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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 06:00
« Faire bombance braconnière est un plaisir interdit dont il est difficile de se passer. »  Les ortolans de Mitterrand et de Juppé… le futur blogueur de l’année 2016 de la RVF exulte !

Le 9 janvier 1997 Catherine Coroller écrivait dans Libération :

 

« La Ligue de protection des oiseaux (LPO) ne décolère pas. Elle n'admet pas que l'ancien président François Mitterrand et l'actuel Premier ministre, Alain Juppé, aient pu manger des ortolans, oiseaux en théorie protégés. Elle vient d'ailleurs d'adresser une plainte à la Commission européenne afin que celle-ci engage une action juridique auprès de la Cour de justice de La Haye.

 

C’était après que Georges-Marc Benamou, auteur du Dernier Mitterrand, tout juste paru chez Plon, rapporte que François Mitterrand aurait mis des ortolans au menu de son réveillon du 31 décembre 1995, une semaine avant sa mort. «Pas de réveillon sans ortolans, avait fait savoir le président avant de partir pour l'Egypte, rapporte Benamou.

 

 

Faux réplique Jack Lang dans son Dictionnaire amoureux de Mitterrand : « J’aurais aimé qu’il en fût ainsi. Mais ce jour-là, Mitterrand n’est pas en état de faire honneur aux mets habituels. Il soutient comme il peut la conversation avec les uns et les autres qui viennent à ses côtés. »

 

Du côté d’Alain Juppé, alors Premier Ministre, dans une interview au magazine Elle du 23 décembre dernier, il met les pieds dans le plat. Non seulement il reconnaît, non sans une certaine complaisance, avoir mangé, dans une palombière, des pinsons à l'ail et au persil et des ortolans, mais il se justifie en arguant qu'il s'agit de «rites typiquement landais». «Ce qui est amusant au sujet des ortolans, c'est qu'il est interdit de les chasser et de les commercialiser, continue le ministre, mais, dans les bons endroits, on en trouve toujours»

 

Deux incises contemporaines :

 

- 16 % des Français souhaitent réveillonner avec Alain Juppé et le place en tête (16%) et s’il leur servait des ortolans ça ferait plaisir à un autre Alain, Bougrain-Dubourd bien sûr… 

 

L’actuelle chroniqueuse vineuse du magazine ELLE, lauréate 2014 de la RVF pourrait alors proposer un accord ortolans-vins...

 

Le Jack, amoureux fou de Tonton, avoue lui que « se délecter de produits en voie de disparition fait saliver. » et s’interroge : «Qui après nous pourra encore en manger? »

 

Égoïsme culinaire… très antiécologiquement correct… détestable et délectable à la fois… « … et Mitterrand ne boude pas ses plaisirs-là, ripailleurs et transgressifs, frondeurs et jouisseurs. »

 

Le portrait-robot tout craché du futur blogueur de l’année 2016 de la RVF !

 

Notre Jack conte :

 

« Au réveillon du premier de l’an, à Latché, il y a parfois des ortolans au menu. On est au cœur de la Gascogne. Il convient de sacrifier ces pauvres petits passereaux, migrants capturés alors qu’ils rejoignent pour l’hiver les terres chaudes du Proche-Orient et de l’Afrique, après un été en Europe. Ces volatiles pépieurs sont piégés par des matelotes et des appelants. Puis, on les engraisse pendant trois semaines avant de les estourbir à l’armagnac. »

 

Le « dealer » d’ortolans est Henri Emmanuelli, président du Conseil Général des Landes, qui a ses réseaux, ses fournisseurs et qui adore braver la sensiblerie parisienne qui s’offusque des mœurs des ensauvagés planqués dans leur palombière. » dixit Jack.

 

À cette lecture le futur blogueur de l’année 2016 de la RVF jouit !

 

François Mitterand peint par Derek Kostab Acrylic on canvas: 505mm x 505mm

 

« Ensuite, au de la table, les nez plongent dans les cassolettes. On ne se met pas à couvert d’une blanche serviette pour mieux exalter les saveurs. Cela fait un peu trop couleur locale et terroir immémorial pour la société savante et l’assemblée de civilités qui se réunissent dans la résidence secondaire du Président. »

 

Là, le futur blogueur de l’année 2016 de la RVF, tord le nez

 

« Malgré tout, les fumets se concentrent, mêlant air de la forêt et ardeur du gibier. Il faut ensuite saisir à mains nues l’oisillon tiède qui pèse tout juste 25 grammes. Et tout manger, bec et viscères, ramures et ramages sans plumages. Il faut tout ingurgiter. »

 

Notre futur blogueur de l’année 2016 de la RVF entre en épectase !

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 10:48
Le Parisien c’est en titrant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui : « Fin de l'indication géographique : avis de tempête dans les verres de vin »

Ce matin, comme chaque matin, je fais ma revue de presse et je tombe sur ce titre du journal le Parisien « Fin de l'indication géographique : avis de tempête dans les verres de vin »

 

Sur le site du journal le titre est moins racoleur « Indication géographique : avis de tempête dans les verres de vin »

 

Pour qui connaît les subtilités de la chose viticole en fait de tempête dans un verre de vin c’est plutôt tempête dans un verre d’eau. Nos braves journalistes parigots allèchent à bon compte les gogos.

 

« Avez-vous déjà trempé vos lèvres dans un vin blanc* breton ? Humé le bouquet d'un breuvage ch'ti dont le raisin a poussé sur les terrils du Pas-de-Calais ? C'est peu probable car, jusqu'à présent, ces vins, produits souvent par des associations et sur de petites parcelles, étaient interdits à la vente. A partir du 1er janvier, ce ne sera théoriquement plus le cas avec l'arrivée des nouvelles plantations, n'importe où en France, des « vin sans indication géographique » (VSIG). Une petite révolution venue de Bruxelles, aux contours encore flous et à l'impact difficilement prévisible, qui fait déjà trembler le monde viticole. »

 

Tout ça c’est pour faire joli car l’affaire est verrouillée par les autorisations de plantations nouvelle manière. D’ailleurs le sieur Dairien, directeur de l'Inao, en mots choisis, le confirme « Dans certaines régions, les plantations de nouvelles vignes seront automatiques. Dans d'autres, nous déciderons de les limiter »

 

Libéralisation vous avez dit libéralisation ?

 

Révolution en peau de Lapin !

 

MDR comme le disent les accros de Face de Bouc !

 

Didier Michaud vigneron bordelais le confirme « Dans le même temps que cette "libéralisation", il est actuellement mis en place un nouveau système de gestion des droits de plantation, qui après analyse par mon esprit tordu risque au contraire de mettre à mal la pérennité des producteurs de VSIG en zone AOC. Cela laisse en effet la possibilité à des comités compétents de bloquer les replantations, même sans parler d'extension. »

 

Créer le buzz voilà l’avenir de la presse généraliste et ça marche puisque sitôt « l’info » publiée Hélène Jouan la citait dans la revue de presse de France Inter et le Bien Public de Côte d’Or titrait Révolution en vue dans le monde du vin.

 

RTL  : Les zones géographiques ne devront plus être indiquées sur les bouteilles, faisant craindre à certains une libéralisation sauvage du secteur.

 

Ainsi va le monde, ainsi va notre vieux pays tout le monde raconte n’importe quoi et s’est relayé par n’importe qui…

 

 

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 06:00
Le chemin de traverse d’Éric Guérin part de sa Mare aux Oiseaux sur l’île de Fédrun, en Brière, pour nous mener sur le long court de ses Migrations…

Double plaisir que d'avoir entre mes mains ce très beau livre, le premier intime niché tout au fond de mon petit jardin d’intérieur, le second surgit dès la première phrase d’Éric Guérin :

 

« À travers ces pages, je souhaite vous entraîner sur mon chemin de traverse, dans mon jardin secret, où je puise cette force que je traduis à ma façon en cuisine, sur mon île, en Brière, et jusqu’à Giverny aux portes de mon enfance. »

 

Des mots qui me touchent : « trouver chaque matin l’énergie pour animer cet univers*… le recul nécessaire que je prends ensuite sur les choses préserve en moi une certaine pureté enfantine… du dessin à la table, mes plats sont le récit d’une transmission dont les membres de mon équipe sont les passeurs… »

 

* L'héroïsme du quotidien

 

Les petites mains « C’est ainsi que l’on appelait les jeunes garçons qui entraient à l’atelier auprès d’un maître pour apprendre un métier manuel. Cette expression indiquait deux choses : le jeune âge et la totale inexpérience de l’apprenti, auquel on confiait les tâches les plus simples afin de lui permettre de se familiariser avec le métier sans provoquer de dégâts. »

 

Transmissions page 166

 

Sa cuisine : « … une forme de verticalité alchimique fondée sur trois principes :

 

  • La terre pour les racines, l’histoire, la culture, le savoir-faire, le geste ;

  • L’eau, toujours très présente autour de moi, élément conducteur d’échange, de partage, de mise en relation entre les choses ;

  • L’air pour le voyage, le rêve, l’évasion et la liberté.

 

 

La Brière, l’île de Fédrun : dans mon petit roman du dimanche en décembre 2009 j’écrivais : 

 

« Le lendemain matin, à la première heure, dans une fourgonnette Peugeot, que les services du Préfet avait dégottée je ne sais où, Chloé et moi prenions le chemin de la Grande Brière… La Grande Brière avec ses canaux, ses plans d’eaux peu profonds, ses roselières, ses prairies inondables et ses buttes où se perchent de minuscules villages est un monde clos, un monde consanguin, autarcique. Les Briérons pendant des siècles bénéficièrent d’un statut unique en France : ils étaient propriétaires du marais par la grâce du duc François II de Bretagne. Chassant, pêchant, pratiquant l’élevage et tirant l’essentiel de leur subsistance du marais, les habitants brûlant la tourbe extraite de leur sol manifestèrent toujours une franche hostilité à tout ce qui venait du dehors. Comme Chloé et moi ressentions un réel besoin de nous isoler pour mettre un peu d’ordre dans nos vies chaotiques, dans l’hostilité profonde de la Brière nous étions sûrs que les autochtones nous ignoreraient. »

 

« … Un seul accès menait à l’Ile de Fédrun, butte de terre au milieu du marais posée sur un lit de roseaux. Le jour se levait et, en des haillons cotonneux, la brume s’effilochait au-dessus de la curée, le canal cernant l’île sur le lequel les chalands familiaux étaient amarrés à des pontons donnant sur de minuscules jardinets collés aux maisons basses recouvertes de roseaux… Le premier soleil levait une part du mystère de l’île en la parant d’un camaïeu de vert et d’exhalaisons fortes de vases putréfiées et de mousse fraîche. Pas âme qui vive, le chant des oiseaux, le clapotis des eaux, loin d’être saisis par une impression d’échouage sur cette levée de terre, Chloé et moi, sans avoir à nous le dire, ressentions au contraire une grande paix nous envahir. À mille lieux de nos folies ordinaires nous nous arrimions à une terre de tout temps hostile aux étrangers ; une terre en train de mourir dans l’indifférence générale. »

 

 

Le point de départ du chemin de traverse d’Éric Guérin c’est sa Mare aux oiseaux, ouverte le 1er avril 1995 sur l’île de Fédrun, qu’il a construit à son image, modelant chaque détail de cette bâtisse devenue «sa maison»

 

Elle et lui depuis 20 ans : « un vieux couple » ?

 

Ce ne fut pas un long fleuve tranquille « Après un démarrage en douceur commence plusieurs années de galères où pour assurer le quotidien, en plus de son activité d’hôtelier-restaurateur, il installe au fond de son jardin au bord du marais une crêperie pour rassasier les touristes qui viennent visiter les marais. Mais malgré toute sa bonne volonté les hivers sont longs et rudes et en février 2000 au moment où il est prêt à raccrocher il décroche sa première étoile au Michelin. »

 

Ideemiam Anne Inquimbert vendredi 12 octobre 2012

 

Voyage, voyage…

 

Migrations c’est le carnet de bord d’un éternel voyageur… Mali, Sénégal, Brésil, Inde, Italie, Mykonos, New-York, Barcelone, Maroc, Japon, Miami, Laos, Languidic, Saint-Nazaire, Cambodge, Birmanie… avec les retour à Fédrun. C’est le journal intime d’un enchanteur, ses découvertes, ses joies, ses doutes, ses angoisses et ses espoirs… C’est une superbe invitation pleine d’émotions au banquet de la vie…

 

7 chapitres, 7 émotions : Amour, Joie, Désir, Angoisse, Amertume, Enchantement, Volupté…

 

De superbes photos et des recettes bien sûr…

 

 

 

RENCONTRE INSOLITE

 

Coup de cœur !

 

La sardine :  « et moi tu m'adores comment ?

 

- comme le beurre de sardines...

Le canard de Challans : ma vieille Vendée maraîchine…

 

Le sel de Guérande :

 

« Et puis, un beau jour de 1984, à la demande d’un certain Claude Evin, député de Loire-Atlantique, compagnon de route de mon Ministre Michel Rocard alors en charge de l’Agriculture, j’ai reçu dans mon bureau de la galerie Sully, au 78 rue de Varenne une délégation de paludiers de Guérande. Je les ai écoutés avec attention sur un sujet dont j’ignorais tout. Ils m’ont dit que leurs marais salants, les plus septentrionaux d'Europe, avaient failli disparaître dans les années 70, menacés par un projet de rocade. Que les paludiers guérandais s’étaient organisés en syndicat de producteurs en 1972 pour défendre le site et leur profession. Qu’ils étaient environ 180 paludiers entretenir l’architecture de leur marais. »

 

Cerise sur le gâteau je m’aperçois que cette rencontre insolite, entre un canard et une sardine (on dirait du Chaissac), est le premier plat signature d’Éric Guérin à La Mare aux Oiseaux.

 

Voilà, maintenant vous savez qui vous reste à faire : courir chez votre libraire acheter MIGRATIONS aux éditions de La Martinière je n’en connais pas le prix puisqu’on me l’a offert.

 

Faites de même en ce temps d’étrennes !

 

Pour les nouveaux venus sur ce blog : cliquez sur les liens en rouge pour en savoir plus...

 

 

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 06:00
Ça part comme des petits pains, mais pourquoi ? Le prix !

Ha ! le prix, les prix, leur indice mensuel, leur inflation, leur déflation, les prix cassés de la GD, les prix bon poids de l’épicier, les prix d’ami, les prix de marchands de chaussures, les prix de chez Hermès, ou de chez Tati, ceux des GCC… mais savez-vous comment ils sont fixés depuis la disparition du contrôle des prix ?

 

« Le modèle walrasien et le modèle classico-marxien ont le mérite de dégager les deux principes élémentaires d'analyse des prix, la détermination du prix dans l'échange (Walras), la détermination du prix dans la production (Ricardo), chacun souffrant inversement de l'unilatéralité de son propos. Encore faut-il préciser que la théorie des prix ne saurait se limiter à celle de leur détermination. L'étude du processus de formation de ces mêmes prix importe au plus haut point. Il convient au préalable de préciser la notion de formation des prix en la distinguant de celle de détermination des prix. »

 

Rassurez-vous je ne vais pas vous bassiner avec le prix d'équilibre en concurrence pure et parfaite qui égalise la demande et l'offre et qui satisfait en même temps les désirs des acheteurs et des vendeurs.

 

Je suis beaucoup plus terre à terre.

 

Je me contente d'une petite histoire vraie et d'une interview de 2 monstres sacrés du vin : le Pape Clément et le Petit Sibérien.

 

« Dans un restaurant très chic de New-York, le plat du mercredi soir était de façon inattendue quoique régulière, les spaghetti aux boulettes de viande. Il restait généralement des pâtes toute la soirée, mais les boulettes, préparées selon la recette traditionnelle, partaient avant le milieu du service.

 

Il se trouva un client pour ne rien comprendre au succès d’un plat aussi simple.

 

« Qu’est-ce qu’ils ont de si spécial, ces spaghetti-boulettes ? demanda-t-il à l’un des propriétaires.

 

- Leur prix » répondit-il simplement.

 

In Chaque jour est un festin James&Kay Salter

 

Hé oui mes chers, des spaghetti-boulettes au prix du caviar et ça part comme des petits pains ! J’exagère à peine…

 

Que penser de l’inflation du prix des vins ?

 

H. B. : Quand il a fallu fixer le prix de La petite Sibérie, j’ai su par un ami qu’il y a en Amérique des wine shops où l’on trouve des vins entre cent et deux cents dollars et que ça ne gêne personne. Les vignerons sont les premiers à discuter le prix de leur vin, ils le dévalorisent. Si La Petite Sibérie coûte deux cents euros, c’est grâce à Claudine, ma femme, qui m’a aidé à valoriser mon travail, à prendre confiance.

 

B. M. : Notre stratégie est fondée sur le projet mondial que j’ai détaillé. Pour cela il faut des volumes. La Tour-Carnet, c’est 500 000 bouteilles pour le premier vin, 200 000 bouteilles pour le deuxième. La moyenne des crus classés de Saint-Émilion, c’est 14 hectares, à 5 000 bouteilles par hectare, le calcul est vite fait. Fombrauge, c’est 60 hectares classés avec 200 000 bouteilles de premier vin et 80 000 bouteilles de deuxième. Pape-Clément produit 170 000 bouteilles. Il faut ensuite établir un prix attendu par le distributeur et le consommateur. Nous voulons installer une signature sur des volumes, c’est à l’inverse de vos choix tels que La petite Sibérie. Mais le rêve est de sortir aussi des vins comme Magrez-Tivoli* très largement supérieurs à Pape-Clément ou à La Tour Carnet, mais en petit volume, l’amour du vin passe par là.

 

* L’exemple américain est parfaitement vérifié et, plus que jamais, le désir de découvrir fait que l’expérience que vous appelez de vos vœux est gagnante. Chez Magrez nous jouons cette carte en Haut-Médoc, sur des parcelles de moins d’un hectare, idéalement situées et plantées de vignes en bonne adéquation avec le sol. Je suis obnubilé par un vin américain d’une qualité exceptionnelle dont la réussite est exemplaire, la gestion économique hors du commun, c’est Opus One. Avec notre Magrez-Tivoli nous voudrions être le “Clos des Fées” de Bordeaux, aussi élégant que Latour, mais à Saint-Seurin-de-Cadourne.

 

Ces propos d’Hervé Bizeul et de Bernard Magrez ont été recueillis par Jean-Luc Barde au restaurant Taillevent à Paris et l’interview complète a été publiée dans le supplément du Journal du Dimanche, le 6 décembre 2015.

 

Les auteurs étasuniens notent avec une pointe d’ironie que « La griffe Hermès sur un manteau ou dans un sac est une preuve que leur possesseur est soit très riche, soit très aimé, soit désireux de passer pour l’un et l’autre.. »

 

Je tempère, cette vieille et traditionnelle maison qu’est Hermès sort des pièces que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Souvenir d’une chemise blanche à fines rayures colorées que j’ai contemplé des jours et des jours avant de craquer. J’étais à cette époque dans la dèche et nul ne pouvait savoir que je portais une chemise Hermès avec mon jean. C’était pour le plaisir, me faire plaisir.

 

Comme l’écrivent les 2 étasuniens : « Pour le meilleur du meilleur, il faut payer très cher. Le phénomène rappelle l’absorption de grappa ou d’eau-de-vie de marc : d’abord ça pique un peu, mais très vite s’installe une sensation de chaleur et de profonde satisfaction. »

 

Je vous laisse à vos réflexions sans vous donner mon sentiment sur la Petite Sibérie et Pape-Clément car ce n’était pas la raison d’être de cette chronique. Un détail tout de même, la cravate Hermès a été, et est encore, un marqueur social qui saute aux yeux. Au temps où je devais me munir d’une cravate dans l’exercice de ma profession pour ne pas chagriner mes interlocuteurs, dès qu’ils s’asseyaient autour de la table de réunion je ne pouvais m’empêcher de mentalement le noter. Ce n’est pas bien, je sais, mais le choix du vêtement et de ses assortiments fait partie de l’expression extérieur de sa manière d’être.

 

Au temps de mon rapport, Bernard Magrez m’avait dit : « Le Bordeaux est un vin de statut… » C’était très pertinent. Il le reste pour le haut du panier mais il ne faut pas se tromper ce que l’on dénomme le Bordeaux bashing n’a rien à voir avec une attaque en règle contre ce statut. C’est l’expression d’une perte de statut liée à ce que l’image a vieillie, s’est ternie, s’est diluée… auprès des nouvelles générations. Pour eux Bordeaux c’est « cheap »…

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, Valls sur Bertrand : « maintenant le pauvre, il va devoir se coltiner Martine Aubry. Ça, c'est plus dur...»

Du côté cœur, sans discours devant le Parlement, en mon petit jardin d’intérieur, je viens de décréter l’état d’urgence ! Ma patrie est en danger, Valmy, la levée en masse. À l’aube de ma vie mon instinct de survie a balayé tous mes beaux principes. Je monte en première ligne la fleur au fusil.

 

Comme l’écrivait Douglas Jerrold « L'amour, c’est comme les oreillons, plus on l’attrape tard, plus c’est grave. »

 

Même pendant la fameuse trêve des confiseurs je bosse.

 

Nous sommes dotés de grands hommes aux pensées élevées, notre petit Ex par exemple qui n’a guère apprécié les prises de position de Xavier Bertrand et Christian Estrosi, tous deux vainqueurs de leur duel face au FN lors des dernières régionales. « Attendons qu'ils dessoûlent! », a-t-il lancé après le second tour, rapporte mercredi Le Canard enchaîné. « Ils sont atteints du syndrome de Stockholm », a moqué le guide des Républicains. Des attaques qui sont remontées aux oreilles de Xavier Bertrand, qui ne s'est pas laissé faire. Toujours selon Le Canard, l'ancien ministre du Travail a ainsi répliqué à Nicolas Sarkozy « au téléphone et devant témoins » : « Je ne crois pas être victime de ce syndrome, mais à ta différence, je préférerais être l'otage de Manuel Valls plutôt que celui de Marine Le Pen ». Et toc !

 

Notre catalan de Premier Ministre lance aussi des flèches, fait feu de tout bois « cet entre-deux-tours va laisser des traces pour Sarkozy ». Il se fait bien plus aimable envers Xavier Bertrand. Lors d'un déjeuner avec des journalistes, il confie avoir été en contact avec Xavier Bertrand durant l'entre-deux-tours, relate encore l'hebdomadaire. «Il était furieux contre Sarkozy», a noté le chef du gouvernement, non sans gourmandise », écrit Le Canard. « Il s'est très bien débrouillé. Il a même fait un sans-faute! », avant de décocher une flèche à l'égard de sa rivale de toujours au PS : « Mais, maintenant, le pauvre, il va devoir se coltiner Martine Aubry. Ça, c'est plus dur... »

 

Cerise sur le gâteau, la vieille ordure de Montretout dans Rivarol embrasse le Nico sur la bouche à la manière des hiérarques séniles de l’URSS moribonde, en l’adoubant comme étant le meilleur candidat contre sa Marine, car capable de la déborder sur sa droite et en dézinguant ses concurrents à la primaire « Juppé est quand même plombé par sa réputation d'homme de gauche. Sarkozy est un bate­leur de qualité. C'est le meilleur orateur de masse, il a du charme, ce que n'ont ni Juppé ni Fillon qui ont tous les deux des gueules d'empeigne »

 

Je note encore une mauvaise nouvelle pour le mari de Carla : à la question avec quelle personnalité politique aimeriez-vous passer votre soirée de réveillon, les Français citent en premier le nom du maire de Bordeaux juste devant la nièce de Jean-Marie Le Pen. L’an passé, c’était Nicolas Sarkozy qui avait les faveurs des sondés… C’est Alain Juppé qui sort en tête (16%) suivi de très près par Marion Maréchal-Le Pen (15%). Le maire de Bordeaux doit sa première place aux sympathisants Républicains, mais aussi aux centristes (27% au MoDem et 35% à l’UDI). La nièce dépasse la tante auprès des sympathisants FN (60% contre 54%) et réalise un beau score auprès des hommes (22% contre 9% pour les femmes).

 

Deux ministres suivent ex æquo (12%) : le populaire Emmanuel Macron qui plaît autant aux François de droite que de gauche et Najat Vallaud-Belkacem qui plaît bien plus à gauche qu’à droite (24% contre 4%) et plus aux hommes qu’aux femmes (16% contre 9%).

 

Mais où est passé l’Ex, en tête de ce classement-Réveillon de l’an dernier ? Il a perdu 6 places avec 10% de citations contre 19% l’an dernier. « Si l’on regarde le score auprès des sympathisants Les Républicains, on considérera soit que la coupe (de champagne) est moitié pleine : 39% le citent c’est 10 points de plus qu’Alain Juppé ou à moitié vide puisque 53% le citaient en 2014 », constate Céline Bracq, directrice général d’Odoxa.

 

Toujours en matière d’agapes : « J’ai déjeuné à l’ELYSÉE en 2015 » ces Français invités à la table de Hollande.

 

« J’ai été surprise de trouver un président vivant »

 

Sakina M’sa, 43 ans, styliste et patronne d’une société d’insertion par la couture

(16 février, sur le thème « Aimons ce que nous sommes »)

 

« Soyons clair, j’ai été invitée car je rentre dans les ­quotas. Je suis une femme, jeune, issue de l’immigration. ­“Comment ça va dans votre secteur de métier ?” m’a demandé le président. J’ai répondu que je n’allais pas parler de mode mais ­d’économie sociale et solidaire. Je travaille à la Goutte-d ’Or, un ­quartier ­populaire parisien, et je recrute des salariés en insertion. Mes ­collections sont réalisées à partir de chutes de tissu ­rachetées aux maisons de haute couture. J’ai expliqué qu’on donnait beaucoup d’argent aux fonds d’investissement spécialisés dans ­l’économie sociale et solidaire, mais les dossiers qu’il faut monter pour espérer en bénéficier sont aussi lourds que ceux que l’on ­attend des grands groupes. »

 

Nous, les petites structures, n’avons ni le temps ni les moyens pour cela. J’ai parlé aussi de l’importance de la création et de la nécessité de fabriquer de l’estime de soi. L’entreprise peut être un moyen de valoriser chacun de nous. La société civile doit se mobiliser. Je suis allée à l’Elysée fatiguée de la politique, désabusée et pleine d’idées reçues. J’avoue que j’ai été surprise de trouver un président vivant, à l’écoute et avec une flamme dans le regard. En 2016, j’aimerais des mesures en faveur d’une vraie mixité sociale à l’école. »

 

« Il a beaucoup fait rire l’assistance »

 

Bruno Derrien, 51 ans, ancien arbitre international

(26 mars, avec les « grandes voix » du foot)

 

« Autour de la table étaient assises toutes les grandes voix du foot de la radio et de la télé, dont Jacques Vendroux, Jean Rességuié, Didier Roustan, Pascal Praud, Eugène Saccomano. Il y avait également Pauline Gamerre, la directrice générale du Red Star, et un passionné de foot, le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet. En fin connaisseur, le président a cité tous les joueurs du Red Star des années 1970. Il s’est intéressé à tous les enjeux du football, professionnel et amateur. L’atmosphère était très détendue, mais tout le monde était impressionné d’être à la table du président.

 

J’ai raconté comment j’avais exclu Didier Deschamps, alors entraîneur de Monaco. Pendant un match, il avait pesté en disant que j’étais “un grand malade”. Je l’ai appelé et lui ai lâché : “Le grand malade vous invite à aller en tribune.” François Hollande a répliqué par un bon mot qui a fait rire l’assistance : “Grand malade, il n’y a que votre médecin qui peut vous le dire !” Il m’a demandé mon avis sur l’arbitrage vidéo. Il nous a dit enfin que l’Euro ­devait être une grande fête populaire. Et que l’organisation de grands événements sportifs participe au rayonnement de la France. »

 

La suite ICI.

 

Je ne puis terminer ce tour d’horizon sans évoquer le sujet qui passionne la vraie gauche : l’extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés français condamnés pour terrorisme.

 

« François Le Pen » Tous ne vont pas jusqu’au titre choc du quotidien communiste italien Il Manifesto, mais plusieurs titres de la presse étrangère ont commenté, jeudi 24 décembre, la décision du président de la République d’inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité à l’encontre des binationaux nés français condamnés pour terrorisme.

 

Dans le plus style des procès de Moscou : la déchéance de Charles de Gaulle par le régime de Pétain est convoquée. Un déluge, tout ce qui sait à peu près tenir un porte-plume se déchaîne.

 

 

Sachons raison garder sur ce type de mesure qui ne sert à rien sauf à mettre entre les dents de ceux qui ont dit être compris par la Marine un symbole flattant l’exclusion. Pour autant en appeler à tous les binationaux en les disant menacés il y a un grand pas qu’il ne faut pas franchir. S’en tenir au débat de fond et non à des chiffons rouges sans portée pratique pour la sécurité  des citoyens.

 

Dès 2010, Robert Badinter, la vigie du Droit proclamait « On ne peut pas créer des catégories de Français »

 

«L'article premier de la Constitution dit que (...) la France assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine», qu'ils soient français de souche ou d'origine étrangère, a martelé ce lundi sur France inter Robert Badinter, l'ancien Garde des Sceaux socialiste. En voulant sanctionner d'une certaine manière une catégorie de Français - ceux d'origine étrangère - le chef de l'Etat «veut faire des discriminations contre les Français au regard de mêmes crimes, de même infractions, selon l'origine de la personne, selon les modalités d'acquisition de la nationalité française», a insisté le socialiste. «C'est contraire à l'esprit républicain», a-t-il résumé. Même analyse dans Libération pour le constitutionnaliste Guy Carcassonne, qui ne «vois pas comment on peut distinguer deux classes de citoyens selon qu'ils sont nés Français ou le sont devenus». Pour que la loi passe, il faudrait donc retoucher le 1er article de la Constitution française, un symbole qui paraît intouchable. »

 

Faut-il attaquer au nom du principe d'égalité l'extension de la déchéance de nationalité?

 

« Depuis l’annonce par François Hollande de l’introduction de la déchéance de nationalité dans la Constitution et de son extension aux binationaux nés français, il y a un argument qui a souvent été employé par les détracteurs de cette mesure: celui de l’égalité. Elle constitue une «rupture d’égalité» pour Martine Aubry; «l'extension de la déchéance de nationalité […] aurait pour conséquence de créer deux catégories de Français», estime Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF; «pour nous c’est l’égalité entre les Français qui est rompue», assène l'ancienne candidate EELV à la présidentielle Eva Joly.

 

Mais de quelle égalité parle-t-on? Le journaliste Laurent de Boissieu note sur son blog que cet argument est d’un usage périlleux. En effet, l'égalité entre les Français est déjà rompue par le droit actuel, qui permet la déchéance de nationalité pour les binationaux disposant de la nationalité française depuis moins de dix ans, ou quinze ans dans le cas d'un «crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation». Il estime donc qu'«il convient d'admettre objectivement que le projet de réforme de François Hollande renforce la République en ce qu'il supprime une actuelle rupture d'égalité en fonction du mode –et logiquement aussi du délai– d’acquisition de la nationalité française».

 

Désormais, la nouvelle frontière inégalitaire ne passerait plus entre les Français naturalisés depuis moins d'une décennie et les autres, mais entre les binationaux et ceux disposant «uniquement» de la nationalité française. Le constitutionnaliste Olivier Duhamel estime ainsi, lui aussi, que la proposition du gouvernement «réduit l'atteinte au principe d'égalité».

 

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 06:00
J’vais fâcher l’Onfray en vantant auprès des jeunes les mérites de 2 BD qui revisitent notre Histoire : le crépuscule de la collaboration avec Céline et les années de plomb de la Ve République…

La diète médiatique de l’ermite bas-normand aura été de très courte durée, dimanche dernier sur Europe 1, dans « Il n’y a pas qu’une vie dans la vie » l’émission d’Isabelle Morizet, il a fustigé l’abandon de la lecture, en particulier sur les classiques de la littérature.

 

« Je prépare un gros livre qui s’appelle Décadence » a-t-il annoncé.

 

«Les classiques ont disparu, avec la bénédiction de l’Education nationale, avec la bénédiction de la ministre de la Culture, qui trouve que c’est très bien d’en finir avec les humanités. Le savoir et la culture se sont effondrés. On lit de moins en moins. Le politiquement correct consiste à dire qu’on lit sur les tablettes, donc qu’on lit toujours, qu’on lit plus. Mais c’est faux. […] On ne lit plus les classiques. Ce n’est pas parce qu’on lit un mode d’emploi d’aspirateur qu’on a lu une tragédie de Shakespeare».

 

«La littérature, quand elle est primée, parfois, est une littérature terrible, mal écrite, déglinguée… » « Je me souviens au début que Michel Polac m’avait reproché d’écrire trop bien, mes livres étaient trop bien écrits. J’ai adoré le concept de «trop bien écrit», a lancé notre Michel Onfray, d’un ton quelque peu ironique. « Cela voulait dire qu’il fallait mal écrire pour être un écrivain véritable ».

 

Mais jusqu’où ira-t-il ?

 

Attention chers adorateurs-adulateurs de ce pauvre Michel, je ne fais là aucune fixette à son encontre. Bien au contraire, libre à lui de s’exprimer, de débattre, de polémiquer, de s’épancher pour la énième fois sur son père ouvrier agricole et sa mère femme de ménage, de nous éduquer, de philosopher…

 

Mais dites-moi, ça veut dire quoi bien écrit ?

 

Sa dernière prestation, avec la Mylène Farmer, le conte philosophique L’étoile polaire, est sans doute bien écrite mais si mièvre…

 

Ha ! Le talent

 

Louis-Ferdinand Céline, le Dr Destouches, le médecin des pauvres, l’écrivain sulfureux, odieux et talentueux était bourré de talent…

 

« J’ai été con toute ma vie ! J’ai cru ceci. J’ai cru cela…Ah ! Oui !... Tous tordus qu’ils sont et ils vous crachent à la gueule quand vous vous approchez trop ! Vicelards avec ça !... Maintenant je m’en fous !... Ils ne m’ont pas écouté, ils m’ont vomi, volé, spolié, fait le plus de mal possible… La mort qui est au bout seule compte… Pour moi quand elle viendra, je lui dirai que je suis bien content… Salut la compagnie ! J’ai eu moi aussi des raisons de vivre… Vous comprendrez… Je suis lyrique… La petite musique… L’émotion… Les fariboles du cœur… La vie ! Vous comprenez ?... La vie !... Ah ! J’ai été bien servi, merci !... Ça oui ! Vraiment du bon et puis beaucoup de mauvais !...Ça aussi, ça me remonte à la gorge… La condition humaine, c’est la souffrance, n’est-ce pas ?... Je n’aime pas la souffrance, ni pour moi ni pour les autres… Vous comprenez ?... »

 

Votre serviteur, grand lecteur depuis sa tendre enfance, en vous conseillant d’acheter pour vos jeunes deux BD qui revisitent notre Histoire, participe sans doute à la décadence qui désespère notre philosophe qui écrit si bien.

 

Peu me chaut, la BD n’est pas un sous-genre littéraire et ces deux ci tout particulièrement.

 

 

  1. « La cavale du Dr Destouches », de Christophe Malavoy, Paul et Gaëtan Brizzi, éd. Futuropolis, 17 euros.

L'acteur Christophe Malavoy, qui est aussi réalisateur et auteur, a écrit le scénario d'un album adapté des trois livres de Céline la trilogie allemande – « D’un château l’autre », « Nord » et « Rigodon » qui racontent sa fuite en Allemagne en 1944.

 

« Vous aimez les Pieds nickelés ? Alors, vous serez ravis d’accompagner Céline, sa femme Lucette, le chat Bébert et l’acteur pétainiste Robert Le Vigan dans leur fuite rocambolesque au cœur de l’Allemagne nazie en 1944. Une épopée dessinée qui restitue toute la fougue de l’écrivain aussi maudit qu’adulé. »

 

Lucette Destouches, 103 ans, qui reçoit régulièrement Malavoy dans son pavillon de Meudon pour tailler le bout de gras, a, en tout cas, été enchantée par cet album fort en gueules (70 personnages !) qui lui est « naturellement dédié ». Mieux qu’un adoubement, une consécration. « J’ai essayé, avec ce livre, d’aller contre les idées reçues. Céline, il faut le prendre pour le meilleur et pour le pire. » Là, c’est sûr, on tutoie le meilleur. »

 

2. « Cher pays de notre enfance - Enquête sur les années de plomb de la 5e République », de Benoît Collombat et Etienne Davodeau - Editions Futuropolis - paru le 08/10/2015 - 224 pages - 24 euros

 

C'est une « enquête dessinée » signée du journaliste de France Inter Benoît Collombat qui, en 2003, a réalisé une contre-enquête sur la mort suspecte de Robert Boulin et en fera un livre publié en 2007 « Un homme à abattre : Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin » (Fayard) et le dessinateur Etienne Davodeau bien connu pour sa BD-culte : les Ignorants.

 

Étienne Davodeau et Benoît Collombat nous font pénétrer de plain-pied dans les coulisses sanglantes de ces années troubles. Le premier est né en 1965 ; le second, en 1970. Tous les deux ont grandi dans la France gaulliste de la Ve République, ce cher pays de leur enfance.

 

« Dans les années 1970, on tue à Lyon le juge François Renaud qui dérange. C’est le premier haut magistrat assassiné depuis la Libération ; des voyous braquent des banques pour financer les campagnes électorales du parti gaulliste ; le pouvoir crée de toutes pièces des milices patronales et des syndicats jaunes pour briser les grèves ; le Service d'Action Civique (le SAC), la milice du parti gaulliste, multiplie les exactions, jusqu'au massacre du chef du SAC marseillais et de toute sa famille à Auriol en 1981.

 

Ce sont, sous les présidences de Pompidou et de Giscard d'Estaing, les « années de plomb » à la française. La violence en politique a structuré toute une génération de décideurs politiques dont certains sont encore en activité.

 

Les auteurs en nous faisant visiter les archives sur le SAC, enfin ouvertes, en partant à la rencontre des témoins directs des événements de cette époque - députés, journalistes, syndicalistes, magistrats, policiers, ou encore malfrats repentis -, nous emmènent là où la vie politique d’une grande démocratie s’est parfois égarée.. »

 

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 06:00
Et si pour vous requinquer après avoir bien réveillonné vous vous offriez de la confiture de nouilles au petit déjeuner.

Comme l’aurait dit, avec son intonation gutturale, Salvador Dali « je suis fou de la nouille ! » au point d’en manger en entrée, en plat et en dessert… Cette addiction ne m’avait, jusqu’à maintenant, jamais poussé à en consommer au petit déjeuner. C’est aujourd’hui chose faite en ce lendemain d’un Noël sous haute surveillance : pensez donc, pour leur messe de Minuit, les paroissiens de l’église de Saint Germain des Prés furent fouillés par des vigiles privés.

 

Si j’en suis arrivé à cette extrémité c’est que j’ai consommé de l’Os à Moelle.

 

À cet instant je vous sens un peu déboussolé, tourneboussolé comme le dirait notre Ex jamais avare de dérapage lexical, aurais-je trop abusé comme Noé du jus fermenté de la vigne ?

 

Que nenni ! Bien sûr j’ai bu avant l’arrivée du Petit Jésus mais sans excès car, comme de bien entendu, j’ai suivi les judicieux conseils de nos anges gardiens de Vin et Société : jamais plus de 3 verres sinon bonjour les dégâts ! Je plaisante, bien sûr, rien que pour faire bisquer ce cher Jacques Dupont.

 

La vérité, qui est toujours au fond de nos verres, est beaucoup plus simple : en feuilletant ma nouvelle Bible : Le Bouquin de l’Humour de Jean-Loup Chiflet, je suis tombé sur une pépite de Pierre Dac dans l’Os à moelle.

 

 

La Confiture de Nouilles

 

« Dire qu’il existe des gens qui préfèrent François Mauriac à Pierre Dac.

 

Comment se peut-ce ? Si je devais écrire une biographie un jour, j’écrirais celle de Pierre Dac. Je voudrais tant expliquer aux cons et aux jeunes l’importance de cet homme dans la pensée moderne. Pierre Dac est à l’esprit d'aujourd’hui, ce que Charles Trenet est à la chanson. Merci Pierre Dac de nous avoir enfoncé tant de portes ! »

 

SAN-ANTONIO, (Emballage Cadeau, Editions Fleuve Noir).

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

La Confiture de Nouilles, qui est une des gloires de la confiserie française et dont nous allons vous démontrer les différentes phases de fabrication, remonte à une époque fort lointaine; d’après les renseignements qui nous ont été communiqués par le conservateur du Musée de la Tonnellerie, c’est le cuisinier de Vercingétorix qui eut, le premier, l’idée de composer ce chef-d'œuvre de la gourmandise.

 

Il faut reconnaître que, d’ailleurs, la nouille n’existant pas à cette époque, ladite confiture de nouilles était faite du gui ; mais alors, me diront les ignorants : "Ce n’était pas de la confiture de nouilles, c’était de la confiture de gui !" Erreur, que je leur répondrai: c’était de la confiture de nouilles fabriquée avec du gui.

 

Avant d'utiliser la nouille pour la confection de la confiture, il faut évidemment la récolter; avant de la récolter, il faut qu’elle pousse, et pour qu’elle pousse, il va de soi qu’il faut d’abord la semer.

 

Les semailles de la graine de nouille, c’est-à-dire les senouilles, représentent une opération extrêmement délicate. Tout d’abord, le choix d’un terrain propice à la fécondation de la nouille demande une étude judicieusement approfondie. Le terrain nouillifère type doit être, autant que possible, situé en bordure de la route départementale et à proximité de la gendarmerie nationale.

 

Avant de semer la graine de nouille, les nouilliculteurs préparent longuement le champ nouillifère pour le rendre idoine à la fécondation. Ils retournent la terre avec une charrue spéciale dont le soc est remplacé par une lame Gillette, ensuite délaissant les engrais chimiques, nettement contre-indiqués dans le cas présent, ils fument le champ nouillifère avec du fromage râpé. Cette opération s’effectue indifféremment avec une seringue ou une pompe à vélo.

 

Lorsque le champ est suffisamment imprégné de fromage râpé, on verse sur toute sa surface de l’alcool de menthe dans la proportion d’un verre à Bordeaux par hectare de superficie; cette opération qui est confiée à des spécialistes de l’École de Nouilliculture, est effectuée avec un compte-gouttes.

 

Après cela, on laisse fermenter la terre pendant toute la durée de la nouvelle lune et dès l’apparition du premier quartier, on procède alors aux senouilles de la graine de nouilles. Il ne faudrait pas vous imaginer, Mesdames et Messieurs, que la graine de nouilles est d’un commerce courant et qu’on la trouve communément chez les grainetiers ; si vous croyez cela, il est indiscutable que vous broutez les coteaux de l’erreur. La graine de nouilles ne s’obtient qu’après une très longue préparation de laboratoire, car elle est le produit d’un croisement de foie de veau avec le concombre adulte; voici d’ailleurs quelques précisions sur cette merveilleuse con]onction qui est la gloire de nos chimistes, dont la science n’a d’égale que la modestie.

 

On met côte à côte, dans une lessiveuse, une tranche de foie de veau et un concombre adulte, on place le tout dans un autoclave et on l’y laisse 45 jours à une température de 120º sous la bienveillance d’un contrôleur de la Compagnie du Gaz; au bout de ce laps de temps, on ouvre l’appareil et on n’a plus qu’à recueillir la précieuse graine que l’on va verser dans la terre prête à la recevoir et qu’elle va féconder.

 

Les senouilles s’effectuent à l’aide d’un poêle mobile dans lequel est versée la graine, laquelle est projetée dans la terre par un dispositif spécial dont il ne nous est pas permis de révéler le secret pour des raisons de défense nationale que l’on comprendra aisément. Après ça, on arrose entièrement le champ avec des siphons d’eau de seltz, on sèche ensuite avec du papier buvard, on donne un coup de plumeau et on n’a plus qu’à s'en remettre au travail de la terre nourricière et à la nature immortelle, généreuse et démocratique. Lorsque les senouilles sont terminées, les nouilliculteurs qui sont encore entachés de superstition, consultent les présages; ils prennent une petite taupe, la font courir dans l’herbe et si elle fait : "ouh!" c’est que la récolte sera bonne; si elle ne fait pas "ouh!" c’est que la récolte sera bonne tout de même, mais comme cela les croyances sont respectées, et tout le monde est content.

 

Pendant la germination, il n’y a presque rien à faire ; tous les huit jours seulement, on arrose le champ avec de l’huile de cade, de la cendre de cigare, du jus de citron et de la glycérine pour éviter que la terre ne se crevasse.

 

Pendant la moisson, les nuits sont témoins de saines réjouissances auxquelles se livrent les travailleurs de la nouilliculture, la jeunesse danse et s’en donne à cœur joie aux sons d’un orchestre composé d’un harmonium, d’une mandoline et d’une trompette de cavalerie ; les jeunes gens revêtent leur costume régional composé d’une redingote, d’une culotte cycliste, d’espadrilles et d’un chapeau Cronstadt ; les jeunes filles, rougissantes de joie pudique, sont revêtues de ravissantes robes de toile à cataplasme, ornées d’empiècements en schpoutnoutz, et se ceignent le front d’une couronne d’œufs durs du plus gracieux effet Un feu d’artifice tiré avec des lampes Pigeon clôture la série des réjouissances et chacun rentre chez soi, content du labeur accompli, pour procéder alors à la confection de la confiture de nouilles, objet de la présente étude.

 

La nouille encore à l’état brut, est alors soigneusement triée et débarrassée de ses impuretés; après un premier stade, elle est expédiée à l’usine et passée immédiatement au laminouille qui va lui donner l’aspect définitif que nous lui connaissons – le laminouille est une machine extrêmement perfectionnée, qui marche au guignolet-cassis et qui peut débiter jusqu’à 80 kilomètres de nouilles à l’heure – ; à la sortie du laminouille, la nouille est passée au vernis cellulosique qui la rend imperméable et souple; elle est ensuite hachée menue à la hache d’abordage et râpée. Le râpage se fait encore à la main et avec une râpe à bois. Après le râpage, la nouille est alors mise en bouteilles, opération très délicate qui demande énormément d’attention ; on met ensuite les bouteilles dans un appareil appelé électronouille, dans lequel passe un courant de 210 volts; après un séjour de 12 heures dans cet appareil, les bouteilles sont sorties et on vide la nouille désormais électrifiée dans un récipient placé lui-même sur un réchaud à alcool à haute tension.

 

On verse alors dans ledit récipient : du sel, du sucre, du poivre de Cayenne, du gingembre, de la cannelle, de l’huile, de la pomme de terre pilée, un flocon de magnésie bismurée, du riz, des carottes, des peaux de saucisson, des tomates, du vin blanc, et des piments rouges, on mélange lentement ces ingrédients avec la nouille à l’aide d’une cuiller à pot et on laisse mitonner à petit feu pendant 21 jours. La confiture de nouilles est alors virtuellement terminée. Lorsque les 21 jours sont écoulés, que la cuisson est parvenue à son point culminant et définitif, on place le récipient dans un placard, afin que la confiture se solidifie et devienne gélatineuse; quand elle est complètement refroidie, on soulève le récipient très délicatement, avec d’infinies précautions et le maximum de prudence et on balance le tout par la fenêtre parce que c’est pas bon!

 

Voilà, Mesdames et Messieurs, l’histoire de la confiture de nouilles, c’est une industrie dont la prospérité s’accroît d’année en année, elle fait vivre des milliers d'artisans, des ingénieurs, des chimistes, des huissiers et des fabricants de lunettes. Sa réputation est universelle et en bonne ambassadrice, elle va porter dans les plus lointaines contrées de l’univers, et par-delà les mers océanes, le bon renom de notre industrie républicaine, une et indivisible et démocratique. »

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 06:00
Un américain humecte les lèvres de son nouveau-né avec du château-latour comme on le faisait pour les futurs rois de France.

Comme nous sommes le jour d’une naissance célèbre je ne résiste pas au plaisir de vous rapporter ce qui s’est passé lors de la naissance de Théo, fils de Kay Salter, journaliste pour The New York Times et Food and Wine et de James Salter écrivain, décédé en juin 2015.

 

C’est narré dans leur livre Chaque jour est un festin publié aux éditions de La Martinière.

 

 

Le couple vit à Paris, en 1985, madame attend un heureux évènement et se promène dans le château de Versailles. « Voilà pourquoi, en fin d’après-midi, en pleine galerie des Glaces… madame informe son époux… qu’il va falloir sauter l’étape cartes postales… pour renter à Paris. »

 

En dépit de conseils d’amis attentionnés le couple a décidé de choisir Paris « comme lieu idéal pour commencer cette vie à trois. »

 

Ils ont trouvé «… un obstétricien grisonnant et distingué, le Dr Bazin, breton de surcroît, comme nous l’avons appris plus tard ; or les Bretons, par tradition, sont plutôt laconiques. »

 

Comme de bien entendu l’accouchement se passe à l’hôpital américain de Neuilly.

 

Jim, le mari « … a lu quelque part que, jadis, on humectait de bon vin français les lèvres des futurs rois de France nouveau-nés afin qu’ils n’en oublient pas le goût. Il a donc apporté une bouteille de château-latour, pour son excellence mais aussi pour sa valeur historique : à l’origine, ce château était une forteresse bâtie pour résister aux pirates. Durant la guerre de Cent Ans, elle fut occupée tour à tour par les Anglais et les Français. La tour en ruine est le seul vestige de cette forteresse et reste la pièce maîtresse de Latour. * »

 

Alors que madame roule vers la salle d’accouchement, le mari met au parfum le Dr Bazin qui, convoqué en plein dîner, est encore en habit de soirée :

 

« Nous vous faisons toute confiance, docteur, lui dit-il. Mais juste un petit détail.

 

- Lequel ? demande Bazin.

 

- Quand le bébé sera né, nous aimerions lui humecter les lèvres d’un bon vin français.»

 

« Bazin, qui parle un anglais correct jusqu’à un certain point, met quelques secondes à comprendre. Son regard parcourt la pièce, tombe enfin sur la bouteille de château-latour posée sur l’étagère au-dessus du lavabo. Il s’avance, soulève la bouteille.

 

« C’est ça, le vin ?

 

- Oui.

 

- Vous auriez pu choisir pire », observe-t-il avant de me rejoindre en salle d’accouchement » rapporte Kay.

 

Tout se passe bien, et à 1 heure du matin, le mari, « debout dans le couloir devant la salle d’accouchement, entend un cri vigoureux d’un nouveau-né, suivi de près par une autre exclamation, de Bazin cette fois :

 

« Débouchez-là ! »

 

Alors « Nous frottons les lèvres de Théo de quelques gouttes de vin, après quoi tout le monde – médecin, infirmières, Jim, plus un ami qui s’est précipité à l’hôpital en apprenant l’imminence de l’évènement – partagent la bouteille pour fêter ça. Le vin est à la hauteur de sa réputation. »

 

7 semaines plus tard, ils retournent aux USA et deux année s’écoulent.

 

« … voyant passer une caisse d’un autre bordeaux, château-léoville-barton 1985 – l’année de naissance de theo –, nous l’achetons, 1985 se révèle l’un des grands millésimes du dernier quart du XXe siècle. Plus tard, lorsque Theo a l’âge d’en boire, nous lui demandons, plein d’espoir :

 

 

« Tu reconnais ? »

 

Oui, il a l’air de s’en souvenir. »

 

Belle histoire !

 

Joyeux Noël à toutes et à tous.

 

* En réalité, cette tour ronde, à toit en dôme, est un pigeonnier construit au XVIIe siècle. Rien ne subsiste de la forteresse médiévale à Château-Latour.

1985 : des Bordeaux exceptionnels

 

Alors très élégants suite à leur vinification, les rouges du Bordelais sont devenus suaves et d'une extrême finesse au terme d'une longue garde. Les Médoc, tendres et fruités, bénéficient d'une structure tannique fondante. Les Saint-Emilion affichent une finesse et une concentration idéales.Cheval-Blanc, Pichon Lalande et Lynch Bages fourmillent de richesse et d'équilibre. Quant aux blancs secs, ils offrent une complexité délicieuse.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:00
 Tradition de la grande bûche de Noël. Dessin de Léon Lhermitte paru dans Le Monde illustré du 1er janvier 1884

Tradition de la grande bûche de Noël. Dessin de Léon Lhermitte paru dans Le Monde illustré du 1er janvier 1884

On attendait ainsi la Messe de minuit…

 

Et j’en ai attendu des messes de Minuit dans la grande cuisine du Bourg-Pailler, ancien relais de poste, où y’avait une grande cheminée, dans laquelle sur le trépied une grande marmite bouillotait en permanence, mais où la tradition de la bûche de Noël, comme partout ailleurs, avait disparue.

 

Pour autant il n’était pas question de réveillon, sitôt rentré de la Messe de Minuit seule la brioche et le chocolat chaud avaient droit de cité. Faire bombance eut été une insulte à l’image du Petit Jésus demi nu sur son lit de paille dans la crèche de Bethléem. À la Mothe-Achard la grande crèche c’était à l’église Saint-Jacques pas à la mairie ça aurait choqué les bigotes, grenouilles de bénitier. Autre temps, autres mœurs. J’adorais l'ange noir qui, lorsqu’on glissait une pièce dans sa besace, hochait sa tête ornée d’un large sourire.

 

À propos du Petit Jésus c’est lui bien sûr qui apportait les cadeaux déposés dans nos souliers, le Père Noël en Vendée était une ordure.

 

La seule bûche qui avait cour à la maison était celle de maman. 

 

Maintenant qu’à Paris les feux de cheminée sont tout juste tolérés alors comme au Bourg Pailler je me replis sur la bûche d’un vrai pâtissier. Cette année exit le sieur Conticini qui a fait défaut à la parole donnée.

 

 

 

À la veille de Noël laissons là ces chicayas pour nous pencher sur l’origine de la bûche de Noël

 

« La bûche de Noël, représente Jésus-Christ qui s’est comparé lui-même au bois vert. Dès lors, continue notre auteur, l’iniquité étant appelée, dans le quatrième Livre des Proverbes le vin et la boisson des impies, il semble que le vin répandu par le chef de famille sur cette bûche signifiait la multitude de nos iniquités que le Père Eternel a répandues sur son Fils dans le mystère de l’Incarnation, pour être consumées avec lui dans la charité, dont il a brûlé durant le cours de sa vie mortelle ».

 

La Semaine religieuse du diocèse de Langres du 23 décembre 1905

 

« Souvent, cette coutume était un impôt en nature, payé au seigneur par son vassal. A la Noël, on apportait du bois ; à Pâques, des œufs ou des agneaux ; à l’Assomption, du blé ; à la Toussaint, du vin ou de l’huile. »

 

« Beaucoup de religieux et de paysans, recevaient pour leurs feux des fêtes de Noël un arbre ou une grosse bûche nommée tréfouet ».

 

Léopold Bellisle

 

Le tréfouet que l’on retrouve sous le même nom en Normandie, en Lorraine, en Bourgogne, en Berry, etc. c’est, la grosse bûche qui devait, suivant la tradition, durer pendant les trois jours de fêtes. De là, du reste, son nom : tréfeu, en latin tres foci, trois feux.

 

Dictionnaire de Jean de Garlande

 

« Dès que la dernière heure du jour s’était fondue dans l’ombre de la nuit, tous les chrétiens avaient grand soin d’éteindre leurs foyers, puis allaient en foule allumer des brandons à la lampe qui brûlait dans l’église, en l’honneur de Jésus. Un prêtre bénissait les brandons que l’on allait promener dans les champs. Ces brandons portaient le seul feu qui régnait dans le village. C’était le feu bénit et régénéré qui devait jeter de jeunes étincelles sur l’âtre ranimé.

 

Cependant, le père de famille, accompagné de ses enfants et de ses serviteurs, allait à l’endroit du logis où, l’année précédente, ils avaient mis en réserve les restes de la bûche. Ils apportaient solennellement ces tisons ; l’aïeul les déposait dans le foyer et tout le monde se mettant à genoux, récitait le Pater, tandis que deux forts valets de ferme ou deux garçons apportaient la bûche nouvelle.

 

Cette bûche était toujours la plus grosse qu’on pût trouver ; c’était la plus grosse partie du tronc de l’arbre, ou même la souche, on appelait cela la coque de Noël. On mettait le feu à cette coque et les petits enfants allaient prier dans un coin de la chambre, la face tournée contre le mur, afin, leur disait-on, que la souche leur fît des présents ; et tandis qu’ils priaient l’Enfant-Jésus de leur accorder la sagesse, on mettait au bout de la bûche des fruits confits, des noix et des bonbons. A onze heures, tous les jeux, tous les plaisirs cessaient. Dès les premiers tintements de la cloche, on se mettait en devoir d’aller à la messe, on s’y rendait en longues files avec des torches à la main. Avant et après la messe, tous les assistants chantaient des Noëls, et on revenait au logis se chauffer à la bûche et faire le réveillon dans un joyeux repas. »

 

Cornandet

 

Encore au début du XXe siècle, dans certaines provinces, le gâteau allongé en forme de bûche que l’on donnait aux enfants le jour de Noël portait le nom de coquille ou petite bûche, en patois, le cogneu.

 

« Et dans sa joie, le bon aïeul élève en l’air le gobelet de verre : O feu, dit-il, feu sacré, fais que nous ayons du beau temps ! Bûche bénie, allume le feu ! Aussitôt, prenant le tronc dans leurs mains brunes, ils le jettent entier dans l’âtre vaste. Vous verriez alors gâteaux à l’huile et escargots dans l’aïoli heurter dans ce beau festin vin cuit, nougat d’amandes et fruits de la vigne. D’une vertu fatidique vous verriez luire les trois chandelles, vous verriez des esprits jaillir du feu touffu, du lumignon vous verriez pencher la branche vers celui qui manquera au banquet, vous verriez la nappe rester blanche sous un charbon ardent et les chats rester muets ! »

 

 

Jules Simon, dans une description reproduite par un grand nombre de journaux du XIXe siècle comme les Annales politiques ou la Revue française expliquait qu’en Bretagne, Noël était la plus grande fête de l’année.

 

« Ce que nous, pauvres paysans, nous aimions le plus dans cette fête, c’était la Messe de minuit. Maigre plaisir, pour vous autres citadins qui aimez vos aises ; mais qu’était-ce pour nous, paysans, qu’une nuit blanche ? Même quand il fallait cheminer dans la boue et sous la neige, pas un vieillard, pas une femme n’hésitait.

 

On ne connaissait pas encore les parapluies à Saint-Jean-Brévelay, ou du moins on n’y connaissait que le nôtre, qui était un sujet d’étonnement et d’admiration. Les femmes retroussaient leurs jupes avec des épingles, mettaient un mouchoir à carreaux par-dessus leurs coiffes, et partaient bravement dans leurs sabots pour se rendre à la paroisse. Il s’agissait bien de dormir ! Personne ne l’aurait pu. Le carillon commençait dès la veille après l’Angelus du soir, et recommençait de demi-heure en demi-heure jusqu’à minuit ! Et pendant ce temps-là, pour surcroît de béatitude, les chasseurs ne cessaient pas de tirer des coups de fusil en signe d’allégresse ; mon père fournissait la poudre. C’était une détonation universelle. Les petits garçons s’en mêlaient, au risque de s’estropier, quand ils pouvaient mettre la main sur un fusil ou un pistolet.

 

Le presbytère était à une petite demi-lieue du bourg ; le recteur faisait la course sur son bidet, que le quinquiss (le bedeau) tenait par la bride, Une douzaine de paysans l’escortaient, en lui tirant des coups de fusil aux oreilles. Cela ne lui faisait pas peur, car c’était un vieux chouan, et il avait la mort de plus d’un bleu sur la conscience. Avec cela, bon et compatissant, et le plus pacifique des hommes, depuis qu’il portait la soutane, et que le roi était revenu.

 

On faisait ce soir-là de grands préparatifs à la maison. Telin-Charles et Le Halloco mesuraient le foyer et la porte de la cuisine d’un air important, comme s’ils n’en avaient pas connu les dimensions depuis bien des années. Il s’agissait d’introduire la bûche de Noël, et de la choisir aussi grande que possible. On abattait un gros arbre pour cela ; on attelait quatre bœufs, on la traînait jusqu’à Kerjau (c’était le nom de notre maison), on se mettait à huit ou dix pour la soulever, pour la porter, pour la placer ; on arrivait à grand’peine à la faire tenir au fond de l’âtre ; on l’enjolivait avec des guirlandes ; on l’assurait avec des troncs de jeunes arbres ; on plaçait dessus un gros bouquet de fleurs sauvages, ou pour mieux dire de plantes vivaces. On faisait disparaître la table du milieu ; la famille mangeait un morceau sur le pouce. Les murs étaient couverts de nappes et de draps blancs, comme pour la Fête-Dieu ; on y attachait des dessins de ma sœur Louise et de ma sœur Hermine, la bonne Vierge, l’Enfant Jésus.

 

Il y avait aussi des inscriptions : Et homo factus est ! On ôtait toutes les chaises pour faire de la place, nos visiteuses n’ayant pas coutume de s’asseoir autrement que sur leurs talons. Il ne restait qu’une chaise pour ma mère, et une tante Gabrielle, qu’on traitait avec déférence et qui avait quatre-vingt-six ans. C’est celle-là, mes enfants, qui savait des histoires de la Terreur ! Tout le monde en savait autour de moi, et mon père, plus que personne, s’il avait voulu parler. C’était un bleu, et son silence obstiné était peut-être conseillé par la prudence, dans un pays où il n’y avait que des chouans. L’encombrement était tel dans la cuisine, tout le monde voulant se rendre utile et apporter du genêt, des branches de sapin, des branches de houx, et le bruit était si assourdissant, à cause des clous qu’on plantait et des casseroles qu’on bousculait, et il venait un tel bruit du dehors, bruits de cloches, de coups de fusil, de chansons, de conversations et de sabots, qu’on se serait cru au moment le plus agité d’une foire.

 

A onze heures et demie, on entendait crier dans la rue : Naoutrou Personn ! Naoutrou Personn ! (M. le recteur, M. le recteur). On répétait ce cri dans la cuisine, et à l’instant tous les hommes en sortaient ; il ne restait que les femmes avec la famille. Il se faisait un silence profond. Le recteur arrivait, descendait de son bidet que je tenais par la bride (c’est-à-dire que j’étais censé le tenir, mais on le tenait pour moi ; il n’avait pas besoin d’être tenu, le pauvre animal). A peine descendu, M. Moizan montait les trois marches du perron, se tournait vers la foule découverte, ôtait lui-même son chapeau, et disait, après avoir fait re signe de la croix : « Angelus Domini nuntiavit Mariae ». Un millier de voix lui répondaient.

 

La prière finie, il entrait dans la maison, saluait mon père et ma mère avec amitié, M. Ozon, le maire, qui venait d’arriver de Pénic-Pichou, et M. Ohio, le maréchal ferrant, qui était greffier du juge de paix. M. Ozon, M. Ohio étaient les plus grands seigneurs du pays. Ils savaient lire ; ils étaient riches, surtout le premier. On offrait au recteur un verre de cidre qu’il refusait toujours. Il partait au bout de quelques minutes, escorté par M. Ozon et M. Ohio, puis, aussitôt, on se disposait à bénir la bûche de Noël. C’était l’affaire de dix minutes.

 

Mon père et ma mère se tenaient debout à gauche de la cheminée. Les femmes que leur importance ou leurs relations avec la famille autorisaient à pénétrer dans le sanctuaire, ce qui veut dire ici la cuisine, étaient agenouillées devant le foyer en formant un demi-cercle. Les hommes se tenaient serrés, dans le corridor, dont la porte restait ouverte, et débordaient dans la rue jusqu’au cimetière. De temps en temps, une femme, qui avait été retenue par quelques soins à donner aux enfants, fendait les rangs qui s’ouvraient devant elle, et venait s’agenouiller avec les autres. Tante Gabrielle, revêtue de sa mante, ce qui annonçait un grand tralala, était à genoux au milieu, juste en face de la bûche, ayant à côté d’elle un bénitier et une branche de buis, et elle entonnait un cantique que tout le monde répétait en chœur.

 

Vraiment, si j’en avais retenu les paroles, je ne manquerais pas de les consigner ici ; je les ai oubliées, je le regrette ; non pas pour vous, qui êtes trop civilisés pour vous plaire à ces souvenirs, mais pour moi. Et, après tout, je n’ai que faire de la chanson de tante Gabrielle, puisque je ne sais plus un mot de bas-breton. L’air était monotone et plaintif, comme tout ce que nous chantons chez nous à la veillée ; il y avait pourtant un crescendo, au moment où la bénédiction allait commencer, qui me donnait ordinairement la chair de poule... »

 

Origine et histoire de la Bûche de Noël d’après « La nuit de Noël dans tous les pays » paru en 1912

Dans les plus humbles chaumières flambait la bûche de Noël, porte grande ouverte aux pauvres gens demandant un gîte pour la nuit. On leur versait en abondance le vin, la bière ou le cidre…
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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 06:00
Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?

« Il n’en est pas à un paradoxe près. C’est bel et bien un mammifère, mais il est « rangé » dans la catégorie volaille. Docile et sédentaire, il n’a pourtant été domestiqué que très tardivement. Prolifique, il pullule en un rien de temps, mais se voit régulièrement décimé par de foudroyantes épidémies. Formidable appoint pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans le Monde, il est animal de compagnie chez nous, où la consommation de sa viande se réduit comme peau de chagrin. Une enquête sur les traces du lapin. »

 

Manger du lapin de garenne c’est pour certains un peu la double peine car c’est un lapin occis par un chasseur.

 

J’assume !

 

LIRE : Voici venu le temps de la grouse d’Écosse à la carte restaurant Les Climats, et si nous parlions chasse !

 

La garenne c’est quoi ?

 

Une garenne est un espace boisé ou herbeux où vivent des lapins sauvages. C'est aussi un terrier possédant de multiples entrées.

 

La garenne est donc un réseau complexe de plusieurs terriers interconnectés par des galeries.

 

Ce sont les lapines qui décident de l’emplacement du terrier et de son agencement ; la majeure partie, sinon la totalité, du travail de creusage est assuré par elles.

 

La garenne est établie dans les ronciers, les haies, les landes, garrigues, les bordures de terres cultivées ou de forêts et les zones côtières, mais aussi dans les zones montagneuses au-dessous de 1400 à 2000 m d'altitude dispose d’une entrée principale assez large, jusqu’à 50 cm, qui a la forme d’un couloir utilisée essentiellement pour les fuites d’urgence et de plusieurs autres, plus discrètes, des trous verticaux dans lesquels un seul lapin peut pénétrer.

 

Le lapin de garenne, lapin européen, Oryctolagus cuniculus, est assez petit de 34 à 50 cm de long (de la tête à la queue), pèse de 1.1 à 2.5 kg, son ventre et sa queue sont blancs, le reste de sa fourrure varie du gris/brun au gris foncé/noir et il a une tache rousse sur le dos. Il vit en communauté sur un tout petit territoire qui n’excède jamais 3 à 4 ha. Il est casanier et sédentaire il ne s’éloigne que très rarement de plus de 200 à 800 m de son terrier et son territoire restera le même tout au long de sa vie.

 

Le Couple Royal, le Roi ou mâle dominant et la Reine, qui est souvent la femelle la plus âgée, s’installe généralement dans le terrier le plus spacieux et le plus confortable.

 

Les vassaux habitent les terriers plus petits, mal foutus, mal situés, humide…

 

Chaque terrier est occupé par un groupe familial composé d’un couple dominant et de jeunes. C’est un havre de paix de 3 à 10 lapins en moyenne, pouvant aller jusqu’à 25. Les jeunes restent généralement dans la cellule familiale jusqu’à la saison de reproduction suivante. Le Roi les accepte. De fin juillet à fin octobre, les jeunes dorment blottis contre leurs parents.

 

Le Roi n’est pas monogame, il s'autorise quelques infidélités en période de reproduction, il peut aussi avoir des «concubines» mais il a une attitude respectueuse envers sa Reine. Si elle n'est pas disposée à s'accoupler, il ne la harcèle pas ; galanterie qu'il oublie vite au contact de femelles inférieures.

 

Il patrouille régulièrement son territoire pour le marquer avec ses glandes anales et déposer des crottes très odorantes pour bien délimiter son royaume et signifier à ses rivaux qu’il est le Roi. Les mâles dominants utilisent aussi un autre type de balisage appelé grattis. Ils creusent de petits trous de 5 à 6 cm de profondeur et déposent des crottes tout autour. Ces marquages participent à la fertilisation du sol grâce à l'azote contenu dans les crottes.

 

Le Roi est intransigeant ses vassaux doivent se déplacer pour le laisser passer, s’ils restent immobiles, pour le provoquer, manifester son agacement en grattant le sol, les attaquer, les pourchasser ou effectuer une parade d’intimidation ou leur envoyer un gros jet d’urine sur leur tronche pour les humilier… Plus il y a de concurrents jeune plus le Roi doit être autoritaire s’il veut garder sa place. Le Roi a le privilège de féconder la quasi-totalité des femelles, rôle qui suscite beaucoup de « vocations»

 

La Reine, qui occupe une place importante dans la société des lapins de garenne qui est une société matriarcale, les rois peuvent changer mais la Reine reste la même, elle peut changer de Prince Consort. Les lapines sont casanières, elles ne s’éloignent pas beaucoup de leur terrier, elles restent ensemble, s’occupent des plus jeunes, grignotent tranquillement autour du terrier, creusent des galeries et font des siestes au soleil par beau temps. La Reine est moins agressive que le Roi avec ses concurrentes, si elles ne pénètrent pas sur son territoire, elle les ignore ou les supporte.

 

Au début de la période de reproduction, les jeunes mâles adultes, vigoureux et sûrs d’eux, font souvent preuve d’insolence, ils vont tenter de bousculer la hiérarchie pour prendre la place du Roi. C’est donc un temps de combats, parfois très violents.

 

Si le Roi est défait il se retrouve relégué dans un terrier inférieur ou chassé de la garenne et il peut mourir, soit des suites de blessures, soit d’épuisement et de faim.. La Reine reste Reine et accepte le nouveau Roi.

 

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs (sucré, amer, acide etc.) s’il a le choix il préfère les saveurs douces, il ne se fait donc pas prier pour déguster des fruits et baies sauvages ou cultivées.

 

La recette du lapin de garenne

 

Allez acheter votre lapin de garenne « Peau de lapin, peau de lapin… » bien sûr vous faites dépiauter votre garenne puis sur le billot faites-le débiter en pièces à votre convenance, plus la tête si vous le souhaitez.

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?

Vous vous saisissez d’une poêle épaisse et profonde que vous garnissez d’huile pour qu’elle en soit parée. Placez-là sur feu vif.

 

Faites rissoler toute une tête d’ail débitée mais non mondée puis déposer les pièces de lapin, ça va grésiller sec, attention aux yeux ! Retourner les pièces.

 

Lorsqu’elles sont dorées verser un grand verre de vinaigre blanc, 25 cl au moins, ça fait des fumerolles !

 

Au bout de 10 mn retirer les pièces et placez-les sur un tamis recouvert de papier de ménage pour les essorer. Idem pour l’ail.

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?

Foncez le fond d’une cocotte en fonte avec du blanc de poireau, deux brins suffisent, et 7 ou 8 carottes bien nettoyées.

 

Disposez les pièces dessus en les tapotant avec une cuillère en bois.

 

Pas d’huile ni de beurre, salez et poivrez.

 

Concassez par-dessus une belle couche de champignons blancs finement émincées puis des rattes lavées mais pas pelées (3 ou 4 par personnes) et 2 ou 3 petits navets pour l’odeur.

 

Disposez un bouquet de persil en rayonnement, avec les queues au-dessus de la préparation.

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?
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Couvrez.

 

Feu le plus doux possible de 1 heure et demi à 2 heures.

 

10 à 15 mn avant la fin, découvrez et jetez un verre de vinaigre blanc de fruits et une cuillerée de moutarde de Meaux délayée dans celui-ci.

 

Recouvrez et agitez, laissez recuire.

 

C’est fini.

 

Virez le persil et dressez sur un plat chaud.

Le lapin de garenne est un fin gourmet qui sait reconnaître les saveurs sucré, amer, acide et vous l’êtes-vous ?
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Pour le vin Côte-Rôtie 2013 de Jean-Michel Stephan

 

«Jean-Michel Stéphan, incontournable vigneron en Côte Rôtie, vinifie depuis 1991. Cette cuvée Nature provient des terroirs des deux côtes, la Brune et la Blonde, avec des vignes s’échelonnant de 15 à 40 ans. Vinifiant suivant des méthodes biologiques, cette cuvée détient une robe profonde et limpide, le nez est aromatique aux arômes de fruits noirs et d’épices accompagné d’une pointe de notes lardées et mine de crayon ; la bouche est agréable, la matière est ample et veloutée, les tanins sont fins et soyeux.»

 

Cave des Papilles

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