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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 15:40
Quand 1 avion s’envole : J-Y Bizot pointe le doigt vers le ciel et si notre futur était une réappropriation du temps ?

« Quand le sage désigne la lune, le sot regarde le doigt. » attribué à Confucius.

 

« Lorsqu’on compare l’avion solaire avec un avion normal, c’est sûr qu’il vole moins vite, est moins performant, et parait presque d’une époque révolue. Mais si je devais faire un dessin du futur, c’est lui que j’y représenterais. Je sais très bien – je l’ai rappelé – ce que vous avez pu écrire et dire sur la viticulture et ses dérives. C’est la raison pour laquelle Olivier vous a interpellé et que j’ai pris le relai. Où se trouve notre futur ? Dans ce qui se pratique aujourd’hui, et qui assure sans conteste de belles réussites. Ou dans ce qui est peut-être moins abouti, mais ouvre des perspectives. » Jean-Yves Bizot

 

En rentrant du restaurant sur mon vélo je suivais une 2CV6Spéciale conduite par une très vieille dame impeccable, cheveux gris tirés, et je me disais que pour aller d’un point à une autre, cette drôle de caisse « Cette petite voiture économique sera cachée, pendant l’occupation, chez Citroën sous le nom de code « TPV » : très petite voiture. La folle histoire de celle que l’on appellera familièrement la deudeuche commence officiellement en 1939. L’ingénieur qui va être le père de la 2CV est André Lefèvre qui est un esprit novateur. » valait toutes les bagnoles bourrées d’électronique. 

Quand 1 avion s’envole : J-Y Bizot pointe le doigt vers le ciel et si notre futur était une réappropriation du temps ?
Quand 1 avion s’envole : J-Y Bizot pointe le doigt vers le ciel et si notre futur était une réappropriation du temps ?
Quand 1 avion s’envole : J-Y Bizot pointe le doigt vers le ciel et si notre futur était une réappropriation du temps ?

Nostalgie, non ! et non !

 

Simplement une réflexion sur la valeur temps : ne serait-elle pas pour nous le terreau de nos innovations dans le secteur de l’agriculture et de la viticulture.

 

Simple question qui demande que l’on lève un instant le nez d’au-dessus de nos verres. Et si la meilleure défense de la civilisation du vin passait par une modernité du temps retrouvé ?

 

Je vous la soumets.

 

Bonne fin de journée

 

NB. je vous rappelle que pour avoir accès aux chroniques citées il suffit de cliquer sur les liens en rouge

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 06:00
Une conclusion qui en dit bien plus long qu’un long discours : Michel Bettane accorde sa commisération aux vignerons rebelles de Moor et Bizot…

N’est pas Bernard Maris qui veut. 

 

Lumineux, éclairé, « homme plein de tact, de courtoise, d'écoute et d'intelligence pour un autre regard sur notre monde. Pour beaucoup, certainement un « rebelle », qui venait remettre en cause leur pré carré de suffisance, construit sur les raccourcis et la facilité. »

 

La hauteur de vue à la bonne distance, ni trop haut, ni trop près, est l’apanage des esprits clairs qui n’ont nul besoin de longues circonvolutions embrouillées pour aboutir à leurs conclusions. Conclusions qui n’ont rien de définitives, elles ne sont que le simple état des lieux de là où en est arrivée la discussion.

 

Confronter des points de vue différents, voire diamétralement opposés, avec rudesse, une forme de colère, voire l’emploi de mots verts, doit se faire à armes égales, sans distinction du statut des interlocuteurs. Il ne peut y avoir dans ces échanges des obligés.

 

Conclure ce n’est pas claquer la porte au nez et à la barbe de celui ou de ceux avec qui on a engagé une discussion mais, en mots choisis, en phrases serrées, expliciter le fond de sa pensée.

 

La chute de Michel Bettane (la conclusion de ses 2 chroniques), elle, c’est du «lourd» dans la forme la plus accomplie d’un mépris suffisant qui risque pourtant, à très court terme, de revenir en boomerang aux tenants du conformisme.

 

Quant à en appeler, comme il le fait, à l’Union Nationale autour du vin chef d’œuvre en péril pour disqualifier la position des rebelles, ça relève du dernier recours lorsque l’on est à court d’arguments sérieux.

 

L’unanimisme de façade est l’une des formes les plus perverses de la dilution de la notion d’AOC : sous les grandes ombrelles se cachent des vins…

Une conclusion qui en dit bien plus long qu’un long discours : Michel Bettane accorde sa commisération aux vignerons rebelles de Moor et Bizot…

« Certains producteurs enfin, le plus souvent de la famille des vignerons «rebelles», vont encore plus loin et considèrent que leur produit ne peut être dégusté que par des critiques ou des amateurs et clients potentiels déjà acquis à leur cause. Ils considèrent que leurs vins nés de pratiques culturales et œnologiques différentes, entendez évidemment bien plus honnêtes et conformes à leur idéal, choqueront au milieu des autres. Ils sont renforcés dans cette idée par les nombreux rejets des organismes indépendants de contrôle des appellations au cours des dégustations obligatoires de labellisation.

 

Dois-je leur rappeler que leurs vins n’ont pas pour vocation de dormir dans leurs caves et qu’ils sont commercialisés comme les autres et donc sous le regard du public et des critiques ? Il n’y a aucune raison de leur accorder le privilège de l’indifférence.

 

Mais qu’ils se consolent. Le manque de place dans les guides ou les revues, la difficulté d’accès à leurs produits ou la commisération que nous éprouvons pour eux, née du fossé qui existe entre la noblesse de leur idéal et la médiocrité de quelques-unes de leurs œuvres font que nous parlons moins d’eux que nous le devrions.

 

Hélas, l’addition de tous ces particularismes et de toutes ces frilosités ne facilite guère notre tâche et chaque année rend nos marathons de dégustation, si utiles à des milliers d’amateurs qui nous font confiance et nous le font savoir, de plus en plus pénibles et compliqués. Au moment même où nos vins ont besoin de conserver leur place traditionnelle dans notre société, attaqués qu’ils sont de tous côtés par les lobbies anti alcooliques et les ayatollahs de la santé publique, cet état de choses est vraiment navrant. »

 

Enfin quand Michel Bettane, me taxe d'être un manipulateur à l’endroit d’Olivier et de Jean-Yves il me confère un pouvoir et une importance que je n’ai pas et il fait injure à l’intelligence et au libre-arbitre de ces deux vignerons en les ravalent au rang de vulgaires marionnettes entre mes mains. Dans cette affaire je leur ai offert – au sens propre du terme – de publier sur mon espace de liberté. Leurs opinions, leurs points de vue n’engagent qu’eux et mes élucubrations ne peuvent être portées ni à leur crédit, ni à leur débit.

 

Pour preuve ce que m’a écrit l’un d’eux :

 

« Si quelques-unes de nos œuvres sont médiocres, ce ne sont que quelques-unes. Les autres correspondraient donc à notre idéal, noble, comme vous le dites. Ça suffit largement à une vie : avoir réussi pleinement deux ou trois œuvres. Mais pour cela, il faut déjà en créer.

 

Que vous le vouliez Monsieur Bettane, ce sera toujours l’immense différence qu’il y aura entre nous, l’infranchissable gouffre.

 

Le chanteur le plus médiocre est toujours plus près de la source de l’art plus que le critique qui le juge.»

 

Ayant, au cours de mon long parcours, enseigné à tous les niveaux scolaires, sauf la maternelle et sa suite, donc en 6e – 3e au CEG de Pouzauges, puis en 2e-Terminales-BTS à l’école d’agriculture des Etablières de la Roche-sur-Yon, et enfin en 3ième cycle droit et économie à la Faculté de Nantes, j’ai un grand respect pour le savoir et sa transmission, mais en ce domaine, j’en suis resté à la tête bien faite plutôt qu’à la tête bien pleine. Le savoir encyclopédique sous forme de prêt-à-penser, dispensé à la piétaille inculte ou ignorante n’est pas ma tasse de thé.

 

Le professeur est un passeur mais qu’est-ce-donc que cette espèce hybride du critique qui, du haut de sa chaire, donne des leçons, tance, voire même redresse les torts ?

 

Que le modèle économique de la critique du vin implique des dégustations groupées, à l’aveugle ou non, je le comprends parfaitement : les guides ont besoin de l’effet peloton pour donner l’impression d’une forme d’exhaustivité, par ailleurs illusoire, mais n’ont pas les moyens d’aller au-delà de brefs commentaires sans grande signification et d’une notation qui permet de classer (celle sur 20 permet de jouer sur des écarts de 2 ou 3 points alors que celle sur 100 donne une impression de puissance).

 

Alors, est-ce que sur ce maigre terreau le critique (qui par ailleurs délègue une large part du boulot à ses salariés) peut-il élaborer une doctrine à l’usage des ignorants ? A-t-il avec ce petit butin le monopole de la pensée ?

 

Bien évidemment, non, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il ne puisse pas prendre sa place dans les réflexions de ceux qui font le vin mais sans se voir conférer une quelconque supériorité liée à son statut de prescripteur ou d’influenceur.

 

Il n’y a pas de statut supérieur, et lorsque j’ai pondu un rapport pour le compte de mon employeur en 2001 estimant que ce n’était pas à moi de le faire j’ai souhaité qu’un groupe de réflexion stratégique constitué exclusivement de gens qui font puisse proposer les termes des choix engageant l’avenir. Ce qui fut fait et déboucha sur Cap 2010 les défis du vin français.

 

Je garde sur ce blog ce même état d’esprit, je ne suis ni un prescripteur, ni un influenceur, j’écris et je laisse le soin à ceux qui prennent le temps de me lire de se forger leur opinion.

 

Ce qui me chagrine dans cet échange avec Michel Bettane c’est qu’aux vraies questions d’Olivier et de Jean-Yves sur le contenu des fameux cahiers des charges, leur pertinence et leur capacité à anticiper, sur les questions environnementales surtout, nulle réponse. Les petites histoires de dégustation sont vraiment secondaires.

 

Ça me navre vraiment. J’attendais mieux.

 

 

L’intégralité de la chronique de Michel Bettane ICI 

Une conclusion qui en dit bien plus long qu’un long discours : Michel Bettane accorde sa commisération aux vignerons rebelles de Moor et Bizot…
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, Emmanuel Todd un faux petit dur au service d’une science molle ou  le triomphe du prêt-à-penser médiatique

Dans une vie, il est des instants de grâce, de pure émotion, qu’il faut vivre intensément, sans concession. Il pleut mollement sur les Lilas ce lundi soir, je vais au cinéma. Aux portes de Paris la banlieue draine ses banlieusards, les aspire, les digère pour mieux les scotcher à leur télé. Engloutis les Lilas du poinçonneur, rayés de la carte celui des guinguettes, emmurés sous la chape de béton recouvrant l’infatigable serpent qui se mord la queue, ce périphérique boulevard fossoyeur lui aussi des boulevards de ceinture chers à Modiano, longue litanie de maréchaux d’Empire. Elle arrive. Apnée absolue, mon cœur frise l’implosion, aérienne et belle, elle nous rejoint. Que du bonheur engrangé, thésaurisé, que nul ne pourra me voler. Jamais je ne me suis senti aussi léger, investi, envahi, libéré. Sous la pleine lune la pluie s’égoutte, le barbecue crépite, nous formons des grappes sous les auvents secoués par la bourrasque, nous mangeons des frites, buvons, dansons. Le noyau dur d’entre nous finira Passage des Panoramas. 5 heures, un café ouvre ses portes, nous rentrons fatigués et heureux.

 

Le petit matin blême me ramène à Modiano, sa quête du père…

 

« C'est à dix-sept ans que je l'ai rencontré pour la première fois. Le surveillant général du collège Saint-Antoine, de Bordeaux, est venu me prévenir qu'on m'attendait au parloir. Un inconnu à la peau basanée, au costume de flanelle sombre et qui se leva lorsqu'il m'aperçut.

 

- Je suis votre papa...

 

Nous nous sommes retrouvés dehors, par un après-midi de juillet qui marquait la fin de l'année scolaire.

 

- Il paraît que vous avez réussi votre baccalauréat ?

 

Il me souriait. J'ai jeté un dernier regard sur les murs jaunes de l'internat où j'avais moisi huit ans.

 

Si je fouille plus loin dans mes souvenirs, que vois-je ? Une dame aux cheveux gris à laquelle il m'avait confié. Cette personne tenait avant la guerre les vestiaires du Frolic's (un bar, rue de Grammont) et s'était retirée à Libourne. C'est là, dans sa maison, que j'ai grandi.

 

Ensuite le collège, à Bordeaux.

 

Il pleut. Mon père et moi nous marchons côte à côte, sans dire un mot, jusqu'au quai des Chartrons où habitent mes correspondants, les Pessac. (Ils appartiennent à cette aristocratie des vins et du cognac dont je souhaite le déclin rapide.) Les après-midi passés chez eux comptent parmi les plus tristes de ma vie, et je n'en parlerai pas. Nous gravissons l'escalier monumental. La bonne vient nous ouvrir. Je cours jusqu'au débarras où je leur avais demandé la permission de laisser une valise remplie de livres (romans de Bourget, de Marcel Prévost ou de Duvernois, strictement interdits au collège).

 

J'entends tout à coup la voix sèche de M. Pessac : « Que faites-vous ici ? » II s'adresse à mon père. Me voyant la valise à la main, il fronce les sourcils : « Vous partez ? Mais quel est ce monsieur? » J'hésite, puis je bredouille : « mon père ! » Visiblement, il ne me croit pas. Soupçonneux : « Si je comprends bien, vous partiez comme un voleur? » Cette phrase s'est gravée dans ma mémoire car nous ressemblions, en effet, à deux voleurs pris en flagrant délit. Mon père, devant ce petit homme à moustaches et veste brune d'intérieur, restait muet Het mâchonnait son cigare pour se donner une contenance. Moi-même, je ne pensais qu'à une chose : déguerpir le plus vite possible. M. Pessac s'était tourné vers mon père et le considérait avec curiosité. Sa femme apparut sur ces entrefaites. Puis sa fille et son fils aîné. Ils restaient là, à nous observer en silence, et j'eus le sentiment que nous nous étions introduits par effraction dans cet intérieur bourgeois. Quand mon père fit tomber la cendre de son cigare sur le tapis, je remarquai leur expression de mépris amusé. La jeune fille pouffa de rire. Son frère, blanc-bec boutonneux qui affectait un « chic anglais » (chose courante à Bordeaux), lança d'une voix perchée : « Monsieur voudrait peut-être un cendrier?... -Allons, François-Marie, murmura Mme Pessac. Ne soyez pas grossier. » Et elle avait articulé ces derniers mots en regardant mon père avec insistance, comme pour lui faire comprendre que ce qualificatif s'adressait à lui.

 

M. Pessac conservait son flegme dédaigneux. Je crois que ce qui les avait indisposés, c'était la chemise vert pâle de mon père. Face à l'hostilité manifeste de ces quatre personnes, il ressemblait à un gros papillon pris au piège. Il tripotait son cigare et ne savait où l'éteindre. Il reculait vers la sortie. Les autres ne bougeaient pas et jouissaient sans vergogne de son embarras. Tout à coup, j'éprouvai une sorte de tendresse pour cet homme que je connaissais à peine, me dirigeai vers lui et dis à voix haute : « Monsieur, permettez-moi de vous embrasser. » Cela fait, je lui pris son cigare des doigts et l'écrasai consciencieusement sur la table de marqueterie à laquelle Mme Pessac tenait tant. J'ai tiré mon père par la manche.

 

- Ça suffit comme ça, lui ai-je dit. Partons.

 

Nous passâmes à l'hôtel Splendid où l'attendaient ses bagages. Un taxi nous conduisit gare Saint-Jean. Dans le train, il y eut entre nous l'ébauche d'une conversation. Il m'expliqua que ses « affaires » l'avaient empêché de me donner signe de vie, mais que nous allions désormais habiter ensemble à Paris, et ne plus nous quitter. Je bredouillai quelques mots de remerciements. « Au fond, me dit-il à brûle-pourpoint, vous avez dû beaucoup souffrir... » II me suggéra de ne plus l'appeler « Monsieur ». Une heure s'écoula dans un parfait silence et je déclinai l'invitation qu'il me fit de l'accompagner au wagon-restaurant. Je profitai de son absence pour fouiller la serviette noire qu'il avait laissée sur la banquette. Elle ne contenait qu'un passeport Nansen. Il portait bien le même nom que moi. Et deux prénoms : Chalva, Henri. Il était né à Alexandrie, du temps - j'imagine - où cette ville brillait encore d'un éclat singulier.

 

Quand il revint dans le compartiment, il me tendit un gâteau aux amandes - geste qui m'émut - et me demanda si j'étais bien « bachelier » (il prononçait « bachelier » du bout des lèvres, comme si ce mot lui-inspirait un respect craintif). Sur ma réponse affirmative, il hocha gravement la tête. Je me risquai à lui poser quelques questions : pourquoi était-il venu me chercher à Bordeaux ? Comment avait-il pu retrouver ma trace ? Pour toute réponse, il se contentait de gestes évasifs ou de formules telles que « Je vous expliquerai... », « Vous verrez », « La vie, vous savez... ». Après quoi il soupirait et prenait une attitude pensive.

 

Paris-Austerlitz. Il marqua un temps d'hésitation avant de donner son adresse au chauffeur de taxi. (Il nous est arrivé, par la suite, de nous faire conduire quai de Grenelle alors que nous habitions boulevard Kellermann. Nous changions si souvent d'adresse que nous les confondions et nous apercevions toujours trop tard de notre méprise.) Pour l'heure, c'était : square Villaret-de-Joyeuse. J'imaginai un jardin où le chant des oiseaux se mêlait au bruissement de fontaines. Non. Une impasse, bordée d'immeubles cossus. L'appartement se trouvait au dernier étage et donnait sur la rue par de curieuses fenêtres en forme d'œil-de-bœuf. Trois pièces, très basses [82] de plafond. Une grande table et deux fauteuils de cuir fatigué composaient le mobilier du « salon ». Les murs étaient tendus d'un papier peint aux dominantes rosés, imitation des toiles de Jouy. Une grosse suspension en bronze (mais je ne suis pas sûr de ma description : je ne fais pas très bien la différence entre l'appartement du square Villaret-de-Joyeuse et celui de l'avenue Félix-Faure, que nous sous-louèrent un couple de rentiers. Dans l'un et l'autre flottait la même odeur fanée). Mon père me désigna la plus petite chambre. Un matelas, à même le sol. « Excusez-moi du manque de confort, dit-il. D'ailleurs nous ne resterons pas longtemps ici. Dormez bien. » Je l'entendis marcher de long en large pendant des heures. Ainsi commença notre vie commune. »

 

Mon effarement, face au bal des fausses gloires médiatiques : Onfray, Finkielkraut, Zemmour, et maintenant Emmanuel Todd, est tel que j’ai des envies de faire à nouveau le coup de poing comme au bon vieux temps contre les fachos de la Fac, tout au moins de leur clouer le bec, de leur fermer la gueule tant il sature l’espace. Ce prêt-à-penser hautain, fondé sur des outils soi-disant scientifiques, me donne envie de gerber. Comment en sommes-nous arrivés à un tel point d’exhibitionnisme d’une pseudo-classe intellectuelle. Nous ne sommes pas des abrutis, nous sommes capables de penser par nous-mêmes, au nom de qui prennent-ils, pour la confisquer, la parole ? De leur part de voix, du niveau de leur bruit médiatique, autant de flux futiles qui iront rejoindre le grand bassin déversoir de l’insignifiance. Mépris.

 

Joseph Macé-Scaron de Marianne n’est pas de mes amis mais sur Todd il a trempé sa plume dans la meilleure encre qui fut :

 

« S'il est vrai que l'on a les intellectuels que l'on mérite, la France de 2015 a de quoi s'inquiéter. Le péan entonné par la médiasphère à la gloire du nouveau libelle* d'Emmanuel Todd en est la preuve. Le grand chelem médiatique a été offert à ce « savant » qui nous explique, chiffres, courbes, diagramme et cartes à l'appui, que défendre la République, c'est, somme toute, être raciste et n'avoir pour toute référence que les Maurras, Déroulède et Xavier Vallat du nationalisme intégral.

 

Incroyable, mais Todd a osé ! Il a trouvé cette idée brillante à la façon de ces enfants qui jouent dans le sable, déterrent une vieille godasse et la brandissent comme un trophée de guerre : le 11 janvier, nous étions venus spontanément dénoncer des assassinats et rendre hommage aux victimes, sans nous rendre compte, têtes en l'air que nous étions, que nous faisions du pétainisme. Nous pensions pour la plupart témoigner de notre chagrin, mais dans notre aveuglement émotif nous n'avions pas remarqué que nous étions en train de « mettre en danger les Français juifs en maltraitant les Français musulmans ».

 

L’exécution est radicale et salutaire ICI

 

Lire ausi : "Qui est Charlie": le point de vue de Valls est-il scandaleux?

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 06:00

Question : Kennedy est un personnage assez pauvre ?

 

Réponse d’Ellroy : Délibérément. C’est une coiffure.

 

Question : De Gaulle n’aimait pas du tout Kennedy, il le décrivait comme un play-boy et un garçon coiffeur. En France, lors de la parution de vos premiers livres, vous avez été qualifié d’écrivain de droite ou d’extrême droite. Pourtant vous dénoncer la chasse aux sorcières et le racisme. Comment êtes-vous perçu aux USA ?

 

Réponse d’Ellroy : De Gaulle avait beaucoup d’humour. Je suis content que le Chacal ne l’ait pas tué. Il y a eu plusieurs tentatives d’assassinat contre de Gaulle. Pour Kennedy, la première a réussi. Nos tueurs sont plus doués.

 

Les Américains se contrefoutent de l’opinion politique de leurs écrivains. La droite ne m’a jamais attaqué, ni la gauche. Une fois, une lesbienne radicale-féministe m’a traité de fasciste homophobe antisémite, et un journaliste d’antisémite, d’antimexicain et de néo-nazi. Pour le reste, rien, ni d’un côté, ni de l’autre. »

 

Les 3 Questions à James Ellroy tirées d’un entretien de James Ellroy mené par Bernard Sichère et Jean-Luc d’Asciano. Elles ont trait à John Kennedy dans American Tabloïd

 

Lire aussi «Je suis l'Aznavour de la littérature américaine» James Ellroy 

crédit photos Sandro Baebler pour Télérama et Edouard Caupeil pour Le Monde

crédit photos Sandro Baebler pour Télérama et Edouard Caupeil pour Le Monde

Perfidia, le premier tome de son second “Quatuor de Los Angeles”, vient d’être publié en France.

 

« Je vis entièrement dans le passé, la ville d'aujourd'hui, je ne la vois pas. »

 

Patchwork d’Ellroy mégalo assumé et fieffé réactionnaire tiré de :

 

 

Rendez-vous dans son repaire habituel, le Pacific Dining Car, un restaurant ouvert en 1921, quand la Cité des anges était en plein boom.

 

 

« Il est venu en coup de vent de sa maison dans les collines, où il peut s'isoler pour écouter Beethoven à fond. Et brûle d'envie d'y retourner au plus vite. Dans le restaurant baigné de pénombre, il s'est installé seul dans le vaste salon, les serveurs le traitent comme un roi. Il commande un cocktail de crevettes, l'engloutit vite fait, affalé dans son siège, et répond aux questions avec une expertise rare dans l'art de souffler le chaud et le froid. Quatre-vingt-dix minutes d'entretien sous tension. »

 

« Avec la tétralogie qu’ouvre Perfidia, je suis déterminé à tout rassembler, comme pour créer une cosmologie.

 

« C'est Dieu qui m'a guidé vers eux et m'a donné la vision. L'ensemble de la saga m'est apparu d'un coup. J'ai su qu'elle se composerait de quatre romans et que le premier s'appellerait Perfidia, comme une chanson d'amour de l'époque, magnifique et ensorcelante [popularisée par Xavier Cugat, on l'entend dans Casablanca, ndlr]. »

 

« Avec ce quatorzième livre, j’ai enfin compris le roman. J’ai en effet beaucoup réfléchi à ceux que j’ai lus enfant, pourquoi j’aimais les gros volumes, comme ceux de Dumas, que j’ai dévorés pendant les vacances à l’âge de 13 ou 14 ans, et comment certains pavés avaient décidément trop de gras, un ventre mou. J’en ai tiré des leçons. Comment ajuster le romanesque pour obtenir l’effet voulu, comme le cadrage au cinéma… 

 

« Mes livres sont gros et très maîtrisés, très méticuleux et bien exécutés. A la passion d’écrire, j’allie le sens de la concision, pour rendre les histoires aussi précises et effrénées qu’il est humainement possible de le faire. Pas un seul mot gâché. Un style riche et profond. »

 

« Durant trois semaines, Los Angeles vit dans la peur que les Japonais bombardent la ville. DCA, couvre-feu… Les gens sont effrayés. Tout le monde boit, prend des drogues, multiplie les histoires d’amour illicites et est passion­nément impliqué dans les affaires du monde. C’est une grande fête. Mais Perfidia est parfait comme titre. Cette magnifique chanson qu’on entendait à l’époque parle d’amour et de trahison. Or c’est ce que font les personnages. Ils aiment et trahissent : leurs amis, leur patrie, leurs idées, leurs convictions. »

 

Vous vous êtes décrit vous-même comme un enfant « raçophobe » et « xénophobe »…

 

  • Ça fait partie de mon passé. Je refuse d’en parler.

Vous l’avez écrit…

 

  • Je vous interdis de me poser cette question ! Vous m’avez bien compris ?

(Un ange passe, suivi de quelques autres…)

 

Alors : qu’est-ce que vos recherches vous ont appris sur l’ambiance raciale de l’époque ?

 

  • Je me suis rendu compte à quel point l'antisémitisme était virulent et insidieux dans l'Amérique de ces années-là. Les Juifs contrôlaient les banques, ils avaient créé le communisme… Personne n'appelait à les éliminer, comme en Allemagne, mais un discours plein de ressentiment s'insinuait partout, jusque sur les bancs du Sénat. L'époque était folle, l'Amérique sortait tout juste de la dépression et le populisme le plus délirant s'exprimait par l'intermédiaire de figures que l'on retrouve dans Perfidia : Gerald K. Smith, leader de la « croisade nationale chrétienne », et le père Charles Coughlin, un prêtre pro-nazi très influent. Je suis romancier. J'épouse le point de vue de mes personnages, je parle leur langue, j'utilise leurs mots. Je vis avec eux, à leur époque. Quand vous considérez les préjugés à l'œuvre dans Perfidia, vous devez penser au contexte. Mon personnage principal est un Irlandais catholique, il a vécu la guerre civile, il déteste les protestants. Les Chinois de Los Angeles, eux, haïssent les Japonais, le massacre de Nankin vient d'avoir lieu. Et, soudain, l'attaque de Pearl Harbor ! L'Amérique est prise d'une hystérie anti-Japon. Il faut les attraper – et, à la différence des Américains de souche allemande ou italienne, on peut les reconnaître dans la rue. Il n'y a qu'avec les Chinois qu'on peut les confondre. D'où l'idée grotesque des Japonais de se faire tailler le visage à coups de bistouri, pour avoir l'air chinois – enfin, ça, c'est moi qui l'invente… Mais l'époque était pleine d'idées franchement délirantes.

 

James Ellroy en quelques dates

1948 Naissance à Los Angeles.

1958 Meurtre de sa mère à El Monte, dans la banlieue de L.A. où ils viennent de s'installer. Le coupable ne sera jamais retrouvé.

1981 Brown's requiem, premier roman après des années de dèche.

1991 White Jazz clôt le « Quatuor de Los Angeles ».

1995 American Tabloid ouvre la trilogie « Underworld USA ».

1997 Adaptation de L.A. Confidential au cinéma, en compétition à Cannes.

2011 La Malédiction Hilliker, deuxième essai autobiographique, après Ma part d'ombre.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 06:00
Comme Gilles Azzoni vigneron ardéchois cœur fidèle lisez mon roman du dimanche vous passerez de l’autre côté du miroir où s’admirent les politiques

Comme vous le savez lundi soir je suis allé au ciné au Lilas. Nous étions tout juste assis dans la belle salle lorsque l’huissier, commis par la maison Nicolas vint se poser, carnet et stylo en main, juste devant Émilie. En effet, au ciné j’étais bien entouré : Gilles Azzoni à ma gauche, normal, et Émilie du côté droit. Nous papotions en attendant la projection du brûlot du ci-devant Guillaume Dupré. Bien évidemment, après  l’irruption de l’officier ministériel dans notre champ d’audition nous murmurions afin qu’il ne consignât pas nos propos subversifs dans son petit carnet.

 

Pensez-donc Gilles me confiait lire avec gourmandise mon petit roman du dimanche dans lequel mon étrange narrateur conte ses amours et ses coups fourrés dans les coulisses du monde politique.

 

Ce petit roman est aussi vieux que mon blog. Il suit le fil de ma vie mais n’est en rien autobiographique, ou presque. Le narrateur au fil de l’histoire a traîné ses pompes, depuis mai 68, dans les usines Citroën au temps des établis, dans les soupentes de la Gauche Prolétarienne de Benny Levy à l’ENS, dans l’affairisme immobilier au temps de Pompidou, a été membre du cabinet du bel Albin Chalandon, à Berlin-Est avec la Fraction armée rouge (Rote Armee Fraktion, RAF), dans le Chili d’Allende et le MIR, dans l’Italie des années de plomb et des Brigades Rouges, a adhéré à l’UMP lors du triomphe du petit Nicolas, et depuis quelques temps dans une opération baptisée Chartrons il travaille en sous-main à la victoire de Juppé aux primaires de l’UMP. Blessé au cœur dès les premiers épisodes, il brûle sa vie, se consume à la vue des belles filles : c’est un cœur d’artichaut qui découvre, à son grand désappointement, le grand amour auprès d’une jeune et belle alors qu’il se fait vieux. Gilles Azzoni un chouïa coquin m'avoue qu'il est lui aussi conquis par la belle… comme je le comprends.

 

Gilles Azzoni inspire de suite la sympathie, avenant, ouvert aux idées, toujours prêt à entamer une discussion aussi bien sur le fond des choses du monde que sur mon petit roman du dimanche où ma belle inconnue plonge le narrateur dans un état absolu d’attrition amoureuse …

 

Bref j’aime beaucoup Gilles Azzoni !

 

Mais attention avant d’aimer le vigneron j’ai d’abord aimé son vin « Hommage à Robert » bu chez Pierre Jancou.

Comme Gilles Azzoni vigneron ardéchois cœur fidèle lisez mon roman du dimanche vous passerez de l’autre côté du miroir où s’admirent les politiques
Comme Gilles Azzoni vigneron ardéchois cœur fidèle lisez mon roman du dimanche vous passerez de l’autre côté du miroir où s’admirent les politiques

Ayant fait une piqure de rappel au salon rue89 je persiste et je signe pour le vin et son vigneron.

 

Mais qui est donc Gilles Azzoni ?

Comme Gilles Azzoni vigneron ardéchois cœur fidèle lisez mon roman du dimanche vous passerez de l’autre côté du miroir où s’admirent les politiques
Comme Gilles Azzoni vigneron ardéchois cœur fidèle lisez mon roman du dimanche vous passerez de l’autre côté du miroir où s’admirent les politiques

« En remontant le cours de l’Ibie, près des contreforts de la Cévennes ardéchoise, entouré de montagnes, de chemins de randonnées et de lieux de baignades insolites, se dresse le hameau « Les Salèlles », petit coin de paradis, où réside Gilles Azzoni.

 

Installé depuis 1983, avec à peine 7 hectares aujourd’hui, Gilles s ‘efforce depuis les années 2000 d’accompagner le vin et non de le transformer. Pas de soufre, pas de sucre, pas de levurage : rien que du raisin ! Pour élaborer ses différentes cuvées, il se fie à ses envies, ses dégustations, perceptions diverses et réalise alors l’assemblage final.

 

Roussanne, viognier, merlot, cabernet-sauvignon, grenache et syrah sont utilisés pour donner des cuvées qui sonnent Brân, Hommage à Robert, Fable ou encore Nedjma qui signifie étoile en arabe. Les rouges sont de bonne structure, avec des belles concentrations aromatiques ; les blancs sont fins et délicats, riches, aux arômes de fleurs blanches et fruits frais. Ses vins portent la mention « Nature et Progrès », et sont bien loin des modèles productivistes.

 

Aujourd’hui ambassadeur de sa région, il inspire de nombreux vignerons à prendre la même direction, il s’accorde alors le temps de recevoir à l’ombre du tilleul pour échanger avec bonne humeur et sympathie. »

 

C’est la cave des Papilles qui le dit.

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« Les Compagnons... Une société secrète aux origines encore voilées de mystère. Née sans doute au XIIIe siècle, elle se perpétue encore aujourd'hui. Son originalité : recruter en milieu ouvrier, et presque exclusivement en France. Son aspect le plus attachant : combler l'aspiration profonde du travailleur manuel qui veut réellement "créer" et pas seulement produire. De là vient l'attrait que le compagnonnage exerce depuis si longtemps, et avec une telle constance, sur une part importante de la jeunesse ouvrière.

 

L'histoire racontée par Jean Chatenet et Jean Cosmos, se situe dans les années 1820. Les vrais débuts de l'industrialisation, de la vapeur et de la mécanique déclenchent des conflits sociaux dont la violence va croissant. Ils coïncident avec une forte réaction du compagnonnage, mis en sommeil par les interdits de la Révolution et de l'Empire.

 

Toussaint, ancien capitaine des armées impériales, regagne son village de l'Ardèche; après dix ans d'exil au Canada. Il y retrouve sa famille en butte aux persécutions des exaltés, des furieux de la Terreur Blanche. Son frère, menuisier, est parti faire le Tour de France des Compagnons. Pour tenter de le retrouver Toussaint s'engage à son tour dans la Compagnie.

 

Mille aventures viriles et tendres à travers les provinces de France. La découverte d'un monde singulier, attachant, fraternel. "Ardéchois Cœur Fidèle" c'est à la fois le roman de compagnonnage et une sorte de "western" à la française dont les auteurs ont tiré le grand feuilleton télévisé. »

 

Et un petit extrait de mon petit roman du dimanche pour la route… peut se consommer en se lichant une des cuvées de l’ami Gilles Azzoni.

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CHAP.15 opération Chartrons, « S’il faut venir coller des enveloppes, je viendrai ! » Chirac à propos de la candidature Juppé aux primaires…

 

Ma voix s’était doucement éteinte dans les profondeurs de la nuit de samedi à dimanche. Les yoyos de la météo joint à ma pratique du vélo avaient eu raison de mes cordes vocales. Mon allergie à la chimie de la pharmacopée moderne m’amenait à m’en tenir à une thérapie minimaliste : inhalations d’eucalyptus et grog intense, dans une claustration totale. Ensuqué, entre mes grogs carabinés : miel + gingembre + citron + cannelle + rhum blanc je me gavais de westerns et de films d’Hitchcock. Patience, patience donc, sauf qu’elle me manquait, elle me manquait beaucoup. « Prends bien soin de toi » m’avait-elle écrit sur le clavier de son petit téléphone obsolète, coquetterie de grande fille qui me plaît tant. Je rongeais mon frein, ne foutais rien, par bonheur le ciel était exécrable. C’était tout moi : plus j’ai du temps plus je le perds.

 

Pour ne pas me concentrer uniquement sur les lents progrès de ma gorge en difficulté de déglutition je grappillais des informations sur le fil de la Toile. La pétulante Roselyne d’abord qui taillait dans son dernier bouquin un costard au Raïs de Républicains qui après un déplacement aux Etats-Unis en septembre 2006, alors qu’il n’était que ministre de l’Intérieur, était revenu «enthousiasmé». «Alors que nous étions quelques-uns à discuter dans son bureau à l'UMP, lui était tout excité», écrit Roselyne Bachelot et il leur déclarait «Les amis, j'ai rencontré Barack Obama, le maire de Chicago [ce qui est faux]. Ce type est le prochain président des Etats-Unis… Bon, vous vous mettez en chasse. Il me faut un Noir, ou mieux, une Noire !».

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Gilles Azzoni, Mas de la Bégude La pipette aux quatre vins, le blog de Philippe Rapiteau Le 30 juillet 2011 

 

« L'endroit est paisible. On y ressent souvent une sorte de sérénité. Gilles Azzoni est vigneron, mais l'on devine qu'en sa compagnie, on pourrait passer des heures, autant pour évoquer l'Histoire, la grande, la Littérature, en échangeant sur nos récentes lectures réciproques, ou pour traiter aimablement de tout ce qui doit renforcer notre sens de l'Humanisme. Entre temps, on pourra apprécier quelques cuvées du cru, parler du Raisin et disserter quant au sexe des Anges !... »

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 06:00
Merci oncle Bernard Maris d’aimer la France « La civilisation commence avec la politesse, la politesse avec la discrétion, la retenue, le silence et le sourire sur le visage »

Je dédie cette chronique à quelqu’un avec qui je partage un attachement profond à Bernard Maris.

 

C’est simple je ne m’en remets pas, son irremplaçable voix, son bel accent chantant, sa drôlerie, son impertinente sagesse me manquent chaque vendredi matin sur France-Inter.

 

Mais oncle Bernard, en une prescience dont lui seul avait le secret, le mardi 16 décembre, en fin de journée, au grand étonnement de son éditeur, Grasset, présentait son nouveau livre pas encore achevé. « Comme toujours il s’est montré charmant, rieur, incisif, convaincant »

 

« Nous nous sommes mis d’accord sur le titre. Et si on aimait la France, sans point d’interrogation, ni d’exclamation – il a insisté. Et sur la date de parution : avril 2015. Puis il est parti dans la nuit.

 

Le 2 janvier, Bernard nous a mailé les pages qui suivent, dont il était content. Elles nous ont plu. Passionnés.

 

Puis Bernard a été assassiné à Charlie Hebdo.

 

En accord avec ses enfants, Gabrielle et Raphaël, nous publions l’ouvrage dans son état originel, inachevé, mais nécessaire. »

 

Oui nécessaire même si ces quelques pages ne comblent pas le vide laissé par la disparition de notre oncle Bernard.

 

Pour le plaisir, tout d’abord une saine envolée de sainte colère, lorsque Bernard Maris fustige de sa plume acérée « les salauds qui conchient la France de bretelles, de ronds-points, de promotions immobilières, de supermarchés, de zones industrielles, d’immensités pavillonnaires parsemées de rues aux noms d’arbres, filles de tristesse d’architectes couverts par leurs maquereaux de promoteurs qui la bétonnent et la goudronnent… »

 

Les Inrocks soulignent à juste raison « De la vieille France qu’il a tant aimée, et toujours épaulée d’une kyrielle de références, Bernard Maris voudrait retrouver la galanterie.

 

« Chacun son camp : le duc de Nemours courtisant la princesse de Clèves, ou la pauvre Adèle de Pot-de-Bouille besognée sans façon par ses patrons. Et entre les deux les mille et une manières du commerce érotique, de Choderlos de Laclos à Henry Miller. Mais dans tous les cas, la galanterie est sublimation d’une pulsion. Ce qui n’est pas facile : les brames de cerf de Patrick Balkany lorsqu’il vit, à l’Assemblée, Cécile Duflot se présenter en jupe, en témoignent. »

 

Que je me sens proche du Bernard – qu’il me permette cette familiarité – qui fait l’éloge de l’amour courtois inventé chez lui, dans le Midi, où « le chevalier troubadour était capable de réciter ou de chanter des vers à sa belle pendant des heures, tandis que celle-ci commençait à se déshabiller partiellement ou peut-être totalement ; il ne la touchait pas. Cette magnifique exacerbation du désir et du contrôle de soi, à l’opposé de la scène porno ou du viol évidemment, me paraît appartenir à l’exception française. »

 

Oui Bernard cette hyper-politesse vis-à-vis des femmes est « une reconnaissance absolue de la supériorité féminine et de l’autorité de son corps, telle que, même dénudé, il impose le respect au mâle sauvage, lequel ayant su se dominer en devient humain… humain comme une femme. »

 

Oui, comme toi j’aime « faire la cour » car comme tu le soulignes : « qui fait « la cour » sinon les princes ? »

 

Dans le film de Jean-Paul Lilienfield, La journée de la jupe, Isabelle Adjani, la prof de français, « poussée à bout par la bêtise ricanante des petits mâles de sa classe, prend celle-ci en otage et exige… une journée de la jupe ! »

 

Pour Bernard, cette journée iconoclaste est tout simplement une journée « où les petits mâles apprendront à calmer leurs ardeurs et à laisser circuler une femme montrant ses jambes ; autrement dit, à voir autre chose dans une femme autre chose qu’un objet sexuel. Une simple beauté par exemple, dotée de belles jambes, ou mieux, une simple femme, dotée de jambes »

 

Femmes je vous aime ai-je écritet bien sûr une en particulier.

 

« À l’opposé de la galanterie, se situe le « respect », mot employé à tort et à travers par la racaille et les crétins. Le « respect » est celui de l’ordre. Si une fille se fait violer dans une tournante, c’est qu’elle a manqué de « respect » en faisant la pute. Si une autre se fait brûler vive, c’est pour le même manque de « respect » envers son petit assassin (…)

 

« La galanterie est une soumission du (présumé) fort au (présumé) faible. Le « respect », c’est la pratique cruelle de l’ordre mafieux. Tous les films sur la Mafia dégoulinent de « respect » pour les parrains, les anciens, les grands frères et le reste. La galanterie est donc, il faut le reconnaître, une des formes de la démocratie. En l’absence de politesse, règne la loi du plus fort. Comme la démocratie, la galanterie est un moment de modestie ; une modestie fine, intelligente, supérieure peut-être, snob souvent… »

 

« Dans tous les cas, c’est une preuve de civilisation. La civilisation commence avec la politesse, la politesse avec la discrétion, la retenue, le silence et le sourire sur le visage.»

 

Merci Bernard, sans doute seront nous taxés d’être vieille France mais, puisque je suis encore de ce monde, j’assume et je pratique sans restriction, sans doute à mon détriment au profit de ceux « qui en ont… »

 

Et puis, comme tu le dis si bien « les français inventèrent massivement, au XVIIIe siècle, la séparation du sexe et de la reproduction. Encore un témoignage de politesse. »

Merci oncle Bernard Maris d’aimer la France « La civilisation commence avec la politesse, la politesse avec la discrétion, la retenue, le silence et le sourire sur le visage »
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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 07:00
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…

L’agence balpop' de notre Florence nationale qui fait partie d’une redoutable bande de filles qui écume, avec votre pauvre taulier qui n’en peut mais, tous les lieux où il fait bon vivre, m’a confié quelques clichés de tronches de vin de ce salon qui met en transes les amoureux de la fine fleur des vins nus pour le plus grand désespoir des «parrains» qui contrôlaient jusqu'ici le territoire.

 

Merci Flo !

 

Que la fête recommence !

 

Et pourquoi pas à Bordeaux… pour mettre fin au Bordeaux bashing...

Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
Galerie de tronches de vin du côté de la Bellevilloise où le sable sous les pavés se dorent les naturistes…
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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 06:00
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…

Les salons, ceux où des manchot(e)s te versent du jaja dans des verres qui n’en peuvent plus d’en voir de toutes les couleurs, à l’image des cérémonies de mariage, y’en a de chiants, beaucoup, et y’en a, peu, très peu, où il règne un p’tit air de fête.

 

« Sous les pavés, la vigne » de rue 89 se place dans cette dernière et belle catégorie : la fête y pète !

 

Vous allez me dire que les vignerons qui font salon à Pantruche n’y viennent pas pour guincher, quoique du côté des naturistes leur pente naturelle – c’est le cas de le dire – est de faire honneur au fruit de leur labeur, ils ne crachent pas sur la fête.

 

Avec « Sous les pavés, la vigne » du sieur Antonin de rue89, ça commence la veille dans un terrier d’altitude  gorgé de belles plantes et hautes quilles, ça turbine deux jours à la Bellevilloise dans la joie et la bonne humeur pour finir en une nuit de pleine lune sur un toit au Lilas : manger, boire et danser !

 

Vaste et beau programme !

 

C’est le supplément d’âme, de cœur, qui fait tant défaut aux cohortes des airs compassés – ne pas confondre avec les cons qui passent – des grands goûteurs hantant les longues allées de stands en carton-pâte des salons de haute extraction.

 

Oui, il fait bon vivre au salon de l’Antonin, on va, on vient, on fait de belles rencontres : pas vrai Lucia, on se parle, on échange, on se boit un très bon café, on goûte une feuille de salade croquante et craquante poussée sur les toits aux bons soins de Nadine et d’Émilie de l’association Veni Verdi, on s’envoie aussi derrière la cravate une belle Cantillon de l’ami Patrick, on engloutit un cookie des belles du Lapin Blanc la Gaëlle et la Claire, y’a même des livres pensez-donc et pas des gros machins papier glacé qui plaisent tant à B&D et, bien sûr ça va de soi, on déguste dans le beau verre siglé rue89.

Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…

C’est très bien organisé, bien orchestré par l’Antonin et sa petite bande Florence et Julien en tête de gondole…

 

Pendant deux jours les 2 niveaux de la Bellevilloise ont été bourrés, c’était plein comme un œuf et, croyez-moi, loin des clichés véhiculés par le blogueur-type cireur de pompes qui ne circule qu’à scooter pour faire jeune, ce n’était pas qu’une longue cohorte de bobos loin s’en faut. Plutôt des gens du cru, de tous âges, plus ou moins convaincus, une sociologie qui dérange les tenants du monopole du vin bien comme il faut, mais qu’ils se rassurent il y avait peu de hipsters en grande tenue pour draguer leurs permanentées.

 

Pour autant, croyez-moi, je ne suis pas béat, je ne gobe pas tout ce qui se fait ou ce qui se dit en cette enceinte, ce n’est pas le genre de la maison d’oublier de discuter, mais face à la mauvaise foi, la hargne parfois, la bêtise souvent, des détracteurs des vins nus je garde mes remarques pour moi, ou plus précisément pour l’ami Antonin qui a le grand mérite de se battre pour des idées auxquelles il croit. Ce n’est pas le cas des qui font des salons rien que pour le pognon.

 

Pour l’heure, au salon d’Antonin de Paris ou de Lyon, je me contente de la fonction de voiturier c’est-à-dire de transporter de belles plantes et de grosses légumes, ça suffit largement à mon bonheur et à mon vieux cœur qui n’a plus rien d’artichaut. Plus de débat pour moi, je me contente d’aimer. Alors vous comprendrez que peu me chaut les « caquètements » de la patrouille de la volaille qui croit faire l’opinion ou des propos rancis d’un aigri qui fait du sous-Choron alors qu’il n’est qu’un Savonarole en peau de lapin. RAB, RAT, les roquets aboient la caravane passe.

 

Ne m’accusez pas de faire du jeunisme. L’âge du compteur, le mien, lourd : 66, comme celui de mes ami(e)s, léger, 25-35, n’a rien à voir avec l’affaire, sauf que, puisque ces derniers sont jeunes, ils représentent une belle part de l’avenir de la consommation du vin et que se contenter de les moquer relève de la stupidité la plus crasse de la part de gens qui se targuent d’être des experts du secteur.

 

Tristes comme des bonnets de nuit nos maîtres de la dégustation, de mes pérégrinations de blogueur, au temps où je fréquentais les déjeuners de presse ou autre joyeuseté du type GJE, je garde un souvenir ému de l’emmerdement maximal de devoir subir les discours pontifiant du ou des maîtres. Chiant ! Convivialité zéro. Et je ne vous dit rien sur l’alcoolisme mondain de cette engeance mâle et précieuse.

 

Oui dans la taverne d’Antonin nous buvons de bons coups, nous ne crachons pas sur le désir d’ivresse, nous faisons la fête, nous donnons au vin sa vraie place, nous ne nous contentons pas de gloser, au cours de Master Class, en langage choisi, sur des vins de « haute extraction » au compte en banque bien garni.

 

La culture du vin, dont on nous rebat les oreilles pour justifier la place particulière de cette boisson dans l’univers des boissons alcoolisées, se vit au présent dans un nouvel écosystème où la fête, la vraie, retrouve la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Trop de mots, de notes sur le vin tuent le cœur et l’âme du vin en le rabaissant au niveau d’un produit purement marchand : de luxe ou à 2 balles dans les murailles de la GD.

 

Bonjour l’ambiance !

 

Les grands maîtres vont grincer des dents pendant que nous on se marre !

 

Oui l’ambiance ça ne se décrète pas, ça se créé et, que ça plaise ou non à nos grands guides à la triste figure, du côté des naturistes la fête est inscrite dans leur ADN.

 

Et du côté du vin, croyez-moi, ça goûte bien comme dirait mon ami Jean-Christophe Clément.

 

Même que les filles de Cuisine&Vins de France sont tombées sous le charme d’Antonin « Toute l'équipe du service vins de Cuisine et Vins de France s'est rendue à la troisième édition du salon Rue89 qui se tenait les 3 et 4 mai 2015 à la Bellevilloise à Paris. » 

Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
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Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
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Comme un p’tit air de fête sous les pavés de rue89 où les vins nus montraient le cul de leurs quilles…
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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 06:00
Le bon berger Michel Bettane remet le mouton noir que je suis dans le droit chemin pour le plus grand bien d’Olivier de Moor vigneron à Courgis Basse Bourgogne

Selon Michel Bettane dans ma relation sur mon blog de son échange avec Olivier de Moor vigneron à Chablis… j’ai instrumentalisé le débat.

 

En effet, dans son dernier éditorial de Mybettane+dessauve Le magazine du vin, daté du 5 mai «Quand l’aveugle voit clair et juste» il écrit :

 

« J’ai reçu récemment d’un vigneron de Chablis un petit mail m’avertissant de sa décision de ne pas présenter son vin à la dégustation comparative que nous organisons chaque année avec le bureau interprofessionnel pour le guide annuel Bettane +Desseauve et où il me donnait les raisons de sa décision. Il s’en est suivi un échange privé que je l’ai autorisé à envoyer à un blogueur de ses amis car le sujet était fort intéressant.

 

Ce blogueur s’est révélé être Jacques Berthomeau, qui s’en est servi pour instrumentaliser ce débat au service de sa dénonciation du travail de la presse actuelle du vin et de sa volonté de creuser les oppositions entre celle-ci et le monde de la viticulture. »

 

Alors j’ai relu ce que j’écrivais ce jour-là :

 

« Le grand débat ouvert dans les années 2000 par un rapport iconoclaste et un nouveau président de l’INAO tout aussi iconoclaste est-il définitivement clos ? La messe est-elle dite ? Amen ! Plus précisément l’encre des cahiers des charges, la partition, est sèche, et l'interprétation semble bien codifiée.

 

Tout va très bien dans le meilleur des mondes des AOC-IGP, circulez y’a rien à voir les gardiens du temple, contrôleurs extérieurs ou intérieurs, veillent sur le bel édifice où sont logés les signes de qualité.

 

Vive la norme ! Bien sèche, bien rigide, haro sur les espaces de liberté et les va-nu-pieds qui les ont créés. Je ne veux voir qu’une seule tête ! Tout le monde doit avoir un air de famille, la même identité ! Dilution : sur le lisse tout glisse !

 

Ça rassure la masse, ça conforte le pouvoir des chefs, ça exonère la puissance publique de sa mission de gardienne de l’intérêt général qui n’est pas la somme des intérêts particuliers, mais ça ne tient pas debout car tout cela ne peut pas tenir car les murs trop rigides finissent par se lézarder avant de s'écrouler sous les coups de boutoir des nouveaux barbares.

 

Nous courons vaille que vaille derrière les nouveaux barbares, en nous délestant bêtement de nos armes et de nos bagages, ce qui a fait notre force, notre originalité, notre authenticité, mais croyez-moi nous ne les rattraperons pas car ils n’ont pas, eux, de fers aux pieds.

 

Dans le grand barnum mondial formaté ouvrir des espaces de liberté, de créativité, c’est redonner corps et âme à ce que furent à l’origine les AOC, des lieux où les faits, les pratiques ont précédé le droit. S’exonérer des bonnes questions, y compris techniques, matériel végétal, moyens de protection du vignoble, et des moyens d'exploitation (ce dernier terme est un gros mot, mais révélateur quand même), c’est pratiquer la politique de l’autruche.

 

Tout figer c’est momifier !

 

Reste que ceux qui furent et sont encore des novateurs, des créateurs, sont bien isolés, bien dispersés pour faire entendre leur voix. Ils résistent au croskill niveleur, mais pour combien de temps encore ?

 

L’échange qui suit entre Olivier de Moor vigneron à Courgis et Michel Bettane, avec la permission de celui-ci : « Mais bien entendu il vous est tout loisible de faire reprendre ce court échange. Je vous saurais gré de m'envoyer le contenu de cette reprise quand même! » me semble bien refléter le fossé d’incompréhension qui se creuse entre deux mondes… »

 

Je vous laisse juge de ma soi-disant instrumentalisation du débat qui « n’est pas particulièrement sympathique » mais conforme à mon droit et à ma liberté selon Michel Bettane.

 

Constater qu'un fossé d'incompréhension se creuse entre 2 mondes doit sans doute être la preuve de ma volonté de creuser les oppositions entre la critique et le monde de la viticulture.

 

Don’t acte

 

Je laisse le soin à Michel Bettane de revenir ICI sur ce sujet important – la dégustation comparative – « qui est au cœur du travail d’information, définition même de mon métier. Métier que mes collaborateurs et moi-même essayons chaque jour d’exercer dans le respect le plus strict des intérêts matériels et moraux du public.»

 

Mon seul souhait c’est que Michel Bettane n’oublie pas de nous faire part aussi de ses réponses aux questions d’un autre vigneron : Jean-Yves Bizot qui avait pris part, de manière argumentée, au débat. « Jean-Yves Bizot, vigneron à Vosne-Romanée, suite à l’échange entre Olivier de Moor et Michel Bettane, interroge ce dernier. »

 

Merci par avance

 

« Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. » Albert Camus…

 

En tant que tout petit blogueur je me permets de souligner que les 2 chroniques citées ont déclenché un important trafic sur mon site preuve s’il en était que la prise de parole de vignerons intéresse autant qu'elle dérange…

 

Affaire à suivre…

 

Pour la photo l'image du cantonnier des bords de  chemins vicinaux me va bien...

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 06:00
Bordeaux Connection : une enquête haletante au cœur de la mafia des grands crus… Benoist Simmat le Roberto Saviano de Bordeaux ?

Un livre dans ma boîte aux lettres, un service de presse avec un titre qui claque !

 

« Bordeaux Connection : une enquête haletante au cœur de la mafia des grands crus »

 

Le poids des mots : Bordeaux Connection et mafia des grands crus ça sentait le soufre, le pain de dynamite, le froid contrat, comme dans le Gomorra (Gomorrhe + Camorra = Gomorra) de Roberto Saviano un «romanquête» écrit à la première personne. Un livre sur les activités de la Camorra qui donnait sans ambages les noms de tous ses parrains, démontait principalement le clan Casalesi, citait des noms et des faits, dressait la liste des 3600 morts attribués à la Camorra depuis la naissance de l’auteur, et rendait hommage aux innocents assassinés. C’était aussi un cri : celui d’un Napolitain ayant vu son propre père être victime de la Camorra.

 

En septembre 2006, quatre mois après la parution du livre en Italie, Roberto Saviano invectivait nommément des chefs de la Camorra lors d’un rassemblement anti-mafia… à Casal di Principe, un des fiefs des Casalesi :

 

« Michele Zagaria, Antonio Iovione, Francesco Schiavone, vous ne valez rien... »

 

Depuis ce jour-là, Roberto Saviano vit avec une protection policière, partout, tout le temps.

 

Le communiqué de presse accompagnant le « brûlot » sur la mafia de Bordeaux, sur un autre registre, en remettait une louche en puisant dans l’imaginaire populaire des années 30 en parlant des « 200 familles » de la place de Bordeaux « une caste discrète et puissante s’est emparée de ce joyau économique pour le faire fructifier », sous-entendu à leur unique profit. « En s’affranchissant de la réalité économique pour multiplier leurs gains, les industriels propriétaires des grands crus dilapident un trésor national par-delà nos frontières, dans les pays qui « fabriquent des milliardaires. »

 

Ouille, ouille, ça fleurait bon le jet en pâture au petit peuple des profiteurs… C’est vendeur en ce moment !

 

Je rappelle pour les petites louves et les petits loups qui ont zappé les cours d’Histoire que les « 200 familles » c’est un slogan a lancé par Édouard Daladier, président du Conseil, lors du Congrès radical de Nantes en 1934 : « Deux cents familles sont maîtresses de l'économie française et, en fait, de la politique française. Ce sont des forces qu'un État démocratique ne devrait pas tolérer, que Richelieu n'eût pas tolérées dans le royaume de France.

 

L'influence des deux cents familles pèse sur le système fiscal, sur les transports, sur le crédit. Les deux cents familles placent au pouvoir leurs délégués. Elles interviennent sur l'opinion publique, car elles contrôlent la presse. »

 

Les 2 rives de la Gironde seraient-elles le terreau d’un remake de la lutte des classes ?

 

« Lutte âpre pour mettre la main sur les précieuses marques, classements bidons, absence de culture environnementale, inféodation à un « goût mondial » charpenté et alcoolisé, rupture avec le public d’amateurs français, imposture des foires aux vins, impuissance devant la contrefaçon… »

 

N’en jetez-plus des têtes vont bientôt se retrouver juchées sur des piques plébéiennes car la «révolte gronde dans les « petits châteaux bordelais» ! sous le regard goguenard des « grands crus californiens, argentins ou néozélandais (qui) dépassent en qualité les grands Bordeaux. »

 

Le début de la fin ?

 

Du pur Bordeaux bashing, c’est Bernard Farges qui allait être vénère tout comme ce pauvre Hubert « qui revendique un fort attachement au terroir, se dit avant tout vigneron, lui qui, raconte-t-il, a reçu des mains de son père un sécateur à l’âge de sept ans. »

 

Du lourd, du très lourd, de la chevrotine, que je me disais dans ma petite Ford d’intérieur, de quoi provoquer l’ire du cireur de pompes qui vole au secours des puissants qui ne lui ont rien demandé, et, lorsque j’entreprenais ma lecture, j’imaginais déjà l’auteur, Benoît Simmat, sollicitant la haute protection du RAID…

 

Très vite je fus rassuré, le ton était de bon ton, de très bon ton, sympathique, gentil même, guilleret, du même monde, pas un mot au-dessus de l’autre, les soi-disant « parrains de la mafia des grands crus » se retrouvaient décrits tels qu’en eux-mêmes, des hommes d’affaires faisant des affaires ni plus, ni moins, en Chine bien sûr, avec leurs cravates Hermès qui plaisent tant à la belle-mère de Denis Saverot. De la suffisance certes, du contentement de soi souvent, pas forcément une petite bande avec qui j’aimerais fêter mon anniversaire, à une ou deux exceptions prêts dont je tairais les noms pour ne pas les compromettre, mais pas de quoi la qualifier de Mafia faisant main-basse sur les bijoux du bordelais ; plutôt une flopée de vrais opportunistes qui, face au populo ébahi, s’accrochent généreusement des médailles, comme le faisait la nomenklatura de l’ex-URSS, pour des batailles facilement « gagnées »… Pas de quoi me faire tomber en pamoison !

 

Comme je suis un bon petit soldat de la lecture j’ai tout lu.

 

Pas de quoi fouetter, ni un chat, ni un Grand Maître de la Commanderie du Bontemps, ni le premier Jura de la Confrérie des vins de Saint-Émilion, ni un patron du CAC 40, ni Philippe Casteja, ni Jean-François Moueix, ni un directeur à poigne d’un grand château… ni moi…

 

C’est soft !

 

Très !

 

Très Ferret, pas l'éditeur mais le bac à sable des petits et grands squales des 2 Rives...

 

Parfois même c'est un peu chiant : le financement du Louvre du maire et  les couplets sur l’œnotourisme… ou un peu réchauffé : le marronnier du clan des Winemakers…

 

Attention chers lecteurs, tout n’est pas bon à jeter dans ce livre, loin s'en faut, il y’a de la matière, des infos, des infos chiffrées : le prix d'un Michel Rolland, d'un Hubert ou d'un Derenoncourt, des anecdotes à la pelle ça fait très initié, des histoires plus ou moins connues, de l'Histoire, mais rien de très décoiffant, l'auteur est toujours dans l'évitement lorsqu'il aborde ce qui fâche et les obscurités des fonds où frayent les grands squales. Faut pas fâcher !

 

Benoist Simmat peut dormir tranquille tout comme notre Ministre de l’Intérieur qui ne sera pas obligé de distraire ses gardes rapprochés, en effet notre « journaliste d’investigation » qui prommettait de nous tenir en haleine comme dans un roman noir d'Ellroy ne finira pas pendu au croc de boucher « promis par les poids lourds du négoce » à « l’impertinent Frédéric Engerer » le directeur de Latour… pour avoir zappé les Primeurs.

 

Bref, comme je ne suis vraiment pas le public-cible de ce genre de livre je n’irai pas au-delà dans ma relation de mes impressions de lecture qui, je le concède aisément, sont assez minces.

 

Mais étais-je vraiment le bon destinataire de ce service de presse ?

 

En effet, la dédicace de Benoît Simmat est adressée à une certaine Catherine qu'il semble fort bien connaître...

 

Comme je ne veux pas que celle-ci soit frustrée et comme les éditions sont sises au 12 avenue d’Italie, à deux pas de chez moi, dès que j’aurai quelques minutes à distraire, je ferai un saut à vélo pour rendre le livre afin qu’il soit adressé cette fois-ci à la dite Catherine.

 

Un détail, à propos des « soudards aux portes de Soutard » dans le livre, mes retraites complémentaires AGIRC-ARRCO me sont versées via AG2R-La Mondiale nouveau propriétaire du château Soutard à Saint-Émilion, alors mon cher François des Ligneris lorsque je touche mon chèque chaque mois je pense à toi et je me dis que je suis, d’une certaine façon, un petit et riche propriétaire de Saint-Émilion… un homme de main de la Mafia somme toute… ça devrait plaire à notre Hubert... 

Bordeaux Connection : une enquête haletante au cœur de la mafia des grands crus… Benoist Simmat le Roberto Saviano de Bordeaux ?
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