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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 06:00
Est-ce que certains bacheliers de la cuvée 2017 auraient eu le certif ?

Sur Face de Bouc, pères et mères s’extasient à qui mieux mieux du succès de leurs mouflons au baccalauréat.

 

Mais que vaut en 2017 le baccalauréat qui, depuis l’origine, est tout à la fois un certificat de fin d’études secondaires et un premier grade universitaire ?

 

«Nous formons très bien les très bons, mais nous creusons les inégalités» a regretté le nouveau premier ministre dans son discours. Chaque année, «nous conduisons 60% de bacheliers à l’échec en première année de licence» a-t-il poursuivi, dénonçant un «système rigide» construit autour du baccalauréat.

 

Sans jouer au vieux grincheux, dire que c’était mieux avant, je puis affirmer que le baccalauréat est un diplôme dévalué, une passoire aux trous de plus en plus grands qui, pour l’immense majorité des bénéficiaires, ouvre les portes d’Université sans avenir.

 

Augustin d'Humières, professeur de latin-grec dans une banlieue d'Ile-de-France, dénonce le mensonge de l'égalité scolaire dans son livre Un petit fonctionnaire, éditions Grasset, Lire ICI 

 

 

« Les élèves apprennent ce que nous leur disons d'apprendre, et beaucoup suivent assez docilement les consignes que nous leur donnons. Aujourd'hui une majorité d'élèves, un bac en poche, est-elle capable de rédiger deux pages dans un français correct ? A-t-elle une maîtrise convenable, ne serait-ce que d'une seule langue vivante ? A-t-elle une culture historique et scientifique minimale ? Beaucoup d'enquêtes sérieuses démontrent que ce n'est pas le cas. Et ce n'est pas être "décliniste" que de le dire, cela ne signifie pas nécessairement que l'on pense que "c'était mieux avant". C'est juste un constat.

 

Il est souvent question des "150.000 décrocheurs", de ceux qui quittent l'école sans formation ni diplôme, mais qu'en est-il de ceux qui s'accrochent, de ceux qui y croient, de ceux qui obtiennent le bac ? Je suis examinateur au bac français depuis une vingtaine d'années et donc assez bien placé pour voir ce que les élèves retiennent de dix années d'étude de la langue française, de ses auteurs, de ses textes. Pour une bonne partie d'entre eux, la réponse est : rien. »

 

Alors je réponds oui beaucoup de nos nouveaux bacheliers échoueraient au certif !

 

En 1866, Victor Duruy créa un diplôme sanctionnant la fin de l’instruction obligatoire et l’entrée dans la vie active : le certificat d’études primaires. Par l’arrêté du 18 janvier 1887, ce diplôme donnait droit à l’entrée dans le cours supérieur des écoles primaires élémentaires ; il était exigé des élèves des écoles primaires supérieures ou des cours complémentaires et des candidats aux bourses d’enseignement primaire supérieur.

 

Avant 1789

 

Avant 1789, l’Église catholique occupe une situation de quasi-monopole de l’instruction. Les « petites écoles », réservées à une minorité de garçons, car elles sont uniquement financées par les familles, se développent dans les grandes villes. Elles donnent une instruction de base aux enfants : lire, écrire compter. Après la Révolution, une loi de 1793 rend l’enseignement primaire laïc, gratuit et obligatoire pour tous les enfants de 6 à 9 ans. Elle fut diversement appliquée selon les régions.

 

La loi Guizot du 28 juin 1833 constitue la première charte complète et détaillée de l’École en France. Elle établit la liberté de l’enseignement primaire privé ou public. Elle oblige chaque commune de plus de 500 habitants à ouvrir et à entretenir une école de garçons ; l’école n’est pas encore obligatoire, mais elle doit être gratuite pour les plus pauvres. La loi Guizot est lentement mise en œuvre et ses résultats sont fort inégaux selon les départements.

 

La loi Falloux du 15 mars 1850 distingue les écoles publiques fondées et entretenues par l’État et les écoles libres créées et gérées par des particuliers, laïcs ou congrégations religieuses.

 

L’ouverture de classes enfantines pour les élèves de moins de 7 ans est rendue possible par une loi du 8 octobre 1880.

 

Les lois Ferry de 1881 et 1882 rendent l’école publique gratuite et laïque. L’instruction religieuse est remplacée par l’instruction morale et civique. Les écoles vaquent un jour par semaine afin de permettre aux enfants de suivre un enseignement religieux hors de l’enceinte scolaire. Au fur et à mesure des années, la laïcité de l’enseignement est approfondie (laïcisation des personnels de l’enseignement en 1886) et élargie (laïcisation de l’enseignement secondaire). Avec les lois Ferry, l’instruction est obligatoire pour les garçons et désormais les filles âgés de 6 à 13 ans, sauf si l’élève a obtenu son certificat d’études primaires entre 11 et 13 ans révolus. Elle s’allonge d’un an en 1936 et sera prolongée jusqu’à 16 ans par la loi Berthoin du 6 janvier 1959.

 

L’enseignement primaire supérieur : 1833 – 1941

 

La loi Guizot de 1833 institue l’enseignement primaire supérieur. Cet enseignement, qui relevait des écoles primaires, était suivi par les élèves à la suite de l’école primaire élémentaire proprement dite. Il était donné, soit sur deux ans dans les écoles primaires sous forme de cours complémentaires, soit dans des établissements scolaires spécifiques appelés écoles primaires supérieures (EPS) dont la scolarité durait trois ans. Une école primaire supérieure devait être instaurée dans toutes les préfectures et dans les autres villes de plus de 6 000 habitants.

 

La loi Gobelet du 30 octobre 1886 distingue, au sein de l’enseignement primaire, les écoles maternelles, les classes enfantines, les écoles primaires élémentaires, les cours complémentaires et les écoles manuelles d’apprentissage.

 

Par ailleurs, dans le cadre de l’enseignement primaire supérieur, cette loi organise les examens du brevet élémentaire (BE) et du brevet supérieur (BS). Le brevet supérieur devient l’examen terminal non seulement des EPS et des écoles normales d’instituteurs, mais aussi des lycées de jeunes filles, lesquelles n’auront pas officiellement le droit de préparer le baccalauréat jusqu’en 1924.

 

L’enseignement primaire supérieur est supprimé par la loi du 15 août 1941. Les cours complémentaires sont en revanche maintenus jusqu’au décret du 6 janvier 1959 qui les transforme en collèges d’enseignement général (CEG), devenus par la loi du 11 juillet 1975 les collèges d’enseignement secondaire (CES).

 

Le 8 mai 2007

 

Qui se souvient des cours complémentaires ?

 

On a oublié les cours complémentaires. Le légendaire républicain s'est focalisé sur l'école primaire de Jules Ferry. L'école du peuple se complétait pourtant, après le certificat d'études, par un enseignement primaire supérieur dont les écoles primaires supérieures déjà prévues par la loi Guizot (1833), constituaient la forme achevée. Ces écoles primaires supérieures, très sélectives, refusaient dans les années 1930 plus d'élèves qu'elles n'en acceptaient. Elles assuraient quatre années de formation après le certificat d'études et conduisaient au brevet. Leurs élèves trouvaient facilement des places de commis aux écritures, de comptable, et même, pour les filles, d'institutrice.

 

La suite ICI 

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 18:16
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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 10:59
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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 06:00
Ingrid Astier fait passer ses truands à Table chez Bruno Verjus pour mieux les cuisiner : haute voltige…

Se mettre à table, dans le jargon poulaga c’est, pour le suspect cuisiné par les flics, avouer, manger le morceau. Cette expression serait tirée d'une pratique policière douteuse, où les suspects étaient privés de repas jusqu'à ce qu'ils passent aux aveux.

 

Les jours où je déjeune chez Table, l’antre de Bruno Verjus, je stationne à l’à pic du bar et très souvent le chef vient un instant me tenir compagnie. Ça fait partie de ma conception de la fonction d’un restaurant : cultiver la convivialité.

 

Lors de mon dernier passage j’étais chargé d’une moisson de livres, dont un polar. Bruno, dans la conversation, me glissa « Tu devrais lire Haute Voltige de mon amie Ingrid Astier ! » Alors, halte à la librairie Gallimard et le pavé tombait dans ma besace 600 pages.

 

 

Sur la péniche l’Eendracht, amarrée à un quai de Seine, on y accède par le cours de la Reine et en surplomb s’étend le Grand Palais. En face, sur l’autre rive, la gauche, la maison sans fenêtres : l’Assemblée Nationale.

 

« Quand elle (Ylana) dépassa le paravent, elle comprit.

 

C’était insensé.

 

Une table était dressée. Non sur  les déprimantes nappes des hôtels guindés. Mais sur des nappes brodées de minuscules cerises doubles. En fait, une table comme elle n’en avait jamais vu. En fait, un buffet. Des mets s’étageaient, sous des cascades de fleurs. Des anémones blanches à cœur violet, mêlées à des renoncules et des succulentes filaient la parfaite entente avec des coupelles d’œufs de saumon transparents comme des perles de verre. Sous les feuilles d’agave, elle repéra du caviar, du foie gras truffé, et des huîtres différentes le unes des autres. Le K (le propriétaire de la péniche) précisa qu’elles venaient de tous les pays. Des corbeilles de pain cultivaient le même goût de la diversité – mêlées à des pommes  de pin, ce qui ne manquait pas d’humour. Le sol était jonché de roses aux teintes carnées. À droite, un palmier qui n’avait pas l’air de se demander ce qu’il foutait à Paris. Ylana se dirigea vers lui pour vérifier s’il était vrai. Oui, il l’était.

 

Ce mirage aussi était vrai.

 

  • Vous avez du beurre aux algues, là, dit-il en montrant des ardoises, et du beurre au sel fumé. Avec les huîtres, c’est délicieux, vous verrez.
  •  

Elle n’en revenait pas.

 

  • Pour le foie gras, si je puis me permettre, je vous conseille de le prendre comme chez Table de la rue de Prague, avec un peu de poivre de Tasmanie, là, et vous le parsemez de grué de cacao qui est… qui est… ici !

[…]

 

Ylana avait envie de tout goûter. Le K l’initia à ce qu’elle ne connaissait pas. Sur la table, des tranche de jambon jabugo rougeoyaient comme du vitrail au soleil, de la poutargue séchée rosissait, et du comté de grande garde était coupé en feuilles légères, à côté d’un saladier de truffes du Périgord. Les fruits n’étaient pas oubliés : des mangues étaient présentées, chair retournée, en quadrillage découpé, pareilles à des hérissons. Des fruits la passion, fendus en deux, offraient leur cœur juteux. Et des cédrats digitata – un agrume qu’on appelait « Main de Bouddha » à cause de ses longs doigts jaunes – donnaient à la table une touche surréaliste. Ils semblaient dérober des truffes chocolatées à la vanille de Huahine.

 

Au milieu de ce faste, Ylana repéra… non ! Elle n’y croyait pas ! Elle repéra des cornichons malossols, à côté du tarama blanc. Elle avait envie de sautiller, d’embrasser la terre entière et même le propriétaire. Ranko, lui, se faisait discret. Rien de son étonnement ne transparaissait.

 

[…]

  • Je manquerais à tous mes devoirs si je ne proposais pas une coupe de champagne à une jolie femme, dit Aleksandar (dit K) en l’invitant à prendre un verre.

 

À côté du bassin, une bouteille de champagne trônait, escortée non de flutes mais de verres à vin. À cause du ballet des esturgeons, elle venait seulement de la repérer.

 

  • Vous devriez apprécier, reprit-il. C’est du Selosse. La cuvée Substance. Anselme Selosse prétend qu’il y a des bulles carrées, je vous laisserai en juger… Je déteste la boire dans des flutes… Vous aimez le champagne, Ylana ?

 

 

Elle se jeta à son cou et ne regretta pas d’avoir résisté à l’appel de la cigarette quand Astrakan s’en était allumé une.

 

  • C’est la plus belle surprise qu’on m’ait faite de ma vie ! Monsieur K, votre bureau est un conte de fées !

 

  • - Je suis comme Astrakan, Ylana, je n’accepte les contes de fées que s’ils sont à ma portée…  Je n’aime pas rêver de loin. Ce monde compte assez de frustrés…
  •  

Encore fallait-il en avoir les moyens. Ou se les donner.

 

[…]

 

Enfin, elle goûta à son verre de champagne. Dans ses yeux, la volupté irradiait.

 

  • Alors ? s’enquit Aleksandar.

 

  • Alors… c’est tellement incroyable que je crois que je ne boirai plus d’autre champagne de ma vie ! Les bulles sont tellement fines…

 

  • Et presque salines, ajouta le K. C’est d’une grande vivacité. Comme si son énergie ne demandait qu’à être libéré.
  •  

[…]

 

Aleksandar toucha l’épaule d’Ylana et elle frissonna.

 

  • La prochaine fois, je vous fais goûter un Boërl et Kroff 2002 vinifié par Drappier. Rarissime. Un champagne de longue garde.

 

  • Les yeux fermés ! répondit-elle.

 

  • … Bon principe pour goûter, dit-il. Sous de Gaulle et Pompidou, le Boërl et Kroff était le champagne de l’Élysée, vous savez.

 

 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 18:53
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 09:45
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