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10 octobre 2005 1 10 /10 /octobre /2005 00:00

J'avais 7 ou 8 ans, et le dimanche après-midi j'écoutais sur Paris-Inter les retransmissions commentées par Georges Briquet. Bien des années plus tard je suis allé à la Maison de la Radio réécouter une galette du match : Nîmes-Reims. C'était le 17 novembre 1957.

 

Ici le parc des Sports de Nîmes, la première image sonore que nous enregistrons se situe très exactement à la 10 ième minute de la première mi-temps qui oppose le Nîmes Olympique au Stade de Reims. Vous savez que cette dernière équipe est en tête du championnat avec 20 points alors que les Nîmois sont cinquième, à 7 points du leader, à égalité avec l'Olympique Lyonnais. Pour les Nîmois ce match est d'une importance capitale s'ils ne veulent pas être définitivement décrochés de la tête du classement. Il fait très beau dans la préfecture du Gard et les 13793 spectateurs payants, sans être transportés de joie, semblent ravis de la combativité des crocodiles. Il est vrai que le terrain du Parc des Sports, un peu dur et bosselé, ne favorise pas la manière plus classique, plus décomposée des Rémois et s'accomode mieux au jeu moins romantique, moins fouillé, mais aussi plus incisif des footballeurs locaux.


Mais voici que Rahis s'échappe sur son aile gauche. Il passe à son intérieur-gauche Mazzouz, le demi-centre rémois Jonquet tente de s'interposer, sans succès, la balle est dans les pieds d'Akesbi qui se débarasse de l'emprise de Penverne, et voici que le demi-gauche Barlaguet accouru en renfort de l'arrière tire aux seize mètres et marque le but.

 

Un autre jour, pour un match Stade Français-Le Havre, en donnant la composition des équipes, Georges Briquet, commence par le gardien du Stade, Dominique Colonna, en indiquant que celui-ci va se marier le lendemain à Viry-Chatillon avec Sylvie Delfour  la fille du sympathique entraîneur du Stade Français qui d'ailleurs offrira un très joli lunch au stade de la Suze où les joueurs s'entraînent d'habitude...

 

Un vrai régal, précision, phrasé impeccable, des mots choisis, de la belle ouvrage de journaliste, avec juste ce qu'il faut de distance et d'implication, une vraie carte postale sonore.

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7 octobre 2005 5 07 /10 /octobre /2005 00:00

Vu ma tranche d'âge, étant un baby-boomer type, en abordant l'article du Nouvel Obs "Cocos, bobos, momos... and Co, je me suis dit "caramba tu vas être démasqué ! par les nouveaux gourous du marketing, cerné par la sémiologie et la sociologie", en clair tu vas devoir assumer au grand jour ta faute originelle : avoir eu 20 ans en mai 1968...

Ouf ! A part Cohn-Bendit, j'aime rien de ce qui aiment... Et pourtant, sur la fiche : LES BOBOS, en plus de la tronche rigolarde de Dani, y'a la photo d'un 4x4, celle d'un voilier, et... et... la boutanche de l'AOC à la mode. 

- alors c'est ça, on le savait bien, t'aime pas l'AOC...

- j'aime le bon vin tout bêtement...

- keske cé que ça le bon vin ?

- c'est comme l'amour ça ne s'explique pas...

- bé alors keski vont devenir nos conseilleurs pour dénicher la bonne boutanche d'une AOC qui monte qu'il faut trouver avec son GPS dans sa petite auto un jour de RTT ?

- y achèteront une vigne pour faire des petites boutanches de derrière les fagots ce sera plus rigolo car c'est en forgeant qu'on devient forgeron...

PS: la parole des lecteurs de l'Obs est en partie consacrée au cahier "les vins de l'Obs" et le commentaire de Christiane Chaslin " c'est beau comme du Delerm..." compris au deuxième degré montre la limite de l'exercice de ces sélections : le charme des mots... 
  

 

  

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4 octobre 2005 2 04 /10 /octobre /2005 00:00

Dimanche matin l'un de mes premiers abonnés m'a quitté, comme ça, sans préavis : l'ami Patrick Dhuisme, directeur de la Confédération des Caves Coopératives Vinicoles, est mort. Homme de conviction, Patrick était fin et aimable, discret et tenace, fidèle en amitié, un catalyseur d'énergie, un assembleur d'hommes, pour moi un ami toujours ouvert au débat et dieu sait que j'aime le débat. 

Je te salue Patrick, ton sourire et ton regard rieur nous manquent déjà.

Je m'incline devant la stupeur et la douleur de tes proches, Fabienne ton épouse et Emmanuel ton fils. Je m'associe à leur douleur et à leur peine immenses.

A tous deux et, à ceux de leurs familles, je dédie ce billet du jour...

Adieu l'ami Patrick tu nous laisses bien démuni...

   

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3 octobre 2005 1 03 /10 /octobre /2005 00:00

Je suis un conservateur. Ce dimanche, profitant du temps maussade pour cocooner, je me suis plongé dans mes boîtes d'archives personnelles. Photos, cartons d'invitation, menus de réception, articles de presse : je conserve tout...

Quel intérêt ? Se rafraîchir la mémoire, retrouver le fil de certains évènements, relire certains propos... En l'occurrence, hier, j'ai exhumé un Menu : ça se passait chez Hédiard, le lundi 3 juin 1985 ( j'étais conseiller technique au cabinet du Ministre de l'Agriculture chargé des productions végétales, donc de la viticulture)...

* Terrine de truite de mer à la crème ciboulette

* Filet de boeuf printanier

* Crottin de Chavignol en salade

* Papillote au chocolat

La puissance invitante : la maison SKALLI pour le lancement du programme Trois Cordons...

Dans les verres : Vins de table du  Languedoc

Chardonnay,Sauvignon,Cinsault,Merlot,Cabernet-Sauvignon

La classe Robert ! du jaja de table servi dans la salle à manger Dom Pérignon...

Tout le petit monde du vin, le grand négoce qui s'écharpait sur le prix des vins de bataille et ceux d'en bas qui se repassaient en boucle les vieux clichés du Midi Rouge, n'a rien vu, rien compris, rien entrepris : les vins de cépage étaient là, prêts à redonner des couleurs au vin de table, au vin simple et sympa...

Les occasions perdues ne se retrouvent jamais... Trop tard, comme pour toutes les batailles perdues dixit Mac Arthur (un général américain pas le gros neu neu de TF1)...

PS : avoir bu l'eau des nouilles dans le français qui se cause aujourd'hui c'est être complètement abruti, raconter n'importe quoi...  

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30 septembre 2005 5 30 /09 /septembre /2005 00:00

SVF

" Toujours pour alléger nos coûts, je me tournai vers notre premier concurrent, Pierre Castel, numéro deux des vins de table en France, pour lui proposer de partager avec nous les fonctions de back-office en créant une filiale commune qui serait chargée du stockage, de l'assemblage, de l'embouteillage et des livraisons(...) Mon idée lui plut. Un groupe de travail réunissant les directeurs des deux sociétés fut constitué. En vain ! Chacune de nos équipes s'agrippait à son pré-carré. après avoir usé deux présidents, nous décidâmes finalement de vendre la SVF(...)


"- Tope là ! Et c'est ainsi qu'après avoir acquis pour 45 millions de francs la moitié de la Société des Vins de France, le groupe la revendit cinq fois plus cher, cinq ans après. Quant à l'autre moitié, revendue au même prix, nous l'avions acquise quasiment pour rien lors du rachat de la CDC..."


Thierry Jacquillat "Fais vite, ne traîne pas en route" page 85 à 87 Albin Michel


Pour la première période, celle des discussions avec P.Castel, j'étais directeur du site de la SVF à Genevilliers ; pour la seconde j'étais directeur du cabinet du Ministre de l'Agriculture... Je n'ai nullement l'intention d'écrire mes Mémoires mais dans une discussion au coin du feu, entre amis, parler de cette période de ma vie, pourquoi pas !

 

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28 septembre 2005 3 28 /09 /septembre /2005 00:00

" Le parler que j'ayme, disait l'auteur des Essais, c'est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu'à la bouche ; un parler succulent et nerveux, non tant délicat et peigné comme véhément et brusque."

Essais, Livre I, chapitre XXVI

Si certains trouvent parfois mon langage trop bord-cadre c'est pas un blème car c'est pour faire plaisir à Michel Eyquem, de Montaigne, un homme du vin qui n'a pas bu l'eau des nouilles...

A plus de chez plus, chers adeptes de la Wine Attitude...

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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 00:00

Ce matin, comme un lundi matin, j'ai besoin de m'épancher, je suis en veine de confidences. Voilà, je dois vous avouer, j'aime le beau linge, les belles étoffes, c'est la trace de ma mère dans mon élevage de petit vendéen : elle était couturière et j'ai passé ma tendre enfance au milieu du fil à faufiler et des coupons d'organdi ou de crêpe georgette...

 

Alors, quand la fièvre acheteuse me prend, que j'endosse sans honte la tunique de fashion victime, que je déboule dans mes boutiques préférées, que je me laisse aller à palper un coton égyptien, à m'émerveiller sur le tissu d'une chemise ou la coupe d'une veste, je me sens en phase avec tous ceux qui ont créé, fabriqué, choisi ces vêtements pour me les proposer. Bien sûr, vient le temps de l'étiquette, le temps du prix, le temps du choix.

 

C'est là que tout se joue. C'est un rapport amoureux. Parfois je craque, un autre jour je fuis, je reviens parfois, je ne regrette jamais. L'important n'est pas le prix : une des vestes qui me plaît beaucoup et sur laquelle mes copines s'extasient je l'ai acheté en solde à INNO : 15 euros... En d'autres temps, alors que j'étais raide je me suis offert une chemise à 2000 balles parce que je rêvais depuis des années d'un tel tissu. Je la porte aujourd'hui. Elle fête ses 15 ans...

 

Alors me direz-vous, où veux-tu en venir ? Où vous voudrez chers lecteurs. Mais puisqu'ici je blablate sur le vin, et que certains m'habillent pour l'hiver en confection industrielle, je voulais simplement vous dire que nul n'est parfait et que je me laisse aller à boire des vins chers à Eric Conan et autres vignerons de ma Vendée natale... 

 

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23 septembre 2005 5 23 /09 /septembre /2005 00:00

Quel bonheur qu'il existât encore des journalistes engagés dans la lignée des Zola, Mauriac et autres grandes plumes courageuses; le vin est le dernier refuge, dans nos grands hebdomadaires, de ces chevaliers blancs toujours prêts à carracoler aux flancs de nos beaux côteaux viticoles, ils sont perfusés au terroir, ils sont le dernier rempart face aux barbares...

EC est de ceux-là (Eric Conan pour le sérail) dans l'Expressmag du 5 septembre il commet un article sympathique dont l'entame est courte en bouche "la crise du vin français ne fait que commencer, et elle sera longue et douloureuse : la vraie question est de savoir quel tour elle prendra..." Bian bian mézencore ? En un raccourci saisissant mais flou il place de chaque côté de la couche du grabataire : d'abord les forces du mal, ensuite les bons docteurs...

Et là, vlan le diagnostic tombe comme un couperet : "beaucoup de vins français ne sont pas bons! Tout simplement. C'est une des raisons de leur déclin à l'exportation..." Et bien cher EC, non, le déclin des vins français, même si sous les grandes ombrelles de nos appellations s'abritent des vins indignes d'elles, ne trouve pas on origine dans une régression qualitative.

Au Royaume-Uni d'abord, nos concurrents qui font des vins avec des pratiques oenologiques que réprouvent nos chers chroniqueurs, ont convertis des consommateurs de bière de la classe moyenne, des femmes en particulier, de boire leur Chardonnay à la sauce australienne. C'est Jacob Creek's la marque phare de Pernod-Ricard. C'est la première raison.

La seconde est plus grave pour les tenants du tout terroir c'est qu'une part de nos fidèles clients ont été séduits par ces vins de marque "industriels", crime de lèse-majesté pour le tonnant Perricco Légasse qui s'étrangle dans Marianne.

Alors, puisque EC fait référence au colloque de Banyuls, il aurait du faire le déplacement pour entendre l'ami René Renou dire que les vins de terroir c'était 15% du marché mondial et que son combat pour la réécriture des décrets et la réforme de l'agrément n'était pas exclusive de la remise en ordre de l'ensemble de notre ressource vin.

A force d'écrèmer on fabrique beaucoup de petit lait alors la sélectivité chère à AC, qui est un élitisme qui ne veut pas dire son nom, le vin qu'on va acheter avec sa petite auto grâce à la RTT n'est plus qu'un produit culturel pour ces bobos qu'exècre tant EC (surtout ceux de l'Hôtel de ville de notre capitale) et tous ces viticulteurs qui font du bon raisin pour faire des vins de qualité, plus modestes certes, mais appréciés par nos voisins anglais et autres aux papilles vierges, on en fait quoi ? 

Voilà la seule question qui vaille plutôt que de gloser sur une soi-disant crise viticole. La grande mutation du monde du vin appelle une analyse sereine de notre ressource en vin, et comme le dit très justement Marc Parcé "on fait du vin avec du raisin pas avec des mots " et je ne vois pas ce qu'il y aurait de déshonorant pour un viticulteur de produire, comme le font les champenois, des raisins pour élaborer des produits de marque à grande diffusion...      

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22 septembre 2005 4 22 /09 /septembre /2005 00:00

Ce matin sur France Inter, Bernard Carayon député UMP du Tarn, auteur d'un rapport sur l'intelligence économique, un libéral bon teint, déclarait que dans certains domaines économiques seul l'Etat disposait d'assez de recul pour définir une stratégie. 

Bien évidemment, en bons français, nous pensons tout de suite aux grands projets : Airbus, le nucléaire ou les satellites... Mais le tissu économique de notre pays, si l'on souhaite maintenir la cohésion sociale et territoriale, est aussi le maillage d'initiatives et de projets bien plus modestes.

D'accord, vous me voyez venir avec mes gros sabots dans les rangs de vos vignes mais tout de même, face aux enjeux mondiaux, la balkanisation de notre viticulture et de l'ensemble du secteur donnait à l'Etat mission d'initier une ligne stratégique cohérente.

Ce qui fut fait.

Je ne dis pas que ce fut bien fait mais depuis la modeste note d'orientation stratégique Cap 2010 fruit d'une réflexion collective des parties prenantes de la filière, avec le seul pilotage d'un "missionnaire" mandaté par la puissance publique, qu'avons-nous vu à l'oeuvre ?

En m'abritant derrière le député Carayon qui déclare dans une tribune libre de Libération " Notre génération a la responsabilité d'adapter notre pays aux nouveaux mondes..." je me permet de dire aux apparatchiks de toutes obédiences que l'enjeu n'est pas à leur hauteur et je le regrette pour notre beau pays de France...

A propos on me dit qu'un "Vin de pays Vignobles de France" serait en gestation, les idées sont des vivaces chers amis...      

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21 septembre 2005 3 21 /09 /septembre /2005 00:00

En France, "la viticulture est la première activité de la production agricole pourvoyeuse d'emploi." Les chiffres qui suivent sont tirés d'un rapport publié par l'ENFA (organisme paritaire sur l'emploi et la formation en agriculture).

- Plus de 80% des exploitations du secteur emploie de la main-d'oeuvre salariée (42 % pour l'ensemble des secteurs de la production agricole) Les salariés agricoles réalisent pour moitié le travail fourni dans le domaine viticole, le reste l'est par le chef d'exploitation et sa famille ;

- En 2003, on compte 48000 salariés permanents et plus de 430 000 contrats saisonniers (ceux-ci ne réalisent qu'un cinquième du travail de l'exploitation) Plus d'un tiers du travail est le fait de salariés permanents. 50% des exploitations emploient plus de 2 salariés;

- Parmi les permanents 24% sont des femmes, taux supérieur à la moyenne de l'ensemble de la production agricole. L'âge moyen des salariés est de 33 ans;

- La filière ce sont aussi les entreprises de transformation et de négoce. Pour les premières, caves coopératives et particulières : 21 674 salariés. Pour le négoce plus de 43000 salariés permanents. Les effectifs ont diminué de 10% depuis 1995.

Désolé de vous asséner des chiffres, je pourrais aussi en aligner d'autres prenant en compte l'amont de la filière. Simplement les petits ruisseaux font les grandes rivières. A force de tergiverser on va aussi délocaliser certains de nos vignobles et les emplois qui leur sont attachés...

Désolé aussi pour la fausse manoeuvre qui m'a fait vous envoyer chers abonnés une rubrique inachevée... 

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