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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 06:00
À Wallis-et-Futuna 1 p’tit coup de kava pour la route François et t’oublieras tes tracas, le 49/3, Taubira, pôle emploi…

En 1988, suite aux accords de Matignon, j'ai accompagné H. Nallet en Nouvelle-Calédonie. Avant de nous y rendre nous avons poussé jusqu'à Wallis-et-Futuna pour aller soutenir le candidat radical de gauche aux législatives : Camillo Gata qui fut élu. 33 heures d'avion : Paris-Nouméa avec UTA, puis Nouméa-Mata-Utu avec un Transaal de l'armée de l'air. Dix heures de décalage horaire, l'autre bout de la terre.

 

Le Figaro écrit : « C'est une première depuis 37 ans. Ce lundi 22 février François Hollande se rendra à Wallis-et-Futuna, dans le cadre d'un voyage qui le mènera également en Polynésie française et en Amérique du Sud. Même s'il ne devrait rester que quelques heures sur l'archipel, le déplacement présidentiel est l'occasion de rappeler l'existence de ce territoire du bout du monde, d'à peine 14.000 habitants… »

 

 

 

Pour le décalage horaire voir ICI  + 11 heures (Wallis et Futuna est tout près de la ligne de changement de date le 180e méridien (est et ouest) dans l'océan Pacifique)

 

Revenons au kava que le lavelua le roi coutumier de Wallis va bien évidemment faire déguster à François notre roi républicain en signe de bienvenue.

 

Dans ce lointain archipel du Pacifique Sud, partie intégrante de la France depuis 1961, les institutions de la République cohabitent avec trois rois. Celui de Wallis est le Lavelua.

 

En septembre 2014 Kapeliele Faupala désigné Lavelua d'Uvéa en juillet 2008 a été destitué. La décision a été prise par les différentes chefferies de l'île.

 

« Mardi 2 septembre 2014, la nouvelle de la destitution du souverain de 74 élu depuis 2008 claque comme un coup de tonnerre dans l'atmosphère paisible de ce petit royaume au coeur du Pacifique. Il avait succédé à Tomasi Kulimoetoke qui avait régné 48 ans.

 

Sa destitution apparaît comme le résultat de tensions grandissantes au sein même de la Grande Chefferie. Il lui est reproché un manque d'implication dans ses fonctions et des décisions trop autoritaires. C'est d'ailleurs le limogeage de son Premier ministre (le "kivalu") -le deuxième en quelques mois- qui va provoquer cette dernière crise qui lui coûtera sa fonction. L'homme était apprécié pour sa mesure.

 

À la recherche du futur Roi

 

Les familles royales de Wallis cherchent depuis un an un nouveau Lavelua. La royauté n'est pas héréditaire mais le résultat d'un accord sur une personnalité de lignée royale. Historiquement on a vu des discussions prendre des mois, voire des années.

 

Maleto Liufau, le Faipule du district sud, le chef des 10 villages du sud (sur les 21 villages dans les 3 districts) a clairement tracé le route à suivre : "Il est vrai que nous sommes sans Roi ni kivalu. La priorité pour la Chefferie est le choix d'un Roi. Cela réalisé, ce sera au nouveau souverain de choisir son Premier ministre".

 

Une position des 23 chefs de Districts qui a le mérite de mettre les points sur les "i" pour ceux qui auraient des velléités d'inverser l'ordre coutumier de nomination.

 

Des échanges ont lieu au sein des grandes familles, le sujet est aussi évoqué lors des "tauasu", ces réunions des villageois autour d'un kava le soir sous le "fale". Mais rien ne filtre. »

 

Vers une abolition de la monarchie à Wallis et Futuna ? 

 

J’avoue ne pas savoir quel lavelua accueillera notre François mais moi j’ai bien connu Tomasi Kulimoetoke II qui avait régné 48 ans sur Wallis. De quoi faire rêver notre François avec son quinquennat tout riquiqui.

 

 

Je m’explique :

 

« À notre arrivée dans une atmosphère d'étuve, la journée commençait. L'administrateur supérieur nous attendait en uniforme blanc impeccable sur le tarmac. Son chauffeur, un imposant Wallisien conduisait la R25 climatisée pieds nus. Pour respecter la coutume nous sommes allés rendre visite au roi d'Uvéa, le lavelua, chef de la hiérarchie coutumière, Tomasi Kulimoetoke II, et sacrifié à la cérémonie du kava, la boisson traditionnelle élaborée à partir de racines de plantes.

 

Nous étions assis en tailleur, face au roi entouré de toute la chefferie, sous l'auvent du palais. La préparation du dit kava, dans un récipient en bois, n'avait rien de ragoûtant. En effet, le préposé plongeait ses grands battoirs dans le récipient puis essorait les racines comme si c'était une serpillière.

 

À mon côté l'attachée de presse du Ministre me serrait le bras

 

- On ne va pas boire ça ?

 

Entre les dents je lui murmurai : « Si ! »

 

Je crus qu'elle allait tomber dans les pommes. La dégustation commença (Périco devrait s'y coller un jour) par le Ministre. On lui tendit une coque de noix emplie d'un liquide brunâtre. Il s'acquitta avec dignité de ce geste rituel de bienvenue.

 

Jean-François Merle, l'homme DOM-TOM de Rocard, me tapota sur l'épaule, « on dit que c'est un aphrodisiaque... »

 

Quand vint mon tour j'y suis allé avec le sourire. Le breuvage était amer et la suite me prouva que ses effets étaient purement diurétiques. L'attachée de presse se fit porter pâle.

 

L’ensemble de la chronique ICI 

 

Pour terminer cette chronique Le Figaro, qui n’aime rien tant, comme le bibendum de Barcelone, que de se faire la fiole des fonctionnaires publie ce dimanche : Wallis-et-Futuna, ce havre fiscal rémunérateur pour les fonctionnaires métropolitains

 

Wallis et Futuna bénéficie de quelques particularités fiscales et statutaires: en plus de s'apparenter quasiment à un «paradis fiscal», Wallis et est également la partie du territoire où les fonctionnaires venus de métropole sont les mieux rémunérés.

 

« Sur Wallis-et-Futuna. Le traitement de base est en effet majoré de… 105%, un chiffre bien supérieur aux pratiques dans les autres départements ultramarins (Guadeloupe, Martinique Guyane, Réunion et Mayotte) ou l'on se situe plutôt entre +40% et +50% hors primes. Seules quelques îles polynésiennes très excentrées font «mieux» avec une majoration de +108%.

 

A cela se rajoute une «indemnité d'éloignement» qui, pour Wallis-et-Futuna, représente 9 mois de traitement supplémentaire. Comme les contrats durent deux ans, le fonctionnaire est payé... 42 mois sur ces années, soit 18 mois de primes. »

 

L’article ICI 

 

Max Radiguet dans Les Derniers Sauvages. La vie et les mœurs aux îles Marquises (1842-1859) écrit :

 

« À un mille du rivage, nous rencontrâmes un groupe de Canaques présidé par Iotété. Couchés à terre, les uns à plat ventre, les autres assis avec des poses que peut seule affronter leur échine élastique, ils formaient le cercle autour d’un vase de bois plein au trois quarts d’un liquide mousseux, et tenaient en main des paquets d’une racine à peu près semblable à la réglisse (la racine du Piper methysticum). Tous se livraient à une mastication acharnée de cette racine et lançaient à l’envi des jets de salive écumante dans le récipient commun. – Iotété, après nous avoir serré la main, nous fit asseoir auprès de lui, nous présenta une poignée de racine et nous pria de participer à la singulière besogne qui s’accomplissait et qu’on nous dit être le kava. Nous connaissions déjà de réputation cette fameuse liqueur polynésienne, dont l’influence sur l’organisme est telle qu’on ne saurait s’y adonner avec suite sans faire peau neuve, à peu près comme les reptiles au printemps. Ne sachant trop si tous ceux qui concouraient à la fabrication du liquide étaient tenus d’en boire, nous nous récusâmes. Iotété insista, et par politesse nous dûmes céder. »

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, la gauche trouve normal de marchandiser les corps, les pauvresses écrasées par le capital n'ont qu'à louer leur utérus aux bobos-riches qui veulent faire des enfants en évitant la sexualité

Me revoilà installé dans l’attente d’elle, une attente tranquille, apaisée. Le temps m’est compté alors je vis au présent, au fil de mon indolence et comme l’hiver est enfin venu, sous ma couette, je lis au lit le Prix Pulitzer « Toute la lumière que nous ne pouvons voir. » d’Anthony Doerr.

 

« … de nouvelles opportunités se présentent, et le Gros Claude n’est pas homme à les laisser passer. Des paysans de Cancale lui procurent de la viande d’agneau et des lapins. Claude transporte lui-même à Paris, en prenant le train, cette viande dans les valises en vinyle assorties de son épouse. Argent facile : certaines semaines il peut se faire jusqu’à cinq cents francs. Loi de l’offre et de la demande. Il y a toujours des contretemps forcément : un maillon de la chaîne qui flaire quelque chose et veut sa dîme. Il faut un cerveau comme le sien pour démêler les complexités de cette affaire-là… »

 

« Ce que racontent ces femmes dans la cuisine de Mme Manec est terrible et difficile à croire. Des cousins de Paris dont personne n’avait entendu parler depuis des lustres écrivent à présent des lettres pour supplier qu’on leur envoie des chapons, des jambons, des poules. Le dentiste vend du vin par la poste. Le parfumeur égorge des agneaux et les trimballe en train jusqu’à Paris, où il les vend à prix d’or.

 

À Saint-Malo, les habitants sont condamnés à des amendes pour avoir fermé leurs portes à clé, élevé des colombes, stocké de la viande. Le champagne disparaît. Plus de contact visuel. Plus de bavardage sous les porches. Plus de bains de soleil, plus de chansons, plus de promenades d’amoureux sur les remparts, le soir – ces règles ne sont pas édictées, mais c’est du pareil au même. »

 

Dans le petit monde politique entre la tambouille de Mr Bricolage, la litanie judiciaire de l’Ex, la ruée des candidats à la Primaire des Républicains, c’est le règne du fractionnement hydraulique qui, pour la première fois depuis l’avènement de la Ve brouille le jeu, disperse les cartes, trouble nos chers éditorialistes politiques. Pour tenter de comprendre la nouvelle donne rien ne sert d’analyser le jeu avec les concepts anciens. L’opinion publique française est versatile, contradictoire, sans beaucoup de références aux clivages traditionnels. Elle flotte comme un bouchon au fil de l’actualité. Patience, observation attentive des mouvements d’apparence insignifiants, recherche des vecteurs unificateurs, intuition créative : tel fut le cas, contre toute attente des médias, lors de notre choix de Juppé.

 

N’oubliez pas, je suis l’initiateur de l’opération Chartrons !

 

Le ralliement de Cosse au couple Hollande-Valls, un ralliement en couple d’ailleurs : Denis Baupin est l’époux de la nouvelle Ministre du Logement et il a œuvré dans les couloirs de l’Assemblée pour la déchéance de nationalité, fait imploser ce qu’il restait encore EELV.

 

Un boulevard pour un vrai outsider : Nicolas Hulot qui s’est bien gardé de céder aux sollicitations de Hollande. N’oublions pas qu’il fut défait par l’inénarrable Eva Joly dans la compétition de sélection pour la précédente présidentielle. Pour moi il ira à la bataille avec ses réseaux, sa cote dans l’opinion, sa position centrale qui plaît tant en définitive aux électeurs.

 

Juppé, Hulot, Le Pen… plus de place pour la Gauche traditionnelle fractionnée… un danger pour l’ultragauche qui verra une partie de son électorat jeune et féminin migrer vers Hulot… une mort programmée d’un centrisme déjà subclaquant… un jeu totalement ouvert au premier tour de la Présidentielle dont seront exclus les deux derniers compétiteurs de 2012.

 

À ce stade de mon analyse le phénomène Onfray qui après s'être accordé « une diète médiatique » de quelques semaines, est sorti de son silence via la plume. En attendant la publication le mois prochain de son essai critique sur l'islam, il a signé la préface du livre « Éloge des libertaires » de Michel Perraudeau. Une préface dans laquelle il ne ménage pas la gauche française.

 

« La gauche trouve normal de marchandiser les corps et l'un de ses financiers affirme même que les pauvresses écrasées par le capital n'ont qu'à louer leur utérus aux bobos-riches qui veulent faire des enfants en évitant la sexualité ».

 

J’observe donc et j’attends.

 

Martin Heidegger, le gâchis d’un philosophe 

 

« Depuis qu’en 2014 ont été divulgués Les Cahiers noirs du philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976), il est devenu difficile, sinon impossible, de séparer l’œuvre de l’existence de son auteur, toutes deux étant bien plus marquées par le nazisme que beaucoup ne l’avaient cru jusqu’alors. Les premières lectures de ces journaux de pensée publiés en allemand – en attendant leur traduction en français – ont suscité une vague de parutions révélant le souci de reprendre à zéro l’abord de cette pensée qui paraît d’autant plus lointaine qu’on la connaît mieux. Telle est l’impression que laisse la première biographie en français de Martin Heidegger, écrite par un jeune universitaire, Guillaume Payen, après la parution des Cahiers noirs. »

 

Toutefois, le ton ironique occasionnel n’empêche pas le bilan d’être accablant et la colère finit par gagner le lecteur, confronté à la bassesse d’un Heidegger qui doit sa carrière académique à Edmund Husserl (d’origine juive), mais qui rompt avec lui sitôt son poste acquis, sans même daigner se montrer à ses funérailles, de même qu’il s’abstient ostensiblement, pendant la période nazie, de fréquenter son ami le philosophe et psychiatre Karl Jaspers (1883-1969), dont la femme Gertrud est également juive.

 

Soldat de la Grande Guerre presque toujours préservé du front, mari infidèle, Heidegger est aussi arriviste et conservateur, imprégnant, dès les années 1920, Etre et Temps (Gallimard, 1964) de sa philosophie politique de l’« enracinement ». Le personnage tel qu’il est ici dépeint a le cynisme du Bardamu de Céline dans Voyage au bout de la nuit. Les plaintes dont il parsème ses Cahiers sur les « injustices » d’une dénazification pourtant indulgente, l’absence de la moindre compassion pour les victimes du IIIe Reich, ses conférences où il s’emploie à noyer le poisson de la criminalité nazie dans les eaux vagues de l’« arraisonnement par la technique », démontrent qu’il n’a rien oublié ni appris. Face au champ de ruines intellectuelles dont il aura été lui-même responsable, comment réagir autrement que par l’indignation. »

 

La misère affective et sexuelle des isolés de notre France profonde. 

 

Les deux frères vivaient seuls « enfermés » avec leur père de 78 ans, dont ils avaient repris l'exploitation, a rapporté à l'AFP Gilbert Pouget, qui avait employé Xavier Espinasse pendant une dizaine d'années comme saisonnier dans son entreprise de construction.

 

« Il n'y avait même pas de femme pour faire la soupe », a-t-il lancé. « Ce sont deux frères qui s'engueulent tout le temps (...) ils ne sortent que pour la traite des bêtes », a expliqué ce voisin. Xavier "a dû péter un câble », il est « dépressif depuis le décès de sa mère, a ajouté M. Pouget, pas « étonné » par le drame.

 

Faut pas gâcher

 

Guy Roux, indique Le Monde, appartient aux fraudeurs actifs, ceux qui ont fait la démarche pour placer leur argent chez nos voisins. L’ancien entraîneur légendaire de l’AJA possédait 3,1 millions d’euros à l’époque. Pour rappel, UBS AG est poursuivie pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale » et « démarchage illicite », pour des faits commis entre 2004 et 2012.

 

Hommage monstre à Jérôme Bosch 

 

 

« Laissez tout tomber, prenez votre bâton de pèlerin, et partez pour ‘s-Hertogenbosch ! C’est ainsi qu’aux Pays-Bas on nomme Bois-le-Duc. Y vécut Jheronimus, ou Hieronymus (Jérôme) van Aken, petit-fils, fils, neveu et frère de peintres venus d’Aix-la-Chapelle – Aachen, d’où leur nom – s’établir dans cette riche région du Brabant.

 

Pourquoi s’y précipiter ? Parce que le petit Jheronimus prit le nom de sa nouvelle ville, et signa ses étranges tableaux du nom de Bosch. Un météore dans l’histoire de l’art, dont le monde hallucinant fascina autant le roi Philippe II d’Espagne que les surréalistes. Le musée local, le Noordbrabants Museum, a pris prétexte du cinq centième anniversaire de sa mort (en 1516) pour organiser la plus grande exposition qui lui ait jamais été consacrée : dix-sept tableaux ! Comme on ne lui en connaît que vingt-quatre ou vingt-cinq, on appréciera l’effort. »

 

Le choc des photos helvètes 

 

Créés il y a vingt-cinq ans par la Fondation Reinhardt von Graffenried, à Berne, les Swiss Press Awards récompensent chaque année les meilleures photographies parues dans la presse suisse. Les résultats de l’édition 2016 ont été dévoilés ce matin. Outre Margrit Sprecher, «la grande dame du journalisme suisse» honorée du prix de la Fondation Reinhardt von Graffenried, dix-huit photographes se partagent les prix, décernés par un jury composés de professionnels de l’image et divisés en six catégories – actualité, vie quotidienne, reportages suisses, portrait, sports et étranger. Voici leurs images.

 

 

Le choc des photos du Monde 

 

Le palmarès du 59e World Press Photo a été dévoilé jeudi 18 février. Le photojournaliste australien Warren Richardson remporte le premier prix, avec une image réalisée à la frontière entre la Serbie et la Hongrie. On y voit un homme essayant de traverser la frontière avec un nourrisson dans les bras. Les projets consacrés aux migrants et à la situation en Syrie sont au coeur de ce palmarès. Voici une sélection de douze images récompensées.

 

 

CHAP.15 opération Chartrons, la gauche trouve normal de marchandiser les corps, les pauvresses écrasées par le capital n'ont qu'à louer leur utérus aux bobos-riches qui veulent faire des enfants en évitant la sexualité
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 06:00
Jean-Paul Kauffmann n’écrit pas de romans et pourtant j’ai lu son dernier livre OUTRE-TERRE comme un roman.

Lorsque j’entre dans un livre qui me plaît, me captive, j’ai du mal à en sortir. JPK a eu l’amabilité de me faire parvenir son dernier opus OUTRE-TERRE, je l’ai lu comme un roman presque d’un seul trait.

 

Pour la présentation du livre je vous renvoie à son éditeur ICI 

 

 

Ma présente chronique est plus personnelle, elle est la compilation de ce qui, si je puis l’écrire, me relie à JPK.

 

Je vous confie donc une partie de ce que j’ai souligné, avec mon fidèle crayon de papier, au fil de ma lecture.

 

Une autre chronique suivra, plus Vin&Cie…

 

« J’ai un faible – plus qu’un faible, une complaisance – pour les lieux qui n’entretiennent aucune illusion. Aller voir lorsqu’il y a rien à voir. »

 

 

« Königsberg, ce nom me faisait rêver. Kant y était né, Hanna Arendt, l’auteur de De l’humanité dans de sombres temps, y avait passé une partie de sa jeunesse. »

 

La Prusse-Orientale coupée du Reich, après le traité de Versailles, par le fameux couloir de Dantzig.

 

 

Königsberg, ancienne place prussienne, devenu Kaliningrad port militaire le plus occidental de l’Empire Soviétique, cité interdite jusqu’en 1991.

 

Royaume oublié « enserré par la Pologne au sud et la Lituanie au nord… l’indépendance des trois pays baltes et leur intégration à l’Union Européenne ont isolé un peu plus cette région de la « Grande Russie ».

 

« … cette enclave cachée entre la Pologne et la Lituanie. Elle m’apparaît comme un île, un arrière-monde, un fragment bien détaché. Il y fait un froid du diable mais je me sens bien dans cette encoignure prussienne. »

 

Eylau le 9 février 1807 « restera le jour le plus cauchemardesque de la Grande Armée avec le lendemain de la bataille de Borodino. »

 

« La victoire m’est restée mais j’ai perdu bien du monde. »

 

Lettre de Napoléon à Joséphine dictée à trois heures du matin.

 

« La boucherie d’Eylau », expression due à Percy, le chirurgien en chef de la Grande Armée.

 

La toile du Baron Gros exposée salle Mollien au Louvre: Napoléon sur le champ de bataille d’Eylau, œuvre de commande de l’Empereur qui organise un concours « l’autorité impériale prescrit ce qu’il convient de peindre : l’église d’Eylau, le ciel livide, la neige (mais pas la boue), les blessés et les morts, enfin et surtout l’Empereur. Non pas en vainqueur mais en consolateur. La notice du concours précise qu’il doit être vêtu d’une « pelisse ou polonaise de velours gris de perles, ganses d’or, fourrure de martre. »

 

« Malgré le blanc de la neige – ou plutôt à cause de ce blanc – cette peinture est noire… »

 

« Le gris insurpassable du baron Gros… c’est un gris qui n’en est pas un. Au lieu de composer une couleur intermédiaire entre le blanc et le noir, un gris tourterelle, ardoise, souris, perle ou anthracite, Gros a inventé une autre, le gris d’Eylau, couleur intermédiaire qui n’est ni le froid ni le feu. Camaïeu du désastre à venir. Grisante, elle aussi. »

 

Colonel Chabert ? La transaction de Balzac.

 

« Le bétail de l’Éternité » Léon Bloy.

 

Le film d’Yves d’Angelo Le colonel Chabert avec Gérard Depardieu et Fabrice Luchini.

 

Pierre Benoît et le Roi des Aulnes de Michel Tournier.

 

Bouvines un moment important comme l’analyse Duby. « Eylau n’aura jamais cette portée, même si les mots de « boucherie » et de « chair à canon » imaginés pour la circonstance ont fait florès. »

 

« Le ciel, les champs, tout était noir » Hugo dans son poème sur Eylau.

 

Le clocher de l’église d’Eylau l'obsession de JPK lui rappelant le film d’Hitchcock Vertigo.

 

Kubrick et son projet avorté de film sur Napoléon « ce qui fascinait le plus Kubrick, c’est l’échec ultime du personnage, « la chute sans appel dont il fut, en définitive, le seul responsable ». La figure de Barry Lindon emprunte beaucoup de traits à Napoléon, « il va chuter du fait de ses émotions, de sa vanité, de sa folie. »

 

« Je signale à mon compagnon que nous marchons probablement sur les morts. »

 

« Je suppose que la terre, elle aussi, possède une mémoire. Elle stocke et restitue objets et informations. Puis, peu à peu, cette vie des profondeurs s’épuise et redevient inerte, frappée d’amnésie. »

 

Julia, prononcez Ioulia, l’interprète « qui pourrait appartenir à la catégorie fashionista russe. Elle porte des mitaines en cuir, un élégant manteau d’hiver et des bottes à talons aiguilles. Les lunettes de soleil qu’elle exhibe dans la voiture proviennent, semble-t-il, de chez Dior – c’est indiqué sur l’une des branches. Aujourd’hui elle est particulièrement en beauté. Son maquillage qui n’est pas outrancier met en valeur l’harmonie des traits. »

 

La famille Kauffmann, Joëlle « heureuse… elle est avec ses trois hommes, Jean-Pierre et les 2 garçons. Julia plaît bien à l’aîné…

 

Les années de pensionnat de JPK « cette époque n’est pas la plus heureuse de mon existence, cependant elle me fut pleinement profitable. J’eus pour toujours la révélation de la vraie vie, cette vie rêvée et « pleinement vécue » dont parle Proust à propos de la littérature. »

 

« Pendant mes années de pensionnat, le dimanche soir était le moment le plus sinistre de la semaine. Après la messe du dimanche matin, nous subissions les vêpres l’après-midi puis les complies, le dernier office célébré le soir. Je n’ai jamais autant ressenti le rabâchage des jours et la tristesse du monde que durant cette cérémonie. Je me réfugiais dans les livres. »

 

« J’ai mis longtemps à comprendre que le passé n’était pas un refuge. Il ne me console aucunement de la médiocrité d’aujourd’hui. C’est la mise en absence qui m’émeut, le signe irrémédiable qu’il manquera toujours quelque chose. »

 

« Ce voyage est un acte de fidélité à l’enfance. »

 

« On prend pour de la froideur ce qui est chez moi de la crainte d’empiéter chez autrui. »

 

« Écrire : le seul moyen que j’avais trouvé pour me tirer d’une situation embarrassante. Sur les livres et les écrivains, je n’ai jamais perdu la foi. Suis-je devenu excessivement dévot ? Cette réflexion de Peter Tarnepol, un personnage de Philippe Roth, s’applique parfaitement à moi : « La littérature m’a mis dans le pétrin. À elle de m’en sortir. »

 

 

À propos de Kant « Si cela existe, cela doit être intelligible » ce qui donne le vertige à JPK qui note, et la suite vous fera saisir que ce n’est pas une réflexion en l’air : « C’est dommage : il méprisé l’odorat. Ce sens le dégoûtait. Je constate d’ailleurs que sa ville natale n’exhale rien. Aucune haleine. Dans un congélateur, c’est certain on ne sent pas grand-chose. »

 

Jean-Paul Kauffmann est un grand capteur d’odeurs  la preuve à nouveau ci-dessous.

 

« L’escalier que Julia a du mal à monter avec ses talons aiguilles sent le placard à balais et cette odeur aigre, humide propre aux lieux qu’on néglige de chauffer en hiver.»

 

« Julia a raison, c’est la nuit noire. L’odeur grasse de lignite flotte dans l’air. »

 

« Dehors, l’atmosphère est imprégnée de cette odeur de fagots brûlés et d’allumettes qu’on vient d’enflammer. »

 

« Il paraît que le sang exhale une odeur de fer. »

 

« Malgré la température glaciale, on peut imaginer que le champ de bataille répandait nombre d’effluves : outre les exhalaisons croupies de la neige fondue, mêlée à la boue, cela devait sentir l’acier refroidi, la paille brûlée, le cuir roussi, le soufre et la suie de la poudre à canon. « Partout des excréments, du fumier, des ventres de bestiaux, des chevaux écrasés, de débris pourris et infects », constate encore Percy. Il est le seul à parler de la merde. »

 

« Au fond du minibus où flottent l’odeur poussiéreuse de tissu surchauffé et le parfum français de Julia… »

 

« L’air répand une odeur figée de vapeur d’eau épaissie par le froid avec cette empreinte grasse de suie. »

 

« Cela sent un mélange de vieux tapis, d’odeur vanillée de poudre de riz et de cornichons aigre-doux. Une senteur en effet orientale, légèrement renfermée, nullement rebutante comme si tous ces effluves de confinement nous protégeaient du monde extérieur où le froid violace le visage des passants. »

 

« Nous nous sommes habitués à l’odeur de l’habitacle, un parfum démodé des sièges de vieux cinéma auquel se mêlent les fragrances poudrées et enivrantes de Julia (Mitsouko de Guerlain, nous a-t-elle précisé fièrement, sans d’ailleurs qu’on le lui ait demandé.) »

 

« La maison sentait la caverne, une odeur spongieuse de mousse et de terre battue. J’avais l’impression de me trouver dans une champignonnière. »

 

« La resserre sentait la souris crevée. »

 

« Par bouffées, nous arrivent de la petite ville des émanations de lignite, ce charbon bon marché en usage dans les pays de l’est, mélange de bitume et de pyrite qui peut rappeler l’œuf pourri. L’odeur des ex-pays communistes. »

 

« Comme toute chose ici-bas, le froid possède une empreinte olfactive. Il exhale une odeur opaque et crissante où prévalent des senteurs métalliques, des notes d’oxydation qui rappellent la rouille, quelque chose d’astringent. Cette sensation resserre l’odorat. »

 

Chronique à suivre… Bon dimanche… et bonne lecture future d'OUTRE-TERRE...

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 06:00
nature morte au pain - peinture murale - Musée de Naples (photo © Patricia Carles)

nature morte au pain - peinture murale - Musée de Naples (photo © Patricia Carles)

De nos jours dans les cantines bistronomiques le pain perdu c’est chic et cher…

 

Le pain au Bourg-Pailler c’était sacré. Avant de le trancher, à la pointe du couteau du pépé le pain de quatre livres était signé de la croix.

 

Pour ne pas donner le pain rassis à manger aux cochons on en faisait des grillées, de la chapelure ou du pain perdu.

 

Simple comme le lait de nos vaches, les œufs de nos poules et le beurre baraté à la main, et salé au gros sel, de la tantine Valentine.

 

Son origine me dit-on serait associée au premier lundi qui suit l’Épiphanie, la fête des Rois mages appelé « lundi perdu », car chômé.

 

La recette traditionnelle consiste à tremper des tranches de pain rassis dans un mélange de lait et d’œufs battus : 2 pour ½ litre. Les tranches, une fois imbibées puis égouttées, sont cuites à la poêle dans du beurre. Lorsqu’elles sont dorées sur les deux faces, il suffit de les saupoudrer de sucre glace avant de servir.

 

Appelé « pain crotté » en Alsace, dans le Nord ou en Poitou-Charentes.

 

« Dans ma Normandie natale, vous pourrez le trouver flambé au Pommeau ou au Calvados, servi avec de la confiture de pommes. » chef Simon Le Monde

 

Chez les Ch'tis, on emploie parfois le terme «pain ferré». Le sucre est remplacé par de la cassonade dans le Nord.

 

En Espagne c’est « torrija ».

 

En Allemagne, on parle de «Armer ritter», «chevalier pauvre», qui désigne un repas pouvant être préparé avec peu de moyens financiers grâce aux ingrédients bon marché.

 

« Croûte dorée » en Suisse.

 

Au Portugal, où il appelé « rabanadas » c’est à la période de Noël qu’on le déguste.

 

Au Maghreb, le pain perdu se dit «khobz m’hamar», et au fil du temps, d’autres aromates ont été rajoutés à la recette basique pour donner plus de goût et de saveur, en ajoutant par exemple de la cannelle, de la vanille, de l’orange…

 

« Pain doré » au Québec accompagné de sirop d’érable et « french toast » aux États-Unis.

 

Bref, depuis quelque temps ce plat de pauvre est, comme on le dit, revisité par les stars de la haute cuisine comme par les chefs barbus et chevelus.

 

« S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche... »

 

La légende prête ces mots à Marie-Antoinette. Elle les aurait prononcés à la fenêtre du château de Versailles, le 3 octobre 1789, devant le peuple Parisien venu se plaindre auprès de Louis XVI de l'augmentation du prix du pain.

 

Les remakes du pain perdu se parent donc aujourd’hui « de chapelure d’épices…cannelle, coriandre, macis…, le pain brioché remplace le pain rassis, la crème fraîche se mélange à part égale avec le lait et il se sert accompagné de fruits rouges…fraises, framboises, myrtilles, groseilles… et de glace au gingembre. »

 

« Ailleurs, plus simplement, les disques de brioche, dont la croûte a été ôtée, sont caramélisés dans du beurre additionné de sucre, après leur bain dans un mélange de lait, de crème fraîche et de jaune d’œufs uniquement. Ils sont ensuite enfournés une dizaine de minutes pour parfaire leur cuisson…La recette peut s’enrichir de nouvelles saveurs : cannelle, muscade, vanille, amandes effilées, noix de coco, chocolat, sirop d'érable, flambée au Grand-Marnier ou au rhum, accompagné de crème anglaise, de glace à la vanille, de crème chantilly… »

 

Dernières tranches

 

« Avec le reste de la miche de pain, quand arrivait le moment où elle avait bien durci, on coupait les dernières tranches pour faire du PAIN PERDU. Le croûton ne partait pas aux cochons: on en faisait de la chapelure pour faire des klops et boulettes de viandes.

 

En Ashkénazie occidentale (je vois que avez du mal à situer cette région: c’est-à-dire entre le sud de l’Ouest de l’Allemagne et les premiers contreforts des Vosges), on appelle ça Zimmet Schnitte parce qu’on y met de la cannelle et que ce sont des tranches. Les Allemands, toujours simples, lui donnent au moins quatre noms différents, les Américains et les Anglais nomment ça French Toast et de toute façon, je vous conseille de ne pas en manger là-bas: le pain est industriel et c’est tout le contraire de l’esprit du pain perdu. »

Le Canon Primeur NV Le Grande Colline Ardèche , mousseux , naturel , 750ML Muscat de Hambourg

Le Canon Primeur NV Le Grande Colline Ardèche , mousseux , naturel , 750ML Muscat de Hambourg

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 06:00
« Un certain nombre de parents mettent dans le panier de l'enfant la boisson de leur choix et qui est souvent 1/2 litre de vin, ou de cidre, ou de bière suivant la région » Dr Suzanne Serin, chef de clinique en hôpital psychiatrique
« Un certain nombre de parents mettent dans le panier de l'enfant la boisson de leur choix et qui est souvent 1/2 litre de vin, ou de cidre, ou de bière suivant la région » Dr Suzanne Serin, chef de clinique en hôpital psychiatrique

Thomas Snégaroff, le mardi 29 septembre 2015, sur France-Info, racontait « Dans les années 1950, l’État s'attaque fortement à l'alcoolisme infantile qui sévit dans les foyers mais aussi dans les écoles! Certains parents s'y opposent...

 

Retour en février 1956. Et il y a près de soixante ans en France, l’enjeu n’était pas encore la présence ou non de menus de substitution dans les cantines. Non, à l’époque certains parents exigeaient autre chose pour leurs enfants le midi à l’école :

 

« Un certain nombre de parents mettent dans le panier de l'enfant la boisson de leur choix et qui est souvent 1/2 litre de vin, ou de cidre, ou de bière suivant la région. J'ai eu vent récemment, dans la région parisienne, d'un petit drame: les parents insistant pour que la boisson soit donnée aux enfants, le discours s'y refusant, les parents ont décidé que les enfants boiraient leur vin avant d'aller à l'école. Les enfants arrivent à l'école rouges, suant et dorment à moitié toute la matinée... »

 

Cette voix est celle du docteur Suzanne Serin, chef de clinique en hôpital psychiatrique, qui évoque à la radio le problème de l’alcoolisme infantile.

 

Rappelons-nous, dans le film-culte d’Yves Robert, La guerre des boutons, la réplique du Petit Gibus : « C’est bon la goutte ! » Jacques Dufilho claironnant « Le Calva ça n’a jamais fait de mal à personne !»

À la Mothe-Achard, dans mes jeunes années, je n’ai pas fréquenté la cantine pour la bonne et simple raison qu’il n’y en avait pas. De toute façon je n’ serais pas allé car j’habitais à deux pas de l’école. J’étais un gars du bourg (sans jeu de mots car le lieu-dit de la maison familiale était le Bourg-Pailler). Ceux des fermes mangeaient à la gamelle sous le préau de l’école.

 

Je n’ai aucun souvenir de mes petits camarades biberonnant du rouge. Et pourtant, en ce temps-là en Vendée presque tout le monde possédait des bouts de vigne. 10ième département viticole et 2d pour l’alcoolisme juste derrière le Calvados. Régulièrement, nous voyions partir, « aux fous » disait-on, à l’hôpital psychiatrique départemental de la Grimaudière, les poivrots qui allaient se faire désintoxiquer. Chez-moi, en dehors de légèrement colorer de temps en temps l’eau du puits il était hors de question de s’enfiler un verre. Quant à la goutte, la gnôle, que mon père « bouilleur ambulant » fabriquait avec son alambic pour tous les récoltants, « le droit des bouilleurs de crus » dont PMF supprimera la transmission, les parents n’en mettaient pas dans les biberons et les mères veillaient à notre tempérance.

 

Pierre Mendès-France fut baptisé Mendès-lolo pour sa distribution de lait dans les écoles en 1954, une décision radicale afin d’éradiquer la présence de l’alcool à l’école. Il s’est aliéné ainsi le vote de ceux qui lui reprochait sa croisade contre les bouilleurs de cru et a été vilipendé dans les campagnes. Pour autant, était-ce un mauvais dirigeant politique ? Il était l’élu d’un département normand, l’Eure, où l’on ne suçait pas que de la glace et son combat était respectable.

« Un certain nombre de parents mettent dans le panier de l'enfant la boisson de leur choix et qui est souvent 1/2 litre de vin, ou de cidre, ou de bière suivant la région » Dr Suzanne Serin, chef de clinique en hôpital psychiatrique
« Un certain nombre de parents mettent dans le panier de l'enfant la boisson de leur choix et qui est souvent 1/2 litre de vin, ou de cidre, ou de bière suivant la région » Dr Suzanne Serin, chef de clinique en hôpital psychiatrique

Alors, tous ceux qui se lamentent sur le « C’était mieux avant » oublient que le vin, la bière et le cidre ont fait des ravages dans nos campagnes et dans ce qu’on appelle aujourd’hui les banlieues alors peuplées par la vague de l’exode rural. Les ligues antialcooliques se font fondées sur ce terreau et, si aujourd’hui, on peut pendre le parti d’en rire, elles participaient au mouvement d’émancipation populaire très ancré à gauche.

 

Le RP Denis Saverot, jamais en reste de monter sur ses grands chevaux, avec son gros marteau établissait dans un édito en 2011 un lien de cause à effet entre la lutte contre l’alcoolisme, la chute de la consommation de vin et l’explosion de celle des tranquillisants. Je le cite :

 

« Officiellement, il s’agit de lutte contre l’alcoolisme. Le résultat, c’est l’explosion des ventes d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, dont notre pays est devenu le premier client européen. »

 

« Depuis 1960, la consommation de vin a été divisée par plus de deux dans notre pays. Or, au cours de la même période, les ventes de tranquillisants ont bondi de zéro à plus de 60 millions de boîtes par an. C’est un fait, la France officielle a tourné le dos à son vin, le plus subtil, le plus civilisé des anxiolytiques, celui que le monde entier nous envie, pour gorger son peuple d’antidépresseurs. Avec quel succès ! Plus, ils en ingurgitent, plus nos concitoyens sombrent dans la morosité et le pessimisme, comme l’a souligné un récent sondage international. »

 

Je lui avais répondu ICI

 

Mais de quel vin parlez-vous Denis Saverot ?

 

Celui de Roland Barthes dans Mythologies (1957) cette boisson totem qui se chiffrait en millions d’hl ou les vôtres, ceux qu’à juste titre vous défendez, qui se comptent en bouteilles ?

 

Ce passage du singulier au pluriel est capital car cette consommation dont vous regrettez la chute vertigineuse cachait d’énormes disparités : de très gros buveurs de Vin de Consommation Courante, des ouvriers, des marins-pêcheurs, des mineurs, des travailleurs de force qui gonflaient le chiffre de la consommation moyenne per capita et les buveurs réguliers ou occasionnels dont la dose journalière restait modeste. L’alcoolisme se nichait là Denis Saverot et le combat d’un Mendès-France député de Louviers en Normandie, raillé (Mendès lolo : distribution de lait dans les écoles), était légitime. Je suis natif de la Vendée, classée à l’époque de ma jeunesse second département alcoolisé de France après le Calvados et je puis témoigner du nombre impressionnant de mes compatriotes qui allaient régulièrement se faire désintoxiquer à la Grimaudière (aux fous disait-on en ce temps où le langage ne prenait guère de précaution)

 

Mon combat constant contre les prohibitionnistes de toute obédience me permet aussi de contester le lien que vous faites entre la chute de la consommation de vin et l’explosion de l’absorption de tranquillisants. Que ça vous plaise ou non, Denis Saverot, les causes de cette surconsommation sont de même nature que celles qui poussent nos compatriotes à boire avec excès, y compris du vin. Je ne vais pas avoir l’outrecuidance de vous rappeler que ces causes sont multiples : médicales, économiques, sociales, sociétales : stress, solitude, monoparentalité, modèles de consommation radicaux... etc. Que les prescripteurs de médicaments aient failli à leur mission je suis le premier à le reconnaître mais n’écartez pas d’un revers de main la forte demande des patients qui s’exercent sur eux : le Médiator a été prescrit comme coupe-faim car l’obsession de la ligne est aussi un fait de société. Que la consommation de vin soit un facteur de sociabilité ce n’est pas à celui qui a tenté, dans l’indifférence de la RVF, d’initier l’Amicale du Bien Vivre, que vous allez faire un dessin.

 

À trop vouloir prouver Denis Saverot le risque est grand de prendre un beau râteau dans la tronche, d’alimenter le camp d’en face qui s’appuie, comme le disait avec morgue le Pr Got sur une majorité de nos concitoyens. Certes ça fait plaisir à une partie de vos lecteurs, ça les confortent, eux qui ne boivent, que dis-je, ne dégustent, que des hauts nectars, dans leurs idées reçues. Ce type d’affrontement est vain et inutile car c’est celui des extrêmes qui ne débouche que sur de l’incompréhension et de l’immobilisme. Au risque d’être taxé de provocation j’affirme que ces dernières années le vin, les gens du vin, ont marqué des points dans l’opinion publique et qu’il suffirait pour transformer l’essai - les politiques sont des élus et ils sont fort sensibles au poids des bulletins de vote - de laisser au camp d’en face des arguments éculés du même type que ceux qu'ils utilisent pour nous discréditer. »

 

Ma jeunesse sobre ne m’a en rien empêché d’aimer le vin et j’ignore, pour n’en avoir jamais consommé, ce que sont les antidépresseurs. Alors cessons de véhiculer des images éculées du bon vieux temps où le vin pouvait être servi aux gamins. Autre temps, autres mœurs, je n’en disconviens pas, les gamins touchent aujourd’hui à des substances aussi redoutables, mais ça ne justifie pas des couplets qui méconnaissent ce que fut l’histoire de l’alcoolisme dans notre pays.

 

Récemment, autour d’un verre, au Lapin Blanc, j’ai rencontré un jeune homme dont le frère avait sombré dans l’alcoolisme. Écouter ses propos aurait fait le plus grand bien à tous les Saverot de chez nous. Drame humain, familial, déchéance sociale et puis, grâce au combat du Dr Olivier Ameisen, la baclofène l’a sauvé…

 

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 06:00
Dans le monde du vin nu le 19 mars branchez-vous sur le courant alternatif des cavistes pour capter le charme sulfureux de Lucia Ceracchi domaine Piana Dei Castelli don du Lieu du Vin

Mais jusqu’où iront-ils ?

 

Je rêve, me frotte les yeux, ce groupe terroiristes à tendance nudiste l'association des Cavistes Alternatifs s’offre même un service de presse pour nous convier à son premier « salon virtuel ».

 

Savent pas quoi inventer pour se faire remarquer les bougres et les bougresses !

 

Je cite le communiqué de presse :

 

« Le samedi 19 mars simultanément chez chacun des cavistes participants, des vignerons motivés et heureux seront présents pour vous faire goûter leurs vins, expliquer leur travail, et échanger librement et en toute transparence, mais surtout passer un bon moment ! »

 

Ces Mandrin du vin nous chantent qu’ils seront plus de trente « bandits dans une bande » pardon ça c’est dans la chanson, cavistes et autant de lieux, en France et en Belgique, une soixantaine de vignerons !

 

Pensez-donc même des belges et des bretons…

 

Slogan de campagne dans nos belles campagnes :

 

« Ensemble, défendons une autre idée du vin. »

 

Un petit côté Ségo… version Sarko 1, « tous ensemble… tous ensemble… »

 

La brave attitude…

 

Bien c’est noté me disais-je tout en déroulant la liste des participants lorsque, tel un chien truffier, je m’arrêtais stupéfait en lisant l’annonce du Lieu du Vin du grand sachem Philippe Cuq l’Aveyronnais du vin. Le coquin doublait à fond la caisse sur la gauche extrême ses collègues alternatifs en annexant le charme sulfureux de Lucia Ceracchi domaine Piana Dei Castelli à Velletri.

 

Fait fort le Philippe… l’a le commerce dans le sang !

 

J’suis expert en la matière puisque, dès le 21 mai 2015, je chroniquais déjà sur l’arme fatale de Philippe « Out of Lucia Ceracchi tout le charme sulfureux du domaine Piana Dei Castelli à Velletri... » alors si ça vous dit lisez-donc ICI et vous constaterez que je ne galèje pas.

 

Préparez vos verres, vos gibecières, votre liquide, faites chauffer votre CB, c’est dans la France entière avec un petit dominion belge :

 

 

Le samedi 19 mars, toute la journée

 

Où et avec quels domaines :

 

  • Chez Nicolas « Azurvio »

111 Route de Tiragon 06370 Mouans-Sartoux

Domaine du Jas d'Esclans - Château Vaucouleurs

 

  • Chez Philippe « Vino Forum »

12 rue des Catalans, 13007 Marseille

Chateau Bas- domaine Rapatel - Clos Signadore - Olivier B

 

  • Chez Jean-Charles « Couleurs Vin »

Rue de la gare (Face Leclerc) 14370 Argences

Domaine Arletaz - Château la Courtiade Peyvergès

 

  • Chez Stéphane « Les Millésimes »

4 rue de l’Eglise 33200 Bordeaux

Domaine Bouissel – Domaine des Carmels

 

  • Chez Jean-François « L'Ambassade des Vignerons »

Allée de l'Europe 34990 Juvignac

Domaine Fons Sanatis *

 

  • Chez Christophe et Isabelle « Un Midi dans les Vignes »

115 rue de paris 35000 Rennes

domaine Leconte de Floris - domaine Complemen'terre - Ludovic Chanson - Fanny Breuil qui

représentera Eleana Pantealoni

 

  • Chez Guy « La tonnelle à vins »

27 Boulevard de Verdun 35000 Rennes.

Mas D'Agalis - Julien Peyras - Domaine de Cressance - Yannick Pelletier - Domaine Mélaric

 

  • Chez Philippe « L'Oenophil »

34 rue Nationale 37250 Sorigny

Domaine les Conques – Domaine du père Benoit

 

  • Chez Guillaume « A Cantina »

6 rue Charles croizé 35740 Pacé

Domaine Veilloux - Clos du serre - Vallat d ezort- Philippe Badéa

 

  • Chez Pascal « L'Andecave »

35 rue Hanneloup 49100 Angers

Bertrand Galbrun *

 

  • Chez Julien « Carnet de vins »

10 BD maréchal Joffre 56100 Lorient

Les vins contés - A la votre -Le raisin à plume *

 

  • Chez François « La société des vins d'auteurs »

50 rue du Gal de Gaulle 57050 Plappeville

Domaine Fuori mondo

 

  • Chez Isabelle et Patrick « La tour du grand Bruille »

4 Rue du Grand Bruille 59300 Valenciennes

Philippe Delmée – Hubert et Heidi Hausherr

 

  • Chez Benoit « Oenosphère »

33 rue de Zurich 67000 Strasbourg

Domaine Kumpf & Meyer - Domaine Clément Lissner - Domaine Rémi Leroy

 

  • Chez Nicolas « Les Couleurs du Vin »

47 cours Richard Vitton 69003 Lyon

Domaine du Verdouble – Domaine de la Combe aux Rêves

 

  • Chez Arnaud et Victor « La Nature du Vin »

3 rte des Vignes 74160 St Julien en Genevois

Domaine Renardat-Fâche

 

  • Chez Martin « le Nez en l'air»

74340 Samoens

Les orchis - Château de Merande - Nicolas Ferrand

 

  • Chez Hervé « L’Etiquette »

10 Rue Jean du Bellay, 75004 Paris

Domaine Rapatel

 

  • Chez Nadine « Au nouveau nez »

104 rue Saint Maur 75011 Paris

Domaine Coquelicot - Romain Pion - Le clocher Saint Anne – Domaine Inebriati

 

  • Chez Pierre « Les caves de Reuilly »

11 boulevard de Reuilly 75012 Paris

Domaine de la Ferme Saint martin

 

  • Chez Olivier « La Treille d'Or »

21 rue de la Tombe Issoire 75014 Paris

Champagne Lelarge-Pugeot – domaine de la Roche Bleue

 

  • Chez Camille « La cave de Lourmel »

4 rue de Lourmel 75015 Paris

Noella Morantin

 

  • Chez Laurent « Vins2coeur »

2 rue Bastien Lepage 75016 Paris

Domaine Alexandre Bain – Sarnin-Berrux – Domaine Lesuffleur

 

  • Chez Philippe « Le Lieu du Vin »

3 avenue Gambetta 75020 Paris

Matteo et Lucia Ceracchi - Ettore Scarlino

 

  • Chez Bertrand « L'Accord Parfait »

24 Avenue Georges Sabo 81500 Lavaur

Domaine de Brin

 

  • Chez Joffrey « La Part des Anges »

88 rue Charles de Gaulle 91440 Bures sur Yvette

Domaine des Pothiers – Chateau Beauséjour

 

  • Chez Paco « Cave d'Ivry »

40 Rue Marat, 94200 Ivry-sur-Seine

Chateau La Haie-Blaye – domaine Verder-Logel- Michel Havard

 

  • Chez Laurent « L'Odyssée des Arômes »

Rue Constant Wauters 2, 1390 Grez-Doiceau, Belgique

Le sot de l'Ange

 

  • Chez Sandrine et Laurent « Vins Lacroix »

Rue Arnold Lecrenier 21, 4470 Saint-georges-sur-meuse Belgique

Côtes de la Molière – Az. Agr. Colletti

 

* Dégustation le 18 mars

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 12:10
Adresse à ceux qui nous gouvernent, vous m’écoutiez d’une oreille distraite, cause toujours tu nous intéresses… mais que veux-tu que nous fassions*… mon testament en souvenir de mes aïeux paysans…

Je suis né au Bourg-Pailler, le pépé Louis après avoir été métayer à la Célinière, grosse borderie sise à Saint-Georges-de-Pointindoux, là où ce sont mariés mes parents, avait acheté cette ancien relais de poste à l’entrée du bourg. Quelques hectares de terres, des prés surtout, une étable accolée au bâtiment d’habitation, des vaches normandes et pour un temps de grands bœufs blancs que le pépé enjuguaient. Ils étaient sa fierté. Au petit matin, c’est la sonnette de l’écrémeuse de la tante Valentine qui m’éveillait. Avec le pépé j’ai mis bas des veaux. J’allais après l’école chercher les vaches au pré et j’ai encore le souvenir sur le chemin de la Garandelière de ma Fidèle, indolente et tendre, toujours à la traîne. Toujours avec le pépé j’ai conduit la Nénette notre jument pataude lorsque nous passions la décavaillonneuse dans la vigne ou dans le champ de betteraves. 

 

Mon père, lui, avait choisi, pour nous nourrir, d’entreprendre comme on dit aujourd’hui. Entrepreneur de travaux agricoles et de battages : la charrue Bonnel, le gros Société Française Vierzon monocylindre, la batteuse Merlin. C’était le temps des maîtres et les métayers ne s’endettaient pas en achetant du matériel.

 

C’est pour tout cela que j’ai choisi, plutôt que le lycée, d’aller à l’École d’Agriculture ND de la Forêt, à 500 mètres de la maison familiale, interne bien sûr. Nous y étudions au rythme de 3 heures de travaux pratiques journaliers : la ferme, le verger, la vigne, la culture, l’atelier…

 

Mon destin a bifurqué lorsque l’aumônier, l’abbé Blanchet, auteur de théâtre populaire et parent de Michel Albert, énarque Inspecteur des Finances qui eut son heure de gloire au temps de JJSS le fondateur de l’Express, m’a convaincu que je devais prendre le même chemin que ce fils de métayer du Haut-Bocage.

 

Et puis il y eut mai 68 et j’ai jeté aux orties l’énarchie. Me retrouver coincé dans un cadre, aussi prestigieux fut-il à l’époque, ne me convenait pas.

 

Alors, j’ai choisi de faire ma thèse de doctorat sur le grand chambardement qui pointait son groin dans le monde du cochon. La Bretagne allait tout, ou presque, rafler. Qui se souvient que les alentours de Paris étaient l’un des plus grands bassins de production du cochon avec les eaux grasses des restaurants ?

 

Je me souviens du petit sourire étonné d’Yves Prats, le doyen de la Faculté, éminent spécialiste du Droit Public, lorsque je lui ai exposé pour la première fois mon projet. En ce temps-là j’ignorais ce qu’était un Grand Cru Classé de Bordeaux et qu’Yves Prats était le frère de Bruno qui dirigeait la destinée du Cos d’Estournel et de Petit Village.

 

La suite est longue comme mon CV, j’ai bourlingué entre le public et le privé sans jamais avoir bénéficié de ce fameux statut de fonctionnaire dont certains à plaisir m’ont affublé pour bien sûr me discréditer.

 

Tout au long de ce parcours de 49 années, j’ai commencé à bosser à 18 ans, le seul fil directeur auquel je me suis tenu c’est la fidélité à Louis et Arsène Berthomeau, à ce qu’ils étaient, à ce qu’ils représentaient : ma colonne vertébrale. Je n’ai jamais oublié d’où je venais et ce que je leur devais.

 

Mais là n’est pas le sujet de ma chronique de ce matin.

 

Par deux fois, il m’a été demandé de me pencher sur le devenir d’un secteur de notre agriculture. Ce fut d’abord le vin, puis en fin de parcours, puisque j’étais interdit de séjour dans le monde du vin, le lait.

 

Le rapport de 2001, le groupe stratégique Cap 2010 les défis du vin français, et tout au bout le grand lâchage d’Hervé Gaymard et le placard.

 

Et puis, tout à la fin, Bruno Le Maire, ou son cabinet, m’a confié une patate chaude dont personne ne voulait, la déprise laitière dans le Grand Sud-Ouest.

 

Ce fut un temps fort au ras du terrain et au plus près des éleveurs.

 

Et puis, à la fin de la fin, fort de cette expérience, j’ai demandé et obtenu de Stéphane Le Foll de pouvoir réfléchir à comment anticiper la fin des quotas laitiers.

 

Au risque d’être traité de courtisan ce nouveau Ministre de l’Agriculture me paraissait apte, non à tout bouleverser, mais à mettre sur la table des éleveurs les enjeux de cette ouverture au grand large. N’oublions pas que depuis les années 50, le lait a toujours connu un fort encadrement et des mécanismes de régulations que nous avons ensuite exportés dans le nouveau Marché Commun.

 

Et puis, j’ai de plus en plus compris que l’intérêt poli que l’on accordait à mes écrits se heurtait à un grand classique du 78 rue de Varenne : ne pas soulever les problèmes avant qu’ils ne vous pètent à la gueule. Tendance renforcée par une administration totalement enjuguée par son concubinage européen, frileuse et incapable de la moindre capacité à sortir d’une vision purement règlementaire de l’agriculture.

 

Pour autant je m’interdis de dire : « je vous l’avais bien dit » ce serait de ma part déplacé et surtout sans grand intérêt.

 

Le mal est fait et il ne date pas d’aujourd’hui. Les pouvoirs publics ne sont pas les seuls responsables de la situation, les citoyens-consommateurs portent eux aussi une large part de responsabilité et leur commisération à l’endroit des agriculteurs m’irrite.

 

Pour autant n’attendez pas de moi que j’instruise un procès mais permettez-moi d’exprimer ma tristesse face au grand mal être des agriculteurs et des éleveurs.

 

C’est un sentiment d’échec qui m’habite.

 

Pourrons-nous un jour dans ce pays accepter de nous saisir de la réalité, qu’elle nous plaise ou non, d’en tirer les leçons sans nous enfermer dans des analyses toute faites et des solutions clés en main ?

 

Je n’ai plus les mains dans le cambouis et je n’ai aucune vocation à donner des leçons à qui que ce soit mais, comme le disait Napoléon, « En politique, comme à la guerre, le moment perdu ne revient plus. »

 

Que d’occasions perdues !

 

* j'ai balancé utiliser l'imparfait que nous fissions...

 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 08:50

Si vous êtes sur Google chrome il se peut qu’un message d’alerte apparaisse sur votre écran : « Traitez ce message avec prudence. Des messages similaires ont été utilisés pour voler les informations personnelles de leurs destinataires. N'envoyez vos informations personnelles ou ne cliquez sur les liens contenus dans ce message que si vous faites confiance à son expéditeur. »

 

J’ai signalé à GOOGLE et à Overblog ce phénomène qui ne peut que vous perturber et j’ai demandé d’y mettre fin.

 

J’ai moi-même ouvert le message que je reçois comme vous chaque matin et je n’ai constaté aucune perturbation.

 

Cliquez ICI  www.berthomeau.com 

 

Il semblerait que mon hébergeur n'est pas crypté le message 

 
Le domaine jfg-networks.net n'a pas chiffré ce message.



Je vous tiendrai au courant de la suite donnée.

 

Bonne journée.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 06:00
Adresse à ceux qui nous gouvernent, vous m’écoutiez d’une oreille distraite, cause toujours tu nous intéresses… mais que veux-tu que nous fassions*… mon testament en souvenir de mes aïeux paysans…
Adresse à ceux qui nous gouvernent, vous m’écoutiez d’une oreille distraite, cause toujours tu nous intéresses… mais que veux-tu que nous fassions*… mon testament en souvenir de mes aïeux paysans…

Je suis né au Bourg-Pailler, le pépé Louis après avoir été métayer à la Célinière, grosse borderie sise à Saint-Georges-de-Pointindoux, là où ce sont mariés mes parents, avait acheté cette ancien relais de poste à l’entrée du bourg. Quelques hectares de terres, des prés surtout, une étable accolée au bâtiment d’habitation, des vaches normandes et pour un temps de grands bœufs blancs que le pépé enjuguaient. Ils étaient sa fierté. Au petit matin, c’est la sonnette de l’écrémeuse de la tante Valentine qui m’éveillait. Avec le pépé j’ai mis bas des veaux. J’allais après l’école chercher les vaches au pré et j’ai encore le souvenir sur le chemin de la Garandelière de ma Fidèle, indolente et tendre, toujours à la traîne. Toujours avec le pépé j’ai conduit la Nénette notre jument pataude lorsque nous passions la décavaillonneuse dans la vigne ou dans le champ de betteraves.

 

Mon père, lui, avait choisi, pour nous nourrir, d’entreprendre comme on dit aujourd’hui. Entrepreneur de travaux agricoles et de battages : la charrue Bonnel, le gros Société Française Vierzon monocylindre, la batteuse Merlin. C’était le temps des maîtres et les métayers ne s’endettaient pas en achetant du matériel.

 

C’est pour tout cela que j’ai choisi, plutôt que le lycée, d’aller à l’École d’Agriculture ND de la Forêt, à 500 mètres de la maison familiale, interne bien sûr. Nous y étudions au rythme de 3 heures de travaux pratiques journaliers : la ferme, le verger, la vigne, la culture, l’atelier…

 

Mon destin a bifurqué lorsque l’aumônier, l’abbé Blanchet, auteur de théâtre populaire et parent de Michel Albert, énarque Inspecteur des Finances qui eut son heure de gloire au temps de JJSS le fondateur de l’Express, m’a convaincu que je devais prendre le même chemin que ce fils de métayer du Haut-Bocage.

 

Et puis il y eut mai 68 et j’ai jeté aux orties l’énarchie. Me retrouver coincé dans un cadre, aussi prestigieux fut-il à l’époque, ne me convenait pas.

 

Alors, j’ai choisi de faire ma thèse de doctorat sur le grand chambardement qui pointait son groin dans le monde du cochon. La Bretagne allait tout, ou presque, rafler. Qui se souvient que les alentours de Paris étaient l’un des plus grands bassins de production du cochon avec les eaux grasses des restaurants ?

 

Je me souviens du petit sourire étonné d’Yves Prats, le doyen de la Faculté, éminent spécialiste du Droit Public, lorsque je lui ai exposé pour la première fois mon projet. En ce temps-là j’ignorais ce qu’était un Grand Cru Classé de Bordeaux et qu’Yves Prats était le frère de Bruno qui dirigeait la destinée du Cos d’Estournel et de Petit Village.

 

La suite est longue comme mon CV, j’ai bourlingué entre le public et le privé sans jamais avoir bénéficié de ce fameux statut de fonctionnaire dont certains à plaisir m’ont affublé pour bien sûr me discréditer.

 

Tout au long de ce parcours de 49 années, j’ai commencé à bosser à 18 ans, le seul fil directeur auquel je me suis tenu c’est la fidélité à Louis et Arsène Berthomeau, à ce qu’ils étaient, à ce qu’ils représentaient : ma colonne vertébrale. Je n’ai jamais oublié d’où je venais et ce que je leur devais. 

 

Mais là n’est pas le sujet de ma chronique de ce matin.

 

Par deux fois, il m’a été demandé de me pencher sur le devenir d’un secteur de notre agriculture. Ce fut d’abord le vin, puis en fin de parcours, puisque j’étais interdit de séjour dans le monde du vin, le lait.

 

Le rapport de 2001, le groupe stratégique Cap 2010 les défis du vin français, et tout au bout le grand lâchage d’Hervé Gaymard et le placard.

 

Et puis, tout à la fin, Bruno Le Maire, ou son cabinet, m’a confié une patate chaude dont personne ne voulait, la déprise laitière dans le Grand Sud-Ouest.

 

Ce fut un temps fort au ras du terrain et au plus près des éleveurs.

 

Et puis, à la fin de la fin, fort de cette expérience, j’ai demandé et obtenu de Stéphane Le Foll de pouvoir réfléchir à comment anticiper la fin des quotas laitiers.

 

Au risque d’être traité de courtisan ce nouveau Ministre de l’Agriculture me paraissait apte, non à tout bouleverser, mais à mettre sur la table des éleveurs les enjeux de cette ouverture au grand large. N’oublions pas que depuis les années 50, le lait a toujours connu un fort encadrement et des mécanismes de régulations que nous avons ensuite exportés dans le nouveau Marché Commun.

 

Et puis, j’ai de plus en plus compris que l’intérêt poli que l’on accordait à mes écrits se heurtait à un grand classique du 78 rue de Varenne : ne pas soulever les problèmes avant qu’ils ne vous pètent à la gueule. Tendance renforcée par une administration totalement enjuguée par son concubinage européen, frileuse et incapable de la moindre capacité à sortir d’une vision purement règlementaire de l’agriculture.

 

Pour autant je m’interdis de dire : « je vous l’avais bien dit » ce serait de ma part déplacé et surtout sans grand intérêt.

 

Le mal est fait et il ne date pas d’aujourd’hui. Les pouvoirs publics ne sont pas les seuls responsables de la situation, les citoyens-consommateurs portent eux aussi une large part de responsabilité et leur commisération à l’endroit des agriculteurs m’irrite.

 

Pour autant n’attendez pas de moi que j’instruise un procès mais permettez-moi d’exprimer ma tristesse face au grand mal être des agriculteurs et des éleveurs.

 

C’est un sentiment d’échec qui m’habite.

 

Pourrons-nous un jour dans ce pays accepter de nous saisir de la réalité, qu’elle nous plaise ou non, d’en tirer les leçons sans nous enfermer dans des analyses toute faites et des solutions clés en main ?

 

Je n’ai plus les mains dans le cambouis et je n’ai aucune vocation à donner des leçons à qui que ce soit mais, comme le disait Napoléon, « En politique, comme à la guerre, le moment perdu ne revient plus. »

 

Que d’occasions perdues !

 

* j'ai balancé utiliser l'imparfait que nous fissions...

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 06:00
Les coopérateurs ont toujours préférés les belles cuves aux investissements immatériels… nos mastodontes écoulent leurs vins…

Dans Terre de Vins je lis, le mardi 2 février 2016, sous la plume d’Alexandre Abellan : L'union coopérative Terre de Vignerons, un mastodonte aquitain

 

« Pesant pour un cinquième de la production girondine de vins, l’union de production et de commercialisation Terre de Vignes est un poids-lourd de la coopération. Après avoir assis son outil de production, sur 6 millions d’euros d’investissements, c'est le développement commercial qui est en mire.

 

En 2012 naissait Terres de Vignerons, de la réunion de Prodiffu et de l’Union Saint-Vincent. Quatre ans plus tard, cette mutualisation de 13 caves coopératives de l’Entre-deux-Mers et de Duras impressionne par le simple alignement de ses chiffres. Ses 1 295 vignerons associés représentent 15 190 hectares de vigne, pour 840 000 hectolitres de vin produits annuellement sur 18 sites de vinification. »

 

40 millions de bouteilles et 1 million de BIB

 

CA consolidé de 90,7 millions d’euros en 2014

 

Terre de Vignerons 1ière place en Aquitaine et 3ième sur l’échelle nationale.

 

Depuis 2013, Terre de Vignerons a consacré 5,7 millions € à ses deux unités de production.

 

« Nous avons beaucoup travaillé pour avoir un outil industriel en qualité et quantité. L’idée est maintenant de travailler les performances commerciales. Notre objectif est de valoriser les vins et de ramener de la valeur ajoutée sur le territoire avec des produits marquetées. » Céline Wlostowicer, la présidente de Terre de Vignerons

 

« Le développement commercial passe par le grand export (Chine, Etats-Unis…), mais il y a aussi des opportunités sur les marchés français et européens. Les consommateurs y montent en expertise et en gamme » Benoît Berger directeur de Terres de Vigneron.

 

« Nous n’avons pas à rougir de la qualité de nos vins. En 2015, ils ont reçu 110 médailles. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de répondre aux attentes de grands distributeurs sur des volumes conséquents, avec l’assurance de fournir une qualité constante et typique de l’AOC. »

 

« L'export est d'ailleurs l'axe de développement au coeur du projet In Vivo Wine, préparant la relance de la marque Cordier en mobilisant des caves coopératives de Gironde. Aujourd'hui, ce nouvel acteur est perçu comme complémentaire de Terre de Vignerons. « Nous sommes attentifs à ce projet, nous verrons selon son développement s’il y a des opportunités » Céline Wlostowicer

.

Tout cela et bel et beau surtout avec ce qui suit.

 

« Pourquoi des caves adhéreraient-elles à InVivo plutôt que de vendre simplement leurs vins à ses filiales que sont Cordier à Bordeaux ou les Vignobles du Soleil dans le Gard ? « Parce que nous sommes InVivo », a répondu Thierry Blandinières. Comme une évidence !

 

« Ces coopératives participeront au développement de la branche vin d’InVivo, a ajouté Bertrand Girard, directeur d’Invivo Wine, la branche vin du groupe. Elles auront une plus forte maîtrise de leur destin que si elles restent dans une relation de client à fournisseur. »

 

« Bertrand Girard a également répondu à une critique souvent formulée contre Vinadéis (ex-Val d’Orbieu-Uccoar), qu’il dirige et qui fait déjà partie d’Invivo Wine : cette union de coopératives basée à Narbonne est en effet marquée comme un spécialiste des vins à bas prix.

 

« Nous sommes leader et fer de lance de la montée en gamme du Languedoc-Roussillon, s’est défendu Bertrand Girard. Nous sommes le plus gros acheteur d’AOP du Languedoc. Nous commercialisons 45 domaines et châteaux en mise à la propriété, une activité avec laquelle nous réalisons 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette année, nous avons obtenu 115 médailles pour l’ensemble de nos vins. Qui peut en dire autant ? »

 

« Je suis dans la coopération depuis une trentaine d'années, et pendant tout ce temps, j'ai entendu dire qu'il fallait structurer un navire tête de proue à l'international. Ce grand bateau, nous sommes en train de le créer »,souligne le président de Vinadeis Joël Castany.

 

« Le premier marché visé est le marché américain, sur lequel la France a perdu sa première place depuis longtemps », précise le DG de Vinadeis, Bertrand Girard.

 

« En politique, comme à la guerre, le moment perdu ne revient plus. » Napoléon

 

Je crois rêver mais bon j’ai l’impression de radoter : la montée en gamme ce n’est pas l’escalade du Tourmalet au temps de Gaul et Bahamontès c’est tout bêtement beaucoup d’argent. Celui que l’on investit massivement et longtemps dans une marque pour espérer la positionner au niveau où celle-ci dégagera enfin du profit qui la maintiendra à ce niveau.

 

Nos concurrents du Nouveau Monde incorporent beaucoup de marketing dans leurs bouteilles, les coopérateurs français sont-ils prêts à accepter ce type d’investissement long et massif ?

 

J’en doute car en dépit du poids de ces groupes, qui n’ont d'ailleurs rien de mastodontes, ils n’ont aucune prise sur le prix du vrac. Bien au contraire, par le passé et encore aujourd'hui, c'est par le faible niveau de leurs prix qu'elles se sont maintenues dans le marché.

 

Si j'ai conseil à donner au couple ambitieux d'IN VIVO Vinadeis c'est de demander conseil à un spécialiste de la montée en gamme, un vrai faiseur de marques : Pierre Pringuet l'ancien DG de Pernod-Ricard.

 

Qui vivra verra mais s’il est toujours intéressant de prendre des cours de marketing ICI Dossier. « Marketing et vin : un accord pas si évident ! » je pense que le couple Blandinières&Girard ferait bien de mettre des chiffres d’investissements immatériels sur leur projet de montée en gamme de leur offre plutôt que de rouler des mécaniques et de se barder de médailles comme les généraux de l’ex-Union Soviétique.

Les coopérateurs ont toujours préférés les belles cuves aux investissements immatériels… nos mastodontes écoulent leurs vins…
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