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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 06:00
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec

« C’est une liste qui n’en finit pas de s’allonger. Pour la quatrième fois en huit mois, l’association L214 dévoile de nouveaux cas de maltraitance animale dans des abattoirs français. Deux établissements sont cette fois visés : ceux de Pézenas, dans l’Hérault, et du Mercantour, à Puget­-Théniers, dans les Alpes­-Maritimes. Filmées en caméra cachée entre novembre 2015 et fin mai, des vidéos insoutenables, auxquelles Le Monde a eu accès en exclusivité, montrent des sévices graves et des infractions manifestes perpétrés sur des bovins, des moutons, des cochons et des chevaux, lors d’abattages conventionnels et rituels. L214 devait déposer plainte, mercredi 29 juin, devant les tribunaux de grande instance de Béziers et de Nice pour maltraitance et actes de cruauté. »

 

« Il n’y a pas de viande heureuse »

 

« On a envie de croire que le problème, ce sont les cadences. Mais les petits abattoirs à l’approvisionnement local ne garantissent pas une meilleure protection des animaux, comparés à l’abattage industriel, assure Sébastien Arsac. Il n’y a pas de viande heureuse. » L’association lance cette fois une pétition pour la présence d’une alternative végétarienne ou vegan dans les restaurants scolaires et les collectivités.

 

Pour Jean Carmet dans une Brève de comptoir : « une viande tendre c'est une viande qui a été heureuse.»

 

 

 

J’ai connu au temps de mes culottes courtes la «tuerie particulière» de la Mothe-Achard. C’était dégueulasse dans toutes les acceptions de ce mot. Il fallait avoir le cœur bien accroché : souvenir du sang des gorets dégoulinant sur le sol, ruisselant dans une rigole vers une fosse à ciel ouvert où les charcutiers venaient puiser avec un seau ce qui servirait au jus de boudin. Ça cocotait dur. Seul le boudin de mémé Marie trouvait grâce à mes yeux.

 

Au Bourg-Pailler la mémé Marie « tuaient » la volaille et les lapins et une fois par an les hommes tuaient le cochon sans aucune maltraitance. L’animal était respecté.

 

Au nom de l’hygiène publique et de la rationalisation économique nos animaux sont abattus dans des abattoirs contrôlés par la puissance publique.

 

 

Qu’en est-il ?

 

Selon le ministère de l’Agriculture 259 abattoirs ont été contrôlés ces derniers mois en France et trois se sont vus retirer leur agrément.

 

« Dans le cadre de cet état des lieux, près de 70% des inspections auraient conclu à un niveau de maîtrise de la protection des animaux de satisfaisant à acceptable au moment du sacrifice. C’est satisfaisants dans 20% des cas et acceptable dans 49%. En revanche dans 31% des inspections, le niveau de maitrise de risques a été jugé insuffisant selon la synthèse remise au ministère. Les non conformités les plus graves concerneraient moins de 5% des chaînes inspectées, soit 19 lignes d’abattage qui ont été fermées.

 

Les détails des contrôles seront mis en ligne prochainement, selon le service de presse du ministère. En attendant, le ministre de l’Agriculture a déclaré le 1er juillet sur RTL que les militants de l’association L214, productrice de vidéos tournées clandestinement dans plusieurs abattoirs, « veulent faire disparaître ce qui a été l’agriculture. Ils ne veulent plus d’élevage, ils ne veulent plus qu’on mange de viande». Stéphane Le Foll a également déclaré que les dernières images mise en ligne par L214 « n‘ont pas été prises après les contrôles qu’on a fait mettre en place dans les abattoirs».

 

Quoiqu’il en soit, cette mise en cause du traitement des animaux de boucherie dans les abattoirs tombe au plus mal pour les éleveurs. Avec un prix du kilo de carcasse d’une vache de réforme de race mixte (normande par exemple) à la fin du mois de juin à 2,80€, c’est une baisse de 10% sur le prix payé un an plus tôt. Et il est probable que l’on n’a pas encore touché le fond car les producteurs laitiers européens augmentent désormais les abattages de vaches laitières de réforme en raison des difficultés financières qu’ils subissent avec la baisse du prix du lait de 20% sur deux ans et d’environ 10% sur la moyenne des prix payés en 2015.

 

Dans ce contexte, Dominique Langlois, président de l’interprofession Bétail et Viande vient d’écrire à Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur afin que l’accord commercial que l’Europe doit ratifier avec le Canada et qui prévoit d’importants contingents d’importation de viande bovine de ce pays, soit rejeté par la France, si la Commission européenne tente de le faire passer sans le soumettre à l’approbation du Parlement dans chaque Etat membre de l’Union. Dominique Langlois note dans son courrier que le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, semble « souhaiter s’assoir sur l’avis des élus nationaux tout en sapant l’autorité des Etats membres pour faire passer en force cet accord particulièrement dangereux pour notre secteur ». Il demande au secrétaire d’Etat de tenir bon.

 

Reste à savoir où en sont le chef de l’Etat et le Premier ministre sur ce dossier. A l’occasion, ils émettent ponctuellement des réserves sur la procédure de négociation pour un accord du même type avec les Etats Unis. Mais ils sont étrangement silencieux concernant la ratification ou non de l’accord que la Commission a déjà négocié avec le Canada. »

 

Pour un rapport plus durable à la viande, un architecte réinvente les abattoirs urbains

 

Un architecte de 25 ans a conçu un projet d'abattoir en ville, basé sur l'exemple de Bruxelles. Inspirés de l'économie circulaire, il permettrait de valoriser ses propres déchets, afin d'alimenter la production de différents types d'aliments, vendus sur les marchés voisins.

 

La suite ICI 

 

Je mange de la viande et je respecte ceux qui n’en mangent pas tout comme j’aime les animaux de la ferme : lorsqu’on a gardé les vaches et vécu dans la cour d’une ferme le respect est gravé dans mon ADN.

 

NOTE DE LECTURE : « ÉTHIQUE DES RELATIONS HOMME/ANIMAL. POUR UNE JUSTE MESURE ». ICI 

 

 

UNE VIE DE COCHON, VRAIMENT PAS ROSE (ENTRETIEN ORIGINAL)

AVEC JOCELYNE PORCHER, SOCIOLOGUE, CHARGÉE DE RECHERCHE À L’INRA ICI

 

Petit conte d’une recherche d’une viande heureuse

 

 

C’était un mardi matin pédaleur infatigable en dépit d’un temps incertain j’avais décidé de me transporter dans les beaux quartiers. En selle donc, en longeant le cimetière Montparnasse le ciel se gâte, il pleuviote, je persiste mais le vent se mettant de la partie avec la pluie je décide d’accrocher ma monture et de prendre le métro à Pasteur.

 

Changement à Trocadéro pour prendre la ligne 9. Drôle de ligne qui part duNeuf3, Mairie de Montreuil, Robespierre&Jacques Duclos, passe par Charonne, Voltaire, Léon Blum pour aller se jeter dans les bras des beaux quartiers. Pensez donc Rue de la Pompe, La Muette, Ranelagh, Jasmin, Michel-Ange-Auteuil, Michel-Ange-Molitor, Exelmans la fine fleur du 16e avec terminus Billancourt qu’il n’est plus possible de désespérer depuis que l’île Seguin chère à Sartre n’est plus qu’une friche industrielle.

 

Je sortais à l’air libre rue de la Pompe, je longeais la masse imposante du lycée Janson de Sailly, je suis en terre connue car j’ai occupé le 174 avenue Victor Hugo pendant quelques année au temps où je présidais aux destinées de la SIDO, je humais l’atmosphère si particulière de ce quartier si bling-bling.

 

Où allais-je de ce pas ?

 

À la boucherie d’Yves-Marie Le Bourdonnec qui est la voisine de mes ex-bureaux occupés maintenant par une société d’avocats.

 

Pourquoi vais-je si loin de ma base ?

 

Tout simplement parce qu’en exclusivité, Yves-Marie nous proposait la mise en vente de la carcasse d'un Boeuf Armoricain de 36 mois, nourri à l'herbe, issu de l'exploitation de Jackie et Masayo Malardé située en Centre Bretagne. 

 

 

Une armoricaine Marquise et son veau femelle Urtica né en 2003 qui est une génisse de Martano , taureau d' insémination né en 1956. Dose congelée en 1964.( Botlan Tremargat 22) ( voir la généalogie de cette souche) La ferme de Botlan de Jackie et Masayo Malardé

 

S'inspirant de l'esprit de notre école MOTTAINAI, notre élève japonais Kohei Kusumoto sera votre conseiller et préparateur privilégié.

 

Une occasion unique de vous procurer une viande d’exception, offrant à la découpe un aspect naturel persillé. »

 

Clarisse Prévost a lancé en partenariat avec le célèbre boucher Yves-Marie Le Bourdonnec une école de formation originale et dédiée à la boucherie fine, pour mieux accompagner tous les « entrepreneurs de la viande de qualité ».

 

Comment vous est venue l’idée de créer cette école d’un autre genre ?

 

Réunis par nos valeurs, forts de nos expériences respectives, nous avons voulu créer une entreprise commune qui soutient la culture de l’excellence de l’artisanat boucher, et qui réunit enfin tous les acteurs qui veulent bâtir une filière viande durable et de qualité. Aux éleveurs et aux candidats au métier de boucher (de plus en plus nombreux) qui cherchent une alternative à l’élevage et à la formation classique, nous voulons proposer une autre voie, à partir de la filière « Qualité Le Bourdonnec » reconnue aujourd’hui en France et à l’étranger.

 

Quelle est la philosophie de votre école ?

 

« Mottai-naï », littéralement « non au gaspillage ! » est une expression japonaise marquant une respectueuse reconnaissance à l’égard des aliments issus de la nature, ainsi qu’envers les personnes qui les produisent et les pourvoient. Les valeurs de l’entreprise Le Bourdonnec se retrouvent pleinement dans cette philosophie. « Cultivons la viande que nous aimons » est notre slogan et nous déclinons dans un Manifeste notre approche et ce qui fait sens pour nous et nos partenaires. Nous avons ainsi décidé d’accompagner toutes celles et ceux qui ont fait le choix d’une autre viande et d’un commerce vertueux : de l’éleveur au consommateur, en passant par le commerçant, le Chef en cuisine…

 

Quelles sont vos ambitions à long terme ?

 

Notre programme de formation propose de former des « bouchers entrepreneurs », en intégrant tous les maillons de la chaîne (culture de la production, approche pratique, théorique et culturelle). Beaucoup sont en reconversion professionnelle, ils sont exigeants et soucieux du sens de leur démarche. Ils accompagneront la vision d’Yves-Marie Le Bourdonnec (défendre les races mixtes, le « vrai » bœuf, l’élevage à l’herbe etc.) et porteront sa filière en pleine expansion internationale. Du côté des autres acteurs (éleveurs, réseaux de commercialisation, restaurants, ateliers de dégustation etc.) notre ambition est aussi de « faire école » et de proposer un accompagnement stratégique et logistique. Oui, on peut encore manger de la viande en 2015 et dans les années à venir, en respectant l’animal, en comprenant notre culture gastronomique, et en respectant notre environnement. Oui, on peut se lancer dans l’élevage ou la boucherie en trouvant des débouchés et des consommateurs !

 

Qui est donc Yves-Marie Le Bourdonnec ?

 

Lire ICI

 

L’Yves-Marie il ne plaît pas à tout le monde, j’aime ça.

 

Vers 11 heures je suis à pied d’œuvre, c’est jour de livraison des carcasses alors c’est la ruche. et je vous livre mes premières photos.

« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
« Il n’y a pas de viande heureuse » affirme L214 «le veganisme est un anthropocentrisme» répond Raphaël Enthoven on en trouve chez Yves-Marie Le Bourdonnec
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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège, Mélenchon, mélange d’Hugo Victor et d’Hugo Chavez, Montebourg, l’Evo Morales de la Bresse, 1 monarchie républicaine proche de l'asile de fous !

« Les souvenirs sont doux à qui les raconte, chiants à qui les écoute. »

 

Frédéric DARD

 

« Venez, je vais mettre de la musique... » Sa main se tendait. Je la prenais. Elle me tirait vers le salon. Mon corps se dénouait. Elle s'accroupissait pour choisir un disque dans un meuble bas. Dans l'entrebâillement de son short, la vue plongeante sur la raie de ses fesses blanches, m'ôtait mes dernières inhibitions. Elle déposait avec précaution sur le tourne-disque la galette d'un 33 tours « When a man loves woman » de Percy Sledge, se relevait en balançant ses tongs devant elle. «Allez éteindre !» Je m'exécutais. Elle m'attirait à elle. Je la prenais par la taille «Dansons ça te fera du bien !» L'irruption du tu me propulsait sur la dernière marche de l’intimité. Ce slow « étalon du torride » des années 60 se prêtait à merveille à l'exercice. Sylvie dansait sans se tortiller, lovée, féline, son pubis effleurait mon sexe et je sentais le poids de ses seins peser sur ma poitrine. À mon grand étonnement, mes mains sur ses hanches nues et tièdes, la pointe de ses tétons durs sur ma poitrine, son souffle dans mon cou, son parfum capiteux, loin de m'exciter, me projetaient dans un étrange no’ mans land. Je me sentais spectateur.

Les femmes sauvagines, et Sylvie était de celles-là, possèdent un sens animal exacerbé, leur corps entend, leur corps renifle, leur corps vibre, leur corps tel un regard aigüe vous perce à jour. Notre corps à corps s'alanguissait et, sentant que je lui échappais, que j'étais ailleurs, la sauvagine se raidissait, posait ses mains sur mes épaules en écartant son buste pour me toiser. Très mec qui ne s'en laisse pas conter je la maintenais par les hanches collé à moi. Elle riait sans chercher à se libérer de mon emprise. M'ébouriffait les cheveux. « Tu es un type qui contrôle tout, toi. Je le sens. N'importe qui d'autre m'aurait déjà passé la main au cul et culbuté. Toi, tu donnes juste ce qu'il faut. Pas plus. Cette grande conne veut danser ! Alors le beau jeune homme paumé, il danse. Plutôt bien d'ailleurs. Pas plus. Il la méprise la grande avec son short de pouf et ses gros nichons. Ne proteste pas ! Je suis une professionnelle... Une ex... Une ancienne pute quoi ! Papa Brejoux il m'a, comme disent les braves gens, sorti du ruisseau ou du caniveau puisque je faisais le trottoir. Bon, je sais que ça fait très roman photo mais c'est la vérité. Là, ce soir, tu vois, je te fais ce que je sais faire de mieux. Comme t'es malheureux comme les pierres moi tout ce que je peux te filer c'est ma chaleur. Sous mes airs de fille froide je cache un corps de vraie mère-poule. Ce que j'aime ce sont les câlins. Caresse-moi ! Tu as de belles mains... » Elle prenait mes mains et les guidait sous le coton de son Marcel. Ce fut tendre. »

CHAP.16 code acratopège, Mélenchon, mélange d’Hugo Victor et d’Hugo Chavez, Montebourg, l’Evo Morales de la Bresse, 1 monarchie républicaine proche de l'asile de fous !
CHAP.16 code acratopège, Mélenchon, mélange d’Hugo Victor et d’Hugo Chavez, Montebourg, l’Evo Morales de la Bresse, 1 monarchie républicaine proche de l'asile de fous !

J’ai toujours eu un faible pour Houellebecq.

 

« Dans son roman La Carte et le territoire (2010), Michel Houellebecq prêtait à son personnage central, le plasticien à succès Jed Martin, le projet de constituer, via le médium photographique, « un catalogue exhaustif des objets de fabrication humaine à l’âge industriel ». Michel Houellebecq, on le sait – notamment depuis qu’il a exposé ses clichés il y a deux ans, à Paris (Before landing) –, pratique lui aussi, depuis plusieurs décennies, la photographie. Son ambition n’a certes pas l’ampleur de celle qui anime Jed Martin, mais leurs deux gestes se rejoignent néanmoins dans l’intention de dire le monde, tel qu’il est, tel qu’ils le voient et le ressentent – « Et c’est cela que nous devons atteindre / Si nous voulons parler du monde / Simplement parler du monde », écrit Michel Houellebecq dans le recueil Le Sens du combat (1996). Ainsi, la volonté d'établir le constat du monde où nous vivons, qui est l’une des lignes de force de ses écrits, romans ou poèmes, constitue-elle également le moteur de Michel Houellebecq, photographe – lui, préfère l’expression « producteur d’images », car, explique-t-il, « un photographe tente de capturer le réel, alors que moi, j’y recherche mes obsessions ou mes rêveries »

 

« On aurait préféré que l'événement se tienne à l'espace culturel Auchan de Mimizan. Mais c'est le Palais de Tokyo, haut lieu de la coolitude intégrée, qui accueille notre grand écrivain de la misère sexuelle et de la mélancolie consumériste. Reprenant le titre d'un de ses premiers livres, « Rester vivant » n'est pas une expo sur Houellebecq, mais une expo signée Houellebecq, un circuit touristique de ses obsessions.

 

Il en a réalisé toutes les photos, choisi toutes les teintes de gris. Et comme dans un voyage « all inclusive », le plaisir ne repose pas tant sur la surprise que sur l'impression de trouver ce qu'on attend. « Il est temps de faire vos jeux », annonce une bannière.

 

Ode à son corgi disparu

 

Entre paysages d'autoroute, érotisme soft et collection de dessous de table, ses lecteurs se sentent chez eux. Au lieu des stars cyniques de ses romans, Jeff Koons, Damien Hirst, l'auteur a invité des artistes moins populaires, dont Robert Combas, dans un cruel autoportrait de l'artiste en futur ringard.

 

Mais l'acmé lyrique de l'exposition, c'est Clément qui l'occupe, son corgi disparu en 2011, à qui Iggy Pop dédie un poème. A la dernière salle, ce photomontage qui donne peut-être la clé : « Nous habitons l'absence. » Présent partout et visible nulle part : avec ce parcours aux allures de parc à thème, Houellebecq réalise en somme le programme de Flaubert.

 

« Dans ma main droite le titre du petit bouquin m'étonnait : « Extension du Domaine de la lutte », ça sonnait comme du pur jus d'intello post-soixante-huitard non révisé, prétentiard. Si je l'ai ouvert c'est qu'il était édité par Maurice Nadeau. J'ai toujours eu un faible pour Nadeau.

 

« Au métro Sèvres-Babylone, j'ai vu un graffiti étrange : « Dieu a voulu des inégalités pas des injustices » disait l'inscription. Je me suis demandé qui était cette personne si bien informée des desseins de Dieu. »

 

Ce Houellebecq m'avait dérangé. Il m'énervait même si son style atone, minimal, s'élevait parfois jusqu'à devenir Bovien. Son Tisserand, l'un de ses personnages, venait de détruire mon postulat de la laideur. Ce type « dont le problème - le fondement de sa personnalité, en fait - c'est qu'il est très laid. Tellement laid que son aspect rebute les femmes, et qu'il ne réussit pas à coucher avec elles. Il essaie de toutes ses forces, ça ne marche pas. Simplement elles ne veulent pas de lui… » Ce type grotesque, lamentable, j'avais envie de tirer la chasse d'eau sur lui mais je ne pouvais pas. Que pouvait-il faire ce laid, en dehors de se résigner, d'épouser une moche, d'aller aux putes ou de devenir riche ?

Le système présidentiel monarchique français « rend fou », comme le diagnostique Daniel Cohn-Bendit qui prétend en être préservé. Pourtant, il avoue regretter de ne pas avoir participé par le passé aux primaires de toute la gauche. C’est bien la preuve que la folie est partout, et que la Ve République ressemble à cet asile dont les fous ont pris le contrôle, ce qui implique qu’on doit veiller comme des malades aux contre feux, aux « contre fous »!

 

 

Victoire des Bleus, défaite des Le Pen et Mélenchon par Bruno Roger-Petit

 

La victoire de la France face à l'Allemagne dans l'Euro provoque un moment de communion populaire que seul le football procure. Et comme tout est politique, cette victoire des Bleus et de Griezmann est aussi une défaite pour les archaïques et réacs de tous bords, de Le Pen à Mélenchon.

 

Tout est politique. Même le France-Allemagne de cet Euro 2016. Oui, ce match est un événement de portée politique majeure. Pas seulement parce que François Hollande s’affiche à chaque match des Bleus, non, cela va bien au-delà. En vérité, cette victoire contre l’Allemagne, ce moment où le football est roi, ne signe pas seulement la victoire de Griezmann et des Bleus, il signe aussi la défaite des Le Pen, Mélenchon, et autres archaïques de tous horizons, de gauche comme de droite, qui détestent le football qui rassemble.

 

On reprend, d’un point de vue politique, ce France-Allemagne de légende.

 

Nous sommes jeudi soir, le match est à peine terminé que déjà sur iTélé, Pierre-Louis Basse, la grande voix du foot des années Europe 1, en tire la conclusion politique qui s’impose. "Ce sont quand même des moments de fraternité chouette. On pourrait le dire", commence-t-il. Et de poursuivre, face à un interlocuteur qui s’étonne de cette sortie qui, d’un coup, associe football et politique, Griezmann et sociologie: "La politique elle nous rattrape toujours l’extrême droite par exemple, qui revendique ne pas aimer cet euro, on le comprend, parce que ces moments de fraternité, c’est fort. Des Irlandais qui boivent des coups avec des Italiens, c’est fort. C’est pas la guerre qu’on veut, c’est vivre ensemble, avec toutes nos différences". On salue ici le propos de Pierre-Louis Basse, qui situe impeccablement la dimension politique du football. Dans la société. Au cœur de la société. Et qui dit la vérité des heures que nous sommes en train de vivre, à travers l’épopée des Bleus de Didier Deschamps dans cet Euro.

 

"Une revendication sociale"

 

Arrigo Sacchi, le grand entraîneur du Milan AC et de la Squadra des années 90, eut un jour un mot formidable pour dire le rôle politique du football. "Le foot est une revendication sociale". Il entendait ainsi signifier que ce sport relève de l’identification, quel que soit le niveau et l’échelle où il est pratiqué. L’amateur de football projette son identité personnelle dans une identité collective, qui transcende les individus. L’histoire du football français, par exemple, en porte la marque. Clubs des villes communistes, avec Le Havre AC ou le Saint-Etienne des années Manufrance et Sanguedolce. Clubs des curés, avec l’AJ Auxerre et son stade qui ne s’appelle pas Abbé Deschamps par hasard. Club de l’industrie automobile, avec le FC Sochaux des Peugeot, dont l’emblème est un lion semblable à celui de la marque. Et l’on pourrait ainsi multiplier les références, en France où ailleurs, qui valide l’axiome de Sacchi.

 

Chaque fois qu’il faut fédérer une communauté, lui donner corps, rassembler et unir, on invente un club de football. Nécessairement, les équipes nationales n’échappent pas à ce phénomène. Et mieux encore, elles en constituent le climax. Le football ,c’est comme la Nation de Jaurès, c’est aussi le dernier des pauvres, ce qui rassemble encore quand on se sent exclu de tout.

 

Plus que la France Black-Blanc-Beur

 

Il fallait voir, ce jeudi soir, la foule venue sur les Champs-Elysées célébrer la victoire des Bleus, ce formidable rassemblement populaire dépassant les antagonismes, sans distinction de classe, d’origine, de culture et de couleur. C’était plus que la France Black-Blanc-Beur, la France de toutes les France. Et tout cela grâce à deux buts de Griezmann, deux arrêts de Lloris, un centre de Pogba, la hargne de Sissoko et une victoire contre l’ennemi héréditaire en football, l’Allemagne, terrassée à l'image de son géant gardien de but Neuer. Il n’y a que le football pour offrir de tels rassemblements populaires, de ces moments de communion fraternelle transcendant tous les clivages, toutes les oppositions, toutes les haines. C’est peu. Et c’est beaucoup. C’est ce qu’avait compris et traduit aussi un autre grand nom de l’histoire du football, Bill Shankly, qui disait: "le football n’est pas une question de vie et de mort, c’est bien plus important que cela".

 

Rédigeant ces lignes, on sait que l’on s’expose à la récrimination habituelle, cette sempiternelle rengaine des hostiles à la vertu fédératrice du football, qui rabâcheront, derrière les Finkielkraut et Zemmour, les Le Pen et les Dupont-Aignan, les Mélenchon et Nuit debout, que la France unie 2016 de Griezmann est une illusion, comme l’était la France Black-Blanc-Beur de 1998. Sauf que ce n’est pas le sujet. Il est des illusions nécessaires à la cohésion nationale, et le football est l’un de ces derniers vecteurs encore dispensateurs de vivre ensemble. « La revendication sociale », encore et encore. L’envie de vivre ensemble, encore et toujours. L’envie de descendre dans la rue pour une autre cause qu’un deuil national suite à des attentats ou des luttes contre un projet de loi porté par Manuel Valls. Célébrer la victoire contre l’Allemagne en demi-finale de l’Euro, c’est aussi affirmer, malgré tout, la volonté de vivre ensemble. De partager. De communier.

 

C’est l’époque, les grands moments de communion nationale ne sont plus inspirés par le souvenir du sacre de Reims ou le récit de la Fête de la fédération mais par une victoire de l’équipe de France contre l’Allemagne. Oui, c’est populaire, totalement populaire, absolument populaire, mais cela ne mérite ni mépris, ni opprobre.

 

Voilà pourquoi les identitaires n’aiment pas le football. Les souverainistes non plus. Les nationalistes encore moins. Et voilà aussi pourquoi à l’extrême gauche, on ne l’aime pas non plus. Les communistes aimaient et aiment encore le football, mais pas les mélenchonistes et les militants les plus farouches des gauches de la gauche, la rupture culturelle mérite d’être notée. Idem pour certains écologistes qui continuent de dénoncer le football, royaume de l’argent fou et des fausses valeurs, sans prendre en considération sa part de revendication sociale.

 

Ces personnes qui fêtent Knysna

 

Pour tous ces courants, le football est un ennemi parce que les valeurs qu’il emporte vont à rebours de ce que souhaitent ceux qui, à droite et à l’extrême droite, à gauche et à l’extrême gauche, jugent qu’il est utile à leur combat d’entretenir les oppositions et les divisions, les antagonismes et les ostracismes, les rancœurs et les haines. Ceux-là, le football ne les intéresse que dans la mesure où il sert leur dessein. Quand il génère des polémiques à n’en plus finir, divisant et clivant à l’infini, il est formidable. Mais quand il rassemble, c’est le drame. Plutôt Benzema que Griezmann. Plutôt Nasri que Pogba. Plutôt Ribéry que Giroud.

 

Voilà pourquoi Marine Le Pen et Eric Zemmour, Alain Finkielkraut et Michel Onfray, chacun pour la défense de leur chapelle respective, préféreront toujours une tragédie semblable à celle de Knysna, le naufrage de la Coupe du Monde 2010, à une victoire de l’équipe de France contre l’Allemagne dans l’Euro 2016, ce grand moment de l’histoire du sport français.

 

Knysna, Ribéry et Evra à la dérive, Domenech à la ramasse, c’était formidable, qui permettait aux uns de dénoncer les ravages politiques et culturels engendrés par l’immigration, les petits caïds, les voyous, l’insécurité culturelle, et aux autres de stigmatiser les milliardaires mal élevés du football, le foot opium du peuple, la sous culture qui abrutit les masses… Divisons, divisons, il en restera toujours quelque chose…

 

Avec le France-Allemagne de cet Euro 2016 se clôt une décennie de malheurs et de heurts autour des Bleus, prétexte à tous les déchaînements possibles des mélancolies françaises. Pour tous ces gens-là, archaïques et réactionnaires de tous horizons, le génial Griezmann, le probable successeur de Kopa, Platini et Zidane est une malédiction. Les Français peuvent encore s’aimer grâce au football. Que la défaite est cruelle...

CHAP.16 code acratopège, Mélenchon, mélange d’Hugo Victor et d’Hugo Chavez, Montebourg, l’Evo Morales de la Bresse, 1 monarchie républicaine proche de l'asile de fous !
CHAP.16 code acratopège, Mélenchon, mélange d’Hugo Victor et d’Hugo Chavez, Montebourg, l’Evo Morales de la Bresse, 1 monarchie républicaine proche de l'asile de fous !

Tereza, elle, n'est pas une grande fan de football. Photographe venue travailler au pair à Paris il y a quelques mois, elle a tout de même suivi la brève aventure française des siens dans les bars de la rue Oberkampf, où les Tchèques installés à Paris se retrouvent régulièrement. Surtout, avec l'arrivée en masse de touristes et de supporters étrangers, elle a découvert une nouvelle facette de la capitale française, une ville dont elle n'attendait rien de spécial, mais qui ne cesse de la surprendre et de la fasciner. Cet amour naissant, les clichés sur les Français et notamment les Parisiens, mais aussi la passion locale pour les grèves et les mouvements sociaux qu'elle n'attendait pas si puissante, la jeune femme revient pour nous sur son Euro, principalement passé à découvrir un pays où elle a décidé de rester.

Un préfet multipropriétaire logé en HLM à Puteaux

 

« Comment expliquer qu’un haut fonctionnaire, propriétaire de dix appartements et déclarant plus de 190 000 euros de revenus annuels, ait obtenu un logement social de trois pièces appartenant à l’Office public de l’habitat [OPH] de Puteaux ? » Christophe Greber, l’infatigable opposant (Modem) à la maire (Les Républicains) de la cité des Hauts-de-Seine, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, également présidente de l’office public HLM de la ville, a posé franchement la question, mardi 5 juillet, en conseil municipal.

 

Le haut fonctionnaire en question est le préfet Alain Gardère, 59 ans, proche de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, ex-directeur de cabinet adjoint de Claude Guéant au ministère de l’intérieur, directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), organisme de contrôle de ces entreprises, jusqu’à sa mise en examen, en janvier, pour « corruption passive », « prise illégale d’intérêts », « recel d’abus de biens sociaux » et « détournement de fonds publics ».

 

Selon un article publié, le 30 juin, par Mediapart, M. Gardère jouirait d’un salaire net mensuel de 9 800 euros, d’une prime annuelle de 18 000 euros et de 55 000 euros de revenus fonciers, qui le placent largement au-dessus des plafonds de ressources ouvrant droit à un logement social.

 

L’appartement en cause, de 75 m2, avec un loyer de 2 000 euros, est l’un des treize logements sociaux sur 65 au total d’un ensemble flambant neuf, aux allures un peu kitsch, style Disney, du tout nouveau quartier du Théâtre, à Puteaux.

 

« Aucun avantage économique »

 

Selon le cabinet du maire, il s’agit d’une construction financée par un prêt locatif social (PLS), de gamme plutôt haute dans la complexe hiérarchie des logements sociaux, auquel a été appliqué le surloyer maximal. Mais le plafond de ressources exigé en PLS, dans ce secteur géographique, ne dépasse pas 45 000 euros par an pour un couple, et il doit être respecté à l’entrée dans les lieux, le surloyer ne pouvant s’appliquer qu’à un locataire déjà en place, dont les ressources ont progressé au fil des ans et outrepassent les plafonds.

 

Le code de la construction stipule, en outre, que l’attribution d’un HLM ne peut se faire à une personne déjà propriétaire d’un logement correspondant à ses besoins. « Mon client, M. Gardère, a perdu son logement de fonction et, avec ce nouveau logement, ne bénéficie d’aucun avantage économique, puisque son loyer est même légèrement au-dessus de celui du marché privé dans cette ville », précise son avocat, Me Jean Veil.

 

« De nombreux candidats ont refusé cet appartement, précise le cabinet du maire. Il a été finalement attribué par une commission où siègent des représentants de la préfecture des Hauts-de-Seine, et sur le contingent préfectoral. » Dans un communiqué, la préfecture des Hauts-de-Seine a répondu, vendredi 8 juillet, que « M. Gardère n’a jamais figuré sur les listes d’allocataires proposés par les services de l’Etat, qu’il s’agisse des publics prioritaires ou des fonctionnaires, sur le contingent préfectoral relevant de l’OPH de Puteaux ».

 

« Totalement inacceptable »

 

Mardi, en conseil municipal, Mme Ceccaldi-Raynaud – elle aussi fidèle de Nicolas Sarkozy – s’est retranchée derrière le récent rapport, de mars, de l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols), qui critique plusieurs attributions irrégulières de logements sociaux, mais, a-t-elle plaidé, pas celle-ci. Or, l’Ancols a examiné les attributions de 2009 à 2013, pas de 2014, année qui a vu exaucée la demande de M. Gardère.

 

La ministre du logement et de l’habitat durable, Emmanuelle Cosse, a vivement réagi : « Cette situation, qui déroge aux principes et aux règles d’attribution des logements sociaux, est totalement inacceptable. Toute la lumière devra être faite sur les conditions dans lesquelles elle est intervenue et les responsabilités en cause. J’y veillerai personnellement. »

 

Depuis sa création, le 1er janvier 2015, l’Ancols – aux pouvoirs renforcés par rapport à l’ancienne Miilos (Mission interministérielle d’inspection du logement social) – peut suggérer au ministre diverses sanctions. Vendredi, le préfet des Hauts-de-Seine a demandé « à la maire de Puteaux, en qualité de présidente de l’OPH, de prendre les dispositions nécessaires pour mettre fin à cette situation »

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 06:00
Hommage aux bacheliers qui ont eu plus de 20/20 La Cause du Peuple, le grand organe révolutionnaire, osera écrire « Lagarde meurt mais ne se rend pas »

Ceux qui n’ont pas vécu l’effervescence échevelée du mois de mai 68 ne peuvent pas comprendre l’étrange état, mélange de frustration, de manque, d’envie de repasser les plats, dans lequel se sont retrouvés certains lycéens qui avaient dû se contenter, dans leur bahut de province, du rôle de spectateur de la chienlit chère au vieux général. Beaucoup d’entre eux avaient bien sûr organisé des répliques, des poussées d’acné juvénile, de la contestation contre la machine à ingurgiter, mais ce n’était que des ersatz. Alors, ceux d’entre eux qui étaient monté à Paris pour entrer en Prépa, avaient élevé les évènements au rang d’un mythe fondateur. Ils ne touchaient plus terre. Ils ne voulaient pas descendre de leur petit nuage. Ce coitus interruptus, fin prématurée de la grande fête de printemps, les plongeaient dans une forme avancée de fouteurs de merde professionnels. L’ordre régnait à nouveau mais la sève vive de ces jeunes pousses, à la tête bien faite, ne demandait qu’à gicler. Et elle giclait : du règlement intérieur tatillon, avec ses contrôles, ses justifications d’absence, du cérémonial des mandarins, du folklore poussiéreux de Louis-le-Grand, ils font table rase. Le tout est possible est autoproclamé. C’est le règne du bon vouloir d’une poignée de trublions. La hiérarchie s’écrase. S’incline. Se couche. La spirale du bordel s’installait.

 

Je débarquais dans ce happening permanent, où ce pauvre Lagarde, le coéquipier de Michard, connu de tous les potaches de France et de Navarre pour ses manuels de littérature, tête de turc n°1, harcelé, bousculé lors d’un concours blanc, débordé, s’écroule victime d’une crise cardiaque dans l’indifférence générale. La Cause du Peuple, le grand organe révolutionnaire, osera écrire « Lagarde meurt mais ne se rend pas ; en l’occurrence l’imbécile réactionnaire pique sa crise cardiaque. Et, alors que l’administration, les réformistes et les révisos s’empressent autour de la sommité académique à terre, le camp antiautoritaire continue son action ; pourquoi s’arrêter pour une autorité académique ? Peu nous importe le sort d’un pauvre type, du moment qu’il cesse de répandre ses insanités ! » Ce n’est pas du karcher mais du lance-flammes. Féroces les tigres de papier, adeptes de l’eugénisme « intellectuel », ils règnent sans partage sur « Base Grand ». Tout le monde s’écrase, le proviseur et le censeur sont aux abonnés absents, les surgés ne voient et n’entendent rien, alors les insurgés s’enhardissent, libèrent le « jardin privé » du proviseur, le portrait du Grand Timonier orne le monument aux morts.

 

Le soir de mon rendez-vous avec les chefs du groupe Action de la GP, la cellule « gépéiste » de « Base Grand se réunissait. L’ambiance était électrique car la semaine précédente, à l’issue de la projection de l’Orient rouge, opéra socialiste-réaliste à la sauce aigre-douce chinoise du Grand Timonier, où, bien sûr, les larges masses paysannes triomphaient des affreux contre-révolutionnaires, les « nouveaux enragés » s’étaient payés le luxe d’envahir la salle voisine où se tenait une réunion d’une association de parents d’élèves « réac ». Bombages des visons de ces dames, croix gammées sur les murs, horions divers et variés : pourris, bourgeois décadent, crises de nerfs, en dépit de la position minoritaire des larges masses étudiantes les mâles bourgeois décadents laissaient les gardes rouges humilier leurs dignes épouses. En dépit du caractère minable, honteux, de cette action, les « partisans » de «Base Grand» sont donnés en modèle. Portés au pinacle de la Révolution prolétarienne. En entrant dans le hall du vénérable lycée, avec mon jean et mon perfecto, j’eus l’impression de pénétrer sur la scène d’un théâtre d’avant-garde où les acteurs singent le réalisme en se fagotant de guenilles et sur-jouent pour persuader le public de leur engagement extrême à la cause des masses opprimées. Les larges masses de la cellule « gépéiste » de « Base Grand », comme me l’avait dit cette ordure de Gustave, n’étaient qu’un ramassis de petits frelons : des impuissants dangereux.

 

L’essaim bourdonnait. Je croisais dans le hall de Louis le Grand l’un des meneurs de la GP des khâgneux, Guy Lardreau, drapé dans son long manteau de cuir noir battant les talons de ses lourdes bottes. Le louangeur de Beria, se la jouait Guépéou avec un zeste de dandysme canaille en se trimballant en permanence avec une cane gourdin : son instrument de travail pour casser du facho, tout particulièrement les fafs d’Occident. Mon allergie viscérale pour les apprentis bolchevicks, ceux qui n’avaient pas mouftés lorsque les chenilles des chars des pays frères écrasaient le printemps de Prague, me poussait à aller lui taper sur l’épaule pour lui montrer mes mains bousillées par la tôle Citroën et le traiter de petit branleur. Bien sûr, je m’abstins, mais tout en grillant une cigarette, car j’étais en avance, je ne pouvais m’empêcher de penser à Pierre Clémenti. Le Pierre Clémenti de Belle de Jour, avec sa gueule cassée, ses ratiches d’acier, ses chaussettes trouées et sa dégaine de petite frappe. Lui, au moins, dans la chambre minable du HBM, où Catherine Deneuve, grande bourgeoise en mal de souillure, venait faire des passes, il collait bien à son personnage. L’habitait.

 

Comme l’écrivait d’une main, avec gourmandise, ce vieux pédéraste de Mao, en fouinant de l’autre dans la petite culotte des petites filles en fleurs : « Feu sur le quartier général » : pào sīlìngbù zhāng. Dans le nid de frelons ma tête grésillait, une envie cataclysmique de me vautrer dans le lit d’une grande bourgeoise me consumait. Tout ce gris sur gris de l’atelier 86 rythmé par le lancinant déroulé de la chaîne s’ajoutant au plomb de mes reins cassés, au gras de la tambouille de la cantine, aux brimades des petits chefs, à l’infinie résignation de mes compagnons de galère, sortait par tous les pores de ma peau. Suintait. Puait. Feu sur le quartier général ! Il me fallait reprendre l’initiative. Sortir de la nasse. En clair, devenir un agent double. Trahir tout le monde. M’installer à mon compte. Tirer parti de la situation. Jouir sans entrave comme les murs de la Sorbonne le proclamaient. Comme l’actionnaire majoritaire de ma petite entreprise était ce paranoïaque de Marcellin, j’allais le gaver de dividendes. Lui servir la soupe qu’il espérait : la main du KGB via Georges Habache et le FPLP, celle vérolée du Mossad pour les attaques de banque et, bien sûr, cerise sur le gâteau, celle tentaculaire et omniprésente de la CIA qui, pour l’attentat de la Piazza Fontana à Milan, charge l’extrême-gauche qui à le dos si large. Restait à convaincre les adorateurs des larges masses de marner pour mon compte au moindre coût. La voie s’avérait étroite.

 

Les « nouveaux barbares » étaient en retard ce qui me laissait tout le loisir de contempler quelques beaux spécimens de petits culs des beaux quartiers qui cherchaient des mains prolétariennes, rudes et calleuses, pour connaître le grand frisson que seules les « larges masses », fleurant bon la sueur et le cambouis, pouvaient leur procurer. Je ne raille pas, elles n’attendaient que ça. Les têtes d’œufs de la GP, sinistres, fuyaient le sexe considéré comme la faille suprême où la pureté révolutionnaire risquait de s’engloutir, se diluer, alors ils combattaient et réprimaient les délices de la chair comme l’opium des fils de bourgeois en quête de rédemption des maîtresses de leurs pères et des amants de leurs mères. Cet ascétisme ne pouvait que profiter à ceux qu’ils vénéraient : les prolos. L’érection des damnés de la terre en phares de la Révolution les plaçaient en position de se servir à volonté au grand festin du cul. Mes sources de basse-police brodaient avec délectation sur les parties de jambes en l’air entre les belles héritières et la nouvelle race des élus dans les alcôves des grands appartements du Triangle d’or. On aurait cru qu’ils tenaient la chandelle les balourds des RG.

 

Des amuse-gueules, ces mijaurées en jeans me mèneraient droit au lit de leur mère. J’allais me goinfrer. Avant le festin, il me fallait assurer mes arrières. Un détail vous a sans doute échappé dans mes écrits touffus et confus : à aucun moment je n’ai fait état de mes obligations militaires. Comme dans notre beau pays, en ces années-là, nous vivions encore sous le régime de la conscription obligatoire, lorsque je plaquais mes études mon statut était celui de sursitaire. Ma réussite au concours de la Police Nationale ne me dispensait pas d’être appelé sous les drapeaux et, si j’avais été un tant soit peu plus attentif, j’aurais du m’étonner que la hiérarchie m’offrît une affectation avant que je n’eusse fait le bidasse. Ces enflures m’avait débusqué dès l’origine et m’avait manipulé. À mon tour de leur rendre la monnaie de leur pièce : préserver les avantages de mon statut d’agent infiltré et me débarrasser au plus vite de ma couverture de prolo chez Citroën tout en évitant de me retrouver 2ième pompe au camp de Mourmelon et être soumis aux menus plaisirs de salopards du type de l’adjudant-chef Chanal. Pas simple mais faisable, j’avais ma petite idée sur le mode opératoire. Dans le bordel ambiant et la paranoïa de mes chefs collant aux obsessions de Marcellin, plus ce serait gros mieux ça passerait. Il me fallait leur en donner pour leur argent.

 

Depuis toujours je suis un ramier qui bosse comme un perdu lorsqu’il se retrouve au pied du mur. L’adrénaline est mon seul moteur. Dans les derniers instants, avant d’affronter un truc important, je suis capable d’absorber des tonnes de renseignements, de les trier, de les analyser, de les hiérarchiser et, après une bonne nuit de sommeil, d’en faire mon miel. Avant de venir affronter mes frelons j’avais bouffé tout ce que mes très chers confrères avaient gratté sur l’opération Flins de juin 68 menée de mains de maître par mes révolutionnaires en peau de lapin. Comme le disait Fouché – pas Christian, mais l'autre, le vrai, l’inventeur de la police politique moderne – toute personne à un prix mais pour l’acheter, sans ruiner le Trésor Public, il suffit de la dévaluer. Les fiches sont d'excellents dépresseurs de prix et, tout pur et dur qu’il soit, le gauchiste peut aussi se trimballer des casseroles dont le bruit pourrait importuner ses camarades, surtout les grands guides toujours prompts à condamner et à jeter les déviants dans les ténèbres extérieurs. Je disposais donc d’une relation crédible, vu de l’intérieur du mouvement, qui me permettait d’aborder les chefs militaires de la GP, surtout ceux qui avaient joué un rôle éminent dans l’équipée de Flins, sans me prendre les pieds dans le tapis.

 

Entre autre connerie, il les enfilait comme les saucisses et les petites filles en fleurs, le Grand Timonier variqueux, dans son petit livre rouge, avait déclaré pour stimuler les larges masses : « Mourir, c’est toujours grave ; mais mourir pour le peuple, c’est léger comme une plume… » L'état-major de la GP, au nom du son nécessaire sacrifice pour le peuple, avait besoin de martyrs et ce fut le malheureux Gilles Tautin, noyé accidentellement le 10 juin dans la Seine, alors qu’il tentait d’échapper aux gendarmes mobiles, qui avait eu l'insigne honneur de voir son nom gravé dans le marbre du mausolée de la Révolution prolétarienne, nouveau Panthéon des sacrifiés de la longue marche des partisans de la prise du pouvoir par les damnés de la terre. Vous apprécierez, je l'espère, le poids de ma phrase, lourde, ancrée dans le plomb, parfaite image de la littérature ordinaire des fêlés que je devais infiltrer. Même si la soldatesque de Marcellin, avec son nouvel équipement : visières anti gaz, bouclier en plastique, plus mobile, mieux aguerrie à la guérilla, n’avait pas à proprement parlé poussée Tautin à la baille, on l’accusait de l’avoir sciemment laissé mourir en ne lui portant pas assistance. Ce qui était faux puisque d’autres baigneurs involontaires avaient été tirés de l’eau par les gendarmes. Le cadavre embaumé de Tautin, modeste tireur de portraits pour La Cause du Peuple couvrant la bataille de Flins, va être instrumentalisé par les « maos » dans un exercice dont les français raffolent : la commémoration de la date anniversaire de son "assassinat". Un an après, commémorer « l’assassinat » du martyr permettrait, selon l'état-major de la GP, de raviver la violence insurrectionnelle pour qu’elle explosât à la gueule des chiens de garde du capitalisme.

 

Pour Pierre Victor, le Raïs de la GP, le faux clandestin reclus au fond de Normale Sup, petit brun affublé grosses lunettes d’intello qui donnaient, à son regard « gris et froid comme celui d’un héros de James Hadley Chase » (1), la dureté consubstantielle à sa position de chef suprême, la « guerre civile » ne pourra être menée par la classe ouvrière sans que des flots de sang soient versés. Le gourou fascine son entourage, sa douzaine de zélotes, par son verbe brillant, son goût de la synthèse et l’art qu’il a de déceler chez ses interlocuteurs la faille dans laquelle il s’engouffre sans pitié - l'autocritique étant à la GP la seule thérapie autorisée. Tout passait par lui, il auditionnait ses lieutenants et parfois même de simples hommes de troupes , dépiautait leurs dires, tranchait, approuvait ou désapprouvait, sans appel possible, lançait des ordres du jour délirants. Ses batailles de référence, Flins et Sochaux, ses Austerlitz à lui, loin des bastions tenus par ceux qu’il nomme avec mépris les chiens de garde du PCGT, dans le terreau vierge des prolétaires, fondait sa stratégie militaire. Ceux qui n’ont pas connu cette période de diarrhée verbale putride et délirante ne peuvent comprendre l’ambiance qui régnait dans les hautes sphères de la GP. Pour convaincre les sceptiques je leur propose ce que Benny Levy, alias Pierre Victor, confiait à Michel Foucault en 1972.

 

« Soit le patron d’une boîte moyenne, on peut établir la vérité des faits, a savoir qu’il a exploité les ouvriers abominablement, qu’il est responsable de pas mal d’accidents du travail, va-t-on l’exécuter ?

Supposons qu’on veuille rallier pour les besoins de la révolution cette bourgeoisie moyenne, qu’on dise qu’il ne faut exécuter que la toute petite poignée d’archi-criminels, en établissant pour cela des critères objectifs.

Cela peut constituer une politique tout à fait juste, comme par exemple pendant la révolution chinoise…

Je ne sais pas si cela se passera comme cela ici, je vais te donner un exemple fictif : il est vraisemblable qu’on ne liquidera pas tous les patrons, surtout dans un pays comme la France où il y’a beaucoup de petites et moyennes entreprises, cela fait trop de monde. »

 

Sympa le petit juif pro-palestinien, enfin un politique qui se préoccupait du sort des PME, qui dans les années 80 jettera sa défroque marxiste par-dessus bord pour renouer avec le judaïsme de son enfance, un judaïsme ultra-orthodoxe, deviendra rabbin et affirmera toujours aussi implacable « Le peuple palestinien n’existe pas. Il n’a pas le droit d’exister…»

 

  1. Claude Mauriac dans son journal Le Temps immobile vol 3 l'attribue à Gilles Deleuze...
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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 06:00
La fidélité est une valeur sûre parole d’un vieux grognard de Michel Rocard… Joxe,  Julliard, Cavada, Chavagneux parlent vrai

Ce jeudi je me suis rendu à vélo jusqu’au Invalides. Le soleil était au rendez-vous alors j’ai pédalé modérato pour ne pas mouiller ma chemise. Je suis entré dans la cour d’honneur à la suite de la Garde Républicaine. Le protocole était simple et bon enfant, à la Rocard.

 

Le premier que j’ai salué fut le grand Louis Le Pensec, un ami de toujours. Et puis, ce fut les retrouvailles des grognards, ceux qu’on ne voit pas dans la lumière, qui œuvraient dans l’ombre, les soutiers fidèles. Des accolades, des ça va un peu triste, de l’émotion mais aussi de la fierté d’avoir servi Michel au long de sa trajectoire au service de ses convictions et de ses engagements.

 

Et puis est arrivé Monsieur Normand, qui connaît monsieur Normand ? Nous qui l’avons côtoyé dans sa fonction de chauffeur. Il en a connu des Ministres et des Premiers Ministres monsieur Normand et après que nous nous fûmes serrés très forts, nous avons évoqué Monsieur Rocard. Le respect oui le respect, maître-mot de notre long compagnonnage. Avec Monsieur Rocard c’était autre chose, et Monsieur Normand n’était jamais avare de conseil dans le huit-clos de la voiture ministérielle.

 

Bien sûr, il avait là aussi des présents sur lesquels je portais un regard ironique mais l’heure n’était pas à l’aigreur ni au règlement de comptes. Notre fierté se teintait d’un peu de charité face à tous ceux qui l’avaient raillé, combattu avec des armes bien misérables, ostracisé avec mépris. Notre petit carré de fidèles, loin des louanges de circonstance, des couronnes de fleurs bien tardives, dans le silence et le recueillement, répondait comme toujours présent.

 

 

Recouvert du drapeau tricolore le catafalque, porté par des gardes républicains, au son de deux tambours, fut déposé à même le sol pavé de la cour, une forme de dénuement et de solitude avant de nous quitter pour reposer en cette Corse chère à mon cœur. J’irai lui rendre visite lors de mon prochain séjour.

 

Le cagnard tapait dur. Dans la garde d’honneur plusieurs militaires ne tenaient pas le choc. Le Gouverneur militaire des Invalides à mes côtés fronçait le sourcil. Le discours d’Edmond Maire sonnait juste, remettait bien des pendules à l’heure et me rappelait mon premier engagement politique au PSU ; celui de François Hollande plus classique, plus politique, fut digne mais teinté d’une forme d’acte manqué.

 

Et puis ce fut les premiers accords de la Symphonie Funèbre et Triomphale d’Hector Berlioz qui, je l’avoue bien simplement, me glace et me transporte là où nous finirons tous.

La Marseillaise et Michel est sorti par la grande porte pour gagner les solitudes infinies suivi de nous tous Grands et petits.

 

 

Ensuite ce fut, devant le porche des Invalides, un petit bain de foule du couple exécutif ce qui permis aux courtisans de courtiser mais aussi aux grognards de sortir de l’ombre pour témoigner qu’ils étaient bien là pour rendre un dernier hommage à Michel Rocard.

 

Pour autant notre Michel n’a jamais souhaité être béatifié, homme public, homme privé, militant jusqu’au dernier souffle. Jacques Julliard l'historien et journaliste, qui fut son ami pendant soixante ans le dit bien mieux que moi :

 

« Je ne pense pas que Michel était un intellectuel, contrairement à ce qu’on dit de lui. C’était avant tout un moraliste. Mais attention, il y a la morale qu’on fait aux autres et la morale qu’on s’impose à soi-même. La sienne relevait évidemment de cette seconde catégorie.

 

La critique interne de la gauche faisait partie de l’ADN rocardien. C’est même ce qui l’a beaucoup opposé à Mitterrand, qui le considérait comme un enfant de chœur, alors que lui le considérait comme un aventurier. Ce rôle de référence morale, autrefois rempli par Mendès France, Blum ou Jaurès, disparaît aujourd’hui avec Rocard. Il ne subsiste que Badinter.

 

Ces derniers temps, le grand problème de Michel était de savoir si on pouvait encore faire une politique honnête à l’époque de la communication. Cette question revenait continuellement. Avec la communication, la pub et vous autres journalistes, le "parler vrai" est-il encore possible ? »

 

Lire ICI Jacques Julliard : « Rocard plaisait à tous les gens qui n'aimaient pas la politique » 

 

Mais c’est Pierre Joxe vieux bretteur du mitterrandisme, le seul qui pouvait dire son fait à Tonton, qui met en exergue le Rocard qu’on a oublié, celui qui a motivé mon engagement politique :

 

Évocation de l’« audacieux militant anticolonialiste » et du « talentueux serviteur de l'Etat » que fut Rocard, ce texte sobre et grave est aussi une critique de ceux qui, aujourd'hui, «encensent sa statue mais tournent le dos à son exemple en détruisant des conquêtes sociales pour s’assurer d’incertaines « victoires » politiciennes, contre leur camp, contre notre histoire, contre un peuple qui n’a jamais aimé être trahi ».

 

Michel Rocard, in memoriam

 

A l’annonce de la mort de Michel Rocard, la plupart des réactions exprimées par les hommes politiques au pouvoir - et par ceux qui espèrent les remplacer bientôt - ont été assez souvent purement politiques ou politiciennes.

 

A gauche, l’éloge est de règle. A droite, l’estime est générale.

 

Mais deux aspects de la personnalité de Michel Rocard semblent s’être volatilisés : avant de réussir une grande carrière politique, il a été un audacieux militant anticolonialiste et un talentueux serviteur de l’Etat.

 

Il lui fallut de l’audace, en 1959 pour rédiger son Rapport sur les camps de regroupement en Algérie.

 

Il fallait du talent en 1965, pour être nommé secrétaire général de la Commission des comptes et des budgets économiques de la Nation .

 

Je peux en témoigner.

 

Pour la Paix en Algérie

 

Quand je suis arrivé en Algérie en 1959, jeune militant anticolonialiste d’une UNEF mobilisée contre la sale guerre coloniale, le prestige de Rocard était immense parmi nous. C’était comme un grand frère, dont on était fier.

 

Car il avait rédigé – à la demande de Delouvrier, le délégué du gouvernement à Alger – un rapport impitoyable sur les « camps » dits « de regroupement » que les « pouvoirs spéciaux » de l’époque avaient permis à l’Armée française, hélas, de multiplier à travers l’Algérie, conduisant à la famine plus d’un million de paysans et à la mort des centaines d’enfants chaque jour…

 

Le rapport Rocard « fuita » dans la presse. L’Assemblée nationale s’émut. Le Premier ministre Debré hurla au « complot communiste ». Rocard fut menacé de révocation, mais protégé par plusieurs ministres dont le Garde des sceaux Michelet et mon propre père, Louis Joxe.

 

Quand j’arrivai alors à mon tour à Alger, les officiers dévoyés qui allaient sombrer dans les putschs deux ans plus tard me dirent, avant de m’envoyer au loin, dans le désert : « … Alors vous voulez soutenir les hors la loi, les fellaghas, comme votre ami Rocard…? »

 

Je leur répondis, protégé par mes galons d’officier, par mon statut d’énarque – et assurément par la présence de mon père Louis Joxe au gouvernement : « C’est vous qui vous mettez « hors la loi » en couvrant, en ne dénonçant pas les crimes commis, les tortures, les exécutions sommaires et les mechtas incendiées. » J’ignorais alors que ces futurs putschistes allaient tenter un jour d’abattre l’avion officiel où mon père se trouvait…

 

En Janvier 1960, rappelé à Alger du fond du Sahara après le virage de de Gaulle vers « l’autodétermination » et juste avant la première tentative de putsch – l’ « affaire des barricades » –, j’ai pu mesurer encore davantage le courage et le mérite de Rocard. Il avait reçu mission d’inspecter et décrire ces camps où croupissait 10% des paysans algériens, ne l’oublions jamais !

 

Il lui avait fallu une sacrée dose d’audace pour arpenter l’Algérie en civil – ce jeune inspecteur des finances –, noter tout ce qu’il voyait, rédiger en bonne et due forme et dénoncer froidement, sèchement, ce qui aux garçons de notre génération était une insupportable tache sur l’honneur de la France. Nous qui avions vu dans notre enfance revenir d'Allemagne par milliers les prisonniers et les déportés dans les gares parisiennes, nous étions indignés par ces camps.

 

Car en 1960 encore, étant alors un des officiers de la sécurité militaire chargé d’enquêter à travers l’Algérie, d’Est en Ouest, sur les infractions, sur ceux qui désobéissaient aux ordres d'un de Gaulle enfin converti à l’« autodétermination » qui allait devenir l’indépendance, j’ai pu visiter découvrir et dénoncer à mon tour des camps qu’on ne fermait pas ; des camps que l’on développait ; de nouveaux camps… Quelle honte, quelle colère nous animait, nous surtout, fils de patriotes résistants !

 

Pour le progrès social

 

Aux yeux de beaucoup de politiciens contemporains qui ont choisi la politique comme métier – et qui n’en ont jamais exercé d’autre – Rocard devrait être jugé à leur aune : Élu ou battu ? Ministre ou non ? Président ou même pas ?

 

Mais le service de l’Etat, dans la France des années 60 – enfin débarrassée de ses maladies coloniales –, fut une mission autrement exaltante que le service militaire de trente mois que nous avait imposé la politique de Guy Mollet et de ses séides honnis: Robert Lacoste, Max Lejeune et d’autres, aujourd’hui heureusement oubliés.

 

Le service de l’Etat, dans cette France à peine reconstruite, la définition et l’exécution d’une action économique orientée à la fois vers l’équipement, la croissance et le progrès social, ce fut la mission passionnante et mobilisatrice de plusieurs centaines de hauts fonctionnaires économistes, ingénieurs, statisticiens et bien d’autres, qui orientaient tout le service public et ses milliers de fonctionnaires vers les missions d’intérêt général et le progrès. J’ai eu la chance d’y participer.

 

Les chefs de file, nos maîtres à penser, s’appelaient Pierre Massé, Commissaire au Plan ; Jean Ripert, son adjoint ; Claude Gruson, à la tête de l’INSEE ; François Bloch Lainé à la Caisse des Dépôts ; Jean Saint-Geours, au Trésor – bientôt premier Directeur de la prévision. Il y avait aussi, dans leur sillage quelques jeunes individus prometteurs, comme un certain Michel Rocard. Il fut bientôt chargé de la prestigieuse Commission des comptes et des budgets économiques de la Nation, précieux outil d’action publique.

 

Tous ces serviteurs de l’Etat – aujourd’hui disparus – étaient d’anciens résistants animés par trois idéaux : le bien commun, la justice sociale, le patriotisme. Tous étaient plus ou moins imprégnés des idées du vieux courant du « Christianisme social », né au XIXème siècle face aux inégalités croissantes engendrées par le capitalisme et adeptes du « Planisme » du Front populaire. Tous étaient « mendésistes ». Beaucoup étaient protestants, mais les catholiques comme Bloch-Lainé étaient leurs cousins et les francs-maçons… leurs frères.

 

Parmi tous ceux-là, Michel Rocard fut bientôt enlevé, écarté du service public par une urgence politique majeure : rénover, reconstruire le socialisme déshonoré par les années de compromissions politiciennes et les dérives autoritaires nées des guerres coloniales. Avec Savary et Depreux, il créa le PSA, puis le PSU. On connaît la suite.

 

J’ai vécu ces années avec lui mais aux côtés de Mitterrand dès 1965, animé par les mêmes idéaux. Nous avons longtemps participé ensemble à l’action associative [1], puis parlementaire, puis gouvernementale, en amateurs. Non comme politiciens professionnels – car nous avions nos professions, honorables et satisfaisantes – mais en amateurs, comme jadis au rugby. Non pour gagner notre vie, mais pour la mériter.

 

Pour l’honneur

 

Michel Rocard, et beaucoup d’autres serviteurs de l’Etat, nous avons été conduits à la politique par nécessité civique. Non pour gagner notre pain, mais pour être en accord avec notre conscience, nos idées, nos espoirs.

 

Les exemples contemporains de programmes électoraux trahis, oubliés ou reniés, de politiciens avides de pouvoir, mais non d’action, « pantouflant » au besoin en cas d’échec électoral pour revenir à la chasse aux mandats quand l’occasion se présente, tout cela est à l’opposé de ce qui anima, parmi d’autres, un Rocard dont beaucoup aujourd’hui encensent la statue mais tovictoires » politiciennes, contre leur camp, contre notre histoire, contre un peuple qui n’a jamais aimé être trahi.

 

Pierre Joxe, 7 juillet 2016.urnent le dos à son exemple en détruisant des conquêtes sociales pour s’assurer d’incertaines « victoires » politiciennes, contre leur camp, contre notre histoire, contre un peuple qui n’a jamais aimé être trahi.

 

[1] Notamment dans la pépinière de l’ ADELS (Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale) créée en 1959.

 

Jean-Marie Cavada : « Ce n'est pas parce que Rocard avait 86 ans qu'il était vieux ! »

 

L'ancien présentateur et président de Radio France a régulièrement côtoyé l'ancien Premier ministre. Il avait noué avec Michel Rocard une amitié solide.

 

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Michel Rocard : rebelle et réformateur par PATRICK VIVERET

 

Je connais Michel Rocard depuis 1967 date à laquelle je suis entré au PSU. Mes parents étaient mendésistes et Rocard incarnait le mieux cette exigence de rigueur face à une classe politique adepte de la langue de bois et capable de discours révolutionnaires dans l’opposition et de soumission aux pressions des possédants une fois arrivée au pouvoir.

 

Justice, vérité, responsabilité

 

Dans ma génération, j’avais 19 ans à l’époque, celui qui incarnait l’envers de cette rigueur était Guy Mollet. Le « molletisme » était l’expression de ce double langage. La manière dont, élu pour faire la paix en Algérie en 1956, Mollet avait retourné sa veste pour accentuer la guerre en rappelant le contingent puis en couvrant les actes de torture, signait la déchéance du politique et la faillite morale de « la gauche de gouvernement » de l’époque.

 

Lire la suite ICI 

 

Aux origines de la pensée économique de Michel Rocard par CHRISTIAN CHAVAGNEUX

 

Intellectuel et politique, Michel Rocard a laissé de nombreuses publications sur son parcours qui permettent de suivre son cheminement en matière de réflexion économique. Le travail d’analyse de tous ces textes reste à faire et l’on se contente ici d’un regard sur ses points de vue des années 1960-1970. Ils montrent que l’essentiel de sa pensée économique est en place depuis longtemps.

 

Lire la suite ICI 

 

 

Pour finir votre serviteur en habit de respect... 

La fidélité est une valeur sûre parole d’un vieux grognard de Michel Rocard… Joxe,  Julliard, Cavada, Chavagneux parlent vrai
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:00
La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…

Je suis un très affreux jojo lorsque j'extirpe de la naphtaline la saga de Red Bicycle inventée par les frères Gallo avec du Pinot du Langued'Ô pour mieux vendre du vin franchouillard aux Amerlos. Le Sieur d'Arques ne changeait point l'eau en vin mais savait pinoter du merlot pour les Etasuniens.

 

Red Bicyclette is a French wine produced by the Sieur d'Arques cooperative and distributed in the USA by the E. & J. Gallo Winery. Its distinctive label appeals to consumers who prefer branded wines, labelled with the variety of grape from which they are made, rather than by the exact location. The following grape varieties are sold under the Red Bicyclette label: chardonnaymerlotpinot noirrosé and syrah. 

 

Certes mon vélo est moins célèbre que celui de Monsieur Hulot mais il n’empêche que régulièrement dans la rue, lorsque j’accroche son licol à un poteau, des passants s’esbaudissent : « qu’il est beau, votre vélo ! » et la conversation s’engage. Pour sûr que de se balader avec un animal de race dans Paris ça attire des compliments et ça créé des liens.

 

Souvent mes interlocuteurs me demandent : « mais où avez-vous donc acquis cette belle bête ? » Je réponds : chez en selle Marcel !

 

Ha ! Le Marcel bleu marine emblématique du populo en congepés et bien sûr le célèbre chauffe Marcel ! De Jacques Brel dans Vesoul. Ça sent bon la petite reine, les guinguettes des bords de Marne, le musette, l’anisette, les canotiers des mecs, les jupes fendues des filles, la fête et les plaisirs…

Seuls les bobos qui ne font pas de vélo et les gros culs motorisés sur 2, 3 et 4 roues, pensent que Paris est un plat pays. Je ne grimpe jamais en danseuse, toujours au train. Alors comme je me rends chaque semaine du côté de Terroir d’Avenir faire mes courses je passe souvent par la rue Tiquetonne où est installé le siège d’En selle Marcel. Je n’en finis pas d’y admirer leurs beaux destriers. Et puis, à force de pédaler sur la chaussée défoncée de Paris, merci madame Hidalgo pour votre amour pour le vélo, je me suis dit qu’un cavalier se devait de posséder des étriers.

 

J’ai donc doté mon beau destrier de cale-pieds !

La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…
La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…

En côte ça permet de mieux tirer sur les pédales et la côte de Ménilmontant ce n’est pas un de ces petits dos d’âne chers aux aménageurs de notre chère Anne, mais une rude pente. Bref, je suis maintenant armé pour affronter les hauts et les bas de Paris.

 

Et c’est justement à mi-côte de Ménilmontant que je fais une pause ravitaillement de lecture au monte-en-l’air chez Guillaume un habitué du Lapin Blanc qui tient une librairie-galerie située sur une charmante petite place cernée d’arbres et de bancs en face de l'église Notre-Dame-de-la-Croix. C’est un lieu tout en coins et recoins, une caverne d’Ali Baba emplis de livres et de BD comme je les aime. C’est un lieu engagé, qui affiche sa couleur avec des ouvrages alternatifs, politiques, sociétaux… les arts graphiques y sont particulièrement bien représentés, le fonds consacré à la bande dessinée indépendante, à la jeunesse et à la microédition (fanzines, imports, sérigraphies...) est l'un des plus impressionnantes de la capitale.

La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…

Un samedi de juin où le soleil n'était pas aux abonnés absents je m’y suis arrêté en fin de journée. Un timide soleil perçait encore dans un ciel lourd de nuages. Sur l’arc du trottoir Miroslav Sekulic à l’occasion de la publication du Second opus des aventures de Pelote dans la fumée(lauréat du prix BD Montreuil 2015) publié aux éditions Actes sud BD le dédicaçait à sa manière : avec son pinceau.

 

« C'est une sensation forte, instantanée : cet univers apparemment réaliste, foisonnant de détails comme captés sur le vif, n'existe pourtant que dans le regard d'un dessinateur à la palette particulièrement fertile.

 

« Au-delà de ce que ce jeune dessinateur croate autodidacte a voulu glisser ou non de sa propre expérience dans son premier livre, il y a l'impact d'une esthétique virulente, proche de la caricature, qui, pourtant, capture la vérité profonde d'une humanité disloquée, affrontée à une société qui la rejette […] Délesté de toute morale explicite, il atteint ainsi, quand rien ne l'annonçait, à une forme de poésie brute de l'instant : la signature d'un tempérament artistique hors norme. »

 

Critique de Télérama

La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…
La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…
La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…
La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…
La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…
La traversée de Paris (5) chauffe Marcel, chauffe… au bar-tabac de la rue des Martyrs… au Monte-en-l’air… chez la conteuse d’Italie Alessandra Pierini…

Un autre lieu que je fréquente souvent pour approvisionner mon frigo et mon garde-manger c’est RAP la caverne d’Ali Baba de la belle Alessandra. Son échoppe est plantée tout au bas de la rue des Martyrs et je ne résiste pas au plaisir de vous offrir – « Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs » chanté par Pigalle

Alessandra Pierini c’est La conteuse d’Italie.

 

C’est Stéphane Davet qui nous le dit dans le Monde

 

« Dans son épicerie-cave à vins, à Paris, Alessandra Pierini a rassemblé des bouteilles et des produits transalpins choisis pour leur qualité exceptionnelle. Et l’histoire qu’ils murmurent.

 

« Testaroli de l’Apennin, squacquerone d’Emilie-Romagne, ubriachi de Vénétie, colatura de Campanie… Autant de spécialités culinaires inconnues de la majorité des Français qu’Alessandra Pierini prend un malin plaisir à faire découvrir. Conteuse passionnée, cette Italienne est intarissable sur l’origine, l’histoire et le goût des mille et un produits qui font de RAP, son épicerie parisienne, une caverne d’Ali Baba de la gastronomie transalpine.

 

Arrivée en France au début des années 1990, cette petite-fille de paysans des environs de Parme, devenus crémiers à Gênes, a tenu un restaurant-épicerie à Marseille pendant dix-sept ans avant de s’installer à Paris. Cuisinière, auteure (dans la collection ” Petit précis de gastronomie italienne ” aux Editions du Pétrin), conférencière, organisatrice de l’étape française du championnat du monde de pesto au mortier, la fine épicière est également caviste. Sous de vieilles voûtes prolongeant les caves voisines de l’église Notre-Dame-de-Lorette, le sous-sol de son magasin, situé rue Fléchier (dans le 9e arrondissement), renferme plus de 360 vins italiens. Procédant avec les vignerons comme elle le fait avec la centaine d’artisans dont elle est l’ambassadrice, Alessandra n’aime rien tant que se déplacer dans les régions viticoles de la Botte, en particulier sur les îles, pour en rapporter les meilleures bouteilles. Et autant d’histoires qui feront voyager ses clients.

 

L’insatiable pisteuse de goûts aime débuter sa croisière par la Sicile. Elle se passionne pour ses légumes, ses agrumes, ses criées aux poissons, sa cuisine de rue et la variété de ses vins. A commencer par ceux de l’Etna. ” Longtemps négligés, ils ont été relancés dans les années 1990 sous l’impulsion de la cave Benanti et des recherches d’un historien oenologue, Salvo Foti “, précise Alessandra. Les rouges de l’appellation etna rosso sont principalement constitués de deux cépages poussant sur les pentes arides du volcan, parfois à plus de 1 000 mètres d’altitude. ” Le nerello mascalese produit un vin assez tannique, bien structuré, aux arômes de cerise. Le nerello cappuccio donne des vins plus souples. En les assemblant, on parvient à une grande élégance. ” Les blancs etna bianco utilisent les cépages carricante (à 80 %) et catarratto pour des vins aux arômes d’agrumes, avec des notes d’anis et de miel.

 

La patronne de RAP recommande les rouges de l’appellation cerasuolo di Vittoria qui, au sud-ouest du golfe de Catane, assemblent deux cépages typiques de l’île, le sombre nero d’Avola, proche de la syrah, et le plus léger frappato. Longtemps destiné aux assemblages, le grillo, cultivé dans toute l’île, se suffit dorénavant à lui-même tant est plaisant son bouquet fleuri. ” J’adore celui produit par Lorenzo Piccione di Pianogrillo, un sympathique aristo qui parcourt à cheval ses vignes et ses oliveraies. ” Les vins, les huiles, mais aussi les charcuteries du baron sont en bonne place dans les rayons de RAP. Entre le sud-est de la Sicile et les côtes tunisiennes, l’île de Pantelleria produit un savoureux liquoreux à partir du muscat d’Alexandrie (appelé là-bas zibibbo). On trouve aussi chez RAP un rarissime sec, Serragghia bianco zibibbo, vieilli en amphores par Gabrio Bini. ” Cet architecte milanais s’est passionné pour l’île, au point d’y produire aussi des câpres, qu’utilise d’ailleurs le chocolatier parisien Jacques Genin, dans un étonnant praliné. ” Cap enfin sur la Sardaigne, une des plus anciennes régions viticoles d’Italie. ” L’île a longtemps beaucoup produit sans se soucier de qualité, mais elle a fait de gros progrès ces dix dernières années “, estime Alessandra. Plantés près de la côte, les cépages rouges comme le carignano (carignan) ou le monica di Sardegna donnent des vins assez puissants, quand le cannonau (grenache) porte plus sur le fruit. En blanc, le vermentino, également populaire en Corse et en Ligurie, tient la vedette. Le plus apprécié est celui de la région de Gallura, au nord de l’île. Fleuri, délicat, il peut être associé à un peu de muscat comme dans le ” Renosu ” de chez Dettori, avec lequel Alessandra adore trinquer pour l’apéro. »

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 06:00
J’en ai soupé de ces chefs qui font leur « sucrée » avec leur menu petites bouchées !

Faire sa sucrée est l’une des expressions favorites de l’adepte barcelonais de l’évier : en général il l’emploie dans le déni : « je ne vais pas faire ma sucrée » ce qu’il fait bien sûr.

 

« En voilà une pimbêche qui fait sa sucrée, une poseuse toujours fichue dans les églises et qui use ses genoux dans les confessionnaux ! »

 

« Une chipie... une bégueule, à qui j'offre mon coeur, ma fortune et un dîner chez le père Fromage... toutes les délices de la vie, quoi ! et qui a la bêtise de faire la sucrée...»

 

Faire sa mijaurée n’est pas mal non plus.

 

Cette expression fort désuète va comme un gant à une population qui se tient par la barbichette, se passe les plats, en un entre-soi proche des Précieuses Ridicules.

 

En effet, les petites mains de la critique gastronomique parisienne se pâment, en un exercice obligé de brosse à reluire en pure soie, ils font des gammes dans le plus mièvre style Richard Clayderman à propos de certains chefs qui cuisinent leur ego sur leurs fourneaux.

 

J’en chope une au hasard tout juste sortie d’un lieu où j’ai moi-même déjeuné puis dîné.

 

Je cite l’enamouré :

 

« Les assiettes sont souriantes, précises et bavardes. Sans en faire trop, ni trop peu… Pas de dressage à l’esthétisme forcené, pas de jeux inutiles : le plat fait dans la saine épure

 

Sur le contenu des fameuses assiettes qui lui souriaient tout en lui faisant la conversation avec précision notre plumitif s’extasie avec la micro-artillerie habituelle : douce tuerie à la patate addictivela P et les G font dans le grand art sans vouloir épater gratuitement la galerie… le clafoutis est langoureux…

 

C’est beau, ça m’émeut comme un roman de la collection Harlequin.

 

Ça frise le publi-rédactionnel.

 

J’espère que le joueur de violon a réglé, comme moi, son addition ?

 

Je ne sais, mais ce que je sais c’est que mon plaisir au dîner fut d’une brièveté bien inférieure à celui du coït du lapin.

 

Cuisine imposée… cuisine de petites bouchées… et ce ne fut même pas enlevé par un service rythmé… oui que ce fut long et ennuyeux : 2h 30… j’étais furieux d’avoir entraîné des amis dans une telle galère.

 

La seule consolation : le vin mais là le chef n’y était pour rien !

 

Service au bord de la désinvolture.

 

Pendant que nous attendions le chou à la crème microscopique et mou le chef fumait des clopes sur le trottoir et faisait des seelfies.

 

La coolitude a des limites…

 

Vous allez me dire pourquoi, après y avoir déjeuné, suis-je retourné à cette table pour y dîner ?

 

Tout bêtement parce que la prestation du déjeuner m’avait satisfait même si les micro-entrées ne m’avaient pas enthousiasmé.

 

Ce chef a du talent c’est évident.

 

Ses qualités ne sont donc pas en cause, en revanche ce qui est en cause c’est cette volonté têtue de transformer la prestation du dîner en une sorte de liturgie à la gloire de son génie qui se lâche en des figures libres imposées au client.

 

Pourquoi pas si cet exercice est à la hauteur des ambitions affichées, si la cuisine magnifie vraiment les produits, si l’inventivité, la prise de risques est au rendez-vous, si l’on ne confond pas dégustation avec restauration.

 

Dîner léger je ne suis pas contre mais s’ennuyer à table face à des assiettes chichiteuses, sans âme ni contenu tient d’un large foutage de gueule qui, à terme, alimentera un bouche à oreille, amplifié par les réseaux sociaux, ravageur pour l’établissement.

 

Libre à chaque chef de faire ce que bon lui semble, c’est son droit, son gagne-pain, mais du côté de la soi-disant critique le panurgisme ne leur rend aucun service, elle ne fait que les conforter dans une forme de dédain du client autochtone.

 

Les concerts de louanges, les brassées de fleurs, les papiers dithyrambiques, c’est flatteur, ça aiguise l’ego, mais savoir aussi entendre les remarques de clients qui ne sont pas des oiseaux de passage mais des gens du cru en capacité de revenir se substanter régulièrement n’est pas se faire outrager. Ce noyau dur, de fidèles, d’habitués pourquoi les traiter comme quantité négligeable ?

 

Le plumitif qui dialogue avec son assiette et qui, contrairement à moi n’a pas dîné dans l’établissement, affirme que la maison va devenir une cantine pour beaucoup de Parisiens.

 

T’as tout faux mon coco, des cantines j’en fréquente beaucoup, j’y déjeune souvent au bar et ça n’a rien à voir avec ces restaurants qui s’ils veulent vivre dans la durée devront, à mon sens, en revenir aux fondamentaux du bien manger qui se traduit par le plaisir de la satiété.

 

J’en resterai là sans pointer du doigt l’établissement qui m’a servi à illustrer mon propos, il n’est pas unique dans son genre, laissons-lui le temps de s’extraire des vapeurs entêtantes de l’encens et que le chef comprenne que le succès s’inscrit dans la durée et non dans une éphémère popularité de pacotille.

 

Cette chronique est dédiée à Isabelle, Laure, Antoine, Marco et Nicolas qui ont partagés ou vécus mon chemin de croix, j’exagère bien sûr...

 

 

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 06:00
Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…

Au temps d’un Ministre de l’Agriculture aujourd’hui candidat à la Primaire de la Droite, le président de l’INAO, Michel Prugue m’avait sollicité pour que je participe à un audit interne du système d’habilitation des vins d’AOC mis en place par la réforme.

 

En dépit de mon peu de goût pour ce genre d’exercice j’acceptai.

 

Lors du premier entretien avec les responsables de l’INAO je posai la question : pourquoi toute cette machinerie complexe et coûteuse ? Pour rassurer nos clients sur la qualité de nos vins ?

 

Leurs réponses me laissèrent pantois : toute cette tuyauterie résultait d’un enchevêtrement de motivations strictement administratives sans réelle portée économique et commerciale.

 

Et maintenant la machine à éliminer les déchets tourne à plein sur elle-même, dans des conditions qui diffèrent d’une région à l’autre.

 

La bureaucratie comme toujours se nourrit de sa propre substance, il y va de sa survie. Nous avons l’art de nous lester de boulets aux pieds pour mieux rouscailler contre la prolifération des contraintes.

 

Le paradoxe c’est que le système mis en place l’est avec la caution des dirigeants professionnels et que son fonctionnement reçoit une approbation sans faille de leur part.

 

La mécanique est infernale car elle permet à l’ensemble des géniteurs du système le Ministère, l’INAO, le CAC, les ODG… de se retrancher derrière un ponce-pilatisme bien commode.

 

C’est la faute du système chante le chœur sauf qu’ils sont qu nous sommes tous le système.

 

L’exemple de l’usine à gaz expédiée aux vignerons par SIQOCERT : 2 schémas qui résument 3 pages de laïus expliquant comment fonctionne le contrôle avec au cas où le vigneron n’aurait pu comprendre, par ce que ce n’est pas compréhensible, il y a 5 liens http:// www. pour les infos et les éclaircissements complémentaires.

 

Reprenez votre respiration : l’adage de Boileau ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément n’est pas inscrit au frontispice de SIQOCERT.

 

La mise en schéma du texte pour éclairer le lecteur produit l’effet contraire 18 flèches et 2 accolades pour la dégustation, 9 flèches et 4 accolades pour l’inscription, est la démonstration de la complexité du système.

 

Laissons de côté l’orthographe des rédacteurs du texte, elle n’est qu’un signe supplémentaire de la désinvolture de ceux qui se considèrent comme le bras armé de la vertu.

 

En effet, toute cette bouillie pour chats débouche écrit en rouge sur 1 SANCTION.

 

Au piquet, punition, bonnet d’âne, encre rouge dans la marge, mais nous ne sommes pas à l’école mais dans la vraie vie et la sanction peut déboucher sur une exécution pure et simple, une mort économique.

 

Le rouge c’est le sang.

 

- Peine ou récompense en relation avec une interdiction ou une injonction, liée à un mérite ou un défaut.

 

Selon Rousseau « la seule sanction qui ait un sens pédagogique est le résultat nécessaire d'un acte, elle en est comme la suite naturelle » (Éduc.1979).

 

- Toute peine ou tout avantage, soit établi par les hommes ou par Dieu, soit résultant du cours naturel des choses et qui sont provoqués par une certaine manière d'agir

 

« Ce ne sont pas sans doute les idées politiques de M. Herriot et de ses collègues radicaux qui nous ont perdus. Mais la morale sans obligation ni sanction qui était la leur » Camus, 1945.

 

Flagellation, autoflagellation, le religieux est toujours sous-jacent dans nos comportements : couvrons certaines têtes de cendres pour bien prouver qu’ils sont les pécheurs exclus de la pureté et la sainteté de notre Grande Église.

 

Je vous laisse à la lecture de l’œuvre de SIQOCERT.

 

À vous de juger, d’apprécier et éventuellement de comprendre.

 

Clicquez sur les images pour une meilleure lisibilité...

Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…
Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…
Le tri sélectif selon SIQOCERT ou l’art de la sanction et de l’exclusion en mode bourguignon…
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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 06:00
Clos Bourguignon ça n’est pas du Isabelle Saporta ça navigue plutôt entre Gala et Capital…

Imaginez l’Isabelle Saporta invitée au salon Livres en Vignes pendant lequel se déroule « Le chapitre de l’équinoxe, de la plume et du vin » se terminant par un dîner fastueux et festif organisé par la Confrérie des Chevaliers du Tastevin où « Frairies, esbatements et réjouissances » se succèdent dans un joyeux tumulte.

 

Assise à la table d’honneur au milieu de messieurs en smokings désuets et de dames permanentées en robe de soirée, elle se fait passer une avoinée, disons par un Louis-Fabrice Latour ou par son successeur à la tête du négoce bourguignon le sémillant Frédéric Drouhin, « Votre article est un tissu de mensonges et d’approximations madame S. Il ne vous vient jamais à l’idée de vérifier vos informations…»

 

Suit une passe d’armes vinaigrée… et la donzelle de répliquer avec une certaine emphase :

 

- Si mon article vous a déplu, vous m’en voyez navrée… Mais la liberté d’expression est le dernier pré carré de l’indépendance de la presse.

 

Railleur, l’outragé lance un dernier scud :

 

- Liberté d’expression ? C’est une blague ? Il suffit d’acheter une pleine page de pub dans votre torchon pour changer un pamphlet en dithyrambe !

 

La madame lui balance une leçon de morale :

 

- Vous pensez que votre argent vous immunise contre la vérité, c’est ça votre problème !

 

Et notre grand négociant de se lever et de se retirer de la salle de réception de l’ancienne abbaye de Cîteaux à la manière d’un quelconque politicien en pétard se tirant d’un plateau de télévision « Ce que je pense ne regarde que moi et votre vérité ne vaut pas la salive que j’use à poursuivre cette conversation ! Je vous souhaite à tous une excellente fin de soirée ! »

 

STOP !

 

NON CRÉDIBLE

 

Où est-ce qu’il a vu jouer cela ce cher Corbeyran ?

 

Scénario absolument invraisemblable en l’establishment bourguignon : le dénommé Jean-Michel Froideval héritier de la puissante maison de négoce Froideval n’est pas raccord avec qui que ce soit de connu.

 

De plus, jamais au grand jamais, un grand négociant bourguignon ne se commettrait ainsi à interpeler une journaliste et, même s’il pensait tout au fond de lui-même qu’une bonne page de pub chez Butane&Degaz ou chez le père Denis dont la belle-mère ne boit que du Bordeaux pourrait lui valoir un beau papier de De Ruines ou d’un pigiste de la vieille dame permanentée, il offrirait à l’impertinente dame, au mieux une belle dose de silence teintée de mépris, au pire une touche d’ironie.

 

Quant à la Géraldine Leroy-Barreyre (ces noms à tiret me font toujours penser à Roux&Combaluzier), copie people de la journaliste d’investigation « au palais désastreux et à la langue de vipère, dont l’incompétence n’a d’égale que son étroitesse d’esprit » je n’ai aucun souvenir d’en avoir croisé une dans le magasin des journalistes du vin. Afin de ne pas m’attirer les foudres des féministes je ne ferai aucun commentaire sur la profondeur de son décolleté, ni sur le beau dénudé de son dos à la Mireille Darc.

 

Bref, la BD de Corbeyran Clos de Bourgogne Le Monopole part sur des bases bien incertaines mais, comme je suis respectueux de la créativité de l’auteur, je ne vais pas m’en tenir là.

 

 

L’intrigue est bien ficelée : « Paul Bernodet décide de vendre son domaine, le Clos du Pré, et demande à la jeune journaliste d’élucider la mort de Hélène Janson, une amie disparue trente ans plus tôt dans un accident de voiture. Froideval et Bernodet étaient tous les deux amis et proches de la jeune femme. Depuis ils se détestent et en sous-main Froideval tente de racheter les vignes de Bernodet. Mais qu’est ce qui pousse Bernodet à vendre ? Géraldine a en fait deux affaires à résoudre. »

 

Le trait de Ruitzge est net et précis.

 

Je suis allé au bout sans grand effort mais je ne partage pas l’opinion d’un critique pour qui « La Bourgogne et les caractéristiques de cette région viticole apparaissent en toile de fond dans ce récit bien ficelé qui explore le passé de Paul Bernodet. Se basant sur des faits qui pourraient être authentiques, Éric Corbeyran signe une histoire mêlant habilement drame, suspens et tensions. De quoi tenir en haleine les lecteurs. »

 

Non c’est une Bourgogne de carte-postale glamour qui nous est présentée, sans doute existe-t-elle mais elle n’est que le dessus d’un grand panier où la complexité des situations familiales et sociales sort de cette image d’Epinal.

 

Tout le monde ne peut avoir le génie d’un Pétillon pour saisir avec humour et férocité la réalité d’un pays.

 

Sur ce lien vous découvrirez quelques planches de la BD.

 

Cette histoire d’amour, de haine, de trahison, de transmission, touche par instant, surtout dans sa chute, à une réelle humanité, elle se feuillette facilement sans pour autant laisser un grand souvenir. C'est un peu court en bouche comme le diraient les grands dégustateurs patentés.

 

J’ai beaucoup apprécié le portrait du courtier Julien Merzereau, sa grosse berline allemande noire, son rôle pas très reluisant et, comme de bien entendu sa fonction de carpette sur laquelle l’impérieux Froideval s’essuie les pieds :

 

« Je m’en moque ! Débrouille-toi pour m’obtenir le domaine ! Si tu échoues je me passerai de tes services ! »

 

Dallas quoi, son univers impitoyable…

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 06:00
Lettre de notre vigneronne Catherine Bernard héritière de Bernard Lambert le paysan-travailleur « la terre à ceux qui la travaillent »

Bernard Lambert fait partie de ceux qui ont compté dans ma « fabrication »

 

Le 25 juillet 2011 j’écrivais :

 

Je me souviens de Bernard Lambert, ce fils de métayer, sa Gitane maïs aux lèvres, son charisme échevelé et envahissant, son slogan «le Crédit Agricole paiera !», les poulets de mon frère Alain capté à sa SICA-SAVA de Challans, son bouquin au Seuil «Les Paysans dans la lutte des classes» 1970 préfacé par un certain Michel Rocard du PSU, c’était le temps de Secours Rouge, des réunions enfumées, de la vérité au fond des verres, la Vendée agricole qui basculait, se défigurait, prenait le seul chemin qu’on lui offrait...

 

Gordon Wright qui s’est penché sur l’histoire de la France contemporaine et écrit un livre majeur « La Révolution rurale en France » en 1964, décrit le contexte dans lequel Lambert s’est construit :

 

Teillé : tradition féodale et révolution paysanne

 

« Le village de Teillé se trouve dans les marges méridionales de la Bretagne, dans l’agréable région de pâtures voisine de Nantes. Le receveur des P.T.T, avec un rien de fierté, montre le chemin de la ferme de Bernard Lambert, un des plus jeunes députés du Parlement français.

 

C’est une région où la féodalité, bien qu’officiellement morte en 1789, a survécu en esprit et dans les mœurs jusqu’à nos jours. Une grande partie des terres était exploitée en métayage jusqu’en 1945 ; les propriétaires pouvaient venir faire un tour sans prévenir pour surveiller la moisson, regarder ce qui se préparait en cuisine, prendre dans la basse-cour un poulet pour l’emporter. Certains parmi les plus vieux paysans continuent à saluer en se courbant lors d’une telle visite et s’adressent au propriétaire en l’appelant « Monsieur notr’maître ». Bernard Lambert rapporte qu’en 1938 son père, un métayer, avait gagné une radio dans une tombola – la première qu’on eût vue à Teillé, qui l’admiration et l’enchantement de tout le village. Deux jours après, le propriétaire se présentait : « Lambert, vous me devez de l’argent ; pas de luxe chez vous tant que vous avez des dettes. Je vais prendre la radio et je la créditerai à votre compte. » « Un bon moyen de faires des communistes », fait sèchement remarquer le jeune Lambert.

 

La suite ICI 

 

 

Cher tous,

 

La cave achevée, moins un cyprès et un micocoulier, je vous ai cette année écrit un petit discours. Je vais vous le lire et vous l’enverrai avec le PV de l’AG.

 

J’ai trouvé que je vous le devais et qu’il était bien qu’il reste une trace écrite des choses. Et lorsque les choses sont le fondement de ce qui nous anime, elles méritent aussi de prendre corps et forme avec les mots.

 

Ce petit discours est une manière de vous remercier de votre confiance, de votre soutien, de votre engagement, et aussi de partager avec vous quelques idéaux bien que l’on n’ose plus les énoncer que du bout de la langue.

 

Un jour, Harry, l’un de nous qui n’est pas là aujourd’hui, m’a dit : « Mais pourquoi t’es-tu embêtée avec un truc aussi lourd, avec autant de paperasses, et beaucoup d’argent laissé à un système ? » D’autres, pas du GFA, m’ont aussi suggéré des voies, dirons-nous plus souples, du genre crowdfunding. Je résume : des tiers financent un investissement précis, en échange de quoi ils reçoivent du vin et une reconnaissance temporelle de la vigneronne, puis l’investissement réalisé, basta, chacun sa route.

 

Ce n’est pas ce que j’ai choisi. J’ai effectivement opté pour un vieil outil juridique, lourd, qui passe solennellement devant le notaire et le greffe du tribunal de commerce. Les GFA sont entrés dans le code rural en 1970 pour faciliter la transmission des exploitations familiales en favorisant la transmission de parts plutôt que du patrimoine. Dit autrement, c’est la parade que l’on a trouvée au tragique droit d’aînesse qui a fait des générations de « pas à leur place », « de mal dans leur peau », d’amers contrariés. C’était aussi l’une des tentatives de l’Etat pour favoriser l'investissement dans l'agriculture ainsi que d'éviter l'émiettement des exploitations. On notera qu’avec les pratiques culturales elles-mêmes, l’urbanisation et la financiarisation sont les principales menaces qui obstruent aujourd’hui le ciel de l’agriculture. Depuis, les GFA sont les piliers silencieux mais efficaces de l’agriculture. L’immense majorité sont familiaux car la terre est encore une histoire de sang.

 

Le plus grand, le plus célèbre, et peut-être le plus proche de l’idéal des GFA est celui du Larzac. Il a été constitué trois ans après leur inscription dans la loi, comme s’il avait été créé pour cette cause. Il s’agissait alors d’un acte de résistance face aux achats à l’amiable de l’armée ou à l’expropriation. Bernard Lambert, le fondateur des Paysans Travailleurs, eux-mêmes ancêtres de la Confédération paysanne - il se trouve être natif du pays nantais-, y voyait un « laboratoire du foncier ». Entre la propriété foncière individuelle et les kolkhozes et sovkhozes soviétiques, le GFA est la traduction philosophique d’une conciliation, en l’espèce de l’individuel et du collectif. Et, peut-être en héritière de Bernard Lambert et de l’anarcho-syndicalisme qui a éclos en Loire-Atlantique, cette conjugaison de l’individuel et du collectif, l’un n’existant pas à l’exclusion de l’autre mais au contraire s’aidant l’un l’autre, me convient philosophiquement. Je crois profondément que toute action est et doit être la traduction au plus juste de la pensée.

 

Je vais aller encore plus au cœur de la pensée, à ce qui nous réunit aujourd’hui. Vous savez tous que je ne suis pas venue dans les vignes pour faire du vin. Je suis venue dans les vignes pour les vignes, ou plus exactement pour la terre, et plus probablement encore pour accepter de me soumettre afin de vivre libre. Néanmoins, travaillant les vignes, il me fallut bien faire du vin. C’est alors que j’ai compris que le vin était ce que je devais aux vignes et que dès lors il devait être bon. Car la vigne et le vin, et c’est là que le GFA prend tout son sens, sont les témoins de notre inscription dans le temps qu’il fait, c’est-à-dire le présent, et le temps qui passe, c’est-à-dire le passé et l’avenir.

 

Je vais reprendre cette expression dont j’ai découvert très récemment qu’elle puisait son origine dans la Bible. Plus que n’importe quelle autre culture, parce qu’elle est pérenne et nous survit, la vigne nous donne des racines et le vin des ailes. Le GFA est pour moi une manière de partager et transmettre cette inscription dans le temps et dans l’espace, de vivre une aventure individuelle et collective. Et parce que ses parts sont transmissibles entre les générations, au moins dans le principe, il nous permet de faire notre part d’humanité sur terre et pour la terre. Au nom de quoi je veux bien m’encombrer et vous encombrer de paperasses. Le GFA Larzac perdure à ce jour. Je nous souhaite également longue vie.

 

Catherine Bernard

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège, « Je suis une bâtarde et j'aime bien les bâtards » Carla Bruni-Sarkozy.

Je ne lâche rien !

 

Je tiens bon…

 

« Ne pas aller au bout de ses possibilités, c’est faire la preuve d’une certaine décontraction, éviter la frénésie, entretenir une forme de nonchalance, et même de je-m’en-foutisme. Rêvasser ou bavarder à la terrasse d’un café parisien constitue sans doute l’une des façons les plus simples de pratiquer la joie de vivre. Surtout, ayons toujours à l’esprit que toute forme d’absolu tend vers la bêtise la plus sombre, que les fanatiques n’ont pas d’humour, et qu’aucun sceptique n’a jamais tué personne. Les plus dangereux sont les hommes de conviction, surtout ceux qui veulent faire du bien. Ils ne reculent devant rien. Méfiez-vous des idéalistes qui préfèrent aller « au bout de leurs rêves », le cauchemar n’est pas loin. Comme le disait Céline à propos des hommes, « il faut les empêcher de se passionner ». Quand ils se passionnent, les hommes, ils innovent, ils inventent, ils découvrent, il y a une phase radieuse, mais ils ne savent pas s’arrêter à temps, c’est le grand problème de l’humanité, le toujours plus. C’est le propre des entreprises humaines, elles atteignent toujours, tôt ou tard, leur seuil d’inversion, par excès, par cupidité, par arrogance… »

 

« … la pratique de la joie de vivre procède toujours de la grande loi des banquets : « bois ou va-t’en ! », et toujours, elle implique les autres. Il n’y a pas de joie de vivre solitaire, il ne peut y avoir de la sérénité dans la solitude, mais la joie de vivre est toujours liée à autrui, à l’amitié, à l’amour. L’amour, la seule force qui résiste à la mort et nous arrache à l’ennui. »

 

« … Accueillons avec joie toutes les romances. Sans la romance, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Sans elle, nous serions réduits à pratiquer des amours de bêtes, à nous repaître de coïts furtifs, âpres et sans joie. »

 

Olivier Bardolle De la joie de vivre par temps hostiles

 

Je suis une zone d’accueil, une citadelle sans remparts, sans contrôle de police, mon cœur est une ville ouverte prêt à subir tous les assauts, les bombardements, à se rendre sans conditions, reddition en rase campagne, à signer les traités les plus contraignants…

 

Alors la Carla a beau protester qu’elle a beaucoup changé, qu’elle n'est plus « la séductrice frimeuse de [ses] 20 ans » et que pendant longtemps elle n'a pas été une vraie amoureuse, dans le sens où elle était très égoïste, je ne mords pas l’hameçon. Si elle avait croisé le Sarko dans la rue, elle ne l’aurait même pas vu, tout ça ce n’est que de la poudre aux yeux. La Carla elle s’est casée « Avec mon mari, j'ai découvert quelque chose que je ne pensais jamais vivre, un coup de foudre comme dans les romans d'amour. Et je suis devenue la femme d'un couple classique, comme je pensais que je ne le deviendrais jamais. » C’est beau comme un roman feuilleton, un pur jus de communication et vive la tradition avec en bonus la fidélité érigée en une condition sine qua none du mariage, « il me semble, puisque, lorsqu'on se marie, on signe un contrat dans lequel on s'engage à la fidélité. C'est pour cela que j'étais heureuse de me marier à 40 ans plutôt qu'à 22, j'ai ainsi pu mesurer la portée de l'engagement qu'est le mariage ! » Allons, allons Carla, je serais prêt à te croire si tout cela n’était pas étalé dans ELLE. Bien sûr le bon peuple va aimer « Presque neuf ans, vous vous rendez-compte comme ça passe vite ! Les débuts de l'amour, c'est ce qu'il y a de meilleur au monde. Mais l'amour qui dure, c'est comme un miracle. Je le découvre. » Pauvre chou, tu dis aimer les bâtards, je serais prêt à te croire si tu les aimais sans avoir consulté leur curriculum vitae !

 

« Ah, Carla ! Elle avait 16 ans, moi, la trentaine. Mais bon, j’ai connu pire comme différence d’âge depuis. » Ce soir-là, Bertignac rentrait chez lui« dans le passage au Pré-Saint-Gervais » et il est alors tombé sur « deux loutes avec des grands cheveux raides, belles comme pas possible ». Sur le coup, il n’a pas compris qu’elles l’attendaient : « Bon, moi qui essuyais un nombre de râteaux invraisemblable, même avec des moches, je me suis dit : « Qu’est-ce qu’elles foutent là ? », persuadé que ce n’était pas pour moi. En réalité, si. Une minute après, elles sonnaient à la porte : « On a trouvé ton adresse et on aimerait bien boire un coup avec toi.»

 

« Inter­loqué, Louis Bertignac a accepté : « Et là, c’est comme dans un film : j’ai eu mes 20 secondes de courage, ces 20 secondes qui peuvent changer ta vie. Je les ai fait entrer, puis j’ai dit à Carla : « Viens en haut, j’ai quelque chose à te montrer. » Arrivés à l’étage, je l’ai embrassée. Elle n’était pas encore mannequin, mais je la trouvais merveilleuse. » Suivra une belle relation de deux ans, avant que leurs chemins ne se séparent.

 

Comme le notait la fille de BHL, Carlotta la mante, celle qui avait débauché le fils de son amant en le tirant du lit d’elle Justine Lévy, dont les femmes bafouées disaient « qu'elle a couché avec la terre entière... » et que « si elle ne revoyait pas ses ex elle ne verrait personne... »

Marra­kech, août 2000. Cet été-là, comme à l’ha­bi­tude, Justine Lévy, accom­pa­gnée de son sémillant époux, Raphaël, a choisi de rejoindre son père, BHL, et sa belle-mère, Arielle Dombasle, au palais de la Zahia, le magni­fique riad de l’écri­vain. Grand seigneur, celui-ci adore y rece­voir ses meilleurs amis. Jean-Paul Entho­ven, le père de Raphaël, éditeur de BHL chez Gras­set, est de ceux-là. Un fin lettré, qui adore se montrer bien accom­pa­gné. Ce jour-là, joli trophée, c’est Carla Bruni qui déboule en maîtresse à son bras. Très enjouée, l’ex-icône de mode, qui se prépare à enta­mer une fulgu­rante carrière de chan­teuse, déborde d’en­train.

Un abat­tage de séduc­trice monstre. « On l’a vue arri­ver, genre le monde est à moi, et les mecs aussi… », écrira Justine. A vingt-cinq ans, la fille de BHL se montre d’un natu­rel assez réservé et peu sûre d’elle. Mais elle ne demande qu’à sympa­thi­ser : elle a déjà goûté à cette fasci­na­tion pour les mannequins auprès de sa mère, un irré­sis­tible et fantasque top model des années soixante-dix. Pour­tant, Carla Bruni a beau la bapti­ser « Belles Fesses » et la trai­ter en amie, la jeune femme, jalouse, sent bien­tôt monter une compli­cité dange­reuse entre son Raphaël et l’enjô­leuse.

Rien de grave de Justine Lévy
 

Aimer ça ne veut pas dire se ressembler. Aimer ça ne veut pas dire être pareils, se conduire comme des jumeaux, croire qu'on est inséparables. Aimer c'est ne pas avoir peur de se quitter ou de cesser de s'aimer. Aimer c'est accepter de tomber, tout seul, et de se relever, tout seul, je ne savais pas ce que c'est qu'aimer, j'ai l'impression de le savoir aujourd'hui un peu plus.

 

 

Rien de grave de Justine Lévy

"J'en ai marre de ce froid en moi. Marre de ne plus avoir chaud ni mal. Marre de passer à coté de la vie, du bonheur, du malheur, des gens, des corrida, de la mort. Merde la fausse vie. Merde le noir, le silence, l'anesthésie, les chats, les jeans. Il a raison, Pablo. Faut arreter de pas vivre. Faut arreter de pas pleurer. Faut arreter la rétention de larmes, ça va me donner de la cellulite dans le visage, à force. Faut que t'arretes d'avoir peur d'etre vivante. Chaque fois que tu mets la radio à fond dans la salle de bains, je sais que tu vas pisser. Faut arreter, Belle du Seigneur. Faut arreter l'amour sublime, les amants beaux et nobles et parfaits. Le matin, on est chiffoné, on a mauvaise haleine, c'est comme ça, faut accepter, c'est ça aussi la vie. La vie c'est qu'un jour je quitterai Pablo, ou Pablo me quittera. Je lui préférerai quelqu'un ou il en aura marre de moi, et ce sera triste mais ca ne sera pas tragique. Et puis la tristesse passera, elle aussi, comme le bonheur, comme la vie, comme les souvenirs qu'on oublie pour moins souffrir ou qu'on mélange avec ceux des autres ou avec ses mensonges. […] La vie est un brouillon finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature, et quand c'est à peu près propre et sans coquilles, c'est fini, on n'a plus qu'a partir, c'est pour ça que la vie est longue. Rien de grave."

 

Ha ! L’amour que de mensonges profèrent-on en ton nom…

 

Des mensonges il y en eut à la pelle, des tombereaux entiers, de l’autre côté de la Manche, pour emporter le vote de ceux qui sont sensibles à la démagogie. C’est un grand classique de la politique sur lequel devraient méditer la cohorte de ceux qui éructent en pensant que ça leur tient lieu de penser. Dire non est souvent salutaire mais il est alors nécessaire d’assumer ensuite les conséquences de son refus. Nous sommes en pleine confusion, quand j’entends un Gérard Filoche, archétype d’un PS des catacombes, taiseux sous Mitterrand, apparatchik de la plus triste espèce, donner des leçons de démocratie, j’ai envie de tirer la chasse d’eau.

 

Et, pour autant je suis moi aussi en colère lorsque sur mon vélo je croise chaque jour les nouveaux coolies de notre société : les livreurs de repas à domicile de DELIVEROO.

 

ÇA GAGNE COMBIEN UN LIVREUR DELIVEROO?

 

Petites économies collaboratives Rémi, livreur chez Deliveroo, a accepté de nous dévoiler ses revenus…

 

Le service de livraison de repas à domicile est déjà présent dans 15 villes en France. - Deliveroo

 

« L’économie collaborative, c’est du partage et des économies mais aussi de l’argent brassé. Au-delà des fantasmes, quels revenus tire-t-on réellement de ces nouvelles plateformes? Ce mois-ci, 20 Minutes se penche sur le service de livraison de plats cuisinés Deliveroo et décrypte les comptes de Rémi [1].

 

Depuis début 2016, ce trentenaire effectue régulièrement des «shifts» (rotations) chez Deliveroo, à Paris. Une activité qu’il occupe pour compléter les revenus tirés de son activité principale. Il y a quelques mois, Rémi a monté son entreprise d’impression textile, activité qui lui rapporte 1.200€ net par mois.

 

1- Ce qu’il a investi

 

Pour arpenter les rues de Paris et livrer des repas chauds à domicile, Rémi a du investir dans un vélo en janvier 2016. Acheté sur le Bon Coin, il lui a couté 70€.

 

Pour se connecter à l’application réservée aux livreurs (Driveroo), Rémi doit également être en possession d’un smartphone et d’un forfait comprenant une bonne connexion internet. «Je n’ai pas de très bonnes statistiques à cause de mon forfait. J’ai souvent des problèmes de connexion et ça me ralentit pour accepter les commandes», explique-t-il.

 

2- Ce qu’il gagne

 

Quatre soirs par semaine, de 19h à 23h15, Rémi effectue des «shifts longs» dans un des secteurs de la capitale. Il est «facturé» 7,50€ de l’heure, auxquels s’ajoutent 2€ pour chaque livraison. En moyenne, il confie arriver à faire «8 à 9 livraisons» par soir. Soit 50€ de revenus en moyenne par «shift long».

 

Tous les samedis, Rémi effectue également un «shift court». Il travaille donc 2 heures de 20h à 22h, payé au même tarif horaire. En général, il effectue «6 à 7 livraisons» par soir. Soit 30€ de revenus en moyenne par «shift court».

 

Par mois, Rémi gagne donc en moyenne 920€ pour 80 heures travaillées par mois. Une somme à laquelle il faut ajouter 50€ de pourboire. Soit un total de 970€ brut.

 

3 - Statut et cotisations sociales

 

Pour devenir livreur chez Deliveroo, il est obligatoire de se déclarer auto-entrepreneur (aujourd’hui micro-entrepreneur). La déclaration se fait par une simple déclaration en ligne sur le portail officiel des micro-entrepreneurs.

 

«C’est obligatoire. C’est l’ubérisation du travail. Officiellement, je ne suis pas salarié de Deliveroo, je leur facture un service», confie Rémi, qui affirme recevoir toutes les deux semaines une facture par e-mail avec le nombre d’heures, de courses effectuées ainsi que le détail des pourboires (lorsqu’ils sont versés en ligne). Rémi affirme ne pas déclarer les revenus tirés de son activité chez Deliveroo et ne s’acquitte donc pas des cotisations sociales.

 

Au vu de sa situation professionnelle, de son âge et de son parcours, Rémi pourrait profiter du dispositif d’aide au chômeur créateur ou repreneur d’entreprise (ACCRE) et bénéficier d’un taux de cotisation réduit d’environ 5%.

 

Si l’on applique ce taux, l’estimation de salaire net de Rémi s’élèverait à environ 921€.

 

S’il s’acquittait des cotisations sociales, le salaire net de Rémi s’élèverait à environ 921 euros pour 80 heures de travail par mois.

 

4 –Des coûts cachés et des inconvénients

 

Quand il effectue ses «shifts» Deliveroo, Rémi dit travailler sans assurance (il pourrait en souscrire une, entraînant des frais supplémentaires). «Quand je roule comme un fou dans Paris, je sais que si je tombe et que je pars à l’hôpital, ce sera pour ma pomme. Je ne pourrais plus travailler pour ma propre entreprise», admet-il.

 

«Le problème de ces boulots, c’est qu’il n’y a aucune sécurité. Eux, ils s’en foutent, ils te remplacent», reconnait-il. «Après, il faut assumer. Ils ne forcent personne.»

 

Si Rémi peut décider de ne pas effectuer un «shift», son «taux d’absence» est comptabilisé dans ses statistiques (qui prennent également en compte le temps mis pour se rendre au restaurant, pour accepter les commandes et pour les livrer). Aujourd’hui, ces mêmes statistiques l’empêchent de toucher des «primes». Chez Deliveroo, un «maillot jaune» peut en effet gagner jusqu’à 4€ à chaque livraison, contre 2€ actuellement pour Rémi.

 

«Au début, c’est bien, tu es content, tu gagnes de l’argent. Au bout de trois mois, je commence à être fatigué mentalement par le fait de jongler entre deux boulots», confie-t-il. Rémi souhaite d’ailleurs «arrêter très bientôt» son activité avec la plateforme.

 

Pourquoi j’aime la France, même en 2016

 

Il suffit d’oublier la politique pour aimer la France, lance Barbara Polla, écrivain et ancienne conseillère nationale genevoise, qui explique ses raisons de nourrir pour le grand pays voisin une admiration qui ne faiblit pas.

 

On entend les pires oracles. Ce pays est un désastre. Les riches sont partis depuis longtemps. La fuite des cerveaux est en marche. Ceux qui envisagent encore de pouvoir créer une entreprise viennent le faire en Suisse. La politique est une déréliction, la présidence va de Charybde en Scylla, l’état d’urgence bafoue la démocratie et faute de grives on mange des merles. Les médias sont unanimes: aux larmes, citoyens!

 

Oui. Mais moi, j’aime la France, aujourd’hui comme hier. Pour sa culture en premier lieu, d’une richesse intarissable, mais aussi pour sa politique sociale et les trésors, cachés parfois, d’engagement, d’initiative et d’innovation qu’elle recèle.

 

Les Grands Voisins, Aurore et Plateau Urbain

 

À l’époque où je travaillais à la Faculté Cochin, dans les années 1990, l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul était notre voisin. Il ferme en 2011. Le site, baptisé Les Grands Voisins, est en attente de reconstruction. L’association Aurore (fondée en 1871) y installe alors jusqu’à 600 logements pour personnes en situation précaire, SDF ou migrants solitaires, et fait appel à Plateau Urbain.

 

Plateau Urbain? Un groupe d’urbanistes, portés par une vision sociale et une vraie connaissance du terrain immobilier. Leur but? «Résorber la vacance, servir la création». Plutôt que de payer pour la sécurisation et le maintien en état d’un site inoccupé, les promoteurs immobiliers accueillent des locataires qui paient les charges et les taxes. Abolis les coûts de gardiennage pour les uns, ceux du loyer pour les autres avec, en prime, la mise en place d’une nouvelle mixité.

 

Contrepartie contractuelle, pour les artistes, les artisans, les entrepreneurs en herbe qui s’installent ici: faire vivre cette mixité. Une manifestation de ce que la France a de meilleur: une culture sociale forte, intelligente, philosophique et politique – mais agissant hors du champ classique de la politique.

 

Entre Bayonne et Biarritz, la Biennale d’Anglet

 

Au titre des Biennales, si l’Italie a Venise, la France a Lyon bien sûr, mais aussi, entre autres, Anglet. Une biennale sur la plage, intitulée la Littorale, qui met en scène les rivages maritimes, leurs tensions et leurs contradictions. L’art y est utilisé comme une boîte à outils permettant de repenser le monde et de porter un regard créatif sur la notion de citoyenneté.

 

Le commissaire de la Biennale 2016, outre les 12 œuvres monumentales de 12 artistes internationaux, en a choisi une 13e, une œuvre qui parle de violence et de paix, en un saisissant oxymoron: des troncs d’oliviers sont entourés de fil de fer barbelé, lequel se transforme en branches épanouies de l’arbre pourtant contraint. L’artiste, Abdul Rahman Katanani, né à Sabra, a exposé sa Forêt d’Oliviers à Nanterre (ville de gauche), avant qu’elle ne soit accueillie par la mairie d’Anglet (ville de droite), où elle deviendra Jardin d’Oliviers. Dans l’intervalle, l’œuvre est stockée dans la maison d’enfance du commissaire. Au-delà de tout clivage, l’engagement réciproque au service d’une culture collective et de la Res publica. L’artiste, lui, est au bénéfice d’un visa français «compétences et talents».

 

BlaBlaCar

 

Frédéric Mazzella, master en informatique de Stanford et MBA de l’INSEAD, développe l’idée, en 2004, d’une plateforme de covoiturage alimentée par une communauté de confiance. Avec ces objectifs: se déplacer de manière légère et durable, et travailler dans la joie.

 

La start-up française, devenue la plus large communauté de covoiturage longue distance au monde, met en relation des conducteurs voyageant avec des places libres et des passagers souhaitant faire le même trajet (distance moyenne 330 km), les coûts étant partagés entre les covoitureurs. Bla Bla? C’est qu’en plus vous pouvez choisir: parler un peu (Bla) beaucoup (Bla Bla) ou passionnément (Bla Bla Bla). Vive les rencontres! En 2016, BlaBlaCar, toujours basée à Paris, est active dans 22 pays, compte 500 employés dans 15 bureaux internationaux, continue d’embaucher, transporte 10 millions de voyageurs par trimestre et a permis en un an d’économiser 1 m de tonnes de CO2. Faut-il encore rappeler que BlaBlaCar est une société indépendante?

 

Il suffit d’oublier la politique pour aimer la France.

 

Barbara Polla, écrivain, ancienne conseillère nationale genevoise.

Yves Bonnefoy, c'est à la fois l'un des très grands poètes de la fin du surréalisme français, qui a constamment travaillé sur le langage, qui a minéralisé progressivement sa poésie. Et en même temps, ça a été un regard unique sur la littérature et la peinture occidentales", a déclaré pour sa part à l'AFP le ministre de l'Économie Emmanuel Macron, dont c'est "vraiment l'un des poètes préférés".

 

Le pays du sommet des arbres

 

L'enfant semblait errer au sommet de l'arbre, 
On ne comprenait pas son corps, enveloppé 
D'un feu, d'une fumée, que la lumière 
Trouait d'un coup, parfois, comme une rame.

Il montait, descendait un peu, il s'arrêtait, 
Il s'éloignait entre les pyramides 
Du pays du sommet des arbres, qui sont rouges 
Par leur flanc qui retient le soleil encore.

L'enfant allait chantant, rêvant sa vie. Était-il seul en son jardin de palmes? 
On dit que le soleil s'attarde parfois 
Pour une nuit, au port d'un rêve simple.

On dit aussi que le soleil est une barque 
Qui passe chaque soir la cime du ciel. 
Les morts sont à l'avant, qui voient le monde 
Se redoubler sans fin d'autres étoiles.



II



L'enfant redescendit plus tard, de branche en branche 
Dans ce qui nous parut un ciel étoile. 
Rien ne distinguait plus dans ce silence 
La cime bleue des arbres et des mondes.

Il chantait, il riait, il était nu, 
Son corps était d'avant que l'homme, la femme 
Ne se fassent distincts pour retrouver 
Criant, dans une joie, une espérance.

Il était le chant même. 
Qui s'interrompt

Parfois, le pied cherchant l'appui qui manque,

Puis qui reprend et, dirait-on, se parle, telles deux voix

A l'avant d'une barque qui s'éloigne.

On dit que la lumière est un enfant

Qui joue, qui ne veut rien, qui rêve ou chante.

Si elle vient à nous c'est par jeu encore,

Touchant le sol d'un pied distrait, qui serait l'aube.

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