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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 11:00

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Le bio n’est plus ce qu’il était, une petite niche occupée que par de doux rêveurs, qualifiés d’illuminés par le grand syndicat majoritaire, c’est un marché occupé par toutes les formes de distribution car la demande progresse. Comme vous le savez le vin n’est pas en reste car les surfaces en conversion ont tiré ces dernières années la progression de l’agriculture biologique. Mon intérêt pour ce secteur de l’agriculture n’est pas nouveau et j’ai toujours tenté de dépassionner le débat en le replaçant dans l’évolution de notre société très urbanisée où le respect de l’environnement tient une place de plus en plus importante dans l’esprit de nos concitoyens. Alors, que le Ministre en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire en fasse l’un de ses dossiers prioritaires me semble relever d’une évidence qui transcende les clivages politiques traditionnels. Bien sûr, une certaine massification de la production bio effraie ceux qui ont depuis longtemps ferraillé contre leurs adversaires. Je les comprends mais, plus qu’une menace, le poids nouveau de ce secteur doit les inciter à sortir de leur ghetto pour mieux profiter économiquement d’une demande de proximité. L’isolement, l’individualisme, le refus d’une forme de mutualisation des moyens, tout particulièrement la logistique, sont des adversaires bien plus puissants que l’est la Grande Distribution. Comme toujours je plaide pour l’accès du plus grand nombre à une alimentation saine issue d’une agriculture et d’un élevage respectueux de l’environnement. C’est une belle et très motivante ambition, non ?


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« Notre ambition est de mettre en place un processus global de développement de l’agriculture biologique. C’est donc d’augmenter la production, et aussi permettre aux produits d’être transformés, ensuite commercialisés et enfin d’être achetés. » a déclaré Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt lorsqu’il a dévoilé vendredi dernier un plan « Ambition bio 2017 ».


-          Multiplier par deux les surfaces en bio en cinq ans, qui ne représentent aujourd'hui que 4% des espaces cultivés en France.

-          20% de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective d’Etat.

-          Une enveloppe moyenne de 160 millions d’euros par an d’ici 2017.


Alors que l'Union européenne est en train de plancher sur la réforme de la Politique agricole commune, Stéphane Le Foll souhaite inscrire les aides à la conversion et au maintien dans le 2ème pilier, c'est à dire dans la politique de développement rural. Il souhaite y apporter 160 millions d'euros par an en moyenne sur la période 2014/2020.


De 2007 à 2012, les surfaces en bio avaient déjà doublées, passant d'environ 550.000 hectares à plus d'un million, selon l'Agence Bio. Mais les demandes en conversion subissent un coup d'arrêt ces derniers mois - même si 1.100 agriculteurs se sont installés en bio depuis le début de l'année - face au tassement des prix entre bio et conventionnel. Le taux de progression en 2012 a avoisiné 6%, contre 10% l’année précédente. Le marché du bio c’est 2,4% du marché alimentaire soit 4,17 milliards d’euros et un quart du bio est importé. En terme d’emplois le bio c’est 60 000 salariés dans 24 425 exploitations agricoles, ce qui n’est pas négligeable. Le bio ne pèse que 2% dans la restauration collective.


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Les six ambitions pour l'agriculture biologique :


Développer la production Les aides aux exploitants seront plus simples, plus attractives. "Le ministre de l'Agriculture s'engage à ce que soient apportés au moins 160 millions d'euros par an en moyenne sur la période 2014/2020 (crédits européens et crédits du ministère)" pour les aides à la conversion et au maintien dans la filière biologique des exploitations.


Structurer les filières ce qui permettra un développement équilibré de l'agriculture biologique avec en priorité : les projets grandes cultures, le développement des oléo-protéagineux.


Développer la consommation et conquérir des marchés.


Renforcer la communication autour du bio, en sensibilisant par exemple les enfants et leurs parents et atteindre l'objectif de 20 % de produits bio dans la restauration collective d'Etat. L'exportation des produits bio est également un axe sur lequel il faut travailler.


Renforcer la recherche, son pilotage et la diffusion des résultats


Renforcer les programmes de recherche et développement pour et par l'agriculture biologique mais également diffuser les bonnes pratiques et les savoir-faire vers les formes traditionnelles de production.


Former les acteurs agricoles et agroalimentaires


Renforcer la formation bio dans les enseignements agricoles mais également proposer une offre plus diversifiée de formations continues aux exploitants bio.


Adapter la réglementation pour que celle-ci prenne mieux en compte les spécificités de l'agriculture biologique.


Les chiffres clés du secteur bio


►Plus 85 % : de 2007 à 2012, les surfaces bio sont passées de 557 000 hectares à plus de 1 million d’hectares.

► Plus 104 % : le nombre de producteurs bio a plus que doublé entre 2007 et 2012, passant de près de 12 000 à 25 0000 au 15 mai 2013.

►x 2 : La consommation de produits bio en France a doublé au cours des cinq dernières années. Elle est passée de 2 milliards d’euros en 2007 à plus de 4,1 milliards en 2012.

► 3,5 % : C'est le pourcentage de la surface agricole utile cultivée en bio en 2011.

►57 % : le bio progresse dans la restauration collective. 57 % des établissements ont proposé des produits bio en 2012 (contre 4 % en 2006). Il s'agit essentiellement de fruits et légumes frais ainsi que des produits laitiers. La saisonnalité est le critère de choix privilégié des fournisseurs (84 %) puis vient l'origine régionale (63%).

 

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 00:09

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« Ça balance pas mal à Paris » faut faire des économies a dit Bercy, alors exécution, concentration sur les sites des régions, l’INAO fermes ses petites annexes départementales et sitôt le tocsin sonne chez les vingerons « Touche à pas aux gars qui sont près de chez moi ! ». Dit, comme ça, facile de dire que les Français sont tous pour faire des économies sur le train de vie de l’Etat à condition que l’on ne touche pas à  ses « fonctionnaires » à lui. Mais là il y a sans doute matière à réflexion car cette concentration régionale semble bien être en droite ligne de la bureaucratisation que subit depuis des années le vieil Institut. Loin du terrain plus près de la paperasse et libre-court est donné à l’emprise des ODG et autres organismes de contrôle. Externalisons et tout ira bien dans le meilleur des mondes du vin. Alors, il faut aller au bout de la logique administrative et supprimer tous les doublons, les triples ou quadruple emplois pour ouvrir  des guichets uniques auxquels les vignerons pourront s’adresser physiquement ou télématiquement. A quand le choc de simplification dans le secteur viticole ?


 La direction banlieusarde de l’INAO – Montreuil-sous-Bois – aurait très bien pu conjuguer la proximité géographique de certains de ses agents, en les maintenant là où ils habitent en leurs faisant gérer leurs tâches administratives par télétravail, à charge pour ces agents de tenir des permanences géographiques en des lieux administratifs biens connus des viticulteurs. C’est simple, c’est souple, c’est intelligent et ça génère des économies de fonctionnement, tout particulièrement de déplacement. Nous en sommes restés, dans nos structures administratives à une conception du bureau physique proche de celle raillée par Courteline. Les réunions entre les agents et leur hiérarchie peuvent très bien se dérouler sous forme téléphonique face à un écran : Skype n’est pas fait pour les chiens. La modernisation du service public passe par de telles approches et non par des procédures en chambre entre gens qui résident à Paris. Il n’y a pas plus conservatrice qu’une Administration Centrale arcqueboutée sur ses vieilles lunes. Pour elle pour que tout change il faut que rien ne change, les Ministres passent elle reste.


Bien évidemment nul ne m’a demandé mon avis mais je le donne et je conseille à ceux qui, à juste raison, défendent la proximité de réfléchir à mes petites suggestions plutôt que de se contenter de défendre le maintien pur et simple de l’état ancien et d’apparaître comme les éternels défenseurs de droits acquis. Le directeur de l’INAO serait lui aussi bien inspiré de revoir sa copie en privilégiant, au cas par cas, des solutions qui soient tout aussi économes des deniers de l’Etat, mais proche de l’intérêt bien compris des citoyens vignerons. On ne réforme pas l’Etat par décret écrivait Michel Crozier. Dans une société de réseaux dit sociaux quand est-ce que nos hauts fonctionnaires ou supposés tels vont sortir de leur logique qui sent la naphtaline. Innover, anticiper, confier des responsabilités aux agents de terrain, recréer du lien, est pour moi l’un des moyens les plus efficaces pour tenter de réconcilier nos concitoyens avec les politiques. Mais je sais pertinemment que ma petite part de voix tombera dans le silence du grand cimetière des réformes de l’Etat.


En attendant à  lire absolument :


1-      EN VOILÀ UNE DÉCISION QU’ELLE EST ABSURDE par Luc Charlier link


2-       L'Anjou n'est pas une petite région viticole par Patrick Beaudouin

   

Pour le détail de la réorganisation link veuillez adresser un courrier au Taulier qui reste à disposition pour mettre un peu de douceur dans ce monde de brutes…  

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:00

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Hier au soir sur le toit du Centre Pompidou, sous un très beau soleil, batifolaient des happy few verre en main, et bien évidemment votre Taulier grand-reporter était là pour l’amour de l’art bien évidemment : l’exposition Simon Hantaï. Louis-Fabrice Latour lui aussi était présent, la puissance invitante distribuant ses vins en Chine, et nous causâmes de la Chine qui, suite à la décision de la Commission européenne de taxer provisoirement les produits de l'industrie photovoltaïque chinoise, allait annoncer le lancement d’une enquête antidumping sur les vins importés de l'Union européenne.


Rappelons que le montant annuel des exportations de vins et spiritueux européens vers la Chine dépasse 1 milliard d'euros. Le premier exportateur européen vers la Chine est la France, avec 140 millions de litres de vin vendus en 2012, pour un montant de 788 millions de dollars, selon les douanes chinoises. De son côté, la Chine exporte en effet chaque année vers l’Europe pour 21 milliards d'euros de panneaux solaires et de composants. Pékin a misé gros sur cette industrie, dont la part de marché mondiale est passée de 40% en 2009 à 68% en 2011.


Dans le commerce international ce type de mesure est affaire courante. Rappelons pour mémoire la prise en otage du Roquefort par les USA : une partie  de bras de fer de plus de vingt ans entre l'Union européenne et les Etats-Unis pour leur différend autour du bœuf aux hormones américain. En mai 2009 un accord d’armistice entre les deux parties a été signé. Le bœuf aux hormones restera interdit en Europe et Washington renonçant en outre à des mesures de représailles douanières sur le roquefort français : le triplement des taxes douanières contre le roquefort français, déjà visé depuis 1999 par des droits de douane élevés, de 100 %.


Il prévoit que les Etats-Unis renoncent à de nouvelles sanctions qu'ils envisageaient depuis janvier, en représailles à la poursuite de l'interdiction de commercialisation de leur bœuf aux hormones sur le territoire européen. Leur application était prévue le 9 mai. La plus spectaculaire de ces mesures était le triplement des taxes douanières contre le roquefort français, déjà visé depuis 1999 par des droits de douane élevés, de 100 %.

La Chine fait de même : « Le gouvernement chinois a lancé une procédure antidumping et antisubventions visant les vins de l'Union européenne », a fait savoir le ministère chinois du Commerce, dans un communiqué. Quelques heures plus tôt, l'agence de presse officielle Chine nouvelle avait prévenu que les taxes « punitives » annoncées par l'Union européenne n'étaient « pas susceptibles d'inciter à une réponse amicale de la Chine ». J’adore le langage diplomatique.


La presse parle « guerre commerciale » alors que nous n’en sommes qu’à la drôle de guerre. En effet, hier, la Commission de l’UE optait pour des mesures progressives pour taxer l'industrie photovoltaïque solaire chinoise : à partir du 6 juin, les taxes seront au taux de 11,8%, et passeront deux mois plus tard à 47,6% en moyenne, si aucun un accord n’est trouvé avec Pékin. Riposte verbale de Chine nouvelle qui prévenait « Le protectionnisme d'un côté ne peut déboucher que sur du protectionnisme de l'autre côté. L'UE devra porter la responsabilité d'une éventuelle guerre commerciale si une telle hypothèse se réalise » La métaphore de guerrière devient ferroviaire : la décision de la Commission européenne risquait de faire « dérailler » les relations commerciales entre la Chine et l'UE.  Shen Danyang, porte-parole du ministère chinois du Commerce tout en jouant la même partition «La Chine s'oppose vigoureusement aux pressions exercées par l'Europe par le biais de ses taxes injustes visant les produits photovoltaïques chinois»,  a laissé la porte ouverte à la négociation «La Chine n'est pas disposée à voir les relations générales entre la Chine et l'Europe se dégrader à cause des frictions commerciales sur le photovoltaïque. »


Bref, affaire sérieuse à suivre pour le Président de la FEVS. Avec Louis-Fabrice nous avons bien sûr aussi évoqué en termes mesurés l’affaire des sidérés de l’Elysée (y’en avait un petit à nos côtés, très remonté contre le père François) et échangé amicalement sur la poularde de Culardeau

 

Et pendant ce temps-là le François, à Marseille, baptisait au champagne, reconnu lui par les Chinois, le plus grand  porte-conteneurs du monde, le « Jules Verne » de la CMA CGM, construit en Corée du Sud, 396 m de long pour 53,6 m de large, qui battra pavillon français. Va falloir le charger de caisses et de caisses de vins français en route vers la Chine pour le rentabiliser. Mieux vaut s’intéresser à la Chine que de s’empailler sur 40 misérables petites caisses adjugées à Drouot, l’essentiel et non l’accessoire…


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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 00:09

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La grandeur ici évoquée à propos d’Aymeric Sauty de Chalon, « le bâtisseur de cathédrales » est celle à laquelle se réfèrent « les sidérés »*, celle de la France bien sûr, notre prestige, nos GCC. Notre jeune homme, doté d’un ADN entrepreneurial très prégnant, programmé pour entrer chez McKinsey, s’est contenté modestement de créer le célèbre site d’e-commerce 1855, « la plus grande bibliothèque de vins au Monde » qui, depuis ces dernières années, a plutôt pris un abonnement dans les prétoires que des allocations chez les GCC. Ce garçon abonné, à la dernière place,  du prestigieux classement des personnalités du vin la RVF, centième sur 100 en 2011 et deux-centième sur 200 en 2013, semble avoir le chic de transformer l’or en plomb. Il lève des fonds, rachète Château On Line, dont les actionnaires étaient tout heureux de se débarrasser, et voilà-t-y-pas que ce site 1855 propose à la vente un château d’Yquem 2012 « livrable en juin 2015… » alors que le premier N de R venu sait qu’Yquem a décidé, en raison des conditions climatiques et du présumé manque de qualité des jus, de déclasser son 2012. Mais ce n’est pas tout ça fuse de partout Château On line casse les prix du Château La Conseillante 2012, ce qui lui vaut d’être taclé  sur Face de Bouc par Jean-Michel Laporte le directeur « Avertissement à nos consommateurs français : le site ChateauOnline.com, racheté par le "caviste" internet 1855, propose du Conseillante 2012 à un prix ridiculement bas. Il y a de fortes chances que les vins ne soient jamais disponibles, comme malheureusement cela a souvent été le cas avec le site tant décrié... » Bref, notre « bâtisseur de cathédrales » semble s’être spécialisé dans les châteaux en Espagne et le Pousson sort sa sulfateuse link


Comme tout n’est pas rose dans le petit monde du e-commerce car,  si  sa part de marché progresse, une étude de CCM Benchmark réalisée auprès de 65 des principaux acteurs du secteur pointe une rentabilité difficile des sites d'e-commerce. Les Echos par Philippe Bertrand 03/06 link  et Libération link , notre homme qui se voyait un destin exceptionnel est à la peine. Bien évidemment il est hors de question pour moi de tirer sur une ambulance mais de vous proposer de visionner un monument de suffisance mis en boîte et publié par l’Express le 03/04/2008. Mes citations entre guillemets en sont tirées c'est ICI link. En cliquant sur ce lien vous aurez aussi accès à la fiche de la bio Who's Who de Sauty de Chalon Emeric, Jean, Guillaume, Président de sociétés.


Pour l’extrait de la contine qui m’a inspirée le titre elle est signée Théodore Botrel et intitulée « Le Petit Grégoire ». Elle faisait partie du répertoire de mon pépé Louis. Allez Emeric, certes les vents sont contraires mais tu sais tenir bon le cap et t’es pas loin putain de devenir le « Hermès du vin » (sic)


Le mouvement des « les sidérés » conduit par Denis Saverot, François Audouze, Michel Chasseuil, Dominique Reynier… se bat pour bouter hors de notre prestigieux pays le dilapideur élyséen qui vend à l’encan nos trésors www.les-sideres-de-l’elysee.org


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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 11:00

La multinationale à visages humains d’Embres&Castelmaure c’est le Consulat sans Bonaparte, les 3 consuls : Patrick Hoÿm de Marien, Bernard Pueyo et Vincent Pousson, même s’ils sont pourvus de couteaux pour casser la croûte, ne passent pas leur temps à préparer des pronunciamientos. Non, le président préside en majesté, le directeur-vinificateur élabore des jus de terroir avec des raisins cueillis à la main, et le consul à plume sans Dieu ni maître nous abreuve de ses saillies et de ses graphies.


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Chaque année, à la mi-juin, souffle sur la capitale culturelle des Corbières : l’Esprit du Vent et ça décoiffe. Ça décoiffe surtout les souverains pontifes, guidés par le grand camerlingue François Audouze, qui ne jurent que par les GCC et les saints et millions. Pousson, en bon admirateur des Hussards littérateurs, sabre « il y a les vins de spéculateurs, ceux des investisseurs, d’autres encore qui se disent d’auteurs. Perdus dans les montagnes des Corbières, entre garigue et maquis, nous nous contentons de produire des vins de paysans. Pas de calculs, de bois ou de poudre de perlimpinpin, juste du terroir et des jolis raisins cueillis à la main, des jus « fabriqués » par la Nature et le millésime  2012 et sa météo « nordique » nous ont d’ailleurs offert de l’atypique, des vins frais mais mûrs, joviaux mais intenses, des « canons » comme disent les Bourguignons, qui nous ramènent à l’essence même du vin, à la boisson, à ce don vivant que le Ciel fait chaque année à l’homme ».


Nul besoin pour cet office amical qu’est la consommation du vin de hanter les palaces et d’écumer les tables étoilées il suffit de lever le coude entre amis à l’ombre des platanes chez Laurette ou au café des Sports. Dans ma jeunesse nous chantions dans la cour de l’école des sœurs « à la ronde, à la ronde, pour amuser tout le monde, les grands comme les petits font pis… » Garder son cœur d’enfant est le meilleur rempart contre la suffisance car nous avons le même destin commun « Adieu Guy… »


Hier « à midi, au cimetière de Montmartre, ils étaient quelque deux cents à être venus saluer une dernière fois l'universitaire, expert du droit constitutionnel, très écouté tant en France qu'à l'étranger. L'ancien Premier ministre, Michel Rocard, dont il était proche -Guy Carcassonne était son conseiller parlementaire à Matignon -, a pris le premier la parole pour décrire son ami et son collaborateur. Puis le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a prononcé quelques mots. Les trois enfants de Guy Carcassonne se sont exprimés également pour évoquer leur père. »


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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 00:09

Toute la semaine passée il faisait sur Paris un temps à fredonner « Je m'en vais l' dimanche à Orly. /Sur l'aéroport, on voit s'envoler/Des avions pour tous les pays. /Pour l'après-midi... J'ai de quoi rêver. / Je me sens des fourmis dans les idées /Quand je rentre chez moi la nuit tombée»


Juin est arrivé samedi, le soleil aussi et j’ai pu pédaler jusqu’à Ivry sous un ciel bleu délavé paré de ce beau et si nouveau soleil gentiment printanier avec l’envie de chantonner « À l'escalier 6, bloc 21, / J'habite un très chouette appartement /Que mon père, si tout marche bien, /Aura payé en moins de vingt ans. /On a le confort au maximum, /Un ascenseur et un' sall' de bain. /On a la télé, le téléphone /Et la vue sur Paris, au lointain. / Le dimanche, ma mère fait du rangement / Pendant que mon père, à la télé, / Regarde les sports religieusement /Et moi j'en profit' pour m'en aller. »


Dimanche, cet intermittent du spectacle céleste a bien voulu rester accroché, à l’heure du déjeuner, sur le carré bleu ciel découpé à l’aplomb du seul gazon bourguignon de Paris au lieu-dit Les Climats de Paris.link


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Normal j’avais écrit en ces temps gris par défi « Fait un temps de bœuf bourguignon fait comme en Bourgogne… » link 

 

Les Climats ont relevé le défi !

 

Récit :

 

Se poser. Converser. Partager autour d'une bouteille du Taulier


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Et puis déjeuner.


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Carpaccio de dorade royale Aquanord


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Le bœuf Bourguignon de Tam


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Le Clou d’orge 2009 Ladoix 1er Cru domaine Chevalier


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La mousse d’Epoisses

 


Gilbert Becaud - Dimanche à  Orly par guigui_62

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 11:04

Nul n’est tenu de lire ce qui est écrit ci-dessous ça ne tient pas vraiment debout, car c’est une histoire de garde-boue, mais si vous prenez le bon bout, même en n’y comprenant goutte, y’aura pas photo.


Plutôt que de fuir le pays je préfère écrire des conneries. Comprenne qui pourra !


Si, lisez donc cela pour remettre à sa juste place qui vous savez ou ne savez pas, lui se reconnaîtra

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« Le Président Coty invite De Gaulle à reprendre la barre du navire « France ». Bientôt installé à l'Élysée, le couple De Gaulle se met en quête d'un nouveau « chef » aux cuisines. Sachant d'expérience que l'on mange bien sur les bâtiments de la Royale, le nouveau Président charge son aide de camp, l'amiral Le Flohic, de lui dénicher la perle rare. Ce fut Marcel Le Servot. La République est en déshérence. La cave de l'Élysée aussi, que le nouveau « chef » se met en devoir de regarnir. Oh, pas avec des « Petrus » et autres « Yquem ». Madame de Gaulle, la parcimonieuse « Tante Yvonne », ne l'aurait pas admis. Des Bordeaux à des prix abordables, il en est, n'est-ce pas ? Entre autres, un « Château Poujeaux », un rouge de Moulis de bonne extraction. »


Ni queue ni tête


Samedi matin il faisait beau je suis donc allé à Ivry chez Paco à vélo.


Au retour de la rue Marat j’ai escaladé avec entrain la rue Maurice Thorez. Séquences de pluie l’après-midi mais entre deux éclaircies petite tournée sur le plat de Paris, un homme assis, « des desserts pas très catholiques » (1) et « mozart est là » (2). Fin du jour, rude assaut de la rue des Martyrs, ça tire mais je m’y hisse. Trois clichés puis un bon dîner. Beau Cul de Poule et très belle compagnie (ça rime en i). Retour dans la nuit à fond les manettes dans un Paris endormi. Jouissif.


Dimanche matin soleil à nouveau mais prise d’auto pour filer du côté de la Croix des Chavaux et de la place Jacques Duclos pour faire le trottoir sans boire.


Fait toujours beau, déjeuner sur l’herbe en pleine Bourgogne (3) Reprise du vélo, Bastille, Nation, Belleville, comprends en grimpant très très difficilement pourquoi la rue se nomme Ménilmontant. Chaud devant les pavés sont surchauffés j’ai très envie d’aller me baigner. Fais des clichés. Mais où est passé Jaurès ? Bof y’a que Nossiter.


Au soir, autre butte, Montmartre, grimpe sans souci, la fleur au fusil la rue Lamarck. Silence radio et Coq Rico (ça rime en o). Mets en boîte Edouard Baer. Fin du jour, fin de parcours et retour toujours à fond les manettes dans un Paris endormi. Jouissif.


(1)    « des desserts pas très catholiques » chronique en vue

(2)    « mozart est là » explication viendra

(3)    Bourgogne : suivez le bœuf dans quelques jours

(4)    Sous les rimes se cachent la plage

(5)  ni queue ni tête est la forme post-moderne  de ni Dieu ni maître

 

Un cul de poule, un homme assis, 13 tronches de vin


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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 00:09

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S’il s’était dénommé Lepetit peut-être qu’Olivier eut promu le camembert moulé à la louche mais son patronyme Legrand fait de lui un type branché, parfois même survolté lorsqu’il fait fuser ses Tweet. Pour les petites louves et petits loups qui ne voient pas plus loin que les bords de leur verre je leur signale que Legrand est l’un des leaders mondiaux des produits et systèmes pour installations électriques et réseaux d'information, sis à Limoges. Ce garçon discret, qui révère le PowerPoint, grand organisateur de festivités pour Vinocampeurs, s’anime et se révèle dès qu’il est question du CSP Limoges. Je ne sais s’il a pratiqué le basket où votre cher Taulier a particulièrement brillé dans sa jeunesse puisqu’il fut considéré comme un Espoir. Espoir qui préféra le Droit au Panier percé, mais ceci est une autre histoire qui n’est pas celle d’Olivier Legrand de rhône-valley.org.


Olivier respire mieux ces jours-ci car les interprofessions ont sauvé leur blé, les fameuses CVO puisque la Cour de justice de l’Union européenne a rendu une décision qui légitime les cotisations volontaires obligatoires. Dans son arrêt rendu le 30 mai, la Cour de Luxembourg juge que la décision d’étendre une CVO n’a pas de rapport avec une aide d’État, étant donné qu’elle ne constitue pas un avantage financé par des « ressources d’État ». Ouf, Olivier ne sera pas considéré comme un para-fonctionnaire et il pourra continuer d’exercer son précieux Ministère au sein de rhône-valley.org. présidé par un Christian Paly grand sachem de l’INAO.


Mais pourquoi diable le Taulier vient-il ce matin tirer de l’ombre qu’il adore ce cher Olivier ?


La réponse tient dans le texte qui suit.


Lisez-le donc et vous conviendrez qu’Olivier a bien travaillé pour la renommée de Rhône Valley.


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« Retour en arrière : Jane et Neil sont dans un restaurant avec la rédactrice en chef d’un magazine, qui les encourage à boire du vin. À quoi bon occuper ce poste si elle n’utilise pas ses frais de représentations ha-ha-ha. Neil lève son verre aux deux tiers vide pour faire tourner le liquide rouge aux reflets fluorescents dans la nuit. Il se met à pleuvoir, les gouttes striant la fenêtre du restaurant. Neil boit une gorgée, hoche la tête. « Parfait », dit-il d’un ton un peu querelleur. (Le serveur est-il hyper attentif aux messages contradictoires : est-ce pour cela qu’il hésite avant de servir Jane, puis la rédactrice en chef et enfin Neil, très timidement ?)


Jane accepte un compliment de la journaliste. Elle prend son verre côtes-du-Rhône. Par la suite, Neil lui apprendra qu’elle doit exiger que son vin soit  servi dans un « verre au pied court ». La serviette de cocktail reste collée dessous. Plus tard, il lui dira de la retirer, car c’est toujours une gêne. (il évite dans la plupart des cas d’employer cet adverbe, ce qui  lui donne beaucoup de force quand il  l’utilise). Elle s’en souviendra toute sa vie – à la fois quand l’argument semble approprié aux circonstances, et lorsqu’un tel savoir ne paraît pas s’y appliquer. Elle se rappellera toujours cette leçon et repoussera la serviette.


À quoi peut bien servir ce conseil dans le parcours d’une vie ? »


Ce texte est extrait de Walks with Mean d’Ann Beattie publié par Christian Bourgois sous le titre de Promenades avec les hommes 15€.


Ann Beattie est considérée par le Washington Post comme « L’un des maîtres de la nouvelle les plus décisifs et indispensables à notre époque. Beattie saisit et rend brillamment une époque, un lieu et la forme d’un engagement. Sa voix est originale et unique. »


Donc ce n’est pas un petit roman de gare de la collection Harlequin mais un must pour l’intelligentsia américaine publié en France chez un éditeur, Christian Bourgois www.christianbourgois-editeur.fr  connu pour son élitisme littéraire. Ann Beattie aurait pu se référer à un vague Pinot Noir de la Sonoma Valley mais tellement influencée par le travail de fourmi de Rhône Valley elle ne peut que verser dans les verres de ses héros un côtes-du-Rhône « aux reflets fluorescents dans la nuit ».


Et voilà le travail d’Olivier couché à tout jamais sur la page d’un très beau petit livre, dont l’action se situe certes dans les années 80, mais qui a été publié aux USA en 2010. Voilà de la belle ouvrage qui vaut ce matin à notre « passeur », ça fait très basket et terroiriste, de notoriété, un très recherché cep d’or du Taulier. Tellement recherché d’ailleurs que, jusqu’à présent, nul n’a su en retrouver un, sauf peut-être du côté de châteauneuf-du-pape (pardon il s’agit là-bas d’une férule crucifère triple).


Bravo Olivier, sous nos applaudissements en référence à Jacques Martin… dont je vous conseille d’écouter le dialogue savoureux entre lui et jeune Tristan link


La rédaction de Vin&Cie ne disposant pas de cliché d’Olivier s’est reportée sur celui d’Omer Simpson que notre récipiendaire révère par-dessus tout.

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:00

Très gros coup sur la cafetière, je plaisantais, roucoulais même face à de bien jeunes et jolies filles et ce putain de Smartphone s’est mis à couiner, y z’appellent ça un message d’alerte, par pur réflexe je jette un œil distrait sur l’écran, encore l’annonce d’une mort, je me dis ça pourra attendre mais le nom me pète à la gueule. Je blêmis. Je bafouille. Elles s’inquiètent. Ma main tremble. Bêtement je murmure « ce n’est pas possible… » Elles m’entourent, me cajolent. Je ne pleure même pas car, comme le dira si bien son grand ami, son grand frère Olivier Duhamel  « Les larmes ne donnent pas d'encre… » Pourtant je me mets à parler de lui, de nous d’une voix que je ne me connaissais pas. Je dévide nos souvenirs du temps où nous bourlinguions sur des eaux peu tranquilles, lui au Parlement pour monter des majorités, moi dans la coulisse pour faire le travail que je sais faire. Y’en a un qui doit aussi malheureux que moi c’est le Michel, qui aimait tant ce bon vivant, joyeux, imaginatif, infatigable, omni-informé, formidablement compétent. Il le bluffait. Michel aimait à raconter dans l’avion qui nous menait à Bruxelles, l’époque, où nous passions le plus gros de notre temps sur la crise viticole. Un jour, Guy est arrivé dans mon bureau et il m’a dit : «Michel, je voudrais trois jours de congé.» J’étais embêté, on avait du travail par-dessus la tête, ça ne tombait pas bien. Je lui demande pourquoi et il répond : «Je vais passer l’agrég et j’ai des chances d’être reçu.» Guy est sorti major de l’agrégation de droit public. La méthode Carcassonne c’était la méthode Rocard et lui de dire avec son ton et son phrasé inimitable « Nous avions une complicité comportementale et intellectuelle peut-être plus forte encore que politique. »


Mon ami Guy est donc parti. La vie nous avait éloigné mais lorsque nous lorsque nous nous croisions nous étions comme de grands gamins qui aimaient se raconter leurs 400 coups. Comme je ne suis pas très doué pour les hommages, je préfère mettre mes lignes dans les lignes d’Olivier Duhamel. Elles sont vraies. Elles sont justes. Elles sont tout Guy.


« Les larmes ne donnent pas d'encre Quarante ans que nous vivions amis. Amis absolus, à s'appeler jour ou nuit, pour un oui de question juridique, pour un non d'interrogation de vie, ou l'inverse. Nous déjeunions tous les trois une fois par mois, et blaguions sur qui écrirait le premier la nécrologie de l'autre. L'un de nous deux l'aimait comme un frère choisi, l'autre adorait son éblouissante intelligence. Tous ceux qui l'ont connu ont apprécié son humour, sa générosité, son degré d'exigence pour lui qu'il instillait si bien aux autres, son inaltérable optimisme. Il est mort à 62 ans, dimanche 26 mai à Saint-Pétersbourg, en Russie, où il était en voyage avec son épouse, la dessinatrice Claire Bretécher. Il a succombé à une hémorragie cérébrale.


Guy Carcassonne, à la différence de nombre de ses collègues, est un self-made-man – notre pays d'héritiers n'a pas su traduire cette expression. Son père, déporté à Drancy dont sa mère réussit à l'extirper, est mort quand Guy n'avait que 7 ans, laissant sa famille démunie. Marié avec la Catalane Kika Sol, Guy fait sa thèse sur la transition démocratique en Espagne, tout en élevant leurs deux joyeux enfants, Marie et Nuria. Afin de payer le loyer, il fait, la nuit, des dossiers pour un avocat au Conseil d'Etat. Et quand vient le moment de payer les charges sociales, son compte bancaire à sec, il écrit sur son chèque des chiffres et des lettres différents. La Sécu doit donc le lui renvoyer – quelques semaines de gagnées.


La difficulté à joindre les deux bouts n'altère ni sa joie ni sa confiance en la vie. Tout au contraire. Puisqu'elle lui fut dure en ses débuts, il n'a de cesse de l'aimer, de la rendre belle, élégante et libre, jusque dans le choix de chaussettes disparates.


Malgré son originalité, l'université finit par lui reconnaître ses talents hors normes : en 1983, il est reçu major à l'agrégation de droit public. La même année, il rencontre Claire Bretécher, leur fils Martin naît un an après. Guy Carcassonne joue au droit comme d'autres aux échecs, au go ou au poker. Pour le plaisir d'anticiper, d'encercler, de bluffer. Dans son temps libre, il préfère s'adonner au hasard de la roulette. Et aussi, voir ses enfants, ses petits-enfants, bien manger, voyager avec Claire, dévorer des livres, partager avec ses amis.


Plusieurs résistants chiliens trouvent refuge auprès de lui. Technicien hors pair, il devient le meilleur des consultants. Finis les chèques mal libellés, il se met à bien gagner sa vie, ce qui lui permet de donner libre cours à sa générosité sans bornes. Cela n'entame en rien ses convictions, en un monde qui n'en connaît déjà plus guère. Il se consacre au service de Rocard, des premières espérances de 1981 à la révocation de 1991. Et sans Carcassonne, le gouvernement Rocard serait tombé lors du vote de la CSG. C'est alors que l'avocat Tony Dreyfus l'accueille dans ses bureaux. Leur complicité amicale ne connaît aucune faille.


« RICH LONESOME »


Guy Carcassonne compte de grands avocats parmi ses intimes, tels Gilles August et Jean-Alain Michel. Il ne s'inscrit cependant jamais au barreau, refusant de dépendre d'un ordre. Toujours cette exigence de liberté. Il devient un « rich lonesome » juriste dans toutes les branches du droit public. Constitutionnaliste reconnu, il est sollicité dans de nombreux pays. Il répond – en ces cas toujours gracieusement. Malgré un grand talent d'écriture, il répugne à s'aventurer au-delà de l'article. Il préfère suggérer des textes pour la revue Pouvoirs, ou, parfois, en écrire quelques-uns. Il faudra insister pour lever ses pudeurs et passer aux livres.


Il le fait sur la QPC, la question prioritaire de constitutionnalité – pour laquelle nous nous sommes tant battus. Il participe à la continuation de l'Histoire de la Ve République, de Jean-Jacques Chevallier (Dalloz), au-delà de la période 1958-1974 initialement traitée par ce grand auteur. Et, surtout, en 1996, il produit son maître ouvrage : La Constitution (Seuil) – onze éditions poche de ce commentaire savant et drôle, préfacé par le doyen Vedel qui le chérissait. Il exerce sa verve critique contre nombre de règles et us du régime, tonne contre les parlementaires utilisant trop peu leurs prérogatives, pourfend le cumul des mandats... Mais il ne cesse de défendre la Ve République, grâce à laquelle un pouvoir, choisi par le peuple, peut enfin s'exercer.


Indépendamment des prestiges de la République, d'abord au groupe socialiste à l'Assemblée, puis aux côtés de Michel Rocard, au-delà de ses consultations recherchées, il n'eut qu'une passion, l'université. Etudiant, assistant, maître-assistant, professeur, il fut toujours fidèle à Nanterre, malgré tous les appels du pied de Paris I-Sorbonne ou de Sciences Po.


La réussite d'un étudiant « fils de rien », comme disait Brel, lui procurait le plus grand de ses bonheurs. Artiste du droit et de la vie, il lui restait tant à nous apporter. Sa mort est, comme souvent, trop injuste. Sa vie, comme rarement, exemplaire. »

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 00:09

Rappelez-vous « Des cornichons/De la moutarde/Du pain, du beurre/Des p´tits oignons… » de Nino Ferrer…


Et puis, face aux envahisseurs Indiens (voir plus loin)  se dressèrent les cornichons français introuvables du Guillaume Nicolas-Brion, qui se shoote au Morgon. Notre naturiste patenté, dans un papier engagé, promouvait « Le cornichon made in France contre la « mondiabanalisation » de chez Martin-Pourret d’Orléans le vinaigrier (n'y voyez aucune allusion en rapport avec notre Nicolas-Brion) link 


Appâté, le Taulier se précipitait pour acquérir ces cucurbitacées françaises, mais après avoir erré entre les rayons de GE du BM n’en n’avions point trouvé mais il lui en fallait bien plus pour le décourager. Il remit donc l’ouvrage sur le métier lors d’un nouveau passage et, immense bonheur, avec sa sagacité habituelle, tout en bas du rayon son œil de lynx repéra un petit bocal de cornichons dont l’étiquette verte arborait un fin liseré tricolore. Mais ce n’était pas tout, ces cornichons « aigre doux » bas-Bourguignons, originaires de Chemilly-sur-Yonne s’affichaient cultivés  sans herbicides, sans insecticides et ramassés à la main.


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Vert qu’il était le GNB de se voir doubler sur sa gauche par un vieux 60 huitard social-traître capable de dénicher en plein 7e arrondissement de Paris un bocal de cornichons bas-bourguignons « bio ». Et cerise sur le gâteau, les siens, étaient totalement artisanaux, de vrais locaux, et affichaient, pour un poids équivalent, 6,35€, alors que ses Martin-Pourret valaient 6,80€.  Battu sur toutes les lignes, il ne lui restait plus qu’à offrir au Taulier triomphant un gorgeon d’un de ses vins nus dont il a le secret : un Eric Callcut par exemple.


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Le cornichon est le chouchou des Français. Nous consommons 400 grammes par an et par habitant de cette cucurbitacée qui est une variété de concombre cueillie encore jeune ce qui préserve son croquant. Son nom scientifique est Cucumis sativus et plus poétiquement cornichon signifie «légume en forme de petite corne» alors que c’est un fruit. Le fruit d'une plante grimpante qui peut atteindre 4 mètres de haut sur support palissé, le cornichon aime les sols légèrement acides et parfaitement drainés. Il a également besoin de chaleur, les températures de développement optimales se situant entre 18° et 25° C.


Les cornichons « français », disons plutôt à la française, le « vert parisien » épineux, bien droit, vert clair, le « fin de Meaux» plus long plus foncé, parfois aqueux – ne voir aucune allusion au débat Fillon-Copé – le «Massy» assez gros, sont plutôt petits, craquants, et ont un goût plutôt pimenté et, jusqu’aux années 2000, ils étaient surtout cultivé dans le Sud-Ouest, en Sologne, en Basse-Bourgogne : l’Yonne et même en Vendée. Leur récolte, chez les jardiniers du dimanche, s’étend du mois de juin à septembre. Mais ce temps béni est presque fini depuis que les grands groupes européens de l’agroalimentaire se fournissent en Inde pour un prix inférieur à 40 % au prix français. Pour Amora Maille (50 % du marché mondial du cornichon) – groupe Unilever – c’est Bangalore. Reitzel, autre géant du cornichon, son usine du Kerala débite 10 000 bocaux de cornichons/heure. Quelques farmers indiens ont fait fortune avec le cornichon. « Le quotidien Tribune India signalait, dès avril 2001, que l’exportation de cornichons avait rendu 12 fermiers millionnaires dans le Karnataka et l’Andrah Pradesh. »


La Chine est le premier producteur mondial de cornichon mais l’Inde, deuxième producteur mondial avec 200 000 tonnes est le premier exportateur. En conséquence vos cornichons en bocaux ont de fortes chances de provenir d’Inde de l’un des trois Etats producteurs, le Karnataka (à 70 %), l’Andrah Pradesh et le Tamil Nadu.


« Cultivé dans les plaines de l’Himalaya depuis 3 000 ans, il s’est très vite propagée vers la Chine et vers le Moyen-Orient. Il fut cultivé sur les bords du Nil par les Egyptiens, qui en consommaient beaucoup, et le faisaient figurer parmi les offrandes destinées à leurs dieux. Il était très apprécié par les Grecs et les Romains. On raconte qu’Apicius, célèbre cuisinier romain  accommodait le cornichon avec du miel pour combattre son amertume. Les Hébreux l’importèrent en Terre Promise, où il devint l’un de leurs mets préférés. En France, la consommation du cornichon remonte au Moyen Age et on lui attribuait déjà des vertus thérapeutiques. Il fait son apparition en Amérique du Nord au 15e siècle. L’histoire raconte que Christophe Colomb relatait le concombre comme provisions de base dans ses récits. Au XVIe siècle, sa consommation comme condiment, au sel et au vinaigre, s’est étendue à tout le territoire. »


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Deux grandes préparations :


1-      A l’aigre-doux : laissez 12 h 1 kg de cornichons couverts d’eau salée dans un faitout émaillé. Egouttez et séchez. Répartissez dans des bocaux, avec dans chaque : une branche de thym, une autre de fenouil et 10 grains de poivre. Faites par ailleurs, bouillir un mélange de vinaigre d’alcool, d’eau et de vin blanc (1/3 chaque), sucrez (une cuillérée à soupe par litre de liquide). Versez bouillant sur les cornichons. Fermez hermétiquement et stérilisez 45 mn.


2-      A la russe : 24 cornichons de 7 cm de long, 500g de gros sel gris, 12 feuilles de bourrache, autant de feuilles et de tiges de fenouil, 6 feuilles de cerisier (griottes), autant d’aneth.


Frottez les cornichons au gros sel. Essuyez-les un à un. Remplissez un pot en grès en couches alternées avec les diverses feuilles fraîches. Le bocal rempli, terminez par un lit de feuilles et recouvrez d’eau froide. Laissez macérer une semaine dans une pièce fraîche. Puis fermez avec un bouchon de liège entouré d’un linge propre.

 

Un conseil pratique : utilisez toujours une pince en bois pour extraire vos cornichons du bocal. Ne les piquez pas avec une fourchette vous feriez tourner le vinaigre et ne les attrapez pas avec les doigts sinon le vinaigre se couvrira de fleur.


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« Le cornichon est bon pour la santé. Peu calorique, aiguisant l'appétit, facilitant la digestion, il sait parfaitement calmer les petits creux en apportant à nos organismes des minéraux et des vitamines qui participent à notre bien-être. Sans parler du vinaigre qui a la réputation d'améliorer la vue, l'ouïe et l'activité cérébrale. Rien que ça !

 

Le cornichon possède une composition proche de celle du concombre. Comme lui, c'est un aliment renfermant peu de calories (environ 2 g de glucides pour 100 g, moins de 1 g de protides, et seulement des traces de lipides). Il n'apporte que 13 kilocalories (54 kJoules) aux 100 g.

 

Le cornichon est très légèrement plus riche en fibres que le concombre (1 g aux 100 g). En revanche ses teneurs en vitamines du groupe B sont un peu moins élevées, de même que sa teneur en vitamine C (5 mg aux 100 g). Il renferme cependant davantage de provitamines A (0,8 mg) et de fer (1 mg), comme c'est souvent le cas des aliments bien pourvus en chlorophylle et en pigments caroténoïdes.

 

Compte tenu des quantités de cornichons que l'on consomme lors d'un repas (20 à 30 g en général), ces valeurs restent peu significatives. Seul le sodium fait exception : il provient du sel ajouté lors de la première étape de la préparation du cornichon et atteint une teneur en moyenne de 700 mg aux 100 g (soit l'équivalent de 1,75 g de sel ou chlorure de sodium) »

 

« Un jambon-beurre, c'est quoi ? On a l'impression que c'est parfois trop demander. C'est solliciter une autre époque. Celle d'une candeur alimentaire. En ces temps-là, une baguette de pain était bonne, ou non. Il n'y avait pas trois classes comme aujourd'hui où, pour atteindre une qualité honnête, il faut demander la baguette luxe à l'ancienne. Les sandwichs, c'est pareil. Les plus prolétaires sont abandonnés pour des versions plus chics. Il faut voir, dans certaines boutiques, le snobisme des vendeuses qui vous expliquent d'un air navré que cela ne se fait plus. À la place, des versions habillées, sous Cellophane avec couleurs tendance et tarifs Cartier. Cela dit, il existe encore quelques havres de bonté qui sont restés solidement amarrés au siècle, fut-il le précédent. »

 

Notre classement des meilleurs «jambon-beurre» de Parislink

 

Le vrai sandwiche jambon-beurre ne peut donc se passer de cornichons, le mien est confectionné avec :

-          D’une baguette tradition de chez Laurent Duchêne (MOF) 2 rue Wurtz link


-          De jambon de Paris de chez Eric Pellé 213 rue de Tolbiac link


-          De beurre cru salé acheté chez Quatrehomme 215 rue de Tolbiac link

 

Comme la grande majorité des sandwiches de bistros sont chers et dégueulasses, le problème qui se pose à tout bon parisien pédestre ou à 2 roues comme moi c’est de le déguster en faisant couler la miette soit avec un bon demi de bière (là encore c’est dur car les cafés ne servent que des bières de gros faiseurs) ou un bon verre de vin.

Deux solutions :


-          Manger son sandwich sur un banc public ou une chaise de jardin public puis se rendre à la terrasse d’un café pour consommer ;


-          Faire la même chose en ayant acheté au préalable un petit contenant, plus facile pour la bière, la canette et la consommation au goulot. Pour le vin il est possible de se munir d’un verre dans sa musette. Ce type de consommation arrosée en public fait très mauvais genre, allez savoir pourquoi ? Les ouvriers sur les chantiers le font bien, alors où le problème ? C’est la conséquence de la fatwa des prohibitionnistes sur la consommation de boissons alcoolisées… qui fait assimiler une consommation ambulante comme du pochtronage…

 

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