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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 06:00
Vive la Tielle de Pouffre de Sète, plat du pauvre, fille des pêcheurs de Borgo de Gaete au nord de Naples !

Je suis ainsi, lundi matin je fais, comme tous les jours, ma revue de presse et je tombe sur un titre du MIDI LIBRE Sète : la tielle, d’abord une dynastie.

 

Sète, souvenir de ses pinardiers, de Robert Skalli, de ses joutes aussi, alors je me dis va pour Sète et ses tielles.

 

Le site de l’Office du Tourisme, pour une fois, est de qualité.

 

UN PATRIMOINE CULINAIRE MÉDITERRANÉEN

 

« Sous l'impulsion du roi Louis XIV naquit la ville de Sète, dont la première pierre fut posée en 1666.

 

Paul Riquet cherchait une ouverture sur la mer pour son canal du Midi, et Colbert souhaitait une place forte dans cette région car la marine Anglaise avait maints projets velléitaires.

 

On construisit une rade et on creusa un canal pour relier l'étang à la mer.

 

Les premiers habitants vinrent de Catalogne, du nord de l'Hérault et de Provence, et leurs traditions culinaires respectives vinrent encore grossir le patrimoine de l'étang de Thau déjà très riche en ce domaine.

 

Les Catalans apportèrent la salaison des poissons, les provençaux les fruits et les légumes.

 

Côté mer on cassait les rochers de la colline pour construire la digue, un quartier de maisons en dur se construisait pour loger les travailleurs de la jetée et côté étang les premiers pêcheurs s'installaient sur une langue de terre appelée la Bordigue (du nom d'un engin de pêche installé à cet endroit), le nombre croissant des pêcheurs fit se créer de petits chantiers navals et la Bordigue s'organisa en tant qu’embryon social de la jeune ville.

 

Au XIXe siècle, lors de la construction du chemin de fer, inauguré le 9 juin 1839, les travaux de terrassement génèrent les pêcheurs de la Bordigue et l'on décida de rejeter le produit du terrassement devant le chantier afin de former une pointe en prise directe sur l'étang où les pêcheurs délogés par la construction de la voie ferrée pourraient installer leurs filets dans des cabanes, et tirer leurs barques au sec.

 

Le quartier de la Pointe Courte de la Bordigue naquit et devint un quartier des pêcheurs à part entière qui, aujourd'hui encore, a su conserver jalousement sa personnalité marginale et ses recettes principalement basées sur l'apport de ses propres filets.

 

Cette communauté est arrivée à défendre sa propre gastronomie de toutes les influences étrangères car, au contraire des pêcheurs de la mer, les pêcheurs de l'étang sont principalement français et ce sont eux qui ont en premier bénéficié de l'héritage et de la tradition culinaire du bassin de Thau. »

 

La suite ICI 

 

 

Mais revenons à la tielle de poulpe qui à Sète se nomme pouffre... avec un R s’il vous plaît !

 

« L’un de mes rêves de voyage ? Un tour du monde du poulpe, ce trésor que ‘on pourrait croire méditerranéen alors qu’il est parfaitement œcuménique, des salades, des tielles et ragoûts d’ici jusqu’aux boulettes fourrées d’Osaka, en passant par le poulpe à la galicienne, le civet « zourite » de l’île de la Réunion ou l’ingénieux carpaccio dégusté sur une terrasse de Côme. L’omniprésence des poulpes en train de sécher dans la douceur animée des rues de Naxos n’est sans doute pas étrangère à mon coup de foudre pour les Cyclades. Le poulpe est enfin un ingrédient idéal pour saucer : cuit à l’étouffée et non dans l’eau, il dégage un jus intensément parfumé et un peu gélatineux qui semble implorer le mangeur : sauce-moi, sauce-moi ! »

 

Mayalen Zubillaga l’art de saucer 

 

 

Certains esprits chagrins trouvent que mon cœur penche trop souvent ces temps-ci du côté de l’Italie mais dans le cas de la tielle qui, certes est venue d'Italie dans les bagages des émigrants italiens de la petite bourgade de Borgo de Gaeta au nord de Naples à la fin du XIXe siècle, ce sont les espagnols qui sont les géniteurs de cette tourte.

 

Le Royaume de Naples était sous la domination espagnole au siècle de Charles Quint et les autochtones se nourrissaient frugalement d’un peu d'huile, quelques anchois et olives, l'ancêtre de la pizza était l'ordinaire... Ils remarquèrent très vite que la troupe ibérique confectionnait à peu près la même chose avec toutefois un couvercle de pâte par-dessus et ils se rendirent compte que cette façon de faire se conservait plus longtemps que leur pizza.

 

La technique se perfectionna et par souci pratique on ne mit plus directement la pizza sur la sole du four mais dans un plat de terre cuite appelée TEGLIA...et ainsi la tielle était née.

 

En Espagne c’est une empanada...

 

À Gaeta le tielle se décline de plusieurs façons, selon les propres mots des natifs du lieu, il y a les tielles de la mer, au poulpe, sardines, anchois, crevettes, moules etc... et les tielles de la terre à la scarole et aux pignons, aux œufs et aux courgettes…

 

À Sète seule la tielle de poulpe connut la célébrité.

 

Au début de leur installation à Sète, les pécheurs Gaétans faisaient la tielle comme dans leur mère patrie et lorsque les enfants allaient à l'école, la maman mettait souvent une tielle de pouffre dans le cartable fait de morceaux de vieille voile cousue, aujourd'hui les anciens racontent qu'à l'école ils se cachaient pour la manger car les petits Sétois mangeaient des croissants du boulanger.

 

La tielle était l'ordinaire des pécheurs installés au quartier haut ou était regroupée la communauté italienne, comparé à l'opulente société Sétoise enrichie par le commerce du vin, c'était un quartier pauvre ou ils vivaient selon leur coutumes et parlaient le napolitain. La majorité de la nourriture était tirée de la pêche que le père ramenait à la maison. Ces pêcheurs ne descendaient que rarement en ville et la belle société Sétoise de l'époque ne connaissait pas la tielle qui était vue comme étant une nourriture de pauvre.

 

La saga de la dynastie d’Adrienne et de Bruno Virducci (Merci à Jean Brunelin - Chef, auteur, photographe et créateur du groupe Facebook "Défendons la cuisine Sétoise et Méditerranéenne"

 

 

« Dans les années 30, Adrienne Pages née à Agde tenait avec son mari Bruno Virducci, un Italien du sud, un petit étal de coquillage devant le pont de la civette à l'enseigne de La Reine des Mers.

 

Ses tartes de pouffres étaient renommées dans le quartier, elle les faisait cuire chez LUBRANO le boulanger de la rue Garenne...

 

Les ménagères Sétoises commencèrent à apprécier la chose et en redemandèrent régulièrement à tel point que le boulanger fut dépassé par les visites d'Adrienne et il fallut trouver une solution.

 

C'est son beau-fils, Mimi Cianni qui en 1937 décida d'aller à la foire de Marseille acheter un four adapté qu'on installera au rez-de-chaussée de la maison.

 

Adrienne eut de nombreux enfants, elle déménagea ensuite son petit commerce devant le bar de LA MARINE, mais il fallut attendre son jeune fils Achille qui le premier mis en place une petite fabrique artisanale sous les escaliers de la grand rue sur le plan du marché aux poissons.

 

Dans les années 60, il avait comme ouvrière Sandrine SPOSITO qui fabriqua des tielles pendant 50 ans de sa vie...

 

Cette petite production était vendue à l'étal de coquillages de sa sœur Raymonde qui avait pris la suite de sa mère tout à côté.

 

On peut dire que si c'est à Adrienne VIRDUCCI que l'on doit la diffusion de la tielle dans la société sétoise, c'est à Achille son fils que l'on doit la première fabrication artisanale.

 

Quelques années après, Achille prit une épouse et créa lui aussi son propre étal de coquillages ou il mit ses tielles à la vente.

 

À son tour, sa sœur Raymonde installa un tout petit atelier dans sa cabane de coquillage "La Reine des Mers" ou s'activait son ouvrier David Conesa.

 

Jusqu'aux années 70 c'étaient les seuls endroits où l'on pouvait trouver des tielles dans la ville de Sète.

 

Ce furent ensuite deux des autres filles d'Adrienne qui se lancèrent dans l'aventure de la tielle.

 

L'une se maria avec un DASSE, et l'autre avec un CIANNI...c'est pour cela qu'aujourd'hui encore vous trouverez les petits enfants et arrières petits-enfants aux commandes des fabriques artisanales DASSE, VIRDUCCI et CIANNI...car la tielle de Sète est l'apanage d'une dynastie, celle d'Adrienne et Bruno VIRDUCCI ainsi que de leur descendance qui héritèrent tous de la recette et du savoir-faire .... »

 

 

La recette de la Tielle de Pouffre … de Poulpe… c’est ICI

 

Que boire avec une tielle par Michel Kimmel le régional de l’étape ?

 

La tomate est très présente chez Cianni et Dassé, les deux principaux artisans, et moins chez Giulietta qui est depuis peu implanté aux halles de Sète et qui cultive le goût du poulpe sans le noyer dans la tomate.

 

Les tielles que distribue la GD et nombre de poissonniers sont issues de Midi-Tielles ou Coudène, fabrications plutôt industrielles…(pâte épaisse, moins de parfum, etc…)

 

En fonction de l’appareil assez relevé on peut boire un rosé issu de syrah et de grenache, de type languedocien.

 

Un rosé de Cinsault provençal serait écrasé par la préparation.

 

Un blanc « charnu » roussanne/ vermentino peut résister, ou un bourboulenc de la Clape

 

Un rouge également dans les terrasses du Larzac, ou un pic Saint Loup et, un pur Cinsault de vieilles vignes (le Pradel de Xavier Braujou par ex) peut constituer une alliance sans rivalité !

 

Mais pas de vin qui remplit les bajoues !!!

voici 3 propositions de blancs pour la Tielle : La Clape pour le parfum du Bourboulenc qui ne se laissera pas écraser, le Costières de Nîmes, légèrement boisé, plus rond, assez puissant, et le Vermentino très parfumé…qui nous rapproche de l’Italie donc de la tielle originelle.
voici 3 propositions de blancs pour la Tielle : La Clape pour le parfum du Bourboulenc qui ne se laissera pas écraser, le Costières de Nîmes, légèrement boisé, plus rond, assez puissant, et le Vermentino très parfumé…qui nous rapproche de l’Italie donc de la tielle originelle.
voici 3 propositions de blancs pour la Tielle : La Clape pour le parfum du Bourboulenc qui ne se laissera pas écraser, le Costières de Nîmes, légèrement boisé, plus rond, assez puissant, et le Vermentino très parfumé…qui nous rapproche de l’Italie donc de la tielle originelle.
voici 3 propositions de blancs pour la Tielle : La Clape pour le parfum du Bourboulenc qui ne se laissera pas écraser, le Costières de Nîmes, légèrement boisé, plus rond, assez puissant, et le Vermentino très parfumé…qui nous rapproche de l’Italie donc de la tielle originelle.

voici 3 propositions de blancs pour la Tielle : La Clape pour le parfum du Bourboulenc qui ne se laissera pas écraser, le Costières de Nîmes, légèrement boisé, plus rond, assez puissant, et le Vermentino très parfumé…qui nous rapproche de l’Italie donc de la tielle originelle.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 06:00
Quand on se fait tailler un costard sur mesures il vous va comme un gant : chronique du prétoire avec Hubert de Boüard c/Isabelle Saporta

Hubert ne fait jamais dans la ½ mesure, il accumule, collectionne les casquettes comme d’autres les timbres-poste, c’est de l’art pour l’art, de l’abnégation, du don de son corps au bien public, sauf que chez lui l’art c’est de se faire tailler des costards sur mesure par ses pairs rapportant de beaux euros avec plein de zéros.

 

Jeudi dernier, tirant sa valise à roulettes, emblème de son biseness de globe-trotter écumeur de prétendants aux honneurs, notre Hubert allait déposer son auguste séant sur le banc des plaignants de la 17e Chambre du TGI de Paris.

 

Cette célèbre Chambre n’était peuplée que de femmes : la Présidente et ses deux assesseurs, la Procureure, la Greffière. Face à elle, du côté d’Hubert un bataillon d’avocats d’un beau cabinet, et bien sûr l’objet du courroux d’Hubert, l’homme au petit sécateur et aux bottes blanches, Isabelle Saporta.

 

Rassurez-vous celle-ci n’est pas arrivée à l’audience enchaînée et les jeunes gendarmes n’étaient là que pour assurer la sécurité.

 

Nous les témoins, trois de chaque côté, étions à l’isolement au début de l’audience au cours de laquelle le plaignant et l’accusée argumentaient. Mon petit doigt m’a dit que la Présidente se passionna pour la belle collection de casquettes d’Hubert. Il y eu même une petite séance de cinéma afin de visionner la prestation d’Hubert qui, je puis vous l’assurer, avait des allures d’un placement de produit dans James Bond.

 

2 heures et demi à poireauter, on trouve le temps long mais on fait contre mauvaise fortune bon cœur ; les présidents présents, dans leurs petites Ford d’intérieur, ruminaient : que suis-je venu faire dans cette galère ?

 

Et puis ce fut à moi d’ouvrir le bal des témoins, la barre, le serment, avant de se jeter à l’eau sans notes. Par bonheur la Présidente est d’une extrême courtoisie et je me dis qu’il est facile de dire la vérité, rien que la vérité, même si celle-ci est soigneusement camouflée par un formalisme dévoyé.

 

Je ne vais pas ici vous confier le verbatim de ce que j’ai dit, ça ne présente pour vous aucun intérêt. Mon seul souci, moi qui ai œuvré de l’autre côté du miroir, là où se situe le pouvoir, fut de tenter de lever le voile sur l’art et la manière de faire jouer son influence. Être toujours présent au bon moment au bon endroit, en amont, là où les règles s’élaborent, se font, constitue le b.a.–ba de l’homme d’influence. L’omniprésence, les connections discrètes, les liens, les invitations, les services rendus, le carnet d’adresses, une forme d’aura face aux petites mains de tous bords, y compris auprès des collègues du Comité National désignés dans la commission. C’est une forme de « servitude volontaire » chère à La Boétie.

 

Une fois ce « grand oral » passé j’étais libre de mes mouvements : partir ou rester. Bien évidemment j’ai ciré les bancs aux côtés de mes amis François des Ligneris, Alain Vauthier, les régionaux de l’étape et d’Alexandre Bain.

 

Ce qui m’a frappé au cours de cette audience c’est la pertinence de la Présidente, sa manière élégante et précise de mener les débats, sa capacité à laisser s’exprimer sereinement les témoins parfois impressionnés, sa connaissance parfaite du dossier, ses questions courtoises mais toujours saillantes. Impressionné ! À l’heure où il est de bon ton d’ironiser sur les juges, les fonctionnaires, il est rassurant et important de souligner cet extrême professionnalisme.

 

Avec une belle régularité souriante elle a posé la question de savoir si le consommateur achetait les beaux classés de Saint-Emilion pour la qualité du vin ou pour les splendides atours dont ce sont parés les châteaux ? Il y avait du Jacques Dupont chez madame la Présidente. En effet, rappelons que celui-ci – je le verrais bien en robe noire avec hermine – dans un article du Point du 28 avril 2013, avec malice écrivait :

 

« Hors polémique que ce classement aura beaucoup de mal à éteindre, il y a véritablement une seule question à laquelle ceux qui l’ont initié devront répondre : pour qui a-t-il été fait ? Pour les consommateurs afin de les éclairer dans leur choix ou pour satisfaire et récompenser des professionnels, producteurs, propriétaires ? »

 

Le Président de la commission de classement, avec des accents patriotiques, a confirmé que c’était le second membre de l’alternative qui avait présidé au choix. Il a même ressorti de la naphtaline le fameux jugement de Paris en affirmant que c’était pour répondre à ce défi que certains châteaux à paillette furent promus. Le Bob se serait bien marré en entendant une telle absurdité, la course au 100/100 leur a déjà permis d’atteindre les sommets des prix. Ne restait plus, pour une poignée d’entre-eux à booster la valeur de leur foncier. Ce qui fut fait.

 

Le Jacques Dupont, encore lui, le soulignait « Plus drôle et moins technique, l’analyse du foncier. Moins les parcelles étaient dispersées et plus le domaine gagnait des points. Ainsi Quinault situé sur l’ancienne appellation « sables de saint-émilion » disparue au début des années 1970, dont le terroir compacté après des années de désherbants sans recours à la charrue se situe en limite du cimetière de Libourne (une partie avait été vendue à carrefour pour réaliser son parking), a obtenu un point de plus que Cheval Blanc au parcellaire plus dispersé… »

 

Bravo les artistes ! Et n’en déplaise à ce cher Hubert la notion de grand cru classé à sa sauce n’a rien à voir avec le puzzle bourguignon, le processus purement déclaratif permet toutes les fantaisies, le terroir pour certains est aux abonnés absents. Il faudra bien qu’un de ces 4 l’INAO s’explique sur ce privilège de seigneurs. Les régions roturières sont en droit de le lui demander.

 

À l’autre extrémité de mon appréciation l’avocat cher de ce cher Hubert a fait preuve de l’art de tirer systématiquement à côté de la plaque, questions style boomerang posées avec une forme d’ennui désabusé. Service minimum, plaidoirie poussive, conviction a minima, une arrogance masquant mal une méconnaissance des us et coutumes du petit monde du vin. Pas très convaincu, pas très convaincant, je m’attendais à mieux.

 

Je n’irai pas au-delà de ces remarques car il pourrait m’être reproché une forme de parti-pris, cependant je ne peux m’empêcher de souligner qu’il y avait peu de ferveur et de conviction dans les témoignages en faveur du plaignant. Ils étaient teintés d’une couleur grise très courage fuyons !

 

Un détail, la procureure n’a pas pipé mots de toute l’audience et n’a pas jugé bon de donner le point-de-vue de l’Etat.

 

« Au bout de sept heures d'audience, Me Jean-Yves Dupeux a demandé en son nom 50 000 euros, plus 10 000 euros au titre des frais de justice. « On n'est pas dans le cadre de l'enquête loyale, sérieuse, de bonne foi », a estimé l'avocat, moquant deux témoins cités par la défense, des vignerons écartés du prestigieux classement. « Certes on a deux vignerons qui ratent le bac. Mais on en a un qui participe à la rédaction des programmes, qui sélectionne les examinateurs et qui décide des coefficients. Et il a mention Très bien, dites donc !», a répliqué en défense Me Christophe Bigot. « Vous avez à juger d'un travail extrêmement sérieux et d'intérêt général », avec « des enjeux de consommation et des enjeux financiers colossaux », a-t-il résumé. Le tribunal doit rendre sa décision le 22 septembre. »

 

Voilà, ce fut une dure journée pour la Reine, quand à notre Hubert il a pris la poudre d’escampette, suivi de sa valise à roulettes, avant la fin de l’audience, sans doute pour répondre à l’appel pressant de sa chalandise. La Présidente, avec humour, lui a demandé de surtout ne pas égarer son billet d’avion, fine allusion à un pataquès à la Feydeau lors du CN de l’INAO ayant béni le classement : présent ou pas présent, parti et revenu, dans l’avion ou dans la salle… La cour s’amuse !

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège, «Ils ont intérêt à me bloquer sur la bretelle Quand je serai sur l’autoroute, personne ne pourra m’arrêter», Sarkozy octobre 2014

Voici deux ans que je vis sous l’état d’urgence, un état d’urgence absolu !

 

Lorsque je l’avais croisée, sans même y réfléchir, face à la situation, j’avais décrété «l’état d’urgence», je prenais enfin conscience que le temps m’était brutalement compté, il me fallait m’extraire sans délai de ma latence, rompre ma déshérence, l’aimer à me péter le cœur !

 

Quête hypnotique d’une seule femme, l’unique, elle !

 

« J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté… J'ai tout essayé /J'ai tout essayé

 

Aucun express ne m'emmènera/Vers la félicité /Aucun tacot n'y accostera /Aucun Concorde n'aura ton envergure /Aucun navire n'y va /Sinon toi

 

Aucun trolley ne me tiendra /Si haut perché /Aucun vapeur ne me fera fondre /Des escalators au chariot ailé /J'ai tout essayé /J'ai tout essayé

 

J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté

 

Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes / J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté

 

Aucun landau ne me laissera /Bouche bée/Aucun Walhalla ne vaut le détour/Aucun astronef ne s'y attarde /Aucun navire n'y va /Sinon toi

 

J'ai longé ton corps/Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté /Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes/J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté

 

Aucun express ne m'emmènera / Vers la félicité /Aucun tacot n'y accostera /Aucun Concorde n'aura ton envergure /Aucun navire n'y va/Aucun

 

J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté

 

Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes / J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté

Ce jour de juillet nous quittâmes, à vélo, sans trop de regret les mornes plaines des confins du XIIIe-XIVe pour rejoindre notre nouvelle demeure. Il nous fallut grimper, forcer sur nos pédales, pour atteindre les hauteurs de la Mouzaïa. À destination nous étions nimbés de sueur, fenêtre ouverte, face à elle sous la douche, je m’émerveillais « Y’a toujours des oiseaux à la Mouzaïa ». Affleurement, effleurement, nous fîmes l’amour avec délice sur notre presqu’île et le moka d’Abyssinie qu’Émilie prépara, avec les mêmes soins que Chouchou, bien mieux qu’un visa, me conférait le statut de résident. Je jetais mon statut d’apatride aux orties, j’abandonnais le no man’s land complaisant où je me vautrais depuis toujours.

 

« À cette époque, n’ai-je pas toujours été en retrait, dans la position du spectateur, je dirais même de celui qu’on appelait le « spectateur nocturne » *, cet écrivain du XVIIIe siècle que j’aimais beaucoup… Restif de La Bretonne» le Modiano de L’herbe de la nuit « J’ai souvent l’impression que le livre que je viens de finir n’est pas content, qu’il me rejette parce que je ne l’ai pas abouti. Comme on ne peut plus revenir en arrière, il me faut alors en commencer un autre, pour aboutir enfin le précédent. Donc je reprends certaines scènes pour les développer davantage. Ces répétitions ont un côté hypnotique, comme une litanie. Je ne m’en rends pas compte quand j’écris, et puis je ne relis pas mes livres plus anciens car ça me bloquerait… Vous savez, il est difficile d’avoir de la lucidité sur ce qu’on écrit. La répétition vient peut-être du fait que je suis travaillé par une période de ma vie qui revient sans arrêt dans ma tête. »

 

Quête hypnotique d’une femme que ses héros tentent de retrouver de livre en livre : «C’est la même personne qui revient de roman en roman, mais de façon fantomatique, pas parce que j’aime les êtres éthérés, mais comme une photo qui aurait été rongée par les moisissures du temps et par l’oubli. C’est l’oubli qui est le fond du problème, pas la mémoire. On peut avoir été très intime avec quelqu’un, et, des années après, cette personne apparaît comme rongée, avec des pans entiers manquant dans votre mémoire. Ce sont ces fragments d’oubli qui me fascinent. »

 

Comme Modiano mes petits carnets sont remplis de notes, de traces, d’épluchures de vie « Nous pouvions faire le chemin à pied, mais la perspective de suivre l’interminable rue de la Santé et de longer les murs de la prison puis de l’hôpital Sainte-Anne, à cette heure-là, m’a glacé le cœur. » Notre transport sur une presqu’île, paradoxalement rompait mon retrait, cet isolement me projetait dans le monde et j’allais devoir enfin l’affronter les yeux grands ouverts. Et puis, Émilie serait à deux pas de son travail, la rue de Crimée, droite comme un I qui grimpait jusqu’à Botzaris où la rue de la Mouzaïa son affluent venait se jeter après avoir bénéficiée de l’enfilade des Villas.

 

Tout était dit.

 

Octobre 2014

 

J’avais titré ma note au Premier « Juppé, dernier rempart face à l’effondrement du système… » Grandiloquent certes ce titre mais je n’avais pas trouvé mieux pour résumer mon analyse de la donne de la présidentielle de 2017. Face à la perspective d’un second tour Le Pen/Sarkozy, dans la mesure où l’alternance se ferait mécaniquement à droite, la candidature de Juppé permettait de jouer une carte à la Giscard, la France veut être gouvernée au Centre, sauf que le Centre n’existe qu’en tant que force d’appoint pour la Droite. Ce que Hollande avait raté à la suite de son élection en laissant Bayrou mordre la poussière alors qu’il avait appelé à voter pour lui, Juppé par construction le réalisait avant l’élection. Mais encore faudrait-il qu’il puisse se présenter en gagnant la fameuse primaire ouverte inaugurées par le PS. Avec ce fou furieux de Sarko, qui allait remettre la main sur le parti, ça n’était pas gagné d’avance, sauf à ce que le petit ne se fasse vraiment rattrapé par ses casseroles judiciaires.

 

Je préconisais donc de faire l’impasse sur la future présidentielle, une forme de repli en bon ordre sur une position préparée à l’avance : la social-démocratie assumée, et de manœuvrer pour que la primaire de l’UMP à la sauce Sarko soit polluée par de braves sympathisants votant massivement pour Juppé. Manœuvre, certes délicate, mais jouable à la condition de préparer le terrain et de jouer fin en sous-main. N’oublions pas que les primaires ouvertes à la sauce socialo se jouent à deux tours, et qu’entre les deux, à la condition d’avoir fait un score qualifiant, le jeu des alliances avec le centriste pourrait permettre à Juppé de tirer son épingle du jeu. Bien évidemment j’ajoutais, qu’en dépit de ma conviction que mon analyse et ma stratégie étaient pertinentes, je n’étais absolument pas partant pour remettre les pieds dans les soupentes de l’UMP comme je l’avais fait au tout début du septennat. Peine perdue, j’avais à nouveau péché par orgueil, me restait plus qu’à faire le mort pour qu’on m’oublie.

 

Le 9 novembre 2014 j’écrivais

 

« Maigre vapeur saisi en aller-retour à la poêle, carottes et navets de variétés oubliées rôtis à feu doux, câpres de Pantelleria, ciboule à fleurs, mince filet d’huile de cumbava, Claire au piano fut impeccable. Le catalan, un peu crispé à son arrivée, se détendit un peu lorsque je lui proposai ce dîner frugal. À table Émilie se tenait à ma droite, le premier Ministre nous faisant face. Ses sbires s’installèrent sur le canapé de l’entrée face à l’écran plat, par bonheur Canal+ diffusait un match de la Champion League. Un bref instant, Manuel et moi évoquâmes nos souvenirs de week-end de Pentecôte, chez Catherine et Jean-Paul, en Normandie. Filiation rocardienne devenue certes lointaine mais fil rouge de la fameuse ouverture du temps de la France unie de Mitterrand. Si Simone Veil avait basculé en 1988, le panorama politique aurait vraiment changé mais Antoine veillait au grain, Rocard dû se contenter de seconds couteaux à l’exception notable d’un Jean-Pierre Soisson suffisamment caméléon pour accepter l’aventure au Ministère du Travail. Le catalan m’écoutait. Émilie lui proposait une larme de chenin de Jo Pithon qu’il acceptait. Nous mangeâmes en silence sous le regard attendri de Claire qui préparait une compotée de rhubarbe vanille bourbon- riz au lait cru de vache Jersiaise.

 

La conjonction d’un excellent dîner, léger et rapide, et de mon introduction perche tendue, confortait l’animal politique, renforçait son capital de confiance en moi. Il n’avait rien à craindre, ce qui allait se dire autour de cette table nichée dans la Mouzaïa ne se retrouverait pas dans la presse ou dans un futur livre de confidences. La grande maison lui avait tiré mon portrait, rétif mais loyal, et il savait à quoi s’en tenir. Manuel prit la peine de se lever pour aller remercier Claire. Émilie servit le café. Réendossant ses habits de Premier Ministre Manuel nous gratifia d’une analyse assez sombre de l’état de la majorité présidentielle. « L’extrême-gauche tient le même discours économique que l’extrême-droite, incantatoire, irresponsable, elle joue la carte du retour d’une droite dure pour faire fructifier sa pelote contestataire ; les Verts sont du purin d’orties, puant et inefficace, à évacuer à l’égout ; le temps est donc venu d’enfoncer un coin dans la brèche ouverte entre les nouveaux mollétistes du PS et la gauche réformatrice. La recomposition du paysage politique est possible. Les synthèses molles à la Hollande ont fait la preuve de leur dangerosité. Je ne suis pas un homme pressé mais déterminé. Es-tu prêt à m’aider ? » Ce tutoiement tirait un léger sourire Émilie.

 

Ma réponse fit ciller Manuel « Oui car j’aime Émilie… C’est une reine même si je ne suis pas son roi. Elle est mon oxygène. Tu peux compter sur moi si elle est à mes côtés. Ce sera mon dernier combat… » Un ange passa avant que je ne reprenne la parole pour exposer mon plan de bataille. Objectif : faire passer à Juppé la barre des primaires de l’UMP afin de renvoyer talonnettes agité à la géhenne.

 

« La frange d’électeurs de la gauche modérée qui, à la fois, éprouve une répulsion persistante et ravivée envers un Sarkozy qui n’a pas changé, mais aussi une déception profonde envers François Hollande, doit se mobiliser pour aller voter Juppé aux primaires, un chiraquien modéré qu’ils choisiraient après que Chirac lui-même eut fait le choix de Hollande, radical chiraquien de Corrèze, afin de s’éviter un deuxième tour Le Pen-Sarkozy. Le maire de Bordeaux présente deux atouts majeurs pour toi : son âge et son alliance de fait avec Bayrou. Tu dois faire l’impasse sur la prochaine présidentielle, tout à perdre, sauf à ce que la déliquescence du PS fasse de toi le seul recours face à un désastre électoral annoncé. Reste la mobilisation, le passage à l’acte de ces électeurs qui ne sont pas des militants. Il faut partir de loin, les travailler au corps avec doigté, ne pas donner des munitions à l’homme pressé qui va tout faire pour torpiller les primaires dès qu’il aura mis la main sur le parti. Nous risquons d’être face à la même configuration que pour le duel entre Fillon et Copé. Tous les coups, toutes les turpitudes seront permis, Sarkozy fait le pari que son écrasante élection, le mois prochain, à la tête de l’UMP, suffira à le rendre incontestable.

 

«Ils ont intérêt à me bloquer sur la bretelle Quand je serais sur l’autoroute, personne ne pourra m’arrêter», fanfaronne-t-il devant ses lieutenants. Il va falloir jouer fin, en sous-main avec des gens sûrs et déterminés. Il hors de question de faire jouer un quelconque rôle aux semelles de crêpes de la grande maison afin de refaire le coup des Irlandais de Vincennes. Carte blanche, si ça merde c’est de ma faute, si c’est gagnant tu me donneras une médaille en chocolat avant que je ne parte vivre en ermite à Syracuse. » Manuel affichait un sourire satisfait « Tu as carte blanche, moyens illimités et tu ne réfères qu’à moi… » J’acquiesçais, il enfilait son affreux imperméable bleu marine, enroulait son écharpe rouge autour de son cou, me saluait avant de claquer des bises à Claire et Émilie. Ce petit intermède à la Mouzaïa l’avait rasséréné.»

 

Présidentielle: Cécile Duflot, pauvre petite victime que Hollande aurait tuée

Dans le registre «Hollande m’a tuée», Cécile Duflot est aujourd’hui à son meilleur. Alors que le congrès de son parti s’ouvre samedi à Saint Ouen sous de tristes auspices, pas un seul jour ne se passe sans qu’elle offre une nouvelle preuve des intentions homicides de l’Elysée à son endroit. Les écolos se meurent et leur chef de file affiche ses blessures. Tout cela est dit comme un lourd secret qu’on livre presqu’à regret tant il est douloureux. C’est que la victime est encore sous le choc. Jamais elle n’aurait pu imaginer pareille agression.

 

Pensez donc! Une tentative d’assassinat ourdie par un Président claquemuré dans son palais et dont l’unique obsession est de se venger de tous ceux qui ont eu l’audace de vouloir lui résister. Comment imaginer des mœurs aussi noires ? Comment croire que de telles pratiques puissent encore exister dans un pays civilisé, à l’aube du troisième millénaire?

 

Sacrée Cécile ! Lorsqu’on enseignera un jour l’art de la tragédie-comédie dans les écoles de la politique, c’est elle qu’il faudra convoquer en premier. Vous vous tirez une balle dans le pied ? Eh bien venez maintenant expliquer qu’on a voulu vous flinguer ! Ce numéro-là exige une parfaite maîtrise de soi. Pas de cris, pas de râles, juste une pointe d’indignation dans la voix. Pour être plainte, la prétendue victime doit être blessée sans avoir l’air abattue. Pour être soutenue, il faut qu’elle mette en scène sa douleur et sa détermination à la fois. Mourir, en politique, est un exercice de style réservé aux très grands acteurs du circuit. Dans sa génération, Cécile Duflot est, à l’évidence, l’un d’entre eux.

 

C’est qu’il en faut en effet du talent pour faire passer pour un traquenard ce qu’il n’est au fond qu’un combat perdu. Depuis qu’elle a rompu avec François Hollande en sortant du gouvernement, en mars 2014, Cécile Duflot est entrée en guerre. C’est son droit. Elle était l’alliée de référence. Elle est devenue d’un jour à l’autre le procureur implacable d’un quinquennat placé, à ses yeux, sous le signe du renoncement. Pourquoi pas! Elle a pris son risque. C’est tout à son honneur! Elle s’est plantée. Ça arrive ! La voilà qui explique désormais que son échec est de la responsabilité de celui qu’elle a voulu défier. C’est pour le moins original !

 

Au fond, Cécile Duflot ne pardonne pas à François Hollande de lui avoir résisté. Elle se comporte comme une compétitrice qui n’accepte pas d’avoir perdu. C’est comme si, dans une élection, elle faisait grief au vainqueur de l’avoir emporté. Il y a quand même quelque chose de tordu - et d’ailleurs assez révélateur en termes de tempérament - dans ce raisonnement qui repose sur l’idée qu’en politique, tous les coups sont permis, sauf celui de se défendre et qui suggère surtout que la défaite ne peut être que le fruit de la trahison.

 

François Hollande a sans doute beaucoup de défauts. Mais il est quand même un peu farce de le décrire, un jour, comme un petit bouchon, incapable de la moindre constance, pour le transformer, le lendemain, en un nouveau Machiavel. Plus il est faible, plus son avenir paraît compromis et plus on l’imagine en train de tirer les ficelles, en coulisse. Dès qu’une tête tombe – y compris dans la presse… - c’est sa responsabilité qui est pointée du doigt. S’agissant de Cécile Duflot, il est urgent de décevoir les complotistes de tous poils. Si la tête est tombée, c’est qu’elle ne tenait plus qu’à un fil.

 

Le seul grief qu’on pourrait d’ailleurs faire au Président est d’avoir voulu la sauver plus longtemps que de raison. Il serait amusant que Cécile Duflot publie l’ensemble des textos que lui a adressé François Hollande depuis quelques années. Il y a fort à parier qu’on y trouverait plus de mots doux que de menaces, plus de «Cécile, reviens» que de «Cécile, prends garde à toi».

 

François Hollande est un conciliateur dans l’âme qui a toujours préféré la pêche à la ligne à l’art de la chasse. A ceux qui, au PS ou à Matignon, le pressaient de tirer l’échelle, il expliquait, il y a encore peu, que son unique ambition était de ramener au bercail l’ensemble du troupeau écolo. C’est faute de mieux qu’il s’est résolu à faire entrer au gouvernement, en février dernier, la secrétaire nationale d’EELV et les présidents des deux groupes parlementaires. Pour le prix de Cosse, de Placé et de Pompili, il aurait volontiers acheté – est-ce le bon mot ? – un seul baril de Duflot.

 

Aujourd’hui, celui-ci ne vaut plus rien. A qui la faute? EELV est au bord du dépôt de bilan. Ses militants désertent en masse. Il n’ont été que trois milles à se déplacer lors du vote des motions de Saint Ouen. A force de jouer sur tous les tableaux à la fois, leurs élus locaux ont été laminés lors des dernières élections locales. Ils ne sont plus désormais assez nombreux pour parrainer avec succès l’un des leurs, lors de la prochaine présidentielle de 2017. Vu le score qui est promis à Cécile Duflot au cas où elle parviendrait finalement à se présenter - 2%, tout bien pesé -, il n’est d’ailleurs pas sûr que le jeu en vaille la chandelle.

 

Imaginer un instant que l’Elysée soit responsable d’une telle déconfiture est une belle plaisanterie. Cécile Duflot est trop roublarde, dans son malheur, pour ne pas le savoir. On lui fera la grâce de croire ici qu’elle ne l’entretient pas par hasard. Bientôt, c’est écrit, elle expliquera queFrançois Hollande et lui seul l’a empêchée de défendre, en 2017, ses couleurs et son projet. Il est même possible qu’elle justifie ainsi son ralliement à une candidature venue d’autres horizons. Là encore pourquoi pas. Mais était-il vraiment nécessaire de se donner tant de mal pour en arriver là ?

 

Michel Onfray : « Nous sommes déjà en guerre civile »

PAR JEAN-MARCEL BOUGUEREAU, PUBLIÉ LE 10 JUIN 2016.

 

Tout indique que la loi Travail n’est qu’un prétexte pour la CGT d’engager la bataille avec la CFDT.

 

Alors que les rues de plusieurs grandes villes ressemblent à des dépôts d’ordures, que la grève se poursuit à la SNCF, à la RATP et dans les raffineries, une question se pose : le gouvernement n’ayant aucune raison de céder sur la loi Travail, même si, ponctuellement, il a fait d’importantes concessions à la SNCF, que veut vraiment la CGT ? Que veut Philippe Martinez ?

 

Tout se passe comme si la CGT, tout en se défendant de vouloir saboter l’Euro, s’était donné des objectifs jusqu’à la re-discussion de la loi à l’Assemblée, en juillet. Pour le gouvernement, l’enjeu est de faire cesser un mouvement social coûteux en ce qui concerne la SNCF, mais surtout coûteux en termes d’image, également pour le tourisme, déjà très handicapé par les attentats.

 

Si l’on regarde plus attentivement ce « bras de fer », on se rend compte qu’il est largement mis en scène. On a l’impression que le pays est bloqué. Mais jeudi, à la SNCF on comptait moins de 8 % de grévistes, la grève restant très suivie par les roulants, mais chaque jour un peu moins. Face à la loi Travail, le nombre de grévistes demeure faible dans le privé mais aussi dans le public. Même dans les manifestations, ce n’est pas la foule : les syndicats eux-mêmes disent 100 000 personnes. La réforme des retraites en 2010, c’était 1,2 million de personnes certains jours. Alors, pourquoi ce bras de fer ?

 

Tout indique que la loi Travail n’est qu’un prétexte pour la CGT d’engager la bataille avec la CFDT, avec qui elle est en concurrence pour la première place. Alors que Bernard Thibault avait fait émerger une CGT moderne et réformiste, Martinez incarne un retour en arrière. Comme le note Jean-Marie Pernod de l’Ires, la CGT « est organisée sur le modèle des années 1960-1970, avec une structuration de branche qui date, calée sur les grandes entreprises et peu sur les PME. Elle n’a pas pris en compte les réorganisations productives qui ont transformé l’entreprise, modifié la structure du salariat, par exemple les rapports entre donneurs d’ordre et sous-traitants, l’appartenance croissante des PME à des groupes, la précarisation des travailleurs, en particulier des jeunes ».

 

Ces blocages sont le fait d’une minorité très déterminée de militants, dans les ports, les centres de traitement des déchets, les dépôts de carburants. Jusqu’à présent, selon les sondages, les Français soutiennent les mouvements d’opposition à la loi Travail. Mais les jours passant et l’Euro approchant, les Français pourraient faire volte-face si grèves et blocages en venaient à durer et à perturber la tenue de l’Euro. Ce retournement d’opinion est déjà en marche. Comment Philippe Martinez, après avoir lâché la bride à sa frange la plus hostile au compromis, va-t-il pouvoir faire machine arrière ? À moins que la rencontre entre Myriam El Khomri et le dirigeant de la CGT annoncée la semaine prochaine ne débloque la situation.

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:00
« Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois… » Albert Camus la dramaturgie du dernier « pénalty » : Séville 82 Maxime Bossis Je n’en ai plus jamais tiré depuis

« C’est quand on est au milieu des bois que l’on s’aperçoit que c’est difficile. »

 

Les bois, au temps de Camus, c’était la cage aux fameux poteaux carrés dans laquelle se tenait le dernier rempart, le gardien de but, le goal qui souvent portait une casquette et pratiquait à mains nues pour capter le fameux cuir.

 

Le 23 octobre 1957, au Parc des Princes, le Racing Club de Paris reçoit Monaco sous les caméras des « actualités françaises ». Suite à une frappe d’un joueur monégasque et d’une erreur du gardien parisien, la balle finit au fond des filets. Le reporter se tourne alors vers un spectateur debout en imper-cravate qui n’est autre qu’Albert Camus, 44 ans, tout juste auréolé de son prix Nobel. Les malheurs du goal du Racing reçoivent l’indulgence de l’écrivain : “Il ne faut pas l’accabler. Le 23 octobre 1957, au Parc des Princes, le Racing Club de Paris reçoit Monaco sous les caméras des “actualités françaises”. Suite à une frappe d’un joueur monégasque et d’une erreur du gardien parisien, la balle finit au fond des filets. Le reporter se tourne alors vers un spectateur debout en imper-cravate qui n’est autre qu’Albert Camus, 44 ans, tout juste auréolé de son prix Nobel. Les malheurs du goal du Racing reçoivent l’indulgence de l’écrivain : « Il ne faut pas l’accabler. C’est quand on est au milieu des bois que l’on s’aperçoit que c’est difficile ».

 

 

« Il s’était habitué à occuper le poste de gardien de but depuis l’enfance, parce que c’était celui où l’on usait le moins ses chaussures. Fils d’une famille pauvre, Camus ne pouvait se payer le luxe de courir sur le terrain : chaque soir, sa grand-mère inspectait ses semelles et lui flanquait une rossée si elles étaient abîmées. Il apprit aussi à gagner sans se prendre pour Dieu et à perdre sans se trouver nul, il apprit à connaître quelques mystères de l’âme humaine, dans les labyrinthes de laquelle il sut pénétrer plus tard, en un périlleux voyage, tout au long de son œuvre. »

 

Eduardo Galeano, Le football, ombre et lumière.

 

« On se souvient de ce titre magnifique du roman et film éponyme de l'écrivain autrichien Peter Handke : «L'angoisse du gardien de but au moment du penalty». Tous les amateurs de foot et ceux, plus rares, qui ont parfois tenté l'expérience du gardien à ce moment précis mesureront la justesse et la beauté de ce titre. Il est rare que les artistes s'inspirent de ce jeu entre 22 individus qui courent derrière un ballon rond. Et encore moins de cet homme qui se tient seul et pendant 90 minutes entre trois bouts de bois et se saisit de la balle avec les mains. Pourtant, s'il est un spectacle où l'impondérable est l'enjeu essentiel, où le récit se développe dans le mouvement et s'improvise au fur et à mesure du déroulement de l'action, c'est bien celui d'un match de foot. Le processus dramaturgique de la confrontation se construit dès le coup d'envoi. Les acteurs de l'histoire participent en chœur à l'écriture d'un récit dont nul ne connaît d'avance le «pitch». Ceux qui regardent le spectacle comme ceux qui le font ignorent son dénouement. C'est une des fictions les plus réalistes et c'est ce qui fait, peut-être, la magie et la morale de ce spectacle vivant.

 

Mais le pénalty tout comme le tir-au-but, est sans aucun doute la dramaturgie la plus intense du football, un face-à-face au bout duquel il y aura un gagnant et un perdant, un sauveur et un maudit.

 

Deux noms, connus par ma génération, illustrent bien l’intensité de cet acte sacrificiel : Maxime Bossis et Faruk Hadzibegic.

 

Leur « pénalty raté » l’un face à l’Allemagne, qui n’était que la RFA, à Séville, le 8 juillet 1982, en demi-finale de la Coupe du Monde, l’autre le 30 juin 1990, à Florence, en quarts de finale de la Coupe du Monde face à l’Argentine de Maradona.

 

L’Histoire avec un grand H planait sur ce drame moderne : Séville 82 : La France crie vengeance, et lors du Mondial-1990, Croates et Serbes jouaient sous le même maillot, celui de la Yougoslavie – ce fut la dernière fois, une fin précipitée par le dernier penalty… Dans les mois qui suivirent, tant et tant de supporters devinrent les miliciens d’une guerre civile. Une guerre durant laquelle les nationalismes se sont affrontés dans le sang, sous les bombardements.

 

Mais revenons à la dramaturgie comme le dit très bien Platini le banni :

 

« Celui qui n’a jamais vu ce match n’a jamais vu un match de football. Celui qui n’a jamais vu ce match n’a jamais vu un match de Coupe du monde. Aucun film au monde, aucune pièce ne saurait transmettre autant de courants contradictoires, autant d'émotions que la demi-finale perdue de Séville ».

 

À tort on parle de pénalty, le péno de notre enfance, alors qu’il s’agit d’un tir-au-but qui est une épreuve utilisée pour départager deux équipes à la suite d'un match nul. Dans le cas du pénalty, le tireur ou tout autre joueur de champ peut tenter à nouveau sa chance en cas d’échec dans la continuité de l’action. Pour le tir au but c’est sans appel en cas d’échec du tireur, tir à côté, au-dessus ou sur les montants ou arrêt du gardien de but.

 

La loi 14 du football fait partie des 17 lois du jeu régissant le football, maintenues par l'International Football Association Board (IFAB). La loi 14 se rapporte au coup de pied de réparation, communément appelé « penalty » (de l'anglais penalty kick).

 

L'inventeur du « penalty kick » est l'Irlandais William McCrum, en 1890, en tant que membre de l'Association irlandaise de football de l'époque.

 

Le 8 juillet 1982, à Séville, les Bleus perdent en demi-finale de la Coupe du Monde contre les Allemands aux tirs au but. L’ancien Nantais Maxime Bossis s’en souvient.

 

- Comment vivez-vous le fait d’avoir manqué un tir au but?

 

Je n’en ai plus jamais tiré depuis. Je suis resté traumatisé par ça. Après dans le jeu, je n’ai pas été traumatisé car j’ai enchaîné derrière avec une saison extraordinaire au FC Nantes avec un titre de champion de France en 83. Les tirs au but, en revanche, ça n’était plus pour moi après cet échec.

 

- Vous avez dû vous refaire le film souvent?

 

Évidemment, je me suis refait le film. Je n’étais pas prévu dans les cinq premiers tireurs donc je n’étais pas préparé psychologiquement à ce tir au but (il était le sixième tireur). J’ai hésité jusqu’au but pour savoir quel côté j’allais choisir. Je me suis toujours demandé pourquoi j’ai autant assuré le coup et essayé de placer le ballon alors que j’étais tout à fait capable de le placer de l’autre côté ou de tirer en force au milieu. Plus de 2.000 fois, je me suis dit que j’aurais dû tirer autrement ce tir au but. Après, j’ai vu que d’autres en ont raté comme Platini en 86 mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de tristesse et de culpabilité quand on rate un tir au but.

 

- Vous vous souvenez parfaitement du moment où vous partez le tirer?

 

Je me souviens de mon départ du rond central et de ma marche jusqu’au point de penalty. Ça m’a paru durer une éternité. Je me rappelle aussi que je me disais: «Qu’est-ce que je fais? Je place le ballon où? Je tire en force?» J’ai sans doute trop hésité avant ce tir au but. On me parle tout le temps de ce tir au but manqué. C’est impossible pour moi de ne pas m’en souvenir mais je n’en ai quand même jamais fait de cauchemars.

 

France-Allemagne de 1982, c’est un vrai chagrin que les Allemands, par la voix de Helmut Schmidt, chancelier de l’époque, ont tenté d’adoucir par le biais d’un télégramme envoyé à François Mitterrand dans lequel il écrivait :

 

«Le jugement de Dieu qui, selon la mythologie classique, entre en jeu dans chaque combat entre deux peuples a voulu que cette chance échoie au camp allemand dans ce match. Nous sommes de tout cœur avec les Français qui méritaient d’aller de l’avant tout autant que nous

En 1990, l’Italie accueille le Mondial de foot. Le 30 juin à Florence, les Yougoslaves affrontent, en quarts de finale, les Argentins de Maradona. Au coup de sifflet final, le score est nul. La séance des tirs au but s’achève sur ce qui a été qualifié à tort le penalty raté du capitaine, Faruk Hadzibegic.

 

Ce sera l’ultime apparition de l’équipe nationale d’un pays en voie d’implosion. C’est dans les virages des stades, tenus par la pègre, qu’ont été formés, en Serbie et en Croatie, les groupes paramilitaires, dont les méfaits, dans les années 1980, préfigurent les conflits de la décennie suivante.

 

Ce « penalty manqué » par Faruk Hadzibegic devenait soudain une histoire de football et de guerre. Le symbole, le déclencheur de l’éclatement d’un pays.

 

Gigi Riva, dans son livre le Dernier Penalty, formidable enquête, histoire de football et de guerre, ne manque pas de le rappeler, l’explosion de la Yougoslavie, «une idée romantique à l’agonie» alors, bruissait depuis quelque temps – dix ans après la mort du dirigeant Tito, la fédération socialiste n’était maintenue à flot qu’à coups d’illusions. Ainsi, ça avait chauffé fort lors d’un match entre le Dynamo Zagreb et l’Étoile Rouge de Belgrade. Dans le stade, les supporters avaient déployé des banderoles avec des slogans identitaires et créé une émeute.

 

Gigi Riva est rédacteur en chef de l’hebdomadaire italien L’Espresso, homonyme d’une légende de la Squadra Azzura et il a couvert la guerre des Balkans. Son livre raconte comment foot et politique se sont croisés durant un demi-siècle, jusqu’au paroxysme de Florence en 1990.

 

« Dans les Balkans, dire que le sport est comme la guerre n’est pas une métaphore. La guerre est la continuation du sport par d’autres moyens. »

 

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 06:00
Mieux qu’un vulgaire BBQ, de la barbe au cul, offrez-vous un cochon de lait nature pris sous la mère !

Oui je l’avoue je ne suis pas du tout barbecue, ça pue le graillou, tu manges debout, en plein soleil, t’as les doigts gras, tu t’en fous partout, c’est carbonisé et par-dessus le marché tu bois du jaja tiède débité au robinet d’une outre moderne dites bag-in-box.

 

Je trouve le BBQ trop petit bras, très petit bourgeois, pavillon, gazon, Roundup dans les allées gravillonnées, ma préférence va à la bête entière, embrochée, le genre méchoui ou cochon de lait rôti…

 

Avant de vous proposer mon cochon de lait nature parlons du barbecue et écartons de suite la fable franchouillarde, reprise au XVIe par les rosbifs, qui voudrait que le barbecue tienne son origine de la « barbe au cul » désignant la manière d’embrocher l’animal en fin de partie de chasse.

 

La mode du BBQ nous vient des States, le mot barbecue aurait été emprunté à l’hispano-américain. On trouve son origine dans les civilisations pré-caribéennes, les arawak ; on retrouve des traces du mot originel barbacoa dès 1518 au sens «dispositif pour faire rôtir les viandes en plein air». En 1697 dans A new Voyage round the World de William Dampier il est utilisé au sens de « cadre de bois latté servant de sommier » sous la forme barbecu, borbecu. Par la suite, en 1699, le mot anglais a muté en «dispositif sur lequel l’on fait rôtir les viandes en plein air» ; enfin au début du XVIIIe il a désigné la «viande rôtie à ce dispositif » et on retrouve l’utilisation du terme « barbecue » dès 1733 pour signifier un rassemblement festif organisé autour de grillades de viandes.

 

Au 19e siècle, le barbecue est très répandu dans le sud des États-Unis, notamment à Memphis, en Caroline du Nord et au Texas. Cette technique de cuisson lente étant une façon astucieuse d’attendrir les bas-morceaux, qui étaient souvent le lot de la population afro-américaine pauvre vivant dans le Sud. Au début du 20e siècle, le barbecue s’est répandu sur tout le territoire. Dans les années 50, on retrouve ainsi des grills (restaurants servant une cuisine au barbecue) dans chaque ville nord-américaine.

 

 

En 1957, la revue Popular Mechanics propose des plans pour fabriquer un barbecue extérieur à partir d’un baril de pétrole. Puis, quatre ans plus tard, George Stephen Sr. révolutionne l’appareil en y ajoutant un couvercle hermétique et des trappes d’aération pour mieux contrôler la chaleur. C’est ainsi que le premier barbecue à couvercle a vu le jour.

 

 

En 1960, on réussit pour la première fois à raccorder le barbecue à l’alimentation en gaz naturel de la maison. Puis dans les années 70, avec l’ajout d’un réservoir au gaz propane à même l’appareil, on assiste à l’essor de la plus récente génération de barbecues.

 

 

Le texte qui suit est extrait du Livre Le Cuisinier Français de François Pierre La Varenne publié en 1651. « Originaire de Bourgogne, ce modeste provincial s’est formé dans les cuisines du marquis d’Uxelles, gouverneur de Chalon. » Cet ouvrage, destiné aux apprentis cuisiniers, fut révolutionnaire car « l’auteur a été le premier à mettre par écrit, dans les nombreuses recettes qu’il propose, les transformations considérables des goûts et habitudes gastronomiques des Français entre 1550 et 1650. Cent ans au cours desquels la cuisine médiévale a laissé place à la grande cuisine moderne. »

 

Je trouve ce texte d’une grande beauté formelle.

 

 

Cochon de lait au naturel

 

« Prenez-le dessous la mère, échaudez-le, faites-le babiller et rôtir avec un bouquet, du sel et du poivre dans le corps, puis servez.

 

Autre façon : prenez-le aussi en-dessous la mère, saignez-le dans l’eau prête à bouillir, puis, étant pelé, videz-le par le côté, troussez les pieds de devant vers le col, et ceux de derrière avec une brochette. Faites-le blanchir dans de l’eau chaude et ciselez-le sur le corps pour le cuire. Mettez dans l’estomac un oignon piqué de de clous de girofle, de fines herbes, un peu de beurre, du sel et un peu de poivre, puis recousez l’ouverture et faites-le rôtir.

 

Pour n’avoir point la peine de l’arroser : le frotter d’huile d’olives. Par ce moyen, il prend bonne couleur, et la couenne devient fort délicate. Étant bien cuit, servez-le garni de fleurs. Vous pouvez l’arroser avec du sel et de l’eau, ou le frotter avec du lard.»

Mieux qu’un vulgaire BBQ, de la barbe au cul, offrez-vous un cochon de lait nature pris sous la mère !
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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 06:00
Sujet de philosophie au baccalauréat option viti-oeno pour les nuls : « La vraie nature du vin »

Les parents, les grands-parents et leurs mouflons angoissent : en juin les épreuves du baccalauréat pointent le bout de leur nez ce qui permet aux journalistes de nous servir un beau marronnier.

 

Votre serviteur a lui passé 2 bacs, l’un en fin de première dit examen probatoire (l’année suivante il fut supprimé) et l’autre en fin de Terminale le vrai baccalauréat.

 

J’ai donc, dans mon parcours scolaire obtenus 4 diplômes : les 2 bacs, la licence en droit public et un doctorat de 3ième cycle.

 

Se retrouver dans une salle surveillée pour plancher sur 1 sujet choisi parmi 3 propositions m’a toujours excité : j’adore être au pied du mur sans autre possibilité que de réussir à passer de l’autre côté pour retrouver ma liberté.

 

Je choisissais toujours très vite le sujet à traiter en fonction de mon inspiration. Ensuite venait un long temps de réflexion pour pondre la première phrase : c’est important la première phrase c’est comme enfoncer le soc d’une charrue pour commencer à labour. Ça pouvait durer un long moment mais dès qu’elle me plaisait je pondais mieux encore qu’une poule en batterie.

 

Tout à la fin je pratiquais la conclusion ouverte, ça ne mangeait pas de pain et ça laissait le correcteur sur une bonne impression.

 

Autre détail : je m’appliquais à écrire lisiblement.

 

Bref, face au sujet de philo :  «Pourquoi les animaux ne parlent-ils pas ? » je laissais ma plume vagabonder pour me payer un 18/20 qui avec son coefficient 9 me permettait sur les autres matières de me friser la moustache que je n’avais pas encore.

 

En dépit de cette belle note je n’ai jamais envisagé d’aller plus avant, d’embrasser la profession de philosophe. Bien m’en a pris, imaginez que fusse devenu le BHL ou l’Onfray de service, j’en tremble de frayeur…

 

Voilà pour la partie souvenirs d’un gus que les examens n’ont jamais empêché de dormir, reste pour moi à entrer dans le vif du sujet du jour : « La vraie nature du vin ».

 

Je l’ai découvert sur les panneaux Decaux.

 

C’est l’œuvre de Gérard Bertrand qui, bien qu’ancien rugbyman, aime surfer sur les tendances.

 

Le vin Nature, comme nous les serine à tout bout de champ le ronchon Pr Tiron, est l’enfant chéri des bobos parisiens qui, bien évidemment, ne vont pas l’acheter dans les allées de la GD où les vins du Grand Gégé sont omniprésents.

 

Alors pourquoi cette accroche ambigüe ?

 

Ça m’interroge !

 

Deux concepts forts mis bout à bout : la vérité et la nature du vin au sens de la nature humaine.

 

Nature humaine :

 

Ensemble des caractères qui définissent l'homme, considérés comme innés, comme indépendants à la fois des déterminations biologiques et des déterminations sociales, historiques, culturelles.

 

« Le thème de la nature humaine n'avait cessé de susciter l'interrogation, de Socrate à Montaigne et Pascal, mais c'était pour y découvrir l'inconnu, l'incertitude, la contradiction, l'erreur (...). Lorsqu'enfin, avec Jean-Jacques, la nature humaine émergea comme plénitude, vertu, vérité, bonté, ce fut aussitôt pour nous en reconnaître exilés et la déplorer comme un paradis irrémédiablement perdu. Et il fallut peu, par la suite, pour découvrir que ce paradis était aussi imaginaire que l'autre (E. Morin, Le Paradigme perdu: la nature humaine, Paris, éd. du Seuil, 1973, p.20)

 

Vraiment est-ce que le sans soufre ajouté donne un brevet de naturalité au vin de Gégé?

 

J’en doute.

 

Les vinificateurs de GB révèlent-ils par ce simple fait la vraie nature de ce vin baptisé Naturae ?

 

Je suis sûr que non.

 

Vraiment, comme le disait Audiard, « Faut pas prendre les oiseaux du bon Dieu pour des canards sauvages ! »

 

Y’a une erreur de casting et de cible : l’habit ne fait, ici et comme souvent, pas le moine et les petites louves et les petits loups, qui aiment se siffler des vins nus, ne vont pas tomber dans le panneau.

 

Après ces rapides digressions commerciales je vous invite à sortir votre plumier pour commencer à plancher sur le sujet.

 

Comme je suis bon et que je n’irai pas vérifier, vous avez 4 heures.

 

Je ne ramasserai pas les copies parce que je vous fiche mon billet que pas un seul d’entre vous va s’y coller, même les accrocs de Face de Bouc. Se taper une dissertation de philosophie c’est plus difficile que de poster des conneries ou de torcher des commentaires pour faire le beau avec des vannes à 2 balles ou des analyses qui atterreraient le plus extrémistes des économistes atterrés.

 

Au cas où une disserte se pointerais rassurez-vous je noterai sur 1000 grâce à l’algorithme savant de mes amis Butane&Degaz.

 

Le Baccalauréat, deux cents ans d'histoire

 

Pour chaque étudiant qui l’obtient, le baccalauréat sonne comme une victoire. Plus qu’un diplôme, il marque quasiment aujourd'hui le passage à l’âge adulte, tant son obtention coincide avec l'âge légal de la majorité. Etymologiquement, le mot baccalauréat a pour racine la locution latine “bacca laurea” , c’est-à-dire “la couronne de laurier ”. Il s’agit de lacorono triumphalis , la couronne triomphale, distinction honorifique symbolisant la gloire de son porteur. En latin tardif, il devient "baccalaureatus " et prend pour signification "degré de bachelier donné dans les universités".

La racine du mot "bachelier", quant à elle, diffère. Jusqu’au XVIIe siècle, avant que sa signification évolue, le bachelier n'est autre que le “jeune noble aspirant à devenir chevalier”.

Les origines étymologiques du diplôme, qu'il s'agisse de locutions latines ou d'Ancien Français, lui confèrent presque une dimension épique. On est loin d'une épreuve où l'on se contente de réciter des connaissances acquises. Pourtant, l'histoire du baccalauréat ne débute qu’au XIXe siècle.

Un baccalauréat réservé aux élites Le mot "baccalauréat" prend une toute autre signification lorsque Napoléon Ier décide d'en faire un diplôme d'entrée à l'université. L'Empereur veut former les élites indispensables au fonctionnement du pays et, pour ce faire, créé les lycées . Avec l’aide de Foucroy, il publie un décret qui rétablit les universités de l’Ancien Régime.

Au sortir de la Révolution française il n'existe en effet plus d'écoles de tous niveaux. Les écoles primaires sont repensées sous l'impulsion, notamment, de Talleyrand. On créé avec succès des écoles spécialisées, dont l’Ecole polytechnique, qui forme les militaires, ou le Conservatoire National des Arts et Métiers.

Napoléon, lui, s'intéresse essentiellement à l'enseignement secondaire, qui a pour vocation d'apporter "les connaissances premières nécessaires à ceux qui sont appelés à remplir des fonctions publiques, à exercer des fonctions libérales ou à vivre dans les classes éclairées de la société ".

C'est ainsi que sont restaurées les facultés de Droit, de Théologie et de Médecine, et qu'est créée celle de Sciences. Pour accéder à ces dernières, il faut obligatoirement être le titulaire d’une “maîtrise ès arts” dispensée par la faculté de Lettres. C'est cette maitrise qui est nommée “baccalauréat”.C'est en effet la culture gréco-latine qui domine le champ culturel, d'où l'importance de la faculté des Lettres.

Loin de sanctionner les années d’études passées au lycée, le baccalauréat est en réalité conçu comme le premier grade universitaire, ce qu’il est d’ailleurs toujours dans les textes.

Le texte du 17 mars 1808 précise ainsi :

“16. Les grades dans chaque faculté seront trois : le baccalauréat, la licence, le doctorat. [...]

19. Pour être admis à subir l’examen du baccalauréat dans la faculté des lettres, il faudra 1) être âge d’au moins 16 ans; 2) répondre sur tout ce qu’on enseigne dans les hautes classes de lycée. [...]

22. On ne sera reçu bachelier dans la faculté des sciences qu’après avoir obtenu le même grade dans celle des lettres [...].

26. A compter du 1er octobre 1815, on ne pourra être admis au baccalauréat dans les facultés de droit et de médecine sans avoir au moins le grade de bachelier dans les celle des lettres.”

La première session du baccalauréat, en juillet 1809, n’accueille que 39 candidats, tous issus de la haute bourgeoisie. L'examen est alors quasi donné : il n’existe pas encore d’épreuve écrite, l’épreuve consiste simplement en un entretien oral.

“On dit que le bac était difficile au début, qu’on ne prenait que la moitié des candidats, c’est absolument faux, on en prenait au début 95 %, puis 90 %... Et ça dure très longtemps ”, raconteAndré Chervel, historien de l’éducation, spécialiste du bac de lettres dans les 50 premières années de sa création :

La suite ICI

 

 

 

 

 

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 06:00
«Rien de plus charmant que le dîner dans le jardin de l'hôtel Ritz, cette oasis de calme fraîcheur au centre de Paris», Le Figaro en 1901. «Rien de plus charmant que le dîner dans le jardin de l'hôtel Ritz, cette oasis de calme fraîcheur au centre de Paris», Le Figaro en 1901. Crédits photo : Wikimedia commons LES ARCHIVES DU FIG

«Rien de plus charmant que le dîner dans le jardin de l'hôtel Ritz, cette oasis de calme fraîcheur au centre de Paris», Le Figaro en 1901. «Rien de plus charmant que le dîner dans le jardin de l'hôtel Ritz, cette oasis de calme fraîcheur au centre de Paris», Le Figaro en 1901. Crédits photo : Wikimedia commons LES ARCHIVES DU FIG

Depuis le lundi 6 juin le Ritz est de nouveau ouvert je vais donc pouvoir aller traîner au bar Hemingway pour voir comment ils ont lifté le décor de chaudes boiseries tentant de reproduire l’atmosphère de l’époque Hemingway. Que sont devenues sur les murs, les photos et couvertures de magazines, machines à écrire et même une carabine, rendant un hommage permanent à l’auteur du Vieil Homme et la mer, Prix Nobel de littérature en 1954 ?

 

Et, qu’est devenu Colin Field, le chef barman de l’historique « Bar Hemingway », un citoyen de Sa Très Gracieuse Majesté, Colin Field, natif de Rugby, patrie de la célèbre Rugby School et de son sport éponyme, dans le canton de Stratford-upon-Avon lieu de naissance de William Shakespeare ?

 

 

Le bar Hemingway du Ritz est une légende parisienne depuis plus d'un siècle. En 1898, avec l'aide de l'architecte Charles Mewès, César Ritz conçoit, en collaboration avec le chef français Auguste Escoller un établissement au confort «ultra-moderne»: premier hôtel bénéficiant de l'électricité à tous les étages. Chaque chambre est équipée d'une salle de bain privée avec baignoire. Une petite révolution pour l'époque !

 

Racheté en 1997 par le milliardaire égyptien Mohamed Al Fayed. La même année, c'est en partant d'ici, poursuivis par les paparazzi, que son fils, Dodi Al Fayed, et Diana, la princesse de Galles, ont été victimes d'un accident mortel.

 

Le Ritz a bâti une partie de sa légende sur sa fréquentation, faite de personnalités politiques de renom, d'acteurs américains ou d'écrivains. Ernest Hemingway y avait ses habitudes, Audrey Hepburn y a tourné trois films, Charlie Chaplin ou Jean-Paul Sartre y ont été clients.

 

 

La libération du bar du Ritz, le 25 août 1944, par Ernest Hemingway (1899-1961), tient plus de la légende, initiée par le romancier américain en personne, que de la vérité historique.

 

En revanche, son attachement à ce palace, où il avait souvent séjourné avant la guerre, est lui bien réel : « Lorsque je rêve de la vie après la mort, l'action se passe toujours au Ritz à Paris ».

 

Hemingway a participé au Débarquement du 6 juin, au sein du 22e régiment d'infanterie de la 4e division américaine. Correspondant de guerre pour le magazine « Collier's », il suit en juin et juillet les troupes américaines remontant vers Paris, en appui de la 2e DB française.

 

« L'écrivain ne doute de rien. Surtout pas de lui-même. À Rambouillet, à la mi-août, un résistant se souvient qu'il « ne parlait que de cela : être le premier Américain à Paris et libérer le Ritz ». Il réussit, sur son nom et avec l'appui de l'Etat-Major de la IIIe Armée (commandée par Patton), à obtenir un rendez-vous avec le général Leclerc, commandant la 2e DB. Il veut lui demander, rien de moins, des hommes pour aller tout de suite vers Paris libérer le bar de son palace favori.

 

L'accueil du général est glacial. L'écrivain s'étonnera longtemps d'avoir été éconduit.

 

Le 25, vêtu de l'uniforme de correspondant, fusil-mitrailleur au poing et accompagné d'un groupe de résistants, il arrive toutefois en jeep place Vendôme. Il fait irruption dans le palace et annonce qu'il vient « libérer personnellement » le Ritz et son bar, réquisitionné en juin 1940 par les nazis et occupé par les dignitaires allemands, dont à l'occasion Goering et Goebbels.

 

Le directeur de l'hôtel, Claude Auzello, vient vers lui. Hemingway lui demande : « Où sont les Allemands ? Je viens libérer le Ritz ». « Monsieur, ils sont partis depuis très longtemps. Et je ne peux pas vous laisser entrer avec une arme ».

 

Hemingway va la reposer dans la jeep, pour revenir au bar où il laissera une ardoise historique de 51 dry Martini !

 

 

La suite ICI 

 

Hemingway restera nostalgique de cette période de sa vie. Il écrira à Marlène Dietrich « J'ai été vraiment amoureux dans ma vie, de cinq femmes, de la République espagnole et de la 4e division ».

 

 

« Le Petit Bar » du Ritz porte son nom depuis 1994. Sur le comptoir, trône une sculpture en bronze à son effigie. L'écrivain, alors sans le sou, avait découvert le Ritz à la fin des années 20 en compagnie d'un compatriote fortuné, Francis Scott Fitzgerald, avant de connaître le succès avec « Le soleil se lève aussi » et « L'adieu aux armes ».

 

Affabulateur l’Hemingway, s’il n’a pas libéré le petit bar du Ritz a-t-il inventé le fameux cocktail Bellini ?

 

 

Le Bellini a été créé au Harry’s Bar de Venise et est devenu la boisson emblématique de l’endroit. Rappelons que le Harry’s, fondé en 1931 (et qui n’est pas lié au « vrai » Harry’s, celui de Paris), devint dès son ouverture le rendez-vous de tous les hommes de goût et est connu pour avoir été l’une des escales favorites d’Hemingway. C’est à Giuseppe Cipriani, le patron du bar, que l’on doit la création du Bellini.

 

Mélange de nectar de pêches blanches et de champagne ou de prosecco, le cocktail a été conçu en 1948, et doit son nom au peintre vénitien Giovanni Bellini (et non pas au compositeur sicilien du XIXème siècle Vincenzo Bellini, comme on le croit parfois). Toute la difficulté et l'équilibre du Bellini dépend avant tout de la qualité du nectar pêche.

 

Dans son Venise comme je l’aime… Un guide pour se perdre… France Thierard écrit : Savourer un « cocktail Martini » au Harry’s Bar

 

« L’endroit pour retrouver ses amis vénitiens, le vendredi soir, toujours fidèles au bar mythique. Et si, Giuseppe Cipriani, avec Ernest Hemingway, est l’inventeur du « Bellini », je préfère le « cocktail Martini » de son fils Arrigo ou, plus fort encore, son « Bull shot », un mélange explosif de vodka, de consommé de bœuf, de citron et de tabasco »

 

Comprenne qui pourra !

 

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 06:00
« B… éclata d'un rire énorme et jeta une mie de pain saucée dans la bouche d'A... » L’art de saucer est-il un art brut pour péquenots…

C’est du Zola dans Germinal, 1885, p. 121.

 

Saucée, en ce moment vu l’état du ciel en France, sauf en Bretagne, dès que nous mettons le nez dehors nous sommes violemment saucés.

 

« Elle venait de voir passer Mme Goupil « sans parapluie, avec la robe de soie qu'elle s'est fait faire à Châteaudun. Si elle a loin à aller avant vêpres, elle pourrait bien la faire saucer » Proust, Swann, 1913, p. 101.

 

« Le temps devient abominable (...). Hier nous avons voulu faire une promenade en mer et nous avons été saucés » Flaubert, Correspondance, 1875, p. 223.

 

Dans L’art de saucer, son livre paru aux éditions de l’épure, Malayen Zubillaga nous explique que saucer est « une pulsion primitive, une manière instinctive de goûter le monde… »

 

 

Elle prévient : ça ne se fait pas au nom des codes du savoir-vivre.

 

  • Dans le genre injonction « aussi sèche qu’une hostie dominicale » par Le Petit Larousse du savoir-vivre : Ne saucez pas votre assiette avec du pain.

  • C’est la règle pour le Guide de l’étiquette et du savoir-vivre, avec une exception pour les préparations rustiques de péquenots, même pas en famille car « ces mauvaises habitudes choqueront inévitablement l’entourage et pire, une future belle-mère. »

 

  • Pour La Varende « c’est le commun qui lèche son écuelle »

 

Au Bourg-Pailler, la mémé Marie coupait dans la mie du pain de 4 livres des « petites béchées* » pour que nous puissions saucer.

 

* bouchées en patois vendéen

 

Dans mon petit roman du dimanche, le 24 décembre 2006, j’ai même écrit ça :

 

Elle rit : « et moi tu m'adores comment ?

 

- Comme le beurre de sardines...

 

- J'ai peur...

 

- Quand j'étais petit j'aurais vendu mon âme au diable pour une bouchée de pain qui avait saucé le beurre de sardines...

 

Là, je m’inscris en faux sur la supposition de l’auteur comme quoi « la baguette a été inventée pour saucer. »

 

La baguette c’est un truc de parigots tête de veau et je m’étonne qu’une Marseillaise puisse verser dans un tel parisianisme.

 

Mais il lui sera beaucoup pardonné car elle cite Desproges : « […] il faut être végétarien ou socialiste pour ne pas comprendre l’intense martyre qu’enduraient quotidiennement les malheureux gastronomes de ces temps obscurs. Pour bien imaginer la cruauté d’une telle frustration, essayez vous-même, misérables profiteurs repus de la gastronomie laxiste de ce siècle décadent, de saucer un jus de gigot à la pointe du couteau ou encore les dents d’une fourchette. C’est l’enfer ! C’est atroce ! »

 

Plus encore, je lui accorde les oreilles et la queue pour son humour roboratif : « En Espagne, où saucer se dit mojar (ce qui signifie aussi « mouiller ») (je dis ça je dis rien) »

 

« À Marseille, on ne rigole pas avec les pieds et paquets : si on prépare soi-même les paquets – on en trouve des tout prêts chez la plupart des bouchers –, il est INTERDIT D’UTILISER LA FICELLE pour les fermer. Ce serait comme oser mettre les glaçons avant l’eau dans le Ricard, oublier la rascasse dans la bouillabaisse ou supporter le club de foot de Toulon… »

 

J’adore les Pieds&Paquets et dans une chronique j’écrivais « La première trace des Pieds Paquets – pas mal non – remonte à 1476 au dîner offert par les chanoines de St Trophime d'Arles pour les funérailles de leur confrère Étienne Roberti. Ils sont apparus la première fois dans les recettes du livre de Clément Marius Morard en 1888 et leur réputation grandissante fera écrire à Blancard peu avant les années 1930 qu'ils sont «presque aussi renommés que la Bouillabaisse» marseillaise. »

 

« Du côté de Marseille on galèje grave il se dit qu’un cuisinier dénommé Ginouvès aurait élaboré la recette au XIXe siècle, dans le quartier de « la Pomme », en s’inspirant de la panse farcie écossaise et des tripes à la mode de Caen. Même si cette référence à « la panse de brebis farci » me plaît assez car le sketch succulent de Jacques Bodoin. »

 

Humour certes mais aussi invocation, très je sauce le jus de mes tomates en salade au Flore, de Claude Lévi-Strauss avec son art de donner du goût au pain :

 

« Car il ne suffit pas de manger assez. Il faut, comme le proverbe français le dit excellemment, ne pas perdre le goût du pain, c’est-à-dire de stimuler et de maintenir l’appétence pour un aliment de base, fournisseur d’énergie, mais doté d’une faible saveur […]. La véritable base de la cuisine mondiale, c’est l’hydrate de carbone assaisonné par un condiment. »

 

L’auteur sait aussi admettre ses échecs lorsqu’elle se lance dans la bataille du pain « ma déception a été à la hauteur de mes naïves espérances, un peu comme quand je demande au coiffeur la coupe dégradée Meg Ryan et que je sors en ressemblant à Bernard Thibault. »

 

À ce stade de mon exercice de critique littéraire j’avoue que je suis allergique aux livres de recettes car, comme le note Malayen (un prénom qui ne devrait pas plaire à Zemmour) « Tout le monde peut suivre une recette dans un livre, mais peu de personnes savent spontanément harmoniser une salade composée… »

 

Même si je ne suis pas un alchimiste qui s’ignore, un « toque » en espagnol (prononcé « tôqué), ma ligne de partage est simple : soit je suis capable d’interpréter au feeling un plat, soit je vais au restaurant pour manger ce que je ne sais faire de cette manière.

 

C’est ici que se situe le génie de l’auteur de l’Art de saucer, ses textes donnent envie de se lancer dans l’aventure, ils sont savoureux, baguenaudent dans la vraie vie, s’égarent dans les souvenirs de famille ou de voisinage comme à Martigues (prononcer Martchigues) dans l’immeuble où 5 des 8 appartements étaient loués par une famille de la famille « Yvonne, t’y as des poivrans ? », grésillent dans la poêle, embaument la cuisine…

 

Bref, sans verser dans le dithyrambe, c’est de la belle ouvrage qui donne envie de saucer au nez et à la barbe des coincés du col et des bouches en cul de poule…

 

Mon choix dans cette mine s’est porté sur la Coda alla vaccinara spécialité romaine.

 

Pourquoi ?

 

Avec ma franche mauvaise foi : parce que j’ai un faible pour Virginia Raggi, candidate 5 étoiles aux élections municipales à Rome, arrivée largement en tête avec 37% des voix. Une nouvelle louve pour la ville éternelle ? Par pure diplomatie je ne vous dis rien sur notre maire à nous qui dit aimer le vélo mais nous offre une chaussée pleine de trous…

 

« Elle aurait été créée par les bouchers romains pour utiliser la queue après avoir vendu aux bourgeois les morceaux réputés nobles de l’animal. Classique (après les tripes et les pieds, je te présente la queue). On commence d’ailleurs par un mijotage traditionnel a la tomate et au vin, pendant plusieurs heures pour que la viande se décroche des os et que les ingrédients se fondent en une alchimie onctueuse et parfumée – magie gélatineuse de la queue de bœuf.

 

Mais la coda alla vaccinara est urbaine, insolente, presque sulfureuse : les restaurateurs ont pris l’habitude d’ajouter à cette base du cacao des raisins secs et des pignons. De quoi défriser la moustache du boucher de mon village… »

 

« Les Romains saucent la queue, dégustant la coda alla vaccinara avec du pain plutôt qu’avec des pâtes. Ça me plaît, ce pain qui occupe une place centrale dans le repas : on ne le pose pas avec des pinces dans une petite assiette en guise d’accessoire décoratif ou de coupe-faim bourratif ; on le prend à pleines mains, on l’imbibe, on le tète, on le mâche, on le trempe, on le gobe, ah ça oui, c’est la sauce. »

 

Allez avec Malayen assénons la belle formule du regretté Jacques Villeret, dans Papy fait de la Résistance, trempant une demi-baguette beurrée dans un œuf d’autruche devant des convives atterrés ( ne pas confondre avec les économistes) « L’humour, c’est l’une des choses que je préfère, avec l’infanterie et les pieds  paquets. »

 

L'art de saucer par Desproges : un très grand moment de radio au Tribunal des Flagrants Délires 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 06:00
e-cuisine, le parcours chaotique d’un gâte-sauce ganache de + de 65 ans dans sa quête du riz au lait nappé de chocolat pour les mamans qui veulent gâter leurs enfants.

La tante Valentine, au Bourg-Pailler, ne mettait que très peu la main à la pâte, ses seules fonctions nourricières consistait à tourner chaque matin la manivelle de l’écrémeuse dans la souillarde située au-dessous de ma chambre, à baratter le beurre dans un grand tarrasson, à le mouler dans un moule ovale orné d’une marque imprimant une fleur sur le beurre et enfin à faire du riz au lait nappé de chocolat de ménage. La tante Valentine était une femme des champs où, protégée par sa quichenotte, elle abattait le travail de deux personnes.

 

Je dois avouer que le riz au lait nappé de chocolat de ménage de la tante Valentine fut ma madeleine de Proust. Au retour de l’école j’en mangeais à m’en faire péter la sous-ventrière. C’était l’extase qui virait à l’épectase.

 

Donc tout au long de ma vie déjà longue, j’ai perpétué la tradition riz au lait nappé de chocolat de ménage de la tante Valentine et Anne-Cécile a pu ainsi, elle aussi, atteindre les sommets des plaisirs simples.

 

Jérémie Couston, journaliste à Télérama, me demandait l’autre matin de l’aider à convaincre une de ses copines, naviguant dans la haute-finance, de cesser de manger de la mauvaise bouffe achetée an GD et dans le hard. J’ai argumenté, et dans la réponse qu’elle fit à mon ami, j’ai été frappé par le fait qu’elle se justifiait de donner de la nourriture toute prête à ses enfants en se réconfortant par un « Je crois sincèrement que les aliments pour enfants sont suffisamment contrôlés pour que mon fils ne soit pas malade parce que je lui donne du ficelo. »

 

Les bras m’en sont tombés et j’ai décidé de vous transmettre, photos à l’appui, mon parcours chaotique pour arriver à présenter à cette génération de mères ou de pères un riz au lait nappé de chocolat de ménage présentable pour séduire leurs mouflons.

 

Mon problème c’est que mon riz au lait nappé de chocolat de ménage était excellent, délicieux, succulent, mais présentait l’aspect d’une vague bouse marronnasse. Rédhibitoire face aux packagings affriolants des grands laitiers industriels qui utilisent jusqu’à Vermeer pour faire croire que leur laitière sait encore ce qu’est le lait.

 

1ière Tentative avec le matériel du bord… cata… moche !

 

e-cuisine, le parcours chaotique d’un gâte-sauce ganache de + de 65 ans dans sa quête du riz au lait nappé de chocolat pour les mamans qui veulent gâter leurs enfants.
e-cuisine, le parcours chaotique d’un gâte-sauce ganache de + de 65 ans dans sa quête du riz au lait nappé de chocolat pour les mamans qui veulent gâter leurs enfants.
e-cuisine, le parcours chaotique d’un gâte-sauce ganache de + de 65 ans dans sa quête du riz au lait nappé de chocolat pour les mamans qui veulent gâter leurs enfants.
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e-cuisine, le parcours chaotique d’un gâte-sauce ganache de + de 65 ans dans sa quête du riz au lait nappé de chocolat pour les mamans qui veulent gâter leurs enfants.
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2ième Tentative avec un nouveau moule… cata bis… effondrement !

 

Après consultation de mon amie Claire, qui a fait chocolatière chez Jacques Génin, j'ai appris ce qu'était une ganache - ne riez pas -  200g de chocolat pour 200g de crème fraîche, faire chauffer la crème puis incorporer le chocolat hors du feu...

 

Banco !

 

 J'achète aussi un moule à gâteau...

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3ième Tentative avec de la fleurette et du matos pro…

 

Claire a beaucoup ri en voyant mon gâteau de riz et elle m'a dit que je me compliquais la vie : je devais aller du côté des Halles acheter un moule pro en silicone. J'ai opiné et j'y suis allé à vélo mais un truc ma chiffonnait : la tante Valentine allait-elle, du haut du ciel où elle est maintenant logée vu le nombre de rosaires qu'elle a égrené, apprécier cette modernité ?

 

Arrivé chez Bovida, après discussion, j'ai opté pour 2 moules dôme en inox... 

 

Autre précision, la Claire m'a donné le bon conseil pour m'éviter une nouvelle cata : il fallait que j'utilise de la crème fleurette et non de la crème crue beaucoup chargée en matières grasses... Que ferais-je sans Claire !

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Le résultat est perfectible mais je puis vous assurer que ce riz au lait : 2 litres de lait cru, 200 g de riz Aquarello, 2 gousses de vanille Bourbon fendues, sucre Vanillé, sucre roux bio… nappé d’une ganache de chocolat Bonnat 200g et crème fleurette fermière 200g est un délice facile à réaliser si on s’y prend bien.

 

Dès que le riz est dans le moule il faut le placer un temps dans le freezer de votre réfrigérateur pour qu’il refroidisse vite mais sans le glacer. Le mettre ensuite dans un compartiment du frigo. Pour démouler vous passer la pointe d’un couteau fin autour de la couche supérieure puis plonger le cul du moule dans de l’eau bouillante.

 

Ça vous prendra une vingtaine de minutes chrono.

 

Comme moi faites vos courses à vélo : le résultat ci-dessous :

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 06:00
À Paris, quand la Cour s’amuse en Appel pour s’échapper du quotidien après 1 dure journée de travail dans 1 ambiance grise, elle crève 1 ballon de rouge de côtes-du-Rhône…

 

Haro sur le sentiment de gaîté et la légèreté, les dignes et, sans doute tristes, conseillers ou conseillères de la Cour d’Appel de Paris en ont décidé ainsi, quand après une dure journée de travail, dans une ambiance grise, tu t’offres un ballon de rouge de côtes-du-rhône, pour rêver, d’échapper du quotidien, pour faire une pause, tu entres de plain-pied dans la confrérie des pochtrons qui se murgent la tronche pour creuser plus encore le trou de la Sécurité Sociale.

 

À ce degré d’interprétation de la loi la jurisprudence se hisse au plus bas niveau d’une argumentation de piliers de café du commerce, verse dans un mauvais scénar du style Zola revisité par Franck Dubosc, participe à l’hygiénisation de la population.

 

La convivialité condamnée, comme si ceux qui ont envie d’oublier leur vie de merde avait besoin d’un visuel alléchant pour se noyer, en général en solitaire, dans l’enfilade de verres d’une boisson alcoolisée...

 

Qu’attends Jacques Dupont pour s’Invigner tout rouge ?

 

Inciter le bon peuple à s’offrir un petit verre à la sortie du boulot c’est le conduire, « en s’échappant ainsi aux difficultés de la vie », je cite, « à une consommation excessive pour atteindre le stade de félicité suggéré par le virtuel, lequel dépasse donc ce qui est nécessaire à la promotion du produit et inhérent à la démarche publicitaire proprement dite. »

 

Belle hypocrisie que celle-ci !

 

Vous me direz, ça n’est pas très grave car « qui regarde les affiches ? », « qui se dit, tiens pour m’envoyer en l’air en sifflant un petit verre ? », je vous assure : pas grand monde !

 

Tout ça c’est le fonds de commerce de l’ANPAA, association de lutte contre l’alcoolisme, addict à la chasse à la communication pour mieux masquer son incapacité à faire régresser le fléau.

 

Le 19 novembre 2014, les « incapables » avaient attaqué devant le TGI de Paris la campagne de publicité des Côtes du Rhône auprès du Tribunal de Grande instance de Paris le 19 novembre 2014 et par une ordonnance du 7 janvier 2015, le juge des référés du tribunal avait autorisé le maintien des visuels tout en demandant un changement du slogan « Au goût de la vie ». Ce qu’Inter Rhône avait fait en reprenant son ancien slogan « Des vins hauts en couleur ».

 

Appel bien sûr, et l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris qui vient de tomber le 27 mai : « ordonne la suppression de tout support publicitaire et notamment sur tout support papier et support de communication en ligne, la mise en scène d’un personnage en costume de ville tenant une sacoche dans la main droite, accroché à un ballon de baudruche rouge par la main gauche et s’élevant dans le ciel au-dessus d’une ville grise associée au slogan Côtes du Rhône ».

 

L’astreinte est de 5000 euros par infraction constatée à compter du 27 mai 2016.

 

Inter Rhône demande donc à tous les opérateurs qui auraient encore des affiches ou documents représentant cette campagne de les retirer.

 

À noter que le deuxième visuel de la campagne (un homme repeignant sa maison en rouge) n’est pas interdit, la Cour d’Appel ayant considéré qu’il n’était « pas de nature à inciter à une consommation abusive et excessive d’alcool ».

 

Allez, pour ne pas sombrer plus encore dans la sinistrose ambiante deux slogans que je propose à Inter Rhône.

 

« Plutôt rouges que mort ! »

 

« Les bêtes à cornes ont peur du rouge… »

 

NB. Le rédachef me signale que le mec à la cravate flottante, avec son beau cartable de cadre propre sur lui, qui s’envoie en l’air, est le portrait-type de l’ex chargé du marketing de la maison Rhône émigré sous d’autres cieux depuis.

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