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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 06:00

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Pas grand-chose !

 

Beaucoup trop !

 

31 Ministres et sous-ministres c’est de l’inflation.

 

Parité de façade et renouvellement en trompe-l’œil

17 femmes et 8 nouveaux.

 

Pas de ministres d’Etat !

 

Mais Barbara Pompili est n°1 ICI 

 

Sauvegarde de la biodiversité et démocratie : les enjeux d’une transformation

Le Jeudi 29 novembre 2018 à 19h00 Salle Dussane, 45 rue d’Ulm à l’Ecole Normale Supérieure

Avec :

Bruno David, paléontologue et président du Museum national d’histoire naturelle

Barbara Pompili, députée LREM de la Somme et présidente de la Commission du développement durable et à l’aménagement du territoire.

 

Le Président du Muséum est précis et concis ; madame Pompili, pour être gentil, nous sert un petit discours d’élue de la majorité après avoir été secrétaire d’Etat à la biodiversité sous le mandat du gros Flamby qui fait maintenant l’intéressant avec les gilets jaunes ; normal pour un pratiquant assidu de scooter.

 

Ce discours, très jérémiades, me chauffe les oreilles, je rumine et lorsque vient le temps du dialogue avec la salle je dégaine une question qui ravit ce diable de Jérémie. Je ne vous en donnerai pas la teneur afin de satisfaire ceux qui me reproche de trop ramener ma fraise et d’étaler mon expérience, de nos jours ce n’est plus de saison.

 

La moyenne d’âge : 52,3 ans

 

L’équilibre politique : un gouvernement qui penche à droite

 

Le gouvernement Castex s’appuie sur 10 ministres LREM (contre huit précédemment), 4 étiquetés à gauche (contre 6), une représentante de la droite et une du MoDem (inchangé). Mais en y regardant de plus près, avec Jean Castex, ancien secrétaire de l’Elysée de Nicolas Sarkozy à la barre, Bruno Le Maire confirmé à l’Economie et l’ex-lieutenant sarkozyste Gérald Darmanin promu à l’Intérieur, Macron veut faire exploser les Républicains (LR) tout comme il l’a fait avec le PS.

 

La promotion de Gérald Darmanin à l’intérieur, en remplacement de Christophe Castaner, qui avait perdu la confiance des forces de l’ordre. Un choix qui confirme la place de premier plan occupée par le maire de Tourcoing (Nord) au sein de la Macronie, après avoir réussi un sans-faute au budget et avoir été réélu au premier tour des municipales. « Darmanin a donné des gages. Il est loyal vis-à-vis du président et méritait cette promotion », justifie un conseiller du chef de l’Etat.

 

Matignon, Beauvau, Bercy… « La droite tient les rênes. La gauche est sur les accessoires et les ministres délégués », grimace un fidèle du chef de l’Etat, qui pointe les départs de Christophe Castaner, Didier Guillaume, Sibeth Ndiaye et Nicole Belloubet, tous ex-socialistes. »

 

Les 2 surprises du chef du people !

Éric Dupond-Moretti (Justice) et Roselyne Bachelot (Culture)

 

Les principales surprises sont l’arrivée de l’ex-ministre de la santé, Roselyne Bachelot, à la culture, et de l’avocat médiatique et souvent en butte avec la magistrature, Éric Dupond-Moretti, à la justice. Deux figures connues du grand public, destinées à donner du clinquant à l’exécutif, parfois jugé trop terne, trop « techno ». « Dupond-Moretti, c’est le choix paillettes du président », concède un intime du chef de l’Etat.

 

Pour Roselyne Bachelot à la Culture je n’ai pas d’opinion dans la mesure où je me suis toujours interrogé sur l’utilité de  ce  Ministère ; pour Éric Dupond-Moretti j’ai le souvenir de l’échec cuisant d’un autre avocat médiatique : Georges Kiejman Ministre délégué auprès du Garde des Sceaux, ministre de la Justice Henri Nallet, du 2 octobre 1990 au 15 mai 1991, après le troisième remaniement du Gouvernement Michel Rocard

 

Les lourdés : Christophe Castaner, Didier Guillaume, Sibeth Ndiaye et Nicole Belloubet…

 

La preuve par 4 que Macron sait à la fois se planter lourdement dans ses choix humains et larguer sans état d’âme les ouvriers de la première heure. Christophe Castaner et Sibeth Ndiaye sont les deux grands brûlés du remaniement »

 

Reste l’Agriculture où le turn-over est record : déjà 4 Ministres à la remorque de la FNSEA

  • Jacques Mézard
  • Stéphane Travert
  • Didier Guillaume
  • Julien Denormandie

 

Suis loin des dossiers mais les fondamentaux des hauts-fonctionnaires du 78 restent les mêmes, le logiciel dit-on aujourd’hui, j’ignore les raisons qui ont poussé Macron à virer Guillaume et je ne connais pas le petit nouveau, alors camembert.

 

« Ce n’est pas un remaniement mais un reniement. Celui des valeurs fondatrices d’En Marche ! et du dépassement politique », s’emporte un cadre de la majorité. « La droite paraît renforcée. Il va pourtant falloir tenir compte du résultat des municipales, avec la poussée de la gauche et des écologistes », prévient la députée (LRM) des Bouches-du-Rhône Claire Pitollat. Certains de ses collègues pointent un gouvernement « giscardo-sarkozyste » et l’évolution de LRM vers un parti de centre droit, ressemblant à l’UDF.

 

Un de mes lecteurs pose la question : Macron est-il du flan ?

 

Après Flamby ce serait une avancée, mais trêve de plaisanterie il y a en effet du Giscard en lui, le côté je suis le plus intelligent, mais le déplumé avait fait son trou local à Chamalières et son bras droit de l’intérieur Poniatowski était un Ministre des élections et un tueur des héritiers proclamés du Général, Chirac en tête.

 

Dans ses Mémoires, Chaque pas doit être un but, Jacques Chirac écrit à propos de celui qui avait élu président en 1974 qu'il « se fait une haute idée de sa supériorité intellectuelle ». « Il ne cherchait pas à le dissimuler », avant de confier ses difficultés à peser en tant que Premier ministre : « La seule décision que je réussis à imposer, c'est Simone Veil ». Et lorsque cette dernière s'est battue pour imposer sa loi sur l'IVG, Valéry Giscard d'Estaing « était en Afrique. Il devait chasser probablement », rapportait Jacques Chirac.

 

L’ancien président de la République pointait également, pour expliquer ses mauvaises relations avec Giscard d'Estaing, « l'ambition de ceux qui craignaient avant tout de voir leur propre influence sur le président diminuer au profit de la mienne ». « Je pense notamment à Michel Poniatowski, qui a tout fait pour rendre mes relations avec Giscard difficiles », précisait-il. 

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7 juillet 2020 2 07 /07 /juillet /2020 06:00

Rudolf Steiner — Wikipédia

La biodynamie est très tendance même G.B., le géo-attrape-tout de South of France, s'est converti à la « préparation 500 », tout, comme Marilyn Monroe lectrice de Rudolf Steiner

 


Marilyn Monroe avait-elle acquis des concepts anthroposophiques ? La Diva était-elle partisane de Rudolf Steiner, impliquée par les écrits du fondateur de l'anthroposophie ?



En fait, les preuves furent apportées que Marilyn était entrée en contact par l'intermédiaire de son professeur préféré par intérim, Michael Tschechow (1890-1955), avec les écrits de Steiner. Michael Tschechow, neveu du dramaturge Anton Chekhov, qui a été profondément inspiré par les approches de Rudolf Steiner et ses représentations théâtrales ( Drames-Mystères et formations eurythmiques ).



Les références sur Internet semblent confirmer que Marilyn était familière avec les écrits de Rudolf Steiner. Dans la biographie de Marilyn Monroe par Fred Lawrence Guiles: " Norman Jean : la vie de Marilyn Monroe ", une rencontre entre Dame Edith Stiwell,une poétesse et Marilyn est décrite. Ce qui était prévu comme un mets de choix journalistiques, entre ces différentes personnalités, s’avéra être une conversation familière presque amicale.

 


Le contenu de la conversation tournait apparemment autour de la biographie de Steiner, en anglais: « The Course of My Life »
Dame Edith écrira plus tard sur la réunion: " à l'occasion de notre rencontre, elle portait une robe verte et avec ses cheveux jaunes ressemblait à une jonquille ! Nous avons parlé principalement, je me souviens, de Rudolf Steiner, dont elle avait fini de lire certaines œuvres. « Son visage était reposé comme étrangement prophétique avant les tragiques moments à venir (…) »



Toutefois, le contenu exact de la conversation entre les deux resta caché auprès des sources dont je disposais. Un document de l'écrivain, Tom Mellett, semble toutefois confirmer les soupçons. Tom Mellett m’indiqua qu'il fut en contact avec Agnès Macbeth. La bibliothécaire et l'épouse de l'écrivain Norman Macbeth auraient envoyés plusieurs livres et écrits de Rudolf Steiner auprès de Marilyn. Tom Mellett écrit: « Et bien que Marilyn avait une réputation de lenteur et d'irresponsabilité sur ses tournages, Agnès m'a assuré que Marilyn était très consciencieuse et ponctuelle à retourner les livres ici. »



Selon Tom Mellett, il émerge des lettres, envoyées par Marilyn à Agnès Macbeth, que Marilyn utilisa la " délicate plante de l'anthroposophie" dans les dix dernières années de sa vie intérieure. Sur la situation réelle, nous ne pouvons que spéculer sur la base de ces sources. En tout cas, c'est seulement une idée sympa que Marylin, dont l'existence qui fut souvent assombrie par des doutes sur elle-même résultant des toxicomanies, ait eue accès aux thèmes spirituels.

  

L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme

 

Quoi de commun entre l’agriculture biodynamique, une école à la pédagogie atypique, une grande entreprise de cosmétiques, un investissement dans une ferme éolienne ? Tous sont liés à l’anthroposophie, un courant spirituel fondé au début du XXe siècle par Rudolf Steiner. Discret mais influent, ce mouvement international dispose de relais économiques et politiques… jusqu’au sein du gouvernement français.ICI

 

Au Goetheanum, cœur de l'univers anthroposophe - Le Temps Le Goetheanum, à Dornach (SO), dans sa version finale. Rudolf Steiner mourra avant de le voir achevé. — © Wladyslaw Sojka/www.sojka.photo ICI

Pianté au sommet d’une colline, un monolithe domine la commune de Dornach (canton de Soleure, Suisse) : le Goetheanum. Le bâtiment abrite le siège de la Société anthroposophique universelle, fondée en 1923 par l’occultiste Rudolf Steiner (1861-1925). Philosophe, théologien, poète, économiste, botaniste, diététicien, artiste, historien, dramaturge, Steiner ne dédaignait pas non plus l’architecture. Concepteur de cet édifice imposant, il a également dessiné plusieurs bâtisses environnantes ainsi qu’une sculpture de neuf mètres, Le Représentant de l’humanité. L’ensemble compose un campus de l’ésotérisme divisé en douze sections, dont celle d’« anthroposophie générale », spécialisée dans « les recherches sur la réincarnation, le karma, la christologie et l’étude des hiérarchies spirituelles ». À l’intérieur du Goetheanum, le visiteur peut acquérir des portraits de Steiner de tout format ainsi que les 354 volumes numérotés de ses œuvres complètes (1).

 

Un escalier nous conduit à la grande salle : mille fauteuils, une fresque New Age au plafond, des vitraux, de grands piliers sculptés, un orgue de tribune au-dessus du portail, une scène. Lorsque les rideaux s’ouvrent en ce 23 mars 2018, deuxième journée de l’assemblée générale de la Société anthroposophique universelle, les participants découvrent des danseurs faisant onduler leur vêture pour une démonstration d’eurythmie, une pratique ritualisée par Steiner, où les mouvements permettraient à l’adepte de se relier aux « forces cosmiques ». « Vous aussi, vous pouvez participer », lance M. Stefan Hasler, responsable de la section des arts de la scène. Des centaines d’anthroposophes assis dans des fauteuils étirent soudain leurs bras pour reproduire la gestuelle en psalmoldiant en allemand : « Âme de l’homme ! Tu vis dans la pulsation cœur-poumons, qui par le rythme du temps te mène à ressentir l’essence de ton âme. »

Une réaction à la modernité la suite ICI 

Philosophie et anthroposophie - broché - Rudolf Steiner, Livre ...

L'anthroposophie est-elle une secte ? ICI

Si nous faisons aujourd’hui le choix de publier cette brochure, c’est parce que nous constatons et ce depuis de trop nombreuses années, « l’infiltration » d’une pensée ésotérique dans les milieux dits alternatifs, écologistes, libertaires ou anarchistes. Cette « bienveillance »  crée des ravages parce qu’elle induit une incapacité à penser le monde, la lutte et l’exploitation de manière rationnelle. Elle est une porte grande ouverte sur le monde du conspirationnisme et s’inscrit dans un cadre réactionnaire et fasciste.

 

L’anthroposophie est une source majeure et première de cette pensée et les imposteurs, de Rahbi à « Kokopelli », puisent directement leurs idées et rhétoriques dans ce bourbier. À celles et ceux qui font encore trop souvent référence à ces mouvements et qui pensent encore que Steiner était avant tout un humaniste, nous conseillons vivement la lecture de ce qui suit.

 

Anthroposophie et éco-fascisme a été traduit par nos soins depuis l’article original, disponible à cette adresse ICI  

 

Malgré tout le soin apporté à notre travail, il se peut que quelques coquilles se promènent encore entre les lignes. Si vous en apercevez, n’hésitez pas à nous en faire part par courriel !

 

Chimères Éditions, décembre 2018

chimeres-editions@protonmail.com

https://chimereseditions.noblogs.org

L'Étoilée | Éditions Novalis - L'anthroposophie, son être, son essence

L’anthroposophie en pratique : les écoles Waldorf & l’agriculture biodynamique

 

L’école de Stuttgart s’est avérée être le plus gros succès des anthroposophes, avec à ses côtés une usine pharmaceutique, baptisée Weleda du nom d’une oracle de la culture nordique. Les écoles Waldorf sont désormais implantées dans de nombreux pays et affichent généralement une solide image progressiste. S’il y a indubitablement des aspects progressistes dans la pédagogie Waldorf, beaucoup d’entre-eux ont été absorbés à partir des intenses fermants qu’ont été les théories de pédagogies alternatives qui ont prévalu lors de la première moitié du XXème siècle. Mais il y a plus que l’apprentissage holistique, l’expression musicale et l’eurythmie dans la pédagogie Waldorf.

 

L’anthroposophie classique, avec ses notions de race-racine et d’âme nationale, constitue le « programme sous-jacent » des écoles Waldorf. Dans leurs cercles, les anthroposophes eux-mêmes avouent que l’idée du karma et de la réincarnation est « à la base de la vraie éducation ». Ils croient en ce que chaque classe d’élèves choisit son professeur et réciproquement et ce avant la naissance. La tâche du professeur dans l’école Waldorf est d’assister chaque enfant à s’incarner complètement. Steiner lui-même demandait que les écoles Waldorf soit dirigées par « des professeurs ayant acquis une connaissance de l’homme venant du monde spirituel ». Plus tard, d’autres anthroposophes compléteront la vision de l’école Waldorf : L’éducation est essentiellement fondée sur la reconnaissance de l’enfant comme un être spirituel, possédant un certain nombre d’incarnations avant lui, qui retourne à  la naissance dans le monde réel, dans un corps qui sera lentement modelé en instrument par les forces de l’âme spirituelle qu’il a apportées avec lui. Il a choisi ses parents pour lui-même car ils peuvent lui apporter ce dont il a besoin pour accomplir son karma et inversement, ils ont besoin de cette relation afin de compléter le leur.

 

Le projet scolaire des écoles Waldorf est structuré autour de différents niveaux de maturation spirituelle imposés par l’anthroposophie : de un à sept ans l’enfant développe son corps physique, de sept à quatorze son corps éthérique et de quatorze à vingt-et-un son corps astral. Ces niveaux sont supposés être marqués par des changements physiques : ainsi les kindergartners des écoles Waldorf ne peuvent entrer au premier niveau avant d’avoir perdu leur première dent de lait. De plus, chaque enfant est classé en accord avec la théorie médiévale des humeurs : un enfant Waldorf est soit mélancolique, colérique, sanguin ou flegmatique – la catégorisation est en partie basée sur l’apparence physique des enfants – et il sera traité en fonction par les professeurs.

 

En privilégiant davantage et ostensiblement les considérations « spirituelles» plutôt que les considérations cognitives ou psychosociales, l’uniformité statique de ce schéma semble pédagogiquement suspecte. Elle suggère également que la réputation des écoles Waldorf, censées développer une atmosphère éducative spontanée, centrée sur l’enfant et individualisée, est injustifiée. En réalité, le modèle d’instruction de Steiner est carrément autoritaire : il insiste sur la répétition et l’apprentissage par cœur, sur la place centrale du professeur au sein de la classe et sur le rôle des enfants, à savoir de ne pas juger ou même discuter les déclarations de ce dernier. Dans la pratique, les écoles Waldorf appliquent une discipline stricte, comprenant les punitions publiques.

 

Les sujets de prédilections de l’anthroposophie se retrouvent également au sein du projet scolaire des écoles Waldorf. Le jazz et la musique populaire sont souvent méprisés dans les écoles Waldorf européennes ; de même, le fait d’enregistrer de la musique sera mal vu, car considéré comme abritant des forces démoniaques. Au contraire, les élèves lisent des contes de fée, un ingrédient de base de la pédagogie Steiner. Certains sports sont également interdits et l’instruction artistique suit parfois de manière très rigide les préceptes de Steiner sur la couleur et les formes.

 

Pris ensemble avec les partis pris anti-technologiques et anti-scientifiques, la suspicion envers le rationalisme et les sorties occasionnelles de charabia racistes, tous ces facteurs indiquent que l’éducation Waldorf est discutable comme de nombreux aspects de l’entreprise anthroposophique.

 

Proche des écoles Waldorf, la version la plus répandue et apparemment progressiste de l’anthroposophie appliquée est l’agriculture biodynamique. En Allemagne ainsi qu’en Amérique du Nord, la biodynamie est une partie intégrante sur la scène de l’agriculture alternative. Beaucoup de petits paysans utilisent les méthodes biodynamiques dans leurs fermes et jardins ; il existe des vignes biodynamiques, la ligne de produits alimentaires biodynamiques siglée « Demeter », tout comme une profusion de brochures, de périodiques et de conférences sur la théorie et la pratique de l’agriculture biodynamique.

 

N’étant pas agriculteur lui-même, Steiner a introduit les lignes fondamentales de la biodynamie à la fin de sa vie, produisant de nombreux ouvrages sur le sujet, que les cultivateurs biodynamistes ont suivi plus ou moins rigoureusement. En pratique, la biodynamie converge souvent avec les principes de base de l’agriculture biologique. Elle met l’accent sur la fertilité des sols plutôt que sur le rendement des cultures, rejette les fertilisants chimiques et les pesticides et considère la parcelle ou l’exploitation comme un écosystème. Tous ces facteurs font de la biodynamie une approche sensible et biologique de la culture des sols. Mais il y a plus derrière les apparences.

 

L’agriculture biodynamique est basée sur les révélations de Steiner sur l’existence de forces cosmiques invisibles et de leurs effets sur les sols et les cultures. L’anthroposophie enseigne que la terre est un organisme qui respire deux fois par jour, que des êtres « éthériques » agissent sur elle et que des corps célestes en mouvement influencent directement la croissance des plantes. Ainsi les agriculteurs biodynamistes prévoient leurs semis pour qu’ils coïncident avec l’alignement de certaines planètes ou constellations, une partie de ce qu’ils considèrent comme « le processus spirituel naturel de la terre ». Parfois, cette approche « spirituelle » prend des formes inattendues, comme dans le cas de la « préparation 500 ».

 

Pour fabriquer la « préparation 500 », un composant essentiel de l’agriculture anthroposophique, les agriculteurs biodynamistes remplissent une corne de bœuf avec du fumier de vache, avant de l’enfouir dans le sol. Après l’y avoir laissé pendant un hiver entier, ils récupèrent la corne puis mélangent la bouse avec de l’eau pendant une heure selon un rythme spécifique, afin de préparer un engrais qui sera appliqué sur le sol. Toutes ces manipulations servent à canaliser « les radiations qui tendent à éthériser et à astraliser » et à « rassembler et attirer depuis le sol tout ce qui est éthérique et vivifiant ».

 

Les agriculteurs biologiques (qui ne sont pas anthroposophes) sont souvent enclins à considérer ces aspects fantaisistes de la biodynamie comme inutiles, ou comme des accessoires inoffensifs d’une autre technique agricole convenable. Même si de leur côté cette attitude possède un certain mérite, les adeptes de la biodynamie ne leurs rendent pas la pareille : ils soulignent que « l’agriculteur bio » peut bien cultiver « biologiquement », mais sans la connaissance de la manière de travailler avec les forces dynamiques – un savoir qui leur a été donné pour la première fois par Rudolf Steiner. Pour le meilleur ou pour le pire, l’agriculture biodynamique est inséparable de son contexte anthroposophique.

 

L’enthousiasme pour la biodynamie, cependant, s’est étendu bien au-delà des frontières de l’anthroposophie. À une certaine époque, elle a également constitué un vibrant appel pour certaines personnes qui partageaient son arrière-plan anthroposophique, le nationalisme et les intérêts occultistes. C’est en effet à travers l’agriculture biodynamique que l’anthroposophie a le plus directement influencé le cours du fascisme allemand.

L’intégralité de l'article ci-dessous

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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 06:00

 

Tout d’abord je suis confus, je me couvre la tête de cendres, Emanuèle GAULIER des éditions Actes Sud m’avait transmis en décembre 2019 le dernier livre de MARC-ANDRE SELOSSE : LES GOÛTS ET LES COULEURS DU MONDE, une histoire naturelle des tannins, de l’écologie à la santé.

 

Les Goûts et les couleurs du monde: Une histoire naturelle des ...

 

Ce n’est pas du Marc Levy ou du Guillaume Musso, ça vole haut, il faut s’accrocher à la paroi, prendre son temps, ce que je fis un jour attablé au restaurant Les Climats où je lichais du Pinot Noir.

 

Marc-André Selosse dans son chapitre VII De vins en diffusions : des tannins assainissants puisés à diverses sources, raconte comment « au détour d’un dîner avec un ami à Normale sup, un jour de 1987, le vin fit irruption dans sa vie. »

 

C’était chez Jean-Baptiste Besse caviste sur la Montagne Sainte Geneviève à Paris qui leur avait « recommandé un clos-vougeot alors vieux de cinq ans » qu’il leur avait « cédé pour une poignée de francs  tant il tenait à ce que nous commencions par ce bourgogne notre éducation au vin. »

 

« Ce soir-là, la couleur délicate et claire de ce pinot noir commençait à virer à l’orange, en un effet de l’âge des tannins que nous reverrons. Le nez puissant, aux notes de grillé, rappelait avec prudence le passage en fût… et les tannins du bois. Ignorants du bon usage, nous versâmes trop vivement les dernières gouttes, laissant venir un dépôt sombre que nous aurions dû réserver en bouteille : des tannins encore… »

 

Eureka, je tenais le pitch de ma chronique mais je ne sais pourquoi celle-ci resta dans les limbes.

 

Et puis, dans le dernier numéro du LeRouge&leBlanc, Sonia Lopez Calleja dans la rubrique LIVRES couvrit mon front de honte.

 

 

Mais plutôt que de me battre la coulpe je remis sur le métier mon ouvrage.

 

De suite je trouvai le bon angle : mon addiction pour le vin orange.

 

 

Fusil à deux coups : je réparais ainsi ma faute sans acte de contrition mais avec délice et je prouvais au sieur Héritier que je ne suis pas atteint de désamour envers le vin. Même un troisième pour remercier mon ami Jean-Luc Thunevin qui m'a expédié son Bad Boy orange

 

 

Les vins oranges, issus d’une tradition antique en pleine renaissance, sont intéressants en matière de tannins comme de goût : réalisés comme des rouges mais à partir de cépages blancs ou à peau faiblement orange, ils subissent une fermentation alcoolique au contact des peaux, qui extrait tannins colorés et sapides. Cela donne un jus orangé dû à la couleur des tannins extraits de la peau mais aussi à leur oxydation plus prononcée, à cause d’une macération plus longue à température plus élevée que pour les blancs. Les vins orange ont plus de mâche que les blancs, voir un brin d’astringence car ils sont plus riches en gros tannins astringents qui ne s’extraient que lentement de la peau : ils ont plus d’arômes secondaires aussi. Ils permettent de bien comprendre ce que la vinification en rouge réalise par rapport à celle en blanc : une plus forte extraction de tannins colorants et sapides, ainsi qu’une plus grande oxydation.

 

Mon addiction orange est superbement démontrée…

 

Mais réduire l’ouvrage de M.A. Selosse à son amour du vin serait bien réducteur, ce n’est ne sont qu’une trentaine de pages sur 330 (De la page 215 à 244) je me dois donc de vous donner une vision plus large en glanant sur la Toile des explications plus savantes que les miennes.

 

SOURCE ICI et ICI

 

Marc-André Selosse, après sa visite guidée du monde microbien dans « Jamais seul » chroniqué ICI 

22 mars 2018

Les levures qui tuent, celles qui ont attrapé un « bon virus » connu sous un nom inquiétant de « facteur killer » la leçon de Marc-André Selosse

 

Jamais seul ; ces microbes qui construisent les plantes, les ...

 

Il part, dans Les goûts et les couleurs du monde, 1 histoire naturelle des tannins à la rencontre des tannins, la deuxième famille de molécules organiques par leur masse après les glucides.

 

La définition chimique adoptée dans son  ouvrage est celle de molécule comportant un phénol (fonction alcool sur un cycle benzénique) et non azotée (même si quelques molécules azotées – et phénoliques – sont invoquées du fait de leur proximité chimique et/ou fonctionnelle avec les tannins).

 

Un livre de chimie ?

 

Non, un voyage dans le monde végétal d'abord pour y découvrir pas à pas les principales « fonctions » et propriétés des tannins chez les végétaux, leurs interactions avec les microbes et animaux, et leur rôle primordial dans la formation et l'évolution des sols et de notre environnement.

 

Ce voyage se veut une histoire naturelle, c'est-à-dire un exposé intégrant des connaissances acquises séparément et, ici, remises en relation pour nous éclairer sur les fondations du monde qui nous entoure.

 

L'Homme y est au final remis à sa place, c'est-à-dire celle d'un être vivant pour qui le monde n'a pas été conçu mais qui a su l'observer, s'y adapter, l'utiliser… comme tous les autres êtres vivants, et dont l'état d'omnivore en fait un animal très bien adapté à rien et devant, de ce fait, varier ses apports pour sa bonne santé. Vous ne verrez ni n'aborderez plus le monde de la même manière après cet ouvrage…

 

Mission accomplie !

 

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 08:00

 

Après sa démission, Édouard Philippe fait passer un message… avec ses boutons de manchette

 

Quelques heures après l’annonce de la démission d’Édouard Philippe ce vendredi 3 juillet, tweets et photos ont fleuri sur la toile au sujet du désormais ex-locataire de Matignon. Parmi eux, un tweet du député Thierry Solère a retenu l’attention des internautes. Et pour cause, on y voit Édouard Philippe adresser un subtil message par le biais… de ses boutons de manchette.

 

 

Au temps où j’étais très chemises anglaises, et comme certaines étaient dotées de poignées mousquetaires, j’adoptai les boutons de manchettes.

 

 

« Jusqu'à la disparition du gilet dans le milieu du 20e siècle, la chemise a été traitée comme un sous-vêtement : avec une partie apparente ornée au cou d’une cravate type lavallière et au poignet avec différents types de fixation, le défi étant d’éviter que les manchettes de la chemise ne soient pas ridiculement larges.

 

Avant le développement au 17ème siècle, de ce que nous appelons maintenant le bouton de manchette, les manches étaient simplement liées à la manchette par ruban.

 

Mais un précurseur intéressant du bouton de manchettes a été découvert dans des tombes germaniques datant des Ve et VIe siècles.

 

Dans l'est de l'Angleterre, nous trouvons un élément particulier connu sous le nom de "fermoir de poignet " : généralement en bronze doré avec un dessin ornemental, il était cousu sur les poignets des chemises de manière à maintenir les plis du manchon serrés.

 

Cependant, ces anciens symboles d’élégance n’étaient pas portés par les hommes anglo-saxons, mais par les dames, à qui l’on doit ainsi d’avoir initié une mode, qui dans les siècles suivants, deviendra le symbole du style du gentleman.

 

LA POPULARISATION

 

L'introduction de la chemise mousquetaire au milieu des années 1600 a vu le bouton de manchette passer du domaine pratique à celui d’une utilisation décorative : la royauté portait couramment ces attaches de manchettes décorées. Ils utilisaient les bijoux décorés, à la fois pour les besoins fonctionnels et ornementaux. La suite ICI 

 

Histoire des boutons de manchette 

L'histoire complète de ce bijou qui donne aux manches des hommes une touche d'élégance. ICI

 

« Lors de fouilles en Egypte, les archéologues ont découvert dans des tombeaux, de petits accessoires ressemblant fortement à nos boutons de manchette. Néanmoins, aucune preuve n'a pu être apportée quant au fait que les Egyptiens portaient ces accessoires en tant que bouton de manchette. Bien des années plus tard, les hommes portaient des chemises dont ils remontaient les manches à l'aide de rubans qu'ils passaient dans les trous des manchettes de la chemise.

 

C'est au XVIe siècle que les premiers boutons de manchette font leur apparition, avec deux boutons reliés par une chaîne. Le XVIIe siècle marque définitivement l'arrivée de cet accessoire pour homme dans le quotidien des rois et des princes. Aujourd'hui, on ne sait toujours pas avec certitude qui a inventé les boutons de manchette.

 

Les boutons de manchette deviennent l'accessoire à la mode, à la cour du roi Louis XIV. Son cravatier était chargé de vérifier que le roi était parfaitement paré de ses atours ; les boutons de manchette en faisaient donc partie. Fabriqués en or ou en argent, ces boutons de manchette étaient parés de pierres précieuses.

 

Certains, en or ou en argent, étaient gravés des initiales ou des armoiries du porteur. D'autres étaient gravés au nom du comté ou de la principauté, et étaient alors portés en signe de ralliement.

 

La révolution industrielle participe à la démocratisation du bouton de manchette. George Krementz invente une machine de fabrication de boutons de manchette à grande échelle. Néanmoins, l'accessoire reste l'apanage des riches bourgeois et des nobles. L'apparition du poignet de chemise, dit mousquetaire, va grandement participer à l'essor du bouton de manchette. Le début du XXe siècle voit le bouton de manchette faire son entrée dans les collections de haute couture. Fortement délaissé jusque dans les années 90, où il servait d'objet publicitaire, notamment aux Etats-Unis, il est de nouveau mis en lumière au cours de ces dernières années. Depuis, son succès ne fait que grandir.

 

Les différents éléments des boutons de manchette  ICI 

Après sa démission, Édouard Philippe fait passer un message… avec ses boutons de manchette ICI

En plein incendie sur la polémique de son avion, Édouard Philippe ...

Une paire pour chaque occasion

 

C’est ainsi qu’en ce vendredi 3 juillet, à la suite de l’annonce de sa démission du poste de Premier ministre, Édouard Philippe a fait passer un subtil message à l’aide de boutons de manchette… en forme de tongs roses.

 

Une pointe humoristique qui laisse deviner une allusion aux vacances et au repos qui attendent le nouveau maire du Havre.

 

Comme le rapporte RTL, ce n’est pas la première fois qu’Édouard Philippe use de ses boutons de manchette pour faire passer un message. Lors de sa nomination par Emmanuel Macron au poste de Premier ministre déjà, Édouard Philippe avait fait fort en arborant une jolie paire de boutons de manchette Superman.

 

Pour son premier JT, il leur avait préféré des boutons de manchette bleu-blanc-rouge. Quant à son retour de voyage polémique depuis la Nouvelle-Calédonie, Édouard Philippe avait opté, pour éteindre l’incendie, pour des boutons de manchette… en forme d’extincteurs.

 

Edouard Philippe, une passion pour les boutons de manchette - Le ...

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 06:00

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Mauroy-Fabius pour tenter de sauver les meubles aux législatives de 1986

 

Le départ de Nallet Ministre de l’Agriculture à la Justice comme garde des Sceaux en 1990.

 

Rocard-Cresson pour virer l’exécré au profit d’une femme pour faire passer la pilule.

 

Cresson-Bérégovoy pour masquer l’échec de la manœuvre au profit de celui qui en rêvait depuis 1988.

 

Le premier j’étais conseiller technique au cabinet de Rocard Ministre de l’Agriculture.

 

Le second qui n’était qui remaniement sans changement de Premier Ministre mais le remplacement d’Arpaillange fut sans doute celui qui changea le cours de ma vie : j’étais directeur-adjoint de Nallet et voilà que Louis Mermaz, dont j’avais été conseiller technique à la Présidence de l’Assemblée Nationale, me proposait de prendre les rênes de son cabinet.

 

Le troisième et le quatrième j’étais donc directeur du cabinet de Louis Mermaz Ministre de l’Agriculture.

 

En quelques mots, le premier remaniement fut vécu joyeusement nous n’étions pas menacé Tonton avait encore besoin de Rocard pour apaiser les agriculteurs, le second me mis face à un choix difficile, le troisième fut vécu comme une injustice à l’égard d’un excellent et loyal premier Ministre, le quatrième comme un soulagement : je prévins le nouveau Ministre de l’Agriculture Jean-Pierre Soisson que mes paquets étaient faits.

 

Lorsqu’on me proposa de devenir directeur de cabinet j’en fus bien sûr flatté mais je voyais mal Louis Mermaz dans cette fonction. Je pris langue avec Rocard qui, avec sa franchise coutumière, me répliqua « Berthomeau, vous n’avez pas le choix, il faut y aller… » Alors je suis allé dîner chez les Mermaz, j’ai proposé à Louis de former son cabinet, de le briefer sur les grands dossiers, puis de passer la main, n’étant pas fonctionnaire il me fallait me mettre en chasse d’un nouveau job… » Accord ! 3 mois après ce fut laconique la porte était bouclée à double tour, ma proximité avec le premier ministre était du pain béni et mon expérience du monde des organisations agricoles laissait à mon Ministre le loisir de continuer à se passionner pour les arcanes du Comité Directeur du PS qui le passionnait plus que les vaches allaitantes et la gestion des quotas laitiers.

 

Je n’ai aucun regret, même si j’ai dû, dans un temps de malheur pour les Mermaz, piloter seul la boutique…

 

Revenons à l’équation macronienne post-déroute aux municipales où seul le premier Ministre en place tire son épingle du jeu et où, nos dit-on, il veut renverser la table.  

 

À quoi sert un remaniement ?

 

À rien ou presque !

 

Poker menteur…

 

On prend les cartes, on brasse les cartes

On coupe les cartes, on donne les cartes

C'est merveilleux on va jouer au Poker

On prend ses cartes, on regarde ses cartes

On s'écrie: cartes! puis l'on écarte…

 

Emmanuel Macron a-t-il de nouveaux atouts dans son jeu ?

 

La réponse est assurément non, il n’en a aucun en magasin, sauf dans sa main droite…

 

Ripoliner la façade en vert sera perçu comme de la pure cosmétique, le socle de la maison Macron est de droite et le bon maçon pour le consolider se nomme Édouard Philippe.

 

Le nouvel axe Verts-PS incompatible avec les ambitions présidentielles de Mélenchon, font espérer à Macron un nouveau deuxième tour en tête à tête avec la Marine.

 

Édouard Philippe à la manœuvre reste pour lui un atout majeur, s’il le sacrifie tant pis pour lui ça ne m’empêchera pas de dormir mais j’imagine assez bien un Macron réélu avec une faible marge privé d’une majorité à l’assemblée nationale.

 

Cohabitation !

 

Avec qui ?

 

Je ne suis pas madame Soleil mais nous serions au bout du bout du dégagisme et sans doute contraint de nous poser les bonnes questions à propos de l’usure de la Constitution de 1958. Se reporter ICI

 

Édouard Philippe vu par son "pote de gauche", un portrait fidèle deux ans après

Le réalisateur Laurent Cibien suit le premier ministre depuis ses débuts en politique. Alors qu'Édouard Philippe s'apprête à quitter Matignon, la saga continue.

 

ICI

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 06:00
« Au bout de 8 ans, il était grand temps… » Me Morain le procès en correctionnelle pour prise illégale d’intérêts dans le classement des vins de Saint-Emilion d’Hubert de Boüard et de Philippe Castéja aura bien lieu…

Dimanche, Bordeaux tombe dans l’escarcelle d’un Vert qui n’aime pas les autos…

 

Jeudi, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Bordeaux renvoyait en correctionnelle Hubert de Boüard et Philippe Castéja, pour prise illégale d’intérêt de la part de personnes en charge d’une mission de service public dans le classement de 2002 des GCC de Saint-Emilion.

 

En son temps, lors du procès contre Isabelle Saporta perdu par Hubert j’ai donné à la barre mon appréciation sur son implication dans la procédure et je ne vais pas ici revêtir l’hermine des juges, la rigueur du procureur, la vigueur des plaidoiries des avocats des deux parties. 

 

 

Les deux figures du vignoble bordelais sont renvoyées en correctionnelle par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux, qui fait état de « charges suffisantes ».

 

Dans l’affaire du classement 2012 de Saint-Émilion, « il existe bien des charges suffisantes justifiant le renvoi devant le tribunal correctionnel de [Hubert de Boüard et Philippe Castéja], mis en examen sous la prévention de prise illégale d’intérêt » juge la chambre d’instruction de la cour d’appel de Bordeaux ce 2 juillet. Suivant la réquisition du parquet général du 5 mars dernier, la cour estime donc qu’il y a matière à s’interroger sur les fonctions et intérêts des deux prévenus.

 

Tout deux siégeant au comité national des vins d’appellation de l'Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) pendant les travaux sur le classement, dont ils ont personnellement bénéficié en tant que candidats. Hubert de Boüard est en effet le copropriétaire du château Angélus, passé en 2012 au rang de premier cru classé A, ainsi que le consultant « d’une demi-douzaine d’exploitations candidates ». Pour sa part, Philippe Castéja possède le château Trottevieille, maintenu premier cru classé B.

 

"Intérêt personnel direct"

 

Dans sa validation du travail du juge d’instruction, la cour d’appel semble cependant distinguer l’implication des deux prévenus. Le juge souligne d’une part « l’omniprésence et l’investissement de [Hubert de Boüard] dans des actes accomplis sciemment, valant surveillance et administration, ce aux divers stades du processus d’élaboration du classement 2012 et en ses diverses qualités [étant également président du Conseil des Vins de Saint-Émilion], alors même qu’il savait à l’évidence qu’il avait un intérêt personnel direct à son résultat. »

 

Pour Philippe Castéja, « si ses interventions dans la procédure de classement apparaissent nettement moindres, il n’en demeure pas moins qu’en tant que membre du comité national des vins de l’INAO il a été noté présent à plusieurs séances de ces instances » (même si sa défense souligne dans son dossier qu’il a quitté les séances sans prendre part aux votes et débats, notamment sur l’appui de billets d’avion).

 

Défense

 

Contactés, Hubert de Boüard et Philippe Castéja ne souhaitent pas commenter la décision de justice et renvoient à leurs cabinets d’avocats. Avocat de Philippe Castéja, maître Jean-Yves Leborgne ne se dit pas surpris par cette décision : « si la cour d'appel avait confirmé le non-lieu que demandait le procureur, elle aurait été amenée à juger le fond, ce qui lui est interdit ». Relevant la distinction « assez soutenue » faite entre son client et Hubert de Boüard, l'avocat parisien se montre serein devant la perspective d'un passage en correctionnelle : « il appartient au parquet de prouver que mon client a participé à des débats et votes, ce n'est pas à la personne poursuivie de prouver ce qu'elle n'a pas fait. »

 

La suite ICI

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 06:00

Le 11 novembre 1983  Francois Mitterrand accompagné de Louis Mermaz a été reçu à la mairie de Bourg par Louis Robin. © Louis Robin

Le 11 novembre 1983 Francois Mitterrand accompagné de Louis Mermaz a été reçu à la mairie de Bourg par Louis Robin. - Louis Robin

Au temps des bancs rugueux de l’école Sainte-Marie, des encriers blancs en porcelaine et des porte-plumes Sergent-Major qui tachaient nos doigts de violet, nous récitions la liste des départements, préfecture, sous-préfecture : elle commençait par l’AIN, Chef-lieu Bourg-en-Bresse, Sous-préfectures Belley, Gex, Nantua

 

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En 1983, les socialistes se réunissaient lors du congrès de Bourg-en-Bresse, soit deux ans après l’élection de François Mitterrand et quelques mois après ce qu’on a appelé «le tournant de la rigueur».

 

J’étais alors Conseiller Technique au cabinet du Président de l’AN, Louis Mermaz fidèle parmi les fidèles de Mitterrand, maire de Vienne, président du CG de l’Isère flanqué de Didier Migaud directeur de cabinet, le rocardien de service qui était convié aux dîners entre Mermaz et Delors, celui-ci était classé dans le courant Mitterrandien, ça tombait comme à Gravelotte sur le rable de Jean-Pierre Chevènement. Le père Delors, éternel démissionnaire, considérait ce dernier comme le fourrier de l’économie française. Jean-Pierre Chevènement perdit l’arbitrage face à Jacques Delors sur la question du maintien ou non de la France dans le SME, le Système monétaire européen, qui était un mécanisme de change entre les monnaies, l’une des premières tentatives de régulation des monnaies avant la mise en place de l’euro comme monnaie unique. Le ver était dans le fruit du PS mais l’ambiguë Tonton sut maintenir tout le monde sur le radeau.

 

Je n’étais pas présent à Bourg-en-Bresse et, j’avoue sans honte que ma mémoire ne l’associait pas au chef-lieu de l’Ain pour une raison simple en 1981 la star de l’Ain, l’un des opposants de droite féroce aux socialo-communistes, avec Toubon, Madelin, Seguin, était le maire député-maire de Belley : Charles Millon.

 

En plongeant dans les archives du Monde je retrouve le lien avec Philippe Ridet

Charles Millon ou la revanche d’un réactionnaire ICI

 

À la tête d’une association baptisée Ensemble pour la France, Charles Millon a intégré l’équipe afin de mobiliser la France des diversités.

Edouard Jacquinet pour M Le magazine du Monde

 

L’ex-ministre de la défense de Jacques Chirac, qui avait été soutenu par le Front national en 1998, affirme avoir rejoint l’équipe de campagne de François Fillon.

Par Philippe Ridet Publié le 17 mars 2017

 

Amoureux de l’Italie comme lui j’avais lu son livre « L’Italie, Rome et moi » chez Flammarion.

 

L'Italie, Rome et moi par Ridet

 

« J’ai longtemps rêvé d’être italien. À défaut, j’ai cherché à en avoir l’air… »

Oui mes amis  je rêve…

Je lui avais emprunté cette phrase dans une chronique :

 14 février 2014

Lettre d’un parisien à ses amis italiens de Paris : préparez-moi une Vignarola alla romana ! ICI 

 

Bref, je m’étais dit en apprenant la sortie de son nouveau livre « Ce crime est à moi » fin janvier 2020 aux EDITIONS DES EQUATEURS, que je l’achèterais. Puis le confinement vint, il fit parti de ma moisson du premier jour de liberté.

 

Ce crime est à moi par Ridet

 

Restait à le lire.

 

Je viens de le faire.

Comme toujours je vais à la chasse aux critiques sur la Toile et la première qui s’affiche est l’œuvre d’une nantaise (vous connaissez mes attaches nantaises)

 

Les Chroniques d'une nantaise ICI 

 

Elle conclue : Le roman est assez court, faisant à peine plus de 200 pages, et je l’ai donc lu assez rapidement. Ce n’est pas une lecture que j’ai trouvée captivante étant donné qu’il ne s’y déroule pas énormément d’événements mais j’ai beaucoup apprécié la simplicité des propos ainsi que leur réalisme et ai trouvé ce livre hypnotisant. J’avais envie d’en poursuivre la lecture, de retrouver l’atmosphère à la fois malsaine et vintage de Ce crime est à moi et j’ai eu la sensation que l’auteur relatait sa propre vie tellement les ressentis et les sentiments exprimés paraissaient sincères.

 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, et j’en suis la première surprise, ce livre m’a marquée. À l’heure où je vous écris ces lignes, cela fait moins de 24 heures que je l’ai terminé et je ne peux m’empêcher d’y repenser et d’y réfléchir. Certains aspects du livre résonnent en moi, cette période de doute entre la fin de l’adolescence et le début de la vie adulte me parle totalement et j’ai été touchée par les propos de l’auteur sur plusieurs points. Je vous invite donc à découvrir ce roman qui a été pour moi une belle découverte.

 

Philippe Ridet est né en 1955, ce n’est pas un vraiment comme moi un baby-boomer, le pur baby-boom s’étend entre 45et 55 est trop souvent assimilé aux fameuses 30 Glorieuses. Alors que j’avais 20 ans en 1968, lui n’était qu’un adolescent à Bourg-en-Bresse.

 

Dans une chronique de 2017 j’écrivais, « contrairement à Paul Nizan dans Aden Arabie, aujourd'hui je n'écrirai pas « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie ».

 

De ce temps je ne suis ni fier, ni repentant, il reste pour moi le moment où la société française, sa jeunesse tout particulièrement, dans l'un de ses spasmes violents dont elle a le secret, explosaient les coutures d'un habit trop étroit. Nous pensions sincèrement faire la Révolution, renverser la table alors qu’en fait la société de consommation avait besoin qu'on brise des tabous pour prospérer, et nous lui avons grande ouverte les portes.

 

Paul Nizan : Biographie

 

« … Paul Nizan, pour notre localité qui l’accueillit comme professeur de philosophie au lycée Lalande, des mots méprisants : « Les gens s’ennuient tant, écrit-il dans Présentation d’une ville, qu’ils ne voient pas à vingt mètres devant eux. Leur ville rumine, leur ville digère. Quand ils se sont acquittés comme d’une triste corvée des innombrables tâches qui les font vivre, ils rentrent chez eux. Et la plupart du temps, ils y restent. »

 

« Tout y est bâti dans une pierre molle et blanche comme la chair des femmes pieuses. »

 

BRASSERIE LE FRANCAIS -

Le Français (ndlr. le restaurant iconique) est « Le rendez-vous des commerçants, des fonctionnaires, de chefs locaux du PS. »

 

Exécution en règle, je n’ai jamais arpenté les rues de Bourg-en-Bresse alors que bien sûr en tant locataire du 78 rue de Varenne la volaille de Bresse, était et reste le fleuron de la volaille AOC (la seule) et j’ai sillonné la Dombes. Je n’y ai fait, en direction de Genève, que des haltes brèves à la gare TGV.

 

La gare de Bourg en Bresse (01) - Les gares de France et leurs ...

 

Philippe Ridet se contente, à propos de Bourg-en-Bresse d’écrire avant de la décrire, la ville (page 45) « est le chef-lieu du département. Mais personne ne la connaît véritablement. Ou on y vit, ou on y passe. Personne ne la visite Ce n’est ni le Périgord ni le Luberon. La beauté ne vous saute pas aux yeux. Certains habitants, un peu susceptibles, se sentent humiliés lorsque, à la question « c’est où déjà ? », ils doivent préciser que leur commune est située entre Lyon et Genève, comme si elle ne pouvait exister que dans son rapport géographique aux deux métropoles de réputation internationale dont elle est séparée de soixante kilomètres pour la première, et de quatre-vingt-dix, pour la seconde. D’autres, au contraire, se gaussent de sa taille modeste et de son absence de particularités en l’appelant « le village », une autre manière de dire qu’elle mérite sa notoriété discrète, pour ne pas dire son oubli. »

 

Dans mon job au 78 rue de Varenne j’ai beaucoup fréquenté les Préfets, en effet le terroir agricole n’est guère parisien, et j’imagine la tête de l’épouse du Préfet de l’Ain lorsque son mari lui annonçait sa nomination à Bourg-en-Bresse. Un trou, l’horreur absolue, mais dans la préfectorale, il faut savoir gravir les marches de la hiérarchie une à une…

 

Quand Alain Gottvallès perdit aux Jeux Olympiques en chambre d'appel

En 1964, Alain Gottvallès est le meilleur nageur au monde sur 100 mètres nage libre. Il est le favori logique de la finale olympique. 

 

Si je me polarise sur la ville, c’est qu’elle est dans le livre de Philippe Ridet une actrice essentielle, le premier chapitre avec sa carte postale de la piscine Alain-Gottvallès, « centre de son univers, entre treize et dix-huit ans. », donne le ton. Le crime du maître-nageur, Didier Cornaton, qui avait voté René Dumont, par la jeune étudiante en philosophie, Martine Amouroux, n’est qu’un fil rouge, une étrange obsession, permettant à l’auteur d’évoquer sa jeunesse.

 

Page 105 :

« Aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à harmoniser les souvenirs de ma jeunesse avec le récit magnifié et recomposé de cette époque par les émissions de télévision qui, régulièrement, exhument les années soixante-dix comme un éden de permissivité. Les filles aux seins nus, dansant bras écartés en dodelinant de la tête, le regard perdu parmi leurs longs cheveux blonds, je ne les ai vues qu’à Woodstock (le film), mais jamais dans la vraie vie. Étais-je au mauvais endroit ? Trop timoré ? L’amour libre n’était pas notre modèle. Nous suivions avec quelques aménagements le canevas tissé par nos parents. Seule la perspective du mariage et de la fondation d’un foyer n’entrait plus dans nos priorités.

 

Qui croit que les années soixante-dix ont été un déchaînement des sens se trompe lourdement. Au contraire, elles furent pour moi des années inquiètes et studieuses où tout le monde était habillé avec des parkas marron et des pantalons bleus informes. Des années où la question de gagner sa vie s’imposa dans nos préoccupations sans même que nous n’y prenions garde. Des années mieux symbolisées par la bande à Baader et des terroristes italiens que par le flower-pop »

 

Là je me sens très proche de Philippe Ridet, les années 70 ont été des années grises et violentes.

 

Page 145

 

« … Ville née sans prétention, elle l’était restée. Elle ne s’était pas effondrée comme beaucoup de communes de province ignorées des lignes TGV et des autoroutes. Modeste, elle tenait son rang, sans désirer qu’il soit plus élevé. Elle n’est pas très belle, mais courageuse. Beaucoup lui en voulaient d’être restée debout, alors qu’ils s’étaient effondrés. »

 

Enfin, clin d’œil à la maman de Philippe Ridet, rocardienne post PSU, le père étant lui un mitterrandien.

 

Si tant est que mes conseils de lecture pèsent un peu dans vos choix, je vous conseille de lire « Ce crime est à moi », c’est bien plus que l’histoire d’un meurtre mais celle d’une tranche de vie…

 

Ce crime est à moi par Ridet

 

« Ce roman est le fruit d’une réflexion où j’ai adopté un style, une écriture pour lui donner une forme, trouver la bonne distance entre la période sans que cela soit nostalgique. C’est tenir des jumelles à l’envers pour toucher les choses et les rendre lointaines. »

(Photo : Patrice Normand)

Vendredi 3 Avril 2020 - 14:45 ICI
 

Philippe Ridet, 52 ans, est journaliste au Monde. Son métier, selon lui, consiste à être attentif, écouter. Il faut, comme il dit : « Surveiller un pays comme le lait sur le feu ». L’observation de l’autre, d’une ville, d’une époque révolue, c’est un peu ce dont il est question dans ce premier roman Ce crime est à moi (éditions des Equateurs) dans lequel Philippe Ridet narre l’histoire d’un crime commis dans une petite ville des années 1970. Un fait-divers qui modifie profondément la trajectoire du narrateur. Celui-ci ne peut ni devenir nageur professionnel ni postier alors il se tourne vers le journalisme et l'écriture. La trace laissée par ce crime donne ainsi naissance à sa vocation littéraire.

L’année précédant son élection, le 12 octobre 1980. François Mitterrand, ici au Parc des expositions de Bourg pour la Fête de la rose, répond à nos questions. Derrière lui, Charles Hernu / Archives DR  ICI

Avec la disparition de Louis Robin, Bourg perd son ancien député-maire ICI

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 06:00

 

Ma comparaison avec Aimable Castanier le boulanger de Sainte-Cécile qui refuse de faire du pain parce qu’Aurélie est partie avec un berger a été mal comprise par Jean Héritier qui s’est déclaré surpris par la référence à la femme du boulanger pour expliquer mon désamour par rapport au vin!!

 

Qu’il me soit permis d'écrire que ce lecteur fidèle ne m’a compris ; je m’en explique.

 

Si ce cher Aimable refuse de faire du pain c’est que l’amour de sa vie l’a quitté. C’est sa façon à lui de proclamer son AMOUR…

 

J’ai en effet écrit « je suis un peu malheureux d’avoir perdu le goût de chroniquer sur le vin… »

 

Pourquoi ce lent désamour, cet effritement du désir, ce manque d’envie ?

 

Rassurez-vous, ce désintérêt n’a rien à voir avec le vin lui-même, je n’ai jamais pris autant de plaisir à boire du vin depuis que je suis tombé la tête la première dans le vin nu qui pue.

 

 

Je suis encore plus fou du vin mais ce n’est pas celui qui intéresse les grands chefs du vin qui montent à Paris pour traîner leurs guêtres dans les palais de la République et de ses soupentes. Le mien fait l’objet de leurs lazzis, de leur mépris, même si, le leur, va à la chaudière pour que nous puissions nous laver les mains ! Des sous, des sous, les nôtres, Trump et le nouvel empereur de Chine ont bon dos, ils nous font payer leur cécité, leur immobilisme, leur incapacité à anticiper.

 

Mon manque d’envie de chroniquer se situe à ce niveau, comme je ne suis, et n’ai jamais été, un dégustateur-commentateur-notateur de vin, je ne vois pas ce que je pourrais écrire de pertinent, ou d’impertinent, sur le nectar gorgé de soleil.

 

Buveur, mangeur, je ne vais pas me glisser dans la peau des imposteurs (pas de féminin) qui tournent autour des vigneronnes-vignerons pour leur jouer du violon, du pipeau, faire bouillir leur petite marmite, réchauffer leur ragout… Mes goûts, je ne vois pas au nom de quoi je les érigerais en références pour vous. Ils ne sont que les miens, rien de plus, rien de moins ; ils ne sont que des petits cailloux qui balisent mon parcours personnel. J’avoue que je me marre comme une baleine lorsque je jette un œil sur le parcours des dégustateurs patentés, je n’ai vraiment pas envie de leur ressembler.

 

Péché d’orgueil ?

 

Oui !

 

Oui je suis fier, mais pas méprisant, je ne vais pas déverser sur mon espace de liberté des mots venimeux sur l’échine souple et courbée de ceux qui viennent lécher les pieds des puissants, ou supposés tels. Louis Mermaz, politique pur sucre mitterrandien, me confiait souvent, au sortir de son bureau de cette engeance, « dès qu’ils seront de retour chez eux, ils me tomberont dessus à bras raccourci… » Je ne renie pas mes propos sur le président des VIF mais je regrette de les avoir publiés, comme l’aurait Bill Clinton, ils sont inappropriés.

 

 

12 septembre 2017

En 2001 le sévère avertissement de René Renou aux AOC : à méditer!

 

René était un romantique, pas un homme d’affaires, trop de ceux qui aujourd’hui lui érigent une statue sont des hypocrites, et pourtant il avait compris que si l’AOC se laissait emporter par l’inertie de la plus grande pente, celle de la facilité, du ruban  de la reconnaissance pour tous, la vigne France dans sa majorité rejoindrait le modèle agricole dominant dont les plus clairvoyants pressentaient les limites.

 

Nous n’avons pas toujours été d’accord sur la stratégie avec René qui croyait renverser les montagnes du conservatisme par son verbe brillant. « Combien de divisions René ? » lui disais-je lorsqu’il me proposait de devenir directeur de l’INAO.

 

Je les connaissais trop bien ses fameux soutiens, porter leur serviette : jamais !

 

Petite piqure de rappel donc, cette citation est couchée dans mon rapport de 2001. 

 

« Aux syndicats d’AOC, je dis ayez le courage de gérer le potentiel qualitatif collectif de l’AOC et vous assurerez votre avenir. Dans le cas contraire, le marché n’aura aucun état d’âme et vous, syndicats, porterez la responsabilité d’une faillite collective »

 

 

Cher Jean Héritier, en ces temps difficiles où le monde du vin n’est pas épargné, je ne vais pas tenir la posture de celui qui psalmodierait « Je vous l’avais bien dit ! »

 

Dans ma vie professionnelle et personnelle j’ai toujours su tourner les pages sans regrets, me ressourcer, vivre différemment, lorsque j’évoque mes souvenirs c’est, sans nostalgie, rien que pour faire fonctionner ma mémoire de retraité, aviver mes neurones de retraité.

 

Oui j’aime le vin, même si c’est du vin qui pue, et ça va bien au-delà d’une simple déclaration c’est un partage intime qui est mon secret…

 

Bonne journée et, je l’espère, à l’année prochaine pour ma déclaration d’amour au vin en ligne avec prélèvement à la source…

 

les sept citadelles du vertige ICI

Sept châteaux du Pays cathare espèrent être inscrits au Patrimoine mondial par l’Unesco, comme la Cité de Carcassonne (Aude) qu’ils défendent.

 Au sein d’une nature préservée, Peyrepertuse épouse la roche sur 300 m de long en deux châteaux (ici le premier ouvrage défensif).

De la frontière avec le pays catalan, à l'est, à la plus célèbre d'entre elles, Montségur, à l'ouest, sept forteresses entre Pyrénées et Corbières offrent une vue imprenable à 360° depuis les pitons rocheux où elles se dressent. Leur position escarpée leur a valu le surnom de « citadelles du vertige ».

 

Qu'ont en commun ces sites ? Une longue histoire, inscrite dans leurs vestiges. Une occupation antérieure à l'époque de la persécution des cathares, ces dissidents religieux dont le Pape Innocent III a ordonné la fin au début du XIIIe siècle. Des constructions maintes fois remaniées. Repères d'une ligne mouvante marquant la frontière franco aragonaise, ces postes de guet ont constitué un système de défense militaire majeur jusqu'au traité des Pyrénées (1 659) qui a repoussé la frontière avec l'Espagne plus au sud. Leur rôle défensif de vigie perdu, ils sont tombés en ruines.

Tourisme en pays cathare : les sept citadelles du vertige

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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 06:00

L’image contient peut-être : une personne ou plus et texte

Rassurez-vous, je n’exprime en rien une opinion politique je me contente, une fois n’est pas coutume, d’être d’accord avec Mélenchon :

 

«Edouard Philippe est de droite et n'a jamais prétendu autre chose. C'est un homme élégant, d'un côtoiement agréable, un libéral assumé et qui le dit clairement», a assuré le chef de LFI. Avant d'embrayer sur la passion du locataire de Matignon pour la boxe : «Savoir le sport qu'il pratique aide à comprendre un homme politique. Lui, c'est la boxe. Regardez le faire! Quand il répond, il tourne et danse sur le ring le temps qu'il faut pour que vous baissiez la garde. À ce moment-là, il choisit le point où frapper : c'est un mot qu'il a pris dans votre discours, et il en fait ce qu'il veut, pan!», raconte-t-il. Reconnu pour ses joutes oratoires, Jean-Luc Mélenchon ajoute : «On peut aussi faire un peu d'esthétique en politique, j'y tiens».

 

Debré Michel janvier 1959 au 14 avril 1962, Pompidou Georges 14 avril 1962 au 10 juillet 1968, Maurice Couve de Murville, 10 juillet 1968 jusqu'au 20 juin 1969, Jacques Chaban-Delmas 20 juin 1969 au 5 juillet 1972, Pierre Messmer 5 juillet 1972 au 27 mai 1974, Jacques Chirac, du 27 mai 1974 au 25 août 1976, Raymond Barre 25 août 1976 au 13 mai 1981. …

 

Pierre Mauroy 21 mai 1981 17 juillet 1984,  Laurent Fabius 17 juillet 1984 - 20 mars 1986, Michel Rocard 10 mai 1988 jusqu'au 15 mai 1991, Edith Cresson 15 mai 1991 au 2 avril 1992, Pierre Bérégovoy 2 avril 1992- 29 mars 1993 …

 

Jacques Chirac* du  20 mars 1986 au 10 mai 1988

 

Edouard Balladur* 29 mars 1993 -11 mai 1995, Alain Juppé 17 mai 1995 - 2 juin 1997.

 

Lionel Jospin*le 2 juin 1997 -  6 mai 2002.

 

Jean-Pierre Raffarin 6 mai 2002 -31 mai 2005, Dominique de Villepin 31 mai 2005 - 16 mai 2007, François Fillon 16 mai 2007 jusqu'au 10 mai 2012…

 

Jean-Marc Ayrault 15 mai 2012 -  31 mars 2014, Manuel Valls 31 mars 2014 – 5 décembre 2016, Bernard Cazeneuve le 6 décembre 2016 – 10 mai 2017…

 

Edouard Philippe 15 mai 2017 …

 

*Premiers Ministres de cohabitation : Chirac sous Mitterrand 1, Balladur sous Mitterrand 2, Jospin sous Chirac

 

Le nombre de premier Ministre de la Ve est de 23 mais Chirac l’ayant été deux fois sous Giscard qu’il « adorait » puis Mitterrand qui le fascinait, je n’en ai connu que 22.

 

Du côté de la droite qui a occupé le plus longtemps le siège éjectable de Matignon, c’est Edouard Philippe qui incarne pour moi le mieux ce qu’est un premier Ministre de la droite républicaine.

 

À gauche, sans surprise, c’est Michel Rocard, bien qu’entravé par la vieille garde Mitterrandienne, qui a mes faveurs, ainsi que Lionel Jospin, qui lui avait bien plus de liberté dans la cohabitation, mais trop rigide, entouré de technocrates avec en tête Olivier Schrameck, qui chutera lourdement à la présidentielle, trahi qu’il fut par les candidatures Chevènement et Taubira.

 

Bien évidemment, les à gauche je les ai tous pratiqués quand j’étais aux manettes, j’ai connu Valls dans l’équipe rocardienne, j’ai eu un faible pour ce pauvre Pierre Bérégovoy, une allergie folle de la gouvernance raide dingue d’Edith Cresson, j’ai toujours trouvé Ayrault d’une fadeur extrême…

 

Edouard Philippe lors du traditionnel défilé militaire du 14-Juillet sur les Champs-Élysées, en 2019.

Edouard Philippe lors du traditionnel défilé militaire du 14-Juillet sur les Champs-Élysées, en 2019. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

 

Edouard Philippe, un ambitieux en sursis avant les municipales et le remaniement Par Olivier Faye  ICI 

 

Donné favori du second tour des élections au Havre, il n’est pourtant pas sûr de rester premier ministre.

 

Décembre 1993. Edouard Philippe est heureux : il vient d’être admis à l’ENA. Le natif de Rouen s’est marré pendant vingt minutes après avoir appris la nouvelle.

 

Il arrive à un rendez-vous avec le journaliste Guy Jacquemelle, qui écrit un livre sur le grand oral (Le Grand Oral de l’ENA, éditions du Mécène, 1995), épreuve-phare du concours, à la fois test de culture générale et de personnalité. « C’est évidemment de la cooptation, reconnaît le jeune Philippe, 23 ans, lui-même fils d’un proviseur de lycée. C’est une épreuve où il faut être gris pendant quarante minutes tout en montrant qu’on sait ne pas être gris quand les membres du jury vous y invitent. » Il les a fait rire, une ou deux fois, mais pas trop ; mieux vaut éviter de passer pour un « cabot ». « Je n’ai pas été interrogé par la seule femme du jury. C’est dommage ! Il y a une composante de charme qui rentre en ligne de compte, crâne l’étudiant. Avec elle, je n’aurais pas joué la fibre maternelle, parce qu’elle est trop jeune. J’aurais joué le petit gars qui a peur, mais qui ne se dégonfle pas. » L’ambitieux maîtrise déjà tous les codes. De ceux qui vous ouvrent les portes sans avoir l’air d’y toucher.

 

Quel visage Edouard Philippe présentera-t-il au lendemain du second tour des élections municipales au Havre (Seine-Maritime), dimanche 28 juin, pour lesquelles il est donné favori face au communiste Jean-Paul Lecoq ?

 

Celui du premier ministre loyal acceptant de se « réinventer » sur le « nouveau chemin » du quinquennat que va dessiner Emmanuel Macron début juillet ? Celui de l’homme de droite qui préfère reprendre sa liberté plutôt que de donner le sentiment de se renier ? Ou bien celui du fidèle second qui prend sa lettre de renvoi sans dire un mot ?

 

« Il aura l’attitude qui correspondra à ce qui se passera. C’est vraiment un Normand », commente une ministre. « Emmanuel Macron sait qui je suis, ce que j’incarne, ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire », a d’ailleurs souligné le chef du gouvernement dans Paris-Normandie. Les grognards du chef de l’Etat ont trouvé la formule « habile ». Un peu trop, même. Car il est permis de lire, derrière l’humilité apparente, un aimable coup de pression : le populaire Edouard Philippe ne sera pas l’homme du virage à gauche ou du tout écologie.

 

Stratégie du « voleur chinois »

 

Dès mars 2017, le maire du Havre présentait la mine tranquille de celui qui ne réclame rien mais sait trouver sa place dans le décor. Une photo récemment exhumée par Paris-Match le montre avec Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu en train de dîner chez leur ami, le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère. Tous ont alors quitté la campagne à la dérive de François Fillon. Tous rejoindront Emmanuel Macron. Derrière l’objectif se trouve un certain… Jean-Louis Borloo.

 

Un mois plus tard, Philippe passe un grand oral face aux hommes du candidat Macron, Alexis Kohler, Philippe Grangeon et Stéphane Séjourné. Un dîner a été organisé dans l’appartement d’une personne tierce – discrétion oblige – à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle. Bruno Le Maire et Thierry Solère l’accompagnent. En tant qu’ancien candidat à la primaire, le premier fait valoir sa stature et ses réseaux : il vise clairement Matignon en cas de victoire d’Emmanuel Macron. Philippe, lui, la joue discret. « Qu’est-ce que vous faites si le second tour c’est Fillon-Macron ? », leur demande Grangeon. Les trois hommes de droite bafouillent une réponse incompréhensible.

 

Le lundi, une fois l’ancien ministre de l’économie qualifié face à Marine Le Pen, Alexis Kohler convie Edouard Philippe et Thierry Solère à venir rencontrer le candidat. Le profil d’élu local du Havrais, représentant d’une droite humaniste, a plu. Son apparente humilité aussi. « Le talent, c’est de savoir coller aux circonstances politiques quand elles surviennent. Et de demeurer indispensable après », relève l’ancien député socialiste de l’Essonne Jérôme Guedj, ami du premier ministre depuis leurs années d’études à Sciences Po.

 

Cela fait maintenant trois ans que les macronistes se figurent Edouard Philippe en adepte de la stratégie dite du « voleur chinois », qui vient tous les jours dans le magasin pour déplacer de quelques centimètres l’objet de sa convoitise, avant de finir par l’emporter, ni vu ni connu. Cet objet, c’est le pouvoir. « Publiquement, c’est difficile de prendre Edouard Philippe en défaut de loyauté. Ça arrive plus dans l’exécution », note un député de La République en marche. Quand l’orientation prise à l’Elysée s’arrête en gare d’arbitrage de Matignon. Edouard Philippe étant du genre à considérer que les Romains ont tout inventé, il fait preuve d’une certaine humilité dans la conduite du pouvoir et respecte les permanences de l’Etat.

 

« J’ai toujours été méfiant vis-à-vis de ceux qui pensent que quelque chose de radicalement nouveau peut arriver en politique », écrit-il dans son autobiographie, Des hommes qui lisent (JC Lattès, 2017). Pas de chance, le livre d’Emmanuel Macron, lui, s’appelait Révolution (XO, 2016)0. « En 2017, le macronisme était un projet transformateur, et le juppéisme un projet gestionnaire. On croyait les deux solubles l’un dans l’autre, mais ils sont fondamentalement différents », tranche un proche du président de la République.

 

« Club anglais »

 

Cette dissonance s’est ressentie en particulier sur la réforme des retraites, que l’Elysée imaginait comme un tournant systémique. Au fil des semaines, le chef du gouvernement l’a fait muter en « projet de gestion financière », déplore un macroniste, avec l’adjonction sans chausse-pied d’un volet d’économies.

 

Il en va de même pour la très symbolique suppression de l’ENA envisagée par Emmanuel Macron au lendemain de la crise des « gilets jaunes ». Inquiet de la possible fin des grands corps au sein de la haute fonction publique, un membre éminent du Conseil d’Etat s’est ouvert un soir du sujet auprès des « tauliers » de Matignon que sont Edouard Philippe, son directeur du cabinet, Benoît Ribadeau-Dumas, et le secrétaire général du gouvernement, Marc Guillaume. Trois conseillers d’Etat qui vouent une fidélité sans borne à leurs corps d’origine. Un « club anglais », comme dit Edouard Philippe. « Nous tiendrons bon », répondent-ils en chœur à leur camarade.

 

En privé, Ribadeau-Dumas n’a de cesse que de tempêter contre la « course démagogique » consistant à crier haro sur les hauts fonctionnaires. « La haute fonction publique, c’est des gens payés beaucoup moins que dans le privé, et qui travaillent beaucoup plus. Ce n’est pas dans l’air du temps de dire ça… », peste-t-il. L’homme a fini par gagner dans la majorité le surnom de « Bulldozer ». Pour la peine, Edouard Philippe et son communicant Charles Hufnagel sont allés lui en acheter une réplique dans un magasin de jouets.

 

Nouvelle dimension

 

Le premier ministre a la politesse de l’humour. Au moment de grimper dans un avion, il peut lâcher : « Si cet avion s’écrase, alors là, Benalla, plus personne n’en parle ! » Mais il est surtout susceptible. « Très susceptible », selon l’un de ses plus proches amis.

 

Par exemple quand on lui reproche de ne pas assez protéger le président de la République. « Je n’ai pas le sentiment d’être en deuxième ligne. Quand ça chauffe, je suis où, ailleurs ? », réplique-t-il en petit comité. Qui est monté au front à l’Assemblée nationale au moment de l’affaire Benalla ? Et la réduction à 80 km/h de la vitesse sur les routes secondaires, qui l’a défendue face aux critiques ?

 

Cette décision très décriée est d’ailleurs l’une des rares qui porte sa marque. « Il ne cherche pas la réforme 100 % Doudou », jure un proche, qui rappelle toutefois l’implication de son patron dans la conduite de la réforme de la SNCF ou du dossier calédonien. En plus, bien entendu, de toutes les réformes prévues dans le programme Macron qu’il fallait faire atterrir.

 

Ce qui satisfait Edouard Philippe, c’est d’avoir duré trois ans (et peut-être plus si affinités). De s’être imposé à des ministres qui cherchaient à le contourner, au début du quinquennat, en allant quémander les arbitrages auprès d’Emmanuel Macron. « Une part de sa fierté, c’est d’être aujourd’hui considéré à la hauteur du poste, souligne son ami, le publicitaire Régis Lefebvre. C’est un type sérieux, Edouard. »

 

La crise due au coronavirus l’a fait passer à ce titre dans une nouvelle dimension. Il est apparu rassurant et concret. Prudent, surtout. La courbe de sa popularité a grimpé en flèche. « Les Français ont eu le sentiment que le président voulait aller vite en imposant la date du 11 mai pour le déconfinement. Edouard, lui, voulait prendre le temps, raconte un proche. Quand il présente le plan de déconfinement à l’Assemblée nationale, il met une nouvelle borne au 2 juin. Ce jour-là, les Français se sont dit : il y a quelqu’un qui nous protège. » « C’était la foire aux bretelles, aux ceintures, aux parachutes ! », cingle un ministre.

 

La phrase d’Emmanuel Macron rapportée à la télévision par Philippe de Villiers – « Edouard Philippe gère son risque pénal » – a mis en furie le locataire de Matignon. « Villiers est un zozo », souffle Philippe. « Il fait beaucoup de mal au pays avec ça », ajoute un proche.

 

Pointe d’exaspération

 

Les tensions entre l’Elysée et Matignon apparues à la faveur de cette crise ont réveillé une question aussi vieille que la Ve République : qui, au fond, exerce le pouvoir entre le président de la République et le premier ministre quand l’un et l’autre prétendent tenir le manche ? « C’est un peu comme Georges Pompidou en 1968. Il a pris une existence autonome pendant cette période », note l’ex-juppéiste Dominique Bussereau. En 1969, Pompidou remplaçait Charles de Gaulle à l’Elysée.

 

Les philippistes jurent néanmoins qu’ils savent où réside la légitimité du suffrage universel. « Edouard soutiendra le président en 2022 quoiqu’il arrive. Je suis assez sûr de moi quand je dis ça », affirme son ami et ancien conseiller spécial Gilles Boyer. Conquérir un jour l’Elysée ne serait pas une obsession du personnage, explique-t-on. Même si cela ne l’empêche pas de se placer dans le paysage. « Il y a trois ans, il n’imaginait pas être premier ministre », rappelle la députée (Agir) de Seine-Maritime, Agnès Firmin-Le Bodo.

 

Depuis quelques semaines, le réalisateur Laurent Cibien est enfermé en studio pour monter le troisième volet de sa série documentaire Edouard, mon pote de droite. Après la municipale du Havre, en 2014, et la primaire de la droite, en 2016, le nouvel opus de sa saga consacrée à Edouard Philippe racontera les coulisses de la vie quotidienne à Matignon. La diffusion interviendra à la fin de son bail à Matignon. Ce qui peut arriver « très vite », à en croire Edouard Philippe lui-même, qui répète ce mantra dans la presse havraise. Simple manière d’inciter les électeurs à lui accorder leurs suffrages dimanche, assure son entourage. Car une défaite le priverait de toute ambition future.

 

Mais le propos cache aussi une pointe d’exaspération ; il ne veut pas faire des pirouettes pour montrer qu’il serait capable de se réformer personnellement. « On ne lui demande pas de se teindre la barbe en bleu ou jaune, sourit un de ses remplaçants potentiels à Matignon. Mais, pour rester, il ne peut pas se contenter de vouloir limiter la vitesse sur la route et de contrôler les déficits. »

 

Edouard Philippe, de toute façon, est le contraire d’un homme pressé. En 1993, il expliquait ainsi à Guy Jacquemelle ne pas être fasciné par les trajectoires éclairs. « Les hommes politiques, les Fabius ou autres, qui sont de brillants ministres à 40 ans, me laissent rêveurs. Je ne suis pas sûr que ces gens laisseront quelque chose derrière eux, estimait-il. Je préfère quelqu’un qui commence sa carrière à 50 ans, comme de Gaulle, à quelqu’un qui la commence à 30 ans et qui ne fait pas long feu. » Edouard Philippe a aujourd’hui 49 ans. A cet âge-là, Emmanuel Macron aura sans doute achevé sa carrière politique.

 

Olivier Faye

 

 

Bernard Cazeneuve livre sa part de vérité

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 06:00

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Les municipales sont des élections locales, à Paris comme ailleurs, et même plus qu’ailleurs eu égard au mode de scrutin MLP, les dernières en date sont aussi une première puisque, entre un premier tour sous Covid menaçant et le second post-un très long confinement, la plage des alliances s’est enlisée dans beaucoup de villes dans les sables de mariage contre-nature de la part des marcheurs en pleine déconfiture.

 

Je ne vous dis pas, ça part dans tous les sens les alliances de deuxième tour, c’est le bordel, et, hormis la déculottée prévisible de LREM à Paris, Lyon, Marseille…, ce ne sera pas un triomphe pour les insoumis de Mélenchon qui ont zappé  l’élection.

 

Le Ministère de l’Intérieur n’aura même pas besoin de maquiller les étiquettes les résultats seront confus, difficilement interprétables pour en tirer des enseignements clairs quant à l’avenir des formations politiques dites de gouvernement.

 

Plus de 60% des électeurs ne se sont pas déplacés ce dimanche à l'occasion des élections municipales. Une participation historiquement basse trois mois après le premier tour, qui montre, selon Olivier Duhamel, politologue, "une forme de dégagisme de la démocratie".

 

À Paris, comme je l’ai écrit, les dés étaient jetés, c’est pour cette raison que j’ai décidé pour exprimer mes réticences face à la gouvernance de notre maire sortant et de son équipe pléthorique de pratiquer une abstention de combat ICI

 

Le niveau record de l’abstention de ce deuxième tour n’est donc pas à mettre dans le fourre-tout commode d’un soudain désamour des français pour leur maire mais plus d’un désappointement face à une complète perte des repères.

 

La « vague verte » bien réelle puisqu’elle se traduit par la prise d’une longue liste de villes emblématiques : Lyon, Bordeaux, Strasbourg… ou moyennes Annecy, Poitiers, Limoges… est donc à relativiser si l’on se projette dans la fameuse élection pivot qu’est la présidentielle. Hier, on votait dans à peine 1 commune sur 7. Et avec 60% d'abstention.

 

Résultat : seuls 7 millions d'électeurs se sont déplacés.

 

7 millions, c'est 14% du corps électoral français.

 

Le RN, conquiert sans surprise Perpignan, Le RN a perdu 598 conseillers municipaux. Comme dit MLP, c’est un vrai déclic. Derrière la victoire à Perpignan, le Rassemblement national cache une dégringolade. En 2014, le RN avait comptabilisé 1 438 sièges dans 463 communes. Six ans plus tard, ils ne sont plus que 840 sièges dans 258 communes.

 

Marseille « Avec ses 8 élus, Samia Ghali détient la clé de Marseille ». Cambadélis a regardé les résultats de près.

 

Lille, la folle soirée de Martine Aubry qui se tape un vert d’un cheveu.

 

Lyon, la déconfiture du roitelet Collomb.

 

Bordeaux la tristesse de Juppé et Poutou au conseil municipal.

 

Lorient, Le Drian prend une claque.

 

Pau, le tractoriste Bayrou, élu pépère.

 

Et bien sûr au Havre le triomphe du Premier Ministre sur un brave du PCF.

 

Le PCF qui coule doucement, la ceinture rouge n’est plus qu’une guenille, à Saint-Denis : Mathieu Hanotin met fin à 76 ans de règne communiste Le Parti communiste perd également Aubervilliers, où il était solidement ancré depuis 1944 (malgré un maire PS de 2008 à 2014). La ville bascule du côté de l’UDI avec la victoire de Karine Franclet (44,54%)

 

Les Républicains, du gros benêt Christian Jacob, ne ressuscitent pas ils se contentent de confirmer leur implantation en remportant dès le premier tour bon nombre des villes de plus de 9.000 habitants qu'ils contrôlaient. Hier, ils ont vu Jean-Luc Moudenc reconduit de peu à la tête de Toulouse, comme Christian Estrosi à Nice.

 

Reste bien sûr la Bérézina des Marcheurs, à Paris c’est même le genre Attila : ni Agnès Buzyn, ni Gaspard Gantzer, ni Marlène Schiappa ne siégeront au Conseil de Paris.

 

Quelle gifle pour un parti présidentiel théoriquement si parisien !

Estimations de la répartition des sièges au Conseil de #Paris par arrondissements :

 

Anne Hidalgo : 99 élus

 
Cercle bleu

Rachida Dati : 57 élus

 
Cercle jaune

Agnès Buzyn : 6 élus

 

Danielle Simonnet : 1 élu

 

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La France municipale n'est plus celle d'Emmanuel Macron

 

COMMENTAIRE. Emmanuel Macron voit le front de ses adversaires se renforcer à l’issue du second tour des élections municipales dominées par une vague verte. La victoire de son premier ministre ne peut guère le réconforter.

Richard Werly

Publié dimanche 28 juin 2020 à 22:16

Modifié lundi 29 juin 2020 à 07:34

 

Le meilleur résumé de ce second tour des élections municipales françaises se trouve sans doute à Lyon. La capitale des Gaules fut, durant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, le tremplin vers la victoire pour ce dernier, dont le meilleur allié était en 2017 le maire sortant socialiste Gérard Collomb.

 

Abstention et «grève civique»

 

Trois ans après, la parenthèse lyonnaise se referme avec fracas pour la majorité présidentielle et le locataire de l’Elysée. Gérard Collomb, qui avait pourtant démissionné en octobre 2018 de son poste de ministre de l’intérieur dans l’espoir de garder sa ville, se retrouve humilié, emportant avec lui les espoirs de «La République en marche» (LREM), le parti présidentiel. La victoire de l’écologiste Gregory Doucet y est en revanche éclatante, avec 53,5% des voix. La relève politique incarnée en 2017 par le réformateur Macron a désormais changé de camp: c’est aux Verts que les Français font confiance pour changer la politique même si une autre leçon de ce scrutin est redoutable et cruelle: l’abstention record, à près de 60%. Du jamais-vu depuis 1958 pour une élection municipale comme l’a fait remarquer le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon en parlant de «journée de grève civique».

 

Croire que Lyon est un cas isolé, expliqué avant tout par le délitement du système Collomb, serait en effet une grave erreur. Presque partout, et notamment dans les métropoles qui constituent leur terreau électoral prioritaire, les candidats macroniens ont échoué, y compris lorsqu’ils se sont alliés avec la droite traditionnelle comme l’avait fait l’ex-maire socialiste lyonnais. A Paris, l’échec de l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn (13% des voix) vire à la catastrophe dans une capitale où Emmanuel Macron avait caracolé en tête lors de la présidentielle.

 

En prenant un peu de hauteur, l’enseignement de ce scrutin est limpide: la droite réussit à se maintenir (à Nice, Aix-en-Provence, Toulouse, Lorient), la gauche ne perd pas pied (grâce aux victoires obtenues à Paris, Lille – d’extrême justesse – Le Mans, Nantes, Nancy ou Montpellier), l’écologisme municipal décolle (les Verts l’emportent à Strasbourg, Bordeaux, Besançon) tandis que l’extrême droite s’enracine et décroche son symbole à Perpignan, conquise par le député du Rassemblement National Louis Aliot. Or cette nouvelle carte électorale dit une France qui n’est plus celle d’Emmanuel Macron. Et ce malgré la victoire au Havre de son premier ministre, Edouard Philippe.

 

Macron face aux obstacles

 

Comment le président français peut-il s’en sortir alors qu’un remaniement gouvernemental est attendu dans les jours prochains?

 

La question peut très difficilement trouver réponse.

 

Premier obstacle: le positionnement présidentiel au centre droit, avec d’emblématiques réformes comme celle de l’assurance-chômage ou des retraites, peut paraître conforté… Mais il ne profite en rien au locataire de l’Elysée qui l’avait emporté face au candidat «Les Républicains» François Fillon, naufragé par son affaire de «détournement de fonds publics». Laquelle sera, choc du calendrier, jugée ce lundi à 13 heures.

 

Edouard Philippe, le chef de gouvernement nommé en 2017, est celui qui en tire les bénéfices. Le garder à l’Hôtel Matignon peut donc sembler cohérent, mais avec un risque pour Macron: se retrouver ligoté, sans marge de manœuvre.

 

Deuxième obstacle: le fossé est béant entre le pouvoir exécutif et l’opinion qui, pour bousculer le jeu politique à l’issue de la crise sanitaire, fait localement confiance à des candidats écologistes souvent jeunes. Emmanuel Macron, qui reçoit dès ce lundi les délégués de la Convention citoyenne sur le climat, devra impérativement apporter des réponses à cette poussée verte, sur fond du plan de relance européen dont il doit, lundi soir, débattre avec la chancelière Angela Merkel, à l’orée de la présidence semestrielle allemande de l’UE.

 

Troisième obstacle enfin: la colère sous-jacente dans le taux d’abstention massif à ces municipales, dans les 5000 communes qui n’avaient pas encore élu leurs conseils municipaux et leurs maires. Même si l’épidémie de coronavirus et les peurs liées à l’organisation du scrutin (trois mois après le premier tour du 15 mars) peuvent l’expliquer, le constat est clair: la démocratie représentative française est bien en crise. L’Etat centralisé, que les écologistes dénoncent en plaidant pour plus de décentralisation, n’est plus la solution.

 

Le besoin de démocratie directe, à côté des rendez-vous électoraux traditionnels, est patent. Les avertissements sortis dimanche soir des urnes municipales sont nombreux. Les sorties possibles pour un président toujours plus isolé à deux ans de la fin de son mandat en 2022, sont toutes assurées d’être tumultueuses.

 

Mais la Présidentielle est une mécanique infernale où le coefficient personnel joue un rôle déterminant, plus encore depuis « le hold-up » de Macron qui a fait exploser en vol les deux grands blocs de gouvernement.

 

Sur la ligne de départ avec une casaque connue : le sortant Macron doté d’un parti en charpie, la Le Pen assise sur un parti peu crédible pour gouverner, Mélenchon, redoutable compétiteur de premier tour mais qui ne pourrait triompher au second que s’il reconstituait l’Union dites de la Gauche chère à Tonton.

 

C’est sur cette « Gauche plurielle à la mode sous Jospin » que tout se jouera et là le choc des ambitions Mélenchon-Jadot est prévisible.  

 

Alors LFI socle d’une « gauche unie » ou EELV socle d’une « gauche plurielle »? Avec pour supplétifs, genre MRG le PS de ce pauvre Faure.

 

L’obstacle sera l’élaboration d’un programme commun dans le style remake jospinien mais les Verts pour l’heure veulent reprendre le leadership perdu par le PS avec un Jadot moins répulsif au second tour que Mélenchon pour les électeurs centraux.

 

Reste Macron et son non parti, pour lui l’alternative : pencher dans une Union des droites avec son Premier Ministre si populaire dans l’électorat de gauche et de droite ou engager le pari fumeux d’un en Même temps verdit avec un introuvable nouveau Premier Ministre ?

 

Si je reviens vers vous après les résultats du second tour c’est pour vous conseiller de lire La fin des Partis sous la direction d’Igor Martinache et Frédéric Sawicki, PUF, « La vie des idées », 98 p., 9,50 euros.

 

La fin des partis ?

 

Dans « La fin des partis ? », six professeurs de sciences politiques, économiques et sociales incitent à ne pas enterrer trop vite l’«ancien monde …

Par Julie Carriat Publié le 19 février 2020

 

Il arrive à point nommé, ce mince volume, cosigné par six professeurs de sciences politiques, économiques et sociales. A un mois d’élections municipales où de nombreux candidats préfèrent cacher toute étiquette politique, la question s’impose : assiste-t-on à la fin des partis ?

 

Les symptômes sont connus. 2017 a signé l’éclatement des deux partis de gouvernement (PS, LR) pour porter à près de 25 % et 20 % au premier tour deux candidats issus de formations créées pour l’occasion, revendiquant chacun une forme de « dégagisme ». Mais « comme souvent, lorsqu’un “changement de monde” est proclamé, il apparaît nécessaire de s’interroger sur ses soubassements et sa supposée nouveauté », écrit Igor Martinache en introduction.

 

Premier suspect de la mort présumée des partis, la présidentialisation de la politique française, coupable idéale, est remise à sa place par le politiste Frédéric Sawicki. Rien d’automatique en effet dans la « conversion du capital électoral présidentiel en sièges parlementaires puis en positions électives locales », même si les législatives de 2017 ont accrédité cette idée. Pierre Leroux et Philippe Riutort complètent la réflexion en dressant un parallèle entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, exemples de « personnification » de la vie politique. L’occasion d’une exégèse politique savoureuse, où les deux hommes ayant contourné les partis pour se qualifier autrement – par leur charisme médiatique notamment – se retrouvent côte à côte sous la qualification du sociologue Pierre Bourdieu d’« entrepreneur indépendant du salut », de « prophètes » en politique.

 

L’élitisme du vivier politique

 

Mais leur avènement ne suffit pas à signer l’arrêt de mort des partis. Rémi Lefebvre décrit ainsi l’affaiblissement de l’ancrage social et militant des formations partisanes, qui les fragilisent et rend les électeurs « volatils ». En cause notamment, le financement public de la vie politique : « A quoi bon recruter des adhérents (…) quand le parti tire des ressources pérennes d’argent public indexées sur ses victoires aux élections ? » Les partis, repliés sur eux-mêmes, deviennent donc des groupes d’élus vivant « de et pour leur mandat », un constat qui s’applique aussi bien aux « antisystèmes » du Rassemblement national qu’au Parti socialiste et à la droite Les Républicains. LRM et LFI y échappent mais pour combien de temps ?

 

Carole Bachelot relativise cette fin d’un monde en prenant appui sur la théorie de la cartellisation des partis. Plutôt qu’une Révolution, le titre du livre de campagne d’Emmanuel Macron, la recomposition actuelle s’impose alors comme le « renouveau cyclique d’un processus déjà ancien », qui n’entame en rien l’élitisme du vivier politique. Ainsi, les néo-députés LRM sont-ils largement issus des catégories favorisées.

 

Sans faire le tour de la question, le livre s’impose comme un sémillant précis de science politique et aiguise la curiosité sur les résultats des prochaines municipales, cruciales pour définir les contours des partis de demain. Il conforte aussi l’idée qu’au fond, on n’est jamais vraiment fini en politique.

CARTE. MUNICIPALES: DÉCOUVREZ LES RÉSULTATS DU SECOND TOUR À PARIS, ARRONDISSEMENT PAR ARRONDISSEMENT ICI 

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