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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 06:00
Traversée d’un Paris déserté par ses indigènes, les oiseaux de la Mouzaïa, le Pont du dernier tango à Paris, « Ce qu’ils veulent détruire ; c’est l’amitié. Oui l’amitié. »

En 2016, Paris au mois d’août n’est plus le Paris au mois d’août d’autrefois :

 

« 1966, l’année de mes 18 ans, je viens de boucler ma première année de Droit à la Fac à Nantes. Ma bourse plate me permet tout de même de me gaver de me gaver de cinéma au Katorza où le tarif étudiant : 3 francs c’est le prix de 2 sandwiches au jambon. Beaucoup d’entre nous vivions de peu mais nous étions fichtrement heureux de goûter à la liberté. Nous faisions la fête, fréquentions assez peu les amphis, commencions à refaire le monde.

 

S’il est un film qui a éveillé en moi les premières questions sur l’amour conjugal, le carcan de la fidélité, c’est bien le film de de Pierre Granier-Deferre «Paris au mois d’août» sorti au cinéma en 1966 qui était l'adaptation du roman éponyme de René Fallet, Paris au mois d'août datant lui de 1964. »

 

 

Lire ICI 

 

« Et puis il y a le petit monde englouti du bar-tabac de Rosembaum où Plantin va taper la belotte avec ses copains. Parmi eux, Gogaille, son meilleur ami, clochard de profession qui s’exclame à propos des travaux à Paris : « Moi, je vais vous dire: ce qu’ils veulent détruire, c’est pas les vieux quartiers. Les taudis, ça les empêche pas de dormir, vu qu’ils ont jamais dormi dedans. Ce qu’ils veulent détruire; c’est l’amitié. Oui l’amitié. Dans les H.L.M., au moins, y en a plus, y a plus de conversations, plus rien. Les types se voient pas, se connaissent pas, leur reste que la famille, et c’est pas toujours primesautier, pas vrai? »

 

En août 2016 ce qui n’a pas changé c’est la grande désertion des indigènes aisés qui prennent des congés payés, toutes mes cantines sont fermées, il faut aller chercher le pain très loin, le long des trottoirs plein de vides pour le stationnement qui reste payant, dans les rues moins d’autos, de motos, de livreurs… les théâtres font relâche…

 

Serait-ce pour autant le bonheur ?

 

Pas vraiment, Paris est un peu Disneyland avec son Paris-Plage, sa grande roue de la Concorde, avec ses marchands de mauvaise bouffe, de mauvaise bière, de mauvais café sur des terrasses, peuplées de garçons renfrognés, où il faut casquer cher. Pauvres touristes malmenés, je les plains de tout cœur et je regrette que le bien-vivre ne soit plus l’ardente obligation des marchands de soupe de tous poils.

 

Que faire pour ne pas se transformer en vieux ronchon ?

 

Faire ce qu’il faut faire dans une ville où règne l’industrie du tourisme de masse : s’éloigner un peu, prendre du champ, aller baguenauder aux lisières de la ville, en des lieux ignorés des marchands.

 

Comme je fréquente beaucoup les hauts de Paris, le 19e arrondissement tout particulièrement, j’ai pu découvrir il y a deux la Mouzaïa qui est un quartier peu connu, même des parisiens, situé à l'est de Paris, le XIXe, entre le parc des Buttes-Chaumont et la Porte du Pré-Saint-Gervais. C’est un havre de paix, de verdure et de fleurs, avec ses ruelles pavées, ses petites maisons, toutes les mêmes. Et ne venez pas me dire que c’est une enclave de bobos c’est faux. Sa gentrification est de plus longue date.

 

« Les maisons situées en bordure de la rue Mouzaïa sont sensiblement plus grandes que celles situées au centre des « villas » et révèlent par quelques détails une gentrification très avancée du quartier d’où les « classes populaires » ont progressivement disparues depuis une vingtaine d’années en raison de l’augmentation des prix immobiliers. »

 

Si vous y allez en métro je vous conseille de descendre à la station Danube ligne 7bis

 

 

LIRE ICI 

 

Dès mon arrivée à Paris j’ai exploré à pied beaucoup de lieux ignorés par les touristes, surtout les îlots qui ressemblaient comme deux gouttes d’eau à l’habitat provincial. Mon but trouver un point de chute pour mieux me loger mais comme je n’avais pas un rond je ne pouvais accéder à la propriété. La location dans ces lieux protégés relevait d’un parcours du combattant pour le fraîchement débarqué que j’étais.

 

La Mouzaïa est donc restée au rang du rêve inaccessible. J’y repassais de temps à autre pour m’immerger et rêvasser.

 

Et puis un jour, des amies m’ont dit « nous allons vivre pendant deux mois dans notre maison du paradis » et ce fut pour la première fois pour moi l’occasion de pénétrer dans une maison de la Mouzaïa.

 

C’était pour un dîner. J’y suis allé à vélo bien sûr en passant par l’affreuse Place des Fêtes défigurée par des immeubles sans âmes. J’avoue que je me suis un peu paumé avant de retrouver la rue de la Mouzaïa qui structure le quartier. La nuit tombait et, comme toutes les ruelles se ressemblent j’eu quelques peines à retrouver La Villa Émile Loubet.

 

 

La question que tout le monde m’a posé lorsque j’ai évoqué mes agapes à la Mouzaïa c’est quelle est l’origine du nom ?

 

Le quartier dit de la Mouzaïa tire son appellation du nom de la rue principale autour de laquelle il s’organise.

 

Sans doute nos écoliers d’aujourd’hui ignorent tout de la célèbre Smalah de l’émir Abd-el-Kader qui résista héroïquement aux troupes françaises lors de la conquête de l’Algérie.

 

 

Le 12 mai 1840 le duc d’Aumale à la tête des zouaves et des tirailleurs de Vincennes sous les ordres du colonel La Moricicière et du duc d'Orléans commandant en chef, prenait le Thénia de la Mouzaïa, le col, que défendait le dit émir Abd-el-Kader. Ce fait d’armes inspira aux zouaves du maréchal Bugeaud le populaire chant militaire de l’Armée d’Afrique : « La casquette du père Bugeaud. »

 

C’est à la fin du XIXe siècle, vers 1879, que les 250 maisons de la Mouzaïa ont été construites à pour les ouvriers qui travaillaient sur les carrières de gypse et de meulière du quartier. C’est l’architecte Paul-Casimir Fouquiau qui les a conçues selon des règles strictes imposées par la structure du sous-sol.

 

« Elles sont toutes érigées selon le même modèle sur un terrain en pente, avec façade de brique rouge (aujourd’hui repeintes dans la plupart des cas), porte d’entrée étroite, marquise en fer forgé et cour à l’avant. Le sol étant fragile à causes des anciennes carrières dans le sous-sol, les demeures ne devaient pas faire plus de deux étages.

 

C'est pourquoi il n’y a pas d’immeubles dans le quartier, mais seulement des maisonnettes, avec courettes, jardins, terrasses. Elles appartenaient autrefois à des voies privées et étaient fermées. Aujourd'hui ouvertes ces ruelles sont pavées et éclairées par des lampadaires dont le mât est décoré d'une branche de lierre entrelacée selon le modèle « Oudry ».

 

Les carrières de gypse ont été exploitées jusqu’en 1872. Le gypse des Buttes Chaumont avait une très bonne réputation car chauffé à 120 ° dans des fours il donnait un plâtre d'excellente qualité.

 

À la Mouzaïa Il existe d'ailleurs une rue des Carrières d'Amérique car selon la légende une partie du plâtre produit aurait été exporté, et aurait servi à édifier la Maison Blanche, à Washington, aux États-Unis.

 

 

En 1856 (8 ans avant le début des travaux du parc des Buttes Chaumont), on peut lire dans le guide Joanne des environs de Paris.

 

« Si Montmartre a perdu ses carrières de plâtre, les buttes Chaumont ont conservé presque toutes celles qu'elles possédaient. Leurs trois principales carrières portent les noms suivants: Buttes Chaumont, du Centre, d'Amérique. Les deux premières ne s'exploitent plus aujourd'hui qu'à ciel ouvert; la carrière d'Amérique seule va encore chercher sa pierre à plâtre dans le fond de ses vastes galeries qui n'ont pas moins de 1000 mètres de profondeur et dont d'énormes piliers supportent les voûtes hautes de 15 mètres, consolidées çà et là par des échafaudages.

 

Avant dix ans, ces trois carrières seront complétement épuisées jusqu'à la limite où les règlements de police leur permettant de s'étendre. Celle de la Butte-Chaumont a déjà, diminuée considérablement sa production. Dans leur état actuel elles emploient environ 800 ouvriers (de 250 à 275 par carrière) qui gagnent de 3 à 4 francs par jour. Elles produisent chaque année 150 000 mètres cubes de plâtre (50 000 mètres par carrière) qu'elles vendent 15 francs le mètre. Depuis vingt années elles se livrent à trois sortes d'industrie.

 

Elles ne se contentent plus de fabriquer du plâtre elles fabriquent aussi des briques et de la chaux. Quand ces carrières seront épuisées, les fabricants de plâtre devront aller s'établir au-delà de Pantin, dans la chaîne de collines qui s'étend le long de la Marne jusque Meaux. Ils sont certains à l'avenir de trouver assez de bancs de pierre à plâtre pour subvenir à diverses reconstructions complètes de Paris et de tous les villages de sa banlieue. Le chemin de fer de ceinture traverse les buttes Chaumont en souterrain, entre les carrières du Centre et d'Amérique. »

 

En 1860 c'est la fin des carrières.

 

« On peut également découvrir au 46 rue du Général Brunet le Hameau du Danube, composé de 28 pavillons réalisés en 1923-1924 par Albenque et Gonnot et organisé de façon symétrique autour d’une voie en Y, constitue un bon exemple de ce rationalisme qui n’exclut pas les effets pittoresques. Il remporta le Concours de façades de la Ville de Paris en 1926. A une toute autre échelle, on trouve une autre illustration de ce rationalisme dans le développement du logement social sur les terrains libérés par les anciennes fortifications ou en bordure ce celles-ci et dans la construction des grands équipements (école, square, église) rendus nécessaires par l’afflux de population. »

 

Lire ICI Paris, balade architecturale autour du quartier de la Mouzaïa et des Buttes Chaumont.

 

Bonne découverte !

 

 

Et puis, il est des lieux, des ouvrages d’art dans Paris que l’on emprunte sans même se soucier d’eux : ce sont les ponts qui enjambent la Seine qui traverse Paris d'est en ouest sur 13 km.

 

 

Au total 37 ponts et passerelles , tous ne sont pas accessibles à vélo, ceux où passent le métro ou le périphérique, et les passerelles sont piétonnières.

 

ICI 

 

Je les tous traversé à vélo, en auto, en bus, en métro, à pied…

 

Ayant habité à mon arrivée à Paris, rue Mazarine, j’ai souvent traversé le Pont Neuf pour me rendre à la Samaritaine, car on trouvait tout à la Samaritaine. Maintenant on n’y trouve plus rien depuis qu’Arnault l’a fermée. J’ai vu Christo l’emmailloter en 1985. C’est le doyen des ponts de Paris. Inauguré en 1607, sous Henri IV, il est le premier à relier d’un seul jet maçonné les deux rives de la Seine. Extrême pointe de l’île de la Cité, il est aussi le premier à être doté de trottoirs et dépourvu de toute habitation. Les passants pouvaient enfin admirer le fleuve.

 

 

Il surplombe le square du Vert Galant, en hommage au trousseur de jupons qu’était Henri IV, qui est un lieu privilégié pour celles et ceux qui veulent se rouler des patins sous la lune et plus si opportunité.

 

Les amants du Pont Neuf réalisé par Léos Carax, avec Juliette Binoche et Denis Lavent et sorti en 1991, le tournage de ce film a eu lieu  en partie, à Lansargues, canton de Mauguio, près de Lunel… Le Pont-Neuf du film n'est pas à Paris, il est à Lansargues dans le département de l'Hérault, un petit village entre la mer et les vignes. En pleine nature, on va construire le Pont-Neuf et tout le quartier qui l'entoure. Et tout cela coûte cher, très cher ! Si bien que Léos Carax n'a plus d'argent et le tournage s'arrête. Trois producteurs différents vont prendre le relais dont Christian Fechner qui, finalement, permettra au film d'être achevé en 1991.

 

 

Et puis, grâce à lui on peut accéder à la place Dauphine, qui a mauvaise mine pour Dutronc lorsque Paris s’éveille, mais qui a un charme quasi-provincial.

Mais celui que j’ai le plus traversé à vélo lorsque je travaillais rue de Rivoli, c’est le Pont Royal, long de 130 mètres, il a été reconstruit à l'initiative de Louis XIV entre 1685 et 1688, par Jules Hardouin-Mansart (petit neveu du célèbre architecte), François Romain et Jules Gabriel. Il comporte cinq arches en anse de panier, des becs triangulaires chaperonnés et un cordon à la base du parapet. Les deux chaussées du tablier s'ouvrent en biais sur les deux chaussées des quais. Après la révolution il est appelé pont National, puis pont des Tuileries sous Napoléon 1er.

 

 

 

Pour le plus récent, et le plus inutile, le pont Charles de Gaulle – d'une longueur 207 m de long pour une largeur de 35 m, a été réalisé entre 1993 et 1996 par les architectes Arretche et Karasinsky, choisis à la suite d'un concours européen, lancé en 1987. Construit en forme d'aile d'avion et réalisé en acier, il offre une chaussée à sens unique large de 18 mètres, des pistes cyclables et des trottoirs surélevés permettant aux piétons de marcher en toute sécurité. Le tablier est relié aux piles revêtues de béton poli de couleur blanche par quatre énormes chapiteaux en acier moulé de forme conique – je l’ai traversé à vélo, dans le sens rive gauche-rive droite, une seule fois et je puis vous assurer que je m’en souviendrai pour le restant de ce qui me reste à vivre. C’était le dimanche 11 janvier 2015, je me rendais place de la Nation pour rejoindre mes amies à la grande manifestation parisienne suite à la tuerie de Charlie-Hebdo. Les gens marchaient en grappes, silencieux, déterminés, recueillis. Moment unique que nous devrions nous remémorer au lieu de céder à nos démons.

 

 

Le pont le plus kitch est sans aucun doute le pont levant de Flandre de la rue de Crimée situé à l'intersection du bassin de la Villette et du canal de l'Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris. Il permet à la rue de Crimée de traverser le canal, et relie le quai de l'Oise, sur le côté nord-ouest du canal, au quai de la Marne, sur le côté sud-est du canal. Mis en service en 1885, c’est le dernier pont levant de la capitale qui connaît encore chaque année près de 9 000 manœuvres. C’est un monument historique qui vaut le détour.

 

 

Enfin je terminerai par le pont de Bir-Hakeim que j’ai beaucoup fréquenté à une période agitée de ma vie. C’est le pont où dans le Dernier Tango de Paris de Bertolucci (1972) Marlon Brando dans son manteau camel et Maria Schneider coiffée d’une capeline fleurie, marchent côte à côte.

 

 

Et puis, au centre du pont, de larges escaliers en pierre permettent de rejoindre l’île aux cygnes, totalement artificielle pour emprunter l’unique allée bordée d’une double rangée d’arbres. La promenade d’une kilomètre débouche sur une réplique miniature, 9 mètres de haut, de la statue de la liberté.

 

 

Le pont de Bir-Hakeim, anciennement viaduc de Passy, d'une longueur de 247 mètres, pour une largueur de 25 mètres, a été construit entre 1903 et 1905 par l'ingénieur Louis Biette et l'architecte Jean-Camille Formigé. Il est à deux niveaux. Le niveau inférieur comporte deux voies routières de 6 m de large, séparées par un promenoir de 8,70 m ainsi que deux trottoirs de 2 m de large. Le niveau supérieur est réservé au passage de la ligne de métro n° 6 Nation-Charles-de-Gaulle-Étoile.

 

 

Voilà, chers amis, Paris, même au mois d’août, recèle de bien des charmes cachés, si vous passez par chez moi, profitez-en !

 

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 08:36
Polygraphies corses (2) la belle et rude franchise de Marc Biancarelli, l’auteur de Murtoriu et un petit couplet sur le lait…

Je me lève tôt, ce matin des nuages cotonneux ourlent les crêtes de la montagne et masquent le soleil.

 

J’aime la belle et rude franchise de Marc Biancarelli, l’auteur de Murtoriu, écrit en 2012 en langue corse, traduit et édité chez Actes Sud dans la catégorie « étranger ».

 

Pour lui, écrire en corse n’est pas un acte « militant » car « la posture identitaire est un regard sur un moment précis, un instant. Mais elle ne dit rien de la culture dans son ensemble ou de la qualité littéraire d’une œuvre. »

 

« … sur la longue durée, l’acte militant ne construit rien, à moins d’être un ayatollah ! »

 

Regard acéré sur son pays dont il dénonce les travers mais qu’il défend également sans aucune concession, ajoutant parfois naïvement « Que les choses soient claires, je peux me permettre, moi, de dire du mal de mon pays, mais moi seul. »

 

« L’île serait-elle à l’avant-garde du pire ? »

 

« La Corse a un problème avec le racisme et la xénophobie, il n’y a rien de neuf. On ne peut pas faire comme si l’on découvrait cela »

 

« La Corse est une société violente » ou « le vivre ensemble relève actuellement du vœu pieu. »

 

Le maire corse qui «voulait exclure tous les Maghrébins» s'est tué à moto (avec une arme et 104.000 euros sur lui)

 

20 Minutes avec AFP

·

o Publié le 29.08.2016 à 20:45

o Mis à jour le 29.08.2016 à 22:21

 

Le maire d'un village de Corse-du-Sud s'est tué lundi matin sur une route de l'île, et les policiers ont découvert sur lui une arme et plus de 100.000 euros en liquide, a-t-on appris de source proche du dossier.

 

Charles-Antoine Casanova, maire de Guarguale, un village d'une centaine d'habitants, est mort «dans un accident de la circulation sans intervention d'un tiers», a confirmé une source judiciaire, excluant tout homicide. Corse-Matin rapporte que l’édile de 52 ans est décédé après avoir perdu le contrôle de sa moto sur une quatre-voies en périphérie d’Ajaccio.

 

Un calibre 7.65 et 104.000 euros dans une sacoche

 

Dans sa sacoche, les policiers ont trouvé une arme, qui était «un moyen de se protéger», selon ses proches, a précisé cette source. Il avait également sur lui «une somme d'argent importante», dont une enquête devra déterminer l'origine, a-t-elle ajouté. L'arme était un calibre 7.65, un calibre répandu, approvisionné, et Charles-Antoine Casanova transportait 104.000 euros en liquide, a précisé une source proche du dossier.

 

Il avait fait parler de lui en 2012 en affirmant publiquement sa volonté de désobéir à la loi sur le mariage pour tous «en refusant d'unir deux personnes de même sexe dans (s)a commune». Plus récemment, mi-août, il avait appelé sur Facebook son homologue de Sisco à «exclure définitivement tous les Maghrébins et leurs familles de son village», après une rixe entre des Marocains de Furiani et des villageois sur une crique.

 

 

 

En Corse les vaches sont libres alors avant de m’embarquer sur d’autres lignes, quelques mots de mon cru sur la crise du lait.

 

 

La crise du lait : la solution miracle du trio Sarko-Fillon-Le Maire pour endiguer le flux de lait à la suite de la suppression des quotas laitiers, la contractualisation systématiques des relations entre producteurs et transformateurs.

 

Conséquence : elle a lié les mains des éleveurs et facilité la tâche de Lactalis et de ses confrères privés, les coopérateurs étant déjà liés à leur collecteur par leur adhésion, avec des contrats longs (souvent 5 ans), particulièrement opaques.

 

En son temps, oser dire que ces contrats ne réglaient rien, dans la mesure où la liberté de choix des producteurs de son collecteur n’existait pas, relevait de la « faute professionnelle » et « d’outrage » au génie de notre Ministre et de sa haute administration qui voyait là un nouveau joujou avec lequel elle pourrait exercer ses talents « économiques ».

 

Informer les producteurs que, faute d’un rapport de forces commercial suffisant, ils subiraient le prix de marché, n’était pas de saison, c’eut été jeter le trouble dans un univers, à l’époque sans nuage, où la poudre de lait exportée aux Chinois soutiendrait le marché domestique.

 

Les nouveaux arrivants savaient bien que la patate était chaude mais, en vertu du vieux principe du 78 rue de Varenne, il était urgent d’attendre que la tuile vous tombe sur la tronche avant d’agir. Les génies de la haute administration trituraient la contractualisation au long d’épais rapports voués à la poussière.

 

Et maintenant j’entends Christiane Lambert qui découvre le fil à couper le beurre :

 

.@ChLambert_FNSEA : "Le lait est un produit périssable, on ne peut pas changer du jour au lendemain de laiterie" #le57Inter

 

.@ChLambert_FNSEA : "Un contrat, c'est un engagement des deux parties. Il ne peut pas y avoir une relation unilatérale." #le57Inter

 

.@ChLambert_FNSEA : "Les ministres de l'Agriculture de l'UE doivent mesurer les dégâts de l'arrêt des dispositifs de régulation" #le57Inter

 

Ainsi va une France qui veut tout et son contraire, refuse de choisir, de remettre en cause ses pratiques, incapable d’affronter la réalité de la diversité des situations géographiques et économiques de ses producteurs, des évolutions de la consommation domestique, des risques du grand export…

 

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 06:00
« Le Vierzon, c’est d’abord un son… » moi aussi j’ai grandi avec le bruit typique de ce moteur du tracteur de mon père « comme un cœur qui bat de manière irrégulière. »

Samedi en fin de matinée alors que je me rendais à mon déjeuner j’ai fait une halte chez mon opticien boulevard Raspail. Ayant attaché ma monture face à la librairie Gallimard avant de repartir vers ma destination finale j’ai jeté un œil aux livres exposés dans la devanture.

 

Et là, que vois-je ?

 

Un livre, bien sûr, au titre évocateur Tour de France des villes incomprises, et surtout seing d’un bandeau sur lequel dans un globe de neige trônait un beau tracteur tout vert avec du jaune sur ses jantes : Vierzon.

 

 

Le tracteur de mon père : « le Société Française Vierzon de mon père, vert profond, pataud, massif, avec ses gros phares qui lui donnaient des allures de myope, son rythme haletant de monocylindre à deux temps crachotant une fumée bleue, c'est le souvenir des battages.

 

Ce monstre indestructible se démarrait à la main, plus précisément en balançant une grosse poulie, une fois sur deux l'éléphant se lançait à l'envers, il fallait recommencer. De plus, comme c'était un semi-diesel, on partait sur l'essence puis on passait au fuel et l'explosion était provoquée par un chapeau de fonte porté au rouge. C'était un rituel fascinant car des retours de flammes jaillissaient de l'énorme pot d'échappement.

 

La SFV fabriquait ses tracteurs à Vierzon et basait sa publicité sur la solidité, la durabilité, l'économie et c'était vrai la bête était indestructible et consommait tout ce qu'on lui présentait, même des huiles de vidange. Et pourtant le diesel a triomphé. La SFV a sombré, rachetée par une société américaine Case. C'était au tout début du Marché Commun et la France, grand pays agricole, n'a pas fait éclore de grandes entreprises de tracteurs ou de matériel agricole. Renault, la Régie comme on disait, assemblait son tracteur en important un moteur Perkins. Nos grandes plaines céréalières étaient investies par le vert de Class, le jaune de New Holland ou le rouge de Mac McCormick et le bleu ciel de Braud, un petit challenger angevin. »

 

J’écrivais ceci dans une chronique du 30 janvier 2006. ICI 

 

 

C’était au tout premier temps des blogs, je prêchais dans le désert. Il me fallut attendre le 28 juin 2009 pour avoir la réaction de Rémy Beurion.

 

« Bonjour, je suis Rémy Beurion de Vierzon. Je rédige un livre sur les tracteurs de Vierzon qui paraitra en décembre aux éditions Castor et Pollux. Ce livre contiendra ds portraits et des témoignages et de très nombreuses photos de tracteurs de Vierzon. Votre témoignage m'intéresse. Pourriez-vous me contacter au … Si vous pouviez relayer cette information sur votre blog, j'ai lu les commentaires laissés par d'autres internautes. Un grand merci d'avance. » 

 

Dans le livre de Vincent Noyon, le chapitre sur Vierzon est « piloté » par ce cher Rémy Beurion, journaliste au Berry Républicain à Bourges, mais vit à Vierzon.

 

Il est sur face de Bouc 

 

Il est furax Rémy « Vierzon n’aime pas ses tracteurs… »

 

« Vierzon (Cher) est une petite ville de 27 000 âmes situées aux portes de la Sologne et aux portes de la Champagne berrichonne. Rester aux portes de tout est le propre des paillassons, mais on ne s’est pas toujours essuyé les pieds sur Vierzon. La ville a eu son âge d’or entre la Révolution industrielle et les Trente Glorieuses. On y fabriquait de la verrerie, de la porcelaine et des machines agricoles (le fameux tracteur de Vierzon). La culture ouvrière a forgé l’âme de cette petite ville industrieuse, qui continue de voter communiste vaille que vaille – comment en serait-il autrement quand des générations de Vierzonnais sont nés à la maternité de la rue Karl Marx ? »

 

« On y dénombrait 158 bistrots en 1950, des cabarets et des guinguettes. »

 

« Évidemment, les industries sont parties les unes après les autres, laissant la ville pantelante. »

 

« La tradition industrielle de Vierzon remonte en fait à l’installation des forges en 1779. Des manufactures de porcelaine et de verreries s’implantèrent au XIXe siècle. Le minerai était acheminé par le canal du Berry, et la marchandise repartait par les trains de la ligne Paris-Orléans dès 1847. Lorsqu’un certain Célestin Gérard ouvrit son atelier de réparation de matériel agricole en face de la gare, il inaugura un siècle de prospérité industrielle pour la ville. Le grand homme, qui a son buste devant l’ancienne usine, est à l’origine de la première locomobile française. » 

 

 

« En 1957, « la Française »employait encore 1740 personnes et une foule de sous-traitants. »

 

« Les derniers ouvriers sont partis en 1995. »

 

« C’est d’ici (l’usine B3, ce majestueux bâtiment en brique coiffé d’une verrière est une cathédrale industrielle) que sortait le Vierzon, tracteur robuste, simple d’utilisation et peu onéreux. »

 

Pour finir un petit coup de rétro sur les bistrots de Vierzon :

 

« Nous sommes à présent au café chez Rachel. Avec son comptoir rétro et ses tables en formica, c’est le plus vintage des vieux zincs de Vierzon. L’Âne qui renifle, le café du Pouriau, le café du Carnaval, le Bazile-Bar, l’Olympic, la Grenouille, le Poisson frit ont tous disparu. « C’étaient des cafés corporatistes : les jardiniers du quartier de l’abricot se retrouvaient au Pouriau, les cheminots au café du Dépôt ou au café des Gueules noires, les pêcheurs au Goujon qui tète. Au Torchon sale, il n’était pas rare de trouver un moucheron mort au fond de son verre. Au Penalty, on surnommait la patronne « la poilue ». Souvent, les cafés se trouvaient dans la maison même des propriétaires. »

 

Mon père Arsène allait chercher ses tracteurs SFV à Vierzon et revenait à 20 Km/h jusqu’au Bourg-Pailler de la Mothe-Achard. Belle trotte, autre époque, on prenait le temps…

 

Le soir de mon premier bac je suis passé en train de nuit à Vierzon… la transversale Nantes-Lyon… j’allais faire le moniteur de colonie de vacances dans l’Yonne… tenue par les Vendéens de Paris…

 

Enfin, même si ça fait mal au cœur de Remy Beurion il est impossible d’échapper à la chanson de Jacques Brel :

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 06:00
Polygraphies corses (1) Jean-Claude Acquaviva A Filetta, Danielle Casanova, le brocciu pédagogique, chez François à Sagone…

Partir en vacances alors que, chaque jour que Dieu fait, je suis en vacances éternelles – appellation plus positive que celle de retraite qui sous-entend une forme de repli, en bon ou mauvais ordre, face à l’adversité – relève d’un abus de langage que j’assume car je n’ai jamais cessé de m’agiter pour donner le sentiment que je travaille.

 

3 semaines en Corse, chez des Corses, à Tiuccia, face à la mer, au fond du Golfe le plus profond de la côte orientale. Je côtoie les poissons, je cuisine, je mange, je bois, je dors, je baguenaude, j’écris à la fraîche… je me conforme à la règle en vigueur où que j’aille dans notre vaste monde : « En Corse, fais comme les Corses. »

 

Je signale au dénommé Pax, qui grimpe aussi facilement au rideau que moi je provoque la population, que cette maxime signifie le respect des gens du lieu et non de singer les us et les coutumes.

 

Au gré de mes découvertes vous aurez droit à mes polygraphies corses…

 

La Corse « Une terre tumultueuse, complexe, capable du meilleur comme du pire. Une île à l’histoire mouvementée qui a quelquefois du mal à se départir de son rapport obsessionnel à son identité. Un pays ayant une fâcheuse propension à construire des mythes, ce qui donne parfois une vision trop distanciée et désincarnée à la réalité. »

 

Jean-Claude Acquaviva A Filetta

 

 

Danielle Casanova

 

Pour beaucoup de touristes empruntant la voie de la mer pour venir en Corse Danielle Casanova est le nom d’un ferry de l’ex-SNCM, Corsica Línea.

 

Et pourtant comme l’écrit Geneviève Colonna d’Istria dans le Point : « Des rues, des squares, des écoles entretiennent son souvenir » sur l’île. Ce fut une militante, « brillante fille d’instituteurs », née Vincentella Perini à Ajaccio, le 9 janvier 1909.

 

Elle délaisse hypokhâgne pour faire des études dentaires à Paris, où elle rencontre son futur mari Laurent Casanova.

 

« Militante de gauche de la première heure, elle devient responsable des Jeunesses communistes et fonde l’Union des jeunes filles de France. Vincentella se fait alors appeler Danielle. »

 

Dès 1940, dans la clandestinité « elle assure des opérations armées de résistance en zone occupée. Arrêtée par la police française au début de 1942, elle est emprisonnée à la Santé avant d’être déportée à Auschwitz, en janvier 1943, avec 230 autres femmes, toutes résistantes. »

 

Elle succombe du typhus le 9 mai 1943.

 

 

  • Innovation « écologique » de la mairie d’Ajaccio : les pelouses du bord de mer sont en gazon synthétique, on n’arrête pas le progrès de la connerie…

 

  • « On ne fabrique pas de brocciu en été » et pourtant chaque été, Jean-Paul Chiesi et sa fille Claire s’y attellent tous les étés depuis 20 ans, sur les hauteurs de la Restonica. Le troupeau, 200 brebis et 20 chèvres, des animaux que les visiteurs peuvent découvrir sur place tous les jours. Ils assistent à la fabrication qui se fait avec le lait de la traite de la veille, puis le soir à la traite elle-même.

 

 

  • Chez François à Sagone : les petits bonheurs du terroir corse…

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « En Corse, fais comme les Corses ! »

Tout au long d’une vie qui s’est écoulée sans grandes vagues, aucun ouragan, nulle mer d’huile, des certitudes je n’en ai guère eu, sans doute inconscient ou trop confiant dans une destinée douce et heureuse. Là d’où je venais, ce pays crotté, enserré, étouffé, baignant dans l’eau bénite, me préparait à confondre une liberté tranquille avec le bonheur. J’ai donc laissé filer, délaissant des amours que je jugeais impossibles. Mon tout ou rien me plaçait hors du champ des possibles. Et puis, patatras elle est arrivée, que dis-je elle a surgi, occupé tout mon espace, mis à bas tous mes remparts. J’étais nu, désemparé. Que faire ? L’aimer sans retour. Jouir de sa simple présence. Ce fut difficile mais j’y suis parvenu avec le temps réfrénant mes impatiences, une jalousie si neuve, un amour radical. L’important c’est elle, rien qu’elle, je l’aime c’est tout.

 

Dans mon ermitage d’écriture je lisais une nouvelle d’Eric Holder

 

« … Je procédais par tâtonnements. Par erreurs. Vers 12 ans, la vision d’une paire de fesses enserrant un gant de toilette faillit me faire croire à la transcendance des trous de serrure. À 13, Marie-Anne (ma cousine), à la mystique de ces maniements destinés aux anachorètes, mais qui, lorsqu’ils sont effectués par un tiers, fût-il de lignée germaine, laissent entrevoir la gamme des sentiments propres aux leçons de catéchisme. Dans cette jeunesse certes tendre, et cependant assombrie par le minuit de la passion véritable, j’allais jusqu’à la compagnie des jésuites (car c’était sous cet ordre qu’était placée la bonne marche de notre pensionnat). Cela se passa une nuit, dans le faible éclat des veilleuses à neuf watts, avec cher Alexis, mon condisciple. J’eus plus de chance que Casanova, qui, comme on s’en souvient, fut fouetté à San-Dominio parce qu’un élève s’était trompé de lit, l’on avait cru que, et pourtant rien n’avait eu lieu. J’eus également plus de chance que ce cher Alexis, qui trouva cela plaisant, et moi, pas terrible. Voilà qui m’éviterait, des années plus tard, de dilapider un patrimoine à Taormina, comme ce fut son cas.

 

Non, mes goûts allaient dans le sens de la procréation et de l’héritage, encore fallait-il qu’ils empruntassent des sentiers encore inconnus, là où les feuilles de Whitman se mêlent à la terre de Zola, les bêtes de Gascar aux cailloux de Caillois, bref, dans les étagères, au milieu des maroquins à gros grain, par les bibliothèques. »

 

[…]

 

« J’atteignais vingt ans et mon bac. J’aurais voulu faire Lettres, pour les raisons que l’on sait. J’allais à Assas, pour ne désobliger personne.

 

J’avais espéré tirer quelque émoi de la contemplation discrète de mes voisines d’amphi. Las ! Le Dalloz n’est pas Anna Karénine, et elles riaient trop fort. Pour que quelqu’un me plaise, il faut, je le sais, cette vie de la main devenue autonome, ces yeux qui virent au rêve, ce calme qui les auréole et les embellit toujours. Croit-on que le code pénal ou le droit canon les mettaient dans cet état qui précède le mien ? Non, ma lectrice idéale tirait sa pâture d’un in-16 bien tassé, d’un bon gros Gallimard, d’un roman. Certains soirs, quand, fatigué de ne point veiller à deux, je remuais sous la couette, j’agitais également ma belle inconnue. »

 

Et puis, dans ma quête d’écriture, j’élaguais pour atteindre l’essentiel.

 

Je lâchai prise, coupai tous les ponts, mais sans fuir. Sonné, KO debout, je me laissai glisser, comme ça, sans réagir, doucement, les yeux grands ouverts. Ce fut une glissade un peu raide mais toujours contrôlée, bien maîtrisée. Je savais ce que je voulais, mourir, mais à petit feu. Mon but, aller au bout de mon chemin, sans contrarier la nature, en me contentant de contempler ma déchéance. Simple spectateur de ma vie. Emmuré dans le chagrin, mes yeux restaient secs. Pleurer c'était prendre le risque de fendre ma carapace, de m'exposer à la compassion. Pour tenir je devais faire bonne figure. Alors, j'allais et venais, affrontant l'intendance qui suit la mort avec le courage ordinaire de ceux qui assument les accidents de la vie. Mon masque de douleur muette, souriante même, me permettait de cacher, qu'à l'intérieur je n'étais plus que cendres. La mort rassemble. Autour de la grande table chez Jean, le soir, nous parlions. Nous parlions même d'elle. J'acceptais même de parler d'elle. Nous buvions aussi. Le vin délie les langues et allège le coeur. A aucun moment nous étions tristes. Marie, couchée dans le grand lit de Jean, nous imposait son silence éternel.

 

On prit mon emmurement serein pour du courage. Aux yeux des autres, mes proches, mes amis, ceux de Marie, ses parents, j'étais admirable. Non, j'étais déjà mort. Seul Jean pressentait mon délitement intérieur. Il bougonnait, tournait en rond, maudissait le ciel et me pistait comme un vieux chien fidèle. Les mots des autres filaient sur moi sans y laisser de traces, alors que les miens, précis, menaient leur dernier combat. On me laissait faire. Avec Jean, nous décidions de porter nous-mêmes Marie en terre au cimetière de Port-Joinville. Qu'elle restât sur notre île, sans fleurs ni couronnes, relevait pour nous de la pure évidence. Ca ne se discutait pas. Le maire obtempérait, et c'est dans notre C4, au petit matin, avec Achille coincé entre nous deux, que nous sommes allés jusqu'au trou béant. De la terre remuée et ce ciel pur, cette boîte en chêne vernis à poignées argentées, un moment j'aurais voulu qu'on chantât le Dies Irae. Des mains serrées, quelques pelletées, des baisers, des étreintes, des sanglots étouffés, encore des mots échangés et nous sommes allé au café. Là, j'aurais bien voulu pleurer.

 

Et pendant ce temps-là, au dehors, notre classe politique mâle se déchirait sur le burkini, symbole de son incapacité à se saisir du réel, de se débarrasser de ses réflexes pavloviens. La loi est votée pour protéger le faible contre le fort, la lutte contre la servitude des femmes, leur infériorité proclamée, demeure un combat de tous les instants mais ce ne sont pas des arrêtés municipaux débiles qui leur permettront de vivre comme bon leur semble, débarrassée de la férule de frères obtus et rétrogrades. Il ne faut pas transiger sur les principes mais cesser de traiter les problèmes dans une atmosphère de guerre civile.

 

Corse. La fièvre de Sisco Paris Match | Publié le 24/08/2016 à 15h16

Emilie Blachère, envoyée spéciale à Sisco.

 

« En Corse, fais comme les Corses ! » L’adage, bien connu des touristes et des résidents de l’île de Beauté, s’est vérifié une nouvelle fois dans une minuscule crique, au pied du bourg de Sisco. Le décor : une anse émeraude bordée de rochers, découpée dans la côte abrupte du cap corse, ­rendez-vous depuis toujours des villageois dont elle porte le nom, Scalu Vechju. Sur la plage de galets, ce 13 août, une ­poignée d’adolescents, une pincée de touristes et une famille marocaine élargie composée de quatre frères, trois femmes et leurs enfants. Un banal samedi estival. Quel mauvais génie ­saisit alors les Maghrébins qui s’attribuent la plage en tentant de ­chasser les autres occupants ? Provocation ? Communautarisme ? Inconscience ou stupidité ? L’été, en Corse, c’est la saison des rixes. Le soleil cogne et les esprits s’échauffent. Les ­agresseurs n’ont rien trouvé de mieux que de placer un panneau d’interdiction sur le chemin escarpé. La suite est aussi prévisible qu’affligeante. Les jeunes remontent au village, alertent leurs parents. L’alarme se répand comme un feu de maquis. Echauffées par les rumeurs, une quarantaine de personnes dévalent vers la crique, bien décidées à en découdre. Pendant deux heures, invectives, coups, jets de projectiles. D’importantes forces de CRS et de gendarmes sont appelées. Le bilan – trois véhicules incendiés et cinq blessés légers – est relativement bénin au regard de ­l’effervescence. L’arsenal saisi – un fusil harpon, des couteaux de pêche et une batte de ­base-ball – plutôt modeste. Vu après coup, le pire a été évité. »

 

La suite ICI 

 

Sisco : l'exil forcé à Paris des protagonistes de la rixe par AZIZ ZEMOURI

Publié le 26/08/2016

 

Jamel B., 29 ans, ne se sent plus en sécurité dans la région de Bastia où il vit depuis treize ans depuis la rixe du 13 août, après laquelle le jeune homme inconnu des services de police a été placé sous contrôle judiciaire. Cet ouvrier dans le BTP, titulaire d'un CAP obtenu dans un lycée bastiais et arrière-petit-fils d'ancien combattant marocain ayant participé à la libération de la Corse, est arrivé à Paris le 25 août avec femme et enfant pour y déposer une plainte pour menace de mort, dit-il, et consulter un collectif d'avocats qui s'est manifesté pour le défendre, lui et ses deux frères, dont l'un est incarcéré.

 

Nous n'avons pas privatisé la plage

 

Le Point.fr a rencontré le jeune homme « traumatisé » par cette rixe aux répercussions nationales et internationales dans son hôtel francilien. Sur son visage, il porte les marques de la bagarre déclenchée, selon lui, par des motivations racistes. « On est allés sur la plage de Sisco qui se trouve à 45 minutes en voiture de chez moi pour être tranquilles et faire preuve de discrétion. À aucun moment, nous n'avons privatisé la plage. C'est à tout le monde. Près de nous, d'autres gens se baignaient, il n'y avait aucun problème », dit-il de sa voix très douce. Le frêle jeune homme n'est pas vraiment taillé pour chercher la bagarre : « Je n'ai jamais eu de problème en Corse auparavant. Ma famille a des liens avec la région depuis 1943 quand mon arrière-grand-père a participé à la libération de la Corse. Son nom est inscrit sur le monument au col de Teghime [qui domine Bastia et rebaptisé col des Goumiers, NDLR]. »

 

Personne ne nous protège

 

« Je quitte la Corse, car personne ne nous protège, pas même l'État. On nous a menacés de mort, les gendarmes ont été impuissants devant la horde qui attaquait des femmes et des enfants. Ils ont brûlé nos trois véhicules, j'ai 10 jours d'ITT [incapacité totale de travail, NDLR], alors que l'hôpital de Bastia m'a demandé de quitter mon lit le soir même de mon transfert par hélicoptère. Durant mon transfert, sur la civière, j'ai été frappé et on m'a craché dessus. » Selon lui, la situation s'est tendue quand des Corses de Sisco ont commencé à prendre des photos de sa femme portant un hidjab.

 

Jamel détient un harpon. Comme de nombreux Corses, il s'en sert pour pêcher. Selon lui, il était rangé dans sa voiture quand la bagarre a éclaté. « Après la première altercation, on a rangé nos affaires pour quitter les lieux et le harpon était dans le coffre quand les villageois nous sont tombés dessus. Comme ils ont mis le feu aux véhicules, je pense qu'il ne peut plus servir à l'enquête, assure-t-il, [sur procès-verbal, un protagoniste adverse affirme avoir été touché par une flèche de harpon, NDLR]. Mais durant la bagarre, je suis tombé dans les pommes. Je me souviens seulement de mon dernier geste, j'avais mis mon enfant entre mes jambes et j'étais recroquevillé sur lui pour éviter qu'un caillou ne le blesse. On s'est d'ailleurs tous assis d'ailleurs, car derrière nous, c'était le vide... »

 

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« Lactalis n’est pas responsable de la crise laitière »

 

ENTRETIEN Pour Michel Nalet, directeur de la communication du groupe Lactalis, le n° 1 mondial du lait est le bouc émissaire d’un syndicalisme agricole qui refuse les réalités du marché. « Lactalis est prêt à dialoguer avec les producteurs, mais les actions de blocage doivent cesser », explique-t-il.

 

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Lactalis, la famille en or et le lait opaque

 

Il fuit les journalistes et les photographes, se tient systématiquement éloigné des mondanités, assiste aux matchs de football du Stade lavallois (qu’il sponsorise) dans une loge privée aux vitres teintées, et son visage est à peine connu de ses employés… Emmanuel Besnier, «l’homme invisible», 45 ans, treizième fortune de France et PDG du groupe familial Lactalis, leader mondial des produits laitiers, est aussi devenu ces derniers jours l’homme le plus demandé de l’Hexagone. Du moins par ses fournisseurs, les producteurs de lait, qui aimeraient le faire venir à la table des négociations. Et ce afin d’obtenir des explications de la part de cet industriel qui pratique les plus bas tarifs du marché français (257 euros les 1 000 litres de lait).

 

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Primaire à droite : dans le camp Juppé, «on n'a peur de rien ni de personne»

 

Au 29 Boulevard Raspail, le QG du maire de Bordeaux, il n'y a guère que la météo qui inquiète. Samedi, Alain Juppé fera sa rentrée «joyeuse et conquérante» dans les Yvelines, à Chatou, sur l'Île des Impressionnistes. Un cadre bucolique sous 36 degrés pour entamer la dernière ligne droite de la primaire de la droite, moins de trois mois avant le premier tour. «C'est un élu du Sud-Ouest, il devrait supporter le coup de chaud», s'amuse Édouard Philippe, juppéiste de la première heure. Le maire du Havre n'est pas mécontent d'entamer «cette phase nouvelle». «Pendant deux ans, Alain Juppé a fait tranquillement un travail de fond nécessaire, qui est indispensable mais pas spectaculaire. Maintenant il faut expliquer et convaincre», note-t-il. Mais en douceur. Pas question, assure-t-on, de suivre la tonalité tonitruante de Nicolas Sarkozy. «Quand les gens sont inquiets, ils s'échauffent, ils ont des expressions rudes», raille Édouard Philippe qui espère qu'il en résultera un «effet de contraste» positif pour Alain Juppé.

 

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François Hollande élu grâce à "l'islam politique"? Eric Ciotti mélange tout (et c'est une habitude)

 

PRESIDENTIELLE 2017 - Avec l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, les attaques en dessous de la ceinture sont lâchées et autant vous dire qu'elles ne font pas dans la nuance. Ce jeudi 25 août, le futur porte-parole sarkozyste Eric Ciotti s'est livré à un stupéfiant amalgame contre les musulmans pour tenter de délégitimer l'élection de François Hollande de 2012. Un avant-goût des boules puantes qui devraient rythmer la longue bataille présidentielle qui s'amorce.

 

La suite ICI 

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 06:00
Petit jeu avec le copyright : Un trône pour le ver de terre une nouvelle inédite de Dashiell Hammett vous est offerte !

J’ai acheté Le chasseur et autres histoires publié aux éditions Gallimard, à la librairie Gallimard boulevard Raspail à Paris.

 

La 4e de couverture dit :

 

« Jusqu’ici le nom de Dashiell Hammett restait associé au roman noir américain, dont il a posé les bases au milieu des années 1920 à travers une soixantaine de nouvelles policières et cinq romans fondateurs, dont Le faucon maltais, symbole s’il en est de la mythologie du privé coriace et taciturne.

 

Le chasseur et autres histoires réunit ses nouvelles littéraires inédites et trois scénarios. Plus qu’une curiosité, ce recueil donne pour la première fois l’étendue de son talent d’écrivain.

 

Une occasion rare, par ailleurs, de revenir sur la vie de Dashiell Hammett. Si, par leur qualité, ces fictions attestent ses ambitions littéraires, elles expriment également ses préoccupations sur la place de l’homme et de la femme dans une société en mutation. Le courage et l’altruisme, la cupidité et le cynisme traversent ces textes non dénués de légèreté, grâce à l’humour caustique de leur auteur. »

 

Dans sa Préface Richard Layman note :

 

« Après le faucon maltais, Hammett allait être considéré comme l’un des meilleurs écrivains des États-Unis ; cela aurait dû lui permettre de se faire éditer partout où il voulait. Cependant l’étiquette d’auteur de romans policiers –acquise auparavant – lui collait à la peau. Son lectorat principal était constitué de fans de polars qui aimaient l’association entre intrigue criminelle et fiction réaliste. Avant la parution du Faucon maltais, une nouvelle qu’il avait expédiée à un magazine sur papier glacé aurait directement atterri au service des manuscrits avec des centaines – voire des milliers – d’autres. Et pas forcément acceptée. »

 

« Le nouvelles sont publiées dans l’état où Hammett les a laissées. Nous avons renoncé à y apporter des améliorations et à moderniser le style. Par exemple, les noms composés sont reliés par un trait d’union, exactement comme Hammett les avait orthographiés. Sa manière un peu désuète de former les possessifs a été conservée. »

 

La nouvelle que j’ai préférée, Un trône pour le ver de terre, est un inédit.

 

Elle commence ainsi :

 

- Tu comptes rester là toute la matinée ? Ton petit déjeuner est servi.

 

La suite est ICI

 

La fin suit ci-dessous :

 

« Il exprimait d’une voix grave, avec une autorité naturelle. Napoléon Ier, ordonnant à ses escadrons de dragons de monter à l’assaut, ne se serait pas exprimé autrement.

 

D’un hochement de tête, un cireur de chaussures fut convoqué. D’un autre, l’employée pour la manucure. Avec deux hommes et une femme affairés, qui au-dessus de ses pieds, qui au-dessus de ses mains, Elmer Kipp se perdit dans la contemplation de l’image que le miroir lui renvoyait. »

 

Voilà, c’est tout, j’ai respecté le copyright et vous ai offert l’intégrale d’une belle nouvelle.

 

Bon dimanche.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 06:00
« En Corse, il vaut mieux savoir qu’on ne sait pas, plutôt que de croire qu’on a compris. »

Même si je suis maintenant toujours en vacances, la seule question que me posent mes amis, i et e, est simple « Quand pars-tu en Corse ? »

 

La Corse « une île à faire rougir de honte les toutes les autres.»

 

Julie Burchill, militante féministe autoproclamée, déclare dans le Times de Londres sa flamme à la Corse.

 

« Même l'Anglais le plus suffisant, le plus chauvin et le plus près de ses sous risque fort de devoir admettre, si on l'y accule, que quand même il est plutôt sympathique de pouvoir quitter la pluvieuse et humide Albion en prenant un avion à Gatwick à 6 heures du matin pour se poser en Corse environ deux heures plus tard. Et de là, en voiture pendant une ou deux heures de plus, avec son meilleur pote au volant, celui qui n'a peur de rien, emprunter les routes les plus tortueuses dans les montagnes les plus sauvage que connaisse l'homme.»

 

Comme l’écrit mieux que moi JMG Le Clézio « Il y a un esprit des îles... Ce n’est pas facile de dire en quoi cela consiste, mais cela se sent... C’est d’abord et avant tout, un sentiment de l’étrangeté. Ou de l’étranger. Être insulaire, être né dans une civilisation d’îles, cela veut dire qu’on est séparé, éloigné, écarté des autres... On est, naturellement, et irrémédiablement, isolé... Leurs frontières c’est la mer, et la mer n’est pas une véritable frontière. »

 

Malraux, dont on connaît l’art de la formule choc, écrivait « De Gaulle avait son mystère, comme nous avons la Corse » et il précisait « Il y avait en lui un domaine dont on savait qu’on ne l’éclairerait jamais. C’est cela que j’appelle la Corse »

 

Garder sa part de mystère, sa part d’ombre, c’est s’accepter homme, c’est accepter l’autre. La Corse irrite certains, elle me fascine car elle est singulière dans un monde qui se lisse. Oui, la Corse est unique, les insulaires le répètent à l’envi jusqu’à l’outrance. « Une montagne dans la mer » qui scinde son territoire avec l’« en-deçà »(le versant oriental) et l’«au-delà des monts » qui traduit une césure sociale « la terre du commun » et « la terre des seigneurs ». Dès que l’on pénètre dans les terres, que l’on monte « au village » on comprend ce qu’est l’isolement de l’intérieur. Fut un temps, pas si éloigné, où la plupart des villages perchés, nids d’aigles suspendus à la falaise, étaient inaccessibles. «Deux communes adossées aux flancs de la même montagne, et seulement par un trajet de quelques heures, demeurent sans communication d’aucune sorte pendant plusieurs années » Adolphe Blanqui Rapport sur l’état économique et moral de la Corse en 1838. Ce cloisonnement perdure, ici « le kilométrage théorique est moins utile que... le nombre de lacets de la route pour juger de la longueur du trajet. »

 

La Corse est une île méditerranéenne.

 

La Méditerranée, le mare nostrum, avec sa rudesse géographique et climatique qui est cause « de la fragmentation des peuples et de l’accentuation des particularismes. »Elle fait l’unité de ces sociétés promptes à se lancer des défis, à cultiver le paradoxe, sourcilleuses sur le sens de l’honneur, la cohésion de la famille, la pureté du sang... alors qu’il y a peu de régions au monde où le sang s’est autant mêlé. Le « miracle méditerranéen » réside dans la capacité de ces peuples à préserver leur identité. « Le Méditerranéen honore le père, emblème tout puissant de la famille patriarcale, vénère la mère, redoute la femme... » Paul Balta.

 

« La mère, la mort, l’honneur... », le clan, le clientélisme, le paraître, la théâtralisation du quotidien, la violence, la loi du silence... « Le fait est établi, il n’y a guère qu’en Corse qu’une épouse, qui a des éléments à communiquer sur l’assassinat de son mari, ne témoigne pas... » Mais, pour avoir vécu la Corse quand je tenais le dossier au cabinet du Ministre, Dieu sait si la Corse peut-être bavarde, bruir de rumeur, caisse de résonnance d’un lieu clos de 260 000 habitants, grande lectrice de journaux, auditrice de ses radios, spectatrice de sa Télévision. Oui « En Corse, il vaut mieux savoir qu’on ne sait pas, plutôt que de croire qu’on a compris. »

 

Jean-Louis Andreani dans son remarquable livre « Comprendre la Corse » – dans lequel j’ai largement puisé pour écrire cette chronique – « La Corse existe, avec son histoire, sa mémoire, la fierté d’une île et d’une humanité très anciennes, qui n’oublient rien, marquées par la mort et le tragique ; la Corse existe avec ses archaïsmes, ses contradictions, ses rigidités, sa revendication d’identité et son envie de vivre comme le reste de la France, ses richesses humaines et ses petitesses, ses énergies et ses forces destructrices, sans conteste plus fortes qu’ailleurs. C’est un monde particulier, au bord du continent. Il ne sert à rien de le nier, ou de faire comme si on pouvait, justement, ne rien faire et laisser filer, pour ensuite s’insurger de la situation »

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 06:00
Le REX le cinéma de mon enfance peint par Henri-Pierre Troussicot

Le REX le cinéma de mon enfance peint par Henri-Pierre Troussicot

Combien de fois ai-je du décliner sur des paperasses inutiles cette origine géographique, je ne sais. Certains lecteurs rencontrés me parlent de l’évocation fréquente de mes racines dans mes chroniques. Certes j’ai raciné pendant mes vertes années dans la glaise du bas-bocage mais depuis je vis ailleurs sans me sentir déraciné. La Vendée c’est le premier bout de ma vie, mon élevage de sauvageon, mes premières expériences, tout ce à quoi je me réfère lorsque j’évoque mes origines. Pour autant je ne tire d’elles aucun sentiment identitaire. Toute l’idéologie récupératrice autour du conflit entre les Vendéens et la République me hérisse le poil. Pire ceux qui me qualifient de Chouan. Comme le rappelle Louis Chaigne « il est superflu de rappeler que les Vendéens ne sauraient être confondus avec les Chouans. Le Chouannerie est essentiellement bretonne et normande. » Quand à la Vendée contemporaine elle ne se réduit pas au Puy-du-Fou et je n’en dirai pas plus ici.

 

La route du Bourg-Pailler

 

Je préfère évoquer ici les mots de mon enfance, ils ne manquent pas de pittoresque et de réalisme : ICI 

 

Les vins chouans n'existent pas !

 

Confondre le soulèvement de la Vendée militaire et la Chouannerie est une erreur historique grave, entretenue par le Vicomte et son barnum du Puy du Fou. Si les deux mouvements ont pour origine des causes identiques : religieuses et refus de la conscription, l'insurrection vendéenne (1) fut déclenchée par les paysans et le petit peuple (2), ses premiers chefs sont issus du peuple : Cathelineau est colporteur, Stofflet est voiturier, les nobles et le clergé prirent le train en marche (3) ; la chouannerie bretonne et bas-normande fut, elle, un mouvement de petits nobles miséreux : « dans aucun pays la noblesse ne pullule comme en Bretagne. A la Réformation de 1668, on y compte seize à dix-sept mille individus nobles, sans parler de deux mille deux cents familles usurpatrices, contre lesquelles il y eut arrêt. Chez les familles, peu de grandes fortunes de trente à quarante mille livres de rente. Nombreux sont les nobles qui mendient des pensions pour subsister, pensions rares. La plupart vivent comme les paysans, habillés comme eux, souvent aigris comme eux.

 

La suite ICI

 

Des caves et des hommes en Vendée lire ICI 

 

« Tout « honnête homme » en Vendée se doit d'avoir « sa cave ». Les meilleures caves sont connues et deviennent l'objet d'une concurrence acharnée tant pour la quantité et la qualité des vins que pour l'esthétique et l'originalité du lieu. Marcel H., d'Antigny, nous explique avec insistance qu'elle ne fut sa surprise quand des nouveaux amis du Nord de la France vinrent leur rendre visite en juillet 1984 en avouant qu'ils ne savaient pas ce que signifiait "descendre à la cave" et encore moins ce qu'était une "cave". Par la suite, il leur fit faire une "tournée des caves" des copains au cours de laquelle ses amis purent prendre des photos et goûter aux vins de pays en général prohibés par la loi : variétés Noa, Oberlin... »

 

La Quichenotte ICI

 

« Marcel Lachiver dans son Dictionnaire du Monde Rural Les mots du passé la décrit ainsi : « Du pays de Retz (Loire-Atlantique) à la Vendée et aux îles de la Charente-Maritime, grande cape de mousseline empesée en forme de cornette allongée vers l’avant, employée surtout pour la fenaison. Les femmes du Marais Breton, qui tenaient beaucoup à la fraîcheur de leur teint, en faisait un élégant usage. »

 

La Vigne arrachée Extrait de la  Terre qui meurt de René Bazin, chapitre IX.

 

Le roman a pour cadre le Marais Vendéen dit Breton, « territoire qui s'étend de Saint-Gilles à l'île de Bouin « La Vendée viticole de l'entre-deux guerres, en superficie, se classait au 10ième rang des départements viticoles.

 

« Cette vigne avait un âge dont nul ne se souvenait. Chaque année, depuis qu'il avait conscience des choses, Driot avait taillé la vigne, biné la vigne, cueilli le raisin de la vigne, bu le vin de la vigne. Et elle mourait. Chaque fois que, sur le pivot d'une racine, il donnait le coup de grâce, qui tranchait la vie définitivement, il éprouvait une peine; chaque fois que, par la chevelure depuis deux ans inculte, il empoignait ce bois inutile et le jetait sur le tas que formaient les autres souches arrachées, il haussait les épaules, de dépit et de rage. Mortes les veines cachées par où montait pour tous la joie du vin nouveau ! Mortes les branches mères que le poids des grappes inclinait, dont le pampre ruisselait à terre et traînait comme une robe d'or ! Jamais plus la fleur de la vigne, avec ses étoiles pâles et ses gouttes de miel, n'attirerait les moucherons d'été, et ne répandrait dans la campagne et jusqu'à la Fromentière son parfum de réséda ! Jamais les enfants de la métairie, ceux qui viendraient, ne passeraient la main par les trous de la haie pour saisir les grappes du bord ! Jamais plus les femmes n'emporteraient les hottées de vendange ! Le vin, d'ici longtemps serait plus rare à la ferme, et ne serait plus de "chez nous". Quelque chose de familial, une richesse héréditaire et sacrée périssait avec la vigne, servante ancienne et fidèle des Lumineau.

 

Ils avaient, l'un et l'autre, le sentiment si profond de cette perte, que le père ne put s'empêcher de dire, à la nuit tombante, en relevant une dernière fois sa pioche pour la mettre sur son épaule : " Vilain métier, Driot, que nous avons fait aujourd'hui ! ".

 

Cependant, il y avait une grande différence entre la tristesse du père et celle de l'enfant. Toussaint Lumineau, en arrachant la vigne, pensait déjà au jour où il l'a replanterait ; il avait vu, dans sa muette et lente méditation, son successeur à la Fromentière cueillant aussi la vendange et buvant le muscadet de son clos renouvelé. Il possédait cet amour fort et éprouvé qui renaît en espoirs à chaque coup du malheur. Chez André, l'espérance ne parlait pas de même, parce que l'amour avait faibli.

 

 

1973    Les Pompier de la Mothe-Achard Michel Jolly, Romain Guilbaud, Roland Arnaud André Huet, René Deniot, Yves Vincent, Michel Arnaud, Claude Lesage, Ruchaud, Bernard Guicheteau, ?, Jacques Arnaud,           Gilbert Pérocheau, Rouillé, Charlot Mollé, Houillé, Francis Dubreuil, Cabanétos, Pierre Brizard, Denis Chevillon;

1973 Les Pompier de la Mothe-Achard Michel Jolly, Romain Guilbaud, Roland Arnaud André Huet, René Deniot, Yves Vincent, Michel Arnaud, Claude Lesage, Ruchaud, Bernard Guicheteau, ?, Jacques Arnaud, Gilbert Pérocheau, Rouillé, Charlot Mollé, Houillé, Francis Dubreuil, Cabanétos, Pierre Brizard, Denis Chevillon;

"mur" mercerie de chez Louise Proud prises vers 1985... par HPT

"mur" mercerie de chez Louise Proud prises vers 1985... par HPT

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 06:00
Penser est notre activité première. Mais au fond, avons-nous jamais appris comment.

J’ai acheté ce petit livre Petite philosophie des grandes trouvailles puis il est entré dans l’une de mes nombreuses piles submergé par d’autres livres. Mais, avant de partir sur mon île je me suis dit qu’il fallait que je fasse un peu de spéléologie.

 

 

Mathématicien de formation, Luc de Brabandere a occupé de hautes fonctions dans la banque et la finance avant de reprendre des études de philosophie. Il est aujourd’hui consultant pour le Boston Consulting Group. Il a signé chez Eyrolles Petite Philosophie de nos erreurs quotidiennes (2009), Petite Philosophie des grandes trouvailles (2010) et Petite Philosophie des mathématiques vagabondes (2011).

 

L’ouvrage prend racine dans une question d’un des participants à une conférence sur l’innovation : « Vous dites qu’il faut sortir du cadre mais de quel cadre parlez-vous ? ».

 

Je l’ai donc retrouvé et je l’ai lu.

 

Il s’agit d’un petit livre pratique, dans à peu près tous les sens du terme. Court, percutant, drôle, facile à lire, pétri d’idées et d’observations confrontées à la théorie philosophique. Compter 3 heures de lecture.

 

Ça tombait bien car un des chapitres J’OUBLIE ET PUIS J’Y PENSE cadrait bien avec mes dernières chroniques.

 

J’OUBLIE ET PUIS J’Y PENSE

 

On pense toute la journée. Le matin, on pense à ce qu’on va faire et le soir on pense à ce qu’on a fait. Ou à ce qu’on doit faire le lendemain. Ou à mille autres choses. Parfois la pensée aboutit. Elle permet alors de conclure, de choisir, de décider. Mais souvent, elle est inachevée. On a essayé de comprendre, on a tenté d’expliquer, on a testé une hypothèse, mais en vain. Il faudra donc qu’on y repense.

 

L’occasion s’en présentera d’ailleurs vite, car il n’est pas possible de ne pas penser (sauf peut-être pendant le sommeil, et encore). Penser est notre activité première. Mais au fond, avons-nous jamais appris comment faire ? Pas vraiment. Petit, on nous a expliqué comment nouer nos lacets, rouler à vélo, ou réciter une poésie pour la fête des Mères. Ensuite, nous avons commencé l’apprentissage du calcul et celui d’une deuxième langue. Et puis, on nous a enseigné la géographie et l’histoire, la littérature et les mathématiques, et beaucoup d’autres choses encore… Mais avons-nous le souvenir d’un professeur qui aurait commencé son cours un jour en disant « aujourd’hui, nous allons apprendre à penser » ? Probablement que non. C’est bien dommage…

 

Prenons un exemple. Il nous est demandé tous les jours de « penser au futur de la planète ». Voilà bien quelque chose que nous croyons indispensable, que nous recommandons à tout le monde de faire. Mais l’attention se porte immédiatement sur la Terre et sur tous les défis écologiques qui nous attendent. C’est oublier un peu vite que dans l’expression « penser au futur de la planète », il y a aussi le mot « penser » et que ce mot, à lui tout seul, est un énorme défi. Car il est possible de penser mieux, ce qui est un grand bénéfice quel que soit l’objet de la pensée, qu’il s’agisse de réchauffement climatique ou de l’organisation de vos prochaines vacances.

 

Sans arrêt, nous pensons aux choses, nous pensons les choses. Mais finalement, qu’est-ce que penser ? Je vous propose une réponse en trois temps. Si l’on accepte de dire que réfléchir c’est jouer avec les idées, examinons alors sur quel genre de terrain se déroule le jeu, comment un génie a remporté une partie mémorable au XVIIe siècle, et quelle serait donc la meilleure manière de jouer.

 

Dans une de ses nouvelles fantastiques intitulée « Funes ou la mémoire », qui fait partie du recueil Fictions et qui a été publiée en 1944, Jorge Luis Borges raconte l’histoire étrange d’un homme accidenté. Ayant subi un violent traumatisme, sa mémoire est tout à coup devenue illimitée, et il se souvient désormais de tout.

 

Borges décrit très bien la conséquence effrayante de la situation. Incapable d’oublier, Irénée Funes devient incapable de penser ! Revenant d’un voyage, il ne peut le raconter. Ayant lu un livre, il ne peut le résumer. Et encore moins l’évaluer, le comparer à d’autres, etc. Incapable d’éliminer des détails, il ne peut synthétiser, il ne peut forger de concepts et a fortiori émettre la moindre opinion. Il ne supporte pas que le mot « chien » désigne autant d’animaux différents. Cela le gêne même que le chien de 3 h 14 vu de face ait le même nom que celui de 3 h 15 vu de profil, alors qu’il s’agit pourtant du même. Enfin, pas tout à fait… Pour se remémorer un jour entier, il lui faut un jour entier !

 

Et quand il se regarde dans la glace, il se voit comme une personne différente à chaque instant. Avec une conséquence effrayante que Nietzsche avait bien perçue : un tel homme incapable de voir ce qui est constant en lui ne peut appréhender son identité (du latin idem, le même), il ne peut croire à son propre être…

Borges nous invite à revenir à l’essentiel : pour pouvoir penser, il faut pouvoir oublier. Sans une prise de distance par rapport au monde, l’homme ne peut forger de concept, il ne peut penser au monde. Pour pouvoir abstraire, il doit d’abord pouvoir s’extraire. Cet éloignement par rapport aux choses crée un espace où la réflexion peut se déployer. D’un côté, il y a les objets, et de l’autre, il y a nous, les sujets, obligés de prendre de la hauteur.

 

La suite ICI 

 

4e de couverture

 

« Tout a un jour été trouvaille : la soie, l'aspirine, la boussole, l'inconscient, la chasse d'eau, la colle, la géométrie, la pile électrique, le crayon, la relativité, la boîte de conserve, le code Morse, les lentilles de contact, Gaston Lagaffe, les surgelés, le parcmètre, le livre de poche, l'iPad, le frisbee, le code-barres, le laser, le test de grossesse, la comptabilité...

 

Mais finalement d'où viennent les trouvailles ? Y a-t-il une méthode sûre pour trouver ? Comment se différencient la découverte, l'invention et la création ? Comment Louis Braille a-t-il permis aux aveugles de lire ? Et pourquoi Thomas Edison a-t-il construit une chaise électrique ?

 

Luc de Brabandere apporte ici des éléments de réponse. Dans le style des autres ouvrages de cette série consacrés aux histoires drôles, aux erreurs quotidiennes et aux mathématiques, il dissèque les mécanismes de la créativité. »

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 06:00
Le VéloSolex de Dominique Derain vigneron biodynamique respecte-t-il les principes de Steiner ? Michel Onfray vélosolexologue répond…

Le sieur Dominique Derain, dit Dodo la carbure, fait tout pour se faire remarquer dans le milieu coincé des vignerons bourguignons. Pensez-donc, ce coquin hilare, se permet de livrer ses vins biodynamiques, et même sa bière, en 203 Peugeot et, lorsque celle-ci n’a plus d’essence, il roule en VéloSolex qui lui carbure à la Solexine.

 

 

 

C’est bien beau tout ça mais, au beau milieu de la grande controverse soulevée par le conteur de philosophie de la Normandie profonde, ses vaches, ses pommiers, son calva, son camembert, à propos de la biodynamie chère à Rudolf Steiner, j’ai décidé d’élever le débat.

 

Laissant de côté son antique 203 Pigeôt, qui n’a pas l’aura de la 403 décapotable, chère à l’inspecteur Colombo, je me rabats sur le vélosolex icône du M. Hulot de Jacques Tati et je m’adresse à l’oracle rural de Caen, à ne pas confondre avec celui de Kant, afin qu’il nous délivrât son agrément sur la compatibilité de cet hybride étrange avec les grands principes de Rudolf Steiner.

 

 

Entreprise à hauts risques car l’ermite, qui déjeune chez Mollard lorsqu’il descend à Paris, est un homme fort occupé.

 

Je suis donc allé droit au but : 

 

 

- Maître, d’après vous le mode de carburation du Solex est-il en phase avec les grands principes de Steiner.

 

- Non !

 

 

- Pourquoi ?

 

- La Solexine est un produit de synthèse. Elle fabriquée par l’gnoble multinationale BP pour Solex depuis 1946. C'est un mélange d'essence et de 6% d'huile Énergol. En 1972, le bidon de Solexine était consigné à 1,20 F et en dehors de bidons, certains gros débitants utilisaient des pompes distributrices. Il existe plusieurs types de bidon différents. Jusqu'en 1957, le bidon est couleur or, et Solexine est écrit en vert. À partir de 1958, le bidon devient vert, Solexine est écrit en jaune et un angle blanc est incrusté du logo BP. Sur les premiers bidons, la capsule verte était là garantie d'authenticité du mélange. En 1967, la capsule de garantie devient or. Aujourd'hui on utilise un mélange de sans plomb 95 ou 98 ainsi que 2-3 % d'huile pour moto…

 

 

 

- Que préconisez-vous comme carburant alors ?

 

 

- Le calvados du pays d’Auge ou le poiré de Domfront !

 

 

- Mais, cher Maître ce sont des produits nobles, AOC…

 

- J’en conviens, je profitais seulement de votre tribune pour promouvoir des eaux-de-vie trop souvent méprisées par les élites parisiennes.

 

 

- Vous avez donc une autre idée derrière la tête ?

 

 

- Bien sûr, je ne suis, comme vous le savez, jamais à court d’idée, c’est mon côté feu la Samaritaine…

 

 

- Je suis tout ouïe !

 

 

- C’est très simple. Au lieu de jeter à l’évier ces affreux vins biodynamiques à poils qui puent, je propose de les distiller pour en faire de l’éthanol de carburation certifié par Déméter pour la carburation des solex, des motos, des scooters…

 

 

- C’est génial maître mais les 2 à 3 % d’huile où les trouvez-vous ?

 

 

- Tout aussi simple, puisque ces illuminés aiment l’herbe dans leurs vignes, je propose qu’ils cultivent de l’arachide entre les ceps.

 

 

- Pourquoi de l’arachide maître ?

 

 

- Pour expier les fautes du colonialisme… et parce que j’ai trop consommé d’huile Lesieur raffinée avec de la laitue molle…

 

 

- Je comprends, est-ce tout maître ?

 

 

- Non cette huile biodynamique devra être non filtrée… nature pour que ça pue…

 

 

- Je vous trouve dur…

 

 

- Je sais, mais quand Mae West se frottait contre son partenaire dans Lady Lou de Lowell Sherman et lui susurrait à l’oreille de sa voix gouailleuse «C’est un pistolet dans votre poche, ou vous êtes juste content de me voir ?», il n’existait aucune équivoque sur les intentions de la blonde aguicheuse.

 

 

- Qu’entendez-vous par là maître ?

 

 

- Pas grand-chose chose comme le disait avec pertinence le regretté Pierre Dac

 

 

- Allez-vous écrire une somme à propos de ce grand philosophe méconnu ?

 

 

- ’y songe mais j’envisage surtout, avec la libération des droits de plantation, d’implanter un vignoble dans mon Orne chérie…

 

 

- Pour faire des vrais vins, levurés, oxygénés, boisés,collés, filtrés…

 

 

- Bien sûr !

 

 

- En vin de France ?

 

 

- Non, la France n'est plus ce qu'elle était, je demanderai à l’INAO la reconnaissance d’une IGP vin d’Argentan rien que pour moi…

 

 

- Merci maître… le peuple vous en sera reconnaissant…

 

 

Après ce brillant échange, sachant que le sieur Dominique apprécie par-dessus tout, les chutes… si vous voyez ce que je veux dire, je vais édifier les jeunes bobos en leur contant l’histoire du VéloSolex.

 

 

Je signale au passage que j’ai possédé 2 VéloSolex, tous 2 m’ont été volés.

 

SOURCE ICI 

 

Au tout début, vers 1905, deux centraliens, Maurice Goudard et Marcel Mennesson, créé la société Solex. Ils déposent divers brevets, particulièrement sur un radiateur centrifuge qui leur fait remporter un concours de la Compagnie Générale des Omnibus pour fournir 400 radiateurs. Ce fait qui le succès de leur société ce sont des carburateurs d'une grande qualité qui deviennent une référence mondiale dans tous les moteurs de l'automobile à l'aéronautique.

 

En 1916, Marcel Mennesson dépose 1 brevet pour un moteur auxiliaire à loger au centre de la roue arrière d'un cycle. Ce brevet lui est accordé le 31 décembre 1917. Un second brevet déposé le 31 décembre 1918 et délivré le 26 mai 1919 concernera un deux-roues complet prévoyant : un cadre composé d'un tube unique de large section allant de la selle à la colonne de direction en passant par la repose pied, ainsi qu'une suspension avant par fourche pendulaire. Ces brevets ne seront jamais suivis d'une mise en production.

 

L'histoire du Vélosolex commence en 1940, Mennesson conçoit et fait réaliser un prototype de moteur de 38 cm3 de cylindrée dont les caractéristiques sont celles du Solex : transmission par galet, cylindre décalé par rapport à l'axe de la roue et l'essence, pompée en sus, est renvoyée dans le réservoir.

 

En décembre 1940, ce moteur est installé sur un vélo d'homme Alcyon à grandes roues de 700, couleur noire à filets or « C’est le premier modèle de VéloSolex »

 

En 1943, 1 décret officialise 1 nouvelle catégorie de deux-roues : « les bicyclettes à moteur de secours d'une cylindrée au plus égale à 50 cm3 », c'est la possibilité de passer à la production en série.

 

Le modèle est arrêté en 1942 et jusqu'en 1946 des préséries seront confiés au personnel afin d'opérer les améliorations qui aboutiront à la version définitive du printemps 1946.

 

 

C'est donc en avril 1946 que seront vendus les premiers VéloSolex, ils sont produits à Courbevoie à la cadence de 15 machines par jour et ils coûtent 13 600 Fr pièce.

 

La cylindrée du moteur est portée à 45 cm³ pour délivrer une puissance de 0,4 CV à 2000 tr/min. Les années suivantes, quelques améliorations vont être portées à la partie cycle dont les plus importantes datent de 1951 avec l´ajout d´une béquille centrale et d´un levier de relevage du moteur fixé sur la culasse. En 1947 le pétrolier British Petroleum crée la Solexine, un mélange prédosé essence/huile, qui réduit le calaminage.

 

 

À partir de 1954, les modèles sont définis par des numéros, comme le solex 330 qui se différencie de son prédécesseur par un porte-bagages en tôle emboutie et un moteur d´une cylindrée portée à 49 cm³. La puissance est maintenant de 0,5 CV.

 

Le 660 sort en 1956. Il est équipé d´un tout nouveau cadre avec repose-pieds et le design de la partie motorisation change légèrement : le réservoir et l´habillage du volant magnétique sont désormais nervurés et le phare intégré au capotage du moteur.

 

 

En 1957 le 1010 arrive sur le marché. Le cadre est identique à celui du 660 mais le moteur a été retravaillé : nouvel ensemble piston – cylindre, agrandissement du filtre à air et échappement en S.

 

Le 1010 est équipé en 1959 de roue de 550 et prendra la désignation 1400.

 

 

En 1960, l´embrayage automatique centrifuge, fait son apparition sur le modèle 1700. A l´arrêt, le moteur est en prise sur le galet, ce qui permet son démarrage en poussant le Solex. Le S2200 est produit à partir de 1961. Il est doté d´un système d´antiparasitage et voit sa puissance moteur augmentée de 0,5 à 0,7 CV.

 

 

Jusqu'en 1988, année dans laquelle Solex arrête sa production en France, la production des vélomoteurs sera transférée en Hongrie puis en Chine.

 

En 1998, le groupe Magneti-Marelli (Fiat) reprend la marque Solex. Il accorde au hongrois Impex une licence d'exploitation, mais cette aventure se terminera par une faillite. En juin 2004, le groupe Cible rachète la marque en vue de commercialiser l'e-Solex : le Solex électrique.

 

 

 

On estime désormais que plus de dix millions de VeloSolex ont été produits à travers le monde.

Loik Lherbier 10 janvier 2014 Étude de cas

Solex ou l’histoire d’une marque qui a voulu revenir à contre-courant ICI

 

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