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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

Semaine de funambule, côté cœur comme côté job, ça avait très mal commencé avec une envie de tout quitter, ça a beaucoup mieux fini dans un bar du bout du monde rue de Lancry. Toucher le fond de la piscine, couleur bleue marine, pour se retrouver rasséréné, regonflé, il en a toujours été ainsi dans ma vie même si aujourd’hui je sens se pointer l’extrémité de celle-ci. Je suis heureux comme je ne l’ai jamais été. Ma vie est fluide, légère, impalpable. Je ne demande rien, n’exige rien, profite des bons moments à plein, intensément. Le temps ne compte plus tout au bout de notre isthme, il s’égoutte dans son sablier. Nos vies se croisent sans s’emmêler. C’est doux c’est chaud, la vie au présent partagée comme une cigarette roulée fumée de concert.  Le cinquante, au 50 de la rue de Lancry et à cinquante pas du canal Saint-Martin avec des airs d’années 1950 pas trop appuyés... Le bar cache bien son jeu, sonne juste en un entre-deux à l’ancienne sans trop de vieilleries, de bric et de brac avec table et chaises en formica jaunes, vertes … et un zinc derrière lequel de bonnes tronches servent à boire et à manger. À l’arrière,  deux salles très maison campagne où ce soir-là, le piano était en mains avec à ses côtés une contrebasse, des vieux dans une antre de jeunes. Tout ça c’est Émilia ma belle persane. J’aime ! Je l’aime…

 

Retour au taf, discours musclé :

 

Le jeune Macron s’est fait un nom. Ha ! ce fameux 49-3, on ne vote pas le texte de loi débattu, adopté par défaut d’un vote positif d’une motion de censure, l’arme nucléaire, belle mécanique pour mater sa majorité parlementaire imaginée par le père de la Constitution de la Ve République, Michel Debré. L’exécration du grand Charles pour ce qu’il qualifiait avec mépris de régime des partis, trouvait là sa plus haute expression. Devant ses ministres réunis le dimanche 20 janvier 1946, il expliquait qu'il serait « vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan ». Il s'agit, dans son esprit, de bien choisir entre un gouvernement qui gouverne et une assemblée omnipotente, ne faisant que déléguer à un gouvernement pour accomplir ses volontés. Dans ses Mémoires de guerre (Le Salut), de Gaulle s’expliquait : « J'entrai, serrai les mains et, sans que personne s'assît, prononçai ces quelques paroles : « Le régime des partis a reparu. Je le réprouve. Mais, à moins d'établir par la force une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n'ai pas les moyens d'empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer. Aujourd'hui même, j'adresserai au Président de l'Assemblée nationale une lettre lui faisant connaître la démission du Gouvernement. Je remercie bien sincèrement chacun de vous du concours qu'il m'a prêté et je vous prie de rester à vos postes pour assurer l'expédition des affaires jusqu'à vos successeurs soient désignés. »

 

Les soi-disant héritiers du Général, le petit caporal Nico en tête, se sont, comme à l’ordinaire couvert de pipi. Tous, à l’exception de Juppé qui s’est fait discret, ont joué des partitions dans le plus parfait désordre, la surenchère, bel exemple du retour en force des petites et basses manœuvres d’une UMP traversée par les dérives du fameux régime des partis. La palme de l’ignorance de la vulgate gaullienne revenant sans contestation à ce pauvre et lourdaud Christian Jacob. Pour qui, comme moi, connaît le personnage, son ton de gros tambour creux était pitoyable, minable. Cette forme de frénésie à appeler à la dissolution de l’Assemblée Nationale pour revenir à la soupe avec le FN au cul est contraire à l’un des credo du Général : la stabilité des institutions. C’est le coup d’Etat permanent à la Mitterrand. Je ne puis m’empêcher de citer aussi une belle raffarinade, pour  le génie du Haut-Poitou, l’utilisation de l’article 49.3 équivaut à aller «chercher un bulldozer pour faire des pâtés de sable». C’est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité, avec le coup de pied de l’âne en direction de la bande à Sarko  «Ce n’est pas un drame d’utiliser l’article 49.3 qui est un outil institutionnel, ce qui est dérisoire, c’est de [le] sortir pour un texte de cette nature, qui n’a pas du tout l’ampleur que nous attendons dans la crise économique dans laquelle nous sommes». Ces gens-là n’ont pas de honte quand on se souvient, et de leurs reculades, et de leur incapacité à assumer la mise en œuvre des fameuses réformes qu’ils disent vouloir maintenant nous enfiler.

 

À gauche rien de nouveau, du côté du Front du même nom c’est toujours la surenchère avec des cocos qui disent vouloir voter une motion de censure avec la droite et un Merluchon qui commence à se sentir bien seul pour tirer les marrons du feu d’un PS dont il diagnostique la fin. Chez les écolos, comme toujours, c’est le grand n’importe quoi entre la danseuse mondaine Cécile Duflot et le renard des sables Vincent Placé : le jeu des alliances cher à la IVe qui assure des sièges dans les assemblées. À quand le retour des apparentements que le gouvernement de la Troisième Force avait fait voter dans une loi électorale de mai 1951 qui instaure les apparentements. La Troisième force fut une coalition politique française sous la quatrième qui rassemblait les socialistes de la SFIO, le MRP et les radicaux plus quelques petits partis centristes. Cette loi prévoyait que, dans un scrutin proportionnel, deux listes distinctes pouvaient annoncer qu'elles s'apparentaient. Dans ce cas, elles additionnaient le nombre de voix qu'elles ont obtenues. Si à elles deux elles obtenaient la majorité absolue des suffrages, elles recevaient tous les sièges au sein d'une circonscription. Ce système favorisait les partis de la Troisième Force qui pouvaient s'apparenter, alors que les gaullistes ou les communistes ne pouvaient pas le faire. Le triomphe du régime des partis !

 

Alors, entendre ce pauvre Christian Paul jouer les frondeurs, pour quelques messes de moins, afin de tenter de sauver ses meubles, est tellement dérisoire qu’on en vient à souhaiter que les petites manœuvres d’un congrès du PS subclaquant amplifieront la déroute électorale à venir. Montebourg lui, pendant ce temps-là, fait le beau avec son Aurélie du côté de la grosse pomme en se ramassant un miroir sur la tronche. Il laisse le champ libre à un Benoît Hamon qui, en bon breton, a toujours l’air avec sa cravate noire de porter le deuil de ses ambitions déçues. Et pendant ce temps-là aussi Bayrou est à Pau et le petit Nicolas arpente la Saône-et-Loire en faisant semblant d’écouter les agriculteurs « Alors que les députés UMP votaient la censure du gouvernement, jeudi 19 février, Nicolas Sarkozy a sillonné les routes de Bourgogne. Au milieu des photographes, il a caressé le mufle d’une vache charolaise, embrassé les enfants du village et discuté avec leurs parents, pour la plupart éleveurs à Mellecey (Saône-et-Loire). Dans une pièce de l’étable, autour d’un café, il a été question des charges sociales, de la politique agricole commune (PAC), de la concurrence des abattoirs allemands… Mais aussi d’un mode de vie à défendre, de « ces terroirs qui ne se transportent pas » contrairement à ces vins de mauvaise qualité que « l’on produira toujours moins cher quelque part dans le monde ».

 

Et nous on est un peu dans la merde car entre le patron de l’UMP et Alain Juppé, l’Elysée choisit le premier comme adversaire en… 2017. Un journaliste a écrit un papier qui résume bien la situation : «Merci Sarkozy !» A l’Elysée, on ne le crie pas trop fort, mais les amis de François Hollande ont bien du mal à retenir ce cri du cœur. Un de ses proches résume la nouvelle donne politique depuis le retour sur scène de l’ex-chef de l’Etat : «Sarkozy, il faut le garder au chaud. Et quand la flamme diminue, il faut remettre du gaz.» Les hollandais attendaient ce moment avec gourmandise. «Qu’est-ce qu’il fait comme bêtises !» se réjouit un vieux compagnon de route de François Hollande, oubliant un peu vite les débuts calamiteux du quinquennat et les sondages qui recommencent (déjà) à plonger. Qu’importe ! Pour l’heure, les fidèles du président ne se lassent pas de commenter les premières semaines cafouilleuses du patron de l’UMP. François Hollande ne rate pas une occasion de glisser des piques contre son meilleur ennemi. Lors de sa dernière conférence de presse, il a ironisé sur l’art de la synthèse que ce dernier expérimente à l’UMP. «Sarkozy, il ne le regarde pas d’un œil mais des deux. C’est son sparring-partner. Ça le motive et ça le fait rigoler. C’est un personnage qui le fascine», explique un visiteur de l’Elysée. «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

 

Obsession mutuelle, Sarko « ne croit pas une seconde à une autre hypothèse que Hollande. Il n’envisage pas Manuel Valls. «N’enterrez pas trop vite le duel droite-gauche », a-t-il lâché récemment devant des proches. Preuve qu’après l’avoir longtemps sous-estimé – à tort – Sarkozy a fini par prendre Hollande pour un redoutable adversaire. » J’exhorte mes troupiers : « Pour nous le cap n’a pas changé, nous jouons la carte Juppé pour préserver la trajectoire présidentielle de Manuel et faire la peau à la Marine qui avec lui prendra une vraie mufflée… »

CHAP.15 opération Chartrons, «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

Un rajout signé Roselyne Bachelot

 

Dans « A feu et à sang : carnets secrets d’une présidentielle de tous les dangers » (Flammarion), paru en 2012, vous critiquiez sévèrement la « droitisation » de la campagne de Nicolas Sarkozy. Cet hiver, lors d’un meeting tenu près d’Angers, l’ex-chef de l’Etat a exprimé ses regrets de vous avoir "choisie" comme ministre...

 

« J’ai bien servi la République et j’ai été une ministre loyale. Je fais crédit à Nicolas Sarkozy de m’avoir nommée pour de bonnes raisons : il connaissait mon expérience, ma capacité de travail et ma connaissance des sujets sociaux et sanitaires. C’est lui qui a pris toutes les décisions importantes. Sur tous les sujets, j’ai appliqué « sa » politique. Je n’ai d’ailleurs fait l’objet d’aucune remontrance ni d’aucune discussion. Certains collègues, au sein du gouvernement, me disaient : "C’est drôle, tu es la seule qu’il n’engueule pas." Sur cette campagne de 2012, j’ai dit ce que j’avais à dire. Je suis une femme politique, j’ai des convictions. Je ne suis pas une femme que l’on « choisit » dans un harem. Nicolas Sarkozy est le pire ennemi de lui-même. Pourquoi dire cela dans une circonscription que j’ai représentée pendant près de vingt-cinq ans, devant des militants qui m’aiment ? Pourquoi ne joue-t-il pas les grands seigneurs ? Pourquoi supporte-t-il uniquement les gens qui sont à genoux devant lui ? Pourquoi se laisse-t-il toujours emporter par ses passions ? Pourquoi s’en prendre à moi, alors que je suis retirée de la vie politique, chroniqueuse sur D8 et que je ne reviendrai pas dans le jeu politique ? Cet homme est incorrigible. »

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 00:09
Mais où est donc le véritable paysan ? De Le Roy Ladurie avec Les Paysans Français d’Ancien Régime à ceux de l’intelligence est dans le pré…

Dans sa postface au livre d’Emmanuel Le Roy Ladurie Les Paysans Français d’Ancien Régime, Jean-Marc Moriceau écrit : « À l’heure où l’on s’interroge sur la place de l’agriculture en Europe et où le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, voté en septembre 2014, peine à préciser l’identité des « agriculteurs »,  un regard rétrospectif sur les « paysans » dans notre histoire nationale est le bienvenu. Un regard ouvert, et détaché de tout dogmatisme. Ce parti est d’autant plus sain qu’il peut s’appuyer sur une définition très large des paysans français. »

 

Les penseurs du Think tank Groupe saint-Germain cher au cœur de Stéphane Le Foll dans leur ouvrage collectif L’intelligence est dans le pré abordent la même question en partant de l’Angélus de Millet : « Une fois entré dans le tableau nous le voulons humble, les yeux baissés sur la terre et la parole rare. L’image devenue cliché, chacun est prisonnier de l’album photographique et la figure du paysan comme travailleur, comme personne agissant dans la modernité passe au second plan. »

 

Le métier a changé disent-ils, erreur ce sont maintenant des métiers qui vont du quasi-salarié fournisseur de minerai pour l’agro-alimentaire à l’agro businessman en passant par celui de producteur-transformateur en vente directe, de serriste hors-sol, de petit producteur de…,  avec des approches radicalement différentes de leur relation à la terre ou à leurs animaux ou de l’élaboration de leur produit : le cas du vin étant très emblématique.

 

Le couplet sur les années 60, l’autosuffisance alimentaire, la révolution verte et silencieuse, la mécanisation, l’intensification, la dépendance vis-à-vis de l’aval tant des IAA que de la GD, le pétrole vert, l’ouverture au grand large, la fin des politiques communes protectrices, la pression des contraintes environnementales, l’isolement de plus en plus grand des paysans, font que toute tentative de dresser le portrait-type du paysan est voué à l’échec.

 

Personne n’échappe à une vision caricaturale des paysans : pour certains ils ne sont aimables que s’ils sont petits, accrochés à leur terre, soucieux de leur terroir, de leur produit, pour d’autres ils se doivent d’être dans l’hyper modernité : OGM, robot de traite, carburant vert, chimie verte, marché à terme, tour de séchage pour lait infantile exporté en Chine… Et les petits franciliens, eux, iront s’esbaudir Porte de Versailles sur la plus grande ferme de France devant des animaux carrossés comme des prototypes et lorsqu’ils rentreront ils demanderont à leurs parents un bon yaourt La Laitière avec un « Vermeer » sur l’étiquette…

 

Cette diversité a toujours existée même si elle s’est amplifiée avec la modernité et occuper le 78 rue de Varenne n’est, n’a jamais été, une sinécure. La FNSEA joue sur du velours, avec la droite au pouvoir elle est en phase : Bruno Le Maire dans son livre ne dit rien d’autre qu’il était au service de la Profession agricole ; avec la gauche gouvernementale elle souffle le chaud et le froid pour mieux imposer sa loi. Je lisais sur Twitter qu’un jeune loulou était vénère que le gouvernement donna des gages à la FNSEA. Que faire alors ? Changer de modèle clame les Verts ! Certes, mais on ne manœuvre pas un porte-avion comme une goélette : rappelons-nous la détresse des salariés bretons face à la désintégration de la filière avicole intensive et la crise des abattoirs de porcs. Le virage ne peut être que progressif, pragmatique, accompagné d’une réelle évolution de notre modèle alimentaire qui passe prioritairement par des achats en GD. Nous sommes aussi le système, les radicalités sont des aiguillons nécessaires mais surmonter nos propres contradictions, ne pas tout demander aux autres, permettra une réelle et salutaire inflexion. Le temps long cher à mon vieux mentor facétieux Michel Rocard.

 

Transition toute trouvée avec la postface du livre de Le Roy Ladurie : « dans ce théâtre d’ombres, les rôles sont variés, mais où est donc le « véritable » paysan ? En fait ce sont surtout les notables ruraux qui alternent sur le devant de la scène. Le curé Berthier et son cheptel bovin avec ses 24 vaches et 714 moutons baillés à cheptel en Bourgogne grâce à son inventaire de 1377. Les intermédiaires entre seigneurs et rustres comme Masenx, gros fermier languedocien vers 1530, porte-parole des « bayles » du Languedoc., ou ce Pierre Hersant, fermier laboureur à la Norville en 1456, héraut des gros fermiers-receveurs de l’Île-de-France qui « triompheront » au siècle des Lumières avant d’acquérir de « beaux lots » lors des ventes de biens nationaux. Notables ces curés, clercs ou maîtres d’écoles qui défilent au fil du texte. Notables aussi ces grandes communautés familiales qui marquent l’histoire des provinces du centre de la France comme les Quittard-Pinon près  de Thiers et les Jault près de Nevers. Notables toujours ces quelques femmes à poigne qui s’intéressent à leurs biens ruraux, comme la demoiselle Poignant qui surveille ses vignes d’Athis-sur-Orge en 1495, la « veuve Couet, vigneronne et herbagère » aux portes de Paris dans les années 1550, et, bien sûr, en Tonnerrois, Jeanne de Chalon, cette « petite grande dame » en « semi-déconfiture » qui parvient quand même à force d’économies et d’une stratégie de « grippe-sou systématique » à transmettre à ses héritiers « quelques brimborions du patrimoine ». Notables enfin ces grandes figures de l’ethnographie historique à laquelle l’auteur s’est attelé à toute époque depuis le curé Clergue, de Montaillou, autour de 1300 : Gouberville – Jacques Picot, écuyer, au Mesnil au Val –, qui offre certes le regard d’un « quasi-paysan » au milieu du XVIe siècle ; Rétif de la Bretonne, dont le père Edme et l’aïeul Pierre incarnent le pouvoir au village deux siècles plus tard au nord de la Bourgogne. Le sieur de Gouberville entretient dans son manoir toute une micro-société bocagère avec ses domestiques comme comparses. Chez les Rétif aussi, les petites gens ne sont pas loin : autour de La Bretonne, on rencontre plus modestes qu’eux comme les « suitiers » de Bourgogne qui s’associent pour faire charrue complète, des maçons et vignerons, des tisserands et journaliers qui annoncent, comme l’a bien vu Emmanuel Le Roy Ladurie, les premiers chapitres des Cahiers du capitaine Coignet, lui aussi originaire des lieux tout comme cet extraordinaire Valentin Jameray-Duval, témoin oculaire, dans son enfance, de la misère du règne de Louis XIV.

 

Pourtant rares sont les historiens à avoir fourni au scénariste les seconds rôles, hormis peut-être Jean Jacquart dont les « petits » laboureurs du Hurepoix, au sud de Paris, étaient accompagnés de nombreux manouvriers avant qu’ils ne les rejoignent eux-mêmes, au lendemain de la crise de 1661-1662, au terme d’un tragique « déclassement ». Les petites gens de la terre sont donc encore à l’arrière-plan. La voix des humbles demeure peu audible. C’est là l’un des chantiers posibles pour l’avenir. L’Association d’histoire des sociétés rurales, qui vient de se pencher du 8 au 10 octobre 2014 sur les « petites gens de la terre du néolithique à nos jours » dans un colloque international, en est bien consciente. »

 

Mais où est donc le véritable paysan ? De Le Roy Ladurie avec Les Paysans Français d’Ancien Régime à ceux de l’intelligence est dans le pré…

Dans Slate : Surréaliste Salon de l’Agriculture

 

« Comment s’étonner du divorce croissant entre les agriculteurs et l’opinion publique quand le Salon de l’agriculture s’emploie chaque année à ne surtout pas parler des techniques agricoles modernes? Il serait temps que les agriculteurs cessent de cacher leur moissonneuse-batteuse dernier cri derrière les animaux du concours général agricole... »

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 00:09
L’Angélus de Millet et le millet du Taulier le donneur de recettes pour ménagères émancipées : 50 nuances de féminité…

Ce titre est 1 deux en 1, en effet demain, alors que nos beaux bovins vont se faire caresser la croupe par l’engeance politique je me pencherai sur  l’identité paysanne et les images véhiculées en partant du fameux Angélus de Millet (ne voyez là aucune allusion subliminale).

 

Pour le sujet du jour j’ai un instant balancé titrer Les douceurs de madame Ginette : l’amour est un bouquet de violettes… mais je me suis dit que la Ginette en question serait bien la seule à comprendre l’allusion.

 

Pour mieux attirer une chalandise prometteuse je me suis donc replié sur mes nouvelles fonctions de donneur de recettes pour ménagères émancipées. En effet, mes efforts de diversification portent leurs fruits : je suis en train de me tailler une solide réputation de donneur de recettes à faire rougir la corporation des héritières de Françoise Bernard. Ma frittata di maccheroni a fait un tabac et sur Face de Bouc mes fricassées et mes platées sont plébiscitées par des ménagères dont je ne sais si elles ont plus ou moins de 50 ans.

 

Vous commencez à me connaître, opportuniste comme je suis, je me suis tout de suite dit : « surfe sur la vague taulier ! », profite des vents portant, cingle vers de nouveaux territoires ! Lance tes assauts en direction d’une population bien plus large que celle des buveurs de quilles : les filles !

 

De mon temps, comme dirait le Pousson de tradition, les mères disaient à leurs filles que pour retenir leurs petits maris il fallait leur cuisiner des bons petits plats ; aujourd’hui les psy parlent plutôt du lit mais moi je suis plus Françoise Bernard que Ménie Grégoire et comme beaucoup de filles détestent faire la cuisine je vais déployer mon immense pouvoir de séduction pour leur donner envie.

 

 « J’ai horreur de ça ! s’exclame Élodie, 33 ans. Je ne sais jamais quoi faire ni comment. Cela m’ennuie de suivre une recette, d’émincer, d’attendre... »

 

Rien ne vaut un bon sociologue, Jean-Claude Kaufmann en l’occurrence, auteur entre autres de Familles à table (Armand Colin, 2007) pour mettre de l’ordre dans la maison : « la cuisine ordinaire n’a rien à voir avec la “cuisine passion”, aujourd’hui à la mode. La préparation des repas reste, pour beaucoup, une activité fastidieuse, interminable et rarement gratifiante. Elle soulève par ailleurs des choix cornéliens : que privilégier ? La santé, le plaisir, le budget, le goût des uns ou des autres ? » Pour les non-passionnés, faire la cuisine est « une tâche anxiogène, éprouvante et culpabilisante »

 

Ouille, ouille Jacquouille, les pauvrettes personne ne leur a appris à manier l’économiseur et la queue d’une poêle. Il est loin le temps de la transmission familiale et comme le dit, avec les mots qu’il faut, Gérard Apfeldorfer, le psychiatre de service spécialiste des troubles du comportement alimentaire, « Si notre éducation ne nous a pas appris à aimer toutes ces notions de plaisir, de partage, d’héritage qui passent par la cuisine, il est difficile de les développer sur le tard, seul. »

 

Qu’elle est la cause de ce désamour ?

 

Là je dégaine ma psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol :

 

« Toute la charge émotionnelle que cuisiner implique : la peur de rater son plat, d’être jugé par l’autre ou qu’il n’aime pas le repas ; mais aussi la crainte de ne pas faire aussi bien que sa mère, “le” chef par excellence... Ces peurs paralysent facilement »

 

Alors que faire pour vaincre leur peur de mal faire ?

 

« Tuer la mère ! »

 

Mettre sa moitié mâle aux fourneaux ?

 

Tout bêtement, avec les conseils du taulier donneur de recettes, oser et faire dans la simplicité !

 

Nourrir c’est donner.

 

C’est pour cela que j’ai décidé d’extirper de mon garde-manger de chroniques celle que j’avais écrit le 4 mars 2011  Millet aux violettes et le Beaujolais blanc de Pierre-Marie Chermette 

 

Pour lire cette chronique il suffit de cliquer sur le titre souligné et marqué en rouge. C’est la nouvelle méthode liée au changement de plate-forme d’Overblog qui a supprimée la mention Link. Merci de vous y habituer et de ne pas insinuer que je pompe mes petits camarades – ici c’est moi-même – en jouant les détectives privés, c’est fort désagréable. 10 années de chroniques ça apprend à respecter les bonnes manières et à renvoyer l’ascenseur aux sources.

 

Pour compléter cette chronique je vous invite à lire cet article : Le millet… une céréale qui tape dans le mille ! 

 

« Peu allergène et sans gluten, le millet est une céréale peu connue dans les pays occidentaux, mais dont l’Afrique et l’Asie ont compris ses vertus et son utilité. Peu allergène et sans gluten, c’est un ingrédient de choix pour les repas remplaçant le riz ou la semoule !

 

Le millet, une céréale pas si connue…

 

Le millet fait partie de la famille des poaceées (graminés). Son nom regroupe plusieurs espèces végétales, la plus cultivée étant le « millet perlé » ou « petit mil ». Il existe également d’autres variétés : l’élusine, le millet commun, le millet des oiseaux, le teff, le fonio blanc, fonio noir et fonio à grosses graines, le panic pied de coq, le millet indien, l’herbe à épée et le coix. Attention à ne pas confondre le millet et le sorgho !

 

Histoire du millet

 

Si la céréale est présente Chine depuis 5000 ans avant J-C, la culture du millet se répand en Asie, en Afrique et arrive en Europe au Moyen-Age. Quotidiennement consommée, elle fut ensuite délaissée pour le blé, la pomme de terre et le riz. Aujourd’hui, cette céréale est surtout utilisée pour nourrir les oiseaux, mais en Asie et en Afrique c’est un aliment essentiel et indispensable ! Classé par la FAO1 comme aliment favorisant la sécurité alimentaire, le millet peut être cultivé dans les zones arides et sèches d’Asie et d’Afrique. La production de ces deux continents réunis s’élève à 28 millions de tonnes par an, soit 94 % de la production mondiale !

 

L’Inde et la Chine sont les plus gros pays producteurs de millet en Asie. En Afrique la production et la consommation du mil s’étend sur plusieurs pays du Sahel et des régions arides (par exemple Nigéria, Niger etc.). Dans ces endroits-là, la production est surtout locale, sauf pour l’Inde qui est le premier pays exportateur de mil.

 

Mais pourquoi alors parler du millet, s’il semble que nous n’en consommons pas tellement ?

 

Pour ceux qui sont intéressés lire la suite en cliquant sur le lien ci-dessus.

 

 

L’Angélus de Millet et le millet du Taulier le donneur de recettes pour ménagères émancipées : 50 nuances de féminité…

Le millet au lait comme à l’eau c’est aussi simple que de faire cuire des nouilles et ne me faites pas le coup d’insinuer que j’ai bu l’eau des nouilles… qui signifie dans le français d’aujourd’hui être un abruti…

 

Affaire à suivre les filles !

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 00:09
Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.

Pas sûr que ce chef soit dans les petits papiers de Pousson, vu qu’il a des étoiles dans la vieille bible rouge et qu’il pratique une cuisine pour « bobos niais », mais peu me chaut car c’est du Txakoli dont je veux vous parler aujourd’hui. Bernard Burtschy qui sait tout nous dit d'où vient le mot "txakoli" ?

 

« Le terme est clairement d'origine basque, mais son origine est mystérieuse. L'autre désignation, txakolin, est claire par son suffixe, les liquides se terminant toujours par in. Le mot se prononce phonétiquement tchakoli. En espagnol, il s'écrit chacoli et on lit fréquemment el txakoli de Bizkaia pour la variété de Biscaye par exemple. »

 

Les journalistes d’ « Itinéraires d’une cuisine contemporaine » Sophie Cornibert & Hugo Hivernat, avant d’aller rendre visite à ce jeune chef très tendance, notaient « un peu d’identité basque, un poil de jeunisme, l’architecture flamboyante de son restaurant Azurmendi, agrémentée d’un beau discours sur le développement durable pour faire bonne mesure ; la ficelle marketing nous avait paru un peu grosse, le scepticisme nous avait gagné. »

 

Et puis, dans la région de Txorierri, à une quinzaine de kilomètres de Bilbao, arrivés au sommet d’une colline dominant un magnifique paysage de vignes, ils ont commencé leur visite par la vigne en ce site exceptionnel, où tout respire la culture basque…

 

C’est « le domaine de l’oncle d’Eneko, où depuis neuf ans il améliore le modèle de ce vin fabriqué avec des raisins verts, qui donne pas mal d’acidité et peu d’alcool. 300 000 bouteilles aujourd’hui, un million à terme, mais pourquoi une telle ambition ? Eneko, nous donne quelques clefs. « L’ensemble de ce que vous voyez ici peut être qualifié de complexe œno-gastronomique où l’on a à cœur de travailler notre identité. Le txakoli est un vin uniquement produit en Pays Basque et il aurait disparu si on s’était reposé sur ses pieds de vigne très anciens. On le préserve, le renouvelle et on travaille pour en faire un vin de meilleure qualité que l’on continuera à ne produire qu’ici »

 

Laissons de nouveau la parole à Bernard Burtschy qui répond à  neuf questions, en voici quelques-unes :

 

Comment est-il élaboré ?

 

Ce vin blanc, très rarement rosé ou rouge, a longtemps été élaboré dans un cadre familial, surtout dans les fermes, à partir de raisins verts pour garder la fraîcheur. Il n'était ni filtré, ni clarifié, d'où le service avec la bouteille en hauteur et en petite quantité pour repérer la partie la plus claire du liquide. Son taux d'alcool se situe entre 10 et 12° et il est légèrement effervescent, perlant.

 

Quelle est sa zone de production ?

 

Artisanalement, l'espace de production est très vaste et s'étend dans tout le nord de l'Espagne, Rioja, Navarre. Mais seul le Pays basque en a fait une appellation d'origine contrôlée (DO, denominacion de origen) et il est produit dans les trois provinces de la région autonome. L'essentiel de la production se concentre le long du golfe de Gascogne côté espagnol, dans une zone de forte pluie. En dehors du Pays basque, la province de Burgos fait renaître sa vieille tradition locale pour obtenir son appellation d'origine.

 

Y a-t-il plusieurs types de txakoli ?

Actuellement, il existe trois appellations d'origine. Le txakoli de Getaria a été le premier à recevoir son appellation en 1989, mais il reste le plus petit en surface. Le txakoli de Biscaye a obtenu son appellation en 1994 et il comprend plusieurs centaines de producteurs. Enfin, le txakoli d'Alava est le plus récent (2001) et se reconnaît par sa couleur jaune et son vin très acide. Très en vogue au XIXe siècle, il a failli disparaître mais est en pleine renaissance.

 

Va s’en dire que je n’ai jamais bu une goutte de txakoli car, que je sache, nul n’en vend à Paris. Sait-on jamais ou bien si mon vieux complice Jean-Louis Vallet passait au-delà des Pyrénées peut-être pourrait-il me rapporter un flacon pour dégustation.

 

Question au sieur Burtschy : tu manges quoi avec ton txakoli ?

 

Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.
Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.
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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 00:09
L’INAO objet juridique non identifié vu par Jean Pinchon en 1983  puis par le Taulier en 2007… la messe est dite le vin dans le grand Meccano de l'agro-alimentaire !

Dans chaque Français s’intéressant au sport, le cul sur son canapé, il y a un sélectionneur de foot ou de rugby qui s’ignore ; le choix de la discipline par monsieur tout le monde dépend de la place de son cul : au nord ou sud de la Loire.

 

De même, dans chaque fonctionnaire sorti des Grandes Écoles il y a un juriste qui s’ignore ce qui permet aux juridictions administratives de retoquer beaucoup de textes réglementaires : les sans-chais de Pomerol en étant un brillant exemple.

 

Alors pour l’INAO je ne vous dit pas les vertes et les pas mûres que j’ai lues ou entendues !

 

En effet l’INAO est un établissement public sui generis qui, lorsque j’ai pris le dossier en mains était doté d'un personnel sous statut Gaillard (du nom de Félix, l'autre charentais, le plus jeune président du Conseil de la 4ième République).

 

En 2007, j’avais commis une petite chronique sur l’INAO des origines :

 

L'INAO, en ce temps-là, avait quelque chose d'exotique : un étrange cocktail d'autogestion professionnelle et de gestion publique qui m'a fait le qualifier d'objet juridique non identifié, ce qui pour moi était un compliment. Avec une telle approche, face au goût immodéré des anglo-saxons pour le droit non écrit donnant aux tribunaux et aux lawyers des espaces infinis, nous dressions une muraille immatérielle qui s'opposait à l'uniformisation du monde.

 

Une grande part de la réussite incontestable de l'AOC tenait à ce mariage heureux du droit privé et du droit public. Les professionnels français pilotaient une multitude de chouettes conduites intérieures, gentiment désuètes, indémodables, inimitables et, par une forme prononcée de suffisance, d'inconséquence, ils se sont engouffrés dans des cars pour voyages organisés.

 

Jean Pinchon dans son livre de Mémoires, avec la pertinence d’un vieux routier ayant commencé sa carrière à la FNSEA du sénateur Blondelle, fait part de son étonnement lorsqu’il est nommé par Rocard à l’INAO :

 

« Je découvre alors véritablement la réalité du système des AOC, et je me rend compte qu’il s’agit d’un principe très intelligent, instauré par un décret-loi de 1935 (…) l’État délègue, aux organisations professionnelles, le droit de conférer les appellations ; le Ministre de l’Agriculture entérine la décision des viticulteurs sans pouvoir la remettre en cause, sous peine d’être attaqué par le Conseil d’État. Il s’agit d’une véritable délégation de service public, suivant un peu le principe de subsidiarité cher à la théologie médiévale et qui sera repris par le Traité de Rome : on n’impose pas à une profession – ou à une Nation, en ce qui concerne les institutions européennes – de renoncer à la spécificité et aux traditions qu’elle a  définies elle-même (…)

 

Je comprends alors, de façon très forte, qu’à côté d’une agriculture productiviste pour laquelle je me suis toujours battu, vit une autre agriculture où les gens « élèvent » les des produits de très grande qualité suivant des règlements qu’ils se fixent eux-mêmes, en concertation avec le ministère de l’Agriculture, et qui concernent une délimitation territoriale précise, des normes strictes d’élaboration, et une production individualisée, puisque l’agriculteur signe lui-même sa récolte, en indiquant son nom sur une bouteille, ce que ne font évidemment pas les betteraviers… Durant trop longtemps cependant, les grandes organisations professionnelles agricoles ne mesurent pas assez l’intérêt et l’importance de ce mode de production, et c’est pourquoi, jusqu’à une époque récente, le monde viticole a vécu un peu à part ; moi-même, quand je suis à la FNSEA, je n’ai pas toujours assez mesuré la spécificité de la viticulture… »

 

EN 1988 « Grâce à l’action de l’INAO, et à la ténacité d’Henri Nallet, la Communauté européenne admet le principe que les appellations seront nationales, avec l’obligation de dépôt à Bruxelles, afin que soient évitées toute concurrence abusive et tromperie quant à l’origine effective et aux modes de production. Hélas, ces sages dispositions, quelques années plus tard, seront abolies sous la pression des lobbies industriels… »

 

Paroles qui ne manquent pas de sel venant de l’ancien Président de Roquefort Société qui a milité pour son rachat par le groupe Besnier aujourd’hui Lactalis.

 

Toujours en 2007 je notais :

 

« À partir de là, on ne savait plus qui faisait quoi, ou si, plus exactement, les fonctionnaires se piquaient de faire dans le stratégique, ils pensaient, et les professionnels du Comité National, tout en poussant des cris d'orfraies sur l'insupportable mainmise publique, s'occupaient de l'intendance du quotidien qui plaisait tant à la base et le Ministre disait amen (le mien y compris). Certains ont tenté de ruer dans les brancards, de proposer, de choisir. On leur demanda d'aller exercer leurs talents ailleurs.

 

Face à cette dérive, les nouveaux entrants : produits laitiers et autres, suite à la réforme de 1990, que j'ai défendu au Conseil d'Etat, après un temps d'observation, constatant la cécité des représentants du vin et ne se laissant pas éblouir par leurs faux-semblants, petit à petit ont pris le pouvoir, puis, profitant de leur entregent dans les allées du Pouvoir ils ont fait prévaloir une conception normative de l'AOC.

 

En clair, face à une production agro-alimentaire de masse, formatée, incolore, inodore et sans saveur, l'AOC devient la pointe de la pyramide des signes de qualité. Le tour est joué. On se noie dans les logos : rouge, vert et je ne sais quelles autres couleurs. On érige le contrôle extérieur en principe fondateur. Le directeur du CIVB a raison de confier à Jacques Dupont dans le Point : « c'est en quelque sorte une OPA amicale mais ferme, qui donne le sentiment que tout continue comme avant, alors qu'il n'en est rien » Est-ce pour autant une nationalisation de l'INAO ? Une mainmise de la machine étatique sur le secteur ? La réponse est clairement non. Il s'agit tout bêtement de la pure insertion du vin dans le grand Meccano de l'agro-alimentaire.»

 

Voilà, la messe est dites, la dilution des AOC dans la grande mare de l’agro-alimentaire les ont précipités dans le productivisme et leur ont fait rater le grand rendez-vous de l’authenticité lié au respect de l’environnement et d’une réelle prise en compte de l’essence même de l’élaboration du vin : le jus fermenté du raisin…

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 00:09
L’omelette outragée, méprisée, martyrisée doit-être libérée : viva la frittata di maccheroni ! Bon appétit vin compris !

Et dire que l’on persiste encore à dire dans notre vieux pays françois qu’on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs alors que, depuis des années, et ça va de mal en pis, le désastre de l’omelette en brasserie s’amplifie : incolore, inodore, sans saveur, nature ou accompagnée de pauvres lardons caoutchouteux ou de débris d’emmenthal flasques, que des ingrédients « pousse-caddie de chez Métro » comme dirait le Pousson grognon.

 

L’omelette sombre dans l’ennui !

 

Et ne parlons pas de celle de la mère Poulard au Mont Saint-Michel « fade, trop cuite avec plein de mousse et servi avec des pommes de terre certainement sous vide avec un goût horrible! 39 euros c'est vraiment exagéré!!! » dixit un commentateur sur la Toile.

 

Que faire alors pour éviter que ce naufrage ne fasse passer par pertes&profits ce fleuron simple de la gastronomie française ?

 

Ma réponse est simple aussi, allons voir du côté de l’Italie où la cuisine ménagère garde encore ses lettres de noblesse en magnifiant des ingrédients modestes.

 

Je sais que l’on va m’objecter que pour rehausser le prestige de l’omelette il suffit de lui injecter dans le buffet des truffes ou des champignons des bois…etc.

 

Trop cher tout ça !

 

De l’attrape prout-prout ma chère ! Des additions salées pour demi-sel des beaux quartiers…

 

L’omelette est, et doit rester, un plat populaire accessible à tous.

 

Nos voisins d’au-delà des Pyrénées, qui ne portent pas forcément les Français dans leur cœur, revendiquent la paternité de l’omelette comme l’indique cette anecdote rapportée dans un livre que je suis en train de lire « Aujourd’hui caviar, demain sardines » aux éditions de l’Épure :

 

  • Le problème c’est que vous autres, les étrangers (ndlr en l’espèce des Uruguayens), vous croyez que tout ce que font les Gaulois, c’est le meilleur du monde. Et en fait, la vérité, c’est qu’ils s’approprient tout ce qui nous appartient, même l’omelette française est espagnole ! Regardez, regardez là – dit-elle en me montrant un livre qui, si j’en crois l’usure, doit être sa bible : le manuel de cuisine régionale de la section féminine de la Phalange –, c’bien clair, là, la recette de l’omelette française a été inventée par un cuisinier de Philippe II qui l’appela l’ « omelette de la Cartuja ».  

 

Paroles fortes d’une cuisinière espagnole ombrageuse qui, selon l’auteur, ressentait « une haine viscérale pour tout ce qui vient de l’autre côté des Pyrénées, comme si Napoléon n’avait retiré ses troupes de Madrid qu’hier après-midi. »

 

Pour ma part, mon cœur penche plutôt au-delà des Alpes, alors, cap sur l’Italie et plus précisément Napoli, et je le dis avec la bonne humeur qui sied au plus Italien des Parisiens car, pour moi, frittata c’est bien plus joli qu’omelette qui, avec sa terminaison en ette, suggère le riquiqui, le genre diminutif : fille, fillette mais pas de féminin tout comme on dit femmelette et pas hommelette.

 

Bref, restons un instant dans le domaine de la langue : pourquoi dit-on « On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs » ?

 

Comme nous Français, aimons, ou aimions, passer beaucoup de temps à table, au point même de le faire acter par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité, beaucoup d’expressions de la langue française viennent de la cuisine en faisant référence à des gestes ou à des moments culinaires.

 

Au XVIIe « faire une omelette » signifiait déjà « casser des choses fragiles ». Au milieu du XIXe, l’expression évolua et veut dire que l’on n’arrive à rien sans prendre de risques et qu’il faut savoir accepter et assumer les dommages collatéraux qui découlent de toute entreprise humaine.

 

Cette locution proverbiale devenue expression française fut vulgarisée par Balzac dans Scènes de la vie privée…

 

- Voulez-vous arriver ? s’écria le grenadier.

- Au prix de tout mon sang !... Au prix du monde entier !... répondit le major.

 

- Marche !... On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs !...

 

Et le grenadier de la garde poussa les chevaux sur les hommes, ensanglanta les roues, renversa les bivouacs, se traçant un double sillon de morts dans cet océan de tête… »

 

Pour faire une bonne omelette, quelle que soit sa dénomination, il faut d’abord de bons œufs que l’on ne trouve que chez un bon fournisseur qui vous garantit l’origine, le mode d’élevage et l’alimentation des poules. Difficile de nos jours mais faisable, pour les catégories officielles 

 

Passons maintenant à l’opération sur la base de ce qu’affirment certains mâles pour justifier leur non-participation aux travaux ménagers : « je ne saurais même pas faire cuire un œuf ! » : la confection d’une omelette qui ne requiert pas les compétences d’un MOF.

 

Casser des œufs est à la portée du premier maladroit venu, les battre aussi, les verser dans une poêle et les cuire en omelette demande un tout petit peu plus de dextérité et d’attention.

 

Se faire une omelette nature c’est 5 mn chrono.

 

Une fois franchi ce premier pas il est possible, pour le pauvre mâle solitaire, abandonné de toutes les filles de la terre, de se lancer dans des expériences culinaires plus complexes.

 

Pour ce faire il lui suffit d’adjoindre à ses œufs battus tout ce qu’il a sous la main, des restes tout particulièrement, ça le changera des sardines à l’huile et du cassoulet en boîte…

 

Afin d’aider les novices dépourvus d’imagination, comme je suis fou de maccheroni, et surtout ceux qui ne sont pas tronçonnés en petits tuyaux, les longs si difficiles à consommer J je vais leur indiquer le mode opératoire de la frittata di maccheroni.

 

Les maccheroni longs sont impeccables pour la frittata car ils la structurent, lui donnent de l’ampleur. Un conseil, faites cuire vos maccheroni à l’avance, al dente bien sûr, stockez-les, en les lubrifiant légèrement  et en les protégeant, ils n’en seront que meilleurs.

 

Pour la suite c’est à la couleur de votre esprit.

 

Je suggère :

 

  • Vous battez les œufs à la fourchette, salez, poivrez

  • Vous ajoutez du parmesan rappé, de la ciboulette hachée et du provolone coupé en dés,

  • Vous faites revenir dans une poêle de la pancetta, puis vous ajoutez les maccheroni avec un léger filet d’huile d’olive,

  • Versez alors les œufs battus. La chauffe de la poêle ne doit être ni trop douce, ni trop forte afin que la frittata prenne une belle couleur dorée.

L’opération essentielle à mi-cuisson est le retournement de la frittata. Il faut bien préparer votre geste pour ne pas « estropier » votre œuvre. Pour ma part je me sers d’un large plat à tarte que je pose sur la poêle, hors le feu bien sûr, puis comme je suis droitier je place ma main gauche sur le plat et, avec la droite, je me saisis de la queue de la poêle, coup de poignet et rotation à 180° de la main porteuse. Puis, opération dans l’autre sens pour placer la face extérieure de la frittata sur le fond de la poêle.

 

Veillez à ce que le cœur de la frittata reste moelleux.

 

Si vous consommez la frittata chaude vous pouvez l’accompagner d’une salade bien croquante mais elle peut aussi se consommer froide pour un pique-nique ou un casse-croûte.

 

Du côté liquide je penche pour un bon petit aligoté qui ne peut dire son nom et qui pour ce fait a trouvé refuge dans le paradis des Vins de France : Le Clou 34 2013 de Claire Naudin, ou si vous préférez le rouge : La Trama de Matteo Cerrachi.

 

La frittata di maccheroni di Annalisa Barbagli 20 giu 2014 

L’omelette outragée, méprisée, martyrisée doit-être libérée : viva la frittata di maccheroni ! Bon appétit vin compris !
L’omelette outragée, méprisée, martyrisée doit-être libérée : viva la frittata di maccheroni ! Bon appétit vin compris !
L’omelette outragée, méprisée, martyrisée doit-être libérée : viva la frittata di maccheroni ! Bon appétit vin compris !
L’omelette outragée, méprisée, martyrisée doit-être libérée : viva la frittata di maccheroni ! Bon appétit vin compris !
L’omelette outragée, méprisée, martyrisée doit-être libérée : viva la frittata di maccheroni ! Bon appétit vin compris !
L’omelette outragée, méprisée, martyrisée doit-être libérée : viva la frittata di maccheroni ! Bon appétit vin compris !
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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 00:09
Manger, boire et lire… « Je n’embarrasse pas ma mémoire des choses que je peux trouver dans les livres » Einstein

Enfant, tel Henri Miller, j’adorais lire aux cabinets.

 

« Quand j’étais jeune garçon, et que je cherchais un endroit où dévorer en paix les classiques interdits, je me réfugiais parfois aux cabinets. Depuis ce temps de ma jeunesse, je n’ai plus jamais lu aux cabinets. »

 

Il faut dire que les cabinets du Bourg-Pailler se trouvaient dans le jardin juste à côté de l’enclos des gorets et c’était un trône en bois sis au-dessus d’une fosse naturelle en béton. Les flaveurs puissantes, surtout l’été, ne m’importunaient pas. J’étais, le cul à l’air, dans ma bulle et, le plus souvent, je lisais la porte ouverte. Détail d’intendance, pour me faire de l’argent de poche, j’ai vidangé la fosse dans des conditions qui feraient frémir les mères d’aujourd’hui.

 

Depuis que j’habite la ville je ne lis plus aux cabinets car, même si je ne suis pas claustrophobe, j’y manque d’espace. En revanche, je peux lire partout, sauf dans le métro, mais comme je ne prends guère le métro ça restreint peu mon champ de lecture. J’adore lire dans le train, au bar dans le bruit des conversations, sur un banc public et bien sûr au lit.

 

L’un de mes profs de Droit à la Faculté m’a assuré qu’un bon juriste était quelqu’un qui savait bien utiliser sa bibliothèque. Ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, j’ai pratiqué ce sport avec constance. Mais pour savoir explorer sa bibliothèque il faut avoir lu les livres qui y sont rangés et être en capacité, non de retenir leur contenu, mais d’y puiser ce dont on a besoin pour réfléchir, écrire, converser…

 

J’ai toujours lu et je lis de plus en plus…

 

Mais j’adore aussi faire la cuisine : « Vous voulez savoir pourquoi je fais la cuisine ? Parce que j’aime beaucoup ça… C’est l’endroit le plus antinomique de celui de l’écrit et pourtant on est dans la même solitude, quand on fait la cuisine, la même inventivité… On est auteur. » Ce n’est pas moi qui le dit mais Marguerite Duras 

 

Je fais la cuisine à la couleur de mes envies, de ce que j’ai trouvé au marché ou chez mes fournisseurs attitrés. Je pratique une cuisine empirique fondée sur mes souvenirs d’enfance, maman aux fourneaux, et une forme de curiosité qui me fait noter sur des bouts de papier des embryons de recette. Les livres de recettes, tout comme les magazines de cuisine, n’occupent guère de place dans ma bibliothèque. Il faut dire que je cuisine simple. Lorsque je vais au restaurant je choisis toujours des plats que je ne sais faire chez moi.

 

Et je mange de tout contrairement à ceux qui ne jurent que par la tête de veau, le goret dans tous ses états, le gras, et qui conchient la cuisine de jeunes chefs inventifs sous prétexte que c’est de la mangeaille pour bobos. L’abondance du tour de taille de ces vieux cons – l’âge n’ayant ici rien à voir avec l’affaire – ne m’impressionne pas. Les défenseurs des chefs d’œuvre en péril sont le plus souvent que de purs réactionnaires, figés, confits. Pour autant je n’ai que peu de goût pour la cuisine fusion mais, comme dans d’autres domaines, je la laisse à ses admirateurs et elle ne m’empêche pas de dormir. Quant à la mainmise des grands groupes multinationaux sur l’alimentation le seul moyen de s’y opposer c’est de promouvoir des pratiques alternatives crédibles au lieu de faire des phrases creuses et redondantes pour la galerie.

 

Pour le manger, je suis, comme pour mes lectures, la musique aussi, absolument éclectique, au rythme des saisons et de la proximité. Tout a commencé dans le jardin du pépé Louis, dans la basse-cour, le clapier et le goret de mémé Marie, le poisson frais et les coquillages venus tout droit des Sables d’Olonne, de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, des baies de l’Aiguillon et de Bouin, la viande du père Ratier, le pain de 4 livres du petit Louis Remaud, que du frais, que du bon, le clan des femmes qui gouvernait la maisonnée de Bourg-Pailler me bichonnait  comme une Formule 1.

 

En écrivant ce que j’écris je ne cultive aucune nostalgie du bon vieux village d’autrefois. Il n’y avait pas que du beau et du bon sur le marché hebdomadaire de la Mothe-Achard : le beurre vendu aux négociants n’y était pas toujours de la plus belle fraîcheur et d’une hygiène irréprochable. Moi je ne mangeais que le beurre baratté à la main par la tante Valentine car lorsque j’accompagnais mon père dans sa tournée des métairies je pouvais constater l’état de malpropreté des souillardes où l’on passait le lait et stockait le beurre. Le « c’était mieux avant à la campagne » me saoule surtout lorsqu’il émane d’une engeance qui, bien sûr, a quitté ce fameux village fantasmé. Fallait y rester mon coco ! Jouer au boulanger ou au boucher !

 

Comme d’un fait exprès, alors que j’écrivais cette chronique, la mort de l’inventeur du Nutella donne l’occasion au Pousson de déverser son aversion pour une population, dont il ignore quasiment tout, il ne la côtoie pas, il brasse des idées éculées, appuyées par les commentaires d’un mec qui a passé son temps à courir, avec son petit scooter, après les fameuses foodistas et de se prendre des râteaux carabinés. Moi ça me fait gondoler cette énième antienne contre, c’est un peu rance et à côté de la plaque. Réducteur ! Le genre vieux missionnaire qui sodomise, brillamment certes, les mouches en souvenir d’un continent perdu. Le fan club applaudit, on se congratule, on se tape sur le gras du bide, le cireur de pompes se dit qu’il existe encore. C’est beau comme un moulin à prières mais Dieu que c’est chiant 

 

Ce soir que vois-je, que lis-je, dans l’Opinion : que horreur & malheur Gros Mangeur, un pote de Pousson :

 

  • Aime David Toutainqu’adorent les foodistas, car il « est un formidable cuisinier, son parcours personnel avant qu’il ouvre son propre restaurant a été aussi impressionnant que sa dextérité et sa créativité. »

  • Aime le vin nature « Dans ce bar à vins, on n'a pas fait que becter, on a bu aussi et en particulier un vin tout à fait épatant, simple, assez rond et fruité, un blanc de Bergerac : Château Lestignac, le vin de table (1)L'étiquette est quasi illisible, je l'ai donc scrutée pour vous et vous dit ce qu'il faut en savoir: sauvignon, sémillon et muscadelle, un cépage vraiment autochtone, tout doux. Ça m'a rappelé avec force le vin de mon grand-père. J'avais toujours l'impression qu'il faisait beau quand je le goutais.

 

(1) Camarade Gros Mangeur il faut changer tes lunettes, c’est du Vin  de France que tu as bu...

 

Passé ce quart d’heure de foutage de gueule, rien qu’une petite colère pour libérer mes bronches, je signale que je n’ai jamais goûté de Nutella mais que dans ma mission de médiation laitière dans le Sud-Ouest j’ai eu l’occasion de discuter avec les Ferrero qui achetaient du lait liquide aux éleveurs de Cantaveylot. Pas facile de maintenir des éleveurs dans ces zones éloignées des grands centres de consommation. Mais bon, il est plus facile de bramer le cul sur sa chaise que venir se frotter aux basses réalités que vivent ceux qui s’accrochent à leurs hectares.  Je suis trop vieux pour me taper des leçons à la con sur ce que l’on appelait de mon temps : l’exode rural et démonter des démonstrations qui mélangent causes et effets. La monoculture est toujours d’une grande pauvreté.

 

Pour le boire ce fut plus compliqué, le vin du pépé Louis était de la piquette et le nombre très important de pochtrons vineux dans la population du canton ne nous donnait, mes copains et moi, guère envie de nous adonner à la boisson, vin compris. J’y suis venu sur le tard et, jamais au grand jamais je n’ai fait ma culture du vin ni dans les livres, ni dans les revues. Pendant fort longtemps j’ignorais jusqu’à l’existence de la RVF et le seul gus que j’ai lu qui écrivait sur le vin ce fut Paul-Marie Doutrelant qui pris la succession de FH de Virieu au Monde avant de filer vers le Nouvel-Observateur. Attention, je ne nourrissais aucune aversion pour ce type d’écrit mais, dans mes choix de lecture, je n’avais aucun temps à leur consacrer. Mon expérience du vin est de terrain, celui d’un buveur assis à table. Disserter sur la nature du vin m’a toujours paru vain, je n’ai ni les mots, ni l’envie. Malheureusement je ne suis pas le seul de cet acabit et je ne vais pas vous chanter mon fameux couplet : plutôt que de se taper sur le nombril entre initiés les amoureux du vin ferait mieux de se colleter à ceux qui n’y bitent que dalle !

 

Manger, boire et lire : Et qu’ai-je lu aujourd’hui ?

 

D’une traite, entre 22 heures et 23 heures, dans un lieu improbable, plein de bruits et de fureurs, un superbe petit livre de Marceline Loridan-Ivens « Et tu n’es pas revenu » chez Grasset. Une centaine de pages lues dans ma bulle, hors tout, sans que quiconque puisse m’en extraire. Lorsque j’ai refermé le livre une jeune femme m’a dit « vous êtes beau lorsque vous lisez… » Jamais compliment m’a fait autant de plaisir car cette « beauté » c’était celle de mon âme transportée par cet hymne d’amour d’une fille, elle-même déportée avec lui, à un père « disparu » – c’est l’appellation officielle » après avoir quitté Drancy le 13 avril 1944 pour le camp Auschwitz, transféré à Mauthausen et Gross-Rosen.

 

« Il y a deux ans, j’ai demandé à Marie, la femme d’Henri : « Maintenant que la vie se termine, tu penses qu’on a bien fait de revenir des camps ? » Elle m’a répondu : « Je crois que non, on n’aurait pas dû revenir. Et toi qu’est-ce que tu en penses ? » Je n’ai pas pu lui donner tort ou raison, j’ai juste dit : « je ne suis pas loin de penser comme toi. » Mais j’espère que si la question m’est posée à mon tour juste avant que je m’en aille, je saurai dire oui, ça valait le coup »

 

Qu’est-ce qu’une heure ou deux dans une vie à consacrer à la lecture d’un livre d’une justesse de ton et une vérité d’écriture absolus ?

 

Le temps de s’épargner une mauvaise émission de télé ou d’un match de foot…

 

Bonne lecture et bonne journée…

 

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Manger, boire et lire… « Je n’embarrasse pas ma mémoire des choses que je peux trouver dans les livres » Einstein

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 00:09
Comment nomme-t-on un Président de l’INAO ? Le fait du Prince !

L’INAO par ci, l’INAO par là, sur les réseaux sociaux on cause, on cause, mais très souvent on ignore de quoi on cause. Résultat, on raconte n’importe quoi.

 

Mon titre n’a rien de provocateur, il est le strict reflet de la réalité, le Président de l’INAO, tout comme les membres du Comité National Vins et eaux-de-vie (les membres des 2 autres Comités aussi) sont nommés par le Ministre de l’Agriculture, avec l’accord de celui du Budget. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait discrétionnaire pour les membres qui sont issus des Comités Régionaux, eux-mêmes choisis par les pouvoirs publics, il est tenu compte, autant que faire se peut, de la représentativité des personnalités nommées. Cependant, le lieu d’élection du Ministre peut influer sur certaines nominations : ainsi le Cognac fut richement doté sous Dominique Bussereau.

 

Pour le Président, c’est une tradition non écrite, le Ministre nomme qui il veut sans avoir à motiver sa décision. Bien sûr, nous sommes sous la Ve République et l’Elysée tout comme Matignon peuvent y mettre leur grain de sel.

 

La nomination de Jean Pinchon en 1983, par Michel Rocard, en apporte la preuve. Il la raconte dans son livre Mémoire d’un paysan publié chez L’Harmattan. Je n’étais pas encore arrivé au cabinet du Ministre mais j’ai vécu d’autres nominations, celle de René Renou et, d’une façon plus étrange et non racontable, celle de l’actuel Président de l'INAO par Bruno Le Maire. Je puis vous assurer que rien n’a changé sous les ors de la République.

 

Voilà ce qu’écrit Jean Pinchon qui deviendra Président de l’INAO à 57 ans et abandonnera ses fonctions à 73 ans.

 

« … En 1983, je suis devenu président de l’INAO dans des circonstances, comme cela est souvent le cas, un peu cocasses. Jusqu’à une époque tardive, j’ignorais pratiquement tout des AOC, et je restais même un peu méfiant à l’égard d’une procédure qui avait été mis en place « sous Vichy » (…) en 1982, j’entre à l’INAO, au titre du BNICE, et pour y représenter notre calvados. Au printemps 1983, Michel Rocard – que je connais grâce à son directeur de cabinet Jean-Paul Huchon – m’appelle et me prie de venir le rencontrer au ministère de l’Agriculture. Je me rends rue de Varenne, curieux de ce que l’on va me demander, mais sans réticences car je demeure toujours très attaché à cette maison que j’ai pratiquement dirigée durant trois ans. Michel Rocard, brillant et expéditif, vient au fait, dès le début de la conversation :

 

« Ecoutez, cher Monsieur Pinchon, j’ai un service à vous demander : je souhaite que vous deveniez le président de l’INAO ?

 

- Je vous remercie, Monsieur le ministre, mais je ne suis pas viticulteur, or l’INAO, même si les choses peuvent évoluer et elles le doivent, se préoccupe principalement du vin, à l’heure qu’il est…

- Certes, Monsieur Pinchon, mais vous faites un excellent calvados et vous connaissez de façon précise les problèmes de l’agriculture française, et comme vous le dites, l’INAO, va évoluer. Vous êtes donc mon candidat. »

 

La conversation se poursuit et je crois comprendre qu’une petite divergence existe entre le nouveau ministre de l’Agriculture et le Président de la République : François Mitterrand, dans un premier temps, voulait que soit nommé, à la tête de l’INAO, le directeur d’une cave coopérative de côtes du Rhône*, socialiste naturellement et qu’il connaît bien parce qu’il savoure fréquemment avec lui, quand il se rend dans le Midi, de délicieuses omelettes aux truffes… Or Michel Rocard a fait observer au Président que nommer un socialiste à la tête de l’INAO n’est peut-être pas très opportun, car, parmi les 80 000 viticulteurs français, il n’y a pas, à proprement parler, une majorité de socialistes. Le ministre a donc proposé mon nom au Président de la République et celui-ci a répondu :

 

« Ah, Jean Pinchon, l’ancien directeur de cabinet d’Edgar Faure ? S’il est d’accord ça me va. »

 

Michel Rocard conclut :

 

« Vous voyez bien : vous ne pouvez pas refuser ; tout le monde est d’accord, et je n’ai pas envie de reparler de cette affaire avec le Président !

 

« Encore une fois, je vous remercie, Monsieur le Ministre, mais j’appartiens à la société Louis-Dreyfus, et vous savez que je suis un homme fidèle.

 

Eh bien, demandez l’accord de Gérard-Louis Dreyfus : il vous le donnera d’autant plus volontiers que vous ne serez pris que par trois réunions annuelles. »

 

Voilà, il en fut ainsi et il en est toujours ainsi…

 

La cave coopérative dont il s’agit était celle de Sainte-Cécile-les-Vignes dont le maire était un certain Guy Penne proche de François Mitterrand, il est son conseiller pour les affaires africaines de 1981 à 1986…

 

à suivre une autre chronique sur l’INAO vu par Jean Pinchon.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, DSK avait demandé une chambre avec Wifi, pas avec 8 filles.

Dois-je tout écrire ? Cette question me turlupinait depuis des semaines. M’épancher. Faire part de mes doutes, de mes espoirs, de mes amours, disons plus clairement de mon nouvel amour impossible. Allais-je continuer à l’exposer à la terre entière ce bel amour qui m’était tombé dessus pour mon plus grand bonheur. Je revivais, mais je balançais entre le vivre à la folie ou m’enfuir. Jusqu’à ces derniers jours, avec soin et précaution, je penchais pour la première branche de l’alternative : me priver d’elle serait mourir un peu. Alors me taire, pour ne rien vous cacher je n’y arrivais pas : c’est si dur de garder tout, et surtout ce feu dévorant, à l’intérieur de soi. À qui aurais-je bien pu me confier ? Non pas pour me plaindre ou geindre mais pour mettre des mots sur tout ce que je retiens ? Je ne sais. Ce que je sais c’est que plus rien n’est plus comme avant. Je veux tout et le contraire de tout. J’attends. Même pas de goût pour le travail. J’erre. Ma petite troupe m’observe en me ménageant mais je n’essaie même pas de lui donner le change. Je suis furieux contre moi-même. Comme l’impression de passer à côté de ce dont j’ai toujours rêvé. Par bonheur, un message me propulsait dans un café du côté de la Motte-Piquet et ce ne fut que du bonheur. Une embellie bleue marine, m’en foutait de tout, sortait de mon apnée, repartais, gonflé à bloc, demain serait un autre jour. De retour en nos locaux je me ruait sur mon clavier et je pondais.

 

« Cette semaine nous pataugions joyeusement dans la « démence mixte » au tribunal de Bordeaux avec le procès dit Bettencourt, la famille la plus riche de France, celle de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, âgée de 92 ans, une des plus belles fortunes mondiale ; et dans le stupre et la fornication rugueuse, à Lille dans le procès dit du Carlton. Le plus drôle, si je puis m’exprimer ainsi, c’est qu’au centre de ses deux minables procès correctionnels, où généralement on juge du menu fretin, deux hommes François-Marie Banier, le mondain vaguement artiste qui roule en scooter pour faire de la photo, et Dominique Strauss-Kahn qu’on ne présente plus, qui, d’une certaine manière, partageait une forme d’amoralité hautaine et méprisante. Tout leur est permis car ils s’estiment au-dessus du commun car se vivant comme des personnalités hors du commun. Banier, je ne le connais pas mais, avant même qu’il exerça son charme sur Liliane, je le considérais comme un dandy sans épaisseur, faussement décadent. Tout ce rien, ce vide, que Paris peut porter aux nues ! Pour DSK c’est différent, ce gus, je l’ai souvent côtoyé dans les soupentes de Solférino, à Bercy, à des soirées, et je portais sur lui un regard sans concession. C’est un ancien petit chose, assez revanchard, mais qui sait faire luire, avec succès, son vernis dans un sérail politique composé en majorité d’ignorants. Il sait s’entourer aussi. Je ne vais pas vous faire un dessin, c’est au FMI qu’il a pu exercer le plus efficacement sa duplicité et en imposer à tous. Nous savions tous, du moins les happy few de la grande maison, que le DSK tirait sur tout ce qui se mouvait en jupon. Des dossiers nous en avions mais, fut un temps, où n’en avions aucune utilité. Les affaires de cul n’émeuvent guère les bons français, surtout les mâles. Strauss s’est toujours cru tout permis, incapable qu’il est d’imaginer qu’une proie féminine puisse ne pas céder à ses avances. Pourquoi allez lui chercher des poux dans la tête, entre adultes consentants toutes les pratiques sexuelles sont possibles, même si une certaine morale les réprouve, il en va de la liberté de chacun au sein de la sphère privée. Le libertinage, l’échangisme, la zoophilie… et autres joyeusetés, la basse police en fait son miel mais, avant l’affaire de New-York, ça ne donnait pas matière à jeter DSK aux chiens.

 

Mais revenons à Bordeaux, la ville de notre poulain, où le petit monde des prévenus, dix, dont Éric Worth, a palpé des millions, voire des centaines de millions qui sont passés de main en main. Des chiffres qui font tourner la tête. Florilège !

 

À la barre, le petit-fils de Liliane Bettencourt, Jean-Victor raconte cette anecdote.

« Un jour, ma grand-mère me dit :

- Ta mère m'embête car j'ai donné un million à Banier !

- Non, plutôt un milliard.

- Ah, bon... Ça fait quand même beaucoup... »

 

Invitée à parler à la barre, l'ancienne secrétaire de Liliane Bettencourt aura cette réflexion qui fera hausser pas mal de sourcils au tribunal.

« Il m'est arrivée de remplir des chèques pour Madame Bettencourt à l'attention de François-Marie Banier. Mais c'étaient des petits montants, environ 50.000 ou 60.000 euros. »

 

L'artiste et collectionneur François-Marie Banier n’a pas moins de 300 tableaux de maître dans son coffre-fort. Mais il en accroche peu. Pourquoi ? A la barre, le prévenu aura cette réponse... poétique :

 

« L'œil s'use à regarder quelque chose. On met (les tableaux) dans des coffres pour les redécouvrir : je ne vais pas les accrocher les uns sur les autres »... So chic note le journaliste qui suit le procès.

 

Dans un enregistrement, on entend le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, lui soumettre des chèques à signer. Parmi eux, il y en a un pour Éric Woerth, un pour Nicolas Sarkozy et un autre pour Valérie Pécresse. Leur montant : 7.500 euros chacun (cela correspond au plafond légal). Une somme qui représente le salaire rêvé pour certains, mais qui, dans la famille Bettencourt, n'est que broutille.

« En ce moment, il faut qu'on ait des amis, assure Patrice de Maistre à sa patronne. Alors ça, c'est pour les soutenir, hein. Ce n’est pas cher, et ils apprécient. »

 

Et pendant ce temps-là, au tribunal correctionnel de Lille, c’est plutôt dans le glauque, limite vaudevillesque, que l’avocat de l’ancien directeur du FMI se mouvait en sortant de sa sacoche un document audio exceptionnel. Alors qu’on accuse Dominique Strauss-Kahn d’avoir commandé 8 filles lors d’une nuit de débauche, il s’avère en fait qu’il a appelé la réception pour demander… de la WIFI ! L’enregistrement de la conversation téléphonique présentée au juge atteste  effectivement de la demande : on y entend bien DSK demander qu’on lui active la WI-FI. « C’est la réceptionniste, originaire d’Espagne, qui n’a pas bien compris sa demande et a pris contact avec Dodo la Saumure pour lui amener 8 filles. Les 8 prostituées sont donc arrivées en lieu et place de la connexion sans-fil. DSK n’aurait alors pas pu refuser. C’est comme si on vous offre une bouteille de champagne déjà ouverte, je n’allais pas refuser…Comment peut-on imaginer une seule seconde, 8 bourgeoises en mal de sexe se ruer dans la chambre de DSK pour s’envoyer au 7ième ciel avec ce taureau sévèrement burné ? On frise l’obscénité, DSK a déclaré au juge qu’il ne comprenait pas que les « filles » se plaignent de leur condition et de certaines pratiques. En effet, certaines filles étaient payées jusqu’à 10.000 dollars pour une soirée de débauche. 10.000 euros la sodo, elles n’ont pas à se plaindre. En 2 soirées, elles gagnent autant qu’une caissière sur une année. Que voulez-vous, Dominique travaillait si dur alors il fallait bien qu’il se détende et, bien sûr, l’intendance c’était pour les petits calibres. Le Prince ne s’abaisse jamais à de telles vétilles. »

 

Mes troupiers m’avaient laissé seul. Je me sentais bien, apaisé, prêt à tout affronter, et si je posais mon sac pour me mettre sérieusement à écrire…

 

 

Mépris de classe ovidie dans 20 mn...

Je serai claire, s’il y a encore des personnes qui minimisent ce dont on accuse DSK, c’est parce que ces femmes n’étaient pas du même rang social. Si on apprenait par exemple qu’une personne du même milieu que lui avait été un jour neutralisée sur un lit pendant que celui-ci la sodomisait de force, croyez-moi que les réactions auraient été différentes. Alors qu’une domestique, des putes, ma foi, pas de quoi fouetter un chat. On se rappelle à titre d’exemple du très élégant « troussage de domestique » de Jean-François Kahn. Toutes ces histoires révèlent avant tout le problème de l’impunité, du pouvoir de l’argent, et de la domination d’une classe sociale sur une autre.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 00:09

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Ainsi s’exprimait Rebecca Manzoni dans le Tubes & Co de France-Inter du vendredi 8 novembre 2013. Au début de cette année la voix de notre ami Bernard Maris s’est tue brutalement mais l’image est tellement belle qu’elle est maintenant éternelle.


Depuis fort longtemps je brûlais du désir de faire une petite chronique dominicale sur Adriano Celentano qui, avec Svalutation et I want to know à la fin des années 70, le début des années Giscard en France, alors que l’Italie en terminait avec ses années de plomb, occupait une place toute particulière dans ma discothèque où la chanson italienne ne tenait pas un grand espace.


Ce grand escogriffe, qui avait l’âge de mon frère aîné, Celentano est né en 1938, avec ses incroyables futals à pat’d’eph et ses bottines crème, me bluffait par son sens de la dérision mis au service d’un rock efficace. Celentano ce sont mes 30 ans et, je dois avouer que Rebecca Manzoni parle de lui beaucoup mieux que je ne le ferais.


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Je la cite :

 

« Ah ça ! Ce n’est pas tout le monde qui vous fait un tube avec le mot dévaluation entre 2 wouap dou wouap. Au mitan des années 70, Adriano Celentano réussit donc le tour de force suivant : faire un carton avec des considérations économiques et financières. Il chante l'incompétence du gouvernement italien, les salaires qui permettent de ne se payer qu'un café et cette Italie qui remplit les stades de foot pour oublier.


C'est alors 2 univers qui se télescopent : la crise de 76 chantée sur une musique qui accompagna la croissance économique d'après – guerre, j'ai nommé, le rockabilly fifties. Aussi, les premières notes de Svalutation sonnent – elles comme un hommage à ce morceau chanté 20 ans plus tôt.


Cela dit, la musique de Svalutation, n'est pas que nostalgie. La chanson de Celentano contient en son cœur une rupture. Un rythme syncopé, sorte de ska seventies, qui accueille des paroles optimistes.


À l'heure où les élites quittent la vieille Europe, cette chanson pourrait être écrite aujourd'hui. Enfin, Svalutation, c'est un peu comme si Ségolène Royale chantait la bravitude en se prenant pour Elvis. Parce qu'Adriano aussi, il invente des mots. En italien dévaluation, ça se dit : svalutazione. Et le truc d'Adriano c'est de nous américaniser l'affaire. Dans cette chanson, tous les mots en « ation » : assassination, lettation, scontration sont des anglicismes à la rital. Des mots inventés, comme un clin d'œil à un tube qu’Adriano chantait 4 ans plus tôt et qui s’intitulait « Prisencolinensinainciusol »


Ce titre est imprononçable et surtout, ça ne veut rien dire. Parce que cette chanson est entièrement écrite en yaourt. Ça veut dire que Celentano a commis un tube rien qu’en chantant du charabia MAIS avec l'accent anglais. Il se moquait ainsi de la fascination de ses compatriotes pour tout ce qui sonnait américain.


Svalutation qui resta dans les hits parades 5 mois durant, en France, en Italie, en Belgique, en Allemagne. Et même en Suisse. À partir de cette chanson là, Celentano se mit à faire de la télé pour parler écologie, morale, et politique.

 


Dans les années 2000, il fit aussi des shows anti – Berlusconi. Lors des élections législatives de Février dernier, il a appelé à voter pour le mouvement 5 Stelle de Beppe Grillo»


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Les Arènes de Vérone, en plein air, les 8 et 9 octobre 2012, Adriano Celentano, après dix-huit ans d'absence, à 72 ans remonte sur scène pour deux concerts historiques Rock Economy.


Exceptionnel, je vous invite à visionner la vidéo, presque 2 heures mais ça vaut le coup je vous l’assure, les superbes images de Vérone, des arènes, de la communion du public avec Adriano, c’est un grand et beau moment. J’aurais aimé y être.


Afin que le spectacle soit accessible au plus grand nombre de spectateurs (chômeurs, étudiants, retraités, etc.), Celentano avait insisté pour mettre, à chaque représentation, 6 000 places au prix symbolique d'un euro.



Prisencolinensinainciusol - YouTube par lolabonchien

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