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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:09

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Cher Michel Smith,


Lorsque tu écris dans ta chronique du 22 janvier des 5 du Vin « Le vin peut-il se complaire à jamais dans l’ignorance ? » :


« Ce n’est plus aussi évident de parler du vin. Du moins, c’est ce que je ressens aussi. Moi-même je suis confronté presque chaque jour à cette expérience qui fait que je doute de plus en plus de la manière dont j’écris sur le sujet. Ça ne passe plus. En dehors de quelques amoureux et professionnels, mis à part les érudits qui viennent sur notre site pour débattre entre gens de bonne famille et de bonne compagnie, entre connaisseurs, est-ce que nous avons nous un réel public, une audience ? Perso, je suis convaincu que non. Combien, parmi ceux qui nous lisent, ont-ils encore la volonté profonde d’apprendre, de découvrir, de nous accompagner dans nos dégustations, de partager notre enthousiasme comme nos déconvenues ? »

 

Ne t'offusque pas du titre Michel je l'ai pondu pour faire plaisir à un autre Michel, Bettane 


Je crois que tu as à la fois  raison et tort car nous assistons à une mutation qui n'a rien à voir avec l'éternel conflit de générations. De mon point de vue il ny a pas recul, et pas forcément de progrès, dans l’intérêt que portent ceux qui aiment le vin, ou ceux qui l’abordent en tant que néo-consommateur, à l'appétit de connaissance sur le vin. La culture du vin s'élabore différemment, loin de la pure transmission familiale, de façon multiforme et parfois surprenante. L'irruption des filles dans le milieu du vin est aussi un élément important qu'il ne faut pas traiter avec la suffisance des mecs qui savent.


Dans une chronique récente je m’expliquais à ce sujet « N’étant ni 1 amateur pointu, aigu, obtus je me contente du bouche à oreille pour choisir mon vin : vive la toile ! » link  je ne reviendrai donc pas sur mon argumentaire.


Étant l’un des créateurs des 5 du Vin – même s’il n’y a plus de trace de cette paternité partagée sur le site – je te rappelle les débats que nous avons eus sur ce sujet, vifs mais toujours amicaux. N’étant pas un professionnel de la profession je ne partageais pas votre volonté de vous cantonner dans une approche, disons classique, du vin. C’est pour cette raison que je me suis retiré et, d’une certaine façon, je le regrette, mais mon temps n’est pas extensible.


Bref, avec mes 10 ans d’expérience sur la Toile, et ma petite expérience de prof tout au long de ma carrière : de la 6e à l’enseignement supérieur, je crois que le potentiel d’intérêt sur le vin n’a pas faibli mais que l’art et la manière de le faire partager sont bien trop figés.


Eveiller l’intérêt d’un lectorat hyper-sollicité, qui, je ne le conteste pas, trop souvent, lit en diagonale sans chercher à comprendre, zappe, réagit en fonction de ses à-priori, ses idées reçues, sur des pages Face de Bouc où les commentaires sont souvent affligeants, exige une remise en cause de la manière d’aborder la fameuse culture du vin.


Depuis l’origine sur cet espace de liberté j’ai choisi d’ouvrir la focale, de ne pas me contenter d’aborder le vin pour le vin, style LPV, d’aller chercher un lectorat chez ceux pour qui le vin n’est pas l’amour de leur vie, et ils sont majoritaires. Pour la énième fois je vais évoquer ce que répondait mon pépé Louis à mémé Marie lorsque le curé en chaire pestait contre ceux qui ne venaient pas à la messe « pourquoi y nous en parle puisqu’eux ne sont pas là pour l'enetendre ? » Que du bon sens !


Faut aller au contact mes cocos ! Sortir de vos cercles forts sympathiques mais un peu vieillissants, pour fréquenter d’autres mondes. C’est mon cas, je me bouge le cul, certains me le reprochent assez, surtout lorsqu’il s’agit de charmantes et jolies jeunes filles, aller au contact pour comprendre et mieux expliquer.


Les Ignorants de Davodeau link, Mimi, Fifi & GlouGlou link Les tronches de vin sont de vrais succès de librairie et ne me dites pas que ce ne sont pas des vecteurs de la culture du vin.


Quant aux buveurs d’étiquettes, aux gus qui achètent des bouteilles au prix du caviar pour faire reluire leur statut social, ce n’est pas nouveau. J’ai été marchand de vins en 1986 à la SVF propriétaire de la vieille maison bordelaise Cruse, et j’ai livré des caisses bois bordelaises à la pelle pour les chers amis de notre actionnaire. Ce qui a changé depuis c’est l’échelle des fortunes et des prix des GCC, comme de certains crus bourguignons. Le seul qui ait voix au chapitre c’est le Bob des Amériques.


Enfin, j’éviterai, pour ne pas fâcher plus encore, de parler d’une certaine presse du vin, de prescripteurs qui sont sous la botte de leurs annonceurs, qui pratiquent sans vergogne le conflit d’intérêts en mélangeant biseness et soi-disant notations.


Dernier point, cher Michel, la catégorisation de certains consommateurs de vin pas comme les autres, au rayon de bobos parisiens par une engeance qui regrette la boucherie du village qu’elle a, comme tout le monde, fuit, me gonfle absolument. Ces nanas et ces mecs : ils boivent du vin qu’ils achètent à des cavistes ou des vignerons, se moquer grassement d’eux c’est se tirer des balles dans le pied. Tous les consommateurs, de l’acheteuse chez Franprix au pépère qui pointe depuis tout le temps chez Nicolas comme la petite nana qui achète son vin nature au Lieu du Vin du grand Philippe ou chez le Paco d’Ivry, ça se respecte. C’est le B.A.-BA du commerce ! Le client à toujours raison... ou presque...


Tu dis Michel que « pour s’en remettre, il faudra attendre une ou deux générations. Attendre qu’une société s’écroule pour mieux se reconstruire sur de nouvelles bases. Le temps de reformer des générations d’amateurs rompus à l’érudition, à la curiosité. Le temps de redonner soif à un monde aveuglé par le paraître. Le temps de privilégier la connaissance face à l’ignorance. Quand je vous disais que j’étais un éternel optimiste… »


Mais s’en remettre de quoi ?


D’un monde dévasté par les Barbares ?


Pessimiste actif je ne te suis pas tout à fait sur ce terrain, comme Alessandro Baricco je constate qu’ « On s’épuise déjà à comprendre sa petite motte de terre, on n’a donc plus guère de forces pour comprendre le reste du champ » link


Mais qui sont ces barbares ?


Les prédateurs de la Toile sans culture ni Histoire répondent les anciens dominants de la culture.


Baricco n’est pas convaincu « dans le monde où je vis (ndlr. Les intellectuels), si l’honnêteté intellectuelle est une denrée rare, l’intelligence ne l’est pas, elle. Ils ne sont pas devenus fous. Ce qu’ils voient existe. Mais ce qui existe, je n’arrive pas à le voir du même œil. »


Simple conflit de générations : « les anciens qui résistent à l’invasion des plus jeunes, le pouvoir en place qui défend ses positions en accusant les forces émergeantes » ?


Non, pour Baricco « cette fois, ça semble différent. Un duel si violent qu’il paraît nouveau. D’habitude, on se bat pour contrôler des points stratégiques sur la carte. Aujourd’hui, les agresseurs font quelque chose de plus radical, qui va plus en profondeur : ils sont en train de redessiner la carte. C’est peut-être déjà fait. »


« Nul déplacement de troupes, nul fils tuant le père. Mais des mutants, qui remplaçaient un paysage par un autre et y créaient leur habitat. »


Quant au monde du paraître, celui des puissants ou des autoproclamés tels, exacerbé par la mondialisation, il est le fait d’une infime minorité surexposée, et il serait temps pour le monde des sachants du vin de se retrousser les manches afin de s’adresser au populo dont tout le monde se fout, y  compris les qui se lamentent, aujourd’hui comme hier.


Bon Michel, ce n’est pas tout ça je t’invite, pour te remonter le moral, au Terrier de la rue de Ménilmontant, Le lapin Blanc, moi je tirerai le petit pignon de mon vélo de vieux bobo pour y monter, toi le vieux sage du  vin tu pourras y venir à pied, à cheval ou en voiture, référence à Noël Noël une icône culturelle de notre époque Michel, et tu verras que mes copines, pas bobo pour deux sous, ont un appétit de connaissances sur le vin inextinguible tout comme leur soif de la vie et des plaisirs…


Je t’embrasse et continue d’écrire comme sur 180°C et l’amour du vin se portera bien…

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 00:09

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Comme Francis Blanche dans le sketch cultissime avec Pierre Dac, le sar rabindranath duval, je pourrais répondre du tac au tac « je n’entends rien par là ! »


Mais comme il me reste encore un zeste de sérieux je cite Michel Bettane :


« Il est à la mode aujourd'hui de détourner le sens des mots ou de l'ignorer, ce qui est moins grave, pour frapper l'opinion. Qu'entends-tu cher Jacques par vin nature quand tu appliques les mots aux deux vins à « haute expression » (voilà les mots justes) « flingués » (pas de blessure grave au demeurant) au cours de cette dégustation. » *


Ma réponse pourrait se contenter du simple constat que je n’ai rien détourné du tout, et surtout pas le sens des mots, je me suis contenté d’écrire que « JM Quarin n’aime ni les vins nature c’est son droit, ni les financiers incultes au goût du vin… ». L'humour n'est pas aussi le fort de certains balourds de la LPV mais ce ne sont que de grands amateurs de vin il ne faut pas trop leur en demander.


Comment aurais-je pu qualifier de nature 2 vins, de si haute expression qu’ils fussent,  car je n’en sais fichtre rien ?


« Pour ma part je suis très à l’aise : je n’achète ni les uns ni les autres, mon bonheur est ailleurs… »


Je ne les ai donc ni achetés, ni bus, et je ne sais donc pas de quelle chapelle ils sont ?


Mon esprit moqueur se contentait de vanner JM Quarin qui goûte que très modérément qu’un cuistre de mon espèce conteste son savoir-faire d’éminent goûteur de vin.


Passons à ce qui m’est demandé par ce cher Michel : Mais qu’est-ce donc concrètement un vin nature pour moi ?


Sur le mode ironique je pourrais lui répondre « un vin qui n’a pas l’honneur des gazettes bien comme il faut… » mais là je risquerais de me faire accuser de bashing à l’égard des guides de grands amateurs pointus, éclairés…


Sur le mode de la vie que les institutions du monde du vin font vivre à certains vignerons je pourrais aussi constater que « ce sont des vins qui sont refusés à la dégustation, des laissés pour compte qui vivent leur vie dans le monde des Vins de France… ». Le dernier cas en date étant le je suis Viré de Philippe Valette link mais, là encore, ce serait m’exposer à des sarcasmes de la part de l’establishment.


Sur le mode vachard je pourrais aligner une démonstration pleine de mauvaise foi « puisque le blogueur de l’année pour la RVF est un fou de vin nature, c’est un vin vanté par la vieille dame permanentée via Sylvie Augereau… » mais je n’irai pas jusque-là dans la mauvaise foi.


Le seul mode que je connaisse sur cet espace de liberté c’est le mode personnel, car je ne suis adepte ni de la dégustation, ni de la notation, et moins encore des commentaires qui vont avec.


Je bois.


Pour vanner Michel Smith, que je vannerai mieux demain, avec tout l’orgueil qui est mien et une fausse-modestie surjouée, je me complais depuis toujours et à jamais dans l’ignorance.


Je bois du vin, loyal et marchand qui a payé ses droits de circulation hors toute chapelle, oukase, coterie ou cercles d’initiés triés sur le volet.


Ce vin je le découvre au gré de mon baguenaudage parisien chez des cavistes, au restaurant, chez des amis ou bien lors de périples dans la France profonde des terroirs.


S’il me plaît j’y fais parfois référence dans mes chroniques ; sinon je n’en parle pas : mes goûts et, plus encore, mes dégoûts, n’ont qu’un très faible intérêt pour mes lecteurs.


Dans la palette des vins que j’achète, il se trouve des vins qui proviennent très largement de la mouvance des vignerons que l’on classe commodément dans la catégorie des vins nature. Donc, les vins nature que j’achète sont des vins que j’aime : et c’est pour moi la meilleure réponse que je puisse te donner cher Michel Bettane.


Je les reconnais comme tels, n’en tire aucune gloire personnelle, et j’assume leur choix sans avoir à me justifier.


Pour autant je n’aime pas le vin nature en général, ni tous les vins nature en particulier, j'en achète sans pratiquer un quelconque prosélytisme, ni aucune ségrégation, en réponse au bashing des détracteurs de ces vins.


Comme je l’ai souvent écrit ici je ne mêle pas mes goûts personnels à l’analyse et au regard que je porte sur le secteur du vin, et tout particulièrement à son économie.


D’ailleurs, sans trop insister là où ça fait mal, l’échantillon sur lequel les critiques de vin exercent leur art est fort restreint par rapport à la réalité de la production française. Alors les batailles picrocholines à propos des vins nature, qui ne sont que des confettis de l’empire, me semblent bien dérisoires. Il est des consommateurs pour les acheter et les boire, grand bien leur fasse et, qu’on le veuille ou non, laissons faire le temps. Rappelons-nous les bio-cons !


Quant à la dénonciation du bashing que subirait les vins de Bordeaux de la part des Languedociens, je ne vois pas ce que ma faible part de voix viendrait y faire. Mes amis bordelais, j’en ai beaucoup, sont assez grands pour se défendre, ils n’ont pas besoin d’un allié aussi encombrant que moi. Ce n’est pas le sémillant Hubert qui me démentira.


Donc ma définition, qui n’en est pas une, des vins nature, est sans doute une approche simpliste, primaire, personnelle, mais elle est en phase avec un mouvement qui déplaît car il remet en question le modèle dominant, sécurisé et correspond à une tendance qu’il serait faux de réduire comme étant portée que par une poignée de bobos urbains.


Pour autant l’acte de boire n’est pas pour moi un combat. Je n’ai que peu de goût pour les rebelles en chaise longue mais je suis attentif à ceux de nos vignerons qui doutent, se posent des questions, cherchent à sortir du prêt à produire. Leur voix porte peut, sauf médiatisation exceptionnelle, aussi bien dans les enceintes officielles que dans la presse. Certains se revendiquent du nature, du biodynamique, du bio, d’autres pas et peu me chaut, au salon rue89 du sémillant Antonin, nouvelle coqueluche de la RVF, les présents n’arboraient aucune étiquette mais proposaient des vins de cette mouvance responsable et bonne vivante. Loin des bandits-manchots du vin que dénonçait Hervé Bizeul lors d’un Tasting bordelais. link


Récemment j’ai fait mon coming-out en avouant que : « j’ai mes têtes mais je ne vous dirai pas lesquelles » link 


Il est des gens que je ne fréquente plus. Pendant très longtemps, fonction oblige, je fus un garçon fort civil et j’ai subi le voisinage d’une cotriade d’imbéciles heureux. Blogueur j’ai fait le tour de la petite planète des scribes du vin. Je n’en suis plus. Vieux monsieur indigne je ne fais que ce qui me plaît, je ne rends de compte à personne et bien évidemment je ne donne aucune leçon à qui que ce soit. Parfois je raille un chouïa des importants un peu trop voyants ou des cireurs de pompes trop obséquieux ou venimeux mais nul n’est obligé de me lire.


Je chronique chaque jour sur mon espace de liberté au gré de mes envies et de mes humeurs, ne détient aucune vérité tout en restant fidèle à ce qui m’a construit. Mes valeurs que je cherche à partager avec mes lecteurs. C’est ma vie et, j’avoue que je l’aime bien.


Et plus dure sera la chute, c’est d’autant plus vrai pour cette chronique, alors sur le mode plaisantin, qui est trop souvent le mien, j’affirme qu’un vin nature est un vin qui me va bien au teint


PS : flingués c’est au sens des Tontons Flingueurs dont les dialogues sont d’Audiard, cher Michel, on y défouraille sec avec humour et sans dégâts…


* Le commentaire de Michel Bettane sur ma chronique : « La pire dégustation de JM Quarin : la Grange des Pères et Gauby flingués mais pas si mal notés… »


« Il est à la mode aujourd'hui de détourner le sens des mots ou de l'ignorer, ce qui est moins grave, pour frapper l'opinion. Qu'entends-tu cher Jacques par vin nature quand tu appliques les mots aux deux vins à "haute expression"(voilà les mots justes) "flingués" (pas de blessure grave au demeurant) au cours de cette dégustation. Il n'y a pas que les premiers ministres ou les critiques incultes à employer le procédé, les blogueurs donneurs de leçon connaissent aussi le "truc". Par ailleurs je n'ai pas eu connaissance que tu aies mis autant de fougue à condamner le bordeaux bashing des pro Languedoc-Roussillon  lui aussi à la mode et tout aussi inculte que celui-ci ! Je ne doute point de la sincérité du compte rendu de Quarin qui m'interpelle autant que toi mais cela fait partie de notre fondamentale liberté d'expression. Et qui bien entendu peut être soumise à discussion, raillerie et blasphème! »    

 

Pompettes : Francis Blanche et Pierre Dac dans le Sar Rabin Dranath Duval Une vieille chronique de 2007 link


Ce sketch, devenu une anthologie de l'humour, a été créé par Pierre DAC et Francis BLANCHE en Janvier 1957, à l'occasion du 10ème anniversaire du music-hall "Les Trois Baudets". La version la plus fameuse sera enregistrée en 1960 à Lyon au cours de l'émission "Musicorama" de Europe N° 1. Juste avant de passer en scène, Pierre et Francis sortaient d'un gueuleton particulièrement "arrosé", d'où les fous rires et certains trous de mémoire devenus  célèbres, à écouter absolument ICI link

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 00:09

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JM Quarin  annonce la couleur « Ce devait être une grande et belle soirée de dégustation des vins les plus rares et les plus chers du Languedoc Roussillon. Ce fut la pire dégustation jamais faite bouteilles achetées. »


De là à avoir titré sa CHRONIQUE 182 : QUAND LES VINS DU SUD VONT MAL il y a un pas que lui seul peut franchir, comme si ces deux domaines représentaient à eux seuls la quintessence des vins de South of France. L’inculture économique des critiques de vin est portée là à un niveau maximal.


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JM Quarin n’aime ni les vins nature c’est son droit, ni les financiers incultes au goût du vin mais alors pourquoi organiser des dégustations pour cette population qui, à Zurich, autour de la table se gaussait maladroitement ? Tant bien que mal ils essayaient de faire bonne figure, tiraillés entre la valeur financière, le dégoût suscité et la honte d'afficher socialement sa profonde méconnaissance… ».


Son attitude vis-à-vis des vins chers semble, elle, fonction de leur origine. Bordelais un jour bordelais toujours.


Je suis bien d’accord, autour de 100 euros H.T. la bouteille de la Grange au Père rouge, vin de Pays de l'Hérault et 70 euros H.T. la bouteille pour du Domaine Gauby la Muntada, c’est cher, d’autant plus qu’un consommateur ordinaire, lui, contrairement au sieur Quarin, se tape les taxes en sus. Le consumérisme n’est pas la tasse de thé de nos éminents dégustateurs.


J’adore la question de Quarin faussement naïve de JM Quarin « Pourquoi des vins si décevants peuvent-ils être si chers ? »


La réponse est d’une simplicité biblique : tout bêtement parce qu’il se trouve des consommateurs pour le payer ; ce n’est pas un scoop les GCC sont aussi dans cette position.


Objection votre Honneur : les GCC, eux, même chers sont sont rarement décevants !

 

Pas si sûr !


La déception c’est un espoir déçu, êtes-vous si sûr monsieur Quarin qu’un amateur de vin nature ne vous renvoie pas votre question en boomerang à propos des nectars chers sur lesquels vous vous extasiez ?


Pour ma part je suis très à l’aise : je n’achète ni les uns ni les autres, mon bonheur est ailleurs…


Comme chez JM Quarin on ne déguste pas à l’aveugle, ça permet à l’organisateur de faire mousser ses choix « Au milieu de ce désastre j'ai introduit l'excellent Clos Louie 2011. Ce bel Outsider a fait son effet et réintroduisant à la fois du goût, du plaisir et du « bien élaboré ». Idem pour Seguin 2007, délicieux en ce moment. Soit deux vins valant entre 15 et 25 euros la bouteille ! »


Quel homme ce JMQ !


Mais là où le bât commence à blesser c’est que les notes des 2 flingués, sauf un 9 pour le Domaine de La Grange des Pères 2011, tournent toutes autour de 14-15-16…

 

Certes, un grand amateur, ne pète que dans le 18-19 ou mieux dans les 98-99 du grand Bob, mais tout de même voilà bien une attitude caractéristique de dégustateur : on dit que c’est quasiment imbuvable, facile puisqu’on ne boit pas, on crache, et après on se permet de noter sur l’échelle 20 avec une étrange mansuétude. Bien sûr, ce n’est pas la gloire mais  La Petite Sibérie 2004 du Domaine du Clos des Fées n’a que 16 et le goûteux outsider Chante Cocotte 2010 15,75.

 

En principe, la note de dégustation n'est pas fonction du prix...


Pour le consommateur que je suis la seule note qui peut être attribuée à un vin « nez réduit, animal et feuillu. Peu agréable. Bouche ample et juteuse au départ, mais évoluant sèche après quelques secondes. Note verte dans la persistance. » c’est la note évier, le genre zéro pointé.


Titrer « les vins du Sud vont mal » avec pour échantillon « représentatif » aussi réduit  des verticales 2011, 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005, 2004, 2003 et 2011, 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2005 sur 2 domaines et sur la base d’une telle confusion entre commentaires de dégustation et notation, je pèse mes mots, discrédite ce type d’exercice.


Affligeant !


Jugez par vous-même :

 

1ière  série


-          Domaine de La Grange des Pères 2005 14 // 85

 

Non décanté

Couleur sombre et évoluée, d'intensité moyenne. Nez fruité et vif avec une note végétale de type feuilles froissées. Bouche caressante au départ, savoureuse, mais après le milieu la saveur devient végétale. Dommage.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2003 14 // 85


Non décanté

Couleur sombre et évoluée, d'intensité moyenne. Nez réduit, animal et feuillu. Peu agréable. Bouche ample et juteuse au départ, mais évoluant sèche après quelques secondes. Note verte dans la persistance.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2004 13 // 81


Non décanté

Couleur évoluée et moyennement intense. Nez fruité, animal et végétal. Bouche simple et verte en finale.


 

2ième  série


-          Clos Louie 2011                             16,5 // 92

 

Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Nez fruité, mûr, frais, pur. Bouche grasse, au toucher soyeux se développant très fruitée, juteuse, avec de l'éclat dans le goût et des tannins fins. Enfin du bon vin ! C'est délicieux et incrachable.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2011 9 //68

 

Décanté.

Couleur sombre et légèrement évoluée. Nez animal, végétal et feuillu. Bouche imbuvable tant elle est dominée par la sècheresse et le végétal.


 

-          Domaine Gauby La Muntada 2011    15 // 87

 

Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Nez fruité et poivré. Bouche grasse, fruitée, savoureuse, un peu animale, mais malheureusement gazeuse. C'est dommage car la saveur est bonne.


 

3ième  série


-          Domaine Gauby La Muntada 2010    16 // 90

 

Décanté

Couleur sombre, intense et belle. Beau nez mûr, frais, fruité et fumé. Jolie entrée en bouche savoureuse. Très fruité, le vin se développe parfumé, sur un toucher noble et une bonne longueur. Aucune perception gazeuse.


 

-          Chante Cocotte 2010                     15,75 // 89

 

Décanté.

Couleur intense, vive et belle. Nez fruité, frais, mûr. Note de goudron. Bouche savoureuse, grasse, très fruitée, au corps moyen. Persistance réglissée à la saveur nette. Longueur normale. Pour son premier millésime, ce vin étonnant à 100 % merlot s'en sort plutôt bien.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2010           14,5 // 86


Décanté.

Couleur intense et belle. Nez végétal. Jolie entrée en bouche, puis le vin se développe ample. Mais il se déconstruit après le milieu et finit sec.

 

 

4ième  série


-          Domaine Gauby La Muntada 2009    17 // 94

 

Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Beau nez frais, fruité, mûr, de fleurs, réglisse et violette. Bouche soyeuse, très parfumée et très savoureuse. Elle est légèrement gazeuse en milieu de bouche, mais le gras, l'équilibre et les nuances de réglisse et violette dans la persistance sont superbes.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2009           12 // 77

 

Décanté.

Couleur sombre, d'intensité normale et légèrement évoluée. Nez curieux. La bouche se présente végétale avec un fruité oxydé.


 

5ième  série


-          Domaine du Clos des Fées La Petite Sibérie 2007  15,75   // 89


Décanté.

Couleur intense et jeune. Nez fruité, mais avec une pointe d'acidité volatile. Suave à l'attaque et au développement, fruité, ce vin évolue agréable, mais simple en finale. J'espérais plus.


 

-          Domaine Gauby La Muntada 2008    15,5 // 88


Décanté.

Couleur évoluée d'intensité moyenne. Le nez sent le Sud. Notes d'amande et de porto. Bouche fruitée, savoureuse au départ, un peu légère et un peu granuleuse dans la persistance.


 

6ième  série


-          Domaine de La Grange des Pères 2007          14 //  85


Non décanté.

Couleur intense, belle et légèrement évoluée. Nez fruité, un brin feuillu, mais moins que d'autres millésimes. Goudron. Bouche d'abord juteuse, suave, soyeuse, mais après le milieu la saveur verte domine.


 

-          Seguin 2007                                   16 // 90


Non décanté.

Couleur intense, belle et jeune. Nez au fruité mûr. Goudron. Bouche juteuse, suave, au toucher subtil avec enfin du goût ! C'est incrachable et tout en nuances.

 

-          Domaine Gauby La Muntada 2006    13 // 81


Non décanté.

Couleur d'intensité moyenne et claire. Nez discret et parfumé comme un vin blanc sec. Certains participants lui trouvent une odeur de pomme et de cidre. La bouche a un goût de cerise, de vanille, de porto, mais malheureusement elle pétille beaucoup.


 

7ième  série


-          Domaine Gauby La Muntada 2005    15 // 87


Décanté.

Couleur d'intensité moyenne et évoluée. Nez fruité de cerise. Bouche savoureuse, fruitée, suave, mais gazeuse.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2008           15 // 87


Décanté.

Couleur sombre et intense. Nez fruité, truffé et goudronné. Pour une fois la texture est bonne et sans assèchement, mais la saveur reste verte.


 

-          Domaine de La Grange des Pères 2006           13 // 81


Décanté.

Couleur sombre et intense. Nez fruité et vif. Bouche fruitée au départ, mais évoluant sèche. Vin non construit.


 

Pendant le repas


-          Domaine Peyre Rose Clos des Cistes 2003       15,75 // 89


Décanté. Servi en magnum.

Couleur évoluée. Nez de fruits mûrs. Bouche caressante, fruitée, tendre, de corps moyen. Tannicité fondue. Finale simple. Longueur moyenne.


 

-          L'Archange 2005 (Saint-Emilion grand cru)       16 // 90


Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Nez de fruits mûrs. Truffé. Bouche juteuse, parfumée, grasse, savoureuse, évoluant légèrement ferme dans la persistance. Belle longueur. Attendre. Il s'agit d'une micro production (1,2 ha) élaborée par Pascal Chatonnet : 100 % merlot sur un sol argilo-sableux.


 

-          Domaine du Clos des Fées La Petite Sibérie 2004  16 // 90


Décanté.

Couleur sombre, intense et belle. Nez de fruits mûrs. Truffé. Bouche de suite ample et grasse, évoluant très fruitée, puissante, mais avec une pointe d'alcool légèrement asséchante dans la persistance. Longueur normale.

 

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© Copyright

Cette publication est éditée par Jean-Marc Quarin Sarl, 10 allée de Ginouilhac, Le Taillan-Médoc. France. - E-mail : jmquarin@quarin.com

Les médias et les distributeurs de vins peuvent utiliser ces notations à condition de ne pas les déformer et en citant l'origine de leur source : www.quarin.com  ainsi que son auteur : Jean-Marc Quarin (JMQ).


Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 00:09

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Je ne vais pas vous faire le coup de « je vous l’avais bien dit » mais me contenterais de rappeler que souvent je vous ai demandé de réfléchir avec le recul nécessaire.


La profondeur chère à Alessandro Baricco, tout le contraire des barbares qui ont inventé l’homme horizontal qui consacre tout son temps, son intelligence à voyager en surface, au lieu de se damner à plonger en profondeur.


Le surf, l’instant, l’absence d’effort, le flux tendu, la superfiacilité…


-          En février 2008 j’avais écrit une petite chronique à propos de La société de défiance.


C'est le titre d'un petit opus (99 pages format 14x18) qui a été élu par le magazine Lire MEILLEUR ESSAI 2007, il est sous-titré : « Comment le modèle social français s'autodétruit » il est signé par Yann Algan et Pierre Cahuc du Centre Pour La Recherche et ses Applications dirigé par un économiste dont j'apprécie les analyses Daniel Cohen.  


« Même si je ne suis pas très amateur de grandes enquêtes internationales menées par des officines spécialisées, les grandes tendances qu'elles dégagent sont significatives et donnent une grille d'analyse intéressante. Pour avoir vécu en direct, les mains dans le cambouis, le blocage des routes par les camionneurs, le « siège » de Paris par les tracteurs de la « Coordination Rurale », les exactions en tout genre des CAV, des producteurs de pomme de terre bretons, des éleveurs de moutons contre les camions anglais... Je partage largement le diagnostic avancé par les auteurs dans la seconde partie de l'ouvrage. Comme à l'accoutumé je vous livre des extraits de l'introduction pour vous inciter à lire l'ensemble.


Pourquoi les Français ne se font-ils pas confiance ? Pourquoi se méfient-ils autant de leurs voisins que des politiciens, de la Justice, ou des médias ? Et surtout quelles sont les conséquences pour notre capacité à faire société et à dégeler notre économie ?


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-          La Chronique de Brice Couturier du 09.09.2014 La société de défiance


« Pourquoi les Français ne se font-ils pas confiance ? Pourquoi se méfient-ils autant de leurs voisins que des politiciens, de la Justice, ou des médias ? Et surtout quelles sont les conséquences pour notre capacité à faire société et à dégeler notre économie ?


Dans une étude devenue classique de 2007, « La société de défiance, comment le modèle social français s’autodétruit », les économistes Yann Algan et Pierre Cahuc pointaient le rapport étroit entre défiance et incivisme. La France, selon un sondage du World Values Survey est le pays où la plus forte proportion de personnes interrogées ne trouvaient « pas injustifiables de réclamer indûment des aides publiques ». Et c’est aussi l’un des trois pays où la méfiance envers les autres et les institutions est la plus élevée.


Explication : dans une société où chacun soupçonne son voisin de tirer avantage du système, chercher à en faire autant n’apparaît pas comme fautif. Quand les règles passent pour universellement tournées, ceux qui les respectent se sentent floués. Quand les simples citoyens apprennent qu’un député, voire un ministre, ne paye pas ses impôts, ils sont incités à frauder eux-mêmes. Le niveau élevé de la fraude, fiscale et sociale, dans notre pays, qui contraste avec la vertu des Scandinaves, pourtant bien taxés, eux aussi, s’explique de cette manière. »


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-          « La Fabrique de la défiance... et comment s'en sortir », de Yann Algan, Pierre Cahuc et André Zylberberg : le pessimisme, un mal français


Cinq ans après la sortie de leur premier livre commun, La Société de défiance (Ed. Rue d'Ulm, 2007), salué par la critique, Yann Algan et Pierre Cahuc revisitent, avec leur confrère André Zylberberg, le pessimisme français. A partir des résultats d'une série d'enquêtes internationales comme le World Values Survey ou européennes comme l'European Social Survey, et des travaux de recherche en sciences humaines les plus récents sur le capital social, les auteurs insistent sur l'ampleur du mal-être des Français, qui "grandit".


« Des informations, disséquées par des milliers de chercheurs montrent que le bien-être dépend de la qualité des relations sociales", soulignent les auteurs... Ils observent que, depuis l'après-guerre, la hausse des niveaux de vie dans les pays industrialisés ne s'est pas accompagnée d'une hausse significative du bien-être. Ce paradoxe, ils l'expliquent pour la France par la conviction que « la défiance est au cœur de notre mal » et « détruit notre lien social ». Ils décrivent une société « refermée sur elle-même » dont « la défiance par indifférence réciproque s'entretient d'elle-même ».


Comment expliquer ce travers français ? D'abord par notre école, « archétype de l'enseignement vertical ». « Nous sommes les champions de l'absence de travail en groupes », déplorent les auteurs, dont deux sont enseignants, en insistant sur le coût de ce dysfonctionnement, à savoir des résultats médiocres et des inégalités. « Nos méthodes pédagogiques et la formation de nos enseignants favorisent un élitisme forcené qui se révèle contre-productif. Y compris dans l'entreprise », écrivent-ils.


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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 00:09

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J’ai bien connu Laurent, ses chaussons*, ses croissants, du côté de la Place du Panthéon vu que Tonton nous avait fait don, en 1984, du plus jeune Premier Ministre qu’ait connu notre vieille France sous la Ve République. L’homme du fameux congrès de Metz : le deuxième jour, le samedi 7 avril 1979, à midi, le jeune député mitterrandiste monta à la tribune, 32 ans, énarque ayant choisi le Conseil d’État, parfait dans le rôle du tonton flingueur de Mitterrand en matière économique, là où le Tonton ne touchait pas une bille face à Rocard, lâcha une formule qui se voulait assassine : «Entre le Plan et le marché, il y a nous, le socialisme ! ».


Bon il ne reste plus que le marché Laurent ça vaut bien un coup de Blanc 


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> Congrès de Metz, 1979. Fabius, Jospin, Quilès, Mitterrand

 

ses pantoufles


« Lui c'est lui, moi c'est moi » sacré Laurent un vrai rebelle 


Le long parcours de Laurent dans le marigot politique ne fut pas un long fleuve tranquille, et je ne vais pas m’échiner à vous le décrire par le menu car je ne serais pas forcément objectif même si je l’ai toujours défendu à propos d’une triste affaire que tout le monde ou presque a oubliée.


Bon le Laurent, dans son nouveau job du côté du Quai, il assure et il rassure avec son côté vieux briscard revenu de tout ou presque mais de là à accepter de se faire couronner comme l’Homme de l’Année du Vin de France j’en suis resté comme deux ronds de flan. Après la moto dans le Gers, où le « bonheur est dans le pré », Lolo fait son coming-out « il boit peu mais aime le bon vin et avoue un petit faible pour le Bordeaux… » link


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Laurent vraiment j’ai beaucoup aimé ta photo, où tu tiens élégamment ton diplôme, aux côtés de mon grand ami Jean-Paul Lubot link, qui est bien sûr Charlie tout en blacklistant le petit blogueur que je suis pour délit d’irrévérence. J’avais pourtant reçu les excuses de sa patronne madame Evelyne PROUVOST du groupe Marie-Claire, mais ce vaillant défenseur de la liberté de la presse a oublié que « Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur. »


J’espère mon cher Laurent que tu as apprécié à sa juste valeur révolutionnaire le discours d’un jeune blogueur rebelle bien comme il faut, très j’aime les petits vignerons artisans, ça t’aura rappelé tes jeunes années où tu chevauchais, à 23 ans, un fier destrier pour l’émission de télé populaire « La Tête et les Jambes » avec Pierre BELLEMARE et Jean Paul ROULAND.

 

Un sans-faute c’est Antoine Gerbelle qui va être content.

 

Très belle coiffure à cette époque Laurent... un petit côté VGE... je peux te charrier car le Che nous a fait le coup de Rocard  d'Estaing...  

 

Attention les vidéo de l'INA se déclenchent dès l'ouverture de cette chronique : clouer leur le bec avant de lire et ensuite visionnez-les 


 


Laurent Fabius : "Il faut être fiers du vin" par larevueduvindefrance

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 00:09

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Brève chronique, votre Taulier voyage.


Pour faire le pendant à ma chronique de samedi  dernier  « Le vin hollywoodien selon Alessandro Baricco » link voici une illustration très démonstrative.


Visionnez  la vidéo de «Winemaking and filmmaking are two of California's great art forms»   ICI link


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La biographie de Francis Ford Coppola


« Atteint à l'âge de dix ans de la poliomyélite et perdant ainsi l'usage de son bras gauche, Francis Ford Coppola apprend très vite à développer son imagination : durant sa convalescence, il met en scène des marionnettes, regarde beaucoup la télévision et réalise ses premiers films amateurs en 8mm. En 1960, il entre au département cinéma de l'UCLA (University of California, Los Angeles). Trois ans plus tard, Roger Corman lui confie la seconde équipe technique sur le tournage de The Young Racers, et lui permet par la même occasion de réaliser son premier long métrage : Dementia 13.


 

En 1966, il entre dans la compagnie Seven Arts et écrit plusieurs scénarios dont Propriété interdite de Sydney Pollack et Paris brûle-t-il ? de René Clément. Il contribue également à l'écriture de Patton de Franklin J. Schaffner, qui lui vaut l'Oscar du Meilleur scénario en 1971. Il fonde ensuite la société American Zoetrope en collaboration avec George Lucas et produit son premier film THX 1138. Le succès arrive en 1972 avec la réalisation (néanmoins laborieuse) du film culte Le Parrain qui lui permet ensuite de mettre en scène une œuvre plus personnelle : Conversation secrète, qui remporte la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1974. La réalisation du deuxième volet du Parrain lui vaut à nouveau un succès critique et commercial.


 

Francis Ford Coppola entreprend en 1976 le tournage le plus éprouvant de sa carrière : Apocalypse Now. Le film demande trois ans de travail et offre au réalisateur en 1979 sa seconde Palme d'Or. Après la réalisation de Coup de cœur en 1982, Coppola doit faire face à de très gros soucis financiers. Il enchaîne ensuite avec diverses réalisations de qualité mais sans grandes retombées, parmi lesquelles Cotton club (1984), qui est lui aussi un désastre commercial. C'est notamment la création de sa propre société de production de vins (Francis Ford Coppola Winery) qui permet au cinéaste de venir a bout de ses dettes.


 

Il faut attendre le troisième et dernier volet du Parrain, film de commande qu'il ne devait pas réaliser au départ, pour que Coppola retrouve une renommée artistique, critique et commerciale, lui permettant de sauver sa société American Zoetrope. En 1993, Coppola réalise Dracula, nouvelle version du roman de Bram Stoker au sein de laquelle il fait considérablement évoluer le célèbre vampire, qui prend notamment une dimension très érotique. En 1996, il est choisi pour présider le 49ème Festival de Cannes.


 

Francis Ford Coppola adapte en 1997 un roman de John Grisham, L'Idéaliste, dans lequel il confie le premier rôle à un acteur encore débutant, Matt Damon. Près d'une décennie s'écoule avant que le cinéaste ne repasse derrière la caméra avec L'Homme sans âge. Dans l'intervalle, Coppola - avec sa société American Zoetrope - reste néanmoins un producteur influant. Il produit par exemple Sleepy Hollow, Jeepers Creepers, la série Les 4400, ainsi que des films de sa fille Sofia (Virgin suicides, Lost in Translation, Marie-Antoinette, Somewhere) et de son fils Roman (CQ). Dans ce même intervalle, Francis Ford Coppola abandonne le projet de ses rêves, un ambitieux film de science-fiction intitulé "Megalopolis".


 

En 2009, il fait son retour dans le cinéma d'auteur avec Tetro, saga familiale en noir & blanc, présentée à la Quinzaine des Réalisateurs, puis réalise Twixt en 2011, film personnel à petit budget dont l'idée lui est venue à la suite d'un rêve récurent. Il y dirige notamment Val Kilmer et la jeune Elle Fanning, qui avait déjà tourné sous la direction de sa fille Sofia. »

 

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 07:00

J’entamais le briefing du lundi par un sarcastique « Dimanche, lors de la marche parisienne, toute la classe politique fut impeccable sauf Sarkozy qui fut lamentable. Même la grosse Marine fut plus digne, c’est dire… » Ducourtioux, jamais en reste d’une vanne, rebondissait sur mon propos en ironisant.


-         Le problème de Sarko c’est qu’il est trop petit, on ne voyait que sa grande bringue de Carla…


-         Putain, le nain à talonnettes s’est vraiment surpassé, Bizot surenchérissait. Ouais, môssieur tout président de l’UMP qu’il est refuse de prendre au téléphone le Premier Secrétaire du PS. Même qu’il fait la chochotte outragé auprès de Valls qui lui balance « Alors, tu refuses de prendre Cambadélis au téléphone ? »: « Je ne connais pas Monsieur Cambadélis. Si Hollande veut prendre de la hauteur, il n'a qu'à m'appeler. » Prendre de la hauteur, la France est victime d'une attaque terroriste, et ce nabot en est encore à refuser de parler à quelqu'un qui n'est pas de son niveau. Je rêve !


-         Il n'a pas changé, le monde n’existe qu'au travers du prisme de son égo. Moi, moi, et encore moi. Moi sur le perron avec Hollande, Juppé, Raffarin Fillon, Balladur. Moi sur la photo, avec Hollande, Merkel et les autres… Dal ‘Oglio cite même Raymond Aron « Ils ont oublié que l'Histoire est tragique. » et concède que le pâteux Bruno Roger-Petit a tapé juste lorsqu’il a écrit « à l'heure du rassemblement national et républicain, Nicolas Sarkozy avait brillé par son comportement pour le moins décalé. Personne ne l'oubliera, tel le Don Salluste de la Folie des grandeurs, pour se hisser au premier des grands, chefs d'État de de gouvernement, qui défilaient aux côtés de François Hollande dans les rues de Paris, lors de la Marche républicaine. »


Je rebondissais en demandant à mes équipiers de diffuser la brillante conclusion BRP « Du 6 mai 2012 à aujourd'hui, Nicolas Sarkozy n'a pas travaillé. Il s'est contenté d'attendre le moment de revenir, sans tirer aucune leçon, et pour lui-même, et pour cette France qui a bien changé depuis son départ. Nicolas Sarkozy s'agite, mais il est en vérité, il est immobile. »


Ducourtioux vannait : « Avec un tel concurrent le Juppé n’a pas à se faire des cheveux… »


Je calmais le jeu en demandant à ma petite troupe d’être surtout attentive aux premiers accrocs à la belle façade de l’unité nationale.


Le premier vint, comme de bien entendu, de l’intérieur de la grande maison où, depuis plusieurs semaines, les relations entre le sommet de l'exécutif, et les chefs de nos deux services  de renseignement Patrick Calvar pour la DGSI et Bernard Bajolet pour la DGSE, étaient fort tendus. En  effet, « selon des sources concordantes : les interdictions de procéder à des interceptions de communications à l'intérieur et à l'extérieur du territoire français, édictées par une proche collaboratrice du Premier ministre Manuel Valls, chargée de les autoriser ou de les interdire, après avis consultatif de la CNCIS (Commission nationale consultative des interceptions de sécurité). Selon les cas qui nous ont été rapportés, ces interdictions préalables ont frappé des écoutes sur au moins une ambassade étrangère en France et sur des « cibles » de nationalité française se trouvant en territoire étranger. »


Dimanche dernier, l'ancien directeur de la DCRI, transformée aujourd’hui en DGSI, le préfet Bernard Squarcini, « a lâché le morceau lors de son passage dans l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-i>Télé-Le Monde. Selon ses propos, confirmés au Point par d'autres sources, les services avaient bien écouté l'un des frères Kouachi, « mais ça ne donnait rien, et ensuite intervient le gros dispositif juridique qui existe en France : le président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) vous dit de vous arrêter parce que l'objectif que vous avez demandé dans cette écoute n'apparaît pas ou n'est pas actif. Aux yeux de Squarcini, il s'agit bel et bien d' »une faille du dispositif dans son ensemble ». « Le service de renseignements ne peut travailler qu'avec la boîte à outils qu'on lui fournit. Si vous devez réparer une 403, ça va, si vous devez réparer une BMW, il faut peut-être changer de boîte à outils. En clair, les services auraient demandé à ce que les écoutes qui leur avaient été accordées sur la « cible » Kouachi soient étendues à son entourage. Cette mesure aurait été refusée. Une source connaissant cette affaire explique : « Ils sont extrêmement stricts, limite obtus. Ils autorisent la cible stricto sensu en appliquant les textes à la lettre : pour eux, c'est l'individu qui peut être écouté, pas le clan. Alors qu'on est en guerre ! » Pourtant, les exégètes avaient remarqué que, dans ses rapports d'activité, la CNCIS avait fait évoluer ses textes.


Sans aucun doute tout cela vient du clan du nain, nous archivons l’article de Jean Guisnel du Point link


De même nous fléchons le vieux Philippe Tesson « Du haut de ses 87 ans, le fondateur et directeur du Quotidien de Paris (1974-1994) a éructé en évoquant les incidents signalés au ministère de l’Education nationale après la minute de silence observée jeudi : «Ce qui a créé le problème, ce n’est quand même pas les Français. […] D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité sinon des musulmans ? On le dit ça ? Et ben moi je le dis !». Et d’ajouter, comme l’a noté le site Arrêt sur images, en interpellant l’animateur de l’émission, Jean-Marc Morandini : «C’est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd’hui ? Il faut le dire, quoi ! » Interrogé par sur l'amalgame qu'il faisait en disant « les musulmans », le polémiste avait alors lancé, provocant : « non, c'est vrai, c'est l'Eglise catholique », puis « c'est les Juifs ». Lorsque l'animateur lui explique qu'il ne peut pas dire « les musulmans », qu'il s'agit de « fanatiques », Philippe Tesson se transforme en parfait sophiste : « Oui, mais les fanatiques se revendiquent de l'Islam, donc ils sont musulmans. » Oui, mais l'inverse n'est pas vrai. »


Mon équipe prend congé pour aller déjeuner au Baratin. Moi je mange sur le pouce en lisant « Chronique d’Hiver » de Paul Auster. Émilie l’a lu aussi, en anglais, alors que moi je le fais dans ma vieille langue maternelle. Je pense à elle. Je pense tout le temps à elle et ma hantise c’est, qu’un jour, je ne puisse plus croiser son regard. Avant elle « combien de coup de foudre et de passions, combien de flammes et de tentatives de conquête, combien de délires et de folles embardées du désir ? Dès le début de ta vie consciente, tu as été un esclave consentant d’Éros » Auster, mieux que moi, décrit mon absolue aptitude à tomber amoureux. Oui «  ce qui comptait c’était la lumière intérieure que tu détectais chez une femme, l’étincelle de singularité, le flamboiement du soi révélé, et cette lumière la rendait belle à tes yeux même si d’autres étaient aveugles à la beauté que tu percevais, et alors tu brûlais d’être avec elle, près d’elle, car la beauté féminine est une chose à laquelle tu n’as jamais pu résister. » Et puis Émilie vint. De suite, dès le premier regard je compris que ma vie, du moins ce qui m’en restait, allait être bouleversée. C’était la femme que j’attendais depuis trente ans. Trop tard !

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 00:09

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Beaucoup d’entre vous, après le massacre, ont exhibé un crayon pour rendre hommage aux gars de Charlie, à la liberté d’expression.


Les dessinateurs de presse m’ont toujours fasciné car très souvent, en quelques traits, bien mieux que de savantes analyses ils savent capter la vie dans toute sa vérité pas forcément très agréable.


Bosc et Chaval furent de ceux-là, et pourtant Chaval qui dessinait « avec difficulté, sans grand plaisir, pour pouvoir bouffer », qui a avoué avoir eu « mentalement, un côté collabo » et dont l’antisémitisme tenait davantage du populisme antidreyfusard que d’une idéologie de la haine raciale, n’est pas vraiment un homme avec qui j’aurais eu des atomes crochus.


« Chaval admirait Céline. Il y a des affinités entre ces deux-là : une même détestation de la société, une même misanthropie, un même amour des animaux aussi. Il y a du Léautaud aussi. Il y aurait beaucoup à dire sur les râleurs, leurs excès, leur prophétisme du malheur, leurs ruses aussi. Cette façon franchouillarde d’être anti-français. »


« Chaval est contre tout et contre tous. L’homme est un con, un con dangereux et un salaud aussi »


« Les idées politiques de Chaval seront sans nuance : « Je n’ai jamais appartenu à aucun parti politique. Je n’ai jamais milité. Je suis toujours resté seul. Je crois seulement que les hommes d’État, les dirigeants, les grands militaires, les présidents, toutes ces histoires-là, je crois que dans l’ensemble ce sont des ordures. »


Alors pourquoi me direz-vous évoquer Chaval en cette période difficile ?


Tout simplement parce que l’accès, via la Toile, à la libre expression débouche très souvent, et j’utilise ce verbe à dessein, sur des propos de bidet, du vomi, de la merde bien grasse. Les auteurs de ces merdes cultivant la même exécration que Chaval des puissants.

 

Je tire très souvent la chasse tout en m'étonnant de l'intérêt que portennt certaines de mes relations à ces écrits fétides.


Et puis, aussi peu estimable qu’il fut, CHAVAL avait, lui, du talent alors que nos graphomanes en sont absolument dépourvus.


* Les entre-guillemets sont des extraits de la préface de Frédéric Pajak au livre « Les Hommes sont des cons » de Chaval

 

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 00:09

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Comme promis hier voici un extrait de Vin 1, le premier chapitre du livre d’Alessandro Baricco : Les Barbares essai sur la mutation. Le chapitre 2 c’est Vin 2 J


« Voici l'histoire. Pendant des années, le vin a été une habitude dans quelques rares pays : c'était une boisson pour se désaltérer et s'alimenter. Usage très répandu et chiffres de consommation à faire peur. On produisait des fleuves de mauvais vins de table et ensuite, par passion et par culture, on se consacrait à l'art proprement dit, on faisait alors de grands vins. Il s'agissait presque uniquement des Français et des Italiens. Dans le reste du monde, il est bon de le rappeler, on buvait autre chose : de la bière, des alcools forts et aussi des choses plus bizarres. Le vin, on ne savait même pas ce que c'était.


Et voici ce qui se passa après la Seconde Guerre mondiale. De retour des champs de bataille français et italiens, les Américains rapportèrent chez eux (parmi bien d'autres choses) le plaisir et le souvenir du vin. C'était une chose qui les avait frappés. Nous avons commencé à mâcher du chewing-gum et eux à boire du vin. Ou, du moins, ils auraient bien aimé en boire. Mais où en trouver ?


Pas de problème. Un Américain eut l'idée folle d'en faire. Et là commence la partie intéressante de l'histoire. S'il vous faut une date, un nom et un lieu, les voici : 1966, Oakville, Californie. Un certain M. Mondavi décide de faire du vin pour les Américains. A sa manière, c'était un génie. Il partit avec l'idée de copier les meilleurs vins français. Mais il comprit bien qu'il fallait les adapter un peu au public américain : là-bas, le créateur et le spécialiste du marketing sont une seule et même personne. C'était un pionnier, il n'avait pas quatre générations d'artistes du vin derrière lui, et il en fit là où personne n'avait jamais imaginé produire autre chose que des pêches et des fraises. Autrement dit, il n'avait aucun tabou. Et, avec une certaine maestria, il atteignit son objectif.


Il savait que le public américain était profondément ignorant (en matière de vin). Des aspirants lecteurs qui n'auraient jamais ouvert un livre. Il savait aussi que c'étaient des gens qui mangeaient habituellement de façon sommaire, qu'ils ne ressentiraient pas la brûlante nécessité de trouver le bouquet idéal pour accompagner un confit de canard. Il se les représenta avec un bon gros cheeseburger et une bouteille de barbaresco, et il comprit que ça ne marcherait pas. Il comprit que, si les Américains voulaient du vin, ce serait pour le boire avant de manger, comme un cocktail, qu'un vin bu à la place d'un alcool fort ne devait pas les décevoir et que, s'il était bu à la place d'une bière, il ne devait pas les effrayer. Il était américain et il savait donc, avec ce même instinct que d'autres firent fructifier à Hollywood, que ce devait être un vin simple et spectaculaire. Une émotion pour tout le monde. Il le savait et, à l'évidence, il avait du talent : il voulait faire ce vin et il le fit.

 

Cela marcha si bien que son idée de vin fut un modèle. Qui n'a pas de nom, mais je peux lui en donner un, pour qu'on comprenne: un vin hollywoodien. Voici quelques-unes de ses caractéristiques : couleur magnifique, degré assez élevé (quand on vient des alcools forts, on n'est pas très porté sur le cidre), saveur ronde, simple, sans aspérités (pas de tanins ennuyeux ni d'acidité difficile à dompter). A la première gorgée, tout est là : on a une sensation de richesse immédiate, de plénitude de saveur et de parfum ; une fois bu, peu de persistance en bouche, les effets s'éteignent ; peu d'interférence avec la nourriture, on peut l'apprécier même en ne réveillant ses papilles qu'avec de simples chips de comptoir ; il est fait à partir de cépages cultivables à peu près partout, chardonnay, merlot, cabernet, sauvignon. Manipulé sans révérence excessive, il a une personnalité plutôt constante, où la différence entre les millésimes devient quasiment négligeable. Et voilà.


Avec cette idée de vin, M. Mondavi et ses adeptes sont parvenus à un résultat étonnant : les Etats-Unis boivent aujourd'hui plus de vin que l'Europe. En trente ans, ils ont quintuplé leur consommation (on leur souhaite d'avoir réduit celle de whisky). Et ce n'est pas tout : car le vin hollywoodien n'est pas resté un phénomène américain, comme Hollywood, il est devenu planétaire. Nul n'y avait encore songé, mais voici qu'on boit du vin jusqu'au Cambodge, en Egypte, au Mexique, au Yémen et dans des endroits encore plus impensables. Et quel vin y boit-on ? Le vin hollywoodien. Quant à la France et à l'Italie, les deux patries du vin, elles n'en sont pas sorties indemnes : non seulement on y boit du vin hollywoodien en grande quantité, mais elles se sont même mises à en produire. Elles se sont adaptées, ont corrigé deux ou trois choses et ont fait le même genre de vin. Excellent, même, il faut le dire. Dans les villes italiennes, il est fréquent aujourd'hui de croiser dans les bars à vin un Italien qui, avant le dîner, grignote des chips et du mini-saucisson en buvant son verre de vin hollywoodien produit en Sicile. Du moins ne le boit-il pas directement au goulot en regardant à la télé la dernière partie de base-ball.


Les barbares ! »


La suite à lire dans le livre…


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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 00:09

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Si vous n’avez pas lu SOIE d’Alessandro Baricco courrez vite l’acheter !

 

Publié en 1996 sous le titre « Seta » en italien, puis en France en 1997, Soie c’est un roman culte.


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« Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour, qui vit à Lavilledieu dans le Vivarais avec son épouse Hélène, où il achète et revend des vers à soie, entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Après avoir traversé le Lac Baïkal et la Sibérie, il rencontre le seigneur japonais Hara Kei « l’homme le plus imprenable du Japon, maître de tout ce que le monde réussissait à faire sortir de cette île » et sa jeune maîtresse, femme énigmatique et très belle, dont les « yeux n’avaient pas une forme orientale », un amour impossible commence alors…« Revenez, ou je mourrai»


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Tout y est de longs et dangereux voyages, l’amour impossible, la passion, les désirs, le velours d’une voie, la sensualité d’un tissu magnifique érigée au rang du sacré, la lenteur du temps immuable…


Qui est Alessandro Baricco ?

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« Écrivain et musicologue, né à Turin en 1958. Dès 1995, il a été distingué par le prix Médicis étranger pour son premier roman, Châteaux de la colère. Avec Soie, il s’est imposé comme l’un des grands écrivains de la nouvelle génération. Il collabore au quotidien La Repubblica et enseigne à la Scuola Holden, une école sur les techniques de la narration qu’il a fondée en 1994 avec des amis. »


C’est donc dans la Repubblica qu’en 2006 il a écrit un livre qui vient d’être traduit en français et publié par Gallimard sous le titre Les Barbares essai sur la mutation. C’est un livre écrit sous forme d’épisodes, tous les 5 ou 6 jours.


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« J’écrivais en direct, ce qui signifie que, lorsqu’un épisode paraissait, je n’avais pas encore rédigé le suivant : les commentaires à chaud que je lisais en ligne, les réactions d’amis, de parents ou de voisins pouvaient donc modifier chaque jour ce que je pensais et par conséquent le livre lui-même. C’est une curieuse façon d’écrire un livre. Aujourd’hui (ndlr c’est la préface de l’édition française), avec quelques années de recul, je peux dire que c’était une façon plutôt barbare, comme si, pour étudier les dauphins, j’avais entrepris de vivre à la manière des dauphins. »


Mais qui sont ces barbares ?


Les prédateurs de la Toile sans culture ni Histoire répondent les anciens dominants de la culture.


Baricco n’est pas convaincu « dans le monde où je vis (ndlr. Les intellectuels), si l’honnêteté intellectuelle est une denrée rare, l’intelligence ne l’est pas, elle. Ils ne sont pas devenus fous. Ce qu’ils voient existe. Mais ce qui existe, je n’arrive pas à le voir du même œil. »


Simple conflit de générations : « les anciens qui résistent à l’invasion des plus jeunes, le pouvoir en place qui défend ses positions en accusant les forces émergeantes » ?


Non, pour Baricco « cette fois, ça semble différent. Un duel si violent qu’il paraît nouveau. D’habitude, on se bat pour contrôler des points stratégiques sur la carte. Aujourd’hui, les agresseurs font quelque chose de plus radical, qui va plus en profondeur : ils sont en train de redessiner la carte. C’est peut-être déjà fait. »


« Nul déplacement de troupes, nul fils tuant le père. Mais des mutants, qui remplaçaient un paysage par un autre et y créaient leur habitat. »


Dans son livre Alessandro Baricco ne se place ni dans la condamnation, ni dans le mépris, ni dans une critique des barbares mais dans une tentative pour comprendre si ce sont eux qui ont raison.


« Après Les Barbares, beaucoup de gens ont été forcés d’accepter qu’ils ne pourraient plus s’en tirer avec l’habituel sermon sur les jeunes qui ne se lisent plus, qui vont dans les fast-foods et ignorent qui est Michelangelo Antonioni. Désormais, avant de prendre de haut ce qui se passe, ils devraient transpirer au moins un peu. »


 La première partie du livre est intitulée SACCAGES


 « Ils arrivent de partout, les barbares. Ce qui nous trouble un peu, si bien que nous avons du mal à réunir les pièces du puzzle, à continuer une image cohérente de l’invasion dans sa totalité. On se met à parler des grandes librairies, des fast-foods, de la télé-réalité, de la politique, des jeunes qui ne lisent pas et d’autres choses de cet ordre, mais ce qui nous n’arrivons pas à faire, c’est regarder d’en haut et reconnaître le dessin que les innombrables villages saccagés tracent à la surface du monde. Nous voyons les saccages, mais nous ne voyons pas l’invasion. Et nous ne parvenons donc à la comprendre.


Croyez-moi : c’est d’en haut qu’il faudrait regarder… »


Alessandro Baricco m’a donc entraîné dans un voyage pour voyageurs patients, un livre et ça m’a changé des pauvres écrits de chroniqueurs de la Toile qui voient tout au travers de leur petite lorgnette, usant jusqu’à la corde les mêmes sujets, nous saoulant de leurs regrets d’un monde bucolique, ripoliné à l’eau de rose ou agrémenté des mêmes clichés qui se veulent frondeurs alors qu’ils ne sont souvent que convenus.


Suivre le chemin proposé par Alessandro Baricco exige de s’éloigner du prêt-à-penser, de sortir de son confort intellectuel, de se remettre en question… tout ce que se refuse ou ne sont pas capables de faire les y’a k’a et les faut k’on.


Demain, je tenterai de vous convaincre de me suivre sur ce chemin car Alessandro Baricco a commencé par « étudier les barbares à travers le saccage des villages périphériques, pas à travers leur assaut contre la capitale. Il est possible que là où la bataille est plus simple, circonscrite, il soit plus facile de saisir la stratégie de l’invasion et les gestes fondateurs de la mutation. »


Premier village périphérique : le VIN.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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