Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 00:09

Étant donné que je me meus (pas mal non) principalement à vélo je fréquente assez rarement le métro. Cependant lorsque je l’emprunte, au retour de mes déplacements ou pour des destinations trop éloignées de ma base, comme tout un chacun je suis confronté à la mendicité. Elle est de plusieurs sortes : musicale, déclamative, de vente, principalement masculine, elle rencontre rarement de l’intérêt, jamais ou presque d’hostilité, elle fait partie du décor d’indifférence et de lassitude des transports en commun. Dans la rue que je sillonne elle est se situe aux feux tricolores avec l’horreur absolue des estropiés transportés au matin par leurs commanditaires, et dans les lieux de diverses chalandises : supermarchés, églises ou de pèlerinages : le lieu le plus couru à Paris est la Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse 40 rue du Bac à Paris à deux pas de la Grande épicerie du Bon Marché.


Pour faire simple il y a donc ceux qui tendent la main, avec ou sans petite pancarte, avec ou sans justification orale, et ceux qui vendent quelque chose : musique ou journal, objets… Du côté musical, l’accordéon de l’Est a détrôné la flute de Pan chilienne et c’est un peu monotone. Face à la pression et la permanence de l’offre il n’est pas simple de choisir. Alors depuis toujours face à elle je fonctionne au feeling avec un faible pour le clochard à l’ancienne, discret, un peu pochtron, avec qui on peut encore échanger quelques mots. En général je n’achète pas la presse de rue car je suis un peu réticent face à une certaine forme d’exploitation des vendeurs par d’habiles mercantis. « Née à New-York en 1989 (Street News), la presse de rue a essaimé dans tout l'hémisphère nord. Certains titres nord-américains tirent à plus de 100 000 exemplaires. Beaucoup de titres existent en Allemagne. En Grande-Bretagne, The Big Issue est un journal apprécié, qui tire à 300 000 exemplaires chaque semaine tandis qu'en France, les journaux de rue ont en grande partie perdu leur succès du fait d'une qualité éditoriale faible, d'une trop grande concurrence entre les titres et d'une réputation entachée par la condamnation pour provocation à la haine raciale du Réverbère en 1996 »


« Le journal Macadam qui fut le premier titre publié en France (1993) est relancé par une équipe de journalistes professionnels en janvier 2009. Il retrouve le succès, sous forme de magazine mensuel, couleur, grâce à un fort contenu éditorial. Le monde de l'économie sociale encourage et soutient cette renaissance. »


Donc, la semaine dernière alors que je me rendais à une  dégustation à l’heure du déjeuner j’ai acheté dans le métro un guide « les bonnes tables à petits prix® » 2012-2013, 507 restaurants à Paris pour 2€. Le vendeur était sympa, son discours intelligent. Une fois pris en main je constatais que ce guide émanait de l’Itinérant.

affiches-004.JPG

Qu’est-ce donc que L’Itinérant, me suis-je dit, tout en sachant que sur mon marché du dimanche, un vendeur m’en propose un.

 

Sur son site link  il se dit journal de rue, un journal de partage. Un geste qui permet d’aider une personne en situation de précarité et de se procurer un peu de lecture. »

 

Cependant je ne pouvais me contenter de cette simple déclaration de principe alors j’ai cherché et j’ai trouvé un site : le jaune et le rouge la revue de la communauté polytechnicienne. Donc des gens sérieux et réfléchis. Que dit-elle ?

« L'Itinérant, c'est un journal qu'on achète, avec le sentiment de verser quelque chose à quelqu'un qui essaie de s'en sortir plutôt que de rester simplement assis à mendier. Les idées qu'il exprime sont souvent déroutantes car difficiles à classifier ».

Michel Ristori (57) et Laurent Mirguet (96), qui ont rencontré le rédacteur en chef Rodolphe Clauteaux, nous donnent un abrégé de cette interview. Si vous souhaitez la lire c’est à la fin de ma chronique.

 

Pour en revenir au Guide « les bonnes tables à petits prix® » il apparaît qu’il est l’œuvre de Marc Combier clubdutempsgourmand@wanadoo.fr Club du Temps Gourmand BP 533 71010 Mâcon cedex.

affiches-001.JPG Après examen c’est un guide tout a fait convenable, bien présenté, avec des notices succinctes mais claires, à jour : l’Arthème dans le XIV qui vient juste d’ouvrir y est répertoriée, de bons classiques sont présents : Juvéniles, L’Avant-Goût, le Baratin, le Pied de fouet… des nouveaux intéressants comme J’Go Saint-Germain… 25 bistrots à vins, 116 bistrots anciens (le baratin est dans cette catégorie), 19 restos de quartier ça fait du jaja de dépoté… et franchement pour 2€ le rapport qualité/prix est bon. Le format Pariscope convient bien à mon sac. N’en déplaise aux grands maîtres des guides celui-ci, bien humble, modeste, est tout à fait recommandable. Donc, parigots&parigotes si vous croisez dans le métro ou ailleurs un vendeur du guide « les bonnes tables à petits prix® » vous pouvez l’acheter les yeux fermés.

 affiches-005.JPG

affiches-006.JPG

affiches-008.JPG

affiches 009

affiches-010.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

affiches-011.JPG

 

Rodolphe Clauteaux :

 

Quand j'ai créé le journal en 1994, je travaillais à Voici dans le groupe Prisma. Un jour j'ai fait un reportage sur un journal de rue... Un bon reportage, le patron du journal m'avait séduit. Je n'avais pas remarqué qu'il s'agissait d'un journal à l'extrême du néorexisme.

D'avoir ainsi servi la soupe à ce type de journal m'a foutu en rogne. L'idée m'est venue de créer un journal exactement concurrent, dans le même secteur, avec les mêmes vendeurs.

Je voulais du journalisme professionnel, ni de droite ni de gauche, mais que des idées de gauche puissent être lues à la sortie des messes, et que des idées de droite puissent être lues aux Bourses du travail. Il devait aussi être hebdomadaire parce que je m'étais aperçu qu'un vendeur de Réverbère ou de Macadam ne travaillait que quatre à cinq jours par mois, après quoi il avait saturé son marché. Un hebdomadaire le ferait travailler quatre fois trois jours, et surtout cela permettait de le réintégrer au temps social.

C'est très important, je l'ai vérifié plus tard en faisant l'expérience d'être SDF pendant onze jours. De toute la journée de 7 heures du matin à 8 heures du soir, on n'a rien à foutre : on s'emmerde, on mendie, et on perd complètement le sens du temps.

 

Qui sont les vendeurs de L'Itinérant ?

 

Toute personne légalement en France peut venir.

On compte environ 700 vendeurs à Paris, des Roumains à 70 %, et 400 en province, Français à 90 %. Mais on vend autant de journaux en province qu'à Paris. Les vendeurs achètent le journal 50 centimes et le revendent 2 euros. Le journal tire à 40 000 exemplaires. On ne récupère pas les invendus.

En fait, le vendeur de L'Itinérant est une aristocratie parmi les SDF, un « exclu » qui dans sa tête n'en est pas un, il garde l'espoir.

Dans quelle mesure L'Itinérant permet de concrétiser cet espoir ? Ce n'est pas fabuleux. Je ne sais pas exactement, mais sur les quelque 6 000 vendeurs qui se sont succédé, peut-être une centaine se sont sortis de la misère. Je ne connais personnellement qu'une trentaine de cas.

Par exemple, en 1996 à Valence, j'ai souvenir d'un boulanger qui a largué son boulot et a divorcé. En 1997, après avoir fait le tour de tous ses amis il était à la rue. Il a vendu L'Itinérant pendant deux ans, puis a retrouvé du travail. J'ai reçu ensuite une lettre de ce type disant : « ça m'a permis de me laver, d'être rasé, de rester à la surface. » C'est toujours la même histoire.

 

Quelles sont les causes de l'exclusion ?

 

D'une part il n'y a plus de petits emplois, on ne peut plus être poinçonneur dans le métro. D'autre part l'entreprise a changé la donne, l'emploi est un bouton comme un autre sur le tableau de bord du chef d'entreprise.

Si jadis il fallait dix « tares psychophysiques » pour devenir un jour un exclu, aujourd'hui trois suffisent. Une enfance malheureuse, un diplôme moyen, de l'alcoolisme, une tendance au jeu ou un mauvais caractère, cela suffit pour qu'on perde son boulot trois ou quatre fois et alors c'est fini, on est éjecté du système.

Si on est marié la femme ne supporte pas l'inactivité de son mari. Et dans l'année qui suit, un divorce se produit. L'appartement reste à la femme et aux enfants.

Je parle de l'exclusion au masculin ! Car sur 10 exclus, il y a 9 hommes. Les femmes sont plus résistantes à l'exclusion, à la grande exclusion en particulier, parce que souvent elles sont mères de famille et protègent les enfants.

Donc, le divorce, la perte du logement, on tourne six mois chez des amis, et après c'est la rue. À partir de ce moment, des processus se mettent en place plus ou moins rapidement mais invariablement : on boit, on ne se lave plus, on ne se soigne pas, et c'est un processus irréversible dans la plupart des cas.

À cela s'ajoute, c'est assez horrible mais je crois que c'est vrai, une sorte de prédisposition à l'exclusion. J'ai parlé de trois tares mais c'est peut-être plus simplement qu'on a dans sa tête une prédisposition, un peu la même que pour rater son mariage ou entrer dans une secte, etc.

Si vous êtes ouvrier ça se traduira tout de suite par la rue. Cela touche moins les cadres supérieurs et bizarrement presque pas les artisans. Ceux-ci se récupèrent plus facilement, car même après six mois de chômage, ils gardent la maîtrise de leur métier.

 

Quels sont les combats de L'Itinérant ?

 

La ligne éditoriale de L'Itinérant n'est pas de se pencher sur les résultats de l'exclusion, mais d'en dénoncer les causes. Préconiser des solutions ce n'est pas notre rôle.

Par exemple, il y a quelques années nous avons fait une enquête dans une petite ville où la principale agence bancaire a changé de patron.

Le nouveau banquier a supprimé tous les comptes qui ne rapportaient pas suffisamment : des PME, des petits artisans... Du jour au lendemain, plus de comptes en banque, plus de découverts, d'où de nombreuses faillites. Autant d'emplois en moins, de familles sur le carreau, des milliers de personnes. Ce n'est pas l'OMC ou la Banque Mondiale, mais c'est l'ultralibéralisme dans toute sa pureté.

Nous avons aussi une importante activité d'échanges avec les prisonniers. Nous avons abonné une cinquantaine de maisons d'arrêt à L'Itinérant, et les lecteurs ont abonné environ 200 prisonniers. Beaucoup de lectrices sont correspondantes de prisonniers.

Un autre combat dont j'ai été responsable au départ, peut-être ai-je eu tort, c'est pour les condamnés à mort du Texas.

 

Qu'est-ce qui motive les lecteurs ?

 

Au départ, c'est certainement d'aider le vendeur. Ce n'est qu'après qu'ils s'intéressent au journal.

Le contenu peut dérouter. Dès le départ, dans notre petite équipe, nous avons vu que nous étions très différents les uns des autres. Moi je suis catholique pratiquant, il y en a un autre qui est musulman, un autre qui appartient à la LCR. Bien sûr, certains articles soulèvent des controverses, mais on a posé comme règle qu'on ne se censurerait pas mutuellement, qu'on discuterait après la publication.

Militants ? Nous sommes militants pour l'humain, contre l'injustice, contre la misère. Contre les causes qui mènent à la misère, qui font qu'on est moins humain.

 

Est-ce que vous avez des idées sur des initiatives à prendre pour lutter contre l'exclusion ?

 

Il y a pour cela un choix extraordinaire d'associations. Nous essayons seulement de faire comprendre que nous sommes rentrés dans un univers où l'homme a de moins en moins d'importance, par un grand nombre d'exemples. C'est un travail de journaliste.

Partager cet article

Repost0
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 00:09

Les mauvaises langues, surtout celles de langue anglaise, la teutonne aussi, nous font mauvaise réputation, nous serions les champions du monde toute catégorie du farniente payé en collectionnant les jours fériés, en étant les plus grands bâtisseurs de pont, et cerise sur gâteau amateurs immodérés des très fameuses RTT nées d’une loi « inique » toute droit sortie de la plume de la fille d’un type dénommé Delors. Bref, nous sommes de grosses féniasses, des tire-au-flanc, des embusqués qui ne pensent qu’à leurs congés. Nous sommes tous des « Alexandre le Bienheureux ! »


Des envieux je vous dis, des qui viennent chez nous dès qu’ils en ont des congés pour se goberger, manger, boire… le mot est lâché : boire ! Ben oui très chers puisque la nouvelle mode est à l’œnotourisme qui, somme toute, s’adresse à des pékins et des pékines qui se la coulent douce je ne vois pas pourquoi, nous, qui faisons des gammes à longueur de journée sur le vin, ses belles bouteilles, ses vignerons et vigneronnes, ses châteaux, ses clos, ses mas, vilipenderions ces multiples occasions qui participent à l’extension du domaine du vin.


Ne m’accusez pas à la fois d’être de mauvaise foi, et d’être un stakhanoviste de la Toile : ne se repose-t-il donc jamais ? Est-il pacsé avec son ordinateur ? Aurait-il plus qu’une double vie ? Que fait-il le samedi, le dimanche, les jours fériés ? Autant de questions qui peuvent recevoir une unique réponse que vous n’êtes pas obligés de lire mais que vous pouvez lire tout en bas de cette chronique.


