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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 11:00

J'avais acquis ce petit morceau savoureux à l'INA. Ce fut une belle chronique du début 2008 un régal de 2 minutes de bonheur. Je ne maîtrisais pas encore très bien la technique alors j’avais retranscris l’interview :

 

-         Le journaliste : Docteur ...... êtes-vous pour ou contre le vin ?


- Le Docteur...... : Je suis pour le vin mais on ne doit jamais de toute façon dépasser 3/4 de litre par jour. On peut dire aussi qu'une notion qualitative du vin intervient et les vins frelatés et un peu tourmentés par les uns et par les autres seront des vins plus nocifs.


- Le journaliste : D'autre part vous êtes médecin sportif donc vous devez avoir pour les sportifs des normes encore plus sévères ?


- Le Docteur...... : Les sportifs peuvent boire du vin même en période de grande compétition et même s'ils ont la classe internationale mais du vin en quantité très restreinte pendant les repas seulement. D'ailleurs aux JO de Londres les français avaient manqué de vin et cet incident avait joué sur leur état d'esprit pendant un certain temps.

 

- Le journaliste : Ca n'avait pas amené des contre-performances tout de même ?

- Le Docteur...... : Non pas de contre-performances tout de même mais des incidents psychologiques. A Tokyo les français emmènent leur vin.

 

14ième question : Quel est le nom de ce bon docteur ? En fouillant mes archives c’est facile.

 

 Pour aller d’au-dessous de Lyon au-dessus de Lyon, comme pour le retour du dessus vers le dessous autrefois y’avait que le tunnel de Fourvière et on passait dans Lyon avec ses bouchons et ses Bouchons. Si vous ne comprenez rien à mes élucubrations accompagnant ma 14ième Question offrez-vous un « Chante Alouette » Hermitage 2007 de Michel Chapoutier, un Château du Moulin-à-Vent  2008 de Jean-Jacques Parinet et un panaché de la production du domaine des Tourniers Beaujolais (toutes les couleurs et bulles) de Régis Bourgine de la cave de Bécon. 

 

 

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 00:09

En notre beau pays François il va de soi que l’andouille est de Vire, de Guéméné, l’andouillette de Troyes, de Jargeau, la rosette et le Jésus de Lyon, les bêtises de Cambrai, les calissons d’Aix, la boulette d’Avesnes, le Brie de Meaux et de Melun, la carotte de Créances, le coco de Paimpol, l’agneau de Pauillac, du Mont-Saint-Michel, le Poulet de Loué, des Landes ou bien sûr de Bresse... etcétéra, etcétéra... Tout le monde sait à peu près ce que c’est mais quand à dire que c’est une AOC versus AOP, ou maintenant une IGP : Indication Géographique Protégée c’est une autre histoire...

 

Protégeons, protégeons, c’est doute un nouvel avatar du principe de précaution voilà t’y pas que c’est la ruée, nos produits régionaux courent presque tous se réfugier sous la bannière des IGP. Je rappelle que l’indication géographique protégée est un signe européen créé en 1992 qui assure au consommateur que le produit tire une ou plusieurs caractéristiques de son origine géographique. Pour les producteurs, l’enregistrement de l’IGP garantirait une protection de la dénomination revendiquée sur tout le territoire de l’Union européenne. Comme pour tous les produits sous signe d’identification de la qualité et de l’origine, des contrôles réalisés par des organismes indépendants permettent de s’assurer du respect des conditions et de la zone de production.

 

Deux produits IGP ou en voie de l’être touchent de près à mes souvenirs d’enfance : le blé noir et la gâche et ça m’interroge !

 

J’aime cette expression « Je m’interroge... » depuis le jour où je l’ai entendue venant de la bouche à l’accent rocailleux de l’aveyronnais Mgr. Marty archevêque de Paris. Cet homme me plaisait car, contrairement à beaucoup de prélats de l’Eglise romaine il restait un homme simple. Je reviens donc à mon interrogation.

 

Pour la Farine de blé noir elle a obtenu l'Indication géographique protégée :

Le règlement européen enregistrant l’Indication géographique protégée « Farine de blé noir de Bretagne » a été publié au Journal Officiel de l’Union Européenne du 25 juin 2010. 

 

Pour la Gâche elle vient d’entamer sa route vers l'IGP :

Le Comité national des indications géographiques protégées de l’INAO a approuvé le 2 juin 2010 le projet de cahier des charges « Gâche Vendéenne » dans la perspective de son enregistrement en IGP par la Commission européenne. 

 

Moi, bien évidemment, pour cette dernière je n’ai rien contre même si le libellé du cahier des charges de la gâche vendéenne me laisse rêveur : « La gâche vendéenne est une viennoiserie de forme ovale, dorée et scarifiée sur le dessus. Elle doit au minimum peser 300 grammes et être présentée de manière individuelle sous sachet et non tranchée.

Sa composition riche en beurre, sucre et œufs est typique des gâteaux vendéens. La gâche vendéenne se différencie par la présence obligatoire de crème fraîche dans la recette. La fermentation longue de la pâte associée à la présence de crème fraîche contribue à l’obtention d’une mie serrée de couleur homogène et permet à la gâche vendéenne de développer une saveur lactée spécifique, où les arômes de crème fraîche et de beurre sont particulièrement marqués, avec une texture en bouche fondante. »

 

Si on avait dit à Valentine Pondevie la sœur de ma mémé Marie que sa gâche était une viennoiserie je ne suis pas sûr qu’elle eût goûté la plaisanterie. Pour moi c’est clair la seule gâche qui eut méritée d’être une IGP c’est la sienne car elle était la quintessence de la gâche vendéenne, inégalée, inégale, et d’ailleurs pour c’était la fouace, la gâche de Pâques. J’ai déjà chroniqué sur ce beau sujet et si vous voulez savoir ce qu’est la vraie gâche vendéenne allez vite sûr  http://www.berthomeau.com/article-6279730.html

 

Sans être mauvaise langue, ce ne sont pas les boulangers du coin qui ont demandé l’IGP « Gâche Vendéenne » mais bien plutôt les fabricants qui travaillent pour la GD. Grand bien leur fasse mais leur gâche même tamponnée comme IGP n’est qu’un pâle ersatz de ce que fut la merveille de mon enfance. Mais foin de nostalgie, les affaires sont les affaires mais cette brave « gâche vendéenne » était-elle si menacée ? Si oui, par qui ? Qui donc sur le territoire de l’Union aurait été tenté de la copier pour inonder le marché ? Oui, ça m’interroge !

 

Pour le blé noir, plus exactement sa farine, je suis plus d’accord. En effet « la farine de blé noir de Bretagne se caractérise par une coloration importante. La Bretagne dispose d'un climat idéal pour la culture du blé noir dont l'exigence en eau est importante. Le blé noir est une plante avec un cycle végétatif très court (semis en mai-juin, récolte en septembre-octobre) adapté aux climats tempérés. De plus « L’obtention de la Farine de blé noir de Bretagne encore appelée « Farine de blé noir de Bretagne – Gwinizh du Breizh » est réalisée selon une méthode traditionnelle. Après nettoyage, les graines sont broyées par un cylindre ou une meule.

La production de blé noir en Bretagne est connue depuis le 14ème siècle. Cette production a été développée comme première culture dans les marais nouvellement asséchés ou les terres défrichées. Très vite, la graine de blé noir a été transformée en farine. Le nombre de moulins transformant la graine de blé noir en farine a toujours été important en Bretagne. Il s’élève encore aujourd’hui à une trentaine. »

 

Reste ensuite la question des galettes de blé noir où là c’est globalement la catata : la crêperie dite bretonne est trop souvent un fast-food avec décor ad hoc, mobilier rustique, sono biniou, où les galettes ne valent guère mieux que le Big Mac de Mac Do et ne parlons-pas de la bolée de cidre genre le gaz part. Bref, autour de la gare Montparnasse elles sont touche à touche et vraiment ce n’est pas la joie. La complète est d’une tristesse à pousser au suicide un breton...

 

Que voulez-vous, quand comme moi on a été nourri le vendredi par les galettes de blé noir de ma mémé Marie faut pas lésiner sur la qualité. Comme je chronique depuis si longtemps je ne sais plus si un jour je vous ai parlé des galettes de blé noir de ma mémé Marie. Peut-être que oui il y a une chronique dans mon fourbi mais suis incapable de la retrouver avec un mot-clé.

 

Peut-être que vous ne me croirez pas mais il a suffi que j’écrive la phrase qui précède pour que ma mémoire me balance : raisiné ! Hé oui, j’ai écrit le 13 janvier 2006 une chronique sur le raisiné. Qu’est-ce donc le raisiné me direz-vous ? La réponse est là http://www.berthomeau.com/article-1589649.html  et par la même occasion vous saurez tout sur les galettes de blé noir de mémé Marie.

 

Mais je suis trop bon avec vous, en voilà une lichette : « Au temps des bancs de l'école primaire je revenais déjeuner à la maison avec un camarade de classe, René Raymondeau, qui lui habitait une métairie : la Célinière, à plusieurs kilomètres du bourg. Mon frère et ma sœur sont nés à la Célinière, ferme dont mon grand-père avait été le métayer du vicomte de la Lézardière. Dans mon bocage confit dans la religion le vendredi était maigre et, les vendredis d'hiver au déjeuner le menu c'était : galettes de blé noir.

Le blé noir, le sarrasin, lorsqu'on le battait on se serait cru plongé dans le pot au noir : la balle collait aux narines et s'infiltrait sous les vêtements. Les vendredis donc, mémé Marie, aux fourneaux, face à sa galétière entamait son marathon. Elle cuisait ses galettes au beurre de pot, un beurre salé conservé dans des pots de grès, dont la pointe d'aigreur donnait aux galettes un goût incomparable.

Nous en mangions 6 ou 7 nature sauf la dernière que nous enduisions de raisiné.

 

Voilà, j’en suis là, trop d’IGP noie l’IGP, ainsi la zone de production du cochon IGP Jambon de Bayonne remonte jusqu’à ma vieille Vendée, alors un de ces quatre je vais demander que soit protégé le « luma de Vendée » au nom de mes souvenirs d’enfance. C’est une chanson :

 

« Quand’qu’te ’m’fais d’la sauce aux lumas Qu’y entends tchieu là qui jargottent Y’t big’rai su les 2 jottes Y sé ben bénèze dans ma piat

Ben tranquillement y tremp’ dans l’piat Dejhà fini faut qu’ te m’ redoune S’tu savais coumme t’es megnoune Quanq qu’ te’m fais d’la sauces aux lumas »

Dépis longtemps y’étais malade O fi sé fai v’nir l’ m’decin Tchiau gars m’défendit la salade La soupe grasse et pis les boudins S’ y avais pris tout’s ces salop’ries O y a longtemps qu ’y s’rais padzit Moué, pour guéri la maladie Un jour, savez-vous c’qui fésis ? Au p’tit déjouna, quatre-vints lumas Et cinq à six verres de noa.»

 

Deux vidéos : la 1ière très amateur et courte, la 2ième véritable petit documentaire ethnographique du Marais Poitevin de 17 mn à voir absolument et pas seulement pour le litron d’oberlin...

la sauce au luma - wideo
la chanson qui vient de vendée!!
Mots-clés : la sauce au luma


La sauce aux LUMAS
envoyé par originalstick. - Regardez des vidéos d'animaux mignons.

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 11:00

« Pendant qu'elle cuisinait, je descendis chercher du vin dans la longue cave voutée, poussiéreuse, emplie d'une agréable odeur de terre humide. Il y avait là des centaines de bouteilles, parfois très vieilles, je devais souffler la poussière pour lire les étiquettes, dont certaines étaient entièrement moisies. Je choisis les meilleures bouteilles sans la moindre gêne, ce n'était pas la peine de laisser de tels trésors à Ivan, de toute façon il n'appréciait que la vodka, je trouvai un château-margaux 1900 et je pris un Ausone de la même année ainsi que, un peu au hasard, un graves, un haut-brion de 1923. Bien plus tard, j'ai compris que c'était une erreur, 1923 ne fut pas vraiment une grande année, j'aurais mieux fait de choisir le 1921, nettement meilleur. J'ouvris le margaux tandis que Käthe servait le repas (...)

« Dans cette lumière chaude et vacillante je voyais et entendais parfaitement notre conversation qui occupait mon esprit tandis que je mangeais et achevais la bouteille de ce bordeaux onctueux opulent, fabuleux (...)

« J'avais terminé le margaux, j'étais légèrement gris, je débouchai le saint-émilion, changeai nos verres, et fis goûter le vin à Von Üxküll. Il regardait l'étiquette. » Je me souviens de cette bouteille. C'est un cardinal romain qui me l'a envoyée. Nous avions eu une longue discussion sur le rôle des Juifs. Il soutenait la très catholique proposition qu'il faut opprimer les Juifs mais les garder comme témoins de la vérité du Christ, position que j'ai toujours trouvé absurde. Je crois d'ailleurs qu'il la défendait plutôt pour le plaisir de la dispute, c'était un jésuite (...)

« Je goûtai enfin le vin : il sentait la girofle rôtie et un peu le café, je le trouvai plus ample que le margaux, doux, rond et exquis (...) »

 

13ième Question bis: C’est un prix Goncourt qui a défrayé la chronique quel est son titre et le nom de son auteur ?

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C’est le clin d’œil aux superstitieux que cette 13ième Question bis déjà  par elle-même fort provocatrice. Mais le succès fut au rendez-vous, gros tirage c’est ce que je souhaite à mes accompagnateurs du jour le Bordeaux clairet 2009 Château La Courtiade Peyvergès de Pascal Peyvergès, le Château Tire-Pé La Côte 2005 Bordeaux d’Hélène et David Barrault et le Larose Trintaudon 2004 Haut-Médoc 2003 Cru Bourgeois Supérieur de Brice Amouroux et Benjamin Gaudin

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 00:09

Si les vignerons de l’ex-Tricastin trouvent leur nouvelle dénomination « Grignan-Les Adhémar »  belle que demander de plus. Le peuple des buveurs n’a qu’à s’en contenter puisqu’il n’a pas été consulté, et n’avait pas à l’être d’ailleurs puisque la procédure de changement de nom, peu fréquente sauf en matière d’ablation de cotes (Luberon, Ventoux, Buzet...) ça relève du pouvoir du Comité National de l’INAO. Dans la vie que l’on vit, les humains qui estiment leur patronyme ridicule en changent pour un nouveau plus commun. À la Mothe-Achard mon pays natal l’entrepreneur de maçonnerie portait le nom de Cocu et ça ne lui posait pas de problème, à nous non plus d’ailleurs sauf qu’un de ses parents venant d’embrasser la carrière de professeur d’Université le trouvait fort connoté. Alors donc nos Cocu devinrent les Dubreuil se fondant ainsi dans la masse de ce patronyme.(mes lecteurs mothais peuvent attester de la véracité de mes dires et même que madame Cocu se prénommait Ginette et exerçait l'honorable profession de coiffeuse et Dieu sait si un salon de coiffure est un lieu de papotage intense).

Sur l’histoire des Coteau du Tricastin j’ai commis en son temps, le 1ier août 2008 très précisément, une chronique : « Les coteaux-du-Tricastin, lettre à Madame la présidente d’AREVA, chère Anne Lauvergeon » http://www.berthomeau.com/article-21623320.html  Je m’y interrogeais «Alors que peuvent faire ces braves vignerons qui subissent votre manque de vigilance ? Changer le nom de leur appellation ? Moi je veux bien mais que peuvent-ils trouver d’autre qu’un nom de fantaisie, on ne modifie pas par décret la géographie »

La réponse est donc donné, ce n’est pas un nom de fantaisie qui a été choisi mais une dénomination qui plonge dans l’histoire et la géographie. Fort bien, ça paraît normal pour pointer l’origine du vin que de dire d’où il vient. Le zeste d’histoire avec l’adjonction des Adhémar, qui ont donné leur nom à la ville de Montélimar(Monteil-Adhémar), me semble plus folklorique, sauf à montrer que cette noble famille fut protectrice du cep et du nectar. Sans vouloir être désobligeant ça me rappelle la captation de titre comme celle d’un de nos anciens Président de la République. Mais de cela tout le monde s’en fout me direz-vous ! J’en conviens sans problème, la seule bonne question est de savoir si le franc buveur, la ménagère de + ou – de 50 ans, les garçons et les filles qui arrivent en âge de boire, le citoyen de Pékin, d’Oslo ou de Toronto vont se dire « Tiens, pour ce soir, mes gaillards, nous allons nous offrir une boutanche de Grignan-les-Adhémar ! »

Ne m’accusez pas d’être mercanti mais dans la vie se faire un nom c’est assez porteur quand on est vendeur de quoi que ce soit. L’appellation d’ailleurs peut passer à la trappe quand le vigneron s’est transformé en marque et dans la vallée du Rhône ils sont légions. Bref, mes réflexions n’engageront que ma petite personne mais il n’en reste pas moins vrai que, quel que soit le nom de l’appellation, les vignes du cru garderont leur encombrante voisine qui ferait tout de même mieux de soigner la qualité de ses installations. Le terroir rien que le terroir, alors les histoires d’Adhémar sont un peu superfétatoires.

Qui sais où se situe Grignan ?

Moi bien sûr, je connais même son maire Bruno Durieux qui fut Ministre d’ouverture de Michel Rocard et qui préside le Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur. J’y suis passé au temps où m’occupant du devenir de l’huile d’olive et que j’allais à Nyons. Son château est magnifique et son « Festival de la Correspondance »   http://www.grignan-festivalcorrespondance.com joui d’une belle renommée, donc bâtir de la notoriété sur ce socle ne relève pas, avec du temps, de la mission impossible. Se contenter de cette simple référence géographique pour dénommer les ex coteaux du Tricastin aurait été sage. J’ignore les raisons qui ont poussé à l’adjonction des Adhémar mais ça produit une phonétique d’enfer, surtout le « gnan-les-za » est d’une beauté insoutenable, ça sonne bien, c’est léger, mais je dois avouer qu’à la première lecture ça me déroute plus que ça me donne le sentiment que je pénètre dans le monde merveilleux de nos appellations. Comme le proclamait la déclaration du 1ier Congrès de l’Origine en 1948 « Un produit est d’origine lorsqu’il a une originalité propre, une personnalité consacrée par des usages et une renommée consacrée. »

 

Tout ça c’est de l’histoire ancienne, me rétorquera-t-on, nous sommes entrés dans l’aire des AOP. Certes, mais bon protéger ça veut dire dissuader certains de s’arroger la dite appellation, de l’usurper, de tirer partie de sa notoriété. Cette fois encore, sans être persifleur, je ne suis pas persuadé que ça se bouscule au portillon dans notre vaste monde mondialisé pour se doter d’une appellation aussi seyante. Mais, foin d’ironie, ce qui compte en définitive c’est que le vin soit bon. Reste que la notoriété ne se décrète pas, et qu’à l’occasion d’un changement de nom je persiste à croire que mieux valait une réflexion ouverte, créatrice, plutôt qu’un travail entre-soi, en chambre, sans grand souci du futur qui se situe vers d’autres lieux que notre seul et étroit hexagone.

 

Puisque la messe est dites, que la toute nouvelle appellation est gravée dans le bronze des z’ AOP, il ne me reste plus qu’à souhaiter aux vignerons de Grignan-les-Adhémar, bon vent !   Après tout c’est peut-être une bonne pioche que de se choisir un nom d’appellation qui fleure bon le Moyen Age plutôt que de se faire baptiser par une quelconque agence de publicité dans le genre « Mamie Nova » ou « La laitière »...

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 10:00

« Qui ne comprend, au contraire, que la force de la France a toujours été - et qu'elle le restera - dans la production de haute qualité que la variété de ses terroirs, la diversité de ses climats, l'intelligence, l'ingéniosité, les soins de ses producteurs ont fait naître sur notre sol en une gamme de richesse inégalée ?


Mais cette richesse est, à l'heure présente, très largement compromise et c'est contre cette dangereuse tendance qu'a voulu réagir le Syndicat de la Marque d'Origine «  Pays d'Auge »  en décidant, au cours de son Assemblée Générale du 3 avril 1948, de sonner le ralliement de tous les producteurs d'élite pour la défense de la personnalité des produits d'origine portant le nom de nos terroirs.


Au cours de cette Assemblée Générale fut décidée la tenue d'un Congrès de l'Origine.
De là, l'idée immédiatement lancée dans tous les milieux, professionnels et administratifs, à travers toutes nos régions de France, allait, dès les premières semaines, y rencontrer l'accueil le plus favorable.


L'Etranger également, toujours très intéressé par toutes les initiatives françaises dans le domaine de la qualité, manifestait le désir de suivre les travaux de ce Congrès.
Moins de trois mois après, le Premier Congrès de l'Origine allait se tenir à Deauville du 25 au 27 Juin 1948 et soulever à travers tout le Pays le plus vif intérêt.

12ième Question : Nom, prénom et titre de l’homme qui présida ce 1ier Congrès de l’Origine ? Quelle était son origine plus exactement l'appellation d'origine où se situaient ses vignes ? 

 

 

Mon premier est un Lirac rouge 2007 Clos de Sixte d’Alain Jaume, mon second un Grand Marrenon - AOC Luberon rouge de Jean-Louis Piton, mon troisième un « Château Mont-Redon » rouge 2006 de Jean Abeille, pour cette 13ième Question n’espérez-pas en plus de tout ça que de surcroît je vous offre le code postal !

 

 

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 00:09

Nul n’est prophète dans son pays, c’est le cas d’un vieux jeune homme de 78 ans, Michel Legrand né à Bécon-les-Bruyères (ville de la proche banlieue sur laquelle le grand Emmanuel Bove à écrit l’un de ses plus beaux textes qui s’ouvre ainsi « Le billet de chemin de fer que l’on prend pour aller à Bécon-les-Bruyères est semblable à celui que l’on prend pour se rendre dans n’importe quelle ville »). C’est un grand, c’est une star internationale méconnue en France : la musique des Parapluies de Cherbourg, des Demoiselles de Rochefort, de Peau d’âne du cinéaste Jacques Demy c’est lui. 3 Oscars à Hollywood dont le premier pour la musique d’un de mes films cultes : l’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison avec Steve Mac Queen et Faye Dunaway. Plus de 100 albums avec des pointures comme Frank Sinatra, Sara Vaughan, Ella Fitzgerald, Jessie Norman, Kiri Te Kanawa, Barbra Streisand, Claude Nougaro... Les grands du jazz Dizzy Gillepsie, Miles Davis, John Coltrane, Stan Getz... mes-photos-de-moi-8332.JPG 

Dès qu’il s’assied, un peu vouté, si discret, derrière le clavier du grand Steinway noir de laque, dans la douce nuit de l’Hospitalet, sous le bleu des projecteurs, la magie opère, il fait corps avec son piano, il l’investit, l’effleure, le transcende, lui donne une âme, c’est sensuel, fort, me voilà happé, propulsé dans son univers musical si marqué de son emprunte qu’il est inscrit dans l’universel : telle est la supériorité des grands créateurs que de se faire oublier, d’être leur musique. Je ne vois dans le halo que ses épais sourcils blancs de neige et je me recueille. Communion, avec ses deux complices : le batteur : André Cecarrelli et le contrebassiste : Pierre Boussaguet il m’entraîne doucement sur les chemins de ma mémoire, me tire par la manche, me convoque pour redonner des couleurs à mes jeunes années, au temps de l’insouciance, des boîtes et des émois. L’intermède avec la harpiste Catherine Michel, certes virtuose, me renvoyait sur terre : sans doute le souvenir de l’immense Lili Laskine me tirant des larmes lors d’un concert dans un salon du château de Versailles à la fin des années 70 plaçait la barre bien haut.

Et puis vint, Natalie Dessay sans h en hommage à l’inoubliable Natalie Wood, légère, robe des années 20 un peu charleston, chaussures noires assorties, et la coiffure aussi, micro en main, la diva un peu comme Peau d’âne se muait en chanteuse. « C'est la première fois que je chante sans ma voix d'opéra et avec un micro. Cela représente pour moi un vrai challenge d'essayer quelque chose de différent vocalement. En tant que soprano léger, je ne chante jamais d'une façon proche de ma voix parlée. Je m'exprime toujours en voix de tête. Par rapport à ma carrière, cette expérience peut s'apparenter à du cross over ». Pari réussi, Françoise Dorléac et Catherine Deneuve les jumelles des demoiselles de Rochefort, le cinéma de Nougaro, les ronds dans l’eau de la chanson  Les moulins de mon cœur traduction The windmills of your mind chantée par Noel Harrison dans l’Affaire Thomas Crown. Je suis conquis, emballé, transporté. Bravo l’artiste ! La grande prestation de Natalie Dessay aurait mérité des rappels plus ardents, plus exigeants à s’en faire mal aux mains, une autre une autre. Comment peut-on se priver de prolonger d’un moment aussi privilégié, si rare. Je pourrai dire : j’y étais mais j’aurais tant aimé que pour une poignée d’entre-nous, des vrais aficionados, elle revint nous chanter un peu de sa Violetta de la « Traviata » Que voulez-vous je suis fou de Verdi et je peux rêver !

Reste que ce moment rare je le dois à Gérard Bertrand qui, avec ce beau festival de l'Hospitalet met ses actes en conformité avec ses déclarations : de ce pays, de son pays, de son pays difficile mais riche de promesses, il veut faire une référence en alliant un professionnalisme impeccable au souci de mettre un contenu tangible, palpable, je dirais même exportable à toutes les formes de culture qui prennent appui chez lui sur son amour du vin. Merci Gérard de m'avoir offert ce temps privélégié où le temps se suspend, s'apaise, l'air devient léger, l'imaginaire se déploie, tous les sens se tendent, s'offrent un réel moment de bonheur simple...

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 11:00

« Cette vigne avait un âge dont nul ne se souvenait. Chaque année, depuis qu'il avait conscience des choses, Driot avait taillé la vigne, biné la vigne, cueilli le raisin de la vigne, bu le vin de la vigne. Et elle mourait. Chaque fois que, sur le pivot d'une racine, il donnait le coup de grâce, qui tranchait la vie définitivement, il éprouvait une peine; chaque fois que, par la chevelure depuis deux ans inculte, il empoignait ce bois inutile et le jetait sur le tas que formaient les autres souches arrachées, il haussait les épaules, de dépit et de rage. Mortes les veines cachées par où montait pour tous la joie du vin nouveau ! Mortes les branches mères que le poids des grappes inclinait, dont le pampre ruisselait à terre et traînait comme une robe d'or ! Jamais plus la fleur de la vigne, avec ses étoiles pâles et ses gouttes de miel, n'attirerait les moucherons d'été, et ne répandrait dans la campagne et jusqu'à la Fromentière son parfum de réséda ! Jamais les enfants de la métairie, ceux qui viendraient, ne passeraient la main par les trous de la haie pour saisir les grappes du bord ! Jamais plus les femmes n'emporteraient les hottées de vendange ! Le vin, d'ici longtemps serait plus rare à la ferme, et ne serait plus de « chez nous ». Quelque chose de familial, une richesse héréditaire et sacrée périssait avec la vigne, servante ancienne et fidèle des Lumineau.

Ils avaient, l'un et l'autre, le sentiment si profond de cette perte, que le père ne put s'empêcher de dire, à la nuit tombante, en relevant une dernière fois sa pioche pour la mettre sur son épaule : « Vilain métier, Driot, que nous avons fait aujourd'hui ! ».

Cependant, il y avait une grande différence entre la tristesse du père et celle de l'enfant. Toussaint Lumineau, en arrachant la vigne, pensait déjà au jour où il l'a replanterait ; il avait vu, dans sa muette et lente méditation, son successeur à la Fromentière cueillant aussi la vendange et buvant le muscadet de son clos renouvelé. Il possédait cet amour fort et éprouvé qui renaît en espoirs à chaque coup du malheur. Chez André, l'espérance ne parlait pas de même, parce que l'amour avait faibli. »

 

 

12ième question : Quel est le titre du roman dont est tiré cet extrait et le nom et prénom (j’insiste sur le prénom) de l’auteur ?

  

Pour cette 12ième Question ça allait de soi que soient exposés le Clos Saint-André Fiefs Vendéens Mareuil Blanc 2009 de Jérémie Mourat et « Jubilation Le Pallet » Muscadet Sèvres&Maine 2007 de Michel BEDOUET

Caillou 8392 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 00:09

Signe du temps le classieux magasine Régal écrit « Fini le temps où l’on allait remplir son cubi de jaja à la coop ! Les caves coopératives, nées au début du siècle dernier sous le signe de la solidarité et du partage, ont pris le virage de la modernité... et de la qualité. Place, aujourd’hui, à des vins embouteillés dont certains raflent les premières places des palmarès. Explications d’un expert puis visite dans quatre caves coop top (à prononcer avant la dégustation) et remise des prix d’excellence Régal. Trinquez, camarades ! »

L’expert en cave coop c’est Michel Bettane ! Moi je veux bien mais bon je ne vais pas épiloguer surtout lorsque notre bon dégustateur s’aventure sur le terrain glissant du statut fiscal des coopératives « mais ce qui reste inacceptable pour les producteurs indépendants, ce sont les privilèges fiscaux dont la coopération bénéficie en matière d’imposition des stocks. » il faudrait qu’il potassât un peu mieux le code des Impôts afin de ne pas être aussi approximatif. Quand aux prix cassés par les coopés pour écouler leurs stocks il faudrait aussi que l’ami Bettane aille voir du côté du Muscadet où les coopés ne sont pas légion puis descende du côté du vin blanc des Charentes bradé, pas par des coopés parce qu’il n’y en a pas, déstabilisant le marché des vins blancs de Gascogne qui ont des marchés et des coopés. Une petite précision juridique, la coopé est le prolongement de l’exploitation viticole et est donc soumise au même régime de droit que celle-ci, ne pas la confondre avec les Unions qui font de la commercialisation et qui parfois ont des filiales prenant le statut de SA. Même pour les bobos de Régal il vaut mieux éviter de tomber dans l’à peu près.

Sur l’autre versant des magasines, l’Expansion qui se veut le mensuel de l’économie, dans son numéro spécial Le Business du Vin enquête sur un trésor français consacre 2 pages aux coopés « Les coopératives se grisent de qualité » Finie, la course au volume : pour tourner la page du « rouge qui tache », les « coop » se sont entourées d’œnologues de techniciens et de pros du marketing. Montée en gamme et succès à l’export. C’est bien, c’est mieux que rien mais ça ne fait pas le tour de la question dans la mesure où ce n’est pas fondamentalement le statut juridique qui influe sur la qualité du produit fini mais bien plus la nature du vignoble sur laquelle la coop est implantée, sa taille et surtout la capacité que peut avoir « la démocratie coopérative » 1 homme une voix de définir une stratégie, de s’y tenir en la faisant mettre en œuvre par des hommes ou des femmes compétents. Mettre dans le même sac la grosse coop ou petite coopé vraqueuses (qui peuvent d’ailleurs faire la qualité que lui demande le marché), les coopés régionales type La Chablisienne, Tain l’Hermitage, Plaimont, les Unions comme le Cellier des Dauphins, Marrenon, Alliance Loire, UVICA, les petites coopés : Rasteau, Beaumes- de-Venise, Laudun-Chusclan, Embres&Castelmaure et bien d’autres...

J’ai beaucoup écrit sur la question, récemment avec la chronique sur le Marrenon de Jean-Louis Piton http://www.berthomeau.com/article-20-reflexions-in-marrenon-des-solistes-des-virtuoses-mais-ou-sont-donc-les-membres-de-l-orchestre-des-vins-de-france-53582338.html  , pour vous infliger un nouveau couplet mais sachez qu’il y a dans notre beau pays :

- 744 caves coopératives

- Qui représentent 40% des surfaces en vignes (343 782 ha)

- Et 42% des volumes produits 18 millions d’hl soit 4,8 mds de CA

- 19 685 salariés et 67% des viticulteurs français.

Même si ça déplaît aux grands amateurs, aux plumitifs papier glacé, au Pr Pitte, Enrico Bernardo et autres qui les prennent pour des va-nu-pieds, les coopés constituent le socle de notre viticulture, et si elles veulent bien prendre leur destin en mains, comme le font si bien certaines, elles sont un atout pour la France face aux exigences d’un certain type de demande. Alors un petit effort, chers collègues, allez donc traîner vos souliers dans les coopés pour tenter de voir derrière leurs vins ceux qui les font.

Mais je ne boude par le bonheur de faire la chute de cet article sur mes amis Patrick Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo, les « conquérants des Corbières » en jeep 838 KY 11, le crapahute, la classe quoi, les boss d’Embres&Castelmaure, qui ont droit à la page 124 de Régal. Dans la sélection de leurs vins :

- AOC Corbières, Le Blanc Paysan 2009 4,75 euros « Du grenache, du Maccabeu et un peu de rolle : tous les ingrédients de l’apéritif du sud sont réunis dans cette cuvée fraîche et tonique. En bouche, des arômes de fleur de vigne, des notes de tilleul avec une petite complexité de bon aloi.

- AOC Corbières, à Perpète 12 euros « Si l’on pense que la région était autrefois la frontière naturelle avec l’Espagne, ce n’est pas par hasard si l’on propose une cuvée sur le système de la solera. Pour cela, on soutire la moitié seulement du contenu d’une barrique, que l’on remplit ensuite avec le vin de la dernière vendange. Cette cuvée chaleureuse « vin vieux-vin jeune » est très typée par le grenache noir avec en finale une petite amertume. Mais on reste sur des émotions de finesse et de plénitude.

Bon le sieur Pousson est toujours égal à lui-même, cependant je trouve qu’il ne pousse pas assez loin la transgression puisque le blanc paysan fait dans la fleur de vigne et le tilleul pourquoi ne pas le recommander aux personnes âgées en infusion du soir. J’adore le Maccabeu rien que pour le son de son nom ! Bref, j’attends toujours ma statue à Embres&Castelmaure car ma pomme, elle, n’a pas attendu que les coopés soient vachement tendance pour astiquer les belles pompes du Président Patrick Hoÿm de Marien. Alors pour emporter le morceau j'ai décidé en tant que Secrétaire-Perpétuel de l'ABV de lui décerner le titre de Président de Coopé de l'année et à Bernard Pueyo qui occuppe la place du mort dans la jeep  celui de meilleur directeur de coopé de l'année... Même Michel Bettane n'y avait pas pensé !

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 11:00

Dans sa préface d’un livre écrit en 1932 et réédité en 2008 par la Table Ronde - Jean-Paul Kauffmann se posait cette question et, bien sûr, il y répondait avec la pertinence et le talent qu’on lui connaît.

 

Extraits 

« Comme cette époque nous paraît lointaine, presque exotique. Heureux temps où l’on pouvait boire dans n’importe  quelle brasserie une bouteille de cos-d’estournel ou de léoville-lascazes au prix d’un muscadet ou d’un beaujolais […]

Temps béni « où le plaisir de boire était naïf. Le vin n’était pas saturé de sens comme aujourd’hui. Les œnologues n’existaient pas. Il n’y avait ni expert, ni consultant, ni journaliste du vin. L’on ne se demandait pas alors s’il fallait faire passer aussi les pédants par la phase de pressurage ou les refroidir par tubulure. Il n’y avait que des amateurs […] »

« Une œuvre d’art est un idéal esthétique dont l’expression défie. Il n’est pas certain que l’émotion que nous procurent les beaux crus entre dans une telle catégorie. Le terroir n’est pas un absolu, pas plus que le vinificateur, censé interpréter et serrer au plus près la singularité de ce terroir, n’est un thaumaturge ou un créateur. Aussi bien ce qu’il élabore ou traduit est détruit par son accomplissement, l’acte de dégustation. Il ne reste plus rien d’un grand vin qu’on a bu, que son souvenir et sa force d’imprégnation. Ce n’est pas rien. Plutôt qu’une œuvre d’art, disons que le vin est un art de vivre, c'est-à-dire une mémoire et une transmission. »

11ième Question : Quel est le titre du livre préfacé par Jean-Paul Kauffmann et le nom de l’auteur et quel roman de cette auteur a reçu le prix Goncourt, en quelle année ?

 

La question mérite d’être posé : « Un chroniqueur tel que moi a-t-il une âme ? » y répondre ne vous fera rien gagner alors qu’avec la 11ième Question mon choix des vins qui lui vont bien et surtout de leurs donateurs vous donne une idée de son caractère tortueux :

 

-         D’abord  Alexandre Verne pour le HORS SERIE N°1 Rosé 2009 Domaine de Cazaban C.Mengus/ le MONTIS REGALIS 2008 Blanc Domaine Haut Campagnaud D.Andiran / le SOUS LE BOIS 2008 Rouge Domaine Guilhem Barré G Barré / les SARMENTS DE MARS 2006 Rouge Château de la Colombière / LES ARPETTES 2007 Rouge Domaine JB SENAT JB SENAT  / et M COMME JE SUIS  2008 Rouge.

-         Puis l’ami Michel Issaly pour son Grand Tertre 2008 AOC Gaillac rouge.

-         Et enfin Olivier Mouchet et ses 2 Roussillonnais : le Walden 2007 d’Hervé Bizeul et le Tautavel 2008  Pierre Chanau.

 

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 00:09

Le chroniqueur du Monde, Jean-Claude Ribaut, en un plaisant article daté du 14 août « Les premiers crus 2009 poussent le bouchon » constate face aux prix stratosphériques des 5 premiers crus : plus de 1000 euros le flacon HT avant d’être élevés, mis en bouteille et livrés en 2012« que l’euphorie est limitée à un tout petit nombre de châteaux tandis que le gros de la troupe – appellation Bordeaux supérieur (AOC) – se négocie péniblement 1100 euros le tonneau de 900 litres, soit au millième de la valeur » des 5 grands. Rien de très nouveau en ce constat, ce qui m’interroge c’est sa conclusion « La spéculation étrangle le marché. On trouvera dans le Bon Vin, de Jean-Robert Pitte (éd. CNRS, 27 euro) consacré à l’actualité de la pensée de Roger Dion, les points de vue des spécialistes, en particulier sur le phénomène bordelais du « lent glissement de l’AOC vers une labellisation sociale », qui pourrait bien, lorsque sa banalisation sera consommée, faire éclater la bulle spéculative des primeurs. »

 

J’avoue humblement ne pas comprendre le rapport établi entre la labellisation dite sociale et la bulle spéculative. Va sans doute falloir que je me tape la lecture de ce savant ouvrage mais en attendant plutôt qu’à la pensée d’un brillant géographe je préfère me référer aux analyses d’un négociant de la place, fort pertinent et impertinent : feu Bernard Ginestet dans sa Bouillie Bordelaise datée de 1975. En effet, la bonne question est de savoir identifier les causes de ce grand écart, d’oser se demander : ça vient du haut, ça vient du bas avant d’en tirer des conclusions qui se veulent définitives mais qui ont de fortes chances d’être caduques  à courte échéance. Le CIVB vient de rendre public, le 19 juillet dernier, son plan « Bordeaux demain » : la reconquête... Je prends le temps de le lire : 120 pages et je me permets de conseiller à mes chers « confrères » de tenter de sortir le nez de leur verre pour nous délivrer leurs commentaires.

 

La plume à Bernard Ginestet, voilà 35 ans déjà... à mon sens un millésime encore plein de fraîcheur et de vigueur, à méditer...

 

« J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’à Bordeaux il existe plus d château qu’en Espagne ; des milliers et des milliers de Châteaux qui noient le consommateur dans un océan de marques sans signification. Cette constante multiplication est une escalade impossible et absurde. Elle conduit la production à morceler sa commercialisation en micro-unités de vente. Certes, elles permettent au négociant d’éviter un affrontement direct avec la concurrence, mais en bloquant par là même toute tentative de regroupement des produits pour une meilleure exploitation viticole, et pour une plus large et plus efficace couverture des marchés par des marques.

 

Les autres régions de production ou dans les autres classes de produits de consommation, les marques sont assez significatives d’une qualité, d’un prix et d’un genre. Elles peuvent également évoquer une méthode de distribution particulière. En Champagne, en Bourgogne, en Alsace par exemple il existe de systèmes solaires et planétaires qui permettent aux distributeurs et aux consommateurs de trouver facilement une étoile à dimension voulue et à brillance connue. Mais l’Univers bordelais est fait de galaxies dont les experts eux-mêmes ont grand-peine à démontrer qu’elles ne sont pas des nébuleuses... Et nous exigeons de l’observateur amateur le don prodigieux de percevoir et de reconnaître dans cette voie lactée chacune des unités qui la composent !

 

Bien sûr, nous possédons à Bordeaux des étoiles de toute première grandeur. Elles seules suffisent sans doute par leur éclat incomparable au rayonnement lointain et prestigieux de notre cosmos bordelais depuis des siècles de millésimes-lumière. Elles ont été cataloguées, classées. Mais selon qu’elles se lèvent sous le signe du Médoc, de Saint-Emilion, des Graves ou de Sauternes, elles appartiennent à des hiérarchies différentes sans équivalence des grades.

 

Pour le consommateur, le vin de Bordeaux c’est « du vin de Château » et l’on s’est efforcé depuis plus d’un siècle de lui faire comprendre bye le meilleur était celui du cru classé. Essayez de comprendre maintenant pourquoi les crus classés ne sont pas représentés au CIVB ? La démocratie des masses des productions anonymes ou inconnues ne peut cohabiter avec l’aristocratie des grands crus. Et pourtant, qu’est-ce qu’un’ race sans étalons ? Pour reprendre une image à la mode, et qui a été récemment utilisée par plus qualifié que moi, je dirais que les trains de Bordeaux commenceront à sortir de gare lorsqu’on leur aura accroché des grands crus locomotives « éléments de pointe d’un substantiel convoi ». De leur côté les machines, dont beaucoup hélas, marchent encore à la vapeur (comme l’expression « à toute vapeur » a vieilli !) ne veulent pas tirer ni pousser, inquiètes de la lourdeur de l’attelage, ignorantes du plan du chef de gare (et pour cause, il n’y en a pas) avec la crainte de se retrouver sur une voie de garage, les aiguillages étant incertains. Et puis, demander à une motrice somptueuse de tirer un train de citernes, ou un omnibus de troisième à paniers casse-croûte, ou une rame de rapatriés... Lui provoque un si violent haut-le-cœur qu’elle aime mieux rester haut le pied.

 

Quant à transformer des wagons en autorails, c’est sans doute possible partiellement, mais les coûts par kilomètre-voyageur seront plus élevés que ceux de la concurrence et le réseau n’est pas assez dense pour que chacun ait une chance de circuler librement, c’est donc à terme une éclosion nouvelle de panneaux limitatifs, feux rouges (s’ils étaient verts on n’en aurait pas besoin) et régulation du trafic.

 

Entre-temps, les crus classés se mangent entre eux. Pas question d’harmoniser les politiques des différentes régions et, puisque classements il y a, pas question de les rendre plus digestes aux consommateurs. Animés par l’impulsion de quelques insatisfactions d’amour-propre chroniques, les révisionnistes s’opposent aux conformistes, perdant en vaines querelles un temps précieux à notre époque de concurrence impitoyable. »

 

Bien sûr les GCC sont passés de la vapeur à la LGV mais, à quelques détails factuels près, ce texte n’a pas pris beaucoup de rides qu’on le dirait écrit pour l’occasion. Pour conclure j’adore la formule qu’employa William Clifford dans un article du New York Magazine en 1969, à propos des prix vertigineux des GCC « ils ne franchissent plus la colline » c’est-à-dire que l’amateur ne les achètent plus et, Bernard Ginestet, lui, regrettait que « Hélas, le marché de Bordeaux est devenu un marché d’étiquettes plus qu’un marché de vins payés en fonction de leurs valeurs intrinsèques et relatives. Je pense tout cela devrait plaire à l’ami André mais, comme il ne fait jamais de commentaires : il me téléphone, j’espère que vous allez vous déchaîner et faire chauffer la boîte à malices. Ouvrez le feu ! Mettez-le !

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