Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:00
Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol

C’est une belle histoire comme je les aime.

 

1 belle histoire de gourmandise.

 

Au risque de me faire gourmander par le haut-clergé, j’affirme comme le fit Lionel Poilâne, que la gourmandise n’est pas un péché mais une vertu car l’aliment nourri le corps et l’esprit.

 

En 2002, celui-ci avait créé l'association « De la question gourmande ». Avec ses amis, il avait pris la décision de s'adresser au pape afin de lui demander de requalifier le péché de gourmandise (en péché de gloutonnerie ou d'intempérance). Selon lui, pécher ne consiste pas à aimer la bonne chère, mais bien à trop manger.

 

Mon histoire est donc celle d’une gourmande fort bien placée pour, chaque jour que Dieu fait, aimer la bonne chère, qui fondait face à une génoise légère que façonnait sa pâtissière aux doigts de fée. Elle n’en pouvait mais, son addiction était totale, aucune barrière ne pouvait l’empêcher, non de pécher, mais de célébrer ce chiffon-cake adoré par nos amis japonais.

 

Elle n’a rien de très originale mon histoire me direz-vous, sauf que le jeune oiseau Yukiko la pâtissière un jour quitta le nid pour voler de ses propres ailes vers des contrées moins huppées. D’une Rive à l’autre, de la gauche vers la droite, du 7e vers le 11e, de Rachida à l’habitat de notre Manuel, ce fut Nanan.

 

Tout cela se passa sous l’œil attendri de notre gourmande qui fondit plus encore, son coeur bondit, battit la chamade, lorsqu’elle découvrit le nom de baptême de ce chiffon cake, sans beurre, spécialité nippone, Carole !

 

Bien plus qu’un simple clin d’œil c’était un vrai hommage, une marque sincère d'amitié, de reconnaissance, à celle qui fut sa patronne.

 

Touchée mais pas coulée mais qui donc est cette Carole ?

 

Mystère !

 

Je vous laisse mariner en vous proposant d’écouter 2 chansons cultes.

 

Lettre A Monsieur Le Chef De Gare De La Tour De Carol de Brigitte Fontaine

Carol de Chuck Berry

Lever le voile, pas encore !

 

Comme vous le savez nous vivons sous l’état d’urgence et le cycliste émérite que je suis n’en croise pas pour autant des hirondelles en pèlerine chevauchant d’antiques bicyclettes, mais plein de jeunes gens munis de mitraillettes.

 

 

 

 

Nanan se situant rue Keller je m’étonnais d’une forte présence militaire dans cette petite rue paisible. Je fis mon enquête auprès des milieux bien informés pour m’entendre dire que le locataire de Matignon, qu’aime tant le petit Macron, y possédait un pied-à-terre.

 

 

Carole me fuyait !

 

En effet, à chaque fois que je passais chez Nanan c’était pour m’entendre dire plus de Carole !

 

Tenace je suis et enfin jeudi j’embarquais Carole sur mon beau vélo.

 

Il me fallait être précautionneux car Carole est fragile. Pensez donc cette génoise légère, parfumée à la vanille, est couronnée d’une aérienne Chantilly.

 

Nous arrivâmes à bon port.

 

J’avais hâte !

 

Je réfrénais mon envie.

 

Je me posais l’habituelle question : que boire avec Carole ?

 

 

Et soudain la lumière vint : j’allais le demander à Carole du restaurant Les Climats.

 

Ainsi dit fut fait samedi, Carole se délecta du Carole de Yukiko tout en me confiant son dilemne, en effet avec ce dessert ses papilles rêvaient d'un poiré d'Eric Bordelet, était-ce bien raisonnable dans ce temple Bourguignon que d'avouer sa flamme pour un poiré roturier. Je la rassurai, ce choix me plaisait puisque je fus pendant 5 ans, non pas une bonne poire, mais le président des AOC pommes et poires sans les scoubidous mais le poiré de Domfront. 

 

Mais, comme je suis un fieffé politique, je ne pouvais quitter les Climats sans jouer la partition chère à mes collègues : l'accord mets-vin !

 

Ainsi comme ainsi Carole choisit aussi la cuvée Agnès un Crémant de Bourgogne qui est un assemblage d'une stricte sélection de Chardonnay provenant de la Côte Chalonnaise et de la Côte de Beaune : 100 % chardonnay.    

 

Voilà, si vous passez rue Keller allez chez Yukiko goûter ses gâteaux... Ils font fondre Carole qui elle vous accueillera à bras ouverts rue de Lille aux Climats.

 

Je la trouve belle cette histoire, pleine d'attention et de chaleur humaine,  " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... " 

 

 

Poiré Grand cru est une cuvée gastronomique de bonne garde, d'assemblage d'une vingtaine de variétés de petites poires au goût sauvage.

Poiré Grand cru est une cuvée gastronomique de bonne garde, d'assemblage d'une vingtaine de variétés de petites poires au goût sauvage.

Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol
Carol ô Carole, de Chuck Berry à une pâtisserie en passant par le chef de gare de La Tour de Carol
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 06:00
Éloge du trouble par un meneur de vie en bâton de chaise onolâtre compulsif…

N’en déplaise aux derviches tourneurs des cercles fermés : Oui j’aime le trouble, y compris dans le vin ! Oui mais je l’aime comme je peux aimer aussi les taches de rousseur, les nez en trompette, les rondeurs, les défauts comme ils disent, car sur le lisse tout glisse. Les aspérités, la résistance aux canons de la beauté, cette perfection froide sur papier glacé.

 

Mes goûts, mes choix sont éclectiques et je ne formate pas mes sentiments, mes coups de cœur, mes passions, mes engagements, l’ennui naît toujours de l’uniformité des codes, de l’impératif des académies.

 

La monoculture vinique me gonfle absolument !

 

Le côté collectionneur, encyclopédie vivante sur un seul sujet, l’entre soi réducteur m’ont toujours paru être une source d’appauvrissement.

 

Toujours ouvrir le champ des possibles, être curieux de tout !

 

En peinture je suis addict de Gaston Chaissac, natif d'Avallon, vendéen d’adoption, qui se définissait comme un enlumineur d’ordures et qui étaient présenté sous l’appellation « comme un quasi-éliminé et comme l’illuminé »

 

Il écrivait beaucoup aussi « Dès 1944, Raymond Queneau puis Jean Paulhan, Gaston Gallimard, et plus tard Benjamin Perret et Gerashim Luca le stimulent au point qu’il engage une activité épistolaire qui va outrepasser le temps consacré à la peinture. Les lettres qu’il sait être lues et échangées vont devenir des outils de communication pour décrire son travail artistique et franchir les limites imposées par des cercles de connaissances exigus et son manque d’assurance dans le contact direct. Grâce à ses lettres, sa démarche devient explicite et corrobore avec les recherches de ses contemporains artistes et hommes de lettres. »

 

Les carcans, les espaces exigus, les limites artificielles, pour un artiste comme Gaston Chaissac, c’étaient autant d’entrave à sa créativité inquiète. Certains le citent en corrigeant ses fautes d’orthographe, ça n’enlève aucune force à ses écrits mais gâte un peu leur saveur, leur relief.

 

 

« J’avais pensé aussi à m’établir marchands de baignoires dans une des localités où personne n’en fait usage puisque de toute façon je suis pour échouer dans toutes les entreprises. Je tenterai peut-être la chose si un jour je suis assez en fonds pour avoir quelques baignoires en magasin. Quoique embarrassants ces objets ce serait tout de même mieux d’en avoir quelques-unes en magasin que de les faire choisir sur catalogue. Il faudra que je demande à Cattiaux le sorcier s’il me voit dans le marc de café vendant des baignoires à Chavagnes-en-Paillers. Ça pourrait d’ailleurs ‘être très bon d’être dans ce Chavagnes à cause des pères de ce nom qui y ont leur maison mère et qui sont dans le monde entier et pour peu qu’ils parleraient un peu de moi un peu partout s’ils me connaissaient ça me donnerait des chances de trouver le placement sinon de baignoires du moins de quelques dessin (à R.G., juin 1948)

 

Il n’empêche que je jouis de la même émotion esthétique en parcourant la galerie des Offices à Florence, le Musée d’Orsay ou le MOMA…

 

« Un peintre c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence. » Christian Bobin L’inespérée

 

Idem pour la musique où je pleure en me gavant de Verdi dans les arènes de Caracalla tout en étant électrisé au Badaboum par le suraiguë d’Oiseaux Tempête mélange détonnant de free jazz, d’expérimentation Boulézienne au service d’un rock expérimental.

 

Bref, je fuis les figés, les installés dans des convictions inébranlables, les qui décrètent de ce qui est grand ou qui ne l’est pas, les frustrés des GCC, les qui m’habillent pour l’hiver en cataloguant en amateur de bistrouille.

 

Peu me chaut mais qu’ils sachent que je ne leur lâcherai pas la grappe, je continuerai de railler leur côté monomaniaque à la Bouvard et Pécuchet.

 

« En même temps que l'aloyau, on servit du bourgogne. Il était trouble. Bouvard, attribuant cet accident au rinçage de la bouteille, en fit goûter trois autres sans plus de succès. »

 

C’est ma liberté.

 

Chez moi la maison à les portes et les fenêtres sont grandes ouvertes, nul besoin de faire partie du club pour s’exprimer, critiquer, me rouler dans la farine, dire que je fais l’âne pour avoir du foin, que je nage en eaux troubles sous le pont-aux-ânes de mes détracteurs…

 

Le sieur Voltaire n’y allait pas avec le dos de la cuillère pour traîner plus bas que terre ceux qui l’attaquaient.

 

L’autre jour au fond d’un vallon

Un serpent piqua …

Que croyez-vous qui arriva ?

Ce fut le serpent qui creva.

 

Je vous laisse le soin d’étaler votre culture générale en plaçant le nom de l’intéressé en lieu et place des 3 points de suspension. Ce doit être dans les cordes d’un En Éducation Nationale.

 

Si tel n’était pas le cas je me propose de lui faire un chouïa de soutien scolaire : l’égratigneur de Voltaire publiait dans L’Année littéraire, rebaptisé par le polémiste L’âne littéraire.

 

J’eusse aimé être ainsi traité par l’innommé car je suis onolâtre.

 

L’onolâtrie est le culte de l’âne.

 

J’adore les ânes. Je leur voue un culte sans concession.

 

L’homonymie avec l’œnolâtrie me va comme un gant pour jouer sur les mots : ha, le trouble !

 

Le 4 décembre 1985, Laurent Fabius, le plus jeune Premier Ministre que Tonton ait donné à la France, clame son « trouble » devant l’Assemblée nationale face à la décision du Président de la République de recevoir le général Jaruzelski chef d’Etat polonais, l’homme aux lunettes noires qui a décrété l’état de guerre et qui réprime le combat de Lech Walesa pour la démocratie.

 

 

Y’avait de quoi.

 

Étrange état que ce trouble, il perturbe le calme intérieur, rend perplexe, embarrasse, inquiète, altère le jugement, proche du dérèglement des sentiments qui fait naître une émotion amoureuse, un désir charnel.

 

« Ta mère... comme elle était belle! (...) La nudité de son cou, de ses bras et de ses mains me troublait » François Mauriac, Nœud de vipères.

 

Le trouble fend l’armure, « Heureux sont les fêlés car ils laisseront passer la lumière » c’est signé Michel Audiard.

 

Cinglé, insensé, sonné, timbré, toqué, avoir un grain de folie, être légèrement ou totalement à l’Ouest, aimer les filles du bord de mer avec leur teint si clair : chauffe Arno, citer Louis Scutenaire «J’écris pour des raisons qui poussent les autres à dévaliser un bureau de poste, abattre un gendarme ou son maître, détruire un ordre social. »

 

Mon espace de liberté, maintenant que je suis retiré des voitures, c’est mon oxygène, ma manière à moi de mener une vie de bâton de chaise* , nul est obligé de me lire, je ne fais de tort à personne, je mène les combats que je peux, alors ceux que j’irrite, indispose, n’ont qu’à passer leur chemin ou venir vraiment débattre : comme les mémés j’aime la castagne. Mais en ce domaine c’est courage fuyons, chacun dans son pré et les vaches seront bien gardées.

 

Le vin est pris en otage, instrumentalisé, il n’est plus un objet de plaisir ou de désir mais un simple véhicule de je ne sais quelle ambition, du paraître, d’une forme de compétition dégustative. C’est triste, ennuyeux, chiant, entre mecs bien évidemment, la gente féminine s’occupe de l’intendance. Ils ont le vin triste. Le poids des mots n’efface pas le choc des photos sur les réseaux sociaux…

 

Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin… après tout ce n’est que du vin, un peu de douceur dans ce monde de brutes…

 

*du côté des bâtons de chaise rappelez-vous Plantu à propos de Balladur : sa chaise à porteurs munie de 2 grands bâtons en permanence manipulés, soulevés, posés, tirés pour dégager la porte de la chaise, remis en place... ils avaient une existence très peu reposante, ce qui explique l'expression dans laquelle l'idée d' « activité excessive » a peu à peu fait place à l'idée de « vie désordonnée ».

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 06:00
Gare aux morilles ! « Faut pas confondre copulation et ramassage de champignons… »

Lorsque mercredi après-midi je me suis dit que, après un passage à Terroir d’avenir, puisque c’était la saison des Morilles, je me devais de plancher sur cet étrange champignon, un titre a jailli dans ma cervelle éruptive, en hommage à la chanson du Georges de Sète : gare aux morilles !

 

 

Je l’ai inscrit sur mon petit carnet. Me restait plus qu’à trouver le bon lieu pour déguster des morilles de compétition.

 

Mon GPS, sans hésitation, m’indiquait TABLE.

 

Illico, allo Bruno, t’en as, oui, alors j’y va !

 

Direction la rive droite en sautant la Seine sur le pont d’Austerlitz !

 

Table d’hôte, deux couples m’y rejoignent, l’un en face et l’autre à ma droite, normal nul ne peut être plus à gauche que moi.

 

Bruno décréta : que la fête commence !

 

Je ne fis, connaissant la maison, aucune objection.

 

Au cœur du dîner, lorsque le plat de morilles, ne pas confondre avec celui de lentilles cher à Esaü, fut déposé sous mon nez je fus envié par la tablée. J’adorai ! Je suis ainsi fait, j’adore les privilèges.

 

Les morilles étaient auvergnates, loin des clichés éculés sur cette belle région pleine de Puy, étaient généreuses, girondes, elles exhalaient des fragrances puissantes. Je chavirai. Me laissait aller à des pensées sauvages, tel un Giscard priapique face à Lady Di. Extase ! Épectase ! Je jouissais sans entrave.

 

Je carburais aux Bigotes pour expier mes pensées impies.

 

 

Bref, frais comme un gardon, jeudi matin je me colletais à ma tâche quotidienne : m’épandre, vous écrire. Ce que je fis comme vous le constaterez ci-dessous.

 

Mais je ne sais ce qui me pris j’interrogeai l’ogre GOOGLE : Gare aux morilles !

 

Surprise totale !

 

La vidéo ci-dessous vous étonnera tout comme moi.

 

Bonne dégustation.

 

 

Survivant de l’économie de cueillette le champignon sauvage est un produit de saison. Bien sûr il n’est pas possible de fixer des dates d’apparition immuables et générales pour les diverses espèces de champignons, mais il est possible de donner un calendrier de la cueillette des champignons.

 

Le premier qui pointe son nez vers la mi-avril, parfois avant, c’est la morille.

 

La morille champignon de printemps, juste avant les Mousserons de la Saint-Georges, est une star, drôle de star que ce mystérieux champignon tapi dans des lieux improbables, inattendus, peut atteindre le prix du caviar ou flirter avec celui des GCC.

 

Alors, tel notre Hubert de Laforest, chaussons nos bottes blanches, pour nous promener dans les bois Pendant que le loup n'y est pas, Si le loup y était, Il nous mangerait…

 

Mais attention mes petits loups, les petites louves aussi, la morille contient des substances toxiques qui sont thermolabiles, c’est-à-dire qui disparaissent à la cuisson. Faites-donc bien cuire vos morilles pendant au moins 15 minutes avant de les consommer !

 

 

Rassurerez-vous je ne suis pas mycologue et je ne vais pas vous la jouer connaisseur donneur de conseil. Comme mes potes de la LPV, J π en tête, je ne suis qu’un amateur qui n’a jamais mis les pieds dans les lieux secrets où, lorsque les premiers bourgeons pointent leur nez sur les frênes ou noisetiers, que la fleuraison des prunelliers sauvages s’épanouit, nos belles morilles pointent, elles, leur étrange chapeau pointu. Le point culminant de la poussée des morilles étant la floraison de la jacinthe des bois.

 

En effet, « comme presque tout champignon, la morille présente un pied et un chapeau, tous deux creux. Le pied est généralement blanc ou beige, lisse mais pas forcément cylindrique. Les gros spécimens on en effet besoin d’un enracinement important pour soutenir le poids de leur chapeau, d’où un pied large à la base et qui s’affine vers le chapeau. Ce dernier est arrondi ou pointu et présente des alvéoles/circonvolutions creuses mais peu profondes renfermant les spores. Elle présente donc une morphologie typique et vraiment particulière. La taille moyenne de la morille est de 10 cm mais des « spécimens » bien plus impressionnants et inratables sont ramassés chaque année. »

 

Comme je n’y connais queue de chique c’est bien sur une citation. Dans la même veine je ne vous infligerai pas la liste les noms latins des différentes « sortes » de morilles. Pour votre culture mycologique c’est ICI

 

 

Mais je ne résiste pas au plaisir d’évoquer la morille élevée, la blonde et la ronde, et bien sûr la délicieuse… selon un spécialiste de la cueillette « les premières à sortir sont généralement des petites grises pointues, suivies par des noires, un peu plus grandes. La saison se termine souvent avec les morilles jaunes ou blondes: rondes, brun clair, grisâtres parfois (selon l’environnement), et généralement plus grosses. Ces dernières sont souvent accompagnées de morillons.

 

Les morillons ressemblent aux morilles noires mais leur chapeau est beaucoup plus petit soutenu par un pied relativement long. Malheureusement, ils ressemblent également aux gyromitres qui sont des champignons toxiques. On les reconnaît à leurs circonvolutions qui ne sont pas creuses, ressemblant à un cerveau. On peut également trouver des verpes qui ressemblent à la Morille. »

 

Bientôt ce sera le 1er mai avec son lot de cueilleurs de muguet sauvage, ayant habité en forêt je les ai vu débarquer, et tout comme à eux je supplie les cueilleurs novices de respecter les terroirs à morilles si, par un hasard heureux, ils en découvrent un.

 

« Lors de vos cueillettes, faites attention à ne pas trop piétiner les « spots » de récoltes car en écrasant les jeunes individus vous pouvez entraîner la régression du nombre de morilles d’année en année.

 

Si vous tombez sur un beau gisement, pensez à en laisser quelques-unes matures et bien cachées pour assurer la pérennité de l’espèce et vos prochaines récoltes !

 

Il sera aussi judicieux de couper en morceaux les chapeaux de quelques individus matures et de les enterrer en de multiples endroits sur le site de récolte. Cela permettra d’assurer la dissémination des spores, et favoriser ainsi l’apparition de nouvelles morilles l’année suivante. »

 

Merci Bruno Verjus et à son équipe de TABLE pour cette belle soirée improvisée. Je commence à faire partie des meubles.

 

Un salut aussi à mes voisins de table à TABLE, à la revoyure autour d’un verre de vin nu de chez Patrick Bouju

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article
21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 06:00
Le Fooding® passé à la moulinette du nouveau mensuel des curieux de Paris « soixante-quinze »

75, ce numéro au cul des autos des estivants, les congepés, qui défilaient sur la Nationale devant le Bourg-Pailler, direction Les Sables d’Olonne ou Brétignolles, c’était le sceau des Parigots. Nous les indigènes nous nous fichions de leur poire en racontant des histoires où le parigot n’était pas capable de distinguer le sexe d’un veau. De mauvaise foi absolu car beaucoup de ces 75 étaient des enfants du pays, des émigrés travaillant aux PTT qualifiés de petits travailleurs tranquilles.

 

Soixante-Quinze est aujourd’hui le nouveau mensuel des curieux de Paris, enfant d’une équipe publiant depuis 5 ans Le 13 du Mois, magazine consacré au 13e arrondissement qui fut pendant quelques années mon arrondissement avant d’être mon voisin : je vis à la lisière du 13e.

 

 

Bien évidemment, curieux que je suis, j’ai acheté le N°1.

 

Chalutant fort modestement dans le petit monde de la cuisine, et que j’y laisse traîner mes oreilles, ça cancane dur, c’est souvent croustillant, les inimitiés y sont aussi salées que certaines additions, dès que j’ai vu qu’un de leur journaliste Vincent Fargier était allé dans les cuisines du Fooding®, par l’odeur alléché j’ai, selon la formule en vigueur dans le milieu, dégusté.

 

Ce n’est pas très épicé, très politiquement correct, pas de quoi mettre le feu au lac, la maison Cammas sait se vendre, son service com veille au grain. C’est de bonne guerre mais si 75 se veut être le mensuel des curieux de Paris il va lui falloir être un peu plus curieux.

 

Les chiffres :

 

  • Le guide mensuel « produit phare », devenu indépendant en 2009, 50 000 exemplaires écoulés, il talonne les ventes du Guide Rouge et « espère devenir premier. »

  • 1100 adresses dont plus de la moitié à Paris.

 

  • Le site web revendique « un demi-million de vues par mois » selon le service com.

  • L’application n°1 de sa catégorie c’est 30 000 téléchargements par an.

  • L’équipe « une dizaine de personnes dans les bureaux du 11e arrondissement, et près de 40 collaborateurs parcourent le pays à la recherche de nouvelles adresses.»

La méthode : ni note, ni classement :

 

« Indéniablement, le Fooding a frappé dans la fourmilière, a fracassé les codes. Il peut se targuer de comprendre dans sa sélection des adresses hétérogènes et de rassembler toute la variété de l’offre alimentaire de Paris. »

 

« Les journalistes n’ont que poids des mots pour vous faire saliver : la place d’un restaurant dans le guide se gagne sur l’envie d’y retourner et « le refus de l’ennui à table. »

 

Question : « Mais à force d’être indéfinissable, ne devient-on pas incohérent ? Il paraît délicat de faire entrer toutes ces adresses dans une case aussi subjective que « l’authentiquement sincère » voulu par Alexandre Cammas.

 

« En mettant un point d’honneur à se démarquer, le Fooding® n’a-t-il pas lui-même créé ses propres codes, prenant le risque d’une reproduction monotone ? »

 

J’aime beaucoup Cammas qui fustige « ces aigris qui, faute de souffle pour menacer notre flamme, l’ont en réalité attisé. »

 

Conclusion : « À lui de relever les défis qui s’annoncent, dont celui de résister à l’autocélébration et de rester observateur du mouvement. Au risque de devenir ce qu’il ne voulait pas être : un branché dépassé. Voire pire : un Michelin bis. »

 

Comme le disait ce madré de Raffarin « Notre route est droite, mais la pente est forte. »

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 06:05
Carrefour prédateur n°1 de la biodiversité : c’est bon la GD pour votre porte-monnaie pas pour la forêt

C’est une première pour WWF France. La branche française de la principale organisation mondiale de protection de la nature a publié ce mercredi la liste des 25 entreprises françaises qui « à travers leur chaînes d’approvisionnement, impactent le plus fortement les écosystèmes dans le monde ».

 

Cette liste, dans laquelle figurent notamment des grands noms de la distribution (Carrefour, Auchan, Casino, Leclerc, Les Mousquetaires, Système U) de la restauration collective (Sodexo, Elior) ou de l'industrie laitière (Danone, Lactalis, Sodiaal) n'est pas le fruit du hasard (cliquez sur le tableau ci-dessous). Elle résulte "des travaux menés depuis 2010 à l’échelle internationale par le WWF dans le cadre de l’Initiative globale de transformation des marchés qui a identifié les matières premières dont les modes d’exploitation menacent directement 35 écorégions prioritaires : l'Amazonie, le Bassin du Congo, Bornéo et Sumatra, le Triangle du Corail…", note WWF France.

 

La suite ICI

 

Dans ma boîte aux lettres ce matin, il n'y a qu'un Carrefour à Paris dans le XVIe porte d'Auteuil... Gaspillage publicitaire inutile...

Carrefour prédateur n°1 de la biodiversité : c’est bon la GD pour votre porte-monnaie pas pour la forêt
Carrefour prédateur n°1 de la biodiversité : c’est bon la GD pour votre porte-monnaie pas pour la forêt
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 06:00
Pour vous déstresser offrez-vous un bain de vin à Séville, vous ne serez pas chocolat… l’accord Vinothérapie&«chocothérapie ».

Ce sont nos voisins suisses du Temps qui aiment tant le lait, le chocolat au lait et les vins du Valais qui me l’ont appris : Le hammam Aire, à Séville, offre à ses visiteurs la possibilité de prendre un bain dans une baignoire remplie de vin rouge tout en dégustant un verre de ribera-del-duero.

 

Ha ! Séville…

 

« Séville ! Le 8 juillet 1982 à 23 heures, France-Allemagne, le match du siècle » écrivait Pierre-Louis Basse en 2005

 

Le 31 mai 2007 j’écrivais :

 

C'est tout bête : je rêve d'être nommé Consul de France à Séville. Pendant tout un temps c'était à Florence que je rêvais d'être Consul mais, comme je suis un bien trop petit poisson - j'suis ni haut, ni fonctionnaire mon cher Jacques - pour un aussi beau bocal, Séville me va.

 

J'aime l'Andalousie. Même si je ne cause pas bien l'espagnol, j’m'y mettrai et je ferai mon possible pour bien représenter la France. J'ai de la conversation vous savez. De là-bas je chroniquerai. J'occuperais mes loisirs à écrire un roman. Bref, je coulerais des jours heureux. Je vous expédierais de belles jarres d'huile d'olive et quelques flacons de nectar. Quand vous passeriez nous ferions la conversation dans les bars à tapas.

 

 

« Les bains arabes de Séville sont aménagés dans l'ancien palais de 1 200 m² d'un vice-roi des Indes, construit au XVe siècle. L'endroit a conservé ses voûtes, ses plafonds à caissons de style mudéjar, entrelacs, soffites et sièges romains. Vous êtes ici au coeur du parfait sanctuaire de détente pour le corps... et l'esprit ! La porte franchie, une odeur d'encens et d'essences naturelles embaument les lieux. Le parcours est libre et inclut plusieurs salles d'eau dans différentes pièces ornées de mosaïques (avec une lumière tamisée).

 

On peut citer la salle d'eau salée, la salle de mille jets, le hammam et la salle d'eau avec des " piscines " aux températures différentes : tempérée (36 °C), chaude (40 °C) et froide (16 °C). La session dure environ 1h30 ; l'accès est limité à des groupes restreints, favorisant ainsi une certaine intimité. La maison propose également une variété de massages, incluant l'accès aux bains. 2 nouveautés : le rituel " Bain de Vin ", au ribera-del-duero (vin rouge AOC espagnol, une exclusivité du groupe Aire), et le " Green Hammam ", une combinaison d'exfoliation et massages au thé vert et agrumes.»

 

 

Un autre des traitements de beauté les plus originaux que vous pourrez essayer est basé sur la «chocothérapie ». Si vous ne vous êtes jamais senti comme « un bonbon », c'est le moment : vous ne profiterez pas seulement d'un fantastique massage, mais grâce aux innombrables propriétés du cacao, vous hydraterez, régénérerez et revitaliserez votre peau, entre autres bienfaits.

 

 

Bain de lait : Poppée, la femme de Néron, avait cinq cents ânesses qui lui fournissaient le lait dans lequel elle se lavait. Lorsqu’elle fut bannie, elle conserva cette habitude. Son seul regret fut d’abandonner sa merveilleuse baignoire de porphyre et d’être obligée de se contenter du lait de cinquante ânesses seulement. Isabelle de Bavière avait aussi la plus grande confiance dans les ablutions lactées, mais ses goûts étaient peu fixes, et elle variait souvent la composition de ses bains. Elle possédait notamment une recette dont elle ne dévoila jamais le secret, recette d’un spécifique qui adoucissait son teint, dit-on, d’une façon particulière. L’eau distillée, du miel pris à des ruches dont les abeilles ne se nourrissaient que de miel, le jus de melon, l’extrait laiteux de l’orge, différentes préparations à base d’amandes et de jaunes d’œuf étaient également tenues par elle en grande estime.

 

L'élégant Brummell, alors qu'il était en prison pour dettes à Caen, se faisait apporter dans sa cellule du lait qui servait à ses ablutions. Quant à madame Tallien, elle affectionnait particulièrement les bains aux fraises écrasées, mélangées à des framboises très mûres. 20 livres de fraises et 2 livres de framboises lui rendaient la peau plus douce que du velours.

 

Law, le financier de papier, ajoutait des jaunes de cent œufs à son bain. Parfois il se servait de bouillon de veau et ce fut lui qui lança la mode des escalopes appliquées sur la peau.

 

Au XVIIIe les femmes de cour firent fréquemment usage des bains de vin. Un marchand de vin, adepte du marketing de l'offre, recommandait pour ce faire son fameux vin de Malvoisie. Son annonce ajoutait « le même vin peut être employé au moins cent fois si l'on a le soin de le remettre, après chaque bain dans le tonneau. »

 

« Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il y eut des gens qui prirent des bains d’or ! Il convient de dire tout aussitôt que la santé ou la coquetterie n’y furent pour rien. Paganini, le célèbre violoniste, reçut un jour d’une dame, chez qui il avait organisé un concert, une grosse somme en or, il se « lava » littéralement les mains « dans les pièces d’or ». Un Américain, qui possédait une mine d’argent très prospère, vendit un jour pour 150 000 francs d’actions. Il toucha la somme en pièces d’or. Il se rendit (à Londres) vite à l’hôtel où il était descendu, monta dans sa chambre, vida les sacs contenant cette fortune sur son lit et, jusqu’au lendemain matin, se vautra dans (ou sur) sa richesse. »

 

« Enfin, terminons ce curieux exposé par l’histoire du bain de pieds de Frédéric Soulié. Ayant reçu de son éditeur 10 000 francs en louis d’or pour le premier volume des Mémoires du Diable, revint chez lui, se fit préparer un bain de pieds, versa dans l’eau chaude les louis reçus, et pendant une demi-heure, il prit le plus étrange des bains de pieds. »

 

Bains curieux : bains d’or, de sable, de lait, de boue et de vin (D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1909)

 

Insolite: un basketteur pro de NBA prend des bains de vin rouge pour se soigner 

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 06:00
Pot-pourri du road-movie en Bordelais de Jacques Kerouac Dupont : les C5, les dos d’âne, les vins Babar, le dithyrambe, les meilleurs tambouilleurs, l’éloge de Talleyrand « du Périgord »

Journal d’une femme de chambre d'Octave Mirbeau, Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos, Journal des Primeurs de Jacques Kerouac Dupont…

 

Des classiques quoi et, pour le dernier en date, un souffle de fraîcheur et d’humour dans la course effrénée des présumés héritiers du grand Bob du style de celui-ci :

 

« Cette campagne primeurs 2015 me laisse un goût pathétique. Une ambiance délétère, des acrimonies de fin de règne, des dégustations publiées avant même que l'ensemble des vins ne soit dégusté, des guerres d’ego où certains de mes « gentils » confrères, au lieu de parler des vins et du millésime, se muent en critique de critiques de vins... Utile, il est vrai, quand on n’a rien à dire sur les dégustations... »

 

Près de 1000 vins dégustés, 552 sélectionnés, des moments d'émotions intenses (beaucoup), des moments plus délicats (parfois), des hauts, des bas (c'est l'âge), les notes primeurs sont désormais disponibles… », à condition de passer à la caisse.

 

Vous pouvez bien sûr avoir accès à l’œuvre complète de Jacques Kerouac Dupont  ICI 

 

Moi, bon prince, pour faire preuve de pédagogie j’ai décidé de vous en offrir un pot-pourri.

 

Ne poussez pas des hauts cris, nous ne sommes pas dans Hamlet « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » mais dans le pot-pourri de Rabelais chez qui le mot apparaît en 1564.

 

« Il y désigne un ragoût, comprenant plusieurs sortes de viandes et de légumes mélangés. On comprend bien la présence de pot, puisque le mot désignait déjà ce grand récipient suspendu dans la cheminée où l'on préparait le frichti de la famille. Mais pourquoi pourri ?

 

Cela vient simplement du fait qu'au XVIe siècle, étaient « pourris » les aliments très ramollis et éclatés à la suite d'un excès de cuisson, comme l'étaient les ingrédients du ragoût volontairement laissé longtemps sur le feu.

 

Après le ragoût, et au figuré, le mot a, quelques années plus tard, désigné un assemblage de choses disparates, comme un ouvrage littéraire évoquant des sujets très divers ; à la fin du XVIIe, un mélange de plantes et de sels broyés donnait un parfum portant le même nom qui, par métonymie, a aussi désigné le récipient contenant ce mélange généralement destiné à parfumer une pièce.

 

C'est au début du XIXe siècle qu'il désigne également une musique composée de morceaux issus de sources différentes. Ne nous en sont principalement restés que les assemblages d'éléments littéraires, picturaux ou musicaux variés. »

 

Premières Rumeurs (1)

 

« C'est dans ces régions, où les prix sont encore praticables, que l'on fera de bonnes affaires, car les rumeurs sur les prix des grands crus classés, notamment du côté de margaux, font état d'une hausse sensible. Ce ne sont que des rumeurs, bien sûr, mais, comme ce sont les propriétaires eux-mêmes qui les font circuler dans le but de « tâter le terrain », on imagine facilement que, comme leur vin, elles ne sont pas gratuites. »

 

En voiture Simone ! (2)

 

« Excellente traversée par beau temps et rocade calme, sans embouteillage… (une rareté à Bordeaux). Après le pont d'Aquitaine, tourner à droite pour emprunter le chemin de Labarde qui longe la rive gauche de la Garonne, ses haras, ses anciennes vignes de « palus », celles-ci inondables firent la richesse de leurs propriétaires au temps du phylloxera qui détestait boire la tasse. C'est la route aussi des carrelets, ces cabanes de pêche suspendues au-dessus du fleuve avec leur filet carré qui leur a offert son nom. Direction Cussac, entre Margaux et Saint-Julien… »

 

Pourquoi tant de haine contre Babar, Jacques préfère-t-il les carambars ? (3) 

 

« Nous avons suffisamment, par le passé, dénoncé la dérive saint-émilionnaise vers des vins poussifs, patapoufs, surextraits, surboisés dans le but de se faire bien voir de la critique internationale pour ne pas relever aujourd'hui une sorte d'enclenchement de la machine à quitter le paranormal pour un retour vers la raison. Ce matin, nous avons entamé la dégustation de trois cents échantillons (environ) de saint-émilion (grands crus classés, grands crus, saint-émilion simples, puisseguin et lussac saint-émilion) à la Maison des vins. Bien sûr, il serait utopiste et mensonger de déclarer urbi et orbi (c'est bientôt Pâques) que le diable est vaincu et qu'il ne traîne pas ici ou là quelques vins Babar (sucrés, hyper-vanillés), à destination des consommateurs qui hésitent entre le Nutella et le vin rouge. Mais, dans l'ensemble, quel plaisir de retrouver des vins pour de vrai ! Ceux-là mêmes qui semblaient être des résistants au courant « trop de tout » paraissent désormais majoritaires, et c'est tant mieux »

 

« Dear Henry », Duboscq admire l'esprit et la « loyauté » de Talleyrand (4)

 

« Henri Duboscq avoue une passion pour Talleyrand, dont il admire l'esprit et la « loyauté » non pas vis-à-vis des hommes mais de la France. Talleyrand, après la défaite de Napoléon, évita la partition du pays. Il n'en fut guère remercié par Louis-Philippe qui se moquait de lui en coulisse, disant qu'il n'était pas Talleyrand de Périgord, du nom d'un très ancien ancêtre valeureux guerrier, mais « du Périgord ». Aujourd'hui, on cite davantage Talleyrand que Louis-Philippe caricaturé en poire par Daumier et il y a de fortes chances que Haut-Marbuzet restera dans les mémoires plus longuement que certains de ses imitateurs, fussent-ils les rois l'espace d'une décennie.

 

Les blancs « pète-en-gueule » foi de bas-bourguignon d’adoption (5) 

 

« Commençons par les blancs – à l'inverse de la dégustation où nous ouvrons le bal avec les rouges selon le vieux dicton bourguignon : blanc sur rouge rien ne bouge, rouge sur blanc tout fout le camp. Deux styles assez opposés sont facilement décelables. Des vins marqués par la forte présence du cépage sauvignon : aromatiques ou pour emprunter une nouvelle fois au lexique bourguignon «pète-en-gueule», avec des notes d'agrumes, de fruits exotiques, d'abricot et cette année une note assez récurrente d'ananas frais.

 

Des vins adaptés à l'apéritif qui loin d'être un moment en voie de disparition dans la société française progresse et devient même un temps privilégié chez les moins de 40 ans. En revanche, ces vins joyeux ne nous semblent pas promus à une très forte longévité et d'ailleurs ce n'est pas leur rôle. »

 

Jouer à colin-maillard (6) 

 

À l’aveugle ou non ?

 

That is the question qui, au fur et à mesure que la fameuse « semaine » des primeurs s'approche, taraude les esprits de ceux qui vont déguster, de ceux qui vont boycotter faute de pouvoir goûter de la manière qui leur convient, et plus encore de ceux qui organisent les dégustations.

 

Par exemple, ce matin nous étions gentiment accueillis au Château Couhins, propriété de l'Inra et cru classé de pessac-léognan pour tester l'ensemble de l'appellation. Donc les crus classés de graves, qui sont tous situés dans l'aire d'AOC pessac-léognan depuis la scission en 1987 entre les graves du sud et ceux du nord devenus pessac-léognan, mais aussi les non classés.

 

Et voilà qu'avec les nouvelles dispositions de l'Union des grands crus qui a décidé que les dégustations organisées par icelle ne se feraient plus à l'aveugle, nos amis des crus classés ont à leur tour opté pour l'étiquette bien voyante, laissant les sans-grade se faire juger en malvoyants

 

Oui, mais voilà, certains crus classés ont racheté des non classés.

 

Que faire avec ceux-ci ? Comment les présenter dans la dégustation des non classés, aveuglés comme les copains ou pas ? Cas de conscience. Soit on joue les seigneurs jusqu'au bout, on assume sa différence d'extraction, soit on s'aligne sur le régime des manants. Les avis furent partagés si bien que certains se fondirent dans la masse, tandis que d'autres ont exigé que les vins de leurs propriétés non classées ne soient pas à l'aveugle dans la dégustation des non classés à l'aveugle... »

 

Sur la Place de Bordeaux Ariane Khaida ne pratique pas la langue de Bois (7)

 

« Comment voyez-vous l'avenir des ventes primeurs, et au-delà l'évolution du métier de négociant, pièce maîtresse du système ?

 

« Comme les dernières campagnes n'ont pas eu un franc succès, si on rate cette année, c'est dangereux pour l'avenir des primeurs. Ces dernières années, l'envolée des prix de certains crus emblématiques a fragilisé le système. Mais les propriétaires voyagent, reçoivent, échangent beaucoup, et semblent réagir, on sent qu'il y a une prise de conscience.

 

De même, le métier de négociant est en train de changer… Avant, les notes de Robert Parker tombaient, et nous n'avions pas grand-chose à rajouter… On se réapproprie un devoir et une capacité de prescription. Pour ça, il faut des équipes formées, c'est un gros travail, mais nous ne sommes pas seulement des « passe-plats ».

 

Les meilleurs tambouilleurs de copeaux toastés et les recruteurs à casquette draguer le chaland (8)

 

« Jamais on n'aura vu autant de propositions de dégustations organisées par les œnologues, comme si les vedettes n'étaient pas le vin et les producteurs, mais les conseillers. Nous, on appelle cela les «écuries de course», et la rive droite, autour de saint-émilion s'en est fait une spécialité. Partout, de petits panneaux indiquent le chemin à suivre pour déguster les vins « suivis » par « C'est-moi-qu'l'a fait », le meilleur tambouilleur de copeaux toastés, champion de l'assemblage qui va plaire.

 

Bientôt peut-être verrons-nous des recruteurs à casquette draguer le chaland comme devant les boîtes de strip-tease à Pigalle… Certains commencent même à s'énerver et le font savoir haut et fort, parce que les notes déjà publiées ne sont pas bonnes ou les appréciations pas assez enthousiastes sur le millésime, preuve irréfutable d'un manque de virilité chez les auteurs de ces comptes rendus qui manqueraient singulièrement de ces glandes chargées de la spermatogénèse et généralement réparties par paire chez les mâles. »

 

L’instant poésie suivi d’un soupçon de vacherie (9) 

 

Ce matin, dès l'aube, à l'heure ou faute de blanchir la campagne, le brouillard installé sur la vallée de la Dordogne déguisait les superbes châteaux du castillonnais en fantômes géants et chevelus surgissant des nuages, nous prîmes la petite route qui mène à Sainte-Magne.

 

C'était la journée qui commençait sous le signe de la détente et du rire, assez en rupture avec le long défilé des corbillards aperçus au passage de Saint-Émilion. C'est du moins l'impression que donne (dans le brouillard) le cumul des Mercedes Vito et autres minibus de luxe noirs, conduits par des chauffeurs en costumes noirs, conduisant des messieurs (peu de dames) souvent habillés de noir, qui font une mine d'enterrement pour aller déguster des vins censés apporter joie et bonheur. Souriez les gars, pas de drame, pour l'instant personne parmi les grands crus n'a donné ses prix, forcément à la hausse.

 

Du bon usage du dithyrambe (10)

 

« Exceptionnel », « jamais vu », « comparable à 2010 ou 2005 », « réussi dans toutes les appellations »… D'après le confrère de l'AFP qui s'est sans doute pas mal amusé à recueillir les opinions des œnologues conseils réputés de Bordeaux, le dithyrambe est de rigueur quand il s'agit d'évoquer le millésime 2015. Certes, nous sommes habitués. Chaque année à Bordeaux, les violons – pas ceux des sanglots longs de l'automne – constituent un concert obligatoire en accompagnement de la dégustation des primeurs. Même le très médiocre 2013 a eu droit à ses hommages et nous avions écrit à l'époque : « Il est fort à parier que nombre de ceux qui nous ont tant vanté les mérites du 2013 nous diront l'an prochain, pour peu que 2014 soit de qualité : Ouf, on est tout de même bien contents d'être passés à autre chose ! » Effectivement, ce fut le cas bien souvent vérifié l'année d'après. Là, cette fois, les raisons sont multiples de passer l'encensoir.

 

Lettre ouverte aux IPEF, aux chauffeurs de C15 Citroën diesel, aux nonagénaires ignorant la 4e, où l’art de faire chier son monde… (11) 

 

Vendredi matin, « opération Bégadan ».

 

Votre mission, si vous l'acceptez, consiste, après avoir quitté Bordeaux Lac et le confort de son parc hôtelier, à rejoindre le nord du Médoc, que ceux du sud appellent le Bas-Médoc pour la seule et excellente raison qu'il est situé en haut. Pour ce faire, il faut emprunter la route dite du chemin de Labarde, puis la route dite des châteaux et, passé Saint-Julien, tourner à gauche pour rejoindre la route dite « la quatre-voies », qui la plupart du temps est à deux voies, et gagner Lesparre. Une fois là, c'est gagné. Après avoir bousillé les suspensions de la voiture de location sur une bonne cinquantaine de dos d'âne et de ralentisseurs de toutes sortes, le village de Bégadan est quasiment atteint. La France détenait le record de grandes surfaces et de ronds-points, désormais elle bat à plate couture tous les pays qui tentaient de prendre une première place mondiale en matière de ralentisseurs. Sans doute cela contribue-t-il à inverser la courbe du chômage, incessamment et sous peu.

 

La route serait agréable sans les différents obstacles que la vie, les dieux, Mercure, celui des voyageurs, ou une formidable mise en scène pour une caméra cachée ont semés çà et là. Ce n'est jamais simple de rouler dans le Médoc qui constitue la plus formidable réserve naturelle de vieux C15 Citroën diesel poussifs, puants et polluants, roulant au centre de la chaussée pour ne pas fatiguer leurs vieilles roues droites dans de possibles nids de poule.

 

Mais vendredi, c'était différent. Une sorte de jeu électronique où l'on doit éliminer les adversaires. Mais là, dans notre cas personnel, le combat se déroulait sans l'aide du puissant feu laser dont sont obligatoirement dotés les héros.

 

Nous avons comptabilisé pas moins de quatre « circulation alternée » avec feu rouge interminable, une déviation pour cause de route inondée (il pleut parfois beaucoup dans cette région au climat océanique, mais, si c'est à la veille des vendanges, il est malavisé d'en parler, voir le journal des primeurs 10), trois convois exceptionnels, un autocar dévié par une route inondée (voir parenthèse précédente) coincé par un camion-citerne dans un lacet d'une voie forestière, deux enjambeurs à la recherche de vignes lointaines… Sans compter quelques paires de joyeux nonagénaires qui n'ont pas oublié que c'est jour de marché mais qui, en revanche, ne se souviennent absolument pas que les automobiles d'aujourd'hui possèdent quatre et parfois même cinq vitesses, et bien évidemment nos habituels C15, espèces protégées ici.

 

Dis-moi tonton pourquoi tu tousses à propos du « Bordeaux bashing » (12) ? 

 

Laurent Cisneros : Le vignoble bordelais vit une véritable période de transition. Bordeaux s'est construit autour des châteaux, des courtiers, du négoce, c'est un cercle vertueux… un système unique qui a beaucoup prouvé historiquement. Mais l'évolution est rapide et ce système a vieilli. Je suis là depuis six ans et je m'appuie sur l'historique, on ne peut pas tout renier ! Mais je pense que le gros problème de Bordeaux aujourd'hui, c'est que nous sommes trop déconnectés des consommateurs... On ne peut pas être aussi éloigné du consommateur final ! Ce n'est plus tenable. La bonne nouvelle, c'est que nous en sommes tous conscients, mais la question est : comment faire pour changer cette situation ? Par exemple, lorsque l'on fait des salons grand public, on voit de plus en plus de jeunes amateurs de vins qui nous disent : c'est vraiment très bon ! Mais, ensuite, ça ne se traduit pas dans l'acte d'achat.

 

Quelles peuvent être les solutions ?

 

Avant d'envisager les solutions, je pense qu'il faut tout mettre sur la table et repartir sur des bases saines. Il n'y a pas de sujets tabou. Par exemple, nous devons prendre part au débat actuel sur les pesticides et les produits phytosanitaires, c'est un vrai sujet de société ! Il faut savoir se remettre en cause, mais en faisant la part des choses.

 

Comment soigner les maux par les mots (13) 

 

Abats : mot peu usité dans le Médoc, mais qui semble plus répandu dans les dialectes pratiqués sur la rive droite de la Garonne et de la Dordogne notamment autour de la charmante petite ville de Saint-Émilion. Abats d'eau résume la pluviométrie assez fournie qui aurait pénalisé leurs confrères médocains.

 

Bénéfique : très répandu cette année, cet adjectif permet de positiver le handicap. Exemple : « La pluie de début octobre a été finalement bénéfique, car elle a permis d'avoir des vins plus frais. »

 

Bio : ancien, adjectif qui désignait naguère une peuplade chaussée de sabots, aux mœurs dissolues, vivant sous le seuil de pauvreté et produisant des vins acres s'accordant à merveille avec le boulgour et son lait de soja. Citation : « Jamais sous nos climats nous ne pourrons produire en bio. Ici, nous ne sommes pas en Languedoc, monsieur… » Anonyme, tout début XXIe siècle.

 

Bio : moderne, adjectif désignant un producteur qui a saisi le sens de l'histoire bien avant que la mode ne s'empare du concept. Citation : « cela fait des années que nous travaillons plusieurs hectares en bio, et même en biodynamie, dans la partie du vignoble en haut-médoc. On pourrait vous le montrer,mais malheureusement, le chef de culture est parti avec le 4/4. » Anonyme, début XXIe siècle.

 

Équilibré : désigne un vin très fortement chargé en alcool, mais dont l'acidité et les tanins en gomment la sensation. Pour celui qui le consomme, le soir, espoir. Le lendemain matin, chagrin.

 

Pluie : chute d'eau qui ne mouille pas, ruisselle, et s'écoule chez le voisin.

 

Humide : période de précipitations que les anciens qualifiaient familièrement de «vaches qui pissent».

 

Grands cabernets (ou grands merlots) : désignent ces ceps qui, sur le champ de bataille, semblables aux grognards de Napoléon, ne reculent jamais, résistent face à l'agression solaire, méprisent les outrages des nuages chargés d'eau. On ne connaît pas d'inverse. Personne ne nous a présenté de petits cabernets ou des merlots nains.

 

Élise Lucet n'est pas l'ennemie du vin et encore moins de Bordeaux. Elle possède une cave et dedans quelques jolis millésimes… (14)

 

« Mais depuis la fameuse soirée Cash Investigation, en février dernier sur les pesticides, comment dire… sa cote de popularité a nettement baissé du côté du vignoble [...)

 

Et si, finalement, Élise avait rendu un fier service à Bordeaux ? Car enfin, jusque-là, informer le consommateur sur les bonnes ou mauvaises pratiques souciait les acteurs du monde viticole autant que de savoir l'identité exacte du fondeur du vase de Soissons. Longtemps même il s'est dit et répété, chez les plus hautes instances techniques, que le bio c'était de la foutaise et qu'un pulvérisateur bien réglé figurait la meilleure réponse aux possibles interrogations du public. « Oui, mais qu'est-ce qu'on met dans le pulvérisateur bien réglé ? » « Non, mais, j't'en pose moi des questions ! » Seulement, quelques millions de téléspectateurs plus tard, « pulvé » bien réglé et va voir ailleurs si j'y suis, ne suffisent plus. Pétitions, reportages, témoignages, inquiétudes des parents d'élèves des écoles situées en bordure de vignobles, intervention préfectorale vigoureuse et voilà la viticulture de nouveau sur le banc des accusés. Et dans la nécessité de réfléchir à une réponse collective un peu plus affirmée qu'un haussement d'épaules ou la distribution gratuite d'eau bénite dans les cantines scolaires. »

Pot-pourri du road-movie en Bordelais de Jacques Kerouac Dupont : les C5, les dos d’âne, les vins Babar, le dithyrambe, les meilleurs tambouilleurs, l’éloge de Talleyrand « du Périgord »
Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 06:00
La fièvre de l’authentique dans nos AOC : « l'expansion du marché de l'âme » on consomme désormais des marques et des images plus que des marchandises.

Le débat sur le terroir lors des dernières rencontres des VIF en Bourgogne, entre-soi comme il se doit, m’a amené à ressortir un texte de Gilles Lipovetsky publié dans Nouvelles Mythologies : La fièvre de l’authentique.

 

Petit rappel historique via la préface de Jérôme Garcin à cet ouvrage dont il a assuré la direction.

 

 

En février 1957 paraît au Seuil, sous le titre Mythologies, un recueil de cinquante-trois chroniques brillantissimes publiées, les années précédentes, dans les Lettres Nouvelles, Esprit et France-Observateur. Plaisir du texte, joie de recevoir.

 

Alors que la France, tiraillée entre son goût de la tradition et son désir de modernité, succombe au charme pulpeux de Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme, chante avec Boris Vian la fièvre de l’électroménager, « son Frigidaire et son atomixeur », et vote en masse, aux élections législatives pour Pierre Poujade, avocat lyrique du « bon sens », héros de la petite bourgeoisie râleuse, corporatiste et rétrograde. Le jeune Roland Barthes fait donc un portrait acide de la société de consommation française à travers ses mystifications, ses allégories, ses tautologies et ses icônes économiques, domestiques et politiques. »

 

Il faut imaginer le choc. Un professeur de 40 ans, l’auteur du Degré zéro de l’écriture, encore tout plein de racine et de Michelet, ose se passionner pour les objets de la vie quotidienne et les clichés sociaux.

 

Rappelez- vous dans le chapitre le vin et le lait : « Le vin est senti par la nation comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C'est une boisson totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise. Bachelard a déjà donné la psychanalyse substantielle de ce liquide, à la fin de son essai sur les rêveries de la volonté, montrant que le vin est suc de soleil et de terre, que son état de base est, non pas l'humide, mais le sec, et qu'à ce titre, la substance mythique qui lui est le plus contraire, c'est l'eau. » 

 

En 2007, sous la houlette de Jérôme Garcin ils s’y sont mis à une bonne cinquantaine pour refaire le même exercice, c’est très inégal, ça vole moins haut, mais l’effort est à saluer.

 

La fièvre de l'authentique par Gilles Lipovestky 

 

« La société d'hyperconsommation est paradoxale : tandis que triomphent le culte du nouveau et la logique généralisée de la mode (image, spectacle, séduction médiatique, jeux et loisirs), on voit se développer, à rebours de cette espèce de frivolité structurelle, tout un imaginaire social de l'authentique. On en constate chaque jour les effets : c'est la quête des "racines" et la prolifération des musées et des écomusées (pas une petite ville qui n'ait son écomusée, comme ce musée de la Crêpe de Bretagne). C'est le culte du patrimoine, avec ses quartiers réhabilités, ses immeubles ravalés, ses hangars reconvertis ; sans parler du succès des brocantes, un des loisirs les plus prisés des Français. C'est, aussi, la mode du vintage. La logique de l'authentique innerve de nombreux secteurs, y compris alimentaires avec ses appellations d'origine protégée qui assurent le consommateur de l'authenticité des produits. On n'en finirait pas, à vrai dire, de recenser toutes les manifestations de cette soif d'authenticité. Il faudrait parler également du développement touristique des voyages dans des contrées "sauvages" ou de l'intrusion du "parler vrai" dans le politique, ainsi que du succès des discours et référentiels identitaires. Le retour du religieux y participe, en ce qu'il fait signe aux "vraies" valeurs contre la société frelatée, gouvernée par l'éphémère, le superficiel et l'artifice. L'immémorial contre l'impermanence : les deux mouvements, bien sûr, se nourrissent, la poussée du frivole favorisant celle de l'authentique.

 

Cet imaginaire naît de l'anxiété liée à la modernisation effrénée de nos sociétés, à l'escalade technico-scientifique, aux nouveaux périls pesant sur la planète. Il traduit une nostalgie du passé qu'on idéalise, d'un temps qui ne se dévorait pas lui-même, mais où l'on savait mieux vivre. une illusion, sans doute, qui s'accompagne d'un regard critique sur notre univers insipide, stéréotypé, où sont éradiqués la sociabilité et les sens et où règne en revanche la dictature du marché et des marques. L'authentique compense par sa chaleur, ce défaut de racines et d'humanité. C'est un imaginaire protecteur qui évoque un monde à l'abri de ces désastres.

 

Cette soif d'authenticité traduit-elle une pensée rétrograde, une revitalisation de l'esprit de tradition ? Nullement : elle correspond à l'épuisement de l'idéal du bien-être tel qu'il s'est construit au cours des Trente Glorieuses en même temps qu'une nouvelle exigence de mieux-être à l'heure où la voiture, la télé, la salle de bains sont diffusées dans toutes les couches sociales. L'authentique n'est pas l'autre de l'hypermodernité : il n'est que l'une de ses faces, l'une des manifestations du nouveau visage du bien-être, le bien-être émotionnel chargé d'attentes sensitives et de résonnances culturelles et psychologiques. Un bien-être au carré, non plus simplement fonctionnel, mais mémoriel et écologique, qualitatif et esthétique au service de l'affirmation de l'individualité. Ironie des choses : le culte de l'authentique qui remonte à Rousseau, et qui a nourri la contre-culture, via Heidegger, s'est développé dans les années 1960-1970 contre le bourgeoisisme et les conventions "oppressives". Nous n'en sommes plus là : délesté de toute portée protestataire, le culte de l'authenticité apparaît comme la nouvelle manière de rêver et d'acheter de l'Homa consumericus contemporain. »

 

Le bonheur paradoxal. Essai sur la société d'hyperconsommation, par Gilles Lipovetsky

Ed. Gallimard, 2006

 

« Un ouvrage qui porte un regard critique, mais non manichéen, sur nos rapports à la consommation. L'auteur distingue plusieurs phases dans l'histoire de la société de consommation, et nous sommes aujourd'hui dans la troisième, où émerge la figure de l'"hyper-consommateur", dont la condition est paradoxale. Il est certes plus informé qu'autrefois, plus libre dans ses choix (il y a davantage de produits) et il dépend moins des anciennes cultures de classe. Mais, en même temps, "les modes de vie, les plaisirs et les goûts" sont "de plus en plus sous la dépendance du système marchand", notamment à cause de ce que Gilles Lipovetsky appelle "l'expansion du marché de l'âme". Les nouveaux modes de consommation sont plus "émotionnels"; on consomme de plus en plus de loisirs et la publicité met moins en avant les avantages fonctionnels des produits que les valeurs subjectives qu'il est censé véhiculer.

 

Or, même si on consomme désormais des marques et des images plus que des marchandises, il ne faut pas "passer sous silence la pression sur les prix". Et notre époque est également marquée par la montée du low cost. En même temps, "plus se déchaînent les appétits d'acquisition et plus se creusent les dissatisfactions individuelles", rappelle l'auteur dans cet essai extrêmement complet, qui débouche sur une réflexion sur le bonheur. Avant de terminer sur une note optimiste: certes, on assiste à une crise de la culture, de l'école et de la politique, liée à l'hyperconsommation, mais ce mouvement n'est pas irrésistible, il esquisse même des pistes alternatives. Remarquable. Et malgré la richesse de son propos, l'ouvrage est d'une lecture très accessible. »

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège, « Deux Debré au-dessous de zéro » Jean-Louis Debré a habillé pour l’hiver les frondeurs du PS iconoclastes inconscients flibustiers de carnaval…

Le soleil jouait à cache-cache, je forçais le pas. Qui pourrait penser que nous vivons sous l’état d’urgence ? Place de la République, les occupants de Nuit Debout naviguent entre Woodstock et fête à Neuneu. Les Macron s’exposent chez les kiosquiers. Dans ma hâte je m’engage dans le mauvais, très vite je bats en retraite. Elle m’attend. Elle m’étreint. Elle me trouble.

 

Étrange état que ce trouble, perturbateur de mon calme intérieur, il me rend perplexe, m’embarrasse, m’inquiète, altère mon jugement, je suis proche du dérèglement des sentiments, de l’émotion amoureuse, du désir charnel.

 

« Ta mère... comme elle était belle! (...) La nudité de son cou, de ses bras et de ses mains me troublait » François Mauriac, Nœud de vipères.

 

Ils traversaient l’estuaire en bac, elle prenait bien la lumière d’un ciel pur, une brise légère gonflait ses cheveux. Accoudée au bastingage elle lui semblait embarquée pour un périple qui les mènerait dans les plis de son désir. Effleurer la commissure de son cou, glisser ses doigts sous la gaze de son corsage, explorer le pays de son corps. Il retenait ses mains. Au loin, les hauts murs de la citadelle, il savait que c’était elle sa citadelle inexpugnable. Faire son siège, l’entendre respirer dans la chambre d’à côté dans ce château improbable, rêver de voir tomber ses derniers voiles à ses pieds. L’aimer.

 

Tout près de la frontière, aux confins de l’univers connu, il attendrait le jour où la vraie vie commencerait. Clone de Giovanni Drogo, ce jeune ambitieux pour qui « tous ces jours qui lui avaient parus odieux, étaient désormais finis pour toujours et formaient des mois et des années qui jamais plus ne reviendraient... ». Ce jour viendrait, il lui tomberait dessus, ce serait la possibilité d’une île, à nouveau elle se tiendrait à son côté, ils vogueraient dans le détroit de Messine, entre la Sicile et la Calabre, et lui, confiant et aimant, glisserait enfin la réalité dans ses rêves… Demain ils seraient à Syracuse, loin de tout et de tous, et leur fenêtre face à la mer s’ouvrirait sur un horizon infini.

 

Le temps m’est compté.

 

J’ai décidé de me mettre en congé de la République, écrire sous sa tendre protection…

 

Position en retrait, à la bonne distance, celle qui me permettra le moment venu de reprendre du service.

 

« Deux Debré au-dessous de zéro » Jean-Louis Debré, l’ancien président du Conseil Constitutionnel, se refait une santé sur le dos des « frondeurs » du PS. Succulent !

 

À huit-clos, devant les élus du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, sans prendre de gants, Jean Louis Debré a assaisonné de vinaigre les élus « frondeurs » qui, dans son esprit, ne sont que des « iconoclastes inconscients, des flibustiers de carnaval ». Il ne supporte pas que les « frondeurs » affaiblissent les institutions en harcelant le chef de l’Etat. Lui, le fils de Michel Debré qui rédigea la Constitution de la Ve République les a accusés de fragiliser l’autorité du pouvoir en menant « une guérilla infantile » contre François Hollande. «C’est scandaleux, leur a-t-il lancé d’avoir détruit par des jeux politiciens incompréhensibles ses efforts d’union autour de la déchéance nationale». «C’est scandaleux, a-t-il ajouté, de passer son temps à déstabiliser le gouvernement, et tout ça pour passer deux minutes dans des télés que personne ne regarde». « C’est scandaleux, leur a-t-il encore lancé de prétendre conditionner la réélection de François Hollande à des primaires alors que, président sortant, il bénéficie d’une légitimité incontestable». Bref, une sévère leçon institutionnelle et politique.

 

Rien que de coups d’épée dans l’eau

 

L'ex-ministre de l'Intérieur a averti solennellement les députés socialistes « qu’ils seraient balayés s’ils persistaient dans leur fractionnisme frondeur ». « En imaginant vous sauver tout seuls en flinguant votre camp, vous vous tirez une balle dans le pied, et même dans la tête, tout en faisant le jeu de l’extrême droite et des populistes », les a-t-il sermonnés. Avant de conclure sèchement : « Si vous êtes une équipe vous gagnerez ; si vous persistez à être divisés, vous pouvez déjà faire vos paquets ». Debré, autrefois honni par les élus de la gauche, qui le surnommaient bien à tort « deux Debré au-dessous de zéro » a si bien chauffé la salle qu’il a été applaudi à tout rompre par ces élus de gauche! A l'exception des « frondeurs », bien entendu.

 

Reste que les chouchous des médias et des réseaux sociaux sont Macron et les occupants de la Place de la République.

 

Entre Woodstock et fête à Neu-Neu, Nuit Debout vue par un «résident de la République» par Jérôme Godefroy 

 

« Je me couche quand ils sont encore debout. Je suis « résident de la République », comme le chantait Alain Bashung. J’habite sur la place de la République à Paris et c’est de mon balcon que j’observe depuis une douzaine de jours la kermesse euphorique de Nuit Debout.

 

Dans un premier temps, ce rassemblement foutraque suscite ma bienveillante curiosité. C’est bavard mais étonnamment paisible : on échange sans s’invectiver. Pas un papier ne traîne par terre. Ces hipsters barbichus, ces étudiantes conscientisées respectent l’environnement avec obsession. Dans les slogans placardés un peu partout, Manuel Valls en prend pour son grade mais on retrouve aussi toute la panoplie anticapitaliste, libertaire, écologique, pro immigration et féministe. Aucune faute d’orthographe. Tout ça respire le Bac+ 2 ou +3, minimum.

 

Cette jeunesse est atteinte de la maladie des cadres, la réunionite : assemblées générales, commissions, ateliers de réflexion. Il y a même un groupe qui élabore une nouvelle Constitution pour la France. Si j’ai bien compris, c’est plus proche de 1789 que de Michel Debré. Le dimanche, les bobos débarquent du Canal Saint-Martin avec poussettes et marmaille pour visiter pieusement ce laboratoire de démocratie citoyenne et solidaire. »

 

L’apéro chez Valls, la haine joyeuse venue de loin par Claude Askolovitch

 

« Au bout d’un moment, la Révolution est un peu essorée. En février 1651, les bourgeois de Paris en Fronde retiennent prisonniers en leur bonne ville le jeune roi Louis XIV, qui en concevra une inquiétude tenace et construira Versailles, cette forteresse à l’écart de la fournaise. En octobre 1789, des femmes en colère iront arracher à cette quiétude versaillaise «le boulanger, la boulangère et le petit mitron», et ce sera pour Louis XVI le début de la fin.

 

En avril 2016, des joyeux drilles d’un monde plus juste sont bloqués par la police à quelques mètres du domicile de Manuel Valls, Premier ministre de la République française, qu’ils voulaient assiéger, sinon envahir, certains d’eux-mêmes et de leur colère.

 

Le pouvoir est une cible

 

On baisse en intensité. Entre nos ancêtres coupeurs de tête et les zigotos de cet #aperochezvalls qui a réjoui les réseaux sociaux, il y a un monde, la différence entre les temps de meurtre et nos virtualités parodiques? Mais il s’agit du même tabou que l’on brise, d’un moment où l’on s’autorise à porter la main sur un dirigeant, quand le corps du roi n’est plus sacré, ni sa demeure. Ce n’est pas anodin. »

 

Nuit debout : comment dépasser l’expérience citoyenne dans un projet politique ? 

 

Culture de poireaux au Louvre pendant la guerre dédié aux jardiniers du dimanche de la Place de la République

 

« Délocaliser ou pas la cuisine de la cantine, telle est la question qui accapare une bonne vingtaine de minutes l’Assemblée générale de la quatrième Nuit debout, dimanche 3 avril, Place de la République. Pour des raisons d’hygiène, il serait préférable de préparer la nourriture dans de vraies cuisines équipées. Oui mais alors le cuisinier, à l’écart, ne pourrait plus participer aux discussions de la place. Le débat glisse ensuite vers une question plus profonde : est-il vraiment indispensable de faire débattre et voter, là maintenant, le millier de personnes présentes en AG sur la délocalisation de la cuisine ? Les membres de la "commission cantine" ne pourraient-ils pas, tout simplement, décider entre eux du lieu où ils veulent faire à manger ?

 

Savoir ce que l’on dit aux profiteurs qui se nourrissent tous les jours à l’œil à la cantine où le prix est libre est important. Décider ce que l’on fait des gens ivres sur la place aussi. « Mais il ne faut pas que tout ça nous fasse perdre le sens de ce que nous faisons ici. » Le recadrage émane de Frédéric Lordon, qui a demandé à prendre la parole au bout d’une heure de discussions logistiques. L’économiste, soutien depuis le début du mouvement, n’est pas là pour parler intendance. « Nous n’occupons pas pour occuper. Nous occupons pour atteindre des objectifs politiques. » Et de plaider d’une part pour la « convergence des luttes » avec les agriculteurs, les chauffeurs de taxi etc, et d’autre part pour l’écriture d’une « constitution de la république sociale pour nous libérer de la propriété privée du capital ».

 

Nuit debout : Mélenchon, avec l’eau du bain? 

 

« Il fallait que quelqu’un le dise, et c’est Fabienne Sintes, matinalière de France Info, qui s’y colle. Mélenchon est invité de la tranche matinale. Il pilonne classiquement la Société Générale, dont on vient d’apprendre - quelle surprise !- qu’elle batifolait encore dans l’offshore panaméen, en dépit de ses grandes protestations de vertu. Puis, on en vient à la Nuit debout. Mélenchon soutient le mouvement. Il est allé à la République, et «ça s’est bien passé». Qu’on discute constitution sur le pavé parisien le ravit, «conformément à ce que j’ai toujours annoncé». Mais plane tout de même un non-dit. Qui va oser ? A un moment, Fabienne Sintes, n’y tenant plus : «Monsieur Mélenchon, ils ne lâchent pas la politique, ces gens sur la place. Mais ils lâchent le système.» Mélenchon, à peine audible : «C’est clair.» Sintes : «Or vous êtes le système. Or Pierre Laurent est le système. Or tous les politiques sont le système. Alors comment vous faites pour vous raccrocher à ces gens ?»

 

Les amis de Macron et la présidentielle de… 1969!

 

Un vieux monde s'écroule

 

La référence en 2016 par les amis de Macron à ce scénario de 1969 éclaire leur vision de l’avenir.

 

1. Il n’est pas question que François Hollande démissionne - comme l’avait fait jadis le Général - mais ils n’excluent pas que François Hollande ne soit pas en mesure de se représenter. Et que toutes les cartes - à gauche comme à droite - soient alors redistribuée.

 

2. Comme cela a été le cas en 1969 pour la SFIO, les pro-Macron pensent que le PS ne se remettra pas de ses déchirements actuel et qu’en l’état, il est, à son tour, condamné. De même que la SFIO n’a pas survécu en 1969 à son implosion de la présidentielle, le PS de Jean-Christophe Cambadélis ne survivra pas, croient-ils, à ses errances actuelles.

 

3. Comme en 1969, ils estiment que l’heure d’une recomposition politique générale se profile donc. Ceux, d’où qu’ils viennent, qui sont pour une politique social-réformiste se regrouperaient. Ceux qui n’ont pas abandonné la vulgate marxiste feraient de même, mais ailleurs. En clair : les supporters du ministre de l’Economie croient que, derrière les impasses actuelles, un vieux monde s’écroule, et qu’un nouveau va surgir. CQFD.

 

Un ticket Macron - Hulot en 2017 ? "On a commencé à discuter", admet l'ancien présentateur de TF1

 

Hulot, Macron, même combat en vue de la présidentielle de 2017 ? Interrogé sur LCI, l'écologiste préféré des Français reconnait un rapprochement avec le ministre de l'Economie qui vient de lancer son mouvement "En marche" : « Il ne m'a pas échappé qu'on avait des convergences. Evidemment on a commencé à discuter mais il faut aller au-delà. Parce qu'il faut écouter la société civile, que la division gauche droite ne doit pas être une condition au dialogue. »

 

Peopolisé dans Paris Match, recadré par Hollande: Macron 2017, c'est fini!

 

 

« On attendait Macron, et on a Balladur. A la une de Paris Match. Du people à l’ancienne. De la communication des années 90. A ce point datée que le ministre de l’Economie "En marche" s’est senti obligé de faire demi-tour. Déjà. « C’est une bêtise, une bêtise qu’on a faite ensemble, non pas que ça ait beaucoup d’importance mais moi, ce qui m’importe le plus, au-delà de mon engagement, c’est mon couple » a-t-il déclaré à Londres, en marge d’une conférence sur l’avenir de l’Europe.

 

Et d’expliquer que ce le résultat produit dans les pages intérieures du magazine people est le résultat d’une erreur de son épouse, piégée par la presse manipulatrice: « Mon épouse, à laquelle je tiens beaucoup, a parlé à une journaliste de Paris Match. Mon épouse, elle ne connaît pas le système médiatique, elle le regrette d’ailleurs profondément ».

 

Hollande en marche 

 

« Quiconque voudra savoir ce qu’est la gourmandise lorsqu’elle confine à la jouissance devra désormais se reporter – pour le son et l’image – à ce moment du sommet franco-allemand de Metz, le 7 avril 2016, au cours duquel François Hollande a commenté la création par Emmanuel Macron, la veille à Amiens, d’un mouvement sortant des sentiers battus de la politique. Ce fut court mais intense. Étonnement feint, phrases à double détente, fausse retenue, jeux de regards amusés avec l’intéressé, le tout sous couvert d’une banalisation apparente de l’événement : dans le genre, on a rarement fait mieux et il y avait longtemps, en tous cas, qu’on n’avait pas vu le Président dans un pareil état.

 

Tout cela dit un tempérament et une manière de faire. François Hollande est joueur. Quand il lance la balle, il adore que d’autres viennent courir après elle, surtout si c’est pour la lui rapporter illico. Dans le langage des signes qui est celui de la politique, il voulait accréditer l’idée que sa candidature en 2017 est désormais une évidence. Comme celle-ci précisément ne l’est pas, il fallait que d’autres fassent le travail à sa place. De ce point de vue, Emmanuel Macron est un parfait complice.

 

«En marche !» montre que ça marche ou tout au moins, que ça peut marcher. Ceux qui, plus tard, écriront la chronique des dernières aventures présidentielles de François Hollande, noteront sans doute que tout cela a commencé avec le discours d’Amiens et le commentaire de Metz. Rien ne garantit que cette opération en deux temps ait l’effet escompté par ceux qui l’ont initiée. Au moins signale-t-elle une intention. Ce qui, dans le contexte, n’est pas rien ! »

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
commenter cet article
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 06:00
En 1964, j’avais 16 ans, il ne restait plus que 20 ans à attendre pour savoir si ce qu’écrivait George Orwell 15 ans plus tôt allait se vérifier…

À ceux qui s’étonnent du rythme journalier de mes chroniques, que je me chatouille la nouille chaque matin devant mon écran comme l’a écrit un LPVien vénère que j’eusse osé ne pas encenser le livre du Grand Timonier, dont je tairai le nom afin de lui lâcher la grappe, je réponds en citant Vialatte, l’inventeur de la chronique en tant que genre littéraire, «une chronique il faudrait la faire pousser comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps.»

 

Je ne vois pas en quoi ça dérange l’engeance dégustatrice que je commette un billet que je jette chaque matin sur la Toile, nul ne les oblige à me lire. S’ils sont masos qui puis-je ?

 

Le temps d’écrire on le prend et pondre une page d’écriture quotidienne ne relève en rien d’une quelconque addiction. J’entretiens mes neurones et, libre à chacun, de faire un sort à ma production.

 

Écrire c’est comme faire l’amour, quand ça vous prend ça ne vous lâche pas.

 

Comme j’ai une tendance certaine à sauter du coq à l’âne, en passant en revue ce que me trottait dans la tête je me souvins que dimanche dernier, dans mon petit roman, j’avais en exergue posé en exergue une citation :

 

« L’amour, c’est comme les oreillons, plus on l’attrape tard, plus c’est grave. »

 

Je n’ai jamais eu les oreillons. De nos jours, dans les cours d’école on n’entend plus parler des oreillons. Et pourtant de mon temps cette maladie infantile semait la terreur chez les garçons. Pensez-donc, le mal, si on y prenait garde pouvait se porter sur les coucougnettes, nos gonades et, si les oreillons descendaient le jeune mâle risquait d’être à sec pour toujours.

 

« Plus on les a tard, plus grand est le risque. On parle de couilles énormes, tuméfiées comme des fruits tropicaux… Il n’est pas certain qu’elles dégonflent un jour. On souffre l’enfer. »

 

Ce n’est pas moi qui écrit ça mais un dénommé Jacques Gaillard dans « Qu’il était beau mon Meccano ! »

 

 

Avec mes histoires de coucougnettes j’imagine la tronche d’un LPVien égaré sur mon espace de liberté. Carton rouge ! Disqualification ! Excommunication !

 

Et pourtant c’est grâce aux oreillons que j’ai pu donner le jour à ma chronique du jour.

 

En effet, le sieur Jacques Gaillard tout à la fin de son opus écrit :

 

« En 1964, j’avais 16 ans, une Vespa et cinq francs d’argent de poche par semaine […] on attendait 6 à 18 mois une auto après la commande, et elle coûtait des années de salaire ouvrier. Lequel était, en francs constants et en pouvoir d’achat comparé, légèrement inférieur (pour 44 heures de travail hebdomadaire) au RMI d’aujourd’hui. On attendait aussi de longs mois pour obtenir le raccordement au téléphone. Pour aller vite, on prenait le train (une nuit pour Paris-Marseille). On allait voir la télé en noir et blanc chez des voisins. On travaillait le samedi. Non, monsieur, il n’y avait plus de dinosaures. »

 

Alors je me dis : puisque tu avais 20 ans en 68 c’est que t’avais 16 ans en 64.

 

Raccord donc !

 

 

En 64, Sylvie Vartan chantait (sic) Ce soir je serai la plus belle pour aller danser… Elle fondait l’espoir que la robe qu’elle avait voulue et cousue point par point serait chiffonnée… sur la banquette arrière d’une SIMCA 1000 (l’auto dans laquelle j’ai passé mon permis en 66) Torride mais ce n’est pas encore Baise-moi !

 

En 1964, le 14 octobre, Martin Luther King (« I have a dream ») reçoit le Prix Nobel de le Paix, et le 22 Sartre refuse celui de littérature.

 

On a enterré des mammouths : Braque, Cocteau, Edith Piaf, Jean XXIII.

 

En 64, comme on le dit de nos jours, c’est la Battle planétaire Rolling Stones « de mauvais garçons, apôtres sataniques d’une musique violente » contre les Beatles « A hard days night »…

 

En 1964, le pompidolisme triomphant permet l’érection de la tour Maine-Montparnasse le « Paris de l’an 2000 » (sic)

 

En 64, l’Europe verte est lancée grâce à un accord sur le prix des céréales, qui va permettre un « élevage moderne » (sic)

 

En 1964, Bernard Pivot écrit dans le Figaro : « Le premier garage d’une automobile, c’est le cœur d’un homme »

 

Enfin, en 64, Alain Peyrefitte « inaugure » un nouveau Journal télévisé, « avec plus d’images » : « Lorsque le gouvernement voudra s’exprimer, il le fera à visage découvert », assure-t-il sans rire. « Pouvait-on espérer mieux ? », écrit André Brincourt.

 

En 1964, l'auteur de science-fiction Isaac Asimov se lançait dans un petit jeu: imaginer le monde de 2014. 50 ans plus tard, son pronostic est tellement proche de la réalité que cela en est presque effrayant.

 

Lire ICI 

 

I have a dream et si les participants à la Nuit Debout ouvraient un atelier : En 2016… Y’a déjà beaucoup de matériaux et ça me semblerait plus intéressant que de réécrire la Constitution…

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents