Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 06:00

Feuillardier un métier disparu. - Contes et légendes de nos cantons

Le 19 janvier 2008 je pondais une chronique : Le feuillardier

 

big_maison_feuillardier2.jpg

 

Ce matin, zoom arrière, sur un métier oublié, celui de feuillardier. Dans mon souvenir d'enfant, la tige de châtaignier, fendue en deux, c'était la coche de pain comptabilisant, dans le cadre de l'échange blé-farine-pain, le nombre de pains fournis. Nulle contestation possible puisque, la coche, l'entaille, se faisait en réunissant les 2 lattes fendues, celle du boulanger (suspendue dans l'arrière-boutique, portant le nom du bénéficiaire) et celle du paysan qui la présentait à chaque achat...

 

Le feuillard, donc, est une tige de châtaignier provenant d'une pousse, d'un rejet de sept ou huit ans, coupée en hiver en période hors sève puis fendue en deux. L'un de deux côtés conserve l'écorce et l'autre lissé à la plane.

 

L'artisan qui travaille le feuillard, pour en faire des piquets de clôture et de vigne, de lattes pour faire des casiers à homards ou à crabes, d'échalas et surtout des cercles pour tonneau, est le feuillardier.

 

Ce métier dont l'origine remonterait au XVIe siècle - le terme de feuillardier n'apparaissant que vers 1850 - a vu son apogée au début du XXe siècle : en 1907 on dénombrait 2500 feuillardiers surtout situés dans le Limousin, région où le châtaignier est l'arbre le plus répandu et où la proximité des vignobles de Bordeaux et de Cognac, très demandeurs de piquets pour les vignes et de cercles pour les tonneaux, favorise cet artisanat qui exporte aussi en Espagne et en Angleterre.

 

La suite ICI

 

Dans la famille d’Estelle, on est feuillardier depuis quatre générations. Décennie après décennie, ils fabriquent des lattes en châtaignier pour encercler les tonneaux… Il faut dire qu’en Dordogne le climat favorise la pousse de ces arbres. Entre amour, passion et transmission, voici un beau portrait !

 

 

Les Feuillardiers du Périgord-Limousin - Esprit de Pays ... ICI

 

Les Feuillardiers du Périgord-Limousin - Esprit de Pays Dordogne ...

Partager cet article

Repost0
11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 06:00

 

De mon temps, comme aimait à le dire mon pépé Louis qui déplorait la mise au rebut de ses bœufs blancs tachés de roux au profit des foutus tracteurs – écologiste avant l’heure – l’INRAE n’avait pas de E.

 

 

C’était l’INRA de Raymond Février le socialiste qui propulsa le sémillant, et alors gauchiste, il appela à voter Coluche, Henri Nallet à l’Elysée pour conseiller le Tonton de 81 sur les questions agricoles. Il y fut surnommé le sphinx, ses silences lui permettant de ne pas se mêler des débats éternels des socialistes sur les réformes promises dans les 110 propositions : offices fonciers, pluralité syndicale…

 

 

Puis ce fut l’INRA de Jacques Poly avec son accent rocailleux qu’aimait tant Michel Rocard « Et puis, j’ai eu des relations amicales. Je me suis trouvé lié d’une amitié qui existe toujours, avec le très puissant directeur général de l’INRA, Jacques Poly, en retraite aujourd’hui et dont la complicité, par des entretiens officieux, m’aida beaucoup. Ajoutons que l’INRA réfléchit non seulement sur les techniques du monde agricole, mais aussi sur sa macroéconomie. Tout cela était très précieux. J’ai donc été un ministre puissant, encombrant, jalousé. »

 

 

Et puis il y eut l’INRA de Guy Paillotin, un drôle d’oiseau :

 

 

« Polytechnicien, ancien élève de Mines Paris-Tech, ingénieur au corps des mines et docteur en sciences physiques de Paris XI-Orsay (1974).

 

Guy Paillotin a commencé sa carrière au CEA comme chercheur en biophysique (1966-1975), puis devient chef du service de biophysique au CEA (1975-1981).

 

Il passe au ministère de la recherche et de la technologie (1982-1983) où il organise sous la direction de Maurice Allègre un secrétariat général des programmes mobilisateurs.

 

De retour au CEA, il y est adjoint au chef du département biologie (1983-1984).

 

Il est alors nommé directeur général adjoint de l'INRA (1984-1989).

 

De 1991 à 1999, il préside l'INRA. Il préside en outre le CIRAD de 1992 à 1999. ICI 

 

marion guillou

 

Et puis il y eut une femme Marion Guillou-Charpin  ancienne élève de l'école Polytechnique, docteur en physico-chimie, Marion Guillou est ingénieure générale du génie rural des eaux et des forêts.

 

Après avoir exercé les fonctions de directrice générale puis de présidente-directrice générale de l'INRA, Marion Guillou travaille désormais au niveau international en matière de recherche agronomique et d'expertise sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Au sein d'Agreenium, elle s'efforce de faire coopérer enseignement supérieur et recherche agronomique et vétérinaire sur des projets nationaux et internationaux. Sa publication la plus récente est le Rapport sur sécurité des aliments, publié en juin 2014.

 

Je m’arrête là  dans cette énumération… Après une longue période d’entre soi nos chercheurs et leur direction semblent commencer à se préoccuper de la demande de recherche émanant de ceux font l’agriculture, l’élevage, la viticulture, même celles et ceux qui ne suivent pas les routes ordinaires.

 

Depuis le 1er janvier 2020, l'INRA et l'IRSTEA ont fusionné pour devenir INRAE

 

Fusion de l’Inra et l’Irstea : Inrae devient le premier organisme de recherche spécialisé au monde en alimentation, agriculture et environnement

 

INRAE, l’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, est né le 1er janvier 2020 de la fusion de l’Inra et d’Irstea. INRAE devient par sa taille et l’étendue de ses domaines de recherche le premier organisme de recherche spécialisé au monde en agriculture, alimentation et environnement.

 

De nouvelles attentes vis-à-vis de la recherche

 

L’humanité et la planète font face à un changement global qui crée de nouvelles attentes vis-à-vis de la recherche : atténuation et adaptation au changement climatique, sécurité alimentaire et nutritionnelle, transition des agricultures, préservation des ressources naturelles, restauration de la biodiversité, anticipation et gestion des risques… C’est dans l’objectif de mieux appréhender ces défis et de construire une recherche d’excellence au service de la production de connaissances, de l’enseignement, de l’innovation, en appui aux politiques publiques, que l’Inra – institut national de la recherche agronomique et Irstea – institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, ont fusionné le 1er janvier pour laisser place à l’Institut national de recherche pour l’agriculture l’alimentation et l’environnement (INRAE).

 

INRAE s’engage à construire de nouvelles solutions

 

Aboutissement d’un processus de fusion engagé en février 2018, la création de ce nouvel Etablissement Public à Caractère Scientifique et Technologique est le résultat d’une forte collaboration avec les différentes communautés de travail des deux instituts pendant près de deux ans.

 

«A un moment où il est plus que jamais indispensable d’accélérer les transitions pour transformer durablement l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, INRAE s’engage à construire de nouvelles solutions par la recherche, l’innovation et l’appui aux politiques publiques, au plus près des attentes de la société et avec elle» a déclaré Philippe Mauguin, Président Directeur Général d’INRAE.

 

Fort d’une communauté de 12 000 personnes et dotée de plus d’un milliard d’euros, INRAE est composé d’un peu plus de 200 unités de recherche et une quarantaine d’unités expérimentales au sein de 14 départements scientifiques et implantées dans 18 centres de recherche sur toute la France, dispositif complété par un siège bi-implanté à Paris et Antony (92). Mêlant recherche fondamentale et finalisée, tourné vers ses partenaires académiques, socio-économiques et vers les acteurs publics territoriaux, INRAE est le 1er EPST à se doter d’une Direction Générale Déléguée à l’Expertise et à l’Appui aux Politiques publiques.

 

Présent au sein de 33 sites universitaires en France, l’institut participe au dynamisme de l’écosystème de recherche et d’enseignement supérieur national, en contribuant aux politiques de site et aux Alliances de recherche. Son réseau international lui permet de collaborer avec les meilleures équipes en Europe et dans le monde.

 

▷ Le Phylloxéra de la Vigne. Symptômes et Dégâts. Traitement

 

Phylloxéra : la génomique éclaire l’histoire de l’invasion du vignoble français et révèle une nouvelle famille de gènes

 

COMMUNIQUE DE PRESSE - Le phylloxéra de la vigne, insecte cousin des pucerons, a dévasté le vignoble français au 19ème siècle suite à une introduction accidentelle. Le risque grave qu'il représentait est aujourd’hui maîtrisé grâce à des porte-greffes tolérants, mais l’insecte est toujours présent et peu connu. Les chercheurs d’INRAE ont coordonné un consortium international pour le séquençage et l’annotation du génome du phylloxéra. Les résultats sont publiés le 23 juillet 2020 dans BMC Biology. Ils révèlent que l’origine de l’invasion se situe en Amérique du Nord, probablement le long du cours supérieur du Mississipi. Les analyses génomiques démontrent aussi l’existence de la plus grande famille de gènes jamais identifiée dans un génome à ce jour, probablement impliquée dans l’interaction entre l’insecte et sa plante hôte. Ces connaissances nouvelles ouvrent des perspectives scientifiques pour l’amélioration de la viticulture, et plus largement sur les risques liés à l’introduction d’espèces exotiques sur un territoire.

 

Publié le 23 juillet 2020 ICI 

 

 

Partager cet article

Repost0
10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 06:00

Crédit photographique : © Philippe Migeat - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP
© Man Ray Trust / Adagp, Paris

Mon titre vous a sans doute « enduit » en erreur, le bar dont il est question c’est le poisson et non le lieu de perdition où les aventuriers se racontent face à leur verre de whisky.

 

Qui est donc Alice Toklas

 

Alice B. Toklas, témoin parisien de la " génération perdue "

 

ALICE B. TOKLAS, dont " le Monde " a annoncé la mort le 9 mars 1967, aura survécu vingt et un ans à Gertrude Stein, dont elle partagea l'existence pendant près de quarante ans : de 1970, date de son arrivée à Paris, à 1940, date de la mort de Gertrude Stein.

 

Celle-ci a raconté, dans l'Autobiographie d'Alice B. Toklas (écrite en 1933), ce que furent ces années parisiennes, et a bien montré quel rôle était réservé à sa compagne : « J'ai toujours aimé les travaux d'aiguille et le jardinage », lui fait-elle dire à la première page, et, à la dernière : « Je suis assez bonne maîtresse de maison, assez bonne secrétaire. »

 

Dans l'ombre, soumise et fidèle, la maîtresse-de-maison-secrétaire réglait les problèmes matériels, les " relations publiques ", disait parfois non (aux importuns, aux fournisseurs) pour permettre à Gertrude Stein de dire toujours oui, pour permettre au génie de produire son œuvre.

 

En juin 1965, le Centre culturel américain organisa, rue du Dragon, un hommage à Gertrude Stein. Alice Toklas, malade, ne s'y rendit pas. W.G. Rogers, journaliste américain, ami de longue date de Gertrude Stein (il a écrit un livre de souvenirs : When this you see remember me), était venu à Paris à l'occasion de l'hommage. Resté affectueusement fidèle à Alice Toklas, il lui rendit visite quelques jours plus tard. Marie-Claire Pasquier, qui prépare un travail sur Gertrude Stein, l'accompagnait. Elle rapporte ici l'entretien et esquisse le portrait, en vieille dame, de cette ombre fidèle mais nullement effacée.

 

Par MARIE-CLAIRE PASQUIER. Publié le 22 mars 1967 ICI

 

Alice B. TOKLAS : Quand la recette de cuisine se fait littérature ...

 

En 1954, Alice Toklas publie un livre mêlant souvenirs et recettes sous le titre The Alice B. Toklas Cookbook. La recette la plus connue (qui lui a été soufflée par son ami l'écrivain Brion Gysin) s'appelle haschisch fudge, un mélange de fruits secs, d'épices et de « canibus sativa » [sic], d'où l'appellation de certaines préparations à base de cannabis et de chocolat : Alice B. Toklas brownies. Un second livre de cuisine paraît en 1958 : Aromas and Flavors of Past and Present. Elle écrit par ailleurs différents articles dans The New Republic et The New Yorker.

 

 

EXTRAIT : Du bar pour Picasso

 

Un jour que Picasso déjeunait avec nous, je  décorai un poisson d’une manière qui, je le pensais, l’amuserait. Je choisis un beau bar rayé et le fis cuire selon une théorie de ma grand-mère qui n’avait aucune expérience culinaire et mettait rarement les pieds  dans la cuisine mais qui avait des théories sans fin sur la cuisine, comme sur bien d’autres choses d’ailleurs. Elle prétendait qu’u poisson qui avait passé toute sa vie dans l’eau ne devait plus, une fois pris, avoir de contact avec l’élément dans lequel il était né et avait grandi. Elle recommandait de la griller ou de le pocher dans du vin, de la  crème ou du beurre.

 

C’est ainsi que je fis un court-bouillon de vin blanc avec des grains de poivre, du sel, une feuille de laurier, un brin de thym, un peu de macis, un oignon piqué d’un clou de girofle, une carotte, un poireau et un bouquet de fines herbes. Tout cela fut cuit doucement dans la casserole à poisson pendant une heure, puis mis à refroidir. Ensuite le poisson fut placé sur la grille et la casserole couverte. Le court-bouillon fut lentement porté à ébullition et le poisson poché pendant 20 minutes. Puis il fut laissé à refroidir dans le court-bouillon. Il fut ensuite soigneusement égoutté, séché et disposé sur le plat à poisson. Peu de temps avant de le servir, je le couvris d’une mayonnaise ordinaire et le décorai à la douille avec une mayonnaise rouge, colorée non pas au ketchup – horreur suprême ! – mais au concentré de tomates. Ensuite, je fis un dessin avec des œufs durs passés au tamis, blancs et jaunes séparés, des truffes et des fines herbes hachées.

 

J’étais fière de mon chef-d’œuvre quand il fut servi et Picasso s’exclama devant sa beauté. « Mais, dit-il, il aurait dû être plutôt en l’honneur de Matisse, auquel il aurait mieux convenu que moi.

gs Carl Mydans, Liberation of Gertrude Stein. Author Gertrude Stein (R) walking with Alice B. Toklas (L) and their dog. Septembre 1944, Culoz (Ain).

LA FEMME À LA FRANGE, ALICE B.TOKLAS ICI 

 

Voici comment Gertrude Stein, faisant parler Picasso, décrit sa compagne Alice Toklas dans son livre «Autobiographie d'Alice B. Toklas: «La miss Toklas, celle qui a des petits pieds comme une espagnole et des boucles d'oreilles de bohémiennes et dont le père est roi en Pologne comme les Poniatowski...».


Alice Babette Toklas était de San Franscisco comme les Stein et son père était effectivement d'origine polonaise. Elle était restée auprès avec son père et son jeune frère au décès de sa mère en 1897 et ils s'étaient tous installés chez son grand-père maternel, veuf lui aussi. Elle s'occupait de tenir la maison sans réel plaisir et dans l'indifférence familiale générale. Aussi, quand, après le grand tremblement de terre de San Franscisco en 1906, sa cousine Annette Rosenshine part avec Sarah et Michael Stein à Paris, Alice se décide pour l'aventure parisienne avec en poche suffisamment d'argent pour tenir un an. Elle part en compagnie d'Harriet Levy son amie et voisine de San Francisco qui avait étudié avec Sarah Stein au Mark Hopskins Institute of Art.

 

Partager cet article

Repost0
9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 08:00

 

J'ai passé en 1999, pour une mission de sauvetage du Cognac, des mois à sillonner la Charente profonde, bien sûr je suis allé à Jarnac où le papa de François exerçait la profession de vinaigrier. Déjà bien avant, lorsque Tonton résidait au château 1985, je fus expédié, sur son ordre, à Cognac, rencontrer les chefs de famille dans un petit château appartenant à René Firino Martell, afin de dénouer une autre crise : les futs débordaient et ces messieurs souhaitaient « épandre du Cognac à l’égout » (sic). Les dirigeants du Modef, d’obédience communiste, arrivèrent dans une Mercédès noire, ambiance feutrée, surannée, un entre-soi fait de vieilles rancœurs, de rancunes recuites,les maîtres et les valets…

 

Même si je n’ai jamais eu beaucoup d’empathie pour l’homme politique Mitterrand je me suis toujours attaché à chercher à comprendre les ressorts profonds de sa personnalité complexe. Dans le domaine littéraire, pour son écriture, comme pour ses lectures, il était d’un classicisme qui  n’est guère ma tasse de thé.

 

Ainsi, son amour pour Jacques Chardonne, dont les livres me tombent  des mains.

 

 

19 octobre 2005

Les destinées sentimentales

 

Regardant son tailleur de serge dans la glace de l'armoire, un matin Pauline eut envie de robes légères. Elle mit un canotier de paille blanche, une voilette de dentelle à grands dessins opaques et prit son ombrelle foncée à long manche. Elle voulait voir madame Corbeau, la couturière et s'arrêta au bureau pour demander de l'argent.

 

Elle sortit par l'écurie après avoir frôlé d'un petit coup des doigts les naseaux de son cheval et le cou soyeux, puis elle suivit les quais.

 

Les caisses de sapin rosé s'entassent au bord de la Charente, des barriques neuves roulent sur les rails de bois vers une gabare, et les laveuses agenouillées parmi les roseaux battent le linge; la rivière brille dans la lumière, glisse et se perd entre les prairies sous un ciel bleu, traversé de petits nuages effilés et ambrés qui portent encore des reflets de la côte marine. Devant une rangée d'ormes, les maisons d'un gris délicat, en pierres grenues, simples, solides, sans mystère, des persiennes blanches, un balcon en fer en corbeille, ont toutes leurs fenêtres ouvertes au soleil.

 

Pour s'abriter du sol étincelant, Pauline traversa le quartier des chais, par des ruelles ombreuses, entre des murs noirs, percés de larges portes basses, toujours ouvertes, qui lui soufflaient au visage une fraîcheur de cave. Les coups de marteau des tonneliers retentissaient sur les barriques sonores; on respirait une odeur vineuse, chaude, subtile

 

Les 29 et 30 octobre 2018, la maison de vente Piasa proposait à Paris une partie de la pléthorique bibliothèque de l'ancien président de la République. Littérature sentimentale, témoignages politiques, mais aussi fidélité à l'extrême droite littéraire de sa jeunesse.

 

Par Judith Benhamou-Huet

Publié le 12 oct. 2018

 

« Je vous admire cher François Mitterrand qui êtes porteur d'une si grande espérance, homme des tempêtes à votre tour comme l'écrira un jour l'Histoire, qui vous reconnaîtra parmi les siens.» En octobre 1977 Albert Cohen, l'auteur de « Belle du seigneur » écrit à celui qui deviendra quelques années plus tard président de la République française, pour le remercier d'avoir soutenu sa candidature au prix Nobel de littérature.

 

Il s'agit seulement d'une partie de sa bibliothèque, composée d'ouvrages et de quelques manuscrits du XXe siècle. On peut penser qu'une autre partie a été reçue en héritage par sa fille Mazarine. En 1990 il avait aussi offert à la médiathèque de Nevers 20.000 ouvrages. Dans sa résidence secondaire des Landes à Latché, il possédait un petit pavillon-bibliothèque d'environ 1.500 livres parfaitement classés et répertoriés par les bons soins de son épouse - elle reliait aussi avec talent certains ouvrages -, tout comme dans sa résidence privée parisienne de la rue de Bièvre. L'expert de la vente, Jean-Baptiste de Proyart, observe : «L'ensemble raconte un goût pour le roman très classique ainsi que des anecdotes de sa vie politique.»

 

Les libraires de la place parisienne se souviennent encore de l'assiduité de François Mitterrand en la matière : « C'était non seulement un vrai lecteur qui aimait les textes, mais encore un véritable bibliophile qui cherchait des ouvrages en édition originale sur grand papier (1) avec des reliures de qualité, si possible accompagnés d'un envoi (2). Généralement, il en savait plus que nous sur le sujet», se souvient Benoît Fargeot, libraire à Saint-Germain-des-Prés.

 

Laurent Coulet, installé boulevard Haussmann, recevait couramment la visite de François Mitterrand du temps de sa présidence : « C'était un client particulièrement charmant. Il profitait quelquefois de ce moment pour semer les gardes du corps et partir se promener. Généralement, ses visites se faisaient en compagnie de quelqu'un comme Anne Lauvergeon, Jacques Attali ou René-Patrice Pelat. Il ne restait pas plus de dix minutes. Il savait parfaitement ce qu'il voulait. Il aimait les grands écrivains du XXe siècle, comme Jacques Chardonne »

 

Collaborateurs notoires

 

Justement, Jacques Chardonne, grand romancier, est aussi connu comme un collaborateur notoire. Pourtant, la vente ne contient pas moins de 27 lots consacrés au « romancier préféré » de François Mitterrand. Les trois parties des « Destinées sentimentales », éditées entre 1934 et 1936, sont estimées 800 euros. Comme chacun des livres de sa bibliothèque, ces ouvrages sont accompagnés d'une note manuscrite à l'encre bleue, un papier volant de François Mitterrand qui indique l'auteur, le titre, le prix, la date et le lieu d'achat.

 

La vente contient, encore dans l'esprit des écrivains connus pour leurs actes de collaboration, des ouvrages de Pierre Drieu la Rochelle, Lucien Rebatet ou Robert Brasillach.

Jacques Chardonne et son épouse, Camille Belguise, en 1930.

J

Jacques Chardonne et son épouse, Camille Belguise, en 1930.

Photo : Laure Albin Guillot / Roger-Viollet

 

Trois raisons de relire (malgré tout)... Jacques Chardonne ICI

Hubert Prolongeau

Publié le 01/12/18 mis à jour le 15/07/20

 

Déshonoré par son attitude pendant l'Occupation, l’écrivain, mort il y a tout juste cinquante ans, n'en reste pas moins l'un des plus fins analystes du couple qui soit.

 

Partager cet article

Repost0
9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 06:00

La gare de Bologne en Italie, dévastée par un attentat terroriste opéré par l’extrême droite, le 2 août 2020.

« Bologne n'oublie pas ».

 

Quarante ans après, la ville italienne a commémoré ce dimanche l'attentat de la gare de Bologne, qui avait fait 85 morts et 200 blessés le 2 août 1980.

 

Toute la classe politique italienne, dont le président Sergio Matarella, les familles de victimes, et beaucoup d'anonymes se sont rassemblés autour d'une cérémonie humble et solennelle.

 

L'attentat de la gare de Bologne, fait noir de la fin des "Années de plomb" en Italie, est le pire acte terroriste de l'après-guerre en Italie.

 

Bologne, le 2 août 1980, une partie de la gare centrale  est soufflée par une explosion. Bilan : 85 morts. C’est l’attentat le plus meurtrier des années de plomb.

 

ROME (AFP) 02.08.2020 ICI 

 

L'Italie a marqué dimanche le 40e anniversaire de l'attentat de Bologne (nord-est), qui avait fait 85 morts, en réclamant « vérité et justice » sur cet événement dont les commanditaires restent inconnus, selon de nombreux Italiens.

 

Le 2 août 1980, une bombe explosait dans la salle d'attente de la gare de Bologne, faisant 85 morts et plus de 200 blessés, soit l'attentat le plus sanglant des années de plomb en Italie.

 

« Nous avons besoin de vérité. Sans vérité le pays n'a pas d'avenir. Chercher la vérité signifie chercher la justice », a déclaré sur place Elisabetta Casellati, présidente du Sénat.

 

« Nous sommes aux côtés des familles, de ceux qui croient en l'Etat, des magistrats œuvrant à détruire le voile qui nous sépare de la vérité », a écrit sur Twitter le chef du gouvernement Giuseppe Conte.

 

Deux personnes appartenant au groupe d'extrême droite italien NAR (Noyaux armés révolutionnaires) ont été condamnées à la réclusion à perpétuité pour cet attentat, et une troisième, mineure à l'époque des faits, à 30 ans de réclusion.

 

Plusieurs autres, dont des membres des services de renseignement militaire italien, ont été condamnés en revanche à des peines plus légères, de sept à 10 ans de prison, pour entrave à la justice.

 

Les familles des victimes et de nombreux Italiens pensent que les trois terroristes d'extrême-droite condamnés pour ce carnage ne sont que des exécutants et que les vrais commanditaires restent inconnus et impunis.

 

Selon Paolo Bolognesi, président de l'association des victimes de l'attentat de Bologne, les derniers résultat de l'enquête « confirment que ce vil attentat fut une bombe +noire+, pensée par les responsables de la P2, exécutée par la main-d’œuvre fasciste des NAR et protégée par les hommes de la P2 appartenant aux services secrets ».

 

« L'objectif était de frapper Bologne la rouge », a-t-il assuré, cité par l'agence Ansa.

 

La loge maçonnique P2 (Propaganda Due) était présidée par le tristement célèbre Licio Gelli, décédé en décembre 2015 à l'âge de 96 ans.

 

La liste des membres de la P2 comprenait 962 noms appartenant à la politique, à la magistrature, aux milieux financiers ou militaires.

 

La loge P2 et le nom de Gelli apparaîtront peu ou prou dans tous les scandales des 30 dernières années: du krach de la banque Banco Ambrosiano, dont le président Roberto Calvi fut retrouvé pendu sous un pont de Londres en 1982, à l'existence d'une structure paramilitaire secrète anticommuniste, Gladio.

 

Attentat de Bologne en 1980: l'Italie attend encore la vérité ...

 

24 septembre 2017

Le 2 Août 1980 dans la salle d’attente des 2e classe de la gare de Bologne l’un des attentats les plus sanglants du XXème siècle : 85 morts et 207 blessés.

 

Nous avons la mémoire courte, l’attaque de la gare de Bologne faisait suite à une série d’événements visant à la déstabilisation du pouvoir de la démocratie italienne, stratégie de la tension (attentat de la Piazza Fontana en 1969, enlèvement et assassinat du Président du Conseil Aldo Moro en 1978) mais le massacre de Bologne est le point d’orgue de l’horreur car des civils innocents payèrent de leur vie pour des desseins politiques.

 

En ce 2 Août 1980, le ciel est au beau fixe, une atmosphère de vacances flotte à la gare de Bologne, plaque tournante du trafic ferroviaire pour les villégiatures sur la Riviera Adriatique. En effet, les vacances débutent dans la péninsule Italienne. Dans ce climat d’insouciance, personne ne se doute qu’un drame terrible va se dérouler. Dans la salle d’attente des 2e classe, une valise contenant un engin explosif composé de TNT, de T4 et de Compound B est placé sous une banquette sans que personne ne s’en aperçoive.

 

À 10h25, une violente déflagration secoue le bâtiment et détruit pratiquement tout l’édifice, le toit s’est effondré, et le train Ancona-Chiasso-Bâle qui attendait à quai est soufflé et partiellement détruit à cause de l’onde de choc.

 

En un instant, tout bascule dans le sordide, les survivants et les blessés plus ou moins graves, victimes d’éclats de verre et autres s’extraient tant bien que mal des décombres fumantes, la panique s’installe et un silence de plomb recouvre la station de Bologne.

 

La suite ICI 

 

La chapelle ardente mise en place peu de temps après l'attentat. - UPI / AFP

Partager cet article

Repost0
8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 06:00

L'Antésite, la meilleure façon de boire de l'eau !

La fameuse citation de Pasteur « Le vin est le breuvage le plus sain et le plus hygiénique qui soit.» est tout d’abord inexacte, Pasteur a en effet très exactement écrit : « le vin peut-être à bon droit considéré comme la plus saine, la plus hygiénique des boissons ».

 

Études sur le vin : ses maladies, causes qui les provoquent ...

 

« Études sur le vin, ses maladies, causes qui les provoquent, procédés nouveaux pour le conserver et pour le vieillir »

 

À l’époque l’eau était souvent non potable, contenant des micro-organismes pathogènes il était donc plus hygiénique de boire du vin.

 

Au Bourg-Pailler, nous n’avions pas l’eau courante au robinet (l’adduction d’eau se fit lentement dans les campagnes tout comme le tout à l’égout). L’eau venait d’un petit puits au milieu du jardin, on la puisait avec un seau à l’aide d’un système à poulie. Elle n’était pas potable alors mon père décida  de faire creuser un nouveau puits. Il fit venir un sourcier qui, avec une baguette en forme d’Y arpenta le jardin où il trouva la présence d’une source à une dizaine de mètres de profondeur. Mon frère Alain et un ouvrier spécialisé creusèrent à la pioche un puits de large circonférence. De temps à autre ils posaient une mine pour vaincre la roche, ça me donnait des frissons. La terre était argileuse donc collante et lorsque la nappe emplie le fond du puits l’eau était jaunâtre ; je me disais on ne va tout de même pas boire ça. Les travaux de creusement terminés ils installèrent sur une plate-forme au ras du niveau d’eau une pompe électrique pour puiser l’eau. Enfin, ils construisirent une margelle autour de la gueule du puits. Nous eûmes donc de l’eau au robinet dans la souillarde, lieu de la vaisselle, et dans la cour pour que les hommes puissent se laver les mains en rentrant des travaux des champs ou de mécanique (ils utilisaient du Briochin ICI  

 

L’eau du nouveau puits était potable mais ferrugineuse donc d’un goût assez dur.

 

Pour l’adoucir deux méthodes :

 

 

  • L’adjonction des fameux « Lithinés du Dr Gustin » achetés à la pharmacie Denis, des petits sachets que l’on versait dans l’eau d’une bouteille à système et qui la rendait légèrement pétillante et salée. ICI 

 

  • L’adjonction d’antésite
  •  

 

 

« L’Antésite, tu connais ? »

 

Un flot de souvenirs d’enfance resurgit : la colo, les vacances d’été chez la tante de l’île de Ré, la gourde que l’on emportait lors des randonnées en famille…

 

Un, deux, trois, quatre…

 

Il fallait compter dix gouttes par verre – des gouttes qui tombaient lentement dans l’eau gazeuse ou la limonade, la citronnade en formant de gracieuses volutes brunes.

 

Oui, bien sûr ! L’Antésite est LA boisson de l’instant T. Sans alcool, sans sucre ni colorant, elle est rafraîchissante en tapissant la bouche d’un arôme naturel de réglisse.

 

Antésite | Publicité alimentaire, Jus de fruit et Boisson

 

Origine et composition de l’antésite

 

Cette panacée est née à Voiron, en Isère, dans l’officine d’un apothicaire nommé Noël Perrot-Berton. Celui-ci discutait un jour avec un ami, cadre dans les chemins de fer, qui le mit au défi de trouver une boisson désaltérante qui pourrait se substituer à l’alcool et aux boissons alcoolisées, abusivement consommé par les cheminots de l’époque.

 

Je suis toujours antésite car il est difficile de trouver des lithinés en pharmacie.

 

Boisson d’enfance puisqu’il est dit qu’en vieillissant on retourne en enfance.

 

Attentif à tout ce qui se publie je tombe sur un reportage de France bleu :

 

Concentré de réglisse sans sucres à diluer ANTESITE : le flacon de ...

 

Antésite, la nouvelle boisson écolo, made in Dauphiné

 

Fin 2019, Stéphane Lacourt et deux autres associés ont pris des parts dans la société Antésite, basée à Voiron (Isère). Le nouveau directeur général  a bien l'intention de développer la marque et de la faire découvrir ou redécouvrir aux consommateurs.

 

Antésite, une diversification qui porte ses fruits | Présences ...

 

  • Comment avez-vous passé la crise du Covid-19 à Antésite ?

 

Pour nous, cela a été une situation mouvementée mais de façon positive. On a dû transformer notre outil industriel pour fabriquer de la solution hydro-alcoolique. Nous avons travaillé encore plus qu'avant tout en maintenant une ligne pour nos produits classiques puisque là, l'évolution est très positive sur nos Antésite et nos et sirops.

 

  • C'est la première fois que l'entreprise qui a 122 ans ouvre son capital à trois investisseurs, dont vous.  Quel est votre objectif ?

 

L'objectif, c'est de réveiller "la belle endormie" !

 

Qu'entend-on par là ?

 

c'est qu'Antésite est un ultra concentré, créée en 1898 par un pharmacien.  C'est la première boisson saine qui malheureusement était tombée en désuétude, à cause des changements d'habitudes de consommation. Et pourtant, elle a plusieurs vertus. Elle utilise les bienfaits de la réglisse, qui donne un pouvoir sucrant naturel sans sucre et sans calorie. Cela permet par le process de l'ultra-concentré qu'une petite bouteille de 13 centilitres vous donne 225 verres. Donc, c'est à la fois économique et écologique, avec le verre.

 

- Alors, vous voulez lui donner un coup de jeune. Comment allez-vous vous y prendre ?

 

D'abord, c'était rendre le produit accessible. Donc, on a nous amené une quinzaine de commerciaux, pour pouvoir faire le travail sur le terrain, et remettre le produit visible dans les rayons des magasins.  Le deuxième point, c'est d'avoir aussi une diversification vers les nouvelles tendances de consommation. Donc, on a sorti une gamme Antésite bio, qui, elle, ne contient pas de réglisse car certaines personnes n'aiment pas la réglisse. Mais elle garde les mêmes vertus, c'est-à-dire très concentrée, à base de fruits, d'hibiscus où de thé. Pour le moment, tous les indicateurs sont au vert. On fait une croissance de plus de 60% à périmètre équivalent. Le projet final est de construire une nouvelle usine sur Centralp, et on remercie pour cela le Pays Voironais de nous avoir permis de réaliser cela. D'ici 2 ans, on aura un nouvel outil, totalement modernisé, et avec des capacités de production encore plus importantes pour réaliser le développement qu'on a prévu

Voir les commentaires

Partager cet article

Repost0
7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 06:00

Dessin de Jacques Touchet en illustration du poème dans le recueil La négresse blonde, 1945 ICI 

J’ai peine à imaginer ce qu’aurait écrit Vialatte dans sa chronique pour La Montagne, sans aurait-il dépassé le côté anecdotique pour souligner l’originalité et la saine conception de notre  retour en terre de René Armentier.

 

Vialatte allait aussi aux enterrements. D'abord, celui de Roger Nimier, dont lui restait un petit lancier en plomb - «la lance est brisée, le cheval galope». Ensuite, celui de son cher Jean Paulhan, qui tenta de le faire libérer quand il était prisonnier des Allemands, publia son premier roman chez Gallimard, et y accueillit toutes ses traductions de Kafka. Paulhan, avec lequel il jouait aux boules le dimanche et mangeait de l'estomac de requin dans un resto chinois du Panthéon. Paulhan, le patron, qui lui avoua, un jour où il corrigeait des épreuves :

 

« J'ajoute quelques fautes d'impression. Pour la vraisemblance

 

En effet, « Pour lui (René Armentier), les obsèques étaient une opération mercantile et il voulait consacrer son argent à ce qui l’intéressait, raconte Martine Glorieux sa fille unique. Il aurait voulu un cercueil en sapin basique qui n’existe pas et ne voulait pas de capitonnage. Lorsque je lui ai dit qu’il faudrait peut-être bien mettre quelque chose, il m’a dit : « eh bien, il n’y a qu’à mettre mon journal ! » Je n’étais pas certaine que ce soit possible, mais les pompes funèbres Ducron m’ont assurée que si, à la grande satisfaction de mon père »

.

Mon père a toujours été abonné à La Montagne, dimanche et jours fériés compris. Il lisait son journal de A à Z.

 

« D’abord les avis d’obsèques, pour voir s’il y avait des célébrités comme il disait, c’est-à-dire des gens qu’il connaissait. Il poursuivait par le sport, le foot surtout car je crois qu’il y avait joué étant jeune. Et puis la politique nationale et surtout régionale : aux dernières municipales, il m’avait demandé de lui donner le nom de tous les maires des communes qu’il connaissait. Il finissait par le programme télé pour les info, les documentaires et le foot ».

 

L’article Un Puydômois emporte le journal "La Montagne" dans sa dernière demeure ICI 

 

 

Partager cet article

Repost0
6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 06:00

Investiture: le look de Michelle Obama décrypté

Dans une des toutes premières chroniques de ce blog, le 26 septembre 2005, titrée Le beau linge, j’avouais :

 

J’aime le beau linge, les belles étoffes, c'est la trace de ma mère dans mon élevage de petit vendéen : elle était couturière et j'ai passé ma tendre enfance au milieu du fil à faufiler et des coupons d'organdi ou de crêpe georgette...

 

Comme vous pouvez le constater, sur mon espace de liberté, le vin n’était déjà pas ma seule préoccupation et pendant les congés je me permettais de chroniquer sur le panty ou la mini-jupe.

 

10 juillet 2007

Qui se souvient du panty ?

 

« À bas les jarretelles ! » proclamait une publicité de l'époque. Avec la généralisation du jean unisexe moulant le bassin, puis l'irruption de la minijupe, finies les fanfreluches, les dessous qui volettent, ondoient, le corps se caparaçonne à nouveau. ICI 

 

20 juillet 2007

Mini, mini, tout est mini dans notre vie...

 

Ceux qui me lisent le savent, j'aime Jacques Dutronc. En 1966, il écrit et interprète : Mini, Mini, Mini. La première jupe rase-pets est apparue dans le quartier de Chelsea dans la boutique Bazaar sur King's Road et est l'oeuvre d'une jeune styliste autodidacte : Marie Quant. La mini-jupe va déferler sur le monde : 200 000 pièces vendues en 1966 pour la France. Coco Chanel la trouve « ridicule ». Le Ministre de l'Education Nationale, Christian Fouchet, la juge déplacée "dans les lycées " ; en Pologne le Parti dit "oui" ; en Hollande le Parlement vote "non". ICI

 

Ce matin je renoue  avec cette tradition pour évoquer un tissu la guipure qui n’est pas de la  dentelle…

 

Un ouvrage de Forster Rohner. — © Adrien Quan

 

Cette idée m’est venue suite à la lecture dans l’excellent journal Le Temps d’une série manufacturière autour de produits iconiques et emblématiques de la Suisse.

 

Forster Rohner, maître de la guipure

 

Le groupe saint-gallois avait fait sensation en 2009 lorsqu’une certaine Michelle Obama s’était parée de sa broderie pour la cérémonie d’investiture de son mari. En toute discrétion, l'entreprise familiale continue d’approvisionner les grands noms de la haute couture. ICI 

 

Une mariée sensuelle et romantique avec la guipure

 

La guipure est mal connue, on la confond souvent avec la dentelle de par ses vides et ses pleins. C’est en réalité une broderie sans support dont les motifs sont espacés et liés entre eux formant une surface plus ou moins épaisse.

 

LA GUIPURE D'IRLANDE Bibliotheque D.m.c. Patrons Planches Dentelle ...

 

Elle tient son aura avec les traditionnelles Guipure d’Irlande, de Flandre, du Puy qui hélas n’existent plus, ou presque plus.

 

Amazon.fr - La Guipure du Puy : Volume 2 - Hubert, Nathalie ...

 

La production de guipures a été reprise par les brodeurs qui sont les seuls à encore pouvoir leur donner vie.

 

Étymologiquement, le mot veut dire « tortiller ». Alors, suivons le fil, et entrons dans les méandres de sa riche histoire.

 

Si la guipure est généralement rangée dans la catégorie des dentelles, elle n’est pas fabriquée sur des métiers à dentelle, mais sur des métiers à broder, et c’est là le secret de sa différence. La guipure est une broderie dont le fond a été éliminé. Dès lors, Il est assez facile de la distinguer d’une dentelle. La dentelle est plus légère, et possède toujours un fond. La guipure est souvent lourde, épaisse et très ouverte. En regardant de plus près, on peut remarquer un détail qui ne trompe pas. Dans la guipure, le fil peut suivre les contours d’un motif quelles que soient ses sinuosités. On dit  qu’il « grimpe » sur le dessin. Cela permet d’obtenir des décors très nets, bien ourlés et de haut relief. Alors que dans la dentelle, le fil ne peut jamais retourner en arrière : il suit la progression de la fabrication de l’étoffe, puisque le fond et le motif sont confectionnés ensemble.

 

La suite ICI 

 

Carte Postale Ancienne Série des industries Bretonnes – La Guipure ...

Partager cet article

Repost0
5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 06:00
 
26 juillet 
 
 
Banon 2020

Au temps où j’allais, profitant de mes congepés, traîner mes guêtres du côté de Buoux je me rendais de temps en temps à Banon.

 

9 juillet 2011

 

BANON : pourquoi en faire tout un fromage ? Les bleuets, les feuilles de châtaignier et qu’est-ce-que vous boirez avec ça ? ICI 

 

 

Banon est un charmant petit village des Alpes-de-Haute-Provence adossé au plateau d'Albion entre Lure et Ventoux dans les collines chères à Jean Giono. 878 habitants et plus de 100 000 livres à la librairie « Les Bluets » de Joël Gatefossé menuisier originaire de l’Essonne qui raconte avoir « cassé sa vie » à la mort de ses parents en 1990 et être venu s’installer un peu par hasard à Banon. Les débuts sont difficiles puis c’est le décollage et enfin le succès du au bouche à oreille. 

 

250px-Banon.jpg

 

Le banon est un petit fromage français de 6 à 7 cm de diamètre, au lait cru de chèvre d'une centaine de grammes issu d'anciennes recettes des fermes des Alpes-de-Haute-Provence. Les chèvres sont exclusivement de races provençale, rove et alpine et elles doivent paître sur les collines de la région pendant au moins 210 jours par an. Fromage à pâte molle à croûte naturelle, élaboré à partir de la technique du caillé doux et moulé à la louche avant d'être habillé, à la main, dans des feuilles de châtaigniers brunes et liées par un brin de raphia naturel (il est auparavant trempé dans l'alcool pour éviter les moisissures). Le ramassage des feuilles, qui doivent être récoltées brunes, se fait en automne lors de leur chute. Elles sont ramassées par des équipes de saisonniers sur le plateau d'Albion, dans les Cévennes, en Corse et en Ardèche.

 

À la récré, du pain, du banon, un livre, avec 1 petit coup de Bel-Air&Chardy d’Alice et Olivier de Moor : goûtons le silence !

 

17 mars 2017

À la récré, du pain, du banon, un livre, avec 1 petit coup de Bel-Air&Chardy d’Alice et Olivier de Moor : goûtons le silence !  ICI 

 

« À Banon, on ne plaisante pas avec les livres. La preuve avec cette expérience géniale et exemplaire que personne ne semble regretter ! »

 

À Banon si vous vous promenez dans les couloirs du collège après l’heure du déjeuner, vous serez sans doute surpris par un silence complet…

 

Depuis la rentrée de septembre, c’est en effet devenu un rituel : des élèves à la cantinière en passant par le principal et le secrétaire, plus personne ne parle, plus personne ne bouge, plus personne ne travaille… mais tout le monde lit ! Lumière sur une initiative exemplaire qui a l’air de faire énormément de bien à tous !

 

Cette nouvelle habitude pour le moins originale a été prise au collège de Banon (Alpes-de-Haute-Provence). Désormais, entre 13h40 et 14h05, il y est interdit de faire autre chose que de lire. On peut lire n’importe quel livre, n’importe où ET dans n’importe quelle position, mais on est obligé de lire !

 

Je ne sais si ces vieilles chroniques ont donné à Alice et Olivier de Moor l’envie d’aller prendre du repos, goûter de la beauté, dans cette belle région où se situe Banon, mais Olivier m’a fait parvenir un petit mot :

 

Bonsoir Jacques,

 

Nous sommes rentrés: trop tôt. Car la vendange va devoir se faire trop tôt. Par obligation et déjà je sens l'obligation de courir une fois de plus.

 

J'aime beaucoup les "basses alpes". Et la librairie de Banon. Dans l'offre des livres offerte à l'acheteur, je suis tombé sur un livre consacré à la peinture et c'est passionnant.

 

Ha ! les Basses-Alpes...

 

Carte des Basses-Alpes de 1852

 

Souvenir  de mes années où nous récitions les noms des départements, préfecture et sous-préfecture.

 

Le nom de Basses-Alpes était jugé péjoratif, surtout quand on le comparait à celui du département voisin : les Hautes-Alpes. D'autres départements d'ailleurs avaient déjà ouvert la voie : la Charente-Inférieure était devenue en 1941 la Charente-Maritime, la Seine-Inférieure changeait de nom en 1955 pour devenir la Seine-Maritime, la Loire-Inférieure devenait en 1957 la Loire-Atlantique et les Basses-Pyrénées s'appellent depuis 1969 les Pyrénées-Atlantiques. Enfin, les Côtes-du-Nord, qui ne sont pas situées dans le nord de la France mais au nord de la Bretagne, sont devenues les Côtes-d'Armor en 1990.

 

C'est en 1952-1953 que l'idée d'un changement de nom pour les Basses-Alpes fait son chemin, au moment où le tourisme commence à se développer et où la mention de "Provence" veut être mise en avant, comme l'indique sur France Bleu 100% Sud Jean-Christophe Labadie, directeur des Archives Départementales des Alpes-de-Haute-Provence.

 

La suite ICI 

 

Le sauvetage de la librairie "Le Bleuet", qui voulait concurrencer ...

 

Et la librairie de Banon. Dans l'offre des livres offerte à l'acheteur, je suis tombé sur un livre consacré à la peinture et c'est passionnant. C'est un résumé d'émissions que Daniel Arasse a fait avant de décéder. C'est Laure Adler qui lui confia pour France Culture une émision mensuelle sur les arts plastiques et l'histoire de l'art. Un extrait que voici :

 

 

FINALEMENT, La Joconde est un de mes tableaux préférés, il a fallu pour l'aimer beaucoup plus de temps que les cinq ans pris par Léonard de Vinci pour la peindre. Moi il m'a fallu plus de vingt ans pour aimer La Joconde. Je parle de l'aimer vraiment, pas seulement de l’admirer. C'est pour moi aujourd'hui l'un des plus beaux tableaux du monde, même si ce n'est pas nécessairement l'un des plus émouvants, quoique, franchement, c'est l'un des tableaux qui ont eu le plus de commentaires enthousiastes, jusqu'à la folie, de la part des gens qui l’aimaient, et cela montre qu'il touche. Moi, j'étais dans l’état d'esprit d'un spectateur de la deuxième moitié du XXe siècle, c'est-à-dire qu'on avait tellement vu La Joconde, on la connaissait tellement, qu'elle était devenue plus une plaisanterie qu'autre chose, d'autant que, Duchamp l’ayant reproduite avec cette inscription en bas du tableau : « L.H.O.O.Q. », on ne pouvait plus la prendre au sérieux. Il m'a fallu remonter ce handicap duchampien, non pas pour retrouver le regard de Léonard de Vinci ou de l'un de ses contemporains sur ce tableau, mais simplement pour comprendre comment celui-ci, peint dans des circonstances tout à fait particulières, pouvait avoir encore un tel effet, à bientôt cinq cents ans de distance. Cela ne tient pas seulement au délire de Walter Pater ou de Théophile Gautier. Même Kenneth Clark, le grand spécialiste de Léonard de Vinci, un homme très sérieux et l'un des meilleurs historiens de l’art du milieu du XXe siècle, dans un article, non pas de jeunesse mais de pleine maturité, écrit que La Joconde a l’air d'une déesse sous-marine : cette femme est assise dans une loggia, en hauteur devant un paysage très lointain, et il la voit comme une déesse sous-marine. Que se passe-t-il dans ce tableau pour que des gens sérieux, des responsables de musée et de grand savoir, puissent en dire des choses pareilles ? Ce tableau avait sûrement quelque chose. Personnellement, cela m'intéressait à moitié, mais à partir du moment où je devais écrire un livre sur Léonard de Vinci, je ne pouvais pas évacuer La Joconde, Je devais essayer de comprendre les enjeux de cette œuvre pour ce peintre. Et là, mon travail a été très fructueux. Je me suis demandé comment ce tableau était fait. Je vais en faire la description et vous verrez qu'apparaissent beaucoup de choses qu'on ne voit pas.

 

 

D'abord, la Joconde est assise dans une loggia, c'est-à-dire qu'il y a des colonnes de part et d'autre, sur les bords droit et gauche, jointes par le muret, derrière elle. Elle tourne le dos au paysage, qui est très lointain. Ensuite, elle est assise dans un fauteuil, je le sais uniquement parce que le bras gauche de la figure est appuyé, parallèlement au plan de l’image, sur un accoudoir. Mais cet accoudoir est Punique trace du fauteuil, il n'y a pas de dossier, ce qui est étrange. Et puis le paysage à l'arrière-plan est curieux puisqu'il est composé uniquement de rochers, de terre et d'eau. Il n'y a pas une seule construction humaine, pas un arbre, il y a seulement dans ce paysage quasiment pré-humain un pont, et c'est cela qui m'a posé beaucoup de problèmes d'interprétation. Ce pont enjambe ce qui doit être une rivière, mais qu'on ne distingue pas. Or, comment se fait-il que dans ce paysage des origines il y ait déjà un pont alors que toute présence humaine a disparu ?

 

 

J'ai donc commencé à me rendre compte que ce tableau recelait une méditation de Léonard particulièrement dense. Je ne devais pas m'en étonner puisque Vinci a dit que la peinture est cosa mentale c'est une chose mentale, et que par ailleurs, lorsqu'il a reçu cette commande en 1503 - il avait besoin d'argent et n'avait pas encore en ce temps-là de grandes commandes de la ville de Florence ça précédait de quelques mois la grande commande du palais de la Seigneurie (cf. Bataille d’Anghiari) qui fait qu’il ne livrera jamais le tableau à son commanditaire, Messere Giocondo, et le gardera pour lui toute sa vie. Il a achevé ce portrait pour lui-même. On a la preuve que l’idée de l’arrière-plan est venue très lentement. Il fallait comprendre le rapport qui liait cette figure assise si singulièrement dans ce fauteuil sans dossier et ce paysage : y a-t-il simplement opposition entre d’une part la beauté et le charme de la Joconde et d'autre part l’arrière-plan du paysage, ou bien y a-t-il aussi une relation entre les deux ?

 

 

J’ai essayé de mieux voir comment était peinte cette figure. Si vous la regardez bien, elle a le bras parallèle au plan de l’image, appuyé sur l’accoudoir. Elle est proche de nous, puisqu’on ne voit pas d'espace entre ce bras et une zone plus basse qui inscrirait une distance. En fait, elle est passée devant le parapet qui traditionnellement à l’époque séparait la figure peinte du spectateur, comme dans ces portraits d'origine flamande où le personnage est visible, mais où la base du tableau est faite d'un petit parapet, situé devant lui et devant lequel il place éventuellement sa main. Petit trait de génie de Léonard : mettre la Joconde dans l’espace du spectateur en faisant passer le parapet derrière elle, tandis qu'en même temps son bras fait barrière, bloquant la pénétration. Ensuite, le buste est de trois quarts, elle se tourne donc légèrement vers nous, le visage presque de face, et les yeux, perpendiculaires au plan, nous regardent directement où que nous nous trouvions par rapport à elle. Donc, depuis le bas du tableau jusqu'aux yeux, il y a une torsion de la figure qui fait qu'elle vous fixe. On est sous son regard, ce qui constitue un élément de fascination de ce tableau, tout comme on est un peu sous celui de la Vénus d'Urbin de Titien, le premier grand nu de la peinture occidentale, et ce n'est certainement pas un hasard si l'on est sous le regard de l’archétype du nu occidental. c'est-à-dire que du chaos on passe à la grâce, et de la grâce on repassera au chaos. Il s'agit donc d'une méditation sur une double temporalité, et nous sommes là au cœur du problème du portrait, puisque le portrait est inévitablement une méditation sur le temps qui passe. Montaigne le dit dans ses Essais : « J'ai plusieurs portraits de moi, combien suis-je différent aujourd'hui d'à cette heure. » On passe donc, avec ce sourire éphémère de La Joconde, du temps immémorial du chaos au temps fugitif et présent de la grâce, mais on reviendra à ce temps sans fin du chaos et de l’absence de forme.

 

Restait ce pont, dont je ne comprenais pas la présence jusqu'au moment où j'ai lu Carlo Pedretti, le grand spécialiste de Léonard de Vinci, capable d'écrire comme lui de la main gauche et à l'envers. C'est un homme admirable qui a passé toute sa vie avec Léonard de Vinci. À propos de cette interrogation sur la présence du pont, il dit une chose très simple à laquelle je n'avais pas pensé, à savoir que c'est le symbole du temps qui passe ; s'il y a pont, il y a une rivière, qui est le symbole banal par excellence du temps qui passe. C'est un indice donné au spectateur que l’étrangeté du rapport entre ce paysage chaotique et cette grâce souriante est le temps qui passe. Le thème du tableau c'est le temps. C'est aussi pour cette raison que la figure tourne sur elle-même, car un mouvement se fait dans le temps... Et l'analyse peut repartir à ce moment-là. Le tableau est fascinant parce que sa densité et sa sobriété font qu'il n'arrête pas de renvoyer la réflexion et le regard au regard...

 

 

Cela dit, et je n'en dis pas plus sur La Joconde. ]e ne pense pas que messere Giocondo aurait aimé le tableau s'il l'avait vu. Je pense même qu'il l'aurait refusé parce qu'il ne lui aurait pas plu.

 

Et le fait de faire de l'histoire permet là aussi d'avoir un regard un peu plus neuf sur les choses. Je pense que Francesco del Giocondo n'aurait pas accepté le tableau fini pour une bonne et simple raison : c'est qu'à l'époque, c'est un tableau scandaleux.

 

Aujourd'hui c'est le chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre, mais en 1503-1505, c'est un tableau inadmissible.

Pourquoi?

Voilà un bon bourgeois florentin, et pas n'importe qui, qui commande au plus grand peintre du moment le portrait de sa femme parce qu'elle lui a donné des enfants, et ce peintre lui présente, comme portrait, une jeune femme qui sourit, ce qui est incorrect, toute proche de nous, épilée des sourcils et des cheveux - alors qu'on sait très bien qu'à cette époque seules les femmes de mauvaise vie s'épilent - et ensuite il la plante devant un paysage pré- humain affreux, terrible. Or, comment voulez-vous qu'un mari souhaite voir sa femme charmante, aimante, qui lui a donné deux enfants, devant un tel paysage et non pas devant des prairies, des arbres et des petits oiseaux, ce qu'on trouve dans les fonds de portraits de Raphaël contemporains de Léonard. Il n'aurait pas pu comprendre, et je pense que c'est pour Francesco del Giocondo ou pour ce genre de spectateur que Léonard de Vinci a peint le pont, pour leur expliquer qu'il ne faisait pas n'importe quoi, et qu'il y avait effectivement une méditation profonde sur le temps. Mais je crois que ce tableau était trop innovateur il impliquait à l'époque un tel bouleversement des pratiques du portrait qu'il ne pouvait pas être compris immédiatement.

 

On le voit d'ailleurs dans les répliques qui en ont été faites. Raphaël a admiré La Joconde mais quand il fait La Dame à la licorne, il la normalise. La Joconde est à part.

 

 

Ce qui m'a aussi beaucoup frappé quand je travaillais sur La Joconde, c'est que je travaillais en même temps sur tout Léonard de Vinci et donc sur les cartes géographiques qu'il a réalisées à la même époque, et un soir j'ai eu une sorte d'illumination, peut- être une sorte de folie, en regardant ces cartes : j'ai perçu que le paysage de La Joconde en arrière-plan, avec son lac très élevé et son val aquatique et marécageux dans la partie gauche, était pratiquement la prise en vue cavalière d'une carte de la Toscane que Léonard de Vinci réalise aussi en 1503-1504, et l'un des problèmes qu'il se pose dans cette carte est de savoir comment le lac Trasimène a pu jadis, dans un temps immémorial, expliquer les marécages du Val d'Arno, qui se trouve au sud d'Arezzo, en Toscane. On voit sur sa carte qu'il a dessiné un cours d'eau qui n'existe pas dans la réalité, allant du lac Trasimène au Val d'Arno. Ce qui m'a frappé, c'est de voir que la construction de La Joconde s'accordait pleinement à une réflexion cartographique et géologique de Léonard de Vinci, si bien que le paysage représenté derrière elle, c'est la Toscane immémoriale, celle qui existait avant que l’humanité n'y crée la grâce de ce pays, car la Toscane est très belle et c'est La Joconde. Ce cours d'eau qui relie le lac Trasimène au Val dArno, c'est le sourire de la Joconde. On pourrait continuer.

 

 

Par exemple, c'est vrai qu'elle a l'air d'être dans une grotte, et on a un très beau texte de Léonard sur la grotte : comme il se penche pour voir ce qu'il y a dans la grotte, il est attiré et il a peur. Cette attirance et cette peur de Léonard de Vinci par rapport au corps féminin sont bien connues : il est le premier artiste à avoir dessiné un sexe féminin comme une grotte. On peut continuer indéfiniment comme cela. La Joconde condense, je crois, une méditation sur le portrait et le temps qui est fondamentale pour l'art du portrait occidental, et en même temps c'est certainement l'un des tableaux les plus personnels de Léonard, parce qu'il a peint pour lui le portrait de la femme fertile, l’épouse de Francesco del Giocondo.

 

Partager cet article

Repost0
4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 06:00

 

Joël Giraud, secrétaire d'Etat à la Ruralité auprès de Julien Denormandie

 

Maire de l'Argentière-la-Bessée et député LREM des Hautes-Alpes, Joël Giraud est le nouveau secrétaire d'Etat à la Ruralité. En novembre 2013, il avait posé une question au ministre de l'Ecologie sur les phénomènes des "chemtrails". Ces traînées blanches laissées par les avions dans le ciel sont formées par la condensation de vapeur d'eau dégagée par les moteurs des avions. Des thèses conspirationnistes, nées dans les années 60 aux Etats-Unis, affirment que ces traînées sont des produits chimiques volontairement répandus depuis le ciel. Le ministère de l'Ecologie avait répondu à Joël Giraud en 2013 que les traces des avions dans le ciel n'étaient "pas nocives pour la santé".

 

Un parcours agro-écologique, gastronomique et culturel au ministère - Journées du Patrimoine 2017

 

Ça m’a donné l’idée de vous dresser le panorama des secrétaires d’État auprès du Ministre de l’Agriculture sous la Ve République…

 

L'HÔTEL DE VILLEROY

 

C’est une denrée rare : 10 (Méhaignerie l’a été 2 fois)

 

Le plus gros problème : où le loger ?

 

L’hôtel de Villeroy n’a rien de prévu à cet effet alors il ne reste plus qu’à le parquer dans la galerie Sully là où sont affichés les portraits des Ministres, ça fait un peu soupente de luxe.

 

 

  • Bernard Pons  (22 juin 1969-16 juillet 1972) sous Jacques Duhamel (22 juin 1969-7 janvier 1971) puis Michel Cointat (7 janvier 1971-5 juillet 1972)

 

  • Jean-François Deniau   Secrétaire d’État auprès du ministre de l'Agriculture (31 janvier 1975    12 janvier 1976) sous Raymond Marcellin

 

  • Pierre Méhaignerie  (12 janvier 1976-25 août 1976) sous Christian Bonnet

 

  • Jean Tiberi         Secrétaire d'État chargé des Industries alimentaires (12 janvier 1976-25 août 1976) sous Christian Bonnet

 

  • Pierre Méhaignerie (27 août 1976-29 mars 1977) sous Christian Bonnet

 

  • Jacques Blanc   (30 mars 1977-31 mars 1978) auprès de Pierre Méhaignerie

 

  • Jacques Fouchier (5 avril 1978   13 mai 1981) auprès de Pierre Méhaignerie

 

  • André Cellard (22 mai 1981-22 mars 1983) auprès d’Edith Cresson.

 

  • René Souchon (22 mai 1981- 4 avril 1985) auprès de Michel Rocard

 

  • Nicolas Forissier (31 mars 2004-31 mai 2005) auprès d’Hervé Gaymard puis de Dominique Bussereau.
  •  

Ces Auvergnats qui ont été ministres sous la Ve République ...

 

Une exception : Michel Debatisse, fut secrétaire d'Etat auprès du premier ministre (Raymond Barre) chargé des industries agro-alimentaires du 22 octobre 1979 au 13 mai 1981. Il ne fut donc pas logé au 78 rue de Varenne mais  à des adresses exotiques.

 

2 éphémères Ministre délégué René Souchon à la forêt (4 avril 1985-20 mars 1986) et Guillaume Garot  Ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire 16 mai 2012- 2 avril 2014, nommé auprès de Le Foll pour faire plaisir à la Ségolène dont il fut un fidèle soutien.

 

Passons-les en revue :

 

  • Bernard Pons ICI   longue carrière politique de ce chiraquien s’est illustré à Ouvéa ICI 

Amazon.fr - Mémoires de 7 vies - Tome 1 - Les temps aventureux ...

 

 

  • Jean-François Deniau homme politique grand ami de Giscard, diplomate et écrivain, également navigateur, conteur, aventurier des droits de l'homme ICI  Je lui garde une grande reconnaissance c’est lui qui m’a recruté en 1975, sur la recommandation de son ami Michel Albert, comme chargé de mission contractuel auprès du directeur de la Production et des Echanges, Bernard Auberger, mon premier poste, le pied à l’étrier.

 

  • Pierre Méhaignerie  on ne le présente pas même s’il est maintenant retiré des voitures ICI  soutien Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2017. « Cet homme est une borne », disait de lui l'ancien président socialiste François Mitterrand.

 

  • Jean Tiberi, moins connu que Xavière celle par qui les corses, retournés auprès de Dieu le père votaient dans le Ve, fut maire de Paris, soutien de Macron il n’a laissé aucune trace dans l’industrie de la charcuterie-salaisons pourtant fleuron de l’Ile de Beauté.

 

  • Jacques Blanc je l’ai bien connu lorsqu’il présidait, au  nez à la barbe des socialos, la région Languedoc-Roussillon, et que nous négociions sous la houlette de Michel Rocard l’élargissement de l’Europe à l’Espagne et au Portugal. Un roublard sympathique, sincèrement attaché à sa Lozère natale.

 

  • Jacques Fouchier, vétérinaire de son état, élu des 2 Sèvres, s’est rendu célèbre dans tout le Ministère pour  avoir, lors d’un Conseil des Ministres de l’agriculture de la CCE, prononcé à plusieurs reprise MAIS au lieu de MAÏS en lisant le papier de son conseiller technique qui omis le tréma sur le I.

 

  • André Cellard, les mauvaises langues affirmaient qu’il devait son poste au fait que cette nomination ouvrait les portes du Palais Bourbon à Lydie Dupuy sa suppléante qui se trouvait être la belle-mère de Jean-Christophe Mitterrand, dit « papa m’a dit ».

 

  • René Souchon fut nommé pour, disait-on, marquer à la culotte, le tout nouveau Ministre de l’Agriculture Michel Rocard, en fait la cohabitation fut sans nuages, j’en témoigne, les réunions de cabinet étaient communes, René avait toute liberté en son domaine et, comme la France présidait le Conseil des Ministres européen, il prit le fauteuil de Rocard lors de l’instauration des quotas laitiers. Pour la petite histoire il suivait un régime draconien pour plaire à sa dulcinée.

 

Le 26 janvier 1986, à la maire de Vic-sur-Cère dans le Cantal, Michel Rocard et René Souchon entouraient Jacques Gilzome, maire de la commune. © Agence AURILLAC

 

Réné Souchon : "Michel Rocard ne faisait pas de la politique pour faire des coups" ICI

publié le 03/07/2016 

 

On a quand même fait la mise en place des quotas laitiers européens, le 31 mars 1984. Nous avions un cabinet commun, on se parlait tous les jours. J’avais d’autres secrétaires d’Etat au téléphone qui se plaignaient de n’avoir aucune marge de manoeuvre. Ce n’était pas mon cas, il me donnait carte blanche sur les dossiers dont j’avais la charge.”

 

René Souchon, qui était alors plus mitterrandien que rocardien, se souvient d’un homme “impressionnant par son intelligence”. “Au début, son entourage pensait que j’avais été mis là par Mitterrand pour le surveiller. Il a vite compris que ce n’était pas le cas, entre nous il n’y a jamais eu de coup tordu”. 

 

En avril 1985, Michel Rocard démissionne parce qu’il est opposé à l’instauration du mode de scrutin proportionnel aux législatives de 1986. Henri Nallet prend son poste à l’agriculture, René Souchon reste en place, cette fois comme ministre délégué.

 

“Ce n’était pas un politicien, il avait une rectitude morale extraordinaire, il ne faisait pas de la politique pour faire des coups. Il était vraiment sur les idées, il allait tout droit… et ne voyait pas venir les coups des autres. C’est pour cela que Michel, que je n'ai pas vu depuis deux ans, était très critique sur la politique d’aujourd’hui, avec ses “coups” politiques et sa médiatisation.”

 

  • Nicolas Forissier n’a laissé aucune trace.

 

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents