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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 14:00

« Que pouvons-nous faire pour David ? » cette angoissante question barre la UNE d’un blog depuis le 24 octobre 2012. En effet, les JA, ne pas confondre avec les JC qui n’ont rien à voir avec le MRJC – je sais que j’exaspère les ennemis des sigles – ont  mis en place une pétition link pour « le moins spectaculaire et appelle à une mobilisation générale  contre l’abrogation des droits de plantation. C’est simple, direct et explicite : sans un outil de régulation efficace, il n’y aura pas d’avenir pour les jeunes viticulteurs. »


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Le Taulier trouve que les JA, à défaut d’abuser du jaja, ont trop poussé sur Photoshop, en effet David Cobbold est beaucoup plus musclé que cet insignifiant freluquet. Le jeunisme ne passera pas ! Bien sûr, la Vinothérapie est un élixir de jouvence mais tout de même était-ce bien nécessaire de nous mettre un éphèbe entre deux rangées de vignes pour clamer « Notre Europe de 2020 sera une vision cauchemardesque d'une production de vin trop importante, appartenant à de riches opérateurs. Il n'est pas trop tard pour réagir. Nous vous invitons à entendre l'appel de tous les jeunes vignerons, des pays producteurs de vin et du Parlement européen qui vous implorent de changer de cap. Notre avenir en dépend. »


L’excès de provocation nuit à la crédibilité ! proclame Hervé Lalau qui a demandé la séparation des corps et des biens des 5 du Vin. Son courroux est immense, intense et dense. sa réplique Sera cinglante : David combien de verges pour se faire fouetter ?


Michel Smith joint via Face de Bouc déclare « puisque les raisins exposés ne sont pas du Carignan je ne porterai pas le chapeau, ni ne tiendrai la chandelle, les droits de plantation piège à cons ! »


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Jim Budd, tout en frisant ses superbes baccantes gauloises qu’il a préservées, contrairement au Taulier, suggère de prêter au JC, pardon au JA à poil, une de ses superbes chemises à fleurs comme contribution de la perfide Albion à la bonne santé des jeunes pousses qui risqueraient de prendre froid avec les frimas de novembre.


Marc Vanhellemont s’étonne-lui de voir encore pendus des raisins sur les ceps à cette saison et que la grappe masquant la virilité du JC se trouve pendue, elle, juste au-dessus du slogan : Votez pour le maintien. « Drôle d’érection ! » conclue-t-il pardon d'élection...


Le Taulier qui fut des 5 créateurs des 5 du Vin avant de s’en retirer – Marc ne blague pas Hervé est déjà assez vénère – pour ne se consacrer rien qu’aux soucis de sa petite crèmerie, afin de battre le fer pendant qu’il est chaud, le durcir, quoi – Michel ne déconne pas notre ami Hervé va vouloir vraiment divorcer – annonce qu’il profitera de l’érection du Bojolo Nouvo en novembre pour dévoiler ses charmes sur une affiche qui va décoiffer le petit peuple de la Toile.


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Le slogan ne sera pas « Sauvez le Taulier ! » mais bien sûr « Buvez avec le Taulier ! »

 

Bon alors Hervé tu la signes cette pétition !

 

Joke, avec mes amitiés décoconnantes aux 5 du Vin et « merde pour la Reine d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre ! » pour une fois que nos amis Anglais n’ont pas tiré les premiers. Pardon aux JA pour ma légèreté congénitale (au choix des parties) mais, que voulez-vous, lorsque le Cap fut mis sur 2010 les JA n'y étaient pas... Trop tôt et maintenant trop tard ! C'est ainsi que se perdent beaucoup de combat, mieux vaut être présent sur le théâtre des opérations ça vaut 100 fois mieux mieux qu'une pétition.


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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 00:09

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La petite tempête médiatique soulevée par la revendication du patron, disons le Directeur-Général délégué du Groupe Marie-Claire, JP Lubot, de se faire régaler gratos, en compagnie de je ne sais qui, qui sera vite oubliée, rangée au rang des tempêtes dans un verre d’eau et la défense du susdit par Renaud Revel, élégant rédacteur en chef à l’Express et blogueur d’occasion, tout simplement titrée L’indécent lynchage du DG de Marie-Claire, m’inspire.


« Qui ne dit mot consent » alors afin de lever la suspicion du « tous pourris », des « copains et des coquins », corrupteurs et corrompus, quoi de plus simple de proposer que les restaurateurs adeptes de la méthode Pierre Jancou sortent de ce cloaque pour faire savoir aux cochons de payants ordinaires que les critiques glanées par eux dans la presse ou sur le Net, émanent de gens qui payent leurs additions.


C’est simple comme un engagement : « je certifie que chez moi tout le monde paye son addition… »


Puis-je parler d’un « engagement sur l’honneur » c’est si désuet ?


Oui, je tente afin de redonner des couleurs à ce mot bien galvaudé par « La presse française, (qui) dans sa totalité, publie chaque semaine qui passe et à longueur de colonnes, des kilomètres de reportages vantant des plages paradisiaques, des havres de paix et des circuits de rêve. Et tous ces séjours panoramiques nous sont vantés par des reporters de choc dument invités par des organismes ou des industriels du tourisme. » Dixit le sieur Revel.

 

Bien sûr, le label du taulier n’empêchera pas la dite presse « qui n’a plus les moyens d’envoyer des journalistes au-delà du périphérique parisien… » et qui « a institutionnalisé ce système. », toujours selon le Revel, de barboter dans le caniveau pour appâter les gogos. Tant pis pour eux me direz-vous ! Certes, mais nous les « petits blogueurs de merde » qui tentons de surnager dans cet océan de boue nous souhaitons vraiment ne pas voisiner avec ces ripoux de quatre sous « Il n’est pas une journaliste traitant de la joaillerie dans un grand magazine féminin qui s’imagine acheter un bijou dans une gamme de marques, dont elle a eu à traiter de l’actualité, à son prix réel. C’est ainsi. »


Du côté des critiques de toute condition ne serait-ce trop leur demander d’adhérer à ce type de label en abandonnant, pour certains me dit-on, leur tradition de pique-assiette et de visites accompagnées.


Ma proposition va être jugée bien naïve car elle touche à toute l’économie d’un système et que la frontière n’est pas facile à tracer lorsqu’il s’agit de voyages de presse ou de repas organisés autour de la dégustation des vins d’un propriétaire par exemple. Comme je n’ai pas l’âme d’un quelconque Saint-Just, rien ne me paraît plus simple que de dire à ses lecteurs les conditions dans lesquelles les uns et les autres nous pratiquons notre petite ouvrage. La confiance ça se mérite. Faire appel à l’intelligence de ceux qui nous lisent me semble le moindre des respects que nous leur devons.

 

Je n’aime pas beaucoup le concept de transparence mis à toutes  les sauces car il laisse accroire qu’il y a d’un côté les purs et de l’autres les coquins. Nous avons tous en nous une part d’ombre, nos secrets, nos défaillances, reste qu’il me semble qu’informer dans la clarté ceux qui nous font confiance n'est pas hors de portée : nous ne vivons pas d'amour et d'eau fraîche (surtout de la seconde). Les tricheurs sont légion, tôt ou tard, ou jamais parfois, ils se font rattraper par la patrouille : pas vrai Lance ! Bref, il me sera rétorqué que le respect de ces engagements est invérifiable donc que mon label sera un truc qui ne servira à rien.


À quoi bon, donc ?


N’étant pas aquaboniste je répondrai simplement : à mettre un peu d’élégance morale dans ce monde d’arrivistes. Corinne Maier vient de commettre chez Flammarion 16€ un opus « PETIT MANUEL DU PARFAIT ARRIVISTE » où elle déclare que nous vivons dans un monde où prospèrent imposteurs, sérial-menteurs, et autre professionnel de la langue de bois.  Le faux règne en maître et comme la mauvaise monnaie chasse la bonne, les gens de peu désespèrent. Comme je les comprends. L’élite de l’apparence brocardée par Olivier Bardolle dans son livre link ne suscite qu’au mieux du mépris, au pire de l’envie.


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Votre Taulier n’a nulle envie, lui, de jouer les supplétifs, le passeur de plats à cette engeance, alors tout en sachant qu’il pisse dans un violon, que sa proposition va tomber dans les abysses du Net, ça lui fait du bien de donner de l’urticaire à celles et ceux qui barbotent dans ce monde de toc et de paraître.


N’ayant aucun talent de graphiste, ni en quoi que ce soit d’ailleurs sauf peut-être la peinture en bâtiment, à la chaux et aux pigments, je délègue au Sieurs Pousson et des Ligneris le soin de concocter l’image de ce nouveau label,  simple et de bon goût bien sûr, tout le contraire de ce dont raffolent les parvenus cible privilégiée de cette presse qui est, nous dit-on, bien malade : l’empire Hersant est à l’encan et la chasse au Google est ouverte. Sachez aussi qu’il est possible de se payer les services d’une Agence pour poster des faux commentaires sur le Net : on n’arrête pas le progrès. Comment des entreprises françaises fabriquent et vendent de faux avis sur le Net link 

 

« En attendant, les internautes qui douteraient désormais un peu plus de la fiabilité des avis peuvent toujours se raccrocher au conseil donné au XIXème siècle par Oscar Wilde : « Quand les gens sont de mon avis, j’ai toujours le sentiment de m’être trompé ». conclut Geoffrey Le Guilcher l’auteur de l’article dans les Inroks.

 

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© Vincent Pousson le grapheur qui graphe plus vite que son ombre

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Jeudi, en fin de soirée, comme je m’emmerdais ferme, je suis monté prendre un verre avec un bonne copine, au bar de la piscine, dans le XVIIIe, place Hébert, tout près du métro Marx Dormoy. Il pleuvait comme vache qui pisse. À mon arrivée je notais une certaine effervescence dans le café, et surtout une clientèle bien différente de l’habituelle, plus vieille et très propre sur elle. J’en fis la remarque à mon amie, emmitouflée, comme un poussin d’un jour, dans une grosse doudoune noire. Dans un soupir excédé elle lâchait « Valérie Pécresse va venir tenir une réunion de soutien à Fillon en compagnie de Roxane Decorte… » et, alors que je m’asseyais, de m’expliquer que cette dernière est l’éternelle perdante de la circonscription Chapelle-Goutte d’Or-Villette-Secrétan face au gros Vaillant, et « que la Pécresse elle ne peut pas la piffer… » Ignorante de mon tout nouvel engagement à l’UMP elle me proposait d’aller prendre notre verre ailleurs ce que je refusais en lui mentant effrontément « y’a si longtemps que je n’ai assisté à ce genre de connerie, ça va me rajeunir… ». En effet, la veille au soir j’avais assisté à une autre réunion de quartier, tout près de chez moi, en faveur de Copé cette fois-ci. Nous commandions. La blonde versaillaise arrivait, très entourée, pantalon gris chic, sourire scotché et regard un peu inquiet : faut dire qu’elle ne devait pas être très habituée à ce genre d’établissement où l’on peut bouffer pour moins de 10 euros. Ce retrait instinctif de l’ex-Ministre un peu pincée nous évitait la poignée de mains. Ça me soulageait. Tout le petit monde prenait place. Roxane, elle, plaçait d’entrée son long couplet tout entier consacré à se faire mousser auprès de Pécresse. C’était creux. Pire : vide. C’était d’une insupportable flagornerie : la Decorte prédisait même à son égérie, après nous avoir pompé l’air avec sa propre vie, un destin national. Applaudissements nourris. Suivais le speech du patron du secteur, onctueux, faux-cul, qui lui était Copéiste. J’avais du mal à contenir mon hilarité car, dans le même temps, l’écran plat du café toujours allumé, mais muet, affiche la tronche de moine paillard du maire de Saint-Quentin, l’onctueux Xavier Bertrand, interviewé sur BFM TV ou LCI, je ne sais plus. Ça durait et c’était chiant. Mon amie excédée décidait d’évacuer les lieux et je n’aurais pas l’extrême privilège d’entendre la Valérie Pécresse soutenir le cocker triste.


Depuis que j’ai placé  lors d’une réunion mon couplet sur David Rousset et me suis affiché comme gaulliste de gauche il faut que je me fasse discret sinon je vais me faire repérer et choper par la patrouille de la faction ultra de l’UMP, la droite forte de Guillaume Pelletier le rejeton lepéniste venu se greffer dans le nid de Sarkozy. Ce petit con je l’ai dans ma ligne de mire mais comme je veux me le payer la patience est de mise. L’avantage avec ce genre de petit ambitieux sans scrupules c’est qu’il affiche la couleur : « Nous sommes fiers d'être de droite et sarkozystes. Le choix se fera entre la droite molle et la droite forte. ». Il se prévaut de sa proximité avec le nabot « il était serein et bienveillant, n'ayant rien perdu de son dynamisme. Je souhaite qu'il revienne car il est le leader naturel de la droite française. ». C’est un des rejetons de Patrick Buisson qui est une belle ordure comme je les aime, sûr de lui, d’un orgueil incommensurable, une belle cible quoi ! J’attends mon heure pour tirer la trappe sous les pieds de ce petit monde que j’exècre au plus haut point. Les petits dossiers de la grande maison sont bien au chaud, laissons-les mijoter car le temps n’est pas compté. Ce cher Buisson, que j’aurais bien vu opérant au temps de l’inquisition, tranchant, intransigeant, sans pitié, n’a rien trouvé mieux que de piquer à ces connards d’extrême-gauche l’un de leurs mythes fondateurs : il vient de déposer, via Publi Opinion, une de ses deux sociétés de conseil, à l’INPI la marque «la cause du peuple». Celle du journal maoïste dirigé par Jean-Paul Sartre, ancêtre de Libération. Provocation ? C’est le genre de Buisson ! Peu importe, laissons-le faire l’ancien pourfendeur au service de Minute, laissons-le s’avancer à terrain découvert : avec les mecs d’extrême-droite y’a que le manche de pioche pour les calmer. Ce ne sont ni Longuet, ni Madelin, ni Devedjian, les ex-nervis d’Occident qui me démentiront, c’était la règle à Assas. Je sens que dans les temps qui s’annoncent ça va douiller.



L’été indien nous est tombé dessus sans prévenir, ruée vers les terrasses des filles en short qui s’exhibent défiant la cohorte grise des grands mâles blancs à l’agonie. Bien installé sur ma terrasse  en surplomb du Palais Bourbon j’attends un ami pendant que le fluet Baroin, habillé comme un premier communiant, déjeune avec ce qui semble être sa progéniture. Mon ami se pointe hilare ce qui me réjouit car sa causticité joyeuse est gage d’un bon moment. À peine assis il se met à fredonner a capella mais mezzo voce : « Je suis  chrétien voilà ma gloire… » avant de me conter son périple Saint-Émilionnais pour le baptême, la consécration des dix-huit cloches du carillon suspendu à un campanile sur le toit de Château l'Angélus par le cardinal Ricard archevêque de Bordeaux. Il me tend sa tablette et me dit : »Lis ! » link . Ce que je fis. Le silence, le mien, qui s’ensuivit le démontait quel que peut. « Ça ne t’inspire aucun commentaire ? » Je haussais les épaules « Non… Si, Jésus chassa les marchands du Temple… » Le sourire lui revenait et il embrayait « Sais-tu que Carla Bruni-Sarkozy présidera la 152ème vente des vins des Hospices de Beaune. Les recettes reviendront à 2 associations : la Fondation Carla Bruni-Sarkozy et la Fondation Idée, respectivement parrainées par Gérard Depardieu et Guy Roux… » J’ignorais. « Bel équipage : Carla, le gros Gégé et Guy Roux… les marchands du Temple vont envahir la salle des Pôvres… tout ça est bien triste… » Pour me dérider mon ami de source sûre versait dans le People, l’interview de l’ex première dame dans ELLE. « Tous les bruits, les écrits de la petite Julie Lévy l’ex du beau Raphael Einthoven le papa de l’autre petit de Carla, celui que Nicolas porta sur ses épaules, tout ça ce ne sont que des rumeurs sans fondement, « J’ai fait affiner mon nez quand j’étais jeune mannequin, c’est vrai et ce n’est pas un secret. Je le trouvais un peu rond et pas très photogénique. Et puis je n’ai plus jamais rien retouché de ma vie et je ne retoucherai plus jamais rien, promet-elle. Ni mes pommettes qui me viennent de ma mère et dont mon fils a hérité, ni ma bouche, ni les injections qui au fond vous donnent une drôle de tête. » Je l’écoutais, distrait, il surenchérissait « Bon elle suit un petit traitement pour la peau la pauvre chérie, mais elle ne passera pas à l’étape au-dessus… Tu vois mon vieux ça c’est important : « J’ai cependant beaucoup soigné ma peau, je l’ai préservée du soleil et j’ai investi dans des soins au laser. Je n’aime pas particulièrement vieillir mais je ne crois pas que je succomberai au lifting, j’ai trop peur d’un ratage, je ne trouve pas la chirurgie esthétique tellement au point, avoue-t-elle. En revanche, les retouches photographiques de nos jours sont de véritables miracles et les images que l’on voit sont loin du réel. Il faut arrêter de donner des illusions aux femmes : la plupart des photos des magazines sont retouchées ! » Et moi de répondre « Ha ! Adjani n’a plus 20 ans… » Et lui « Mais qu’est-ce que tu as aujourd’hui ? »


-         Je suis amoureux…


 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 00:09

 Rude semaine pour votre Taulier projeté violemment au faîte de l’actualité par l’entremise d’une chronique link  rédigée au petit matin sous l’emprise d’une sainte colère. Nul calcul, rien que le besoin vital de dire « ça suffit ! » Vraiment sidéré votre Taulier mais pas pour autant grisé par les éthers violents d’une soudaine et bien fugace notoriété.


Drôle de semaine, pour ce même Taulier, commencée sous la douceur d’un retour en force d’un été indien, en polo jaune sur mon vélo pour me rendre sur les Champs Elysées – comme un pied-de-nez à Lance Armstrong – qui se termine sous un grésil glacé au retour d’un fort bon et joyeux déjeuner, en fort bonne compagnie, au George V – comme un pied-de-nez à Renaud Revel l’indigné de la vingt-cinquième heure link - sale temps pour les journalistes et les patrons de presse.


Étrange semaine, non pas pour votre Taulier, mais pour ceux qui se sont fait élire pour nous gouverner : pensez-donc le Libé du Nicolas Demorand, qu’était à la Bastille avec notre PNR fraîchement élu, titrait à leur propos Les Apprentis. Merde c’est pourtant beau l’apprentissage mais il faut toujours se méfier des bobos ils sont versatiles. Mon côté Bon samaritain, genre Saint-Bernard avec le petit tonneau de rhum, j’ai volé au secours des petits nouveaux en tirant de ma besace une pertinente et brillante typologie des cabinets ministériels due à la belle plume de mon ami Guy Carcassonne link  et link


Surprenante semaine donc qui, par la grâce de vieilles photos exhumées par votre Taulier pour illustrer les Drôles de Cabinet décrits par l’ami Guy, suscitait de la part de l’ami Michel Smith une question capitale, de la plus haute importance : pourquoi le Taulier ne porte-t-il plus la moustache ?


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Interpeler ainsi le Taulier à la chute d’une telle semaine qui le voyait fourbu, écrasé par sa soudaine notoriété : pensez-donc sa concierge avait entendu citer son nom dans le poste, relevait de la pure provocation. Lui qui ne pensait plus qu’à savourer un juste repos du guerrier se voyait obliger de relever le défi du forgeron de Dana. Donc il imagina tout d’abord l’esquive sous la forme d’une alternative :


Réponse n°1 : car 42,2% des dictateurs sont moustachus. « Sur nos 147 dictateurs, http://www.slate.fr/story/51013/liste-dictateurs on ne compte pas moins de 62 moustachus, soit un chiffre de 42,2% de moustachus parmi les dictateurs du XIXe et XXe siècle. Un résultat élevé qui, selon toute vraisemblance, dépasse la proportion de moustachus dans la population totale de la grande majorité des pays du globe. Ajoutez à cela 8 barbus, et vous obtenez le chiffre de 47,6% des dictateurs modernes qui sont fans de pilosité faciale.

Mais une autre information frappante se détache des statistiques: sur les 19 chefs d’Etat autoritaires encore en activité répertoriés, 15 ont une moustache, soit une proportion surprenante de 79%. Les chiffres sont ici implacables: la moustache n’a jamais eu autant la cote chez les dictateurs, et le mythe du dictateur à bacchantes à encore de beaux jours devant lui. » (source Slate)


Réponse n°2 : car au XIXe siècle, la moustache, «ce signe distinctif, symbolisant la masculinité et l’autorité des gendarmes, fait d’une certaine manière partie de l’uniforme», écrit le lieutenant-colonel Edouard Ebel. En 1832, une décision ministérielle rend le port de la moustache obligatoire pour tous les militaires. Sauf que, quatre ans plus tard, une autre décision prive les gendarmes de cet attribut, provoquant un tollé au sein de l’arme, qui retrouvera en 1841 le droit de porter la moustache. A l’époque, le poil doit être taillé en brosse. «Mais surtout, en octobre 1848, la République naissante autorise les gendarmes à porter "la mouche" - touche de poils au-dessous de la lèvre inférieure -, un signe honorifique que certains arborent avec orgueil» Le port de la moustache demeura obligatoire jusqu’en 1933. (Source Gend’info)

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Entre Staline et le Gendarme de Saint-Tropez votre Taulier ne pouvait se résoudre à choisir. Bien sûr il eut pu pour plaisir à Luc Charlier se replier sur Hergé qui, en 1956, Hergé pour illustrer le régime de Plekszy-Gladz, le dictateur du pays imaginaire de Bordurie, dans l’Affaire Tournesol « choisit la moustache, et décide d’en faire le symbole du culte de la personnalité de son personnage, présent sur le drapeau national, les calendriers, les poignées de portes, les pare-chocs des voitures et même jusque dans la langue sous forme d’accent circonflexe. »

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Alors restait la ligne de repli favorite du Taulier les femmes : FLORILÉGE


« S'il ne laissait pas repousser immédiatement sa moustache je crois que je lui deviendrais infidèle, tant il me déplaît ainsi.

 Vraiment, un homme sans moustache n'est plus un homme. »


   «  D'où vient donc la séduction de la moustache, me diras-tu ? Le sais-je ? D'abord elle chatouille d'une façon délicieuse. On la sent avant la bouche et elle vous fait passer dans tout le corps, jusqu'au bout des pieds un frisson charmant. C'est elle qui caresse, qui fait frémir et tressaillir la peau, qui donne aux nerfs cette vibration exquise qui fait pousser ce petit "Ah !" comme si on avait grand froid. »


« Une lèvre sans moustaches est nue comme un corps sans vêtements ; et, il faut toujours des vêtements, très peu si tu veux, mais il en faut ! »


« Elle est hâbleuse, galante et brave. Elle se mouille gentiment au vin et sait rire avec élégance »


Je pourrais ainsi continuer à l’envi mais je préfère vous laissez découvrir le texte qui suit mais avant il me faut tout de même éclairer la lanterne de ce cher Michel : pourquoi le Taulier ne porte plus la moustache mais une barbe de 3 jours ?


La réponse est simplissime : l’irruption du blanc ! La vieillerie quoi ! J’aimais bien ma moustache de jais mais lorsqu’elle vira au poivre et sel pour n’être plus que neige  je ne me reconnaissais plus alors j’ai opté pour la facilité d’une pilosité intégrale mais rase raccord avec celle de la chevelure : ainsi je ne pensais plu à devenir Président en me rasant…


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Ma chère Lucie, rien de nouveau. Nous vivons dans le salon en regardant tomber la pluie. On ne peut guère sortir par ces temps affreux; alors nous jouons la comédie. Qu'elles sont bêtes, ô ma chérie, les pièces de salon du répertoire actuel. Tout y est forcé, grossier, lourd. Les plaisanteries portent à la façon des boulets de canon, en cassant tout. Pas d'esprit, pas de naturel, pas de bonne humeur, aucune élégance. Ces hommes de lettres, vraiment, ne savent rien du monde. Ils ignorent tout à fait comment on pense et comment on parle chez nous. Je leur permettrais parfaitement de mépriser nos usages, nos conventions et nos manières, mais je ne leur permets point de ne les pas connaître. Pour être fins ils font des jeux de mots qui seraient bons à dérider une caserne ; pour être gais ils nous servent de l'esprit qu'ils ont dû cueillir sur les hauteurs du boulevard extérieur, dans ces brasseries dites d'artistes où on répète, depuis cinquante ans, les mêmes paradoxes d'étudiants.

    Enfin nous jouons la comédie. Comme nous ne sommes que deux femmes, mon mari remplit les rôles de soubrette, et pour cela il s'est rasé. Tu ne te figures pas, ma chère Lucie, comme ça le change! Je ne le reconnais plus... ni le jour ni la nuit. S'il ne laissait pas repousser immédiatement sa moustache je crois que je lui deviendrais infidèle, tant il me déplaît ainsi.

    Vraiment, un homme sans moustache n'est plus un homme. Je n'aime pas beaucoup la barbe; elle donne presque toujours l'air négligé, mais la moustache, ô la moustache! est indispensable à une physionomie virile. Non, jamais tu ne pourrais imaginer comme cette petite brosse de poils sur la lèvre est utile à l'oeil et... aux... relations entre époux. Il m'est venu sur cette matière un tas de réflexions que je n'ose guère t'écrire. Je te les dirai volontiers... tout bas. Mais les mots sont si difficiles à trouver pour exprimer certaines choses, et certains d'entre eux, qu'on ne peut guère remplacer, ont sur le papier une si vilaine figure, que je ne peux les tracer. Et puis, le sujet est si difficile, si délicat, si scabreux qu'il faudrait une science infinie pour l'aborder sans danger.

    Enfin! tant pis si tu ne me comprends pas. Et puis, ma chère, tâche un peu de lire entre les lignes.

    Oui, quand mon mari m'est arrivé rasé, j'ai compris d'abord que je n'aurais jamais de faiblesse pour un cabotin, ni pour un prédicateur, fût-il le père Didon, le plus séduisant de tous! Puis quand je me suis trouvée, plus tard, seule avec lui (mon mari), ce fut bien pis. Oh! ma chère Lucie, ne te laisse jamais embrasser par un homme sans moustaches ; ses baisers n'ont aucun goût, aucun, aucun ! Cela n'a plus ce charme, ce moelleux et ce... poivre, oui, ce poivre du vrai baiser. La moustache en est le piment.

    Figure-toi qu'on t'applique sur la lèvre un parchemin sec... ou humide. Voilà la caresse de l'homme rasé. Elle n'en vaut plus la peine assurément.

    D'où vient donc la séduction de la moustache, me diras-tu ? Le sais-je ? D'abord elle chatouille d'une façon délicieuse. On la sent avant la bouche et elle vous fait passer dans tout le corps, jusqu'au bout des pieds un frisson charmant. C'est elle qui caresse, qui fait frémir et tressaillir la peau, qui donne aux nerfs cette vibration exquise qui fait pousser ce petit "Ah !" comme si on avait grand froid.

    Et sur le cou ! Oui, as-tu jamais senti une moustache sur ton cou ? Cela vous grise et vous crispe, vous descend dans le dos, vous court au bout des doigts. On se tord, on secoue ses épaules, on renverse la tête ; on voudrait fuir et rester ; c'est adorable et irritant ! Mais que c'est bon !

    Et puis encore... vraiment, je n'ose plus ? Un mari qui vous aime, mais là, tout à fait, sait trouver un tas de petits coins où cacher des baisers, des petits coins dont on ne s'aviserait guère toute seule. Eh bien, sans moustaches, ces baisers-là perdent aussi beaucoup de leur goût, sans compter qu'ils deviennent presque inconvenants ! Explique cela comme tu pourras. Quant à moi, voici la raison que j'en ai trouvée. Une lèvre sans moustaches est nue comme un corps sans vêtements ; et, il faut toujours des vêtements, très peu si tu veux, mais il en faut !

    Le créateur (je n'ose point écrire un autre mot en parlant de ces choses), le créateur a eu soin de voiler ainsi tous les abris de notre chair où devait se cacher l'amour. Une bouche rasée me paraît ressembler à un bois abattu autour de quelque fontaine où l'on allait boire et dormir.

    Cela me rappelle une phrase (d'un homme politique) qui me trotte depuis trois mois dans la cervelle. Mon mari, qui suit les journaux, m'a lu, un soir, un bien singulier discours de notre ministre de l'agriculture qui s'appelait alors M. Méline. A-t-il été remplacé par quelque autre ? Je l'ignore.

    Je n'écoutais pas, mais ce nom, Méline, m'a frappée. Il m'a rappelé, je ne sais trop pourquoi, les scènes de la vie de Bohème. J'ai cru qu' il s'agissait d'une grisette. Voilà comment quelques bribes de ce morceau me sont entrées dans la tête. Donc M. Méline faisait aux habitants d'Amiens, je crois, cette déclaration dont je cherchais jusqu'ici le sens : "Il n'y a pas de patriotisme sans agriculture ! " Eh bien, ce sens, je l'ai trouvé tout à l'heure ; et je te déclare à mon tour qu'il n'y a pas d'amour sans moustaches. Quand on le dit comme ça, ça semble drôle, n'est-ce pas ?

    Il n'y a point d'amour sans moustaches !

    "Il n'y a point de patriotisme sans agriculture", affirmait M. Méline ; et il avait raison, ce ministre, je le pénètre à présent !

    A un tout autre point de vue, la moustache est essentielle. Elle détermine la physionomie. Elle vous donne l'air doux, tendre, violent, croquemitaine, bambocheur, entreprenant ! L'homme barbu, vraiment barbu, celui qui porte tout son poil (oh! le vilain mot) sur les joues n'a jamais de finesse dans le visage, les traits étant cachés. Et la forme de la mâchoire et du menton dit bien des choses, à qui sait voir.

    L'homme à moustaches garde son allure propre et sa finesse en même temps.

    Et que d'aspects variés elles ont, ces moustaches ! Tantôt elles sont retournées, frisées, coquettes. Celles-là semblent aimer les femmes avant tout !

    Tantôt elles sont pointues, aiguës comme des aiguilles, menaçantes. Celles-là préfèrent le vin, les chevaux et les batailles.

    Tantôt elles sont énormes, tombantes, effroyables. Ces grosses-là dissimulent généralement un caractère excellent, une bonté qui touche à la faiblesse et une douceur qui confine à la timidité.

    Et puis, ce que j'adore d'abord dans la moustache, c'est qu'elle est française, bien française. Elle nous vient de nos pères les Gaulois, et elle est demeurée le signe de notre caractère national enfin.

    Elle est hâbleuse, galante et brave. Elle se mouille gentiment au vin et sait rire avec élégance, tandis que les larges mâchoires barbues sont lourdes en tout ce qu'elles font.

    Tiens, je me rappelle une chose qui m'a fait pleurer toutes mes larmes, et qui m'a fait aussi, je m'en aperçois à présent, aimer les moustaches sur les lèvres des hommes.

    C'était pendant la guerre, chez papa. J'étais jeune fille, alors. Un jour on se battit près du château. J'avais entendu depuis le matin le canon et la fusillade, et le soir un colonel allemand entra chez nous et s'y installa. Puis il partit le lendemain. On vint prévenir père qu'il y avait beaucoup de morts dans les champs. Il les fit ramasser et apporter chez nous pour les enterrer ensemble. On les couchait, tout le long de la grande avenue de sapins, des deux côtés, à mesure qu'on les apportait; et comme ils commençaient à sentir mauvais, on leur jetait de la terre sur le corps en attendant qu'on eût creusé la grande fosse. De la sorte on n'apercevait plus que leurs têtes qui semblaient sortir du sol, jaunes comme lui, avec leurs yeux fermés.

    Je voulus les voir; mais quand j'aperçus ces deux grandes lignes de 6gures affreuses, je crus que j'allais me trouver mal ; puis je me mis à les examiner, une à une, cherchant à deviner ce qu'avaient été ces hommes.

    Les uniformes étaient ensevelis, cachés sous la terre, et pourtant tout à coup, oui ma chérie, tout à coup je reconnus les Français, à leur moustache !

    Quelques-uns s'étaient rasés le jour même du combat, comme s'ils eussent voulu être coquets jusqu'au dernier moment ! Leur barbe cependant avait un peu repoussé, car tu sais qu'elle pousse encore après la mort. D'autres semblaient l'avoir de huit jours; mais tous enfin portaient la moustache française, bien distincte, la fière moustache, qui semblait dire : "Ne me confonds pas avec mon voisin barbu, petite, je suis un frère."

    Et j'ai pleuré, oh! j'ai pleuré bien plus que si je ne les avais pas reconnus ainsi, ces pauvres morts.

    J'ai eu tort de te conter cela. Me voici triste maintenant et incapable de bavarder plus longtemps.

    Allons, adieu, ma chère Lucie, je t'embrasse de tout mon cœur. Vive la moustache !

 

JEANNE.

 

Guy de Maupassant : La moustache.

Texte publié dans Gil Blas du 31 juillet 1883, sous la signature de Maufrigneuse, puis publié dans le recueil Toine. Le texte présenté ici est celui de Toine


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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 14:00

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« Si j’avais su j’aurais venu… au « Théâtre de la Cité internationale » qui est à deux pas de chez moi, je peux y aller à pied, à vélo ou en prenant le 21. C'est en face du Parc Montsouris et c'est un lieu que Patrick Modiano a mythifié.


J’aurais dû lire Rue89 qui nous proposait de gagner dix invitations (cinq places valables pour deux personnes), afin d’assister à la performance « les héros de la pensée » Que fait Antonin pour informer le Taulier.


Ben oui, des héros de la pensée, dont Emmanuel Giraud z’ont, le 20 octobre dernier, de 11h jusqu'à 13h le lendemain, bu en pensant. Putain les janissaires de la loi Evin vont faire des cauchemars rétrospectifs. Passe encore que les intellos aient été, de tout temps, des adeptes de la dive bouteille mais là, mettre en scène des libations en agitant ses neurones, c’est l’équivalent d’un bras d’honneur aux hygiénistes, une provocation, une incitation intolérable à penser en buvant. Ne dit-on pas que la vérité est au fond des verres.


Les spectateurs étaient libre d'entrer, sortir à tous moments, ou même d'amener son sac de couchage. Les tarifs de 11à 22 euros.


Les héros de la pensée donc, de Massimo Furlan, mis en scène par Massimo Furlan, Claire de Ribaupierre au Théâtre de la Cité internationale était  un marathon avec une seule règle : boire en pensant.


