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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 06:00
Amadeo Modigliani aimait l’osso bucco et le barolo de Rosalie mais aussi son collègue Maurice Utrillo dit Litrio…

Lors de l’une des nombreuses et somptueuses cérémonies qui ont marqué mon anniversaire, au bar Hemingway du Ritz, Judith, je crois, évoqua les riches heures du Montparnasse des artistes et dans ma tête un peu embuée par les vapeurs de nos buvaisons je me souvins d’une chronique pondue sur ce thème.

 

Grâce au petit moteur de recherche je l’ai retrouvée.

 

C’est une histoire vraie comme on n’en vit plus dans notre vie bien propre et bien sage disais-je le 16 juin 2008.

 

Rosalie Tobia, une romaine, qui au temps de la splendeur de ses appâts fut le modèle favori du maître des pompiers, le peintre Bouguereau, l’âge venant, s’épaississant, avait acquis pour 45 francs* une petite crèmerie, au 3 rue Campagne Première, où elle installa 4 tables et ce qu’il faut de tabourets.

 

Tout normalement elle baptisa sa crèmerie-restaurant Chez Rosalie.

 

La Rosalie, dure au labeur, a du cœur, n’aime pas les snobs et leur dit, s’emporte facilement pour redescendre aussitôt, prend parti et a un faible pour Amadeo Modigliani.

 

Entre eux deux c’est toujours la commedia qui vire souvent à la tragedia.

 

Bref, son Osso Bucco, sa lasagne al forno, ses tagliatelles et ses vins : barolo, valpolicella, frascati, lambrusco, chianti, le tout à petits prix, sont connus dans le monde entier. Rosalie est la madone des artistes dans la dèche et, Dieu sait, qu’ils sont légion dans cet état car comme le lui dit Modigliani :

 

« Un artiste ne peut gagner sa vie. Il peint… Le reste ? Pfutt ! Est-ce qu’on sait ? Vois !» en lui présentant une superbe étude de nu : Commediente l’Amadeo

 

Mais revenons à notre histoire.

 

Un jour comme tous les autres jours, un jeune type barbu aux joues creuses, déjà bien éméché, pousse la porte de Rosalie. Il s’enfile trois verres de vin rouge, les paye, puis demande qu’on aille lui acheter des « caramels de couleur » * chez le marchand de couleur voisin.

 

On s’exécute. Il les mets dans sa bouche et quand ils sont à point, bien mous, il se met à peindre directement sur le mur des esquisses de Montmartre. L’artiste c’est Maurice Utrillo surnommé par les poulbots de Montmartre pour son goût immodéré de la boutanche : Litrio.

 

Sur les entrefaites, Modigliani entre chez Rosalie. L’estime des deux peintres est réciproque : ils tombent dans les bras l’un de l’autre et entament des libations vineuses. Les bouteilles descendent sans que les deux larrons daignent mettre la main à la poche.

 

Rosalie s’inquiète, demande son dû et de guerre lasse les prie d’aller cuver leur vin ailleurs. Litrio balbutie pour se dédouaner :

 

« Regardez ce que je viens de vous peindre sur votre mur » et reçoit en retour une volée de bois vert « Je ne vais pas découper le mur pour payer mon vin » éructe-t-elle.

 

Rosalie se déchaine en exploitant toute la palette du vocabulaire d’une matrone du Transtevere. Pendant ce temps les deux maîtres se font assaut de compliments : « Le plus grand peintre c’est toi » « Non, c’est toi » pour en venir aux mains et tout casser dans la crémerie de Rosalie.

 

Les pandores en pèlerine, alertés par le souk des deux compères, ramènent leur gros tarin et les menacent de les embarquer au commissariat de la rue Delambre. Litrio, en dépit de sa vinosité avancée, trouve la force de bredouiller le sésame des artistes en perdition : « Lé-on Za-ma-ron » Les hirondelles se font alors clémentes.

 

Mais, me direz-vous, qui est ce Léon Zamaron ?

 

Si vous voulez le savoir rendez vous ICI 

 

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 06:00
Supplique pour sauver le soldat Thierry Desseauve de l’anonymat... il faut que les mouches changent d'âne…

Fut un temps où pour accéder au faîte de la notoriété il fallait avoir sa marionnette aux Guignols de l’info.

 

Dans le Vinoland, de nos jours, l’irruption de Gros Vins de France qui semble avoir cessé d’émettre, du Glourafi sur Twitter et tout récemment Terre de Vinasse, secoue le convenu qui sied à nos grands, ou ceux qui aspirent à l’être (oui, oui, j’en connais) critiques notateurs commentateurs en mots fleuris et payants.

 

Ce matin, avant que la touffeur de cette fin de juillet ne m’oblige à sucer de la glace, je prends la plume pour réparer l’injustice faites à Thierry Desseauve.

 

Dans un couple, il y a toujours un dominant, voyez par exemple chez Pernod-Ricard c’est le père Paul qui a tenu le manche avant de le céder à un autre Ricard. Qui connaît les Hémard ? Moi bien sûr car je sais tout ou presque…

 

Chez Bettane&Desseauve y’en a que pour le premier.

 

Pour preuve Terre de Vinasse qui le met à nouveau à sa Une :

 

« Suite à un énième article volontairement polémique sur l’éternel sujet du vin bio (passé dans un premier temps de la rédemption à l’imposture, puis à l’avenir du vin, tout ça en moins de 3 ans) et du vin naturel (une « tromperie« , dont de plus en plus de spécimens sont cependant « quite good » ), publié cette fois en anglais, Terre de vinasse est allé à la rencontre de Michel Bettane, le critique francophone le plus anglophone de la planète wine, véritable dégustateur extraterrestre planant à des années-lumière au-dessus de ses contemporains. »

 

La suite ICI 

 

Et pourtant ces derniers temps le Thierry il est sorti de l’ombre pour monter au front sabre au clair et proclamer que le bio était l’avenir du vin.

 

Vent debout plein gaz : On ne peut plus dire aux consommateurs « buvez notre vin cher » tout en le cultivant comme un champ de patates ! » Thierry Desseauve 

 

« Comme toujours, il y a des gens en avance, reconnaît Thierry Desseauve. Mais au début des années 90, il n'y avait pas grand-chose ». Et puis une nouvelle génération de viticulteurs est arrivée, consciente que l'on ne peut plus polluer les sols impunément, soutenu par des cavistes et des bars à vin avant-gardistes. »

 

Pourquoi cet ostracisme à l’égard de ce bon Thierry ?

 

Moi je l’aime bien le Thierry, il fait du vélo comme Sarko…

 

 

Mon Ventoux de la journée ! notait-il le 14 juillet.

 

C’est tout de même lui qui tient les rênes de la boutique même si N de R ne lui coûte pas très cher en notes de frais vu qu’il se fait rincer au château en permanence.

 

Thierry il est encore jeune et beau même s’il a pris quelques kilos. Certes il a un côté gendre idéal qui sans doute le dessert mais que diable il mérite mieux que ce dédain.

 

Je lance donc un appel, suis même prêt à financer un publi-reportage dans la RVF afin que justice lui soit rendue.

 

Alors en parodiant Jean-Michel Larqué à propos de Thierry Rolland nous pourrons, vous pourrez affirmer « Tout à fait Thierry… » et celui-ci pourra répondre « J'ai bien l'impression que les mouches ont changé d'âne ».

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:00
Facile comme le bien manger et le bien boire : la preuve par l’image… le manifeste de ceux qui ignorent la GD

Il fait trop chaud pour travailler mais ça ne m’empêche pas de pédaler, sur mon fier destrier, pour aller faire mon marché, mes courses comme dirait madame Michu. C’est meilleur pour la santé que de pousser son caddie dans les allées de la GD pour acheter des légumes frigorifiés, des fruits anesthésiés, du pain congelé, de la viande operculée…

 

Bien évidemment les grincheux vont m’objecter que j’ai le temps, tout mon temps, puisque je me tourne les pouces aux frais des caisses de retraite. Certes, mais combien de retraités dans nos belles provinces, dans leur grosse ou leur petite auto, vont pousser le chariot en des centres commerciaux sis aux lisières de la ville.

 

Le temps je l’ai toujours pris et je ne vais pas entonner mon couplet sur celui passé, par les je n’en ai pas, devant leur télé ou leur écran d’ordinateur.

 

Au petit matin je bâte mon vélo (pour les ignorants : je muni ses flancs de sacoches) et je fonce ventre à terre vers un Terroir d’avenir sis rue du Nil. En un petit quart d’heure je suis à pied d’œuvre. D’abord les légumes et les fruits de saison puis la crèmerie-fromagerie, je laisse mon cabas empli pour me rendre à la boucherie-charcuterie où je croise Lily ma bouchère, je choisis, je paye et part vers la boulangerie. Même procédure : je choisis, je paye, et je retourne vers mes premiers achats. L’heure est à emplir mes calebasses. Je le fais avec soin, les patates au fond, les fruits fragiles au-dessus.

 

Je charge mon cheval et repart lourdement lesté.

 

Une fois passé le Pont neuf le parcours est plus tranquille, c’est comme si mon fidèle destrier posait la gomme de ses pneus sur les rails évitant ainsi les fondrières que notre maire ne prend pas la peine de boucher. Elle préfère communiquer sur son amour du vélo.

 

Arrivé au bas de mon château je déleste ma bête, l’attache dans sa stalle et dans un dernier effort je trimballe mes courses jusqu’à l’office.

 

Déballage.

 

Mise en place.

 

Photos.

 

Nature morte sur Face de Bouc.

 

Celles-ci vont de septembre en Corse jusqu’à ce mois de juillet enfin ensoleillé.

 

Vous voyez le bien manger c’est simple.

 

Le bien boire vient par surcroît.

 

Facile comme le bien manger et le bien boire : la preuve par l’image… le manifeste de ceux qui ignorent la GD
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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 06:00
Ça a l'odeur du sancerre, ça en a la couleur, mais ça n'en est pas. « C’est au pied du pied de vigne qu’on trouve l’arracheur. » la guerre des litrons…

Pour traiter d’un problème local rien ne vaut qu’un journal local sinon c’est l’AFP à tous les étages et ça a l’odeur du journalisme, ça en a la couleur, mais ça n'en est pas. Même dans un journal comme Sud-Ouest, où d’éminents journalistes, tel César Compadre qui, dans une vie antérieure a bourlingué dans tout le vignoble, pas la plus petite trace d’analyse sur ce sujet éminemment sensible : la plantation de vignes IGP dans un territoire d’AOC. Sans doute notre homme est-il en congés ou peut-être préfère-t-il nous servir le énième papier sur un chai futuriste érigé grâce au crayon d’une star parisienne de l’architecture.

 

Bref, comme disait Pépin (de raisin dixit Pierre Dac) revenons au Berry RépublicainRémy Beurion entre dans le sujet en détournant un célèbre proverbe :

 

« C’est au pied du pied de vigne qu’on trouve l’arracheur. Et pas deux ou trois plants, comme ça, en passant, comme on se débarrasse d’une mauvaise herbe. Non, 5.600 pieds de sauvignon en un temps record, la semaine dernière, probablement de bon matin.

 

Le viticulteur de Bué victime de cet arrachage sauvage et illégal ne découvre le pot aux roses que samedi matin, sur l’une de ses parcelles, non classées, situées à Saint-Satur».

 

« Ce ne sont pas n’importe quels pieds de vigne qui subissent les assauts d’arracheurs que la brigade de gendarmerie de Sancerre doit maintenant identifier. Ils sont issus d’une parcelle destinée à la production de vins d’identification géographique protégée (IGP), c’est-à-dire l’antithèse de l’AOC sancerre, garant de sa qualité depuis exactement quatre-vingts ans cette année en ce qui concerne le blanc depuis 1959 pour le rouge.

 

L’homme du cru, seul en capacité de restituer l’ambiance régnant dans le vignoble sancerrois, note que la tension est palpable, comparaison n’étant pas raison ça sent un chouïa la guerre des boutons, chère à du petit Gibus « Si j'aurais su, j'aurais po v'nu », où les gamins de Longeverne se querellent avec ceux de Velrans.

 

Alors le camarade Beurion y va encore avec la formule choc :

 

Tant que les antagonismes restent sous les bouchons, pas de problème. Sauf qu’à quelques arrachages symboliques, par-ci, par-là, se greffe aujourd’hui un arrachage de grande ampleur. Le viticulteur a déposé une plainte auprès de la gendarmerie de Sancerre, pour un préjudice estimé, à la louche, à 12.000 euros. La première récolte, issue de cette plantation effectuée il y a deux mois, devait être mûre dans trois ans. Ce ne sera pas le cas.

 

Pour le viticulteur, une chose est sûre : il fallait marquer le coup. Et la poignée d’hectares de vignes IGP arrachées, sur le sol sancerrois, est un marqueur symbolique. Mais qu’elle est cette indication géographique protégée qui fait tant hurler les viticulteurs enracinés dans l’AOC Sancerre?

 

La réponse est ICI 

 

Voilà pour le contexte, les faits, mais le sujet de la cohabitation, de la mixité à l’intérieur du périmètre d’une AOC, d’un vignoble dédié à l’IGP pose sans aucun doute des problèmes qu’on ne peut balayer d’un revers de la main.

 

Je ne vais pas ici entrer dans les subtilités de la règlementation française qui adore empiler des textes pour soi-disant protéger l’esprit de nos beaux terroirs pour ensuite s’en accommoder au gré des intérêts économiques d’une appellation.

 

En l’espèce tout part de l’œuvre magistrale, que nos grands chefs du vin ont érigé, la gestion à la française des autorisations de plantation. « Père, gardez-vous à droite; père, gardez-vous à gauche. » (Philippe le Hardi), érigeons des barrières, fabriquons des interdictions, bridons les initiatives au nom de la régulation pour ensuite pleurer sur notre incapacité à répondre aux attentes de ces fameux marchés.

 

Mais au bout du bout, lorsque le vin est tiré et qu’il faut le boire, l’argument qui se veut décisif de la directrice de l’Union viticole sancerroise, Nathalie Prieur, risque de se retourner vers l’envoyeur :

 

« Ça en a l’odeur du sancerre, ça en a la couleur, le message auprès du consommateur est donc moins évident, la classification devient floue pour lui. C’est un préjudice à moyen terme mais certains ne le voient pas arriver. »

 

D’autant que la différence de prix est significative.

 

Et si dans cette affaire, une grande part des vins de sancerre, vendue à bon prix du fait de la notoriété de cette appellation, n’était de par leur mode d’élaboration des parents très proches de l’IGP ?

 

Battre le tambour du terroir c’est bon pour le commerce mais nous les consommateurs qu’on appelle en renfort pour défendre une classification qui, rappelons-le, se voulait dès l’origine protectrice de l’origine (façon de parler) et qui par le biais des nouvelles ODG, cahier des charges, dégustations d’agrément, s’est muée en machine à égaliser, à normaliser, à nous proposer un breuvage blanc sans grande originalité.

 

Allez donc faire le tour des bistrots parisiens alimentés par la poignée de gros distributeurs du CHR et commandez un verre de sancerre !

 

C’est au mieux un petit blanc, au pire un truc insignifiant et c’est cher par-dessus le marché ; en clair ça équivaut à une brave IGP au prix d’une AOP renommée.

 

Arrachez tout ce que vous voulez mais sachez que la vérité est dans le verre non dans l’illusion de l’étiquette !

 

Avoir le beurre et l’argent du beurre c’est bien mais ça ne dure qu’un temps, alors au lieu de faire un sort à des ceps de vigne, d’avancer des arguments qui ne tiennent pas la route, tel «Si les gens veulent planter, qu’ils plantent autre chose que du sauvignon ou du pinot noir. Il est trop facile de mettre un vin de pays et un vin AOC dans une même cave. », de nous faire prendre des vins d’AOC pour des vins de terroir alors qu’ils ne sont que des enfants de l’œnologie moderne, les « concombres masqués de Bué » feraient mieux de se préoccuper de l’évolution des attentes des consommateurs. Vivre son stock de vieux buveurs c’est bien, anticiper les évolutions c’est mieux.

 

Et, entre nous, ce ne sont pas quelques arpents de vignes IGP nichés dans l’AOC sancerre qui vont faire de gros accrocs dans la notoriété de cette appellation. Avant de crier à l’incendiaire mieux vaut se préoccuper du feu qui couve dans la maison.

« J'ai gardé en mémoire le bruit des galoches cloutées qui résonnaient sur le chemin gelé d'école. J'ai fait mes humanités à la communale. Les bandes et les bagarres, je connais. La lutte des classes, la lutte pour la différence, la lutte pour une vieille et sombre histoire du passé. Il y a toujours eu ça, et il y a encore ça, pas seulement de village en village, mais de trottoir à trottoir... J'ai bien peur qu'aujourd'hui, dans certaines banlieues, la guerre des boutons soit plus violente. C'est peut-être là la vraie différence. Avec l'auteur de ce chef d'œuvre sur l'enfance, Louis Pergaud, je me sens chez moi, je suis un des enfants de cette guerre et je crois bien que tout le monde s'y retrouve en voyant le film. Pour moi, La Guerre des boutons, c'est la République des enfants... »

— Yves Robert

 

La célèbre phrase du petit Gibus « Si j'aurais su, j'aurais po v'nu » n'appartient pas au roman original. C’est en fait une reprise de la phrase « Si j’aurais su, j’aurais pas venu », figurant dans la rubrique « Une heure dix avec... » de L'Os à moelle (no 61, du vendredi 7 juillet 1939)

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 06:00
L’art de penser : se distraire à en mourir « aucun média n’est excessivement dangereux si ses utilisateurs en connaissent les dangers. »

Mon ami Philippe a écrit hier en commentaire de ma chronique Nous ne sommes pas à la hauteur : seule la mobilisation de la société française peut détruire le défi djihadiste 

 

« Merci Jacques, de penser. »

 

J’essaie Philippe, avec mes moyens, le legs de mon père passionné de la chose publique, préoccupé qu’il était du bien commun, sans avoir la prétention d’être un intellectuel je crois, et j’ai toujours cru dans la force de l’intelligence, pas la mienne, celle des sages, pas les maîtres penseurs du prêt à penser en kit, ceux qui traversant l’Histoire nous donnent des repères nous permettant de surmonter nos malheurs, les horreurs, sans pour autant nous dédouaner de notre part de responsabilité.

 

J’ai toujours aimé lire, enfant dans le grenier du Bourg Pailler je me nourrissais de tout ce qui me tombait sous la main.

 

En octobre 2011 j’écrivais :

 

Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres. Huxley redoutait qu’il n’y ait même plus besoin d’interdire les livres car plus personne n’aurait envie d’en lire. Orwell craignaient ceux qui nous priveraient de l’information. Huxley redoutait qu’on ne nous en abreuve au point que nous en soyons réduits à la passivité et à l’égoïsme. Orwell craignait qu’on ne nous cache la vérité. Huxley redoutait que le vérité ne soit noyée dans un océan d’insignifiances. Orwell craignait que notre culture ne soit prisonnière. Huxley redoutait que notre culture ne devienne triviale, seulement préoccupée de fadaises. Car comme le faisait remarquer Huxley dans Brave New World Revisited, les défenseurs des libertés et de la raison, qui sont toujours en alerte pour s’opposer à la tyrannie, « ne tiennent pas compte de cet appétit insatiable de l’homme pour les distractions ». Dans 1984, ajoutait Huxley, le contrôle sur les gens s’exerce en leur infligeant des punitions ; dans le Meilleur des Monde, il s’exerce en leur infligeant du plaisir. En bref, Orwell craignait que ce que nous haïssons ne nous détruise ; Huxley, redoutait que cette destruction ne nous vienne plutôt de ce que nous aimons. »

 

Que des vieilleries tout ça, Orwell et Huxley, des concurrents de Maxwell qualité filtre et de Max Mosley l’ancien président de la Fédération du Sport Automobile ? Du même tonneau que Zadig&Voltaire sur votre table de nuit ! Pire, cette citation est tirée d’un bouquin paru en 1985 aux USA « Se distraire à en mourir ». Pensez-donc, la préhistoire, un temps sans tweet, sans Face de Bouc, sans sms, donc un temps de vieux, de vieux ronchons, de vieux cons quoi ? Lire, pourquoi faire, L’important c’est de capter l’instant, de se marrer, de faire du second degré. Tout commence avec nous, les bouquins ça se couvrent de poussière, nous préférons la neige de nos petits écrans.

 

La prise du pouvoir par les médias de masse avec comme projet exclusif le divertissement, l’entertainment, alors la langue s’est appauvrie, a perdu ses nuances et sa complexité, et l’effort nécessaire ou acquérir une culture ou un savoir tend à disparaître.

 

« J’ai toujours été navré – je l’ai beaucoup dit et écrit – de l’étrange guérilla à laquelle se livrent politiques et journalistes. Il est assez évident, pour tout observateur de bonne foi, que la télévision casse le travail des politiques.

 

Amplification de l’effet d’annonce, absence totale de toute mesure de résultat, présentation de toute intention de changement comme un conflit, annonce de toute décision dans sa sécheresse brutale sans rappel ou à peine des raisons et du contexte, transformation de tout débat en conflit, de tout conflit en crise et de toute crise en sécession ou éclatement, disparition du temps long, abolition de la complexité, tout cela est bien connu, répété tous les jours… »

 

Ces lignes de la préface du livre « Se distraire à en mourir » écrit en 1985 par un universitaire américain est de la plume de Michel Rocard qui s’exclamait : Enfin !

 

Certains me reprocheront sans doute de « profiter » des mannes d’un homme que nous venons d’enterrer en le couvrant de brassées fleurs et de regrets.

 

Qu’importe !

 

Lire, tenter de comprendre, de nourrir son action avec autre chose que de l’émotion, de réactions immédiates, à chaud, sans recul.

 

Que dit Neil Postman ?

 

« Le problème, en tout cas, ne réside pas dans ce que les gens regardent. Le problème réside dans le fait que nous regardions ? »

 

« C’est assez poignant quand on pense que nous utilisons si souvent, et avec un tel enthousiasme, des expressions comme « l’âge de l’information », « l’explosion de l’information » et « la société de l’information ». Il semble que nous ayons compris qu’un changement dans les formes, le volume, la vitesse et le contexte de l’information signifiait quelque chose mais nous en sommes restés là »

 

Oui nous en sommes resté là et, tels des Tesla, nous surfons à grande vitesse sur le Net, fonçons sur les autoroutes de l’information à tombeau ouvert, nous likons sur Face de Bouc sans prendre la peine de lire, nous commentons sans comprendre, ironisons, prenons des positions irréfléchies, condamnons, approuvons le meilleur et trop souvent le pire.

 

Et pourtant comme le note Postman « aucun média n’est excessivement dangereux si ses utilisateurs en connaissent les dangers. »

 

Toujours se poser des questions mais « poser la question c’est rompre le charme ».

 

« L’accumulation massive des données et leur traitement à la vitesse de la lumière aura été très utile pour les grandes organisations mais aura pour la plupart des gens résolu peu de choses vraiment importantes. »

 

La solution que suggère Postman « est la même que celle que suggérait Huxley » Il concède qu’il ne peut faire mieux que celui car « il pensait, comme H.-G. Wells, que se jouait une course entre l’éducation et le désastre. »

 

Dans Le Meilleur des mondes « il essayait de nous dire que la plus grande cause d’affliction des gens n’était pas de rire au lieu de penser mais de ne pas savoir pourquoi ils riaient et pourquoi ils avaient arrêté de penser. »

 

 

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 06:00
Vous aimez ce vin nature : justifiez-vous !

Dans le cadre des nombreuses et brillantes cérémonies organisées pour fêter mon passage au millésime 68, j’ai eu à subir un étrange et arrogant questionnement.

 

Les faits : je dînais à l’une de mes tables favorites et, alors que je m’apprêtais à quitter le lieu, le chef me proposa de partager une belle bouteille avec des clients assemblés autour de la table d’hôte. Parmi eux des personnes de connaissance, lecteurs, amis sur Face de Bouc, j’acceptais.

 

Le chef me proposa une bouteille de vin de macération naturiste en diable.

 

J’opinais sans réserve.

 

Quand le vin est tiré il faut le boire.

 

Nous trinquâmes dans les règles.

 

Dans le tour de table, face à moi, une matrone, au visage guère avenant, me laissa à peine le temps de tremper mes lèvres dans le breuvage, me fusillant du regard, elle lâchait avec une moue méprisante :

 

- Vous aimez ça ?

 

Surpris mais peu enclin à me laisser agresser par quelqu’un que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam, je contentai d’un : oui sec !

 

Le revers fut tout aussi rageur et cinglant :

 

- Développez !

 

Autour de la table, dans un silence gêné, les convives attendaient mon retour à deux mains mais comme je n’avais aucune envie d’en découdre, de me justifier face à une adversité fielleuse je me contentai d’un : j’aime et ça suffit à mon bonheur !

 

La mégère non apprivoisée ne lâchait pas prise : «c’est un peu court comme réponse !»

 

J’étalais un sourire narquois qui multipliait la fureur intérieure de l’aigre.

 

À ma gauche une jeune femme, mezzo voce, me disait : moi j’aime ce vin.

 

Moi je consommais.

 

En face, la madame fulminait avec des mots choisis que je vous épargne mais qui se résumaient en « si vous n’avez rien à dire sur ce vin c’est qu’il n’y a rien à en dire.

 

Je reposai mon verre pour stopper sa logorrhée vinaigrée : « madame je n’ai nul besoin de mettre des mots sur mes émotions… c’est vrai aussi bien pour le vin, que pour la musique… la peinture. »

 

Autour de la table on respirait, la passe d’armes aussi déplacée que virulente laissait la place à une conversation normale.

 

Pour la bonne compréhension du contexte cette petite escarmouche s’est déroulée dans un restaurant dont la carte des vins est exclusivement nature. Quant à la désagréable je sais par la magie de Face de Bouc qu’elle était là par la grâce d’une invitation du chef.

 

Alors pourquoi tant de haine face à ce vin de macération ?

 

Je ne sais mais ce que je sais c’est que ce type de comportement est le lot de ceux qui voient dans les vins nus, comme le dirait mieux que moi l’Apollon de Barcelone, des vins d’évier, des vins de bobos parisiens snobs, des friqués qui se la pètent.

 

Libre à eux de ne pas aimer, c’est leur droit le plus strict, mais qu’ils arrêtent de nous faire chier !

 

Au-delà de cette anecdote, plus largement je ne supporte plus l’engeance dégustative qui, à propos de tout et de rien, transforme le plaisir du vin en une forme de contrôle des connaissances : je n’en ai rien à péter d’identifier le cépage ou d’étaler une science du vin que je ne possède pas.

 

Bref, le vin de macération était bon, j’étais là pour fêter mon anniversaire non pour subir un interrogatoire musclé de la part de quelqu’un qui ne s’est même pas présenté : les bonnes manières se perdent ma bonne dame.

 

L’invitation du chef et ma présentation à la tablée par lui, trop aimable, trop élogieuse, est sans doute aussi pour une part dans l’ire de la revêche.

 

Sur le chemin du retour, Élisa Berthomeau me confiait qu’elle avait eu très envie de river le clou à cette malpolie. Elle trouvait, à juste raison, que ça ne faisait pas de tomber sur le râble de quelqu’un avec autant de véhémence à propos d’un simple verre de vin. Je lui répondais qu’avec ce genre de personnage il faut être économe de ses mots et qu’engager le fer ne sert à rien.

 

Et puis le lendemain dans ma revue de presse j’ai noté ceci :

 

«Ne pas trouver les mots pour décrire ce que l'on ressent en matière de goût, d'odeur et de texture est tout à fait naturel. Tout simplement parce que les mots et les sensations ne se forment pas dans les mêmes zones du cerveau.»

 

«J'irais jusqu'à dire que certaines sensations sont indicibles. Quand vous êtes bouleversé par une belle musique, vous ne parvenez pas à en expliquer la raison. C'est pareil. C'est pourquoi il est important de ne pas trop intellectualiser la dégustation, qui est plus un exercice sensuel qu'intellectuel».

Denis Dubourdieu

 

Merci pour ce moment de partage chère madame que Face de Bouc me demande avec insistance depuis d’intégrer à mes amis.

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège Guaino. « On doit pouvoir stopper un camion qui ne répond pas aux sommations… Il suffit de mettre à l’entrée de la promenade des Anglais un militaire avec 1 lance-roquettes et il arrêtera le camion »

Je n’ai pas rechuté car je suis resté debout, parfois en vacillant, doutant, désespérant, mais l’amour, dit le poète, c’est le printemps. Il monte en vous, vous séduit doucement et tendrement, mais il vous arrime comme les racines d’un arbre. C’est seulement en s’apprêtant à partir qu’on s’en rend compte qu’on est incapable de bouger, qu’il faudrait se mutiler pour se libérer. Voilà ce qu’on ressent. Ça ne dure pas, du moins ça ne devrait pas. Mais ça vous serre la poitrine comme une pince métallique… »

 

Elle était à nouveau devant moi, belle comme au premier jour, Émilie me faisait face telle que je l’aime depuis  jour. Je m’extasiais, sa robe, ses sandales, son sourire, ses yeux, son allure. Le manque d’elle, radical, en un retour en force irrépressible s’apaisait. Certes je la voulais tout contre moi. La sentir. Graver son corps sur le mien. Explorer chaque courbe, chaque sente secrète du pays de son corps. L’embrasser. Caresser ses cheveux. La sentir palpiter. S’abandonner. Se donner. S’offrir à mes caresses. Ne lui laisser aucun répit. La faire prisonnière de mon désir dur, me libérer de la tenaille de cet amour sans avenir. J’inspirais. Me maîtrisais. Mes mains, mes mains, se contentaient d’effleurer ses épaules, de caresser ses doigts. Les mots me manquaient un bref instant, je laissais la tendresse m’investir doucement, dénouer ce nœud de regrets indémêlable, pourquoi diable étais-je tombé amoureux d’elle, amoureux à la folie, sans espoir de rémission ? Qu’importait, elle était là, face à moi, rien qu’à moi. Je me laissais aller à mon plaisir, j’étais heureux comme jamais je ne l’avais été. Apaisé.

 

J’aime tout autant partir que revenir, éminemment casanier j’ai passé ma vie à errer, à dilapider mes souvenirs, sans jamais quitter mon petit jardin d’intérieur bien cadenassé où nul n’était jamais entré. Sur mon lisse tout glisse, je m’étais toujours protégé de l’amour avec un grand A de peur que celui qui m’avait investi tout entier, avec l’irruption de Marie dans ma vie, ne s’érode. Ne se réduise en sable. Mon indifférence affichée me plaçait à la bonne distance, je me plaisais, me complaisais en des embrasements passagers, corps à corps, jeu de la séduction sans engagement ni serment. Je me laissais aimer. Je me lassais. Partait. Me retirait comme le flux de la marée pour revenir. Toujours au sec, bien à l’abri sans rechercher ce fameux bonheur que nul ne trouve jamais. Je me contentais de la chaleur de mes compagnes aimantes sans m’investir, agent dormant de l’amour, sdf dans son no man’s land, tranquille quoi. Et puis patatras, elle a surgi, venant de nulle part, me bouleversant. J’aurais dû fuir de suite, la fuir, fuir cet amour dur, tranchant, trop belle pour moi ! Tout me plaisait en elle. J’étais fichu, prisonnier à perpétuité. Ça me plaisait. Je l’aimais avec une force tranquille, paisible.

 

Une main invisible venait de me conduire là où je voulais aller depuis qu’Émilie était entrée dans ma vie.

 

« Je ne veux pas ici parler simplement d’attirance sexuelle. Je ne veux pas parler de l’automatisme rigide d’une habitude sexuelle bien établie. Je ne peux faire allusion à ce qu’on appelle « tomber amoureux ». Vous connaissez ces choses comme la plupart des gens. Ces choses existent dans le contexte de la vie et du monde tel que nous le connaissons. Ce dont je veux parler n’a aucun contexte, ça existe en soi ; c’est en soi un univers que cet élan qui se satisfait de lui-même »

 

Mon cœur cognait. Je touchais sans doute à la traduction de ce que j’étais en train de vivre avec toi.

 

« Vous êtes-vous jamais trop éloigné de la rive quand la houle est très forte après une tempête, et que la grande vague déferlante arrive sur vous avec fracas, vous dominant des tonnes de sa masse de marbre gris-vert, glacée et cependant en fusion, qui glisse vers vous car c’est bien de cela qu’elle a l’air avec sa frange emplumée d’écume qui fouette le bleu étincelant du ciel ? La masse se dresse et vacille sur le ciel juste au-dessus de vous. Vous savez que, si elle vous atteint dans sa chute, elle vous brisera les reins.

 

Mais plongez dessous. Percez-la. Entrez dans ses profondeurs. Insinuez-vous au plus intime de ses ténèbres frémissantes. C’est votre seul espoir. Alors vous entendez le fracas de la masse mortelle qui s’effondre derrière vous. Non, pas un bruit exactement ; une sorte d’exaspération des nerfs suivie par un silence, et dans ce silence vous entendez, littéralement maintenant, le grincement creux, susurrant, des galets écrasés au-dessous de vous dans la profonde aspiration de l’eau.

 

Ce dont je parle ressemble à cela. Si vous y êtes passé, vous comprendrez. Sinon, vous avez sans doute eu de la chance… »

 

Tu vois Émilie, contrairement à Jed Tewksbury le narrateur, et ses 17 ans, face à la très belle Rozelle Hardcastle, moi, au bout de ma vie, je vis ce moment avec toi, cet élan, comme un temps suspendu, incomparable, la plus belle chance de ma vie. Enfant, au bord de l’océan, je rêvais de me lover sous la peau de la mer et j’allais plonger sous les vagues en me disant que ma vie serait belle.

 

Elle l’est c’est grâce TOI.

 

Moi qui n’ai que peu de certitudes, j’en ai maintenant une, chevillée au cœur, Émilie nous nous aimons, à notre façon, à ta façon, et cela suffit à mon bonheur.

 

Nous nous sommes parlés comme jamais, avons échangé sans fard ni faux-semblants, tu m’as dit « je finirai vieille fille », j’ai avoué que tu m’avais rendu jaloux, que je l’aimais heureuse mais que je détestais ses petits amoureux. Elle a ri. Nous avons fumé. Le reste est à nous, rien qu’à nous.

 

Dans la cour des Invalides, ils m’ont invité à Matignon mais la page s’est tournée avec le catafalque drapé de tricolore porté par de jeunes hommes et je n’ai plus envie.

 

Lire, sortir, aller sur le toit d’Émilie.

 

Mes belles amies m’ont fêté, gâté, entraîné yeux bandés au bar Hemingway du Ritz, j’assume avec bonheur, sans ostentation mon statut de vieil homme indigne.

 

« Nous sortions dès la tombée du jour, suivions un sentier à travers le désert, puis descendions dans un petit canyon jusqu’à un terrain plat encerclé de quatre arbres. L’humidité de la nuit inondait le sol qui avait été chauffé à blanc depuis le matin, libérant des odeurs de terre et d’herbe. Nous nous allongions à cet endroit jusque tard dans la nuit, les narines saturées des fragrances alentour. Les arbres traçaient des frontières entre les étoiles sur la carte du ciel. Notre amour semblait dépendre de notre aptitude à ne pas le nommer. Nous avions la certitude que si l’un de nous prononçait « je t’aime », l’instant suivant, ce serait un mensonge. Alors nous nous aimions en nous jetant des sorts à la figure, avec des mots joyeux et grivois. Comme mon vocabulaire était plus étendu que le sien, elle finissait toujours par se boucher les oreilles. »

Dashiell Hammett

 

« Le mari de la concierge dans notre immeuble était conducteur à la RATP. Il était d’origine alsacienne et détestait les Allemands. C’était simplement un honnête homme, qui ne supportait pas de voir les Juifs arrêtés du fait de leur religion. Alors, mon père et lui avaient un code. Chaque fois qu’ils seraient réquisitionnés le lendemain matin – lui et son bus – pour ramasser des Juifs arrêtés dans un quartier en particulier – il se débrouillait pour en informer mon père. « Tu ne sais pas quoi, demain on m’envoie travailler à l’aube dans le 11e », lui lançait-il en rentrant du travail. Et mon père comprenait. Il prévenait un ami, qui prévenait son ami et le bouche-à-oreille fonctionnait, tant bien que mal. C’était un chauffeur de bus normal, conduisant un autobus normal pour faire un travail anormal, à des heures anormales.»

Claudine Rudel Swartz

 

Il y a 74 ans la rafle du Vel d'hiv.

 

« Le premier jour où j’ai porté l’étoile (7 juin 1942) je suis monté das l’autobus 26 pour aller au Lycée de jeunes filles du Cours de Vincennes, situé au 1, rue des Pyrénées, alors que nous habitions au 306. Je me tenais debout à la barre, un peu gênée par rapport aux autres d’être ainsi marquée comme une bête. Tout d’un coup, une dame assise dans le fond de l’autobus s’est levée et est venue vers moi. J’avais peur de ce qu’elle pourrait dire ou me faire ; elle m’a simplement serré la main en me disant : « Je tiens à vous féliciter pour votre courage. » Puis, elle est repartie s’asseoir. »

Sarah Lichtsztejn-Montard

 

« De Drancy à Bobigny, nous sommes soixante dans des autobus de la TCRP, devenue aujourd’hui la RATP, conduits par leurs chauffeurs habituels, de braves gens sans aucun doute, qui participent en toute tranquillité à notre extermination, de même que les cheminots qui conduisent les trains de déportés. »

Pierre Goltman

 

Turquie : les réponses à vos questions sur le putsch manqué

Plusieurs centaines de questions ont été posées au Monde dans notre suivi en direct du coup d’Etat en Turquie. Notre correspondante à Istanbul, Marie Jégo, et la rédaction du Monde répondent aux principales.

 

- Qui sont les putschistes ? Combien sont-ils ? Que sait-on d’eux ?

 

Marie Jégo : on ne sait pas grand-chose des putschistes sinon que leur noyau dur était composé d’une cinquantaine d’officiers, pour la plupart issus de la gendarmerie et de l’armée de l’air. Selon le premier ministre, Binali Yildirim, 265 personnes ont perdu la vie lors de la tentative de putsch, dont 104 insurgés.

 

Une purge est en cours dans l’armée. 2 800 militaires ont été arrêtés samedi 16 juillet, dont 5 généraux et 29 colonels.

 

Le président Recep Tayyip Erdogan, lors de son retour à Istanbul à l’aube, a dit reconnaître la main de l’« Etat parallèle » dans le soulèvement, une expression qui désigne la confrérie religieuse du prédicateur Fethullah Gülen, un ancien allié de M. Erdogan devenu son pire ennemi.

 

- Qui est Fethullah Gülen ? Qui sont les gülenistes ? Pourquoi sont-ils cités par Erdogan ?

 

Marie Jégo : Fethullah Gülen est le chef de la confrérie des Fethullahci (adeptes de Fethullah), un courant affilié au mouvement religieux sunnite Nurcu (« adeptes de la lumière »). Depuis l’époque ottomane, les confréries religieuses ou tarikat constituent un puissant maillage de la société civile. Démantelées par Atatürk en 1925, elles se sont maintenues dans la clandestinité pour resurgir sur le devant de la scène à la fin des années 1950.

 

Avec l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002, ces ordres mystiques ont gagné un poids considérable, négociant leur soutien aux partis pendant les élections, réclamant des privilèges, se frayant un chemin au sein des institutions.

 

Appelés parfois « les jésuites de l’islam » , les Fethullahci à leur apogée ont créé des milliers d’écoles partout dans le monde (Afrique, Balkans, ex-URSS). L’enseignement n’était pas religieux, aucune tenue religieuse n’était exigée des enseignants.

 

En Turquie, le mouvement de Fethullah Gülen était très puissant, jusqu’à sa disgrâce en 2013. Longtemps, il a constitué une formidable réserve de voix pour le Parti de la justice et du développement (AKP) fondé par M. Erdogan. Grâce aux écoles, dortoirs, cours de renforcement, bourses créées par la confrérie, celle-ci n’a pas eu de mal à infiltrer les institutions étatiques, telles que la justice, la police, l’armée.

 

Le 17 décembre 2013, la brouille a éclaté entre les deux alliés avec le scandale dit des « écoutes téléphoniques ». La divulgation des conversations privées de plusieurs hauts responsables – dont M. Erdogan, à l’époque premier ministre – jeta une lumière crue sur la corruption au plus haut niveau de l’Etat. Suivie attentivement par les médias, l’affaire mit le gouvernement dans l’embarras. Le numéro un turc vécut cet épisode comme un coup de poignard dans le dos. Un peu à raison, car les conversations avaient été dévoilées avec la complicité de policiers membres de la confrérie. La justice se dépêcha de clore le dossier des écoutes et jeta son dévolu sur les lanceurs d’alerte. Ce fut le début du grand nettoyage contre les gülenistes, lequel n’a jamais faibli depuis. La confrérie a perdu ses écoles, ses holdings, ses médias et le prédicateur Gülen, réfugié aux Etats-Unis depuis 1999, a vu récemment la Turquie réclamer son extradition, en vain.

 

- Les autorités turques parlent d’un « groupe de gülenistes ». Pourra-t-on réellement savoir si c’est bien le cas ou s’il s’agit plutôt d’utiliser un bouc émissaire commode ?

 

Difficile à dire dans le contexte d’étranglement des libertés. Des gülenistes dans l’armée ? Cela veut dire qu’ils auraient échappé à la vaste purge en cours contre ce courant religieux, mais c’est tout à fait possible. Il faut espérer que toute la lumière soit faite sur ce soulèvement mais pour l’heure “l’Etat parallèle” (le nom donné à la confrérie de Gülen par les partisans d’Erdogan) est accusé de tous les maux.

 

En avril, un haut gradé avait publiquement réclamé que l’armée soit nettoyée de ses éléments gülenistes. A la suite de cet appel, l’état-major avait publié un communiqué inédit puisque les militaires y disaient qu’ils n’allaient pas fomenter de putsch, qu’ils ne souhaitaient pas se faire instrumentaliser par le pouvoir politique. A l’époque, ce communiqué semblait totalement hors de propos. Il faut dire que les putschs de l’armée en Turquie sont une vieille habitude (1960, 1971, 1980), mais qu’à chaque fois l’armée était unie dans son désir de renversement des gouvernements en place. Cette fois-ci, les militaires sont apparus divisés, les putschistes étaient en minorité.

 

- Comment l’armée, qui dispose a priori d’un pouvoir logistique certain, n’a-t-elle pas réussi ce coup : y a-t-il eu des soutiens aux putschistes dans la population ? Ou au contraire, un soutien massif pour Erdogan ?

 

Marie Jégo : les insurgés ont échoué car ils n’étaient qu’une minorité, certes dotée de moyens importants mais visiblement très mal préparés. Comme certains d’entre eux venaient de l’armée de l’air, ils avaient accès aux hélicoptères de combat dont ils ont fait usage pour mitrailler les bâtiments officiels, surtout à Ankara. Mais très vite, ils ont perdu les pédales, se sont déchaînés dans la violence.

 

En publiant leur communiqué sur le site de l’état-major vendredi soir 15 juillet aux premières heures du putsch, les insurgés disaient que l’armée avait pris le contrôle du pouvoir politique, laissant entendre que l’armée dans son intégralité était impliquée. Les Turcs ont alors pensé qu’il s’agissait d’un putsch comme en 1980, quand les militaires étaient unis derrière leur chef pour renverser le gouvernement. Lors du soulèvement qui a duré sept heures dans la nuit de vendredi à samedi, les putschistes ont eu recours à la violence aveugle, tirant sur une foule qui manifestait en faveur d’Erdogan sur un des ponts qui enjambe le Bosphore ou encore tuant 17 policiers des forces spéciales à Ankara. Les gens ont dit non au bain de sang.

 

- Peut-on penser que cette tentative de coup d’Etat va d’abord servir à renforcer le président Erdogan ? Et qu’il pourrait avoir orchestré cette opération ?

 

Marie Jégo : de fait, Recep Tayyip Erdogan ressort auréolé de cette tragique tentative de putsch mais il n’a pas besoin de ça pour légitimer sa présidence, la moitié de l’électorat lui est favorable. Les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP) mais aussi le parti prokurde HDP, qui forment l’opposition et que l’on ne peut soupçonner de sympathie pour l’homme fort de Turquie, se sont tous deux prononcés contre le putsch. Comme en Turquie les partisans de la théorie du complot sont légion, cette lecture des événements sera certainement évoquée.

 

L'empereur du Japon a l'intention d'abdiquer

 

L'empereur Akihito, le 23 décembre 2010 à Tokyo où il fêtait son 77e anniversaire. Agé de 82 ans, il a confié à ses proches ce souhait de quitter le Trône du et d'abdiquer d'ici quelques années en faveur de son fils aîné, le prince héritier Naruhito

 

L'empereur du Japon a dit son intention d'abdiquer d'ici quelques années en faveur de son fils aîné, le prince héritier Naruhito, ont rapporté des médias japonais mercredi.

 

Akihito, âgé de 82 ans, a confié à ses proches ce souhait de quitter le Trône du chrysanthème, a rapporté la chaîne de télévision publique NHK sans citer de source.

 

En vertu de l'actuelle loi sur la maison impériale, qui régit le statut juridique de l'empereur, il n'est pas prévu de mécanisme légal d'abdication. Une révision de ce texte serait donc nécessaire pour satisfaire sa volonté.

 

Le prince héritier Naruhito, ainsi que l'épouse de l'empereur, l'impératrice Michiko, soutient la volonté d'Akihito, a rapporté la NHK, ajoutant que l'empereur avait l'intention d'annoncer prochainement de façon officielle cette volonté d'abdication.

 

L'agence de presse Kyodo a diffusé une information similaire à celle de la NHK, citant une source gouvernementale sans la nommer. Personne n'avait pu être contacté mercredi soir à l'Agence de la maison impériale pour s'exprimer sur ces informations de presse.

 

Le Japon, qui revendique une des monarchies les plus anciennes du monde, n'a pas connu d'abdication en 200 ans, a précisé la NHK.

 

Dans la Constitution imposée par les Etats-Unis en 1947 après la reddition du Japon à la fin de la Seconde guerre mondiale, le rôle d'Akihito est strictement limité à celui de "symbole de l'État et de l'unité du peuple japonais", afin de prévenir tout retour au militarisme qui avait marqué la première partie du règne de son père Hirohito, considéré comme un dieu vivant jusqu'à la défaite de 1945. Le trône jouit encore d'un grand respect de la part d'une majorité de Japonais.

 

Akihito, qui a souffert de nombreux problèmes de santé dont un cancer de la prostate et une opération du coeur, avait dit l'an dernier au cours d'une conférence de presse : "Je commence à sentir mon âge et il m'est arrivé de commettre des erreurs lors de cérémonies". Mais, selon l'agence Kyodo, aucune maladie n'est à l'origine de sa décision.

 

En 2011, le prince Akishino, son deuxième fils, avait dit à la presse quelques jours après la sortie de son père de l'hôpital que le Japon devrait envisager de fixer un âge limite au rôle d'empereur.

 

Bien que d'un naturel discret et contraint par ailleurs par la Constitution, Akihito a su pousser les limites lorsqu'il était prince héritier puis à sa place d'empereur. Il a rencontré Michiko, une roturière, en 1959 sur un court de tennis et leur mariage avait fait sensation dans tout le pays. Il a su également laisser entrevoir ses opinions de manière subtile pendant près de trois décennies de son règne baptisé Heisei ou "accomplissement de la paix".

 

Lors d'une réception dans les jardins du palais impérial en 2009, il avait été filmé en train de répliquer à un responsable de la municipalité de Tokyo qui voulait rendre obligatoire dans les écoles le drapeau et l'hymne national, une ode à l'empereur, que de tels actes forcés n'étaient pas souhaitables.

 

Et en 2001, lors d'une conférence de presse organisée avant son anniversaire, il avait dit qu'une partie de ses ancêtres provenaient de la péninsule de Corée, véritable chiffon rouge pour les nationalistes les plus durs qui revendiquent la pureté du peuple japonais. En août dernier, il avait exprimé de "profonds remords" pour la Seconde guerre mondiale, au 70e anniversaire de la fin du conflit

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 06:00
Nous ne sommes pas à la hauteur : seule la mobilisation de la société française peut détruire le défi  djihadiste

J’écris nous, nous tous, même si nos dirigeants politiques, de par leurs fonctions, sont bien sûr en première ligne. Cependant, nous contenter de les vilipender pour nullité ce serait nous exonérer de notre part de responsabilité. Ils sont à notre image, ils se sont modelés sur nos attentes pour nous plaire, nous rassurer, nous envelopper de belles promesses, nous endormir, faire de nous des consommateurs de tout, passifs, cul sur canapé, yeux rivés sur nos écrans d'ordinateurs, oreilles scotchées à nos smartphones. Ils sont le reflet de nos contradictions, de nos craintes, de nos comportements frileux, de nos renoncements, de nos abandons, de notre immaturité citoyenne.

 

À juste raison Gilles Kepel dénonce une « classe politicienne nulle face aux changements du monde. »

 

« Débat minable, pas du tout à la hauteur du défi. Notre classe politicienne est nulle face à cela, elle donne le sentiment de courir derrière l'événement, d'être intéressée surtout par ses chamailleries »

 

Même Juppé s’est vautré dans un « « si tous les moyens avaient été pris, le drame n’aurait pas eu lieu »

 

La palme de l’outrance revenant à Henri Guaino. « On doit pouvoir stopper un camion qui ne répond pas aux sommations. (…) Il suffit de mettre à l’entrée de la promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquettes et il arrêtera le camion »

 

Jacques Myard, le souverainiste à lui prôné, parmi huit propositions, « d’expulser tous les binationaux en voie de radicalisation » et « d’appliquer partout sur le territoire national l’interdiction du voile ». Il recommande également de « renouer des relations diplomatiques avec Damas pour obtenir des renseignements » dans la lutte contre l’EI, implantée en Syrie et en Irak.

 

En les entendant, en les lisant j’ai eu honte pour eux mais aussi pour nous. Pour ne pas m’exonérer à bon compte j’ai cité Chateaubriand sur mon mur de Face de Bouc :

 

« Il faut dépenser le mépris avec une grande parcimonie à cause du grand nombre de nécessiteux. »

 

La boue des réseaux sociaux charrie la haine ordinaire des éradicateurs, des partisans du rond-up sociétal, du repli sur soi, de l’illusoire protection d’une ligne Maginot sécuritaire, le toujours plus qui nous ferait accroire que tout peut redevenir comme avant. Un simple camion frigorifique, un petit malfrat ordinaire et toutes les caméras de Nice comptent pour du beurre.

 

Moi qui circule à vélo dans Paris, de jour comme de nuit, il m’arrive de penser à la facilité qu’il y a de pratiquer le terrorisme low-cost.

 

En face des partisans d’une nouvelle bataille d’Alger se drapent les héritiers de l’esprit de Munich, concéder, espérer que les petits accommodements nous ferons retrouver notre confort douillet d’avant. Illusion de l’autruche, déni de la réalité, postures commodes adossées à des idéologies usées mais si rassurantes.

 

Si le problème était aussi simple à régler qu’une équation du second degré ça se saurait. Même la classe politicienne, aussi nulle et décrédibilisée fut-elle, a des excuses car elle est confrontée à une opinion publique anesthésiée par un demi-siècle de paix, et qui serait devenue en grande partie toute aussi immature ?

 

L'opinion publique française a-t-elle les politiques qu'elle mérite?

 

La question mérite d’être posée. Et vite.

 

Kepel a raison c’est d’abord un problème de changement de logiciel :

 

D’une part, en ce qu’ils ne comprennent pas l’ennemi et son fonctionnement, pourtant transparent: « le logiciel de ce terrorisme-là n'a toujours pas été compris par le pouvoir politique, quel qu'il soit (...) On est dans une autre dimension, il ne s'agit pas de dire qu'on va faire appel à la réserve, tout le monde sait que les forces de l'armée et de la police sont épuisées ».

 

D’autre part, en ce qu’ils n’en discernent l’objectif, présent en toutes lettres dans « les textes mis en ligne depuis 2005 par ce djihadisme de troisième génération: il faut épuiser les forces de l'ordre et il faut faire en sorte que la société, qui est totalement déboussolée, se prépare à une logique de guerre civile entre enclaves de confessions différentes ».

 

Face à ce danger, le gouvernement, chaque fois dans l’urgence, procède à des annonces qui ont pour objet de rassurer, autant que faire se peut, l’opinion. A chaque tragédie, le curseur du déploiement des forces policières et militaires monte d’un cran. Après Nice, c’est la Réserve qui est convoquée. Et l’état d’urgence maintenu pour trois mois encore. Le gouvernement pouvait-il faire autrement, dans les heures qui suivent un acte de la nature de celui commis à Nice? Non. Il fallait envoyer des signaux de rassurance l’opinion inquiète. Mais cette même opinion inquiète, en demande d’actes immédiats, sait aussi que ce qui a eu lieu à Nice relève de la menace auscultée par Gilles Kepel. Des sentinelles déployées ici et là ne suffisent pas à empêcher un individu déterminé à passer l’acte.

 

Partenaire du gouvernement, ses oppositions de droite, d’extrême droite et d’extrême gauche paraissent aussi éprouver de la peine à se hisser à la hauteur du rendez-vous de l’histoire. On ne sait pas encore tout du scénario de la tragédie de Nice que certains sont déjà affairés à dénoncer le pouvoir en place, à l’accuser les uns à dénoncer le manque de précautions et les failles sécuritaires. »

 

Lire 10 juillet 2015 « Génération radicale » de Boutih : au placard « le rapport de droite » ? 

 

«Génération radicale», l'étude fumeuse de Malek Boutih sur le jihad

 

Face à la nécessité de ce changement de paradigme, le fait que les extrémistes ont toujours un tour d’avance, ce qui le propre de la stratégie, il est capital, face à leur niveau d’intelligence, aussi monstrueuse soit-elle, de se soumettre à une analyse non biaisée, cesser de les considérer comme des fous, des abrutis, et surtout se mettre dans la tête que ce ne sera pas en quelques mois que nous rattraperons ce tour d’avance.

 

Pour les comprendre, non pour les excuser, mais pour mieux les combattre avec efficacité il nous faut se mettre dans leur peau, se fondre dans leur écosystème, le pervertir, le faire s’autodétruire.

 

Ils combattent notre modernité mais ils ont mieux compris que nous les failles de nos démocraties représentatives, au pouvoir centralisé, bureaucratisé, lourd, alors qu’eux fonctionnent en réseau diffus. L’Internet dupliqué au niveau de la société. « Ils déplacent, ils transforment l’utilisation de nos outils, de nos moyens de vie, vers d’autres finalités : un avion, une voiture… On a tout dichotomisé : objet de confort, transport, armes. » Comme me l’écrit l’un de mes lecteurs.

 

Bref, agir plutôt que réagir « J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. »

Henri BERGSON

 

En ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, je suis et je reste mendésiste, le parler vrai cher à Michel Rocard :

 

« Pour les dirigeants d’abord. Le premier devoir, c’est la franchise. Informer le pays, le renseigner, ne pas ruser, ne pas dissimuler ni la vérité ni les difficultés ; ne pas éluder ou ajourner les problèmes, car dans ce cas, ils s’aggravent ; les prendre de face et les exposer loyalement au pays, pour que le pays comprenne l’action du gouvernement ».

 

« Au final, la démocratie donne à voir principalement les conflits entre les hommes, pour le pouvoir d’abord (ceux que tout pouvoir autoritaire cherche à cacher) et pour le partage de la richesse évaluée en monnaie. Ce qui justement, dans les activités humaines, n’est déclencheur ni de bonheur ni d’enthousiasme, et laisse place souvent à la tentation de la violence et de l’immoralité. » Michel Rocard

Nous ne sommes pas à la hauteur : seule la mobilisation de la société française peut détruire le défi  djihadiste
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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 06:00
L’amitié dans l’ivresse, l’ivresse dans l’amitié, même combat, Antoine Blondin un Singe en Hiver, c’est l’amitié.

Un Singe en Hiver fut en 1959 cité comme grand favori pour le prix Goncourt mais ce fut un inconnu André Schwarz-Bart qui l’obtint pour Le dernier des Justes.

 

« Un Singe en Hiver, la cavalerie légère d’une amitié rêvée.

 

Le dernier des Justes, l’artillerie lourde d’une compilation laborieuse. »

 

« Schwarz-Bart, noyé dans ses fiches de documentation, avait fini par ne plus bien faire la différence entre les lignes sorties de sa plume et celles des autres. Une polémique naquit, s’amplifia, le cloua au pilori du plagiat. Il apparut qu’il était de bonne foi ; accablé, il en fit une dépression nerveuse. »

 

Blondin, étranger à ces persécutions, en fut marri. Sa seule saillie, sous forme de plaisanterie, à l’adresse de son rival heureux puis malheureux eut pour cadre un bar de nuit dans lequel il croisa Schwarz-Bart. Les deux écrivains portaient un pull à col roulé. Antoine Blondin pointa un doigt accusateur dans la direction de Schwarz-Bart en criant : « Plagiat ! » pour ensuite lui offrir un verre afin de le consoler. Comble d’infortune, le déprimé ne buvait que l’eau minérale, était-ce sans doute la cause de sa déprime fera remarquer un ami de Blondin.

 

La picole, Blondin adepte du lever de coude des bords de bar, se défendit d’avoir fait l’apologie de l’ivresse dans Un singe en hiver :

 

« Aucun de mes personnages ne boit pour se saouler mais plutôt pour changer les couleurs de la vie, tenter de la rendre plus acceptable, surtout lorsqu’ils se sentent seuls. Or, il se trouve que la boisson stimule un élan de compréhension pour autrui. Qu’il s’agisse de repeindre les choses ou de se donner des prochains, l’ivresse n’est pas une passion, mais un état où des « clés » vous rendues. »

 

« Lorsqu’ils sont ivres, Quentin s’imagine en Chine et Fouquet en Espagne. Pourtant ils se rejoignent malgré la distance de leurs âges, de leurs expériences, de leurs nostalgies parce que le thème essentiel d’Un singe en hiver c’est l’amitié. »

 

Et pourtant, ce livre qui obtint le prix Interallié en compensation, Blondin eut bien du mal à l’accoucher. « Séquestré par son éditeur dans une chambre d’hôtel à Mayenne, Antoine au bout de deux mois reprend le train pour Paris, la tête basse, sans avoir écrit une ligne. C’est en débarquant à Montparnasse qu’il a enfin un sujet de roman dont le personnage serait son hôtelier de Mayenne :

 

« C’était un homme énigmatique dont l’énorme silhouette, planté à la réception, scintillait doucement par la grâce du nez plutôt bourgeonnant et violacé, qui semblait porter le souvenir de quelque aventure assoupie. Il offrait le profil de ces montagnes dont la majesté ne se manifestera qu’à l’instant de leur écroulement. »

 

Dans le livre ça donne ça :

 

« Le reste du temps, il présentait une ivresse impénétrable, l’œil tourné en veilleuse sur une épaisse rumination intérieure. Ses compatriotes prétendirent qu’il était saoul debout. »

 

Quentin Albert, hôtelier à Tigreville, sortait du néant.

 

En face de lui débarque de Paris un soir d’automne, un jeune homme un dénommé Fouquet dont Blondin pudiquement concède « Je ne tombe pas loin si j’avance que Fouquet, c’est vaguement moi, en un temps où j’avais tendance à aller dans les marges de la vie. »

 

C’est son côté extra-terrestre « qui détonne dans le panorama humain et réaliste du bourg et l’offusque. Seul Quentin « reconnaît » le jeune homme au sens où Jeanne d’Arc a pu « reconnaître » le Dauphin. »

 

« Une nuit sur deux, Quentin Albert descendait le Yang-tsé-kiang dans son lit-bateau… » Ainsi commence Un singe en hiver…

 

« Et la navigation reprenait son cours sur l’oreiller »

 

Henri Verneuil, bien avant l’attribution de l’Interallié, s’empressa d’aller placer le roman sous le nez de Jean Gabin qui tournait aux studios d’Épinay avec Jean Delannoy. « Je viens de le terminer, lis ce roman, tu vas être ravi… sans être vraiment convaincu que ce conseil allait être suivi. Gabin ne lisait que France-Soir et l’Équipe précise Verneuil en ajoutant, c’était de la paresse. »

 

L’a-t-il lu ? Nul ne le sait mais, à cette époque, dans les années 60, « la trilogie Verneuil-Audiard-Gabin formait une équipe soudée… par le succès. »

 

Les droits furent achetés mais les Américains de la MGM renâclaient : A monkey in winter, bof ! De plus le contenu du roman, un archange de l’alcoolisme qui débarque chez un ivrogne repenti, ne les emballait guère. C’était toujours No !

 

Verneuil s’obstine, déclare à la MGM que Gabin est enthousiaste et, avec la complicité d’Audiard il parvient à ses fins.

 

Deux mois de travail minutieux à Dourdan pour rester fidèle au roman. Audiard était devenu fou de Blondin. Verneuil avoue « Nous avons travaillé dans le calme dans la maison de Dourdan avec la conviction que nous traitions une matière d’une richesse rare… »

 

La suite ICI la réplique culte de Gabin « Il ne faut pas mélanger les grands-ducs et les bois-sans-soif. Oui monsieur, les princes de la cuite… » 

 

 

« Ses convictions de jeune homme, situées bien à droite, même à la droite de la droite, l’ont poussé à réagir vis-à-vis d’une littérature engagée dans la droite ligne de la mode stalinienne. Il parait évident qu’il possède un goût évident pour la provocation. Dans cette vision des choses, il fréquente des copains de route fabuleux et hors du commun : Roger Nimier, Jacques Laurent, Michel Déon et autres qui contestent haut et fort les engagements politiques de Louis Aragon et la philosophie de Jean-Paul Sartre. Bernard Franck, en 1953, les surnommera les Hussards. Blondin dira « ils nous font passer pour des écrivains de droite pour faire croire qu’il existe des écrivains de gauche ».

 

Quelques années plus tard, Antoine Blondin se lie d’amitié avec François Mitterrand. Il accompagnera ce dernier dans des réunions ou meetings politiques et poussera le paradoxe jusqu’à voter pour lui ! Mais, ce n’est pas pour autant qu’il passera à gauche avec armes et bagages. Parmi les œuvres d’Antoine Blondin on retient : Un singe en hiver, où il magnifie sa passion pour l’alcool, Les Enfants du Bon Dieu, l’Humeur vagabonde, Quatre Saisons, l’Europe Buissonnière, Monsieur Jadis, Certificat d’études et enfin, Ma vie entre les lignes. »

 

Source :  Alcools de Nuit chez Michel Lafon

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 06:00
Les fleurs de comptoir, ça ne s’arrose pas trop, au « blanc de facteur » selon Jean Carmet

« Le monde appartient à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt »

 

Ça c’est une brève de comptoir de Jean-Marie Gourio glanée dans les bistros « là où il y a comme un air d’abondance, une générosité ambiante. Les bars des jours de marché, avec des cabas qui débordent de salades et des odeurs de viande chaude… Un petit coup par-dessus et la parole se libère. Ça marche mieux en buvant, mais attention, pas n’importe quoi. Le « blanc de facteur », comme l’appelait Jean Carmet, ça va, la bière aussi, éventuellement le kir, la coupette de champerlot ou le doigt de porto, mais au–delà, la brève s’empâte. Plus l’alcool est fort, moins c’est bien. Les fleurs de comptoir, ça ne s’arrose pas trop. »

 

Jean Carmet nul besoin de le présenter :

 

« Les petits vins de mon pays, de mon pays de Bourgueil, ont eu longtemps ma préférence sinon mon exclusivité. Ces petits vins blancs légers qui travaillent sous le soleil inimitable des bords de Loire. On leur laisse rarement le temps de s’accomplir au-delà d’une année, ils meurent avant l’âge, mais en beauté… »

 

Mais, il concédait aussi que si son père était un saint-cyrien de la vigne et qu’il a suivi son enseignement, il avait longtemps été étouffé par son patriotisme régional. « Quand je suis arrivé à Paris j’ignorais totalement qu’il existait d’autres vins. Je soutenais mordicus que rien ne pouvait égaler un saint-nicolas-de-bourgueil. Et puis j’ai acheté une maison dans le Gard, à 12 km de Bagnols-sur-Cèze et j’ai découvert les côtes-du-rhône avec ravissement… »

 

Dans Je suis la badaud de moi-même - Ed. Plon

 

« Vider une bouteille avec quelqu'un, c'est une manière pudique de se dire l'amitié. Il faudrait que les bistrots aient un parfum d'éternité. »

 

« Pour briller j'ai besoin de m'entourer de gens moins intelligents que moi. J'ai du mal à en trouver. »

 

« L'expérience n'intervient que quand on n'a rien à dire. Le plaisir des mots, c'est aussi le secret des mots, le silence. »

 

« Je considère la vieillesse comme une insulte. Je vais finir dans le désordre. »

 

« Sans mes amis je ne serais rien, c'est eux qui m'ont inventé. »

 

« J'aime transmettre les histoires qu'on me raconte et enjoliver les miennes. Comme acteur, je me promène dans la vie des autres. Et dans la vie, je fais pareil. »

 

Son pays, ses amis, ses histoires…

 

En voilà une bien belle histoire à la Carmet:

 

« J’avais déjeuné chez Bernard Blier. Nous nous étions attardés à table, mêlant les agréments de la discussion à ceux de la sélection des vins. La nuit est venue quand nous nous quittons gaiement. Je hèle un taxi et… au lieu de lui indiquer : « À Sèvres ! » où je réside, je lui communique : « À Tours ! ».

 

Je ne saurais vous expliquer pourquoi. L’automédon ne manifeste aucune surprise. Je monte à bord et plonge presqu’aussitôt dans le bienheureux sommeil de l’oubli…

 

On me secoue, on me réveille, c’est le chauffeur :

 

« Nous sommes arrivés ! »

 

Nous sommes en effet, à Tours.

 

Pourquoi Tours ?

 

Comment, étant à Paris, peut-on avoir l’idée saugrenue de rallier Tours en taxi ?

 

Le chauffeur rigole : « Je vous ai tout de suite reconnu, monsieur Carmet. J’ai entendu des reportages, je sais que vous êtes de Tours ou des environs, alors c’est normal que vous ayez voulu venir ici ! »

 

« Nous étions au petit matin et au cœur de l’hiver. Je propose d’aller prendre un café près de la gare. Nous tombons sur toutes les épaves de la nuit, hantées par un unique objectif : se goinfrer un pied de cochon. Et j’ai offert une tournée générale de pieds de cochon. J’ai voulu téléphoner à Sonia, mon épouse, à Sèvres. Sans résultat. Je devais apprendre plus tard qu’elle était partie à ma recherche en oubliant de brancher le répondeur.

 

Que faire ?

 

Toujours flanqué de mon fidèle chauffeur je rends visite à des cousins tourangeaux. Il est maintenant 7 heures, ils s’étonnent :

 

- Que fais-tu là ?

 

- J’ai déjeuné avec Bernard Blier.

 

- Ah bon ! Il est de passage à Tours ?

 

- Mais non, chez lui à Neuilly !

 

« C’est la confusion totale. Je les sens sur le point d’alerter hypocritement un quelconque service psychiatrique, je disparais. En taxi toujours. Nous sommes tombés en panne du côté d’Orléans. Le chauffeur marchait au fuel qui avait gelé tellement il faisait froid. L’homme était de bonne compagnie et savait s’adapter, nous avons fait la java pendant toute la nuit. Puis je l’ai raccompagné chez lui. Son épouse a failli me lyncher. La mienne aussi, un petit peu plus tard, ce qui vous expliquera pourquoi je dois périodiquement changer de compagne. Je les comprends et je les absous, ce sont toutes des saintes. »

 

Extrait du livre Alcools de Nuit -Antoine Blondin

 

Pour finir si vous souhaitez briller en société quelques brèves de comptoir dites par Jean Carmet.

 

- On s'en fout pas mal que le poulet soit élevé au bon air, après tout on ne mange pas les poumons.

 

- Ça revient, la mode du cheval. On en a encore mangé ce midi.

 

- Les moutons sont cons c'est pour ça que leur cervelle n'ont pas de goût...

 

- Il faut pas trop parler le matin sinon l'après-midi on sait plus quoi dire.

 

- Pour une cuite on dit pas overdose, on dit ivre-mort, ça fait quand même moins peur.

 

- En ce moment je lis rien, je garde pour plus tard... toi aussi...tu fais bien, sinon t'arrives à la retraite avec plus rien à lire.

 

- Ce n'est pas parce que l'homme a soif d'amour qu'il doit se jeter sur la première gourde.

 

- Une frappe chirurgicale c'est quand tu fous une claque à ta femme et qu'elle ne casse rien en tombant

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