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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 06:00
En voilà un beau sujet pour le Davos du vin 2019 : le « no deal », pourrait s’avérer lourd de conséquences : le Royaume-Uni est le deuxième client de la France pour le vin et les spiritueux.

Les exportateurs français de vins et spiritueux sont sur le qui-vive. A peine connu le rejet, par la Chambre des communes, du projet d’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne défendu par le gouvernement de Theresa May, mardi 15 janvier, la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) publiait un communiqué pour le « regretter ».

 

Selon Antoine Leccia, président de la FEVS (Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France), « Cette décision, qui fait apparaître désormais le spectre d'un No deal, pourrait s'avérer lourde de conséquences pour l'économie et les citoyens des deux parties »

 

En 2017, les ventes de vins et spiritueux tricolores vers ce pays ont atteint 1,335 milliard d’euros, ce qui représente 10,3 % du montant total des exportations françaises. Un résultat en progression de 2,7 %, après, il est vrai, une année 2016 en retrait, marquée par le choc du référendum sur le Brexit, mais en dépit de l’appréciation de l’euro face à la livre sterling.

 

Ce sont surtout les vins français, dont le champagne, le bordeaux, le bourgogne, sans oublier les vins de Provence, qui sont appréciés des Britanniques amateurs de bonnes bouteilles. Ils représentent, à eux seuls, 1,1 milliard d’euros. Même si les Britanniques ont entrepris de développer leur propre vignoble, en misant sur les effets du réchauffement climatique. Et sachant également qu’ils réexportent une partie des vins qu’ils achètent.

 

En 2017, pour le seul champagne, les exportations vers le Royaume Uni se sont élevées à 27,76 millions de bouteilles, pour un montant de 415 millions d'euros.

 

« Mais la France est également un importateur important de spiritueux britanniques » souligne la FEVS. « Ce vote porte préjudice à une relation commerciale historique et fructueuse entre nos deux pays. Il place également toutes nos entreprises dans une situation d'incertitude totale sur les règles qui devront régir le commerce bilatéral à compter du 30 mars 2019 »

 

LVMH, numéro un du champagne et du cognac avec ses marques Moët & Chandon et Hennessy, détient aussi certains whiskies écossais, comme Glenmorangie ou Ardbeg.

 

Son concurrent Pernod Ricard, numéro deux mondial des vins & spiritueux derrière le britannique Diageo, produit localement le whisky Chivas Regal et le gin Beefeater, mais fait l’essentiel de ses ventes au Royaume-Uni avec ses grandes marques internationales comme le cognac Martell, la vodka Absolut ou le champagne Mumm.

 

En voilà un beau sujet à débattre à la 11e session du Wine Symposium

 

Voici une belle palette de décideurs à inviter par François Mauss à son « incontournable » Davos du vin à la Villa d’Este. Une pointure de Bernard Arnault, le jeune Ricard, Antoine Leccia, Louis-Fabrice Latour, Philippe Sereys de Rothschild… accompagné de Carole Bouquet

 

Que du beau linge !

 

De plus le négociateur du Brexit est un voisin, le savoyard,  ancien Ministre de l’Agriculture Michel Barnier.

 

Je suis sûr que la presse internationale en serait friande mais ce que j’en dis c’est pour causer, après ma participation en 2009 j’avais proposé à François Mauss d’inviter Pascal Lamy le boss de l’OMC à l’époque avec qui  j’entretenais des relations amicales via un grand parti de l’époque et Jacques Delors dont il avait été directeur de cabinet lorsque celui-ci était Président de la Commission.

 

Oui comme François Mauss l’a écrit  j’ai participé à la première édition en 2009 (gratos et j’ai même payé mon billet d’avion AR Paris-Milan, ce n’était pas cher 100 euros)

 

« The world of wine and the governmental administrations: conflict or understanding ? »

Speaker : Jacques Berthomeau

 

Le 10 novembre 2009

À la Villa d’Este pour le Davos du vin : un entre soi chaleureux des amoureux du vin mais...

Alors pourquoi cet inconfort me diras-tu ?

 

Il est celui d’un invité dont l’éducation, le savoir-vivre lui interdit de paraître un tant soit peu discourtois en apportant un bémol à l’immense plaisir qu’il a éprouvé d’en être. Cependant, puisque Michel Bettane a ouvert le bal, si je puis m’exprimer ainsi, par une conférence sur l’éthique des journalistes, je ne pouvais me murer dans un silence poli sur le fond des choses. « Sans la liberté de blâmer il n’est pas d’éloges flatteurs... », en citant Beaumarchais je n’ai nullement l’intention de m’ériger en donneur de leçons, ni me placer dans la situation, cette fois-ci confortable, de celui qui dit vouloir élever les débats.

 

La qualité des séminaires n’est pas en cause, beaucoup furent passionnant et riches de matière. Ce qui me pose problème c’est la finalité visée par ce 1ier Davos du vin.

 

Que visons-nous comme objectif au singulier comme au pluriel ?

 

Est-ce nous conforter, entre nous, dans une chaude amitié, un lieu magique, des bons vins, de belles tables, de discours passionnés à la Angelo Gaja ou forts érudits comme celui du Pr Pitte ou très second degré à la Stéphane Derenoncourt ou très concrets comme celui de nos amis québécois de la SAQ ou en défense d’un petit pays du vin : l’Autriche, que nous sommes le dernier bastion du Bien Vivre au travers de l’excellence de nos terroirs, de nos artisans du vin ?

 

Dans ma petite et brève intervention matinale, avec un modérateur : madame la députée européenne Morin-Chartier qui a joué parfaitement le jeu – ce qui n’a pas été le cas de certains qui nous ont joué le bal des egos – quitte à paraître un peu grisoulloux, trop les pieds sur terre, je me suis efforcé de dire que si nous voulions être écouté, entendu, encore faudrait-il que nous fassions en sorte que nos discours soient audibles et passent la frontière de notre entre soi. Sinon, certes nous nous faisons plaisir mais nous ratons la cible visée : convaincre les décideurs politiques de la justesse et de la pertinence de nos analyses et de nos propositions

 

Si nous voulons promouvoir – je préfère la promotion à la pure défense – une approche dites « culturelle » du vin, dans son élaboration et sa consommation, nous nous devons d’appréhender la société telle qu’elle est et non telle que nous rêvons qu’elle soit. Dans les grands bouleversements mondiaux, les sociétés occidentales deviennent frileuses, peureuses, perméables aux discours médicalisé et prohibitionniste. Pour contrer cette résistible et froide montée des briseurs de Bonheur National Brut, il nous faut conjuguer, et ce n’est pas simple, à la fois la mise en avant de notre merveilleuse civilisation du vin auprès des nouvelles générations et des néo-consommateurs des pays qui découvrent le vin, et la production d’idées, d’intelligence économique, environnementale, sociale de notre grande industrie du vin auprès des décideurs publics à tous les niveaux efficients : nationaux, régionaux tels ceux de l’UE, internationaux tels ceux de l’OMC. J’emploie à dessein « industrie du vin » même si, dans notre Vieux Monde, il est l’agrégat de vignerons artisans et de petites et moyennes entreprises, ce terme est fort en poids médiatique.

 

 

#VDEWS 2019

 

L'équipe du Villa d’Este Wine Symposium vous donne rendez-vous pour l'édition 2019 !

 

En 2019, le Villa d’Este Wine Symposium se déroulera du jeudi 7 novembre au dimanche 10 novembre.

 

ICI

 

Pour vous inscrire allez frapper chez François Mauss, c'est pas dans les cordes des gilets jaunes mais quand on aime on ne compte pas les zéros !

 

Clin d'oeil : 

leonard cohen dance me to the end of love 

14  218  376 vues

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 09:50
Quand on se paye de mots comme Périco Légasse « étoiles pour l’échafaud » « le drapeau noir flotte sur la marmite française »  on sombre dans les profondeurs du ridicule

C’était déjà une grosse caisse sonnant le creux mais, depuis que Périco se pique de se la jouer chroniqueur politique, c’est pire. L’enflure devient boursouflure il se grise de mots, roule dans le caniveau du ridicule. Pas grave, le ridicule n’a jamais tué personne, c’est même devenu la marque de fabrique  des abonnés des abonnés sociaux.

 

N’est pas Audiard qui veut !

 

J’aurais ajouté pour faire bon poids : « Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît » Les Tontons Flingueurs

 

Ou bien, risqué pour faire gilets jaunes « La bouse de vache est plus utile que les dogmes. On peut en  faire de l’engrais [...] »  Mao Zedong

 

Échantillon sur Face de Bouc :

 

Le communiqué officiel ne sera envoyé aux médias que le lundi 21 janvier mais certaines informations sont déjà disponibles du fait que la direction du guide Michelin vient de contacter certains grands chefs français pour leur signifier la perte de leur troisième, deuxième ou unique étoile.

 

Apparemment l’Auberge de l’Ill, à Illhaeusern, de l’illustre famille Haeberlin, Marc Veyrat, dans son chalet de Manigod, Pascal Barbot, chef de l’Astrance, à Paris, perdent leur troisième étoile au guide Michelin. Idem pour Alain Dutournier, patron du Carré des Feuillants, à Paris, qui perd sa deuxième étoile, et Didier Clément, du Lion d’Or, à Romorantin, qui perd son unique étoile.

 

Nous ne sommes que dimanche soir mais il est permis de supposer, en attendant le contenu définitif de l’édition 2019 du guide rouge, qu’il s’agit d’une vaste opération de nettoyage, non pas gastronomique, mais médiatique.

 

D’autres étoiles vont sauter.

 

La situation du guide est en effet dramatique avec un effondrement des ventes, aggravé par une série de départs à la direction, notamment celle de Michael Ellis, le dernier manager, embauché par un groupe hôtelier auquel il  (a) accordé plusieurs étoiles alors qu’il était en fonctions.

 

Visiblement rien ne va plus chez Bibendum qui a un urgent besoin de se refaire une santé.

 

On recourt dans ce cas à la méthode habituelle, couper des têtes pour faire du buzz, histoire de faire parler de soi dans la presse.

 

Et plus on tape fort, notamment sur les grands, plus la probabilité est forte de défrayer la chronique. Avec ce premier échantillon de tête(s) coupées, il y a fort à papier que le 21 janvier pourra s’intituler « étoiles pour l’échafaud ». Cela tombe bien puisque nous célébrons ce jour-là l’exécution de Louis XVI. Que Bibendum prenne bien garde toutefois à ne pas provoquer la colère d’une profession à laquelle il doit tout, même si elle aussi a besoin de lui. Rien ne serait pire pour Michelin que de perdre l’estime et la confiance de la restauration. Nous vivons une époque où les ras le bol s’accumulent et où les excès de pouvoirs provoquent des malaises. Il ne serait pas étonnant que le drapeau noir flotte sur la marmite française !

 

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 06:00
Outing : oui j’ai fumé par plaisir, oui je bois du vin, de la bière un peu, des spiritueux peu, par pur plaisir… pour autant, c’est vérifié, je ne suis pas alcoolique…

Le jour où les grands esprits de la Santé Publique auront le courage et l’honnêteté de m’expliquer comment on devient alcoolique je prêterai à leur discours soit prohibitionniste, soit hypocritement hygiéniste ou carrément moralisant, une oreille très attentive.

 

Celui qui a le mieux décrit les démarches addictives, le craving est, ou était un brillant médecin, devenu alcoolique : Olivier Ameisen.

 

Le craving est un terme importé des États-Unis, venant du verbe « to crave » qui signifie « avoir terriblement besoin », « avoir très envie », « être avide de ». Le craving convoque donc le désir, la pulsion, le besoin, l’envie, toujours doublé d’un caractère irrépressible et irrésistible.

 

Très bien décrit dans la littérature par des auteurs dépendants à l’alcool comme Jack London dans « John Barleycorn » ou Malcolm Lowry dans « Au-dessous du volcan », le craving a fait et fait toujours l’objet de multiples recherches pour tenter de démonter son mécanisme. De très nombreux modèles théoriques ont été élaborés.

 

ICI 

 

Tous les alcoologues patentés, ceux de l’ANPAA et les blouses blanches de l’INCA, ont moqué Ameisen, son combat pour le baclofène, qui lutte contre le craving, qui n’est pas un médicament miracle mais un moyen utile pour surmonter le sevrage. Ils débitent toujours les mêmes antiennes pour masquer leur échec face au fléau de l’alcoolisme, font de la lutte contre la publicité l’arme fatale : franchement à qui fera-t-on croire que c’est le vecteur primordial du passage à l’acte et plus encore de l’addiction ? On va me balancer les jeunes, perméables, sensibles aux postures pour s’affirmer, mais est-ce vraiment le flacon, quel qu’il soit qui les mène à boire plus que de raison ? La réponse est non.

 

Alors, faute d’intelligence, je ne suivrai pas tout ce beau monde, qui dit se soucier de ma santé, sur son terrain biaisé. Ce ne sont pas, loin s'en faut, les meilleurs du corps médical, je suis bien aise de ne pas avoir eu besoin de leurs brillants services.

 

J’ai passé le cap des 70 balais sans être addictif à l'alcool ou au tabac et je n’ai pas à subir leur catéchisme.

 

Pour autant, je ne suivrai pas non plus le discours un peu simpliste de l’actuel Ministre de l’Agriculture, en effet on peut devenir alcoolique en buvant du côtes-du-rhône ou du vin à deux balles acheté en GD pour ceux qui n’ont pas les moyens ou des vins plus onéreux pour ceux qui boivent pour lutter contre leur stress au boulot ou le burn-out  ou en glissant vers l’addiction sous le couvert de la dégustation ou de leur goût pour les grands vins.

 

Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, l’ingestion massive ou répétée d’alcool de quelque nature qu’il soit peut mener à l’alcoolisme. Au cours de ma longue carrière, dans ou au contact du monde du vin, j’ai croisé nombre d’alcooliques qui ne se vivaient pas comme tels.

 

Ceci écrit, je ne réfute pas que la consommation du vin, dans beaucoup d’occasions, relève de la convivialité, de la sociabilité, et qu’il existe dans notre vieux pays une culture du vin. C’est vrai je ne bois jamais seul  mais je ne vois pas au nom de quoi, surtout de la fameuse modération, je ne m’offrirais pas le plaisir de l’ivresse qui ne débouche pas sur le caniveau ou d’affreuses gueules de bois.

 

Le cas célèbre d’Hervé Chabalier, le fondateur de l’agence CAPA, qui se lichait lorsqu’il était au sommet de son addiction alcoolique jusqu’à 3 litres de vin blanc par jour est là pour tempérer les emballements.

 

30 septembre 2009

L'accusé le ballon de petit blanc de Chabalier s’en sort blanchi ICI 

 

Les causes de l’alcoolisme d’Hervé ne tiennent pas à une attirance particulière pour le vin mais à des accidents de la vie : la mort de sa petite sœur en Afrique suite à une vaccination contre la rage à la suite de la morsure d’un chien qu’il avait imposé à ses parents où il se découvre égoïste et coupable ; sa vie de grand reporter qui l’entraîne souvent au bord des bars ; son tempérament impérieux, égotique, de patron d’une grande agence de presse... Bref, oui l’alcoolisme est une maladie qui peut toucher n’importe qui et, tous, autant que nous sommes, ne pouvons rester indifférent au lot de souffrance qu’elle entraîne pour l’alcoolique lui-même et ses proches.

 

Oui, le plaisir, j’ai aussi fumé, des cigarettes roulées, des cigares, des biddies, par plaisir et parce que le tabac est un excellent excitant intellectuel : n’en déplaise aux gilets jaunes travailler sous les ors de la République ce n’est pas une partie de plaisir. J’ai arrêté de fumer car je n’y trouvais plus, justement, du plaisir.

 

Les cigarettes des grandes marques sont bourrées de substances favorisant l’addiction et mon récent séjour dans le service de pneumologie  de l’hôpital Cochin m’a fait mieux encore comprendre les ravages du tabac.

 

Je suis né dans un pays, la Vendée, ravagé par le fléau de l’alcoolisme, inconsciemment j’en ai été vacciné, immunisé, mais j’ai pu aussi constater l’inefficacité des ligues de vertu, de l’approche purement médicalisé. L’alcoolisme puise ses racines dans le terreau de notre société, dans tous les milieux, il n’y a pas de parcours unique menant à l’alcoolisme.

 

Pierre Mendès-France avait raison, dans l’Eure dont il était l’élu, le Calva faisait des ravages.

 

J’ai, au titre du cabinet du Ministre de l’Agriculture, suivi pas à pas l’élaboration de la loi Evin qui doit bien peu de chose au Ministre mais tout à Claude Got. Entre parenthèses, Jérôme Cahuzac n’est pour pas grand-chose dans cette loi, sauf son soutien indéfectible au groupe des 5.

 

C'est Got qui parle : «  Moi j'ai envie d'être efficace. Et aujourd'hui, rien ne se fait sans les médias. C'est pour cela que nous avons adopté un travail de lobbying. »

 

Étonnant travail, en effet ! Pour la première fois en France, un aréopage de médecins s'est constitué en groupe de pression. À l'américaine. Un groupe efficace, à moitié clandestin, organisé et sachant user de tous les relais. Un groupe qui a une longue histoire derrière lui.

 

Voir ICI  

31 mars 2008

La stratégie du Go de Claude GOT 

 

En ce temps-là, les gens du vin n’était guère soucieux de Santé Publique, appuyés qu’ils étaient non sur un lobby du vin mais sur ce que Roland Barthes a appelé dans Mythologies :

 

«  Le vin est senti par la nation comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C'est une boisson totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise. Bachelard a déjà donné la psychanalyse substantielle de ce liquide, à la fin de son essai sur les rêveries de la volonté, montrant que le vin est suc de soleil et de terre, que son état de base est, non pas l'humide, mais le sec, et qu'à ce titre, la substance mythique qui lui est le plus contraire, c'est l'eau. »

 

Ce faux-débat, où chacune des parties campe sur des positions irréductibles, est très représentatif de l’incapacité qu’il y a dans notre pays à affronter la réalité, à sortir de son entre-soi,  à traiter les problèmes avec sérénité et efficacité, on se fait plaisir, on se congratule, on se balance des statistiques brutes, des études plus ou moins faisandées, on se réfugie dans des images d’Epinal, on agite des peurs légitimes, sans pour autant faire reculer de façon significative la maladie qu’est l’alcoolisme.

 

C’est toujours la faute des autres.

 

Je trouve ça très gilets jaunes.

 

Même le Vatican s'y met ce dimanche :

 

Le Père jésuite Antoine Kerhuel nous introduit à la méditation avec les lectures du deuxième dimanche du temps ordinaire année C.

 

Le récit des noces de Cana nous est familier. De manière étonnante, l’évangéliste Jean ne se focalise pas sur les mariés, mais plutôt sur un point très pratique des festivités : le vin de la fête risque de manquer. Du coup, nous sommes conduits à regarder non pas les mariés, mais Jésus et sa mère (car c’est Marie qui alerte Jésus en lui disant : « ils n’ont pas de vin ») ainsi que les serviteurs (car ce sont eux qui, en suivant les instructions données par Jésus (« remplissez d’eau les cuves » puis « maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas ») sont les témoins privilégiés du signe que Jésus accomplit : l’eau est changée en vin ! 

Une déclaration qui tache

21 janvier 2019BrèveSociété

Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume, a déclaré sur un plateau de télévision que le vin « n’est pas un alcool comme les autres ». Tant pis si tous les professionnels de santé dénoncent depuis des années les mythes qui relativisent la dangerosité de la consommation quotidienne de cette boisson alcoolisée.

On ne sait s’il avait trop bu ou reçu trop de pots-de-vin pour débiter de telles âneries. Il suivait peut-être seulement les recommandations de la conseillère à l’agriculture de l’Élysée, Audrey Bourolleau, qui dirigeait encore récemment Vin & société, un des principaux lobbies du monde viticole.

Pour peu que ces derniers insistent, ce bon Didier Guillaume et ses collègues du gouvernement, finiront par dire que le pinard devrait être obligatoire dès le biberon, pour que vive la France

 

« La démission gouvernementale face à l’alcool est scandaleuse »

Le plan national adopté fin 2018 conforte les pires craintes concernant la complaisance, si ce n’est la complicité, des pouvoirs publics et du lobby des alcooliers, déplorent plusieurs médecins dans une tribune au « Monde ».

Par Collectif Publié hier à 19h00, mis à jour à 06h36

 

Tribune. Entre Noël et Nouvel An, après dix mois de tergiversations, la publication en catimini du Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 conforte les pires craintes sur l’inertie des pouvoirs publics en matière de consommation d’alcool.

Malgré les 49 000 morts par an et le coût de 120 milliards d’euros infligé chaque année par ce produit aux Françaises et aux Français, le plan de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), au terme d’une analyse brillante et incontestable, s’arrête brutalement au seuil de l’action, perdant toute ambition de réussir.

Alors que la politique de lutte contre le tabac montre qu’une action constante et ­résolue obtient des résultats (baisse historique des ventes de cigarettes de 10 % en 2018), la démission gouvernementale face à l’alcool est insupportable et scandaleuse. Ce fardeau pour la société française est dû à une des plus fortes consommations au monde.

Aucune ­mesure d’encadrement

Le plan est plein de contradictions. Après avoir reconnu, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), que la fiscalité est un des moyens les plus efficaces pour freiner la consommation, il ne propose aucune mesure en ce sens. Malgré les engagements de la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn lors des débats au Parlement, les « prémix » à base de vin échappent même à toute mesure.

Le vin bénéficie aujourd’hui d’une quasi-exemption fiscale (3 centimes de taxe par bouteille), ce qui laisse une marge énorme qui aurait permis d’abonder un fonds de prévention alcool. Au ­contraire, le plan a préféré squatter le Fonds tabac, diluant ainsi ses capacités d’action.

Le plan s’alarme du marketing pour piéger les jeunes dans la consommation d’alcool mais se contente de cette inquiétude. S’il constate la pression publicitaire pour l’alcool sur tous les médias, il ne propose aucune ­mesure d’encadrement, même pas la limitation de l’affichage autour des écoles. Aucun calendrier, aucun objectif chiffré n’est fixé.

Malgré l’engagement solennel pris le 6 septembre 2017 par la ministre et le président de la Mildeca de rendre le pictogramme d’avertissement « femme enceinte » plus visible, la taille du pictogramme n’est toujours pas arbitrée ; c’est pourtant une décision simple et à coût nul pour les finances publiques.

Il est vrai que le lobby de l’alcool ­considère qu’informer les femmes serait « anxiogène », sinon « mortifère ». Quel aveu et quel cynisme ! Ce mépris pour la prévention de la première cause évitable de handicap mental chez l’enfant est honteux et impardonnable, qu’il ait pu influencer les choix gouvernementaux est absolument scandaleux. L’information sur le nombre de calories des boissons ­alcoolisées est aussi reportée à des temps meilleurs ; pourtant, un verre de vin apporte 80 à 100 calories !

Nous connaissons les raisons de cette ambiguïté et de cette inaction. Le plan de la Mildeca a été caviardé après avoir été pris en otage par le lobby alcoolier qui a imposé une « contribution » uniquement destinée à préserver ses intérêts économiques au détriment de l’intérêt général. Sa demande a été entendue puisqu’aucune contrainte ne ­pèsera sur le secteur de l’alcool.

Pour le gouvernement, la responsabilité ne ­repose que sur les victimes et non sur l’industrie (producteurs, distributeurs, annonceurs) qui les pousse à consommer. Au moment où même le Conseil économique, social et environnemental préconise clairement d’écarter le lobby alcoolier de la politique de santé, le gouvernement lui fait la part belle.

Complaisance à rebours de l’opinion

Cette complaisance est d’autant plus coupable qu’elle va à rebours de l’opinion, car 60 % des Français souhaitent une taxation plus forte et 70 % une ­interdiction de la publicité pour les boissons alcoolisées (sondage de la ­Ligue nationale contre le cancer de juin 2018).

Il est également vrai que les Français sont désabusés car deux sur trois d’entre eux pensent que les producteurs empêchent la mise en place d’une politique de santé efficace. (NDLR ça sort d'un chapeau messieurs et la dame, grosse fake new) Ils ont hélas raison. On peut se demander qui, aux plus hautes sphères de l’Etat, s’emploie à faire échouer toute mesure efficace pour réduire les risques et dommages de l’alcool en France.

Et les récentes déclarations du ministre de l’agriculture Didier Guillaume sur la différence totalement fantasmée entre le vin et les autres alcools pour la santé ne peut qu’alimenter la suspicion.

Refusant toute référence à un hygiénisme d’un autre temps, nous affirmons notre attachement aux institutions. Dans cet esprit, nous en appelons solennellement au président de la République afin qu’il cesse de sacrifier les intérêts supérieurs de la santé des Français au profit d’intérêts particuliers.

Nos concitoyens, et particulièrement celles et ceux qui dénoncent l’absence de considération à leur égard et qui sont les premières victimes de décisions fondées sur le marché, sont en droit d’espérer une politique de santé à la hauteur de nos ambitions.

Bernard Basset, médecin de santé publique, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) ; Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d’addictologie, université Paris-XI ; Gérard Dubois, professeur de santé publique, Académie nationale de médecine ; Claude Got, professeur honoraire, université René-Descartes ; Serge Hercberg, professeur de nutrition, université Paris-XIII ; Catherine Hill, épidémiologiste ; Albert Hirsch, professeur de pneumologie, université Paris-VII, administrateur de la Ligue nationale contre le cancer (LNCC) ; Mickael Naassila, professeur de physiologie, président de la Société française d’alcoologie (SFA) ; François Paille, professeur de thérapeutique et d’addictologie, président du Collège universitaire des enseignants en addictologie (Cunea) ; Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie, université Paris-XI, président du Fonds actions addictions ; Nicolas Simon, professeur de médecine Aix-Marseille Université, président de l’Anpaa.

 

 

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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 07:00
« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Albert Camus. Et si Emmanuel Macron vous avait écrit ça !

Après avoir été ouverte, relayée sur internet, la lettre aux Français sera également envoyée par courrier, pour un coût d'environ 10 millions d'euros ; encore un pognon de dingues vont éructer les gilets jaunes alors  que le jeune Emmanuel soutient la Poste en mal de papier timbré.

 

J’avoue ne pas l’avoir lu, trop longue, trop bon élève, bref, sur papier je pense que je vais m’y coller.

 

En attendant, non pas Godot, je vous propose de lire une contre-lettre, comme autrefois au bon temps de Mitterrand version IVe République, avec des gouvernements durant moins longtemps que durent les roses, il y avait un contre-gouvernement.

 

C’est l’œuvre de Pierre-Antoine Delhommais du Point.

 

Ce garçon, que je ne connais pas, a tout pour me déplaire, il est journaliste économique tendance libertarien, les économistes je n’aime déjà pas, alors les journalistes économiques c’est la catata, des perroquets, quant aux libertariens, les trop d’État, depuis que je me suis tapé Salin en mai 68, vu Reagan, avec ses boys de l’école de Chicago à l’œuvre, je suis sceptique. Mon modèle, comme mon pays Michel Albert, c’est le modèle rhénan.

 

Bref, comme mais je ne suis pas sectaire je confie à Philippe Labro le soin de vous le présenter :

 

Le Goncourt du journalisme a été décerné la semaine dernière à Paris, à l'Hôtel Lutetia.

 

Il s'agit du prix Louis-Hachette 2012 pour la presse écrite, qui récompense, depuis plus de vingt-cinq ans, quatre «papiers», qu'ils soient parus sous forme de chronique, de portrait, d'enquête, d'éditorial ou grand reportage. Deux critères dominent les jugements: il est préférable que ce soit bien écrit (on favorise le «style», le «ton», cette petite musique qui fait la différence et que l'on n'entend guère sur les sites et les blogs) et il est indispensable que l'histoire, le contenu, propose une information originale - que cela ait appris quelque chose aux lecteurs, les ait surpris. J'ai le plaisir de faire partie du jury. Il a été longtemps présidé par Françoise Giroud, à laquelle a succédé Claude Imbert. Demain, Laurent Joffrin prend le relais.

 

Pierre-Antoine Delhommais, 50 ans (donc 59 cette année), 1,85 m, éditorialiste au Point, a été, lui, choisi pour une chronique intitulée «Et si l'on saisissait La Joconde…». Voici un homme qui, pour parler chaque semaine d'économie, va chercher Balzac et Jean Ferrat, puise dans l'humour et la littérature, et parvient à cet exploit : faire comprendre à chacun cette «matière rebutante», la finance et les chiffres. Il vit en Touraine, élève son garçon tout seul, me dit qu'il pense toute la semaine à son édito, mais le rédige assez vite, avec la sensation de «passer le bac chaque semaine. Ça me stresse - ma vie en dépend - j'adore ça. « L'important, c'est comme dans la pêche à la mouche (ma passion): il faut se concentrer! Ne penser qu'à cela, comme quand on fait l'amour avec une femme que l'on aime, selon le mot de l'écrivain Jim Harrison».

 

Sa contre-lettre, est dans la bonne tradition des chroniqueurs qui ne trempent pas leur plume dans l’eau tiède – ça me rappelle Louis-Gabriel Robinet du Figaro, dit robinet d’eau tiède par ses confrères – j’avoue aimer ça car beaucoup de ses saillies pointent sur là où ça fait mal.

 

Et puis, que voulez-vous, en face, c’est morne plaine, les émules de PMF, du père Rocard sont portés disparus, ballotés pour ce qu’il reste du PS entre un Mélenchon chavezizé, un Hamon décrédibilisé, des Verts qui ne savent plus où ils habitent, un PC coulé.

 

Du côté droit, le fou du Puy gît dans l’ornière dans laquelle il s’est jeté la tête la première pour le plus grand bonheur de la niaise du borgne de Montretout. Les gilets jaunes offrent un boulevard à cette frange qui pue, remugle des temps que l’on croyait disparu.

 

Reste le jeune Macron avec son en même temps qui penche beaucoup à droite  avec par gros temps de gilets jaunes un ressaut qui se voudrait rocardien, confère son marathon de 6 heures devant les maires de l’Eure.

 

Il est pugnace le gamin mais au-delà du débat restera à trancher, choisir au risque de déplaire, de décevoir, comme le disait PMF : « gouverner c’est choisir… »

 

Bonne lecture :

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Ma cote de popularité, au plus bas selon les sondages unanimes, comme le large soutien que vous apportez depuis le départ, malgré ses violences, au mouvement dit des « gilets jaunes », indiquent aujourd'hui assez clairement que non seulement ma politique, mais aussi ma personne, font l'objet d'un rejet que l'on peut qualifier, sans exagération je crois, de franc et massif. Alors le moment est venu pour moi de vous dire, en ce  début d'année 2019, que la réciproque est également vraie. Si dix-huit mois ont été nécessaires pour qu'éclate votre haine à mon égard, il m'a fallu nettement moins de temps pour ne plus pouvoir vous supporter.

 

 

Pour ne plus supporter vos jérémiades incessantes et vos plaintes continuelles, votre capacité inégalée dans le monde - les autres chefs d'Etat rencontrés lors des G20 me l'ont confirmé - à vous lamenter en permanence sur votre sort. A vouloir, aussi, tout et son contraire : à réclamer moins d'impôts mais plus de dépenses sociales, à militer pour le made in France mais à acheter toujours plus de produits importés, à hurler parce que l'Etat n'en fait pas assez dans la lutte contre le réchauffement climatique mais à vous révolter contre la hausse de la taxe carbone sur les carburants.

 

Déni. Vous m'aviez trouvé blessant quand j'avais évoqué un peuple de « Gaulois réfractaires ». Je le reconnais volontiers, le mot était mal choisi. Ce n'est pas réfractaires que vous êtes, c'est ingouvernables. Par ignorance, bêtise ou aveuglement, probablement un peu les trois, vous continuez de vivre dans un complet déni de la réalité économique qui est celle de la France, celle d'un pays qui vit depuis des décennies au-dessus de ses moyens, endetté jusqu'aux oreilles, où l'on travaille moins qu'ailleurs, où l'on crée moins de richesse et de croissance qu'ailleurs. Ce qui ne vous empêche pas d'exiger le même niveau de vie et les mêmes hausses de pouvoir d'achat que celles qu'obtiennent, grâce à leurs performances économiques collectives, les Allemands, les Suédois ou encore les Américains. Vous êtes convaincus, et je suis d'accord avec vous au moins sur ce point, que la France va mal, et pourtant vous voulez que surtout rien ne change, vous vous opposez par principe aux réformes qui ont réussi chez nos voisins. Vous avez même l'arrogance de prétendre imposer notre modèle de société au reste du monde qui nous regarde pourtant, de façon assez objective, comme un pays à l'agonie. Vous vous donnez des grands airs révolutionnaires pour mieux cacher votre ultra-conservatisme.

 

Cagnottes. Je dois dire que l'indifférence que vous manifestez à l'égard de la situation de nos finances publiques m'a régulièrement mis dans des colères noires, m'a fait pousser des « noms de nom » et même des « sacrebleu » tonitruants qui ont résonné dans tout le palais de l'Elysée. Je tiens tout de même à vous rappeler, mes chers compatriotes, vous qui aimez tant les cagnottes, qu'il faudrait en lancer une où chacun d'entre vous verserait 35 000 euros pour éponger notre dette publique. Votre obsession de justice fiscale s'arrête visiblement au fait de léguer aux générations futures le soin de la rembourser avec leurs impôts.

 

Je ne supporte plus enfin votre détestation factice de l'argent - en premier lieu celui des personnes qui en gagnent plus que vous -, votre haine envieuse des riches et des « élites » - sauf quand il s'agit des joueurs de l'équipe de France de football -, votre jalousie maladive que vous maquillez en amour de l'égalité. Je ne supporte plus ces contempteurs en chef du « système » qui ont passé leur existence, comme sénateur ou héritière, à en vivre grassement. Ni ces pseudo-intellectuels déclinistes faussement préoccupés, eux qui n'en connaissent pas, par les problèmes de fins de mois d'un peuple dont ils méprisent par ailleurs les aspirations « bassement » matérialistes. Au premier rang desquels ce philosophe pour midinettes qui fait l'éloge de la sagesse romaine mais écrit, sans que cela offusque grand monde, des textes à mon encontre d'une vulgarité homophobe à vomir.

 

Gloubi-boulga. Inutile de vous préciser que je n'attendais strictement rien de l'organisation de ce grand débat national qui n'avait d'autre objectif, je peux maintenant vous l'avouer, que de satisfaire votre goût immodéré pour les palabres et votre propension pathologique à la procrastination. Il ne pouvait guère en résulter qu'un gloubi-boulga informe de propositions plus irréalistes et stupides les unes que les autres, probablement aussi quelques poudres de perlimpinpin dont vous possédez le secret de fabrication.

 

Permettez-moi, mes chers compatriotes, de douter fortement de votre expertise et de votre sagesse en matière économique, vous qui avez constamment élu et même parfois réélu sans discontinuer depuis quarante ans, sur la foi de promesses électorales à dormir debout, des dirigeants parfaitement incompétents ayant conduit le pays au bord de la faillite.

 

Pour votre plus grand soulagement qui n'égale toutefois pas le mien, j'ai donc décidé de démissionner de la présidence de la République, annonce qui sera très certainement fêtée jusqu'au bout de la nuit, sur tous les ronds-points du pays, par des chenilles enflammées, dansées en chantant des « Macron Ciao » vous procurant des petits frissons de nostalgie révolutionnaire. Profitez-en bien. Je crains en effet que la mise en œuvre des résultats de vos référendums d'initiative citoyenne ne conduise très rapidement la France à se retrouver sous la tutelle du FMI, dont les « programmes d'ajustement structurel » vous feront paraître, en comparaison, comme incroyablement douce et protectrice la politique de réformes économiques que je menais. Alors, chers gilets jaunes et chers compatriotes, je vous souhaite bon vent et surtout, saperlipopette, bon courage ! 

 

 

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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 06:00
« Les réseaux sociaux sont devenus le caniveau des bassesses humaines » on n’est pas obligé de s’y vautrer on peut marcher à visage découvert sur le trottoir.

Mon blog se poste sur Twitter et Facebook, les commentaires n’y tombe pas comme à Gravelotte et j’en suis fort aise.

 

Je poste sur Face de Bouc des articles que je trouve intéressants, sans être forcément d’accord avec la totalité de leur contenu, et surtout des caricatures de presse qui en disent plus que les longs discours, Chapatte le suisse est mon préféré.

 

Les rares fois où je me suis risqué à faire des commentaires sur des pages j’ai attiré une nuée de mouches à merde que j’ai bien sûr flytoxés.

 

Certains de mes « amis », ceux que je connais, qui n’ont sans doute pas grand-chose à faire, ou qui vivent une vie de merde, se vautrent dans les diatribes au vocabulaire douteux. Ça m’attriste, je retiens ma plume, je me retiens de les virer au nom des bons moments d’autrefois, mais je ne les fréquente plus.

 

Reste les anonymes, qui ne sont pas dans ma liste d’amis, ceux pour qui, bien avant les gilets jaunes, les réseaux sociaux sont des caniveaux dans lequel ils dégobillent dans une langue phonétique bourrée de fautes d’orthographes.

 

8 octobre 2017

ICI 

 

« Les réseaux sociaux donnent le droit de parler à des légions d’imbéciles qui, jusque-là, ne parlaient qu’au bar après un verre de vin, sans causer de dommage à la collectivité. On les faisait taire aussitôt, alors que désormais ils ont le même droit à la parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles. »

Umberto Eco

 

Dans L’imbécillité est une chose sérieuse, Maurizio Ferraris s’interroge :

 

« La technique, quelle qu’elle soit, ne nous aliène pas, ni ne nous rend stupides. Simplement, elle potentialise vertigineusement les occasions de nous faire connaître pour ce que nous sommes : plus présente est la technique, plus grande est l’imbécillité perçue.

 

Nous ne sommes pas du tout plus imbéciles que nos ancêtres, et il est hautement probable que nous soyons plus intelligents qu’eux. Moins goinfres (avez-vous prêté attention à ce qu’on mange dans les romans du XIXe siècle ?), moins alcooliques (amusez-vous à compter le nombre de bières que Maigret est capable de boire en une journée), plus libéraux et moins autoritaires ou moins enclins au fanatisme (les bûchers de sorcières ne sont plus de pratique courante) moyennement plus instruits et alphabétisés.

 

Et c’est là qu’est justement le problème.

 

Et qu’on ne vienne pas me parler de mépris de classe, d’élitisme, ce serait faire injure à Louis et Arsène Berthomeau, mon grand-père et père, paysans sans diplôme qui écrivaient dans un français impeccable.

 

Je ne suis pas sorti de la cuisse de Jupiter, me suis lavé le cul dans l’eau froide jusqu’à mon départ à la Fac, j’ai payé mes études en exerçant des jobs salariés ; je ne méprise personne pour son origine, son statut social, sa religion, mais je ne priverai jamais de considérer un crétin pour ce qu’il est : un infréquentable.

 

Le journaliste suisse d'opinion Philippe Barraud a décidé de mettre un terme à son site www.commentaires.com

 

En cause, des comportements et des propos en ligne qu'il estime être devenu hors de contrôle.

 

Pour l'ancien rédacteur en chef de la Gazette de Lausanne, les réseaux sociaux « auraient pu être quelque chose de merveilleux, de constructif et d'intéressant » mais « ils sont devenus une sorte de caniveau qui canalise toutes les bassesses humaines ».

 

Pour lui, son site représente un bon exemple du phénomène: « Pendant de nombreuses années, j'ai eu des gens qui ouvraient le débat, discutaient, parce qu'on publiait leur nom et qu'ils devaient s'identifier. Ça se passait très bien et c'était très intéressant. Petit à petit, ce débat s'est fané et a été remplacé par des torrents d'insultes de la fachosphère qui n'entraient pas en matière sur les sujets que je traitais mais qui simplement me couvraient d'insultes », regrette-t-il.

 

Fin de l'anonymat sur internet ?

 

Pour celui qui a également travaillé pour L'Hebdo, ce résultat est en grande partie dû au manque d'éthique des grands acteurs de ces médias que sont Facebook, Instagram ou encore Twitter.

 

Pour répondre à cette problématique, le journaliste appelle à la fin de l'anonymat dans la prise de parole sur internet: « Je plaide pour qu'on mette en place des règles simples. Celles qui s'appliquent aux médias en Suisse, qu'ils soient électroniques ou imprimés. Il y a des règles très simples: on ne peut pas écrire de lettres anonymes, on ne peut pas insulter les gens impunément et l'on doit répondre devant la justice et donner un droit de réponse si nécessaire. »

 

On refuse le travail des journalistes »

 

Interrogé sur le mouvement des "gilets jaunes" et sur le rapport que celui-ci entretient avec la presse, Philippe Barraud estime qu'actuellement « on refuse le travail des journalistes » car ceux-ci « ne font pas exactement ce que voudraient les gens (...), ces mouvements sociaux ne veulent pas qu'il y ait des gens, en face d'eux, qui aient l'esprit critique ».

 

Propos recueillis par David Berger

 

La Fondation Jean-Jaurès a analysé les profils Facebook de deux des principaux meneurs des "gilets jaunes".

 

Eric Drouet et Maxime Nicolle : que nous apprennent leurs pages Facebook ? ICI 

 

EN IMMERSION NUMÉRIQUE AVEC LES « GILETS JAUNES »

L’intégrale ICI 

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 06:00
Quand l’alsacien Antoine Westermann revisite les bouchées à la reine inventées pour réveiller les ardeurs de Louis XV l’infidèle mari de Marie Leszczynska

Vendredi il pleuviotait sur Paris, une pluie grasse faisait chuinter les gros pneus de mon vélo, alors je suis vite rentré dans mon pigeonnier pour me mettre au chaud.  Il faut dire que j’étais un peu chlass vu que la vieille au soir je n’avais pas sucé de la glace mais liché des vins nus plus que de raison du côté d’un nouveau bistroquet le Cadoret.

 

J’errais donc sur la Toile, comme un gilet jaune dans Paris le samedi, lorsque soudain, par l’odeur alléchée, si j’ose l’écrire ainsi, mes yeux ont été captés par une magnifique bouchée à la reine.

 

« Il y a des piliers auxquels il ne faut pas toucher lorsque l'on cuisine : le plaisir, la gourmandise, la convivialité & la générosité 🙌 À retrouver dans l'un de mes plats fétiches : la bouchée à la reine ! »

C’était signé par Antoine Westermann le chef du Coq Rico.

 

JEUDI
BOUCHÉE À LA REINE DU COQ RICO
volaille, champignons, quenelle de volaille, crêtes de coq, bouillon, vin blanc & crème fraîche

 

En 1969, il a 23 ans lorsqu'il achète Le Buerehiesel, sublime maison traditionnelle plantée dans le parc de l'Orangerie, à Strasbourg. Progressivement, il y gravira les échelons du Michelin: une étoile (1975), puis deux (1983), puis trois (1994)… Pour finalement rendre ses macarons et céder l'affaire (2007) à son fils, Eric - l'adresse est aujourd'hui honorée d'une étoile.

 

En 2006, Antoine Westermann s'empare d'un mythe parisien, Drouant, le repaire du prix Goncourt, où il reprend les classiques avec délices: pâté en croûte, bouchée à la reine, tête de veau sauce gribiche, filet de bœuf au poivre, choucroute, baba au rhum…

 

Il inaugure son premier Coq Rico en 2012. Son pari? Cuisiner uniquement les volailles des meilleurs pédigrées, races pures (pas de croisement) telles les gélines de Touraine, les Coucou de Rennes, les Bresse, les Challans ; les pintades, les canards, les oies, les pigeons, les faisans, les palombes…

 

Il vend Drouant en mars 2018 à la famille de restaurateurs Gardinier pour se concentrer uniquement sur les belles volailles.

 

Au Coq Rico du 98 Rue Lepic dans le 18e j’y suis allé à plusieurs reprises dès l’ouverture. C’était très bon. Je n’y suis pas retourné depuis car c’est loin de ma base et c’est haut mais avec mon VAE (vélo à assistance électrique) je vais y retourner.

 

Les bouchées à la reine donc, qu’il ne faut pas confondre avec le vol-au-vent financière, c’est une invention pour une reine Marie Leszczynska, madame Louis XV, qui adorait le vol-au-vent. Le cuisinier du roi en fit une version plus petite, une bouchée, pour que la reine puisse assouvir sa passion.

 

À l’origine, elle se composait d’un feuilletage léger et dentelé, avec une rondelle de pâte à la base pour éviter le mouillage du feuilleté. La garniture était une financière qui associait crêtes et rognons de coq, quenelle de volaille, ris d’agneau, olives vertes, champignons de Paris ciselés, et truffes émincées, le tout nappée d’une sauce blanche ou d’une sauce financière.

 

« D'après le célèbre Répertoire de la cuisine, de Gringoire et Saulnier, les bouchées à la reine sont composées d'un salpicon de ris de veau ou d'agneau, de blancs de volaille, de champignons et de truffes, liées à la sauce Suprême.

 

Deux autres ouvrages de référence, l'Art culinaire français et le grand Larousse gastronomique y ajoutent de la cervelle et des quenelles. »

 

Chez Drouant donc, Westermann, a réinterprété les bouchées :

 

« Croûte croustillante à souhait – un feuilletage beurré mais sans excès, et un vrai feuilletage à l’ancienne, pas un feuilletage inversé – généreusement garni de morceaux de volaille, quenelles, ris de veau, champignons, dans une sauce parfaitement acidulée et soyeuse. Si abondant que la bouchée ressemble un peu à un volcan après éruption -cendres en moins –, ayant déversé sa lave tout autour de son cratère, puisque l’assiette est remplie de garniture, censée être dégustée avec les tagliatelles fraîches et beurrées dont on vous pose un ravier près de l’assiette. Ces pâtes fraîches, délicieuses au demeurant, n’ont rien à faire là, tant le plat se suffit à lui-même. »

 

C’est une blogueuse qui l’écrit ICI 

 

La sauce Suprême.

 

« C'est exactement la même sauce que celle de la blanquette de veau. Que Madame Béchamel ne m'en veuille pas, mais elle ne fait pas un pli à côté de Madame Suprême ! Et pourtant, et c'est bien là le miracle de la cuisine française, il ne s'agit que de beurre, de farine, de fond de volaille et de crème. Dans ma recette, le fond est préparé simplement avec de l'eau dans lequel on blanchit quelques minutes un salpicon (mélange de légumes, de viandes, de poissons ou de fruits liés à une sauce) de champignons de Paris, de dinde, de ris de veau, accompagné d'un bouquet garni. Avec de bons ingrédients de base, vous obtiendrez un élixir de couleur ivoire, au goût unique. »

 

La suite ICI 

Marie Leczcinsk

 

Pour la petite histoire il se dit que Louis lorsqu’il rencontra Marie, plus jeune que lui, elle avait 15 ans et lui 22, en tomba amoureux. Elle n’était pas spécialement jolie mais Louis proclamait « Je trouve la reine la plus belle ».

 

« Pour la première fois la Cour de France assista au spectacle idyllique de deux jeunes gens épris l’un de l’autre, un fait suffisamment rare dans l’histoire des amours royales pour être souligné : leur début de mariage fut très heureux et suivi de dix ans de bonheur et de fidélité.

 

Hélas, les grossesses répétées de la reine eurent tôt fait d’émousser les ardeurs de son royal époux. En douze ans elle mit au monde onze enfants, dont deux garçons (l’un décéda en bas âge) « Toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher ! » tel fut le leitmotiv de son existence.

 

Ses maternités la fatiguèrent et la firent vieillir précocement. Elle finit par renoncer à toute forme de coquetterie. Louis XV, qui l’avait sincèrement aimée, lui resta fidèle aussi longtemps qu’il put, puis la délaissa.

 

Elle commanda alors aux cuisines de la Cour un plat pour réveiller les ardeurs de son infidèle mari. C’est ainsi que naquirent les bouchées à la reine.

 

Le plat n’eut pas l’effet escompté – Louis XV eut des maitresses jusqu’à la fin de sa vie, les plus connues d’entre elles furent madame de Pompadour et Madame du Barry – mais la recette entra dans la postérité. »

 

Source : la chambre de l’ambre ICI 

 

 

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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 06:00
Ecole hollandaise du XVIIe siècle Joyeux buveurs dans une taverne Huile sur panneau de chêne ...

Ecole hollandaise du XVIIe siècle Joyeux buveurs dans une taverne Huile sur panneau de chêne ...

Au temps où je rapportais, le débat sur les copeaux de chêne faisait rage, les vins boisés étaient à la mode, je n’ai jamais considéré que ce fût un facteur de compétitivité à l’export pour les vins héritiers des vins de table et de pays, alors je ne me suis pas aventuré sur ce terrain.

 

Afin d’enterrer mon rapport qui emmerdait les grands chefs du vin le ministre de l’époque confia une mission au préfet Pomel qui pondit « Réussir l'avenir de la viticulture de France » en mars 2006.

 

Rien ne vaut un vrai serviteur de l’État, les préfets en sont la caricature, pour produire des conclusions qui vont dans le sens du gouvernement et de ses soutiens professionnels.

 

C’est donc le préfet Pomel, grand expert de la chose du vin, qui préconisa l’autorisation de l’utilisation des copeaux de chêne doit être autorisée par la France, pour toutes les catégories de vins

 

« L’utilisation des copeaux de chêne est désormais autorisée au plan communautaire. Le règlement d’application est en cours de discussion. Les considérations techniques posent peu de problèmes en s’appuyant sur les travaux de l’OIV. En revanche, leur utilisation par les différentes catégories de vin n’est pas tranchée au plan communautaire.

 

Laisser les Etats membres se déterminer sur ce point semble la solution la plus pertinente.

 

Dans ce cas, l’utilisation des copeaux de chêne doit être autorisée par la France, pour toutes les catégories de vins.

 

Le règlement européen d’autorisation générale s’appliquera directement. Les AOC qui le souhaiteront pourront se l’interdire. »

 

Qui se souvient du préfet Pomel à part moi ?

 

Préfet honoraire il s’est indigné le 21/11/2014 dans une tribune publié dans le Midi-Libre : « Non à la fusion »

 

« Honte à ceux qui, par ignorance ou par incompétence, par vanité ou par servilité, ont sacrifié Montpellier et le Languedoc-Roussillon à de vils intérêts partisans ou à de médiocres ambitions politiciennes.

 

Faut-il descendre dans la rue pour empêcher cette ignominie ?

 

Faut-il engager la résistance civique à des mesures ineptes ?

 

Faut-il, pour cela aussi, attendre le retour de Nicolas ?

 

Nous n’avons pas le choix. Préparons-nous aux trois, tout à la fois, pour dire non à la fusion. »

 

Pauvre Bernard, caramba il a encore tout raté, Nicolas l’a laissé tomber…

 

Laissons-là ce pauvre rapporteur pour constater que du côté de l’utilisation des copeaux de bois depuis sa préconisation c’est l’omerta.

 

« En une décennie, les morceaux de bois et les alternatives aux barriques se sont imposés auprès des œnologues, comme des outils précieux afin de piloter le profil produit de leurs vins.

 

Quelle est la réglementation en vigueur pour l’utilisation des copeaux de chêne ?

 

L'utilisation de morceaux de bois de plus de 2 mm est autorisée en élevage depuis le règlement CEE du 20 décembre 2005 (sauf pour les Organismes de Défense et de Gestion - ODG les ayant explicitement interdits). Depuis le 10 juillet 2009 et le règlement CEE n°606/2009, il est également possible d'utiliser ces morceaux de bois en vinification.

 

Douelles, copeaux de chêne, poussière ou mélange de copeaux : les différences entre les techniques ?

 

Les planches intérieures ou douelles, « staves », ont l’avantage de posséder une large gamme de composés aromatiques. Lors de la chauffe, il existe un gradient de température au sein d’une même planche. C’est le produit qui se rapproche le plus de la barrique.

 

Copeaux ou éclats de chêne : la petite taille qui doit être supérieure à 2 mm pour respecter la réglementation, permet d’obtenir une chauffe homogène. Il apporte moins de complexité que les douelles. La vitesse de diffusion des composés aromatiques dans le vin dépend fortement de la taille des copeaux utilisés (diffusion rapide pour la poussière, la chauffe est uniforme et très forte, diffusion plus lente pour les gros éclats)

 

Les mélanges de copeaux : le mélange de copeaux de chauffe différente permet de se rapprocher de la complexité aromatique de la barrique, avec beaucoup de souplesse. »

La suite ICI 

 

Bien sûr y’a pas mort d’homme mais tout de même celles et ceux qui conchient le vins nature « Le vin nature est une offense à l’esthétique, une offense au terroir, car le vin nature exprime rarement le terroir. »

 

Nous y voilà, terroir, typicité, expression des cépages, avec un chouia de poussière de bois ça fait le parfum du bon vin quotidien vendu en GD !

 

Ecole flamande du XVIIIème siècle SCÈNE DE TAVERNE Huile sur toile, ...

 

«… en ville elle est visible dans un lieu où le petit vin blanc acide coule à flots et où le peuple apprend à boire en mangeant. C’est le cabaret ou la taverne du centre ancien, ou encore la guinguette hors les murs, plus tard la taverne des faubourgs.

 

[…]

 

Le cabaretier proclame à corps et à cri qu’il ne fait que suivre les goûts de sa clientèle et qu’il a adapté son offre au goût dominant. Et ce goût dominant, ô surprise chez des gens qu’on dit soumis à une monotonie lassante, c’est un goût uniforme. Chez le tavernier, on réclame son vin habituel, de la même « boîte » que celui qu’on boit d’ordinaire. Aussi les taverniers débitant beaucoup ont-ils passés contrat avec le menuisier le plus proche et les gros copeaux sortant de la varlope finissent dans leurs caves. Ils en emplissent les futailles puis transvasent le vin, dans le but de « fournir toujours aux acheteurs de vin de même goût ou boîte […] ; l’usage de ces Rapez n’est à d’autres fin que pour entretenir toujours leurs chalands d’une même boîte pour le rendre tout d’un goût, même si [ils sont] de diverses provenances. 

 

Va-t-il boire au cabaret ? L’artisan du XVIIIe siècle exige un vin standardisé.»

 

Nicolas de Bonnefons Les délices de la campagne 1741 cité dans Nourritures canailles de Madeleine Ferrières.

 

 

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 09:30
Votre serviteur en gilet jaune mars 2017

Votre serviteur en gilet jaune mars 2017

En ce temps de gilets jaunes pourfendeurs des élites il m’est doux d’évoquer les 110 propositions du candidat Mitterrand lors de l’élection de 1981. ICI 

 

Inventaire à la Prévert :

 

Une pierre

deux maisons

trois ruines

quatre fossoyeurs

un jardin

des fleurs

 

un raton laveur

 

une douzaine d'huîtres un citron un pain

un rayon de soleil

une lame de fond

six musiciens

une porte avec son paillasson

un monsieur décoré de la légion d'honneur

 

La 110e « Etablissement de relations étroites avec le Québec. Création d’une académie francophone. » avait un petit goût d’épuisement.

 

Bref, lorsque le gratin des grands amateurs de grands vins se réunit en conclave, dans un lieu simple et de bon goût, la Villa d’Este, pour défendre et promouvoir la civilisation des grands vins auprès des grisoulloux de Bruxelles, il est de mon devoir de porter à vos yeux ébahis, la somme de leurs travaux.

 

Ça vaut le coup !

 

8 minutes 22 de bonheur…

 

De plus, bon Prince, j’espère faire monter en flèche le nombre de vues, encore modeste, 405, de cette splendide vidéo postée sur You Tube.

 

 

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 08:25
J’ai acheté une vieille coquette de Saint-Guénolé qui a des lèvres très épaisses, des incisives carénées, 1 robe allant du brun au rouge en passant par le vert…

 

Saint-Guénolé, Sant-Wennole en breton, anciennement Enez Raden, île Fougère, forme une agglomération distincte de la commune de Penmarc'h, en Pays Bigouden, dans le Finistère sud.

 

 

Important port de pêche, il est en 2016, dans le classement des ventes en criée des bateaux français, 8ième  9 732 tonnes et 15ième 17028 K€

 

 

Avec le Guilvinec 3ième 19 388 tonnes 3ième 76 086K€ c’est une place forte de la pêche française.

 

Le Bigouden ne se plaint pas, ça n'est pas dans sa nature. Il est dans la lutte contre les éléments.

 

 

Un beau jour d’été j’suis allé avec ma petite auto à Saint-Guénolé pour aller à la criée. Avant je me suis promené sur les rochers de Saint-Guénolé : le trou de l'enfer, à proximité de la roche du préfet (le préfet Gustave Levainville vit disparaître sous ses yeux, en 1870, une bonne partie de sa famille emportée par une de ces traitres et puissantes lames de fond. Une plaque commémorative y atteste aujourd'hui de la tragédie et des dangers du site)

 

 

 « La nuit est tombée. L'équipage finit d'amarrer les 16 mètres du «Brendan» en double file. Alentour, sur les quais chichement éclairés, des silhouettes passent et repassent. Des marins toujours occupés à trimbaler quelque chose; des vieux bien décidés à ne pas rater une seule marée jusqu'à leur mort; des femmes et des enfants venus chercher le mari ou le père, qu'ils ne verront pas de sitôt à la lumière du jour. En cette saison, les côtiers embarquent vers 4 heures du matin et débarquent au coucher du soleil. Ce soir-là, il y avait aussi Nicole, la blonde et mince femme de Guénolé, et ses deux petites filles. »

 

Á la Criée de Saint-Guénolé il y a trois types de marchandises :

  • la langoustine, dites demoiselles du Guivinec,

 

  • la « chauderée » (émisole, baudroie, cabillaud, …)

 

  • et « l’étripage » (merlu, merlan,…).

 

La vente, désormais informatisée, se fait entre 6h et 7h en amphithéâtre, en silence: un grand tableau lumineux affiche au fur et à mesure les caractéristiques du lot pour tous les acheteurs installés dans les gradins.

 

À Saint-Guénolé, les enchères sont dites « descendantes »: on donne un cours assez élevé et celui-ci descend au tableau. Le premier acheteur qui appuie sur le bouton est définitivement l’acquéreur du lot.

 

La vente des poissons bleus

 

Elle se fait entre 7h et 8h, jamais plus tard que 9h. Les services de la criée contactent les bolincheurs entre 2h et 5h du matin et prennent connaissance des quantités, des espèces et des tailles pêchées, de façon à pouvoir informer les mareyeurs qui appellent.

 

Pour les poissons bleus, l’enchère est dite « montante », la vente se fait au crieur, hors de l’amphithéâtre, dans la halle : le lot est attribué au plus offrant. Le volume de marchandise acheté par acquéreur est plafonné en fonction de la quantité d’apport disponible.

 

31 mai 2017

Craquez pour les poissons bleus : harengs, anchois, sardines, ces poissons qui voyagent en rangs serrés sauf le maquereau qu’est 1 souteneur…ICI 

 

La vieille, Labrus berggylta en latin ou Ballan wrasse en anglais, appartient à la famille des Labridés. Avec les quelques 500 espèces différentes qui la composent, il s’agit de l’une des plus grandes familles de poissons.

 

Ballan wrasse (Anglais), Geflekte lipvis (Hollandais), Vaquete ou maragota (Eespagnol), Margota ou budiao (Portugais), Laszi (Italien), Berggylt (Danois et Norvégien), Berggylta (Suédois), Viherhuulikala (Finlandais), Kniazik (Polonais)

 

Il existe deux catégories de vieille : la vieille commune et la vieille coquette.

 

Le Poisson Flotté Coquette

 

La vieille commune se trouve essentiellement en Atlantique du Nord et en Méditerranée occidentale. La vieille coquette est le plus souvent orangée avec quelques petites nageoires blanches et noires-bleues sur le dos, on la retrouve sur les côtes bretonnes. Sa chair est recherchée pour sa qualité.

 

 

La vieille possède un corps massif, comprimé latéralement, fuselé, protégé par de grandes écailles tenaces. Pouvant mesurer jusqu’à 65 cm pour un poids maximal de 3,5 kg. Les couleurs et dessins de sa robe diffèrent selon son environnement, son stade de développement ou encore son état émotionnel ! La vieille présente donc une intéressante polychromie allant du brun au rouge en passant par le vert.

 

 

Elle se reconnaît également à ses lèvres très épaisses, ses incisives carénées, ses grandes écailles. La bouche de la vieille est garnie de fortes dents coniques : 13 pour la mâchoire supérieure et 20 pour l’inférieure. Une des particularités de la vieille est la présente de grandes lèvres épaisses de couleur vert émeraude à bleuâtre.

 

 

La vieille est un poisson sédentaire, habitant les zones rocheuses couvertes de laminaires. Elle affectionne surtout les crevasses et failles ou elle se réfugie la nuit.

 

Á une profondeur pouvant aller jusqu’à 50 m, la vieille affectionne les fonds rocheux et récifs, les herbiers, les laminaires et les algues. Exploitant ses capacités de mimétisme : elle aime se camoufler et se confondre avec son habitat. La vielle se nourrit de coquillages et crustacés qu'elle broie avec ces fortes mâchoires.

 

 

La vieille est un carnassier dont les mâchoires puissantes broient tous les coquillages et les carapaces. Après le passage de vieilles, les fonds sont dévastés et il ne reste que des débris de coquilles. Au passage, la vieille s’alimente aussi de petits poissons ou encore de crevettes.

 

La vieille atteint sa maturité sexuelle entre 6 et 9 ans.

 

La vieille pond ses œufs dans une cavité soigneusement garnie d’algues au préalable par un mâle. Après la ponte le mâle recouvre les œufs d’algues et surveille le nid jusqu’à l’éclosion après une dizaine de jours d’incubation.

 

Les jeunes vieilles rejoignent les fonds tapissés d’algues à 6 ou 8 cm après une vie larvaire pélagique. La vieille naît femelle et devient mâle entre 4 et 14 ans.

 

La vieille juvénile est elle-même victime des bars, lieus jaunes, congres, seiches et calmars, ces carnassiers la débusquent dans les champs de laminaires.

 

A l’âge adulte, elle n’a quasiment plus de prédateur. La chair de la vieille n’est pas très appréciée (je ne l’apprécie pas moi-même), elle est plutôt cuisinée en soupe de poissons.

 

La vieille se capture de préférence à la saison chaude, entre mai et août, période à laquelle elle se rapproche des côtes. Quant à son activité, elle varie en fonction de la journée : c’est une espèce uniquement diurne. En début de journée, à marée montante jusqu’à la pleine mer, vous aurez toutes les chances de la rencontrer car c’est à ce moment qu’elle part à la chasse notamment de crustacés et coquillages. Elle écrase alors leurs coquilles et carapaces à l’aide de ses puissantes mâchoires dotées de longues dents pharyngiennes.

 

À marée descendante, ou par mer calme, la vieille commune se réfugie dans une faille, sous une pierre ou entre les algues. La nuit, au repos, elle a la particularité de se poser sur le sédiment et de se coucher sur le flanc, ce qui la rend particulièrement vulnérable, notamment aux yeux du congre qui raffole de la vieille.

 

La vieille étant un poisson de roche, il faut la chercher au fond ou dans les failles. Pour cela, plusieurs techniques s’offrent à vous : pêche au flotteur, palangrotte, à soutenir, à la dérive, au lancer-ramener de leurres durs ou souples, à la traîne lente en profondeur etc.

 

La vieille est un poisson « petit prix »

 

L’inconvénient de ce poisson, ce sont les arêtes, fines et assez nombreuses. L’avantage, c’est sa chair tendre, à la saveur légère, qui apprécie une préparation un peu relevée. Une belle vieille, entière, au four, sur un lit d’oignon, est un régal. Les plus petites sont parfaites pour la soupe de poissons.

 

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 06:00
Hé oui Sébastien Lapaque, l’1 des dieux de Me Morain, même les vieux aiment la facilité, la légèreté, la sapidité, la buvabilité et la digestibilité. Sans oublier la palatabilité…

Mon maigre, mon étique, vocabulaire du vin, vient de s’enrichir à la lecture du Figaro qui est en passe de rejoindre, via les gilets jaunes, l’Humanité comme organe de la Révolution prolétarienne,  et ce, par la grâce d’un vieux pote de Marcel Lapierre et de Guy Debord, qui sont allés rejoindre Noé, un certain Sébastien Lapaque, l’idole de la star du barreau parisien, le naturiste Me Morain, qui adore se rouler en robe noire dans l'herbe des vignes d'Alexandre Bain rien que pour embêter l'INAO.

 

 

 

« [La clientèle] … jeune, découvrant parfois le vin naturel en même temps que le vin. Elle aime et recherche la facilité, la légèreté, la sapidité, la buvabilité et la digestibilité. Sans oublier la palatabilité… »

 

La palatabilité

 

La palatabilité, qu’est-ce c’est que ça ?

 

Le CNTRL l’ignore.

 

Le Larousse dit Qualité d'un aliment palatable. (Se dit d'un aliment qui procure une sensation agréable lors de sa consommation.)

 

Palatabilité et comportement alimentaire chez les ruminants

 

La palatabilité d’un aliment intègre les caractéristiques physiques et chimiques qui déterminent les préférences alimentaires de l’animal.

 

Ainsi, par exemple, les ruminants préfèrent les aliments dont les caractéristiques physiques leur permettent de les ingérer rapidement.

 

Mais la palatabilité est difficilement quantifiable car la réponse des sens, mesurée par la consommation, fait intervenir la valeur nutritive et le plaisir procuré par l’ingestion de l’aliment. L’article fait le point sur les différentes méthodes de mesure de la palatabilité et sur son rôle dans le contrôle des quantités ingérées.

 

Lire ICI 

 

« Dans une étude de palatabilité menée chez des adultes sains avec de l'éfavirenz mélangé à de la compote de pomme, de la gelée de raisin, à un yaourt, ou à du lait maternisé, la gelée de raisin a obtenu le meilleur classement au test de goût. »

 

« Les ouvrages scientifiques permettent aussi de présumer que l'avoine pure peut se révéler bénéfique pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque qui la tolèrent et que sa palatabilité peut contribuer à augmenter l'observance d'un régime sans gluten. »

 

« Le produit visé est un agent de palatabilité au goût sucré qui confère aux aliments pour porcelets un goût plus agréable. »

 

« L'association d'hydrogène et de molybdène aide à la réduction des sulfites dans le vin et a pour résultat une boisson qui est plus acceptable à boire en termes de palatabilité et qui a moins d'effets secondaires nocifs sur la santé d'un consommateur. »

 

Lire la chronique de Lapaque ICI

 

Citations pour fin de banquet : 

 

« Sitôt bu sitôt pissé… »

 

« Avec Fénelon, le vigneron sait pourtant que les heures sont longues et la vie est courte. « Si l’on doit attendre vingt ans pour boire une bouteille, l’attente risque d’être un peu interminable. À force de lenteur, on se rend compte un matin qu’on a cessé d’être jeune et qu’on touche déjà la vieillesse. »

 

« De mémoire d’ivrogne, on n’avait jamais imaginé que l’on pouvait voir des vins disparaître du monde avant le buveur. »

 

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