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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 08:00

Le péché originel et la liberté de l'enfant – Excelsis

Afin d’éviter de passer mon temps à manger et à boire, le confiné que je suis se goinfre de livres, jamais rassasié je frise l’orgie, mais, par bonheur lire n’est pas un péché sauf bien sûr des livres réprouvés par notre mère l’Église catholique romaine. Quand j’étais enfant de chœur sur les tambours de l’église Saint Jacques l’Office catholique international du cinématographe cotait les films de 1 « Convient à tous, même aux enfants non accompagnés ») à 6 (« Film essentiellement pernicieux au point de vue social, moral ou religieux »), avec des notes comme « 3 : films visibles par tous, 3B : films visibles par tous, malgré certains éléments moins indiqués pour les enfants, 4 : films pour adultes, 4 A : films pour adultes avec réserves, 4B : films à déconseiller, 5 : par discipline chrétienne, il est demandé de s’abstenir d’aller voir les films cotés 5 ».

 

Pour les livres j’ai découvert L’Index : les livres censurés de l’Église lorsque le frère supérieur me confisqua certains de mes livres, dont ceux de JJ Rousseau ICI 

 

Ce rappel étant fait, au catéchisme il me fut enseigné la gradation des péchés de véniels à mortels et, bien sûr, l’existence du purgatoire et de l’enfer, et sans doute aussi le fameux péché originel.

 

Lui, je l’avais complètement oublié, normal puisque je l’avais attrapé, si puis m’exprimer ainsi, dès ma sortie du ventre de ma mère.

 

Amazon.fr - Chaudun, la montagne blessée - Bronner, Luc - Livres

 

C’est Luc Bronner dans Chaudun, la montagne blessée, qui rafraîchi ma mémoire aux pages 85-86 : il s’agit du baptême de Félicie Marin par Pierre Roussel, le curé de Chaudun qui a tenu longtemps dans l’histoire de la paroisse : 13 longues années.

 

C’est lui qui a baptisé Félicie, en décembre 1860, moins de vingt-quatre heures après sa naissance. Une cérémonie simple, c’est tout le génie du catholicisme d’avoir inventé un rituel aussi puissant et symbolique, qui peut se jouer avec rien, ou presque, mais d’avoir aussi instauré l’urgence : tout enfant non baptisé était considéré en état de péché originel et donc susceptible, s’il devait mourir, de demeurer éternellement dans les limbes, sans vie propre, ni possibilité de rédemption. Il ne fallait pas attendre pour le baptême, le risque de mortalité était trop élevé. Les esprits piquants disaient qu’au pire le religieux touchait aussi deux fois son casuel, versé par la famille : une fois pour le baptême, une fois pour l’enterrement. Dans tous les cas, les cloches étaient sonnées – plus longuement pour les garçons que pour les filles, et c’est ainsi que l’inégalité entre les sexes s’exprimait symboliquement dès les premières heures de vie.

 

Le terme de péché originel a été créé par saint Augustin, probablement en 397, pour désigner l'état de péché dans lequel se trouve tout homme du fait de son origine à partir d'une race pécheresse ; et, ultérieurement, il a été étendu au péché d'Adam, premier père de l'humanité.

 

Saint Augustin, par Vittore Carpaccio, 1502.

Saint Augustin, par Vittore Carpaccio, 1502. Wikipedia

 

Comment saint Augustin inventa le péché originel ICI 

 

En quoi l’érection spontanée d’un adolescent a-t-elle pu changer notre vision de la sexualité ? Au IVe siècle, saint Augustin invente le péché originel et fait pleuvoir sur l’humanité une honte héritée d’Adam et Eve.

 

Pour le Schopenhauer du Monde comme volonté et représentation, par exemple, c’est une évidence : « En définitive, la doctrine du péché originel (affirmation de la volonté) et de la rédemption (négation de la volonté) est la vérité capitale qui forme, pour ainsi dire, le noyau du christianisme ; tout le reste n’est le plus souvent que figure, enveloppe ou hors-d’œuvre »

 

Plus près de nous, le pessimiste Cioran, comme Schopenhauer, désigne le péché originel comme l’élément essentiel du christianisme.

 

L’éminent ecclésiastique se gaussait du péché originel. « Ce péché est votre gagne-pain. Sans lui, vous mourriez de faim, car votre ministère n’aurait plus aucun sens. Si l’homme n’est pas déchu dès l’origine, pourquoi le Christ est-il venu ? Pour racheter qui et quoi ? » À mes objections, il n’eut, pour toute réponse, qu’un sourire condescendant. Une religion est finie quand seuls ses adversaires s’efforcent d’en préserver l’intégrité 

 

 

Pourquoi les enfants sont-ils touchés par le péché originel ? ICI 

A l'approche de l'accouchement, je me pose la question du péché originel. Pourquoi mon enfant serait-il "entaché" ?", écrit une lectrice. La réponse de la rédaction de Croire.com.

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 06:00

Le procès de Bobigny : La cause des femmes (fr) - La GBD

Le procès de Bobigny : La cause des femmes. La plaidoirie de Me Gisèle  Halimi - Mission égalité - diversité - Université Claude Bernard Lyon 1

Lors de la disparition de Gisèle Halimi, en juillet dernier, de nombreux commentaires avaient souligné le tournant décisif qu'avait constitué le procès de Bobigny, en octobre-novembre 1972, dans le long combat qu'elle avait mené pour le droit à la contraception et à l'avortement. Avocate de la défense, elle avait alors appelé à témoigner de nombreuses personnalités comme Jean Rostand, Jacques Monod, François Jacob mais aussi Michel Rocard en tant que secrétaire national du PSU - parti qui était en effet à la pointe dans le combat pour les droits des femmes. A cette occasion, Michel Rocard avait apporté son soutien à la proposition de loi de l'association "Choisir" et s'était engagé à la présenter à l'Assemblée nationale.

 

Gisèle Halimi, une avocate irrespectueuse - Ép. 3/5 - Gisèle Halimi, la  cause des femmes

Gisèle Halimi et Delphine Seyrig, 11 octobre 1972 à Bobigny. © Michel Clément / AFP

 

Déposition Rocard au procès de Bobigny(1972)

 

Le procès dit de Bobigny s’est déroulé dans cette même ville en octobre-novembre  1972.  Marie-Claire  Chevalier,  sa  mère,  Michèle  Chevalier  et  trois  autres  femmes sont alors jugées pour l’avortement de Marie-Claire,  enceinte  suite  à un  viol. L’avocate des accusées, Gisèle Halimi, va faire de ce procès celui de la pénalisation de l’avortement en France. C’est ainsi qu’elle appelle à la barre des personnalités politiques et du spectacle pour donner  un  écho  médiatique  et  donner  à  ce  procès  un  contour  volontairement  politique.

 

Michel Rocard, Secrétaire National du PSU et député des Yvelines depuis 1969 fait ainsi partie des témoins.

 

Michel  Rocard : Député  des  Yvelines,  signataire  de la  proposition  de  loi  sur  la liberté  de l’avortement rédigée par l’Association « Choisir »

 

Déposition de Monsieur Michel Rocard au procès de la mère de Marie-Claire le 8 novembre 1972, dans Choisir la cause des femmes, Le procès de Bobigny, Paris, Gallimard, 1973, 2006, p. 64.

 

 

Le Président: Le Tribunal vous écoute.

 

Me Halimi: J’ai un certain nombre de questions à poser au témoin.

 

Le Président: J’aimerais que le témoin s’explique spontanément sur les faits.

 

Me Halimi: Monsieur le Président, il est cité à la requête de la défense.

 

Le Président: J’aimerais d’abord qu’il me dise s’il peut témoigner, car témoigner c’est dire ce que l’on sait sur les faits ou sur la personnalité des prévenus. Après je vous laisserai la parole et vous poserez les questions que vous voudrez. Sur ce point-là avez-vous des précisions et des indications à donner au Tribunal? Que pouvez-vous dire sur les faits eux-mêmes?

 

M. Rocard: Monsieur le Président, je ne connaissais pas Mme Chevalier. Quand j’ai appris par la presse ce qui se passait, j’ai tenu à faire sa connaissance. J’étais indigné que le système légal, qui est encore le nôtre place Mme Chevalier, sa fille et les personnes qui lui ont rendu ce que je considère comme un service, au banc des accusées devant notre justice. C’est pour cette raison que j’ai cherché à connaître Mme Chevalier et à m’informer de plus près sur les faits, auxquels je ne suis pas directement mêlé. La chose est d’autant plus importante pour moi  que  je  prépare  une  proposition  de  loi  à  l’Assemblée Nationale, destinée à modifier la législation sur l’avortement. Je dirai d’abord quelques mots personnels. Je suis parlementaire, et c’est à ce titre que j’ai commencé à réfléchir à ce problème. Je n’y suis pas parvenu sans hésitations ni difficultés. J’ai reçu une éducation chrétienne lourde de blocages et d’interdits variés sur cette question. Il m’est arrivé de me demander moi-même comment j’aurais agi si je m’étais trouvé d’aventure dans une situation analogue...

