Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 08:00

 

Le grand enfant de Choeur De Chaïm SOUTINE (1893-1943)

Je n’ironise pas, la messe du dimanche je l’ai servie au temps de mes culottes courtes, soutane rouge, surplis empesé, savates de feutre, en dirigeant la manœuvre, assis sur mon tabouret de boss des enfants de chœur.

 

Le président de la Conférence des évêques de France a déposé un recours devant le Conseil d’État. L’interdiction des messes porte « atteinte à la liberté de culte »

 

Mgr Éric de Moulins-Beaufort estime que la décision du gouvernement « porte atteinte à la liberté de culte qui est l’une des libertés fondamentales » en France. Après avoir consulté tous les évêques de France, il estime « hors de proportion l’interdiction de célébrer la messe et d’autres sacrements en communauté. » Une cérémonie jugée « essentielle » par l’Église, qui réclame un assouplissement des mesures. « Pour les fidèles, ces célébrations sont vitales parce qu’elles sont une rencontre avec le Seigneur et avec leurs frères », justifie le président de la Conférence des évêques de France.

 

Ouragan dans le bénitier !

 

Dans le cadre d'un déconfinement progressif, notre Emmanuel qui s’occupe de tout a annoncé la réouverture des messes. Mais avec une condition : elles seraient limitées à 30 personnes. Une décision que Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, qualifie de "contradictoire" et "grotesque".

 

Nouvelle tempête pour la jauge, notre grand timonier fait machine arrière

 

Lors d'une conversation téléphonique dans la soirée du 24 novembre, entre le président de la République et le président de la conférence des évêques de France (CEF) Mgr Eric de Moulins-Beaufort qui protestait contre la «stricte limite de 30 personnes pour les messes» imposées par Emmanuel Macron, il a été convenu qu'un nouveau plafond maximal de fidèles pour les messes sera étudié d'ici jeudi matin 26 novembre, pour une «jauge réaliste, tout en étant stricte» a indiqué l'épiscopat par communiqué mercredi matin.

 

Donc, au sortir de la grand-messe, préparez-vous des spaghettis cacio e pepe selon la recette de Gabriele Muti, chef du restaurant Uncino

 

La recette des spaghettis cacio e pepe du chef Gabriele Muti Les spaghettis cacio e pepe de Gabriele Muti, chef du restaurant Uncino.

 

Ingrédients

 

150 g de pecorino romano (si vous trouvez le pecorino trop salé, vous pouvez mettre 2/3 pecorino et 1/3 de parmesan)

 

10g de poivre (en fonction de vos goûts et de la puissance de votre poivre, on a utilisé du poivre noir de Sarawak)

 

200g de spaghetti

 

8g de sel par litre d’eau pour la cuisson de la pasta

 

 

Préparation

 

Râpez finement le fromage et réservez-le dans un petit saladier.

 

Mettez l’eau à bouillir.

 

Dans une poêle, mettez le poivre finement moulu et faites-le torréfier à feu doux. Attention, en chauffant le poivre va dégager un arôme puissant qui pique.

 

Mettez les spaghettis à cuire (la moitié du temps de cuisson indiqué sur le paquet)

 

Quelques minutes avant la fin de la cuisson, ajoutez un peu d’eau de cuisson au fromage et commencez à le travailler.

 

Ajoutez un peu d’eau au fur et à mesure. Bien mélanger pour obtenir une boule compacte.

 

Ajoutez de l’eau de cuisson sur le poivre torréfié (ne vous mettez pas au-dessus, et aérez bien) puis ajoutez la pasta.

 

Il faut terminer la cuisson des pâtes à la poêle en ajoutant au fur et mesure de l’eau de cuisson. Quand la cuisson est finie, l’amidon relâché par la pasta, l’eau et le poivre vont former une sorte de sauce crémeuse, éteindre alors le feu.

 

Hors du feu, versez la boule de fromage et continuez à mélanger jusqu’à ce que tout se lie. La sauce devient crémeuse, dressez immédiatement car la sauce coagule rapidement.

 

La suite ICI

Le conseil de qui vous savez :

 

Loreline Laborde
Les Granges Paquenesses
39800, Tourmont
Tél. : +33 (0)6 23 87 65 19
Mail : contact@granges-paquenesses.fr  

 

Les Granges Paquenesses - Loreline Laborde

 

Un jeune domaine établi à Tourmont, près de Poligny.

 

 Présentation (par amicalementvin):

 

Partie de Montpellier Loreline la citadine est devenue vigneronne et paysanne. Les rencontres et les heures passées au milieu des vignes, de la terre et des animaux, lui ont forgé des envies et des certitudes. Le Jura est devenue sa terre d'accueil, ses parcelles sont terrain de jeu et sa ferme des Granges Paquenesses son refuge.

 

Loreline Laborde exploite seule 3,5ha en Côtes du Jura, depuis 2010. Des vignes assez groupées mais à la géologie nuancée, qui lui permettent de s'exprimer sur les cépages typiques du Jura : Savagnin, Chardonnay, Poulsard et Trousseau.

 

Le domaine des Granges Paquenesses est en bio tout naturellement. Travail du sol, maîtrise des rendements, préparation de compost,... tout est fait pour exprimer l'extraordinaire terroir du Jura, en respectant la nature.

 

Le travail à la cave va à l'essentiel, avec peu d'intervention. Le vin est gentiment accompagné, les fermentations sont en levures indigènes, pas de chaptalisation ou autre enzymage. Le soufre est utilisé à bon escient. Bref c'est propre quoi !

 

A la vigne, Loreline marche dans les pas de sa jument comtoise Amazone. Avec elle, elle travaille l'ensemble de ses parcelles, pour vivre un peu plus en harmonie avec la nature.

 

 

COMMENT RÉUSSIR LES PÂTES CACIO E PEPE ? DEUX MÉTHODES

 

 

Méthode scientifique : c’est celle qui a été élaborée par le scientifique Dario Bressanini dont je vous ai déjà parlé et que j’aime beaucoup. Il s’occupe de divulgation scientifique de l’alimentation, avec rigueur, humour et bon sens (un peu comme Hervé This mais plus à notre portée je trouve, avec des aliments ou plats basiques).

 

Le principe est celui de porter la température du fromage mélangé avec l’eau de cuisson des pâtes (important pour la présence d’amidon) à une température de 55°C (celle idéale où le fromage fond mais ne coagule pas). Pour ce faire (et sans se casser la tête à tremper un thermomètre), il suffit de réaliser un mélange de fromage et d’eau de cuisson (proportions 40/60 par ex. 80 g de fromage et 120 g d’eau) et le réchauffer au bain-marie jusqu’à ce le mélange soit fluide et non coagulé. On garde ensuite cette crème au chaud (dans le bain-marie), on la verse sur les pâtes égouttées et misent dans un saladier et on mélange rapidement.

 

 

Il nous explique aussi que l’amidon contribue à empêcher la coagulation rapide du fromage (il cite d’ailleurs l’exemple de la sauce Mornay qui contient de la farine et du fromage). Donc plus il y a d’amidon dans l’eau des pâtes (mais pas trop non plus) mieux c’est. C’est pourquoi, il préconise aussi de mettre la moitié de l’eau habituelle pour la cuisson des pâtes : soit 50 cl au lieu d’un litre pour 100 g de pâtes.

 

 

Méthode empirique : c’est celle de la plupart des chefs romains (certains même étoilés) mais qui peut ne pas marcher à 100% (et c’est celle que j’utilise le plus aussi)

 

Elle consiste à créer le mélange au moment de l’égouttage des pâtes ou juste un peu avant en prenant un peu d’eau de cuisson mélangée au fromage dans un saladier. Ensuite, on y met les pâtes, encore un peu de fromage et on dilue avec un peu d’eau de cuisson tout en mélangeant. Cela peut être parfait mais il peut arriver que la température de l’eau soit trop chaude ou pas assez et donc de ne pas avoir une crème parfaite.

Partager cet article

Repost0
29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 06:00

Avec Pierre Clémenti (Antoine Desvrières), Jacques Spiesser (Jean Rimbert), Marie-Hélène Breillat, (Anne de Hauteclaire),

En exergue du film,  « L'ironie du sort »  ICI  inspirée du livre de Paul Guimard cette citation du grand Tennessee Williams.

 

 

L'histoire se déroule à Nantes, sous l'Occupation! Pierre Clémenti et Jacques Spiesser incarnent deux résistants qui ont pour mission d'abattre un officier allemand! Deux issues possibles nous sont proposées !

 

Avez-vous remarqué comme la vie se charge, souvent brutalement, d'opérer à notre place des choix que nous n'osons faire? Comme si, après nous avoir laissé tout le loisir de réfléchir, d'aménager notre destinée, elle s'impatientait de notre aveuglement, de notre inertie et se chargeait, par un de ces coups de théâtre dont elle a le secret, de nous mettre face à ce changement secrètement désiré ou redouté?

 

« Guimard, Molinaro et Kast s’interrogent sur la part d’indécidable dans le destin de ceux qui ont traversé cette période. Il est certain que le hasard, les rencontres ont joué un rôle dans le destin de tout résistant ou de tout collaborateur. Mais ce qui caractérise celui de Caracalla (Cordier), de Marat (Vaillant) ou encore de Jean et Paul, les deux héros du film de Molinaro, c’est l’exact contraire du hasard. C’est cet entêtement, cette volonté farouche à résister et cet engagement renouvelé dans le combat pour la liberté. Ce choix-là ne doit rien au hasard. Pour des raisons qui nécessiteraient d’être expliquées, pendant une longue période qui commence dans les années soixante-dix, le choix des résistants a été systématiquement minoré, dévalorisé jusqu’à considérer leur engagement au même niveau que celui contre lesquels ils se sont battus. C’est ce voile, cette approximation, ce trouble qui a été déterminant dans la décision de qu’a prise Daniel Cordier de raconter son histoire de la guerre. »

 

Les dossiers de l’écran du 23 avril 1974 animés par Alain Jérôme débat sur le film La traversée de Paris d’Autant-Lara. Avril 1974 c’est la sortie de Lacombe Lucien de Louis Malle, le scénario est signé Patrick Modiano. Malle a été très clair : « semer la confusion », « montrer un salaud au sens sartrien du terme » ; « montrer que tout était possible » : une jeune juive qui couche avec le gestapiste qui va déporter sa famille, un curé qui torture en soutane, un homme « extrêmement ordinaire qui devient tortionnaire à la botte des nazis »

 

Les débateurs : Henri Amouroux, André Frossard, Jacques Laurent, Paul Guimard, François Nourissier…

 

Lorsque Guimard intervient il déclare : « Il ne faut pas prétendre, que la France, unanimement, s’est dressée contre l’occupant, parce que c’est faux. » Il ajoute ensuite : « Il faut encore moins prétendre que la France, unanimement, s’est couchée et a rampé, parce que c’est encore plus faux, et là, c’est odieux en plus. »

 

Guimard, avec justesse, parle de la masse des Français qui étaient favorables à la Résistance sans y être pour autant engagés.

 

Sa conclusion est admirable : « On n’a pas le droit de s’étonner qu’il n’y en ait pas eu assez ; on est obligé d’admirer qu’il y en ait eu autant. »

 

Paul Guimard a été révélé au grand public par Claude Sautet, dont le film Les Choses de la vie (1970) portait à l'écran son troisième roman, publié en 1967, Paul Guimard avait déjà remporté le grand prix de l'humour, en 1956, pour Les Faux Frères, et le prix Interallié, l'année suivante, pour Rue du Havre. Dans un style lapidaire, Paul Guimard brossait le portrait de personnages dont le destin dérape.

 

 

L'IRONIE DU SORT de Paul Guimard

 

Par JACQUELINE PIATIER ICI Publié le 16 septembre 1961 

 

On savait depuis la Rue du Havre, Prix interallié 1957, que Paul Guimard, bon conteur sinon puissant romancier, aimait à se promener dans la cervelle d'une multitude de personnages, pour scruter leur drame intime et suivre leur destin. Tenté comme Fantasio par ce bourgeois qui passe, pour le sonder, une minute, deux minutes, pas davantage, avant de passer à un autre. Mais le coup de sonde est précis et ramène à chaque fois une silhouette vivante et pensante, vite et bien caractérisée. Après quoi, de toutes ces expériences in vivo l'auteur tire une petite philosophie, sceptique, enjouée et tendre, tout à fait dans la tradition de l'esprit français.

 

Tout cela se retrouve dans l'Ironie du sort, qui prétend donner une de ces leçons de philosophie sans jactance, comme en donnent les moralistes et aussi les humoristes, qui bien souvent leur ressemblent. Les hommes ne devraient être dupes ni des grands mots ni des grands sentiments. Ceux-ci sont déjoués par la vie et c'est le sort ironique parce qu'aveugle qui fabrique les héros. A l'origine d'un destin il peut y avoir un acte libre. C'est le bouton qui met en branle la mécanique. Après quoi celle-ci broie, moule et façonne à son gré, c'est-à-dire au gré des circonstances, soit l'homme d'élite, soit l'homo qualumque. « Sacrifice suprême, mourir pour la patrie... nation reconnaissante... ces grands mots fatigués attendent de se poser. Il leur faut pour cela deux choses ; une bouche pour être prononcés, un nom propre auquel être accolés. Le coucou n'est pas difficile sur le choix de son nid, les grands mots, de même, ne choisissent pas leur homme, le crémier venu fait l'affaire, mais il leur faut une tête sur quoi se fixer sous peine d'errer indéfiniment dans les limbes où sont les velléités. "

 

Supposez donc un résistant qui sous un porte cochère attend l'officier allemand qu'il va tuer... La scène se passe à Nantes en septembre 1943. Plusieurs personnes sont liées, à leur insu, à l'acte qui va s'accomplir. Antoine d'abord, l'exécuteur ; son ami Jean, responsable de son engagement dans la Résistance et chef du réseau ; le père d'Antoine, qui soupçonne sans l'approuver la lutte menée par son fils : son âge et son passé ne lui permettent pas d'autres convictions qu'une fidélité maréchaliste. Il y a aussi la fiancée d'Antoine, fille d'un avocat collaborateur et huppé, qui, avant le meurtre, n'a pas osé lui révéler qu'elle attend un enfant ; puis la victime elle-même, cet officier de la Wehrmacht d'un aristocratique détachement qui à l'heure du guet-apens va rejoindre la petite bonne qui lui sert de maîtresse. Il y a enfin l'instrument du destin, le feldgendarme Helmut Eidemann, un balourd qui ne sait pas tirer, ni faire démarrer les autos. Selon la technique unanimiste, tous ces personnages bien vivants sont mis en scène, chacun dans leur épaisseur propre, au moment où le coup va partir. Il part. L'Allemand est tué. Mais Helmut Eidemann, pour une fois, a su mettre en marche la voiture et ajuster son tir. Antoine, blessé, ne peut s'enfuir. Il est arrêté, condamné, fusillé. Le voilà un héros.

 

La scène tourne et six ans plus tard nous assistons à son exaltation devant le monument aux morts. Chacun a profité de son geste : le village, son père, qui, au retour d'une déportation que ses convictions ne justifiaient guère, est devenu maire, et son futur beau-père, auquel nul n'a songé, à cause de l'enfant, à reprocher sa collaboration. La fiancée d'Antoine a trouvé le bonheur au bras de Jean, qui a recueilli la femme et le fils de son ami. La rencontre est cocasse et tourne à la farce. Comme l'Antoine des discours officiels ressemble peu à l'Antoine vivant ! Par un procédé de flash back, le voici qui resurgit, dans sa prison, à ses derniers moments. Dans la réalité c'est tout simple, la mort d'un héros. Et c'est très émouvant. Paul Guimard voulait montrer ce décalage et cette disproportion.

