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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 06:00

Dans son dernier numéro, dans sa rubrique Livres, LeRouge&leBlanc, sous la plume de Jean-Marc Gatteron, couvre de fleurs la Catherine Bernard dont le livre : Dans les Vignes 2011 vient d’être réédité en format poche par Babel avec un chapitre supplémentaire.

 

Dans les vignes | Actes Sud

 

Elle vous l’offre.

 

Des nouvelles des vignes

 

Neuf ans ont passé depuis la première impression de Dans les vignes. Ce livre m’a apporté beaucoup de joies. J’ai reçu, et reçois encore, de nombreux messages de lecteurs, soit pour me dire simplement que ce récit de ma première année dans les vignes les a touchés et leur a donné envie de connaître le goût du vin, soit parce qu’ils ont aussi le projet d’aller à la terre. Dans tous les cas, ce livre a eu l’effet d’une injonction à donner corps aux mots, à les incarner, ce qui a fini par m’amener à dire en plaisantant que je suis l’auteur qui connaît tous ses lecteurs. Quelques-uns sont devenus des amis, m’accompagnent et prennent part à cette aventure. Ce fut la plus inattendue des surprises.

 

Depuis, selon la belle formule, de l’eau a coulé sous les ponts : j’ai continué à planter, j’ai pris quelques vignes en fermage, j’ai appris à élever le vin ce qui est encore autre chose que le faire, mon corps s’est endurci, bien que vieillissant, je suis plus résistante à la tâche, plus efficace dans mes gestes, j’ai créé un Groupement foncier agricole, d’abord pour financer une remise et la récupération d’eau de pluie, ensuite, et ce fut là un véritable investissement, un enracinement même, une cave. Franchir ce cap a parfois été vertigineux. Dans ce GFA, je suis une parmi quatre-vingt-cinq associés, des amis, des lecteurs devenus des amis, des amis d’amis, des fils et filles d’amis, des neveux et des petits-enfants des membres de ma famille. Je vis ce GFA comme un point de notre inscription dans le temps et aussi la conjugaison de l’individuel et du collectif. Peut-être est-ce ce dont nous avons tous le plus grand besoin.

 

À mon tour j’héberge la cuve de mon jeune voisin de vignes qui s’installe. Un de mes fils a pris le virus de la terre, son frère a trouvé sa place dans les travaux saisonniers de la vigne. L’année 2016, pour la première fois depuis qu’ils ont quitté l’enfance, ils m’ont tous les deux accompagnée pendant les vendanges, chacun acceptant le rôle de l’un et de l’autre. Je m’étais alors dit que je pouvais mourir, j’avais fait ce que j’avais à faire sur terre. C’était sans compter l’irruption du climat dans le cours de la vie. 

 

Le 28 juin 2019, aux jours les plus longs de l’année où le soleil est au zénith, le thermomètre est monté à 45° Celsius sous abri et des courants d’air brûlants comme ceux d’un sèche-cheveux ont balayé le Gard et l’Hérault. A 18 heures, tandis que j’étais à l’ombre des volets, Laurent, mon jeune voisin de vignes, m’a appelée : 

 

  • Là-haut à Pioch Long, les syrahs sont brûlées.

 

  • Comment ça brûlées ? 

 

 

  • Oui, brûlées, les feuilles, les raisins, comme si on les avait passées au chalumeau.

 

J’ai pris ma voiture, et je suis allée dans les vignes. J’ai vu à La Carbonelle, les grenaches, feuilles et grappes brûlées, grillées, par zones, sur la pente du coteau exposée sud-ouest. J’ai vu que certaines étaient mortes, que d’autres survivraient à demi, amputées d’un, deux bras. Il faisait encore très très chaud et j’ai été parcourue de frissons. La pensée m’a traversée que c’était là l’annonce de la fin de l’ère climatique que nous connaissons, la manifestation de la limite de l’hospitalité de la terre. Le réchauffement climatique, ce phénomène qu’on évoque froidement come une information parmi d’autres, que je voyais à l’œuvre depuis quelques années me faisant différer le projet d’une nouvelle plantation, était là, sous mes yeux, dans sa toute puissance destructrice. 

 

La Carbonelle est un mamelon en forme de parallélogramme bien exposé au vent et au soleil. Les vignes y profitent de leurs bienfaits depuis 1578. Ce qui s’est passé le 28 juin 2019 dit que l’ordre des choses s’est littéralement inversé. Le vent et le soleil ne sont plus des alliés, ou plus exactement, comme dans l’Odyssée, les Dieux ont fait entendre leur colère contre un demi-siècle de pratiques anagronomiques, la cupidité de l’homme et ses rêves prométhéens.  Cette colère s’est d’abord abattue sur les abeilles. Mais nous ne l’avons pas entendue. 

 

J’ai connu enfant les clapiers au fond du jardin, les mûres des ronciers, les troupeaux déféquant sur la chaussée. Adulte, j’ai vidé le ciel, pris la pilule, désiré des enfants. Eux ont été nourris au Round Up et à la potasse.

 

Que ferai-je de mes cinquante ans ? 

 

L’idée de quitter le navire m’a traversée. Mais non.  Je ne serai pas une réfugiée climatique. Je ne céderai pas non plus aux sirènes de l’irrigation. J’ai passé l’été à pleurer, à réfléchir, à lire, à faire des recherches. Les vendanges et les vinifications achevées, nous avons avec mon fils aîné décidé d’expérimenter sur la parcelle de la cave une  manière radicalement différente de cultiver la vigne, de retrouver l’esprit de  Vitis sylvestris, l’ancêtre de nos Vitis vinifera, qui, pluri-centenaire, prospère dans les forêts de Géorgie. 

 

Au nom de la terre. 


 

Sommières, janvier 2020

 

 

Bien évidemment le gratte-papier, qui n’en gratte plus d’ailleurs, avait tartiné sur ce livre. (Voir plus bas)

 

Mais puisque je tartine ce matin sur le magazine dit Le Rouge&leBlanc j’en profite pour vous faire part de mon amour pour le blanc de Catherine :

 

Le Terret 2019

 

C’est une première : « Enfin ! Après trois essais insatisfaisants, le Terret devient un vin à lui seul. C’est un blanc à mi-chemin du muscadet, d’où je viens, tendre et vif donc (3,17 de Ph) et du Jura, pour ses notes de noix fraîche à l’ouverture de la bouteille. »

 

À la vigne : « Le Terret, sélection massale, est complanté avec du mourvèdre sur le versant ouest de la Carbonelle. C’est le cépage historique de Saint-Drézéry. Il a été planté pour la première fois à la Carbonelle en 1578. »

 

Travaillés en agriculture biologique certifiée avec des pratiques biodynamiques.

 

Vendange manuelle en caissettes.

 

Le reste est trop technique pour moi (voir la fiche technique plus bas).

 

J’adore ce vin, il est vif, frais, droit sans fioritures, un vin de printemps, un antidépresseur à nul autre pareil en ce temps de confinement, un blanc sans chichi, tendre sans niaiserie,  franc, un vin qui porte la patte de Catherine : il laisse une trace, une envie  de revenez-y…

 

Pour satisfaire mon addiction j’ai raflé tout le stock de Claire à Ici Même.  

 

Mais, il y a un mais, Le Claret 2020 est resté dans les limbes,il a calé, perché, envolé...
 
Je ne peux donc pas conseiller aux dégustateurs du
LeRouge&leBlanc d’aller le déguster.
 
Espérons  que 2021 sera l’année de sa résurrection…

 

4 avril 2014

Le sécateur cet obscur objet du désir de puissance…« quand je rentre de mes vignes, je pense droit… » ICI 

 

25 octobre 2017

2004-2017 : Catherine Bernard « Dans les Vignes » Chroniques d’une reconversion, j’ose l’écrire, réussie… ICI 

 

 

 

Le Terret 2019




À la vigne

Le Terret, sélection massale, est complanté avec du mourvèdre sur le versant ouest de la Carbonelle. C’est le cépage historique de Saint-Drézéry. Il a été planté pour la première fois à la Carbonelle en 1578. 

Travaillés en agriculture biologique certifiée avec des pratiques biodynamiques.

Vendange manuelle en caissettes.

 

Vinification

Pressurage direct, après, pour une partie, un repos de la vendange au frais pendant 12 h. 

Vinification en barriques d’acacia

Sulfitage après la fin de la fermentation alcoolique, à 2,5g/hl

Malo faite.

 

Elevage

Six mois en cuve fibre.

 

Mise en bouteille

Pas d’ajout de sulfites, filtré.

 

Composition du vin

Un tout terret à 11° d ‘alcool. 

 

Esprit du vin

Enfin ! Après trois essais insatisfaisants, le Terret devient un vin à lui seul. C’est un blanc à mi-chemin du muscadet, d’où je viens, tendre et vif donc (3,17 de PH) et du Jura, pour ses notes de noix fraîche à l’ouverture de la bouteille. 





 

Catherine Bernard

14 bis av. Jean Jaurès, Le Village n°93, 34 170 Castelnau-le-lez

email : cb.castelnau@wanadoo.fr

http://www.rue89.com/mise-en-bouteille

Tel : 04 67 79 02 01 / 06 83 03 35 55

 

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 08:00

 

Une « bat bomb » pouvait contenir jusqu’à 1000 chiroptères en hibernation

Les malheureuses chauves-souris n’ont jamais eu très bonne presse dans le bon peuple de chez nous.

 

Dans le monde occidental, les chauves-souris suscitent la peur, et une forte répulsion, un certain mystère, par méconnaissance le plus souvent ! Animaux nocturnes, elles ont enflammé l'imagination des Hommes. ICI 

Mythes et légendes

 

En Occident, depuis des siècles, les chauves-souris ont hanté l’imaginaire des hommes. Perçues comme des bêtes diaboliques au Moyen Âge, elles entraient dans la pharmacopée des sorcières, on les clouait sur les portes des granges et, pour sortir la nuit, les filles se couvraient la tête afin qu’elles ne s’incrustent pas dans leurs cheveux.

 

Avec les coquecigrues et les loups garous, ces étranges « oiseaux » nocturnes devenaient des vampires. Les légendes de Transylvanie se sont répandues en Europe puis dans le monde. On en trouve la trace encore aujourd’hui dans des romans et des films à succès. Et même la malédiction de Toutankhamon, surgie après la mort de plusieurs archéologues ayant pénétré dans les tombes des pharaons, fut attribuée à leur pouvoir maléfique.

 

Dans le Nouveau Monde aussi, elles étaient redoutées et adorées. On trouve chez les Mayas des représentations de Camazotz, ce seigneur des chauves-souris, maître de la pénombre et assoiffé de sang.

 

Mais, dans ce continent, les hommes ont des raisons de les craindre, car les chiroptères d’Amérique comptent trois espèces hématophages : du Mexique au Chili et au Nord de l’Argentine, elles s’attaquent aux petits animaux, et même au bétail. Grâce à leurs incisives acérées, elles leur infligent des morsures par où s’écoule le sang dont elles se nourrissent en le léchant (et non pas en le suçant) d’autant mieux que leur salive a des propriétés anticoagulantes. Ce faisant, elles peuvent transmettre la rage aux troupeaux. C’est pourquoi les paysans cherchent à les détruire en brûlant et dynamitant les grottes où se trouvent leurs gîtes.

 

En Europe, la modification des espaces ruraux, l’utilisation des insecticides et des pesticides depuis des décennies (destruction des insectes, imprégnation des charpentes) provoquent des empoisonnements directs ou indirects. Leur nombre se raréfie. C’est pourquoi elles sont classées comme « vulnérables » et désormais protégées par des lois (statut de protection de la faune, voir ICI.

 

La suite ICI 

Covid-19

Le nouveau coronavirus serait présent dans la chauve-souris depuis au moins 40 ans ICI 

 

Une équipe de chercheurs internationaux suggère que le SARS-CoV-2 qui cause la pandémie circule chez la chauve-souris depuis plus de 40 ans.

Laboratoire, pangolins, chauve-souris ou une combinaison des deux… La question de l’origine du coronavirus continue d’attiser la curiosité des chercheurs du monde entier. Une énigme d’autant plus difficile à résoudre que les coronavirus ont la faculté de se recombiner, rendant l’identification de son origine compliquée. Les chercheurs ont dû reconstruire l’historique de ces recombinaisons pour comprendre le cheminement du virus et de ses évolutions. Ils ont publié leurs résultats mardi 28 juillet dans la revue Nature Microbiology.

Revenons à ma question-titre :

 

 

Le 7 décembre 1941, Lytle S. Adams, un dentiste de 60 ans originaire de Pennsylvanie, alors en vacances, visite le parc national des grottes de Carlsbad. Situés dans les montagnes Guadalupe, au Nouveau-Mexique, ces grottes abritent des milliers de chauves-souris.

 

Sur le chemin du retour, il apprend l'attaque de Pearl-Harbor. Adams, à l'origine de plusieurs idées originales et novatrices, imagine un plan d'un nouveau genre, dans lequel les chauves-souris joueraient le rôle principal. Partant du fait qu'un très grand nombre d'habitations et de bâtiments japonais sont fabriqués en bois et en papier, ce qui les rend particulièrement inflammables, et sachant que les chauves-souris ont pour caractéristique de nicher dans tous les recoins des villes, il est persuadé qu'un grand nombre d'elles, porteuses de petites bombes incendiaires, pourraient réduire en cendres une agglomération en un temps record. Adams étudie ces mammifères et constate qu'ils peuvent emporter une charge équivalente à trois fois leur poids. De plus, ces créatures ont l'avantage d'hiberner – période durant laquelle ils n'ont besoin ni d'être nourris, ni d'être entretenus –, de voler dans l'obscurité et d'être présentes en très grand nombre sur le territoire national.

 

CM2 Dolomieu

 

Lytle Adams projette de recueillir un million de chauves-souris en phase d'hibernation, de fixer sur leur dos des micro-charges incendiaires à allumage programmé, de placer un millier d'entre elles dans une bombe factice à alvéoles et de créer des milliers de ces bombes. Ces bombes seraient ensuite transportées par avions et larguées de nuit au-dessus du Japon. Avec l'aube, les mammifères se cacheraient dans des endroits sombres – les greniers notamment. Les micro-charges seraient mise à feu peu après le lever du soleil. La ville ciblée s'enflammerait alors.

 

Le 12 janvier 1942, Adams envoie son projet à la Maison-Blanche. Il est ami avec Eleanor Roosevelt la femme du président.

 

« Cet homme est loin d’être un imbécile, aurait commenté Roosevelt. C’est une idée complètement folle mais qui vaut la peine qu’on s’y intéresse. »

 

Roosevelt donne le feu vert au projet et recrute Adams.

 

Louis Fieser, l'inventeur du napalm, est chargé de concevoir des engins incendiaires de taille réduite destinés à être fixés sur les chiroptères. La Commission nationale de recherche pour la défense est chargée de coordonner et d'enquêter sur la faisabilité d'un tel projet. Après une année d'études, en mars 1943, les chercheurs présentent leurs conclusions. L'US Air Force est suffisamment impressionnée pour donner l'autorisation de commencer les essais.

 

À cette occasion, le projet prend le nom de "X-Ray", et les militaires sont chargés de localiser les principaux foyers de chauves-souris au Texas, d'en capturer des milliers avec des filets et de mettre au point un conteneur en forme de bombe à alvéoles à 26 plateaux, à 40 compartiments chacun, pouvant accueillir 1040 chauves-souris en hibernation – celles-ci ayant été préalablement placées dans des bacs à glaçons réfrigérés. Après son largage, la bombe est ralentie par l'ouverture automatique d'un parachute, atténuant ainsi la pression et assurant une bonne séparation des plateaux après largage des parois, afin de permettre aux volatiles de se réchauffer, de se réveiller et de prendre leur envol dans de bonnes conditions.

 

Des essais sont pratiqués dans le désert la suite ICI 

Pendant l'année suivante, 2 millions de dollars (l'équivalent de 25 millions de dollars selon la valeur courante), furent dépensés pour tester la théorie d'Adams. (...) L'armée pensait que les bombes chauves-souris pouvaient en effet fonctionner.»

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 06:00

 

Je viens de lire « L'Inconnu de la poste » de Florence Aubenas.

 

L'Inconnu de la poste

 

Le titre ci-dessous résume tout, je n’aurai pas l’outrecuidance de mettre mon grain de sel même si je reste un peu dubitatif sur la narration édifiante de Florence Aubenas, sur le modèle d'un nouveau journalisme littéraire à la française… J’en reste à Truman Capote…

 

Lisez-le !

« L’Inconnu de la poste » de Florence Aubenas fait briller les critiques du Masque & la Plume ICI 

 

par France Inter publié le 1 mars 2021 

 

Après "La méprise : l'affaire d'Outreau" et "Le Quai de Ouistreham", la grande reporter se plonge dans un fait-divers, l'histoire d'un crime dans le village de Montréal-la-Cluse il y a 7 ans. Un livre qui a conquis à l'unanimité les critiques, profondément touchés par la narration édifiante de Florence Aubenas.

 

CRITIQUE

« L'Inconnu de la poste » : meurtre en terre de France ICI 

Dans son nouvel opus aux allures de roman noir, Florence Aubenas passe au scanner un tragique fait divers de 2008 : l'assassinat d'une postière d'un village de l'Ain, pour lequel l'acteur Gérald Thomassin fut longtemps considéré comme suspect numéro un. Une enquête fouillée et sensible, modèle d'un nouveau journalisme littéraire à la française.

 

Par Philippe Chevilley

 

Publié le 15 févr. 2021

 

A quoi reconnait-on une « non-fiction » réussie ? A ce qu'elle a l'allure d'une fiction. Elle nous embarque, grâce à sa qualité littéraire, à son aptitude à raconter le monde au-delà du fait de société ou du fait divers. Le nouvel opus de Florence Aubenas est de cette eau. « L'Inconnu de la poste » a tellement l'air d'un roman noir qu'on hésite à en résumer l'intrigue, de peur de s'attirer les foudres du lecteur. Pourtant l'affaire qu'elle retrace a fait la une de plusieurs journaux pendant des années.

 

Catherine Burgod-Arduini (en haut à gauche) a été tuée de 28 coups de couteau à la poste de Montréal-la-Cluse le 19 décembre 2008. Depuis, Gérald Thomassin, qui s'apprêtait à bénéficier d'un non-lieu, a disparu et Florence Aubenas a écrit un livre à succès sur ce qui reste un mystère. Photo DR/Progrès/AFP

 

« L’Inconnu de la poste », de Florence Aubenas : du coupable idéal au faux coupable ICI 

Critique 

 

Florence Aubenas explore les zones d’ombre d’un fait divers dans l’Ain et signe un roman-vrai d’atmosphères, à la Simenon, dans la France d’aujourd’hui.

 

  • Jean-Claude Raspiengeas, le 10/02/2021

 

Dans ses reportages comme dans ses enquêtes, Florence Aubenas (Le Quai de Ouistreham) aime flairer dans les recoins obscurs d’une France délaissée. Ce fait divers, avec ses zones d’ombre, condense ses centres d’intérêt. Une décennie de fiascos, une unité d’élite, cinq juges d’instruction successifs, deux mis en examen relâchés, un troisième qui tombe du ciel… Avec méthode et empathie, Florence Aubenas s’attache à tous les personnages sans les juger, et leur rend leur humanité. Elle fore un mystère qui ne cesse de s’épaissir dans un village où tout inconnu est un étranger, scanné de la tête aux pieds, où traînent des marginaux à la dérive. Un roman-vrai d’atmosphères, à la Simenon, dans la France d’aujourd’hui.

 

Disparition de l'acteur Gérald Thomassin, suspecté de meurtre: une enquête  ouverte pour "enlèvement" - RTL People

Récit

L'Inconnu de la poste Florence Aubenas

 

 On aime passionnément

 

Autour du fait divers criminel qui impliqua l’acteur Gérald Thomassin en 2008, la journaliste construit un récit sensible et captivant.

Éd. de L’Olivier, 240 p., 19 €.

Nathalie Crom

 

Ce scrupuleux et tenace travail d’enquête, Florence Aubenas en voile à dessein l’impressionnante méticulosité, en le fondant dans un récit grave et captivant, essoré de tout lyrisme, et où elle s’abstient d’apparaître — à l’exception du bref préambule —, narratrice omniprésente autant qu’invisible, s’effaçant derrière les protagonistes : le bouleversant Thomassin, ses compagnons de dèche Tintin et Rambouille, le père de Catherine Burgod, des gendarmes, des avocats… Des voix, des points de vue, des destins ancrés dans un paysage gris et entêtant — une vallée jurassienne précarisée et morose, vouée à l’industrie du plastique — dont Florence Aubenas fait bien plus qu’un décor : une atmosphère, à laquelle elle octroie parfois le premier rôle.

 

 

« Chaque chose est à sa place, mais tout est éclaboussé de sang » : les extraits du dernier livre de Florence Aubenas

Après quelques années de prison, l’acteur Gérald Thomassin a bénéficié en juillet 2020 d’un non-lieu pour le meurtre d’une postière, survenu douze ans plus tôt dans une commune de l’Ain. Florence Aubenas, grand reporter au « Monde », reconstitue ce fait divers dans « L’Inconnu de la poste », aux éditions de l’Olivier.

Par Florence Aubenas

Publié le 07 février 2021

 

Bonnes feuilles. Au centre du Haut-Bugey, une courte bande de terre se faufile entre les montagnes et permet de relier la France à la Suisse sans grimper sur les sommets. Pour qui s’y arrête, le premier saisissement, c’est un lac au milieu des à-pics. Il est plutôt petit, mais d’un bleu pas comme ailleurs, on le dirait intact, donnant à chacun l’impression d’être le premier à le découvrir.

 

Ce sentiment est d’autant plus vif que nul ici ne semble en faire grand cas. Le chemin de fer et la voie rapide ceinturent ses berges, avec ici une station-service, là un parking déprimant. Mais l’endroit est trompeur, d’une fausse innocence. Vous n’êtes pas là où vous croyez. Le lac de Nantua n’a rien d’une beauté cachée. Disons peut-être une beauté délaissée. Longtemps, il fut l’étape en vogue sur la route de Genève ou de l’Italie. Dans ses carnets de voyage, à l’été 1832, Alexandre Dumas se répand en pages flatteuses sur ce « lac bleu saphir », « comme un joyau précieux », etc. Plus tard, Edith Piaf, Louis Aragon ou l’Aga Khan ont eu leurs habitudes à l’Hôtel de France et au Belle-Rive, qui faisait aussi cabaret. Fernand Raynaud achetait ses Borsalino chez le chapelier de la rue du Collège, là où une mercière tente désespérément aujourd’hui de revendre son commerce.

 

Dans les années 1970, la construction de l’autoroute a mis en place le contournement du lac, et donc son abandon. Le dernier palace vient d’être transformé en appartements. Seuls rescapés de sa splendeur passée, les homards gravés sur les vitres de ce qui était jadis le restaurant. Une des nouvelles locataires aurait été incapable de situer Nantua sur la carte de France avant de venir s’y installer. Elle ignorait même que ce nom désignait une ville, croyant qu’il s’agissait seulement d’une sauce, « la sauce Nantua, vous savez, celle qu’on servait autrefois dans les banquets, épaisse et rose comme la porcelaine pour salle de bains ». Elle n’en repartirait plus. On ne quitte pas facilement le coin. Un jour, on voudrait aller voir ailleurs, mais c’est trop tard : quelque chose vous a attrapé ici et ne vous lâche plus. Vous restez.

 

« Bien que la haute saison démarre, Gérald Thomassin n’a aucun mal à trouver une place au camping de Port, près de Montréal-la-Cluse »

 

Donc ça commence au bord de ce lac, un jour d’été 2007, le 27 juin exactement. Bien que la haute saison démarre, Gérald Thomassin n’a aucun mal à trouver une place au camping de Port, près de Montréal-la-Cluse, un gros village en face de Nantua, sur l’autre rive. Mireille, la patronne, se souvient qu’il portait malgré la chaleur un coquet chapeau de feutre, des gants et un manteau mi-long, en cuir noir. Il lui tend ses papiers. 33 ans, 1,70 m, 52 kilos. Domicilié à Rochefort.

 

Une femme l’accompagne, un peu plus âgée, Corinne. La veille, on les a vus dormir dans une Renault Kangoo grise sur le parking du cimetière, à la sortie de Montréal-la-Cluse, là où commence la montagne. Maintenant, ils dressent leur tente sur l’adorable pelouse du camping. A vrai dire, ils n’en possédaient pas en arrivant. Ils sont partis l’acheter quand la patronne a refusé de les laisser dormir allongés dans l’herbe, au milieu des caravanes.

 

Le camping accueille des habitués, les mêmes chaque année, de génération en génération. On s’invite à boire l’apéritif, on partage le jambon au chablis et le gratin, spécialité de la maison. Des barques aux couleurs vives se dandinent sur l’eau au bout de leur chaîne, dans une gaieté naïve de vacances. La plage est à côté, au creux d’une anse que prolonge un ponton gentiment désuet. Tout l’été, les dames des villages déploient serviettes et paniers chaque jour au même endroit, bataillant avec les touristes qui empiéteraient sur leur territoire. Quoi d’autre ? Rien. C’est pour ça qu’on vient.

 

« La poste doit garder un rôle social, elle aime le répéter. On est humain, il faut aider, on est le service public, n’est-ce pas ? »

 

Personne n’a jamais vu Thomassin dans l’eau, ni même en maillot de bain. Les jours et les nuits, il les passe avec quelques gamins du camping, collé devant des jeux vidéo, à écluser des bières. C’est durant ce même été 2007 qu’il pousse la porte de la grande poste, à Montréal-la-Cluse. La conseillère financière remarque d’abord son allure. Sur ses vêtements, rien à dire, elle note même une certaine recherche. Pourtant, quelque chose cloche, elle ne saurait dire quoi. Un marginal, sans doute, ils débarquent dans les campagnes maintenant, moins que dans les grandes villes, bien sûr, mais on en voit passer au bord du lac, des jeunes, l’été surtout.

 

A l’agence, la conseillère a déjà reçu un type avec un bouledogue, un autre avec un rat. Parfois, elle s’arrange pour débloquer les quelques euros nécessaires à maintenir ouverts les comptes les plus tendus. La poste doit garder un rôle social, elle aime le répéter. On est humain, il faut aider, on est le service public, n’est-ce pas ? Thomassin lui annonce qu’il souhaite s’établir à Montréal et ouvrir un Livret A. Il ne semble pas saoul, mais elle lui trouve une odeur d’alcool. Ou alors est-ce une impression, à cause de ce manteau de cuir noir qui suffit à le désigner comme un étranger ? Le genre de client pénible qui vient, jour après jour, retirer trois sous sur son compte jusqu’au prochain versement des allocations. Elle en est sûre. A force, elle les repère.

 

Sur le formulaire, à la case « profession », elle le voit écrire « acteur ».

 

Elle n’a pas sursauté, l’habitude professionnelle. Une vedette ? Lui ? Comme Robert Lamoureux qui faisait sensation en descendant de sa décapotable en slip panthère ? Ou Charles Aznavour qui signait des autographes à la charcuterie de Montréal, quand il s’arrêtait acheter du pâté maison ? Encore un mythomane, elle pense. Mais Thomassin s’est déjà lancé, volubile, énumérant les tournages. Les anecdotes et les grands noms défilent, il parle d’une voix douce, pas désagréable. Il roule délicatement une cigarette, manque l’allumer, puis la range, s’excusant poliment. Plus rien ne l’arrête désormais, il raconte le film qu’il vient de terminer, il y a quelques semaines. Il tenait le rôle principal, sous la direction de Jacques Doillon. Est-ce qu’elle connaît Jacques Doillon ? Son cachet était de 20 000 euros, enfin 17 339 exactement, il précise. Il serait incapable de dire où ils ont filé en deux mois. Ses histoires s’étirent, filandreuses, pleines de détails enchevêtrés. Il est même question d’un César du jeune espoir qu’il aurait gagné au début de sa carrière.

 

« On en vient à ses revenus. Très naturel, il déclare toucher le RMI. Elle en était sûre : tout ce baratin pour en arriver là »

 

Elle se dit : ça y est, il délire. Elle le dévisage maintenant : des yeux possiblement verts, des cils épais. Elle ne peut s’empêcher de lui trouver quelque chose de profond dans le regard. La drogue, peut-être ?

 

On en vient à ses revenus. Très naturel, il déclare toucher le RMI.

 

Elle en était sûre : tout ce baratin pour en arriver là. Dès qu’il quitte l’agence – enfin ! –, la conseillère saute sur Internet. C’est vrai qu’il est acteur, elle le reconnaît sur un site spécialisé. Sa biographie recense plus d’une vingtaine de rôles, un tournage par an pour le cinéma ou la télé. Et le César non plus n’est pas une fable : il l’a gagné en 1991. Elle n’en revient pas. Tout serait vrai, et pourtant elle n’arrive pas à y croire. Pourquoi connaît-elle le nom des autres comédiens dont il a parlé et pas le sien ? De toute manière, qu’est-ce qu’un artiste viendrait chercher aujourd’hui sur les rives du lac de Nantua ?

 

Au camping, les vacanciers se plaignent de Thomassin. Certains commencent à en avoir peur. Le 14 juillet, il a tiré un coup de fusil en l’air. Un autre soir, emporté par un jeu vidéo, il a brisé son ordinateur en hurlant, comme un cavalier crève sa monture sous lui. C’était le seul objet qu’il s’était acheté avec l’argent de son dernier film. Son amie Corinne repart dans sa Kangoo grise. Trop de bruit, trop d’alcool, trop de disputes. Mireille, la patronne du camping, finit par lui demander de s’en aller aussi. Elle suppose qu’il a dû quitter la région, mais un samedi soir de septembre, à la messe de Montréal-la-Cluse, elle sursaute. Thomassin est là, agenouillé, à quelques bancs d’elle. On dirait qu’il prie. Il a emménagé dans le vieux village quelques jours plus tôt.

 

« Montréal-la-Cluse est devenu un bourg ouvrier, mais le temps s’y écoule toujours comme à la campagne, entre la maison et le jardin »

 

Cette partie-là du bourg garde son jus de campagne. Longtemps, il y eut des vaches, une rivière, une comtesse dans son château, qui semble parfois y être encore. Une venelle étroite se tortille à flanc de montagne, où les voitures se croisent à peine : c’est la rue principale qui passe devant l’église, puis débouche sur une placette avec une belle fontaine où les bêtes se relayaient pour boire. Les maisons se serrent les unes contre les autres, presque toutes semblables. On entre par ce qui était l’écurie, les animaux se tenaient en bas, le foin en haut. Derrière, vient la cuisine, servant à tout. Du linge claque sur un fil, les bûches coupées s’alignent en tas sous des bâches blanches. Les potagers finissent au ras des prés, les limites du village se fondent dans le paysage, la plaine et le lac d’un côté, la montagne et les sapins de l’autre. S’occuper du bois, savoir conduire très vite sur la neige ou éviter de nuit un sanglier garde ici tout son sens.

 

L’industrie du plastique fait maintenant vivre la région, des usines en chapelet, petites ou grosses, s’égrènent sur une vingtaine de kilomètres. La « Plastics Vallée », annoncent triomphalement les panneaux sur l’autoroute, premier pôle européen du secteur. Montréal-la-Cluse est devenu un bourg ouvrier, mais le temps s’y écoule toujours comme à la campagne, entre la maison et le jardin.

 

Thomassin a loué un studio dans une bâtisse ancienne près de la fontaine, deux étages, quatre petits appartements occupés en général par des gens sans grands moyens. « Des cas sociaux », commente un agent immobilier. Il l’a baptisée la « maison des catastrophes ».

 

« Au fond, elle n’est pas mécontente qu’un des locataires se révèle plus démuni qu’elle »

 

Le logement de Thomassin est au sous-sol, une sorte de cave, à laquelle on accède aussitôt après l’entrée. Il faut ensuite descendre trois marches pour pénétrer dans une pièce qu’éclaire péniblement un soupirail au ras du trottoir.

 

Depuis sa fenêtre, la voisine du premier étage le regarde vadrouiller, faire hurler sa musique, remonter les ruelles en parlant tout seul, une canette à la main, ses cheveux bruns très courts plaqués sur la tête. Ici, personne ne fait ça. Parfois, quand la voisine cuisine, il se coule sur son palier en reniflant comme un chat. « Ça sent bon », il dit. Alors, elle lui prépare « son » assiette, c’est devenu une habitude entre eux, du riz, des patates, du poulet, des plats du Cap-Vert, son pays à elle. Avec son mari, elle est arrivée il y a trente ans pour le travail, ouvriers dans le plastique, comme tout le monde.

 

Elle regarde Thomassin engloutir sa gamelle sous les photos de famille et les chromos éclatants des îles, où des Jésus s’arrachent le cœur de la poitrine. Au fond, elle n’est pas mécontente qu’un des locataires se révèle plus démuni qu’elle.

 

C’est en face que se trouve la petite poste, la seconde agence de Montréal-la-Cluse. (…)

 

[La responsable de cette agence est une femme de 41 ans, Catherine Burgod, mère de deux enfants, dont une fillette de 8 ans. En instance de divorce, elle attend un enfant de son nouveau compagnon. Ce matin-là, le 19 décembre 2008, elle arrive en voiture avec sa fille, qui s’apprête à aller à l’école.]

 

Catherine Burgod se gare à sa place habituelle, devant chez son père, au début de la rue des Granges. A midi, elle déjeunera avec lui, comme tous les lundis, jeudis et vendredis. S’il le décide, ils iront au Charron, en face de la mairie. Depuis des années, sa table lui est réservée chaque jour dans la deuxième salle, celle avec les nappes en tissu et plusieurs verres devant les assiettes.

 

La poste n’est plus qu’à quelques mètres, de l’autre côté de la fontaine. Un écolier aperçoit la mère et la fille, il reconnaît la Petite, qui lui semble marcher sur la pointe des pieds pour éviter la neige, amassée en croûte dure le long du trottoir. Elle a 8 ans.

 

8 h 24 et 31 secondes : l’alarme de l’entrée est désactivée. Les volets s’ouvrent, la lumière s’allume, le coffre est déverrouillé dans la salle de repos. Un des ordinateurs entre en fonctionnement à 8 h 32. Dans la salle derrière, la Petite chipote son pain au chocolat, puis quitte l’agence pour prendre le car scolaire à 8 h 40, sur le parking de l’école maternelle, cinquante mètres plus bas. La bande de copines [de Catherine Burgod] ne devrait pas tarder à débarquer. Ça sent déjà le café.

 

« Rien ne bouge de l’autre côté de la cloison. L’un finit par crier : “Y a quelqu’un ?” Le silence retombe »

 

Ce jour-là, le premier à entrer dans la poste est ébéniste, venu en bermuda malgré la neige, le temps de récupérer un paquet, le cadeau de Noël pour sa mère. Il est 9 h 05. Le bureau est ouvert, parfaitement en ordre, mais vide et silencieux. Au milieu de la pièce, il ne voit que le chien de Catherine Burgod, un bichon blanc, parfumé et toiletté comme un milord. Blague des copines : qui des deux, d’elle ou du petit chien, est le plus pomponné ? Pour attirer l’attention, l’ébéniste risque quelques toussotements d’usage. Le bichon le regarde, puis trotte vers la porte qui sépare le bureau de la salle de repos. Il la pousse du museau, à peine, juste un filet qui laisse entrevoir la lumière allumée. Le chien n’aboie pas, tranquille. Une dame entre à son tour dans l’agence, la secrétaire du cabinet médical à côté, qui vient pour un recommandé. On se salue entre voisins et, d’un même mouvement, tous deux lèvent la tête vers l’horloge.

 

9 h 07. Le jour devrait se lever, mais les nuages continuent de plomber l’horizon. Dans la poste, l’ébéniste et la secrétaire médicale parlent de plus en plus fort, volontairement. Rien ne bouge de l’autre côté de la cloison. L’un finit par crier : « Y a quelqu’un ? » Le silence retombe. Résolument, le bichon s’est campé devant la porte entrebâillée. L’ébéniste se décide à approcher. Lorsqu’il frappe, elle s’écarte toute seule. Le petit chien a bondi à l’intérieur de la salle de repos. Sur la table, il y a la tasse de café de Catherine Burgod avec la cuillère dedans, son paquet de Marlboro, un journal de mots fléchés ouvert et le crayon posé avec soin par-dessus. Sa chaise est à peine repoussée, comme si elle s’était levée tout naturellement. Chaque chose est à sa place, pas un papier n’a bougé, mais tout est éclaboussé de sang, une pluie de sang jusque sur les dessins d’enfants au mur, la vaisselle dans l’égouttoir, le pardessus en laine rouge ou le numéro du magazine Closer sur le guéridon qui proclame : « Alice : elle a déjà oublié Mathias. »

 

Le petit chien s’est assis à côté de Catherine Burgod. Elle gît entre l’évier et le coffre, dans une nappe de sang.

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 08:00

White Sands National Park : Meilleurs parcours | AllTrails

 

 

 

Dans le cadre de l’école à domicile je propose à nos moutardes et lardons confinés ce petit texte de Richard Morgièvre extrait de Cimetière d’étoiles, page 245-246, chapitre La caravane.

 

 

Le ciel était blanc tel le désert de White Sands, cet immense champ de yaourt qui se perdait au Nouveau-Mexique. Là-bas, à Alamogordo, ils avaient fait péter la première bombe atomique en juillet 45. « Trinity » qu’elle  s’appelait. En 61, ils avaient envoyé dans l’espace un sous-homme. Un chimpanzé moins cher qu’un chicano. En ce moment les militaires rachetaient des terres aux ranchers pour agrandir l’aérodrome de Fort Bliss, voisin d’El Paso. Un jour, il y aurait des barbelés de partout et on ne pourrait plus venir ici pour enterrer un proche un peu chiant ou une auto-stoppeuse dans les trous creusés par l’El Paso Electric Co au début des années cinquante.

 

La compagnie de distribution d’électricité avait programmé l’installation d’une ligne à haute-tension avant de laisser tomber. Restaient les trous de six pieds de circonférence et de profondeur. On pouvait y caser un gars assis avec un très, très gros cul. On recouvrait de yaourt et c’était terminé. Ces trous, les initiés les appelaient les « tapettes à souris ». La plupart avaient un fond en béton avec des fers à béton qui en dépassaient. Pas de fromage, d’accord, mais c’était très dangereux quand même. Surtout quand les tapettes à souris étaient plus ou moins recouvertes des virevoltants. Il leur arrivait de faire du surplace au-dessus des trous pour d’obscures raisons physiques. Il y a de ça six mois, on avait retrouvé par hasard un « dos mouillé » en train de racornir dans une des tapettes à souris. Il était tombé dedans et y était resté, un fer à béton enfilé dans la cuisse. Il était mort en tenant un virevoltant par la main – c’est ainsi qu’il était monté en enfer.

 

Ce texte leur permettra :

  1. 1- D’identifier le désert de White Sands ICI et situer la ville d’El Paso.  

 

    1. États-Unis, la frontière avec le Mexique grince à El PasoVilles frontières : « El Paso », porte close sur le « rêve américain » –  International | L'Opinion
  1.  
  2. 2- De découvrir le nom de la première bombe atomique US «Trinity » ICI
  3.  
  4. Comment Kodak a détecté la première bombe nucléaire secrètement testée aux  États-UnisBombes Psychiques NSA
  1. 3- De rechercher ce qu’est à la frontière mexicaine un « dos mouillé» ICI 

Libération.fr – Frontière mexicaine : l'Amérique en ligne de mur

 

 

Depuis des décennies, des migrants discrets — que l’on appelle « wet backs » ("dos mouillés") parce qu’ils traversent à la nage le fleuve frontière Rio Bravo — entrent clandestinement aux Etats-Unis. Ils viennent surtout du Mexique et de l’Amérique centrale, fuyant la misère, toujours, et parfois aussi les guerres locales (El Salvador). Une police américaine, la célèbre Border Patrol, spécialement équipée et entraînée à la surveillance des frontières, traque sans cesse ces malheureux clandestins qui, sans cesse également, retraversent la limite qui les sépare du « pays de l’abondance ».

 

virevoltant-kalitouffe

  1. 4- De découvrir ce que sont les virevoltants
  2.  

 

Les virevoltants, des plantes qui roulent au vent ! ICI 

 

Qui connaît ce drôle de nom et son sens ? Il désigne des plantes dont l’ensemble des parties aériennes, une fois fructifiées et desséchées, se détachent d’un bloc au ras du sol (la racine reste donc en terre) et se mettent à rouler, à culbuter en tous sens sur le sol, à rebondir de proche en proche, dès que le vent souffle. Virevoltant dérive du verbe virevolter (s’agiter en tous sens de manière légère) lui-même issu d’un verbe désuet virevouster qui signifiait, pour un cavalier, tourner autour de son cheval pour essayer de l’enfourcher. Les américains les appellent les tumbleweeds (les herbes qui roulent) et elles restent étroitement associées aux rues désertes des cités fantômes du far West, battues par le vent, et où elles se bousculent en tous sens.. image récurrente des westerns spaghettis !

 

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 06:00

Octobre 17 Patrick Rotman et le dessinateur Benoît Blary

Heureux chroniqueur que je suis d’avoir un fidèle lecteur comme Jean Pierre Glorieux, la preuve par l’écrit. 

 

Suite du titre : Sept années durant cet allemand a travaillé à la ferme renouvelant chaque année l'engagement. Mais la nostalgie, l'envie de revoir le pays font qu'un matin la chambre est vide, « Kurt a filé à la cloche de bois » commenta mon père.

 

Un gars sympa, généreux qui nous installait le sapin à Noël et émerveillés, nous chantions  " Ô Tannenbaum" dans sa langue.

 

 

O Tannenbaum, O Tannenbaum,

 

Wie treu sind deine Blätter.

 

Du grünst nicht nur zur Sommerzeit,

 

Nein auch im Winter wenn es schneit.

 

O Tannenbaum, O Tannenbaum,

 

Wie grün sind deine Blätter!

 

 

Mon beau sapin, roi des forêts

 

Que j'aime ta verdure!

 

Quand par l'hiver, bois et guérets

 

Sont dépouillés de leurs attraits

 

Mon beau sapin, roi des forêts

 

Tu gardes ta parure.

 

4 zones d'occupation pour l'Allemagne et Berlin

Les Sirènes de Berlin 

                                                                         

                                                                                     Zone soviétique Berlin 22 février 1953

 

                                                                                         

 

La foule est canalisée par des barrières métalliques. Fusil à l'épaule, les sentinelles russes font les cent pas. Trois civils en long manteau sombre coiffés d'une chapka contrôlent les passagers débarquant du Paris Francfort Berlin en zone soviétique.

 

L'horloge là-haut indique 9 heures. Kurt qui a envie d'un café doit d'abord passer au bureau de change, car il a omis de changer ses francs pour des marks hier midi en Gare de l'Est. Au fond de sa poche un ticket de métro troué et la dernière lettre contenant la photo de «sa fiancée» qui ne devrait pas tarder à arriver au rendez-vous, précisément sous cette grosse horloge.

 

Il tend ses papiers à l'un des trois types qui les garde pour « examen complémentaire ».

 

  • Tu es seul, tu viens de Paris ? 

 

  •  Oui, enfin à côté ; j'ai rendez-vous juste là-bas avec cette personne …

 

 Kurt sort la photo d'une accorte femme souriante en chemisier clair, cheveux remontés sur la nuque et collier de perles. 

 

  •   C’est elle, ma fiancée !...

 

Le type regarde puis amusé, adresse un clin d'œil à l'un de ses collègues qui commente en russe :

 

  • A mais celle- là on la connaît bien, c’est notre petite sirène …! Viens, tu vas nous suivre au bureau d'enregistrement.

 

Un militaire entrouvre la barrière et les escorte sur la cinquantaine de mètres les séparant du dit bureau. On prie notre voyageur de déposer son bagage. Un comptoir en marbre encombré de sacs et valises ouverts, des femmes allemandes posent des questions et mettent de côté divers objets extraits avec circonspection. Derrière elles, leur chien tenu en laisse, quelques sentinelles vêtues de gris et casquées. Ce nouveau casque de la jeune Armée Populaire rappelle vaguement celui que portait Kurt lors de son séjour en France, avant le sinistre épisode d'Août 1944 vers Chambois en Normandie, là où il s'était rendu, terrassé par la peur et la faim.

 

La peur, dans cette meule de foin en plein milieu d'un pré où vaches et veaux broutaient sous les pommiers, partant au galop quand surgissaient les Spitfire au ras des haies.

 

Nuitamment, il avait réussi à chaparder le pantalon, la chemise et le béret suspendus sur un fil dans un jardin proche puis avait roulé en boule cet uniforme vert de gris détesté, au creux d'un fossé.

 

Après réflexion, il y avait ajouté son Mauser, inutile sans munitions …

 

Kriegschmutz ! Saloperie de guerre !

 

Caché au creux de cette meule, il entendait parfaitement les chars américains sur la route proche, les tirs saccadés suivis des cris de ses camarades qui se rendaient, mains sur la tête à des soldats aussi jeunes qu'eux-mêmes.

 

La nuit, furtif, il se rendait à l'étable, buvait le lait trait dans la gamelle du chien ; au poulailler il trouvait quelques œufs, prestement emportés dans son nid de foin odorant.

 

Une chouette lançait son cri aigre et dans les moments d'accalmie on percevait le chant des grenouilles venant de la mare proche.

 

Au matin du 4 ème jour, n’y tenant plus, Kurt traversa l'herbage, ignorant le chien hirsute en quête d'une caresse (ils se connaissaient.)

 

Sursautant, la fermière avait laissé tomber le seau dans la litière s'exclamant :

 

-Mais qu'est-ce donc qui vous amène  à c't'heure au cul de mes vacques ??

 

-Krieg Vorbei  ….....Maintenant guerre finie …. ! avait-il répondu levant les mains  et faisant quelques pas vers la femme.

 

-Allemand ?? Deutsch Soldat ? demanda -t-elle ? 

 

Elle réfléchit un instant. « Komm ...manger et laver à la maison... ! »

 

 -Gut ….Danke sehr     Bien ...Merci beaucoup ….....

 

Il répondit à son sourire, l’aidant à porter le bidon de lait vers la laiterie proche.

 

Devant un bol de café au lait, il fit comprendre aux enfants que combattre ne l'intéressait plus et qu'il souhaitait sortir vivant de cet enfer. La fermière appela son aînée et lui tendit un courrier écrit à la hâte :

 

-Ma Jacotte, vas vite porter ce message au maire...tu passes par derrière et si des américains t'arrêtent, dis leur que je suis malade ...Allez file… !

 

  Berlin 9h30   bureau d'enregistrement.

 

- Ouvre-moi cette valise ! »  Ordonna la femme;

 

Kurt s’exécute.

 

-Oh les amies mais regardez-moi ça ! Une épicerie ambulante : chocolat, café, oranges, des crayons Bic et des pelotes de laine. Tu viens de France mon garçon  ? Poursuivant sa recherche ... Et pas de Cognac ? Non pas de Cognac !

 

A ces remarques l'un des gardes s'approche et saisit une orange qu'il mord à même l'écorce provoquant le rire de la femme et de ses collègues. Saisissant ces trésors, elle les dépose dans différentes caisses  sur les étagères proches, y ajoutant la paire de chaussures neuves achetées la veille.

 

Les trois sbires, témoins de la scène signifient à la femme que la fouille doit s'achever. Kurt est conduit dans un bureau, un officier de police allemand le prie de s'asseoir.

 

Monsieur Kurt Schneider né à Dresden en 1915; vous avez servi en Espagne en 1936 puis en France dès 1943 comme auxiliaire de santé.... Exact ?

 

-Exact Herr Offizier !

 

-Avant la guerre que faisais-tu ?

 

-Tailleur dans un atelier de confection à Dresden 

 

-Propriété d'un Juif je suppose, as-tu des contacts avec ta famille ?  

 

-Non aucun depuis 1944, je servais à Brest en Bretagne 

 

-Oui merci je connais, j’étais dans les sous-marins à Lorient

 

-As-tu adhéré au Parti National Sozialist ?

 

-Non jamais, j'étais communiste en 1934. Herr Offizier

 

-Kamarade Offizier s'il te plaît…!

 

-En France tu as été fait prisonnier en quelles circonstances et pourquoi reviens-tu 8 ans après la fin de la guerre ??

 

-Je me suis engagé chez un agriculteur victime de guerre, on m'a bien traité et j'ai renouvelé mon contrat plusieurs fois mais j'avais le mal du pays ...Après avoir reçu les lettres de cette veuve allemande j'ai décidé de rentrer pour fonder une famille et être utile à ma patrie Euh ….Savez-vous si je pourrai bientôt...

 

-Halt ! Ici c'est moi qui pose les questions …. Compris ?!

 

 Il appelle son assistant que l'on entend taper à la machine dans le bureau voisin, celui-ci entre et lui remet un dossier. L’officier relit en silence, tend un stylo à Kurt : c’est ta déclaration de « Volontaire au Service de la Patrie et des Pays Frères», tu signes là en bas avec mention lu et approuvé. Voici le double à présenter au responsable du camp.

 

-Messieurs veuillez accompagner le Kamarade Schneider vers sa destination.

 

Ils repassent sous l'horloge. Kurt ne cherche point la jeune veuve, pure création de la police politique. Ils marchent silencieux le long du transsibérien ; il reste des places dans le wagon de tête aux rideaux tirés.

 

A chaque extrémité du couloir des gardes parlant russe fument en riant ; sur le quai il sent l'odeur du café vendu par une pauvre femme. Un des hommes à la chapka en commande à la vieille, Kurt offre son paquet de gauloises entamé à la femme, saisit le gobelet de café et monte déposer sa valise dans un compartiment vide.

 

L'annonce indique que le train partira dans une heure via Poznan et Varsovie pour Moscou, 

 

Novossibirsk ….etc…

                                                                                                            

Jean Pierre Glorieux    

 

 

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 08:00

 

Vir Prudens Non Contra Ventum Mingit

 

La lettre V n'existe pas en latin classique. Elle a été créée par les humanistes du XVIe siècle pour distinguer l’u-voyelle de l’u-semi-consonne. Aussi certains mots ont deux orthographes : avec un « U » en latin classique ; avec un « V » dans les éditions modernes.

 

L'homme prudent ne pisse pas contre le vent…

 

Certes cette locution latine est absolument genrée et je risque de me faire avoiner mais, si l’on s’en tient à la pratique majoritaire des mâles de pisser debout, son sens ne prête à aucune contestation ou confusion.

 

Salomon (Proverbes de Salomon dans Le Livre des proverbes, Xe siècle av. J.C.) : « Le sage tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. »

 

L’important est aujourd’hui de dégainer la première ou le premier pour créer le buzz, foin de la prudence, de l’intelligence, de la pertinence, surtout viser au-dessous de la ceinture (expression elle aussi genrée).

 

Peu importe, les réseaux sociaux, occupés majoritairement par des redresseurs de torts des deux sexes, sont, comme nos poubelles, emplis de détritus même pas bons à faire du compost, une vacherie en remplace une autre, certains tueraient père et mère pour placer ce qu’ils estiment être « un bon mot » qui tue.

 

Parfois aussi, comme dans les poubelles des grandes surfaces, où des produits soit disant périmés sont consommables et font le bonheur des SDF, on tombe sur des pépites.

 

Comme le recommande la mairie : il faut faire le tri

 

La crise sanitaire a été le terreau fertile de cette engeance raisonneuse, peuple des y’a ka et des faut kon, versatile, péremptoire, tango des ego, bal des hypocrites, cohorte des logues, des faux-sachants, l’important c’est l’audimat.

 

Patience c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses…

 

Les conneries c'est comme les impôts, on finit toujours par les payer.

 

Une habitude bien française consiste à confier un mandat aux gens et de leur contester le droit d'en user.

 

Michel Audiard

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 06:00

Thierry Blandinières (à gauche) présente ce premier avril une « entreprise restructurée avec une nouvelle équipe ». Jacky Maria quitte la présidence du directoire de Vinadeis et la nouvelle entité à partir du 30 juin, « pour suivre de nouvelles orientations professionnelles » indique Philippe Leveau (à droite).

 

Les titres claquent*, les paroles volent, Thierry Blandinières a de grandes ambitions, ça ne surprendra personne, il veut bousculer Castel, grand bien lui fasse, mais je ne vois rien venir depuis que ce Rastignac du Gamm Vert fait des rodomontades, certes il a beaucoup de pognon mais quant à en gagner dans le secteur du vin c’est une autre histoire : le dit Pierre Castel n’a pas bâti son empire sur la rentabilité de sa branche vins mais en Afrique avec la bière et, accessoirement  avec Cristalline dans les eaux minérales, devenir gros à coups de fusions, d’acquisitions mineures, ne signifie en rien devenir un acteur majeur dans un secteur où la locomotive des marques n’existe pas.

 

Tout ça ce n’est que de la poudre aux yeux, de la communication fumeuse d’un acteur qui n’a rien compris aux évolutions de la consommation du vin, à l’état poussif du marché domestique, à la réalité de nos exportations, en fait avec ses coopés fusionnées il se contentera d’écouler, à vil prix, la production de ses coopérateurs. Il devrait consulter le futé Jean-Claude Boisset, le bourguignon qui avait de grandes ambitions et les a concrétisées, il lui dirait avec son air matois « Nous faisons un métier de pauvre monsieur Blandinières… »

 

Mais Thierry Blandinières c’est Jupiter !

 

Qui vivra verra, sans doute qu’un jour il ambitionnera de racheter les jajas de Pierre Castel, pas ses châteaux bien sûr, ni Nicolas, il pourrait aussi jeter son dévolu sur la branche vins de Carrefour, il atteindrait ainsi son seuil d’obésité gage comme on le sait de rentabilité dans le monde des coopés.

 

*InVivo redouble d’ambitions dans le vin

 

Le groupe vise 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2030, et veut bousculer Castel.

 

«La France mérite bien un acteur dans le top 5 mondial. Au lendemain de la finalisation du rapprochement entre la coopérative InVivo et Vinadeis, premier producteur viticole en France, les ambitions de Thierry Blandinières dans le vin ne sont pas taries. InVivo (5,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans les céréales, le vin, la jardinerie…) vient ainsi de doubler son poids dans la production, la vente et la distribution de vin, pour atteindre les 500 millions d’euros de chiffre d’affaires dans ce domaine. L’opération accentue sa présence en grandes surfaces: la moitié de son activité sera désormais réalisée par ce canal de distribution.

 

 

Après avoir restructuré et regroupé sous une entité unique (Cordier) ses nombreux rachats menés dans le secteur depuis cinq ans, InVivo est en ordre de marche pour venir bousculer le leader en France, Castel (Malesan, Roche Mazet, Baron de Lestac, Listel…), dont le chiffre d’affaires est estimé entre 1 et 1,2 milliard.

 

*Naissance d'un géant européen de la coopération viticole : Cordier by In Vivo

 

La Fusion d'InVivo Wine et de Vinadeis, deux  sociétés holdings de coopératives parmi les plus importantes en France, a été votée lors des assemblées générales extraordinaires des différentes entités ce mercredi à Paris.

 

 En créant ce mastodonte, les deux groupes InVivo Wine et Vinadeis propulsent la coopération agricole sur la scène internationale. Car cette fusion, acceptée par l'ensemble des actionnaires, va plus loin que le projet initial. On se souvient qu'au cours de l'année 2020, InVivo Wine, les Vignobles de Vendéole et Val d'Orbieu, les actionnaires de Vinadeis, étaient entrés en négociations...

 

Cordier by InVivo : nouvel écrin pour les marques de l'activité vin du  groupe coopératif. | InVivo

Vins : InVivo Wine devient Cordier by InVivo

Agro Media / Conjoncture - Tendance / Vins : InVivo Wine devient Cordier by InVivo

 

InVivo Wine, filiale vin du groupe InVivo, harmonise sa communication sous le nom Cordier by InVivo et dévoile son nouveau logo. Ce changement a pour objectif de gagner en lisibilité et renforcer l’impact commercial de son portefeuille de marques. En 2015, le groupe InVivo crée sa filiale consacrée au vin. Cette activité, débutée avec l’acquisition de Cordier Mestrezat, s’est développée 

 

Ce changement de nom a pour objectif de gagner en lisibilité et de renforcer l’impact commercial de son portefeuille de marques.

 

InVivo Wine, filiale vin du groupe InVivo, harmonise sa communication sous le nom Cordier by InVivo et dévoile son nouveau logo. Ce changement a pour objectif de gagner en lisibilité et renforcer l’impact commercial de son portefeuille de marques. En 2015, le groupe InVivo crée sa filiale consacrée au vin. Cette activité, débutée avec l’acquisition de Cordier Mestrezat, s’est développée par l’intégration de plusieurs sociétés, tant en France qu’à l’international. Le groupe se dit aujourd’hui solide, actif sur toute la chaîne de valeur du vin, de l’élaboration à la distribution, depuis son siège opérationnel basé à Bordeaux. 

 

Début mars, InVivo Wine a adopté son nouveau nom commercial : Cordier by InVivo. « Nous avons choisi de capitaliser à la fois sur la notoriété du nom Cordier dans le monde du vin, et conserver InVivo, car l’appartenance à ce groupe coopératif majeur est un de nos atouts » a déclaré Philippe Leveau, directeur général délégué Cordier by InVivo. Cordier by InVivo continuera d’œuvrer à la construction de marques internationales fortes s’appuyant sur une base viticole de 25 000 hectares répartie entre Bordeaux, le Sud-Ouest, le Languedoc, le Roussillon, la vallée du Rhône et le Beaujolais. C’est un acteur mondial verticalement intégré avec 9 caves coopératives partenaires (3 600 viticulteurs), des sociétés de distribution implantées dans les pays à forte consommation (France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suisse, Belgique, Asie, Amérique du Nord, Afrique du Sud) et des sites d’embouteillage en propre. Producteur, marketeur et distributeur, Cordier by InVivo a pour raison d’être de cultiver « une filière vin durable qui inspire les générations d’aujourd’hui et de demain ». 

 

Cordier by InVivo : nouvel écrin pour les marques de l'activité vin du  groupe coopératif.

 

CORDIER BY INVIVO : NOUVEL ÉCRIN POUR LES MARQUES DE L’ACTIVITÉ VIN DU GROUPE COOPÉRATIF.

01 mars 2021

 

Cordier by InVivo : nouvel écrin pour les marques de l'activité vin du groupe coopératif

 

InVivo Wine, filiale vin du groupe InVivo, harmonise sa communication sous le nom Cordier by InVivo et dévoile son nouveau logo. Un changement pour gagner en lisibilité et renforcer l’impact commercial de notre portefeuille de marques.

 

En 2015, le groupe InVivo crée sa filiale consacrée au vin. Cette activité, débutée avec l’acquisition de Cordier Mestrezat, s’est développée par l’intégration de plusieurs sociétés, tant en France qu’à l’international.

 

Le groupe est aujourd’hui solide, actif sur toute la chaîne de valeur du vin, de l’élaboration à la distribution, depuis son siège opérationnel basé à Bordeaux.

 

Avec l’appui de l’agence de communication InVivo Events, l’équipe dirigeante a engagé une démarche de création d’identité afin de structurer la communication et montrer ainsi la cohérence et la force de son organisation.

 

A partir du 1er mars, InVivo Wine adopte son nouveau nom commercial : Cordier by InVivo.

 

« Nous avons choisi de capitaliser à la fois sur la notoriété du nom Cordier dans le monde du vin, et conserver InVivo, car l’appartenance à ce groupe coopératif majeur est un de nos atouts » déclare Philippe Leveau, directeur général délégué Cordier by InVivo.

 

Les activités se structurent donc comme suit :

 

Cordier Excel, pôle dédié à l’embouteillage et fabrication,

 

Cordier Wines, pôle qui regroupe tous les services liés à l’élaboration et la commercialisation des domaines, châteaux et marques de vins : Œnologie, R&D, marketing, vente et distribution

 

Cordier by InVivo qui se positionne en producteur de vins délicieux, avec le développement de nombreux projets et innovations portés par ses marques phares telles que Café de Paris, Maris, Canei, Lyngrove, Cordier Collection Privée.

 

Mousseux Café de Paris

 

4,20 € le flacon... ça crache de la marge... c'était dans l'escarcelle de Pernod si ça crachait du pognon il ne l'aurait pas largué...

 

A propos de Cordier by InVivo

 

Créé en juin 2015, Cordier by InVivo est une filiale du premier groupe coopératif agricole français, InVivo.

 

Cordier by InVivo œuvre à la construction de marques internationales fortes s'appuyant sur une base viticole de 25 000 hectares répartie entre Bordeaux, le Sud-Ouest, le Languedoc, le Roussillon, la vallée du Rhône et le Beaujolais.

 

C’est un acteur mondial verticalement intégré avec 9 caves coopératives partenaires (3 600 viticulteurs), des sociétés de distribution implantées dans les pays à forte consommation (France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suisse, Belgique, Asie, Amérique du Nord, Afrique du Sud) et des sites d'embouteillage en propre. Producteur, marketeur et distributeur, Cordier by InVivo a pour raison d’être de cultiver une filière vin durable qui inspire les générations d’aujourd’hui et de demain.

 

Le chiffre d’affaires consolidé de Cordier by InVivo pour l’exercice 2020-2021 s’est élevé à 245 millions d’euros…

 

Ha, le chiffre d’affaires !

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 08:00

 

En ce jour de Pâques, où mécréant que je suis-je ne les ai pas faites, je ne vous raconte pas des menteries, sinon vous me sonneriez les cloches, tout particulièrement la mouche du coche qui se dore au soleil de Collioure, j’ai, en mes années de présidence des cidres&calvados réunis, habité à Selles près de Pont-Audemer et, pour m’y rendre depuis Paris je passais à Corneville-sur-Risle.

 

 

Les Cloches de Corneville, une légende : pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais pillèrent l’abbaye de Corneville. Ils chargèrent le trésor et les cloches dans une barque qui chavira à cause de leur poids. Les moines récupérèrent le trésor et les cloches excepté une seule que l’on ne retrouva jamais. Selon la légende, lorsque les cloches de l’abbaye sonnèrent à nouveau, celle restée au fond de la Risle répondit au carillon de Corneville. Robert Planquette s’inspira de cette légende pour composer la célèbre opérette « Les Cloches de Corneville ».

 

Les Cloches de Corneville est un opéra-comique en trois actes de Robert Planquette, sur un livret de Clairville et Charles Gabet, créé à Paris, au Théâtre des Folies-Dramatiques, le 19 avril 1877. C’est l’œuvre la plus célèbre de Planquette.

 

L’action se passe en Normandie à la fin du XVIIIe siècle.

 

Après une longue absence, Henri (baryton), marquis de Corneville, revient incognito en son domaine, et s’éprend de Germaine (soprano), qui passe pour une simple paysanne. Ils confondent Gaspard (baryton) qui a voulu dilapider les biens d’Henri, bravent les prétendus fantômes du château hanté et déjouent les mensonges du mousse Grenicheux (ténor) et Serpolette (soprano), une enfant trouvée. Henri épousera Germaine, qui se révèle être la vicomtesse de Lucenay.

 

 

Les Cloches de Corneville : une genèse difficle - INF'OPERETTE, L'opérette  c'est la fête

En 1877, le directeur des Folies-Dramatiques, salle spécialisée dans les opérettes où étaient jouées les œuvres d'Hervé et Lecoq, cherchait une nouvelle pièce pour remplacer le succès inégal de La Fille de madame Angot. Il choisit Les cloches de Corneville d'un compositeur assez méconnu : Robert Planquette.

 

 

 

L'accueil critique fut très mitigé pour ne pas dire négatif mais ce fut un triomphe auprès du public.

 

L'opérette a été traduite en plusieurs langues et jouée en anglais (sous le titre The Chimes of Normandy) au Fifth Avenue Theatre à New York, à partir du 22 octobre 1877. Une autre version appeleée The Bells of Corneville a été jouée au Victoria Theater, à New York, à partir du 21 avril 1902. Elle a également été présentée à Londres en 1878 pour 705 représentations.

 

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 06:00

 

Au Bourg-Pailler pour Pâques c’était la gâche dénommée aussi la fouace

 

6 avril 2007

La gâche de Pâques ICI 

 

Au temps où, dans ma Vendée profonde, les pires mécréants acceptaient sous la pression de leurs pieuses femmes de faire leurs Pâques, chez nous on s'affairait pour préparer les douceurs d'après Carême : la gâche - en patois la fouace - et les fions. Dans cette entreprise tout le monde était sur le pont, y compris les hommes, plus particulièrement le pépé Louis, l'homme de la cuisson.  Le rituel était bien réglé et le processus de fabrication, comme la recette, étaient entourés de secret. Dans le pays, notre gâche était unanimement considérée comme la meilleure. Le clan des femmes en tirait une légitime fierté et moi, tel un jeune Proust - ne vous gondolez pas - savourant sa madeleine dans son thé j'en garde un souvenir extraordinaire que le temps passé n'a jamais effacé. Dans cette chronique je ne vais pas vous donner la recette des femmes, je l'ignore. Tout ce que je puis vous dire c'est que celles que vous trouverez sur l'internet ne vous permettront pas d'atteindre la perfection de notre gâche. Je magnifie. J'exagère. Je vous assure que non et je vais m'efforcer de vous faire partager mon point de vue.

 

 

Je signale que la tradition de la gâche du Bourg-Pailler est perpétuée par la famille Berthomeau

 

Pascale&Vincent tenanciers de l'Abélia ICI à Nantes.

 

Pour le fion c’est Agathe la sœur de  Vincent qui s’y colle…

 

26 mars 2016

 

Les autres dénominations avancées par Michel Gautier dans son Dictionnaire de la Vendée je n’en avais jamais entendu parler.

 

Dictionnaire de Vendée à coeurs ouverts - Parlanjhe - Geste Editions -  Editeur, diffuseur et distributeur de livres

 

« Certains prétendent que les trois gâteaux n’ont rien à voir. Moi, je pense qu’il s’agit du même, mais avec des recettes variables selon que vous mettez plus ou moins de beurre, de crème ou d’œufs. Mais c’est vrai qu’ « alise » dans la Marais de Challans (mais où donc passé l’exilé de Crémone ?) ne signifie pas du tout la brioche de Pâques : il s’agit d’un gâteau fait avec des restes de pâte à pain non levée, ou avec des feuilles de pâte entre lesquelles on mettait du beurre. C’était au temps où on « cuisait », comme dirait Charles Perrault dans son Petit Chaperon rouge. Le mot « alise » a maintenant disparu des boulangeries, s’il y a jamais existé. Vous y trouvez « fouace » ou « gâche ». Détournez-vous de la brioche vendéenne, produit industriel. À moins que ce ne soit pour le petit déj’ avec de la confiture. Demandez gâche ou fouace, plutôt aux environs de Pâques que pendant les vacances d’été : pour le même prix et pour les estivants, on a tendance à diminuer la quantité de beurre et d’œufs. Il faut la manger fraîche ; un passage au frigo peut-être utile. Je l’aime « patouse ». Avec une crème aux œufs, de la « craeme fouétáie », de la crème fouettée, autrement appelée de la crème anglaise, c’est une vraie gourmandise  de Pâques. Il faut savoir sortir du carême ! Autrefois, on chauffait le four dans les fermes pour la cuisine de cochon, pour cuire le pain et rituellement, les avant-veilles de Pâques, pour cuire la fouace ou la gâche. Il arrive encore qu’on chauffe les derniers fours à bois sauvegardés ou restaurés, précisément pour cette cuisson.

 

J’ai vu dernièrement un village se grouper autour de son four. Un moment fatidique : quand le four est-il assez chaud ? C’est le « moene » qui le dit : une pierre que la chaleur blanchit. Il est alors temps de « rabalàe » la cendre et la braise avec la « rabale » (rateau) et d’enfourner. Mais, oh là là ! le chauffeur, avant de lancer l’opération, s’enquiert auprès de l’assistance. Quelqu’un conseille de jeter une plume d’oie sur la sole : si la plume roussit, le four est trop chaud. Un autre conseille une feuille de papier : si le papier brûle, le four est trop chaud. Il faudra donc attendre, le four restant la gueule ouverte. Mais, attention ! pas trop tout quand même. La plume ne roussit plus. Enfournons ! Et c’est le défilé des fouaces bien modelées en formes ovales ou rondes, chacun apportant la sienne, les anciens comme les enfants. Aujourd’hui, on surveille la cuisson avec des lampes électriques. Autrefois, on captait la lumière venant de la cheminée avec un miroir. Heureux villageois qui se réunissent encore autour du four. »

 

Au Bourg-Pailler

 

Tout commençait le vendredi saint par l'acquisition d'un pâton de pâte à pain levé chez Louis Remaud notre boulanger puis, le soir venu, autour d'une immense bassine, tel un pétrin, nos femmes s'affairaient. La gâche est un pain de Pâques qui n'a ni goût de pain, ni goût de brioche. C'est là toute l'alchimie de ce pain qui n'en n'est pas un et de ce gâteau qui n'est pas une friandise. Outre la qualité des ingrédients, le temps de pétrissage était essentiel. La pâte était lourde et nos femmes lui transmettaient ce qui la rendrait ferme, onctueuse et légère. Lorsque le temps était venu, en des panières de joncs tressés, les gros pâtons recouverts d'un linge étaient mis au levage dans une pièce ni trop chaude, ni trop froide. Là encore, toute approximation était interdite. Nos femmes se chamaillaient parfois sur la température idéale. Tout ça se passait la nuit et au matin, le pépé Louis entrait en jeu.

 

 

 

Notre maison familiale, ancienne auberge, relais de poste,  était dotée d'un four à pain. Le porter à bonne température et surtout la maintenir constante pendant la cuisson était un art que notre orgueilleux Louis maitrisait assez bien. Comme dirait nos djeunes il se la jouait un peu, dans le genre soliste qu'il faut encenser. Y'avait de l'électricité dans l'air avec les jupons. Il chauffait son four avec des sarments de ses vignes.

 

Par la gueule du four le rougeoiement me fascinait. Lorsque les tisons viraient de l'incandescence au gris, avec une grande raclette en bois, le pépé Louis, façonnait deux tas qu'il plaçait de chaque côté de la bouche du four. Venait alors l'opération la plus redoutable : la détermination de la bonne température pour enfourner.

 

Trop chaud serait la cata : la gâche serait saisie et son coeur resterait mou car il faudrait éviter qu'elle crame ; trop froid ce serait l'affaissement lamentable. Tout se jouait autour de l'état d'un morceau de papier que le pépé plaçait sur la pelle au centre du four. Bref, là encore ça chicorait sec entre les protagonistes. La cérémonie d'enfournage me plaisait aussi beaucoup.

 

Les pâtons levés, badigeonnés au jaune d'oeuf - qui ferait la belle couleur brun doré - posés sur des feuilles de papier kraft, faisaient 50 à 60 cm de diamètre (une brassée). À l'aide d'une grande pelle en bois le pépé Louis alliait force et doigté. Jamais l'opération n'a tourné au désastre. Les 7 ou 8 pâtons, tels des grosses corolles de champignons, allaient se transmuer en gâche onctueuse derrière la porte de fer.

 

Le temps de cuisson était aussi une question de feeling. On discutait toujours beaucoup. Seule la tante Valentine en imposait au Louis. L'un des moments que je préférais c'était celui où les gâches cuites étaient posées à même le carrelage frais d'une pièce plongée dans la pénombre. Exhalaison extrême de sucs chauds, je m'y plongeais en salivant déjà du bonheur d'une belle tranche de gâche plongée dans mon cacao du matin.

 

À cet instant, une grave question, jamais tranchée, se posait : pouvait-on manger de la gâche chaude ?

 

Le clan des femmes y était hostile avançant des raisons médicales : possible indigestion. Mon père passait outre, et moi aussi.

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 08:00

 

Et les œufs de Pâques ?

 

Rappelons tout d'abord qu'en Belgique et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques.

 

Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu'elles sont parties pour Rome, et elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu'elles laissent tomber à leur passage.

 

Mystère des cloches de Pâques partant pour Rome et objets volants moyenâgeux

 

Cette tradition remonterait à l'Antiquité.

 

Déjà, les Égyptiens et les Romains offraient des œufs peints au printemps car ils étaient le symbole de la vie et de la renaissance. L'Eglise ayant instauré au IVe siècle l'interdiction de manger des oeufs pendant le Carême et les poules continuant à pondre, les oeufs pondus depuis le début du Carême - n'ayant pas été mangés - étaient alors décorés et offerts.

 

Sauf que cette année à juste raison je me pose la question : les cloches ont-elles pu se barrer à Rome ?

 

Je n’ai trouvé aucune réponse à cette importante question ni dans la production de notre prolifique administration paperassière, ni dans celle de nos voisins transalpins.

 

Aucune attestation de déplacement ne porte ce motif.

 

Aucun passeport vaccinal n’a été édité pour les cloches, et pourtant les cloches prolifèrent sur les plateaux télévisés et sur les réseaux sociaux.

 

Nos héritiers de Courteline auraient pu penser, mais ils ne pensent pas : ils pondent,  que l’eau bénite qui a consacré ces cloches pouvait tenir lieu d’Astra Zeneca.

 

Nous sommes donc face à un vide juridique, aussi profond que le vide de la pensée de nos professeurs de médecine télévisée,  qui va poser problème aux pandores de Darmanin. En effet, si les cloches se sont tirées en loucedé, à la cloche de bois quoi, pourront-ils verbaliser ?

 

Je suggère que le clergé, l’évêché, saisissent le Conseil d’État, puisque de nos jours on saisit le Conseil d’État pour n’importe quoi : « Le Conseil d’État a donné raison à Lactalis qui souhaitait qu’indiquer l’origine du lait ne soit plus obligatoire. Le géant laitier voulait défendre « la libre circulation des marchandises » ; la Confédération paysanne dénonce « une décision favorable à ceux qui exportent mais pas à ceux qui privilégient la relocalisation ».

 

Le protégé de la pétroleuse Isabelle Saporta, Maxime Lledo le fracassé a bien raison ce gouvernement n'en a rien à cirer des enfants.

 

Que fait l’opposition ?

 

Les Verts, les Rouges, les Roses, s’il en reste, les Bleus, unis pour déposer une motion de censure pour humilier Macron…

 

Quitte à me faire sonner les cloches j’affirme qu’il faut sauver la liberté de circulation des cloches, il en va de la respiration de notre démocratie, de la sauvegarde du droit de se moquer : notre excédent de cloches risque de nous faire sombrer, il faut les exporter, via le canal de Suez, par porte-containers entiers, en Chine, afin de compenser leur don du coronavirus.

 

Pâques : les cloches sont arrivées - Urtikan.net | Dessin humoristique,  Humoristique, Dessin

 

Comme vous le savez peut-être les cloches portent des noms, il sera donc facile de les identifier, je tiens à votre disposition une liste de noms, de les empaqueter dans du papier soie – ha la route de la Soie –, de confier la logistique à Amazon, et le tour est joué, au pays de l’ex-Président Mao nos cloches nationales pourront se rééduquer, prendre des leçons de démocratie.

 

I have a dream !

 

Rassurez-vous, ce ne sont pas les effets secondaires de l’Astra Zeneca mais une réelle colère face à la bêtise ambiante, au degré zéro de la réflexion, au « c’est la faute des autres », à la victimisation,  à l’infantilisation…

 

De ce pas, afin d’écluser ma sainte colère, je vais cacher dans mon jardin extraordinaire, des œufs de Pâques que je me suis fait livrés par la cloche qui porte mon prénom à l’église Saint-Jacques de la Mothe-Achard.

 

Joyeuses Pâques !

Objets d'hier, Crécelle

Pâques : la douce tradition des ... crécelles ICI

 

C'est une tradition en Alsace et en Lorraine, pour Pâques les crécelles sont de sortie. Le but ? Faire le plus de bruit possible pour appeler les fidèles à la messe en remplacement des cloches qui sont parties à Rome. Ouille.

Enfin, dans la liturgie catholique, avant Vatican II, maniée dans les rues par les enfants de chœur, elle annonçait les offices durant le Triduum pascal en remplacement des cloches.



Et c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui.



Quand les cloches ne sont pas là, les crécelles dansent


L'apôtre Mathieu écrit qu'au moment où Jésus mourut, il se produisit des phénomènes terrifiants.


C'est pour rappeler cet événement que le son des cloches a été remplacé, pendant de nombreuses années, par le bruit des « instruments des ténèbres » (claquoirs, crécelles, martelets...).


Ainsi, aux offices, dès le Jeudi Saint, la crécelle ou le claquoir remplace la sonnette d'autel.

Dans la tradition de l’Eglise catholique, les crécelles font donc partie du mobilier liturgique de la sacristie : elles servaient notamment au moment de l’élévation à la messe du Jeudi Saint.



Elles étaient alors prêtées aux enfants de chœur ou au milieu du XXe siècle, réservées aux communiants qui avaient l'honneur d'agiter les crécelles trois fois dans la journée aux heures habituelles de l'angélus. 

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