Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 07:00
Au temps du fascisme les Italiens furent privés de vrai café, Mussolini au nom de sa politique protectionniste et autarcique leur imposa le surrogato fait avec des fayots…

Les retraites, les retraites… même les potes de Me Morain et icelui sont dans la rue… Y chante pas encore « Macron t’es foutu, les baveux sont dans la rue… », y sont pas encore affiliés à la CGT ni du genre RATP départ prématuré, mais moi qui le suis, retraité, je ne sais plus à quel saint me vouer dans ce maelstrom où chacun défend son bout de gras, ce sont toujours les autres qui sont les privilégiés.

 

 

Pour mon cas j’ai commencé à cotiser à 18 ans et je me suis arrêté à 67 ans, j’ai 5 caisses qui me versent des picaillons chaque mois : la retraite de la SS, de la MSA c’est le régime général et celles de mes complémentaires : IRCANTEC, AGIRC et ARRCO qui m’ont octroyé tout au long de ma vie professionnelles des points.  Si j’ai une bonne retraite c’est grâce à ces dernières qui me versent les 2/3 de ce que je touche.

 

Devrais-je ajouter mon grain de sel dans la mêlée actuelle ?

 

La réponse est non.

 

Certes je suis un privilégié, un de ces baby-boomers profiteurs des belles années, mais qui puis-je je n’ai demandé à personne de naître à cette époque dites bénie, suis allé à l’école, j’ai bossé dans le privé et dans le parapublic, tout ce que j’ai gagné, y compris lorsque j’étais membre de cabinet a été déclaré, j’ai donc cotisé sur chaque centime, alors ne comptez pas sur moi pour me couvrir la tête de cendres ou joindre ma voix aux porteurs de pancartes.

 

Bref, je vis mon bout de vie et je lis.

 

Dans ma razzia de livres j’inclus toujours des polars, et plus particulièrement ces derniers temps de la littérature policière italienne.  

 

Olivia Audin écrit dans son Petit Journal

 

« Depuis quelques décennies, la littérature policière italienne s’est nettement installée sur les étagères des librairies françaises. Les gialli (nom dérivé de la couleur de la couverture des romans policiers à l’époque) écrits par Macchiavelli, Camilleri ou Scerbanenko  mettent au centre de la narration l’Italie urbaine et ses fantasmes. Mais l’un des maîtres du genre est Maurizio de Giovanni, qui laisse, roman après roman, une trace noire et profonde dans la littérature. »

 

Sous sa plume, la Naples des années 30 est bien différente de celle d’aujourd’hui. Les femmes trop belles, comme la superbe Filomena, doivent se marier vite sous peine de devenir des proies faciles et peu crédibles pour les médisants. Les ragots des vieilles femmes, dans le basso, le quartier pauvre, courent plus vite que les policiers qui ne peuvent arriver sur le lieu d’un crime qu’en marchant. Le divisionnaire, dans les petits papiers de Mussolini, le Mascellone, cherche plus à s’élever socialement qu’à rendre la justice, et il exècre son subordonné, le commissaire Ricciardi, trop droit, dont l’attitude rebelle le pousse même, comble du mauvais goût, à ne pas porter de chapeau. Et pourtant la fureur et les passions sont identiques à celle d’aujourd’hui

 

Les personnages de De Giovanni sont attachants. Loin d’être parfaits, ils se montrent sous leur jour le plus réaliste. Et plus intéressante encore est la description de l’Italie fasciste symbolisée, selon Ricciardi, par le surrogato, ce faux café écœurant, aussi éloigné du vrai café que Mussolini ne l’est d’un vrai dirigeant. Plus vivante est la peinture de la Naples aux deux visages, de la recherche désespérée et impossible de l’amour, de la faim du peuple, origine de tout crime. Entre le fastueux théâtre San Carlo, où les dorures servent d’écrin aux bijoux de l’art lyrique, et le Paradiso, où les perles sont des prostituées de bas-étage, le commissaire voit tout de cette ville complexe, attirante et repoussante à la fois.

 

De Giovanni, qui partage encore son temps entre son métier de banquier et sa passion pour la littérature, a obtenu le prix Scerbanenko en 2012 pour La méthode du crocodile. Son écriture est douce et parfois poétique : le roman noir enrichit sa gamme de nouvelles couleurs.

 

A découvrir à partir du 5 juin prochain, L’Enfer du commissaire Ricciardi, le dernier livre d’une série de romans noirs.

 

 

J’ai connu Maurizio de Giovanni en achetant, sur les judicieux conseils du libraire de la librairie Companie  ce dernier livre.

 

J’ai donc commencé par la fin ce qui m’a permis ensuite de lire dans la foulée : l’hiver, le printemps, l’été et l’automne du commissaire Ricciardi.

 

Toujours soucieux de l’instruction des ignorants, loin des clameurs de la rue, je leur offre une petite parcelle d’histoire.

 

Nos braves « poulets de Napoli » sont obligés de boire du surrogato.

 

 

Qu’est-ce le surrogato ? ICI 

 

Ce fut, du fait de la politique économique d’autarcie du régime fasciste de Mussolini, dit Mascellone, qui avait relevé les taxes des produits importés, un ersatz de café fait avec des haricots (pendant l’occupation dans notre pauvre pays « protégé » par le vieux Maréchal c’était des glands). Nos amis italiens si friands de bon café devaient s’en passer. Lire l’excellent article de Pierre Milza ci-dessous.

 

Résultat de recherche d'images pour "Mascellone,"

Mascellone, surnom donné au Duce : grosse mâchoire.

Image associée

 

L'Italie choisit l'autarcie et sombre avec Hitler

Par Pierre Milza

Publié le 05/01/2013 à 05:00

 

1925. AVANT LA GRANDE CRISE MONDIALE. Mussolini a imposé des mesures protectionnistes, c'est d'abord pour mener une politique de prestige monétaire. Ce n'est que dans un deuxième temps que la mobilisation économique visera à préparer le pays à la guerre.

 

Le choix d'une politique dirigiste destinée à assurer, dans divers domaines, l'indépendance économique de l'Italie, et à faire de la lire une monnaie forte, symbole de la «réussite» fasciste, ne date pas des premiers signes de la crise mondiale. Dès 1925, en effet, Mussolini a engagé l'économie italienne dans une voie clairement déflationniste, et ce, contre l'avis des milieux financiers.

 

Lancée en juillet 1925, la «bataille du grain» a donné lieu à un immense effort de propagande auquel prit part le Duce en personne. Cet effort de mobilisation permit d'accroître la production, passée en huit ans de 50 à près de 80 millions de quintaux. Un effort semblable fut accompli pour les autres cultures vivrières, ainsi que pour la production de viande, tout cela à des prix très supérieurs à ceux pratiqués sur le marché mondial.

 

Avec la crise de 1929, puis avec la guerre d'Ethiopie, il est apparu que les remèdes imaginés par les économistes libéraux pour sauver la lire, dévaluée trop tard (octobre 1936), et pour assurer l'autosuffisance de la péninsule en matière d'énergie, de matières premières, de produits alimentaires, etc. ne permettaient ni de freiner l'hémorragie de devises ni de faire sortir le pays d'un marasme économique caractérisé par une forte croissance du chômage, la multiplication des faillites, la raréfaction du crédit, le creusement de la dette publique, etc.

 

Pendant la courte période d'application des sanctions, à la suite de la conquête de l'Ethiopie, le gouvernement fasciste dut prendre des mesures qui renforçaient les tendances dirigistes et protectionnistes. Le discours du 23 mars 1936, dans lequel le Duce jugeait la guerre «inéluctable», a inauguré l'ère de la mobilisation économique. Sous l'impulsion de la Commission suprême pour l'autarcie, un effort immense fut entrepris pour permettre à l'Italie de limiter au minimum ses achats à l'étranger. Les syndicats, les corporations et les autres organisations du Parti furent chargés de faire passer dans la population les mots d'ordre autarciques, considérés à la fois comme répondant à une nécessité incontournable et comme un engagement patriotique.

 

La population fut fortement incitée à ne plus boire de café et à réduire sa consommation alimentaire. On interdit de servir dans les lieux publics plus de 50 g de pain. D'autres mesures ont porté sur la limitation du nombre de pages des journaux certains jours de la semaine, la fermeture à 23 heures des cafés, restaurants, théâtres et autres lieux festifs, la limitation à 30 l par mois des fournitures de carburant aux automobilistes : ce pour ne citer que les dispositions les plus spectaculaires. Le mot «autarcie», jusqu'alors ignoré des masses, fut érigé en consigne d'Etat et placardé, en lettres géantes, sur les façades des monuments publics.

 

Avec la crise économique mondiale, l'Etat fasciste allait aussi être conduit à se porter au secours du capitalisme italien. La stabilisation de la lire à un niveau trop élevé a créé une disparité entre les prix italiens et ceux du marché, d'où la difficulté à exporter et l'effondrement de la production industrielle (plus de 30 %), génératrice de chômage (1 million en 1932) et d'abaissement des salaires. Menacées de faillite, les grandes sociétés et les banques se sont tournées vers l'Etat, au moment où celui-ci s'engageait dans une politique de déflation qui ne suffira pas à redresser la situation. Ainsi, toujours obstiné à sauver une monnaie qui perdait chaque jour de sa valeur, Mussolini a-t-il décidé d'isoler son pays du monde extérieur en imposant le contrôle des changes, des droits prohibitifs sur tous les produits «non vitaux» et la conclusion d'accords de clearing avec l'Allemagne et avec certains Etats de l'Est européen.

 

En 1939, à l'heure où Mussolini s'apprête à suivre Hitler dans sa politique belliqueuse, l'économie italienne apparaît comme profondément déséquilibrée, artificiellement axée sur la préparation de la guerre.

 

Tout n'est pas négatif, certes, dans l'effort accompli par le régime pour permettre au pays de satisfaire lui-même ses besoins en carburant (recherche du gaz naturel et du pétrole dans la vallée du Pô), en lignite, en minerais, en produits tels que la cellulose et les textiles artificiels. Une politique dite de «bonification intégrale» a permis non seulement d'assainir et de mettre en culture plusieurs millions d'hectares dans la basse vallée du Pô, le long de la côte tyrrhénienne et surtout dans le sud du Latium, mais également d'y installer des colons et de créer toute une infrastructure et des villes nouvelles.

 

Un programme de grands travaux a été lancé dans l'objectif de résorber le chômage, mais aussi de répondre à des préoccupations économiques ou à des soucis de prestige : électrification d'une partie du réseau ferroviaire, mise en place du premier réseau routier européen, mise en valeur de la romanité, etc. Au total, des réalisations spectaculaires, mais partielles, et qui ont négligé un facteur essentiel. Depuis 1935, l'Italie s'est appliquée à produire à n'importe quel prix, sans tenir compte du coût réel des objets produits, et dans des conditions anti-économiques qui n'ont pu qu'encourager la spéculation et la corruption.

 

On considère souvent la fermeture de l'Italie au monde extérieur comme le produit d'un choix politique destiné à préparer le pays à la guerre, dès lors que celle-ci était jugée inévitable par le principal détenteur du pouvoir. En réalité, l'autarcie n'a pas visé, au début du moins, à la mobilisation économique «préventive» de la nation. Elle a été dictée aux dirigeants fascistes par les circonstances et notamment par l'entêtement du Duce à vouloir poursuivre, à n'importe quel prix, une politique de prestige monétaire. C'est après que la logique du système a nourri une politique extérieure qui conduira le chef de l'Italie fasciste à passer contrat avec Hitler.

 

Le paradoxe veut cependant que certaines réalisations effectuées par le régime mussolinien au titre de l'autarcie «patriotique», surtout l'équipement du pays en moyens modernes de communication et la mise en place des grands organismes semi-publics (IRI, ENI, etc.), ont constitué un héritage qui servira après la guerre de tremplin au «miracle italien».

 

* Pierre Milza est historien, spécialiste de l'Italie contemporaine. Dernier ouvrage paru : «les Derniers Jours de Mussolini», Pluriel, 2012.

** Article publié dans le numéro double 818-819 du magazine Marianne paru le 22 décembre 2012 

Partager cet article

Repost0
22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 07:00

Le dessinateur adepte de l’encre de Chine a commencé à 17 ans, en illustrant des couvertures du « New Yorker ». Le dessinateur adepte de l’encre de Chine a commencé à 17 ans, en illustrant des couvertures du « New Yorker ». THE NEW YORKER

Qui connaissait Pierre Le Tan ?

 

Votre serviteur ICI 

 

26 mai 2012

Éloge des gens de peu qui font pousser des plantes dans des boîtes de conserves, acte de solitude et de courage qui révèle le besoin que l’homme a de la terre…

 

Cette chronique tire toute sa substance du merveilleux livre Jardins Les vrais et les autres d’Umberto Pasti pour le texte et Pierre Le-Tan pour les dessins c’est chez Flammarion 20€ traduit de l’italien par Dominique Vittoz

 

9782081267626.jpg

 

Denis Cosnard Journaliste au Monde. Dernier livre : Frede, Belle de nuit (éditions Les Équateurs) écrit :

 

« Le merveilleux dessinateur Pierre Le-Tan vient de mourir, emporté par un cancer à 69 ans. Il avait en particulier signé plusieurs livres avec son ami Patrick Modiano. »

 

Une vie entière dans les images, du premier au dernier jour. Mardi 17 septembre, alors que le cancer qui le minait depuis deux ans rendait sa respiration de plus en plus difficile, Pierre Le-Tan a jeté un œil minutieux sur les épreuves de son prochain livre, apportées à l’hôpital par son éditrice. Une version très augmentée de Paris de la jeunesse, dont la première édition était parue en 1988 chez Aubier avec une préface de Patrick Modiano. Depuis plus d’un an, le dessinateur avait décidé d’enrichir cet album qui lui tenait à cœur, en évoquant par le texte et l’image des lieux supplémentaires de son enfance, le square Alboni, la rue de Tournon… Une ultime vérification des couleurs, du cadrage des dessins, et Pierre Le-Tan a rendu son dernier souffle dans la nuit. En ayant peut-être en tête une de ces miniatures persanes qu’il collectionnait et qui lui apparaissaient depuis quelque temps dans ses hallucinations.

 

Lire la suite ICI 

 

« Je suis asiatique dans ma façon de dessiner des choses plutôt simples, avec des traits précis, minutieux, même quand il s’agit de représenter le flou »

 

Ses personnages qui figurent sur ses dessins. Ces êtres un peu décalés qu’il étudiait « comme un entomologiste examine les insectes, avec un mélange de ­tendresse et de cruauté »

 

Sa rencontre avec Patrick Modiano, en 1978, marque un tournant. Touché par les romans du jeune écrivain, Le-Tan en parle devant son père. « Modiano ? Mais j’ai très bien connu ses parents à Paris, pendant la guerre, répond celui-ci. Nous nous fréquentions. » Lorsque les deux artistes se voient, ils sont donc en terrain de connaissance, et ne tardent pas à élaborer un premier livre commun, Memory Lane, puis un deuxième, Poupée blonde.

Un des derniers dessins de Pierre Le-Tan, qui vient de mourir. C’était une commande de Kering pour les journées du patrimoine. Et même dans des travaux publicitaires de ce type, la finesse, la délicatesse de Le-Tan sautent aux yeux.

Image Image Image

Partager cet article

Repost0
22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 06:00

 

Napoli, Maurizio De Giovanni, un petit tour d’opéra au théâtre San Carlo : Cavelleria rusticana de Mascagni et Paillasse de Leoncavallo…

L'air « Ridi Pagliacco » (« Ris donc Paillasse ») est l'un des plus célèbres de l'opéra italien. Il est chanté à la fin du 1er acte de « I Pagliacci » («Paillasse ») par Canio, désespéré d'apprendre que sa femme en aime un autre.

 

C'est à la voix de ténor que le compositeur Ruggero Leoncavallo a confié ce morceau de bravoure.

 

« Nous sommes à Naples en 1931. En cette fin du mois de mars, un vent glacial souffle sur la ville et une nouvelle choquante frappe les esprits : le grand ténor Arnaldo Vezzi, voix sublime, artiste de renommée mondiale, et ami du Duce a été retrouvé sans vie dans sa loge du Théâtre royal San Carlo, juste avant le début d’une représentation du Paillasse de Leoncavallo. Sa gorge a été tranchée avec un fragment acéré de son miroir qui a volé en éclats. »

 

C’est L’Hiver du Commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni

 

L'hiver du commissaire Ricciardi par Giovanni

 

Le commissaire Luigi Alfredo Ricciardi interroge Don Pierino un curé fondu d’opéra :

 

« Ah, je comprends votre étonnement : je vais vous expliquer. En général une représentation ne comporte qu’un seul opéra, en trois actes ou plus. Hier, exceptionnellement, il y en avait deux : Cavelleria rusticana de Mascagni et Paillasse de Leoncavallo, car ce sont des œuvres courtes. Elles datent à peu près de la même époque, la première de 90 et la seconde de 92, je crois.

 

mascagni-pietro-550

  • Et Vezzi ne chantait que dans l’un des deux ?

 

  • Oui, dans Paillasse. Il est… il aurait été Canio, le personnage principal. Un rôle difficile. J’ai lu que, dans ce rôle, il était encore plus grand que d’habitude.

 

  • C’était le second opéra alors.
  •  

Description de l'image Leonkavallo Postcard-1910.jpg.

  • Oui, exactement le second. En général on les donne dans cet ordre-là : d’abord Cavelleria, puis Paillasse qui est plus vivant et plus coloré, et que généralement les spectateurs préfèrent. Personnellement, du point de vue musical, je préfère Cavelleria, à cause de son intermezzo extraordinaire. Mais dans Paillasse il y a des airs magnifiques, en particulier dans le rôle de Canio. Vezzi, par exemple, n’aurait jamais chanté Turridu de Cavelleria »

[…]

  • Et les deux œuvres ? Dites-moi un peu de quoi elles parlent

 

  • Ah, les deux œuvres. Leurs arguments se ressemblent, même s’ils sont traités de manière différente. Cavelleria rusticana est tiré de Verga (1), et se passe en Sicile un matin de Pâques. Un seul acte, avec ce fameux intermezzo dont je vous ai parlé. Il y a Turiddu, un ténor qui est fiancé à Santuzza mais qui aime encore Lola, son ancienne maîtresse, mariée au charretier Alfio, un baryton. Deux couples en somme, un amour ancien et deux nouveaux. Santuzza, malade de jalousie, révèle à Alfio la liaison de Lola et de Turiddu et, dans un duel final, Alfio tue Turiddu. À mon avis, ce sont les rôles féminins qui sont les plus beaux : Lola, Santuzza et Lucia, la mère de Turiddu.

 

Paillasse au contraire se passe en Calabre. Il dure à peu près aussi longtemps que Cavelleria. Une troupe de comédiens arrivent dans un petit village : le directeur de la troupe est Canio, un ténor, que Vezzi devait interpréter. Ce n’est pas un homme gai, bien qu’il soit un bouffon dans la pièce ; à vrai dire il est fou de jalousie à l’égard de sa femme Nedda, qui tient le rôle de Colombine. Celle-ci le trahit, en effet, avec Silvio, un jeune homme riche qui habite le village. À  la fin, dans une scène magnifique et dramatique, on passe de la fiction à la réalité et Canio jette le masque pour tuer Nedda et son amant. Ce qui est beau, à part la musique, c’est le mélange de la réalité et de la fiction : le public ne sait plus si les acteurs jouent ou s’ils sont passés dans le registre de la réalité, jusqu’au moment où le sang coule.

 

Comme vous le voyez, commissaire, la thématique est la même : jalousie, amour et mort. Comme souvent, malheureusement, dans la vie de tous les jours, non ?

 

(1) A propos de Giovanni Verga lire :

2 juillet 2014

« À l’heure entre les vêpres et nones, où la femme pure ne se promène pas, gna Pina» proverbe sicilien ICI 

 

22510100835420L

 

ROBERTO ALAGNA dans Paillasse, au Metropolitan Opera – chapitre 3 – duo avec ALEKSANDRA KURZAK

Partager cet article

Repost0
21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 06:00

Aucune description de photo disponible.

Cher Bernard Farges,

 

Votre association Vin&Société nous conseille la modération, permettez-moi de vous dire qu’en ce qui concerne les débats de société qui, je vous le concède, tournent trop souvent au pugilat, votre proclamation est outrancière.

 

La bonne question est, pourquoi en sommes-nous arrivé là ?

 

Tout d’abord, ayant occupé des responsabilités politiques au 78 rue de Varenne je ne m’exonère pas de ma part de responsabilité dans les causes de ces controverses. Aux côtés de Ministres j’ai participé à la cogestion chère à la FNSEA de Raymond Lacombe et de Luc Guyau et au CNJA du peu courageux Christian Jacob. Ces sujets-là étaient tabous puisqu’ils étaient portés par les « zozos » de la Confédération Paysanne.

 

Le mythe de l’unité paysanne est tenace, mettre tous les agriculteurs dans le même sac est une facilité qui date d'un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître, qui ne correspond plus à la réalité de le la diversité économique et sociologique de notre agriculture, à qui fera-t-on croire qu’un éleveur de broutards du Massif Central trouve son compte dans cette unanimité de façade ? Parliez-lui du traité CETA, à qui profite-t-il ?

 

Fils, petit-fils, de petits bordiers vendéens, et bien plus avant encore de laboureurs, j’ai bien connu et vécu l’antagonisme entre ceux qui, partis à la ville, aux chemins de fer ou à la Poste, et ceux qui restaient à la ferme. Mon aîné Alain, au retour de son service militaire en Algérie fut placé face à ce choix. Il resta. Il s’en tira, je n’ai aucune honte à le dire, grâce à l’aviculture intensive chère aux grands volaillers aujourd’hui disparus, Tilly et Bourgoin.

 

Ceux qui restaient étaient les péquenots, les pedzouilles, les pécores, ceux qui parlaient forts dans le métro pendant le Salon, les difficiles à marier, les qui finissaient parfois au bout d’une corde ou dans le fond du puits.

 

Je sais d’où je viens, d’en bas, et je ne l’oublie pas… je sais aussi là où je ne veux pas aller, dans le camp des arrogants et des stigmatiseurs.

 

Ce débat, je l’ai eu souvent dans mon bureau ovale du 78 rue de Varenne avec Luc Guyau, nous avons usé nos fonds de culotte sur les mêmes bancs de l’école d’agriculture de la Mothe-Achard.

 

À  force de résister aux attentes de la société, de tergiverser, d’être sourd, il ne faut pas s’étonner que, lorsque la digue cède, les radicaux sont à la barre. L’opinion publique c’est pour les politiques la somme de ses électeurs et pour vous gens du vin, des clients. La bienveillance des pouvoirs publics à votre égard perdure mais s’étiole sous la pression des consommateurs urbains.

 

En effet, peu de secteurs économiques ont des liens aussi forts et réguliers avec leur ministère de tutelle, on a coutume de dire que le 78 rue de Varenne n’est pas le Ministère de l’Agriculture mais celui des agriculteurs. Vous siégez dans de nombreux organismes de cogestion : INAO, FranceAgrimer… Le Ministre monte au créneau sans relâche pour contrer vos ennemis héréditaires du Ministère de la Santé. Le mouvement mutualiste est vivace, les coopératives pèsent lourds, le Crédit Agricole, même privatisé, reste « piloté » par des agriculteurs.

 

Les urbains se précipitent au Salon de l’Agriculture de la Porte de Versailles, les agriculteurs bénéficient encore d’une opinion très positive dans l’opinion publique et d’une empathie réelle face à l’importance des suicides de certains agriculteurs.

 

Alors, ce sont les minorités actives qui, dans la bulle des réseaux sociaux, vous mènent la vie dure, vous montre du doigt. Il n’y a pas ou plus de débat mais des échanges sans nuances. Chacun campe dans son camp, s’abrite derrière soit la « Science », soit des craintes et des peurs.

 

Vous réclamez, à juste raison le respect, mais que n’ai-je entendu de mon temps actif de la part de beaucoup de dirigeants agricoles sur les sujets environnementaux, c’était le temps du mépris et du déni, avec une touche d’arrogance, pourquoi le nier.

 

Comme le proclamait ce cher Douglas MacArthur « Les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard. »

 

Oui, Bernard Farges, vous et vos collègues dirigeants des OPA avez perdus la bataille de l’opinion publique, et même si je ne suis plus qu’un retraité sans responsabilités, je le regrette sincèrement.

 

Ma culture politique, qui me vaut les lazzis de la part de vos collègues, celle inspirée par Michel Rocard, le dialogue et le compromis qui ont permis sous ses auspices de faire voter à l’unanimité une loi sur l’enseignement agricole privé et à élaborer le compromis de Dublin qui a permis le rebond de la viticulture languedocienne.

 

Lorsque, suite à mon rapport en 2001, où je préconisais, afin de relever les défis de la mondialisation, comme toute première priorité pour la vigne France : le respect de l’environnement, non pour des raisons idéologiques mais pour renforcer notre compétitivité, vos pairs m’ont ostracisés, Jacques Gravegeal en tête accompagné par des influents bordelais, contraignant ce cher Hervé Gaymard à me remiser au placard.

 

Je n’en garde aucune amertume, c’est la vie, j’ai rebondi. Bruno Le Maire m’a confié une mission de médiation entre les géants du lait et des producteurs du Sud-Ouest abandonnés par leur collecteur espagnol Leche Pascual  Au passage, j’ai découvert qu’il y avait aussi des vaches en Gironde jusque dans le Bec d’Ambès.

 

Tout ça pour dire, Bernard Farges, que dans la bataille de chiffonniers sur les pesticides, les ZNT où les bios et les autres sont fourrés dans le même sac, la seule voie de sortie est la médiation et non les horions venant des deux bords.

 

Je ne suis pas candidat.

 

C’est simplement ma contribution citoyenne pour sortir de ce non-débat, de cette acrimonie se déversant à plein tonneaux sur ces foutus réseaux sociaux.

 

Que chacun mette un peu ou beaucoup d’eau dans son vin…

 

Sans doute suis-je d’une autre époque où, sans l’idéaliser, dans mon bled du bocage crotté de la Mothe-Achard, le vivre ensemble des gens du bourg et de ceux des métairies était une réalité qui se vivait chaque semaine le vendredi au travers des fameuses foires de Mothe où, sur le foirail et dans les cafés, les gens discutaient.

 

La ferme du Bourg-Pailler était sise à l’entrée du bourg et mon père, à côté de l’exploitation du pépé, était entrepreneur de battage, il se faisait payer en équivalent sacs de blé, ça m’a inculqué une éthique de vie. « Quand la récolte était bonne, on partageait la prospérité, quand elle était mauvaise la misère ».

 

De grâce revenons à l’essentiel, sortez, sortons de notre entre soi, du chacun pour soi, des positions défensives, agressives, pour ravauder le vivre ensemble qui s’effiloche, pour que le voisin, au masculin et au féminin, perçu comme un gêneur redevienne tout simplement quelqu’un travaillant et vivant sur le même territoire.

 

Pour finir sur une note pince-sans-rire, en parodiant l’un de nos slogans de soixante-huitard, « Nous sommes tous des Juifs allemands », pour soutenir Dany le Rouge expulsé vers la RFA, je proclame « Nous sommes tous des salauds d’agriculteurs… »

 

Balayons tous devant notre porte, asseyons-nous autour d’une table, partageons le pain et le sel avec un bon verre de vin, parlons-nous, écoutons nous et comme le proclame le frontispice de mon blog « un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... »

 

Bien à vous Bernard Farges.

Partager cet article

Repost0
20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 06:00
«Comment vivre sans inconnu devant soi» interrogeait René Char ? Jean-Yves Bizot, explorateur des champs du possible des vins de Bourgogne.

Le sieur Jean-Yves Bizot, sis dans la charmante et illustre bourgade bourguignonne de Vosne-Romanée, où il dorlote amoureusement ses ceps de vigne et presse en douceur, dans le plus parfait dénuement, ses raisins mûrs et sains, que je fréquente depuis que les Gouttes de Dieu le portèrent au pinacle de l’Empire du Soleil Levant (1), est, sa modestie dusse-t-elle en souffrir, d’une espèce rare, il doute, il se pose des questions, il réfléchit, ne se laisse pas porter par le discours dominant, le politically correct, ni séduire par les images d’Épinal… Même si ses pas le portent souvent dans les monts tibétains, il n’est pas adepte du moulin à prières qui plaît tant aux joueurs de pipeau du monde du vin. Ce n’est pas forcément du goût de ses pairs, mais comme l’homme est courtois, civil, reconnu, ils sont bien obligés de faire avec.

 

Il aurait plu à Michel Rocard – pour autant je ne cherche pas à annexer Jean-Yves à mon romantisme rocardien – qui adorait les joutes intellectuelles nourrissant l’action. Agir plutôt que réagir, anticiper, ne pas en rester à de brillantes analyses mais oser proposer des voies et moyens pour mettre en œuvre des solutions, des compromis, ne pas en rester au tout change pour que rien ne change qui nous est cher.

 

Comme vous pouvez vous en douter cet état d’esprit me plaît car il intègre le temps long, cherche à éclairer cet avenir qui, à juste titre, fait peur. Mettre par écrit des mots sur les choses est essentiel, ça permet de ne pas se contenter de mots en l’air qui fusent et disparaissent, ça laisse des traces, petits cailloux indispensables pour baliser des chemins incertains.

 

Le sieur Bizot vient de donner une interview à :

 

Actualité économique du Grand Est et de Bourgogne Franche Comté

 

AVIS D'EXPERT - VINS - SPIRITUEUX - BOURGOGNE

 

Être vigneron demain sera-t-il un métier d’explorateur ou restera-t-il à jamais celui d'un gardien du temple ?

 

Publié le 12 septembre 2019

 

« S’appuyer, se justifier par le passé a quelque chose de rassurant puisque le passé est par essence connu, contrairement, pardonnez-moi ce truisme, au futur qui lui ne l’est pas ! Il paraît donc dangereux. Il est d’autant plus dangereux que du fait de cet inconnu, il offre des espaces de liberté. La liberté fait peur, et elle semble toujours destructrice. Est-ce lié à notre histoire viticole particulière ? Je ne sais pas, mais quoi qu’il en soit, on préfère le confort du passé, et dans le confort du passé, j’inclus toutes les règles tacites ou écrites, dont les cahiers des charges des appellations : ils entérinent et valident une démarche déjà constatée, ils la pérennisent en la transformant en schéma technique unique devenu protocole, norme, précept...

 

La suite ICI 

 

(1) 22 janvier 2009

3 verres pour réveiller le passé, les japonais sont fous des grands Bourgognes et de JY Bizot ICI 

Partager cet article

Repost0
19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 06:00

Image associée

Extraits de la Madone Sixtine, prestigieux tableau (retable) peint par Raphaël en 1512, deux angelots mélancoliques

Catherine est cachottière.

 

Revenu sur la terre ferme lors de mon premier relevé de boîte aux lettres je découvre un petit paquet fleurant bon le petit livre. Je décachète. Ô surprise : un opus de ma très chère vigneronne au titre qui fleure bon les Charentes : Ma part des anges.

 

 

Sitôt je la sm… ise. « Cachottière ! »

 

Dans la foulée elle me bigophone.

 

Elle m’explique la genèse puis, c’est toute Catherine, elle en profite pour me faire une piqûre de rappel pour que je déplace mon auguste personne à l’AG du GFA.

 

Je lui réponds.

 

Ensuite, dans ma petite Ford d’intérieur je mouline.

 

Catherine exerçait un métier de plume, moi aussi, c’est ainsi que nous nous sommes rencontrés à la terrasse d’un café place de la Comédie à Montpellier. Elle tenait mon rapport en mains, elle avait stabiloté les passages où j’étais prié de m’expliquer. Ce que je fis. Elle m’asticota grave mais ce fut la seule journaliste à avoir mesuré l’enjeu de ce foutu rapport.

 

Elle commit un portrait de ma pomme dans La Tribune (voir ci-dessous) ce qui me valut l’ire d’une gorgone du cabinet de ce pauvre Gaymard.

 

Ce qu’en disait Catherine :

 

« Quand je vous ai rencontré, j’étais journaliste, correspondante des quotidiens Libération et La Tribune en Languedoc-Roussillon, vous étiez commis de l’Etat, assigné aux tâches de pompier du vignoble. J’ai brossé votre portrait – ce qui m’a permis de mieux vous connaître et de nous découvrir des valeurs partagées – quand vous avez rédigé un rapport sur les exportations de vin français, mieux connu sous le nom de rapport Berthomeau. Ce rapport vous a valu les honneurs des medias – c’est la formule consacrée -, des amitiés et des inimitiés solides dans le petit monde du vin et, au bout du compte, une mise au placard.

 

Néanmoins, depuis ce placard, sans doute parce que grandi dans la culture du travail qui fait se lever le matin avec quelque chose de productif à faire de la sainte journée, vous faites entendre votre voix à travers un blog. Depuis le 23 mai 2005, le rendez-vous est quotidien, fidèle, libre, tonitruant, exploratif (je trouve cet épithète non répertorié plus adapté à ce que vous faites qu’explorateur), touffu, alternant coups de gueule contre ceux que du temps où j’étais journaliste et vous commis de l’Etat appeliez les « grands mamamouchis » (je traduis : les institutionnels) et coups de cœurs, pour des vins, des hommes et des femmes. Comme on le dit familièrement, vous ne mâchez pas vos mots et on sent que vous y prenez un réel plaisir, c’est-à-dire égoïste à son origine et souvent partagé à l’arrivée. »

 

Tout ça, non pas pour rouler ma caisse mais pour me dire, vous dire, que ce que Catherine a fait, une reconversion vigneronne réussie,  je n’en étais pas capable.

 

Catherine et moi sommes des pays, des gens d’un pays où paissent de paisibles vaches, paissaient plutôt, les vignes, hormis le Muscadet, c’était des ceps à raisins pour consommation personnelle…

 

Elle vira de bord, cap sur Saint-Drézéry, la Carbonnelle, l’Hérault des coopés du bougon des cépages en route selon le sabir officiel vers la qualité (prononcer qualiteu)

 

Et moi pendant ce temps-là je continuais d’écrire à compte d’auteur.

 

Et puis, je m’embarquai avec d’autres dans son aventure au travers du GFA, une manière d’en être.

 

Elle continuait d’écrire la revue de presse de Vitisphère et de publier des livres : au Rouergue Dans les vignes chronique d’une reconversion, 2011, Recettes de ma vigne avec Anne-Sophie Thérond, 2013, Une place sur terre, 2018.

 

Et puis vint cette Part des Anges qui, tel Mgr Marty en son temps avec l’accent rouergat, m’interroge, je me dis « toi mon gars, t’étais tout juste capable de garder les vaches à la Mothe-Achard ou d’être gardien de phare à l’île d’Yeu… alors va falloir mettre les pendules à l'heure. »

 

Oui, je l’avoue, allongé dans l’herbe fraîche du pré de la Garandelière, gardant les vaches normandes du pépé Louis, je rêvais d’être cow-boy, un Kit Carson sans révolver, un Lucky Lucke avec cigarette, chevauchant un fier mustang sauvage dressé, lasso intégré, liberté, grands espaces, bivouac, café, viande boucanée, corral, le train sifflera trois fois…

 

Résultat de recherche d'images pour "kit carson bd"

 

D’un autre côté, n’étant jamais à une contradiction près, mon goût pour la solitude, la contemplation, me faisait aussi pencher pour la position de gardien de phare.

 

Genou-7978.JPG

 

14 juin 2010

Faire l’amour dans un phare, au sommet d’une cheminée ou dans une chambre troglodyte : un vrai plaisir d’œnophile ! ICI 

 

5 mars 2016

Descente en « enfer » de Marc Pointud au phare de Tévennec au large de la baie des Trépassés avec la même foi animant les bâtisseurs des phares en mer lorsqu’ils œuvraient pour allumer des feux qui sauveraient des vies.  ICI 

 

Vous allez me dire, t’es bien gentil camarade mais pour l’heure tu ne bavasses que sur toi.

 

Oui mais c’est pour mieux souligner qu’étant un ramier j’en suis resté au stade de l’écriture, même si j’ai un temps embouteillé et vendu du vin, alors que la Catherine, elle, a sauté le pas, fait ce que je n’aurais jamais su faire : des raisins pour faire du vin.

 

Son éditeur, confirme :

 

« Ma part des anges est de fait l’autoportrait intime de l’invisible, profondément spirituel mais vif et passionné, d’une femme, vigneronne et écrivain. »

 

Ne vous inquiétez pas j'arrive à ce que ce matin j'ai envie d'écrire.

 

Au temps où nous nous sommes rencontrés, mes détracteurs surtout les bordelais me qualifiaient de haut-fonctionnaire parisien, j’étais le symbole de la caste élevée arrogante, j’osais dire ce qu’il ne fallait pas dire, je m’occupais de leurs oignons, mais comme l’envoyait dire finement le Grand Jacques « Ça m'en touchait une sans faire bouger l'autre » car j’ai toujours su d’où je venais, comme on le dit maintenant : d’en bas, et je savais là où je ne voulais pas aller, en haut.

 

J’étions donc ni haut, ni fonctionnaire, mais dans notre vieux pays soi-disant égalitaire faut sortir des Grandes Écoles, être placé tout en haut de la hiérarchie, être classé le meilleur par les maîtres : meilleur vigneron, meilleur chef de cuisine, meilleur poissonnier, meilleur fromager, MOF… Nos députés, sénateurs, ministres, chefs d’État sont majoritairement des énarques de la botte, sauf talonnette… Les parents, dès la maternelle, projettent leur rejeton vers les plus hautes marches du podium.

 

En clair, j’adore cette expression au féminin, allez savoir pourquoi, j’ai une profonde et sincère admiration pour ce qu’a fait Catherine.

 

La lecture de son dernier opus a encore fait monter d’un cran cette admiration, chez Catherine y’ a du fond, de la vraie réflexion, du doute, elle est profondément racinée tout en étant d’une agilité intellectuelle que j’envie, elle me surprend, je me sens tout petit et, croyez-le si vous le voulez, ça me fait du bien d’être à cette place, mon ego n’en est que renforcé car je me dis que j’ai la chance d’être son ami.   

 

Sûr qu’elle va m’engueuler gentiment pour ces brassées de fleurs la Catherine, mais il me fallait mettre les pendules à l’heure face aux fausses valeurs du monde du vin, y compris  du côté des vins nu, qui plastronnent  en ayant des idées tellement courtes étalées sur des pages indigentes, que j’ai envie soit de défourailler, soit de me retirer dans un phare, le problème c’est que, comme pour les vaches, y’a plus besoin de gardiens ni de caissières dans la GD.

 

Résultat de recherche d'images pour "ames vaillantes magazine"

 

Alors pour moi Catherine c’est « mère courage », « âme vaillante » (journal de la bonne presse pour filles), « adepte de la diagonale des anges » (lire la Transversale d’Alain Gheerbrant los Racionales y los Pelados ci-dessous (1)), « simple vigneronne… le luxe du dénuement», « manieuse de mots à la Bashung » « Si l’on suivait les voies ferroviaires /Qui aurait le pied marin ? », Montaigne&La Boétie : « parce que c'était lui, parce que c'était moi »au féminin.

 

Maintenant il ne vous reste plus qu’à filer chez votre libraire préféré pour faire l’acquisition de Ma Part des Anges Catherine Bernard les ateliers de l’Argol 15 euros. (Pour ne rien vous cacher ça vole bien plus haut que ce qui se publie en ce moment sur le vin, avec beaucoup de buzz sur les réseaux sociaux, genre les copines et les copains d’abord, ça n’est pas racoleur).

 

 

Catherine taille ses bébés Cinsault de la Carbonnelle

 

Nombre de ceps m’obligent à poser le genou. C’est cela, je m’agenouille, comme on tire la révérence, comme on s’incline devant plus grand que soi. La vigne engage le corps et l’esprit. Elle oblige à se donner à elle et ce don de soi conduit à l’oubli de soi. On me dit souvent il faut être passionné. Non, ce n’est pas le bon mot, ce n’est pas de la passion. La passion est dévorante, s’éteint, puis laisse exsangue. Rien de tout cela avec la vigne. La vigne, et tout travail de la terre, donne en retour la légèreté que donne l’oubli de soi. Malgré les kilos  de glaise que je traîne sous mes pieds, malgré la tension dans les cervicales à la fin de la journée, les vêtements terreux, les ongles noirs et cassés, la chevelure emmêlée, les joues rouges, je plane au-delà de la pesanteur de soi à laquelle les contraintes sociales ramènent immanquablement. Ce n’est pas exagéré de dire, je rentre à la maison sur un petit nuage, dans le luxe du dénuement. »

 

Résultat de recherche d'images pour "La Transversale d'Alain Gheerbrant Babel"

 

(1) Quelques coups de pagaie et je m'aperçus que nous allions donner droit sur un vaste entonnoir, creux d'un bon mètre en son centre. J'eus une seconde d'hésitation : barrer à droite, à gauche ? Ma tête me dit de barrer à droite, pour écarter la pointe de cette cible où nous allions nous planter.

 

Mais c'était aussi offrir le flanc à la force d'attraction croissante, qui nous happa par le travers. Toutes les têtes se tournèrent vers moi. J'allais perdre le contrôle de l'embarcation et nous basculerions inexorablement au fond de l'entonnoir dans un tête-à-queue.

 

La voix du capitaine lança un ordre bref, cinglant, courroucé, et ma pagaie se redressa, visant le tourbillon ; nous l'effleurâmes de la pointe et il nous lança au loin comme une flèche en tangente, de toute sa force devenue centrifuge. C'était cela qu'il fallait faire, aller dans le sens du danger, le toucher du bout du doigt de telle façon que sa force elle-même nous rejette après nous avoir attirés.

 

Eussé-je écouté le corps de la pirogue, accepté spontanément que mon propre corps en fût partie intégrante, je n'aurais pas fait cette faute. Au lieu de quoi, placé dans une situation nouvelle, je m'étais précipitamment réfugié dans ma tête close, et ses raisonnements abstraits, et nous avions failli naufrager. Six mois à l'école des Indiens n'avaient donc pas suffi : j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps.

 

Extrait de La Transversale d'Alain Gheerbrant Babel n°320 en Amazonie le titre de cette rubrique : los Racionales y los Pelados

L’image contient peut-être : 1 personne, marche, debout et plein air

 

La Tribune / Portrait 23 octobre 2002

 

Jacques Berthomeau, le pape du vin français

 

De sa mère couturière, il a hérité le goût de l’étoffe et des vêtements bien coupés. De son père, mendésiste et conseiller municipal à La Mothe-Achard, son village natal en Vendée, le goût de la chose publique. Fils et petit-fils de paysans, il a le pragmatisme des gens de la terre. Élevé à l’école des frères, où il apprend à tailler les vignes et brosser les vaches, il croise un aumônier qui lui dit :  « Toi, tu es fait pour faire une école d’agriculture, comme moi pour être pape. Tu vas faire l’ENA ». Jacques Berthomeau n’a pas fait l’ENA parce qu’il a « fait 68 ». Mais il est, à sa manière, devenu un pape. Celui de la filière vins française, gloire nationale ensuquée et menacée par d’impétueux conquérants du goût. Nommé contrôleur général des offices à l’Onivins (Office national interprofessionnel des vins), il l’a réveillée au beau milieu de l’été 2001 avec un rapport sans détour, ponctué de formules savoureuses. Il n’est guère de syndicat qui ne lui ait demandé de venir animer une assemblée générale ou une journée de réflexion. Voici donc plus d’un an qu’il prêche dans les vignobles, aiguillon « des grands mammouchis », selon son expression favorite pour désigner ceux qui font commerce du pouvoir et du blocage dans les quelque six cents organisations viti-vinicoles.

 

Hervé Gaymard, le nouveau ministre de l’Agriculture, a bien été tenté d’écarter l’ancien conseiller de Michel Rocard, Louis Mermaz, et Henri Nallet rue de Varenne. Des « pros » de la filière, négociants-exportateurs et acheteurs de la grande distribution en tête, ont su l’en dissuader. « C’est une sorte de moine moderne. Il roule pour la filière, rien que pour la filière », dit de lui Robert Skalli, négociant à Sète et l’un des six membres du groupe stratégique, baptisé « groupe Berthomeau ». « Il est le seul à avoir su mettre autour d’une table des producteurs, des négociants et des acheteurs de la grande distribition et leur faire oublier leur casquette », complète Jean-Louis Piton, président des Celliers du Marrenon dans le Lubéron, lui aussi l’un des six.

 

Jacques Berthomeau est donc un drôle de zèbre, habillé de polos oranges sous des vestes à carreaux, qui se déplace à bicyclette dans Paris. Un esprit libre, mais fidèle. Il n’a pas fait l’Ena, mais a presque toujours servi l’Etat. Nommé à des postes réservés aux hauts fonctionnaires, il n’a jamais été qu’un contractuel. Homme de gauche, il est vacciné aux lois du marché. Son père, qui à côté de l’expoitation était entrepreneur de battage, se faisait payer en sacs de blé, lui laissant une éthique de vie. « Quand la récolte était bonne, on partageait la prospérité, quand elle était mauvaise la misère ».

 

Son histoire avec le vin commence en 1978 avec celle de l’Onivit (Office interprofessionnel des vins de table), ancêtre de l’Onivins. Il découvre « le grand guignol des Languedociens », en même temps que le potentiel de ce vignoble. Devenu en 1981 conseiller de Louis Mermaz, qui préside l’Assemblée nationale,  il s’en souvient et remplace, dans la cave de l’Hôtel de Lassay, le Porto par du Banyuls. Arrive 1984. Michel Rocard est ministre de l’Agriculture. Jean-Paul Huchon, son directeur de cabinet, appelle Jacques Berthomeau :  « On va se colletiner l’élargissement de l’Europe, et une nouvelle politique agricole. Tu connais les Languedociens, viens t’occuper du vin ». Quelques mois plus tard, dans la négociation qui va déboucher sur les accords de Dublin, et l’instauration pour le secteur viticole de la distillation obligatoire, Jacques Berthomeau est à Montpellier. Il apostrophe ainsi les viticulteurs prêts à en découdre : « Vous voulez vivre au pays ? D’accord. Mais allez-vous continuer à faire de l’alcool pour les mobylettes de Brasilia ? ». Le quotidien Midi Libre titre alors : « Que sont ces socialistes libéraux ? ». Lui, en retient, une méthode. « Il ne faut ni brosser les gens dans le sens du poil, ni dire, je suis le meilleur. Il faut chausser des semelles de crêpes, écouter et dire un jour ce qu’il faut faire ».

 

Alternance politique oblige, il éprouve sa méthode à la Société des Vins de France, filiale de Pernod-Ricard, passée depuis dans le giron de Castel. Il achève de se tailler un habit de pompier des crises agricoles. Voit venir celle du vin au début de l’année 2000. A Jean Glavany, ministre de l’Agriculture, il tint alors à peu près ce langage. « Si nous n’y prenons garde, nous allons nous faire doubler par les Australiens et les autres producteurs du Nouveau Monde. Cela en sera fini de la France, patrie du vin ».  Sur la route de son rapport, il a pris soin de ne pas croiser les chefs. Et le termine ainsi : « Faire que notre culture du vin ne se cantonne pas à la seule mise en avant de notre passé mais sache aussi faire émerger des images, des valeurs plus accessibles à la génération de la Play Station, de l’Internet, de Loft Story ».

 

Catherine Bernard

 

Jacques Berthomeau

 

1948, naissance à la Mothe-Achard en Vendée

 

1960, élève à l’Ecole Notre-Dame de la Forêt à la Mothe-Achard, aux côtés de Luc Guyau

 

1975 : Chargé de mission à la Direction de la production et des échanges au ministère de l’Agriculture

 

1978 : Chef de la division administrative et financière de l’Onivit (Office interprofessionnel des vins de table)

 

1984 : Conseiller au cabinet de Michel Rocard, ministre de l’Agriculture

 

1999 : Médiateur de la crise des vins doux naturels dans les Pyrénées-Orientales, et du Cognac.

 

2001 : Auteur du rapport : « Comment mieux positionner les vins français sur les marchés d’exportation », remis à Jean Glavany. Chargé depuis d’animer un groupe stratégique.

Partager cet article

Repost0
18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 06:00
Le veganisme militant comme le communisme promet des lendemains qui chantent… pas si sûr…

Je comprends parfaitement que des gens ne veuillent pas consommer des produits animaux, en revanche j’ai beaucoup de mal à les suivre dans leur « guerre » contre l’élevage des animaux domestiques.

 

Pour les militants virulents la question de l'abolition de l'élevage est intrinsèquement politique :

 

« Il s'agit bien de changer le regard que la société porte sur les animaux. Ensuite, elle ne peut être qu'extrême, comme toutes les revendications abolitionnistes le sont : on ne demande pas « un peu » l'abolition de la peine de de mort, pas plus qu'on ne demande que les assassinats ou le viol soient « légèrement » interdits. Une position extrême ne peut en outre pas être disqualifiée sur ce seul critère, à moins de tomber dans l'effet bof  (encore un raisonnement fallacieux, et ce n'est pas le dernier) : la radicalité n'est pas intrinsèquement bonne ou mauvaise. »

 

Dans l’histoire contemporaine, sauf à être de mauvaise foi, la radicalité politique des minorités agissantes, nous a conduits aux pires régimes politiques, les lendemains qui chantent se sont transformés en goulags.

 

Les vegan radicaux sont les idiots utiles des grands prédateurs industriels.

 

En effet, pourquoi fabriquer des fausses viandes, du lait végétal… et autre produit industriel pour soi-disant sauver la planète ?

 

De même pour les godasses, oui y’a des Doc Martens vegan qui utilisent du plastique polyuréthane synthétique au lieu du cuir qui ont fait bondir les bénéfices de la marque.

 

Ce nouveau monde que nous promettent les vegan forcenés est pire que l’ancien, il nous met entre les mains des grands groupes industriels fabricant de formules chimiques dites de substitution.

 

Que l’élevage industriel soit en cause je suis le premier à le reconnaître, mais pour les vegan radicaux c’est l’éradication de l’élevage qui est le but ultime au nom d’arguments animalistes qui ne résistent pas à une analyse sereine.

 

L’assiette vegan est-elle vraiment bonne pour la planète?

 

Faut-il que l’humanité passe à une alimentation exclusivement végétale pour réduire son impact sur la planète? La question est plus complexe qu’il n’y paraît. Dans certains cas, l’élevage serait même bénéfique pour l’environnement.

 

La crise environnementale remet en question le contenu de nos assiettes. Faut-il réduire notre consommation de viande, de lait ou de poisson pour «sauver la planète», comme le conseille le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ? La pression s’accroît sur l’élevage, pointé pour son lourd bilan environnemental, et souvent accusé de maltraitance animale.

 

Plusieurs études scientifiques confirment les bienfaits de régimes végétariens (pas de produits carnés) ou véganes (alimentation exclusivement végétale) pour la santé de l’homme et de son environnement. Une récente analyse de l’Université d’Oxford et d’Agroscope suisse montre que la production d’aliments d’origine animale sollicite 83% des sols cultivables et génère 58% des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole. En limitant la consommation de viande et de produits laitiers ou en y renonçant complètement, on pourrait économiser jusqu’à 76% des terres et diminuer de moitié les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole.

 

Quel que soit le scénario envisagé, l’élevage a toujours plus d’impact sur l’environnement que des cultures végétales, conclut l’étude. Notamment à cause de la déforestation et de l’appauvrissement des sols utilisés pour produire de la nourriture pour les animaux, ainsi que des grandes quantités de méthane émises lors de la digestion des ruminants.

 

Il n’y a pas de régime universel pour sauver la planète

Pierre-Marie Aubert, IDDRI

 

Valorisation des espaces

 

Alors, tous véganes ?

 

Ce n’est pas si simple. «Une alimentation sans produits d’origine animale diminuerait la pression de l’homme sur l’environnement, confirme Thomas Nemecek, chercheur à Agroscope et l’un des auteurs de l’étude. Mais les effets d’un tel changement doivent encore être étudiés, comme l’utilisation des sols libérés, le remplacement des engrais de ferme, fourni par des animaux, par des engrais minéraux, les impacts sur la biodiversité et la qualité des sols, et les conséquences économiques dans différentes régions.»

 

La question se pose notamment pour les pays qui vivent de l’élevage et dépendent des protéines animales à défaut d’alternatives végétales en quantité suffisante. Mais pas seulement. «Malgré leur lourde empreinte écologique, les animaux d’élevage valorisent certains espaces, en transformant en nourriture les ressources qu’on ne peut ni consommer ni utiliser pour réduire l’impact environnemental», relève Patrice Dumas, chercheur au Centre français de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et auteur de plusieurs études sur l’adaptation de l’agriculture au changement climatique. Il s’agit notamment de pâturages alpins et de sols arides, impropres à la culture ou à l’implantation de forêts. En renonçant à l’élevage sur ces terres, on perdrait une source de nourriture et augmenterait la pression sur d’autres ressources pour la compenser.

 

Un risque pour la Suisse la suite ICI 

 

 

Agroalimentaire. Le pois jaune, nouveau chouchou de l’industrie du vegan ICI

 

La protéine extraite de cette légumineuse entre dans la fabrication des fausses viandes, du lait végétal ou des compléments pour sportifs. La pénurie guette.

 

Les substituts de viande à base de végétaux connaissent une popularité croissante, et le secteur a désormais une nouvelle star : l’humble pois. De [la société californienne] Beyond Meat, dont l’action a crevé le plafond depuis son introduction en Bourse au mois de mai, au producteur de viande américain Tyson en passant par le suisse Nestlé, les entreprises de l’agroalimentaire s’intéressent maintenant au pois jaune, source de protéines et ingrédient essentiel des alternatives au burger, au bacon, au thon ou au yaourt.

 

Face à la demande croissante des consommateurs, les producteurs se dépêchent d’ajuster leur offre, et on a frisé la pénurie. Le problème n’est pas la rareté du pois jaune – les réserves sont abondantes, encore renforcées par les restrictions chinoises sur les importations canadiennes, dans le sillage du litige autour de Huawei, et par la décision de l’Inde d’imposer des barrières douanières sur les légumineuses –, mais le nombre insuffisant d’usines capables de produire la poudre de protéine extraite du légume. Les industriels n’ont tout simplement pas pu suivre le rythme.

 

Ainsi, la production de Meatless Farm, une start-up de Leeds [au Royaume-Uni] qui vient de signer un accord de distribution aux États-Unis avec Whole Food Markets, chaîne d’épiceries haut de gamme [et filiale d’Amazon], a été  multipliée presque par 30 depuis la création de l’entreprise, l’an dernier. Or, récemment, la société n’a reçu que 25 % d’une commande de protéine de pois, les fournisseurs ayant fait dévier le reste pour satisfaire d’autres acheteurs.

 

Les consommateurs se détournent du soja

 

“La hausse de la demande a eu des conséquences peu reluisantes, concède Morten Toft Bech, fondateur de Meatless Farm, qui admet que sa principale préoccupation est de s’assurer qu’il peut continuer à fournir ses clients. Nous avons commencé à constituer des stocks. Comme tout le monde.”

 

Le pois jaune, qui fait partie de la même famille que le soja, la lentille et le pois chiche, est devenu la source de protéine de prédilection pour de nombreuses entreprises agroalimentaires, alors que les consommateurs se détournent du soja. Si ce dernier reste la source la plus abondante et la moins onéreuse de protéine végétale, c’est également un allergène, et, aux États-Unis, il est souvent génétiquement modifié. Il est riche en phyto-œstrogènes, et d’aucuns redoutent qu’il n’ait des effets négatifs sur la santé de certaines personnes.

 

“Les consommateurs réclament des protéines ‘propres’, autrement dit : sans OGM, voire bio, explique Tyler Lorenzen, directeur exécutif de Puris, à Minneapolis, le principal producteur américain. La croissance est exponentielle.” La consommation de protéines de pois a presque doublé depuis 2015, atteignant 275 000 tonnes, selon Henk Hoogenkamp, consultant auprès de sociétés agroalimentaires. Il s’attend à une progression du marché de 30 % l’an prochain et au chiffre de 580 000 tonnes en 2025.

 

L’approvisionnement en question

 

Comme la protéine de pois des industriels chinois est moins chère que celle de gros producteurs comme [le français] Roquette ou le belge Cosucra, les prix n’ont pas explosé, précise Hoogenkamp. Il n’existe pas de Bourse de l’isolat de protéine de pois, et l’évolution des prix est difficile à surveiller, mais on estime que cet ingrédient se vend entre 4 200 et 4 600 dollars [entre 3 700 et 4 100 euros] la tonne. L’isolat de protéine de soja, lui, vaut environ 3 500 dollars [3 200 euros] la tonne.

 

Reste que la demande est tellement importante que les acheteurs peinent à assurer leur approvisionnement sur le long terme. “Alors que les entreprises [acheteuses] voudraient verrouiller les prix jusqu’en 2020, les fournisseurs rechignent à leur garantir la livraison de plus grandes quantités pour un prix plus bas”, poursuit Hoogenkamp.

 

En juin, à l’occasion de la publication des résultats trimestriels de la société, Ethan Brown, le fondateur de Beyond Meat, a avoué qu’il était “quelque peu préoccupé” par ce problème d’approvisionnement. Beyond Meat a signé un contrat de trois ans avec Puris, qui complète celui passé avec le français Roquette, expirant à la fin de l’année. L’entreprise cherche à agrandir son réseau de fournisseurs, souligne Brown.

 

Les entreprises agroalimentaires misent sur la protéine de pois

 

Ripple Foods, une start-up californienne qui produit du lait végétal à base de protéine de pois, a vu ses ventes doubler chaque année depuis sa création, en 2016. L’entreprise, qui compte la banque Goldman Sachs parmi ses investisseurs, a passé des accords commerciaux avec des agriculteurs dont elle traite la production pour en extraire les protéines. Ripple Foods est ainsi à l’abri des fluctuations de prix, explique son cofondateur, Adam Lowry : “Cela nous sort du marché de la protéine de pois”, résume-t-il.

 

Un nombre croissant d’entreprises agroalimentaires investissent dans la protéine de pois depuis quelques années. En 2018, le géant du Minnesota Cargill a injecté 25 millions de dollars dans la société Puris, avec laquelle il a créé une coentreprise.

 

De nouvelles unités de production devraient voir le jour d’ici l’année prochaine. Au Canada, Roquette fait construire une usine au Manitoba, tandis que Verdient Foods, un producteur de protéine végétale établi dans la Saskatchewan et soutenu par James Cameron, le réalisateur de Titanic, prévoit également d’augmenter ses capacités.

 

Le marché devrait cependant rester tendu. “Il y a eu des annonces, et les premiers coups de pioche ont été donnés, mais il va falloir attendre entre six mois et un an avant de voir la production démarrer”, tempère Chuck Penner, du cabinet d’analyse LeftField Commodity Research, à Winnipeg [Manitoba].

 

En attendant, de nouveaux produits devraient prochainement être commercialisés, annonce Pascal Leroy, vice-président de la filière pois et nouvelles protéines de Roquette. “La croissance est vraiment impressionnante. C’est la protéine de prédilection des dix prochaines années.”

Emiko Terazono

 

 

Le succès des Dr Martens vegan fait bondir les bénéfices de la marque

 

La gamme végan représente maintenant 4 à 5 % du total des ventes de la marque.

Par Marion Durand

 

MODE - Ces chaussures iconiques, portées aussi bien par les stars internationales que par les fans de mode, sont pour beaucoup un classique à avoir.

 

Si au début des années 2000 la marque a connu un léger déclin dans ses ventes, depuis 2012 l’entreprise a su se renouveler et a réussi a quasiment triplé ses revenus.

 

Mais c’est incontestablement sa gamme “vegan”, lancé depuis trois ans, qui séduit de plus en plus de consommateurs. Kenny Wilson, directeur général de la marque, a déclaré qu’au cours des dernières années, les ventes de ses chaussures végétaliennes avaient augmenté de “plusieurs centaines de pour cent”. Ces chaussures, fabriquées sans produit animal, représentent désormais 4 à 5 % des ventes totales de la société, peut-on lire sur le site The Guardian.

 

Selon Independent, l’augmentation des marges sur ces produits s’est traduite par une hausse des bénéfices d’environ 70% en un an, avec un total de 8,3 millions de paires de chaussures vendues en 2018.

 

La gamme vegan n’est pas la seule à séduire autant les clients, la collection de sandales, les versions pour enfants et certaines collaborations comme celle avec les Sex Pistols, Marc Jacobs ou la marque Lazy Oaf expliquent aussi en partie ce succès.

 

Cette collection végétalienne remplace le cuir par un matériau synthétique, appelé “Felix Rub Off”. La société affirme que le matériau fonctionne aussi bien que ceux avec du cuir et est fabriqué avec “absolument aucun produit animal”.

 

 

La gamme, qui a remporté l’année dernière la meilleure collection de bottes végétaliennes aux trophées de la mode PETA, utilise du plastique polyuréthane synthétique au lieu du cuir.

 

En mars 2019, l’entreprise Dr Martens possédait 109 magasins propres, dont deux nouveaux sites au Royaume-Uni et quatre nouveaux magasins aux États-Unis.

 

L’histoire des Dr Martens

 

A l’origine cette célèbre paire de chaussures appartient à un docteur allemand, Klaus Maertens, qui, à la suite d’un accident pendant la Seconde Guerre mondiale, décide de se créer une paire de chaussures orthopédiques.

 

Même si la famille Maertens était propriétaire de la marque, c’est une société privée anglaise, Griggs Ltd, qui obtient la licence de fabrication de la chaussure. La première paire à être commercialisée est la “1.4.60”, dont le nom est la date de fabrication (1 avril 1960). Elle sera à jamais, celle qui marquera les esprits.

 

Avant de devenir une chaussure emblématique, les Dr Martens sont d’abord des chaussures destinées aux ouvriers qui s’en servent comme chaussures de sécurité. Son bout coqué la rend solide et résistante, le cuir fin et la semelle remplie d’air quant à eux la rendent confortable.

 

C’est dans les années 60, pendant que se créer une libération intellectuelle et vestimentaire, que cette paire de chaussures ouvrière va devenir le symbole de toute une génération et surtout d’un style: le punk. Au fur et à mesure du temps, tous les mouvements contestataires de l’époque qui arborent des styles différents (gothiques, rock, etc) seront attirés par les Dr Martens.

 

Les leaders d’opinion ont amplement contribué à son succès, comme Madonna les portant dans les années 80 et plus récemment par des stars comme Miley Cyrus ou encore Kanye West.

Partager cet article

Repost0
17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 06:00
Un curé pas ordinaire, plus Peponne que Don Camillo  « si l’évangile ne marchait pas, la Juventus marcherait » « mais comment ça se fait qu’il gagne toujours le maçon, vu qu’il est communiste ? »

J’adore ce genre d’histoires vraies.

 

C’est l’histoire d’un prêtre, cousin éloigné du narrateur, curé d’un petit village des Collines métallifères. La Maremme.

 

 

C’était pour lui « la punition, comme aller en Sardaigne pour un militaire : tu te fais chier. Personne ne va à l’église, seulement quelques rares femmes pieuses et les touristes en été. »

 

Il décida que « si l’évangile ne marchait pas, la Juventus marcherait »

 

« Il fonda un club de supporters, puis la gérance d’un bar du village  et le recouvrit de posters. À l’école, pendant l’enseignement religieux, à la place des santons, il offrait des images à collectionner, mais seulement celles avec les joueurs de la Juve. Au lieu du Notre-Père, c’est la formation qu’il nous demandait de savoir par cœur (Zoff-Gentile-Cabrini-Brio-Scurea et ainsi de suite) et il organisa même des pèlerinages, comme en 1983, où il emmena quelques personnes en bus jusqu’à Athènes pour voir la Juventus perdre un à zéro contre Hambourg lors de la finale de la Coupe des champions. »

 

Résultat de recherche d'images pour "La Juventus 1983"

 

C’était un énergumène à la force herculéenne.

 

Un jour, la maîtresse du narrateur amena sa classe à sa messe, où il y avait seulement deux vieilles et une femme avec un enfant qui n’arrêtait pas de pleurer.

 

Il expédiait la messe à toute vitesse dans un grommellement incompréhensible, entrecoupé  de rares amen.

 

Il s’adressa à la maman du chiarre braillard « Madame, si l’enfant pleure, mettez-lui une chaussette dans la bouche. »

 

Il se débarrassait de ses fidèles d’un sonore et libérateur « Allez en paix » qui avait tout l’air d’un « Allez vous faire foutre »

 

Plus jeune il concluait la cérémonie ainsi :

 

« La messe est finie… Allez manger des tortelli que vos mamans vous ont préparés. Moi maintenant je suis libre, si quelqu’un voulait m’inviter… voyez un peu ce que vous pouvez faire. »

 

Quand il passait bénir les maisons il fallait planquer tout ce qui était alcoolisé.

 

« Il y avait dans la rue une aimable veuve et à sa vue son cœur semblait s’attendrir, il laissait une lire aux enfants de chœur pour qu’ils aillent au magasin s’acheter des bonbons et qu’ils débarrassent le plancher.

 

Enfin, il arrivait chez nous, faisait main basse sur le vin et les œufs et bénissait. Il réapparaissait à Noël, lorsqu’il remettait le prix de la meilleure crèche. Ça étonnait beaucoup qu’il fasse gagner le maçon stalinien qui habitait à l’angle. Ma grand-mère disait : « mais comment ça se fait qu’il gagne toujours le maçon, vu qu’il est communiste ? » Elle avait de bons rapports avec le maçon et elle alla le lui demander. Il lui répondit : mais tu parles, la crèche d’Égypte. Le prêtre, il vient chez moi boire le vin, bourrique de Maremme, il sait bien que dans la rue c’est moi qui est le meilleur. La crèche, mon œil. »

 

« Le prêtre ne devait pas non plus être une mauvaise personne, étant donné qu’il collaborait avec les résistants. Même les nazis ne réussirent pas à le descendre, et ils essayèrent. Les fascistes voulaient sa mort (on murmure que c’est à cause d’histoires de femmes), mais le boche qui devait le tuer changea d’avis et le libéra : et c’est ainsi qu’il continua à manger les tortelli, à réclamer les œufs et le vin et à faire peur aux femmes, jusqu’à ce que le Très-haut le rappelât à lui, au grand soulagement des maris cocus. »

 

Alberto Prunetti  Amianto Une histoire ouvrière Agone

 

Les collines métallifères

 

ICI 

Partager cet article

Repost0
16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 06:00

Résultat de recherche d'images pour "les bégonias origines"

On demandait à un élégant Bordelais le nom des fleurs qui ornaient un parterre de son château médoquin : « Je ne sais pas, répondit-il, mais en Angleterre on les appelle bégonias. »

 

« Bordeaux, anglaise jusqu’à la fin du XVe siècle, tout comme Londres elle a sa rue Saint-James, anglomane depuis Louis XV ne s’intéresse que fort peu à ce qui se passe à Paris. »

 

« Dans mon enfance on parlait plus volontiers d’un raout (mot démodé depuis plus de cent ans en Angleterre) que d’un cocktail. Les Misses appelaient les enfants au jardin public an criant « Tea time, children », et les Maud, Eddy, Jane, Willie répondaient dans un accent encore proche du terroir. Une dame vous invitait à des réunions en petit comité : ses in-between. »

Brown-Cantenac

 

Image associée

 

Le bégonia (Begonia) est une plante originaire des régions tropicales ce qui explique qu'elle soit frileuse et donc cultivée en annuelle en extérieur ou comme plante d'intérieur. Son très grand nombre d'espèces réunit des vivaces herbacées, des arbustes persistants, des grimpantes succulentes et des épiphytes. Les racines sont fasciculées, rhizomateuses ou tubéreuses avec des tubercules qui entrent en dormance en hiver.

 

Certains bégonias sont appréciés pour leur feuillage original, asymétrique, simple ou composé, vert ou bronze pourpré, mais la plupart des variétés sont choisies pour leurs fleurs unisexuées. Souvent groupées en cymes ou en grappes, doubles ou simples, elles arborent des couleurs lumineuses pouvant aller du jaune pâle au rouge foncé. Les fleurs mâles comptent de 2 à 4 pétales inégaux tandis que les fleurs femelles en ont de 2 à 6 qui sont égaux.

 

Contrairement aux autres fleurs qui ne cessent de parler d’amour, dans le langage des fleurs, le bégonia est le symbole de la cordialité et d’une amitié sincère. Par ailleurs, son nom lui a été donné par l’homme qui l’a découvert, Charles Plumier, au XVIIIème siècle lors d’une expédition en Amérique du sud. Il choisit ce nom en l’honneur de Michel Bégon, administrateur et intendant de Marine mais également collectionneur passionné de botanique, qu'il avait connu aux Antilles.

 

 

Famille : Bégoniacées

Type : vivace cultivée en annuelle

Origine : Amérique du sud, Afrique du Sud, Asie

Couleur : fleurs rouges, roses, jaunes, blanches, abricot...

Semis : oui

Bouture : oui

Plantation : mars

Floraison : de mai à octobre

Hauteur : jusqu'à 80cm

 

 

Géographie : L'origine des Begonia

Patrick Rose

ICI 

Partager cet article

Repost0
15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 07:00

 

Un Hautes-Côtes de Beaune (orchis masculata), vin élégant, raffiné même, qui vous caresse la bouche, lui donne un goût de fruit discret et léger mais persistant comme lorsque vous allez vous-même cueillir une baie aux premières lueurs de l’aurore et que vous la croquez.

 

Orchis masculata c’était le vilain petit canard noir de la couvée.

 

68027559.jpg

 

Pas d’orchidée pour Miss Naudin !

 

Mais qu’avait-il donc ce vin ?

 

Quelle était son histoire ?

 

Quel était son terroir ? 

 

Voilà ce qu’écrivait Claire en 2008 :

 

 

 

« A la base, il y a une petite vigne plantée en cépage aligoté, en 1902, donc par mon arrière-grand-père. Depuis plusieurs années, je rêvais d’en vinifier le raisin séparément, et d’une façon bien particulière, de le presser en raisin entier, sans apport de sulfites. Je voulais le travailler comme mes ancêtres… J’avais l’impression que cela m’apprendrait beaucoup, une intuition très forte, qui s'imposait à moi…

 

En 2007, année pourtant un peu difficile d’un point de vue météorologique, je me sens prête, je me lance. La vendange est rentrée à 11°2 d’alcool potentiel naturel, et là mon intuition me dit de ne pas y toucher : non seulement il n’y aura pas de sulfites, mais pas non plus de sucre ajouté, ni bien sûr de levures, d’enzymes, de bentonite (argile qui sert à clarifier le vin)…

 

Rien que du raisin ! 

 

Et tout se passe bien... J’envisage donc assez vite une mise en bouteille sans filtration, par gravité, avec juste un petit apport de sulfites afin de stabiliser le vin et de lui permettre de voyager un peu, si besoin !

 

À la dégustation il ne ressemble pas vraiment à l’appellation qui devrait lui correspondre : plus aromatique, plus complexe, avec des nuances inhabituelles... En outre, sa vinification particulière fait qu’il n’est pas tout à fait «dans le schéma type », qui vient d’être redéfini par la réforme de l’agrément. 

 

En effet, après questions aux organismes responsables, il apparaît :

 

Qu’il est de bon ton de filtrer les vins (en tous cas un dépôt, même naturel, même s’il n’est aucunement amer ni désagréable au goût, est considéré comme un défaut)…

 

Qu’il est bien vu de sulfiter les vins à des niveaux élevés (même si la loi fixe des valeurs maximums, non pas des valeurs planchers)… Par exemple, là où je me contente de 50 mg par litre de dioxyde de soufre, certains exigent plus de 100 mg/l…

 

Qu’il n’est pas prévu une expression aromatique aussi exubérante, même si elle est le fait d’un terroir, d’un raisin issu d’une très vieille vigne, d’une vinification peu interventionniste, c'est-à-dire de facteurs inhérents à l’appellation…. »

 

Que des choses qui fâchaient les agréeurs mais est-ce proférer des gros mots que :

 

-          d’affirmer qu’un « grand vin, d’où qu’il vienne, se construit 365 jours par an, des vignes à la mise en bouteille, grâce au travail persévérant de toute une équipe, motivée par un objectif commun : aller au bout des choses, oser croire au potentiel de ce vin, et oser se donner les moyens de l’exprimer. »

 

-         de souligner que « c’est sans doute la grande chance de la Bourgogne : le vigneron ici, commence bien souvent par travailler sa vigne lui-même (avec parfois ses ouvriers). Les heures de labeur manuel sont aussi des heures de réflexion. Le contact avec la terre et la plante est source d’intuition à qui veut bien se laisser faire pour ressentir cela. Utilisée en vinification, relevée de toutes sortes d’observations (inévitables lorsque l’on travaille la vigne), accompagnée de quelques résultats d’analyses, cette intuition permet au vinificateur-vigneron d’adapter encore mieux les opérations de vinification à chaque millésime, à chaque lot de raisin, donc à chaque matière première. »

 

Moi je ne trouve pas.

 

Qu’on ne vienne pas me jouer l’air du passéisme, du retour à…

 

Tous ceux qui nous bassinent avec le terroir et qui le traitent, parfois le maltraitent, avec des recettes toutes faites, importées, imposées, me semblent bien plus éloignés de la modernité que ceux qui, comme Claire, sont  attentifs, précautionneux, pour tenter de « tirer le meilleur parti du potentiel intrinsèque de chaque lot de raisin ».

 

Que ça plaise ou non aux tenants des solutions clés en mains, ces gestes, sont le fondement même du métier de vigneron lorsqu’il se fait artisan. Ils sont ce que fait la main après observation, réflexion, tâtonnements, hésitations pour aller, comme le dit Claire, « au bout de l’expression de nos terroirs, dans leur diversité, leurs richesses. »

 

Toute la chronique du 14 novembre 2011 ICI 

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents