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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 06:00
Une fable sur les mœurs du marigot politico-médiatique : « Qui du congre ou du homard mange l’autre ? »

Ce matin, si vous voulez bien me suivre, je vais vous entraîner dans les méandres d’une pensée qui n’est pas mienne. J’espère qu’ainsi vous comprendrez sans doute mieux un peu mieux les mœurs du marigot politico-médiatique ou pour causer chic de l’écosystème de ce que Raymond Barre (j’étais à Lyon dimanche dernier) nommait le microcosme politique.

 

Mais, me dire-vous, que viennent donc faire le congre et le homard dans cette galère ?

 

Commençons par le crustacé très prisé lorsqu’il est bleu et breton.

 

 

 

Doté d’une lourde épaisse carapace et munis de pinces redoutables le homard a des allures de Panzer redoutable et indestructible.

 

« Le homard capture ses proies à l'aide de ses pinces, très habiles et puissantes. Chaque pince est spécialisée dans un type de fonction.

 

L'une, appelée couramment « pince coupante » ou « ciseau », est effilée et tranchante. Elle sectionne les pattes des crabes agressés et peut également saisir un poisson imprudent. Lorsque les proies sont privées de mouvement, le homard les saisit alors avec sa seconde pince, appelée « marteau » ou « pince broyeuse », plus courte et beaucoup plus épaisse, et les broie avant de se nourrir de leur chair. Les victimes sont ensuite dépecées, dilacérées, mais non mastiquées, par de multiples pièces buccales, avant d'être ingérées »

 

Face à un tel crustacé cuirassé il est difficile d’imaginer qu’il se fasse bouffer par le grand congre tout mou, tout lisse, qui ressemble à une anguille (peut atteindre 3 mètres), même si les humains se méfient des congres, parce qu'on dit qu'ils mordent...

 

 

« … et le fait est que ce poisson très fort et toujours en mouvement peut à tout moment donner un coup de mâchoires lorsqu'il est manipulé. Sans être très dangereuse, la morsure donne une vilaine plaie, le congre râpant profondément la peau avec ses petites dents et mettant la chair à vif sur une large surface. Cependant, un congre qu'on ne provoque pas est avant tout un animal discret qui ne vous attaquera pas spontanément. Cet animal commun est fréquemment cité dans les ouvrages relatifs au milieu marin, on pourra ainsi citer « Les travailleurs de la mer » de Victor Hugo. »

 

Le discret congre est aussi casanier

 

« On a vu des congres devenus tellement gros à l'intérieur de leurs trous qu'en apparence ils ne pouvaient plus en sortir.

 

Jacques Lemanchois, qui pendant toute sa vie a plongé parmi les épaves du débarquement en Normandie, racontait qu'il en avait trouvait un énorme manifestement coincé dans l'habitacle d'un char américain.

 

Jacques Lemanchois, musée des Epaves à Port-en-Bessin Route de Bayeux - 14 520 Commes

 

L’affrontement paraît donc improbable et inégal. Mais il y a un mais d’importance le homard doit muer pour grandir.

 

« La rigidité de la carapace du homard s'oppose à sa croissance. Pour grandir, l'animal doit donc impérativement et périodiquement muer. Au début de l'été ou en début d'automne, le homard se cache au fond de son terrier, cesse de s'alimenter, et, donc, perd du poids. Il se couche sur le flanc et se replie en forme de V. La membrane reliant le céphalothorax à l'abdomen se rompt alors, créant une ouverture par laquelle le homard va s'extirper de sa carapace. Ainsi libéré, il se gonfle d'eau, ce qui va lui permettre d'acquérir une taille supérieure. »

 

Avant la mue, une nouvelle carapace souple et molle se forme sous l'ancienne.

 

C'est juste entre le thorax et l'abdomen qu'il sort de sa veille armure. La tête sort lentement la première. Le plus difficile est de retirer ses grosses pinces : c'est un peu comme essayer de retirer sa veste avec des gants de boxe. Heureusement, la carapace couvrant ses pattes se ramollit avant la mue, ce qui la rend plus souple.

 

Une fois tout beau et tout neuf, le homard mange son ancienne carapace pour en retirer le calcium qui aidera à durcir sa nouvelle.

 

Cette opération se déroule au moins 22 fois avant que le homard atteigne sa taille adulte

 

C’est aussi une affaire de sexe : un mâle dur et une femelle molle

 

« La période des amours survient dans les jours qui suivent la mue de la femelle. L'accouplement se fait donc entre un mâle « dur » et une femelle « molle ». La femelle émet alors dans l'eau des substances chimiques (phéromones sexuelles) qui inhibent l'agressivité et induisent un comportement de cour chez le mâle.

 

Après l'accouplement, les deux animaux peuvent partager le même terrier pendant quelques jours, au bout desquels ils se séparent. La fertilisation des œufs se fait lors de la ponte, qui survient de quelques semaines à quelques mois après l'accouplement. Durant cette phase, la femelle se met sur le dos, et dispose les œufs, au fur et à mesure de leur expulsion, sur ses appendices abdominaux. Ils y resteront solidement attachés par des filaments pendant environ 8 mois, durant lesquels la femelle ne mue pas. »

 

Un accouplement acrobatique

 

« Avant l'accouplement, les deux partenaires, face à face, font connaissance en se touchant du bout des antennes. Puis, la femelle fait volte-face, et présente son abdomen replié au mâle. Celui-ci la retourne alors sur le dos et utilise des appendices abdominaux pour déposer sa semence, sous forme d'un petit sac, dans le réceptacle séminal de la femelle. »

 

Rassurez-vous, ma fable, avec mes histoires de dur et de mou, ne va pas vous entrainer dans les alcôves de la République.

 

C’est du sérieux. En effet :

 

« Nos confrères de l’Écho des Pêcheurs sont catégoriques. Rien ne prouve que le homard mange les œufs du congre. Ce dernier, par contre, long poisson (il peut atteindre trois mètres), totalement dépourvu d’écailles, guette de son trou le moment où le homard fait sa mue. Alors il le dévore. Mais pourquoi le homard s’aventure-t-il dans les eaux dangereuses où sévit cet ennemi? »

 

Donc pendant les 15 à 20 minutes que dure la mue, le homard est en grand danger et le congre son voisin qui, comme lui, vit dans de véritables terriers, le guette pour lui faire sa fête.

 

 

« Le congre et le homard » est le titre donné par FOG, qui n’était alors que Franz Olivier Gisbert, à un article dans le journal du CFJ où il était élève en 1969 et il avait 21 ans.

 

Il traite de l’après-gaullisme.

 

« Un duel posthume : de Gaulle et Pompidou. César et Brutus le « faiseur d’Histoire » et le « Français moyen », l’éloquence mystique gaullienne et le terre à terre pompidolien. » écrit Marion Van Renterghem dans sa bio de FOG Don Juan du pouvoir.

 

« Débarrassé du manteau de sa légende, le gaullisme devient un régime de technocrates et un grand parti conservateur. » diagnostique le jeune Gisbert.

 

Pas faux !

 

Mais pourquoi le congre et le homard ?

 

Parce qu’aux yeux du futur FOG «… tout politique est… un homard assez naïf pour se faire engloutir par un congre. Il n’avait qu’à pas. Cette structure politique de base, il l’adapte au journalisme : le journaliste ne trahit pas l’homme politique, c’est l’homme politique qui fait tout pour se faire trahir. Il reçoit le journaliste et le voit prendre des notes. Il n’avait qu’à pas. Du journaliste et du politique, qui mangera l’autre ? Telle est la devise de FOG. Son amusement, son cynisme, son excitation, sa perversité, son goût de la vie. Doux comme un congre, doux comme un FOG. »

 

Bien vu !

 

Si vous avez eu le courage d’aller jusqu’au bout j’espère vous avoir éclairé sur les mœurs du marigot médiatico-politique…

 

Homard

 

Solitaire, agressif, nocturne, fouisseur, le homard peuple les profondeurs marines depuis des millions d'années. Mais ce redoutable crustacé, protégé par une carapace bleue marbrée de blanc et doté de pinces impressionnantes, ne nous a pas encore livré tous ses secrets.

 

Le congre et les hommes

 

Ce n'est pas réellement une histoire d'amour entre le congre et l'homme. Les pêcheurs le tuent rapidement pour éviter sa morsure et les plongeurs n'apprécient pas toujours les rencontres avec les énormes spécimens qui hantent les épaves. 

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 06:00
« Margarine ! Quel nom pour une fille… » La margarine nous baratine… de Marlon Brando à JP Géné en passant par Périco Légasse sus à l’ersatz du beurre !

Concomitamment, de façon concomitante, en concomitance donc, la Margarine en revenu en force dans mon univers.

 

Prononcer son nom au Bourg-Pailler, patrie du beurre salé baraté par la tantine Valentine, c’était blasphémer.

 

Bien plus tard, se poser la question : beurre ou margarine à propos du Dernier Tango à Paris relevait de la bonne provocation post-68 hard, de veine coluchienne.

 

 

La margarine c’est la faute à Badinguet.

 

« Elle fut mise au point en France en 1869, à la suite d’un concours lancé par Napoléon III pour la recherche d’un « corps gras semblable au beurre, mais de prix inférieur, apte à se conserver longtemps sans s'altérer en gardant sa valeur nutritive » propre à suppléer au beurre qui, à cette époque, était cher, rare et se conservait mal. Le pharmacien français Mège-Mouriès réalisa une émulsion blanche résultant de graisse de bœuf fractionnée, de lait et d’eau, baptisée « margarine » (à partir du grec margaron : « blanc de perle » et du nom polyalcool-glycérine). Le brevet est déposé en 1872 et la commercialisation de la margarine va alors se développer. »

 

« L'oléo-margarine est un beurre artificiel produit par la graisse ou suif de bœuf broyé, puis chauffé. Ce résidu solide, coloré, baratté avec du lait constitue l'oléo-margarine : on a donné à ce produit les noms de simili-beurre, beurrine, oléo-normand, etc., pour dérouter le public. Avec les nouvelles manières d'opérer, le public est absolument lésé, car on emploie des suifs vieux et de mauvaise qualité et on y ajoute des huiles dangereuses. […] Il conviendrait dans ces conditions de protéger à la fois et l'agriculteur et le consommateur en employant un colorant qui permettrait à tous de distinguer la margarine du beurre, mais les marchands en gros redoutent ce procédé qui restreindrait la fraude pratiquée sur les beurres. Le bon beurre étant indispensable à la bonne cuisine, il faut se mettre en garde autant que possible contre les falsifications. »

 

Catherine de Bonnechère, La Cuisine du siècle, Coulommiers, Chez l'auteur, 1895.

 

Exposé des faits :

 

  1. J’achète dimanche Margarine à l’Écume des pages

« Margarine ! Quel nom pour une fille, penses-tu ? Tu vas comprendre : nous sommes six cent cinquante troufions ici. Et il n’y a qu’une seule femme. Tous les soirs, nous touchons notre ration de pain et trente grammes de margo. C’est avec trois rations de margo qu’elle se fait payer. Mais comme nous sommes nombreux, elle prend d’avance les rations et donne en échange un papier signé de sa main qui indique le jour et l’heure pour la « chose », tu me comprends ! C’est pour ça qu’on la nomme « Margarine »

Pierre Giolitto « Volontaires français sous l’uniforme allemand »

 

Cité en exergue du roman de Guillaume Lemiale « margarine » éditions du sonneur

 

 

2- JP Géné dans LE MONDE du 05.11.2015 publie La margarine, un pur produit d’usine

 

« Voici l’exemple parfait de ce que peuvent engendrer les multinationales de l’agroalimentaire avec le soutien sans faille du marketing, de la pub et de la grande distribution. Rien que des huiles et des additifs, le tout bien emballé et bon marché. Pas un poil de produit frais à l’intérieur, et pas question d’en trouver en circuit court ou chez le paysan du coin (sauf dans son frigo s’il a été lui-même contaminé). Vous l’avez reconnue, c’est la margarine, l’ersatz du beurre, celui du pauvre dont le leader mondial s’appelle Unilever, qui vient de financer le premier magazine du même nom en collaboration avec Menu Fretin : Margarine, le corps gras qui ne compte pas pour du beurre.

 

En effet sur le marché des corps gras solides, soumis en permanence aux alertes hygiénistes, la margarine connaît une nouvelle jeunesse et soutient la concurrence avec l’original. En 2012 (selon Agrimer), la France a produit 410 000 tonnes de beurre et reste leader mondial avec une consommation annuelle de 8 kg/habitant. Mais, depuis trente ans, les ventes baissent régulièrement face à la concurrence des huiles végétales et de la margarine. En 2012, la production française de margarine a atteint 93 000 tonnes pour des ventes estimées à 471 millions d’euros et une consommation annuelle de 2,66 kg par habitant. »

 

La suite ICI 

 

Lire aussi Beurre 1, margarine 0 : les dessous d'une défaite de l'industrie agro-alimentaire après une guerre de 20 ans signé Périco Légasse - Patrick Tounian

 

Pourquoi un tel revirement dans sa stratégie ?

 

Périco Légasse : Unilever, qui est tout de même le quatrième groupe alimentaire mondial, obéit à une stratégie commerciale évidente, habillée d'un souci de plaire au consommateur. Mais dans la réalité les consommateurs se trouvent très méfiants vis-à-vis de l'huile de palme, et plus globalement des huiles hydrogénées, notamment en France. Un "amendement Nutella" a d'ailleurs été voté par le Parlement, puis retoqué par la ministre de la santé Marisol Touraine, au prétexte que la question devait être abordée plus sérieusement dans une prochaine loi. On sait que les produits à base d'huile de palme sont mauvais pour le système cardiovasculaire et sont générateurs d'obésité, mais ils sont très juteux pour les entreprises agroalimentaires.

 

Il faut aussi noter que les prix des produits laitiers connaissent une baisse conséquente, qui les rend compétitifs par rapport aux graisses végétales. Le revirement d'Unilever participe donc d'une stratégie purement économique, préparée depuis longtemps. Le discours consistant à dire que le groupe opère une révolution culturelle en "réhabilitant" le beurre n'est que communication et publicité.

 

Patrick Tounian : Dans les régions françaises, que ce soit en Normandie ou en Bretagne, le beurre est un élément clé de la gastronomie. Lorsqu'on a parlé des problèmes cardiovasculaires présentés par la matière grasse saturée du beurre, la margarine est arrivée en masse. Les derniers travaux sérieux montrent que si un revirement scientifique s'opère actuellement, c'est parce que les graisses saturées ne sont pas sis mauvaises que cela. On a trop fui les graisses saturées, et trop privilégié les graisses polyinsaturées. L'excès est toujours nocif, et un excès de margarine est aussi nocif qu'un excès de beurre. Le haro sur le beurre, en définitive, était moins justifié qu'on ne le pensait. D'autant que ce dernier présente un net avantage en termes de goût.

 

La suite ICI 

 

Je n’ai jamais mangé de margarine…

Selon Maria Schneider décédée le 3 février 2011 à 58 ans ni Brando ni le metteur en scène ne l’avait prévenue de l’usage du beurre – destiné à faciliter une scène de sodomie qui l’a traumatisée. «Je me suis sentie violentée. Oui, mes larmes étaient vraies», a-t-elle déclaré à plusieurs reprises. «J’étais jeune, innocente, je ne comprenais pas ce que je faisais. Aujourd’hui, je refuserais. Tout ce tapage autour de moi m’a déboussolée», confiait-elle dix ans plus tard. Elle avouait alors avoir «perdu sept ans de (sa) vie» entre cocaïne, héroïne et dégoût de soi.

 

Bernardo Bertolucci a affirmé qu’il aurait «voulu demander pardon» à Maria Schneider. «Sa mort est arrivée trop tôt. Avant que je ne puisse l’embrasser tendrement, lui dire que je me sentais liée à elle comme au premier jour, et, au moins pour une fois, lui demander pardon», a déclaré le réalisateur à l’agence italienne Ansa.

 

«Maria m’accusait d’avoir volé sa jeunesse et aujourd’hui seulement je me demande si ce n’était pas en partie vrai. En réalité, elle était trop jeune pour pouvoir soutenir l’impact qu’a eu le succès imprévisible et brutal du film. Marlon s’était réfugié dans sa vie privée impénétrable et tout le poids de la promotion du film est retombé sur Maria et moi», a-t-il ajouté.

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 06:00
Daniel dans la fosse aux lions - Rubens

Daniel dans la fosse aux lions - Rubens

1-Séquence petit meslier

 

Un jour il veut décrocher la lune…

 

Le lendemain il débarque sur Saturne

 

Vraiment il ne recule devant aucune excentricité pour se faire remarquer…

 

Il adore rimailler sans tenir compte du nombre de pieds ( de vigne...)

 

Il dit aimer les vins tranquilles comme les vins excités des Riceys

 

Il va dîner à vélo

 

Ça rime avec Horiot

 

Il goûte la troisième personne du singulier pour le désigner

 

Ça donne de l’urticaire à certains de ses chers confrères

 

Ainsi donc, mardi soir dernier

 

Il pédalait allègrement

 

Dans la douceur du temps

 

Pour se rendre à des épousailles du côté de Notre-Dame des champs…

 

2-Séquence arbanne

 

Faire-Part de mariage

 

Le mardi 3 novembre vous êtes invité au dîner MAGNO au cours duquel les vins d'Olivier Horiot, millésime 2006 et quelques très belles expressions du magnifique 2009, et les mets de Sven Chartier le chef de Saturne conçus et exécutés avec une minutie et une exigence qui ne laissent aucune place au hasard, échangeront leurs alliances.

 

3-Séquence pinot gris

 

Première précaution : « vérifier si je suis libre ce soir-là ? » Je le suis. Ensuite, débat intérieur cornélien « vais-je y aller ? » Un mariage Horiot-Chartier ça ne se rate pas ! Sauf que votre serviteur n’est pas du bois des grands amateurs qui sont capables de « décider à l'issue d'une double dégustation qui nous a valu de disserter longuement sur la fraîcheur, la tension, la minéralité et la profondeur desdits vins (enfin sept et non dix…) et leurs accords subtils avec les fruits et légumes de saison. »

 

Après consultation de mon cercle féminin, bien connu de Marie et Olivier Horiot, je décide de me rendre seul à ce dîner seul tel Daniel se jetant dans la fosse aux lions.

4-Séquence Métisse : blancs&noirs

 

J’arrive. Me défait. Salue mes hôtes. L’assistance, très masculine, est déjà fournie. Mes copines auraient amélioré le ratio féminin. C’est Métisse qui s’offre à moi. Viennent les amuses bouches, appellation bien trop joliette pour des compositions de haute tenue. Photos.

 

Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !
Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !

5-Séquence pain

Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !

 

6-Séquence accords&désaccords

 

Le temps est venu de passer aux agapes hyménées. Mes compagnons de table sont forts civils, deux me connaissent, les ondes sont favorables : je ne risque pas d’être confronté au supplice de me prononcer sur l’alternative : « accords&désaccords. »

 

  • Huître Utah Beach n°0 / gelée de boeuf à l'anchois fermenté / radis et crème crue (merci de m'indiquer s'il y a des intolérances)

Champagne 5 Sens 2009

Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !
Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !
  • Champignons - cèpes et trompettes de la mort / anguille fumée / bouillon et herbes

Coteaux-Champenois Riceys Blanc 2009

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  • Langoustines / poireaux crayons / lard et bergamote

 

Champagne Sève Blanc 2006

 

Acte manqué : oublié de faire la petite photo... la langoustine du Guilvinec ma madeleine...

 

 

 

 

  • Ris de veau / poire à la citronnelle / oignon confit

Rosé des Riceys 2006

Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !
Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !
  • Canard de Challans grillé sur le coffre / orange à l'huile d'olive / crapaudine

Coteaux-Champenois Riceys Rouge 2006

Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !
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  • Dessert… ?

Champagne Sève rosé 2006

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7-Séquence « j’ai deux amours » chardonnay et pinot noir

 

Choisir est toujours, au mieux une frustration, au pire une douleur, mais je sais me glisser dans la peau d’un martyr (voir plus haut) et je vais, dans ce beau parterre de mets et de vins, choisir.

 

Je l’écris souvent, mais la répétition vaut parfois démonstration, le hasard sait m’ouvrir des fenêtres sur des rencontres d’exception.

 

Précision d’importance : le club qui m’accueillait se dénomme Magno car le vin n’est consommé par ses membres qu’en Magnum.

 

Autre précision, sous forme de sourire, mon distinguo entre vins tranquilles et vins excités n’était en rien une atteinte à leur dignité d’effervescent.

 

Donc, mes deux amours de mets et de vins dans ce beau maelstrom, furent des amours accordés :

 

Champignons - cèpes et trompettes de la mort / anguille fumée / bouillon et herbes

 

Coteaux-Champenois Riceys Blanc 2009

Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !

Canard de Challans grillé sur le coffre / orange à l'huile d'olive / crapaudine

 

Coteaux-Champenois Riceys Rouge 2006

Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !

De quoi me réconcilier avec les vertus du mariage, une union d’un soir.

 

De la haute couture, inventive, expressive, précise, alliances sans discordances, harmonie de saveurs, sublimée par ces deux grands tranquilles bien élevés, qui ont si bien évolué tout au long de la soirée qu’ils m’ont mené à une douce et limpide volupté.

 

Consommation sous les deux espèces, un moment rare à marquer d’une pierre blanche, merci Marie et Olivier Horiot, merci à Antoine Juaristi le grand maître de Magno, merci à Sven Chartier et Ewen Le Moigne et leur équipe…

 

8-Séquence retour : pinot meunier tu dors...

 

J’aime rouler à Paris la nuit, au cœur de la nuit, et même si je ne pouvais chanter « Il est 5 heures Paris s’éveille et je n’ai pas sommeil… », j’égrenais sur mon vélo mes sublimes voisinages : Palais Royal, guichets du Louvre, pont du Carrousel, Saint-Germain des Prés, le jardin du Luxembourg, Port-Royal…

 

J’ai peu et très bien dormi et me suis levé à 7 heures frais et dispos…

 

dessert mystère

dessert mystère

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 06:00
Mon V.W ne sent pas l’hydrogène sulfuré, c’est un mets imaginé pour se marier avec le Vendangeur Masqué d’Olivier…

V.W sont les initiales de Volkswagen, la maison-mère de la célèbre Coccinelle, symbole de l’excellence allemande, tombée de son piédestal par le truchement d’un logiciel truqueur.

 

Ça a beaucoup inspiré les réseaux sociaux :

 

Je me suis fait greffer une puce de chez Volkswagen sous la peau.

 

Je peux picoler ce que je veux.

 

Je serai toujours à 0,2 gr…

Mon V.W ne sent pas l’hydrogène sulfuré, c’est un mets imaginé pour se marier avec le Vendangeur Masqué d’Olivier…

Et moi pendant ce temps-là j’attendais l’arrivée de mes Witloof de plein champ car j’avais imaginé dans ma petite tête de les fatiguer 

 

Witloof. Variété de chicorée qui, par étiolement, donne l'endive. Synonyme. chicon en Belgique. « Une nouveauté va faire son apparition: l'endive belge, la witloof, légume délicat (L'Œuvre, 13 févr. 1941).

 

La vitelotte noire ou vitelotte, appelée aussi « négresse» ou « truffe de Chine », est une variété de pomme de terre française traditionnelle qui a la particularité d'avoir une peau et une chair violettes. C'est une variété ancienne qui refait surface depuis quelques années.

 

« Dans les Mémoires d'agriculture, publiées à Paris en 1817 par la Société royale et centrale d'agriculture, la vitelotte est citée comme l'une des six « espèces » de pomme de terre connues aux halles de Paris, avec la hollande, la jaune, la grise, la violette et la patraque. »

 

« Le potager (...) était divisé en petits carrés, où poussaient laitues, vitelottes, oseille » (Verne, Île mystérieuse. 1874, p. 289).

 

La pomme de terre Vitelotte aime les terres légères, bien drainées et profonde. Elle redoute l’excès d’humidité et a besoin de soleil pour bien se développer. La plantation de la Vitelotte est facile et, ce, quelle que soit la région dans laquelle vous habitez.

 

Exposition : Ensoleillée

 

Sol : Plutôt léger, riche et peu humide

 

Récolte : Juin à novembre selon espèces

 

En savoir plus 

 

La pomme de terre Vitelotte 

Mon V.W ne sent pas l’hydrogène sulfuré, c’est un mets imaginé pour se marier avec le Vendangeur Masqué d’Olivier…

Et puis soudain j’ai connecté : Vitelotte avec 1 V et Witloof avec un W ça fait V.W, donc tout a fait normalement j’ai imaginé une salade baptisée V.W à la boutargue du Vendangeur masqué…

 

Il vous faut trouver des witloofs de plein champ, les seules qui aient du goût et bien sûr des vitelottes…

 

De la boutargue de mulet 

 

1 échalote

 

Quelques radis noir coupés en rondelles fines.

 

Et pour faire joli : des fines pousses de radis et des fleurs de Bourrache

 

Le vendangeur masqué est un chablis d’Olivier et d’Alice de Moor

Mon V.W ne sent pas l’hydrogène sulfuré, c’est un mets imaginé pour se marier avec le Vendangeur Masqué d’Olivier…
Mon V.W ne sent pas l’hydrogène sulfuré, c’est un mets imaginé pour se marier avec le Vendangeur Masqué d’Olivier…
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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 06:00
Dominique Derain vigneron bourguignon me déclare «J’aime l’are !» du père Grandet à François Pinault l’amour de l’are…
Dominique Derain vigneron bourguignon me déclare «J’aime l’are !» du père Grandet à François Pinault l’amour de l’are…

Dominique Derain a le sens de la chute et de la saillie… bien évidemment, je fais référence ici à ses mots écrits ou dits…

 

Ainsi le 26 octobre sur son mur de Face de Bouc, il s’interrogeait : 

Dominique Derain vigneron bourguignon me déclare «J’aime l’are !» du père Grandet à François Pinault l’amour de l’are…

« Voilà 20 ans que cette vigne est conduite selon les principes de la biodynamie, jolie petite parcelle de 30 ares qui va être amputé de deux tiers de sa surface par le célèbre GAEC Humbert de façon plus que douteuse. Comment comprendre, moi qui n'ai que cette vigne sur gevrey alors qu'il possède des grands crus et premiers crus et village, qu'il puisse s'intéresser de 18 ares d'appellation village. Ce n'est pas bien respectable!!! »

 

Comme vous pouvez vous en douter cette « affaire » d’ares grappillées par un « gros » voisin m’a intéressé et, profitant de sa présence au salon rue 89 qui se tenait à Lyon dimanche dernier, je me suis enquis auprès de lui des tenants et aboutissants du dossier.

 

Petits arrangements entre « amis », jalousie, envie, mesquinerie, du recuit, toute la panoplie des basses œuvres des parrains du coin…

 

«… te piquer 18 ares c’est vraiment mesquin… » lui plaçai-je à un moment dans la conversation.

 

Et Lui de me rétorquer du tac au tac…

 

- J’aime l’are !

 

Surpris, esbaudi, ravi, j’ai attrapé de suite au vol la saillie…

 

L’are qui se souvient de l’are ?

 

Petit a… en abrégé

 

Je n’ose évoquer le centiare et plus encore l’ouvrée

 

Même cette tête d’œuf de Bruno Le Maire, pourtant locataire du 78 rue de Varenne, le Ministère des Paysans, ignorait sur le plateau de Canal+ combien de mètres carrés faisait un hectare. La honte !

 

Et vous, êtes-vous si sûr de votre capacité de conversion ?

 

Passons et revenons à :

 

« Œuvre, œuvrée, ouvrée, ces trois termes sont pratiquement synonymes même si, aujourd’hui, le terme d’ouvrée reste seul vivace... » écrit Marcel Lachiver dans son dictionnaire du monde rural. « L’œuvrée, c’est ce qu’on peut travailler en un jour, et ce travail est surtout celui du vigneron, même si la mesure s’applique parfois aux prés et aux saulaies ; d’où sa faible valeur.

 

De la Bourgogne au Beaujolais, à la Franche-Comté et au Nivernais, c’est le terme d’ouvrée qui l’emporte ; en Beaujolais, on dit aussi hommée. La valeur type est de 4,28 ares pour les vignes de Bourgogne et de Franche-Comté, soit le huitième du journal, ou encore 45 perches carrées de 9,5 pieds de côté. »

 

Chez moi, en Vendée, nous comptions en boisselée « ce que peut contenir en boisseau. Une boisselée de froment. La superficie de terre qu’on peut ensemencer avec un boisseau de grains, superficie très variable » mais par exemple « à Nevers, deux hommées (équivalent de l’ouvrée) font un boisseau de 8,51 ares. »

 

Je sens que vous perdez pied et pourtant c’est l’enfance de l’are !

 

Je plaisante bien sûr mais, à la campagne, tout au fond de nos beaux terroirs, avoir du bien au soleil*, surtout posséder de la terre, des vignes, accumuler des hectares, arrondir ses propriétés, arranger des mariages, était, et reste encore, l’ambition d’une vie pour beaucoup.

 

Au prix de l’hectare dans les appellations les plus cotées de Bourgogne ça devient un sport qui n’est pas à la portée de la première bourse venue… Il vaut mieux s’appeler François Pinault que Jacques Berthomeau.

 

Rappelons qu’en 2012 celui-ci, Pinault bien sûr, a réalisé son rêve acquérir une ouvrée (4.28 ares) de montrachet tout près du Château de Puligny-Montrachet, pour l’épaisseur du trait, un petit 1 million d'euros et pour faire bon poids à ce petit pécule ajouté 2 ouvrées de grand cru bâtard-montrachet aux environs de 900 000 € chacune. Ce brave François était déjà implanté en Bourgogne au travers du Domaine Eugénie, ex Domaine Engel acheté 13 millions d'euros en 2006, à Vosne-Romanée, soit 6 hectares dont 2.5 de grands crus.

 

Dans ma Vendée crottée les chiffres étaient plus modestes mais je garde le souvenir de la rapacité du régisseur des propriétés de la famille de La Lézardière, grappillant au prix de basses manœuvres les petites borderies des alentours.

 

Souvenir aussi du père Grandet de Balzac, se constituant, grâce à de nombreuses spéculations foncières, une fortune qui n'avait d'égal que son avarice ; qui régnait en tyran sur son entourage : sa femme, sa fille unique, Eugénie, et sa servante Nanon ; qui enfermait tout à clé, et rationne toute la maisonnée…

 

« Monsieur Grandet jouissait à Saumur d’une réputation dont les causes et les effets ne seront pas entièrement compris par les personnes qui n’ont point, peu ou prou, vécu en province. M. Grandet, encore nommé par certaines gens le père Grandet, mais le nombre des vieillards diminuait sensiblement, était en 1789 un maître tonnelier fort à son aise, sachant lire, écrire et compter. Lorsque la République française mit en vente, dans l’arrondissement de Saumur, les biens du clergé, le tonnelier, alors âgé de quarante ans, venait d’épouser la fille d’un riche marchands de planches. Grandet alla, muni de sa fortune liquide et de la dot, muni de deux mille louis d’or, au district, où, moyennant deux cents doubles louis offerts par son beau-père au farouche républicain qui surveillait la vente des domaines nationaux, il eut pour un morceau de pain, légalement, sinon légitimement, les plus beaux vignobles de l’arrondissement, une vieille abbaye et quelques métairies. »

 

« Les habitants de Saumur étant peu révolutionnaires, le père Grandet passa pour un homme hardi, un républicain, un patriote, pour un esprit qui donnait dans les nouvelles idées, tandis que le tonnelier donnait tout bonnement dans ses vignes. Il fut nommé membre de l’administration du district de Saumur, et son influence pacifique s’y fit sentir politiquement et commercialement. Politiquement, il protégea les ci-devants et empêcha de tout son pouvoir la vente des biens des émigrés ; commercialement, il fournit aux armées républicaines un ou deux milliers de pièces de vin blanc, et se fit payer en superbes prairies dépendant d’une communauté de femmes que l’on avait réservée pour un dernier lot. »

 

« Sous le Consulat, le bonhomme Grandet devint maire, administra sagement, vendangea mieux encore ; sous l’empire, il fut monsieur Grandet. Napoléon n’aimait pas les républicains : il remplaça M. Grandet, qui passait pour avoir porté le bonnet rouge, par un grand propriétaire, un homme à particule, un futur baron de l’Empire. M. Grandet quitta les honneurs municipaux sans aucun regret. Il avait fait faire, dans l’intérêt de la ville, d’excellents chemins qui menaient à ses propriétés. Sa maison et ses biens, très avantageusement cadastrés, payaient des impôts modérés. Depuis le classement de ses différents clos, ses vignes, grâce à des soins constants, étaient devenues la tête du pays, mot technique en usage pour indiquer les vignobles qui produisent la première qualité de vin. »

 

« M. Grandet obtint alors le nouveau titre de noblesse que notre manie d’égalité n’effacera jamais : il devint le plus imposé de l’arrondissement. Il exploitait cent arpents de vignes, qui, les années plantureuses, lui donnaient sept à huit cents poinçons de vins. Il possédait treize métairies, une vieille abbaye, où, par économie, il avait fait muré les croisées, les ogives, les vitraux, ce qui les conserva ; et cent vingt-sept arpents de prairies où croissaient et grossissaient trois mille peupliers plantés en 1793. »

 

De nos jours l’amour de l’are est toujours aussi vivace, surtout dans les grands crus, mais il n’est pas insolent de se poser la question : est-ce vraiment de « l’are pour l’are » ?

 

La théorisation de « l'art pour l'art » est attribuée à Théophile Gautier (1811–1872). Elle apparait dans la préface de Mademoiselle de Maupin en 1834 :

 

« À quoi bon la musique ? À quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel, et Michel-Ange à l’inventeur de la moutarde blanche ? Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut ne servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, [...] Je préfère à certain vase qui me sert un vase chinois, semé de dragons et de mandarins, qui ne me sert pas du tout. »

 

Comme le disait Franck Zappa « L’art consiste à faire quelque chose de rien et ensuite à le vendre. »

 

Et pour faire bonne chute Derain je prends l’are et la manière de faire de l’affaire Humbert un dossier exemplaire…

 

* Locution proverbiale devenue expression française dont les origines remontent au début su XVIIème siècle dont la signification semblerait simple mais qui poserait problème quant à l’interprétation du mot soleil selon divers auteurs. Pour certain, le terme soleil ferait référence à l’époque de Louis XI, où il existait des écus d’or appelés écus du soleil car ornés d’un petit soleil. Il se pourrait aussi que le terme soleil prenne le sens d’une position sociale enviable avec la référence aux pièces de monnaie appelés couronne assez pesants et qualifier ces pièces comme étant au soleil leur attribuait une sorte de supériorité sur les autres pièces. De ce fait le soleil va définir ce qu’il y a de meilleur.

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 06:00
Oui, j’avoue, j’ignorais l’existence du Préfou mais, faute avouée est à demie pardonnée, extase, épectase, longue suite de râles de plaisir aux exhalaisons aillées dissipées par les fragrances de vins de Vendée…

Titre caractéristique d’un pur produit de « l’enseignement libre » élevé à la Mothe-Achard, au lieu-dit le Bourg-Pailler et qui ne l’a quitté que pour aller faire sa philo à l’Amiral Merveilleux du Vignaux aux Sables d’Olonne. À noter que, dans cette honorable institution j’ai obtenu, entre autres prix, celui de catéchisme:j’étais très disser à propos de la méthode Ogino très appréciée par le clergé.

 

J’aurais pu titrer, à la manière de Salvador Dali : « Je suis fou du Préfou Vendéen » mais mon front se serait couvert de honte suite à une telle menterie.

 

La révélation de l’existence du Préfou Vendéen m’a été faite, non à Massabielle mais plus prosaïquement par l’Almanach Gourmand 2016.

Oui, j’avoue, j’ignorais l’existence du Préfou mais, faute avouée est à demie pardonnée, extase, épectase, longue suite de râles de plaisir aux exhalaisons aillées dissipées par les fragrances de vins de Vendée…

Couvert de honte j’étais bien embêté : où allais-je trouver ce fameux Préfou pour le goûter ?

 

Après avoir tourné la question dans tous les sens je me suis résigné à avouer mon ignorance à l’ambassadrice des Fiefs Vendéens à Paris, bordelaise de surcroît.

 

Elle a beaucoup ri, puis en trois coups de cuillère à pot elle a réglé mon affaire de Préfou et du vin qui va avec…

 

Rasséréné je puis maintenant vous dire ce qu’est le Préfou Vendéen.

 

Le Préfou est constitué d’un pain peu levé garni d’un hachis d’ail frais et de beurre salé, que l’on déguste chaud à l’apéritif ou avec un gigot en période de fête. Selon ma source il puise ses origines dans la région de Fontenay-le-Comte et même que la légende dit que le préfou serait né au fin fond du sud de la Vendée, dans le village de Fontaines.

 

Mon ignorance crasse souffre d’au moins une excuse majeure, mon cher beau-frère, gros vendeur de machines agricoles à Antigny, donc tout près du nid du préfou (une vingtaine de km) ne m’en a jamais proposé.

 

Il faut dire qu’à l’époque où j’allais réviser mon bachot, le préfou était une spécialité fort confidentielle. En effet c’était au temps où les fours des boulangers n’étaient pas équipés de thermostat pour régler la température. Le boulanger mettait donc à cuire un morceau de pâte à pain, aplati sur une tuile à l’entrée du four afin d’en apprécier la température avant de cuire la fournée. Ce morceau de pâte était retiré avant même qu’il ne soit doré. Ouvert en 2, frotté à l’ail frais, tartiné de beurre salé, poivré, il était mangé encore chaud.

 

Le préfou tomba dans l’oubli avec l’apparition du thermostat. Il resurgit dans les années 80 à l’initiative de quelques boulangers puis gagna l’ensemble de la Vendée. J’étais alors loin d’elle.

 

Et comme je ne suis pas un adepte de la GD je n’ai pu y découvrir le préfou industrialisé de la société PASO traiteurs à Olonne-sur-Mer qui le décline selon les régions, en tartiflette, au maroilles, au thon, à la provençale, au chorizo, etc…

 

Pour que vous sachiez tout sur le préfou je me dois de vous dire que le record du monde su plus grand préfou, établi en 2012, dans la commune d’Ardelay mesurait 4,60 m, pesait 60 kg et était tartiné avec un mélange de 15 kg de beurre et de 4 kg d’ail.

 

Me restait à goûter ce fameux préfou.

 

Mon Préfou à moi est donc arrivé, par la grâce de qui vous savez, tout droit de Vendée, par porteur, tout frais fabriqué par un boulanger des Sables d’Olonne et déposé dans le petit Terrier du haut de Ménilmontant.

Oui, j’avoue, j’ignorais l’existence du Préfou mais, faute avouée est à demie pardonnée, extase, épectase, longue suite de râles de plaisir aux exhalaisons aillées dissipées par les fragrances de vins de Vendée…

Après un séjour au four, bien doré, le petit préfou fut offert, tronçonné en bouchées croustillantes, à l’appétit féroce de 5 filles, dont l’une folle du préfou, et de votre serviteur.

 

Extase, épectase, ce ne fut qu’une longue suite de râles de plaisir, le premier préfou, y’en avait deux, fut vite porté disparu. Son frère jumeau dans la foulée subit le même sort : englouti par des bouches avides et sensuelles…

 

Encore !

 

Supplique aux exhalaisons aillées dissipées par les fragrances de vins de Vendée :

 

  • L’Almanach Gourmand a jeté son dévolu sur la star Thierry Michon
Oui, j’avoue, j’ignorais l’existence du Préfou mais, faute avouée est à demie pardonnée, extase, épectase, longue suite de râles de plaisir aux exhalaisons aillées dissipées par les fragrances de vins de Vendée…
Oui, j’avoue, j’ignorais l’existence du Préfou mais, faute avouée est à demie pardonnée, extase, épectase, longue suite de râles de plaisir aux exhalaisons aillées dissipées par les fragrances de vins de Vendée…
  • Du côté des blancs le choix peut aussi se porter sur la cuvée M les Arums 2014 du vignoble Mercier
Oui, j’avoue, j’ignorais l’existence du Préfou mais, faute avouée est à demie pardonnée, extase, épectase, longue suite de râles de plaisir aux exhalaisons aillées dissipées par les fragrances de vins de Vendée…

Voilà la messe est dite, avant de vous quitter sachez qu’il existe une association « Les amis du préfou » dans la commune de sa présumée naissance : Fontaines. 

 

Vous pouvez aussi lire Le préfou de Vendée par Marie-France Thiery.

Oui, j’avoue, j’ignorais l’existence du Préfou mais, faute avouée est à demie pardonnée, extase, épectase, longue suite de râles de plaisir aux exhalaisons aillées dissipées par les fragrances de vins de Vendée…
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 06:00
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…

Si j’étais en âge de fonder une start-up, au lieu de me précipiter là où tous les petits génies de l’Internet se bousculent, je relancerais la vente du vin en barriques livré à domicile avec un kit de mise en bouteilles.

 

Une barrique dans le salon, quel must !

 

Et puis, quel plaisir que de mettre son vin dans des bouteilles, de le boucher, de coller de belles étiquettes dessinées par le petit dernier dans le cadre des activités périscolaires ou par votre beau-frère qui se prend pour Renoir.

 

Sus aux affreux cubitainers ou autres outres bag-in-box, de l’authentique, du naturel…

 

Bref se serait tout à fait raccord avec la tendance du c’était mieux avant.

 

En effet, souvenez-vous des plaisirs de la mise en bouteille racontés par votre père ou votre grand-père, « à la lueur tremblotante d’une bougie, dans une cave humide, mal installé sur un tabouret bancal… On sortait de là courbaturé pour 8 jours. »

 

Ce n’est pas moi qui rapporte de tels propos mais le faiseur de réclame de l’une des premières marques de vin : POSTILLON dans l’agenda de 1931.

 

 

L’emblème est pompé sur la Une de l’Evening Post signée par Norman Rockwell.

 

Lorsque je suis arrivé sur le charmant port de pêche de Gennevilliers, en 1986, siège de la Société des Vins de France, je fus affecté aux services des achats dont le directeur était Jean Chatras, un ancien de la maison Postillon. C’était un véritable archiviste du commerce du vin et il aurait fallu sauvegarder ses cahiers.

 

Un poil d’histoire, « En 1862 à Narbonne (Aude), Gabriel Gerbaud, fabricant de barriques, crée une société de négoce spécialisée dans les Corbières, qui n’étaient alors que de modestes vins de table. Celui-ci, eut l’idée de se passer de l’intermédiaire des courtiers et de faire de l’expédition directe de la propriété à la clientèle de détail.

 

À la veille de la Première Guerre Mondiale, les vins de la Maison Gerbaud avaient acquis une solide réputation jusqu’à Paris. Antoine Gerbaud, le fils du fondateur, vend l’affaire à Antoine Combastet, un corrézien monté à Paris. La nouvelle société, d’abord « Ancienne Maison Gerbaud » fusionna ensuite avec « La Vinicole » basée à Charenton, puis avec « Les vins des Trois Comètes ».

Source : Cepdivin

 

 

« Cette photo pour le moins insolite est un détail de l’enseigne de l’usine du Postillon, entreprise de négoce en vins, installée sur les quais d’Ivry-Port jusqu’en 1967. Le personnage de référence de la société représentait un « postillon » botté et portant chapeau. Il rappelait les origines d’Antoine Combastet, fondateur de la société qui, selon la légende, descendait d’une famille de conducteurs de diligence.

 

Une reproduction de cette enseigne a été peinte sur le pignon nord des logements sociaux construits en 2005 sur l’ancien site de l’entreprise, 55/61 avenue Paul Vaillant-Couturier. »

 

 

Reprenons le fil de la réclame de celui qui se fait passer pour un descendant des Gerbaud : « Je vis, après guerre, (ndlr celle de 14-18) se modifier le marché des vins. Le consommateur, délaissant les encombrantes provisions, achetait au jour le jour.

 

Adieu, les bonnes caves bourgeoises d’autrefois ! Le consommateur n’en voulait plus, il ne voulait plus se donner la peine de dorloter ses vins, et chose extraordinaire, il devint de plus en plus exigeant.

 

Ce qu’il ne voulait plus faire, d’autres le firent pour lui.

 

C’est alors que je vis fleurir – ou plutôt pousser comme des champignons – des firmes spécialisées qui ne vendaient que des vins au grand dam des épiciers, fruitiers, bars et marchands de vins pris au dépourvu par cette évolution.

 

Le détaillant isolé n’avait pas assez e place pour emmagasiner et pas assez de temps pour soigner du vin pour ses clients.

 

Sans parler de la difficulté de s’assurer une qualité constante et bonne, aurait-il eu des moyens financiers assez puissants pour constituer de tels stocks ?

 

Bref, les choses en étaient là, lorsque papa Gerbaud me donna du galon.

 

Promu grand manitou, je fus aux prises avec des problèmes de vente près desquels le tunnel sous la Manche n’est que de l’enfantillage.

 

Je me suis gratté le haut du crâne, j’ai mis devant moi une bonne bouteille et un verre, et tout bonnement… j’ai réfléchi.

 

D’un côté, la firme spécialisée, disposant des moyens ; de l’autre côté, la masse des petits détaillants impuissants à lutter faute d’organisation et de moyens.

 

Il fallait, pour le plus grand bien du consommateur, rétablir l’équilibre.

 

Que le détaillant puisse être livré souvent, afin de lui éviter stock encombrant et gros débours d’argent, qu’il puisse pour la constance de la qualité et le prix, se reposer sur une organisation puissante, et le tour serait joué.

 

Restait à trouver cette organisation. Elle était là, sous ma main.

 

La maison Gerbaud n’était-elle pas fin prête à entrer dans la danse ?

 

Postillon mon garçon, tu seras l’ami du détaillant, tu renonceras à toute vente directe au consommateur, tu livreras tes vins aux détaillants deux fois par semaine, régulièrement, sans à-coup, tu iras acheter pour eux les meilleurs vins, dans les bons coins que tu connais, tu les soigneras toi-même, tu t’attacheras à la constance de la qualité, tu ne vendras que du nec plus ultra. »

 

Beau morceau qui remet en perspective ce qu’était le vin totem cher à Roland Barthes.

 

La marque Postillon fut dans les années 70 détrônée par Préfontaines la marque-phare de la SVF…

Emilio Vila (1887–1967) www.artnet.com/
Emilio Vila (1887–1967) www.artnet.com/

Emilio Vila (1887–1967) www.artnet.com/

« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…

Saga Postillon, le bon vin bien de chez nous

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, « Je croyais que c'était le PS qui soutenait le gouvernement, pas le Medef… » Juppé se lâche…

« À nous deux maintenant ! »

 

Telle une marmotte sortant d’une longue hibernation l’heure était venue pour moi de remettre le nez dehors, de réactiver mes réseaux en sommeil, de trouver le bon angle pour réussir mon retour, je passai donc mon week-end en solitaire à élaborer ma stratégie. Il me fallait, en priorité, trouver un point de chute qui cadre bien avec l’esprit de ma nouvelle mission. À Paris, comme dans tous les lieux de pouvoir, et sans doute plus encore dans cette capitale autrefois enserrée dans des fortifications où le peuple a été rejeté en banlieue, l’habitat a toujours été un marqueur social fort. Mon choix ne pouvait donc se limiter à l’alternative très clivante entre les beaux quartiers momifiés de l’Ouest des nouveaux et des anciens riches et les arrondissements populaires du Nord où la gentrification galopait. Il me fallait trouver une zone mixte, sans grand relief, un quartier en lisière, oublié mais vivant ; un village. Du café et du tabac, j’étalais sur ma table un vieux plan de Paris et je restais un long moment à le contempler sans que mon regard ne se fixât sur un lieu précis. Ronde de nuit, boulevards de ceinture, je divaguais, me laissais aller à égrener mes souvenirs. Sans que je n’y prenne garde, une évidence s’installait : retrouver le temps heureux où je m’étais retrouvé « jardinier à Sainte-Anne ».

 

« Mon point de chute à Paris je le connaissais car j’y avais déjà séjourné par la passé lorsqu’après l’exécution d’Aldo Moro par les Brigades Rouges en 1979 certains dans la Grande Maison voulurent me faire porter un chapeau bien trop large pour moi.(…)

 

L’heure était venue d’aller faire une dernière virée sur la lagune. Matteo pilotait la vedette avec une science toute vénitienne faite d’accélérations soudaines et de décélérations suivies de longs sillages en inertie. Pelotonnés à l’arrière, enveloppés dans un plaid, ma future bonne et moi, profitions de cette dernière échappée belle. C’est en passant sous le pont du Rialto que je l’informai de mon futur point de chute « je vais me placer comme jardinier à Sainte-Anne… »

 

Chap. 13 placé comme jardinier à Sainte-Anne… J’écrivais cela en janvier 2014.

 

« Comme tous les jours depuis que nous nous sommes réfugiés à Sainte Anne je me suis levé de bonne heure, Adeline aussi, un peu avant moi pour préparer le jus d’orange et le café. Emmitouflés dans nos gros pulls, silencieux, nous aimons cet instant où, assis sous la loupiotte jaunasse de la cuisine, pelotonnés l’un contre l’autre, le nez au-dessus de nos bols fumants, nous sortons de la ouate du sommeil. Ça peut paraître idiot mais c’est un moment de pur bonheur que ce sentiment de renaître chaque jour à la vie. J’aime dormir. Je dors comme un bébé. L’insomnie connais pas ! Je rêve comme tout le monde sans doute mais je n’ai aucun souvenir de mes rêves sauf d’un qui m’assaille dans les moments de forte tension. À mon âge, et même si Adeline déteste que je fasse référence à mon âge, mon sentiment de finitude me rend serein. Chaque jour qui naît est un beau jour. J’adore le café brûlant. C’est mon premier choc du jour alors que le jus d’orange se contente d’ouvrir la voie. Nous faisons rarement l’amour le matin, sauf si nous nous offrons une grasse matinée, mais très souvent au cœur de la nuit et c’est toujours Adeline qui en prend l’initiative. S’épandre en elle dans le cocon de la nuit ajoute à ma plénitude. Je suis bien. Le matin mon estomac refuse toute nourriture solide alors je m’installe à ma table de travail pour écrire. Lorsque mon estomac crie famine, avec une régularité de métronome, je le calme avec un vrai déjeuner. Adeline me sert. J’adore me faire servir c’est reposant. Pourtant je fais souvent la cuisine, ça me détends. Nous papotons. »

 

J’appelai sitôt Adeline qui me répondait. Elle était heureuse de m’entendre. Oui les enfants allaient bien. « Tu sais, je te suis à la trace. Il faudra que nous dînions ensemble un de ces quatre…

 

- Et si nous déjeunions de suite…

- En voilà une bonne idée mon grand…

 

Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à Amarante. Elle était tout en beauté. Nous nous embrassions. Toujours aussi pétulante, à peine assise, elle me taquinait :

 

- Comment s’appelle ton dernier amour fou ?

 

- Secret d’État !

 

- La belle Persane t’en a fait voir de toutes les couleurs…

 

- Oui…

 

- Et tu n’es pas vacciné…

 

- Non...

 

- Tu es touchant mon grand c’est pour ça que nous t’aimons…

 

- Représentante du Syndicat des femmes aimées…

 

- Choisi le vin au lieu de dire des conneries !

 

Et c’est ainsi que j’ai trouvé le point de chute dont je rêvais : la maison de Michel H, rue de l’Aude dans le 14e arrondissement. C’est une impasse, on y accède par un escalier depuis l'avenue René-Coty tout comme la rue des Artistes qui la coupe. Patrick Modiano y a situé, au numéro 28, l'adresse de ses narrateurs dans L'Horizon (2010) et L'Herbe des nuits (2012).

 

« Le 28 rue de l’Aude, où Jean loue une chambre dans L’Herbe des nuits, était déjà l’adresse de Jean Bosmans, le personnage central du précédent roman de Modiano, L’Horizon. Ces deux Jean logés dans le même petit immeuble, près du parc de Montsouris, sont-ils un seul et même homme, pris à deux moments différents de sa vie ? Quelles relations entretiennent-ils avec Patrick Modiano, dont le premier prénom est justement Jean ? Jean Patrick Modiano a-t-il habité lui aussi à cette adresse ? »

 

Michel H pourrait être un personnage de Modiano, ambiguë, collègue de DSK, flambeur, amateur d’art contemporain, de pur-sang et de belles filles. Sa maison est à son image, biscornue, pleine de coins et de recoins, mystérieuse. Entre lui et moi, le lien est fort et ancien, il a pour nom : la Santé ; Michel accepta sans même discuter. Le surlendemain j’étais dans la place. À peine avais-je réceptionné mes cartons je recevais un SMS d’Adeline « Elle est vraiment très séduisante ta nouvelle conquête, je viens de la croiser, elle te va bien, et plutôt que de l’appeler Elle, appelle là L… Baci »

 

Toujours la même, je riais tout en installant mon bureau dans le patio, sous la verrière, au milieu des plantes vertes et des plantes grasses. La perspective de recevoir, en ce lieu à la fois provincial mais si parisien, la « volaille qui fait l’opinion » me mettait en extase. Nous allions les soigner bien comme il faut, mon ami Alessandro tiendrait les fourneaux, je m’occuperais du vin, et ma très chère L jouerait à merveille son rôle de maîtresse de maison. Jouer fin, amorcer les conversations avec justesse et détachement, lâcher au bon moment une info, prendre le ton de la confidence, appâter ces coqs de basse-cour, vaniteux et stupides, bien connaître leurs travers, leurs obsessions, leurs failles. Les piéger pour les tenir à ma merci ne laissait aucune place à l’improvisation, je devais apparaître à leurs yeux comme un homme de haute influence, informé de tout, proche des puissants de ce monde. Mon irruption sur la scène, après avoir disparu des écrans radar, devait être crédible. J’avais passé mon dimanche après-midi à reprendre contact avec les 2 ou 3 parrains de la place, à qui j’avais par le passé rendu des services éminents, pour qu’ils m’adoubent à nouveau. Les sms sont une invention fantastique car ils permettent, à la condition bien sûr de posséder les bons numéros, de pratiquer une intrusion non intrusive, en douceur. En effet, votre interlocuteur peu vous ignorer, ou vous faire languir, ou bien encore vous répondre de suite. Test révélateur de l’intérêt que l’on vous porte. Ma capacité de nuisance alliée à ma discrétion fit qu’ils me répondirent avec une célérité qui me combla d’aise. Ils étaient tous trois à la chasse. Ils m’appelèrent de leur voiture. Nous bloquâmes des dates.

 

Avant d’aller dîner avec L. je fis un saut à l’Écume des pages pour faire une razzia de livres.

 

La bio de FOG m’occupa toute la nuit, un véritable bijou « la politique suscite chez lui une fascination dégoûtée. Il renifle une odeur de purin, mais il aime le purin. »

 

J’allais patauger dans le purin.

 

En attendant ce moment délicieux, ha ! les odeurs de mon enfance, je continuais d’emmagasiner, tel une fourmi précautionneuse, des infos, des petites phrase…

 

Voir Poutine … et après ?

 

« Et surtout évitons entre nous les leçons de gaullisme revisité ! Personne ne peut dire ce que De Gaulle aurait fait dans les circonstances actuelles. La seule certitude, c’est que la France ne se serait mise ni dans la roue des Américains, ni dans celle des Russes. Elle aurait eu sa ligne. »

 

Juppé blogueur

 

Et voilà que Marianne, par l’odeur du Juppé alléché, se rallie au vent dominant, en titrant « Juppé, le candidat du moindre mal »

 

« C'est un air que le peuple de gauche reprend avec de plus en plus d'entrain. Et si l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac devenait un bon candidat... par défaut? En juillet dernier, un sondage Ifop révélait d'ailleurs que près d'un quart des électeurs de François Hollande en 2012 étaient prêts à voter Juppé en 2017 ! Une simple « tendance » certes, mais suffisamment significative pour susciter l'inquiétude au Château où l'entourage de François Hollande ne cache plus sa crainte de voir le maire de Bordeaux participer à la présidentielle de 2017. « C'est une évidence que le président de la République préférerait avoir Nicolas Sarkozy comme adversaire, qu'il peut utiliser comme un repoussoir, plutôt qu'Alain Juppé, qui mord à fond sur les sympathisants centristes », explique, en off bien sûr, un ministre socialiste. Désormais, nul ne peut plus ignorer l'attrait qu'exerce Alain Juppé sur les sympathisants de gauche. Comme si, lassés par les mensonges, les atermoiements et les petites lâchetés de François Hollande, ces électeurs déboussolés étaient disposés à se tourner par dépit vers un sauveur venu de la droite...

 

Car l'ancien Premier ministre n'intéresse pas uniquement les tenants de la « réforme » orphelins de Strauss-Kahn et les fans de Macron. Même les électeurs les plus à gauche se disent aujourd'hui que, pour renverser la table du statu quo imposé par la mollesse d'un François Hollande, Juppé pourrait donner un bon coup de balai républicain... Un peu comme François Bayrou en 2007. »

 

Et ce pauvre petit Hamon, renégat du rocardisme, qui se désespère : « Juppé, c'est un homme de droite. Macron, c'est un homme de gauche. Pourtant, ils disent la même chose. Ils sont en réalité dans le même camp. Celui des élites qui partagent une même vision de la société et des orientations politiques. C'est finalement juste une question de dosage. »

 

Et le Mélanchon, qui ne rate jamais une occasion de se taire, se fait renvoyer sèchement dans ses 18 mètres par Christian Ingrao, historien du nazisme et chercheur au CNRS.

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier à l’éditrice de la maison Fayard, Sophie Hogg, lui demandant de renoncer à l’édition de Mein Kampf et en tant qu’historien du nazisme, je voudrais vous apporter quelques éléments de réflexion.

 

Mais la cerise sur le gâteau c’est, en son pays breton, ce foudre de guerre de « Doudou » chef de guerre et marchand de canons exceptionnel qui est en passe d’être … canonisé vivant par des socialistes… J’ai nommé Jean-Yves Le Drian : un beau cas d’école « Cet enfant du peuple, lui, a conservé la modestie fraternelle de sa jeunesse étudiante chrétienne, et fait de l’humilité une règle. » 

 

Pour finir, deux affaires à suivre :

 

  • Le minuscule diverticule de droite du vieux Parti Radical, adoptant les bonnes vieilles pratiques du PCF au temps du rideau de fer, a annoncé le jeudi 29 octobre avoir exclu de ses rangs Rama Yade en raison de certaines « prises de position » et de « propos de nature à nuire au parti ». Jeune pousse de la Sarkozie, 38 ans, administratrice du Sénat, mère d'une petite fille et fille de diplomate, « très ambitieuse » et accusée de faire des « caprices » est donc en train de vivre une descente en enfer « Rama, elle a une place à prendre mais souvent elle se dessert elle-même » 

 

  • Fabius père et fils: « l'ignominie du FN : Ils sont nombreux, les gogos, y compris parmi les « élites » dites « éclairées », qui veulent croire, pour d'obscures raisons d'ailleurs, au ripolinage du Front National, à l'authentique conversion républicaine de ses nouveaux dirigeants. Non sans fierté, nous revendiquons d'appartenir à ces derniers « sectaires », dénoncés d'ailleurs comme « bien-pensants » par les nouveaux « bien-pensants », meuniers « sectaires » donc qui n'y croient pas. Les faits, jour après jour, nous donnent raison, mais il n'est pas de bon ton de le souligner, surtout en cette période où la « réac academy » fait tant d'audience. Mais la bassesse de l'extrême-droite est décidément sans limite, Nous contraignant malgré le dégoût à la réaction, au coup de gueule, à la dénonciation. 

 

Du purin…

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 06:00
Le PLM-Saint-Jacques : «Je rêvais, à cette époque, et je n’étais pas le seul, d’un parti qui fût simultanément pour l’Etat et la société. Et bien, François Mitterrand m’a fait faire, en politique, un progrès considérable : je ne rêve plus.»



Lui au 17, moi au 24 du boulevard Saint-Jacques chaque jour sa face blanche et plate, percée uniformément de rectangles vitrés en quinconce, est mon arrière-plan ; entre nous deux le métro aérien sur pneus de la ligne 6 reliant la station Saint-Jacques à celle de Glacière dans sa cage d’acier cernée d’une futaie.

 

Mon toit

 

« Le treizième arrondissement, jusqu'à sa lisière avec le quatorzième, fut un haut lieu industriel. Quelques bâtiments ont survécu, comme ceux de la Sudac, des Grands Moulins de Paris ou de Panhard et Levassor. Beaucoup ont totalement disparu, notamment autour de la place d’Italie, remplacés par les grands immeubles et les tours qui ont poussé en masse dans les années 1960-1970.

 

 

Témoins, les deux usines des lits Pardon. La plus ancienne était située entre les numéros 7 et 19 du boulevard Saint-Jacques, à l’emplacement d’une partie de l’ancienne Fosse aux Lions, une carrière à ciel ouvert devenue vers 1850 un refuge de pauvres gens. La manufacture « A. Pardon » ouvrit à la fin du dix-neuvième siècle. On y fabriquait des « lits en fer creux émaillés au feu », mais la gamme s’élargit peu à peu, allant des meubles en fer aux articles de jardin en passant par des urnes électorales, des appareils de chauffage et du matériel pour hôpitaux.

 

Quelque 200 personnes travaillaient sur place vers 1905. Le site fut ensuite agrandi en récupérant des terrains rue Fergus. Une carte postale de l’époque montre le métro aérien et, derrière, une série de grandes halles industrielles ainsi que de plus petits bâtiments : l’usine Pardon. »

 

Un blog pour explorer le Paris industriel Denis Cosnard journaliste au Monde Des lits Pardon au Marriott Saint-Jacques 

 

Érigé à partir de 1969, à l’initiative du groupe PLM et de la Banque Rothschild sur l’emplacement de l'une des deux fabriques de lits Pardon, il se veut le symbole de l'hôtellerie moderne en France. En effet, depuis les années 1930, aucun hôtel de luxe de plus de 500 chambres n'avait été construit au cœur de Paris. Conçu par l'architecte Pierre Giudicelli et ouvert en 1972 sous le nom de PLM Saint Jacques il faisait figure à l'époque d'hôtel le plus moderne du monde.

 

Précurseur de l’hôtellerie d’affaires, le PLM Saint Jacques est au niveau mondial le premier hôtel entièrement informatisé (un système informatique IBM pour la réservation des chambres unique au monde) et doté des ascenseurs les plus rapides. L’hôtel abrite également un Centre de Convention de 1000 places s’étendant sur plus de 3000 m2, et compte de nombreuses boutiques de luxe, un cinéma portant le nom de son parrain, l’acteur Jerry Lewis, ainsi que l’un des tout premiers restaurants Japonais de Paris, le mythique « Jun ».

 

Dès son ouverture, l’Hôtel devient le rendez-vous chic et branché de nombreux artistes, écrivains, acteurs, personnalités du spectacle, grands couturiers, designers et autres créateurs de tendances, à l’image de Samuel Beckett qui vient régulièrement écrire à l’hôtel, ou encore des figures du show-business comme Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc. En 1973, le cinéaste Jean-Pierre Melville est décédé des suites d'une attaque cérébrale survenue dans le restaurant de l'hôtel PLM Saint-Jacques.

 

La chronique de la haine ordinaire 43 du 18 février 1986 de Pierre Desproges intitulée « Lady PLM » fait référence au PLM Saint-Jacques.

 

Samuel Beckett, Waiting for Godot

 

« Paris : The crucible in which Samuel Beckett's reading turned into writing [...] In 1936 Samuel Beckett moved into the Hotel Libéria. After a stabbing incident, he remet Suzanne Deschevaux-Dumesnil. In 1937 they moved to a seventh-floor studo at 6 Rue des Favorites, in the 15th arrondissement. They lived there until 1961, when SB moved to his final address, a purpose-built flat in the 14th at 38 Boulevard St. Jacques, near the "Falstaff" and "hygienic anonymity" of the Bar Américain in the Hŏtel PLM, where he often met visitors.”

 

Simone Veil Jacques Chirac And Alain Juppe At Plm St Jacques For 100 Clubs 89 Meeting

 

L’hôtel change plusieurs fois de propriétaire et de nom : Pullman Saint-Jacques, Sofitel Paris Saint-Jacques et Sofitel Paris Forum Rive Gauche. Dès juillet 2006, Marriott International engage une importante phase de rénovation. Avec 40 millions d’euros de budget, il s’agit de l’un des plus importants projets de rénovation d’hôtel entrepris en France. La célèbre Agence Londonienne de Designers Mackenzie & Wheeler offre à l’hôtel son concept exclusif « Business Chic » et un design très 70’s, tel un clin d’œil à son passé. En Mai 2007 l’hôtel devient officiellement le Paris Marriott Rive Gauche Hotel & Conference Center. Il est inauguré en Mai 2007 par le Maire de Paris, l’Ambassadeur des Etats-Unis et M. J.W Marriott Jr.

 

 

Souvenirs, lors de sa candidature à la présidentielle, Balladur était venu y déjeuner car l’APCA : l’assemblée permanente des chambres d’agriculture, y tenait son assemblée. J’étais à côté de Raymond Lacombe qui, avec son merveilleux accent rocailleux de l’Aveyron, m’interrogea « Delors, il va se présenter ? ». Ma réponse négative, « Delors n’aime pas les élections, sa seule tentative à la mairie de Clichy fut une catastrophe, il a tenu que quelques mois… » le plongea dans une réelle affliction, Balladur alors au zénith des sondages n’était pas vraiment sa tasse de thé.

 

Anecdote, il m’est arrivé, lorsque mon Internet du temps de Noos avait des ratés, de me connecter sur celui de l’hôtel en mentionnant un numéro de chambre fantaisiste.

 

Mais, comme je suis un coquin, si j’évoque ce matin le PLM-Saint-Jacques englouti c’est que les 12 et 13 octobre 1974 dans la foulée de la dynamique de bon score de François Mitterrand à l'élection présidentielle de mai 1974 s’y sont tenues Les Assises du socialisme qui ont permis l’entrée au PS de nombreux militants de la direction du Parti socialiste unifié comme Michel Rocard et Robert Chapuis, du syndicat CFDT comme Jacques Chérèque et Pierre Héritier, et de militants divers (Vie nouvelle, Groupes d'action municipale, Objectif socialiste, etc.)

 

The French Secretary-General of the socialist party François MITTERRAND and the French politician Michel ROCARD. 1974. - Guy Le Querrec

 

"Assises du socialisme". From left to right: French politicians Regis DEBRAY, Gaston DEFERRE, Pierre MAUROY, François Mitterrand

 

Les Assises du socialisme ou l’échec d’une tentative de rénovation d’un parti 12 et 13 octobre 1974 par François Kraus 

 

«Je rêvais, à cette époque, et je n’étais pas le seul, d’un parti qui fût simultanément pour l’Etat et la société. Et bien, François Mitterrand m’a fait faire, en politique, un progrès considérable : je ne rêve plus.»

 

Cette remarque quelque peu désabusée d’Edmond Maire, l’ancien secrétaire général de la C.F.D.T., traduit bien à la fois le désir d’une prise en compte politique des aspirations sociétales qui, à la suite de la campagne présidentielle de mai 1974, a suscité le lancement du projet d’Assises du socialisme, et le désenchantement que ce projet a, par la suite, engendré au sein de ses plus vifs partisans.

 

« Le choc culturel, l’ostracisme et les différentes manœuvres auxquels sont confrontés les nouveaux venus amorcent un phénomène rapide de désengagement, qui tend à accroître la désaffection et la défection de réseaux sociaux, dont l’aspiration initiale à un médiateur politique plus crédible impliquait une mutation profonde du P.S. et non une simple «couche de peinture idéologique» aux couleurs de l’autogestion. »

Sans faire ni dessin, ni lien, mais entre le PS qui se délite faute d’une réelle colonne vertébrale en phase avec la société et le parti de Sarkozy qui change de nom comme de chemise, je vois dans le destin du PLM Saint-Jacques un symbole de la désagrégation de notre vie publique.

 

Bon dimanche à vous.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 08:40
Henrik de Danemark « vigneron ingrat qui n'a même pas pris la peine d'apprendre le danois passe son temps au château de Cayx dans le Lot à fabriquer du vin ordinaire qui ne se vend qu'au Danemark. »

Désolé ce matin je vous sers un petit écho style Closer même si le prince consort Henrik de Danemark a reçu Stéphane Bern, pour Le Figaro seul journal encore lisible selon un naturiste un peu trop porté sur les vins nus, au château de Cayx, dans le Lot, où il a achevé les vendanges de son domaine viticole.

 

Marié depuis 1967 à la reine Margrethe II, il n'oublie pas ses racines françaises et porte fièrement sur sa veste les insignes de grand-croix de la Légion d'honneur. » et il déclare «J'enrage de voir la langue française maltraitée»

 

« L’état de la langue française me déprime, je suis atterré lorsque j’écoute la radio ou la télévision. Je suis engagé dans sa défense, j’enrage de la voir maltraitée et je constate avec effroi que ceux qui refusent les anglicismes ou les facilités de langage sont considérés comme des ploucs. Au Danemark aussi, le français perd sa place. Il y a même des Français qui font exprès de parler anglais aux Danois qui maîtrisent le français ! Je vois des Français qui parlent anglais avec mon épouse alors qu’elle est parfaitement francophone et qu’elle est mariée à un Français depuis cinquante ans ! Tout le monde a renoncé, même les parents qui n’osent plus reprendre leurs enfants lorsqu’ils commettent des fautes. »

 

Le Bern toujours friand de confidences lui demande : « Vous arrive-t-il encore de souffrir de cette position délicate de prince consort ? »

 

Le Henrik se lâche :

 

« Je suis le premier Français depuis 700 ans à monter sur le trône danois. Le général de Gaulle, qui connaissait bien l’Histoire, m’avait d’ailleurs félicité lors de mon mariage. « Vous êtes le premier Français depuis Bernadotte à monter sur un trône scandinave et à devenir roi consort de Danemark », m’avait-il dit. Pour lui aussi, c’était évident que je devais être roi consort et non prince consort. C’est une anomalie créée par les Britanniques depuis la reine Anne. Pourquoi n’être que prince et simplement altesse et non majesté, sans aucun statut ? Je me suis moi-même déclaré prince consort afin de trouver une place dans la société danoise ainsi qu’une raison d’être et une position dans la fonction royale. Cela me met en rogne car je suis victime de discrimination. Le Danemark, connu pour être un défenseur fervent de l’égalité des sexes, serait-il enclin à considérer les maris inférieurs à leurs épouses ? »

 

Le consort a perdu une occasion de se taire :

 

« Les médias danois qui ont publié ses propos ont provoqué une nouvelle vague d'indignation chez leurs lecteurs, qui le considèrent comme le « vigneron ingrat qui n'a même pas pris la peine d'apprendre le danois ». Henri passe son temps libre dans son vignoble dans le sud de la France à fabriquer du vin ordinaire* qui ne se vend qu'au Danemark. Le niveau des ventes dépend de l'humeur des sujets de la reine. Si Henri ne dit rien — les Danois en achètent. S'il commence à provoquer des scandales — le vin ne se vend plus. Ce sera probablement le cas cette fois également. »

 

* Environ 140.000 bouteilles par an.

 

L'historien Lars Hovbakke Sørensen dans le journal Berlingske Tidende : « C'est simplement la tradition en Europe du Nord, qu'il connaissait parfaitement au moment d'épouser la princesse héritière. L'époux d'un monarque, qu'il soit homme ou femme, n'obtiendra jamais le titre royal ».

 

« Selon lui, même après de longues années de vie dans le nord de l'Europe, le prince n'a pas assimilé la tradition locale d'équité, souffrant "du complexe sud-européen du macho qui doit être le chef à la maison". Certains commentateurs danois partagent cet avis. L'unique excuse pour Henri, selon eux, est que la vie dans l'ombre de son épouse est loin d'être facile. Le comte et officier français, qui s'est marié en 1967 par amour avec l'héritière du trône danois, ne savait pas dans quoi il s'engageait. Il s'est avéré que la nouvelle patrie attendait de lui une seule chose — mettre au monde l'héritier du trône et un autre enfant "de secours". Avec la venue au monde des princes Frederik et Joachim, la nation a oublié le mari de la reine. A titre de consolation il a reçu un traitement de 600.000 euros par an non imposables et le droit d'utiliser les appartenances royales. C'est tout. Le Danemark ne lui confiait même plus de ciseaux pour quelque inauguration de temps en temps… »

 

Comme quoi le côté conte de fée a son avers : « Il est en notre beau pays un château de Reine, au pays de Cadourques le château de Cayx : un beau vignoble … » 

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