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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 06:00
Le Montebore un délice au lait cru sauvé de la disparition par Maurizio Fava de Slow Food…

Chez Alessandra c’est la caverne d’Ali Baba et j’adore y chercher et y trouver un nouveau trésor : aujourd’hui c’est le Montebore.

Le Montebore est produit par la Cooperativa Vallenostra dans la province d'Alexandrie. On doit le sauvetage de ce trésor à Maurizio Fava du Presidìo Slow Food local qui a convaincu Carolina Bracco, l’ultime dépositaire de la technique traditionnelle d’en continuer la production et qui lui a redonné une audience mondiale à partir de 1999.

 

Il gagne son surnom, le «gâteau de fromage de mariage », de son format inhabituel en niveaux, en effet de multiples couches de plus en plus petites dimensions sont empilées les unes sur les autres.

 

La légende veut que le Montebore soit né en 1489, lorsqu’il a été servi lors du banquet de mariage à Tortona d'Isabelle d'Aragon et Gian Galeazzo Sforza, le fils du duc de Milan. Leonard de Vinci était présent au repas où le Montebore fut l’unique fromage invité à cette noble table.

 

Mais la vérité historique veut que ce sont des Bénédictins de Santa Maria di Vendersi, dont l’abbaye est située sur le mont Giarolo situé au confluent de trois vallées : Grue, Curone e Borbera, qui le préparaient déjà du IXe au XIe siècle. Le Montébore est un mélange à 75% de lait de vaches Brune Alpine, Tortonesi, Genovesi et Cabannina et de 30% de lait de brebis.

 

Le Montebore a donc été pendant de nombreux siècles mais après la Seconde Guerre mondiale, avec la migration des éleveurs des vallées reculées vers les villes, et de l'industrialisation de la fabrication fromagère, il a été menacé de s’éteindre entièrement une fois que la dernière productrice, Caroline Bracco,aurait disparu.

 

 

En 1999 cependant, Maurizio Fava, du Présidium locale Slow Food, et Roberto Grattone, un jeune fromager, l’a convaincue de leur apprendre à fabriquer le fromage. Roberto, avec l'aide d’Agata Marchesotti, produit maintenant le Montebore en quantités suffisantes pour qu’il puisse être exporté au-delà des frontières de l'Italie.

 

 

Fabriqué avec 70% de lait de vache et 30% de lait de brebis, cru, qui est seulement chauffé à une température de 36 °C à laquelle est ajoutée la présure. La rupture du caillé s’effectue après une heure. Il est d’abord moulé dans plusieurs diamètres, retourné plusieurs fois, salé au sel, de mer, puis assemblés en couches 3 et parfois plus, puis lavé avec de la saumure, avant de vieillir pendant un maximum de deux mois. Avec l’âge la croûte se développe et les couches fusionnent en donnant au Montebore sa forme caractéristique de « gâteau de fromage ».

 

La croûte du Montebore a maturité est blanc grisée, légèrement plissé.

 

Il peut être consommé frais, 20 jours, les amateurs apprécieront le goût sucré, texture douce et moelleuse.

 

Après 40/60 jours le Montebore est considéré en moyenne maturité.

 

Après 4/5 mois il est considéré comme très mature. La pâte est dense, marbrée, d’une saveur laiteuse, salée, avec une pointe d‘amertume.

«Le Montebore n'a pas peur des accompagnements risqués, tant il est sûr de son honnêteté: avec des poires caramélisées et piquantes de gingembre ou de piment, il peut révéler son âme étrangement courageuse. Avec de la "sbrisolona" salée de fèves et amandes (une sorte de crumble), il découvre son âme appétissante. Avec le "capunet", sorte de roulé à base de viande de cochon et choux vert, il devient sauce. Il aime accompagner les tartes de courge, qui relève en sapidité et aussi celles d'artichauts, courgettes , cardons.»

Badde Nigolosu est notre Cru, un amphithéâtre naturel assis sur les collines les plus hautes dans la commune de Sennori. Badde Nigolosu est le nom de notre terroir en Romangie

Badde Nigolosu est notre Cru, un amphithéâtre naturel assis sur les collines les plus hautes dans la commune de Sennori. Badde Nigolosu est le nom de notre terroir en Romangie

« Si être un Homo Sapiens Sapiens signifie regarder mais ne pas observer, manger mais ne pas découvrir les goûts, entendre mais ne pas écouter, sentir sans flairer… alors je suis fier d’être Homo sapiens, sans plus. Mais je me sens un animal au même titre que les autres animaux, faisant partie intégrante de la Terre et de l’Univers et je veux être un animal avec le minimum de raison indispensable à ma liberté. C’est pour cela que je fais du vin… et c’est pourquoi je le fais en utilisant des méthodes que j’ai appris de mes aïeux et qui rapprochent de ce que je suis : un animal instinctif.»

 

« Je ne recherche pas les demandes du marché, je produis des vins qui me plaisent à moi, des vins de ma terre, les vins de Sennori. Ils sont ce que je suis et ne sont pas ce que tu voudrais qu’ils soient. »

 

Alessandro Dettori – 1998 – Vignaioli, Artigiani del Vino e della Terra

 

POURQUOI NE DÉCLARONS-NOUS PAS NOS VINS EN DOC?

Toutes les définitions officielles du terme Terroir affirment globalement le même concept : “Le Terroir est une aire géographique délimitée d’où proviennent des produits de la Terre qui sont unique, originaux et inimitables, cela grâce à l’interaction de facteurs géologiques, climatiques, culturels et humains”.

 

Le Terroir est donc une aire géographique délimitée. Et c’est une des raisons pour lesquelles nous réfutons la DOC généraliste italienne. Par exemple, que veut donc dire Cannonau de Sardaigne Doc ? La Sardaigne est considérée des géologues et des biologistes comme un véritable « Continent », et, le Cannonau issu de trois différents terroirs du domaine est forcément différent qu’il provienne de l’un ou l’autre.


Si déjà, c’est tellement différent d’un terroir à l’autre dans un même domaine, il n’est pas compliqué d’imaginer les différences sensibles que peuvent présenter des Cannonau produits dans des zones distantes entre elles de centaines de kilomètres.
La DOC est certainement née avec un esprit très noble mais, les années passant, les choses ont changés : les vins sont vendus uniquement parce qu’ils affichaient une DOC et non plus pour l’estime et la confiance qu’on avait pour le Producteur et plus encore pour la qualité intrinsèque de ses vins.

 

C’est pour cette raison que nous avons décidé une fois pour toutes de ne pas revendiquer la DOC sur nos étiquettes mais bien de lui préférer une appellation bien délimitée, soit l’IGT Romangia, cette appellation na faisant appel qu’aux vins qui sont produits sur les communes de Sennori et de Sorso.

 

Quand la définition du Terroir affirme «produits de la Terre uniques, originaux et inimitables », ceci signifie qu’un vin de Terroir devrait être reconnaissable. Et hélas, de plus en plus, je bois des vins dont je réussis péniblement ou pas du tout à en comprendre l’origine. Serait-il du nord Italie ? Du Sud? Serait-il Australien ?
Le raisin est toujours différent en son terroir mais pas les intrants qui sont utilisés presque unilatéralement pour la production de raisin et de vin : les engrais au vignoble, enzymes, les levures sélectionnées, les tannins ajoutés, et tous les autres produits de manipulation sont les mêmes, partout dans le monde.

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 06:00
Captation de notoriété, par Inter Beaujolais, des vins refusés d’Isabelle Perraud cotes de la molière qui se rebiffe et sort ses griffes !

Le paradoxe des vins nature est que leur niveau de son médiatique est inversement proportionnel à leur poids dans la masse des vins produits sur notre petite planète.

 

Ça énerve beaucoup de monde surtout les grands chefs de tribu.

 

Ça permet à certains, dont le prolifique Pr Tiron, d’aligner 1 paquet d’affirmations non-fondées au cm2, du style « l’étonnant paradoxe qui fait du vin « nature » un des pires ennemis de la Nature »

 

« Non, c'est bien en cave que se pose le problème, et il ne concerne que les vins "nature", pas les vins bio qui, comme la plupart des autres vins, supportent des montées jusqu'à vingt, vingt-cinq degrés**** sans trop perdre de leurs qualités. Selon tous les spécialistes du genre, ces vins non stabilisés, éminemment fragiles, doivent impérativement être conservés à une température inférieure à 14°C (si l'on s'en tient au chiffre mis en avant par feu Marcel Lapierre) sous peine de partir en vrille.

 

Et c'est là que le bât blesse. Garder nos vins à 14°C, cela implique une multiplication des armoires de stockage réfrigérées mais aussi de système de conditionnement d'air de plus en plus massifs dans les chais, les restaurants et les boutiques. Tout cela est évidemment terriblement énergivore et donc terriblement polluant. Et aboutit donc à cet étonnant paradoxe qui fait du vin « nature » un des pires ennemis de la Nature. Cela doit-il nous empêcher d'en boire? Je ne crois pas, il y a d'autres « gisements d'économie », mais il est intéressant de mesurer de la conséquence de chacune de nos décisions quotidiennes. »

 

Un élève de CM2 nul en arithmétique démonterait, chiffres en main, le soi-disant paradoxe avec la même facilité qu’il le ferait avec ses Lego.

 

Toujours la paille et la poutre… quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage…

 

Laissons-là ces broutilles sans grand intérêt sauf pour l’intéressé.

 

La petite musique, qui monte qui monte, de la petite bande des vignerons des vins nus irrite les oreilles de ceux qui sont assis sur le couvercle de la cuve. Ça les emmerde car ça mets à mal le verrouillage de la dégustation des aveugles. Ça les exaspère comme un grain de sable dans leur godasse. Ils gigotent, se tortillent en tous sens, tempêtent et pourtant les communicants de leurs zinzins interprofessionnels, en mal de recherche de notoriété, ce pourquoi ils sont payés, lorgnent, louchent, lorgnent vers ces déviants.

 

Isabelle Perraud, du domaine cotes de la molière, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui dégaine sur les réseaux sociaux plus vite que Lucky Luke, nous conte son aventure qui confirme mon analyse initiale. ICI et ICI 

 

« Il y a quelques semaines, nous avions été contacté par l’agence de com de l’Inter Beaujolais pour nous demander si nous serions d’accord afin qu’ils tournent un film chez nous au moment des vendanges pour, selon leur propre mots, remonter l’image du beaujolais… (Me demandez pas ce que c’est que L’inter Beaujolais, je n’y ai jamais rien compris. Y a les vignerons d’un côté et le négoce de l’autre mais les uns ne peuvent pas se passer des autres qui disent que c’est la faute des uns et les autres qui disent que c’est la faute des autres… Qui est responsable de quoi et avec qui? Ma foi, je n’en sais rien).

 

Revenons à nos moutons :

 

Mon étonnement fût étonnamment grand ???

 

Et mon incompréhension totale.

 

En fait je me demandais s’ils savaient bien à qui ils s’adressaient?

 

Ils s’étaient sans doute trompés de numéro de téléphone?

 

Non.

 

C’était nous. Les Perraud. Nous, qui voyons nos vins refuser aux agréments tous les ans (oui, TOUS)

 

Ce n’est pas l’Inter Beaujolais qui donne les agréments. Evidemment.

 

Mais si je parle de la non-conformité de mes vins, c’est parce que je ne comprends pas pourquoi on veut mettre en avant un vigneron qui a des vins non conformes à l’appellation pour remonter l’image du beaujolais?

 

Et que si cette conformité ou non n’a pas tant d’importance que ça… pourquoi existe-t-elle?

 

C’est sûr qu’aujourd’hui, vaut mieux être, comme nous, parmi la minorité qui perturbe que parmi la majorité qui souffre.

 

Parce qu’en Beaujolais, la majorité souffre.

 

Les vins « naturels », c’est vrai, c’est un concept vivant, une manière de le dire et de le vivre.

 

Dire qu’on n’est pas d’accord.

 

Avec nos vins.

 

Je défends le Beaujolais, tout le Beaujolais, tous les jours, avec passion et conviction

 

Comme Isabelle, dans la difficulté je me suis mobilisé pour le Beaujolais dès 2010 Opération Beaujolais «Grand Corps Malade» : constitution d’une «Task Force» 

 

Dès cette époque Isabelle me déclarait avec sa conviction et sa fougue habituelle :

 

« On est fort en beaujolais: on continue à parler de nous, même quand la crise est au plus fort, quand on dit que plus personne ne veut acheter du beaujolais! Ça fait presque 20 ans que la crise est arrivée dans notre région. On n'a pas voulu la voir faisant une confiance aveugle aux négociants et étant persuadé que le consommateur ne pourrait pas se passer de boire de Beaujolais... Et ça m'énerve aussi un peu quand j'entends les vignerons des crus qui accusent le Nouveau d'être la cause de leur malheur. Ils n'avaient qu'à se bouger un peu...réagir quand le beaujolais avaient encore la cote...au lieu de ça on déclassait des beaujolais villages ou des crus en Nouveau! Et oui, parce qu'en beaujolais, les rendements autorisés étaient supérieurs... » Et de conclure : « Arrêtons de compter sur les autres pour s'en sortir? Il faut que chacun se sente enfin responsable de sa cave et de son vin et prenne le courage de mettre son nom sur la bouteille et d'aller le vendre. Arrêtons de se justifier d'être en beaujolais. Soyons fier de notre région, de nos vins. Jamais je n'ai à m'excuser d'être en beaujolais : c'est à prendre ou à laisser! On y trouve des vins magnifiques de fruit, de fraîcheur et de caractère. Vive le beaujolais! »

 

Étonnant non !

 

Là se situe le vrai paradoxe : comment peut-on mettre en avant dans un petit film, les vignes bio des Perraud, travaillées et enherbées. « Parce que ça passe mieux à l’écran. Faut de l’herbe, mais pas trop. Mais y en faut un peu. C’est mieux pour l’image. » note malicieusement Isabelle et rejeter de l’appellation les vins qu’ils ont fait avec leurs beaux raisins sains ?

 

C’est un peu comme si les communicants de notre grosse Éducation Nationale mettaient en avant des élèves qui ne suivraient pas les chemins balisés par les programmes scolaires, la pédagogie normée, qui auraient de bons résultats mais n’en seraient pas pour autant récompensés par le diplôme officiel.

 

Étonnant non !

 

Je comprends et je partage la juste colère d’Isabelle face à une telle hypocrisie.

 

Alors Isabelle et Bruno, comme beaucoup d’autres vignerons, tenir bon, faire front, résister, certes c’est difficile, mais la satisfaction du travail bien fait, reconnu et apprécié par les seuls qui comptent : les consommateurs de vos vins qui ne suivent pas les autoroutes ordinaires, mais les charmants chemins de traverse, est une puissante motivation.

 

L’initiative d’Inter Beaujolais est un premier aveu de faiblesse, le front se lézarde, le bloc monolithique s’effrite, le jour va venir où les ouvriers de la 25e heure vont voler au secours du succès et là, je le crains, d’autres ennuis seront au rendez-vous.

 

Mais n’anticipons pas nous sommes aujourd’hui le jour de la libération du fameux du Beaujolais Nouveau : le 3e jeudi du mois de novembre, alors foin des dégustateurs niveleurs, héritiers de ceux qui ont précipités le Beaujolais dans l’ornière, tous à nos tire-bouchons !

 

L’an dernier au Lapin Blanc c’était le beaujolo nouveau du petit Téo que nous débouchions : Isabelle à un beau cœur c’est aussi pour ça que nous l’aimons autant que son vin…

 

Place à la fête des grands cœurs !

 

« Déguster, c’est comparer, c’est donc à la base connaître.

 

Pour connaître, il faut multiplier ses investigations en observant, en notant ses impressions. Mais il faut aussi savoir que nos sens sont imparfaits, et que pour les rendre fidèles, la volonté, l’attention sont indispensables. Les temps aidant, car l’expérience est longue, la dégustation réfléchie procure au dégustateur, s’il porte en lui l’amour du Beau, du Vrai et du Vin, la joie profonde de pénétrer dans ce domaine où la nature se plait à concentrer son Génie »

 

Jules Chauvet

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 07:00

photoplomb.jpg« Le 14 mai 1977, via De Amicis à Milan, un jeune homme portant un passe-montagne, un jean à pattes d’éléphant et des bottines tend les bras en position de tir, un pistolet dans les mains. La photo a fait le tour du monde. A peine une semaine plus tard, Umberto Eco écrit qu’il faut garder cette image à l’esprit, qu’elle deviendra représentative de notre siècle. Elle est l’emblème de l’affrontement qui met l’Italie à feu et à sang, le cliché symbole de 1977, d’une « génération perdue » dans la violence d’une année où auront lieu 42 homicides et 2128 attentats politiques.

 

 

Je feuillette Le Nouvel Observateur et la voici, en grand format, bien nette, en introduction d’un article consacré aux « années de plomb ». Tout le monde connaît cette image, elle est très forte, pour certains elle est même devenue une icône. Pour beaucoup, elle représente la défaite définitive des idées, de la contestation ; d’autres se réjouissent, y voient la force, la rébellion. Tout le monde s’arrête sur cette image.

 

Mais il faudrait la retourner, la regarder de derrière, la pénétrer. On découvrirait un monde complexe, qu’il faut analyser. 

 

Sur la fameuse photo, on voit un garçon portant un passe-montagne foncé qui se penche et ture avec un Beretta calibre 22. 

 

« C’est Ferrandi ? – Non, lui, c’est Giusseppe Memeo, il n’a tué ton père, là il n’a que 18 ans, c’est la première fois qu’il tient un pistolet mais, en 1979, avec les Prolétaires armés pour le communisme, le groupe du fugitif exilé à paris Cesare Battisti, il a tué l’orfèvre Pierluigi Torregiani et l’agent de la Digos (l’équivalent des RG) Andrea Campagna. Pendant la fusillade devant leur magasin à la Bovisa, à Milan, le fils de Torregiani, Alberto, a également été touché. Il était adolescent. Depuis il vit dans un fauteuil roulant, hémiplégique. »sur la photo, c’est la scène finale, les jeunes gens sont en fuite, ton père a déjà été touché. Ils sont devant le 59 de la via De Amicis, où il y a un grand magasin de reprographie. Mais si on regarde le cliché avec attention, de l’autre côté de la rue, à moitié caché par un arbre, on voit un autre photographe, Antonio Conti. La clé pour comprendre l’homicide se trouve sur les photos que cet homme, parent d’Oreste Scalzone, (co-fondateur avec Toni Negri de l’organisation d’extrême-gauche Potere Operario), a cachées pendant douze ans dans un livre, dans sa chambre à coucher. »

 

Ce texte me remémorait toute la complexité de cette période. Lorsque j’avais débarqué dans cette semi-clandestinité j’avais été frappé par le sérieux des militants, à cent lieues des petits frelons de la Gauche Prolétarienne enfants de la bonne bourgeoisie intellectuelle. Là, à côté des intellectuels il y avait de vrais ouvriers travaillant dans les usines, formés à la lutte, rudes, sombres, tristes, déterminés, inaccessibles à toute forme de pitié. Et puis dans le livre de Mario Calabresi ce qui me frappa c’est le peu de place donné aux victimes : « dans les grandes librairies, il y a toujours un rayon consacré aux « années de plomb », parfois même un grand rayon. Il s’agit pour la plupart de livres écrits par des terroristes, présentant une multitude de points de vue, mais de leur côté. D’autres ouvrages reconstituent l’histoire du terrorisme, mais quasiment aucun ne parle des victimes, des gens qui sont morts, de leur travail. Il y a quatre ans, un petit livre de mémoires fin et délicat, écrit par Agnese Moro, a eu un certain succès. Il m’a semblé qu’il jurait dans les rayons, tellement il était différent. » Ce fut une vraie guerre intérieure, implacable, sans merci, inexpugnable à laquelle je n’ai pas participé mais que j’ai pu observer comme le faisait les vrais correspondants de guerre, de l’intérieur.

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 06:00
De sang-froid : l’exécution d’Aldo Moro par les Brigades Rouges

Ce matin-là, il a enlevé le survêtement de gymnastique et a revêtu le costume sombre qu’il portait le 16 mars (jour de son enlèvement)

 

- J’étais là, Moro n’avait pas à me dire adieu…

 

- … Moro savait qu’il avait été condamné à mort, il était au courant de l’ultime tentative, il savait qu’il n’y avait pas eu de réponse, il savait que c’était la fin. Il n’a pas été trompé. Je lui ai dit de se préparer parce que nous devions sortir. Vous n’imaginez pas ce que quelqu’un peut éprouver en pareille situation. J’avais beau me dire qu’il s’agissait d’une décision politique, qu’elle était inévitable, que nous l’avions prise collectivement, que nous n’étions pas responsables s’il n’y avait pas eu de négociation… Le temps de la réflexion était arrivé à son terme. Quelqu’un devait maintenant prendre une arme et tirer.

 

- Vous ?

 

- ​Oui.

 

- … J’en parle pour la première fois, je ne l’ai jamais fait, pas même avec mes camarades. Ce n’était pas dans nos habitudes. Mais cette fois-ci, c’est différent. Il ne me semble pas juste de laisser indéfiniment le poids de cela sur d’autres personnes, même si politiquement et judiciairement ça ne compte. Quand j’ai décidé de faire avec vous ce travail sur les années de la lutte armée, j’ai décidé, en même temps, que je ne me tairais plus sur rien et que je prendrais mes responsabilités pour ne laisser non seulement aucune zone d’ombre, mais pour qu’aucun élément important ne soit encore dissimulé dans cette histoire. Les camarades qui ont les mains propres… ils ont bien de la chance de s’en être sorti comme cela. Pour ma part, j’ai bien plus de respect pour ceux qui ont pris la responsabilité de frapper quand il avait été décidé de frapper, de tuer quand il avait été décidé de tuer, bref, ceux qui ont endossé la responsabilité des actes d’une guerre assumée, mais aussi le poids des blessures dont ils ne se débarrasseront pas pour le restant de leur vie. Et c’est bien qu’il en soit ainsi.

 

- Pour vous aussi, c’est comme cela ?

 

- ​Voudriez-vous que tout cela ne m’ait pas marqué ? Je porte ce passé en moi, et je le revendique même, il m’appartient autant que tout le reste. On en parle parce que ça concerne Moro, mais que croyez-vous, cela a également été lourd à porter pour les autres, de tirer via Fani (là où Moro a été enlevé). Pour moi, cela a même été pire, parce que Moro, je le connaissais, j’avais passé cinquante-cinq jours enfermé avec lui… Les agents de son escorte, nous ne les avions jamais vus en face. On dit souvent que la mort d’un ennemi anonyme est supportable, allez savoir si c’est vrai...

 

- Même si c’est vraiment, ce n’est pas juste.

 

- C’était une guerre. Si cela avait été possible, si la plus petite ouverture s’était présentée, nous aurions épargné Moro. Je suis en paix avec cet homme.

 

- Vous êtes en paix avec toute cette histoire ?

 

- Je n’ai pas de regrets, je n’oublie pas. Je n’oublie pas non plus que de nombreux camarades sont morts. Que je m’en sois sorti vivant est un hasard, j’avais mis ma mort dans la balance de la même façon que celle que nous infligions aux autres. Je n’ai jamais laissé reposer sur personne d’autre une responsabilité que je n’aurais pas prise moi-même. Cela peut sembler bien peu de chose mais cela aide dans une histoire où tout le monde a laissé pas mal de plume.

 

- Cela vous pèse d’en parler ?

 

- Vous le voyez, je réussis à le faire avec plus d’objectivité que d’autres. Je pense que c’est parce que je ne cherche pas à en retirer quoi que ce soit. J’ai déjà fait treize ans de prison, je pense qu’une amnistie devrait libérer tous les camarades qui sont en prison ou à l’étranger. Mais si cela n’arrive pas, je ferai le reste de ma peine. Il y a pire que d’être en prison.

 

- Qu’est-ce qui est pire ?

 

- Perdre sa propre identité, renier ce qu’on a été, se démener pour paraître différent de celui qu’on a été.

 

 

Texte intégral 

 

Moretti a été condamné à la prison à vie. Après 15 ans de prison, un régime de semi-liberté lui a été accordé en 1998.

 

LE MONDE DES LIVRES | 25.11.2010 à par Robert Solé

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 06:00
Je propose au Pt Patrick Baudouin « Les chenin de la gloire » pour sa nouvelle appellation de grands blancs secs d’Anjou…

D’abord j’ai vérifié, l’appellation du film de Kubrick, longtemps censuré, est « Les sentiers de la gloire » donc ma proposition est déposable, pardon reconnaissable après 15 ans de commission d’enquête par les fins limiers de l’INAO’Q.

 

Gloire ça rime avec Loire ! Le G en plus !

 

La Loire de Maurice Genevoix :

 

« Ainsi, par les soirs purs d’octobre, lorsque le soleil s’est couché, le ciel d’avant la nuit est envahi d’une blême transparence qui très vite se décolore, jusqu’à donner aux regards qui s’y perdent le vertige d’un vide absolu. Après, la Loire les prend et les attire vers elle ; ils se reposent sur sa surface polie, en éprouvent joyeusement la densité et la couleur ; une alternance de coulées lilas, tièdes encore comme des fleurs au crépuscule, et de minces glacis vert émeraude, extrêmement pâles et froids, mais dont la nuance demeure sensible et franche jusqu’aux limites de son évanouissement. Lorsqu’elle a enfin disparu, la Loire reflète un ciel nocturne et familier, peuplé d’étoiles, et son friselis vivant prolonge à travers la vallée le murmure du vent assoupi.» Val de Loire terre des hommes page 150.

 

 

Que dit le Président Baudouin à Gabrielle Vizzavona dans le Figaro ?

 

« Nous construisons une réflexion d'ensemble sur le chenin blanc. Nous pouvons faire de grands liquoreux à la seule condition de ne pas en produire tous les ans. Le botrytis est la pire et la meilleure des choses ; si on ne le maîtrise pas en fonction des millésimes et des marchés, on se brûle. La démarche à laquelle nous réfléchissons sur les vins blancs d'Anjou serait de créer des crus, dont une appellation de chenins secs qui serait sur Chaume et Quarts-de-Chaume. Ces vins attesteraient du potentiel de nos grands blancs secs et permettraient de poser les fondements d'un modèle économique viable. Le chenin est un passeur de terroir et de millésimes, une page blanche. Tous ceux qui travaillent avec lui, à l'heure actuelle, réalisent des cuvées parcellaires. C'est un cépage polymorphe : il peut faire nombre de vins d'expressions différentes, peu de cépages ont cette capacité. Cette versatilité est notre atout. »

 

Même si je suis un ignorant grave je sais que le chenin est un cépage blanc et, pour le vieux Vendéen que je suis, les Blancs, qui n’aimaient rien tant que de foutre sur la gueule des Bleus, ça évoque pour moi la première insurrection populaire comme l’a écrit Gracchus Babeuf préfigurateur du communisme et de l'anarchisme… Le rouge et le noir…

 

Plaisanterie mise à part, Patrick Baudouin que de chemin parcouru depuis l’article de Véronique Maurus dans le journal le Monde du 21 mars 2005 sur les francs-tireurs de la Vigne où, notre René Renou, qualifié de puissant président de l’INAO par la journaliste, soupirait « Patrick, c’est le José Bové de la viticulture. Sur le fond, il a raison mais il n’est pas reconnu par son milieu, pas considéré comme un vigneron à part entière »

 

José est député européen et toi président du Syndicat des Anjou blanc, et ça n’est pas sous ma plume de rocardien un reproche mais plutôt un compliment. Je serai d’ailleurs présent le vendredi 18 décembre 18h au musée de la Vigne et dus vins à Saint Lambert du Lattay pour la remise du prix René Renou.

 

Cependant ton affaire de nom de baptême de ta nouvelle appellation m’interroge Patrick :

 

- En Anjou les blancs secs sont minoritaires, le rosé domine au raz des pâquerettes et les liquoreux même grands n’ont guère la cote comme dans le Sauternais… c’est donc suffisant pour poser le problème, j’en conviens mais est-ce prendre le problème par le bon bout en privilégiant la démarche traditionnelle de création d’une nouvelle appellation ?

 

- Dans ton affaire je m’y perds, Chaume, Quarts-de-Chaume socles de ta nouvelle appellation, c’est une forme de mixité que tu veux, à juste raison, gérer ?

 

- Gérer n’est pas forcément un gros mot mais de mon long chemin dans le maquis des appellations proliférantes je n’ai jamais constaté qu’une nouvelle appellation générait un modèle économique plus viable que celui existant avant son érection. La notoriété bâtie sur presque rien c’est le modèle Hervé Bizeul et sa petite Sibérie, une marque de vigneron. C’est l’avant-garde des vignerons, surtout ceux qui ne suivent pas les chemins ordinaires qui, souvent, génère la hausse de la production de valeur d’une appellation, pas les décrets.

 

- Du côté vocabulaire du buveur ordinaire que je suis, je ne suis convaincu que le chenin polymorphe et versatile soit un bon angle pour convaincre mes frères en buvaison, surtout les petites louves et les petits loups dont le commentaire culte est « ça goûte bien ! » et qui ont tendance à prendre les déviations pour gagner les chemins de traverse.

 

- Comme je ne veux, ni ne peux, donner de noms de vignerons, je peux quand même signaler qu’au Lapin Blanc, certes rien qu’une petite cantine d’altitude, le chenin blanc sec a une cote d’enfer.

 

Bref, ceci écrit, j’ai tout à fait conscience, cher Patrick, de n’avoir guère fait avancer le schmilblick mais d’avoir posé quelques questions auxquelles il vous faudra bien répondre, toi et tes mandants, pour progresser sur le chemin de la notoriété et de la différenciation de ce chenin si polymorphe et si versatile… entre la douceur de vivre des grands doux et la rigueur monastique des grands secs…

 

Chacun sa route, chacun son chenin, mais passe ton message à ton voisin…

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 08:50
Scène de panique dans les environs de la place de la République à Paris, le 13 novembre 2015 (AFP / Dominique Faget)

Scène de panique dans les environs de la place de la République à Paris, le 13 novembre 2015 (AFP / Dominique Faget)

Dans le fil de la triste journée d’hier deux textes ont retenu mon attention, je vous les propose.

 

J’y ajoute un témoignage et la liste non exhaustive de nos morts.

 

- 1 Commentaire sur le site NYT 

 

« La France représente tout ce que les fanatiques religieux du monde détestent : profiter de la vie sur Terre de plein de petites manières différentes : une tasse de café parfumé avec un croissant au beurre, de belles femmes en robes courtes qui sourient librement, l’odeur du pain chaud, une bouteille de vin partagée avec des amis, un peu de parfum, des enfants qui jouent au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, ne pas s’inquiéter des calories, flirter et fumer et profiter du sexe hors mariage, prendre des vacances, lire n’importe quel livre, aller à l’école gratuitement, jouer, rire, se disputer, se moquer des religieux comme des hommes politiques, laisser l’inquiétude sur ce qu’il y a après la vie aux morts. Aucun pays sur Terre ne vit sur Terre mieux que les Français. Paris, nous t’aimons, nous pleurons pour toi. Tu pleures ce soir, et nous sommes avec toi. Nous savons que tu riras encore, chanteras encore, feras l’amour et guériras, car aimer la vie est en ta nature. Les forces des ténèbres reflueront. Elles perdront. Elles perdent toujours. »

 

- 2 Le point de vue de Dominique Faget photographe de l’AFP basé à Paris « Guerre et Guerre »

« Ces derniers jours, j’entends beaucoup parler de « scènes de guerre », de « situation de guerre », de « médecine de guerre ». Mais il faut tout de même relativiser. Ce vendredi 13 novembre, nous assistons à Paris à une série d’attentats terroristes, à des massacres aveugles, aux plus graves événements que la capitale française ait connus depuis la Libération. Mais ce n’est pas la guerre.

 

La guerre, comme celle que j’ai couverte au Liban, au Tchad, ou beaucoup plus récemment dans l’est de l’Ukraine, c’est vivre dans une peur quotidienne de la mort, avoir sans cesse l’impression d’être en sursis, n’être en sécurité nulle part. C’est voir chaque jour des gens tomber autour de soi, sous les balles et les obus qui pleuvent sur des villes entières, et les cadavres joncher les trottoirs sans que personne n’ose les ramasser. La guerre, c’est quand on risque à chaque instant de se retrouver à la merci d’un tireur isolé, d’un fou, ou d’un de ces innombrables voyous armés qui sillonnent sans contrôle la plupart des zones de conflit du monde. C’est quand on ne peut pas compter sur la police pour assurer sa sécurité, quand des milliers de réfugiés se lancent sur les routes. La médecine de guerre, c’est quand on doit amputer à la hâte un membre qu’on aurait pu sauver dans des circonstances normales.

 

Alors oui, dans un sens, c’est la guerre. La France est en guerre contre le terrorisme. Le groupe Etat islamique nous a déclaré la guerre. C’est une guerre au sens politique du terme, et sous le coup de l’émotion beaucoup de gens peuvent être tentés d’utiliser ce mot pour parler de la situation dans Paris ce 13 novembre.

 

Mais contrairement à ce qui se produit dans une vraie guerre, la police et les services de secours peuvent ici faire leur travail, établir des périmètres de sécurité, protéger les passants, soigner les blessés, évacuer les morts sans qu’ils restent à l’abandon des jours durant dans la rue. Même au cœur de cette nuit du 13 novembre, la plupart des bistrots et restaurants restent ouverts et, partout ailleurs dans la ville, la situation est normale. Deux jours après le drame, la vie a repris son cours. On assiste parfois à des scènes très dures, émouvantes, mais une fois que les attentats sont passés la situation ne présente plus aucun danger. Alors qu’une guerre, c’est tout autre chose. Pour ne parler que de nous, journalistes, ce sont les gilets pare-balles qui pèsent une tonne et les casques que nous devons porter dès que nous mettons le nez dehors, et la crainte permanente d’être pris pour cible.

 

Alors non, aussi tragiques que soient les attentats de Paris, je n’aime pas parler de guerre. La guerre, ce serait par exemple si de tels attentats se produisaient tous les jours pendant des semaines. C’est sans doute ce que souhaitent ceux qui ont causé cette tragédie. Mais ce n’est heureusement pas le cas.

 

 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 06:00
À l’aveugle, tel Bob Parker, je note 100/100 la saison 2 de Mimi, Fifi & Glou Glou, ça goûte bien !

J’aime les surprises et plus encore les bonnes surprises, alors je ne boude pas mon plaisir en déclarant que le tome 2 de l’opus de Michel Tolmer m’a très heureusement surpris. Au lieu de se contenter de surfer sur ce qui avait fait le succès du premier album l’auteur se renouvelle, ouvre le champ de sa belle ironie parfois féroce, met avec justesse le doigt là où certains n’ont pas forcément envie qu’on le mette, accorde une plus large place aux filles : Mimie, Fifie & Louloute qui dament le pion aux 3 mecs bien prétentiards, en un mot comme en cent, c’est de la belle ouvrage de précision.

 

J’adore les métaphores :

 

- C’est comme une sieste sous un tilleul en été !

- C’est précis, rythmé, presque mécanique. On dirait une partita de Bach par Glenn Gould.

 

- Et là, whâ, la puissance !

- Comme un revers à deux mains de Rafael Nadal !

- Ou un crochet de Mike Tyson !

 

- Et ça, ça doit être un vieux millésime.

 

​- On est dans le côté majestueux.

- Genre coucher de soleil sur le sommet des Alpes.

 

- Ouh là ! Celui-ci est très différent !

- Plutôt une crevaison sur le périph un soir d’hiver… une partita de Bach jouée par Mike Tyson…

- Une saisie d’huissier au petit matin…

Ha les filles ! Rosses...

 

- Non mais vous avez vu comment elle se la pète ? !!

- Hallucinant !

- Dégoûtée.

- Vous avez entendu ce qu’elle a dit sur les vins nature ?

- Moi je ferais profil bas.

- Surtout avec le nombre de conneries qu’elle a sorties en une demi-heure !

- Quand je pense qu’elle fait rêver tous les mecs dans le milieu !!!

- Forcément, une nana mignonne comme ça…

- Attends, tu la trouves jolie, toi ?

- Quand même, tu ne peux pas dire qu’elle est moche !

- Ouais..?

- Non ? Tu la trouves comment ?

- Oxydée.

 

Les j’entrave que dalle au baratin...

 

1ier épisode

 

- Alors, c’était intéressant ?

- Il m’a raconté une histoire d’indigènes qui seraient devenus alcooliques en arrivant à Saint-Malo, j’ai pas tout compris !

 

2ième épisode

 

- J’étais avec un vigneron ce week-end, très sympa, un mec qui se foule pas, très cool tu vois… Il dit que le vin, c’est pas la peine de chercher à piger […] D’après les informations que j’ai réussi à lui soutirer, il presse chaque goutte séparément avec beaucoup de gravité ! […] Dans la vigne, tu peux te faire griffer plusieurs fois par an ! Des mecs se sont fait buter, tout ça pour de l’herbe !

Le saillie culte au Lapin versus Stéphane des Oiseaux Tempêtes...

 

C’est propre !

Le Plan large de la Dive : tout y est dit… hilarant

 

Achetez l’album pour le voir c’est 22€ ICI

 

 

J’adore le touché de bouche, c’est juste incroyable.

 

Un petit reproche : quand on nomme on nomme…

 

- Puisque tu t’intéresses au vin, je vais te faire goûter un super petit vin blanc : Domaine du Trafiquet !

Le château Laffette-Dusselipe ça ne m’inspire pas ! Bien sûr, y’a les avocats…

 

Le Pur et Dur est croqué avec de belles dents…

 

Même motif, même punition : achetez pour voir comme au poker !

 

Merci à Michel Tolmer pour sa dédicace : « la dégustation est un sport de combat. Mais je me suis entraîné ! »

 

Comme vous le savez la dégustation, à l’aveugle qui plus est, je ne pratique pas, j’suis un ramier j’ai horreur de m’entraîner… alors je me contente de boire… ignorant que je suis… mais le Tolmer saison 2 ça goûte bien comme disent les petites louves et les petits loups naturistes…

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 07:00
La rue assourdissante autour de moi hurlait/Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse/Une femme passa, d'une main fastueuse/Soulevant, balançant le feston et l'ourlet…

Comme j’ai du mal avec mes mots j’ai convoqué ceux de Baudelaire.

 

Ma tristesse infinie, cette tristesse plus que personnelle que j’appelle «le Grand Deuil», elle est fichée en moi, souvenir de ma petite enfance passée entourée de ma grand-mère Marie et de sa sœur la tante Valentine toujours vêtue et résillée de noir. Bien plus tard, mon vieil ami, Jacques Geliot, portant le deuil éternel d’un fils trop disparu, portait chaque jour sur sa chemise blanche une cravate noire.

 

 

Nos morts, nos blessés, nos estropiés…leur famille, leurs proches, leurs amis…s’incliner… porter le crêpe à la boutonnière… signe muet d’un deuil éternel… inextinguible… et puis marcher dans la rue… s’asseoir à une terrasse… entrer dans une salle de concert… vivre… rire… boire...chanter… danser… aimer…

 

PARTAGEZ S'IL VOUS PLAIT, ELLE A SEULEMENT 17 ANS !

 

 

 

Convoquer Baudelaire :

 

La rue assourdissante autour de moi hurlait

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet…

 

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

 

Un éclair... puis la nuit ! — Fugitive beauté

Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

 

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être!

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

 

Charles Baudelaire Fleurs du mal

 

L'opéra de New-York joue la Marseillaise avant Tosca

 

L'orchestre du prestigieux Metropolitan Opera de New York a joué La Marseillaise avant la représentation de l'opéra de Puccini Tosca, pour rendre hommage aux victimes des attentats perpétrés à Paris. Les paroles de l'hymne national français ont été distribuées aux spectateurs, comme le montre l'un d'eux sur Twitter.

 

 

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 06:00
Les faisous et les disous : « A-t-on jamais vu une marmite commencer à bouillir par le couvercle ? Non, mais toujours par le fond ! »

« Un autre monde est en marche. Beaucoup d’entre nous ne seront pas là pour assister à son avènement. Mais quand tout est calme, si je prête une oreille attentive, je l’entends déjà respirer !»

 

Arundhati Roy, jeune romancière indienne

 

Le 11 novembre sur France Inter, aux heures matinales, j’ai réentendu la voie de Paul Houée.

 

Dans le pays gallo, en Haute-Bretagne, on distingue les « disous » des « faisous ». Sauf qu'il y a des disous qui sont aussi des faisous. C'est le cas de Paul Houée. Sa parole a entraîné vers la vie « un pays qui ne voulait pas mourir ». Toute sa vie professionnelle et militante a été un engagement solidaire avec les compatriotes de sa terre natale, le Mené.

 

Le Dire et le Faire renvoie à une citation des Essais de Montaigne: « C'est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble »

 

« Tous les discours n'avancent point les choses : Il faut faire et non pas dire. » Molière ; Dom Juan ou le Festin de pierre, II, 4 (1665)

 

« Il importe plus de délibérer sur ce qu'il faut faire que sur ce qu'il faut dire. Nicolas Machiavel ; Discours sur Tite-Live (1512-1517)

 

Qui est Paul Houée ? 

 

« 1965. Jeune prof de sociologie, originaire de St Gilles-du-Mené, Paul Houée, un bosseur, déjà grand voyageur avide de connaître le monde, mais proche des gens de son canton d’origine, avec lesquels il est toujours prêt à partager une bolée, sans se prendre au sérieux, publie sa thèse : «Développement et coopération agricole en Bretagne centrale». Cette année-là, aussi, il participe sous la conduite d’Henri Desroche professeur à l’EHESS de Paris à un colloque en Israël sur l’éducation coopérative. Il se dit : « Ce qu’ils ont fait dans le désert, pourquoi ne pourrait-on pas le faire dans les landes de mon pays, le Mené ? »

 

C’est dans cet état d’esprit qu’il rend compte de son travail à base d’enquêtes participatives, à ses compatriotes au cours de l’été 1965 : près de 8 000 d’entre eux viennent en débattre. « Surprise ! » dit-il. Mais le mot est faible si on essaie de s’imaginer ce que représente un tel évènement pour ces jeunes ruraux. Jusqu’ici personne ne les écoute. Maintenant on entend leurs idées et leurs propositions sont prises au sérieux. Ça pourrait passer pour de l’action subversive mais telle n’est pas l’intention de Paul Houée : « Mes propos, sans doute, rejoignent « les nappes phréatiques » de l’histoire et de la sensibilité de cette population ».

 

Et de ce fait, « le Mené prend la parole ». L’un des anciens, d’ajouter : « Sans être du même bord politique, on a pu abattre les barrières et travailler ensemble. » À la longue, Paul Houée en tire cet enseignement : « Les hommes et les groupes qui trouvent dans l’intelligence de leur passé, la signification de leur présent, sont mieux armés que d’autres pour inventer leur avenir. »

 

« A-t-on jamais vu une marmite commencer à bouillir par le couvercle ? Non, mais toujours par le fond ! »

 

Le Printemps du Mené 

 

En 1965, à son initiative, se crée le Comité d'expansion du Mené. La même année, le 25 décembre, cent cinquante jeunes ruraux sont réunis en assemblée générale à Collinée. Sous la bannière de «Mené jeunesse», ils veulent, eux aussi, prendre part à l'élan que le sociologue veut donner au territoire.

 

Ce qu'on nommera le Printemps du Mené deviendra un modèle pionnier de développement local et reconnu au plan national. « Michel Rocard, Premier ministre, avait dit : « Nous avons tous un petit morceau du Mené en nous ! », se rappelle Paul Houée.

 

Sur sa table à manger, un dossier sur le Mené en 2025, réalisé par la communauté de communes. « Il faut continuer à s'appuyer sur ce socle de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Et apporter de la valeur ajoutée à notre agriculture en la diversifiant. Ne nous laissons pas manger par la métropole. La campagne a un rôle à jouer. »

 

 

Paul Houée : « Le Mené, un pays qui se prend en main » face aux élèves de première technologie de la Ville-Davy il y a quelques jours.

 

« Un nouvel élan a été donné autour de quatre ressources locales, rappelle Paul Houée. Le vent, l'eau, le lisier et le bois sont aujourd'hui des bases fortes de notre développement économique. Le champ d'éoliennes, dont une partie de l'investissement est assurée par 137 familles de la région, en complément de capitaux américains, est une réelle réussite avec Geotexia, la transformation du bois en énergie, ou les maisons solaires. » 

 

Paul Houée est un faisous.

 

J’aime les faisous !

 

Je me méfie beaucoup des bavous, ils sont légion sur les réseaux sociaux, avec à leur tête le petit disous bavous qui, au-delà des Pyrénées, passe son temps à longueur de lignes à nous traiter de cons, de minables, de fainéants, de coincés du bocal, d’hypocrites, de buveurs de vins nature massacreurs de la nature (sic) Le vin «nature», pire ennemi de la Nature ? … de Français quoi… en se lamentant sur la disparition des petits commerçants du village qu’il a quitté depuis longtemps, tout en masquant le vide sidéral de sa pauvre pensée avec des photos chiadées (en ce moment moins de femmes à poils, plus de clichés scientifiques).

 

Un peu de modestie ne saurait nuire aux disous de la Toile, qui savent tout, expliquent tout, feraient tout mieux que tout le monde…

 

Laissons-les de côté, attachons-nous au destin des Paul Houée…

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 10:50
Nous les survivants vivons comme avant !

Ce matin, écrire, dire, me semble bien vain.

 

Alors pourquoi m’exprimer ?

 

Simplement parce que Paris c’est mon chez moi, notre chez nous, et que tous ceux qui ont été fauchés par la barbarie sont une part de nous-même, frères et sœurs, voisines et voisins, amis, inconnus, parisiens, banlieusards, provinciaux, étrangers de passage, de toutes conditions, couleurs, âges…

 

Tous étaient assemblés dans des lieux de vie, de convivialité, de partages, innocents et joyeux, vivants avant d’être sauvagement assassinés, blessés, mutilés à jamais…

 

Ces lieux ce sont les miens, ce sont les nôtres, des petits territoires d’humanité…

 

C’est donc nous tous qu’ils ont voulu frapper, terroriser… c’est tout ce que nous sommes, représentons qu’ils veulent faire taire, asservir…

 

Alors en ce lendemain sanglant pleurons nos morts dans le silence et le recueillement, prions pour ceux qui savent prier, soignons et pansons les plaies de nos blessés, aidons les rescapés, ayons des pensées fortes pour leurs parents, amis, proches, qui sont dans la peine et la douleur.

 

Que certains politiques, commentateurs et autres profiteurs du malheur se taisent, arrêtent de s’ériger en procureurs, qu’ils aient la décence de respecter celles et ceux qui pleurent.

 

Nous, par hasard, nous sommes toujours vivants et, tout ce que moi survivant je suis en capacité d’écrire ce matin c’est que je vais continuer de vivre, de penser, d’aimer comme avant.

 

Tous ces lieux où la sauvagerie a frappés hier au soir me sont familiers, cycliste de nuit comme de jour leurs noms sont des repères, des symboles de parcelles de ma ville où l’on s’assemble et où l’on vit… Je vais continuer de rouler sur le bitume parisien comme avant avec fiché au cœur le souvenir de tous ces innocents, mes sœurs, mes frères.

 

Là où nous étions au moment où les premières nouvelles de l’horreur sont tombées, ce Lapin Blanc où, autour de belles bouteilles de mes amis vignerons bourguignons Alice, Claire, Olivier, Jean-Yves nous nous extasions, nous échangions, fut le symbole de notre liberté, de notre fierté, de notre amour pour la vie, la nôtre, celles des autres.

 

Ça ils ne le tueront, ni le blesseront, ni le mutileront… C’est à nous. C’est nous. Notre substance, notre fierté, notre humanité.

 

Les paroles de Gaulle à la Libération restent toujours bien fichées dans nos cœurs et nos têtes : « Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! »

 

Je vous embrasse...

 

Nous les survivants vivons comme avant !
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