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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, pantouflage et magouillage sont les deux mamelles de la haute-fonction publique sous la Ve République… François Pérol l’Écureuil et les Populaires

« En souffrance » la dénomination me convenait bien car elle me permettrait de nommer et de compacter, en un lieu circonscrit et impénétrable, un recoin de mon ordinateur, tout ce qui venait de me tomber dessus en si peu de jours. Le risque d’un total effondrement me guettait, j’étais à deux pas d’être submergé, de perdre pied. Afin d’éviter l’effet de propagation j’appliquais la théorie des dominos à mes soucis. En priorité, confiner la jalousie qui me minait. Mes craintes se révélaient fondées. Comment pouvait-elle se laisser séduire par lui ? Lui ou un autre, je n'avais rien à dire même si pour moi elle méritait beaucoup mieux. Me taire. Fuir ce déjeuner. Mais elle était si belle, si rayonnante, si aérienne, et comme mon corps me lâchait ma lutte se portait sur un autre terrain. En fait, je réalisais que je n’étais pas jaloux au sens habituel du terme, mon désir ne puisait pas sa source dans la possession de son corps, bien sûr la sentir, l’embrasser, la déshabiller, lui faire l’amour, en d’autres temps m’aurait obsédé, mais dans mon souci de la voir aimée par quelqu’un à sa hauteur. Il n’y avait aucune trace d’amour-propre dans ma déception de la voir en compagnie de ce garçon mais une forme de rage, l’impuissance de la vieillesse. De l’orgueil sans doute, à croire que, si la donne du temps m’avait donné une chance, moi seul était capable de la rendre heureuse. C’était une certitude qui me rendait fort. L’important c’était elle, mon Emilie. Alors pour elle, il fallait que je me batte contre un ennemi intérieur, bien plus redoutable, dont je savais depuis des années qu’il guettait le bon moment pour se ruer sur mes défenses affaiblies et me terrasser. Du courage elle m’en infusait, loin des petits frelons sans importance je m’accrochais.

 

« Il n’y a d’amour éternel que contrarié… »

 

L’amour paisible est un leurre dont il faut se méfier, c’est quand c’est difficile, tout le temps difficile, que l’amour reste vivace, ne s’éteint pas. Le mien, si tardif, unique, entrait dans ce cercle restreint, alors pour m’aider à survivre j’allais le cultiver avec passion, avec soin, loin des petits prédateurs. La distance est mon seul talent.

 

« Anne était vive, intelligente, passionnée d’art. C’était une mince brunette pétillante aux yeux verts, très gaie et au sourire enchanteur. Elle le captivait. Il la charmait. « Il était intéressant, se souviendrait-elle. Il y a tant de gens qui ne sont pas intéressants. Vraiment pas ! Les gens supérieurs… vous multiplient la vie par leur savoir. »

 

« Mais Anne lui offrait ce renouveau – une « régénération », dira-t-elle – que peut connaître un homme plein de vigueur à l’approche de la cinquantaine quand son existence se trouve soudain bouleversée par une passion dévorante et réciproque pour une fille qui a la moitié de son âge. »

 

Le François de Jarnac avec qui je n’ai jamais eu d’affinités retrouvait au travers de cet amour romantique une épaisseur humaine, charnelle…

 

Quel champ me restait-il alors à couvrir entre ma bataille vitale et mon désir de la voir s’épanouir ?

 

En clair, devais-je abandonner toute activité ?

 

Les petits jeux intérieurs sont si minables, si misérables, si mesquins, alors que tout autour de nous, au plus près de nous, la barbarie, l’ignorance, la bêtise, s’étalaient, s’épandent, me désespèrent. Est-ce monde là que je vais quitter ? Est-ce monde là dans lequel ceux que j’aime vont vivre ? Je n’arrivais pas à m’y faire, à accepter l’impuissance, le renoncement. Alors, même si je n’en avais plus très envie, je m’accrochais aux manchons de la charrue et je suivais le sillon.

 

L’entrisme chez les Républicains s’imposait, je renouvelais ma carte au nouveau parti accompagné de l’ensemble de ma fine équipe. L’heure s’y prêtait car l’essentiel se jouait en interne.

 

« Janus aurait adoré la vie de Nicolas Sarkozy. Deux visages pour un même homme, l’un concentré sur le présent, l’autre tourné vers l’avenir. Un même corps, un même esprit, tendus vers deux horizons : la présidence du parti, un épisode qui n’est pas fait pour durer. Une sorte de présent imparfait. Le futur ? Une candidature à la primaire qui montre déjà son nez. Et pour l’heure un impossible choix puisque l’ex chef de l’Etat se doit d’être les deux. Président de tous et candidat d’une partie. Les vies de Nicolas Sarkozy ne sont décidément pas simples à conjuguer.

 

Certes la fonction de "big boss" des Républicains lui apporte pas mal d’avantages. C’est, en effet, à lui que revient la tâche d’organiser l’épreuve finale, lui qui en fixe les règles et les contours. Certes, les pressions sont fortes de la part de ses concurrents mais au final c’est bien lui qui tranche et part donc avec un léger avantage. Son job de président de parti lui donne aussi une surface médiatique bien supérieure à celle de ses concurrents. Le chef de l’opposition c’est lui. Rien que lui. Il est maitre des débats et du calendrier. En revanche, certains de ces avantages peuvent se révéler à double tranchant. »

 

Le maillon faible de la stratégie de Sarkozy c’est l’UDI, alors nous n’allions pas nous priver de faire feux de tout bois sur le plus con de la bande : Hervé Morin. Je rappelais à mes troupiers un petit épisode au temps où je m’étais infiltré dans les rangs de l’UMP.

 

 

« Alors, à la grande surprise de la pouponnière sarkozyste j’attaquais en rase campagne « Comment notre président a-t-il pu confier le portefeuille de la Défense à un Hervé Morin ? Moi qui suis un héritier de la pensée du Général, pensez-donc j’ai défilé sur les Champs en 68 pour protester contre la chienlit et renvoyer la racaille gauchiste à ses débats fumeux, je ne comprends pas ce choix. Les centristes sont des couilles molles et ce Morin un j’en foutre ! » Mes interlocuteurs étaient médusés et tétanisés. Que me répondre ? Aller dans mon sens c’était d’une certaine manière mettre en doute l’infaillibilité de Nicolas 1er. Nul n’osait s’aventurer sur ce terrain mouvant. Le mime agitait ses petites mains mais restait coi. Et c’est alors qu’une petite voix flutée s’élevait « Comme le dit mon père : Morin est aussi con que ses bourrins ! » J’approuvais bruyamment la petite blonde, car c’était elle qui venait de faire cette saillie, en qualifiant de plus le maire d’Epaignes de traître. Mes interlocuteurs approuvaient. L’agité-bis, stupéfait de la prise de parole de sa dulcinée, se dandinait d’une fesse sur l’autre, avant de proférer une grossièreté « Jeanne-Marie, ne t’en déplaise, ton père est aussi un sombre con... »

 

Pantouflage et magouillage sont les deux mamelles de la haute-fonction publique sous la Ve République…

 

« En cet hiver 2009, les pouvoirs publics désespèrent de trouver une solution au problème de gouvernance des Banques populaires et de l’Ecureuil. Les groupes, en très grande difficulté, vont fusionner, mais leurs patrons ne s’entendent pas sur un nom de dirigeant. Ces « chamailleries » exaspèrent les pouvoirs publics et le seul moyen d’y mettre un terme est de désigner une personne « neutre ». Encore faut-il la trouver. A Paris, les candidats disponibles ne sont pas légion. Quelques noms circulent, mais les banquiers buttent sur la solution. Or le temps presse. Et « c’est ce qui fait au final que le président de la République a demandé à François Pérol » de prendre la tête du futur groupe, explique Claude Guéant.

 

« Le président de la République lui-même a beaucoup hésité, poursuit-il. François Pérol était pour lui un collaborateur extrêmement précieux. Mais il fallait sauver les deux établissements bancaires. »

 

Le président du tribunal veut être certain d’avoir bien compris : « Donc c’était une idée du président de la République ? » « Oui », répond Claude Guéant.

 

A ce moment, il y a comme un flottement dans la salle. Non pas que Claude Guéant vienne de faire une révélation fracassante. A l’aune de ce que fut le quinquennat de Nicolas Sarkozy, en ces années d’hyperprésidence, ce « oui » n’étonne personne. Mais, au regard des débats de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, où M. Pérol comparaît pour « prise illégale d’intérêts », il prend en revanche une tout autre épaisseur. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 06:00
http://www.reprenezlescommandes.com/notre-appareil-digestif/

http://www.reprenezlescommandes.com/notre-appareil-digestif/

Imaginez, vous êtes en train de dîner chez Pierre Jancou, vous vous apprêtez à le clore en beauté avec la charlotte fraise-cerise-amande préparée avec amour pour moi par Marion Goettle accompagnée d’un Prosecco de derrière les fagots.

 

Que va-t-il se passer ?

 

C’est le début d’un grand voyage qui va d’abord mobiliser vos yeux, votre nez, votre bouche avant d’emprunter à un carrefour de tous les dangers, celui des voies respiratoires et digestives, le pharynx, et de disparaître dans l’œsophage.

 

Giulia Enders va nous servir de guide :

 

Tout d’abord nous mangeons avec les yeux : « les particules de lumière qui rebondissent sur la part de gâteau sont projetées sur la rétine et activent des nerfs optiques. À l’issue d’une petite promenade dans les circonvolutions cérébrales, cette « première impression » est envoyé au cortex visuel, situé au centre du cerveau, à peu près à la même hauteur qu’une queue de cheval haute.

 

Bricolage d’une image par le cerveau à partir des signaux nerveux : « nous voyons enfin notre part de gâteau, cliché alléchant transmis ailleurs : le centre salivaire, qui contrôle la sécrétion de salive, reçoit une lettre d’information, et nous en avons aussitôt l’eau à la bouche… »

 

Question stupide du Taulier : la vision d’un beau nectar vermillon déclenche-t-elle l’eau à la bouche ?

 

« … de même, à la seule vue de cette gâterie, notre estomac s’en lèche les babines et sécrète un peu de suc gastrique. »

 

Place au pif !

Voyage d’une bouchée de charlotte fraise-cerise-amande de Marion Goettle au bout de votre œsophage qui fait la holà

Le nez est profond, ses cavités vont bien au-delà où peut aller notre doigt. « Plus haut, nous entrons dans le royaume des nerfs olfactifs qui sont recouverts d’une couche protectrice de mucus. Tout ce que nous sentons doit d’abord être dissout dans ce mucus pour pouvoir atteindre les nerfs.

 

Les nerfs olfactifs sont de vrais spécialistes : il y a pour une multitude d’odeurs différentes toute une série de récepteurs spécifiquement dédiés.

 

Y’en a qui pendant des années pendouillent sans avoir rien à faire pour se réveiller un jour et lancer fièrement au cerveau : « Muguet ! » et se retrouver au chômage technique pendant une nouvelle floppée d’années.

 

Question stupide du Taulier : pourquoi des dégustateurs renifleurs pour 1 même vin lui trouvent des flaveurs différentes et contradictoires ?

 

Inspirer !

 

Soyez inspiré !

 

« Notre organe olfactif est un goûteur chevronné. Plus la petite cuillère chargée d’une bouchée de gâteau se rapproche de la bouche, plus il y a de molécules qui s’en détachent et affluent vers les narines. Sur les derniers centimètres de ce parcours, si nous décelons la présence d’alcool, le bras peut alors faire demi-tour, les yeux peuvent entamer une inspection plus approfondie, la bouche peut demander s’il y a de l’alcool dans ce gâteau ou depuis combien de temps il traîne dans le frigo. »

 

Remarque stupide du Taulier : que fait un beau nez de dégustateur patenté face aux fragrances bestiales d’un vin nu ?

 

« Et une fois que le cerveau a donné sa bénédiction : snip, snap, gobe, gobé, par le gosier de l’intéressé la bouchée de gâteau est passée – et le rideau se lève sur la première scène du ballet. »

 

Pour le glou la deuxième scène vaut le détour mais là n’est pas notre propos du jour, prière de s’adresser aux grands dégustateurs aveugles.

 

La bouche c’est du costaud, « elle aime les superlatifs. »

Voyage d’une bouchée de charlotte fraise-cerise-amande de Marion Goettle au bout de votre œsophage qui fait la holà

« Le muscle le plus puissant du corps humain se trouve être celui de la mâchoire

 

« … avec notre mâchoire, nous exerçons sur une molaire une pression qui peut aller jusqu’à 80 kg, soit le poids d’un homme adulte ! Pendant un repas, quand nous tombons sur quelque chose de très dur, c’est comme si nous ordonnions à toute une équipe de footballeurs professionnels de piétiner l’aliment incriminé pour que nous puissions l’avaler. »

 

Pas étonnant que l’émail de nos dents soit « le matériau le plus dur que nous soyons capable de fabriquer.

 

La langue elle est le muscle strié le plus agile.

 

La mastication commence et « pour notre morceau de gâteau quelques joueurs de l’équipe des minimes devraient suffire. »

 

La langue entre en scène, c’est le coach : « quand de petits morceaux de gâteau craintifs s’égarent loin des chaînes de broyage-concassage, la langue les remet gentiment sur le droit chemin. »

 

Quand tout est bol alimentaire, on passe à la déglutition :

 

  • La langue attrape un chouia du bol : 20 mml et le propulse vers le palais mou, juste avant l’œsophage ;

  • C’est l’interrupteur : il suffit d’appuyer dessus pour mettre en branle le programme de déglutition ;

  • La bouche est alors verrouillée et notre gâteau mâché est repoussé tout au fond dans le pharynx.

