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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 00:09

Cette idée sotte et grenue m’est venue alors que je faisais le pied de grue au restaurant AURI jouxtant la cantine de la rue Barbet de Jouy qui accueille les hordes de fonctionnaires des Ministères et de Matignon qui peuplent cette part du VIIe arrondissement. J’eus pu, en sirotant mon verre de Côtes-du-rhône fine fleur Domaine des Lauribes 2010, me remémorer le temps de mes premiers pas au Ministère de l’Agriculture où, à midi, nous faisions la queue pour aller à la cantine. Lieu stratégique pour lier connaissance avec quelques belles souvent flanquées de vieilles duègnes veillant sur leur fidélité. J’aurais pu aussi me souvenir de Ségolène Royal enserrée dans son petit imper qui avait des airs d’une moniale venant de prononcer ses vœux perpétuels.

photoAuri4.jpg

Non, dans cette petite enceinte délicieusement vieillotte je pensais qu’à cette époque une feuille passait dans le service pour savoir qui voulait acheter des poulets venant de la ferme de Grignon (camp de base de l’Institut National Agronomique de Paris). Les hygiénistes d’aujourd’hui en seraient tout bouleversifiés mais, qu’ils se rassurent, maintenant tous les produits des lycées agricoles sont accessibles, en des conditions d’hygiène absolues, au personnel du Ministère de l’Agriculture. Je ne vais pas vous en dresser la liste ce serait fastidieux mais me contenter de traiter le sujet par le versant vins.

 

Chaque année, en novembre, pour 2011 ce sera les 19 et 20 novembre, le lycée E. Pisani de Montreuil-Bellay organise sa traditionnelle foire aux vins des lycées viticoles producteurs de France et d'Europe. J’y suis allé une année pour un débat organisé autour de mon rapport par le bien nommé C. Pinard. Pierre Aguilas, l’homme fort de la Loire, signataire de la note stratégique Cap 2010 était de la partie. Pour la petite histoire il faut savoir qu’Edgard Pisani, Ministre de l’Agriculture du Général de Gaulle, fut le maire de Montreuil-Bellay et que le lycée agricole était son bébé. La manifestation est baptisée : « VINIFLORE » et elle est organisée chaque année depuis 1994 le troisième week-end du mois de Novembre

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Je cite Marc Massot auteur du blog link

 

 « Les vins des différents lycées agricoles de France y sont proposés à la dégustation (gratuite) et à la vente, par les élèves des formations viti-vinicoles du Lycée de Montreuil-Bellay. « En même temps, les élèves des autres secteurs d’activités de l’établissement (travaux paysagers, services aux personnes) sont présents et participent à des démonstrations, par exemple de création de jardins. Divers produits non viticoles et provenant de lycées agricoles de toute la France sont également présentés et commercialisés : huîtres du Lycée de Bourcefranc-17, charcuteries du lycée de Vire-14, foie gras du Lycée de Fontenay-le-Comte-85… 

 

Les vins présentés proviennent de tous les lycées viticoles de France, issus de toutes régions (selon le concept « inventé » au lycée de Fondettes, en 1991, puis généralisé à tous les membres du GIE Club des écoles, chaque année, depuis 1994) : vins de Bordeaux (lycées de Libourne et de Blanquefort), de Bourgogne (lycées de Beaune et de Macon), d’Alsace (lycée de Rouffach), de Champagne (lycée de Crézancy), de la Vallée du Rhône (lycées d’Orange et de Carpentras), du Languedoc (lycées de Montpellier, Nîmes, Carcassonne),…

 

Montreuil-Bellay a innové à partir de 2008, en présentant aussi quelques vins de lycées viticoles européens : lycée d’Oppenheim (vallée du Rhin), de Fermil (vallée du douro), de Sant-Sadurni d’Anoia (Sp, Catalogne), d’Alba (It, Toscane), de Reze (Au),… Chaque année, de nouveaux partenaires étrangers sont présentés, entre autres pour favoriser l’éducation à la citoyenneté européenne. Ces partenariats commerciaux sont souvent associés à des partenariats pédagogiques : montage de projets européens (ex : Comenius, déposé par le Lycée E.Pisani en Février 2011 avec des partenaires portugais et bulgares), voyages de classes, accueils de stagiaires et / ou de classes étrangères, envoi de stagiaires… »

 

Vous comprenez donc mieux maintenant ma prétention, et d’être Ministre de l’Agriculture, et de vivre à l’Hôtel de Villeroy 78 rue de Varenne en autarcie. Deux objectifs tout à fait à ma portée mais tel n’est pas le sujet. Alors j’imaginais le tableau des livraisons à l’heure du laitier des gigots d’agneau de la Bergerie de Rambouillet, des poissons et coquillages amenés par les « chasse-marées » magnifiques boulonnais des Haras Nationaux, veaux, vaches, cochons, couvée portés par de belles Perrette au pot au lait, pendant que monterait des entrailles de l’hôtel l’odeur chaude du pain frais. Comme au plus beau temps du ventre de Paris le Ministère des agriculteurs et des pêcheurs déborderait de victuailles et justifierait vraiment son nom de Ministère de l’Alimentation.

 

Même qu’Alain Passard à quelques pas plus haut dans la rue de Varenne, à l'angle de celle de Bourgogne, viendrait porter quelques topinambours bio de ses jardins lointains. Bref, ainsi la vieille maison retrouverait des couleurs et des odeurs à faire baver d’envie le Ministère de l’Ecologie. Même que de temps à autre le Ministre pourrait tenir table d’hôte avec les enfants des écoles qui pourraient ainsi faire le lien entre le beefsteak de leur assiette et la vache qui broute dans le pré. Rappelons qu’à deux pas de chez moi, jusqu'en 1940, les Parisiens venaient acheter leur lait à la ferme Montsouris, ancienne vacherie datant du XIXème siècle, située au 26-30, rue de la Tombe Issoire (Paris XIVe) mais c’est une autre histoire, qu’un jour, je prendrai le temps de vous conter.

 

Mes deux hôtes étant arrivés, une fois le choix des mets fait, nous nous sommes mis en quête de la bouteille qui irait avec. Face à un Bordelais et à un Toulousain la balance pencha bien sûr vers un vin de la région-phare né au Domaine du Lycée Viticole de Libourne-Montagne : Château Grand Baril Montagne Saint Emilion 2006 à 16€ la bouteille

(en carton de 6 bouteilles 56,70 € livré chez vous soit 9.45 € la bouteille                  

Lycée viticole de Libourne-Montagne Goujon 33570 Montagne Tél : 05 57 55 21 22 expl.legta.libourne@educagri.fr

etiquette-chateau-grand-baril-z.jpg 

Le Château Grand Baril 2006 c’est un assemblage de :

    Merlot noir : 60 %

    Cabernet Sauvignon : 15 %

    Cabernet franc : 25 %

 

Commentaire de dégustation du site du lycée « Il a une robe pourpre aux reflets profonds. Le nez est subtil, avec des arômes de fruits rouges (cerise, mûre, musc et de truffe). La bouche est charnue et s'ouvre sur une attaque soyeuse, ronde et généreuse. »

 

Remarques du taulier :

1-      Pourquoi le Dupont Merveilleux du Vignoble ignore-t-il les vins des lycées girondins (hormis la Tour Blanche page 1109 qui est un Premier cru classé de Sauternes) alors qu’il tartine sur château Couhins cru classé des Graves en blanc géré par l’INRA. Sentirions-nous la bouse de vache ?

2-     Je sais que le château Grand Baril 2006 a obtenu une note de 87/100 au Guide Gilbert et Gaillard et ce n’est pas un cadeau (lire Comme Parker ils notent sur 100 : mais qui sont donc Gilbert&Gaillard ? link)

3-     En revanche il a aussi obtenu une médaille d'argent au concours des vignerons indépendants.  Bravo Michel Issaly, bonne pioche et rendez-vous au  restaurant du Ministère en attendant mieux.

4-     Le coefficient du restaurant AURI est imbattable sur Paris !

chateau-gd-baril-montagne-st-emilion-2006.JPG

Commentaire du taulier : Belle couleur pourpre avec des reflets tuilés, nez chaleureux et complexe, très cerise à l’eau-de-vie de ma mémé Marie. Souple en attaque, tanins soyeux et fondus. Bonne longueur en bouche et une finale très agréable.

 

Comme j’ai mangé un Tartare d’avocat&crevettes en entrée puis un Sauté de bœuf mariné nouilles chinoises sauce aigre-douce, la fin de mon verre de Côtes-du-Rhône blanc et ce beau Montagne Saint-Emilion 2006 château Grand Baril furent de bons compagnons de ce repas studieux où nous parlâmes plus de vaches que de vins.

 

Si vous passez par Paris, et si le cœur vous en dit, nous pourrons aller déjeuner au restaurant club AURI 3-5 rue Barbet de Jouy http://aurirestaurant.fr/le-restaurant-club/

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 02:00

Le point d’achoppement, quasi de rupture, tenait à ce que les maîtres de Langley, grands consommateurs de notes, exigeaient que je leur en ponde une par semaine pour justifier de mes activités et que, bien évidemment je m’y refusais. Pendant quinze jours la partie de bras de fer connut des moments alternant le comique de répétitions : claquement de portes, fausses sorties, quiproquo, câlineries et les franches menaces. Nous eûmes même droit à l’ambassadeur des USA en personne et même à une convocation au Quai d’Orsay par un  le  directeur du cabinet de Maurice Schumann. Nous protestions à chaque fois de notre bonne foi prétextant que dans les situations où nous allions nous trouver coucher sur le papier des renseignements mettant en cause nommément ceux que nous côtoierions dans les organisations clandestines équivalaient à mettre, à terme, notre sécurité en danger. Les noms de code, les classifications à ne diffuser à…, le cloisonnement, dont raffolent nos amis américains ne trouvaient pas grâce à nos yeux. Si Chloé n’avait pas été en première ligne à Milan je les aurais envoyé chier très vite. Tout, sauf la rupture ou la capitulation en rase campagne, il nous fallait trouver un compromis acceptable par les deux parties. Comme souvent il nous tomba du ciel en la personne de Marie-Amélie dont le mari venait d’être nommé ambassadeur auprès du Saint Siège et qui débarqua un beau matin à Paris sans crier gare. Francesca lui  fit le  récit de notre partie de bras de fer avec les américains. Elle éclata de son grand rire chevalin « et moi qui me demandait comment j’allais retrouver l’adrénaline des Andes, tu m’offres une occasion en or ! » Francesca, par bonheur, ne cherchait pas à savoir en quoi consistait son adrénaline des Andes, mais lui demandait ce qu’elle entendait par occasion en or. « Ce sera moi votre petit télégraphiste… »

 

Les américains acceptèrent sans broncher le principe de la boîte aux lettres nichée à l’Ambassade de France auprès du Saint-Siège installée depuis le 15 décembre 1950 à la villa Bonaparte, près de la « Porta Pia ». Pour la petite histoire elle fut construite en 1750 pour le cardinal Silvio Valenti Gonzaga, secrétaire d'État du pape Benoît XIV. Le cardinal transforma en jardins des vergers et fit élever au centre le pavillon dont la décoration et l'ameublement devinrent vite célèbres : la collection de papiers chinois, la table mécanique de la salle à manger et les plantes exotiques du jardin constituaient autant de curiosités dans la Rome du XVIIIe siècle. Après la chute de l'Empire, une partie de la famille Bonaparte, Madame mère (Laetitia), le cardinal Fesch, oncle de Napoléon, certains de ses frères s'installèrent sous la protection du pape Pie VII (le prisonnier de Fontainebleau qui avait sacré Napoléon). La sœur de Napoléon, Pauline, princesse Borghèse, qui avait suivi l'Empereur déchu à l'Île d'Elbe, les rejoignit en 1815 et fit l’acquisition de la villa Valenti. À la mort de Pauline en 1825, la villa passa à ses neveux et à leurs descendants jusqu'en 1906 date à laquelle elle fut vendue... au gouvernement prussien qui y installa sa légation près le Saint-Siège en 1908, ambassade d'Allemagne entre 1920 et 1944. En 1945, les biens du Reich étant confisqués par les Alliés, la France en fit l'acquisition pour y installer sa représentation près le Saint-Siège.

 

Francesca se partagerait entre Paris et Rome, moi entre Milan et Paris avec des incursions discrètes à Rome, Chloé naviguerait dans la clandestinité milanaise et turinoise où je la rejoindrais sous une fausse identité et, bien sûr, à la villa Bonaparte Marie-Amélie nous servirait de havre extraterritorial en cas de nécessité. Restait simplement à trouver un appartement à Rome pour Francesca, roder nos procédures de communications, prévoir une logistique adaptée à tous les cas de figures. Depuis mon retour en France j’avais fait des voyages éclair à Genève où Chloé venait me rejoindre. Nous nous retrouvions à l’Hôtel du Parc des Eaux-Vives, elle inscrite comme directrice d’une filiale d’un grand groupe pharmaceutique américain, et moi comme avocat d’affaires français. Nous réservions toujours les même deux chambres au même étage et affections de ne pas nous connaître. Afin de ne pas éveiller les soupçons, Chloé restait quatre à cinq  jours et moi j’arrivais en fin de journée et repartais le lendemain. En fait, le personnel se fichait pas mal de nous mais c’est moi qui avait, sous ce prétexte, imaginé ce moyen pour que Chloé puisse vraiment faire une pause, décrocher. Je l’avais retrouvée épuisée, amaigrie, tendue comme une corde de violon. Elle n’avait même pas protesté et dans le huis-clos de ma chambre où elle venait me rejoindre sitôt le dîner je tentais de la sauver de ses démons. Sa seule réponse « Tu n’es pas obligé de venir me rejoindre. C’est sans espoir, tu ne peux pas savoir la chape d’irréalité qui pèse sur nous. Nous vivons entre nous, avec nos certitudes, nos aveuglements, notre ignorance de la vraie vie… » Très vite je me contentais de l’aider à reprendre des forces physiques en la dorlotant comme une enfant.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 00:09

Le titre est de l’Express, « 18h10. On rassemble les brebis égarées: le Lou sort du bois » ça c’est le Télégramme. Pour la première fois, l'ex-Velvet Underground se produisait à Carhaix et ce devait être l'un des grands moments du vingtième anniversaire des vieilles charrues.

« La pluie, qui était tombée abondamment toute l'après-midi sur la plaine de Kerampuilh à Carhaix où sont installées les scènes du festival breton, s'était miraculeusement interrompue quelques minutes avant l'entrée en scène de Lou Reed. Lunettes rondes argentées posées sur un visage buriné, le rockeur américain, qui fêtera ses 70 ans en mars prochain, est apparu sur scène vêtu d'un jean, tee-shirt noir et fine veste en cuir, l'air fatigué et absent. » écrit le mec de l’Express ;

 

Mon commentaire : Lou Reed le prince de l’ombre dans un champ de patates détrempé, bide assuré ! Ça n’a pas fait un pli : la suite sous la plume de Samuel Uguen du Télégramme.

 

Pas une ride d'expression

 

« Sur scène, les musiciens poussent et envoient du bois, portant leur leader à bout de bras. L'ancien ouvrier de la Factory, lui, reste de glace, tirant une gueule de six pieds de long. Zéro «Emotion in action». Un petit sourire? Non. Définitivement, non. De la crème pour les anti-Reed qui n'en demandaient pas tant pour en remettre une couche. Bouffé au mythe, disent-ils. Au bout de vingt minutes de concert et seulement trois morceaux interminables, l'espoir du grand moment s'amenuise. Dépité, Ronan, fan de longue date, tressaille et s'inquiète: «C'est quand même pas le genre de vieux chanteur qui refusent de chanter ses tubes?» Hélas...

 

Un poil trop underground

 

Le «Rock'n'roll animal» qui sommeille semble ne pas vouloir se réveiller. De fait, le festivalier, non plus, bâillant à s'en décrocher la mâchoire. À l'approche de la fin du concert, un frémissement d'émotion parcourt toutefois le gros du public. Lou Reed sort enfin de sa réserve. C'est pas dommage. «Ecstasy» «Sunday morning», «Femme fatale» et «Sweet Jane»: voilà pour les tubes. Et puis rideau. «Walk on the wild side», oublié. «Perfect Day», absent. «Satellite of love», sans doute trop loin sur orbite. Lou Reed aurait pu jouer sur du velours en offrant un peu d'anthologie, sans se renier pour autant. Râpé. »

 

Mon commentaire : il ne fallait pas l’inviter les gars de Carhaix vous auriez du vous en douter le Lou Reed c'est pas une facile facile et votre carton d’invitation qui disait tout et son contraire annonçait trop la couleur :

 

« Attention, monument ! Compositeur aux textes magnifiquement crus et torturés, intelligents et provocants, chanteur minimaliste et guitariste inventif, Lou Reed  est une véritable icône, qui avec le Velvet Underground a suscité bien des vocations, toutes générations confondues. Après la tournée conceptuelle Metal Machine Music (l’intégralité du presque inécoutable expérimental album du même nom, joué en trio pour la formule live), retour à un format plus « classique » et abordable. A l’aube de ses soixante-dix ans (quand même !) Lou Reed a décidé de prouver une fois de plus que le rock conservait, en revisitant ses standards plus mélodiques, du Velvet à nos jours : « Sunday Morning », « Walk on the Wild Side »…des titres légendaires pour un concert carhaisien qui le deviendra certainement lui aussi ! »

 

Que conclure : rien bien sûr, sauf qu’il faut savoir s’arrêter comme l’écrit sur un forum un de ses admirateur. Je signe !

 

« Reed a eu des hauts et des bas (il a fait quelques bonnes mer...), mais dans ses grandes heures je n’ai jamais rien écouté de tel : guitares entêtantes, arrangements grandioses (collaboration avec des grands : Ezrin, Katz, Bowie, etc.) ou style dépouillé minimaliste, voix grave et superbe (plus maintenant. Je l’ai vu aux Vieilles Charrues, il devrait arrêter !), textes ciselés qui claquent dans un accent purement new-yorkais, mélodies parfois superbes (on oublie trop souvent qu’il peut être un très grand mélodiste), ... je m’arrête là, vous aurez compris que je le considère comme un génie à qui l’on peut passer des excès de comportements ! »

 

En bonus la question qui tue :

 

« Tu préfères Lou Reed ou John Cale ? » Telle est la question piège qui m’a été posée il y a quelques jours… Spontanément, j’ai répondu « Les deux ! ». Et face à l’incrédulité de mon interlocuteur, j’ai ajouté « C’est comme si tu me demandais de choisir entre mon père et ma mère, c’est trop cruel ».

 

En y réfléchissant a posteriori, je ne parviens effectivement pas à départager ces monstres sacrés de la scène alternative new-yorkaise des sixities. Lou Reed et John Cale. Le dépravé et le dandy. Le guitariste et le bassiste. L’un accro à l’héro, l’autre en permanence défoncé à la coke (du mois quand ils étaient jeunes et inspirés...). Mes disques préférés du Velvet Underground sont les deux premiers, The Velvet Underground & Nico et White light/White heat, les seuls où ils sont réunis. Les deux suivants, The Velvet Underground et Loaded, même s’il s’agit de bons albums, je les vois avant tout comme des disques de Lou Reed. Le grand Gallois n’est plus là pour soigner les arrangements, ajouter son violon désaccordé ou son piano déglingué par-ci par-là… Et surtout exacerber leur rivalité de compositeurs et d’arrangeurs, avec pour résultat de stimuler à l’extrême leur créativité. »

mardi 8 février 2011, par Jérôme Delvaux

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 16:00

1911--Bataillon-de-fer-viticulteurs-des-Bergeres--Aube-.jpg« Révolution dans le secteur, oui. Détonations, chant de refus, les vieux airs de carmagnoles paysannes. Pas compliqué à comprendre : le vigneron crevait de faim. La fin du siècle avait été atroce. La maladie gagnait, une lèpre. Le phylloxéra qui prenait la vigne à la racine, jusqu'à la mort du cep. Il avait fallu arracher les souches, défoncer à la pioche les terrains sinistrés, replanter. Travail de fossoyeur, de forçat, non rémunéré. Les vignes restaient sans rapport. Et pour finir, pendant quatre ans, pas une seule récolte pour se mettre le moral d'aplomb.

 

1907 : le raisin ne valait rien. 1908 : vendanges de nains. 1909 : la pourriture partout, des fumées grises, infectes, planaient sur les plateaux des pressoirs. 1910 : rien ne manqua, orages, gel, grêle, mildiou. On n'aurait pas fait une tarte avec tous les raisins de Champagne, tant la vendange était transparente. Il suffisait que la maladie entre dans un ménage pour que la ruine soit complète. Des terres qu'on se disputait autrefois comme on se dispute la vie ne trouvaient plus d'acquéreurs. Des vignerons quittaient leurs maisons, laissaient leurs terres aux friches. Mais le négoce se sucrait sur cette misère.

 

Les fraudeurs fabriquaient du Champagne avec n'importe quoi, des rebuts d'Anjou ou de Meuse, des piquettes achetées au comptant sur le quai des gares à des intermédiaires sans visage, et avec du cidre s'il le fallait. L'argent rentrait.

 

Les vignerons doutaient de tout, et même du ciel. Qu'est-ce qui leur restait ? Le front bas, la hargne, les hymnes provisoires, les drapeaux rouges qu'ils pendaient aux frontons des mairies. La fraude leur donnait le tournis. L'agitation seule arrivait à calmer leur souffrance du travail nié et insulté... »

 

C'est extrait d'un beau roman de Daniel RONDEAU « Dans la marche du temps » pages 126-127 chez Grasset. Ce fut une chronique de 2005.

 

1911- Vignerons de Champagne (Aube) 

Et alors me direz-vous ?

 

Ressasser le passé ? Non, en tirer des enseignements pour bâtir la prospérité sur le contrat, sur des rapports de force économiques maîtrisés, générer de la valeur pour que le travail du viticulteur soit reconnu et valorisé, pour que le produit trouve son consommateur... Comparaison n'est pas raison, beaucoup aujourd'hui ignorent que la Champagne a eu son lot de misère, on la cite en exemple, on l'envie. Le Champagne, au plan des relations interprofessionnelles est exemplaire, il a su créer de la valeur et la répartir. Que ce modèle économique ne soit pas parfait j’en conviens aisément, mais il a le mérite de montrer que si la France veut, pour son vignoble générique, créer de la valeur dans la vigne, les professionnels ne pourront pas continuer à se payer de mots et devront mettre en œuvre de vraies politiques contractuelles au cep. A vouloir assembler sous la même ombrelle des AOC cousue-main et des pseudos vins d’artisans assemblés en fonction du prix c’est mélanger les torchons et les serviettes et se moquer des consommateurs. Sous les pages des nouveaux cahiers des charges se cachent des vins qui ne disent pas leurs noms.

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 00:09

normandie-001.JPG

Je n’ai jamais compris l’ironie de ceux qui se moquent des vaches qui regardent passer les trains. Elles au moins, avec une constance sans égal, exercent leur curiosité sur cette drôle de machine qui leur passe sous le nez – le mufle –dans laquelle elles ne pourront jamais monter. Sauf à se souvenir des wagons à bestiaux de sinistre mémoire où j’ai vu monter en gare de la Mothe-Achard, après la foire, de braves vaches en fin de vie. Destination la Villette via la voie de ceinture pour devenir la proie des chevillards de ce dernier grand abattoir du circuit vif qui fut l’un des grands scandales de la République.

 normandie-002.JPG normandie-004.JPG

Pourquoi diable évoquer cette image ce matin me direz-vous ? Tout d’abord parce que mon travail m’appelle auprès de ceux qui les traient : 120 producteurs laitiers du Grand Sud-Ouest laissés sur le bas-côté par le collecteur du lait de leurs vaches : l’entreprise espagnole Leche Pascual et qui ne trouvent pas preneur à leur lait. Les grands du secteur : Lactalis n°1 mondial (Président et Lactel), Bongrain et son Caprice des Dieux, ne prennent même pas la peine d’examiner le dossier, Danone autre grand lui est un peu plus bienveillant. Seul Yoplait, sa petite fleur et son lait Candia, a pris sa part, et bien sûr le dossier s’enlise. Ces producteurs je les ai, comme on dit encore, au bout du fil et je puis vous assurer qu’ils sont dans l’angoisse. Alors quand j’entends ou lit ce que disent ou écrivent certains dans notre petit monde du vin j’ai une grande propension à vouloir prendre le mors aux dents.

 

La liste est longue : les extrémistes grands manieurs de y ‘a qu’à et d’oukases, les autistes, les aquoibonistes : population nombreuse et en croissance, les j’m’en foutistes : ceux à qui tout est dû, les individualistes : espèce conjuguant la pureté des intentions et le moi je fais ce que je veux, les laxistes : en général partisans de textes purs et durs qu’ils s’ingénieront à tourner… Toutes ces populations, dont la liste n’a rien d’exhaustive, ont un facteur commun : elles regardent passer les trains et trouvent toujours une bonne raison de ne jamais monter de dedans. Ceux qui m’insupportent le plus sont ceux qui ne sont pas producteurs et qui, soit parlent en leur nom, les annexent quand ils ne leur donnent pas des leçons.

 

Un petit stage dans le réel ferait le plus grand bien à ces biens assis et souvent aussi bien nourris. La réalité me déplaît souvent mais l’esquiver, la tordre pour qu’elle entre à tout prix dans son schéma d’analyse, la refuser, débouche sur des oppositions des plus stériles qui produisent un grand classique français l’immobilisme qui bien évidemment va se fracasser avec la régularité de la vague sur les faits. Alors, interviennent ceux qui, venus du diable vauvert, forme moderne des ouvriers de la vingt-cinquième heure, qui vous servent un plat réchauffé qu’ils avaient totalement dédaigné, voire même vilipendé, lorsque quelques années auparavant  il leur fut proposé. Le mieux est souvent l’ennemi du bien dit-on, dans notre secteur du vin, et de l’agriculture en général, les deux polarités : les minoritaires intransigeants et les majoritaires opportunistes se confortent, n’existent qu’en opposition.

 

Plutôt agir que réagir avions-nous écrit dans Cap 2010 !  Dix ans après nous n’en sommes même pas à l’heure de la réaction mais à celle du fil de l’eau. Nous subissons parce que loin d’avoir dynamisé notre système par une traduction claire dans les textes fondateurs de ce que doivent être les Appellations d’origine, nous l’avons calcifié, bureaucratisé, médiocratisé… tiré vers le bas. Les regrets ne servent à rien seuls la prise en compte de ce que nous sommes est important. Quand je fais le présent constat je ne tombe pas dans le catastrophisme, car tout ne va pas mal dans notre secteur, mais je mets en lumière notre impéritie. Nous avons laissé passer des opportunités, nous avons perdu des parts de marché, nous n’avons pas été capable de créer de la richesse et de l’emploi.

 

Lorsque le nouveau Directeur Général du groupe coopératif le Val D’Orbieu, Bertrand Girard, venu en droite ligne de la Sopexa, déclare à Vitisphère « Il faut créer de la valeur, sinon nos vignerons vont continuer à mourir, et pour ça il faut se tourner vers le client » je signe des deux mains non sans toutefois m’interroger sur les voies et moyens qui à engager depuis le cep jusqu’à la bouteille pour transformer cette pétition de principe, si évidente, en faits bien réels et bien palpables. En effet, tout commence dans la vigne, dans les choix de production : ce mot est devenu dans la bouche de certains un gros mot, dans la capacité à produire dans des conditions économiques données ce que l’on veut proposer au marché. Nous sommes un grand pays agricole, nous produisons presque tout, et nous avons hérité d’un grand vignoble généraliste. Que voulons-nous faire ? Assumer notre héritage ou nous replier sur des produits à haute valeur ? Gérer intelligemment notre mixité ou continuer à cultiver l’ambiguïté d’un modèle où l’AOC se veut la seule voie ? Ce sont des choix qui demandent du courage. Seuls des femmes et des hommes courageux, ayant le sens du bien collectif pourront nous tirer de l’ornière où nous nous complaisons. Il leur reste à s'unir, à surmonter leurs divergences et à exprimer clairement leur soutien à ceux, pas très nombreux, qui ont su mettre en pratique ce qu'ils préconisaient pour que notre vignoble créé de la valeur dans chacun des segments du marché. Reste à choisir aussi celui qui incarnera ces choix et les portera vers le plus grand nombre. En écrivant ces lignes je viens de tracer le portrait-robot du futur président du Comité National de l’INAO. Rassurez-vous, nul ne songera à me consulter pour le nommer, pourtant chacun sait que je suis de bon conseil.

 

J’oubliais les 3V du Vin c’est produire de la Valeur pour Vivre de son Vin…  

 

Je dédie cette chronique à Jean Moulias qui fut longtemps Commissaire du Gouvernement de l’INAO et qui vient de mourir le 4 octobre à Névian dans l’Aude où il sera inhumé ce jour. Homme du service public, il a toujours servi l’Etat avec intelligence et dévouement. Ceux d’entre nous qui ont travaillé avec lui perdent un ami et c’est toujours une grande peine de perdre un vieil ami. Jean tu vas rejoindre la terre où repose depuis quelque temps ton grand ami Antoine, j'y vois le symbole d'une grande fraternité entre les hommes de bonne volonté. 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 17:00

987121015.jpgChères vous toutes et chers vous tous,

 

« Le vin qui aimait les femmes », avec un tel thème, il revenait à une femme, à une femme néo-vigneronne qui plus est, certes dans les GCC de Bordeaux, de poser la cerise sur le gâteau de ce trente-neuvième chapitre des Vendredis du Vin. Et dire, les jeunes générations l’ignorent sans doute, que le Vendredi fut longtemps pour les pratiquants de l’Eglise apostolique et romaine le jour du maigre et que beaucoup de bigotes interdisaient même à leur entourage l’absorption de vin ce jour-là. Lorsque l’interdit fut levé dans un département pieux comme l’Aveyron l’aligot, plat du vendredi, faillit trépasser.

 

Mon taulier est ainsi fait, il ne rate jamais une occasion de le souligner, auprès de ceux qui s’étonnent de sa prolificité épistolaire, que «  moins il en fait mieux il se porte » car il garde la nostalgie des bœufs enjugués de son pépé Louis qui dans son livre d’Histoire de France tiraient à pas lents les lourds chars à bancs des rois fainéants.

cartes-postales-photos-Le-Char-des-Rois-Faineants-ROUEN-760.jpgSon premier mouvement, lorsqu’au cœur de l’été, avec beaucoup de doigté, Iris l’a sollicité pour cette éphémère présidence, même si son ego en fut flatté, son premier mouvement fut de décliner l’invitation. «Il fait trop beau pour travailler… «  chantaient – euphémisme gentil – sur une musique de Claude Bolling les Parisiennes en 1962 (vidéo en fin). Et c’est à cet instant que son célèbre esprit d’escalier entra en scène : Parisiennes = femmes = François Truffaut = L’Homme qui aimait les femmes et il a dit oui. Ensuite, selon une tradition bien établie chez lui, il a réfléchi et s’est dit : mon Dieu il va falloir que je ponde une chronique sur ce thème improbable ! Et comme de bien entendu il en a pondu deux. Méfies-toi de l’eau qui dort lui disait souvent sa mémé Marie.link et link

  

Et puis vint le grand jour où le taulier lui-même du encore s’y coller link, exceptionnellement il fit court et alors qu'il pensait pouvoir se reposer sur ses lauriers, son regard ébahi vit déferler de toute part, comme autant de pétales de rose semés sur une autoroute, les beaux papiers consacrés à ce fichu vin qui aimait les femmes. Face à une telle abondance que faire ? Lire bien sûr ! Mais encore : faire une distribution de prix avec lauriers incorporés ? Tenter comme au Parti Socialiste la synthèse ? Que nenni, le taulier ne voulait plus en fichtre une ramée ! Alors, il ne me restait plus qu’à m’y coller.

 

Avec la complicité d’Iris et d’Eva – solidarité féminine – j’ai collationné les contributions. A tout seigneur tout honneur le premier à avoir dégainé est le grand chêne tutélaire de la blogosphère Olif : link et le tableau ci-dessus Corps dans décor ©Mme Olif

 

Je dois vous confier qu’à la lecture de cette chronique le taulier en fut tout ému et qu’il m’a confié « tu vois Marie ça c’est de la belle ouvrage, du cousu-main, à cent lieues des mets réchauffés des passeurs de plats. Quand je pense aux crétins qui ostracisent Olif de leur petit dédain il me prend des envies de castagne.

 

Pour ma part j’ai beaucoup aimé le Bétourné link. Quelle plume ! Quel souffle ! Il va falloir, nous sommes voisins, que je l’invite à faire une descente sur mes terres girondines pour que nous conjuguions nos élans. Dans la catégorie inventivité le clip de MISTER VICKO WINE 319202_2273868613426_1449990575_2382650_618392257_n.jpg

Bravo à toutes et à tous de la part du Taulier qui est tout, sauf un sage en dépit du blanc de ses cheveux. Continuez à nous faire rêver sur vos sympathiques chemins de traverse car vous participez ainsi efficacement à l’extension du domaine du vin. Ne changez pas, gardez votre fraîcheur et votre enthousiasme ! Le taulier embrasse les filles moi les garçons, lui et moi sommes les deux faces de Janus. C’est bigrement commode et nous n’avons pas besoin d’attaché de presse.

 

Le taulier encore embrumé de sommeil me signale qu'il vient de confier son sceptre ou son son cep de Président au Vénérable Olif qui régnera sur la quarantième session des Vendredis du Vin link. Et de conclure en s'étirant qu'il partait à Tanger où « Au Wine Bar du Minza : ô zelliges d'azur,

Piliers immaculés! Les paradis impurs

Font naître  chez Burroughs l'idée du festin Nu :

L'Amérique est chez elle, déclassée,saugrenue.

 

La mer guérit les maux des âmes et des coeurs,

Une forte envie de rien peu à peu vous pénètre.

Se laisser vivre ici? Le sage a dit « Peut-être...», Olivier Barrot Lettres à l'inconnue hoëbeke

Popaul-0033-200x300.jpg  20111001-043511.jpgvendanges-cornas-2011-414.jpg 2.jpgjambes.JPG554487_DNE444V5VKKDU6DAHGGNJSYEHR1MX5_486161_H143031_L.jpgmas_jullien-320x200.jpeg68710159.jpg313749_2385417402929_1475590109_2581230_957179914_n.jpg3033089750_1_7_BGh9Pm0N.jpg

-      Le blog   de Guillaume Du Morgon dans les veines : link

 

-      Le blog   Les savoureuses tribulations d’Audrey :  link

 

-      Le blog d’Eva :link

 

-      Le blog d’Iris : Journal d’une vigneronne : link

 

-       Le blog Eyes Wine Open : link

 

-       Le blog un mets dix vins : link

 

-         Le blog de mas Coris : link

 

-         Le vlog d’Obiwine : link

 

-         Le blog Saveur&Passion : link

 

-         Le blog de Binbin fou de vin : link

 

-         le blog Vin Cœur : link  

 

-         le blog mononiaquement alsace : link

 

-         le blog le Vin des Cousins :link

 

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2- Antonin le Vindicateur link

3- Franck Merlozlink

4- Rémi Bousquet link

5- Gilles Hourquet link

 6- Rémi Bousquet n°2 link

MISTER VICKO WINE from thomas-cabrol.TV on Vimeo.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 00:02

chaptalisation3t0304Dans le marigot des parigots aimant la nature c’est le sans soufre qui tient le haut du pavé. La mention contient des sulfites est passée dans les usages (Etiquetage des vins tranquilles (Allergènes:/Mention obligatoire/Directive 2003/89/CE du Parlement européen et du Conseil du 10 novembre ; Règlement (CE) n° 1991/2004 de la Commission ; Directive 2007/68/CE de la Commission du 27 novembre 2007 ; Article R. 112-16-1 du code de la consommation). En revanche, le sucre ajouté, la chaptalisation n’est pas vraiment un sujet qui passionne les cercles éclairés ou dit tels. Ceux-ci me rétorqueront que la chaptalisation étant pour eux une pratique contre-nature ceux qui font des vins au plus près de la nature n’y ont pas recours. Don’t act mais sans vouloir mettre en doute leur parole je note que, là où elle est autorisée, la chaptalisation peut être pratiquée sans que cela soit mentionné sur l’étiquette.

 

Dans la mesure où la chaptalisation est bonne pour le degré et n’est pas nuisible pour la santé, à quoi bon en informer le consommateur me rétorqueront les dirigeants de la viticulture allergiques à une complication supplémentaire (la chaptalisation doit déjà être déclarée). Ce n’est qu’une pratique œnologique traditionnelle là où le soleil n’est pas toujours au rendez-vous objecteront les partisans du statu quo. Certes mais sans vouloir mettre le doigt où ça fait mal le recours systématique à des demandes d’enrichissement de 1,5 à 2 % permet de sauver de la mauvaise monnaie et de mettre sur le marché des vins qui n’ont rien à y faire sauf à alimenter la machine à fabriquer des prix plus bas que bas. De partout j’entends monter l’écho de la nécessaire régulation, qui passerait par le contrôle du potentiel (droits de plantation) mais si c’est pour pousser les rendements et chaptaliser j’ai des doutes sur la sincérité des argumentaires. 

  

Les mots ont tous un poids spécifique. Chaptaliser ses moûts c’est plus léger que de  les sucrer, ça fait plus technique et pourtant comme le montre de façon très pédagogique cette petite fiche du Lycée Viticole de la Champagne c’est un jeu d’enfant link la « chaptalisation » j’en ai découvert les arcanes lorsque je suis arrivé à l’Office des Vins de Table en 1979. Elle n’était autorisée que dans les AOC septentrionales (une partie des Côtes du Rhône pouvait chaptaliser et pas l’autre, et c’est toujours le cas) et bien sûr c’était une pratique violemment contestée par le Midi de la France ce qui lui valait d’être un sujet politiquement sensible. Pierre Méhaignerie demanda donc au directeur de l’Office Pierre Murret-Labarthe de lui faire des propositions sur le sujet. Celui-ci, provocateur-né, bordelais d’origine, préconisa la suppression de la chaptalisation. Tollé de l’INAO présidée par un Bordelais Pierre Perromat et, comme de bien entendu, le courageux Méhaignerie en bon centriste adopta un compromis mou – sans jeu de mots – en accordant aux Vins de table le droit d’enrichir leurs moûts avec des MCR (mouts concentrés rectifiés) en compensation.

 

Lors de la négociation d’élargissement à l’Espagne et au Portugal, la Commission tenta en vain de supprimer la chaptalisation mais celle-ci fut sauvée grâce à l’Allemagne qui défendait son célèbre sucrage-mouillage. Avant d’en venir au présent de cette pratique rappelons pour les d’jeunes que c'est le chimiste, ministre de surcroît, Jean-Antoine Chaptal qui a théorisé ce procédé en 1801 à l'aide notamment des travaux scientifiques de l'abbé François Rozier, célèbre botaniste et agronome ; le but était d'augmenter le degré alcoolique des vins afin d'améliorer leur conservation. À cette époque en effet, les vins étaient rarement mis en bouteilles et ne se conservaient en cave que quelques mois. Chaptal l'a décrit dans un livre publié en 1801, L'art de faire, de gouverner et de perfectionner les vins.

 

Un détail d’intendance : lorsque je discutais avec la Confédération des Betteraviers, nos riches planteurs des plaines du Nord et du Nord-Est s’inquiétaient du devenir de la chaptalisation qui représentait un chiffre d’affaires non négligeable pour les sucreries. Le voisinage du Champagne, bon consommateur de sucre, facilitait le commerce. Dans le grand Sud, du côté de Carcassonne il y eut déjà à cette époque une affaire de valises pleine de billets destinés à l’achat de sucre que la police découvrit, comme toujours, grâce à une bonne dénonciation anonyme. Dans le département de l’Aude le clan des caves coopés et celui des caves particulières s’en donnaient à cœur joie.

 

 La chaptalisation comme le soulignait encore la Commission Permanente de l’INAO du 7 juillet lors de son débat sur les orientations pour la fixation des conditions de productions de l’année 2011, « est une pratique exceptionnelle autorisée en cas de situation climatique défavorable, et que la richesse minimale en sucre de raisins doit refléter une maturité suffisante par rapport aux exigences de l’appellation ». Fort bien mais la lecture des arrêtés relatifs à l’augmentation du titre alcoométrique naturel des raisins frais et des moûts destinés à l’élaboration des vins (AOC+VDQS) ne traduisent guère cette pétition de principe. Le dernier connu, celui de la récolte 2010 du 15 avril 2011 publié au JO du 21 avril 2011 entérine une vision large d’une pratique exceptionnelle. Tous ceux qui peuvent y prétendre sont présents. Pour cette année, le Comité National de l’INAO du 28 septembre 2011 a renouvelé l’exercice avec la même ampleur. Voir copie du texte de l’arrêté ci-après.

 

Le centre de gravité de la chaptalisation s’est déplacé ces dernières années et il est  au cœur même du système AOC où la pratique s’est quasiment institutionnalisée. Qui le sait à l’extérieur de l’institution ? Pas grand monde, c’est la boîte noire et l’omerta. Que la chaptalisation puisse se justifier dans certaines circonstances exceptionnelles, pourquoi pas ! Mais que ça devienne une rustine systématique pour ceux qui font pisser la vigne ne me semble pas relever d’une saine gestion et de notre potentiel et de l’image d’excellence de nos soi-disant vins de terroir. Notre crédibilité est en jeu et que l’on ne vienne pas m’objecter que c’est une mesure « sociale » pour sauver une partie de notre viticulture.

