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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 06:00

 

Une journée avec… OLIVIER JACQUET « À l’origine de… « l’Origine »

 

Beau titre de l’interview de Sonia Lopez Calleja dans le dernier Le Rouge&leBlanc.

 

OLIVIER JACQUET

 

Docteur en histoire. - Ingénieur de recherche chargé de mission pour la chaire UNESCO "Culture et traditions du vin" de l'Université de Bourgogne et chercheur associé au Centre Georges Chevrier, UMR CNRS 3603 (en 2009) Membre du comité de rédaction (Secrétariat scientifique) de la Revue électronique Territoires du vin publiée par la Maison des Sciences de l'Homme de Dijon.

 

Interview intéressante à plus d’un titre, ce qui signifie sous ma plume accords&désaccords, je vous laisse le soin de découvrir ses propos dans le dernier LeRouge&leBlanc. Le fil historique est exact même si dans le cas de la dégustation que l’auteur dit avoir été imposée par la RFA de l’époque ce n’est pas tout à fait la réalité de la négociation communautaire où le marchandage a permis bien des compromis portés par les allemands et les français. N’oublions pas que c’est la Commission qui élabore les projets, les ministres qui les votent.

 

Mon désaccord  le plus important, je laisse de côté la notion stupide de typicité, de l’air de famille d’une appellation, support des comités de dégustation chargés de trier le bon grain de l’ivraie, porte sur la notion des critères essentiels du vin de qualité.

 

Les vins d’origine, AOP-IGP, seraient donc des vins de qualité, et les autres des vins  sans qualité ?

 

Vision figée, fermée, réglementaire, loin des réalités de l’évolution de la demande, très autocentrée Bourgogne, le texte qui suit, c’est la conclusion de l’interview, le montre :

 

« Aujourd’hui, les vins d’origine fonctionne bien, peut-être même trop bien. Au regard des critiques essuyées régulièrement par les vins d’AOC face à la concurrence naissante d’autres formes de production et de conception  de la qualité (vins « bios », « biodynamiques », natures »), la question des qualités des vins d’AOC reste fondamentale. »

 

L'INAO s'est affublée d'un Q !

 

À vous de vous faire une opinion, choisissez-vous vos vins en fonction de leurs qualités d’AOC ?

 

Vous vous doutez que moi pas !

 

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 06:00

 

Quand je suis parti, on ne m’arrête plus, je suis capable de faire Bordeaux-Paris*sans m’arrêter, façon de parler pour souligner qu’après avoir torché des milliers de chroniques sur le vin je suis encore capable d’en pondre  une couvée.

 

Et là, c’est un must, car il s’agit de chroniquer sur un cépage emblématique de la Vendée : le noah !

 

C’est un gars du Girouard ICI passé par la MOTHE-ACHARD, qui m’a expédié ce nectar : Clos de la Limonière 2019.

 

Le Girouard

 

Le Girouard, Sainte Flaive des Loups au nord, Grosbreuil au sud, Nieul-le-Dolent à l’est, la Chapelle-Achard à l’ouest, est à 8 km de La Mothe-Achard, une petite demi-heure à vélo.

 

*Une course incomparable, tombée dans l'oubli

 

Exténuante, Bordeaux-Paris était un épouvantail qui réclamait une préparation spécifique et des choix de programme : n'importe quel coureur risquait de s'y « griller » pour de longues semaines. Elle souffrirait de la concurrence du Giro et de la Vuelta (longtemps courue fin avril-début mai), ainsi que du dédain de Merckx, qui ne s'y est jamais risqué.

 

BORDEAUX-PARIS : ALCELIA participe au retour de cette course cycliste !  🚴‍♂️

 

La particularité de l'épreuve, où s'écrivirent néanmoins quelques pages de la légende, c'est d'abord la distance : près de 600 km, et une quinzaine d'heures d'effort pour le vainqueur. La nuit, propice à tant de choses que le jour ignore, et la fin de parcours effectuée derrière engins motorisés par des coureurs éberlués de fatigue, achevaient d'en faire une course à part. Le stupéfiant exploit d'Anquetil, venu la remporter en 1965, au lendemain même de sa victoire dans le Dauphiné. Herman Van Springel, sept fois vainqueur. En 1974, après s'être trompé de parcours, le Belge arriva premier ayant pourtant parcouru plus de kilomètres que prévu : il fut classé ex aequo avec le Français Delépine.

 

1965 : le doublé incroyable et fou du cycliste Jacques Anquetil

 

 

Revenons au NOAH

 

Pépé Louis avait une vigne sur le haut de la Mothe-Achard, commune qui avait peu de hauts et beaucoup de bas, complanté entièrement en noah. J’ai donc décavaillonné, vendangé, mais pas vinifié vu qu’une fois pressuré le moût vivait sa vie en toute liberté – il serait privé de la dénomination nature vu que pépé souffrait à mort pour lutter contre les fleurettes, et pourtant c’était un vin nu de chez vin nu – et bien sûr bu ce breuvage titrant les meilleures années 8°. Aux battages, les bouteilles de noah désoiffaient les gars des gerbes et du pailler. Ce n’est pas pour rien que j’habitais au Bourg-Pailler.

 

Élève à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard du frère Henri Bécot, grand défenseur du noah j’ai taillé et vendangé, mais pas vinifié, les rangs de « Noé » nouveau nom de baptême donné par mon maître-vigneron pour faire échapper à la faux de l’arrachage obligatoire des cépages interdits Clinton, Noah, Jacquez, Herbemont, Othello, Isabelle. Coup de Jarnac des tous puissants viticulteurs du Midi pour étouffer l’autoconsommation de vins locaux. ICI

 

 

C’était au temps où la France était rouge, rouge d’une foultitude de cantons accueillant plus de 10 000 ha de vignes. Ma vieille Vendée en nombre de déclarants : 58 305 sur un total d’1 million 500 mille occupait la 3e place après l’Hérault et l’Aude. Le pépé Louis en était comme le sacristain ou le notaire. En superficie 18 858 ha sur un total d’un million 700 mille ha. En volume 854 000 hl sur 78 Millions d’hl, soit le 19e département viticole français.

 

Il existait donc un vignoble domestique important alimentant une forte autoconsommation et un vignoble productif dominé par les 2 mastodontes : le Languedoc et l’Algérie.

 

Concurrence !

 

Sus aux vignobles familiaux !

 

Haro sur les fameux cépages Clinton, Noah, Jacquez, Herbemont, Othello, Isabelle.

 

La loi va introduire la notion de cépages interdits et rendre leur arrachage obligatoire.

 

Officiellement le gouvernement lutte pour résorber la surproduction : 15 à 20 millions d’hl sur les 93 millions produits. Distiller donc, c’est l’Etat qui paye. Mais aussi, et c’est là où le débat entre le petit peuple des viticulteurs du dimanche et les intérêts des grandes propriétés du Midi « plantées d'aramon, irriguées en permanence, capables de produire plus de 300 hectos à l'hectare » et les « privilèges accordés à l'Algérie : liberté de plantation à très bon marché, taxes pratiquement inexistantes, main d'œuvre peu chère ».

 

Dans les années 30 le « Statut Viticole » s’est efforcé de réduire la production en pénalisant les hauts rendements et en interdisant la plantation de vignes nouvelles. En 1936, pour tenter de réduire l’appareil productif les pouvoirs publics promeuvent l’arrachage volontaire primé et menacent de recourir à l’arrachage obligatoire. L’acte fondateur des droits de plantation est le Décret n°53-977 du 30 septembre 1953 relatif à l'organisation et l'assainissement du marché du vin et à l'orientation de la production viticole Une stricte discipline d'encépagement est créée. La suppression des cépages prohibés est prescrite ; toutefois, pour en encourager la disparition, les producteurs pourront par exception remplacer par anticipation les vignes à disparaître lorsque celles-ci avaient été régulièrement plantées. Dans chaque région, seront par ailleurs définis les cépages dont l'utilisation sera recommandée et efficacement encouragée. A long terme, cette discipline doit entraîner une diminution du potentiel viticole.

 

J’ai planché sur La grande novation de la dernière réforme est que le Règlement (CE) N°479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant Organisation Commune du Marché vitivinicole prévoit dans son Titre V : Potentiel de Production au chapitre II : un Régime transitoire des droits de plantation. Article 90 : Interdiction transitoire de plantation de vigne. En clair, à partir de 2015 la plantation de la vigne sera libre sauf si... ça c’est une autre histoire sur laquelle ma réserve naturelle et mon obligation de réserve font que je ne vous en dirai pas plus. Pour que vous ne soyez pas trop frustrés je vous offre un florilège des débats  sur la loi du 24 décembre 1934 concernant les hybrides producteurs directs américains et français.

 

 

 

Monsieur Renaud, député de l'opposition attaque: « Vous voulez interdire l'utilisation de certains cépages, vous déclarez la guerre aux hybrides producteurs directs qui pourtant ne jouent dans l'augmentation de la production qu'un rôle insignifiant.

Si vous croyez vraiment à la surproduction, il faut frapper les responsables et eux seulement ».

 

Monsieur Baylet député socialiste s'exprimera dans le même sens. Car, dit-il, « en Algérie, des millions d'ouvriers travaillent de l'aube au crépuscule sous le knout pour un salaire misérable ». Il ne sera pas suivi. 

La majorité de l'époque fait bloc pour défendre les représentants des grands domaines de France et d'Algérie

 

A l'Assemblée Nationale, lors des deux premières séances du 15 Décembre on parlera « d'atteinte à la liberté des petits viticulteurs » Monsieur le député Mauger monte à la tribune pour défendre longuement « les productions familiales injustement touchées ».

 

La conclusion de ces séances restera à Monsieur le député Grandmaison qui déclare :

 

« Je constate sans l'apprécier, que c'est la totalité de la récolte de nos petits producteurs de cépages condamnés qui est touchée soit par l'interdiction soit par la distillation obligatoire. Alors que dans les régions responsables de la surproduction, c'est une très faible partie qui sera atteinte par les mesures préconisées, mesures véritablement iniques ».

 

 

 

La troisième séance du 15 Décembre commence dans le même esprit.

 

Le député Jaubert parle « d'atteinte à la liberté individuelle des petits vignerons ».

 

Le Ministre des Finances, monsieur Germain Martin, déclare après quelques échanges aigre-doux « depuis quand s'est développée la culture du Noah en particulier, car enfin, c'est de lui qu'il s'agit: depuis deux ans »? Bronca dans les rangs de l'opposition, sifflets, prises de paroles.

 

 

Le Ministre rectifie alors comme il peut:« Je parlais de culture, pas des plants qui sont plus anciens je crois »!!!

 

Le climat restera tendu jusqu'à la fin des débats, il n'y aura pas de véritable échange.

 

 

 

Monsieur le sénateur Rouart rapporteur de la Commission de l'Agriculture présente l'article 6 et parle de « cépages primitivement introduits d'Amérique depuis de longues aimées, qui ont des goûts détestables, tel le Noah, d'autres moins mauvais comme l'Othello et le Clinton qui sont tout de même des cépages inférieurs. On a voulu y joindre en même temps tout ce qu'a apporté l'hybridation française qui est une chose admirable » dit-il.

 

 

 

Deux anecdotes pour terminer :

 

 

Pour enrayer la surproduction, Monsieur le député Chouffet a proposé que la ration de vin par soldat passe de 1/2 litre à 1 litre.

 

 

« Je ne pense pas, a-t-il dit, qu'il puisse se trouver quelqu'un ici pour affirmer qu'un litre de vin par jour et par homme soit une ration trop élevée ».

 

 

Le Président du Conseil a renchéri: « Je suis tout à fait d'avis que dans la période où le vin est bon marché on fasse un gros effort pour en assurer la consommation et que la troupe bénéficie de plus fortes rations »

 

.

Sauf que cela ne représentait que 300000 hectolitres volume dérisoire par rapport aux 15 ou 20 millions d'excédents.

 

 

Monsieur le sénateur Rouart s'exprimant au nom de la Commission de l'Agriculture fait référence à la proscription du Gamay sous Louis XV et déclare :

 

 

« Singulière naïveté du pouvoir absolu, croyant dominer les adaptations naturelles.

Si la volonté royale avait été complètement exécutée, nous serions privés d'un des meilleurs vins courants de France. »

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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 06:00

 

Le vin, toujours le vin, je ne m’en lasse pas, surtout que je vais moucher les petits gardiens des tables de la loi des vins nu qui s’offusquent que notre grand Gégé, toujours sur l’action, comme Mr Wurtz l’arbitre de foot strasbourgeois en son temps, a concocté un vin orange.

 

Rien ne lui interdit, il ne qualifie pas son breuvage de vin nature, il se contente de surfer sur la mode  du vin orange.

 

Bizarrement il l’a baptisé ORANGE GOLD, j’aurais préféré ORANGE MÉCANIQUE, plus transgressif.

 

L'orange mécanique, 45 ans après | Le Club de Mediapart

 

Gégé se convertit au VIN de FRANCE, Bio de surcroît, avec la bénédiction de Butane&Degaz.

 

Gérard Bertrand | Orange Gold vin orange biologique 2020 - 12 bouteilles -  Vin Orange

Gérard Bertrand, Orange Gold, vin-de-France blanc 2020

 

En bref : La nouvelle référence du vin orange.

 

Ce qu’on en dit : Come-back réussi de la plus ancienne méthode de vinification. Profusion d’agrumes, de fruits blancs, de fleurs. Entre générosité gourmande et fraîcheur vive.

 

Avec qui, avec quoi ? Un apéritif original et plein d’émotion !

 

Le prix : 12,90 €

 

La note : Jury Gourmet

 

Gérard Bertrand | Orange Gold vin orange biologique 2020 - Vin Orange

Le point de vue de Gégé :

 

Orange Gold rend hommage aux premiers vins oranges de Géorgie d’il y a 4500 ans.

 

Gérard Bertrand souhaite créer un nouveau profil de vins orange, très frais. Avec ce nom unique, Orange Gold rend hommage au pouvoir du soleil ainsi qu’aux magnifiques couchers de soleil du Sud de la France.

 

Vinification & Elevage

 

Orange Gold est issu d’une technique de vinification ancestrale. Les raisins blancs sont vinifiés et fermentés en grappes entières, à la manière des vins rouges. Cette macération avec les rafles et les peaux apporte une couleur orange remarquable aux reflets dorés et une tanicité très singulière. C’est un assemblage exceptionnel de sept cépages, essentiellement méditerranéens : le Chardonnay, le Grenache Blanc et le Viognier apportent du volume et la Marsanne, le Mauzac et le Muscat enrichissent la complexité aromatique du vin. La parfaite maîtrise de la vinification et le choix des cépages en font un vin orange au profil inédit, d’une finesse et d’une subtilité remarquables. Orange Gold reflète la vibration, le dynamisme, la minéralité et la fraîcheur du Sud de la France. Issu de raisins bios et empreints de toutes les nuances de leur terroir, Orange Gold est certifié AB.

 

Notes de Dégustation

 

Le nez est complexe, avec une explosion de notes de fleurs blanches, de fruits confits et de poivre blanc. En bouche, une fraîcheur aromatique très flatteuse, aux saveurs précises et sur un bel équilibre auquel la structure donne du corps et de l’esprit. Suave et fine, sa texture enveloppe le palais. La dégustation se termine par une belle longueur en bouche qui prolonge le voyage gustatif et une douce pointe amère qui stimule les papilles.

 

Où le trouvera-t-on ?

 

Sûrement pas chez les cavistes de vin nu qui depuis un bail ont promu les vins orange, mais dans les allées de la GD alors pourquoi s’inquiéter de l’arrivée de l’orange du grand Gégé ?

 

Suis donc allé à MONOPRIX qui est pacsé avec Butane&Degaz pour me fendre de 12,90 €, bel effort, et avec mon chat nous allons le déguster.

 

Sans me pousser du col j’ai plus de références de vin orange dans ma musette que Butane&Degaz, ainsi qu’une longue antériorité, alors je trouve un peu fort de café que ces 2 commis d’office osent parler de nouvelle référence en vin orange.

 

C’est du lourd : 1 kg 326, pour un ardent défenseur de la nature c’est trop !

 

Flacon genre eau de Cologne à la manière des Muscats de Beaume de Venise…

 

Bien évidemment je ne vais pas noter ce vin orange, versus Grand Gégé, ni vous livrer mes commentaires de dégustation, le site maison ci-dessus est dithyrambique, on est jamais si bien servi que par soi-même simplement je vais le situer par rapport à la large palette des vins orange que j’ai bu depuis plus de 10 ans.

 

Mon appréciation, élève appliqué, trop, trop de maîtrise nuit, c’est lisse, trop lisse, il eut fallu aller jusqu’au bout de l’expérience, je n’écris pas la copie, ce vin orange est un brave vin orange qui, n’en déplaise à Butane&Degaz affiliés Monop, ne constitue pas une nouvelle référence du vin orange. Je ne sais s’il plaira aux bobos de Monop, mais si nos grands goûteurs étaient honnêtes, ils accepteraient une dégustation comparative à l’aveugle avec les grands vins orange pour étalonner leur échelle de Richter des vins orange autour du Gold de Gérard Bertrand.

 

Dans mon approche, je suis sans reproche, j’ai payé  de ma poche ce Gold, je l’ai bu dans des conditions idéales avec des produits de la mer, je ne le descends pas en flamme, j’estime simplement que lorsqu’on  décide de produire un vin orange au nom d’une tradition ancestrale on va jusqu’au bout de son projet et surtout, au lieu de s’accrocher des médailles, on publie ce qu’on a fait dans le chai. Prendre des risques même pour un négociant vinifiant n'est pas hors de portée. J'attends !

 

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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 06:00

 

 

  • Attendu que je me dois de chroniquer sur le vin sous peine de me voir taxer d’usurpation d’antenne ;

 

  • Attendu que je me dois d’occuper un terrain qui n’est pas celui des grands dégustateurs patentés ;

 

 

  • Attendu que j’ai toujours eu un faible pour le Sidi Brahim rouge qui convenait fort bien au bœuf en daube ou au coq au vin.

 

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  • Attendu que Sidi Brahim, comme Boulaouane sont commercialisés par la SVF (souvenirs);

 

  • Attendu que le Sidi Brahim est un vin voyageur composée à l'origine de vins d'Algérie puis du Maroc, la production s'est déplacée ensuite en Tunisie et à nouveau depuis 2019 exclusivement au Maroc avec des vins d'appellation Beni M'Tir

 

  • Attendu que le grand Michel Smith en parlait beaucoup mieux que moi : Impressions Marocaines, ou le vin sous voile ICI

 

  • Attendu que la marque a été fondée en 1924, en Algérie française par André Vigna pour commercialiser divers vins sans appellation d'origine. Elle emprunte son nom à la bataille de Sidi-Brahim (milieu du XIXe siècle). Le Groupe Castel a acheté la marque en 2003 à la société William Pitters de Bernard Magrez, qui elle-même l'avait acquise auprès des frères Jacques et Philippe Vigna.

 

Bataille de Sidi Brahim,La bataille de Sidi Brahim : vain rouge épandu dans le désert

La bataille de Sidi Brahim : vain rouge épandu dans le désert ICI 
  • Attendu que la boutanche écussonnée ne vaut que 2,9 euros ;

 

  • Attendu qu’elle a reçu un Silver Médaille au CONCOURS MONDIAL de BRUXELLES 2020 ;

 

  • Attendu que le vin est dit ROND & FRUITÉE.

 

  • Attendu que le chat de ma voisine exilée au States, qui squatte chez moi, est un excellent dégustateur ;

 

Je déclare que le Sidi Brahim Beni M’ TIR appellation d’origine garantie rosé vaut largement beaucoup de rosés de Provence et d’ailleurs bien plus onéreux ; que c’est un excellent dentifrice ; qu’on peut le rafraîchir avec des glaçons sans honte ; qu’on peut le limonader, le limer ; pas très écolo bouteille lourde ; bourré de sulfites…

 

Bonne dégustation !

 

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 06:00

Philippe Castéja (à g.) et Hubert de Boüard, à l’ouverture du procès, le lundi 20 septembre 2021 à Bordeaux. © Crédit photo : Guillaume Bonnaud / SUD OUEST

En raison de l’actualité judiciaire d’Hubert, Ciné Papy du mercredi est repoussé à demain jeudi.

Hubert de Boüard à la barre !

 

Ça fait très années Giscard !

 

Mais notre Hubert de Boüard de Laforest, avec son petit sécateur et sa valise à roulettes, est abonné à la barre du tribunal.

 

Sa première prestation devant la  17e chambre ne fut pas très glorieuse, sa suffisance et celle de son avocat, un bijou, il mordit la poussière face à Isabelle Saporta. Rebelote en appel.

 

La nouvelle montée à la barre de notre Hubert date du lundi 20 septembre où s’est ouvert à Bordeaux « le procès de deux grands noms du vin, Hubert de Boüard et Philippe Castéja, deux propriétaires de châteaux classés, soupçonnés par la justice de "prise illégale d'intérêt", d'avoir été juges et partie lors du classement de 2012 de l'Inao. »

 

Cette fois-ci, j’ai le sentiment que l’homme de l’Angelus peut être plus serein, il sera bien difficile de trouver dans le dossier des preuves matérielles de ses interventions, de son omniprésence, tout ça s’est passé dans la coulisse, en loucedé. C’est ce que j’ai déclaré à la barre de la 17e Chambre, et fut entendu. Les délibérations officielles du Comité National sont pure cosmétique, chambre d’enregistrement.

 

Bref, qui vivra verra, nous suivrons ce procès par un correspondant sur place.

 

Procès du classement de Saint-Émilion : « On ne m’a pas dit que c’était interdit », affirme Hubert de Boüard ICI 

 

La nouvelle est tombée ce matin. Une amende de 100.000 euros partiellement assortie de sursis a été requise mardi contre Hubert de Boüard. Concernant M. Castéja, le représentant du ministère public a laissé une éventuelle sanction à "l'appréciation" du tribunal.

 

Mardi, le procureur adjoint Jean-Luc Puyo a fait un virage à 180 degrés par rapport à cette position et indiqué qu'il "ne partageait pas l'analyse juridique" faite à l'époque par le parquet Il a souligné la "participation parfois dynamique" de M. de Boüard "tout au long de la procédure de classement". Il a été "un définisseur, un impulseur", a-t-il assuré, jugeant M. Castéja pour sa part "bien plus en retrait".

 

Présentation de l’affaire par la presse nationale.

 

Publié le 19/09/2021

 

Hubert de Boüard, premier jurat, lors d'un discours pour le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion, dimanche 19 septembre 2021. "Je suis serein, demain est un autre jour".

 

Hubert de Boüard, premier jurat, lors d'un discours pour le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion, dimanche 19 septembre 2021. « Je suis serein, demain est un autre jour ». • © France 3 Aquitaine

 

Deux figures du Bordelais comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour le controversé classement de Saint-Emilion. Cette affaire secoue le monde du vin depuis 10 ans.

 

Juges et parties ?

 

Ce week-end des 18 et 19 septembre s'est tenu le traditionnel Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. A cette occasion, une quarantaine d'impétrants a été intronisée en tant que jurats. Le premier jurat, c'est Hubert de Boüard. Demain, il comparaîtra devant la justice. Interrogé par France 3, il n'a pas souhaité aborder le procès.

 

Je suis serein et je suis aujourd'hui avec mes amis. Demain est un autre jour.

 

Deux grandes figures du vignoble bordelais ont-elles été juges et parties dans l'élaboration du classement 2012 des grands crus de Saint-Emilion ? Le tribunal correctionnel de Bordeaux entame lundi 20 septembre un procès de deux jours qui pourrait aussi être aussi celui d'un système.

 

Il est reproché à Hubert de Boüard, copropriétaire du célèbre château Angélus et consultant viticole, et à Philippe Castéja, négociant et propriétaire de château Trotte Vieille, une "prise illégale d'intérêt" dans le processus de classement, le seul au sein des grands vins de Bordeaux à être révisable (tous les dix ans).

 

Comme le note la cour d'appel de Bordeaux, qui a donné le feu vert à un procès après 10 ans de multiples rebondissements judiciaires, ce classement ouvert aux propriétés de l'appellation Saint-Emilion Grand Cru est "déterminant pour la notoriété et la valorisation financière et commerciale des lauréats" sur un marché des vins de Bordeaux qui se compte en milliards d'euros.

 

Le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. Le procès du classement 2012 des crus est dans tous les esprits, mais rares sont ceux qui se risquent à un commentaire...

 

Le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. Le procès du classement 2012 des crus est dans tous les esprits, mais rares sont ceux qui se risquent à un commentaire... • © France 3 Aquitaine.

 

Un classement qui vaut de l'or

 

MM. de Boüard et Castéja étaient tous deux membres du comité national des vins de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO), établissement public rattaché au ministère de l'Agriculture, qui a validé le règlement du classement puis ses résultats, arrêtés par une commission indépendante. M. de Boüard, plus actif que M. Castéja d'après l'enquête, était également membre de l'organisme de gestion des vins de Saint-Emilion, organe qui a participé à l'élaboration du règlement du classement avec l'INAO selon l'instruction.

 

En 2012, Angélus avait été promu premier grand cru classé A, au plus haut, et Trotte Vieille maintenu comme premier grand cru classé B. Sept autres propriétés pour lesquelles M. de Boüard était consultant avaient été récompensées au classement. « C'est comme si quelqu'un qui passait l'examen du bac rédigeait lui-même les sujets », assure Éric Morain l'avocat des parties civiles, trois propriétés familiales (Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac) recalées et qui ont entamé leur combat judiciaire début 2013.

 

Une influence considérable

           

L'avocat dénonce l'attitude du parquet de Bordeaux, qui avait fait appel de la décision de renvoi de la juge d'instruction. "Je ne connais pas d'autre procédure dans laquelle un parquet a fait cela, hormis quand ça concerne un gendarme ou un policier", dit-il. « Il fallait absolument sauver les soldats de Boüard et Castéja... », des grands noms du Bordelais à l'influence considérable.

 

Selon Me Morain, « ce procès remet l'église au milieu du village". "On va parler d'un système qui ne dit pas au consommateur que la note de dégustation ne compte que pour 30% dans le classement », ajoute-t-il, le reste mesurant la notoriété, l'accueil des châteaux etc.

 

"Un système qui vend de la marque et non plus du raisin".

 

Les deux prévenus ont toujours nié les accusations de conflit d'intérêts et leur défense, dont l'avocat Antoine Vey, a fait valoir qu'ils se sont "systématiquement déportés" des délibérations pouvant concerner le classement. L'enquête n'a en outre pas permis d'établir qu'ils avaient pris part à des votes.

 

Parallèlement, un contentieux administratif est toujours en cours contre le classement 2012 qui était pourtant censé remplacer le classement 2006, annulé par la justice administrative après déjà des recours. Le sort judiciaire du classement 2012 pourrait donc ne pas être connu avant la publication de son remplaçant, en 2022.

 

 

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:00

Des bouteilles de Romanée-Conti vendues plus de 10 millions d'euros

Le reproche récurrent que me font certains, chroniquer rarement sur le vin, est justifié, en défense ma réponse est simple : j’ai le sentiment d’avoir fait le tour de la question et que perdurer ce serait tourner en rond. Bien sûr, je pourrais à la manière de Butane&Degaz ou autres grands nez me la jouer dégustateur patenté, noter, commenter, mais ce n’a jamais été ma tasse de thé et je n’ai nulle envie de m’y coller. Faire le beau sur les réseaux sociaux, ferrailler avec les détracteurs des vins  nu, faire ami-ami  avec les ouvriers de la 25e heure des mêmes vins nu, serait vain, l’heure est aux outrances chez anti-vins qui puent, à la mièvrerie chez les petits licheurs de vin nature, ignorants qu’ils sont de l’histoire du vin et de sa réalité socio-économique.

 

Alors, je me contente de boire, des vins nu bien sûr, en ce domaine je suis devenu extrémiste et ma dealeuse préférée me fournit en came adaptée, je me marre, je dis au petit monde qui s’agite en rêvant de devenir vigneron, un remake des éleveurs de chèvres post-soixante-huitard, que la terre est basse, le métier dur. Le petit monde du vin nature prend une vilaine tournure, reproduisant les codes décriés, l’heure  est aux agents, aux allocations, un petit biseness juteux pour eux qui ne l’est pas pour ceux qui font, et ceux qui vendent le vin. Le modèle économique est bancal, accumule les surcoûts, savoir compter n’est pas une atteinte à la liberté, bien au contraire…

 

Quand on vieilli le risque est de radoter, de repasser les plats, de seriner je vous l’avais bien dit, en l’occurrence écrit dans mon fichu rapport, de regretter l’immobilisme de ceux qui sont en charge, alors rien ne vaut le retrait, le silence, laisser la place à ceux, sachants de fraîche date, qui surfent sur les ondes, les réseaux sociaux, qui pour moi ne sont que des petits couteaux, des ramenards, des imposteurs, des profiteurs.

Mais, ayant le respect de mes lecteurs de longue date je vais forcer ma nature, à nouveau mettre l’ouvrage sur le métier, informer.

 

Pour ce faire, je vais vous proposer ce matin de consulter une interview d’Aubert de Villaine au Figaro-Vin ICI  

 

Aubert de Villaine, Domaine de la Romanée-Conti : «J'espère avoir réussi à faire vivre cet héritage»

 

A la tête du domaine le plus célèbre au monde, Aubert de Villaine s’exprime rarement auprès des médias, préférant la discrétion aux grands discours. A l’heure où il s’apprête à passer le relais, il livre au Figaro Vin un entretien exclusif.

Par Alicia Dorey

Publié le 18/09/2021

 

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2 février 2011

3 Questions à Aubert de Villaine l’inscription des Climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’UNESCO ICI 

 

Offre exceptionnelle Domaine de La Romanée Conti : Le mythe frappe à votre  porte ! - U'Wine

22 janvier 2013

Mais qui est donc ce Henry-Frédéric Roch dont le Pousson de Barcelone nous rebat les oreilles sur Face de Bouc? ICI 

NDLR Henry-Frédéric Roch est décédé le 17 novembre 2018

 

Je ne ferai aucun commentaire sur cette interview vous laissant  ce soin.

 

Aubert de Villaine, gardien du temple romanée-conti

 

Il serait vain de penser que le prestige permet d’échapper à la réalité. Bien qu’encensé dans le monde entier, avec des vins atteignant des prix stratosphériques et des allocations triées sur le volet, le Domaine de la Romanée-Conti doit aussi, au quotidien, faire face aux enjeux de son époque. Transmission du patrimoine et du savoir-faire, aléas climatiques, envolées spéculatives… Mais au-delà de ces considérations, Aubert de Villaine reste confiant, et prêt à accompagner la relève, en la personne de sa co-gérante Perrine Fenal – fille de Lalou Bize-Leroy (Propriétaire et vigneronne du Domaine Leroy et Domaine d’Auvenay, et actionnaire de Domaine de la Romanée-Conti) – également présente lors de cet entretien, ainsi que de son neveu Bertrand de Villaine.

 

Domaine de la Romanée-Conti - Perrine Fenal et Aubert de Villaine

 

LE FIGARO : Voilà quelques années que vous vous préparez à transmettre le domaine à la génération suivante. Allez-vous continuer à être présent ? 

 

Aubert DE VILLAINE : Oui bien sûr, je vais continuer à accompagner ce travail et à apporter des conseils, mais «les conseilleurs ne sont pas les payeurs» comme le dit l’adage, il faut savoir laisser à chacun la possibilité de prendre ses responsabilités, d’assumer sa vision, car toutes sont valables. La mienne a été guidée par ceux qui m’ont précédé, et j’espère avoir réussi à faire vivre cet héritage.

 

  • Justement, quelle était cette vision, et que pensez-vous avoir apporté ?

 

Je n’ai pas le sentiment d’avoir apporté de nouveautés, mais d’avoir contribué à poursuivre dans une voie qui est celle du domaine depuis toujours. Celle de perpétuer ce qui a été bien fait par le passé, et, modestement, d’avoir cherché à faire un peu mieux à la lumière des avancées du présent dans la connaissance. De la culture de la vigne à la vinification, il y a toute une infinité de détails, que l’on peut faire plus ou moins bien, et finalement, un grand vin est le résultat de ces milliers de détails et de la façon dont ils ont été réalisés. Il faut surtout que ces détails fassent partie d’une philosophie. C’est ça, la gérance d’un domaine comme celui-ci, c’est d’être en veille des détails, du balayage de la cour à la décision de date des vendanges.

 

  • Le terme de domaine de légende vous dérange ?

 

Vous êtes dans un domaine viticole comme les autres. Il faut tout le temps se remettre en question. Nous ne vivons pas dans notre tour d’ivoire, la tradition bourguignonne reste de recevoir au domaine, de partager. Il nous semble important de rester nous-mêmes, de préserver notre équipe de toute tentation de se considérer comme à part ou meilleure que les autres. Avec l’espoir que les vins fassent la différence !

 

  • Justement, lorsque l’on parle du Domaine de la Romanée-Conti, ou d’autres domaines mythiques, on parle peu des détails. Y a-t-il des détails spécifiques aux «grands» domaines ?

 

Non, il y a très peu de détails vraiment différents d’autres domaines viticoles. Simplement, on essaie de les faire tous le mieux possible, et quelquefois d’aller plus loin. Aujourd’hui, labourer au cheval est devenu une chose assez commune, mais lorsque nous avons décidé de le réintroduire dans les vignes au début des années 2000, nous étions les premiers, et nous avions le sentiment d’apporter quelque chose de plus, un sol moins tassé, plus vivant. Mais nous parlons finalement assez peu de ce que nous avons pu faire, car ce sont les vins qui doivent parler. Lorsque quelqu’un nous demande pourquoi nous avons choisi le cheval ? Je réponds parfois : tout simplement parce que c’est beau ! Voir un cheval travailler dans la vigne le matin, avec le soleil dans sa crinière, crée une beauté qui ne peut que faire du bien à la vigne.

 

  • Est-ce que l’on peut parler d’un retour en arrière en matière de techniques viti-vinicoles ?

 

Pas à proprement parler, car un retour en arrière signifierait d’en revenir à un travail de la vigne intégralement réalisé par la main de l’homme. A cet égard, le cheval est plutôt l’ancêtre du tracteur qu’une résurgence de l’histoire.

 

  • Ressentez-vous une émotion particulière en dégustant vos vins ?

 

Il y a quelques jours j’ai dégusté une bouteille de Grands Echezeaux 1962, et j’ai eu un sentiment de perfection. Ça n'a pas duré très longtemps, mais ce qui est formidable, lorsque l’on déguste un très grand vin, c’est d’avoir ce sentiment de toucher à un moment parfait et de réaliser que le vin a fait son chemin tout seul dans la bouteille. Bien entendu pas complètement, car nous avons tout mis en œuvre pour qu’il le fasse, mais c’est son travail dans la bouteille qui a amené cette perfection, et qui nous procure ce sentiment de plénitude, car nous avons réussi ce que nous voulions faire, ce mariage de la vigne et de notre travail.

 

  • Le travail du vigneron est donc d’accompagner le vin plutôt que de le faire ?

 

Nous sommes toujours en train de chercher la vérité du terroir, de la Romanée-Conti et de nos autres climats. Mais en réalité, cette vérité n’existe pas, car chaque année, elle est fonction des conditions climatiques, de notre travail et du mariage réalisé entre les deux. La vérité n’existe que dans un millésime donné, et encore, si nous l’avons réussi ! Le devoir de faire de grands vins est le même, mais avec des moyens chaque année différents. Nous essayons de répondre à ce que nous propose la nature, aussi bien au niveau du sol que de la vigne. Perrine (Fenal) et mon neveu (Bertrand de Villaine) seront chargés de continuer cela. Cela dit, attention, il ne faut surtout pas le prendre comme une charge [rires]. Il faut plutôt le voir comme une responsabilité. C’est important, si tout d’un coup, cela devient une charge, c’est très mauvais. Il faut se montrer très serein et accepter de faire une erreur. 

 

  • Quels sont les grands défis à relever pour la génération suivante ?

 

Le défi de la transmission est l’un des plus grands que nous ayons en face de nous. Nous avons toujours fait le nécessaire pour le relever, mais c’est un grand problème en Bourgogne. Les taxes de succession sont importantes et, dans une famille, ceux qui veulent rester n’ont pas toujours les moyens de racheter les autres. Pour nous, la Bourgogne est un tissu de domaines familiaux, et il faut que l'État nous donne les moyens de préserver cela, de transmettre la propriété familiale des domaines. La vraie valeur d’une propriété viticole, qui est une entreprise comme les autres, me semble devoir être liée à ses résultats et non pas à la valeur extravagante qu’elle peut prendre à certaines époques où la spéculation l’emporte sur la raison. Nous attendons de l’Etat qu’il prenne ces valeurs-là comme valeurs de succession.

 

  • Est-ce réaliste de croire à cela ?

 

D’un point de vue économique, c’est très réaliste, mais il faut pour cela avoir une vision à long terme, car en effet cela représente moins de gains immédiats pour l’Etat. Le problème, c’est que si les valeurs sont telles que les familles ne peuvent plus se transmettre les domaines, nous prenons le risque que l’arrivée de grands investisseurs français ou étrangers contribue à faire régresser cette tradition de propriété familiale constitutive du territoire bourguignon. Si elle disparaît, c’est la position éminente de la Bourgogne qui sera affectée et tout le monde en sera affecté, y compris l’Etat.

 

Par ailleurs, il faut faire attention, que l’arrivée de nouvelles techniques ne vienne pas abîmer les climats, qui sont des écosystèmes fragiles et qui demandent respect et excellence à tous les niveaux. Depuis toujours, mais encore plus depuis une vingtaine d’années, nous nous préoccupons de la question de la sélection des plants de vigne. Il est essentiel, pour des grands terroirs dont la richesse provient des sols et sous-sols, de recevoir des plants de haute finesse, si nous voulons avoir une chance que le potentiel unique de ces terroirs soit entièrement accompli.

 

  • Comment explique-t-on le succès des vins de Bourgogne ?

 

La suite ICI 

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 06:00

Peut être une image en noir et blanc de arbre et pont

L’échalier, petite barrière fixe, dans une haie, entre deux champs, permettant d’aller de l’un à l’autre. Combien de gars de ferme ont fait sauter les échaliers aux filles en les empoignant par la taille, pour aller danser ou autres réjouissances…

Je suis né dans un pays embocagé, les pâtis, les pièces de labours, cernées d’épais buissons de ronces, où nous cueillions de juteuses mûres, ici pas de haies maigrichonnes piquetées d’arbres, ni de murets de pierres sèches,  des chemins creux boueux l’hiver,  croûteux l’été, laissaient passer les équipages de bœufs enjugués tirant de lourds tombereaux de choux fourragers ou de betteraves, des troupeaux d’indolentes vaches, des charrues Brabant fendant et retournant la glaise jaunasse, extirpant des profondeurs des colonies de vers de terre bouffeurs de terre, les achets, pays fermé, replié sur lui-même, hostile même, dernier rempart à l’intrusion des lourdes machines, tracteurs, moissonneuses-batteuses, bientôt arasé par les remenbreurs, ces ingénieurs d’État missionnaires de la modernité avec pour alliés les jeunes militants de la Révolution silencieuse qui enverra les enfants de la terre dans les HLM de la périphérie des grandes villes, ces banlieues encore rouge, la Fin des paysans, restent des agriculteurs inscrits  au centre de gestion et au contrôle laitier, toujours plus, le Crédit Agricole prospère, les coopés vendent des tonnes d’engrais et des pesticides, ramassent le lait, du moins celui qui n’est pas vendu au privé, Besnier, les marchands d’aliments composés du bétail couvrent le pays de poulaillers industriels, toujours plus de production, toujours moins de revenus, le pays sent mauvais, moins qu’en Bretagne où ça pue le cochon, plus de foires et de marchés, on va au Super U comme à la ville, c’est le temps des cols blancs, des conseillers, et même que les politiques parlent de l’or vert, que notre agriculture est performante, exportatrice à coup de restitutions européennes, illusion, nous sommes dépassés par les nouveaux arrivants, la balance commerciale est en berne, avec la crise sanitaire les politiques et les journaleux osent nous bourrer le mou  avec la reconquête de l’indépendance alimentaire. Foutaise ! L’UE verdit la PAC. Les OPA tendent leur sébile. Même qu’on subventionne les haies !

 

La fin des paysans suivi de Une réflexion sur la fin des paysans vingt ans  après , Henri MendrasLa Revolution Silencieuse- Le Combat Des Paysans / Questions D Actualite |  Rakuten

 

Attention, nulle nostalgie ici, ce n’était pas mieux avant, mon pays était pauvre et dur, je ne le regrette pas, ce que je regrette c’est l’incapacité des décideurs de tous poils de sortir de leurs schémas anciens, le temps n’est plus aux quintaux ou aux hectos. Pour autant, les Verts, les écolos n’apportent rien au débat, la décroissance est une idée creuse, nous devons produire de la valeur. Ce n’est pas de gauche ça, mais c’est la réalité socio-économique de la France. Nous sommes dans une UE riche où nous exportons la majorité de nos produits. Nous n’avons pas vocation à nourrir le monde, l’Afrique tout particulièrement, nous l’avons appauvrie avec nos produits déversés sur ses marchés. L’exportation de céréales à l’Egypte, à l’Algérie, par exemple c’est vouloir jouer dans la cour des Grands, c’est une arme stratégique, pas de l’altruisme. Je m’arrête là, je suis chiant, je ferais mieux de déconner sur le vin qui pue produit par des chevelus qui vendanges en tongues, foulent le raisin pied nu, laissent partir leurs vins dans tous les sens. Le problème c’est qu’eux le vendent à la terre entière, même que certains on fait de leurs noms une marque. Mais où va la Révolution ma bonne dame et mon bon monsieur. Je signale que Macron et son Denormandie n’ont rien compris.

 

LOUIS TOFFOLI (1907-1999) Paysanne de Vendée Huile sur toile. Signée en bas  à [...] | lot 129 | Bijoux, Dessins et Tableaux, Art Nouveau, Art Déco, Art  Contemporain, Design chez Collin du Bocage | Auction.frLOUIS TOFFOLI (1907-1999) Paysanne de Vendée Huile sur toile.

 

Bref, adieu les bœufs, les chemins creux, les poulets picorant dans l’aire, les poules pondant dans les buissons, le bon beurre, le bon pain, le silence, le temps est venue des belles récoltes boostées aux engrais NPK, des vaches pissant le lait en bouffant du soja US, de l’ensilage maïs qui pue tout comme leurs bouses …

 

Terroirs Vendéens - Puy Story

 

Mon seul regret de ce temps-là ce sont les échaliers

 

ÉCHALIER, subst. masc.

A.−

1. Usuel. Échelle rustique placée contre une haie pour permettre de la franchir.

 

« Nous partions en bande, le matin, à travers les prés et les pâtureaux, par les traquettes, par les échaliers, par les traînes, et nous revenions, le soir, par où il plaisait à Dieu »

George Sand, Maîtres sonneurs,1853

 

2. « Escalier formé de traverses de bois et pratiqué dans une haie » (Académie 1932).

 

B.− Clôture.

 

1. Clôture faite généralement de branches d'arbre entrelacées pour empêcher les bestiaux de s'échapper. Franchir, sauter l'échalier.

« Il eût été bien difficile de le rejoindre quand, par-dessus les échaliers, il était passé d'un champ à un autre »

Châteaubriant, Lourdines, 1911,

 

2. P. méton. « Partie d'une clôture qui peut s'ouvrir ou se déplacer » (Académie. 1932).

 

« L'angélus tinta; la volée de l'oraison n'était pas encore éteinte quand ma mère poussa la porte (...) Quand j'entendis l'échalier retomber en grinçant, je me levai dans les ajoncs.

Hector Malo, R. Kalbris, 1869,

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 06:00

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Le dimanche au Bourg-Pailler c’était les habits du dimanche pour aller à la grand-messe de 10 heures.

 

Au Bourg-Pailler, la tante Valentine, était le maître des horloges, elle rappelait tout le monde à l’ordre avec une injonction ritournelle « ça monte à… » suivait l’heure qui, à la pendule était solaire, mais nous faisions la conversion.

 

Le pépé Louis, se rasait avec son coupe chou qu’il avait affuté sur sa lanière de cuir, il déposait la mousse blanche piquetée de poils sur du papier journal. Ensuite il s’occupait de sa moustache à la Foch. Mémé Marie, son épouse, disait qu’il était glorieux car il prenait un soin méticuleux à sa mise. Pantalon rayé, chemise blanche, cravate noire, souliers du dimanche et, bien sûr un chapeau.

 

La seule coquetterie de la Mémé Marie et de sa sœur la tante Valentine, consistait à poser sur leur résille noire une coiffe blanche empesée. Cette dernière ouvrait le bal des départs, une bonne demi-heure en avance. La mémé Marie suivait ensuite avec sa canne, courbée elle avançait doucement.

 

Ma sainte mère sortait, selon la saison, les belles toilettes qu’elle se confectionnait, collier discret, sac à mains, chapeau, chaussures à talon. Léger maquillage. Elle avait fière allure ma maman.

 

Du côté de mon père, nulle hâte, c’est lui qui partirait le dernier pour rejoindre sa place sur une chaise, tout au fond, sous les cloches, où je le soupçonnais de pousser un léger roupillon.

 

Les trois femmes se plaçaient dans le banc familial, le second dans la rangée droite à la même hauteur que les huiles locales qui elles étaient placés à gauche alors qu’elles étaient de droite.

 

Ma pomme, enfant de chœur en chef, sapé comme un milord par ma couturière de mère je gagnais la sacristie où je revêtais la soutane rouge, le surplis blanc empesé par les sœurs, les chaussons de feutre rouge. Je préparais les burettes sans siffler un coup de blanc. À l’heure dites, la cohorte des enfants de chœur entrait dans le chœur à la suite du curé-doyen. Comme j’étais le boss, j’étais placé sur un tabouret en arrière de l’hôtel et c’est moi qui accompagnerais le curé pendant la distribution  de l’eucharistie en plaçant sous le menton des tireuses et tireurs de langue le petit plateau en métal doré. J’avoue que je péchais en admirant les appâts des beautés du village. Autre mission, parfois la quête ou la distribution du pain béni. Parfois, à la suite de la messe, il y avait un baptême, cérémonie appréciée par les enfants de chœur car ils ramassaient un peu de blé.

 

Journal d'1 flâneur confiné en semi-liberté (2) Et si en rentrant de la  messe dominicale vous vous prépariez des spaghettis cacio e pepe ! - Le  blog de JACQUES BERTHOMEAU

Liturgie : Voici pourquoi le prêtre met un peu d'eau dans le vin ...Prière de ne pas me casser pas les burettes j'ai commencé ma carrière en  servant du vin de messe - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

Sur son harmonium, Gégène, se prenait pour Ray Charles et les cloches sonnaient, le sacristain ne tirait plus sur les cordes, le progrès avait électrifié les sonneries. Parfois, le sacristain un peu pompette se trompait de bouton, ce qui nous mettait en joie d’entendre les cloches des morts un beau dimanche plein de soleil.

 

La place de l’église était, comme le diraient nos logues, qui ont réponse à tout, un lieu d’échanges et de transaction, entre mâles bien sûr, les femmes après un passage à la boulangerie-pâtisserie Remaud, se hâtaient pour aller préparer le frichti du dimanche. Les hommes eux se rendaient au bistrot, pour jouer aux cartes, se siffler des chopines, ou « baiser une fillette de blanc »

 

Nous, les gamins, allions siffler du sirop d’orgeat dans un petit café près du champ de foire, nous nous intéressions peu aux beautés villageoises que nous ne trouvions guère à notre goût.

 

Le déjeuner du dimanche au Bourg-Pailler était toujours succulent, entrées souvent des crevettes, des langoustines, palourdes, plat soit une volaille ou un poisson au beurre blanc, dessert à la période des fruits : tarte en hiver caillebotte ou gâteau de Savoie, maman était aussi un cordon bleu.

 

Très vite mon souci fut d’assurer les vêpres qui gâchaient mon début d’après-midi. En effet, avec mes amis Dominique et Gervais nous ne pensions qu’à aller au bal dans les villages environnant. Nos mères l’ignoraient. Notre drague nous valait bien des râteaux mais nous arrivions tout de même à décrocher quelques slows. C’est ainsi qu’un après-midi, je déclarai pendant cet exercice, à celle qui fut ma première épouse,  « un jour je serai Ministre ! » Petit con en blazer bleu marine, pantalon gris, ça aurait dû la décourager mais, bien plus tard, en 68, c’était plutôt la chienlit chère au Grand Charles… la vie des boomers quoi !

 

Plus jeune, bien avant d’aller faire le beau près des filles, sitôt les vêpres je regagnais la maison et, sur le gros poste de radio, j’écoutais Sports&Musique où officiait Georges Briquet. Pour moi, le jeu à XIII de Lézignan-Corbières avait un parfum exotique. En ce temps-là je voulais devenir radioreporter mais ma mère me rétorqua que ce n’était pas un métier. Elle n’avait pas tout à fait tort au vu de l’évolution du métier de journaliste.

 

L'Histoire du Championnat de France 1959/1960 Reims Champion avec le retour  de Raymond Kopa

 

 

10 octobre 2005

 

J'avais 7 ou 8 ans, et le dimanche après-midi j'écoutais sur Paris-Inter les retransmissions commentées par Georges Briquet. Bien des années plus tard je suis allé à la Maison de la Radio réécouter une galette du match : Nîmes-Reims. C'était le 17 novembre 1957.ICI 

Voilà ce qu’était nos dimanches à la campagne… Nous rêvions de la ville… Nous pensions, qu’un jour notre vie y serait belle… Avions-nous raison ou tort ? Je ne sais, mais ce que je sais c’est que ce n’était pas forcément mieux avant et que je ne veux pas afficher mon contentement car je risquerais de me le voir reprocher par la jeunesse qui nous traite de profiteurs…

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 06:00

 

 

Rien ne vaut l’expérience, les grands auteurs cités plus bas, n’ont jamais mené de leur vie un âne bâté, moi si pendant 8 jours dans les Cévennes sur le sentier Stevenson, c’était une ânesse, et je peux affirmer qu’elle était bien plus intelligente, plus futée, que beaucoup de mes collègues du CGAER.

 

 

Le bât, c’est pour ces beaux esprits, la soumission, la servitude, la domination du bipède sur l’animal, alors affirmer qu’un âne bâté est une  personne sotte ou ignorante, comme le fait Le Larousse, relève de l’escroquerie intellectuelle. C’est faux, un âne bâté vaut bien plus, es plus utile que beaucoup de nos logues qui vivent le monde le cul su leur fauteuil face à leur écran.

 

 

Voilà c’est écrit. Je passe la parole à ceux qui chargent ce pauvre âne bâté.

 

  • Le Dictionnaire d’expressions et locutions d’Alain Rey et Sophie Chantreau du Robert (poche 1997) réserve presque deux pages aux expressions consacrées à l’âne :

 

 

Âne bâté

Âne de Buridan

Méchant comme un âne rouge

Saoul comme un âne

Bonnet d’âne

Coup de pied de l’âne

Faire l’âne pour avoir du son

Greuler (ou beugler) comme un âne

Faire l’âne pour avoir du son

Tirer un pet d’un âne mort

L’âne frotte l’âne

Il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin

Chanter à l’âne, il vous fera des pets

À laver la tête d’un âne, on perd sa lessive

Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense

 

 

Il n’est pas d’animal, plus hérissé, plus sale et plus gonflé de vent, que cet âne bâté qu’on appelle un savant.

Victor HUGO : Le roi s’amuse

 

 

Ici, j’agis comme bon me semble, monsieur, et je vous engage à y songer. - commandant, - dit *Pleyston tout bas, -vous savez qu’il est bourru et bête comme un âne. - mon cher lieutenant, veuillez, je vous prie, faire exécuter mes ordres,  » -dit le commandant.*Pleyston sortit.  »

SUE Eugène, Atar-Gull, 1831, p. 20, LIVRE Quatrième

 

 

Son honnêteté et celle de son illustre famille. Ce sont des gens de tout coeur et de toute probité. S’il tient de Monsieur son père, il doit être bête comme un âne, mais très dévoué, très fidèle et très laborieux. Ensuite Madame sa mère a peut-être pris ses précautions dans les temps pour qu’il ne fût pas

SAND George, Correspondance : printemps-fin décembre 1837, 1837, p. 140, 1549 à CHARLES DUVERNET

 

Dit *Buteau, en s’asseyant un instant près de son père, pour le flatter. Si c’est gentil, d’abuser de cet innocent, parce qu’il est fort et bête comme un âne ! Ensuite, il attaqua les *Delhomme, qui se trouvaient en contre-bas, au bord de la route. Ils avaient le plus beau vignoble du pays.

ZOLA Émile, La Terre, 1887, p. 353, Quatrième PARTIE

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14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 06:00

 

- Rien !

 

- …

 

- Rien de productif, je suis au rencart depuis plus de 6 ans, je vis de mes rentes, 5 caisses de retraite, suis un boomer privilégié, je consomme…

 

- Ça n’a pas été trop difficile de passer d’un statut de reconnu à celui d’avoir été ?

 

- Non, je n’ai jamais aimé travailler, mon rêve c’eut été d’être entretenu par un mécène pour me consacrer à…

 

- À quoi ?

 

- D’abord à qui et un peu à quoi ?

 

- Tout ça est bien vague, bien flou…

 

- J’adore le flou !

 

- Facile…

 

- Faux, je suis un être léger, l'exigence de transparence est un leurre, pourquoi diable devrais-je ouvrir le portillon, « le barreau » comme on disait dans ma Vendée crottée, de mon petit jardin d’intérieur ?

 

- Tu le fais quand même sur ton blog ?

 

- Si peu, rien que des souvenirs…

 

- Tu devrais les rassembler dans un livre ?

 

- Trop fainéant…

 

- Coquetterie !

 

- J’assume, je vis au présent…

 

- Certes, mais quand on a occupé, comme toi, de « hautes fonctions » de responsabilité je suis sûr qu’il y a, au fond de toi, de la nostalgie…

 

- Absolument pas, j’ai tourné la page sans problème, je suis suffisamment orgueilleux pour ne pas avoir cédé à  l’encens du pouvoir, je connais bien mes forces et mes faiblesses, j’ai changé…

 

- Han ! bon, explication…

 

- Je me suis dépouillé des oripeaux du paraître, coupé les ponts avec ma vie d’avant, heureux ne plus avoir à supporter les contraintes d’une vie professionnelle et sociale cadenassée… Ceci dit, j’ai eu la chance d’avoir une vie professionnelle riche et heureuse…

 

- Rocard !

 

- Oui, c’est ma fierté d’avoir travaillé 10 ans à ses côtés.

 

- Des regrets qu’il n’ait pu franchir la dernière marche ?

 

- Sur le moment oui, depuis j’ai acquis la conviction, renforcée par ce que nous vivons en ce moment, que ce pays est ingouvernable, contre tout, conservateur, allergique à ceux qui parlent vrai.

 

- Plus de politique alors ?

 

- Ayant vécu dans l’ombre d’hommes politiques, je n’ai jamais été tenté par un mandat électif, la descente aux enfers du PS était inscrite dans ses contradictions, Mélenchon en étant la figure emblématique, la gauche sociale-démocrate n’a jamais pris pied dans le paysage politique français, le pays est profondément de droite, Macron l’a bien compris…

 

- Macroniste ?

 

- Non, même si son exécration par les extrêmes me choque, c’est un anti-Rocard, ce qui pose problème c’est le vide sidéral face à lui.

 

- Revenons à tes moutons, que fais-tu de ta vie ?

 

- J’aime !

 

- Vaste programme !

 

- Le plus beau, mais là encore : silence radio !

 

- T’es chiant ! revenons à ton fond fr commerce, le vin, permets-moi tout de même de souligner que tu as, souvent sur ton blog, la dent dure, tu ne te prives pas de railler les ouvriers de la 25e heure des vins nus.

 

- Pourquoi me priverais-je, ils sont si peu crédibles, toujours en train de s’agiter tels des cabris, des révolutionnaires en peau de lapin, rois de l’entre soi, un petit monde qui n’est pas le mien. Désolé, suis un vieux con et je ne me soigne pas.

 

- Et les affaires du monde, elles ne t’intéressent plus ?

 

- Que si ! Plus que jamais mais il n’y a plus de débat, chacun est dans son camp, défend son bout de gras, les grands médias sont moribonds, la démocratie représentative est en danger. Qui puis-je ? Pas grand-chose, je suis désespéré de l’état de notre planète, du monde que nous léguons à nos petits-enfants…

 

- Guilty or not guilty ?

 

- Je ne me défilerai pas comme Georgina Dufoix, à propos du scandale du sang contaminé, « responsable mais pas coupable », nous portons tous notre part de responsabilité et sommes tous coupables de l’état de notre planète avec bien sûr des degrés différents selon la place qu’on occupe dans la société. À ce propos, je suis effaré par la propension des citoyens à judiciariser les responsabilités, on porte plainte, on se défausse sur des juges qui n’ont de compte à rendre à personne, la République des juges est la pire, je la crains.

 

- Tu la crains mais tu te mets en retrait, je pointe là une contradiction…

 

- Je le concède, mais j’ai déjà donné au temps où j’exerçais des responsabilités, il est un temps pour tout, aujourd’hui, avec les moyens qui sont les miens, modestes, j’épaule ceux qui dans le bain. Quand viendra l’heure du choix, celui de la future présidentielle qui occupe déjà tout l’espace politique, je choisirai : choisir est toujours une douleur.

 

- Donneras-tu des indications sur ton choix ?

 

- Bien sûr que non, je ne l’ai jamais fait, une fois mon choix fait je me rendrai dans l’isoloir et je glisserai sans hésiter dans la petite enveloppe un bulletin. (anecdote, lors de l’élection de Pompidou en 1969, je n’avais pas encore atteint mes 21 ans je ne pouvais donc pas voter alors que j’étais en 3e année de Droit, ma chère mémé Marie me demanda pour qui elle devrait voter, je répondis sans hésiter : Michel Rocard, ce quelle fit. 816 470 voix 3,61 %, il est à noter que Michel Rocard a obtenu près de 7 % des voix auprès des 21−34 ans, un peu mieux que Gaston Deferre 1 133 222 voix 5,01 %, Jacques Duclos éclatait les compteurs du PCF 4 808 285 voix 21,27 % et avec l’art de la formule qualifiait le choix au second tour entre Poher et Pompidou : de blanc bonnet et bonnet blanc)

 

- Tu vois, quand tu y mets du tient tu te racontes…

 

- L’avantage de tenir chronique sur un blog depuis bientôt 16 ans c’est de pouvoir vérifier ce que je racontais au temps où certains me qualifiait de « haut-fonctionnaire parisien »,  9 août 2006

 

Ce matin j'enlève le haut

 

Comme le dit le bon sens populaire : on ne prête qu'aux riches... Ainsi dans les gazettes ou dans les propos des apparatchiks professionnels on me qualifie de haut-fonctionnaire parisien, soit l'abomination de la désolation, la totale : peste, choléra et MST réunis... Ben non, au risque de leur déplaire : je ne suis ni haut, ni fonctionnaire et un parisien d'adoption et heureux de l'être. Je m'explique. ICI 

 

- Comment conclure cette interview ?

 

- Tout d’abord en soulignant que je n’en voyais pas l’utilité et que j’avais raison, la bonne question  était : qu’as-tu fait de ta vie ?

 

- Fort bien, alors réponds !

 

- Oui, mais ce sera sous la forme d’une citation de Milan Kundera : « On sort de l’enfance sans savoir ce qu’est la jeunesse, on se marie sans savoir ce que c’est d’être marié, quand on entre dans la vieillesse, on ne sait pas où l’on va. En ce sens, la terre de l’homme est la planète de l’inexpérience. »

           

 

 

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