 

Le Président: Je me permets de vous rappeler un arrêt récent de la Cour de Cassation qui dit que nous ne pouvons prendre en compte les appréciations personnelles du témoin. Ce n’est pas une loi que nous jugeons, nous jugeons des faits et des personnes qui, malheureusement, sont là. Alors il ne faut quand même pas les oublier

 

M. Rocard: Je n’ai garde de les oublier.

 

Le Président: Je voudrais quand même que l’on ne s’écarte pas trop de ce qui est l’essentiel des débats.

 

M. Rocard: L’essentiel de ces débats, Monsieur le Président, c’est une situation à mes yeux inique, dans laquelle une jeune femme se voit interdire le choix fondamental qui est celui de donner ou de ne pas donner la vie. C’est sur ce point qu’en tant que membre du Parlement français j’entends intervenir. Dans un certain nombre de pays étrangers de l’Est ou de l’Ouest, la législation aurait évité la situation que nous connaissons ici aujourd’hui. De plus, il faut dire que pour un cas qui vient devant ces Tribunaux (il y en a à peu près 300 par an) le nombre d’avortements clandestins est estimé entre 500 000 et 1 million par an. La plupart sont dramatiques par leurs suites médicales, par les risques d’infections,  de tétanos  et  par  les risques de stérilité qu’ils comportement pour  les  femmes  ayant  avorté  dans  de  mauvaises conditions. Comme je suis aussi un militant socialiste révolutionnaire, je ne peux pas ne pas m’intéresser aux  conditions  économiques  dans  lesquelles  les  choses  se  passent.  Pour  les  personnes  qui disposent de revenus suffisants il est possible de se faire avorter dans les pays étrangers. Pour les  personnes  qui  ne  disposent  pas  de  tels  moyens,  on  en  est  réduit,  en  France,  à  des dispositions clandestines qui sont, en l’état actuel, réprimées. C’est devant cette situation inadmissible que je n’hésite pas à déclarer qu’à mes yeux Marie-Claire Chevalier était dans son droit de choisir de donner la vie ou de ne pas la donner parce que  les  conditions  dans  lesquelles  elle  attendait  cet  enfant  posaient  pour  son  avenir  des problèmes  extrêmement  difficiles.  C’est  sur  ce  point  qu’il  me  semble  que  le  cas  est parfaitement exemplaire de l’ensemble du problème législatif que j’entends aborder. J’ajoute que mon expérience de militant socialiste m’a fait rencontrer d’autres  cas de  cette nature et c’est au nom même de ce nombre énorme d’exemples que je suis décidé à suivre cette bataille qui est politique et parlementaire, et que nous gagnerons grâce à une campagne populaire. Le Président: Autre question?

 

Me Halimi : M. Rocard vient de nous le dire, et c’est en cette qualité que je l’ai cité moi-même, qu’il  est  signataire  d’une  proposition  de  loi  déposée  devant  l’Assemblée  Nationale, proposition de loi concernant la liberté de l’avortement. Je voudrais demander à M. Michel Rocard  de  me  préciser  le  point  suivant :  en  toute  hypothèse  et  même  en  dehors  de  ce  cas exemplaire, qui selon vous peut décider en dernier ressort du droit de donner la vie?

 

M.  Rocard: La  réponse est  parfaitement  claire pour  moi ; en tant qu’homme  qui  fait partie d’un couple je souhaite que l’accord du couple se fasse, mais en tant que législateur, il n’y a d’autre réponse possible à mes yeux que le choix de la femme enceinte.

 

Me Halimi : C’est tout, monsieur le Président.

 

Le Président : Je vous remercie.

 

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 08:00

C’est du foot, pas sur Canal+, mais au ciné.

 

Je l’ai visionné avant le confinement sur une chaîne du câble : Ciné+ émotion je crois.

 

Ça m’a bien intéressé, même si la romance du héros avec la fille de son découvreur anglais est parfois un peu mièvre, car l’histoire de ce gardien de but allemand en butte au ressentiment du petit anglais, illustre avec vérité la difficulté de la réconciliation avec nos voisins allemands du fait des atrocités commises par les nazis.

 

Souvenir du courroux de nos parents lorsque nous avions invités de jeunes allemands à La Mothe-Achard, nous n’avons pas cédé et leur séjour fut un tout petit pas vers la réconciliation.

 

J’ai découvert ensuite que The Keeper de Marcus H. Rosenmüller, avait raflé, au Dinard Film Festival, dédié aux productions britanniques, le « Hitchcock d’or » du jury, présidé par Sandrine Bonnaire, et le Prix du public.

 

ABC Film Challenge – Favourites – K – The Keeper (2018) Movie Review |  Movie Reviews 101

 

J’adore le commentaire d’Hussam Hindi, le directeur artistique du festival :

 

«Je ne m’attendais pas à ce que le jury présidé par Sandrine Bonnaire prime un film d’une facture aussi classique et un biopic»

 

«En général, ils choisissent de récompenser la structure narrative ou l’écriture cinématographique. Là, les jurés ont opté pour leur coup de cœur»

 

 

Coup de cœur, prix du public c’est beaucoup et même Télérama applaudit :

 

The Keeper de Marcus H. Rosenmüller est l’histoire vraie, et méconnue de moi, est celle de Bert Trautmann, soldat dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Fait prisonnier par les Anglais, il croupit dans un camp où il subit des mauvais traitements comme d’autres compatriotes mais où il a aussi la chance d’être remarqué pour ses exploits, comme gardien de but, par le coach d’un club local.

 

https://www.critique-film.fr/wp-content/uploads/2019/09/Keeper2-620x392.jpgA brief history of St Helens Town

 

Plus tard, Trautmann est engagé par le club prestigieux de Manchester City. Un recrutement mal accueilli au début, car le conflit contre les Allemands est encore dans tous les esprits, particulièrement à Manchester, qui compte une communauté juive importante. Mais Trautmann force peu à peu le respect puis l’admiration, notamment lors de la finale de la Coupe d’Angleterre en 1956, où, blessé gravement, il livre une performance héroïque. (voir la chronique plus bas)

 

The Keeper: Best of the San Francisco Jewish Film Festival, Season 39 |  Osher Marin Jewish Community Center

Alignant des chromos rétros, le film est archi classique (voire académique) mais le parcours tumultueux de Bert Trautmann, rongé par la culpabilité, se révèle assez poignant.

 

Bert Trautmann, du nazisme à Wembley 

 

Le petit Bernhard – trop difficile à prononcer, les Anglais le surnommeront Bert – naît en 1923 dans la toute jeune république de Weimar. Fils d’un docker brêmois, vétéran de la Grande Guerre, son histoire suit celle d’un pays sur les rotules après la défaite de 1918. La déflation ne s’arrête pas, la crise de 29 touche durement sa famille …

 

Dès l’été 1933, quelques mois après l’accession au pouvoir du petit autrichien à moustache, il rejoint en bon aryen, les jeunesses hitlériennes. Pas forcément grand partisan du Führer « Les gens n’avaient aucune idée qu’il se préparait pour la guerre et à occuper l’Europe. Ils voulaient juste de la nourriture et des prospectives d’avenir pour leurs familles », Trautmann, comme beaucoup, tombe devant l’effort de propagande.

 

A l’âge de 16 ans logiquement, quand le conflit explose, Bert se porte volontaire, comme la plupart de ses amis. Alors qu’il est apprenti mécanicien – et sportif de bon niveau – il rejoint en 1941 la prestigieuse Luftwaffe, en espérant devenir pilote. Cantonné aux transmissions, il intègre finalement au bout de quelques semaines les troupes aéroportées.

 

Le para Trautmann voyage sur les différents fronts. La Pologne occupée tout d’abord, où, loin des champs de bataille, il s’emmerde considérablement. Il connaîtra son baptême du feu en Ukraine, où ses exploits sur le terrain et son évasion des geôles soviétiques font de lui un caporal. Direction ensuite la Somme, où il est fait prisonnier par les résistants français, qu’il parvient à berner pour revenir en Allemagne, fuyant la débâcle de ses compatriotes devant la poussée alliée.

 

Coincé entre les deux camps, déserteur pour l’un, ennemi pour l’autre, sa situation ne peut être plus complexe. Les américains finissent par le rattraper vers Berlin, mais une nouvelle fois, Trautmann parvient à se faire la malle … Une fuite malheureuse qui se finira par hasard dans une tranchée anglaise camouflée. Nez à nez avec les rosbeefs, c’en est fini de sa carrière militaire.

 

Et cette fois ci, nos étranges voisins vont mettre un verrou inviolable à sa prison. Endoctriné, ils lui font traverser la Manche pour l’envoyer dans des camps-prisons spécialisés. Il est pendant plusieurs mois brinquebalés dans tout le royaume pour finir sa course à Ashton, à côté de Manchester. En 1948, la tâche accomplie, Bert fait partie des 24 000 allemands qui ne rentreront pas chez eux, dans leur nouvelle démocratie. Comme beaucoup, il a commencé une nouvelle vie sur place, il s’est marié, et enchaîne même les boulots.

La suite ICI

Bert Trautmann's jaw-dropping story from Hitler Youth to heroic goalkeeper  who won the FA Cup with a broken neckBert Trautmann – City Til I Die

En 1950, c’est avec appréhension qu’il prépare son premier match à Londres, contre Fulham, dans une ville encore hantée par le Blitz de 1940 « Je comprends que le peuple de Londres ne devait pas tenir un Allemand en très grande estime après ce qu’il s’était passé, mais c’était quelque chose auquel je devais faire face ».

 

Et quoi de mieux que de répondre à ses détracteurs par une performance inouïe à Craven Cottage ?

 

Bert sort le match de sa vie, et City l’emporte « Je voulais montrer aux gens que j’étais un bon gardien et un bon Allemand, et les choses sont allés dans mon sens ce jour-là. Mais que les deux équipes m’applaudissent à la fin du match, et que les fans de Fulham me fassent une standing ovation, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais ».

 

 

Fort de sa trajectoire extraordinaire, Trautmann remportera en 1956, la FA Cup contre Birmingham City, avec un cou brisé après s’être sacrifié la tête la première dans les jambes de Peter Murphy. Manchester City mène 3 à 1, il reste 17 mn à jouer et à l’époque pas de changement possible.

 

« À 17 minutes de la fin, Murphy a devancé Dave Ewing mais Trautmann a plongé dans les pieds de Murphy pour gagner le ballon. Lors de la collision, le genou droit de Murphy a frappé le cou de Trautmann qui  a été assommé, l'arbitre a immédiatement arrêté le jeu. L'entraîneur Laurie Barnett s'est précipité sur le terrain pour le soigner. Aucun remplaçant n'était autorisé, donc Manchester City devrait voir le match à dix si Trautmann était incapable de continuer. Le capitaine Roy Paul était convaincu que Trautmann n'était pas apte à terminer le match et souhaitait plutôt placer Roy Little dans le but. Cependant, Trautmann, étourdi et instable sur ses pieds, a insisté pour continuer. Il a joué les minutes restantes avec une grande douleur, les défenseurs de Manchester City tentant de dégager le ballon bien en amont ou dans la tribune à chaque fois qu'il s'approchait. Trautmann a été appelé à faire deux autres arrêts pour refuser arrêter des tirs de Brown et Murphy.

 

Aucun autre but n'a été marqué, et l'arbitre a sifflé  sur le score final de 3-1 pour Manchester City. Alors que les joueurs quittaient le terrain, la foule a chanté en chœur « For he's a jolly good fellow” en hommage à la bravoure de Trautmann. Roy Paul le capitaine a dirigé son équipe vers la loge royale pour recevoir la troisième FA Cup de Manchester City.

 

Archive,1956: Bert Trautmann FA Cup final pictures and match report | From  the Guardian | The Guardian

 

“Trautmann's neck continued to cause him pain, and the Duke of Edinburgh commented on its crooked state as he gave Trautmann his winner's medal. Three days later, an examination revealed that Trautmann had broken a bone in his neck.

 

Trautmann attended the evening's post-match banquet (where Alma Cogan sang to the players) despite being unable to move his headand went to bed expecting his injury to heal with rest. As the pain did not recede, the following day he went to St George's Hospital, where he was told he merely had a crick in his neck which would go away. Three days later, he got a second opinion from a doctor at Manchester Royal Infirmary. An X-ray revealed he had dislocated five vertebrae in his neck, the second of which was cracked in two. The third vertebra had wedged against the second, preventing further damage which could have cost Trautmann his life.

 

 

in tribute to Trautmann's bravery.[54] Roy Paul led his team up the steps to the royal box to receive Manchester City's third FA Cup. Trautmann's neck continued to cause him pain, and the Duke of Edinburgh commented on its crooked state as he gave Trautmann his winner's medal.[33] Three days later, an examination revealed that Trautmann had broken a bone in his neck ors que les joueurs quittaient le terrain, la foule a chanté un chœur

 

 

Mais après tout, comme le disait Francis Lee, la star de City de l’époque, « Il a été sur le front occidental et sur le front oriental, il a vu un peu d’action et ce n’était pas un cou cassé qui allait le mettre hors d’état ».

 

Décès du héros du football au cou brisé Bert Trautmann

Bien que reconnu comme un gardien de tout premier plan à son époque, il n'a jamais joué pour son pays natal. Trautmann rencontre le sélectionneur allemand Sepp Herberger en 1953, qui lui explique qu'il ne peut sélectionner un joueur qui n'est pas immédiatement disponible du fait des voyages et des implications politiques, et qu'il ne peut reconsidérer sa position que si Trautmann joue pour un club allemand. Par conséquent, le fait qu'il joue en Angleterre l'empêche de prendre part à la victoire allemande lors de la Coupe du monde de football 1954, le poste de gardien étant tenu par Anton Turek. Lors de la phase finale de cette compétition, il rejoint la sélection allemande pour occuper un rôle d'interprète.

 

Le gardien russe Lev Yachine, considéré lui-même comme un des meilleurs gardiens de tous les temps, déclare un jour que Trautmann et lui-même sont les « deux seuls gardiens de but de classe mondiale »

 

Pendant sa carrière, Trautmann est élu « footballeur de l'année de la FWA » en 1956, devenant le premier gardien de but et le premier joueur non originaire des Îles Britanniques à recevoir cette distinction

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 06:00

So scottish !

Samedi dernier, l'Écosse, chère au cœur de Sean Connery, a réalisé l'exploit les joueurs de Townsend se sont imposés 14-10  au Parc Y Scarlets de Llanelli face au pays de Galles, tenant du titre, une première depuis 2002 !

 

« L'icône de l'élégance à l'écossaise, Sir Sean Connery s'est éteint aujourd'hui à l'âge de 90 ans » a sobrement tweeté le compte officiel du gouvernement écossais en France ce samedi 31 octobre. Dans le monde, l'acteur qui s'est éteint dans son sommeil aux Bahamas était un monstre sacré. En Ecosse bien plus encore.

 

Adam Hastings et les Écossais ont créé la surprise au Pays de Galles.

 

La mort de Sean Connery, natif d'Edimbourg, a suscité de nombreuses réactions émues dans sa nation d'origine. L'ex Premier ministre écossais Alex Salmond l'a qualifié de « plus génial écossais au monde, la dernière des stars hollywoodiennes, l'inoubliable Bond ».

 

L'actuelle Première ministre, Nicola Sturgeon a quant à elle souligné son patriotisme : « C'était une légende internationale mais d'abord et avant tout un écossais patriotique et fier » a-t-elle souligné sur Twitter, rappelant qu'il défendait l'indépendance de l'Ecosse. Un combat qui ne lui a par ailleurs pas empêché d'être anobli par la reine Elisabeth II en 2000, lors d'une cérémonie au cours de laquelle il arborait un kilt.

 

Your Majesty, Commander Bond is dead ! »

 

« Sean Connery est acteur et aussi activiste politique. Peu importe son rôle, qu’il soit russe ou arabe, Sean conserve l’accent écossais. Il exige que son prénom soit également prononcé à l’écossaise, soit "Shaun" Il quitte les iles britanniques à cause de la pression fiscale direction Marbella en Espagne. Il plaide pour l’indépendance de l’Écosse dès les années 90 en intégrant le Parti Nationaliste Écossais. Pour chaque apparition officielle dès ce moment, Sean arborait le kilt. Depuis 1970, il finançait un fonds d’éducation pour les jeunes écossais. En 2000 et malgré la pression des conservateurs, la Reine Elizabeth II avait anobli l’acteur : c'est donc en véritable chevalier, au-delà du grand écran, qu'est parti Sean Connery. »

 

Image

 

Le monde du cinéma pleure aussi la perte d'une de ses légendes. « Il était et restera toujours dans les mémoires comme le James Bond original dont l'entrée indélébile dans l'histoire du cinéma a débuté quand il a prononcé ces mots inoubliables ‘Mon nom est Bond ... James Bond ‘»

 

Mais pas que, pour le grand public, il restera comme l'interprète inoubliable de la première série des Bond, James Bond. Mais il sut aussi échapper à cette image, tourner avec les plus grands cinéastes et démontrer qu'il était un grand acteur.

 

Sean Connery dans le rôle de James Bond dans "Goldfinger", en 1964

Sean Connery dans le rôle de James Bond dans "Goldfinger", en 1964 © AFP / MGM - Eon - Danjaq / Collection ChristopheL

 

« Son levé de sourcil était inimitable. Son caractère était aussi bien trempé que ses clubs de golf. Un magazine féminin l’avait élu en 1999 l’homme le plus sexy du siècle, alors qu’il avait 68 ans. Et le réalisateur John Huston l’aurait bien vu Roi d’Ecosse. Parfois il fut aussi objet de critique : radin, macho, violent, insupportable. Mais avant tout, Sean Connery était un acteur comme rarement on en a vu, de par son charisme, sa rigueur et son  professionnalisme.

 

La vie de l’Écossais est digne d’un roman. (source Gaudéric Grauby-Vermeil France-Inter  ICI  )

 

« Le jeune Sean est né à Edimbourg dans le quartier de Fountainbridge. Sa mère, protestante écossaise, est femme de ménage. Son père, catholique irlandais, est chauffeur sur les chantiers. En parallèle de l’école, il travaille dès l’âge de huit ans comme livreur de lait et apprenti boucher. Engagé dans la Marine Royale à 17 ans, il est rapatrié en urgence 3 ans plus tard pour raisons de santé. Il en rapportera deux tatouages « Dad and Mum » et « Scotland Forever ».

 

Pour vivre, il vernit des cercueils ou travaille comme docker. Dans les années 50, il monte sur la troisième marche du podium de Monsieur Univers. Sean mesure près d’1m90 et il est sportif. Une carrière de footballeur se profile, mais il a 23 ans et préfère se lancer dans une carrière de comédien, qu’il espère plus longue, plus riche intellectuellement.

 

Un matin, il part sur sa moto Royal Endfield, et dans la tête la méthode Stanislavski qu’il a lu et relu. Il se rend à casting pour une comédie musicale, "South Pacific". Il sera figurant. Sean Connery va enchainer les petits rôles. Dans "Train d’enfer" en 57, il incarne un chauffeur routier. Il fait une apparition dans "Au bord du volcan" de Terence Young, qu’il recroisera sur les tournages de James Bond à 3 reprises. Parmi les films où il se fait remarquer : "Darby O’Gill et les Farfadets" en 1959 pour Disney et dans le téléfilm pour la BBC "Anna Karenine" en 61.

 

Sean devient James Bond, au nez et à la barbe de centaine de candidats dont Cary Grant et David Niven. Mais c’est avant tout pour des raisons budgétaires que Sean est engagé par les producteurs Saltzman et Broccoli. La production ne peut pas se payer de vedette. Et Ian Fleming, auteur de Bond, n’est pas convaincu par ce choix. Son épouse l’est beaucoup plus car elle trouve qu’il a "le charisme sexuel requis" pour incarner l’espion.

 

Sean fait le job à merveille. Il portera le costume à 7 reprises entre 62 et 83. James Bond le rendra célèbre. Fleming, lui, sera définitivement séduit au point de faire évoluer l’écriture de James par rapport à Sean. Ce dernier se sépare de James une première fois en 71, lassé du rôle. Mais celui qui avait dit "plus jamais" fait son come-back. C'est ainsi qu'en 1983, deux James Bond s'affrontent sur les écrans de cinéma. À notre droite, le Bond l'officiel incarné par Roger Moore, 56 ans qui affronte "Octopussy". À ma gauche pour la Warner, Sean Connery, 53 ans fait son come-back au bras de Kim Basinger dans le remake d'"Opération Tonnerre", "Jamais plus jamais" et réalisé par Irvin Kershner ("L'empire contre-attaque"). Ce sera le seul duel fratricide de la série.

 

Pour l'anecdote, Uderzo immortalise l'acteur écossais en 1981 dans "L'odyssée d'Astérix" dans le rôle de l'agent ZéroZéroSix.

 

Paul Chopelin's tweet - "Sean Connery, ce fût aussi une apparition  remarquée, dans le rôle de l'agent secret Zérozérosix, aux côtés de Bernard  Blier, dans "L'Odyssée d'Astérix" d'Albert Uderzo (1981). " -

 

Fini Aston Martin, costumes, Martini au shaker, cigarettes et jolies femmes. Sa mission après Bond, est d’exister hors de ce cadre et prouver qu’il a l’étoffe des grands.

 

Ses choix tombent juste.

 

Comme d’autres grands acteurs, Sean Connery va tourner avec de grands réalisateurs comme Alfred Hitchcock, Steven Spielberg, John Huston, Brian de Palma, Jean-Jacques Annaud, et Sydney Lumet. Ce dernier le fera tourner 5 fois avec en point d’orgue le film "The Offence" en 1972.

 

Le grand public et la critique le suivent dans "Le crime de l’Orient Express", aux côtés de Michael Caine dans "L’homme qui voulut être roi", en prince arabe dans "Le Lion et le Vent". Moins quand il joue les cow-boys face à Brigitte Bardot dans "Shalako" ou les héros futuriste dans "Zardoz". Les bides s’alternent ensuite sur fond d’heroic fantasy, de films catastrophes. Mais il sait rebondir malgré tout. Il est second rôle dans le film de Terry Gilliam "Bandits, Bandits".

 

le nom de la rose | Sean connery, Jolie photo, Actrice

 

Mais Sean n’est pas du genre facile. Il entre en guerre facilement sur des histoires de contrats avec les majors du cinéma. Il fera même couler la United Artists. Entre 83 et 85, il ne tourne pas suite à des soucis de santé et le décès de son père. En 1986, le français Jean-Jacques Annaud le remet dans la lumière avec "Le Nom de la Rose" pour lequel il remporte un BAFTA. Dans la foulée, il devient le mentor de Christophe Lambert dans "Highlander".  Il accepte les seconds rôles prestigieux et les caméos flatteurs comme dans le Robin des Bois de Kevin Costner où il incarne Richard Cœur de Lion. Il accepte avec plaisir ce rôle de mentor auprès des jeunes comédiens. Son rôle dans Indiana Jones est un clin d’œil à James Bond. En effet, Steven Spielberg rêvait de réaliser un épisode de l’agent secret. Mais il est recalé. Par dépit avec Georges Lucas, il crée Indiana Jones et demande au premier des James Bond d’incarner le père d’Indy.

 

tarkowski: Sean Connery in The Hunt for Red October | Movie stars, Sean  connery, British actors

 

Les succès reviennent : Un oscar pour "Les incorruptibles" de Brian de Palma en 87, des rôles prestigieux et des cartons au box-office : "À la poursuite d’Octobre Rouge", "La maison Russie", "Rock", "Haute Voltige" ou encore "À la rencontre de Forrester".

 

« Le cinéma c’est comme le golf", disait-il dans une interview au Nouvel Observateur. Il faut travailler au millimètre. Et il faut savoir accepter que le millimètre ne suffit pas à garantir le succès. »

 

Son dernier rôle, celui d’Allan Quatermain dans "La ligue des gentlemen extraordinaires" le place en héros légendaire retiré du monde dans une fin de XIXe siècle trouble. Il doit sauver l’empire britannique et la paix dans le monde. Le tournage vire au fiasco. Le film, un échec. »

 

Image

 

Sean Connery est mort au court de son sommeil à l’âge de 90 ans, on le disait atteint de la maladie d’Alzheimer, ce que ses proches démentaient, je suis triste bien sûr, mais au-delà de la tristesse je me console en sachant qu’il me sera possible de retrouver sa trace sur mon écran : il est immortel !

 

Puisqu’il faut bien mourir un jour, c’est notre destin commun, je me dis que j’aimerais bien poser, comme lui, mon sac à cette borne, ça me laisserait 18 ans à vivre, une belle trotte, de la même longueur que celle qui m’a conduit à l’âge adulte.

 

«Mon nom est Bond. James Bond

 

Il commande d'un air nonchalant une Vodka Martini, «au shaker, pas à la cuiller» ; lui qui possède un permis de tuer 007 et dégaine son Walther PPK, tout en conduisant son Aston Martin DB5, dans Goldfinger, en 1965.

 

 

Les siens ont déclaré que l'acteur «est décédé paisiblement dans son sommeil entouré de sa famille» et ont ajouté : «Il y aura une cérémonie privée suivie d'un service commémoratif encore à planifier une fois que le virus aura pris fin».

 

« J'aime bien ce statut de vieux singe qui apprend aux plus jeunes à faire des grimaces » (Sean Connery, le Figaro mai 1999)

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 08:00

 

 

Vendredi 16 octobre, Conflans-Sainte-Honorine, la commune dont Michel Rocard a été le maire pendant plus de 17 ans, a été endeuillée par la barbarie terroriste. Notre association a, comme tous les Français, ressenti effroi et indignation en apprenant l’assassinat d’un professeur d’histoire du collège du Bois d’Aulne, Samuel Paty.

 

Jeudi 29 octobre, c'est une église de la ville de Nice qui a été touchée par la même barbarie.

 

Comme il l'avait fait lors des attentats de 2015, Michel Rocard aurait sans nul doute appelé à la concorde nationale dans la lutte contre l'intégrisme et le fanatisme. Et ses propos sonnent plus juste que jamais : « Si l’on ne donne pas une patrie aux jeunes immigrés nés en France, ils se créeront dans leur tête une patrie imaginaire. L’intégrisme et le fanatisme feront le reste : au bout de l’exclusion, on trouve souvent la délinquance et parfois le terrorisme ».

 

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 06:00

Achdé : « Lucky Luke ne résout pas le racisme » ICI 

Réponse à la tribune de Clémentine Autain dans le Monde du 29 octobre 2020

 

Clémentine Autain sur le combat contre le terrorisme : « J’alerte : la France est en passe de perdre pied » ICI

 

TRIBUNE

 

Clémentine Autain

 

Députée de Seine-Saint-Denis

 

 

 

Jean-François est le Lucky Lucke de notre espace politique, il répond plus vite que son ombre, mais il ne défouraille pas pour arroser sans discernement Clémentine Autain, il dégaine des arguments forts, il vise juste, il ne se veut pas justicier, il tente de comprendre, d’expliquer, d’apaiser.

 

 

Je lui en suis très reconnaissant car, le poids de mon passé militant, de mes engagements, face à une extrême-gauche qui s’est longtemps fourvoyée au nom d’une fidélité indéfectible à des régimes qui ne préparaient en rien des lendemains qui chantent, tenant leur peuples sous le joug de leur nomenklatura ; à une extrême-droite pur produit de la collaboration, des aventures coloniales, antisémite, raciste ;  une droite que l’on qualifiait la plus bête du monde sans oublier qu’elle n’avait rien de tendre ; une gauche sociale-démocrate molle, ondoyante, petite bourgeoise, sans colonne vertébrale ; fait que j’ai beaucoup de mal à recevoir des leçons de la part de leurs rejetons (le féminin n’est guère aimable) dont je préfère taire les noms.

 

 

Envie de crier : « Vos gueules les mouettes ! »

 

 

Certes, Audiard penchait très à droite mais il avait du talent, ce qui n’est guère le cas de ces demi-soldes de la politique.

 

J’honnis la réécriture de l’Histoire, je l’aime trop pour ça, et là le mieux qui me reste à faire c’est de me taire…

 

 

Qui était Nikolaï Boukharine ? - Matière et Révolution  

 

 

Pour la députée de La France insoumise, le débat public est dominé par les idées d’extrême droite et la France « ressemble chaque jour un peu plus à une société préfasciste ».

 

« La gauche qui défend une laïcité d’apaisement est mise en accusation alors que le débat public est dominé par les idées d’extrême-droite » dénonce Clémentine Autain dans une tribune publiée par le journal « Le Monde », en s’insurgeant contre les accusations « d’islamo-gauchisme » adressées à certains dirigeants de la France Insoumise qu’elle compare à celles proférées hier contre les « Hitlero-Trotskystes ». Pourtant, la lutte contre « l’islamo-gauchisme » ne prépare pas de nouveaux procès de Moscou mais marquerait la victoire intellectuelle de Marine Le Pen dans « une société préfasciste ».

 

Je partage la condamnation de l’hystérisation du débat en France de Clémentine Autain, l’échange de condamnations qui remplace celui d’arguments, les insultes qui font office d’idées, en notant tout de même que la multiplication des attentats perpétrés au nom de l’Islam ne favorise pas la sérénité des discussions.

 

Mais je pense aussi que nous devons répondre clairement à des questions simples.

 

Ceux qui terrorisent les Français aujourd’hui ce ne sont pas les bandes du Rassemblement National. Ce sont des terroristes qui peuvent être Français comme les assassins du Bataclan le 13 novembre 2015 ou ceux de Charlie Hebdo, Pakistanais comme Ali Hassan qui a attaqué deux personnes à coup de hachoir de boucher rue Nicolas Appert le 25 septembre 2020, ou encore Tchétchène comme l’assassin de Samuel Paty le 16 octobre, ou Tunisien comme Brahim A. qui a égorgé une femme et tué deux autres personnes dans la cathédrale de Nice le 29 octobre.

 

Toutes ces personnes, de nationalité différente, ont un point commun : elles se réclament de l’Islam ; elles tuent au cri de « Allahou Akbar » («Allah est le plus grand ») ; elles tuent pour « venger » le prophète Mahomet qui serait insulté par des Français s’exprimant sans tenir compte de la conscience offensée des musulmans.

 

Les terroristes n’agissent pas seuls, en dehors de tout contexte. Les appels au boycott des produits français lancés après le discours d’E Macron contre le séparatisme, en Turquie ou au Bengladesh, ainsi que les condamnations de l’offense faite à l’islam par les gouvernements au Maroc, au Pakistan, au Qatar ou ailleurs, en témoignent.

 

Nous avons donc en France un très grave problème avec le terrorisme se réclamant de l’islam. Le combattre n’a rien à voir avec un « racisme qui prendrait la forme du rejet des musulmans ». C’est un combat pour notre survie.

 

Nous avons aussi un problème avec la religion musulmane.

 

Le 27 octobre 2020, le « conseil des sages musulmans » basé à Abou Dhabi, présidé par le grand imam d’Al-Azhar au Caire, a annoncé son intention de poursuivre Charlie Hebdo et « quiconque offense l’islam ». Il va mettre en place pour cela un comité de juristes internationaux. Comme Donald Trump, ce conseil considère que sa justice a vocation à prévaloir dans le monde entier.

 

En France, le Conseil Français du Culte musulman (CFCM) a condamné l’assassinat de Samuel Paty, mais son Président, Mohammed Moussaoui a tout de même déclaré, quelques jours après l’assassinat que « la liberté de caricature comme les autres libertés n’est pas absolue. Elle doit être encadrée et proportionnée aux impératifs de l’ordre public et le devoir de fraternité ».

 

Ce n’est pas un appel au meurtre, mais ce n’est pas non plus une condamnation de la barbarie exercée contre Samuel Paty quelques jours auparavant. Et il s’agit clairement d’une déclaration remettant en cause la liberté d’expression, dont l’exposé à coûté la vie à ce professeur.

 

La question posée est simple : l’islam est-il prêt à accepter l’exclusion de la religion de l’organisation politique de la cité ?

 

Est-il prêt à accepter que la loi civile française règle l’organisation, la reconnaissance et les conséquences juridiques du mariage, du divorce, de la procréation ?

 

Est-il prêt à accepter que la loi pénale adoptée par le parlement et mise en œuvre par des juges, fonctionnaires de l’Etat, prévoie seule les sanctions applicables aux infractions à la loi ?

 

Est-il prêt à accepter, comme l’ont fait les autres religions monothéistes dont le culte est célébré en France, la séparation des églises et de l’Etat ?

 

Pour le moment ce n’est pas le cas de beaucoup de ses représentants. La position du recteur de la mosquée de Paris qui défend une conception républicaine de l’islam en France, mérite d’être saluée. Mais il est bien seul. La très grande majorité des porte-parole de l’islam en sont au même point que l’église catholique avant son ralliement officiel à la République par l’encyclique « Au milieu des sollicitudes » du Pape Léon XIII ; avant la loi du 9 décembre 1905 de séparation des églises et de l’Etat.

Comme l’église catholique à ce moment-là, les représentants de l’islam refusent cette séparation et la supériorité de loi de la loi civile sur la loi religieuse et veulent imposer celle-ci à la société française.

 

Avant que l’islam ne vienne poser à nouveau la question, l’instauration de la laïcité dans notre pays fut un long combat. L’apaisement n’est venu qu’ensuite

 

Clémentine Autain défend une « laïcité d’apaisement », mais avant que la querelle religieuse ne s’apaise en France, il fallut des décennies pour arracher les institutions administratives, la vie politique et sociale, l’enseignement au contrôle de l’église catholique.

 

Il y eut la révolution de 1789, la suppression des privilèges du clergé, la nationalisation de son énorme patrimoine foncier et sa revente à une multitude de petits agriculteurs propriétaires qui sont devenus les gardiens vigilants de cet acquis de la révolution.

 

Il y eut la révolution de 1830 provoquée notamment par une ordonnance de Charles X contre la liberté de la presse et sa volonté de restauration de l’ordre ancien caractérisé par l’union du trône et de l’église. Puis vint le long combat de la IIIème République naissante pour s’imposer face aux monarchistes et au clergé.

 

La loi de 1905 ne fut pas qu’une loi libérale et d’apaisement reconnaissant le droit de croire ou de ne pas croire. C’est une loi de laïcisation de la société qui consacre la défaite du clergé catholique. Elle fut suivie, jusqu’à l’arrivée de Clemenceau au pouvoir en 1907, d’une sorte de guerre civile provoquée par l’inventaire des biens du clergé préalable à la remise des bâtiments religieux à des associations cultuelles dont la seule fonction aurait été l’exercice du culte, à l’exclusion de toute activité d’enseignement ou d’action culturelle. Le Vatican s’y opposa jusqu’au compromis de 1924.

 

La guerre scolaire se poursuivit jusqu’à la première guerre mondiale, avant d’être provisoirement gagnée par l’école publique.

 

Il faudra le régime de Vichy, puis la loi Marie-Barangé de 1951 et surtout la loi Debré de décembre 1959 instaurant la possibilité pour l’Etat de financer les établissements privés sous contrat, pour que soient remis en cause en partie les acquis de la République laïque. Il s’agissait déjà « d’apaiser » la lutte entre la République et l’église catholique, à moins qu’il ne se soit agit de réunir derrière le Gaullisme, encensé de toute part aujourd’hui, la France catholique et réactionnaire qu’on retrouvera sur les Champs-Elysées le 30 mai 1968 ou le 24 juin 1984 contre la loi Savary d’instauration d’un service public unifié de l’Education nationale. Le séparatisme déjà, devant lequel F Mitterrand a reculé pour « apaiser » le climat politique et surtout pour ne pas être balayé par la droite après avoir dit adieu aux forces sociales qui l’avaient élu en 1981en déclarant « la pause » en 1983.

 

Aujourd’hui comme hier, la laïcité est un combat pour la liberté de penser, pour la liberté de s’exprimer et de vivre sans être assujetti à l’oppression d’un clergé et d’un dogme.

Certains musulmans qualifient ce combat d’islamophobie ; les lois de la République leur paraissent liberticides parce qu’elles entravent la possibilité de l’islam  de dominer les consciences et la vie de millions de Français ou d’étrangers vivant en France, et ailleurs d’Africains, de Turcs, d’Iraniens ou d’Indonésiens. Car ne l’oublions pas, ce qui est en cause ce n’est pas le droit pour les musulmans de célébrer tranquillement leur culte en France, il leur est garanti. C’est la possibilité pour certains groupes islamistes d’imposer leur conception des comportements, des modes de vie qui doivent être observés dans certains quartiers où ils constituent une force importante, à des Français ou des étrangers qui espèrent la protection de la France laïque contre cette oppression.

 

Les « laïcs non apaisés » sont aux côtés de femmes et des hommes qui luttent contre l’oppression religieuse en France et dans le monde, qu’elle soit islamiste ou autre. Ils sont contre la répression féroce menée contre les Ouïgours en Chine, répression qui ne trouble visiblement aucune des grandes dictatures islamistes du monde, trop occupées à lancer des appels à des manifestations anti-françaises (anti-laïques). Je n’ai pas vu d’appels à manifester contre la Chine de la part d’Erdogan, des dirigeants marocains ou égyptiens.

 

La France est-elle préfasciste et les défenseurs de la laïcité des agents de M Le Pen ?

 

Il faut éviter d’employer le mot « fascisme » sans discernement. Le fascisme correspond à des régimes historiquement déterminés, caractérisés notamment par un parti unique, un pouvoir autoritaire, le rejet de l’humanisme et de l’individualisme, un contrôle général de la société par l’Etat dominé par ce parti unique.

 

Ce portrait n’est pas celui de la France. On reproche plutôt, notamment du côté de la France Insoumise, au gouvernement d’E Macron son libéralisme, son encouragement à l’individualisme au travers de sa philosophie de la réussite pour tous, etc.

 

En revanche, ces attributs se retrouvent en totalité ou en partie dans beaucoup de pays dominés par des Etats qui s’érigent en défenseur de l’islam, qu’il s’agisse à des degrés divers de l’Egypte, du Maroc ou de la Turquie, par exemple.

 

Que Marine Le Pen tente de récupérer la laïcité pour son propre compte ne fait pas de la laïcité une idée fasciste. Le Front national, dont est issu le Rassemblement national, s’est longtemps opposé à la laïcité et se posait en défenseur de la France catholique. Cela ne faisait pas de l’église catholique une annexe du Front national.

 

Il y a bien une tentative de récupération identitaire de la laïcité par Marine Le Pen. Mais il s’agit d’une tromperie dont les défenseurs de la laïcité ne sont pas dupes. Gambetta déclarait « le cléricalisme, voilà l’ennemi ! ». Les défenseurs de la laïcité aujourd’hui doivent dire « l’islamisme, voilà l’ennemi ». Pas les Arabes, pas les Turques, pas les étrangers, mais l’islamisme. L’islamisme qui partage le même antisémitisme qu’une partie des troupes du RN. L’islamisme qui est comme le Front national un ennemi des libertés, de toutes les libertés, sauf celle du commerce. L’islamisme qui se comporte d’ailleurs comme un auxiliaire précieux du Rassemblement national en multipliant les attentats terroristes, en faisant augmenter la peur des Français, déjà grande face au risque sanitaire. Alors évitons d’agiter l’épouvantail Le Pen pour exonérer les islamistes avec lesquels elle forme un duo terriblement efficace.

 

La France n’est pas préfasciste, elle est une démocratie malade qui essaie de ne pas succomber aux attaques d’islamistes, en même temps qu’elle doit faire face à une situation sanitaire préoccupante et à une situation économique catastrophique.

 

Certains Français crient fort, peut-être trop, mais c’est aussi parce que le  déchainement de violence des islamistes contre la société française les effraie. Eux aussi ont besoin d’être apaisés et ils ne le seront que par une politique résolue de défense de la République et de la laïcité.

 

 

Jean-François Collin

30 octobre 2020

 

 

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 08:00

Recep Tayyip Erdoğan devant le portrait de Moustafa Kémal Atatürk en 2013 (DR)

Depuis qu’il est revenu du ciel à la surprise générale notre Jean-Pierre Chevènement se bonifie, il n’est plus tout à fait le même, c’est un sage.

 

L'homme qui a marché sur l'eau de Anne Nourry - Livre - Decitre

 

Le 3 septembre 1998, une dépêche de l'AFP annonce que « Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur, hospitalisé au Val-de-Grâce pour une intervention bénigne, est dans le coma depuis vingt-quatre heures. » L'émotion est vive, d'autant que les pires rumeurs s'amplifient sur l'état du ministre. Pendant des semaines, ils sont nombreux à être suspendus jour après jour à l'évolution de la santé de Jean-Pierre Chevènement qui, le 4 janvier 1999, fait une rentrée fracassante au gouvernement

 

24 novembre 1998

 

En patois du haut Doubs, berceau de sa famille, Jean-Pierre Chevènement commente sa résurrection. « Lon Bon Dieu n'ait pai vu d'moi. Mé lou diable n'ait tout. Ce qui fa qui se repatchi. » Et de traduire aussitôt : « Le Bon Dieu n'a pas voulu de moi mais le diable non plus. Ce qui fait que je suis revenu. »

 

Conclusion, par lui-même : « Vous voyez, tout ministre de l'intérieur que je sois, je ne suis ni si bon que certains l'imaginent, ni si mauvais non plus ! »

 

Une délégation du Burkina Faso offre à Jean- Pierre Chevènement un lion en bronze de 52 kilos, symbole de Belfort et de la « rage de vaincre » qui a permis à son hôte de triompher du curare. « Puissent Dieu et les mânes des ancêtres accorder toujours à notre ami, à notre frère Jean-Pierre Chevènement, la force de servir, comme il le fait déjà si bien, la cause de nos communautés, commente le ministre de la guerre du Mooghonaaba, l'empereur des Mossis. Lui qui a donné un visage à la solidarité entre les peuples. »

 

Jean-Pierre Chevènement : "C’est notre laïcité qui fait peur à Erdogan"

Paris Match | Publié le 29/10/2020

 

Aux yeux des Frères musulmans dont M. Recep Tayyip Erdogan est un adepte, la laïcité est l’ennemie par définition. D’un côté, une conception littéraliste de l’islam, de l’autre la séparation du politique et du religieux et la liberté de penser les affaires de la cité à l’écart des dogmes religieux. D’un côté le droit divin, de l’autre les droits de l’homme et du citoyen, liberté d’opinion y compris religieuse et surtout croyance en la raison humaine comme boussole collective permettant la définition en commun du meilleur intérêt général.

 

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Mustafa Kemal Atatürk proclamait la République turque il y a 95 ans

 

Moustafa Kémal (1881 - 1938)

Le « Père des Turcs »

On le connaît sous le nom de Moustafa Kémal mais ses concitoyens l'appellent plus volontiers Atatürk (le « Père des Turcs »), le patronyme qui lui a été attribué en 1934, assorti du prénom Kémal.

 

La Turquie, il est vrai, lui doit beaucoup. Menacée de dépeçage suite à sa défaite dans la Grande Guerre de 1914-1918, lorsqu'elle s'appelait encore empire ottoman, elle fut sauvée par cet homme d'exception que fut Moustafa Kémal (Mustapha Kemal en anglais). 

 

D'une énergie peu commune, noceur, grand buveur, indifférent à la religion et notoirement athée, ce stratège de talent s'est montré très vite animé par l'ambition de bâtir une nation turque foncièrement homogène sur les ruines de l'empire multiculturel ottoman.

 

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Nawaat – Mustafa Kemal, un grand homme de l'Histoire ?

 

Mustafa Kemal, l’homme qui fit naître la nation turque

 

Par Francisque Oeschger - Publié le 05/02/2019 

 

Son portrait est partout, sur les billets de banque, sur les murs des bâtiments administratifs et dans la vitrine de la moindre échoppe. Des statues à son effigie trônent aussi dans tous les parcs publics. Insulter sa mémoire est passible d’un à trois ans de prison. Quatre-vingts ans après sa mort, Mustafa Kemal Atatürk, le père fondateur de la Turquie moderne, reste toujours adulé comme aucune autre personnalité dans une démocratie. Son destin, intimement lié à celui de son pays, explique cette intense ferveur populaire qui ne s’est jamais démentie.

 

La suite ICI 

 

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La Turquie d’Atatürk à Erdoğan

L'introuvable synthèse de l'islam et de la laïcité

 

À sa mort le 10 novembre 1938, Moustafa Kémal Atatürk laissait derrière lui une Turquie laïque et en apparence occidentalisée. Et pourtant, dès que le régime commença à s’ouvrir à la démocratie dans les années 1950, l’instabilité alla de pair avec la lente affirmation d’un islam politique, ponctuée à intervalles réguliers de coups d’État militaires.

 

Encore très pauvre vers 1950, peu peuplée (20 millions d’habitants), très peu alphabétisée et rurale à 80%, la Turquie est en ce début du XXIe siècle un pays de 80 millions d’habitants largement urbanisé, doté d’une métropole, Istanbul, passée dans l’intervalle de 1,5 millions à quinze millions d’habitants.

 

Issue de la dislocation d’un grand empire à cheval sur l'Europe et le Moyen-Orient, elle est en passe de redevenir une puissance mondiale. Elle constitue un cas à part, tant par son importance géopolitique que par sa profondeur historique.

 

La suite ICI 

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 06:00

Tasses à Café - Louise et Juliette - Location vaisselle vintage

Les questions des tout petits qui ont tout à découvrir tout autour d’eux, pour y associer des mots nouveaux après avoir ingurgité l’alphabet, assemblé des mots pour en faire des phrases, d’abord parlé : des questions, plein de questions, puis calligraphié, même si l’écriture scripturale est en forte régression au profit du clavier français (AZERTY) vers le clavier américain (QWERTY).

 

La question qui m’a toujours ravie, autour du Grand Bassin du jardin du Luxembourg, « Maman les bateaux ont-ils des jambes ? »

 

Maman les p'tits bateaux - Il était une histoire - IEUH

 

Ce matin, au lieu de m’intéresser, comme les zozos des réseaux sociaux, aux queues de cerise, j’ai décidé de me pencher sur les queues des tasses.

 

La tasse à café ou à thé, cette dernière plus rare dans ma Vendée crottée, fait partie de mon patrimoine génétique. En effet, le mariage, institution hautement sanctifiée car officiellement, en vertu des lois de l’Eglise romaine, c’était l’autorisation de pécher entre femme et homme, avec l’autorisation du clergé, sans trop de plaisir toutefois, juste pour perpétuer l’espèce.

 

Les agapes de mes parent, pour leur mariage, durèrent 3 jours à la Célinière, on avait tué le veau gras, tapissée la grange de draps blancs, fabriqué des fleurs en papier, engagé un joueur d’accordéon…  Dans la grande salle de la métairie, sur une grande table, s’étalaient les cadeaux de mariage.

 

La star des cadeaux de mariage étant la ménagère, dans un écrin tapissé de soie blanche, soit la batterie des fourchettes, des cuillères, des petites cuillères, des couteaux, de la louche… etc. venait ensuite l’imposant service de vaisselle complet dans lequel on trouvait le service à café.

 

Ménagère en argent du XIXe siècle. - 290110 - Expertissim

 

La qualité de l’argenterie au poids et au poinçon, ou plus simplement en métal argenté, porcelaine ou faïence, étaient tout comme le cristal du service de verre, la marque de l’importance des auteurs du cadeau.

 

Au Bourg-Pailler, nous avons lors des fêtes de famille, mangé et bu dans de la belle vaisselle et de beaux verres. Maman en prenait un soin extrême.

 

Les tasses à café en porcelaine étaient fines et translucides, et bien sûr dotées d’une queue.

 

Je n’ai jamais posé la question à mes parents du pourquoi de cette queue, ça allait de soi.

 

Grand service à café LIMOGES blanc & or - Le palais des bricoles

 

Offrir un « service » remonte au XVIIIe siècle, avec la création des faïenceries, puis des porcelaineries. La pratique se généralise au siècle suivant lorsque la pratique du moulage permit de passer de la fabrique à l’industrie, en particulier à Limoges.

 

C’est au Siècle des Lumières, en Europe, que les petits gobelets munis d’une anse ont été codifiés. Ils représentent les contenants d’une nouvelle pratique : la consommation de boissons chaudes d’origine exotique, le thé, le café et le chocolat. Ils dérivent des récipients utilisés par les sociétés inventrices de ces boissons, mais avec de notables modifications pour les adapter aux manières de tables européennes, dont l’anse, ce petit crochet qui permet de saisir une tasse à thé, à café ou à chocolat. La tasse ainsi appareillée est né lorsque l’Europe se convertissait à la consommation de boissons chaudes d’origine exotique. Thé, café, ou chocolat, issus des cultures tropicales, sont au début du siècle des produits encore rares, donc chers. Nourritures stimulantes, surtout que la pratique européenne les associe au sucre, voire au lait, à la différence de leurs sociétés d’origine…

 

Je saute sur l’occasion de la référence au sucre pour évoquer un objet-culte des cadeaux de mariage : la pince à sucre.

 

ancienne Pince à sucre argent – Luckyfind

 

Pour en savoir plus lire Cabinet des curiosités de l’histoire du monde : Un demi-cercle banal et original : l’anse de la tasse.

 

Cabinet de curiosités de l'histoire du Monde - Christian Grataloup

 

Et dans l’Histoire du sucre histoire du monde le chapitre : Thé ou café ? l’accord parfait

 

Histoire du sucre, histoire du monde – La porte de l'histoire

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 06:00

 

Jeudi je n’ai pas fait la queue pour acheter du PQ et des nouilles mais je suis allé chez mon libraire le plus proche boulevard Raspail pour y faire une moisson de livres dans la perspective de mon enfermement.

 

Mes libraires chéris m’ont indiqué que j’aurais la possibilité d’en commander d’autres par téléphone et que je pourrais les récupérer à l’adresse habituelle qui gardera ouvert un guichet.

 

En voilà une bonne idée.

 

Simplement la règle imbécile du kilomètre au-delà duquel on ne peut se déplacer prend tout son poids de stupidité.

 

Certes, certains de nos concitoyens sont du genre à contourner systématiquement les règles, le classique franchouillard « je me démerde » qui les voit passer au feu rouge, rouler comme des déments dans les rues à 30, ce qui incite nos décideurs à ne jouer que du bâton, mais ça ne devrait pas décourager les initiatives intelligentes.

 

Nos enfants qui sortiront pour aller à l’école avant de se retrouver confiner ont besoin de livres et de tout ce que nos librairies offrent pour eux.

 

 Une pétition pour que les librairies restent ouvertes pendant le confinement.

 

L'animateur de l'émission François Busnel, qui officie sur France 5 dans l'émission La Grande Librairie, a annoncé ce vendredi qu'une pétition serait prochainement mise en ligne pour que les librairies soient considérées comme des commerces "essentiels", et qu'elles puissent rester ouvertes pendant le confinement.

 

Je ne signe jamais de pétition car c’est pisser dans un violon, mais dans le cas d’espèce j’en appelle à un sursaut citoyen pour que l’exemple de mon libraire devienne la règle.

 

Les magasins Fnac et Darty ont indiqué qu'ils resteraient ouverts ce vendredi. Le groupe Fnac-Darty a indiqué qu'il entendait ainsi équiper les Français avec tout le matériel nécessaire au télétravail. Les enseignes ne sont pourtant pas considérées comme des "commerces essentiels" qui eux seuls peuvent ouvrir leurs portes pendant le confinement.

 

La FNAC vend des livres.

 

Leclerc, Monoprix and co vendent des livres

 

Et bien sûr le loup AMAZON.

 

Polémique avec les #librairies: la Fnac confirme fermer "l'ensemble des rayons culture" pour 15 jours (communiqué)

 

 

Donc comme on a obligé les librairies à fermer, on oblige aussi la

à ne pas vendre de livres... offrant ainsi un boulevard à Amazon! Eh ben.

 

Applaudissements

 

Applaudissements

 

Applaudissements

 

Applaudissements

 

Applaudissements

Le second confinement est aussi bien pensé que le premier on dirait. Merci

 
 
 
 
 
 
Fnac hier... Fnac ce matin... mais vous pouvez toujours acheter de quoi faire du scrap booking, des DVD ou des jeux vidéos... cohérence ?
 
 

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Les librairies ouvertes uniquement en "click and collect"  (bravo pour la langue française !)

 

Des librairies fermées... partiellement. Roselyne Bachelot a détaillé les mesures imposées au monde de la Culture dans le cadre du plan de reconfinement. La fermeture des librairies pour une durée de 15 jours à partir du vendredi 30 octobre.

Si les établissements ne pourront pas accueillir de public pendant cette période, ils pourront toutefois organiser des activités de “click and collect”. « Les librairies -comme les disquaires d’ailleurs- pourront organiser des activités de livraison et de retrait de commandes », a déclaré la ministre de la Culture au cours d’une conférence de presse.

 

Elle a par ailleurs ajouté que la possibilité d’une réouverture classique des librairies sera étudiée d’ici 15 jours » au regard de la situation sanitaire”.

 

C’est bien mais il semblerait que les bureaucrates vont exiger de nous que l’heure du passage au retrait soit précisée sur leur paperasse obligatoire.

 

Ça suffit, nous ne sommes pas des enfants et la maréchaussée a mieux à faire que de nous contrôler pour ce genre de stupidité.

 

Laissez-nous respirer, assumer le respect des règles !

 

Je note qu’à Paris le stationnement reste payant, y’a pas de petits profits en temps de Covid 19.

 

Nous avons certes besoin de manger mais aussi de lire c’est indispensable à notre survie en temps de crise.

Pour la princesse aux pieds nus

Pour la princesse aux pieds nus

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 06:00

 

BYRRH (Porte Puymorens 66 ) ICI

Les 2 Sèvres sont sortis de l’anonymat grâce à Ségolène ICI et son chabichou…

 

Chabichou du Poitou - AOP - fromage de chèvre d'Appellation d'Origine  Protégé | Fromage de chèvre, Fromage, Chèvre

 

La Vendée a failli se nommer les 2 Lays

 

« On n’avait pas de cours d’eau important, sauf le Lay (…). Mais le nom du département du Lay sonnait mal à l’oreille ; et comme il y a le grand et le petit Lay, le rapporteur proposa le nom de Département des Deux-Lays. C’était logique après l’appellation Deux-Sèvres. Deux députés de l’Ouest, Larevellière-Lepeaux et Alquier, bondirent furieux, injuriant le rapporteur, lui reprochant véhémentement de les ridiculiser par un affreux calembour.  Il faut savoir que les deux députés n’avaient physiquement que des rapports extrêmement lointains avec Apollon, fût-il du Belvédère. Et dans l’appellation des Deux-Lays (les deux laids), ils trouvaient une injure personnelle... On finit par où on aurait dû commencer : chercher un autre nom… »

 

Houellebecq, dans son roman « Sérotonine » a écrit : « Niort, l'une des villes les plus laides qu'il m'ait été donné de voir »

 

Niort la capitale des Mutuelles.

 

Parthenay longtemps le plus grand foirail à bestiaux de France où mon père se rendait pour mieux vendre ses bêtes.

 

Thouars le terminus de la Micheline La Mothe-Achard-Chantonnay où ma sœur était en pension.

 

Depuis bientôt deux cents ans, la Petite Eglise de Vendée se maintient en dissidence de l'Eglise catholique. Créée en 1801 dans le département des Deux-Sèvres, en réaction au Concordat signé par Napoléon avec le pape, elle compte aujourd'hui trois mille membres, et continue à observer le culte catholique tel qu'il était pratiqué avant 1789. Pour combien de temps encore ? ICI

 

Melle où le mouvement des Paysans-Travailleurs prit naissance après mai 68, j’y étais.

 

La Venise Verte.

 

Le Marais Poitevin : où est-ce ? – Venise Verte

 

Et puis vint Mathias Enard et son roman La confrérie annuelle des fossoyeurs, qui suit le parcours d'un jeune ethnologue, David Mazon, qui se rend dans la campagne niortaise pour observer son "terrain" de recherche et effectuer des entretiens qui nourriront son travail de thèse, dont le sujet est la vie à la campagne.

 

Le Banquet annuel de la Confrérie des fossoyeurs

 

À travers le parcours de ce scientifique en herbe découvrant son « Nouveau Monde », comme il l'appelle, plongée hors de sa zone de confort parisienne pour découvrir la ruralité contemporaine, ce sont toutes les formes de vies présentes et passées de cet univers rural que l'auteur saisit. En effet, non seulement a-t-on accès au journal de bord du personnage, qui se prend pour un Lévi-Strauss narrant ses aventures en terre indigène.

 

Les 300+ meilleures images de Publicité murale Ancienne en 2020 | publicité,  parement mural, peindre mur

 

Un échantillon : pages 107-108

 

Il était donc de bonne humeur en poussant la porte du bar, il salua Thomas ; Thomas répondit d’un air enjoué au salut du maire, lui serra la main par-dessus le comptoir et se retourna pour préparer l’apéritif anisé que Martial affectionnait et dont la présence dans ces contrées remontait aux années 1960, à en juger par les cendriers et les carafes en plastique jaunes et bleues que es représentants distribuaient alors avec largesse, tout comme ils arrosaient aussi largement les kermesses et les buvettes des équipes de football. Autrefois on buvait son propre vin, sa propre gnôle, sa propre épine, ou des boissons oubliées, dont les publicités peintes pâlissent encore parfois sur les murs des bourgades, Fernet-Branca, Dubonnet et Byrrh, cordiaux qu’aujourd’hui seules une nostalgie incurable ou une âme d’explorateur peuvent pousser à ingurgiter. Le maire ne crachait pas, de temps à autre, sur une gentiane, il lui arrivait même d’en verser une larme dans son pastis, ce qui donnait un cocktail paysan appelé, pour sa couleur étrange, « mazout agricole » par les connaisseurs, mais ces fantaisies étaient plutôt pour le soir ; il se limitait, avant le déjeuner et juste pour les jours de relâche, à une ou deux verres pour se mettre en appétit, et on l’entendait dire plaisamment qu’il était sobre comme un gendarme, ce qu’il ne dirait certainement pas ce matin-là, puisque les gendarmes étaient au comptoir : deux d’entre eux sirotaient un petit noir que Thomas avait rallongé discrètement de calva ; ils appréciaient ce geste depuis qu’un règlement tatillon leur interdisait de boire en public et en uniforme et les contraignait à prendre l’apéro au bureau, toujours entre soi. C’étaient deux représentants d’une espèce éteinte, leurs jeunes collègues étant sportifs, disciplinés et rigides là où ces anciens étaient bedonnants, feignants comme des couleuvres et amicalement corrompus : longtemps, ils s’étaient arsouillés uniquement avec les bouteilles de pastis et de whisky offertes en contrepartie de leur indulgence pour les peccadilles routières, de leur mansuétude quant aux délits de distillation clandestine ; pour le braconnage, ils fermaient gentiment les yeux contre la promesse qu’on n’y reviendrait plus et une partie du butin, car au fond, tous ces contrevenants étaient de braves gars, point des malfrats ou des métèques, et ne méritaient donc pas toute la rigueur de la loi. Les deux cognes n’étaient donc ni les plus vifs, ni les plus méchants des argousins ; ils n’étaient pas du coin originaires l’un des environs de Ruffec et l’autre de Thouars autant dire du bout du monde, mais il y avait si longtemps qu’ils officiaient dans les parages qu’on oubliait presque ce détail, car la plupart de leurs camarades et officiers venaient des quatre coins de la France : le chef de détachement de Coulonges par exemple, était un véritable gendarme de journal télévisé à l’accent chantant, originaire des Pyrénées-Orientales, fils de contrebandier : il avait donc toujours su qu’il entretiendrait une relation étroite avec la loi, tout en ignorant de quel côté.

 

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