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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 06:00
Enfin le Monde parle des vins nature et je me dis t’es qu’un âne bâté n’ayant aucun sens du biseness, t’aurais dû déposer les marques « espace  de liberté »®« vin de France »®« sans interdit »® « chemins  de traverse »®

Mieux vaut tard que jamais, maintenant la vague monte, même si elle reste modeste, il est intéressant de surfer dessus.  Quitter enfin les sentiers balisés des vins formatés pour emprunter les chemins de traverse de ceux qui ne sont pas dans les normes.

 

Bravo donc, mais tout de même quelques remarques sur l’irruption du fameux vin de France dans le paysage gaulois.

 

Est-il tombé du ciel ?

 

Est-il l’héritier des Vins de Consommation Courante devenus Vin de Table, ces vins roturiers vilipendés ?

 

Non, il n’est pas tombé du ciel, c’est une invention française.

 

Retour en arrière, au début du nouveau siècle, au temps où il était encore loisible de réfléchir librement sur l’avenir du secteur du vin, loin des carcans des verrouilleurs des organisations professionnelles, un petit groupe pondit une note stratégique Cap 2010 les défis des vins français, où à côté du tout AOP-IGP (on parlait alors d’AOC et de vin de pays) il fallait ouvrir un « espace de liberté ».

 

Horreur, malheur, ce fut très vite la curée, les grands chefs protestèrent en haut-lieu, les cépages c’étaient eux et rien qu’eux, le grand Jacques roi des cépages d’Oc tempêta, et ce pauvre Gaymard, la queue entre les jambes, via sa conseillère technique, m’indiqua, moi le porte-plume de ce groupe d’empêcheurs de tourner en rond, la porte du placard.

 

C’est ainsi que naquit Vin&Cie l’espace de liberté.

 

Puis vint le club « Sans Interdit »

 

Un peu de résistance ne nuit jamais, exploiter les failles d’un système en voie de dévoiement, mettre le doigt là où ça fait mal. Bref, cette petite graine insignifiante, doucement sans grand contenu, germa tout à la fois chez des vignerons réfractaires aux cahiers des charges bétonnés, estampillés par la suite « naturistes » et chez des négociants adhérents à l’ANIVIN qui voulaient sourcer librement leurs marques à l’international.

 

Ainsi naquit le fameux VIN de FRANCE qui n’avait pas vocation à se substituer aux anciens vins de table, comme l’écrivent les demoiselles du Monde, ceux-ci sont devenus dans le jargon communautaire des VSIG, des vins sans indication géographique.

 

Les Vins de France sont une entité identifiées comme le martèle Valérie Pajotin directrice de l'Anivin« Nous sommes la dénomination de la liberté. »

 

Les vins de France ne sont pas les héritiers des vins de table, ils sont les nouveaux dans le paysage.

 

Les VSIG occupent les bas de rayons de la Grande Distribution, les produits en France comme les importés d’Espagne, avec des confusions qui fâchent les héritiers du vin de table du Midi.

 

Alors vive le vin de France ! 

 

Et de grâce n’écrivez pas que « Par le passé, on les appelait vins de table »

 

J’ai vendu beaucoup de cols de vins de table du terroir de Gennevilliers au temps de la Société des Vins de France, j’ai livré des casiers et des casiers de litres 6 étoiles dans les épiceries de quartier, croyez-moi les Vins de France ne sont ni les héritiers, ni les enfants des vins de table.

 

Encore une fois, longue vie au Vin de France !

 

Peu importe si ses obscurs géniteurs sont passés à la trappe, l’un d’eux est tout de même Président de l’INAO, Jean-Louis Piton.

 

Je me dis que nous aurions pu faire fortune en déposant nos idées.

 

Je plaisante, bien sûr, les idées ce ne sont pas déposables, mais tout de même, un petit coup chapeau à ceux qui ont eu le courage de se faire donner des coups de pied au cul me paraîtrait la moindre des choses.

 

La reconnaissance se perd dans les couloirs des ministères et des journaux autrefois dit de référence ; dans cette génération tout commence avec eux…

 

Soyons sport, les tréfonds de l’histoire sont les fonds de tiroir des politiques.

 

Mais reste un point qui me chagrine lorsqu’on aborde les vins nature dans la presse sérieuse : pourquoi se croire obligé, sans doute pour se dédouaner, de souligner « Estampillés vins de France depuis moins de dix ans, ces crus moins réglementés comptent autant de piquettes que de pépites. »

 

Ça me fait sourire, je n’ai jamais vu ce genre de dichotomie exposée à propos des vins dit traditionnels.

 

Seraient-ils tous bons ?

 

La réponse est évidemment non, mais comme nos goûteuses et nos goûteurs ne mettent leur nez qu’au-dessus de la crème ils n’ont pas la queue d’une idée de ce que sont la grande majorité des vins pas chers de la Grande Distribution.

 

Sans être rosse, pendant très longtemps, pour beaucoup, seuls les grands vins avaient droit de cité. Ce n’est pas Isabelle Saporta qui me contredira : toucher un seul cheveu aux GCC de Bordeaux était péché mortel, Hubert est un hôte si prévenant. »

 

Mais à tout péché miséricorde, battre sa coulpe ne change rien, ainsi va la vie que l’on vit. Cependant un dernier point me chiffonne, c’est l’emprunt de mes fameux « chemins de traverse »®

 

C’est beau comme l’antique !

 

François des Ligneris en est le co-auteur.

 

C’est notre marque de fabrique, j’aurais dû vraiment la déposer.

 

Trop tard !

 

Les récupérateurs s’en sont emparés, je n’ai rien contre : César en faisait des compressions, la chasse aux lecteurs est ouverte, je suis abonné au Monde, dans ce monde impitoyable les affaires sont les affaires, faut aller chercher l’oseille là où elle est, donc manger à tous les râteliers, surtout ceux bien pourvus en avoine, ou en blé, ça ne mange pas de pain de se la jouer border-line, mais pas trop, faut pas chagriner les annonceurs, les fêtes de fin d’année arrivent : champagne de grandes marques et GCC pleine page.

 

Comme dirait ce coquin de Ruffin : merci patron !

 

Autre satisfecit, je note avec satisfaction que «  Marie Guittard a repris la direction de l'INAO l'an dernier. Et sa vision du jugement d'Alexandre Bain est inédite dans l'habituel rapport de force : « Nous n'avons pas fait appel car l'objectif n'est pas de gagner une bataille juridique. Nous voulons entendre et repérer les signaux des viticulteurs qui, bien que s'écartant des règles, sont des innovateurs, porteurs d'évolution pour leur appellation, sans pour autant la déjuger. Notre but est, désormais, de repérer parmi les anti-systèmes ceux à prendre en considération. »

 

Affaire à suivre !

 

J’oubliais le serpent de mer : la définition officielle des vins nature.

 

Ma doctrine est constante : c’est l’affaire des vignerons qui en font. Ils n’ont nul besoin de conseillers. De toute façon les contrefaçons ne se trouvent que dans les rayons de la GD, un lieu que ne fréquentent pas les amateurs de vin nature, les pousseurs de caddies, eux, n’en ont rien à traire, laissons les récupérateurs faire leur marketing d’image, ils ne jettent aucun discrédit sur le vin nature, bien au contraire, leurs breuvages formatés sont des incitateurs à changer de crèmerie.

 

Aller, j’attends avec impatience un dossier vin nature dans le magazine que le monde entier nous envie : En Magnum.

 

Source :

 

« On peut, bien sûr, préférer les chemins balisés, s'incliner devant des monuments, ces appellations unanimement célébrées qui jalonnent les guides, les bonnes caves et les tables raffinées. Sur cette autoroute du bon goût, on ne peut pas se perdre. La voie est sûre, mais aussi, parfois, il faut l'avouer, un peu ennuyeuse. Il y a comme un air de déjà-bu. Alors, quand on est d'humeur canaille, pourquoi ne pas emprunter les chemins de traverse, dans un maquis encore à défricher ? Depuis quelques années, les Livingstone du goulot ont trouvé un continent à explorer : les vins de France. On appelait, avec un léger mépris de classe, ces vins sans origine contrôlée des vins de table. Les temps ont changé, et cette dénomination fourre-tout, créée en 2009, aux règles bien moins strictes que les autres, offre, au milieu du tout-venant destiné à l'exportation, quelques perles. L'appellation, ici, cède le pas au vigneron, seul maître à bord. Parfois pour le pire, mais souvent pour le meilleur. Bars et restaurants branchés ne s'y trompent pas, qui placent sur leur carte ces bouteilles, en compagnie des grands crus. Voici nos conseils pour partir à l'aventure, sans pour autant se perdre. »

 

Le nom de tous les possibles.

 

Par le passé, on les appelait vins de table. Estampillés vins de France depuis moins de dix ans, ces crus moins réglementés comptent autant de piquettes que de pépites. Un nouveau terrain de chasse pour les amateurs à l'affût de nouveautés. » 

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 06:00
De la violence verbale ordinaire « Quand on voit Mélenchon vitupérer et violenter, il ne faut pas s'étonner que des gamins dérapent » estime Éric Dupond-Moretti.

Il n’y a pas que les gamins qui dérapent !

 

Je suis frappé, lorsque je consulte le fil de Face de Bouc ou celui de Twitter, de la part de gens que je connais, par la violence de leurs posts et de leurs échanges. Je m’abstiens de tout commentaire mais dans la vraie vie je ne les fréquente plus. À côté d’eux il y a la foule des anonymes planqués derrière des pseudos, dernier avatar numérique des corbeaux auteurs de lettres anonymes en des temps où la liberté était placée sous le joug des occupants et des collaborateurs.

 

Sans tomber dans une analyse socio-psychologique de café du commerce je détecte sous leur exécration le poids de leurs frustrations maquillées sous une rhétorique qui se veut révolutionnaire, qui dégouline de bons sentiments, sans contribuer à nous aider à conjurer la difficulté de vivre ensemble dans nos sociétés consuméristes et individualistes. Le simple fait de passer autant de temps sur les réseaux sociaux est un symptôme probant du vide sidéral de leur vie.

 

Quittant le virtuel pour la vraie vie, celle d’un vieux cycliste parisien, je vais vous relater un fait ordinaire, banal, qui se renouvelle chaque jour sur la chaussée.

 

Samedi soir je rentrais chez moi, sur mon nouveau vélo électrique bien éclairé. J’empruntais la rue du Faubourg  Saint-Jacques, elle-même bien éclairée, je venais de passer devant les Urgences de Cochin (souvenirs), des travaux comme il y en a tant dans Paris rétrécissaient la chaussée, je ralentissais, je tendais le bras pour déboîter et, derrière moi le chauffeur d’une fourgonnette type J7 écrasait nerveusement son klaxon, c’est maintenant monnaie courante lorsque ça dérange les chauffeurs, pour un oui ou pour un nom, ils klaxonnent), je passais et me rabattais dans le couloir cyclable non balisé, la fourgonnette me dépassait et le passager par la fenêtre ouverte gueulait « Pauvre P.D, enculé… ». Je continuais mon chemin paisiblement. La camionnette 200 mètres plus loin était bloquée dans la file d’attente du feu rouge, dans mon couloir cyclable je passais près d'elle comme si de rien était. À nouveau j’avais droit aux horions « Pauvre P.D, enculé… » Le feu passait au vert, accélérais pour planquer mes abattis car le risque n’est pas négligeable que ces abrutis cherchent à me renverser.

 

En quoi dérangeais-je la rapide progression de ces « travailleurs » rentrant chez eux ?

 

En rien, ce qui les a mis en rogne c’est ma présence même sur la chaussée, un cycliste, pensez-donc ça n’a rien à faire sur leur route. Grossièreté, impunité, intolérance, comme une envie de m’écrabouiller, ni vu, ni connu, ne croyez pas que j’exagère ça m’est arrivé une fois de me faire poursuivre par un automobiliste fou de rage parce que je lui avais fait remarquer que klaxonner pour rien était une infraction.

 

Maintenant, je planque mes abattis.

 

Comme une envie de partir sur une île sans touristes, dans une petite maison blanche, manger du poisson, lire, contempler le coucher du soleil s’immergeant dans la mer, loin du bruit et de la fureur, un peu de douceur dans ce monde de brutes…

 

Dans l’affaire Mélenchon, si l’on veut bien aller au-delà de la pure émotion, il est indéniable que la procédure de visite domiciliaire au petit matin pour perquisition revêt une forme de violence qu’il serait imbécile de nier.

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 06:00
tableau des frères Le Nain, 1640-42.  Famille de paysans dans un intérieur,

tableau des frères Le Nain, 1640-42. Famille de paysans dans un intérieur,

Comme le chantait Gabin « JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS… »… les gens sérieux vont m’accuser de chroniquer en prenant un sujet grave par-dessus la jambe.

 

Détrompez-vous, mon approche couturière, celle de ma sainte mère, est justifiée.

 

Qu’est-ce qu’un biais ?

 

I.− Substantif

 

A.− Direction, forme, position oblique. Le biais d'un mur :

 

1. « Partout où j'apercevais quelqu'un qui pût me reconnaître, je tournais court, prenais un biais, et je m'enfonçais à perte d'haleine dans les sentiers étroits coupant les blés verts, ... » Fromentin, Dominique, 1863, p. 76.

 

− P. métaphysique :

 

2. « «J'ai remarqué maintes fois, mon ami, que les hommes d'action, les esprits fermes et résolus, même les plus ignorants, quand ils s'abattent sur les pures idées, y font des percées profondes; (...). Jetés à la rencontre dans la métaphysique, ils y chevauchent étrangement et la traversent par les biais les plus courts, par des sentiers audacieux et rapides. »Sainte-Beuve, Volupté, t. 1, 1834, p. 105.

 

− En particulier, COUTURE. La diagonale d'un tissu par rapport à la direction des fils :

 

Qu’est-ce qu’un biais en couture ?

 

En couture, un biais est une bande de tissu coupée dans l’oblique du tissu (généralement à 45° par rapport au droit fil).

 

Cette bande de tissu est ensuite pliée une première fois en son milieu dans le sens de la longueur (envers du tissu contre envers). Un nouveau pli est fait de chaque côté (envers du tissu contre envers). Ainsi cette bande de tissu est-elle « refermée » pour pouvoir être placée et cousue autour d’une emmanchure, d’une encolure, etc.

 

ICI 

 

En science, un biais méthodologique est une erreur dans la méthodologie scientifique, le non-respect des règles de protocole, qui engendre des résultats erronés.

 

  • L’alimentation bio réduit significativement les risques de cancer

 

Les plus gros consommateurs d’aliments bio ont 25% de chances en moins de développer un cancer, souligne une étude menée sur 70 000 personnes. La présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle est la cause la plus probable.

 

LE MONDE | 22.10.2018 à 17h00 |par Stéphane Foucart et Pascale Santi

 

Pour les agences réglementaires, les résidus de pesticides dans l’alimentation ne présentent aucun risque pour la santé. Mais un corpus scientifique récent, sur les effets des mélanges de molécules et des expositions chroniques à faibles doses, suggère que les risques posés par les traces de produits phytosanitaires sont, au contraire, bien réels pour le consommateur. Une étude épidémiologique française, publiée lundi 22 octobre dans la revue JAMA Internal Medicine, est la première à pointer de tels risques dans la population générale, s’agissant du cancer.

 

Elle indique que les plus gros consommateurs d’alimentation issue de l’agriculture biologique ont un risque de cancer réduit de 25 %, par rapport à ceux qui en consomment le moins. « Pour expliquer ces résultats, l’hypothèse de la présence de résidus de pesticides synthétiques bien plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus de l’agriculture conventionnelle comparés aux aliments bio est la plus probable », indique Emmanuelle Kesse-Guyot, chercheuse (INRA) dans l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm, INRA, université Paris-XIII) et coauteure de ces travaux. De fait, les types de cancer dont les risques sont les plus réduits chez les consommateurs d’aliments labellisés « AB » sont également associés aux expositions des agriculteurs aux pesticides.

 

Les lymphomes surreprésentés chez les agriculteurs conventionnels

 

Conduits par Julia Baudry et Emmanuelle Kesse-Guyot, les auteurs ont exploité les données d’une grande cohorte, dite NutriNet, de près de 70 000 volontaires suivis entre 2009 et 2016. Ils ont divisé en quatre groupes les individus, en les classant des plus gros consommateurs de bio (environ plus de 50 % de leur alimentation), à ceux qui n’en consomment que de manière occasionnelle, ou jamais. Durant les sept années de suivi, 1 340 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés ; les auteurs ont ensuite observé la répartition de ces maladies dans les différents groupes.

 

Au total, en tenant compte de toutes les localisations cancéreuses, la baisse du risque est de 25 % pour le groupe le plus consommateur de bio par rapport au groupe le moins consommateur. Mais les réductions de risque vont jusqu’à 34 % pour les cancers du sein post-ménopause, 76 % pour les lymphomes (un type de cancer du sang). « L’une des grandes forces de ces conclusions est qu’elles sont largement cohérentes avec les résultats des études menées sur les expositions professionnelles aux pesticides, explique l’épidémiologiste Philip Landrigan (Boston College, Etats-Unis), qui n’a pas participé à l’étude. Cela renforce grandement la plausibilité d’un lien entre l’effet mis en évidence et la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation. » Les lymphomes, notamment, font partie des cancers surreprésentés chez les agriculteurs exposés aux pesticides.

 

« C’est, à ma connaissance, la première fois que l’on met en évidence et à partir d’une enquête prospective [c’est-à-dire en suivant dans le temps un ensemble d’individus], un lien entre alimentation bio et risque de cancer, ajoute M. Landrigan. Les grandes forces de l’étude sont la taille de la cohorte et la durée du suivi. Il s’agit clairement d’une étude importante et ce résultat mérite beaucoup de considération. »

 

Nombreux biais possibles

 

L’une des difficultés de l’exercice est de corriger l’analyse de nombreux biais possibles. En particulier, des travaux antérieurs montrent que les consommateurs d’aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine, pratiquent plus régulièrement de l’exercice physique ou encore appartiennent à des catégories sociales plus élevées que la moyenne. Autant de facteurs qui influent sur le risque de contracter diverses maladies – dont le cancer.

 

Les auteurs ont donc corrigé leur analyse grâce au relevé d’un grand nombre de caractéristiques des individus de la cohorte : indice de masse corporelle, niveau d’activité physique, catégorie socioprofessionnelle, qualité du régime alimentaire, statut tabagique, etc. « La prise en compte de ces nombreux facteurs de risque est à mettre au crédit des auteurs, estime l’épidémiologiste Rémy Slama (Inserm, université Grenoble-Alpes), qui n’a pas participé à ces travaux. Au total, il est peu plausible que des facteurs liés au style de vie, autres que la consommation d’aliments bio, soient en cause dans l’effet observé. »

 

M. Landrigan met cependant en avant un biais de recrutement possible. « Ainsi que les auteurs le notent, la cohorte repose sur des volontaires. Or, ces derniers ont généralement un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne et un style de vie plus sain, dit le chercheur américain. Cela peut jouer sur les résultats. » Emmanuelle Kesse-Guyot n’en disconvient pas, mais estime que cet effet de recrutement « aura plutôt tendance à sous-estimer l’effet observé que le contraire ». De fait, même les plus faibles consommateurs de bio de la cohorte ont sans doute un risque de cancer moindre qu’une grande part de la population réelle…

 

Le risque des aliments ultratransformés déjà démontré

 

« Cette étude s’attaque à une question compliquée, et il est toujours préférable d’avoir confirmation de l’effet mis en évidence par d’autres études, dit Rémy Slama. Mais il faut aussi avoir à l’esprit que ce nouveau travail s’ajoute à un édifice de preuves déjà important et qu’il reste dans la chaîne alimentaire des résidus de pesticides de synthèse classés “cancérogènes probables”, actuellement autorisés ou interdits, mais rémanents dans les sols et l’environnement. »

 

A elle seule, une étude épidémiologique ne peut apporter la preuve définitive d’une causalité et, précise Mme Kesse-Guyot, « d’autres études doivent être menées pour préciser le lien de cause à effet ». Mais, en cas de confirmation, conclut la chercheuse, « des mesures de santé publique devraient être mises en place ». En attendant, juge Emmanuel Ricard, délégué à la prévention à la Ligue contre le cancer, « l’attitude de bon sens est de limiter son exposition aux pesticides et autres substances de synthèse ».

 

D’autant plus que la cohorte NutriNet a déjà montré, en février, que les aliments ultratransformés étaient également un facteur de risque pour le cancer. En 2017, elle a aussi mis en évidence un risque diminué de 30 % d’être touché par un syndrome métabolique chez les plus gros consommateurs de bio, par rapport aux consommateurs occasionnels. Etablir la preuve définitive de la responsabilité des résidus de pesticides est, là encore, complexe. Mais une étude sur l’animal, publiée en juin dans la revue Environmental Health Perspectives par des chercheurs de l’INRA et de l’Inserm, a montré que des rongeurs exposés à un cocktail de six pesticides courants, fréquemment rencontrés dans les fruits et légumes et à des niveaux théoriquement sans risques, présentaient les mêmes troubles métaboliques : forte prise de poids, glycémie élevée et accumulation de masse grasse.

 

22 octobre 2018 Jean-Yves Nau

 

Bonjour

 

Refusant le conditionnel, le service de presse de l’Inra n’a pas résisté au point d’interrogation. Cela donne : « Moins de cancers chez les consommateurs d’aliments bio ? ». Et prenons le pari : c’est un communiqué de presse qui sera amplement repris. Comment pourrait-il en être autrement avec ce pitch :

 

«  Une diminution de 25% du risque de cancer a été observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio, par rapport aux personnes qui en consomment moins souvent. C’est ce que révèle une étude épidémiologique menée par une équipe de l’Inra, Inserm, Université Paris 13, CNAM, grâce à l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants de la cohorte NutriNet-Santé. »

 

L’affaire est aussitôt relayée par les militants de Générations Futures qui remplace le point d’interrogation par un autre, d’exclamation. « Une nouvelle étude INSERM/INRA montre que les consommateurs réguliers de bio ont un risque moindre de 25 % de développer un cancer par rapport aux non-consommateurs de produits bio ! ». Puis reprise par Le Monde (Stéphane Foucart, Pascale Santi) : « L’alimentation bio réduit de 25 % les risques de cancer. Selon une étude menée sur 70 000 personnes, la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle explique ce résultat. »

 

Possibles biais

 

 Tout cela en plein Salon international de l’innovation alimentaire organisé à Paris.  Pourquoi, dès lors, aller plus loin que les titres ? Qui ira jusqu’à lire le travail scientifique qui justifie le communiqué de presse : The frequency of organic food consumption is inversely associated with cancer risk: results from the NutriNet-Santé prospective Cohort. JAMA Internal Medicine. 22 octobre 2018 (Julia Baudry, Karen E. Assmann, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Louise Seconda, Paule Latino-Martel, Khaled Ezzedine, Pilar Galan, Serge Hercberg, Denis Lairon & Emmanuelle Kesse-Guyot). Résumé de l’Inra :

 

 « Le marché des aliments issus de l’agriculture biologique « bio » connaît un développement très important depuis quelques années. Au-delà des aspects éthiques et environnementaux, une des principales motivations de consommation est le fait que ces produits sont issus de modes de production sans produits phytosanitaires et intrants de synthèse et pourraient donc s’accompagner d’un bénéfice pour la santé. Toutefois, les rares données épidémiologiques disponibles ne sont pas suffisantes à l’heure actuelle pour conclure à un effet protecteur de l’alimentation bio sur la santé (ou un risque accru lié à la consommation des aliments issus de l’agriculture conventionnelle). Si la manipulation des intrants chimiques, en particulier via une exposition professionnelle chez les agriculteurs, a été associée à un risque accru de pathologies (en particulier cancer de la prostate, lymphome et maladie de Parkinson), le risque encouru via les consommations alimentaires en population générale n’est pas connu.

 

 « Des chercheurs du centre de recherche en Epidémiologie et Statistiques Sorbonne Paris Cité (Inra/ Inserm/Université Paris 13/CNAM) ont mené une étude épidémiologique basée sur l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants (78% de femmes, âge moyen 44 ans) de la cohorte française NutriNet-Santé  1. Leurs données relatives à la consommation d’aliments bio ou conventionnels ont été collectées à l’inclusion, à l’aide d’un questionnaire de fréquence de consommation (jamais, de temps en temps, la plupart du temps) pour 16 groupes alimentaires.

 

 « Des caractéristiques socio-démographiques, de modes de vie ou nutritionnelles ont également été prises en compte dans cette analyse. Au cours des 7 années de suivi (2009-2016), 1 340 nouveaux cas de cancers ont été enregistrés et validés sur la base des dossiers médicaux. Une diminution de 25% du risque de cancer (tous types confondus) a été observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio comparés aux consommateurs plus occasionnels. Cette association était particulièrement marquée pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 % de risque, score bio élevé versus bas) et les lymphomes (-76 % de risque). La prise en compte de divers facteurs de risque pouvant impacter cette relation (facteurs socio-démographiques, alimentation, modes de vie, antécédents familiaux) n’a pas modifié les résultats. »

 

Exclamation et « Nutrinautes »

 

Certes l’Inra précise que plusieurs hypothèses pourraient expliquer ces données : la présence de résidus de pesticides synthétiques beaucoup plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus d’une agriculture conventionnelle, comparés aux aliments bio. Autre explication possible : des teneurs potentiellement plus élevées en certains micronutriments (antioxydants caroténoïdes, polyphénols, vitamine C ou profils d’acides gras plus bénéfiques) dans les aliments bio.

 

Certes Le Monde souligne que l’une des difficultés de l’exercice est de corriger l’analyse de nombreux biais possibles :

 

« En particulier, des travaux antérieurs montrent que les consommateurs d’aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine, pratiquent plus régulièrement de l’exercice physique ou encore appartiennent à des catégories sociales plus élevées que la moyenne. Autant de facteurs qui influent sur le risque de contracter diverses maladies – dont le cancer. »

 

 Certes Le Monde convient que « d’autres études doivent être menées pour préciser le lien de cause à effet ». Et L’Inra corrige en soulignant que « le lien de cause à effet ne peut être établi sur la base de cette seule étude ». Reste les points, d’interrogation et d’exclamation, de préférence au mode conditionnel.

 

 A demain

 

1 L’étude NutriNet-Santé est une étude de cohorte nationale réalisée sur une large population d’adultes volontaires (qui deviennent des « Nutrinautes » (sic) après inscription) lancée en 2009, dont l’objectif est d’étudier les relations nutrition-santé. Dans le cadre de cette étude NutriNet-Santé, le volet BioNutriNet s’intéresse à l’impact potentiel de la consommation des aliments en fonction de leurs modes de production (bio versus conventionnel) sur l’état nutritionnel, sur des marqueurs toxicologiques, sur l’environnement et sur la santé des individus.

 

Le recrutement de nouveaux volontaires pour participer à l’étude NutriNet-Santé se poursuit. Il suffit pour cela de s’inscrire en ligne (www.etude-nutrinet-sante.fr) et de remplir des questionnaires, qui permettront aux chercheurs de faire progresser les connaissances sur les relations entre nutrition et santé et ainsi d’améliorer la prévention des maladies chroniques par notre alimentation.

 

 

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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 06:00
Le 78 rue de Varenne touche son 2e Guillaume : après François le paysan lorrain président de la FNSEA voilà Didier le drômois à la remorque de la FNSEA

Sur Twitter, je crois, alors qu’on annonçait la chute de Travers, un agriculteur, suggérait pour le poste : un agriculteur. Je lui répondis, une fois n’est pas coutume, « on a déjà donné avec François Guillaume, ce ne fut pas une réussite… »

 

J’avoue avoir été injuste avec lui, son bilan à l’Agriculture ne fut ni meilleur ni pire que celui de ses prédécesseurs de droite, mais je garde une dent contre lui, il se comporta vis-à-vis de Michel Rocard lors du Congrès de Narbonne d’une manière indigne (j’y étais), nous étions en pleine négociation d’élargissement à l’Espagne et au Portugal, démagogie, outrances, le populisme dans toute son horreur.

 

Lorsque Jacques Chirac, premier Ministre de la première cohabitation nomme François Guillaume président de la FNSEA depuis 1979, ministre de l’Agriculture, les dents grincent tant au RPR qu’à la FNSEA. L’homme est dur, intransigeant, méprisant.

 

Il privatisera la CNCA, Crédit Agricole, pour les beaux yeux d’Yves Barsalou et Lucien Douroux, qui vireront Huchon de la direction, ce même Huchon qui se retrouvera directeur de cabinet du Premier Ministre Rocard opposera son veto à la nomination de Lucien Douroux comme directeur, le coup de pied de l’âne. On vivait une époque formidable, à l’ancienne.

 

Il lancera avec Michel Noir, Ministre du commerce extérieur, le cycle de négociations du GATT, dit Uruguay-Round, à Punta del Este. 

 

Causeur, feuille de droite écrit à son propos :

 

« Mais c’est à la tête de la FNSEA qu’il a donné sa pleine mesure en usant de sa forte personnalité  pour faire reconnaître l’autorité syndicale, y compris à l’arrivée au pouvoir de la gauche qui prétendait « briser ce monopole de représentation du monde agricole ». En réponse, 120 000 paysans défilèrent dans Paris. Du jamais vu, complété par une autre démonstration de force, lors des élections aux Chambres d’Agriculture en écrasant toute opposition au  leadership « de la toute puissante FNSEA »

 

Sa popularité incita Jacques Chirac vainqueur des élections législatives en 1986 à lui proposer le ministère de L’Agriculture ; il l’accepta sous le double challenge d’appliquer la Politique agricole qu’il revendiquait à la tête du grand syndicat paysan et de défendre bec et ongles les intérêts agricoles français menacés à Bruxelles et face aux Etats-Unis. Pari réussi mais   remis en cause par la défaite de Jacques Chirac à la présidentielle de 1988. Poursuivre son combat autrement l’oblige alors à engager une carrière politique au Parlement européen puis à l’Assemblée Nationale. Il y découvre le dessous des cartes ignoré du grand public ; les intrigues, les coteries, les dérives coupables de certains élus insuffisamment sanctionnées, les promotions trop rapides qui faute d’être éclairées  par des expériences professionnelles et civiques confirmées portent préjudice à la saine gestion des affaires et aux intérêts de l’Etat. Rigoureux et direct, il n’a plus la cote auprès de Chirac qui se radical-socialise pour entrer à l’Elysée  et s’y installer pour deux mandats peu convaincants. François Guillaume tient sa place au Palais Bourbon et s’irrite des tergiversations et de l’abdication de la Droite frileuse alors que le péril est à la porte. »

 

Il finira à Debout la France de Dupont-Aignan.

 

Pour l’anecdote, j’ai assisté à son arrivée triomphale rue de Varenne, Nallet (ex-FNSEA viré pour gauchisme par Debatisse) est Ministre depuis la démission de Rocard et, deux après, à son départ rageur, Nallet étant à nouveau Ministre. Raymond Lacombe, l’aveyronnais, avait repris le flambeau d’une FNSEA en pleine turbulence.

 

Bref, François Guillaume n’a pas laissé un souvenir impérissable rue de Varenne, il eut le mérite de coller avec les ambitions présidentielles de Chirac, avec lui la couleur était claire : il venait de la FNSEA et entendait bien résister aux européistes du gouvernement, ce qu’il ne réussit pas toujours à faire.

 

Le nouveau Guillaume me semble être une nouvelle erreur de casting de Macron : il y eut le fugace Mézard, rade-gauche, puis Travers pur produit du PS à convictions variables mais marcheur de la première heure, voilà Didier Guillaume sous-produit du PS ramollit.

 

Mais où est le nouveau monde ?

 

Ce type n’a pas la queue d’une idée, il vient de recevoir son bâton de maréchal, sa seule ambition sera de durer, de passer au travers des gouttes, ne pas froisser madame la présidente de la FNSEA, un boulet.

 

Première saillie : Didier Guillaume, ministre de l’agriculture, demande aux scientifiques de « faire la preuve » des conséquences des pesticides sur la santé

 

Contrairement à ce qu’affirme Didier Guillaume, la loi dispose que c’est au producteur du pesticide de prouver que son produit n’a pas d’effet sur la santé.

 

Mais par-delà ce sujet important, c’est la mue de l’agriculture qui va rester en jachère, les beaux discours de Macron seront doucement enterrés et la primauté restera à une vision de l’alimentation datant du siècle précédent.

 

Pour ma part j’estime que dans ces conditions le Ministère de l’Agriculture n’a plus sa raison d’être, il reste le ministère des agriculteurs, plus précisément celui du syndicalisme majoritaire, il faut le supprimer pour le remplacer par un vrai Ministère de l’alimentation. Les enseignants la moitié des effectifs, les vétérinaires, les forestiers, les agents des établissements publics, type INAO, peuvent vivre leur vie rattachés à d’autres entités ministérielles.

 

Le nouveau monde est là ! Vaste programme que j'aurais appliqué dès ma nomination, ça aurait eu de la gueule !

 

Didier Guillaume à l'Agriculture, une « pirouette du destin » !

L'ancien président du groupe PS au Sénat entre enfin au gouvernement, après des années de frustration et ces derniers mois dans le creux de la vague.

 

 

«  J'ai décidé de quitter la vie politique. Je vais démissionner de mon mandat de sénateur dans les semaines qui viennent. Cette décision est mûrement réfléchie. » Qui aurait cru, ce 16 janvier 2018, que le Didier Guillaume qui publiait ces lignes sur son profil Facebook atterrirait, neuf mois plus tard, jour pour jour, quasiment heure pour heure, au ministère de l'Agriculture pour remplacer Stéphane Travert ? Personne. Ni à gauche ni à droite. Pas même lui. Ni dans le vieux monde, ni dans le nouveau. À quoi, à qui l'ancien président du groupe socialiste au Sénat, vice-président de la chambre haute sous la présidence Hollande, doit-il cette opportunité ? Les avis divergent, mais au fond, se recoupent.

 

Pour certains de ses détracteurs, dont d'anciens amis, Didier Guillaume doit son salut ministériel à sa cupidité. Ce 16 janvier 2018 donc, peut-être las du travail parlementaire, sans doute aussi désabusé par l'effondrement du Parti socialiste, ce passionné de ballon ovale annonce son retrait de la vie politique pour relever un nouveau défi : prendre la tête du Groupement d'intérêt public de la Coupe du monde de rugby France 2023. Un poste bien moins exposé, probablement plus divertissant. Mais, également, simplement honorifique... et donc bénévole. Cet aspect, qu'il ne soupçonnait pas, le refroidit et l'amène à renoncer. «  Pas question de se contenter de couper des rubans, je suis un homme d'action  », se justifie-t-il. Le Drômois retourne donc au Sénat, mais change de fauteuil : l'ancien directeur de campagne de Manuel Valls durant la primaire de la gauche, ouvertement Macron-compatible, quitte le groupe socialiste pour s'installer avec les Radicaux. «  Il arrive quelques fois que les enjeux alimentaires l'emportent sur les considérations idéologiques. Les politiques sont des êtres humains comme les autres...  » plaisante Bernard Poignant, ex-maire de Quimper et ancien conseiller intime de François Hollande. Didier Guillaume tire de l'épisode une nouvelle réputation peu flatteuse, ainsi que des inimitiés dans son ancienne famille.

La suite ICI 

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 07:00
Je pourrais chroniquer sur Mélenchon « l’idiot utile » de Mitterrand mais je préfère le faire sur la votation à propos des cornes des vaches suisses.

Comme la Françoise Giroud à propos de Chaban j’ai pour principe de ne pas tirer sur les ambulances.

 

Il est de bon ton dans les cercles de ses affidés de souligner que François Mitterrand, qui s'intéressait à lui, confiait volontiers : «Jean-Luc Mélenchon est l'un des plus doué. Il ira loin à condition que sa propre éloquence ne l’enivre pas

 

Permettez-moi de sourire, ayant fréquenté chaque jour pendant deux ans un mitterrandiste de la première heure et du premier cercle, Louis Mermaz, je sais que le Mélenchon et son alter-ego de l’époque Julien Dray de la Gauche Socialiste étaient considérés par Tonton comme les idiots utiles qu’ils pouvaient jeter dans les roues des réformistes, Rocard en tête, pour se refaire la cerise de la vraie gauche. Mais, et ce mais est de poids, il n’a jamais au grand jamais proposé à Mélenchon d’être Ministre alors que celui-ci en rêvait le jour et la nuit. Il lui faudra attendre l’arrivée de Jospin, ancien trotskyste comme lui pour accéder au maroquin de Ministre et de le soutenir à la Présidentielle où il s’est vautré… Tout le Jean-Luc est là.

 

Et même si ça déplaît à ceux qui croient  benoîtement qu’il incarne une «opposition humaniste, écologiste et sociale», Jean-Luc Mélenchon est « l’homme de toutes les ruptures : rupture avec la Ve République, qu’il veut remplacer par une VIe République, régime d’assemblée piqueté de démocratie directe, rupture avec l’Union européenne, rupture avec le FMI, rupture avec l’OMC, rupture avec l’économie de marché, rupture avec le monde réel.

 

Jean-Luc Mélenchon reprend la place qu’occupait Georges Marchais au début des années 70, une place dont François Mitterrand a délogé le PCF. C’est l’inverse même de la démarche de l’homme de Latché, et c’est la voie qui se dessine. Le Parti socialiste n’est pas mort mais il est très gravement atteint et il lui faudra des années pour se reconstituer, se réunifier, se relever. En somme, le PS se retrouve dans la position qu’il occupait durant les années 60, avant que François Mitterrand le ressuscite. Et Jean-Luc Mélenchon a repris le rôle de Georges Marchais à l’orée des années 70 : la longue impasse de la gauche de rupture. »

 

Donc, comme je n’ai nulle intention de me cailler le lait pour les déboires de Jean-Luc et de Sophia, ce dimanche encore ensoleillé j’ai décidé de vous parler d’une votation chez nos voisins helvètes.

 

« Ces Helvètes n’ont pas fini de nous «surprendre», s’exclame Le Dauphiné libéré. Journal pour lequel «après la libre circulation des personnes, le renvoi des étrangers, la fin du nucléaire… le maintien des cornes sur la tête des vaches semble un sujet quelque peu décalé».

 

Décalé?

 

Pas tant que ça. Car s’il est un organe animal qui fait débat aujourd’hui, c’est bien la corne de vache. Même si l’initiative populaire «Pour la dignité des animaux de rente agricoles (Initiative pour les vaches à cornes)» sur laquelle le peuple suisse est appelé à se prononcer le 25 novembre et qui pose la question des limites de la démocratie directe en matière de bonheur des bovidés fait bien sourire un certain nombre d’acteurs médiatiques. Sur le fond des propriétés de la kératine. Ou dans le traitement du sujet.

 

«C’est vrai qu’une vache sans cornes, c’est moche», se doit de constater la radio RTL. «Et on en voit de plus en plus, y compris en France. Mais il y a une raison, les éleveurs les leur enlèvent par sécurité, pour éviter de prendre des coups de cornes et pour que les vaches qui se bagarrent parfois entre elles ne se blessent pas.»

 

Les initiants, sur ce point, sont clairs: ils «disent vouloir redonner leur dignité aux animaux, ils ne demandent pas l’interdiction de l’écornage, mais une subvention pour les éleveurs qui arrêtent de le faire». Soit 190 francs par vache et 38 par chèvre. (On oublie souvent que les caprins sont aussi concernés.) Le sujet est «sérieux», dit la journaliste française, il faut donc bien qu’«on en parle»:

 

Mais vous savez, «nous, les Français, regardons plus souvent le doigt qui montre la lune, alors que les Suisses qui sont bien plus pragmatiques et intelligents… un monde nous sépare!!» répond @JonquetBernard sur Twitter. Il réagit, lui, à une chronique chafouine de La Matinale de RTS, selon laquelle «il y aurait des bons et des mauvais sujets de votation, des objets de première classe et d’autres qui ne mériteraient pas la réflexion et le vote populaire». Ainsi, ces fameuses cornes ne seraient «pas un sujet assez sérieux pour la Constitution»:

 

La suite ICI

Un cas de vache folle détecté en Ecosse

Le gouvernement écossais a annoncé avoir identifié un cas de vache folle dans une ferme de l'Aberdeenshire. Son origine est encore inconnue. ICI 

 

 

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 06:00
montage de six photos d'archives : le juge Jean-François Perrin, Henri Emmanuelli, André Laignel, Michel Pezet, Philippe Sanmarco et et Gérard Monate © AFP / STF

montage de six photos d'archives : le juge Jean-François Perrin, Henri Emmanuelli, André Laignel, Michel Pezet, Philippe Sanmarco et et Gérard Monate © AFP / STF

Les ébraiements, les gesticulations de tous les chevaux de retour, tous sans exception, Mélenchon en tête en ce moment, de toutes les couleurs, me laissent aussi froid que la banquise avant les effets du réchauffement climatique.  Attention, je n’entonne pas le couplet « tous pourris » mais j’invite à la décence celles et ceux qui ont bénéficié tout au long de leur longue et exclusive carrière politique des retombées d’un système de financement opaque et qui n’ont de cesse de trouver des failles dans le système mis en place.

 

J’ai le souvenir de la panique qui s’était emparé des éléphants du PS lorsqu’éclata l’affaire URBA. Je rassurai Matignon, du côté du 78 de la rue de Varenne nous étions clean : la distribution des quotas GATT instituée sous Edgard Faure était un lointain souvenir, aucun paquet de biftons ne traînait dans le coffre du Ministre. En plaisantant je fis remarquer à Huchon que les seuls explosifs qu’avait contenu le coffre étaient les comptes de campagne de François Mitterrand qu’Henri Nallet, le trésorier de la campagne, gardait au chaud.

 

Je ne croyais pas si bien dire.

 

« Sans doute faut-il rappeler qu'au début de l'année, Thierry Jean-Pierre est un juge d'instruction inconnu qui enquête sur un double accident mortel du travail survenu sur un chantier du Mans en 1990. Le 8 janvier il entend un ancien élu du PS, le Dr Pierre Coicadan qui lui indique que «certaines entreprises versent des commissions par l'intermédiaire de bureaux d'études pour avoir des marchés publics». Jean-Pierre informe alors le premier substitut du procureur qui ouvre une information contre X pour «extorsion de fond».

 

Le 6 avril, l'instruction conduit à l'interpellation de Christian Giraudon, ancien responsable d'Urba pour les Pays-de-Loire qui sera inculpé et écroué. Le magistrat sait alors que Giraudon a prévenu l'ex PDG d'Urba, Gérard Monate. C'est pourquoi, il décide de monter à Paris sans attendre le lundi, tente en vain de perquisitionner chez G. Monate avant d'aller le faire dans les locaux d'Urba.

 

Pendant ce temps la Chancellerie et l'Elysée s'affolent : le pouvoir décide d'ordonner le dessaisissement du juge qui n'en sera officiellement avisé qu'à sa sortie des locaux d'Urba, par un magistrat parisien flanqué de Me Yves Baudelot, avocat du PS, lequel n'hésitera pas à bousculer le magistrat pour tenter de s'emparer des cartons de scellés qu'il vient de saisir. Le scandale aidant, Henri Nallet et Georges Kiejman feront dans la calomnie grossière, le premier parlant «d'équipée sauvage», le second de «cambriolage judiciaire».

 

Évidemment, la Chancellerie peut choisir de continuer «la guérilla judiciaire» comme le dit le juge Jean-Pierre en faisant attaquer la procédure sur d'autre points, comme la perquisition. Mais près deux décisions favorables au juge manceau, on doit commencer à hésiter en haut lieu. Le plus cocasse dans l'affaire, est sorti jeudi soir de la bouche du Garde des Sceaux, Henri Nallet, lequel, nullement troublé par ce camouflet, n'a pas hésité à saluer la décision de la cour Suprême comme une «démonstration tout à fait remarquable de l'indépendance de la Justice». Quel humour M. le ministre! »

 

Le Far West.

 

Pour autant, le travail de la justice se poursuit. « J’avais une opinion à soumettre au Premier ministre : « il faut dire au procureur, allez-y, ouvrez ! C’était le Far West, et bien découvrez le Far West ! Et dites-nous ce que vous allez faire ». Le Premier ministre était assez tenté… », raconte Henri Nallet, nommé en octobre 1990 au ministère de la Justice, dans le documentaire La parole est au garde des Sceaux. Finalement, Michel Rocard aurait reculé devant la pression des barons du parti. « Il m’a dit : « il faut arrêter. Il faut essayer d’expliquer aux magistrats que l’on va réguler tout ça, mettre de l’ordre, mais que pour l’instant, ce n’est pas la peine de mettre en examen trente ou quarante dirigeants politique », poursuit Henri Nallet.

 

Tout le monde  sait. Tout le monde se tait.

 

« Nombreux sont les dirigeants d’entreprises qui connaissent parfaitement – et s’en plaignent – les quatre techniques principales qui sont utilisées pour financer la vie politique, à savoir les fausses factures, la surévaluation de factures, l’emploi de personnel indu et la prise en charge de factures indues…certains [élus] se font prendre, le plus souvent par inexpérience, ce qui, en la matière, est une grave faiblesse. D’autres, qui ont plus d’expérience ou qui pratiquent sur une plus grande échelle, ce qui leur permet de s’équiper de façon plus adaptée, ne se font pas prendre. »

Pierre Joxe Sénat, séance du 14-11-1989, p. 3255

 

« Depuis trente ans que je suis un responsable politique, j’ai vu les pratiques des uns et des autres dans mon département. Personne, sur aucun de ces bancs, ne peut affirmer qu’il n’a pas reçu de l’argent d’entreprises privées, et particulièrement dans le département de la Seine-Saint-Denis. Il ne faut pas jouer les oies blanches ! »

 

« Il y a aussi des sociétés industrielles ou commerciales – c’est ainsi depuis toujours et tout le monde le sait sur ces bancs, [tonne Charles Pasqua] – qui contribuent au financement de la vie politique. Et que l’on ne me dise pas le contraire : tous les partis politiques et tous les candidats ont bénéficié de cette sorte d’aide. Il est donc nécessaire que la loi reconnaisse cette réalité et qu’elle l’encadre.

Sénat, séance du 17-02-1988, p. 122)

 

Histoire du financement du PS (85-89) par Gilles Gaetner, James Sarazin publié le 29/11/1990 ICI

 

 « Un homme, la soixantaine enveloppée, sort d'un porche discret du quai des Grands-Augustins. Sous son bras, un paquet joliment emballé de papier fantaisie. Un beau cadeau, en vérité: 5 millions de francs, en coupures de 500 francs. Le porteur du colis s'appelle Gérard Monate, patron d'Urba-Gracco, la pompe à finances du PS. Une affaire qui a failli passer sous le nez du parti au pouvoir. Quelque temps plus tôt, l'un des plus gros chauffagistes parisiens a emporté un contrat fabuleux: la réfection des installations des lycées d'Ile-de-France. Un contrat qui vaut bien une largesse: 10 millions de francs en liquide pour le RPR, via un intermédiaire, Jean-Claude Méry. Au siège du PS, on l'apprend. Fureur. Monate est chargé de récupérer le coup. Méry, qu'il connaît bien - ils font le même «métier» - accepte de couper la poire en deux. Moyennant promesse de ristourner une partie du pactole au PC, lui-même se chargeant d' «intéresser» l'UDF. »

 

Henri Nallet, l'actuel ministre de la Justice, harcelé par l'opposition à propos de son rôle de trésorier de la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1988, n'est pas le seul à en savoir quelque chose. Deux amnisties au goût amer pour l'opinion publique - votées en 1988 et 1989 - auront soulagé plus d'un élu pris dans le collimateur de deux petits flics marseillais, Antoine Gaudino et Alain Mayot. »

 

Vendredi, 28 Juin, 1991

 

Le juge Jean-Pierre a bien fait. C'est à dire qu'il n'a rien d'un «cambrioleur» et qu'il a agi légalement. Ainsi en ont décidé hier, les 27 magistrats de la chambre criminelle de la Cour de Cassation, en rejetant le pourvoi formé par le procureur général d'Angers contre l'arrêt de la chambre d'accusation d'Angers qui avait déclaré valable, le 19 avril dernier, la procédure instruite au Mans par le juge d'instruction Thierry Jean-Pierre dans le dossier Urba, le bureau d'étude chargé de la collecte de fonds pour le compte du parti socialiste.

 

Les magistrats de la Cour Suprême ont suivi les conclusions de l'avocat général, Mme Nicole Pradain qui avait estimé que le premier substitut du procureur avait tout à fait le droit d'ouvrir une information «contre X pour extorsion de fond», information dont il devait confié l'instruction au juge Jean-Pierre.

 

Ce qui revient à valider l'ensemble des actes d'instruction effectués par Thierry Jean-Pierre, et notamment la perquisition opérée dans les locaux parisiens d'Urba le dimanche 7 avril dernier. Un acte qualifié «d'équipée sauvage» par le garde des Sceaux Henri Nallet, et de «cambriolage judiciaire» par Georges Kiejman, l'ex-ministre délégué à la Justice, qui devaient dessaisir le juge le jour même de cette perquisition.

 

Pour Thierry Jean-Pierre, la décision d'hier n'en constitue pas moins une victoire contre la raison d'Etat.

 

En 1992 et en 1994, les conjonctures présentent bien des points communs. Les partis qui gouvernent sont touchés par l’éclatement de scandales. En 1992, Pierre Bérégovoy devient 1er Ministre, et insiste dans son discours de politique générale devant l’Assemblée du 08-04 sur la nécessité de vider l’abcès de la corruption ; il installe également une commission pour réfléchir à la prévention de la corruption présidée par Robert Bouchery, ancien procureur général près de la cour d’appel de Paris. Il ne fait que répondre à la pression judiciaire et médiatique ambiante. En janvier, Renaud Van Ruymbeke vient perquisitionner au siège du PS dans le cadre de l’instruction de l’affaire Urba le jour de l’entrée en fonction de Laurent Fabius comme 1er secrétaire. En mai, Yves Challier, ancien chef de cabinet de Christian Nucci au ministère de la Coopération est condamné à cinq ans de prison pour « soustraction de deniers publics par dépositaire de fait, faux et usages, falsification de chèque et usages ». Deux élus PS sont mis en cause dans une affaire de fausses factures en lien avec la SAGES. En juillet enfin, juste avant l’ouverture du congrès du parti socialiste, Le Monde révèle la probable inculpation d’Henri Emmanuelli en liaison avec ses fonctions passées de trésorier du PS.

 

Presque 30 ans, la corruption est toujours constituée d’un couple infernal : les corrupteurs et les corrompus, l’appétit du pouvoir balaie trop souvent la faible digue des textes. Nos hommes politiques feraient bien de nettoyer les écuries d’Augias et éviter de se donner en spectacle au fameux peuple qui souvent se régale de leurs turpitudes car les prébendes, les passe-droits font aussi partie de notre ADN national. Le courrier parlementaire que j’ai vu défiler chaque soir sous mes yeux, les parapheurs du soir, en tant que directeur de cabinet constitue un florilège des demandes de l’électeur à son élu.

 

Reste un point fondamental : la frontière très perméable entre les nécessités de financer l’action politique et l’enrichissement personnel. Ironie de l’histoire Urba avait été institué pour créer un sas entre les financeurs et les élus afin d’éviter que ceux-ci prélèvent une dîme au passage (les porteurs de valises de billets étaient coutumiers du fait). La corruption était constituée bien sûr mais l’argent collecté illégalement était réparti de façon transparente, Monate était un honnête homme, ses petits carnets en témoignent.

Dans l’affaire Mélanchon, un retour à la raison s’impose, il n s’agit que d’enquêtes préliminaires menées dans le cadre de la procédure pénale – la violence d’une perquisition matinale est évidente et peut justifier une réelle émotion, mais elle est la même pour tous – notre Jean-Luc ne s’est pas vu passer des menottes ou placer en garde à vue.

 

En annexe :

 

  • Perquisition chez Mélenchon : "Pas de justice politique, mais une justice déséquilibrée" ICI 

 

  •  La procureure générale de Paris répond à Jean-Luc Mélenchon : "Ces perquisitions ont été diligentées en pleine légalité" ICI   

 

  •  Justice : l’Elysée prend la main sur les procureurs ICI 

 

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20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 06:00
Les nuisibles « Toute plante a son ou ses parasites et nous ne récoltons que ce que les parasites nous laissent. » Eugène Roux premier directeur de l’IRA ancêtre de l’INRA 1938

Lors du débat sur l’interdiction du glyphosate, un célèbre avocat naturiste, posa sur Twitter la question : « Comment faisait-il avant le Roundup ? »

 

Je lui répondis : « Ils bêchaient… », souvenirs de la mémé Marie et de la tante Valentine « besochant » sous le soleil dans les champs, et ma pomme guidant Nénette notre jument dans les sillons de betteraves, le pépé Louis aux manchons de la décavaillonneuse.  Et je ne vous parle pas du doryphore dans les patates.

 

Bref, les mauvaises herbes, les nuisibles, les ravageurs, rappelons que la myxomatose a été importée, par un professeur de médecine *, pour lutter contre la prolifération des lapins de garenne qui ravageaient les champs de sa propriété, c’était l’ennemi du paysan.

 

« Toute plante a son ou ses parasites et nous ne récoltons que ce que les parasites nous laissent. » Eugène Roux premier directeur de l’IRA ancêtre de l’INRA 1938

 

Un peu d’histoire autour de ce que l’on nomme les pesticides : insecticides, fongicides et herbicides, cette chimie dont on dit, de façon simpliste, qu’elle est issue de la seule course au rendement, de l’agriculture intensive, alors que, comme le montre le langage guerrier : exterminer les ennemis des cultures, elle trouve son origine dans une demande forte de protection de la part des paysans.

 

Le poids des mots est important , depuis l’irruption de l’agriculteur-éleveur, celui-ci a dû protéger ses cultures contre des espèces causant des dommages aux récoltes ou concurrençant les variétés cultivées.

 

Les nuisibles, symboles inamovibles de l’utilitarisme agricole ? Rémi Fourche Dr en histoire Lyon 2

 

« Les parcelles cultivées correspondent à des lieux anthropisés qui ne laissent qu’une place restreinte à la diversité biologique. »

 

La fin des années 1860 correspond en France à l’identification de Phylloxera vastatrix.

 

À la même époque, outre-Atlantique, le premier brevet d’un insecticide arsenical est déposé en vue de la destruction des doryphores

 

C’est le début de l’ère de la rationalisation des méthodes de destruction, à grande échelle, des organismes considérés comme nuisibles.

 

Utilisation aisée et efficacité immédiate.

 

Parmi les premiers produits, nous pouvons citer les matières actives à base de soufre et de cuivre pour limiter les dégâts de certains cryptogames et les arsenicaux pour contenir les insectes.

 

Un siècle plus tard, les pratiques phytosanitaires initiées à la fin du XIXe se trouvent remises en question.

 

L’interdiction du DDT montre les limites des méthodes entièrement chimiques.

 

Des myriades de nuisibles

 

Les organismes commettant des dégâts ne correspondent pas à un nombre fixe d’espèces. Ils tendent à augmenter depuis la fin du XVIIIe siècle. Plusieurs facteurs se trouvent à l’origine de cette évolution. L’amélioration des connaissances scientifiques permet de préciser les causes de certaines affections virales, bactériennes, cryptogamiques… L’accroissement du nombre d’espèces cultivées explique également l’augmentation quantitative des nuisibles à l’agriculture. Outre les aspects biologiques et scientifiques il faut prendre en compte des facteurs liés à l’intensification agricole : augmentation de la taille des parcelles, monocultures, sélections variétales, suppression des rotations… À ces éléments s’ajoutent, après 1945, les phénomènes imputables à l’usage même des produits phytosanitaires : pullulations d’espèces autrefois discrètes (Panonychus ulmi pour les vergers et les vignes par exemple), in version de flore entre monocotylédones et dicotylédones en culture céréalière…

 

Mais les causes d’accroissement la plus spectaculaire résulte des échanges commerciaux. L’exemple de l’évolution du cortège parasitaire de la vigne au XIXe est remarquable. L’arrivée successive de trois nouveaux cryptogames met en danger temporairement cette culture. Ainsi, l’oïdium (1845), le mildiou (1878) et le black-rot (1885) s’acclimatent en France. Des produits simples tes que le soufre et le sulfate de cuivre permettent en quelques années de les contenir. Aux cryptogames s’ajoute un insecte, Phylloxera vastatrix, lui aussi originaire d’Amérique du Nord, qui ravage rapidement le vignoble français. La vigne n’est qu’un exemple et, pour la seule classe des insectes, une vingtaine d’espèces s’acclimatent en France entre 1800 et 1940. Cet ordre de grandeur est identique pour la période 1945-1975.

 

L’entre-deux-guerres : de la notion de nuisible à celle d’ennemi des cultures.

 

Cette terminologie permet d’englober la totalité des organismes considérés comme nuisibles, plantes adventices comprises.

 

De la Libération à 1958, le temps des illusions

 

Dès la Libération, l’apparition des produits de synthèse, en particulier les insecticides organochlorés (HCH, DDT…) constitue un espoir sans précédent dans la lutte contre les déprédateurs. Certains, les apiculteurs par exemple, y voient même la fin des effets secondaires imputables aux substances utilisées depuis la fin du XIXe siècle. Parfois, le titre même des articles de la presse spécialisée laisse apparaître cette manière de considérer les problèmes phytosanitaires. C’est ainsi que, tout en reconnaissant les limites des sciences appliquées, La défense des végétaux, organe de la Ligue nationale de lutte contre les ennemis des cultures, publie à l’automne 1949 un article intitulé « Alerte ! Il faut exterminer les ennemis des cultures en intensifiant la lutte ». Résultat de réponses précises à des difficultés phytosanitaires particulières, l’approche chimique de la protection des végétaux se heurte à de nombreux problèmes. C’est ainsi que l’usage massif d’un produit, ou de substances proches, entraîne des phénomènes de résistance, une prolifération et/ou vacance d’une niche écologique, ou encore aboutit à une destruction du cortège d’auxiliaires. Or, cette situation conduit à terme les agriculteurs à une impasse. La première réponse de l’industrie consiste à augmenter le nombre de familles chimiques et de molécules utilisables. Si, en 1937, les agriculteurs disposent d’une cinquantaine de matières actives, ces dernières sont une centaine en 1960.

 

La suite est connue…

 

Et maintenant : Qu'est-ce que le biocontrôle ?

 

Le biocontrôle est un ensemble de méthodes de protection des végétaux basé sur l’utilisation de mécanismes naturels. Seules ou associées à d’autres moyens de protection des plantes, ces techniques sont fondées sur les mécanismes et interactions qui régissent les relations entre espèces dans le milieu naturel. Ainsi, le principe du biocontrôle repose sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication.

 

Les produits de biocontrôle sont définis à l'article L. 253-6 du code rural et de la pêche maritime comme des agents et des produits utilisant des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures. Ils comprennent en particulier :

 

  • les macroorganismes

 

  • les produits phytopharmaceutiques qui sont composés de microorganismes, de médiateurs chimiques tels que les phéromones et les kairomones, ou de substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale.

Les macro-organismes utiles aux végétaux sont essentiellement des invertébrés, notamment des acariens, insectes et nématodes, utilisés pour protéger les plantes des bio-agresseurs via la lutte biologique.

 

Les produits phytopharmaceutiques de biocontrôle sont des produits phytopharmaceutiques autorisés à l'issue d'une évaluation complète des risques pour la santé humaine, la santé animale et l'environnement et conforme aux exigences européennes. Leur spécificité est liée à leur caractère naturel ou leur mode d'action reposant sur des mécanismes naturels.

 

Ils constituent des outils de prédilection pour la protection intégrée des cultures.

 

La suite ICI 

 

* C'est en 1950 que la première introduction réussie fut effectuée en Australie. En France, le Professeur Armand-Delille introduisit le virus dans sa propriété de Maillebois en Eure-et-Loir le 14 juin 1952. Compte tenu des résultats enregistrés auparavant, le Professeur Armand-Delille pensait que l'épidémie se limiterait à sa propriété close de murs. Pourtant, dès l'automne 1952, des foyers de myxomatose étaient enregistrés dans plusieurs départements français et, à la fin de l'année 1953, la totalité du territoire français était déclarée contaminée. Le virus gagnait l'Angleterre en octobre 1953, l'Italie et l'Espagne en 1955-1956 et, à la fin des années 1950, toute l'Europe était contaminée.

 

Source :

 

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19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 06:00
« En matière de vin, les plus belles paroles qu’on puisse prononcer, c’est quand on ferme la bouche. On est tout le temps à côté de ses pompes » Pierre Overnoy dans Pur jus 2 vinification de Fleur Godart&Justine Saint-Lô

Merci Pierre Overnoy grâce à vous j’ai enfin trouvé la meilleure réponse, la plus pertinente, à ceux qui, sous le prétexte que l’enseigne de ma petite crèmerie affiche Vin & Cie, me pacsent avec les dégustateurs patentés donneurs de notes et de leçons, genre Mimi la science, me mettent dans le même sac que les amateurs éclairés type Géo trouve tout qu’on appelle Jacky, m’opposent aux Lpviens qui se font rincer les papilles à la Villa d’Este, toute cette cohorte de phraseurs pompeux et chiants.

 

Je n’y connais rien ! Mais rin de rin comme dirait un copain qui adore le bedeau de B&D.

 

Je suis tombé dans le vin par le bassin versant politique, le pire, celui où sévissent les pots-de-vin, à l’époque du gros rouge qui tache, en bateau pinardier, en train complet direction Gennevilliers, du litre 6 étoiles chez les épiciers de quartier, des coopés degré-hecto, des distillations diverses et variées, de la garantie de bonne fin, des Comité d’action Viticole adeptes de la mèche lente, d’Emmanuel Maffre-Baugé, de Jean Huillet, de Marcellin Courret, de Georges Hérail, d’Antoine Verdale, de Christian Bonnet et de la bibine, la fin d’une époque que les jeunes ne peuvent pas ou ne veulent pas connaître.

 

Dans Pur Jus mon témoin de moralité c’est le grand Jeff Coutelou (pages 94 à 110), le résistant de Puimisson, dans l’Hérault, peuplé  de voisins hostiles et imbéciles, qui produit des vins démocratiques en grande quantité.

 

Lire ICI 24 novembre 2017

« Non Jeff t’es pas tout seul… » Les crétins pyromanes anonymes qui ont saccagé les arbres voisinant tes vignes du mas Coutelou ne gagneront pas !

 

Mon ignorance assumée n’est, ni une posture, ni de la coquetterie, je n’aime pas mettre des mots sur le vin, ça m’est parfois arrivé, et plus encore je suis allergique à toute forme d’explications techniques, j'y pige que dalle, c’est pour moi du mandarin.

 

Et pourtant, à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard, le frère Bécot nous faisait tailler ses vignes de cépages hybrides, mais je n’ai jamais été initié au chai d’Alcide Robert. Le seul vin que j’ai vu faire c’est celui du pépé Louis : pressurage sur le grand pressoir mobile, je me souviens des clics, le jus pissait dans un grand baquet, pompage direction les fûts méchés, ça bouillait libre, point final.

 

Lire ICI 27 juillet 2009

Mon maître vigneron : le frère Henri Bécot 

 

Plus ignare que moi tu meurs, je ne suis qu’un libre buveur, au sens de libre penseur…

 

En conséquence, comme je suis de tendance Coluche : « De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent. » le Pur jus 2 vinification des deux nanas est fait pour moi.

 

 

Je l’ai lu, consciencieusement, en suivant les images et les bulles du doigt comme les enfants, ne dit-on pas que les vieux retournent en enfance. Affirmer que j’ai tout compris serait mentir, mon déficit technique touche le fond du gouffre, mais je pourrai, si l’occasion se présente, faire état, avec l’air entendu d’un gars qui sait tout ça depuis qu’il a quitté ses couches culottes, de mes fraîches connaissances :

 

  • sur les brettanomyces bruxallis une fois,

 

  • sur la carbo stricte et la semi-carbo du bojolo,

 

  • sur le goût de souris cher à Claire, bien sûr, un must absolu dans les salons off,

 

  • sur la densité à 1015,

 

  • sur le remontage à la bordelaise,

 

  • sur la volatile et le résiduel bien évidemment,

 

  • sur la case oxydasique, sur les levures communes et les levures elliptiques chères à Pierre Overnoy…

 

  • sur les rafles, ça fait peur aux bobos comme le batonnage plaît au sado-maso, et le collage rappelle ceux qui vivaient à la colle,

 

  • sur les homo et les hetero fermentiscibles,

 

  • sur la réduction, au delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, Romain Gary, Jan Seberg,  

     

 

  • sur les bourbes et les lies, et tu boiras dans ce bourbier ce calice jusqu’à la lie,

 

  • ouilles jacquouille !

 

  • sur tout ou presque…

 

Après ma lecture je pourrais même passer avec succès le diplôme de MOF naturiste s’il existait, mais j’aurais du mal à décrocher le DNO, je pourrais aussi faire concurrence à Pierre Jancou à Châtillon-en-Diois, m’installer caviste naturiste dans le 10e arrondissement, donner des conférences à la Dive, signer des articles dans la RVF coincé entre Robert Pitte et Sylvie Augereau, causer à la radio et sur les chaînes d’info, me faire canarder par Mimi la science avec son Magnum

 

Que sais-je encore ?

 

Pour autant, bardé de ces toutes nouvelles connaissances, je ne vais pas aller m’installer dans mes vignes ni me faire embaucher comme grouillot ou rat de cave dans un chai naturiste. Je serais bien plus encombrant qu’utile. Tout ce dont je suis capable c’est de faire le frichti et le service du vin à table. Ce n’est déjà pas si mal.

 

De tout ce qui précède une conclusion s’impose : si vous voulez briller, auprès de vos ami(e)s dans les bars à vin nature, convaincre vos collègues de s’engager sur la voie de la rédemption naturiste, jouer le trouble-fête dans votre famille ou votre belle-famille en vantant les vins qui puent, narguer votre pharmacien en lui disant que vous n’avez plus mal à la tête même après la mufflée de vins à poils, faire grincer les dents des hygiénistes en vous vantant de mieux boire, achetez pur jus vinification !

 

 

Mais avant de tirer ma révérence je me dois de faire encore l’apologie du goût de souris ICI très cher à mon cœur, en effet y’a plein de souris dans Pur Jus 2

 

Le choc des PHOTOS  

 

 

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 06:00
1 vrai sujet de santé publique : le goûter des enfants « n’oublies pas ton 4 heures ! »

À mon âge, hormis de tomber dans la dépendance, mon devenir ne devrait plus être un objet de préoccupation pour les Diafoirus de la Santé Publique ; l’extension du concept de Santé Publique frise de plus en plus une forme de mainmise sur notre vie privée, nos choix intimes, à force de nous balancer des bordées de chiffres nécrologiques ces guérisseurs prennent des allures de fossoyeurs.

 

Lâchez-nous les pompes !

 

Occupez-vous prioritairement de la santé des enfants !

 

Du petit-déjeuner jusqu’au goûter en passant par la cantoche, à l’école, au collège, au lycée c’est la catata… On leur fait enfourner de la nourriture industrielle… surtout au goûter « barres chocolatées, les biscuits fourrés au chocolat, les madeleines, les viennoiseries, bonbons, sodas… Ce sont de véritables pièges riches en graisses et sucres!».

 

Il est bien loin le temps de ma tartine de pain de quatre embeurrée avec quelques carreaux de chocolat…

 

Et ce n’est pas une réflexion de vieux con, mémé Marie, lorsque je rentrais de l’école et que je n’avais qu’une seule envie : aller gambader dans les prés, me disait « n’oublies pas ton quatre heures ! »

 

 J’ai eu si mal au cœur

Sur la mer en furie

Qu’ j’ai vomi mon quatre heures,

Et mon minuit aussi.

Renaud, Dès que le vent soufflera, 1983)

 

Louise Tourret écrit dans Slate :

 

« Pour ce goûter quotidien, qui est un repas que personnellement je prends toujours, les nutritionnistes préconisent des fruits, et pour les plus gourmands, du pain avec du chocolat noir. Le goûter est aussi un repas important: à cette heure où la glycémie baisse, il faut se relancer avec un peu de sucre et tout simplement, manger pour tenir jusqu’au dîner. »

 

« Mais dans les écoles, le goûter, c’est au contraire le grand festival de la nourriture industrielle: des barres, des biscuits et de la nourriture ultra-transformée au menu du repas préféré des enfants. Résultat, mon fils, qui est aussi un estomac sur pattes, est devenu un expert de l’échange. Comme il confond la poche avant de son sac à dos avec une poubelle, j’ai bien vu que les papiers et emballages de ce qu'il avait ingurgité ne correspondaient pas trop à ce que j’avais donné le matin: Pom'Potes vides, papiers de barres de céréales, morceaux de biscuits industriels et parfois… mon sandwich au chocolat. C’est ainsi que j'ai découvert l’univers du marché noir du goûter. »

 

[…]

 

« A-t-on mis des enfants au monde pour qu’ils mangent de l’huile de palme et du sirop de glucose? Non, mais quand Julie met des biscuits bio qui coûtent «hyper cher» dans le cartable de sa fille, cette dernière «les échange contre des DooWap» (brioche au chocolat, aliment ultra-transformé, Nutri-Score D), raconte-t-elle.

 

« Donner des gâteaux industriels à ses bambins, c’est un peu comme si au lieu de les faire déjeuner la cantine, on leur confiait cinq euros pour aller acheter un Happy Meal ou un grec. Ou qu’on leur prenait des Bolino. Bien sûr que ce n'est pas catastrophique pour la santé de manger un kebab ou un hamburger de temps en temps, c’est la même chose pour les Pépito, les Dinosaurus ou les Snickers. Sauf que la fête de l’huile de palme et du sirop de glucose, c’est tous les jours. Tous les jours… à l’école. »

 

[…]

 

« On peut organiser toutes les Semaines du Goût qu’on veut, mais si les enfants mangent la merde soigneusement mise dans leur cartable par leurs propres parents tous les jours pendant plusieurs années, il y a peu de chance que le message passe. Peut-être faudrait-il tout simplement aménager un goûter commun comme en maternelle, imaginer quelque chose de plus adapté… Par exemple, organiser des semaines de la pomme, de la poire, distribuer des fruits, comme Mendes France a distribué du lait aux écoliers en 1954. »

 

L’intégralité ICI 

 

Je lance un appel au monde des terroirs vineux qui trop souvent me gonfle la tête avec ses discours sur notre génie national, ce bon goût qui nous différencie des barbares, sortez de vos cénacles, battez-vous, engagez-vous dans le combat du 4 heures pain beurre-chocolat ! »

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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 06:00
Emmanuel tu fais tout de Travers pourquoi t’as pas nommé Marc Fesneau à l’Agriculture ça aurait fait plaisir à son père François Fesneau qui arpenta de mon temps le 78 rue de Varenne.

Je bichais, pensez-donc ce remaniement m’offrait un sujet de chronique en or massif : Travers à la trappe, clap de fin enfin, arrivée au 78 du fils de François Fesneau : Marc.

 

Vous allez me dire c’est qui ce François Fesneau ?

 

Soyez patient !

 

Et puis, petit à petit, le remaniement se traînant en longueur, prenait des allures de char à bancs de rois fainéants et à mon grand regret, comme le Lulu Castagnette tenait la corde pour l’Intérieur, Marc Fesneau se voyait offrir les Relations avec le Parlement, un poste stratégique mais sans assise administrative.

 

Le sénateur Guillaume de la Drôme, qui va hériter du maroquin agricole, me laisse froid : je n’aime pas les sénateurs et les hiérarques socialistes du vieux monde.

 

Marc Fesneau c’est un parigot du Loir-et-Cher, comme papa, il lui ressemble…

 

 

Son premier mandat politique est celui de conseiller municipal de Marchenoir, petite commune d’à peine 600 âmes dans le Loir-et-Cher. Il en est devenu le maire en 2008.

 

Diplômé de Sciences-Po après avoir repris ses études à 30 ans, Marc Fesneau a été directeur du développement  local à la chambre d'agriculture du Loir-et-Cher. Depuis 2016, il préside la communauté de commune de Beauce Val de Loire.

 

Je connais bien et le Loir-et-Cher dont j’ai été le Monsieur Vin dans les années 80 et François Fesneau père que j’ai connu lorsque j’étais conseiller technique au cabinet de Michel Rocard.

 

C’était, monsieur Fruits&légumes, l’héritier d’Alexis Gourvennec, l’homme de la Sica de Saint Pol de Léon, les choux-fleurs et les artichauts.

 

Il partageait avec Michel Rocard : un débit mitraillette, plus compréhensible que celui du Ministre, et le goût des idées.

 

Je suis déçu car j’imaginais François Fesneau dans la salle à manger de l’hôtel de Villeroy lors de la passation des pouvoirs : fier et un peu en retrait, c’est un grand timide.

 

Pour le consoler je ressors de la naphtaline le discours que prononça le 17 janvier 1985 Michel Rocard Ministre de l’Agriculture lorsqu’il lui remit les insignes de chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

 

J’y étais. Ce n’est pas moi qui avais écrit le discours, sinon il eut été bien meilleur.

 

PS; Merci à ceux d'entre-vous qui m'ont fait parvenir un message pour regretter ma non nomination au 78.

Emmanuel tu fais tout de Travers pourquoi t’as pas nommé Marc Fesneau à l’Agriculture ça aurait fait plaisir à son père François Fesneau qui arpenta de mon temps le 78 rue de Varenne.

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