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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 06:00
«Casse-toi petit con!» Aux grands hommes les hautes fonctions ! de la taille des présidents sous la Ve République

Dans le livre « Tu sais, c'est pas fini », où Laura Pouget raconte comment Nicolas Sarkozy s'est construit en opposition à Guillaume, son grand frère par l’âge et la taille, devenu homme d'affaires. Celui qu'on surnommait «Nicky» puis «Cocola» pour son amour du chocolat était moins bon à l'école, mais aussi moins érudit et pas sûr de lui pendant que son grand frère, de quatre ans son aîné, excellait.

 

Le jeune Nicolas adore déjà Johnny Hallyday, le cyclisme et le football. «Je suis le nul de la famille», se présentait-il aux parents de ses amis d'école, selon des propos rapportés dans le livre. On y apprend aussi que ses relations avec son grand frère étaient exécrables, au point que celui-ci, excédé par son petit frère, répétait souvent «Casse-toi petit con!» pour le rembarrer.

 

Dans son  excellent livre « La société du paraître » Jean-François Amadieu consacre dans son chapitre « Les grands absents en politique » un deux paragraphes à la taille des hommes politiques.

 

Aux grands hommes les hautes fonctions !

 

« Combien  de fois entend-on dire que la petite taille n’est pas un problème pour un homme puisque l’on peut être relativement petit et Président  de la République ? Si effectivement Nicolas Sarkozy est un homme de taille modeste, cela n’enlève rien à l’avantage dont jouissent en moyenne les hommes politiques de grande taille. Dominique de Villepin avait une silhouette qui lui conférait mécaniquement une longueur d’avance sur Nicolas Sarkozy, mais il est évident que cet avantage n’assure pas en lui-même le succès. Sarkozy a été attaqué et raillé en raison de sa petite taille et des stéréotypes qui y sont liés : revanchard et teigneux, manquant de grandeur et rabaissant la fonction présidentielle… On a cru voir en lui une personnalité « à problème » influencée par sa petite taille. Du coup, il a multiplié les efforts pour paraître plus grand : choix des ouvriers l’entourant lors d’un déplacement en usine, comme l’on révélé des journalistes ; port de chaussures à talons rehaussés ; prises de vues qui l’ont parfois fait sembler aussi grand, voire nettement plus grand que son épouse Carla Bruni-Sarkozy…

 

Le président Obama dans une réunion du G20 avait plaisanté sur le physique du président français en ces termes : « Je veux féliciter Nicolas et Carla pour la naissance de Giulia… et je suis certain  que Giulia héritera du physique de sa mère plutôt que de celui de son père, ce qui est une excellente chose. » Toutes les études scientifiques convergent sur ce constat : la grande taille d’un homme politique est un avantage électoral. Dans la République, Platon signalait que celui qui hérite du gouvernail est plutôt celui qui est le plus fort et de grande taille, bien qu’il ne voit rien er soit ignare en matière de navigation. »

 

Nous avons en outre découvert que sous la Ve République le différentiel de taille séparant un Président sortant de son successeur avait toujours été d’au moins sept centimètres.

 

Avec son 1,82 m, Georges Pompidou qui succéda au général de Gaulle cédait en effet 11 cm à ce dernier, lequel culminait à 1,93 m ;

 

Avec son 1,89 m, Valéry Giscard d’Estaing qui succéda à Pompidou en comptait 7 de plus que ce dernier ;

 

Avec son 1,72 m, François Mitterrand qui succéda à Giscard d’Estaing en cédait 17 à son prédécesseur ;

 

Avec son 1,90 m, Jacques Chirac comptait quant à lui 18 cm de plus que Mitterrand à qui il succéda ;

 

Enfin, crédité d’un 1,68 m, Nicolas Sarkozy en cédait pas moins de 22 à Chirac lorsqu’il le remplaça à l’Elysée.

 

Sous la Ve République, cette autre règle d’alternance morphologique n'avait jamais été démentie.

 

Sauf par François Hollande qui, avec son 1,74 m, a délogé Sarkozy de l’Elysée, était  à peine plus grand que ce dernier, six petits centimètres seulement le séparant du Président sortant. A l’aulne des deux règles d’alternance présidentielle qui auront été la marque de fabrique de la Ve République, il aurait donc manqué à M. Hollande un bon centimètre pour être éligible.

 

Il le fut pourtant.

 

Alors dans la nouvelle compétition largement ouverte des diverses primaires de tout bord l’avantage taille va-t-il jouer en disqualifiant avant la bataille les 2 petits ?

 

Le grand favori des sondages : Alain Juppé mesure 1,82 m, soit 8 cm de plus que le sortant, est-ce un signe que les deux règles d’alternance présidentielle qui ont été la marque de la Ve République vont jouer en sa faveur ?

 

Avec ses 1,74 m Marine Le Pen ne fait que jeu égal avec Hollande.

 

Emmanuel Macron n’est pas très grand 1,73 m et Manuel Valls plafonne comme Hollande à 1,74 m.

 

Dans les outsiders : Arnaud Montebourg et Bruno Le Maire avec leur mètre 90 peuvent nourrir l’espoir, si Juppé gagne, de faire à nouveau échec à la double règle.

 

Quant à notre Mélanchon avec son mètre 74 il ne fait que jeu égal avec ses exécrés Valls et Hollande, mauvaise augure…

 

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 06:00
Ne dites pas à ma mère que je suis dans 1 camp naturiste, elle me croît à la grand-messe du Primat des Gaules.

Ces derniers temps je me suis installé dans la peau d’un faussaire sur Face de Bouc, tel un César de la compression je récupère des citations pour les tordre et les attribuer à des signataires aussi divers que parfois avariés.

 

Les plus prisées :

 

« C’est plus de l’amour c’est de la rage. » Pasteur

 

« Attention ! Y’a une marche.» Chopin

 

« Courage, Fillon. » Sarkozy

 

« La place de la femme est au foyer. » Landru

 

Celle de mon titre est empruntée au roi de la Rolex  à plus de 50 ans qui en avait un livre, réécrite bien sûr pour cadrer ce qui m’arrive ce samedi.

 

Et qu’est-ce qui m’arrive ce samedi ?

 

Je prends le TGV pour Lyon où je vais me donner en spectacle sur une estrade dans un camp de naturiste place de la Bourse.

 

- Que diable allait-il faire dans cette galère ? s’interroge le Géronte bas-bourguignon Jacques Dupont.

 

Tout pour le zizi ! renchérit Pierre Perret.

 

- Il vient fomenter une  Révolution souriante proclame l’Antoine Gerbelle en descendant de son canasson.

 

Voilà, comme disent les attachées de presse chères au cœur de Jacques  Dupont, j’ai bien placé mon produit : mes 3 dernières chroniques de la semaine.

 

Maintenant un petit mot sur le Primat des Gaules

 

« Le primat des Gaules est un titre conféré depuis 1079 à l'archevêque de Lyon, ancienne capitale des Trois Gaules alors terre d'Empire, en vertu de l'ancienneté de son siège (remontant à l'époque gallo-romaine), et de l'autorité qu'il a exercée par le passé sur les autres évêques de France. Le titre de primat conféré à un archevêque lui garantit une juridiction théorique sur plusieurs provinces ecclésiastiques. En France, seuls les titres de primat des Gaules et de primat de Normandie, attribués respectivement aux archevêques de Lyon et de Rouen, sont encore utilisés (auxquels il faut ajouter le titre honorifique de primat de Lorraine porté par l'évêque de Nancy et de Toul). »

 

Donc départ pour Lyon à la gare de Lyon ce qui est logique sauf que la gare d’Austerlitz ne permet pas de se rendre à Austerlitz.

 

Plus délicat cette question de grand-messe que j’ai si longtemps servi au temps de mes culottes courtes : la soutane, le surplis, les burettes, l’odeur fade de la sacristie… Ma sainte mère pensait alors que je marquais des points pour aller, en aller-simple, au paradis.

 

Las, tout est allé de mal en pis. Tout d’abord mécréant me voilà maintenant en route pour l’enfer. C’est la faute des filles naturistes, tentatrices, enjôleuses, persuasives, elles m’ont jeté dans des bains de plaisir, des jacuzzis jouissives, les diablesses dont je ne donnerai pas les noms, elles se reconnaîtront.

 

Oui je jouis et je le sais je suis damné.  

 

N’attendez-pas de moi que je batte ma coulpe j’ai définitivement opté pour l’indignité et ça me plaît. Comme je ne fais de tort à personne libre à moi de faire ce qui me plaît n’en déplaise aux constipés, aux « ça ne se fait pas », aux bas de plafonds et tout autre engeance tendance culs bénis.

 

Vous allez me dire que tout ça est bien joli mais que vais-je faire un samedi à Lyon ?

 

Je vais faire salon avec les louloutes et les loulous qui font des vins qui ont des poils aux pattes. Plus précisément, à 14 heures je monterai sur une estrade, fier comme un petit banc, pour participer à un débat animé par l’Antonin belle gueule.

 

Bien évidemment j’ai organisé ma claque avec mes nombreux fans, fortement féminisés, afin de gagner à l’applaudimètre sur mes compagnons de chaîne : Antoine Gerbelle l’hyper-médiatique, Dominique Piron le boss du Bojo et Vincent Wallard le globe-trotter.

 

Ce que je regrette c’est que ça manque de femmes, même chez les naturistes on reste entre mâles ! Et pourtant, je connais des vigneronnes qui ont la langue bien pendue, si elles sont dans le public je leur refilerai le micro.

 

L’Antonin pour lustrer mon ego déjà surdimensionné m’a dit que j’étais là pour donner du sens. Sans doute du « Sans Interdit ». J’ai consulté Onfray afin d’être à la bonne hauteur face au défi.

 

Le thème du débat ★ un débat crépitant : «Et si le vin sauvait l'agriculture ? »

 

Et moi, au lieu de faire le vieux beau chez les naturistes, ne devrais-je pas plutôt songer à sauver ma pauvre âme en charpie ?

 

Lorsque vous lirez cette lamentable chronique je serai dans le TGV à me souvenir que l’un de mes tout premier discours, comme plume, fut pour le président de l’AN, maire de Vienne, sur l’inauguration du premier TGV Paris-Lyon, le 22 septembre 1981 par François Mitterrand fraîchement élu Président de la République.

 

Les rames étaient Orange alors va pour l’orange comme pour les vins !

 

À bientôt les courageux qui viendront se farcir le débat juste après le déjeuner. Dans la patrie d’adoption de Raymond Barre je pense que  ce sera excellent pour entamer un petit roupillon…

 

 

 

 

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 06:00
Le réveillon du millénaire chez Pierre Perret avec Alain Decaux, José Artur et Michel Rocard la Romanée-Conti 1900 offerte par Lalou Bize-Leroy…

Lorsque mon service de presse m’a informé que Pierre Perret venait de publier « Ma vie en vin » au cherche midi je me suis souvenu d’une confidence de Michel Rocard à propos de son initiation au vin et je me suis dit que le facétieux Pierrot en ferait état dans ses souvenirs.

 

Bingo ! J’avais tout bon !

 

Ce fut lors du réveillon du millénium dans la maison de Pierre Perret à la sortie de Nangis, en Seine-et-Marne, devant laquelle je suis passé si souvent en allant rendre visite à la grand-mère d’Elisa à Villeneuve-les-Bordes.

 

Ce soir-là, raconte Pierre Perret, une épouvantable tempête déracinait un pin qui en tombant libérait une centaine de poulets de leur poulailler. Les trois chiens de la maison, croyant que c’était un nouveau jeu en ont occis une soixantaine en 20 mn.

 

Panne d’électricité généralisée, radiateurs glacés, invités grelottants qui réclamaient des pulls, chapons aux truffes en rade faute de four… le changement de millénaire se présentait fort mal. Mais le karma inversa la vapeur, le ying l’emportait sur le yang et le « réveillon du 31 décembre 1999, prolongé jusqu’à pas d’heure de l’année 2000, fut sans aucun doute, le plus original et le plus rare réveillon de ma vie » écrit Pierre Perret.

 

Les invités José Artur, Alain et Micheline Decaux, ainsi que « Michel Rocard si heureux et si en verve ce soir-là. »

 

« De ce réveillon mythique, TOUT, ce soir-là, s’avéra extraordinaire.

 

Alain Decaux avait eu auparavant une alerte de santé, et la perspective de se retrouver en compagnie de tant d’amis avait illuminé ses yeux si rieurs.

 

Il avait précisé « Tu demanderas à Pierre si je puis me permettre, pour une fois, d’amener mon vin ? »

 

Rébecca, interloquée, lui avait rétorqué en souriant :

 

- Tu sais bien que tu peux amener ce qu’il te plaît, Alain, mais tu n’as pas oublié tout de même que Pierre a une cave bien pourvue, de ce côté-là. Et que…

 

Alain Decaux lui rétorqua que ce vin-là il ne l’a pas. Avant d’ajouter « si je tiens à partager avec vous c’est qu’elles (ces bouteilles) sont uniques, tout comme l’amitié. Et que la vie est courte. »

 

Le Pierrot fait alors une petite erreur sur le maroquin d’Alain Decaux, en lui attribuant la Culture alors qu’il fut Ministre de la Francophonie de Michel Rocard. Donc, à cette période-là, « madame Bize-Leroy elle-même eut la gentillesse de m’offrir trois de ses plus prestigieuses bouteilles de Romanée-Conti 1900. Nous en dégusterons deux ensemble, j’ai réservé la troisième pour notre fils, Jean-Laurent, qui adore le vin. »

 

Grande flambée dans la cheminée, buissons entiers de bougies allumées aux quatre coins de la grande table de la salle à manger « donnaient un petit parfum de XVIIIe siècle ».

 

Prémices du dîner : « des petits pains grillés sur la braise, abondamment tapissées de foie gras » qui « disparaissaient littéralement sous une épaisse rondelle de truffe fraîche et odorante.

 

Magnum de champagne Cuvée Louise 1982.

 

« Puis ce furent deux bouteilles de château Pétrus 1982 qui « aggravèrent » les mines étonnées de ceux qui prirent le temps de s’attarder sur ces fragrances. Ses senteurs étonnantes de truffe et de sous-bois étaient en parfaite symbiose avec les saveurs vanillées que libérait le vin de Pomerol unique au monde. »

 

NDLR : c'est Pétrus tout court cher Pierre...

 

Pierre Perret s’interrogeait : « les 2 flacons de Romanée-Conti 1900 – si prestigieux soient-ils (mais cependant centenaires) – auraient bien du mal à s’aligner aux côtés de ces deux prix d’excellence que venaient de remporter nos étonnantes demoiselles Pétrus 1982 qui avaient fait sans peine l’unanimité. »

 

L’atmosphère avait baissée d’un ton.

 

Le bouchon était en très bon état et le Pierrot, en grand amateur, note que les bouchons des années mythiques de la DRC sont changés tous les 10 ans par le maître de chai.

 

Le silence total s’était fait autour de la table, tout le monde admira sa robe pourpre vif pendant que le Pierre carafait la première bouteille dans un beau flacon de cristal puis, « versant trois bons centimètres au fond de mon grand verre ballon, je le fis tournoyer sous mon nez, attentif à la moindre fragrance suspecte. Lui aussi (comme la poularde) exhalait un parfum vanillé et comme truffé à la fois. Tout le monde attendait la sentence. »

 

- Il n’est pas bouchonné, dis-je soulagé. « La finesse de ses arômes égale même son grand panache. » Puis, en dégustant une gorgée que je fis délicatement aller-venir entre mes joues avant de l’avaler, j’ajoutai :

 

« Il a encore du jarret, sans brutalité, et n’a besoin de personne pour vous câliner les muqueuses. Savourez-le bien, les amis, ce vin est tout bonnement unique, ajoutai-je en les servant à tour de rôle. Je n’ai jamais eu de telles saveurs entre les cloisons. »

 

- Oui, renchérit Alain après l’avoir dégusté, j’aimerais bien posséder sa jeunesse jusqu’à mes cent ans.

 

La seconde bouteille, s’avéra encore meilleure que la première, à l’appréciation de tous « Je l’avais carafé tout de suite après la première, elle avait eu le temps de s’oxygéner. Elle dégageait à présent un bouquet plus musqué de champignon et de sous-bois… »

 

Pierre Perret en conclusion que s’achève ici le cortège des amis disparus depuis cette mythique soirée de réveillon chez lui à Nangis.

 

J’ai gardé pour la bonne bouche ce qu’il écrit sur l’homme qui reposa aujourd’hui sur les hauts de Monticello.

 

« Tu étais, Michel, un intarissable bavard sur mille sujets qui ne laissaient jamais personne indifférent. Tu adorais que je t’emmène cueillir les cèpes au bois. Sans être un très grand connaisseur, tu aimais bien le vin… mais tu préférais le whisky ! Je ne répèterai pas ici les généreuses digressions que tu fis ou que tu écrivis, même à propos de certaines de mes chansons, mais elles me touchèrent infiniment. La finesse de tes analyses me fit découvrir l’extrême sensibilité qui t’habitait.

 

Oui, l’ami que tu étais nous manquera éternellement, mon cher Michel. »

 

Merci, cher Pierre Perret, de l’écrire…

 

Je n’ai pas encore pris le temps  de découvrir le restant de ton livre mais je partage avec toi ceci :

 

« Je ne connais rien aux femmes : je les aime. Je ne connais rien au vin : je l’aime.

 

Je les ai découverts tous les jours un peu plus.

 

Tout au long de ma vie… »

Le réveillon du millénaire chez Pierre Perret avec Alain Decaux, José Artur et Michel Rocard la Romanée-Conti 1900 offerte par Lalou Bize-Leroy…
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 06:50
Ceci n’est pas une chronique car ceci « Soif d’aujourd’hui » d’Augereau & Gerbelle n’est pas un guide !

En ce moment je n’ai guère l’âme chroniqueuse, allez savoir pourquoi ? C’est un secret d’État !

 

Alors quand j’ai reçu de l’Antoine Gerbelle, un ex de la RVF qui m’aime tant depuis que j’ai osé  brocarder les agissements de son président, même si j’ai reçu en son temps les excuses de madame Prouvost, et d’une fraîche chroniqueuse de cette même RVF, Sylvie Augereau, je me suis toi mon coco t’es verni.

 

Et oui, cette compil des vins au naturel, concept adroit, ces 250 vignerons, ces 300 vins, 100% jus de raisin, c’est du pain béni pour un ancien petit rapporteur qui, en son temps, fut brocardé pour avoir mis le doigt là où il ne faut pas le mettre.

 

Comme je le confiais dans ma chronique sur le dernier opus de Jacques Dupont, avant de pondre mon rapport j’ignorais jusqu’à l’existence de la RVF et j’aurais été bien incapable de  vous dire qui était Michel Bettane.

 

Je ne faisais pas parti de la famille des gens du vin, le vin j’y suis entré par la porte du politique, au temps où il fallut, avec Michel Rocard, tourner la page du gros rouge qui tache des coopé du midi et des négociants de place, avec sa cohorte de subventions communautaires qui le maintenait en état de survie. Ce fut sportif, la mèche lente et les cagoulés des CAV ne faisaient pas dans la dentelles.

 

D’ailleurs, je ne sais toujours pas si j’y suis entré dans cette vaste famille mais au gré d’un blog né dans un placard j’y ai beaucoup baguenaudé et me suis petit à petit familiarisé avec ses us et ses coutumes.

 

Ma culture du vin est celle d’un buveur assis à une bonne table et c’est là que mon goût du vin s’est doucement et simplement façonné. Pour autant, le Vendéen que je suis, né dans un pays où la férule des maîtres et des teneurs de goupillon nous tenait en laisse, n’est pas entré en religion et le prosélytisme  lui fait peur.

 

Ce que je défends, c’est la démarche de ceux qui quittent les autoroutes pour réemprunter les chemins de traverse, non par passéisme ou pour un je ne sais quel « c’était mieux avant » mais parce qu’ils font une large place au doute, à la complexité, à l’observation, loin des « assurances tous risques », à l’intelligence de la main.

 

Alors vous comprendrez aisément que, dans ce qui n’est pas un guide mais un « catalogue (même si je n’aime guère ce mot) de belles personnes aux usages vertueux (là aussi je tique un peu, je préfèrerais respectueux) qui vous ouvriront à un autre monde » je retrouve une flopée de vigneronnes et de vignerons amis.

 

Pour autant, je ne suis pas naïf, je reste dubitatif sur la démarche révolutionnaire de ces divers nids, ces tribus. Comme l’ami Gilles Azzoni j’appelle de mes vœux depuis longtemps que s’instaure entre eux une réelle solidarité. Mais pour l’heure, tel sœur Anne, je ne l’ai guère vu venir.

 

Ayant, dans ma vie professionnelle, accompagné un éternel minoritaire, reposant aujourd’hui sur les hauts de Monticello, j’aime beaucoup ces Indiens fonctionnant par nid mais j’ai du mal à percevoir comment ils renverseront un jour la table. Ce sont des lanceurs d’alerte, des petits cailloux dans les grosses grolles, des emmerdeurs, des passeurs, et c’est très bien dans un monde si convenu et c’est pour ça que je les aime et, à mon niveau de vacancier éternel, je les accompagne dans leur combat.

 

Alors, c’est en Alsace Jean-Pierre Ritch…

 

C’est Karim Vionnet en Beaujolais…

 

C’est Olivier Tescher le fils de mes amis Claire Laval et Dominique Tescher compagnons de combat et de discussions, à Pomerol…

 

C’est le Dominique Derain en Bourgogne…

 

C’est Alice et Olivier de Moor à Chablis…

 

C’est Claire Naudin sur les hautes-côtes-de-beaune…

 

C’est Thomas Pico à Chablis…

 

C’est Pascal Agrapart, Francis Boulard, Olivier Horiot, Bertrand Gautherot, Jacques Selosse en Champagne…

 

C’est la famille Arena, Nicolas Mariotti-Bindi et Muriel Giudicelli en Corse…

 

C’est Jean-François Ganevat dans le Jura sans oublier Pierre Overnoy et emmanuel Houillon...

 

Jeff Coutelou, Gilles Azam... en Languedoc.

 

Alexandre Bain, Christine et Éric Nicolas, Gérard Marula, Noëlla Morentin, Thierry Michon mon voisin vendéen, au long de la Loire…

 

Éric Pfifferling,  Gilles Azzoni, Marcel Richaud, le long du Rhône…

 

Jean-François Nicq, les frères Parcé, en Roussillon …

 

En Savoie c’est Dominique Belluard, Jacques Maillet…

 

Dans le sud-Ouest Mathias et Camille Marquet, Cathy et Jean-Marie Le Bihan, Sylviane et Michel Issaly…

 

Et bien d’autres présents dans « les élucubrations d’Antoine » (désolé je n’ai pas pu m’en empêcher ) ou absents de ce non guide.

 

« Je n’aime pas les patrimonio de chasseurs… » Muriel Giudicelli

 

Pascal Agrapart aime « les jus qui mouillent les dents, mordent le bout de la langue. »

 

« Le chablis c’est du champagne sans bulles » Olivier de Moor

 

Explication par les auteurs :

 

« C’est vrai qu’à Chablis, il faut des lunettes de ski  pour résister à la réverbération du calcaire cimenté. »

 

A propos de sa Levée 2014 Alexandre Bain note « En 2012, je pensais avoir fait ma plus grande bouteille… »

 

Ses pairs n’en n’ont pas voulu alors que tout était vendu. Nous on préfère ces sauvignons plus minéraux que variétaux, plus exotique que pipi de chat…

 

Bon y’a plein d’articles tel celui sur le grand retour du cheval de trait dans les vignes… et un répertoire : La groupie du caviste des vendeurs de vins à poils… France entière comme quoi les bobos parisiens ont bon dos… les vins nus envahissent tout le territoire…

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci n’est pas une chronique car ceci « Soif d’aujourd’hui » d’Augereau & Gerbelle n’est pas un guide !
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 06:00
Le vin et moi, Jacques Dupont ne travaille pas au Bigarreau Madame…

Le Jacques Dupont, bas-bourguignon, « qui à 10 ans a fui l’école catholique et refusé de faire sa communion », a fait sienne le célèbre texte de Blaise Pascal « Le Moi est haïssable » (1) en titrant Le Vin et moi, laissant à celui-ci la première place en une forme de révérence sans génuflexion, d’amitié entre La Boétie et Montaigne « Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

 

Si ç’avait été moi j’aurais titré : Les vins émois…  car, hormis, le double jeu des mots, l’érection d’Évin le honnis, cher Jacques, et tes émotions, le pluriel pour le vin s’impose car, ce n’est qu’un constat, non un reproche, tu goûtes à l’aveugle des vins d’une région bien identifiée et non du vin.

 

Dans ma vie professionnelle, au temps de la SVF, sur le Port de Gennevilliers, chaque matin à 11 heures j’allais goûter du vin. Des échantillons de ce qui  se dénommait alors le Vin de Table, des vins sans origine même s’ils en avaient une, des vins que jamais les critiques ne dégustaient, c’était normal ils n’avaient pas grand intérêt même s’ils constituaient l’essentiel  de la consommation  de l’époque.

 

Aujourd’hui, la règle des 80/20 en tirant large sur le 20 est toujours en vigueur. Les vins dégustés par la critique, sans les fourrer tous dans le haut du panier, ne se retrouvent guère installés dans les rayons de la GD, hormis lors de ses foires aux Vins, qui trustent le commerce de la grande masse des vins.

 

Tu t’adresses aux amateurs, à la manière des critiques littéraires qui ne vont pas se fendre d’un papier sur le dernier bouquin sorti chez Harlequin. Pour autant tu ne goûtes pas que des vins  « prout-prout ma chère » très chers, ta palette est large et, sans te cirer les pompes, tu es vraiment une exception dans ce métier.

 

Ce livre, ton livre, je l’ai lu avec des lunettes, c’est l’âge, mais sans œillères, car je n’ai jamais en matière de vins, au pluriel bien sûr, éprouvé le besoin de me faire guider. Ça peut vous paraître prétentieux, chers lecteurs, mais c’est ainsi, mon goût pour le vin n’est qu’une question de circonstances. En effet, avant le numéro Spécial  Vins du Point où tu avais pris le temps, cher Jacques, de lire mon fichu Rapport, j’ignorais jusqu’à l’existence de la RVF, je n’avais jamais consulté un guide et bien sûr pour moi le nom de Michel Bettane n’évoquait rien.

 

Depuis ce jour, qui ne peut être assimilé à la chute de cheval de St Paul sur le chemin de Damas, je suis entré sur la pointe des pieds dans un univers dont j’ignorais les codes. Et puis, ma placardisation vint et j’ouvrais mon espace de liberté, ce blog où aujourd’hui je m’exprime.

 

Comme le disait je ne sais plus qui : « je suis venu, j’ai vu et j’ai compris… » ce qu’était l’étroit marigot de ceux qui se disent « journalistes » de vin. Ton chapitre sur le voyage de presse – je n’en ai fait qu’un qui ne concernait pas le vin mais la viande et le fromage du côté de Laguiole – met l’exercice dans sa juste perspective : faire cracher un beau papier par les transportés qui flatte l’ego de celui qui les a invités et, « surtout il draine vers le journal qui le publie une manne non négligeable… » En l’occurrence le Bigarreau Madame.

 

Plus que toi, cher Jacques, j’ai pratiqué aux premières années de mon blog, un autre exercice, le déjeuner de presse, moins coûteux pour la puissance invitante mais tout aussi édifiant sur les mœurs de pique-assiette. En effet, j’ai noté une forte corrélation entre le standing du restaurant et le statut des dégustateurs. La piétaille pour les bistrots et la crème pour les étoilés. Maintenant que j’ai cessé ce genre  de sport dépourvu d’intérêt je suis avec délice sur Face de Bouc les agapes des maîtres de la dégustation.

 

Sur le chapitre des Mots du vin je n’écrirai rien car ce n’est pas ma tasse de thé même si un jour je me suis amusé à te taquiner sur la tension du vin. C’était en 2009. Je le recommande aux grands amateurs et je savoure à sa juste valeur la mise au point sur la « confusion permanente entre les suffixes « -phile » et « -logue », tout comme le dézingage du « passionné » : «dès qu’un gus, ayant fait fortune grâce à quelques supérettes de banlieue où durant sa vie professionnelle il a fliqué des caissières sous-payées, s’offre sur le tard une résidence secondaire entourée de vignes, le voilà décoré de l’ordre de la passion. »

 

Là, je retrouve le Jacques de « Lorraine cœur d’acier » !

 

Mais les deux chapitres le plus passionnants sont ceux consacrés à L’ivresse et à Naturellement (ou pas).

 

Le premier est un petit bijou de belle érudition qui a lui seul est le meilleur argument pour vous faire acheter l’opus. Assembler l’humour destructeur du Prévert de la Crosse en l’air (1936, la guerre d’Espagne) où l’évêque Barnabé bourré ose répondre au pape Pi qui le met à l’index : « Sais-tu où on le met l’index dans la rue de l’Échaudé. », le Carpe Diem d’Horace, l’humour décalé d’un Pierre Desproges « Jésus changeait l’eau en vin et tu t’étonnes que douze mecs le suivaient partout ! » c’est la patte de Jacques Dupont.

 

« Chassez le naturel et il revient au galop ! » et bien non, le Jacques n’instruit pas à charge le procès des naturistes mais il nous fournit un plaidoyer équilibré, sur le soufre en particulier, qui vaut la peine d’être lu.

 

« Le mot lui-même, l’adjectif « naturel », je peux m’en accommoder même si je suis  profondément attaché à l’idée que le vin est un signe de civilisation, parce que comme l’élaboration du pain, il signifie la maîtrise par l’homme d’un des phénomènes les plus complexes : la fermentation… »

 

« … le vin n’est rien d’autre que le pur produit de l’intelligence humaine dans la domestication de la nature et certainement pas un cadeau de celle-ci, encore moins le produit de je ne sais quelle  génération spontanée. »

 

« On me rétorquera que l’homme n’est pas obligé non plus, pour montrer combien il est incontournable dans ce processus d’ajouter toutes sortes de cochonneries pour rendre plus brillant le plumage et plus bavard le ramage. »

 

« Et là, je rejoins Rousseau qui répond à Voltaire : « Recherchons la première source des désordres de la société, nous trouverons que tous les maux des hommes leur viennent de l’erreur bien plus que de l’ignorance, et que ce que nous savons point nous nuit beaucoup plus que ce que nous croyons savoir. »

 

Le débat est ouvert me direz-vous ? Hé ! bien non chaque camp campe sur ses positions et jamais il n’y a de vrai débat sur un sujet qui dépasse largement une bataille de chiffonniers. Mon ancien job, où l’on se retrouve face aux problèmes du monde agricole, humains, économiques, sociaux, m’a toujours évité de verser dans le manichéisme clivant les bons et les méchants. Pour autant il est important de ne pas verser dans l’angélisme et ignorer le poids des lobbies et des intérêts économiques.

 

Et là j’en reviens aux vins au pluriel, la vraie césure elle est là, entre les 80 % produits pour la masse et le reste qui prétend être le nec plus ultra. À lui, à ceux qui font ces vins, d’être à la hauteur des enjeux qui se présentent à eux, à eux de faire des choix clairs. Quand on a les moyens de faire des choix on les fait, le vin est certes un produit de civilisation mais aussi un vecteur de juteux chiffres d’affaires. On se borde, on se protège, on en appelle aux faiseurs de vin…

 

Pour finir cette chronique je vous recommande l’histoire racontée au Jacques par un indigène tendance GCC de Bordeaux (appellation que je préfère à important acteur de la filière bordelaise, trop techno). « Elle ne se déroule pas au XIXe siècle mais au XXIe et je la garantis sur le fond authentique mises à part quelques modifications par moi apportées pour des raisons évidentes. »

 

La chute de l’histoire en dit plus long qu’un long discours. Ça me rappelle mes impressions lors de mes deux participations à la Fête de la Fleur.

 

« Un poète qui boit, ce n’est pas la même chose qu’un ivrogne qui écrit. »

 

Gérard Oberlé, Itinéraire spiritueux

 

(1) « Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l’ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz-vous ; car en agissant comme nous faisons obligeamment pour tout le monde, on n’a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, parce qu’il est injuste, et qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il le veut asservir ; car chaque moi est l’ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice ; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice : vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi ; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu’aux injustes. »

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 06:00
Faire le vin là où il est bu, un chai urbain à Paris, est-ce que ça vaut vraiment que l’AFP se fende d’une  dépêche ?

C’est la Toussaint, je suis enrhumé, je n’ai pas envie de chroniquer.

 

Dans ma calebasse j’avais pourtant les « hordes » de vignerons de Chablis « ivres de colère » contre l'enfumage de leurs vignes mais renseignement pris auprès de l’ami Olivier les seuls mecs ivres c’étaient les mecs bourrés de la 68e fête  des vins du Chablisien. Faut dire qu’elle avait comme président Laurent Gerra.

 

« Dimanche matin, beaucoup s'étaient déplacés pour voir l'humoriste présider la fête des vins. Intronisé la veille dans la confrérie des Piliers chablisiens, Laurent Gerra a connu une panne d'oreiller. C'est avec une bonne demi-heure de retard qu'il a fini par rejoindre l'estrade des officiels en affirmant qu'il n'avait "pas du tout mal à la tête parce qu'il avait bu du très bon". Le tastevin en bandoulière lui a très vite permis de vérifier que la qualité du chablis n'avait pas faibli dans la nuit. »

 

Le combat commencé à deux dans une cabine téléphonique continue et si les vignerons du chablisien se réveillent enfin, vaut mieux tard que jamais, j'en suis bien aise...

 

Hier l'émission, où les hordes de vignerons ivres de colère furent ainsi évoquées, traitait du mensonge : est-ce qu'un bon gros mensonge pour une bonne cause vaut absolution ? L'éternel choix entre la fin et les moyens. 

 

Applaudissements nourris sur les bancs du public qui n'est là que pour ça et succès garanti chez les amis de Face de Bouc.

 

La face du monde ne va pas en être changé pour autant mais la petite musique de la déception s'insinue dans ma petite tête. 

 

N'ayant pas envie de chercher un nouvel os à ronger pour faire le buzz je me suis rabattu sur une dépêche de l’AFP dupliqué dans toutes les gazettes de France. Seul, ou presque, le titre varie.

 

Comme vous vous en doutez j'étais ivre de joie !

 

Sur TV5 Monde : Des "chais urbains" fabriquent du vin en plein Paris (la phonétique n’est pas très heureuse).

 

Du vin "made in Paris". A des centaines de kilomètres des vignobles français, des "chais urbains" se lancent à Paris dans l'élaboration de vin, avec l'idée de faire revivre la tradition viticole francilienne au plus près de "là où les gens le boivent".

 

"C'est la première fois qu'une société privée presse du raisin dans Paris intra muros", indique Mathieu Bosser, l'un des fondateurs des Vignerons Parisiens. A ses pieds, un jus pourpre s'écoule du pressoir.

 

La suite ICI 

 

Sur le Dauphiné Libéré : INSOLITE Ils fabriquent du vin en plein Paris

 

« Du vin «made in Paris». A des centaines de kilomètres des vignobles, des «chais urbains» se lancent dans l’élaboration de vin, avec l’idée de faire revivre la tradition viticole francilienne au plus près de «là où les gens le boivent».

 

«C’est la première fois qu’une société privée presse du raisin dans Paris intra muros». Aux pieds de Mathieu Bosser, un des fondateurs des Vignerons Parisiens, un jus pourpre s’écoule du pressoir. »

 

La suite ICI 

 

Même le POINT s'y met, hors Jacques Dupont, en rajoutant des photos ICI  : 

Des "chais urbains" fabriquent du vin en plein Paris

 
 

 

Fort bien, mais je ne vois pas le plus du transport du raisin pour faire du vin in situ. Il faudra que l’on m’explique. Parler de tradition francilienne en se référant à la Halles aux Vins et à Bercy est une ânerie par ces lieux accueillaient des vins faits. Remonter avant le phylloxéra aussi car à l’époque le raisin venait du Bassin Parisien.

 

Bref, produire quelques boutanches dans le Marais ou à Montreuil c’est bien joli, ça amuse la galerie et quelques restaurateurs dont les cartes de vins ne sont pas forcément à la hauteur, mais est-ce que ça vaut vraiment un papier de notre AFP nationale ?

 

À vous de me le dire, moi, comme mes confrères nationaux et régionaux j’ai comblé à bon compte ma non envie de chroniquer.

 

Bonne fête de tous les Saints, celle des morts c’est demain…

 

Lire Le triste sort des chrysanthèmes en Europe : fleurs de cimetière ICI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 06:00
Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…

Je ne suis pas comme St Pierre, je ne me renie pas, avant que le coq ne chante 3 fois, mon analyse partagée dans le document stratégique Cap 2010, j’y souscris toujours sans rougir ni battre ma coulpe. Une fois posé notre diagnostic nous demandions aux grands dirigeants de la vigne France de faire des choix clairs qui engagent l’avenir. Ils n’ont pas été fait alors  il ne faut pas s’étonner que la grande masse des vins français naviguent dans la belle ambigüité du « tout origine » AOP-IGP.

 

Le terroir rien que le terroir !

 

Aujourd’hui, en vacances éternelles, je me contente de boire ce qui me plaît sans pour autant stigmatiser ceux qui ne boivent pas comme moi. Ce que je n’admets pas c’est la bonne vieille technique de la fermière sur le pot de yaourt produit à la chaîne.

 

Le vin dit nature, brocardé, moqué, par les dégustateurs patentés mais drainant de nouveaux consommateurs est en passe d’être récupéré par notre chère GD.

 

La dénomination nature n’étant pas définie juridiquement – peut-elle l’être d’ailleurs – donc non protégée car non protégeable, peut être utilisée par tout un chacun avec le seul risque que la DGCCRF face à une telle extension sorte l’arme lourde : l’interdire.

 

Certains petits malins, profitant du marqueur « sans sulfites ajoutés » baptisent joyeusement leur cuvée en y incluant le mot nature. Profitant de la vague bio, ces petits malins, la main sur le cœur, affirment : certifié bio+sans sulfites ajoutés =  vin nature. Sauf que ça n’a rien à voir, le process d’un vin bio ne cadre pas exactement avec celui des vins nature. Il suffit de consulter le cahier des charges UE des vins bio pour s’en convaincre.

 

La boîte noire de la vinification, ce qui se passe dans le chai, nos naturistes d’occasion se gardent bien d’y faire allusion : la flash-pasteurisation ça nettoie bien le vin.

 

La meilleure dénomination du vin nature est sans aucun doute : le vin nu, le pur jus de Fleur Godart, le vin sans aucun intrant.

 

Certains m’ont reproché d’allumer salement Carrefour avec ses « cuvées nature » dans sa foire aux vins 2016. Un ancien acheteur de la GD m’a fait remarquer que ses anciens collègues étaient des gens sérieux. Je n’en  doute pas mais la question n’est pas là : ce qui m’intéresse c’est que le contenu du flacon corresponde à sa dénomination.

 

Moi je veux bien me faire avoiner et je suis tout prêt à reconnaître que mon jugement hâtif et non fondé, mais seulement après avoir mis mon nez dans les rayons pour vérifier.

 

J’ai  donc pris mon beau vélo et j’ai filé au Carrefour Market du 13e près du métro Nationale puis au retour je me suis arrêté au Monoprix du 13e rue Daviel pour acheter des flacons estampillés nature.

 

Dans le premier, où le rayon vins baignait dans un joyeux bordel, j’ai trouvé avec beaucoup de peine, en tête de gondole 3 représentants de ces cuvées dites nature : le Naturae de Gérard Bertrand sous 3 cépages : syrah, merlot, cabernet-sauvignon, le Intact de la coopérative de Buzet et le château Les Vieux Moulins un Blaye Côtes de Bordeaux.

 

Comme les vins de Gégé on les trouve partout, j’ai acquis les 2 derniers pour la somme de 9,90€ soit 4,95€ le flacon. Le Blaye est bio, le Buzet non. La mention sans sulfites ajoutés est inscrite en gros sur l’étiquette.

 

Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…

Chez Monop les étiquettes affichaient la couleur :

 

  • Esprit Nature by Rauzan Bordeaux
  • Nature Chiroubles
  •  

Le premier est biologique, l’autre non.

 

Le second applique une pastille verte « sans soufre ajouté » et le second rien du tout.

 

J’ai raqué 15,55 soit 4,95€ pour le Bordeaux de la coop de Rauzan et 10,60€ pour le Chiroubles du domaine Didier Desvignes estampillé d’un petit escargot rouge anima vinum 

Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…

À partir de là quoi faire ?

 

Les mettre à déguster chez des naturistes échevelés c’était risquer de les envoyer à l’abattoir, de les voir se faire déchiqueter.

 

Après réflexion j’ai opté pour une dégustation par des gens dont le métier est de guider madame et monsieur tout le monde dans le choix  du vin à boire à table. Des sommeliers donc, à l’esprit ouvert, sans préjugés.

 

La dégustation s’est faite sous chaussette, les dégustateurs ignorant tout de mes intentions.

 

Nous sommes le mardi 25 octobre en fin de journée juste avant l’heure du dîner, dans de beaux verres, sans façon.

 

Mes dégustateurs jouent le jeu. Leurs commentaires sont mesurés mais petit à petit se dégage une opinion commune : ces vins ont la gueule de vin de comptoir, sans défauts ni qualité, chaud, courts en bouche, et conclusion : nulle envie de les acheter.

 

Quand le tour de table des 4 cuvées a été terminé j’ai moi-même goûté. Rappelons qu’il s’agissait de 4 vins d’AOC : 1 Buzet, 1 Bordeaux, 1 Cote de Blaye et un Chiroubles qui est un cru, deux estampillés bio, tous « sans sulfites ajoutés ».

 

Rien à voir avec des vins nature, morne plaine, comme un vieux souvenir des dégustations d’échantillons de vin de table en fin de matinée à Gennevilliers. Même pas déçu, ces vins sont tous passés sous les fourches caudines de la dégustation d’agrément et dans leur créneau de prix : moins de 5€ ils sont bien dans la norme des acheteurs de la GD.

 

Rien à leur reprocher, c’est du tout-venant, sauf que l’on veut les faire passer pour des vins nature alors qu’ils n’ont comme seul dénominateur commun le « sans sulfites ajoutés ».

 

Est-ce si important ?

 

Mon opinion est mitigée.

 

Pour l’heure le consommateur-type de vin nature  est fléché caviste spécialisé alors la concurrence déloyale n’a pas beaucoup d’impact sur l’image de ce type de vin.

 

En revanche, l’utilisation sur l’étiquette du mot NATURE dans les 2 cuvées de Monop : l’une bio issue d’une coopé : Rauzan et l’autre non bio d’un vigneron rattachée à un logo commercial (le petit escargot) est indue et de nature, si je puis l’écrire, à « enduire » le consommateur en erreur.

 

Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, faites comme moi, délestez-vous de 25€ et envoyez-moi un petit compte-rendu de votre buvaison.

 

Merci par avance.

Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
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Nature vous avez dit nature : 4 flacons Carrefour market et Monoprix soumis à la dégustation…
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « Je ne veux pas de l'Intérieur, je n'aime pas les flics. Pas la Justice. Je déteste les juges. » Juppé droit dans ses bottes.

Ma petite troupe est au complet dans la salle de réception de l’appartement que mes commanditaires ont mis à ma disposition. Ils sont guillerets, les commentaires vont bon train sur la soirée mémorable aux Climats. Daburon, qui s’est autoproclamé délégué syndical du groupe, profite de sa position pour jouer les chevaliers-servant auprès d’Émilie, qui  trouve ça très drôle et le mène par le bout du nez. Avant de donner mes instructions, je leur délivre mon analyse de la situation.

 

Nous sommes entrés dans le pot-au-noir, comme l’écrit le frère de Julien Clerc, Gérard Leclerc :

 

« … le ni-ni est partout, ce qui en dit long sur la morosité et désillusion ambiante. »

 

Ni Sarko, ni Hollande, le rejet est massif mais « … ces mêmes Français ne sont pas loin du "ni lui, ni un autre" quand ils répondent à une très forte majorité dans une enquête Odoxa que les autres candidats ne feraient guère mieux que le président sortant... »

 

Et Leclerc d’ajouter « Ce désengagement aurait-il déteint sur les politiques ? Emmanuel Macron se proclame "ni de droite ni de gauche", François Fillon ne veut ni de Sarkozy au nom "d'une autre éthique du pouvoir" ni d'Alain Juppé dont le projet est trop centriste. Cécile Duflot ne veut pas choisir entre les 2 candidats Verts qui l'ont éliminé. Et chez les socialistes, les "ni Hollande, ni Montebourg ni Valls" sont sans doute plus nombreux que les partisans de chacun de ces candidats potentiels. »

 

Et voilà que le Nicolas, jamais en reste d’un virage sur l’aile à 180°, renie son ni-ni, dont-il était le héraut : le « ni gauche ni FN » pour, la mort dans l’âme, sur les terres de Provence qui lui sont acquises,  avouer qu'il voterait, « pas de gaieté de cœur » certes, François Hollande si celui-ci se retrouvait au second tour face à Marine Le Pen.

 

Désemparé face à l'écart qui se creuse dans les sondages avec Alain Juppé, sondages dont il dit se foutre, il panique et s’aperçoit à force de mettre toujours plus vers la droite dure, il pousse la gauche modérée à aller voter pour le maire de Bordeaux et il hérisse l'électorat centriste et de droite modérée, nourrissant ainsi le « tout sauf Sarkozy ».

 

D'où son tête à queue, qui ne l'empêche pas de continuer à taper sur le « traitre » Bayrou et sur l'alternance molle et impuissante qu'incarnerait Alain Juppé.

 

Ce dernier, comme le père Hollande, s’est fait piéger par une journaliste, Anne Cabana.

 

Un Juppé conforme à son image : « Il aime aussi la contradiction, relève Anna Cabana dans son livre Un fantasme nommé Juppé (éd. Stock). « Dès qu'on me dit blanc, j'ai envie de dire noir. J'ai été de droite pour prouver qu'on pouvait être intelligent et de droite ! »

 

« Lors d'un déjeuner avec Nicolas Sarkozy, à la fin de l'été 2010, il est question de lui donner le ministère des Affaires étrangères. « Nicolas, je ne supporterai pas la cohabitation avec toi au Quai d'Orsay », répond-il au président de la République. « Je ne veux pas porter ton cartable. Et je ne veux pas d'un ministre de l'Afrique officieux nommé Claude Guéant. » Alain Juppé va jusqu'à dire qu'il pressent la défaite en 2012. « Plus largement, je ne suis pas sûr d'avoir envie de monter à bord du Titanic. Si tu te plantes à la présidentielle, j'aurais brûlé tous mes vaisseaux. »

 

« Fillon est un faux-jeton, mais il est sérieux. Borloo, lui, est incapable de tenir Matignon », explique-t-il à Anna Cabana. « Lui et moi, c'est l'eau et le feu. Je sais bien qu'avec son langage de marchand de frites, ou de merguez, il passe plutôt bien auprès des gens. Mais moi, je ne peux pas. »

 

Finalement à la Défense, Alain Juppé ne se privera pas de souligner qu'il lui en coûte parfois de travailler pour son meilleur ennemi. « Je suis dans une situation absolument déconcertante », avoue-t-il quelques semaines après sa prise de poste. « Depuis que je suis redevenu ministre, je passe mon temps à défendre Sarko. J'aime les défis ! ».

 

Mais, ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué !

 

Duel Juppé-Sarkozy: gare aux ombres des sondages, rien n'est joué

 

« Alain Juppé va gagner. Il ne peut plus perdre. Nicolas Sarkozy va perdre. Il ne peut plus gagner. Jour après jour, la petite musique devient concert. Le duel entre l’ancien Premier ministre et l’ancien Président est joué. Plié. Terminé. Il n’y aura ni événement imprévu, et encore moins improbable, parce que les armes ont parlé. Et les armes, ce sont ces sondages qui, depuis deux semaines, rabâchent tous le même message : le roi est mort, vive le roi ! Après Sarkozy, Juppé.

 

Il est deux façons de lire ces enquêtes. La première, la plus facile, consiste à se contenter de constater le résultat de la mécanique des blocs en mouvement. Juppé monte, Sarkozy descend, Fillon se maintient, Le Maire glisse. Et la seconde, plus exigeante, dérangeante, et finalement plus intelligente, qui consiste à se pencher sur leur part d’ombre, afin d’en distinguer non l’apparente vérité, mais la vraie réalité. Quel mécanisme préside au mouvement dont on nous inflige le résultat comme certain ? Et ce mécanisme a-t-il été bien appréhendé ?

 

Dès lors que l’on s’élève son degré d’exigence dans la lecture des enquêtes en question, la perception de la victoire inéluctable d’Alain Juppé en sort très relativisée. Parce qu’en vérité, pour qui veut bien les lire de manière complète, y compris celles qui ne sont pas commentées des heures et des heures sur les chaines info, le sort de la Primaire ne parait pas aussi joué que certains le prétendent. »

 

La suite ICI 

 

Autre point d’importance, gagner la Présidentielle est une chose, se tailler une majorité pour gouverner en est une autre, Hollande en sait quelque chose lorsqu’il a dû laisser à la manœuvre Martine Aubry, Première Secrétaire du PS :

 

« Une fois devenu Président, François Hollande a bien tenté de reprendre le contrôle de son parti. Il aurait pu le faire par la bande en nommant son ex-rivale à Matignon. Il a préféré une solution moins risquée et sans doute plus raisonnable qui l’a toutefois obligé à patienter près de six mois avant qu’un compromis honorable permette l’exfiltration de Martine Aubry, lors du congrès de Toulouse en novembre 2012.

 

Mais sur le plan parlementaire, il était déjà trop tard. Au sein de la majorité à l’Assemblée, une fraction de députés socialistes et écolos, investis du temps de l’ancienne direction, avait déjà pris ses quartiers avec la ferme intention de défendre une ligne différente de celle esquissée au sommet de l’Etat par le Président et son Premier ministre.

 

Pour le dire autrement, le maintien des équilibres de pouvoir au sein du système socialiste, au lendemain de sa primaire, n’a pas empêché la victoire de son candidat mais il lui a lié les mains une fois devenu Président. C’est ce qui explique notamment que François Hollande n’ait pas pu sauver François Bayrou lors des législatives de juin 2017 alors que celui-ci avait été l’un des artisans de son élection. C’est ce qui explique aussi qu’après ce faux-pas initial, tout le reste de son quinquennat ait été pollué par une contestation interne qui, à l’Assemblée, n’est jamais allée jusqu’au point de rupture mais qui n’a cessé de freiner son action avant de la décrédibiliser, aux yeux de l’opinion. »

 

Comment Juppé veut mettre la main sur les Républicains

 

« Qui connait l’article 39 alinéa 4 des statuts des Républicains? Ceux qui l’ont rédigé, sans doute. Ceux qui l’ont soufflé parce qu’il les concerne au premier chef, plus sûrement encore. Mais il est peu probable que les grandes masses des militants et, avec eux, l’immense majorité des sympathisants qui iront voté fin novembre à la primaire en aient jamais entendu parler, fut-ce par ouï dire. Or cet article est essentiel pour la compréhension de la campagne – la vraie – qui s’ouvrira à droite dès que son champion aura été désigné. Il explique, au passage, les controverses à fleurets à peine mouchetés qui, ces derniers jours, ont agité la commission d’investiture des Républicains en vue des législatives de juin 2017.

 

Cet article 39 alinéa 4 précise que «lorsque le candidat à la présidence de la République est issu du mouvement, il propose au bureau politique les conditions dans lesquelles la direction du mouvement est assurée». Traduit en français ordinaire, cela signifie donc que le vainqueur de la primaire devient de ce seul fait le patron du parti. Pour être encore plus explicite, cela veut dire que si Alain Juppé, comme c’est désormais probable, est demain le candidat de la droite et du centre, la direction actuelle des Républicains, présidée par le très sarkozyste Laurent Wauquiez, devra lui remettre illico les clés de la boutique. Rien de moins! »

 

Lire ICI 

 

Reste notre Hollande l’exécré qui, comme attendu s’est emparé de la commémoration du centenaire de la naissance de Mitterrand, l’a détournée même pour se livrer depuis le Louvre à un plaidoyer pro domo.

 

Qu’importe si le premier carré de la vieille garde de Tonton le conchie, tel Pierre Joxe, qui sur France Culture à son endroit:

 

« Si vous comptez sur moi pour commenter les propos de ce politicien...». Avant de jeter, cruel : «Je vous ai dit que je n’ai pas l’intention de vous parler de ce personnage que je n’ai jamais soutenu, que je n’ai jamais apprécié. Que je supporte parce qu’il est élu, comme beaucoup de Français. »

 

Pourquoi Hollande a tort de se comparer (en douce) à Mitterrand

 

« Dans l’art de la prosopopée en creux, François Hollande est passé maitre. Après Mauroy et Rocard, auxquels le président s’était identifié en creux dans les discours prononcés lors de leur disparition, est venu ce 26 octobre le tour de Mitterrand. Lui, c’est eux, et eux, c’est lui. Mitterrand, Rocard et Mauroy ont tous en eux quelque chose de François, et lui seul, au bout du chemin, incarne ce qu’ils ont tous été.

 

Donc, face à la famille mitterrandienne rassemblée pour l’occasion au Louvre, le président Hollande s’est une fois de plus abandonné à son péché mignon, dès lors qu’il lui faut célébrer les grands ancêtres. Cette fois-ci, le défi était encore plus grand, puisqu’il lui fallait évoquer la plus gigantesque des forces de l’esprit, François Mitterrand lui-même. D’instinct, avant même que d’écouter le discours, on pressentait que la prosopopée en creux serait de nouveau convoquée par François Hollande pour parle de lui à travers Mitterrand. On ne fut pas déçu. »

 

La suite ICI 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 06:00
L’incendie criminel de la Paillotte chez Francis en Corse : entre pieds nickelés et affaire d'Etat : le Préfet Bonnet « C’est l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » JP. Chevènement

Le 9 février 1998, au palais Lantivy, siège de la préfecture de Corse-du-Sud, devant un parterre de journalistes et d’officiels, le Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Lionel Jospin (en cohabitation avec Jacques Chirac Président de la République), Jean-Pierre Chevènement intronise le Préfet Bonnet.

 

« C’est l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » déclare-t-il.

 

Rappelons que la Corse traverse alors une crise majeure, trois jours avant, le Préfet Érignac a été assassiné en pleine rue à Ajaccio alors qu’il se rendait au théâtre à pied sans escorte. Les Corses sont descendus par milliers dans la rue pour demander au gouvernement de reprendre la situation en main.

 

Le Président Chirac avait déclaré « Nous ne laisserons pas le crime et le non-droit s’installer en Corse. »

 

« Bernard Bonnet déclare ouvertement sa volonté de rétablir l’état de Droit et il a carte blanche de Paris. Il lance un combat contre les nationalistes, utilisant notamment l’article 40 du Code de Procédure Pénale qui lui permet de dénoncer à la justice tous les actes répréhensibles dont il est informé.

 

Le Préfet demande les moyens de sa politique. Le Groupement de Pelotons de Sécurité, Le GPS, voit le jour sous l’autorité du colonel Mazères, grand patron des gendarmes en Corse-du-Sud. Créée le 2 juin 1998, cette unité d’élite de 95 officiers et sous-officiers, rompus aux techniques des commandos, est opérationnelle à partir de septembre.

 

Ses missions : maintien de l’ordre, protection des personnalités,  renseignement, interventions discrètes et lutte antiterroriste. »

L’incendie criminel de la Paillotte chez Francis en Corse : entre pieds nickelés et affaire d'Etat : le Préfet Bonnet « C’est l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » JP. Chevènement

Le 3 mai 1999, en début de soirée, une foule compacte se presse devant les grilles de la préfecture de Corse-du-Sud, à Ajaccio. Le jeune juge Camberou, chargé de l’instruction de l’incendie criminel de la paillotte Chez Francis, intervenu, la nuit du 19 avril 1999, se prépare à partir perquisitionner les bureaux du Préfet de Région, Bernard Bonnet, et de Gérard Pardini son directeur de cabinet, entouré de ses deux collègues de l’instruction, de leurs greffiers et du procureur Jacques Dallest et de son substitut Philippe Toccanier. Il a décidé de le placer en garde-à-vue.

 

Lorsqu’il ressort de la Préfecture, à 3 heures du matin, en compagnie du Préfet Bonnet, celui-ci la foule furieuse lui hurle dessus. Le juge Camberou a l’impression qu’il est aussi visé. Il s’interroge « je viens de placer en garde à vue le préfet et son directeur de cabinet dans une région qui n’est pas connue pour sa stabilité, où le nationalisme monte en flèche. Et moi, j’arrache à son poste la plus haute autorité de l’État après avoir neutralisé le commandement de la gendarmerie corse. Par ce choix ne vais-je pas contribuer à l’effondrement de la Corse ou contrarier le rétablissement de l’état de Droit ? Comment les Corses vont-ils pouvoir faire confiance en l’État ? »

 

Ayant suivi, pour le compte du Ministre de l’Agriculture, sous le gouvernement de Michel Rocard, le dossier de l’agriculture corse, j’ai effectué des déplacements réguliers, au moins une fois par mois, en Corse. J’étais hébergé par le Préfet au palais Lantivy.

 

Je connaissais bien Claude Érignac, il était préfet du Gers lorsque Michel Rocard était Ministre de l’Agriculture, et nous avions sympathisés un soir en dégustant de beaux Armagnac. Il fut ensuite mon collègue, directeur du cabinet du Ministre de la Coopération sous le gouvernement Rocard.

 

Je n’ai jamais croisé le Préfet Bonnet, mais lors de ma mission de médiation dans les Pyrénées-Orientales, il venait tout juste de quitter son poste à Perpignan où il avait laissé un souvenir plus que mitigé. Un de mes interlocuteurs, grand notable de droite, me dit un jour « C’est un fou furieux ! »

 

La filière PO n’est pas à négliger dans ce dossier où l’on a retenu  les noms du préfet Bonnet, de son directeur de cabinet Pardini, du patron des gendarmes, le colonel Mazères, mais on passe sous silence un maillon essentiel, le lieutenant-colonel Cavalier.

 

J’ai suivi cette affaire de très près et son issue ne m’a du tout surpris.

 

 « Officier atypique, connu pour son franc-parler, le lieutenant-colonel Cavalier est arrivé en Corse « dans les bagages de Bernard Bonnet ». Les deux hommes avaient appris à s'apprécier dans les Pyrénées-Orientales. L'un préfet, l'autre commandant du groupement départemental de la gendarmerie. La hiérarchie parisienne de la gendarmerie n'a pas vu - c'est un euphémisme - d'un très bon oeil l'arrivée de Bertrand Cavalier dans le guêpier corse au lendemain de l'assassinat, le 6 février 1998, du préfet Claude Erignac. Bertrand Cavalier circule dans une voiture aux vitres opaques. Il est en civil et jouit du titre énigmatique de chargé de mission.

 

Le mouton noir

 

En guise de contre-pouvoir, la direction de la gendarmerie nomme alors le colonel Henri Mazères à la tête de la légion et prie le lieutenant-colonel Cavalier de rejoindre le rang, au poste de chef d'état-major. Le colonel Mazères est un homme du sérail. Informaticien, à la chaleur toute landaise, il remet vite au pas celui qu'il soupçonne d'être un mouton noir. « Malgré la loyauté affichée du lieutenant-colonel Bertrand Cavalier, les relations entre les deux hommes ne cessent de se dégrader », se souvient un gendarme.

 

Et puis, retournement de situation. Selon un fin connaisseur insulaire du dossier, « le préfet et le colonel Mazères, qui se détestaient cordialement lors des premiers mois de leur travail en commun, en sont venus à nouer des relations intimes. Ils se promenaient ensemble en fin de semaine, protégés par leurs escortes respectives. Il leur arrivait même de faire du bateau ensemble. Ils étaient devenus inséparables, d'une complicité inenvisageable. Privé de Cavalier, Bonnet a instrumentalisé Mazères ». A en croire les déclarations de Bertrand Cavalier, les deux hommes, victimes de leur isolement insulaire, étaient dans les dispositions d'esprit propices à monter une opération tordue comme celle de la plage de Cala d'Orzu. »

 

Qui était le juge Patrice Camberou au moment des faits ?

 

Avec son épouse, Danielle Salducci, juge elle aussi, fraîchement diplômés, ils sont nommés en Corse à l’été 1996.

 

Son épouse est nommée juge d’instruction à Ajaccio alors que lui est juge placé : itinérant. Il sillonne donc l’île : Corte, Bastia, Porto-Vecchio… Il multiplie les postes et les fonctions, travaille à Sartène quand le tribunal est visé par un attentat revendiqué par les nationalistes. Il découvre que certains Corses considèrent les magistrats comme des représentants d’une justice coloniale.

 

En avril 1999, il remplace son épouse enceinte.

 

C’est donc un novice, époux d’une Corse, qui va se retrouver à la tête de l’instruction d’un dossier qui va faire vaciller le gouvernement de l’intègre et austère Lionel Jospin. ( deux personnes suivent le dossier Corse à Matignon, Clotilde Valter et Alain Chrisnacht que j’ai côtoyé au temps de Rocard à Matignon)

L’incendie criminel de la Paillotte chez Francis en Corse : entre pieds nickelés et affaire d'Etat : le Préfet Bonnet « C’est l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » JP. Chevènement

Sous le feu corse. L'enquête du juge des paillotes

 

C’est un document exceptionnel à lire absolument !

 

Récit de Patrice Camberou et François Pottier. Dessins de Daniel Blancou

 

Illustrations de Daniel Blancou

 

Albums, Futuropolis

 

Depuis 2004, après un pourvoi en Cassation, l’affaire est définitivement close, donnant ainsi une vérité judiciaire sur laquelle ce sont basés les auteurs.

 

Le 11 janvier 2002, le tribunal correctionnel d’Ajaccio condamne Bernard Bonnet à 3 ans de prison dont 2 avec sursis et 3 ans de privation de droits civiques. Pour Mazères et Pardini, 30 mois de prison, dont 6 mois ferme.

 

Les 3 font appel et la Cour d’appel de Bastia confirme les peines.

 

Dernier détail pour sourire, Bernard Bonnet a changé souvent d’avocat : il a commencé par Me Kiejman pour finir avec Jacques Vergès.

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 06:00
Comme il ne pouvait la voir en peinture il lui lança  « Vous reprendrez bien un peu de fromage de tête ? »

Tu fais ta tête de lard !

 

« Répète-le voir un peu qu'je suis un voleur, eh ! tête-de-lard ! » 1911. Les Pieds Nickelés voyagent, dans La bande des Pieds Nickelés (1908-1912)

 

L’art pour lard, je vous jure que je ne ferai pas ma tête de cochon : c’est le sujet de fond  de cette chronique.

 

Tout d’abord la première question : que fait-on avec une tête de cochon ?

 

  • Du fromage de tête !

 

Historiquement, le fromage de tête était confectionné avec une tête entière de porc saumurée cuite toute une nuit, puis désossée, mais sans utiliser les oreilles, les yeux et toutes les parties cartilagineuses.

 

Allez, ne faites pas cette tête !

 

De nos jours cette charcuterie traditionnelle est constituée de petits morceaux de viande de porc, plus particulièrement issue de la tête (joues, groin, langue …), généralement cuite avec des morceaux de carottes, de cornichons, d’échalote ou d’oignon, et moulée en gelée, sans oublier persil, ail et épices fines au choix (poivre, thym, genièvre, clou de girofle…).

 

Dégustation !

Comme il ne pouvait la voir en peinture il lui lança  « Vous reprendrez bien un peu de fromage de tête ? »
Comme il ne pouvait la voir en peinture il lui lança  « Vous reprendrez bien un peu de fromage de tête ? »
Fin de soirée des licheurs de vin du restaurant Les Climats

Fin de soirée des licheurs de vin du restaurant Les Climats

Ha ! Les porcs ce sont vraiment des cochons…

 

« Des porcs grognent de joie dans un bain de fange, et sourient tout en reniflant dans leurs rêves. Ils rêvent d’un univers d’eaux grasses et de glandées,  de fouilles dans des gisements de truffes, des trayons cornemuses de maman-truie, de renâclements et reniflements consentants de dames gores en rut. Vautrés dans un bain de boue et de soleil ami des porcs, leurs queues frisent, ils batifolent et bavent et ronflent dans un béat sopor d’après-purin. »

 

Au bois lacté, de Dylan Thomas traduction de Jacques B Brunins.

 

Mais là n’est pas vraiment la question, la seule qui vaille mais où est le cochon dans l’art ?

 

Ce sont deux peintres anglais : George Morland et James Ward, par ailleurs beaux-frères, qui ont mis leur talent au service de la glorification du cochon.

 

Morland était le nom de résistant de Mitterrand.

 

George Morland donc, né à Londres en 1763, fils et petit-fils d’artistes de renom, à une œuvre aussi féconde que sa vie était débauchée.

 

Grand buveur, il appréciait particulièrement la compagnie des jockeys et des boxeurs professionnels ; joueur invétéré, ayant même évité de peu la prison pour dettes en raison de ses pertes au jeu. Il dû aussi fréquenter, à son grand dam, nombre de prêteurs à gages. Malgré cette vie agitée et dissolue, il laissa plus de mille toiles et dessins à sa mort, survenue à l’âge de 39 ans.

 

Sa tombe porte l’épitaphe suivante, qu’il a lui-même composé :

 

« Here lies a druken dog »

 

Ici repose un chien ivre.

 

Il fut l’un des premiers peintres de scène de la vie rurale à avoir axé son œuvre sur les porcs.

 

Un critique – cette profession à souvent le mot juste, à côté de la plaque – « Morland est très proche de l’âme des choses vulgaires… notamment en ce qui concerne « la cochonnerie de ses porcs. »

Comme il ne pouvait la voir en peinture il lui lança  « Vous reprendrez bien un peu de fromage de tête ? »
Comme il ne pouvait la voir en peinture il lui lança  « Vous reprendrez bien un peu de fromage de tête ? »
Comme il ne pouvait la voir en peinture il lui lança  « Vous reprendrez bien un peu de fromage de tête ? »
Comme il ne pouvait la voir en peinture il lui lança  « Vous reprendrez bien un peu de fromage de tête ? »

Ça me rappelle un bouquin « Vivre et penser comme des porcs » de Gilles Châtelet 

 

« Gilles Châtelet propose un diagnostic de la société contemporaine, en prenant position, en un sens quasi militaire, contre toute espèce de compromis avec «la force des choses». Vivre et penser comme des porcs ressemble à une photographie du monde d'aujourd'hui. On y rencontre des économistes, sociologues et autres intellectuels, qui fabriquent l'époque à coups de concepts: société tertiaire de services, ère postindustrielle, démocratie-marché, monde communicationnel, fluidité des échanges, autorégulation" On y reconnaît des profils types, cyniquement dénommés Turbo Bécassine et Cyber Gédéon: des gens heureux, libres dans leur tête, «anonymes et précaires comme des gouttes d'eau ou des bulles de savon»: Gilles Châtelet tourne en dérision les effets de manches de la bonne conscience humaniste qui met plus souvent la main sur le coeur qu'au porte-monnaie pour rendre hommage aux charniers en tout genre, couvre de sarcasmes les attitudes niaises du bon genre réaliste qui juge «informatif» le zapping, «communicationnel» le surf sur l'Internet. «L'ordre cyber-mercantile» a réussi à plonger ce monde dans la «fluidité», autrement dit la circulation des biens et des personnes avec une réduction maximale de tous frottements. «C'est l'image photonique du monde rêvé par le financier spéculateur d'un monde où tout bouge absolument sans que rien ne bouge.»

Comme il ne pouvait la voir en peinture il lui lança  « Vous reprendrez bien un peu de fromage de tête ? »
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