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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 05:00

Ce sage précepte que me serinait ma mémé Marie lorsque ma vivacité à river le clou de mes petits camarades ou des grands dépassait ce que dans ma bonne Vendée, assez portée pour la génuflexion et la révérence, on se devait de garder pour soi, permet de dire ou d’écrire le fond de sa pensée sans utiliser les mots qui font plaisir, bien tranchants, bien saignants, mais qui blessent inutilement. Réfléchir avant de parler, ici en l’occurrence d’écrire, ne vaut pas censure de ses propos. Ce temps de réflexion distille la fureur du premier mouvement, évite le plaisir carnassier de river le clou à celui qui vient de vous porter un coup, un peu bas, que vous n’attendiez pas. Comme le soulignait l’ami Jérôme, rompre des lances, même vivement, se fait dans le respect de son interlocuteur.

 

Même si ça insupporte certains, mon expérience de ce qu’on appelle d’une expression un peu galvaudée les relations humaines, tant dans l’entreprise en gérant par exemple un plan social avec pour interlocuteur majeur la CGT, que dans mes fonctions dites officielles avec le dialogue omniprésent rue de Varenne avec les blocs syndicaux professionnels rugueux, mais aussi dans mes fonctions de médiateur sur des dossiers difficiles, m’a rendu peu sensible aux coups. J’ai le cuir très tanné mais un seul procédé me fait voir rouge : la disqualification de son interlocuteur. C’est un grand classique : dit-donc toi t’es qui pour te permettre de ramener ta fraise ? Tu sors d’où ? Tes propos sont ceux d’un envieux, d’un aigri, d’un représentant de la France ranci ! J’ai été le témoin de cette morgue lorsque François Guillaume, au Congrès de la FNSEA de Narbonne, plaçait Michel Rocard plus bas que terre parce que son extraction urbaine le disqualifiait en tant que Ministre de l’Agriculture. Toute proportion gardée bien sûr c’est le procédé utilisé, d’une façon qui se voulait pateline, à mon endroit pour soi-disant défendre Michel Rolland.

 

Tout ça pour mettre un point final à une escarmouche bien dérisoire mais qui révèle tout de même une forme d’esprit de clan, celle qu’on reproche tant à la classe politique. Cependant, rassurez-vous, si tant est que vous eussiez besoin de l’être, lorsque j’ai écrit : « à l'avenir je prendrai le temps avant de riposter, ça m'évitera de déraper mais bonne parole n'est point parole molle... et bien sûr je serai plus circonspect de là où je mets les pieds. » je ne changerai rien à ma ligne de conduite. Ma seule requête c’est que chacun assume ses écrits dans le respect de son interlocuteur, moi y compris. C’est tout mais c’est beaucoup même si mon Espace de Liberté est qualifié de cour de récréation. Après tout la cour récréation c’est plutôt sympa, on y joue, on y cause, on s’y crêpe le chignon, et c’est un lieu qui en vaut bien d’autres dont le sérieux cache souvent la vacuité.

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 00:03

Je le fais avec des gants beurre frais pour ne pas froisser l’épiderme si fragile de notre orgueil national. En effet, nous sommes un peu revanchard dans notre beau pays, ce n’est pas moi qui l’écrit mais de concert l’éditorialiste de Terre de Vins et Véronique Raisin dans l’Express : « Cette revanche traduit avec brio – enfin ! – l’extraordinaire travail accompli dans le vignoble hexagonal depuis la pitoyable défaite. » Comme le rappelle fort judicieusement mon honorable consœur, vigneronne de surcroît, Catherine Bernard pour ceux qui n’ont suivi le film de la chronique judiciaire des différents France/USA « Depuis la publication de l’enquête du journaliste américain George M. Taber sur le jugement de Paris, nul n’est censé ignorer ce jour de l’année 1976 où des vins californiens supplantèrent de grands bordeaux et bourgogne. » Je passe sur « Cocoriccoooo, le vin français le meilleur du monde » il ne relève pas de mon appel mais de la plus pure franchouillardise. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jugement_de_Paris_(vin)

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Qu’est-ce-que je conteste et qui motive mon appel :

1-     12 prévenus étrangers (USA : 5, Australie : 2, AFS : 1, Chili : 1, Chine : 1, Argentine : 1, NZ : 1) contre 7 français. Pourquoi une telle dissymétrie ?

2-    Les 7 français sont tous des bordelais, pourquoi cette exclusivité ? les GCC de Bordeaux sont-ils la France du Vin, même du Grand, à eux seuls ?

3-    Qui a convoqué les 7 bordelais : les 5 juges ? Si oui, sur quels critères objectifs ont-ils fait cette sélection et pourquoi n’a-t-on pas respecté la séparation entre l’instruction et la formation de jugement ?

4-    Qu’entend-on par « les USA (Californie), l’Argentine, le Chili, L’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, ont envoyés leurs champions. » ? Prière de nous indiquer, là aussi, les noms et raison sociale de ces sélectionneurs ?

5-    Si ce sont les 5 juges eux-mêmes qui ont fait ce choix, prière de répondre sur les mêmes bases que le point 3.

6-    Pour quelles raisons, contrairement au premier jugement de Paris de 1976, aucun bourguignon n’a été convoqué ?

7-     Et les autres régions françaises sentent-elles le gaz ?

8-    Pourquoi, dans la mesure où le cercle s’est élargi, les autres pays producteurs européens n’ont-ils pas envoyé de champions ?

9-    Leur a-t-on demandé ?

10-                       Ont-ils refusé ?

11- Pourquoi, même si la formation de 1976 se présentait sur le même mode, les 5 juges sont-ils tous français : Marie-Louise Banyols, Michel Bettane, Thierry Desseauve, Denis Hervier et Guillaume Puzzo ?

12- L'internationalisation des prévenus impliquait le recours à la forme Tribunal Pénal International avec des membres non membres des Etats dont sont issus les convoqués et les envoyés. Pourquoi ne pas avoir eu recours à cette solution levant toute suspicion de favoritisme gustatif ?

13 - Et les consommateurs dans tout cela, ils sentent le gaz ?  

14-Les 5 juges connaissaient-ils l’identité des 19 prévenus ?

15 - Pourquoi utiliser le terme impropre de jury qui s'applique en France à une Cour d'Assises qui donne à un jury populaire encadré de juges professionnels la capacité de rendre un verdict, à une formation rassemblant que des juges professionnels ? 

16-Si oui, leur jugement n’a-t-il pas été faussé par cet « anonymat » bien orienté ?

17-L’émission de France 2 Envoyé Spécial du 18 septembre qui diffusera la séance de dégustation répondra-t-elle à l’ensemble de ces questions ?

18-Je souligne que je fais appel en dépit de ce qu’écrit Véronique Raisin dans l’Express « La dégustation au sommet de cet été – élargie à tout le nouveau Monde – rend aux crus tricolores leur suprématie... Sans appel... » En effet, lorsqu’il est question de suprématie il me semble qu’il vaut mieux ne pas se payer de mots car c’est ainsi qu’on perd la guerre, si tant est que nous soyons en guerre, peut-être que celle-ci n’est qu’une guerre en dentelles pour amuser la galerie...

19 - Je précise, afin de ne pas être taxé par ceux qui me trouve trop acide, que j'agis ici en tant qu'avocat d'un plaignant ni convoqué ni envoyé pour être jugé à Paris.

20 - Il s'agit du Pinot Grand Vin de Feenwick dont le vignoble est situé dans les Alpes, coincé entre la Suisse et la France, un confetti qui continue de vivre en sous une forme d’économie bucolique http://www.berthomeau.com/article-pinot-42908099.html 

21 - Je viens de recevoir à l'instant une nouvelle requête de mon client : les vins du Nouveau Monde présents dans le box des prévenus sont-ils certifiés sans OGM ?

22 - Je viens de recevoir à la seconde un coup de téléphone de José Bové qui s'étonne de l'absence d'Eva Joly dans le jury !

 

Pour les commentaires de dégustation se reporter sur  http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/vin/les-meilleurs-vins-du-monde-testes-a-l-aveugle_917760.html

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 18:48

Désolé de vous importuner encore mais je pense qu'il fallait que je vous transmette sans tarder cette Photo et ce texte qu'un de mes lecteurs Pierre Souillard vient de me faire parvenir.

« J'ai un peu du mal avec cette pub qui vend des terrains constructibles en montrant bien les vignes qui seront arrachées. Peut être de la plaine, peut être des vignes à « vin d'sheriff » mais quand même. Ca veut dire que nous avons échoué à faire du bon vin qui se vend bien sur une partie de territoire livrée au crépit le plus rose, aux maisons les unes sur les autres. C'est du patrimoine qui se détruit, un aveu d'échec, un paysage et une économie qui meurt pour une erreur. Ce n'était pas inéluctable, encore moins obligatoire de faire cette pub que je trouve particulièrement cynique. »

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 05:00

En son temps, lorsqu’il vint sur mon blog j’écrivais « Nous ne nous sommes, Michel Rolland et moi, jamais rencontrés, mais j'avais l'intuition, qu'au-delà de son indéniable talent, l'homme avait du panache, de la classe et, suprême qualité pour moi, l'art de dire avec légèreté des choses importantes. Ses réponses sont à la hauteur de mes espérances » Je ne retire ni n'ajoute rien à ce propos.

 

Mon récent papier, avec un titre certes provocateur, qui s’inspirait du provocateur-roi de la Toile Rémi Gaillard, était dans une veine ironique, sans doute trop, mais il ne portait aucunement atteinte à « tout ce qu’a fait Michel Rolland pour le vin ». En effet, j’ai la faiblesse de penser que, lorsqu’on s’adresse aux Grands, et à sa manière Michel Rolland en est un, comme le fou du Roi, la révérence n’est pas de mise. Ma référence à Rémi Gaillard était dans la veine de la provocation en écho à celle de Michel Rolland telle que rapportée par le plumitif de Sud-Ouest.

 

J’écrivais « Provocateur l’homme l’est sans contestation mais là, de deux choses l’une, soit il prend ses interlocuteurs pour des demeurés, ce qui n’est pas à exclure, soit il ne veut pas que les médias l’oublient, donc il fait du bruit. Fort bien, grand bien lui fasse, pour l’heure, sans faire injure au grand journal de Bordeaux, ses propos n’ont éveillé que l’intérêt de Sud-Ouest du mercredi 15 septembre, et c’est page 17.

Je pense que la Toile va s'en emparer. D'ailleurs je suis en train de le faire moi-même. Que Michel Rolland veuille créer le buzz (1), faire de la provoc à 2 balles, c'est son droit de bon communicateur sur sa marque mais vraiment il aurait pu s'abstenir d'aller bourrer le mou de petits gars et de jeunes filles d'une de ces nombreuses et malheureuses écoles de commerce qui croient qu'en invitant un people ils se mettent dans les vents portants. Les pauvres, je les plains. »

 

Franchement ça ne dépassait pas les limites de l’ironie facile, nulle injure, nulle remise en cause du génie de Michel Rolland. Sous réserve que le journaliste ait fait son métier (à vérifier) je me suis cru autorisé au tacle glissant en lisant « Le terroir, paramètre sacro-saint dans le Bordelais, ne compte vraiment que pour les très grands crus, les vins naturellement complexes. Pour les autres, tout est affaire d'œnologie et de marketing. Les Indiens aiment le curry ? Fabriquez-leur un vin au goût de curry, répond Rolland. » Je m’y suis cru d’autant plus autorisé que j’ai depuis fort longtemps dit et écrit que, comme le déclare Michel Rolland « Dans l'avenir, le vin devra faire pareil : s'adapter aux différents marchés. » Pour ma part, je précise certains vins plutôt que le vin. Ce qui me déplaisait surtout, et je l’ai écrit, c’est que ces propos avaient été tenus devant des jeunes gens et jeunes filles d’une école de commerce. Mon ironie sur celles-ci était bien plus acide que celle que j’osais instiller à l’endroit de Michel Rolland.

 

Je m’attendais à tout sauf à me voir traité : d’envieux de la réussite de Michel Rolland, en étant en cela bien représentatif de la France aigrie et que l’on me rappela que le vin était un produit qui était destiné à la vente. C’est un vieux procédé : la disqualification de celui qui écrit et la condescendance à son endroit : parle de ce que tu connais coco. C'est gentil tout plein et je ne suis pas certain que Michel Rolland avait besoin d'un défenseur utilisant un tel procédé.

 

Oui j’ai pris le mord aux dents. Oui j’ai vu rouge. Oui j’ai été outrancier. Oui mes mots étaient des scuds disproportionnés. Je l’assume totalement et je conviens que j’aurais pu rester au niveau de mon interlocuteur. Défendre ses amis, oui. Je le fais moi aussi, confère l’affaire du Pinot Noir. Cependant je m’efforce de défendre aussi ceux qui ne sont pas dans la lumière mais qui sont plutôt dans la peine lorsqu’ils sont blessés par des propos ou des écrits hautains. Que l’on soit puissant ou misérable chacun à le droit d’être défendu.

 

Je conviens, qu’en définitive, tout cela se résume à un petit ouragan dans un verre à dents. La cour de récréation certes mais, tout de même, profiter de l’occasion pour en appeler à la hauteur de vue, ne doit pas pour autant, dans le respect des opinions et des personnes, transformer le débat en robinet d’eau tiède. La bienséance, la politesse, le respect, oui, la connivence, non ! L’entre-soi rassure mais je lui préfère l’expression ouverte, parfois dure, comme je l’ai admis outrancière, car elle permet ensuite de trouver des points de jonction.

 

Voilà, ni mea culpa, ni cendres sur la tête, simplement l’expression de ce que je suis, que j’assume non pour en tirer gloire, mais pour rappeler que mener certains combats, dans la pure gratuité – dans tous les sens du terme – et une certaine solitude, quand ce n’est pas l’hostilité, peut excuser, ou tout au moins aider à comprendre, que parfois je vois rouge face à des propos qui me prêtent des intentions que je n’ai pas et que je n’aurai jamais. Je n'implore ni pardon, ni soutien, je remets les choses à leur juste place. J'extirpe de mon texte les mots outranciers. La riposte se doit toujours de rester proportionnée à l'attaque - car n'en déplaise au commentateur - c'était une attaque intuitu personae. A l'avenir je prendrai le temps avant de riposter, ça m'évitera de déraper mais bonne parole n'est point parole molle... et bien sûr je serai plus circonspect de là où je mets les pieds. 

 

Bonne journée à tous.

 

(1) J'ai appris depuis cet écrit que Michel Rolland ignorait qu'un journaliste était présent dans la salle, ce qui rend caduque ma seconde hypothèse. Elle est donc nulle et non avenue. Il se peut donc que la boutade de Michel Rolland ait été montée en épingle et sortie de son contexte. Je suis prêt à en convenir mais alors comment être informé de la réalité des propos de Michel Rolland ? Je lui pose la question.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 00:09

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Michel Bettane vit en Beaujolais, il y respire, lorsqu’il ouvre sa fenêtre c’est son horizon, son port d’attache, sa terre de prédilection alors sa plume pour dire le Beaujolais dans tous ces états  exprime beaucoup plus que le point de vue d’un expert, elle dessine, mieux qu’un changement de nom, des perspectives pour que les vignerons retrouvent le cœur des consommateurs. Cet article est publié dans l’Express du 18 septembre 2010 Spécial Vin. Mon emprunt sans versement d’intérêt est justifié par l’utilité publique.

 

Beaujolais En garde ! 

 

Une mauvaise communication de l'interprofession

« Parce que le gamay produit des vins tout en fruit et parce qu'on a pris l'habitude de boire les beaujolais sans façon, sur le zinc, on croit communément qu'il ne se garde pas. Sur les rayons des supermarchés, même pour les crus, un millésime de trois ans, c'est comme une date de péremption sur un yaourt. Il fait fuir la ménagère qui craint pour la flore intestinale de toute la famille. C'est un désastre.  

Désastre de communication de l'interprofession, qui n'a jamais appris à bien boire aux Français. Désastre économique, aussi, pour les producteurs qui voient fondre sur leurs invendus les rapaces du commerce, ravis d'acheter à la baisse ce qui n'était déjà pas très cher. Alors, profitons du magnifique 2009 pour rappeler la règle du jeu. Boire bon, c'est boire au bon moment. Respectons la vitesse d'épanouissement de chaque vin. On débutera donc (il est déjà trop tard pour les finir) par les beaujolais primeurs, en principe élaborés pour donner le meilleur d'eux-mêmes aux alentours de Noël.  

"Seul le temps développera vraiment l'expression des terroirs"

A partir de Pâques, les beaujolais et les beaujolais-villages peuvent commencer à se boire, en sachant que les communes du sud de Villefranche-sur-Saône donnent des vins assez corsés et sainement rustiques dans leurs arômes et leurs tanins, qu'il faut boire après les "villages" de granit, plus souples, plus vite ouverts. Au mois de septembre de l'année suivant leur naissance, on débouche les regniés et les brouillys, souvent parfaits entre un an et deux ans. On fait de même avec les chiroubles. Dans leur troisième année, on inspecte l'état d'avancement des saint-amours, des juliénas, des côtes-de-Brouilly, des morgons les plus souples et des fleuries les plus... fleuris.  

Pour leur quatrième anniversaire, on ressort les mêmes, de terroirs un peu plus corsés, et les chénas. Enfin, et régulièrement après la cinquième année, on passe aux moulin-à-vent et aux vins des plus vieilles vignes et des meilleurs terroirs de tous les crus, voire aux beaujolais simples de montagne. Bien sûr, en année moyenne, on peut aller un rien plus vite, et en grand millésime, beaucoup plus lentement, mais seul le temps développera vraiment l'expression des Peut-on aller encore plus loin dans la conservation? Il arrive parfois que le buveur chanceux tombe sur des bouteilles étonnantes de trente ans ou plus. Le plaisir de les boire procède plus de la rareté ou de l'étonnement que du goût. En revanche, les meilleurs moulin-à-vent et quelques autres parcelles de crus produisent régulièrement des vins capables de donner (de dix à quinze ans d'âge) des bouteilles plus complexes, plus subtiles qu'à leur naissance. A condition qu'elles préservent une grande partie du fruité d'origine, qu'elles embellissent d'arômes épicés, délicatement viandés parfois, mais évoquant plus souvent la truffe, le sous-bois - un peu à la façon des vieux bourgognes, avec lesquels on les confond souvent. terroirs. Et les artifices des maquillages, même de ceux qui se vantent d'incarner le triomphe du naturel...

 

Reste la question des vins élevés tout ou partie en bois neuf. L'expérience montre que seuls quelques crus, en général du secteur de Moulin-à-Vent, supportent ce type d'élevage qui peut affiner leur tanin et leur donner un chic un peu bourgeois. Il vaut mieux alors les attendre cinq à dix ans. Mais il faudrait réserver le soin de le faire aux producteurs sachant élever sous bois. Cela éviterait bien des erreurs, et bien des horreurs. »

 

Pour consulter le liste des vins sélectionnés

http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/vin/beaujolais-notre-selection_917766.html

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 02:09

Ça ne traîna pas, dès le lendemain un honorable conseiller agricole exerçant ses honorables fonctions dans un de ces machins, dont raffolent les américains, censé aider ces pauvres chiliens à développer des cultures d’exportation, m’attendait dans le hall de l’hôtel. L’homme alliait le fripé d’une peau grêlée de vieux blond avec le froissé d’un costard en lin qui avait du être blanc. Il portait un chapeau de type panama lui aussi douteux, jauni et dès le matin auréolé de sueur, des docksides avachies et il tétait un long et fin cigare noir éteint. Ses dents fines, pourries, oscillaient entre le jaune beurre rance et un marron de jus de chique. Ce type semblait vidé de vie, revenu de tout, impression confirmée par sa poignée de main molle et son regard éteint. Les postes minables, le whisky ou le bourbon, les putes et l’ennui sans doute l’avaient réduit à l’état de détritus proche de la décharge, seule sa voix gardait des accents juvéniles, un homo refoulé peut-être. Son accent traînant du sud et son vocabulaire plein de mots compressés ou bouffés rendaient notre conversation pénible. L’arrivée de Chloé, fraîche et pimpante, le transfigurait. À peine avait-elle posé ses belles fesses sur le tabouret du bar où j’avais entraîné l’américain que celui-ci l’interpelait en italien « Italienne, hein ! » Elle opinait et le vieux chnoque s’animait, brassait de l’air avec les mains, roucoulait, racontait sa vie, ses aïeux quittant Trieste, sa seconde femme née à Vigata en Sicile,  débondé il s’épandait. De poids mort il passait a allié potentiel soit par manipulation, soit parce qu’en confiance avec Chloé il se laisserait aller à lui plaire. Les hommes sont ainsi faits.

 

Bob Dole voulait un rapport dans les 24 heures. Je lui fis répondre, par l’entremise d’Ernest J Gayne notre correspondant amorti, qu’il aille se faire mettre par une tribu d’Apaches alcooliques et qu’il veuille bien noter mes exigences : « ouverture d’un compte à la Banco de Chile avec un crédit illimité, la liste des personnages les plus influents des états-majors de l’armée chilienne, la mise à disposition d’une villa dans le quartier chic de Las Condes à Santiago et d’une voiture européenne, une 404 Peugeot si possible un coupé... » Gayne n’en croyait pas ses longues oreilles poilues, sans nul doute en plus de trente ans de carrière jamais il n’avait du entendre un type oser se payer la fiole d’un grand ponte de la Centrale de Langley d’une manière aussi désinvolte. Chloé soufflait le chaud et le froid en italien « Vous pouvez le lui dire à votre manière, avec les précautions d’usage, mais, même s’il doit commencer à le comprendre maintenant, assurer-le que ce type est incontrôlable et qu’il serait préférable qu’il fasse droit à toutes ses demandes... » Ernest J Gayne se renfrognait, la tournure prise par les évènements le contrariait, alors il entreprenait de se curer le nez sans se soucier de l’air horrifié de Chloé. Pour débloquer la situation je lui proposais de rédiger ma demande, en français puisque Dole le parlait et le lisait couramment, « ça vous dédouanera puisque vous pourrez toujours vous abriter derrière le fait que vous ne saviez pas ce que vous transmettiez... » L’ombre se retirait de sa sinistre tronche mais un nouveau dilemme l’agitait : comment se débarrasser de son butin nasal ? Un instant je balançais de lui suggérer de bouffer ses crottes de nez mais, faute de maîtriser correctement sa langue, je m’abstenais. Gayne optait pour le revers de l’accoudoir de son siège. Chloé était à deux doigts de gerber.

 

L’efficacité de mon plan tenait, selon moi, à ce que ma stratégie ne se calquait pas sur les schémas traditionnels des deux camps extrêmes : le MIR et la haute hiérarchie de l’Armée chilienne. Pour le premier, ses militants vivaient dans les campamentos comme des poissons rouges dans un aquarium et, toute tentative extérieure pour entrer en contact avec eux se heurtait à une méfiance très légitime. Bien sûr dans les manifs les drapeaux rouges et noirs siglés MIR flottaient mais ils étaient brandis par des comparses, des minettes ou des gamins, les meneurs n’allaient pas prendre le risque de se faire repérer par les flics ou les services de renseignements des militaires. Plutôt que de les aborder en excipant une appartenance à un groupuscule gauchiste européen j’allais, depuis ma villa de Las Condes, leur lancer ouvertement une invitation en me présentant comme une sorte de mécène européen mettant sa cassette au service des Révolutionnaires radicaux. Même si ça peut vous paraître étrange les animateurs du MIR, très majoritairement issus de la petite bourgeoisie, restaient fascinés par ce type de grand seigneur traître à sa classe. Du côté des galonnés je jouais la carte de l’homme d’affaires qui prépare l’avenir avec les futurs détenteurs du pouvoir. Foin de politique l’important consistait à donner à ces messieurs de belles perspectives d’arrondir leurs soldes lorsque seraient détricotés les nationalisations d’Allende. Sociétés écrans, paradis fiscaux, comptes en Suisse, tout l’arsenal du parfait entremetteur bien introduit dans la lointaine, mais si séduisante, Europe. Chloé sur ce point constituait mon meilleur dépliant de réclame : les culottes de peau allaient baver comme de vieilles haridelles face à une pouliche dotée d’un splendide pedigree. Restait à convaincre le sieur Bob Dole que je continuais à jouer pour son camp et ça n’était pas couru d’avance...

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 00:09

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« Par tempérament, Giscard est plutôt frugal. Mais il se pique d’être gourmet, curieux de saveurs neuves, et encourage son chef aux innovations. On voit ainsi apparaître aujourd’hui à la table présidentielle des plats qu’à mis à la mode « la nouvelle cuisine » : ragoûts de homards ou de fruits de mer, feuilletés de loup, de sole ou de jambon.  Reste que Giscard – quel que soit le raffinement de menu – souhaite comme ses prédécesseurs rester moins d’une heure à table. » Le Président choisit pour chaque réception lui-même les menus dans l’éventail que lui propose Marcel Le Servot. Il les annote.

Pour la petite histoire, Giscard fit une entorse à son goût pour le service rapide lors du fameux déjeuner imaginé par Bocuse le 25 février 1975, pour la remise de sa Légion d’Honneur par le Président lui-même. « Ce jour-là, dix grandes toques, dont Le Servot lui-même, prirent place à la table du chef de l’Etat pour savourer la soupe aux truffes de Bocuse, l’escalope de saumon des frères Troisgros, le canard en gelée de Michel Guérard, la salade du moulin et la barquette de fraises des bois de Roger Vergé, et le gâteau au chocolat de J-J Bernachon. Le Château Margaux et le champagne Roederer étaient tous deux de 1926, année où naquirent Bocuse et Giscard. Eh bien cette fois-là, les photographes attendirent plus d’une heure devant l’Elysée la sortie des convives et Giscard partit très en retard enregistrer une allocution prévue pour le soir-même ! »

Reste que le plus grand fait d’armes de Giscard, hormis de jouer de l’accordéon, fut de s’inviter à la table des français sans doute pour y découvrir les joies de la cuisine familiale et le changer des zakouskis de la Nouvelle Cuisine dont il raffolait à l’Elysée...

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 08:00

Communiqué à diffuser à toutes les agences de Presse :

 

« L’ABV, œuvre d’utilité publique, n’étant pas soluble dans l’eau, ne peut donc être dissoute. En revanche, son Secrétaire-Perpétuel autoproclamé, moi-même, puisqu’il a failli, au dire de « certain » à la philosophie de l’Amicale, peut s’évaporer. C’est ce qu’il fait ce jour, à 8 heures, pour sauvegarder les intérêts supérieurs de l’ABV. Ainsi ses chroniques de brute dans un monde de tendresse ne pourront être assimilées à l’expression officielle de l’ABV. L’Espace de Liberté restera l’hébergeur de l’Amicale, la boîte aux lettres, sauf à ce qu’elle fut accueillie à l’avenir par quelqu’un d’autre. En l’occurrence le Secrétaire-Perpétuel autoproclamé n’est victime que de lui-même, de sa fougue, de sa plume trop acerbe, et non d’une quelconque cabale ou d’une demande d’exclusion émanant d’un des membres. Enfin, dans la mesure où le Secrétaire-Perpétuel autoproclamé s’évapore, deviens gazeux, nul retour à l’état solide n’est possible du fait des effets du réchauffement climatique. »

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 00:09

Retour au calme ce matin, désolé de ne pas tendre la joue gauche lorsque l'on me soufflète la droite, je suis ainsi fait mais je continue de penser que certains volent plus vite au secours des importants alors qu'ils s'abstiennent lorsqu'il s'agit de défendre des va-nu-pieds des railleries d'une huile... Mon papier sur la Corse valait quelques commentaires, pourquoi n'y en a-t-il pas cher Norbert et autres ? J'adore la cannelle mais pas dans le vin...

 

La parole est à un sage : Joseph Delteil.

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« J’ai des amis du haut en bas comme le ramoneur, de toutes gueules et de toutes couleurs » déclarait l’homme de Pieusse qui recevait aussi bien de grands écrivains comme Henry Miller que des gens de peu, lorsqu’il levait son verre de Blanquette, utilisait la formule rituelle audoise au moment de trinquer :

« A la bonne tienne.

-         Sensible.

-         Mêmement. »

« En 1937, au lieu dit La Tuilerie de Massane, à un jet de pierre de Montpellier, l’écrivain Joseph Delteil se retire dans son Harrar : en paléolithie. Loin de la civilisation, à l’écoute des sens, mi-poète, mi-vigneron, avec, au corps, la mémoire de ses aïeux magdaléniens qui vivaient, voilà 25 000 ans, des simples productions de la terre, il fait peau neuve et rêve de redevenir le premier homme. Nu. Innocent.

Tout le reste en découle. Notamment, cette provocante Cuisine paléolithique, hymne à la cuisine naturelle, à la cuisine d’instinct ; recettes de grands-mères, secrets jalousement préservés, savoir ancestral, nous voilà loin, avec le plat unique cher à Joseph, plat ou le mets, nourri de son parfum sui generis, vaut aussi pour l’ustensile et le tour de main, nous voilà loin des goûts sophistiqués de nos contemporains » in Préface de Max Chaleil.

 

J’aime les originaux, les gentilshommes en sabots, les franc-tireurs, ceux qui ramène la langue à l’essentiel en la dépouillant des artifices inutiles : économe, comme le petit couteau du même nom servant à éplucher les légumes, car la saveur n’est pas dans la quantité mais le peu. « Le verbe ne vaut que par ce qu’il incarne. » Joseph Delteil, après avoir été la coqueluche des milieux littéraires parisiens dans les années 20, se retire dans sa thébaïde « aux puissantes effluves », « demeure inspirée, foisonnante et baroque ». Se retirer, prendre du champ, devenir comme Delteil « merle blanc en une époque de gloires éphémères, davantage fondées sur le savoir-faire que sur le faire-savoir. » faire retraite, revenir à l’essentiel, bien plus que des colloques, symposiums ou séminaires, une once de simplicité ne nuirait pas à celles et ceux, moi y compris, qui prennent la parole, ou la plume, pour mener le monde, l’influence et soi-disant le changer.

 

« Pour moi je n’ai connue dans toute mon enfance, dans mon village de Pieusse, que trois plats : la soupe, la fricassée et le rôti. Trois et c’est tout.

Et donc vive le plat unique !

D’ailleurs si, par inadvertance, ou vice, il vous arrive de faire quelque accroc aux principes, quelque fugue du côté de la fantaisie, ma foi tant pis, ou tant mieux, n’imitez jamais le grand Vatel jusqu’à l’épée, tout au plus jusqu’à l’humour.

La musique émoustille l’âme. Si parfois, à propos de soupe ou d’escargots sur le gril, je me laisse aller à quelque lyrisme, à quelque éloquence à quoi je ne tords pas toujours aussi bien le cou qu’à l’oie, c’est pure allegria, liesse de cœur et d’esprit, bel canto. Au style comme à l’oiseau comme à l’aliment sied un grain de sel sur la queue. Comment parler cuisine sans un style à feu vif, le style du loup embobinant le Petit Chaperon Rouge, le style de la sève vers le 21 mars.

Et le patois ! Je parle souvent patois, ou du patois, c’est parce qu’il est le plus proche des origines, le plus riche de sperme et le plus sacré.

Et maintenant voici le conseil de Dieu : je choisis mon pain entre cent, à des lieues, et je foule mon vin moi-même de mes propres pieds. A la source, à la source ! Fais venir ton bœuf de la préhistoire, tes oies du ciel, tue-toi ton porc, c’est le fondement ! Les légumes de ton jardin, les fruits à peau (je scandalise parfois, à belles dents, mes amis, en mangeant la pêche à même l’arbre, comme un ours). Avec ma chèvre et deux poules, voilà la Sainte-Trinité !

Amen ! »

Caillou 8265  Caillou-8268.JPG

Exemple : Pot-au-Feu

 

« Quant au pot-au-feu, il faut le mettre la veille au soir, au coin du feu (jamais dessus parbleu !). Ça doit cuire tout dou, tout dou, tout doucement, que ça rie, rie, rie, et plutôt sourie !

Il y aura de la jambette de mouton, le bec-de-l’oie, et puis un bout de queue de bœuf, et l’os à moelle.

N’oublie pas d’écumer, d’ailleurs avec l’écumoire, longuement, une petite heure, ça fait passer le temps... »

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 11:00

Désolé de vous déranger encore. Ce jugement sans appel est l’œuvre de Jean-Robert Pitte et date du 26 janvier 2007. Je le verse au dossier de l’adaptation de nos vins à la demande mondiale. Par souci de ne pas me prendre une nouvelle volée de bois vert je me contente de reproduire ce que j’écrivais à cette époque sur les tendres propos du Professeur à l’endroit des va-nu-pieds du Languedoc. 

 

« Du haut de sa chaire de la Sorbonne, l'éminent professeur Pitte, un fin connaisseur des choses du vin, une référence pour l'establishment, un homme qui boit grand et bon, un écrivain du vin, partenaire privilégié du président de la Sopexa, la totale donc pour moi petit écrivaillon sans quartier de noblesse, sous-expert à la solde de ceux qui veulent tuer notre nectar (cf. dessin), ce monsieur bien sous tous les rapports donc, à qui le rapport du préfet Pommel donne des démangeaisons, surtout ces p... de copeaux de chêne, tonnait grave :

  vinsamson-min.jpg

"Pleurs et grincements de dents proviennent depuis longtemps du monde viticole français ou, tout au moins d'une partie de celui-ci : les représentants des vins de table, des vins de pays, des grandes appellations génériques (bordeaux, bordeaux supérieur, entre-deux-mers, coteaux-du-languedoc, beaujolais, touraine, côtes-du-rhône, etc,). Une exception : la Champagne qui ne parvient pas à satisfaire toute la demande et réclame le droit de stocker ses excédents de rendements des années "fastes" pour les années de petite récolte, au mépris de toute éthique qualitative.
Que demandent les vignerons et négociants qui geignent ? Bien entendu, comme d'habitude en France des subventions, des dégrèvements fiscaux, des prix garantis par l'Etat et versés par celui-ci, même lorsque la mévente oblige à distiller pour déstocker. Qu'importe si l'on a tout fait depuis des décennies pour augmenter les rendements (clones productifs, engrais, etc...), qu'importe si personne ne veut plus consommer certains
vins sans grâce ni esprit : la solidarité de la Nation doit jouer pleinement et les contribuables doivent éponger les résultats de choix économiques absurdes que l'Etat n'a rien fait pour éviter. Sous prétexte que les coopérateurs languedociens ont le sang chaud et qu'ils descendent vite dans les rues de Béziers lorsqu'ils sont mécontents, on n'a pas poussé la logique qualitative jusqu'au bout et on a laissé en production assistées d'immenses vignobles de plaine plantés en aramon et autres médiocres cépages. Sur les 18 millions d'hl de vin que produit le Languedoc, 8,5 sont des vins de pays dont beaucoup sont d'une insigne platitude et 4 des vins de consommation courante, au-dessous de tout. Il est évidemment impossible d'obtenir du bon vin sur des sols riches et profonds, en taillant long et en récoltant 200hl/ha. » La suite de cette brillante prose sur :

http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/vin/VinScient5.htm

 

 

 

Faites l'effort de cliquer sur ce lien et de lire et aussi de réagir un chouïa

« Il les habille pour l'hiver les gars du Languedoc, les coopérateurs bien sur, notre titulaire de haute chaire, sur un fond de vérités bonnes à dire tous les poncifs et les lieux communs sont en rendez-vous, bref y'a des jours où je me dis que Cohn-Bendit n'a pas fini le boulot à la Sorbonne, mais bon ça doit faire son effet dans les salons - pas ceux où on vend du vin - ceux du 6ème et autres arrondissements défavorisés de la capitale : « de la bibine ma chère, des breuvages d'une insigne platitude, au-dessous de tout, et tout ça avec nos impôts, mais que fait le gouvernement cher ami... »

 Moi j'y enverrai bien sous les ors et les damas, pour une dernière mission, notre « bougon des cépages », avec ses santiags, perfecto et Ray Ban, pour mettre un peu d'animation chez les rombières et les agrégés, ça serait plus utile que les voyages en Chine, ne croyez-vous pas ? Je rigole mais j'avoue que les bras m'en tombent.

C'est consternant et je suis consterné. Certains me diront qu'on n'en a rien à traire du point de vue du professeur Pitte, qu'on le laisse à son élitisme hautain, que tout ça n'est qu'une tempête dans un verre à dents. Peut-être mais ces gens là, avec les signataires de la pétition « naufrageurs du vin » donnent le la, continuent de mettre en avant une image caricaturale du monde du vin, influencent les décideurs politiques et médiatiques. Préparons-nous alors à assumer un plan de type sidérurgique pour les « pleurnichards » chers au professeur Pitte. Ce n'est pas grave le « vin de négociant » se fera ailleurs, sous d'autres cieux, et ça n'empêchera pas les beaux esprits du 6ème arrondissement, les habitués de Le Divillec, les raconteurs d'histoire, de dormir... »

 

 

 

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