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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 06:00
Des bonnes manières à table à l’attention de vos enfants… Ne bois pas non plus tant que ta bouche est encore pleine de nourriture.

Dans l’espace public, « Fliqués, surprotégés, les enfants d’aujourd’hui ont à peine le droit d’aller acheter seuls une baguette de pain. Une culture du risque zéro qui les prive de liberté et les prépare mal aux aléas de la vie. »

 

Et si on lâchait la bride à nos enfants ?

 

S’interrogeait Guillemette Faure dans M le Monde du 13 mai.

 

« On nous accordait, quand nous étions enfants, une confiance que nous n’accordons pas à nos propres enfants, Peter Gray. Croire que les enfants et même les ados sont incapables de prendre des décisions rationnelles devient une prophétie autoréalisatrice. En les confinant dans des cadres supervisés par des adultes, on les prive du temps et des occasions dont ils ont besoin pour se prendre en charge. Ils finissent par le croire eux aussi… »

 

L’ensemble ICI 

 

Dans l’espace privé ou dans des espaces protégés tel le restaurant, c’est une autre paire de manche, là on aurait tendance à exiger que les parents mettent la bride à leurs enfants. Alors, rien que pour le plaisir je vous propose ce texte, gentiment désuet, de Carl Friedrich von Rumohr, publié en 1822, dans L’esprit de l’art culinaire.

 

Manière dont doits se comporter un jeune garçon qui a pris place parmi les autres convives.

 

« … au cours des dernières décennies, l’esprit de notre époque a, par son influence, peu à peu évincé cette forme d’éducation guindée. Et, comme en toute chose, on passe généralement d’un extrême à l’autre, on s’est d’autant plus hâté d’émanciper les enfants qu’on ne les avait jusqu’alors que par trop accablés, bridés et enchaînés. C’est un trait d’une belle humanité que de vouloir également accorder des droits aux enfants ; mais ce faisant, il n’aurait point fallu oublier de bien leur inculquer leurs devoirs. Car nul n’a autant besoin de concevoir clairement ce qu’est le droit de l’individu tout juste libéré de son joug. »

 

« Si tu prends toi-même place parmi les convives, conforme tes mœurs à la règle suivante. En premier lieu, coupe-toi les ongles, pour qu’ils ne paraissent point être bordés de velours ; lave-toi les mains et assieds-toi convenablement. Tiens-toi droit, et ne te sers pas le premier dans le plat. N’avale pas la nourriture, la soupe par exemple, en l’aspirant bruyamment, à la manière d’un cochon ; ne souffle pas non plus trop fortement dessus, qu’elle n’éclabousse pas alentour. Ne renâcle pas comme un hérisson, ni ne bois le premier ; garde la mesure, et évite d’être saoul ; ne bois et ne mange qu’autant que nécessaire, car les abus engendrent la maladie. Une fois que chacun s’est servi dans le plat, alors seulement, sers-toi à ton tour.

 

Ne laisse pas tes mains trop longtemps sur l’assiette, ni ne balance tes pieds sous la table d’avant en arrière, à la manière d’un tisserand.

 

Lorsque tu bois, ne t’essuie pas les lèvres de la main, mais avec une serviette. Ne bois pas non plus tant que ta bouche est encore pleine de nourriture. Ne retrempe pas dans le plat un morceau dans lequel tu as déjà mordu. Ne te lèche pas les doigts, ni ne ronge les os, mais sers-toi de ton couteau pour couper ce que tu veux manger.

 

Ne te cure pas les dents avec ton couteau, mais avec un cure-dent ou un tuyau de plume ; car le couteau oxyde les dents, comme l’eau le fer. Et quand tu te cures les dents, garde une main devant ta bouche. Ne coupe pas le pain devant ta poitrine. Commence par manger ce qui se trouve devant toi, et ne te sers pas ailleurs ; ne tourne pas non plus le plat de manière à avoir devant toi ce qui te plaît.

 

Si tu veux servir la viande ou le poisson, fais-le avec ton couteau, et non avec les doigts, comme tant de nations y sont aujourd’hui accoutumées.

 

Ne mange pas bruyamment, comme un cochon. Ne te gratte pas la tête, ni ne te cure le nez.

 

Il ne faut pas non plus parler en mangeant : c’est un comportement de rustre.

 

Éternuer, se moucher et tousser fréquemment ne se fait point. Lorsque tu manges un œuf, commence par couper du pain, sans faire de trop gros ni de trop longs morceaux. Veille à ce que rien ne tombe à côté, et mange promptement. N’écrase pas les coquilles, remets-les dans le plat ; mange ton œuf, ne le gobe pas.

 

Ne salis pas la nappe, non plus que ton pourpoint. Ne fais pas des tas d’os, de croûtes de pains ou autres autour de ton assiette, à la manière d’un chercheur de trésors.

 

Ne balance pas non plus les jambes sous la table, pour éviter qu’une échauffourée n’éclate entre les chiens, ce qui agacerait, tes voisins. Une fois le repas achevé, lave-toi les mains et le visage, remercie Dieu et loue le Seigneur de ses paternels bienfaits. »

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 06:00
« L’excès de vin, tel est le péril le plus grave de la bonne chère… notamment pour les femmes. » qui font gogaille

« L’histoire de la bonne chère rencontre obligatoirement celle du péché de Gula, l’un des 7 péchés capitaux codifiés au cours du Moyen Âge et réaffirmés par le concile de Trente… manger  et boire au-delà de ses besoins physiologiques ; manger gloutonnement, avec avidité, et salement, se goinfrer… »

 

« La goinfrerie et la gloutonnerie, le détournement hédoniste de l’alimentation, et l’ivresse sont les trois principales expressions d’une bonne chère condamnée par les ecclésiastiques. »

 

« Les catéchismes du Grand Siècle condamnent fermement les excès de boire et de manger comme pouvant conduire à des actes d’impureté dans les actions – gestes obscènes, attitudes bouffonnes, sexualité hors mariage ou ayant d’autres buts que la procréation – et dans les paroles – chansons à boire, paroles paillardes, propos blasphématoires. »

 

Celui de Meaux, publié sous l’égide de Bossuet, mentionne l’ivrognerie comme la plus dangereuse gourmandise car elle « nous fait perdre la raison & nous change en bête furieuse », son « plus grand danger » est de « nous porte (r) à la luxure. »

 

« L’excès de vin, tel est le péril le plus grave de la bonne chère… notamment pour les femmes. »

 

« À la fin du règne de Louis XIV, Edme Jeaurat produit une série consacrée à la vue, l’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat évoquant les dangers des sens. Pour le goût il convoque le vin :

 

« Le vin a des charmes funestes. Une belle qui laisse suspendre à l’attrait et à la force de cette liqueur, est  capable des dernières faiblesses. Erigone trompée par Baccus, caché sous la figure d’une grappe de raisin, en est la preuve. » Outre ce texte accompagnant la gravure, les effets désinhibiteurs du vin sur le comportement de la jeune femme sont clairement indiqués, par son absence de retenue, le mouvement du corps, repris par celui de la mante, la gorge offerte, le motif érotique du pied levé enfin, et par le regard confiant de Cupidon, petit amour armé de son arc. En revanche, la tempérance, une des quatre vertus cardinales, continue à être représentée par une femme versant de l’eau dans une coupe de vin. »

 

* Gogaille « faire bonne chère avec bruit et réjouissance » il pourrait être une déformation de godailler, verbe formé à partir de godale, de l’anglais good ale, et désignant, à la fin du Moyen Âge, une bière d’orge parfois agrémentée d’épices et de miel.

 

Source : Florent Quellier Festins, ripailles et bonne chère au Grand Siècle Belin 

« L’excès de vin, tel est le péril le plus grave de la bonne chère… notamment pour les femmes. » qui font gogaille
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 06:00
Ménagère de + de 50 ans cherche le Val IGP d’Oc désespérément dans Paris intra-muros évidemment !

Quand, comme moi, « ménagère de + de 50 ans du 3e type », qui fait ses courses dans le petit commerce, sa bouffe avec que du bon, qui boit ce qui se fait de mieux, tu es de sortie dans Paris tu ne peux pas la rater la campagne de publicité pour le VAL, IGP d’Oc, elle s’affiche sur une flopée d’abribus.

 

Dans mon 14e limite 13e y’en a partout, grosse artillerie.

 

Comme je ne suis pas né de la dernière pluie mon petit doigt me dit : avec un tel patronyme c’est sûrement un nectar du géant de Narbonne.

 

Alors, ni une, ni deux, en ancien vendeur de vin parisien au temps de la défunte SVF où nous faisions quasi-seuls de la publicité, comme nous les gars du Val doivent avoir mis leur marque en avant dans tout Paris. En effet, le consommateur par l’odeur de la publicité va se précipiter pour trouver ce vin.

 

Donc je me mets en chasse.

 

D’abord au plus près, en aval de chez moi le Franprix doté d’un rayon vins conséquent, chou blanc !

 

Je descends sitôt du côté du petit Auchan où je n’ai jamais les pieds, de nouveau le chou est blanc.

 

Pas découragé je pousse jusqu’au Monoprix de le rue Daviel qui fait une belle place au vin, je cherche en vain.

 

Comme je ne suis pas du genre à jeter l’éponge je décide, au fil de mes échappées belles à vélo de m’arrêter au hasard chez d’autres enseignes.

 

Je signale à mon lectorat provincial que Paris est envahi par la GD format riquiqui.

 

Super U rue Montorgueuil, je fais mon deuil.

 

Et puis, réflexion faite, que du côté de la Place d’Italie y’avait autrefois un Champion et un Géant Casino, alors encore un coup de vélo.

 

Le Champion, allée Django Reinhardt, est maintenant un Market Carrouf, j’attache ma bête et je pénètre, fouine, rousine, pas de Le Val que dalle !

 

 

Je poursuis car à quelques mètres l’ex-Géant Casino est devenu un grand Monoprix. C’est immense, je me perds dans la lingerie, j’erre, enfin je tombe sur la cave, genre chic, petite, me fait une fausse joie avec un VAL qui n’est pas Le Val et là encore queue de chique !

 

 

Je rumine et je décide de pousser jusqu’à la Chine là où dans mes souvenirs fut implanté rue de Choisy l’un des premiers hypermarchés de Paris dont j’ai oublié le nom. Le père Houellebecq doit y aller acheter ses boîtes de thon.

 

Je remonte en selle et je me retrouve à Chinatown face à un Géant Casino. Ça grouille, des turfistes, je progresse jusqu’au rayon vin. Je commence par la muraille de rosés. Je commence à désespérer lorsque presque que tout en bas je tombe nez à nez avec Le Val rosé. Faut vraiment être doué pour le trouver.

 

 

3,50€ la boutanche. Ne reculant devant aucun sacrifice : j’achète.

 

Remarque de la ménagère de + de 50 ans du 3e type : tout au long de mon périple je suis toujours tombé nez à nez avec La Roche-Mazet le nectar IGP d’OC de la petite maison Castel. Au Géant Casino la boutanche est à 2,40€.

 

Autre remarque la Mythique AOP Languedoc est, elle, à 3,80€ soit l’épaisseur d’une feuille de cigarette entre l’AOP et l’IGP. Ils font tout pour me donner raison les gars de South of France.

 

Ma conclusion après ce long périple (autour du Géant Casino de la rue de Choisy je n’ai croisé aucune publicité pour Le Val) c’est que lorsqu’on engage une campagne de pub aussi massive dans Paris on prend le soin de placer le maximum de produit dans les enseignes parisiennes.

 

Bien évidemment, pas question de trouver Le Val chez Nicolas, notre Pierre Castel ne promeut pas les marques des grosse coopés qu’il a toujours détestés.

 

On va m’objecter que cette publicité sur les abribus va être vue par les banlieusards qui vont s’empresser de se précipiter dans leurs hypermarchés pour acheter ce nectar. Permettez-moi d’en douter, l’usager du bus comme celui du métro tourne le dos à la pub obnubilé qu’il est par sa course contre la montre pour arriver à l’heure au boulot.

 

Il faudra donc que l’on m’explique quel est l’objectif de cette campagne de publicité pour un vin de GD dans un Paris qui n’est pas le paradis des hypermarchés.

 

Je ne ferai aucune remarque ni sur le packaging ni sur l’affiche ça m’évitera de me faire de nouveaux amis dans l’Aude.

 

 

Mais c’est quoi ce Le VAL ?

 

C’est la nouvelle gamme de vins IGP d’Oc de Vinadeis.

 

Mais c’est qui Vinadéis ?

 

Version officielle

 

« Aventure humaine avant tout, Vinadeis est une vision de la viticulture et du vin, alliée à un esprit pionnier que ses promoteurs ont souhaité mettre au cœur de l’entreprise. Pour nous, qui sommes les héritiers de cette épopée, il s’agit de poursuivre une œuvre et de puiser dans ses origines l’inspiration qui doit nous conduire au dépassement.

 

Le Groupe, dont le siège est basé à Narbonne, fait référence en tant que première entreprise coopérative française de vins tranquilles, dans la première région vinicole du monde, le Languedoc Roussillon. »

 

« 7 vignerons des Corbières en 1967, aujourd’hui plus de 1 600 vignerons et près de 400 collaborateurs, notre groupe est devenu le premier producteur de vin en France. Vinadeis conjugue un esprit pionnier, ouvert sur le monde et un attachement fort aux valeurs de respect des hommes et des territoires. »

 

Version du Taulier

 

Pour les vieux de la vieille Vinadeis c’est le mariage des mammouths de l’Aude : le Val d’Orbieu et d’UCCOAR avec dans sa calebasse Cordier-Mestrezat de Bordeaux.

 

Mais ce n’est pas tout Vinadeis s’est aussi pacsé avec au printemps dernier avec le géant coopératif In Vivo (céréales, santé, nutrition animale, distribution…) pour devenir un ténor mondial de la viticulture.

 

C’est Vinadeis-Vivo Wine;

 

« Un objectif d'un demi-milliard de CA dans 4 ans

 

L'objectif initial de 500 M€ de chiffre d'affaires en 2020 pourrait être atteint dès 2017. La semaine dernière, le conseil de surveillance a entériné la montée en puissance à l'international et la mise à disposition d'une capacité d'investissements de 100 M€ aujourd'hui disponible. Il s'agit de procéder à de nouvelles acquisitions alors que les premiers chiffres de l'activité 2015 sont excellents.

 

«Nous espérons boucler Vinadéis à 308 M€. C'est le plus haut niveau historique jamais atteint par notre groupe. En 2014, c'était seulement 268 M€. Avec In Vivo Wine, on peut estimer que le nouveau périmètre du groupe s'établit autour de 345 M€ en prenant notamment en compte les activités de Cordier-Mestrezat» s'enthousiasme Bertrand Girard, président du directoire de Vinadeis, prolongement de Val d'Orbieu et d'Uccoar. Lui-même a rappelé la farouche volonté d'avancer vite sur tous les marchés.

 

«Depuis quelques mois, on note la faiblesse des chiffres nationaux sur différents marchés. La France a reculé en 2015. Les chiffres nous ont donné raison. On peut le regretter mais c'est comme ça. Il nous faut donc anticiper et réagir, trouver des relais de croissance externe dans des pays consommateurs comme les Etats-Unis, l'Angleterre ou l'Europe du Nord. Il s'agit de favoriser des appels d'air pour mieux vendre nos vins» poursuit Thierry Blandinières du groupe coopératif In Vivo. »

 

La suite à la fin de ma chronique.

 

Mais revenons à la gamme Le VAL : 2 rouges Merlot, Pinot Noir, un blanc Chardonnay et un rosé Pinot Noir 

 

Version officielle

 

LE VAL

 

« Le Val est la meilleure sélection du « jardin » Val d’Orbieu. Un jardin de 17 000 ha situé au cœur du Languedoc. Une gamme à l’image du groupe coopératif Val d’Orbieu composé de plusieurs vignerons, personnalités, caractères, mais qui s’entraident et s’unissent pour proposer des vins de qualité.

 

Nos œnologues ont élaboré avec le plus grand soin ces vins de cépage de caractère, sophistiqués, novateurs et conviviaux qui restent fidèles à leur origine : la terre du Languedoc.

 

Fiche technique du vin : (je reproduis la fiche sur le site Vinadeis mon rosé à moi est étiqueté Pinot Noir et sur l'affiche de pub c'est du Grenache) c'est vraiment le grand jardin des cépages on s'y perd...

 

Fiche technique du vin :

 

 
Couleur : Rosé

 

 

Appellation : IGP Pays d’Oc
 

 

 

Cépage : Mourvèdre

 

Notes de dégustation :

 

Ce Mourvèdre Rosé offre un nez élégant dominé par des arômes de petits fruits rouges dévoilant une bouche fraîche à la finale gourmande et fruitée. 

 

Données utiles :

 

Vinification : Démarre avec une sélection des raisins aux moments des vendanges. Sélection de nos caves adhérentes. Utilisation d’un procédé moderne de vini­fication en contact avec du bois qui combine les méthodes traditionnelles avec une longue période de macération et le procédé de macération à chaud.

 

Méthode de récolte : Mécanique

 

Ce vin est conduit sous la houlette du Faiseur de Vin Olivier Dauga

 

 

Il est estampillé par Butane&Degaz.

 

 

Je ne l’ai pas encore goûté mais j’ai visionné la vidéo ci-dessous Accord Met et Vin: Carré d'agneau de Provence - Le Val Pinot Noir 2013

 

Ajoutée le 20 janv. 2015

 

« Découvrez l'accord Met et Vin: Carré d'agneau de Provence, haricots coco, girolles et jus de chèvre cuisiné par Ludovic Dziewulski du restaurant Le Vivier à L'Isle sur la Sorgues, accompagné du vin Le Val Pinot Noir 2013, IGP Pays d'Oc. »

2 remarques :

 

  • Cette vidéo a reçu 105 visites depuis sa mise en ligne il y a presque 18 mois dont 3 pour mon compte. On ne peut pas dire que la stratégie sur le Net de Vinadeis soit au top. Sans me pousser du col sur mon petit blog je fais beaucoup mieux.

 

  • La seconde est beaucoup plus corrosive : à qui fera-t-on croire qu’un étoilé au MICHELIN va inscrire un IGP d’OC de GD à 3,50€ prix consommateur sur sa carte des vins. Ça sent la vidéo sponsorisée soit zéro crédibilité pour tout habitué de ce genre de maison.

 

Sans faire le ramenard ceux qui m’ont tout appris du côté de la maison Pernod-Ricard m’ont toujours dit, et ils ont raison, qu’il faut d’abord être fort sur son marché domestique avec ses marques avant d’espérer en développer à l’international.

 

Et de ce côté Vinadeis-In Vivo Wine n’en manque pas d’ambition :

 

« Pour booster la croissance rapide, le groupe doit procéder à des acquisitions et à des partenariats. Un premier dossier est cours de finalisation au Japon, une société de distribution qui pourrait apporter 25 M€ de chiffre d'affaires supplémentaires. La course aux opportunités est ouverte en Amérique du Nord et en Europe du Nord.

 

Le groupe coopératif audois Vinadeis veut accélérer son développement à l'exportation. Axes de développement : le Japon mais aussi les marchés du vin d'Amérique Latine en s'implantant au Brésil.

 

Pour améliorer la balance des échanges viticoles à l'export, Vinadeis et son partenaire In Vivo Wine préconisent un développement ultrarapide. Le groupe Vinadeis-Vivo Wine accélère. L'ensemble constitué au printemps dernier avec le géant coopératif In Vivo (céréales, santé, nutrition animale, distribution…) pour devenir un ténor mondial de la viticulture, entend singulièrement augmenter le rythme de son développement.

 

Un objectif d'un demi-milliard de CA dans 4 ans

 

Pour booster la croissance rapide, le groupe doit procéder à des acquisitions et à des partenariats. Un premier dossier est cours de finalisation au Japon, une société de distribution qui pourrait apporter 25 M€ de chiffre d'affaires supplémentaires. La course aux opportunités est ouverte en Amérique du Nord et en Europe du Nord.

 

En avril, le groupe inaugurera son centre ultramoderne de traitement du vrac à Béziers. Mieux, le 4 mai prochain, la méga coopérative française va, officiellement installer, à Sao Paulo (Brésil), un nouvel établissement cofinancé et cogéré par FéCoVita le partenaire coopératif argentin.

 

«C'est pour nous une précieuse opportunité d'entrer dans le Mercosur, le marché des vins d'Amérique latine. Les argentins vont nous aider et de la même manière nous allons accompagner leur démarche en Chine» explique le Leucatois Joël Castany, président de Vinadeis, qui entend jouer sur tous les marchés existants, y compris dans le créneau des entrées de gamme. C'est la stratégie du cheval de Troie pour mieux vendre ensuite les premiums languedociens et les grands crus bordelais de Cordier.

 

C'est dans cet état d'esprit, conquérant, qu'est envisagé le développement d'accords avec les coopératives italiennes ou espagnoles, seules capables de présenter des vins payés entre 30 et 40 € l'hecto aux producteurs. Pour que la France regagne quelques parts de marchés évaporés. »

 

Ce discours, Joël Castany me le tenait déjà en l’an 2000, même si j’en souris, Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage. Morale qui conclut la fable de La Fontaine Le Lion et le Rat.

 

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 06:00
La notation du roi Parker est « morte » vive les algorithmes impartiaux et complexes de Wine Lister concocté par Bettane+Desseauve and Co !

Le 13 mai à mon réveil la nouvelle est tombée dans ma boîte électronique.

 

Dans le monde impitoyable de la notation du vin, orphelin du grand Bob, on m’annonçait qu’un nouveau-né allait ramasser son héritage.

 

C’était le couple Bettane+Desseauve qui se disait est fier de m’annoncer le lancement officiel de Wine Lister, le tout nouveau standard de notation, avec lequel nos équipes collaborent.

 

Vous vous doutez bien que je fus bouleversé.

 

Comme vous le savez je suis très friand de notation, je m’en délecte sans retenue et là loin de l’antique artisanat on ne me proposait rien moins qu’un standard.

 

Ça me rappelait l’aura et le prestige des désormais célèbres agences de notation qui se sont illustrés sur notre belle planète mondialisée. : Standard & Poor's, Moody's et Fitch.

 

Les géniteurs de Wine Lister, comme de bien entendu, soulignait que ce standard était attendu, tel l’enfant Jésus, pour mettre de la rationalité dans le grand foutoir de la notation du vin.

 

Que voulez-vous une vache n’y retrouvait plus ses veaux entre l’héritière de notre bonne école publique le sur 20 et le fameux sur 100 du grand Bob qui, en bon impérialiste américain, l’avait imposé au nez et à la barbe des braves franchouillards.

 

À Bordeaux, point de salut pour la notoriété et la cagnotte des propriétaires de GCC en dehors des 100/100 de Parker.

 

Aujourd’hui le vieux monde est derrière nous le monde du vin « a besoin d’un système de notation objectif et complet, intégrant tous les indicateurs qui comptent :

 

  • la qualité
  • la notoriété de la marque
  • les facteurs économiques

Ça fleure bon les nouveaux critères du dernier classement de Saint-Émilion.

 

C’est du sérieux, du dur, un vrai outil moderne qui a nécessité « plus de 4 années de recherche et développement. En effet, l’équipe de Wine Lister a : interviewé pendant 12 mois les membres clés du monde des grands vins ; établi des partenariats avec les meilleures sources d’informations ; compilé des données exclusives. »

 

Pour les geeks vous pouvez retrouver tout ça dès aujourd’hui sur le site www.wine-lister.com.

 

La note de qualité sera définie m’indique-t-on par l’association de « Trois équipes d’experts parmi les plus renommées au niveau international, Jancis Robinson, Antonio Galloni (Vinous) et Bettane+Desseauve. Ils ajouteront une évaluation du potentiel de garde de chaque vin.

 

La somme des « meilleurs » ne peut qu’accoucher bien évidemment que de l’excellence. Je n’aurais pas l’outrecuidance de contester cette auto-proclamation même si j’éprouve bien des réticences sur cette forme d’arithmétique de l’entre-soi.

 

Du côté de la force des marques, pour l’évaluer « Wine Lister a aussi analysé l’ampleur et la profondeur de la distribution dans les meilleurs restaurants du monde et conclu un partenariat avec Wine-Searcher, le site de vin le plus visité au monde, pour incorporer les analyses de recherches. »

 

Là j’avoue que la formulation des géniteurs ne m’éclaire guère sur la valeur de l’évaluation de ce qu’est réellement leur notoriété sur les différents marchés. Attendre et voir...

 

Enfin, la force économique d'une marque me dit-on « se compose du volume traité compilé par le Wine Market Journal, le leader mondial des données relatives aux ventes aux enchères de vin, ainsi que de données de prix méticuleusement traitée par Wine Owners, une référence en termes de gestion de portefeuilles et plateforme d’échanges. Parmi les facteurs économiques, Wine Lister prend aussi en compte l’évolution des prix ainsi que leur stabilité.

 

Là encore je rends les armes, je reste très dubitatif sur la valeur de ces grandes compilations qui ne m’apparaissent pas comme un gage de pertinence. Ça me rappelle les mégas-études chères aux scientifiques de santé publique qui compilent souvent des choux et des navets.

 

Mais ne soyons pas négatif laissons-nous charmer par le doux chant des «algorithmes impartiaux et complexes de Wine Lister»

 

En effet, rassurez-vous bon peuple des grands amateurs, ceux-ci « appliquent les mêmes paramètres à chacun des vins traités par le système, exploitant de manière anonyme l’abondance de données à leur disposition – approximativement dix fois plus que n’importe quel autre système de notation. »

 

Et voilà le nouveau-né accouché : l’échelle sur 1 000 points qui permettra de conserver toute la précision et le potentiel de différentiation qu’offre cette combinaison de facteurs.

 

« Cette redéfinition fondamentale de l’échelle de notation permet à Wine Lister d’éviter la concentration des notes dans le haut de la traditionnelle échelle sur 100 points. Les notes de Wine Lister couvrent la totalité de l’échelle sur 1 000 points, ce qui signifie que les notes autour de 900 points sont beaucoup plus dures à atteindre que les notes autour de 90 données par les critiques. »

 

Acceptons-en l’augure ! N’étant ni mathématicien, ni concepteur d’algorithmes «impartiaux et complexes» je ne peux que me prosterner devant le bel outil.

 

Le succès, la crédibilité d’une telle entreprise se jugera à partir de l’adhésion et de la confiance des futurs utilisateurs.

 

Les concepteurs se veulent rassurant : « Wine Lister est un centre d’informations détaillées pour tous ceux qui travaillent dans le monde du vin, s’y intéressent ou y sont impliqués d’une quelconque autre manière. Il vous apportera une aide unique et précieuse. »

 

Ils nous invitent à visiter le site et à découvrir près de 20 000 évaluations de millésimes, pour environ 2 000 étiquettes différentes (un chiffre qui atteindra 5 000 la première année) www.wine-lister.com

 

Alors lecteurs consommateurs, allez-y, découvrez, forgez votre opinion, posez des questions, dites-nous si ce merveilleux outil vous l’attendiez, vous semble-t-il utile, indispensable, incontournable comme on le dit aujourd’hui.

 

La notation du roi Parker est « morte » vive les algorithmes impartiaux et complexes de Wine Lister concocté par Bettane+Desseauve and Co !
La notation du roi Parker est « morte » vive les algorithmes impartiaux et complexes de Wine Lister concocté par Bettane+Desseauve and Co !
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 06:00
C’était au bon temps de Staline la cantine du NKVD de Beria puis une table chic où se pressait la nomenklatura soviétique : Aragvi, rouvre ses portes à Moscou

La Nomenklatura désigne à l’origine, la « nouvelle aristocratie » qui a exercé le pouvoir en Union soviétique et qui a collectionné les privilèges de toutes sortes : hauts salaires, restaurants particuliers, hôpitaux spéciaux, logements de qualité, facilités de voyage… Cette «nouvelle classe» - moins de 1,5 % de la population – vivait dans l’opulence, avec ostentation, sans mauvaise conscience dans des démocraties dites populaires où le politique et l’économique étaient imbriqués via une bureaucratie toute puissante et incompétente.

 

Corruption, bakchichs, pots de vin, y régnaient en maître tout comme dans nos démocraties électives. La chute du mur a emporté le socialisme réel pour laisser en Russie la place aux oligarques et les ex-démocraties populaires ont rejoint l’UE. La Chine s’est réveillée avec Deng Xiaoping « Peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu'il attrape les souris ! ». la mondialisation et la financiarisation du monde a fait éclore dans les pays émergents des nomenklaturas économiques.

 

Bref, le fossé se creuse entre cette poignée de nantis, nouveaux riches, milliardaires et le reste de la population. La classe moyenne du bas est siphonnée, celle du haut résiste mais commence à désespérer.

 

LE MONDE du 12.05.2016 titrait La comédie humaine des rémunérations patronales 

 

« La rémunération des dirigeants des grandes entreprises est, une nouvelle fois, le sujet d’un spectacle qui ressemble à une comédie de Molière. Cette année, les deux frères ennemis de l’automobile française, Carlos Ghosn, chez Renault, et Carlos Tavares, chez Peugeot, jouent la surenchère pour dépasser leurs rémunérations respectives. Le second ayant rattrapé le premier en obtenant 5 millions d’euros par an, ce dernier a tenté de passer à plus de 7 millions, contre l’avis de ses actionnaires.

 

Au théâtre de la puissance, le salaire élevé traduit la grandeur des personnages, et la manière de s’octroyer ces hauts revenus est l’objet d’intrigues souvent alambiquées. Outre l’opinion et les politiques, les administrateurs et les actionnaires ont un rôle éminent dans la pièce. A chaque arrivée et à chaque départ d’un dirigeant, mais aussi, de plus en plus, à chaque assemblée générale annuelle, se pose donc la question de L’Avare de Molière : « Que diable, toujours de l’argent ! Il semble qu’ils n’aient autre chose à dire : “De l’argent, de l’argent, de l’argent.” »

 

Et comme sur cet espace de liberté on parle de vin et de bonne chère il n’est pas inconvenant de souligner que les prix stratosphériques de certains vins, des tables et des suites des palaces sont soutenus par cette nouvelle nomenklatura. L’argent n’a pas d’odeur mais à trop l’étaler de manière ostensible on se met à la merci de la colère populaire prompte à rallier les démagogues de tous bords.

 

Les démocraties électives, souvent impuissantes face aux nouveaux barons de l’économie, sont certes critiquables, leur personnel politique est décrédibilisé, vilipendé, parfois corrompu mais elles présentent un avantage qu’il ne faut pas oublier : « on peut toujours enclencher la marche arrière » alors que là où le pouvoir politique est entre les mains d’une oligarchie qui joue sa survie c’est difficile.

 

Renverser la table certes mais qui ramassera les morceaux ?

 

Nul ne répond à cette question chez les extrêmes, quant aux partis dit de gouvernement leur impuissance les condamne à l’éclatement. Alors, recomposition, renouvellement des « élites », je ne sais mais ce que je sais c’est que gérer nos contradictions, nos refus, réclame non des « hommes providentiels » mais à un réel sursaut de l’esprit public des citoyens-consommateurs.

 

 

Après cette longue digression revenons à la réouverture du restaurant Aragvi à Moscou sur fond de nostalgie d'un passé révolu.

 

« Tout Moscovite qui a eu la chance de rentrer dans ce restaurant mythique proche du Kremlin, réputé à l'époque soviétique pour sa cuisine géorgienne, en garde un souvenir ému.

 

« En URSS, évoquer le fameux poulet d'Aragvi, grillé avec des noix et de l'ail, servait de mot de passe pour entrer dans la crème de la société", se souvient Nelli Maksimova, 83 ans, une ancienne traductrice. « Et il était vraiment délicieux, leur poulet! »

 

Souvent cité dans le cinéma et la littérature soviétique, Aragvi était un peu l'équivalent à Moscou du célèbre restaurant parisien Maxim's et n'était accessible que pour ceux qui étaient capables de payer un dixième du salaire mensuel moyen pour un dîner à côté d'artistes, de cosmonautes, cinéastes ou champions d'échec. »

 

Fermé ferme en 2003, ses nouveaux propriétaires, le groupe Tachir et Gor Nakhapetian, ancien dirigeant de la société d'investissement Troïka Dialog emblématique de la Russie post-soviétique, décident de mettre sur la table plus de 20 millions de dollars pour "relancer la légende soviétique". De longs travaux s'ensuivent, jusqu'à la réouverture des lieux en avril 2016.

 

« Le menu allie les classiques de la cuisine géorgienne qui ont fait sa réputation comme les khinkali (gros raviolis remplis de viande et de bouillon) ou les khatchapouri (pâte à pain couverte de fromage) à des plats de la mer Noire (rillettes de hareng, bortsch...) »

 

 

Lire ICI ma chronique : La cuisine ukrainienne nourrissait quasiment tout l’empire socialiste : « chitnitza » le garde-manger du pays (un texte à lire pour comprendre l’Ukraine)

 

 

 

 

Les auteurs, russes ayant vécu les « beaux jours » de l’URSS, installés en Allemagne notent :

 

« L’ingrédient le plus important de la cuisine russe est l’humeur du cuisinier. Dans un bon jour, il est capable de sortir de sa toque un esturgeon rempli de caviar, de jongler avec des brochettes devant la table, ou de cracher du feu avec de la vodka. Dans un mauvais jour, cela peut devenir encore plus acrobatique. Il faut absolument vider son assiette, car les cuisiniers russes sont très susceptibles. »

 

« Si dix BMW noires sont garées devant le restaurant, ne pas entrer, changer de trottoir et faire comme si on avait l’intention d’aller dîner ailleurs. »

 

« Les Russes y cuisinent pour les Russes… »

 

Nostalgie quand tu nous tiens :

 

« Lors des travaux de rénovation, les restaurateurs ont découvert des maçonneries d'un palais du XVIIe siècle et des vestiges d'une rue moyenâgeuse qui servent aujourd'hui de décors pour les sous-sols du nouvel Aragvi.

 

Mais dans les principales salles du restaurant rénové, c'est le grand style soviétique que rappellent les motifs du décor: tracteurs, gerbes et ouvriers radieux, notamment dans l'ancienne salle qui était réservée à Lavrenti Beria, chef de la police secrète de Staline et à l'origine de la création du restaurant en 1938, à l'apogée des purges.

 

Situé dans un ancien hôtel où étaient descendus les écrivains Léon Tolstoï et Anton Tchekhov, l'établissement tient son nom de la rivière géorgienne Aragvi.

 

A l'époque, certaines denrées arrivaient alors à Moscou dans un wagon spécial du train de Tbilissi, notamment des ingrédients destinés à la préparation du "satsivi", dinde servie froide dans une sauce aux noix.

 

Sous Staline, originaire de Géorgie, « la cuisine géorgienne était servie au Kremlin et perçue comme la cuisine des tsars par les Soviétiques », observe Léonid Parfionov, auteur de plusieurs ouvrages sur la vie quotidienne en URSS. Et bien après la mort de Staline en 1953, « dans un contexte de morosité alimentaire soviétique, la tradition géorgienne, avec ses vins et épices, respirait la joie de vivre, et Aragvi a été un symbole de chic soviétique ».

 

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 06:00
Il fait trop beau pour travailler ce lundi de Pentecôte alors glandons en écoutant un vieux disque de Los Machucambos

C’était un temps où je jetais sur des petits carnets mes épluchures de vie.

 

 

Alors, en ce lundi, où l’on me dit qu’il faudrait travailler, je vais contrarier ceux qui disent nous gouverner en vous en livrant un petit tas de ces épluchures de vie.

 

Adelphine Volant

Née cerf

Était le tout petit propriétaire

D’un arbre à cames rutilant

Planté par son grand-père

À l’extrême pointe de l’Entre-deux-Mers

Là où les cerfs

À chaque saint Vincent

Sous la voute claire du ciel d’hiver

Venaient copuler avec le vent.

 

Fille d’une mère maquerelle

Adelphine vit le jour un matin

Au cinq bis de la rue de la Grange-aux-Belles

Près du canal Saint-Martin.

 

Sans père

Adelphine embrassa la carrière de putain

Impasse du Marché aux chevaux

Fourmi laborieuse de bord de caniveau

Elle rêvait d’acheter des carambars

À Zanzibar

En passant et repassant un vieux disque de Los Machucambos.

 

Un matin du grand soir

Adelphine rencontra un grand noir

Qui l’enleva sur son vieux sampan

Sur la cime ourlée d’un ouragan

Né de la fornication subreptice

D’une bulle de savon avec le l’appendice

D’un grand clown blanc.

 

Ils voguèrent sans jeter un regard

Aux rats des villes et aux rats des champs.

De leur fol abandon naquit un bel enfant

Aux élytres piquetés d’or

Adelphine l’expulsa de son corps

Si violemment

Que des volutes du bleu des cieux

Se fichèrent au fond des yeux

De la nouvelle-née.

 

Une nuée de fous de Bassan

De leurs ailes déployées

Les portèrent tout au bout de la terre

Là où le ciel se confond avec l’horizon

Étroit condominium

Où le lait de paisibles chamelles

Nourrit les plus belles des tourterelles…

Il fait trop beau pour travailler ce lundi de Pentecôte alors glandons en écoutant un vieux disque de Los Machucambos
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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 08:00
CHAP.16 code acratopège, quand on voit Aurore on a le bâton de berger, j'ai envie de te faire une Baupin…

Sans un grain de folie, la vie manque de sel.

 

J’en suis toujours là et je ne m’en plains pas. Ma romancière sarde préférée, Milena Agus, viens de publier Sens dessus dessous, je suis aux anges.

 

« Avant de connaître la dame du dessous et le monsieur du dessus, la vieillesse ne m’intéressait pas. Vieux, mes parents n’ont pas eu le temps de le devenir, mon père s’est tué bien trop tôt et ma mère est retombée en enfance. Je ne vois jamais mes grands-parents, et c’est une jeune femme qui prend soin de ma mère.

 

Quoi qu’il en soit, il est clair qu’aucun vieux n’aurait pu exciter mon imagination. Aucun, excepté la dame du dessous et le monsieur du dessus. Désormais, la vieillesse ne m’apparaît plus comme une ombre mais comme un éclat de lumière, le dernier, peut-être. »

 

Oui un éclat de lumière, le temps est enfin venu, elle le sait. À elle de choisir entre une petite vie bien tranquille et mon grain de folie. En attendant je prépare mon voyage dans le canton de Zoug.

 

« Les visiteurs qui roulent le long des berges idylliques du lac de Zoug, avec leurs fermes et leurs prairies, peuvent être légèrement surpris par un panneau visible à l’entrée de la ville de Zoug, chef-lieu du canton éponyme. Celui-ci vous accueille en arabe dans la ville «avec ses habitants en provenance de 128 nations différentes».

 

Ce nombre est doublement étonnant: d’une part si l’on considère qu’il y a 193 Etats membres des Nations Unies et d’autre part si l’on songe que ce bout de terre d’environ 129 km² ne compte guère plus de 114'000 habitants. Environ un quart des habitants du canton ne sont pas suisses; 88% de ces étrangers proviennent d’Europe, principalement d’Allemagne.

 

Selon l’Office fédéral de la santé publique, 92% des personnes vivant à Zoug se considèrent comme heureuses. «Le standard de vie à Zoug est à nul autre pareil, déclare David Court, le patron canadien d’un pub très prisé situé près de la gare. Ces dernières années, la ville s’est vraiment transformée en un lieu offrant tout ce que l’on peut demander. Je vais probablement prendre ma retraite ici.»

 

David Court déclare avoir vu la ville grandir à un rythme incroyable au cours des 15 dernières années. De 3900 entreprises offrant 35'000 emplois en 1975, Zoug est passé aujourd’hui à une dizaine de milliers de firmes pour un total de plus de 83'000 emplois, selon le Bureau cantonal de la promotion économique.

 

Approximativement 45% de ces employeurs comptent moins de deux employés à temps plein. Plus significatif encore est le nombre d’entreprises enregistrées – qui peut englober de simples entreprises boîte aux lettres – qui atteignait environ 30'000 à la fin 2010, selon le Registre du commerce. »

 

« Au 19e siècle, Zoug, canton presque exclusivement agricole, était l’une des régions les plus pauvres de Suisse. En 1960 encore, le canton présentait la dette par tête la plus élevée du pays et un rendement bien en dessous de la moyenne nationale.

 

C’est grâce à l’initiative d’entrepreneurs que Zoug a progressivement relevé la tête. En 1834, Wolfgang Henggeler construit la première fabrique du canton, une filature de coton à Unteraegeri, et en 1866, l’Américain George Ham Page implante à Cham la première usine de lait condensé en Europe. A la même époque Zoug est relié au réseau de chemins de fer, permettant au canton de se développer.

 

C’est cependant à partir des années 1950 que la région commence véritablement à prendre son envol. En 1956, dix ans après l’adoption d’une nouvelle loi fiscale, l’opérateur financier Philipp Brothers s’installe à Zoug. Un établissement qui est le premier d’une longue série; un taux d’imposition favorable ainsi que la proximité de l’aéroport de Zurich transforment alors Zoug en un centre financier et de courtage.

 

De nos jours, Zoug est le canton le plus riche de Suisse avec un taux de chômage d’à peine 1,9% et un produit intérieur brut que l’institut de recherches conjoncturelles BAK estimait à 117'000 francs par tête à la fin 2010.

 

Situé à 30 minutes du centre des affaires de Zurich et du pôle touristique que représente Lucerne, Zoug est depuis de nombreuses années stable, tant au niveau économique que politique, social et financier. Ses habitants ont en moyenne moins de 40 ans et plus de 10% sont au bénéfice d’un titre universitaire, un record suisse selon l’Office fédéral de la statistique.

 

«La ville de Zoug est belle et elle est plus sure que n’importe quel autre endroit, se félicite Natalie Steyger, une femme au foyer dont le mari travaille pour une marque internationale d’habillement sportif. Après avoir vécu au Cap et à Sydney, résider dans un lieu aussi calme, proche des lacs et des montagnes, qui offre des possibilités de faire du sport en plein air est pour nous comme un rêve devenu réalité.»

 

Notre immense Sarkozy qui ignore ce qu’est Le Bon Coin cher au populo excelle dans la taille des costards. Il refait toute sa garde-robe. Suivi par la journaliste du Point Anna Cabana, l'ancien président de la République avait manifestement envie de dire du mal de tout le monde, sauf de lui-même.

 

« Et il s'est littéralement surpassé en évoquant le cas du ministre de l'Economie Emmanuel Macron qui se dit ni de gauche ni de droite. « Que voulez-vous que j'en pense? Il est cynique. Un peu homme, un peu femme, c'est la mode du moment. Androgyne. Ce qui vous plait chez Macron, c'est que vous aimez toujours ceux qui ne vous obligent pas à choisir », affirme Nicolas Sarkozy au sujet de celui qui a l'outrecuidance d'être plus populaire que lui chez les électeurs de droite. »

 

« Tout le monde à droite, et même dans l'entourage proche de Nicolas Sarkozy, en prend pour son grade. Sélection.

 

Alain Juppé, son principal rival à la primaire? « Juppé c'est Chirac. Il ne fera rien. Il est traumatisé par 1995. Il veut être aimé, Alain. Quand on veut être aimé, on ne fait pas de politique ».

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, son ex-porte-parole partie en solo? « C'est un gâchis, Nathalie, et quel gâchis! Elle fait n'importe quoi. C'est un naufrage ».

 

François Fillon, son ancien premier ministre devenu son premier détracteur? «Fillon, lui ne récris pas [ses discours]. Il n'a pas d'idée, pas d'originalité. Juppé non plus ».

 

François Baroin, son allié à qui Matignon semble promis? « Il a du talent. Pour quelqu'un qui ne travaille pas, il fait une belle carrière ».

 

Dans ce portrait-confession, la seule personne qui trouve grâce à ses yeux se nomme Donald Trump. A en croire Nicolas Sarkozy, le futur candidat des Républicains réputé pour ses dérapages sexistes et racistes a visiblement tout compris: « Les électeurs veulent de l'épicé, des idées fortes. Ce Monsieur Trump réussit parce qu'il ne se refuse aucune outrance ».

 

De l’autre côté de l’échiquier, sous l’œil goguenard de la grosse dinde de la droite extrême, flanquée de son ex-chevènementiste et de son concubin, nous avons la chance de bénéficier d’un digne héritier de Vladimir Ilitch Oulianov Влади́мир Ильи́ч Улья́нов, dit Lénine Ленин.

 

Nous sommes gâtés !

 

Le Mélenchon qui se vante d’avoir du tarin, de bien savoir prendre le vent qui se lève, sent monter une situation prérévolutionnaire en France. Ce vieux pays sous le joug débonnaire du dénommé Flamby serait sur le point d’atteindre son « point d’ébullition ». En bon léniniste de cuisine en chambre il ne manque pour lui qu'un simple «évènement fortuit» pour embraser la situation et déclencher la révolution citoyenne qu'il appelle de ses vœux. Le rejeton préféré de Tonton, le père de la gauche révolutionnaire depuis Épinay, ragoût toujours mijoté de l’axe Deferre-Chevènement, celui qui a abjuré le PS pour tenter de ce Pacser avec les derniers avatars de la Place du Colonel Fabien, grands défenseurs de nos libertés au temps du socialisme réel de part de là le rideau de fer, hume, tel Butane&Degaz, le fumet prérévolutionnaire qui est «le moment où plus aucune autorité n'est crue ni supportée: responsables politiques, juges, journalistes, policiers et ainsi de suite. Tout le lien de l'ordre établi semble crouler sous le poids du même opprobre».

 

Mais l’oracle plutôt rouge que mort, cher à ses frères s’opposant aux SS20 bénis par Mitterrand s’interroge : «Quand se produit l'effondrement?»

 

«L'expérience montre qu'un événement fortuit le provoque. Un événement imprévisible, parfois dérisoire par rapport aux enjeux. L'esprit public connaît ce mécanisme sous le nom ‘d'effet papillon', où une cause minime déclenche un événement sans rapport à une échelle disproportionnée». Depuis le début des manifestations contre la loi Travail, les autorités cherchent à tout prix à éviter un incident grave, similaire au décès de Rémi Fraisse ou de Malik Oussekine. »

 

Mélenchon utilise une longue métaphore: «Imaginons un petit tas de sable sur un petit plateau suspendu. Il recevrait une lente coulée de sable supplémentaire grain par grain. Au bout d'un certain temps, imprévisible, se produit une avalanche sur le flanc du tas de sable. (...) Le grain de sable qui va déclencher l'avalanche peut-être minuscule et de toute façon sans rapport avec l'état relatif du tas et la position de son point d'atterrissage. Tel est l'événement fortuit. Il n'est pas la cause absolue de l'avalanche contrairement aux apparences. C'est l'état du tas de sable qui fait l'avalanche»

 

La gauche de la gauche et l’extrême-gauche se complait dans l’analyse, elle n’a jamais su, pu ou voulu aller au bout du bout de ses velléités « révolutionnaires ». Elle aime la rue, les défilés et, tout au fond d’elle-même, n’aime rien tant qu’un bon retour d’une vraie droite dure aux manettes. Les sociaux-démocrates mous la confortent dans ce désir. Le vieux slogan : « Au secours la droite revient » est aujourd’hui transcrit en «Vivement la droite ! »

 

Et elle revient la droite en un festival de programme de « libération de l’économie française ». C’est à qui virera le plus de fonctionnaires, allongera des milliards d’économie, sus aux 35 heures, à bas l’ISF… Bref, un ex-Président, deux ex-Premier Ministre, une flopée de louveteaux aux ratiches acérées type gendre idéal à la Le Maire, s’escriment à nous faire croire qu’enfin demain ils vont à la hussarde bousculer la vieille France vent debout pour une loi El Khomery qui n’est qu’un amuse-bouche. Le degré de crédibilité de tout ce beau monde est bien mince même si le duo de tête dans le cœur de ces râleurs de Français sont le vieux Juppé, « le meilleur d’entre nous » et le bizuth Macron qui surfe sur une étrange vague de popularité alors qu’il est le père des mesures les plus contestées de la loi Travail désapprouvée par 70% d’entre-eux.

 

Jérôme Fourquet : «Les Français ne sont pas devenus de parfaits libéraux»

 

Le sondeur Jérôme Fourquet relativise l’adhésion des Français aux propositions économiques et sociales de Juppé, dont le succès tient moins à ce qu’il dit qu’à ce qu’il représente, entre un FN fort et une gauche déboussolée.

 

  • Est-il contradictoire que les Français rejettent nettement la loi El Khomri tout en plébiscitant Juppé, qui vient de dévoiler son programme libéral : 100 milliards d’euros de dépenses et 250 000 fonctionnaires en moins, suppression de l’ISF et des 35 heures, retraite à 65 ans, etc.?

Précisons d’abord que tant pour la loi El Khomri que pour le projet de Juppé, pas grand monde, au-delà des cercles les plus informés, ne sait précisément de quoi on parle. Il y a toujours un grand flou sur le contenu précis de la loi travail et encore une méconnaissance sur les intentions de Juppé. Mais ce que les Français ont bien compris et rejettent nettement, c’est la plus grande facilité donnée aux entreprises pour licencier. Avec 600 000 chômeurs de plus depuis 2012 et un chômage à 10 %, c’est le genre de choses qu’il est difficile de vendre à l’opinion et pas seulement à gauche.

 

Les Français (y compris une majorité d’électeurs PS) ont globalement intégré l’idée qu’il fallait restaurer les marges des entreprises car ils ont le sentiment que notre économie décroche. Mais ils ne sont pas pour autant devenus de parfaits libéraux. Avec la loi El Khomri, le bouchon a été poussé trop loin : le texte est apparu comme fragilisant en premier lieu les salariés.

 

  • En 2011, Hollande, qui n’a pas été le plus à gauche des candidats à la primaire, avait notamment fait campagne sur le renforcement de notre souveraineté par la restauration des comptes publics. Cinq ans plus tard, la primaire de la droite est une surenchère libérale assez éloignée du bilan de Sarkozy. Est-ce le signe d’une droitisation économique généralisée ?

Attention au mot libéral : pour beaucoup de Français le terme est d’abord associé au mot liberté et n’est donc pas spontanément rejeté. Concernant les propositions des Juppé, Fillon, Le Maire ou Sarkozy, n’oublions pas qu’ils s’adressent en premier lieu aux électeurs de la primaire, un concentré au sens culinaire du terme des électeurs de droite, à la fois sur les questions économiques et identitaires. Et chacun à droite part du principe que le vainqueur l’emportera au second tour face à Le Pen, alors que la gauche est au plus mal. Un contexte inédit où il ne s’agira pas de rassembler loin au centre pour battre la gauche et qui permet de «lâcher les chevaux» pour mobiliser le cœur des électeurs de la primaire, plus âgés et mieux lotis. Mais Sarkozy et Fillon, qui ont été aux responsabilités sans faire la moitié de ce qu’ils promettent, ont un problème de crédibilité. Cela confère à Juppé un net avantage : il est à la fois l’antithèse de Hollande - quelqu’un qui devait nous rassurer et qui nous a inquiétés parce qu’il a semblé ne pas savoir où il allait - et celle de Sarkozy - quelqu’un qui s’est beaucoup agité pour pas grand-chose à l’arrivée. Juppé arrive aussi à apparaître (un peu) moins radical que Fillon et son credo à la Thatcher.

 

  • Les électeurs de gauche qui seraient tentés par Juppé ne vont-ils pas se détourner à mesure qu’il va préciser ses intentions ?

C’est ce que Hollande espère : que la surenchère des candidats à droite l’aide à apparaître davantage de gauche, même relativement. Maintenant, si des électeurs de gauche votent Juppé à la primaire, ce n’est pas parce qu’ils sont tous devenus ultralibéraux mais parce qu’ils préfèrent participer à la primaire adverse, quitte à se boucher un peu le nez, plutôt que de subir un duel Sarkozy-Le Pen. Ce mouvement pourrait se renforcer si Hollande n’inverse pas la courbe du chômage, mais surtout celle des sondages d’ici l’automne. Avant d’être un engouement pour Juppé, ce phénomène est d’abord le fruit d’un contexte. Mais quand il s’agira, pour Juppé ou un autre, une fois élu, de supprimer concrètement 250 000 fonctionnaires dans le pays ou de réduire la dépense publique de 100 milliards, ce sera une autre histoire. On retrouvera dans la rue tous ceux qui y sont aujourd’hui et sûrement beaucoup d’autres.

 

A droite, on a le sentiment que la bataille se jouera moins sur les questions économiques que sur celles dites identitaires…

 

Le centre de gravité de la droite sur ces questions penche nettement du côté de la droite dite «décomplexée». Si Juppé est en tête dans son camp, ce n’est ni pour ses propositions libérales, semblables à celles de ses concurrents, ni donc pour son «identité heureuse», mais d’abord, au-delà de ce qu’il dit, pour ce qu’il est : un point d’équilibre et un gage de sérieux, éléments qui font mouche auprès d’un électorat aujourd’hui inquiet.

 

Autopsie du cas Emmanuel Macron, météorite pour l’instant creux de la politique française

 

« Quels sont les atouts d’Emmanuel Macron, ses qualités les plus évidentes pour que tant d’électeurs paraissent les avoir perçus, et qui expliquent son succès? D’abord, c’est net, son positionnement, ni droite ni gauche, qui souligne le sentiment d’artificialité que ressentent depuis longtemps les électeurs. Il en découle une forme de pragmatisme qui séduit une partie importante de la population, lassée de toutes les expériences idéologiques qu’elle s’est infligée à elle-même depuis 1981. En ce sens, Emmanuel Macron renouvelle l’offre politique. Sa seule présence est une promesse, et cela représente un atout extraordinaire s’il entend lutter vraiment contre les appareils et les partis qui, en France comme ailleurs, s’assurent l’exclusivité de l’offre politique.

 

Dans le cas spécifique d’Emmanuel Macron, une autre caractéristique doit être mentionnée, qui valorise et bonifie ce qui précède. Il s’agit de ce qui est rarement nommé et qui est pourtant essentiel: la séduction qu’il dégage, la confiance qu’il suscite sur sa seule mine, sa seule attitude, sa seule manière d’être.

 

Le ministre des finances est jeune, mince, vif, élégant. Dans un monde politique où l’expérience est valorisée, et l’ancienneté son corolaire, cheveux rares et ventre rond, sa prestance tranche et le démarque de la masse. D’une certaine manière, elle correspond à une recherche informulée de la psychologie française: l’espoir de la nouveauté, l’envie du renouveau.

 

C’est ici qu’il faut situer l’extraordinaire tolérance dont fait preuve l’opinion publique à l’égard d’Emmanuel Macron. Sans rien savoir de ses idées, elle l’encourage dans ses projets. Etonnant, et pourtant réel. »

 

Éloge du 49.3

 

« Coup de force », « putsch parlementaire », « déni de démocratie », voilà quelques-unes des expressions entendues pour dénoncer le recours à cet article constitutionnel, expressions reprises dans la presse et auxquelles il convient de faire un sort car, en vérité, l’utilisation du 49-3 renforce la démocratie plutôt qu’elle ne l’affaiblit.

 

L’article 49-3 a été inventé par les rédacteurs de la Constitution de la V° République, adoptée par référendum en septembre 1958, pour surmonter un éventuel blocage parlementaire. Imaginons un gouvernement qui souhaite faire voter une loi au parlement et qui, pour des raisons diverses, parfois peu avouables, ne trouve pas une majorité de députés pour l’adopter. Le gouvernement, alors, engage sa responsabilité et le projet de loi est réputé adopté, s’il ne s’est pas constitué contre lui une majorité pour voter une motion de censure.

 

Pourquoi cette mesure a-t-elle été inventée par les constituants de 1958? Ceux là étaient d’aussi grands démocrates que nous le sommes. Seulement, instruits par le fonctionnement de la calamiteuse Constitution de la IV° République, adoptée en 1946, où les gouvernements valsaient environ tous les dix mois, ils ont voulu créer un mécanisme susceptible de donner un peu de durée et de stabilité à une équipe gouvernementale. »

 

Enfin le "beau" cas Baupin

 

  • Une journaliste se souvient de nombreux moments de sexisme « d’une banalité navrante »

« Axelle Labbé, journaliste à France Bleu Béarn, a apporté son propre témoignage dans une chronique, le mercredi 11 mai. « Si j’osais », diffusé tous les jours vers 7 h 40, est un billet d’humeur ouvert à tous les journalistes de la rédaction, mais Axelle Labbé en rédige rarement. « J’ai demandé à le faire hier, parce que cette affaire Baupin m’a fait remonter 10 000 souvenirs », explique-t-elle au Monde.

 

Le résultat tient en une minute trente de gestes et remarques déplacés, petites chroniques du sexisme ordinaire dans le quotidien d’une journaliste avec qui « les hommes se prennent pour George Clooney parce qu’ils ont une once de pouvoir ».

 

Il y a ce commissaire de police qui la fait entrer dans son bureau « parce qu’avec votre joli sourire, on ne peut rien vous refuser », ou cet élu qui parle d’elle comme d’une « jolie femme » et à qui, scotchée, elle ne trouve rien à répondre. Un récit proche de celui d’Aurore Bergé, élue Les Républicains des Yvelines, à qui l’on disait lundi soir : « Quand je te vois, Aurore, j’ai envie de te faire une Baupin » et qui, sidérée, n’a pas su trouver les mots pour clouer le bec de l’auteur de cette « plaisanterie ».

 

« Le succès de cette chronique me surprend »

 

Des hommes comme Denis Baupin donneraient l’impression que seuls les très puissants se permettent cela, mais non. Le récit s’achève sur l’idée que « ça n’arrive pas qu’à Paris ». Le sexisme se retrouve partout où il y a du pouvoir, ou même seulement le sentiment d’en avoir.

 

Axelle Labbé, qui a sillonné la France pour les rédactions locales et nationales de Radio France, en sait quelque chose :

 

« C’est pareil partout, n’importe quel élu local, à n’importe quel niveau, peut avoir un comportement inapproprié. »

 

Un phénomène généralisé, qu’Axelle Labbé a choisi de regrouper en quelques histoires, « mais il y aurait de quoi faire quatre chroniques sur le sujet », précise-t-elle.

 

Ce billet d’humeur a été largement relayé en ligne, et commenté par les auditeurs de France Bleu. « Ce que je raconte est d’une banalité navrante, explique la journaliste. Le succès de cette chronique me surprend. Mais nous l’avons toutes vécu, et je pense que les femmes se retrouvent là-dedans. » Une amie lui glisse :

 

« Oui, c’est banal, mais ça fait quand même du bien de l’entendre. »

 

De l’entendre et de le dire. Car certaines images vous marquent. L’une des anecdotes, particulièrement glaçante, met en scène cette élue d’opposition d’une commune béarnaise qui farfouille par terre, lors d’un conseil municipal :

 

« Eh bien, vous passez sous le bureau ? », demande le maire.

« Je cherche mon stylo, Monsieur le maire », répond-elle.

« Oui, oui, enfin. Votre vie privée ne nous regarde pas », poursuit le maire.

 

Réaction ? « Toute la salle se marre », raconte la journaliste, témoin de ce moment « surréaliste ». « Cette scène au conseil municipal me trottait dans la tête depuis longtemps, confie-t-elle au Monde. Je ne l’avais pas racontée au moment où c’est arrivé, et je suis contente de l’avoir fait. »

 

  • On me rapporte cette phrase, d'un élu LR à une élue LR qui portait un pantalon en cuir : "je te l'arracherai bien avec les dents !"

« C'est simplement une "scène de la vie politique ordinaire", selon Aurore Bergé. Cette élue Les Républicains des Yvelines, proche de Valérie Pécresse et soutien d'Alain Juppé, a relaté lundi soir sur son compte Twitter le conseil d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines auquel elle venait de participer. Quelques heures après les accusations portées à l'encontre du député écologiste Denis Baupin pour harcèlement et agression sexuel, elle a rapporté des remarques sexistes qui lui ont été adressées. "Pendant les dépouillements, je pars échanger avec certains élus. Je suis accueillie par un 'quand je te vois, j'ai envie de te faire une Baupin'", écrit-elle.

 

"Un autre élu enchaîne avec un 'quand on voit Aurore, on a le bâton de Berger'. C'est gras, c'est vulgaire, c'est grossier. C'est pathétique. Il a l'âge d'être mon père (ils en ont un peu tous l'âge)", dit encore la conseillère municipale de Magny-les-Hameaux âgée de 29 ans, qui racontait en 2014 dans le JDD sa première campagne électorale. L'élue reconnait s'être trouvée "navrante dans [son] incapacité à réagir". "Quand ça t'arrive, tu ne sais pas comment réagir. Tu es sidérée. Bloquée. Tu lui fous une claque? Tout le monde te regarderait. Tu ne ris pas? Tu n'es décidément pas faite pour la politique. Et puis, c'est drôle, non? C'est un bon mot, après tout", explique-t-elle, précisant avoir ri "par réflexe" après s'être interrogée sur le choix de son chemisier, "comme si c'était toi la coupable".

 

"Mais aujourd'hui n'est pas une journée ordinaire. Elles ont parlé", affirme Aurore Bergé, en évoquant les élus écologistes qui ont mis en cause Denis Baupin pour ces faits plus graves. "S'il y a des différences de degrés dans le harcèlement, je ne crois pas qu'il y ait de différence de nature", explique l'élue Les Républicains. "Car on a le droit de ne pas avoir envie de ces remarques graveleuses, de ces gestes déplacés, sans pour autant être cataloguée en pisse vinaigre ou mal baisée. Je mesure le courage qu'il a fallu à ces femmes pour prendre la parole. Ils ne changeront peut-être pas, mais nous oui. On parlera", conclut-elle.

 

La mise à mort de Denis Baupin

 

Le député est condamné par la vox populi, sans vérification des faits, sans débat contradictoire. De par leur gravité, les témoignages qui l'accusent mériteraient pourtant d’être traités comme il se doit dans un pays démocratique. Le point de vue de David Le Bailly.

 

La suite ICI 

 

Quelques scènes de la vie ordinaire du peuple :

 

« S'il y a le moindre souci, tu es tout seul » : livreur à vélo, un job à cheval entre liberté et précarité 

 

Des travailleurs américains forcés de porter une couche pour éviter les pauses-toilettes 

 

« Quelque chose de – vraiment – pourri dans le royaume de France» 

 

La comédie humaine des rémunérations patronales 

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 06:00
L’Eurovision bashing, un des sports favoris des Français, un beau cas d’école pour jauger l’horizontalité chère à Nuit Debout : le goût du peuple et celui des élites…

C’est devenu un marronnier sur les réseaux sociaux que de vilipender «nos élites » de tout poil en se drapant dans l’oriflamme du vrai peuple, plus précisément en proclamant : je suis le peuple. En fait, ce n’est qu’un vieux remake du bon vieux léninisme. Ils se proclament l’avant-garde de ce peuple, cette couche consciente et avancée de ce qu’on nommait de mon temps la classe ouvrière.

 

Mais de nos jours la classe ouvrière s’est éparpillée entre les deux extrêmes, on ne la voit guère place de la République, ni dans les manifs, quand on pense à FO on se gondole, alors il est fait référence au peuple, c’est simple, pratique, fourre-tout, abstrait.

 

Ce fameux peuple fantasmée mais où était-il donc hier au soir ?

 

En grande majorité scotché devant sa télé, sur France2 qui plus est, pour regarder le plus ringard, le plus kitch (ça fait plus chic), le plus stupide, le plus grossier des concours télévisés : l’Eurovision de la chanson.

 

C’est du beau et du vrai bashing « C'est l'un des sports favoris en France – y compris à la rédaction de France tv info : se gausser de l'Eurovision (...) Des paroles aux costumes, rien n'est épargné aux participants. »

 

Sans jouer les Ponce-Pilate, je ne me situe dans aucun des camps car, comme je ne regarde plus la télé, je n’aurai pas l’outrecuidance de porter un jugement sur la qualité de ce concours.

 

Les journalistes du site de France TV info, eux s’interroge : « Pourtant, si on prête l'oreille, le concours de chant est une affaire très sérieuse. Si sérieuse que les soubresauts géopolitiques du continent se ressentent parfois à l'antenne. »

 

Avant de leur céder la parole, un petit peu d’HISTOIRE :

 

Je crois que la dernière fois que j’ai regardé à la télévision le concours de l’Eurovision ce fut l’année où Si France Gall a gagné en 1965 avec Poupée de cire, poupée de son, signé Serge Gainsbourg. C’était en noir et blanc, j’étais étudiant à Nantes, je trouvais la chanson débile, gnangnan, mais ce ne fut pas une victoire tricolore elle représentait le Luxembourg.

 

La dernière victoire française remonte à 1977. Marie Myriam avait séduit les téléspectateurs des pays participants avec L'oiseau et l'enfant, un classique du genre signé Joe Gracy et Jean-Paul Cara.

 

Presque 40 ans de vaches maigres, notre orgueil national en pâti et, croyez-moi, dans ce peuple assis devant sa télé, son écran plat bien sûr, ça le désole. Il est cocardier le peuple. Il chante « on a gagné » lorsqu’un quelconque équipe de France décroche le cocotier mais « ils ont perdus » quand les mêmes rentrent la queue entre les jambes.

 

« Créé en 1956 par sept pays dont la France, le concours de l'Eurovision a très vite gagné de l'importance puisque plusieurs pays ont rapidement proposé leur participation dès la deuxième édition. Dix en 1957, ils sont désormais au nombre de quarante-deux. Seuls les pays membre de l'UER (l'Union européenne de radio-télévision) peuvent y participer, ce qui explique que des pays n'appartenant pas géographiquement à l'Europe y participent. C'est le cas des pays du Maghreb et de l'Israël par exemple. A sept ou dix, les pronostics n'étaient pas aussi difficiles à faire, et les chances pour les artistes français de l'emporter plus grandes. Pas étonnant qu'il y en ait donc quatre qui aient su tirer leur épingle du jeu durant les vingt premières années. Le premier Français à être arrivé en tête n'est autre qu'André Claveau, avec sa chanson « Dors mon amour », en 1958. Inconnu de la nouvelle génération, André Claveau était l'un des artistes les plus plébiscités dans les années 50. »

 

La France triomphe en 1960 et 1962

 

« Presque consécutivement, la France remporte l'Eurovision en 1960 et 1962. Jacqueline Boyer a fait chavirer le cœur des Européens avec sa chanson Tom Pillibi, écrite et composée par Pierre Cour et André Popp.

 

À Luxembourg, en 1962, c'est Isabelle Aubret qui s'imposait avec Un premier amour. En remportant le concours, la carrière d'Isabelle Aubret décolle. Connue également comme championne de gymnastique (1952), elle fut repérée par Jean-Ferrat qui lui offrait en 1963 les premières parties de sa tournée. Le poète lui a même donné quelques titres qu'il devait initialement interpréter lui-même. Aussi soutenue par Jacques Brel, la chanteuse a connu un rayonnement international au cours des années 70 et 80. L'artiste n'a jamais cessé de chanter depuis. Elle publiait l'année dernière un coffret regroupant ses reprises de Jean Ferrat. »

« Il faut attendre 1969 pour voir la France monter sur le podium pour la quatrième fois. Seulement, les règles n'étaient pas tout à fait les mêmes : ils furent quatre lauréats cette année-là. C'est la seule et unique fois que cela s'est produit. La Française Frida Boccara a alors terminé à égalité avec Lulu (Royaume-Uni), Lenny Kuhr (Pays-Bas) et Salomé (Espagne), avec le titre Un jour, un enfant. Et huit ans plus tard, donc, Marie Myriam devient la dernière à s'imposer. »

Depuis, on a tout essayé On a tout essayé, même avec de belles pointures : « En 1988, Gérard Lenormand n'avait pas fait mieux que 14ème avec son "Chanteur de charme". Patrick Fiori chantait "Mama Corsica" en 1993 tandis que beaucoup d'espoirs reposaient sur Patricia Kaas en 2009. »

 

Au final, et parce que la France fut un des premiers pays organisateurs de l'Eurovision, elle termine deuxième au palmarès des pays ayant remporté le plus de victoires. Cinq au total, contre six pour l'Irlande.

 

À l'occasion de la finale de la 61e édition, France tv info vous raconte six histoires qui montrent que l'Eurovision est un rendez-vous beaucoup plus sérieux qu'il n'y parait. Lire ICI 

 

1974 : le Portugal fait sa révolution avec l'Eurovision

 

1993 : les Bosniaques risquent leur vie pour participer

 

2000 : les Israéliens veulent faire la paix avec la Syrie

 

2005 : le Liban abandonne pour ne pas diffuser la prestation d'Israël

 

2009 : l'Arménie nargue l'Azerbaïdjan à distance

 

2016 : l'Ukraine évoque la Crimée, annexée par Moscou

 

 

Palmarès des 10 dernières années

 

Depuis 2005, pas un seul pays n’a gagné le concours de l’Eurovision deux fois de suite. Il y a dix ans, c’est la Grèce qui a remporté la victoire avec l’artiste Helena Paparizou et sa chanson My number one. Vient ensuite en 2006 le groupe de hard rock finlandais Lordi et son titre Hard Rock Hallelujah. En 2007, la Serbie se place en tête du classement avec la chanson Molitva interprétée par Marija Serifovic. Puis en 2008, c’est au tour de la Russie de faire une apparition remarquée dans le concours de l’Eurovision grâce au titre Believe chanté par Dima Bilan. On retrouve ensuite en 2009 la Norvège, qui a enregistré le plus de points avec la chansonFairytale, interprétée sur scène par Alexander Rybak. En 2010, l’Allemagne revient dans la course avec le tube Satellite de la chanteuse Lena Meyer-Landrut. C’est lors du concours organisé en 2011 que l’Azerbaïdjan remporte pour la première fois l’Eurovision avec le titre Running Scared interprété par Ell & Nikki. Arrive ensuite en 2012 la Suède et la chanson Euphoria chantée par l’artiste Loreen. En 2013, le Danemark se démarque avec le tube mélancolique Only Teardrops de la chanteuse Emmelie de Forest. En 2014, le monde entier fait la connaissance de Conchita Wurst, l’artiste autrichienne qui a fait sensation en chantant Rise like a phoenix,titre qui n’est pas sans rappeler Skyfall d’Adele. Enfin en 2015, c'est le chanteur suédois Mans Zelmerlow qui a fait sensation auprès du public européen avec son titre "Heroes".

 

Dans une interview accordée au site puremedias, la chanteuse Marianne James, qui se chargera de commenter la finale de l'Eurovision 2016 samedi soir en direct sur France 2 aux côtés de Stéphane Bern, a expliqué qu'Amir Haddad pouvait gagner : "Si on frôlait le podium, je crois que les choses changeraient, oui. Et c'est possible ! Je rêve d'être dans les trois premiers. Si on arrive dans le top 5, je serai très heureuse. Le niveau est exceptionnel, derrière Israël, derrière l'Arménie, l'Ukraine, la Russie, la Belgique, la Bulgarie..."

 

 

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 06:00
Confidences d’un vieux cycliste parigot bien avant les bobos je chevauchais un fixie un peu rétro…

Sans vouloir vous saouler avec mes histoires de vélo et de bobos je me permets tout de même de chroniquer à propos d’un travers bien français : dès qu’une tendance nouvelle pointe son nez, surtout à Paris, elle est vilipendée. Les nouveaux adeptes sont au mieux des snobs, au pire affublés du mot-valise fourre-tout : des bobos.

 

Que n’ai-je entendu lorsque j’ai fait le choix du vélo il y a 40 ans.

 

Et pourtant mon choix était rationnel, motivé par le côté pratique, le besoin de me dépenser, la curiosité, la liberté d’aller et de venir, la facilité pour se garer, entretien facile, budget aussi mince que la taille de Jane Birkin.

 

Mon choix n’était pas un acte de foi écologique même si je croisais souvent, le matin, Noël Mamère qui n’était pas encore Vert, à l’angle de Raspail face à l’hôtel Lutétia.

 

Le quotidien des cyclistes à Paris n’est pas un long fleuve tranquille, rien n’est fait ou presque pour nous faciliter la vie. L’irruption des Vélib a même permis aux « pourvus de moteurs à 2 ou 4 roues » de nous vilipender pour incivilité. Bref, les pistes cyclables sont pleines d’ornières, de détritus, de piétons en goguette, madame Hidalgo se tamponne des vélos sauf pour faire de la com.

 

Aujourd’hui, ce sont les fixies qui sont l’objet de railleries, rien que des hipsters qui chevauchent d’étranges bécanes !

 

Des bobos bien sûr, et de plus en plus de bobottes, c’est comme pour les vins nus, tout ce qui n’entre pas dans le moule est raillé.

 

Sauf que votre serviteur a fait du fixie bien avant que ceux-ci prennent le haut du pavé de Paris.

 

En effet, mon grand Batavus était dépourvu de freins, je freinais avec les pieds, « Le secret, c'est de décaler les pieds. Tu appuies sur le talon de l'un pendant que tu lèves la pointe de l'autre » m’avait indiqué le vendeur de Bicloune.

 

 

Ça surprenait mes amis mais juché bien droit sur mon grand destrier je pris vite le pli, jamais je n’ai dérapé et ne me suis ramassé la gueule.

 

Alors était-ce pour autant un fixie ?

 

C’est quoi un fixie me demandent mes copines ?

 

« C'est le vélo le plus simple, mais aussi le plus économe qui soit. Il est ultra facile à entretenir. Quelques clés pour resserrer les vis, une chambre à air à changer de temps en temps et le tour est joué. »

 

« Dans les années 1990, les coursiers de New York et de San Francisco en avaient marre de se faire voler leurs vélos, alors ils les ont allégés au maximum, retirant les feux, les freins... Le phénomène a mis une dizaine d'années à se propager jusqu'ici, grâce à nos voisins anglais »

 

« À la base, c'est un vélo de piste dont l'utilisation a été détournée par les coursiers américains, les "messengers", poursuit Simon. En réalité, il y a plus d'un siècle que les cyclistes enfourchent des fixies. Sur les premières éditions du Tour de France, plusieurs coureurs roulaient sur ce type de vélo. Aujourd'hui encore, les professionnels s'entraînent sur des pignons fixes pour optimiser leur geste, pour gagner en puissance. »

 

Le fixie, avec un temps de retard, a envahi la chaussée de Paris depuis quelques années. Des filles et des garçons, jeunes, ils foncent comme des dératés. Ils s’éclatent car « Il y a vraiment un côté fun dans le pilotage du pignon fixe. Il n'y a pas de temps mort, on est tout le temps dans l'effort, tout le temps à la relance. »

 

Pour autant « Il ne faut pas se laisser griser par la facilité du fixie. On peut se prendre très vite au jeu et oublier que l'on n'est pas sur une piste d'entraînement, mais dans un environnement urbain. »

 

Bref, lorsqu’il s’est agi de remplacer mon vieux destrier je me suis tâté : allais-je pousser l’inconscience de ma vieillesse indigne jusqu’à acheter un vrai fixie ?

 

Deux raisons m’ont fait pencher vers le classicisme : tout d’abord Paris n’est pas plat et l’absence de changement de vitesses, ce dont était pourvu mon Grand Batavus (3), est redoutable pour relancer la bête au bas de la pente de Ménilmontant ; ensuite, comme je suis un garçon qui fait ses courses, l’absence de porte-bagages s’avérait un handicap majeur.

 

 

Il n’empêche que dans certains couloirs de bus ou sur de belles lignes droites dépourvues de feux je me mets en tête de faire la nique aux petits jeunes en fixie en compensant mon absence de pointe de vitesse par une gestion intelligente de mon effort. C’est jouissif !

 

Bien sûr mes copines me grondent, m’intiment de porter mon beau casque, rien n’y fait je reste allergique à toutes formes de contraintes.

 

Ça 40 ans que ça dure alors… je n’ai jamais chevauché un vrai fixie mais sait-on jamais avec moi tout peut arriver.

 

Combien ça coûte pour s'équiper?

 

« Les puristes du fixie n'achètent pas leur vélo tout fait. Comme les geeks avec leur tour d'ordinateur, ils assemblent des pièces triées sur le volet pour constituer un vélo presque unique répondant à leurs exigences. Pour vous équiper sans dépenser une fortune, optez pour un modèle déjà assemblé. Les premiers prix commencent à 250 euros. Plus vous serez exigeants, plus votre passion du fixie vous coûtera cher. Comptez 589 euros pour un Charge Plug, un modèle facile à dompter. Mais sachez que les prix peuvent grimper jusqu'à 3700 euros pour un Rizoma 77/011 Metropolitan. Pour un maximum d'information sur la mode du fixie, les différents modèles, les manifestations et les boutiques, rendez-vous sur le site fixie-singlespeed.com. »

 

Vélo : elles roulent en « fixie » dans un monde de hipsters barbus 

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 06:00
La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

Tous ou à peu près tous, des chauffeurs d’Uber au petit mec du neuf3 en passant par le péquin de Trifouillis-les-Oies, ils ont tous les yeux rivés sur leur GPS pour circuler dans ma ville. À quand la puce greffée pour guider un peuple d’ignorants.

 

Ignorants du nom des rues, de la géographie de Paris, ils sont sur des rails, quasi-aveugles, robotisés, tout droit sortis d’une vidéo de science-fiction.

 

Et moi, pendant ce temps-là, je file, me faufile, nez au vent, fier comme Artaban, j’enfile les anciennes rues au nom de cul.

 

Qui sait que la rue Gratte-Cul dans le 2e arrondissement a laissé la place à la rue Dussoubs.

 

Qui c’est donc ce Dussoubs ?

 

Un révolutionnaire limousin Denis Gaston Dussoubs, tué le 4 décembre 1851 sur une barricade de la rue Montorgueuil, en protestant contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. (Décret du 9 mai 1881)

 

Ce changement nom est dû à la mauvaise réputation de la rue car le quartier au XIIIe siècle, alors hors les murs, était spécialisé dans la prostitution théoriquement interdite dans Paris depuis 1256 par le pieux Saint-Louis.

 

Mais ce n’est pas tout :

 

  • La rue du Tire-Vit, dans la seconde moitié du XIVe siècle, l'enceinte de Charles V où sont parquées les filles bordelières (ce qui donnera le mot bordel) intègre la Ville et la rue changea peu de temps après de nom (peut-être au début du XVe siècle) pour celui moins vulgaire de «rue Tire-Boudin ».

 

Selon une anecdote apocryphe racontée par l'historien Henri Sauval, la reine d'Écosse Marie Stuart aurait remarqué cette rue après son mariage en 1558 avec le Dauphin (futur François II) : « Marie Stuart femme de François II, passant dans cette rue, en demanda le nom ; il n’étoit pas honnête à prononcer ; on en changea la dernière syllabe, et ce changement a subsisté. De toutes les rues affectées aux femmes publiques, cette rue, et la rue Brisemiche, étoient les mieux fournies. » fut baptisée rue Marie-Stuart.

 

  • La rue Poil-au-con fut, de 1792 à 1800, la rue Purgée, nom qu'elle ne méritait guère, des filles publiques continuant à l'habiter, rebaptisée rue du Pélican par déformation de sa première appellation. Elle est située dans le 1er arrondissement.

 

  • La rue Donne-Joie voisine de la rue Brise-Miche dans le 4e arrondissement où la prostitution était la spécialité (d'où leur surnom commun de rue « Baille-Hoë» : qui donne joie), malgré les plaintes du curé de l'église Saint-Merri. Le curé obtient du prévôt l'expulsion des ribaudes (ordonnance de 1387), mais les habitants de la rue, dont les commerces souffraient de désertification, obtinrent le retour de ces dames (arrêt du Parlement du 21 janvier 1388).
  •  

 

La première est devenue la rue Taillepain et la seconde existe toujours.

 

  • La rue Trace-Putain ouverte au commencement du XIIIe siècle, s'est appelée successivement « rue de Châlons ou de Chalon, rue Trousse-Nonnain, rue Trace-putain, rue Tasse-Nonnain puis Transnonain. C’est aujourd’hui la rue Beaubourg à cheval sur le 3e et le 4e arrondissement.
  •  

NB. Une nonnain était une religieuse.

 

  • La rue Pute-y-Muse de l'ancien français muser, flâner, ou Pute-y-Musse (la putain qui s'y cache), devenue successivement par corruption Petit-Musse, Petit-Muce puis Petit-Musc sa dénomination actuelle. Elle est située dans le quartier du Marais 4e arrondissement.

J’ai gardé pour la bonne bouche l’impasse Guéménée, non pour faire l’andouille, mais parce que son ancienne appellation est très tendance : « Cul-de-sac du Ha ! Ha ! »

 

Pour ceux qui ne le saurait pas le « Lol » est mort, vive le « haha » ! par Marine Benoit

 

« Entrée dans l’Oxford English Dictionary en 2012 et l’année suivante dans le Petit Robert, la célèbre interjection « lol » pourrait bien, d’après les analystes de Facebook, vivre ses dernières heures. Publiée sur le blog du réseau social le 6 août, une étude intitulée « The Not-So-Universal Language of Laughter » (Le ­langage du rire, pas si universel) ­rebondit sur un article du New Yorker paru en avril qui analysait les nouveaux codes virtuels du rire. L’hebdomadaire américain distinguait deux camps : les aficionados du retentissant « hahaha » et les adeptes du « hehehe », plus contenu.

 

Utilisé par 1,9 % des internautes

 

Les chercheurs de Facebook ont décidé d’y mettre leur grain de sel, disposant du matériel idéal qu’est la data. Ils se sont appuyés sur les publications de la dernière semaine de mai, aux Etats-Unis, en se concentrant sur celles qui exprimaient le rire avec les onomatopées « haha » ou « hehe », un émoji (petit visage évoquant une émotion joyeuse) ou l’expression « lol », acronyme de « laughing out loud », souvent ­traduite par « mort de rire ». Les conclusions sont sans appel : seul 1,9 % des internautes utilise encore le petit mot de trois lettres contre 51,4 % pour « haha ». Arrivent ensuite les émojis, vus dans 33,7 % des posts, et « hehe » dans 13,1 % des cas. Le « lol » est mort, vive le « haha » !

 

La désormais marginale exclamation se lit encore ­surtout sur les profils des hommes approchant ­la trentaine, tandis que les émojis séduisent les femmes de moins de 20 ans. Apparu au début des années 2000 dans les SMS, le terme « lol » semble ainsi vieillir avec ses créateurs, adolescents il y a quinze ans. Et, comme la plupart des expressions propres à une génération, il risque d’être bientôt moqué par les plus jeunes. Autre conclusion du bilan que dresse Facebook, les publications relatives au rire représentaient cette semaine-là plus de 15 % des posts émis sur le réseau social aux Etats-Unis. Avec ou sans « lol », le monde rit encore. »

La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

La bouteille du jour le Rhum Rhum de Marie-Galante

 

« Le « Rhum Rhum » blanc provient du jus de canne pur fraichement débarqué par les cabrouets (charettes tirées par des boeufs aux noms éclatants : Tarzan, Noah...) des environs. Fermenté lentement en cuve inox à température contrôlée puis distillé dans des alambics de cuivre de Müller. Maitre Vittorio Gianni Capovilla est en charge de la « repasse » au bain marie. Le Rhum Rhum Bielle subit ensuite une réduction grâce à l'eau du ciel où il atteint ses 56°. C'est un vrai « Rhum Rhum »! Mis en bouteille à la distillerie Bielle de Marie-Galante. »

 

Dégustation : le nez d’abord ample, aérien, délicat avec une palette aromatique très large allant des fruits blancs en passant par des notes de gingembre pour finir sur le goudronné d’un Puros. En bouche c’est du velours, des touches épicées girofle et cannelle, un goût de frangipane tapisse le palais et on se sent envahi de senteurs de lilas. C’est onctueux sans être lourd. J’avale les 56° sans ciller : le cycliste urbain ayant peu de chance de se faire contrôler positif par les volatiles encagés.

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J’ai retrouvé la trace de Djamel Tatah chez Michael Woolworth 2 Rue de la Roquette 

 

À mon arrivée à Paris j’ai habité un petit appartement rue Mazarine au-dessus de la librairie Gründ. Nous étions voisins de l’école des beaux-arts. Un après-midi j’y suis allé marauder de la daube absolue sauf les toiles d’un qui signait Djamel Tatah.

 

Djamel Tatah, 56 ans, l'un des rares peintres français connus au-delà de nos frontières.

 

Mon ex-collègue de la SVF, le vin mène à tout, lunettes rouges, écrit :

 

« Il n'y a pas grand-chose sur les toiles de Djamel Tatah, Non, pas grand-chose : déjà, il n'y a pas de fond, pas de décor, pas de paysage, juste des grands aplats monochromes, parfois lisses comme des glacis et parfois légèrement ombrés et vibrants, comme si une vie souterraine y affleurait. De grands rectangles de couleur sourde, où même bleu et rouge semblent avoir été bridés, dé-tonifiés, adoucis jusqu'à la plus extrême sobriété.

 

Pas d'accessoires non plus, pas de meubles, pas d'outils, pas de détails, rien que des hommes et des femmes tels quels, face à nous… Pas d'expression, pas de manifestations visibles de joie ou de haine, de honte ou de peur, de tristesse ou de révolte, non, des visages ternes, sans couleur, sans 'race', désespérément blancs, non-identifiables, non classables, impassibles, figures plutôt que portraits. Parfois un geste, une main, un rapprochement laissent émerger dans l'esprit du regardeur la possibilité d'un sentiment, mais il doit l'assumer seul, le peintre le laisse livré à lui-même.

 

Pas de flonflons, pas de fanfreluches, des habits sombres, quasi noirs (presque tous, depuis la donzelle à la boucle d'oreille), informes, sans coupe, sans apprêts, bêtement fonctionnels, mais marqués d'une hydrographie de plis peinte en blanc et qui, aussi irréaliste soit-elle, signe et structure la forme du corps habillé.

 

Pas vraiment d'action non plus, pas de représentation, ou alors on arrive après le drame quand tout est figé, immobilisé, gelé comme par le flash d'une photographie. Ses tableaux sont des montages, il y assemble des figures posées, posant, gauches, qui, souvent, voisines, ne se voient pas, ne se touchent pas, et qui, quand un ensemble se dégage, quand deux figures interagissent, semblent le faire avec la rigidité d'une sculpture mortuaire.

 

Pas de titres non plus, partout "Sans titre", et ce depuis longtemps, depuis ces Femmes d'Alger qui, après celles de Delacroix et celles de Picasso dont je parlais il y a peu, disent alors (1996) la terreur, le deuil et l'impossibilité de les combattre, alignées dans cette longue frise tragique.

 

Non, il n'y a pas grand-chose dans les toiles de Djamel Tatah, pas grand-chose que la solitude, que l'exil, que la détresse, pas grand-chose d'autre que la tragédie humaine par lui interprétée, à l'aune de sa propre histoire, de sa lignée, de ses émois. Et c'est bien cela qui nous y attire, irrésistiblement, dans cette absolue soustraction du détail, de l'anecdote, du récit, dans cette concentration essentielle.

 

Bien sûr, on peut aisément le réinscrire dans l'histoire de l'art, on retrouve là une Pietà et ici un Torero mort, on revient vers Giotto et vers Géricault, et même vers le Fayoum, puis on bondit vers Barnett Newman ou vers Rothko, mais est-ce si important de déceler dans sa peinture des filiations, des logiques, des vocabulaires ? Et on aime que la Fondation Maeght, par l'ouverture d'une baie vitrée, le fasse dialoguer avec Giacometti. »

La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault
La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

Mon palais d’été : Les Climats Le paradis des Vins de Bourgogne
41 rue de Lille - Paris - 75007

 

J’ai toujours été fasciné par le titre du roman de Pierre-Jean Remy« Le sac du palais d’Eté »

 

Patrick Besson écrit :

 

« Pour Pierre-Jean Remy, j’ai commencé par faire une folie amoureuse : lors de notre première rencontre en juin 1974, je suis resté chez moi pour lire « Le sac du palais d’Eté » au lieu de me présenter aux épreuves du bac. Par surcroît, j’écoutais du Bach. Je lui rappelai cette anecdote à chacune de nos rares rencontres : à la Closerie des lilas en 1995, dans la rue de Bourgogne au début des années 2000 (il occupait, avec son épouse, Sophie Schmit, un appartement dans l’immeuble mitoyen du mien), au restaurant Laurent pour une réunion préparatoire du prix Nice-Baie-des-Anges sous les auspices souriants de Brigitte de Roquemaurel. »

La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

Le livre du jour : Aurora de Vincent Peillon.

 

Vincent Peillon, romancier : prometteur, a du potentiel, mais peut mieux faire...

6 AVR. 2016 par JACQUES TEISSIER

 

Si quelques écrivains talentueux, de Chateaubriand à Lamartine en passant par Hugo et Bernanos, ont été tentés par la politique, peu d’hommes politiques se sont lancés dans l’écriture romanesque.

 

Ceux qui l’ont fait se sont sans doute bien amusés (ce qui n’est pas négligeable), mais que ce soit Edgar Faure, Valery Giscard d’Estaing ou Jean-Louis Debré, ils ne marqueront pas l’histoire littéraire de notre pays. J’étais donc curieux de savoir comment Vincent Peillon allait s’en sortir avec son Aurora, que les éditions Stock viennent de publier. Il s’en sort plutôt pas mal, à mon avis. Pour rester dans le domaine de l’école qui a été le sien, je pourrais dire avec la concision qui sied si bien aux bulletins scolaires : « Prometteur, a du potentiel, mais peut mieux faire ».

 

Dans cet ambitieux thriller, l’auteur mêle allègrement les convoitises des multinationales, l’OTAN et les conflits entre les services secrets de différents pays. La géopolitique y est constamment présente avec, en arrière-plan, une question brûlante : qui pourra exploiter les formidables richesses de « l’Eldorado du XXIe siècle » en pétrole, gaz et terres rares, le Groenland ? Hans Ritter, vieux nazi revanchard et nostalgique du troisième Reich, a pour parvenir à ses fins politiques (occultes, comme il se doit) créé le puissant consortium Aurora dont l’un des objectifs est de maitriser l’exploitation de ces richesses. Aurora, comme l’explique un de ses dirigeants, « a passé des accords avec les Russes, le Danois et les Groenlandais, mais aussi les Chinois. Elle a associé d’autres compagnies allemandes. Sur le dos des Américains et de leurs valets, de moins en moins nombreux ». Et, faut-il ajouter, avec l’appui occulte de certains faucons nord-américains et d’un petit groupe de responsables de l’OTAN. Au cœur de cette histoire d’espionnage, Vincent Peillon imagine un groupe plus ou moins autonome d’agents du Mossad, qui agissent selon leur propre conception de la défense d’Israël en n’hésitant pas à exécuter tous ceux qui se sont compromis avec Hans Ritter et son projet Aurora. Roland Kuntz, personnage principal, est le chef opérationnel de ce réseau dont Karlo, un vieux général israélien, est le fondateur et l’âme.

 

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