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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 06:00
Bernard Arnault nouveau caviste en vin nature « Un bon vin est un vin vivant » affiche son enseigne

J’eus pu publier cette chronique le 1er avril pour que tous les St Thomas du vin ne me crussent point.

 

Et pourtant, le temple de LVMH, sis dans le 7e arrondissement, l’ancien enseigne d’Aristide et Marguerite Boucicaut, récupérée pour rien dans l’escarcelle de la faillite des frères Willot par Bernard Arnault, en sa cave souterraine, glaciale comme un iceberg, je n’évoque pas ici la température mais la froideur du lieu, après avoir ignoré  les vins qui puent, sentant le vin tourner, à pas de loup, nous fait le coup d’une déclaration enflammée pour les vins vivants.

 

Le père Jancou dans son Diois doit se marrer grave.

 

Bon, les cavistes branchés alternatifs, ceux qui vendent du vin politique, vont m’objecter que les gars du Bon Marché n’ont pas mis en avant un vigneron bien luné qui joue de la corne de vache, vendange ses vignes en tongs, fume des pétards, vinifie à la va que me pousse, ignore le souffre, un pur naturiste quoi.

 

Un chouchou des hipsters, des restaurateurs branchés, des bobos ignares qui selon Pousson ne savent licher que des vins d’évier.

 

En l’occurrence  il s’agit d’une vigneronne : Michèle  Aubery du domaine Gramenon qui a repris le flambeau au décès de son mari Philippe. ICI  

 

Les vins du domaine sont référencés chez Lavinia qui n’est pas un petit caviste donc sa mise en avant par la cave du Bon Marché n’est pas en soi un événement, en revanche ce qu’il est c’est la référence au vin vivant.

 

Ils n’ont pas osé jouer sur la corde nature mais je vous fiche mon billet qu’ils vont y arriver puisqu’il y a un marché.

 

Leur seul problème sera pour la GD de trouver des vignerons naturistes qui acceptent de se « maquer » avec un fleuron du grand capital.

 

Patience et longueur de temps, ça viendra.

 

Je rappelle aux puristes qu’à une certaine époque, lorsque la cave du Bon Marché n’était pas une vitrine pour touristes friqués, on y trouvait les vins de Marcel Lapierre le pape des vins nus.

 

Ce que j’écris va fâcher mais l’extension du domaine des vins dit nature va, comme pour le bio, s’accélérer et attirer des ouvriers de la 25e heure qui ne seront pas forcément de pâles copieurs du style le Grand Gégé ou autres coopés astucieuses surfant sur le sans soufre.

 

Enfin, ceux qui placent leurs espoirs dans une définition légale des vins nature sont les idiots utiles de la GD. En effet, tous les signes de qualité avec cahiers des charges ont été et sont de plus en plus les meilleurs vecteurs de l’appropriation par la GD de ce qui se présentait à l’origine comme une  différenciation par rapport au tout venant banalisé.

 

Le label bio en est le plus criant exemple comme la multiplication des AOP-IGP a banalisé la masse des vins dit labellisés (l’AOC des origines n’était pas un signe de qualité).

 

 Je pose ça comme ça, sans jouer les ramenards, simplement pour introduire un peu de réflexion dans le petit monde des vins qui n’intéressent que les amateurs, grands ou petits, de grands vins ou de vins nu.

 

Le vin nu n’est ni de gauche, ni de droite et en même temps les lendemains qui chantent d’un côté et le profond conservatisme de l’autre me laissent penser que le petit monde de la vigne et du vin est un excellent miroir de ce qu’est notre vieux pays…

 

 

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 06:00
Elles ont pissé dans 1 bouteille de Romanée-Conti 1969 stockée dans le bunker le plus sécurisé du monde à Hong Kong

Des esthètes…qui ont du goût s’interroge Marwan Cherry le négociateur.

 

  • Des esthètes qui pissent dans des bouteilles à Quatre cents dollars lui rétorque Jackie Chan chef de la brigade.

 

C’est le ton du trépidant roman noir, affûté comme une lame de Céline Minard : Bacchantes

 

"Bacchantes", Céline Minard
(Rivages - 106 pages - 13.50 €)

 

Un ton que je connaissais après avoir lu son Bastard battle

 

11 août 2014

 

« L’eau étant putride, nous fîmes à Gevrey et Chambertin provende de vin… » Denysot-le-clerc ramassé deux mois devant le clos des Riceys…

 

« Bastard Battle » est « jouissif, truculent et grand guignolesque à souhait, qui ne laisse aucun répit au lecteur et n’oublie même pas d’être drôle. Ciselé avec passion et précision, à la manière d’une miniature médiévale. Un livre vivant, qui le reste longtemps après la dernière page tournée… »

 

Empruntant vocabulaire, orthographe et syntaxe au moyen français, elle recrée un parler médiéval émaillé de touches d’anglais, d’espagnol, d’allemand [la majorité des personnages sont des mercenaires venant de tous horizons], un faux vieux français qui sonne juste et étaie la construction d’un imaginaire universel. Fortement évocatrice et curieusement poétique, truculente à souhait, la langue est finalement le personnage principal de Bastard Battle, déstabilisante au premier abord mais - pour peu qu’on se laisse porter - tout à fait compréhensible, notamment grâce au parti pris très visuel de la narration.

 

« … Je portai un muid de Gevrey dont je fis sauter le couvercle et les vapeurs espicées me plongèrent dans un charmement délicieux, il me fallut tenir de sauter dans le vin… »

 

« Enguerrand et le sabreur, tous deux accroupis en tailleur dans un coin de la salle, buvaient en se tendant tour à tour le gobeau, sans parler… »

 

« Lors puisant une fois encore dans le muid de Gevrey, haut les gobeaux, entrechoqués, nous portâmes la plus belle bride de la soirée, à nous aultres nous-mesmes… »

 

« Ainsi fut-il, et ainsi en nos murs, aux aguets, aux manœuvres, passa le mois de septembre mil quatre cent trente-sept et la saison de vendanger.

 

Les raisins du coteau des Poutils, moy et Pierrot Fagotin et mes aultres gens de bonne boyte, nous les avions ramassés pour presser et faire ce que nous disions le premier cru de coste-grillée, eu égard à la poterne grillagée qui nous donnait accès aux vignes. »

 

En lisant Bacchantes j’ai pensé à Jean-Bizot.

 

« ECWC est la cave de garde la plus sécurisée de Hong Kong. Installée dans les anciens bunkers de l’armée anglaise, elle attire les collectionneurs depuis des années. Des chinois, des Européens et des Américains avertis ont confié leurs vins aux bons soins de M. Coetzer, ancien ambassadeur sud-africain reconverti dans la gestion de la vitiviniculture. Ses talents de diplomate sont venus à bout de leurs dernières réticences, essentiellement liées au climat de la baie. Le système de climatisation multizone dont il a équipé les douze bunkers de son entreprise, à hauteur de trente millions de dollars, assure une température constante de 13 à 13,5 degrés Celsius et un taux d’humidité compris entre 65 et 75%. Un éclairage ponctuel par lampes à sodium basse pression et un système de sécurité dérivé du secteur bancaire ont convaincu les connaisseurs les plus sourcilleux. Des bunkers enterrés à plus de vingt mètres de profondeur ne laissent passer ni vibrations ni lumière naturelle. Les bouteilles vieillissent mieux un environnement physique optimal. Physique et fiscal.

 

Grâce aux mouvements de stock rapides et discrets, au club privés et aux soirées à thème réservées aux membres Gold et Platinium, la clientèle d’Ethan Coetzer a très vite dépassé la sphère de ses contacts personnels.

 

En dix ans, il a fait de si belles et fructueuses rencontres que la valeur de son stock est estimée à trois cent cinquante millions de dollars et, jusque-là, il s’en est félicité.

 

Ce sentiment l’a quitté depuis soixante et une heures et a laissé un grand vide dans son esprit »

 

Pourquoi ?

Un mystérieux trio féminin braque une prestigieuse cave-bunker... Pour le vin ? Pour la gloire ? Un trépidant roman noir, affûté comme une lame. ICI 

 

« L’enquête policière et l’épilogue de l’affaire apporteront quelques réponses — pas toutes, bien sûr… —, mais l’attente du dénouement n’est pas ce qui captive, dans ce roman fulgurant, intense et ludique. Un authentique engin (littéraire) explosif…

 

Céline Minard « y met plus que du brio : une énergie hyperbolique, une élégance inouïe, une aptitude époustouflante à construire une phrase qui dans un même mouvement épouse la beauté du monde et en révèle la noirceur. »

 

« Bacchantes », le bon millésime de Céline Minard

 

Céline Minard ne s’embarrasse ni du pourquoi ni du comment ; la narration se mène sans flash-back au présent immédiat d’un braquage peu ordinaire, jusqu’au dernier souffle, celui de l’explosion finale, qui laissera le lecteur sans nouvelles des protagonistes, dont ne restent que les traces subversives, fin de partie. A lui, s’il insiste, d’imaginer les épisodes précédents ou les suivants. Il peut aussi se contenter du spectacle ironique d’une économie ruinée par trois « folles dingues » très organisées – et plus rationnelles que les conseillers en systèmes de sécurité et autres négociateurs de crise.

 

D’une écriture vive et acérée, mais non sans en rire, et en s’autorisant aussi une célébration lyrique du divin breuvage : « A partir de ce moment et jusqu’à la fin de la carafe, Coetzer se suspend. Il se contente de goûter le vin (…), il sent la forme des nuages, le cri des bêtes et les plumes, le départ d’un lièvre, la nuit comme une vasque, sans dessus ni dessous, aussi vaste en lui qu’un état de l’âme et du cœur. Il plane. Il absorbe autant qu’il est absorbé. »

 

Braquage loufoque à Hong Kong

 

L’imagination folle de Céline Minard lance une bombe, une brune et une clown à l’assaut d’une cave à vin.

 

Les romans de Céline Minard sont tranchants, coupants, explosifs. Ils vous secouent par leur énergie combative et leur humour. Il est souvent question d’héroïnes armées, impitoyables et drôles. Bacchantes met en scène trois guerrières follement colorées en train de braquer une forteresse plutôt masculine comme l’indique son nom: «bunker alpha».

 

Note du Taulier

 

Céline Minard, boit que du bon, elle a sûrement une bonne descente, lorsque Coetzer réclame une poire pour se remonter le moral, ses ravisseuses déjantées lui rétorquent :

 

« Besoin d’un remontant ?? Envie d’usiner ? Binner, Mayer, Cazottes, Rose Guala ?

 

Spécial vins : passions hongkongaises

 

Idylle. L'ex-colonie britannique devient une plaque tournante des grands crus, surtout français, entreposés dans d'anciens bunkers ultra-sécurisés. Par Margot Clément le 13/09/2016

 

ICI

 

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 07:00
Je veux que l’on interprète la Grande symphonie funèbre et triomphale d’Hector Berlioz sur la place de la Bastille…

Que voulez-vous, je suis accroc de cette symphonie qui pète, pardon, les cuivres, les percussions, caisses claires, timbales, cymbales. J’aimerais qu’on me porte en terre en la jouant mais ce n’est pas très discret et je n’ai pas les moyens de m’offrir plusieurs centaines de  musiciens : instrumentistes et choristes.

 

C’est l’une des œuvres les plus populaires de Berlioz de son vivant, elle n'est aujourd'hui que peu enregistrée et rarement donnée en concert. On dira que l'effectif requis effraie des directeurs musicaux des salles de concerts... Il existe néanmoins deux enregistrements intéressants de cette symphonie, dans deux styles différents.

 

Image associée

 

Je l’ai découverte en achetant il y a fort longtemps un CD de son interprétation sous la baguette de Désiré Dondeyne, par la Musique des Gardiens de la Paix, Chorale populaire de Paris ICI si vous êtes abonnés à Deezer .

 

ICI

 

La Grande Symphonie funèbre et triomphale fut commandée par le ministre de l’intérieur Charles de Rémusat pour célébrer le dixième anniversaire de la révolution de Juillet et inaugurer, place de la Bastille.

 

1re exécution (1re version, H 80A) : Paris, lors du défilé allant de la place de la Concorde à la place de la Bastille, 28 juillet 1840.

 

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« Elle ne possède alors qu'un seul mouvement, le premier, et Berlioz en dirige la création dans les rues de Paris marchant à reculons en dirigeant les vents, les cuivres et les percussions, seuls instruments prévus. C'est un relatif échec, le mouvement est répété de nombreuses fois, perturbée par l'ambiance de la ville, et la marche de la Fanfare. Berlioz complète la symphonie en 1842, ajoutant les cordes, et les deux derniers mouvements, dont le chœur final. Avec son habituelle folie des grandeurs Berlioz recommande environ 400 musiciens (200 instrumentistes et 200 choristes) pour la création de cette nouvelle version. Cette seconde création emporte les faveurs du public et l'admiration des autres compositeurs, dont Wagner enthousiasmé par les thèmes et la dimension de la symphonie.

 

« Berlioz complète la symphonie en 1842, ajoutant les cordes, et les deux derniers mouvements, dont le chœur final. Avec son habituelle folie des grandeurs Berlioz recommande environ 400 musiciens (200 instrumentistes et 200 choristes) pour la création de cette nouvelle version. Cette seconde création emporte les faveurs du public et l'admiration des autres compositeurs, dont Wagner enthousiasmé par les thèmes et la dimension de la symphonie. ».

 

En 1842, Berlioz ajouta des cordes et, pour le finale, un chœur sur des vers d’Antoni Deschamps qui, « sans être obligés, en augmentent néanmoins énormément l’effet » (Mémoires). Seconde partition qu’il titra « symphonie », la Grande Symphonie funèbre et triomphale s’écarte des modèles du genre, plus encore que la Symphonie fantastique de 1830 : les deux premiers mouvements adoptent un tempo lent, la Marche funèbre durant à elle seule près de la moitié de l’œuvre ; l’Oraison funèbre provient du récitatif et air d’Arnold à l’acte III des Francs-Juges, et confie au trombone la partie vocale de l’opéra inachevé ; comme le mouvement central, l’Apothéose se situe en marge des canons de l’époque, surtout dans sa version chorale. Reste que l’ombre de Beethoven n’est pas loin.

 

L'œuvre est assez clairement divisée en deux parties, la première étant représentée par le seul premier mouvement, l'immense marche funèbre, et la seconde par les deux autres mouvements, l'oraison et l'apothéose.

 

« L'imposante et impressionnante marche funèbre est certainement l'une des plus magistrales et des plus belles jamais composées : jouant sur les thèmes de la mort et du destin, dosant subtilement les répétitions et les développements thématiques, les groupes d'instruments et les entrées, elle déroule une véritable machine de guerre broyant toute vie sur son passage. On comprend que le développement lent, progressif, répétitifs, et chargé de cuivres et de percussions plut à Wagner et à Bruckner, qui reprendront tous deux ce type d'effets, de progressions presque statiques vers des horizons immenses. Une nouvelle fois, Berlioz s'illustre par la parfaite maîtrise de la masse orchestrale, des effets théâtraux, et de l'équilibre des forces en présence. Une prouesse sans précédent, qui fera de nombreux émules.

 

Le second mouvement est assez décevant. Hésitant à la fois entre un tempo lent, et une marche un peu rythmée, il déploie des thèmes sans grand intérêt sur une orchestration peu marquante. Le dernier mouvement est bien plus réussi, sa verve héroïque et ses chœurs triomphants, servis par des thèmes tout aussi lumineux, porte le final vers des sommets de gloire. »

Sources : ICI et ICI 

 

Je vous propose la version interprétée par le Central Military Band of the Russian Ministry of Defence.

 

Conductor: Valery Khalilov and Sergei Durygin (chorus)

 

Soloist: Erkin Yusupov (trombone)

 

Tchaikovsky Concert Hall of the Moscow Philharmonic

 

1. Marche funèbre (Funeral march, Похоронный марш)

2. Oraison funèbre (Funeral oration, Похоронная речь)

3. Apothéose (Apotheosis, Апофеоз)

 

Les militaires adorent cette oeuvre qui n’est pas de la musique militaire.

 

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 06:00
1 jésuite qui décoiffe Gaël Giraud: « Considéré comme l’1 des économistes les plus doués de sa génération, le jeune prêtre est passé par les bidonvilles du Tchad et les salles de marché new-yorkaises, avant de rejoindre les Jésuites

Par ces temps d’inepties, entre les gilets jaunes à casquettes et les politiques qui ne savent plus où ils habitent, où le moi je des réseaux sociaux propulse des va de la gueule sur le devant de la scène, il est bon de prendre le temps d’écouter un bardé de diplômes (Normale Sup ULM (Maths), ENSAE, Docteur en Mathématiques appliquées, Ancien Quant chez CPR et CALYON, Jésuite, Chef Economiste de l'AFD (Agence Française de Développement), qui n’étale pas sa science de sachant, qui s’efforce d’expliquer.

 

Un jeune et tout nouveau  jésuite…

 

Dans ma Vendée crottée j’ai découvert les Jésuites, grâce à mes très chers frères du bienheureux Grignon de Montfort, au travers  de la pièce « Das Heilige Experiment » de 1942 (Sur la Terre comme au Ciel en français), écrite en cinq Actes par M. Fritz Hochwälder(1911-1986) traite de la fin des Missions Jésuites du Paraguay au XVIIIème siècle.

 

sur la terre

 

Elle a connu par le passé de légitimes succès au théâtre et a grandement inspiré le scénario du film de Roland Joffé « Missions » (Palme d’Or au festival de Cannes en 1986, César du meilleur film étranger en 1987; avec Robert De Niro, Jeremy Irons, Liam Neeson projeté dans les salles obscures en 1986 pour un succès tout aussi important.

 

Résultat de recherche d'images pour "Roland Joffé « Missions »"

 

« An de grâce 1767 – Un émissaire du roi d’Espagne arrive au sein du Collège jésuite d’Asunción implanté au Paraguay. La confrérie ignacienne qui y réside depuis le début du XVIIe siècle a fait preuve d’une telle efficacité dans sa mission qu’elle y a constitué un véritable état théocratique: une centaine de pères jésuites règnent spirituellement et matériellement sur cent cinquante mille indiens guaranis!

 

Les guaranis ont été évangélisés pacifiquement et sédentarisés dans des Réductions si bien organisées que ces dernières s’autogèrent en pratiquant la culture du thé et son exportation. Une telle réussite déplait naturellement aux colons espagnols qui accusent les clercs de concurrencer leur commerce et d’exploiter de façon illicite des mines d’argent sans en faire profiter la couronne d’Espagne…

 

Un jugement est donc réclamé auquel prennent part le Père Provincial, les colons ainsi que Don Pedro de Miura, l’envoyé du roi. Malgré le manque de preuves, ce dernier décide de dissoudre définitivement la Compagnie de Jésus : les pères sont expulsés du Paraguay, les Réductions saisies et les indiens misérablement réduits à l’esclavage. Tous les chefs d’accusation sont, bien sûr, injustifiés mais il est de notoriété publique qu’en ce bas-monde l’on ne contrarie pas inopinément les puissants, qu’ils soient temporels ou spirituels : les Grands d’Espagne ne peuvent tolérer la souveraineté de cette « expérience jésuite civilisatrice », quant à Rome, l’autorité papale ne conçoit pas qu’un ordre puisse avoir l’audace d’offrir le bonheur terrestre à ses fidèles: cette mission n’appartient qu’a Dieu en son paradis céleste!

 

Face à une telle incohérence, le Père Provincial se retrouve pris en étau: doit-il se rebeller ou doublement se soumettre au vœu d’obéissance qui lie son ordre au pape et sa personne au roi ? S’il refuse d’obéir à ses supérieurs, cet homme trahit sa foi et sa couronne ; s’il admet ses fautes et laisse les Guaranis aux mains des négriers, il abandonne ses ouailles et récuse toutes les valeurs chrétiennes qui l’ont amené à créer cet incroyable Royaume de Dieu.

 

Cette évocation n’est pas de ma part innocente, Gaël Giraud, lui aussi est pris en tenaille, ce qui n’enlève en rien de la pertinence à ses propos.

 

« Gaël Giraud possède deux vestes bleu marine strictement identiques. À un détail près. Sur l’une d’entre elles est épinglée, discrète mais bien visible, une petite croix argentée. L’une est celle du jeune prêtre ordonné il y a moins d’un an, la seconde, celle du chercheur.

 

Alors qu’il s’apprête à se plier à l’exercice imposé de la photographie de presse, le jeune jésuite demande : « C’est pour qui, déjà ? Ah, La Croix ? Attendez, je vais enfiler l’autre. » Tout Gaël Giraud est là. Dans ce balancement entre deux mondes, a priori inconciliables. D’un côté, l’univers de la finance, des marchés, de la politique et de l’université. Il est, dit-on, la bête noire des banquiers. ».

 

G. Giraud s’accommode fort bien de ce double visage des plus inattendus et P. Gaillardin le note si joliment que je ne résiste pas au plaisir de citer son propos: « Considéré comme l’un des économistes les plus doués de sa génération, le jeune prêtre est passé par les bidonvilles du Tchad et les salles de marché new-yorkaises, avant de rejoindre les Jésuites. […]

 

Je vous invite donc à l’écouter, ça dure 1 heure 36

 

D'abord un tsunami financier, puis un désastre humanitaire ?

 

« L'entretien réalisé par Thinkerview deviendra bientôt un in-con-tour-na-ble :

« Tout honnête homme du XXIème siècle devrait l'avoir visionné, sauf s'il a déjà lu les principaux livres de Gaël GIRAUD.

 

En effet, en moins d'une heure trente, Gaël GIRAUD résume le contenu principal de ses (brillantes) thèses, qui réconcilient, selon le modèle qu'il préconise, l'activité bancaire (telle qu'elle devrait fonctionner à ses yeux), la finance et le rôle des Banques centrales (tels qu'ils devraient être régulés selon lui), et l'organisation d'un développement durable, respectueux de la Planète et de l'Humanité.

 

Un entretien à visionner en famille, un samedi ou un dimanche, en projetant l'entretien sur grand écran, par exemple à la place du film du dimanche soir, ou à la place d'une demi-journée de grève au lycée pour les adolescents, qui en apprendront beaucoup plus en revisionnant plusieurs fois cet entretien très dense que dans la cour de récré en répétant : "yaka, faucon, suffideux". »

Gaël Giraud : « Le lien social est ce qui fait qu’une société tient debout »

Entretien avec l’économiste en chef de l’Agence française de développement, qui s’alarme de la distance croissante entre riches et pauvres.

Propos recueillis par Annie Kahn Publié le 06 décembre 2018 

ICI 

 

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 06:00
« Le luxe, ce n'est pas le contraire de la pauvreté mais celui de la vulgarité. » les baskets « dad shoes » ou comment porter des écrases-merde à 720 euros !

Ma sainte mère couturière m’a légué une forme de curiosité sur la vêture, des pieds à la tête, c’est notre choix, notre seconde peau, notre allure, notre image extérieure… soignée… négligée… apprêtée… elle est un marqueur social intéressant.

 

Mon regard acéré m’a permis de détecter dans les rues de Paris en regardant les pieds des filles, ce n’est pas interdit par les nouvelles bonnes mœurs, que beaucoup d’entre elles, jeunes et jolies, se trimbalaient avec d’énormes baskets affreuses.

 

Qu’est-ce donc  me suis-je dis dans ma petite Ford d’intérieur ?

 

J’ai fouiné sur la Toile et j’ai trouvé une référence : Le Journal des Femmes

 

« Le phénomène des sneakers "dad shoes", doucement débuté à l'automne dernier chez les influenceurs, prend de l'ampleur en 2018 et est sur tous les pieds cette rentrée. Mais comment adopter cette tendance si particulière ? Découvrez des silhouettes inspirantes qui vous donneront quelques idées.

 

Lancée en 2017 par les créateurs trendy et griffes de luxe (comme Raf Simons avec ses Ozweego en collaboration avec adidas, Balenciaga avec ses fameuses triple S difformes et Louis Vuitton avec ses Archilight archi mastoc), les dad shoes n'ont pourtant rien d'un produit novateur et encore moins haut de gamme et élitiste de base.

 

Ces baskets, la plus part du temps multicolores et reconnaissables à leur grosse semelle disproportionnée, sortent tout droit du placard à chaussures de nos pères.

 

Londres

 

La suite ICI 

 

Nous sommes samedi je ne vais pas vous infliger une longue glose à propos de la mode et des tendances (je suis voisin du plus important bureau de tendance) mais tout simplement poser sous vos yeux une image et m’interroger : 720 euros pour ces écrases-merdes Valentino ?

 

La citation en titre est de Coco Chanel.

 

Je n’ai aucune sympathie pour mademoiselle Chanel mais c’était une vraie créatrice, elle.

 

Le passé trouble d'une créatrice

 

"Dans le lit de l'ennemi. Coco Chanel sous l'Occupation", de Hal Vaughan, Albin Michel, 374 pages, 20,90 €.

 

ICI

 

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 06:00
Le Lapin Blanc

Le Lapin Blanc

Emmanuel Macron a l’habitude d’utiliser des mots légèrement désuets... Croquignolesque… Ficher son billet… Par votre truchement… In petto… Poudre de perlimpinpin… Galimatias…  Chicayas…

 

Je le vois bien nous déclarer que Castaner est un chaud lapin… du genre à crier Hauts les mains peau de lapin

Le Chaud lapin

 

En effet, dans la conversation courante la référence au lapin est fréquente :

 

- termes d'affection du type mon lapin, mon petit lapin.