Massimo Furlan, selon Laurent Carpentier, accoudé au bar en mangeant des pâtes souligne qu’il « ne cherche rien à prouver L'idée est venue à Bruxelles, on était en tournée pour 1973, un spectacle qui tentait de reconstituer le concours de l'Eurovision de cette année-là, et dans lequel un certain nombre de ces philosophes intervenaient. Le soir, je les écoutais parler. Et j'adore les écouter. Je trouve fascinant ce qu'ils disent, comment ils le disent. »


Bon, comme je n’y suis pas allé, je confie le reportage au gars du Monde :


A comme affinité,

B comme bègue,

C comme colère,

D comme danse,

E comme écho ...


« Echo du canon ! Canon, c'est le nom de ce vin blanc gras et puissant, très long en bouche qui pour moi me paraissait bien illustrer le propos ", explique, facétieux, Emmanuel Giraud, artiste plus que sommelier, issu de l'école du Fresnoy, qui sert ici de maître de l'ivresse et des papilles. Il fait ostensiblement circuler le vin dans sa bouche. " Le viticulteur qui le fabrique s'appelle Hirotake Ooka, c'est un Japonais qui s'est installé dans une grotte sous le château de Crussol du côté de Valence… »

 

« Entrechoquement des verres. Sur scène : deux anthropologues de l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Daniel Fabre et Marc Augé ; un historien du Moyen Age à la coupe rock'n'roll, Pierre-Olivier Dittmar ; une écrivaine, Christine Lapostolle ; et trois philosophes : Bastien Gallet versé dans la musicologie, l'Italienne Barbara Formis, spécialiste d'art et d'esthétique, et la Belge Vinciane Despret, psychologue et mention spéciale de notre jury personnel pour ses interventions toujours pleines de piquant et d'intuition. »


« Ici, on dort allégrement et sans vergogne ; là, on boit au goulot et en cachette, car la salle, elle, n'a pas le droit à l'ivresse, ou alors elle va au bar... Ici, on note avec assiduité ; là, un couple de jeunes au look gothique reste enlacé comme une statue géméllique et immuable (à quel moment ont-ils disparus ? Au premier métro du petit matin ? Je ne saurais dire). »


P comme paresse. 2 h 10 du matin


« Toujours le même rituel : au bout d'une heure, Massimo Furlan se lève de son fauteuil en retrait, ajuste sa veste, attrape sur la table derrière lui un trombone, un tuba, et les tend aux philosophes dont le gang se transforme derechef en un big band free - timide au début, mais de plus en plus sonore à mesure que la journée, puis la nuit, avance. 


4 heures du matin. Quelque part entre Q comme " qui-vive " et R comme " ruse ". Autour des philosophes, les corps se lovent sur la scène dans des sacs de couchage, dans les travées, deux filles sont effondrées sous une couette qu'elles ont apportée jusqu'ici. La plupart s'affalent à même leur fauteuil. La nuit n'est plus habitée que par le babil des penseurs et, ici et là, quelque mouvement reptilien. »


Elle est en master de philosophie, il enseigne les lettres en collège. Cet après-midi, il dormait, elle notait ; maintenant, il jubile, elle somnole. « Ce qu'il y a de bien, c'est qu'on est totalement libre de faire ce que l'on veut : se lever, partir, revenir, dormir, un truc impensable dans un amphithéâtre, ou pendant un spectacle. La longueur finalement libère. »  Ils étaient venus pour deux heures, ils resteront toute la nuit.


Laurent Carpentier ne peux s'empêcher d'avoir le sentiment « d'un long (immensément long) voyage en voiture bercé par France Culture. »


L'assistance n'a pas vocation à intervenir. Et c'est tant mieux.

Exit les interventions lénifiantes des insomniaques en mal de reconnaissance.


« Au petit matin, alors que la salle se remplit de nouveau (une petite centaine de philophiles au cœur de la nuit, plus de cent cinquante à l'heure de la messe), nos penseurs commencent à patiner sérieusement. Ça tourne café du commerce, souvenirs et confessions.


Alors que la lumière blafarde d'un ciel tout blanc inonde la coupole du théâtre, Marc Augé, le doyen, 77 ans (l'homme du célèbre Non-lieux - 1992) penche comme la tour de Pise en essayant vainement d'ouvrir un œil digne, non pas tant à cause de l'ivresse (« A vrai dire, ces vins n'étaient pas tous fameux, j'ai des goûts peut-être plus classiques... ») que de la fatigue.


Et quand après Y comme " yé-yé ", on annonce Z comme " Zorro ", on se met à prier que ce dernier arrive fissa. »


Symposion, signifie étymologiquement (en grec) boire ensemble. C’est-à-dire boire et débattre ensemble.


« Le héros, ici, c’est la figure du penseur : celui dont les principales vertus sont le langage et la réflexion. Les performeurs s’engagent donc à aller jusqu’au bout de leur pensée, au-delà de leur fatigue, au-delà de leur résistance à l’alcool, par-delà leurs limites physiques. Ils s’engagent à tenter ensemble de porter le projet jusqu’au bout. Il s’agit de solidarité, de tactique, de ruse, afin de surpasser l’épuisement et l’ivresse : entretenir la conversation le plus longtemps possible, et construire ensemble une pensée vive et inattendue »


Quelques PHOTOS de ce marathon de la pensée arrosée…

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 00:09

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Imaginez-vous, au petit matin, comme un bon bourgeois se rendant soit à la messe si vous êtes pieux, soit rentrant de chez les filles si vous êtes licencieux. La rue, disons plutôt la ruelle, s’appelle : Bougerue du Pipi, de Basse-Fesse, des Aysances, Sale, Foireuse, du Bourbier, de Merderon, de Merdereau, de Merderet c’est un cloaque pleins de détritus, on y « lasche ses eaues », on y défèque ou, plus poétiquement, on fait ses « aysemens et souillures », ses « vidanges », on crache avec désinvolture. Au Moyen Age on satisfait ses besoins naturels à même le pavé, dans la  rigole appelée, selon les endroits, « esseau, essiau, gazillans, au pied des façades des habitations, dans le caniveau central, à la rencontre des deux inclinaisons.


Pire encore l’usage est de vider par les fenêtres les « pots à pisser », les eaux sales et les détritus, à uriner, ce qui oblige les bourgeois à tenir le « haut du pavé ». Même Saint Louis fut la victime de cette pratique. Se rendant à pied à la messe au petit matin le pieux roi fut aspergé par le jet d’un liquide nauséabond que venait de jeter de son galetas un pauvre étudiant. Comme le note Jean-Pierre Leguay « Le laisser-aller est relayé par le mode de vie traditionnel. Beaucoup de citadins sont d’anciens ruraux, émigrés de fraîche date ou des bourgeois enrichis, investisseurs de capitaux dans la terre, des hommes et des femmes qui conservent ou adoptent des habitudes et des activités rurales, introduisent intra-muros, pour leur provision annelle, du bois, des futailles à vin et à cidre, du foin en attente d’être stockés dans les caves et les greniers et du fumier pour fertiliser les jardins et les courtils omniprésents aux arrières des habitations. Beaucoup de vignobles se trouvent dans les faubourgs de Montpellier ou de Béziers. Les « fiens, terres, tassons et autres ordures » s’ajoutent aux résidus de boutiques et des ateliers.


Dans les villes des centaines de bêtes sont tuées sur place, les « escorcheries », « tueries » ou « tuyeries » ont laissé le souvenir de nom de rues :la rue du massacre à Rouen, « le bourc aux tripes » à Reims, « les chambres à chair » à Elboeuf… « Ce sont donc des litres de sang liquide ou caillé, ces « bouiaulx », « ces tripes et ventres » putréfiés, ces paeaux sanguinolentes, ces flots d’urine et de matières fécales déversées sur le pavé, stagnant et attirant les insectes, les vers et les rats, avant de rejoindre le caniveau central. »


« Les artisans médiévaux restent redoutables pour le voisinage. Faute d’espace, ils travaillent sur la chaussée qu’ils couvrent de noir de chaudière de graisse, de liquides de fermentation. Les moulins es premières papeteries d’Essonnes ou de Troyes produisent une pâte, « la chiffe », à base de chiffons macérés, plusieurs semaines dans l’eau et une affreuse colle associant l’alun et les rognures de peau. »


« Tout se conjugue dans la labyrinthe de rues ou de ruelles de nos cités pour rendre la vie impossible. Les pauvres des quartiers populeux, qui n’ont pas la chance d’habiter à l’abri d’une cour profonde, des frondaisons d’un jardin, sont réveillés à longueur de nuit par des les cris des charretiers, des noctambules, des soldats du guet. De jour, les passants supportent d’être éclaboussés de boue putride, respirent les pires miasmes, sont bousculés par les ouvriers chargés de matériaux, les portefaix, les marchands ambulants, les infirmes « chenus et cassés », les mendiants ou « caymans », les enfants qui jouent dans la rue, les chiens et les porcs en liberté. Ils sont agressés fréquemment par les voleurs à la tire injuriés et, pour les moins chanceux, écrasés par les conducteurs maladroits. Les accidents de la circulation sont fréquents. »


À cela s’ajoutait la crasse individuelle et collective, la puanteur des logements insalubres, les « punaisies » qui s’exhalaient des conduits de cheminées des maisons brûlant du « carbon de terre », de la tourbe ou du lignite…  L’opinion publique considère la crasse comme une protection naturelle, un moyen de combattre les inconvénients de la porosité de la peau. Mieux vaut laisser les corps couverts de croûtes et de vermines que de succomber à la peste proclamaient les farouches adversaires du bain. Avec de tel arguments on pouvait refuser le linge propre et justifier ses mauvaises habitudes. Ainsi le Ménagier de paris recommandait « que les puce soient sans jour et sans air et tenues à l’étroit, ainsi périront et mourront sur l’heure. »


Cracher « par devers soy », se gratter en public est toléré, sauf à table « il est malséant et peu honnête de soi gratter la teste à table et prendre au col ou au dos, pouls et puces et autre vermine et la tuer devant les gens » disaient les mères à leurs enfants dans les bonnes maisons lyonnaises du XVIe siècle.

 

Paris n’a eu son premier véritable collecteur Tracé du grand égout de Paris. qu’en 1356 et on s’était contenté, pendant des générations, de la Seine, des rivières, des fossés et des canalisations sommaires, à ciel ouvert, appelées « ponceaux » et guidées par la déclivité. Le ruisseau de Ménilmontant est connu, dans l’histoire de la capitale, sous le nom de « Grand Egout » et, avec ses dérivations, ses « affluents » comme l’écoulement du Pont-Perrin, il a contribué à incommoder plusieurs quartiers… et l’hôtel Saint-Pol propriété et résidence favorite du roi !

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 14:00

Morvan-2007-075.jpgJ’en termine avec la typologie des cabinets ministériels concoctée par l’ami Carcassonne ? Je vous laisse bien évidemment le soin de deviner dans quelle catégorie se situait le Taulier qui en prime vous offre quelques photos.


Les valets


C'est évidemment la forme la moins aguichante, pas obligatoirement la plus rare ni la moins efficiente.


    Dans ce système, les recrutements, à une ou deux exceptions près (généralement le chef de cabinet et l'attaché parlementaire), sont laissés à la discrétion du directeur de cabinet.


     Celui-ci occupe une place stratégique, non qu'il se substitue au ministre mais parce que ce dernier a décidé de l'avoir comme interlocuteur unique, par lequel tout doit impérativement passer et qui est le véritable responsable de l'équipe.


     Les conseillers, réputés techniquement compétents, ne communiquent avec leur patron que par des notes dont ils ont rarement l'occasion de défendre personnellement le bien-fondé. Ils doivent toujours être prêts à exécuter les ordres, adopter une attitude respectueuse à laquelle une certaine obséquiosité ne nuira pas.


     Vis-à-vis des services, deux variantes sont possibles. Dans l'une, le ministre entretient des relations plus suivies avec les directeurs qu'avec son propre cabinet. Celui-ci ne peut alors exercer de véritable autorité sur ceux-là et son rôle se borne à veiller à l'application de décisions prises en dehors de lui. Dans l'autre, les responsables de l'administration sont également privés de contacts directs et fréquents avec le ministre, le cabinet regagne alors un peu de son aura dans la mesure où il est l'intermédiaire obligé, mais sans vraiment pouvoir s'imposer car son audience est connue limitée.


     Dans certains départements ministériels, ceux dont la conduite est la plus politique, cette substitution d'une brigade de valets à des conseillers personnels peut ne pas présenter de grands inconvénients et donner des résultats.


     Dans les autres, elle a deux défauts graves. Parce que le ministre ne veut voir personne et que le directeur de cabinet ne peut voir tout le monde, des frustrations naissent rapidement, tant chez les membres du cabinet, dont la fonction est trop peu gratifiante pour provoquer la mobilisation souhaitable, que chez les fonctionnaires qui apprécient peu d'être de simples exécutants. En outre - et c'est le second défaut - le sentiment d'un travail d'équipe, et de la solidarité correspondante, est impossible à susciter lorsque chacun ignore non seulement ce qui sera fait de son avis mais aussi ce que font les autres membres du cabinet.


     Il est, enfin, un indice qui ne trompe pas pour déceler cette situation : la plupart des cabinets fonctionnant sur le mode ancillaire tiennent leur réunion hebdomadaire, quand elle existe, le mercredi matin, c'est-à-dire au moment où les obligations gouvernementales interdisent toujours la présence physique du ministre.


Ce type de cabinet est le plus répandu...


Les enfants.


Un ministre relativement âgé, vétéran des campagnes politiques, expérimenté dans les fonctions gouvernementales, a souvent la tentation, voyant poindre sa retraite, de s'entourer d'une équipe jeune, qu'il formera et lèguera à la République. Plus il est lui-même « politique », plus il peut se permettre de choisir des assistants seulement « techniques ».


    La sagesse conseillant de ne pas multiplier les risques, le directeur de cabinet sera, dans un premier temps, choisi parmi les contemporains du ministre, deux esprits circonspects n'étant pas superflus pour contenir la fougue qu'on prête à la jeunesse.


    Les rapports au sein du cabinet sont alors de respect teinté d'affection. Respect des plus anciens pour la compétence qu'ils découvrent chez les plus jeunes et leur acharnement, affection des aînés pour ceux qui les font baigner dans la jouvence. Mais également respect des disciples qu'impressionne l'expérience, que ravissent les anecdotes puisées dans des souvenirs savoureux ou prestigieux, et avec lesquels la complicité crée, par-dessus les générations, un courant de sympathie.


   Bien vite les conseillers, judicieusement choisis, acquièrent sur leur patron une influence réelle. Un peu de son autorité retombe sur leur comportement, sans qu'ils soient tentés d'en abuser, au risque d'un douloureux rappel à l'ordre, l'âge n'excluant pas plus la fermeté qu'il ne s'assimile à la sénilité.


    Lorsqu'elle est réussie, cette combinaison donne d'excellents résultats. Le ministre connaît assez les traditions du fonctionnement administratif pour en inculquer le respect à ses collaborateurs. Ces derniers sont suffisamment conscients de l'intérêt de leur apprentissage, de la chance qu'il leur offre, pour se plier de bonne grâce aux volontés du « père » et faire globalement confiance à son jugement.


    Contrairement aux copains, les enfants prennent de l'autonomie. Si leur père politico-spirituel est appelé à d'autres fonctions, tous ne le suivent pas. La formation et l'initiation qu'ils ont reçues en font des responsables recherchés que plusieurs ministres pourront se disputer.

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Les lieutenants   


Quoi que ce soit le système le plus approprié, ce n'est nullement le plus répandu. Tous les membres du cabinet sont choisis par le ministre lui-même, éventuellement à partir de propositions qui lui sont faites par le directeur mais auxquelles il ne souscrit jamais sans rencontrer d'abord les intéressés.


    Quand il les a recrutés, il les investit de sa confiance une fois pour toutes. Elle leur sera acquise jusqu'à ce qu'il la leur retire en les congédiant.


     Le directeur de cabinet est moins un commandant qu'un animateur et si, pratiquement, tout passe par lui, ce n'est pas pour qu'il exerce une censure mais uniquement pour qu'il soit toujours informé et puisse remplir son propre rôle de conseil et de coordination.


     Les conseillers, entre lesquels est opérée une claire répartition des compétences, dont largement délégataires des pouvoirs du ministre. Leur parole vaut la sienne. Il leur a défini une ligne de conduite générale : à eux de savoir comment la mettre en oeuvre, quitte, lorsqu'ils ont un doute, à demander à en référer, quitte encore, lorsqu'ils commettent une erreur, à en assumer la responsabilité vis-à-vis de leur ministre (lui seul supporte le coût politique des fautes de son cabinet) dont les conséquences pourront aller de la remontrance au limogeage.


      Matériellement, ils tiennent réunion toutes les semaines, souvent tôt le matin, et bénéficient de deux grands privilèges. D'une part ils exercent une influence réelle sur l'agenda du ministre en lui indiquant des audiences à accorder dont ils déterminent le délai ; d'autre part ils ont à tout moment accès au bureau du ministre, ces deux facultés leur étant consenties grâce à la certitude qu'ils n'en abuseront pas.


     Entre eux, la rivalité, qui caractérise les valets, tourne à l'émulation et, dans certains cabinets, des séminaires réguliers fourniront l'occasion d'une réflexion de fond sur le long terme que le rythme quotidien interdit habituellement.


     Dans la limite de l'emploi du temps, enfin, les déjeuners sont souvent pris en commun et permettent la circulation rapide de l'information, tandis que seront saisies toutes les opportunités de se retrouver tous ensemble, avec le ministre et dans son bureau, pour, lorsque la pression diminue légèrement, partager, verre en main, un instant de détente et resserrer les liens humains au sein de l'équipe.


    Cette formule présente nombre d'avantages. Se sentant pleinement responsables, les membres du cabinet sont tout aussi pleinement mobilisés. Leur rôle est assez gratifiant pour assurer leur dévouement. l'autorité qu'ils exercent sur les services étant à la mesure de la confiance que le ministre leur accorde, ils peuvent travailler dans de bonnes conditions, sans crainte de désaveu (sauf définitif) ou de court-circuit.


Le verre à la main, tout est dit...


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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 00:09

bouteilles_2.jpg« Qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse… »  la sagesse populaire me va très bien au teint d’autant plus, qu’en nos temps de gaspillage, le verre est perdu. Perdu, ce mot me hante : « C’est une femme perdue… » disait-on, en ma Vendée pieuse, d’une femme qui faisait le commerce de ses charmes. Même le pain était perdu alors qu’à la messe on distribuait du pain béni et les chiens aussi étaient perdus mais, sans colliers, si bien qu’en 1955 Jean Delannoy en fit un film, tiré du bouquin de Cesbron, avec Jean Gabin.


Mais putain va-t-il nous parler de vin !


Je ne sais car, né en 48, je ne connaissais comme boisson en 50 que le lait des vaches de mon pépé Louis et quand vint – pas mal la transition – la virée de la cinquantaine, en 98, j’avais professionnellement perdu de vue le vin lorsqu’il me retomba soudain dessus via un vin que je qualifiai alors de vin de vieux, c’était l’apéro favori des Français : 800 000hl vendus dans les années 50 – bien sûr qui se souvient de Monsieur Bartissol qui, sûr Europe n°1, hantait les villes et les villages pour que le papy Mougeot ou la mère Denis lui tendissent les précieuses capsules, plus personne sauf quelques vieux – lorsque j’acceptai en plein mois d’août une mission catalane pour aller me pencher sur le grabat du Rivesaltes ce qui était, somme toute, très naturel.


Je sais, j’énerve, mais je n’en ai cure – c’est mon côté élevé aux grains des très chers frères de Saint Louis Grignon de Montfort – car rien ne sert de courir il faut partir à point et surtout ménager sa monture.


Faut dire que les Vins Doux Naturel, s’ils avaient pu jacter, ou gribouiller sur les murs du Castillet de Perpinyà ils auraient écrit en grenat : « le Pastis m’a tué… » et ils auraient pu ajouter « et le Porto m’a mis KO… » Du côté de Thuir, le Byrrh, qu’a jamais été un VDN, était tombé dans l’escarcelle du roi du pastaga sans créer beaucoup d’émoi dans les chaumières catalanes.


Mais putain va-t-il nous parler de vin !


Mais je ne fais que ça les gars et les filles sauf à croire que les Vins Doux Naturels ne fussent pas tout à fait des vins parce qu’ils se sont fait foutre en l’air par le Pastis 51 – merde je ne suis pas passé loin – ça se discute c’est du 50/50 : bingo j’en ai placé deux.


Donc, puisqu’il nous faut par contrat léonin nous taper une question de centilitrage – vaste programme aurait souligné le Général – que les sources sûres m’affirment que les quilles se baladent entre 0,2 et 18 litres, avec des patronymes tels chopines, magnum, jéroboam, réhoboam, mathusalem, salmanazar, balthazar, nabuchodonosor, melchior, sans passer par la case 0,50 soit 50 cl et que seul les 75 cl ont droit au titre solennel de bouteille. Bien sûr j’ai omis la fillette et la mignonette mais le mystère des 50 cl reste entier.


Sauf que les flacons de 50 cl ont toujours existés dans le rayon des spiritueux où, horreur, malheur, les VDN furent classés et pas très bien exposés. Pire encore pour les défenseurs acharnés de la tradition bouchonnière ces flacons, que je n’ose nommer, étaient affublés d’un bouchage à vis.


Résumons-nous : la bouteille c’est 75cl donc la ½ bouteille c’est donc 37,5 cl, alors où est passé le litre ? Dans les oubliettes du jaja populaire avec la bouteille syndicale six étoiles. Elle aussi innommée elle jette la 50 cl dans un no man’s land innommé et c’est donc une apatride. Que faire pour la sortir de ce piètre statut ?


La baptiser si vous êtes des adeptes de la fille aînée de l’Eglise ou lui trouver un nom pour ceux des autres confessions et les athées.


La chasse aux noms est donc ouverte : ce pourrait être pour la 50 une minette, mais les féministes pourraient s’en offusquer, ou si l’on souhaite rester dans le masculin, qui est l’apanage des grands contenants , je risquerais : un taulier… car il a un côté de  demi-sel versus Bernard Blier* Enfin, je suggère, pour allier le féminin et le masculin, pour le ou la 50 : en couple, ça fait tendance et ça plaira au parrain de ce Cinquantième Vendredi du Vin qui est si attentionné pour favoriser la tendresse des têtes à têtes amoureux.


J’arrête de décoconner pour aborder l’essentiel, ce qui justifie l’existence d’un contenant c’est-à-dire ce qu’on y met dedans.


Pour ce faire retour en Roussillon, dans le 66 quoi qui produit 90% des VDN, où la classification peut se résumer ainsi : 1 grand lac et deux petites bassines : soit le Rivesaltes et le Muscat de Rivesaltes et ceux du haut : le Maury et ceux du bas : le Banyuls.


Foin des chiffres, j’ai trop usé le fond de ma culotte sur eux pour m’en préoccuper. Ce qui m’intéresse en ce beau matin de ce Vendredi du Vin, qui est sur son 51, pour fêter sa 50ième édition au travers d’un flacon qui fait son numéro, c’est de vous dégoter le truc qui décoiffe, la boutanche de derrière les fagots, celle que madame Michu ne peut pas acheter à Casino.


J’en connais qui pour dénicher la fameuse quille 50 se sont démenés, ont fait le trottoir, sué sang et eau, tenté de soudoyer leur caviste, écumé les chais, cassé leur tirelire, passé des nuits blanches… alors que le Taulier, les pieds en éventail, dans un insolente « coolitude » s’est contenté de fouiner dans ses souvenirs, d’y ôter les boules de naphtaline qui trainaient, pour sortir le flacon que seuls les happy few peuvent se procurer dans le cellier de Luc Charlier.

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Le nom est lâché, comme le disait le regretté Lino Ventura, c’est un Maury produit sur les terres ancestrales et inviolées de Bernard Rouby.  


C’est la cuvée JOLO un Maury Grenat en 50cl pourvu d’un bouchage à vis.


L’étiquette est culte. J'espère que vous reconnaîtrez l'homme du bain.


La cuvée Jolo fut dégustée à la chaussette et fort appréciée par le Grand Jury des Naturistes de Paris ICI link  


Voilà, même si d’un premier abord j’ai trouvé le thème chiant, chemin faisant j’ai pris goût à mes conneries et, au prix de quelques rétablissements périlleux, je suis parvenu à retomber à pieds joints sur le sujet de notre vénéré alter-président.

 

Fermez le ban !


 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 21:30

Renaud Revel vient de publier sur son blog dans l’Express : « L’indécent lynchage du DG de Marie-Claire » link J’ai posté un commentaire dont je ne sais quel sera le devenir donc je le publie chez moi.

  

 

Bonsoir Monsieur Renaud Revel,

 

Je ne suis qu'un petit blogueur qui à la suite de Bruno Verjus a interpelé sur son blog Jean-Pierre Lubot et qui est sans doute à l'origine de ce que vous dénoncez.link

 

Qui puis-je ?

 

Rien !

 

Si vos yeux de grand journaliste indigné de l'Express avait pris le temps de lire ma modeste prose il saurait que je n'appelais ni au lynchage, ni à la lapidation de J.P. Lubot mais je l'appelais simplement à une forme d'éthique sans doute désuète.

 

Tout de même le poids des mots : lynchage, lapidation...

 

Je connais JP Lubot puisqu'il préside le Cercle Vendéen, dont je suis, donc ma prose était, certes publique, mais surtout personnelle.


Monsieur Revel je n'accepte aucun voyage de presse, ça m'ennuie, je n'aime pas la promiscuité, je préfère payer mes hôtels et mes billets et choisir les personnes avec qui je parcours la France profonde.


J'ignore et j’abhorre tous les pinces-fesses chichiteux auxquels vous faites allusion.


Donc je ne suis pas de votre monde et je ne me sens pas concerné par votre prose faussement indignée.


Que je sache vous travaillez à l'Express donc dans une entreprise de presse qui, bien sûr, ignore les pratiques que vous dénoncez.


Oui je sais vous êtes au-dessus de ces détails mesquins. Votre plume est libre j'en suis persuadé.


Ce matin j'ai publié une autre chronique link qui allait dans le sens du respect des personnes mais comment pourriez-vous perdre votre temps à lire les écrits d'un simple blogueur. ?

 

Que diable vous êtes journaliste, vous.

 

Que vous laviez votre linge sale en famille je suis pour mais, de grâce, votre posture est trop outrée pour vraiment être sincère, comme s'il fallait que vous montriez votre différence. Que vous êtes au-dessus du lot, quoi.


Avant d'en terminer je vous conseille de lire le dernier livre d'Olivier Bardolle sur lequel j'ai aussi chroniqué. Désolé mais sa description de l'élite de l'apparence me semble bien coller à tout ce bruit médiatique qui n'est pas de mon fait même si vos chers collègues journalistes se sont emparés des bonnes pratiques ordinaires de votre profession.link


C'est la vie, la vôtre Monsieur Revel, bien dure, il est bien triste d'être ainsi entourés de gens de si mauvaise compagnie.


Je vous souhaite une excellente soirée.

 

Couvrez-vous le temps se rafraichit.

 

Achetez un pot de chrysanthème la Toussaint approche.

 

Dites à votre directeur que l'on voit partout avec sa sempiternelle écharpe rouge qu'il devrait écouter vos bons conseils

 

Bien à vous

 

Jacques Berthomeau dit le Taulier

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 14:00

Les lions sont lâchés : amateurs, tel est le qualificatif accolé à la nouvelle équipe gouvernementale par l’opposition. C’est de bonne guerre, il faut bien trouver un angle d’attaque  pour faire la Une des médias qui ne se régalent que de petites phrases, de gaffes, de prétendus faux-pas, de petites histoires. Les éditorialistes s’en délectent. Je ne vais pas ici prendre la défense des Ministres en cause, et du Premier tout particulièrement, ils sont assez grands et politiques pour le faire. Simplement j’aimerais faire remarquer qu’un MINISTRE c’est un politique qui débarque dans une grande boutique aux rouages complexes et que, lorsque l’on a passé  10 ans dans l’opposition, loin de la décision, il n’est pas forcément évident de prendre ses marques. Et c’est là qu’interviennent les fameux cabinets ministériels chargés d’assurer l’interface entre l’Administration et le Ministre, digérer ses notes, prioriser les décisions, les mettre en œuvre, faire tourner la machine.


Je pourrais gloser sur les conseillers, forts bien diplômés, dont l’extrême jeunesse et l’inexpérience qui va avec, se retrouvent, comme leur titre l’indique, en charge de conseiller leur Ministre sur tel ou tel dossier. Bref, le membre de cabinet se doit d’avoir la tête politique mais en s’appuyant sur une  réelle expertise  acquise au contact des réalités. De plus, l’omniprésence de la communication, avec les conseillers qui vont avec, abouti souvent à privilégier l’effet d’annonce, le dire sur le faire. Pour vous permettre d’y voir un peu plus clair je vous propose un extrait, en deux épisodes, d'un article « Typologie des cabinets » publié dans la revue Pouvoirs en 1986 par Guy Carcassonne.


Guy-Carcassonne_articlephoto.jpg

Guy et moi nous nous sommes rencontrés à la buvette de l'Assemblée Nationale en juin 1981, lui étant conseiller du président du groupe rose et moi conseiller du Président de l'AN. Nous étions fous, non du chocolat Lanvin, mais des macarons de la buvette. Par la suite, en 1983, nous nous sommes retrouvés voisins dans la galerie Sully, lui conseillant le Ministre sur les questions d’enseignement agricole (loi Rocard sur l'enseignement privé agricole votée à l'unanimité) moi pataugeant déjà dans le marigot viticole (accords de Dublin). Guy est un ami, un expert : agrégé de droit constitutionnel, il chronique dans le Point, c'est un type original, sapé décalé, doté d'un humour corrosif, et la typologie qu'il donne des cabinets ministériels est un régal:

  1. 1.      Les copains, 2. Les enfants, 3. Les valets, 4. Les lieutenants

« Fondamentalement, un ministère se compose du ministre et de ses services. Le cabinet n'est nullement un protagoniste à part entière, ayant en propre sa légitimité, sa compétence et sa fonction. Il n'a que celles que lui octroie le type de relations entre ministre et administrations. Tantôt le premier est assez sensiblement assujetti aux secondes, et les conseillers sont les interprètes plus ou moins fidèles des directions, davantage que les courroies de transmission de la volonté gouvernementale. Tantôt ils impriment effectivement la logique politique, mais alors ils parlent et agissent au nom et pour le compte de leur « patron ». Car la fonction de ministre, en fait, n'est jamais individuelle. Il n'est de ministre que collectif : « le titulaire du poste+son cabinet ».


Qu'on ne s'y trompe pas : une telle affirmation ne signifie nullement que les membres du Gouvernement seraient des personnes sous influence aux mains d'une équipe qui les manipulerait. Plus prosaïquement, une part considérable du temps qu'un ministre consacre à son activité est dévorée par des fonctions tenant de la représentation, réduisant ainsi à la portion congrue - ou plutôt incongrue - les moments disponibles pour le travail de fond. Aussi, et parce que l'adoubement présidentiel ne suffit pas à conférer l'omniscience, le ministre se démultiplie en autant de parties que son cabinet compte de membres.


La question essentielle n'est donc pas de savoir comment l'équipe se situe entre le ministre et ses services - elle est le ministre collectif - mais porte sur la manière dont les membres du Gouvernement utilisent les moyens que leur offre cette démultiplication. En exigent-ils des informations, des conseils, des décisions ? Veulent-ils accaparer ou déléguer ? Toutes les combinaisons, avec tous les dosages, sont possibles entre ces divers éléments. »


Les copains d'abord...


Le cabinet est majoritairement composé d'amis de plus ou moins longue date, appartenant à peu près à la même génération que leur ministre. Ils l'ont suivi sur tout son parcours ou, à tout le moins, ont toujours entretenu le contact, au point qu'appelé au Gouvernement c'est tout naturellement que leur chef de file fait appel à eux et se promet de constituer une équipe dans laquelle la chaleur des relations, la connaissance mutuelle suppléeront une compétence médiocrement affirmée.


Dans les recrutements complémentaires, la capacité à s'intégrer au groupe sera un critère déterminant, « les copains des copains » étant les premiers sollicités.


Ce type de cabinet atteint le plus haut degré de convivialité. Le tutoiement est de rigueur ou le devient très vite pour les nouveaux venus, chacun s'appelle, ministre compris, par son prénom; rencontres et repas amicaux débordent les horaires de travail.

 

Parce qu'ils sont attachés à leur patron, les conseillers changent avec lui, le suivent imperturbablement dans toutes ses fonctions, si peu prédisposés soient-ils à tel ministère.

Dans ce genre de fonctionnement, l'unité de commandement n'est pas toujours assurée. Le directeur de cabinet - généralement le plus proche ou le plus ancien des amis - passe moins de temps à prendre et imposer des décisions qu'à essayer d'être toujours au courant de ce que ministre et conseillers, qui n'ont pas besoin de sa médiation, ont pu évoquer ou définir ensemble.


Le modèle « copain » n'est pas forcément inefficace - et notamment l'information y circule vite - mais il produit des effets à hauts risques. L'exercice du pouvoir n'est pas totalement pris au sérieux, les idées fusent - aucune inhibition n'interdisant d'énoncer même les plus farfelues - et l'on se soucie moins de mettre en oeuvre des réformes soigneusement pensées et expertisées, de se livrer à un travail méticuleux, que de monter des « coups », dont le caractère spectaculaire et enthousiaste est présumé devoir vaincre toutes les réticences. Faire bouger devient un leitmotiv et cette manie, si elle crée parfois d'heureuses surprises, provoque ainsi des catastrophes.


Les rapports avec les services dépendent étroitement du goût qu'ils peuvent avoir pour cet avatar du scoutisme. Les fonctionnaires les plus disponibles sont sensibles à ce vent virevoltant, la complicité est contagieuse et insuffle un esprit nouveau. Mais, plus fréquemment, il se heurte au dédain de grands commis qui acceptent mal qu'on traite les dossiers dont ils ont la charge avec ce qu'ils jugent être de la légèreté. Contestant la compétence du cabinet, ils s'autorisent de sa désinvolture pour le court-circuiter et, pensent-ils, sauvegarder les intérêts supérieurs de leur ministère.


Les réputations, individuelles et collectives, se faisant en outre assez vite dans le microcosme gouvernemental, les cabinets de « copains » ne jouissent pas d'une grande crédibilité dans les réunions interministérielles, où on vénère la compétence la plus austère, et en subissent un handicap notamment dans leurs relations avec les représentants du ministère des finances. »

 

à suivre

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