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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 00:07


Ce matin, pour vous, un cadeau de Noël vraiment exceptionnel, politiquement incorrect, sanitairement passible de la censure car ce célèbre sketche de Francis Blanche et de Pierre Dac : le Sar Rabin Dranath Duval où, dans sa version audio *, celle qui l'a popularisé - via la radio - auprès du grand public, les deux compères ayant un peu forcé sur le divin nectar avant leur spectacle sont gais, gentiment bourrés, joyeusement déjantés, ce qui donne à leur prestation une saveur inoubliable. Le lien ne semble pas fonctionner directement alors recopiez-le ou allez sur google à Francis Blanche et Pierre Dac vous trouverez la version audio qui vaut la peine d'être dégustée.  
pierredac.free.fr/sketch01.htm - 12k -


Allez, offrez-vous quelques minutes de bonne humeur chers lecteurs à la santé de tous les bonnets de nuit qui nous pourrissent la vie : cliquez sur le lien et votre journée sera ensoleillée par nos deux compères pompettes.
180px-Pierre-dac.gif
La version visuelle est plus soft, elle permet surtout d'apprécier le look de Pierre Dac
www.youtube.com/watch?v=B71_p-Lvn8s
- 12k

*
Ce sketch, devenu une anthologie de l'humour, a été créé par Pierre DAC et Francis BLANCHE en Janvier 1957, à l'occasion du 10ème anniversaire du music-hall "Les Trois Baudets". La version la plus fameuse sera enregistrée en 1960 à Lyon au cours de l'émission "Musicorama" de Europe N° 1. Juste avant de passer en scène, Pierre et Francis sortaient d'un gueuleton particulièrement "arrosé", d'où les fous rires et certains trous de mémoire devenus  célèbres.
 www.pierredac.free.fr/sketch01.htm

 

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 00:07

 

Si aujourd’hui je me retrouvais dans ce piège à cons je le devais à un étrange enchaînement de petits dérapages que mon inertie n’avait pas cherché à contrôler. Depuis note arrivée à Paris j’habitais chez Sylvie, près du marché d’Aligre. Après ma réussite au concours d’Officier de Police adjoint, selon l’ordre de mes vœux que j’avais pu exprimer vu mon excellent classement, on m’avait affecté dans un commissariat pourri au Blanc-Mesnil. Afin de ne pas attirer l’attention sur mon passé de soixante-huitard j’avais bidouillé mon dossier de candidature en ne mentionnant que mes deux premières années de Fac de Droit et en datant l’interruption de mes études juste avant les évènements. Pour éviter un trou dans mon CV Jean m’avait bidouillé un certificat de travail qui me transformait en un paisible artisan. Du côté passé j’avais bien joué mais, en délaissant des affectations plus confortables dans de bons arrondissements de Paris, pour choisir ce qui se faisait de plus merdique dans la banlieue rouge, je venais de commettre mon premier faux-pas. Ma hiérarchie, loin de m’en faire la remarque, se contenta de le noter en marge de mon dossier. Dans la police, plus que dans toutes les autres administrations, on se méfiait des bons sujets qui sacrifient leur début de carrière pour se consacrer à des terres de mission. Leur attention était d’autant plus exacerbée que toute une fournée de têtes bien faites sortie dans la botte de l’ENA venait de renoncer à choisir les grands corps prestigieux pour se fondre dans le trou du cul anonyme des administrateurs civils. Le ver était dans le fruit au plus haut niveau de la fonction publique, l’entourage de Marcellin veillait au grain même pour un vermisseau de mon espèce.

Le plus drôle dans cette affaire, si je peux l’écrire ainsi, c’est qu’en choisissant Le Blanc Mesnil je souhaitais tout au contraire me fondre dans le gris de la banlieue et surtout me mettre à l’abri d’une trop grande proximité géographique avec le trottoir de Sylvie. En dépit de mes molles objections elle voulait à nouveau bosser, et bosser à l’ancienne, pour accumuler un petit pécule et me gâter. Betty sa copine, la grande bringue qui nous avait accueilli place Clichy et lui avait dégoté l’appartement de la rue d’Aligre, via son homme, l’aida à régler la question de son territoire de racolage, moyennant un forfait mensuel assez léger et surtout, profitant de ma faiblesse, la promesse de ma part de lui faire bénéficier, au cas où, de mes entrées dans la maison poulaga. Betty, mentant effrontément, m’avait présenté comme un jeune loup promis au plus bel avenir dans la hiérarchie poulaga. Le type, qui disait se prénommer Hortz - en référence à Hortz Bucholz, le James Dean allemand qui interprétait Chico le benjamin des 7 Mercenaires, « leur ressemblance est frappante, mais lui est plus viril… » m’avait minaudé la grande Betty – était une caricature de maquereau. Tiré à quatre épingles dans un costume noir à rayures tennis, chemise noire et cravate crème avec une épingle à tête de perle de culture plantée en son milieu, des mocassins croco gris souris, les ongles manucurés, les cheveux calamistrés, une chevalière jaune pétant au petit doigt de la main droite et surtout un air fat, renforcé par un regard fuyant, il goba avec un petit sourire entendu mon baratin d’ex-futur haut fonctionnaire reconverti en flic. Pour me montrer qu’il se portait à ma hauteur il me proposait un job plus à la hauteur du carénage de ma Sylvie.      

 

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 00:02

En ces jours de préparation des fêtes de fin d’année, je n’ai pu résister à vous servir ce méli mélo de lieux communs, j’adore ! C’est la quintessence du creux, un ensemble vide plein des petits riens de ceux qui se prennent pour l’élite. C’est sous la plume de Marie Varroud-Vial – une consœur de ce cher Gurvan Le Guellec déjà cité comme expert es-bobo – dans l’un de ces suppléments papier glacé, bourré jusqu’à la gueule de pub de luxe, dégoulinante de clinquant, de faux chic, pour moi le pic de l’indécence, que chaque magazine nous gratifie à la veille de Noël. Dans le cas présent c’est le Nouvel Ob’s et ça frise le foutage de gueule. A lire absolument, chers lecteurs, car ces petites bêtes décrites avec complaisance picolent !  
 
LA GAUCHE CAVIAR
 
Coincée entre Sarkozy et un PS à la dérive, la gauche caviar se retient très fort de ne pas caler ses pas dans les pas de Bernard Kouchner, un de ces anciens membres. D’ailleurs, depuis la mort de François Mitterrand, sous le règne duquel la gauche caviar a pris son envol, elle est quasiment une espèce en voie de disparition. Pas facile…Mais elle n’est pas du genre à se laisser gagner par le blues. Au pis, elle demandera l’asile politique au maire d’Ars-en-Ré. Et si, elle ne se marre plus forcément avec Guy Bedos, elle se bidonne désormais avec Gad Elmaleh. Après ça, il faut se pousser un peu pour crier au scandale contre les quotas, les tests ADN, l’immigration choisie. Heureusement qu’il y a les enfants, les bobos, pour rappeler que « quand même, ça craint… »
 
Ils aiment toujours : « les enfants du Paradis » de Marcel Carné. Ils écoutent Arthur H et Tom Waits. Ils s’habillent chez : depuis que Cécilia a capté le style Prada, ils ont découvert Marc Jacobs et Marni. Même si madame Prada, l’ex gauchiste fan d’architecture et d’art contemporain, reste leur héroïne. Ils lisent : l’intégrale de Patrick Modiano. Ils se détendent à la FIAC, car « ils ont débuté une collection ». Ils partent : faire du trekking en Mongolie. Ils y achètent du cachemire (brut, vrai, chic). Et sinon thalasso. Ils picolent : du champagne. Ils s’informent : avec « Télérama », surtout pour les pages ciné. Et le « Monde ». Et dans les dîners, ils adorent dire que « le Figaro n’est pas si mal. Surtout les pages étranger… ». Ils tapotent : sur un BlackBerry. Ils aiment : Bernard-Henry Lévy. Même si parfois ils le détestent. Comme dans toutes les histoires d’amour.
 
Les BOBOS
 
Le bobo, c’est l’ennemi public numéro un. Personne ne l’aime, tout le monde s’en moque. A commencer par Renaud, qui en a fait une chanson. Trentenaire branché et bien-pensant, il fait les élections (à Paris notamment, où les municipales se jouent avec sa carte d’électeur) et décide de l’air du temps. Il porte du coton bio issu du commerce équitable, mais s’approvisionne chez Monoprix (son commerce de proximité) en cachemire à moins de 100 euros. Il laisse ses enfants se rouler par terre en mettant en avant leur épanouissement et passe des heures à lui cuisiner des ratatouilles bio. Parce que bien manger aussi, c’est une éducation. Pénible et sympa, aussi prévisible que généreux, le bobo horripile souvent. Mais il inspire aussi beaucoup de tendresse. D’autant qu’il n’y a pas un bobo, mais des bobos. Des altermondialistes militants aux écolos pop en passant par les modeux du Marais et les branchés de l’Est parisien… Il y aurait même des bobos de droite.
 
Ils aiment toujours : « Virgin Suicides », de Sofia Coppola. Spleen adolescent + belles images = cocktail parfait. Ils écoutent : Devendra Banhart, le seul type androgyne, écolo et folk. Ils s’habillent chez APC, Miu Miu, Gap, American Apparel, Charles Anastase… Partout en fait. Ils adorent s’habiller. Ils lisent : « Cendrillon », d’ERIC Reinhardt ; Ils se détendent : en prenant des cours de cuisine thaïe le mardi soir. Ils partent : au Bhoutan, ils en rêvent… Sinon dans une île près de Stockholm. Pour réconcilier deux passions / Bergman et la marque de jeans suédoise Acne. L’acmé du denim. Ils picolent : de la manzana. Ils s’informent avec : « les Inrocks » et « Libération ». I>Télé et internet, France Inter et « on refait le monde » sur RTL, rue 89 et le site du « New York Time ». Ils s’informent. Ils tapotent : ils ne tapotent plus. Ils se servent du pouce pour envoyer des textos et changer les titres de leur iPod. Ils admirent : ils le disent à demi-mot mais ils a-dorent Bertrand Delanoë, le petit prince des Vélib.
 
Les INTELLOS
 
A priori, les intellos, les purs et durs, ne sont pas des gens dans l’air du temps. Quand ils lèvent le nez des livres de Peter Sloterdjik et qu’ils jettent un œil sur ce qui se passe alentours tout les atterre. Ils sont scandalisés par la médiatisation des déboires du couple Sarkozy. Ils ne comprennent pas non plus pourquoi leurs enfants, pourtant biberonnés à la culture, la vraie, restent scotchés devant « Nouvelle Star ». Julien Doré ? Ce n’est pas leur came. Ils ont passé leur année à hésiter entre le Modem et le PS, pour finalement suivre le PS, pour la beauté du geste. Vous avez dit ringards ? Pas vraiment. Car les intellos de la génération quinquas-velours-côtelé sont rejoint par Nicolas Demorand sur France Inter, et Ali Baddou, la superstar de France Culture. 100% philo, archinormaliens, ces deux-là et leurs copains réhabilitent les intellos. En leur donnant la touche d’impertinence, un je ne sais quoi d’air du temps qui leur manquait. Ce sont les trentenaires-velours-milleraies.
 
Ils aiment pour toujours : « La maman et la putain », de Jean Eustache. Ils écoutent : Jean-Louis Murat. Ils s’habillent chez : ça dépend des âges. Au-dessus de 50 ans, chez Arnys. Au-dessous de 40 ans, chez APC. Ils lisent : « Histoire de la laideur » d’Umberto Eco, et s’accordent un polar en vacances. Ils se détendent : en allant à des conférences. Ils partent : à Saint-Malo… et ils en profitent pour aller sur la tombe de Chateaubriand. Ils picolent : du Bergerac. Ils s’informent avec le « Monde ». Ils tapotent : sur la touche de la télécommande d’un magnétoscope… Oui avec des VHS. Même si Nicolas Demorand a sans doute un lecteur de DVD. Ils admirent : Pierre Bourdieu. Et des dizaines d’autres.
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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 00:08


Le froid, l'actualité, avoir un toit, se loger, plutôt que des mots, les miens, ceux d'un qui est au chaud, je vous propose cette belle gouache d'André Derain, à propos de St Martin et du partage de son manteau, accompagnée d'un texte où notre divin nectar est à l'honneur.
C'est tiré de la plaquette intitulée "Le Génie du Vin" éditée à la gloire des vins de France pour le cent cinquantenaire des Etablissements Nicolas (fondés en 1822) en septembre 1972. En ce temps-là on avait le sens du beau, hors toute visée mercantile immédiate.
En passant un coucou à mon Martin qui à, lui aussi, une grande épée en plastique et un cheval à bascule...undefinedundefined
Saint Martin a tiré l'épée,
non pour chasser le mendiant, mais pour partager son manteau.
Sans doute sort-il de l'auberge d'étape,
et nous sommes en Touraine, les beaux toits nous le disent.
La chaleur d'un peu de vin tourangeau dans les veines du Saint guerrier rend plus léger le sacrifice, et le coeur plus fraternel. 

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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 00:07


"Les collectionneurs qui collectionnent pour collectionner, ces maniaques, et il n'en manque pas, qui dépensent une fortune pour ranger sous vitrine aussi bien des boutons de culotte que des livres rares, peu importe." C'est de Blaise Cendrars. 

Lorsque sur LCI j'ai entendu un monsieur propre sur lui déclarer qu'il allait engloutir une petite fortune pour acquérir la bouteille de château d'Yquem - estimation 5000 euros - qu'il tenait dans sa main lors de sa visite des lots de grandes bouteilles mis aux enchères à l'hôtel Meurice dimanche dernier, pour compléter sa collection et, que bien sûr, il ne l'ouvrirait jamais, le même mépris que celui que je ressens lorsque je vois s'envoler les enchères pour des tableaux de Van Gogh qui finiront dans des coffres-forts nichés dans le secret de paradis fiscaux exotiques, m'a saisi. Pour moi, un tableau n'existe que pour être vu, que ce soit sur un mur privé ou un mur public, peu importe. Le boucler c'est le tuer. C'est insulter l'artiste. C'est indécent. Quand à nos chères bouteilles, aussi prestigieuses fussent-elles, qui ne sont pas des oeuvres d'art, elles n'existent que pour être bues, pour donner du plaisir, du bonheur, de la convivialité. Le plaisir solitaire, comme le note avec son humour grinçant Woody Allen, on peut se le procurer, à bon compte, avec son meilleur ami. Plus sérieusement lorsqu'on privilégie l'accessoire par rapport à l'essentiel le dérisoire devient la valeur refuge. Je suggère donc aux GCC de créer  des placebos en tirages limités, numérotés, pour les gogos pour éviter de "donner" de la confiture à des cochons... 

Vins aux enchères : des lots prestigieux

10.000 bouteilles estimées à 2 millions d'euros seront vendues ce week-end.

Après avoir orchestré la vente des vins de la Mairie de Paris, l'expert Claude Maratier organise une vente exceptionnelle aujourd'hui et demain à l'hôtel Meurice.
Sous son marteau, 1.500 lots, soit quelque 10.000 bouteilles provenant des châteaux et propriétés les plus prestigieux. Le montant des ventes pourraient dépasser deux millions d'euros.
Château Petrus 1982, Château Yquem 1967, et autre Romanée Conti 1995 côtoieront Mouton Rothschild, Margaux et Cheval Blanc des plus grandes années avec des estimations pour certaines bouteilles atteignant 5.000€.
La palette des vins provenant des plus belles caves de particuliers français, fait rêver.Des exemples?

Romanée Conti:
7.000€ la bouteille

Quelque 300 bouteilles de Petrus dont le très rare 1945. Le prix? Faramineux.Juste à titre d'indication le Petrus 1982 en caisse bois (par 12) est mis à prix 36.000€.
Pêle-mêle, on soulignera dans le catalogue des bordeaux un Cheval Blanc 1982 (9.600€ la caisse bois); 350 bouteilles de Mouton Rothschild (sur 30 millésimes); Haut Brion 1921 et 1989 (inoubliable); La Mission Haut Brion 1961 en magnums (estimé à 3.000 €).
En bourgogne, la mythique Romanée Conti (sur quelques millésimes d'anthologie) devrait se vendre entre 5.000 et 7.000€ la bouteille.
Le clou pourrait être un Richebourg H. Jayer 1978 estimé à 10.000€ le flacon.
Au rayon des champagnes, on trouvera du Dom Pérignon 1949 ou du Cristal Roederer 1983.
Quant aux spiritueux, une fine champagne de 1811 pourrait constituer un joli cadeau sous le sapin d'un collectionneur.A condition qu'il soit (très, très) fortuné, évidemment.
Aujourd'hui et demain de 14h30 à 18h30 dans les salons de l'hôtel Meurice, à Paris.

Pascal BAUDOIN

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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 00:00

Le texte que je vous propose est tiré de la somme de Louis Stouff "Ravitaillement et alimentation en Provence aux XIVe et XVe siècles. (Ecole Pratique des Hautes Etudes, SORBONNE). Bonne lecture.
Pintade-copie-1.jpg

Les archives de Carpentras ont encore, à propos de cette denrée, un autre mérite, celui de faire ressortir les problèmes particuliers posés par le vin des juifs. Dans les livres du souquet *, aucun d'eux ne figure. Ces spécialistes du commerce du blé ne prennent aucune part à celui du vin. A l'automne, la quasi-totalité des feux juifs ont du vin, mais n'en ont jamais beaucoup. En octobre 1422, seuls 21 chefs de famille sur 606 ont acheté toute leur provision ; ils sont tous juifs. Lorsqu'après les vendanges, un juif cherche à constituer des réserves pour les douze mois à venir, il s'adresse soit à l'un de ses coreligionnaires et lui achète du vin, soit à un chrétien et lui achète du raisin.
Les juifs apprécient le vin et en boivent. Ils ont dans leur cave du matériel destiné à sa fabrication et à sa conservation. Pour satisfaire leurs besoins, ils ont plus que les chrétiens recours à des achats, parce qu'ils sont moins qu'eux propriétaires fonciers. Mais ils possèdent aussi des vignes : en 1414, à Carpentras, sur 15 propriétaires juifs, 10 en ont. On peut même dire que lorsqu'ils n'ont qu'une parcelle de terre, c'est de la vigne qu'il s'agit : en 1424, à Arles, sur 43 juifs inscrits au cadastre, 22 ont des vignes, 3 seulement ont quelques éminées de terre, aucun n'a de jardin ou de pré. Décrivant la vie des membres de la juiverie d'Arles, Kalinimos Ben Kalinimos écrit : " Tout le monde va aux vignes et on porte les raisins soit par bateau, soit avec des chevaux...Le temps est très chaud. Les moustiques sont nombreux, ils tombent dans le vin que l'on boit malgré tout..."
Les juifs tiennent à leurs vignes pour des motifs religieux. leur vin doit être fabriqué et manipulé uniquement par des juifs jusqu'à sa mise en fût sous scellés. Lorsque l'un d'eux désire acheter du vin et doit s'adresser à un chrétien, il ne peut acquérir que du raisin et préparer lui-même sa boisson. Lorsqu'il possède une vigne et la fait cultiver par un chrétien, il fait promettre à celui-ci de ne pas vendanger un jour de fête juive. Les juifs de Provence et du Cotat paraissent suivre dans ce domaine les prescriptions de leur religion.
Cette attitude accentue leur particularisme dans la société des XIVe et XVe siècles, contribue à les séparer des chrétiens. Il est interdit à ces derniers d'acheter du vin des juifs. En 1386, la reine Marie interdit aux juifs de Grasse de vendre du vin à leurs concitoyens chrétiens. Le 25 mai 1444 une criée faite à Carpentras dit : "Qu'aucune personne chrétienne n'ose aller boire dans les tavernes des juifs, ni acheter leur du vin, attendu que les juifs ne boivent pas le vin des chrétiens et que les chrétiens ne doivent pas boire le vin des juifs." 

* Le vin jouant un rôle fondamental dans les finances communales il est assujetti le plus ouvent à deux sortes de taxes, l'une porte sur les quantités rentrées dans les maisons après la récolte (le 1/20 du vin à Carpentras), l'autre sur les ventes de vin qui s'effectuent tout au long de l'année, on l'appelle le soquet ou souquet.

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 00:08


Ce matin je m'arrête sur le patronyme Clavel pour évoquer, Jean le vigneron, Maurice le polémiste et  enfin Bernard l'écrivain
www.bernard-clavel.com à propos d'un beau livre Les Vendanges illustré par de magnifiques photos de Janine Niepce éditions hoëbeke et surtout d'un texte de lui comme je les aime. Mais avant de vous le livrer permettez-moi d'évoquer les deux autres Clavel : Jean l'homme du vin du Languedoc et Maurice le gaullo-maoïste.
Pintade-003.jpg
Le premier, celui que tout le monde connaît dans le Languedoc vigneron, c'est Jean. 
www.1907larevoltevigneronne.midiblogs.com/ - 42k 


Pintade-002-copie-1.jpgPhilippe Doutreme-Puich, un vaillant soutier du président du Conseil Général de l'Hérault de l'époque, Gérard Saumade, un rocardien comme moi, me l'a présenté alors que j'étais conseiller technique au cabinet de Michel Rocard Ministre de l'Agriculture à l'époque de la négociation de Dublin. Directeur du CIVL, homme du renouveau des AOC languedociennes, alors que moi je ferraillais avec les ténors des vins de table, surtout ceux qui disaient toujours non et qui disent encore toujours, du moins celui qui reste, les fossoyeurs de cette viticulture dont ils se disaient les ultimes défenseurs, lui, Jean Clavel, résistait à cette forme de pensée unique, dite de gauche, issue de la récupération des révoltés de 1907, agrémentée d'un zeste de croix occitane et d'une bonne dose de démagogie. Certes, l'opportunisme et le lèche-bottisme de soin président de l'époque - peut-être que ma mémoire me joue des tours - ami au temps des JA d'Henri le sphinx élyséen, me faisait sourire mais, en dépit de nos soi-disants camps respectifs nous avons toujours été en accord sur le fond des choses et, comme nous partageons le même amour porté à cette grande région de vigne et de vin qu'est le Languedoc, l'immobilisme et les oppositions de principe qui ont suivi Cap 2010 nous ont attristé et surtout inquiété face à un avenir lourd de menace.

L'autre, c'est Maurice, né à Frontignan dans l'Hérault, l'homme rendu célèbre par son "messieurs les censeurs, bonsoir! " sur le plateau de l'émission A armes égales, le 20 décembre 1971, pour protester contre la censure des producteurs d'un reportage dans lequels ses propos sur l'attitude ambiguë du président Pompidou ont été coupé au montage. Personnalité complexe, admirateur de Doriot et du PPF dans sa jeunesse, résistant dès 1942, militant au RPF, gaulliste de gauche, il est de tous les combats pour dénoncer les tièdes et les affairistes. Après mai 68 il est à la fois gaulliste, catholique et maoïste et fascine Jean Daniel du Nouvel Observateur qui l'engage. Haute figure, passionné, échevelé, protestataire contre la torture en Algérie, les chars à Budapest, mais aussi profondément irritant lorsqu'il condamne la contraception et l'avortement, soutien les sionistes. Polémiste virulant et homme de haute spiritualité, après sa mort, des hommes aussi différents qu'André Frossard et Edgar Morin rendront hommage à ses combats et à ses engagements. Sans vouloir jouer les vieilles barbes : un type d'intellectuel tel qu'on n'en fabrique plus.

J'ai la chance d'être né dans une province bénie des dieux. Sa terre porte des forêts, des pâturages, du froment et de la vigne. Des hauteurs dévalent des torrents qui font tourner des moulins. Des profondeurs les hommes tirent une eau qui leur donne du sel. Tout pour avoir le pain, la viande, les laitages et le vin.
     Boulanger, mon père vendait du pain à des ouvriers qui le payaient en sel, à des forestiers qui lui fournissaient du bois pour chauffer son four, à des laboureurs qui lui livraient du blé, à d'autres qui lui apportaient de la paille et du foin pour son cheval et, enfin, à des vignerons qui le payaient en vin. Quoi de plus noble que ces échanges ?
     Je suis assez heureux d'être né sous ce signe.
Mon père aimait tous ces gens et bien d'autres artisans encore, qu'il appelait des hommes de métier. Mais, je crois bien que ceux qu'il admirait le plus étaient les vignerons. Je me suis demandé longtemps pour quelles raisons.
      Puis, un jour, parce que la guerre était venue bouleverser l'ordre des choses, je suis allé travailler chez des vignerons. Avec eux, j'ai appris à soigner la vigne, à élever le vin. A l'apprécier aussi. Sans comprendre encore vraiment pourquoi, j'ai senti alors que la vigne n'est pas une plante comme les autres. Les céréales vivent une saison, les arbres meurent ou finissent par être abattus, l'herbe est fauchée en pleine jeunesse, seule la vigne est éternelle.
Elle l'est par le provignage, cette opération qui consiste à courber un sarment, à le coucher en terre et, une fois qu'il a pris racine, à le séparer d'un coup de sécateur du cep où il tient. Ainsi, non seulement la vigne échappe à la mort, mais, qui plus est, elle avance. Elle se déplace, elle gagne du terrain (...)
 
Bernard Clavel in Les Vendanges 2000 éditions Hoëbeke Paris
   
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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 00:04


Le temps que nous vivons ne cesse de me fasciner. En effet, nous sommes bordés en permanence, tels des enfants choyés, par des messages dit de santé publique. Dans notre beau secteur nous en savons quelque chose avec la mise en logo d'une femme enceinte sur les étiquettes de notre nectar et sans doute demain - à partir du 31 mai 2009 - la mention "contient du lait" ou "contient du blanc d'oeuf" pour les vins collés avec ces produits. J'adore l'hypocrisie d'Alexander Anton, de la DG Sanco de l'UE qui suggère  d'écrire pour ne pas effaroucher le consommateur " ce vin a été clarifié avec du lait comme le veut la tradition..." Ce serait risible si ça n'était pas grotesque car la tradition ne rimait pas toujours avec hygiène. Etant allergique moi-même je ne suis pas contre, à priori,l'information de santé publique mais on n'arrivera pas à me convaincre que tous ces messages soient d'une quelconque efficacité car trop généraux, mal ciblés. Pour moi les messages de santé publique doivent passer en priorité par les médecins généralistes qui, comme tous les praticiens, bénéficient de notre système de SS. Mais ils n'ont pas le temps, ou disons qu'ils ne le prennent pas trop occupés à débiter des ordonnances au mètre. 

Ceci étant écrit, ce qui m'amène à chroniquer ce matin c'est la dernière campagne de l'INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé), du Ministère de la Santé et de l'Assurance Maladie qui nous conseille de mettre la main devant notre bouche lorsque nous toussons. Le slogan est " adoptons les gestes qui nous protègent ". Vraiment, dépenser de l'argent public pour se payer des pages de pub sur papier glacé dans le Nouvel Observateur afin de véhiculer un tel conseil me sidère. Bien sûr on me rétorquera que ces sommes sont epsilonnesques au regard des gouffres abyssaux de notre SS. J'en conviens mais je trouve ça indécent et surtout révélateur de la mise sous le boisseau de la responsabilité individuelle. Les promoteurs de cette campagne ont faux sur toute la ligne : en quoi, par exemple, le lectorat du NO est-il une cible pour ce type de campagne? Sans vouloir ironiser, les populations à risques, celles qui vivent dans des conditions d'hygiène minimales sont rarement abonnées au NO. Pour les abonnés je pense qu'il leur est toujours possible de dispenser ce conseil à leurs enfants sans qu'on leur tienne la main.

Pintade-002.jpg



Ne m'en veuillez pas si je profite de cette petite chronique jubilatoire pour prôner la mise en avant de la responsabilité individuelle dans notre beau secteur qui adore tant, pour mieux les brûler, les vilipender, ou les contourner pour les plus astuscieux, les règles collectives librement consenties proclame-t-on, votées par la majorité affirme-t-on, et étendues par la puissance publique. Un exemple entre cent : la possibilité d'irriguer, pourquoi en des zônes où le stress hydrique choque le raisin, où l'eau est disponible naturellement, où les règles de l'AOC limitent les rendements, pourquoi interdire cette méthode absolument ? Pourquoi ne pas en prévoir l'éventualité ?La réponse est simple : afin d'éviter les abus, les tricheries et autres petits arrangements on pénalise tout le monde et on se prive d'un moyen qui, dans certaines circonstances climatiques, se révèle qualitatif. On va me pendre haut et court pour discours attentatoire aux dogmes. Je m'en fout tant qu'on ne m'aura pas démontré son inanité. Dans un secteur où l'on passe son temps à mettre en avant la modération pour se défendre face aux hygiénistes il est stupéfiant de constater cette absence de discernement, ce dogmatisme absolu. 

Alors que les nouvelles ODG réécrivent leurs textes fondateurs plutôt que d'empiler des pseudos contraintes mal respectées, contrôlées administrativement, tournées par le plus grand nombre, ne serait-il pas plus fructueux de retrouver l'essence même de ce qu'était les AOC à l'origine : un collectif fondé sur la responsabilité personnelle de ceux qui font le raisin et le vin, de ceux qui le vendent. On reproche souvent aux autres la défense de leurs droits collectivement acquis mais en l'espèce n'assistons-nous pas au maintien d'un concessus mou acceptable par le plus grand nombre. Alors que prévoir des exceptions à la règle permet la respiration d'un système, l'exercice de la responsabilité individuelle. Trop de règles tue la règle : dans mon domaine de cycliste urbain il est démontré que lorsque la chaussée est librement partagée entre les usagers, que ceux-ci doivent tenir compte des autres, elle est moins dangereuse pour l'ensemble des usagers que dans un univers surèglementé où, de temps en temps, tombe au hasard de la répression une sanction disproportionnée avec l'infraction : depuis Vélib à Paris ça cartonne sur les cyclistes nouvelles poules aux oeufs d'or des manieurs de contraventions... 

* Titre en hommage au sketche célèbre de Fernand Raynaud...

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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 00:03

Raymond pêchait à la ligne. De temps en temps, le samedi, je l’accompagnais sur les berges de la Marne. Nous restions souvent silencieux car jamais Raymond ne me posait de questions. C’est moi, à l’heure du casse-croûte, qui me laissait aller aux confidences. Le vin me déliait la langue. Raymond carburait au Pommard. « Tu sais, bougre de petit vendéen, les vignerons bourguignons ce sont des gars qui n’ont jamais eu l’échine souple, des fortes têtes, des malins aussi, c’est pour cela que j’aime leur vin. Il ne fait pas de chichis. Que veux-tu, moi je suis de la vieille école, dans la vie y’a que le vin et les filles qui te donnent du plaisir, faut pas en abuser bien sûr, surtout pour le vin, les filles c’est différent y’a pas de limite sauf que je préfère le vin car avec lui y'a pas d’après sauf si tu te cuite. Moi ce que j’aime avec les filles c’est l’avant et le pendant, pas qu’on s’occupe de mes chaussettes et de mon frichti… »  me dit-il un jour que nous déjeunions dans son pavillon de Nogent et que je le complimentais sur la qualité de sa cuisine et de son Pommard. Parole d’expert, Raymond, sans pour autant être un collectionneur, au temps de sa verdeur ne pouvait vivre sans une jeune femme dans son lit. Dans une boîte à chaussures leurs photos en vrac, qu’il me tendait une à une, en mettant toujours dessus, un prénom, le lieu de leur rencontre, le temps qu’ils avaient passé ensemble « Ce n’était pas pour la bagatelle, ça c’est de la mécanique mon garçon, mais pour la douceur de leur peau, leurs odeurs de chattes en chaleur, leurs rondeurs fermes, leurs cuisses ouvertes, leurs pieds glacés et leurs soudaines envies qui te donnent des gaules monstrueuses… C’est pour ça que la vieillesse est un naufrage. T’es condamné au lit froid en solitaire, alors y te reste plus que ce putain de nectar pour te donner du vrai plaisir… » Ses jeunettes il les trouvait dans le ruisseau, des petites putes encore fraîches qui ne demandaient pas mieux que de se retrouver dans la chaleur des bras de ce gros nounours tendre. Nous étions donc en parfaite osmose.

Très vite j’avais mis Raymond au parfum de ma situation. Il n’avait fait aucun commentaire mais simplement lâché « si t’as des emmerdes rapplique ici, on avisera… » Nous étions devenus inséparables, hors du boulot bien sûr, mais une forme de gêne m’empêchait de lui parler de Sylvie. Pour Marie c’était fait depuis notre premier dîner bien arrosé. Raymond, après le dessert, en me servant un marc de Bourgogne, pour une fois m’avait questionné « qu’est-ce qu’un type intelligent et fin comme toi fout dans la police ? Surtout dans ce putain d’atelier plein de ramiers… » Là encore, après mon long récit, il n’avait rien dit se contentant de me confier, sur le coup des trois heures du matin, alors que nous discutions ferme sur l’attitude des cocos en Espagne et au temps du pacte germano-soviétique, « c’est un peu bête de te dire ça mon garçon mais je te comprends et, plus encore, je t’envie. S’aimer comme ça ce n’est pas à la portée des premiers venus. T’as eu beaucoup de chance de vivre un tel amour. C’est beau. Tu vois, dans une vie, la pièce unique y’a que ça qui compte. Tout ce que tu vis maintenant c’est du rab alors t’as bien raison de le foutre à la poubelle. T’es un héros à ta façon et moi, petit gars, j’aime l’héroïsme… » C’est la seule fois où nous nous sommes murgés au point de nous endormir sur nos chaises. Au lever du jour Raymond nous avait fait une bassinée de café noir puis nous étions partis à mobylette rejoindre les berges de la Marne. Le piquant du petit matin achevait de nous remettre d’aplomb
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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 00:09


Ce matin, à la radio, signe d'un temps d'insatisfaits, le présentateur indiquait, en référence à un énième sondage, qu'une majorité de Français souhaitaient recevoir de l'argent comme cadeau de Noël. J'avoue que ça m'attriste. Pourquoi pas un virement automatique le 24 décembre au soir sur le compte de ses enfants. Moi j'en suis resté à l'orange dans les sabots. Offrir c'est chercher à faire plaisir à ceux qu'on aime et peu importe si le présent est modeste l'important c'est l'attention. Alors, comme j'ai toujours envie de vous faire plaisir, chers lecteurs, d'ici la Noël, au fil de ces chroniques je me permettrais de vous faire des suggestions de cadeaux.



Comme vous le savez j'adore les fenêtres ouvertes par le hasard. Cet été, sur le marché aux puces d'Ajaccio, j'ai acheté "Le Jardin des Finzi-Contini" de Giorgio Bassani Gallimard puis, quelques jours plus tard, je suis tombé en arrêt sur la dernière de couverture du journal Libération : L'inoubliée, le portrait de Dominique Sanda.

 

 

Qui se souvient de Dominique Sanda ? Moi, nous avons dîné côte à côte lors d'un festival d'Avoriaz et je dois reconnaître que son portrait ciselé par Anne Diatkine est saisissant de finesse et justesse. Et, c'est là où le hasard est merveilleux, alors que Dominique Sanda, qui vit maintenant en Patagonie, déclare : "Je n'ai pas disparu, ce sont les autres qui ne sont pas où je suis" sa réapparition médiatique était liée à la ressortie du film de Victorrio de Sica le "Jardin des Fizzi-Contini" sur les écrans parisiens. J'ai lu le livre pendant mes vacances et, à mon retour à Paris, je suis allé voir le film où, Dominique Sanda, toute jeune, joue le rôle de Micol, le personnage autour duquel tout se noue. Le roman est envoûtant, tout y est en suspens, insaisissable, énigmatique dans le micocosme de Ferrarre où la majorité des juifs pensent, comme le père du narrateur, que Mussolini est meilleur qu'Hitler. Le film est plus réaliste, plus politique et, si j'ai conseil à vous donner, voyez le film avant de lire le livre.



Pour vous convaincre je vous livre le dernier paragraphe du livre. Je le peux car, comme l'écrit le narrateur, à propos de Micol : "j'ai déjà dit, au début de ce livre, quelle a été sa fin et celles des siens"... 



" Quant à Manalte*, qui avait été rappelé à Milan dès novembre 39(en septembre, il avait vraiment cherché à me joindre par téléphone ; il m'avait même écrit une lettre...), lui non plus, depuis le mois d'août de cette même année, je ne l'ai jamais revu. Pauvre Giampi. Lui, il y croyait - ça oui ! - à l'honnête avenir lombard et communiste qui lui souriat alors que par-delà la nuit de la guerre imminente : un avenir lointain, admettait-il, et pourtant sûr, infaillible. Mais, à la vérité, que sait le coeur ? Quand je pense à lui parti pour le front russe avec le C.S.I.R. * en 41 et qui n'en ai jamais revenu, j'ai toujours présente à l'esprit la façon dont réagissait Micol toutes les fois où, entre une partie de tennis et l'autre, il recommençait à nous "catéchiser". Il parlait de sa voix calme, basse et sonore ; mais Micol, à la différence de moi-même, ne l'écoutait jamais beaucoup. elle ne cessait pas de ricaner, de l'asticoter, de se moquer de lui.



- Mais toi, pour qui es-tu, à la fin ? Pour les fascistes ? lui demanda-t-il un jour, je me le rappelle, en secouant sa grosse tête en sueur : il ne comprenait pas.



Qu'y a-t-il eu entre eux deux ? Rien ? Qui sait !



Il est certain que, comme présageant sa mort prochaine et celle de ses parents, Micol répétait continuellement également à Manalte que son avenir démocratique et social la laissait totalement indifférente, qu'elle abhorrait l'avenir en soi, lui préférant de beaucoup "le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui" et plus encore le passé, le cher, le doux, le charitable passé.
Et comme ce n'étaient là, je le sais, que des mots, les habituels mots trompeurs et désespérés que seul un véritable baiser eût pu l'empêcher de proférer, que justement de ces mots et non d'autres soit scellé ici le peu de chose que le coeur a été capable de se rappeler. "



* Giampi Manalte est un jeune ingénieur communiste qui fréquente le Jardin des Finzi-Contini. Le C.S.I.R. est le premier corps expéditionnaire italien en Russie.

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Et pour compléter votre petit cadeau offrez à votre chéri(e) une place de ciné pour ensemble voir le superbe film italien " Mon frère est fils unique" qui est dans le droit fil des déchirements de l'Italie d'après-guerre.
  

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