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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 06:00
Te zo sot ha me zo fin, te ‘evo dour, me ‘evo gwin… tu es bête et moi malin, tu boiras de l’eau et moi du vin… comment être rond quand on est breton !

Ce dimanche un beau soleil d’hiver était enfin au rendez-vous, comme une envie de flâner, de baguenauder sur les hauteurs, de farfouiller dans les étals de livres du côté d’un libraire qui a la bonne idée de se nommer Le Monte en l’Air.

 

Dans cet état j’erre tel un pauvre hère à la recherche d’un appel d’air pour attiser ses neurones encalminés.

 

Donc je rousinais, cherchant la perle rare, et, comme souvent, ce fut au tout dernier moment que mon regard acéré tombait sur « BOIRE, de la soif à l’ivresse ». Bonne pioche ! Et sans offenser mes amies bretonnes, qui ont une belle descente, je me disais, dans ma petite Ford d’intérieur, que l’opus étant l’œuvre du Musée de Bretagne je venais de dénicher une pépite nichée dans le granit.

 

Les historiens de comptoir

 

Quelle belle appellation ! Les historiens de comptoir donc, « vous diront que c’est la guerre 14-18 qui, par les rations distribuées aux poilus, a donné aux Bretons le goût du « pinard »

 

Pas étonnant que Le Drian, ancien maire de Lorient grand port pinardier occupât l’Hôtel de Brienne où sont logés les culottes de peau des Armées.

 

« Pourtant le vin est connu et importé en Armorique depuis fort longtemps. La culture de la vigne y a même longtemps été pratiquée, modestement en Basse-Bretagne, mais un peu partout, notamment dans les rias autour des abbayes. Le cidre ne s’y est vraiment implanté qu’à partir du 17e siècle.

 

Recherchés pour leur qualité et portés par leur force symbolique, les vins d’importation font au cours de la première partie du 20e siècle une formidable percée dans les classes populaires. Pénétrant par les ports, ils s’invitent donc en premier lieu à bord des bateaux. »

 

« Auparavant, aux 16e et 17e siècles, ce sont les Bretons – en particulier les bigoudens – qui dominent le transport du vin entre le sud et le nord de l’Europe. »

 

« Les rôles (état nominatif du personnel embarqué sur le navire) d’Oléron et de Saintonge datant du 13e siècle, offrent déjà au marin breton transportant du vin un « droit de breuvaige » c’est-à-dire l’autorisation de boire tant qu’il veut sur la cargaison. »

 

« Robert Joncour, dernier capitaine de pinardier à avoir approvisionné la Bretagne en vin d’Algérie, affirmait que ce privilège extravagant était encore en vigueur en 1982 ! Au point qu’il fallait s’arrêter en arrivant à l’entrée de l’Odet pour faire descendre les marins fatigués et refaire le niveau avec de l’eau d’une fontaine. Ceux qui cabotaient en rade de Brest avaient moins de scrupules, remplaçant le liquide manquant par de l’eau de mer. »

 

« En 1939, avec un bar pour 71 habitants dans le Finistère (la plupart tenus par les femmes), 255 négociants et 160 litres de vin par habitant et par an, le vin a gagné le cœur des ouvriers et des paysans. Une filière s’est mise en place, stimulée par une publicité très créative, avec ses bistrots, ses marchands de vin devenus des notables dans les villages, et ses ports pour accueillir les hectolitres. Brest en tête. Pour répondre à l’énorme demande, la Bretagne importe du vin d’Algérie, que les négociants coupent avec des vins du Languedoc de piètre qualité. Le produit obtenu, fort en alcool et gouleyant, plaît au buveur, parfois moins à son organisme. Le déclin de la consommation s’amorce à partir des années 60. Les Bretons sont aujourd’hui dans la moyenne nationale, consommant moins de vin, mais de bien meilleure qualité. Pour autant, leur réputation d’avoir « le gosier bien pendu » semble avoir la vie dure.»

 

 

« L’ivresse est en Bretagne un mode d’alcoolisation qui, au fil des siècles, a souvent retenu l’attention des élites. Certains notables n’ont pas hésité à en faire un trait spécifique de la caractérologie régionale, tel Audren de Kerdrel écrivant en 1844 que « l’ivrognerie est un vice… auquel la race bretonne est adonnée depuis des siècles » N’allait-on pas en Cornouaille jusqu’à enseigner aux jeunes garçons à s’enivrer pour entrer dans le monde des adultes ? Boire vite (evit buhan) et tenir bon (dalc’h mad) telles sont, selon Alexandre Bouet, les clés de cette « première leçon d’ivrognerie » croquée par Olivier Perrin.

 

Le sous-préfet de Saint-Malo regrette en 1868 que « la perspective d’une journée exempte de la monotonie et des fatigues du labeur accoutumé jointe au désir de chacun de satisfaire librement des goûts dépravés » attire en ces lieux ( les foires) « plus souvent les cultivateurs peut-être que leur intérêt pour l’agriculture. »

 

Le Dr Lohéac de Gourin en 1906 souligne néanmoins « que la facilité avec laquelle nos cultivateurs s’enivrent, provient de leur abstinence habituelle. »

 

« Au seuil du 21e siècle, alors que l’essor du binge drinking inquiète les pouvoirs publics et que s’exacerbe la question de la vie nocturne en centre-ville, les jeudis étudiants rennais ou brestois deviennent des symboles des excès du boire de la jeunesse pour nombre de médias qui perpétuent ainsi le stéréotype de l’ivrognerie bretonne. Les similitudes ne sont que toutefois qu’apparentes, notamment chez les plus jeunes : l’ivresse, naguère encadrée par les adultes, relève désormais davantage d’un entre-soi générationnel. »

 

Voilà, tout ce qui est écrit ci-dessus ne l’est pas de ma blanche main mais est extrait de l’ouvrage cité publié en septembre 2015.

 

 

Te zo sot ha me zo fin, te ‘evo dour, me ‘evo gwin… tu es bête et moi malin, tu boiras de l’eau et moi du vin… comment être rond quand on est breton !
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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 06:00
Les défroqués du vin conventionnel.

Dans ma Vendée confite dans l’eau bénite et les soutanes, le défroqué était un réprouvé, divorcer du service de Dieu, renier son serment, relevait du bannissement, de l’interdiction de séjour.

 

Pendant tout un temps le défroqué rompait les amarres, disparaissait, puis avec le grand séisme de 68 qui vida les séminaires de Vendée et saigna à blanc le clergé le plus jeune, certains ne firent pas qu’abjurer ils devinrent les plus violents détracteurs de l’Église qu’ils avaient servi.

 

Comparaison n’est jamais raison mais dans le monde du vin jeter le froc du vin conventionnel revêt chez certains une attitude similaire. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, rompre avec son passé n’est pas un péché, la honte, reste que de voir ou de lire certaines philippiques laisse sans voix sur la versatilité de la nature humaine.

 

Les images pieuses offertes à nos yeux, ces mains calleuses, gage de l’authenticité du vin, n’étaient-elles que des épandeuses insoucieuses de Roundup ?

 

Je ne sais mais ce que je sais c’est que j’ai toujours eu beaucoup de mal à recevoir des leçons de sobriété par des alcooliques repentis…

 

Ni cendres sur la tête, ni robe de bure des bourgeois de Calais, juste ce qu’il faut de regard sur soi-même pour nous fichez la paix.

 

C’est dit, zoom arrière :

 

En 1954, Léo Joannon réalisa Le Défroqué avec Pierre Fresnay dans le rôle du curé défroqué.

 

Famille chrétienne

 

« Prisonnier en oflag XIII en 1945, le prêtre défroqué Maurice Morand est contraint de dévoiler son secret à ses codétenus en donnant l’extrême-onction à l’aumônier du camp. Parmi ces détenus, Gérard Lacassagne, influencé par sa rencontre avec Morand, décide de consacrer sa vie à l’Église. Après leur libération, malgré la désapprobation de sa famille et de son ancienne fiancée, Lacassagne persévère, aidé par son supérieur de séminaire, un ancien camarade de Maurice Morand, et la mère de ce dernier. Le jeune novice se fixe comme objectif de ramener Morand sur le droit chemin, et multiplie les tentatives pour le convaincre, ce qui contraint son ami à se cacher. Après son ordination, Lacassagne rend une dernière visite à Morand... »

 

Télérama écrit « Armé de sa foi bétonnée, il affrontera inlassablement l'orgueil démoniaque de l'impie... »

 

Après son ordination, Lacassagne rend une dernière visite à Morand, accompagné par la prière de tous leurs proches. Les deux hommes se disputent, l’ancien prêtre frappe son ami et rouvre une ancienne blessure, provoquant sa mort. Sur le point d'expirer, Lacassagne donne l'absolution à Morand, contrit et retrouvant ainsi la foi.

 

Un critique écrit :

 

« Il y a beaucoup d’outrance, pas mal de maladresse et même des scènes un peu ridicules dans ce grand mélodrame qui fut, je crois un immense succès, mais il y a aussi de la hauteur de vue, de la noblesse d’âme et de l’émotion.

 

Je ne crois pas pour autant que Le défroqué puisse être, aujourd’hui, mis sous tous les yeux : il faut avoir une certaine sensibilité aux questions spirituelles, un minimum de culture catholique et une envie de se pencher sur ces questions de Grâce divine, de pardon des offenses, de communion des saints et de mystère de la vocation sacerdotale.

 

Disant cela, je ne me veux pas le moins du monde méprisant, ni même éloigné de ceux que ces mots et ces idées n’intéressent pas, ou qui les regardent comme des archaïsmes mythologiques. Le monde a changé, depuis 1954, date de sortie du film et ce mot de Défroqué qui sonne comme une claque donne lieu aujourd’hui à de l’indifférence ou au sarcasme alors qu’à l’époque il apparaissait comme terrifiant. »

 

Un site catholique note :

 

« C'était l'époque où la France savait encore faire du cinéma et les catholiques possédaient encore 50% des salles de cinémas. »

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 06:00
Les petits producteurs se sont trouvés une nouvelle Jeanne Hachette, j’en connais un le basque Mixel Berhocoirigoin fier d’être paysan.

À Beauvais, le 22 juillet 1472, une certaine Jeanne Hachette met en déroute l'armée de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. 

 

« Que venait-il combattre devant Beauvais ?

 

Ou plutôt qui ?

 

Le roi, bien sûr. En 1472, Louis XI (1423-1483), fils de Charles VII, règne depuis onze ans. Il déteste son cousin bourguignon. Il est vrai qu'il était difficile de faire s'entendre deux êtres si dissemblables. Le roi est austère, il refuse de paraître, s'habille comme un bourgeois, ne sacrifie pas à la pompe royale. Il est considéré comme un bon roi du point de vue de sa gestion du royaume, mais comme un fort méchant homme. Le duc de Bourgogne au contraire ne se plaît qu'en représentation, en affirmation spectaculaire de sa puissance. Pour tout dire, il aspire à régner. Mais, là, il lui faut compter avec l'Angleterre. »

 

Même sans l’avoir nommée, ses fans de Face de Bouc auront reconnu Isabelle Saporta qui après avoir dézingué à la sulfateuse, dans son précédent ouvrage, VinoBusiness, ce pauvre Hubert de Boüard de Laforest, monte au créneau pour se porter au secours des petits producteurs, défenseurs de notre beau terroir, en butte à la chape des normes concoctées par une Administration à la solde des multinationales.

 

Nos ingénieurs, nos vétérinaires n’aiment guère cette engeance de petits producteurs frondeurs qui passent leur temps en dehors de leurs beaux clous. Eux ils aiment beaucoup le béton, le grand avec plein d’investissements, les assemblées générales du Crédit Agricole, les beaux dossiers PAC, les contrôles, à se demander pourquoi on leur a fait suivre des cursus couteux, écoles vétérinaires, agro, ENGREF, pour en arriver à une forme d’administration que Courteline ne renierait pas.

 

Notre nouvelle Jeanne Hachette ne se fait pas prier, en un road-movie rural, elle taille en pièces la belle cogestion du 78 rue de Varenne, celle qui voit le Ministre et sa grande administration coucher dans le même lit que la FNSEA. Mais attention, notre Jeanne ne fait pas que des moulinets, elle accumule des munitions, du lourd, du solide, de l’argumenté, des faits, je crois qu’on appelle cela de l’investigation. C’est rare et c’est heureux de donner à lire du contenu. Bien sûr c’est moins bandant que la saga du Sarkozy de Saint-Émilion mais c’est un petit caillou dans les grolles de Le Foll et de la mécanique infernale des normes de tous poils.

 

La bureaucratie n’aime rien tant que de générer de la substance pour justifier son existence, elle est conservatrice, frileuse, incapable de dépasser les limites de son univers bien confortable. Dans son Foutez-nous la paix ! Isabelle Saporta engage une résistance salutaire contre ceux qui veulent faire notre bonheur à notre place. Je la trouve parfois bien indulgente à l’égard de la bureaucratie de l’UE, la pire qui soit dans notre monde civilisé et mondialisé. L’URSS s’est délité en grande partie du fait de l’incompétence de ses bureaucrates, l’UE prend le même chemin avec ses lourds bataillons de Berlaymont qui conjuguent hyper-compétence et arrogance.

 

Dans le combat de notre Jeanne Hachette face à l’hydre FNSEA je voudrais faire entendre une petite musique qui ne va pas forcément plaire aux minoritaires, tout particulièrement à la Confédération Paysanne.

 

En effet, j’estime qu’elle porte une part de responsabilité dans le maintien de l’hégémonie de la FNSEA. Pourquoi diable me direz-vous ? Tout simplement parce qu’elle véhicule une image du petit producteur « misérabiliste ». Pauvre forcément pauvre, ce qui se traduit par une désaffection dans les urnes aux élections aux Chambres d’agriculture. Le contre-modèle économique qu’elle dit défendre, avec très souvent des arguments très sérieux, ne trouve qu’un faible écho car, j’ose l’écrire même si je ne vais pas me faire que des amis, il fait fi d’une forme de réussite sociale. Je ne vois pas au nom de quoi le paysan petit-producteur, sa famille, devrait être des damnés de la terre au service d’un juste combat.

 

J’ai toujours tenu ce discours à mes amis de la Confédération Paysanne, contrairement aux hiérarques du PS, Le Foll en étant le dernier avatar, qui dans l’opposition passaient leur temps à faire des papouilles de gauche aux confédérés pour mieux les snober lorsqu’ils avaient le cul dans leur fauteuil ministériel.

 

Pour preuves : j’ai fait reconnaître devant l’AG du Conseil d’État le décret sur la représentativité syndicale, qui a permis à la CP d’être un syndicat ayant pignon sur rue, contre l’avis de mon Ministre Henri Nallet et lorsque Louis Mermaz fut Ministre il n’a jamais reçu la Confédération Paysanne c’est ma pomme qui s’y collait.

 

Bref, je garde le souvenir de ces réunions un peu bordéliques avec en tête une figure qui me fut de suite sympathique, celle de Mixel Berhocoirigoin, le producteur de lait du Pays basque. Compétent, connaissant parfaitement le dossier des quotas laitiers, ouvert à la discussion, ferme sur ses convictions, un interlocuteur de qualité. Nous l’appelions Berhoco et jamais il ne se serait départi de sa bonne humeur têtue. Bien souvent j’avais envie de lui dire que c’était lui qui avait raison mais je n’étais pas le Ministre en exercice qui lui préférait largement passer ses après-midi rue de Solférino.

 

Michel Berhocoirigoin et à sa gauche le ministre Stéphane Le Foll en octobre 2012 au 7e Salon de l’agriculture paysanne, LURRAMA, à la Halle d’Iraty à Biarritz.

 

Je comprends qu’Isabelle Saporta ait accroché ses pas à Mixel Berhocoirigoin, à ses combats, il en vaut la peine.

 

Cet homme aime profondément son pays, ses brebis, ses vaches, ses produits. « Tu vois ces vaches blondes des Pyrénées ? Elles s’occupent du fourrage grossier. Pour la seconde coupe, ce sont des brebis manex, à tête noire ou à tête rousse, qui prennent la relève. Pour faire du bon lait, elles ont besoin d’une herbe fine. »

 

Il veut réimplanter la sasi ardi « une vaillante brebis autrefois présente dans toutes les fermes de cette belle région, et qui vient de gagner, comme un pied de nez, un concours de l’innovation pour ses qualités de débroussailleuse ! Peu laitière, c’est sa viande qui est valorisée dans les plus grands restaurants. »

 

Ému notre Berhoco « Regarde toutes ces fermes accrochées là où elles peuvent arracher un petit bout de prairie à la montagne, elles sont ici parce qu’elles ne pourraient être nulle part ailleurs. Et les emplois qu’elles génèrent sont viscéralement liés à leur territoire. Ils font vivre nos jeunes, nos services publics, nos écoles et créent de la richesse sur place. »

 

Créer de la richesse !

 

« Nous ne voulons pas d’une agriculture qui s’oppose à la société civile comme ne cesse de le faire le modèle industriel. On est fier d’être des paysans. Fiers de forger nos paysages. De respecter notre eau, de faire vivre notre territoire, s’émeut-il. Et on a besoin de vous pour nous soutenir, parce qu’une fois qu’on aura cassé tout ça, on ne pourra pas revenir en arrière. »

 

Ossau-Iraty, piment d’Espelette, des beaux produits, des produits d’avenir… Le road-movie rural d’Isabelle Saporta est bien loin d’un simple pamphlet, c’est un porte-voix offert à ceux qui d’ordinaire n’en ont pas. Sera-t-elle entendue une fois passé le buzz médiatique qui se nourrit de ce type d’ouvrage ? La fameuse société civile qui verse des larmes de crocodiles sur les malheurs des petits producteurs, sans savoir ce qu’ils sont et ce qu’ils font, va-t-elle se réveiller, arrêter de pousser son caddie dans les allées déshumanisées des temples de la GD?

 

J’en doute.

 

Pour créer de la valeur sur nos territoires encore faut-il qu’elle ne soit pas ensuite détruite par des prédateurs qui se servent des petits producteurs comme des leurres.

 

Pour l’heure achetez et lisez Foutez-nous la paix ! vous vous plongerez dans les plis profonds de la France des terroirs et des petits producteurs : la Corse ses brebis, son brocciu, la baie du Mont-Saint-Michel et ses prés-salés, l'Aubrac, le Laguiole d'André Valadier, le Roquefort de José Bové, le pouilly d'Alexandre Bain, le muscadet, le champagne, la poule bretonne, les normes, la pédichiffonnette, les fonctionnaires de tous poils et de toutes obédiences, et bien sûr en guest-star l'INAO...

 

Elle taille, elle taille, de beaux costars notre Jeanne Hachette du XXIe siècle, nouvelle star des plateaux, elle ferraille, sort ses griffes, claque le bec au PACS Le Foll-Beulin, raille les faux-culs, les notables, le petit Yann Moix le soutier d'ONPC... 

 

À quand le poireau ?

 

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, Sarkozy en Lybie « voulait claironner ses succès dans la campagne aérienne, alors que nous avions détruit toutes les défenses antiaériennes » Obama

Très dure semaine, bloqué chez moi par je ne sais quoi, le corps qui se crispe avant de basculer dans une langueur abyssale. Jeûne obligé, remède de bonne femme, tenir, attendre un temps plus clément. Impression d’être sur une île déserte perdu dans un océan sans horizon. Le ciel en rajoute une couche, mou, pluvioteux, misérable. J’me rappelle Aznavour, bien macho, qui chantait à sa rombière « tu te laisses aller », ouais je me laisse aller.

 

Ah! Tu es belle à regarder

Tes bas tombant sur tes chaussures

Et ton vieux peignoir mal fermé

Et tes bigoudis qu'elle allure

Je me demande chaque jour

Comment as-tu fait pour me plaire

Comment ai' j pu te faire la cour

Et l'aliéner ma vie entière

Comm'ça tu ressembles à ta mère

 

J’erre dans ma carré, pas douché, un peu crade, envie de rien…

 

Je mange des pommes cuites.

 

 

Jeannette et Maurice, qui se souvient de Maurice Thorez ?

 

Le Pas-de-Calais des mineurs de fond.

 

« Chaque ville, possède sa Bourse du Travail, chaque bourgade sa Maison du Peuple, chaque rue sa coopérative, chaque corps de métier son syndicat. L’esprit de groupement est chez nous une vieille tradition. L’homme isolé n’existe pas. On appartient à une chorale, une harmonie, une société de tireurs à l’arc ou à l’arbalète, de couloneux, de coqueleux… Ce sens du collectif, élevé au niveau supérieur, a permis aux ouvriers de créer des syndicats puissants (…) L’association n’est pas seulement une arme pour la défense des salariés. Grâce à elle, on voyage, on visite des villes, des monuments anciens, des cathédrales, des musées… Ainsi, moi, gamin, je m’étais inscrit à la fanfare locale où je soufflais dans un piston. Un beau jour, nous sommes allés jouer dans un port… Pour la première fois, j’ai vu la mer. »

 

Confidences de Maurice Thorez à Jean Fréville en 1946.

 

« Quelle différence entre ces terres fertiles de Picardie que traverse la Somme et les collines granitiques de la Creuse ! Sur les deux bords de la rivière, surtout aux environs d’Amiens, s’étendaient de petites îles, les « hortillons ». Les maraîchers circulaient dans leurs longs bateaux chargés à ras bord de légumes de toutes sortes. La terre était grasse, plantureuse, il semblait que les habitants d’une région aussi prospère dussent être tous riches. Je fus vite détrompé. Je retrouvais ici la même misère qu’ailleurs. À côté de la culture maraîchère, dont le damier multicolore s’étalait tout au long de la rivière, existaient les industries florissantes de la toile, du coton, du jute et du velours. Mais les fortunes insolentes des patrons s’édifiaient sur la pire exploitation humaine. Toute la population laborieuse de la vallée de la Somme (Ailly, Picquigny, Moulin-Bleu, Longpré, Pont-Remy, Abbeville et, plus au nord, Flixé, Saint-Ouen, Beauval) s’exténuait à des tâches ingrates, malsaines, parquée entre les murs d’ateliers étouffants. On trouvait encore, dans la banlieue d’Amiens, beaucoup de femmes « coupant » le velours à domicile. Les salaires ne dépassaient pas 40 à 50 sous par jour… À côté de ce dénuement, la vie pourtant si pénible des mineurs du Nord et des paysans de la Creuse me paraissait digne d’envie. »

 

Fils du peuple.

 

Je n’ai jamais été communiste, beaucoup de mes amis l’ont été, car c’était pour moi une nouvelle Église où régnait le dogme, l’infaillibilité du Parti. Les militants étaient admirables de dévouement, de courage et d’abnégation. Un temps, celui des combats contre les conflits coloniaux, j’ai fait partie du Secours Rouge et je les ai côtoyés. Jamais il ne me serait venu à l’idée d’aller m’engager dans la vieille SFIO de Guy Mollet, repaire de laïcards obtus, de fonctionnaires poussiéreux. C’était pourtant la Gauche, celle qui aujourd’hui implose, se délite sous le poids de ses contradictions longtemps masquées. J’ose l’écrire : c’est heureux !

 

Dieu que soudain Juppé me paraît soudain vieux !

 

Abondance de biens nuit à droite face au désert de la gauche capable de se mettre les mains dans le cambouis.

 

« Quelle stratégie permettrait à François Hollande de remporter l'élection présidentielle de 2017 ? Gérald Darmanin a sa petite idée. Le vice-président Les Républicains de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie estime en effet que la meilleure chance du président de la République passe par une démission. "Si j'étais François Hollande, je démissionnerais en expliquant qu'on m'empêche de réformer. Et je me représenterais dans la foulée, explique l'ex-député estimant que c'est sa seule chance, car il diviserait la droite et tuerait la primaire".

 

Grâce à cette stratégie, François Hollande accentuerait encore plus les divisions entre tous les candidats à la primaire de la droite et du centre. Ils se déchireraient pour savoir qui serait le meilleur pour la représenter. Du côté de la gauche, François Hollande aurait toutes les cartes en main. Il maîtriserait parfaitement la primaire, qui ne pourrait pas avoir lieu, faute de temps. »

 

Déluge de candidats sur la primaire de la droite

 

 « En ce printemps perturbé par un orage social à gauche, la droite traverse une zone d’averse très active. Sur les plateaux des « 20 heures » ou sur les scènes de meeting, un déluge de candidats s’abat sur la primaire. Un œil sur la météo médiatique, chacun a choisi sa fenêtre de tir. Si François Fillon et Alain Juppé se sont révélés précocement (en mai 2013 et août 2014), Nadine Morano, Hervé Mariton et Jean-Frédéric Poisson se sont, eux, lancés en août et en septembre 2015. Et, depuis le début de l’année, Frédéric Lefebvre, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet ont rejoint la cohorte des ambitieux. Pour le moment, ils sont neuf. En attendant la suite…

 

Car Michèle Alliot-Marie y réfléchit, Henri Guaino se tâte. Et les adhérents de l’UDI votent la semaine prochaine pour faire participer l’un des leurs. De son bureau de la rue de Vaugirard, Nicolas Sarkozy observe cette agitation, notamment celle de ses anciens proches qui ont largué les amarres, et évoque ces « candidats à la candidature ». Il relativise en déclarant : « Que je ne sois pas candidat libère un certain nombre d’énergies, et je préfère les mouvements politiques où il y a de l’énergie à ceux où il n’y en a pas. »

 

Quand je vois le couple Mailly-Martinez flanqué du nouvel avatar de l’UNEF, dire que de mon temps il y avait une UNEF-idées ! Bergeron revient, y’a du grain à moudre !

 

Et puis il y a l’ignoble Barbarin, ce Prélat, grand défenseur de la famille et des enfants lors de la grande Manif, qui ne trouve rien à redire lorsqu’un curé plonge ses sales paluches dans le calbar d’un scout. Ah, oui, il prie. Son Dieu doit être heureux !

 

Il y a 5 ans Fukushima.

 

Estier le compagnon de route de Mitterrand vient de passer l’arme à gauche.

 

Aucune lueur à l’horizon

 

« Les moins de vingt ans ont sans doute oublié – et on les comprend ! – qu’à la fin du siècle dernier, à une époque où la réélection de François Mitterrand ouvrait, à gauche, la voie de la relève, le Nouvel Observateur, sous la plume de l’auteur de ces lignes, avait publié un article qui, pendant quelques jours, avait fait quelque bruit dans le Landerneau socialiste. Son titre : «La fusée Delebarre». On y décrivait par le menu – et avec un brin d’innocence – les ambitions et la stratégie d’un quadragénaire de talent, élevé sous l’aile protectrice de Pierre Mauroy, d’abord à la mairie de Lille puis à Matignon, et à qui la rumeur promettait ce qu’on appelait alors «un destin national».

 

Emmanuel Macron, comme Michel Delebarre et tant d’autres d’une moindre notoriété que l’Histoire a oublié depuis bien longtemps, appartiennent à la catégorie de ce que la presse appelait autrefois des «rénovateurs». C’est à dire, des responsables politiques dotés d’un parcours atypique, nouveaux dans le système en raison de leur âge mais ayant su profiter de leur rapide intégration dans les cercles les plus élevés du pouvoir pour développer un discours suffisamment hétérodoxe pour être perçu à la fois comme novateur, crédible et mobilisateur.

 

Le rénovateur est la figure inversée du frondeur. Son obsession n’est pas la fidélité à une tradition ou à des textes sacrés. C’est parce qu’il est différent, qu’il s’estime original. C’est parce qu’il se juge original qu’il croit être moderne. Enfin, c’est parce que souvent, en effet, il est original et moderne qu’il trouve dans le soutien de l’opinion, le carburant d’une popularité à laquelle ses aînés ne peuvent plus prétendre […]

 

Le ministre de l’Économie ne campe plus désormais aux portes de la politique traditionnelle. Il tenait à l’évidence à ce que cela se sache. Ce faisant, il saute à pieds joints dans ce qui en constitue le cœur battant – ou tout au moins, ce qui l’en reste –, c’est à dire la présidentielle et, avant elle, la primaire qui s’imposera à gauche, dés que François Hollande aura rendu les armes.

 

C’est d’ailleurs l’hypothèse désormais crédible du renoncement de l’actuel Président qui, en créant un vide, vient d’installer, par voie d’aspiration, Emmanuel Macron dans un nouveau rôle qui lui fait perdre tout ce qui, jusque-là, faisait son originalité et, partant, sa force de séduction auprès de larges secteurs de l’opinion. Dans pareil processus, il n’est pas le premier à abandonner, du jour au lendemain, les attributs réels de la rénovation tels qu’il les avait lui-même établis. Et après tout, pourquoi pas.

 

Emmanuel Macron vient de défroquer. Peut-être a-t-il bien fait, vu ce que l’on sait désormais de ses faibles capacités de résistance face aux lois du désir. La patience n’était manifestement pas sa qualité première. Comme Bruno Le Maire, son frère jumeau de la droite, il a «envie, très envie». Le voilà engagé sur un chemin dont il rêvait sans doute de longue date. En politique aussi, l’occasion fait le larron. L’occasion était là. Il l’a saisi au passage. Ce mouvement est trop brusque, trop net, trop en contradiction avec la posture qui avait été la sienne depuis quelques années, pour être susceptible, en tous cas, du moindre retour en arrière.

 

Lire ICI Macron ordinaire 

 

Au secours Onfray revient !

 

« La maladie de la demande d’amour est la marque de l’époque. Et Michel Onfray n’y échappe pas, qui manifeste la même incapacité sentimentale que Cyril Hanouna à supporter les attaques des ennemis. On peut être célèbre, riche, écouté, chacun dans son genre, qu’il s’agisse de philosophie ou de télévision, et souffrir au point de se poser en réincarnation du martyr de Saint Sébastien.

 

Le paradoxe est total. Onfray passe son temps à dénoncer le fonctionnement d’une machine médiatique gangrenée par l’argent, la complaisance, la connivence, la haine, le buzz, sans paraître intégrer l’idée qu’il se retrouve lui-même en vedette à la Une du Point pour les mêmes raisons qu’il vilipende.

 

Le buzz Onfray, qui repose sur la haine et la passion, c’est aussi une cash machine médiatique, d’où la complaisance objective à l’ériger en héros des temps modernes. Oui, n’en déplaise à l’intéressé, c’est bien le phénomène Onfray est mis en abyme de lui-même à la Une du Point. Et le lecteur qui s’empresse de lire en quête de bashing n’est pas déçu.

 

Quand on sort de la lecture de cette interview, empreinte d’une détresse émotionnelle à la limite du supportable, on pense à Maurice Pialat, Palme d’or sifflée du festival de Cannes 1986: « Vous n’aimez pas? Sachez que je ne vous aime pas non plus ».

 

Lire ICI 

 

« Je viens d'enlever mon alliance » NKM

 

L'actuelle présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris annonce dans les colonnes du magazine Elle son divorce avec son désor­mais ex-mari Jean-Pierre Philippe.  D'une simple formule, « je viens d'enlever mon alliance », elle entend couper court aux rumeurs qui pour­raient la toucher dans ces moments durs. La phrase semble également tirer un trait sur 12 ans de mariage, 19 ans de vie commune avec son mari, également « conseiller de l'ombre », avec lequel la femme poli­tique a tout vécu ou presque.

 

Jean-Pierre Philippe explique ce qui le fascine chez celle qui est alors encore son épouse: « Elle fait de la peinture à l’huile, de la tapisserie, joue du violoncelle, elle a tous les talents, je n’en ai aucun ».

 

Enfin un éclair de lucidité de ce cher JPP…

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 06:00
Des nourritures spirituelles aux nourritures terrestres, d’Alexandre Benoît Bérurier à Laurent Berrurier… une histoire de légumes oubliés.

 

Comme je suis né dans les choux, c’était ainsi de mon temps, dans un pays de ventre à choux, et que j’ai vécu toute ma petite enfance dans une grande bâtisse adossée à un grand jardin où il y avait à peu près tout du côté légumes mais aussi des fruits, j’entretien une relation particulière avec cette part de la nourriture longtemps méprisée par la haute cuisine française.

 

Mon école du goût, même avant la cuisine de maman, ce fut gamin le potager du pépé Louis au Bourg-Pailler, avant le cuit le cru, avec une prédilection pour l’oseille que nous appelions la vinette. Je n’en ai pas pour autant viré végétarien, comme me le disait mémé Marie « faut manger de tout mon petit ».

 

Comme vous le savez j’adore les chemins de traverse alors ce matin j’en emprunte un.

 

Je fus un lecteur assidu, dans les autorails qui me menaient à mon dur labeur d’étudiant-salarié, de San-Antonio. Si je puis m’exprimer ainsi j’ai tété le lait de sa langue et il m’en est resté des expressions telle que « ma petite Ford intérieure ». Pour moi, les années 70 furent de grands millésimes « sanantonionesque » et j’ai toujours eu un faible pour le phrasé et le vocabulaire d’Alexandre-Benoît Bérurier. Avec le recul du temps je trouve qu’il était pré-Coluchien donc à ne pas mettre entre toutes les mains. Bien sûr les âmes sensibles, les lectrices ou lecteurs de Télérama, les culs-bénis, les hygiénistes seront unis pour me qualifier d’inculte.

 

Poils au culte !

 

Alexandre-Benoît Bérurier donc, dit le Gros, marié à Berthe Bérurier (dite B.B.), inspecteur de police sous les ordres du commissaire San-Antonio, collègue de l’inspecteur Pinaud dit Pinuche, n’est pas à proprement parlé un être raffiné, il adore entonner l’hymne des matelassiers, il se bâfre, lichetronne sec, il n’est pas très finaud mais il n’a pas mauvais fond et il est assez représentatif du populo de l’époque.

 

Donc pas tout à fait une grosse légume même si en 1981 il accède au poste de directeur de la police car le pouvoir socialiste vide le trop bourgeois Achille. Cette promotion est due à sa nièce Marie-Marie, militante socialiste, qui l'a inscrit au PS à son insu. Il restera peu de temps dans ses fonctions mais il est à noter qu'il fut sans doute le seul directeur de la police à avoir reçu le président de la République cul nu, suite à un désagrément intestinal qui avait rendu inutilisable son pantalon.

 

Ce n'est pas tout, car Bérurier ira encore plus haut : un peu plus tard, il est nommé ministre de l'Intérieur. Il conservera brièvement le portefeuille, suffisamment en tout cas pour que le lecteur ait l'occasion de l'admirer dans ses œuvres diplomatiques au cours d'un voyage officiel en U.R.S.S.

 

« Un de la délégation française qui produit son petit effet, c'est le ministre de l'Intérieur, M. Alexandre-Benoît Bérurier. Campé devant le buffet, il porte toast sur toast en exécutant des cul-sec sans ostentation, non pas en s'aidant de la nuque façon Von Stroheim, mais en mobilisant simplement sa glotte. Il balance le verre de vodka dans sa soupe à picole : tiaff ! Avale dans la foulée. Change son verre vide contre un plein, recommence. Elle clame bien haut, l'Excellence :

 

- Je bois au Kremlin ! - Tiaff ! 

- Je bois à Bicêtre ! - Tiaff !

- Je bois au Tsar ! - Tiaff !

- Je bois au président Staline ! - Tiaff !

- Je bois au maréchal Trotsky ! - Tiaff !

 

Ces homologues n'arrivent pas à le suivre. »

 

Et puis il y eu ma période Michel Rocard où nous allions en séminaire de cabinet à la mairie de Conflans-Sainte-Honorine. C’est là-bas que je découvris que de 1965 à 1973 Eugène Berrurier y fut maire divers droite. C’est en 1977, que Michel Rocard, le deviendra. Son implantation dans les Yvelines date de l'élection législative partielle de juin 1969 dans la 4e circonscription des Yvelines, où il bat le Premier ministre sortant Maurice Couve de Murville.

 

À un R près Bérurier ou Berrurier j’en arrive à Laurent Berrurier.

 

 

Désigne celui qui est originaire du Berry, ou encore celui qui est originaire de Bourges. Le nom Berruyer est porté notamment dans l'Isère et la Haute-Vienne. On trouve Le Berruyer en Normandie (50,76), où l'on rencontre aussi les formes Berrurier, Le Berrurier (14). Variantes : Berrouiller (30), Berroyer (36, 87), Berroyez, Berruyez (62), Berryer (80), Berruer (37).

 

Berrurier est classé au 28.929ème rang des noms de famille en France.

 

Le Parisien du 6 Janvier 2016 titrait :

 

LIRE : Grâce à lui, les légumes oubliés séduisent les plus grands chefs 

 

« Maraîcher à Neuville-sur-Oise (Val-d'Oise), Laurent Berrurier est l'un des agriculteurs franciliens qui fournissent le chef triplement étoilé Yannick Alléno. Ce dernier nous livre une nouvelle recette à partir de produits du terroir local. »

 

Pour votre Taulier ça n’était pas une découverte car ça fait un bail que les grosses légumes de Laurent Berrurier il les achetait à Terroir d’Avenir.

 

Lire Symphonie pour grosses patates bouillies en sol mineur et vin d'auteur 

 

«Tu fais les poires de terre? demande Cédric à Laurent Bérurier, je n’en ai jamais travaillé…»

 

- J’en avais la semaine dernière! Ça ressemble à une racine de dahlia.

- Et comment tu les prépares?

- Ben, je ne sais pas, moi, je ne suis pas chef!» répond le maraîcher en riant.

 

Lire Se fendre la poire oui, mais la poire de terre, ça vous changera de la pomme de Parmentier foi d’un Taulier adepte du poiré… 

 

Yannick Alléno voit en Laurent Berrurier un des producteurs sur qui il va pouvoir s'appuyer pour défendre le terroir local. « J'ai retrouvé neuf variétés anciennes de légumes originaires de l'Ile-de-France, détaille l'agriculteur de 45 ans. Le poireau de Gennevilliers (92), le chou d'Aubervilliers (93) et celui de Pontoise (95), l'asperge d'Argenteuil (95), le navet de Croissy (78), la carotte et la bette blanche de Paris, le pissenlit de Montmagny (95), l'oignon de Vaugirard. »

 

 

Ce qu'il entend par « retrouver », c'est cultiver une graine « pure », comme la qualifie Yannick Alléno.

 

« Les générations successives des Berrurier ont préservé l'asperge d'Argenteuil, sans la dénaturer, s'émerveille le chef. Même chose pour le chou de Pontoise, qui respire l'authenticité d'une région autrefois recouverte de cultures. »

 

Pour dénicher ces variétés oubliées, Laurent Berrurier potasse des livres anciens sur l'art du potager, et fréquente de petites graineteries. « Après, c'est un savoir-faire transmis par mon père et mon grand-père de pouvoir la multiplier de façon à ne pas produire juste pour sa consommation personnelle, mais pour satisfaire les chefs, de plus en plus gourmands », sourit le maraîcher.

 

L’asperge est un légume qui pousse la nuit

 

« Mon arrière-arrière-grand-père en a commencé la culture vers 1900, explique l'agriculteur. Depuis, on se transmet ce patrimoine de père en fils ». L'asperge blanche, telle que la Belle d'Argenteuil, se plante de façon très particulière : à la différence de l’asperge verte, elle se butte et se rebutte : on la couvre pour lui cacher la lumière, afin qu'elle se développe et reste tendre au lieu de fleurir. La blanche se cueille avec une gouge, afin de pouvoir la couper sous la terre, quand la verte se coupe tout simplement aux ciseaux. L’asperge est un légume qui pousse la nuit et doit être cueilli très tôt le matin afin de conserver toute sa fraîcheur. »

 

Et bien sûr les Bérurier Noir !

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 06:00
La mayonnaise est l’œuvre du cuisinier d’un libertin accompli le plus brillant dépravé du XVIIIe siècle Louis François Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu.

Réussir un œuf mayo n’est pas à la portée du premier gâte-sauce venu.

 

À l’heure de la cuisine à la mode des « j’ouvre des poches » taillée en pièces à juste raison par le Badinguet de Barcelone, ça relève de la défense du chef d’œuvre en péril.

 

Le choix de l’œuf bien sûr, loin des longs rayons de Métro, frais pour de vrai, fruit d’une poule bichonnée en liberté, œuf de Marans vanté par les défenseurs des petits producteurs non inféodés à Nestlé.

 

 

Sa cuisson ni béton ni mollasson, belle brillance d’un jaune orangé, tout un doigté qui requiert une attention irréprochable.

 

Et la mayo, loin des pots et autres tubes Amora, Benedicta et autres faiseurs à la chaine pour fainéants, tour de main de l’artisan saucier.

 

 

« Mon grand-père m’a toujours encouragé à chercher la perfection ; c’est le détail qui fait la perfection… »

 

Aung Ko Myint.

 

« Voir faire est pour moi la façon la plus efficace d’apprendre. Je peux mémoriser le geste et le reproduire… »

 

Laura

 

Humble mayonnaise certes mais c’est avec la confection des mets les plus simples que l’on peut reconnaître les grands et leur accorder confiance et respect.

 

Mais d’où nous vient cette sauce froide ?

 

 

Selon Jean Vitaux auteur du Dictionnaire du Gastronome c’est au cuisinier de Louis François Armand de Vigneron du Plessis, duc de Richelieu qui naquit en 1696 à Paris et mourut dans la même ville en 1788, à l'orée de la Révolution Française que l’on doit le nom de la recette de la « mahonnaise ».

 

Précision d’importance pour ceux qui connaissent encore l’Histoire de France ce duc de Richelieu, aimait les plaisirs de la chair mais aussi la bonne chère, il ne faut pas le confondre avec, son grand-oncle, Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu, cardinal-duc de Richelieu et duc de Fronsac. Pair de France, ministre du roi Louis XIII, destiné au métier des armes, mais contraint d'entrer dans les ordres afin de conserver à sa famille le bénéfice de l'évêché de Luçon, le plus crotté de France.

 

Notre Richelieu de la mayo « connu la Bastille dans son jeune âge en raison de son trop grand empressement pour Mademoiselle de Noailles, puis sous la Régence pour une affaire de duel et un complot bien mal ficelé. » nous dit Jean Vitaux.

 

Académicien à 24 ans en dépit d’une orthographe désastreuse il fut un homme de guerre heureux, contribuant à la victoire de Fontenoy, prenant Fort-Mahon le 28 juin 1756 à Minorque aux Baléares contre les perfides anglais.

 

C’est là, avec ses troupes d’occupation (jusqu’en 1763) que son cuisinier, sans doute inspiré par l’excellence de l’huile d’olive de l’île, l’une des meilleures du bassin Méditerranéen, aurait inventé la Mahonnaise. CQFD.

 

Ce fut un grand libertin, collectionnant les conquêtes, « des dames de la cour jusqu'aux chambrières et aux actrices de l'Opéra comme La Souris. Il s'amusa même à conquérir toutes les maîtresses du Régent, certes après lui..., et fut l'ami du roi Louis XV. »

 

« Sa vie entière fut un scandale, et il est resté le type le plus brillant de la dépravation de cette époque ». Pierre Larousse dans son Grand Dictionnaire du XIXe siècle.

 

Organisateurs de dîners fastueux toute sa vie durant il accorda une place importante à la gastronomie.

 

On lui doit l’introduction des vins de Bordeaux à la cour de France et surtout le fameux menu « tout bœuf » qu’il dresse lui-même en 1757 et fait servir à trente prisonniers de marque de la forteresse d’Ostfrise.

 

Deux sujets d’une brûlante actualité avec le fameux Bordeaux bashing qui ravage les bancs des buveurs parisiens et la mode du veganisme qui fait florès chez les bobos parisiens…

La guerre de Hanovre bat son plein.

 

Le duc de Richelieu, maréchal de France, commande les troupes du roi Louis XV.

 

On vient de capturer une vingtaine de princes et de princesses du camp ennemi.

 

Le pays est dévasté mais le duc tient à les recevoir fastueusement et à leur offrir à souper.

 

Dans les cuisines : moins que rien ! Un bœuf et des légumes (racines).


Les officiers de bouche s’arrachent les cheveux.

 

- Un bœuf ? Des racines ? Très bien, dit le maréchal, c’est plus qu’il n’en faut pour faire le plus joli souper du monde !

 

- Mais, Monseigneur, on ne pourra jamais.


- Allons Rullières, tranquillisez-vous et inscrivez le menu que je vais vous dicter.

 

L’officier d’ordonnance, dépassé par les circonstances, ne bouge pas.


Le duc s’impatiente...

 

- Allons, Rullières donnez-moi votre place et votre plume.


Et Richelieu rédige d’un trait le menu suivant :

 

DORMANT

 

Le grand plateau de vermeil avec la figure équestre du Roi ; les statues de Du Gueslin de Dunois, de Bayard, de Turenne. Ma vaisselle de vermeil avec les armes en relief émaillé.

 

PREMIER SERVICE

 

Garbure gratinée au consommé de bœuf

 

QUATRE HORS D’OEUVRE

 

Palais de notre bœuf à la Sainte-Menehould

Petit pâtés de hachis de bœuf à la ciboulette

Les rognons de bœuf à l’oignon frit

Gras-double à la poulette au jus de limon

 

RELEVE DE POTAGE

 

La culotte de bœuf garnie de racines au jus

(Tournez grotesquement les racines à cause des Allemands)

 

SIX ENTREES

 

La queue de bœuf à la purée de marrons

Sa langue en civet (à la bourguignonne)

Les paupiettes de bœuf à l’estouffade aux capucines confites

La noix de notre bœuf au céleri

Rissoles de bœuf à la purée de noisettes

Croûtes rôties à la moelle de bœuf

(Le pain de munition vaudra l’autre).

 

SECOND SERVICE

 

L’aloyau rôti

(Vous l’arroserez de moelle fondue)

Salade de chicorée à la langue de bœuf

Bœuf à la mode à la gelée blonde mêlée de pistaches

Gâteau froid de bœuf au sang et au vin de Jurançon

(Ne vous y trompez pas !)

 

SIX ENTREMETS

 

Navets glacés au suc de bœuf rôti

Tourte de moelle de bœuf à la mie de pain et au sucre candi

Aspic au jus de bœuf et au lait d’amandes

Beignets de cervelle de bœuf marinée au jus de bigarades

Gelée de bœuf au vin d’Alicante et aux mirabelles de Verdun

 

... Et puis tout ce qui reste de confitures et de conserves.

 

(Note: si par un malheureux hasard ce repas n’était pas très bon, je ferais retenir sur les gages de Maret et de Ronquelières une amende de cent pistoles. Allez et ne doutez plus !

 

Richelieu

 

 


�Jacques Kother

Le Petit Journal - 29/06/2007 - Le Guide des Connaisseurs�

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 06:00
Alors qu’il faisait la manche par correspondance pour que je m’abonnasse à la RVF Denis Saverot, à Monte-Carlo, se gavait de caviar chinois arrosé au Dom Pérignon 98 dans 1 suite de l’Hôtel de Paris…

Nous sommes le 10 mars dans ma boîte postale une bafouille du RP Denis Saverot pour que je m’abonnasse à la RVF a été déposé par le préposé. Elle est datée du 3 mars, ce n’est pas un monument de style. Je n’en retiens que l’envolée finale : «N’hésitez plus : je vous invite à nous rejoindre ! » 

Alors qu’il faisait la manche par correspondance pour que je m’abonnasse à la RVF Denis Saverot, à Monte-Carlo, se gavait de caviar chinois arrosé au Dom Pérignon 98 dans 1 suite de l’Hôtel de Paris…

Avouez que ça ne manque pas de sel de la part de quelqu’un qui, depuis que j’ai osé dire tout le bien que je pensais de son pique-assiette de patron, ce cher JP Lubot, m’a blacklisté.

Mais passons aux choses sérieuses le blé qu’il me demandait : 79€ seulement.

50% de réduc !

Ça c’est du prix cassé. De la deuxième démarque quoi et comme les « somptueux cadeaux offerts » 6 verres Reveal’Up Soft et le Guide des meilleurs vins de France 2016 ne me font pas bondir au plafond la meilleure direction de la missive me semble alors être la poubelle.

Sauf que mon allié le hasard me met sous le nez un papier du RP Denis daté du 9 mars « Dîner et nuit au Dom Pérignon à Monaco »

 

Lire ICI 

 

Mieux qu’un simple dîner au champagne ! En association avec Alain Ducasse, Dom Pérignon inaugure un étourdissant concept gastronomique dans une suite de l’Hôtel de Paris, à Monte-Carlo

 

Extraits de l’homélie touchante du RP Denis :

 

« Que proposent-ils ? Un dîner, mais un dîner résolument spécial, imaginé par Alain Ducasse pour le champagne et Dom Pérignon en particulier, servi dans votre chambre d’hôtel, ou plutôt dans la suite comprise dans la formule, spécialement décorée pour l’occasion. Là, les clients ont accès à une sélection de très belles cuvées Dom Pérignon (classique, rosé, P2 et P3 du millésime 2006 jusqu’à 1971). Ces flacons ne sont pas classiquement proposés à la carte mais à portée de main, dans la mini-cave réfrigérée encastrée dans le mobilier moderne de votre suite !

 

Dans notre assiette ce mardi 8 mars, caviar chinois (de nombreux chefs le jugent supérieur au caviar français) et blanc-manger, gamberoni de San Remo, raviole d’herbes pasqualina (un clin d’œil aux fêtes de Pâques), un fabuleux jarret de veau cuit près de 72 heures à 62 degrés et en dessert un Délice au citron de Menton. Le menu a été exécuté par Franck Cerutti, compagnon historique de Ducasse et chef du Louis XV et des restaurants de l’Hôtel de Paris. Après Dom Pérignon 2006 servi en apéritif, ce dîner fut accompagné d’une bouteille de cuvée "P2" 1998, autrement dit un Dom Pérignon 1998 servi, comme le revendique Richard Geoffroy, sur sa "deuxième plénitude" : une bouteille élevée en cave plus de quinze longues années avant dégorgement. »

 

Un tel raffinement a naturellement un coût, concède sans fausse honte le RP Saverot.

 

Oui, vous aurez les chiffres en lisant son homélie. Ne vous inquiétez pas, il n’a pas gaspillé les maigres ressources de la RVF ce n’était qu’un simple voyage de presse au frais de la princesse. Devait pas être tout seul le Denis, attendons les autres papiers des journalistes assermentés.

 

J’adore le « on » de Denis dans sa conclusion :

 

« À l’Hôtel de Paris, outre le charme de la nuit monégasque, on gardera en mémoire la beauté des grandes cuvées de Dom Pérignon. Ici la tension fine et l’élégance patinée de ce P2 1998, un vin qui vieillit admirablement et s’accorde avec le chic de ce fabuleux Hôtel de Paris. »

 

Les 79 euros de mon éventuel abonnement auraient pu payer les pourboires ou quelques plaques au chemin de fer au casino mais je n’étais pas en état de générosité ce jeudi.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 06:30
Le remarquable éclairage sur la maladie de l’esca de JM Comme de Pontet-Canet qui n’est pas forcément à l'avantage de nos chercheurs et de toute la profession du vin.

Levé tôt je tombe sur un tweet de Jacques Dupont daté d’hier qui me met la puce à l’oreille :

 

#Esca, remarquable contribution de Jean-Michel Comme (Pontet-Canet) au débat, photos à l’appui ! http://w.lpnt.fr/2024270t #Vins via @LePoint

 

Je clique.

 

Je lis.

 

Et je me dis : enfin !

 

C’est en effet remarquable, à lire absolument…

 

Merci à JM Comme et à son relayeur d'infos...

 

C’est ce que je vous propose de faire ICI mais, avant cela, permettez-moi de mettre en exergue 3 points de la contribution de JM Comme qui en disent plus long que de longs discours :

 

 

- Fait incroyable, pendant 100 ans, ces informations sont restées dans l'oubli. On a payé des générations de chercheurs qui n'ont rien trouvé alors que tout existait.

- Pour cette pathologie comme pour les autres (flavescence dorée, phylloxéra…) un développement soudain devrait nous faire poser la question de nos relations avec le vivant.

- À partir de là, que faire ? La recherche va nous proposer des OGM ou des pesticides. Je pense que la vraie réponse n'est pas là. La voie est suggérée par mon propos. Il faut avant tout respecter la vigne par une vraie démarche « éthique » la concernant. Mais combien de vignerons sont prêts à cela ?...

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 06:00
Quand l’après-midi Bruno Verjus de Table rêve sur son divan il nous fait un Paris-Prague succulent… Alexandre Dubcek... Jan Palach…le Printemps de Prague.

Bruno, grand amoureux de l’Ile d’Yeu, ne le sait pas mais c’est sur cette île, à la Ferme des 3 moulins sise sur la route qui relie Port-Joinville au port de la Meule, qu’au matin du 21 août 1968, sur mon transistor, alors que je préparais le petit déjeuner que j’ai appris que les troupes du Pacte de Varsovie venaient d’envahir Prague pour étouffer le Printemps de Prague.

 

 

Dans cet après mai 68, je restaurais et je vendais des antiquailles sur l'Ile avec un Taulier Jean Neveu-Derotrie. Les marins nous nommaient les marchands de vermoulu. Je tenais aussi la caisse et faisais la cuisine.

 

 

La Tchécoslovaquie, était sous la botte soviétique depuis 1948, Alexandre Dubcek le premier secrétaire du PC entend donner au socialisme « un visage humain ». Le «Printemps de Prague», commence en janvier 1968 et trouve un grand écho au sein de la population. En témoigne le « Manifeste des 2000 mots », en juin 1968, signé par 70 personnalités qui réclament la liquidation de l'ancien régime. Alexandre Dubcek supprime la censure, autorise les voyages à l'étranger et fait même arrêter le chef de la police.

 

Les gérontes du Kremlin craignent que l'aventure tchèque du « socialisme à visage humain » fasse tache d’huile et corrompe les autres « républiques démocratiques » du bloc soviétique. Dès le mois de juillet, Brejnev exige le rétablissement de l'ordre et surtout l'abolition du pluralisme politique tout juste restauré.

 

Au matin du 21 août 1968, les Européens se réveillent en état de choc. Des troupes blindées d'un total de 300.000 hommes ont envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie sur décision de l'autocrate soviétique Leonid Brejnev. Des dizaines de milliers de parachutistes ont aussi atterri sur l'aéroport de Prague.

 

Les agresseurs appartiennent à cinq pays du pacte de Varsovie, dont fait partie la Tchécoslovaquie elle-même (URSS, Pologne, Bulgarie, Allemagne de l'Est, Hongrie). Ils prétendent intervenir à l'appel de responsables locaux en vue de sauver le socialisme dans ce pays d'Europe centrale où il a été imposé vingt ans plus tôt par l'Union soviétique à la faveur du «coup de Prague».

 

Dans la nuit du 20 au 21 août afin d'écraser le mouvement tchécoslovaque il envoie les troupes du Pacte de Varsovie afin d'écraser le mouvement tchécoslovaque. Le PC tchécoslovaque tient un congrès extraordinaire clandestin dans les usines CKD, près de Prague, et reconduit Alexandre Dubcek dans ses fonctions. Pendant ce temps, celui-ci a été jeté manu militari dans un avion et transféré en Union soviétique. Le 23 août, il est fermement convié par ses hôtes soviétiques à signer un texte de capitulation. Après trois jours de pressions et de brutalités, il se résigne enfin.

 

Le 27 août, de retour à Prague, abattu et défait, il présente ce texte à ses concitoyens. Il y est question pour la première fois de «normalisation». C'en est brutalement fini du «Printemps de Prague» et de l'illusion d'un «socialisme à visage humain». Devenus inutiles à l'occupant, Alexandre Dubcek et les autres responsables du pays sont rapidement isolés et remplacés.

 

Les premiers jours, la population décide de résister pacifiquement à l'intervention soviétique. Les manifestations sont nombreuses, notamment à Prague. Les manifestants, surtout des étudiants, assiègent les chars. Les forces du Pacte de Varsovie ont l'ordre de réprimer la contestation. En quelques jours, les affrontements font un peu plus d'une centaine de morts et des milliers de blessés dans tout le pays. À l'automne, ce sont les ouvriers qui se mobilisent. La répression fait toutefois faiblir le mouvement, jusqu'à son épuisement en janvier 1969.

 

Désespéré, un étudiant, Jan Palach, s'immole par le feu le 16 janvier 1969 sur la place Wenceslas, à Prague. Des centaines de milliers de personnes assisteront aux funérailles de celui qui est devenu la figure légendaire de la contestation étudiante en Tchécoslovaquie.

 

Croyez-moi Jan Palach je ne l’ai pas oublié et si vous visionnez la vidéo ci-dessous  (désactivez le son pour lire la chronique) vous comprendrez ce que liberté veut dire.

Alexandre Dubcek  pendant des années vécut dans un faubourg de Bratislava comme agent technique des eaux et forêts. Dans une longue lettre qu'il adressa le 28 octobre 1974 au Parlement tchécoslovaque figure une esquisse d'autoportrait : « Le bouleau, bien qu'il soit un arbre délicat, fait montre d'une grande résistance et d'une capacité de vivre dans des conditions difficiles

 

Mais revenons à Bruno à son Paris-Prague.

 

C’est simple comme un gâteau revisité : le Paris-Brest

 

Je m’explique :

 

Le sieur Verjus a établi sa TABLE rue de Prague, au 3 et, un après-midi il lui est venu l’idée d’accoler à Paris, Prague en remplaçant la crème au beurre pralinée par une crème de betterave hibiscus pistaches.

 

Le résultat était là sur Face de Bouc sous mes yeux envieux…

Quand l’après-midi Bruno Verjus de Table rêve sur son divan il nous fait un Paris-Prague succulent… Alexandre Dubcek... Jan Palach…le Printemps de Prague.

Ni une, ni deux, direction la rue de Prague et il était là dans mon assiette :

 

Conquis, c’est aussi beau que bon, la betterave enjolivé par l’hibiscus est d’une douceur qui flatte le palais sans l’empâter. Bravo Bruno ça c’est du dessert comme nulle part ailleurs.

Quand l’après-midi Bruno Verjus de Table rêve sur son divan il nous fait un Paris-Prague succulent… Alexandre Dubcek... Jan Palach…le Printemps de Prague.

Et avec ça j’ai bu ça.

Quand l’après-midi Bruno Verjus de Table rêve sur son divan il nous fait un Paris-Prague succulent… Alexandre Dubcek... Jan Palach…le Printemps de Prague.
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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 08:40
Simple contribution à la journée d’action contre la loi El Khomri, Wal-Mart créateur de pauvres, qui d’entre nous peut se dire indemne de contribuer à la perversité du système ?

Cette chronique est une simple et modeste contribution et non une prise de position. Le chômage est qualifié, à juste raison, de cancer, mais pour tenter d’éradiquer, de faire reculer un tel fléau multiforme il indispensable d’aller au-delà des symptômes, de seulement faire chuter la fièvre, pour rechercher où se situent ses racines profondes.

 

Le 2 juin 2009 dans une chronique j’écrivais :

 

« En ce temps de récession, donc de chômage partiel, de perte d’emplois, de non accès massif des jeunes à l’emploi, l’accélération de l’appauvrissement d’une partie de la population devrait nous inciter à réfléchir sur les effets économiques et sociaux du modèle de distribution discount, c’est-à-dire la recherche continuelle et obsessionnelle du prix bas. Ne serait-ce pas une fuite en avant, une spirale mortifère qui fabrique des pauvres en prétendant leur apporter une réponse à la faiblesse de leur pouvoir d’achat ? L’examen du cas Wal-Mart, la plus grande entreprise de distribution du monde me semble du plus grand intérêt. »

 

Le 27 mars 2014 je récidivais :

 

« L’alimentaire devient secondaire, les vêtements de tout prix ne sont plus fabriqués ici, le logement est hors de prix dans les métropoles, les dépenses des technologies de la nouvelle économie s’enflent et leurs produits viennent des BRICS, on délocalise, nous nous appauvrissons lentement et sûrement…

 

Nous ne sommes pas, ou pas encore un pays pauvre mais que, nous l’acceptions ou non, nous vivons au-dessus de nos moyens. Notre goût immodéré pour la victimisation, la faute des autres, a fait prospérer une classe dirigeante molle, ne vivant que pour elle-même, qui se contente de brosser les corporatismes dans le sens du poil, de promettre, d’attiser nos contradictions, de ne pas être exemplaire. L’impopularité n’est pas un bien grand mal si elle est la contrepartie de choix douloureux mais salutaires. Ce n’est qu’un mal nécessaire dans les temps difficiles et ce serait la preuve que la politique pourrait transcender les égoïsmes et les calculs à courte-vue. »

 

Qui est Wal-Mart ?

 

« Créée il y a moins de 50 ans par Sam Walton et son frère Bud, cette compagnie originaire de Bentonville, Arkansas, est aujourd’hui l’entreprise du monde la plus rentable. Avec un chiffre d’affaires supérieur à 300 milliards de dollars par an, Wal-Mart a des revenus plus élevés que ceux de la Suisse. Elle a ouvert plus de 6000 énormes supermarchés dans le monde, dont 80% sur le seul territoire américain. Dans le domaine de la Grande Distribution, Wal-Mart n’a pas de rival sérieux […] Elle fait travailler plus de 1,9 million de personnes dans le monde, et est le plus grand employeur privé du Mexique, du Canada et des Etats-Unis. Elle importe plus de produits manufacturés chinois que le Royaume-Uni ou la Russie. Elle a prévu que son chiffre d’affaires augmenterait s’un milliard de dollars par an au cours de la prochaine décennie […]

 

La Philosophie de Wal-Mart

 

Wal-Mart prétend « que la pression qu’il exerce sur les prix contribue à l’élévation du niveau de vie de toute la population américaine, faisant économiser chaque année 100 milliards de dollars aux consommateurs, quelque chose comme 600 dollars par an pour une famille moyenne »

 

« Ces économies sont vitales pour des millions de familles aux revenus faibles ou moyens qui ont du mal à boucler les fins de mois » affirme le PDG de Wal-Mart H. Lee Scott. » Concrètement, c’est comme si elles recevaient de l’argent chaque fois qu’elles viennent faire leurs courses chez nous. »

 

Air connu, chanté chez nous par les laudateurs des prix bas. Démonstration tirée d’un petit ouvrage : WAL-MART L’ENTREPRISE MONDE Nelson Lichtenstein &Susan Strasser (universitaires américains) éditions les Prairies Ordinaires datant de 2006 et publié en France en mars 2009.

 

 

Wal-Mart un géant de la production

 

« Wal-Mart n’est donc pas seulement un énorme détaillant, mais aussi, et de plus en plus, un géant de la production qui en a toutes les caractéristiques sauf le nom.

 

La firme a installé son proconsul asiatique à Shenzhen, épicentre chinois de l’exportation de produits manufacturés. Une «équipe de 400 personnes y coordonne l’achat de quelques 20 milliards de dollars de produits fabriqués en Asie du Sud. Grâce à sa connaissance intime du processus de production et à son immense pouvoir d’achat et de négociation, Wal-Mart a transformé ses 3000 fournisseurs chinois en simples « preneurs de prix » (price takers), plutôt qu’en partenaires, en vendeurs ou en décisionnaires oligopolistiques. Bien que la majorité de ces fournisseurs restent petits et sous-capitalisés, un nombre croissant d’entre eux président aux destinées d’entreprises d’une taille prodigieuse. Par exemple, Tue Yen Industrial, un fabricant de chaussures basé à Hong-Kong, emploie plus de 150 000 personnes à travers le monde, la dans des usines fabriquant des produits bon marché dans le sud de la Chine. À Dongguan, le complexe industriel regroupe plus de 40 000 ouvriers, et l’usine géante de Huyen Binh Chanh, au Vietnam, en fait travailler 65 000, ce qui en fera bientôt le plus grand lieu de rassemblement de travailleurs au monde. »

 

Wal-Mart créateur de pauvres

 

« Le marché du discount repose sur une attention continuelle et quasi-obsessionnelle aux salaires et au coût du travail. Les discounters doivent avoir un turnover deux ou trois fois supérieur à celui des enseignes traditionnelles […] pour atteindre un profit équivalent. Quant à la vitesse de rotation des stocks, elle s’explique par des marges étroites, lesquelles exigent en retour que la part du coût de la main-d’œuvre ne dépasse pas 15% du total des ventes ; c’est-à-dire environ la moitié de ce que ce coût représente dans les supermarchés traditionnels. Et c’est Wal-Mart qui est aux avant-postes de ce marché du discount, avec des dépenses liées aux ventes et à l’administration générale – principalement des salaires – environ 25% moins élevées que (les autres géants de la distribution). En 1958, quand les emplois industriels étaient trois fois plus nombreux que ceux de la distribution, l’impact de cette pression à la baisse sur les salaires serait sans doute resté limité. Aujourd’hui, alors que le nombre d’employés de la grande distribution dépasse celui des travailleurs de l’industrie, ce sont des dizaines de millions de salariés qui sont touchés par la baisse des revenus. »

 

Une tromperie caractérisée

 

Les mots les plus durs proviennent de la FNIL (Fédération nationale de l'industrie laitière) qui ne s'embarrasse pas du politiquement correct. Selon elle, les distributeurs se targuent d'avoir maintenu les prix sur le lait de consommation de marques nationales, qui ne représente que 2,9 % du lait collecté en France. En déduire que le prix du lait payé aux éleveurs laitiers français va se maintenir en 2016 est « une tromperie caractérisée », avertit-elle. En cause : des baisses de prix importantes demandées aux marques de distributeurs (21 % du lait français) et sur les autres produits laitiers : fromages, beurre et ultra-frais. « Sous couvert d'une prétendue solidarité avec les producteurs français, les distributeurs profitent pleinement des excédents considérables de lait sur le marché européen pour faire baisser les prix des produits laitiers de grande consommation », conclut la fédération. D'autant que 35 % du lait collecté en France est transformé en poudres et beurre industriel dont les prix de marché continuent de baisser (23 centimes par litre de lait en 2015).

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