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4 octobre 2022 2 04 /10 /octobre /2022 07:00

 

C’est l’une des nombreuses exécrations du hallebardier de B&D : « Le sans sulfite ajouté », ça lui donne de l’urticaire, ça le grattouille, il souffre. Plus encore, oser aborder l'homéopathie va provoquer chez lui de l'acné sénile. 

 

Le SOUFRE !

 

Retour en arrière, au temps du soufre naturel ICI  dans les vignes, on sulfatait.

 

L'essentiel du soufre exploité est d'origine sédimentaire. En Sicile, sur le port de Vigàta cher à Andrea Camilleri un de mes auteurs préférés, le commerce du soufre extrait dans l’île est l’une des activités principales. Sa chronique malicieuse menée avec un suspens sans faille conte le complot ourdi par ses concurrents spoliés par lui du plus riche, du plus crapuleux, du plus haï des négociants de Vigàta : Totò Barbabianca. Comme toujours avec Camilleri c’est un bijou écrit dans une langue aux tournures dialectales siciliennes bien rendue par la traduction française. Si vous le souhaitez, vous pourrez  accéder à d’anciennes chroniques avec les liens répertoriés ci-dessous.

 

À Vigàta, comme partout ailleurs en Sicile, les notables passent beaucoup de temps à discuter, à se chamailler, à dire pis que pendre sur les uns et les autres… Le passage que je vous propose est leste, la fable est racontée par le père Imbornone un ecclésiastique paillard et voué aux feux de l’Enfer.  Elle résume de façon crue la situation qu’est en train de vivre Totò Barbabianca le négociant honnis. ICI

 

Encore le soufre mais là il rime avec souffrance : « soufre et eau de mer deux désinfectants qui n’ont pas leur pareil » ICI  

 

Le texte de Guy de Maupassant ouvrait une porte que je me devais de franchir : celle des conditions d’extraction du soufre. Je le fais encore une fois au travers du texte d’Andrea Camilleri car celui-ci se fonde lui aussi sur un témoignage d’époque. Petit rappel à l’attention de tous ceux qui ne se soucient guère de l’exploitation de la main d’œuvre qui perdure allègrement dans les pays dit émergents. Tout ça pour acheter à des prix bodybuildés par un marketing flamboyant des fringues, des godasses de sport, des ordinateurs, des téléphones portables…  La délocalisation permet dans beaucoup de cas  le surprofit pour une petite poignée de gens comme au bon vieux temps des débuts de la Révolution Industrielle. Camilleri est un grand écrivain car il sait en quelques paragraphes mettre à nu des plaies sans pour autant jouer de ce que nos sociétés raffolent : l’émotion…

 

Très NUPES ce texte de 2012 !

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4 octobre 2022 2 04 /10 /octobre /2022 06:00

peinture tableaux Savoie peintre savoyard

Même la réalité s’invente… B. Giraudeau

 

 

1984

 

« Hello, vous, bonjour ! Ça s’est bien passé ?

- Oui, relativement bien.

Mais vous connaissez l’histoire, n’est-ce pas, les débuts sont toujours difficiles.

Nouvelle école, nouveaux collègues, nouveaux élèves !

- Si vous voulez un coup de main pour mettre un peu d’ordre dans la maison, n’hésitez pas.

 

 

 

                                                     //////////

 

 

 

 

C’est une grande ferme à deux corps mitoyens avec pour chacun un escalier en façade, un palier qui fait balcon au premier étage.

Rien n’a bien changé depuis l’origine, sauf peut-être que…

 

Lorsque j’ai eu ce poste à Aix, j’ai aussitôt cherché une maison.

J’ai sans hésiter jeté mon dévolu sur celle-ci que m’avait présentée ma collègue Martha Seguin, une jeune et jolie jeune femme sans histoire.

Elle vendait ce corps de ferme qui en fait, ne faisait qu’un avec celui qu’elle occupait.

Son père y avait vécu.

Elle avait décidé de ne conserver que la part venant de sa mère.

 

J’étais intrigué par cette promiscuité de l’un et l’autre parent, mais elle m’expliqua qu’ils étaient cousins germains et que, bien sûr, leur vie commune n’avait pas été sans quelques rumeurs de gens bien-pensants, du genre  « d’unions consanguines ne naissent qu’idiots ou génies. »

Elle avait ri en précisant que, n’étant pas idiote, elle était forcément un génie.

Bravo Martha !

 

- Et vous Martha cette rentrée ?

Vous avez retrouvé tous vos petits amants du CE2 ?

Elle a ri.

Et son rire tintait comme le cristal d’un verre précieux.

Elle disparaissait à moitié derrière la rambarde du balcon de bois d’où s’épanchait, d’une jardinière, une cascde de géraniums en fleurs.

C’est ainsi que tout a commencé.

Je l’ai observée.

Elle était affairée à enlever les fleurs sèches de cette touffe de pétales rouges et roses.

- Vous verrez, Bruno, vous aurez vite séduit vos CP.

Mais je réitère  si vous avez besoin d’un coup de main, n’hésitez pas.

J’ai essayé de laisser les lieux propres, mais pour ce qui est de l’ensemble, il est évident que la déco est surchargée !

 

 

 

                                                          //////////

 

 

 

J’avais acquis la maison, contenant et contenu, sans avoir fait l’inventaire, séduit tout simplement par l’aspect extérieur de vieille ferme et sa situation au sommet du hameau, avec un petit jardin ombragé par un majestueux pommier.

Des reinettes, les meilleures pour cuire.

Je ne peux pas dire aujourd’hui si le fait d’un voisinage aussi agréable que celui de Martha avait joué dans cette acquisition.

 

 

Martha m’avait parlé de son père. Un spectateur disait-elle, jamais vraiment présent, donnant toujours l’impression d’avoir l’esprit ailleurs.

Il avait fini ses jours seul, dans cette partie de la maison, en peintre du dimanche et plus peut-être.

Il avait encombré les locaux de centaines de toiles qu’il n’avait jamais ni exposées ni vendues.

Elles étaient restées là comme abandonnées, accotées au bas des murs de son atelier qu’il avait installé dans la grande pièce du rez-de-jardin.

 

 

Martha m’avait laissé une dizaine de ces toiles par-dessus le marché et en particulier deux ou trois représentations du Mont Granier qu’il appelait modestement, sa Sainte Victoire. 

Je compris plus tard que cette dénomination avait un sens beaucoup plus profond qu’il n’y paraissait.

C’était, cette vocation tardive de peintre, une victoire sur un passé tourmenté qu’il avait peut-être en partie surmonté grâce à cette dévotion pour la peinture.

J’avais pour ma part, laissé au mur trois Granier de bonnes dimensions, un hiver, un printemps, un été.

Et au-dessus de la porte de l’atelier, un petit tableautin d’un Granier rougeoyant sous un soleil automnal, au couchant.

Et puis il y avait, dans un recoin de l’atelier, qui en tenait tout un pan de mur, un immense tableau grand comme une porte et qui représentait une cafetière émaillée, pourvue de deux ailes.

Je me suis assis devant la grande table de noyer. J’avais l’impression qu’en épiant son large plateau, en gardant le silence, elle sortirait d’elle-même de son mutisme pour me confier l’histoire de cette maison, de ses petits secrets, de ses murs longtemps désertés.

 

 

Immobile et silencieux, je me surpris à respirer en cherchant à le définir cet air renouvelé.

L’acidité atténuée devenait odeur de cendre humide, l’âcreté s’effaçait devant l’effluve résineux qui sourdait des solives.

Je percevais peu les échos de cette vie longtemps tenue au secret qui lentement reprenait ses droits.

J’éprouvais soudain la crainte de tromper cette maison qui mûrissait en silence dans l’attente de son maître et pour laquelle j’étais l’intrus, le curieux.

Je décidais de m’effacer encore dans mon recueillement afin d’apprivoiser ces murs, ces poutres et ces meubles d’un autre temps et d’un autre homme.

Le soleil jouait sur la table, animant tous ses ronds avinés, ses auréoles de chaleur, ses astres noirs nés du cul d’un poêlon brûlant.

 

Elle était telle qu’il l’avait laissée, endossant sans gémir jour après jour, les imprudences, l’indifférence et les négligences de l’homme seul qui partageait diots et polenta avec des compagnons de passage, des amis peintres aussi à leurs heures et qui savaient, à l’ombre du Granier, se laisser tenter par le gouleyant vin d’Apremont.

 

 

Dehors, le long du balcon, amorçant une tonnelle, une glycine emmêlée de bignone filtrait la lumière.

L’air avait cette douceur des voûtes cisterciennes et le ombres qui s’agitaient mollement sur les dalles du sol renvoyaient leurs vibrations jusqu’à l’intérieur en sobre reflets.

Je me prenais à penser que là était l’antre qui me convenait, la rusticité des pierres dorées, la douceur des vitres embuées d’un temps où seul importait la lumière, sans concession pour la vue troublée par ses imperfections.

Oui, j’avais fait un choix heureux.

J’en avais la conviction.

Et sans effort, je me glissais dans la peau du nouveau maître de cette maison.

 

 

 

 

                                               //////////

 

 

 

 

Il y fait bon rêver, c’est vrai, mais encore ? (Martha me guignait gentiment par la porte entrouverte) ce n’est pas en rêvant que vous allez remettre le navire à flots !

- Je devine que vos saurez sans peine aider le nouveau capitaine !

- Pourquoi pas ? Finalement, je suis aussi étrangère que vous ici.

Mon père et moi, avons vécu des  années à côté de la maison de ma mère.

Il préférait ça.

Et ça ne se commande pas.

Je le soupçonnais de considérer sa part comme un sanctuaire où il avait enfermé un passé douloureux.

Il n’a emménagé ici que sur la fin, quand il s’est jeté dans la peinture.

Alors, sans que je sache pourquoi, il s’est mis à vivre une autre vie.

Moi j’étais devenue grande ou raisonnable, il pouvait donc m’oublier un peu.

 

 

Je vais en profiter disait-il.

Mais profiter de quoi ? En fait, il ne recevait que des amis peintres du dimanche, ou guère plus. 

Et tous les mois, une soirée diots polenta ou tripes… Pour lui c’était le paradis.

Vraiment, il n’était pas allé le chercher bien loin son paradis…

C’était un sage, Martha.

Peut-être avait-il compris que de toute façon il faut un jour cesser de courir après l’utopie.

Peut-être avait-il découvert le paradis derrière cette porte.

Au fait, ne pensez-vous pas que ma présence ici risque de faire un peu jaser les autochtones ?

-Trop tard c’est déjà fait !

Elle se mit à rire.

-Après tout, dis-je, nous sommes faits pour vivre pas mal de temps sous le même toit, non ?

 Nous avons jeté l’ancre côte à côte. 

 Alors pourquoi se poser des questions sur nos voisins ? 

-D’accord avec vous, cher collègue. 

Et son sourire éclairait son visage d’une lumière limpide où se lissaient à la fois la confiance et une certaine ironie.

 

 

 

                                                               //////////

 

 

 

 

 

Je sentais un heureux bien-être m’envahir lentement.

Toute affectation, toute timidité s’avérant soudain inutiles, relation voisin-voisine s’annonçaient toute simple.

 

 

 

 

                                             //////////

 

 

 

 

 

En quinze jours, j’avais investi son antre et j’en avais vraiment fait ma demeure.

Martha y avait largement contribué en m’aidant avec patience et aussi une curiosité où l’étonnement n’était pas loin d’être égal au mien.

-Martha, tu me surprends.

Tu ne connais rien à ces murs et pourtant c’était la maison de ton père ;

Tu le connaissais donc si peu ?

-Qui connaît son père, Bruno ? Autrement que « papa » ? qui sait ce qu’un père a dans la tête quand justement il n’est plus que « papa. »

 

 

Je t’avoue que je le découvre aujourd’hui en même temps que toi.

C’est l’aveu qu’elle me fit quelque temps avant que, poussant mes investigations, je ne découvre le journal de Melchior.

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3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 07:00

Un communiqué de notre ami Lefred-Thouron. | Glougueule

Ce type est exécrable, d’une prétention à la hauteur de sa fatuité, cireur de pompes patenté, pompeur de publicité pour le machin papier glacé de ses patrons, jamais en reste de donner des leçons, aboyeur, adorateur d’Hubert, un convenu, coq de basse-cour juché sur ses richelieu, je garde en garde-manger tous les qualificatifs peu amènes qui pourtant lui vont comme un gant.

 

Mais alors, pourquoi me direz-vous le mettre dans la lumière qu’il recherche désespérément ?

 

Tout bêtement parce que le EN MAGNUM de ses boss B&D tombe régulièrement dans ma messagerie et, comme je suis curieux, c’est l’âge, je jette un coup d’œil sur le sommaire.

 

Celui du 29/09 est un régal.

Le Rin de Rin adore les titres qui ronflent :

 

  • Saint-Émilion, le tunnel et la lumière

 

  • Équipe de France 2023, les fiertés d’un pays

 

  • Et bien sûr sa propre camelote :

 

 

Les mots qui fatiguent ICI 

 

 

Que les petites sangsues qui se goinfrent du désir immodéré de certains ou certaines vigneronnes/vignerons, négociants, coopérateurs… d’acquérir un zeste de notoriété, communicants petits bras touillant des vieilles recettes utilisant un langage éculé, ringard, j’en conviens parfaitement. L’intrusion des influenceuses, ça semble être un nouveau job féminin issue de la mode, pour qui, tu raboules le pognon et je te fais une dégustation aux petits ognons, est le dernier avatar de la pauvreté de l’imagination. Mais si y’a des cons qui désirent jeter leur pognon par les fenêtres, libre à eux…

 

 

Revenons à notre Nicolas qui, en l’occurrence, ne débite pas que des conneries, loin s’en faut, mais qui le fait avec sa misérable hauteur, d’un ton supérieur, suffisant, lui qui, au bilan, n’est guère plus qu’un petit manieur de mots.

 

 

En s’intéressant deux secondes au langage des haut-parleurs du vin (directeurs du marketing, attachés de presse de toutes natures, brand ambassadors, journalistes), on se rend compte que le vignoble est un débutant de la communication. C’est la règle, quand on commence, on reproduit ce qui s’est fait. Mettons qu’il n’y a nul besoin de repartir d’aussi loin en empruntant un langage des plus datés. Le meilleur exemple est l’infernal « cuvée de prestige ». Prestige ? Mais de quoi, de qui ? Ce mot usé jusqu’à la trame en devient transparent, c’est-à-dire invisible, inutile, bientôt laid. Ce n’est pas le seul.

 

 

PODIUM

 


1- « NATURE ». S’emploie toujours avec des guillemets, on voit bien pourquoi. Un vrai modèle de détournement sémantique. Heureusement qu’il y a des vignerons qui n’y croient pas du tout et qui travaillent pour chasser le naturel au galop. Ce qui nous évite le vinaigre, le cul du poney et la pomme blette. Merci à eux.
ADN, dans la phrase : « L’ADN de la maison, c’est le pinot noir (ou le chardonnay, etc.) ». Mais non, mon garçon, l’ADN de ta maison, c’est la marge nette, rien à voir. Un mot pour un autre, la mise en perspective d’univers qui ne se croisent pas, c’est une hérésie. Sauf chez les ampélographes.

 

 

2- IDENTITÉ. Le nouveau mot pour dire étiquette. En général, c’est raté. Les egos conjugués des uns et des autres (on leur a demandé un pur-sang, ils produisent un chameau), le “j’menfoutisme” des studios de création (ça ne changera rien à la facture), le mépris pour ce qui existe (on en voit même qui vire les particules des noms des marques. Pourquoi ? Pour faire peuple ?), tout ceci fait des ravages. Une identité, ça ne se construit pas comme ça, les gars. Il y faut du temps, de la constance, du talent, de l’argent.

 

3- RUCHE. Il arrive que tel domaine convoque la cour et la campagne pour annoncer qu’il a posé trois ruches en bout de rang. On peut aimer le miel tant qu’on veut, la vigne n’est pas une plante mellifère. C’est juste pour dire que les vignes ne sont pas traitées ? Même pas sûr que ce soit une preuve.

 

Le reste est à consulter ICI

 

Conclusion très ryounesque : Il va de soi que j’utilise parfois quelques-uns de ces mots qui fatiguent alignés plus haut. Nonchalance intellectuelle, faiblesse de vocabulaire ? Personne n’est parfait.

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3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 06:00

 

J’ai enfin trouvé comment concilier, sur un blog officiellement consacré au vin, mon goût immodéré pour la lecture et celui, tout aussi immodéré, pour les vins nu : c’est LIVRESSE.

 

Je ne suis pas un modéré !

 

Je m’en explique après vous avoir indiqué pourquoi je rajoute à ma panoplie, déjà si variée, la profession d’éditeur.

 

J’étais à Aix, j’avais épuisé mon stock de livres, alors je suis allé piocher dans les piles de la maison du Grand Port, une maison où il y a, un peu partout, des piles de livres, est une bonne maison.

 

Dans l’une d’elle, coincée au milieu de gros volumes, je repérai une mince reliure noire. Vous connaissez mon goût immodéré pour les petits livres, ceux que je peux glisser dans ses poches pour en faire des compagnons des instants où, en tout lieu, me prend l’irrésistible envie de lire.

 

Blessure  de guerre Gérard Aimonier-Davat

 

Gérard Aimonier-Davat - Babelio

 

Enfoncé dans un fauteuil, les nanas avaient piscine, je l’ai lu d’une seule traite.

 

De Gérard Aimonier-Davat, dans une chronique ICI   à propos de son recueil de nouvelles : Les Galets du Chéran j’écrivais :

 

Je partage cette approche de la nouvelle et, Gérard Aimonier-Davat y excelle y excelle ; la nouvelle de lui que j’ai choisie : le cloppet m’a touché au cœur, j’y ai retrouvé ma part d’enfance, ce vécu dans sa simplicité dépouillée, sans afféteries ni fioritures. De la belle ouvrage, sincère, emprunte de vérité, qui aurait dû être reconnue par un éditeur de notre Paris où tout se joue...

 

Alors, je me suis dit je vais me faire éditeur.

 

En 11 tableaux, comme au temps où les auteurs publiaient dans les journaux, sous forme de feuilletons (1) vous allez à partir de lundi découvrir ce roman que j’ai beaucoup aimé.

 

(1)« Dans une affiche de l’automne 1849 engageant les lecteurs parisiens à s’abonner ou à se réabonner au journal dumasien Le Mois, trône, en majuscules grasses et comme premier argument de vente, Une Nouvelle Troie.

 

Ce roman-feuilleton du « si populaire Dumas[1] » narre les exploits garibaldiens lors des guerres dindépendance sud-américaines, contemporaines du Printemps des peuples européens.

 

Depuis ses premières apparitions sous forme de chroniques puis de fiction, et surtout après l’immense et retentissant succès des Mystères de Paris d’Eugène Sue – publié entre le 19 juin 1842 et le 15 octobre 1843 dans Le Journal des Débats –, le feuilleton, né de la rencontre entre un genre littéraire appelé à devenir dominant et un médium, le journal[2], a investi une grande partie de la presse, politique comme spécialisée. »

 

Je reviens sur mon immodération :

 

33 idées de Semaine presse | dessin de presse, liberté d'expression, presse

 

Prôner la modération c’est vouloir faire de nous des individus éloignés de tous les excès, but certes louable mais qui comporte sa part de risque : celui de l’affadissement de la vie.

 

En effet qu’est-ce donc qu’un « modéré » ?

 

Un individu qui, en permanence, préfère le un tout petit peu, se bride, se contraint, se retient, craint la spontanéité, calcule, arrondi les angles, fuit donc toute forme d’aspérités, compose en permanence, cherche toujours à se situer dans un inatteignable juste milieu, adore par-dessus tout le consensus mou. « Si le sel s’affadit avec quoi le salera-t-on ? »

Pour autant je ne prône pas l’excès, les excès de vitesse, de table, de langage, mais je souhaite que, dans nos sociétés soi-disant encadrées, la porte reste ouverte à l’expérience, à l’apprentissage de la vie, à l’enthousiasme de la jeunesse, aux échappées belles, aux coups de cœurs, aux passions…

 

Peut-on aimer avec modération ?

 

Non !

 

Vivre une passion, amoureuse ou non, être sur son petit nuage, c’est prendre le risque d’en tomber, mais c’est le charme de la vie, ses joies ses peines. Dans notre sphère privée, qui se rétrécit de jour en jour, assumer notre part de risque c’est rester en capacité de choisir sa ligne de vie personnelle. Ce choix individuel ne débouche en rien sur l’individualisme, bien au contraire, avoir main sur sa vie personnelle, la gouverner autant que faire ce peu, reste une bonne école de la citoyenneté.

 

L’excès est privatif de liberté, il débouche sur « la dictature » des purs et durs. La modération nous annihile alors, que faire ?

 

Faut-il comme le clamait Vergniaud, le girondin, à la tribune de la Convention en 1793, « si, sous prétexte de révolution, il faut, pour être patriote, se déclarer le protecteur du meurtre et du brigandage, je suis modéré ! » être un modéré ?

 

Je veux bien le concéder, mais sans grand enthousiasme, pour la bonne cause, face aux ayatollahs de l’hygiénisme et aux prohibitionnistes : « je suis un modéré ! » mais avec beaucoup de modération.

 

photoivresse2.JPG

L’acteur Jean-Luc Bideau

 

« Pourquoi la fête a-t-elle besoin d’alcool ?

Pourquoi l’alcool a-t-il besoin de la fête ?

Quel rôle joue l’alcool dans la société ?

D’où vient son importance dans les mœurs, dans nos vies, dans ma vie ?

Pourquoi marquer les passages, les victoires et les réussites avec de l’alcool ? »

 

L’Ivresse, un champ de bataille (extrait d'Ivresse page 23)

 

« Depuis l’industrialisation, la consommation de boissons alcoolisées est la cible de violentes controverses. Ces affrontements mettent en lumière les conceptions morales des protagonistes par rapport au fonctionnement de la société. Derrière les mots et les images de l’ivresse affleurent les représentations sociales et les fins économiques.

 

Les discours répressifs expriment le plus souvent une tentative de civiliser les buveurs, de discipliner la grande masse des amateurs de bières industrielles, d’infâmes schnaps, de petits vins pépères ou de gros rouges qui tachent. L’histoire des mouvements de tempérance est relativement facile à raconter. Il est bien plus difficile en revanche de relier ces discours à la réalité quotidienne, d’en mesurer les conséquences au plan individuel. On sait que la consommation d’alcool a chuté d manière constante et régulière durant tout le XXe siècle. Mais que sait-on de l’ivresse ? Comment la mesurer, d’ailleurs ? Étalonner l’ivresse est une gageure ; boire est toujours un acte solitaire. Même dans l’instant convivial et amical du « boire ensemble », il y a asymétrie entre les partenaires. Ils ne partagent pas la même expérience gustative, ils n’ont pas les mêmes références, ils n’ont pas le même plaisir. Le plaisir de l’ivresse constitue un aspect essentiel de la consommation de boissons fermentées, en même temps que son élément subversif. La cuite qui insulte le moraliste, est un affront pour l’esthète qui nie son existence. La répression de l’ivresse est telle que ce plaisir ne se communique plus, ou alors très indirectement. Il se dérobe au parler officiel, fuit la lumière du jour. La cuite, depuis de nombreuses années, emprunte les voies souterraines. »

 

 

 

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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 07:00

François Pinault simple scieur de planches aime le bois dont on fait les  fûts du Clos de Tart. - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

Dans ma mémoire, avant même l’art contemporain puis les grands vins, François Pinault c’est d’abord la Chapelle Darblay. Homme du bois, la forêt c’est la Ministère de l’Agriculture, le 28 juin, 1988 à la faveur d'une augmentation de capital de 250 millions à 300 millions de francs, M. François Pinault, PDG du groupe du même nom, est devenu l'actionnaire majoritaire de la Franco-Canadienne de papiers, la holding de la Chapelle-Darblay. M. Pinault détient désormais un peu moins de 85% du capital, la filiale du Crédit lyonnais Clinvest en possédant 15%. Cascades n'est plus en possession que d'une part résiduelle du capital, de l'ordre de 100000 F. "Sous l'égide de la Franco-Canadienne de papiers, le redressement de la Chapelle-Darblay se poursuit dans le cadre du plan de reprise qui se déroule conformément aux objectifs ", indiquait mardi un communiqué de la direction.

 

A Chapelle Darblay, le vénérable fabricant de papier journal craint pour  son avenir | Les Echos

 

De Pinault à Frérot, la rocambolesque saga de la Chapelle Darblay

 

En rachetant la papeterie Chapelle Darblay pour la revendre immédiatement au groupe Veolia présidé par Antoine Frerot, la Métropole de Rouen écrit un nouveau chapitre de la saga mouvementée de cette usine née dans l’entre-deux guerres. Une histoire émaillée de conflits sociaux mémorables et d’interventionnisme d’Etat dans laquelle on retrouve les noms de Laurent Fabius, d’Alain Madelin, de feu Roland Leroy mais aussi de François Pinault qui doit à la « Chap Pap » une partie de sa fortune. Retour arrière. ICI 

 

30 octobre 2017

François Pinault simple scieur de planches aime le bois dont on fait les fûts du Clos de Tart. ICI 

 

Bouchard Pere et Fils, joyaux des vins de Bourgogne.

 

Un certain petit monde du vin s’esbaudit, les plumes n’y vont pas avec le dos de la cuillère en mettant en commun leurs domaines viticoles les familles Pinault et Henriot, propriétaires respectivement d’Artémis Domaines et de Maisons & Domaines Henriot, donnent naissance à un nouveau géant du vin.

 

À noter que, dans les faits, le nouvel ensemble, qui conserve le nom d’Artémis Domaines, est majoritairement détenu par la famille Pinault aux côtés de laquelle les familles propriétaires de Maisons & Domaines Henriot sont actionnaires minoritaires.

 

Ce rapprochement donne naissance à un ensemble unique dans le monde des vins d’exception.

 

Cette nouvelle entité, qui conserve le nom d’Artémis Domaines, est majoritairement détenue par la famille Pinault aux côtés de laquelle les familles propriétaires de Maisons & Domaines Henriot sont actionnaires minoritaires.

 

Les promoteurs de ce mariage sont plus modestes ils soulignent que  ce rapprochement donne naissance à un ensemble unique dans le monde des vins d’exception.

 

Créé en 1993 à la suite de l’acquisition de Château Latour, Artémis Domaines regroupe des vignobles d’exception, dont trois appellations en monopole sur les cinq que compte le territoire français. Réparties entre Bordeaux, la Bourgogne, les Côtes du Rhône, la Champagne et la Californie, les six propriétés d’Artémis Domaines allient la recherche permanente de l’excellence et le respect de l’environnement. La quasi-totalité d’entre elles sont certifiées en agriculture biologique et cultivent leurs parcelles en suivant les principes de la biodynamie et de l’agroforesterie.

 

Château Latour

Domaine d’Eugénie

Château-Grillet

Eisele Vineyard

Clos de Tart

Champagne Jacquesson

 

Artémis Domaines ARTEMIS DOMAINES, SA À CONSEIL D'ADMINISTRATION est active depuis 01/01/1955. Chiffres clés

 

Chiffre d'affaires

NC

-

Résultat Net

7.8 M€

2016

Trésorerie

5 M€

2016

Profitabilité

NC

 

On ne peut pas dire que la famille Pinault nous abreuve de chiffres récents.

 

Maisons & Domaines Henriot fédère aujourd’hui quatre Maisons emblématiques de leurs terroirs : Champagne Henriot (1808), Bouchard Père & Fils (1731), William Fèvre (1959) et Beaux Frères (1986). Chacune incarne la culture familiale et terrienne de ses fondateurs.

 

C’est une société par actions simplifiée, au capital social de 1 008 000,00 €, dont le siège social est situé au 65 rue d’Anjou, 75008Paris. Son effectif est compris entre 20 et 49 salariés. Sur l'année 2020 elle réalise un chiffre d'affaires de 27 271 700,00€.

 

Dans la réalité la famille Pinault poursuit sa moisson des vieux bijoux de famille de la France profonde des vignes, elle ne prend guère de risques, c’est une opération patrimoniale et non l’érection d’un grand groupe français du vin ayant vocation à dynamiser le secteur. Comme le souligne Frédéric Engerer, directeur général d’Artémis Domaines « Le rapprochement des propriétés de Maisons & Domaines Henriot et d’Artémis Domaines est une formidable opportunité pour rassembler sous une même bannière des trésors de notre patrimoine viticole. C’est la garantie qu’un groupe français assurera dans la durée la préservation de tels joyaux et poursuivra la quête de l’excellence qui a marqué leur prestigieuse histoire. »

 

 

Gilles de Larouzière Henriot, PDG de Maisons & Domaines Henriot, déclare : « Pour les propriétés de notre groupe familial, cette alliance est pleine de promesses. Avec Artémis Domaines, nous partageons un attachement profond pour le patrimoine viticole exceptionnel de la France et l’ambition de mettre pleinement en valeur l’ensemble incomparable que nous constituons par la réunion de nos domaines. Cette opération a vocation à s’inscrire sur plusieurs générations, à l’image du temps long qui fait les grands vins. »

 

Cocorico !

 

Cette opération est effective au 30 septembre 2022.

 

Jacques Dupont évoque lui le mariage de l’année

 

Bouchard, c'est le fleuron de la Bourgogne. Non pas que les vins y soient meilleurs que chez le voisin : la Bourgogne dispose de plusieurs, voire de nombreuses, grandes maisons qui marient les deux métiers : négociants et propriétaires. Latour, Chanson, Drouhin, Jadot, Bichot, désormais aussi Boisset et ses filiales qui, après avoir longtemps figuré en queue de peloton coté qualité, propose des vins de grande qualité. On en oublie. Mais Bouchard père et fils, c'est autre chose, une autre dimension, un patrimoine dont il est presque impossible de faire l'inventaire. Une des plus anciennes maisons de la Côte-d'Or, fondée en 1731, qui s'est beaucoup agrandie au lendemain de la Révolution en rachetant des Biens nationaux. Ce fut le cas, par exemple, de la célèbre « Vigne de l'Enfant Jésus », acquise en 1791, 3,92 ha dans le premier cru beaune grèves.

 

Pas moins de 12 grands crus ICI

 

Collection PINAULT, quand l'architecture rencontre l'art contemporain. -  Iandé

 

François Pinault, le parrain de l’art contemporain

 

Businessman ou collectionneur ?

 

Le milliardaire, propriétaire de la maison de vente aux enchères Christie’s et de près de 3.000 œuvres, allie savamment les deux. Son dernier temple : la Bourse du commerce, à Paris.

 

Le décor est féerique. Deux cloîtres d’un monastère bénédictin posé sur la lagune. La chanteuse Courtney Love, l’actrice Isabelle Huppert, la veuve du Shah d’Iran et tout le gotha de l’art ont traversé le Grand Canal de Venise pour rejoindre l’île San Giorgio Maggiore. Ce soir de mai 2017, tel un doge, François Pinault reçoit 1.500 VIP pour un dîner somptueux. Avec sa femme Maryvonne, le mécène pose tout sourire aux côtés de l’artiste Damien Hirst, dont le show démesuré éclipse totalement la Biennale. Jusqu’en décembre, les deux « musées » de Pinault ont mis en scène son trésor imaginaire, prétendument remonté des eaux : un colosse sans tête de 18 mètres de haut a envahi le hall du Palazzo Grassi, tandis que le bâtiment de la Pointe de la Douane exhibe de pseudo-artefacts antiques recouverts de corail multicolore. Dans ce barnum à mi-chemin entre le Louvre et le film Pirates des Caraïbes, toutes les œuvres sont à vendre. Hirst a assuré depuis avoir déjà récolté 270 millions d’euros. Info ou intox ? Peu importe, Pinault jubile et réconcilie ses deux passions, l’art et le business.

Le mécène et ses artistes

N'est pas mécène qui veut. François Pinault est avant tout un homme d'affaires : l'heureux propriétaire du groupe de luxe Kering qui possède, entre autres, les maisons Gucci, Saint Laurent et Balenciaga. Si sa fortune est estimée à 56 milliards de dollars (environ 47 milliards d'euros), sa collection d'art, débutée il y a plus de cinquante ans, est tout aussi vertigineuse –avec ses quelque 10.000 œuvres, elle est l'une des plus importantes au monde. Elle est aussi résolument tournée vers l'art contemporain: la plus vieille œuvre acquise par François Pinault date de 1960. ICI 

 

LE POINT DE VUE BOURGUIGNON (lire les commentaires)

Le domaine Bouchard Père et Fils désormais sous la houlette de la famille Pinault ICI

La famille Pinault et la famille Henriot, notamment propriétaire du domaine beaunois Bouchard Père et Fils, ont donné naissance ce vendredi à une nouvelle entité rassemblant leurs domaines respectifs. Un nouvel ensemble qui sera piloté par la famille du milliardaire français François Pinault.

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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 06:40

"Cut it out" : Illustration de l’artiste italien Marco Melgrati.

L’équipe iranienne masculine de football pendant l’hymne national, lors du match contre le Sénégal, à Vienne, le 27 septembre 2022.

Une parka noire, sans drapeau ni signes distinctifs. Si les joueurs de l’équipe nationale de football d’Iran ont choisi de rester couverts, mardi 27 septembre, pendant les hymnes précédant la rencontre entre leur pays et le Sénégal, organisée dans la banlieue de Vienne, la météo automnale autrichienne n’était pas à incriminer.

 

Les coéquipiers de Sardar Azmoun, star du football iranien, ont masqué leur maillot national, en protestation contre le régime de leur pays, alors que les manifestations suite à la mort de Mahsa Amini, interpellée par la police des mœurs pour ne pas avoir « correctement » porté le voile, se poursuivent malgré la répression. Au moins 76 personnes ont été tuées en une dizaine de jours, selon l’ONG Iran Human Rights

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This cartoon is from 1982Image

Au péage d’une autoroute à …48 voies. Chine

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hibou des marais photographié au Canada par Jean-Simon Bégin !

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L’automne dans les forêts du Vermont. États-Unis.

Époustouflant.

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Street art. Une rue de Paris.

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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 06:00

Une page d’un journal iranien avec une photo de Mahsa Amini, dont le décès est à l’origine des révoltes en Iran.

Malgré la répression, le mouvement de protestation contre le régime en Iran ne faiblit pas. Sur Twitter, une jeune Iranienne est devenue ce week-end le symbole de la bataille pour le droit des femmes. Sa reprise en persan du chant révolutionnaire italien Bella Ciao a ému les internautes du monde entier. Si pour certains c’est une découverte, il ne faut pas oublier que la chanson nous vient du XXe siècle

 

ICI 

 

Voilà dix jours que la contestation grandit partout en Iran, pour dénoncer la mort de Masha Amini, détenue par la police des mœurs pour un foulard mal ajusté sur ses cheveux. Les mouvements de protestation ont éclaté dans les rues du pays le 16 septembre 2022, immédiatement après le décès à l’hôpital de la jeune femme de 22 ans, arrêtée trois jours plus tôt à Téhéran pour « port de vêtements inappropriés » et non-respect du très strict code vestimentaire pour les femmes en République islamique d’Iran. Depuis, la répression du régime est violente, condamnée par les organisations non-gouvernementales internationales, et la colère ne cesse de monter dans la rue, mais pas seulement. La protestation se poursuit aussi sur les réseaux sociaux.

 

 

Alors que le pays est progressivement débranché d’internet par le régime, une vidéo a ému les internautes du monde ces derniers jours, sur Twitter. La séquence, devenue virale, comptait ce lundi 26 septembre 2022 pas moins 51 000 « j’aime » et 27 000 retweets. Postée par le compte @Gandom_Sa007, et relayé en France par Farid Vahid, directeur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, elle montre une jeune Iranienne, dont on ne connaît pas l’identité, reprenant Bella Ciao en persan. 

 

Cette nouvelle mise en lumière pour ce chant partisan italien n’est pas la première. Dans des circonstances moins dramatiques, cette chanson avait déjà été remise au goût du jour, devenant même un tube planétaire, grâce à sa reprise dans la série espagnole Casa de Papel, diffusée sur Netflix. Mais l’origine de Bella Ciao est bien plus ancienne, et sa création remonte à plus d’un siècle.

 

 

D’abord un chant ouvrier italien

 

Car au tout début, Bella Ciao est un chant ouvrier, dont la datation précise est difficile. Les « mondines », ces ouvrières saisonnières piémontaises qui travaillaient dans les rizières italiennes de la plaine du Pô à la fin du XIXe siècle en seraient à l’origine. À travers ce chant, ces femmes protestent contre leurs dures conditions de travail : courbées toute la journée, de l’eau jusqu’aux genoux, elles devaient désherber les rizières d’Italie du Nord et repiquer des plants de riz, le tout sous surveillance.

 

Les premières strophes de la version originale le racontent : Alla mattina appena alzata (Le matin, à peine levée) / In risaia mi tocca andar (À la rizière je dois aller) / E fra gli insetti e le zanzare (Et entre les insectes et les moustiques) / Un dur lavoro mi tocca far (Un dur labeur je dois faire).

 

Les dernières, sont un appel à leur libération : Ma verrà un giorno che tutte quante (Mais un jour viendra que toutes autant que nous sommes) / Lavoreremo in libertà (Nous travaillerons en liberté).

 

Puis un chant résistant antifasciste

 

À cette période, le chant, très populaire, se transmet à l’oral. Après la Première Guerre mondiale, la chanteuse italienne Giovanna Daffini, qui l’a appris en travaillant dans les rizières, le fait vivre à travers le pays lors de mariages, accompagnée par son mari au violon.

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’engage dans la Résistance. C’est d’ailleurs dans les rangs des résistants italiens qu’une nouvelle version du chant va naître.

 

L’air ne change pas, mais les paroles se font plus engagées contre le gouvernement fasciste de Benito Mussolini et les nazis installés en Italie pendant la guerre. Elles racontent l’adieu d’un partisan à sa belle : Una mattina mi sono alzato / E ho trovato l’invasor / O partigiano portami via / Ché mi sento di morir / E se io muoio da partigiano / Tu mi devi seppellir […].

 

Ce qui donne en français : « Un matin, je me suis levé / Et j’ai trouvé l’envahisseur / Hé ! Partisan, emmène-moi / Car je me sens mourir / Et si je meurs en partisan / Il faudra que tu m’enterres. […] »

 

Quelques années plus tard, pendant l’après-guerre, le chant traverse les frontières. En 1948, il est entonné à Berlin par des étudiants communistes italiens invités par le Kominform. Ses paroles sont dès lors traduites en plusieurs langues (une soixantaine aujourd’hui), les groupes communistes se l’approprient partout dans le monde… En France, c’est Yves Montand qui le rend populaire en l’interprétant après la crise des missiles de Cuba. Puis, il est souvent chanté par les mouvements de gauche, lors des manifestations.

 

 

Les reprises sont légion : Manu Chao l’interprète en 1999, en espagnol, pour rendre hommage à Adolfo Celdran, qui s’était vu censurer sa reprise en castillan par le régime franquiste en 1969 ; le groupe de punk breton Les Ramoneurs de Menhirs reprennent Bella Ciao en 2009, à grand renfort de binious et on ne compte plus les versions de groupes de punk madrilènes…

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30 septembre 2022 5 30 /09 /septembre /2022 06:00

ANDROS 1981 pub avec jeu Tintin - confiture de fraises | Tintin, Confiture  fraise, Pub

Le groupe Andros est une entreprise française dont le siège est basé dans le petit village de Biars-sur-Cère, dans le département du Lot. Il appartient à la famille Gervoson et garde ses traditions de PME provinciale.

 

Novembre 2016

 

 

Dimanche dernier je suis allé déjeuner chez Amarante où mon amie Maréva assure depuis quelques jours le service en salle.

 

Bien installé j’attendais paisiblement. En face de moi sur la droite une table de 4 : 3 jeunes gens et un monsieur que je vois de dos. Je remarque que le vin est aussi invité à cette table. Et puis, alors que ma fraise de veau arrive sur ma table le monsieur de dos se retourne et son visage s’illumine d’un grand  sourire. Il se lève et vient me saluer. Lecteur assidu, c’est un bordelais (d’adoption je m’en apercevrais plus tard) il est à Paris pour le salon des outsiders de JM Quarin. Nous échangeons brièvement et le monsieur se rassied. Je savoure ma fraise de veau lorsque le monsieur se relève et vient m’offrir une bouteille de son château : Larrivet Haut-Brion Pessac-Léognan 2012.

 

Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion

 

Confus je remercie chaleureusement mais comme je ne suis pas Jacques Dupont je ne connecte pas le nom du château avec son propriétaire. Pire encore j’omets de regarder la contre-étiquette qui me l’indique. Je suis au-dessous du niveau de la mer mais j’ai l’excuse d’une soirée bien arrosée la veille.

 

Alors, cher Philippe Gervoson sachez que si j’avais pris cette peine mes neurones auraient reconnectés et votre patronyme m’est bien connu puisque dans mes anciennes fonctions j’ai eu l’occasion de rencontrer Frédéric Gervoson pour discuter avec lui de problèmes laitiers normands, mamie NOVA ex-ULN, liés à l’usine flambant neuve d’Auneau en Eure-et-Loir.

 

Bref, des gens forts sympathiques, dont la proximité géographique avec la Corrèze, qui n’est pas le Zambèze mai une terre qui accouchent de présidents de la République, des provinciaux, et le jeune boss d’Andros, Florian Delmas, est dans cette tradition puisque son adresse à notre intention, dont j’ai fait le titre de cette chronique, qui me doit bien peu, se termine par :…et nous regardons ailleurs » paraphrasant Jacques Chirac « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » lors du IVe sommet de la Terre, en 2002.

 

🥩 Stéphane CARRIER 👁👃👁 (@stefcarriere) / Twitter

AGRICULTURE

Florian Delmas, Président de Andros : « Notre système agricole et agro-alimentaire français fait faillite, et nous regardons ailleurs » ICI 

par Florian Delmas 27 septembre 2022

 

A l’heure où le conflit en Ukraine positionne la notion de souveraineté alimentaire comme une priorité nationale, 50% des poulets, 40% des légumes et même 60% des fruits que nous consommons sont importés de pays qui ne respectent pas les réglementations qui nous sont imposées. La France, première puissance agricole européenne, est en passe de perdre son indépendance alimentaire. C’est le constat amer que dresse le jeune PDG (âgé de 37 ans) du groupe Andros, qui revient pour StripFood sur les raisons de cet inquiétant naufrage. Selon lui, à l’heure de changements climatiques inéluctables, l’agriculture française doit se réinventer à travers la cohabitation de plusieurs modèles performants. Une prise de parole cash et plutôt rare de la part d’une nouvelle génération de dirigeants qui doit interpeller au plus haut niveau.

 

 

 

Notre système agricole et agro-alimentaire français fait faillite, « et nous regardons ailleurs ». Une faillite économique, démographique, écologique, sociologique et idéologique qui plonge la France dans un déclassement inquiétant.

 

 

 

Un peu d’histoire

 

 

Se nourrir correctement est une condition essentielle de stabilité et d’émancipation des sociétés humaines. « Un pays qui ne peut pas se nourrir lui-même n’est pas un grand pays », affirmait le général de Gaulle en 1962. La Politique Agricole Commune qui fut mise en place la même année à l’échelle européenne allait dans ce sens. Elle visait l’autosuffisance alimentaire, une condition essentielle pour garantir la paix. Dix ans plus tard, avec les progrès de la productivité et de l’acheminement des produits agricoles, le pari était réussi : mécanisation, développement du transport des marchandises, recours à la chimie pour les engrais et les pesticides donneront naissance à l’agriculture productiviste, sous la maîtrise de familles paysannes multigénérationnelles. Pendant ce temps, un modèle agro-alimentaire industriel se développait pour produire, conditionner et distribuer une alimentation ainsi préservée, accessible au plus grand nombre.

 

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la France n’a plus jamais été confrontée à la famine et a renforcé sa souveraineté politique par le levier alimentaire. L’ensemble des maillons de la chaîne ont massivement investi pour construire un modèle compétitif et performant, ayant par ailleurs contribué à une politique d’exportation massive de produits et de savoir-faire (équipementiers, agriculteurs, transformateurs, logisticiens, distributeurs). Un modèle envié par le monde des années 1960 aux années 2010 avec 3 atouts majeurs, à partir desquels il est toujours possible de bâtir une politique forte et prometteuse : un contexte pédoclimatique le plus diversifié au monde, une expertise technologique et sanitaire reconnue, une gastronomie de renom.

 

Un demi-siècle plus tard, notre système agricole et agro-alimentaire français fait faillite, et nous regardons ailleurs.

 

Depuis 2010, l’excédent agroalimentaire français a été divisé par deux (sans les vins et spiritueux, nous serions déjà déficitaires). Selon un rapport du Sénat, la France pourrait connaître son premier déficit agricole depuis la seconde guerre mondiale en 2023.

 

50% des poulets que nous consommons sont importés de pays qui ne respectent pas les réglementations qui nous sont imposées.

 

40% des légumes que nous consommons en France sont importés, 60% des fruits, contre respectivement 28% et 43% en 2000. Là aussi, les normes sociales, fiscales, sanitaires et environnementales sont en défaveur de la France.

 

En 20 ans, la surface des vergers a reculé de 40% et celle des légumes de 13%, non compensé par l’amélioration des rendements. Dans le même temps, elle a augmenté de plus de 50% en Allemagne, 29% en Hollande.

 

¼ des produits porcins sont importés alors que nous élevons plus de porcs que nous en consommons.

 

Au-delà de ces constats, la faillite du système agricole et agro-alimentaire français est plus profonde et mérite qu’on s’y attarde.

 

 

 

Une faillite économique

 

 

La France est la première puissance agricole de l’Union Européen, cumulant un chiffre d’affaires de 73 Milliards d’euros. Avec près de 18% de l’enveloppe globale, la France est aussi le premier pays bénéficiaire du budget de la Politique Agricole Commune (PAC). Cela équivaut à un peu plus de 12 Milliard d’euros versés annuellement aux 420 000 exploitations agricoles employant un peu plus de 600 000 personnes. Le fait le plus marquant, révélé par un récent rapport de l’Inrae, est que les aides de la PAC constituent les 3/4 du résultat courant avant impôts des exploitations agricoles françaises. La dépendance diffère cependant selon le type d’exploitation. Avec 195% d’aides directes dans la formation du revenu, en moyenne nationale sur dix ans, les exploitations de bovins-viande sont les plus dépendantes des aides directes de la PAC. C’est un peu plus de 100% du résultat courant avant impôt des exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux et des exploitations de polyculture-élevage.

 

Autrement dit, sans un soutien massif équivalent à près de 400 euros annuels par ménage français, notre système agricole est en faillite, alors même qu’un ménage agricole sur 5 vit sous le seuil de pauvreté.

 

L’industrie agro-alimentaire est quant à elle le premier secteur industriel français, aussi bien en termes de chiffre d’affaire que d’emplois. A elle seule, elle compte 18 000 entreprises, 200 Mds de CA, 450 000 emplois. La particularité de cette industrie est une interdépendance forte entre les maillons de la chaîne, très territorialisés et donc faisant vivre des écosystèmes économiques locaux majeurs et dynamiques. Pour 1 emploi dans l’industrie agroalimentaire, 4 emplois indirects sont créés.

 

Pourtant, la rentabilité des industries alimentaires française a perdu plus de 10 points en 10 ans, passant en deçà de la rentabilité moyenne des industries manufacturières (de 46% de marge brute à 34% aujourd’hui). Et ce ne sont pas les bénéfices affichés par des multinationales de renom qui doivent servir de base d’étalonnage. La réalité de la majorité des entreprises agro-alimentaire est tout autre.

 

Le retour sur capital employé, déjà inférieur à celui de la grande distribution indépendante, ne cesse de s’effondrer, atteignant 8% en 2020 contre 10% en 2014.

 

Autant de résultats biaisés par le régime fiscal particulier qui exonère d’impôts sur les sociétés la majorité des coopératives agricoles et agro-alimentaires françaises, qui représentent à elle seul 40% du chiffre d’affaires généré par l’industrie agroalimentaire, soit près de 80 Milliards d’euros.

 

Les distorsions de concurrences à l’import, l’inflation des matières premières, la puissance de la grande distribution dopée par la succession de lois favorables à un maintien du pouvoir d’achat par le prix bas en sont les principales causes. S’en suit un cercle vicieux de disqualification de la filière agroalimentaire française par un recul successif de l’investissement en France à l’heure de transformations indispensables : robotisation, automatisation, traçabilité et transition écologique. L’attractivité économique de la filière agro-alimentaire sur le territoire français, dont la démographie et le PIB stagnent, se réduit comme peau de chagrin et n’augure rien de bon.  Sans prise de conscience de la destruction massive de valeur opérée depuis plusieurs décennies ni de réactions sur le rééquilibrage de la répartition de la valeur de l’aval vers l’amont de la filière, la France est en passe de perdre son indépendance alimentaire.

 

 Une faillite écologique

 

 

Les évolutions sociétales du siècle dernier caractérisées par un mouvement de l’ère agricole vers une domination écrasante de l’ère industrielle puis servicielle ont modelé notre système agricole et agro-alimentaire. Si cela a contribué jusqu’à un certain point à de véritables progrès sociaux, il n’en reste pas moins un impact négatif significatif sur notre environnement.

 

Ainsi, l’agriculture couvre 53% du territoire français, rendant la qualité du sol et du sous-sol très dépendante de cette activité. L’usage de produits phytosanitaires et les pollutions résiduelles sont ainsi pointés du doigt. L’agriculture utilise 70% de l’eau consommée en France, ce qui implique une cohérence avec les choix de culture et d’élevage dans leur écosystème. Les émissions de gaz à effet de serre dans l’industrie agroalimentaire et l’agriculture française participent pour environ un cinquième des émissions totales. La production agricole et agroalimentaire serait le secteur économique qui a le plus fort impact négatif sur la biodiversité, contribuant ainsi à la perte totale de biodiversité terrestre de l’ordre de 70%. La contribution positive des emballages à la préservation de nombreux aliments n’en reste pas moins problématique lorsqu’ils ne sont pas recyclables ni recyclés. Enfin, la FAO estime que plus d’un tiers de notre alimentation est gaspillée ou jetée sur l’ensemble de la filière, du champ jusqu’aux poubelles du consommateur.

 

A l’heure de changements climatiques inéluctables, l’agriculture française doit se réinventer. Il apparaît impossible d’avoir un modèle agricole exclusif qui soit susceptible de répondre aux besoins et de satisfaire les intérêts de toutes les parties prenantes : les agriculteurs, les consommateurs, les industriels, les investisseurs, les animaux, l’économie nationale, l’environnement et la planète, la culture et l’identité. C’est pourquoi plusieurs modèles nécessairement performants doivent cohabiter : agriculture régénératrice, agriculture du tout qualité, agriculture d’entreprise, agriculture ultralibérale, agriculture technologique.

 

La quantification des impacts rendue désormais possible constitue le principal levier pour une bifurcation du système agricole et agro-alimentaire réduisant l’impact sur l’environnement, dès lors que le modèle économique génère assez de valeur et rend ainsi viable les investissements nécessaires à la transition pour une agriculture agro-écologique performante et un modèle agro-alimentaire le plus neutre possible sur notre environnement.

 

 

 

Une faillite démographique

 

 

L’exode rural provoqué à l’issue de la seconde guerre mondiale et le développement d’un modèle productiviste auront fortement modifié le paysage agricole français ainsi que sa démographie. On dénombrait près de 2,3 millions d’exploitations agricoles en 1955 contre un peu moins de 490 000 en 2010. Cela s’est naturellement accompagné d’une augmentation significative de la taille des exploitations ainsi que de la productivité de la filière.

 

Aujourd’hui, le secteur agricole est confronté au défi de la démographie et du renouvellement générationnel des exploitants et actifs agricoles. Un tiers des agriculteurs a plus de 60 ans ou atteindra cet âge dans les cinq années à venir, et pourra alors prétendre à partir à la retraite. Plus largement, la proportion des agriculteurs entre 45 et 59 ans équivaut à 51%. A horizon 2025, si les tendances se maintiennent, la France compterait 342 000 exploitations agricoles.

 

La concentration de l’appareil productif agricole se poursuivra donc. Cette réalité inquiète à plusieurs titres et oblige à des choix politiques forts et rapides de sorte à éviter à ce que la concentration ne soit suivie d’une contraction par déficit d’attractivité et de vocations. En effet, au-delà de la baisse du nombre de chefs d’exploitations et même si la mécanisation des taches se poursuit, la filière doit aussi s’assurer de disposer des personnels actifs nécessaires pour assumer le travail agricole encore manuel. Cela passe inévitablement par la revalorisation des métiers agricoles et agro-alimentaires et la promotion de formations indispensables pour la reprise, la création et le développement de nouveau modèle agricoles et agro-alimentaires.

 

 

 

Une faillite idéologique

 

 

Depuis une décennie, un nouveau malaise agricole et agro-alimentaire s’installe en France. L’ensemble de la chaîne alimentaire fait régulièrement l’objet d’attaques, de critiques et d’un dénigrement dans l’espace public. Plus connu sous le terme « agri-bashing » et « food-bashing », il a été mesuré ces dernières années une intensification, un élargissement, une radicalisation et une plus forte visibilité de la contestation des modes de production conventionnels. Ce qui est au cœur de l’agribashing, c’est avant tout l’implication en amont de la production agricole de l’industrie agrochimique et des biotechnologies et, en aval, de l’industrie agroalimentaire, alors même que les consommateurs perçoivent aujourd’hui principalement l’agriculture à travers ce qu’ils ont dans leur assiette.

 

Pour autant, si de nouvelles exigences citoyennes paraissent indispensables pour répondre aux divers enjeux des prochaines décennies, elles ne doivent jamais occulter les bases de tout modèle de développement durable des sociétés humaines, nécessitant avant tout et pour tous, l’autosuffisance alimentaire comme condition essentielle d’émancipation et de garantie de la paix.

 

Aucune démagogie ne peut être permise sur un sujet aussi grave au XXIème siècle, où l’agriculture et l’agroalimentaire sont confrontés à un défi sans précédent : nourrir durablement près de 10 milliards d’individus à l’horizon 2050, en leur assurant un bol alimentaire nutritionnel sûr et sain, grâce à des systèmes respectueux de l’environnement. Il est urgent de reconsidérer la place des activités agricoles et des acteurs de la filière alimentaire pour préserver notre avenir sur le long terme : maintien de l’indépendance alimentaire, préservation de notre environnement et sécurité sanitaire des populations. La chaîne alimentaire n’est pas seulement un fournisseur de produits alimentaires, elle est aussi un acteur essentiel à notre survie, notre santé et à celle de l’environnement.

 

 

 

Une faillite sociologique

 

 

Bien que ce soit de manière souvent banale et largement invisible, l’alimentation est au cœur de la vie quotidienne, et au cœur de problèmes sociaux, économiques et politiques, en particulier ceux relatifs à la santé et à l’environnement. Ne pas manger assez, mais aussi manger mal, constituent le double fardeau de la malnutrition et la France n’est plus épargnée. Les causes sont multifactorielles. En effet, si les inégalités alimentaires rejoignent les inégalités de santé, elles sont également liées aux inégalités de revenu, de diplôme ou encore de logement.

 

A ce titre, et plus particulièrement dans le contexte actuel d’inflation, la fracture sociologique pour l’accès à une alimentation saine, sure et durable ne cesse de s’accroitre en France à tel point que deux catégories d’acheteurs/consommateurs se distinguent désormais : d’un côté, les ménages aux budgets contraints qui font des choix drastiques pour assurer une couverture minimale de leur besoin physiologiques, de l’autre les ménages aux revenus aisés souhaitant accéder à une alimentation plus qualitative, plus saine et avec un impact positif sur l’environnement ou le bien-être animal.

 

Au-delà de cette franche et triste réalité, c’est plus particulièrement « l’épidémie » d’obésité qui inquiète l’Organisation mondiale de la santé, tant sa progression est fulgurante. En France, où l’obésité augmente pour atteindre 17% de la population, c’est désormais une personne sur deux qui est en surpoids. Un problème de santé publique qui pèse aujourd’hui 40 milliards d’euros sur le budget de santé de l’état français, 100 milliards dans 10 ans si rien n’est fait. Cela questionne inévitablement notre modèle agro-alimentaire et se combine avec une baisse de l’activité physique, due à l’amélioration progressive du niveau de vie.

 

Infléchir ces tendances quantitatives et qualitatives relatives à l’alimentation nécessite deschangements sociétaux majeurs, et implique de nouvelles politiques alimentaires devant dépasser lenjeu dune alimentation saine et accessible, en y associant l’éducation à une hygiène de vie également saine.

 

Quelles valeurs et quelle (répartition de la) valeur voulons-nous donner à notre alimentation ? A l’heure où le risque de guerres animales (guerres relatives aux enjeux physiologiques) s’additionne aux guerres spirituelles et économiques, le constat amer de la faillite de notre système agricole et agro-alimentaire oblige à des choix vitaux pour assurer la souveraineté politique de la France. Une souveraineté intimement liée à la compétitivité et à la capacité à exporter de notre modèle et qui ne peut s’envisager autrement qu’à l’échelle européenne et avec un rééquilibrage de la répartition de la valeur plus en amont de la chaîne alimentaire.

 

L’agriculture et l’industrie agro-alimentaire sont à la France ce qu’est l’automobile à l’Allemagne. Elles s’appuient sur des produits de grande qualité, disponibles à proximité, qui auront permis l’émergence de fleurons mondiaux de l’agroalimentaire durant les 30 glorieuses. Si ces dernières nous ont fait croire au mirage de la consommation au travers du « tout service » et du « tout commerce », l’appauvrissement de notre appareil productif agricole et agro-alimentaire qui s’en suit grève sa capacité à se renouveler face aux enjeux nourriciers de notre siècle.

 

 

FLORIAN DELMAS

Florian Delmas, Président de Andros : "Notre système agricole et agro-alimentaire  français fait faillite, et nous regardons ailleurs" - StripFood

Florian Delmas est le Président du groupe Andros. Après avoir obtenu son diplôme d’Ingénieur agro-alimentaire ISARA en 2008 qu’il complétera par un exécutive MBA à HEC 7 ans plus tard, Florian aura exercé plusieurs fonctions au sein d’Andros : Chef de projet BtoB, Directeur du centre R&D, Directeur du sourcing et de l’amont fruitier, Directeur Général Andros France, Directeur Général Groupe Andros. Reconnu dans son domaine d’activité, il a été nommé Young Leader 2021 de la French American Foundation et 4 fois parmi les Leaders Economiques de demain.

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29 septembre 2022 4 29 /09 /septembre /2022 06:00

https://www.leparisien.fr/resizer/UbfYdoPe8pZLF4xheFCXc6HulQw=/arc-anglerfish-eu-central-1-prod-leparisien/public/NTHMU5OJPBG4FBVKEAUWPR5FV4.jpg

Dans quelques jours, au début octobre, ce sera la longue Marche de notre phare des lumières, de notre Jean-Luc doté de la forme la plus avancée de l’infaillibilité non papale, alors je me lance dans la glorification de la France d’en-bas engloutie dans le « néo-libéralisme » des gnomes de Bruxelles, ira-t-elle, comme viennent de le faire nos voisins italiens, se jeter dans les bars des populistes rances ?

 

Je ne sais.

 

Mais comme je suis, je l’avoue, un peu foutraque, je préfère dans les infos qui pleuvent sur la Toile, comme les obus à Gravelotte, mettre en exergue l’info suivante :

 

Voici le meilleur cassoulet au supermarché, selon 60 Millions de consommateurs :

Le bon choix selon le magazine : Cassoulet de Castelnaudary, Reflets de France, Carrefour, 5,20 €

 

Cassoulet de Castelnaudary, Reflets de France, Carrefour, 5,20 €

ICI 

 

Alors tout s’enchaîne, mes souvenirs se bousculent, à tout seigneur tout honneur :

 

  • Le cassoulet de Castelnaudary d’Antoine Verdale

 

L’Audois Antoine Verdale était 1 précurseur de tendance : les hipsters new-yorkais ont une nouvelle passion le cassoulet de Castelnaudary.

 

L’Antoine, qui avait le sens des relations publiques et qui aimait le rugby, organisait, lorsque le Tournoi alors des 5 Nations se jouait au Parc des Princes, un déjeuner d’avant-match au restaurant de Roland Garros tout proche. Au menu : Cassoulet de Castelnaudary et y’avait du beau monde autour de la table.

 

Ça me permet d’enchaîner sur mon titre :

 

Au début des années 2000 il était encore possible de glorifier le rugby du Sud-Ouest - dit « cassoulet », par opposition aux paillettes parisiennes du Stade français de Max Guazzini. Les mâles, les vrais de la région méprisaient ces fanfreluches. Le rugby ainsi définit est une religion à laquelle il est difficile d'échapper. Sa Bible : Midi olympique, « Midol » pour les fidèles.

 

 « Un jeune qui a des velléités de jouer au foot, ce n’est pas vraiment un homme, plaisantait Francis Duranthon, paléontologue et amateur de rugby. Mieux vaut commencer par le rugby, un passage quasi obligé, et après, s'il le faut vraiment, bifurquer vers le foot... »  

 

Serge Simon « Le visage de Janus du rugby français »

 

« Ce sont deux modèles qui s’affrontent. Il y a ce rugby de Castres qui pourrait correspondre – de manière caricaturale – à ce rugby de province, de petites bourgades telles que Castres, Agen, Lourdes, Pau, etc... Ce rugby centenaire, de terroir. Et d’un autre côté avec le RCT, ce rugby à gros budget que pouvait incarner le Stade Français à l’époque, Montferrand, etc…

 

Tout ça c’est de l’histoire ancienne, les grosses cylindrées dominent le championnat.

 

  • Le pire cassoulet de ma carrière

 

Ceux qui me suivent, tels des fidèles leur gourou, se souviennent de ma gamelle à vélo qui me conduisit au service de pneumatologie de l’hôpital Cochin, poumons perforés, côtes cassées, je suis tel un bibendum gonflé à l’air de mes poumons percés, bardés de tuyaux dans le nez, les bras, une sonde, les génies qui gèrent la bouffe de l’hôpital public ne trouvèrent rien de mieux pour le premier repas que je pus avaler : un cassoulet immonde. Je fis remarquer à l’infirmière-chef, genre dragon efficace, que vu mon incapacité à mouvoir seul me faire ingurgiter des fayots aux vertus gazogènes ce n’était pas la trouvaille du siècle. La NUPES n’existant pas alors ma légitime revendication resta lettre-morte.

 

L'Epicerie du monde., Pierre Singaravélou, Sylvain Venayre | Fayard

 

Et puis, dans mes trouvailles livresques j’ai acquis une Bible : L’Épicerie du Monde : La mondialisation par les produits alimentaires du XVIIIe siècle à nos jours chez Fayard la nouvelle crèmerie d’la boss Saporta. Rien que des universitaires, des têtes, je feuillette et, page 354 Le cassoulet signé Philippe Meyzie. Complet, pas très sexy comme écriture mais c’est la loi de la rigueur académique qui veut ça, pas de paillettes comme dirait les derniers afficionados du rugby cassoulet, genre le tout rond Pousson qui officie maintenant dans l’Aude.

 

Philippe Meyzie a rafraîchi mes souvenirs en ouvrant ses écrits  par un rappel intéressant : Le cassoulet roi de New York pour la victoire d'Obama

 Quand cassoulet devient un buzz aux USA - L'Avenir

 

Le 4 novembre dernier, durant la soirée électorale de la présidentielle américaine, Time Square, la plus emblématique des places de New York, a accueilli non pas une mais deux vedettes : Barack Obama, le candidat démocrate qui devenait le premier président Noir des États-Unis et… le cassoulet !

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la spécialité de notre Grand Sud a fait irruption dans les émissions télé des grandes chaînes américaines et a suscité un buzz incroyable sur internet, après qu'une énorme banderole où était inscrit « Cassoulet » a été déployée au beau milieu d'une foule compacte de milliers d'Américains en liesse célébrant la victoire d'Obama. Cette histoire insolite au cœur de la grande Histoire, on la doit aux joyeux drilles du « Petit Journal People » de Yann Barthes, la séquence humoristique du « Grand Journal » de Canal Plus

 

La suite ICI 

 

This French dish is so delicious, it has its own festival | Cassoulet  recipes, French recipes authentic, French cuisine recipes

 

Janvier 2016

INSOLITE - De Castelnaudary à New York et Osaka. On a du mal y croire mais notre cassoulet, ce bon vieux plat du Languedoc, est la dernière sensation culinaire à New York et au Japon.

 

« Le cassoulet c'est tendance. C'est le nouveau ramen », peut-on lire dans l'interview d'un restaurateur et de blogueurs culinaires par le New York Post.

 

Les Américains viennent donc découvrir notre ragoût de haricots blancs et ils en sont fous. Il est présenté par le quotidien new-yorkais comme un plat d'hiver "réconfortant" et parfait pour ce moment de l'année.

 

Le 9 janvier avait même lieu le troisième National Cassoulet Day où plusieurs événements étaient organisés aux États-Unis, notamment dans les restaurants Benoit d'Alain Ducasse.

 

Le propriétaire du restaurant Jimmy's No. 43 explique aussi au New York Post que son concours de cuisine autour du cassoulet n'a jamais attiré autant de monde. Il y a huit ans, sa clientèle était composée de nostalgiques de la période où les bistrots français étaient à la mode, aujourd'hui ce sont surtout des jeunes.

 

Fort bien, ça ne va pas plaire à notre bolivarien Mélenchon qui peut pas piffer les ricains mais bon faut bien prendre des risques dans la vie.

 

Nos boutiques à Castelnaudary| Maison Escudier

 

Enfin, l’auteur fait aussi un long développement sur l’appertisation qui a permis la diffusion mondiale du cassoulet et je me suis dit, mon petit gars, ça fait un bail que tu n’as pas becté du cassoulet et, comme tu ne hantes pas les travées de Carrouf tu devrais faire l’acquisition d’un bocal de cassoulet de la maison Escudier de Castelnaudary dans mon magasin de vieux bobo non révisé La main Verte.

 

 

Je ne l’ai pas encore mis à gratiner au four car pour un homme seul c’est beaucoup, j’attends l’occasion et je demande aux sieurs Pax&Jancou de trouver le bon jus nu qui va avec…

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28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 06:00

DVDFr - Cinema Paradiso : le test complet du Blu-ray

Je suis taquin, je saisis une locution que j’adore en y ajoutant le pluriel, ce qui en change le sens. Mais, pour inaugurer le grand retour de Papy-Ciné il me fallait « décoconner » (expression du regretté défunt Camilleri)

 

En effet, « Faire genre » c’est : Faire semblant.

 « La maîtresse de maison, pour faire « genre », recevait devant la porte. »

Raymond Radiguet, Le Diable au corps, 1923

 

Alors que notre Papy-Ciné aborde dans ses derniers devoirs de vacances « Les Genres »

 

 

Papy-Ciné toujours en veine d’originalité nous propose les siens avec ses films cultes en regard.

 

Vaste programme pour reprendre la formule du Général de Gaulle à qui l’on criait « Mort aux  cons ». En effet, on peut en recenser quelques trente-six sans compter les sous catégories et/ou  sous-sous catégories.

 

Le choix est vaste qui va des films de guerre aux films anti-guerre. Des films policiers à ne  pas confondre avec les films de gangsters ni avec les films noirs ou les enquêtes policières.  Les comédies seront musicales, romantiques ou loufoques.

 

On va quand même les passer en revue pour montrer les metteurs en scène qui se sont illustrés  dans l’un ou l’autre genre, voire plusieurs et que les genres, même s’il y a un effet de mode,  traversent les âges.

 

Le Western

 

  • grande époque « La chevauchée fantastique » 1939 de John Ford - tradition « La prisonnière du désert » 1956 de John Ford - spaghetti « Le bon, la brute et le truand » 1966 de Sergio Leone - par l’esprit « Un homme est passé » 1955 de John Sturges - angoissant « No country for Old Men » 2007 des frères Cohen - gay « Le secret de Brokeback Mountain » 2005 de Ang Lee

 

Le Péplum

 

« Ben Hur » 1959 de William Wyler Le Film de guerre « J'ai vécu l'enfer de Corée » 1951 de Samuel Fuller Le Film anti-guerre « La Grande Illusion » 1937 de Jean Renoir Le Film d’action « Piège de cristal » 1988 de John Mc Tiernan Le Film de gangster « Scarface » 1932 de Howard Hawks.

Le Film d’horreur

 

« L’exorciste » 1973 de William Friedkin La comédie musicale « West Side Story » 1961 de Robert Wise La comédie romantique « Casablanca » 1942 de Michael Curtiz La comédie loufoque « La Dame du vendredi » 1940 de Howard Hawks Mélodrame « Ecrit sur du vent » 1956 de Douglas Sirk Le Film Noir « Le Faucon maltais » 1941 de John Huston Le film pour ado « La Fureur de vivre » 1955 de Nicholas Ray Le Jifaigeki « Les Sept Samouraïs » 1954 de Akira Kurosawa (histoire du japon)

 

Le film historique

 

« Le Guépard » 1963 de Luchino Visconti

Slasher « Psychose » 1960 d’Alfred Hitchcock  (sous-catégorie du film d’horreur)

 

Thriller de conspiration

 

 

« Les Trois jours du Condor » 1975 de Sydney Pollack Enquête Policière « Quai des Orfèvres » 1947 de Henri-G. Clouzot

 

Film féministe

 

« Sans toi ni loi » 1985 d’Agnès Varda « Jackie Brown » 1977 de Quentin Tarantino

 

Film catastrophe

 

« L’aventure du Poséidon » 1972 de Ronald Neame

 

Road Movie

 

« Les Fraises sauvages » 1957 de Ingmar Bergman

 

Film d’arts martiaux

 

« Tigre et dragon » 2000 de Ang Lee

 

Blockbuster

 

« Les dents de la mer » 1975 de Steven Spielberg (ce nom vient de l’importance de la file d’attente au guichet qui pouvait faire le tour du pâté – block – de maisons

 

Science-fiction

 

« Soleil Vert » 1973 de Richard Fleischer

 

Thriller psychologique « M le Maudit » 1931 de Fritz Lang

 

Film de super-héros « Robocop » 1987 de Paul Verhoeven

 

Cette liste n’est pas achevée. Il manque ainsi un certain nombre de catégories. Ciné-papy avait  prévenu qu’il ne serait pas exhaustif. Cependant vous les trouverez ci-après pour votre plus  complète information. « Race film » « Documentaire » « Giallio » « Documentaire  parodique » « Film de ghetto » « Cinéma lent »

 

Petite histoire du Cinéma

 

Les amateurs les exigeant pourront satisfaire leur curiosité en consultant la « Petite histoire du  Cinéma » d’Ian Haydn Smith – Flammarion éditeur à laquelle ce devoir de vacances doit beaucoup.

 

Remarque :

 

Les exemples de films illustrant les catégories ne sont pas toujours les plus emblématiques. Par exemple, pour la catégorie « Road Movie » c’est, à l’évidence « Thelma et louise » 1991 qu’il faudrait citer. Mais, nous ne sommes pas ici dans une encyclopédie et/ou un dictionnaire  et on ne s’étonnera donc pas qu’affleurent, ici ou là, les goûts de Ciné-papy

Vidéo à visionner absolument pour le défilé de grands visages du cinéma mondial.

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