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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 16:00

Sur le Net tout va très vite, parfois même plus vite que la musique, surtout avec des fines et rapides gâchettes comme Eva et Vincent. Ce dernier, alerté par mes soins dimanche dans l’après-midi de ma demande de création d’un compte Face de Bouc pour notre bonne A.B.V. a trouvé le moyen de me satisfaire dans la nuit de lundi. Ma chronique de ce matin, encore virtuelle, s’est retrouvée en ligne sur Face de Bouc au petit matin. L’ami François Desperriers, à qui rien n’échappe, en a fait la remarque : quelle projection vers l’avenir !

 

Bref, le taulier a du faire les bordures pour recoller aux deux échappés. Il s’est dit, chemin faisant, qu’après tout le timing était excellent : la fusée aurait trois étages et que ce mardi verrait naître une double relance pour que Face de Bouc n’enfouisse pas dans ses abimes notre belle et bonne A.B.V. Notre mouvement pour le bien-vivre se veut une lame de fond et non un feu de paille alors nous  devons durer, perdurer, exister contre vent et marée ! Comptez sur moi pour vous faire autant de piqures de rappel qu’il sera nécessaire pour que nous passions de la poignée groupusculaire à un vrai mouvement influent. Sans ambition il n’y a que velléité ou comportement victimaire.

 

Allez donc sur la page Face de Bouc   link et faites-nous votre déclaration d’amour ou d’amitié !  Ensuite notre MUR sera le vôtre : n’hésitez pas à y publier tout ce qui va dans le sens du bien et du mieux vivre. Pour aujourd’hui j’arrête là mon prêchi-prêcha pour vous offrir 4 dessins refusés par le New Yorker ( par Matthew Diffee Les Arènes 9 euros) en guise de bonnes ou de mauvaises raisons d’adhérer ou de faire adhérer à l’ABV ! Le geste qui sauve…

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 00:09

 

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Cher ami e et sans e de L’Amicale,

 

Notre charte fondamentale déclare, en son premier article, que « Le bien-vivre n’est ni un luxe réservé à une élite, ni le privilège d’une société opulente, mais un élément essentiel de notre mode de vie à la française »

 

« Convivialité, accueil, hospitalité, échange, plaisirs simples partagés, trame de liens amicaux, voisinage, ciment de la vie en société, le vin est, et reste, comme l’écrivait l’ethnologue Claude Lévi-Strauss en 1974, « une boisson à consommer ensemble » ajoute le second article

 

« Dans les temps difficiles que nous traversons, notre combat pour le bien-vivre n’est pas une provocation mais, bien au contraire, une juste cause pour la préservation d’une façon de vivre que le monde entier nous envie. » complète le troisième.

 

Vous avez adhéré, et vous adhérez toujours, à notre Amicale du Bien Vivre dites des Bons Vivants car, vous les avez, c’est le premier geste qui sauve ! Simple et efficace il est le seul en mesure de nous préserver d’une société aseptisée, normée, encadrée, peureuse, anxieuse, inhospitalière car le bien-vivre en est l’antidote radical.

 

Nous sommes donc une AMICALE, c’est-à-dire un point de jonction de femmes et d’hommes, de tous âges, de toutes professions, de tous horizons, de toute notre vieille France ou d’ailleurs, qui affirmons, tranquillement mais fermement notre droit, car nous sommes conscients de nos devoirs, à être responsable de la conduite de notre façon de vivre.

 

Certes, nous sommes une Amicale dormante, dont la dernière Assemblée Générale date du 30 juin 2009 lors d’un Vin d’honneur « sauvage » des Bons Vivants à Vinexpo link  mais, comme le chat qui dort, nous ne dormons que d’un œil et sommes prêt à bondir lorsque les sinistres menacent d’envahir notre pré-carré.

 

Notre charte fondamentale est formelle « nous n’entendons pas nous substituer, ni nous surajouter, aux organisations existantes mais constituer un réseau citoyen ludique, joyeux, convivial en capacité de s’adresser à l’opinion publique par des canaux et des messages qui donneront du monde du vin une image positive « un peu de douceur dans ce monde de brutes… » Nous serons porteurs, non de pancartes ou de banderoles, mais du bien-vivre à la française, avec le sourire, de la bonne humeur, en tout lieu et par tout temps.

 

Soucieux du respect de votre liberté de choix de citoyen, l’A.B.V. tout comme son Secrétaire-Perpétuel autoproclamé, entend ne pas intervenir dans le débat national de l’élection présidentielle, mais se contenter d’afficher ses principes fondamentaux que je viens de rappeler. Afin qu’ils soient mieux connus, mieux diffusés, j’ai décidé de demander à Vincent Pousson, adhérent de la première heure et créateur de l’Antidépresseur qu’il présenta en avant-première lors de notre Vin d’honneur sauvage de Vinexpo, de nous créer une page Face de Bouc.

 

Dans la même veine j’ai décrété que la reine du Tweet Eva prendra en charge le Tweet de l’A.B.V. et fera péter les followers aussi bien qu’elle le fait avec les bouchons des quilles…

 

Comme le rappelle notre charte qui n’a pris une ride : « Nous avons besoin de vous car nous serons d’autant plus forts et crédibles si nous élargissons notre cercle à ceux qui ne sont pas de notre monde. Maillons ensemble le territoire de vos proches, de vos amis, de vos relations professionnelles pour déclencher un effet multiplicateur. En adhérant à l’Amicale vous restez libre, elle ne vous embarquera dans aucune galère, elle n’aura ni président, ni porte-parole officiel, elle ne sera que ce que vous souhaiterez en faire ensemble. »

 

Le taulier, qui s’est auto-proclamé Secrétaire-Perpétuel de votre Amicale, n’en est que l’initiateur, sa tête de réseau, garant de l’esprit fondateur :POUF_3652.jpg toutes les initiatives labellisées ABV sur notre futur MUR de FACE de BOUC se devront de respecter la déontologie exprimée dans la charte fondamentale que je viens de rappeler.

 

Je rappelle que l’ABV est née sur mon espace de liberté le  9 mars 2009 sous la forme d’un appel du Taulier « Levons-nous en masse pour créer un grand réseau citoyen autour de l’Amicale des Bons Vivants ! » link et que j’ai tenu avec mon aide de camp le 15 juin 2009 une « Conférence de presse virtuelle du Secrétaire Perpétuel de l’Amicale du Bien Vivre » link

 

L’heure n’est plus au bricolage dans un garage – comme le dirait mon ami Jean-Luc Thunevin – mais à multiplier nos adhérents, à peser de tout le poids de notre convivialité sur la morosité. Dans les temps difficiles, anxiogènes, déprimants, nous sommes détenteurs de ce petit peu de douceur dans un monde de brutes qui nous permet de garder le moral.  

 

Croissons et Multiplions-nous sur Face de Bouc et ailleurs !

 

Comme l'ami François des Ligneris à l'Envers du Décor de Saint-Emilion faites du prosélytisme !

 

Le Secrétaire Perpétuel Autoproclamé de l’A.B.V.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 00:09

Hubert de Boüard de Laforest s’identifie au château l’Angélus « La propriété fait 34 hectares mais seuls 25,5 ha sont classés en Premier Cru. Les autres surfaces nous servent à faire le Carillon d’Angélus ou le Numéro Trois d’Angélus. » précise-t-il. Son patronyme est aussi associé, dans l’appellation Lalande de Pomerol, au château La Fleur de Boüard. De par ses responsabilités nationales : membre du Comité National de l’INAO, et locales, c’est un homme qui compte dans le paysage de la place de Bordeaux.

 

L’occasion d’aborder la face, au sens montagnard, la moins connue d’Hubert de Boüard, celle de consultant international m’a été donnée par la réception du communiqué ci-dessous et d’un déjeuner, où se pressait le gratin de la presse, où j’ai pu converser avec Patrick Foureau propriétaire de Haut-Surget et de  Grand Cardinal. Le taulier, qui irrite tant ceux qui le régalent, va vous rendre une copie propre, sans affect, dans l’esprit d’une approche informative. Je laisse à chacun le soin de se faire une opinion.

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Le communiqué

 

« Hubert de Boüard, copropriétaire du Château Angélus, Premier Grand Cru Classé de Saint-Emilion et Directeur d’Hubert de Boüard Consulting, devient consultant pour le Château Haut-Surget, Lalande de Pomerol et le Château du Grand Cardinal, Saint-Emilion Grand Cru.

 

Ainsi, dès les prochaines vendanges 2011, il conseillera la Famille Fourreau sur l’élaboration et la vinification de ces deux grands vins de Bordeaux, grâce à son savoir-faire unique. Nul doute que l’apport d’Hubert de Boüard Consulting va dynamiser la Maison Ollet-Fourreau. Les autres domaines quant à eux (Château Lafleur Vauzelle – Lalande de Pomerol, Château Grand Moulinet – Pomerol, Château Fleur Saint Esperit – Bordeaux) sont toujours suivis par Bordeaux Oenoconcept. »  _bibi_s.jpg

L’information n’est donc pas récente mais, comme je l’ai écrit, elle me permet ce matin d’aborder une fonction très en vogue mais aux contours parfois imprécis. Pour ce faire j’ai interrogé bien sûr Hubert de Boüard puis je me suis référé à ses déclarations sur le sujet à Gilles Berdin dans sa série « Autour d’un verre » chez Elytis 12€.

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Pour vous faciliter la lecture de cette chronique je vais faire dans le style très Sciences-Po un plan en 3 parties :

-         1 Les réflexions du taulier sur le métier de consultant

-         2 Pourquoi Hubert de Boüard a-t-il décidé de conseiller Patrick Fourreau

-         3 La conception du métier de consultant par Hubert de Boüard

Pour la conclusion elle sera comme me le conseillaient mes éminents professeurs : ouverte !

 

1 – Du consulting à la sauce du taulier

 

Quand j’étais petit le BCG c’était bien sûr le vaccin.

 

Quand je fus un peu plus grand, monté à Paris, dans les clubs de Réflexion – les ancêtres des Think Tank – je croisais des types sérieux du BCG costumes croisés, attaché-case incorporé, bien coiffés, Richelieu lustrées, anglais majeur, membres du

Boston Consulting Group. Des as de la prospective, les rois du Conseil, très prisés par les boss des multinationales.

 

Quand j’intégrai la SVF, alors filiale du groupe Pernod-Ricard, nous fûmes en permanence soumis au ballet de consultants divers et variés, le dernier, plus astucieux que ses confrères, Axel Rückert, après sa consultation déclara que lui seul était en capacité de remettre la boutique d’aplomb. Aucune surprise à cela puisque sa crémerie se dénommait Management Partners et, qu’avec des fortunes forts diverses il n’en était pas à son coup d’essai. Entre lui et moi il y eut des étincelles mais il n’eut pas le loisir de me faire la peau car passé dans un lieu de pouvoir il vint gaillardement me proposer ses services pour sauver la filiale de l’ULN, la GUF, propriétaire de la marque Mamie Nova. Les affaires sont les affaires.

 

Demander conseil est, en soi, sage, ça permet de solliciter un regard extérieur, de bénéficier d’une expérience autre, de se réassurer, et même de se rassurer sur le bien-fondé de ses choix. Les Princes, les Rois, les Présidents… sont entourés de Conseillers mais ce sont des subordonnés alors que dans le monde des entreprises le consultant est un prestataire de services autonome, il s’adresse à un client. Ce devrait lui laisser une plus grande liberté de jugement et de parole, l’éloigner d’une posture de courtisan.

 

Reste que la fonction de Conseil n’a pas toujours bonne presse car le vieux dicton français  qui affirme que « les « conseilleurs ne sont pas les payeurs… » reste encore très prégnant.

 

De plus, en français, consultant est un mot ambivalent.

 

Dans le langage courant, il peut parfois désigner celui qui se rend en consultation, auprès d’un médecin ou à l’hôpital. Il est synonyme de patient : il consulte parce qu’il a mal quelque part… Il peut être tentant d’en tirer un parallèle avec l’entreprise. Si une entreprise fait appel à un consultant c’est qu’elle a mal quelque part !

 

Dans le monde du vin, la fonction de conseil, a pris son envol grâce tout d’abord aux grands œnologues, tel Emile Peynaud, puis sous l’impulsion de Michel Rolland link . Dans une série de chroniques « les 3 mêmes questions à…. »  une grosse dizaine d’œnologues (Dubourdieu, Derenoncourt, Dubernet, Gasco, Léon…) dont certains exercent le métier de Conseil (si vous souhaitez lire leurs réponses vous allez tout en haut à gauche du blog et vous dactylographiez les 3 mêmes) je leur demandais dans la Question N°3 : « Moi qui ne suis qu’un pur amateur aussi bien pour le vin, que pour la musique ou la peinture je place ma confiance non dans les critiques mais plutôt dans ma perception au travers de l’œuvre du génie du compositeur ou du peintre. Pour le vin l’affaire est plus complexe entre l’origine, le terroir, le vigneron, le vinificateur, le concepteur du vin, l’exécution est à plusieurs mains. La mise en avant de l’œnologue, une certaine starification, correspondant par ailleurs avec l’esprit du temps, à une forme de marketing du vin, ne risque-t-elle pas de nous priver d’une forme de référence objective, celle de l’homme de l’art, nous aidant à mieux comprendre l’esprit d’un vin ? »

 

2 – De la décision d’Hubert de Boüard de conseiller Patrick Fourreau

 

La première motivation de ce choix c’est la proximité, le voisinage avec la Fleur de Boüard, et le voisinage dans notre France des terroirs ce n’est pas forcément simple comme le souligne Hubert de Boüard dans sa conversation précitée « J’ai un voisin, Gérard Bécot…. Alors vous savez, les voisins, quelquefois… mais avec lui aussi nous avons développé une amitié vraie et il fait désormais partie des personnes que l’on dénombre sur les doigts d’une main et qui comptent vraiment, avec lesquels on peut partager beaucoup. »

 

La seconde rejoint la première, lui donne du corps, c’est la proximité humaine avec Patrick Fourreau qui ambitionne de bien faire, de mieux faire, d’entrer dans une dynamique qui bouscule un peu les traditions familiales. Hubert de Boüard a beaucoup de sympathie pour ces jeunes vignerons qui, comme Patrick Fourreau, font tout, des vignerons dans leurs vignes, les accompagner, les conforter dans leur marche pour l’excellence et ce pour le plus grand bénéfice d’une belle appellation méconnue : Lalande de Pomerol.

 

La dernière enfin est liée à la qualité des terroirs des propriétés sur lesquelles Hubert de Boüard  va exercer ses activités de conseil. Il souligne qu’une partie peut rivaliser avec les plus grands, des graves magnifiques équivalents à ceux de Pomerol. Du potentiel donc, de la marge de progression, un beau challenge en compagnie d’un jeune homme plein d’ambition et de bonne volonté.

 

3 – De la conception d’Hubert de Boüard  du métier de consultant

 

À la question : pourquoi viennent-ils vous chercher ? HdeB répond : « Je pense qu’à un moment, ils sont à la fois en quête de réputation et d’expertise technique. Il ne faut pas se voiler la face, c’est ce genre de choses qu’ils désirent. »

 

Fait-il pour autant un type particulier de vin ?

« Je ne sais pas si on fait un type particulier de vin. L’Homme influence l’expression d’un vin, il le marque. Je crois beaucoup à cette part de l’humain.

 

« Ce que j’apporte dans mes conseils, c’est la rigueur scientifique d’un œnologue qui reste au service de la vigne et du vin. Mais,  c’est aussi travailler avec son cœur, ses sentiments, son vécu. Il est vrai que j’aime plutôt  les vins aux côtés arrondis à ceux anguleux ; ça c’est mon style. On peut alors penser, dans ce cas-là, qu’il existe un style Hubert de Boüard. Mais dire que tous les vins que je fais se ressemblent serait faux. »

 

« Être consultant c’est rentrer dans le secret, les gens vous confient des choses, vous devenez leur confident. S’ils ont des difficultés, vous essayer de les aider, vous les conseillez dans leurs investissements… Ils vous font confiance. Vous n’êtes pas simplement la personne à qui on vient porter une analyse dans un labo, vous n’êtes pas seulement là pour donner une ordonnance et vous en aller. Vous rentrez dans l’intimité. »

 

Le consultant, coach, fusible…

 

« Il y a une forte exigence. Les gens sont très exigeants. Pourquoi ? Sûrement à cause de ce système incroyable de notation des vins. Des journalistes viennent goûter vos vins alors qu’ils sont des enfants et vous jugent aussitôt ! »

 

« Il n’y a pas de recettes parce que, d’abord, je ne suis pas cuisinier. Vinifier, ce n’est pas faire de la cuisine, ce qui fonctionne dans un endroit ne marche pas ailleurs. Certes il y a toujours des fondamentaux, mais je marche plus au feeling, tout en préservant une grande rigueur, une précision dans mon travail. J’écoute beaucoup les propriétaires car ce sont eux qui signent le vin. »

 

« Un style de vin doit correspondre à l’expression d’un terroir. Après, s’ils le souhaitent, nous pouvons tenter de faire un produit très américanisé ou essayer d’élaborer quelque chose d’aimable, rond et souple »

 

« Je m’interdis de faire un copier/coller de ce qui pourrait être la valeur uniformité d’un vin aimé par tout le monde. Je tente aussi de montrer aux propriétaires que s’ils font un vin qui ne leur plaît pas en pensant qu’il se vendra mieux , ils vont vite se lasser et le métier deviendra insupportable. »

 

« Je ne vais pas forcément dans les plus faciles. Je pourrais me contenter des plus prestigieuses mais ce n’est pas le cas, j’aime bien les challenges. Cependant, je vérifie toujours la qualité du terroir, je ne suis pas non plus un acrobate. »

 

« Je tente d’être un généraliste de la vigne capable de donner un avis général, après expertise éventuelle de spécialistes »

 

Le vœu le plus cher H de B :

 

« La Bourgogne ! Pas ailleurs, mais la bourgogne, oui. Si la Bourgogne me propose quelque chose, j’y vais tout de suite car c’est une région qui me passionne. J’aurais cependant l’honnêteté de demander un tour de piste d’une année avant de m’engager complètement afin de bien comprendre le terroir. »

 

Conclusion en forme de réflexions personnelles et d’interrogations

 

Je n’ai jamais exercé le métier de consultant sans doute parce que je n’ai pas grand-chose à transmettre à qui que ce soit. Je fus pendant 5 ans Conseiller Technique dans des cabinets Ministériels mais cet exercice n’a rien à voir avec du consulting car il faut se contenter de se mettre dans la peau de son Ministre pour lui permettre de comprendre des dossiers. C’est aussi faire le nègre. Le conseiller technique n’existe pas c’est une ombre sans responsabilités.

 

Lorsque je fus en responsabilité j’avoue qu’une fois avoir absorbé les notes sur un sujet, j’ai toujours décidé seul afin d’assumer seul mes erreurs et aussi, péché d’orgueil, mes succès : ainsi par exemple la reprise par le groupe Bongrain de l’Union Laitière Normande.

 

Enfin, lorsque j’ai écrit mon rapport, dans la plus parfaite solitude, après avoir beaucoup vu et écouté, je n’ai pas fait du Berthomeau contrairement à ce que certains ont insinué, je me suis de nouveau mis dans la peau de… pour tenter de répondre aux questions qui m’étaient posées et j’ai signé. La seule transmission qui me plaît est celle de l’enseignement : j’adore le contact avec les étudiants ( ne ricanez pas en féminisant) et j’ai exercé avec passion, à ma sortie de mes responsabilités, pendant 3 années ce métier de prof associé (en plus de mon travail) à l’Université de Nantes en 3e cycle : mon thème justement la prise de décision…

 

Reste que vous allez me dire que j’ai abondamment parlé d’Hubert de Boüard, et de moi, mais bien peu de Patrick Fourreau. C’est à dessein, non par désintérêt mais parce que je ne le connais pas bien. Ce qui m’intéresse dans cette histoire de collaboration entre lui et Hubert de Boüard c’est de suivre l’évolution des vins de ces deux propriétés Châteaux Haut-Surget et Grand Cardinal.

 

Bien évidemment, eu égard à mes capacités très limitées de dégustateur, je ne pourrai vous livrer ici mes appréciations sur cette évolution d’autant plus qu’il n’est pas certain que je fusse de la partie pour le prochain millésime… Ainsi va la vie d’un chroniqueur qui apprécie bien plus les idées que les invitations à des déjeuners de presse. Bon vent à Patrick Fourreau et plein de beaux et grands millésimes avec Hubert de Boüard !

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 07:00

La discussion se cristallisait sur de vieilles récriminations entre les ouvriers de l’Assemblée Autonome et ceux de Lotta Continua, tout ce qu’ils avaient accumulé dans leur vie de tous les jours dans les ateliers, des petits riens qui mis bout à bout se transformaient en rancœurs, alimentaient les mésententes. Je fatiguais. Ils m’emmerdaient. Plutôt que d’ouvrir ma gueule je fis celui qui a envie de pisser et je me dirigeai discrètement vers la sortie. Juste à ce moment-là, se pointait un délégué de la Carrosserie se pointait. C’était un copain de Giuseppe, un gus de la FIM, ouvert et disponible, toujours prêt à défendre au sein du syndicat les luttes spontanées tout en maintenant ses distances avec les extrémistes. Mettre tout le monde dans le même sac que les futurs fêlés de Brigades Rouges, ne correspond pas à la réalité historique. Des types, courageux et sincères, se sont toujours opposés avec force à ce qu’ils pressentaient comme une dérive sectaire, un enfermement qui ne pouvait déboucher que sur des actes sanglants. Les Français ont une fâcheuse tendance à l’amalgame, les meurtriers d’Aldo Moro n’étaient qu’une poignée, des types perdus soutenus par des intellectuels dévoyés qui eux s’en tireront, tel Battesti, en se lavant les mains du sang répandu par d’autres. Nous n’en étions pas encore là, les ouvriers gardaient encore le contrôle de la situation. Le délégué de la FIM s’approchait du petit Sarde de la carrosserie. Ils eurent un bref conciliabule et ce dernier réclamait le silence qui se fit d’un coup. Posté dans l’entrée j’entendais le délégué annoncer que l’exécutif syndical, FIOM en tête, avait négocié avec la direction d’Alfa sur la question des équipes relais pour l’atelier de peinture. Celle-ci avait lâché sur tout.

 

Je m’attendais à une explosion de joie. Il n’en fut rien en dépit du soin que prit le délégué à souligner cette victoire syndicale. Le hic pour l’assemblée, toutes tendances confondues, c’était que l’exécutif syndical était passé au-dessus de la tête des ouvriers. Le petit sarde reprenait la parole « Pour nous, à l’atelier de peinture, ça nous va, mais ce qui ne va pas du tout c’est qu’ils nous aient court-circuités pour les négociations avec la direction. Tous ces bureaucrates doivent cesser de prendre des initiatives sans en parler à qui que ce soit. Sur ce coup là, ils n’ont rien pu brader car nous étions forts à la base. Nous empochons et nous verrons demain… » Les types de Lotta Continua, partisans de l’entrisme dans le syndicat, revenaient à la charge. « Nous sommes d’accord que qu’il y a des apparatchiks syndicaux, que l’exécutif n’est pas une instance au-dessus de nous mais il est idiot de rester en dehors du syndicat. Si l’on veut savoir comment l’exécutif négocie, et sur quoi il vaut mieux être dedans que dehors. Si nous ne voulons pas que les délégués d’atelier soient à la botte des bureaucrates il suffit que ce soit l’un des nôtres. Ne pas se mouiller c’est bien joli mais ça renforce la bureaucratie syndicale. Nous avons notre part de responsabilité… » Brouhaha, empoignades verbales, c’était reparti pour un tour. Avant que tout cela parte en couille je préférai partir.

 

C’était la première fois que j’étais seul dans la ville. Je remontai le col de mon blouson et je m’aventurais dans des rues mal éclairées. J’avais envie de voir des gens normaux, de m’assoir dans un bar, de siroter une bonne bière. Que faire ? Sur un grand boulevard je tombai nez à nez avec une cabine téléphonique. J’y entrai. Comme j’avais mémorisé le numéro de téléphone de l’appartement – nous ne devions jamais avoir sur nous un quelconque papier qui puisse amener la police jusqu’à notre point de chute où venaient se réfugier des camarades en bute avec elle – je glissai des pièces dans la fente et je composai le numéro. Tout en entendant les impulsions du téléphone, une douce chaleur m’envahissait le bas du ventre, j’avais envie que Lucia décroche et que je puisse la sentir près de moi. Je raccrochai au bout de 5 impulsions. C’était le code. Je recomposai le numéro. Lucia décrocha aussitôt. Elle reconnut ma voix lorsque je lui demandais si le chat avait mangé. Encore la procédure. Je sentis de suite qu’elle lisait dans mes pensées. Sans même attendre que je formule une quelconque demande elle me demandait où j’étais et déclarait qu’elle venait me rejoindre. En l’attendant je grillais une cigarette en faisant les cents pas. La circulation à cette heure-ci était très réduite mais je restais aux aguets car une patrouille de police pouvait toujours marauder dans le quartier. Mon attente ne fut pas très longue. Le museau tout cabossé de la Fiat 500 se pointait. Lucia se faufilait dans le bateau où je m’étais posté. Elle se penchait et m’ouvrait la porte. L’espace vital de l’habitacle d’une Fiat 500 présente, comme une cabine Soyouz, l’avantage de la proximité. Le moteur tournait. Le doux parfum de Lucia me percutait. Sa bouche était fraîche. Nos mains allaient à l’essentiel.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 00:09

77 ans au compteur, l’élégance, la classe, la lucidité, la douce ironie, pour Léonard Cohen je signe les yeux fermés pour un bail à durée indéterminé.


Old Ideas « J'ai débuté vieux dans la musique, en traitant de thèmes éternels. Je regarde rarement en arrière, mais le passé m'accompagne toujours. Je n'ai jamais cherché à être original, je m'en tiens aux vieilles idées. »


Écrire est une réelle douleur, Léonard est un sculpteur de mots,  un « obsédé de la juste syllabe et du vers parfait »


8 années d’attente depuis « Dear Heather » passées à arpenter le Monde, à fouler des scènes pour renflouer les caisses vidées par une manageuse sans scrupules. Le lien intime avec nous ne s’est jamais rompu, le vieux séducteur pose toujours le même regard ironique sur lui-même « I love to speak with Leonard. He's a sportsman and a shepherd. He's a lazy bastard Living in a suit J’aime parler avec Leonard c’est un sportif et un berger. C’est un batard de fainéant qui vit dans un costume » confie t-il  dans Going Home aux premières minutes de cet album qu’il termine par un constat familier ».

 
La voix crépusculaire de Cohen me bouleverse et me renverse et lorsque dans les Inrocks l’interviewer évoque la proximité de Tom Waits, les yeux de Léonard s’illuminent « Tom est un ami, un homme formidable. J’écoute ses disques très souvent, ils font partie de ma vie. Je suis heureux que ma musique puisse évoquer la sienne. » lc-old-sm.jpg

 

« Banjo ressemble à un clin d'œil à son intention contrariée de faire carrière à Nashville, Cohen se délecte à mêler swing liturgique et sexualité désabusée sur AmenRedis-moi, lorsque je serai propre et sobre, que tu me veux toujours »), à se métamorphoser en bluesman apocalyptique sur DarknessJ'ai contemplé l'obscurité en buvant dans ta coupe. Est-ce contagieux ?, ai-je demandé. Tu m'as répondu : bois-le »). Quête de pardon et de salut, entre envie d'être le jouet d'une femme encore une fois et le soulagement d'être, l'âge aidant, physiquement émancipé du désir, Leonard Cohen nous susurre à l'oreille, en crooner apaisé, à l'aise avec sa nature d'homme mûr, poète et chanteur admiré et adulé. » Télérama Hugo Cassavetti
 

 

« Leonard Cohen prend son temps et pourtant, en l'écoutant, en se laissant bercer par son timbre profond, ses poèmes superbes, les instrumentations simplement magnifiques de ces Old Ideas qui n'ont rien à envier à la nouveauté, le temps passe vite, très vite, trop vite. Alors, on appuie sur « repeat » et on repart sur la route de ces dix titres envoûtants. Une aura de gospel flotte sur ce disque, et surtout une atmosphère sacrée, un retour bienvenu à l'acoustique. Bref, ça valait le coup d'attendre. » le Point


« Je suis encore jeune, nous avons le temps. » lance Léonard Cohen à son interviewer des Inrocks sous le charme mais qui aurait bien aimé que cet instant rare dure plus longtemps.

 

Pour écouter l’ensemble de l’album Old Ideas c’est ici (désolé le site a été désactivé depuis la mise en ligne de cette chronique) moi j'ai eu la chance d'en bénéficier.

link

 

Ecoutez Show me the place (ça fonctionne) link

 

Par le canal anglais link

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:42

Broadway, en 1956, grâce à Elia Kazan  il débute dans «La Chatte sur un toit brûlant» de Tennessee Williams, où il incarnait Brick. Au cinéma, il avait rencontré le succès populaire en 1959 dans «Autopsie d’un meurtre» d’Otto Preminger.

 

Acteur fétiche de de John Cassavetes, avec son grand ami Peter Falk : Husbands, Meurtre d’un bookmaker chinois, Opening Night il travaille avec les frères Coen dans l’un de mes films cultes «The Big Lebowski».

 

Né dans une famille d'immigrés siciliens le 28 août 1930, Ben Gazzara avait commencé à jouer dès l'adolescence. A 21 ans, il avait été accepté par la prestigieuse école de l'Actors Studio. Il a joué dans une centaine de films, mais revenait périodiquement au théâtre. Il laisse une femme à laquelle il était marié depuis 30 ans, Elke, et une fille.

 

C’est la vie qui va, la vie qui passe, la vie qui tourne des pages que j’ai beaucoup aimées et c’est un peu de ma vie qui disparaît en laissant sur les écrans une trace, une mémoire.

 

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 00:09

 

 

« Le repas mafioso est une liturgie (…) il revêt dans l’histoire de la Mafia, toute révérence gardée, une importance similaire à celle qu’il a dans les Évangiles : la multiplication des pains, les noces de Cana, la Cène » Pour Jacques Kermoal et Martine Bartolomei co-auteurs d’un petit livre de cuisine original « La Mafia se met à table » chez Babel 7,50€ raconte quelques-uns de ces repas « où se sont décidés le sort de quelques-uns, mais aussi des moments d’histoire. C’est ainsi que les noms de Garibaldi, de Cavour, de Mussolini, de Roosevelt, du maréchal Juin, de Vychinski, de Churchill, d’Enrico Mattei, du général Dalla Chiesa, surgissent entre deux coups de fourchette pour se mêler à ceux de Don Vito, Don Calogero Vizzini, Don Genco Russo, Vito Genovese, Lucky Luciano… »

 

« Les chefs de familles savent également être d’excellents chefs de fourneaux (…) Il s’agit là aussi d’une  tradition sicilienne, car dans cette île il est d’usage d’honorer ceux que l’on reçoit à sa table en leur disant : « Et vous savez, c’est moi qui ferai la cuisine. » Les restaurants jouent un rôle important dans la geste mafiosa. C’est dans un restaurant italien que Capone met au point les derniers préparatifs du massacre de la Saint Valentin. C’est au restaurant Scarpato, le meilleure table de Coney Island, que Luciano se débarrasse de Giuseppe Masseria, surnommé Joé le Boss, en le faisant descendre par ses tueurs le 15 avril 1931… »

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Don Vito revient de suite 1909

 

Je vous propose le menu du déjeuner privé à Palerme chez le député Petrani en compagnie de Don Vito Cascio Ferro où entre la poire et le fromage, ce dernier, premier empereur mafioso « s’essuya les lèvres et, posant sa serviette devant lui, s’excusa auprès de son hôte, le député Petrani, en disant : « Continuez, je reviens sans tarder…»

 

Pourquoi ce choix ?

 

Pour Palerme en 1909 « année bénie » qui « était encore la cité décrite par Lampedusa. Une ville de velours et de plantes verts où les carrosses, tirés par des attelages sélectionnés dans les meilleurs haras d’Autriche, emmenaient vers les amours inavouables ou des fêtes de légende les nouveaux riches et les aristocratiques survivants du Gotha bourbonien de l’ancien royaume de l’ancien royaume de Naples et des Deux Siciles. À la tombée de la nuit, les grandes avenues bordées de platanes et de palmiers voyaient passer les équipages de la gente per bene palermitaine qui, par tradition, venait se donner en spectacle entre dix-huit et vingt heures, chaque jour que Dieu faisait, à l’heure de la passagiata ».

 

Pour le nouveau venu « un certain Don Vito Cascio Ferro, natif d’une bourgade de la Province, la petite ville de Bisacquino(…) Pour ses deux lipizani gris-blanc attelés au tilbury gris et or qui « faisaient pâlir de jalousie la noblesse locale et jaser toute la ville (…) Celui-ci, « la cinquantaine juvénile »« n’avait cure de l’ironie de ces aristocrates qui vivaient les dernières heures de leur gloire fanée » Lui, lorsqu’il se présenterait à la Birrerria Italia, « le café réservé à l’élite palermitaine où il avait sa table retenue à l’année » la foule se précipiterait pour lui baiser la main. Don Vito Cascio Ferro « se moquait bien de cette noblesse décatie et de ces princes qui venaient lui demander de l’argent pour conserver un train de vie auquel leur fortune ne suffisait plus à faire face. Il connaissait au centime près l’état de leurs finances, presque aussi bien que l’anatomie de certaines de leurs épouses qui venaient le retrouver, l’après-midi, dans ses appartements de l’hôtel Sole. » Mais « issu d’une humble famille de paysans »« Personne à vrai dire, ne pouvait imaginer que ce seigneur, grand, distingué, était en réalité un criminel endurci, doublé d’un analphabète. »

 

Pour aussi « son très cher ami le député Petrani, amiciu di l’amici, c’est-à-dire un de ces parlementaires qui servaient d’intermédiaires entre l’Honorable Société et le gouvernement de Rome. » Don Vito Cascio Ferro, « premier empereur véritable de la Mafia, patron incontesté des trois quarts de la Sicile, y taxait toutes les sources de revenus. » même les amoureux qui, lorsqu’ils se promenaient sous les fenêtres de leurs bien-aimées, devaient payer a cannila, c’est-à-dire le prix symbolique d’une chandelle qu’un membre de la Mafia, en tant que chaperon appointé et éclairé, était censé tenir pour eux. »

 

Pour l’histoire bien sûr, que je ne vais pas vous raconter. Rien qu’une petite interruption de déjeuner « entre le fromage de chèvre de Caltanissetta et la cassate sicilienne » qu’il s’absenta pour une vingtaine de minute pour « un geste magnifique » de l’uminu di pansu l’homme de courage, qui régla son compte à l’intrus américain du FBI et qui, à treize heures quarante « plongeait sa cuiller à entremets dans la cassate napolitaine. »Bien sûr du député Petrani, en passant par son cocher et tout le personnel de la maison : majordome, valets de pied, soubrettes et gens de cuisine » « jurèrent leur grand dieux que jamais, Don Vito Cascio Ferro n’avait quitté le palais de son hôte. »

 

Jusqu’à son incarcération n 1923, il ne manqua en tout cas jamais d’aller chaque mercredi, quand il était à Palerme, déjeuner chez son bon ami le député Petrani(…)Naturellement, on y servait des rougets aux graines de fenouil, un agnelet nouveau-né en sauce et aux herbes des pentes volcaniques, des fromages de chèvre de Caltanissetta et cette merveilleuse cassate napolitaine, devenue palermitaine depuis le débarquement des Mille. Le tout arrosé parles merveilleux Velutirano dont les pentes de l’Etna ne produisaient que cent-vint barriques par an, et dont, bien entendu, Don Vito, qui en était propriétaire, se réservait l’entière production. Car comme l’affirmait un vieux dicton sicilien : « Déguster une goutte de vin de l’Etna est aussi agréable au cœur de l’honnête homme qu’une goutte de sang qui coule dans les veines de son ennemi. »

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Pour les histoires et les recettes il vous suffit d’acheter le livre de cuisine de Jacques Kermoal et Martine Bartolomei original « La Mafia se met à table » chez Babel 7,50€.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 16:00

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Le Monde titrait en bas de première page de son numéro du 31 janvier « en Algérie, la prohibition assèche les bars » et toute la page 3 était consacrée, sous la plume d’Isabelle Mandraud à deux articles très intéressants  link et link

 

Quelques extraits :

 

« Plus aucun bar n'existe à Constantine. Ni à Chlef, Tlemcen, Batna ou Boumerdès. A Sétif, il n'en reste plus que deux. A Alger, réputée autrefois pour ses nombreux bistrots, une quinzaine seulement subsiste. Le 23 janvier, deux des plus vieux estaminets bien connus dans la capitale algérienne, la Butte et la Toison d'or, ont baissé leur rideau. Les uns après les autres, les bars vendant de l'alcool ferment, les points de vente se raréfient. L'Algérie glisse vers la prohibition. »

 

« Les débits de boisson étant souvent contraints de fermer dès 20 heures, ces réseaux prennent le relais à bord de véhicules-bars ambulants, ou, plus rarement, à domicile. La vente est furtive, les boissons sont dissimulées dans des sacs opaques, mais les rassemblements sont bien visibles et font mauvais genre. Dans la région de Sétif, un vendeur à la sauvette fait ainsi le tour des clients avec sa fourgonnette et son téléphone portable. Car la consommation, elle, ne baisse pas : elle reste stable, voire progresse même un peu.

 

En moyenne, selon l'APAB, les Algériens consomment 1,1 million d'hectolitres de bière par an, 500 000 hectolitres de vin, et 80 000 à 100 000 hectolitres de spiritueux. " Ces chiffres nous placent loin derrière le Maroc et représentent la moitié de ce que consomment les Tunisiens ", relativise M. Hamani. La fermeture des bars a généré de nouvelles habitudes. Dès le milieu de l'après-midi, le long des routes, des voitures s'arrêtent et leurs occupants boivent leur bière à même le capot. Sur les bas-côtés, des milliers de canettes en aluminium, non récupérées, sont ainsi laissées à l'abandon. " Si ça continue, cela va devenir un problème de santé publique ", soupire un distributeur. " Les gens ont appris à boire comme ça, à la sauvette. Ils ne cherchent même plus à aller dans les bars ", affirme M. Delabeche. »

 

« Les quelques débits de boisson qui exercent encore n'ouvrent plus leurs portes qu'à une clientèle d'habitués, triés par un gardien à la porte. Les pétitions de voisins contre la présence de bars ou de points de vente d'alcool dans les quartiers se sont multipliées. En septembre 2011, tout près du magnifique jardin d'Essai, au coeur d'Alger, un point de vente a été contraint de fermer ses portes sous la pression de la foule qui s'était rassemblée devant. Un autre a été saccagé et pillé à Belouizdad après une semaine de manifestations. Dans la commune touristique d'Aïn Bénian, de violents incidents entre jeunes ont été imputés à l'alcool.

 

Les fabricants locaux de bière ont toutes les peines du monde à recruter et des chauffeurs routiers ont refusé de transporter leurs marchandises. «  Certains salariés demandent à ce que l'on change l'en-tête de leur bulletin de paie, pour une autre marque de boisson gazeuse dans le groupe par exemple », indique Ali Hamani, président de l'Association des producteurs algériens de boissons. « C'est un monde d'hypocrisie », lâche-t-il. Propriétaires, grossistes, distributeurs réclament l'anonymat pour s'exprimer, non par crainte de représailles, mais « pour que les enfants ne soient pas embêtés à l'école ". Samir, représentant en marques de bière conseille à ses clients de ne pas jeter les emballages vides à côté des poubelles : " Les éboueurs ne les prennent pas. »

 

J’ai vécu deux ans à Constantine  sous le régime de fer de Boumediene, toutes les tentatives

de prohibition pure et dure : bière et vin ce sont soldées par des horreurs pour la santé publique. Et comme le rappelle Isabelle Mandraud « Ben Bella, le premier président algérien après l'indépendance, avait signé en 1963 un décret interdisant à tout Algérien de confession musulmane de boire de l'alcool. En vain. »

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 00:02

Dès que l’on aborde la Bourgogne par son versant terrien profond, là où des femmes et des hommes cultivent des produits d’exception, les moines cisterciens. L’Abbaye de Cîteaux, située entre Dijon et Beaune, fondée par Robert de Molesme en 1098, est le berceau de l'ordre cistercien et reste la maison-mère de l'ordre, toujours habitée par des moines cisterciens. Cette abbaye recèle de beaux vestiges du XVème siècle : le cloître des copistes (enluminures du XIIe, l'art de la reliure) et la bibliothèque récemment restaurés L'Abbaye de Cîteaux est aussi célèbre pour son fromage : le Cîteaux au lait de vache à pâte pressée, fruité, au goût de pâturage. Il s'achète directement au magasin de l'abbaye où les moines cisterciens perpétuent la tradition fromagère.

 

C’est donc à partir du lait d’un troupeau de 70 Montbéliardes vivant à la ferme de l’Abbaye qu’est fabriqué, deux fois par semaine, ce fromage parent du Reblochon mais en plus épais et plus fruité. Il est lavé et affiné en 4 à 6 semaines. « Un moment exceptionnel » s’exclame Philippe Alleosse !

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Ce matin pourtant je vais aborder la Bourgogne fromagère par sa star : l’Époisses qui tire son nom du village éponyme qui accueillait dès le XVIe siècle des moines cisterciens férus de fromages et producteurs de talent. L’Époisses fut introduit à la table de Louis XIV par le comte de Guitaut, Napoléon l’appréciait dit-on avec un verre de  Chambertin. Au congrès de Vienne en 1814 il obtint le deuxième prix du concours de dégustation. Enfin, comme vous le savez sûrement Brillat-Savarin lui décerna le titre de « roi des fromages ».

 

Très beau CV donc pour ce fromage qui est l’un des derniers à caillé lactique. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que la coagulation du lait de vache se fait avec très peu de présure : ce sont les bactéries lactiques à elles seules qui font le boulot pendant les 16 à 24 heures. Certains pourront le regretter mais après la Seconde Guerre Mondiale l’Époisses fermier a quasiment disparu. Il est produit par 3 fabricants et un producteur-fermier, qui collectent le lait : 16 millions de litres de 53 éleveurs, et commercialisent un millier de tonnes. Les races laitières autorisées sont la Brune, la Montbéliarde et la Simmental française.

 

L'Epoisses est un fromage au lait de vache entier, à pâte molle et croûte lavée, d'au moins 50% de matière grasse. Sa couleur, due à la pigmentation naturelle de ses ferments, est rouge orangé. Sa pâte, de couleur beige clair, est molle et souple et présente un cœur légèrement friable plus ou moins étendu selon la maturité du fromage. De forme cylindrique, il existe en deux formats : diamètre de 95 à 115 mm, pour un poids de 250 à 350 g, un autre plus grand de diamètre de 165 à 190 mm, pour un poids de 700 g à 1,1 kg.

 

Pour l’affinage, les fromages placés sur des planches de sapin sont frottés tous les deux jours avec de l’eau salée pour éviter qu’une mousse se forme qui empêchant le développement de bacterium linens responsable de la belle couleur orange de la croûte. Dans le dernier mois d’affinage, les fromages sont frottés avec une solution contenant du Marc de Bourgogne qui confère à L'Epoisses le supplément d’âme contenu dans l’esprit du vin.

 

Chez Philippe Alleosse www.fromage-alleosse.com ma référence fromage de haute expression, où l’affinage est un art subtil, celui qui donne ses lettres de noblesse à l’artisan, le Marc de Bourgogne est celui de la maison Jadot.

Donc ce matin j’offre, à vos papilles de fine gueule le fruit de la dégustation de 3 grands fromages Bourguignons que m’avait confié Philippe Alleosse :

-         un Époisses affiné au marc de Bourgogne Jadot,

-         un Affidélice affiné au Chablis

-         et un Aisy cendré sarments de vigne.

 

L’Affidélice de la maison Berthaut c’est tout comme l’Époisses mais en plus car il est affiné au Chablis ce qui lui apporte encore plus de finesse. Il et il est vaporisé de Chablis 1 fois par semaine pendant les 6 semaines de son affinage qui doit l’amener à être crémeux à cœur. « Un mariage subtil » selon Philippe Alleosse. 

Bouquet-007.JPGL’Aisy cendré est sûrement le moins connu des 3 bourguignons mais c’est incontestablement une vraie pépite à découvrir. Il est recouvert de cendres de sarments de vigne. Très fin grâce à un affinage optimisé de 6 à 8 semaines il garde comme ses deux autres compagnons un beau caractère. Il est crémeux et onctueux

 

La petite bande assemblée chez Antonin et Samia, Eva, son petit frère Charly et son homme Laurent, accompagné d’un vrai fondu de fromages Guillaume, représentait un bel échantillon représentatif de l’avenir des produits de bouche à fort caractère. Hormis qu’une belle ligne de quilles ne leur fait jamais peur, et ici les 6 d’Olivier de Moor n’étaient pas là pour faire de la figuration, nos larrons sont de fines gueules qui ne rechignent jamais devant une nouvelle expérience. Détail important, que j’ignorais au départ, le plus jeune : Charly avouait une forte prévention vis-à-vis du fromage. Dernier point : un dernier  fromage venait couronner notre dégustation mais son nom ne sera pas révélé ce matin car il vaut à lui seul une chronique. Suspens donc !

de-Moor-002-copie-1.JPG Nous commençâmes par les De Moor : Aligoté 2009 puis Saint Bris 2009 qui passaient leur examen de passage Vindicateur. J’ai adoré, comme l’ensemble de la petite bande, le Saint Bris. Laurent laconiquement fait remarquer : « ça ne crache pas beaucoup ! »

 

Le temps était alors venu avec les 4 Chablis restants (Bel Air et Clardy et l’Humeur du temps 2009) de s’attaquer d’abord à l’Époisses puis à l’Affidélice. Ma voisine Eva s’extasiait, Samia appréciait, Charly se risquait, Laurent ne demandait pas son reste, Guillaume se délectait, seul Antonin tout a sa tâche de Vindicateur noircissait ses fiches. Une unanimité qui n’avait rien de façade s’exprimait soulignée par le soin à ne laisser aucune trace dans les  deux boites. J’osais une remarque ôsée sur les senteurs des bouts de nos doigts. Restait l’Aisy cendré pour lequel Laurent éprouvait une forte prévention due à une expérience malheureuse de la consommation récente de ce fromage. Guillaume addict de l’Aisy cendré ramait pour le convaincre. Nous attaquions le dernier des bourguignons. Verdict sans appel : du grand, et surtout bravo à Philippe Alleosse. Même Charly, passé le temps de la réticence, avouait que si c’était ça le fromage il voulait bien aller plus loin. Quant à Laurent il avait donné sa langue au chat et contribuait sans réticence à la destruction gustative de cet Aisy cendré.

 

Après ce fut l’autre, l’inconnu transalpin mais je vous en parlerai demain ou après-demain. Tout ce puis écrire c’est qu’Eva se transforma en arme de destruction massive de ce fromage exceptionnel. Puis Samia, en maîtresse de maison attentionnée, présentait le gâteau au chocolat sans farine de Pierre Jancou confectionné par Guillaume, et le découpait pour que nous attaquions aux Juchepie d’Eva. Nos carburateurs carburaient encore à l’optimum et nous terminions nos agapes fromagères en beauté. Je promettais à Guillaume de l’amener rue Clairaut pour visiter les caves de Philippe Alleosse. Les 3 de Montreuil s’emmitouflaient et toutes chapkas dehors fonçaient vers le dernier métro. Belle soirée chez Samia et Antonin. 

 

En avant-première, les notes (finales, recalculées, "vindiquées") des de Moor !link

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 00:09

300px-Chapelle-Gaudrelle.JPGQuand j’aime je ne compte pas mais je conte ! Alors pour Vouvray, le Vouvray, les Vouvray et les vignerons qui les font rassurez-vous je ne vais pas vous chanter une chanson mais ce matin troquer ma plume pour celle d’un autre et faire comme si, à bicyclette, avec une nuée de copines emmitouflées « Pour aller à Vouvray, nous quitterions Tours par ce chemin ravissant qui emprunte la rive droite de la Loire, en suivant l’étroite laisse d’alluvions sur laquelle se dresse, toute droite, une colline percée de grottes en parties habitées ; revêtues de vignes et de parcs, elle est soulignée d’imposantes ruines : celles de l’abbaye de Marmoutiers, ou celle du château de Rochecorbon, d’où la tour de guet surveillait la Loire. Des villages s’ouvrent dans la falaise, des sources y ont creusé des ravins. À l’issue d’un de ces ravins, c’est Vouvray. »

 

Dans notre petite bande d’adeptes de la petite reine nous avions une Reine, dont je tairais le nom pour ne pas la compromettre, qui nous a dit : « Ici, le vignoble est établi sur un sol particulièrement propre à la vigne, qui est plus généralement argilo-calcaire et presqu’uniquement planté en gros pinot chenin greffé. Il donne ces vins dont on fait grand estime pour la délicatesse de leurs bouquets fruités. Ils son un don de la nature, mais la science du vigneron et sa conscience y ajoutent ce qui est peut-être l’essentiel de leurs mérites. »

 

Mais notre Reine a aussi, accroché à ses basques, une douairière, une duègne comme on en trouve dans nos belles dégustations parisiennes, des mesdames qui savent tout. Celle-ci, rajustant vaillamment sa mise en plis mise à mal par le vent, nous harangua « Les vignerons travaillent leurs vignes, préparent et soignent leurs vins avec une intention jalouse, et plus en artistes qu’en producteurs avides de profits. C’est à qui aura les ceps les plus verts et les plus vigoureux, avec les plus beaux fruits. C’est à qui pourra présenter le vin le plus fin et le plus distingué. Une réelle émulation les pousse à toujours mieux faire ; elle se transforme parfois en une véritable rivalité de propriétaire à propriétaire et même de commune à commune. Cette rivalité s’est révélée particulièrement ardente lorsqu’il s’est agi de délimiter l’aire géographique du Vouvray. »

 

Les filles pouffent. La duègne prend un air pincé. Alors pour détendre l’atmosphère, une petite boulotte, toute tachetée de son, se hisse sur un petit surplomb « Le village de Vouvray dont le nom est devenu si populaire, n’est que viticole ; situé au bas  de son coteau, il n’a d’autres annales que celles de son vignoble ; elles  suffisent à son ambition. Ses maisons sont groupées avec agrément autour de son clocher trois fois centenaire. Là encore les caves sont pittoresquement taillées dans le tuffeau et réputées pour leur aménagement et leur grandeur. Sous l’une d’elles, située dans le bourg même de Vouvray, des voitures peuvent aisément circuler. Ces dispositions troglodytes, qui ouvrent des horizons sur la vie de nos ancêtres des époques préhistoriques, s’associent si docilement avec le confortable des exigences modernes que c’est à peine si l’on y est frappé du contraste. »

 

Trêve de bavardage « nous entrons à Vouvray, dans un de ces domaines où un peintre de théâtre n’aurait qu’à copier ce qu’il aurait sous les yeux pour planter un décor pittoresque à souhait. La porte d’entrée, à claire-voie, ouvrant de la rue sur la cour intérieure et fleurie, a des façons de cottage. C’est, d’un côté, la maison d’habitation d’une rusticité élégante, et dont la terrasse donne sur le moutonnement des ramures et la verdure des vignes ; de l’autre côté de la cour c’est la falaise crayeuse à pic ; les bureaux s’ouvrent dans le rocher, et leurs parois sont des pierres frustes. Des escaliers intérieurs taillés dans le roc conduisent, d’étage en étage, au sommet. On sort des entrailles de la terre pour se retrouver en belle lumière, dans un vignoble d’un vert vigoureux, étalé d’un seul tenant. En redescendant par quelque trappe, on retombe dans des caves hautes et profondes, à l’abri des variations de la température et de l’humidité ; elles ne sont pas sans rappeler celles de la Champagne, et l’analogie est surtout frappante là où le Vouvray, qui incline, par première intention, à pétiller, est rendu mousseux à la façon que le cellerier enseigna aux vignerons champenois. »

 

J’arrête là de vous mener en bateau sur mon beau vélo. Partis emmitouflés nous sommes passés sans barguigner à l’été car tout bêtement le taulier a surfé sur le texte de Georges Montorgueuil écrit en 1927 pour la maison Nicolas. Bien sûr il ne s’agit là que d’une belle entrée, en matière, car dès que mes vaches me laisseront un peu le temps de souffler, je vous conterai sans compter mon morceau d’histoire avec les vignerons de Vouvray, chez moi, à Paname, du côté de la Butte où le Lapin est agile, le Moulin de la Galette et où le dialogue entre le Nord et le Sud s’établit grâce au talent conjugué d’Antoine Heerah qui sait si bien conjuguer les vins de taffetas avec les saveurs lointaines. Normal nous sommes au Chamarré… À bientôt donc sur mes lignes pour un périple aux parfums de la Compagnie des Indes.

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