Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 08:00

 

Dimanche, en loucedé, même Pax n’a rien remarqué, j’ai changé mon enseigne de confiné saison 2, la précédente vieillissait mal, elle était bancale, poussive, indigne de mon standing (rires enregistrés). La nouvelle me va mieux au teint.

Samedi matin, j’ai manqué tomber de ma chaise au vu du titre d’un article de Sud-Ouest signé Sébastien Darsy :

 

 Le vigneron Osamu Uchida, un "miracle" japonais dans le Médoc

Venu de l’autre bout du monde, Osamu Uchida s’est taillé rapidement une solide réputation dans la viticulture bordelaise. Installé à Pauillac depuis 2015, lui-même n’en revient pas d’avoir réalisé son rêve. Portrait

 

En peu de temps, il est devenu la coqueluche des cavistes bordelais. De ceux qui s’enorgueillissent d’avoir déniché une petite pépite pour leurs clients. Le succès du vigneron japonais Osamu Uchida, installé dans le Médoc à Pauillac depuis 2015, a été fulgurant. Si bien qu’actuellement, il n’est pas aisé de se procurer l’une de ses bouteilles dans le commerce. Lui-même ne dispose pas de stocks!

 

Sa cuvée 2018 est « un travail sur l’architecture, pensée en dentelle pour un touché tannique sur le velours. Les arômes de mûres, de café et de cuir dansent sur cette plateforme. C’est chirurgical », écrit…

 

C’est dans Sud-Ouest, je ne suis pas abonné, la suite ICI

 

Pensez-donc un naturiste, japonais de surcroît, en plein Médoc !

Osamu Uchida souhaite faire revivre les vins naturels d'autrefois. Des vins purs, savoureux et nets. Des vins vivants que nous affectionnons.

 

Environ 2000 bouteilles produites chaque année. Vendange à la main, traction animale, un vrai vin d'artisan. Nous adorons !

 

 

Ma tribu médocaine : Osamu Uchida, vigneron nippon

 

Par Loïc Siri Dégustateur

Dégustateur

 

Bienvenue dans ce nouveau volet de la série “Ma tribu médocaine”. J’y présente une galerie de portraits singuliers et attachants qui viennent contredire l'idée d’un médoc inhospitalier, qui subit aussi le “bordeaux bashing". En voici le cinquième volet, une improbable rencontre avec le remarquable vigneron japonais néo-médocain Osamu Uchida.

Une vraie saga !

Il y a de quoi se poser la question : comment, en étant né à 10 000 kilomètres devient-on vigneron dans le Médoc?
Dans un français irréprochable, il lui manquerait juste un peu d’accent du cru, Osamu me raconte comment il a réalisé son miracle. Miracle, est le nom vraiment bien trouvé de sa cuvée.

 

La suite ICI 

 

La P'tite Cave Libourne ICI

 

Partager cet article

Repost0
9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 06:00

Histoire du sucre, histoire du monde, de James Walvin

rhumChauvetCPA

Au milieu du XVIIe siècle, le rhum était un produit d’exportation à part entière. L’origine précise de la production commerciale du rhum reste incertaine, mais il est probable que tout ait commencé à la Barbade et à la Martinique. Des réfugiés hollandais, expulsés du Brésil, auraient contribué à y créer les premières distilleries de rhum. Dans les années 1640, le rhum était pour l’essentiel produit en Martinique ; une décennie plus tard, il était établi à la Barbade.

 

Le rhum original en provenance de la Barbade était décrit comme « une infernale et terrible liqueur brûlante », ce qui lui a valu divers noms, « Kill Devil » étant sans doute le plus parlant.

 

La transformation de la canne à sucre engendre une série de sous-produits et de déchets : les broyures (la « bagasse », plus tard utilisée comme carburant, à La Réunion, la production d’électricité à l’aide de l’utilisation de la bagasse comme source primaire d’énergie se réalise aux centrales thermiques du Gol (Saint-Louis) et de Bois Rouge (Saint-André). Grace aux résidus de cannes, ces centrales sont capable de produire près de 240 G.W.h ce qui représente 10 % de la production électrique de l’île soit environ la consommation de 91 000 habitants.) ; un liquide  résiduel contenant des impuretés ; et de la mélasse que l’on pouvait distiller.

 

Dans un excellent article « Rhum agricole ou traditionnel l’héritage historique » Luca Gargano souligne que « si les pays des Caraïbes ont un dénominateur commun, c’est incontestablement le rhum. Il serait d’ailleurs plus juste de parler des rhums, rhums agricoles et rhums traditionnels : en effet chacun cultive fièrement sa personnalité ainsi que ses différences. Des divergences héritées de l’histoire et de la colonisation qui créent aujourd’hui encore, une véritable polémique d’amateurs. »

 

* je signale au non-initié que le rhum agricole s’obtient de la distillation du jus frais de canne à sucre alors que le rhum traditionnel est distillé à partir de la mélasse sous-produit du sucre.

 

493566146

 

26 octobre 2010

Le rhum « l’art de bien vieillir c’est le passage de Noami Campbell à Sainte Thérèse de Calcutta » moi j’adore le Rhum Rhum blanc de Marie-Galante ICI  

 

Au Brésil, on produisait un rhum grossier dès le milieu du XVIe siècle et les planteurs avaient déjà remarqué que les esclaves africains  en raffolaient. En 1648, un critique faisait remarquer que c’était « une boisson réservée aux esclaves et aux ânes ».

 

Et dans toute l’Amérique, le rhum était distribué aux esclaves africains pour rendre leur sort plus acceptable. Il aussi joué un rôle important dans différentes cérémonies religieuses d’esclaves au Amériques – et chez les Africains sur leur terre natale.

 

Encore une fois, cela ne manque pas d’ironie. Le sucre obtenu par le travail des esclaves, comme ses dérivés la mélasse et le rhum, devait leur faire oublier leur existence de misère. Le rhum produit par les esclaves adoucissait le sort des hommes sur les navires de guerre et négriers, celui des militaires lors des conflits, et dans les colonies précaires fondées par les européens dans le monde entier, de la frontière américaine à la Botany Bay en Australie. C’est comme si les esclaves produisaient eux-mêmes un lubrifiant pour faciliter la dureté et les malheurs de leur condition et la vie de leurs oppresseurs. Et tout cela reposait sur la culture de la canne.

 

Les exportations de rhum ont rapidement augmenté à la fin du XVIIe siècle. En 1664-1665, près de 400 000 litres ont été expédiés depuis la Barbade ; trente ans plus tard, on était passé à plus de 2 millions. Vers 1700, le rhum était devenu une source majeure de profit pour les planteurs de toutes les Caraïbes.

 

La consommation s’est répandue des plantations aux docks, puis, dans tous les ports importants, avant, enfin, de pénétrer l’intérieur des terres de tout autour de l’Atlantique. Le rhum était un élément central du commerce auquel se livraient les marins au fil de leurs escales successives. Ils en avaient eux-mêmes besoin pour supporter les rigueurs des semaines et de mois passés en mer.

 

Après 1731, chaque homme enrôlé dans la Royal Navy touchait de droit une ration quotidienne de rhum. On risque toujours de sous-estimer son importance pour les marins des flottes commerciales comme militaires. De fait, la ration attribuée sur les navires de la Royal Navy a été maintenue jusqu’en 1970.

 

En Amérique du Nord, aux Caraïbes, le rhum est devenu la principale boisson, en premier lieu chez les travailleurs. C’était le breuvage idéal pour affronter les rigueurs et les difficultés de la vie des colonies. C’était devenu un élément clé du commerce des fourrures avec les Indiens et, malgré les efforts pour limiter son impact, il allait avoir une influence destructrice sur ces communautés – ce que l’arrivée plus tardive du whisky n’allait d’ailleurs pas arranger. Même si les colons américains continuaient à boire leurs propres boissons alcoolisées – du vin et surtout de la bière –, elles ne faisaient pas le poids face au rhum des Caraïbes.

 

Les fonctionnaires français, comme les Britanniques, étaient écartelés entre les profits économiques tirés de l’échange de rhum contre des fourrures et des peaux, et la catastrophe que causait cette boisson chez les Indiens – et les esclaves africains les fonctionnaires coloniaux et les ecclésiastiques s’unirent pour dénoncer les effets destructeurs de l’alcoolisme.

 

En vain !

 

C’est à partir de ce moment que le mot anglais « bender » (« cuite ») a été employé – à l’origine, les Indiens Sénécas utilisaient cette expression pour désigner un épisode de boisson excessive.

 

L’indépendance américaine, en 1776, a représenté une menace pour l’économie sucrière caribéenne ; les planteurs craignaient que ne cessent les échanges indispensables avec l’Amérique du Nord, mais une fois encore, les contrebandiers vinrent à leur secours –

 

Le rhum prenait le chemin du nord et le ravitaillement américain celui du sud, en passant par les îles qui appartenaient au Danemark. On jouait au jeu fiscal du chat et de la souris entre Britanniques et Américains. En réalité, c’est le développement d’une industrie locale de whisky et le rejet de tout ce qui était britannique qui ont constitué une véritable menace pour le rhum des Caraïbes. Les Etats-Unis avaient commencé à tracer leur propre route politique et culturelle, et abandonné les habitudes anglaises, préférant le café et le whisky au thé et au rhum.

 

SOURCE 

Histoire du sucre, histoire du monde - James WALVIN - Éditions La Découverte

Les racines du rhum

La boutique

L’art de vivre aux Caraïbes

L’art de vivre aux Caraïbes

La plus ancienne cave à rhum parisienne recèle les plus beaux nectars disponibles en France. Son fondateur, le Guadeloupéen Christian de Montaguère, est toujours disponible pour un conseil ou un atelier dégustation (quand il ne teste pas ses nouveaux produits avec son ami JoeyStarr).

20, rue de l’Abbé-Grégoire, Paris-6e​​​​​​​

Partager cet article

Repost0
8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 08:00

 

Tous à la Bastille
 
Bombe de table
 
Bombe de table
 
Bouteille avec un bouchon qui saute
 
Bouteille avec un bouchon qui saute

#biden

Image

 

 

 

 

 

 

Illustration: Chris Riddell.

Image

Image

Image

Image

Procureure générale de Californie, sénatrice, et future vice-présidente… Tout au long de sa carrière, Kamala Harris a su briser les barrières, malgré les attaques racistes et sexistes, rappelle ce portrait écrit trois semaines avant l'élection ICI

 

La première photo #AFP de Trump depuis l'annonce de sa défaite à la présidentielle. A côté de sa voiturette de golf
 
Image

ImageImage

Donald Trump va demander l'asile politique à l'Iran
 

Partager cet article

Repost0
8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 06:00

 

Les saillies de Chirac, grand peloteur du cul des vaches, bâfreur, buveur de bière, serreur de manettes hors catégorie, adorateur de sumo, humour  de carabin, pourraient faire l’objet d’une anthologie à la manière de Desproges.

 

Expression favorite de Chirac « Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre… » Voir plus bas.

 

Chirac-Rocard, une amitié de 65 ans

Dans une déclaration écrite à l’AFP, Jacques Chirac a rendu hommage à «son ami de jeunesse» dont il a appris le décès, samedi, «avec une profonde tristesse».

 

« La France perd un homme d'État qui unissait, de manière rare, le goût des concepts et la capacité d'action et de réalisation»

 

« Leur amitié remonte à Sciences-Po, dont ils fréquentent les bancs au début des années 50. Dans le livre d’entretien «Si la gauche savait», avec Georges-Marc Benamou, paru aux éditions Robert Laffont, Michel Rocard racontait sa rencontre avec celui qui allait devenir président de la République.

 

«Ce Chirac était un jovial, un gars généreux, pas trop compliqué. Il aimait s’amuser. J’avais essayé de lui fourguer la carte des Etudiants socialistes SFIO. Il s’en souvient. Il ne l’a pas prise. (…) C’était vraiment un bon copain. Je me souviens surtout qu’il me bluffait par son aisance et ses manières. J’étais éberlué par son audace auprès des filles

 

Michel Rocard explique qu’avec Jacques Chirac, ils avaient en commun «l'humour, le refus de l'arrogance et la simplicité».

 

Hier (juin 2009), les deux hommes ont déjeuné ensemble à l'Auberge d'chez eux, un restaurant gastronomique du VIIe arrondissement de Paris. Ils ont évoqué la politique française à voix haute, faisant profiter les tables voisines de leur conversation. (ils sont sourds tous les 2)

 

« Et toi, tu t'entends bien avec Sarkozy ? » demande Rocard.

 

« À ça va, ça va, répond Chirac. Mais quand j'ai un message à faire passer, j'appelle Claude Guéant. C'est un bon. Un type très bien, très honnête. »

 

D'accord sur les conséquences « désastreuses » du réchauffement climatique, ils ont envisagé de publier ensemble un manifeste contre la déforestation, sous le patronage du chef de l'Etat. « On va aller le voir tous les deux », glisse Chirac. « Dans la vie, il y a des moments où c'est bien d'être sérieux ! » lance Rocard. « Tu as raison, mais c'est sacrément fatigant », plaisante Chirac

 

Avant de partir, Chirac a proposé de raccompagner en voiture l'ancien Premier ministre. Qui a décliné l'offre en souriant : « Tu sais, Jacques, j'ai aussi une voiture. La République a cela de bien qu'elle est généreuse avec ceux qui l'ont servie, même à des postes aussi subalternes que celui de Premier ministre. »

 

 

Jean-Luc Barré, qui s'est chargé d'écrire les Mémoires de l'ancien président de la République, l'a fréquenté intensément durant quatre ans. Il a livré des détails étonnants sur sa personnalité et celle de son épouse. Avec au passage, quelques punchlines inscrites dans le marbre.

 

C'est un homme qui a acquis la confiance de Jacques Chirac, et par la même une occasion en or d'en dresser un portrait parfaitement intime, inédit. Jean-Luc Barré, biographe de 62 ans, a permis à l'ancien chef de l'Etat, décédé des suites d'une longue maladie le 26 septembre 2019, de publier ses mémoires. Deux tomes, sortis en 2009 puis 2012, dans lequel se raconte l'ancien leader de droite. En le fréquentant durant quatre années,

 

« On était autour d'une petite table, Chirac buvait du punch à 10h du matin, donc je buvais du punch à 10h du matin, ou du gin tonic, avec un peu de saucisson, il y avait quelque chose de très convivial, on parlait, on bavardait ».

 

Parfois, il adoptait un ton et des formules absolument incroyables, dignes de Desproges, pour ridiculiser sa propre relation avec Bernadette Chirac.

 

« On beaucoup ri ensemble, beaucoup travaillé, mais surtout beaucoup ri », confie Jean-Luc Barré, qui se souvient finalement d'une punchline aussi drôle que cruelle :

 

'Je n'ai pas trompé ma femme, je me suis trompé de femme' : un biographe de Jacques Chirac rapporte sa phrase cruelle sur Bernadette

 

« Un jour, je lui dis en riant ‘vous avez quand même beaucoup trompé votre femme », et il me répond « non, vous faites erreur, je n’ai pas trompé ma femme, je me suis trompé de femme ». C’est presque du Sacha Guitry, mais non, c'est de lui ».

 

Physique

« Je sais que j'ai une gueule de droite, mais on peut pas se refaire. »

Lucide, dans Libération en mai 1995.

 

Aléas

« Dans la vie il y a des hauts et des bas. Il faut savoir mépriser les hauts et repriser les bas. »

 En 1986, année de son retour au pouvoir, au poste de Premier ministre.

Action

 

« Lorsque la prudence est partout, le courage est nulle part. »

Parole de sage dans Une nouvelle France : réflexions (1994).

 

Politique

« L'État doit être un garant, et non un gérant. »

 Une pique contre les socialistes, lors d'un meeting en 1984.

 

La France

 

« La France a besoin de passion - celle de l'amant - et de constance - celle du mari. »

Cité sur France 2, en 1995.

 

Culture

 

« Pendant 20 ans on m'a pris pour un parfait ignorant parce que j'avais fait courir le bruit que je n'aimais que les romans policiers et la trompette militaire. »

 Mise au point dans Femme, en 1995.

 

Paroles

 

« Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent ».

Cité dans Le Monde, en 1988. Les Français ont fini par comprendre.

Margareth Thatcher

 

« Mais qu'est-ce qu'elle veut en plus cette ménagère ? Mes couilles sur un plateau ? »

La phrase qui faillit relancer la guerre de Cent ans, après un échange plutôt vif entre les deux Premiers ministres sur des questions budgétaires, lors d'un sommet européen en 1988.

 

François Mitterrand

 

« Méfie-toi de Mitterrand. C'est quand il te sourit qu'il a le poignard le plus solide dans la main. »

Un avertissement donné à Michel Rocard, qui lui succède au poste de Premier ministre en 1988.

 

Nicolas Sarkozy

« Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c'est la seule chose qu'il comprenne. Deux, ça porte chance ! »

Cité par Ghislaine Ottenheimer dans Le Fiasco (Albin Michel, 1996).

 

Édouard Balladur

 

« Balladur, c'est comme la porcelaine. Il supporte les décorations, mais pas le feu. »

Cité par Ghislaine Ottenheimer dans Le Fiasco.

 

Sondage

« Les sondages, ça va ça vient, c'est comme la queue d'un chien. »

 L'une de ses phrases préférées, à l'usage de la jeune génération politique.

 

Bilingue

 

"What do you want ? Me to go back to my plane and go back to France ?"

Dans un anglais aléatoire et fort peu diplomatique, le président fait éclater son exaspération devant un service d'ordre israélien trop envahissant lors de sa visite de Jérusalem, en 1996. Les Palestiniens ont adoré.


 

Fatalisme

 

« Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille »

Citée dans de nombreux articles, digne des Tontons Flingueurs

Partager cet article

Repost0
7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 08:00

 

En ce temps de gros temps nous devons faire face au déferlement de la marée, de la diarrhée, des sociologues, des politologues, des psychologues, des toutologues, des météorologues lisant dans le marc de café, aux virologues, aux infectiologues, aux explixiologues… profiteurs de crise, cultivateurs d’angoisse, spéculateurs de la peur, collabos de leur gros ego, marchands de sommeil…

 

La coupe est pleine, elle déborde, nous submerge,  nous étouffe bien plus que la Covid 19, il va falloir décréter le confinement de ces nuisibles afin de laisser la place aux réanimateurs de l’âme.

 

 Afin de contribuer à ce sursaut citoyen je verse ce matin une contribution de Ray Douglas Bradbury, qui est surtout connu en France pour son roman Fahrenheit 451, publié en 1953, et qui reçut en  1954, il reçoit le Prix Hugo du meilleur roman.

 

Le Vin de l'été c'est le vin de pissenlit que chaque année, Douglas met en bouteilles en compagnie de son grand-père et de son petit frère Tom.

 

Le Vin de l'été

Amazon.fr - LE VIN DE L ETE - Ray BRADBURY. Traduction de Georges Dupont. -  Livres

Le Vin de l'été - Ray BRADBURY - Fiche livre - Critiques - Adaptations -  nooSFere

 

La nostalgie heureuse de Ray Bradbury trouve à s'épanouir dans ce récit sur ses années de début d'adolescence.

 

 

… un arbuste de lilas a plus de valeur  que des orchidées. Les pissenlits et le chiendent pied-de-poule encore mieux !

Pourquoi ?

 

Parce qu’ils vous obligent à vous baisser, qu’ils vous détachent, ne fût-ce qu’un moment, des gens et de la ville ; ils vous mettent en sueur et, penchés sur eux, vous.

 

vous rendez compte que votre nez a enfin son utilité. Et, lorsque de tout votre être vous réagissez ainsi, pendant un instant vous êtes réellement vous-même ; vous arrivez au fond des choses par la pensée, tout seul. Le jardinage est l’excuse la plus commode pour devenir philosophe. Personne ne le devine, personne ne vous en accuse, personne ne le sait, mais là, vous êtes Platon avec ses pivoines, Socrate faisant pousser  sa propre cigüe. Un homme qui déverse un sac de lisier sur sa prairie est de la race d’Atlas, qui laisse facilement le monde tourner sur son épaule. Comme l’a dit un jour  Samuel Splauding : « Qui creuse la terre approfondit son âme. »

Le Vin de l’été Ray Bradbury

 

De livre en livre, j’essaie d’aménager ce qu’on appelle un jardin de curé. Vous savez : une explosion silencieuse de roses, de pivoines et de lis, sans oublier les nécessaires herbes folles qui attrapent si joliment l’éphémère lumière du jour.

- Christian Bobin

 

PIANTE ORNAMENTALI - LA PEONIA

La fascinante histoire de la pivoine

Origines lointaines

 

La pivoine appartient au genre Paeonia, un genre de 33 espèces surtout originaires de l’Europe et de l’Asie, avec deux espèces «égarées» trouvées en Amérique du Nord (P. brownii est même indigène au Canada, car elle s’étend jusqu’en Colombie-Britannique.) C’est le seul genre de la famille des Paéoniacées. Ainsi, la pivoine n’a aucun proche parent.

 

Le nom vient de Péon, disciple d’Asclépios, le dieu grec de la médecine. Selon la légende, il trouva une racine capable de réduire la douleur des femmes pendant l’accouchement. Cela rendit Asclépios si furieux qu’il voulut tuer son élève. Le dieu Zeus intervint toutefois et changea Péonia en la plante qu’il avait découverte, la pivoine.

 

Depuis la nuit des temps, la pivoine est vue comme une plante médicinale, autant en Europe qu’en Asie. On la considérait presque comme une panacée, capable de guérir les tumeurs, les infections, les problèmes neurologiques, et beaucoup plus encore.

 

La pivoine est comestible aussi, surtout ses fleurs. D’ailleurs, on dit que Confucius (551–479 EC) fut un grand amateur de la sauce à la pivoine!

 

C’est en Chine, pendant la dynastie Tang (7e siècle), qu’on commence non seulement à cueillir les pivoines sauvages, mais à les cultiver. C’est dans l’ancienne capitale de la Chine, Luoyang, que la pivoine fut cultivée pour la première fois. Elle demeure toujours le centre de la culture de la pivoine aujourd’hui, 1500 ans plus tard.

 

À l’époque, on ne savait rien de l’hybridation, ni même que le pollen servait à féconder les fleurs. Malgré cela, grâce à la culture de différentes variétés côte à côte, des croisements spontanés eurent lieu, donnant des plantes aux fleurs plus attrayantes. On commença alors pour la première fois à voir la pivoine comme plante ornementale. Bientôt, la pivoine devint l’emblème floral de la Chine et le demeura jusqu’à l’arrivée au pouvoir de la République populaire de Chine en 1949.

 

 

La pivoine de Chine, l’ancêtre de nos pivoines de jardin, n’arriva en Europe qu’au 18e siècle. On la nomma alors «pivoine blanche» (lactiflora veut dire «à fleurs laiteuses»), car la première variété connue était de cette couleur.

La suite ICI 

Partager cet article

Repost0
7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 06:00

Le Procès (Kafka) : Une analyse existentialiste

La bafouille décisionnaire de la directrice générale, épaulée par la direction des interventions, le service des aides nationales, de l’appui des entreprises et de l’innovation, du service de gestion du potentiel et amélioration du potentiel viticole, et d’un certain GECRI (ndlr. j’écris avec mes pieds) pèse son poids d’un obscur jargon bureaucratique, à côté de ce pensum de 14 pages, le JO de la République est une petite merveille de clarté et de légèreté.

 

Si vous souhaitez la lire cliquez sur ce lien ICI

 

Vous déroulez et, tout en bas, dans DOCUMENTS ASSOCIÉS vous pourrez télécharger la DECISION INTV GECRI 2020-52 | 30/10/2020

 

Je vous laisse seul(e) juge de la pertinence de mon propos initial.

 

Quelques remarques toutefois :

 

  • C’est 1 fake-news d’État ce brouet ne s’adresse pas à l'ensemble des producteurs de la filière comme l'énoncé même de l'établissement, FranceAgrimer, porte à le croire, mais seulement à une partie d'entre eux à l'exclusion des autres. Le seuil des 100 hl indique clairement que la mesure ne touchera que les caves coopératives, les grosses caves particulières et les négociants. 100 hl = approximativement 13  000  bouteilles de 75 cl, Exit donc, les vignerons qui sont les plus touchés par la fermeture des CHR.

 

  • C’est de la pure réclame gouvernementale : très alléchante l’annonce : 40 millions d'euros, dont 5 venant de l'Europe ! Mais au bout du bout, ça tombera dans la poche de qui ?

 

  • Pour la phase de paiement : Le dépôt des demandes de paiement sur PAD débute le 3 mai 2021 à 12h et se clôture le 14 mai 2021 à 12h pour les durées de stockage de 6 mois et débute le 1er juillet 2021  à 12h et se clôture le 13 juillet 2021 à 12h pour les durées de stockage de 8 mois. Le ballon d’oxygène ne sera donc disponible que mi-2021, c’est donc clairement une mesure pour rassurer le banquier privilégié des coopératives, le Crédit Agricole, qui pourra se sucrer en fin de période.

 

 

  • Aucun dossier papier ne sera pris en compte. Pourquoi ?

 

  • La demande d’aide est constituée du formulaire en ligne dûment complété sur PAD, comprenant notamment le numéro d’entrepositaire agréé et d’Exploitation Viti-Vinicole (EVV) le cas échéant, les données déclaratives et les engagements du demandeur. Elle est accompagnée des pièces suivantes : le relevé d’identité bancaire (RIB) du demandeur. En cas de procédure collective (hors liquidation), le dossier doit comporter une note du mandataire précisant à qui le paiement doit être fait et le cas échéant le RIB du mandataire devra être fourni, pour les demandeurs visés au point 4.3.a (ii) de la décision : une attestation comptable (établie par un centre de gestion agréé, un expert-comptable ou un commissaire aux comptes identifié, pour le compte du demandeur) faisant état de l’ensemble des volumes dont ils sont propriétaires et stockés par eux-mêmes et une ou plusieurs entreprises de stockage spécialisées dont le code APE/NAF commence par 521 (section H division 52.1 des codes NAF/APE), en septembre 2019 et mai 2020. Les volumes seront distingués par entrepositaire agréé identifiés par leur SIRET et leur numéro d’EA. Cette attestation sera dématérialisée, sur la base d’un document pdf inscriptible fourni prochainement par FranceAgriMer sur cette page internet et signé par voie dématérialisée par le comptable. Les numéros d’EA et SIRET des entreprises de stockage spécialisées concernées par l’attestation

 

Nb : les déclarations récapitulatives mensuelles des demandeurs devront avoir été réalisées sur le service en ligne Contribution Indirectes En Ligne (CIEL) au plus tard le 10 du mois suivant, pour les mois de septembre 2019 et mai 2020, conformément au décret n° 2018-206 du 26 mars 2018 relatif à l'obligation de déclaration et de règlement par voie électronique en matière de contributions indirectes.

 

Ce texte devrait mettre en joie Isabelle Saporta !

 

  • Christine Avelin, la directrice générale de FranceAgrimer, administrateur civil, dircab de Le Foll Ministre de l’Agriculture, aux commandes de FranceAgriMer a succédé le 5 avril 2017  à Éric Allain qui dirigeait FranceAgriMer depuis septembre 2013 et qui rejoint La Cour des comptes. La noria des hauts-fonctionnaires, le Figaro ironise «Merci qui?» interrogeait un opérateur télécom dans sa récente campagne d'affichage. «Merci Stéphane», pourrait-on répondre à l'hôtel de Villeroy, tant le ministre de l'Agriculture veille à replacer sa garde rapprochée.

 

  • Le président du Conseil Spécialisé Vin est Jérôme Despey bras droit de la présidente de la FNSEA, exemple-type du petit apparatchik des organisations professionnelles qui passe son temps à Paris et dont la pratique vigneronne est bien mince. Une vigneronne m’écrit « bien que productrice,  je ne fais pas partie de ceux à qui FranceAgrimer s'adresse. Ce n'est ni la première, ni la dernière fois. Cependant, à aide exceptionnelle en temps exceptionnels, le gouvernement promettant son épaule à l'ensemble de la filière, on pouvait légitimement penser que FranceAgrimer se serait exceptionnellement adressé à l'ensemble des producteurs.  Mais non, il n'en est rien. » Comme dirait Jean-Michel Apathie : « Étonnant, non ! »
  •  

Comme je suis constructif je propose au gouvernement de faire des économies de fonctionnement en supprimant FranceAgrimer sert à rien, évidemment Despey et consorts ne seront pas contents mais la concertation-bidon ça coûte trop cher. Quant aux 1000 collaborateurs de FranceAgriMer ils pourront être accueilli, sans problème, dans des postes utiles où on manque de bras : la justice par exemple, et lorsqu’ils partiront à la retraite il suffira de pérenniser cette affectation.

 

Mais alors, qui va distribuer les aides ?

 

Mon expérience du paiement de ces aides vous donne la réponse : la grosse machine des Finances qui tient d’une main de fer les cordons de la bourse plate et qui, à FranceAgrimer comme ailleurs, via des agents comptables grassement rémunérés, dicte les termes de la bafouille dont vous avez pu peser le poids de bureaucratie.

 

Bonne journée !

Partager cet article

Repost0
6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 08:00

 

Je me souviens du 10 mai 1981, j’habitais rue Vergniaud dans le 13e et j’étais terrassé par une hernie discale qui me fit manquer la fête de la victoire socialiste, place de la Bastille.

 

Celle-ci, avait tourné court, noyée sous les trombes d'eau d'un orage ! C’est sans doute l’une des raisons qui découragea les chars russes de déferler sur Paris, place de la Concorde, l’autre étant la déculottée des communistes français, le début de la fin.

 

Malgré la colère du ciel marquant selon notre Jack Lang que « le peuple de France était enfin passé des ténèbres à la lumière » 200.000 personnes avaient déferlé, ce soir- là. Paul Quilès fut le grand ordonnateur de la fête animée par Claude Villers le célèbre animateur de Radio France qui s’illustrera avec son Tribunal des Flagrants Délires avec Pierre Desproges et Luis Rego. Ce fut un vrai happening,  Anna Prucnal entonnait  l'Internationale en polonais. Premiers arrivés sur les lieux, avec Michel Rocard, le rival malheureux de Mitterrand, et le lamentable Pierre Juquin, communiste « hétérodoxe ».

 

 

Paul Quilès, directeur de campagne en 1981

 

Que faisiez-vous le 10 mai 1981 à 20h00 ?

 

A 18h30, le directeur de la Sofres m'a téléphoné pour me donner la fourchette de sondage de sortie des urnes. Il m’a dit : "Tu peux annoncer à Mitterrand qu'il est élu". Je l’ai donc appelé. Il était à Château-Chinon. Il nous a dit : "Enfin les ennuis commencent". J'ai appelé le préfet de police, qui m’a donné son accord pour la fête place de la Bastille.

 

Une anecdote, un souvenir marquant ?

 

J'ai fait chanter l'Internationale à toute la foule, avec Gaston Deferre (maire PS de Marseille, ndlr). C’était un grand moment, les gens pleuraient. Ils disaient des phrases définitives comme "la vie commence", "enfin une nouvelle vie".

 

Rocard fit du Rocard, sincère et militant alors que ce pauvre Juquin ressemblait à un ouvrier de la vingt-cinquième heure accroché à une bouée de sauvetage. Vers 23 heures, Huguette Bouchardeau, dans un grésillement de larsen fut interrompue par une énorme cataracte...

 

La fête continua, improvisée et bon enfant sous la haute surveillance du service d'ordre de l'UNEF ID, tenu par les trotskistes de l'Organisation communiste internationaliste, sous la direction de Jean-Christophe Cambadélis. Son obsession ? Juguler les militants de la Ligue communiste révolutionnaire qui prétendaient marcher sur l'Elysée...

 

Paul Quilès, mitterrandien fut élu député du 13e Ouest de PARIS, le 13e Est revenant à une chevènementiste : Nicole Questiaux, j’ai donc voté pour lui puisque j’habitais rue Vergniaud.

 

Cinq mois après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, le Parti socialiste tient congrès à Valence du 23 au 25 octobre 1981. Une banderole est déployée dans la salle des orateurs

 

« Avec les socialistes, réussir le changement ». C’est en effet la première fois que la gauche accède au pouvoir sous la Ve République.

 

 Ce congrès restera pour l’opinion publique comme celui des « coupeurs de têtes ».

 

 Le premier jour, le jeune député Paul Quilès  prononce un discours enflammé : « Personne ne nous saurait gré de laisser en place tous les hauts responsables de l’économie ou de l’administration, qui sont nos adversaires. Souvenons-nous qu’en politique, faire un cadeau de ce genre, c’est se condamner soi-même. Mais il ne faut pas non plus se contenter de dire de façon évasive, comme Robespierre à la Convention le 17 thermidor 1794 : Des têtes vont tomber… Il faut dire lesquelles et le dire rapidement !»

 

Paul Quilès, tout occupé à réclamer des têtes, a cité la date erronée du 17 Thermidor. Robespierre a en fait prononcé son discours le 8 Thermidor. Le député de Paris rappelle ainsi que l’incorruptible avait fait ce jour-là un discours menaçant contre les « traîtres » et les «fripons» de l’assemblée. Mais Robespierre n’avait dénoncé personne en particulier, laissant planer la menace sur l’ensemble des députés. Cette erreur avait été exploitée dès le lendemain par ses ennemis, qui l’avaient arrêté puis envoyé à l’échafaud le surlendemain.

 

L’exhortation de Quilès suscite l’indignation à droite, j'étais en séance de nuit à l'Assemblée Nationale Toubon, Séguin et Cie poussèrent les hauts cris et le gouvernement fut un peu mal à l'aise. Le ministre de l’intérieur Gaston Defferre précisa aussitôt : « Notre juge à tous, c’est le peuple. Nous sommes condamnés à être solidaires, camarades.»

 

Paul Quilès gagne pour longtemps le surnom de «Robespaul». Mais celui qui voulait couper des têtes se révélera plus tard un ministre assez modéré.

 

Membre du cabinet du mitterrandien pur sucre Louis Mermaz, je n’étais pas encarté au PS, me contentant d’être ce qu’au PCF on nommait un « compagnon de route » participant à la Commission Nationale Agricole du PS. Un beau jour je me suis dit « tu devrais aller pointer le bout de ton nez à la section du 13e Ouest, celle de Paul et Josèphe-Marie Quilès. Ce que je fis. J’adorais le fait de coller des timbres sur ma carte mais les réunions de section n’étaient pas ma tasse de thé. De plus, les rocardiens du 13e se considéraient comme les seuls détenteurs des mannes du défunt PSU, alors très vite, avec un de mes voisins, artisan à la Butte aux Cailles, nous nous spécialisâmes dans le collage des affiches. Telle fut ma petite  et courte contribution militante au sein du PS.

 

Je repris mes habits de compagnon de route qui me laissait plus d’aise pour ramener ma fraise.

 

Depuis qu’un jour j’ai un peu vanné ce cher Paul Quilès, qui avait un peu pris la mouche, je reçois ses publications.

 

Si vous souhaitez écouter cette superbe Traviata allez sur son blog ICI  

Mai 1981 Une victoire douce-amère…

 

Lundi 29 Août 2016

Mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République. C’est l’aboutissement de la stratégie de programme commun. C’est aussi la traduction d’une forte attente de changement.

 

En une de l’Humanité, ce 21 mai 1981, deux présidents. Le battu s’apprête à quitter le cadre de l’image en même temps que le pouvoir : c’est Valéry Giscard d’Estaing. Le vainqueur, François Mitterrand, avance droit, face au lecteur. Le suffrage universel a tranché. « Que le changement commence. »

Paul Quilès : "Les leçons du 10 mai 1981 sont toujours d'actualité" ICI

Partager cet article

Repost0
6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 06:00

Chou-7074.JPGphoto_btlle2-b.gif

Non je n’ai pas oublié que mon espace de liberté est né dans le jus pressé du raisin mais, étant un farouche adversaire de la monoculture, je m’aventure, turelure, en empruntant des chemins de traverse, sur tous les terrains d’aventure.

 

Comme un brave confiné déconfiné puis reconfiné que puis-je faire dans mes m 2 perchés au 9e plein sud : boire et manger, lire, écrire, visionner des films, pour mettre mon nez dehors j’ai le droit de faire mes courses une petite heure avec la paperasse ad hoc, de chevaucher mon vélo dans un rayon d’1 km toujours avec l’attestation.

 

Pour autant je ne crie pas à l’attentat à ma liberté, simplement je persiste à affirmer que faire du vélo masqué, à toute heure du jour ou de la nuit, dans tout Paris ne favorise en rien la circulation du Covid 19.

 

Je paye l’irresponsabilité de certains de nos concitoyens, c’est un grand classique de notre pays de ramenards.

 

Nous atteignons des sommets lorsque nos fabricants d’interdits se croient obligés de faire le tri entre les brosses à dents et les capotes anglaises ou me mascara dans les rayons de la GD.

 

Le fera-t-on dans nos pharmacies où la parapharmacie occupe 60 % des rayons ?

 

Vive le non-essentiel !

 

Au risque choquer l’œil de Moscou, je peux vivre sans souci d’amour et d’eau fraîche avec parfois pour le plaisir un soupçon de vin qui pue et un bon plat de pasta !

 

Le vin nu, le mot est lâché !

 

J’en raffole et ça affole, pour autant je ne place pas mon mouchoir de Cholet sur le vin d’avant, celui chanté par Baudelaire et dépiauté par Roland Barthes.

 

Explications :

 

Une brève histoire de l'ivresse – Les Éditions du Sonneur

 

Dans son avertissement au lecteur français, avec l’humour qui est dit-on la marque de fabrique des habitants de la perfide Albion, Mark Forsyth écrit :

 

LES FRANÇAIS SONT DE CÉLÈBRES BUVEURS, mais pas de célèbres ivrognes. Comment ils y parviennent reste un mystère aux yeux des Britanniques, mais le résultat est là demandez à n’importe quel habitant de la planète de vous croquer un Français moyen, ou plus exactement un Français archétypal, le Français ultime, il vous dessinera un homme coiffé d’un béret avec un verre de vin à la main. C’est vrai de Tallinn à Tombouctou, parce que tout le monde sait que les Français sont des buveurs  (bien que le béret, hélas, soit un ornement vestimentaire en péril). Et pourtant, si vous demandez à votre interlocuteur si les Français se saoulent (ce qui après tout la conséquence biochimique de l’ingestion d’alcool), il froncera les sourcils, secouera la tête et répondra que les Français n’en arrivent jamais là.

 

Lo berret qu'ei bearnés ! Le béret est béarnais !

 

Bien sûr, il est absurde de penser que les Français ne se saoulent jamais. J’ai moi-même eu l’occasion d’observer une petite équipe de rugby du Gers qui venait de remporter un championnat régional. Les joueurs étaient ivres, à coup sûr – d’une manière explosive et spectaculaire, un vrai son et lumière de l’ivresse. Ils étaient, pour employer un merveilleux vocable français, beurrés (en français dans le texte). Et ils portaient des bérets, mais ce n’est pas le sujet.

 

[…]

 

La France est un pays où l’alcool est partout, et ses effets nulle part. C’est comme de la lumière sans chaleur, comme un voyage sans destination.

 

Mais l’alcool y est bel et bien partout. Et, de l’avis général, c’est le meilleur du monde. Tel un prêtre qui ne croirait pas en Dieu, 1 Français qui n’aimerait pas le vin ne serait plus un Français. Arrêtez-vous devant un café à onze heures du matin (quand aucun anglais ne boit) et vous apercevrez un vieux avec son pastis, qui sera toujours là lorsque vous repasserez quelques heures plus tard. Mais ce sera toujours le même pastis qu’il boira, celui qu’il sirote lentement depuis 1956. Toujours en train de boire, mais jamais bourré. Bien sûr, il arrive qu’un Français décide de se saouler.

 

ENIVREZ-VOUS

 

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

 

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

 

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

 

Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII

 

Mais ce qu'il y a de particulier à la France, c'est que le pouvoir de conversion du vin n'est jamais donné ouvertement comme une fin : d'autres pays boivent pour se saouler, et cela est dit par tous ; en France, l'ivresse est conséquence, jamais finalité; la boisson est sentie comme l'étalement d'un plaisir, non comme la cause nécessaire d'un effet recherché : le vin n'est pas seulement philtre, il est aussi acte durable de boire […]

 

Le vin est socialisé parce qu'il fonde non seulement une morale, mais aussi un décor ; il orne les cérémoniaux les plus menus de la vie quotidienne française, du casse-croûte (le gros rouge, le camembert) au festin, de la conversation de bistrot au discours de banquet…

 

Roland Barthes Mythologies, « le vin et le lait » 11 janvier 2008 Le Vin et le lait ICI 

 

Il y a beaucoup de vérité là-dedans. Le vin est un ornement. Il y aune cérémonie. Il n’est jamais, ou rarement, un moyen d’accéder à une fin. Je n’aurais jamais cru que je dirais une chose pareille, ces mots m’écorchent l’âme, mais il me faut bien reconnaître que je suis d’accord avec Barthes et Baudelaire.

 

Je dois être ivre.

 

Morale de cette histoire so british :

 

Le Français black béret ballon de rouge à la main s’est enfoui dans les abysses du XXe en même temps que le béret et le gros rouge. Il a été assassiné par la RVF et tous les licheurs de nectars royaux, sus aux buveurs, vive les dégustateurs ! Quoi de plus chiant qu’un repas en compagnie de cette engeance, rien à voir avec la 3e mi-temps des ovales du Gers ? Ils ont tué la convivialité du vin qui, par ailleurs, bien mieux fabriqué, formaté par la tribu des œnologues, est trop souvent d’une tristesse infinie.

 

Par bonheur, vinrent les vins nu qui puent ! Ce fut le retour du plaisir, du partage, de la convivialité et ça faisait chier, désolé pour ma vulgarité, les bonzes de toutes obédiences : ces jeunes connes et cons, accompagné(e)s de vieux cons dans mon style, buvaient joyeusement !

 

Tout ce petit monde a l’art de rater systématiquement les bons trains, il s’agrippe à ses certitudes, tempête, raille, excommunie, avant, pour certains, de revenir « la queue entre les jambes » (le monde du vin est très masculin) licher ces breuvages plein de défauts, de déviances, faut bien vivre coco !

 

Ainsi va le petit monde du vin de notre vieux pays, il vit dans l’illusion de sa puissance mondiale, il se cache derrière des chiffres sans accepter leur implacable réalité, oser le dire c’est se voir taxer d’oiseau de mauvaise augure, mais pour leur faire plaisir, comme le note avec humour Mark Forsyth : je dois être ivre.

 

 

« Nous nous sommes mis à l'agriculture non parce qu'on voulait manger – de la nourriture, il y en avait en quantité partout. On a commencé à cultiver parce qu'on voulait se murger »

 

Mark Forsyth dans son livre Une brève histoire de l'ivresse.

Partager cet article

Repost0
5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 08:00

Le poète ou Hommage à Paul Eluard, statue de Ossip Zadkine jardin du Luxembourg

J’ai rencontré Jean-Claude Ameisen par Olivier son frère :

 

 

19 janvier 2012

Portrait d’Olivier Ameisen dans Libération « Arrêter l’alcool, ce n’est rien. Découvrir la vie, c’est extraordinaire»

 

En novembre 2004 j’ai publié une chronique sur le livre du Dr Olivier Ameisen « Le Dernier Verre » ICI

 

Portrait d'Olivier Ameisen dans Libération « Arrêter l'alcool, ce n'est  rien. Découvrir la vie, c'est extraordinaire» - Le blog de JACQUES  BERTHOMEAU

 

Je commençais ma chronique en écrivant  « Olivier Ameisen, l’auteur du livre « Le dernier verre » chez Denoël, est un médecin sensible et talentueux. Deuxième enfant d’une famille parisienne aisée, d’origine juive polonaise, son parcours scolaire est fascinant. En 2009 je commettais une autre chronique « Les alcoologues sont un peu comme ces maris ou femmes trompés depuis des années… » à propos du livre du Dr Ameisen ICI 

 

Le titre de ma chronique était extrait d’une libre expression du Dr Michel Marty, psychiatre, psychanalyste, président de l’ANPAA 64. J’ai donc suivi le parcours du combattant d’Olivier Ameisen avec beaucoup d’attention. Nous ne nous sommes jamais rencontrés mais j’ai eu l’occasion de discuter avec son frère Jean Claude Ameisen médecin, immunologiste, chercheur en biologie à l’INSERM dont il préside le comité d’éthique depuis 2003 et surtout pour moi, l’auteur d’un livre fondamental, à lire absolument, La Sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice aux éditions du Seuil, 1999.

 

 

Pandémie, nos héritages : l’immunité en questions ICI  

 

Christine Bergé

 

Nous avons ouvert la boîte de Pandore, c’est le moment de nous interroger sur nos effractions envers le monde vivant. La pandémie actuelle nous donne rendez-vous avec notre destinée individuelle et avec celle de l’humanité. Dans ce paysage inquiet, je veux partager avec vous les vues fascinantes du biologiste Jean-Claude Ameisen sur le corps humain, son origine et celle de son système immunitaire. En lisant La sculpture du vivant. Le suicide cellulaire et la mort créatrice (Paris, Seuil, 1999, réed. 2003) nous comprenons ce qui nous lie intimement au monde des virus et des bactéries : une commune signature, une marque de fabrique inscrivant la mort cellulaire au coeur de la vie. Une autre histoire se profile ici : celle du laboratoire P4 de Wuhan, au coeur d’effractions d’un genre nouveau.

 

La Sculpture du vivant : Le suicide cellulaire ou la mort créatrice:  Ameisen, Jean-Claude: 9782020573740: Amazon.com: Books

 

« En fin de volume, en introduction à la bibliographie, l’auteur indique qu’il a tenté de « présenter et de discuter dans un langage délibérément simple et dépourvu de termes techniques, des concepts, des résultats et des approches expérimentales d’une grande complexité, des relations qui peuvent exister entre des domaines très spécialisés et à première vue très différents, de la biologie et de la médecine ».

 

Placée en préambule à la lecture de l’ouvrage, une adresse aussi modeste aurait exposé le lecteur à un saisissement que rien ne lui aurait laissé prévoir. Dès les premières pages en effet, on se trouve plongé dans un ouvrage qui tient autant d’un thriller moléculaire que de la meilleure littérature fantastique, d’une veine philosophique et poétique incomparable, celle qui nous fait rêver et réfléchir.

 

Ainsi, le discours savant s’efface-t-il au profit d’un sentiment de familiarité face aux expériences, aux découvertes et aux résultats les plus pointus de la biologie de ces dix dernières années.

 

Allant d’étonnement en étonnement, on remarquera que les phrases mises en exergue aux chapitres et sous-chapitres appartiennent plus souvent aux poètes, aux philosophes, aux écrivains qu’aux scientifiques, annonçant et condensant très précisément ce que l’auteur mettra un chapitre entier à nous faire entendre par les chemins de la rationalité.

Hélène Goutal-Valière

 

Dans Revue française de psychosomatique 2003/1 (no 23), pages 181 à 190

La suite ICI 

 

Partager cet article

Repost0
5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 06:00

 

Le manuscrit de la lettre de Jean Jaurès lue en hommage à Samuel Paty © Maxppp - Humberto De Oliveira

J’aurais dû titrer : je suis lecteur de Didier Daeninckx mais j’ai préféré parodier le je suis Charlie pour marquer que je me retrouve dans les propos d’un auteur qui m’a toujours convaincu de son enracinement dans son terroir populaire. C’était un de ces militants communistes sincères, de ceux qui vivaient au plus près du petit peuple, de ceux qui maillaient ces fameux territoires dont a dit et écrits  qu’ils étaient les territoires perdus de la République.

 

Je n’ai jamais adhéré au PCF pour cause de Budapest et, dans ma vieille Vendée, du sectarisme des permanents de ce parti toujours en ligne avec la Direction, mon choix du PSU tenait d’un double rejet : celui d’un PCF aligné sur Moscou et d’une SFIO démonétisée par les errements et les trahisons de Guy Mollet.

 

Nous qui nous disions progressistes avons dialogué avec les intellectuels du PCF, beaucoup de prêtres-ouvriers étaient communistes (Nous catholiques communistes par Jean Galisson menuisier, prêtre (Le Havre) ICI , la JOC, les paysans-travailleurs, l’Ouest catholique sera ensemencé et basculera en grande partie dans le vote pour le PS d’Epinay sous la houlette des rocardiens issus du PSU.

 

Nous n’avions pas forcément raison mais nous ne transigions pas avec la réalité du monde d’au-delà du rideau de fer, l’étouffement du printemps de Prague, la dérive populiste de Marchais, la lente .érosion du bastion de la ceinture rouge, tout ce que Didier Daeninckx dénonce dans sa tribune

 

 

 

« Qui aurait pu imaginer que la gauche se déchirerait à propos d’un délit imaginaire forgé par des assassins ? »

TRIBUNE

Didier Daeninckx

Ecrivain

 

Le romancier raconte dans une tribune au « Monde » comment, en Seine-Saint-Denis comme ailleurs, une partie de la gauche a peu à peu cédé sur les principes républicains et notamment sur la laïcité dans sa lutte contre l’islamophobie.

 

Publié le 28 octobre 2020

 

Au début des années 1960, sans trop comprendre ce que signifiait le mot, je vendais chaque année au porte-à-porte les timbres de l’école « laïque » édités par la Ligue de l’enseignement ; je participais dans les rues de Seine-Saint-Denis aux défilés des fêtes de l’école qui se proclamait fièrement gratuite, obligatoire et laïque.

 

Il m’a fallu attendre l’année du bicentenaire de la Révolution, 1989, il y a plus de trente ans, pour prendre conscience qu’il s’agissait là d’un bien essentiel, quand l’Iran des mollahs a condamné à mort un écrivain laïque, Salman Rushdie, coupable d’« islamophobie » [son roman Les Versets sataniques avait provoqué l’ire de l’ayatollah Khomeyni]. Puis il y eut Taslima Nasreen que les mêmes dictateurs de conscience destinèrent à la décapitation [pour son roman La Honte, en 1994].

 

Qui aurait pu imaginer que la gauche, dans son ensemble, se déchirerait à propos d’un délit imaginaire forgé par les assassins, alors même que Rushdie nous mettait en garde, dès le prononcé de la fatwa le visant, en nous expliquant que ce concept d’islamophobie était jeté en pâture aux ignorants, afin qu’ils le restent ?

 

La trajectoire de Merah comme déclencheur

 

La terreur islamiste a sidéré le monde, elle a mis les mots en actes, répandant le sang « impur » des traducteurs, des éditeurs, des cinéastes, des dessinateurs, des amateurs de rock, des enfants de maternelle, des professeurs, des prêtres, de ceux qui les protégeaient… Cet effroi planétaire a produit ses effets au plus près et j’ai pu, au fil des ans, en mesurer l’impact dans mon entourage immédiat. Les premières alertes datent du début des années 2000, quand le responsable national de l’association antiraciste dans laquelle je militais s’était rapproché de Tariq Ramadan, de Dieudonné, et qu’il évoquait la nécessité d’une loi contre le blasphème. C’était tellement loin de mes préoccupations que je n’en ai, à l’époque, pas saisi la portée.

 

La trajectoire sanglante de Mohammed Merah, en 2012, a servi de déclencheur. Dans ma ville natale, Saint-Denis, un élu communiste et « délégué à l’égalité », répond alors sur les réseaux sociaux à ceux qui lui demandent ce qu’il pense des enfants juifs tués d’une balle en pleine tête dans une cour d’école : « Suis en mode hommage, j’arrête tout ou on va me dire que je ne suis pas touché, pas ému, du coup je vais m’entraîner à pleurer. » Au cours des années suivantes, il fera de cette ironie meurtrière sa marque de fabrique, produisant des centaines de Tweet infâmes, sans que jamais les organisations auxquelles il appartenait ne lui fassent la moindre remarque. Il sera l’un des principaux organisateurs, en 2019, de la déshonorante marche contre l’islamophobie, avant de figurer en bonne place sur la liste des « insoumis » aux dernières élections municipales.

 

En 2014, à Aubervilliers, ma ville de résidence, la coalition Front de gauche s’est vue adoubée dans les locaux mêmes de la mosquée où un imam dispense des prêches antirépublicains, homophobes et organise la défiance envers l’école laïque. Cette coalition acceptera dans ses rangs trois maires adjoints issus de l’association locale des musulmans.

 

Directeurs de conscience

 

L’un de ces adjoints s’illustrera en engageant publiquement le dialogue avec la mouvance d’Alain Soral, qui se définit lui-même comme national-socialiste, et en déclarant à plusieurs reprises qu’en matière d’immigration les gouvernements de la République se comportent plus durement que l’ancien maire Pierre Laval à l’encontre des juifs ! Ce qui, là encore, ne l’empêchera pas de figurer sur l’une des listes de gauche en mars dernier. Pour faire bonne mesure, on embauchera également, entre autres, un trafiquant de cocaïne à la tête d’une des directions municipales, pour service rendu. Il sera arrêté pour menace de mort [en 2016], un mois après son intronisation, alors qu’il arborait les insignes de Daech.

 

Dans le même mouvement, des directeurs de conscience autoproclamés peuvent, sans trembler, affirmer que Charlie a déclaré la guerre à l’islam, une obscénité qui n’a heureusement pas été réitérée lorsque Samuel Paty a subi le même sort que celui des membres de la rédaction du journal dont il expliquait les dessins. On se contente de parler, dans cet espace de radicalité, de « barbarie policière » pour qualifier l’exécution, en état de légitime défense, du tueur. Ces mêmes directeurs de conscience qui s’affichent aux côtés des racistes, des homophobes, des antisémites du Parti des indigènes de la République, et qui considèrent que l’on en fait trop avec la jeune lycéenne Mila, qui vit depuis des mois sous la menace des assassins pour avoir usé de sa simple liberté.

 

Basculement d’électeurs

 

Comment dire son dégoût lorsqu’une sénatrice sensible à l’environnement pollue le sien en posant au milieu de jeunes enfants manipulés qui portent une étoile jaune où est inscrit le mot « musulman » [lors de la marche contre l’islamophobie], suggérant une fois encore que la persécution fantasmée de l’Etat à l’encontre d’une religion équivaudrait à la « solution finale » ?

 

Toutes ces trahisons, tous ces abandons ont désarmé la gauche dans un combat essentiel. Ils permettent à la droite la plus obscure, à l’extrême droite, de se faire les championnes de la préservation des principes républicains ! Ils creusent la défiance, ils favorisent le basculement de centaines de milliers d’électeurs vers les porteurs de solutions autoritaires.

 

 

Tous ces gens qui ont failli, leaders de partis gazeux, adjoint à la mairie de Paris, députées des quartiers populaires, syndicalistes éminents, chroniqueuses en vogue, devraient avoir la décence de se retirer. Aucun d’eux ne parle en notre nom.

 

Une couverture emblématique de Charlie [datant de 2005] représente le prophète Mahomet qui se lamente prenant sa tête entre ses mains : « C’est dur d’être aimé par des cons. » Si j’avais deux doigts de talent, je placerais Jean Jaurès dans la même position, s’adressant à ceux qui, aujourd’hui, à gauche, usurpent et sa pensée et son nom, lui qui affirmait que laïcité et démocratie sont synonymes.

 

Didier Daeninckx est écrivain. Dernier ouvrage paru : Municipales. Banlieue naufragée (« Tracts », Gallimard, 48 pages, 3,90 euros).

 

Didier Daeninckx(Ecrivain)

Aux Instituteurs et Institutrices 

 

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse.

 

Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort. 

 

Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! — Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage. […] 

 

Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que  tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine ! […]

 

Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront. 

 

Jean Jaurès, La Dépêche, journal de la démocratie du midi, 15 janvier 1888.

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents