Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 06:00
À l’aveugle, tel Bob Parker, je note 100/100 la saison 2 de Mimi, Fifi & Glou Glou, ça goûte bien !

J’aime les surprises et plus encore les bonnes surprises, alors je ne boude pas mon plaisir en déclarant que le tome 2 de l’opus de Michel Tolmer m’a très heureusement surpris. Au lieu de se contenter de surfer sur ce qui avait fait le succès du premier album l’auteur se renouvelle, ouvre le champ de sa belle ironie parfois féroce, met avec justesse le doigt là où certains n’ont pas forcément envie qu’on le mette, accorde une plus large place aux filles : Mimie, Fifie & Louloute qui dament le pion aux 3 mecs bien prétentiards, en un mot comme en cent, c’est de la belle ouvrage de précision.

 

J’adore les métaphores :

 

- C’est comme une sieste sous un tilleul en été !

- C’est précis, rythmé, presque mécanique. On dirait une partita de Bach par Glenn Gould.

 

- Et là, whâ, la puissance !

- Comme un revers à deux mains de Rafael Nadal !

- Ou un crochet de Mike Tyson !

 

- Et ça, ça doit être un vieux millésime.

 

​- On est dans le côté majestueux.

- Genre coucher de soleil sur le sommet des Alpes.

 

- Ouh là ! Celui-ci est très différent !

- Plutôt une crevaison sur le périph un soir d’hiver… une partita de Bach jouée par Mike Tyson…

- Une saisie d’huissier au petit matin…

Ha les filles ! Rosses...

 

- Non mais vous avez vu comment elle se la pète ? !!

- Hallucinant !

- Dégoûtée.

- Vous avez entendu ce qu’elle a dit sur les vins nature ?

- Moi je ferais profil bas.

- Surtout avec le nombre de conneries qu’elle a sorties en une demi-heure !

- Quand je pense qu’elle fait rêver tous les mecs dans le milieu !!!

- Forcément, une nana mignonne comme ça…

- Attends, tu la trouves jolie, toi ?

- Quand même, tu ne peux pas dire qu’elle est moche !

- Ouais..?

- Non ? Tu la trouves comment ?

- Oxydée.

 

Les j’entrave que dalle au baratin...

 

1ier épisode

 

- Alors, c’était intéressant ?

- Il m’a raconté une histoire d’indigènes qui seraient devenus alcooliques en arrivant à Saint-Malo, j’ai pas tout compris !

 

2ième épisode

 

- J’étais avec un vigneron ce week-end, très sympa, un mec qui se foule pas, très cool tu vois… Il dit que le vin, c’est pas la peine de chercher à piger […] D’après les informations que j’ai réussi à lui soutirer, il presse chaque goutte séparément avec beaucoup de gravité ! […] Dans la vigne, tu peux te faire griffer plusieurs fois par an ! Des mecs se sont fait buter, tout ça pour de l’herbe !

Le saillie culte au Lapin versus Stéphane des Oiseaux Tempêtes...

 

C’est propre !

Le Plan large de la Dive : tout y est dit… hilarant

 

Achetez l’album pour le voir c’est 22€ ICI

 

 

J’adore le touché de bouche, c’est juste incroyable.

 

Un petit reproche : quand on nomme on nomme…

 

- Puisque tu t’intéresses au vin, je vais te faire goûter un super petit vin blanc : Domaine du Trafiquet !

Le château Laffette-Dusselipe ça ne m’inspire pas ! Bien sûr, y’a les avocats…

 

Le Pur et Dur est croqué avec de belles dents…

 

Même motif, même punition : achetez pour voir comme au poker !

 

Merci à Michel Tolmer pour sa dédicace : « la dégustation est un sport de combat. Mais je me suis entraîné ! »

 

Comme vous le savez la dégustation, à l’aveugle qui plus est, je ne pratique pas, j’suis un ramier j’ai horreur de m’entraîner… alors je me contente de boire… ignorant que je suis… mais le Tolmer saison 2 ça goûte bien comme disent les petites louves et les petits loups naturistes…

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 07:00
La rue assourdissante autour de moi hurlait/Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse/Une femme passa, d'une main fastueuse/Soulevant, balançant le feston et l'ourlet…

Comme j’ai du mal avec mes mots j’ai convoqué ceux de Baudelaire.

 

Ma tristesse infinie, cette tristesse plus que personnelle que j’appelle «le Grand Deuil», elle est fichée en moi, souvenir de ma petite enfance passée entourée de ma grand-mère Marie et de sa sœur la tante Valentine toujours vêtue et résillée de noir. Bien plus tard, mon vieil ami, Jacques Geliot, portant le deuil éternel d’un fils trop disparu, portait chaque jour sur sa chemise blanche une cravate noire.

 

 

Nos morts, nos blessés, nos estropiés…leur famille, leurs proches, leurs amis…s’incliner… porter le crêpe à la boutonnière… signe muet d’un deuil éternel… inextinguible… et puis marcher dans la rue… s’asseoir à une terrasse… entrer dans une salle de concert… vivre… rire… boire...chanter… danser… aimer…

 

PARTAGEZ S'IL VOUS PLAIT, ELLE A SEULEMENT 17 ANS !

 

 

 

Convoquer Baudelaire :

 

La rue assourdissante autour de moi hurlait

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet…

 

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

 

Un éclair... puis la nuit ! — Fugitive beauté

Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

 

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être!

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

 

Charles Baudelaire Fleurs du mal

 

L'opéra de New-York joue la Marseillaise avant Tosca

 

L'orchestre du prestigieux Metropolitan Opera de New York a joué La Marseillaise avant la représentation de l'opéra de Puccini Tosca, pour rendre hommage aux victimes des attentats perpétrés à Paris. Les paroles de l'hymne national français ont été distribuées aux spectateurs, comme le montre l'un d'eux sur Twitter.

 

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 06:00
Les faisous et les disous : « A-t-on jamais vu une marmite commencer à bouillir par le couvercle ? Non, mais toujours par le fond ! »

« Un autre monde est en marche. Beaucoup d’entre nous ne seront pas là pour assister à son avènement. Mais quand tout est calme, si je prête une oreille attentive, je l’entends déjà respirer !»

 

Arundhati Roy, jeune romancière indienne

 

Le 11 novembre sur France Inter, aux heures matinales, j’ai réentendu la voie de Paul Houée.

 

Dans le pays gallo, en Haute-Bretagne, on distingue les « disous » des « faisous ». Sauf qu'il y a des disous qui sont aussi des faisous. C'est le cas de Paul Houée. Sa parole a entraîné vers la vie « un pays qui ne voulait pas mourir ». Toute sa vie professionnelle et militante a été un engagement solidaire avec les compatriotes de sa terre natale, le Mené.

 

Le Dire et le Faire renvoie à une citation des Essais de Montaigne: « C'est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble »

 

« Tous les discours n'avancent point les choses : Il faut faire et non pas dire. » Molière ; Dom Juan ou le Festin de pierre, II, 4 (1665)

 

« Il importe plus de délibérer sur ce qu'il faut faire que sur ce qu'il faut dire. Nicolas Machiavel ; Discours sur Tite-Live (1512-1517)

 

Qui est Paul Houée ? 

 

« 1965. Jeune prof de sociologie, originaire de St Gilles-du-Mené, Paul Houée, un bosseur, déjà grand voyageur avide de connaître le monde, mais proche des gens de son canton d’origine, avec lesquels il est toujours prêt à partager une bolée, sans se prendre au sérieux, publie sa thèse : «Développement et coopération agricole en Bretagne centrale». Cette année-là, aussi, il participe sous la conduite d’Henri Desroche professeur à l’EHESS de Paris à un colloque en Israël sur l’éducation coopérative. Il se dit : « Ce qu’ils ont fait dans le désert, pourquoi ne pourrait-on pas le faire dans les landes de mon pays, le Mené ? »

 

C’est dans cet état d’esprit qu’il rend compte de son travail à base d’enquêtes participatives, à ses compatriotes au cours de l’été 1965 : près de 8 000 d’entre eux viennent en débattre. « Surprise ! » dit-il. Mais le mot est faible si on essaie de s’imaginer ce que représente un tel évènement pour ces jeunes ruraux. Jusqu’ici personne ne les écoute. Maintenant on entend leurs idées et leurs propositions sont prises au sérieux. Ça pourrait passer pour de l’action subversive mais telle n’est pas l’intention de Paul Houée : « Mes propos, sans doute, rejoignent « les nappes phréatiques » de l’histoire et de la sensibilité de cette population ».

 

Et de ce fait, « le Mené prend la parole ». L’un des anciens, d’ajouter : « Sans être du même bord politique, on a pu abattre les barrières et travailler ensemble. » À la longue, Paul Houée en tire cet enseignement : « Les hommes et les groupes qui trouvent dans l’intelligence de leur passé, la signification de leur présent, sont mieux armés que d’autres pour inventer leur avenir. »

 

« A-t-on jamais vu une marmite commencer à bouillir par le couvercle ? Non, mais toujours par le fond ! »

 

Le Printemps du Mené 

 

En 1965, à son initiative, se crée le Comité d'expansion du Mené. La même année, le 25 décembre, cent cinquante jeunes ruraux sont réunis en assemblée générale à Collinée. Sous la bannière de «Mené jeunesse», ils veulent, eux aussi, prendre part à l'élan que le sociologue veut donner au territoire.

 

Ce qu'on nommera le Printemps du Mené deviendra un modèle pionnier de développement local et reconnu au plan national. « Michel Rocard, Premier ministre, avait dit : « Nous avons tous un petit morceau du Mené en nous ! », se rappelle Paul Houée.

 

Sur sa table à manger, un dossier sur le Mené en 2025, réalisé par la communauté de communes. « Il faut continuer à s'appuyer sur ce socle de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Et apporter de la valeur ajoutée à notre agriculture en la diversifiant. Ne nous laissons pas manger par la métropole. La campagne a un rôle à jouer. »

 

 

Paul Houée : « Le Mené, un pays qui se prend en main » face aux élèves de première technologie de la Ville-Davy il y a quelques jours.

 

« Un nouvel élan a été donné autour de quatre ressources locales, rappelle Paul Houée. Le vent, l'eau, le lisier et le bois sont aujourd'hui des bases fortes de notre développement économique. Le champ d'éoliennes, dont une partie de l'investissement est assurée par 137 familles de la région, en complément de capitaux américains, est une réelle réussite avec Geotexia, la transformation du bois en énergie, ou les maisons solaires. » 

 

Paul Houée est un faisous.

 

J’aime les faisous !

 

Je me méfie beaucoup des bavous, ils sont légion sur les réseaux sociaux, avec à leur tête le petit disous bavous qui, au-delà des Pyrénées, passe son temps à longueur de lignes à nous traiter de cons, de minables, de fainéants, de coincés du bocal, d’hypocrites, de buveurs de vins nature massacreurs de la nature (sic) Le vin «nature», pire ennemi de la Nature ? … de Français quoi… en se lamentant sur la disparition des petits commerçants du village qu’il a quitté depuis longtemps, tout en masquant le vide sidéral de sa pauvre pensée avec des photos chiadées (en ce moment moins de femmes à poils, plus de clichés scientifiques).

 

Un peu de modestie ne saurait nuire aux disous de la Toile, qui savent tout, expliquent tout, feraient tout mieux que tout le monde…

 

Laissons-les de côté, attachons-nous au destin des Paul Houée…

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 10:50
Nous les survivants vivons comme avant !

Ce matin, écrire, dire, me semble bien vain.

 

Alors pourquoi m’exprimer ?

 

Simplement parce que Paris c’est mon chez moi, notre chez nous, et que tous ceux qui ont été fauchés par la barbarie sont une part de nous-même, frères et sœurs, voisines et voisins, amis, inconnus, parisiens, banlieusards, provinciaux, étrangers de passage, de toutes conditions, couleurs, âges…

 

Tous étaient assemblés dans des lieux de vie, de convivialité, de partages, innocents et joyeux, vivants avant d’être sauvagement assassinés, blessés, mutilés à jamais…

 

Ces lieux ce sont les miens, ce sont les nôtres, des petits territoires d’humanité…

 

C’est donc nous tous qu’ils ont voulu frapper, terroriser… c’est tout ce que nous sommes, représentons qu’ils veulent faire taire, asservir…

 

Alors en ce lendemain sanglant pleurons nos morts dans le silence et le recueillement, prions pour ceux qui savent prier, soignons et pansons les plaies de nos blessés, aidons les rescapés, ayons des pensées fortes pour leurs parents, amis, proches, qui sont dans la peine et la douleur.

 

Que certains politiques, commentateurs et autres profiteurs du malheur se taisent, arrêtent de s’ériger en procureurs, qu’ils aient la décence de respecter celles et ceux qui pleurent.

 

Nous, par hasard, nous sommes toujours vivants et, tout ce que moi survivant je suis en capacité d’écrire ce matin c’est que je vais continuer de vivre, de penser, d’aimer comme avant.

 

Tous ces lieux où la sauvagerie a frappés hier au soir me sont familiers, cycliste de nuit comme de jour leurs noms sont des repères, des symboles de parcelles de ma ville où l’on s’assemble et où l’on vit… Je vais continuer de rouler sur le bitume parisien comme avant avec fiché au cœur le souvenir de tous ces innocents, mes sœurs, mes frères.

 

Là où nous étions au moment où les premières nouvelles de l’horreur sont tombées, ce Lapin Blanc où, autour de belles bouteilles de mes amis vignerons bourguignons Alice, Claire, Olivier, Jean-Yves nous nous extasions, nous échangions, fut le symbole de notre liberté, de notre fierté, de notre amour pour la vie, la nôtre, celles des autres.

 

Ça ils ne le tueront, ni le blesseront, ni le mutileront… C’est à nous. C’est nous. Notre substance, notre fierté, notre humanité.

 

Les paroles de Gaulle à la Libération restent toujours bien fichées dans nos cœurs et nos têtes : « Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! »

 

Je vous embrasse...

 

Nous les survivants vivons comme avant !
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 06:00
Le «financement par la foule» mariage finance&réseaux sociaux, participatif&démocratique de pour l’édition française de Patrick McGovern « La Naissance de la vigne et du vin »

Les lignes bougent, ça part dans tous les sens, les Échos écrivent « Menacées par les start-up de la finance et le « crowdfunding », les banques courent un risque majeur : celui de la marginalisation. Autre source d'inquiétude : les exceptions au « monopole bancaire » en vertu duquel seules les banques peuvent accorder des prêts se multiplient. »

 

Le « financement par la foule » mariage entre la finance et les réseaux sociaux, un type de financement participatif et démocratique :

 

« Les petits ruisseaux font les grandes rivières. » Autrement dit, les petites participations – dons, prêts ou investissements en capital – mises bout à bout permettent à des entrepreneurs, des inventeurs, des ambitieux de voir grand, de réaliser leurs rêves et de participer ainsi à l’essor économique du pays.

 

Une plate-forme de crowdfunding permet beaucoup plus qu’une levée de fonds, elle donne la possibilité à un entrepreneur de tester son idée, avant de la développer en lui donnant une visibilité auprès de la communauté des internautes, tout en veillant bien sûr à ne pas divulguer les informations confidentielles.

 

À qui profitent ces financements ?

 

« Un jeune entrepreneur de vingt-deux ans qui n’a pas d’apport personnel, pas de garanties à offrir, pas de connections, trouvera difficilement son financement auprès des banques, même s’il est diplômé et porteur d’une idée géniale. Il faut l’admettre. Les banques accompagnent plus difficilement cette phase, prometteuse mais très risquée, de l’amorçage d’une toute jeune entreprise. En revanche, ce même entrepreneur pourra bénéficier d’une levée de fonds suffisante pour développer son projet en passant par une plate-forme de crowdfunding, les risques étant mutualisés sur un nombre important d’individus et donc limités. En investissant 10 euros sur 100 projets différents, on perdra peut-être sa mise dans 40 projets, mais on peut la multiplier par 10 ou 100 dans d’autres. »

 

« Ce financement remplace le financement familial, amical, ce qu’on appelle le love money et qui donne un coup de pouce aux jeunes entreprises. Même si, à ce stade, ce modèle ne cannibalise pas les banques, ces dernières auraient tout intérêt à le considérer et à s’en inspirer. On peut tout à fait imaginer qu’elles proposent à leur tour ce service à leurs clients. Elles auraient même avantage à le faire, car les plates-formes de crowdfunding vont se multiplier pour répondre à des besoins économiques réels. »

 

Qui sont les investisseurs 2.0 des plates-formes de crowdfunding ?

 

« En 2014, un sondage de l’institut Adwise les a passés au crible. 7 % des Français interrogés ont déjà participé à une campagne de financement participatif. Parmi eux, des hommes principalement (57 %), jeunes – la plupart ont moins de trente-cinq ans – et urbains (60 % vivent dans des communes de plus de 200 000 habitants). Ils appartiennent aux classes moyennes – 24 % ont des revenus entre 24 000 et 36 000 euros. Ces derniers n’ont donc pas grand-chose à voir avec l’investisseur tel qu’on l’a beaucoup caricaturé, avec son haut-de-forme et son gros cigare... »

 

Quelles sont leurs motivations ?

 

« Une affinité avec les valeurs du porteur de projet (91 %) et l’envie de croissance de 1,4 milliard par trimestre ! Même si l’essor de ce nouveau modèle est encourageant pour l’économie, il l’est aussi sur un plan symbolique : il rapproche les particuliers de la finance et de la vie des entreprises, ce qui est très sain. »

 

« Le crowdfunding passera certainement par des bulles et des crises, mais il est voué à un bel avenir. »

 

Extrait de Changeons la banque ! - Plaidoyer pour une banque qui rend plus autonome, de Benoît Legrand, publié aux Editions Cherche-midi, 2015.

 

 

Jean-Paul Barriolade des éditions Libre & Solidaire qui a pu financer la réédition du Dictionnaire des cépages de Pierre Gallet grâce à la plate-forme de crowdfunding fundovino m’écrit :

 

Bonjour,

 

Nous avons besoin d’un coup de pouce sur deux projets auxquels nous tenons beaucoup :

 

- - L’ouvrage de Patrick McGovern Naissance de la vigne et du vin

 

- - La revue Autonomia.

 

Ces deux projets sont passionnants et vraiment originaux, mais comme vous pouvez vous en douter ils demandent une mobilisation d’énergie, de temps et d’argent très importante. Aussi pour cela nous avons engagé deux financements participatifs :

 

Fundovino pour Naissance de la vigne et du vin 

 

Kisskissbankbank pour Autonomia 

 

C’est pour cela que nous avons besoin d’un coup de pouce et nous vous sollicitons pour que vous relayiez l’information auprès de vos réseaux et de vos contacts en insistant sur l’intérêt de ces deux projets.

 

Merci pour votre soutien.

 

Bien amicalement.

 

« La publication de La Naissance de la vigne et du vin est un projet dont la réalisation implique de nombreuses étapes. Comme le montre le graphique ci-dessus, l’argent que nous récolterons nous permettra de financer tous ces aspects.

 

Il nous a paru indispensable de traduire cet ouvrage, le seul qui allie recherches archéologiques et sciences contemporaines pour nous donner une vision la plus exhaustive possible de l’origine de la viticulture.

 

Le but que nous avons fixé à cette campagne est de 3 800 € ; c’est le montant minimum nécessaire pour réaliser ce projet. Toutefois, la somme des coûts divers dépasse largement ce montant… C’est pourquoi nous cherchons à atteindre le second palier de 7 600 €. Cela nous permettra de compléter les frais de fabrication ‒ afin d’atteindre notre seuil de rentabilité ‒ et d’augmenter notre tirage et de faire une promotion importante pour que l’ouvrage puisse être connu d’un plus large public.

 

A propos du porteur de projet :

 

Patrick McGovern dirige le laboratoire d'archéologie moléculaire de l'Université de Pennsylvanie. Il utilise dans ses recherches l'archéologie moléculaire - technique émergente d'analyse des traces laissées par l'activité humaine -, l'analyse génétique (analyse ADN) conjointement à l'étude des mythologies.

 

Son ouvrage a reçu plusieurs prix, dont le Grand Prix de l'Organisation internationale de la vigne et du vin.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 13:00
Aux marches du palais : le plaisir ! Retour à une simple esthétique du vin en Basse et Haute Bourgogne...

«Il ne faut jamais raconter une peinture. C'est la pire des choses. La peinture ne raconte pas d'histoire, elle produit de l'énergie. Oui, c'est de l'énergie qu'on a enfermée dans un cadre, dans un rectangle»

 

Le vin c'est de l'énergie enfermée dans une bouteille...

 

Claire Naudin, Thomas Pico, Olivier et Alice de Moor, Jean Yves Bizot marchent à côté des chemins balisés, venez découvrir leurs vins au Lapin Blanc en une buvaison dont vous vous souviendrez…

 

« Le monde évolue parce que certains marchent à côté des chemins. C’est dans la marge que se font les plus claires corrections » écrivait avec pertinence Robert Mallet.

 

Ils en sont les 3 Bas-Bourguignons de Chablis et sa mer de vignes : Thomas Pico, Olivier et Alice de Moor, Claire Naudin la fille des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits qui veut se faire adopter par ses vignes et enfin Jean-Yves Bizot l’ingénieur hydrogéologue mélomane de Vosne-Romanée qui jusqu’à 14 ans a été «de la ville», Dijon.

 

À Jean-Yves, voilà quelques années, en 2008, à partir de l’appréciation du manga « les Gouttes de Dieu » « Voisin du génial Henri Jayer. Il emploie des méthodes de production naturelles, dont il tire des vins profonds, moelleux et racés. Son « Vieilles Vignes », produit à partir de ceps ayant entre 50 et 70 ans, a un fort potentiel. »

 

J’ai posé la question :

 

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ces méthodes naturelles ?

 

« Méthodes naturelles : comment peut-on élaborer un vin (ou quoi que ce soit d’autre d’ailleurs) suivant des « méthodes naturelles » ? La définition du terme « naturel » dans ce cas s’éloignerait radicalement de la racine du mot. Mais comme il semblerait que personne n’en soit à un antagonisme près dans une locution, il existe déjà depuis longtemps le « naturel dans l’art », voire même « art primitif » qui s’en rapproche puisqu’il est sécrété par les « naturels ». Mais si sous ce vocable il faut comprendre « interventionnisme minimal » sur le vin je suis d’accord. Mais il y a probablement d’autres sens, tout aussi acceptables, et certains contesteront certainement celui que j’ai choisi. »

 

Pour Claire Paul Hayat du LeRouge&leBlanc, note avec justesse « L’évidence, c’est que les vins de Claire ne laissent pas indifférents, certains n’y retrouvent pas la sève des vins de Bourgogne et vous renvoient tranquillement que toute cette énergie est dépensée pour rien !

 

Il est inévitable, quand on se tient en marge, de ne pouvoir plaire à tous. Plus grave est le risque, d’année en année, pour ces vins en vendange entière et vinifié sans soufre, de ne pas obtenir l’agrément. En Bourgogne, encore plus qu’ailleurs, perdre l’AOC peut vous mettre en grand danger financier. Claire, comme malheureusement trop peu de vignerons bourguignons, se bat pour faire évoluer les critères d’attribution. En cas de refus, elle sait qu’elle ne reviendra pas en arrière, qu’elle ne suivra pas le chemin de ceux qui ont renoncé pour des raisons économiques.

 

J’aime la conclusion de Claire Naudin « un discernement nouveau qui permet de juger, de comparer, qui permet enfin d’oser « ne pas faire ce que l’on ne comprend pas. », oser choquer et générer en soi et autour de soi de fortes inquiétudes et malgré tout, tenir bon. »

 

Je n’ai pas peur des mots, ce sera une occasion unique et exceptionnelle, à vous de ne pas la rater… Et comme nous sommes des gens ouverts, d’autres flacons bourguignons seront aussi de la partie pour que chacun, en toute liberté, puisse se faire son idée…

 

- Deux ou trois lignes (plus n) sur le pourquoi de mon comment… par Jean-Yves Bizot

 

Quelques questions au cours de mon cursus d’œnologie sur la vinification suite à des affirmations comme : « on ne peut pas vinifier des vendanges non égrappées : le vin s’altère » ou « ajout du sulfite est obligatoire ». Plus les cours sur le matériel nécessaire en cuverie.

 

Cours auquel répondait mon projet d’installation, habilement conseillé par un technicien vendeur de matériel : il te faut une pompe machin, un foulo-pompe tartempion, des cuves trucs, un égrappoir bidule, et surtout un pressoir pneumatique (celui là est super : forcément le plus cher) , plus un échangeur thermique, un thermomètre électronique… Devis : 1.2 millions, de francs, bien sûr l’histoire est vieille ! Pour 2.5 ha.

 

A titre perso, j’étais à l’époque (je le suis toujours, mais je ne prends plus le risque) incapable de boire des vins des années 70 -90 sans être malade. Plus vieux, oui.

 

Réflexion sur le matériel : de quoi a-t-on besoin finalement pour faire du vin ? La question du sulfitage et de l’égrappage ajoutaient une pointe de défi.

 

En tirant un peu sur cette ficelle, on se pose la question : depuis quand ? pourquoi ? Et j’explique alors ma réactions aux vins des années 70-80-90 : le développement du matériel est rendu possible par la mise au point de la fabrication de la solution sulfureuse.

 

Mon objectif : me débarrasser de ce qui n’est pas indispensable : foin de l’égrappoir, du foulo-pompe, de la pompe, de tapis… Dans le même temps, on se rend compte facilement qu’encuver un raisin intact ne nécessite plus d’utilisation de SO2 : le meilleur système de protection contre l’oxydation, c’est encore la vie. Travailler avec un raisin vivant : important. Les problèmes biologiques : ils demeurent un risque, mais que n’évite pas le sulfitage. Enfin, pas autant qu’on le dit. On peut le limiter : hygiène, rigueur et protocole

 

Lors d’un cours à des élèves de BTS, je pose la question : « que faut-il pour faire du vin ?

- Du sulfite. »

 

Dans l’esprit d’un élève, le raisin n’est pas la fraction la plus importante de la vinification. Dommage, quand même.

 

 

- à propos d'1 des vignerons Olivier de Moor de Chablis dont les vins sont dans la dégustion

 

Amy Winehouse

 

« Mais pour une fois, je vais t’épargner le plaisir mélancolique de l’association vin rouge et chanson triste existentielle que j’aime tant, et je vais laisser la reine, Amy Winehouse, accompagner mon chablis. D’ailleurs, avec un nom pareil, elle doit s’y connaître »

 

« Miracle. Il existe encore des disques qui, certes, sont fait pour être vendus, mais qui savent aussi être incroyablement beaux. On avait un peu perdu leur trace, en raison de la stupidité des producteurs qui pensent que les gens sont complètement formatés.

 

 

(...) La production de l’album Back to Black d’Amy Winehouse est précieuse et soignée, mais en même temps roots et rétro, entre Motown et le hip hop des De la Soul (...) Back to Black est un album magnifique. Il faut espérer qu’il ne se fer pas écraser par le fantasme de l’artiste maudite, dont raffolent les maisons de disques et les journalistes, qui y trouvent le moyen de distraire les gens du caractère tragique du monde et de l’espoir d’un art plus pur. »

 

Chablis Bel Air et Chardy 2006 (De Moor)

 

(...) nous sommes entrés dans un bistrot pour acheter cette bouteille, comme c’est le cas le plus fréquent. La paresse se paie : il est un peu trop jeune, c’est la cuvée la moins minérale. Ce 2006 est très bon mais jeune, donc de caractère changeant. Il se présente en sourdine, timide, replié sur lui-même et protégé par sa réduction, mais en bouche, la trame est déjà magnifique, soyeuse. Il entre ensuite dans un état d’excitation et explose en un fruit de la passion charnu. Par excès de générosité, il perd son équilibre et fait de l’ombre à une belle veine minérale qui commence à se prononcer. Le peu qui a survécu à notre soif nous a séduits, quelques heures plus tard par sa finesse. De délicates notes de gingembre et de santal, la veine minérale et acide met de l’ordre et de la perspective. La timide et ténébreuse petite fille s’est transformée en une adolescente ébouriffée et extravertie, pour devenir, enfin, une magnifique bouteille de chablis. »  

Le vignoble de Chablis compte 47 Climats pouvant être mentionnés sur l’habillage du vin, 40 pour Chablis Premier Cru et 7 pour Chablis Grand Cru. Ces derniers sont tous sur la rive droite du Serein. Quant aux Climats de Chablis Premier Cru, ils se répartissent de part et d’autre de la rivière, 24 sur la rive gauche, 16 sur la rive droite.

 

 

 
 
chablis grand cru
 

 

L’AOC Chablis Grand Cru ne compte que 107 hectares de superficie, organisés en 7 climats. Le plus étendu est le climat Les Clos. Il se prolonge par le Blanchot d’un côté, et par le Valmur, les Grenouilles et le Vaudésir de l’autre côté, puis par les Preuses et le Bougros. Le coteau bénéficie d’une exposition sud-est plus ou moins variable et se situe à une altitude comprise entre 130 et 215 mètres. Les vins blancs, produits à hauteur de 5 400 hectolitres par an à partir du seul cépage chardonnay, expriment des personnalités différentes selon les climats, entre autres en fonction du type de calcaire kimméridgien. De plus, les millésimes sont marqués par des gelées ayant lieu au printemps et pouvant perturber la naissance des bourgeons. Ces Grands Crus blancs du Chablis ont en commun de se parer d’une robe magnifique or-vert pur, qui peut évoluer vers le jaune clair. Ils présentent un équilibre parfait entre gras et acidité, avec au nez des arômes riches de minéraux et des notes de tilleul, de fruits secs, et de miel et d’amande en finale. Le Blanchot donne les vins les plus complexes, mais ceux des Grenouilles sont plus puissants. Le Valmur se rapproche des Clos (vins très typés aux arômes de cannelle) tout en étant plus tendre. Quant aux Grands Crus de Vaudésir et des Preuses, ils sont respectivement très accomplis, et d’une grande finesse. Seul le climat Bougros donnent des vins un peu moins subtils et complexes. Ils permettent tous une bonne garde de 10 à 15 ans, et plus encore pour les meilleurs d’entre eux.  

 

 

 

- « La variation des couleurs est une tradition bourguignonne » «Vin de bourgogne Le parcours de la qualité 1er siècle-XIXe siècle» de Louis Latour aux éditions de L’Armançon

 

«Au prix de quelques aménagements mineurs (choix de variétés colorés, arrachage des plants de pinot blanc, option en faveur du beurot presque translucide), la production de la Côte a toujours oscillé entre trois pôles, dont les modifications à travers le temps ont été d’une extrême lenteur et ne peuvent être appréciées que sur la « longue durée » entre le XIIIe siècle, date de l’apparition du vin vermeil, et le XVIIIe siècle qui vit l’accentuation de la couleur et la réapparition du vin blanc, comme composant de l’arc-en-ciel bourguignon d’où il avait été évincé depuis la vinification « en rouge ».

 

L’activité viticole des diverses « paroisses » de la Côte, dotées si tôt d’un vignoble fin, par la faveur de quelques puissances établies : l’hôpital de Beaune, le chapitre de la cathédrale d’Autun à Rully et Aloxe, l’abbaye clunisienne de Saint-Vivant à Vosne, l’abbaye de Bèze à Gevrey, le Clos des Ducs à Chenôve, Germolles ou Volnay, de l’abbaye de Mezières à Blagny, etc. des Cisterciens enfin à Vougeot, Meursault, ou Aloxe, toutes ont eu comme dénominateur commun l’élaboration de vins vermeils « typés », selon les directives des cellériers. La diffusion de leur œnologie au-delà des cuveries et des murs d’enceinte des clos, s’est faite progressivement par une contagion facile à comprendre dans le principe, mais évidemment impossible à connaître dans le détail. La continuité œnologique est en ce cas notre seul guide. Elle décrit une sinusoïde difficile à retracer, parfois incompréhensible, autour du thème central qu’est depuis les XIIe-XIIIe siècles l’apparition d’une vinification nouvelle, celle du vin vermeil. Cette évolution fut étalée sur plusieurs siècles. Rappelons par exemple que le vin de Pommard, autrefois décrit comme rosé à l’égal de Volnay, est aujourd’hui considéré comme un vin coloré et tannique. Or cette observation ponctuelle résulte de documents très récents du XVIIIe siècle. Comment pourrions-nous remonter plus loin dans le passé et connaître avec certitude le genre de vins produits dans ce canton viticole trois ou quatre siècles auparavant ?

 

L’œnologie de consommation offre les mêmes incertitudes. Dans une étude sur le train de vie fastueux de Philippe la Hardi, un auteur nous montre le noble duc tournant dans son hanap, le vin de la nouvelle récolte, disponible dès la Noël, dont il admirait le chatoiement. Son choix était orienté, mais était-il en faveur du blanc eou du rouge ? Il suffirait à ses zélés cellériers de limiter ou d’augmenter la durée de cuvaison, de réduire la part de raisins blancs, d’extraire plus ou moins de jus coloré au sortir des pressoirs, pour faire varier une intensité colorante qi dépendait aussi de la saison, de la date des vendanges etc. L’orchestration de la vinification du pinot noirien autour du thème de la couleur assimile la vinification à d’autres aspects du décor de la vie médiévale où le choix des élites jouait un rôle déterminant.

 

Le volontarisme œnologique se heurte en effet à des obstacles souvent insurmontables, car la recherche de nuances colorantes précises et parfaitement « typiques » est souvent décevante. Les experts en dégustation déplorent que leurs efforts soient constamment remis en question par le caprice des saisons. Le vin de Bourgogne, sommé à notre époque de présenter une intensité colorante, « normée », échappe souvent à toute contrainte et offre en revanché la séduction des reflets changeants du vin rouge, variables avec chaque millésime. Les canons d’excellence qu’on veut lui imposer sont souvent désaccordés de la réalité œnologique. Cette particularité explique la variété des différents genres, qui fractionnent les villages de la Côte. Dans les années précoces, la couleur est vive et parfois d’un rouge profond. Elle s’oppose souvent aux nuances moins accentuées de millésimes qui n’ont pas, comme on dit en Bourgogne, le « goût de mûr ».

 

Olivier de Serres insiste sur le volontarisme du vinificateur « Il faut que la couleur réponde au désir » a-t-il écrit. Mais le désir est un souhait qui n’est pas toujours exaucé ! S’ensuivent toutes sortes de conséquences qui font les délices des spécialistes de la dégustation. Dans certains cas, la charge tannique oblige à un vieillissement de quelque durée, afin que les vins perdent leur caractère « rudastre » et trouvent le « droit point » d’une certaine harmonie. Mais les vins vermeils, en réalité des vins blancs, « qui auraient de la couleur », peuvent être appréciés sans délai par les amateurs. C’est donc dès les commencements de la carrière historique du vin vermeil, qu’apparaissent les catégories décrites par l’abbé Arnoux : vins de garde et vins de primeur dont en principe déduits se leur œnologie, manipulés par les vinificateurs de meilleurs crus, issus d’un terroir aux particularités bien connues et d’un stock végétal de pinot fin « immémorial », renouvelé très lentement, surveillé par des vignerons attentifs à la qualité, héritiers d’un savoir-faire millénaire… et surpris cependant à chaque vendange par une nouvelle facette offerte par l’infinie diversité du pinot.

 

On peut dire en tout cas que la limite fixée par ce qu’on peut appeler « l’éthique du vin vermeil », est celui qui sépare le vin fin du vin noir. Toute accentuation excessive de la couleur faisait croire en effet, que le vin vermeil d’une nuance trop accentuée était en réalité un vin commun issu des gouais à la chair colorée qui poussaient au pied des coteaux. Pour les experts le risque de confusion éveillait immédiatement la suspicion. On comprend les raisons de cette défiance, en un temps où la couleur était déjà comme à notre époque le discriminant le plus facilement observable, mais non le seul, de la qualité d’un grand vin. L’infinie variation des couleurs et des genres est la traduction visuelle et gustative d’une très longue histoire œnologique, renouvelée lors de chaque millésime, qui à peu de chose à voir avec les conclusions hâtives, imprudemment tirées de l’étude de la composition de sols qui ne jouent qu’un rôle mineur parmi la multitude d’autres causes toutes aussi importantes. »

 

- «L’imaginaire de la minéralité des vins : collectif ou individualiste ?» par l’INRA

 

Depuis une vingtaine d`années un nouveau mot est apparu pour décrire le gout et les arômes de certains vins : le mot minéralité. Les recherches menées à l'UMR CSGA (Centre des sciences du goût et de l'alimentation) visent à comprendre d`où vient ce mot, a quoi il correspond, comment nous pouvons le définir et si cette sensation est liée a des molécules chimiques spécifiques présentes dans les vins.

 

La minéralité est, parmi les descripteurs des vins « mal-définis », celui qui intrigue le plus. La presse fait de la minéralité une fabrique de spéculations. Cela génère une confusion dans la communication sur ce concept qui éveille la curiosité de plusieurs scientifiques et ouvre un éventail de possibilités aux tentatives pour le définir. Ceci fait toute la richesse et la complexité des recherches autour des « vins minéraux » (exemples, d`après la presse : le Chablis, le Sancerre, le Riesling d`Alsace, etc.). Les croyances illustrées dans les roues de dégustations, dans les affiches publicitaires attractives ou dans les discours élogieux des producteurs, journalistes et œnophiles, comme par exemple : « pour sentir la minéralité il faut sucer un caillou » ou encore « je bois un vin minéral et je sens une explosion de sensations marines… », nous ont conduit à essayer de comprendre quelle est la représentation sociale de ce descripteur et comment peut-il être utilisé par les différents groupes sociaux concernés ?

 

Le concept de « représentation sociale » permet de mieux comprendre les individus et les groupes en analysant la façon dont ils se représentent eux-mêmes, les autres, les objets et le monde. En l’occurrence elles nous informent sur ce qu’est l’objet social, et elles sont aussi des éléments de partage des groupes, qu’elles permettent d’unifier.

 

Pour répondre à nos questionnements, les chercheurs du CSGA se sont servis d’une théorie originaire de la psychologie sociale, « la théorie du noyau central » proposée par Jean Claude Abric en 1976. Cette approche est basée sur un système organisé en quatre différentes zones de représentation. Une zone appelée noyau central, qui génère le sens de la représentation et détermine les relations entre les éléments de celle-ci. Ces éléments du noyau central sont en quelques sorte les éléments qui caractérisent l’objet social et sans eux, la représentation n’est plus la même. Des éléments périphériques servent d’ajout à la représentation sociale, mais ne sont pas aussi importants pour la définir.

 

Pour cela, ils ont travaillé avec deux groupes sociaux : quarante producteurs de vins de Chablis et quarante-sept consommateurs. Au moyen d’une interrogation ouverte (« Quand je vous dis minéralité, qu’est-ce que vous vient à l’esprit ? »), nous leur avons demandé de produire des mots et de leur accorder à chacun une importance sur une échelle de 1 (pas important) à 10 (très important). Avec le croisement de ces deux informations, fréquence de citation et classement d’importance, nous sommes arrivés à la structure de la représentation.

 

Les résultats ont montré que, chez les producteurs, la zone du noyau central est composée d’éléments à connotation géologique (Chablis, géologie et terroir) et sensorielle (fraîcheur, calcaire et coquillage), tandis que chez les consommateurs, un seul élément évoquant la géologie apparaît : le terroir. Dans les autres zones de la représentation des consommateurs, nous pouvons trouver des éléments qui font référence aux dimensions sensorielles. Toutefois la magnitude de cette représentation des consommateurs est moins marquée quand nous la comparons à celle des producteurs.

 

Enfin, cette étude a démontré que les consommateurs et les producteurs de vins partagent une représentation commune sur le caractère local de l’origine de la minéralité (terroir), marquée par la mémoire collective. L’aspect sensoriel semble néanmoins plus important dans l’imaginaire des producteurs, que pour les consommateurs, ce qui révèle une pensée sociale unitaire chez les consommateurs.

 

Pour le moment aucune liaison concrète entre molécules et minéralité n’a été trouvée. Toutefois, la minéralité semble être le résultat de l`interaction de plusieurs sensations (goût, arôme, touché, etc.), qui le transforment dans un descripteur sensoriel multidimensionnel. Comme perspective de poursuite de ces études, il serait intéressant de lier les molécules chimiques présentes dans les vins avec les différentes sensations perçues par les dégustateurs.

 

 

Querelle des anciens et des modernes sur les facteurs de la qualité du vin

  Année 1952  Volume 61  Numéro 328  pp. 417-431

 

- Les Coteaux de l’Auxois (prononcez « aussois » comme Auxey-Duresses) s’étendaient en Bourgogne nord, au-dessus de Dijon, sur 40 000 ha avant le phylloxera. Ils n’en comptent plus qu’une quarantaine mais très convoités par les négociants beaunois.

 

Les Coteaux de l’Auxois étaient des petits vins de comptoir qui s’écoulaient facilement en remontant par bateau les affluents de la Seine, qui passe aussi par Chablis. Aujourd’hui, l’appellation en IGP est surtout bue localement. C’est avant tout une terre de blancs avec l’auxerrois (prononcez le x) et le chardonnay, un peu de rouge en pinot noir et pinot gris. Des vins souvent considérés trop proches des bourgognes sans en être, et donc difficiles à valoriser. Jusqu’à ce qu’un dénommé Louis-Fabrice Latour, l’un des principaux négociants de la place de Beaune, s’intéresse au début du siècle à ce petit vin et à ses terroirs via la maison Simonnet-Fevre rachetée en 2002 pour des premières vendanges en 2013. Latour est désormais propriétaire de plus de 13 ha près de Semur-en-Auxois, soit plus du tiers de l’appellation qui en compte 37. 14 autres hectares appartiennent à la société Flavigny-Alésia de la famille Nel, qui serait en train de les vendre à une autre maison beaunoise (on n’en connaît pas encore le nom mais les conjonctures vont bon train), 2 ha cultivés en bio à Aurélien Febvre, le reste étant éparpillé entre une dizaine de vignerons indépendants. Pas de vrac, tout est mis en bouteille, environ 300 000 par an, et même en capsule à vis chez Latour.

 

Une terre de blancs et d’IGP

 

Mais les grands bourguignons vont-ils maintenir les vins en IGP ou les passer dans leurs cuves de bourgogne ou coteaux bourguignons ? Louis-Fabrice Latour balaie ces soupçons d’un grand sourire : « En AOP, nous perdrions la possibilité de planter autre chose qu’une dizaine d’ouvrées par an et à 30hl/ ha et nous tablons plutôt sur 2-3 ha supplémentaires par an en IGP avec un potentiel d’une soixantaine d’ha, – nous avons d’ailleurs investi il y a deux ans dans une cuverie. L’intérêt est de vendre de l’Auxois, même si le nom de l’appellation comme du cépage ne sont pas simples à prononcer, surtout à l’étranger ; En revanche, il y a une histoire à raconter dans l’Hexagone. L’Auxois est le Chablis d’il y a 30 ans ».

 

L’idée est d’acheter et de remembrer pour étendre les surfaces de vignes conduites en lyre (mode de palissage en deux plans ouverts, NDLR). D’où le nom des cuvées comprenant toutes le mot Lyre (entre 7,50 et 10,50€). Louis-Fabrice, qui reste bourguignon dans l’âme, reconnaît avoir un faible pour le chardonnay, plus facile à vendre, mais avoue que les clients préfèrent l’auxerrois, un peu plus rustique mais plus original. Monoprix vient de référencer l’Esprit de Lyre, uniquement en auxerrois. La gamme comprend deux autre blancs, Saveurs de Lyre à 60% auxerrois, 40% chardonnay, et Quintessence de Lyre en 100% chardonnay. Jean-Philippe Archambaud, le DG de Simonnet-Febvre, a mis quelques pinots en cuve ; il hésite encore à lancer une cuvée de rouge sur ces terres de blancs, peut être début 2016.

 

Aux marches du palais : le plaisir ! Retour à une simple esthétique du vin en Basse et Haute Bourgogne...
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 06:00
Revendiquer une définition officielle du vin nature équivaut à demander d'autoriser les mobylettes à circuler sur les autoroutes…

Je l’écris tout net les vins natures sont des vins de chemins de traverse sur lesquels on roule à mobylette sans casque, ce sont des vins de liberté. Vouloir les définir officiellement équivaut à les enfermer dans des carcans rigides et simplificateurs, à les livrer sur un plateau aux opportunistes. Les vins nature ne sont pas que des vins, en effet hormis leurs qualités liées à des modes culturaux respectueux de la nature et des hommes qui cultivent la vigne, et à un non-interventionnisme maîtrisé, ils ont fait naître un nouvel écosystème où se retisse entre le producteur et le consommateur de nouveaux liens de confiance et de respect mutuel.

 

Par ailleurs, les vignerons naturistes sont-ils vraiment en attente d’une définition de leur vin ?

 

Je ne sais car je n’ai jamais rencontré de vignerons qui posent ce préalable pour se défendre, non des imitations du négoce, mais de leurs chers collègues au sein de leur appellation. Un vin nature ayant un cadre juridique clair ne se verrait pas pour autant agréé dans sa propre appellation du fait de cette définition qui encadrerait la manière de faire ce vin.

 

Le combat ne se situe donc pas dans une exigence de définition du vin naturel mais consiste à tout mettre en œuvre pour que les appellations ne soient plus des carcans normés, certifiés, uniformisés, qui excluent ceux qui empruntent d’autres routes qu’eux.

 

Le vin a toujours occupé une place à part au sein de l’agriculture française, le viticulteur produit du raisin qu’il transforme, lui-même ou via une coopérative, en vin (le viticulteur peut aussi vendre son raisin à un négociant ou à un autre viticulteur pour qu’il le vinifie), c’est l’unique et première transformation que subit le raisin. Ce vin peut ensuite soit être commercialisé en vrac pour être embouteillé par un négociant ou une coopérative ou vendu en direct par le vigneron.

 

À Paris, comme dans beaucoup de grandes villes, les restaurants affichaient « vins de propriété » pour bien marquer la différence entre les vins produits par des vignerons et ceux vendus par le négoce. De façon ironique je faisais remarquer que dans beaucoup de châteaux prestigieux de Bordeaux les vins étaient des vins de salariés.

 

La vieille césure : vin de cave particulière aujourd’hui vigneron indépendant/ vin de coopérative ne signifie pas grand-chose car très souvent depuis l’irruption de l’œnologie moderne, avec son cortège de conseillers et de vendeurs de produits, ces deux types de structures utilisent les mêmes process. L’artisanat n’est pas un marqueur de différenciation.

 

Donc, même si la dénomination « vin industriel » fait florès dans les milieux naturistes il n’existe pas en France une industrie de transformation du raisin en vin sur le modèle des wineries du Nouveau Monde.

 

Mais en France même ce qui est simple est devenu compliqué.

 

Les bonnes vieilles AOC, où seule l’origine était contrôlée, se sont engouffrées dans le grand sac indistinct de la qualité certifiée par des organismes extérieurs. La norme, l’air de famille, des cahiers des charges : quel bénéfice en tire le consommateur ?

 

Boit-il en confiance ?

 

La grande majorité des acheteurs de vin ne se posent pas ce genre de question.

 

Reste les autres, ceux qui se préoccupent de l’impact de la conduite de la vigne sur son environnement. Ils ont à leur disposition des certifications bio et biodynamie. Fort bien, mais voilà qu’il est arrivé un petit nouveau dans la cour : le vin nature qui fout un joyeux bordel.

 

Voilà, nous en sommes-là, et le vieil observateur du marigot du vin que je suis doté d’un ADN de post-soixante 8 hard non révisé, ne partage pas les craintes exprimées par Antonin Iommi-Amunategui ci-dessous. * Bien au contraire je suis optimiste dans le devenir d’une nouvelle manière d‘acheter et de consommer, qui dépasse largement celle du vin.

 

Pour moi c’est là que se situe la vraie révolution citoyenne où le consommateur et le producteur tissent des liens de confiance qui sautent à pieds-joints par-dessus les pseudos protections édictées par mes industries agro-alimentaires qui équivalent à des boîtes noires d’où sortes des « objets comestibles non identifiés » comme le dit le sociologue de l’alimentation Claude Fischler. À trop vouloir protéger les gens on les déresponsabilise : on a beau tracer, coller des étiquettes dans tous les sens on ne sait pas toujours ce qui y a été ajouté.

 

Le combat pour le bien manger et le bien boire est unique, il ne souffre pas, si je puis dire, que ceux qui y prennent part s’égare dans des impasses qui font le jeu de ceux qui prétendent nous nourrir pour deux balles de produits transformés d’origine et de composition indéterminée.

 

80 % de ce que nous mangeons est composé de produits transformés.

 

* « Pas de règles, c’est le Far-West. Et comme le vin naturel marche de mieux en mieux, forcément les industriels tentent de récupérer le truc. C’est qu’il y a une vraie niche de buveurs qui, sans être forcément CSP++, ont en général les moyens de mettre 10-15 balles dans une quille ; c’est que les médias traditionnels s’y intéressent de plus en plus ; c’est que tous les projos sont braqués sur ce pinard naturel. C’est tristement facile de faire du beurre sur le dos du naturel puisque, encore une fois, il n’y aucun cadre juridique clair – c’est récup’ partout, justice nulle part. Du coup, nos industriels pinardiers, dont on retrouve les vins dans tous les linéaires des supermarchés, se la jouent surfeurs d’argent de la tendance et déclinent le concept à fond : « cuvée Naturae », « Naturalys », « Natur-machin-chose », « Sans-soufre-style »… Ils se lâchent. Mais ces vins, évidemment, si l’on se fie à la définition que j’ai donnée plus haut, ne sont pas naturels pour un sou. Ils en reprennent seulement certains codes, certains clichés, et in fine valent souvent à peine mieux que les obus chimico-conventionnels vendus juste à côté d’eux, dans le Carrouf ou le Franprice où on les trouve (rappel utile : les vins naturels dignes de ce nom ne sont vendus que chez les cavistes indépendants).

 

Selon moi, c’est d’ailleurs un argument imparable pour justifier qu’on reconnaisse et définisse enfin, officiellement, le vin naturel – sans quoi le grand n’importe quoi continuera de débarouler, et les vignerons naturels finiront juste par être engloutis sous les millions de litres de ces vins 100 % marketings et artificiels. »

 

Les « miracles » des architectes du vin par Isabelle Bunisset

 

Stars de la viticulture, "faiseurs" de vin, magiciens, hommes de l'ombre, les consultants travaillent à améliorer des crus de petite réputation, à en changer l'image. Et, surtout, la qualité.

 

Grâce à leur savoir-faire et leur pugnacité, des vins, issus d'appellations méconnues et mésestimées, peuvent rivaliser avec les plus grands. Les dégustations à l'aveugle organisées dans le monde entier l'ont prouvé maintes fois. Les polémiques aussi. 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 06:00
Jean Effel France Soir 25 février 1960

Jean Effel France Soir 25 février 1960

Moi, le petit vendéen baptisé à l’église Saint-Jacques le majeur de la Mothe-Achard, confirmé dans le même édifice par Mgr Cazaux évêque de Luçon, éduqué par les petites sœurs de Mormaison et les très chers frères du bienheureux Louis Grignon de Montfort, enfant de chœur de première catégorie – celui qui portait le goupillon, la croix et encensoir – programmé pour entrer au séminaire, je vous en supplie à genoux sur un prie-Dieu paillé, courez, ruez-vous à l’instant même chez votre kiosquier ou votre marchand de journaux, pour acheter le dernier numéro de la RVF, le N° 596, de novembre.

 

 

S’il vous reste une once d’estime pour moi, engagez cette dépense car c’est un futur collector comme le missel que l’on m’avait offert pour ma communion solennelle (j’avais omis dans ma déclaration préalable mes 2 communions : la petite, dite je ne sais pourquoi, privée et la grande, la solennelle).

 

 

Ça commence fort par une montée en chaire du révérend-père Denis Saverot ayant revêtu la chasuble brodée d’or des fêtes carillonnées (nulle allusion à la célèbre cloche)…

 

« Le vin est tout sauf un produit neutre. Arpentez les vignes de Saumur ou de Kaysersberg en Alsace, les collines de Madiran, les coteaux de Saint-Émilion ou de Vosne-Romanée. Qu’y voit-on, bordant les vignes ? Des croix. Des dizaines, des centaines de croix de pierre jalonnent les vignes de France, encore soigneusement entretenues aujourd’hui. L’essor du vignoble a aussi été et demeure un marqueur chrétien. »

 

À la fois héritage chrétien et conquête populaire, le vin reste donc aux racines mêmes de notre civilisation. Celle de la subtilité des saveurs, du respect de la terre, d’un goût certain de la liberté aussi. Il est notre culture et, dans ce monde déchiré entre l’uniformisation générale, les replis communautaires et la montée des interdits, une grande part de notre avenir. »

 

L’ensemble du sermon ICI 

 

Après avoir convoqué Mélenchon, Hollande, Sarkozy, Fabius, il en appelle au vin populaire qui fut « une conquête révolutionnaire, au même titre que le droit de chasser. Il a accompagné la Révolution française, les Communards en 1870 et la guerre de 14-18, lorsqu’on servait aux soldats des quarts de rouge au moment de sortir des tranchées. Comment d’ailleurs ne pas noter que la baisse de la consommation de vin en France (100 litres par an et par habitant en 1960, moins de 50 litres aujourd’hui) a mécaniquement, fidèlement, accompagné le déclin du parti communiste français ? »

 

De la petite bière que tout ça, tel un prédicateur exalté mais débordé, le Denis a convoqué le Michel Onfray qui est au coeur d'une « polémique sur l'identité française » sic afin qu’il nous fasse une piqure de rappel, en remontant nos bretelles de mécréants, oui couvrons-nous la tête de cendres, repentons-nous car le vin tire sa liberté des racines judéo-chrétiennes de la France.

 

N’étant point abonné, une gorge profonde m’a communiqué l’intégralité de cette interview qui fera date dans les chais et dans toutes les églises de France.

 

Deux grands moments hormis la citation titre  :

 

  • Saint Michel l’archange du bocage normand pourfend les biodynamistes.

« De la même manière que certains chrétiens prennent des libertés avec l’enfer et le purgatoire, certains marxistes avec la lutte des classes et la dictature du prolétariat, certains producteurs qui se disent bio-dynamiques ou bio ignorent paradoxalement ce qu’est vraiment la doctrine qui inspire leur pratique. Certains n’ont jamais lu une ligne de l’anthroposophe Steiner qui théorise la biodynamie, soit ne pratique ni le vortex, ni la corne de bouse… Difficile dès lors d’avoir un débat. Je juge pour ma part à ce qui se trouve dans un verre. Arrêter la chimie suffit à produire de bons effets. Nul besoin de prétendre que les bons effets sont induits par ce qui s’ajoute une fois qu’on a renoncé à la chimie. »

 

  • Pourquoi le Michel l’a pas fait le vigneron ?

Non, non, son père « n’était pas agriculteur, mais ouvrier agricole, ce qui change tout. Agriculteur, il aurait été propriétaire des biens matériels : une terre, des champs, des bois, une ferme, des animaux… J’y aurais alors été attaché. Mais ouvrier agricole, il ne possédait que sa force de travail et nous ne vivions pas dans une ferme avec les animaux de la basse-cour, des vaches ou des chevaux, mais dans une petite maison d’un étage qui faisait deux fois dix-sept mètres carrés. Je n’ai donc pas eu à me poser la question d’hériter, et je n’ai jamais eu envie d’être ouvrier agricole comme mon père. Quand à devenir viticulteur, ça supposait un investissement, donc de l’argent, des cautions, ce qui était impensable pour ma famille. Et puis mes parents avaient effectué le partage des rôles avec mon frère : il était manuel, ce qui était connoté positivement, j’étais l’intellectuel, plutôt une tare. Je n’ai donc pas eu de mal à vouloir ce que l’on déplorait pour moi. »

 

Merci Michel pour ces deux grands moments et tous les autres à découvrir dans l’apostolique et romaine RVF.

 

Amen.

 

Grand merci aussi au RP Denis de contribuer à faire avancer le débat dans le monde du vin et auprès de ceux qui le boivent…

 

NDLR : eu égard à mon lourd passé, certes non-marxiste, je ne me suis pas senti qualifier les saintes paroles de Michel Onfray qui aime tant les paysans honnis par le logiciel simpliste de la gauche des années marxistes, alors que lui serait plutôt dans l’Emmanuel Berl, la Terre ne ment pas, non revisité.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 09:15
Malgré le boucan, les balles qui sifflaient, les shrapnells, il pensa « j’ai ma jambe »

Dédié aux souverainistes de tous poils qui relèvent la tête et se pavanent, héritiers de ceux qui ont envoyé mes ancêtres se faire massacrer et alimenté la longue liste du monument aux morts de la Mothe-Achard.

 

 

« Péricourt s’était fait faucher en pleine course. La balle lui avait fracassé la jambe. Il avait poussé un hurlement de bête, s’était effondré dans la boue, la douleur était insupportable. Il s’était tortillé et retourné dans tous les sens en continuant de crier et, comme il n’arrivait pas à voir sa jambe qu’il serait à deux mains au niveau de la cuisse, il s’était demandé si un éclat d’obus ne la lui avait pas sectionnée. Il fit un effort désespéré pour se soulever un peu, il y parvint et, malgré les terribles élancements, il fut soulagé : sa jambe était bien là, entière. Il apercevait le pied tout au bout, c’était en dessous du genou que c’était écrabouillé. Ça pissait le sang ; il pouvait remuer un peu le bout du pied, il souffrait comme un damné, mais ça bougeait. Malgré le boucan, les balles qui sifflaient, les shrapnells, il pensa « j’ai ma jambe ». Il en fut rassuré parce qu’il n’aimait pas l’idée de devenir unijambiste. »

 

Pierre Lemaître « Au revoir là-haut » Albin Michel Prix Goncourt

 

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 06:00
Le jeu trouble des voyages de presse et les liaisons dangereuses des lobbies signé Géraldine Meignan grand-reporter à l’Expansion et à l’Express…

« Les voyages de presse, comme celui organisé par la filière viande, sont très prisé des entreprises. Ils consistent à convier des journalistes triés sur le volet, à les balader à grand frais dans des régions plus ou moins lointaines avec l’espoir d’obtenir en retour quelques retombées médiatiques. Évidemment, à aucun moment il n’est précisé dans l’article que le reportage a été intégralement financé par l’entreprise en question. Et c’est bien là le problème, l’essentiel c’est que ça marche. »

 

« … gare Montparnasse, au petit matin. Un groupe de journalistes encore ensommeillés était invité par l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev) à visiter aux confins du Poitou, de la Vendée et de l’Anjou, une filière d’excellence dans le but de promouvoir l’opération. De l’éleveur aux arrière-cuisines du rayon charcuterie-traiteur d’un supermarché en passant par les ateliers de découpe, on allait leur montrer ce que la filière avait de meilleur, notamment la fameuse traçabilité de la viande bovine rendue obligatoire depuis la crise de la vache folle.

 

Pas d’élevages intensifs de vaches laitières en fin de carrière enfermées dans des cages, mais des superbes blondes d’Aquitaine nourries aux graines de lin et élevées sur la paille. Des bouchers qui achètent leurs bêtes sur pied à proximité, et non de la viande en vrac vendue à un trader qui cherche à se débarrasser d’un lot au plus vite. Le supermarché ? Pas n’importe lequel : un des meilleurs Intermarché de France. »

 

« Et que dire de l’invitation pendant sept jours, en 2013, de quelques journalistes par le Conseil malaisien de l’huile de palme ? Celle-ci a atterri dans leur boîte mail peu de temps après que des parlementaires ont proposé de financer le déficit de la Sécurité sociale en taxant cette huile que l’on trouve notamment dans les chips, les pâtes à tartiner, crèmes glacées et les pizzas industrielles. Le voyage avait vocation à « améliorer la compréhension des atouts et des bénéfices de l’huile de palme ». Et à en finir avec la mention « sans huile de palme », que le gouvernement malaisien juge discriminatoire. Au programme : grands hôtels, visites d’usines, rencontres avec des producteurs certifiés responsables, promenade dans une réserve protégée d’orangs-outangs, croisière sur le fleuve Kinabatangan. Il fallait bien ça pour protéger la principale richesse de la Malaisie. »

 

« Voilà pour l’opinion publique. Lorsqu’il d’agit de défendre leurs intérêts auprès de la classe politique, d’empêcher l’adoption d’une règlementation contraignante ou bien, à l’inverse d’autoriser la commercialisation d’une nouvelle molécule, les industriels sont prêts à dépenser des sommes folles. Le poids des groupes de pression, plus communément appelés « lobbies », est effarant, voire, dans certains cas démesuré. Bruxelles est considérée comme la deuxième capitale mondiale du lobbying derrière Washington. Des organisations non gouvernementales (ONG) aux multinationales, en passant par les cabinets d’avocats et les think tanks, ils s’agglutinent à l’est de la ville, à deux pas des institutions européennes. Certains sont d’anciens fonctionnaires passés dans le privé. »

 

L’auteur cite l’exemple du lobbying intense de l’industrie agrochimique visant à empêcher la Commission Européenne de suspendre 3 insecticides soupçonné d’être la cause du déclin des abeilles. « Travail de sape méthodique, organisé dans les moindres détails… alerte sur les conséquences économiques… sur les inévitables délocalisations entrainant des pertes d’emplois… » Quelques jours avant que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ne rendent un avis défavorable Syngenta menace de recours juridiques. Bruxelles n’en pas tenu compte, elle a suspendu les 3 insecticides pour 2 ans, mais il aura fallu beaucoup de temps.

 

Gagner du temps, jouer la montre pour repousser le vote…

 

Et puis « Si l’on croit le Corporate Europe Observatory (CEO), plus de 60% des experts siégeant au sein de l’EFSA ont des liens avec les industriels. Largement de quoi faire peser des doutes importants sur la crédibilité des avis scientifiques de l’agence dans des domaines tels que les OGM, les additifs alimentaires ou encore les pesticides. Certes, les scientifiques de haut niveau sont tous plus ou moins confrontés à des conflits d’intérêts. Cela rend-il pour autant tous leurs avis nuls et non avenus ? Évidemment non, à condition qu’ils agissent en toute transparence. »

 

« … qui sont les 20 000 à 30 000 lobbyistes qui font quotidiennement le siège des institutions ? Quels sont leurs objectifs, leurs clients et leurs sources de financement ?

»

Aux USA les lobbies évoluent en toute transparence « La mythique K-Street, à Washington, est assurément le lieu de toutes les influences, mais les citoyens américains savent tout du patrimoine de leurs élus, des dépenses de lobbying des entreprises et du financement des campagnes électorales. » via une plate-forme web.

 

Et en France : L’ONG Transparency International lui a donné la note de 2,7/10 pour son manque de transparence. « Dans l’Hexagone, aucune loi ne définit ni ne règlemente les activités de lobbying… »

 

La lente émergence des avocats lobbyistes

 

Pour le savoir lire Les réseaux de la malbouffe de Géraldine Meignan chez JC Lattès 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents