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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 06:00

L’annonce a fait l’effet d’une petite bombe le New York Times, le mardi 11 juin a indiqué que, comme pour son édition américaine, il cesserait dès le 1er juillet toute publication de dessin de presse dans son édition internationale.

 

Une décision qui fait suite à une vive polémique survenue au mois d’avril, issue de la publication d’un dessin jugé antisémite et représentant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump. Le chef du gouvernement israélien était dessiné sous la forme d’un chien guide, portant un collier avec une étoile de David, et tenu en laisse par le président américain, aveugle, avec une kippa sur la tête.

 

Patrick Chappatte a pris la parole dans une longue note de blog ICI, dénonçant une décision qu’il juge inquiétante. « Toutes ces années de travail restent inachevées à cause d’un seul dessin ―qui n’était pas de moi― qui n’aurait jamais dû être publié dans le meilleur journal du monde. Ces dernières années, certains des meilleurs dessinateurs de presse aux Etats-Unis (...) ont perdu leur travail parce que leurs éditeurs les trouvaient trop critiques envers Trump. Peut-être devrions-nous commencer à nous inquiéter. Et nous rebeller. Les dessinateurs de presse sont nés avec la démocratie et lorsque les libertés sont menacées, ils le sont aussi. »

 

 Le dessin représentant Donald Trump et Benyamin Netanyahou comprenait des « clichés antisémites », s’est excusé le New York Times (Capture d’écran).

Patrick Chappatte, caricaturiste gommé du « New York Times »

Le 10 juin, à la suite d’un texte de l’illustrateur suisse, le quotidien new-yorkais annonçait officiellement abandonner le dessin de presse.

Par  

Dans son pays, la Suisse, il est une vedette. Aussi connu que Roger Federer. Installé à Genève depuis les années 1970, Patrick Chappatte reçoit dans son atelier des Pâquis, un quartier cosmopolite populaire, et même rouge, du centre-ville. Un grand bureau blanc et une table à dessin qui le surplombe, une étagère contenant toutes ses archives et une célèbre « une » de Charlie, « Tout est pardonné », qui accroche l’œil dans un coin : c’est là que le dessinateur de presse « lance des flèches sur le monde », comme il aime définir son métier, dont il est l’une des grandes figures actuelles. Dans la cuisine, Le Canard enchaîné de la semaine et un cadre blanc inhabituel : « Il est où le dessin ? » fait mine de s’interroger l’hebdo, illustrant la récente décision du New York Timesd’abandonner le dessin de presse.

 

Une décision rendue publique en catastrophe, le 10 juin, à la suite de la publication d’un texte en anglais de Chappatte titré : « La fin du dessin de presse au New York Times ». Averti de la fin de son contrat, il avait souhaité prendre les devants sur son propre site Internet. Son pétard est devenu bombe. « C’est vraisemblablement la fin de ma carrière américaine », confie le quinquagénaire aux airs de jeune homme, dont on devine que le pétillement habituel a été un peu terni par les dernières semaines.

L’art du contrepoint

Depuis tout jeune, Chappatte regarde, un brin claustrophobe, par-dessus la ligne blanche des Alpes. Il est l’un des rares à publier en trois langues – anglais, français, allemand –, jonglant avec des lignes éditoriales frôlant l’antagonisme : Le Temps, Der Spiegel, Le Canard enchaîné et, jusqu’à il y a peu, le New York Times. Mais aussi la Neue Zürcher Zeitung, ce journal historique de la droite suisse, dont l’édition dominicale, où il publie, s’encanaille jusqu’au centre.

C’est l’art du contrepoint de Chappatte. C’est peut-être aussi la trace d’une histoire familiale qui aura façonné son goût pour le regard décentré. Fruit de la rencontre à l’Hôtel Saint-Georges de Beyrouth d’un Suisse et d’une Libanaise au cœur aventurier, Chappatte naît au Pakistan et passe les premières années de sa vie à Singapour. En Suisse, où la famille s’installe, Chappatte commence, dès le lycée, à être publié par La Suisse, journal où il sera très vite embauché à temps plein, sautant, du même coup, la case études.

Le rêve américain de Chappatte commence sur la table du salon familial. Chappatte père, un horloger jurassien, a gardé de ses dix années de bourlingue le goût de la langue anglaise : il est abonné à Newsweek. A 26 ans, Chappatte prend la route avec son épouse, Anne-Frédérique Widmann, devenue depuis journaliste pour la Radio télévision suisse (RTS) et réalisatrice de documentaires. Ce sera l’Amérique du Sud, puis New York, où le couple pose ses valises. En 1995, Chappatte rêve déjà du New York Times (NYT). Mais la « vieille dame grise » ne publie plus de dessins de presse depuis les années 1950. Il y va quand même, espérant les convaincre. « C’est chou, non ? », commente aujourd’hui l’homme de 52 ans qui contemple le jeune homme de 27. Le rédacteur en chef qu’il rencontre lui assure qu’ils n’ont « jamais fait de dessin de presse », ce qui est, au mieux, une inexactitude, mais le prend à l’essai comme illustrateur. On lui reproche très vite d’être trop « cartoony », ce qui, dans la bouche de ses supérieurs, est un gros mot. Il se sent à l’étroit. L’aventure dure trois ans.

Après un court passage par Newsweek, Chappatte atterrit finalement à l’International Herald Tribune (IHT). Cette fois, c’est la bonne. La collaboration commence en 2001. Un an plus tard, le processus de rachat par le New York Times commence. L’IHTdevient l’édition internationale du NYT en 2003. « Ils ont envoyé des gens de New York pour gérer le bureau parisien et j’ai pensé que j’étais foutu », se souvient-il. Mais c’est le contraire qui se produit : le New York Times garde Chappatte – et finalement publie du dessin de presse. Jusqu’à tout récemment, il était même l’un des deux seuls dessinateurs maison du journal, avec le Singapourien Heng, qui couvre l’Asie.

Le New York Times publie alors trois dessins de presse par semaine, dont deux de Chappatte, qui brode un « mix assez savant » des actus américaine et mondiale : l’édition internationale du journal est distribuée dans 160 pays tandis que le site Web, lui, est fréquenté à 85 % par des Américains. C’est le grand écart, un sport dans lequel Chappatte excelle. En vingt ans de collaboration, les couacs sont rares. Peut-être grâce à ce système de filtre que le dessinateur a lui-même mis en place : cinq ou six possibilités pour un seul dessin sont soumises au vote de la rédaction. « Il m’arrive encore que je me dise “Ça, c’est pas mal”, et que le dessin arrive dernier du vote », explique-t-il.

Le 25 avril, le NYT publie un dessin du Portugais Antonio Moreira Antunes, choisi par la rédaction parmi des dizaines de propositions. Représentant le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avec une étoile de David sur le cou, tenu en laisse par un Trump aveugle, coiffé d’une kippa, le dessin est vite taxé d’antisémitisme. Bret Stephens, un éditorialiste de droite du NYT, embauché en 2017 pour faire entendre une diversité de voix au sein d’une rédaction hypersensibilisée par les attaques récurrentes de Trump contre elle, écrit un papier dans lequel il remonte jusqu’à la seconde guerre mondiale, citant un « vieux problème juif du NYT ».

Dans une ambiance de crise, Chappatte continue à dessiner, mais note que le journal, dans les semaines qui suivent, publie une photo à la place d’un dessin une fois sur deux. Au téléphone, il essaie d’avoir des éclaircissements qui ne viennent pas et commence à douter. Et même à imaginer un scénario du type : « On arrête gentiment d’ici à l’été. » « J’ai réfléchi une semaine et puis je me suis dit que ça allait au-delà de moi », se souvient le dessinateur. Il décide de publier son texte, où résonne la déception d’un homme trahi par le journal de ses rêves : « Après vingt ans d’une collaboration bihebdomadaire, je pensais que l’utilité du dessin de presse politique n’était plus à démontrer », écrit Chappatte, rappelant au passage qu’il a été trois fois lauréat du prix Overseas Press Club of America, un prix jamais décerné à un étranger avant lui.

A la grande surprise de son auteur, le texte entraîne des réactions massives et émues, avec des menaces de désabonnement à la clé. Au-delà de son cas personnel, Chappatte pense à ceux tombés avant lui. En 2018, les renvois de Nick Anderson et de Rob Rogers, parmi les meilleurs de leur génération, ont précédé de peu celui de David Horsey, du Los Angeles Times, et en Allemagne, celui de Dieter Hanitzsch, de la Süddeutsche Zeitung, pour un dessin jugé antisémite.

A la fin de son texte, Chappatte republie le dessin qu’il avait réalisé après l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo « Sans humour, nous sommes tous morts. » « Symboliquement, cette décision du New York Times est un pas énorme, commente tristement Chappatte. Bien sûr, c’est plus simple sans les dessins. Franchement, c’est compliqué, la liberté. ça peut être salissant, un peu incontrôlable. » Depuis deux semaines, le dessinateur a coupé CNN et la radio américaine National Public Radio, dont il se nourrissait depuis vingt ans. Ce vide lui pèse. « C’est toute l’immensité de ce que je perds. »

 

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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 06:00

M0172645

J’exhume ce matin un vieux texte romanesque du 18 janvier 2009 qui permettra à l’ami PAX de rattraper son retard dans l’acquisition du miel de mes chroniques tirées d’un puits sans fond.

 

Le XO de Hennessy déliait enfin la langue de William Winslow. Sans se préoccuper le moins du monde du babillage de nos compagnes – qui dépiautaient toujours la vie agitée de Margaret (ndlr la princesse) : elles en étaient à l’île Moustique dont un de ses riches chevaliers servants, l’écossais Tennant, lui avait offert un « morceau » : un caillou sans eau, ni gaz et électricité, même pas une piste d’atterrissage – il m’entreprenait sur l’idéologie marxiste qui, d’après lui, gangrenait la France et ses élites.

 

Même de Gaulle qui en quittant l’Otan faisait le jeu des rouges ! Par bonheur, martelait-il – même si la notion même de bonheur ne me semblait pas consubstantielle aux citoyens de la perfide Albion –, la Grande-Bretagne, en refusant d’entrer dans le Marché Commun, se préservait du cancer communiste. Comme je souriais en affichant un air narquois son teint de rouquin s’empourprait :

 

« Vous en êtes ! » éructait-il entre ses dents jaunies par la nicotine.

 

Sans même réfléchir, du tac au tac, je lâchais avec un grand sourire, en français :

 

  • Désolé je ne suis pas de la jaquette qui flotte…

 

Ses gros yeux injectés de sang me contemplaient, intrigués et il balbutiait : « jacket, jacket… ». J’enfonçais le clou, en piochant dans mon maigre stock de slang : « queer… une pédale… un pédé quoi…» Son dentier fut à deux doigts de choir sur la nappe blanche. À nos côtés, les récents déboires de Margaret avec Antony Armstrong-Jones, un photographe qu’elle avait épousé en mai 60, semblaient occuper tout l’espace de Chloé et d’Alexandra car elles ne prêtaient aucune attention à notre passe d’armes.

 

Piqué au vif, William Winslow qui, je n’en doutais pas, lui en était, amorçait un virage à 180° en embrayant sur les vertus du Cognac qu’il sirotait en prenant des mines extatiques. Sa compagne officielle gloussait en confiant, à une Chloé plus vraie que nature en petite dinde du Berry, que Margaret ne carburait qu’au Famous Grouse, ajoutant, en français, que la pauvre chérie, dotée bien sûr d’un humour en béton, affirmait, en tirant sur l’une de ses 60 cigarettes quotidiennes, que c’était le seul gibier qu’elle supportait.

 

Le recours au français m’allait bien, j’en profitais pour lancer une contre-offensive éclair totalement improvisée : « Vous êtes un ancien du MI 16, cher William ! » affirmais-je sur un ton ne souffrant pas la contestation. Le dit William manquait de s’étouffer en régurgitant la lampée de XO et, cette fois-ci, Alexandra sursautait. Chloé, oie blanche parfaite, ne cillait pas et, alors que William tentait dignement de remonter la pente, elle entreprenait de se poudrer le nez.

 

Sans médire sur nos amis anglais, force est de constater qu’ils sont prévisibles. Plutôt que de le convaincre de la véracité de mon propos je le laissais patauger dans des explications aussi compréhensibles que les règles du cricket. Mon silence l’usait. C’est Alexandra qui dénouait la situation en confiant à Chloé « Votre frère me semble être, comme vous dites en France, un fin psychologue alors que ce cher William sonne aussi creux qu’un tambour du régiment écossais de la Reine. Donnez-lui votre carte de visite, je crois que ce jeune homme fait lui aussi parti de votre corporation de « fouilleurs de cul de basse fosse » Elle le disait, à mon grand étonnement, dans un français impeccable.

 

Comme toujours le hasard s’avérait mon meilleur allié et cette vieille raclure de William Winslow, accessoirement, et surtout la charmante et subtile Alexandra, une ancienne du 10 Downing Street, francophile et folle de Paris, me permettraient bien plus tard de sortir au mieux d’une mauvaise passe. De retour dans notre T2, Chloé et moi, pelotonnés dans le sac à viande sur l’étroite couchette du bas, nous mesurions l’inanité de ce que nous étions en train de faire. Le no man’s land que nous disions occuper existait-il vraiment ou n’étais-ce qu’une invention de pure justification ? Nulle part où aller alors nous fuyions en nous réfugiant, chacun à notre manière, dans les interstices qui s’offraient à nous.

 

En Italie, les historiens parleront des années de plomb, grises et sales, éclaboussées d’un sang innocent, que bien des années plus tard les Battesti&Cie, idéologues aux mains souillées, n’auront même pas le courage d’assumer. Les fascistes de la Loge P2, tout aussi maculés de sang qu’eux, auront le dos large pour donner appui au verbiage auto-justificateur des idéologues « repentis ». Nous ne voulions pas en être mais nous ne pouvions pas non plus couler des jours paisibles avec les repus d’en face. Pas le choix entre les établis en usine comme Pierrot Overney, les délirants de la GP, les vieilles badernes du PC et la nouvelle bourgeoisie triomphante du président Pompe et de ses alliés naturels, toutes les issues étaient verrouillées.

 

Que ça étonne les jeunes générations qui affublent si facilement les soixante-huitards de toutes les tares de la jouissance égoïste, les années 70 furent des années de grande désespérance. Sur le quai de la Gare Saint-Charles, François Franchet d’Espéruche, flanqué de la capiteuse Angéline Labrousse, nous attendaient tout sourire. Ce cher Contrucci voulait nous tenir sous contrôle, ça nous motivait à nouveau. 

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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 06:00
La longue et dure sécheresse de 1976, Chirac juste avant de claquer la porte de Matignons décrète une aide de 2.2 milliards de francs pour aider les éleveurs que Raymond Barre financera par 1 impôt sécheresse.

À l’été 1976, putain qu’il faisait chaud, je n’étais pas trop indisposé car je rentrais tout juste d’Algérie, de Constantine très précisément, où les températures étaient très élevées.

 

En juin 1976, j’étais aux premières loges, au 2e étage de la rue Barbet de Jouy, avec mon ami Claude Sauser nous vaquions à nos occupations lorsque notre jeune directeur, Bernard Auberger, inspecteur des finances, en fin de journée nous fit l’honneur de se déplacer jusqu’à notre minuscule bureau où mon collègue pianotait sur le seul ordinateur de la direction : un tout petit Wang.

 

Tout de go il nous fit part de ses inquiétudes, l’épisode de sécheresse touchait durement les éleveurs et, le premier Ministre Chirac se préoccupait beaucoup du cul des vaches, le Ministre de l’agriculture était un breton, Christian Bonnet, alors nous était-il possible avec notre petite machine de dresser rapidement  une carte des impacts de la sécheresse sur les zones d’élevage ? Les gens du SCEES, le service  « statistiques » ne pouvait le faire dans un délai aussi  court.

 

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Nous répondîmes que oui même si les données à notre disposition étaient aussi rares que l’eau dans le désert du Sahara.

 

Nous nous mîmes au travail avec les données de la météo et celles du SCEES nous bricolâmes une carte de l’impact de la sécheresse sur les zones d’élevage.

 

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Une agricultrice de l'Orne regarde sa mare asséchée par la sécheresse le 16 juin

 

Auberger était ravi, les services moins : l’ingénieur Cornet  en bon IGREF sous-directeur de l’élevage nous prit de haut mais il dut se résigner, sur ordre du chef, de nous voir l’accompagner à la réunion du cabinet du Ministre convoquée dans la salle à manger du 1er étage de l’hôtel de Villeroy.

 

Au grand désespoir de Cornet nous fîmes forte impression sur le quarteron de conseillers techniques du Ministre. Cependant, doctement, il préconisa de faire faire par nos services un bilan fourrager dans chaque département.

 

Le résultat de ce brillant exercice fut que les chiffres qui remontèrent étaient plus le fruit d’accords avec les FDSEA locales que du génie mathématiques de nos ingénieurs, la France de l’élevage y apparaissait ravagée. Pas un cm2 de prairie n’étaient épargnée, et comme Chirac venait de décréter en août, juste avant de claquer la porte de Matignon, une indemnisation des éleveurs, ce tableau mettait en transe les budgétaires du Ministère.

 

Claude et moi, tranquilles comme Baptiste agitions nos cartes pour dire qu’elles étaient bien plus fiables que les chiffres du fameux bilan fourrager.

 

Dès que les rumeurs du départ du grand Jacques filtrèrent je fis un pronostic qui étonna mon compère, le successeur ce sera Raymond Barre lui dis-je car il a le profil qui convient à Giscard. Lorsque la nomination du susdit intervint je devins aux yeux de ce cher Claude une sorte d’oracle politique, statut qui me colla à la peau par la suite. J’avais le nez politique.

 

Le 25 août, Jacques Chirac démissionne de son poste de Premier ministre. Juste avant de partir, il a pris une ultime décision lors de son dernier Conseil des ministres : le déblocage de 2.2 milliards de francs pour venir en aide aux éleveurs victimes de la sécheresse. Selon les régions, les éleveurs toucheront de 500 à 200 francs par tê cette année les gros et les moyens contribuables.

 

Ces mesures ont donc entraîné pour certains une hausse de 10% de leur impôt sur le revenu cette année-là. Le gouvernement aurait pu emprunter pour financer cette mesure mais il ne voulait pas alourdir la dette du pays et reporter le poids financier de cette aide à plus tard. Cela a donc constitué un épineux problème de plus à gérer pour le tout nouveau Premier ministre, Raymond Barre.   

Passation de pouvoir entre Jacques Chirac et Raymond Barre, Premier ministre, le 28 août 1976 à Matignon. Passation de pouvoir entre Jacques Chirac et Raymond Barre, Premier ministre, le 28 août 1976 à Matignon.                © Sipa Press

 

Un beau cadeau de Chirac à ses agriculteurs chéris, même que les céréaliers de la Beauce purent s’offrir de beaux appartements de rapport dans la bonne ville de Paris que le grand Jacques conquerra à la hussarde contre le giscardien mou Michel d’Ornano.

 

Fin de l’épisode politique.

 

Yves Mourousi dans son bulletin météo sur TF1, au début du mois de juillet : « Du côté du ciel, pas de changement. Cet après-midi, de la Normandie à l'Alsace, le temps sera ensoleillé et chaud. Il fera environ 35°C ».

 

Une canicule et une vague de sécheresse frappaient la France depuis un certain temps. C'était la première grande canicule du XXème siècle même s'il y avait eu des épisodes de forte chaleur estivale dans le passé. En 1976, il a commencé à faire chaud dès le mois de mai : « On enregistre 30°C dans le sud-ouest de la France. La température grimpera à 40°C au cours de l'été » explique un reportage.

 

En 1976, la période la plus sèche fut observée du 2 juin au 7 juillet où aucune perturbation ne traversa la France, toutes rejetées par une puissante dorsale de l'anticyclone des Açores. Seuls des orages parfois violents mais localisés éclatèrent.  Une canicule aggrava la situation et marqua les esprits du 22 juin au 6 juillet

 

Plus de 40 ans après,  alors que nous traversons un épisode de canicule assez violent, la sécheresse de 1976 reste gravée dans la mémoire collective de ceux qui ont en souffert et de ceux qui payèrent l'impôt sécheresse décidée le 25 août 1976 par le Président Giscard d'Estaing. Cette sécheresse fut remarquable par sa durée (9 mois), son intensité et son étendue sur les 3/4 de la France (à l'exception du bassin méditerranéen) jusque vers la Suisse, l'Allemagne, le Benelux et le Sud de l'Angleterre.

 

Les déficits pluviométriques débutèrent dès l'automne 1975 et se prolongèrent jusqu'en juillet 1976 au Sud et septembre 1976 au Nord. On n'a jamais observé de premier semestre aussi sec depuis celui de 1976, seul celui de 2011 s'en approchant.

 

Les agriculteurs sont les premiers à souffrir de ces fortes chaleurs. Le 28 mai, le suicide d'un agriculteur du Pas-de-Calais, incapable de nourrir ses bêtes, choque l'opinion publique. Le 30 juin, le gouvernement Chirac envoie l'armée pour récolter et transporter le fourrage vers les régions qui en manquent le plus. Le samedi 3 juillet, 40% des conducteurs de bus de la RATP refusent de sortir des dépôts pour protester contre un pic de chaleur de 59°C dans les véhicules.

 

"Au printemps, l’herbe n’a pas poussé"

Marie-Ange Seveno, Montcuit (50)

 

"Les pluies ont cessé très tôt en 1976. Au printemps, l’herbe n’a pas poussé: ces six mois de sécheresse ont été les plus longs sans eau dans notre Basse-Normandie où mes parents étaient agriculteurs. J’avais 22 ans et, en août, j’ai encadré un camp d’adolescents dans le Lot. Nous logions sous des tentes et je n’ai jamais autant apprécié les douches froides! Au final, ce furent des vacances heureuses. Mais mon retour en Normandie a été douloureux: le long des routes, les berges étaient jaunies. Le fourrage était rare pour les vaches laitières. Pour le remplacer, les agriculteurs ont fait venir de la paille de régions voisines. Nous avons alors commencé à voir beaucoup de camions remplis de paille sillonner nos routes. L’impôt sécheresse est venu à point pour aider les agriculteurs!"

 

• "L'impression de marcher dans un four"

Rose-Marie François, Francheville (69)

 

" En ce mois de juin 1976, j’étais opératrice au centre téléphonique de la rue des Archives à Paris, tout près du BHV. J’habitais rue de Lille, dans le foyer des dames des PTT. C’était très propre mais d’un confort modeste et nous n’avions pas de réfrigérateur individuel. Conserver la nourriture était une gageure! Je plaçais ce que je pouvais dans une cuvette d’eau froide. La nuit, je mouillais un linge pour rafraîchir le lit…Au travail, nous étions jusqu’à 80 opératrices réparties dans de grandes salles, côte à côte, face à notre 'meuble', un casque sur la tête. Très peu d’aération. L’après-midi, le service se prolongeait jusqu’à 21h, l’atmosphère devenait de plus en plus moite et étouffante à mesure que l’heure avançait. Lors des pauses, je me désaltérais et je m’humectais le corps avec un gant de toilette passé à l’eau froide, avec la hantise des odeurs dues à la chaleur. Le règlement nous octroyait une pause supplémentaire de dix minutes, certaines opératrices ayant eu des malaises. À la fin de la journée, remonter la rue des Archives était pénible: la chaleur accumulée dans la journée par les hauts immeubles me donnait l’impression de marcher dans un four. Et puis, le temps a passé et la chaleur a décru à mon grand soulagement. Ironie du sort, mi-juillet, quelques jours de congé m’ont été octroyés. J’espérais me ressourcer dans ma campagne corrézienne: il a plu… tous les jours!"

 

• "C'était le bagne"

Claudine Laruelle, Camphin-en-Pévèle (59)

 

"En 1976, je travaillais dans la culture de l’endive, dans le Nord, près de la frontière belge. J’avais 29 ans et je m’en souviendrai toute ma vie. Nous travaillions dans les champs sur les petites pousses sous un soleil torride. Le sol était devenu si dur que notre outil rebondissait sur la terre.Nous commencions à 5 h 30 et reprenions à 16 h, pour pouvoir avancer. Notre dos courbé nous faisait mal et la chaleur nous usait. La récolte a été moindre, naturellement, mais les patrons mécontents s’acharnaient sur nous, pauvres employés non déclarés. C’était le bagne!"

 

La suite ICI 

Le 25 août 1976, Raymond Barre entrait à Matignon : retour sur une vraie rupture

Alain Fabre 25 août 2016

 

La nomination de Raymond Barre comme Premier Ministre le 25 août 1976, au moment où Jacques Chirac opte pour l’affrontement avec le Président Giscard d’Estaing, constitue une vraie rupture. La désignation de cet économiste universitaire réputé mais inconnu de l’opinion et du personnel politique traditionnel malgré sa nomination au Commerce extérieur en janvier 1976, officialise le divorce politique entre chiraquiens et giscardiens : le néophyte de la politique, « homme carré dans un corps rond » devra affronter cinq ans durant et malgré son succès aux législatives de 1978, le travail de sape systématique de son action par les chiraquiens. Leur domination structurelle sur les droites conduira au torpillage du giscardisme en 1981 puis du barrisme en 1988. Raymond Barre, plus démocrate-chrétien que l’orléanisme giscardien, n’aura ainsi pas plus réussi que les variantes précédentes du libéralisme français, finalement absorbé dans l’UMP en 2002, à conjurer sa faiblesse structurelle pour en faire une force structurante de la vie politique.

 

Si l’héritage politique du barrisme demeure très réduit, la politique économique à laquelle il continue d’être identifié – rigueur à droite, austérité à gauche – constitue en revanche une rupture de grande ampleur avec l’après-guerre économique. Ce qu’incarne au fond le cap fixé par Raymond Barre en 1976, c’est la nécessité de sortir d’une stratégie de croissance en économie faiblement ouverte, où la concurrence joue un rôle marginal, et où domine le dirigisme industriel et régulateur de l’Etat. Il s’agit pour lui d’adapter la France à l’internationalisation et à la compétition accrues des économies, en mobilisant l’investissement et l’innovation des entreprises, et ce dans une logique d’intégration économique et monétaire européenne.

 

Pour le nouveau Premier Ministre, la crise qui sévit depuis 1973 avec le premier choc pétrolier, n’est pas de nature conjoncturelle et les plans de relances inspirés de la vulgate keynésienne, amplifient les déséquilibres, sans effets durables sur la croissance et l’emploi.

 

Pour Raymond Barre, la France des années 1970 voit s’achever la phase de rattrapage d’après-guerre des « Trente glorieuses » dans laquelle l’inflation et la dévaluation donnaient l’illusion de pouvoir éviter la pression de la concurrence tout en permettant des progressions de revenus supérieures à celle de la production. En fait la France des chocs pétroliers est confrontée à une mutation structurelle dont la pièce maîtresse est la compétitivité, c’est-à-dire l’aptitude des entreprises à soutenir la concurrence internationale par la maîtrise des prix et des coûts, ainsi que par l’innovation et l’investissement. L’inflation et la dévaluation ne créent pas de croissance durable ; elles pénalisent les entreprises dont la compétitivité insuffisante affaiblit l’aptitude à s’imposer à l’extérieur et à résister à la concurrence mondiale sur le marché intérieur. Qui plus est, la perte de valeur interne et externe de la monnaie entretient le sentiment qu’on peut indéfiniment s’accommoder des rigidités et des rentes.

 

Pour Raymond Barre, dans la lignée de Schumpeter et Ricardo, la croissance provient avant tout de la capacité des entreprises à innover, investir et exporter

 

Pour Raymond Barre, qui le dira dès son discours de politique générale le 5 octobre 1976, la stabilité des prix s’impose donc comme « la grande affaire du gouvernement ». Dans un contexte de forte inflation et de chômage élevé, lié à une compétitivité mise à mal et à l’obligation de restructuration de secteurs industriels entiers (sidérurgie, etc..) jusque-là préservés de la concurrence, Raymond Barre s’est affranchi des illusions d’un arbitrage possible entre les deux. Au contraire, la maîtrise de l’inflation est la condition nécessaire pour enraciner une croissance régulière et créatrice d’emplois.

 

C’est la conception même de la politique économique qui est revue : la politique budgétaire et la politique monétaire doivent assumer une fonction de stabilité afin d’établir des conditions favorables au développement des entreprises. D’où le choix - faussement paradoxal en période inflationniste - de libérer les prix qui intervient en 1978. D’où la volonté de réduire la croissance monétaire pour lutter contre l’inflation et d’équilibrer le budget afin de diriger l’épargne des ménages vers le financement des entreprises et non vers la dette publique. La concurrence ne peut jouer pleinement son rôle qu’avec une autonomie accrue de gestion des entreprises favorisée par la maîtrise des dépenses et des déficits publics, l’accumulation des gains de productivité et la lutte contre la spirale des revenus et des prix qui alimente un excès de consommation sur la production, c’est-à-dire qui accroît les déficits extérieurs. Pour Raymond Barre, dans la lignée de Schumpeter et Ricardo, la croissance provient avant tout de la capacité des entreprises à innover, investir et exporter.

 

En dépit d’un contexte international tourmenté par deux chocs pétroliers – les prix pétroliers ont été multipliés par 16 de 1973 à 1979 – qui ont masqué les résultats de la lutte contre l’inflation, les cinq années de Raymond Barre à Matignon, marquées par un redressement spectaculaire en 1978, suivi d’une rechute en raison du second choc pétrolier en 1979, ont permis néanmoins d’affermir la croissance (de l’ordre de 3 %), de maîtriser les comptes publics et extérieurs, de contrôler l’endettement public (20 % du PIB). Dans un contexte de hausse généralisée du chômage – 6,2 % dans l’Europe des 9 contre 6,4 % en France en 1980 – même la performance de la France barriste au niveau de la moyenne européenne, demeure très honorable.

 

L’autre grande rupture qu’incarne Raymond Barre, c’est la dimension européenne de sa conduite de la politique économique. Auteur en 1969, comme vice-président de la Commission européenne, du premier rapport sur l’Union économique et monétaire, Raymond Barre a inscrit son action dans la perspective d’intégration économique et monétaire européenne dont la France, avec l’Allemagne, devait être un élément moteur. Une perspective inatteignable pour des économies européennes chroniquement déstabilisées par des dévaluations répétitives résultant d’écarts d’inflation excessifs.

 

Après la sortie du franc du Serpent européen en mars 1976 sous l’effet de la politique de relance de Jacques Chirac, Raymond Barre a plus résolument qu’auparavant recherché à doter la politique française d’une contrainte de change avec la mise en place à partir de 1979 du Système monétaire européen (SME), composante déterminante d’une stratégie économique de stabilité et moyen puissant d’incitation interne à la désinflation et à la compétitivité. Dans cet esprit, il était impératif pour un adepte de l’économie de marché sociale sur le modèle rhénan que la France poursuive un objectif de convergence et de compatibilité de sa politique économique avec l’ensemble des économies européennes et principalement avec l’Allemagne.

 

La modernisation de la France et la construction européenne constituaient en définitive les deux faces d’une même médaille : Raymond Barre était conscient de l’importance de l’intégration européenne, notamment par la stabilité des taux de change, comme facteur d’incitation de la France à la maîtrise de ses comptes publics et aux réformes de structure. Inversement, il était convaincu que la construction européenne s’avérerait impossible sans une France économiquement performante et convergente avec ses partenaires. C’est tout le problème posé par le décrochage de la France vis-à-vis du reste de la zone euro aujourd’hui.

 

Quarante ans après, la classe politique française est toujours sujette à la même schizophrénie qu’en 1976. La vie politique française n’a toujours pas résolu son problème de fond : démagogie proclamée aux élections, réalisme inavoué au gouvernement.

 

Un regard rétrospectif sur les années Barre appelle deux observations. La tentation de sortir de la « stratégie » fixée en 1976 par Raymond Barre n’a jamais entraîné que des catastrophes comme le rappelle cruellement la politique de François Mitterrand en 1981. La gauche a tort de ne pas se flatter d’avoir renoué avec elle à partir de 1983 : le choix de la rigueur par Pierre Mauroy et Jacques Delors – « du barrisme sans Barre » - explique à la fois les bonnes performances observées à la fin des années 1980 et les conditions assez favorables dans lesquelles la France est entrée dans l’euro à la fin des années 1990. Mais quarante ans après, la classe politique française est toujours sujette à la même schizophrénie qu’en 1976. La vie politique française n’a toujours pas résolu son problème de fond : démagogie proclamée aux élections, réalisme inavoué au gouvernement.

 

Ce qui en 1976 distinguait Raymond Barre - que le Président Giscard d’Estaing qualifiait à l’annonce de sa mort le 25 août 2007, de « meilleur Premier ministre de la Ve République » - de la plupart des responsables politiques français, c’était au fond le rapport au monde réel. L’un voulait le voir en face pour le maîtriser, les autres ne songeaient qu’à y échapper. Quarante ans après, la France qui s’enlise dans le déclin demeure confrontée à la même alternative.

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 06:00
Et si je demandais à Sophia Loren de me préparer des ciccimmaritati !

Sophia Loren est un cordon bleu

 

« Sophia Loren avait réussi l’exploit de concilier l’inconciliable dans l’Italie des années 60. Elle était à la fois un sex-symbol et une mère, une icône hollywoodienne inaccessible et une courageuse fille de Naples. Elle devint un objet d’adoration pour le public. In cucina con amore fut publié en 1971, pendant l’âge d’or de l’actrice, qui était alors une jeune maman au sommet de sa carrière. Sophia Loren est un cordon bleu, tout le monde s’accorde à le dire. Toutefois son livre n’est pas un hommage à ses compétences en cuisine. Il combine toutes les contradictions qui ont fait d’elle une actrice adulée des foules. Notamment une bonne dose de sex-appeal, surtout sur les photos. L’une d’elle nous la montre dans une robe légère et échancrée, caressant rêveusement la queue d’un faisan farci, élément charcutier qui ne peut être qualifié de rococo. »L’auteur de ces lignes est un journaliste américain John Dickie dans un livre publié en 2007. »

 

 

19 mai 2012

In cucina con amore « tout ce que vous voyez je le dois aux spaghettis » Sophia Loren en 1971

ICI 

 

Sophia Loren est en train de changer la perception qu'on a de la vieillesse lorsqu'elle est apparue dans une magnifique robe blanche lors d'un événement, samedi dernier. Le temps semblait n'avoir eu aucune emprise sur elle.

 

La femme de 84 ans était tout aussi glamour que pendant sa jeunesse lorsqu'elle a assisté à la cérémonie de baptême du paquebot de croisière de luxe, MSC Bellissima.

 

Debout au City Cruise Terminal de Southampton, Loren brillait de mille feux dans une robe blanche très pailletée avec plusieurs bijoux assortis.

 

La robe de sirène italienne à manches longues à encolure basse est tombée jusqu'à ses pieds. Les diamants et les paillettes à l'ourlet de la tenue éblouissent les yeux.

 

Tout ça pour rappeler que Sophia  Loren est napolitaine, cordon bleu, et ce n’est pas une vue de mon esprit échauffé que de vouloir lui demander de me préparer des ciccimmaritati !

 

C’est quoi les ciccimmaritati ?

 

Explications de gravure :

 

Nelide préparait les ciccimmaritati, une soupe traditionnelle du Cilento comportant au moins une vingtaine de légumes et de céréales différents. Rosa estimait que l’orgueil d’une femme du Cilento ne pouvait ignorer ce plat, et avait l’intention de mettre sa nièce à l’épreuve.

 

[…]

 

La jeune fille passa timidement sa main rugueuse sur la planche de formica, aussi lisse que la tablette de bois brut à laquelle était habituée. Rosa apprécia cette méfiance face à l’artificialité du matériau, et fut heureuse de voir sa nièce s’adapter et avoir repris les gestes de l’ancien rituel, disposant les ingrédients sur la table : le blé Cappella à épis noirs, le maïs, les fèves, les gesses, les haricots Régina, blancs et ronds, les tabaccuogni, petits et marron, les pois chiches et les mimiccole, les lentilles. Le tout en petits tas bien distincts, pour ne pas se tromper dans les proportions. Dans une assiette creuse il y avait les châtaignes janghe, séchées et décortiquées à l’avance, qui donneraient de la douceur à la soupe.

 

[…]

 

À côté des petits tas de légumes et de céréales, la jeune fille aligna épices et condiments : ail, huile d’olive, sel, l’incontournable papauolo, le piment sec très piquant, et la tomate en conserve prise de la buatta, la boîte en fer recouverte d’un torchon, rangée sur la planche la plus haute du buffet. Maintenant, je veux te voir faire, pensa Rosa depuis sa chaise adossée au mur, les mains croisées sur son ventre. Jusque-là, la nièce était restée dans les limites de la stricte orthodoxie, mais maintenant, le moment de la touche personnelle était venu. On l’avait, ou on le l’avait pas.

 

[…]

 

Nelide fit un signe vigoureux de la tête, comme si elle avait reçu un ordre péremptoire. Elle se dirigea vers le buffet, attrapa une boîte et ajouta à ses ingrédients une cuillerée de saindoux. Maintenant, oui, il ne manquait plus rien à la préparation des ciccimmaritati, et on allait pouvoir s’attaquer à la cuisson. Elle regarda la tante, en quête d’une approbation, et prit une marmite.

 

Extrait de L’enfer du commissaire Ricciardi de Maurizio De Giovanni

 

 

Dialogue entre Rosa la vieille tante du commissaire Ricciardi qui s’occupe de son ménage et sa jeune nièce Nelide venue l’épauler.

 

Image associée

 

Le Cilento : terre campanienne aux douces collines recouvertes d’étendues d’oliviers se reflétant dans la mer Tyrrhénienne est un endroit magique, un ancien carrefour de civilisations et traditions. Traversé par des torrents et riche en bois de châtaignes et de chênes verts, ce splendide  paysage est enrichi par la présence de petits villages perchés sur les roches ou situés au bord de la mer. C’est ici que surgit le magnifique Parc national du Cilento et du Vallo Diano, avec les sites archéologiques de Paestum et Velia et la Chartreuse de Padula, inscrits en 1998 sur la World Heritage List de l’UNESCO.

 

Le magnifique Parc National du Cilento et du Vallo Diano, le deuxième parc en Italie en termes de dimensions, s’étend de la côte tyrrhénienne à l’Apennin méridional entre la Campanie et la Basilicate et conserve d’anciennes traces de présence humaine sur le territoire. Le Parc inclut les sommets des monts Alburni, du mont Cervati et du mont Gelbison, ainsi que les contreforts côtiers du Mont Bulgheria et du Mont Sella.

 

Le patrimoine floristique du Parc se compose d’environ 1800 espèces de plantes, autochtones et spontanées, et sa faune est tout aussi riche grâce à la grande variété d’environnements naturels qui caractérisent le territoire. Aires côtières et de montagne, fleuves et ruisseaux, déterminent la présence de différentes communautés faunistiques, dont certaines espèces jouent un rôle très important en termes d’équilibre écologique, comme par exemple le faucon pèlerin.

 

Les sommets, les prairies d’altitude et les falaises sont souvent habités par les loups, l’Aigle Royale (Aquila chrysaetos) et ses proies préférées: la bartavelle (Alectoris graeca) et le lièvre de l’Apennin (Lepus corsicanus).

 

A l’extraordinaire richesse naturelle liée à l’ hétérogénéité du territoire, s’ajoute le caractère mythique et mystérieux qui caractérisent cette terre riche en histoire et culture: de l’ appel de la nymphe Leucosia  aux plages où Palinurus et Enée se séparèrent, aux  ruines des colonies grecques d’ Elée et Paestum à la magnifique Chartreuse de Padula.

 

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 06:00
Le Rouge&leBlanc a 35 ans, ce fut pour moi le plus bel âge de ma vie.

Sur l’immense Toile qui nous enserre, qui dévore nos enfants, quand tu n’as pas d’idées pour un anniversaire ou un dîner chez ta belle-mère tu tapes des mots-clés, le moteur se met en branle et crache une brassée de réponses.

 

J’ai renseigné la lucarne Google : les fleurs et le vin pour offrir.

 

Sur la première page j’ai trouvé ceci :

 

Mademoiselle B® vous propose ici une douce association entre une composition de fleurs pour Madame et une bouteille de vin pour Monsieur.

 

C’est très original, très sexué, et les propositions de Mademoiselle B® sont d’un conventionnel, comme on dit du côté de la vigne officielle. J’ai fuis !

 

Mais comme je suis d’un naturel un peu farceur je me suis dit que du côté des rédacteurs du Le Rouge&leBlanc qui se conjuguent presque totalement au masculin je pourrais reprendre l’idée et leur offrir une caisse de 12 de vins nu bien barrés ou perchés pour fêter les 35 ans.

 

 

Pour mon amie Sonia j’opte pour un bouquet de pivoines.

 

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L’édito du numéro anniversaire à un titre très 68 hard : Le combat continue.

 

Me reste plus qu’à griffonner sur une petite carte de visite un gentil petit mot pour ces sympathiques et courageux résistants.

 

Je patauge grave, dois-je placer autant que fois que possible : terroir ? Me hasarder sur le millésime de naissance du Le Rouge&leBlanc 1983, mais vu mon ignorance je m’abstiendrai ? Faute d’idée originale je me suis rabattu sur ce que crois savoir faire : une chronique !

 

 

Et, en ce domaine, vu mon ego volumineux, je commence par parler de moi puisque le seul sujet que je maîtrise à fond c’est bien ma pomme (objet des risées des détracteurs de vins nu, la pomme)

 

Comme j’ai des lettres je cite cette phrase culte.

 

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« J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » Paul Nizan Aden Arabie

 

Je la reprends à mon compte en la tordant « J’avais 35 ans en 1983 et ce fut le plus bel âge de la vie. »

 

Grâce à Tonton le fils du vinaigrier de Jarnac devenu Président en mai 1981, Michel Rocard, l’ennemi intime du Florentin devenait ministre de l’agriculture le 22 mars 1983 dans e gouvernement Mauroy 3 afin de pacifier le terrain enflammé par la pétroleuse Édith Cresson.

 

 

5 avril 2008

C'était au temps où Michel Rocard s'éclatait au 78 rue de Varenne ICI 

 

MR : Vous venez de citer, à juste titre, tous ces excellents polyvalents. Mais il y avait aussi des spécialistes du monde agricole, et j’ai eu une chance de plus, celle d’avoir effectivement un cabinet fabuleux. Il y a des hasards de carrière partout. J’ai bénéficié, dans un cadre de carrière, de quelques-unes des meilleures cervelles du monde agricole français et disponibles à ce moment-là. Je tiens à citer ici Bernard Vial, Bernard Candiard, Jean Nestor, Jacques Berthomeau et François Gouesse, parmi d’autres.

 

À l’horizon les négociations européennes pour l’entrée de l’Espagne et du Portugal dans le Marché Commun, le dossier vin est en première ligne car nos amis italiens nous abreuvent de mauvais de coupage pour les boutanches 6 étoiles, les gars du CAV grands amateurs de cagoules et de mèches lentes, voient d’un très mauvais œil  l’inclusion du vignoble de la Mancha dans le lac du vin de table.

 

C’est chaud bouillant !

 

Et me voilà chargé au sein du cabinet de ce dossier qui sent le soufre politiquement, le Languedoc est un terroir rose, socialement car le vin de table produit dans cette région était entré dans sa phase terminale.

 

Médecine de choc : distillation obligatoire au-dessus de 90 hl/ha, arrachage des vignes à haut rendement, ça gronde, Tonton n’est pas content, mais il va entériner à Dublin notre accord car il débloque la négociation européenne.

 

Tout ça pour vous dire qu’en ce temps-là, les vins fins, les vins bouchés, les AOC, relevant de l’INAO, organisme poussiéreux, nous n’en avions rien à cirer. Il nous fallait éponger le gros rouge, ce qui fut fait.

 

Nos amis du Le Rouge&leBlanc, les bonzes de la RVF, étaient pour nous de parfaits inconnus, le vin populaire peu prisé par ces éminents dégustateurs qui affichaient, à juste raison : « Boire moins, mais boire mieux », suffisait à notre bonheur.

 

Mon premier contact avec, non pas Le Rouge&leBlanc, mais François Morel qui deviendra rédacteur-en-chef par la suite, date de l’après-rapport. Ce fut là encore chaud bouillant, l’élitisme pur et dur de François ne pouvait s’accommoder de mes propositions qui embrassaient tous les vins, ceux du haut comme ceux du bas, et ceux du milieu. Par la suite nos rapports se sont pacifiés, nul d’entre nous deux n’a mis de l’eau dans son vin, nous nous sommes mieux compris. D’ailleurs, le temps aidant, j’ai doublé François à gauche en devenant un licheur exclusif de vins barrés.

 

Je remercie Le Rouge&leBlanc pour sa fidélité au vieux bloggeur, un peu vanneur, que je suis.

 

En gardant l’esprit des origines, la rédaction est passée du bulletin paroissial à un format magazine de qualité, et cerise sur le gâteau, d’ouvrir un site sur le woueb ICI  allez-y !  

 Joyeux anniversaire donc !

 

Comme je ne suis ni dégustateur, ni amateur, mais simple buveur, je me permets une double suggestion à la rédaction :

- mettez un peu plus de piments dans Le Rouge&leBlanc, le vin est un produit de convivialité, de fête et de partage, un soupçon, une larme, comme le disait le capitaine Haddock, de joie, d’humour, ne nuirait en rien au sérieux de votre magazine ;

- osez plus encore les vins nus, les vins barrés !

 

Enfin, j’aurais bien vu un petit pince-fesses pour fêter votre anniversaire chacun de nous apportant flacons et victuailles pour ripailler…

 

Une sélection de Claire cave ICI-MÊME

68 rue de Charenton

75012 Paris

ICI 

 

 

 

 

 

 

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 06:00
La Trinité fondamentale : l’huile, le pain et le vin. « Au pain et au vin, « ces deux colonnes de la consommation occidentale » Jean-François Revel, s’ajoute l’huile qui en est la lumière.

Né dans un pays de bocage où l’on vivait depuis des siècles d’une forme d’agriculture vivrière de subsistance en pratiquant, sur des petites borderies en métayage ou en faire-valoir direct, polyculture-élevage, avec un bout de vignes, où l’on commençait tout juste à s’ouvrir à la vente d’une part de plus en plus importante de la production, à s’accoutumer au maniement de la monnaie, le blé, céréale reine, était l’étalon-or de  la prospérité.

 

Mon père, Arsène, entrepreneur de travaux agricoles, avec sa batteuse allait de ferme en ferme pour transformer les gerbes de blé en bons grains pour la boulange.

 

Alors, vous comprendrez aisément que je fus fort surpris en prenant mes quartiers rue de Varenne, plus précisément rue Barbet de Jouy, de constater que les gens de la vigne prenaient d’assez haut les péquenots et les bouseux.

 

Ils étaient l’aristocratie eux, vins fins et vins communs réunis, culture pérenne enracinée dans un terroir millénaire, nectar des Dieux, ivresse et plaisir de la fête mais aussi des piliers de bistrots.

 

Sans remonter à la Cène, où le pain et le vin sont transmutés, je me disais : pourquoi produire du blé pour faire du pain serait-il moins important, moins gratifiant, que produire du vin ?

 

La question est toujours d’actualité même si le blé sert de moins en moins à faire du pain mais entre dans la ration des animaux et sert comme arme de guerre des grandes puissances USA-Chine-UE-Brésil-Russie : les débats à l’OMC sont là pour le prouver, la ritournelle du lobby céréalier « nous produisons de façon compétitive pour nourris le monde » est un attrape-nigaud relayé par la presse économique.

 

 

 

J’ai vécu au première loge la première réforme de la PAC qui impactait le mode de paiement des céréales en substituant le soutien au produit par des aides compensatoires à l’hectare afin de soutenir la guerre commerciale avec les USA et les pays dit de Cairns. Tout le débat actuel sur une agriculture plus respectueuse de son environnement est biaisé par cette approche, le poids des céréaliers à la FNSEA allié aux productions animales intensives clientes des céréaliers empêche tout vrai débat pour en revenir à des pratiques, qui ne sont pas celles de mon grand-père, mais tenant compte de pistes qui n’ont rien de régressives.

 

Je m’en tiens là.

 

Le bon pain revient, le métier de boulanger retrouve ses lettres de noblesse et j’en suis très heureux.

 

Revenons aux origines.

 

 

Il y a comme cela, des époques étonnantes dans notre histoire. Des époques majeures, véritables concentrations de forces sous l’effet desquelles s’opèrent comme dans un creuset des transformations radicales de nos cadres de vie, de nos manières de penser. Brusquement, tout est remis en question, matériellement et spirituellement, car des évènements capitaux, dont on ne mesurera les conséquences synchronisées qu’avec du recul, donnent une poussée à nos civilisations à, bout de souffle. Alors, le vaisseau à bord duquel est embarquée l’humanité change de vitesse et de cap. Ces concours e circonstances scandent curieusement l’histoire, depuis qu’elle est connue, et que l’on peut attester de ses cycles, de demi-millénaire en demi-millénaire ;. Il n’est que de consulter une chronologie pour en être émerveillé.

 

VIe ou Ve siècle avant Jésus-Christ. Le jour se lève justement sur certains événements, qui, bien que tout à fait locaux, n’en sont pas moins considérables… Oui, c’est extraordinaire. Comme quatre lumières s’allumant aux quatre coins du monde alors connu, apparaissent des gens dont la pensée va modeler pour longtemps notre façon d’être car ne nous sommes surtout qu’en fonction de ce que nous pensons. L’homme était intelligent depuis belle lurette. Il va réfléchir désormais pour le plaisir de réfléchir. K’ong Fou-tseu (Confucius) en Chine, Gautama (Bouddha) en Inde, Zaroastre (Zarathoustra)  en Perse, Pythagore en Grèce. Quatre gigantesques. Mais quatre hommes modestes, dont on sait qu’ils furent aussi de mœurs frugales puisque la sagesse est l’ennemie de toute passion, de tout excès.

 

La nourriture, pour eux qui ne la méprisent point, est un double  don divin. Celui du savoir-faire concédé aux hommes et appliqué aux « fruits » offerts par la nature.

 

L’apparition des quatre sages à l’orée d’un nouveau cycle événementiel n’est pas un effet du hasard, mais elle est, par sa simultanéité, ou presque, la révélation exprimée, sous quatre horizons différents, de a meilleure pensée cachée au fond de l’homme. Et, voyez comme les choses sont bien faites, ces quatre sages furent à ce point universels que chacun peut trouver en leurs enseignements l’eau la plus vive et la plus pure à apporter à son propre moulin. Ici, nous en prendrons ce qui convient à nos préoccupations alimentaires, point si futiles que cela, puisque derrière l’aliment marche le monde.

 

Tout le long, pénible et patient travail assumé par les gens du Néolithique pour domestiquer plantes et bétail a permis de disposer de richesses que l’on va, à présent, savourer. Les Âges du bronze et du fer sont là. À la  satisfaction physique de la faim assouvie s’ajoutera le plaisir intellectuel de la gourmandise, point encore – et heureusement ! – dénoncée comme péché mortel. Plaisir qui, hélas !, deviendra vice lorsqu’on ne saura plus le contrôler, lui aussi.

 

Mais avant cette découverte de la cuisine si bien définie par Jean-François Revel, une nourriture sauvage, appréhendée au hasard des besoins, mais une alimentation pensée et organisée en fonction de ces besoins.

 

Comme l’art plastique est une des expressions de l’habileté et de la sensibilité des civilisations, l’art culinaire, cette gastronomie à la fois savoir-faire et savoir apprécier, « ce perfectionnement de la cuisine elle-même », commence à se faire jour en Grèce ; c’est, de génération en génération, l’élaboration de produits simples et savoureux, les premiers produits alimentaires manufacturés : le pain, l’huile et le vin.

 

Les seigneurs grecs de L’Iliade, héritiers des chefs de ces pasteurs aryens poussés jusqu’en Grèce par la famine, ne sont tout bonnement que des fermiers. Importants peut-être mais vivant sans folies des humbles ressources d’un terroir dont la principale bénédiction vient du soleil. Et les duels homériques, comme celui d’Eurymarque et d’Ulysse consiste souvent à tracer le sillon le plus droit.

 

Au pain et au vin, « ces deux colonnes de la consommation occidentale », comme le dit encore Jean-François Revel, s’ajoute l’huile qui en est la lumière. La révélation de cette trinité fondamentale pour la santé des gens et la prospérité des État, est attribuée à des divinités bienveillantes et pacifiques qui ne sont pas les plus redoutées mais restent en tout cas les plus chéries : Déméter, Dionysos et Athéna.

 

Naturellement, pain, vin et huile existaient avant les Grecs, mais nul avant eux n’a su aussi bien en parler. Pour pouvoir en parler davantage, s’attacher à les fabriquer du mieux possible, ils ont toujours eu de la discussion à revendre .Un autre de leurs dieux aimés n’est-il pas Hermès le Beau parleur mais aussi l’Habile ? Et lorsque l’on saura que Dionysos, dieu de la Vigne et du Vin, aura eu la vie sauve grâce à Hermès, on comprendra beaucoup de choses…

 

Et comment ne pas bien parler, lorsqu’on a commencé sa journée, à la façon des Grecs du Ve siècle av. J.C. : en trempant du pain dans du vin (acratodzomai, d’acratos : pur comme le vin), exceptionnellement pris ainsi pour les petits déjeuners tout comme il l’est pour les libations propitiatioires, la meilleure prière qui soit avant tout repas. Pourquoi le vin du petit déjeuner, dit pour cela acratos, doit-il être pur ? Parce qu’en lui consistent les prémices de la journée dont rien ne dit qu’elle  sera pas, à un titre ou à un autre, la plus importante de notre vie. En tout cas, elle devra êter profitable comme le pain, stimulante comme le vin, douce comme l’huile.

 

« Qu'est-ce que l’abondance ? Un mot et rien de plus, la nécessité suffit au sage », dit un Grec, Euripide.

 

Qui y-a-t-il de plus nécessaire que le pain, l’huile et le vin ?

 

Maguelonne Toussaint-Samat Histoire Naturelle&Morale de la Nourriture.

 

Chronique à suivre…

 

Le marché des céréales françaises - crédits Passion Céréales

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 06:00
La viande 100% Aubrac, rustique et ferme, de la viande à mâche, superbe mais difficile à vendre aux Parisiens, ces ânes.

La première fois que je suis allé sur l’Aubrac – on ne dit pas en Aubrac mais sur l’Aubrac – c’était en autocar, un autocar officiel qui abritait la fine fleur du gotha agricole aveyronnais, sauf André Valadier bien sûr… Raymond Lacombe, Marcel Bruel, André Laur pour montrer au commissaire européen à l’agriculture Andriensen ce qu’était la réalité de « l’exception agricole française » c’est-à-dire la fameuse exploitation familiale laborieuse.

 

Nous avons déjeuné dans un buron où l’on tira l’aligot en trinquant avec du Marcillac. Le commissaire, blond comme les blés, était rouge de plaisir. Il parlait un français impeccable, madame Andriensen étant gauloise.

 

Bref, ce fut une bonne journée. J’y suis retourné à plusieurs reprises avec André Valadier pour le Laguiole, pour ma mission de médiation laitière où le fils de Raymond Lacombe commençait son ascension qui le mènera à la tête de Sodiaal, lors de mon unique voyage de presse pour la transhumance.

 

16 juin 2011

Deux hommes et un dessein : l’Aubrac d’abord ! Christian Valette et André Valadier ICI 

Chronique Livre : ALTO BRACO de Vanessa Bamberger sur Quatre Sans Quatre

 

L’Aubrac, l’Alto Braco, le haut lieu, il est rare que dans un roman, en l’occurrence Alto Braco de Vanessa Bamberger chez Liana Levi, on écrive avec autant de justesse, de précision, avec finesse et humour, les réalités de l’élevage dans cet Aveyron plus connu pour ses exilés parisiens que pour ses vaches.

 

Alto braco

Et pourtant :

 

« Les vaches avaient par ici davantage de valeur que les êtres humains. On y trouvait plus de vétérinaires que de médecins. »

[...]

La narratrice se balade en auto sur l’Alto Braco avec sa grand-tante dites Granita :

  • Elles sont vraiment jolies, ces reines d’Aubrac, ai-je déclaré d’un ton empathique, en désignant un troupeau qui paissait à l’orée d’une prairie.

 

  • Oui, sauf que ce sont des limousines, a rectifié Granita qui avait chaussé ses lunettes grossissantes.

 

J’ai ralenti pour les examiner. Robe roux clair, yeux albinos, muqueuses roses, cornes droites. De loin, on pouvait s’y tromper.

 

  • Mais que font-elles là ? ai-je protesté d’un ton offusqué, m’étonnant de ma propre réaction.

 

  • C’est la course à la grosse vache, s’est moquée ma grand-tante. Les paysans font venir de la limousine parce que, pour un poids carcasse égal, elle donne plus de viande, elle est mieux conformée. C’est aussi pour cette raison qu’ils ont acheté des taureaux charolais, afin de donner naissance à des génisses labellisées « Fleur d’Aubrac », une race croisée créée pour gagner sur la bête. Une chair plus grasse, plus molle que la viande cent pour cent Aubrac, elle-même rustique et ferme, de l viande à mâche, superbe mais difficile à vendre aux Parisiens, qui n’y connaissent rien, ces ânes. »

 

[…]

 

  • Là-bas, ce sont des aubrac ?

 

  • Non des salers. Tu as pourtant de meilleurs yeux que moi ! Elles sont plus rouges.

 

Granita disait vrai, la salers empruntait sa teinte acajou aux feuilles d’automne des frênes. Bien qu’elle soit d’origine cantaloue, on n’en trouvait beaucoup moins que des limousines, à peine cinq pour cent de la vacherie du plateau. Malgré son statut de cousine du Massif central, la salers connaissait des difficultés d’adaptation, l’herbe du plateau lui convenait moins bien. De toute façon, il n’existait pas meilleure vache ça nôtre, a affirmé ma grand-tante. Une bête légère, capable de vêler sans assistance, de s’adapter à la rudesse des éléments et supporter le sol en béton les mois d’hiver, de faire des réserves, puiser dans ses ressources, de ne pas se laisser périr :une bête « accordéon ». Parfois si maigre qu’on l’appelait clède, du nom donné aux barrières dans les prés. »

 

L1010359.JPG

 

Superbe !

 

Et ce n’est pas tout, je vous livrerai dans une prochaine chronique une description hilarante de la filière italienne des maigres…

 

GÉNISSE FLEUR D’AUBRAC IGP

Les Génisses « Fleur d'Aubrac » sont nées de mère de race Aubrac et de père de race Charolaise. Le climat de l'Aubrac permet à ces animaux d'avoir un mode d'élevage par alternance pâturage/étable. Nourris d'herbe, de foin et de fourrage de l'exploitation, leur viande est goûteuse et tendre.

 

La suite ICI 

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 07:00
Brèves de lavoir (5) les 2 filles de l’Alto Braco accusaient les boulangers, les machines à expresso et le Ministère de la Santé d’avoir tué les petits bistrots.

« À leurs débuts au Demoiselle*, elles ouvraient à six heures, à cause de l’usine toute proche. Les ouvriers attaquaient au café belge, y compris les femmes. À onze heures, c’était apéro, pâté, rillettes, saucisson et vin blanc. Les employés des bureaux prenaient le temps d’une pause comptoir ou d’un déjeuner à table. Désormais, ils ne quittaient leur entreprise que pour faire la queue à la boulangerie et s’acheter un sandwich ou une salade. Le métier était devenu difficile. La bouteille de calva fait l’année, regrettait Granita. »

 

* rue Danton à Levallois-Perret près de l'usine Citroën

 

Affaire à suivre…

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 06:00
Marcel Bascoulard « l’homme qui s’habillait en femme » artiste-peintre-poète « Pour avoir mal été, il a fini fait divers »

Et si nous allions visiter le musée Estève valeur à l’Hôtel des Echevins de Bourges. ? ICI 

 

Et nous avons pris le train pour Bourges ?

 

Estève, le grand Maurice Estève élevé par ses grands-parents paternels. « Cette enfance de petit paysan va le marquer d’autant plus profondément que sa grand-mère est une figure assez exceptionnelle. Totalement illettrée, elle décela très vite la personnalité de son « travail » avec beaucoup de respect, quand il installait sur le carrelage même de la salle de séjour, dès l’âge de huit ans, des objets et des fruits pour les dessiner. »

 

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Aquarelle de 1966 et un fusain, crayons jaune et bleu de 1979

 

C’est ce jour-là que j’ai découvert l’existence de Marcel Bascoulard.

 

 

Le 12 janvier 1978, la population berruyère apprend avec stupeur le meurtre de Marcel Bascoulard. C'était son peintre fétiche, un marginal qui faisait partie de la ville. Il avait dessiné et peint tant de rues et de monuments du cœur de Bourges. La Ville décide de prendre en charge ses obsèques et la concession au cimetière Saint Lazare (massif 7, ligne 11, fosse 152).

 

Son assassin, Jean Claude S.., âgé de 28 ans sera condamné à 15 ans de prison l'année suivante.

 

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Qui était donc ce Marcel Bascoulard ?

 

Je vous le dirai plus tard.

 

Le jour où Bascoulard a refusé de sortir de prison, parce qu'il n'avait pas terminé son dessin

 

Le Berry

 

Publié le 12/01/2018 

 

Le dimanche 4 janvier 1942, Marcel Bascoulard était arrêté par les Allemands, soupçonné d'espionnage alors qu'il dessinait des trains. Il se retrouvait alors à la prison du Bordiot, à Bourges.

 

Marcel Bascoulard dessinait. En l’absence de papier il avait choisi les murs de la minuscule cellule où on l’avait jeté pour y inscrire les paysages intérieurs qu’il portait en lui. Des rails qui s’entremêlaient, se croisaient, se perdaient dans des horizons incertains, sur lesquels circulaient des locomotives flambant neuves d’où s’échappaient des paquets d’étoupe grisâtre. Il voyageait où et quand il voulait sans avoir à bouger de là où il se trouvait.

 

Il entendit la porte de sa geôle s’ouvrir dans un grincement de fer rouillé, mais ne tourna pas la tête pour autant. Il était concentré sur l’œuvre en cours.

 

— Bascoulard ! T’es libre. Allez, suis-moi…, proféra le gardien Justin Bichon avec un fort accent berrichon.

 

Il ne répondit pas. Il continuait à couvrir les murs de voies ferrées et de wagons.

 

— Eh ! T’es sourd ou quoi ? On te libère, t’entends ? On veut plus de toi ici ! Tu peux rentrer tranquillement chez toi.

 

— Je suis… chez moi… ici, répliqua l’artiste de sa voix lente.

 

Bichon jouait avec ses clés. Il se demandait ce que ce drôle de prisonnier pouvait bien vouloir dire. Il était chez lui en prison ? Cela n’avait pas de sens.

 

Personne n’est chez soi en prison.

 

— Fais pas d’histoires, Bascoulard… J’ai l’ordre de t’emmener au guichet, pour qu’on te donne ton ordre d’élargissement.

 

— Reviens plus tard.

 

Justin Bichon ne savait plus quoi faire. En trente ans de Bordiot, c’était bien la première fois qu’un détenu refusait d’être libéré. Il en avait pourtant croisé, des énergumènes. Des costauds qui pleuraient comme des mioches qu’on a privé de dessert. Des croyants qui réclamaient le secours d’un prêtre. Des rusés qui cherchaient à obtenir du tabac ou de l’alcool en échange de promesses de rétribution qu’ils n’avaient bien entendu pas les moyens d’honorer. Des désespérés qui tentaient de se suicider avec leur fourchette. Des fous qui hurlaient de jour comme de nuit. Mais des prisonniers qui refusaient la liberté, il n’en avait jamais vus. Et il n’avait pas été formé pour répondre à ce type de situation.

 

— Plus tard, plus tard… T’en as de bonnes, toi. C’est que j’ai mon service à faire. T’es pas le seul, ici, mon gars ! Et puis, je dois rendre des comptes, moi.

 

Plus tard, c’est pas possible. C’est maintenant que je dois te conduire dehors.

 

— Pas avant… que j’ai fini… mon dessin, articula l’artiste.

 

Bichon, d’une main, releva son képi pour se gratter le front. Il cherchait désespérément l’argument décisif qui emporterait l’adhésion de l’artiste têtu. Il essaya la menace :

 

— Si tu attends trop longtemps, ils risquent de revenir sur leur décision, mon gars ! Si tu veux pas partir, ils vont te garder, et pour longtemps !

 

— Ça me va, répliqua sobrement Bascoulard tout en traçant avec minutie les rayons d’une roue de locomotive.

 

Justin Bichon était au désespoir. Décidément, il n’y arriverait pas tout seul. Il lui fallait des renforts.

 

— Puisque c’est ça, je te laisse, Bascoulard ! Viens pas pleurer, après !

 

Il sortit et referma la porte derrière lui, puis attendit un moment, au cas où le prisonnier aurait changé d’avis. Mais non. Il ne percevait que le frottement du crayon sur les murs.

 

Bichon redescendit jusqu’au guichet où se trouvait les autres gardiens du Bordiot.

 

— Les gars, j’ai un problème avec Bascoulard.

 

— Qu’est-ce qu’il a encore inventé, ce maboul ? fit un gros geôlier au nez rubicond.

 

— Il veut pas quitter sa cellule. Pas avant d’avoir fini son dessin.

 

— Tu essayes de nous mener en bateau, Bichon ! répliqua un grand maigre qui flottait dans son uniforme.

 

— Je t’assure que non ! Il veut rien savoir ! Vous voulez pas m’aider, les gars ? A nous trois, on va bien réussir par le foutre dehors !

 

— Des qui refusent de venir ici, j’en connais. Mais des qui veulent pas en partir, c’est du jamais vu ! philosopha le gros.

 

— Bon, on y va ? J’ai pas fini ma tournée, moi ! se lamenta Bichon.

 

— Pleure pas, on vient ! le rassura le maigre.

 

Tous trois escaladèrent l’escalier qui conduisait à la cellule de Bascoulard.

 

Justin Bichon fit jouer le pêne et ouvrit la porte en grand.

 

A l’intérieur se trouvait Marcel Bascoulard, debout, les yeux dirigés vers eux.

 

— J’ai fini… mon dessin. Je veux bien… partir… maintenant.

 

SOURCE : ICI  

 

Marcel Bascoulard, né le 10 février 1913 à Vallenay dans la vallée du Cher il vit à Saint Florent, la famille habite dans le fond d'une cour, sur la route de Châtillon. Son père, Léon est ouvrier maçon, il a quelques ouvriers avec lui, c'est un homme que l'on dit volontiers rigoureux. Il avait dans cette profession, une vision très personnelle pour installer les échafaudages, ce qui lui vaudra le surnom de "Le Cordiau", car ces barres devaient être parfaitement alignées.

 

Sa mère est née Marguerite Mulet, il est le second enfant du couple, il a une soeur Marie-Julie qui est l'aînée, elle vit le jour en 1909, et meurt en 1952, quant à son jeune frère, Roger, il est né en 1921 et est mort en 1984.

 

Le petit Marcel Bascoulard commence à l'école de Saint Florent sur Cher, et à la rentrée de 1926, il entre au Collège situé route de Bourges, aujourd'hui rue Gabriel Dordain, juste en face du centre Louis Aragon. Il sera aidé par ses professeurs dont Robert Vergnoux qui va tout faire pour encourager le jeune Marcel vers « les Beaux Arts ».

 

Marcel sera très moyen dans ses études, aimant le Français, les langues et le dessin, mais très faible en mathématiques et en sciences. Il est semble-t-il un élève assez dissipé. A 17 ans, il a le Brevet d'Etudes Primaires Supérieurs, et il fréquente l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bourges, place Cujas et rencontre le sculpteur André Bezart, lequel va l'orienter vers la sculptures et c'est lui qui fera après sa mort son buste que l'on peut voir à Bourges.

 

Le jeune Marcel commence à dessiner des maisons qui sont autour de Saint Florent.

 

 Le 25 septembre 1932, il a moins de vingt ans, c'est le drame. Sa mère Marguerite abat son père Léon, âgé de 55 ans, d'un coup de revolver acheté deux mois auparavant dans une armurerie de Bourges. Elle avait éloigné ses deux enfants Marcel et Roger. Jugée irresponsable elle sera internée à Bourges à Beauregard, l'Hôpital spécialisé. Elle meurt le 1er juin 1944, à Limoges, car Beauregard avait été décentralisé de Bourges à Limoges.

 

Après ce drame familial, pour se rapprocher de sa mère, il s'établit à Bourges. Sans argent, déjà marginalisé, il habite dans des cabanes dans les Marais, mais aussi dans un grenier à Fenestrelay ou près de la route de Nevers. Enfin, il trouve une cabine d'un bas situé dans le quartier Avaricum, un lieu mal famé.

 

Pendant longtemps, il va vivre dans une vieille maison devant être détruite à l'emplacement actuel du quartier Avaricum. Dans ces années 1935, il signe ses dessins "Bascoulard-Mulet", et comme un hommage à sa mère, il signe à l'endroit, à l'envers, et parfois dans d'autres langues qu'il semble un peu connaître.

 

En 1934, il commence à dessiner dans les rues de Bourges, et suit des cours d'art de Marcel Pinon.

 

 « Si je me promène en tenue féminine, c'est que j'est me (sic) cette tenue plus esthétique. Pour les besoins de l'art, lorsque je revêts la tenue féminine, je prends avec moi mon appareil photographique et je fais faire des clichés de moi-même par des gens de connaissance. »

 

 

Bascoulard est connu par son curieux accoutrement, il porte " des chaussures éventrées, sur ses jambes nues bat une éternelle blouse jadis grise ". Pour regagner sa demeure, après avoir dessiné une fois encore la cathédrale de Bourges, vu de la rue Porte Jaune, " il utilise une machine bizarre, hybride, sorte de tricycle que bien souvent, il pousse ou traîne au lieu de pédaler ".

 

 

C'est en 1938 qu'il fait fabriquer par André Narcy, commerçant de cycles qui était à l'angle de la rue de la Poissonnerie et de Bourbonnoux, c'est à dire place Gordaine, un tricycle pour transporter deux personnes et un peu de matériel. Il va payer cet engin avec ses dessins. C'est ce qu'il fera toujours.

 

10 ans plus tard, nouveau tricycle, mais toujours chez Narcy, mais il n'est pas très stable, il y a quelques chutes et s'il est très connu alors dans Bourges pour ce véhicule, ce n'est pas la panacée pour se déplacer.

 

 

À  partir de 1955 il vit alors dans une sorte de cabine de camion en pleine nature avec ses chats au lieu-dit "Les Gargaudières". Pour vivre, il dessine, il reproduit à l'encre ou au crayon le Palais Jacques Coeur, les vieilles rues de Bourges, les Eglises et surtout la Cathédrale Saint Etienne.

 

 Il dessine le Bourges éternel, " appuyé contre un mur, perché tel un échassier sur une seule jambe contre laquelle l'autre s'est repliée ", ses dessins sont remarquables, d'une très grande précision, ils ont une âme. Il mange comme autrefois, sans assiette ni fourchette, il utilise un canif un peu rouillé, et dors à même le sol, sans se soucier du lendemain, ni du temps, il ne possède pas de montre…. Ni de peigne. Il vit par son art.

 

 

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 06:00
e-cuisine d’1 jour de vent&pluie sur la terre rouge de Roland : chipirons poêlés qui, contrairement aux bretons, ont des chapeaux pointus.

Du côté de la porte d’Auteuil cette année pas de panamas sur le bord des courts pour se protéger du soleil, le temps est carrément breton, les chapeaux ronds, et le vendredi des demi-finales il soufflait un vent à décorner les encornets.

 

N’importe quoi camarade !  

 

Faute avouée, autocritique, n’était pas pardonnée au temps de Tintin au Pays des Soviets, fine allusion à la polémique sur l’absence du tsar de poche Poutine aux cérémonies du débarquement en Normandie.

 

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Mais, étant né et éduqué au pays des curés, 3 pater et 2 ave après le « c’est ma faute c’est ma très grande faute » coulpe battue je me retrouve aussi blanc que le Lacoste des Mousquetaires au grand temps de Roland.

 

Le tennisman français Jean Borotra, lors d\'un match de Coupe Davis, en 1927.

Le tennisman français Jean Borotra, lors d'un match de Coupe Davis, en 1927. (AFP)

 

Ben oui les amis, comme les bourgeois bordelais disent Ferret pour le Cap Ferret, les parigots disent avec désinvolture Roland pour Roland Garros.

 

Roland-Garros et le sempiternel scandale des loges vides

 

La rénovation du court Philippe-Chatrier était l’occasion rêvée de transformer la configuration du Central, de remonter certaines loges afin de laisser les places au bord du court au grand public, passionné, préférant le sandwich fait maison et emballé dans le papier alu que les agapes du village VIP. Eh bien, non ! La configuration est restée à l’identique et les mêmes maux produisent les mêmes effets.

 

Lucas Pouille rouscaille :

 

« Les gens préfèrent boire une coupe de champagne. C’est le problème de mettre les loges à cet endroit. Autant mettre des gens qui viennent vraiment voir du tennis. C’est le problème de ce court et ça l’a toujours été. Quand on regarde à la télé, on a l’impression que le Central peut être vide alors qu’il est plein. Ce sont juste la tribune présidentielle et certaines loges qui sont vides. Depuis des années, on connaît le problème. Quand on voit les ambiances sur le court 14 ou le Simonne-Mathieu, ce n’est pas pareil… »

 

Je laisse de côté la terre battue rouge brique de Roland qui est au tennis français ce que le terroir est à la grandeur des vins grands gaulois hors de prix, sauf que depuis Noah, au patronyme prédestiné pour les adulateurs de cépages résistants, les seuls français(e)s en finale sont les ramasseuses et les ramasseurs de balles.

 

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J’en reviens à la rue Daguerre, là où j’ai croisé un Curé qui puait des pieds, chez le poissonnier, tout près d’un maigre fort gros, s’offraient à mon regard d’e-cuisinier amateur une belle poignée de chipirons que certains nomment aussi encornets.

 

 

Comme j’ai écrit sur tout et rien je vous précise que :

 

Le chipiron du sud-ouest est un petit encornet, voisin de la seiche, « encré » pour échapper à ses prédateurs, et là que l’encornet ([ ɑ̃kɔʀne ]) est en principe le nom vernaculaire du calmar lorsqu'il est pêché ou cuisiné, et là encore que le chipiron se nomme supion en Méditerranée…

 

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Je m’y perds puisqu’on me dit aussi que l’encornet est le nom vernaculaire du calmar ou calamar et que ce mot peut parfois désigner par analogie d'autres céphalopodes comme la seiche et parfois le poulpe.

 

Mais sachez que le calamar n’est pas une seiche « Un moyen infaillible pour ne plus les confondre : La seiche a un os, le calamar (ou calmar) a une plume, la pieuvre n'a plus aucun élément de squelette résiduel. »

 

Donc j’achète les chipirons.

 

De retour en cuisine, je les vide en séparant la tête et les tentacules du manteau en forme d’étui et les rince à l’eau fraîche.

 

Calmar ou calamar vient du latin « calamarius », qui signifie « étui à roseaux pour écrire », nom donné du fait de sa forme : coquille interne semblable à une plume, le tout enfermé dans son manteau en forme d'étui et possédant de « l'encre ». Le calmar a une simple plume comme squelette facile à ôter.

 

Ensuite, rapide passage à l’eau bouillante salée avec persil et laurier.

 

Préparation de la persillade échalotes, petits oignons, ail, hachés.

 

 

Huile d’olive dans la poêle pour frire doucement les chipirons et la persillade.

 

Finition avec une noix de beurre salée.

 

J’ai décidé de manger mes chipirons avec des trofies.

 

 

Et avec ça j’ai bu ça…

 

 

Bon appétit !

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