 

Le cas le plus baroque – c’est un euphémisme - de l’autorisation de chaptaliser est tout de même celui des vins liquoreux. Pour exposer ce dossier je reprends les écrits de Patrick Baudouin link

  

« Connaissez-vous le Père Cristal ? Figure vigneronne du début du XXème siècle à Saumur, laissons-lui la parole, en 1900 : « Ce que vous buvez là c’est du vin naturel. Il n’y a que le soleil qui puisse donner au vin cette qualité et cette saveur. Depuis 20 ans je ne cesse de le répéter à tous les grands seigneurs de la viticulture et à tous les vignerons de notre pays d ’Anjou.(..) Je lui ai dit (au ministre de l’Agriculture) que c’était une grande faute de tolérer le sucrage des vins. Le bon vin ne doit sa qualité qu’à la lumière du Bon Dieu ! Tolérer le sucrage, c’est amener bientôt la ruine de nos vignobles. Lorsque nos crus n’auront plus leur personnalité, lorsqu’on pourra fabriquer n’importe où un vin sorti du cerveau des chimistes, ce sera peut-être bon pour tes Anglais ou les Américains, mais nos pays seront ruinés ! Ils seront concurrencés sur les marchés du monde par les vignobles à gros rendements. »

 

L’Europe remet donc en cause le droit à la chaptalisation pour des liquoreux français réputés du meilleur niveau, les Layon, les Sauternes... De mon point de vue, c’est une très bonne chose, il est déjà inadmissible que la possibilité de « sucrer » des vins se voulant aussi prestigieux, se réclamant du terroir, de l’excellence, ait été maintenue jusqu’à présent dans leur cahier des charges.

 

Comme Antoine Cristal, nous sommes quelques-uns, depuis vingt ans, à répéter ses paroles aux « grands seigneurs de la viticulture », aux pouvoirs publics, à l’INAO, jusqu’à présent sans plus de succès. Pour ce qui est du Domaine, depuis le millésime 1994, aucun vin, qu’il soit sec, rouge, blanc, liquoreux, n’a été enrichi. Pour les vins liquoreux, la chaptalisation, pratiquée systématiquement, a été un désastre : mauvais vins lourds et indigestes revendiquant l’excellence, déception des consommateurs, image devenant catastrophique et véritable effondrement du marché, justifié. Espérons que sur ce point, l’Europe fera prévaloir son point de vue. Et que la viticulture française comprendra, même si on lui force la main, que c’est son intérêt... »

 

Pour finir sur ces histoires de sucre, je dois avouer mon peu de goût pour cet édulcorant : je ne sucre jamais mon café et chez moi le sucre en poudre est utilisé à dose homéopathique. Alors vous comprendrez que le sucre Béghin-Say dans le vin ce n’est pas ma tasse de thé. Alors vive le vin sans sucre ajouté !

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texte de François CHIDAINE

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 08:45

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Cet exorde de Steve Jobs aux étudiants de Stanford en 2005 je le partage et je vous invite à en faire un de vos principes de vie…

 

« Si vous vivez chaque jour comme si c'était le dernier, un jour vous aurez certainement raison »

« Personne ne veut mourir. Même ceux qui veulent aller au paradis ne veulent pas mourir pour y aller. Pourtant la mort est une destination que nous partageons tous. Personne n'y a jamais échappé. Et c'est comme cela que ce doit être, parce que la mort est certainement la meilleure invention de la vie. C'est l'agent de changement de la vie. Il retire le vieux pour faire place au neuf. Votre temps est limité, ne le gaspillez pas en vivant la vie de quelqu'un d'autre. Ne vivez pas avec le résultat des pensées des autres. Ne vivez pas avec le bruit des opinions des autres masquez le son de votre propre voix intérieure. Et plus important, ayez le courage de suivre votre cœur et vos opinions. Ils savent déjà ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire. »

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 00:09

A3271.jpgChez les maîtres de la haute cuisine française je n’y vais pas souvent vu le niveau  des additions que je paie. Cependant quand je m’y risque je suis estomaqué par le prix de la bouchée et je dois avouer que  lorsque je sors de ces temples chichiteux le plus souvent : j’ai faim ! Alors, pourquoi y vais-je ? Pour confronter les écrits des critiques patentés à la réalité de l’assiette. Le comble c’est que certains princes de la haute cuisine ne vous laissent même pas le choix des mets : tout est à prendre ou à laisser. Certains plumitifs au tour taille digne de Bibendum se pâment et s’épandent en des chroniques sur leurs blogs jusqu’à nous en donner une indigestion. Plus les portions sont congrues plus leur plume fait des pâtés. Il est vrai qu’ils ne sont pas là pour manger et que le poids de l’addition leur importe peu.

 

Comme je n’ai aucune légitimité à clouer au pilori tous ces maîtres de bouche adulés et leurs thuriféraires stipendiés je préfère donner la parole à Gérard Oberlé. Il s’agit d’un extrait de l’entretien qu’il accordé à Jean-Claude Bonnet pour le n° de Critique de juin-juillet 2004 consacré à la Gastronomie.

 

J.-C. B – Vous écrivez dans Salami : « La frontière entre cuisine et gastronomie est aussi spécieuse que celle que les refoulés d’appétit dressent entre pornographie et érotisme ? »

G.O. – Le statut de gastronome est un peu décoré, un peu chic. Moi je ne me définirais jamais comme gastronome, mais comme mangeur et comme gourmand.

 

J.-C. B – Le classement des guides est quelque chose qui vous gêne ?

G.O. – Le guide Michelin a fait son temps. Michelin annonçait d’ailleurs, avec beaucoup de clairvoyance, en publiant le premier de la série : « Il va durer un siècle ». La cuisine qui y  a été si longtemps défendue n’intéresse plus que quelques milliardaires. Les mœurs culinaires ne peuvent plus coller au schéma dans lequel on a voulu enfermer ce qu’on appelle une grande table.

 

J.-C. B – Mais il faut bien une critique et une évaluation gastronomique ?

G.O. – Oui, mais on ne peut plus faire des guides de l’excellence selon ces critères-là. Je suis contre la compétition qui a des effets extrêmement pervers (en encourageant toutes sortes de frais annexes) au détriment de la cuisine elle-même. Sans céder à l’obsession du classement, qu’on se borne à décrire les établissements qui le méritent.

 

J.-C. B – que pensez-vous de Ferran Adria et de son restaurant El Bulli à Cadaquès ? Est-il vrai, comme on l’entend parfois, qu’il ne se passe plus grand-chose en France ?

G.O. – Oui, la France a un sérieux coup dans l’aile. Autrefois il y avait un grand nombre de bonnes tables accessibles à beaucoup de gens. Aujourd’hui c’est trop cher et on n’a pas ce qu’on aime. A 300 euros par personne, si on y va à trois, c’est plus que le SMIC. Je trouve cela indécent. Par ailleurs il y a quelques jeunes cuisiniers qui n’ont qu’un étoile ou deux, qui sont très inventifs et font de l’excellence avec des produits moins chers. Quand à El Bulli, c’est tout à fait autre chose. On ne paie pas plus de 70 euros. Ferran Adria aborde la cuisine en chimiste timbré, parce que les Catalans sont fous, mais c’est profondément sincère. Il peut vous apporter une coupe fermée, dont se dégagent des parfums incroyables, mais il n’y a rien à manger ni à boire : il n’y a que l’esprit d’une chose qu’il a réussi à y enfermer. C’est vraiment une démarche artistique. Il jure qu’il s’arrêtera quand il aura le sentiment d’avoir fait le tour de ses expériences.

 

J.-C. B – Vous aimez le décor en cuisine ?

G.O. – Pas toujours. Les cuisiniers veulent tous un statut d’artiste, de sculpteur. Ils font de la cuisine exclusivement « à l’assiette » pour faire des tableaux, alors qu’il y a des cas où il faut la bête entière avec du tranchage ou la cocotte en fonte. Je préfère voir arriver le chariot des desserts plutôt que d’avoir des compositions nombrilistes dans l’assiette.

 

La messe est dite. Les propos d’Oberlé sont toujours d’actualité, ça empire même. Certains vont m’objecter que ça n’a guère d’importance puisque ces tables sont hors de portée du commun des mortels. J’en conviens mais, tout comme pour la folie des prix des GCC, madame et monsieur tout le monde ont le sentiment, et il est justifié, que plus le monde va mal et plus certains vont de mieux en mieux. Ce climat délétère où les « élites » dirigeantes s’accommodent, voisinent aux mêmes tables de haut luxe avec des filous de haut vol, favorise la montée des démagogues, le slogan si facile « tous pourris ! » Vous m’objecterez que les chefs toqués n’en sont pas responsables, ce qui est vrai mais leur folie des grandeurs participe à l’air du temps : une forme d’indifférence hautaine à l’angoisse des gens. Quant aux plumitifs je les trouve assez pitoyables lorsqu’ils font comme si leurs écrits s’apparentaient à de la critique dites gastronomique. Comme pour le cinéma c’est de la promotion.

 

Reste le vin dans ces temples du mauvais goût – je fais allusion au décor et à la pompe de bourgeois enrichis – inabordable ! Si c’est cette table-là que nous avons fait reconnaître par l’UNESCO nous sommes bien mal partis sauf pour la chasse aux nouveaux millionnaires…

Attention, je ne mets pas toutes les hautes tables dans le même panier, par bonheur certains n’ont pas oublié qu’on vient chez eux aussi pour manger et boire mieux que chez soi sans pour autant se sentir indécent en jetant son argent par les fenêtres.

 

Le tableau illustrant ma chronique est Le Déjeuner d'huîtres 1735 de Jean-François De Troy huile sur toile 180x126 musée Condé à Chantilly.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 17:00

marchands_du20ef-3a89d.jpgL’ami Olivier Borneuf m’interrogeait à propos de mes craintes sur le devenir de la blogosphère que j’exprimais dans ma chronique  « Ne pas confondre un passe-plat avec un maître-queue… » dixit François Morel à propos de Claire Chazal : qu’en est-il en notre petit monde du vin ?. link

 

« J'avoue ne pas avoir assez réfléchi à la question mais pensez-vous sérieusement que l'on puisse comparer radio et Web ? Je ne parle pas de la taille ou de la place que l'on peut avoir sur la toile (qui effectivement risque d'être régulée) mais bel et bien de l'accès à la technologie (n'importe qui peut avoir/fabriquer un modem et faire sa sauce sur Internet, et ce, au niveau mondial contrairement aux premières radios indépendantes). Votre avis ? »

 

Dans le Fokker qui m’amenait à Clermont-Ferrand j’ai lu l’analyse de Nicolas Rauline  journaliste au service High-Tech Médias des échos : « les nouvelles marches de l’empire » link Je n’ai pas tout compris car le sabir des développeurs me passe largement au-dessus de la tête. Cependant, comme je ne suis pas plus con que la moyenne j’ai saisi le sens de cette analyse et surtout j’ai trouvé la confirmation de mes craintes.

 

Je livre l’entame de l’article pour ceux d’entre vous qui ne souhaitez pas le lire en entier. C’est édifiant et inquiétant.

 

« Dans les travées du Concourse Exhibition Center de San Francisco, jeudi dernier, les commentaires étaient dithyrambiques sur les nouveautés que venait d'annoncer Mark Zuckerberg. Les développeurs présents, à l'imagination pourtant souvent débordante, étaient bluffés par les possibilités offertes par la nouvelle plate-forme de Facebook. Il faut dire que l'idée de base est ambitieuse : faire du réseau social le principal carrefour du Net. Google en est aujourd'hui la porte d'entrée, Facebook veut détrôner le moteur de recherche. Mark Zuckerberg l'a reconnu à demi-mot : le réseau social n'en est encore qu'à ses débuts et n'a exploité pour le moment qu'une infime partie de ses possibilités. Sa mission : « socialiser » le Web et, par extension, toute la société. Concrètement, cela signifie introduire une dose de Facebook dans toutes les activités traditionnelles pour profiter de la puissance du réseau social et de son effet démultiplicateur.

Facebook a commencé par les communications interpersonnelles. Les blogs ? En partie ringardisés par le profil Facebook. Myspace ? Tué par la plate-forme. L'e-mail et la messagerie instantanée ? Facebook s'y attaque depuis plusieurs mois en proposant son propre service et en poussant un nouvel usage des messages entre personnes, qui confond e-mail et messagerie instantanée. Grâce à un partenariat avec Skype, il a même récemment intégré les appels en vidéo. Puis il s'est attaqué aux secteurs « sociaux par nature », selon Mark Zuckerberg, comme le jeu. Et a révolutionné le secteur. Zynga, société dont le développement est entièrement dépendant de Facebook, joue désormais dans la cour des grands, aux côtés des éditeurs traditionnels. La plupart des nouveaux jeux intègrent désormais une partie « sociale », jouable sur les réseaux sociaux. Et ce que Facebook a réussi dans le jeu vidéo, il se sent capable de le reproduire dans d'autres secteurs.

Prochains visés : les médias (musique, cinéma, presse, télévision...), le divertissement et le « lifestyle » (vie pratique, cuisine, loisirs, etc.) »

 

« En devenant le reflet de toute la vie numérique (et même au-delà), le réseau social s’assurerait une part dominante des revenus du Net. »

 

C’est clair. Alors quel sera le devenir des contenus intelligents de blogs sans visibilité, sans modèle économique : l’équivalent d’un bulletin paroissial ou de la feuille de chou associative. Bien sûr, quelques élus récupérés par les grands médias continueront de jouer le rôle de leurres dans la grande cour des marchands du temple qui s’engraisseront d’un écosystème aussi appauvri qu’une terre arasée au Round Up. Pour que les blogs jouant la carte du contenu vivent et durent la condition nécessaire et suffisante c’est que leur lectorat participe vraiment à leur vie par ses commentaires et sa mise en réseau plutôt que de se cantonner seulement dans une lecture bienveillante mais passive. Seul le flux intéresse les maîtres du Net. Pour ma part étant hors tout modèle économique je me contente de témoigner sans autre ambition.

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