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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 06:00
Manger des fleurs de votre jardin en buvant du vin de la nature

Je suis né dans un ancien relais de Poste, au Bourg-Pailler, il était adossé à un grand jardin que cultivait le pépé Louis avant qu’il n’eut son attaque, puis par le cousin André Neau et enfin par mon frère Alain.

 

Dans ce jardin potager et fruitier ma sainte mère s’était réservée aux abords de la maison une plate-bande où elle cultivait des fleurs : des œillets, des zinnias, des soucis, des rosiers, des reines-marguerites, des dahlias, etc. Au perron de la maison trônaient deux grands camélias, qui craignaient le gel mais quand il y avait échappé étaient des splendeurs.

 

Vous vous en doutez nous ne mangions pas de fleurs !

 

Seuls les boutons d’or des prés nous indiquaient si nous aimions le beurre.

 

Je n’ai pas la main verte. Mon truc à moi c’est le labour à la fourche à 5 dents (je devrais écrire c’était car je ne suis plus en état de la manier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rat des villes depuis bien longtemps je mets à profit mes vacances éternelles pour donner la main à l’association Veni Verdi où sur le toit d’Émilie, rue d’Aboukir, poussent un jardin à la Pascal Garbe

 

Celui-ci écrit dans son livre Tout se mange dans mon jardin L’alliance du beau et du bon : « Ma vision du jardin reste simplissime, voire simpliste : un bel endroit où l’on peut profiter de la vie : quoi demander d’autre ? »

 

« Observer, toucher, sentir, goûter : tous les sens doivent être mis en avant dans le jardin. »

 

« Le jardin doit, pour moi, être simple et efficace. Les plantes qui se ressèment seules comme les ancolies ou les aulx d’ornement sont des espèces que j’apprécie tout particulièrement.»

 

« Profiter, pendant de longues heures des parfums, des floraisons sans avoir d’autres envies. Regarder les plantes, les fleurs s’épanouir, picorer là quelques framboises, plus loin quelques baies d’amélanchier. Cueillir quelques feuilles d’agastache ou quelques fleurs de capucine (Trapoleum majus) pour agrémenter une salade qui sera dégustée le soir même avec des copains. Ramasser des fleurs pour composer une vasque fleurie, faire découvrir aux amis qui me rendent visite la saveur piquante du Rau Ram (Polygonum odoratum) ou celle étonnante de la plante aux huîtres (Mertensia maritima).

 

Dans un jardin ou même dans la nature l’un des grands plaisirs est celui de la cueillette et, croyez-moi, ce n’est pas si simple que cela de bien cueillir.

 

On peut cueillir pour soi, juste le nécessaire, ou cueillir pour une vente mais pourquoi aussi cueillir des fleurs pour les manger ?

 

Bien évidemment l’homme qui a mis des fleurs dans ses plats c’est Michel Bras sur les hauteurs de Laguiole.

 

Pascal Garde nous donne la marche à suivre « J’essaie de cueillir le plus tôt possible dans la journée. Les fleurs sont encore très fraîches et se gardent mieux […] Je les prélève avec des ciseaux ou un petit sécateur. Comme je n’ai pas besoin d’une grand quantité, un petit plateau suffit généralement, sauf quand je prévois de faire un mélange une salade. Je lave délicatement les feuilles et les fleurs les plus grosses puis je les laisse sécher sur un papier absorbant et je les garde jusqu’au moment de servir dans une barquette fermée hermétiquement que je place au frais. Quant aux petites fleurs, comme la bourrache, les sauges, les œillets, j’ai pris le parti de ne pas les laver. Je n’utilise pas de produits phytosanitaires, je n’ai donc pas de réelles raisons de les laver si ce n’est pour retirer les impuretés. »

 

Plus elles sont jeunes, meilleures elles sont !

 

Pour Pascal Garde c’est vrai aussi pour la cueillette des légumes « cela ne sert à rien de laisser grossir des haricots, des fèves ou encore des courgettes ! De nombreux légumes seront beaucoup plus savoureux si vous les cueillez quand ils sont jeunes. En les laissant vieillir, vous risquez d’obtenir des légumes durs, voire filandreux. »

Manger des fleurs de votre jardin en buvant du vin de la nature
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 08:15
Dimanche pluvieux, dimanche heureux, 66/34 une Présidentielle à 4 tours

7 heures 30, ce dimanche, je me tire des bernes avec peine, le ciel est bas et crache une pluie fine. J’enfile mes brailles, chausse mes richelieu, jette sur mes épaules une pelisse à col en laine de mouton.

 

Je sors.

 

Il pleut, la contre-allée luit.

 

Je remets mes pas dans mes pas du premier tour, à mi-chemin il est 8 heures.

 

Bureau 26, 5 électeurs dont 2 devant moi, l’opération de contrôle se fait plus rapidement que la fois précédente.

 

2 bulletins à mon choix et je dois en prendre 2 différents, c’est la loi, je pense alors à celles et ceux qui nous ont bassiné sur le thème « je ne veux pas me salir les mains en déposant un bulletin Macron » car moi je viens de me les salir en touchant un bulletin MLP.

 

A voté.

 

Au-dehors, sur le trottoir, 3 bonnes sœurs ensoutanées, il est 8 heures 8.

 

Je petit déjeune en écoutant France-Inter. C’est la journée de l’Opéra.

 

Ouverture de mon écran, ma chronique d’hier a été fort lue. Je surfe sur les nouvelles.

 

À 9 heures 15, je poste sur Twitter ma 200e citation fausse : «Le sexe masculin est ce qu’il y a de plus léger au monde, 1 simple pensée le soulève»

 

Casanova

 

Noirmoutier (France) (AFP) - Elle est rare, éphémère et prisée des grands chefs pour son goût unique : la bonnotte de Noirmoutier, une pomme de terre récoltée à la main, fait le prestige de l'île vendéenne depuis son retour remarqué sur les tables, il y a plus de vingt ans.

 

11 h 45 la ménagère de plus de 65 ans part faire des courses rue Daguerre.

 

Émilie la jardinière sur les toits m’écrit « et si on déjeunait ensemble ? »

 

La réponse est oui.

 

Une participation quasi stable par rapport au premier tour. A midi, 28,23% des Français inscrits sur les listes électorales ont voté pour le second tour de l'élection présidentielle, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur diffusés dimanche 7 mai. Le 23 avril, ils étaient 28,54% à avoir voté à la même heure.

 

A 17h, la participation au second tour de l'élection présidentielle est nettement moins forte qu'au premier tour : 65,30% des Français inscrits sur les listes électorales ont voté, selon les chiffres diffusés dimanche 7 mai par le ministère de l'Intérieur. Le 23 avril, ils étaient 69,42% à avoir glissé leur bulletin dans l'urne à la même heure. En 2012, la participation à 17h était encore plus forte : 71,96%.

 

Sur le chemin d’Amarante, avant le pont d’Austerlitz, croisé un groupe de supporters suisses en partance pour la salle de Bercy où se joue le championnat du monde de hockey sur glace.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Excellent déjeuner comme toujours chez le chef Philippe avec l’ami Mareva aux manettes en salle.

 

Les + forts s taux de participation à 17 heures

#Allier 72,64%

#Eure 72,49%

#DeuxSèvres 72,21%

#CôtesdArmor 71,44%

#Cantal 71,29%

 

Les taux de participation les + faibles à 17 heures

#CorseduSud 53,68%

#SeineSaintDenis 54,65

#HauteCorse 56,40

#ValdeMarne 57,59

#Paris 58,77

 

18 h

Radio LondresCompte certifié @RadioLondres_fr

Les outremers sont largement en marche. Je répète, les outremers sont largement en marche #RadioLondres2017

 

RTBF info

Selon 4 instituts, entre 62 et 67% en faveur d'@EmmanuelMacron dans la #Presidentielle2017

 

Je fais une crêpe aux pommes pour m’occuper la tête en attendant les résultats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne doute pas du résultat, l’intérêt sera dans l’écart.

 

Bref, à 20 heures les estimations confirment que MLP sera sèchement battue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je visionne sur la 2 les débats en plateau tout en lisant le défilé des Tweets, c’est affligeant. Les camps, les clans, les ambitions, les rancœurs, une France fracturée.

 

Le monde est plus enthousiaste que nous.

 

 

1h50: Macron à 66,06%, Le Pen à 33,94%

Selon les résultats quasi définitifs fournis par le ministère de l'Intérieur. L'abstention est de 25,38%.

 

À , 90% des suffrages pour @EmmanuelMacron et seulement 10% pour l'extrême-droite. Fière des Parisiens !

 

Les 2 grands blocs fissurés résistent, la bataille des législatives est déjà ouverte.

 

S’en étonner me fait sourire, depuis toujours j’ai écrit que tout ce jouerait dans les circonscriptions car les 4 blocs du premier tour de la Présidentielles pour gagner devront agréger au second tour des Législatives pour l’emporter ou se maintenir lors de triangulaires ou de quadrangulaires à haut risque.
 

Comme on dit, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

 

Pour ma part, je ne me départirai pas de mon retrait face aux postures de certains qui jouent avec les peurs et les colères.

 

Bonne journée.

Dimanche pluvieux, dimanche heureux, 66/34 une Présidentielle à 4 tours
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 08:00
CHAP.18 cabinet noir, « j'appartiens à la France qui vote Macron, je suis trop riche pour voter pour Le Pen ou Mélenchon, mais je ne suis pas un héritier, donc je ne peux pas voter Fillon » Houellebecq.

Plus Houellebecquien que moi tu meurs, bien avant qu’il soit devenu un auteur médiatique je l’avais découvert, dans ce qui est et reste son meilleur livre, Extension du domaine de la lutte.

 

« Les loupiotes jaunasses de cet autorail qui se traînait, de gare vide en gare vide, donnait à mon reflet dans la vitre piquée des contours mous, fienteux. À chaque démarrage, le diesel exhalait des remugles acides et ses gros hoquets agitaient la carlingue. Nous étions, en tout et pour tout, trois : une grosse femme sans âge qui tricotait avec une obstination mécanique, un jeune type au faciès de cheval somnolant la bouche grande ouverte, et moi bien sûr qui rêvassait. Lorsqu’il se pointa dans le compartiment, le contrôleur, qui devait avoir couché avec son uniforme, dégageait un mélange de tabac froid, de slip ancien et d'huile de friture. Sous une casquette de guingois ses cheveux gras dégoulinaient. En réclamant mon ticket il jeta sur moi un regard las agrémenté d’un rictus dévoilant une denture jaunasse et dépareillée. Son haleine fétide, ses ongles longs, bombés et incurvés, sales – on aurait dit des serres d'aigles. Ça me donnait envie de gerber. Fallait que j'en grille une. Je fourrageais dans mon sac à la recherche de ma boîte à rouler. Mes calbars et mes chaussettes se mêlaient avec tout un fatras de papiers que je trimballais en permanence. Officiellement pour écrire, des notes, ça faisait un sacré temps que je n'avais pas aligné une phrase. Le petit bouquin me tomba dans la main. Je le caressai.

 

Dans un craillement de freins notre équipage stoppait en gare d'Evreux. Les néons du quai lâchaient dans l'habitacle une lumière crue de scialytique. Deux bidasses montaient en parlant fort. La tricoteuse nous quittait. Dans ma main droite le titre du petit bouquin m'étonnait : « Extension du Domaine de la lutte », ça sonnait comme du pur jus d'intello post-soixante-huitard non révisé, prétentiard. Si je l'ai ouvert c'est qu'il était édité par Maurice Nadeau. J'ai toujours eu un faible pour Nadeau. Y’avait un nom écrit au crayon au revers de la couverture : Chantal Dubois-Baudry. Les patronymes à tiret m'ont toujours fasciné, à la manière de la transmutation d'un vil métal en or. Mon doyen de fac s'appelait Durand-Prinborgne et, comme raillait mon pote Bourrassaud, quand je m'extasiais sur un Dupont-Aignan ou une Debrise-Dulac « et mon chauffe-eau c'est un Saunier-Duval... » La Dubois-Baudry était la reine du soulignage alors j'ai survolé les phrases soulignées du petit bouquin fripé. Y'en a une que j'ai relu trois fois « Au métro Sèvres-Babylone, j'ai vu un graffiti étrange : « Dieu a voulu des inégalités pas des injustices » disait l'inscription. « Je me suis demandé qui était cette personne si bien informée des desseins de Dieu. »

 

Arrivé à St Lazare j'ai trouvé refuge dans un café crade où un garçon aux cheveux pelliculeux et aux ongles sales, c'était le jour, m'a gavé de demi de bières tiédasses. Quand j'eus fini de lire le petit bouquin au titre étrange j'allai pisser. Les toilettes étaient à la hauteur du standing de l'établissement ce qui ne m'empêcha pas de me poser sur la lunette. J'étais encore dans le petit bouquin. Le petit bouquin était sur mes cuisses. C'est alors que j'ai découvert le nom de l'auteur : Houellebecq. Étrange, ça sonnait comme un nom d'abbaye. Ce Houellebecq m'avait dérangé. Il m'énervait même si son style atone, minimal, s'élevait parfois jusqu'à devenir Bovien. Son Tisserand, l'un de ses personnages, venait de détruire mon postulat de la laideur. Ce type « dont le problème - le fondement de sa personnalité, en fait - c'est qu'il est très laid. Tellement laid que son aspect rebute les femmes, et qu'il ne réussit pas à coucher avec elles. Il essaie de toutes ses forces, ça ne marche pas. Simplement elles ne veulent pas de lui… » Ce type grotesque, lamentable, j'avais envie de tirer la chasse d'eau sur lui mais je ne pouvais pas. Que pouvait-il faire ce laid, en dehors de se résigner, d'épouser une moche, d'aller aux putes ou de devenir riche ? »

 

Lors de l’Émission politique de France 2, jeudi dernier, David Pujadas et Léa Salamé avaient convié plusieurs commentateurs et acteurs de la vie publique sur leur plateau, pour qu’ils donnent leur interprétation de la fracture entre les « deux France », mise en lumière lors du premier tour de l'élection présidentielle. Dans la dernière partie, c’est Michel Houellebecq qui a offert sa vision – préoccupée, comme souvent – du pays.

 

« Je fais partie de l'élite mondialisée. (...) J'appartiens à la France qui vote Macron ». « Moi je crois au vote de classe. (...) Je suis trop riche pour voter pour Le Pen ou Mélenchon, mais je ne suis pas un héritier, donc je ne peux pas voter Fillon », explique-t-il. Cela ne l'empêchera pas de s'abstenir, comme il a coutume de le faire (« sauf aux référendums »), dimanche prochain.

 

Pour lui la campagne de Macron est « une thérapie de groupe » Michel Houellebecq a avoué ne plus connaître la France « périphérique », des exclus. « La France de Marine Le Pen n'habite pas à Paris, elle habite dans des zones périphériques », constate-t-il « De fait j'ai perdu le contact, je ne pourrais pas écrire là-dessus », se disant fort gêné par cette évidence, qui tient selon lui de la « faute professionnelle ». Il ne s'est pas privé d'analyser les phénomènes politiques révélés – ou provoqués – par l'élection présidentielle. D'après lui, le clivage droite-gauche persiste, mais se superpose au clivage ouverture-fermeture, porté selon certains par le duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. « Je ne sais pas si j'ai vu des présidentiables pendant le débat », observe-t-il, avant de comparer la campagne du candidat d'En Marche! à une « thérapie de groupe, pour convertir les Français à l'optimisme ».

 

 

Si j’ai bien compris Emmanuel Macron a le nom de son Premier Ministres dans sa tête, sans avoir le pouvoir d’y pénétrer je prends le risque de vous annoncer que ce sera Thierry Breton, ancien Ministre de l’Économie sous Jacques Chirac et actuel PDG d’ATOS.

 

La passation de pouvoirs devrait avoir lieu le dimanche 14 mai « C'est l'hypothèse sur laquelle le protocole de l'Élysée travaille prioritairement, selon nos informations. Un dimanche, cela n'est pas arrivé depuis 110 ans. Des passations de pouvoir ont eu lieu le samedi, mais jamais le dimanche. Cela n'est arrivé qu'une fois en 170 ans : c'était le dimanche 18 février 1906, pour Armand Fallières.

 

Comme il l'a promis lors de ses derniers vœux, François Hollande compte présider « jusqu'au dernier jour » Et son dernier jour de mandat, comme l'atteste le calendrier du Conseil constitutionnel sur son site Internet, c'est le dimanche 14 mai. Étrangement, l'Élysée ne fait pas le même calcul et explique que trois jours sont envisagés pour l'investiture le samedi, le dimanche mais aussi le lundi. « Lundi, c'est trop tard », réplique le constitutionnalise Didier Maus, que nous avons consulté. À minuit, précise-t-il, la passation de pouvoir devra « impérativement avoir eu lieu ».

 

Quand Emmanuel Macron était banquier d'affaires : « Un élément prometteur, mais sans plus »

 

Vous est-il arrivé de taper "Macron banquier" sur Google ? Cette requête suffit à mesurer à quel point ces deux mots, accolés, suscitent les pires fantasmes. De quoi donner envie de scruter de plus près les quatre années passées chez Rothschild & Co par le futur candidat à l'Elysée. Le banquier d'affaires a-t-il été un "Mozart de la finance" ? Ou un météore de passage dans les couloirs feutrés de cette banque prestigieuse, dans l'attente d'un autre destin ? A trois jours du second tour du dimanche 7 mai, franceinfo se penche sur la précédente carrière d'Emmanuel Macron.

 

Une carrière débutée sur les conseils d'Alain Minc

 

Rembobinons le parcours du prodige. Sorti en 2004 dans la "botte" (c'est-à-dire parmi les tout premiers) de l'ENA, Emmanuel Macron rejoint à 27 ans la très élitiste Inspection des finances. Il devient rapidement le protégé de Jean-Pierre Jouyet, alors chef des inspecteurs des finances, qui le présente à Jacques Attali. De fil en aiguille, Emmanuel Macron est désigné en 2007 rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance. Présidée par l'ancien sherpa de François Mitterrand, ce cénacle est un vivier de patrons, d'économistes et d'intellectuels.

 

Le jeune Macron étoffe son carnet d'adresses, et croise quantité de bonnes fées qui se penchent sur sa carrière naissante. Elles l'orientent vers la banque d'affaires. "Au moins trois commissaires, Jean-Michel Darrois [avocat], Serge Weinberg [président du conseil d'administration d'Accor] et Xavier Fontanet [PDG d'Essilor International], le recommandent chez Rothschild", racontent Les Echos.

 

Pourquoi le jeune homme, déjà mû par une ambition présidentielle, selon son biographe François-Xavier Bourmaud, choisit-il le privé ? Parce que l'homme d'affaires Alain Minc lui aurait donné ce conseil, dès sa sortie de l'ENA :

 

« Pour faire de la politique aujourd'hui, il faut être riche ou ascète. Donc, commence par fabriquer de l'épargne, deviens banquier d'affaires. D'abord, tu seras libre (...) de conseiller des hommes politiques pendant cette période. Mais, surtout, tu gagneras bien ta vie pendant plusieurs années, et tu y gagneras ta liberté. »

 

Alain Minc

Cité dans le livre "Macron, l'invité surprise" (éd. de l'Archipel)

 

La suite ICI 

 

 

 

 

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 06:00
Même parfumée au Calvados je n’aime pas le cervelas, chronique écrite à l’encre sympathique à l’attention d’un étron

Mon appartenance, revendiquée et assumée, à l’A.V.C. l’Amicale des Vieux Cons me permet, en ce jour de votation, de me livrer à un exercice jubilatoire, écrire à l’encre sympathique une chronique où, qui que ce soit, ou presque, n’y comprendra goutte, n’entravera rien, pour le fun, la célébration railleuse de l’état de décomposition de certains membres de la caste des intellectuels médiatiques...

 

Oui je me lâche grave !

 

Très clairement ces étrons me font chier !

 

J’en ai rien à branler de leur diarrhée dans le style de la pire droite des années 30 comme celle-ci « Pierre Bergé, locataire d’utérus d’autrui, Jacques Attali plagiaire notoire et condamné comme tel par la justice, Alain Minc, plagiaire du précédent, Bernard Kouchner, sac de riz chez les médecins et médecin chez les sacs de riz, Daniel Cohn-Bendit, pédophile au siècle dernier… »

 

Ça vole haut, si haut que je ne m’abaisserai pas à transcrire son nom mais je me contenterai de chanter sur tous les tons son goût profond pour le terroir profond, son ode au cervelas aiglon composé de viande de porc issue de l’épaule, aromatisée au calvados, avec de l’ail et de l’oignon, fumé au bois de hêtre, aimé du président Pompe, « amoureux de Racine et de la poésie qui soupesait la fugacité des hommes, cigarette ironique aux becs… qui avait rejoint, la banque, dirigée par Guy, petit-fils d’Alphonse… c’est en cherchant des finances pour le RPF, le parti du Général sous la IVe République, que Pompidou a rencontré la rue Lafitte. Ainsi se nouaient les carrières. Il n’y avait pas de honte ? Rothschild, quand même, posait une question. «Pompidou, il veut gagner de l’argent», avait confié De Gaulle à François Bloch-Lainé, haut fonctionnaire qui lui suggérait de prendre l’Auvergnat aux Finances. Matignon, ce serait autre chose? Pompidou était d’une solidité sans faille. Son travail chez Rothschild lui avait, aussi, servi de couverture, pour préparer les négociations du pouvoir avec les indépendantistes algériens. Il avait hésité entre «le monde des affaires», ainsi parlait-on, et le service de l’Etat. Il aurait un destin national. »

 

Longtemps au temps de la Rocardie je suis passé à l’Aigle pour aller disputer le tournoi de football du lundi de Pentecôte, et le soir venu, fourbus, meurtris, avec la complicité du boucher local, nous nous adonnions au plaisir du barbecue. Pendant la cohabitation 86-88, nous nous retrouvions comme des poussins égaillés, parfois Michel Rocard venait nous rendre visite sur la touche, et moi étant à la SVF je me faisais prosélyte de notre produit en organisant pendant nos grillades une dégustation, pour un groupe choisi, de grandes bouteilles. Je demande humblement pardon aux grands prêtres du vin de cette incongruité : un grand cru sur une saucisse grillée est un péché mortel que j'ai commis sans remord. Ça c'était le must. Ensuite l'ambiance festive aidant venait le temps de l'eau chaude chère à notre boucher en particulier et aux normands en général. Par bolées conséquentes, tout le petit peuple des technocrates parisiens, s'envoyaient la dite eau chaude servie par le débiteur de bovins du haut de son mètre 80 et de son double quintal. Au milieu des pommiers, dans le crépitement des braises du feu, le Calvados se noyait dans l'eau et nous préparait à une bonne nuit de sommeil peuplée de rêves de montées offensives ponctuées de passes décisives ou d'une tête plantée au premier poteau à la suite d'un corner... »

 

Jamais au grand jamais nous n’aurions mangé du cervelas aiglon, pure invention moderne, loin de la tradition de la charcutaille de terroir. Nous laissions ça aux petits bourgeois en mal d’exotisme rural nous bouffions du pur goret de pépés .

 

Comme j’ai l’esprit d’escalier, les étrons me mènent à Abel Tiffauges :

 

« … depuis son arrivée au camp, et malgré la nourriture chiche et médiocre, il vivait dans une béatitude fécale. Chaque soir avant le second couvre-feu – il se rendait aux feuillées pour un temps aussi prolongé que possible qui était le meilleur moment de la journée et qui le ramenait fortement à ses années beauvaisiennes. Parenthèse de solitude, de calme et de recueillement dans l’acte défécatoire, accompli généreusement et sans effort excessif, par un glissement régulier de l’étron dans le fourreau lubrifié des muqueuses. »

 

Le Roi des Aulnes Michel Tournier Gallimard pages 180-181

 

 

 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 06:00
Je n’ai qu’1 seule arme à ma disposition mon bulletin de vote et je ne tirerai pas à blanc, c’est nul !

J’ai adhéré à l’A.V.C : l’Amicale des Vieux Cons dont font partie José Bové, Robert Badinter, Daniel Cohn-Bendit, Ariane Mnouchkine, Yanis Varoufakis… et bien d’autres qui voteront Macron dimanche prochain.

 

Je m’abstiendrai ici de m’exprimer sur le ni-ni de ceux qui se sont autoproclamés « insoumis » car mes mots seraient trop durs pour eux. Dans la vraie vie j’en croise tant et tant que je connais leur capacité à penser que l’Histoire commence avec eux et à s’exonérer de leur part de responsabilité dans la faillite du fameux système.

 

Ils sont aussi le système et ils ont eux aussi contribué, peut-être à leur corps défendant, à recruter des électeurs pour MLP. À force de ressasser des Si, de ne pas analyser les raisons pour lesquelles les électeurs n’ont pas placé leur champion à la seconde place, ils se réfugient dans une étrange posture de contorsionnistes.

 

Libre à eux, mais pourquoi tant de mots de justification, d’autojustification, de leur attitude, que je respecte en la contestant aujourd’hui, et pas avant, sur les réseaux sociaux.

 

Face à un choix binaire, s’en exonérer c’est se dérober, se laver les mains à bon compte.

 

Les militants, comme les supporters, m’ont toujours insupporté par leur incapacité à sortir de leur enfermement et leur capacité à gober et à répéter la vulgate rigide de leur parti. Avec eux le chef à toujours raison, il faut le suivre aveuglément jusque dans ses petits calculs.

 

Dans ma vie civique, lors des élections présidentielles où je n’ai pu voter qu’à partir de 1974, en 69 j’ai raté le coche d’un petit mois, mon vote du deuxième tour a toujours été un vote de raison et non de totale adhésion.

 

1974 -1981-1986 Mitterrand

 

1995 Jospin

 

2002 Chirac

 

2007 Royal

 

2012 Hollande

 

2017 je récidive avec Macron

 

Toujours du deuxième choix !

 

J’assume !

 

«Curieuse impression, avec l’âge, de comprendre de + en + de choses et de se sentir de + en + con»

Antoine Blondin

 

Bien conscient d’être arrivé de plus en plus près du bout de ma route, me souvenant que j’ai été un jeune con, je constate avec horreur que beaucoup de jeunes cons d’aujourd’hui sont souvent des ignorants diplômés. Faillite de notre système éducatif, triomphe de l’ignorance crasse, de la reprise de slogans, du triomphe de la forme sur le fond.

 

Le tribun triomphe, ça me fait penser à Doriot électrisant ses auditoires pour passer du PCF, maire de l'emblématique St Denis, à la collaboration la plus noire avec la LVF.

 

J’ai toujours cru au triomphe de l’intelligence mais, avec ce qui se passe, je doute de plus en plus. Intelligence n’égale pas diplôme, mon père qui n’avait aucun certificat en poche aurait mieux argumenté que bien des bardés de diplômes.

 

« L’ignorance du peuple nous garantit sa soumission »

 

Catherine II impératrice de Russie.

 

Je sais d’où je viens, je ne l’ai jamais oublié, mais ma « méritocratie » républicaine n’a rien à voir avec une quelconque morgue de l’élite.

 

Je doute, j’écoute, je réfléchis et tout au cour de cette campagne je n’ai à aucun moment craché du venin, participé au simplisme ambiant, je me suis tu, j’ai respecté les opinions sans pour autant cautionner celles de la haine et de l’exclusion.

 

Insensible à l’esbroufe, aux mouvements de menton, je suis et reste mendésiste !

 

Trouvé sur Face de Bouc :

 

« Me font marrer les gens… si demain leurs gosses brillent dans les études, vont-ils les traiter d'enculés de banquiers ou d'intellos ? Aujourd'hui être un con inculte c'est devenu cool je crois ... quelle tristesse »

 

J’ai toujours revendiqué et assumé mon parcours aux côtés de Michel Rocard, toujours minoritaires, toujours vilipendés par celui qui aujourd’hui, enfant de Mitterrand, se proclame chef des insoumis. Apparatchik de la plus belle espèce, opportuniste et calculateur, révolutionnaire en siège premium sur Air France.

 

La morale de l’attitude du bal des hypocrites, dont beaucoup sont bien au chaud dans la Fonction Publique, c’est que ma voix ils ne l’auront pas lors la bataille décisive du deuxième tour des législatives, là où tout se jouera, je les laisserai à leur véritable poids électoral et à leur intransigeance sectaire. Je n’irai pas à la pêche car je n’aime pas la pêche mais goguenard je me contenterai de constater : vous l’avez bien mérité.

 

Même si je partage certaines de leurs analyses je me souviendrai de votre absence en un moment décisif, dans ce que les sportifs appellent le money time. Moi j’ai choisi, j’ai utilisé mon seul pouvoir de citoyen, le bulletin de vote pour contribuer à écraser la tête du serpent venimeux.

 

Mon vote de dimanche n’est pas un blanc-seing mais un simple acte de résistance citoyen, propre et efficace

 

Pour conclure cette chronique j’avoue être, dans sa démarche, très Yannis Varoufakis :

 

« Marine Le Pen est-elle vraiment une option moins inacceptable que son père ? Emmanuel Macron est-il pire, du point de vue de la gauche, que Jacques Chirac en 2002 ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi certains leaders de la gauche refusent-ils aujourd’hui de soutenir Macron contre Le Pen ? C’est pour moi une véritable énigme. »

 

Et, cela étant donné, je refuse de faire partie d’une génération de progressistes européens qui auraient pu empêcher Marine Le Pen de gagner la présidence française mais ne l’ont pas fait. C’est pourquoi j’écris cet article : pour soutenir sans équivoque la candidature de Macron au deuxième tour. Le Front national ne peut pas s’emparer de l’Elysée par surprise, du fait d’une indifférence tactique fautive de notre part.

 

Bien que cela aurait été ma position, qui que soit celui qui se serait présenté contre Le Pen sur la base d’un projet non raciste, il y a quelque chose de plus dans mon soutien à Emmanuel Macron : au cours de mon mandat en tant que ministre des finances de la Grèce au début de 2015, Emmanuel m’a révélé un côté de lui que peu de progressistes connaissent.

 

Alors que la « troïka » des créanciers de la Grèce et le gouvernement de Berlin étranglaient les tentatives de notre gouvernement de gauche nouvellement élu pour libérer la Grèce du carcan de sa dette, Macron a été le seul ministre d’Etat en Europe à faire tout son possible pour nous aider. Et il l’a fait en prenant un risque politique personnel.

 

Je me souviens très clairement de l’après-midi du 28 juin 2015, ce terrible dimanche, lorsque l’Eurogroupe avait décidé de fermer nos banques pour punir notre gouvernement de résister à un nouveau prêt prédateur et à d’autres attaques austéritaires antisociales et récessionnaires affectant les Grecs les plus faibles.

 

C’est vers 18 heures que j’ai reçu un SMS d’Emmanuel, par lequel il m’informait qu’il avait du mal à convaincre le président Hollande et Sigmar Gabriel, le vice-chancelier d’Allemagne, de trouver une solution : « Je ne veux pas que ma génération soit celle qui aura été responsable de la sortie de la Grèce de l’Europe », disait-il.

 

Moins d’une minute plus tard, j’ai répondu : « Mais bien sûr. Il suffit de savoir que nous avons besoin d’un accord qui offre un répit à long terme et la perspective que cette situation ne se répétera pas dans quelques mois. » Emmanuel était d’accord. Il allait parler à son président et reviendrait vers moi : « Une solution durable est la clé, je suis d’accord avec vous », écrivait-il, en proposant de se rendre incognito à Athènes le lendemain, de dîner avec moi et Alexis [Tsipras], et de forger un accord entre Athènes, Berlin et Paris.

 

Après minuit, alors que nous étions en pleins préparatifs pour les fermetures de banques, Emmanuel m’écrivit à nouveau pour m’informer que le président Hollande envisageait de faire une déclaration le matin pour rouvrir les négociations. Je l’ai remercié et j’ai attendu. « Bien, a dit Emmanuel un peu plus tard, je suis prêt et je suis sûr qu’Alexis, vous et moi pourrons trouver un accord… Je vais convaincre le président demain. Nous devons réussir ! »

 

Le lendemain matin, le lundi 29 juin, le jour où il devait venir à Athènes, Emmanuel a appelé pour demander un service : Alexis pouvait-il contacter le président Hollande pour confirmer qu’il était prêt à recevoir Emmanuel à Athènes, comme émissaire du président français ?

 

J’ai appelé Alexis, expliqué l’occasion qui nous était proposée, et il était d’accord. Une heure plus tard, cependant, Alexis m’a rappelé, en colère, ce qui était compréhensible. « Qu’est-ce qui se passe ?, demanda-t-il. Le bureau de Hollande répond qu’ils n’ont aucune idée d’une éventuelle mission de Macron à Athènes. Ils nous ont renvoyés vers Michel Sapin. Est-ce qu’il te fait marcher ? »

 

Quand j’ai fait part de cet échange à Emmanuel, il a eu l’air en colère. Son explication m’a choqué : « Les gens de l’entourage de Hollande ne veulent pas que je vienne à Athènes. Ils sont proches de la chancellerie de Berlin. Ils ont clairement bloqué la démarche d’Alexis. Mais donnez-moi son numéro de téléphone portable personnel [celui de Tsipras]. Je vais aller à l’Elysée personnellement dans une heure pour lui parler [à Hollande] et lui demander d’appeler Alexis directement. »

 

Quelques heures passèrent, mais Hollande n’appela jamais Alexis. J’ai donc envoyé un SMS à Emmanuel : « Si j’ai bien compris, il n’y a pas eu de progrès ? Et votre voyage a été annulé ? » Un Macron abattu m’a confirmé qu’il avait été bloqué – par son président et son entourage. « Je vais encore insister pour vous aider, Yanis, croyez-moi », a-t-il promis. Je l’ai cru.

 

Trois mois après ma démission, en octobre, j’ai rencontré Emmanuel à Paris. Il m’a dit que lors d’une réunion au sommet avant sa tentative infructueuse de médiation avec Alexis, il avait relayé mon avis : que l’accord de la « troïka » pour la Grèce était une version moderne du Traité de Versailles. Merkel l’avait entendu et, selon Emmanuel, avait ordonné à Hollande d’écarter Macron des négociations avec la Grèce.

 

En écrasant le printemps grec, la « troïka » a non seulement porté un coup à la Grèce, mais aussi à l’intégrité et à l’esprit de l’Europe. Emmanuel Macron a été le seul membre du système qui a essayé de s’y opposer. Je pense qu’il est de mon devoir de faire en sorte que les Français progressistes, sur le point d’entrer (ou de ne pas entrer) dans le bureau de vote au second tour de l’élection présidentielle, fassent leur choix en ayant pleinement conscience de cela.

 

Pour ma part, ma promesse à Emmanuel est la suivante : je vais me mobiliser pleinement pour vous aider à battre Le Pen, et je me joindrai avec la même force aux prochaines Nuits debout pour m’opposer à votre gouvernement lorsque – et si – en tant que président, vous tentez de poursuivre la mise en œuvre de votre néolibéralisme qui est déjà un échec. »

 

 

Résultats du 1er tour XIVe arrondissement

 

37.19%

Emmanuel Macron, En Marche!

 

22.28%

François Fillon, LR

 

19.27%

Jean-Luc Mélenchon, La France Insoumise

 

11.52%

Benoît Hamon, PS

 

5.34%

Marine Le Pen, FN

 

1.92%

Nicolas Dupont-Aignan, DLF

 

0.82%

François Asselineau, UPR

 

0.66%

Philippe Poutou, NPA

 

0.53%

Jean Lassalle, Indépendant

 

0.3%

Nathalie Arthaud, LO

 

0.17%

Jacques Cheminade, Solidarité Et Progrès

 

Nombre d'inscrits :

83 195

 

Taux de participation :

84.67%

(70 443 inscrits)

 

Taux d'abstention :

15.33%

(12 752 inscrits)

 

Votes exprimés :

98.61%

(69 461 votes)

 

Votes blancs :

1.02%

(718 votes)

 

Votes nuls :

0.37%

(264 votes)

 

 

 

 

 

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 06:00
Les grandes charrettes des « dégraissés », un texte de 1990

La sidérurgie, les charbonnages, l’industrie textile, la chaussure et bien d’autres industries ont « dégraissé » disait-on, fait de grands plans sociaux qui ont laissé des plaies béantes dans les grandes régions ouvrières, constitué le terreau de cette France meurtrie par la mondialisation qui se jette de plus en plus dans les bras des démagogues.

 

Bernard Arnault a construit son empire sur les décombres de Boussac-Saint-Frères.

 

Lire ICI 

 

Depuis, la désindustrialisation n’a fait que s’amplifier, inexorable, laissant des hommes et des femmes sans avenir.

 

J’ai écrit ce texte un soir en 1990.

 

Il est sans doute un peu simplet mais je l’assume sans honte.

 

Épluchure

 

Les gens d’en haut

M’ont mis sur la liste

Comme un de trop

J’ai pris le chemin d’être érémiste

Comme un moins que rien.

 

Tiens y’a Lucien

Qui fait pisser son chien

Et ma Lucette

Qui va bosser

Sans un baiser.

J’sais pas pleurer

Alors j’fais rien.

 

J’pue

Plus

L’huile de vidange

J’cocotte l’ennui

Et là pas de rechange

Le jour comme la nuit.

 

Les mecs du haut

Y font le boulot

Simplement

Proprement

J’suis licencié

Dégraissé…

 

Lire ICI  

"Faire passer les classes populaires pour fascisées est très pratique"

De l'Amérique de Trump à la France périphérique, il n'y a qu'un pas. Le géographe Christophe Guilluy nous explique pourquoi. Interview.

Publié le  | Le Point.fr
 
 
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 06:00
Le 10 mai 1981 vu par Laurent Joffrin le trouble de la gauche non communiste qui n'osait pas renvoyer ses cryptocommunistes à leur passé et aux oubliettes de l'histoire.

Dans un numéro spécial Antenne 2 de février 1984 titré «VIVE LA CRISE!»: La grande mutation des années 80, racontée par Yves Montand, ce cher Joffrin nous offrait une superbe tranche de sa pensée à géométrie hautement variable.

 

Je l’avais acheté un dimanche ensoleillé d'avril 2007 à un grand vide-greniers de la rue de Flandres, ce numéro spécial de Libération Antenne 2 de février 1984, à même le sol, perdu dans une marée d'objets hétéroclites, me sautait aux yeux. Quel bonheur que de se retrouver projeté 23 années en arrière !

 

Pour les plus jeunes, Montand, reste un grand acteur, Z, l'Aveu, les films de Sautet, etc... Un bon chanteur aussi, à bicyclette... mais sans doute pas conteur crédible de la mutation des années 80.

 

Étonnant ! A lire ou à relire, l'homme est écorché, il traine comme un boulet ses voyages dans le Moscou de la nomenklatura soviétique avec Simone Signoret ; ses raisonnements sont simplistes, basiques, très je suis revenu de tout, spectacle parfois pitoyable d'un homme qui n'est pas sur son terrain, mais l'ensemble du numéro est très significatif du trouble de cette gauche non communiste qui pensait que le mur de Berlin ne s'ouvrirait jamais et qui n'osait pas renvoyer ses cryptocommunistes à leur passé et aux oubliettes de l'histoire.

 

LA PEDAGOGIE DE LA GAFFE

 

Il y a un néo-réalisme français. en dix ans de crise, on a essayé de par le monde toutes les médications possibles. Aucune n'a réussi. Très longtemps pourtant les Français ont refusé de voir la crise en face. Pendant presque une décennie, ils ont cultivé l'illusion du bout du tunnel, refusant toute baisse du pouvoir d'achat, poursuivant leur quête sans fin du bien-être matériel, négligeant l'investissement ; comme si le ralentissement de la croissance et la montée du chômage devaient vite s'évanouir, comme un mauvais rêve économique. Longue, décevante, rebelle aux politiques toutes faites, cette crise aurait bien fini par ramener les plus myopes à la lucidité. Mais il manquait un évènement politique. La moitié des Français, entretenus par une opposition qui répétait de bonne guerre que la crise n'était pas fatale, dans le souci de ne pas exonérer de ses responsabilités la majorité, croyaient de bonne foi les structures économiques et la mauvaise volonté des dirigeants de l'époque responsables du marasme. Une "autre politique", une "autre logique" devaient permettre de libérer la production, de créer des emplois, de sauvegarder le pouvoir d'achat. Y croyaient-ils vraiment? En tout cas, ils voulaient en avoir le cœur net. Ce fut le défi du 10 mai. Une volonté nationale de dire « chiche » à ceux qui piaffaient depuis si longtemps en lisière de l'Histoire.

 

 

Faute d'avoir mesuré la profondeur de la crise, d'avoir perçu l'ampleur du retournement historique, les socialistes si remplis de certitudes ont raté ce rendez-vous-là. « L'autre logique » s'est brisée non sur le mur de l'argent, mais sur celui de la réalité. Mais ils ont aussi rendu un grand service : la relance ratée, le colbertisme impuissant qui a défini leur politique pendant un an, jusqu'à la volte-face de la rigueur, ont eu le mérite de vacciner l'opinion. L'état de grâce a surtout fonctionné comme une pédagogie de la crise. Une pédagogie par la gaffe : en se trompant avec un constant enthousiasme, mais en ayant quelques mois plus tard le courage de reconnaître- en partie - leurs erreurs, les socialistes ont discrédité pour un temps les potions magiques dont les hommes politiques font leurs programmes. Peut-on espérer que le débat public y gagne en qualité ? Hors des bilans politiques, des plaidoyers et des réquisitoires partisans, ce sera le principal bénéfice de l'alternance.

 

 

Il y en a un autre : le retour de la société civile. Cette première année de pouvoir socialiste, si néfaste au socialisme, aura été celle d'un étatisme virulent. Quoi qu'il ait fait pendant cette période d'illusion lyrique des jeunes barbes socialistes, le gouvernement s'est contenté de mettre en pratique un slogan hérité de soixante-dix ans de jacobinisme à la sauce Marx : de l'Etat, encore de l'Etat, toujours de l'Etat. Relance, nationalisations, impôts nouveaux, plans industriels : tout allait à l'Etat, tout y revenait. Mais tout a raté, ou presque. Dans les douze mois qui ont suivis cette année illusoire, il a fallu brûler à la sauvette ce qu'on avait adoré. On ne pouvait trouver meilleure réhabilitation de l'initiative et de l'individu. L'Etat était monté sabre au clair à l'assaut de la crise et s'était pris les pieds dans le tapis. Il lui faut bien aujourd'hui céder quelque peu la scène aux vrais acteurs. Car c'est dans la vie quotidienne que la grande mutation se manifeste le plus clairement. Comme ces vieilles forteresses reléguées dans un rôle secondaire par l'évolution de l'art militaire, la masse grisâtre de l'Etat français ressemble de plus en plus à un château-fort inutile. La vie est ailleurs, elle sourd de la crise, par l'entreprise, par l'initiative, par la communication. Ironie d'une histoire qui joue à qui perd gagne. C'est la gauche pétrie de révérence étatique qui en a fait la preuve. »

 

 

LAURENT JOFFRIN

 

 

 

 

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:00
Chai l’un chai l’autre un 1er mai du côté de Vézelay pour s’aérer et licher des vins tout près de la nature

Dimanche soir il pleuvait comme vaches qui pissent et soufflait un vent à décorner les bœufs, pas très engageant pour une sortie de Paris le lendemain.

 

Les météorologues, nouveaux augures modernes, prévoyaient, sans se mouiller, nuages et soleil sur le parcours et là où nous devions aller.

 

Là-bas, ces jours derniers, le ciel n’avait pas épargné nos amis vignerons, déjà durement touchés en 2016, le thermomètre descendu très au-dessous de zéro mettait en péril les frêles bourgeons du vignoble.

 

La répétition des catastrophes naturelles : gel, grêle, doublée d’attaques d’oïdium ou de mildiou, mettent en péril économique des vignerons qui ont fait des choix forts qui sortent des sentiers battus.

 

Il est temps de sortir pour nous d’une affliction de bon aloi, du « on est navré pour vous » ou d’une simple solidarité qui malheureusement ne sera pas à la hauteur des problèmes financiers de nos amis vignerons.

 

Que faire alors ?

 

Écouter les réflexions, les propositions des intéressés – il y en a en arboriculture, croyez-moi – pour mieux protéger les vignobles des aléas climatiques, et surtout les aider à faire remonter leurs demandes aux instances chargées de décider INAO, Ministère de l’Agriculture.

 

Ce n’est pas en restant le cul bien calé dans son fauteuil face à son écran ou en passant son temps à vilipender tout le monde pour vendre sa soupe, que nous pourrons contribuer positivement à faire avancer des propositions concrètes mises en avant par les vignerons qui ont fait des choix courageux.

 

C’est écrit, retroussons-nous les manches !

 

Lundi matin 1er mai il faisait beau, Paris ne sentait pas encore le sable chaud et à 10 heures face à la station Saint-Jacques dans ma petite Twingo j’attendais mon chauffeur qui arriva pile à l’heure.

 

Rosalie.

 

Restait plus qu’à attendre notre Claire qui entretient des rapports tumultueux avec son réveil. Elle arriva avec son ¼ d’heure de retard syndical.

 

À l’arrière de ma petite auto, le cul posé sur le moelleux des sièges cuir, tel un Ministre partant aux champs, j’appréciais sa conduite, sûre et fluide. À l’avant, la conversation entre elle et Claire roulait, les filles d’aujourd’hui, et sans doute comme celle d’hier, ont toujours beaucoup de choses à se dire.

 

Pas une goutte de pluie, du soleil les deux belles affichaient des lunettes de stars et moi je contemplais le paysage où dominait le jaune pétant du colza.

 

À la sortie 21 nous quittâmes l’autoroute avec une pensée pour la centrale d’enrobage enterrée aux portes de Chablis. Le parcours devenait arboré, nous longions la Cure, la belle rivière qui se jette dans l’Yonne, elle-même affluent de la Seine. Comme notre cordon ombilical.

 

Joux-la-Ville, Lucy-le-Bois, Précy-le-Sec… les noms de villages fleurent bon le terroir, Rosalie fait glisser la Twingo sur le ruban de bitume et nous nous pointons dans le charmant village de Saint-Père.

 

Et nous tournons en rond car le petit GPS de Claire ne sait plus où donner de la tête. La logistique du dernier kilomètre est souvent déterminante. Je branche ma petite bête et, à deux, nous guidons Rosalie qui maîtrise avec maestria la marche arrière et le demi-tour.

 

Enfin nous arrivons, pile poil à 13 heures, devant le chai de la Sœur Cadette où se tient cette nouvelle édition de Chai l’un chai l’autre.

 

Bises à Alice et Olivier de Moor et apéritif au champagne de l’Aube chez Morgane Fleury puis déjeuner dehors sous un beau soleil. Nous buvons aussi ceci choisi par notre sommelière experte Claire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les filles lézardent, moi aussi. Une bolée de bon air ça fait du bien à nos petits poumons encalminés de parisiens têtes de chien.

 

Mais c’est bien beau de niaiser il faut aller licher.

 

Nous nous égaillons, les 2 gonzesses ensemble et moi, vieux loup solitaire, je pose mes premiers jalons avec quelques vigneronnes et vignerons. Nous nous reverrons… Parfois, les filles et moi nous rejoignons. Rosalie prend des notes sur son smartphone, Claire, connue de beaucoup de monde, claque des bises à la volée.

 

Un papy avec au cou sa petite fille me fait le coup du «c’est le rapport Berthomeau». Ça faisait un sacré bail qu’on ne me l’avait pas fait celui-là.

 

Nous allons et venons, c’est convivial, les vins sont bons, nous crachons sauf Claire qui n’a pas à tenir le volant. Autour de nous les diables plein de cartons de vins roulent vers des coffres.

 

Mon choix de cuvées à mettre en avant s’est porté vers celle issues d’assemblage de raisins venus d’ailleurs pour pallier les trous ravageurs du millésimes 2016.

 

Des vins de France qui ont permis de mettre un supplément de raisins dans les chais des vignerons sinistrés. Encore une piste à creuser à l’avenir pour faciliter la vie des vignerons confrontés à des aléas dramatiques.

 

En voilà 3 : la cuvée de nos hôtes La Sœur Cadette, celle de Thomas Pico et celle qui résume bien l’esprit de ces vignerons Melting potes d’Alice et Olivier de Moor.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Touchés eux aussi par les duretés climatiques Coralie et Damien Delecheneau La Grange Tiphaine.

Chai l’un chai l’autre un 1er mai du côté de Vézelay pour s’aérer et licher des vins tout près de la nature

Et puis, je ne peux vous énumérer toutes les découvertes, pour compléter il me faudrait consulter la banque d’images de Rosalie bien plus professionnelle que moi, en voici quelques-unes :

 

Chai l’un chai l’autre un 1er mai du côté de Vézelay pour s’aérer et licher des vins tout près de la nature
Chai l’un chai l’autre un 1er mai du côté de Vézelay pour s’aérer et licher des vins tout près de la nature
Chai l’un chai l’autre un 1er mai du côté de Vézelay pour s’aérer et licher des vins tout près de la nature
Chai l’un chai l’autre un 1er mai du côté de Vézelay pour s’aérer et licher des vins tout près de la nature

Lorsque nous eûmes fini nos tours et nos détours, petite séance de décontraction au soleil avec eau minérale et conversation sur cette belle journée.

 

L’heure du départ a sonné.

 

Bises à tous et notre chauffeur de maître reprend le volant au péage. Y’a du monde sur l’autoroute mais pas trop et nous entrons dans Paris comme des fleurs.

 

Il est 20 h 30, fin d’une belle journée de Roi avec des Reines…

 

merci Thomas à bientôt à Chablis...

merci Thomas à bientôt à Chablis...

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:00
« Adieu, Rothschild. Juif sous Pétain, paria sous Mitterrand, pour moi, cela suffit, rebâtir sur les décombres, 2 fois dans une vie, c’est trop» Guy de Rothschild

C’était à la une du Monde en 1981.

 

Dans cette campagne, le passage d’un des candidats chez Rothschild lui vaut d’être marqué au fer rouge.

 

Petite leçon d’histoire pour les gens de la vraie gauche.

 

Les nationalisations de 1981 chères aux 101 propositions de Tonton, chères aussi pour les contribuables, devaient mettre à bas le mur de l’argent symbolisé par de grandes dynasties bancaires dont les Rothschild.

 

La banque Rothschild en 1981 vient de connaître 10 ans d’expansion continue mais les résultats sont à la traîne. Les filiales spécialisées dans les métaux non-ferreux perdent de l’argent. À l’arrivée au pouvoir des socialistes, la situation s’est encore dégradée.

 

« À cette époque, beaucoup de banques étaient en difficulté. Mais les socialistes décident une nationalisation très large de 17 établissements pour des raisons idéologiques, ce qui va les conduire à payer pour le contrôle de banques qui, dès les prochaines années seront en difficulté. Exemple la banque Rothschild qu’il faudra recapitaliser, qui prendra le nom d’Européenne de Banque et qui sera intégrée au CCF pour assurer sa survie.

 

Certains n’hésiteront pas, alors, à affirmer que la nationalisation a sauvé Rothschild et les autres. Et sans doute aussi le Conseil Constitutionnel, qui a obligé le gouvernement à revoir à la hausse les indemnisations des actionnaires. »

 

Conseiller technique à la Présidence de l’Assemblée Nationale j’étais aux premières loges, je suivais avec Frédéric Saint-Geours le dossier des nationalisations. Comme Rocard et Delors nous étions contre les nationalisations à 100% mai Rocard comptait pour du beurre, Delors faisait du Delors en exhibant à tout propos sa démission et il fallait donner du symbole au peuple de gauche.

 

Le coût total des nationalisations, chiffré à l’origine à 29 milliard de francs, est passé à 35 milliards puis à 43 milliards. « Rothschild, Union Européenne, Worm étaient en faillite virtuelle, raconte un banquier. Tous ces gens ont fait une bonne opération. Le gouvernement était tellement pressé de faire passer sa loi qu’il n’a même pas demandé d’audit des sociétés. Certaines banques ont communiqué de faux bilans masquant des comptes débiteurs considérables où n’étaient pas provisionnées des créances perdues. Les dotations en capital qui ont été attribuées par la suite pour renflouer les établissements malades ont représenté plus de 2 fois le montant des indemnités versées. On a volé le contribuable. » Les actionnaires de la banque Rothschild ont reçu, eux, 440 millions de francs d’indemnités. »

 

Belle opération !

 

Dès mai 82, David, le fils de Guy, qui a repris les rênes décide de créer PO Gestion dont 84% du capital sont fournis par Rothschild Londres, Rothschild Zurich, la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, des membres de la famille et par Paris-Orléans, une société holding cotée à la Bourse de Paris contrôlée par le clan.

 

PO Gestion prospère et en 1983 David de Rothschild parvient à obtenir le feu vert nécessaire de l’AFB et de la Banque de France pour transformer l’établissement en banque d’affaires. Le capital est porté à 60 million de francs, souscrit par la famille. « Il n’y a pas de capitaux extérieurs et il n’y en aura jamais » déclare le jeune financier qui rêve de redonner le nom de Rothschild à une banque.

 

Une longue bataille commence.

 

En attendant David reprend le célèbre blason familial : cinq flèches symbolisant les cinq fils du fondateur de la dynastie.

 

En 1986, l’alternance permet le 25 septembre de nommer l’établissement « Rothschild et associés banque »

 

La maison reste modeste en terme de capitalisation mais David joue sur la matière grise : il propose à Jean-Charles Naouri, l’ex-directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy Ministre des Finances de devenir associé-gérant. Celui-ci reprendra les rênes, à la famille Guichard, du groupe Casino.

 

En 1990, huit ans à peine après son retour, David de Rothschild réalise l’exploit de se classer en deuxième position des banques d’affaires.

 

En 2003, il prend la tête de NM. Rothschild qui rassemble les activités des branches anglaise et française.

 

En 2011, il est le banquier qui compte, taillant des croupière aux plus grands établissements de la place, comme la banque Lazard, en exerçant une véritable influence. Un parrain.

 

Au cours de ce quart de siècle parmi les associés-gérants figurent d’anciens grands patrons dont François Henrot, Compagnie Bancaire, qui recrutera un certain Emmanuel Macron.

 

Au fait, il faisait quoi chez Rothschild, Emmanuel Macron ?

 

On lui accordera le sens du timing. Emmanuel Macron devient banquier d’affaires [PDF] en septembre 2008, dix jours seulement avant la chute de Lehman Brothers. Le jeune homme n’a alors que 30 ans et va gagner en quelques années seulement, malgré les soubresauts de la crise financière, son surnom de « Mozart de la finance ».

 

Macron fait partie de ces énarques satinés qui décrochent très vite de jolies fonctions dans le privé, plutôt que de poursuivre dans l’administration ou les cabinets ministériels. Après sa sortie de l’Ena (Ecole nationale d’administration), il a passé plusieurs années à « l’Inspection » (générale des Finances) tout en s’attirant les bonnes grâces de l’économiste Jacques Attali, qui le recommandera à François Henrot, le bras droit de David de Rothschild.

 

La suite ICI 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 06:00
«Voter Blanc, c’est voter nul» la jeunesse est impatiente et sévère, mais il dépend de vous que votre critique ne demeure pas vaine et votre impatience stérile

Mon titre, volontairement provocateur, repose sur une anecdote datant du temps où j’arpentais le Languedoc-Roussillon au nom de mon Ministre, et que Jacques Blanc le Lozérien était président de la Région du fait de la désunion de la Gauche : c’était un slogan « Voter Blanc, c’est votre nul… »

 

Beaucoup plus sérieusement je vous propose en ce 1er mai très particulier, suspendu à nos craintes et aux petits calculs de certains, le Message à la jeunesse de Pierre Mendès France.

 

« Dans le cadre de la campagne pour les élections législatives du 2 janvier 1956, Pierre Mendès France prononce le 22 décembre 1955 à la télévision, puis le lendemain à la radio, des allocutions […].

 

Au cours de ces interventions, il adresse un Message à la jeunesse, réflexion sur les rapports entre la jeunesse et l’Etat. Un extrait de cet enregistrement sera rediffusé le 27 octobre 1982 lors de l’hommage officiel rendu à Pierre Mendès France par le Président de la République dans la cour d’honneur de l’Assemblée nationale ».

 

J’y étais.

 

La photo illustrant ma chronique est extraite du magnifique livret de cet hommage officiel. Je le garde précieusement, elle est dans mon bureau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En dehors de sa beauté formelle le texte que je vous propose ce matin reste, 57 ans après, d'une belle actualité, il a le charme des vieux films que l'on redécouvre, qui n'ont pas pris une ride, et qu'il faut savoir revisiter avec humilité et optimisme.

 

Sans doute nous faut-il vraiment toucher le fond pour redonner à notre système politique, à la manière dont nous sommes gouvernés, à notre propre responsabilité, de nouvelles couleurs, celles du vivre ensemble, du bien-vivre ensemble, par-delà nos différences, nos nécessaires oppositions, loin d’un aquoibonisme ravageur et destructeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La jeunesse est impatiente et sévère dans ses jugements, probablement plus en France qu’ailleurs, certainement aujourd’hui plus qu’avant. Ce n’est pas moi qui vous en blâmerais, vous les jeunes, car vous avez de fortes raisons d’être inquiets, d’être critiques. Je n’ignore pas ces raisons. Mais je sais aussi qu’il dépend de vous que votre critique demeure vaine et votre impatience stérile, ou qu’elles soient, l’une et l’autre, et dès maintenant, des ferments d’énergie et d’action.

 

On dit souvent selon une formule un peu banale, mais vraie, que vous êtes le sang nouveau qui peut revivifier la nation. Si, demain, les responsabilités doivent vous incomber, il n’est pas trop tôt pour en assumer d’ores et déjà une part, et plus importante que vous ne croyez — mais il faut le faire très vite. Sinon, un jour, vous trouverez écrasante la charge des hypothèques que vous aurez laissé accumuler sur vous.

 

Cela arriverait immanquablement, si vous permettiez que se gaspille et se perde la force vive dont vous disposez, si, prenant prétexte de ce que l’Etat vous ignore ou vous néglige souvent, vous vous détourniez de la chose publique, si vous vous désintéressiez de la conduite des affaires de ce pays, c’est-à-dire du foyer où vous passerez votre vie entière, et où vous serez demain heureux ou malheureux. Aussi, vous ne pouvez pas vous borner à répéter : » A quoi bon ? « . Vous devez vous employer dès maintenant à faire changer ce qui doit être changé.

 

Vos problèmes s’identifient évidemment avec ceux d’une nation qui a le souci de son avenir. C’est dans ce sens qu’on a pu dire qu’il n’y a pas de question qui soit particulière à la jeunesse, mais il est tout aussi exact de dire que la gravité d’une question se mesure à la façon dont elle affecte la jeunesse.

 

Certes, les jeunes ne sont pas les seuls à avoir besoin de se loger. Mais le cas des jeunes ménages qui ne trouvent pas de toit, ou des étudiants qui n’ont pas de chambre le soir pour travailler, n’est-il pas le plus dramatique ?

 

Certes, le plein emploi et la paix sont des bienfaits indispensables à tous les citoyens et de tous les âges, mais comment ne pas voir que la guerre met en cause pour un jeune tout son destin, et le chômage tout son espoir. Comment ne pas observer que ces calamités, qui peuvent ébrancher ou même abattre des arbres adultes, sont pour de jeunes arbustes un arrachement par la racine plus bouleversant, plus tragique, et surtout plus irréparable ?

 

Le gouvernement n’a pas le droit de l’ignorer. Puisque chacun des grands problèmes de la communauté nationale atteint la jeunesse plus gravement et plus profondément que quiconque, il importe qu’ils soient pris, étudiés, résolus en pensant à elle, en pensant à vous, enfants de la guerre et de l’après-guerre, à qui doit être épargné le retour de ce que nous avons connu et subi. Oui, penser constamment à vous, c’est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat.

 

Une telle préoccupation, je dirais même une telle obsession, doit être constamment celle des hommes publics. D’immenses tâches sont devant nous : moderniser l’agriculture et l’industrie, mettre en valeur les pays d’outre-mer, rénover l’enseignement, la justice, l’administration, la défense nationale, lancer des grands travaux, développer la recherche scientifique, clef du progrès de demain, exploiter les forces atomiques, que sais-je encore – eh bien ! chaque fois que nous voudrons résoudre ces problèmes difficiles et complexes en vue de l’intérêt véritable et profond de la nation, de sa croissance, de son progrès, de sa puissance, chaque fois, puisqu’il s’agit de l’avenir, c’est inévitablement dans le sens qui profite le plus à la jeunesse que nous trouverons les solutions valables, les seules qui ne trompent pas.

 

Un régime politique, s’il méconnaît ces vérités essentielles, est un régime qui se condamne, qui se suicide. Il ne mérite d’exister, de durer que s’il est capable de construire l’avenir, que s’il sait s’orienter dans le sens du progrès, autrement dit : que s’il répond aux besoins des générations qui montent.

 

L’efficacité du régime républicain, du régime de liberté, ses chances de survie et de prospérité dépendent donc des liens qu’il saura créer entre la jeunesse et lui. Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle.

 

Malheureusement, il faut le reconnaître, les démocraties, lorsqu’elles sont faibles, lorsqu’elles perdent leur sens profond et véritable, inclinent parfois à ne considérer que l’immédiat ou le très proche. Les échéances à plusieurs années de distance retiennent alors peu l’attention ; les hommes politiques sont souvent accaparés par les difficultés qui surgissent au jour le jour, ils croient que de la manière dont ils y feront face, ou encore de la manière dont ils parviendront à les ajourner, dépendent les applaudissements qu’ils recueilleront.

 

Cette attitude repose sur un jugement erroné à l’égard d’un pays comme le nôtre, que son bon sens et sa maturité rendent apte à entendre toutes les vérités. L’homme d’Etat doit le savoir et toujours peser l’incidence de chacune de ses décisions sur le destin du pays ; il lui faut diriger son regard plus loin que les obstacles quotidiens, vers ces horizons qui sont, en vérité, les vôtres.

 

L’un des plus graves problèmes du temps présent fait bien toucher du doigt que la question des rapports de la jeunesse et de l’Etat n’est pas une question parmi d’autres, mais qu’elle est la question décisive et qu’elle comprend toutes les autres. La population de notre pays, vous le savez, est longtemps demeurée stationnaire. Les jeunes étaient à peine assez nombreux pour assurer la relève des vieux. Parvenus à l’âge de prendre un métier, ils voyaient s’offrir pratiquement autant d’emplois qu’il leur en fallait, puisqu’à chaque jeune qui arrivait correspondait un ancien qui prenait sa retraite. A condition de ne pas être trop exigeant, trop ambitieux, chacun, tant bien que mal, trouvait sa place.

 

Les choses ont bien changé. Déjà l’accroissement des naissances se traduit par une augmentation des effectifs scolaires ; en grande hâte, il a fallu, il faut encore, construire plus d’écoles, et bientôt il va falloir donner plus de logements et procurer plus de travail au flot grossissant des adultes. C’est par centaines de milliers, c’est par millions que vont se compter, au cours des dix années qui viennent, les maisons à bâtir et les emplois à créer.

 

C’est une oeuvre considérable. C’est une oeuvre redoutable mais combien exaltante.

 

Pour qui sait en prendre la mesure, le rythme insuffisant des progrès actuels de notre économie est une cause d’alarme. L’optimisme euphorique et complaisant avec lequel on les considère trop souvent dans les milieux officiels n’est pas de mise, mais bien plutôt le sentiment d’un devoir qui n’est pas rempli envers ces jeunes, que la croisade contre le malthusianisme de la population a appelés à la vie. Si le malthusianisme de l’économie n’est pas combattu à son tour, un jour ils pourront nous reprocher l’inconséquence coupable qui les prédestinait à une existence médiocre et sans horizon autre que le chômage, toujours présent ou toujours menaçant.

 

Mais, avant d’en arriver là, ou plutôt pour ne pas en arriver là, il faut qu’eux-mêmes soutiennent leur propre cause, avec ceux qui la défendent. Sans retard, la jeunesse se doit d’intervenir pour le plein emploi et l’expansion économique, qui seuls assureront la sécurité et la dignité de son existence.

 

Sans doute, la mode est-elle aujourd’hui d’inscrire ces objectifs, ou plutôt ces mots, dans tous les programmes politiques. Mais une chose est d’approcher un peu du but en se laissant porter par quelque brise favorable et de se contenter de demi-succès, toujours médiocres, précaires et fragiles, et une autre chose est de poursuivre l’objectif de toute son énergie et, s’il le faut, contre vents et marées, contre les routines, les mauvaises habitudes et les intérêts installés. Entre une politique statique, qui peut tout juste louvoyer, et une politique dynamique, qui veut passionnément conquérir l’avenir, comment la jeunesse hésiterait-elle ?

 

Dans vos colères et dans vos enthousiasmes, vous disposez d’un capital d’énergie qui peut et doit servir la cause du mouvement et du progrès. C’est de vous qu’il s’agit, chaque fois qu’un sacrifice présent est demandé pour un plus grand bien ultérieur, chaque fois qu’un privilège hérité du passé est combattu, parce qu’il hypothèque l’avenir, chaque fois que sont en jeu le développement et l’amélioration de la production générale, ou la substitution d’une activité utile à une autre qui ne l’était pas, chaque fois que la santé et les forces vives de la nation sont défendues contre le gaspillage, la maladie, le chômage, l’alcoolisme, le taudis, ou le mauvais emploi de nos ressources, ou encore l’affaiblissement par une politique bornée de cette Union française qui demeure l’une de nos grandes espérances.

 

Vous trouverez, croyez-moi, des appuis croissants dans un pays qui, heureusement, est en train de prendre conscience des réalités comme des possibilités, et où apparaissent, un peu partout, une vigueur toute fraîche, un désir de rénovation, une curiosité ardente, et l’ambition de réformer, d’améliorer, d’aérer, d’élargir. Ce climat, je ne crains pas d’affirmer qu’il est dû au renversement de la courbe de la natalité, à la proportion croissante, à l’action grandissante des jeunes, que le statisticien avait déjà décelés, et que l’homme politique commence à constater et à ressentir.

 

Car il n’est pas besoin d’attendre que les enfants soient en âge de voter pour que leur influence sur la vie nationale se manifeste. L’homme qui a des enfants, et dont la préoccupation principale est irrésistiblement celle de leur avenir, cet homme est déjà un homme différent. Il réagit, il pense, il travaille d’une autre manière, avec une autre ardeur que celui dont la perspective est limitée à son propre sort. Ainsi, la fécondité nouvelle de la nation a déjà stimulé la vitalité de la génération qui est à la barre. Ainsi vous agissez déjà, sans même vous en rendre compte, par la responsabilité vivifiante que vous placez sur les épaules de ceux qui vous précèdent, et par les espoirs que vous suscitez en eux.

 

Mais cela ne suffit pas. Jeunes hommes et jeunes femmes de France, vous devez intervenir et agir par vous-mêmes. Organisez-vous, groupez-vous, pour faire entendre votre voix, participez aux mouvements de jeunesse, animez-les, poussez-les à exercer sur les pouvoirs publics une pression continue, afin de faire triompher les décisions que dicte le sens de l’intérêt collectif !

 

Et ce n’est pas tout encore. N’hésitez pas à prendre part à la vie politique, qui sans votre inspiration risquera toujours de retomber dans les vieilles ornières…

 

Ayez constamment présente à l’esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l’action d’un grand Etat, qui, après tant d’épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le rôle que vous pouvez jouer, la contribution dans la marche en avant que vous pouvez apporter. Décidez dès aujourd’hui de peser de toutes vos forces sur la destinée nationale, préparez de vos propres mains l’avenir plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens ! »

 

Pierre Mendès France, Œuvres complètes, tome 4 « pour une République moderne» 1955-62, Paris, Gallimard, 1987, p. 148-152. © Editions Gallimard.

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