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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 09:00
« La justice est submergée » dit-on, alors pourquoi le parquet d’Angers a-t-il fait appel sur le dossier d’Olivier Cousin ?

« Attendu que le prévenu justifie de la modification de ses étiquettes, avant même d'avoir été convoqué devant le Tribunal correctionnel, qu'ainsi le terme Anjou n'apparait plus, que le mot domaine a été remplacé par maison, il y a lieu de dispenser de peine Olivier Cousin ».

 

La Fédération viticole d'Anjou plaignante se déclarait contente : « ce jugement constitue un rappel à la loi adressé à ceux qui seraient tentés de détourner la notoriété de l'appellation 'Anjou' sans en respecter les règles fixées par les pouvoirs publics ».

 

L’avocat d'Olivier Cousin, Me Éric Morain déclarait que cette décision « consacre la liberté de cultiver autrement et démontre, une fois de plus, la faillite d'une stratégie de harcèlement pénal faite par l'INAO et ses services ».

 

Les 2 parties professionnelles se félicitaient du jugement du tribunal correctionnel mais, mécontent du jugement, le parquet avait fait appel.

 

5.000 euros d'amende avec sursis avait été requise pour publicité trompeuse. Même pas l’ébranlement des grands principes de l’appellation.

 

Sanctionnons donc !

 

La vertu de la sanction repose donc pour notre cher Parquet à toucher un petit vigneron au portefeuille.

 

Bref, l’audience en appel s'est tenue en juin dernier.

 

Ce mardi la cour d'appel d'Angers a rendu son arrêt : Olivier Cousin est condamné, mais à nouveau dispensé de peine.

 

Tout ça pour ça, je croyais que notre appareil judiciaire était saturé, submergé, manquant de moyens comme en témoignent les libérations en quelques jours de trois condamnés, à chaque fois pour non-respect du « délai raisonnable » dans le traitement d'une procédure repose la question de la lenteur et du manque de moyens de la justice.

 

« La justice a libéré lundi 21 septembre la « Veuve noire de l’Isère » condamnée à trente ans de réclusion criminelle en 2014, jugeant trop long son délai de jugement en appel. En détention provisoire depuis 2010, elle avait été condamnée pour le meurtre de son dernier mari, dans des conditions rappelant étrangement l’intoxication de quatre autres de ses compagnons.

 

Selon le parquet de Grenoble, la chambre d’instruction a libéré Manuela Gonzalez considérant que « le délai entre la première instance et l’appel était trop long ».

 

Sur le dossier Cousin, le premier fauteur de trouble est sans contestation la Fédération viticole d'Anjou qui aurait pu trouver, via une médiation, une issue au lieu d’employer un gros marteau pour écraser un tout petit vigneron.

 

L’INAO, en d’autres temps, aurait poussé à ce type de règlement avant de dégainer l’artillerie lourde.

 

Quant au Parquet d’Angers il vient de se couvrir de ridicule ce qui, comme vous le savez, ne tue pas mais en dit long sur le fonctionnement de notre appareil judiciaire.

 

Quant aux professionnels, s’ils veulent laver plus blanc que blanc, il est des chantiers bien plus importants pour le devenir et la notoriété des appellations que d’aller chercher des poux sur la tête d’Olivier Cousin. Il n’en a pas en dépit de son abondante chevelure.

 

Balayer devant sa porte serait le début de la sagesse. Je peux fournir le balai...

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 07:42
Tout près du cap Gris-Nez quand j'ai fini d'pêcher on s'retrouv' chez Léonce on est onze on mesure les poissons en vidant des canons…

Je viens de vivre 3 semaines en compagnie d’oblades, de sars, de saupes, de castagnoles, de crénilabres, de serrans écriture, des girelles communes et parfois de bancs de petits barracudas… Le silence de la mer est reposant.

 

Bien sûr, la rumeur du monde montait à nouveau vers moi lorsque, revenu à terre, je consultais le fil de l’info sur la Toile ou feuilletais Corse-Matin.

 

Le mot-clé, le mot-valise, celui qu’on sert à toutes les sauces : le peuple fait les délices des nouveaux bateleurs, les intellectuels en chaise longue et les politiques à la pêche aux voix, qui écument les plateaux des médias.

 

L’enjeu c’est le peuple, tout particulièrement celui du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, nous dit-on, qui va se donner corps et âme à l’extrême-droite aux prochaines régionales.

 

Alors, dans ma tête, le mot qui me vient de suite à l’esprit c’est la honte et ça déclenche une ritournelle « Quand la mer monte », énorme succès populaire, au lendemain en 1968, d’un grand ch’ti à la voix grave et rocailleuse, due à une « laryngite de comptoir » selon l’intéressé, Raoul de Godewarsvelde.

 

Son pseudonyme « de Godewarsvelde » est tiré du nom d’un petit village des Flandres, au nord de Lille, Godewaersvelde, qu’il simplifia, en enlevant le deuxième « e » pour le rendre plus aisément prononçable.

 

 

C’était un amoureux de la mer et de la pêche. Il acheta une maison au Cap Gris-Nez et troqua son zodiac contre un flobart. Là il fréquenta Léonce, propriétaire de l’Hôtel-Restaurant du Cap Gris-Nez, Henri Beaugrand, le gardien du phare poète à ses heures et bien sûr Jean-Claude Darnal qui écrira Quand la mer monte vendue à 150 000 exemplaires.

 

« Le 13 avril 1977, il dédicace ses disques à Boulogne-sur-Mer et termine sa journée avec son ami Léonce. Le lendemain, vers 7 heures, le menuisier Michel Legrand d’Audinghen, découvre Raoul pendu à une poutre d’une maison en construction non loin de la sienne.

»

En 1982 1 géant est dressé à son effigie dans sa ville natale, Lille, tandis que des compilations régulières sauvent son nom de l'oubli.

 

Début 2010 sort un triple Best of compilant son oeuvre.

 

Pour moi son héritier c’est Arno, en plus intello…

 

Raoul de Godewarsvelde c’était un chantre du peuple, de ce petit peuple gouailleur, frondeur, fier, travailleur, aimant le boire et le manger, ripailler, faire la fête, picoler, taper le carton, celui qu’on a envoyé se faire étriper dans les tranchées en 14-18, celui qui a vu son statut passé par pertes et profits avec la fermeture des mines et de l’industrie textile, celui qu’on a abandonné aux marges de l’opulence de notre société. Et c’est malheureusement lui que flattent nos démagogues politiques et médiatiques, ceux qui pensent à notre place : «La pensée, c'est pas fait pour vous !», ceux qui vont par un beau tour de passe-passe économique et l’exclusion de ceux qui sont venus soi-disant prendre un travail qui n’existe plus, revenir à l’Ancien Monde.

 

Quand la mer monte, j’ai honte…

 

Merci pour ces moments messieurs les penseurs et les bonimenteurs. À vos propos dévalués de café de commerce je préfère la poésie des mots de Raoul de Godewarsvelde.

 

Quand elle descend, je t’attends…

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 10:00
« Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années » Eliott Sarrey, 14 ans et son robot jardinier, Bot2karot… et pourquoi pas la vigne ?

Pierre Corneille, fait dire à Rodrigue, dans Le Cid : «Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années».

 

Il voulait exprimer le fait que le talent et les dons innés n'ont pas besoin d'attendre les années de maturité pour s’exprimer.

 

Ce matin sur France-Inter, dans le 5-7, alors que je prenais mon petit déjeuner, j’ai écouté Jean-Baptiste Rudelle le co-fondateur et PDG de Critéo, la première start-up cotée au Nasdaq en 1994, qui revenait sur son parcours et mettait à mal les clichés concernant l'attractivité française dans son livre « On m'avait dit que c'était impossible » (Stock).

 

 

Et puis, face à mon écran, lors de ma petite revue de presse, je lis sur le Huff-Post :

 

« Il n'osait trop l'espérer et disait il y a trois jours ne pas y aller "pour gagner un prix". Pourtant, le Français Eliott Sarrey, 14 ans, fait partie des lauréats du concours Google Science Fair grâce à son robot jardinier, Bot2karot.

 

Lors d'une cérémonie organisée dans la nuit de lundi à mardi, Google lui a en effet décerné le « prix incubateur », destiné à "un élève âgé de 13 à 15 ans présentant un projet extraordinaire dans le domaine de la science". Eliott Sarrey repart ainsi de la Silicon Valley avec un chèque de 10.000 dollars et "un mentorat d'un an pour poursuivre son projet ».

 

C'est le premier Français à aller aussi loin dans le concours annuel de Google, organisé depuis 2011. L'année dernière, Guillaume Rolland et son réveil olfactif étaient arrivés jusqu'en finale (une première pour un Français) mais n'avaient pas été sélectionnés parmi les lauréats.

 

Le principe de Bot2karot est simple: un robot doté d'un bras capable de prendre des pots, creuser la terre et arroser les plantes. Il se déplace dans des serres spécialement adaptées et, cerise sur le gâteau, est commandé très facilement par smartphone. Même plus besoin de se salir les bottes! »

 

Les questions que je me pose pour ce qui concerne la vigne :

 

- Pourquoi nous bassine-t-on dans les milieux du Net pour des petites applications sans grand intérêt ?

 

- Pourquoi les start-up du vin sont-elles aussi peu créatives ?

 

- Pourquoi les levées de fond vont toujours vers des projets d’e-commerce peu innovants ?

 

Le champ de la culture de la vigne est immense, mobilisons les énergies pour faire éclore des projets du même type que Bot2karot !

 

Bonne journée à vous

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 08:00
En dévers et contre tout (20) dans la famille Arena je demande l’un des fils Antoine-Marie… pour MEMORIA
En dévers et contre tout (20) dans la famille Arena je demande l’un des fils Antoine-Marie… pour MEMORIA

En vacances, lorsqu’il pleuvait, les parents jouaient avec leurs enfants au jeu des 7 familles, maintenant qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau toute la famille pianote sur son écran. Et puis, de toute façon ici en Corse il fait toujours beau alors je me tourne vers la famille Arena : le père Antoine, la mère Marie et les deux fils : Antoine-Marie et Jean-Baptiste… Comme dirait « Camini Di Ferru Di A Corsica » la SNCF Corse : « un Arena peut en cacher 1 autre… »

 

L’an dernier j’explicitais le Père&fils Le 3 en 1 des Arena à Patrimonio« s’il y a des escargots c’est bon signe, cela veut dire qu’il n’y a pas de pesticides ! » 

 

Avec Antoine, le patriarche, je peux parler de la Corse d’égal à égal car nous avons en commun des souvenirs que les jeunes ne peuvent pas connaître… et avec Marie on charrie Antoine... mais trêve de radotage : place à la jeunesse triomphante !


« S’il y a des escargots c’est bon signe, cela veut dire qu’il n’y a pas de pesticides ! » dit Antoine Arena qui surveille le vermentinu qui tombe dans le pressoir. Et prend le même plaisir que lors de sa première vendange. Aux commandes du tracteur qui amène la benne de raisin, le fils, Antoine-Marie. Pour faire descendre ce même raisin, son frère, Jean-Baptiste. Symboles de la reprise de l’AOC Patrimonio par des jeunes, à peine trentenaires souvent. « Ils veulent nous mettre dehors » s’amuse le père Antoine… »

 

Cette année je suis passé aux travaux pratiques en achetant à Ajaccio – oui Antoine je sais, je crèche au Sud – un flacon signé Antoine-Marie baptisé MEMORIA un Patrimonio 2014.

 

Antoine-Marie aime l’acidité, ça tombe bien moi aussi…

 

Mais pourquoi Memoria ?

 

C’est à la mémoire du grand-père d’Antoine, le patriarche de Patrimoniu, donc l’arrière-grand-père d’Antoine-Marie, qui a planté une parcelle en nelluccio dans les années 20. Celle-ci est située au cœur du village et a échappé par miracle à la construction. C’est la plus vieille vigne de l’appellation qui est devenue pour le domaine une vigne-mère (sélection massale).

 

Oui mais que penser du jus de ce Memoria ?

 

Comme vous le savez je n’ai pas un goût prononcé pour les commentaires de dégustation alors que j’étais friand dans mes jeunes années étudiantes des commentaires d’arrêt. J’adorais !

 

Donc, j’ai décidé de faire passer la Méditerranée à ce précieux flacon, de l’envoyer en l’air pour le proposer à une « buvaison » sauvage dans la cantine d’altitude Le Lapin Blanc bourrée de naturistes surexcités mais où le patriarche Antoine n’a jamais daigné monter de peur de tomber sous le charme des cantinières.

 

Chose promise, chose due, dès dimanche soir, une fine équipe avec à sa tête les 2 cantinières de charme et de choc, Gaëlle et Claire, un vigneron naturiste de passage, un caviste alternatif même s'il est Aveyronnais, un amateur, un couple de passage... et ma pomme avons bu au cours de notre dîner Memoria.

 

L'avis fut unanime, ce vin surprend, étonne, agile, posé comme un équilibriste sur son fil, il affiche une belle tenue faite de tension mais on se dit mais jusqu'où ira-t-il ? Fin, élégant sans chichis, le temps a joué pour lui, son expression s'est développée avec une belle ampleur jusqu'à la fin de notre repas. Belle ouvrage toujours perfectible mais qui augure d'une nouvelle génération d'Arena pleine de promesses...  

 

À l’attention du Patriarche de Patrimoniu : il n'y a pas que le Paul Bert à Paris, les cantinières du Lapin en leur tanière d'altitude mettront les petits plats dans les grands pour l'accueillir en haut de Ménilmontant...

 

 

En dévers et contre tout (20) dans la famille Arena je demande l’un des fils Antoine-Marie… pour MEMORIA
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En dévers et contre tout (20) dans la famille Arena je demande l’un des fils Antoine-Marie… pour MEMORIA
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 06:00
Les Grands crus, les Grands corps : et si Macron avait raison de se poser des questions qui fâchent ?

Un Ministère sans Grand Corps c’est comme un vignoble sans Grand Cru ou un lait sans crème, une boutique n’ayant pas pignon sur rue, disons plutôt sur une belle avenue, genre celle de Montaigne à Paris où crèchent les Grands couturiers.

 

Au 78 rue de Varenne, lorsque j’officiais, nous en avions un, sûr de lui et dominateur, le corps des IGREF : Ingénieur du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, une fort belle appellation, des têtes bien pleines, même que certaines comme NKM provenaient direct de l’X, Polytechnique. Au-dessous, la plèbe qui lorgnait sur le beau pactole des RIP, revenus d’Ingénierie publiques, petits travaux rémunérés pour les communes rurales. Eux-mêmes ne rêvaient que du statut des Ingénieurs d’en face, ceux de l’Équipement, le puissant Corps des Ingénieurs des Ponts et des Chaussées, qui leur faisaient la honte avec une fin de carrière plus reluisante que la leur. De haute lutte ils sont arrivés à leurs fins, les voilà devenus Ingénieur des Ponts, des Eaux et des Forêts : IPEF, appellation plus poussive où nos Ingénieurs ont perdu leur Génie Rural alors que les autres n’ont laissé de côté que leurs Chaussées (z’auraient pu mettre et de rond-points).

 

Ce sont les gens d’en-haut, souvent compétents, ayant pour la plupart un sens bien ancré du Service Public, de bons cadres supérieurs, à mon sens surdiplômés pour les missions qui leur sont attribués. Certes ils sont moins emblématiques que leurs collègues issus de l’ENA et sortis dans la botte : les Inspecteurs des Finances, les Conseillers d’État et ceux de la Cour des Comptes, mais ils font partie du même grand charroi qui gouverne l’État. Les Ministres passent, les hauts-fonctionnaires restent et bataillent ferme pour investir les fameux cabinets ministériels à chaque alternance.

 

Une remarque très personnelle fondée sur mon vécu : avons-nous encore besoin d’une haute justice administrative pléthorique et d’une Cour des Comptes, jamais en reste de donner la leçon aux autres mais fort coûteuse et sourcilleuse de ses avantages ?

 

Se poser la question n’est pas attentatoire à l’idée que je me fais d’une gauche réformatrice, soucieuse de déverrouiller le fameux ascenseur social en panne. Il n’y a pas de vaches sacrées, sauf que l’essentiel du haut personnel politique, de gauche comme de droite, est issu de ces crémeries de luxe bien barricadées.

 

Tout ce beau monde, tout comme le petit fonctionnaire de catégorie A, B ou C, est protégé par le fameux Statut de la Fonction Publique égratigné par cet empêcheur de tourner en rond d’Emmanuel Macron.

 

Et c’est là que le bât blesse, et où pour moi Macron a raison, faut-il traiter de la même façon, au nom de l’égalitarisme, le haut-fonctionnaire et l’attaché d’administration centrale ou l’instituteur ?

 

Pour moi, et depuis toujours, la réponse est : NON !

 

Au temps où je passais de longues heures, au nom de mes Ministres qui n’en avaient rien à cirer, à recevoir et à écouter patiemment les syndicats catégoriels du Ministère, moi qui n’étais pas fonctionnaire mais un contractuel, je me suis forgé une conviction forte : il faut aérer, dépoussiérer, la haute-fonction publique de notre pays, l’exposer bien plus qu’elle ne l’est.

 

Deux attitudes sont fort commodes : soit taper systématiquement sur les fonctionnaires en général, soit se draper dans les grands principes dit de gauche pour proclamer ne touchez pas au statut des fonctionnaires !

 

« Qu'un ministre de l’Économie, chargé de remettre un pays fatigué en route, se pose des questions sur les moyens de le faire, devrait donc, au minimum, être accueilli, avec bienveillance, quitte à le renvoyer dans les cordes en cas de dérapage objectif. Après tout, la Suède et la Suisse, qui ne passent pas pour des contrées de sauvages sous-administrés, recrutent leurs fonctionnaires comme les entreprises privées et leur appliquent le même statut contractuel. »

 

Moi, ça ne me choque pas et je reste dubitatif en entendant les ébraiements unanimes des hiérarques du PS, de la gauche de la gauche et des syndicats qui réclament la tête du trublion. Le vannes de la droite sont tout aussi risibles vu leurs brillants états de service sur ce sujet.

 

Il ne s’agit pas d’aimer ou de ne pas aimer Macron, de savoir s’il est de gauche ou de droite, mais de se poser la question de notre conformisme, de notre conservatisme, de notre goût mêlé d’un égalitarisme de façade et d’un penchant affirmé pour les privilèges, et en définitive d’un immobilisme qui fige tout et préserve les avantages de catégoriels.

 

Qu’on ne vienne pas m’accuser de cracher dans la soupe, je n’ai jamais été fonctionnaire – ça m’a été proposé à de nombreuses reprises, même dans un grand corps – mais contractuel de l’État pour 60% de ma carrière, le reste étant passé dans le privé comme en attestent mes 5 caisses de retraite.

 

Nulle acrimonie non plus, mes émoluments n’ont rien eu à envier à ceux des grands corps de ma maison, et ils auraient été bien plus élevés si j’étais resté dans le privé. J’ai fait le choix de mettre mes pas dans ceux de mon mentor, Michel Rocard, et je ne le regrette pas.

 

Ce que je regrette profondément c’est la domination des révolutionnaires en chaise-longue, qui piapiatent en long en large et en travers, courent les plateaux de télévision, refont le monde bien à l’abri sur Face de Bouc en s’accrochant farouchement à leurs avantages petits ou grands, au détriment de ceux qui se mettent les mains dans le cambouis. C’est sale le cambouis, faut utiliser du Briochin pour avoir les ongles propres chez Ruquier.

 

 

Souvenir d’une remarque inscrite dans mon rapport en 2001 à propos des réticences françaises à la réforme :

 

« Dans notre beau pays il y a beaucoup d’architectes, de généralistes, très peu de maçons qui acceptent de se colleter aux tâches d’apparence peu gratifiantes. On ne fait pas évoluer les mentalités par décret. Si l’on souhaite que la puissance publique pèse sur les évolutions, joue un rôle de catalyseur, pas pour faire mais aider à faire, il faut avoir le courage, en période de crise, de prendre sa part de responsabilités, d’écouter, de comprendre, pour ensuite proposer, expliquer, convaincre pour enfin être en capacité de mener des politiques de moyen terme avec l’appui du plus grand nombre. »

 

« Le poisson pourrit par la tête »

 

Érasme pense que cet adage « emprunté aux gens du commun », concerne « les mauvais princes dont la contagion infecte le reste de leur peuple. »

 

Nous y sommes nos Princes, les partis dits de gouvernement, sont massivement rejetés par une part de plus en plus grande de l’électorat qui s’abstient ou qui se tourne vers les partis extrêmes de gauche ou de droite, dit protestataires. Les premiers préfèrent la rue aux lieux de pouvoir mais font des scores médiocres ; le second, dans la grande tradition de l’extrême-droite française drague dans le vivier des déboussolés en prônant le repli et l’exclusion pour se hisser au pouvoir. La dernière fois que c’est arrivé, ce fut l’État Français du vieux Maréchal avec des ralliés populistes dit de gauche comme Doriot et Déat.

 

« Le sortez les sortants » de Pierre Poujade le papetier de Saint-Céré, qui a fini sa vie dans les fourgons du Mitterrand de 1981, la vrai gauche selon Onfray « Pour ma part, je n’ai pas renoncé à la gauche, celle du 10 mai 1981 », est le dernier avatar des démagogues.

 

C’est risible : le couple Mitterrand-Marchais, la vraie gauche qu’il vénère avec le tombé du ciel Chevènement…

 

« Mon refus de ceux qui, chez elle, relèvent du canal historique du FN, ainsi que mon dédain de toutes les classes politiques dont elle fait partie, tout cela fait que Marine Le Pen n’est pas plus ma tasse de thé que Hollande ou Mélenchon, Sarkozy ou Bayrou. Qu’ils s’en aillent tous comme dirait l’autre. Je suis devenu et resterai abstentionniste. »

 

C’est toujours de l’hyper-médiatique Onfray.

 

Tout ça pour vous dire que, oui il faut réformer le statut de la haute fonction publique d’État mais aussi la territoriale, car c’est une caste endogame qui, depuis l’avènement de la Ve République, tient entre ses mains la destinée de ce pays.

 

Plutôt que de mettre tous les fonctionnaires dans le même grand sac, de les conchier en permanence, d’en faire de commodes bouc-émissaires, de se moquer, si l’on commençait par faire bouger les lignes en haut, chez ceux qui gèrent leurs carrières plutôt que le personnel dont ils ont la responsabilité, chez ceux qui se mettent en disponibilité pour aller dans le privé ou faire de la politique et revenir, chez ceux qui se permettent même de donner des leçons sur la nécessité d’une France plus économe, bref contractualisons l’emploi des nouvelles compétences dont le gouvernement a besoin pour redonner du sens à ce qu’on nomme encore le Service Public. L’embauche de CDD sur la base d’une convention collective n’est pas forcément symbole de précarité.

 

Mais c’est à ce stade que le débat se politise en agitant le symbole de l’emploi à vie des fonctionnaires, les journalistes en raffole, alors que certains sont des salariés quasiment à vie sous la protection de la clause dites de conscience. Dans les grandes industries, beaucoup de cadres et d’employés ont faisaient toute leur carrière dans la même entreprise sans que cela n’empêche celles-ci de prospérer.

 

Non, le rêve de ces post-thatchérien c’est le dégraissage opéré par des sièges anonymes pour plaire aux marchés. C’est leur religion, ça les fait bander aux Échos, ils ânonnent une bien-pensance qui en rajoute à l’insécurité sociale, celle qui alimente le Front National. Les mêmes versent des larmes de crocodiles sur les laissés-pour-compte du monde rural dont le tissu n’était pas fait que de paysans mais aussi de PME aujourd’hui balayées par la mondialisation.

 

Attention, le statut de la fonction publique n’englobe pas les salariés des grandes entreprises publiques, la SNCF par exemple.

 

Ces fameux fonctionnaires, recrutés sur concours, les enseignants, les policiers, les juges, les militaires, qui forment les plus gros bataillons doivent avant tout avoir à leur tête des cadres exemplaires, responsables et jugés sur leur compétence. Qu’il faille réajuster les effectifs en fonction de l’évolution des missions de l’État est une évidence combattue par les extrémistes des 2 bords. C’est très Français cette solidarité des extrêmes.

 

C’est un grand chantier auquel nul politique ne s’attellera préférant soit utiliser des règles mécaniques stupides comme le non-remplacement systématique des partants ou un statu quo frileux qui préserve les privilèges de la haute fonction publique.

 

J’ai toujours soutenu ce point-de-vue d’un recrutement plus diversifié, plus fluide pour la haute fonction publique, sans grand succès quelle que soit la couleur politique du Ministre. La réponse à toujours été : courage fuyons les emmerdements !

 

Glané sur Twitter hier sous la plume d'un journaliste qui aime le vin :

 

 

dit ce qu'il pense. Pire: il aimerait faire ce qu'il dit. Qu'on soit d'accord ou pas, c'est assez rare pour être signalé.

 

Un jour où je serai face à l'angoisse de la page blanche je vous conterai l'histoire du Tour de Bête cher au chef de Corps des IGREF pour le tableau d'avancement. Un grand moment de solitude et de stupéfaction pour moi...

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 08:00
En dévers et contre tout (19) « Pour entamer la conversation avec nos voisins de table, nous leur offrîmes du vin », une belle leçon de politique…
En dévers et contre tout (19) « Pour entamer la conversation avec nos voisins de table, nous leur offrîmes du vin », une belle leçon de politique…

Il est de bon ton, dans les sphères dirigeantes, de se référer au peuple. Mais que savent-ils, nos politiques, nos élites, de ce peuple ? L’écoutent-ils ? Sont-ils, ou se mettent-ils en position de l’écouter ? Le veulent-ils d’ailleurs ? L’entre soi est la règle, les entourages veillent, filtrent, les communicants tirent des plans, les déplacements ne sont souvent que des mises en scène pour faire des images. Le contact direct n’existe plus. Seuls les solliciteurs, les courtisans et les militants approchent d’un peu près nos « huiles ».

 

Dans son roman La princesse de Mantoue, Marie Ferranti, cite in extenso une lettre de celle-ci, Barbara de Brandebourg, à Maria son amie, où elle lui raconte l’escapade nocturne dans Mantoue, incognito, d’elle et de son époux Louis de Gonzague, seulement accompagnés de Francesco Rialoto, le capitaine des gardes de Louis et de Teresa sa cameriera.

 

« … le cœur battant, nous nous engouffrâmes dans cette pièce bruyante, enfumée, empuantie par la crasse.

 

Cette auberge est ouverte toute la nuit à tous les songe-creux de Mantoue, les mercenaires, mal montés, mal vêtus, les femmes jeunes et vieilles, dont certaines ont leurs enfants qui dorment sur les tables ou à leurs pieds, à même le sol. L’air est si corrompu que les yeux et la gorge me piquaient. Il fallut s’accoutumer à cette puanteur et à l’odeur âcre de la suie […]

 

Attablés, la princesse de Mantoue, au grand étonnement de son époux, jure.

 

« J’ai noté que ces mots me venaient parfois naturellement. Et bien ! crois-moi, ils apaisent la colère plus commodément que ceux que nous employons d’ordinaire. »

 

« À notre table, tout le monde était mêlé : jeunes et vieux, hommes et femmes. Au bout d’un quart d’heure, nous n’en étions plus étonnés. Trois grands gaillards me faisaient face et deux filles très jeunes qui étaient très gaies et, je crois, un peu ivres.

 

On nous apporta à boire et à manger : du ragoût de mouton et une soupe, le tout accompagné d’un mauvais vin. Nous bûmes et mangeâmes avec grand plaisir car cette longue course que nous avions faite nous avait ouvert l’appétit.

 

Pour entamer la conversation avec nos voisins de table, nous leur offrîmes du vin […]

 

« … La conversation s’engagea aussitôt et ne tarda pas à s’enflammer […]

 

La Princesse s’enhardit « … à mots couverts, mais fort compréhensibles, je ne privai pas de médire de Louis. Imagine son étonnement. Il manqua de s’étouffer. Un gros garçon, fort en gueule, intervint.

 

Et tous vidèrent leur sac sans retenue « … les jardins du château… sont à l’abandon. Et les rues n’en parlons pas. Elles empestent. Le soir c’est un vrai coupe-gorge. […] On peut le dire, on est toutes les nuits dehors. Il n’y a que les voleurs qui veillent, ça, on peut le dire, les soldats, ils dorment ! »

 

« Nous en restâmes bouche bée et laissâmes la conversation suivre son cours, acquiesçant de temps à autre, sans plus parler de rien. Le vin échauffait les esprits […]

 

« Que retira Louis de Gonzague de tout ceci ? Sans doute pas grand-chose du discours des deux ivrognes que Barbara rapporte avec une belle vivacité, mais une leçon politique, certainement. Barbara l’a compris, qui écrit : « Ce qui fit la plus forte impression sur Louis fut la liberté de parole de ces petites gens, comparé aux grimaces des seigneurs de la cour. Il y vit la nécessité de changer. Ce qu’il fit. »

 

« Plus d’un siècle plus tard, Mantoue était renommée pour être, selon Montaigne, qui la visita en 1580, « une des villes les plus propres et les plus policées d’Italie »

 

Lire RAPPELLE-TOI BARBARA par Angèle Paoli

 

« Ce récit de Marie Ferranti s’ouvre sur un portrait. Le portrait de Barbara de Brandebourg, princesse de Mantoue. Un portrait réalisé en 1470 par le peintre Mantegna pour la « Camera depicta » (Chambre des époux), et qui n’est pas vraiment du goût de la princesse, alors âgée de cinquante ans. Un portrait sans concession qui révèle à Barbara tout ce que le peintre a saisi d’elle. Toutes les facettes d’un visage « aux yeux las et jaunes, étirés vers les tempes comme ceux des chats », et d’une âme dure. Implacable parfois. »

 

C'est un roman où l'maginaire de Marie Ferranti tisse une toile dont les personnages ont été peints dans le milieu du XVe siècle italien. Tout cela est un jeu, à vous de lire La Princesse de Mantoue pour en découvrir les règles. Je suis sûr que vous vous y laisserai prendre. Bonne lecture.

En dévers et contre tout (19) « Pour entamer la conversation avec nos voisins de table, nous leur offrîmes du vin », une belle leçon de politique…
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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 06:00
Chantilly, son château, ses chevaux, ses chapeaux, sa crème fouettée sucrée, pourquoi avons-nous raccourci notre ROI ?
Chantilly, son château, ses chevaux, ses chapeaux, sa crème fouettée sucrée, pourquoi avons-nous raccourci notre ROI ?
Chantilly, son château, ses chevaux, ses chapeaux, sa crème fouettée sucrée, pourquoi avons-nous raccourci notre ROI ?
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Chantilly, son château, ses chevaux, ses chapeaux, sa crème fouettée sucrée, pourquoi avons-nous raccourci notre ROI ?
Chantilly, son château, ses chevaux, ses chapeaux, sa crème fouettée sucrée, pourquoi avons-nous raccourci notre ROI ?

Emmanuel Macron, répondant à la question des journalistes de Le 1 : « La démocratie est-elle forcément déceptive ? » a rajouté une pierre à la détestation que lui vouent les qui n’ont que le peuple à la bouche.

 

« La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu sa mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu. »

 

« Avec De Gaulle, les Français « suivaient le grand druide dans la forêt pour aller couper le gui avec lui ». Avec Pompidou, « nous avons un conseil d’administration qui nous annonce le cours des valeurs mobilières » Jean Lacouture.

 

En France, tout finit par des chansons dit-on, mais souvent tout commence avec le Roi, tout particulièrement les pépites de notre gastronomie.

 

Prenons ce brave Vatel, né en 1631, qui fit son apprentissage chez un pâtissier-traiteur de sa famille, Jehan Heverard et qui eut la chance, en 1653 de devenir « écuyer de cuisine » au service du puissant et immensément riche Nicolas Fouquet, le surintendant des finances de Louis XIV.

 

Le Roi Soleil prit ombrage du faste de son train de vie et de la beauté de son château de Vaux-le-Vicomte et ce qui devait arriver arriva le 17 août 1661, lorsque Fouquet reçut la cour et le roi Louis XIV dans son château.

 

De mémoire d’homme, la fête fut si grandiose, les spectacles et la cuisine si fastueuses que le Roi, jaloux, s’empressa sur le chemin du retour d’envoyer en prison son ministre et de l’imiter.

 

C’est lors de cette fête que Vatel fit servir la fameuse crème fouettée sucrée qui enchanta les palais raffinés des courtisans… Cependant effrayé par le sort de son maître et craignant pour sa vie, le cuisinier s’empressa de s’exiler en Angleterre. Deux ans plus tard, il fut engagé par le prince de Condé, dont il devînt « le contrôleur général de la Bouche » et officia dans sa résidence préférée, le fameux château de Chantilly…

 

Le Grand Condé c’est la Fronde, celle des Grands contre le Roi et mâtée par lui. Celui-ci, après la mort du cardinal Mazarin, assuma le pouvoir, imposant son autorité. La maison de Condé se trouvait dans une fâcheuse position, à la merci du Roi. Alors pour sceller la réconciliation avec lui le prince de Condé eut l’idée d’organiser une fête prestigieuse en avril 1671, une fête de trois jours qui effectivement atteignit son but : Condé et les siens furent absous.

 

Et Vatel y perdit la vie « Bal tragique à Chantilly : un mort »

 

On coupa symboliquement la tête des impertinents de Hara-Kiri, en interdisant la feuille qui avait osé un crime de lèse-majesté avec notre dernier Roi, le Général.

 

Vatel, pour une livraison tardive de poissons, se sentit déshonoré et mit fin à ses jours en plein milieu de l’incroyable fête. Sa gloire et sa fin étrange firent beaucoup pour que l’invention de la crème Chantilly lui soit attribuée.

 

« De ce passage du roi à Chantilly, Mme de Sévigné relate que les souverains visitèrent les appartements du château superbement meublés et fleuris, et qu’ils furent servis abondamment des plus excellents mets lors du dîner. Une quantité de tentes étaient dressées sur la pelouse pour la cour. Seul incident, le rôti manqua à quelques tables où des invités inattendus s’étaient présentés, ce qui désespéra l’intendant Vatel. Le lendemain à l’aube, Vatel descend dans les cuisines et trouve la livraison de poisson insuffisante pour le repas du vendredi : il monte à sa chambre, et se passe l’épée au travers du cœur. La marée cependant arrive de tous côtés. L’anecdote fit de Vatel le patron des cuisiniers, alors qu’il était intendant. » 

 

Objection votre honneur la fameuse crème fouettée sucrée aurait été créée en Orient et importée en France sous le règne de Catherine de Médicis où on la fouettait à l’aide de baguettes de genêt ou d’osier.

 

En effet, les premières traces de son existence auraient été relevées en Italie vers 1550-1570, puis en Belgique au début du XVIIe siècle dans les ouvrages de Cristoforo di Messisbugo, de Bartolomea Scappi et de Lancelot de Casteau. Ces hommes tenaient la recette d’un inconnu, d’un savoir oral ou écrit aujourd’hui disparu.

 

« Pourtant, il fallut attendre le milieu du XIXe siècle pour que l’association légendaire entre Vatel, le château de Chantilly et la crème se concrétise et que les premiers livres de cuisine la nomme crème chantilly. Elle fut dit-on à l’honneur des princes de Condé et de leur cuisine au crépuscule de l’Ancien Régime, lorsque qu’elle fut décrite et appréciée par la Baronne d’Oberkirch dans le Hameau de Chantilly vers 1774 " Jamais je n'ai mangé d'aussi bonne crème, aussi appétissante et aussi bien apprêtée.". Ce petit village champêtre, imaginé par le prince de Condé du moment, était un endroit d’agréments et de réception intégré dans le parc du château des Condé. Il fut à l’origine de celui que fit construire Marie-Antoinette à Versailles, au Petit Trianon. »

 

Lundi 20 juillet le MONDE m’annonce :

 

Art de vivre

 

La chantilly à l'honneur

 

« Avis aux gourmands, la Maison de la chantilly a ouvert ses portes rive gauche, à Paris. Comme son nom l'indique, ce nouveau haut lieu de la gastronomie sucrée met à l'honneur la fameuse crème fouettée sucrée inventée au XVIIe siècle. On peut la déguster sur place ou l'emporter, et ce de différentes façons – en cornet, chanticcino (café et crème chantilly) ou choux…

 

Il est aussi possible de savourer de la chantilly fraîche, proposée dans une jolie boîte à emporter. »

Chantilly, son château, ses chevaux, ses chapeaux, sa crème fouettée sucrée, pourquoi avons-nous raccourci notre ROI ?Chantilly, son château, ses chevaux, ses chapeaux, sa crème fouettée sucrée, pourquoi avons-nous raccourci notre ROI ?
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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 08:00
 CHAP.15 opération Chartrons, « 1 dîner de gens de droite abonnés à Figaro Magazine, à l’île de Ré, cela m’étonnerait qu’on m’y trouve » Fabrice Luchini

Je le confesse, j’ai toujours aimé le confessionnal, sa pénombre, l’odeur fade, être à genoux en attendant que le curé fasse coulisser le petit volet de séparation, il bossait en duo, à la chaîne notre curé-doyen, débiter le je confesse à Dieu, attendre avec gourmandise la question rituelle sur le plaisir seul ou avec d’autres, mentir alors que j’étais là pour laver mon linge sale de péchés véniels et mortels, bref il faudra qu’un jour je m’offre un petit tour à confesse, donc je le confesse sans honte autant le Onfray me gonfle, autant le Fabrice Luchini me réjouis le cœur. C’est un saltimbanque, de ceux, qu’au temps de Molière, auxquels on refusait les derniers sacrements et qu’on enterrait la nuit.

 

Lui, le gamin du XVIIIe, qui vient faire le garçon-coiffeur avenue Montaigne, lorsqu’il affirme que « la certitude de classe m’est insupportable » je le crois. En plus, il est drôle, ce qui n’est pas le cas de l’hédoniste constipé du bocage normand.

 

68

 

« Il y avait la gauche et la droite. La droite incarnée par le renouveau, le projet, l’ambition culturelle, le côté joyeux, l’espoir. Je suis très œcuménique, je prends tous les défauts pour la droite et toutes les qualités pour la gauche. Je pense que la mesquinerie, l’anxiété, la méfiance sont plutôt des réflexes de droite. Je sais que les choses sont plus nuancées que cela, mais je provoque. Cohn-Bendit étaient plutôt les premiers coiffeurs, les riches, ceux qui gagnaient beaucoup d’argent, mais qui pensaient à la Révolution merveilleuse. Ceux qui défendaient De Gaulle étaient les shampouineurs, ceux qui dépendaient du pourboire, les manucures, les pédicures. J’avais devant moi une lutte de classes. J’avais toutes les valeurs de la gauche, l’invention, l’espoir, la générosité et toutes les valeurs de la rétraction, ce qu’on appelle parfois les valeurs de la réaction. Maintenant, j’opte beaucoup plus pour le camp de la réaction. »

 

Il a changé le Fabrice.

 

« Oui, en 1968, j’y ai cru, j’allais vendre Lutte Ouvrière, j’ai été vaguement trotskiste, je n’ai pas très bien compris ce que voulait dire Léon et j’ai préféré lire Céline, mais en gros j’avais l’impression que 1968 allait balayer le passé, que le réel allait être vitalisé, qu’on allait en finir avec l’aliénation, j’adhérais à toutes les critiques d’Herbert Marcuse et Marx. J’étais persuadé qu’une chose nouvelle allait surgir. J’ai été militant quatre mois, j’ai dû aller débats marxistes auxquels participaient Daniel Bensaïd et Hugo Blanco l’Argentin, un marxiste révolutionnaire de 80 ans aujourd’hui. Après j’ai complètement quitté cette idée de progrès, de catéchisme. Comme dirait Céline : alors tous en bicyclette et pas de fausse note. En Pologne, lorsque j’ai joué j’étais devant les membres du parti communiste qui avaient des salles pour leurs films porno pendant que le peuple était dans la misère. C’est un catéchisme auquel je ne crois absolument plus. J’éprouve même une répulsion pour tout ce qui est progrès. Si Mélenchon passe, il n’y a pas d’histoire, je me barre, si Marine passe aussi. Je l’aime bien Mélenchon, nous avons dîné deux ou trois fois ensemble, mais je n’aime pas sa passion de l’égalitarisme. Tout mon parcours dit le contraire. »

 

Il dîne Fabrice.

 

« J’ai dîné cette semaine avec Emmanuel Macron, jusqu’à une heure du matin. « Je ne suis pas un industriel, me dit-il, je suis venu pour parler de Molière. » j’étais heureusement surpris, ce couple est divin, cela fait du bien de constater qu’un homme politique peut répondre à une réplique de Molière, à ton souci sur Rimbaud, qu’il a une connaissance et une admiration pour Flaubert. Cela fait du bien, Emmanuel Macron m’a impressionné. »

 

Et les clientes du salon !

 

« Je les séduisais, je regardais leur poitrine et cela me rendait hystérique de désir. J’ai quand même passé quatre ans à pratiquer la masturbation dans des proportions inquiétantes. Je n’avais que 9,8 de tension. Le toubib du coin avait dit « Vous voyez, ce sont les cadences infernales de la bourgeoisie. » toutes les coiffeuses se déshabillaient dans le vestiaire, elles avaient de petits soutiens-gorge merveilleux, elles mettaient en avant leurs petites pommes. Je passais les épingles pendant que Marlène Jobert se faisait faire le maillot avec l’épilation à la cire. Je voyais Sylvie Vartan en peignoir. Marlène Jobert en petite culotte. Tout ça me rendait dingue. Le toubib m’a dit qu’il fallait faire un procès au patron. On m’a donc mis dans un petit endroit où pendant un mois j’étais éloigné des soutiens-gorge, mais, à cette époque-là, j’ouvrais Jours de France et il y avait des pubs pour les soutifs. C’était trop. »

 

Mon rêve : comme il y a maintenant des journées sans « voiture », « tabac », une journée sans Onfray m’irait bien…

 

Je plaisante même si je n’ai guère le cœur à plaisanter avec le spectacle que nous donne certains politiques de ce pays qui me semble de plus en plus déboussolé, sans repère, frileux, comme tétanisée.

 

J’ai honte car ils n’ont pas de honte.

 

Piètre spectacle que celui de la droite française, dans la crise des migrants.

 

Maurice Szafran note avec pertinence que c’est « Comme si notre pays, dans l'esprit de ses chefs politiques, était à jamais sorti de la grande Histoire pour se racornir chaque jour davantage. Et à cet égard la gauche ne vaut guère mieux que la droite. »

 

Je suis atterré.

 

Mais où est passée la droite républicaine, humaniste, libérale, au sens de Tocqueville ?

 

Bien sûr Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Nathalie Kosciusko-Morizet, François Fillon et sans doute des sans-grades se sont exprimés en réaffirmant que « la France doit accueillir des réfugiés, qu'il est indispensable de mettre au point une politique nationale d'accueil ».

 

Causez toujours les bonnes âmes, l’heure n’est pas à l’humanité la plus basique mais à courir derrière Marine Le Pen, s’afficher plus anti-immigrés, plus xénophobe et plus replié sur nous-même que jamais est très tendance. La pêche aux voix est ouverte.

 

Le pompon dans ce concert minable doit être attribué sans contestation à Baroin.

 

À juste raison Maurice Szafran parle de « débandade éthique »

 

« Paradoxalement, François Baroin, sénateur-maire LR de Troyes, récent président de l'Association des Maires de France, la toute-puissante AMF, a donné le premier signal de cette débandade éthique en précisant d'emblée que sa ville restera fermée, close, aux migrants: « Tous nos centres d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) sont remplis, nous sommes sursaturés. On ne peut pas avoir des Calais partout en France »! Des mots technocratiques, glaçants, sans chair ni âme, les remarques d'une comptable riquiqui de la politique incapable de prendre la mesure historique du drame. Baroin, le gaulliste! Baroin, le fils préféré de Chirac! Baroin, l'incarnation de la droite ouverte et modérée! Baroin rétréci et rabougri. Les réactionnaires et les ringards de LR n'allaient évidemment pas manquer cet d'occasion pour se laisser aller à toute une série de provocations et, parfois, de délire. »

 

Dans la même tonalité rabougrie, l’assureur Xavier Bertrand donne toute sa mesure : « Ma ville n'accueillera pas de nouveaux réfugiés. Je ne sais pas les accueillir, je ne sais pas les former, je ne sais pas les intégrer, je ne sais pas leur donner un emploi. Vous ne pouvez régler un problème avec des bons sentiments. Je demande un blocus au marge des côtes libyennes pour empêcher tous ces malheureux de partir et de mourir. Je refuse d'y voir un manque de générosité »

 

Pour ne pas être en reste le chef court derrière sa troupe de pleutres avec une position de compromis calamiteuse « Je souhaite qu'on soit généreux avec les Syriens et ferme avec les émigrés économiques. Il fait des contrôles drastiques aux frontières de l'Europe. Et créer des centres de rétention des réfugiés politiques dans les pays sources, en Afrique du Nord, en Serbie, en Bulgarie. Bref, trouver une réponse équilibrée ».

 

Dans une interpellation faussement naïve à la droite Mgr Di Falco, l'évêque de Gap, pas particulièrement un progressiste, pose le doigt sur la plaie, là où ça lui fait mal à cette droite égoïste : « Mais qu'est donc devenue la Manif pour tous? Si elle est pour tous, elle est également pour les migrants ».

 

J’avoue que j’espérais sur ce sujet l’esquisse d’une forme d’Union Nationale hormis bien sûr les xénophobes avoués ou masqués. François Fillon qui se souvient que son mentor était gaulliste plaide pour « la grandeur de la France » Atterré François Grosdidier, sénateur (LR) de la Moselle, prévient « Veillons à ce que la barbarie ne gagne pas la France, non pas par la migration comme le redoutent certains, mais par notre propre régression intellectuelle, morale et politique »

 

Reste les boutefeux, les va-t’en en guerre, avec à leur tête Bruno Le Maire qui double sur sa droite le petit Nicolas. Pour lui, et d’autres, il de prendre le problème par l'autre bout, en faisant intervenir des troupes terrestres pour éliminer Daesh en Syrie et en Irak. Il considère que l'éradication de cette organisation ferait disparaitre les causes de l'exil de ces millions de réfugiés dont l'écrasante majorité - 99,4%, selon le Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU - est installée dans les pays limitrophes de ceux qui sont en guerre.

 

Ce n’est pas faux. Charles de Gaulle expliquait dans Mémoires de guerre à propos de son départ pour l'armée du Levant en 1929 : « Vers l'Orient compliqué, je volais avec des idées simples. » Il ajoutait : « Je savais qu'au milieu de facteurs enchevêtrés une partie essentielle s'y jouait. Il fallait donc en être. » Depuis 85 ans, les choses ont-elles vraiment changé ? De ce point de vue, pas vraiment ! Alors de grâce, cessez vos coups de menton messieurs, expliquez-nous clairement comment notre pays peut s’engager dans une guerre terrestre ? Je suis preneur.

 

Reste à écouter Onfray qui bien sûr un avis tranché sur cette question.

 

Depuis plus d'un an, la coalition internationale intervient, mais Daesh continue à agrandir son territoire, principalement en Syrie. La France ne doit pas bombarder, dites-vous. Alors, que faire pour freiner l'avancée des djihadistes ?

 

  • Moi, je serais pour qu'on se désengage absolument de tous les conflits planétaires dans lesquels on s'en va bombarder des populations musulmanes.

Quitte à laisser avancer les islamistes ?

 

  • Mais, c'est leur problème ! Pourquoi on aurait le droit d'intervenir au Mali mais pas le droit d'intervenir à Cuba, le devoir d'intervenir en Libye mais pas en Corée du Nord... ? Qu'est-ce qui fait qu'on a des indignations sélectives ? On ne peut pas aller faire le gendarme sur la planète entière ! Donc on a des indignations sélectives parce qu'il faut penser en termes de géologie, de stratégie, de sous-sol. Faites une carte géologique et vous verrez que ce sont les endroits géostratégiques où ont lieu les guerres. Parce que là où il y a du pétrole, il y a toujours des militaires.

Une majorité de Français, si l'on en croit les sondages, ne voit pas d'un bon œil les arrivées de migrants. En Allemagne, on voit les gens accueillir les trains de réfugiés dans les gares, avec sourires et applaudissements. Comment expliquer la différence d'accueil ?

 

  • Je pense qu’il faut faire l’histoire. L’France, c’est le pays du nazisme.

Oui, mais, est-ce qu’on n’a pas une dette morale aussi en France ?

 

  • Ce n’est pas exactement la même chose… Je pense que c’est difficile d’être allemand quand on hérite de ce qu’a été le nazisme, parce que le nazisme, ce n’est pas seulement Adolf Hitler, c’est tout un peuple qui a fait confiance à cet homme. Donc, forcément, ça crée ensuite un pays particulier. C’est un grand peuple qui a le sens de l’ordre, au bon sens du terme, qui a le sens de la communauté, qui a aujourd’hui une tradition d’accueil qui s’est constituée et qu’il n’y a pas en France. Parce que la France ne s’aime pas, parce qu’on se déteste, qu’on est dans la haine de soi… On est en train de vivre, nous en France, une espèce d’effondrement de l’histoire de France avec des hommes politiques qui ne nous aident pas à faire que l’histoire de France se poursuive dans de belles lumières.
  •  

Selon vous, la réponse est politique en France face aux réfugiés. Au FN, le choix est clair, Marine Le Pen dit : « Nous ne devons pas accueillir de clandestins supplémentaires. » À droite, à gauche, on hésite…

 

  • Il faudrait déjà s’entendre sur cette idée de migrants, d’émigrants, d’immigrés. Vous avez vu qu’on n’utilise plus le mot immigrés, on ne parle plus d’immigration, on parle de migration, et puis maintenant on parle de réfugiés. De toute façon, en France, c’est interdit de penser cette question-là… Il faudrait déjà commencer par penser cette question des immigrations. Quand on dit : oui, mais, regardez, on a accueilli les Polonais, les Espagnols, les Portugais… Oui, mais c’était dans un même espace qu’était l’espace judéo-chrétien !

Mais, quand les boat people fuyaient le Vietnam, personne ne se demandait s’il fallait les accueillir ! Est-ce que vous ne pensez pas que les réticences d’une partie des Français sont dues à l’origine de ces migrants ? Parce qu’ils sont arabes, on les craint davantage ?

 

  • D'abord, il y a une méconnaissance des raisons qui font que ces gens arrivent chez nous. Parce qu'on vit dans une espèce de matraquage médiatique et politique qui nous explique que les guerres que nous faisons sont des guerres contre le terrorisme, donc, évidemment, on est pour ces guerres ! Il faudrait juste une explication, faire de la philosophie politique, et les Français sont assez capables de comprendre ça. Il faut leur expliquer d'où ça vient, comment ça fonctionne quand des gens arrivent ici ! Et on arrête de faire ces guerres à des populations qui ne nous ont rien fait, on arrête d'investir des milliards dans les budgets de l'armement... On n'a pas d'argent pour augmenter le smic, mais on en a toujours pour faire une guerre supplémentaire !

Onfray Président !

 

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 06:00
Faire rimer hygiaphone avec téléphone le défi rock de la bande des 4 Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Corine Marienneau…

« Bonsoir. On avait oublié de vous dire au revoir... Et merci ! »

 

C’est ce qu’a déclaré Jean-Louis Aubert, après « Crache ton venin », premier morceau de la soirée, tiré de l'album du même nom sorti en 1979, aux fans réunis au Point Éphémère où les « Insus ? » – pas terrible comme nouvelle appellation, j’aurais préféré Smartphone – soit les 3 mecs de Téléphone, Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac et Richard Kolinka, sans leur bassiste historique Corine Marienneau, sont apparus sur les coups de 21 h 15 sur la scène…

 

« 1976-1986 le temps du « passage de l’ombre à la lumière » selon l’inénarrable Jack Lang à propos de l’élection le 10 mai 1981 du François de Jarnac comme premier président de gauche de la Ve République. Téléphone : Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Corine Marienneau participe au gigantesque concert organisé le 10 juin, place de la République pour célébrer la victoire en partageant l'affiche avec Jacques Higelin. La chanson Faits Divers, interprétée en direct, tient lieu de générique au journal télévisé de la nuit sur Antenne 2. »

 

Nostalgie ?

 

Non !

 

Bras d’honneur à ceux qui vannent les retraités qui dansent ?

 

Oui !

 

Comme je rentre, non pas de vacances car j’y suis en permanence, mais de Corse, vous aurez droit en ce dimanche à mes écrits anciens.

 

 

« À 56 balais le Jean-Louis Aubert boosté, transcendé par une formation exceptionnelle de 10 instrumentistes, le mercredi 27 avril lors de sa première au Zénith, nous a offert plus de deux heures de grand bonheur. Quelle vitalité ! Quel respect pour son public ! Qui a dit que les Français ne savaient plus s’assembler, exulter, danser ? Ce soir-là, toutes les générations étaient présentes et nul ne se souciait de la couleur de la peau ou des croyances de son voisin. Moi j’ai fini la soirée en état quasi-liquide heureux comme un bienheureux. Et que les grincheux ne viennent pas me bassiner sur le thème « tu te la joues jeune pépé ! » Rien à cirer, je préfère passer l’arme à gauche en dansant plutôt que de vivoter en pestant contre l’air du temps !

Aubert fait partie de notre patrimoine et j’ai osé dans mon titre lui accoler l’appellation climat car j’en ai plein le cul de tous ceux qui captent abusivement nos héritages populaires. Ras-le-bol des ratiocineurs télévisuels, des poseurs professionnels, des héritiers d’une France rance, des qui ont la trouille de tout et de rien, des bonnets de nuit, pour moi la vie c’est aussi vivre, boire et chanter car c’est bon pour la santé ! Le gars Jean-Louis nous en a offert pour notre argent, il n’a pas lésiné pour nous offrir un vrai spectacle, un truc qui te fait sortir de ta coquille, léviter au-dessus de tes baskets, en être, communier, chanter, swinguer, ne pas vouloir que ça s’arrête. Papy Rocard du haut de ses 80 balais a raison « Il faut chanter, lire, jouer de la musique… Notre époque a perdu le sens de la fête. »

 

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 08:00
En dévers et contre tout (18), l’inimicizia corse me va bien…

Je suis fidèle en amitié.

 

En revanche, lorsque l’ami (e) me déçoit mon sentiment bascule, le rejet est violent. Jusqu’ici je ne savais comment qualifier ce revirement. J’ai trouvé grâce au superbe livre de Marie Ferranti Haine de Corse.

 

Il aborde avec brio et sensibilité la haine que Charles Pozzo di Borgo et Napoléon Bonaparte se vouaient…

 

« Dans ses Mémoires, sous couvert de brosser un portrait des Corses, Pozzo nous renseigne sur l’état d’esprit qui l’anime, alors qu’il embarque sur un vaisseau anglais, sans espoir de retour : « le nom de haine ne suffit pas à la haine pour exprimer cet état destructeur, les Corses se servent de celui de inimicizia. Les vengeances sont cruelles et l’honneur le commande. »

 

« L’inimicizia, que l’on pourrait traduire en français par inimitié, rendrait un son très atténué comparé à celui de haine, mais en corse, le mot signifie l’amitié rompue, l’impossibilité de réconciliation, le devoir de détruire ses ennemis jusqu’au dernier, et cette inimicizia fait naître chez Pozzo un sentiment d’une telle violence qu’il est intraduisible. »

Buste de Charles-André Pozzo di Borgo au Cimetière du Père-Lachaise

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