Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 00:09

Fabius.jpg

 

J’ai bien connu Laurent, ses chaussons*, ses croissants, du côté de la Place du Panthéon vu que Tonton nous avait fait don, en 1984, du plus jeune Premier Ministre qu’ait connu notre vieille France sous la Ve République. L’homme du fameux congrès de Metz : le deuxième jour, le samedi 7 avril 1979, à midi, le jeune député mitterrandiste monta à la tribune, 32 ans, énarque ayant choisi le Conseil d’État, parfait dans le rôle du tonton flingueur de Mitterrand en matière économique, là où le Tonton ne touchait pas une bille face à Rocard, lâcha une formule qui se voulait assassine : «Entre le Plan et le marché, il y a nous, le socialisme ! ».


Bon il ne reste plus que le marché Laurent ça vaut bien un coup de Blanc 


dossier-3_9.jpg

> Congrès de Metz, 1979. Fabius, Jospin, Quilès, Mitterrand

 

ses pantoufles


« Lui c'est lui, moi c'est moi » sacré Laurent un vrai rebelle 


Le long parcours de Laurent dans le marigot politique ne fut pas un long fleuve tranquille, et je ne vais pas m’échiner à vous le décrire par le menu car je ne serais pas forcément objectif même si je l’ai toujours défendu à propos d’une triste affaire que tout le monde ou presque a oubliée.


Bon le Laurent, dans son nouveau job du côté du Quai, il assure et il rassure avec son côté vieux briscard revenu de tout ou presque mais de là à accepter de se faire couronner comme l’Homme de l’Année du Vin de France j’en suis resté comme deux ronds de flan. Après la moto dans le Gers, où le « bonheur est dans le pré », Lolo fait son coming-out « il boit peu mais aime le bon vin et avoue un petit faible pour le Bordeaux… » link


S-RVF-Fabius.jpg

 

Laurent vraiment j’ai beaucoup aimé ta photo, où tu tiens élégamment ton diplôme, aux côtés de mon grand ami Jean-Paul Lubot link, qui est bien sûr Charlie tout en blacklistant le petit blogueur que je suis pour délit d’irrévérence. J’avais pourtant reçu les excuses de sa patronne madame Evelyne PROUVOST du groupe Marie-Claire, mais ce vaillant défenseur de la liberté de la presse a oublié que « Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur. »


J’espère mon cher Laurent que tu as apprécié à sa juste valeur révolutionnaire le discours d’un jeune blogueur rebelle bien comme il faut, très j’aime les petits vignerons artisans, ça t’aura rappelé tes jeunes années où tu chevauchais, à 23 ans, un fier destrier pour l’émission de télé populaire « La Tête et les Jambes » avec Pierre BELLEMARE et Jean Paul ROULAND.

 

Un sans-faute c’est Antoine Gerbelle qui va être content.

 

Très belle coiffure à cette époque Laurent... un petit côté VGE... je peux te charrier car le Che nous a fait le coup de Rocard  d'Estaing...  

 

Attention les vidéo de l'INA se déclenchent dès l'ouverture de cette chronique : clouer leur le bec avant de lire et ensuite visionnez-les 


 


Laurent Fabius : "Il faut être fiers du vin" par larevueduvindefrance

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 00:09

10917848_10153062440643466_3108367050254882651_n.jpg

 

Brève chronique, votre Taulier voyage.


Pour faire le pendant à ma chronique de samedi  dernier  « Le vin hollywoodien selon Alessandro Baricco » link voici une illustration très démonstrative.


Visionnez  la vidéo de «Winemaking and filmmaking are two of California's great art forms»   ICI link


coppolla1_1935792b.jpg

 

La biographie de Francis Ford Coppola


« Atteint à l'âge de dix ans de la poliomyélite et perdant ainsi l'usage de son bras gauche, Francis Ford Coppola apprend très vite à développer son imagination : durant sa convalescence, il met en scène des marionnettes, regarde beaucoup la télévision et réalise ses premiers films amateurs en 8mm. En 1960, il entre au département cinéma de l'UCLA (University of California, Los Angeles). Trois ans plus tard, Roger Corman lui confie la seconde équipe technique sur le tournage de The Young Racers, et lui permet par la même occasion de réaliser son premier long métrage : Dementia 13.


 

En 1966, il entre dans la compagnie Seven Arts et écrit plusieurs scénarios dont Propriété interdite de Sydney Pollack et Paris brûle-t-il ? de René Clément. Il contribue également à l'écriture de Patton de Franklin J. Schaffner, qui lui vaut l'Oscar du Meilleur scénario en 1971. Il fonde ensuite la société American Zoetrope en collaboration avec George Lucas et produit son premier film THX 1138. Le succès arrive en 1972 avec la réalisation (néanmoins laborieuse) du film culte Le Parrain qui lui permet ensuite de mettre en scène une œuvre plus personnelle : Conversation secrète, qui remporte la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1974. La réalisation du deuxième volet du Parrain lui vaut à nouveau un succès critique et commercial.


 

Francis Ford Coppola entreprend en 1976 le tournage le plus éprouvant de sa carrière : Apocalypse Now. Le film demande trois ans de travail et offre au réalisateur en 1979 sa seconde Palme d'Or. Après la réalisation de Coup de cœur en 1982, Coppola doit faire face à de très gros soucis financiers. Il enchaîne ensuite avec diverses réalisations de qualité mais sans grandes retombées, parmi lesquelles Cotton club (1984), qui est lui aussi un désastre commercial. C'est notamment la création de sa propre société de production de vins (Francis Ford Coppola Winery) qui permet au cinéaste de venir a bout de ses dettes.


 

Il faut attendre le troisième et dernier volet du Parrain, film de commande qu'il ne devait pas réaliser au départ, pour que Coppola retrouve une renommée artistique, critique et commerciale, lui permettant de sauver sa société American Zoetrope. En 1993, Coppola réalise Dracula, nouvelle version du roman de Bram Stoker au sein de laquelle il fait considérablement évoluer le célèbre vampire, qui prend notamment une dimension très érotique. En 1996, il est choisi pour présider le 49ème Festival de Cannes.


 

Francis Ford Coppola adapte en 1997 un roman de John Grisham, L'Idéaliste, dans lequel il confie le premier rôle à un acteur encore débutant, Matt Damon. Près d'une décennie s'écoule avant que le cinéaste ne repasse derrière la caméra avec L'Homme sans âge. Dans l'intervalle, Coppola - avec sa société American Zoetrope - reste néanmoins un producteur influant. Il produit par exemple Sleepy Hollow, Jeepers Creepers, la série Les 4400, ainsi que des films de sa fille Sofia (Virgin suicides, Lost in Translation, Marie-Antoinette, Somewhere) et de son fils Roman (CQ). Dans ce même intervalle, Francis Ford Coppola abandonne le projet de ses rêves, un ambitieux film de science-fiction intitulé "Megalopolis".


 

En 2009, il fait son retour dans le cinéma d'auteur avec Tetro, saga familiale en noir & blanc, présentée à la Quinzaine des Réalisateurs, puis réalise Twixt en 2011, film personnel à petit budget dont l'idée lui est venue à la suite d'un rêve récurent. Il y dirige notamment Val Kilmer et la jeune Elle Fanning, qui avait déjà tourné sous la direction de sa fille Sofia. »

 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 07:00

J’entamais le briefing du lundi par un sarcastique « Dimanche, lors de la marche parisienne, toute la classe politique fut impeccable sauf Sarkozy qui fut lamentable. Même la grosse Marine fut plus digne, c’est dire… » Ducourtioux, jamais en reste d’une vanne, rebondissait sur mon propos en ironisant.


-         Le problème de Sarko c’est qu’il est trop petit, on ne voyait que sa grande bringue de Carla…


-         Putain, le nain à talonnettes s’est vraiment surpassé, Bizot surenchérissait. Ouais, môssieur tout président de l’UMP qu’il est refuse de prendre au téléphone le Premier Secrétaire du PS. Même qu’il fait la chochotte outragé auprès de Valls qui lui balance « Alors, tu refuses de prendre Cambadélis au téléphone ? »: « Je ne connais pas Monsieur Cambadélis. Si Hollande veut prendre de la hauteur, il n'a qu'à m'appeler. » Prendre de la hauteur, la France est victime d'une attaque terroriste, et ce nabot en est encore à refuser de parler à quelqu'un qui n'est pas de son niveau. Je rêve !


-         Il n'a pas changé, le monde n’existe qu'au travers du prisme de son égo. Moi, moi, et encore moi. Moi sur le perron avec Hollande, Juppé, Raffarin Fillon, Balladur. Moi sur la photo, avec Hollande, Merkel et les autres… Dal ‘Oglio cite même Raymond Aron « Ils ont oublié que l'Histoire est tragique. » et concède que le pâteux Bruno Roger-Petit a tapé juste lorsqu’il a écrit « à l'heure du rassemblement national et républicain, Nicolas Sarkozy avait brillé par son comportement pour le moins décalé. Personne ne l'oubliera, tel le Don Salluste de la Folie des grandeurs, pour se hisser au premier des grands, chefs d'État de de gouvernement, qui défilaient aux côtés de François Hollande dans les rues de Paris, lors de la Marche républicaine. »


Je rebondissais en demandant à mes équipiers de diffuser la brillante conclusion BRP « Du 6 mai 2012 à aujourd'hui, Nicolas Sarkozy n'a pas travaillé. Il s'est contenté d'attendre le moment de revenir, sans tirer aucune leçon, et pour lui-même, et pour cette France qui a bien changé depuis son départ. Nicolas Sarkozy s'agite, mais il est en vérité, il est immobile. »


Ducourtioux vannait : « Avec un tel concurrent le Juppé n’a pas à se faire des cheveux… »


Je calmais le jeu en demandant à ma petite troupe d’être surtout attentive aux premiers accrocs à la belle façade de l’unité nationale.


Le premier vint, comme de bien entendu, de l’intérieur de la grande maison où, depuis plusieurs semaines, les relations entre le sommet de l'exécutif, et les chefs de nos deux services  de renseignement Patrick Calvar pour la DGSI et Bernard Bajolet pour la DGSE, étaient fort tendus. En  effet, « selon des sources concordantes : les interdictions de procéder à des interceptions de communications à l'intérieur et à l'extérieur du territoire français, édictées par une proche collaboratrice du Premier ministre Manuel Valls, chargée de les autoriser ou de les interdire, après avis consultatif de la CNCIS (Commission nationale consultative des interceptions de sécurité). Selon les cas qui nous ont été rapportés, ces interdictions préalables ont frappé des écoutes sur au moins une ambassade étrangère en France et sur des « cibles » de nationalité française se trouvant en territoire étranger. »


Dimanche dernier, l'ancien directeur de la DCRI, transformée aujourd’hui en DGSI, le préfet Bernard Squarcini, « a lâché le morceau lors de son passage dans l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-i>Télé-Le Monde. Selon ses propos, confirmés au Point par d'autres sources, les services avaient bien écouté l'un des frères Kouachi, « mais ça ne donnait rien, et ensuite intervient le gros dispositif juridique qui existe en France : le président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) vous dit de vous arrêter parce que l'objectif que vous avez demandé dans cette écoute n'apparaît pas ou n'est pas actif. Aux yeux de Squarcini, il s'agit bel et bien d' »une faille du dispositif dans son ensemble ». « Le service de renseignements ne peut travailler qu'avec la boîte à outils qu'on lui fournit. Si vous devez réparer une 403, ça va, si vous devez réparer une BMW, il faut peut-être changer de boîte à outils. En clair, les services auraient demandé à ce que les écoutes qui leur avaient été accordées sur la « cible » Kouachi soient étendues à son entourage. Cette mesure aurait été refusée. Une source connaissant cette affaire explique : « Ils sont extrêmement stricts, limite obtus. Ils autorisent la cible stricto sensu en appliquant les textes à la lettre : pour eux, c'est l'individu qui peut être écouté, pas le clan. Alors qu'on est en guerre ! » Pourtant, les exégètes avaient remarqué que, dans ses rapports d'activité, la CNCIS avait fait évoluer ses textes.


Sans aucun doute tout cela vient du clan du nain, nous archivons l’article de Jean Guisnel du Point link


De même nous fléchons le vieux Philippe Tesson « Du haut de ses 87 ans, le fondateur et directeur du Quotidien de Paris (1974-1994) a éructé en évoquant les incidents signalés au ministère de l’Education nationale après la minute de silence observée jeudi : «Ce qui a créé le problème, ce n’est quand même pas les Français. […] D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité sinon des musulmans ? On le dit ça ? Et ben moi je le dis !». Et d’ajouter, comme l’a noté le site Arrêt sur images, en interpellant l’animateur de l’émission, Jean-Marc Morandini : «C’est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd’hui ? Il faut le dire, quoi ! » Interrogé par sur l'amalgame qu'il faisait en disant « les musulmans », le polémiste avait alors lancé, provocant : « non, c'est vrai, c'est l'Eglise catholique », puis « c'est les Juifs ». Lorsque l'animateur lui explique qu'il ne peut pas dire « les musulmans », qu'il s'agit de « fanatiques », Philippe Tesson se transforme en parfait sophiste : « Oui, mais les fanatiques se revendiquent de l'Islam, donc ils sont musulmans. » Oui, mais l'inverse n'est pas vrai. »


Mon équipe prend congé pour aller déjeuner au Baratin. Moi je mange sur le pouce en lisant « Chronique d’Hiver » de Paul Auster. Émilie l’a lu aussi, en anglais, alors que moi je le fais dans ma vieille langue maternelle. Je pense à elle. Je pense tout le temps à elle et ma hantise c’est, qu’un jour, je ne puisse plus croiser son regard. Avant elle « combien de coup de foudre et de passions, combien de flammes et de tentatives de conquête, combien de délires et de folles embardées du désir ? Dès le début de ta vie consciente, tu as été un esclave consentant d’Éros » Auster, mieux que moi, décrit mon absolue aptitude à tomber amoureux. Oui «  ce qui comptait c’était la lumière intérieure que tu détectais chez une femme, l’étincelle de singularité, le flamboiement du soi révélé, et cette lumière la rendait belle à tes yeux même si d’autres étaient aveugles à la beauté que tu percevais, et alors tu brûlais d’être avec elle, près d’elle, car la beauté féminine est une chose à laquelle tu n’as jamais pu résister. » Et puis Émilie vint. De suite, dès le premier regard je compris que ma vie, du moins ce qui m’en restait, allait être bouleversée. C’était la femme que j’attendais depuis trente ans. Trop tard !

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
commenter cet article
18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 00:09

Chaval.jpg

 

Beaucoup d’entre vous, après le massacre, ont exhibé un crayon pour rendre hommage aux gars de Charlie, à la liberté d’expression.


Les dessinateurs de presse m’ont toujours fasciné car très souvent, en quelques traits, bien mieux que de savantes analyses ils savent capter la vie dans toute sa vérité pas forcément très agréable.


Bosc et Chaval furent de ceux-là, et pourtant Chaval qui dessinait « avec difficulté, sans grand plaisir, pour pouvoir bouffer », qui a avoué avoir eu « mentalement, un côté collabo » et dont l’antisémitisme tenait davantage du populisme antidreyfusard que d’une idéologie de la haine raciale, n’est pas vraiment un homme avec qui j’aurais eu des atomes crochus.


« Chaval admirait Céline. Il y a des affinités entre ces deux-là : une même détestation de la société, une même misanthropie, un même amour des animaux aussi. Il y a du Léautaud aussi. Il y aurait beaucoup à dire sur les râleurs, leurs excès, leur prophétisme du malheur, leurs ruses aussi. Cette façon franchouillarde d’être anti-français. »


« Chaval est contre tout et contre tous. L’homme est un con, un con dangereux et un salaud aussi »


« Les idées politiques de Chaval seront sans nuance : « Je n’ai jamais appartenu à aucun parti politique. Je n’ai jamais milité. Je suis toujours resté seul. Je crois seulement que les hommes d’État, les dirigeants, les grands militaires, les présidents, toutes ces histoires-là, je crois que dans l’ensemble ce sont des ordures. »


Alors pourquoi me direz-vous évoquer Chaval en cette période difficile ?


Tout simplement parce que l’accès, via la Toile, à la libre expression débouche très souvent, et j’utilise ce verbe à dessein, sur des propos de bidet, du vomi, de la merde bien grasse. Les auteurs de ces merdes cultivant la même exécration que Chaval des puissants.

 

Je tire très souvent la chasse tout en m'étonnant de l'intérêt que portennt certaines de mes relations à ces écrits fétides.


Et puis, aussi peu estimable qu’il fut, CHAVAL avait, lui, du talent alors que nos graphomanes en sont absolument dépourvus.


* Les entre-guillemets sont des extraits de la préface de Frédéric Pajak au livre « Les Hommes sont des cons » de Chaval

 

Chaval2.jpg

 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 00:09

mondavi_450.jpg

 

Comme promis hier voici un extrait de Vin 1, le premier chapitre du livre d’Alessandro Baricco : Les Barbares essai sur la mutation. Le chapitre 2 c’est Vin 2 J


« Voici l'histoire. Pendant des années, le vin a été une habitude dans quelques rares pays : c'était une boisson pour se désaltérer et s'alimenter. Usage très répandu et chiffres de consommation à faire peur. On produisait des fleuves de mauvais vins de table et ensuite, par passion et par culture, on se consacrait à l'art proprement dit, on faisait alors de grands vins. Il s'agissait presque uniquement des Français et des Italiens. Dans le reste du monde, il est bon de le rappeler, on buvait autre chose : de la bière, des alcools forts et aussi des choses plus bizarres. Le vin, on ne savait même pas ce que c'était.


Et voici ce qui se passa après la Seconde Guerre mondiale. De retour des champs de bataille français et italiens, les Américains rapportèrent chez eux (parmi bien d'autres choses) le plaisir et le souvenir du vin. C'était une chose qui les avait frappés. Nous avons commencé à mâcher du chewing-gum et eux à boire du vin. Ou, du moins, ils auraient bien aimé en boire. Mais où en trouver ?


Pas de problème. Un Américain eut l'idée folle d'en faire. Et là commence la partie intéressante de l'histoire. S'il vous faut une date, un nom et un lieu, les voici : 1966, Oakville, Californie. Un certain M. Mondavi décide de faire du vin pour les Américains. A sa manière, c'était un génie. Il partit avec l'idée de copier les meilleurs vins français. Mais il comprit bien qu'il fallait les adapter un peu au public américain : là-bas, le créateur et le spécialiste du marketing sont une seule et même personne. C'était un pionnier, il n'avait pas quatre générations d'artistes du vin derrière lui, et il en fit là où personne n'avait jamais imaginé produire autre chose que des pêches et des fraises. Autrement dit, il n'avait aucun tabou. Et, avec une certaine maestria, il atteignit son objectif.


Il savait que le public américain était profondément ignorant (en matière de vin). Des aspirants lecteurs qui n'auraient jamais ouvert un livre. Il savait aussi que c'étaient des gens qui mangeaient habituellement de façon sommaire, qu'ils ne ressentiraient pas la brûlante nécessité de trouver le bouquet idéal pour accompagner un confit de canard. Il se les représenta avec un bon gros cheeseburger et une bouteille de barbaresco, et il comprit que ça ne marcherait pas. Il comprit que, si les Américains voulaient du vin, ce serait pour le boire avant de manger, comme un cocktail, qu'un vin bu à la place d'un alcool fort ne devait pas les décevoir et que, s'il était bu à la place d'une bière, il ne devait pas les effrayer. Il était américain et il savait donc, avec ce même instinct que d'autres firent fructifier à Hollywood, que ce devait être un vin simple et spectaculaire. Une émotion pour tout le monde. Il le savait et, à l'évidence, il avait du talent : il voulait faire ce vin et il le fit.

 

Cela marcha si bien que son idée de vin fut un modèle. Qui n'a pas de nom, mais je peux lui en donner un, pour qu'on comprenne: un vin hollywoodien. Voici quelques-unes de ses caractéristiques : couleur magnifique, degré assez élevé (quand on vient des alcools forts, on n'est pas très porté sur le cidre), saveur ronde, simple, sans aspérités (pas de tanins ennuyeux ni d'acidité difficile à dompter). A la première gorgée, tout est là : on a une sensation de richesse immédiate, de plénitude de saveur et de parfum ; une fois bu, peu de persistance en bouche, les effets s'éteignent ; peu d'interférence avec la nourriture, on peut l'apprécier même en ne réveillant ses papilles qu'avec de simples chips de comptoir ; il est fait à partir de cépages cultivables à peu près partout, chardonnay, merlot, cabernet, sauvignon. Manipulé sans révérence excessive, il a une personnalité plutôt constante, où la différence entre les millésimes devient quasiment négligeable. Et voilà.


Avec cette idée de vin, M. Mondavi et ses adeptes sont parvenus à un résultat étonnant : les Etats-Unis boivent aujourd'hui plus de vin que l'Europe. En trente ans, ils ont quintuplé leur consommation (on leur souhaite d'avoir réduit celle de whisky). Et ce n'est pas tout : car le vin hollywoodien n'est pas resté un phénomène américain, comme Hollywood, il est devenu planétaire. Nul n'y avait encore songé, mais voici qu'on boit du vin jusqu'au Cambodge, en Egypte, au Mexique, au Yémen et dans des endroits encore plus impensables. Et quel vin y boit-on ? Le vin hollywoodien. Quant à la France et à l'Italie, les deux patries du vin, elles n'en sont pas sorties indemnes : non seulement on y boit du vin hollywoodien en grande quantité, mais elles se sont même mises à en produire. Elles se sont adaptées, ont corrigé deux ou trois choses et ont fait le même genre de vin. Excellent, même, il faut le dire. Dans les villes italiennes, il est fréquent aujourd'hui de croiser dans les bars à vin un Italien qui, avant le dîner, grignote des chips et du mini-saucisson en buvant son verre de vin hollywoodien produit en Sicile. Du moins ne le boit-il pas directement au goulot en regardant à la télé la dernière partie de base-ball.


Les barbares ! »


La suite à lire dans le livre…


téléchargement (33)

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 00:09

986505-1170088.jpg

 

Si vous n’avez pas lu SOIE d’Alessandro Baricco courrez vite l’acheter !

 

Publié en 1996 sous le titre « Seta » en italien, puis en France en 1997, Soie c’est un roman culte.


soie5.jpg

 

« Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour, qui vit à Lavilledieu dans le Vivarais avec son épouse Hélène, où il achète et revend des vers à soie, entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Après avoir traversé le Lac Baïkal et la Sibérie, il rencontre le seigneur japonais Hara Kei « l’homme le plus imprenable du Japon, maître de tout ce que le monde réussissait à faire sortir de cette île » et sa jeune maîtresse, femme énigmatique et très belle, dont les « yeux n’avaient pas une forme orientale », un amour impossible commence alors…« Revenez, ou je mourrai»


soie-photo-5

 

Tout y est de longs et dangereux voyages, l’amour impossible, la passion, les désirs, le velours d’une voie, la sensualité d’un tissu magnifique érigée au rang du sacré, la lenteur du temps immuable…


Qui est Alessandro Baricco ?

986505-1170087.jpg

 

« Écrivain et musicologue, né à Turin en 1958. Dès 1995, il a été distingué par le prix Médicis étranger pour son premier roman, Châteaux de la colère. Avec Soie, il s’est imposé comme l’un des grands écrivains de la nouvelle génération. Il collabore au quotidien La Repubblica et enseigne à la Scuola Holden, une école sur les techniques de la narration qu’il a fondée en 1994 avec des amis. »


C’est donc dans la Repubblica qu’en 2006 il a écrit un livre qui vient d’être traduit en français et publié par Gallimard sous le titre Les Barbares essai sur la mutation. C’est un livre écrit sous forme d’épisodes, tous les 5 ou 6 jours.


telechargement--33-.jpg

 

« J’écrivais en direct, ce qui signifie que, lorsqu’un épisode paraissait, je n’avais pas encore rédigé le suivant : les commentaires à chaud que je lisais en ligne, les réactions d’amis, de parents ou de voisins pouvaient donc modifier chaque jour ce que je pensais et par conséquent le livre lui-même. C’est une curieuse façon d’écrire un livre. Aujourd’hui (ndlr c’est la préface de l’édition française), avec quelques années de recul, je peux dire que c’était une façon plutôt barbare, comme si, pour étudier les dauphins, j’avais entrepris de vivre à la manière des dauphins. »


Mais qui sont ces barbares ?


Les prédateurs de la Toile sans culture ni Histoire répondent les anciens dominants de la culture.


Baricco n’est pas convaincu « dans le monde où je vis (ndlr. Les intellectuels), si l’honnêteté intellectuelle est une denrée rare, l’intelligence ne l’est pas, elle. Ils ne sont pas devenus fous. Ce qu’ils voient existe. Mais ce qui existe, je n’arrive pas à le voir du même œil. »


Simple conflit de générations : « les anciens qui résistent à l’invasion des plus jeunes, le pouvoir en place qui défend ses positions en accusant les forces émergeantes » ?


Non, pour Baricco « cette fois, ça semble différent. Un duel si violent qu’il paraît nouveau. D’habitude, on se bat pour contrôler des points stratégiques sur la carte. Aujourd’hui, les agresseurs font quelque chose de plus radical, qui va plus en profondeur : ils sont en train de redessiner la carte. C’est peut-être déjà fait. »


« Nul déplacement de troupes, nul fils tuant le père. Mais des mutants, qui remplaçaient un paysage par un autre et y créaient leur habitat. »


Dans son livre Alessandro Baricco ne se place ni dans la condamnation, ni dans le mépris, ni dans une critique des barbares mais dans une tentative pour comprendre si ce sont eux qui ont raison.


« Après Les Barbares, beaucoup de gens ont été forcés d’accepter qu’ils ne pourraient plus s’en tirer avec l’habituel sermon sur les jeunes qui ne se lisent plus, qui vont dans les fast-foods et ignorent qui est Michelangelo Antonioni. Désormais, avant de prendre de haut ce qui se passe, ils devraient transpirer au moins un peu. »


 La première partie du livre est intitulée SACCAGES


 « Ils arrivent de partout, les barbares. Ce qui nous trouble un peu, si bien que nous avons du mal à réunir les pièces du puzzle, à continuer une image cohérente de l’invasion dans sa totalité. On se met à parler des grandes librairies, des fast-foods, de la télé-réalité, de la politique, des jeunes qui ne lisent pas et d’autres choses de cet ordre, mais ce qui nous n’arrivons pas à faire, c’est regarder d’en haut et reconnaître le dessin que les innombrables villages saccagés tracent à la surface du monde. Nous voyons les saccages, mais nous ne voyons pas l’invasion. Et nous ne parvenons donc à la comprendre.


Croyez-moi : c’est d’en haut qu’il faudrait regarder… »


Alessandro Baricco m’a donc entraîné dans un voyage pour voyageurs patients, un livre et ça m’a changé des pauvres écrits de chroniqueurs de la Toile qui voient tout au travers de leur petite lorgnette, usant jusqu’à la corde les mêmes sujets, nous saoulant de leurs regrets d’un monde bucolique, ripoliné à l’eau de rose ou agrémenté des mêmes clichés qui se veulent frondeurs alors qu’ils ne sont souvent que convenus.


Suivre le chemin proposé par Alessandro Baricco exige de s’éloigner du prêt-à-penser, de sortir de son confort intellectuel, de se remettre en question… tout ce que se refuse ou ne sont pas capables de faire les y’a k’a et les faut k’on.


Demain, je tenterai de vous convaincre de me suivre sur ce chemin car Alessandro Baricco a commencé par « étudier les barbares à travers le saccage des villages périphériques, pas à travers leur assaut contre la capitale. Il est possible que là où la bataille est plus simple, circonscrite, il soit plus facile de saisir la stratégie de l’invasion et les gestes fondateurs de la mutation. »


Premier village périphérique : le VIN.

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 00:09

Sur le site LPV un certain Daniel Popp proclame « j'en ai marre...des vins nature dénaturés ! »


« La coupe est pleine, ras-le-bol d'acheter ou de déguster des cuvées nature portées au pinacle par les cavistes et bars à vins à la mode, qui s'avèrent être d'infâmes daubes. Accident, laisser-aller, négligence, amateurisme ? Je laisse aux spécialistes le soin d'en débattre même si le dialogue à ce sujet, est entamé depuis longtemps sur LPV… »


Ce genre de proclamation outrée ne cessera jamais de m’étonner : pourquoi diable faire déborder sa coupe en buvant « d'infâmes daubes » sur le conseil de cavistes et de bars à vins de cette boboïsante obédience dites des naturistes?


En effet, à l’image de ceux qui ne peuvent pas me piffer et qui continuent de me lire, je ne comprends pas cet  acharnement à se faire du mal avec un liquide dont la fonction est essentiellement de se faire du bien.


Hormis d’être masochiste, ce que je ne suis pas, je ne vois pas au nom de quoi, sinon la défense du « bon goût », le sien bien sûr, lancer un tel débat.


Dans le domaine du plaisir, des plaisirs, je choisis ce qui me fait jouir, aussi bien dans tous les arts mais aussi dans l’art du manger et du boire.


Rappel : le vin pour circuler doit être sain, loyal et marchand link tout le reste relève du choix personnel nul besoin de suivre la tendance que l’on estime néfaste.


Si un film me déplaît, je sors discrètement de la salle ; si un livre me tombe des mains, je le referme discrètement ; si une œuvre d’art m’indiffère, je passe outre discrètement.


Même motif, même punition pour le vin : un vin, quel qu’il soit, s’il ne va pas, je le crache et je n’en fais pas tout un plat sur mon espace de liberté. L’âge aidant, je préfère plutôt aimer qu’exécrer… je parle de vin bien sûr…


gl_20140916104041.738-246528464.jpg

 

C’est donc avec plaisir que je publie la page d’accueil du site de Michel  Issaly, vigneron de son état, du côté de Gaillac, un homme sage qui a exercé, pendant des années, la plus haute responsabilité au VIF, un homme pour qui j’ai toujours eu une profonde estime dès l’époque où une large partie de ses mandants ne portaient pas les propositions de mon rapport dans leur cœur.


Qu’il y ait des vins natures imbuvables pour certains et délicieux pour d’autres c’est dans l’ordre des choses. La réciproque est tout aussi vraie pour les autres vins. Il n’existe pas de police du goût et c’est heureux.


Reste que certaines charges contre les vins nature me semblent relever d’une forme de dépit face à une génération qui brise et ne respecte pas les codes en vigueur.


Le goût du vin n’est pas, et n’a jamais été, gravé dans le bronze. Déviance d’aujourd’hui sera peut-être le convenu de demain. Je ne sais, mais ce que je sais, je le vis tous les jours, c’est que les vins dit natures apportent à ceux qui les boivent du plaisir, de la convivialité, alors de grâce laissons le mépris au vestiaire.


 gl_20141125151247.841-2757833276.jpg

 

« Au-delà des idées préconçues, des stéréotypes, des Ayatollah pour ou contre, des casseurs de vin naturel et de la république des experts, nous voilà depuis plus de quinze ans continuer à persister dans notre démarche en vin naturel. Pas contre tout le monde, mais parce qu’il nous semble important de retrouver dans notre vin la vérité d’un terroir, d’un ou plusieurs cépages et d’un climat (millésime).


Notre vin est avant tout la représentation d’une diversité naturelle ou l’on doit retrouver cette authenticité d’un lieu et de son histoire. Les démarches bios, biodynamies, et HVE (Haute Valeur Environnementale) vont nous permettre d’aider la vigne à exprimer la variabilité des sols et de leur environnement.


 

Une fois le raisin à la cave, il est indispensable de respecter la naturalité (caractère de ce qui est produit par les seules forces de la nature) que nous avons préservé. Pour cela et mis à part un peu de soufre il nous parait important d’exclure tous les intrants qui viendraient modifier l’expression naturelle du raisin. De même que nous refusons d’utiliser des techniques physiques venant détruire la vie préservée à la parcelle.


 

La vinification doit respecter les équilibres pour que le vin reste du vin et qu’on l’apprécie pour sa buvabilité et son expression unique.


 

Réaliser des vins naturels c’est accepter d’en payer le prix fort et cela à plusieurs reprises. Dans la cave en premier lieux où il est toujours plus compliqué de gérer les vinifications (c’est la nature qui impose à l’homme et non le contraire), à la dégustation d’agrément ensuite, ou nos experts refusent quasiment systématiquement ces vins en IGP (Indication Géographique Protégée) et enfin auprès des consommateurs qui ne sont souvent pas préparé à servir ces vins dans de bonnes conditions (carafage et aération obligatoire). »link

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 00:09

Guido_Reni_-_Massacre_of_the_Innocents.jpg

 

Que la France des femmes et des hommes de peu était belle ce dimanche, elle marchait loin du brouhaha des causeurs, des blablateurs, des commentateurs et autres penseurs à notre lieu et place. Elle n’en avait rien à foutre de ces récupérateurs, ces recycleurs, ces donneurs de leçons pissant de la copie sur la Toile.


Libre à eux, je me garderai bien, au nom de la liberté d’expression, de leur demander de se taire mais, pour beaucoup d’entre-eux, s’applique, au pluriel, le « si tous les cons volaient ils seraient chefs d’escadrille » et j’ajouterai « en plus ils voleraient en rase motte ! »


Ma crainte c’est que François Cavanna ait eu raison « Les cons gagnent toujours, ils sont trop. »


Ça me fiche en colère mais je m’en tiendrai à mes bonnes résolutions de début d’année : silence radio !


Pour calmer mon ire contre ces ramenards de tout petit calibre je me suis remémoré – éduqué chez les curés – le massacre des Innocents.


Étrange concomitance !


L’Ancien Testament est riche d’histoires dramatiques dont le point culminant sont des scènes de fuite, d’exode ou d’expulsion alors que le Nouveau Testament n’en propose qu’une seule la fuite de la sainte Famille en Egypte qui est rapportée, de manière plutôt brève, par l’évangéliste Matthieu qui raconte qu’à Bethléem, sous le règne du roi Hérode, Marie, femme de Joseph, mit au monde son fils Jésus, conçu de l’Esprit Saint, et que «les mages d’Orient» reconnurent en lui « le roi des Juifs ». Ils vinrent alors l’adorer et lui offrir des présents (Matthieu 1, 18-2, 12).


L’évangéliste poursuit : après leur départ, l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Alors Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Egypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode (Matthieu, 2, 13-15).


« Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par le prophète Jérémie ... » (Matthieu, 2, 16-18)


La Fuite en Égypte comme le massacre des Innocents ont inspirés de grands peintres…


Francisco_de_Zurbaran-_The_Flight_into_Egypt-_late_1630s._.jpg

 

 

En son temps j’avais commis ce petit texte, entre deux rendez-vous, dans le train, je ne sais où, sans doute dans la période de Noël. J’étais alors aux manettes du cabinet d’un Ministre, dans le cambouis du quotidien, en un temps où les affaires prenaient une tournure délétère et même que le petit-chose Bérégovoy, l’ex-chef de gare de Pont-Audemer, préféra passer de vie à trépas.


Fuite-en-Egypte-Hunt.jpg

 

La fuite en Belgique


Aux premières lueurs de l’aurore


J’ai juché ma jeune femme


Sur le dos usé de mon vieil âne.


Notre bel enfant, ignorant le sort


Que lui réservait l’avenir


Dormait dans les bras de sa mère


Et moi son père


Craignant le pire


J’attrapai la bête par le licol


Et au rythme de son pas lent


Nous avons pris à travers champs


Pour atteindre le col.


                    ***********

 

Le pire n’est jamais sûr


Mais du marigot


Au loin tonne un héraut


Les affaires sont les affaires


Des prédateurs


Des chasseurs d’électeurs


Je fuis


Je les fuis


Ces sans-souci de notre vie


De la vie qui fait des ravages


Ces ignorants de notre quotidien


Des riens


Des moins que rien


Je pars me réfugier


Au plat pays Outre-Quiévrain…

 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 00:09

5d16fd9a-28b4-11de-94c9-b806e68df628.jpg

 

J’entends, ou plutôt je lis ici et là, qu’enfin justice est faite puisque le groupe Héraclès de Sauty de Chalon va cesser son activité.


Sauf que le plan de continuation décidé par le tribunal de commerce de Paris en novembre, certes préservait les intérêts des actionnaires mais aussi ceux des clients floués. Nous sommes dans le domaine commercial et comme l’écrit Boursier.com « Les actionnaires et les clients d'Héraclès, le holding des sites de vente de vin 1855 ou ChateauOnline, pensaient avoir échappé au pire en novembre, lorsque la société était sortie de redressement judiciaire via un plan de continuation, avec la promesse de nouveaux financements et d'un changement de management. Mais vendredi, coup de tonnerre : les dirigeants, l'administrateur judiciaire et le mandataire judiciaire ont demandé la liquidation judiciaire immédiate de la société et de toutes les structures juridiques du groupe. »


Le plan de continuation reposait sur un partenaire financier PLF1 qui n'a pas versé les fonds prévus. Ceux-ci devaient servir « à relancer l'activité sans délais et de bénéficier de la fin de l'année, traditionnellement favorable aux activités de vente de vin. En son absence, les stocks n'ont pu être constitués et les opérations commerciales ont été bloquées. »


Pour ce qui concerne la justice elle passer si la responsabilité des dirigeants est engagée « À ce jour, près de 11.000 créanciers ont été bernés par le duo Sauty de Chalon et Hyon. Et les pertes s’élèvent à plus de 40 millions d’euros. Pour autant les déboires judiciaires d’Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon sont loin d’être terminés, car un volet pénal pourrait bien s’ouvrir dans les prochaines semaines, ainsi que d’autres actions visant à engager la responsabilité personnelle des dirigeants. »


Me Hélène Poulou, qui défend plus de 300 clients floués, a déclaré, après l’annonce de la mise en liquidation judiciaire des sociétés du groupe Héraclès (1855, ChateauOnline et Cave Privée) : « Enfin, une décision appropriée vient d’être prise. Il était temps ! Les sites vont être suspendus et cela met un terme à ces pratiques commerciales litigieuses. On va enfin pouvoir lancer les procédures en responsabilité contre qui de droit »


Clap de fin donc, pour la saga du «prestidigitateur de dettes Emeric Sauty de Chalon le roi du cache-tampon link


Affaire à suivre donc mais cette liquidation judiciaire devrait malheureusement sonner le glas des espoirs des clients floués...

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 07:00

10928872_10203858293553055_184719290831250334_o.jpg

 

Michel Houellebecq quitte Paris pour une destination tenue secrète et interrompt la promotion de son dernier livre Soumission. Il se dit « profondément affecté par la mort de son ami Bernard Maris » dans l'attentat contre Charlie Hebdo.


Nous venons de vivre des journées noires, et ça s’est passé dans la ville où je vis, ce Paris si souvent décriés. J’ignorais où se situais la rédaction de Charlie-Hebdo mais je passais très souvent à quelques encablures d’elle sur mon vélo. Ça ne change rien à l’horreur mais ça matérialise les faits.


Comme beaucoup de mes amis j’ai été saisi, incapable de faire autre chose que de faire le deuil, qui fut d’ailleurs un deuil national de 3 jours, de ces sacrifiés, connus et inconnus.


Pour tenter d’exorciser l’horreur j’ai écrit deux chroniques :


-         Donnons-leur un NOM : des LÂCHES link


-          Les morts de Charlie d’hier et d’aujourd’hui m’ont dépucelé la tête: merci à eux link


Et puis je me suis tu.


Mon ami Olivier Horiot vigneron aux Riceys nous a opportunément rappelé que l’horreur était aussi ailleurs : D’Olivier Horiot « Ils sont aussi Charlie » les agriculteurs de Mbaljouwel dont le village a été brûlé par Boko Haram 37 morts link


Sur mon mur de Face de Bouc je me suis contenté de publier les dessins des caricaturistes du monde entier, quelques témoignages et réflexions « Pourquoi les fanatiques détestent le rire »link qui me paraissaient dignes d’intérêt, puis le dernier jour des infos.


10897126_10203858495758110_2235259484088800082_n.jpg

 

Je dois vous avouer que l’attitude de certains m’a écœurée, commentaires stupides, indécents, tentatives de faire du Charlie, absence totale de retenue, et le pire une forme de récupération d’un esprit qui n’est pas le leur. Mépris profond !

 

Les sacrifiés de Charlie-Hebdo ne l'ont pas été parce que c'étaient des paillards buveurs et ripailleurs mais pour avoir osé caricaturer Mahomet, c'est contre la liberté d'expression que les lâches assassins ont agi, preuve s'il en est qu'elle existe dans notre pays. Ceux qui passent leur temps à écrire le contraire ne sont guère crédibles. La captation de l'héritage de Charlie est minable.


Nous allons marcher ce dimanche, pas manifester sauf notre compassion aux victimes et à leurs familles, proches et amis.


Je ne crois pas à l’unité, dite nationale, mais à une forme, même provisoire, de nous retrouver dans nos diversités au coude à coude en laissant de côté nos opinions divergentes. À chacun de choisir, ceux qui ne seront là pour s’afficher n’ont rien à y faire.

 

La présence de chefs d'Etat ne me dérange pas car ils représentent leurs peuples et non une tendance politique.


Voilà c’est écrit, par un étrange destin les deux dénouements se sont déroulés dans des lieux proches de là où j’ai vécu, ça me donnait le sentiment étrange d’une proximité avec la mort.


Aujourd’hui le cours de la vie reprend son lit habituel.


Alors j’ai choisi de revenir au vin, avec l’actualité que Jacques Dupont analyse bien à propos de l'ordonnance de référé rendue le 7 janvier par le tribunal de grande instance de Paris qui autorise le maintien des visuels de la campagne d'Inter Rhône et une interview de Stéphanie de Boüard-Rivoal, Directrice Générale adjointe du Château d'Angélus depuis 2012 sur le site commercial Grands Vins Privés. Sur cette dernière je ne ferai aucun commentaire car je vous laisse le soin de le faire.

 

1-      Côtes-du-rhône, tribunal et « goût de la vie » ! de Jacques Dupont du Point


En ces temps « déraisonnables » comme disait Aragon, l'information peut paraître dérisoire : le tribunal de grande instance de Paris autorise le maintien des visuels de la campagne de pub des côtes-du-rhône, même s'il demande un changement du slogan qui était le suivant : "Le goût de la vie." Assignée en référé par l'Anpaa (association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) le 19 novembre 2014, Inter Rhône (interprofession des vins A.O.C. côtes-du-rhône et vallée du Rhône) remporte donc une demie victoire puisque les dessins « non dénués de qualité artistique », selon le tribunal, ne justifiant pas "un trouble manifestement illicite ou d'un dommage imminent présentant les mêmes caractéristiques que le juge des référés aurait le pouvoir de faire cesser ou prévenir" sont maintenus et que la couleur rouge, élément identitaire des campagnes Côtes-du-Rhône « se rattache en premier lieu à la nature du vin proposé par les professionnels regroupés dans l'association Inter Rhône lesquels produisent principalement du vin rouge, et que la campagne tend à associer dans l'esprit du public cette particularité à la région des Côtes-du-Rhône ». Encore une chance que le rouge soit reconnu comme une couleur « naturelle » possible du vin.

 

La suite ICI link

 

2-      Interview de Stéphanie de Boüard-Rivoal - Château Angélus - Château Angélus, plus qu'un mythe !

 

GVP : En trois mots, comment décririez-vous le vin du Château d'Angélus si c’était :

 

SBR :

 

- Un film ? Une fresque historique ou un film néo-réaliste dans l’esprit de Fellini

 

- Un voyage ? Une ascension himalayenne, une quête de grands sommets

 

- Un art ? Une peinture, impressionniste

 

- Une musique ? Le 24e caprice de Paganini : une technique impressionnante, de la fougue et une grande harmonie

 

- Un paysage ? Des collines verdoyantes, ondulantes, plantées de cyprès et traversées par une rivière. Un paysage de quiétude et d’harmonie

 

- Un grand personnage ? Alexandre Le Grand, un stratège toujours en mouvement

 

La suite ICI link

 

Nous venons d'avoir la confirmation, ‪#‎Wolinski‬ est bien arrivé au paradis.dédicace @Kersauson


B6_JKFlIUAAPNCs.jpg

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute liberté pour l'Extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents