaussaient le charme gaulois du patron : bedaine sur ceinture et moustache balai de chiottes. Depuis l'instant où j'avais posé le pied sur le quai je distillais un coaltar léger. Tout ce gris, ce sale, cette laideur incrustée, loin de m'agresser, m'enrobaient d'un cocon protecteur. Ma bogue se refermait et j'appréciais. Dans ce décor, seule mon Ambrose échappait au désastre. Indifférent à mon mutisme il me couvait. S'imposait comme le seul ancrage à ma molle dérive. Je me ressentais fœtus, ça m'allait bien.

 

Quand nous nous sommes enfournés dans la bouche du métro, la glue poisseuse des mal-éveillés giclant de toute part nous a dégluti, absorbé, digéré. Des fourmis aveugles, programmées, progressaient en files denses, se croisaient sans se voir. Portés par elles, dissous puis coagulés, étrons parmi les étrons, nous prenions place dans le troupeau. Ce grouillement souterrain, malodorant, informe, chaîne de résignés, de regards vides, bizarrement me rassurait. La quête têtue et empressée du bétail à se fondre, à n'être qu'anonyme, correspondait bien à mes aspirations du moment. Je collais aux basques d’Ambrose, armoire à glaces, il progressait, tel une barge de débarquement, au droit, fendant la foule. Notre absence de mots, mon silence obstiné pour être honnête, lui laissait l'entière initiative. Ambrose s'en fichait, me portait, ne laissait rien au hasard. Au débouché d'un couloir en coude nous nous retrouvions compressés tout contre les battants d'un portillon métallique. Dans mon dos le cheptel renâclait. Je m'arc-boutais.

 

Le portillon s’ouvrit, nous nous essaimèrent sur le quai. Brève attente, la face plate de la rame Sprague débouchait du tunnel et, comme nous étions en tête de ligne elle venait s'immobiliser dans un crissement aigu de freins à notre hauteur. La rame dégueulait ses encagés sous les regards impatients de ceux qui allaient les remplacer. Le chef de train, un long voûté, dominait la masse, et sa tronche renfrognée sous sa casquette ridicule ressemblait à un bouchon ballotté par la houle. Ambrose me tirait par la manche, s'encoignait près de la porte. Tout près de nous, les corps cherchaient des espaces, des mains agrippaient les hampes centrales, sans un mot, têtes baissées, les moutons trouvaient leur place dans la bétaillère. Le signal sonore couinait. Les loquets des portes claquaient. La rame s'ébranlait. Mon allergie pour le métro naissait.

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 06:00

Jean-Claude Ribaut – 25 ans de critique gastronomique au journal Le Monde

Y’a pas photo, c’était mieux avant, le temps où les chroniqueurs gastronomiques, loin des influenceurs-influenceuses Instagramé(e)s, n’étaient pas à la remorque des attaché(e)s de presse des stars de la bouffe étoilée, tel notre Jean-Claude Ribaut officiant au Monde avec la complicité graphique de Desclozeaux.

 

C’est Fleur Godart, la chouchoute des petites roues de Bettane&Desseauve, le  Thierry Desseauve, celui qui, comme elles, tient la maison en équilibre, qui me l’a fait connaître au tout début de mon aventure de blogueur lors d’un déjeuner de presse.

 

Jean-Claude, affute toujours sa plume, il me le dit « d'un confinement, l'autre... J'ai eu le temps, ces derniers mois, d'exhumer pour le 77ème anniversaire du Débarquement une évocation de la gastronomie sous l'Occupation.

 

C’est chez Atabula de F.P.R, la Geneviève Tabouit de la grande bouffe étoilée, pas vraiment ma came mais, comme le disait finement notre Chirac, ses vapeurs sur Ducasse ou autres buzz « cela m’en touche une sans faire bouger l’autre ». À chacun son job, je suis à l’aise puisque je ne monnaye pas mes écrits.

 

S’il y a une manip qui me gonfle chez Atabula, et d’autres, c’est l’inactivation du clic droit qui interdit toute copie. Je préfère de loin ceux qui te filent le premier paragraphe puis te demande de raquer pour lire la suite. C’est mesquin.

 

Bref, le lien ICI permet de lire l’excellente chronique du Jean-Claude. Allez-y de bon cœur ça augmentera les statistiques de F.P.R, car tel est le but. Bravo l’artiste !

 

 

Quant à la Tête de veau «en tortue» de Jean-Claude, à consommer avec un des vins nu de la Fleur, un Nestarec acheté chez l'adorable Claire à ICI-MÊME  comme Charles, j’attends.

 

 

Bonne lecture…

 

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 08:00

1969 - Vie et mort de la gare Montparnasse - Paris Unplugged

À mon retour à Nantes, avec l'argent de Jean, mon dû, une poignée de billets fripés – si je l'avais écouté il m'aurait donné tout le liquide du coffre – je louais une chambre, pour une semaine, dans un hôtel miteux du quai de la Fosse. La patronne, déjà intriguée par ma dégaine de mal rasé et mon étrange balluchon, me regardait d'un drôle d'air quand j'insistai pour payer d'avance en petites coupures. Pour l'amadouer je lui souriais. Ma tronche de chien battu devait la rassurer. Elle me tendait une fiche de police que je remplissais. Son parfum de pacotille, mêlé au suif de sa peau, épandait des remugles fades. Elle me donnait une grosse clé pendue à une étoile de bronze « la 18 est au premier gauche... » L'escalier recouvert d'un tapis élimé grimpait sec. Les immeubles du quai, étroits et de guingois, empilaient des pièces hautes de plafond. Ma chambre, qui donnait sur une cour intérieure, n'échappait pas à la règle. Je tirais les doubles rideaux jaune pisseux. La lumière les traversait sans peine tant ils étaient élimés. Je m'allongeais tout habillé sur le lit recouvert d'un dessus de lit d'un blanc douteux. Le plâtre du plafond, bouffé par le salpêtre, partait par larges plaques en lambeaux. Je pleurais. Je pleurais doucement, en silence, les yeux rivés sur un petit tableau aux couleurs défraîchies.

 

Ambrose est venu me rejoindre, nous avons décidé de monter à Paris le dimanche soir, un train, bourré de bidasses remontant vers l'est, empestait la chaussette sale, le tabac froid et la pisse rance. Les départs, dans mes rêves d'enfant, revêtaient des allures princières, bagages en cuir patiné convoyés par des porteurs en blouses, uniformes impeccables des hommes de la Compagnie des Wagons-Lits, voyageurs empressés, grappes de ceux qui resteraient à quai, à mon bras une femme mariée que je venais d'enlever aux rets de son sinistre époux, visage caché sous une voilette, des nappes bleutées de vapeur enveloppaient la locomotive, le compartiment du sleeping en partance pour l'Orient, avec ses parures en loupe d'orme, allait abriter mes amours clandestins. Ce soir, dans l'inconfort de ce train de nuit ordinaire, à vingt ans, je prenais pleine conscience que je m'enfonçais dans une vie ordinaire où le tous les jours ne m'apporterait qu'ennui, tristesse et chagrin. Ma belle vie, mon bel avenir, tout ce bel édifice que j'abandonnais sans regret, ma famille, mon pays, mes amis, Marie, je les enfouissais tel un magot désormais inutile. Mémé Marie disait de moi que j'étais un garçon délicat. Pour elle c'était un compliment. Moi je savais bien que c'était mon tendon d'Achille. Il me fallait forcer ma nature, me rendre insensible au regard des autres, n'être qu'un gris parmi la cohorte des gris.

 

Montparnasse, le terminus, la vieille gare de l'Ouest, sentait le sapin. Elle vivait ses derniers jours car bientôt les promoteurs et les bétonneurs allaient l'araser, l'enfouir, damer son empreinte pour couler le socle du plus haut phallus pompidolien, la Tour, bite d'amarrage plantée loin des effluves de l'Atlantique, totem des ambitions pharaoniques des nouveaux friqués, doigt d'honneur pointé au flux de bagnoles craché par la future pénétrante Vercingétorix. Tout devenait possible, les vannes s'ouvraient, le fric dégoulinait, on jetait un tablier de bitume sur les quais de la Rive droite, on charcutait le futur Chinatown, on excavait le ventre de Paris, on décidait d'édifier Beaubourg, les derniers feux des années dites Glorieuses rougeoyaient. Qui aujourd'hui se souvient de Christian de la Malène, de la Garantie Foncière, du Patrimoine Foncier, de Gabriel Aranda, de Robert Boulin, des petits et gros aigrefins, des prête-noms, des stipendiés, des corrupteurs et des corrompus, des fortunes météoriques, de cette cohorte de personnages troubles dont on aurait cru qu'ils sortaient d'un film de Claude Sautet ?

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