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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 06:00

 

Dressé pour tuer (Samuel Fuller - 1982) - Page 9 - Dvdclassik : cinéma et  DVD

Aujourd’hui c’est Dresser pour tuer

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour continuer la série des films racontant une histoire et donc divertissants en ce sens mais aussi pour entrer, par la petite porte, dans le monde d’un fabuleux metteur en scène ?

 

Samuel Fuller est un homme hors norme comme seuls les USA, semble t’ils peuvent produire. Mais aussi parce que le film, encore une fois, est tiré d’un roman de Romain Gary « Chien blanc » Gallimard 1970.

 

Ce film ne sera jamais projeté aux États Unis. Sommé de le remanier Fuller refuse et s’enfuit au Mexique avec les négatifs.

 

Dressé pour tuer (White Dog) (1982) de Samuel Fuller - Shangols

Quelle est l’histoire ?

 

Wikipédia nous dit : À la période du mouvement américain des droits civiques, Julie Sawyer heurte accidentellement un chien de berger blanc. Après que le vétérinaire l'a soigné, Julie l'héberge dans sa propriété afin de retrouver ses maîtres. Un intrus essaie de l'agresser, mais le chien lui porte secours. Elle décide de devenir sa maîtresse, mais son petit ami Roland Graele ne le supporte pas. On apprendra que le chien a été dressé par un mystérieux propriétaire raciste blanc pour tuer les gens de couleur. Le chien sort dans la nuit hors de la propriété et tue un camionneur noir. Au studio, Julie emmène le chien avec elle et il blesse une actrice noire devant des gens. Julie transfère le chien chez un professionnel nommé M. Carruthers qui insiste pour euthanasier le chien. Un autre dresseur noir de chiens, nommé Keys, cherche à éduquer le chien : il porte une protection et séquestre le chien à l'intérieur d'un grand enclos, ce sera Keys qui le nourrira et non Julie.

 

Réalisation

 

C’est l’immense Samuel Fuller qui est aux commandes notons qu’il est également le scénariste comme il le sera pour tous ses films. Américain il est né aux USA en 1912 et où il mourut 85 ans plus tard en 1997.

 

Ce phénomène à presque tout fait pendant toutes ses années. De grouillot dès 12 ans dans les grands journaux de New York , il devient vite « pisse copie » pour les ainés puis pleinement journaliste. A 17 ans il sera le plus jeune chroniqueur judiciaire de l’histoire de la presse. La fréquentation de ce milieu lui inspirera « Violence à Park Row » 1952 considéré aujourd’hui comme un des meilleurs films de Fuller. En parallèle il ne cesse d’écrire des récits, des nouvelles ou comme nègre. À partir de 1936 il entre en contact avec Hollywood à qui il fournit des scénarios. Pendant la seconde guerre mondiale Il sert dans la 1re division d'infanterie américaine la célèbre « Big Red One ». Il y est à la fois soldat et reporter de guerre. Pendant ce temps, sa mère lui trouve un éditeur pour son premier roman. C’est un polar qui attire l’attention d’une maison de production qui en achète les droits. Non seulement Fuller combat mais il tourne des documentaires ce qui ne fait pas de lui un planqué pour autant. Il sera blessé deux fois au combat. Il recevra la Bronze Star, la Silver Star et la Purple Heart, "pour conduite héroïque".

 

Cette expérience du front lui permet de réaliser des films comme «Au-delà de la gloire» (1980), témoignage autobiographique au sujet du front européen. Ce film est moins connu que d'autres grands films de guerre, un peu trop « son et lumière » comme « Apocalypse Now »,1979 ou « Platoon » 1986 Ce film n’a rien à envier à« Full Metal Jacket » 1987, ou « Voyage au bout de l'enfer.»1978. En effet, pour les vrais amateurs de films de guerre « Au-delà de la gloire » est considéré, comme l'un des meilleurs films dans cette catégorie.

 

Après la guerre, il devient salarié de la Warner Bros comme scénariste. Cependant peu de scénarios passe au stade de la production qui, souvent même, ne va pas jusqu’au bout. C’est avec son troisième long métrage, « J'ai vécu l'enfer de Corée » 1951 que viendra la reconnaissance et que sa carrière de cinéma démarre. C'est le premier film sur la guerre de Corée dans lequel le silence est également brisé sur les camps d'internement pour les Nippo-Américains durant la seconde guerre mondiale C'est un succès financier aussi, avec un budget de 100 000 dollars, le film en rapporte 2 000 000 nous dit Wikipédia. Fuller signe alors un contrat avec la 20th Century Fox et Darryl Zanuck avec lesquels il devient coproducteur, scénariste, metteur en scène de ses films.

 

C’est de cette époque que date « Le Port de la drogue » 1953, qui recevra un Lion d’Or à Venise. « La Maison de bambou » 1956 date de la même période. En effet, peu après il fonde sa propre société de production. Ce qui lui permet de financer un western, « Le Jugement des flèches ». 1957

 

La reconnaissance de Fuller en Europe, notamment par les Cahiers du Cinéma démarre avec ce film et se confirme avec un film de guerre « Porte de Chine », 1957 puis « Quarante Tueurs »1957 Il renoue avec la Warner Bros pour « Les Maraudeurs attaquent » 1962 Mais surtout deux films aujourd’hui cultes qui vont lui valoir les foudres des critiques et mis au ban des sociétés de production. Il s’agit de « Shock Corridor »1963 et de « Police spéciale » 1964. Bien sûr, il ne reste pas inactif. Il se consacre à la télévision et continue, çà et là être acteur.

 

À l’occasion de ses séjour en France, on le voit tenir son propre rôle dans « Pierrot le fou » 1965 de Jean-Luc Godard. Plus tard on le verra dans des longs métrages de Wim Wenders et de Claude Chabrol. Il poursuit également sa carrière d’écrivain. Tous croient sa carrière finie. Mais ce diable d’homme trouve quand même de quoi financer un film qui lui tient à cœur depuis 1956 : « Au-delà de la gloire » qui relate son histoire au sein de la première division d'infanterie américaine « The Big Red One » 1980 au cours de la Seconde Guerre Mondiale. C’est un succès aussi grand que « J’ai vécu l’enfer de Corée » Il rentre en grâce à Hollywood et réalise alors « Chien blanc ». Ce sera la rupture définitive avec « La fabrique de rêves »

 

Il finit par s’installer à Paris, toujours actif et tournera « Les voleurs de la nuit » 1984 en France. « Sans espoir de retour » 1988, ironie du sort, est son dernier film européen. Il ne retournera en Amérique qu’en 1994 pour y mourir 3 ans plus tard diminué par un AVC.

 

Qui fait quoi ?

 

Les acteurs, dans l’ensemble, sont des acteurs de films plus ou moins de série B. Bien sûr ils sont connus aux USA. Les nombreux films tournés et/ou les séries leurs assurent une notoriété certaine mais qui ne dira rien aux spectateurs français de film mais peut-être un peu plus aux amateurs de séries. Pour la petite histoire on pourra noter que Kristy McNichol : qui tient le premier rôle, Julie Sawyer, a tourner avec le cinéaste français Edouard Molinaro une bluette : « Just the Way You Are » 1984 dans lequel elle tient le premier rôle : Susan Berlanger

Dressé pour tuer de Samuel Fuller - Olivier Père

Temps forts

 

Il n’y a pas, à proprement parler, de temps fort. Le suspense est quasi constant. Une scène de répit ne l’est jamais vraiment car on ne sait quand va se dérouler la prochaine scène violente. On ne sait même pas si « la scène de répit » ne va pas brusquement évoluer en scène de violence.

 

C’est tout l’art de Fuller de nous mener comme il veut, là où il veut et nous faire comprendre la folie qui s’empare de ces dresseurs de « chiens blanc »

 

Remarque : De tout temps, Fuller fut un homme d’action. C’est sur ses expériences qu’il a bâti une œuvre. Il n’a eu de cesse de dénoncer sur tous les sujets toutes les hypocrisies des discours qui masquent la réalité. Sa vision pessimiste et sans concession de son pays s'exprime dans « Les Bas-fonds new-yorkais » 1960, le dernier film produit par sa société de production Globe Enterprises. Hollywood ne le considérait que dans la mesure où il rapportait beaucoup de dollars. C’est dans ses gènes comme on dit aujourd’hui. Souvenez-vous des paroles de Michael Cimino à ce sujet. Fuller fut toujours un homme libre doublé d’une grande gueule qui ne mâchait pas ses mots. C’était peut-être dans sa nature mais lui, au moins, a toujours payer comptant cette liberté et le droit de « l’ouvrir »

 

Pour terminer : On peut lire dans le livre « Je suis en train de me rendre compte que le problème noir aux États-Unis pose une question qui le rend pratiquement insoluble : celui de la Bêtise. Il a ses racines dans la plus grande puissance spirituelle de tous les temps, celle de la Connerie.»

 

Pour conclure« Qu’est-ce que j’ai à faire des noirs, je ne suis pas raciste »

 

Pax

Prochainement «Jeux d'espions (Hopscotch)»

 

 

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 06:00

 

 

 

Aujourd’hui c’est «Le Procès du siècle » (2017)

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Vous vous rendez compte, un film très contemporain ! Vieux d’à peine 4 ans !

 

Il infirme les préjugés de Ciné papy à propos d’une soit disant sédimentation par le temps pour qu’émergent les bons films. Rien que pour cela c’est déjà une excellente raison.

 

Parce que le sujet est grave mais traité, avec une infinie délicatesse. Ce n’est pas un film à thèse. On y voit que des faits, rien que des faits.

 

Au regard de la tragédie qu’il sous-tend, on a du mal à utiliser le mot enchantement. Mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Comme au bon vieux temps, une fois la projection terminée, chacun, pour des motifs aussi divers que personnels, reste songeur.

 

Deborah Lipstadt: «Les génocides ne commencent pas avec des balles, mais  avec des mots» - Le Temps

 

Quelle est l’histoire ?

 

Ce  paresseux de Ciné papy cède la place à Wikipédia.

 

Deborah Lipstadt, historienne américaine et auteur reconnu, enseigne l'histoire et la mémoire de la Shoah. Elle se voit confrontée à un écrivain extrémiste, avocat de thèses négationnistes sur le régime nazi, le Britannique David Irving, qui la met au défi de prouver l'existence de la Shoah. Deborah Lipstadt ayant dénoncé dans un livre les manipulations et les préjugés idéologiques de David Irving, celui-ci l'assigne en justice pour diffamation. Elle se retrouve dans la situation incroyable de devoir prouver que ce qu'elle a écrit sur Irving est vrai et fondé, notamment qu'il ment sciemment en niant notamment l'existence des chambres à gaz. Comment, en restant dans les limites du droit, faire face à un négationniste prêt à toutes les bassesses pour obtenir gain de cause, et l'empêcher de profiter de cette tribune pour propager ses théories nauséabondes ?

 

Elle est d’autant désappointée que, assignée en Grande Bretagne, c’est là que va se dérouler la procédure et qu’elle n’y connaît rien en droit anglais. Les verdicts sont rendus par un juge unique ou collégial qui se prononce sur les faits, en son âme et conscience et des jurisprudences existantes. Cette affaire passionnante va se dérouler sur de plan. Les points de procédure d’une part et les faits d’autre part.

 

Le Procès du siècle, négationnisme à la barre

 

Réalisation

 

Inconnu jusqu’à la rédaction de cette fiche. À cette occasion Ciné papy apprend que ce réalisateur/producteur anglais est le metteur en scène de « Bodyguard » 1952 avec Kevin Costner et Whitney Houston dont c’est le premier film. C’est un énorme succès mondial tout comme la chanson « Will Always Love You » (signée musique et parole par Dolly Parton) et la bande originale. Elle est signée d’un des plus grands noms de compositeur de musique de film contemporain : Alan Silvestri

 

Qui fait quoi ?

 

Le procès du siècle», classique et brillant | Tribune de Genève

 

Rachel Weisz                     Deborah Lipstadt

 

Une quarantaine de films pour cette actrice anglais naturalisée américaine depuis son mariage avec Daniel Craig. Selon l’expression consacrée elle a tournée et tourne avec les plus grands - Bernardo Bertolucci, Wong Kar-wai1.En 2005, elle joue dans The Constant Gardener, une adaptation cinématographique du roman homonyme de John le Carré dont l’histoire se déroule dans les bidonvilles kenyans de Kibera et Loiyangalani (glaçant !). Elle décrochera un Oscar pour son rôle

 

Tom Wilkinson                 Richard Rampton

 

«Le Procès du siècle», pour en finir avec le négationnisme - Le Temps

 

Un des deux avocats maniant tour à tour le sérieux de leur mission réservant une affectueuse bienveillance à Deborah. Il semblerait tenir le rôle de  « l’avoué »

 

Timothy Spall                   David Irving

 

Les lecteurs de Ciné papy connaissent à présent cet excellent acteur britannique. Il en a été question dans la fiche  « Le discours d’un roi ». Ici, il est hallucinant, totalement convaincu de la qualité de ses travaux d’historien. Imbu de sa personne, il n’a confiance qu’en lui-même. C’est sans doute pour cela qu’il compte assurer sa défense seul, malgré les mises en garde du magistrat

 

Andrew Scott                     Anthony Julius

 

Le second avocat qui mérite les mêmes commentaires que pour Tom Wilkinson ci-dessus. Son rôle serait celui de l’avocat qui plaide. Sous toute réserve, Ciné papy n’étant pas un spécialiste du fonctionnement de la justice britannique

 

Alex Jennings                         Sir Charles Gray

 

Une note particulière pour cet acteur qui interprète le « juge unique » de ce procès

 

Temps forts et bons moments

 

Quand les avocats de Deborah lui signifient que la parole ne sera pas donnée aux survivants de la shoah qui pensent que leurs témoignages seuls  confondraient Irving. Les reproches qu’elle doit endurer, elle dont le métier est d’enseigner l’histoire dont celle de la shoah.

 

La manière dont elle est acclamée par les mêmes quand, à la fin du procès, ils se rendent compte que justice leur a été rendue.

 

Le cheminement, serein mais déterminer des avocats fonctionnant en binôme. Si j’ai bien compris ils fonctionnent, comme autrefois en France. D’un côté l’avoué qui prépare le dossier et, de l’autre, l’avocat qui plaide.

 

Quand Deborah, en cours et en fin de procès, comprend le travail de ses avocats qui ne lui parlaient pas de l’affaire et pourquoi ils ne lui disaient rien.

 

Ou l’on voit que le thé ne semble plus être à la mode. Il semble que toute rencontre soit l’occasion de boire du vin qui est servi dans des grands verres. La bouteille est rangée dans l’armoire, comme pour éviter de se resservir la dose dans  le verre devant suffire.

 

Conclusion : Un film toute en intelligence et en équilibre pour aborder un sujet grave mais sans pathos. Il est tout en élégance Il sait illustrer les pires choses avec délicatesse et certaine légèreté. À voir et à revoir. Un très bon moment surtout avec un grand verre de vin à portée de main.

 

Pax

 

Prochainement « Dresser pour tuer »

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6 octobre 2021 3 06 /10 /octobre /2021 00:06

La Femme au Tableau | Le Cabinet de Curiosités de Madeleine Miranda

 

J’ai beaucoup aimé Elizabeth McGovern dans « Il était une fois en Amérique »

Aujourd’hui c’est « La femme au Tableau » (2015)

 

Pourquoi ce film

 

Et pourquoi Ciné papy, féministe de toujours ne commencerait-il pas une série de films incluant le mot femme ? Plus sérieusement évoquons le cinéma de pur divertissement mais qui n’a rien à voir avec « Les Charlots » ni tire à la ligne avec « Les gendarmes » Surtout quand ces films sont faits avec beaucoup d’intelligence, de sensibilité et parle de faits historiques.

 

La Femme au Tableau": un combat pour la restitution du "trésor nazi" -  rts.ch - Culture

 

Quelle est l’histoire ?

 

Maria Altmann, rescapée de la shoah, vit en Amérique. Elle apprend que, en Autriche, le Musée du Belvédère de Vienne qui abrite une riche collection de tableaux s’enorgueillit de posséder, entre autre, un superbe Klimt connu sous le nom de la « La femme en or » Ce nom a été attribué pour cacher son vrai nom « Portrait d’Adèle Bloch-Bauer » la tante de Maria. Elle reconnaît le portrait de sa tante que celle-ci lui avait donné. La famille de Maria a été exterminée par les Nazis. Son oncle, parti un peu avant la rafle, a pu la sauver. Elle se remémore alors ce que fut cette période, les inquisitions nazies dans les habitations, les confiscations de tableaux de « peintres dégénérés » mais aussi le mobiliers, l’argenterie, les bijoux et tout ce qui pouvait avoir une valeur marchande.

 

Maria décide de demander la restitution de ce tableau ainsi que quatre autres inventoriés dans la succession « Ferdinand et Adèle Bloch-Bauer »  dont elle a été spoliée. Elle s’adresse au musée qui fait la sourde oreille. Elle se rend sur place et s’adresse au gouvernement qui à son tour oppose une fin de non-recevoir. Maria porte l’affaire devant les tribunaux. C’est l’histoire de cette procédure qui nous est contée là. Pour l’Autriche, tous les coups sont permis, des points de droit pour savoir quel tribunal, dans quel pays est compétent jusqu’aux mensonges les plus éhontés en passant par le déni de réalité et la mise en accusation de Maria dont la vrai motivation serait une basse vengeance.

 

La femme au tableau avec Helen Mirren : Un combat (juridique) décevant

 

Réalisation

 

Simon Curtis, est un réalisateur et producteur de cinéma britannique. Il est notamment connu pour son film « My Week with Marilyn » 2010. Il fait aussi beaucoup de mise en scène de théâtre. Cela semble être habituel dans le monde du spectacle britannique qui paraît moins cloisonné qu’en France. Actuellement il travaille sur « Downton Abbey 2 » dont la sortie est attendue pour 2022. Accessoirement Ciné papy qui ne crache pas, de temps en temps, sur les potins, indique que Simon Curtis est le mari d’Elizabeth McGovern depuis 1992.

 

Qui fait quoi ?

 

Helen Mirren                                Maria Altmann

La Femme au tableau - Film (2015) - SensCritique

 

C’est l’une des plus grandes actrices anglaises actuelles. Tout ceux qui ont vu « The Queen » 2006 de Stephen Frears se souviennent de son interprétation de la Reine Elisabeth II rôle pour lequel elle reçut un Oscar. Elle a également été remarquée dans  « Gosford Park » 2001 de Robert Altman.

 

Ryan Reynolds                  E. Randol Schoenberg

Ryan Reynolds Biographie Filmographie - CinéDweller

 

Un acteur qui se cherche et dont le début de carrière est aussi tumultueux que sa vie sentimentale. Toutes pleines de hauts et de bas. Il touche à tout, longs ou courts métrages, comédies ou drames, série ou blockbusters. Il est très convaincant dans le rôle d’Éric Randol Schoenberg, avocat américain qui va défendre la cause de Maria Altmann. Éric Schoenberg est le petit-fils du Musicien Arnold Schoenberg Là, il change de registre par rapport au film d'action « Sécurité rapprochée » 2012 avec Denzel Washington film assez convaincant lui-même. Depuis 2010 il collectionne un certain nombre de nominations à différentes récompenses

 

Daniel Brühl                                  Hubertus Czernin

 

Acteur prolifique, peu connu de Ciné papy. Sa prestation dans le rôle du journaliste autrichien mérite d’être soulignée

 

Katie Holmes                                 Pam

 

Avec une méchanceté que certains ne soupçonneraient pas ciné papy dirait que cette actrice est connue pour sa notoriété. Elle tient un certain nombre de rôles dans des séries télévisuelles qui assurent autant cette notoriété que les faits divers qui entourent sa carrière. C’est la série « Dawson » qui constitue sa plus célèbre participation. Elle a joué également dans une trentaine de longs métrages dont aucun, sauf erreur, n’a marqué l’histoire du cinéma

 

Elizabeth McGovern                   la juge Florence-Marie Cooper

 

C’est toujours un régal de voir ou revoir cette actrice au jeu particulier. Ciné papy qui n’est pas à une goujaterie près, souligne qu’elle a 60 ans. Sa carrière ayant débuté avec un film de Robert Redford en 1980 comprend une trentaine de film. D’abords « Ragtime »1981 : de Milos Forman  puis « Il était une fois en Amérique », 1984 de Sergio Leone ou encore « La Servante écarlate » 1990 de Volker Schlöndorff. Sans oublier, bien sûr, son rôle de Cora Crawley, Comtesse de Grantham dans « Dowton Abbey » série anglaise au succès planétaire de 2010 à 2015

 

Temps forts

 

La vie d’une grande famille juive dans la Vienne d’avant le désastre.

 

La panique des Autrichiens peu de temps avant le verdict. Ils redoutent à présent de tout perdre et qui propose une transaction, eux qui hautainement, avaient jusque-là refusé.

 

LA FEMME AU TABLEAU de Simon Curtis : la critique du film [Champs-Élysées  Film Festival]

 

Remarque

 

Ce film a le mérite de mettre en lumière, sans pathos ni fioriture, un problème auquel l’Autriche n’est pas prête à mettre fin. L’Autriche n’a pas été dénazifiée. Elle a immédiatement joué le rôle de victime annexée, oubliant le caractère festif et généralisé de « l’Anschluss ». Les Américains, par peur de voir ce pays rejoindre le bloc de l’est, a admis ce mensonge. Et c’est avec ce mensonge que ce peuple vit depuis quelques soixante-quinze ans.

 

Un nazi à l'ONU, le scandale Kurt Waldheim

 

En 1985 démarre l’Affaire Waldheim. Kurt Waldheim est chancelier d’Autriche et/ou candidat à cette fonction. Les recherches d’historiens ou de personnalités éminentes mettent en évidence, non pas la participation directe aux crimes contre l’humanité des nazis mais sa connaissance effective de ce qui se passait . La preuve est faite de son inertie devant ces faits atroces. La polémique fut mondiale. Les faux témoignages abondants, défendus bec et ongles par ses compatriotes. ICI 

 

J’aime l’Autriche, en général tous les pays d’Europe centrale, mais avec un faible pour Vienne, Salzbourg et l’Autriche J’aime les Autrichiens peuple de grande culture qui ont si bien participé à leur façons à la survenance de l’art moderne avec par exemple « la Sécession » mais quand je suis dans ce pays ou parle de l’Autriche j’ai le cœur qui se serre pour cette sourde infamie.

 

Pax

 

Prochainement « Le procès du siècle»

 

 

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 06:00

 

Aujourd’hui c’est « La Femme à abattre» (1951)

 

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/sheet_media/movie/7_834360.jpg

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour aborder un genre caractéristique du cinéma américain et que nous allons retrouver assez souvent : Le film noir

 

La Femme à abattre (1951) de Bretaigne Windust et Raoul Walsh – L'Oeil sur  l'écran

 

Quelle est l’histoire ?

 

Mendoza se caractérise par un cynisme hors du commun est sans aucun état d’âme a mis au point une structure de meurtres sur commande inattaquable.

 

Cette structure est extrêmement simple.

 

            - le meurtrier n’a aucun lien avec la victime donc pas de mobile possible

 

            - le meurtre ou « le contrat » se déroule dans une autre ville que la résidence habituelle du meurtrier.

 

            - Le contrat doit exécuter sa victime ou « la mise » sans arme à feu qui laisse des traces utiles à l’élucidation d’un crime.

            - C’est le pic à glace qui est l’arme recommandée. En cas d’arrestation le port de pic à glace n’est pas un crime.

 

            - La structure est bien hiérarchisée. Seules se connaissent, les « petites mains » qui           jouent aux cartes en attendant «  les contrats »

 

            - Ils sont drivés par Rico qui reçoit les instructions de Mendoza par téléphone.

 

            - C’est Mendoza qui démarche les « contrats »

 

La Femme à abattre - Films Sans Frontières

 

Rico est l’homme de confiance de Mendoza. Mendoza, a tué, devant lui, avec un couteau emmailloté « pas d’empreinte, pas d’empreinte ! » un pauvre commerçant ouvert la nuit. Il lui a démontré la faisabilité de sa technique.

 

Seul hic c’est que ce meurtre, a eu des témoins. Un père et sa toute jeune fille, entrant dans le magasin, voient le cadavre et le couteau sur le sol et crient alors même que Mendoza et Rico sortent de la boutique.

 

Cependant, certaines « petites mains » craquent et ne supportent pas l’accumulation des meurtres malgré des conditions de travail de qualité. « Un fixe par semaine, contrat ou pas contrat – une prime + les frais quand il y a contrat » annonce Rico à une nouvelle recrue. Il poursuit, « Si tu as des problèmes avec les flics on te fournit l’avocat. Si tu vas en tôle tu continues à toucher ta paye. Si tu es marié on s’occupe de ta femme et de tes gosses »

 

Cependant la belle machine s’enraille. Un gars de la bande se présente dans un commissariat dans un état d’excitation proche de la folie et s’accuse d’avoir tué sa petite amie. On l’aurait forcé ! Quelques vérifications plus tard le jeu de piste se met en place et Martin Ferguson ébranle, morceau par morceau la belle structure mis au point par Mendoza. Il finit par être arrêté.

 

À quelques heures du procès, il est sûr de lui .Sans aucun témoin à charge – il a fait assassiné le père témoin d’origine (et la petite croit-il), Rico est mort en cherchant à fuir ce qu’il croît être la toute-puissance néfaste de  Mendoza, Fergusson peut bien aller se faire foutre ! Mendoza rigole et nargue le policier. Fergusson se ronge les ongles et passe en boucle les enregistrements des interrogatoires de Rico. Soudain il tombe sur cette précision : Les yeux bleus de la petite… bleus ! Ça y est, Fergusson se reporte au le dossier de celle que Mendoza a fait assassiner (confusion de nom) ; il lit : « ...yeux marrons ! » Il sait où trouver cette jeune femme et se lance à sa recherche. Mendoza aussi. Elle devient aussitôt « La femme à abattre. »

 

La Femme à abattre (The Enforcer)

Réalisation

 

Bretaigne Windust connu pour ses mises en scène, au théâtre et au cinéma des grands noms du répertoire. Raoul Walsh à, de manière non officielle codirigé ce film. Il a dirigé Bogart dans « LA grande évasion » 1941et une autre fois dans « Les Fantastiques années 20 « 1939 de Raoul Walsh. De 1914 à 1964, il n’arrête pas de tourner commençant par être assistant de D.W. Griffith. Il s’illustra en tournant « Les nus et les morts »1958 adaptation du premier livre de Norman Mailer.

C’est lui qui donna son premier grand rôle Rock Hudson et à John Wayne avec lequel, par la suite, il tourna plusieurs westerns

 

Qui fait quoi ?

 

Ciné-Club Jean Vigo à Montpellier | La femme à abattre | Raoul Walsh et  Bretaigne Windust

Humphrey Bogart:            Martin Ferguson

 

Ce n’est pas le moindre intérêt de ce film que d’avoir «  Bogey » au générique. Qui ne connaît pas cet acteur devenu mythique. Il est classé par l’American Film Institute comme étant la plus grande vedette de cinéma masculin de tous les temps. Le film Casablanca, dans lequel il joue le rôle principal, est régulièrement cité parmi les cinq meilleurs films de l'histoire du cinéma. Avec Lauren Bacall Bogart qui devint sa femme il forma un couple tout aussi mythique. Avec elle il a tourné plusieurs films notamment « Le Port de l'angoisse » 1944 et « Le Grand Sommeil » 1946

 

Ciné papy fatigue. Il laisse le soin aux infatigables et pointilleux lecteurs des fiches d’aller surfer sur interlope pour savoir qui est qui. La liste ci-dessous permettra à ceux qui s’empresserons de visionner ce film – ce que je ne saurais trop recommander – de s’y retrouver d’emblée et de mettre un nom * sur des têtes que l’on a pu ou pourra voir par ailleurs dans d’autres films

 

Zero Mostel :                     "Big Babe" Lazich

Ted de Corsia : *   Joseph Rico

Everett Sloane :* Albert Mendoza     Hihihi ! VF Louis de Funès

Roy Roberts :                     Capitaine Frank Nelson

Michael Tolan :*   James 'Duke' Malloy

King Donovan :      Sergent Whitlow

Bob Steele :                       Herman

Adelaide Klein :    Olga Kirshen

Don Beddoe :                     Thomas O'Hara

Tito Vuolo :                         Tony Vetto

John Kellogg :         Vince

 

 

Temps forts

 

Quand Mendoza et Rico sortent du magasin, Rico se met à courir. Il est aussitôt retenu et rappeler à l’ordre : « Ne cours pas. Si tu cours on te court après ! » Signe de l’effrayant cynisme du personnage et de son « professionnalisme »

 

Le film est ponctué de temps fort qui maintiennent habillement un suspense haletant en recourant, ce sera la forme narrative du film, à la technique du flashback. Abuser du flashback peut devenir lassant et compromettre le plaisir et la compréhension du film Ici c’est sa force ainsi que quelques images comme le reflet dans la porte vitrée d’une cabine téléphonique que voit Fergusson qui tourne le dos à l’entrée. Cela lui permet d’avoir un temps d’avance sur les tueurs de Mendoza et de les éliminer. Happy End !

 

 

 

Pax

 

Prochainement « La femme au Tableau»

 

 

 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 06:00

Une femme disparaît de Alfred Hitchcock - Olivier Père

… et l’actrice, Dame May Whitty, ressemble étonnamment à l’écrivaine britannique, avec sa physionomie de vieille dame indigne en tweed. L’action se déroule principalement à bord de l’Orient-Express : un complot entre voyageurs semble se tramer…

 

J’adore les films qui se déroulent dans un train.

Aujourd’hui c’est « Une femme disparait» (1938)

 

Affiche belge d'« Une femme disparaît » (Alfred Hitchcock, 1938) - La  Cinémathèque française

Une femme disparaît (1938) de Alfred Hitchcock – L'Oeil sur l'écran

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce qu’il serait temps que Ciné papy s’attaque à quelque géant interplanétaire du cinéma tel Sir Alfred Hitchcock, grand gourmet devant l’éternel qui n’avait pas assez de louange pour les fours à vitre panoramique qui permettaient de voir monter les soufflés et de les sortir, juste au bon moment

.

Mais, bien sûr, ce n’est pas par la face nord que cette montagne va être abordée. Ce n’est pas à la portée de votre serviteur. Les « Vertigo », « Fenêtre sur cour » et autre « Psychose » ont déjà fait suffisamment l’objet d’études et d’analyses éclairées et doctes. Inutile d’en rajouter.

 

Vous connaissez Ciné papy qui va vous compter une drolatique « œuvrette » du Maître

 

Une femme disparaît — Wikipédia

 

Quelle est l’histoire ?

 

Quelquefois les rédacteurs des articles de Wikipédia savent écrire de bons résumés.

Profitons-en.

 

« En Bandrika, pays imaginaire d'Europe centrale, dans le train qui les ramènent en Angleterre, Iris Henderson retrouve miss Froy, une vieille dame, britannique comme elle, dont elle a fait connaissance à l'hôtel la veille. Au cours du voyage, miss Froy disparaît mystérieusement. La jeune femme s’inquiète, mais personne ne veut la croire et on tente de la convaincre qu'elle a tout imaginé. Seul Gilbert Redman, un musicien rencontré lui aussi à l'hôtel, sera en mesure de l'aider. Quatre autres Britanniques seront embarqués dans l'histoire : deux amateurs de cricket obsédés par l'idée d'arriver à temps à Londres pour un match, et un couple d'amants qui souhaitent rester discrets. »

 

Une femme disparaît - Manifestations

 

Tout tourne également autour d’une mélodie revendiquée par le héros du film et vilipendée par les autres dont ce couple d’Anglais comme on ne peut en voir que dans ce genre de film et qui se ridiculisent par leur suffisance à l’égard des circonstances. Cette histoire un peu complexe et aussi très drôle

 

Réalisation

 

C’est Alfred Hitchcock qui est derrière la caméra.

 

On connaît Sir Alfred, surtout pour son sens du suspens. Il passe pour en être le maître absolu. On connaît moins son sens de l’humour comme celui d’apparaître furtivement – un « cameo » en terme technique – dans chacun de ses films * Ici, on le voit à la fin du film fumant une cigarette à Victoria Station.

 

Mais, pour Ciné papy c’est dans « Les oiseaux » 1963 qui est plus proche d’un film d’épouvante que d’une joyeuse comédie que se trouve une scène d’une drôlerie irrésistible En outre elle nous est présentée, l’air de pas y toucher.

 

Dans une oisellerie Mitch Brenner  Rod Taylor) fait connaissance de Mélanie Daniels. Il se renseignait sur ce type d’oiseau appelé des inséparables. Mélanie souhaite le revoir et pour se faire, achète, dans une cage, un couple d’inséparables.

 

Le tout est posé sur le sol de la place passager avant. Et la voiture se met en route pour rejoindre Bodega Bay.

 

A chaque virage, à droite ou à gauche, gros plan sur la cage ou l’on voit, comme un train pendulaire, les oiseaux, ensemble, pencher à droite ou à gauche. Irrésistible !

 

* Dans « Life boat » 1944 qui se passe intégralement à bord d’un canot de sauvetage ce petit futé de Sir Alfred s’arrange pour apparaître sur une coupure de presse qui traîne à bord.

 

Une femme disparaît (Alfred Hitchcock, 1938) - La Cinémathèque française

 

Qui fait quoi ?

 

Margaret Lockwood                  Iris Mathilda Henderson

 

Actrice éminemment anglaise sans carrière internationale. Elle joua 3 fois pour Carol Reed le metteur en scène du « Troisième Homme » 1949 d’après Graham Greene avec Joseph Cotton, Orson Welles et Trevor Howard et Alida Valli sans oublier la célèbre musique d’Anton Karas.

 

Michael Redgrave                      Gilbert Redman

 

Né dans une famille de théâtre c’est ici son tout premier rôle et le seul film qu’il tourna avec Hitchcock. Acteur cependant non négligeable il joua pour :

 

            - Orson Welles en 1955                 « Mr Arkadin »,

            - Fritz Lang en 1948                                  « Le Secret derrière la porte »

            - Joseph Losey en1957                   « Temps sans pitié » et en 1970 « Le Messager »

            - Joseph L. Mankiewicz en1958   « Un Américain bien tranquille »

            - Sydnet Lumet en 1965                « La Colline des hommes perdus »

            -Tony Richardson en1962                        « La Solitude du coureur de fond »

            - Guy Hamilton en 1969               « La Bataille d'Angleterre »,

            - Richard Attenborough en 1969            « Ah Dieu ! que la guerre est jolie »

            - Anthony Mann en 1965              « Les Héros de Télémark »

            - Henri Verneuil en1967               « La Vingt-cinquième heure »

 

Que des films notables et une valeur sûre à ce qu’on voit  A la lecture de ce palmarès je suis sûr que vous commencez à mettre un visage sur le nom de Michael Redgrave

 

1960s Archives - The Last Drive In

 

Dame May Whitty :        Miss Froy

 

C’est elle la disparue. Elle fut aussi Carol Beldon héroïne tragique de « Madame Miniver » film de William Wyler devenu culte et qui fut l’occasion de son premier Oscar de metteur en scène

 

Cecil Parker :                    Eric Todhunter

 

Déjà cité dans la fiche « Lady L » Physique type de l’Anglais, il joua 2 fois pour Hitchcock ainsi que Stanley Donen et Henry Hathaway

 

Charters and Caldicott | Premium Hollywood

 

Naunton Wayne :            Elmer Caldicott

 

L’un des deux Anglais obsédés par le match de cricket.

 

Basil Radford :    Charters

L’autre Anglais obsédé. A eux deux ils forment un couple des plus drôles.

 

Les bons moments

 

Les scènes avec les deux Anglais espèces de Dupond et Dupont, obsédés par le grand match de criquet auquel ils doivent assister.

 

Le flegme qu’ils affichent devant les évènements qu’ils rencontrent et l’analyse qu’ils en tirent parfois. Voir la séance au restaurant de l’hôtel

 

Les quiproquos façon commedia del arte de leurs relations avec la soubrette qui, en raison de la sur-occupation de l’hôtel, leur a prêté sa chambre mais y a laissé ses affaires.

 

L’enregistrement des musiques et traditions populaires par Redman, dans une chambre de l’hôtel, au-dessus de celle d’Iris Matilda

 

Pax

 

Prochainement « La femme à abattre»

 

Attention ! Si vous chercher à voir ce film sur Youtube. Il titre « Une femme disparaît » un film qui, en fait, est toujours d’Hitchcock, mais qui est, en réalité  « Jeune et innocent » Il s’agit, d’une charmante et amusante bluette du Maître mais qui n’a rien à voir avec le morceau de bravoure que représente, pour Ciné papy, « Une femme disparaît »

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 06:00

Sophia Loren - "Lady L" (1965) - Costume designer : Jacqueline Guyot |  Sophia loren, Sophia loren film, Lady l

Edmond Bartissol

1841-1916

 

Du canal de Suez à la bouteille d’apéritif

ICI

Aujourd’hui c’est « Lady L» (1965)

 

Lady L - Film (1965) - SensCritique

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour sortir des analyses qui n’engagent que Ciné papy sur la machine à rêves qu’a été  Hollywood et ce qu’elle est devenue. Retour en Europe et parodions Eugène Labiche : Amusons nous Foleville !

 

Quelle est l’histoire ?

 

Comme le gendre de Marx, Paul Lafargue, je revendique le droit à la paresse. Laissons donc parler Wikipédia.

 

À l'occasion de son 80e anniversaire, Lady Lendale raconte sa vie à son biographe, Sir Percy. Lorsqu'elle était jeune, elle quitte son travail de blanchisseuse en Corse pour aller travailler  dans un bordel à Paris. Elle y rencontre l'homme de sa vie, Armand, un voleur et un  anarchiste. Ils se rendent en Suisse, où Armand se trouve impliqué dans un complot visant à  assassiner le Prince Otto de Bavière. Enceinte, Louise se fait passer pour une comtesse veuve  dans un hôtel de Nice, où elle tente de voler Lord Lendale. Bien qu'il sache tout d'elle, Lord  Lendale est si désireux de se marier qu'il lui propose de sauver Armand de la police à  condition qu'elle l'épouse. Elle accepte. Plus tard, elle rejoint Armand en Italie où elle soutient  ses activités grâce à l'argent de son mari. Puis, fatiguée de cette existence, elle rentre en  Angleterre pour tenir son rôle de Lady Lendale. En conclusion, elle surprend Sir Percy en lui  disant qu'elle voit toujours Armand et qu'il est le père de tous ses enfants, Lord Lendale étant  au courant, vu qu'Armand est son chauffeur.

 

Réalisation

 

C’est ce surdoué de Peter Ustinov que l’on trouve derrière la caméra après avoir adapté le  roman éponyme de Romain Gary. Il est également le dialoguiste du film, un régal. Même si la distribution est quelque peu internationale Peter Ustinov nous offre une partie de  french rigolade.

 

Qui fait quoi ?

 

On s’accroche, la liste est longue. C’est en partie pour cela qu’on aime ce genre de film. Voir  comment chacun des acteurs avec sa personnalité finit par ce mettent à l’unisson, comme les  musiciens d’un orchestre.

 

Sophia Loren : Lady Louise Lendale

 

On ne vous fera pas l’injure de vous présenter cette actrice italienne qui rayonna sur le cinéma  international dans tous les registres, de la comédie au film tragique ou historique.

 

Paul Newman : Armand Denis – Il est l’amant de Lady L

 

Même remarque que précédemment. Paul Newman est célèbre pour autre chose que ses yeux  bleus qui ont fait tourner bien des têtes. On se souvient de lui dans « Hombre » 1958, « Exodus » 1960 « Luke la main froide » (1967) « Le Rideau déchiré » 1966 (Alfred  Hitchcock) ou encore « L’arnaque » 1973 après avoir joué « l’Arnaqueur » 1966.  Quelques exemples d’une filmographie qui compte près de 40 succès.

 

1965, Peter USTINOV dirige Sophia, dans le film "Lady L", l'histoire d'une  femme du

 

David Niven : Lord Richard "Dicky" Lendale

 

De 1932 à 1983 près de 80 films pour cet acteur « so british » qui semble être incapable d’être  sérieux dans n’importe quelle situation. Comme s’il faisait toujours à un moment ou à un  autre un clin d’œil au spectateur. Ici, il est au sommet de ce qui vient d’être écrit.

 

 Lady L (1965) - IMDb

 

Claude Dauphin : l'inspecteur Mercier

 

Après avoir débuté au théâtre, bilingue, il mène de 1931 à 1978 une carrière d’acteur de  cinéma des 2 côtés de l’Atlantique. Pour les plus anciens rappelons qu’il est le frère de Jean  Nohain animateur de radio et espèce de Jacques Martin avant l’heure. Il est aussi le père de  Jean Claude Dauphin. Que du beau monde.

 

Philippe Noiret : Jérôme

 

On ne présente plus cet immense acteur français dont la carrière débuta dans les années 50 qui  dura au moins jusqu’en 2007. Un bail !

 

Michel Piccoli : Lecœur

 

Même remarque que pour Piccoli. C’est pratiquement de début de sa carrière commencée en  1950 et qui dura au moins jusqu’en 2015.

 

Marcel Dalio : Satter

 

Ceux qui n’ont pas vu « La grande illusion » 1937 ni « La règle du jeu » 1939 chef d’œuvre  de Jean Renoir doivent, toutes affaires cessantes s’y mettre pour découvrir l’immense acteur  qu’était marcel Dalio. Il est également inoubliable dans « Casablanca » 1942 de Michael  Curtiz ou « Port de l'angoisse » 1944 d'Howard Hawks de sa période américaine ou il dut se  réfugier pour échapper, en tant que juif, aux rafles nazi. C’est toujours un bonheur de le voir  et/ou le revoir. Le retrouver quoi.

 

Cecil Parker : Sir Percy

70 ans de carrière pour cet acteur britannique dont la tête nous est plus connue que ses films. Hitchcock l’utilisa deux fois ainsi que Stanley Donen et Henry Hathaway

 

Jean Wiener : Krajewski

 

Pianiste et compositeur français, on ne compte plus les musiques de film dont il est l’auteur. Jazzman de qualité il est pianiste chez Moysés au Gaya. Cocteau et ses copains cherchaient  un bar pour s’y retrouver régulièrement – un « Stammtisch » comme on dit au pays de  Ciné papy – Moysés accepta de les recevoir chaque samedi. Comme dit Cocteau dans ses  mémoires, il nous prévint, je dois renvoyer mon pianiste, il déplait à ma clientèle. Et Cocteau  de préciser je lui conseillais alors de garder son pianiste et de renvoyer sa clientèle : c’était  Jean Wiener et le Gaya devint « Le bœuf sur le toi »

 

Lady L (1965) - UNCUT

 

Daniel Emilfork : Il est Kobelev

 

Malgré sa tête pas possible et inoubliable cet excellent acteur a joué dans près de 60 films, 18  téléfilms et 16 pièces de théâtre. Il a bien sûr intéressé des célébrités comme Jean Yanne,  Polanski, Fellini ou Robbe-Grillet

 

Jacques Dufilho : Beala

 

Acteur discret, il commença par le théâtre et des sketches humoristiques. Que ceux qui n’ont  jamais entendu «Victorine » la domestique qui fait « La visite du château » interrompent leur  lecture et filent écouter ce texte désopilant et énoncé avec le talent naissant de cet acteur aux 160 films cantonné dans des seconds rôles ou il était vite repéré. On se souviendra de lui dans  « Le Crabe-tambour»1976 de Pierre Schoendoerffer ou la même année « La victoire en chantant » de Jean-Jacques Annaud. Pour ma part, je n’oublie pas le téléfilm « Le Fou du  viaduc » 1982 qui nous raconte l’histoire d’un membre du Cadre Noir et sa jument Milady  mis à la retraite plus ou moins anticipée. Il faut dire qu’avec sa conception d’osmose avec le  cheval pour le dressage, il fait un peu tache, dans la cavalerie. Il prétend que rien dans  l’attitude du cavalier ne doit révéler les instructions données à la monture. Il décide de le  démontrer en traversant un ancien viaduc désaffecté. Il commence son cheminement  impeccable droit sur Milady qui avance au pas et au milieu du viaduc cheval et cavalier, sans  que rien ne puisse le laisser prévoir, chutent dans le vide. (De mémoire)

 

Peter Ustinov : le prince Otto

 

Personne n’a oublié ses compositions d’Hercule Poirot dans « Mort sur le Nil »1978 et  « Meurtre au soleil » 1982. Et pour les moins jeune, les compositions pleines d’humour dans « Quo Vadis » 1955 de Mervyn LeRoy ou il joue Néron. Le Monsieur Loyal qu’il interprète  dans « Lola Montès » 1957de Max Ophüls. Ou encore « Les Espions » 1957 de Henri Georges Clouzot et juste avant « Lady L » « Topkapi » 1964 de Jules Dassin. Des films à voir  ou à revoir avec cet artiste étonnant, autant acteur de cinéma que de théâtre mais aussi  écrivain.

 

Tanya Lopert : Agneau

 

Une belle carrière commencée en 1955 avec « Vacance à Venise » de David Lean. Elle n’a  cessé de tourner avec les plus grands jusqu’en 2017 nous dit sa fiche de Wikipédia. On la  retrouve, entre autre dans « Le diable par la queue » sur lequel nous aurons l’occasion de  revenir.

 

Catherine Allégret : Pantoufle

Fille de Simone Signoret. Sa Présence dans « Lady L » est son premier rôle au cinéma. On l’a  vue aussi dans « Clair de Femme » 1979 un des 36 film qu’elle a tourné avec beaucoup de  grand metteurs en scène français. Elle est aussi actrice de théâtre. Elle est également très  connue comme actrice de téléfilm notamment dans son rôle de cafetière dans la Série  « Navarro » avec Roger Hanin

 

Sacha Pitoëff : le révolutionnaire

 

Fils du couple d’acteur Georges et Ludmilla Pitoëff il joua indifféremment au théâtre – il  dirigea même sa propre trouve interprétant des grands auteurs contemporains – et au cinéma.  Il présente un visage émacié à la Laurent Terzieff et un ton de voix grave et particulier qui  fait qu’il excella dans des rôles ambigus ou de méchants.

 

Joe Dassin : Un inspecteur de police

 

Fils du cinéaste Jules Dassin dont il fut un moment l’assistant ,fit un peu de figuration avant  de devenir le grand chanteur au succès international car ,polyglotte , il chantait en plusieurs  langues. En 16 ans de carrière la vente de ses disques est pharamineuse

 

Jacques Legras : Un inspecteur de police

 

C’est un acteur comique français qui s’est illustré, avec sa petite moustache soignée, dans la  troupe des Branquignols de Robert Dhéry et Colette Brosset. Il collabora avec Jacques Rouland pour « La caméra invisible » qui lui assura la célébrité. Rappelons pour les plus  anciens qu’il personnifiait quotidiennement, à la radio, « L’homme des vœux » pour  promouvoir l’apéritif Bartissol et cela, pendant une vingtaine d’année. Il s’agit de souvenirs  d’enfance de Ciné papy et c’est à ce titre qu’il a droit à ce développement.

 

Temps forts

 

Quand Peter Ustinov, en Prince Otto complètement dégénéré joue à la pétanque avec la  bombe qui vient de le rater.

 

Quand David Niven, le richissime Lord Richard "Dicky" Lendale qui occupe à lui tout seul un  de ces grands palaces suisses vient d’accepter de sauver Armand Denis , malandrin recherché  par la police contre une promesse de mariage. Sa promise s’évanouit et tombe dans ses bras.  Ils montent ainsi le grand escalier quand l’orchestre qui égayait le petit déjeuner de sa  Seigneurie entonne on ne sait pourquoi une marche nuptiale. Surpris mais n’en laissant rien  paraître Lord Lendale avec son flegme tout britannique salut cet à propos.

 

A chaque fois que, en concert, le pianiste Jean Wiener entame « La grande Polonaise » il est  arrêté par l’anarchiste Pitoëff qui lance une bombe en criant vive la Pologne libre !

 

Pax

 

Prochainement « Une femme Disparaît»

Affiches, posters et images de Lady L (1965) - SensCritique

Edmond Bartissol. 1841-1916

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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 06:00

 

le film "Les saveurs du Palais" avec Catherine Frot et Jean D'Ormesson

J’ai même mangé à l’Elysée…

 

Aujourd’hui c’est « Les Saveurs du Palais » (2012)

 

Achat Les Saveurs du palais en DVD - AlloCiné

 

« Est-ce que je me contredis ? C'est bien, alors je me contredis. Je suis vaste. Je contiens des multitudes. »

Walt WHITMAN

 

 

Pourquoi ce film ?

 

 

Souvenez-vous : «  L’avantage d’une télé grand écran et des chaines TNT et cinéma c’est que l’on n’est pas en prise directe avec l’actualité du cinéma. Je peux accessoirement suivre la recommandation de mon Vénéré Maître André Tubeuf  qui vient de mourir et à qui je tiens à rendre hommage - Ne vous précipitez pas sur le dernier film sorti. S’il vaut la peine il sera encore à l’affiche plus tard ; la sédimentation fait son œuvre »

 

Voilà donc un « petit film relativement récent » que  Ciné papy se plait à vous présenter.

 

 

Un film «  gourmand » comme on a pu lire

 

 

Quelle est l’histoire ?

 

Les Saveurs du palais - Les Inrocks

 

Hortense Laborie – Catherine Frot – une habile et renommée cuisinière périgourdine est appelée à être la cuisinière privée du Président de la République. Elle accepte. Ses mésaventures nous sont comptées en alternance avec sa mission de cuisinière collective pour les membres d’une base en antarctique.

 

 

Réalisation

 

 

Christian Vincent est derrière la caméra. Il s’est fait connaître par « La Discrète » 1990 avec Fabrice Luchini, film dans le style Rohmer. Style qui va être la marque de fabrique de ses autres films.

 

 

Qui fait quoi ?

 

 

Malgré le talent des acteurs, les curieux, c’est un peu la règle indiquée par Cyné papy, se reporteront au générique

 

 

Catherine Frot

 

Cinéma. « Les saveurs du palais » : les secrets d'un festin presque parfait

 

Je voudrais évoquer cette subtile et talentueuse actrice  qui en 2012 aligne déjà trente ans de carrière de succès et de récompenses. 

 

 

Je l’ai découvert dans la trilogie policière de Pascal Thomas – « Mon petit doigt m'a dit » 2005,  « Le crime est notre affaire » 2008. Et « Associés contre le crime » 2012. Dans le rôle  de Tuppence Beresford avec André Dussollier dans le rôle du colonel Bélisaire. Ils forment un couple drôle et plein de charme très british.

 

 

Elle a tourné avec «  les plus grands » Elle excelle dans tous les genres. Qui peut oublier son rôle de Yolande dans  « Un air de famille » 1996 de Cédric Klapisch. Notamment la scène du collier qui lui est offert puisqu’on fête, en famille, son 35e anniversaire et où elle ne cesse de croire que le collier est… pour le chien.

Quoi dire d’autre si ce n’est évoquer ses 10 nominations aux Césars et ses 2 Molières. Vox populi, vox dei.

 

 

Jean d’Ormesson

 

Cinéma & cuisine n°2 : Les saveurs du Palais, le film de Christian Vincent  sorti en 2012 - le miam-miam blog

 

Premier  et dernier rôle au cinéma de ce curieux personnage qui n’a cessé de cabotiner sa vie entière. A 87 ans, il campe un Président de la République, fort honorable. Il peut énerver lors d’une première vision du film mais devient tout à fait acceptable lors de vision ultérieure.

 

 

Claude Rich aurait été pressenti pour le rôle avant de refuser. Malgré toute la sympathie que m’inspire ce très grand acteur, moi non plus je le vois mal dans ce rôle. Sage décision donc.

 

 

Temps forts

 

La lutte à couteaux tirés entre « La cuisine officielle » de l’Élysée qui n’admet pas la présence d’une péronnelle en prise directe avec « Le président »

 

 

Le président, avec l’âge, a des problèmes de santé. Des régimes s’imposent. Hortense est entendue par les médecins officiels de la présidence. Ils apparaissent et se comportent comme des Diafoirus contemporains.

 

 

L’audit d’Hortense  au sujet de activité et du coup de cette dernière *

 

 

L’idée générale qui se dégage du film. Quand on est bon dans sa partie on l’est partout. A l’Élysée comme dans une base polaire.

 

 

* Aussi drôle qu’affligeant ! Ce n’est qu’un petit aperçu du comment est gouvernée La France.

 

 

Benoit Duteurtre, qu’à mon goût on ne lit pas assez – Marianne, Classica et des ouvrages drôles et pertinents sur des sujets de société – Benoit Duteurtre donc, dans ses dernières chroniques, observe et déplore les nominations actuelles aux postes de direction dans des établissements comme le « Conservatoire national supérieur de musique de Paris » On y place des gestionnaires **! Comme si Louis XIV, avait confié la direction de ses ballets au responsable des chandelles en lieu et place de Lully

 

** Dont on découvre à chaque changement de « gouvernement », les dégâts sur l’activité concernée, les dérapages budgétaires, l’inflation de personnel administratif et les frais de fonctionnement et cela, quand l’établissement dont on cache la faillite, par une fusion quelconque, histoire de sauver les meubles.

 

Pax

 

Prochainement « Lady L »



 

 

 

 

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 06:00

 

En bon rédachef qui n’en fout pas une rame, profitant de mon séjour au Racou, je suis allé, avec ma cane et mon chapeau, visiter, dans son « palais » battu par les flots, mon infatigable chroniqueur cinéma, nous avons bien mangés, Marie-Louise est un cordon bleu, tout particulièrement une caille en papillote de poivron vert, succulente, et bien sûr bien bu, la cave de Pax recèle de belles bouteilles.

 

Bref, le Ciné Papy, après un coup de mou, est reparti comme en 40.  

 

Aujourd’hui c’est «L’année du dragon » (1985)

 

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour mille et une bonnes raisons et aussi quelques mauvaises car c’est un chemin détourné pour parler de l’Immense Michael Cimino et l’importance de sa place dans l’histoire du cinéma. Le chemin détourné vaut surtout par, pour Ciné papy, une des plus belles images de cinéma.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Le capitaine Stanley White est un vétéran de la guerre du Viêt Nam. Il est à présent officier de police du NYPD et le policier le plus décoré de New York. Muté dans le quartier de Chinatown, Stanley part en guerre contre les triades chinoises qui gangrènent le quartier. Elles ont la main mise sur le trafic de stupéfiants et le racket les commerçants du quartier. Elles se livrent entre elles à des règlements de compte sauvages.

 

Nous assistons alors à une guerre ouverte où tous les coups semblent permis entre un flic plus que déterminé et Joye Tai qui, tout aussi déterminé et de manière radicale s’est hissé à la tête de la triade.

 

La radicalité des moyens employée par Tai est illustrée par le meurtre de Connie la femme de White et de violences faites à sa petite amie.

 

Réalisation

 

C’est Michael Cimino qui mène la danse.

 

Michael Cimino ! En quatre films il bouscule Hollywood « la Machine à Rêves ».

 

Avec « La Porte du Paradis »1980 il ruine au sens propre du terme la Cie United Artists acculée à la banqueroute. Ce producteur, sur l’énorme succès de «Voyage au bout de l’enfer» 1978 avait confié à Michael Cimino le contrôle total su le film.

 

Considéré comme le fossoyeur du « Nouvel Hollywood » * Il trouve néanmoins à réaliser « L’année du Dragon » 1985 qui, là encore trouva un accueil public et critique mitigé. Cimino, une fois de plus est « politiquement - trop- incorrect »

 

* Il s’agit de la prise du pouvoir des cinéastes sur les studios façon Nouvelle Vague en France et Néoréalisme en Italie. Cette période s’est étalée sur une vingtaine d’année de 1960 à 1980. Elle a vue fleurir des cinéastes tels Brian De Palma, Dennis Hopper, Francis Ford Coppola, George Lucas, Martin Scorsese, Michael Cimino et Steven Spielberg.

 

Michael Cimino et son œuvre aujourd’hui

 

Voilà ce qu’il disait de lui en 2012 « « Vous êtes la dernière merveille, puis on vous écrase, puis on vous remonte à nouveau. Ce rituel américain est tellement archétypal qu’on en fait même des films : montée, chute, remontée, on pourrait citer mille titres ! Ce schéma exige que vous soyez traîné dans la boue puis que vous renaissiez couvert de sang »

 

Et de son œuvre en 2014 « Moi, on m'a collé toutes les étiquettes. J'ai été traité d'homophobe pour Le Canardeur, de fasciste pour Voyage au bout de l'enfer, de raciste pour L'Année du dragon, de marxiste pour La Porte du paradis et de violent pour La Maison des otages… »

 

Quatre œuvres majeurs en 10 ans pour un cinéaste qui vécut quelque 70 ans mais dont l’image de marque restera celle du refus de toutes concessions !

 

Aujourd’hui :

 

« Le Voyage » Wikipédia nous dit que, en 1996, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». En 2007, il est classé à la 53e place de la liste du Top 100 de l'American Film Institute.

 

Toujours sur Wikipédia à propos de « l’Année du Dragon » Le film figure à la 3e place du Top 10 des Cahiers du cinéma de 1985. Le réalisateur-scénariste Quentin Tarantino classa le film parmi ses préférés, et juge la scène finale de la fusillade sur le pont de chemin de fer comme l'un des meilleurs « Killer Movie Moments ».

 

Quant à « La porte du paradis »  En 2013, lors de la ressortie du film dans sa version director's cut, Jean-Baptiste Thoret parle en revanche dans Charlie Hebdo de la « Renaissance d'un chef-d'œuvre » et évoque « la critique la plus implacable jamais produite de l'un des mythes fondateurs de la Nation, l'impossible alliance du peuple et des élites anglaises, l'exploitation éternelle des premiers par les seconds, le sort peu enviable des émigrants venus d'Europe de l'Est, la lutte des classes bien sûr, en lieu et place de la Pastorale promise, et le fantôme de Marx passé des terres viscontiennes à celles du Wyoming. »

 

 

Note sur « Voyage au bout de l’enfer »1978

 

C’est le premier film évoquant la guerre du Vietnam, juste avant « Apocalypse Now » 1979 de Francis Ford Coppola et bien avant «  Full Métal Jacket » 1987 de Stanley Kubrick. Bien évidemment « Voyage au bout de l’enfer » n’a rien à voir avec les autres.

 

Le film de Coppola, quel que soit le plaisir pris à le voir, le revoir est avant tout un produit, certainement avec raison, multi-récompensé qui n’est que l’adaptation, avec talent semble-t-il, d’une nouvelle de Joseph Conrad datant de 1889 et transposée dans le conflit vietnamien. Pour Ciné papy, ce film relève de ce que Joseph Mankiewicz, un des plus fins et intelligents cinéastes et/ou producteurs d’Hollywood aurait rangé dans la catégorie « Son et Lumière »

 

Comme on peut s’y attendre, il en va différemment du film de Kubrick. C’est une espèce de reportage sur la formation des Marines, avec toute l’efficacité que les américains savent déployer, sans état d’âmes, quand il y a un but à atteindre, efficacité identique qui leur a permis d’aller sur la lune. Et si Kubrick avec tout le soin qu’il met à soigner les détails illustre parfaitement cette efficacité on se rend vite compte de ses limites. On oublie trop souvent, en hauts lieux qu’il s’agit d’homme et que tout ne se règle pas comme un problème d’horlogerie.

 

Il y a le premier « accroc » avec l’engagé « Baleine » qui pète un plomb lors de la formation puis, dans la deuxième partie ou l’on voit, quel que soit leur préparation et/ou leur bonne volonté, les soldats auront du mal possible à accomplir leur mission voir tout simplement à sauver leur peau.

 

Pour « Le voyage », une nouvelle fois Cimino sort des sentiers battus. Le point de vue adopté est celui du départ de copains d’un bled de Pennsylvanie, la fleur au fusil, pour le Vietnam, et surtout, leur retour et l’état dans lequel ils reviennent. Entre les deux, cette saloperie de guerre du Vietnam, moulinette au travers de laquelle ils sont passés.

 

Reprenons, voulez-vous la suite de la fiche

 

Qui fait quoi ?

 

DVD : « L'Année du Dragon », quand Michael Cimino annonçait l'empire des  signes

 

Pardon pour les très bons acteurs du casting mais peu connus des spectateurs européens. On retiendra :

 

Mickey Rourke

 

C’est son premier grand premier rôle. Il va vite devenir le nouveau Marlon Brando/James Dean d’Hollywood tant il impressionne par son charisme et une sensibilité à fleur de peau. Il faut dire que, comme eux, il a été élève de l’« Actors Studio » Ses fans se souviendront de lui dans « Angel Heart » 1987 d’Alan Parker ou « Barfly » 1987 de Barbet Schroeder ou encore « 9 semaines ½ » 1986 d’Adrian Lyne avec Kim Bassinger. Par la suite, il eut une carrière cabossée comme sa gueule de boxeur, broyé, comme tant d’autre par le système hollywoodien.

 

Caroline Kava

 

Voir toutes les bandes annonces et extrait vidéo du film L'Année du dragon

 

Pour  la fabuleuse scène « d’après l’orage ». Elle fit ses débuts dans « La porte du paradis » 1980 de Michael Cimino. Et les amateurs de série américaine ont pu la reconnaître ça ou là.

 

Temps forts

 

Quand un collègue et ami de Mickey Rourke lui dit qu’il prend les choses trop à cœur. Réponse de Rourke : « Comment peut-on ne pas prendre les choses trop à cœur ? »

 

Réponse de Stanley White aux instructions qui lui sont données après les derniers massacres de la mafia, dont Connie sa femme: « On y va pour gagner cette fois ? » en référence à la déculottée américaine au Vietnam.

 

Stanley White, tout à sa détermination et sa rage à vouloir détruire la mafia asiatique, délaisse son épouse Connie. Rien de particulier sauf une histoire ordinaire de couple. Ils ont décidé « de mettre un enfant en route » Ce n’est pas facile. Il faut respecter des dates. Connie commence à être âgée. Il rentre un matin excité par le cours nocturne que vient de prendre sa mission. Il a tout oublié de la soirée prévue. S’en suit une scène de ménage orageuse comme seule Cimino sait le faire.

 

La scène suivante, nous montre Connie assise sur l’escalier arrière de la maison. Je ne sais plus si elle renifle mais elle reprend doucement son souffle. C’est le silence en contre point les éclats de voix de la scène de ménage. Cimino installe ce silence. La scène et longue. Comme le silence, elle dure. Tout est immobile. Le silence semble tout tenir en respect.

 

Mais, un peu à droite de l’écran, un linge, un seul, sèche sur sa corde, agité par un peu de vent. Sublime.

 

Pax

 

Prochainement « Les Saveurs du Palais »

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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 06:00

 

Photo du film Fauteuils d'orchestre - Photo 17 sur 21 - AlloCiné

Aujourd’hui c’est « Fauteuil d’Orchestre » (2006)

 

Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson - (2006) - Comédie dramatique 

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que une fois encore, tel est mon bon plaisir qui est une formule pour résumer tout ce que dans ce film est de nature à faire le cœur content.

 

Parce qu’il correspond quelque peu à cette règle de composition énoncée par Nicolas Boileau comme ceci (en alexandrins) :

 

« Qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul fait accompli

Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. »

 

Aujourd’hui on parle d’un « Film choral »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Cécile de France, jeune provinciale, monte à Paris pour retrouver sa Grand-Mère. Elle espère qu’elle lui mettra le pied à l’étrier. Cela va être l’occasion de diverses rencontres parfois incongrues autant que surprenantes. Nous y assistons, plein de curiosité en se demandant ou cela va t il nous mener ?

 

 

Réalisation

 

Danielle Thomson est à la réalisation ainsi qu’au scénario. Avec son premier film «  La Bûche »(1999) et à présent « Fauteuil d’Orchestre » (En plus de quelques autres) elle démontre qu’elle n’est pas que la fille de son père Gérard Oury

 

 

Qui fait quoi

 

C’est le moment de rappeler l’importance des seconds rôles et le gigot et l’ail évoqué par Zardi et cité dans les fiches précédentes. A vos archives car il est évident que vous gardez les fiches de Ciné papy que vous les annotez, les complétez même.

 

Cécile de France : Jessica

 

 

Le film date de 2006, comme « Quand j’étais chanteur ». Inutile d’en rajouter comme dit la pub un peur fort de café.

 

Son palmarès se suffit à lui seul. Mais ce n’est pas qu’une actrice des «  grands rôles »

 

Ciné papy ne peut que vous recommander, toutes affaires cessantes : « Mademoiselle de Joncquières » 2018 Elle incarne avec brio Madame de La Pommeraye.

 

Enfin, paradoxe et non des moindres, malgré son nom, Il nous faut sans cesse, comme Hercule Poirot, nous rappeler qu’elle est Belge.

 

Valérie Lemercier : Catherine Versen, la comédienne populaire

 

Comédienne souvent très drôle et tient ici avec beaucoup de finesse un rôle qui n’en a pas.

 

 

 

Albert Dupontel : Jean-François Lefort, le pianiste virtuose

 

Une découverte pour moi que cet acteur. Un des plus grands du cinéma français. Toutes les scènes où il apparaît sont de grands moments. Surtout si on connaît l’histoire de François-René Duchâble.

 

Là encore, trop de matériaux, il faudra y revenir.

 

Laura Morante : Valentine, la femme et manager de Jean-François

 

Morante Laura - Memoires de guerre

 

Je ne connais pas cette actrice. Mais quelle classe, quelle présence et discrétion en même temps. On sent qu’elle aime son virtuose de pianiste mais qu’elle n’avait pas compris son problème. On va rechercher sa filmographie et « traquer ses rôles »

 

Claude Brasseur : Jacques Grumberg, le riche homme d'affaires qui, sachant sa mort prochaine se défait de la collection d’art amassée avec son épouse décédée. Il est peu compris par son intellectuel et sensible fils.

 

 

On ne présente plus. C’est toujours un régal de le voir à l’écran surtout qu’ici, il donne l’impression d’être à la manoeuvre.

 

Christopher Thompson : Frédéric Grumberg, le fils de Jacques

 

Ce n’est pas que le fils à sa maman. Une belle présence va révéler des moments forts

 

Dani : Claudie, la concierge

 

https://www.premiere.fr/sites/default/files/styles/scale_crop_480x270/public/2018-04/fauteuils_d_orchestre_2005_15.jpg

 

Reconnaissable entre toute avec l’abattage qui est sa marque de fabrique. Elle va nous ponctuer l’histoire de diverses chansons, souvent bien venues mais aussi incongrues.

 

François Rollin : Marcel, du « Bar des Théâtres »

 

Plus pince sans rire que jamais, le second degré ne quitte jamais « Le Professeur Rollin » Ici, tout en étant barman il assène « as usual » des vérités qui nous font sourire

 

Suzanne Flon La grand-mère de Jessica

 

Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson (2005) - UniFrance

 

Immense actrice de théâtre et de cinéma. Actrice fétiche de Jean Anouilh. Elle  a joué, toujours avec discrétion mais une solide présence avec les plus grands du cinéma mondial. Elle est morte en 2007 quelques semaines après la fin du tournage.. Le film lui est dédié.

 

Sydney Pollack : le réalisateur américain, Brian Sobinski

 

Là, Ciné papy se régale. Ce grand metteur en scène joue également au cinéma. Comme si, en passant, venu voir des copains on lui avait dit, tient rend moi service et fait moi ça. «  Silence ! Moteur ! Action…

 

J’adore ces surprises au cinéma

 

Guillaume Gallienne : Pascal, l'agent de Catherine

 

Très grands Monsieur de théâtre et de cinéma. Beaucoup de second degrés. On se souvient tous de « Les garçons et Guillaume à Table » 2013 – On y reviendra certainement

 

Laurent Petitgirard : le chef d'orchestre

 

C’est un étonnant et prolixe compositeur de musique de film. Il n’atteint pas le statut de ses ainés et l’on peut se demander pourquoi. Pour la petite histoire c’est le musicien de la série des « Maigret » interprété par Bruno Cremer

 

 

 

Références à la musique classique

 

Le pianiste François-René Duchâble nous dit Wikipédia, a été le conseiller technique pour la musique classique, et l'interprète des parties de piano de la bande originale. Le personnage de Jean-François Lefort exprime dans le film la même attitude que celle de Duchâble à l'égard du monde de la musique classique. Dans le film, Jean-François proclame son aversion pour les contraintes et le formalisme qui règnent dans le milieu de la musique classique et rêve de se produire en concert pour les enfants et les malades.

 

J’ai eu la chance d’assister au « concert d’adieu » de F-R Duchâble à Strasbourg. J’ai suivi son parcours et notamment les mises en scène de « chute de piano à queue » dans des lacs de montagne. Enflammant une polémique inutile (Vieilles caisses et non piano de marque – récupérations ultérieures pour ne pas polluer les lacs)

 

J’ai également eu la chance d’assister à la reprise de sa tournée selon les critères élaborés au départ de son ancienne vie de virtuose.

 

Et les décors ?

 

Pour une fois, on peut en parler.

 

Tant les décors naturels participent au mystère de ce si séduisant film.

 

Le tournage s'est déroulé du 30 mars au 27 mai 2005 au Théâtre des Champs-Élysées, au bar de l'Entracte et aux studios de Boulogne-Billancourt.

 

Quelques scènes sont également tournées avenue Montaigne (hôtel des ventes Drouot) et à l'hôtel Plazza Athénée.

 

Musiques additionnelles

 

C’est un truc qui marche toujours, quand elles sont choisies avec soin. Il y en toujours une qui va réjouir le plus grincheux des spectateurs.

 

Ici, en vrac

 

            -  Je reviens te chercher, interprété (en générique de fin) par Cali

 

  • Les comédiens, interprétés par Charles Aznavour

 

  • Finale de la sonate La Tempête, opus 31 n°2, composée par Ludwig van Beethoven

 

  • La solitude ça n'existe pas, interprété par Gilbert Bécaud

 

  • Si tu t'imagines, interprété par Juliette Gréco

 

  • Consolation n°3 en ré bémol majeur, composée par Franz Liszt

 

            - L'important c'est la rose, interprété par Gilbert Bécaud

 

            - Je reviens te chercher, interprété par Gilbert Bécaud

 

            -  Concerto n°5 pour piano "L'Empereur" opus 73, composé par Ludwig van Beethoven

 

  • Variations sur Ah vous dirai-je, Maman (K. 265 / K. 300e) composées par Wolfgang        - Amadeus Mozart

 

Les morceaux de musique classique sont interprétés par François-René Duchâble et interprétés et joués à l'écran par l'Orchestre Colonne, dirigé par Laurent Petitgirard. Grand Bravo pour eux

 

Récompenses

 

Elles sont légions et toutes méritées y compris le succès aux States

 

Temps forts

 

Quand Dupontel se désape en Public

 

Quand il « retrouve » Laura Morante son épouse et que se dessine un nouvel avenir commun

 

Quand du haut du balcon de la comédie des Champs Élysée observant le déroulement de la vente de sa collection Brasseur se rend compte d’une sur enchère permanente autour du mythique « Baiser » de Brancusi. Il se renseigne. Il s’agit se son fils. Il retire l’objet de la vente.

 

Pax

 

Prochainement « L’année du Dragon»

 

Du moins, « Dieu aidant, Dieu voulant »

 

Ciné papy, du fond de son lit ou de son fond d’écran va mettre au propre, ses fiches et achever celles déjà en préparation

 

So long’

 

 

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 06:00

 

J’ai vécu 4 ans dans les bois, plus précisément dans le pavillon d’honneur de l’ancien château de Georges Halphen transformé en hôtel de luxe : Le Mont Royal, à la Chapelle-en-Serval où se rejoignent les voies menant à Chantilly et Senlis, le plus beau bouchon des week-ends des parisiens en mal de forêts.

 

Exilé dans les bois à la Chapelle-en-Serval chez Georges Halphen grand  amateur de textiles précolombiens exposés au musée des arts premiers de  Jacques Chirac. - Le blog de JACQUES BERTHOMEAUPlan La Chapelle-en-Serval : carte de La Chapelle-en-Serval (60520) et  infos pratiques

 

Senlis est qualifiée de ville des pilotes d’Air France, chic et chère dans ses pavés et ses vieilles pierres, on y tourne beaucoup de film dit d’époque.  

 

Que faire à Senlis, escapade sans voiture ? - Un pied dans les Nuages

Aujourd’hui c’est « Le Roi de cœur » (1966)

 

Le Roi de cœur - Film (1966) - SensCritique

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que tel est mon bon plaisir. Mais aussi parce que ce film a enchanté mes années d'école buissonnière. Mais aussi par ce que c'est l'un des plus beaux flop de l’histoire du cinéma français et d'un sympathique réalisateur aux très nombreux succès par ailleurs.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Pour une fois laissons la parole à Wikipédia qui résume parfaitement le scénario :

 

« Fin 1918, les Allemands abandonnent Marville après l'avoir piégé en y cachant un blockhaus rempli de bombes qui doivent exploser à minuit quand l'armée britannique aura libéré la ville. Un soldat britannique, Charles Plumpick, est chargé de localiser la machine infernale et de la désamorcer avant qu'elle n'explose. Sur place, il découvre une cité bien évidemment désertée par ses habitants, à l'exception des pensionnaires de l'asile d'aliénés. Ceux-ci l'accueillent à bras ouverts ; ils reconnaissent en lui - par un rocambolesque concours de circonstances - leur roi (« roi de cœur », cousin du « duc de Trèfle Brialy). Intronisé comme il se doit lors d'une cérémonie officielle à la cathédrale de la ville, Plumpick se laisse séduire par ses nouveaux compagnons, qui ont pour noms, Xénophon, duc de Trèfle précédemment cité, la duchesse Marie-Charlotte et leurs enfants, Brunehaut, Gontran et Albéric , le Général Géranium, l'évêque, Monseigneur Marguerite, monsieur Marcel, le coiffeur,) et la tenancière de la maison close, madame Églantine et l'une de ses pensionnaires, la jolie Coquelicot. Il n'en oublie pas sa mission pour autant.

 

Réalisation

 

Philippe de Broca, avant « Le Roi de Cœur » avait à son actif les immenses succès populaire que furent « Cartouche » (1962) « L’homme de Rio » (1964) et « Les tribulations d’un chinois en Chine » (1965), avec Jean Paul Belmondo acteur fétiche qu’il retrouvera avec « Magnifique » (1973) et « L’Incorrigible » (1975). C’est dire le savoir-faire du bonhomme quand, en 1966 il se laisse aller à « commettre » un sujet qui lui tient à cœur. Malgré une distribution de rêve réunissant parmi les plus grands noms de la scène française ce fut un bide retentissant, tant publique que critique. Il en fut profondément affecté mais poursuivi néanmoins sa carrière, allant de succès en succès avec, toujours des grands noms. Ainsi « Le diable par la queue » (1969) ou « Le Bossu » (1997). C’est le cinéaste de la joie de vivre. Il n’aimait rien tant que le tournage en équipe mêlant acteurs et techniciens. Il adorait les acteurs dont il disait reprenant les mots d’un de ses ainés qu’ils étaient comme du papier de soie. Tu les froisses et c’est fini à jamais. Il a été porté sur les fonds baptismaux par de grands ainés dont il a été l’assistant tels Henri Decoin, Claude Chabrol, François Truffaut ou Pierre Schoendoerffer. Aujourd’hui, dit-on, les jeunes générations de cinéaste font référence à son oeuvre  qui apparaît comme moins frivole ou superficielle qu’elle n’en a l’air. Elle apparaît comme le reflet de la société de la deuxième moitié du XXe siècle.

 

Qui fait quoi

 

Le Roi de cœur - Film (1966) - SensCritique

 

Vous les connaissez tous et il est amusant de les voir presque à leur début. Amusant également de voir comment leur carrière, ceux qui sont restés des (excellents) second rôle ou devenu des « flèches » a évolué

 

Alan Bates :

Et oui, « Alan Bates » cependant je ne saurais dire si ma passion pour cet acteur date de ce film. - Il est Charles Plumpick, le roi de Cœur

 

Geneviève Bujold :   

                   

Vive le Roi de cœur! - Causeur

 

Actrice canadienne qui a su se faire un nom sur la scène internationale et française puisqu’elle tournée deux film avec le fidèle de Broca – elle est Coquelicot

 

Pierre Brasseur :

                              

Truculent acteur, volubile, exubérant, jamais dans l’outrance même s’il s’en approche souvent. Je me souviens de lui, quand jeune homme je fréquentais les théâtres Strasbourgeois car c’était aussi un fabuleux comédien. Une personnalité telle qu’il a évité d’être dans le dictionnaire, défini simplement comme « père du précédent » : son fils Claude

Si ma mémoire est bonne, grand déconneur, Belmondo, sur un tournage, le voit descendre l’escalier de l’hôtel une valise à la main, sans passer par la salle des petits déjeuners. Bebel l’apostrophe et Brasseur de lui avouer que ses déconnades l’ont fait renvoyer du tournage. Bebel ne dit rien mais, valise à la main il rejoint Brasseur qui attend un taxi. Affolement chez les producteurs qui souhaitent comprendre. Bebel, imperturbable leur répond : « Lisez mon contrat. Je joue avec Pierre Brasseur. Pierre s’en va, je pars avec lui. » Bien sûr Brasseur fut réintégré et essaya d’être sage - il est le général Géranium

 

Jean-Claude Brialy :                     

 

On ne présente plus cette vedette du cinéma français tant sa filmographie parle pour ce virevoltant et/ou précieux acteur  plein de fantaisie ou de gravité selon ce qu’i est amené à jouer - il est Xénophon, duc de Trèfle

 

Julien Guiomar :                            

 

Un de ces seconds rôles dont l’apparition à l’écran est toujours un régal. Comment va t il nous faire ça ce coup-ci ? - il est Mgr Marguerite

 

Michel Serrault :

                              

Tellement vrai qu’on a l’impression qu’il a fait ça toute sa vie ou que ce fût son métier avant que d’être acteur (ce qui est le cas de Fabrice Luchini) Pour ma part j’ai l’impression que c’est un rôle qu’il endossa de nombreuse fois alors qu’il n’y en a eu que deux - il est M. Marcel, le coiffeur

 

Jacques Balutin :                            

 

Second rôle très typé avec un bel abatage. Il joua beaucoup de pièces de boulevard - il est le sergent Mc Fish

 

Daniel Boulanger :

 

Daniel Boulanger écrivain et scénariste (notamment sur ce tournage avec de Broca) est aussi le dialoguiste. Cela mérite d’être souligné comme la fidélité  du metteur en scène avec ses partenaires, ainsi Michel Audiard autre dialoguiste régulier - il est le colonel von Krack

 

Philippe de Broca :        

               

Il aimait tellement rire et s’amuser qu’il ne rechignait pas à jouer dans ses propres films  - il est le caporal Adolf Hitler

 

Georges Géret :

                              

Encore un second rôle avec une bouille bien à lui qui tourna quelques quarante films ou sa tête de dur ou de bougon a été fort bien employé. On se souviendra de sa composition dans Z (1969) de Costa-Gavras - il est un soldat avec Mc Fish

 

Yves Robert : le général Baderna

 

Le Roi de coeur (1966)

 

Remarque

 

Le film a été tourné à Senlis. Cette ville est tellement photogénique qu’à la fin de la projection on a envie de s’y rendre sur le champ ou à la première occasion. Il peut être amusant de comparer ce qu’est devenue cette ville cinquante-cinq ans plus tard.

 

Philippe de Broca – “Le Roi de Cœur” | Culturopoing

 

Ce film joue sur deux tableaux. La poésie et le burlesque avec beaucoup de finesse et d’élégance dans les situations et les images et/ou les dialogues.

 

Le burlesque nous rappel parfois ce grand succès qu’a été Hellzapoppin (1941) Un film traitant, sur un mode burlesque justement, des us et coutumes des milieux du spectacle, du théâtre et du cinéma américains. On y trouve des incongruités hilarantes et des quiproquos à profusion.

 

Le « flop »

 

De « Cartouche » tourné en 1962, producteur. La consécration internationale est acquise avec aux « Tribulations d’un chinois en Chine » en 1965 en passant par « L’homme de Rio » en 1964, qui lui vaut une consécration internationale curieusement « Le Roi de Cœur » est un échec critique et commercial. Il arrive que le public se rue sur un film décrié par la critique. L’inverse existe également. Critique louangeuse et public absent. Là, c’est les deux.

 

Bref, un petit tour aux oubliettes jusqu’en 1978. Les droits, vendus aux Américains, donne un second souffle à l’œuvre. Au panthéon des films curieux il devient même culte. Aujourd’hui il est considéré, ben voyons, comme son chef d’œuvre. Les jeunes générations le revendiquent comme un Maître.

 

Malgré l’échec de 1966, des 1969 il tourne « Le diable par la queue » Énorme succès sur lequel nous reviendrons certainement. C’est en tout cas une belle illustration de sa motivation profonde à faire des films : « parce que le rire est la meilleure défense contre les drames de la vie. »

 

Les facéties de Ciné papy

 

Monter le volume sonore de sa télé ne rend pas les sous titres plus lisibles

 

Pax

 

Prochainement « Fauteuil d’orchestre »

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