 

Mais supposez maintenant que le coup ne parte pas... parce qu'Helmut Eidemann est intervenu d'une autre manière. Tout se transforme et une nouvelle histoire commence. Le héros a changé de nom. Il s'appelle Jean au lieu d'Antoine. Les proches de celui-ci ne connaissent ni la gloire ni l'absolution. Et lui-même, qui a épousé Marie-Anne, n'est plus qu'un homme très commun, qui réussit sa carrière, trompe sa femme et la quitte pour une plus sémillante conquête.

 

Tel est le diptyque que propose Paul Guimard. On songe à Antoine Blondin, qui avec un si dans les Enfants du Bon Dieu - si le traité de Westphalie n'avait pas été signé - bouleversait lui aussi, non pas une histoire, c'est-à-dire le destin d'un homme, mais le cours de l'histoire. Plus intellectuel, le divertissement était aussi plus relevé.

 

Mais l'Ironie du sort est un joli conte et qui possède un charme. Paul Guimard s'y révèle bon magicien. D'un coup de baguette, non seulement il transforme son personnage, mais fait jaillir à volonté les pleurs ou le rire, le pathétique sans grandiloquence ou la détente bouffonne. Le lecteur, entraîné dans un kaléidoscope d'émotions, est déconcerté. Mais il y prend un excitant plaisir.

 

Il s'en faut malheureusement que les deux volets de ce diptyque se vaillent. Le premier avait pour lui ses ruptures de tons, son alternance sourire-larmes, ses personnages humains qu'on voyait transformés en surhommes. Dans le second, nous assistons seulement à la désintégration d'un couple et à la formation d'un autre, qui nous est contées sur le même ton badin. Il eût fallu beaucoup d'esprit pour rehausser ce tableau d'une courante banalité humaine. Sans doute y a-t-il toujours sous la plume de Paul Guimard de piquantes formules, d'heureux raccourcis et d'amusantes trouvailles, mais le récit se perd dans les digressions autour de nouveaux personnages qui ne nous intéressent plus, n'étant pas en réplique. Fantasio cède à sa tentation. Il ouvre trop de crânes.

 

Ce divertissement d'un sceptique, tendre, est joué sur un petit fifre qui rend un son très juste et assez aigrelet pour agacer agréablement le cœur et l'esprit. Mais il arrive à ce petit fifre, parfait quand il expose son thème, le tourne et le retourne, de s'égarer dans de trop longues cadences.

 

(1) Denoël, 214 p.

JACQUELINE PIATIER

 

 

En 1981, après la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle, il est chargé de mission auprès du président de la République, poste qu'il occupe jusqu'en août 1982. « Mon seul regret est de n'avoir pas obtenu, lors de mon passage à l'Élysée, la création d'une académie de la Mer », dira-t-il plus tard, affirmant que « cette expérience n'a été dans (sa) vie qu'un long accident ».

 

Citations de Paul Guimard

 

« Le noyau de l'homme est ferme, dur, peut-être même invariable. Mais ce qu'il fait dépend pour 99 % du hasard. »

 

« La jeunesse heureuse est une invention de vieillards. »

 

« Ce n'est rien de vieillir mais le terrible est que l'on reste jeune. »

 

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 08:00

 

L’une de mes rares revendications de confiné « à risque » : l’extension du domaine de mes promenades à vélo est enfin satisfaite par notre « bon monarque », la stupide règle des 1 Km pendant 1 heure est élargie à 20 km pendant 3 heures à partir de samedi avec attestation bien sûr !

 

Pour l’instant le site du gouvernement n’a pas encore modifié la paperasse chère à nos bureaucrates ; ça occupe du monde ces machins qui ne servent à rien lorsqu’on les télécharge sur son smartphone puisqu’on modifier à tout moment l’heure de son départ.

 

Jusqu’ici les pandores ne m’ont pas contrôlé et je n’ai jamais croisé un contrôle.

 

Y’a un truc qui m’interroge : puisque tous les magasins seront de nouveau ouverts à partir de samedi je pose la question : le motif à cocher sur la paperasse, que les acheteurs de Noël devront exhiber, sera-t-il accompagné d’une limite dans le temps ?

 

S’il y en a une c’est une rupture d’égalité entre le Parigot intra-muros et le banlieusard…

 

S’il n’y en pas, tout le monde pourra se balader toute la sainte journée avec ce papier…

 

Conclusion : inutilité du papier.

 

Un outil permet de calculer la zone de libre circulation de 20 kilomètres autour de votre domicile.

 

Les "déplacements brefs" autorisés dans un rayon de 20 km pour 3 heures maximum

 

Autre assouplissement à compter de samedi : les sorties récréatives, qui seront autorisées dans un rayon de 20 km, et non plus d'un, et pour une durée de trois heures contre une heure jusqu'à présent. Il s'agit de la sixième case de l'attestation actuelle : les « déplacements brefs [...] liés soit à l'activité physique individuelle des personnes, à l'exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie ».

 

Jeudi, le Premier ministre Jean Castex a toutefois averti qu'il « ne faut pas en profiter pour aller voir des amis ».

 

Difficile pourtant pour les particuliers de savoir à quoi cette zone correspond.

 

Nombre d'outils existent pour permettre de calculer cette zone de libre circulation.

 

  • L'application "Cascoronavirus.fr", ICI proposée sur le site du gouvernement "data.gouv", permet de dessiner sur une carte un cercle de 20 kilomètres de rayon autour de vous. Il vous suffit pour cela d'indiquer une adresse de référence.

 

  • Il est également possible de calculer votre zone de circulation à partir de la carte ci-dessous, proposée par le site Esri  ICI (si aucune carte n'apparaît, merci de désactiver votre bloqueur de publicité)

 

  • Autre outil, une application, créée par Geonov ICI, une société spécialisée dans les données géographiques basée à Montpellier, indique les 20 km où que l'on se trouve. Il suffit de désigner la commune, ou mieux encore, pointer un endroit précis sur la carte agrandie.

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 06:00

 

Le confinement a du bon pour un gars comme moi qui, en temps normal ne fiche rien de ses dix doigts, je suis bien obligé d’occuper mes journées dans mon 9e étage avec ascenseur, privé de balcon plein sud par la météo je regarde des films.

 

Ainsi j’ai visionné un film passionnant The Imitation Game de Morten Tyldum qui a réalisé un film efficace sur l'histoire d’Alan Turing, mathématicien britannique génie tragique, (1912-1954)

 

Imitation Game-DVD: Amazon.fr: DVD & Blu-ray

 

Le pardon royal fut accordé à Alan Turing le 24 décembre 2013 par la reine Elizabeth. La souveraine britannique en finissait ainsi avec l’une des injustices les plus flagrantes du XXe siècle : la condamnation pour « indécence manifeste », en 1952, du mathématicien, héros méconnu de la seconde guerre mondiale.

 

Son crime ?

 

Il était homosexuel.

 

Il avait réussi à casser le code Enigma utilisé par l’armée allemande pour ses communications secrètes et, ce faisant, contribué à la victoire des Alliés dans la bataille de l’Atlantique.

 

En 1952, la justice britannique avait donné à Turing le choix entre deux ans d’emprisonnement et un traitement aux hormones féminines revenant à une castration chimique.

 

Le mathématicien choisit les injections, qui le rendirent impuissant. Le lundi de Pentecôte 1954, il croqua une pomme avant de se coucher. Le fruit ayant macéré dans du cyanure, le scientifique mettait fin à ses jours en s’inspirant de Blanche-Neige et les sept nains, le dessin animé de Walt Disney qu’il aimait tant.

 

Franck Nouchi le 26 janvier 2015 dans la Monde ICI 

 

 

Alan Turing est un personnage fascinant. En à peine quarante et un an d'existence, ce génie anglais a marqué le monde des mathématiques, de l'informatique et de l'intelligence artificielle. En 1936, il présente une expérience de pensée qu'on nommera ensuite machine de Turing et qui permettra de donner une définition au concept d'algorithme et de procédure mécanique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint les services secrets britanniques et réussira à briser les secrets des communications allemandes et de la machine Enigma. Après la guerre, Alan Turing travaillera sur le concept de l'ordinateur à programme enregistré (ACE), le premier ordinateur moderne. Une vie si remplie qu'elle est impossible à résumer en quelques lignes.

 

 

Heureusement, l'Histoire a réhabilité ce personnage énigmatique, ce génie au destin brisé. Au travers de films comme The Imitation Game, sorti au cinéma en 2014, son œuvre est désormais accessible au plus grand nombre et du livre de Dermot Turing, son neveu, auteur de la biographie Prof: Alan Turing Decoded (The History Press, 2015, non traduit), pour parler de la personnalité, des succès et des périodes les plus méconnues de la vie de ce scientifique visionnaire.

 

Dermot Turing, neveu d'Alan Turing et auteur de "Prof: Alan Turing Decoded"

 

Alan Turing n'était pas vraiment le génie torturé de "The Imitation Game", et son neveu nous explique pourquoi ICI

 

Histoire de la machine Enigma ICI 

 

Été 1940. La guerre semble avoir choisi son camp. La Pologne, la France ont capitulé. La Grande-Bretagne résiste, mais elle dépend, pour la moitié à peu près de son approvisionnement en matières premières, des importations maritimes. Or, dans les mers, les sous-marins allemands, les redoutables U-Boot, font régner la terreur, coulant de nombreux navires. Ils attaquent de nuit, en meutes. Pour leur coordination tactique, ils échangent de nombreux messages radios, avec le commandement à terre. Ces messages sont cryptés à l'aide d'une remarquable machine, l'Enigma.

 

Enigma, les secrets du code nazi

 

L'Enigma

 

L'Enigma est une machine à chiffrer inventée initialement par Arthur Scherbius et Richard Ritter en 1918. Cette machine, créée par ses inventeurs pour s'amuser, connait en réalité un grand succès commercial, et près de 30 000 modèles civils sont vendus, notamment à des banques ou à de grandes compagnies.

 

L'armée allemande, qui sait l'importance du renseignement dans les conflits modernes, se dote alors massivement d'une version militaire de cette machine. Elle se présente sous la forme d'une caisse en bois de 34×28×15 cm, et pèse une douzaine de kilos. Elle est composée : 

 

  • d'un clavier alphabétique
  • d'un tableau de connexion
  • de 3 rotors mobiles à 26 positions
  • d'un rotor renvoi à 26 positions (le réflecteur)
  • d'un tableau de 26 ampoules correspondant aux 26 lettres de l'alphabet.

 

La suite ICI 

Utilisation de la machine Enigma, par les Nazis

 

Alan Turing et le  décryptage des codes secrets nazis

 ICI 

10.05.2012, par 
Mis à jour le 06.06.2019

Partager cet article

Repost0
27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 08:00

Queues de langoustines crues fraîches Banque d'images - 28128186

Longtemps j’ai créché au 78 rue de Varenne, rue du Pouvoir : hôtel de Matignon, la rue de Bourgogne s’y jette au 84, à cette embouchure une façade

discrète. https://scontent.fcdg2-1.fna.fbcdn.net/v/t1.0-0/p206x206/535675_385483878168586_626174794_n.jpg?_nc_cat=108&ccb=2&_nc_sid=85a577&_nc_ohc=ZjHeMRlRE40AX-6RyJJ&_nc_ht=scontent.fcdg2-1.fna&tp=6&oh=e46716304fb4dae20c10a88276aeafc7&oe=5FE22D7B  

 

Alain Passard, né le 4 Aout 1956 à La Guerche de Bretagne, a commencé sa carrière comme rôtisseur au service de la cuisson des viandes. Amusant, quand on sait que, depuis 2001, il consacre ses talents à mettre en valeur les parents pauvres de la cuisine: les légumes.

 

En 1986, c’est le début de son envol date du rachat de l’ancien restaurant de son Maître Alain Senderens, « l’Archestrate » (de 1978 à 1980, il a travaillé à L'Archestrate (trois étoiles) sous les ordres de Alain Senderens) qu’il rebaptisera « L’Arpège », clin d’œil à son amour de la musique (c’est un excellent saxophoniste, issu d’une famille de musiciens), cet endroit devient rapidement son fief. ICI 

 

J’ai donc lors de mon premier séjour au 78 : 1983-1986 connu L’Archestrate mais je n’y suis pas allé. Au retour, en 1988, mon Ministre et madame se passionnaient pour la Haute-Cuisine, la distribution du Poireau (cher maintenant au cœur de Passard) allait bon train. « Alain Passard, un soir, poussa l’amabilité à venir préparer un dîner pour le 78 dans le cadre du lancement de la première Journée Nationale du Cheval, même que la Cour des Comptes nous fit les gros yeux ce qui est normal car ces gars-là sont des abonnés aux carottes Vichy. »  « Sans vouloir être mauvaise langue, notre Henri et sa Thérèse préféraient les douceurs des étoilés aux rudesses de la Conf’Pé. »

 

30 décembre 2008

«Je veux qu’on parle de la carotte comme du Chardonnay…» Alain Passard de l’Arpège ICI  

 

20 octobre 2010

 

Je ne vais pas en faire tout un foin mais je suis vachement tendance : Alain Passard et moi même combat ! ICI

 

27 juin 2012

Raviole, ravioli, de la Chine à l’Arpège : explosions de goûts et de parfums, un kaléidoscope pour la bouche et le nez qui se marie bien avec les Blancs de blanc. ICI 

 

Ce matin, tout en images une recette d’Alain Passard.

 

 

 

* les demoiselles sont le nom des langoustines en Bretagne 

 

 

L'Arpège

« Paris 7e : quand Passard cuisine le quinoa »

 

Article du 19 avril 2019 ICI

 

Transparence de navets globes au quinoa gourmand parmigiano reggiano © GP

Partager cet article

Repost0
27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 06:00

Brodo KUB | Publicités vintage, Affiche vintage, Affiches anciennes

Suis tombé sur cette étrange info d’un site lorrain : « On reconnaît un Lorrain car il met du Maggi et du Viandox partout »

 

MAGGI : Le condiment liquide Maggi est créé par Julius Michael Johannes Maggi, entrepreneur suisse en 1987. Fabriqué à partir de plusieurs herbes, ce liquide devient rapidement un succès, qui n’est plus à prouver en Lorraine. Maggi est une marque du groupe Nestlé.

 

ANCIENNES PLAQUES PUBLICITAIRES En Tole Maggi Kub - EUR 25,00 | PicClick FR

 

VIANDOX : C'est une sauce salée, avec un peu d’extrait de viande et aromatisée. Il a été mis au point selon un procédé inventé par Justus Von Liebig. Il  est produit par Unilever qui le commercialise sous la marque Knorr et dont les Lorrains raffolent.

 

Limédia Kiosque - Recherche

 

Qu’en pense le lorrain PAX ?

 

Pour ma part, étudiant désargenté, l’hiver au comptoir pour me mettre du chaud dans la calebasse je buvais un Viandox accompagné d’un œuf dur.

 

The Football Market Maillots de foot vintage / rétro - Maillot de foot FC  Metz n°14 TOYES

 

Tiens dimanche dernier le FC Metz, qui porte la croix de lorraine sur son maillot grenat, a tenu le FC. Nantes en échec à la Beaujoire.

 

1454-kub01.jpg

 

Depuis mes agapes de fauché je ne pratique plus ni le Viandox, ni les petits cubes  de bouillon, mais j’ai commis le 30 décembre 2007

 

Chap. 4. Opération double chevron, au Blanc-Mesnil le centre-ville sentait le bouillon Kub ICI  

 

Au Blanc-Mesnil, parfois, quand le vent tournait, le centre-ville sentait le bouillon Kub. Ça me changeait des effluves sucrés du Petit LU qui donnaient à nos soirées nantaises un goût d’enfance. De la zone de la Molette, coincée entre la gare de triage et les pistes du Bourget, au 192 de l’avenue Charles Floquet, les deux grandes cheminées de l’usine Maggi crachaient encore, plus pour longtemps d’ailleurs, des vapeurs chargées d’arôme de pot-au-feu et de poule au pot. Les vieux ouvriers parlaient du temps où en galoches de bois ils travaillaient dans la vapeur des énormes marmites de 1300 litres pour verser les sacs de farine végétale dans l’eau bouillante. La plupart d’entre eux, des algériens venus du même village ou issus de la même famille, terminaient leur vie, murés dans le silence et l’oubli, au sein de foyers délabrés. Ceux qui jouaient aux cartes, des cartes d’aluette, m’avaient pris en sympathie, et ils me rappelaient, avec un sourire désabusé, que lorsqu’ils étaient arrivés au Blanc-Mesnil ils étaient français et que maintenant, loin d’une Algérie qu’ils ne connaissaient pas, ils n’étaient plus rien.

 

Je passais de longs moments à les regarder   jouer en sirotant avec eux du thé à la menthe. Depuis que le géant suisse Nestlé avait bouffé Maggi l’usine fabriquait aussi des petits pots pour bébé et tout le monde ici, mes compères algériens en premier, sentaient bien que les jours de la SAM, la société alimentaire moderne, étaient comptés. En 1969, Findus absorbé par Nestlé se met à y faire faire des crêpes fourrées et du poisson pané avant de se délocaliser à Beauvais quatre ans plus tard. Mes vieux, j’en suis sûr, ne sont pas allés voir leur usine et ses deux grandes cheminées imploser et choir dans l’herbe de la zone. Si je vous parle longuement de cette histoire c’est qu’au Blanc-Mesnil j’ai découvert le petit monde ouvrier de la Ceinture rouge de Paris et le militant de base du Parti Communiste qui veillait sur lui comme le curé de mon pays sur ses ouailles.

 

  • Les bouillons KUB sont au service de l'armée allemande ICI  

 

 Été 1914. C’est la guerre. Après des années de bourrage de crâne, la haine et la peur de l’Allemagne irriguent la société française. Des sentiments propices à la propagation de rumeurs. Et en ce début du mois d’août 1914, l’antigermanisme viscéral a besoin d’ennemis, identifiés et à abattre. L’un d’eux est une entreprise bien connue en France, dont le produit phare est dans des millions de cuisines françaises. Cette entreprise, c’est Maggi, et ce produit, c’est le bouillon KUB. Rien, absolument rien, ne prédisposait Maggi à être pris dans le tourbillon de la guerre. L’entreprise fournissait l’armée française et ne faisait pas de politique.

 

 

Mais le bouillon KUB porte la lettre K. Le signe d’une germanité coupable. Le K du Kaiser ou le pain des soldats allemands KK pour Kriegs Knäckebrot. Maggi qui a senti le mauvais coup venir, avait demandé au tribunal de commerce de franciser le nom, en vain. Il n’est pas bon avoir un nom à consonance germanique dans la France du mois d’août 1914. Les brasseries Zeyer, Zimmer, ou Wepler, des noms allemands bien que fondées par des Alsaciens, sont saccagées.

 

Trois rumeurs frappent Maggi

 

Julius Maggi aurait tenté de s’enfuir vers l’Allemagne au début des conflits, embarquant avec lui 40 millions de francs dissimulés dans des bouteilles de lait. La rumeur veut qu’il ait été arrêté. Une rumeur qui ne tient pas debout, puisque l’entrepreneur italo-suisse est décédé le 19 octobre 1912, soit deux ans avant les faits qu’on lui reprochait.

 

Une autre rumeur voulait que les bouteilles de lait de la marque aient été empoisonnées. Et surtout, nombreux sont les Français persuadés que Maggi n’est qu’une entreprise servant à couvrir des espions allemands. Les affiches publicitaires sont des messages codés destinés à guider les Allemands vers les ouvrages et les ponts français stratégiques. La rumeur remonte au plus haut niveau puisqu’un télégramme du ministère de l’Intérieur français prévient en août 1914 : "Extrême urgence. Prière faire détruire complètement affiches du bouillon KUB placées le long des voies ferrées et particulièrement aux abords des ouvrages d’art importants, viaducs, bifurcations…"

 

Les Français boycottent le bouillon KUB. Ce qui fait le bonheur de l’entreprise Duval, qui demande aux Français d’être de bons patriotes et d’acheter ses propres cubes. Dans les tranchées toutefois, les poilus continuent pendant la guerre d’utiliser les bouillons KUB de chez Maggi.

 

  • Naissance du Bouillon KUB

 

1907 apparaissent des grandes plaques émaillées qui se voyaient de loin sur lesquelles on pouvait lire : Bouillon KUB. Publicité pour rappeler aux ménagères qu’elles pensent à acheter du bouillon concentré de viande Kub, dernier-né des sociétés Maggi.

 

Judicieusement placées sur les devantures des épiceries ou à proximité de ces dernières, elles complétaient des encarts publicitaires papier. Les ménagères ne pouvaient résister à l’argument économique qui renforçait ce message : «  10 centimes pour un litre de bouillon », argument imparable pour toute mère de famille soucieuse des finances familiales.

 

La publicité était forte en France, pays où la résistance aux produits alimentaires industriels était importante et où l’on ne concevait pas une bonne table sans produits frais.

 

Le bouillon de viande concentré provoqua des réactions envers une préparation qui remplaçait les parties de viandes qui se dissolvent dans l’eau, qui font « le mérite des bons potages, qui en se caramélisant, forment le roux des viandes et qui permettent le rissolé des rôtis » (Brillat Savarin) par un produit industriel dans lequel on a pu incorporer n’importe quoi !

 

Auparavant, en 1889, le jury de l’Exposition universelle classait l’extrait de viande Maggi « hors concours » pour ses petits bâtonnets qualifiés de « comble de l’art culinaire ».

 

En 1900, la tasse de bouillon chaud à base d’extrait de viande avait connu un succès phénoménal pendant l’Exposition Universelle. Le fournisseur de l’armée française en offrait à tous les visiteurs pour montrer que c’était le seul procédé qui conservait le goût de la viande fraîche.

 

Qui en était le génial inventeur ? 

 

Julius Maggi, fils d’un minotier suisse, avait pris la direction des moulins paternels à Kempal, près du lac de Constance en 1866. Observateur des mœurs de son temps, il prit assez vite conscience que les femmes qui travaillaient, et elles étaient de plus en plus nombreuses,  passaient moins de temps dans leur cuisine (malin le gars !) Il réfléchit à concevoir un produit qui aide la ménagère à mieux gérer son temps.

 

La suite ICI

Une vendeuse Maggi, dans un marché d'Abidjan (Côte d'Ivoire).

En Afrique, le cube Maggi à toutes les sauces ICI

Le cube aromatique, qui a suivi l’expansion des puissances coloniales, mijote aujourd’hui dans la plupart des plats africains. Grâce à un matraquage publicitaire, il s’en vend plus de 100 millions chaque jour sur le continent.

Par  Publié le 06 mars 2015 

Partager cet article

Repost0
26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 08:00

fatigue

 

Je suis atteint d’une étrange maladie compulsive qui n’a pas de nom officiel mais qui se traduit par l’excès, l’accumulation, une version humaine des réserves pour l’hiver de la fourmi, une boulimie d’achat de livres, les petits, les gros, les lourds, les sérieux, les joyeux, les qui parfois me tombent des mains, les polards, les étrangers, les nouveaux, les vieux, les qui ont des éditeurs qui n’ont pas pignon sur rue, les inconnus, les d’une ou d’un auteur qui m’a plu, les riens sur le vin, tout j’achète de tout, je suis une moissonneuse-batteuse insatiable qui fait la fortune des libraires…

 

Si vous souhaitez faire la nique à AMAZON appliquez la recommandation de COLUCHE :

 

 « Quand on pense... Qu'il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça se vende pas ! »

Misère de Coluche

 

Sans doute sont-ils si fatigués, leur cul posé sur leur siège face à leur écran, pour ne pas pouvoir prendre le temps de se rendre dans une librairie.

 

Tout ce laïus pour dire que je viens d’acheter, entre autres, l’Histoire de la fatigue du Moyen Âge à nos jours, Éditions du Seuil, 480 p., 25 € de Georges Vigarello

 

  • Précisément, comment qualifieriez-vous la fatigue de notre époque ?

 

L’évolution de la lexicologie au fil des siècles est passionnante. On passe de l’accablement, au surmenage, au stress (dont la première occurrence date de 1936 !), puis enfin au burn out, une forme de fatigue majeure de nos contemporains. Je serais tenté de vous dire qu’Internet est le responsable. Nous sommes en position de veille permanente sur notre écran, et nous rognons sur notre quota de sommeil. Mais plus encore, c’est notre narcissisme qui nous fatigue. Notre ego s’est dilaté : on nous promet que «nous le valons bien», que nous pouvons devenir ce que nous voulons. Cet excès de liberté, cet hyperchoix nous épuisent littéralement, et nous éprouvons, pour reprendre un mot d’Alain Ehrenberg, la «fatigue d’être soi».

 

La suite ICI 

L’infatiguable Alexei Stakhanov, vers 1935.

L’infatiguable Alexei Stakhanov, vers 1935. Lebrecht/Leemage

« Histoire de la fatigue », de Georges Vigarello : du pélerin harassé au cadre en burn-out ICI 

A travers son nouvel essai, l’historien éveille dix siècles d’archives rares ou familières et secoue même, ce faisant, sa discipline. Enthousiasmant.

Partager cet article

Repost0
24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 08:00

La récolte du raisin en septembre. Dans cette miniature du XVe siècle, on remarque que la vigne ne forme pas de longs alignements comme aujourd’hui. Détail des Très Riches Heures du duc de Berry, Septembre (Musée Condé à Chantilly)Détail des Très Riches Heures du duc de Berry, Septembre (Musée Condé à Chantilly)

Voilà-t-y pas qu’un gus gominé, qui se la pète dans ses vignes, pour le Bojolo Nouvo, s’est permis d’écrire qu’un de ses copains, qui lui brosse ses poils huilés dans le bon sens, était le dernier blogueur de vin ; la moutarde m’est montée au nez et j’ai décidé de laver l’outrage en abordant un sujet rarement traité : le vin remède qui guéri toutes les écrouelles.

 

Hippocrate, fondateur de la médecine | Odysseum

 

Selon Hippocrate, « le vin est chose merveilleusement adaptée à l’homme. »

 

Un grand médecin humaniste de l'Antiquité, Galien de Pergame - Ép. 4/4 -  Les grandes figures de la médecine et de la science

 

Pour Galien au IIe siècle « s’il est bu avec mesure, le vin pour la digestion, la distribution des sucs, la production du sang et la nutrition, contribue grandement à  rendre notre âme plus douce et en même temps courageuse.

 

La médecine et les remèdes du Moyen Âge

 

Ordonnances du Dr Berthomeau (je le suis  docteur…)

 

  • « Le vin dans lequel on aura cuit du gingembre et du cumin est bon contre les douleurs d’estomac dues à des ventosités et facilite la digestion. »

 

La médecine et les remèdes du Moyen Âge

 

  • « Qui a la voix rauque et mal à la gorge et dans la poitrine fera cuire du bouillon-blanc (ou molène) et du fenouil en poids égaux dans du bon vin et en boire et en boira souvent après l’avoir tamisé. (important pour éviter d’avoir l’impression d’avaler « du poil à gratter. »
  •  

Au Moyen Âge, les médecines alternatives concurrençaient déjà la médecine  scientifique | Slate.fr

 

  • « Qui fait bouillir de la lavande avec du vin et du miel et en boit souvent tiède soulagera les douleurs de son foie et de ses poumons aussi que l’oppression de sa poitrine, purifiera son savoir et clarifiera ses pensées. »

 

 

Quelle médecine pratiquait-on au Moyen Âge ?

 

  • Pour ceux qui souffre de la rate : « Le vin où l’on a plongé et refroidi des pièces d’or rougies au feu apporte soulagement ; ceux qui n’auraient point de pièces d’or peuvent utiliser des pièces d’acier » (Neuves de préférence !)

 

médecine médiévale: l'anestesia

 

  • « Si l’on doit couper ou cautériser quelque membre ou y porter le fer, que le patient boive une demi-once de mandragore dans du vin et il dormira jusqu’à ce que le membre soit coupé, sans éprouver de douleur. »

 

La médecine et les remèdes du Moyen Âge

  • Important aussi pour conserver les dents, il suffit « de les laver deux fois par mois avec du vin dans lequel aura bouilli une racine de thym »

 

Gueule de bois, les remèdes au fil des siècles | Raconte-moi l'Histoire

 

  • « si tu souffres de maux de tête, broie des baies dans un mortier en y versant un peu de vin et enduis ensuite avec ce vins le sommet de ton crâne, ton front et tes tempes ainsi que la tête entière ; ensuite, couvre ton chef pour qu’il soit chaud et mets-toi au lit. Les douleurs peuvent avoir été aussi fortes qu’elles le veulent, elles faibliront. »

Les Remèdes Au Moyen Age - Histoire, actualité, politique | Rakuten

Partager cet article

Repost0
24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 06:00

Le Crystal Palace, monument à la gloire de l'Angleterre

Joseph Paxton, Le Crystal Palace réalisé dans Hyde Park pour l’Exposition universelle de Londres, 1851. © Bridgeman.

Les nénuphars sur les mares de ma jeunesse qui donnaient l'impression de flotter sur l'eau avec leurs grandes feuilles ovales se divisant en deux lobes laissant pointer de très belles fleurs aux coloris variés, qui ont beaucoup de pétales avec des étamines au centre. Leurs fruits sont semblables à des baies, me fascinaient.

 

Les Nymphéas de Claude Monet, série de 250 tableaux commencées en 1895, ont certainement contribué à l'intérêt que l'on porte pour ces fleurs de bassin, de différentes couleurs, avec de larges feuilles ovales et arrondies, très esthétiques.

 

Les « Nymphéas » de Claude Monet, un don en hommage à la France

 

Miscellanées des fleurs Tout sur les fleurs et un peu plus encore - relié -  Anne-France Dautheville - Achat Livre | fnac

 

La Victoria regia, fut découverte en 1801 par un botaniste venu de Bohème, Thaddeüs Haenks qui en rédigea une description très détaillée. Il mourut sur le bateau du retour terrassé par une mauvaise fièvre tropicale. Ses confrères botanistes jetèrent son travail au panier « Allons soyons sérieux ! Une fleur géante ! Des feuilles sur lesquelles un enfant peut rester assis ! Ce pauvre Thaddeüs ne savait plus ce qu’il disait, c’est évident ! »

 

Victoria amazonica - Monaco Nature Encyclopedia

 

18 ans, c’est le temps qu’il fallut pour que sa découverte soit réhabilitée lorsqu’Aimé Bonplan, un botaniste français, corrobora ses écrits.

 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : « La première exposition universelle ouvrit ses portes le 1er mai 1851 à Londres, au sud de Hyde Park. Elle se tenait sous une gigantesque verrière, une serre de fer et d’acier, 560 m de long et une surface de 8 ha édifiée par 5000 ouvriers.

 

Tel était le Crystal Palace, conçu par un jardinier, Joseph PaxtonICI

 

La racine de ce projet grandiose  et un peu fou plonge dans les eaux c’une rivière sauvage ; en bref, la Crystal Palace n’aurait jamais existé sans le Victoria regia, le nénuphar géant de l’Amazonie.

 

Quatre ans plus tôt, un certain Thomas Bridges en rapporte quelques graines. Ses prédécesseurs en  ont fait autant, elles n’ont pas survécu au voyage. Lui, il a l’idée de les installer dans une boîte remplie d’argile humide. Le jardin botanique de Kew lui en achète 22, en vend quelques-unes à Joseph Paxton, le jardinier du château de Chatsworth, propriété du duc de Devonshire.

 

Joseph Paxton — Wikipédia

Créateur : National Portrait Gallery London Crédits : National Portrait Gallery London
Droits d'auteur : © National Portrait Gallery, London

 

Le 9 novembre 1849, le premier Victoria regia anglais s’épanouit sous la grande serre dessinée par Paxton pour ses plantes tropicales ; une dizaine d’autres vont suivre pendant tout le mois. Kew doit attendre le 21 pour l’imiter : sur toutes ses graines, deux seulement ont levé.

 

Les fleurs géantes sont escortées par des feuilles démesurées, capables de porter Annie, 7 ans, la fille de Joseph : l’expérience fut tentée par le duc lui-même, le jour où lady Newburg vint lui rendre visite, émit quelques doutes sur leur robustesse ; la petite fille se tint debout, les mains croisées, attendit bien sagement que les grandes personnes finissent de jouer avec elle afin qu’elle puisse revenir à ses poupées.

 

Crystal Palace, Paxton, 1851

 

Quand l’Angleterre décida d’organiser cette première exposition universelle, Paxton proposa les plans d’un pavillon orné d’une sorte de rosace au-dessus de l’entrée. Une rosace dont les  armatures métalliques copient à la perfection le dessin des nervures d’une feuille de Victoria regia. L’eau ne menaça jamais l’édifice ; c’est le feu qui le détruisit, en 1936.

 

 

À l’issue du concours lancé en 1850 par le prince Albert, époux de la reine Victoria, pour la construction d’un palais destiné à recevoir les plus récentes inventions technologiques, industrielles ou artistiques des nations invitées, aucun des 245 projets reçus ne convainc le jury. Joseph Paxton, horticulteur et jardinier, propose alors de soumettre un projet qu’il dessine en une semaine. Désigné comme l’architecte du palais de l’exposition, il s’inspire de la construction des serres et imagine un bâtiment en verre, en fer et en fonte, de 564 mètres de long, atteignant jusqu’à 34 mètres de hauteur et offrant une surface de 92 000 mètres carrés. L’édifice est construit en six mois seulement grâce à l’emploi de matériaux préfabriqués et montés sur place, introduisant une nouvelle façon de concevoir et de bâtir. Déplacé dans la périphérie de Londres en 1852 et agrandi, il est malheureusement détruit lors d’un incendie en 1936.

Les expositions universelles de Paris, de 1855 à 1937.

verso de la feuille de Victoria Regia | Planter des fleurs, Jardin d'eau,  Art des jardins

verso de la feuille de Victoria Regia

Victoria regia de son vrai nom Victoria cruziana, découverte en Amazonie en 1838 et baptisée en l'honneur de la reine Victoria, est une plante aquatique aux feuilles si grandes (jusqu'à 1,50 mètre de diamètre) qu'elles peuvent supporter le poids de deux enfants.

 

Victoria Nilüferi, Victoria Regia, Victoria Amazonica

Delphine Gres
 
Delphine Gres l'a enregistrée dans plants
Victoria Nilüferi, Victoria Regia, Victoria Amazonic

 

Victoria amazonica, ICI le nénuphar géant ou la victoria d’Amazonie est l’une des plus fascinantes plantes aquatiques flottantes appartenant à la famille des Nymphéacées. Ce géant est originaire des zones inondées résiduelles après la crue de l’Amazonie, dans ce milieu la victoria d’Amazonie devient rapidement une espèce dominante. Elle est présente en Guyane, Brésil et Bolivie. Ramenée en Europe en 1800, les divers jardins botaniques d’Europe n’ont eu de cesse de réussir sa culture : magnifique, elle représente l’exotisme dans toute sa démesure. Il fallut néanmoins près de 50 ans pour maîtriser sa culture loin de sa latitude.

 

Rare en France car difficile à cultiver, il est toutefois possible d'en voir dans la serre de Chaumont-sur-Loire ou celles de la Tête d'Or à Lyon, au jardin botanique de Nancy ou encore à l'arboretum du Canet-en-Roussillon.

Partager cet article

Repost0
23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 08:00

 

Paul Morand chez lui en 1964. (André Bonin/archives Gallimard)

Je suis le fil de mon intérêt de l’heure et je suis favorisé par l’actualité :

 

« Il faut lire ce dernier opus du journal de guerre de Paul Morand. Cet antisémitisme de classe, cet antisémitisme politique et littéraire, cet antisémitisme ordinaire de témoins conscients et privilégiés des réalités de la collaboration qui ont conduit au désastre et au déshonneur… »

 

Me Éric Morain  le 22 novembre.

 

Paul Morand à Berne, où il est quelques mois ambassadeur en 1944, avant que la Suisse ne devienne son pays d’exil.

 

Disons-le d’emblée, la publication de ce Journal de guerre accablera les fans de Paul Morand, et donnera du grain à moudre à ses adversaires, par ce qu’elle révèle de la corruption morale de la collaboration. Quarante-quatre ans après sa mort, quatre-vingts ans après les faits, le célèbre romancier (1888-1976) nous offre l’un des plus édifiants témoignages jamais parus sur le régime de Vichy et Pierre Laval, son chef à la fois tout-puissant et aboulique entre 1942 et 1944.

 

[...]

 

« A cette aune, la lecture des événements de juin 1940 par l’écrivain est sans surprise : le général de Gaulle, qu’il méprise, incarne une dissidence truffée d’aventuriers et de juifs ratatinés ; la communauté française à Londres est déchirée en deux blocs antagonistes, déterminés, selon Morand, par la race et l’esprit de parti (les juifs et la gauche du côté de De Gaulle, les bons Français soutenant Pétain). Le 1er août 1940, c’est donc en triomphateur que le romancier, naturellement rallié au nouveau régime, prend l’initiative de se rendre à Vichy. Dénonçant, dans son dernier rapport, ses collègues anglophiles de l’ambassade, il s’attend à des félicitations et à une belle promotion. Mais, dans l’entourage du Maréchal et au sein du ministère des affaires étrangères, on déplore la bassesse du procédé et la désinvolture de son auteur. Son poste lui est retiré ! Mortifié, le diplomate en disgrâce rejoint Paris, délaisse la politique pour la littérature et attend son heure. »

[…]

A 54 ans, l’écrivain arrivé se sent rajeuni par l’atmosphère de Vichy. Plein d’enthousiasme, tout heureux de se trouver au cœur du pouvoir, il tient son Journal avec assiduité et renoue avec ses ambitions de grand mémorialiste des temps nouveaux. Près de 600 des quelque 730 pages du Journal proprement dit se rapportent à son expérience auprès de Laval.

 

Qu’en dire ? Abasourdi, le lecteur se demande s’il lit les notes d’un esprit faux enclin à l’inversion permanente des valeurs (Mauriac et Duhamel, qui supportent mal l’Occupation, sont d’amers hystériques, les adversaires de la collaboration sont des destructeurs, l’agitateur antisémite Darquier de Pellepoix est un homme « intelligent, courageux, de bon sens », ceux qui s’indignent du traitement infligé aux juifs à l’été 1942 font preuve d’une « violence inouïe »…) ou d’un romancier égaré et candide qui croit tous les ragots qu’on lui rapporte et les consigne scrupuleusement dans ses carnets.

 

Paul Morand - Actualités - Site Gallimard

 

« Journal de guerre. Tome I. Londres, Paris, Vichy (1939-1943) » : Paul Morand, pétainiste pressé

 

Le Journal des années de guerre de l’écrivain est enfin publié. Un premier tome (1939-1943) le découvre défaitiste à Londres, vichyste à Paris puis à l’Hôtel du Parc, antisémite partout et toujours.

 

Par Laurent Joly Publié le 05 novembre 2020 ICI

 

Journal de guerre - Les Cahiers de la NRF - GALLIMARD - Site Gallimard

Journal de guerre. Londres - Paris - Vichy (1939-1943)

Édition de Bénédicte Vergez-Chaignon

 

Collection Les Cahiers de la NRF, Gallimard

 

Parution : 05-11-2020

 

Le Journal de guerre de Paul Morand était un objet mythique dont l'existence même était sujette à caution. Au vrai, l'écrivain avait bien conservé ses notes prises durant la guerre et avait même commencé à en préparer la publication. Il en avait déposé le manuscrit à la Bibliothèque nationale, parmi un vaste ensemble de papiers personnels.

 

Ce journal paraît pour la première fois, sans retouches ni coupes, et même complété des ajouts et des annexes prévus par Paul Morand lui-même et de quelques textes contemporains de sa rédaction.

 

On se rappelle peut-être que Paul Morand, diplomate, était en mission à Londres le 18 juin 1940 et qu'il fut nommé ambassadeur en Roumanie en 1943. On découvre au fil des pages que, à défaut de s'être rallié en Angleterre au général de Gaulle, il choisit de se présenter à Vichy à l'été 1940, où il est mis d'office en retraite. Il décide alors de s'installer dans Paris occupé avant de rejoindre au printemps 1942 Vichy et le Cabinet de Pierre Laval, chef du gouvernement, en qualité de chargé de mission, poste qu'il occupera seize mois durant.

 

À Londres, à Paris et à Vichy, de la déclaration de guerre de septembre 1939 à août 1943, Paul Morand a tenu son journal sans filtre ni censure, prenant note de ce qu'il voyait, de ce qu'on lui disait et de ce qu'il comprenait. C’est l'œuvre d'un témoin conscient d'être placé aux premières loges de l'Histoire, observateur privilégié des réalités de la collaboration d'État et de la participation française à la mise en œuvre de la Solution finale.

Ce Journal de guerre est un document exceptionnel pour l'Histoire.

1040 pages, 152 x 240 mm

« 20 novembre 1942. Vendredi.


Monté à cheval sur les bords de l’Allier. Rentré avec fièvre. Me suis couché et ne suis redescendu que pour déjeuner à la popote : Laval, Achenbach, Scapini, Villar, Chambrun, Brinon et Abel Bonnard, après le déjeuner sont venus tour à tour s’asseoir à la table Guérard, Bonnafous, Rochat, Bousquet, Ménétrel, le ministre Krug, l’amiral Platon.


– Si vous ne défendez pas l’Afrique du Nord, ce seront l’Italie et l’Espagne qui l’auront, dit Achenbach.


– Il y a une chose dont les Français ne veulent pas entendre parler, c’est la mobilisation », répond Laval.


(Ces propos sont la suite d’une conversation à deux dans le bureau du Président et qui se continue à table.)


– Ne me faites pas de blagues avec Paul Reynaud et les autres, dit Laval à Achenbach. Je préfère les garder moi-même.


(Il est question ici de leur mise en lieu sûr par les Allemands.)


– Je vais faire une légion de combattants français et mettre Darnand à sa tête, dit Laval, pour aller reconquérir l’Afrique du Nord. Je l’annoncerai dès demain. Ceci dit, Achenbach, laissez-moi faire, n’excitez pas la presse parisienne contre moi.


(…)


On parle des pâturages en montagne. Je dis à Laval que je viens d’en acheter un.


– Combien ?


– Soixante-quatorze hectares.


– Non, combien l’avez-vous payé ?


– Trois cent soixante mille.


– Vous avez fait une affaire d’or, c’est moi qui vous le dis.


Le Président est à la fois content de voir que j’aime son pays et furieux de voir que j’ai payé le domaine si bon marché.


– C’est un prix de 1938, me dit-il. Ce n’est pas possible. Vous êtes un vicieux. Il doit y avoir quelque chose là-dessous.


– Je vous assure que ce n’est pas un bien juif.


– Il n’y en a pas en Auvergne, me répond-il fièrement. »


Journal de guerre, pages 605-606

Le « Journal de guerre » de Paul Morand, un témoignage capital sur le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs ICI

Des notations de première main qui révèlent l’état d’esprit du gouvernement de Vichy, accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux.

Par Laurent Joly Publié le 05 novembre 2020 

Le « chef de l’Etat français », Philippe Pétain, Pierre Laval (à sa droite) et le premier gouvernement du régime de Vichy, juillet 1940.

A qui douterait de l’inanité historique de la théorie du « moindre mal » (en vertu de laquelle le gouvernement de Vichy n’aurait livré les juifs apatrides aux nazis à l’été 1942 que pour sauver les juifs français exigés par l’occupant et en ignorant le sort fatal qui attendait les déportés), on ne pourrait que conseiller de se reporter aux pages du Journal de guerre de Paul Morand (Tome I. Londres, Paris, Vichy.1939-1943, Gallimard, « Les cahiers de la NRF », 1028 p., 27 €) consacrées au « problème juif ». D’une authenticité incontestable, ces notations de première main révèlent un état d’esprit accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux. Le vase clos de Vichy dans ce qu’il avait de pire.

Antisémite chevronné

C’est Laval défendant froidement sa politique en petit comité le 15 août 1942 : « L’alignement du problème juif français sur le problème juif allemand (…) ne nous coûte rien et n’a pour nous que des avantages. Le sol seul compte. »

C’est Bousquet, le chef de la police de Vichy, pérorant à la « popote » de l’Hôtel du Parc, le 31 août 1942 : « Je ne les poursuis [les juifs] que comme antigouvernementaux. Je les sonne dur pour qu’ils comprennent. J’en ai liquidé treize mille et continuerai jusqu’à ce qu’ils se calment. » Puis, réagissant à la remarque d’un collaborateur de Laval au sujet des exemptions pour certains juifs, de s’exclamer : « Dès qu’on fait une exception, tous y passent. »

Lire aussi, sur « L’Etat contre les juifs », de Laurent Joly (2018) : Vichy, coupable

Morand, antisémite chevronné (son roman de 1934, France la Doulce, a eu l’honneur d’une traduction dans l’Allemagne d’Hitler dès 1936), suggère alors qu’il faudrait empêcher toute exemption en faveur des soldats juifs de la guerre 1939-1940, car, dans ces combats contre l’Allemagne nazie, « leur intérêt s’est conjugué avec l’intérêt national » (son tour d’esprit pervers considère qu’ils n’ont aucun mérite à avoir porté les armes face à Hitler). Et la conversation de rouler sur la protestation des évêques (une demi-douzaine de prélats ont condamné publiquement les rafles de juifs) : Bousquet et Morand, indignés, égrènent les mesures de rétorsion envisageables contre l’Eglise.

Avec hargne

La popote encore, le 30 octobre 1942. Entouré de collaborateurs et de quelques ministres, Laval résume les propos qu’il a tenus au cardinal Gerlier, primat des Gaules, qu’il vient de recevoir en audience : « Vous faites votre métier en défendant les juifs et le point de vue humain ? C’est tout. Moi, je fais le mien en les chassant. 

 

Tel était, véritablement, l’état d’esprit à Vichy, en 1942. Il n’est alors nullement question d’une pression allemande insoutenable à laquelle il faudrait parer en désignant certaines victimes pour en sauver d’autres. Seuls sont invoqués des motifs sécuritaires, antisémites et xénophobes, avec une hargne qu’on ne soupçonnait guère, mais qui, tout compte fait, est terriblement logique. Dans le fond, Laval et Bousquet savent qu’ils prennent part à un crime : « Quant aux juifs il n’en reste presque plus. On dit à Vichy couramment qu’ils ont été gazés dans leurs baraquements », note Paul Morand, le 23 octobre 1942. Pour que leur conscience ne leur reproche rien, tout doit être de la faute des victimes, qu’il faut donc « sonner dur », « chasser »… L’antisémitisme le plus débridé était la conséquence fatale du choix de la collaboration d’Etat.

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents