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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 00:03

Rémy Poussart : le personnage a une bonne bouille, de la faconde à revendre, truculent, une bonne fourchette, il n’envoie pas dire ce qu’il a envie de dire comme vous allez le constater, voyage en famille dans de modestes conditions, ne roule donc pas des mécaniques, donc à tout pour déplaire à l’establishment bordelais. J’ai dîné en sa compagnie dans un château bordelais pendant la dernière édition de Vinexpo et il m’avait parlé de son guide à paraître. Samedi dernier je l’ai croisé dans les allées du GT de B&D et il m’a remis en mains propres Le Grand Classement des Vins de Bordeaux millésimes 2007.

Poussard-003.JPGLe sieur Poussart ne fait pas dans le genre « dentelles de Calais » ou plutôt « de Bruges » il tape à bras raccourci. Pour lui les classements de Bordeaux sont obsolètes comme si dit-il « puisque l’Uruguay a gagné la première coupe du Monde de football en 1930, restait indéfiniment classé première équipe de football au classement de la FIFA. » Image certes frappante mais tout de même peu convaincante en terme d’approche du sujet. Mais bon, comme notre Rémy veut démontrer que les classements bordelais actuels ne reflètent plus la réalité il les attaque sur leur côté figé pour l’éternité (celui de 1855 bien sûr). Alors il met les 570 « les plus importants » (sic) dans le même panier pour les faire déguster en 72 sessions de dégustation à l’aveugle à 3 moments différents par un jury « composé de professionnels et de grands amateurs : 175 » 41 cavistes-importateurs (dont 1 anonyme), 12 journalistes (dont 8 anonymes), 15 sommeliers-restaurateurs (dont 6 anonymes), 10 œnologues (dont 6 anonymes), 35 œnophiles, 6 professeurs d’œnologie (dont 1 anonyme), 52 vignerons (dont 36 anonymes) et 4 consultants en vin.

  

Il a choisi le millésime 2007 car il estime que « pour pouvoir juger objectivement un vin, ce dernier doit être prêt, la vinification et la mise en bouteille terminée ». Bien sûr notre Poulsard en met un grosse couche sur les « pseudos-journalistes « qui sortent des notes de dégustations pour les primeurs. « Les primeurs, c’est un peu comme les fricadelles en Belgique, tout le monde sait ce qu’il y a dedans, mais personne ne dit rien. »

 

La méthode de dégustation du Grand Jury International des Vins de Rémy Poulsard : « Toutes les bouteilles d’échantillon ont été emballées et numérotées avant d’être dégustées totalement à l’aveugle. Chaque vin a été dégusté à trois reprises et est passé individuellement devant les jurés, un vin à la fois, de façon à ne pas comparer un vin par rapport à un autre er de pouvoir lui trouver ses propres qualités et défauts.

Les 24 séries de 24 vins ont été composées de façon aléatoire sans tenir compte des appellations, des classements et de la notoriété des vins. Ainsi, dans une série, on pouvait avoir par exemple le premier vin de l’appellation Margaux, suivi d’un Bordeaux-Supérieur, d’un Graves, d’un saint Emilion…

Les membres du jury ont disposés de 5 minutes pour rédiger et coter chaque vin (cote mathématique).

Poussard-002.JPGSur la cotation le sieur Poussart qualifie la cotation Parker sur 100 de bidon qui « fait fi de toutes les règles mathématiques, au lieu de multiplier la note sur 50 par 2 pour obtenir une note sur 100, on rajoute 50 points à la note obtenue !!! Ainsi un vin qui obtient 35/50 reçoit non pas 70/100 mais bien 35+50 = 85/100. De ce fait toutes les notes sont gonflées vers le haut, un mauvais vin obtenant 20/50 soit 8/20 obtiendra par ce système 70/100 !!! »

 

Il raille ce monde où tout le monde il est content « le producteur qui reçoit une note surévaluant la qualité de son vin, le consommateur qui peut acheter un vin avec une belle note, le pseudo-journaliste qui reçoit les éloges du producteur, en remerciement de la bonne note donnée il sera certainement encore invité par celui-ci. Dans ce petit monde mesquin où « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil », les copinages et les amitiés sont bien entendu de vigueur.

 

Du côté des dégustateurs Poulsard veut des pros pas « ces médiatiques m’as-tu-vu dont les connaissances frisent souvent le zéro absolu. ». Il regrette seulement que certains dégustateurs se soient dégonflés et ont demandé l’anonymat » 58 sur 175.

 

Petite leçon de déontologie pour finir : « Certains guides, magazines, concours… ont pour seul but d’obtenir un maximum de rentrées financières. Ces derniers n’hésitent pas à vanter les qualités de vins médiocres dans un but uniquement mercantile »

Pour Poussart son Grand Classement des Vins de Bordeaux est « totalement à l’opposé de ce business de bas étages. Aux milliers de producteurs avec lesquels nous collaborons nous ne demandons aucune cotisation. Nous ne leur vendons ni publicité, ni reproduction d’étiquettes et encore moins de médailles ou diplômes bidons ou en chocolat. Nos seules rentrées financières proviennent de publicités vendues à de partenaires qui ne produisent pas de vin ainsi que de la vente de notre guide. »

 

Bon comme le Rémy Poussart souligne en conclusion  que son « intégrité ne plaît pas bien évidemment pas au petit monde mesquin et sournois de la presse du vin, une confédération lamentable où les coups bas, les dénigrements et les copinages font loi ! » il ne faut pas qu’il s’attende a beaucoup de papier élogieux ou dithyrambique dans cette presse.

 

Moi si je le fais c’est que le Rémy Poussart il l’a fait son guide fourre-tout, il est allé jusqu’au bout de son projet, avec ses propres moyens, sa méthode qui n’est pas dépourvue de biais (chaque vin n’est coté que par 20 dégustateurs dans des compositions différentes ce qui rend les résultats non homogènes) et d’une certaine forme de coupage de cheveux en quatre dont le consommateur ne tire que peu de profit (voir les remarques ci-dessous). Traiter son travail par le mépris ou avec notre condescendance habituelle à l’égard de nos voisins belges qui, que ça nous plaise ou non sont de bien meilleurs connaisseurs en vins que nous, ne relève pas d’un bon travail d’information.

 

Je ne sais si le Grand Classement des Vins de Bordeaux millésime 2007 sera un succès et quel sera le devenir de l’entreprise de Rémy Poussart mais, hormis mon peu de goût pour les entreprises de classement basée sur des notations, je ne vois pas au nom de quoi il faudrait l’ostraciser. Tous vos commentaires ou questions sont les bienvenus.

 

-         570 vins classés sur la base d’une notation sur 1000

-         Le premier est noté 17,9/20

-         Les 5 premiers ont plus de 17/20

-         De 17 à 16/20 : du 6ième au 55ième

-         De 16 à 15/20 : du 56ième au 153ième

-         De 15 à 14/20 : du 154ième au 336ième

-         De 14 à 13/20 : 337ième au 503ième

-         De 13 à 12/20 : du 504ième au 560ième

-         De 12 à 11/20 : du  561ième au 568ième

-         De 11 à 10/20 : deux vins.

 

Remarque : la notation est généreuse et resserrée 17/20>50% des vins>14/20

 

-         Top 10 : (1) Beau-Séjour Bécot (St Emilion) ; (2) Léoville-Barton (St Julien) ; (3) Léoville Las Cases (St Julien) ; (4) Pétrus (Pomerol) ; (5) Patache d’Aux (Médoc) ; (6) La Perrière (Lussac st Emilion) ; (7) Grand-Pontet (St Emilion Grand Cru) ; (8) La Croix (Pomerol) ; (9) Faugères (St Emilion Grand Cru) ; (10) d’Escurac (Médoc).

 

-         La cote des stars : Latour (Pauillac) n°11, Haut-Brion (Pessac-Leognan) n°16, Palmer (Margaux) n°65, Mouton-Rothschild (Pauillac) n°68, Lafite-Rothschild (Pauillac) n°69, Cos d’Estournel (St Estèphe) n°70, Sociando-Mallet (Haut-Médoc) n°80, Cheval Blanc (St Emilion 1ier Grand cru classé) n°81, Pontet-Canet (Pauillac) n°91, Château Pavie (St Emilion 1ier Grand cru classé) n°109, Clos Fourtet (St Emilion 1ier Grand cru classé) n°111, Smith Haut Lafitte (Pessac-Léognan) n°119, L’Evangile (Pomerol) n°139, Ausone (St Emilion 1ier Grand cru classé) n°151, Margaux (Margaux) n°166, Angélus (St Emilion 1ier Grand cru classé) n°202, Pape Clément (Graves) n°266, Pichon Longueville Comtesse de Lalande (Pauillac) n°344…

 

-         Un second devant le premier : Pavillon Rouge du Château Margaux n°31.

 

-         Le Vray Croix de Gay n°12 est bien entouré : Château Latour en n°11 et Boyd Cantenac en n°13, Léoville Poyferré en n°14, Lascombes en n°15, Haut Brion n°16, Pichon Baron en n°17, mazette !

 

-         Les Vins de Jean-Luc Thunevin beau tir groupé : Valandraud (St Emilion Grand Cru) n°28, Domaine des Sabines (Lalande de Pomerol) n°61, Château Bellevue de Taillac (Margaux) n°100, Virginie de Valandraud (St Emilion Grand cru) n°117, 3 de Valandraud (St Emilion Grand cru) n°120, Clos Badon (St Emilion Grand cru) n°122, Le Clos Beau-Père (Pomerol) n°136, Bad Boy (Vin de France) n°225, Virginie (Bordeaux) n°476. (note moyenne 15,1/20)

 

-         Les Vins de www.chateauxcastel  : Château Campet (1ière Côtes de Bordeaux) n°134 ; Château Ferrande (Graves) n°178 ; Château d’Arcins (cru Bourgeois Haut-Médoc) n°220 ; Château Malbec (Bordeaux) n°301 ; Château du Lort (Bordeaux)  n°410 ; Château Tour Prignac (Médoc) n°426 ; Château Barreyres (Haut-Médoc cru bourgeois) n°493 ; Château Latour Camblanes (1ières Côtes de Bordeaux) n°495 ; Château De Goëlane (Bordeaux Supérieur) n°537 ; Château Mirefleurs (Bordeaux supérieur) n°560. (note moyenne 13,6/20)

 

-         Les vins www.moueix.com : Pétrus n°4, Château Magdelaine (St Emilion 1ier Grand cru Classé) N°36, Château Latour à Pomerol n°99, Château Bel Air (St Emilion 1ier Grand cru Classé) n°152, Château La Fleur-Pétrus n°271, Château Hosanna n°451, Château Lagrange n°486, Château Trotanoy n°500. (note moyenne 14,75/20)

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 00:09

Ma fréquentation assidue des lignes AF en direction du  Sud-Ouest me permet d’effectuer pendant les vols des revues de presse complètes. Ainsi la semaine passée j’ai pu goûter la chronique hebdomadaire de Jean-Francis Pécresse « Sur la route » consacrée au vin. Ça tombait bien puisque j’allais à Bordeaux mais pour m’occuper du devenir de producteurs de lait. Jean-Francis, lui, faisait plus fort que moi puisque le titre de sa chronique s’intitulait Le Chemin Pomerol 2009. Bref, je cesse de tourner autour du pot comme Perrette et, si vous me permettez l’expression, j’en viens à ce qui m’amène aujourd’hui.

20110517084443chemin10.jpg

Acte 1 : En novembre, lors de la dégustation du syndicat de Pomerol qui vous avait valu une chronique douce-amère : Qu’ils sont tristes Denise au temps des feuilles mortes : de l’art de la dégustation bonnet de nuit un lundi ! link j’avais noté sur mes tablettes celui de François Despagne plus connu du côté de Saint-Emilion avec son Grand Corbin Despagne. Comme je ponds déjà beaucoup et que je répugne à vous livrer mes commentaires de dégustation, je ne vous ai rien livré.

 

Acte 2 : Quand je lus, dans l’Airbus A 300 quelque  chose de notre compagnie nationale membre de l’alliance Skyteam de nouveau présidée par Jean-Cyril Spinetta (ça c’est pour montrer à Jean-Francis que je suis un bon lecteur des Echos) je me suis dit dans ma petite Ford intérieure : « Bien t’en a pris puisque Jean-Francis à fait le boulot à ma place et c’est de la belle ouvrage… »

 

Acte 3 : Samedi en fin d’après-midi, au retour de Bordeaux donc, je croise à quelques encablures de la pyramide de Pei Jean-Francis de chemise blanche vêtu. Salutations d’usage et je lui déclare tout de go ma flamme pour sa chronique Pomerolaise. Emporté par mon élan je lui fais une proposition malhonnête : reproduire sa chronique dans ma crèmerie.

Tope-là, Jean-Francis me cède ses droits et je peux donc vous faire lire sa chronique publiée dans les Echos Week-End vendredi 2 samedi 3 décembre 2011. Je le remercie très amicalement en lui précisant bien sûr que j’ai lu dans le même numéro sous la rubrique Idées son éditorial « Un autre rupture » mais là bien sûr c’est un autre chemin…

 

« Un mot Janus, à double face, à double fond, à double vie, un mot pauvre  de signification propre mais riche de sens figurés, aussi profond qu’il peut être plat, aussi intime qu’il est impersonnel : « chemin ». C’est toute cette complexité cachée qu’a voulu suggérer François Despagne, personnage inspirant de cette génération de viticulteurs inspirés dont e regard porte bien au-delà du dernier rang de vigne, lorsqu’il a baptisé l’hectare de merlots de Pomerol hérité en 2009, dont les voisins immédiats, Rouget et Clos de l’Eglise, disent la qualité mieux que tout qualificatif. Il y a plusieurs entrées de ce chemin, la plus visible étant l’allégorie de la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, passant au pied des vignes.

Emprunter des chemins sans jamais les posséder, des voies toujours plus sinueuses qu’on ne les rêve dans l’enfance de l’art, voilà aussi une image du destin des vignerons, consciences en perpétuelle quête de perfection.

 

Ce chemin-là, enfin, c’est, dans une interprétation très personnelle, celui par lequel une vie d’amour du bon vin a commencé, et par où, certainement, elle finira : Pomerol, dont François Despagne, pourtant venu de Saint Emilion (Grand Corbin Despagne), dit si bien qu’il s’y conçoit « le plus consensuel des vins ». Un vin de force et de grâce, reconnaissable à la forme quasi bourguignonne de ses tanins et à ses notes anisées, dont ce Chemin 2009 serait un emblème moderne. »  Francois-Despagne-Wine-Maker.JPG

Jean-Francis Pécresse.

 

Petite notice complémentaire : « encépagé à 100 % en merlot, cultivé en bio avec certification Agrocert, Le Chemin a donné un petit rendement de 35 hl/ha ce qui représentera environ 3600 bouteilles en tout. Vendangé très vite, le 25 septembre, parfaitement mûr, vinifié avec tout le talent de François Despagne, écoulé en 100 % bois neuf à chauffe douce, ce Pomerol va faire causer dans les chaumières ! 

17,50- Très joli nez de fruits rouges et d’épices, note tendre de vanille du bois neuf très légère, il offre un bouche fine, élégante, avec beaucoup d’éclat, de pureté comme nombre de vins bio. Avec un degré raisonnable de 12,5°, il est savoureux, gourmand dès l’attaque, et garde jusqu’à la finale cette séduction, sans aucune lourdeur, avec beaucoup de fraîcheur et de finesse. » www.lalettredejeanchristophe.com/   

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 14:41

J’adore cette expression popularisée par le grand Pierre Albaladejo lorsqu’il commentait avec Roger Couderc les matches du Tournoi des 5 Nations à la télévision. Il l’a même choisie pour titre d’un livre de souvenirs. Dans le contexte d’un match de rugby ça signifiait que l’espoir avait changé de camp. De plus cette expression colle bien à ce que j’ai coutume de dire, pour tempérer les ardeurs de mes amis blogueurs qui s’estiment influents, nous ne sommes que de minuscules chiures de mouches sur l’immensité de la Toile.

Albaladejo.jpegPoursuivant dans la veine de ces infâmes petites bestioles qui importunaient les grands bœufs blancs tachés de roux de mon pépé Louis (la queue joue un rôle essentiel dans la chasse aux mouches)  je ne puis m’empêcher d’évoquer un vieux dicton paysan du 30 novembre Sen(t) Andreu que tira las moscas deu pushiu  « Saint André chasse définitivement les mouches» à propos de notre duo de charme, genre « chauffeurs » de grand chemin du Moyen Age : j’ai cité les incomparables et inséparables Jay Miller et Pancho Campo.

 

Novembre sale temps pour les mouches !

 

Les deux larrons, sûrs et dominateurs, en diverses langues étrangères, nous ont traités nous les petits blogueurs, de minus, de chroniqueurs de seconde zone, et autres appellations plaisantes. Pourtant nous avons pris des gants pour manier leur matière pas toujours ragoutante et nous nous sommes contentés de poser des questions sur la base de ce que nous avions sous notre nez. Nous eûmes droit aux menaces d’huissier et à des explications alambiquées de l’auteur d’un e-mail explicite. Circulez braves gens y’a rien à voir mais beaucoup à palper !

 

En tant qu’hébergeur des écrits de Vincent Pousson j’estime n’avoir fait que mon devoir de taulier d’un espace de liberté et je n’en tire aucune gloire. Simplement je signale aux railleurs, aux sceptiques, aux aquoibonistes, que la Toile permet de passer au-dessus des verrous ordinaires, d’écrire ce que d’autres n’osent pas écrire, de mettre certains face à leurs manières de faire contestables. Pour autant, nous ne sommes ni procureur, ni juge, nous ne sommes pas des redresseurs de torts mais des citoyens qui vivent dans un Etat de Droit et qui entendent exercer leur droit à la parole.

 

Donc ce matin « Les Mouches ont changés d’âne » et notre cher Pousson, toujours sur le pont, vigie en de ça des Pyrénées nous informait : « C'est évidemment la conséquence du Jumillagate : Jay Miller, placé au centre de cette affaire par Pancho Campo MW a été contraint cette nuit de démissionner du Wine Advocate: link

En revanche, comme dirait David Cobbold, on attend toujours la réaction de l'IMW concernant son membre chilien… »  

visparker.jpgEn conclusion j’ai convoqué Michel Polnareff, non pour nous montrer son cul, mais pour nous chanter : La Mouche et « avec le bonjour des « blogueros de medio pelo… »

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 00:09

dejeuners-002.JPG

 

Peu d’hommes en notre monde de paraître ont le privilège d’être doté d’une élégance naturelle faite de grande simplicité souriante, avenante, d’intelligence vive, en alerte, attentive, rien chez eux n’est apprêté, convenu, ostentatoire, ils sont tels qu’en eux-mêmes prêt à écouter, à comprendre, à rechercher, auprès de ceux qui ont la chance de les croiser, le meilleur. Lorsque j’arrive au Macéo, Paul Draper est assis, tranquille, l’œil pétillant, il converse avec un journaliste, sa poignée de mains est ferme, directe et je me dis que cet homme va me faire passer une belle paire d’heures de qualité. Je vais écouter, l’écouter. M’instruire. Voyez-vous, paradoxalement, c’est tout à la fois reposant et excitant. J’aime beaucoup le temps de la table lorsqu’il s’ordonnance autour d’une conversation entre hommes de bonne volonté, car alors tout coule de source, sans effort, on se nourrit l’âme et le corps en harmonie. Par surcroît lorsque les vins sont d’authentiques merveilles le temps s’écoule en une forme de douce volupté.

 

Comme vous vous en doutez Paul Draper m’a séduit sans avoir déployé une seule arme de séduction massive. Paul, j’ai envie de l’appeler par son prénom, s’exprime aussi bien en anglais qu’en français avec un naturel déconcertant. Grâce à ma longue expérience des tables officielles j’ai développé une forte acuité auditive qui me permet de suivre une conversation tout en entretenant une autre avec mes voisins. Je me suis donc beaucoup imprégné de ce que Paul a échangé avec Michel. Ma petite pelote culturelle s’est enrichie. Il n’y a pas d’âge pour apprendre mais, pour autant,  je ne vais pas vous faire accroire qu’après ce bref moment passé avec Paul je sois en mesure de vous restituer la substantifique moelle des nectars qui se sont succédés. 

  dejeuners-005.JPG

 

D’autres que moi, bien plus qualifiés et cultivés, pourront vous décrire la genèse et le potentiel des merveilleux vins, tout en finesse et complexité, que nous avons dégustés. Ce que je peux vous restituer, parce que c’est ce que je sais le mieux faire, c’est la pâte humaine de Paul. Homme curieux, homme qui cherche, homme qui lit, homme qui se confronte. Dans les années 60 il s’imprègne de la culture italienne en roulant à moto dans la campagne italienne sur une moto, apprentissage de la culture, la cuisine locale et du vin. Après sa libération par l'armée, il passe du côté de la Sorbonne, étudie la cuisine française et la nutrition. Diplômé  de philosophie à Stanford, Paul n’est pas œnologue, il s’est construit autour de l’expérience des hommes et de leur pratique : en 1968, il est à Bordeaux et c’est dans les chais du Château Latour qu’il puise son savoir-faire.

 ridge_geyserville006.jpg

 

Paul est aussi de ceux qui savent aller au bout de leurs intuitions. Ainsi avec le Zinfandel, aussi décrié en Californie que le carignan dans le Midi, il en a senti tout le potentiel si les vignobles étaient implantés dans les bons terroirs et cultivés avec des petits rendements. Paul, fort de son expérience européenne a su dénicher de « vieilles vignes » du début du XXe siècle qui répondaient à ses recherches de petits rendements pour tirer la quintessence de ce cépage décrié. Dans les assemblages de Paul et de son équipe le Zinfandel est toujours accompagné de Petite Syrah (autour de 20%) et de Carignan (4 à 6%)

 

ridge_60yo_cabernet.jpg 

Reste enfin la philosophie tranquille de Paul : «  récolter des raisins avec la plus grande intensité aromatique et en tirer le plus naturellement possible les aromes. Paul est le vivant exemple d’une viticulture et d’une vinification qui se veut et se vit au plus près de la nature sans en faire une religion. Paul fait des vins d’une grande complexité car il laisse aux raisins leur expression naturelle, leur richesse. Il n’utilise que les levures indigènes pour la fermentation. « Pour obtenir les nuances amenant la complexité, les raisins et le vin sont accompagnés en douceur. Comme pour l’éducation d’un enfant, il n’y a aucune recette, seulement de l’attention et de la sensibilité. » J’adhère d’autant plus facilement à cette philosophie sereine que j’ai écrit la même chose à propos de la démarche de Claire Naudin.

Merci Paul pour ce merveilleux moment passé en ta compagnie et celle de tes grands vins. Pour ceux qui seraient intéressés ils sont disponibles chez Vins du Monde www.vinsdumonde.com

Ridge-1.jpg

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 07:00

Mon escapade New-Yorkaise, me donna l'occasion de me remettre au bon niveau de l’exercice de mon ancien job de fouilleur de merde. L’irruption de la Toile, de la messagerie électronique, des Smartphones, des tablettes, permettait de pister, de géolocaliser, de piéger, d’écouter ou de lire en temps réel n’importe quel pékin. Toutes ces puces qui trainaient dans les poches de n’importe qui, comme dans celles des puissants, absorbaient une chiée d’infos qu’il était très facile de décrypter. Tout allait vite, très vite, très très vite et tenter de fuir, d’effacer les traces de ses actes, de ses paroles, de ses écrits, pour les gus pris dans les mailles du filet électronique, amplifiait leur enserrement et leur incapacité à tenir une ligne de défense. Plus personne n’était à l’abri, le privé, le secret-défense, n’existaient plus ou presque, comme l’avait bien montré WikiLeaks, alors, plus encore que de mon temps, tout s’infiltrait, tout se manipulait, on fabriquait de la réalité avec du vrai, du virtuel avec du réel et inversement. En clair, les hommes de l’ombre étaient devenus les rois du monde, eux seuls sont encore en capacité de démêler le vrai du faux même si eux-mêmes peuvaient se faire piéger et manipuler. Après la chute du mur, la fin de la guerre froide qui avait plongé les services dans l’affliction et la désolation en leur ôtant leur quasi-raison d’être, la reconversion dans le biseness des turpitudes des grands ou supposés tels relevait du boom. La vieille tapette d’Hoover n’était qu’un enfant de chœur vicelard à côté des petits génies que je venais de voir à l’œuvre. Il n’y avait plus de complot ni de comploteurs mais un système que plus personne ne contrôlait, surtout pas les politiques.

 

Après ce temps fort me remettre à écrire, les pieds dans mes pantoufles, c’était comme si on sevrait brutalement un accro. N’ayant plus ma dose d’adrénaline je ne tenais pas en place. Jasmine, qui s’arrondissait chaque jour, me mit notre Matthias entre les jambes dès qu’elle me voyait tourner en rond comme un fauve dans une cage. Thérapie garantie, le petit brulait l’énergie que j’avais à revendre et me tirait vers des jeux ou des dialogues qui me permettaient de lui raconter des histoires. En fait, je ne lui racontais pas des histoires mais une histoire, toujours la même, une histoire qui n’avait ni début ni fin mais que j’emboitais sans peine en le mettant en scène. C’était l’histoire d’un petit garçon qui montait dans un train. Chaque jour Matthias grimpait dans un train et nous voyagions de concert. Avec lui je renouais des fils. Il m’écoutait ravi sans comprendre goutte à ce je lui racontais sauf que je prenais soin de faire rebondir mes histoires avec son bestiaire favori où les ours occupaient une place de choix. Avec lui je revisitais Berlin, Santiago, Paris, l’Ile d’Yeu… mes fantômes... mes phantasmes... je brodais. Le petit me poussait à une forme de surenchère car, comme je me prenais au jeu, mon récit montait, descendait, petit chariot de montagnes russes, filait hors de moi sans aucune préméditation. Même si ça peut vous paraître étrange Matthias devint mon confident.

 

C’est avec Matthias que je découvris chez un vieux libraire, qui se tenait assis derrière un étrange bureau de notaire, le livre de Mario Calabresi : Sortir de la nuit une histoire des années de plomb. Mario Calabresi est le fils du commissaire Luigi Calabresi qui avait participé à l’enquête sur l’attentat de la Piazza Fontana le 12 décembre 1969 à Milan. Cet attentat à la bombe devant la Banca Nazionale dell Agricoltora, qui a fait 17 morts et 88 blessés, marqua le début des années de plomb, guerre intérieure, véritable terrorisme urbain. Pendant son enquête, un drame se produisit : Giuseppe Pinelli, membre d’un groupuscule anarchiste est arrêté. Il meurt en tombant de la fenêtre du bureau du commissaire pendant les interrogatoires. La presse d’extrême-gauche le désigne comme l’assassin de Pinelli. En dépit des enquêtes qui l’innocentèrent, il est traqué. Sa famille et lui vivent un cauchemar. Le 17 mai 1972, alors qu’il sort de chez lui, il est tué de deux coups de pistolet, un dans le dos et un à la nuque. Il était marié à Gemma Capra, qui avait alors vingt-cinq ans et était enceinte de leur troisième enfant. Ce livre empreint de douleur toujours vive mais d’une grande sobriété m’a bouleversé et dès que je l’ai refermé je me suis remis à écrire. Le seul fait nouveau c’était que maintenant Matthias, assis dans sa chaise haute, me contemplait en suçant son pouce avec sa peluche serrée sur sa poitrine..

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 00:09

« Hey Joe est une chanson américaine populaire des années 1960 qui est devenue un standard du rock, notamment après sa reprise par Jimi Hendrix. Généralement créditée à Billy Roberts1, son auteur original est inconnu. Elle raconte l'histoire d'un homme qui fuit après avoir tiré sur sa femme. » Wikipédia.

.

Hey Joe,

uh, where you goin' with that gun in your hand?

Hey Joe,

I said where you goin' with that gun in your hand? Alright

 

I'm goin' down to shot my old lady

you know, I caught her messin' around with another man, yeah

I'm goin' down to shot my old lady

you know I caught her messin' around with another man,

Huh, and that ain't too cool

 

Uh, Hey Joe

I heard you shot your woman down, you shot her down, now

H-hey Joe

I said I heard you shot your old lady down,

you shot her down to the ground,... yeah

 

Yes I did, I shot her

You know I caught her messin' round, messin' round town

Uh-yes I did, I shot her

You know, I caught my old lady messin' around town

And I gave her the gun,

I SHOT HER!

 

Woo

Ah...Hey Joe, alright

Shot her one more time again, baby

 

yeah Ah, dig it

Ah Ah, ... Ooo, alright

 

Hey Joe, said now

uh-where you gonna run to now?

Where you gonna run to? Hey Joe, I said

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 00:09

Miller.jpgÀ ce moment précis, je pense au voisin du Priorat, je crois l’entendre chanter. “Segur que tomba, tomba, tomba, Ben corcada deu ser ja…”. Je pense à cette chapelle de rien perchée au-dessus de Porrera, son village de cœur, là où il est parti replanter la vigne de ses ancêtres, conquérant de la mémoire perdue, gonflé d’un orgueil de sang et d’or. “Sûr qu'il tombe, tombe, tombe, Et nous pourrons nous délivrer”.

Je pense à cet autre vigneron venu du trou du cul du monde, “d’un canton oublié de ses habitants eux-mêmes”, de ce bout de Galice dont l’accent chuinte déjà le Portugais. Je pense à lui, la semaine dernière à Monvinic, parlant les yeux humides de ses vins d’albarello “qui ne sont pas sublimes” mais qui racontent sa terre et sa mère, ses vins pour lesquels il a soigneusement évité d’écouter les conseils avisés des “Maîtres” qui projetaient sûrement de les faire mourir dans des cercueils de chêne.

 

Je pense aussi à la cheminée du Dj chartreux de Gratallops, aux seigneurs de Jerez riches d’une grâce exotique, à la Señorita López de Heredia dont les blancs sont un mystère classique, au pirate médoquin de Cadaquès qui veut bouter l’Américain hors de la péninsule, à César qui fait marcher le vin au pas, au “flayingue ouayeneméqueure” qui évangélise, à Pep le Catalan à l’envers, aux coupeurs andalous dont le travail, humble mais exact, vaut tellement plus que le mépris qu’on leur donne, à Sergi, à Raül, à El Cuñado et à Isabelle qui sait tant, à Marc, Sara, Flequi et Malena, à Josep qui ne s’impatiente jamais, à Ramiro, au Catalan bourguignon, à l’Escocés volante et même à la jolie petite Presen, si appliquée.

 

Si je pense à tous ces gens qui sont chacun un petit morceau du vin d’Espagne, à eux et à tant d’autres, c’est parce qu’à ce moment précis, par-delà leurs différences et leurs contradictions, ils ne méritent pas ça. Ils ne méritent pas cette sale histoire, ce Watergate du vin sur lequel nous avons commencé il y a un mois, ici même, à lever le voile.

 

Pour ceux – rares semble-t-il – qui auraient raté les épisodes précédents, de quoi s’agit-il? Nous est tombé du Ciel (la majuscule est importante car il ne s’agit pas là d’une Espagne dévergondée qui ne croit plus en rien…) un email expédié le 4 octobre 2011 (19h39) à 75 adresses (parfois redondantes) d’entreprises vinicoles de la région de Jumilla, Yecla, Murcia et Cie. Ainsi débuta, sur le blog du père Berthomeau, le Jumillagate, fondé sur la première preuve écrite d’un système soupçonné mais jamais avéré link.

 

Évidemment, les sourcilleux diront que nous avons, que j’ai commis l’erreur, moi, Vincent Pousson, de pousser ce respectable haut commis de l’État jouissant d’une vue imprenable sur le monde agricole qu’est le Taulier à divulguer ce courrier (“privé”, a-t-on dit dans un premier temps, puis, ont-ils dit, se ravisant,  “falsifié”…) qui, avec une certaine fraîcheur, tarifait clairement les (éventuelles) amours à géométrie variable de l’envoyé très spécial d’un grand Guide (là, la majuscule pose problème) américain et surtout de son lazarillo chilien, miraculeusement porté au firmament de l’érudition pinardière par une institution londonienne qui récemment en perdit la voix.

 

Las, une Éminence du Vin d’Espagne (trois majuscules méritées), Victor de la Serna, a confirmé que nous ne souffrions pas de problèmes ophtalmologiques et que les documents que nous avions en main n’étaient en aucun cas des vues de l’esprit — qualité, l’esprit, visiblement épargnée aux protagonistes de cette farce. Versant nord des Pyrénées, Michel Bettane s’est même permis de délaisser une langue qu’il fréquente si bien pour qualifier en anglais “d’idiots” ceux qui payaient pour être jugés tout en portant un regard intrigué sur un autre envoyé spécial du Guide mais en évitant en revanche d’utiliser un épithète pour le Guide lui-même link.

 

Donc, par malheur, les embarras se sont enchaînés. Ce que l’on tenta de mettre sur le compte de propos d’après-boire, de franchouillardises revanchardes, de rumeurs colportées par des fantômes du Web, des trolls, prenait du corps — un peu comme ces vins élégants mais faussement “fluets ”dont les rustres, comme dirait Monsieur le père d’Alix de M,  ne perçoivent pas nécessairement la dimension au premier abord. Oui, pour en revenir à ce dossier pourri, d’après les informations patiemment collectées, recoupées par l’opiniâtre Jim Budd, éminent membre du Club des 5 link , les nouveaux accès des bodegueros de la Péninsule Ibérique au grand Guide seraient mis en coupe réglée par le julot sud-américain, qui, à en croire la chronique, lui non plus n’a pas changé

Jim, le bulldog à chemises fleuries, comme nous plus amoureux du vin que de l’argent mais soucieux de l’avenir des gens qui le produisent, épaulé par le correspondant d’Associated Press, Harold Heckle, vient même d’en remettre un couche, qui prouverait, par des retranscriptions circonstanciées d’échanges épistolaires, l’existence d’un système généralisé de pay-to-play en Espagne, enfin plutôt de pay-for-Jay ou no-pay-no-Jay link. Tout cela, avec moult détails, est parfaitement récapitulé par Hervé Lalau, autre membre des 5 du vin link.

 


Alors, depuis hier, (et d’autant mieux que c’est écrit en anglais), la machine s’emballe à nouveau, les langues se délient, le mundillo du vin bouillonne. Un excellent wine writer britannique y voit même l’aboutissement d’une tragédie grecque link . Tragédie, bof… Pour tout vous dire, nous, en France (et pas qu’en France!), les déboires du Guide, on s’en tape un peu. Certes, je l’avoue, un gros ouvrage bordeaux portant le nom d’une célèbre vis (merci, cher François de L…) a un temps encombré les rayons de ma bibliothèque. C’était il y a si longtemps, à une époque où même Bernard Tapie se prenait pour un crooner!  Ce pavé, compagnon boutonneux de nos premiers émois vinicoles, adolescents et acnéiques, nous fit croire quelques années que nous étions plus finauds que nos pères; que voulez-vous,  c’était l’âge tendre, ne comprenant pas grand-chose au vin, nous crûmes voir la lumière. 

guide parker bordeaux 

Puis, chemin faisant, les uns après les autres, nous nous rendîmes compte qu’en matière de vin comme ailleurs, il fallait apprendre à penser par soi-même. Heureuse découverte qui tout en nous faisant faire des économies nous a permis de détourner nos bouches des épuisantes “pipes à Pinocchio” et autres pâtes de fruits glycérinées à l'américaine, bref, de la mode des années 80. Plus de Bible, plus de Guide, nous nous jetâmes dans le grand bain, ne mesurant plus notre plaisir à l’aide d’un pied à coulisse, fût-il gradué de 0 à 100. Non pas que la critique vineuse soit sans intérêt (cette fois-ci, je prends garde à ne pas jeter le bébé et l’eau du bain, sinon David Cobbold va à nouveau me tomber dessus comme la vérole sur le bas-clergé), mais le diktat du “bon goût”, le culte d’une prétendue perfection finissent toujours par sombrer dans l’ennui. C’est l’artificialité du système de notation, pseudo-scientifique, qui confine au ridicule: vous, vous donnez quelle note, sur 100, à Mozart, Paganini, Bach, Satie ou Malher? À Picasso, Michel-Ange, Dürer, Velázquez, Goya ou Soulages? Ou aux femmes que vous avez aimé, histoire de nous vautrer nous aussi dans la vulgarité qu’a induite cette échelle de mesure factice?

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Donc, désolé, nous n’avons aucun compte à régler avec le Guide; ses recommandations bodybuildées, concentrées (qui nous semblent aujourd’hui aussi vintage que les pattes d’éph’ de Mike Brant), furent notre laborieuse Méthode Rose du rouge, comme elle le sont encore un peu parfois pour tous ceux, innocents ou paresseux, qui pensent faire leurs premiers pas dans le vin en y entrant par la grande porte. Par bonheur, nous avons couru et laissé depuis bien longtemps ce vieux Monde derrière nous.

 

“Segur que tomba, tomba, tomba, Ben corcada deu ser ja…”

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 16:00

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Votre taulier s’efforce toujours d’être là où vous ne l’attendez pas. Ce soir il vous propose de visionner une vidéo (12mn) link fort instructive de la remise du Prix La Fondation Bettencourt Schueller pour l’Intelligence de la Main 2011

 

Je trouve cette appellation d’une grande beauté et vous savez que je suis profondément attaché à ce que fait la main


Créé en 1999, le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main récompense, chaque année, l’excellence des professionnels des métiers d’art alliant parfaite maitrise d’un savoir-faire, innovation et recherche esthétique.


Un Prix : deux récompenses


Talents d’exception est destiné à récompenser la réalisation d’une œuvre d’une qualité esthétique incontestable résultant d’une parfaite maîtrise des techniques et savoir-faire d’un métier d’art.

 

Dotation : 50 000 euros.

 

Dialogues met en lumière le travail des artisans d’art en collaboration avec d’autres univers de la création : design, architecture, arts plastiques, décoration...

 

Dotation : 50 000 euros, répartis à parts égales entre l’artisan d’art et le créateur qui l’accompagne.

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Appel à candidature : modalités

 

Le dossier de candidature et le règlement du Prix sont à télécharger sur le site Internet : www.intelligencedelamain.com  ou vous pouvez contacter la Fondation Bettencourt Schueller, au service Mécénat Culturel culture@fondationbs.org .

 

La date limite de réception des dossiers est le lundi 26 mars 2012 à minuit.

 

Et si les gens des métiers du vin se mettaient sur les rangs ?

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 00:09

dejeuners-012.JPGCertains, je n’en doute pas, vont affirmer que c’est toujours le cas mais peu me chaut car je n’ai jamais tenté de me parer de plumes de paon pour m’assimiler à ceux qui s’autoproclament dégustateurs patentés. En effet, issu d’un terroir vendéen plus propice aux choux fourragers qu’aux vignes noblement encépagées je n’ai connu dans mes jeunes années que des jus de basses extractions. Bien sûr avec le frère Bécot link ,  grand défenseur de la royauté et des hybrides, j’ai été initié à la vigne et au vin mais ça n’a pas fait naître en moi une vocation de vigneron. Les bons frères du bienheureux Louis Grignon de Montfort me destinaient à des fonctions aux étages dit élevés.


Buveur roturier, dans une Vendée vivant encore sous la férule d’une noblesse terrienne, je n’avais accès les jours de fête qu’au modeste vin bouché de mon père.  Une fois monté à Paris j’ai découvert les grands vins grâce à la Compagnie des Courtiers-Jurés piqueurs de vin. En effet, le hasard de mon début de carrière m’a fait entrer en 1978 à l’Office du Vin de Table, où régnaient sans partage les derniers chefs du Midi Viticole. Une fois par an, à la Grande Cascade, la Compagnie organisait un grand déjeuner où se pressaient le gotha du Vin et, même si j’occupais à l’Office qu’un strapontin, j’y étais convié. En ce temps-là, même ça peut vous paraître cul la praline, il existait une réelle communauté d’intérêt, au sens noble du terme, entre les professionnels du vin et ceux qu’aujourd’hui on nomme avec dédain : les fonctionnaires. Le monde du vin, des vins, vivait  en ce temps-là à part de celui de l’agriculture, en tirait une certaine fierté partagée par ceux chargés de faire respecter les règles du jeu.


C’est donc lors de ce déjeuner annuel de la Compagnie des Courtiers-Jurés piqueurs de vin que j’ai pu avoir accès aux grands breuvages. Par la suite, tout au long de ma carrière, je suis resté fidèle, par reconnaissance, à ce rendez-vous-même si la gente féminine y a toujours été très sous-représentée. Le monde du vin ne dérogeait pas à la règle, la Compagnie avait son petit côté club anglais, mais la présence de Dominique Filhol, l’encyclopédie vivante de la réglementation, permettait à ces messieurs de croire qu’ils étaient féministes. Lors du dernier déjeuner, par bonheur, l’assemblée fut illuminée par le beau sourire de Myriam Huet dont les compétences et l’amour du vin ne sont pas à démontrer.

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Quelques points d’histoire sur cette Compagnie qui a près de sept siècles d’existence puisqu’elle a été fondée par Charles IV en 1322. Le pouvoir royal s’est toujours préoccupé de l’approvisionnement en vin de Paris et du contrôle de son commerce. Les jurés Crieurs de vin annonçaient dans les rues de Paris l’arrivée des bateaux chargés de barriques de vin sur les berges de la Seine, en Place de Grève, et le début de la vente. Ils veillaient à la solvabilité des acheteurs, examinaient la conformité du jaugeage des tonneaux, enregistraient les prix, et contrôlaient la qualité. La reconnaissance royale se confirmera au fil du temps et « Charles VI et Louis XIII se disaient volontiers « premiers membres de la Compagnie ». Les Courtiers portaient l’épée, privilège de la noblesse.

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Le nom de la Compagnie évoluera au fil du temps mais le terme de « Piqueurs de Vins » m’a toujours fasciné. Cette appellation mérite qu’on s’y arrête : « lorsque les barriques étaient déchargées Place de Grève (en contrebas de l’actuel Hôtel de Ville) elles étaient stockées les unes sur les autres. Leurs bondes, par ailleurs cachetées étaient difficilement accessibles. Aussi, pour goûter le contenu des barriques fallait-il les « piquer », percer un petit trou dans la partie plane des fûts au moyen d’une pointe ou vrille d’acier appelé « coup de poing ». Ensuite, on s’aidait d’un autre outil appelé « asse » ou  « assette de rabattage », marteau d’un côté, fer et tranchant à son extrémité de l’autre, avec un manche assez long qui, par pression sur le fond de la barrique en prenant appui sur le bord permettait de faire gicler un peu de vin qu’on recueillait dans un tastevin. Après cela, il suffisait, tout en maintenant la pression pour que l’air n’entrât point, de boucher le trou avec une cheville de  bois tendre qui gonflait rapidement au contact du vin et qu’on appelait le fausset ou encore douzil ou doisil, dont l’origine peut-être de doigt, mais qui désignait autant le trou que la cheville. Le côté marteau de l’asse servait à enfoncer par force la cheville qu’on arasait ensuite avec l’autre côté tranchant si besoin était. »

assebourg.jpgRevenons pour terminer à la fameuse carte des millésimes de la Compagnie : c’est un modèle déposé depuis 1937 (créé à l’origine, en 1914, pour l’usage interne de la Compagnie). Pour moi elle fut, tant auprès des dineurs en ville qui me tombaient dessus avec la formule rituelle « toi qui t’y connais en vins » pour me transformer en goûteur de nectar, que de mes relations diverses et variées de « sésame ouvre-toi ». Je la dégainais de mon porte-monnaie (elle est rigide et d’un format pratique) et je déclinais la note du millésime choisi : ° petite année, °°° année moyenne,°°°° bonne année, °°°° grande année, * année exceptionnelle. Succès garanti ! Paix royale assurée ! Demande reconventionnelle : « tu ne pourrais pas m’en obtenir une ? » Pour la petite histoire, au temps de son passage au 78 rue de Varenne Michel Rocard fut pourvu par moi du précieux sésame.


Afin de remercier la Compagnie Courtiers-Jurés piqueurs de vin de sa fidélité à l’égard d’un mécréant du vin je lui fais une proposition honnête pour qu’elle puisse accueillir la féminité triomphante du vin lors de son prochain déjeuner des millésimes : convaincre un trio de bloggueuses expertes en vin de venir se joindre aux habitués et ainsi, comme ils l’annoncent sur leur plaquette, conjuguer Tradition et Modernité… Je les conduirai jusqu’à la Grande Cascade dans ma Twingo…

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:09

Nous y voilà, 2011 enfourche son dernier mois, et en chacun de nous renaissent des souvenirs d’enfance : le sapin de Noël et ses guirlandes scintillantes, ses boules multicolores, la crèche avec le bœuf et l’âne encadrant le petit Jésus pour certains, les petits souliers déposés le soir du 24 pour recueillir les cadeaux du Père Noël… Et puis dans la foulée  de la fête religieuse se pointe celle de la Nouvelle Année celle que l’on appelait dans ma bonne Vendée : le gui l’an neuf. Là ce sont les souvenirs de jeunesse qui affleurent : on enterrait l’année en faisant la fête jusqu’au bout de la nuit. Faire la fête, se retrouver autour d’une table, échanger, rire, danser, en ces temps anxiogènes apparaît à beaucoup d’entre nous le meilleur et le plus efficace des anxiolytiques.

 

Imaginez donc notre Eva avec sa grande hotte emplie de belles bouteilles, nous lui concéderons la longue robe rouge mais lui épargnerons la barbe blanche, bien évidemment nous mettrons à sa disposition un grand traineau tiré par de magnifiques rennes pour qu’elle puisse, tout au long de ce mois de décembre, vous rendre visite par l’entremise de nos lucarnes modernes. Ainsi sur la grande Toile s’installeront des constellations de beaux flacons : le Grand et le Petit Chariot dit aussi la Grande et Petite Ourse, Cassiopée : la reine, Chevelure de Bérénice, Oiseau du Paradis… et nous retrouverons en levant les yeux notre part d’enfance pour qu’un peu de douceur s’insinue dans ce monde de brutes…  photo Eva

Le mois de décembre est un mois un peu particulier. Bien sûr, c'est le mois où les rues s'éclairent et clignotent, les magasins se bondent de gens stressés à la recherche du cadeau parfait. Mais c'est aussi le mois où l'amateur de vins se met en quête des vins parfaits qui accompagneront les mets de ces repas parfois presque gargantuesques de cette fin d'année. On fait le tour de ce qu'on a dans notre cave, on regarde les régions, les cuvées, les millésimes... Et un peu comme une fille devant un placard de fringues qui déborde déplorant qu'elle n'a plus rien à se mettre, on s'écrit « Mais j'ai plus rien à boire! ». Forcément. » Ça, c'est trop jeune, ça, ça va pas du tout aller avec les huîtres, ça, ça ne leur a pas plus la dernière fois... » Et voilà. L'amoureuse de vins que je suis se met en quêtes des bouteilles parfaites. Qui me raviront, mais qui raviront aussi les papilles de mes invités.

Car faire partager une belle bouteille prend d'autant plus de sens en ces fêtes de fin d'année. Parce qu'on a envie de faire plaisir, à sa famille, ses amis, sa moitié et qu'on a envie de trouver LE cadeau idéal. Mais faire plaisir passe aussi par les vins qu'on a pris le temps et le soin de choisir. Parce qu'on sait qu’untel aime tel type de vins et qu'on va se démener pour lui trouver une belle cuvée d'un beau domaine. Parce qu'on va aussi courir partout pour trouver LA bouteille qui fera plaisir au plus grand nombre. Parce qu'on prend le temps d'apprécier aussi. On prend le temps de freiner un peu le rythme effréné de nos vies et on se pose pour apprécier et simplement prendre le temps. Parce qu'il n'y a rien de plus magique que de prendre le temps d'apprécier une belle bouteille et de voir ses convives l'apprécier aussi. Je me souviens d'une émotion collective autour d'une bouteille de Quintessence de Juchepie l'année dernière, un moment unique...

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Alors que je commence à dresser la liste des vins de mon Noël, je pense à quelques belles bouteilles permettant de se faire plaisir pour un prix raisonnable comme la fabuleuse cuvée « Amphibolite » de Jo Landron qui se marie parfaitement avec des huîtres, ou encore  « A bouche que veux-tu » de Jean-Christophe Comor avec un beau (énorme) plateau de fromages. Et pour le reste, je vais me laisser guider par mes collègues amateurs de vins.

 

Car oui, nous avons tous de belles bouteilles à conseiller ou simplement des coups de cœur à faire partager. Et pour rendre ce mois de décembre un peu plus joyeux, un peu plus pétillant, un peu moins froid, je vous invite à aller voir chaque matin Calendrier de l'Avin. Calendrier de l'Avin? Oui comme un calendrier de l'Avent, mais sauf qu'au lieu de découvrir un chocolat, ce sera une bouteille, conseillée par un amoureux du vin. Y participent blogueurs du vin mais aussi d'autres amateurs de vins ayant très gentiment répondu à mon appel. Tout le monde a forcément quelque chose à nous apporter en matière de vin, un nouveau domaine à nous faire découvrir mais aussi une nouvelle manière de voir tel ou tel vin. Alors profitons-en pour partager tout cela ! Ce  Calendrier de l'Avin est simplement un joli moyen pour faire du vin ce qu'il est profondément : de la convivialité et du partage.

 

Alors, joyeux Avin à tous !

 

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