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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 08:00

 

 

Oui, oui, oui je lis l’Alsace, allez donc savoir pourquoi ?

 

Logo l'Alsace

 

Et qu’est-ce que j’y lis : à l'occasion de la fête des grand-mères, ce dimanche, nous vous proposons 5 recettes tirées des "Gâteaux de mamie", un livre publié chez Larousse dans la collection "Les meilleures recettes". ICI 

 

Et dans le tas qu’est-ce que je vois : 4/Le clafoutis aux cerises

 

 

Pour 6 à 8 personnes. Préparation 15 min. Macération 30 min. Cuisson 35 à 40 min

 

Ingrédients : 500 g de cerises noires, 100 g de sucre en poudre, 125 g de farine, 1 pincée de sel, 3 oeufs, 30 cl de lait, beurre pour le moule, sucre glace

 

A noter : Dans la recette du clafoutis, on ne dénoyaute pas les cerises, contrairement à celle de la tarte, pour laquelle on utilise des cerises fraîches équeutées et dénoyautées.

 

Etape 1 : Équeutez les cerises, mais ne les dénoyautez pas. Mettez-les dans un saladier avec la moitié du sucre en poudre. Remuez et laissez macérer au moins 30 min.

 

Etape 2 : Tamisez la farine dans un saladier, ajoutez le sel et le reste du sucre en poudre. Battez les oeufs en omelette, incorporez-les. Ajoutez enfin le lait et mélangez bien.

 

Etape 3 : Disposez les cerises dans un moule beurré et versez la préparation par-dessus. Faites cuire 35 à 40 min à four chaud (180°C).

 

Etape 4 : Laissez tiédir et saupoudrez de sucre glace. Servez froid dans le moule.

 

Et, ni une, ni deux, je me dis, en souvenir de ma mémé Marie, je vais faire un clafoutis aux cerises !

 

Je sens l’objection fuser : ce n’est pas la saison des cerises !

 

D’accord, mais comme  Raphaëlle m’avais dit samedi qu’elle aimait le clafoutis aux cerises, j’ai trouvé des cerises (désolé ! je ne vous dirai pas d’où elles venaient)

 

Le résultat le voilà :

 

 

Pour rester en Alsace on boit ceci

 

 

Elefanta Orange Auxerrois 2017 Macération

Christophe Lindenlaub

Alsace - Année 2017

 
  • Domaine : Christophe Lindenlaub
  • Appellation : Alsace
  • Millésime : 2017
  • Encépagement : auxerrois
  • Contenance : 75cl
  • Degré d'alcool : 12,50%
  • Potentiel de garde : 6 ans
  • Saveur : vif, fruité et complexe

 

La fête des grands-mères a été créée en 1987 par la marque de café le Café Grand'Mère, du groupe Kraft Jacobs Suchard

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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 06:00

 

 

Le couvre-feu a sonné, dans la rue les quinquets sont allumés, la patrouille du fourbe Darmanin rode sur les trottoirs, les blouses blanches de Véran ont rangé leurs seringues, dans son château-fort notre souverain bien aimé consulte les astres pour savoir s’ils lui seront favorables en 2022, Carla astique le bracelet-Rolex du petit Nicolas, sur les plateaux des télés la longue litanie des logues, virologues, psychologues, sociologues, déconnologues… défile en débitant ses sombres prédictions, les estomacs crient famine et dans leurs cuisines les gens de Merluchon se posent la question : qu’allons-nous manger ce soir ?

 

 

Alors, le préposé à l’ordinaire, en panne d’idées pour contenter la maisonnée, s’interroge : « et si j’appelais l’inconnu de Crémone, le polytraumatisé du marais, il saurait me tirer de ce mauvais pas… » Bof ! à quoi bon… En désespoir de cause, d’un geste las il ouvre le placard du bas et son regard tombe sur une pile de boîtes de sardines, millésimées bien sûr, côtoyant des paquets couchés de spaghetti, et il se dit, et si je consultais l’idole de Paul  sud: François-Régis Gaudry ?

 

Sitôt dit, sitôt fait, et voici le résultat…

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 08:00

 

Brut : c’est écrit dans l’Équipe, le quotidien sportif que lisait Jacques Delors, à l’heure du petit déjeuner au temps où le Ministère des Finances créchait aux Tuileries.

 

Le 2 juillet 1950 lors du premier Grand Prix de France, disputé sur le circuit de Gueux, près de Reims, deux cousins, passionnés de sport auto, Paul Chandon Moët et Frédéric Chandon de Brailles, ont eu l’idée de faire célébrer la victoire, sur le podium, avec du champagne.

 

 

Après une course enflammée, le victorieux Fangio a été le premier à boire, et non à projeter, du champagne, à cette époque, puis durant des décennies, le champagne sera bu, comme l'a fait Juan-Manuel Fangio le premier en 1950, pas secoué et dispersé.

 

24 Heures du Mans 1967 : L'interview des vainqueurs, Dan Gurney et A.J.  Foyt | Endurance info

 

L'écume et sa projection vont naître d'une fantaisie américaine, toujours en France mais loin de la F 1. Dan Gurney, vainqueur des 24 Heures du Mans en 1967, secoue sa bouteille qui n'a pas été réfrigérée. Le bouchon saute. Les images sont belles. Depuis, le champagne est devenu, sous la forme d'un jéroboam le compagnon du podium.

 

 

À partir de cette année, il n'y aura plus de champagne sur les podiums des Grands Prix. Le promoteur a passé un accord avec un fabricant de vin effervescent italien du Trentin au nom évocateur... Ferrari, qui n'a rien à voir avec la Scuderia.

 

Vin italien Ferrari Maximum Brut - Achat / Vente pétillant & mousseux vin  Ferrari Maximum Brut - Cdiscount

 

C'est la fin d'une époque. Dans trois semaines à Bahreïn, le vainqueur du premier GP de la saison célébrera sa victoire avec une bouteille de prosecco. Fini le champagne sur les podiums des Grand Prix bouleversant ainsi une tradition aussi vieille que le Championnat du monde.

 

Le couple formé par la F1 et le champagne a déjà connu une rupture, en 2016, avec l’arrivée sur les podiums du vin pétillant californien de Chandon qui prenait la suite du champagne Mumm. Un an plus tard, la maison marnaise Carbon récupère le contrat avant de le céder en 2020 faute de rentabilité à la maison Moët et Chandon

 

« Voici donc le retour surprenant de Moët &  Chandon sur les podiums de cet évènement parmi les plus médiatisés au monde. Après G.H Mumm durant quinze ans, puis la marque Carbon à partir de 2017, qui avait pourtant signé jusqu’en 2021 un partenariat avec Formule 1 (lire ici), sous forme de mécénat, la « grande » maison a offert quelques flacons pour la reprise de cette saison 2020. Une saison bousculée par la crise sanitaire de la Covid 19. » ICI 

 

« Le champagne sur les grands prix de Formule 1, c’est un symbole, regrette Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de Champagne. Le symbole de la réussite, de la victoire, de la fête. Remplacer le champagne par une autre boisson, c’est enlever une part de rêve, c’est retirer un peu de prestige. Je suis vraiment triste, c’est un symbole qui disparaît. »

 

« Ces podiums, c’était d’abord une belle vitrine pour nous les vignerons, confie Maxime Toubart. Je ne pense pas qu’il y aura un réel impact économique pour le secteur, mais on n’aura plus la fierté de pouvoir dire 'c’est mon champagne que le vainqueur tient dans les mains' ». Selon le président du Syndicat des vignerons, cette décision est d’abord une question d’argent : « Acheter du champagne, ça coûte cher pour les organisateurs. Trop cher peut-être, pour un sport qui n’est pas au top de sa popularité et dont les moyens diminuent. Passer un accord avec une marque moins prestigieuse, c’est peut-être un moyen de faire quelques économies »

 

Le champagne reviendra

 

Malgré tout, Maxime Toubart reste optimiste. « Il y a des cycles, explique-t-il. Il y a quelques années, sur certains Grands Prix, on avait déjà remplacé le champagne par un vin pétillant… puis le champagne est revenu ! Donc je ne perds pas espoir, je pense qu’un jour, le champagne reviendra ! »

 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 08:00

 

Clotilde, dites Cloclo, onze ans et demi à peine, élevée par son géniteur, Jean-Pierre dit papinou, sa mère Véronique, dites Véro, est officiellement partie en Inde se ressourcer, passe souvent ses vacances dans une gare désaffectée, avec son artiste-peintre de père qui l’a achetée.

 

Dans L’Art me ment, de Jean-Bernard Pouy, elle narre sa vie avec son papinou :

 

…Et puis, demain, on part à la gare… Je vais revoir mes poules… Je suis la reine des Poules…

 

Papinou, il y a cinq ans, a acheté une gare, oui, une gare, je déconne pas, sur une petite ligne, genre quatre passagers dans un foutu train qui passe trois fois par jour, en Bretagne, une gare désaffectée, Coat-Plougonnec, elle s’appelle, tu parles d’un nom à la noix, gare de l’Ouest, ça, ça en jetterait, une baraque que papinou a aménagée dans le plus pur style ringard avec des meubles atroces qu’il a achetés, cinq euros  chacun, à la Ressourcerie du coin, mais avec un bon chauffage et une grosse cheminée, parce que, dans le coin, ça flotte comme une vache qui pisse, des vaches, on n’en a pas, mais on a des poules, dix, trois noires, deux blanches et cinq rousses, les meilleures pour les œufs, plus un coq, un beau, un comaque, que papinou appelle Balladur, je ne sais pas pourquoi, et que moi je nomme Maman, c’est le voisin qui s’en occupe quand on est pas là, du coup je passe toute la journée avec Maman et ses poules, j’adore, elles sont plus intéressantes et marrantes que mes copines de classe, de vraies vaches, d’ailleurs elles adorent voir passer le petit train, ce qui n’est pas rien.

 

… dans ma petite gare, maintenant, il y a l’essentiel, je l’adore…C’est comme une toile d’un peintre naïf. Je l’ai achetée pour une bouchée de pain de deux. Pas plus chère qu’une galette-saucisse. Elle ne sert plus. Les trains ne s’y arrêtent jamais, désormais, dans les parages, trois fermes, un dépôt de pain et un bar-tabac, c’est bagnole et compagnie, les quais sont envahis par une herbe qui, heureusement, ne se fume pas. Mais les trains passent toujours, en grondant. Une petite ligne, une des seules en France gérées par la CFTA ? Sous licence SNCF, une ligne qui résiste…

 

 

 

Qu'est-ce que c'est la CFTA ?

 

La Société générale de chemins de fer et de transports automobiles (CFTA) est une filiale de Transdev qui fait partie de la Caisse des dépôts et consignations et de Véolia. C'est un héritage du Réseau Breton, créé dans les années 1890 pour desservir tout le centre-Bretagne. Quand la SNCF a été créée en 1938, le Réseau n'a pas été absorbé et nous sommes restés indépendants. La suite ICI 

 

 

En revanche Coat-Plougonnec est une invention de l’auteur.

 

 

L’Art me ment, de Jean-Bernard Pouy est la première partie de La Mère Noire co-écrit avec Marc Villard, auteur de la seconde partie Véro. Insolite

 

La gare d'Aubusson est à vendre 79.800 euros sur Le Bon Coin ICI 

 

Et si j’achetais une gare désaffectée ICI 

Par Le Particulier Publié le 23/05/2019

 

Ancienne gare datant de 1870. Sur 200 m 2 habitables, elle comprend 6 chambres et 2 salles de bains, avec un grand garage, une cour et un jardin, sur 1 060 m 2 de terrain avec vues. Éléments d’origine (salle d’attente, téléphone, guichets, horloge, sonnerie, pesée de bagages). Située dans le village de Gabian, proche des commerces, à 10 minutes de Pézenas, 20 minutes de Béziers (aéroport) et 25 minutes des plages.385 000 €

 

Je lance donc un appel à mes lecteurs du Grand-Sud : l’arc méditerranéen : pourriez-vous repérer des gares désaffectées dans votre environnement  et me rencarder.

 

Merci par avance, bonne journée…

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 06:00

 

La viande, rouge, blanche, rosée, est sur la sellette des Verts.

 

Dans le même temps, le Salon de l’agriculture, créé en 1964, sous l'impulsion d'Edgar Pisani, ministre de l'Agriculture dans les gouvernements de Michel Debré (1961-62) et Georges Pompidou (1962-1966) ses vaches, ses cochons, ses couvées et autres animaux à poils et à plumes… qui font l’émerveillement des enfants des villes, n’ouvrira pas les portes de sa 58e édition.

 

 

L’expression galvaudée : la plus grande ferme de France, n’est qu’une image d’Épinal loin de la réalité, une vitrine où l’on expose la face bucolique du terroir, un foirail post-moderne pour urbains désenchantés, le dernier salon où les politiques se pavanent  pour soigner leur image de présidentiables.

 

Paradoxe : ces animaux domestiqués offerts aux regards émerveillés de nos bambins ne sont élevés que pour être tués, découpés, transformés, pour être mangés.

 

Les mêmes, lorsqu’ils sont gamers  vont s’exclamer :  

 

« C’est une tuerie ! »

 

Au fait, d’où vient-elle cette tuerie-là ?

 

« Rappelez-vous : autrefois, on disait «c’est trop fort», puis on en vint à s’exclamer «’tain ça déchire», avant de gueuler «ça tue !»

 

De là vient l’expression «un truc de la mort qui tue», qui exprime joyeusement que… c’est vraiment épatant. La tuerie désigne le massacre que l’on commet sur les avatars numériques et celui qui explose le cholestérol ; mais aussi le plaisir que l’on prend à (se) faire du mal. Le mal qui fait du bien, en somme. »

 

Ainsi s’exprimait Didier Pourquery dans une chronique de Libé écrite le 20 DÉCEMBRE 2008, soit une éternité

ICI 

 

 

7 juin 2015

« Cette soirée au Lapin Blanc, ce ragù de Jancou, ce rosé des Riceys d’Olivier Horiot : « Une vrai tuerie ! » ICI 

 

Pour ne rien vous cacher je ne l’aime pas cette expression car elle évoque pour une image d’enfance : celle des tueries particulières de mon enfance évoqué dans cette chronique du 12 novembre 2013 « Je me souviens des « tueries particulières » celle de la Mothe-Achard tout particulièrement. » ICI 

 

 

 « Le terme de « tuerie » ou « tuerie particulière » fut d’abord utilisé pour désigner le lieu où chaque boucher abattait ses propres animaux : dans la cour ou la remise attenante à sa boucherie, parfois même directement sur le trottoir, devant la boutique. Le mot abattoir est apparu dans le langage professionnel et administratif lorsque des locaux spécialisés ont été imposés dans les grandes villes, et d'abord à Paris, pour y mettre à mort les animaux de boucherie. »

 

Les chasseurs-cueilleurs sont apparues pendant le Paléolithique ; l'Homme était un chasseur-cueilleur en Europe jusqu'à il y a 7.500 ans environ, au Néolithique, période au cours de laquelle l'agriculture s'est développée. Pendant 2.000 ans environ, chasseurs-cueilleurs et agriculteurs ont cohabité en Europe, puis les premiers ont disparu.

 

Quand l'homme en a-t-il eu assez de courir après sa nourriture ?

 

Pendant des millions d'années, les hommes s'en sont remis à la providence et à la générosité de la nature. Partout où ils le peuvent, ils collectent des dizaines de variétés de plantes comestibles et chassent les animaux sauvages qui les entourent. Puis, lors des beaux jours, après la dernière glaciation, il y a plus de 11.000 ans de cela, ils décident de construire des villages plus solides. Ils utilisent le mortier, la boue séchée et les roches pour bâtir leurs maisons. Ils se sédentarisent. Alors commence la lente révolution néolithique, fondement de notre civilisation.

 

Les plus anciens témoignages archéologiques de la première grande révolution de l'humanité se situent sur les contreforts des Monts Taurus en Anatolie, au sud de la Turquie actuelle.

 

Après le dernier pic glaciaire, très vif, les régions du Proche et du Moyen-Orient bénéficient d'un climat tempéré chaud et humide. Tout autour du désert de Syrie s'étend une région qui forme un arc qui va de l'Egypte au sud, remonte vers la Turquie, le long des rives orientales de la Méditerranée, puis continue vers l'est et le sud jusqu'à la plaine de Mésopotamie traversée par le Tigre et l'Euphrate. C'est le fabuleux Croissant fertile.

 

[…]

 

Les premiers animaux domestiqués

 

Quelques millénaires plus tard, les habitants de ce même site continuent de chasser les gazelles de Perse. Mais cette fois, l'ordinaire s'installe pour la consommation des plantes. L'alimentation végétale est dominée par deux sortes de blé et d'orge, du seigle, des lentilles et des pois chiches. Les femmes et les hommes continuent de moudre. Puis, vers 7.500 av. J.C., deux nouveaux venus sont invités à l'économie de substance : le mouton et la chèvre. Ce sont les premiers animaux domestiqués.

 

En fait, le premier animal domestiqué est le loup. Le plus ancien témoignage provient de la tombe d'une vieille femme, trouvée à Aïn Mallaha, en Israël, et datée de 10.000 av. J.C. C'est le squelette d'un louveteau ou d'un chiot âgé de 3 à 5 mois, enseveli avec sa compagne. Pour les archéologues, il est difficile de préciser le passage d'un animal sauvage à un animal domestique. En ces périodes entre chien et loup, on peut affirmer qu'un animal est domestiqué lorsque, par exemple, les jeunes sont tués pour leur viande ainsi que les mâles vers l'âge de deux ans, alors que les femelles ne sont mangées qu'à un âge avancé. C'est le cas aussi lorsque des modifications importantes affectent la morphologie, comme la transformation des cornes en forme de cimeterre des chèvres sauvages en cornes torsadées des chèvres domestiquées.

La suite ICI 

 

Ces animaux domestiqués furent en ces temps-là sacrifiés sous les châtaigniers par ceux mêmes qui les avaient élevés… ou dans des petites tueries particulières par les bouchers.

 

Et puis, ceux des villes venus de la campagne voulurent aussi manger des viandes mortes, alors sur les foires et les marchands les animaux furent achetés aux éleveurs pour être transportés sur pieds jusque dans les villes aux portes desquelles ils furent sacrifiés.

 

Sacrifiés dans des abattoirs, ceux de La Villette à Paris, ceux de Chicago aux États-Unis

 

Et puis, la chaîne du froid aidant, les abattoirs ont migré au plus près des animaux, eux-mêmes concentrés dans des élevages hors-sol, premier maillon de la chaîne industrielle. Ces abattoirs, eux aussi ce sont concentrés entre les mains de groupes industriels.

 

Et puis, face au gigantisme, ces usines à tuer, en dépit de ce dit la loi sur l’abattage des animaux,  la France des 265 abattoirs de boucherie (bovins, ovins, caprins, porcins, équins) et 699 abattoirs de volailles et lagomorphes (lapins lièvres…). Tous sont soumis à la loi et doivent respecter des règles spécifiques. ICI, certains éleveurs veulent en revenir à l’abattage à la ferme.

 

Siegrief Giedon dans son livre La Mécanisation au pouvoir, Mechanization takes command, ICI  1948, écrit :

 

« Les grandes plaines à l’ouest du Mississippi, où un homme à cheval domine d’immenses étendues d’herbage et où les troupeaux grandissent presque tout seuls, appellent implicitement l’abattage à la chaîne. Au contraire avec la petite ferme, où chaque vache porte un nom et reçoit des soins individuels au moment du vêlage, des méthodes artisanales s’imposent. »

 

Objection votre honneur, rêve de bobo, tout ça c’est pour nourrir au meilleur prix le grand nombre !

 

En êtes-vous aussi sûr, cette viande, surtout la rouge, n’est-elle pas le sous-produit de vaches laitière réformées puis moulinées pour faire des steaks hachés ? Et tous ces plats cuisinés avec des bouts de poulet venus d’ailleurs ! Ne parlons surtout pas de nos pauvres cochons…

 

Tout ça pour vous dire que :

 

  • Je mange de la viande, des viandes… et que je souhaite que les animaux sacrifiés le soient au plus près de ceux qui les ont élevé. Au Bourg-Pailler, c’est la mémé Marie qui tuaient les poulets, les lapins, on tuait une fois l’an le cochon, nous mangions peu de viande rouge, même si ma chère mère, pour que je pousse me cuisinait du foie de veau et des steaks de poulain.

 

  • Dans ma carrière j’ai visité des abattoirs de porc : Fleury&Michon à Pouzauges, ma thèse de doctorat  de droit sur le cochon ; j’ai visité des abattoirs de bovins : la SOCOPA, de volailles : Doux, Tilly, Bourgoin… donc je sais.

 

 

À l’abattoir, le récit de Stéphane Geffroy, qui travaillait depuis 25 ans à l’abattoir de Liffré, petit bourg de 4 000 habitants près de Rennes. Son établissement de 200 personnes faisait partie d’un groupe industriel qui possède également une unité de 1 000 personnes à Vitré et une autre, de 400 employés, à Trémorel. Geffroy ne précisait pas dans son livre l’identité de ce groupe. Il s’agit de SVA Jean Rozé du groupe Intermarché (Liffré. L’ancien abattoir SVA bientôt démoli ICI 

 

Sur un ton et simple et direct, ouvert et presque naïf, le narrateur révèle la monstruosité d’une vie passée dans un univers éloigné de l’image d’Épinal qu’on peut avoir de la Bretagne. Stéphane Geffroy est affecté à la tuerie, l’un des trois grands ateliers dans un abattoir (avec la triperie et le désossage), où « la bête entre vivante d’un côté, et elle en ressort sous forme de deux demi-carcasses prêtes à être découpées de l’autre ».

 

La tuerie est sans doute le plus difficile des ateliers, à cause du bruit, de la cadence rapide du travail et des températures extrêmes en hiver et l’été. Pour ne pas parler des odeurs, celles des peaux fraîchement arrachées, et celles des graisses qu’on coupe. Et enfin, le sang qui gicle tout au long de la chaîne, qui continue à éclabousser malgré la tentative d’en recueillir autant que possible au début du processus.

 

Les ouvriers rentrent dans un « corps-à-corps avec la bête dépecée », utilisant des couteaux pour la majeure partie du travail, employant de temps à autre des scies électriques ou des pinces pneumatiques. Stéphane Geffroy décrit un « travail de combattant », auquel il applique tout son corps pendant deux ou trois heures d’affilée, les poignets, les bras, le dos, les épaules et les genoux, restant toujours debout.

 

À la tuerie, comme à la triperie ou au désossage, il n’y a aucune ouverture sur l’extérieur. De plus, Geffroy et ses collègues opèrent dans un espace très réduit, la chaîne nécessitant un rapprochement des opérations. À chaque poste, on a une minute quinze pour effectuer le boulot, après quoi une sonnette indique que la chaîne va avancer. Geffroy compare ces conditions à un vieux film « du genre Charlot ». En effet, on y trouve quelque chose d’anachronique, comme si l’abattoir de Liffré sortait directement du XIXe siècle, du Chicago décrit par Jacques Damade.

 

Et pourtant…

LES ABATTOIRS AU CINÉMA : LA MORT ET LA DÉLICATESSE ICI

 

09.12.15 – par Camille Brunel

 

Dans ma tête un rond-point, de Hassen Ferhani (2015) – 100’

La Parka, de Gabriel Serra Arguello (2013) – 29’

Le Sang des Bêtes, de Georges Franju (1949) – 21’

White God, de Kornel Mundruczo (2014) – 119’

Hellboy 2, de Guillermo del Toro (2008) – 120’

Massacre à la tronçonneuse, de Tobe Hooper (1974) – 84’

 

Au Festival de Turin, qui s’est achevé le 28 novembre dernier, le grand prix du documentaire fut remis à Dans ma tête un rond point, d’Hassen Ferhani – déjà lauréat du grand prix de la compétition française du dernier FID de Marseille. Cette co-production franco-algérienne dresse le portrait d’un groupe de jeunes employés dans un abattoir d’Alger. Ainsi le jury turinois choisit-il de le récompenser « pour la précision, la méticulosité et la pertinence de ses choix, qui transforment un lieu de dur labeur et de mort en une série de tableaux vivants pleins de délicatesse, d’ironie et de chaleur humaine. » Transformer la mort en délicatesse : sacrée prouesse, en effet. Du point de vue de l’animal, qui nous intéresse, la chose n’a cependant rien que de très habituel, voire d’un peu lassant.

 

La transformation de la violence des abattoirs en douceur commerciale est au fondement de la publicité qui, depuis des années, vend saucissons, entrefilets et boulettes comme autant de mignardises. Au cinéma en revanche, l’abattoir est le lieu où la vue se brouille. Qu’est-ce qu’on regarde au juste ? Souvent les images y sont les plus obscènes possibles – agonies, entrailles, flaques de sang. Y apporter la caméra n’offre dès lors que deux alternatives : se prêter à un exercice d’hyper-révélation, montrant ce que l’œil ne veut pas voir, ou d’hyper-mystification, métamorphosant le massacre à la chaîne en « chaleur humaine ».

 

 

Culture
Un livre peut-il changer le monde? ICI

Upton Sinclair a modifié une partie du fonctionnement de la société grâce à un seul roman. C’est exceptionnel. Pourtant, il en gardera un regret éternel.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 06:00

 

 

40.500 £ = 47.000€

 

Soit tout juste un peu plus qu’un bitcoin.

 

1 Bitcoin = 39 059,98 €

 

Un peu d’Histoire d’abord :

 

La maison Hardy ICI  

 

LEGEND 1863 ainsi se perpétue La Légende du Cognac de la Maison Hardy - A  Vos Assiettes, Recettes de cuisine illustrées

 

Pour expliquer ce cheminement de la maison, Bénédicte Hardy est remontée jusqu’aux sources de sa famille « d’aventuriers », « précurseurs de l’export » : depuis Anthony Hardy, fondateur de la maison en 1863 et de son emblème, le coq, jusqu’à Jacques, son père, « précurseur du luxe, à une époque où le cognac Louis XIII de Rémy-Martin représentait justement le summum du luxe ». Si Bénédicte Hardy n’était pas destinée au cognac (« mon père m’a demandé de mettre mes études de droit et de sciences politiques en parenthèses pendant un an » avoue-t-elle), elle s’est prise au jeu. Celui de la création des carafes notamment, qui va de pair avec un « esprit haute couture », comme le revendique la marque.

 

Hardy fit partie du groupe Henri Mounier, marque Prince Hubert de Polignac, c’est le bras armé de la coopérative Unicoop, 12 salariés, qui gère les 200 viticulteurs adhérents, l’élevage et le stockage des eaux-de-vie (pendant 4 ans), il est chargé de l’élaboration des cognacs et de leur commercialisation. Hardy cognac, 6 salariés, est une marque du groupe depuis le rachat de cette entreprise familiale par la coopérative.

 

Lors de ma mission en terres de Cognac, Francis Hardy, était encore maire de Cognac (4 mandats de 1979 à 2001), il était venu en politique en 1968 par fidélité au général de Gaulle.

 

 

Une institution :

 

  • député de la 2° circonscription de la Charente le 11 mars 1973, sera réélu le 12 mars 1978 ; battu en 1981, il sera réélu le 16 mars 1986.

 

  • conseiller général de l'ancien canton de Cognac de 1970 à 1973, puis de Cognac-Sud de 1973 à 1976 et de Cognac-Nord de 1985 à 1992.

 

  • conseiller régional de Poitou-Charentes et président de la région de 1978 à 1980.

 

 

Cognac, ma vie, ma ville par Francis Hardy ancien député-maire de Cognac (résumé de la communication)

 

Né en 1923 à Cognac, Francis Hardy a été un acteur majeur de la vie politique charentaise. Dans un livre publié aux éditions Le Croît Vif, il raconte pour la première fois son parcours personnel : sa jeunesse et sa passion pour le sport (rugby surtout mais aussi l’escrime et le vélo), pour le scoutisme aussi, sa vie de jeune père de famille et ses activités dans le négoce familial de cognac, sa volonté de participer aux évènements de son temps et ses engagements en politique qui l’ont conduit à être pendant 22 ans maire de Cognac, 12 ans au Conseil Général de la Charente, 10 ans à l’Assemblée Nationale et 17 ans au Conseil Régional de Poitou-Charentes.

 

C’est ainsi qu’il a rencontré diverses personnalités ; citons entre autres Félix Gaillard, Georges Chavanes, Pierre-Rémy Houssin, François Mitterrand, Jacques Chirac ou encore la reine-mère d’Angleterre ! Il s’est ainsi livré sans complaisance ni faiblesse à un inventaire de ses années politiques en revenant sur les grands projets qu’il a suscités dans sa ville. Au total un homme ayant réussi à identifier sa vie à sa ville.

 

En filigrane de son livre et de son exposé, c’est aussi l’histoire de Cognac et plus largement du pays charentais pour ces cinquante dernières années. « Ce fut long et ça s’est fait par petits brins, a-t-il dit dans une interview à la Charente Libre (21 mai 2010).J’avais peur de parler de moi. Quand on écrit sur soi, soit c’est de la fausse modestie et on fait du clown, soit on se vante. Redoutant l’un comme l’autre, il a su pourtant évité les écueils. L’ancien élu aurait pu publier un pavé. Il s’est contenté d’un ouvrage de moins de 200 pages. « Quand l’écriture est presqu’une souffrance, qu’on n’est pas Victor Hugo et qu’on est un peu paresseux, ça suffit. »

 

« Sans la guerre, il n’y aurait pas eu d’engagement politique. Le reste aussi est venu par hasard. On ne dirige pas toujours sa vie » La suite ICI 

 

Cette bouteille de cognac de 1777 a été adjugée pour environ 47.000 euros

 

Distillé à l’époque de Louis XVI par la propriété Yvon, près de Cognac, en grande champagne (la zone de l’AOC qui produit les eaux-de-vie les plus fines), ce cognac faisait partie de la collection de Jacques Hardy, décédé en 2006 après avoir dirigé la maison Hardy, en Charente, pendant près de 50 ans. « Il faisait partie de la dot de mon arrière-arrière-grand-oncle James Hardy lors de son mariage avec une fille de la maison Yvon de Merpins » explique Bénédicte Hardy, actuelle ambassadrice de la maison fondée en 1863.

 

 

Le flacon datant de 1777, soit 12 ans avant la Révolution française, a été adjugée pour 40.500 livres, soit environ 47.000 euros. De quoi en faire l’une des bouteilles de cognac les plus chères au monde. Le cognac avait été distillé à l’époque de Louis XVI par la propriété Yvon de Merpins, près de Cognac, en Grande Champagne.

 

Ce flacon d'« histoire liquide » a été conservé en fûts de chêne pendant plus de 100 ans puis transféré en dame-jeanne avant d’être embouteillé en 1936.

 

À l’occasion de cette enchère, 5 autres bouteilles appartenant à la même collection ont aussi été vendues. Datées de 1802, 1812, 1856, 1906 et 1914. Le prix de vente total de ces cinq pièces est de 49.600 livres (environ 56.600 euros).

 

Le prix de la bouteille de cognac la plus chère de l’histoire appartient toujours à un Gautier 1762, vendue pour 132.000 euros en 2020 à Londres.

 

Un détail pour les journalistes de Capital : avant d’être du Cognac le fruit de la distillation est une eau-de-vie et non un alcool

 

Cette carafe numérotée (1/50) de cognac D’Ussé a été produite par la maison Otard en 2019, pour les 50 ans de l’artiste de hip-hop Jay-Z. Elle sera vendue aux enchères le 13 mars 2021 chez Sotheby’s à New York. © Crédit photo : Otard / Château royal de Cognac / Sotheby’s

Le 13 mars prochain, le rappeur Jay-Z mettra en vente aux enchères une bouteille de Cognac de la marque D'Ussé, estimée entre 25.000 et 75.000 dollars. Les bénéfices de la vente seront reversés à une association caritative. 

Le 13 mars prochain, le rappeur Jay-Z vendra aux enchères une bouteille de Cognac pour le moins particulière.  La carafe en cristal, taillée en forme de diamant et rehaussée par une feuille d'or de 24 carats, est estimée entre 25 000 et 75 000 dollars (environ 20 700 et 62 100 euros) selon SudOuest. Il s'agit d'un Cognac "anniversaire" de la marque D'Ussé, distillé en Grande-Champagne en 1969, qui a le même âge que son propriétaire né le 4 décembre de la même année. 

 

En plus de la musique, Jay-Z est également influent dans le monde de la mode mais aussi dans le domaine des spiritueux. Il possède notamment un champagne (Champagne Armand de Brignac, en partenariat avec la maison Cartier) et est associé à Otard (groupe Bacardi) avec qui il a créé la marque de Cognac D'Ussé il y a environ dix ans. Une marque qui a su s'imposer dans le Top 5 de la catégorie.

 

En 2019, la maison Otard offrait au rappeur à l'occasion de son anniversaire une série limitée de 50 carafes du nectar de grand luxe. C'est la carafe N°1 de cette série qui sera mise en vente le samedi 13 mars chez Sotheby's à New-York. Les bénéfices de la vente seront reversés à la Fondation Shawn Carter. Créé par Jay-Z (de son vrai nom Shawn Carter), et sa mère Gloria Carter, l'association caritative vient en aide aux jeunes en difficultés.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 06:00

 

Souvenir du Bureau du cabinet régenté par un dragon à chignon, jugulaire-jugulaire, apportant les parapheurs soumis à la signature du Ministre avec sur le dessus de la pile : les lois&décrets.

 

Ça se dénomme le circuit des signatures.

 

Pour les décrets le pilote c’est le 1er Ministre.

 

Le co-pilote est le Ministre dont les services ont rédigé le décret : ici le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, son rapport est annexé au projet de décret.

 

Vient ensuite la litanie des visas : dans le cas présent 6, le dernier le plus savoureux : vu l’urgence.

 

Puis viennent les articles : 4 pour ce décret, mais l’article 2 qui déroule la liste des commerces essentiels, nos librairies sont baptisées commerce de détail de livres.

 

Enfin les signataires : le 1ier Ministre, le ministre des solidarités et de la santé, le ministre de l’intérieur, le ministre des outre-mer… Ces deux derniers sont là pour l’application territoriale du décret.

 

Le texte file ensuite au JO pour publication.

 

Là c’est un décret court avec peu de signataires mais en règle générale c’est du lourd qui doit être lesté d’une chiée de signatures.  Ce n’est donc pas des TGV mais plutôt des trains de marchandises omnibus.

 

J’espère qu’à l’ère du numérique tout ça pourrait s’accélérer grâce à des clics.

 

Pour notre Roselyne, qui rongeait son frein rue de Valois « cela n’a jamais fait aucun doute » et elle se félicite, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, de cette avancée capitale, genre guerre éclair en taxis de la Marne.

 

Bonne lecture ICI 

 

Depuis le 1er janvier 2016, l'imprimerie parisienne n'imprime plus son titre emblématique, le Journal officiel - Lois et décrets de la République française, qui est désormais 100 % numérique. ICI

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 08:00

 

Depuis la disparition des vespasiennes, des dames-pipi, l’érection des sanisettes ne suffit à étancher nos vessies. Faire pipi à Paris c'est la galère.

 

 

À ce propos dès le 21 mai 2007 j’écrivais une Lettre au maire de mon village (en ce temps-là Bertrand Delanoë)

 

 

Monsieur le Maire de Paris,

 

Mes amis du Gers ont coutume de dire de leur colombard sec et nerveux : « sitôt bu, sitôt   pissé...» Chez nous, dans notre charmant village, nous n'avons pas les mêmes aises qu'à Condom, car ici nul bout de champs, ni chaintre, ou autre lieu de plein air où l'on peut en toute tranquillité, sans nuire à l'environnement, soulager sa vessie en toute sérénité. Même nos compagnes, à la campagne, à l'abri d'un fourré, peuvent elles aussi prendre cette liberté.

 

Dois-je, avant de me soulager, m'envoyer un caoua dans un bar pour pouvoir accéder à la résolution de ce besoin pressant ?

 

Cercle infernal, car le petit noir ainsi ingurgité me poussera quelques kilomètres plus avant dans un autre établissement.

 

 Alors que faire ?

 

La suite ICI 

 

 

 

Cécile Briand, auteure, artiste, maman et bien plus encore, s’est penchée sur la question en nous dotant d’un «Où faire pipi à Paris?» de Cécile Briand. Éditions Le Tripode. 200 pages. 9€.

 

Dans ce guide aussi pratique que poétique, vous trouverez les petits coins de 38 bibliothèques, 38 espaces verts, 24 centre d'animation, 22 sanisettes, 20 mairies, 19 lieux d'exposition, 13 centres hospitaliers, 12 inclassables, 11 lieux culturels polyvalents, 9 centres culturels étrangers, 8 lieux de commerce, 8 centres médicaux, 7 cimetières, etc. En tout, 250 toilettes sélectionnées avec soin pour leur environnement agréable et leur accès gratuit. L'auteure a pris soin d'indiquer précisément leurs emplacements, «parce qu'il est parfois délicat de pénétrer dans un lieu inconnu juste pour aller aux WC, même si c'est en osant qu'on fait de belles découvertes.»

 

ICI 

 

Bref, madame Hidalgo, plutôt que de nous doter d’autre-chose que de ridicules pissoires laides et malodorantes, préféra en 2018 nous gratifier d’un clip sur les fameux réseaux sociaux. C’était voir la question par le petit bout de la cuvette, comme si on pouvait pisser dans un clip. Elle reçut, à juste raison, une volée de bois vert.

 

 

Paris : les «urinoirs de la honte» ont été retirés ICI

 

Après quelques mois seulement, la Ville a décidé de déposer les urinoirs écolos du boulevard de la Chapelle (Xe et XVIIIe). Un flop total… à 40000 euros.

Yves Michaud : "Paris est un monstrueux dépotoir de mobilier urbain en tout genre"

Entretien

Propos recueillis par 

Publié le 

Le philosophe Yves Michaud, auteur récemment de « Ceci n'est pas une tulipe », revient avec nous sur l'aménagement parisien, à travers le flop des urinoirs écolos du boulevard de la Chapelle (Xe et XVIIIe).

Durant l'été 2020, la ville de Paris pose deux urinoirs pour hommes écolos, ainsi qu'une cabine pour femmes et personnes handicapées, sur le boulevard de la Chapelle (Xe et XVIIIe), entre les stations de métro Barbès et Stalingrad. Vendus par la société Ecosec, ils sont censés recycler l'urine et la transformer en engrais. Quelques mois plus tard, la municipalité doit se rendre à l'évidence : ce mobilier, très décrié pour sa laideur, est plus souvent dégradé qu'utilisé. Pour Marianne, le philosophe Yves Michaud, auteur de "Ceci n'est pas une tulipe" (Fayard, 2020) revient sur cet échec qu'il impute à une politique de pure communication pratiquée par l'équipe d'Anne Hidalgo.

 

Marianne : La ville de Paris a déposé des urinoirs écolos sur le boulevard de la Chapelle, pour un coût de 40 000 euros. Qu'en pensez-vous ?

 

Yves Michaud : Je pense d'abord que pour notre maire, la protection de la nature n'a pas de prix. À en juger par la belle apparence de ces pissotières, je pense aussi qu'elle n'a aucun goût. Je pense surtout qu'elle et ses suppôts s'en foutent pourvu qu'ils puissent faire des annonces. Paris est depuis les mandats de Delanoë et Hidalgo un monstrueux dépotoir de mobilier urbain en tout genre. C'est à ce qui sera le plus moche. Apparemment, ça ne gêne personne pourvu que ce soit politiquement et écologiquement correct. On empile, on ajoute, on annonce et on inaugure. Peu importe si personne ne peut faire ses besoins dans ces trucs désignés par des imbéciles ou des escrocs (les deux sont compatibles).


L'opération a été un flop. Pourquoi selon vous ?

 

D'abord l'objet est quasiment inidentifiable. Ensuite il est moche, repoussant et incroyablement marqué par la promiscuité. Hormis pour quelques visiteurs nostalgiques des vespasiennes glauques, c'est dissuasif. Les concepteurs et commanditaires de ces bidules n'ont pensé qu'à eux : à leur parti, à leur idéologie, à leur pouvoir et à leur communication. Les vespasiennes Decaux apparaissent en comparaison des œuvres d'art. Je parie que ni Madame Anne Hidalgo ni son coach de luxe Christophe Girard ne se sont risqués à essayer un prototype de ces pissotières. En principe, le designer pense d'abord à l'usager et commence par proposer un prototype… En fait, pour ces pissotières comme pour les trous du cul-Tulipes de Jeff Koons, la mairie s'est souciée d'elle-même. Le citoyen ? Qu'il aille pisser dans les bistrots – qui sont hélas tous fermés.

L'urinoir (Fontaine) en porcelaine de Marcel Duchamp est très célèbre. Les urinoirs sont-ils le symbole de l'art contemporain ?

Au moins on pouvait pisser dans l'urinoir de Duchamp, qui n'est pas tellement différent de ceux qu'on trouve partout dans les toilettes des aéroports et autres lieux publics non municipaux. Disons que les Fontaines de madame Hidalgo (Fontaine était le titre de l'urinoir de Duchamp) sont une synthèse admirable du Duchampisme et du José-Bovéisme : l'urinoir pensé comme toilette sèche au fond du jardin en plein lieu de deal et de vente de crack. Il fallait le faire. Ils l'ont fait. J'attends qu'ils remplacent ce readymade (un objet qu'un artiste s'approprie en le privant de sa fonction utilitaire) par un autre aussi inspiré, par exemple des chiottes de collège américain sans porte. Après l'urination en économie circulaire, on pourrait promouvoir la défécation dans la transparence.

À LIRE AUSSI : Ceci est-il une oeuvre ?

 

 

«J’ai fait la queue 40 minutes» : trouver des toilettes, l’autre galère du confinement

 

La crise du Covid-19 et avec elle la fermeture des cafés et restaurants a révélé un problème de santé publique : l’accès aux toilettes dans l’espace public.

Par Aurélie Sipos

Le 2 février 2021 

 

 

On les dit sales, mal entretenues, repoussantes. Depuis plusieurs mois, les sanitaires publics sont pourtant souvent devenus le dernier refuge des vessies pressées. Avec l'épidémie de Covid-19 et la fermeture des cafés et des restaurants, aller aux toilettes en ville peut s'avérer compliqué voire impossible. Si le sujet peut faire sourire, il s'avère parfois dramatique pour des personnes atteintes de certaines pathologies. Il révèle également de criantes inégalités.

 

À Strasbourg, le 20 janvier dernier, en pleines courses des soldes, Solène est surprise par une envie pressante. « Je me suis rendue compte que tout était fermé. Je ne m'étais jamais posée la question, donc j'ai demandé à quelqu'un ou il y avait des toilettes publiques », raconte-t-elle. Devant l'une cinq sanisettes que compte le centre-ville, elle voit alors « une file complètement dingue ». Et doit prendre son mal en patience : « J'ai fait la queue pendant 40 minutes », témoigne Solène.

 

« Je pense qu'il y a des moyens de faire différemment. En plus on a une nouvelle mairie écolo on pourrait peut-être avoir des toilettes sèches en ville », s'interroge-t-elle. En attendant d'éventuels aménagements, la jeune femme se résoudra à prendre ses précautions. « Ce n'est pas évident car ce n'est pas contrôlable, il suffit d'avoir pris un café juste avant de sortir… Mais je vais y penser avant de sortir ».

 

Malades, livreurs, ou encore chauffeurs particulièrement touchés

 

Depuis des années, Sylvie Brasseur, elle, anticipe chaque déplacement. Atteinte de la maladie de Crohn, son sphincter ne fonctionne plus. Elle ne sort donc jamais sans sa carte « Urgence toilettes », fournie par l'association Afa Crohn RCH France. Sauf que le 13 janvier dernier, cette dernière n'a pas suffi. « J'étais dans une grande surface à Vesoul (Haute-Saône), à la caisse, en train de payer mes articles. J'allais partir avec mon caddie et je me suis dit que quelque chose n'allait pas. J'ai sorti ma carte et demandé à la caissière pour aller aux sanitaires mais elle a refusé ».

 

Impossible pour la retraitée de se retenir. « Je suis arrivée en pleurs chez moi, je suis montée et je me suis mise tout habillée dans la baignoire », confie Sylvie. Une fois lavée, il ne lui reste alors plus qu'une terrible sensation d'humiliation. « On se sent déprimé, on se sent sali, en colère contre la maladie », souffle-t-elle.

 

Si le manque de toilettes n'est pas arrivé avec le Covid-19, il s'est aggravé, selon l'association Afa qui a lancé une pétition pour améliorer l'accès aux sanitaires. « C'est une problématique rencontrée par les malades de Crohn, une maladie avec des symptômes digestifs, et qui provoque des envies immédiates et urgentes », souligne Ève Saumier, responsable dans l'association.

 

« L'offre sanitaire est encore largement masculine »

 

Mais pas uniquement. « Pour nombre de professions, ces cafés qui ont fermé c'était aussi leurs toilettes comme pour les taxis, autocaristes, livreurs… », abonde Julien Damon, sociologue.

 

 

Les personnes âgées, qui peuvent difficilement se contenir sont aussi lésées. Tout comme les sans-abri, obligés de se soulager dans la rue lorsque les sanisettes sont fermées. Si certains hommes peuvent uriner dehors en dernier recours, pour les femmes la situation est beaucoup plus compliquée. « L'offre sanitaire est encore largement masculine. L'accès aux toilettes, au moins quelques jours dans le mois pour les dames est pourtant essentiel », rappelle Julien Damon. Tout comme pour les femmes enceintes.

 

À Reims (Marne), faute de trouver des sanisettes, c'est une bibliothèque qui a sauvé la journée de Clémence*. « J'avais des achats à faire avant le couvre-feu dans la grande ville la plus proche, à 40 minutes de route. J'ai un problème médical qui fait que je dois boire beaucoup et me déshydrate facilement et des règles abondantes, donc impossible de tenir la journée sans sanitaire », témoigne la jeune femme. « Si je n'avais pas eu la possibilité d'aller à la bibliothèque je serais rentrée chez moi sans avoir pu faire ce que j'avais prévu ».

 

Pour éviter d'en arriver là, il faut développer le réseau de toilettes en France, martèle Julien Damon. « C'est un sujet primaire, fondamental. Mais en France on le voit comme du pipi caca. Mais la réalité est là, il manque dans les espaces publics des offres sanitaires basiques », affirme le spécialiste.

 

Mobilisation internationale

 

Le problème n'est pas propre à la France. En Belgique, un conseiller communal d'Ixelles, un quartier chic de Bruxelles, en a fait sa marotte. « J'étais conscient depuis longtemps de l'absence de toilettes publiques. Par rapport à Paris il y en a très peu, et il y a surtout beaucoup d'urinoirs », pointe Geoffroy Kensier.

 

« Pendant le confinement il y a eu une réelle prise de conscience : comment on fait lorsqu'on est une femme, lorsqu'on a des enfants ? », s'interroge-t-il. Dans sa commune d'Ixelles, 87 000 habitants, il n'existe tout simplement pas de toilettes publiques. « Il faut attirer les autorités publiques sur cette question et mettre en place une stratégie pour établir des toilettes », lance-t-il.

 

De l'autre côté de l'Atlantique, à Montréal au Québec, Julie Houle a lancé une pétition à ce sujet. « J'ai entendu à la radio des camionneurs, des chauffeurs de taxi, des gens qui livrent, qui se plaignaient de ne pas avoir de toilettes. Je n'avais pas d'autre choix que d'en parler, affirme la jeune femme de 28 ans. On doit avoir accès aux toilettes avec dignité, on ne devrait pas avoir à supplier un employé pour qu'il nous ouvre. Cela devrait faire partie du vivre ensemble : plus de toilettes, c'est moins de stress ». Et moins de stress, en ce moment, c'est un besoin sans doute aussi universel que celui d'aller aux toilettes.

 

*Le prénom a été modifié

 

 

Charles Marville- Les vespasiennes à Paris fin XIXéme ICI

 

Insolite : Les urinoirs publics du Paris vintageFaites un saut en 1860 et découvrez les urinoirs publics de l'époqueCharles Marville- Les vespasiennes à Paris fin XIXéme | PARIS à NU

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:00

 

 

Mardi, Éric Piolle le maire de Grenoble est venu apporter son soutien à la mesure décidée par son confrère écologiste Grégory Doucet à Lyon, qui a annoncé aux élus d'arrondissements qu'à compter de cette rentrée des vacances de février, on ne proposerait plus aux élèves qu'un menu unique non-carné dans les cantines. Sur le plateau des Quatre Vérités de France 2, mardi, celui-ci a ainsi déclaré: « En 1954, Pierre Mendès France avait créé un tollé incroyable en voulant remplacer le vin par du lait dans les cantines scolaires, il y avait eu des polémiques incessantes. Qui aujourd'hui donnerait du vin dans les cantines solaires ? »

 

Nouvelle controverse.

 

Imposer !

 

Le ver est dans le fruit, même bio, les nouveaux verts, sûrs d’eux et dominateurs, s’insinuent dans notre intimité, le choix de ce que doivent manger les enfants est du ressort des parents, pas d’élus municipaux ou autres, le menu des cantines scolaires se doivent d’offrir des choix  aux enfants.

 

L’important me semble surtout d’en finir avec la malbouffe dans les cantines scolaires alimentées par des cuisines centrales. Un retour au local s’impose, une gestion au plus près qui responsabilise parents, la communauté éducative.

 

Bref, ces sinistres verts ont un goût prononcé pour les méthodes des démocraties populaires. Foutez-nous la paix !  Pour autant, je ne m’extasie pas sur la viande proposée dans les cantines scolaires, c’est souvent du haché, du poulet triste, mettre en avant les légumes et les fruits serait salutaire. Du côté poisson c’est pire : le pané carré règne en maître.

 

Petit détail à souligner : chez nos chères têtes bl… (Interdit d’écriture trop genré) l’attraction du big mac-frites est difficile à contenir.

 

Revenons au vin à la cantoche, selon une jurisprudence solide ça fait un bail que j’ai abordé le sujet. 

   

  

19 février 2016

« Un certain nombre de parents mettent dans le panier de l'enfant la boisson de leur choix et qui est souvent 1/2 litre de vin, ou de cidre, ou de bière suivant la région » Dr Suzanne Serin, chef de clinique en hôpital psychiatrique ICI 

 

À la Mothe-Achard, dans mes jeunes années, je n’ai pas fréquenté la cantine pour la bonne et simple raison qu’il n’y en avait pas. De toute façon je n’ serais pas allé car j’habitais à deux pas de l’école. J’étais un gars du bourg (sans jeu de mots car le lieu-dit de la maison familiale était le Bourg-Pailler). Ceux des fermes mangeaient à la gamelle sous le préau de l’école.

 

Je n’ai aucun souvenir de mes petits camarades biberonnant du rouge. Et pourtant, en ce temps-là en Vendée presque tout le monde possédait des bouts de vigne. 10ième département viticole et 2ième pour l’alcoolisme juste derrière le Calvados.

 

Pierre Mendès-France fut baptisé Mendès-lolo pour sa distribution de lait dans les écoles en 1954, une décision radicale afin d’éradiquer la présence de l’alcool à l’école. Il s’est aliéné ainsi le vote de ceux qui lui reprochait sa croisade contre les bouilleurs de cru et a été vilipendé dans les campagnes.

 

 

Le recours du sieur Piolle à PMF n’est pas innocent, Mendès-France alors député de Grenoble avec 54% des voix en 1967, affronta Jean-Marcel Jeanneney après la dissolution de l’Assemblée nationale de juin 68. Jean-Marcel Jeanneney, bien aidé par les communistes, est élu avec 0,2% d’écart après une campagne indécente et violente.

 

Deux remarques :

 

Pierre Mendès France (1/4) : une exigence morale en politique - Le Blog de  Sylvain Rakotoarison

 

- pour avoir suivi le parcours de PMF à la loupe je peux souligner que le sieur Piolle n’eut pas été sa tasse de thé, son côté Mélenchon rouge l’aurait rebuté, les communistes ne l’ont jamais ménagé.

 

- Le maire emblématique de Grenoble fut Hubert Dubedout (1965-1983) dont le sieur Piolle se revendique l’héritier ICI doit goûter modérément cette captation d’héritage, il était plus proche de Rocard que de Mélenchon.

 

Revenons à la controverse vin-cantine vs menu végétarien.

 

Sur Twitter, l'éditorialiste Dominique de Montvalon a tancé Piolle : « Incroyable d’ignorance ce que dit Éric Piolle: jamais Mendès-France n’a remplacé en 1954 le vin (sic) par le lait dans les écoles. Il n’y avait aucun vin! Comme il y avait des surplus de lait, Mendès avait fait distribuer aux enfants du baby-boom pour le goûter du lait chocolaté! »

 

L'initiative du maire de Lyon a allumé la fureur du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, bientôt rabroué par Jean Castex.

 

Pourtant, Pierre Mendès-France, président du Conseil entre juin 1954 et février 1955 a bien écarté par une directive l'alcool des tables des cantines scolaires, comme l’a confirmé auprès de BFMTV.com Didier Nourrisson, historien spécialiste de la santé et de l'éducation et notamment co-auteur avec Jacqueline Freyssinet-Dominjon de L’école face à l’alcool. Un siècle d’antialcoolisme scolaire (1870-1970).

 

 

« Mendès-France avait engagé une politique de santé publique qui commençait par la lutte anti-alcoolique en 1954. Il avait bien commencé par interdire le vin dans les cantines scolaires, où il était commun depuis 1882 et Jules Ferry », développe l'universitaire qui nuance: « Il l'a interdit pour les moins de 14 ans, les élèves âgés de plus de 14 ans ont conservé le droit de boire du vin coupé d'eau ».

 

 

Deux ans plus tard, Pierre Mendès-France, qui n'est plus chef du gouvernement mais éphémère ministre d'Etat dans celui de Guy Mollet, emprunte sa voie lactée. L'homme politique impose la distribution d'un verre de lait, assorti d'un morceau de sucre, dans les écoles pour chaque élève, à 10h et 16h. Le verre de lait succède donc bien au vin mais ne le remplace pas à table.

 

Il faudra d'ailleurs attendre 1981 pour que l'alcool soit formellement banni du déjeuner des lycéens.

 

Il faut d'ailleurs voir dans ce choix mendésiste un signe de son parcours politique. « Il a été élu député dans l'Eure à partir des années 1930. Il était donc très proche des milieux agricoles et des éleveurs. Il est marqué ici du sceau du lobby laitier. Ce qui n'est pas une tare d'ailleurs car à l'époque, deux lobbies s'affrontaient au Parlement : le lobby viticole et celui du lait », souligne Didier Nourrisson.

 

Il réfute des visées politiciennes : « Il y avait des excédents de lait qu'il a fallu placer mais il s'agissait aussi d'une manière d'éduquer la jeunesse à un nouveau goût ». En revanche, l'historien estime que la politique pèse davantage dans le menu concocté par la mairie lyonnaise: « Le menu sans viande, lui, n'est pas une mesure de santé publique, c'est une mesure prise pour des raisons peu compréhensibles, se faire un nom chez les écolos ».

 

Le vin et le lait : chutons avec les Mythologies de Roland Barthes.

 

Le vin est senti par la nation comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C'est une boisson totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise. Bachelard a déjà donné la psychanalyse substantielle de ce liquide, à la fin de son essai sur les rêveries de la volonté, montrant que le vin est suc de soleil et de terre, que son état de base est, non pas l'humide, mais le sec, et qu'à ce titre, la substance mythique qui lui est le plus contraire, c'est l'eau.

 

 

 À vrai dire, comme tout totem vivace, le vin supporte une mythologie variée qui ne s'embarrasse pas des contradictions. Cette substance galvanique est toujours considérée, par exemple, comme le plus efficace des désaltérants, ou du moins la soif sert de premier alibi à sa consommation ("il fait soif"). Sous la forme rouge, il a pour très vieille hypostase, le sang, le liquide dense et vital. C'est qu'en fait, peu importe se forme humorale ; il est avant tout une substance de conversion, capable de retourner les situations et les états, et d'extraire des objets leur contraire : de faire, par exemple, d'un faible un fort, d'un silencieux, un bavard ; d'où sa vieille hérédité alchimique, son pouvoir philosophique de transmuter ou de créer ex nihilo.

 

 

étant par essence une fonction, dont les termes peuvent changer, le vin détient des pouvoirs en apparence plastiques : il peut servir d'alibi aussi bien au rêve qu'à la réalité, cela dépend des usagers du mythe. Pour le travailleur, le vin sera qualification, facilité démiurgique de la tâche" ("le coeur à l'ouvrage"). Pour l'intellectuel, il aura la fonction inverse : le "petit vin blanc" ou le "beaujolais" de l'écrivain seront chargés de le couper du monde trop naturel des cocktails et des boissons d'argent (les seules que le snobisme pousse à lui offrir) ; le vin le délivrera des mythes, lui ôtera de son intellectualité, l'égalera au prolétaire ; par le vin, l'intellectuel s'approche d'une virilité naturelle, et pense ainsi échapper à la malédiction qu'un siècle et demi de romantisme continue à faire peser sur la cérébralité pure (on sait que l'un de mythes propres à l'intellectuel moderne, c'est l'obsession "d'en avoir").

 

 

 Mais ce qu'il y a de particulier à la France, c'est que le pouvoir de conversion du vin n'est jamais donné ouvertement comme une fin : d'autres pays boivent pour se saouler, et cela est dit par tous ; en France, l'ivresse est conséquence, jamais finalité ; la boisson est sentie comme l'étalement d'un plaisir, non comme la cause nécessaire d'un effet recherché : le vin n'est pas seulement philtre, il est aussi acte durable de boire : le geste a ici une valeur décorative, et le pouvoir du vin n'est jamais séparé de ses modes d'existence (contrairement au whisky, par exemple, bu pour son ivresse "la plus agréable, aux suites les moins pénibles", qui s'avale, se répète, et dont le boire se réduit à un acte-cause).

 

 

 Tout cela est connu, dit mille fois dans le folklore, les proverbes, les conversations et la Littérature. Mais cette universalité même comporte un conformisme : croire au vin est un acte collectif contraignant ; le Français ; le Français qui prendrait quelque distance à l'égard du mythe s'exposerait à des problèmes menus mais précis d'intégration, dont le premier serait justement d'avoir à s'expliquer. Le principe d'universalité joue ici à plein, en ce sens que la société nomme  malade, infirme ou vicieux, quiconque ne croit pas au vin : elle ne comprend pas (aux deux sens, intellectuel et spatial, du terme). A l'opposé, un diplôme de bonne intégration est décerné à qui pratique le vin : savoir boire est une technique nationale qui sert à qualifier le Français, à prouver à la fois son pouvoir de performance, son contrôle et sa sociabilité. Le vin fonde ainsi une morale collective, à l'intérieur de quoi tout est racheté : les excès, les malheurs, les crimes sont sans doute possibles avec le vin, mais nullement la méchanceté, la perfidie ou la laideur ; le mal qu'il peut engendrer est d'ordre fatal, il échappe donc à la pénalisation, c'est un mal de théâtre, non un mal de tempérament.

 

 

Le vin est socialisé parce qu'il fonde non seulement une morale, mais aussi un décor ; il orne les cérémoniaux les plus menus de la vie quotidienne française, du casse-croûte (le gros rouge, le camembert) au festin, de la conversation de bistrot au discours de banquet (...)

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 08:00

 

 

Le petit Bernard a toujours rêvé de se faire Hermès, une marque de vrai luxe, à 100 lieux des sacs Louis Vuitton.

 

Quand LVMH a tenté de prendre le contrôle d'Hermès via le Panama ICI

 

 

Pendant près de dix ans, Bernard Arnault a organisé la montée discrète de LVMH au capital du groupe Hermès, afin de s’emparer du maroquinier de prestige. En 2010, l’homme d’affaires surprend tout le monde quand le numéro 1 mondial du luxe annonce détenir 14,2% Hermès et être en mesure de monter à 17,1%, sans avoir informé Hermès ni les autorités boursières. Derrière ce tour de magie se cache des montages financiers complexes, passant par des paradis fiscaux, au Luxembourg, dans l’Etat américain du Delaware et au Panama.

 

Les coups fourrés sont dans l’ADN du petit Bernard :

 

16 septembre 2012

D’où viens-tu Bernard ou la résistible ascension d’un p’tit gars de Roubaix dénommé Arnault «Férinel, propriétaire à la mer» ICI 

 

https://focus.nouvelobs.com/2020/08/24/0/0/5303/3535/580/0/75/0/7672bac_817003429-GettyImages-607457698.jpg

 

Le Bernard est un prédateur qui, pour débusquer ses proies avant tout le monde, est un lecteur assidu de Vin&Cie l’espace de liberté. Ça date de la mission à Cognac du Taulier où, du côté d’Hennessy, son « homme de main », Christophe Navarre était à la manœuvre pour mettre au pas les seigneurs déchus du Cognac.

 

Donc le 20 février 2021 publication de :

 

 

Journal d’1 soumis au couvre-feu (67) Si j’offrais à Claire des Birkinstock-Hermès ce n’est qu’entre 34.000 à 76.000 $ selon le modèle. ICI 

 

Birkenstock a annoncé, vendredi 26 février, avoir vendu une majorité des parts de l’entreprise au fonds d’investissement franco-américain L Catterton, cofondé par le groupe LVMH, et à la holding familiale Financière Agache, société d’investissement privée de Bernard Arnault.

 

Il a un petit côté Lucky Luke le Bernard, il dégaine vite.

 

Bernard Arnault rachète les sandales Birkenstock ICI 

 

 

La célèbre sandale à la semelle de liège, jadis jugée ringarde, a séduit le PDG de LVMH, qui acquiert la majorité du capital de l’entreprise à travers sa holding familiale et un fonds d’investissement du groupe LVMH.

Par Cécile Boutelet

 

C’est une alliance susceptible de heurter certaines sensibilités esthétiques, mais qui témoigne du potentiel indéniable des coopérations franco-allemandes. Birkenstock, la plus allemande des sandales, a conquis le cœur de Bernard Arnault, le patron du groupe français LVMH, emblématique du luxe et de l’élégance. 

 

Pour Birkenstock, c’est la fin d’une ère. Depuis 1774, le fabricant des célèbres sandales est resté une entreprise strictement familiale, très attachée au « made in Germany ». 25 millions de paires de sandales et chaussures, quasi exclusivement fabriquées en Allemagne, ont été vendues par le groupe en 2019, pour un chiffre d’affaires de 720 millions d’euros et 130 millions d’euros de bénéfices. La société de taille modeste a réussi à vendre très cher son image de marque : selon les observateurs, la valorisation de la société pourrait atteindre 4 milliards d’euros. Le codirecteur de Birkenstock, Oliver Reichert, s’est empressé de préciser qu’aucune délocalisation de la production n’était prévue.

 

La suite ICI 

 

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