 

- sa rapidité a fourni: courir comme un lapin.

 

Plus surannés :  

 

propre comme un lapin (Larousse du XX siècle)

 

- son habileté à échapper aux poursuites a créé le compliment « c'est un fameux lapin » qui peut signifier aussi « homme rusé ». Dès 1789, en argot, un « lapin ferré » désignait "un cheval". En 1809, le même « lapin ferré » signifie  « gendarme ».

 

Plus vulgaire et pas du tout meetoo la fécondité de la lapine a accouché du mot « lapine » pour une femme qui a beaucoup d'enfants et les mots lapinage, lapiner, étaient utilisés pour désigner les péripatéticiennes ou la prostitution.

 

Une expression, socialistes en peau  de lapin, inventée par les chansonniers de Montmartre, en termes de mépris à l'égard de certains hommes politiques du Cartel des gauches et du Front populaire, doublement tombée en désuétude.

 

Certaines expressions ont disparu du langage actuel comme "lapin" pour apprenti, terme en usage dans l'argot des métiers du XIX siècle, où pour faire référence à l'étourderie du jeune: « lapin de 6 semaines »

 

Dans le Sud viticole de la France fa de lapins (faire comme les lapins) pour les ouvriers agricoles, souvent payés à la tâche, qui remuaient la terre en surface afin de laisser croire qu'il l'ont travaillé en profondeur.

 

Le coup du lapin se réfère à la manière dont on assommait un lapin d'un coup sur la nuque, d'où le sens d'attaquer par derrière, par traîtrise.

 

Enfin l'expression usuelle et très curieuse poser un lapin qui se référait à un mode particulier de l'élevage du lapin sur une étagère ou une planchette qui immobilise l’animal sur une surface étroite dont il ne peut bouger, ce qui, on le pensait favorisait son engraissement.

 

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« Cette position inconfortable a servi dans l'argot des messageries et diligences pour une pratique frauduleuse de la part des cochers. Ceux-ci plaçaient fréquemment certains passagers clandestins, moyennant gratification, comme des lapins sur l'étagère destinée aux bagages placée au-dessus des voyageurs. Cette fraude a signifié par la suite "tromper", ne pas tenir ses engagements, partir sans payer, ne pas payer une femme galante...

 

ICI 

 

Baiser comme des lapins & piner comme un lapin

 

« Excité de revoir les potes, de bouffer occidental et de piner comme un lapin. »

« À Bangkok, ceux du Grace Hôtel picolent et baisent comme des lapins. »

 

Le mariage de la carpe et du lapin, haut les mains peau d’lapin ne peuplent plus guère les conversations de tous les jours, tout comme une mystérieuse expression manger du lapin. »

 

Les mots délicieusement surannés

 

Dictionnaire raisonné des mots surannés et expressions désuètes. Des centaines de définitions rigoureuses en bidules, littératures, sciences, langues, arts, sports, pensées & élégances.

 

https://www.mots-surannes.fr/wp-content/uploads/2018/11/IMG_3019-e1541027711561.jpg

 

Manger du lapin trône sur la pyramide des sens cachés puisqu’elle ne signifie à aucun moment qu’il y aura du lapin à la moutarde ou du lapin aux pruneaux au déjeuner. Manger du lapin noue même l’estomac puisqu’il s’agit ici de se rendre à un enterrement.

 

Étrange utilisation de l’animal aux longues oreilles.

 

Quand on accompagne un vieux copain au Père Lachaise on mange donc du lapin sans véritablement savoir pourquoi; peut-être le chagrin a-t-il voulu cacher ses larmes sous l’incompréhensible, peut-être l’image a-t-elle une relation avec le fait que les carottes sont cuites. Aucune étude ne permet de répondre.

 

C’est donc sans explication satisfaisante pour le chercheur que manger du lapin va prendre sa place chez Borniol et ses confrères

 

La suite ICI 

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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 06:00

« C’était la façon de dire à la Cour de Versailles que le comte d’Artois, ennuyé par de sa femme « le gâteau de Savoie », allait chez sa maîtresse Rosalie Duthé

 

L’anecdote est contée par André Castelot.

 

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Le futur Charles X, , le fringant comte Charles Philippe d'Artois, frère cadet de Louis XVI, était marié à Marie-Thérèse de Savoie, il dépensait sans compter pour satisfaire ses deux passions : le jeu et les jolies dames. IL est le beau-frère préféré de Marie Antoinette. Les deux ardents jeunes gens ont en commun une passion immodérée pour la fête, les jeux et les rires.

 

Portrait de la Comtesse d'Artois © Sotheby’s

 

 

Marié depuis 1773 à Marie Thérèse de Savoie, le prince se consacrait pour la forme à son devoir conjugal en son château de Saint Cloud. Ses amours et ses aventures galantes le conduisaient de son hôtel particulier de la rue d'Artois à plusieurs maisonnettes discrètes de la capitale et à ce qu'il appelle son « vide bouteille », rue de Reuilly. Il trinque, joue, s'encanaille dans les cabarets de la Bastille et, surtout, marivaude.

 

Nobles débutantes, boutiquières ou actrices, le frère du roi, grand seigneur, les aime toutes. La comédienne Louise Contat, future créatrice du rôle de Suzanne dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, lui inspire une folle passion. Spirituelle et gaie, elle lui donnera un fils, peu avant de recevoir, en cadeau de rupture, un hôtel particulier à Chaillot. Pendant que son jeune frère mène grand train, dépense sans compter et multiplie les conquêtes, le très raisonnable Louis XVI ne peut s'empêcher de sourire. Surtout, quand on a vu Artois quitter Versailles en catimini et a prétexté une migraine pour se faire excuser de ne pouvoir assister au souper de Sa Majesté. »

 

Morale de l’Histoire : Argent, sexe... font de nos jours le miel des réseaux sociaux. « Jadis, on cancanait bien dans les dîners en ville, évoquant les aventures prêtées à Giscard avec de célèbres actrices, on s'amusait de la réputation de séducteur à la hussarde de Chirac, on se pâmait à l'évocation des vies secrètes de Mitterrand. On en parlait, mais cela ne s'écrivait pas dans les journaux. Il fallut attendre la divulgation — plus ou moins consentante — des photos dans « Paris Match » de Mazarine, la fille du vieux président, pour que le soupçon devienne une vérité, étalée à la une des magazines.

 

Aujourd'hui, le téléobjectif d'un paparazzi, et plus encore le simple téléphone mobile d'un quidam, suffit à piéger un(e) politique. Ces derniers jours, la prétendue existence de photos volées d'un candidat à la présidentielle, surpris en galante compagnie, ont ainsi agité les rédactions sans que la rumeur ait pu être vérifiée. Entre le sphinx Mitterrand et le motard Hollande, flashé avec son casque sortant de chez Julie Gayet, le monde politique a basculé. »

 

Revenons à notre gâteau de Savoie, dont on dit, même si certains le conteste, qu’il aurait été inventé en 1358, à Chambéry, où Amédée VI (1334 - 1383), Comte de Savoie, d’Aoste et de Maurienne recevait alors à sa table son suzerain, Charles IV de Luxembourg mécontent de lui, et dont il voulait s’attirer les faveurs.

 

Pour plaire à son suzerain, Amédée VI demanda à son maître-queux pâtissier, Pierre de Yenne, de concevoir un gâteau léger comme une plume.

 

Celui-ci eut l’idée de battre longuement jaunes d’œufs et sucre jusqu’à les faire blanchir, d’alléger la préparation en y incorporant des blancs en neige, de faire cuire sa préparation dans un plat en bois, pour une cuisson plus douce, donnant à la pâte sa légendaire légèreté.

 

Ce gâteau de Savoie a perduré au fil des siècles suivants, se nommant souvent biscuit de Savoie. Après la Révolution, deux pâtissiers parisiens, Benaud et Tavot, eurent l’idée de remplacer la farine par de la fécule, rendant ce gâteau encore plus léger. Un moule spécifique est attaché au Gâteau de Savoie, la Varenne l’a évoqué ensuite au 17 e siècle. Carême s’en est beaucoup servi : on retrouve souvent les gâteaux de Savoie dans Le Maître d’Hôtel français (1822) et dans d’autres de ses ouvrages.

 

La recette s'est affinée avec le temps grâce à Massialot au XVIIe siècle et Menon au XVIIIe, acquérant au passage, parfums (zeste de citron vert, cannelle, fleur d'oranger etc.) et sucre glace en même temps que le Savoie devenait un gâteau idéal pour accompagner le thé.

 

Les anglais, qui n’en ratent pas une, nomment ce gâteau Sponge Cake (gâteau éponge), encore une offense de la perfide Albion

 

Recette d’Alain Ducasse

 

INGRÉDIENTS (8 PERSONNES)

 

Préparation du moule

20 g de beurre

80 g de sucre cassonade

Préparation de la pâte

60 g de farine T 45

60 g de fécule de maïs

165 g de sucre semoule

100 g de jaunes d’œufs

150 g de blancs d’œufs

1 g de sel

Finition et présentation

Sucre glace

 

Préparation du moule

 

 

Mettre le moule à biscuit au réfrigérateur. Beurrer et chemiser soigneusement de sucre cassonade un moule. Réserver au frais.

 

Étape 2 : Préparation de la pâte

 

 

Tamiser ensemble la farine et la fécule. Dans un récipient, verser le sucre et les jaunes d’œufs. Les fouetter jusqu’à ce qu’ils blanchissent et fassent un ruban. Incorporer la farine et la fécule à la spatule en coupant la masse. Dans la cuve du batteur. Monter les blancs en neige avec le sel jusqu’à ce qu’ils soient bien fermes et forment le bec caractéristique au bout du fouet.

 

 

Les incorporer délicatement dans l’appareil en soulevant et en tournant le récipient toujours dans le même sens jusqu’à ce que la masse soit sans trace de blanc d’œuf. Verser la pâte dans le moule (26 cm) qui doit être rempli seulement aux 2/3. Tapoter le moule sur le plan de travail.

 

Étape 3 : Finition et présentation

 

https://www.academiedugout.fr/images/43679/480-328/9219-4.jpg?poix=50&poiy=50

 

Préchauffer le four à 170 °C. Cuire pendant 20 minutes puis finir à 150°C pendant 10 minutes environ. La cuisson se vérifie avec une lame d’un couteau qui doit ressortir propre. Laisser reposer 2 minutes à la sortie du four. Démouler le gâteau sur une grille et le saupoudrer de sucre glace.

 

 

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 06:00
Le vendangeur masqué est un poète « Les collines du Brionnais, au milieu des vallons, les haies, des arbres, et des vaches de l'Auxois, sont perchées quelques vignes éparses. »

J’aime les belles histoires, celle des raisins du Brionnais conté par mon ami le Vendangeur masqué est de ce tonneau.

 

 

Le Brionnais évoque pour moi les cartes de Vidal de la Blache et mon bref passage à Paray-le-Monial lors du voyage en car qui me conduisait à la colonie de vacances des enfants de l’île d’Yeu à Saint Jean de Maurienne.

 

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Le Brionnais-Charolais est une région de bovins, alors pourquoi résister au clin d’œil d’y aller couper du raisin pour faire un beau vin.

C’est une petite région nichée dans l'extrême sud de la Bourgogne, aux confins du Charolais, du Bourbonnais et du Beaujolais. Ses collines verdoyantes composent un paysage paisible et harmonieux.

 

Chevet de l'église de Saint-Germain-en-Brionnais photo de Cees van Halderen

La nef en berceau

 

C’est la Bourgogne romane : une trentaine d'églises romanes compose un circuit très intéressant entre Paray et Charlieu, les deux étapes majeures, trésors de l'art de Cluny. Les magnifiques églises aux clochers octogonaux d'Anzy-le-Duc et de Semur, capitale historique du Brionnais, sont parmis les plus belles du département. Les pierres ocrées des petites églises semblent dorées par le soleil d'été. La sculpture abondante des tympans sculptés et des chapiteaux, ainsi que les architectures originales aux hauts clochers.

 

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Tout à la fin de l’histoire je reviendrai sur Vidal de la Blache évoqué par Mona Ozouf dans la toute neuve revue intitulée Zadig, qui se donne la mission de raconter, je cite, « La France à partir de toutes les France »

 

Conception et naissance d’une nouvelle cuvée du Vendangeur Masqué

 

 « Après la grêle de 2016, le gel 2017 a fait des dégâts qui nous obligé à faire des achats de raisins… C’est Julien Altaber ICI  qui travaille avec le Dom Derain qui nous a aiguillés vers les raisins de Jean-Claude Berthillot. Celui-ci recherchait alors à vendre son domaine. L'affaire était en bonne voie, et puis lui aussi a subit le gel. Donc l'affaire de vente succession de son domaine ne s'est pas faite aux jeunes qui devaient racheter. Jean-Claude est un ancien chaudronnier il me semble (à confirmer) qui a créé son domaine, le "Domaine des fossiles". Il vendait surtout autour de chez lui sa production issue des magnifiques collines du Brionnais. Considérant en 2017 que la vente de son domaine ne pouvait se faire, et estimant son stock, il a choisi de vendre sa récolte amoindrie par le gel à Julien et à nous. Jean-Claude nous a vendu des Chardonnays, Sauvignon Gris, et un peu de Pinot. Jean-Claude travaille en bio depuis un moment. »

 

« Nous sommes descendus avec notre petite équipe chercher ces raisins. Sur la route la pluie et la fraîcheur. Et à chaque fois qu'il pleut je repense à cette musique, comme un balai d'essuie-glace :

Et puis l'essuie-glace a lâché justement. Et pas moyen de l'actionner comme sur une vieille 2CV. On bricole, on continue avant d'arriver ce matin de brume et de grisaille sur les collines du Brionnais. Paysage où au milieu des vallons, les haies, des arbres, et des vaches de l'Auxois, sont perchées quelques vignes de façon éparses. Les maisons ont aussi une jolie couleur dorée comme la pierre du lieu. Ces vignes éparses seraient le reliquat d'un vignoble beaucoup plus important dont Jean-Claude nous a montré de vieilles photos. 

 

« Ensuite sur ce rouge de Pinot, nous voulions faire un vin boisson. Donc vendange entière, les raisins mis en cuve sans que l'on touche au raisin jusqu'en fin de cuvaison. Nous avons obéit aux directives de notre fils Romain. L'absence de pigeage explique la couleur peu intense. De mon côté j'en aurais bien fait un. Après la couleur a fait le nom. »

 

« Ce fut une belle expérience humaine. Pour différentes raisons. Delphine notre nouvelle employée venait de rejoindre David, et Antoine notre ancien employé qui voulait faire du maraîchage était venu retravailler avec nous pour ces vendanges. Ces vendanges correspondent à mes souvenirs de mes premières vendanges, petites équipes, vignes éparses avant que le Chablisien ne ressemble à ce qu'il devenu. La brume, les effaroucheurs à étourneaux qui flottent au-dessus des parcelles. »

 

Merci à Alice et Olivier de Moor...

 

Merci à ICI MÊME  68 Rue de Charenton, 75012 Paris, une des plus belles caves de vin nu de Paris, de m'avoir fait découvrir ce vin choisi par la caviste masquée...

 

Ici-même

 

Et voilà, et sur mon balcon d’un dimanche ensoleillé ça donne ça.

 

Vérigoud  !

 

 

Retour sur Mona Ozouf qui vient d'offrir à  Éric Fottorino un très bel entretien. Elle y évoque « l'enchantement » avec lequel elle a rêvé, dans son école bretonne des années 1930, devant les grandes cartes géographiques accrochées au mur de sa classe. Un magnifique « remède », nous dit-elle, aux « longues plages d'ennui. »

 

 

Ces cartes colorées, qui ont contribué à forger dans les jeunes esprits une représentation spécifique de leur pays, étaient alors signées, pour la plupart, du nom de Vidal de la Blache.

 

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Le livre de Vidal de la Blache, c'est Le Tableau de la géographie de la France. Il est sous-tendu par une question qui n'a pas cessé de nous préoccuper jusqu'aujourd'hui, de nous tarauder parfois, et qui est celle de notre originalité collective, de notre identité nationale. Vidal de la Blache s'interroge – déjà !-, tout au long de son ouvrage, sur ce qui a pu constituer cette spécificité sur le long terme, cette unité à partir d'éléments très disparates. A la fois du côté des données spatiales, matérielles et du côté des représentations, des sentiments partagés ou dissonants.

 

Paul Vidal de La Blache

 

Tableau de la géographie de la France

 

Publié en 1903, au terme de plusieurs années de gestation, ce monument de la géographie française fête cette année son centenaire. Ouvrage de commande, le Tableau s'insère dans l'Histoire de France (1903-1911) dirigée par l'historien Ernest Lavisse, dont il constitue la préface géographique. A l'origine, il devait paraître avant la fin du xixe siècle. Mais celui qu'on n'aura de cesse de présenter depuis comme le père de la géographie française prend à coeur le projet : il met à profit ses nombreux voyages à travers la France pour noircir ses carnets de notes et de croquis, accumulant ainsi les années de retard. C'est que l'entreprise est d'importance pour l'école française de géographie dont Vidal de La Blache est en train de jeter les fondements : après l'amputation de l'Alsace et de la Lorraine, le Tableau entend contribuer à restaurer « une certaine idée de la France ». Après avoir caractérisé la « personnalité géographique de la France », Vidal de La Blache propose une description région par région, Alsace et Lorraine comprises... Sur le plan scientifique, il promeut une géographie humaine, centrée sur l'étude des rapports entre l'homme et son milieu. Cinq ans après sa parution, le géographe édite une nouvelle édition richement illustrée, sous le titre La France. Tableau géographique. Des générations d'élèves découvriront leur pays à travers les Tableaux, mais aussi les tout aussi célèbres cartes Lablache (le patronyme de l'auteur avant l'option de la particule) accrochées au mur de leur classe.

 

 

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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 06:00
Sieur Pépy de la SNCF « Je plaide comme à la Nishi-Nippon Railway au Japon pour un tortillard gastronomique entre Paris et Beaune »

Le sieur Pax, fin gourmet, et de plus en plus licheur de vins un peu gouailleurs, écrit à propos de nos beaux TGV :

 

« Actuellement parisien quelques jours par mois je dois reconnaître que le "moins de 2 heures " de trajet est bien pratique. Je me souviens des trajets de mon enfance : plus de 7 heures ! Avec une locomotive à vapeur et les escarbilles qu'on prenait dans l'oeuil quand on se penchait à la fenêtre ( E pericoloso sporgersi ) Mais c'était aussi le wagon restaurant avec nappe en tissus , vrai couverts, fleurs sur la table. Les " progrès" ont permis de réduire le trajet à un peut moins de 4 heures. Les 3 premières heures passaient vite mais la quatrième n'en finissait pas. Aujourd'hui, avec les 2 heures, les trois premières demi heures passent vite et c'est la dernière demi heure qui n'en finit pas. Ce que c'est d'nous z'autres. »

 

Le wagon-bar des TGV je n’ose le qualifier, même pas un bouiboui, la quintessence de ce que la bouffe en barquette peut produire d’insignifiant, de non goût et j’évite d’aborder les micro-boutanches de vin proposées afin de ne pas proférer des gros mots.

 

Comment notre vieux pays qui se revendique comme le phare de la gastronomie peut-il charroyer ceux qui viennent visiter nos beaux terroirs dans de telles mangeoires ?

 

Est-ce au-dessus des moyens des têtes d’œufs de la SNCF de s’inspirer de l’exxemple de nos grands acheteurs de beaux vins que sont les japonais ?

 

En effet, « Une ligne de train va relier les villes japonaises de Fukuoka et Omuta pour célébrer les produits locaux le temps d’un trajet.

 

La compagnie ferroviaire japonaise Nishi-Nippon Railway Co vient de mettre en service le Rail Kitchen Chikugo, un train restaurant qui accueille des gastronomes pour un voyage de 2h30. À bord, on parcourt 75 kilomètres mais la destination importe peu : on y vient uniquement pour apprécier un repas gastronomique préparé par des grands chefs.

 

La suite de Au Japon, ce train-restaurant gastronomique ridiculise tous les TGV

Par Vincent Pons  ICI 

 

Comme nos amis bourguignons nous bassinent avec leurs fameux Climats inscrits à l’Unesco, que l’œnotourisme est une tarte à la crème,  je suggère à Guillaume Pépy de se remuer le popotin pour lancer un tortillard gastronomique entre Paris et Beaune.

 

PS. La gare de Beaune est d’une beauté insoutenable, le tunnel sous les voies fait très neuf3.

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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 06:00
J’ai 2 amours : la pasta&le vin, pourtant je ne suis pas italo-américain… Vive les pâtes ivres !

Comme vous le savez sans doute, pour certains français de gôche d’avant la chute du mur de Berlin et la déconfiture de l’URSS, sous la férule brutale des staliniens à peine repentis du PCF, ceux qui finirent sous Marchais dans les fourgons de Mitterrand en 1981, il était de bon ton de se situer dans le bon camp, celui de la lutte anti-impérialiste.

 

Si tu osais affirmer que tu en étais en condamnant la guerre du Vietnam mais en n’adhérant pas à la défense du socialisme réel, au bilan globalement positif, tu n’étais qu’un traître à la solde des américains. Ne croyez pas que je caricature, l’un des derniers hérauts de ce combat vient de quitter la scène : Roland Leroy.  Il était brillant, sarcastique, Roland Leroy était une personnalité paradoxale. L’historien communiste François Hincker voyait en lui à la fois un « bolchevique » et un « dandy ». Homme de grande culture, il vouait un véritable culte à l’écrivain Roger Vailland. Grand amateur de cinéma, de théâtre et de peinture, ce dilettante ne méprisait pas les mondanités du Tout-Paris. Beau parleur mais adepte de la langue de bois, il devient, en 1967, et jusqu’en 1974, responsable de la section « des intellectuels et de la culture ». C’est un charmeur qui peut être très autoritaire mais aime séduire.

 

Bref, comme le grand Charles, lui aussi, au nom de l’indépendance nationale, contestait la mainmise étasunienne sur les démocraties européennes, il le traduira par son retrait de l’organisation militaire de l’OTAN : « en fin d'après-midi, le lundi 7 mars, M. Maurice Couve de Murville convoque dans son bureau du quai d'Orsay M. Charles Bohien, ambassadeur des Etats-Unis. C'est pour lui remettre un message personnel du Président de la République française au président Lyndon B. Johnson. »

 

De Gaulle avait réaffirmé ses intentions, avec éclat, lors de sa dernière conférence de presse, le 21 février 1966 : « Modifier les dispositions actuellement pratiquées, afin de rétablir une situation normale de souveraineté dans laquelle tout ce qui est français en fait de sol, de ciel, de mer et de forces, et tout élément étranger qui se trouverait en France ne relèveraient plus que des seules autorités françaises. »

 

En rappelant ces faits je ne fais pas une déclaration d’amour aux USA mais je me situe, pour une fois, sur la ligne de Mitterrand face aux plutôt rouge que mort (« Lieber tot als rot » par Joseph Goebbels) lors de l’affaire des euromissiles (SS20 américains tournés vers l'Est).

 

Le dernier coup d’éclat face à la toute-puissance américaine fut bien sûr le célèbre discours de Dominique de Villepin à la tribune de l’ONU pour condamner l’intervention américaine en Irak, la seconde. Allez donc voir Vice, biopic sur Dick Cheney, vice-président américain de George W. Bush de 2001 à 2009, fait l’effet d’une bombe. Affairiste et homme politique sulfureux, mal connu et discret, Cheney fut en fait l’homme le plus puissant de la planète durant sa fonction.

Sans ironie aucune, je soulignerai qu’en dépit de nos rodomontades, le joug américain ne s’est jamais démenti : MacDo, Apple, les fameux GAFA… et d’ailleurs le dernier avatar du parti gaulliste, Nicolas Sarkozy, a annoncé la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN à la tribune du Congrès à Washington le 7 novembre 2007.

 

Tout ça pour dire, c’est dans ma nature, dans mes relations personnelles, je choisis toujours le meilleur de mes interlocuteurs même si bien sûr je n’irais pas faire quelques trous avec Trump, je n’aime ni le golf, ni cet échevelé représentant l’Amérique profonde.

 

Du côté de l’Italie ce fut dès le premier jour le coup de foudre, ce qui s’y passe en ce moment avec l’alliance Ligue du Nord&Mouvement 5 étoiles, m’attriste et me désole, sans pour autant me faire désespérer.

 

Alors, comme je suis un vieux bobo indigne, je lis le New York Times et dans le numéro du 8 mars 2019 David Tanis nous parle des pâtes «ivres», elles sont appelées spaghetti ubriachi (ou all'ubriaco) ou sont parfois appelées pâtes alla chiantigiana, si elles sont faites avec de la strisce, des pappardelles ou d’autres nouilles très longues et avec du chianti.

 

ICI 

 

Mais voilà, n’en déplaise à l’inventeur de la Petite Sibérie, en dépit de mon âge canonique et de mon état de conservation, j’ai toujours le nez sur tout ce qui bouge 6 avril 2016 je chroniquais Depuis que les ricains sont fous des pâtes au vin rouge je bois l’eau des nouilles vu que c’est…

 

ICI 

 

Presque 3 ans après je refais.

 

 

 

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