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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, Juppé: «En matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu'un avenir» François le bienheureux, le chantre du «tout va bien» a enfin pété les plombs» scénario d'un «Hara Kiri» présidentiel.

« La solitude est un cercueil de verre »

 

« … dans le vieux tramway rouge, grinçant, le jeune narrateur tête brûlée, romancier en devenir, seul avec un poivrot ivre qui lui souffle « Oh ! La solitude est un cercueil de verre. », avant de disparaître alors qu’en contrebas, dans le canal, un vieil homme se balance, mort, dans une ancienne cage à lion. L’inspecteur Crumley n’a pas d’épaisseur, il flotte tout autant que le narrateur dans un Vénice du bout du bout du monde plein de nostalgie. »

 

« Venice, Californie, avait autrefois de  quoi plaire à ceux qui aiment être tristes : du brouillard à peu près tous les soirs, et le grondement des installations de forage au long de la côte, et le clapotis de l’eau noire dans les canaux, et le crissement du sable contre les  fenêtres quand le vent se levait et chantait sur les aires dégagées et les promenades désertes. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, lundi matin à la première heure, rompant mon bel isolement j’ai invité, par SMS ma fine équipe de l’opération Chartrons, à dîner aux Climats rue de Lille pour le lendemain 21 heures. À ma grande surprise, dans l’heure qui suivit, je recevais un accord unanime, même que certains se lâchaient, tel Daburon qui émettait un souhait, accompagné d’un smiley hilare, « la présence d’Émilie est plébiscitée par tous… » signé le délégué syndical aux bonnes œuvres.

 

J’avais privatisé la partie du restaurant donnant sur le jardin, mes troupiers étaient tous arrivés pile poil à l’heure, ils étaient dans leurs petits souliers, endimanchés, s’extasiant sur le lieu comme des gamins. L’apéritif, du Crémant de Bourgogne et gougères, leur fut servi au bar, Carole, la maîtresse de maison, orchestrant l’opération avec maestria. À mon signal la petite bande se mit en branle, sous la houlette de Carlos, pour gagner notre table dressée sous la verrière. Eux, pourtant si fort en gueule, ne pipaient mots, bras ballants ils attendaient poliment que je les place. Occupant l’extrémité la plus éloignée de la table, j’avais tenu compte des affinités, ou des inimitiés, réservant une chaise vide à ma droite. Nul ne s’était risqué à me poser la question, même si elle leur brûlait les lèvres, de savoir qui occuperait cette place. Seul Daburon affichait un large sourire. Nous nous assîmes. Lorsque je me relevai le silence se fit sans que j’eusse besoin de le demander.

 

« Il n’y a pas de 3e gauche… »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après mon incise, tous s’attendaient à ce que je leur livre une de mes brillantes analyses sur l’état de la gauche au terme du quinquennat et, quelle ne fut leur surprise lorsque je leur livrai une lecture politique des lettres de l'ancien président à son « Animour » sa « chère grande-duchesse »

 

… « Mitterrand tel qu’en lui-même, hautain, méprisant, l’homme dans ses lettres d’amour enflammées, imprimées sous couverture blanche chez Gallimard, s'y révèle sous un jour peu reluisant. Il ne brûle pas particulièrement d’une passion ardente pour la chose publique :

 

« Je n'ai qu'un goût modéré pour ces échanges avec le public, toujours inconnu, qu'il faut convaincre avec les discours et des idées, tâche absurde quand on sait que seuls l'amour, les actes et l'exemple ont une force conquérante. »

 

Nevers, « des magasins prétentieux (...) des enseignes et des vitrines, phares du mauvais goût ; des maisons qui sentent le style notaire » déjeuner en ville qui offre «peu de débouchés aux palais délicats». Au-dedans de la ville, dans sa circonscription, « les viscères l'emportent sur les organes nobles ». Cruel : « Quelle peine d'avoir à vivre en retenant le souffle de peur de respirer la contagion de la petitesse, de l'avarice, de la jalousie, du cœur sec ! » Définitif : « La laideur de Boulogne-Billancourt offense moins, puisqu'elle se sait laide. »

 

Cet homme n’aime que lui-même, il exècre les autres, même ses serviteurs les plus serviles. Ne parlons pas de l’auberge espagnole de la rue de Solférino où règne «le verbalisme ésotérique» «le sectarisme verbal» empreint de «terminologie marxiste» « Si vous n'employez pas avec eux et au moment voulu des formules comme celles-ci : pôles de domination économique, dimension européenne, planification socialiste, nouveaux centres de décision, mutation des pouvoirs, notion de contre-plan..., la « famille » socialiste fronce les sourcils soit avec méfiance soit avec dédain ! (...) Je me désole de tant d'élans sincères vers la justice rongés par l'acide du sectarisme verbal. »

 

Belle lucidité me direz-vous, sauf que la Florentin pour flatter sa gauche, celle qui aujourd’hui se baptise la gauche de la gauche, les frondeurs, usait et abusait de cette logorrhée marxisante. N’oubliant pas le Fabius du Congrès de Metz qui, pour dézinguer Rocard, plastronnait « entre le plan et le marché, il y a le socialisme » dévoiement, ambiguïté, Mitterrand ne pouvait qu’accoucher d’un François Hollande incapable de trancher, de dire, d’expliquer, d’agir et d’accoucher une gauche décomplexée.

 

L’échec de Hollande n’est pas que dans ses résultats, par ailleurs bien moins désastreux qu’on ne l’affirme, mais dans sa méthode cafouilleuse due à son impréparation et à son incapacité à s’entourer de collaborateurs de valeurs. La solitude, peuplée de longs apartés journalistiques, le goût du verbe, des discours en justification, vont faire imploser le Parti Socialiste qui court vers la plus grosse déculottée de son histoire. Il l’anticipe d’ailleurs en pronostiquant que si des électeurs de gauche votent à la Primaire de la Droite et du centre pour Juppé, il n’y aura plus de gauche.

 

Ben oui, c’est l’arroseur arrosé !

 

Et pourtant, il ne lâchera pas prise, tout comme son rival « … le petit de Gaulle. On a eu Napoléon le petit, eh bien là, ce serait de Gaulle le petit. » Ce « lapin Duracell, toujours en train de s'agiter ». Intarissable, il abhorre son goût de l'argent, « sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme ». Même la salle de bains de l'Elysée, refaite par le couple Sarkozy, le révulse : « Quel mauvais goût ! »

 

Ils ne savent rien faire d’autre !

 

Anne Pingeot qui s'inquiétait de voir son unique grand amour s'investir autant dans la politique le François épistolier répondait :

 

« Je me suis rappelé ta réflexion sur mon activité, mes déplacements incessants – et ta question « Peut-être ne pourrais-tu pas vivre autrement ? » Et il est vrai que le mouvement, l'action, c'est une manière de se fuir. Mais je ne me comporte ainsi que lorsque j'y suis contraint. » La politique, ou cette épreuve physique : « Au dîner d'hier comme au banquet d'aujourd'hui, j'ai dû haranguer quelques centaines de convives. J'y ai mis (...) beaucoup d'énergie pour convaincre et emporter l'adhésion. Résultat, je suis exténué et ma main crispée sur le volant, lassée par la fatigue, tient mon stylo en dépit du bon sens. » Activité qui l'oblige à montrer « des qualités qui ne me sont guère habituelles : patience et complaisance ! J'ai écouté des tas de discours et de balivernes avec une angélique attention. »

 

À la contemplation d’eux-mêmes ils consacrent beaucoup de temps, la solitude quelle richesse, avec tout de même le beau miroir tendu par l’être aimé.

 

« Je déjeune chez Lipp, seul. Une solitude comme celle-là, quelle richesse ! Je ne l'échangerais contre rien – sauf contre vous, évidemment. »

 

Hollande préfère d’autres plaisirs, d’autres exercices, mais il a tout appris du maître, croit en son étoile, et veut nous amener dans un corner au risque de nous  retrouver dans la désagréable position d’avoir à choisir au 2e tour entre la peste et le choléra.

 

Les vieux schémas de la gauche voleront en éclat au premier tour où Mélanchon raflera la mise sans pour autant se qualifier pour le duel final et nous serons gros Jean comme devant. C’est hors de question !

 

Mon choix du vieux Juppé à la Primaire est celui de la raison, rien ne me fera dévier de cette position ! Dans la dernière ligne droite j’ai décidé de donner encore un coup  de collier pour rejeter dans les ténèbres extérieures le zébulon.

 

En êtes-vous ?

 

Un lourd silence s’ensuivit. Ce fut, comme d’habitude Daburon qui le rompit : « Et si nous attaquions l’entrée avant de vous répondre chef ! Avec le vin les langues se délieront… » J’approuvai.

 

Je laissai le soin à Carlos de faire l’état des jouissances terrestres, ce qu’il fait avec beaucoup  de classe et de précision

En amuse-bouche : Bulots de la baie du Mont Saint Michel, Cuit au naturel, pomme de terre ratte, légère sauce hollandaise marine et copeaux de bonite.

En amuse-bouche : Bulots de la baie du Mont Saint Michel, Cuit au naturel, pomme de terre ratte, légère sauce hollandaise marine et copeaux de bonite.

Terrine de Grouse, En terrine traditionnelle parfumé au scotch whisky; moutarde de Crémone, cornichons de la maison Marc et pain de seigle toasté.

Terrine de Grouse, En terrine traditionnelle parfumé au scotch whisky; moutarde de Crémone, cornichons de la maison Marc et pain de seigle toasté.

Plat : Colvert, Filet rôti aux raisins muscat et garniture forestière. Bourse de chou aux cuisses braisées et sauce rouennaise.

Plat : Colvert, Filet rôti aux raisins muscat et garniture forestière. Bourse de chou aux cuisses braisées et sauce rouennaise.

Poire Belle "Carole", Poire Williams pochée à la fève de Tonka, cacahuètes caramélisées, sauce chocolat Guanaja 70% et crème glacée à la vanille Bourbon.

Poire Belle "Carole", Poire Williams pochée à la fève de Tonka, cacahuètes caramélisées, sauce chocolat Guanaja 70% et crème glacée à la vanille Bourbon.

Nous attaquâmes l’amuse-bouche pendant que Franck-Emmanuel le sommelier star nous livrait le détail liquide de nos réjouissances.

CHAP.17 extrait sec, Juppé: «En matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu'un avenir» François le bienheureux, le chantre du «tout va bien» a enfin pété les plombs» scénario d'un «Hara Kiri» présidentiel.
CHAP.17 extrait sec, Juppé: «En matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu'un avenir» François le bienheureux, le chantre du «tout va bien» a enfin pété les plombs» scénario d'un «Hara Kiri» présidentiel.
CHAP.17 extrait sec, Juppé: «En matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu'un avenir» François le bienheureux, le chantre du «tout va bien» a enfin pété les plombs» scénario d'un «Hara Kiri» présidentiel.
CHAP.17 extrait sec, Juppé: «En matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu'un avenir» François le bienheureux, le chantre du «tout va bien» a enfin pété les plombs» scénario d'un «Hara Kiri» présidentiel.

Mes gars n’en revenaient pas ;  ils se jetaient des regards étonnés et je sentais qu’il allait me falloir les mettre à l’aise pour qu’ils se lâchent. J’allais de nouveau me lever pour leur faire un petit speech lorsque Daburon se leva pour déclarer tout de go : « Nul besoin de concertation à la con, j’exprime ici l’opinion générale, nous en sommes chef. Pour ne rien vous cacher nous commencions à nous emmerder ferme depuis que vous aviez décidé de lever le pied. Si ça vous ne dérange pas on va gentiment s’en mettre plein la lampe et se jeter de beaux godets  derrière la cravate avant de remettre le couvert sur l’opération Chartrons. »

 

Tonnerre d’applaudissements que je modérai d’un signe de la main en ajoutant « On se tient bien les gamins… Nous sommes dans une maison respectable… Bon appétit. »

 

Nous attaquions la terrine de Grouse lorsque mon téléphone s’agitait dans la poche de ma veste : un sms. Je le consultai. Tout se déroulait comme prévu et j’arborais un large sourire qui n’échappait pas à Daburon. Les conversations roulaient sans dégager trop de décibels et un silence religieux se faisait dès que Franck-Emmanuel, pince-sans-rire, commentait le vin servi. La soirée se présentait sous les meilleurs auspices. Je fis un petit signe de la main à Carlos qui, en bon chef d’orchestre, veillait au bon ordonnancement du dîner. Il opina du chef en souriant. Nous nous comprenions comme deux larrons en foire.

 

Daburon, toujours lui, en forme olympique, levait son verre et s’adressant à la cantonade portait un toast rigolard « À notre chef bien aimé qui nous prépare, hormis ces magnifiques nectars, la surprise du chef ! Trinquons pour que la belle paraisse ! » Il ne croyait pas si bien dire, façon de parler, car Carole se pointait accompagnée d’un homme vêtu de gris. Je me levai et lui indiquai la chaise vide à mes côtés. Daburon vira à l’écarlate. L’assemblée se figeait dans un silence interrogateur. Je saluai l’arrivant qui s’assit en adressant à la tablée un « bien le bonsoir messieurs. » La fête pouvait commencer mais je me gardai bien d’éclairer la lanterne de mes troupiers. Doucement les conversations reprirent mezzo voce. Mon téléphone s’agitait à nouveau : un sms « Désolée, je suis un peu en retard… ». Je pianotais « Prends tout ton temps, nous n’en sommes qu’aux préliminaires… » Daburon reprenait un peu de prestance. Je lui adressais un clin d’œil qui le comblait d’aise.

 

Je jouais gros sur deux tableaux mais ce n’était pas pour me déplaire car je n’avais rien à perdre surtout après les étranges confidences de Hollande. Le jeu risquait de s’ouvrir et la donne changerait du tout au tout avec l’irruption d’outsiders. « C'est hallucinant, je manque de mots pour dire sincèrement ce que je pense. » m’avait confié un des vieux briscards de la hollandie.  Même Cambadélis, le gardien de Solférino ne trouvait rien de mieux à dire que « Il ne s'est pas facilité la tâche » avec le livre. C'est peu dire, car dans les rangs hollandais, c'est désormais l'incompréhension qui règne. Une situation quasi-apocalyptique « quelque chose entre le coup de massue et la goutte d'eau de trop ». « On était déjà au fond de la mer et je ne pensais pas qu'on pouvait tomber plus bas » une stratégie présidentielle incompréhensible qui vient alimenter la thèse d'un suicide politique. « Depuis son bunker élyséen, François Hollande a choisi de se débarrasser de son enveloppe de président normal. Il a tout dynamité. Exit l'homme tranquille, le jovial, l'empathique, le bon bougre, toujours d'humeur égale. François le bienheureux, le chantre du « tout va bien » a enfin pété les plombs », c’est le scénario d'un véritable « Hara Kiri » présidentiel.

 

Pour autant je n’enterre pas le vieux renard politique car je le soupçonne de se la jouer à la De Gaulle : moi ou le chaos sans passer par la case humiliante des Primaires. Pensez-donc se confronter à des seconds couteaux qui ont été ses Ministres : impensable. Un beau matin ou un grand soir il va se pointer à la Télé et déclarer au bon peuple qu’enfin libéré de toute entrave, de cette « agrégation de gens intelligents qui peut faire une foule idiote » il va préserver la République, la libérer de ses démons. Face à une posture à la Mitterrand, qui dans son ancienne maison aura le front de se mettre en travers de son chemin ? Stratégie du quitte ou double qui risque d’amener toute la gauche au trou ou de constituer la seule alternative crédible face au triomphe programmé de la droite. Sarkozy son meilleur ennemi éliminé cette politique de la terre brûlée s’avère la seule possible. Je suis sûr qu’il estime que c’est jouable et il va jouer.

 

C’est ce dont je veux discuter ce soir avec mon invité. Le service desservait l’entrée lorsqu’Émilie est arrivée plus belle que jamais…

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 06:00
J’aurais bien aimé faire goûter la cuisine de Julien Boscus du restaurant Les Climats à maman, elle aurait adoré… papa aussi…

Maman était couturière, je suis donc né dans le fil à faufiler et j’ai grandi au milieu des coupons, des patrons en papier et au son de la Singer à pédale. J’ai gardé grâce à elle le goût des belles étoffes.

 

Maman était aussi un vrai cordon bleu, grâce à elle j’ai appris la cuisine avec les yeux.

 

Dans mon petit roman du dimanche j’ai même écrit.

 

« Maman, qui avait fait la cuisine, orchestrait l'ensemble avec autorité et doigté. À l'apéritif, Banyuls pour tout le monde, on disait vin cuit en cette Vendée ignare. Le menu : vol au vent financier, colin au beurre blanc, salade, de la chicorée - mon père avait droit à une préparation personnelle avec croutons aïllés - fromages : du Brie de Maux et du Gruyère, et en dessert : un savarin crème Chantilly, évitait à mon cordon bleu de mère de passer trop de temps devant ses fourneaux. Le seul moment grave, bien sûr, avait consisté à monter le beurre blanc. En l'absence de maman, son époux facétieux informa Marie que sa Madeleine de femme avait des doigts de fée. Du côté des vins, du Muscadet sur lie, un Gevrey-Chambertin et du Monbazillac. Je haïssais le Monbazillac qui m'empâtait la langue. Tout atteignait l'excellence, même le café que maman passait dans une cafetière à boule de verre qu'elle ne sortait que pour les grandes occasions. Papa nous empesta avec ses affreux petits cigares de la Régie. Les yeux de Marie brillaient. Nous étions heureux. »

 

Si j’évoque maman c’est que le 18 octobre 2006 j’écrivis la plus courte chronique de mon jeune blog : « Maman est morte hier matin. J'ai du chagrin. À demain... »

 

Le 21 octobre je lui rendais hommage, en n’oubliant pas mon père qui nous quitta si tôt.

 

« En ce petit samedi humide et gris, de retour de mon pays, même si sa discrétion naturelle en eut souffert de son vivant, je vais vous parler de maman. Née le jour de la Ste Catherine, à Ste Flaive des Loups, on la prénomma Berthe. Elle ne l'aimait guère ce prénom mais accolé à mamy ses petits-enfants et arrières petits enfants ont réussi à le lui faire trouver joli. C'était une fille Gravouil, l'aînée de six enfants, qui aurait bien aimée, elle qui avait "l'orthographe naturelle", être institutrice. Elle fera son apprentissage de couturière. Et puis, elle rencontrera un beau gars de St Georges de Pointindoux, Arsène Berthomeau. A dix-huit ans un mariage d'amour : ils étaient beaux et avaient fière allure sur leur photo de mariés. » La suite ICI 

 

Alors cher Julien, je suis sûr que tu comprendras que j’associe aujourd’hui ceux qui ont fait l’homme que je suis à ta cuisine que j’apprécie et qu’ils auraient sans aucun doute adoré, même si chez moi nous étions avare de compliments.

 

Maman tout d’abord aurait beaucoup aimé le cadre, elle aurait félicité Carole pour son goût pendant que mon rêveur de père se serait arrêté au niveau de la cave bourguignonne et pris langue avec Denis.

 

Le Bourg-Pailler, si je puis dire, est situé entre terre et mer, le jardin potager et fruitier mais aussi les ports des Sables d’Olonne et de Saint-Gilles- Croix-de-Vie nous offraient que des produits frais. Alors, cher Julien, ils se seraient extasiés  devant le beau balancement de ta carte entre terre et mer. Pour la commande, auprès d'un Carlos dans ses petits souliers, maman aurait penchée pour :

 

LANGOUSTINES EN DECLINAISON,

En tartare à la coriandre, rafraichi d’un consommé de têtes aux feuilles de kéfir. En salpicon grillé minute, sauce aux fruits de la passion et miel de la vallée du Lot. En raviole au galanga, bouillon émulsionné au foie gras et Sherry.

 

BAR SAUVAGE DES COTES BRETONNES,

En croute de pain de mie ; fricassée de girolles au Viré – Clessé Vendange Levroutée, noix fraîche, Comté et arroche rouge.

 

Du côté du père, un peu d’hésitation entre :

 

 

TOURTEAU DE CASIER,

Relevé de fins aromates et de truite fumée de Banka ; guacamole avocats/pamplemousse/fruits de la passion.

Et

VEAU ROSE BASQUE ET TRUFFES DE LA SAINT-JEAN,

En tartare assaisonné d’une sauce à la truffe d’été et navets daikon ; Crème glacée burrata du parc naturel de Cilento et Croc truffe.

 

Il aurait choisi le tourteau mais tu lui aurais fait goûter le veau.

 

Pour le plat aucune hésitation, même si le cochon… :

 

 

JEUNE GROUSE D'ECOSSE,

Suprêmes rôtis aux raisins Chasselas, ventrèche de porc noir de Bigorre et jus tourbé. Fricassée de champignons sauvages, blettes, endives et fine purée de céleri rave.

 

Là encore, papa ayant bon appétit, tu lui aurais servi une légère portion, en dépit des protestations de maman, de cochon Iberico.

 

Pour le dessert :

 

 

BABA AUX AGRUMES, pour maman,

Biscuit Baba imbibé au jus d’orange épicé, chantilly au chocolat blanc, méli mélo d’agrumes frais et confits, sorbet pomelos/anis/orgeat.

 

SOUFFLE MARRON ET WHISKY, pour papa,

Biscuit soufflé chaud au marron parfumé au single malt de Michel Couvreur. Crème glacée butternut/noix de coco. 

 

Papa aurait gentiment taquiné maman sur ton soufflé, je te dirai dans l’oreille pourquoi.

 

Du côté vin Franck-Emmanuel aurait, avec sa maestria habituelle, emberlificoté papa et il lui aurait même servi pour finir, en dépit des protestations de maman, un Marc de Bourgogne de derrière les fagots.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À la fin du repas, tu serais passé à notre table, maman t’aurait dit, en mots choisis, tout le bien qu’elle pensait de ta cuisine, et même, fait exceptionnel chez elle, que c’était le meilleur repas de sa vie. Du côté du père, il t’aurait branché politique, car tu aimes bien discuter politique Julien, c’était sa manière à lui  d’exprimer son contentement.

 

Voilà Julien, ça faisait un bail que je voulais te consacrer une chronique mais je suis un peu comme mon cher père je ne suis pas très friand d’étaler mes compliments.

 

Pour une simple raison Julien, qui suis-je ?

 

Un simple pékin qui a appris à faire la cuisine avec les yeux, qui sait manier la queue d’une poêle, faire du riz au lait et des pappardelle au ragù. Alors, il me fallait trouver un angle pour te dire que tu es de la graine d’avenir, un chef qui aime les produits qu’il choisit et cuisine, un garçon de talent qui doute, c’est bon de douter ça fait avancer, mais qui fait une cuisine précise, inventive, charnelle, sensuelle. Une cuisine que j’aime à faire partager.

 

Sensuel, le mot est lâché. La sensualité est l’antichambre du plaisir. De ma jeunesse j’ai gardé le goût des belles étoffes, les anglaises, le coton d’Egypte, des textures fines et structurées, des fragrances affirmées. Je n’aime ni l’eau tiède, ni le patchouli, mais les saveurs respectées, magnifiées. Il faut savoir me pousser dans les retranchements de mon petit jardin d’intérieur bien barricadé pour que j’atteigne une belle satiété. C’est pour ce tas de raisons que ta cuisine Julien me va comme un gant.

 

J’ai toujours respecté et admiré l’intelligence de la main Julien et puisque tu es Aveyronnais je te propose de lire la chronique que j’avais écrite lors de mon  dernier voyage du côté  de Laguiole : Les mains de René Pastissier pêcheur à la mouche vivante : elles ont l’habileté d’une brodeuse

 

« Les mains que je vous présente ce matin sont celles de René Pastissier pêcheur à la mouche vivante du côté de Laguiole en Aveyron. Elles m’ont fasciné car elles semblent lourdes, pataudes, malhabiles alors que leurs doigts tout abimés vont se saisir délicatement, à la sortie du piège à mouches, d’une mouche vivante pour l’embrocher entre les deux ailes sur l’hameçon (je sens que les défenseurs de bêtes vont soit défaillir, soit me haïr). Les mains de René Pastissier sont la démonstration vivante que ce que fait la main, son habileté, sa précision, sa concision, résulte du contrôle de la tête : notre René sa passion c’est la pêche à la mouche vivante alors toute son intelligence pratique est tendue vers l’excellence. »

 

La suite ICI 

 

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 06:00
Oui François Des Ligneris avec Yannick Alleno ne laissons plus de côté le vinaigre faisons-le sauter avec un beau poulet fermier !

Seul François comprendra !

 

Patience et longueur de temps

 

Font plus que force ni que rage.

 

Ha ! Le vinaigre, sur Face de Bouc ça tourne souvent au vinaigre et pas que du bon surtout lorsqu’il s’agit du vin nu auquel on accole cette infâmante appellation.

 

2 citations pour faire genre :

 

« Mais vu l'ampleur de la chose, si la sauce tourne au vinaigre, on ne trouvera jamais un parapluie assez vaste pour couvrir ceux qui devront sauter.» Il faut tuer René Dousquet ! (1998)

 

« Il suffit que tu arrêtes les parties de touche-pipi que tu fais avec elle pour que ça tourne au vinaigre. » Un drôle de mec (1949)

 

Le vinaigre ce mal-aimé, ce vin aigre, et pourtant indispensable condiment de nos salades qu’il faut fatiguer :

 

« Fatiguer la salade » j’adore cette expression, par ailleurs définie dans la Robert Culturel : comme étant l’action de « la remuer pour y mêler l’assaisonnement » (1845), tout d’abord parce que je la trouve bien plus belle que « mélanger sa salade » ou « touiller sa salade », mais surtout parce qu’elle transpire d’une chaude sensualité.

 

Et pourtant le vinaigre a ses lettres de noblesse avec l’Aceto balsamico tradizionale di Modena, le vinaigre de Banyuls, le vinaigre artisanal d’Orléans, le vinaigre de Xérès

 

Et le succulent poulet au vinaigre d’Andrée du  Pied de Fouet !

 

Et puis, pour les fans de Claude Chabrol son fameux Poulet au vinaigre avec le pince sans rire Jean Poiret

 

 

Vous l’avez compris les poulets et le vinaigre font bon ménage et il y a belle lurette que suis addict de ce plat simple et délicieux (lire Poulet au vinaigre de cidre augeron 

 

Du côté des poulets y’a ceux de papa Godart :

 

« Chez les Godart on est aviculteur, à la ferme des Grands Champs, en Dordogne, de père en fils depuis 1928. C'est sans doute pour cela que Fleur Godart, la fille d'Étienne, n'est pas avicultrice – je plaisante bien sûr – mais éleveuse de vins – je plaisante toujours car elle fait plutôt vendeuse-livreuse-diseuse de belles quilles sur son scooter parisien. Qui c'est cette Fleur ? Tout le monde connaît Fleur dans le Terroir Parisien. Elle n'oublie pas son papa en prospectant les bons bistros, pour parigots tête de veau, afin d'y placer les volailles de Qualité Fermière de la Ferme des Grands Champs. Comme je suis un bon zig je vous filerai la liste des meilleurs en fin de chronique. »

 

La suite ICI 

 

J'ai grandi en  Dordogne à la ferme avicole des Grands-Champs,

 

fondée par mon grand-père dans les années 1950. Mon père a pris sa suite, quant à moi je n'avais pas envie de travailler dans l'élevage de poulets - même si ces gallinacés ont la belle vie, au grand air et sans chimie. Ce que j'ai toujours voulu faire, c'est raconter des histoires. Je me suis donc lancée dans des études de théâtre. Lorsque j'avais 17 ans, mon père a été immobilisé par un accident de moto, et m'a demandé de le remplacer sur un marché fermier à Paris. A côté du stand où je vendais nos volailles, il y avait un vigneron, un certain Fifi, très bavard, qui présentait sa production de vins naturels. Il tenait absolument à m'en faire goûter. Je n'y connaissais rien. Chez nous, on est des paysans et on boit du vin alimentaire, des piquettes qui rendent les gens bêtes. J'ai tout de même accepté de goûter à la production de Fifi, surtout pour le faire taire. C'était un sauternes de Barsac, élaboré sans soufre, chose rare dans le Bordelais. J'ai pris trois heures pour le déguster, tant sa richesse aromatique et sa précision en dentelle me fascinaient. Il m'emmenait au jardin, au milieu des roses musquées et des pivoines, puis dans les îles, avec de l'ananas, des épices, des fruits confits. J'étais bouleversée. C'était ma première dégustation, tout à fait empirique et solitaire, et j'ai compris qu'on pouvait raconter plein d'histoires avec du jus de raisin fermenté. Je suis allée passer deux ans au domaine de Fifi, le Château Massereau, pour finir par abandonner le théâtre et me consacrer entièrement au vin. J'ai travaillé chez des cavistes, avant de partir à la rencontre des vignerons et de leurs produits, et d'organiser des dégustations et des livraisons dans des restaurants parisiens.

 

Fleur à Camille Labro Le Monde

 

Et puis dans ma quête de sujets pour chroniquer voilà-t-y pas que je tombe sur une immense nouvelle : « Le vinaigre réhabilité par Yannick Alléno ! »

 

« Quant au vinaigre, je trouve que c'est un ingrédient que l'on a trop laissé de côté dans la cuisine. D'abord, c'est un excellent allié pour décoller les sucs de cuisson. Il apporte aussi beaucoup de fraîcheur aux plats. »

 

Vous me connaissez j’ai un esprit d’escalier surdéveloppé : c’est Fleur Godart qui un jour m’a présenté au sieur Alléno, alors à la tête des fourneaux du Meurice et qui venait de signer avec André Ribaud critique gastronomique du Monde un opus au nom alléchant : Terroir Parisien.

 

 

Le petit déjeuner avec lui au Meurice me laissa un fort goût de « tout pour ma belle gueule » et pas grand-chose pour l’extension du domaine d’une agriculture de proximité renouant avec de bonnes pratiques. Beaucoup de chefs de haute-cuisine sont des marques et se contrefichent de s’en servir pour  faire progresser le bien-manger de madame et monsieur tout le monde.

 

Alors il ne faut pas s’étonner qu’ils profitassent de la complaisance de celles et ceux qui font profession de vendre du papier.

 

GASTRONOMIE. Chaque semaine, un grand cuisinier nous dévoile une recette. Aujourd'hui, le chef multi-étoilé Yannick Alléno.

 

Pour moi, tâcheron obscur  de la toile mais dénicheur de petites pépites, je vous propose en ce premier jour de WE, où il vous est possible de cuisiner, une recette de poulet au vinaigre naturiste de Sicile Pantalleria

 

Gabrio Bini 

 

L’Azienda Agricola Serragghia de Gabrio Bini est situé sur l'île de Pantelleria, une masse volcanique de au sud-ouest de la Sicile. L'île est célèbre pour deux choses, ses câpres et les dolce, fait avec le cépage Zibibbo local. Gabbrio fait bien sûr les deux mais aussi un remarquable vinaigre.

 

C’est mon ami Pierre Jancou, le taulier d’une de mes cantines préférées : Achille, qui m’en a offert une bouteille.

 

Les raisins de Gabrio proviennent de vieilles vignes plantées sur d'anciennes terrasses sur les sols volcaniques de l'île. Plus en altitude que la plupart des autres vignobles de l’ile, le Serragghia bénéficie d’une brise de mer fraîche et les températures y sont étonnamment modérée, même en plein été. Les vignes ne sont jamais traités et sont entretenus par la main et le cheval. Les raisins sont triés sur le volet, égrappés et laissés à fermenter longtemps et lentement dans l'argile amphores. Ils sont mis en bouteille non filtrée, sans aucun ajout.

 

Le vinaigre est embouteillé dans un flacon identique à  celui des vins sauf que la flèche rouge  est orientée vers le bas.

 

 

La recette :

 

  • 1 beau poulet nourri aux grains de 1,8 kg
  •  6 gousses d’ail, 2 tomates mûres, moutarde de Dijon forte, huile d’olive douce, beurre salé et crème fraîche crue.
  • Le vinaigre de Gabrio Bini

 

  • Dans une sauteuse Le Creuset faites chauffer l’huile d’olive (2 cuillerées à soupe) et le beurre saké (50g). Y faire dorer les morceaux de poulet que vous aurez au préalable salé et poivré et les gousses d’ail. Versez 1dl de vinaigre et laissez-le s’évaporer. Ajoutez les tomates ébouillantées et épépinées. Rectifiez l’assaisonnement et laissez cuire 45 mn.

 

  • Pendant la cuisson mélangez dans un bol une cuillerée à café de moutarde et 150 g de crème fraîche.  

 

  • Lorsque le poulet est cuit, retirez les morceaux et tenez-les au chaud.

 

  • Filtrez le jus de cuisson avec une passoire fine en écrasant les gousses d’ail. 

 

  • Faites le réduire sur feu vif pendant environ 5mn.

  • Nappez-en les morceaux de poulet et servez-les accompagnés de ma ratatouille.

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 09:55
Du bon usage de l’indignation : de la lâcheté des hauts magistrats à Dylan nobélisé en passant par les footeux décérébrés…

J’adore, je me régale des cris d’orfraies des professionnels de la profession face aux déclarations de François Hollande : de Bertrand Louvel et Jean-Claude Marin, les deux plus hauts magistrats de l'ordre judiciaire en France : le premier est président et le second procureur général près de la Cour de cassation, aux journalistes qui courent après les gars, et maintenant les filles, qui courent après un ballon rond.

 

Pire encore, l’offense faite à la littérature par les pépés du Prix Nobel  en attribuant leur prix à un saltimbanque : Bob Dylan, qui reste au travers de la gorge des critiques littéraires. C’est un peu comme si un jury présidé par l’éminent et irremplaçable Pr Pitte attribuait la palme du Meilleur vin du monde à un vil Vin de France de Dominique Derain.

 

Bref, ça balance à Paris et ça me réjouis.   

                                             

Pour une fois je suis assez d’accord avec Laurent Joffrin :

 

« La culture, c’est la vie. Celle de Dylan est celle de l’ascèse créatrice, sans fin et sans retour. Son nom sur la liste des Nobel est aussi étrange que l’urinoir de Duchamp dans un musée ou les Campbell’s Soup Cans de Warhol dans une galerie : il consacre une révolution artistique. »

 

Dans « Un président ne devrait pas dire ça… »,  le président de la République se livre aux journalistes du « Monde » Gérard Davet et Fabrice Lhomme  et choque les gardiens de la balance et les gardiens de but :

 

« Cette institution, qui est une institution de lâcheté... Parce que c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n'aime pas le politique. La justice n'aime pas le politique... »

 

« Ils sont passés de gosses mal éduqués à vedettes richissimes, sans préparation. Ils ne sont pas préparés psychologiquement à savoir ce qu’est le bien, le mal. »

 

Et alors, pour qui fréquente les hauts magistrats ou les hauts salaires des footeux, n’est-ce pas la vérité ?

 

Il va m’être répliqué que toutes les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire et surtout dans la bouche d’un Président de la République par le truchement de confidences à des journalistes.

 

J’en conviens, les vérités doivent être dites les yeux dans les yeux et non distillés dans des livres, mais qui se souvient du nombre de hauts magistrats qui ont refusé de prêter serment au régime dit de l’Etat Français du Maréchal Pétain ? Ce ne sont que des hommes qui, même drapés dans leurs hauts principes, pensent au bon déroulé de leur carrière. Que beaucoup se couchassent pour une promotion n’est qu’un secret de polichinelle.

 

Du côté du ballon rond, il suffit de suivre les déclarations, la manière d’être, de se comporter de ces garçons pour souscrire aux propos de Hollande, même si il faut se garder de la généralisation : des exceptions heureuses confirment la règle. Il en est de même pour les magistrats qu’il ne faut pas tous fourrer dans le même sac : il en est de courageux qui en général paient le prix de leur audace.

 

Plus que le dire présidentiel c’est la façon de le dire qui est détestable !

 

Parler vrai, sans détour, mettre le doigt là où ça fait mal constitue pour moi une excellente thérapie au Mal Français : l’art et la manière de donner des leçons à la terre entière pour mieux se réfugier dans notre petit entre soi un peu rance comme l’écrivait Philippe Sollers.

 

Le petit monde du vin n’échappe pas à la règle, il suffit de lire les laïus de certains qui se baptisent journalistes, experts, critiques, je ne sais, qui vivent sur la bête, pour s’en persuader. Mais qu’ont-ils fait dans la vie qui leur donne une quelconque légitimité dans la matière qu’ils traitent ? De quel droit tressent-ils des lauriers aux gens qui font ? Ce ne sont que des autoproclamés !

 

Pour en revenir au Nobel, je suis encore raccord avec Joffrin « Quoi ? Le prix Nobel pour un chanteur pop ? Trop noble ! Après William Faulkner, Ernest Hemingway, Saul Bellow ou Isaac Bashevis Singer, Bob Dylan ? Décadence de la haute littérature, brouillage des repères, nivellement par le bas… Pour être franc, ces oracles du bon goût n’ont pas compris grand-chose à la culture populaire, ni même à la culture tout court. Pour ceux qui connaissent un tant soit peu l’histoire du rock, s’il y a un pop singer qui mérite le titre de créateur universel, c’est bien Robert Zimmerman. »

 

Dylan a déjà obtenu le prix Pulitzer de musique en avril 2008, « pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire », selon le jury.

 

Dylan c’est un beau morceau de ma vie et je l’écris ; merde aux ronchons professionnels de la profession !

 

 

Bob Dylan prix Nobel de littérature: ses 10 plus belles chansons en vidéos

Et le pire, ne pas assumer et s'excuser...

Et le pire, ne pas assumer et s'excuser...

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 06:00
Le diagramme des trois aimants (Three Magnets) de Howard, où il pose la question : « Où iront les gens ? » avec comme choix : « ville », « campagne » ou « ville-campagne »
Le diagramme des trois aimants (Three Magnets) de Howard, où il pose la question : « Où iront les gens ? » avec comme choix : « ville », « campagne » ou « ville-campagne »

Le diagramme des trois aimants (Three Magnets) de Howard, où il pose la question : « Où iront les gens ? » avec comme choix : « ville », « campagne » ou « ville-campagne »

Le mouvement Incredible Edible est un mouvement participatif citoyen libre,  indépendant, éthique, solidaire et apolitique au sens partisan du terme. Il est non marchand et sans but lucratif, et s’inscrit dans une démarche de gratuité.
Il est mondial et autonome. Il vise l’auto-suffisance alimentaire des territoires et la nourriture saine et partagée pour tous.

Il est ouvert à toutes celles et ceux, hommes – femmes – enfants, de tous peuples et de toutes nations, de tout âge et de toute condition, simples citoyens du monde, qui se reconnaissent dans l’unité de la vie et du genre humain, et aspirent à de nouveaux rapports entre les hommes et à un mode de vie totalement transparent, éthique, solidaire et co-responsable du tout.

Il rassemble celles et ceux qui, très concrètement, veulent « faire leur part » pour accéder, par le changement de regard sur eux-mêmes et sur le monde, à une nouvelle réalité heureuse, féconde et bienveillante : celle de l’abondance partagée, fruit de la terre et de la participation consciente, libre et souveraine de celles et ceux qui veulent en faire l’expérience, individuellement et collectivement.

***

La suite ICI

 

Dans son livre « Ville affamée » Carolyn Steel (cette chronique lui doit tout) écrit :

 

« Si tous les projets utopiques sont voués à l’échec et que tous les utopistes activistes se leurrent, pourquoi se donner la peine d’analyser l’utopie ?

 

Pour la simple raison que l’utopisme est le seul à se rapprocher un tant soit peu d’une histoire de la pensée transdisciplinaire sur le thème de l’habitat humain.

 

 

 

 

 

Les Lumières nous ont appris à penser en termes de disciplines, ce qui est également très utile, jusqu’à un certain point. Cependant, ces deux siècles de pensée disciplinée nous ont donné l’architecture, l’urbanisme, la sociologie, la politique, l’économie, l’anthropologie, la géographie, l’écologie et l’ingénierie  de la circulation, chacune de ses branches étant capable de fonctionner dans un vide virtuel. Mais ils ne nous ont pas donné le moyen de penser à l’habitat de façon holistique. Or, l’utopisme constitue au moins une tentative à cet égard. On pourrait dire qu’il nous a apporté l’ « urbanisme intégré » plusieurs siècles avant que les ingénieurs d’Arup n’inventent cette expression.

 

Prises séparément, les utopies activistes tendent à paraître extravagantes, fantaisistes ou déficientes. Mas envisagées ensemble, elles révèlent une remarquable cohérence.

 

Leurs buts sont souvent identiques : rapprocher l’homme de la nature, fusionner la ville et la campagne, partager le travail, renforcer le sentiment d’appartenance communautaire. On peut dire la même chose de ce qu’elles rejettent : les conurbations tentaculaires, la mondialisation, la concentration des richesses, l’asservissement

 

[…]

 

Le problème réside dans la nature mêle de l’utopie. Si elle est un « bon lieu », elle n’est aussi « aucun lieu » car le monde réel ne peut jamais être parfait.

 

[…]

 

En échouant aussi invariablement, l’utopisme nous enseigne un certain nombre de leçons essentielles. Il nous avertit des dangers que représentent la myopie, la mégalomanie, la monoculture. Il nous montre ce que l’urbanisme peut accomplir ou pas. Il prouve l’importance de l’échelle, de l’histoire, de l’air du temps. Il nous révèle que nous ne pouvons ni contrôler le monde, ni lui échapper. Et par-dessus tout, il nous rappelle nos propres limites. Nous aurons beau  essayer de changer le monde, nous en faisons toujours partie. Paradoxalement, sa plus grande leçon est de ne pas perdre de vue la réalité. »

 

Howard Ebezener, modeste et discret, n’avait pas le profil-type du visionnaire. Après être parti aux Etats-Unis à l’âge de 21 ans  « pour s’apercevoir, entre autres, qu’il n’était pas fait pour l’agriculture, il passa le reste de sa vie à Londres où il travailla comme sténographe parlementaire. »

 

« Son concept de cité-jardin consista en un amalgame d’à peu près toutes les idées utopiques existantes, de Platon à More en passant par Owen, Marx et Morris. Chose remarquable, Howard parvint à tirer de cet embrouillamini une proposition d’une telle cohérence et d’un tel attrait qu’elle gagna aussitôt le soutien de convertis dont la plupart des utopistes ne purent que rêver : des capitaines d’industries plein aux as. »

 

En 1902, Howard exposa à nouveau son concept dans Garden Cities of to-morrow : les Cités-jardins de demain.

 

Dans cet ouvrage il expose des projets détaillés de ce qu’il qualifiait d’ « aimant-ville » une cité-jardin associant les bienfaits de la vie urbaine à ceux de la vie rurale, tout en neutralisant les inconvénients des deux.

 

Son « aimant-ville » occuperait 2400 ha dont 200 seraient urbanisés et le reste cultivé.

 

Le point crucial c’est que « l’ensemble des terres seraient détenues par la communauté et administrées par fidéi-commis en son nom, toutes les rentes étant affectées à la gestion de la cité et au financement des travaux et édifices publics. Si bien qu’à mesure que la valeur de la terre augmenterait, la cité s’enrichirait, et non les propriétaires individuels. Du fait du lien étroit entre ville et campagne, le domaine agricole prospérerait, bénéficiant des débouchés pour ses produits ainsi que des déchets de la ville pour accroître la fertilité de son sol. »

 

Réaliste Howard précisa dès le départ que ses plans devaient être considérés comme « une simple suggestion dont on s’écartera probablement beaucoup. »

 

Il préconisa que son « groupe de villes » ou « ville-grappe », comprenne une agglomération centrale légèrement plus importante avec 58 000 habitants, afin de ne pas sacrifier les bienfaits de la vie urbaine.

 

« Nous obtiendrons un groupe de villes […] autour d’une unité centrale, de telle sorte que chaque habitant de l’ensemble, quoique en un sens vivant dans une petite ville, vivrait en réalité dans une grande er magnifique cité, profiterait de tous les avantages, et disposerait pourtant moyennant quelques minutes de promenade à pied ou à cheval, de tous les frais plaisirs de la pleine campagne, avec des champs clos de laies et de bois, et non pas seulement de parcs et de jardins bien peignés. »

 

Cité-jardin de Letchworth © Maud BACCARA

 

« La première tentative d’implantation d’une cité-jardin commença à Letchworth en 1903, selon les plans réalisés par Barry Parker et Raymond Unwin, architectes et urbanistes du mouvement Arts & Crafts (Arts & artisanats). Si Letchworth conféra une expression architecturale au concept d’Howard, la réforme agraire et l’ambition sociale sur lesquelles il reposait ne se concrétisèrent malheureusement pas. Malgré ses soutiens initiaux, cette cité-jardin manqua dès le début de financements, peinant à attirer aussi bien des investisseurs que des résidents. La direction exclut rapidement Howard du Conseil d’administration et ne procéda pas au transfert initialement prévu des fonds à la municipalité, tandis que les résidents au lieu d’établir des liens entre eux et de préparer des repas communs, restèrent en grande partie dans leur coin et allèrent travailler dans une usine de corsets située en dehors de la ville. Loin de  concrétiser la vision de Howard, Letchworth confirma simplement ce que More et Marx avaient toujours su. Quand il s’agit de créer une communauté, il n’y a pas de recette miracle ; pas de préparation instantanée « bonne ville » qui fonctionne par le simple fait d’y incorporer des habitants. »

 

LES CITÉS-JARDINS DE EBENEZER HOWARD : UNE ŒUVRE CONTRE LA VILLE 

 

Les cités-jardins histoire et actualité d’une utopie

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 06:00
Les vers de terre sortent de leur longue pénitence médiatique : et si nous rendions hommage à l’ami des lombriciens l’autodidacte Marcel Bouché.

Tout le monde en parle ou presque, c’est tendance le ver de terre !

 

Je dois avouer que ça me fait un peu marrer.

 

Mon intérêt pour les achées est ancien : voir ma chronique du vendredi 20 février 2009 « Allez les vers ou la saga des « gueules noires » de nos beaux terroirs viticoles » ICI 

 

J’écrivais en ce temps fort lointain, pensez-donc 7 ans, un septennat, une éternité :

 

Au temps de mes culottes courtes lorsque je suivais le pépé Louis, qui tenait fermes les manchons de la charrue « Brabant », tout en encourageant de la voix sa paire de bœufs indolents, « Jaunet&Blandin », j’étais toujours stupéfait à la vue, sur les flancs de la terre fraîchement retournée, des colonies d’achées se tortillant, s’enlaçant, se confondant avec la glaise humide, tels des lianes rouges ou brunes. Dans ma Vendée bocagère, le ver de terre, le lombric nous le nommions achée* car il servait d’appât pour les pêcheurs à la ligne. Ignorant de sa fonction naturelle nous le respections pour la simple raison que sa présence en nombre marquait la fécondité de cette terre.

 

Que mon achée vendéen ne soit guère sexy j’en conviens même si je lui ai toujours trouvé un aspect tat, – il n’en existe qu’une petite poignée dans notre vaste monde – « Les lombrics n’attirent pas les naturalistes car ce ne sont pas des jolies fleurs ou de beaux papillons », ils sont associés à la décomposition, à la mort. Et pourtant, ils sont un maillon essentiel au cycle de la vie comme l’explique notre chercheur de l’INRA : « La plante absorbe l’énergie du soleil et la fournit à ce beau monde d’en bas sous forme de tiges, de feuitrès clean. Comme le fait remarquer Marcel Bouché, spécialiste des lombrics de son élles, de fleurs. Les vers de terre broient et mélangent ces éléments nutritifs, à la manière des brasseurs de bière. De leur côté, les micro-organismes assurent la décomposition. Ce qui permet de redonner des éléments nutritifs pour les nouvelles générations de plantes…»

 

* Les achées (selon Marcel Lachiver appâts pour pêcheur à la ligne).

 

Le 23 septembre 2014 je récidivais pour recommander le livre de Marcel B. Boucher :

 

 

 

« J’aime bien son histoire à cet homme qui déclare : « pour ce qui est de la culture générale je n’ai pas dépassé le certificat d’études primaires… » Tout d’abord diplômé comme jardinier de la Ville de Paris, il entrera à l’INRA comme aide de laboratoire « l’équivalent du travail d’une femme de ménage » précise-t-il. Découvrant le monde scientifique il intégrera la Fac des Sciences en prenant des cours par correspondance pour revenir à l’INRA où on lui confiera « l’étude des vers de terre dont personne ne voulait. » En 1963, il commencera à faire l’inventaire des vers de terre : « j’ai fait une sorte de tour de France des vers de terre en parcourant le pays avec la carte Michelin et tous les 30km je faisais des prélèvements. À l’époque, nous en avions recensé 170. Aujourd’hui, on doit être à 300 espèces répertoriées en France et plusieurs milliers dans le monde… »

 

La suite ICI 

 

Le ver de terre est aussi, à sa manière un gourmet « Les lombriciens ont, autant  que l’on sache, une perception du monde qui les entoure et une intelligence très sophistiquée de celui-ci. Darwin avait déjà noté que, avant d’enfouir leur nourriture, ces animaux choisissaient lors de la manducation (prise avec la bouche) les débris végétaux potentiellement ingérables (exclusions des débris trop gros pour être ingérés) et apparemment selon leur goût. Depuis, des essais de laboratoire ont confirmé ce choix gustatif. »

 

Nos vers de terre dans notre lombriculteur du toit de Veni Verdi

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 06:00
« Le meilleur d’entre nous… » disait Chirac à propos d’un gars qui eut la Tentation de Venise, dans le monde du vin la chasse au meilleur est ouverte !

Le dernier en date : le meilleur caviste de l’année qui fait suite à une longue liste : vigneron, négociant, sommelier, coopérative, blogueur… j’en passe et des meilleures !

 

Y’a même un championnat du monde de la dégustation, c’est dire !

 

À quand un Nobel attribué par la LPV ?

 

Un de ces jours Butane&Degaz vont être obligés de nous concocter une application pour nous y retrouver.

 

Et si nous exigions une certification !

 

Un cahier des charges estampillé par l'INAO ?

 

Dans un pays où les meilleurs, jusqu’à ces derniers temps, sortaient des Grandes Écoles de la République pour peupler la Haute Administration et les Conseils d’Administration c’est dans la logique nationale.

 

La crème quoi !

 

La médaille en chocolat !

 

Texte de Remy Bousquet à l'attention du meilleur blogueur de l'année 2015 pour la RVF, un garçon  qui à toujours raison... et qui ne supporte pas la contradiction...

 

Meilleur-meilleur :

 

  1. [En parlant d'une chose ou d'une pers.] Qui est d'une qualité supérieure à celle de l'objet comparé.

 

« Un autre ménagera en vous des qualités que j'offense; il vous entourera de son amour; vous aurez un meilleur amant, vous n'aurez pas un meilleur frère (Musset, Confess. enf. s., 1836, p.377).

 

« La langue de ce «traité» est des plus belles et Bossuet ne s'est montré nulle part meilleur écrivain ni plus grand artiste » (Gide, Voy. Congo, 1927, p.710).

 

Qu’il y en ait qui  soit meilleur que d’autres je n’en disconviens pas mais ce qui m’interroge, comme le disait avec son accent rouergat, Mgr Marty au temps où il fut archevêque de Paris, ce sont ceux qui distribuent les titres : sont-ils les meilleurs des meilleurs pour juger qui est le meilleur ?

 

Et c’est là  que le bât blesse : les gars, les filles n’étant guère prisées dans le monde du vin comme l’a noté une caviste belge  qui a la langue bien pendue, nos dispensateurs du titre de meilleur ne sont pas forcément des lumières qui brillent haut dans le ciel.

 

Comme l’aurait dit mémé Marie « Ils n’ont pas mieux à faire ? »

 

Je suis fasciné par cet entre soi, ce goût immodéré de se contempler le nombril, ce petit lissage d’ego bien ridicule.

 

« Seul, le médiocre est toujours à son meilleur. »  Somerset Maugham

 

« L'homme est bon, mais le veau est meilleur. » Bertolt Brecht

 

Mais soyons résolument optimiste : « Il faut tirer le meilleur du pire. » proclamait à la tribune de l’Assemblée Nationale Alain Peyrefitte un éminent spécialiste.

 

Pour ma part je m’en tiens à l’adage « Le meilleur pain est celui de la maison. » car les conseilleurs ne sont jamais les payeurs.

 

Pour les petites louves et les petits loups qui achètent leurs œufs frais dans des paniers en osier, la Tentation de Venise c’est souhaiter passer de la lumière de la notoriété à l’ombre afin de s’y épanouir et de se consacrer à des choses qui valent la peine d’être vécues.

 

Cette expression très récente, souvent utilisée pour des politiques, surtout depuis le début de ce XXIe siècle,  a été popularisée par le titre d'un livre publié en 1993 par Alain Juppé pendant sa traversée du désert suite à des ennuis judiciaires causés par celui qui l’avait qualifié de meilleur d’entre nous.

 

Il s'y s'interroge sur l'utilité de consacrer sa vie au métier de politicien, alors que bien d'autres choses par ailleurs valent la peine d'être vécues ou considérées. Il y évoque, entre autres, la ville de Venise où il va volontiers se ressourcer tout en y mesurant certaines insuffisances de sa vie. D'où la tentation de s'y replier définitivement et d'y oublier la violence de la vie politique.

 

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 09:50
Voilà l'ennemi de classe

Voilà l'ennemi de classe

Depuis dimanche soir je suis en colère mais, comme celle-ci est souvent mauvaise conseillère j’ai pris le temps de tourner ma langue 7 fois dans ma bouche avant de me décider à répliquer au bateleur de foire qui fait la chasse aux voix avec un grand filet dérivant.

 

Monsieur le candidat à la Primaire de la droite et du centre,

 

Vous fûtes notre Président de la République, sans ma voix je précise, et donc le Président de tous les Français.

 

Je n’aurai pas l’outrecuidance de vous rappeler vos errements et vos multiples revirements puisque vous avez fait, très partiellement acte de contrition.

 

Vous avez changé proclamez-vous à qui veut l’entendre !

 

Je serais tout près à vous croire mais, depuis que  vous avez à nouveau changé d’avis « je me retire de la politique » pour mettre la main sur un parti qui, pour la énième fois, a changé de nom pour s’approprier l’appellation « Les Républicains » qui est notre bien commun.

 

Vous voulez retrouver votre position, c’est votre droit, mais cette fois-ci vous devez passer par la case, un peu humiliante, d’une Primaire. Pas très gaulliste tout ça mais c’est la conséquence du rejet que vous inspirez dans votre famille politique.

 

Ceci écrit, maintenant je vous tutoie monsieur le candidat, me mettant en cela à votre niveau qui, ces derniers temps, sent le caniveau, et je retiens mes mots à la différence de toi qui lâchait si facilement au salon de l’Agriculture à un quidam insolent « casse-toi pauvre con ! » et qui couvrait d’injures ses propres collaborateurs dans le secret de son cabinet en présence de son âme damnée, un certain Buisson.

 

Pourquoi suis-je en colère puisque ça fait un bail que tu dépasses la mesure ?

 

Tout bêtement parce qu’au Zénith de Paris tu prétends être le candidat du quotidien des Français en brocardant l’élite dont tu es, ne t’en déplaise,  un des plus « beau » spécimen. (voir le verbatim en fin de chronique)

 

Que connais-tu de la vie de ce petit peuple dont tu brosses  complaisamment l’échine en flattant ses plus bas instincts ?

 

Pas grand-chose, même pas le Bon Coin ! Comme tes frères en politique tu te flattes de bien connaître le terrain parce que tu serres quelques mains sur un marché entouré de tes sbires ou que tu vas, sous l’œil des caméras, t’enquérir du mal être d’un paysan.

 

As-tu jamais fais tes course ?

 

Conduit tes enfants à l’école ?

 

Pris le métro, le RER, le bus aux heures de pointe ?

 

Comme beaucoup de tes frères en politique, énarques ou non, la réponse est non ! Tu te contentes de poser tes fesses au fond d’une berline payée par la République. C’est un attribut de ton ancienne fonction que je suis tout près à admettre si tu te révélais à la hauteur de celle-ci.

 

Mais qu’as-tu fait de ton temps depuis ta défaite ?

 

L’as-tu consacré au bien commun ?

 

Bien sûr que non, tu t’es consacré à faire rentrer du blé dans tes caisses avec des conférences-bidons payées par des gens qui se foutent du petit peuple comme de leur première chemise.

 

Attention, je ne te reproche pas de vivre dans l’hôtel particulier de Carla dans le XVIe, c’est ton droit et je n’ai pas la même fibre démago que toi. Mais, arrêtes de nous faire chier avec tes diatribes minables contre ceux que l’on nomme les bobos à vélo.

 

Toi tu fais, ou tu faisais du vélo, autour  du lac du Bois de Vincennes, rien que pour doper tes mollets de petit coq alors qu’eux, bien plus que toi, qui ignore le prix d’un douzaine d’œufs, contribuaient par leurs achats à faire vivre ces petits paysans que tu prétends comprendre.

 

Qu’as-tu fait pour eux au cours de ton quinquennat ?

 

Pas grand-chose, si ce n’est le Grenelle de l’Environnement avec NKM avant de se parjurer pour draguer les voix des tenants de la FNSEA.

 

J’oubliais : la fin des quotas laitiers au nom de la doxa libérale obligeant le « gentil » Bruno Le Maire à vendre aux éleveurs ses contrats qui se sont révélés des chiffons de papier.

 

Quant au petit commerce, tu es totalement déconnant, il survit dans les villes grâce à ces bobos et autres, qui continuent de pousser leurs portes. À la campagne y’en a plus et c’est bien plus Michel-Edouard Leclerc qui les a tué que ces petits bourgeois que tu vilipendes.

 

T’as tout faux Sarko car, même si tu n’es pas un bobo, tu es un bourgeois tout court qui préfère la compagnie de Bolloré et qui ne passe pas ses vacances au camping au Cap d’Agde mais chez sa belle-mère au Cap Nègre ou dans une enclave chez un pote Corse.

 

Encore une fois c’est ton droit, Léon Blum était un grand bourgeois et l’être ne disqualifie en rien l’action menée.

 

Ce que tu fais n’est même pas de la démagogie c’est pire c’est du mépris.

 

Dernier point  qui me reste au travers de la gorge : tu affirmes que les citoyens qui ont le cœur à gauche se parjureraient en allant voter à la Primaire se parjureraient.

 

Un jour au second tour j’ai voté pour Jacques Chirac, et si j’avais été en situation je l’aurais fait aux Régionales pour Xavier Bertrand et même Estrosi.

 

Ce dont je puis t’assurer c’est que si le chemin des urnes t’était favorable à la Primaire et que tu te retrouvas au second tour face à la fille du père je ne te donnerai pas ma voix.

 

J’en reste là.

 

Je ne sais pas quelle formule de politesse employer pour terminer.

 

Réflexion faites : bonjour chez toi !

« Moi, je vous le dis, la France est trop malade pour qu'on la soigne à dose homéopathique. Je suis candidat pour parler du quotidien des Français, pas pour être le représentant d'une petite élite pour qui tout va bien, cette élite si puissante dans la sphère administrative et médiatique et si minoritaire dans le pays. Cette élite, elle ne prend pas le métro, elle voit les trains de banlieue en photo, elle regarde avec une larme à l'œil les collèges de ZEP et elle s'imagine qu'il y a même des commissariats où on peut éventuellement déposer une main courante (???).Cette élite-là, elle n'a jamais mis les pieds dans les exploitations agricoles au bord du gouffre même si elle aime avec son panier, en osier, aller acheter des œufs frais, le matin chez la fermière. [Applaudissements] Cette élite, ça fait longtemps qu'elle n'a pas poussé la porte d'un de ces petits commerces qu'on a braqués pour la 3e ou 4e fois et qui se demandent ce qu'ils ont fait à travailler 14 heures par jour pour qu'on vienne dévaliser une caisse où il y a 250 euros de recettes. C'est un scandale que cette France-là ait peur. »

 

Nicolas Sarkozy dénonce la France qui achète des œufs frais “avec son panier en osier” 

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 06:00
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…

Ceux d’entre vous qui me suivent sur Face de Bouc peuvent constater, photos à l’appui, que je passe mes lundi et jeudi matin sur le toit que gère Veni Verdi dans le IIe arrondissement avec Émilie notre jardinière et d’autres volontaires de l’association.

Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…

Mon titre ne souffre d’aucune équivoque, je ne suis pas le Michel Bettane des jardins, je ne guide pas le peuple vers un retour aux bonnes pratiques, même si je suis grand-père, même si dans un lointain passé j’ai usé mes fonds de culotte sur les bancs d’une école d’agriculture, par bonheur les conseils qui vont être ici prodigués ne sont pas de moi, ce serait le meilleur moyen de mener le jardin du toit de Veni Verdi  au désastre.

 

Le pépé en question, est tout droit sortir de chez Larousse, vous savez la devise « je sème à tout vent » due à Émile Reiber, architecte et décorateur français (1826-1893), et renvoie à l'idée de semence, de germe, de fructification par l'instruction.

 

« Mon grand-père jardinait comme ça ! » nous affirme Serge Schall

 

 

Installer un fil de cuivre dans les tomates pour les rendre résistantes aux maladies, confectionner une potion de bière et de sucre pour éloigner les limaces, utiliser du bicarbonate sur les fraises pour détruire les champignons. Ce livre rassemble toutes les recettes et les trucs et astuces d’antan, naturels, et qui ont fait leurs preuves, pour réussir et entretenir son jardin et son potager ! Les techniques de jardinage de grand-papa : la rotation des cultures, les engrais verts, les purins, les fumures et les engrais organiques, les bonnes associations de plantes. Réussir ses cultures au potager : avoir des salades presque toute l’année, rendre ses fruitiers résistants aux maladies, appliquer les bonnes astuces pour avoir de beaux choux. Comment grand-papa protégeait son jardin : utiliser la cendre de bois, lutter contre la piéride du chou, les taupes, les fourmis, les hannetons, la pourriture grise et le perce-oreille. Utiliser les plantes répulsives contre les parasites et connaître les plantes amies, confectionner des recettes de purins, d’insecticides. Grand-papa est un malin : les trucs et astuces pour faire ses graines, cultiver les plantes santé, jardiner avec la lune, faire appel au hérisson pour nettoyer

Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…

Lise Gobeille, dans le DEVOIR, journal de la Belle Province écrit et c’est bien écrit :

 

« C’est un fort joli petit cahier qui donne de nombreux trucs pratiques pour cultiver biologiquement nos légumes au jardin. Sa présentation à l’ancienne lui confère un charme singulier et la mise en pages est excellente, car on y repère rapidement les informations recherchées. Maintes techniques de jardinage du grand-père nous sont expliquées, comme la rotation des cultures, les engrais verts, les purins, etc. Des astuces nous sont transmises pour réussir les tomates, avoir de beaux poireaux ou des melons fort bons… On y trouve également des recettes utiles pour protéger les végétaux des prédateurs et des maladies, telles que la cendre, la bouillie bordelaise, et des insecticides maison, entre autres. Et, dans le dernier chapitre, sont abordés les plantes médicinales, la production de ses propres graines, l’importance des insectes pollinisateurs et comment jardiner avec la lune. »

 

J’adore les titres : 

 

  • Des radis en folie

  • L’aubergine la belle chipie

  • Des poireaux tout beaux

  • Des carottes qui vous bottent

  • Grand papa ramène sa fraise…

 

Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…

Il m’a donc fallu choisir dans la foultitude des conseils du papy et j’ai opté pour les astuces pour les semis pour une bonne et simple raison c’est que, ayant été préposé aux semis par Émilie : haricots verts, radis, carottes et épinards, j’en ferai mon miel, autre spécialité de Veni Verdi : le miel de béton avec ses petites abeilles.

 

Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…
Les gentils conseils d’un papy au semeur amateur que je suis  sur le toit de Veni Verdi…

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 06:00
Je n’ai jamais vendu 1 litron étoilé de 12°5 mais j’ai acheté du papier 12°5, c’est kitch mais un peu lisse !

Ha ! qu’il était beau le temps du degré-hecto, la boisson totem chère à Roland Barthes dont l’absence sur la table du président Coty, au début de son septennat, mit « la nation entière en émoi... Le vin fait ici partie de la raison d’Etat », le litron de rouge étoilé emblème des travailleurs, l’opium du peuple pour les prohibitionnistes…

 

Et puis rideau, adieu le litre étoilé acheté chez l’épicier place aux vins bouchés, aux vins embourgeoisés vendus toujours 2 balles dans la GD… Qui se préoccupe du  degré ? À part les gabelous de la DGDDI et les contrôleurs de la DGCCRF – acronymes obscurs, formes de chancres modernes – pas grand monde.

 

Maintenant le loulou de bord de bar ne dit plus « Sers-moi un 13 bien tassé ! » mais « je voudrais du cabernet ! ». Le Dieu cépage règne en maître chez les licheurs éclairés, le reconnaître, l’identifier, le nommer, c’est la marque d’une nouvelle noblesse du jaja.

 

Tout ça pour vous dire, « Soyez bref ! » signé Pépin, que 180°C a accouch de 12°5, même air de famille de la jaquette, bon chic bon genre, l’anti En Magum glacé sans atteindre la rigueur janséniste du LeRouge&leBlanc, une RVF débarrassée de sa putasserie.

 

20€ tout de même, ça fait presque 150 balles dans les francs anciens pour du 12°5, avec ça dans mes années degré-hecto on pouvait s’acheter quelques quilles de GCC chez le père Nicolas qui était encore caviste.

 

Je plaisante bien sûr, c’est le prix à payer pour ne pas vivre de la publicité.

 

OK bien noté mais il n’en reste pas moins vrai qu’il faudra que le cochon de payant y trouve son compte pour revenir à l’abreuvoir. Je ne pense pas être le cœur de cible de cette nouvelle parution donc mes remarques ne pèseront pas lourd.

 

J’ai payé. J’ai lu. Je chronique.

 

Ça commence par un portrait de l’ami Patrick Beaudouin, ex-établi (au sens de Robert Linhart) et libraire-mao de la rue de Belleville, revenu au pays. Il est tiré par une régionale de l’étape Aymone Vigière d’Anval. Avec mon mauvais esprit j’eus préféré que ce fut par Sylvie Augereau c’eut été plus rock-and-roll mais celle-ci lui a préféré Marie-Thérèse Chappaz la reine du Valais qui est la nouvelle coqueluche des publications. Deux combattants, l’un pour le chenin, l’autre la biodynamie, des valeurs sûres pour un premier numéro ça se comprend.

 

 

J’aime beaucoup les vins de Ratapoil, ça fait un bail que j’achète les vins de Raphaël Monnier à la cave des Papilles.

 

 

J’aime beaucoup le cheval, même que je suis le père de la journée du cheval créée en 1990 avec en guest-stars les chevaux-lourds des Haras Nationaux débardant du bois dans le jardin des Tuileries.

 

Jacky Durand écrit toujours aussi bien mais ça verse dans le portrait bien classique…

 

J’adore Michel Tolmer !

 

Bien sûr on a droit aux inévitables accords mets&vins ! 

 

Plein de belles photos, les terrasses du Larzac sans José Bové, un zeste de féminisme un peu réchauffé sur des pratiques qui n’ont plus court dans les cantines qui aiment le vin, et plein de sujets divers et variés.

 

J’hésite à citer le Libre Arbitre d’Isabelle Saporta  « L’art de couper l’herbe en quatre » car j’y suis longuement cité, ça fait connivence style Hubert.

 

Alors heureux ?

 

Oui mais… comme le disait le déplumé de Chamalières ; le oui pour le plaisir d’une publication de qualité, bien léchée, bien pensée, bien présentée ; le mais pour un certain manque d’acidité, c’est un peu lisse, centriste, sans grandes aspérités, ça manque d’élan, ça manque de sujets neufs, de regards extérieurs différents, je n’ai pas écrit de militantisme mais plutôt d’une forme de non-conformisme léger et ludique qui sorte le vin de ses habits compassés et des discours convenus, y compris ceux des amoureux des vins nus.

 

Affaire à suivre donc… et bien sûr bon vent à 12°5… cet avis n’est que le mien mais je le partage c’est le quotidien du chroniqueur solitaire.

 

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