Les portiers : le voile du palais et le muscle constricteur supérieur « qui se chargent de fermer cérémonieusement les derniers accès au nez (…) les cordes vocales sont priés de se taire et l’épiglotte, tel un chef d’orchestre, se dresse majestueusement (le mouvement est perceptible au niveau du cou) tandis que la bouche s’abaisse. »

 

Remarque stupide du Taulier : d’où l’expression on ne parle pas la bouche pleine.

 

Alors une vague de salive emporte votre bouillie de gâteau et la fait disparaître en 5 à 10 s dans l’œsophage.

 

Rideau.

 

Applaudissements.

Voyage d’une bouchée de charlotte fraise-cerise-amande de Marion Goettle au bout de votre œsophage qui fait la holà

« Pendant la déglutition l’œsophage fait la hola. Quand le bol alimentaire arrive, il s’élargit, et quand il est passé, il se referme. C’est ce qui permet à notre menu de ne pas repartir dans l’autre sens (…)

 

« … Sans se soucier un seul instant de la pesanteur, notre morceau de gâteau descend donc avec grâce le long de notre buste (…)

 

« … Le premier tiers de l’œsophage est enveloppé de muscles striés, ce qui explique que nous avons encore conscience de la première étape du chemin. Le monde de l’inconscient commence qu’après le petit renfoncement que nous pouvons palper tout en haut du sternum. À partir de là, l’œsophage n’est plus entouré que de muscles lisses (…)

 

Tout en bas : le sphincter œsophagien « se détend pendant 8 s et le bout de gâteau saisit l’occasion pour plonger. »

 

Fermeture et à « l’étage supérieur, dans le pharynx, on respire à nouveau. »

 

Le premier acte du spectacle est terminé, le parcours exige un « maximum de concentration et une bonne coordination. C’est un travail d’équipe, qui nécessité d’être soigneusement étudié. »

 

« Dans le ventre de nos mères, déjà, nous nous entraînons à déglutir et pouvons avaler jusqu’à un demi-litre de liquide amniotique… »

 

« … À l’âge adulte, nous déglutissons entre 600 et 2000 fois par jour. Ce faisant, nous activons plus de 20 paires de muscles. En vieillissant, nous avons tendance à avaler plus souvent de travers : les muscles qui coordonnent le spectacle ne respectent plus aussi bien la chorégraphie, le muscle constricteur supérieur et l’épiglotte a besoin d’une cane pour se lever… »

 

La suite est dans Le charme discret de l’intestin Giulia Enders Actes Sud

Voyage d’une bouchée de charlotte fraise-cerise-amande de Marion Goettle au bout de votre œsophage qui fait la holà

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 06:00
Le magicien-Autoportrait à 4 mains 1952 Magritte

Le magicien-Autoportrait à 4 mains 1952 Magritte

Le vin étant un produit culturel sur cet espace de liberté nous ne badinons pas avec les références : nous entrons dans le vif du sujet en citant du Levinas, Totalité et infini.

 

Est-ce que boire c’est manger ?

 

La réponse est assurément oui, car boire est essentiel à la vie mais boire du vin ne l’est pas sauf à replacer le plaisir au centre de l’acte de manger. Le fameux goût des choses qui est, dans l’homme physique, l’ « appareil au moyen duquel il apprécie les saveurs » selon Brillat-Savarin.

 

« Cette définition, loin d’en faire un sens que l’on pourrait séparer des autres, conduit aussitôt à affirmer la centralité du goût et à souligner le lien existant entre sa dimension physiologique et sa dimension cérébrale, mais aussi intellectuelle, culturelle, voire artistiques. Tous les sens sont sollicités dans la dégustation, comme en témoignent l’importance des impressions olfactives, rétronasales, somesthésiques et visuelles, mais aussi la texture des aliments et même le bruit qu’ils font quand on les croque et qu’ils craquent sous la dent. » comme le note Corine Pelluchon dans son très savant ouvrage Les Nourritures Philosophie du corps politique au Seuil.

Cette « morsure sur les choses » que l’acte de manger illustre de manière exemplaire : le grand voyage de la nourriture.

« Or ce qui excite le goût est certes la faim et la soif, mais également le souvenir du plaisir éprouvé à la dégustation de certains aliments et la recherche de ce plaisir, l’effort pour le rendre plus intense, plus délicat, voire pour le redoubler par le décor, la mise en scène ou les rites qui marquent le passage du plaisir de manger au plaisir de la table. »

 

Claude Lévi-Strauss dans « L’art de donner du goût » écrit que les hommes ont dû surmonter deux grands périls de leur existence alimentaire, « l’insuffisance de la nourriture et sa fadeur. Car il ne suffit pas de manger assez. Il faut, comme le proverbe français le dit excellemment, ne pas perdre « le goût du pain ».

 

Sans vouloir tirer la couverture à moi, et au point de vue de ceux qui considèrent la dégustation à l’aveugle des vins, qui plus est en une forme d’abattage stakhanoviste, comme une aberration qui débouche sur des notes chiffrées et des commentaires mécanisés.

 

Vivre, c’est vivre de… Bien manger, bien boire, c’est bien vivre… Un art de vivre, jeu des formes « celles-ci s’adressent à mon sentir dans ce qu’il a de plus personnel, de plus intime, et de plus universel, donnant lieu à une communication et un partage d’émotions qui peuvent s’exprimer par les mots, mais qu’ils ne sauraient épuiser, c’est-à-dire à une communion. Cette double référence, dans le goût, au corps et l’esprit, au palais et au jugement, explique que l’on puisse parler de nourritures terrestres et de nourritures spirituelles… »

 

Mais nous avons aussi un cerveau d’en-bas

 

Dans son best-seller en Allemagne Le charme discret de l’intestin Giulia Enders décrit avec humour et brio tout ce que dans notre corps relève de la terra incognita.

Cette « morsure sur les choses » que l’acte de manger illustre de manière exemplaire : le grand voyage de la nourriture.

« Mais que font nos organes toute la sainte journée ? Aucune idée, nous ne sentons rien de ce qui se passe. Mangeons par exemple une part de gâteau et voyons ce qui se passe : dans la bouche, nous percevons encore le goût et la consistance du gâteau et nous sentons encore les quelques centimètres qui interviennent au début de la déglutition, mais ensuite – pouf ! – la bouchée de gâteau se volatilise. À partir de là, la matière disparaît dans une sorte de trou noir, auquel la médecine a donné le nom très prosaïques de « muscles lisses ».

 

Les muscles lisses ne sont pas soumis au contrôle volontaire (…) Les sous-unités de muscles lisses forment un réseau entrelacés qui ondulent en vagues harmonieuses. Les muscles lisses enveloppent aussi nos vaisseaux sanguins (…) Le tube digestif sait s’entourer d’alliés efficaces : avec pas moins de trois couches de muscles lisses, il est extrêmement souple dans ses mouvements et peut exécuter des chorégraphies chargé de régler les pas et les figures de ces muscles, c’est le système nerveux viscéral ! »

 

Celui-ci à la particularité de faire sa vie sans rien demander à personne. « Le phénomène est unique dans le corps humain. C’est fascinant – et en même temps, on peut regretter qu’il soit impossible pour nous d’assister au travail de ces fibres nerveuses très émancipées. J’en conviens, un rot ou un pet n’ont peut-être rien de raffinés, mais sachez-le : les mouvements qui les induisent sont aussi élégants que ceux d’une danseuse étoile. »

 

Affaire à suivre dans le grand voyage de la nourriture dans une prochaine chronique…

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 06:00
Signé « un vigneron impliqué dans la gageure de produire les vins les plus honnêtes possibles, sans dogmatisme mais avec énormément de travail… »

Ceux de mes interlocuteurs qui dans une conversation, un débat, une controverse, une joute verbale ou écrite, en viennent à lancer « honnêtement… je vais… ou franchement…» me désarçonnent et me mettent mal à l’aise. Est-ce à dire qu’auparavant il n’était pas honnête ou franc, et à quelle honnêteté se réfèrent-ils, ou est-ce qu’ils veulent me mettre dans la position de contester leur honnêteté et leur franchise.

 

Alors je ne comprends pas en quoi c’est une gageure de produire des vins honnêtes ?

 

Y-aurait des vins malhonnêtes ?

 

Ensuite c’est quoi un vin produit avec dogmatisme ?

 

Enfin, que vient faire la valeur travail, que je respecte profondément et que je défends à longueur de chroniques, dans un débat sur le mode de production d’un vin ?

 

Les mots ont aussi une valeur, ils peuvent bien sûr être utilisés pour contester ce que je raconte mais pourquoi diable les balancer pour laisser accroire que ma défense des vignerons qui ne suivent pas les chemins ordinaires, et cela va bien au-delà des chapelles nature ou autres, met au ban de la société tous les autres vignerons sans distinction.

 

C’est inverser le rapport des forces, très en faveur des vignerons pratiquant la viticulture dites conventionnelle, pour me taxer de mépris à leur égard.

 

Dans le domaine du mépris j’ai beaucoup de progrès à faire auprès de quelques éminents dégustateurs de vin, ce n’est pas mon ami Olivier de Moor qui me démentira.

 

Je ne méprise personne, mais je vois ce que je vois, j’entends ce que j’entends, je lis ce que lis et au-delà des pures chamailleries, même des gamineries, je constate que les dominants sont ceux qui tiennent les ODG, verrouillent et appauvrissent l’INAO, dominent les Interpros. C’est la loi de la majorité et je la respecte lorsqu’elle respecte les minorités, mais, de grâce, j’ai aussi le droit de faire entendre une autre musique fusse-t-elle discordante.

 

Enfin, je peux comprendre le ressenti du jeune néo-vigneron, Yannick Burles, qui suggère que j’ai retourné ma veste, alors que tout simplement je suis allé jusqu’au bout de ma logique d’analyse de l’évolution d’un marché du vin versant dans le pur agro-alimentaire sous le couvert du tout AOC, et qui vit mal les évolutions présentes, qualifiées de mode « Tous ceux qui sont dans mon cas - la majorité oserais-je écrire, et des bien plus reconnus et doués que moi - ressentent durement la mode des Nature qui crée la confusion et dévalorise leurs efforts. » mais je lui pose une double question :

 

  • Qui créé la confusion ? Qui dévalorise le vin ?

Dire ce que l’on fait, et faire ce que l’on dit, est-ce encore aujourd’hui à l’ordre du jour du gros paquet de nos AOC ?

 

Tout a goût de terroir !

 

Ne cultive-t-on pas avec hypocrisie notre si belle et si constante ambiguïté ?

 

Dans ma vie personnelle et professionnelle je n’ai jamais eu beaucoup de goût pour la militance mais je me suis efforcé de m’engager aux côtés de responsables qui s’efforçaient de « parler vrai » et en soulignant cela je ne me cache pas derrière une quelconque et autoproclamé honnêteté intellectuelle. J’assume mes contradictions.

 

Maintenant que je suis sur une voie de garage, vieil homme indigne, je chronique sans stigmatiser qui que ce soit, surtout ceux qui font, mais j’exprime des choix qui ne sont que les miens ; rien de plus, rien de moins… Alors les rosés de Régal très peu pour moi, sauf sans doute quelques-uns qu’au hasard de mes pérégrinations je goûterai sans façon comme disait ma mère… Je ne suis pas sectaire…

 

HONNÊTETÉ, subst. fém.

 

A. − Conformité (quant à la probité, à la vertu) à une norme morale socialement reconnue.

 

1. Respect de la loi morale, conformité à la morale. Honnêteté absolue, scrupuleuse, stricte.

 

« Ce naïf compliqué croit dur comme fer qu'un homme de lettres, un journaliste, un député, même de l'espèce bien-pensante, bénéficie d'une sorte d'alibi moral, a droit à un traitement de faveur, ne peut être tenu, avec le commun des êtres raisonnables, d'observer les règles élémentaires de la simple honnêteté. Bernanos, Imposture,1927, p. 415.

 

Dans le domaine des affaires, du commerce. Qualité de celui qui est fidèle à ses obligations, à ses engagements, qui ne cherche pas à tromper; qualité de ce qui est fait en respectant les engagements pris, sans tromperie. Honnêteté en affaires; honnêteté des opérations commerciales.

 

Dans le domaine de la vie intellectuelle, de la création artistique. Rigueur, franchise.

 

« Je garde ma foi dans une patrie où chacun s'efforcera de comprendre les raisons des uns et les excuses des autres. Alors se lèveront les jours bénis où il y aura de nouveau assez de place dans les prisons pour les condamnés de droit commun, où écrivains et journalistes, ruisselants de bonne foi et d'honnêteté intellectuelle, auront appris à se méfier du destin redoutable qui peut tenir dans leur stylo, où il ne sera plus nécessaire d'ergoter sur ce que signifie trahison et intelligence avec l'ennemi. Mauriac, Bâillon dén., 1945, p. 482.

 

Loc. adv. Avec honnêteté, en toute honnêteté. Avec bonne foi, en (toute) vérité.

Signé « un vigneron impliqué dans la gageure de produire les vins les plus honnêtes possibles, sans dogmatisme mais avec énormément de travail… »
Signé « un vigneron impliqué dans la gageure de produire les vins les plus honnêtes possibles, sans dogmatisme mais avec énormément de travail… »

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 06:00
Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot

Éléonore Colin de Télérama est formelle « Sauvé de la misère industrielle dans laquelle il était tombé, le mythique jambon-beurre s’affiche, à nouveau divin, chez les esthètes de la capitale. »

 

« Vingt-cinq centimètres de plaisir répartis entre deux tranches de baguette bien fraîche, un authentique jambon de Paris et une belle couche de beurre... C'est l'anti-burger. L'un des plus grands symboles de notre patrimoine gastronomique. Dans l'univers de la street food, l'irréductible jambon-beurre reste, contre toute attente, le sandwich chouchou des Français. En 2014, près de 1,3 milliard d'unités se sont même laissées croquer. Cocorico ! Ces dernières années pourtant, on ne donnait pas cher de sa croûte. Pilier de comptoir et des halls de gare parisiens, il faisait globalement peine à voir. Une vraie débandade. »

 

La suite ICI 

 

Dans le palmarès des 6 adresses parisiennes où l’on peut déguster, selon elle, 1 excellent jambon-beurre, ceux des chefs étoilés Alleno et Fréchon font monter l’addition à 1 niveau qui n’est pas à la portée des bourses populaires : 8 € et 7,50 € pour du petit calibre c’est beaucoup trop cher.

 

Reste celui de Chez Aline. 4,50 € « Cette ancienne boucherie chevaline du 11e, reconvertie en « take away » à l'ancienne, a fait du jambon-beurre son plat signature. Dorée à souhait, la baguette tradition vient de la maison Landemaine ; le jambon en chiffonnade, estampillé Prince de Paris et subtilement iodé, fond sous la langue ; sans parler du beurre demi-sel de la ferme normande Borniambuc. Simplissime, mais divin. A chaque bouchée, son choc gustatif. »

 

Et le mien bien sûr :

  • 1 baguette Tradition de chez Laurent Duchêne rue Wurtz : 1,15 € on fait 3 beaux sandwiches avec ou 1 baguette traditionnelle 0,95€ qui donne 5 sandwiches.

 

  • 1 tranche de jambon de Paris fait maison par la charcuterie Pellé 213 rue de Tolbiac 22 € le kg soit 1,80 € pour une belle tranche

 

  • Du beurre de baratte salé (pas du demi-sel) acheté chez Quatrehomme rue de Tolbiac ou chez Androuet rue Daguerre. 3,30 € les 250g

 

  • Des cornichons 2 coupés en deux, ils sont gros, de la Maison Marc cultivés, cueillis et conditionnés à Chemilly-sur-Yonne 7,80 € les 250 g en ligne

 

Vous tranchez la baguette, vous embeurrez abondamment les 2 faces, vous posez la tranche de jambon pliée en 3, vous déposez vos 2 cornichons et le tour est joué.

 

Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot
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Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot

Faites vos comptes :

 

  • 35 c de pain + 30 c de beurre + 1,80 € de jambon + 2 cornichons à 40 c ça vous fait le sandwiche à 2,85 €. Ce n’est pas donné mais la bonne matière première se paye.

 

  • On peut, en jouant un ton au-dessous, avec une baguette traditionnelle se le faire autour de 1,50-1,60 €. C’est toujours mieux qu’un Mac Do.
  •  

Et avec ça vous pouvez vous payez un très bon verre de Marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot. Normal d’accompagner la renaissance du mythique jambon-beurre avec vin à la hauteur !

 

Bon appétit et large soif !

Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 10:40
Pour me faire porter pâle je vais au charbon : je ne serai pas l’arroseur arrosé des rosés pâlichons traités au charbon

Suite à mon questionnement sur la sélection des rosés par Régal, sur Face de Bouc le sympathique Yannick Burles, ex-acheteur de Monoprix devenu vigneron après un passage dans nos écoles de viticulture du Ministère de l’Agriculture me taille un costard pour l’hiver au début de l'été territoire de prédilexion des rosés pâles.

 

« Pourquoi ?

 

Je n'ai certes pas lu l'article mais j'ai un élément de réponse bien simple: vin nature et vin rosé ne font pas bon ménage. Au-delà du débat sur les vertus du vin Nature, un exemple: je produis un rosé "conventionnel" mais très limité en intrants par rapport à la moyenne (pas de gros collages, fussent-ils bio comme le charbon - beurk! - et une dose très raisonnable de sulfite): le résultat est d'une couleur bien trop soutenue pour le marché, et dès lors il est très difficile, et le plus souvent impossible de faire reconnaître ses qualités. Même les bobos chers à Berthomeau s'arrêtent à la robe, d'autant plus qu'ils ne risquent pas pour la plupart de sortir de leurs chapelles pour goûter un "vrai bon rosé de Provence" (dixit le Jury Prix-Plaisir Bettane+Desseauve cité dans En Magnum)

 

Jacques, votre croisade pour le vin nature est bien sympathique, de même que la conversion de la RVF, trop radicale et trop subite pour ne pas paraître douteuse, mais cela entretient beaucoup de confusion pour le grand public qui a déjà du mal à comprendre le Bio et tous les "signes de qualité". Là est la bêtise, car de fait le vin nature a plus d'accointance avec le phénomène bobo qu'avec le bon vin et la transcription du terroir, même s'il y a d'heureuses exceptions, chacun en convient, et votre ami Michel Smith a écrit tout ce qu'il y avait à écrire là-dessus! A l'heure où, n'en déplaise au "1 bouteille consommée sur 3", le rosé a encore du mal à se faire accepter comme un "vrai vin", le faire rentrer dans les cases du "vin nu" me paraît un nano-problème au regard des enjeux que vous avez l'habitude d'embrasser avec plus de hauteur de vue! »

 

Tout y est, Smith, B&D, manque plus que le Pape François qui se préoccupe du Climat, et comme je n’ai nulle envie de faire entrer les vins nus dans une quelconque case mais seulement demander aux éminents dégustateurs délivreurs de la mention le meilleur d’embrasser l’ensemble des vins rosés qui sont proposés sur le marché, y compris ceux qui ne sont pas « conventionnels ». À leur place, rien qu’à leur place, aussi petite soit-elle. Marre des gros culs qui occupent toutes la place.

 

Point c’est tout, quand à ma hauteur vue, vu que la mienne baisse, elle n’est que celle d’un consommateur acheteur de vin qui choisit et paye, ne déguste pas à l’aveugle et qui en a ras-le-bol des prescripteurs vendeurs de papier glacé, salon incorporé.

 

Je proposerai à mes chers lecteurs dans les jours qui viennent une palette de rosés nus appréciés par mes amis au féminin et au masculin.

 

Ce qui m’a fait bondir c’est la référence et à la couleur, et au recours au charbon, pour les rosés pâles.

 

Un détail aussi : sur la photo la pub pour Listel ses rosés gourmands sont des aromatisés au pamplemousse et autres arômes, certes naturels, ça colle bien avec l’image du vin rosé si difficile à imposer comme étant un vrai vin.

 

Reste le charbon qui déplaît à juste raison à notre néo-vigneron « conventionnel »

 

Pour INFO je suis allé :

 

  • Charbon œnologique : attention aux effets secondaires par Laure CAYLA - ITV France - Antenne de Vidauban « Depuis peu, les charbons œnologiques sont autorisés sur les moûts blancs, rosés et rouges aux seules fins de décontamination ou de correction de défauts organoleptiques. Leur intérêt, dans ce cadre, a fait l’objet de plusieurs communications récentes. Mais l’utilisation de charbon sur moût rosé affecte également la couleur et le profil gustatif des vins. Le Centre du Rosé a donc évalué, à titre expérimental, les effets secondaires de l’utilisation des charbons œnologiques sur les caractéristiques des jus et des vins obtenus.

Ce teint de visage pâle des rosés me fait penser au bronzage : j’ai commis une chronique le 13 août 2003 suite à la parution du livre de Pascal Ory, très sérieux historien, « L’invention du bronzage » Les Bronzés ont le pouvoir (hymne aux produits de terroir incorporé)

 

« L’état pigmentaire de nos élites ne laisse aucun doute sur la véracité de mon affirmation, sur les écrans de la télévision : politiques, patrons, peoples arborent tout au long de l’année un hâle plus ou moins prononcé. Signe de puissance, de différenciation sociale : le bronzage accompagné du port ostensible de son accessoire obligé, les lunettes de soleil – dont le format est de plus en plus voyant – est un phénomène social qui mérite qu’on s’y arrête un petit instant en une période de l’année où l’activité principale de beaucoup de nos concitoyens va consister à se dorer au soleil. Pour ma part étant un mauricaut, je prends le soleil sur mon vélo ce qui me vaut de me faire chambrer par ceux d’entre vous que je croise. Je le prends très bien eu égard à ma position si éloignée des lieux de pouvoir »

Pour me faire porter pâle je vais au charbon : je ne serai pas l’arroseur arrosé des rosés pâlichons traités au charbon

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 06:00
Le magazine Régal n’aime pas les rosés nus dites-moi pourquoi Eve-Marie Zizza-Lalu rédactrice en chef ?

Je ne sais pas.

 

Dans son n°66 de juillet-août Régal surfe comme tout le monde sur la vague et la vogue des vins rosés : 1 bouteille sur 3 consommée en France en présentant 60 rosés testés & approuvés par 16 experts du vin.

 

Le dossier a été orchestré par Hélène Piot.

 

Le chemin est balisé dit-elle. Je n’en doute pas puisque ce sont des pros qui vendent du vin donc des prescripteurs (1) et pour certains des prescripteurs importants qui ont testé et approuvé ces choix (ils les signent d’ailleurs).

 

Je ne conteste pas leur choix puisqu’il correspond à celui qu’ils font pour leur propre compte mais je m’interroge sur l’absence dans ce panel de cavistes ou de sites proposant à leurs clients des vins que l’on ne rencontre pas partout ?

 

Pour faire court les vins nus ou apparentés.

 

Simple question adressée à la rédaction en chef de Régal ?

 

Je ne pense pas que ce soit un oubli mais un choix délibéré.

 

Est-il, pertinent ?

 

Je ne le pense pas à l’heure où Denis Saverot est saisi au sortir du Jeu de Quilles par l’esprit naturel qui souffle sur le vignoble français.

 

Alors pourquoi cet ostracisme ?

 

Encore une fois je ne remets pas en cause le choix des acheteurs qui prescrivent ce qu’ils estiment être les vins qui conviennent à leur clientèle mais je m’étonne du caractère convenu et peu innovant de la proposition de Régal.

 

Pour une fois que ce magazine, qui habituellement fait peu de place au vin, lui consacre un gros dossier (10 pages) on aurait pu espérer pour que ses lecteurs puissent voir clair dans la marée de bouteilles de rosés qu’une place fut faite aux vins nus.

 

Ce n’est pas une mode mais une tendance lourde qui s’installe auprès de toute une génération, la négliger c’est se tirer une balle dans le pied Eve-Marie Zizza-Lalu Rédactrice en chef de Régal.

 

Mais où sont passés les dénicheurs, les découvreurs ?

 

Les Sélectionneurs :

5 femmes et 11 hommes.

 

2 acheteurs de la GD : Système U et Monoprix

 

4 acheteurs d’1 réseau de cavistes : Repaire de Bacchus, VandB, Intercaves  et Lavinia

 

4 cavistes e-commerce : troisfoisvin.com, le petit ballon, et Wine and Co 

 

1 sommelier myvitibox 

 

4 cavistes : le chemin des vignes, Caravin, au gré des vins et Caves du Parc

 

1 négociant Duclot propriétaire de 2 sites de ventes Internet

 

1 directrice du marketing d’un club de ventes par correspondance Club du vin français

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 10:20
Loin des clichés de la presse du vin les « Fils de la Terre » peuvent aussi mourir de solitude et d’épuisement

Hier j’ai reçu le courrier ci-dessous signé par Bruno Guichard Conseil en entreprise – Médiation –Conciliation accompagné d’un texte intitulé «Hommage à un vigneron»

 

J’ai publié aussitôt cet hommage sur mon mur Facebook.

 

Ce matin j’ai longuement hésité avant d’en faire l’objet d’une chronique car, au vu de certains commentaires sur FB, l’instrumentalisation de la disparition d’un homme jeune n’est pas le but de ma démarche.

 

Mon souhait ce matin c’est de mettre en lumière, sans tomber dans le misérabilisme, la précarité de certains vignerons, tout comme celle des éleveurs de bovins, même en Bourgogne, leur isolement, leurs difficultés économiques et commerciales, le peu de cas qu’en font les institutions publiques et privées, tout un système qui dans sa presse spécialisée ne met en avant que les réussites, les meilleurs, les peoples, passant sous silence toute une population qui vit de plus en plus chichement et qui dans un avenir proche se retrouvera sur le bord du chemin.

 

J’entends, je lis ces derniers temps que la presse du vin doit être préservée des foudres de la loi Evin, elle s’honorerait si elle dépêchait certains de ses « journalistes », non dans des banquets prestigieux ou autres mondanités, mais dans les vignes, dans les chais, au plus près de ces hommes et des femmes dont la vie au quotidien est une somme de difficultés, de combats obscurs, de fatigue et de désespoir accumulés.

 

Vous pouvez lire ou relire cette chronique du 22 février 2012 Et si un instant vous quittiez vos clichés pour vous intéresser un peu à la vie quotidienne des « Fils de la Terre » 

 

Madame, monsieur,

 

Ce témoignage a pour objet de partager avec vous ma fonction de conciliateur auprès d’un Tribunal de Grande Instance (Chalon sur Saône et Mâcon)

 

Cette fonction, je l’exerce depuis 2009, à la suite de celle de chargé de mission auprès du B.I.V.B. - Bureau Interprofessionnel des vins de Bourgogne (2003-2008).

 

Cette pratique me permet de poursuivre l’accompagnement au quotidien la situation d’agriculteurs, de vignerons qui traversent des difficultés.

 

Elle me permet de côtoyer les acteurs qui contribuent à la vie des entreprises agricoles ou ceux qui disposent de mandats judiciaires.

 

Le temps judiciaire est constitué de celui que chacun des acteurs s’octroie pour répondre à une question qu’il lui a été posée !

 

Aucune réforme ne résoudra cette question de l’engagement personnel des acteurs pour effectuer dans les temps impartis, les travaux dont ils sont chargés.

 

Ou alors, l’épuisement peut gagner les êtres les plus courageux.

 

Vincent Meunier y a laissé sa santé et sa vie.

 

De cela nous pouvons parler.

 

Fidèlement

 

Bruno Guichard

 

Hommage à un vigneron

 

Vincent Meunier, vigneron à Mellecey (Saône et Loire) épuisé par des années de luttes, vient de mourir. Il avait 49 ans.

 

Les années 2000 ont été marquées par de faibles rendements, des cours bas. Des années de crises.

 

En 2003, l’Interprofession met en place la « démarche qualité+ ».

 

C’est dans la cadre de ma fonction de chargé de mission au B.I.V.B., que je l’ai rencontré. La première fois en mai 2006. Il y a donc neuf ans. Il avait 40 ans, l’âge d’être jeune viticulteur. Un dossier, au fond assez banal. Un parmi beaucoup d’autres. 350 ! Une exploitation viticole constituée d‘appellations régionales et villages. Rouge et blanc.

 

Un plan d’accompagnement est mis en place, en concertation avec la Chambre d’agriculture, la banque. En 2008, à la fin de ma mission, Vincent Meunier me demande de continuer à répondre à ses sollicitations.

 

La situation financière reste très tendue. Les travaux d’amélioration du vignoble réalisés ne produisent pas encore les résultats attendus. La situation financière se dégrade. Pour contribuer à la charge financière Valérie, son épouse, prend un travail. De graves problèmes de santé la handicapent.

 

En décembre 2010, elle est hospitalisée 5 semaines. Puis plâtrée du buste 6 semaines. Réopérée en 2011, elle reste handicapée. Reconnue inapte au travail, elle est licenciée en septembre 2011.

 

Vincent Meunier devant les réalités se met sous la protection de la justice. Le 29 juin 2010 le Tribunal de Grande Instance de Chalon sur Saône ouvre la procédure de redressement judiciaire.

 

Le 15 février 2011, la liquidation judiciaire de l’EARL est prononcée. Alors, celle-ci entraîne la cession des actifs : vente du matériel…

 

Sa propre santé se dégrade, ses affaires juridiques et financières nécessitent des interventions auprès du Tribunal de Grande Instance de Chalon sur Saône, du mandataire judiciaire, de la Caisse de MSA, la dernière, en sa présence, s’est déroulée le 20 avril dernier…

 

Depuis plus de quatre ans, la liquidation judiciaire n’est toujours pas close ! Des sommes trop perçues d’indemnités journalières sont à reverser. Des cotisations sociales non payées à régler par voie d’Huissier.

 

Le thème de la belle soirée organisée, à l’occasion des 70 ans de l’Exploitant Agricole de Saône et Loire avait pour thème : « Soyons acteurs de nos vies ».

 

Vincent Meunier s’est épuisé, son corps et son esprit non pas suivi.

 

Ses obsèques ont eu lieu cet après-midi dans l’église de Mellecey, trop petite pour accueillir celles et ceux qui étaient venus l’accompagner. Je m’y suis rendu pour lui rendre hommage.

 

Tallant, vendredi 19 juin 2015

 

Bruno Guichard –Conseil en entreprise – Médiation –Conciliation

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 06:00
Bizarre vous avez dit bizarre le vin un produit culturel est vendu à 80% en Grande Distribution !
Bizarre vous avez dit bizarre le vin un produit culturel est vendu à 80% en Grande Distribution !

« Le vin est un produit culturel donc qui s'apprend. » écrit sur son blog Le Tire-Bouchon un œnologue retraité à propos du débat sur l’amendement clarificateur de la Loi Evin réécrit par le gouvernement.

 

Selon cette nouvelle version, « ne relèverait pas de la loi Evin les contenus liés notamment à une région de production ou au patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique disposant d'une identification de la qualité ou de l'origine, ou liés à un terroir protégé ».

 

Dans le même temps, Philippe Barret, dans l’édito du dernier LeRouge&leBlanc : AOC le suicide en pente douce, pose un sérieux bémol sur le niveau culturel de nos vins d’origine.

 

Laxisme historique de l’INAO « qui a fait passer la part des vis en AOC de 45% en 1990 à 60% en 2012 (ndlr il faut relativiser cette progression en % par le fait que les Vins de Table ont fortement régressés au cours de cette période) On a laissé honteusement certaines appellations s’étendre sur des terroirs indignes. Et l’on a trop facilement fait monter d’un niveau hiérarchique certaines appellations de type VSQS. »

 

Et d’en appeler au maître es-juge aux concours de beauté à l'aveugle : Michel Bettane qui reconnaissait en 2011 lors d’un forum organisé par le Monde que « seulement 20 % des vins d’appellation d’origine méritent ce statut. On a été d’un laxisme et d’une démagogie terrifiants dans la multiplication des appellations d’origine. »

 

Tellement culturel le vin que les critiques, les guides, les blogs, les cavistes, traitent au mieux qu’un pourcentage microscopique de ces vins (2, 5 %, je ne sais) et que tout le reste est fourgué via les murs de vins de la GD. L’infiniment petit a bien du mal à masquer l’infiniment grand. Bref, y aurait-il une culture, celle de l’élite, et une sous-culture, celle des pousses-caddies (au bémol près des foires aux vins, restons honnête)

 

Le vin c’est aussi de l’alcool, le nier serait méconnaître la réalité de sa consommation : allez donc comme moi marcher le long du canal Saint Martin ou du bassin de la Villette pour constater que les quilles de vin peu dignes de la culture voisinent avec la bière. Il n’y a pas que le shoot, le vin participe aussi à l’alcoolisation.

 

Alors, éducation me rétorquera-t-on !

 

Oui, mais où et comment ?

 

Plus simple à afficher qu’à mettre en œuvre d’une manière massive afin d’espérer obtenir des résultats probants.

 

C’est possible mais il faudra que chaque partie sorte de son discours formaté et bétonné.

 

La santé est un bien qui ne se découpe pas en rondelles selon le point de vue que l’on défend.

 

Philippe Barret conclue « aujourd’hui on en arrive donc à un incroyable paradoxe : on déclasse de nombreux vins hors « normes » pourtant plébiscités par les consommateurs, alors qu’on trouve parfaitement représentatifs d’un terroir des breuvages matraqués de pesticides, d’anti-pourriture, de levures aromatiques, d’enzymes et de soufre. »

 

Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit, les vignerons en premier, mais de tous accepter notre part de responsabilité dans cette dérive qui mène une grande part des vins dans l’univers de l’enfer agro-alimentaire.

 

Le petit monde des « journalistes » et critiques de vin qui s’en est foutu pendant longtemps comme de leur première chemise, quand certains ne se sont pas privés de railler les bio-cons et autres naturistes élaborateurs de vins poilus qui puent, ferait bien d’éviter ces postures de vierges effarouchées.

 

Le mercanti n’était pas loin pour retenir la plume, la rendre serve à la régie publicitaire, faut assumer les cocos le mélange des genres entre le commerce et l’indépendance éditoriale. Faut bien que les petites entreprises vivent mais merci de ne pas pousser le bouchon trop loin car il risque d’être rattrapé au vol par les défenseurs de notre santé.

 

Alors, merci de dire adieu aux équivalents Rafale qui mêlent les choux et les navets, les modes de consommation du vin ont certes beaucoup évoluées mais ne l’analyser qu’au travers des produits culturels c’est se raconter des histoires et les histoires d’amour finissent mal en général…

Bizarre vous avez dit bizarre le vin un produit culturel est vendu à 80% en Grande Distribution !

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 06:00
La Donna é mobile « Les glaces de Cecè sont la joie des gourmets ! Une glace chez Cecè et la chaleur disparaît ! »

Vendre des glaces italiennes à vélo, en triporteur, dans les rues de Paris tel est le projet d’une amie…

 

« Les Italiens sont les champions du monde de la glace. Qui n’a pas parcouru les paysages de Toscane ou d’Ombrie pour découvrir sur une jolie place d’un petit village, un fabricant de fabuleuses glaces aux fruits ou au chocolat ne sait pas ce que la douceur de vivre signifie. »

Serge Guérin Éloge politique du chocolat lemieux éditeur

 

Comme nous partageons le même goût pour la petite reine et pour Palerme, alors je me suis dit que j’allais lui offrir une belle tranche d’Andrea Camilleri, l’écrivain sicilien qui sait si bien donner vie aux gens de peu, ceux qui n’occupent aucune place dans les livres d’Histoire, les Cecè Caruana le brassier de Vigàta qui épousa « une jolie rate de dix-huit printemps, toujours mistifrisée et élégante » la Sisina Pillitri.

 

« Tout Vigàta blêmit d’envie quand Sisina accepta Cecè sans catoller (…)

 

Étrange, non ?

 

Pourquoi une beline aussi agriffante, qui pouvait à coup sûr prétendre aux garçons les plus moyennés du canton s’allait-elle marier, et à la galope, avec un meurt-de-faim ?

 

Mystère et boule de gomme.

 

(…) Dès lors les batillons allaient bon train.

 

On disait que Sisina avait voulu se marier à toute étreinte parce que la grange était déjà pleine, mais d’un autre homme. »

 

(…) et certaines limes douces glissaient même le nom de cet homme, le médecin communal Arcangilo Foti. »

 

« Ces piapias eurent tôt fait d’arriver aux oreilles de Cecè, qui refusa d’en croire le premier mot. Au contraire, pour mieux dorloter sa Sisina et lui acheter ce qu’elle voulait, il s’inventa ce deuxième métier de vendeur de glaces »

 

« … du premier juillet au trente et un août, c’est-à-dire pendant la saison balnéaire, Cecè remisait ses outils pour se convertir en vendeur de glaces. Il se gaunait d’un long tablier blanc, se coiffait d’une toque assortie et partait en tournée, proposant des glaces de sa production à quatre parfums, pas un de plus : crème, chocolat, granités de café ou de citron. »

 

« Au bout d’un an de mariage, Sisina se plaignit d’être toujours déclavetée. Non, ce n’était pas de la fièvre ni un manque d’appétit : elle souffrait de migraines, qui la prenaient le soir après dîner et duraient la nuit ni peu ni trop.

 

Ainsi comme ainsi, ce n’était pas faute d’en avoir envie, pauvre beline, mais elle ne pouvait pas laisser son mari la pratiquer. Alors Cecè, qui aimait Sisina comme ses petits boyaux, la convainquit de consulter le docteur Foti. »

 

Et puis, un soir, arriva ce qui devait arriver, appelé pour rabistoquer le toit de la caserne, il passa avertir Sisina « de ne pas se démarcourer si elle ne le trouvait pas à la maison au retour de sa consultation. »

 

Dans la salle d’attente « Cecè entendit sa femme qui couélait. »

 

« Inquiet, il se pencha pour apincher par le trou de la serrure.

 

Sa femme nue comme une jument était allongée sur le lit de consultation et le docteur nu comme un cierge était allongé sur sa femme.

 

Difficile de soutenir qu’il lui appliquait un cataplasme. »

 

Cecè, « avalant le gorgeon en silence » pour ne pas se voir traité de cocu battit en retraite, s’en alla « rataconner le toit des carabiniers » et rentra chez lui le lendemain. « Il alla dans leur chambre, accuchonna ses affaires et les fourra dans une vieille valise.

 

  • Tu pars ? lui demanda Sisina ébaffée.

  • Oui. Je retourne chez moi et je ne veux plus te voir. »

« Au bout d’un an, Cecè rencontra une jeune veuve sans enfants, qui s’appelait Assunta Cusumano. Ils se trouvèrent comme jambe et genou, l’amour fit le reste et Cecè l’emmena chez lui.

 

Voilà pourquoi il quinchait qu’il avait double charge de mari, même si aucune de ses deux femmes n’était son épouse pour de bon »

 

« Au bout de six mois, on vit Sisina se bambaner dans Vigàta au bras d’un jeune gars peu recommandable, un traîne-gaine qui s’appelait Micheli Filipello. »

 

« Le 3 juillet 1939, alors que comme d’habitude Cecè avait repris sa vente de glaces depuis deux jours, un évènement mit Vigàta tout en dare.

 

Sur la plage apparut une seconde carriole de glaces. Elle était plus moderne que celle de Cecè, plus grande aussi, puisque sa capacité était de trois bacs. Et pour finir le plat, ce n’était pas un véhicule à bras, mais un tricycle. Le vendeur se déplaçait en pédalant, assis tout benaise sur sa selle. »

 

Et bien sûr ce concurrent n’était rien d’autre que Micheli Filipello.

 

Ainsi commença à Vigàta un duel homérique entre les deux marchands de glaces ambulants.

 

Un bijou que cette nouvelle LE DUEL !

 

Pour la découvrir allez donc acheter La reine de Poméranie d’Andrea Camilleri publié chez Fayard.

La Donna é mobile « Les glaces de Cecè sont la joie des gourmets ! Une glace chez Cecè et la chaleur disparaît ! »

Sur le macadam parisien, la concurrence sera sans doute d’une toute autre nature mais je ne doute pas que mon amie saura conquérir les amateurs de glaces à l’italienne en allant au-devant d’eux avec son savoir-faire acquis en Italie.

 

Affaire à suivre même si dans notre vieux pays il n’est pas simple d’entreprendre, les obstacles sont si nombreux qu’il faut beaucoup de persévérance et de pugnacité pour les surmonter.

La Donna é mobile « Les glaces de Cecè sont la joie des gourmets ! Une glace chez Cecè et la chaleur disparaît ! »

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