Sur la question du « travailler moins pour acheter plus de vin » ne comptez pas sur moi pour me lancer dans de savantes explications car, primo, ça me fatiguerait, secundo c’est l’évidence même : pour développer le tourisme du vin il faut élargir la base des touristes et pour ce faire les Français doivent donner le « bon » ou le « mauvais » exemple aux peuplades asservies mais assoiffées. Cependant, amateur de chiffres, je me contenterai de mettre en avant que la France compte 11 jours fériés (5 civils et 6 d’origine religieuse) et les USA le gouvernement fédéral proclame 10 jours fériés par an, les allemands en comptent 16 mais leur nombre varient suivant le Land, au Royaume-Uni ils en ont 13 mais les anglais et les gallois n’en ont que 8 ou 9 et ils ne crachent pas sur les ponts, les écossais en prennent 10 comme les Irlandais du Nord. Bon vous allez m’objecter qu’il faut zieuter du côté des BRICS et que là ce n’est pas gagné mais patience et longueur de temps nous les pervertirons bien un jour surtout qu’ils ont l’air d’apprécier nos chers nectars.


Je reviens un instant aux jours fériés pour remarquer :


-         Que la France est bien la fille ainée de l’Eglise de Rome : 6 jours fériés sont d’origine religieuse ;

-         Que le lundi qui nous occupe celui de Pâques qui précède celui de la Pentecôte « sournoisement » agressé par un picto-charentais, présente le grand avantage de ne jamais passer à la trappe un samedi ou un dimanche comme certains jours fériés civils. Seul le jeudi de l’Ascension surpasse les lundis car lui est un merveilleux ouvreur de pont ;

-          Qu’en conséquence je vous offre, pour rendre grâce au ciel, ou du moins à son Taulier et à son concurrent deux belles affiches:

affiches-015.JPGaffiches-022.JPGRéponse à la question : le taulier ne fait sommes toute pas grand-chose : il dort, il mange, il boit, il marche, fait du vélo, écrit quand ça lui chante, fait ce qu’on lui demande de faire quand il faut le faire, exerce des activités annexes et connexes liées à sa condition masculine, cause au téléphone, cause dans des colloques, cause dans des cafés, cause au restaurant, ne cause plus en dormant, répond avec retard à son abondant courrier, fait les courses, va au marché, la cuisine, lit à toute heure et en tout lieu, prend le train, l’avion, le métro, conduit pas souvent son auto, écoute la radio le matin, ne regarde plus la télé, va au ciné et au concert pas assez souvent, ne va plus dans les musées car ils sont bondés mais dans les galeries de peinture… mais comme vous n’en avez rien à cirer je vais vous parler des jours fériés.


La France compte 11 jours fériés, 5 civils le Jour de l'an,  le  1er mai : Fête du Travail, le 8 mai la capitulation de l’Allemagne, la Fête Nationale le 14 juillet, l’Armistice 14/18 le 11 novembre et 6 religieux : 3 à dates variables le lundi de Pâques, le jeudi de l’Ascension, le lundi de la Pentecôte devenu par la grâce de JPR la journée de solidarité envers les personnes âgées, sauf accord différent. Et 3 à dates fixes : le 15 août, la Toussaint 1er novembre et Noël le 25 décembre.

Aux USA le gouvernement fédéral proclame 10 jours fériés par an, dont trois Noël , Veterans' Day(Jour des Vétérans): 11 novembre et New Year's Day identiques aux nôtres, le Columbus Day (Jour de Christophe Colomb): 2ème lundi d'octobre, l’Independence Day (Fête de l'Indépendance américaine): 4 juillet, le Labor Day (Fête du Travail): 1er lundi de septembre, le Martin Luther King's Birthday (Anniversaire de Martin Luther King): 3ème lundi de janvier, le Memorial Day (Jour du Souvenir): dernier lundi de mai, Thanksgiving (Jour d'Action de Grâce): 4ème jeudi de novembre. Washington's Birthday (Anniversaire de Washington): 3ème lundi de février.

Partager cet article

Repost0
8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 08:00

Quelques temps après la séquestration de l’ingénieur Macchiarini, alors que Feltrinelli venait de mourir, la police fut à deux doigts de décapiter les BR naissantes. Le 16 mars, Curcio et sa femme Margharita, en sortant de l’appartement de la  via Ignani, après avoir acheté les journaux au kiosque d’en face lurent dans le « Corriere della serra » qu’on venait de découvrir un corps déchiqueté avec la photo d’un homme censé être Maggioni. En observant de près la photo Margherita, avec son habituelle intuition, dit qu’elle était presque sûre que c’était Osvaldo – l’un des noms de guerre de Giangiacomo Feltrinelli. L’évènement était considérable car il s’agissait du premier mort de la « lutte armée » mais les BR, comme la gauche officielle déclara dans un tract que l’éditeur révolutionnaire avait été assassiné par des nervis de la bourgeoisie impérialiste. Seul le journal de Potere operato dans un grand article reconnaissait la vérité « que le camarade révolutionnaire était mort dans un accident du travail… » En clair, Feltrinelli est sauté en l’air en amorçant un engin explosif, un soir, sur un pylône à Segrate.  Curcio avait connu Feltrinelli au printemps 68 lorsque celui-ci l’avait invité à un débat au siège de sa fondation de via Andegari à Milan. Même s’il ne voulait pas l’avouer Feltrinelli était un peu son maître à penser et lors de  la naissance des BR ils se rencontrèrent souvent dans les jardins de piazza castello avant de se rendre dans l’un de ses très nombreux appartements.


Son aura il l’a tenait de ses rencontres avec des révolutionnaires boliviens, uruguayens et brésiliens qui, lors d’un voyage à Cuba, lui avaient parlé de leurs expériences révolutionnaires. Il était certes farfelu, immensément riche, mais de par ses amitiés avec les anciens résistants communistes, il initia Curcio aux techniques des faux-papiers, à la façon de louer des appartements sans éveiller de soupçons, et à toutes les caractéristiques de la bonne planque. Nos hold-up d’autofinancement, nos braquages donc, nous permirent de nous assoir sur un trésor de guerre qui nous permit de mettre, dans une certaine mesure, la police en échec et de faire que les BR s’incruste dans le paysage et perdure. Mais l’anecdote que Curcio aimait à raconter était celle de la « musette du guérillero ». Bien évidemment, les nouveaux venus demandaient étonnés « c’est quoi cette musette du guérillero ? » Curcio, avec la condescendance de celui qui sait répondait « c’est l’instrument de survie des guérilleros d’Amérique latine et que le Che jugeait indispensable… » Il fallait l’avoir toujours à portée de main, en cas de fuite immédiate. Elle devait contenir des vêtements de rechange, des papiers, de l’argent, tout le nécessaire pour une fuite citadine, mais aussi un petit sac de sel et des cigares… » Ce dernier détail attirait immanquablement la remarque et pourquoi du sel ? La réponse tombait « parce qu’en Amérique latine le sel est un bien précieux… » Si pas convaincu l’interlocuteur faisait remarquer que du sel on en trouvait partout à Milan, Curcio, sans rire, rétorquait « c’est la tradition du guérillero donc il faut en avoir ! » Pour le cigare même respect car le Che affirmait « que le meilleur ami du guérillero dans les heures de solitude c’est le cigare. » Nous nagions dans la dévotion et la tradition.


Feltrinelli avec sa musette du guérillero me sauva à plusieurs titres la mise dans mon aventure italienne. Je m’explique. Lorsque j’avais appris l’accident du travail de Feltrinelli j’avais immédiatement joins Chloé, qui voguait dans son sillage, en lui expédiant un télégramme chez sa mère à Rome « remplacer votre chat Persan – stop – j’ai un chaton – stop – venez le chercher – stop ». Ce qui signifiait que la disparition de son ami impliquait que nous nous retrouvions dans les meilleurs délais. Le soir même je recevais un appel à l’appartement et nous nous retrouvâmes le lendemain matin pour petit déjeuner à l’hôtel Principe di Savoia qui est face à la gare centrale de Milan. Chloé, amaigrie mais habillée du dernier chic, me flanqua une gaule douloureuse qu’elle apaisa dans les toilettes avec une violence qui me laissa sur le flanc. Chloé ne me posa aucune question. Je fis de même. Lorsque nous nous quittâmes j’étais muni de la clé d’un appartement donnant sur la Piazza Navona à Rome. J’avais donc une base arrière pour me replier en lieu sûr. Chloé m’avait prévenu « tu devrais rentrer à Paris, ce qui se passe ici ne te concerne pas et tu n’as rien à gagner… » Je lui avais agrippé violemment les poignées « Si ! Te protéger et te sortir de ce merdier ! » Elle m’avait toisé « Si ça t’amuse, reste ! Mais alors nous allons nous marier… » Surpris j’avais desserré mon étreinte et j’avais bêtement répondu « Oui » Revenu à l’appartement, ou Lucia m’attendait, nous avions confectionné notre musette de guérillero et Lucia était allée la déposer à la consigne de la gare Centrale. Je pendis la clé à mon cou avec un ruban de Lucia. Lorsque a police déboula dans l’appartement, ni elle ni moi ni personne d’ailleurs ne s’y trouvait, et en ce mois de mai 1972, nous nous sommes égaillés en fuyant tous Milan…

Partager cet article

Repost0
8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 00:09

Veronique-6376.JPGPour Pâques j'aurais pu vous faire le coup des Cloches de Corneville une Operette de Robert Planquette ou Les Trois Cloches, chanson de l´auteur-compositeur suisse romand Jean Villard-Gilles, 1945. Grand succès d´Edith Piaf et des Compagnons de la chanson interprété par Mireille Matthieu mais j'aurais pris le risque soit de vous bassiner une fois encore avec mes vaches (Corneville est un charmant village normand sis près de Pont-Audemer), soit de me faire accuser d'un retournement de veste opportuniste.

Veronique-6266.JPG

 

Plus concensuel j'ai opté pour un grand classique de la chanson : Stand by me dont les paroles et la musique s'inspirent d'un gospel écrit par le pasteur Charles Tindley en 1905 et enregistré en 1916. Après moult versions elle a été dans sa version connue composée et écrite en 1961 par Ben E. King et Jerry Leiber & Mike Stoller et interprétée par Ben E. King. Depuis, c'est de John Lennon en passant par Ottis Reding Bruce Springsteen et beaucoup d'autres (j'ai fait un choix)pour finir avec Lady Gaga et Vanessa Paradis

 

Partager cet article

Repost0
7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 00:09

Nous vivons un temps étrange où grâce à leur surexposition sous les feux médiatiques des chefs de haute-cuisine s’autoproclament, parce qu’ils utilisent des produits de terroir, et c’est le moins qu’ils puissent faire eu égard aux hauteurs de leurs additions, le dernier rempart de la haute qualité de la table française. Je me suis déjà insurgé contre cette captation abusive link et j’écrivais « Pour parodier notre Georges Clémenceau « Le repas à la française est une chose trop sérieuse pour être laissé aux cuisiniers étoilés... » Certes beaucoup d'entre eux sont talentueux mais ils ne sont pas les seuls dépositaires de notre art de vivre. Ils se doivent de faire vivre, de renouveler le repas à la française mais non le cantonner dans l’élitisme car se serait signer son arrêt de mort. La transmission maman c’est nous : tes enfants, tes petits enfants, tes arrières petits-enfants, nous tous, là où nous sommes, là où nous vivons, en nos villes ou nos campagnes. »

 

Alors cette transmission du creuset familial il est un pays où elle est encore bien plus vivace que chez nous c’est l’Italie. Là-bas, loin de notre centralisation jacobine qui fait de Paris le nombril du pays, se niche et prospère une cuisine locale, familiale qui est un bien meilleur rempart à la préservation des produits authentiques que celui de nos chefs qui nous mettent une demi-carotte dans notre assiette pour faire jolie. La cuisine de ménage, celle du populo, est exigeante et surtout elle sait mieux que quiconque ce qu’est la satiété. Oui j’aime manger ! Déguster pour moi relève d’une gymnastique de l’esprit bien plus que du plaisir des papilles. Trop de frime tue le plaisir !

 

Démonstration par un Taulier né au pays de la mogette ou mojette ou mojhette ou monjhet , amoureux de l’Italie et de ses fagioli, passionné par l’Espagne qui joue de l’homophonie de sa mojette vendéenne et du mojete plat traditionnel de la Mancha pour clamer mon amour des choses simples.

a pasta e fagioli

Pasta e fagioli

 

Pour 4 personnes

150 g de dilatonis rigatis

300g de haricots secs rouges ou cocos roses (borlotti)

60 g d’oignons en tranches

Une pincée de romarin en poudre

1 feuille de laurier

2 cuillérée à café de bouillon de bœuf en granulés

3 cuillérées à soupe d’huile d’olive extra-vierge + pour la finition.

Sel

Poivre

 

Faites tremper les haricots dans de l’eau froide pendant une dizaine d’heures.

Dans une casserole, faites revenir l’oignon, une pincée de sel, l’huile, le romarin et le laurier pendant 2 mn. Ajoutez 2 litres d’eau froide, les haricots lavés et égouttés, le bouillon. Mélangez et couvrez. Faites cuire à feu doux pendant 3 heures en remuant de temps en temps, en ajoutant éventuellement du sel, un peu de poivre et, au besoin, de l’eau. La soupe doit rester assez liquide.

Quand les haricots sont cuits, réservez-en une partie dans un saladier, sans jus. Mixez ensuite soigneusement le reste dans la casserole avec un mixeur plongeant.

Dans une autre casserole, faites cuire les pâtes, égouttez-les et versez-les dans la crème de haricot. Ajoutez les haricots entiers.

Mélangez délicatement, réchauffez et servez.

On peut verser un filet d’huile sur l’assiette et poivre avec du poivre fraîchement moulu.

 

Mojete Manchego con queso

 

Pour 4 Personnes

Pour le mojete : 500 grammes de tomates mûres ; 1 éclat d’ail, une échalote ; 20 g de poivron rouge ; 2 ou 3 feuilles de menthe poivrée ; une petite branche de basilic ; 2 g de cumin ; sucre ; sel.

 

Pour le moshi de fromage : 200g de crème de fromage Manchego ; 20ml de lait ; sucre ; sel ; 5 g de carraghénane iota (gélifiant) ; 5 g d’alginate ; 1 l d’eau minérale.

 

Autres ingrédients : huile d’olive extra-vierge ; 20 g de fromage à l’ail traditionnel de la région Las Pedeoňeras, province de Cuenca ; fèves de cacao ; sarriette ; thym ; fleur de romarin ; crouton à l’ail.

 

Mojete

Mixer tous les ingrédients dans le Thermomix (les tomates mûres, l’ail, l’échalote, le poivron rouge et le cumin) et passer au chinois pour obtenir l’eau de tomate. Passer à l’étamine et prélever l’écume qui a pu se former. Saler, sucrer et ajouter une branche de basilic, deux ou trois feuilles de menthe poivrée et laisser infuser. Filtrer puis réserver.

 

Moshi de fromage

Passer la crème de fromage de la Manche et le lait au mixeur, saler et sucrer. Ajouter la carraghénane iota et émulsionner jusqu’à obtention de la texture désirée sans trop épaissir. Mettre la sauce dans une bouteille biberon et confectionner les médaillons avec un bain d’alginate d’une part et d’autre part un bain d’eau minérale pure pour retirer l’excès d’alginate. La proportion d’alginate dans le bain sera de 5g par litre d’eau minérale.

 

Présentation

Disposer le moshi de de fromage au centre de l’assiette et par-dessus le fromage à l’ail, les fèves de cacao, la sarriette, le thym et la fleur de romarin. Au moment de servir, ajouter les croûtons à l’ail et couvrir le fond de l’assiette avec du mojete bien frais.

Fermez le ban.

 

C’est beau (voir photo).

Rosee-002.JPG

Mais c’est beau si c’est fait l’équipe de Manuel de la Osa du restaurant Las Rejas (une étoile au Michelin) situé à Las Pedeoňeras, province de Cuenca (Centre-est de l’Espagne). Imaginez le carnage si c’est réalisé par moi ou 95% des pékins ou des pékines qui ont reçu comme moi la plaquette SPAINGOURMETOUR, pur produit de l’ICEX officine du secrétariat d’Etat au tourisme et au commerce, ministère de l’Industrie, du Tourisme et du Commerce d’Espagne.

 

Très franchement je voudrais que ces braves fonctionnaires de l’ICEX m’expliquent ce qu’ils visent : faire joli, promotionner un restaurateur (ce que je peux comprendre) mais tout de même le but d’une description de recette dans un magazine c’est que les pékins et les pékines de mon acabit soit en mesure de la réaliser sans se ridiculiser. Là, je mets au défi monsieur et madame tout le monde de se faire un petit Mojete Manchego con queso sans prendre des risques inconsidérés. Cette cuisine à l’assiette qui privilégie la présentation, ce qui ne signifie que ce qui est dans l’assiette ne soit pas bon, n’est pas une cuisine de ménage et elle est quasiment intransmissible.

 

Ma Pasta e fagioli, pur produit de la cuisine de Roberta Pianaro la vénitienne, elle, elle est faisable par 100% des pékins et des pékines qui savent tout juste se faire cuire un oeuf. Pas la peine d’être équipé de machines compliquées ou de bouteille biberon, de se taper des courses pour dénicher de la carraghénane iota (gélifiant) et de l’alginate, de risquer de se planter lorsqu’il faudra la présenter à ses invités.

 

Tout ça pour vous dire que le fossé se creuse entre la cuisine chichiteuse de nos maîtres de la haute-cuisine et celle que l’on qualifie de ménage. Ce n’est même plus de l’élitisme c’est une inventivité dévoyée, surfaite, coupée de ses racines. Pour autant je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, car certains chefs savent encore nous nourrir et nous réjouir, mais je souligne une dérive qui démontre que cette cuisine-là, contrairement à ce qu’elle affirme, est bien loin de ses racines. Elle est décadente !

 

Du côté du vin :

 

- Les gens de l’ICEX recommande un Paso a Paso 2010 Vino de la Tierra sz Castilla des Bodegas Volver en affirmant que la fraîcheur de ce Verdejo se marie à merveille avec les notes acides de la tomate.

43764_g.gif

 

- Donna Leon elle avec son commissaire Brunetti qui avec sa pasta e fagioli réclame à cor et à cri son « excellent Dolcetto » et comme il n’y en a plus envoie sa fille Chiara chez da Mori en acheter 3 bouteilles. Quand on aime on ne compte pas.

bw_365662_c5b17de877d9720ce14c87d8af003d90.jpg

Partager cet article

Repost0
6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:09

Avec Eva nous travaillons en pure télépathie, nul besoin entre nous deux de conférence de rédaction pour déterminer le choix du vin du mois. Le respect de la ligne éditoriale du Taulier pour Eva c’est l’équivalent du pilotage automatique. Nous sommes raccords naturellement (pour faire plaisir à nos amis naturopathes bien sûr) Et pourtant, dans nos jobs respectifs nous avons dû tous les deux, ces derniers temps, passer la surmultipliée, donc pas le temps de niaiser. Mais fidèle au poste, avec la dextérité diabolique qu’ont les filles d’aujourd’hui, à effleurer de leurs doigts agiles les écrans digitaux, Eva, en sautant allègrement par-dessus le périphérique, nous livre son vin du mois. Et, pour bien apporter la démonstration de ce que je viens d’écrire, sans concertation, elle apporte sa contribution à la même œuvre que le Taulier : la célébration d'une résurrection ICI link Bravo Eva et, vivement le mois de mai où tu feras ce qui te plaît, comme toujours d’ailleurs c’est ce qui fait, entre autre, tout ton charme !

photo EvaIl y est  des régions dans lesquelles, d’emblée, l’on n’irait pas vraiment chercher un bon vin. Des régions connues  pour d'autres choses, leurs paysages, leurs monuments, la gastronomie même. Et pourtant, en fouillant un peu, il est très possible d’y trouver de vraies petites merveilles.

 

Par exemple ? L'Auvergne !

Oui, l'Auvergne, j'adore !

 

Je l’adore pour la potée auvergnate, le petit salé aux lentilles vertes du Puy, le Cantal, la Fourme d'Ambert, le Salers, le Saint Nectaire ou encore le Bleu d'Auvergne… (J’ai faim...)

Non. Enfin, si, j'adore tous ces plats et tous ces fromages, je m'en régale  tel ce Saint-Nectaire fermier qu'une personne bien avisée m'a ramené lors de sa montée au bio de Montreuil... link Mais, en Auvergne, il y a aussi des vins qui valent le détour.


Ainsi, mon attention s'est portée un jour de dégustation sur les bouteilles de Jean Maupertuis. Des rouges gourmands et à un prix défiant toute concurrence, même chez certains cavistes à Paris. C'est dire. Et il n'est pas le seul à produire de très bonnes choses. Telle, une « Violette » de Patrick Bouju, du domaine la Bohème, même si  elle s'est mal présentée, j'ai bien envie d'y retourner et de goûter les différentes cuvées du domaine.


Revenons à Maupertuis. Du Gamay dans cette cuvée « Les Pierres Noires » de Jean Maupertuis. Le ShowViniste vous en apprendra davantage sur le domaine et ses différentes cuvées. link  photo54.JPG

Ces Pierres Noires sont, ma foi, très gourmandes. C'est du très beau, léger, élégant, ça pétille de fruits dans le nez et la bouche. Agréable, glouglou qui se boirait presque que pour lui-même. Pour moi c'est typiquement le genre de vins que je mettrais avec un peu de charcuterie, en guise d'apéritif presque ; charcuterie d'Auvergne, forcément. Finalement c'est même une bouteille de pique-nique, très top glouglou, 100 % torchable qui ne tape pas trop pour profiter du reste du repas. Et avec le printemps qui arrive, il va falloir que vous en mettiez de côté, des bouteilles de ce genre...

 

Alors, vous en mettrez de côté, des vins d'Auvergne ?

Partager cet article

Repost0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 16:00

Juan Antonio Ruiz Jiménez : mais qui c’est celui-là me direz-vous ?

 

Rien qu’un petit monsieur qui m’envoya un soir du papier bleu : ICI link 

 

Loin de moi de tirer sur une ambulance mais comme cet après-midi en faisant un peu de rangement je suis tombé sur ce beau sourire (ci-dessous) j’ai décidé de le lui offrir en remerciement de son absolue mauvaise foi.

Jumilla-002.JPGJumilla-001.JPG Mais d’où vient-il ce beau sourire ? D’ICI

 Jumilla 003

 Jumilla-004.JPG

JUMILLA

 

« Situés dans la région des hautes terres du Levant espagnol, une zone de transition entre les plaines de la Manche et les terres de la Méditerranée, les vignobles de Jumilla s'étendent à travers la ville de Jumilla, en Murcie, et six comtés du sud-est de la province d'Albacete : Ontur, Tobarra, Albatana, Hellin, Montealegre et Fuente Alamo.

Son territoire est situé à une hauteur d'entre 400 et 900 mètres, le climat continental est sec et dur, chaud l'été et froid pendant les courts hivers, et influencé par la Méditerranée, qui se trouve relativement proche. Ses sols calcaires sont bruns et roux, desserré, rocheux, et se sont développés à partir de l'affouillement des roches calcaires du Miocène des montagnes des alentours.

 

La principale variété de la région est le Monastrell. Il s'agit d'une variété noble, austère et robuste qui produit des petites grappes de petits raisins de couleur foncée et riches en sucres et en autres composants nobles. Le bons vins de Jumilla, que ce soient des rouges ou des rosés, sont élaborés avec au moins 85% de cette variété. C'est le cas du Clio.

 

Certains vins rouges jeunes sont obtenus par macération carbonique ou avec un élevage modéré. La plupart sont des vins de cépage de Monastrell mais parfois ils ont du Cencibel ou du Cabernet Sauvignon. Des vins de double pâte, des rosés fruités et des blancs sont également élaborés. Il y a aussi une ancienne tradition de produire de vins vieux de Monastrell, secs ou douces, très raffinés et avec un élevage très long. »

http://www.vinosdejumilla.org

carte2

Partager cet article

Repost0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 00:09

 

Et les grandes maisons psalmodiaient « assemblage, assemblage… » et la Champagne de la vigne vue de Paris ressemblait à une grande plage s’étendant à l’infini, dans les limites bien sûr du Décret no 2010-1441 du 22 novembre 2010 relatif à l’appellation d’origine contrôlée « Champagne ». Mais sous la plage y'a, non pas des pavés, ce ne serait pas convenable en ces lieux très convenables peuplés que de gens convenables, mais des pierres formant des clos. Ne me prenez pas pour un rigolo le monde  des Clos ne se limite pas au Clos Vougeot ni à celui de Tart, d’ailleurs le clos n’est pas un monopole (en précisant qu’un «clos monopole» n'appartient qu'à un seul propriétaire et ne produit qu'un seul vin ) bourguignon  même si on dénombre, en Bourgogne, des centaines de clos. Cela s'explique aisément puisque lorsqu'on épierre un vignoble, on réunit ces pierres en murgers qui peuvent faire office de murs. Certains clos ont disparu, le plus connu de tous, le Cloux des Cinq Journaux (cloux = clos) est devenu la Romanée-Conti !

 

Bref, comme le disait Pépin qui n’était pas bourguignon, des clos y’en a partout dans la France profonde des terroirs (cf. article bien documenté Clos de vignes en Saumurois link Mais, comme nous raffolons des lois&décrets, pays de droit romain, le clos coupe pas à sa définition par décret. Celui des clos n’est pas de première jeunesse puisqu’il est daté du 19 aout 1921 « C’est un endroit ceint, de murs ou non (haie, grillage) qu’un cavalier ne peut franchir avec sa monture. » Le vin qui porte le nom du Clos doit être produit avec des raisins issus exclusivement de cet endroit. En revanche tous les raisins du clos ne sont pas forcément utilisés dans la cuvée. Avec mon beau destrier noir je m'imagine sauter les murs des clos...

 

Comme le 16 avril, si je suis courageux, ou si je n’ai pas pris 3 ou 4 rendez-vous le même jour, je prendrai ma petite auto pour filer à Aÿ faire le beau à un pince-fesses où y’aura les sieurs Agrapart, Boulard, Tarlant and Co, et cerise sur le gâteau le tombeur de ces dames Olivier Borneuf, donc la fine fleur du champagne. Pour qu’ils ne prennent pas pour un ramenard de parigot buvant le champagne au goulot je me suis dit qu’une petite interro sur les clos champenois me permettrait de tenir le bon rang. En préalable à cet exercice que j’ai toujours détesté – je n’aimais que disserter – j’écluse deux clos qui sont à l’origine de l’un des vins les plus prestigieux de la Champagne, à savoir le clos Saint Jacques et le clos de la Chaude Terre (respectivement 21 et 24 ares) de la maison Bollinger, chère à mon ami Ghislain de Montgolfier, qui élabore sa cuvée « Vieilles Vignes française ».

 

J’exclu aussi le dernier né des clos : le clos Lanson car il décline le nom de sa maison. C’est le plus citadin car il est sis rue de Courlancy à Reims (1 ha de Chardonnay) et le plus people puisque depuis 2011 la marraine de la cuvée Clos Lanson est Adriana Karembeu

 

 

Liste des Clos par ordre alphabétique

 

Clos d'Ambonnay 0.685 hectares

Clos des Bergeronneau 2.1 hectares

Le Clos des Bouveries : 3,53 hectares

Clos Cazals 3.7 hectares

Clos des Champions à Cumières

Clos des Chaulins Pargny-les-Reims

Clos des Faubourgs de Notre Dame , 25 ares

 Clos des Goisses, 5.8 hectares

Clos du Mesnil, 1.85 hectares ex Clos Tarin

Clos du Moulin 2.20 hectares : réunion de deux anciens clos Clos Allart et Clos du Moulin

Clos des Plants de chêne à Moussy

Le petit clos 8.48 ares

Clos Saint-Hilaire, 94 ares

Clos Virgile, 20 ares (Champagne Portier)   

 

Listes des maisons propriétaires par ordre alphabétique

 

Champagne Florent Bergeronneau-Marion

Champagne Billecart Salmon

Champagne Cattier

Champagne Cazals

Krug

Champagne Duval Leroy

Champagne Veuve Fourny

Champagne Leclerc-Brillant

Champagne Médot

Champagne José Michel

Champagne Philipponnat

Champagne Portier

Champagne Jean Vesselle

 

Jérôme Pérez sur la LPV note que le clos des Champions de Leclerc Brillant a disparu. « Ce n’est pas l’enceinte qui a disparu, mais la cuvée issue essentiellement de ce terroir ceint, pour des raisons qui sont totalement extérieures à la qualité du vin. Des cuvées de clos ont aussi disparu à l’occasion de changement de propriétaires ou de modifications structurelles de maison, comme le Clos des Chaulins, 68 ares (Médot). Mais d’autres sont à naître … »

 

Il s’interroge : « Le drame pour l’amateur, c’est bien l’inaccessibilité de deux de ces vins, ceux de la maison Krug, dont l’un est la cuvée la plus chère du monde, le Clos d’Ambonnay, dont le prix n’est atteint que par de rares vins allemands vendus aux enchères. On peut se demander quand même si un vin peut valoir les presque trois mille euros la bouteille, aussi bon qu’il soit, même s’il est bien entendu que dans tel cas, la qualité n’est pas le seul facteur à rentrer en compte. C’est un débat récurent et jamais achevé. Je n’ai pas goûté, ne sais pas si j’en aurai l’occasion, mais je ne crois pas être capable de déboucher une bouteille de ce prix. »

 

Il souligne « Certains de ces vins sont de véritables mythes aux yeux des amateurs passionnés, d’autres sont bien moins connus, mais malgré les différences très importantes de la superficie de ces Clos, ce sont tous des vins rares. »

 

Votre interro écrite

C’est simple vous appariez le nom des clos avec celui des maisons propriétaires, étant entendu que l’une d’elle en possède deux. Je ramasserai les copies et noterai sur 120 selon la méthode du Taulier. link et si par hasard une maison de champagne reconnaissante se dévouait nous récompenserions le ou la mieux noté.

Partager cet article

Repost0
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 00:09

Domaine-de-La-Bégude---L'Irréductible-1L’introduction dans le droit de nos appellations d’origine, sous la pression des allemands, de l’agrément d’un vin pour qu’il puisse revendiquer son appellation a été au mieux : un emplâtre sur une jambe de bois, au pire le ver dans le fruit. Comme j’aime à le répéter, et que je le répéterai à l’envi, l’AOC n’est pas un label de qualité, c’est comme son nom l’indique la certification contrôlée d’une origine liée au respect d’usages locaux, loyaux et constants. Le respect de ces usages codifiés dans un décret, dont le corpus était le fait des vignerons eux-mêmes, dans la zone délimitée et dans les parcelles identifiées, permettait d’apposer sur l’étiquette du vin le nom de l’appellation. Que voilà une belle simplicité qui n’a en rien nui au prestige des AOC à la française (rien que pour faire enrager Léon).


Bien au contraire c’est l’agrément qui a nui à cette renommée car il fut la conséquence du laxisme de la gestion des AOC en amont : obtention à tout va d’AOC, non-respect des conditions de production, j’en passe et des meilleures. Alors bien sûr lorsque les vannes sont grandes ouvertes il n’y a plus de limite au n’importe quoi. C’est alors qu’intervient la notion imbécile d’agrément. Le check-point, le poste de contrôle où il faut présenter ses papiers pour pouvoir passer la frontière entre l’ombre et la lumière. De plus, subtil raffinement à la française les gabelous étaient les vignerons eux-mêmes. Alors, avec des juges eux-mêmes parties, la procédure dites d’agrément s’est très vite transformée soit en passoire à gros trous, soit en une entreprise de vaste copinage, soit encore en un chemin de croix pour certains vignerons qui ne suivaient pas la même route que les maîtres du lieu. Le club des refusés devint très vite un lieu de contestataires talentueux : Marcel Richaud, château Le Puy et bien d’autres.


Mais comme dans notre beau pays nous adorons réformer par décret. Tout vient d’en haut en laissant accroire aux gens du bas qu’ils sont ainsi maîtres de leur destin. Suite aux grands débats du début des années 2000 initiés par la conjonction  de Cap 2010 et de la volonté de René Renou, président du CN Vins de l’INAO, de redonner aux AOC tout leur sens originel, les cartes furent soi-disant rebattues : réforme de l’agrément, réécriture des décrets… Pour quels résultats ? Je vous laisse juge car je n’ai nulle envie de revenir sur ces sujets que j’ai longuement traités et pour tout vous dire ça me gonfle car ce fut vraiment beaucoup de bruit pour rien. Sauf à engraisser des organismes extérieurs qui vivent grassement sur la bête. Alors réduire ce qui vient d’arriver à la Bégude « à la propension agaçante - qu’il y a en France - à toujours taper sur la tête des gens qui font bien » ou à des jalousies c’est attribuer à la démangeaison la cause de l’exzéma. Ce sont les causes de ces stupidités commises au nom d’une soi-disant typicité ou d’une recherche d’un certain air de famille entre les vins issus d’une même appellation. Tout vigneron, à qui nul reproche ne peut être fait dans son respect intelligent des conditions de production de l’appellation de ses raisins et de son vin, et si celui-ci est conforme analytiquement, est tout à fait fondé à revendiquer cette appellation. Je rêve me rétorqueront les janissaires qui mettent en coupe réglée les AOC depuis des décennies en défendant l’indéfendable, en réduisant leur combat à la défense des droits acquis de leurs mandants. Chacun reconnaîtra ici le portrait-type de ceux propulsés à des postes qu’ils n’auraient jamais dû obtenir si l'on avait tenu compte de leurs réelles compétences. L’empire soviétique s’est écroulé grâce au népotisme de ses dirigeants.


Ceci écrit, je rappelle à ces réformateurs en peau de lapin que leurs lignes Maginot destinées à retenir en leur sein des vins qui n’intéressent plus grand monde tout en restant agréés AOC ou AOP, et à en exclure d’autres qui trouvent facilement leur public, c’est le triomphe de la médiocrité. L’intelligence, l’inventivité, la tradition revisitée, se situera dans l’espace de liberté et non dans leur bocal syndical confiné et poussiéreux. Qu’ils se  remettent en mémoire le combat des dirigeants des vins de table lors du reflux des années 70-80 : déni de la réalité, radeau de la Méduse, arrimage à des analyses dépassées. La translation de la consommation du vin du populo vers des vins qui se disaient sortis de la cuisse de Jupiter n’a rien à voir avec le génie des susdits qui, tels les maréchaux soviétiques, s’accrochent des médailles pour des combats qu’ils n’ont pas gagnés. Au cours des débats des années 2000, où René Renou tenait le haut des estrades ce petit monde courageux s’est mis aux abris, attendant que l’orage passe, puis lorsqu’à nouveau l’horizon s’est dégagé pour eux, ils ont exercés leur art consommé de l’immobilisme.


Quand nous avons signés Cap 2010 les défis des vins français en 2002 nous tombâmes sous l’accusation de tuer tout à la fois nos belles AOC et le plus grand vin pays par la taille en prônant la clarté avec une trilogie simple : des AOC fidèles à leur héritage, des vins qui viennent de quelque part et les vins de l’espace de liberté baptisé Vin des cépages de France. Vous allez me rétorquer que la nouvelle classification AOP-IGP-Vin sans IG colle pile poil avec nos élucubrations. Sauf que les lignes n’ont pas bougées, on prend les mêmes et on recommence. Vive l’ambigüité qui plombe une grande part de nos vins d’AOC et d’IGP ! Reste les Vins de France qui peuvent être soit des vins subis, comme dans le cas de la Bégude qui se déclassent, ou des vins voulus qui revendiquent haut et fort leur spécificité, leur originalité. Avec une telle dynamique, de belles réussites, des vins originaux et demandés, cette catégorie peut gagner en notoriété et faire la nique aux ersatz des étages supérieurs. Reste à ceux qui ne savent que profiter, les opportunistes à ne pas la plomber en faisant un bassin déversoir, un dépotoir des invendus et des invendables des tenants du tout AOC ou d’IGP sans réalité.


Bienvenue au club Vin de France de l’excellent La Bégude un Bandol haut en couleur !

 

« C’est avec une pointe de tristesse que nous avons rempli le formulaire de déclassement de notre vin rosé de l’appellation Bandol. Certainement lassés d’être éconduits, on peut dire que c’est un peu l’histoire d’une déception amoureuse...

Depuis plusieurs années, l’obtention de l’agrément de notre rosé était devenue un parcours du combattant, obtenu in extremis après de nombreuses procédures administratives et d’interminables débats sur ce que doit être un rosé de Bandol. En effet, difficile de maintenir l’anonymat de nos vins couleur corail, parfaitement identifiables lors des dégustations d’agrément, au sein de rosés dont la transparence ne fait que s’exacerber, conformément à la mode actuelle. Étant vignerons depuis cinq générations, la mode nous importe peu.

Nos vins nous ressemblent, mais sont surtout le reflet de leur terroir, du climat, du millésime, sans artifice. Ce rosé nous semblait être une expression parmi tant d’autres de cette belle appellation. À ce titre, notre précédent millésime 2010, épuisé deux mois après sa mise en bouteille, avait d’ailleurs été refusé plusieurs fois a l’agrément et avait finalement pu se nommer Bandol, mais soumis à un avertissement. Un peu déconcertant quand on sait que nous sommes parmi ceux qui utilisent en plus forte proportion le mourvèdre, grand cépage de ce lieu, dans nos assemblages. N’ayant plus très envie d’être collés, ce n’est plus de notre âge, refusés une nouvelle fois pour non appartenance à la famille des vins de Bandol, nous lui avons trouvé une nouvelle famille : Vins de France. »

 

Guillaume et Soledad Tari

 Ronald-Searle-001.JPG

Partager cet article

Repost0
3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 16:00

Si les aiguilleurs du ciel ne sont plus en grève j’arriverai mercredi 4 en fin de matinée à Montpellier en Bombardier Canadair Régional Jet de la Compagnie Brit Air colonisée par Air France. Les hautes autorités du vignoble régional n’ont prévu ni tapis rouge, ni collier de fleurs, pour fêter mon grand retour sur le théâtre des opérations. Discrétion donc car le Taulier est ici invité par l’Association Vino Latino qui, comme son nom ne l’indique pas forcément, regroupe « des œnologues et agronomes, sérieux et professionnels » (c’est Vitisphère qui le dit) sur un sujet qu’il adore « Quelle hiérarchisation pour quels vins ? ». Une bonne douzaine d’intervenants dont Philippe Faure-Brac, Michel Chapoutier, Marc Dubernet, Roman Guibert… et c’est bibi qui ouvrira la deuxième partie intitulée : Témoignages de professionnels vers 5 heures de l’après-midi. 

Sur le programme, derrière mon patronyme et mon prénom, les organisateurs ont indiqué entre parenthèses : blogueur et rédacteur du rapport. Ma partition, genre figure imposée : Un plan B pour les vins du Languedoc-Roussillon ? me plonge, je l’avoue, dans un abime de perplexité. Sans ironie aucune je me suis dit : « c’est donc qu’il existait un plan A  mais je ne l’ai pas trouvé dans le rapport B… » Bon je sais bien qu’avec quelques individus, 6 très précisément, des gens qu’avaient plutôt tendance à faire du vin et à le vendre plutôt que d’être des professionnels de la Profession, nous avons signé un court document, dit note stratégique, baptisé « Cap 2010 le défi des vins français ». De cette note ma mémoire n’a retenu qu’une exhorte : « Agir plutôt que réagir » et la citation d’Henri BERGSON «J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » J’ai beaucoup d’admiration pour Bergson qui refusa d’accepter une mesure d’exception en sa faveur lors de l’application des lois raciales de Vichy aux professeurs juifs. Il démissionna de sa chaire au Collège de France et, malade, soutenu par deux amis, alla se faire inscrire comme Juif au commissariat de police.

 

Pour éclairer ma faible lanterne je me suis de nouveau référé à l’édito de Vitisphère, qu’est tout de même bien plus calé que moi sur le biotope des Languedociens. Qu’écrivait-il à propos de la hiérarchisation : « Regards croisés sur la problématique des vins méditerranéens. « La réflexion des participants ira inévitablement au-delà de la Méditerranée parce qu'elle pose la question de l'organisation, de l'avenir de nos sociétés. Faut-il classer au risque d'exclure? Faut-il hiérarchiser au risque de figer ? » Ouille, ouille, Jacquouille me suis-je dit dans ma petite Ford intérieure : si en plus il me faut délivrer des réflexions personnelles en me référant à l’avenir de nos sociétés ça va être une autre chanson. Que faire ? comme l’écrivait ce « bon » Vladimir Ilitch Oulianov Влади́мир Ильи́ч Улья́но plus connu sous le nom de Lénine Ле́нин. Me laisser aller à ma pente naturelle de danseur mondain et m’en tirer par un show très tango, tango, ou revêtir de nouveau ma tunique de bure de petit rapporteur pour prêcher dans le désert. À l’heure où j’écris je n’ai pas encore tranché. Tout dépendra du résultat des sondages : si les courbes se croisent : j’y va au combat !

 

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents