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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 06:00

Sorg og citroner | Information

C’est moi qui me suis mélangé les pinceaux dans l’abondante production de ciné papy, « Le discours d’un roi » (2012) annonçait à sa suite « Un dimanche comme les autres» : Sunday Bloody Sunday » en vo mais, peu importe, aucune de ses critiques n’est passée à la trappe, elle sera publiée mercredi prochain.

 

Le film d’aujourd’hui est une découverte pour mois.

Love is all you need - film 2011 - AlloCiné

 

 

Aujourd’hui c’est « Love Is All You Need» (2012)

 

Non, Ciné Papy ne s’est pas mélangé les pinceaux. Ce n’est pas parce qu’à l’époque des « quatre garçons dans le vent » plus connus que Jésus Christ, il écoutait plutôt Brel, Brassens, Ferré, Barbara ou encore Jean Ferrat qu’il ne sait pas qu’un de leur succès est « All You Need Is Love » et non le titre du Film d’aujourd’hui.

 

Mais c’est bien de « Love Is All You Need » que nous allons parler.

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour changer un peu. Marre peut être du sérieux et du sentimentalisme des dernières fiches. Il s’agit d’une comédie mais non dépourvue de charme, de ravissement ni bien sûr de fantaisie quelque peu burlesque. Mais attention, on ne se refait pas, le romantisme est aussi de la partie même si le titre original « Den skaldede frisør » signifie, en danois, « la coiffeuse chauve ».

 

 

Quelle est l’histoire ?

 

Ida, est une coiffeuse danoise. Ce n’est pas son cancer qui est en phase terminale mais son traitement. Elle est en attente des résultats et bien sûr espère sa guérison.

 

Philip, lui, est un homme d'affaires anglais installé au Danemark. Il apparaît sérieux et sans joie pour avoir perdu sa femme. Il semble inconsolable, désabusé mais résigné. Il a réussi sur le plan professionnel et peut tout prendre avec détachement sauf les petites contrariétés quotidiennes ou perce alors son agacement. Lors d’un accrochage dans un parking, drôle d’endroit pour une rencontre, il fait la connaissance d’Ida. Il lui annonce qu’il se rend en Italie (Sorrente, en Campanie) où son fils Patrick va épouser Astrid qui se révèle, quelle chance, merci les scénaristes être la fille d'Ida. Tout le film est la suite de cette rencontre de deux être de milieu social très différent.

 

Réalisation

 

Suzane Bier est derrière la caméra. Je ne connais pas cette réalisatrice qui semble dotée d’un sacré tempérament au regard de son parcours jonché de récompense, de reconnaissance de toutes sortes et bien sur de très nombreux succès dans tous les genres abordés, de la comédie au thriller. Ici elle se paye le luxe d’une pointure comme Pirce Brosnan entouré d’un casting entièrement danois.

 

 

Qui fait quoi      

                                                                                                                                               

Trine Dyrholm est Ida. C’est une chanteuse, actrice, auteur-compositeur danoise. Elle bénéficie  d ‘une reconnaissance internationale pour sa présence dans des films récompensés tel «Royal affaire» ou comment la noblesse frileuse et conservatrice s’oppose à des réformes directement inspirées par Les Lumières, un siècle avant la révolution française. Dans « Love is all you need » elle interprète son rôle avec une fausse ingénuité, un peu comme Mélanie Griffith. Elle joue avec beaucoup de subtilité ce rôle d’une simple coiffeuse qui possède cependant une intelligence du cœur et beaucoup de finesse. C’est cette finesse que percevra Philip et qu’il permettra à Ida de développer.

      

                                                                                                                 

                       

Pierce Brosnan  est Philip. Encore une vedette qu’on ne présente pas. Après une série télévisée à succès « Les Enquêtes de Remington Steele » il est le cinquième acteur à interpréter James Bond dans quatre films. Bien que déjà très apprécié au théâtre, sa carrière cinématographique décolle. Il tient le rôle du méchant dans « Le quatrième protocole » au côté de Michael Caine. Il reprend, plus qu’honorablement, le rôle de Thomas Crown dans le remake de 1999. Il est tout aussi convaincant dans « Le Tailleur de Panama » (2000) ou dans  « November Man » (2014) thriller palpitant ou il tient de rôle d’un ancien tueur à gage retraité.

 

 

Temps forts

 

Le froissage de tôle, rencontre de Philip et d’Ida dans un parking.

 

La manière dont Philip remet à sa place sa principale collaboratrice, amoureuse de lui et qui ne cesse de tenter sa chance d’accrocher ce veuf beau et riche.

 

Quand Ida surprend son connard de mari entrain de la tromper alors qu’elle sort de sa dernière séance de chimio puis la suite dans le salon de coiffure ou elle travail.

 

L’arrivée à la noce à Sorrente de cet ex-mari qui est quand même le père de la futur mariée. Il arrive accompagnée d’une nana sans même percevoir d’indécence de la situation.

 

Mais surtout, toutes les séquences en Italie dans cette Campanie sublime ou je ne m’aventurai jamais sans précaution trop craintif d’être frappé par le syndrome de Stendhal. Celui-ci nous fait part de son expérience extatique à Florence dans la basilique Santa Croce. Je n’ai plus l’âge d’aller là-bas ni sur les bords du lac de Côme. Je n’en reviendrai pas.

 

On comprend qu’Hannibal qui pouvait aisément ne faire qu’une bouchée des Romains, ait succombé aux délices de Capoue pour finir vaincu.

 

La réalisatrice filme ces lieux enchanteurs avec naturel et simplicité les rendant plus ravissant encore au sens propre du terme.

 

Conclusion

 

« Un film simple et beau » peut-on lire parmi les critiques

 

Pax

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 06:00

TV : ce soir, on écoute Colin Firth dans « Le Discours d'un roi » - Elle

J’ai beaucoup aimé ce film.

 

Le discours d'un roi - la critique

 

Aujourd’hui c’est « Le discours d’un roi » (2012) *

 

Film que l’on pourrait sous-titrer « histoire de la réparation d’un être bousillé par son éducation » Cela me rappelle cette remarque d’un psychanalyste : « Si on ne bousillait pas nos enfants, on n’aurait pas besoin de les réparer. » Et, enfin, pour faire taire les mauvais coucheurs qui voient rouge dès que l’on parle psychanalyse laissons la parole à l’omni présent Gérard Miller qui ne dit pas que des bêtises : « Personne n’oblige quiconque à recourir à l’analyse. Mais si vous en avez assez de souffrir et que vous avez tout essayé, je dis bien tout, peut être que l’analyse mettra fin à vos souffrances »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Un roi avait deux fils, aussi mal éduqués l’un que l’autre. Nous avons David, Prince de Galles et Albert, duc d'York. Le père, le roi Georges V plus que strict sur l’éducation disait : « mon père avait peur de sa mère, j'avais peur de mon père et je vais m'assurer que mes enfants aient peur de moi ». Le Prince de Galles, jouant de sa position, mène une vie de patachon totalement irresponsable qui irritait son père. Georges V reporta toute son affection et ses espoirs sur Albert, plus réservé et qui n’en demandait pas tant. Son père voulait le préparer à être roi, persuadé que David courait à la catastrophe pour lui-même et la royauté. De fait, le Prince de Galles, plus capricieux que jamais, s’entêta à épouser Wallis Simpson, américaine divorcée qui devait avoir des talents couchés. C’était aller contre l’avis du gouvernement. Le premier ministre Baldwin s’y opposant fermement ce qui permit au Canard Enchainé de titrer, à propos de cette affaire : « On ne Baldwin pas avec l’amour »

 

 

Bref, si tout cela se trouve dans le film (sauf le titre du Canard) l’essentiel tourne autour de l’affrontement entre Albert devenu le roi Georges VI et un orthophoniste australien nommé Logue. Car, et c’est un énorme problème, au moment où se développent les techniques audio-visuelles, le futur roi est bègue. Logue, tout en douceur, mais avec beaucoup d’énergie, bouscule le roi. Il commence à l’appelé par son surnom intime de  « Bertie ».

 

 

Désarçonné et rétif Albert entend renvoyer Logue. Celui-ci lui fait le pari que, quoique bègue, il est capable de réciter le monologue d’Hamlet « To be or not to be » tout en écoutant « Le mariage de Figaro ».

 

 

Les Anglais sont joueurs, Albert accepte. Logue enregistre et propose au roi d’écouter l’enregistrement. Celui-ci convaincu que cela ne pouvait pas marcher, refuse d’écouter et, en colère, renvoie Logue qui, néanmoins, lui remet le disque.

 

 

Le roi écoutera le disque plus tard et découvrira qu’il n’a pas bégayé. Poussé par sa femme  qui l’accompagne, Albert accepte une thérapie limitée à des techniques de relaxation musculaire et de contrôle de la respiration. Mais Logue continue à sonder les racines psychologiques du bégayement. Chaque nouvelle étape où le futur roi est confronté à des mauvais souvenirs d’enfance, patient et thérapeute sont au bord de la rupture. Puis les deux hommes vont finir par devenir amis.

 

 

Réalisation

 

 

Derrière la caméra : Tom Hooper. Thomas George « Tom » Hooper est un jeune réalisateur britannique, né en octobre 1972. En 2010 on ne lui connaît que deux films. C’est l’année où il réalise « Le discours d’un roi » C’est un coup de maître. Le film cumule succès critique et public. Il décroche 4 trophées majeurs aux Oscars dont meilleur film et meilleur réalisateur.

 

 

Qui fait quoi

 

 

Colin Firth : Albert dit « Bertie », duc d'York et futur George VI

 

Trailer du film Le Discours d'un roi - Le Discours d'un roi Bande-annonce  VO - AlloCiné

 

Quel acteur ! Quelle finesse de jeu. Il peut jouer à peu près ce qu’il veut.

 

 

Tous se souviendront de sa performance dans « Love actually » (2003) Film sans queue ni tête qui permet à une pléiade d’acteur de faire leur numéro. Colin Firth y tient le rôle d’un écrivain qui tombe amoureux de sa bonne portugaise et qui un soir de noël fonce à Lisbonne pour la demander en mariage : hilarant !

 

 

On le repère aussi dans « L'Importance d'être Constant » (The Importance of Being Earnest) 2002, d'après la pièce de théâtre L'Importance d'être Constant d'Oscar Wilde. Là encore tout en finesse au côté d’un autre grand, Ruppert Everett tout aussi fin.

 

 

Il est également à l’affiche de «Le Journal de Bridget Jones» (2001)

 

 

Il est un Valmont très convaincant face à Annette Bening dans « Valmont » (1989) réalisé par Miloš Forman, excusez du peu. Cependant ce film entre en concurrence avec « Les Liaisons dangereuses » (1988) (Dangerous Liaisons) de Stephen Frears avec John Malkovitch en Valmont et Glenn Close en Merteuil. Une toute autre interprétation. Frears l’emporte sur Forman dont l’insuccès faillit faire mordre la poussière à son producteur français Claude Berri

 

 

Quoiqu’il en soit, l’Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur lui sont attribués pour ce rôle de « Bertie »

 

 

Geoffrey Rush: Lionel Logue

 

Le Discours d'un roi » Le lecteur Samulak

 

Je connaissais mal cet acteur australien pourtant détenteur d’un Oscar du meilleur acteur dans Shine en 1997. Je l’avais repéré dans «Le tailleur de Panama» (2001) sur lequel on pourra revenir.

 

 

Son jeu toute en finesse lui aussi, proche d’une ironique componction est un régal. Dans le rôle de Logue il mélange un sens de l’existence très libéré avec un classicisme très britannique. Le cheminement qu’il fait avec « Bertie » et qu’il lui impose tout en douceur est des plus savoureux.

 

 

Helena Bonham Carter: Elizabeth

 

Le discours d'un Roi : le discour d un roi helena bonham carter colin firth  | zoom-Cinema.fr

 

Je ne connaissais pas non plus cette actrice pourtant célèbre pour ses rôles dans les Harry Potter ou ses collaborations avec Tim Burton metteur en scène de talent adepte du fantastique. Ciné papy ne prise guère ce genre cinématographique pas plus que les séries au succès mondial comme « The Crown » ou elle tient le rôle de Margareth dans les saisons III et IV.

 

 

Dans « Le discours d’un roi » Elle est l’épouse d’Albert puis futur reine quand Albert monte sur le trône sous le nom de George VI. Elle est parfaite dans son rôle d’épouse attentionnée. Elle illustre avec beaucoup de justesse la réalité historique d’un couple très uni, aimé des Anglais. Rappelons que George VI et sa femme sont restés à Londres pendant le « Blitz » aux côtés des Londoniens très éprouvés alors que tout le monde leur recommandait de partir.

 

 

Michael Gambon : George V

Le discours d'un Roi : le discour d un roi michael gambon | zoom-Cinema.fr

 

Nous avons déjà parlé de lui dans « Les leçons de la vie » On le retrouve ici dans un rôle qui lui convient, plein d’outrance, joué sans outrance aucune.

 

 

Timothy Spall : Winston Churchill

Le Discours d'un roi” de Tom Hooper | Angle[s] de Vue

 

Ce curieux acteur a joué dans quelques cinquante-quatre films en quarante ans de carrière avec de très grands metteurs en scènes Il interprète un Churchil assez convaincant qui n’a rien à voir avec ses rôles de Peter Pettigrow dans les divers « Harry Potter » Ciné papy en profite pour signaler qu’il n’aime pas ce genre de saga. Bon père, à l’époque, il a emmené ses enfants et leurs copains voir « La guerre des étoiles I et II » Il se souvient qu’à la sortie de la projection du numéro II il s’était réjoui à la seule pensée que lorsque sortirait le numéro III les enfants seraient assez grands pour aller au cinéma tout seul. Timothy Spall a également joué un historien révisionniste dans  « Le Procès du Siècle » (2016) sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

 

 

Derek Jacobi : Cosmo Lang

 

The madness of King Edward VIII: Shocking letters hidden for 76 years  reveal Archbishop accused Monarch of insanity, alcoholism and persecution  mania - and forced him into abdication crisis | Daily Mail Online

 

Les amateurs du petit écran se souviendront de lui car il incarnait le moine enquêteur de la série au succès mondial « Cadfael »

 

 

Temps forts

 

 

Curieusement, j’ai du mal à en trouver. Tout le film est un temps fort. Tout le film traduit la tension avec laquelle vie Bertie On est confronté à sa solitude et son angoisse face à ce qui l’attend. Cette angoisse se transforme en panique quand il est confronté à son passé qui le déstabilise encore plus à chaque fois. Et à chaque fois, Logue qui passe pour cet empêcheur de vivre caché, apparaît comme être seul responsable et à l’origine de ce drame intime. Cette angoisse rejaillie sur le thérapeute qui encaisse sans maudire. Calme et serein il apaise le futur roi. Quand celui-ci sera vidé de cette angoisse, il partagera la paisible assurance de Logue et, pacifié avec lui-même trouvera l’énergie de prononcer le discours d’un roi

 

Pax

 

Prochainement « Un dimanche comme les autres» Sunday Bloody Sunday en vo

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 06:00

 

« Rien n’est sale quand on s’aime », fera dire Clouzot à l’un des personnages de son film Manon. Dans Quai des Orfèvres, déjà, tout poisse, s’encrasse, sauf l’amour, qu’il soit filial, conjugal ou lesbien.

 

Ce film est né dans l’année qui précède ma naissance, 1947, je pense l’avoir vu dans le cadre de Ciné-Culture.

 

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/c409aedd-80cd-4b9d-9fe9-ea4a843cb9c0_2.jpg

 

Aujourd’hui c’est « Quai des Orfèvres »

 

Attention, chef d’œuvre !

 

C’est le moment de rappeler que « Ciné papy » ce n’est que des coups de cœur d’un amateur de cinéma, cinéphage par ailleurs plus que sage cinéphile.

 

C’est donc avec beaucoup de modestie que cette œuvre va être abordée et tenter de vous expliquer ce qu’elle a de magique. Exercice d’autant périlleux qu’il ne faudrait pas moins de trois fiches pour vous en parler.

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que, comme dirait Fabrice Luchini, c’est du lourd. Du très lourd au regard de tous ceux qui de près ou de loin ont participé à ce film. Les divers renvois que permet cette richesse montrent ce que fut l’histoire du cinéma français pendant la deuxième guerre mondiale.

 

Mais voir aussi en fin de fiche

 

Quelle est l’histoire ?

 

Il s’agit d’un roman policier dont l’intrigue est particulièrement alambiquée. Clouzot traite cela avec brio et en profite pour dresser le tableau d’un monde artistique de cabaret et une vie de policier d’une tristesse affligeante. C’est Louis Jouvet qui mène l’enquête qui s’avère ardue en raisons des mensonges des uns et des autres, soit pour protéger quelqu’un, soit pour dissimuler quelque chose comme, par exemple, la chanteuse Suzy Delair qui n’a rien à se reprocher sauf d’avoir été sur le lieux du crime et qui craint la jalousie de son pianiste accompagnateur de mari, Bernard Blier. Il faut souligner l’humanité dont fait preuve Louis Jouvet, tout au long de l’enquête, jusqu’à sa conclusion

 

Source

 

 

C’est le roman « Légitime Défense » de Stanislas-André Steeman. C’est, entre autre, un auteur belge de roman policier à succès. Il a créé le personnage de Monsieur Wens, surnom de Wenceslas Vorobeïtchik, détective privé dont les aventures seront portées sept fois à l’écran dont « L’assassin habite au 21 » (1942) adapté et mis en scène par Clouzot avec dans le rôle de Monsieur Wens le grand Pierre Fresnay dont on ne peut oublier la très élégante interprétation dans « La grande illusion » (1937) de Jean Renoir , du capitaine de Boëldieu,  un aristocrate fier et nostalgique . Nous aurons l’occasion d’y revenir.

 

Réalisation

 

Henri-Georges Clouzot est à la mise en scène. C’est quelqu’un d’important dans l’histoire du cinéma français. Son pessimisme le porte vers le film noir Ses films n’ont jamais laissé indifférents.  « Le Salaire de la peur »(1952) et « Les Diaboliques »(1952), sont placés par la critique au nombre des plus grands films des années 1950.

 

Le Salaire de la peur a remporté les trois récompenses suprêmes des principaux festivals européens à savoir le Lion d'or, la Palme d'or et l'Ours d'or. Honneur qu’il partage avec deux autres cinéastes seulement, Michelangelo Antonioni et Robert Altman. C’est dire  l’importance du bonhomme. Le suspens distillé dans ses films le qualifiera d’ « Hitchcock français »

Chroniques du Cinéphile Stakhanoviste: Quai des Orfèvres - Henri-Georges  Clouzot (1947)

 

Qui fait quoi

 

Louis Jouvet : l'inspecteur Principal-Adjoint Antoine

 

Simone Renant : Dora Monnier, la photographe

 

Bernard Blier : Maurice Martineau, le mari de Jenny

 

Suzy Delair : Marguerite Chauffonnier dite Jenny Lamour, la femme de Maurice

 

Pierre Larquey : Émile Lefort, le taxi

 

Jeanne Fusier-Gir : Paquerette, la dame du vestiaire de l'Eden

 

Claudine Dupuis : Manon, la prostituée sous les verrous

 

Charles Dullin : Georges Brignon, l'homme d'affaires

 

Henri Arius : Léopardi, auteur compositeur

 

Charles Blavette : Poitevin, l'employé de la SNCF

 

René Blancard : le commissaire divisionnaire chef de la Brigade Criminelle

 

Robert Dalban : Paulo, ferrailleur et mauvais garçon

 

Jean Daurand : l'inspecteur Picard

 

Jean Dunot : Nitram, le chanteur comique qui répète

 

Jacques Grétillat : Auguste, de l'agence artistique

 

Gilberte Géniat : Mme Beauvoir, la concierge

 

Gabriel Gobin ou Gabriel Gobain : le patron du café

 

François Joux : l'officier de police Faillard

 

Léo Lapara : l'inspecteur Marchetti

 

Henri Niel : l'inspecteur à la dinde de Noël

 

André Numès Fils : l'inspecteur comptable

 

G. Peran ou Claude Peran : le magicien de Médrano

 

Annette Poivre : Madeleine, la standardiste

 

Georges Pally : Poiret, le régisseur de l'Eden

 

Fernand René : Mareuil, le directeur de l'Eden

 

Jean Sinoël : le vieux journaliste

 

Raymond Bussières : Albert, le truand arrêté

​​​​​​​

Bob Ingarao : un inspecteur (non crédité)

 

Il n’est pas question de vous les présenter les uns après les autres. Les petits curieux peuvent aller sur interlope pour plus de renseignement si nécessaire.

 

Par exemple Dora Doll, nom à la connotation américaine. On découvre une carrière importante et méconnue aujourd’hui, même de vieux Ciné papy.

 

Les plus anciens reconnaîtront des acteurs encore connus comme Pierre Larquey qui tient un rôle important dans « Le Corbeau » grand film également réalisé par Clouzot. Mais aussi Raymond Bussières ou encore Robert Dalban que tous les amateurs de cinéma, y compris les jeunes connaissent pour sa participation dans ce monument qu’est le film « Les Tontons flingueurs » de Georges Lautner, (pour la petite histoire, fils de Jeanne Fusier-Gir)

 

Je laisse à une autre fois l’occasion de parler de Louis Jouvet qu’on ne présente plus ou de Charles Dullin grand acteur de théâtre ou enfin de Bernard Blier qui commençait une très longue carrière.

 

Si contrairement à une annonce du début des fiches j’impose au lecteur cet impressionnant casting c’est pour attirer l’attention sur ce que l’on pourrait, non sans un certain mépris, parler de second rôle. Quand on aime le cinéma et les acteurs ont ne peut que souscrire à ce que rapporte Dominique Zardi, un des plus constants seconds rôles du cinéma français et plus particulièrement de Claude Chabrol. Le petit aux cheveux ras pour ne pas dire rasés, c’est lui.

 

Il nous dit : « Vous savez, dans le gigot, ce qui est bon, c'est pas la viande, c'est les pointes d'ail. C'est pas moi qui dit ça, c'est Raimu » Lequel Raimu précisait souvent : « Il n'y aurait pas de grands acteurs sans de grands seconds rôles"

 

C’est toujours un plaisir de les retrouver dans l’un ou l’autre film.

 

Mention aussi pour les costumes de Jacques Fath grand couturier de l’immédiat après-guerre.

 

 

Temps forts

 

Photo de Simone Renant - Quai des Orfèvres : Photo Simone Renant, Suzy  Delair - AlloCiné

 

La remarque de Louis Jouvet à Simone Renant, la photographe Dora Monnier amoureuse de Suzy Delair.

 

            «Dans le fond, vous êtes un type dans mon genre, vous n’avez pas de chance avec les   femmes.»

 

Rien que pour cela j’idolâtre « Quai des Orfèvres ». Clouzot dialoguiste de ce film, montre qu’il n’était pas qu’un simple metteur en scène

 

Pax

 

Prochainement « Un dimanche comme les autres »

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 06:00

 

Pendant que je n’en fous plus une rame Pax rame !

 

Et cerise sur le gâteau il me fait découvrir un film qui était passé sous mon sonar.

 

Enfin, le souscrit à tout ce qu’il écrit sur le Gégé Depardiou…

 

Aujourd’hui c’est « Quand j’étais chanteur »

 

Achat Quand J'étais Chanteur en DVD - AlloCiné

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que tel est mon bon plaisir. Car ce qui, pour beaucoup, peut apparaître comme une bluette – Encore une ! Il ne peut pas changer un peu de registre ce Ciné papy ? – est pour moi, un film que je ne me lasse pas de revoir.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Alain est chanteur de bal dans le Massif Central. Il est mondialement connu à Clermont-Ferrand.

 

C’est un pro qui fait aussi les comités d’entreprises, les fêtes de fin d’année, les inaugurations et tout ce type d’événement ou encore les thés dansant. Il a 50 ans et les cheveux teints. Il est l’ami de tout le monde. Tout son univers tourne autour de la chanson lorsqu'il rencontre Marion.

 

Lors d'un concert, Bruno, un ami agent immobilier vient en loge le saluer. Il est accompagné de sa nouvelle stagiaire Marion. C’est une jeune mère célibataire d'un enfant de six ans. Alain tombe sous le charme de Marion. Celle-ci, qui bien qu’apparemment  assez distante de prime abord, passe la nuit avec lui ce soir de leur rencontre. Tout le film nous raconte comment ils vont s’apprivoiser, façon Petit Prince.

 

Réalisation

 

Je ne connais pas Xavier Giannoli. J’observe simplement que cet encore jeune réalisateur a été oscarisé pour un  court métrage. Il tourne beaucoup avec Depardieu et Cécile de France. Il est souvent dans la liste des oscarisables et c’est tout ce que je peux dire de lui. De toutes façons, je m’en fous tant m’enchante « Quand j’étais chanteur » et rien que pour cela je suis prêt à tout lui pardonner.

 

La critique lui reproche, dans ce film, une absence de profondeur. Un manque de continuité dans le récit qui effectivement apparaît comme une succession de scènes qui n’auraient comme point commun que la seule présence des mêmes personnages. On s’en fout, ça marche ! Et ce merveilleux roman photo, pour qui a une âme sensible, un cœur à l’unisson et ne s’en cache pas, est un pur régal. Enfoncez-vous, calez-vous dans votre fauteuil, ça commence

 

Qui fait quoi

 

Quand j'étais chanteur' : un film avec Cécile De France et Gérard Depardieu  / Bande annonce

 

Gérard Depardieu est Alain Moreau. On ne présente plus la bête. Cela fait longtemps qu’elle est hors concours. Dans ce rôle il sait être tout à la fois grandiose et pitoyable. Tout est joué en finesse ; il n’y a aucune caricature, aucune ironie, aucun second degré. Pas le moindre clin d’œil, regardez l’artiste au travail ! Non, grandiose et pitoyable, comme est Alain Moreau et comme l’est Depardieu dans la vie. Grandiose, l’un des plus grands parmi les monstres sacrés du cinéma. Pitoyable lorsqu’il pisse en public dans un avion, lorsqu’il s’expatrie fiscalement dans un bled frontalier mais perdu de Belgique ou encore quand il s’affiche avec des Poutine ou autres potentats ridicules et malfaisant d’Asie Centrale. Grandiose devant la caméra dès que le metteur en scène crie : « Action »

 

Depardieu, c’est l’Albatros de Baudelaire : « Le Poète est semblable au prince des nuées / Qui hante la tempête et se rit de l’archer / Exilé sur le sol au milieu des huées / Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

 

Tout est dit et laissons les pisses-froid s’effaroucher. Oh ma chère, vous vous rendez compte !

 

Quittons un moment le Septième Art pour une incursion dans le Huitième, celui de la BD. On vous recommande en ce qui concerne l’ami Depardieu « Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu »  de Mathieu Sapin chez Dargaud

 

Gérard : Cinq années dans les pattes de Depardieu

 

Cécile de France est Marion.

 

Ciné papy ne fréquentant pas les salles de cinéma il n’a pu suivre l’irruption de cette étoile ni l’évolution de sa carrière avec des succès comme « L’auberge espagnole » Je ne sais plus comment ni à l’occasion de quel film je l’ai vu apparaître pour la première fois. Ce que je sais c’est que je ne manque aucun des films que je peux repérer sur mes programmes ou elle apparaît dans la distribution. Pour en rester aux apparences il faut dire que réunir un physique et un nom comme le sien on pourrait faire carrière rien qu’avec cela. Elle a heureusement pour nous, bien d’autres talents. À suivre car, c’est sûr, on en reparlera.

 

 

Il y a Mathieu Amalric, ambigu à souhait, comme, pour moi du moins, à chaque fois. Il affiche une décontraction, une espèce de j’m’en foutisme qui donne un ton particulier à chacun de ces rôles. On a l’impression qu’il passait là, dans le couloir et qu’on lui à demander si cela ne dérangerait pas de tenir tel rôle, là, comme ça, au débotté.

 

Temps forts

 

La grande scène du bal ou, presque façon documentaire, on assiste à une soirée de ce qui est le quotidien du chanteur. Depardieu y est tout simplement prodigieux. Il arrive à nous faire oublier Depardieu et qu’il est Depardieu.

 

La scène finale ou André et Marion à l’extérieur du café ou elle l’a retrouvé mais, pour nous, vu de l’intérieur du café, ils s’embrassent, s’enlacent … et se quittent. Marion sort du champ, avant de revenir sur ses pas pour une nouvelle étreinte.

 

La dernière avant l’adieu définitif ? Une retrouvaille pour une nouvelle aventure commune ?

 

Chacun y verra ce qui lui semble. C’est tout l’art d’un cinéaste de terminer sur une fin ouverte Il permet ainsi, au spectateur de poursuivre à sa guise le rêve ou il a su l’entraîner

 

 

Sans oublier Christophe, dans son propre rôle. Cette apparition illustre parfaitement les deux mondes différents où évoluent, chacun à sa façon ces grands professionnels

 

Concluons pour une fois

 

« À chaque fois tout recommence

Toute musique me saisit,

Et la plus banale romance

M’est éternelle poésie »

 

Nous avoue Aragon

 

Pax

 

Prochainement « Quai des Orfèvres »

 

CRITIQUES PRESSE : tous 5 étoiles

Ciné Live

Fluctuat.net

L'Humanité

Le Figaro

Le Figaroscope

Le Journal du Dimanche

Le Monde

Le Parisien

Ouest France

Positif

Télé 7 Jours

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 06:00

A jazz band marches down Newcastle's Dean Street during the filming of Stormy Monday in 1987A jazz band marches down Newcastle's Dean Street during the filming of Stormy Monday in 1987

 

Aujourd’hui c’est «Un lundi trouble - Stormy Monday» (1988)

 

 

Pourquoi ce film ? 

 

Parce que Newcastle encore une fois, avec en  plus une actrice selon mon cœur, un excellent acteur qu’on a toujours plaisir à voir et la découverte de Sting.

 

Ce n’est pas un grand film mais une bonne histoire avec ce qu’il faut de suspens. Je le revois chaque fois avec plaisir même si le suspens est un peu éventé.



 

Quelle est l’histoire ?



 

La municipalité de Newcastle, en fête et toute aux couleurs des USA pour l’occasion, s’apprête a accueillir une délégation américaine représentée par Cosmo, promoteur sans scrupules. Il a comme projet d’aménager le quartier portuaire désaffecté suite à l’effondrement de l’économie productive enterrée par la Dame de fer. 

 

Sa petite amie Kate avait été envoyée pour repérer les possibilités d’investir ou, dit plus prosaïquement, blanchir ses dollars. 

 

Seul le Key Club, une boîte de jazz, lui échappe. Son propriétaire, Finney, n’a pas l’intention de céder et ne se laisse pas impressionner par les hommes de main de Cosmo. Sans les locaux du Key Club le projet tombe à l’eau. C’est dire qu’il va y avoir du sport.

 

Brendan, à la suite d'une petite annonce, est engagé au Key Club. Il rencontre par hasard Kate qui est la maîtresse de Cosmo mais veut rompre avec lui. Brendan et Kate se retrouvent entraînés malgré eux dans les règlements de compte entre Finney et Cosmos. Lors d'une ultime tentative, Cosmo tente d'éliminer Finney mais l’affaire tourne au vinaigre contraignant Cosmo à retourner dans son pays.

 

Réalisation

 

Mike Figgis est un réalisateur anglais dont il a déjà été question dans les fiches de Ciné Papy. 

 

On le trouve dans une fiche antérieure : « Les Leçons de la vie » sorti en 1994 soit six ans après.

 

C’est son premier film. Il est né à Newcastle et sait filmer sa ville d’autant que l’histoire se passe en pleine dépression économique et que la ville semble à l’abandon. Il est également le scénariste du film qui n’est pas qu’une histoire de gangster. On peut y voir la soumission des puissants face à l’impérialisme économique américain devant lequel Margaret Thatcher s’était empressée de s’incliner.

 

Qui fait quoi

 

Stormy Monday - Film | Park Circus

 

Mélanie Griffith est Kate. Elle est la fille de Tippi Hedren, souffre douleur d’Alfred Hitchcock qui ruina sa carrière parce qu’elle refusa de coucher avec lui. Mélanie Griffith est une actrice atypique avec une vie privée aussi disparate que sa filmographie où l'on trouve cependant quelques perles comme « Working girl » avec Sigourney Weaver et Harrison Ford. Une bluette certes mais sans mièvrerie.

 

Elle a un jeu bien à elle et servie par sa doublure française. Elle semble toujours en retrait comme peu concernée par ce qu’on lui dit alors que bien sûr elle n’en pense pas moins et qu’elle sait le dire, dès que nécessaire, comme ont voit la scène qu’elle fait à son « fiancé » dans Working Girl. Sa filmographie montre qu’elle a intéressé plus d’un metteur en scène figurant parmi les plus grands de ses contemporains de Woody Allen à Brian de Palma en passant par Sydney Lumet

 

Regard de basilic… Tommy Lee Jones.  Photographie: Robert Gauthier / Contour de Getty Images

 

Tommy Lee Jones est Francis Cosmo. On ne présente plus cet acteur présent dans plus de quatre vingt films dont beaucoup de réels grands succès tant critique que public. Il campe des personnage avec conviction, détermination à la hauteur de ses rôles sans jamais se départir d’un certain humour que les dialoguistes se réjouissent de placer dans sa bouche.

 

Rock star turned film star Sting was beseiged by autograph hunters when he returned to the North East, to shoot scenes for his film, Stormy Monday, in and around Newcastle's Quayside.

Rock star turned film star Sting was beseiged by autograph hunters when he returned to the North East, to shoot scenes for his film, Stormy Monday, in and around Newcastle's Quayside. 

 

Sting est Stephen Finney. Je ne connaissais pas cet auteur-compositeur-interprète et musicien britannique. Ce genre de musique n’étant pas ma tasse de thé. Il est plus que convainquant comme acteur et son jeu tout en ferme discrétion fait pendant à l’exubérance de Cosmo qui croit, parce qu’il a la municipalité dans la poche, que l’affaire est dans la sienne.

 

Temps forts

 

Quand les tueurs à gages de Cosmo venu faire signer Finney de force et qu’ils se trouvent à leur tour confronter aux hommes de mains du patron de la boîte de jazz

 

La mine de Kate quand elle raye, petite chipie l’air entendue, la carrosserie d’une Rolls appartenant à Cosmos




 

Pax

 

Prochainement « Quand j’étais chanteur »

 

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16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 06:00

 

 

Aujourd’hui c’est « La Guerre selon Charlie Wilson » (2007)

 

La Guerre selon Charlie Wilson - film 2007 - AlloCiné

 

De mon temps - et oui ce n’est pas pour rien que la rubrique s'appelle Ciné Papy - on aurait qualifié ce type de film de « politique fiction » ou quelque chose dans le genre. Aujourd’hui c’est, paraît-il un « biopic » soit une histoire autour d’un mec, comme le disait Coluche.

 

Ici c’est de Charlie Wilson qu’il s’agit, un député texan Charlie Wilson, membre influent du budget du sous-comité américain des crédits à la Défense.

 

Pourquoi ce film ? 

 

Parce que l’histoire (vraie) est passionnante d’une part et comme souvent, pour moi, elle réunit des acteurs que j’adore.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Charlie Wilson s’amuse à donner de lui une image connue et véhiculée avec complaisance par les médias, et de fêtard invétéré, grand amateur de whisky, et aux innombrables conquêtes féminines. C'est en réalité un fervent patriote, expert en politique internationale et en guerre froide. Le problème de la lutte des Afghans pour se libérer de l’envahisseur soviétique l’interpelle. Il prend conscience qu’avec leur armement dérisoire ils n’arriveront jamais à lutter contre les redoutables hélicoptères sur-armés des soviétiques. Titillé par une de ses ravissantes amies, anti communiste résolue et milliardaire de surcroît, va être mis au point, une livraison d’arme adaptée à la lutte afghane qui se révèlera être une des plus fantastique opération secrète car, bien sûr les américains ne doivent pas apparaître, de près ou de loin, dans l’affaire. La CIA cependant mettra au service de cette gageure un expert des opérations souterraines de l’agence.

 

L’opération sera couronnée de succès car, une fois en possession des armes les afghans ne mettront que quelques mois pour chasser l’envahisseur.

 

Réalisation

 

On trouve Mike Nichols à la réalisation. C’est un cinéaste à succès mais très inégal. Il commence sa carrière en fanfare. Son premier film est « Qui a peur de Virginia Woolf » permettant à Elizabeth Taylor d’obtenir l'Oscar de la meilleure actrice. Il enchaînera avec « Le Lauréat » avec Dustin Hoffman qui gagnera ainsi ses galons de star. Il obtiendra lui-même pour ce film l'Oscar du meilleur réalisateur. Pour ma part je retiendrais également  « Working Girl »  avec Mélanie Griffith. J’aurais peut-être l’occasion d’y revenir.

 

Le reste de la filmographie n’est cependant pas à négliger puisqu’en 2010 l’American Film Institute a couronné l’ensemble de son œuvre. Certains y trouveront peut-être des films à leur goût.

 

Qui fait quoi ?

 

La guerre selon Charlie Wilson (VF) - Movies on Google Play

 

C’est Tom Hanks qui incarne, avec conviction et jubilation le rôle de Charlie Wilson. C’est un acteur prolifique qui collectionne les succès commerciaux et les Oscars. Tout le monde se souvient entre autres, de  « Philadelphia » et « Forrest Gump » ou il gagna ses galons de star.

 

Dans son rôle de Charlie Wilson il est fabuleux passant tour à tour avec la même conviction, du joyeux fêtard à celui de chef d’orchestre de la fantastique opération secrète de livraison d'armes. Pour moi toujours, il est aussi inégalable dans « Le pont des espions » film sur lequel je reviendrai assurément.

 

La Guerre selon Charlie Wilson - Philip Seymour Hoffman : ses 1001 vies en  photos - Elle

 

Last but not least Philip Seymour Hoffman dans le rôle de Gust Avrakotos l’expert de la CIA. Quelle énergie maîtrisée dans l’interprétation de ce rôle. Aucune apparition de Philip Seymour Hoffman ne peut laisser indifférent un amateur de cinéma amoureux des acteurs.

 

Pour le Taulier qui nous fait part régulièrement de son enthousiasme pour « The Big Lebowski » il tient le rôle de Brand. Il est mort bien trop tôt à 46 ans.



 

Temps forts



 

La prise de contact entre Charlie Wilson et Gus Avrakotos est un morceau d’anthologie. C’est à qui montrera à l’autre qui doit être le chef. Cela se passe autour d’un soi-disant cadeau constitué par une bouteille de Whisky (souvenons-nous que Wilson est connu pour ses penchants pour l’alcool) dans laquelle, à l’insu de Wilson se trouve caché un micro. Cela permet à l’expert de la CIA régulièrement prié de sortir pendant que Wilson a des entretiens confidentiels de tout savoir. 

 

Jubilatoire !



 

Charlie Wilson, pour intéresser son auditoire, est amené à situer l’Afghanistan. Il indique, avec ses doigts et en l’air la position de cet état par rapport aux autres pays voisins comme s’il y avait une carte matérialisée. On rit car c’est un vrai clin d’œil et l’on pense à cette observation tellement vraie que, apparemment, la guerre a été inventée pour apprendre la géographie aux Américains. Formule détournée de l’essai écrit par le géographe français Yves Lacoste en 1976. «  La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre » 

 

La conclusion amère de Charlie Wilson qui termine le film. « C’est vrai que là, on a vraiment merdé » Il fait allusion aux deux milliards  de dollars qui ont pu être mobilisés pour fournir les armes ce qui a permis de chasser les Soviétiques de l’Afghanistan et de l’impossibilité à réunir deux à trois cent millions de dollars pour construire, routes, écoles, hôpitaux etc. Avec pour conséquences, le retrait piteux en ce moment des Américains de ce pays, montrant, qu’une fois de plus ils n’ont rien compris.



 

Pax


Prochainement «  Un lundi trouble ( Stormy Monday)»

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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 06:00

La Loi du milieu 1971 Film Streaming VF

 

Aujourd’hui c’est « La loi du milieu » (1971)

 

Voir La Loi du milieu (1971) en Streaming VF HD | Film, Poster affiche,  Affiche cinéma

Pourquoi cette fiche ? 

 

Parce qu’on ne peut pas toujours évoquer les bons sentiments, voir les sentiments tout court ou la gloire des grands hommes. Vous n’en avez pas un peu marre de cette pommade dégoulinante. Vous n’avez pas envie, pour une fois, d'autre chose ? Que diriez vous d’un bon film noir, ou plus précisément d’un thriller ? Et bien voilà.

 

Pourquoi ce film ? 

 

En effet, parmi les innombrables thrillers jonchant l’histoire du cinéma, pourquoi choisir celui-là. Tout simplement parce que le héros est interprété par Michael Caine et que sa présence seule rend un film intéressant . C’est une valeur sûre. Michael Caine à l’affiche, regardez le film les yeux fermés. 

 

Vous pouvez y aller de confiance. 

 

Pourquoi ce film précisément ? 

 

Caine sur ses 140 films en a bien jouer plus d’une vingtaine dont « Le Limier » du grand Joseph L. Mankiewicz (1972) avec Laurence Olivier.

 

Alors Pourquoi ? 

 

Parce que Newcastle. 

 

Quoi, comment ? 

 

Newcastle…?

 

Newcastle upon Tyne la ville qui sert de décor naturel aux extérieurs du film.



 

Quelle est l’histoire ?

 

Jack Carter est un professionnel du crime. Il est froid et méthodique. Il travaille pour le « milieu » londonien. Originaire de Newcastle, ce qui reste de sa famille,son frère Frank, y vit toujours . Lorsqu’il apprend sa mort, il retourne sur place .Les explications de la police sur les causes et circonstances de cette mort sont peu convaincantes. Il prend connaissance du rapport de police qui conclut à une mort accidentelle En dépit des apparences, pour lui, cette mort n’a rien d’accidentelle

 

Il mène sa propre enquête. Cela n’arrange pas les deux caïds locaux et rivaux qui se partagent divers trafics, bien que présentant par ailleurs une façade respectable. Première surprise, Carter apprend que sa nièce a été abusée dans une vidéo pornographique amateur.

 

Deuxième surprise, c'est Margaret, la compagne de Frank, qui a joué le rôle de rabatteuse. Comme ce dernier menaçait de dénoncer l'implication des chefs du milieu dans le tournage du film, Frank Carter a été tué par le chauffeur d’un des caïd

 

Commence alors le jeu de massacre Carter venge son frère. Il élimine les uns après les autres, tous ceux qui ont pris une part active tant pour le film porno que pour le meurtre de Frank. Il n’oublie pas ceux qui simplement ont laissé faire. Quand il a enfin achevé l’un des caïd, il est abattu par un tueur à gages commandité par l’autre caïd .Ce dernier sera néanmoins appréhendé par la police en raison de la dénonciation de Carter et du jeux de pistes fait de preuves accablantes qu’il a préparé à son intention



Réalisation

 

Le metteur en scène est Mike Hodges. C’est son premier film. Je ne peux rien dire des films suivants pour n’en avoir vu aucun ni même en avoir entendu parler.

 

La réalisation est toute en action, sans discours ni temps mort. Le tout est voulu par Michael Caine lui-même qui recherche un certain réalisme. Un coup de poing vous sonne l’adversaire car c’est comme cela dans la vie. On voit rarement un gars sonné dans une rixe revenir le lendemain avec un petit sparadrap sur l’arcade sourcilière ( il ne faut pas gâcher le visage de la star !) alors qu’il devrait être sur un lit d’hôpital

 

Qui fait quoi ?

 

Michael Caine

 

J'ai déjà dit dans une fiche précédente (Mes funérailles à Berlin) tout le bien que je pensais de cet acteur prodigieux. Dans « La loi du milieu » il campe un personnage un peu identique au Samouraï de Melville interprété par Alain Delon mais moins hiératique. Plus vivant mais avec le même cynisme, la même détermination de ceux qui obéissent à une loi, la leur ou celle de leur milieu. Ils en connaissent les conséquences possibles Ils les admettent sans plus d'état d’âme qu’ils en ont à remplir les « contrats » qui leur sont confiés.

 

Autres

 

Au générique ne figure aucun nom vraiment connu. Certains pourront reconnaître Britt Ekland qu’on a déjà pu croiser dans d’autres films et qui tient ici le rôle de Anna, la maîtresse du frère de Carter.

 

Temps forts

 

Quand le petit coupé Sunbeam de Anna, bousculée par un autre véhicule, tombe dans le port avec Anna dans le coffre ce que nous avions tous oublié. 

 

Houps !

 

L’apparition de Carter, nu, sur le perron d’une maison ou il a été chaudement hébergé quelque temps. Il tient au bout de son fusil deux minables tueur à gages venus le tuer jusque dans la chambre à coucher. Malheureusement pour eux, il avait, tout naturellement pour un type de son acabit, un fusil caché sous son lit. Tête de la voisine également sur son perron à ce moment la et tête de Michael Caine

 

Quant Carter sème sur la pelouse de la propriété d’un parrain de la ville linge et sous vêtements d’une moins que rien. Menant ainsi la police de la résidence à la pièce d’eau ou la fille morte d’une overdose a été noyée

 

Ou est-on ?

 

GET CARTER (2)

 

A Newcastle upon Tyne. 

 

Construit dans les années 1830, le centre-ville est de style néo-classique avec la rue Grey qui peut prétendre être une des plus belles rues de l'Angleterre. Il subsiste encore les grands escaliers menant des quais aux terrasses supérieures du centre-ville 

 

Au XIXe siècle, la construction navale et l'industrie lourde font de la ville l'un des bastions industriels du Royaume-Uni. Mais, après 1945, toute cette industrie pique du nez et une partie de la ville plonge dans la misère. Le phénomène est accentué par Margaret Thatcher qui refuse toute aide et laisse carrément crever la population. C’est dans cette partie de la ville que se déroule l’action. On voit, côté port, une massive estacade en lourds madriers support d’une voie ferrée . On verra s’y dérouler une chasse à l’homme qui met encore plus en valeur ce décor naturel.

 

GET CARTER (4)

 

A la fin du film on assiste au va et vient d’un petit téléphérique minier qui tourne autour de son dernier pilier en pleine mer où, par un savant système, les wagonnets se déversent dans la mer. Comprenne qui pourra mais les images ajoutent au mystère de cette ville.

 

Pax

 

Prochainement « La guerre selon Charlie Wilson »  

 

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 06:00

 

 

Aujourd’hui c’est « Un homme pour l’éternité » (1966)

 

1967 UN HOMME POUR L'ETERNITE | Éternité, Homme, Film

 

« Attention chef d’œuvre ! »

 

Pourquoi ? 

 

Simplement parce que c’est une des plus beaux film de l’histoire du cinéma, sous toutes ses formes et que vient couronner une tripotée d’oscar.

 

 

De quoi s'agit-il ?

 

C’est un film historique. Il raconte la fin d’une amitié forte et ancienne entre Henry VIII et son ami Thomas More dont il a fait son Chancelier . Sir Thomas More est une grande figure morale de l’époque. Il a rédigé un ouvrage « L’utopie » qui fait autorité.

 

More va se trouver mêlé aux querelles puis luttes et enfin à la rupture du roi d’Angleterre d’avec le pape. Tout cela à cause des péripéties maritales de ce roi en quête d’un héritier.

 

Au moment de la rupture le roi se proclame « Chef Suprême de l'Église et du Clergé d'Angleterre » Il exige allégeance de tout le clergé et bien sur des proches du pouvoir. 

 

Dès lors on va assister à la lutte entre le roi qui exige de More le serment tandis que More va essayer d’esquiver cette obligation car elle vient en contradiction avec le serment déjà fait par le passé. La lutte se resserre, comme un jeu de cache-cache. Le roi n’entend pas voir défier son opposition malgré les forts liens d’amitié qui le lie à son chancelier. Cela devient une question de principe et un enjeu politique majeur puisque sans ce serment du chancelier Henri VIII ne peut se remarier.



 

Les moments forts

 

Ils sont deux.



 

Tout d’abord la fin de l’histoire.

 

C'est-à-dire le procès de Sir Thomas. Les dialogues sont savoureux. More sait qu’il n’a rien à perdre alors, il n’épargne personne. Il oublie son sens de la nuance et de la diplomatie. Avec beaucoup d’humour et de douceur, sans agressivité aucune, il renvoie chacun devant ses contradictions. On savoure les échanges et le jeu des acteurs qui s’effacent devant leur rôle.



 

Mais surtout l’histoire dans l’histoire. 

 

Celle du jeune bachelier Richard Rich. Il fréquente la maison de Sir Thomas, lui tourne autour et quémande sans cesse une place. More ne cesse de lui répondre de prendre un emploi d’enseignant, « Vous serez parfait Richard ». Cette fréquentation régulière de la maison de More nous fait comprendre que la situation s’aggrave pour le Chancelier. Il ne pourra pas différer, beaucoup plus longtemps, le serment qu’il doit prêter au Roi son Seigneur et ami. 

 

Pour se faire bien voir le jeune Rich déboule, tout exalté auprès de More : «  Sir Thomas, Sir Thomas ,j’ai trouvé un moyen pour ne pas vraiment prêter serment au Roi » Il expose ce subterfuge. More, plein de patience lui répond « Richard vous me proposer de renier apparemment ma parole pour me sauver ! Mais Richard, si pour vaincre le diable, je renonce au droit avec toutes les chances d’y arriver, quelle barrière me resterait-il pour me protéger si d’aventure c’est le diable qui l’emportait » Superbe leçon de morale et de vie !



 

Réalisation

 

On a vu et on verra des tas de films glaner une flopée d’Oscar. Certains vont même jusqu’à faire un grand chelem en raflant toutes les statuettes. On peut prendre grand plaisir à regarder « Titanic » de James Cameron qui s’auto proclamera fort modestement « Roi du Monde » 

 

A juste titre semble t’il puisque  le film Titanic devient à sa sortie le plus gros succès de l'histoire du cinéma avec plus de 1,8 milliard de dollars de recettes .

Bravo les moyens techniques, et autres effets spéciaux.

 

Mais Ciné Papy se souvient de Gérard de Nerval : 

 

« Il est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber ; Un air très-vieux, languissant et funèbre, Qui pour moi seul a des charmes secrets. » 

 

On ne se refait pas

 

Fred Zinnemann est un des plus grands metteurs en scène de l’histoire du cinéma. Il a su présenter ce réel drame avec une légèreté qui contraste avec la gravité du sujet. Il semble nous dire que toute cette histoire n’a rien d’un simple film d’aventure. C’est une histoire de toute éternité. 

Après tout, ce n’est que le remake d’une histoire similaire opposant un autre Thomas – Thomas Becket – à un autre roi d’Angleterre Henri II survenu quatre siècles plus tôt. Et pour des motifs de même ordre : conflit entre le roi et le pape. Conflit qui là aussi, mettra fin à une belle et pourtant forte amitié entre les deux hommes.



 

Qui a fait quoi ?


Fred ZINNEMANN - Festival de Cannes 2020

Fred Zinnemann est le metteur en scène.

 

C’est un de ces réalisateurs venus d’Allemagne ou d’Europe centrale comme Ernst Lubitsch ou Billy Wilder tous grands collectionneurs d’Oscars Pour Zinnemann, il y en aura deux. Pour «Tant qu’il y aura des hommes » et le film de la présente fiche « Un homme pour l’éternité » Sa filmographie comprend aussi des films mémorable comme « Le train sifflera trois fois » à présent, au firmament des westerns. Mais encore « Chacal » ou le peu connu « Cinq jour ce printemps là » avec Sean Connery avec lequel il mit fin à sa carrière. C’est le cinéaste de la dignité humaine.

 

Paul Scofield

 

Paul Scofield est Sir Thomas More

Photo Paul Scofield

Il a été oscarisé pour ce rôle en 1966. Grand acteur shakespearien il a été retenu par beaucoup de grand metteurs en scène comme John Frankenheimer pour « Le train » ou encore « Scorpio » de Michael Winner ce qui devrait permettre aux lecteurs de mieux situer ce grand acteur

 

Orson Welles est le Cardinal Wolsey

Photo Orson Welles

Pour mémoire car il y aurait trop à dire sur cet acteur séduisant en diable et qui nous surprend à chacune de ses apparitions 

 

Robert Shaw est le roi Henri VIII

Photo Robert Shaw

On en a déjà parlé dans une fiche précédente. Shaw est toujours conforme à lui-même avec une présence naturelle éclatante qu'il laisse ici éclater avec superbe.

Photo Wendy Hiller

Pour mémoire encore, la ravissante Wendy Hiller dans le rôle de Margaret More. Mais aussi Vanessa Redgrave dans celui Anne Boleyn

 

Une petite mention particulière pour le, alors tout jeune, John Hurt dans le rôle de Richard Rich



 

Que dit le peuple ?

 

La consultation de sites sur le cinéma présente une multitude de critiques de spectateurs. Elles sont plutôt tièdes selon les époques où elles ont été rédigées On en trouve quand même d’élogieuses. 

 

Pour sa part, Ciné Papy persiste et signe rejoignant ainsi tous ces pros qui ont couvert ce film de louanges :

 

- Oscar du meilleur film

 

- Oscar du meilleur réalisateur

 

- Oscar du meilleur acteur pour Paul Scofield

 

- Oscar du meilleur scénario adapté

 

- Oscar de la meilleure photographie

 

- Oscar de la meilleure création de costumes

 

sans compter les Golden Globe Award et encore les British Academy Film Award

 

Un chef d’œuvre on vous dit, un chef d’œuvre !



 

Pax

 

Prochainement « La loi du milieu »

 

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 06:00

 

Aujourd’hui c’est « La Rose et la flèche » (1976)

 Ephémères : Des films qui marquent - 13 - "La rose et la flèche" de Richard  Lester

Comment ce film est entré dans ma vie de cinéphage je ne saurais le dire ?

Ce qui est sûr, c’est  que depuis, il occupe la toute première place. Il est suivi de très près par quelques autres films  enchanteurs mais sa place d’enfant chéri est solide. Certains, autour de moi, ont du mal à  comprendre mon intérêt pour ce qu’ils croient être une bluette. Quand je signale à ma fille son  prochain passage sur l’une ou l’autre chaîne, elle me remercie et avec un rire de connivence me rappelle quand même qu’elle va pleurer. 

 

De quoi s'agit-il ?

 

Le roi Richard Cœur de Lion est de retour de croisade, assez déconfit. Robin des Bois et Petit  Jean, fidèles d’entre les fidèles, sont toujours à ses côtés. Pour un caprice de roi, qui explique  peut-être pourquoi après ses années d’errance ans il est dans cet état, il meurt à Châlus. Robin et Petit Jean, libérés de leurs serments, rentrent à Nottingham et sa forêt de Sherwood. Ils retrouvent leurs vieux complices ainsi que l'amie de Robin, Marianne, tous vieillis et fatigués. Marianne est devenue abbesse et, à la suite des démêlés entre le roi Jean et le pape,  doit quitter l'Angleterre. Elle refuse. Le shérif a été chargé de l'arrêter. 

 

Robin rouvre donc les hostilités en s'opposant à l'arrestation de Marianne, qu'il emmène de  force en forêt. Là bas, Marianne apprend que le shérif a fait prisonnières les nonnes. Robin et  Jean se chargent de les délivrer, même si c'était un piège du shérif pour les capturer. 

 

Pendant ce temps, les habitants pauvres de Nottingham, jeunes et vieux pour la plupart, ont  rejoint Sherwood pour combattre à nouveau sous la bannière de Robin. Lorsque le shérif  arrive à la tête de ses hommes à l'orée de la forêt, il fait monter son campement et attend la  réaction de Robin. Celui-ci, galvanisé par la troupe qu'il a rassemblée et entraînée, et malgré  les réticences de Marianne, décide d'affronter le shérif en combat singulier, lui promettant la  soumission de ses hommes en cas de défaite. Bien que Ranulf représentant du Roi Jean s'oppose à sa décision, le shérif promet lui aussi le départ de ses troupes s'il venait à  succomber. 

 

Mais, Robin est moins jeune qu'il ne voudrait le croire, et le shérif en meilleure forme que lui. Bien que ce dernier l'exhorte à se rendre plutôt que mourir, Robin arrive in extremis à le tuer.  Ranulf et ses troupes en profitent pour charger les compagnons, qu'ils n'ont aucun mal à tuer  ou à neutraliser. 

 

Jean et Marianne arrivent tout de même à sauver Robin du champ de bataille et l'emmènent à l'abbaye où Marianne pense pouvoir le guérir.

 

Pendant que les compagnons sont tués ou capturés, Marianne s'empoisonne puis fait ingurgiter le poison à Robin, à son insu. Lorsque ce dernier comprend, il est trop tard.  Marianne se justifie en lui disant qu'elle l'aime plus que tout et qu'elle ne supporte pas qu'il se  berce encore d'illusions sur les exploits qu'il peut encore accomplir. Robin accepte sa mort  prochaine et demande à Petit Jean de les enterrer, lui et Marianne, là où sa dernière flèche se plantera. Puis il bande une dernière fois son arc. 

 

Les bons moments 

 

Ils sont plusieurs

 

L’enlèvement de Marianne par Robin, façons enlèvement des Sabines 

 

Escalade d’un mur de forteresse où l'on perçoit rhumatismes et raideur de Robin et Petit Jean  qui n’ont plus vingt ans. 

 

Les grandes chevauchées à travers prés et champs accompagné par la superbe musique qui  revient tout au long du film 

 

La confiscation de la carriole du colporteur pour permettre à Robin et Petit Jean d’entrer dans  la ville fortifiée. 

 

Marianne et Robin qui retrouvent leur ancien camp et la place de leur ancien logement. Elle se prend au jeu et demande à Robin qui envisage de rebâtir le camp et la cabane. Il y aura un  plancher demande-t-elle ? Et j’aurai une armoire ?

 

Robin qui se réveille et se brosse les dents avec un rameau. 

 

Les nonnes qui ne comprennent pas que Robin est venu les délivrer 

 

Ce sont presque tous des moments drôles pour escamoter le côté fin de vie et l’impasse  prévisible de l’histoire. Il n’y aura plus de Grand Jour. 

 

Les moments forts 

 

Il y en a deux. 

 

Robin est toujours en train de courir après son Grand Jour, alors que Marianne a compris que  ce n’est plus le Robin d’autrefois qui est de retour mais il garde toutes ses illusions. Marianne se rapproche de Petit Jean plus lucide et lui demande de l’aider à convaincre Robin. Ils sont assis côte à côte chacun regardant devant lui. Petit Jean ne répond pas à la demande. Marianne déclare : 

 

- Vous ne m’aimez pas Petit Jean

 

- ... 

 

- Vous ne m’aimez pas…

 

 Petit Jean regardant toujours devant lui :

 

- Si vous aviez été à moi Marianne, jamais je ne serai parti en croisade…Déchirant aveux d’un amour, tu depuis toujours par fidélité à l’amitié et au Roi. D’autant plus déchirant que pour cet amour, Petit Jean aurait renié cette amitié et sa fidélité 

 

Marianne a récupéré le corps blessé de Robin. Elle l’a installé dans une tour haute du couvent. Sur son lit, il parle et parle de ce que fut son grand combat contre le shérif qu’il a finalement tué alors qu’il était prêt à succomber. Il ne sent plus ses jambes.

  

Au lieu de lui administrer une potion, Marianne l’a empoisonné. Il comprend et appelle Petit  Jean au secours. Mais Marianne lui explique et lui dit les plus beaux mots qu’une femme peut dire à un  homme et qu’un homme peut avoir la chance d’entendre de la bouche d’une femme.  Bouleversant ! 

 

Petit Jean fait irruption alors que Marianne qui a bu également le poison, commence à faiblir.

 

Laisse Petit Jean dit il, tout va bien. Donne moi mon arc. Robin tire une dernière flèche par la  fenêtre et dit, va enterre nous ensemble là ou la flèche s’est plantée en terre. Et la scène se termine avec un long plan sur deux petites pommes en train de flétrir, sur le  rebord de la fenêtre. On ne peut s’empêcher de penser à des pommes semblables évoquées par  Rilke dans « Testament » nous faisant assister, là aussi, à un moment de grande émotion. 

 

Qui a fait quoi 

 

Richard Lester est le metteur en scène. C’est un cinéaste éclectique, réalisant des films  souvent un peu déjantés. 

 

 

Audrey Hepburn est Marianne. Elle revient à l’écran après huit ans d’absence. Le couple  qu’elle forme avec Sean Connery est superbe de complicité. 

 

La Rose et la flèche (Robin and Marian - Richard Lester, 1976) - Le Monde  de Djayesse

 

Robert Shaw est le shérif de Nottingham. C’est un acteur à forte personnalité à qui ont été  confié de grand rôle. Dans « l’Arnaque » par exemple ou « Bon baisers de Russie » Il est  souvent affecté à des rôles de méchant, pas vraiment méchant mais méchant quand même.  L’ambiguïté lui va bien. 

 

La Rose et la Flèche – Richard Lester – KinoScript

 

J’avais dit que Ciné Papy ne s'étendrait pas sur les castings. C’est l’occasion de préciser, sauf  s’il présente un intérêt particulier pour le film et qu’il y a des acteurs que j’aime particulièrement. 

 

Ainsi Richard Harris qui est Richard Cœur de Lion. Petit rôle assez court au début du film  mais qui laisse quand même percer le talent d’un acteur à la filmographie impressionnante. Il  m’est cher car il faisait partie d'une génération turbulente d'acteurs irlandais et britanniques  avec Albert Finney, Richard Burton et Peter O'Toole.

 

Enfin last but not least, il faut souligner la musique de John Barry qui fait beaucoup pour le  côté enchanteur voir envoûtant du film 

 

Le mot fin apparaît sur l’écran. La lumière s’allume dans la salle On reste dans son fauteuil. “ Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.” disait Henri Calet… 

Pax 

Prochainement « Un homme pour l’éternité »

 

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19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 06:00

Albert Finney

 

Aujourd’hui c’est « Les Leçons de la vie » (1993)

 

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« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez vous » fait on dire à Eluard.

 

C’est ce qu’il faut retenir à propos du pourquoi de ce film. 

 

Je lis, au générique de la présentation des programmes : Albert Finney. Chic, ma soirée est faite. 

 

Il suffit du nom d’un acteur présent sur ma liste d’acteurs préférés pour, sans plus, emporter mon adhésion. Un peu comme suivre, ipso facto, les informations du Taulier pour me rendre à Assignan au château Castigno ou à Chatillon-en-Diois voir la gueule que pourrait  bien avoir, et ce village, et Pierre Jancou. 

 

C’est comme ça, on ne se refait pas. Les élans du cœur ou rien.

 

Dans un premier temps je fus déçu. C’était bien Albert Finney mais je l’avais confondu avec Alan Bates, autre acteur fétiche que j’aime depuis le méconnu «  Le roi de cœur » d’Edouard Molinaro bide retentissant sur toute la ligne en 1966. Nous y reviendrons.

 

Je les confonds toujours comme je confonds toujours et encore ma droite et ma gauche etc.

 

Bien évidemment ils  ne se valent pas .Mais c’est toujours un plaisir de suivre un film dans lequel l’un ou l’autre joue.

Une fois mes idées remises en place, Le film.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Andrew Crocker-Harris enseigne les lettres classiques depuis 18 ans à l'Abbey College, établissement d’enseignement très chic. Au fil du temps il s'est rendu très impopulaire aux yeux de ses élèves et de ses collègues. Dur et autoritaire, il était surnommé «Hitler des cinquièmes». 

 

Son départ, provoqué par une mise à la retraite anticipée, ne désole pas grand monde. Seule Laura, sa femme, n'est pas satisfaite de ce changement qui l'éloigne de Frank Hunter, son amant, un professeur de sciences, car son mariage tourne au désastre.

 

Alors qu'il doit quitter le collège, Taplow, l'un des élèves de Crocker-Harris, sera le seul à lui rendre hommage une dernière fois . Il lui offre une traduction de l'«Agamemnon» d'Eschyle qu’il a trouvé chez un bouquiniste et qu’il a acheté avec son argent de poche. 

 

Alors qu’il reçoit ce cadeau, il interroge Taplow qui se montre à la hauteur et prouve que cet élève a été plus proche de son enseignement qu’on aurait pu le croire. Ce geste va bouleverser le vieux professeur acariâtre qui continue à lire Eschyle devant Taplow. Subjugué, celui-ci  écoute le vieux maître qui montre enfin une véritable passion pour son sujet et lui donne un aperçu du professeur qu'il aurait pu être.

 

Tout accable les derniers jours de Crocker-Harris dans l’établissement. La prise de conscience des tromperies de sa femme. Le mépris dans lequel elle le tient, affiché en public. Le refus du directeur de le faire bénéficier des avantages usuels en matière de retraite. La demande qui lui est faite de bousculer, en sa défaveur, les préséances, la encore usuelles lors de la grande fête de la fin de l’année scolaire.

 

Sans que cela ne constitue une fin heureuse, il va trouver le courage de triompher de tout ce qui s'acharne contre lui.

 

Réalisation

 

Elle est de Mike Figgis un réalisateur britannique qui a su donner beaucoup de charme à ce film qui se déroule en lieu clos. Et cela, malgré l’agitation de la fête de fin d’année scolaire qui réunit parents, élèves, professeurs, anciens et tout en soulignant l’hypocrisie des relations sociales et la férocité feutrée comme seule les Anglais savent la distiller entre eux. 

 

Les fleurets sont mouchetés mais n’en blessent pas moins pour autant.

 

Bref il se dégage, grâce à l’élégance de la mise en scène, une sombre mélancolie à laquelle on s’abandonne sans déplaisir.

 

De Mike Figgis je connaissais et appréciais son premier film « Un lundi trouble » (Stormy Monday) tourné en décor naturel à Newcastle qui, rien que pour cela, mériterait le détour. Newcastle sert aussi de décor naturel au film La Loi du milieu  (1971) avec tient tient…Michael Caine. Nous reviendrons sur ces deux films.

 

Albert Finney

 

Lors de sa formation, il a Alan Bates et Peter O'Toole comme condisciples. 

 

Sa filmographie est impressionnante. Quelque 45 films. C’est un acteur exigeant et sollicité de toute part et par les plus grands metteurs en scène. Il entend rester libre avant tout car le théâtre reste une activité importante dans sa vie. 

 

En 1961 l'acteur hors normes refuse le rôle de Lawrence d'Arabie et un cachet de 100 000 dollars pour diriger une troupe théâtrale à Glasgow pour un salaire modique de vingt dollars par semaine. 

 

En 1962, il tourne « Tom Jones », comédie picaresque  ou il virevolte dans le rôle de ce personnage de mauvais garçon sympathique. Cette performance le sacre star et lui vaut sa première nomination à l'Oscar.

 

Il refuse le star système . « Dans le Crime de l’Orient Express »sa composition toute personnelle d’Hercule Poirot, a enthousiasmé public et critique ( un peu moins votre serviteur) Cependant, il refuse de reprendre le rôle pour « Meurtre sur le Nil » qui écherra à Peter Ustinov.

 

Un petit mot pour Michael Gambon qui interprète le rôle du Docteur Frobisher directeur de l'Abbey College . Il se sépare avec une joie non dissimulée de ce professeur encombrant, d’une autre époque et qui fait tache sur l’image de modernité qu’un établissement de son standing doit présenter. 

 

Avec sa désinvolture à l’égard de Crocker-Harris, il joue à la perfection de sa morgue, mais aussi de sa feinte compréhension des parents d’élèves n’accordant de l’intérêt qu’aux plus riches ou au plus haut dans l’échelle sociale .Tout le chic de l' Old England »

 

Pax

 

Prochainement « La Rose et la flèche »

 

Le légendaire Albert Finney s'est éteint à 82 ans ICI

Paris Match ||Mis à jour le 

 
Albert Finney au côté de Julia Roberts dans «Erin Brockovitch, seule contre tous».
Albert Finney au côté de Julia Roberts dans «Erin Brockovitch, seule contre tous».Universal Pictures / Columbia Pi / Collection ChristopheL/AFP
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