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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 06:00

Spécial "Emmanuel Macron, LE maître des horloges..." - Image n° 3/3 !... -  LE BLOG DES IMAGES DRÔLES, INSOLITES,...(By DéLiRiUs illustrateur) !...

« … dans le monde des collectionneurs John Arnold et l’horloger suisse Abraham Breguet sont considérés comme les inventeurs de la montre mécanique moderne. » voir la suite plus bas.

John Arnold, un horloger et inventeur qui inspire le monde de l'horlogerieAbraham-Louis Breguet - Fondation de la Haute Horlogerie

 

Sous mes airs de sage, je suis un peu foutraque, plus encore en ce moment de ma vie où le malheur d’un être qui m’est cher me fait lâcher les brides de ma retenue coutumière.

 

Pour thérapie je lis, pas les poubelles de La Bête&Navet, « Le traître et le néant », mais des livres écrit avec de belles plumes et non des ballets de chiottes.

A Le traitre et le neant de Davet, Gérard, Lhomme, Fabrice | Livre | neuf

 

En ce moment c’est OMBRES PORTÉES d’Ariana Neumann

Amazon.fr - Ombres portées - NEUMANN, Ariana, Peronny, Me Nathalie - Livres

 

Ma présente chronique ne traite pas du fond de cette enquête familiale bouleversante, mais du goût immodéré du père de l’auteur pour les montres et l’exactitude.

 

 

« Mon père répare inlassablement ses montres. Il veut qu’elles soient exactes à la seconde près. Cela s’apparente davantage à un besoin vital qu’à une simple lubie. Il conserve la plupart de ses modèles dans sa chambre : certains sont exposés dans une vitrine Louis XV, d’autres soigneusement rangés dans les tiroirs d’un coffre en bois de tulipier du XIXe siècle tapissé d’un épais velours bordeaux. Il les ressort chaque semaine pour en examiner les rouages, les ressorts, les leviers et les carillons. Si une rectification doit leur être apportée, il les emporte dans son atelier, une longue pièce aveugle dont j’ai gardé le souvenir précis, situé tout au fond du couloir, près de la cuisine. Celle qui a la forme d’un wagon de train. Celle qui demeure invariablement fermée, et dont la clé reste en permanence dans la poche de mon père, au bout d’une chaînette en or fixée à l’un des passants de son pantalon Il s’y installera face à l’établi où sont disposés ses minuscules outils. Il enfilera l’une de ses loupes visières suspendues aux crochets du mur. En fonction du modèle de montre posé devant lui, il actionnera le levier, ou bien il ouvrira directement le boîtier pour examiner l’intérieur. Sa première tâche consistera à vérifier le bon fonctionnement de l’échappement et du train. Ce dernier devrait toujours être en mouvement ; c’est essentiel pour fournir de l’énergie au mécanisme des heures durant. En général, les trains comportent quatre rouages : un pour les heures, un pour les minutes et un pour les secondes, le quatrième étant relié à l’échappement. Celui-ci est constitué de minuscules crans, d’un levier et de deux rouages supplémentaires, l’un pour le dégagement et l’autre pour l’équilibre. Cela permet de propulser le train à intervalles précis, avec juste la puissance qu’il faut pour permettre le déplacement correct des aiguilles. C’est lui qui créé le tic-tac et permet l’exactitude… Le train et l’échappement sont des composants essentiels du mouvement. Ils doivent fonctionner ensemble de manière parfaitement huilée, sans quoi l’heure ne sera pas exacte… »

 

À méditer, c’est plus intéressant que les pluches de La Bête&Navet

 

L’expression maître des horloges est donc ainsi ressortie de sa naphtaline :

 

Collection Cristophel © Hal Roach Studios

Collection Cristophel © Hal Roach StudiosCollection Cristophel © Hal Roach Studios • COLLECTION CRISTOPHEL HAL ROACH STUDIOS

 

«Je resterai le maître des horloges, il faudra vous [les médias, nldr] y habituer, j'ai toujours fait ainsi. »

«Faut-il y voir une sorte de réappropriation de la métaphore voltairienne du grand horloger ?»

 

En effet, en 1772, dans l'une de ses distiques publiées dans les Cabales, l'auteur avait repris la figure de l'horloger en référence à Dieu, «le créateur de l'univers» : «L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer, que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.» Cette comparaison entre Dieu et l'horloger avait déjà été faite par René Descartes dans Essais philosophiques, suivis de la métaphysique.

 

Le Maître des horloges Modernité de l'action publique - Philippe Delmas -  Achat Livre ou ebook | fnac

En 1992, l'énarque Philippe Delmas, docteur en économie et en mathématiques, reprend la métaphore voltairienne pour parler du rôle de l'Etat sous la Ve République et parle alors de… «maître des horloges». «L'Etat est le gardien des horloges, le pourvoyeur de la lenteur nécessaire, inaccessible aux marchés parce que contraire à la rapidité qui leur fait force», précise-t-il dans le Maître des horloges, modernité de l'action publique.

 

Le maître des horloges a donc désigné, selon les cas, Dieu ou l'Etat. «Il est clair que l'expression renvoie à l'idée que l'action publique s'inscrit dans le temps long, par opposition à l'immédiateté. Le "maître" est une image très forte en matière de gouvernance, quant aux horloges elles donnent une petite teinte désuète au discours. Si on ajoute l'autre métaphore d'Emmanuel Macron, celle du "président jupitérien", référence à Jupiter, le maître des dieux dans la mythologie romaine, on se demande s'il n'est pas temps de redescendre sur Terre. Emmanuel Macron, c'est droite et gauche et dieu et maître…»

Delphine Gaston-Sloan Pourquoi et le Comment de nos expressions françaises (Larousse, 2016)

« … Arnold était particulièrement réputé par la précision de ses montres, au point qu’elles pouvaient même servir à la navigation. Il a été le premier à concevoir un modèle à la fois exact et pratique. Ce type de montre s’appelle un chronomètre. En Suisse, le pays qui comporte le plus grand nombre d’horlogers au monde, des critères très rigoureux définissent quel type de montres  peut entrer dans la catégorie des chronomètres. Ceux-ci doivent être certifiés par une autorité indépendante. Aux yeux d’une béotienne comme moi, cette montre à gousset n’a rien d’exceptionnel, avec son boîtier sans fioritures et ses chiffres romains ordinaires. Pourtant c’est une pièce de collection, précisément grâce à son exactitude. » 

Calibre Tourbillon Chronomètre N°36 © Arnold & Son

Le « tourbillon » ou le destin croisé d’Abraham-Louis Breguet et John Arnold ICI
MARDI, 13 FÉVRIER 2018

Swatch ICI

 

Dans les années 1980, l’industrie horlogère suisse était «sur son lit de mort». Elle fut sauvée par Nicolas Hayek et la modernité de ses montres Swatch
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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 06:00

L'écrivain, homme de télévision et critique Pierre Dumayer en 1993 à Paris.

Disparu en 2011, pionnier parmi les pionniers, Pierre Dumayet fut de ceux qui au lendemain de la guerre participèrent à la naissance de la télévision française (O.R.T.F) où tout était à inventer. Son nom reste attaché aux titres d'émissions aussi fameuses que Cinq Colonnes à la Une et Lectures pour tous.

 

Quand vient l’automne, ses feuilles mortes que l’on ne ramasse plus à la pelle, ses bourrasques de vent devenues alertes météo tellement elles sont violentes, ses flambées interdites en ville pour cause de pollution aux parties fines, ses jours gris, c’est le temps de se caler dans un vieux fauteuil, de chausser ses besicles lorsqu’on est vieux, de sucer son tuyau de pipe car fumer est interdit, de siroter une tasse de verveine préparée par Claire, d’ouvrir un nouveau livre fraîchement acquis chez son libraire préféré, et non sur Amazon, ou de choisir un déjà lu au temps de sa jeunesse.

 

« Relire c’est une façon de connaître, quand on connait quelqu’un on ne le va pas le connaitre qu’une fois. [….] On peut être avec les livres dans les mêmes rapports qu’avec des amis ou des gens qu’on aime, c'est à dire que les voir n’aurait pas de sens si on n’était pas assuré de les revoir plusieurs fois […] Revoir plusieurs fois un livre c’est le relire tout bêtement. Mais on ne peut pas relire un livre comme on l’a lu la première fois. »

 

Si vous préférez le vin chaud (15 novembre 2005 Nouveau Produit : le vin chaud ICI à la verveine de Claire vous pouvez aller à ICI MÊME vous achetez une boutanche de Pompadour le nectar de l’iconique coopé d’Embres&Castelmaure, des bâtons de cannelle et de la cassonade, et suivez les bons conseils de votre Taulier préféré, plongez-vous dans la lecture, que vous soyez retraités ou actifs, tel Jean-Yves Bizot qui écoute chanter le moût dans ses barriques du côté de Vosne-Romanée.  

 

L'Inspecteur Sadorski libère Paris

  • Détente : L’Inspecteur Sadorski libère Paris Romain Slocombe Robert Laffont 21 euros
  •  

R.Slocombe -L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski- interview - Ernest Mag

Jeudi Polar

 

Romain Slocombe : «Je considère mon personnage comme un acteur qui joue le rôle du méchant»

 

L’écrivain publie «L’inspecteur Sadorski libère Paris», le cinquième tome des aventures de son flic collabo, «une personnalité complexe mais pas une ordure absolue» selon lui.

 

Par Alexandra Schwartzbrod

 

Publié le 23 septembre 2021

 

 

 

À 8 ans, Ariana Neumann voulait devenir détective. Elle s’entraîne un jour en fouillant le bureau de son père, dans leur maison de Caracas. Originaire de Prague, Hans Neumann a émigré au ­Venezuela en 1949, bien avant la naissance d’Ariana, et n’évoque jamais le passé ni sa jeunesse en Europe. Assise sur le tapis, l’enfant fait alors la découverte qui l’amènera, quarante ans plus tard, à ce formidable livre : une boîte grise contenant un petit carton, avec la photo de son père à 22 ans. « Je ne l’avais jamais vu si jeune, sans […] ses rides ou ses cheveux blancs. » Mais le document, daté d’octobre 1943, porte un nom et une date de naissance inconnus, ainsi qu’un timbre à l’effigie d’Adolf Hitler… Cette mystérieuse trouvaille entrouvre une porte qu’Ariana Neumann enfonce aujourd’hui, au terme d’une décennie d’enquête vertigineuse entamée seulement après la mort de son père. Il lui a alors laissé cette même boîte grise, débordant cette fois de photos, lettres et documents, l’autorisant ainsi à exhumer le terrible passé de sa famille, dont il n’avait jamais rien dit.

 

Empreint d’une rigueur implacable, Ombres portées est un récit à l’incontestable valeur historique, retraçant le destin d’une famille pragoise et l’aventure insensée d’un jeune homme qui survécut, la peur au ventre, au cœur de la bête : à Berlin. C’est aussi — et cette incarnation en décuple la valeur — le bouleversant voyage d’une fille à la rencontre de son père adoré et mystérieux, prospère homme d’affaires hanté par de terribles cauchemars qui la réveillaient parfois, petite fille, dans une langue qu’elle ne comprenait pas. Ce père qui, un jour, à Prague, sanglota comme un enfant, agrippé aux grilles d’une gare, sans rien pouvoir expliquer. Dans ce récit parfaitement maîtrisé, la tragédie monstrueusement banale des Neumann se lit comme un thriller sans effet de manches, alimenté par de précieux documents et photos, par des rencontres aux quatre coins du monde et par quelques fragments écrits par Hans lui-même. Un poignant témoignage d’amour filial, doublé d’un périple intime au cœur de l’Histoire, dédié à « celles et ceux qui n’ont pas pu raconter » la leur.

 

 When Time Stopped. A Memoir of My Father’s War and What Remains, traduit de l’anglais par Nathalie Peronny, éd. Les Escales, 384 p., 22 €.

 

Juliette Bénabent

 

Télérama n°3740

Créé le 14/09/2021.

 

 

- Un livre qui  touche au cœur « Enfant de salaud » : les blessures de Sorj Chalandon Grasset 20,50 euros

Couverture du roman de Sorj Chalandon, "Enfant de salaud", août 2021 (GRASSET)

"Enfant de salaud" de Sorj Chalandon: la vérité sur son père dévoilée dans l'ombre du procès Barbie

 

Le nouveau roman de Sorj Chalandon raconte comment un fils découvre enfin l'histoire vraie de son père mythomane, au même moment que se déroule le procès de Klaus Barbie. 

Article rédigé par

https://www.francetvinfo.fr/assets/common/images/avatars/laurence-houot-deb7f051.png

Laurence Houot

France Télévisions  Rédaction Culture

 

Après avoir fait dans Profession du père (2015), le récit romancé de son enfance avec un père mythomane et violent, l'écrivain et journaliste Sorj Chalandon publie Enfant de salaud, un roman encore plus ouvertement autobiographique dans lequel il raconte comment il a découvert la vérité sur son père. En jouant la fiction sur la temporalité, il entremêle habilement son histoire personnelle avec un événement historique majeur : le procès de Klaus Barbie, en 1987. Son roman est paru aux éditions Grasset le 18 août 2021 et figure dans la première sélection du Goncourt 2021.

 

L'histoire : Un héros, c’est l’image qu'un fils a de son père, qui l’abreuve depuis l’enfance des récits épiques de ses exploits de résistant, entre autres. "Il faut que tu saches", lâche son grand-père, un jour de colère, lui annonçant de but en blanc que son père avait été "du mauvais côté" pendant la guerre; ajoutant qu'il l'a aperçu vêtu de l'uniforme allemand place Bellecour à Lyon. D’enfant de héros, le fils passe à "enfant de salaud".

 

Quelques phrases, quelques mots lâchés sans plus d'explication, ouvrent une brèche dans le récit paternel. Le doute s'imisce dans la tête de l'enfant. Il a dix ans, et n'a désormais plus le droit de voir son grand-père. Le père, lui, continuera à "fabriquer d'autres vies pour illuminer la sienne".

 

Plus tard, en 1987, le fils devenu adulte et journaliste couvre pour son journal le procès du criminel de guerre nazi Klaus Barbie, chef de la Gestapo pendant la guerre à Lyon. "Tu crois que je pourrais assister au procès ?", lui demande son père. Pendant les témoignages des victimes, le père baille, ou sourit. C'est le moment que choisit le fils pour ouvrir le dossier judiciaire de son père exhumé à sa demande des archives départementales du Nord. Le fils y découvre stupéfait que son père a été condamné pour activité anti-française à cinq ans d'indignité nationale après la Libération. Un collabo aux mille vies, changeant d'uniforme cinq fois en quatre ans : engagé à 17 ans dans l'armée française, puis dans l'armée d'armistice de Pétain, puis dans la Légion tricolore, une milice d'extrême-droite, puis dans l'armée allemande, carrément, et enfin la dans la Résistance, à la toute fin, pour se racheter une conduite.

 

"Le salaud, c'est le père qui m'a trahi"

 

Ce dernier roman de Sorj Chalandon résonne comme le dénouement de toute une vie, celle de "l'enfant devenu journaliste pour comprendre, pour chercher la vérité. Pour qu'on arrête de me mentir", a confié Sorj Chalandon à franceinfo.

 

Le fils découvre dans ce dossier judiciaire une vie de roman, et la détresse d'"un gamin égaré, qui rêvait d'uniformes de carnaval et de fusils trop lourds", un gamin sans éducation, un génie du mensonge. Ce père-là, le fils aurait pu le pardonner s'il avait dit la vérité. "Oui, je suis un enfant de salaud", mais le salaud n'est pas celui "des guerres en désordre", le salaud, c'est celui qui a trahi, celui "qui a jeté son fils dans la vie comme dans la boue".  Toute sa vie, le fils a attendu la vérité, celle qui lui aurait permis de se construire et de rencontrer son père.

 

"Tu m'aurais avoué tout ça, le soir, en confident secret. Peut-être n'aurais-je pas compris, mais tu m'aurais parlé, enfin. Enfin tu te serais débarrassé de ces oripeaux militaires et tu aurais endossé un bel habit d'homme. Un costume de père." 

 

Sorj Chalandon "Enfant de salaud", page 261

 

Rendez-vous manqués

 

Pendant que le fils tente de faire dire à son père la vérité, Barbie, lui, a décidé de déserter le box des accusés. Deux dénis, deux histoires, la grande, et l'intime,  s'entrechoquent, sur la scène de ce procès historique. En faisant coïncider sa guerre, celle qu'il a dû mener contre un père mythomane, "le premier de ses traîtres", avec le procès d'un grand criminel de guerre, qu'il a suivi à l'époque pour le journal Libération et qui lui a valu le Prix Albert Londres, Sorj Chalandon questionne à la fois sa propre histoire et celle de la France de Vichy, et l'insondable mal qui a conduit pendant la guerre des individus comme Barbie à torturer avec sadisme les résistants, ou à conduire sans ciller les enfants d'Izieu, et tant d'autres, vers les camps de la mort. En choisissant cette temporalité, Chalandon propulse son récit autobiographique dans une dimension bien plus vaste, celle de la mémoire collective.

 

Écrit comme un journal de bord scandé par les dates qui bornent le procès Barbie, et déployé dans une langue aux accents de tragédie, Enfant de salaud est un chant de désespoir adressé à un père qui n'a pas su aimer son fils, l'histoire aussi d'un double rendez-vous manqué, celui d'un fils avec son père, et celui, tant attendu par les victimes de Barbie, dignes, venues courageusement témoigner au procès, auxquelles leur bourreau, condamné à la perpétuité, s'est lâchement dérobé, incapable lui aussi d'endosser un "habit d'homme".

 

Le journaliste et écrivain Sorj Chalandon, août 2021 (JF PAGA)

Le journaliste et écrivain Sorj Chalandon, août 2021 (JF PAGA)

Il ne faut pas révéler l’aboutissement de cette quête, écrite dans une langue magnifiquement dépouillée. Juste indiquer ce que peut être la douleur d’un enfant qui cherche à se libérer et à libérer son père de l’emprise du mensonge. « Oui je suis un enfant de salaud. Mais pas à cause de tes guerres en désordre (…). Non. Le salaud, c’est l’homme qui a jeté son fils comme dans la boue. Sans traces, sans repères, sans lumière, sans la moindre vérité. (…) Le salaud, c’est le père qui m’a trahi. »

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21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 00:06

Assiette de spaghettis pour un.

"Le repas fait maison d'une personne, avec du levain auto-cuit sera le KFC d'une autre, ou encore quelque chose sur du pain grillé d'une autre." Photographie : Romas Foord/The Observer

Bashung toujours, dans la tête…

 

Et il vaut mieux lire la presse anglaise plutôt que la nôtre, on évite de mauvaises rencontres, tel l’odieux Zemmour le nouveau sauveur de la France éternelle…

 

« Je me souviens quand on cherchait quelqu’un pour le “non” dans les débats sur le référendum européen, on avait pensé à lui, mais Aphatie n’était pas d’accord. » « On m’a proposé de faire une télé pour comparer Trump et Zemmour, j’ai refusé. » « Je ne suis pas sûr qu’il se maîtrise autant qu’il le prétend. » « Au Figaro, il ne partageait rien avec personne, à part son bureau avec Ivan Rioufol. » « Il n’est pas désagréable du tout. Il est puant, mais charmant. » « Assis à côté de lui pendant une conférence de presse de Sarkozy, j’avais l’impression qu’il commentait le match. » « Il n’a jamais dirigé la moindre équipe, pas même lui-même. » « Je ne l’aimais déjà pas en journaliste, alors en politique… » « On ne l’a jamais vu en conférence de rédaction. » « Il y a dix ans, il pouvait encore prendre le métro. » « Il n’était pas du tout en lutte contre la parole politique. » « Heureusement que je n’ai jamais déjeuné avec lui. »

Société.

 

Les plaisirs sous-estimés des repas en solitaire ICI 

 

Manger seul n’est pas nécessairement triste, assure cette journaliste britannique dans The Guardian, alors que les recettes pour une personne se multiplient. Les confinements liés à la pandémie de Covid-19 ont provoqué une prise de conscience. Mieux encore, les repas en tête-à-tête avec soi-même peuvent même être libérateurs : c’est le moment où jamais de n’écouter que soi.

 

 Medi

 

« Pour nous, c’est une crise de solitude. Pour les Français, c’est une crise du savoir-vivre; pour les Chinois, une crise familiale. Partout dans le monde, on pense qu’il est mieux de manger à plusieurs, et que manger seul n’est pas normal », analyse Mukta Das, anthropologue à la School of Oriental and African Studies de l’université de Londres. Elle se passionne pour les changements d’habitudes qui entourent le repas : ce qui était autrefois un moment convivial et partagé s’est transformé en une activité souvent solitaire.

 

Au Royaume-Uni, 8 millions de personnes vivent seules et, d’après l’indicateur de bien-être publié en 2019 par [Oxford Economics], près d’un tiers des adultes britanniques mangent seuls « à chaque repas ou presque ». Le confinement a sans doute accentué ce phénomène, puisque les personnes qui vivent seules n’avaient alors pas d’autre choix que de manger en solitaire. Mais l’évolution s’est amorcée il y a longtemps déjà, précise Mukta Das, à la faveur de « la transformation de notre société, jusqu’alors centrée sur la famille, vers une culture plus individualiste ».

 

Confinement et “cookie solo”

 

Elle détaille : « Le déclin du mariage, la baisse du taux de natalité, la hausse des divorces, les contraintes de la vie de bureau, l’allongement de l’espérance de vie… Tous ces facteurs socio-économiques et démographiques ont entraîné la modification [de nos habitudes alimentaires] et suscité une impression de crise dans la plupart des sociétés qui considèrent les repas en famille comme une institution. »

 

Comment le fait de manger seul influence-t-il notre perception du repas, et le plaisir que nous y prenons?

 

La pandémie a souvent exacerbé notre rapport à la nourriture. Ceux qui se sont confinés avec leur famille ou leurs amis ont sûrement partagé avec eux leurs trois repas quotidiens, tandis que ceux qui vivaient seuls mangeaient chaque jour en solitaire. Dans les deux cas, les repas sont souvent devenus les temps forts de la journée.

 

Quand le confinement s’est prolongé, des recettes pour cuisiniers solitaires ont commencé à voir le jour, la plus célèbre d’entre elles étant sans doute le cookie solo de Nigella Lawson. « J’adorais choisir une recette, prendre le temps de soigner la présentation, m’a confié un ami qui s’est confiné seul. Je viens d’une famille nombreuse, et chez nous les repas ont toujours été l’occasion de passer du temps ensemble. J’ai donc été surpris de découvrir à quel point j’aimais me retrouver en tête à tête avec mes plats. »

 

Faire son pain ou manger KFC

 

D’après Mukta Das, le confinement a transformé notre perception des repas en solitaire. « [Nous nous sommes] rendu compte que la solitude peut parfois être salutaire et revigorante. »

 

Aujourd’hui encore, manger seul est parfois considéré comme un déshonneur, explique l’autrice et historienne de la gastronomie Bee Wilson.

 

Quand on représente des personnes heureuses autour d’un repas, on montre souvent de grandes réunions familiales. J’ai peur que cela accentue le sentiment de solitude que peuvent ressentir les personnes qui mangent seules.”

 

Pour illustrer ses propos, Bee Wilson raconte ses repas en solitaire dans les premiers mois qui ont suivi son divorce, lorsque ses enfants étaient chez son ex-mari. « Au début, quand je cuisinais juste pour moi, je trouvais ça terriblement sinistre et triste. Ce n’est pas du tout la même chose de manger seul de temps en temps ou régulièrement, de choisir ou de subir la solitude. »

 

Les repas solitaires peuvent cacher des situations bien différentes : parents, veufs ou encore colocataires qui ne font que se croiser et dont le lait, le pain et le fromage sont étiquetés à leur nom. Tandis que certains se prépareront un repas maison, avec du pain au levain fait à la main, d’autres préféreront aller chez KFC ou manger une tartine garnie de ce qui leur tombe sous la main.

 

La solitude du grand âge

 

Ma grand-mère a perdu son mari juste avant le premier confinement. Après soixante et onze ans à cuisiner pour son mari et à manger avec lui, elle s’est subitement retrouvée à faire ces choses seule. La tartine garnie est devenue son plat de prédilection. Quel intérêt, disait-elle, à se donner plus de mal? Nous avons certainement tous éprouvé cette sensation au moins une fois au cours des dix-huit derniers mois, mais c’est une situation particulièrement difficile à vivre pour les personnes âgées.

 

D’après Age UK [une organisation caritative qui vient en aide aux personnes âgées], chez les plus de 65 ans environ une personne sur dix souffre de malnutrition ou risque d’en souffrir, car elles se sentent seules ou ne sont plus capables de faire leurs courses. “Comme vous pouvez vous en douter, ce chiffre a augmenté [pendant la pandémie]”, déplore Lesley Carter, chef de projet chez Age UK, spécialisée dans la malnutrition.

 

Les difficultés financières ne sont pas le seul facteur explicatif, précise Lesley Carter. Le “manque d’enthousiasme et d’idées” entre aussi en ligne de compte.

 

Beaucoup de seniors ont un ordinateur ou une tablette, mais ils ne savent pas vraiment s’en servir pour se renseigner sur des ingrédients inconnus, trouver de nouvelles recettes ou faire leurs courses en ligne.”

 

Ma grand-mère n’a pas pu découvrir l’innovation des recettes en kit proposées par les restaurants, la facilité offerte par Deliveroo, ni même le réconfort d’un cake à la banane. Alors que les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour “partager” des photos de plats et trouver l’inspiration, sa génération a grandi dans un univers où la nourriture n’était pas du “contenu” mais un moyen de communication, où les repas en famille faits maison étaient la règle.

 

Écouter ses propres envies

 

Si ma grand-mère continue d’observer le rituel du thé de l’après-midi qu’elle a toujours pratiqué avec mon grand-père, désormais elle ne prépare plus de gâteaux, à moins d’avoir de la visite. Le reste du temps, c’est [le supermarché britannique] Sainsbury’s qui cuisine pour elle — un aveu que je trouvais déprimant jusqu’à ce que je lise les réflexions de Nigella Lawson sur les repas en solitaire.

 

COOK EAT REPEAT

 

Dans son dernier livre Cook, Eat, Repeat [“Cuisinez, dégustez, recommencez”, inédit en français], elle écrit : “Même si l’on aimerait qu’il en soit autrement, la cuisine reste avant tout le fardeau des femmes. Il ne faut pas minimiser le plaisir qu’il y a à cuisiner pour les autres, mais — et c’est peut-être contre-intuitif — l’ego est moins sollicité lorsqu’on cuisine pour soi. C’est vraiment libérateur, on cuisine alors pour se faire plaisir, à soi et à personne d’autre. Pas besoin d’anticiper les goûts de ses invités ni de s’excuser pour ses propres préférences.”

 

Dans ce passage, Nigella Lawson évoque la cuisine, mais sa réflexion s’applique aussi au fait de manger seul. Il est bien beau d’idéaliser les repas en famille, explique Mukta Das, mais “dans la plupart des foyers du monde entier, ce sont surtout les femmes qui se chargent de la cuisine”. Elle ajoute :

 

Alors quand elles sont seules, elles trouvent une certaine liberté dans le fait de ne pas avoir à nourrir les autres. Elles peuvent choisir d’aller au restaurant, de cuisiner ou d’acheter des plats tout prêts.”

 

Cette analyse se vérifie auprès de ma grand-mère – dont le gâteau préféré est véritablement le chausson aux pommes de chez Sainsbury’s –, et de Signe Johansen, l’autrice de Solo: The Joy of Cooking for One [“Le Plaisir de cuisiner pour soi”, inédit en français]. Cette dernière raconte avoir été contactée par un nombre remarquable de lectrices lui expliquant “à quel point il est agréable de ne penser qu’à leurs envies, sans s’occuper des autres”.

 

Retour en grâce des “tables pour une personne”

 

Bien sûr, il y a encore mieux : ne pas se soucier du tout de la cuisine, et aller dîner dehors sans autre compagnie que sa petite personne. Au Lyle’s [un restaurant londonien], les femmes viennent plus souvent dîner seules que les hommes. “C’est ce que je dirais, dans l’ensemble”, témoigne le chef, James Lowe — un constat qui aurait encore étonné il y a une dizaine d’années. “Aller dans un beau restaurant avec un bon livre, c’est vraiment très agréable”, s’enthousiasme Elli Jafari, qui dirige l’hôtel The Standard, à Londres, et va elle-même souvent seule au restaurant.

 

Tout est meilleur quand on est seul et qu’on est dans un bon état d’esprit.”

 

Les dîners en solitaire connaissent une hausse indiscutable : plus 160 % en quatre ans au Royaume-Uni, d’après [le site de réservation en ligne] Open Table. Ces données datent de 2019, mais les responsables du site constatent que “partout dans le monde, les restaurants accueillent de plus en plus de clients solitaires.”

 

Si ces derniers suscitaient autrefois la pitié et l’agacement des chefs de salle, qui voyaient les “tables pour une personne” comme un manque à gagner, ils sont désormais reçus avec autant de plaisir que les réservations de groupe. “Je pense que les comportements ont changé, analyse James Lowe. Nous avons plus d’interactions avec les clients seuls, donc ils passent un meilleur moment, et nous, nous sommes contents.” Les clients qui viennent seuls sont là pour la cuisine, constate le restaurateur. “Ils montrent qu’ils n’ont pas besoin des autres pour s’amuser, qu’ils ont choisi notre établissement et qu’ils sont là parce que ça leur fait plaisir. C’est un vrai compliment.”

 

“Plaisir volé et clandestin”

 

Au Lyle’s, qui fait partie des 50 meilleurs restaurants du monde depuis 2017, la hausse des clients solitaires est étroitement liée à l’essor du “tourisme culinaire”, qui consiste à dresser une liste de restaurants réputés puis à les tester un par un. C’est une activité de niche, réservée aux plus riches, mais cette pratique révèle un autre avantage des dîners en solitaire : la possibilité de se laisser tenter par des restaurants et des plats que nos compagnons de tablée pourraient ne pas aimer ou trouver trop chers. C’est précisément pour cela qu’Elli Jafari commande des huîtres uniquement lorsqu’elle va seule au restaurant. “Quand mes amis sont dégoûtés par les huîtres, ça enlève tout le plaisir.”

 

Erchen Chang a parfaitement réussi à saisir l’essence de ce plaisir volé et clandestin dans l’illustration qui a donné naissance à Bao, la célèbre chaîne [londonienne] de restaurants taïwanais qu’elle dirige avec Wai Ting et Shing Tat Chung. Le logo représente un homme seul, de profil, qui mange discrètement un bao [petit pain asiatique, farci et cuit à la vapeur], un sourire presque imperceptible sur le visage. Ce dessin est à l’origine de toute la marque : “Pour nous, le repas en solitaire est très respectable”, affirme Erchen Chang — à tel point que les trois fondateurs ont conçu un menu spécial pour les clients solitaires, et un magazine consacré aux repas et aux activités idéales à tester seul.

 

À première vue, l’homme [du logo] paraît triste, mais en y regardant de plus près on se rend compte qu’il n’est ni triste ni embarrassé. Il cache son bao parce qu’il l’apprécie. Il profite de l’instant pour méditer et se faire plaisir.”

 

Ces derniers temps, la plupart des recettes que je cuisine chez moi sont tirées du chapitre “À déguster seul” de Crave [“Fringales”, inédit en français]. Cet ouvrage d’Ed Smith, publié il y a quelques mois, est organisé “par saveurs pour s’adapter à votre humeur et à votre appétit”. En consacrant un chapitre de son livre aux repas en solitaire, Ed Smith a voulu “combattre le préjugé selon lequel ‘il n’y a pas d’intérêt à cuisiner juste pour soi’, car quitte à cuisiner pour soi, autant rendre cela festif si on en a les moyens. Vos invités n’apprécieront peut-être pas à sa juste valeur la burrata qui vous a coûté une fortune chez le traiteur du coin, mais vous si.”

 

L’occasion de faire des “mélanges bizarres”

C’est pour cette raison que Nigella Lawson ne commande jamais de caviar au restaurant et qu’elle n’en sert jamais aux autres, mais s’en achète parfois, comme elle l’explique sur le blog cuisine du New York Times. Sa vision des choses, et celle de Signe Johansen, vient contredire une idée préconçue que j’ai longtemps eue : un repas s’apprécie toujours mieux à plusieurs. Lorsqu’on est seul, “on peut faire des choix avec plus d’assurance”, explique Signe Johansen. “Je peux utiliser toute une boîte d’anchois, ou quatre gousses d’ail.” On peut s’adonner à des mélanges bizarres, comme la banane et le bacon, ou les Weetabix [sortes de biscuits secs au blé] beurrés, deux des 50 associations étranges mises au jour par une étude menée l’an dernier auprès de 2000 adultes pour Ocado [entreprise de commerce alimentaire en ligne]. Comme le dit Signe Johansen : “Quand on est seul, on peut faire ce qu’on veut.”

 

Portée par cette phrase, je me tourne à nouveau vers Crave. La recette des nouilles soba à la sauce sésame est alléchante. Je double la quantité de nouilles, car je pourrais en manger sans fin, je mets un peu plus d’ail, et j’ajoute quelques petits pois, parce que ça va avec à peu près tout. Je mange mon plat en regardant Le Journal de Bridget Jones, un film qui, lorsque j’étais plus jeune, a aggravé ma peur de vivre seule. Les repas solitaires de Bridget Jones se composent de vodka, de vieux fromages et de müesli. Prendre le temps de cuisiner quelque chose pour satisfaire mes envies et mes extravagances ressemble à une renaissance : finie la “crise de solitude”, je suis simplement seule, et sereine.

 

Clare Finney

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 06:00

 

Dressé pour tuer (Samuel Fuller - 1982) - Page 9 - Dvdclassik : cinéma et  DVD

Aujourd’hui c’est Dresser pour tuer

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour continuer la série des films racontant une histoire et donc divertissants en ce sens mais aussi pour entrer, par la petite porte, dans le monde d’un fabuleux metteur en scène ?

 

Samuel Fuller est un homme hors norme comme seuls les USA, semble t’ils peuvent produire. Mais aussi parce que le film, encore une fois, est tiré d’un roman de Romain Gary « Chien blanc » Gallimard 1970.

 

Ce film ne sera jamais projeté aux États Unis. Sommé de le remanier Fuller refuse et s’enfuit au Mexique avec les négatifs.

 

Dressé pour tuer (White Dog) (1982) de Samuel Fuller - Shangols

Quelle est l’histoire ?

 

Wikipédia nous dit : À la période du mouvement américain des droits civiques, Julie Sawyer heurte accidentellement un chien de berger blanc. Après que le vétérinaire l'a soigné, Julie l'héberge dans sa propriété afin de retrouver ses maîtres. Un intrus essaie de l'agresser, mais le chien lui porte secours. Elle décide de devenir sa maîtresse, mais son petit ami Roland Graele ne le supporte pas. On apprendra que le chien a été dressé par un mystérieux propriétaire raciste blanc pour tuer les gens de couleur. Le chien sort dans la nuit hors de la propriété et tue un camionneur noir. Au studio, Julie emmène le chien avec elle et il blesse une actrice noire devant des gens. Julie transfère le chien chez un professionnel nommé M. Carruthers qui insiste pour euthanasier le chien. Un autre dresseur noir de chiens, nommé Keys, cherche à éduquer le chien : il porte une protection et séquestre le chien à l'intérieur d'un grand enclos, ce sera Keys qui le nourrira et non Julie.

 

Réalisation

 

C’est l’immense Samuel Fuller qui est aux commandes notons qu’il est également le scénariste comme il le sera pour tous ses films. Américain il est né aux USA en 1912 et où il mourut 85 ans plus tard en 1997.

 

Ce phénomène à presque tout fait pendant toutes ses années. De grouillot dès 12 ans dans les grands journaux de New York , il devient vite « pisse copie » pour les ainés puis pleinement journaliste. A 17 ans il sera le plus jeune chroniqueur judiciaire de l’histoire de la presse. La fréquentation de ce milieu lui inspirera « Violence à Park Row » 1952 considéré aujourd’hui comme un des meilleurs films de Fuller. En parallèle il ne cesse d’écrire des récits, des nouvelles ou comme nègre. À partir de 1936 il entre en contact avec Hollywood à qui il fournit des scénarios. Pendant la seconde guerre mondiale Il sert dans la 1re division d'infanterie américaine la célèbre « Big Red One ». Il y est à la fois soldat et reporter de guerre. Pendant ce temps, sa mère lui trouve un éditeur pour son premier roman. C’est un polar qui attire l’attention d’une maison de production qui en achète les droits. Non seulement Fuller combat mais il tourne des documentaires ce qui ne fait pas de lui un planqué pour autant. Il sera blessé deux fois au combat. Il recevra la Bronze Star, la Silver Star et la Purple Heart, "pour conduite héroïque".

 

Cette expérience du front lui permet de réaliser des films comme «Au-delà de la gloire» (1980), témoignage autobiographique au sujet du front européen. Ce film est moins connu que d'autres grands films de guerre, un peu trop « son et lumière » comme « Apocalypse Now »,1979 ou « Platoon » 1986 Ce film n’a rien à envier à« Full Metal Jacket » 1987, ou « Voyage au bout de l'enfer.»1978. En effet, pour les vrais amateurs de films de guerre « Au-delà de la gloire » est considéré, comme l'un des meilleurs films dans cette catégorie.

 

Après la guerre, il devient salarié de la Warner Bros comme scénariste. Cependant peu de scénarios passe au stade de la production qui, souvent même, ne va pas jusqu’au bout. C’est avec son troisième long métrage, « J'ai vécu l'enfer de Corée » 1951 que viendra la reconnaissance et que sa carrière de cinéma démarre. C'est le premier film sur la guerre de Corée dans lequel le silence est également brisé sur les camps d'internement pour les Nippo-Américains durant la seconde guerre mondiale C'est un succès financier aussi, avec un budget de 100 000 dollars, le film en rapporte 2 000 000 nous dit Wikipédia. Fuller signe alors un contrat avec la 20th Century Fox et Darryl Zanuck avec lesquels il devient coproducteur, scénariste, metteur en scène de ses films.

 

C’est de cette époque que date « Le Port de la drogue » 1953, qui recevra un Lion d’Or à Venise. « La Maison de bambou » 1956 date de la même période. En effet, peu après il fonde sa propre société de production. Ce qui lui permet de financer un western, « Le Jugement des flèches ». 1957

 

La reconnaissance de Fuller en Europe, notamment par les Cahiers du Cinéma démarre avec ce film et se confirme avec un film de guerre « Porte de Chine », 1957 puis « Quarante Tueurs »1957 Il renoue avec la Warner Bros pour « Les Maraudeurs attaquent » 1962 Mais surtout deux films aujourd’hui cultes qui vont lui valoir les foudres des critiques et mis au ban des sociétés de production. Il s’agit de « Shock Corridor »1963 et de « Police spéciale » 1964. Bien sûr, il ne reste pas inactif. Il se consacre à la télévision et continue, çà et là être acteur.

 

À l’occasion de ses séjour en France, on le voit tenir son propre rôle dans « Pierrot le fou » 1965 de Jean-Luc Godard. Plus tard on le verra dans des longs métrages de Wim Wenders et de Claude Chabrol. Il poursuit également sa carrière d’écrivain. Tous croient sa carrière finie. Mais ce diable d’homme trouve quand même de quoi financer un film qui lui tient à cœur depuis 1956 : « Au-delà de la gloire » qui relate son histoire au sein de la première division d'infanterie américaine « The Big Red One » 1980 au cours de la Seconde Guerre Mondiale. C’est un succès aussi grand que « J’ai vécu l’enfer de Corée » Il rentre en grâce à Hollywood et réalise alors « Chien blanc ». Ce sera la rupture définitive avec « La fabrique de rêves »

 

Il finit par s’installer à Paris, toujours actif et tournera « Les voleurs de la nuit » 1984 en France. « Sans espoir de retour » 1988, ironie du sort, est son dernier film européen. Il ne retournera en Amérique qu’en 1994 pour y mourir 3 ans plus tard diminué par un AVC.

 

Qui fait quoi ?

 

Les acteurs, dans l’ensemble, sont des acteurs de films plus ou moins de série B. Bien sûr ils sont connus aux USA. Les nombreux films tournés et/ou les séries leurs assurent une notoriété certaine mais qui ne dira rien aux spectateurs français de film mais peut-être un peu plus aux amateurs de séries. Pour la petite histoire on pourra noter que Kristy McNichol : qui tient le premier rôle, Julie Sawyer, a tourner avec le cinéaste français Edouard Molinaro une bluette : « Just the Way You Are » 1984 dans lequel elle tient le premier rôle : Susan Berlanger

Dressé pour tuer de Samuel Fuller - Olivier Père

Temps forts

 

Il n’y a pas, à proprement parler, de temps fort. Le suspense est quasi constant. Une scène de répit ne l’est jamais vraiment car on ne sait quand va se dérouler la prochaine scène violente. On ne sait même pas si « la scène de répit » ne va pas brusquement évoluer en scène de violence.

 

C’est tout l’art de Fuller de nous mener comme il veut, là où il veut et nous faire comprendre la folie qui s’empare de ces dresseurs de « chiens blanc »

 

Remarque : De tout temps, Fuller fut un homme d’action. C’est sur ses expériences qu’il a bâti une œuvre. Il n’a eu de cesse de dénoncer sur tous les sujets toutes les hypocrisies des discours qui masquent la réalité. Sa vision pessimiste et sans concession de son pays s'exprime dans « Les Bas-fonds new-yorkais » 1960, le dernier film produit par sa société de production Globe Enterprises. Hollywood ne le considérait que dans la mesure où il rapportait beaucoup de dollars. C’est dans ses gènes comme on dit aujourd’hui. Souvenez-vous des paroles de Michael Cimino à ce sujet. Fuller fut toujours un homme libre doublé d’une grande gueule qui ne mâchait pas ses mots. C’était peut-être dans sa nature mais lui, au moins, a toujours payer comptant cette liberté et le droit de « l’ouvrir »

 

Pour terminer : On peut lire dans le livre « Je suis en train de me rendre compte que le problème noir aux États-Unis pose une question qui le rend pratiquement insoluble : celui de la Bêtise. Il a ses racines dans la plus grande puissance spirituelle de tous les temps, celle de la Connerie.»

 

Pour conclure« Qu’est-ce que j’ai à faire des noirs, je ne suis pas raciste »

 

Pax

Prochainement «Jeux d'espions (Hopscotch)»

 

 

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 06:00

Critique] DRESSÉ POUR TUER - On Rembobine

Aujourd’hui c’est «Dresser pour tuer » (1982)

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour continuer la série des films racontant une histoire et donc divertissants en ce sens mais aussi pour entrer, par la petite porte, dans le monde d’un fabuleux metteur en scène ?

 

Samuel Fuller est un homme hors norme comme seuls les USA, semble t’ils peuvent produire. Mais aussi parce que le film, encore une fois, est tiré d’un roman de Romain Gary « Chien blanc » Gallimard 1970.

 

Ce film ne sera jamais projeté aux États Unis. Sommé de le remanier Fuller refuse et s’enfuit au Mexique avec les négatifs.

 

Dressé pour tuer de Samuel Fuller - Olivier Père

 

Quelle est l’histoire ?

 

Wikipédia nous dit : À la période du mouvement américain des droits civiques, Julie Sawyer heurte accidentellement un chien de berger blanc. Après que le vétérinaire l'a soigné, Julie l'héberge dans sa propriété afin de retrouver ses maîtres. Un intrus essaie de l'agresser, mais le chien lui porte secours. Elle décide de devenir sa maîtresse, mais son petit ami Roland Graele ne le supporte pas. On apprendra que le chien a été dressé par un mystérieux propriétaire raciste blanc pour tuer les gens de couleur. Le chien sort dans la nuit hors de la propriété et tue un camionneur noir. Au studio, Julie emmène le chien avec elle et il blesse une actrice noire devant des gens. Julie transfère le chien chez un professionnel nommé M. Carruthers qui insiste pour euthanasier le chien. Un autre dresseur noir de chiens, nommé Keys, cherche à éduquer le chien : il porte une protection et séquestre le chien à l'intérieur d'un grand enclos, ce sera Keys qui le nourrira et non Julie.

 

Réalisation

 

C’est l’immense Samuel Fuller qui est aux commandes notons qu’il est également le scénariste comme il le sera pour tous ses films. Américain il est né aux USA en 1912 et où il mourut 85 ans plus tard en 1997.

 

Ce phénomène à presque tout fait pendant toutes ses années. De grouillot dès 12 ans dans les grands journaux de New York , il devient vite « pisse copie » pour les ainés puis pleinement journaliste. A 17 ans il sera le plus jeune chroniqueur judiciaire de l’histoire de la presse. La fréquentation de ce milieu lui inspirera « Violence à Park Row » 1952 considéré aujourd’hui comme un des meilleurs films de Fuller. En parallèle il ne cesse d’écrire des récits, des nouvelles ou comme nègre. À partir de 1936 il entre en contact avec Hollywood à qui il fournit des scénarios. Pendant la seconde guerre mondiale Il sert dans la 1re division d'infanterie américaine la célèbre « Big Red One ». Il y est à la fois soldat et reporter de guerre. Pendant ce temps, sa mère lui trouve un éditeur pour son premier roman. C’est un polar qui attire l’attention d’une maison de production qui en achète les droits. Non seulement Fuller combat mais il tourne des documentaires ce qui ne fait pas de lui un planqué pour autant. Il sera blessé deux fois au combat. Il recevra la Bronze Star, la Silver Star et la Purple Heart, "pour conduite héroïque".

 

Cette expérience du front lui permet de réaliser des films comme «Au-delà de la gloire» (1980), témoignage autobiographique au sujet du front européen. Ce film est moins connu que d'autres grands films de guerre, un peu trop « son et lumière » comme « Apocalypse Now »,1979 ou « Platoon » 1986 Ce film n’a rien à envier à« Full Metal Jacket » 1987, ou « Voyage au bout de l'enfer.»1978. En effet, pour les vrais amateurs de films de guerre « Au-delà de la gloire » est considéré, comme l'un des meilleurs films dans cette catégorie.

 

Après la guerre, il devient salarié de la Warner Bros comme scénariste. Cependant peu de scénarios passe au stade de la production qui, souvent même, ne va pas jusqu’au bout. C’est avec son troisième long métrage, « J'ai vécu l'enfer de Corée » 1951 que viendra la reconnaissance et que sa carrière de cinéma démarre. C'est le premier film sur la guerre de Corée dans lequel le silence est également brisé sur les camps d'internement pour les Nippo-Américains durant la seconde guerre mondiale C'est un succès financier aussi, avec un budget de 100 000 dollars, le film en rapporte 2 000 000 nous dit Wikipédia. Fuller signe alors un contrat avec la 20th Century Fox et Darryl Zanuck avec lesquels il devient coproducteur, scénariste, metteur en scène de ses films.

 

C’est de cette époque que date « Le Port de la drogue » 1953, qui recevra un Lion d’Or à Venise. « La Maison de bambou » 1956 date de la même période. En effet, peu après il fonde sa propre société de production. Ce qui lui permet de financer un western, « Le Jugement des flèches ». 1957

 

La reconnaissance de Fuller en Europe, notamment par les Cahiers du Cinéma démarre avec ce film et se confirme avec un film de guerre « Porte de Chine », 1957 puis « Quarante Tueurs »1957 Il renoue avec la Warner Bros pour « Les Maraudeurs attaquent » 1962 Mais surtout deux films aujourd’hui cultes qui vont lui valoir les foudres des critiques et mis au ban des sociétés de production. Il s’agit de « Shock Corridor »1963 et de « Police spéciale » 1964. Bien sûr, il ne reste pas inactif. Il se consacre à la télévision et continue, çà et là être acteur.

 

À l’occasion de ses séjour en France, on le voit tenir son propre rôle dans « Pierrot le fou » 1965 de Jean-Luc Godard. Plus tard on le verra dans des longs métrages de Wim Wenders et de Claude Chabrol. Il poursuit également sa carrière d’écrivain. Tous croient sa carrière finie. Mais ce diable d’homme trouve quand même de quoi financer un film qui lui tient à cœur depuis 1956 : « Au-delà de la gloire » qui relate son histoire au sein de la première division d'infanterie américaine « The Big Red One » 1980 au cours de la Seconde Guerre Mondiale. C’est un succès aussi grand que « J’ai vécu l’enfer de Corée » Il rentre en grâce à Hollywood et réalise alors « Chien blanc ». Ce sera la rupture définitive avec « La fabrique de rêves »

 

Il finit par s’installer à Paris, toujours actif et tournera « Les voleurs de la nuit » 1984 en France. « Sans espoir de retour » 1988, ironie du sort, est son dernier film européen. Il ne retournera en Amérique qu’en 1994 pour y mourir 3 ans plus tard diminué par un AVC.

 

Qui fait quoi ?

 

Les acteurs, dans l’ensemble, sont des acteurs de films plus ou moins de série B. Bien sûr ils sont connus aux USA. Les nombreux films tournés et/ou les séries leurs assurent une notoriété certaine mais qui ne dira rien aux spectateurs français de film mais peut-être un peu plus aux amateurs de séries. Pour la petite histoire on pourra noter que Kristy McNichol : qui tient le premier rôle, Julie Sawyer, a tourner avec le cinéaste français Edouard Molinaro une bluette : « Just the Way You Are » 1984 dans lequel elle tient le premier rôle : Susan Berlanger

 

Dressé pour tuer | Samuel Fuller, 1981 | Cinepsy - Cinéma et psychanalyse

 

Temps forts

 

Il n’y a pas, à proprement parler, de temps fort. Le suspense est quasi constant. Une scène de répit ne l’est jamais vraiment car on ne sait quand va se dérouler la prochaine scène violente. On ne sait même pas si « la scène de répit » ne va pas brusquement évoluer en scène de violence.

 

C’est tout l’art de Fuller de nous mener comme il veut, là où il veut et nous faire comprendre la folie qui s’empare de ces dresseurs de « chiens blanc »

 

Remarque : De tout temps, Fuller fut un homme d’action. C’est sur ses expériences qu’il a bâti une œuvre. Il n’a eu de cesse de dénoncer sur tous les sujets toutes les hypocrisies des discours qui masquent la réalité. Sa vision pessimiste et sans concession de son pays s'exprime dans « Les Bas-fonds new-yorkais » 1960, le dernier film produit par sa société de production Globe Enterprises. Hollywood ne le considérait que dans la mesure où il rapportait beaucoup de dollars. C’est dans ses gènes comme on dit aujourd’hui. Souvenez-vous des paroles de Michael Cimino à ce sujet. Fuller fut toujours un homme libre doublé d’une grande gueule qui ne mâchait pas ses mots. C’était peut-être dans sa nature mais lui, au moins, a toujours payer comptant cette liberté et le droit de « l’ouvrir »

 

Pour terminer : On peut lire dans le livre « Je suis en train de me rendre compte que le problème noir aux États-Unis pose une question qui le rend pratiquement insoluble : celui de la Bêtise. Il a ses racines dans la plus grande puissance spirituelle de tous les temps, celle de la Connerie.»

 

Pour conclure« Qu’est-ce que j’ai à faire des noirs, je ne suis pas raciste »

 

Pax

Prochainement «Jeux d'espions (Hopscotch)»

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 06:00

Critique] DRESSÉ POUR TUER - On Rembobine

Aujourd’hui c’est «Dresser pour tuer » (1982)

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour continuer la série des films racontant une histoire et donc divertissants en ce sens mais aussi pour entrer, par la petite porte, dans le monde d’un fabuleux metteur en scène ?

 

Samuel Fuller est un homme hors norme comme seuls les USA, semble t’ils peuvent produire. Mais aussi parce que le film, encore une fois, est tiré d’un roman de Romain Gary « Chien blanc » Gallimard 1970.

 

Ce film ne sera jamais projeté aux États Unis. Sommé de le remanier Fuller refuse et s’enfuit au Mexique avec les négatifs.

 

Dressé pour tuer de Samuel Fuller - Olivier Père

 

Quelle est l’histoire ?

 

Wikipédia nous dit : À la période du mouvement américain des droits civiques, Julie Sawyer heurte accidentellement un chien de berger blanc. Après que le vétérinaire l'a soigné, Julie l'héberge dans sa propriété afin de retrouver ses maîtres. Un intrus essaie de l'agresser, mais le chien lui porte secours. Elle décide de devenir sa maîtresse, mais son petit ami Roland Graele ne le supporte pas. On apprendra que le chien a été dressé par un mystérieux propriétaire raciste blanc pour tuer les gens de couleur. Le chien sort dans la nuit hors de la propriété et tue un camionneur noir. Au studio, Julie emmène le chien avec elle et il blesse une actrice noire devant des gens. Julie transfère le chien chez un professionnel nommé M. Carruthers qui insiste pour euthanasier le chien. Un autre dresseur noir de chiens, nommé Keys, cherche à éduquer le chien : il porte une protection et séquestre le chien à l'intérieur d'un grand enclos, ce sera Keys qui le nourrira et non Julie.

 

Réalisation

 

C’est l’immense Samuel Fuller qui est aux commandes notons qu’il est également le scénariste comme il le sera pour tous ses films. Américain il est né aux USA en 1912 et où il mourut 85 ans plus tard en 1997.

 

Ce phénomène à presque tout fait pendant toutes ses années. De grouillot dès 12 ans dans les grands journaux de New York , il devient vite « pisse copie » pour les ainés puis pleinement journaliste. A 17 ans il sera le plus jeune chroniqueur judiciaire de l’histoire de la presse. La fréquentation de ce milieu lui inspirera « Violence à Park Row » 1952 considéré aujourd’hui comme un des meilleurs films de Fuller. En parallèle il ne cesse d’écrire des récits, des nouvelles ou comme nègre. À partir de 1936 il entre en contact avec Hollywood à qui il fournit des scénarios. Pendant la seconde guerre mondiale Il sert dans la 1re division d'infanterie américaine la célèbre « Big Red One ». Il y est à la fois soldat et reporter de guerre. Pendant ce temps, sa mère lui trouve un éditeur pour son premier roman. C’est un polar qui attire l’attention d’une maison de production qui en achète les droits. Non seulement Fuller combat mais il tourne des documentaires ce qui ne fait pas de lui un planqué pour autant. Il sera blessé deux fois au combat. Il recevra la Bronze Star, la Silver Star et la Purple Heart, "pour conduite héroïque".

 

Cette expérience du front lui permet de réaliser des films comme «Au-delà de la gloire» (1980), témoignage autobiographique au sujet du front européen. Ce film est moins connu que d'autres grands films de guerre, un peu trop « son et lumière » comme « Apocalypse Now »,1979 ou « Platoon » 1986 Ce film n’a rien à envier à« Full Metal Jacket » 1987, ou « Voyage au bout de l'enfer.»1978. En effet, pour les vrais amateurs de films de guerre « Au-delà de la gloire » est considéré, comme l'un des meilleurs films dans cette catégorie.

 

Après la guerre, il devient salarié de la Warner Bros comme scénariste. Cependant peu de scénarios passe au stade de la production qui, souvent même, ne va pas jusqu’au bout. C’est avec son troisième long métrage, « J'ai vécu l'enfer de Corée » 1951 que viendra la reconnaissance et que sa carrière de cinéma démarre. C'est le premier film sur la guerre de Corée dans lequel le silence est également brisé sur les camps d'internement pour les Nippo-Américains durant la seconde guerre mondiale C'est un succès financier aussi, avec un budget de 100 000 dollars, le film en rapporte 2 000 000 nous dit Wikipédia. Fuller signe alors un contrat avec la 20th Century Fox et Darryl Zanuck avec lesquels il devient coproducteur, scénariste, metteur en scène de ses films.

 

C’est de cette époque que date « Le Port de la drogue » 1953, qui recevra un Lion d’Or à Venise. « La Maison de bambou » 1956 date de la même période. En effet, peu après il fonde sa propre société de production. Ce qui lui permet de financer un western, « Le Jugement des flèches ». 1957

 

La reconnaissance de Fuller en Europe, notamment par les Cahiers du Cinéma démarre avec ce film et se confirme avec un film de guerre « Porte de Chine », 1957 puis « Quarante Tueurs »1957 Il renoue avec la Warner Bros pour « Les Maraudeurs attaquent » 1962 Mais surtout deux films aujourd’hui cultes qui vont lui valoir les foudres des critiques et mis au ban des sociétés de production. Il s’agit de « Shock Corridor »1963 et de « Police spéciale » 1964. Bien sûr, il ne reste pas inactif. Il se consacre à la télévision et continue, çà et là être acteur.

 

À l’occasion de ses séjour en France, on le voit tenir son propre rôle dans « Pierrot le fou » 1965 de Jean-Luc Godard. Plus tard on le verra dans des longs métrages de Wim Wenders et de Claude Chabrol. Il poursuit également sa carrière d’écrivain. Tous croient sa carrière finie. Mais ce diable d’homme trouve quand même de quoi financer un film qui lui tient à cœur depuis 1956 : « Au-delà de la gloire » qui relate son histoire au sein de la première division d'infanterie américaine « The Big Red One » 1980 au cours de la Seconde Guerre Mondiale. C’est un succès aussi grand que « J’ai vécu l’enfer de Corée » Il rentre en grâce à Hollywood et réalise alors « Chien blanc ». Ce sera la rupture définitive avec « La fabrique de rêves »

 

Il finit par s’installer à Paris, toujours actif et tournera « Les voleurs de la nuit » 1984 en France. « Sans espoir de retour » 1988, ironie du sort, est son dernier film européen. Il ne retournera en Amérique qu’en 1994 pour y mourir 3 ans plus tard diminué par un AVC.

 

Qui fait quoi ?

 

Les acteurs, dans l’ensemble, sont des acteurs de films plus ou moins de série B. Bien sûr ils sont connus aux USA. Les nombreux films tournés et/ou les séries leurs assurent une notoriété certaine mais qui ne dira rien aux spectateurs français de film mais peut-être un peu plus aux amateurs de séries. Pour la petite histoire on pourra noter que Kristy McNichol : qui tient le premier rôle, Julie Sawyer, a tourner avec le cinéaste français Edouard Molinaro une bluette : « Just the Way You Are » 1984 dans lequel elle tient le premier rôle : Susan Berlanger

 

Dressé pour tuer | Samuel Fuller, 1981 | Cinepsy - Cinéma et psychanalyse

 

Temps forts

 

Il n’y a pas, à proprement parler, de temps fort. Le suspense est quasi constant. Une scène de répit ne l’est jamais vraiment car on ne sait quand va se dérouler la prochaine scène violente. On ne sait même pas si « la scène de répit » ne va pas brusquement évoluer en scène de violence.

 

C’est tout l’art de Fuller de nous mener comme il veut, là où il veut et nous faire comprendre la folie qui s’empare de ces dresseurs de « chiens blanc »

 

Remarque : De tout temps, Fuller fut un homme d’action. C’est sur ses expériences qu’il a bâti une œuvre. Il n’a eu de cesse de dénoncer sur tous les sujets toutes les hypocrisies des discours qui masquent la réalité. Sa vision pessimiste et sans concession de son pays s'exprime dans « Les Bas-fonds new-yorkais » 1960, le dernier film produit par sa société de production Globe Enterprises. Hollywood ne le considérait que dans la mesure où il rapportait beaucoup de dollars. C’est dans ses gènes comme on dit aujourd’hui. Souvenez-vous des paroles de Michael Cimino à ce sujet. Fuller fut toujours un homme libre doublé d’une grande gueule qui ne mâchait pas ses mots. C’était peut-être dans sa nature mais lui, au moins, a toujours payer comptant cette liberté et le droit de « l’ouvrir »

 

Pour terminer : On peut lire dans le livre « Je suis en train de me rendre compte que le problème noir aux États-Unis pose une question qui le rend pratiquement insoluble : celui de la Bêtise. Il a ses racines dans la plus grande puissance spirituelle de tous les temps, celle de la Connerie.»

 

Pour conclure« Qu’est-ce que j’ai à faire des noirs, je ne suis pas raciste »

 

Pax

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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 06:00

Vignerons essentiels : entre tradition et innovation

Piqûre de rappel : la classification lors des confinements commerces essentiels et non-essentiels...

Un franc succès !

« Vignerons essentiels » : A la rencontre de vingt-six artistes de la vigne ICI

 

C’est le néo-vigneron naturiste in Bojolo Fabrice Le Glatin qui a extrait des profondeurs de la Toile cet article :

 

L’ouvrage du journaliste et expert Jérémy Cukierman et du photographe Leif Carlsson s’intéresse à l’apport de ces génies anonymes du monde entier.

Par Stéphane Lauer

Publié le 17 décembre 2019

 

« La table de triage utilisée n’en est pas moins redoutable. Ils ne sont que vingt-six élus dans cette anthologie nécessairement subjective. Un vingt-septième, pas assez disruptif, a même disparu au moment du bouclage… Pour rassurer les sceptiques, rappelons le profil des auteurs : Jérémy Cukierman est Master of Wine, un titre prestigieux que seuls sept Français ont décroché en soixante-six ans d’examen, et Leif Carlsson excelle depuis vingt ans pour saisir une lumière rasante sur un coteau ou capter le clair-obscur des plus belles caves. »

 

La Gaffelière photo by Leif Carlsson

 

Je ne connais ni l’un ni l’autre mais le titre de Master of Wine ne constitue pour moi un gage de compétence pour trier le bon grain de l’ivraie.

 

Je n’ai pas les moyens, 65 euros, ou plus exactement mon budget livre, le plus important poste de mon budget consommation, est consacré à des « livres essentiels », j’ironise bien sûr !

 

Dans les noms cités, je connais Aubert de Villaine et Marie-Thérèse Chappaz, pour autant sont-ce :

 

« Des rebelles à leur façon » ?

 

À chacun d’entre vous de juger moi je ne m’aventurerai pas sur ce terrain, je m’en tiens à la définition de :

 

  • Par le Larousse :

 

Essentiel, essentielle adjectif (bas latin essentialis, qui a trait à l'essence)

 

1. Qui est indispensable pour que quelque chose existe : L'air est essentiel à la vie.

 

Synonymes : constitutif - foncier - intrinsèque - vital

Contraires : accidentel - contingent - inutile - superflu

 

2. Qui est d'une grande importance ; principal, capital : Le point essentiel du procès.

 

Synonymes : capital - fondamental - important - primordial - principal

Contraires : accessoire - secondaire

 

  • Par le CNRTL ICI 

 

« La belle humeur essentielle aux méridionaux comme le soleil à leur pays »

A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p. 166.

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 06:00

Peut être une image de nature

Sur face de Bouc le 15 octobre

Claire Naudin ICI

 

Claire Naudin

En 2021 comme en 2016 la #vignehaute aura sauvé notre domaine. Globalement les pieds ont été épargnés par le gel. Ensuite ils n'ont pas été envahis par un enherbement rendu incontrôlable par des pluies trop fréquentes. Et ils ont mieux résisté aux maladies (mildiou, oïdium, botrytis...). Enfin ils font le bonheur des vendangeurs dont ils redressent le dos...

 

Mais pourquoi continuer à s'obstiner avec la vigne basse ??? Franchement, je pense sérieusement à les transformer dans un futur proche, tant il me semble absurde de travailler à ce point, pour un résultat si vexant. Au moins, dans les #HautesCotes cette transformation est possible !

 

Alors allons-y...

 

Côte-d'Or - Viticulture. Les vendanges commencent déjà dans les hautes côtes

 

Je ne suis pas un expert-sachant mais je fais plus confiance à une vigneronne émérite qu’aux experts de l’INAO ICI  pour qui, dans un monde qui change à grande vitesse, tout le monde dit s’effrayer du changement climatique, il faut que rien ne change, devant les tables de la loi du décret d’appellation il faut se prosterner.

 

Il faut que tout change pour que rien ne change

 

Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi.

 

Don Fabrizio Corbera, prince de Salina dit le Guépard, un prince sicilien

 

Giuseppe Tomasi di Lampedusa.

Paysage. Les hautes-côtes : des sites remarquables

La région des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits est située à l’Ouest du célèbre talus de la Côte-d’Or aux crus prestigieux et qui s’allonge de Marsannay à Santenay.

 

 Le 4 août 1961, était accordée aux vignerons du Syndicat de défense des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits une appellation qui couronnait de longues années d’efforts. Il avait fallu deux générations de vignerons pour que le vin des Hautes-Côtes retrouve enfin ses lettres de noblesse qu’il avait connues au temps de Philippe Auguste en 1180 puisqu’on en but à son sacre…

 

Il importe peu de savoir si le grand roi lui-même avait goûté aux vins des Hautes-Côtes. Par contre, il est intéressant de comprendre comment un vignoble, composé majoritairement de vins de consommation courante à la fin du xixe siècle, qui a connu les affres de la surproduction viticole du début du xxe siècle et de la crise des années 30, est devenu un vignoble de qualité en la seconde moitié du XXe siècle.

 

 Il est possible d’entendre par renaissance du vignoble des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits la croissance du vignoble à partir des années 50-60 par encépagement progressif de zones délimitées bien précises dans un contexte économique prospère conduisant à une reconnaissance juridique grâce à la nouvelle AOC acquise en 1961, assortie d’une exigence de qualité.

 

 Cette expression de « renouveau » ou de « renaissance » n’est pas nouvelle. Marcel Lachiver[1]et Philippe Roudié[2]l’ont utilisée. Nous avons repris dans notre réflexion cette phrase de Roger Dion en la discutant et en l’argumentant à plusieurs échelles d’analyse :

 

 « La viticulture, sous les climats qui la tolèrent, s’accommode, on l’a dit et répété, des terrains les plus divers. […] Aussi le rôle du terrain, dans l’élaboration d’un grand cru, ne va-t-il pas au-delà de celui de la matière dans l’élaboration d’une œuvre d’art »[3]

 

 Nous avons donc posé en hypothèse que cette renaissance est d’abord le fruit du travail de l’homme, davantage encore que des qualités intrinsèques des terroirs qui pourtant ne sont pas à négliger.

 

 Plusieurs questions se posent sur cette renaissance des Hautes-Côtes :  

 

- Comment l’évolution du vignoble s’est-elle déroulée depuis la fin du XIXe siècle ?  

 

- Quels sont les acteurs du renouveau de la vigne et du vin des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits ?

- Quelles sont les causes et les conséquences spatiales, paysagères, sociales, économiques et culturelles de cette renaissance ?

 

- La vigne dans les Hautes-Côtes est-elle toujours une activité peuplante et source de développement local ? Quel est le rôle des terroirs ?  

 

- Quelle est l’influence des grands cycles économiques sur l’économie vitivinicole bourguignonne ? L’image des Hautes-Côtes, de la région, et de ses vins en a-t-elle été modifiée ?

De la crise du phylloxéra au jugement de Dijon de 1930

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Avant le phylloxéra (1878), le vignoble des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits connaît un cycle d’expansion de la vigne lié à la croissance économique sur l’ensemble du XIXe siècle jusqu’au phylloxéra. Cette prospérité résulte de l’augmentation de la consommation de vins ordinaires et des méfaits du phylloxéra dans les vignobles méridionaux.

 

L’historien R. Laurent[4] a montré la croissance de la superficie viticole pendant cette période. Les Hautes-Côtes bénéficient d’une augmentation de 140 % de vignes par rapport à 1800, et la Côte de seulement 43 %. « À la veille de l’invasion du phylloxéra, elle [la vigne] atteint son apogée »[5]

 

 L’expansion a été surtout réalisée à l’aide du cépage gamay qui donne des vins ordinaires ou Passe-tout-grain, obtenu avec le mélange du pinot. Ce sont les petits vignerons qui ont favorisé le gamay.

 

 En 1878, la crise du phylloxéra arrête la progression. La reconstitution redémarrée à partir de 1892 à l’aide de porte-greffes américains connaît son apogée en 1910 dans les Hautes-Côtes. Le vignoble des Hautes-Côtes a perdu environ 16 % de surfaces entre 1878 et 1910. Mais ces pertes sont peu de choses comparées à celles qui ont suivi, en raison de la crise de surproduction et de la crise économique des années 30. On peut estimer à 50 % les vignes disparues entre 1910 et 1936.

 

Pourtant, les vignerons des Hautes-Côtes ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont, à partir des années 20, replanté des vignes en cépage pinot donnant des vins fins. Mais, le jugement de Dijon de 1930 a été considéré comme un coup de poignard dans le dos en n’accordant l’appellation Bourgogne (tout court) qu’aux seuls vins provenant du pinot, alors que l’essentiel du vignoble était encore en gamay. Les gamays de Saône-et-Loire obtenaient par ce même jugement la possibilité de prendre l’appellation Bourgogne. Il y avait bien deux poids et deux mesures. Les vins des Hautes-Côtes déjà difficilement vendables étaient un peu plus mis de côté par les « gens » de la Côte. Le ressentiment était très vif dans les Hautes-Côtes.

 

 

Il a fallu attendre le lendemain de la seconde guerre, en 1945, pour voir les vignerons de la région s’attacher à nouveau à l’obtention d’une appellation digne de ce nom. Le premier acteur de cette renaissance est d’abord un modeste instituteur : Étienne Kayser, Secrétaire du Syndicat de Défense des Hautes-Côtes de Beaune recréé en 1945. Reprenant le formidable travail entamé dès 1922 par son prédécesseur, c’est lui le véritable organisateur du redressement spectaculaire des Hautes-Côtes en refusant ce terme blessant « d’Arrières-Côtes », en prônant une amélioration significative de la qualité des vins, en favorisant les pinots plutôt que les gamays. C’est lui encore qui a lancé plusieurs actions de promotions des vins des Hautes-Côtes, qui a su s’attirer les bonnes grâces des « gens » de la Côte, qui a su encourager les viticulteurs des Hautes-Côtes à se former et s’informer sur les nouvelles techniques vitivinicoles. C’est enfin lui qui a monté le dossier de demande d’appellation accepté le 4 août 1961… Il a été le porteur de projet d’un véritable « développement local ascendant ».

 

La dynamique des espaces viticoles sur la longue et la moyenne durée

 

Les terroirs bourguignons relèvent actuellement plus du mythe que de la réalité. Il faut comprendre par là que les connaissances scientifiques sur leur fonctionnement sont encore bien maigres...

 

 

Robert Laurent, Les vignerons de la Côte-d’Or au xixe siècle,… la suite ICI

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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 06:00

Emmanuel Macron, aligné dès le coup d’envoi face aux soignants du CHU de Poissy ce jeudi, a marqué sur penalty et disputé 70 minutes avec le Variétés CF.

Je ris dans ma barbe blanche : comment puis-je oser complimenter notre Président ?

La règle c’est de l’exécrer.

 

Tant pis pour moi, je fais une exception à la règle, je salue la prestation de Macron.

 

Ce jeudi, j’avais du temps à perdre, ce qui est chez moi la position dominante, j’ai visionné le match d’Emmanuel.

 

VOIR ICI 

 

Emmanuel Macron a chaussé les crampons, ce jeudi, lors d’un match caritatif organisé au profit de la Fondation des Hôpitaux.

 

Buteur, travailleur, rugueux… On a noté le match d’Emmanuel Macron à Poissy

 

C’était l’événement football de ce jeudi 14 octobre et Prolongation y était. Emmanuel Macron participait à un match de football, avec le « Variétés Club de France », au profit de la Fondation des Hôpitaux, présidée par Brigitte Macron, la Première dame. Le président de la République a joué 76 minutes dans l’axe droit du milieu de terrain. S’il s’est rendu coupable d’approximations techniques, il a montré une belle activité et a transformé un penalty. On a analysé et noté son match.

 

Les forces de l’ordre sont partout, à tous les coins de rue, ce jeudi 14 octobre à Poissy (Yvelines). Alors ça bouchonne, forcément. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours qu’un président de la République en exercice joue un match de football. C’est même une première dans l’histoire de la Ve République.

 

Valéry Giscard d’Estaing avait ouvert la voie en 1973, où il avait joué avant-centre lors d’un match entre son équipe municipale de Chamalières et des commerçants de la ville, un an avant son entrée à l’Elysée. François Hollande avait, lui aussi, chaussé les crampons pour l’association France Alzheimer en 2008, quatre ans avant son accession au pouvoir. À sept mois des élections présidentielles 2022, l’opération n’était peut-être pas due au hasard. Toujours est-il que le Variétés Club de France ne pouvait rêver mieux pour fêter son 50e anniversaire et son 2 381e match.

 

« Sera-t-il à gauche ? À droite ? Au centre du jeu ? »

 

Dans un stade Léo-Lagrange baigné d’un radieux soleil d’automne, les 3 500 spectateurs de l’habituel antre de l’AS Poissy n’attendent qu’une chose : l’entrée sur le terrain d’Emmanuel Macron en territoire visiblement conquis. Ici, l’opposition se fait bien plus discrète. Il foule la pelouse peu après 17 h 15. Le speaker pose alors la question qui brûle les lèvres de tout le monde : « Sera-t-il à gauche ? À droite ? Au centre du jeu ? ». Clin d’œil ou pas, sur la composition d’équipe, le Président est annoncé milieu axial droit, alors que son nom circulait dans le couloir gauche de la défense…

 

Bien loin de ces considérations aussi politiques que tactiques, le pensionnaire de l’Elysée effectue quelques premières jongles aux côtes de Christian Karembeu, champion du monde 1998. Le ballon n’a pas l’air de lui brûler trop les pieds, mais ses passes sont parfois mal assurées. Il faudra régler la mire contre l’équipe des soignants de Poissy et de Saint-Germain-en-Laye, sans doute biberonnée aux exploits du PSG.

 

Quelques secondes avant le coup d’envoi, Macron prend ses dernières consignes auprès de Rudi Garcia, ancien coach de l’OM, club de cœur du Président. Ce sera lui, son partenaire du milieu de terrain. « J’avais un avantage, c’est que je sais comment joue le Président, explique l’entraîneur également passé par Lille et Lyon. En 2017, le Président Macron était venu avec son équipe de sécurité faire un match contre mon équipe de l’OM. Ça s’était bien passé et je savais que c’est quelqu’un qui ne lâche pas l’affaire sur le terrain. Il est demandeur de communication. » Le VCF évolue en 4-5-1 avec une charnière Desailly - Wenger, Giresse en meneur de jeu et Sonny Anderson en pointe, entre autres anciens joueurs de renom. De quoi faire le spectacle…

 

Une première accélération foudroyante… et un penalty chanceux

 

Le coup d’envoi est donné. Emmanuel Macron touche son premier ballon à la 2e minute de jeu, et le stade se lève comme un seul homme. Le Président tergiverse, tourne sur lui-même façon Marco Verratti et finit par déclencher une accélération pour laisser son vis-à-vis sur place. L’assistance est médusée. Le président de la République nous aurait-il caché des talents footballistiques insoupçonnés ? On déchante quatre minutes plus tard à la suite d’une mauvaise passe synonyme de perte de balle.

 

Mais vient la 8e minute. Laure Boulleau est fauchée dans la surface adverse et l’arbitre siffle penalty. Au Variétés Club de France, on ne se fait pas des nœuds au cerveau pour choisir le tireur comme en équipe de France. Il est tout désigné, malgré ce que peut bien dire Arsène Wenger : « Non, il n’était pas désigné. Il a pris ses responsabilités et je l’ai trouvé très courageux. Je me suis dit, s’il le loupe, ça va se savoir (rires). »

 

Emmanuel Macron s’empare du ballon et le place sur le point des 11 mètres. Il s’élance et tire… au centre, sur le gardien. Celui-ci est coupable d’une maladresse et laisse curieusement filer le ballon. Y a-t-il eu corruption au plus haut sommet de l’État ? L’histoire ne le dit pas. Le Président célèbre avec ses partenaires sans effusion de joie.

 

 

Aérien, en bonne condition physique

 

Sur le terrain, Macron, démarche bondissante à la Peter Pan, est plutôt aérien. Il se veut généreux dans l’effort, mais est souvent victime de maladresse, avec ou sans le ballon. Les replacements défensifs sont assurés. À la 14e minute, l’ancien ministre de l’Économie la joue même « Joga Bonito » en contrôlant un ballon de la tête, avant d’être en retard sur une tentative d’intervention défensive (17’). La tentative de une-deux avec Robert Pirès est intéressante (23’), mais pas assez tranchante. Heureusement, Sonny Anderson, double-buteur, fait le travail en attaque (3-1).

 

Tout le monde s’en souvient, Emmanuel Macron avait un « projet ». Le projet de jeu, en revanche, est plus flou chez lui. Il discute avec Karl Olive, le maire de Poissy, peine à se positionner dans cet entrejeu très dense, ne sait trop quand attaquer ou défendre. Néanmoins, à sept mois des échéances présidentielles lors de laquelle il briguera un second mandat, sa condition physique paraît optimale. Sa première vraie récupération - nous parlons uniquement de football -, il la réussit à la 29e minute sur son côté droit, sortant intelligemment le ballon en touche.

 

Une chevauchée et une vilaine faute

 

À la 40e, à la suite d’un beau une-deux avec Anderson, il se montre un peu trop tendre dans le duel face à un défenseur qui, visiblement, n’a pas peur d’aller à l’épaule avec son Président. Un nouveau but de Benoît Cheyrou, et la mi-temps est sifflée. Emmanuel Macron reste faire quelques photos avec ses adversaires, alors qu’une ola est partie dans les tribunes de Léo-Lagrange.

 

Le président de la République jouera encore 21 minutes en seconde période. Au petit trot, pour le leader d’En Marche ! Après une belle passe à Christian Karembeu, il tentera même d’y aller seul à la 55e, sous les hourras de jeunes Pisciacais massés le long de la main courante. Mais sa chevauchée fantastique se terminera par une faute, le chef de l’État n’hésitant visiblement pas à laisser trainer le pied… Ses adversaires politiques sont prévenus.

 

 

Football. Penalty d’Emmanuel Macron, sept buts… Revivez les temps forts du succès du Variétés CF

 

Emmanuel Macron a chaussé les crampons, ce jeudi, lors d’un match caritatif organisé au profit de la Fondation des Hôpitaux. Le Président de la République a parfaitement honoré l’invitation du Variétés Club de France, présidé par Jacques Vendroux, puisqu’il a inscrit le premier des six buts de son équipe et ainsi participé à la victoire face aux soignants du CHU de Poissy (6-1). Revivez les temps forts de la rencontre.

 

Ce n’était pas une soirée comme les autres, ce jeudi, au stade Léo-Lagrange de Poissy. Le rendez-vous n’avait rien de diplomatique mais Emmanuel Macron a tenu être là. Le Président de la République a répondu favorablement à l’invitation du Variétés Club de France, présidé par un certain Jacques Vendroux, pour disputer une rencontre caritative de football face aux soignants du CHU de Poissy. Le chef de l’État était titulaire, positionné au poste de milieu récupérateur aux côtés entre autres de Rudi Garcia et d’anciennes gloires du football.

 

Dans ce match, disputé au profit de la Fondation des Hôpitaux, Emmanuel Macron s’est particulièrement illustré. Crampons aux pieds, maillot bleu ciel sur les épaules et numéro 3 dans son dos, il s’est d’abord mué en buteur égalisateur, en transformant un penalty en tout début de rencontre. Il a ensuite contribué au succès de son équipe (6-1) en étant impliqué sur le quatrième but et en ne comptant pas ses efforts durant 75 minutes.

 

Le Président de la République a cédé sa place dans les derniers instants, sorti sous les applaudissements du stade Léo-Lagrange et remplacé par le journaliste Smaïl Bouabdellah.

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16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 06:00

Peut être une image de nature

Sur Face de Bouc le 11 octobre :

 

Éric Texier est à Charnay, Rhône-Alpes, France.

  · 

Mildiou, mildiou, Plasmopara viticola, Peranospera.

 

2021 sera souvenu par les vignerons français pour le gel d'avril et sa pression énorme de mildiou. Et nous fera encore face que vinifera n'a presque aucune défense contre lui.

 

Malgré la tendance aux approches bienveillantes de l'agriculture que je croise très souvent parmi les jeunes fantastiquement enthousiastes qui vont faire pousser des vignes et faire du vin dans un avenir proche, vinifera NE PEUT PAS supporter le mildiou dans les millésimes comme 2021 sans l'aide et le soin du vigneron. nes.

 

La vigne imaginée ici a été formée par des membres de Vignenvie, dans le cadre de l'agriculture naturelle (Fukuoka) et des principes biodynamiques depuis sa plantation en 2007. Elle pousse sous une culture de couverture permanente, sans labourage, et a extrêmement bien géré le gel.

 

Mais mildiou nous a laissé moins de 1/4 d'une récolte normale. Et comme c'est contre les principes Vignenvie de vendre une bouteille à plus que le prix d'un sandwich jambon-beurre, 2021 nous laissera une sacrée perte financière substantielle mais beaucoup de moments de joie 😊

 

VIGNE EnVie Guérard | Accueil - VIGNE EnVie

C Vignenvie oordonnées
ASSOCIATION VIGNEENVIE

Adresse :
485 RTE DES CARRIÈRES
69380 CHARNAY

Tel : 04 78 47 94 22

Objet : 

 

Effectuer directement, ou en participation avec d'autres entités, des opérations dans le but de préserver le paysage de vignes, promouvoir une viticulture environnementale et durable, préserver les métiers de la vigne et la culture du vin.

 

Activités : 

  • DÉFENSE DE DROITS FONDAMENTAUX, ACTIVITÉS CIVIQUES (défense des droits des enfants)

 

  • REPRÉSENTATION ET DÉFENSE D'INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES

 

Commentaires

Alice Olivier de Moor

Franchement Eric, YAKAFOKON augmente ...le prix du sandwich Jambon-beurre. Nous avons de grosses questions à nous poser. En tout cas, bon courage !

 

Eric Texier

Alice Olivier de Moor dans le cadre d'une assos ( Vignenvie ), on peux se permettre bien des choses, y compris voir comment une vigne gère une forte pression de mildiou sans cuivre et vendre des bouteilles aux adhérents actifs ( ce sont eux qui font tous les travaux viti- vini) au prix d'un jambon beurre et encore, pas Gare de Lyon ni dans le 11eme... Sisi😉

N'empêche, même dans ce cadre, pas de cuivre en 2021 = on ne couvrira pas les coûts, plutôt réduits pourtant, de production. Alors dans le cadre d'une activité professionnelle...

 

Eric Texier

Précision de mise: Laurence et moi sommes 2 membres parmi pleins d'autres. Les décisions y sont prises collectivement (d’où Biody, vous m'imaginez touiller une 501 au petit matin..., mais je revendique la non culture et le couvert).

 

Alice Olivier de Moor

Je comprends désormais, ce sont les vignes proches de chez toi. Tu m'avais parlé d'un Chardonnay. Je suis un peu long à la détente. J'espère que tu t'en tire pour le reste. Bon courage à vous.

 

 

Le mildiou

Le mildiou

 

Francisation phonétique de l’anglais downy mildew ICI qui évoque la substance collante sécrétée par les pucerons. Originaire d’Amérique, le mildiou est présent partout dans le monde où la vigne est cultivée et où les conditions climatiques sont favorables.

 

C’est encore  l’une des principales maladies de la vigne qui occasionne chaque année d’énormes dégâts, en culture dites traditionnelle, nécessite dans tous les cas plusieurs traitements fongicides (entre 5 et 10 traitements par an). On traite avec des cadences resserrées, en fonction de la fréquence des précipitations (en règle générale tous les 10 jours).

 

À l’origine, une algue-champignon microscopique

 

Le mildiou (Plasmopara viticola) a pour agent pathogène, les oomycètes, algues-champignons microscopiques qui appartiennent au groupe des stramenopiles* (regroupant également les algues brunes), des algues ayant perdu la capacité de faire la photosynthèse. Elles sont responsables du mildiou de la vigne aux épidémies potentiellement fulgurantes ; une maladie qui se développe sur tous les organes verts : rameaux, feuilles, grappes, vrilles. Elle infecte la plupart des espèces du genre Vitis. Les cultivars de l’espèce vinifera y sont très sensibles alors que les espèces sauvages y sont relativement résistantes.

 

Tous les oomycètes (anciennement classés avec les champignons), sont des micro-organismes aquatiques proches des algues brunes qui parasitent entre autres la vigne mais aussi les animaux. Ils ne sont pas au sens strict des champignons.

 

*Au sein du groupe des stramenopiles, il existe d’après l’INRA : environ 800 espèces saprophytes (micro-organisme vivant aux dépens des matières organiques) ou parasites d’oomycètes. Ces derniers ont longtemps été classés dans les phycomycètes ou « champignons inférieurs » (eumycètes). Cette classification a été révisée il y a quelques années car leur ultra structure, leur biochimie et leurs séquences moléculaires indiquaient qu’ils appartenaient à un groupe d’organismes incluant surtout des algues (vertes et brunes), des diatomées (micro-algues unicellulaires). Source  INRA : ICI 

 

La suite ICI 

 

Mildiou

Masanobu-Fukuoka.jpg

« J'ai en horreur la confusion, savamment entretenue par beaucoup, entre méthodes d'agriculture bio ou «naturelle» et vins «nature» ou «naturels » ICI

 

Le 23/03/2009 je publiais anonymement, avec son accord, le texte d’un vigneron. Ce garçon discret m’avouait qu’il ne goûtait guère le côté place publique de la blogosphère, qu’il n’avait nulle envie de devenir un icône de tous les milieux alternatifs du microcosme de la viticulture française, qu’il ne souhaitait pas rejoindre telle ou telle micro mouvance, qu’il n'avait rien demandé à personne et n’avait aucune aspiration de la sorte.


 

J’avais donc choisi de conter à ma façon son histoire sans en changer le fond d’aucune manière. C’était sans compter sur notre amie Iris qui dans un commentaire écrivait « Merci, d'avoir repris ce texte d'Eric Texier, qu'il avait mis sur LPV il y a quelques jours, et de l'avoir romancé à votre belle manièrehttp://fdata.over-blog.com/pics/smiles/icon_biggrin.gif

 

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