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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 06:00
«Voter Blanc, c’est voter nul» la jeunesse est impatiente et sévère, mais il dépend de vous que votre critique ne demeure pas vaine et votre impatience stérile

Mon titre, volontairement provocateur, repose sur une anecdote datant du temps où j’arpentais le Languedoc-Roussillon au nom de mon Ministre, et que Jacques Blanc le Lozérien était président de la Région du fait de la désunion de la Gauche : c’était un slogan « Voter Blanc, c’est votre nul… »

 

Beaucoup plus sérieusement je vous propose en ce 1er mai très particulier, suspendu à nos craintes et aux petits calculs de certains, le Message à la jeunesse de Pierre Mendès France.

 

« Dans le cadre de la campagne pour les élections législatives du 2 janvier 1956, Pierre Mendès France prononce le 22 décembre 1955 à la télévision, puis le lendemain à la radio, des allocutions […].

 

Au cours de ces interventions, il adresse un Message à la jeunesse, réflexion sur les rapports entre la jeunesse et l’Etat. Un extrait de cet enregistrement sera rediffusé le 27 octobre 1982 lors de l’hommage officiel rendu à Pierre Mendès France par le Président de la République dans la cour d’honneur de l’Assemblée nationale ».

 

J’y étais.

 

La photo illustrant ma chronique est extraite du magnifique livret de cet hommage officiel. Je le garde précieusement, elle est dans mon bureau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En dehors de sa beauté formelle le texte que je vous propose ce matin reste, 57 ans après, d'une belle actualité, il a le charme des vieux films que l'on redécouvre, qui n'ont pas pris une ride, et qu'il faut savoir revisiter avec humilité et optimisme.

 

Sans doute nous faut-il vraiment toucher le fond pour redonner à notre système politique, à la manière dont nous sommes gouvernés, à notre propre responsabilité, de nouvelles couleurs, celles du vivre ensemble, du bien-vivre ensemble, par-delà nos différences, nos nécessaires oppositions, loin d’un aquoibonisme ravageur et destructeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La jeunesse est impatiente et sévère dans ses jugements, probablement plus en France qu’ailleurs, certainement aujourd’hui plus qu’avant. Ce n’est pas moi qui vous en blâmerais, vous les jeunes, car vous avez de fortes raisons d’être inquiets, d’être critiques. Je n’ignore pas ces raisons. Mais je sais aussi qu’il dépend de vous que votre critique demeure vaine et votre impatience stérile, ou qu’elles soient, l’une et l’autre, et dès maintenant, des ferments d’énergie et d’action.

 

On dit souvent selon une formule un peu banale, mais vraie, que vous êtes le sang nouveau qui peut revivifier la nation. Si, demain, les responsabilités doivent vous incomber, il n’est pas trop tôt pour en assumer d’ores et déjà une part, et plus importante que vous ne croyez — mais il faut le faire très vite. Sinon, un jour, vous trouverez écrasante la charge des hypothèques que vous aurez laissé accumuler sur vous.

 

Cela arriverait immanquablement, si vous permettiez que se gaspille et se perde la force vive dont vous disposez, si, prenant prétexte de ce que l’Etat vous ignore ou vous néglige souvent, vous vous détourniez de la chose publique, si vous vous désintéressiez de la conduite des affaires de ce pays, c’est-à-dire du foyer où vous passerez votre vie entière, et où vous serez demain heureux ou malheureux. Aussi, vous ne pouvez pas vous borner à répéter : » A quoi bon ? « . Vous devez vous employer dès maintenant à faire changer ce qui doit être changé.

 

Vos problèmes s’identifient évidemment avec ceux d’une nation qui a le souci de son avenir. C’est dans ce sens qu’on a pu dire qu’il n’y a pas de question qui soit particulière à la jeunesse, mais il est tout aussi exact de dire que la gravité d’une question se mesure à la façon dont elle affecte la jeunesse.

 

Certes, les jeunes ne sont pas les seuls à avoir besoin de se loger. Mais le cas des jeunes ménages qui ne trouvent pas de toit, ou des étudiants qui n’ont pas de chambre le soir pour travailler, n’est-il pas le plus dramatique ?

 

Certes, le plein emploi et la paix sont des bienfaits indispensables à tous les citoyens et de tous les âges, mais comment ne pas voir que la guerre met en cause pour un jeune tout son destin, et le chômage tout son espoir. Comment ne pas observer que ces calamités, qui peuvent ébrancher ou même abattre des arbres adultes, sont pour de jeunes arbustes un arrachement par la racine plus bouleversant, plus tragique, et surtout plus irréparable ?

 

Le gouvernement n’a pas le droit de l’ignorer. Puisque chacun des grands problèmes de la communauté nationale atteint la jeunesse plus gravement et plus profondément que quiconque, il importe qu’ils soient pris, étudiés, résolus en pensant à elle, en pensant à vous, enfants de la guerre et de l’après-guerre, à qui doit être épargné le retour de ce que nous avons connu et subi. Oui, penser constamment à vous, c’est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat.

 

Une telle préoccupation, je dirais même une telle obsession, doit être constamment celle des hommes publics. D’immenses tâches sont devant nous : moderniser l’agriculture et l’industrie, mettre en valeur les pays d’outre-mer, rénover l’enseignement, la justice, l’administration, la défense nationale, lancer des grands travaux, développer la recherche scientifique, clef du progrès de demain, exploiter les forces atomiques, que sais-je encore – eh bien ! chaque fois que nous voudrons résoudre ces problèmes difficiles et complexes en vue de l’intérêt véritable et profond de la nation, de sa croissance, de son progrès, de sa puissance, chaque fois, puisqu’il s’agit de l’avenir, c’est inévitablement dans le sens qui profite le plus à la jeunesse que nous trouverons les solutions valables, les seules qui ne trompent pas.

 

Un régime politique, s’il méconnaît ces vérités essentielles, est un régime qui se condamne, qui se suicide. Il ne mérite d’exister, de durer que s’il est capable de construire l’avenir, que s’il sait s’orienter dans le sens du progrès, autrement dit : que s’il répond aux besoins des générations qui montent.

 

L’efficacité du régime républicain, du régime de liberté, ses chances de survie et de prospérité dépendent donc des liens qu’il saura créer entre la jeunesse et lui. Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle.

 

Malheureusement, il faut le reconnaître, les démocraties, lorsqu’elles sont faibles, lorsqu’elles perdent leur sens profond et véritable, inclinent parfois à ne considérer que l’immédiat ou le très proche. Les échéances à plusieurs années de distance retiennent alors peu l’attention ; les hommes politiques sont souvent accaparés par les difficultés qui surgissent au jour le jour, ils croient que de la manière dont ils y feront face, ou encore de la manière dont ils parviendront à les ajourner, dépendent les applaudissements qu’ils recueilleront.

 

Cette attitude repose sur un jugement erroné à l’égard d’un pays comme le nôtre, que son bon sens et sa maturité rendent apte à entendre toutes les vérités. L’homme d’Etat doit le savoir et toujours peser l’incidence de chacune de ses décisions sur le destin du pays ; il lui faut diriger son regard plus loin que les obstacles quotidiens, vers ces horizons qui sont, en vérité, les vôtres.

 

L’un des plus graves problèmes du temps présent fait bien toucher du doigt que la question des rapports de la jeunesse et de l’Etat n’est pas une question parmi d’autres, mais qu’elle est la question décisive et qu’elle comprend toutes les autres. La population de notre pays, vous le savez, est longtemps demeurée stationnaire. Les jeunes étaient à peine assez nombreux pour assurer la relève des vieux. Parvenus à l’âge de prendre un métier, ils voyaient s’offrir pratiquement autant d’emplois qu’il leur en fallait, puisqu’à chaque jeune qui arrivait correspondait un ancien qui prenait sa retraite. A condition de ne pas être trop exigeant, trop ambitieux, chacun, tant bien que mal, trouvait sa place.

 

Les choses ont bien changé. Déjà l’accroissement des naissances se traduit par une augmentation des effectifs scolaires ; en grande hâte, il a fallu, il faut encore, construire plus d’écoles, et bientôt il va falloir donner plus de logements et procurer plus de travail au flot grossissant des adultes. C’est par centaines de milliers, c’est par millions que vont se compter, au cours des dix années qui viennent, les maisons à bâtir et les emplois à créer.

 

C’est une oeuvre considérable. C’est une oeuvre redoutable mais combien exaltante.

 

Pour qui sait en prendre la mesure, le rythme insuffisant des progrès actuels de notre économie est une cause d’alarme. L’optimisme euphorique et complaisant avec lequel on les considère trop souvent dans les milieux officiels n’est pas de mise, mais bien plutôt le sentiment d’un devoir qui n’est pas rempli envers ces jeunes, que la croisade contre le malthusianisme de la population a appelés à la vie. Si le malthusianisme de l’économie n’est pas combattu à son tour, un jour ils pourront nous reprocher l’inconséquence coupable qui les prédestinait à une existence médiocre et sans horizon autre que le chômage, toujours présent ou toujours menaçant.

 

Mais, avant d’en arriver là, ou plutôt pour ne pas en arriver là, il faut qu’eux-mêmes soutiennent leur propre cause, avec ceux qui la défendent. Sans retard, la jeunesse se doit d’intervenir pour le plein emploi et l’expansion économique, qui seuls assureront la sécurité et la dignité de son existence.

 

Sans doute, la mode est-elle aujourd’hui d’inscrire ces objectifs, ou plutôt ces mots, dans tous les programmes politiques. Mais une chose est d’approcher un peu du but en se laissant porter par quelque brise favorable et de se contenter de demi-succès, toujours médiocres, précaires et fragiles, et une autre chose est de poursuivre l’objectif de toute son énergie et, s’il le faut, contre vents et marées, contre les routines, les mauvaises habitudes et les intérêts installés. Entre une politique statique, qui peut tout juste louvoyer, et une politique dynamique, qui veut passionnément conquérir l’avenir, comment la jeunesse hésiterait-elle ?

 

Dans vos colères et dans vos enthousiasmes, vous disposez d’un capital d’énergie qui peut et doit servir la cause du mouvement et du progrès. C’est de vous qu’il s’agit, chaque fois qu’un sacrifice présent est demandé pour un plus grand bien ultérieur, chaque fois qu’un privilège hérité du passé est combattu, parce qu’il hypothèque l’avenir, chaque fois que sont en jeu le développement et l’amélioration de la production générale, ou la substitution d’une activité utile à une autre qui ne l’était pas, chaque fois que la santé et les forces vives de la nation sont défendues contre le gaspillage, la maladie, le chômage, l’alcoolisme, le taudis, ou le mauvais emploi de nos ressources, ou encore l’affaiblissement par une politique bornée de cette Union française qui demeure l’une de nos grandes espérances.

 

Vous trouverez, croyez-moi, des appuis croissants dans un pays qui, heureusement, est en train de prendre conscience des réalités comme des possibilités, et où apparaissent, un peu partout, une vigueur toute fraîche, un désir de rénovation, une curiosité ardente, et l’ambition de réformer, d’améliorer, d’aérer, d’élargir. Ce climat, je ne crains pas d’affirmer qu’il est dû au renversement de la courbe de la natalité, à la proportion croissante, à l’action grandissante des jeunes, que le statisticien avait déjà décelés, et que l’homme politique commence à constater et à ressentir.

 

Car il n’est pas besoin d’attendre que les enfants soient en âge de voter pour que leur influence sur la vie nationale se manifeste. L’homme qui a des enfants, et dont la préoccupation principale est irrésistiblement celle de leur avenir, cet homme est déjà un homme différent. Il réagit, il pense, il travaille d’une autre manière, avec une autre ardeur que celui dont la perspective est limitée à son propre sort. Ainsi, la fécondité nouvelle de la nation a déjà stimulé la vitalité de la génération qui est à la barre. Ainsi vous agissez déjà, sans même vous en rendre compte, par la responsabilité vivifiante que vous placez sur les épaules de ceux qui vous précèdent, et par les espoirs que vous suscitez en eux.

 

Mais cela ne suffit pas. Jeunes hommes et jeunes femmes de France, vous devez intervenir et agir par vous-mêmes. Organisez-vous, groupez-vous, pour faire entendre votre voix, participez aux mouvements de jeunesse, animez-les, poussez-les à exercer sur les pouvoirs publics une pression continue, afin de faire triompher les décisions que dicte le sens de l’intérêt collectif !

 

Et ce n’est pas tout encore. N’hésitez pas à prendre part à la vie politique, qui sans votre inspiration risquera toujours de retomber dans les vieilles ornières…

 

Ayez constamment présente à l’esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l’action d’un grand Etat, qui, après tant d’épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le rôle que vous pouvez jouer, la contribution dans la marche en avant que vous pouvez apporter. Décidez dès aujourd’hui de peser de toutes vos forces sur la destinée nationale, préparez de vos propres mains l’avenir plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens ! »

 

Pierre Mendès France, Œuvres complètes, tome 4 « pour une République moderne» 1955-62, Paris, Gallimard, 1987, p. 148-152. © Editions Gallimard.

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 08:00
CHAP.18 cabinet noir, Fillon coulé je donne la parole à Juppé pour lui c’est NON aux finasseries de son parti il votera Macron !

Mon analyse qui avait motivée l’opération Chartrons est validée par les résultats du premier tour, face à la menace réelle de prise de pouvoir par la droite extrême seul un candidat pacificateur pouvait s’avérer un rempart efficace.

 

Mais Juppé était trop vieux et surtout il déplaisait à la France rance, rentière, celle des cathos-fachos qui a trouvé son héros en la personne de François Fillon le valet se prenant pour un maître.

 

Exit Juppé et sorti du diable vauvert un jeune banquier soutenu par le gars de peau, chantre de la 3e force.

 

Ce type de configuration qui fait exploser le système reposant sur les 2 grands partis d’alternance a deux conséquences majeures : elle déplait à la gauche de la gauche pour le second tour : Mélenchon redevient un calculateur à la sauce Tonton ; elle ne garantit pas au vainqueur du 2e tour une majorité à l’assemblée.

 

« L'objectif que je fixe est clair: obtenir aux législatives une majorité absolue qui soit une majorité présidentielle », a déclaré Emmanuel Macron dans cette interview mise en ligne vendredi soir. « Il n'y aura pas de coalition avec les deux grands partis existants, ni avec LR ni avec le PS. Mais dans les temps qui arrivent, il y aura une refondation de la vie politique qui verra des socialistes et des Républicains me rejoindre individuellement », a estimé le candidat d'En Marche!

 

« C'est la clé pour ne pas avoir de majorité coulissante. On ne peut pas se le permettre dans les temps d'incertitude que nous traversons », a-t-il poursuivi.

 

« J'investirai 577 candidats de la majorité présidentielle, explique Emmanuel Macron. Ceux qui ne me rejoindront pas auront donc des candidats face à eux. Mais je souhaite que l'on me rejoigne par cohérence et pour soutenir notre projet, pas pour sauver son poste. Les Républicains ou les socialistes qui ne croient pas à mon projet ne viendront pas. »

 

Macron se berce d’illusion je crois. Le puzzle ne va pas dessiner une image claire car le système des législatives ne le permettra pas.

 

Cohabitation ou gouvernement de coalition alors ?

 

Nous verrons mais les Ponce-pilatisme des insoumis est le signe de leur immaturité politique, ils ne sont même pas capables de comprendre qu’ils se font manipuler par leur leader qui joue alternativement de la patte douce puis du coup de griffe en se murant entre les deux dans un silence hautain.

 

Je laisse la parole à Juppé

 

La France court au désastre

 

Ce qui paraissait impossible il y a peu de temps encore n’est plus aujourd’hui improbable : Mme Le Pen peut devenir la Présidente de la République française ; à tout le moins le score du Front National au deuxième tour peut dépasser la barre des 40%, voire des 45%, ce qui serait déjà un coup de tonnerre politique.

 

La trahison de N. Dupont-Aignan, l’attitude ambigüe de J.L. Mélenchon, l’effondrement du PS, les finasseries de certains de mes propres « amis » politiques ajoutent à la confusion générale sur laquelle prospère le FN.

 

La victoire de l’extrême-droite en France constituerait un séisme géopolitique. L’Union européenne qui peut résister au Brexit, et même en tirer profit, ne survivrait pas à un « Frexit ». Je ne sous-estime pas le désamour de nos concitoyens pour l’Europe; je mesure l’ampleur des changements qui seront nécessaires pour la remettre sur la bonne voie. Mais liquider la construction européenne que nous avons patiemment édifiée serait une aberration. Car l’Europe a réussi. Elle nous a apporté 70 ans de paix, ce que notre continent n’avait pas connu depuis des siècles. Elle est aujourd’hui un espace de liberté et de prospérité comme il en existe peu au monde. Je comprends que ces affirmations choquent nos concitoyens qui vivent dans le chômage, la précarité, la pauvreté. Mais, au prix de réformes profondes, l’Europe peut nous aider à en sortir. Ce n’est pas sans raison qu’elle attire de si puissants flux migratoires. C’est en soi un problème qu’il faut traiter car nous ne pouvons pas accueillir « toute la misère du monde ». Mais c’est la preuve d’une réussite. Comparons-nous!

 

Certains invoquent les mânes du Général de Gaulle pour conforter leur euro-phobie. Quelle falsification historique! C’est De Gaulle qui a voulu nous faire entrer dans la Communauté européenne en 1958, en activant le traité de Rome qui n’était encore qu’un papier; c’est De Gaulle qui a imposé la Politique Agricole Commune; c’est De Gaulle qui a fait de l’entente franco-allemande la pierre angulaire de la construction européenne et du redressement français. Je suis gaulliste et européen et j’en suis fier!

 

La dislocation de l’Union européenne serait aussi une menace pour notre sécurité collective, pour l’Alliance atlantique déjà fragilisée par les déclarations contradictoires de la nouvelle administration américaine, et méthodiquement sapée par la diplomatie russe qui ne fait pas mystère de sa volonté de revenir au monde d’avant. Le monde sans l’Union européenne perdrait encore un peu de sa stabilité, en un temps où le mot de « guerre » refleurit dans certains discours.

 

Séisme géopolitique, désastre économique aussi. L’abandon de l’euro qui nous a si bien protégés dans les tempêtes récentes et qui nous garantit des taux d’intérêt historiquement bas serait une faute majeure, à laquelle d’ailleurs, quel que soit leur vote, la majorité des Français n’adhère pas. Tout le monde, y compris le parti de Mme Le Pen, s’accorde à prévoir une dévaluation immédiate du franc FN de l’ordre de 20 à 30%. Nos dettes et notamment celle de l’Etat seraient immédiatement augmentées d’autant. On nous dit que nos exportations en profiteraient; peut-être à terme si notre appareil productif répond à la demande internationale; ce qui est sûr, c’est que nos importations seraient mécaniquement renchéries de 20 à 30%, à commencer par le pétrole, d’où la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat dont souffriraient comme toujours les plus fragiles. Tout cela, tout le monde le sait!

 

Défaite morale par dessus tout. Quelles que soient, ces derniers temps, les tentatives de dé-diabolisation des dirigeants du FN ou leurs danses du ventre à l’intention de l’extrême-gauche (ce qui est là une constante historique), la vérité est criante : l’histoire, l’idéologie, les hommes et les femmes qui ont fondé ou animent ce parti, bref le monde FN est depuis toujours aux antipodes du nôtre; son anti-gaullisme a été constant depuis 1940. De façon récurrente, les déclarations de ses chefs nous rappellent que nos valeurs n’ont rien à voir avec sa vulgate.

 

C’est pourquoi, Françaises, Français, je vous appelle solennellement à résister à la tentation de tout casser, de « renverser la table » comme hélas! vous y ont parfois incités certains responsables de ce qui fut un grand parti de la droite et du centre, le parti qu’avec d’autres j’avais fondé.

 

Quand, dans une élection à deux candidats, on veut éliminer l’un , il n’y a pas d’autre solution que de voter pour l’autre. L’abstention ou le vote blanc, c’est un coup de pouce à Mme Le Pen.

 

Je ne vous demande pas pour autant d’adhérer à la personne ou au programme d’E. Macron. Nous ne le connaissons pas bien . Sa « nouveauté » séduit, son peu d’expérience des hautes responsabilités inquiète. Quant à son programme, il reste flou et ambigu. Mais il faut choisir. Après le scrutin présidentiel viendront d’autres échéances, à commencer par les élections législatives. Nous devrons alors reconstruire une proposition politique, fondée sur la valeurs de la droite et du centre que j’ai toujours portées. Une droite humaniste qui conjugue liberté économique et justice sociale, une droite résolument et lucidement européenne, une droite confiante dans l’avenir, dans l’invention d’une croissance durable, dans la transformation numérique du monde, dans la jeunesse du monde.

 

Je vous adjure donc, mes chers compatriotes, de voter pour E. Macron parce qu’il est le seul le 7 mai à pouvoir éviter à la France le malheur du FN.

 

Je sais que vous n’avez pas de conseil à recevoir, que vous êtes majeurs et vaccinés, que les consignes des partis ou des dirigeants politiques vous insupportent. Mais si ma parole peut encore avoir un peu de crédit auprès de vous, et d’abord auprès des jeunes qui m’ont accompagné avec tant de foi, ne la balayez pas d’un revers de main. Je ne demande rien, je n’attends rien, je ne cherche pas à me placer. Je ne serai pas Président de la République, je ne re-deviendrai pas Premier Ministre, je ne serai plus ministre. C’est aux 30-40 ans de prendre la relève. Ma seule ambition est de les y aider.

 

Je ne me lasserai donc pas de vous dire : Peuple de France, ressaisis-toi, reste fidèle à ton génie, aie confiance.

 

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 06:00
Lettre ouverte aux hommes politiques, dit les politichiens par de Gaulle.

40 ans déjà, cette lettre est de la plume de Pierre Viansson-Ponté du Monde et c’était publié chez Albin Michel en janvier 1976.

 

La Ve République avait alors 18 ans, elle n’avait pas encore connue l’alternance. Elle a aujourd’hui 59 ans et ce texte est donc quadragénaire, la force de l’âge avec peut-être quelques rondeurs dues à l’embourgeoisement.

 

Ce deuxième tour a vu s’écrouler les 2 piliers du modèle de la Ve République, ils seront absents laissant la place à un représentant, de ce que l’on appelait la 3e Force, jeune, jamais élu, pur produit de la méritocratie à la Française, banquier d’affaires, conseiller du Prince et un avatar de la France rance, relooké mais toujours ancrée dans un nationalisme autoritaire et dévastateur.

 

Ce texte a son âge bien sûr mais ses rides ne sont pas aussi marquées que les jeunes écervelés ou les vieux chevaux de retour d’une extrême-gauche ripolinée qui jouent du ni-ni voudraient nous faire accroire.

 

Choisir est toujours une douleur, une forme de renoncement, se réfugier dans un anti-système hors-sol est preuve soit d’immaturité pour les plus jeunes et de calculs électoraux pour ceux qui ont oubliés qu’au Congrès de Tours le PS français a choisi majoritairement de se transformer en PC, avec les dérives que vous connaissez.

 

Nul ne peut s’exonérer de son passé, surtout les leaders politiques, «La démocratie est le pire des systèmes, à l'exclusion de tous les autres.» signé Winston Churchill, cet aphorisme est un des plus inusables du débat politique.

 

Les révolutionnaires en chaise longue s’étripant le cul posé sur leur fauteuil face à leur écran devraient méditer, nul n’a volé la victoire à leur poulain, avant de vouer aux gémonies les autres qu’ils se posent la question du pourquoi certains électeurs n’ont pas franchis le pas ?

 

Sinon, qu’ils renversent la table, sortent de leur confort et prennent le pouvoir par la rue !

 

Revenons à la lettre ouverte aux hommes politiques :

 

Pierre Viansson-Ponté écrivait nommément à 9 personnalités, deux sont toujours vivantes : Valéry Giscard d’Estaing qui était Président de la République en 1976, Jacques Chirac qui allait le devenir après trois tentatives infructueuses.

 

Pour les disparus, le dernier en date, Michel Rocard, s’était toujours outsider se contentera d’être le 1er Ministre de son adversaire au sein du PS, Pierre Mendès-France qui ne gouverna que quelques mois, François Mitterrand deux septennats, Michel Debré le père de la Constitution et des Debré actuels, Georges Marchais qui renaît avec l’insoumis hâbleur Mélenchon « Qu’ils dégagent !» et le Prince des Ténèbres Michel Poniatowski l’homme de main de Giscard que tout le monde a oublié.

 

L’extrait que je vous propose s’adressait aux autres...

 

« En France, la politique a mauvaise réputation. Quand à la réputation de ceux que de Gaulle aimait à nommer « les politichiens », elle est tout simplement effroyable. Il n’est guère de pays qui aient aussi peu de considération, autant de mépris même, pour ceux qui les gouvernent, ou les représentent.

 

S’il est à droite, l’homme politique français est considéré comme un raté de la finance, de l’industrie, du commerce ou du moins l’un de leurs employés subalternes. Sa seule idée que rien ne change.

 

À gauche, il passe pour un bureaucrate, un apparatchik guidé moins par la conviction que par l’ambition ou plus prosaïquement l’appétit. Son espoir : que tout change, c’est-à-dire que la queue de la poêle passe dans ses mains.

 

Entre les deux, c’est le marais où s’embourbent ceux qui ne savent pas exactement de quel côté soufflera demain le vent et donc dans quelle direction ils doivent prendre. Et qu’on nous montre sur les bancs des assemblées et les états-majors des partis les grands intellectuels, les vrais savants, les champions de leur spécialité : ils se gardent bien d’aller perdre le temps dans ce monde de l’illusion et de la combine. Non, non : tous les mêmes, tous des médiocres, au mieux incompétents et inutiles, au pire véreux et pourris, qui ne sont là que pour se remplir les poches. Voilà, en gros, l’image que beaucoup trop de vos concitoyens ont de vous, les hommes politiques. Et c’est bien dommage.

 

C’est dommage d’abord parce que c’est faux. Vous n’êtes pas tous honnêtes, je le sais bien et il existe parmi vous des concussionnaires, des prévaricateurs, des arnaqueurs, les uns prêts à se vendre et les autres à se louer à la journée et même à l’heure. Mais ceux-là, chacun les connaît et on pourrait aisément les nommer. Et dans tout le personnel du régime et de l’opposition, dans toute la classe politique, on pourrait les compter sur les doigts d’une seule main – enfin disons par prudence deux.

 

Car le parlementaire et le technocrate de base sont dans l’ensemble honnêtes et désintéressés, contrairement à ce qu’un vain peuple pense. Seulement il faut reconnaître qu’une carrière politique pose tant de problèmes personnels, matériels et moraux, de système de vie et de travail, de relations et d’appartenance, d’opportunité, de tactique et de hasard que parfois tout se mêle dans un brouillard où il est aisé de se perdre.

 

Je n’ai jamais rencontré un député, un seul, qui n’ait pas l’ambition d’être un jour ministre, et c’est normal : la finalité de son entreprise, c’est le pouvoir ou son apparence.

 

Je n’ai jamais vu un ministre, un seul, qui ne soit soucieux de le rester ou à défaut, par une démission bien calculée ou un effacement provisoire bien orchestré, de le redevenir aussitôt que possible.

 

Je ne connais guère de hauts fonctionnaires qui, un jour d’exaspération contre les tergiversations, l’ignorance ou l’indifférence de leur ministre ou des élus, n’aient souhaité une fois au moins entrer au Parlement, voire au gouvernement, pour apprendre leur métier à tous ces incapables.

 

Et parmi les militants, j’en sais peu qui aient refus de se dévouer en posant leur candidature à quelque mandat plus ou moins prestigieux, en acceptant quelque désignation flatteuse.

 

S’il existe des hommes politiques heureux, combien me sont apparus tenaillés par la peur : peur des « patrons » dispensateurs d’investiture et de responsabilités, crainte cyclique des chers électeurs, souci lancinant de leur personnage public, incertitude dans l’action, angoisse jusqu’au plus haut niveau parce qu’il leur faut, comme l’a dit l’un d’eux et non des moindres, en permanence « gérer l’imprévisible ».

 

Matériellement, ce n’est pas un métier et il en va du député comme du journaliste, auquel on dit volontiers « Ah ! c’est bien intéressant votre travail, vous avez de la chance. Mais, à part cela, comme métier, qu’est-ce que vous faites ? » Rien de pire que l’élu qui n’a pas d’autres sources de revenus, pas de position de repli en cas d’échec. Alors il est tentant de composer avec la déontologie non écrite et d’ailleurs plutôt laxiste du milieu.

 

Avocat et parlementaire, on plaidera peu mais on conseillera beaucoup, et de gros clients ; des clients, bien entendu, qui font toute confiance à votre science juridique et auxquels il ne serait jamais venu à l’idée de vous engager avec de si confortables honoraires parce qu’ils ont tout simplement besoin d’un porte-parole au Palais-Bourbon et d’un commissionnaire pour leurs démarches.

 

Industriel, commerçant, on traitera de ce qu’on connaît bien et c’est évidemment un effet du hasard si des thèses qu’on défend au nom de l’intérêt général se trouvent coïncider avec quelques intérêts particuliers.

 

Homme de la ville, on sera tout prêt à couper dans les subventions agricoles, beaucoup trop généreuses ; élu de la campagne, on sera peu enclin à voter des milliards de crédits que réclament les cités, et en particulier Paris, cette capitale du vice c’est-à-dire de la pornographie, de l’administration et du Coca-Cola. Fonctionnaire, on soignera son avancement en faisant jouer utilement les relations nouées dans la profession, ce qui crée un lien autrement puissant que des idées communes, puisque après tout il est logique que des années passées à servir la collectivité ne freinent pas une carrière administrative qui eût à coup sûr été brillante sans l’entracte du mandat.

 

Tout cela est évidemment plus aisé si on appartient à cette majorité que le soleil du pouvoir réchauffe de ses rayons. Mais qu’on ne s’y trompe pas : l’opposition, sauf communiste, n’est quand même pas cette banquise où l’on grelotte, comme certains le croient. »

 

En bonus : le lobbying

 

« Il est impossible de tout savoir et un élu consciencieux trouve très vite ses limites. Comment pourrait-il, la même semaine, avoir à la fois un avis tranché et motivé sur une réforme de l’enseignement supérieur, une position sur la politique pétrolière, une conviction sur le choix de la meilleure filière nucléaire, un jugement sur l’aménagement de la région lyonnaise, une idée sur la fiscalité des cultivateurs de tabac ou des magasins de grande surface, et une opinion ferme sur la conduite monétaire du Japon, Et pourtant, sur tous ces sujets et bien d’autres, il faudra se prononcer, voter et décider. Le bon sens ne fait rien à l’affaire, surtout quand on n’a ni les possibilités intellectuelles, ni le temps, ni le goût d’étudier des dossiers qui, de surplus, ne sont pas à votre disposition.

 

Ces dossiers précisément, quelques-uns les détiennent. Les uns, ministres, rapporteurs, experts officiels sont censés les connaître. Les autres les possèdent sur le bout du doigt : ce sont eux qui les ont constitués, eux qui le plus souvent les ont fournis, tout préparés, aux ministres et hauts fonctionnaires et sous une forme édulcorée, orientée, aux quelques parlementaires utiles. Comme il est tentant de s’en remettre à ceux qui savent et s’offrent ainsi à vous éclairer. Ainsi les décisions sont-elles souvent arrachées à la faveur d’une savante mise en condition assortie de quelques facilités à la simple flatterie en passant par un bon déjeuner ou un menu service.

 

Après cela, on trouvera des naïfs pour s’étonner et même admirer que les groupes de pression, les lobbies, si bruyants et indiscrets sous la IVe République où l’on voyait certains jours leurs représentants s’abattre comme les hirondelles en vols serrés dans les couloirs du Palais-Bourbon et les antichambres des ministères, aient presque disparu sous la Ve. Parbleu ! C’est qu’ils sont passés de l’antichambre au cabinet, voire au bureau du ministre et des couloirs dans l’hémicycle. Installés au cœur du dispositif exécutif, parlementaire et administratif c’est à peine s’ils ont besoin désormais de respecter les apparences. Au lieu de manipuler les pouvoirs, ils les contrôlent, les partagent et parfois les détiennent, se confondant largement avec eux... »

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 06:00
F… Aisne jusqu'où progressera le FN dans l'Aisne ?  1 cas d'école…

Plus de 35% dans l'Aisne

 

C'est dans l'Aisne que Marine Le Pen fait son plus gros score : 35,7%. C'est presque 10 points de plus que lors du 1er tour de la présidentielle de 2012 où elle avait obtenu 26,33% des voix. Le taux de participation est pourtant en baisse dans ce département par rapport à 2012 : dimanche 23 avril 2017, 78,7% des Axonais ont voté contre 80,61% pour le 1er tour de 2012.

 

Loin derrière, Emmanuel Macron avec 17,9% des suffrages exprimés. Jean-Luc Mélenchon et François Fillon sont au coude-à-coude comme au niveau national mais dans l'Aisne c'est le candidat de la France Insoumise qui l'emporte.

 

L’Aisne c’est tout près de Paris, lorsque j’étais au 78 rue de Varenne deux dirigeants agricoles d’envergure nationale qui faisaient partie de mes interlocuteurs étaient issus de ce département : le président des céréaliers et celui de l’enseignement agricole privé : Henri de Benoist et Gérard de Caffarelli. J’ai habité pendant quelques années à quelques encablures de Villers-Cotterêts devenu depuis un fief du FN. Enfin, avec mon amie Claire je suis allé à Saint-Quentin la ville où elle est née et où elle a grandi fief d’un baron des Républicains, ministre et maintenant patron d’une région grâce aux voix d’une gauche dont c’était l’un des bastions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce département rural, qui s'estime négligé par Paris et même Amiens, au chômage record 14% - et à la démographie stagnante - autour de 500.000 habitants depuis un siècle-, est un cas d'école.

 

« Le taux de RSA est l'un des plus importants, le niveau d'éducation l'un des plus faibles », note M. Lehingue.

 

Le département souffre d'un manque d'homogénéité, des franges périurbaines du grand Paris, autour de Château-Thierry, au sud, à La Thiérache, terre d'élevage particulièrement pauvre, à la frontière belge au nord, en passant par la grande agriculture du Laonnois et du Soissonnais.

 

Sa plus grosse agglomération, Saint-Quentin, --65.000 habitants-- est frappée de plein fouet par la désindustrialisation, comme le reste du département.

 

«Dans la continuité des élections départementales et régionales de 2015, Marine Le Pen progresse encore dans le département rural de l’Aisne.

 

Elle vire en tête au premier tour de la présidentielle dans la majorité des 804 communes.

 

Dans le Vermandois par exemple, elle fait 50,85 % des voix à Villeret, 37,50 % à Trefcon et 29,45 % à Maissemy.

 

Au nord du département, la candidate FN réalise 46,15 % à Fontaine-Uterte et même 51 % à Vénérolles en Thiérache. Elle culmine aussi à 50,84 % à Guny, commune proche de Coucy-le-Château.

 

Dans un village comme Itancourt qui a pourtant pour maire le député des Républicains, Julien Dive, proche de Xavier Bertrand, Marine Le Pen est là encore bien en tête, totalisant 220 voix, devant Emmanuel Macron (167 voix) et François Fillon (142). « Le 7 mai, c’est un choix de société qui s’impose à tous les Français et moi je combats l’idéologie du FN et je voterai pour le candidat républicain », réagit Julien Dive.

 

Les villages les plus isolés du département ne sont pas les seuls à porter en tête la leader FN. Des électeurs de villes ont également fait ce choix et notamment la cité préfectorale, Laon, dirigée par le sénateur maire des Républicains, Antoine Lefèvre. Marine Le Pen est, en effet, créditée de 28,84 % des suffrages exprimés avec plus de sept points d’avance sur Emmanuel Macron (21,66 %). Affront supplémentaire pour les Républicains dans la ville de Laon, Jean-Luc Mélenchon, 3e avec 19,49 % des voix, devance Fillon (15,68 %).

 

Après 97,24 % des résultats dans l’Aisne, Le Pen totalise 35,91 % des voix, loin devant Macron (17,88), Mélenchon (16,87), Fillon (16,22), Dupont-Aignan (5,12) et Hamon (4,22).

 

«Les Français en ont marre du duel traditionnel droite-gauche », analyse le député PRG Jacques Krabal, un des premiers élus de l’Aisne à avoir soutenu Emmanuel Macron. Le parlementaire de Château-Thierry salue son champion « qui donne de l’espoir et de la confiance » quand son adversaire, Marine Le Pen, « ne fait qu’agiter les peurs ». Dès hier soir, le FN a commencé à pilonner le candidat « mondialiste » et « du système »

 

J'aimerais que ceux qui ont fait fonds de commerce de l'abandon des zones rurales par le pouvoir central aillent au plus près de ce cas d'école pour affiner des analyses sans grandes nuances. 

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 06:00
Le dernier ¼ d’heure de retard des vins de Bordeaux se traduit encore par 1 plan stratégique « Bordeaux, ambitions 2025 !

Les expressions «valise » font florès, il en est ainsi du fameux «Bordeaux bashing» qui par construction laisse entendre que les vins de Bordeaux font l’objet d’une sauvage agression, d’un dénigrement systématique, qu’ils sont des victimes ?

 

Des victimes de qui ?

 

D’un sombre « cabinet noir » ?

 

Je plaisante, alors d’une action concertée de leurs concurrents gaulois ou mondialisés ?

 

La réponse est sans contestation est non !

 

Les vins de Bordeaux, plus précisément ceux qui sont « mandatés » pour les promouvoir, les dirigeants du CIVB n’ont pas su analyser les causes du désamour des nouveaux consommateurs et en tirer les conséquences. Ils se sont laissés ringardiser.

 

Parodiant le slogan qui était celui de Carrefour en ses beaux jours « son fameux ¼ heure d’avance sur la concurrence » j’affirme que par suffisance, une certaine forme d’arrogance, depuis les années 2000, accrochés qu’ils étaient à leur certitude de garder, contre vents et marées, leur leadership, les dirigeants du CIVB se sont plantés, n’ont pas pris les bons trains en marche, faute de faire des choix stratégiques courageux et clairs.

 

Souvenir ancien de ma participation au Journal inattendu de RTL sur mon fameux rapport, en duplex avec les dirigeants du CIVB restés à Bordeaux, je fus accusé par eux de mettre sur la table des propositions félonnes visant à déstabiliser les vins de Bordeaux au profit des roturiers du Languedoc.

 

Bordeaux régnait sans partage sur le royaume des AOC, oser affirmer qu’ils pourraient, un jour, tomber de leur piédestal était un crime de lèse-majesté, à l'INAO personne ne mouftait face à l'expansionnisme des vins de Bordeaux.

 

Mais 

 

« Sous les grandes ombrelles que sont nos appellations d’origine contrôlée, surtout sous celles qui jouissent de la plus grande notoriété, s’abritent des vins moyens voire indignes de l’appellation. Succès aidant ou pression d’une demande momentanée une grande part de nos vins de pays, petits nouveaux dans la cour, se sont laissés aller, comme certains de leurs grands frères AOC, à confondre rendement administré, moyenne arithmétique, et qualité du produit. On optimisait la déclaration de récolte. Nous étions sur notre petit nuage, grisés, insoucieux telle la cigale de la fable, alors qu’il eût fallu capitaliser les dividendes de cette embellie en investissements commerciaux, en un pilotage fin de chacun de nos vignobles - quel que soit son statut juridique, sa notoriété, - par les metteurs en marché. »

 

La suite vous la connaissez, je n’ai nul besoin de vous faire un dessin.

 

Face à cette situation le CIVB aligne des plans stratégiques à la queue leu leu :  ce fut en 2010, « Bordeaux demain » et en 2017 ce ne sera pas « Bordeaux après-demain » mais « Bordeaux, ambitions 2025 ».

 

L’enjeu ?

 

Redonner à Bordeaux la place de leader aux AOC de la filière.

 

« Bordeaux continue de souffrir sur les marchés français et européens »

 

Urgence.

 

En 2016 la commercialisation en France et à l’export des vins de Bordeaux a atteint 4,73 millions d’hectolitres. En volume comme en valeur la baisse est de 3%. En France et en grandes et moyennes surfaces, les ventes sont en baisse de 3% en volume et de 1% en valeur.

 

Allan Sichel, le président du CVB a donné le ton le 24 avril, en assemblée générale, martelant que «si la situation s’est améliorée, des défis importants demeurent ». D’où l’enjeu qui consiste à « redonner leur place de leader aux vins de Bordeaux en formalisant un plan ambitieux ».

 

Le CIVB sera accompagné dans sa réflexion, associant tous les acteurs de la filière, par le cabinet Kea. Le plan en question sera finalisé d'ici la fin de l'année.

 

« Il tracera des perspectives, proposera des outils, détaille Allan Sichel. Son objectif central sera d'identifier tous les leviers d'actions permettant de créer de la valeur, pour les opérateurs, viticulteurs, les distributeurs, les négociants... mais aussi pour le consommateur. »

 

« La reconquête des ventes passera notamment par l'Europe, où les vins de Bordeaux sont chahutés. La Chine, « un gros marché dont nous ne devons pas être trop dépendants », les USA « où les perspectives de gain de parts de marchés sont intéressantes », ne seront pas oubliées. Allan Sichel voit aussi plus loin et ambitionne « de se projeter plus loin, à l'horizon 10, 20, 30 ans. Quelle sera alors la consommation en Afrique, en Inde, que peuvent y espérer les vins de Bordeaux ? »

 

Fédérer ! Une gouvernance en Cercles

 

« Pour ce faire un dispositif en cercles concentriques devrait permettre de mobiliser l’ensemble du CIVB. Un premier cercle réunira une douzaine de personnes. Un deuxième cercle sera constitué de 50 à 80 représentants du CIVB, puis le troisième cercle avec le reste des adhérents. Pour la réussite de ce plan : trois conditions pour le cabinet Kea : « une dynamique collective, une vision inspirée et un dialogue stratégique «. Ni plus ni moins. D’ici la fin de l’année, l’ossature du plan sera présentée. Il abordera la marque avec ses forces et ses faiblesses, le couple produits-marchés, les actifs immatériels, le retour d’expérience du précédent plan, la création de valeurs, la RSE. »

 

Le cabinet Kea c’est 40 consultants en France, 123 bureaux en Europe, 50% du chiffre d’affaires réalisé en grande distribution et consommation sera chargé de concocter une partition permettant de reconquérir des parts de marchés.

 

Ha ! la sous-traitance, imaginez un instant l’état-major d’Eisenhower déléguer l’intendance du Jour le plus long à des consultants.

 

Aveu de faiblesse de la définition même d’une stratégie qui intègre le faire. On en reste à des objectifs si généraux, si flous, pour que tout le monde semble y retrouver son compte, preuve qu’il n’y a aucun stratège à la barre.

 

Tant qu’à Bordeaux il ne sera pas admis que l’ancien système recèle un gap systémique, une distorsion entre le grand luxe des GCC à l’international et la ramasse du vrac à quelques euros sur le marché domestique de Baron de Lestac (mais où sont au CIVB les Pierre Castel et les Joseph Helfrich, les volumiques ?) la stratégie ne sera qu’un exercice cosmétique, de pure politique.

 

Si le Bordeaux ordinaire veut retrouver de la notoriété, là où se gagne aujourd’hui la notoriété, il faudra faire de vrais choix sur la ressource, trier, admettre l’espace de liberté des vins de France, cesser de tergiverser sur le respect réel de l’environnement.

 

Convaincre, quoi !

 

Et ce n’est pas avec les vieilles recettes d’un cabinet conseil en grande consommation que viendra la lumière, aussi bien sur le marché domestique qu’à l’international, bien au contraire c’est par une réelle remise en cause du modèle de base que la grande maison de Bordeaux peut retrouver les bases de son prestige écorné.

 

Moi ce que j’en dis c’est pour causer puisque je suis retiré des voitures mais en cochon de payant, vous savez le consommateur de plus de 65 ans qui traîne plutôt ses guêtres dans les bars à vin de Paris et d’ailleurs, plutôt que de se faire rincer à la table des grands châteaux, je continue d’affirmer que sans un diagnostic clair et courageux il n’y a pas de stratégie gagnante.

 

Se leurrer c’est commode mais de grâce cessez de nous saouler avec votre prétendu Bordeaux bashing !

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 06:00
e-cuisine du Taulier : j’ai toujours aimé recevoir ceux que j’aime à la maison ce qui ne m’empêche pas d’être furibard face à ceux qui ont des vapeurs…

En ces temps où certains, qui se disent militants du vivre ensemble, nous saoulent à coup de postures intransigeantes, sans concessions, les militants paresseux de la Toile ICI  je cultive le bonheur de recevoir à la maison.

 

L’ancien combattu de mai 68, lacrymogène et pavé d’artilleur, 3 semaines de grève générale dans ce que Yannick Guin a nommé La Commune de Nantes 1968, où paysans-ouvriers-étudiants unis souhaitaient renverser la table  ICI, contemple avec une pointe d’ironie tous ces « révolutionnaires assis ». Bien sûr nous avons échoués va-t-on me rétorquer. Et alors, nous n’étions pas bien au chaud le cul sur notre chaise à poser des libelles révolutionnaires.

 

Donc camembert les révolutionnaires en chaise longue (1), revenons au sujet du jour bien recevoir ceux qu’on aime !

 

(1) Les intellectuels en chaise longue Georges Suffert

 

Tout commence par « ils viennent déjeuner mercredi… »

 

Alors débute la réflexion sur : qu’est-ce-que je pourrais bien faire pour leur faire plaisir ?

 

L’objectif est de ne pas passer l’essentiel de son temps dans la cuisine à concocter des plats compliqués mais d’allier le bien manger avec la convivialité de la conversation à table.

 

Une fois le schéma de menu esquissé il faut faire ses courses.

 

Vélo, direction rue du Nil, avec une liste en tête : mesclun, asperges, petits pois, agneau, fromages…

 

Tout est là sauf les fameux petits pois.

 

Achats, retour chargé comme un mulet, déchargement puis re-départ cette fois-ci rue Daguerre. Mas petits pois sont là, made in France.

 

Pour le dessert je pataugeais mais soudain illumination, direction Geronimi tout près de l’église Saint-Sulpice chère au cœur de Jean-Paul Kauffmann.

 

Je pédale de bon cœur et je trouve mon bonheur.

 

De retour at home : écossage des petits pois, épluchage des navets, des carottes, des patates, des petits oignons. Cuisson à la vapeur en même temps que mes asperges violettes et d’Argenteuil.

 

Ce sera tout pour ce soir.

 

Au lever je prépare mes assiettes, couverts, verres et plats…

 

Ensuite lavage et tri du mesclun, réchauffage de mes pointes d’asperges.

 

Mise en chauffe du four pour le roulé d’agneau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préparation des assiettes pour l’entrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfournage du roulée d’agneau.

 

 

Réchauffage de mes petits légumes.

 

 

J’ouvre la bouteille de Myosotis arvensis 2014 de Claire Naudin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout va bien…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suis assez content du résultat, la tablée est ravie…

 

 

 

Un beau plateau de fromages, il adorent ça…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous finissons sur les glaces de Geronimi : au choix châtaigne, fruit de la passion, chocolat et pistache…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même que le petit Loulou du haut de ses presque 1 ans a liché de la glace au chocolat…

 

 

Du bonheur simple avec les enfants qui ont tracé leur route et Dieu sait qu’ils ne sont pas nés avec une petite cuillère en argent entre les dents.

 

 

Et après cela vous voudriez que j’aie de la considération pour des gens qui ont des vapeurs lors du 2e tour pour botter le cul de l’héritière de ceux qui ont trahi la France à l’heure où il fallait résister.

 

 

Seuls les communistes ont eu une attitude digne ! Et Dieu sait que je ne partage pas leur analyse mais j’ai travaillé avec des Ministres communistes : Anicet Le Pors, Jack Ralite, Charles Fiterman et c’étaient de bons ministres compétents et loyaux.

 

 

Comme je suis presque au bout de la route je ne veux pas prendre le plus petit risque d’ouvrir la porte à cette porteuse de haine.

 

 

Lui signifier sèchement son congé et ensuite voter aux législatives pour ses convictions.

 

 

Bordel, c’est simple, pas besoin de prendre de gants !

 

 

Quelque fut le candidat face à la haine j’aurais eu la même attitude alors de grâce épargnez moi vos vapeurs de chochottes déçues…

 

 

Me reste plus ce soir à manger les restes, y’en a pas beaucoup mais un peu de légèreté dans ce monde de calculateurs ne peut qu’être bénéfique…

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 06:00
Léon Blum 1932: « Entre Hitler et le pouvoir une barrière infranchissable est dressée » Sebastian Haffner, Histoire d'un allemand, souvenirs 1914-1933

J’avoue que dimanche soir j’ai été sidéré en écoutant le discours de Jean-Luc Mélenchon. Je comprends son immense déception et celle de tous ceux estampillés insoumis qui ont voté pour lui mais, tout de même, j’attendais de lui, avec son panache habituel, un discours de mobilisation contre le danger mortifère que constituent le FN et sa nouvelle gravure.

 

 

Leurs idées sont souvent aussi courtes que leurs cheveux et je vous épargne toute forme de comparaison animale car j’ai trop de respect pour mes amies les bêtes. De même je n’affirmerai pas qu’ils sont bêtes comme leurs pieds, Prévert et Montand vous expliquerons pourquoi, mais me contenterai de constater qu’ils pensent avec leur bras et que cette geste mène toujours au même endroit.

 

 

Je vous invite à lire ou à relire un livre qui m’a ouvert les yeux, un livre magnifique de Sebastian Haffner, « Histoire d'un allemand, souvenirs 1914-1933 » où l’auteur, un magistrat protestant, qui n'essaie pas de se donner un beau rôle, décrit comment la société allemande policée et cultivée bascule petit à petit dans l'acceptation du nazisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comparaison n’est pas raison, je n’écris pas que nous en sommes là me contentant de constater que ceux qui menaient la danse contre la faible République de Weimar «pensaient avec leurs bras comme un seul homme…»

 

 

J’exècre toute forme de geste collective pratiquée en horde au nom d’une soi-disant lutte antisystème alors qu’elle n’est qu’un signe de ralliement à tous les partisans de la haine de l’autre.

 

 

Suivez-les, approuvez-les en silence, accordez leur plein de bonnes raisons, osez même dans l’isoloir pencher de leur côté, mais ne venez pas me dire lorsque vous récolterez ce qu’ils ont semé : « on ne savait pas ! »

 

 

 

« Peu de choses sont aussi comiques que le calme souverain et détaché avec lequel mes semblables et moi-même contemplâmes, comme d'une loge de théâtre, les débuts de la révolution nazie en Allemagne - processus qui ne visait pourtant à rien d'autre qu'à nous exterminer. La seule chose qui soit peut-être plus comique encore, c'est que des années plus tard, avec notre exemple sous les yeux, l'Europe entière se soit offert la même attitude supérieure de spectateur passif et amusé, alors que les nazis étaient depuis longtemps occupés à lui bouter le feu aux quatre coins. »

 

 

« Il est probable que les révolutions, et l'histoire dans son ensemble, se dérouleraient bien différemment si les hommes étaient aujourd'hui encore ce qu'ils étaient peut-être dans l'antique cité d'Athènes : des êtres autonomes avec une relation à l'ensemble, au lieu d'être livrés pieds et poings liés à leur profession et à leur emploi du temps, dépendant d'une foule de choses qui les dépassent, éléments d'un mécanisme qu'ils ne contrôlent pas, marchant pour ainsi dire sur des rails et désemparés quand ils déraillent. La sécurité, la durée, ne se retrouvent que dans la routine quotidienne. A côté c'est tout de suite la jungle. Tout européen du XXe siècle le ressent confusément avec angoisse. C'est pourquoi il hésite à entreprendre quoi que ce soit qui pourrait le faire dérailler - une action hardie, inhabituelle, dont lui seul aurait pris l'initiative. D'où la possibilité de ces immenses catastrophes affectant la civilisation telle que la domination nazie en Allemagne. »

 

 

« La situation des allemands non nazis en été 1933 était certainement une des plus difficiles dans lesquelles peuvent se trouver des hommes : un état d'impuissance totale et sans issue, combiné avec les séquelles du choc causé par une attaque -surprise. Les nazis nous tenaient à leur merci. Toutes les forteresses étaient tombées, toute résistance collective était devenue impossible, la résistance individuelle n'était plus qu'une forme de suicide. Nous étions traqués jusque dans les recoins de notre vie privée, la déroute régnait dans tous les recoins de notre existence, une débandade dont on ne savait où elle finirait. En même temps, on était exhorté chaque jour non à se rendre, mais à trahir. Un petit pacte avec le diable, et on ne ferait plus partie des prisonniers et des poursuivis, mais des vainqueurs et des poursuivants »

 

Voilà ce qu’écrivait Haffner qui n’avait rien d’une révolutionnaire

 

 

Et puis je jouais avec mes pieds

C’est très intelligent les pieds

Ils vous emmènent très loin

Quand vous voulez aller très loin

Et puis quand vous ne voulez pas sortir

Ils restent là ils vous tiennent compagnie

Et quand il y a de la musique ils dansent

On ne peut pas danser sans eux

Faut être bête comme l’homme l’est si souvent

Pour dire des choses aussi bêtes

 

Prévert

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 08:05
Et si nous commencions par le commencement : 1 école minée par des injustices dignes de l’Angleterre victorienne.

Le petit livre, Un petit fonctionnaire d’Augustin d'Humières est une œuvre salutaire sans avoir des relents réactionnaire qu’il faut lire pour comprendre l’école publique française du XXIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits :

 

« Au début des années 2010, la France est confrontée à l’affaire des « réseaux djihadistes ». Ce qui a attiré mon attention, c’est le déséquilibre très frappant entre le temps que ces jeunes français radicalisés avaient passé dans un lieu supposé de radicalisation : une mosquée, une prison, la Syrie, et celui qu’ils avaient passé dans une école publique française. Je crois que le ratio était de l’ordre d’1 à 10 : pour une journée passée « en radicalisation », ils en avaient passé 10 à l’École publique. »

 

« Cette école avait pensée, structurée, organisée pour que l’élève en sache le moins possible. La multiplication des matières, des filières, entre lesquelles l’enfant devait choisir comme dans un supermarché, au nom de la sacro-sainte « liberté » de l’élève, l’inadaptation totale des programmes à la réalité des classes, la diminution continue des horaires, la priorité donnée au projet, à l’expérimentation hasardeuse, tout avait été fait pour transmettre un savoir volatile, éclaté, absurde. On avait cassé tout ce qui pouvait ressembler à un cadre. Certes, la famille pouvait rattraper l’affaire.

 

Mais introduisez dans ce système des enfants qui n’avaient personne pour passer derrière l’école, pour donner les bases, en français, en histoire, en anglais. Ajoutez-y le sentiment de profonde injustice, d’être systématiquement dans le camp des perdants, de ceux qui n’ont pas accès aux « bons plans », et vous obteniez des centaines de milliers d’élèves très facilement manipulables. »

 

L’auteur :

 

« C'est quelqu'un de bien. Il est là, sur le terrain. Tous les jours. Il applique les consignes, il suit les programmes, il exécute. Souvent, on loue son dévouement. Et puis un jour sonne l'heure des comptes : vous avez contribué à instaurer un système injuste, inégalitaire, et absurde, qui n'a fait qu'engendrer l'ignorance, la violence, et le ressentiment. A présent, il faut répondre. Nous professeurs, nous savons que l'histoire n'a commencé ni à Racca ni à Mossoul ; elle commence chez nous, avec des familles et des enfants qui ne sont pas très riches, et auxquels nous n'avons rien transmis.

 

Ni une langue, ni une histoire, ni des textes, ni des mots. Nous savons que nous avons construit une école qui perpétue les inégalités et même les amplifie, qui fait sortir de son sein des élèves chez lesquels nous n'avons rien fait retentir sinon la colère sourde et diffuse d'avoir été victimes d'un système qui sous couvert d'égalité des chances et de formation à la citoyenneté ne fait qu'amplifier les inégalités, et vise à n'apprendre strictement rien de clair et de précis à un élève. »

 

Autre extrait :

 

« La salle des professeurs est pourtant un enjeu de pouvoir, aussi dérisoire soit-il. Vous y trouvez toujours les mêmes tauliers, ceux qui sont sur les terres : « Ici, c’est chez nous ! » Ils gèrent le marché noir, la répartition des miettes du gâteau, le business susceptible d’enjoliver un peu le quotidien, les heures sup, les décharges, les nouvelles options, les prépas, parfois les emplois du temps, les promos, les muts… Si vous respectez tous leurs codes, alors vous faites partie de la grande famille : vous êtes la laïcité, la culture, l’héritier de Gambetta, Jaurès, Malraux, Charlie. Vous ne savez pas très bien pourquoi, ni comment, mais c’est ainsi : ils se veulent « de gauche ». Le moindre désaccord, la simple question vous classe nécessairement dans la catégorie des dangereux réactionnaires. Cette gauche de convention se définit par ses codes. On se sert sans vergogne dans le folklore ouvrier, on appelle le proviseur « le patron », on est « en lutte », on fait des « AG » en déclinant un credo universaliste : « on fait grève pour tous ceux qui ne peuvent pas faire grève ! », « Nous sommes tous des caissières de chez Carrefour ! ». Force est de reconnaître que ces décennies de luttes ont assez peu amélioré le quotidien de la caissière de Carrefour, qui nous avait pourtant confié une opportunité de taille d’améliorer son quotidien : éduquer ses enfants. »

 

Augustin d'Humières : « Les devoirs à la maison sont absolument essentiels pour l'élève »

 

ICI

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 07:40
Un dimanche ordinaire hier ?

Cette chronique est écrite en direct au fil de ce dimanche de votation sous haute tension.

 

Lever 7 h 30.

 

Déjeuner ordinaire en compagnie du chat du voisin qui râle pour avoir sa pitance.

 

Je me vêts sans passer par la douche, je vote dans mon jus. Dress code : vieux bobo assumé, jean gris, polo parme, veste bleue roi, richelieu sur socquettes fuchsia…

 

Au dehors 6° au compteur, 8 h 02 la contre-allée du boulevard Saint-Jacques baignée d’une douce lumière est paisible.

 

Bureau de vote n°26 boulevard Arago, 9 personnes déjà, je patiente dans la file car les opérations de vérification me semblent plus serrées que d’ordinaire. En effet, un jeune homme vérifie sur une liste avant de délivrer un numéro.

 

Je prends mon enveloppe.

 

Comme j’ai une procuration même procédure puis vérification sur le bordereau des procurations. Je signe en tant que mandataire.

 

Je prends une seconde enveloppe.

 

J’ai les mains bien encombrée lorsque je pioche dans les bulletins de vote. Précautionneux je pioche dans 3 piles, respectueux de la loi en cela : il faut prendre 2 bulletins différents au moins.

 

L’isoloir.

 

J’emplis avec soin mes 2 enveloppes.

 

Direction l’urne.

 

Nouvelles vérifications puis je glisse mon enveloppe dans l’urne et j’émarge dans le petit rectangle prévu à cet effet.

 

Je remets ça pour la procuration.

 

Je salue les assesseurs :

 

En sortant je croise mon voisin du 7e que je salue. La file d’attente s’est allongée.

 

Il est 8 h 16

 

Retour par la place de l’île de Sein : photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À la maison je poste ma citation fausse du jour :

 

Citations fausses N°4 bis

 

«Un vent de fronde a soufflé ce matin»

 

Goliath

 

Ma chronique le militantisme sur internet c’est le “militantisme paresseux” qui pisse dans un violon… me vaut l’assentiment de 2 amies de Face de Bouc Isabelle et Laurence. Je like.

 

Il est 9 h 28

 

Douche.

 

Petits travaux ménagers de ménagère de plus de 65 ans.

 

Petite faim.

 

Il est 10 h 16 il fait 10°

 

Par bonheur j’ai fait du riz au lait hier au soir, pause sur le balcon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yves-Marie Cann @yvesmariecann

 

Pour rappel : aucun "sondage sortie des urnes" n'est réalisé dans la journée. Tout prétendu chiffre s'y référant serait donc faux !

 

Retweeted Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) :

 

#ElectionPrésidentielle2017 28,54 % : taux de participation à 12h pour le 1er tour en 🇫🇷 métropolitaine (28,29 % en 2012 et 31,21 % en 2007)

 

12° je pars déjeuner à 12 H40.

 

Je passe devant plusieurs bureaux de vote, du monde, tout est calme.

 

Arrivée à Amarante rue Biscornet, j’arrime mon vélo à son poteau.

 

Maréva est enrhumée, je m’assois à ma table habituelle. Le restaurant est plein.

 

Je choisis de la cervelle, une sole de petit bateau avec des panisses et une glace à la poire. Je bois ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La sole est superbe et la glace comme je les aime…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’accompagne ensuite Maréva qui va voter rue de Charonne, puis nous filons jusqu’au Châteaubriant pour une dégustation. Boulevard Parmentier une file d’attente très longue devant un bureau de vote.

 

C’est plein de bobos.

 

Mon choix :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est l’heure de revenir à la maison.

 

J’allume mon écran.

 

Nos amis belges rejouent via Le Soir # Radio Londres avec peu de succès car la fermeture des bureaux de vote à 19 heures les prive de grain à moudre. Pourtant dès 19 heures ils pronostiquent Macron en tête.

 

La suite vous la connaissez.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les fameux sondages avaient vu justes.

 

Macron en tête suivi par la fille du borgne.

 

Exit Fillon et Mélenchon.

 

Bérézina pour Hamon.

 

Fidèle à ma cure de désintoxication je ne ferai aucun commentaire et j’avoue que ça m’arrange lorsque je lis et j’entends les réactions de certains.

 

Les petits calculs sont toujours d’actualité.

 

Mon seul bonheur c’est la défaite de Sens Commun et l’espoir de renvoyer dans 15 jours l’autre à ses désirs déçus.

 

Ensuite nous rentrerons dans le carnage des élections législatives.

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 08:00
René Pleven vérifiant la première page du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, qu'il avait lancé en 1946 (DR - Coll. Famille Pleven)

René Pleven vérifiant la première page du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, qu'il avait lancé en 1946 (DR - Coll. Famille Pleven)

Le temps est suspendu.

 

Hier où que j’aille tout le monde était tendu, inquiet.

 

Muré dans mon silence j’attends, il sera toujours temps de lever le voile sur cette période à fortes turbulences.

 

Sur les réseaux sociaux c’est la débauche, empoignades, invectives, mensonges, fausses nouvelles, tombereaux d’ordures.

 

Peine perdue !

 

Stoppez-tout !

 

« Vous pensiez qu’en publiant sur Facebook des articles engagés, des pétitions argumentées et autres coups de gueule politiques, vous alliez convaincre vos amis de prendre parti avec vous ? C’est malheureusement inefficace. C’est ce que met en évidence un sondage réalisé aux Etats-Unis par l’entreprise d’analyse de réseaux sociaux Rantic, et relayé par Wired.

 

Aucun effet sur les opinions de vos “amis”

 

Pour cette étude, 10 000 utilisateurs de Facebook, répartis de manière équitable sur tout le spectre politique, ont été interrogés. La question qui leur était posée était simple : un post Facebook les a-t-il déjà fait changer d’avis sur un sujet ? La réponse est éloquente : 94 % des républicains, 92 % des démocrates et 85 % des indépendants répondent non. La plupart d’entre eux estiment aussi que les réseaux sociaux ne sont pas des agoras propices à la discussion politique – ce qui ne les empêche pas de le faire parfois.

 

Slacktivisme

 

En revanche, il ressort de ce sondage que ces posts Facebook en forme d’apostrophes politiques ont un effet sur la perception que vos “amis” ont de vous. Les opinions politiques que vous publiez sur vos réseaux sociaux sont donc des critères majoritairement retenus par vos connaissances pour vous juger… 12 % des républicains, 18 % des démocrates et 9 % des indépendants confient même avoir déjà supprimé un “ami” Facebook en raison des commentaires politiques qu’il exprimait.

 

Le militantisme sur internet est parfois taxé de “slacktivisme” (littéralement, “militantisme paresseux”). Il semble donc avec cette étude que par-dessus le marché, cette forme de militantisme soit inefficace. Est-ce à dire que Nicolas Sarkozy se trompait lorsqu’il déclarait, en juin 2014 : “J’ai un million d’amis sur Facebook et je compte bien m’en servir. En plus, ça coûte zéro centime” ? »

 

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, suis pas plus con que la moyenne…

 

Nous venons de vivre une longue et fructueuse période de tribunes libres en tout genre du genre pourquoi il ne faut pas voter pour tartempion.

 

Vous me direz c’est dans l’ordre des choses, chaque camp cherche à discréditer le programme de son ou de ses adversaires. J’en conviens sauf que le signataire ou les signataires se drapent dans leurs titres universitaires, ce sont des …logues ou des …istes, qu’ils soient atterrés ou nobélisés, pour nous faire la leçon.

 

Et ils le font dans la presse parisienne qui est le matériau essentiel des commentateurs, des chroniqueurs, des éditorialistes des médias parisiens.

 

L’important étant la reprise, le tweet, l’écume de la notoriété du ou des signataires, rien de plus rien de moins.

 

En effet, qui lit de A à Z leur prose ?

 

Pas grand monde, et surtout pas ceux qu’ils voudraient persuader de ne pas « mal-voter ».

 

Leur prose veut s’adresser tout aussi bien à la France d’en haut (je ne partage pas cette catégorisation) qu’à celle d’en bas.

 

Pour la première, du moins pour celle qui lit encore, ces conseilleurs patentés, estampillés détenteurs d’un savoir, disent s’adresser à l’intelligence de leurs lecteurs. Pourquoi pas, mais ils le font par le biais d’un langage qui est celui de leur spécialité, ils ne cherchent pas à convaincre mais à faire la preuve de leur supériorité intellectuelle.

 

Font chier à me prendre de haut, à nous prendre de haut, je ne suis pas plus con que la moyenne, nous ne sommes pas plus con que la moyenne de cette engeance qui se dit intellectuelle.

 

Le politique, la chose publique, ne se nourrit pas que de concepts, de théories économiques ou sociales, mais du faire, du choix. Bien sûr, je ne disconviens pas qu’il faille articuler l’action politique autour de grands principes mais le cambouis de la vie, nos égoïsmes catégoriels, notre incapacité à passer des compromis, ne permettent pas d’entrer dans des moules bien huilés.

 

Que de grandes voix s’élèvent pour baliser nos chemins politiques, pourquoi pas, mais ces voix ont disparues laissant la place à des ersatz essentiellement tournés vers leur nombril, leur fonds de commerce.

 

Reste cette France dites d’en-bas, qu’ils auscultent d’en haut, dont la fenêtre sur le monde est majoritairement l’écran de télé qui déverse toute les horreurs du monde, la peur des autres, les promesses des démagogues, des images-choc, des formules toutes faites, tous ces gens qui se raccrochent à l’illusion qu’on va se préoccuper d’eux.

 

C’est là que ça se passe messieurs les conseilleurs, la gent masculine est ultra-majoritaire, du côté de l’Éveil de Pont-Audemer ou du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, façon de parler pour désigner le flux continu des chaînes télé qui coule dans la salle à manger.

 

Encore plus « je pisse dans un violon » : sur les réseaux sociaux des clampins qui pensent s’adresser à la terre entière alors qu’ils ne mobilisent que quelques potes inoccupés ou une poignée de détracteurs, toujours les mêmes, nous tancent, nous font la morale, sature l’espace d’empoignades très vite incompréhensibles.

 

L’important c’est l’audience, le buzz, et de se plaindre de l’absence de débats de fond dans une campagne très au-dessous de celles que nous avons vécu depuis l’an 2000.

 

Là, je me gondole grave car ces campagnes furent des prototypes de programmes non tenus, viré par-dessus bord sitôt le vote. L’important était de gagner.

 

Celle-ci, avec de vrais clivages, certes fait un peu peur sans aucun doute, y compris au militants paresseux de la Toile, secoue le cocotier habituel.

 

C’est le risque, mais à ne pas prendre de risque on fait du sur-place.

 

« Le temps n'est plus où le monde nous passait tout. Soyez assurés qu'il ne nous passera plus rien. Le dénuement d'un homme ou d'un pays change ses amis en conseilleurs, en critiques et en juges.

 

Mauriac, Le Bâillon dénoué, 1945, p. 416 CNRTL

 

 

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