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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 06:00
Le Ventoux, le mont chauve, une légende de Pétrarque à Tom Simpson en passant par Jean-Henri Fabre

« Les épreuves que tu as endurées tant de fois, aujourd'hui, dans l'ascension de cette montagne, sache bien que tu les rencontres aussi, toi-même comme tant d'autres, dans la recherche du bonheur....nombre d'escarpements coupent cette route et fait avancer de vertu en vertu, par des degrés éminents. Sur le sommet et le but suprême, le terme de la route vers lequel tend notre voyage. »

 

Pétrarque, « L'ascension du Mont Ventoux », 1336

 

« Surgissant de nulle part au milieu de la Provence qu'il relie aux Alpes, culminant à 1912 mètres d'altitude, le Mont Ventoux porte bien son autre nom de « Géant de Provence ». Son nom viendrait de l'occitan provençal « Mont Ventor » qui signifie « qui se voit de loin ». Son ancien nom, « Ventour », dériverait des mots vent et venteux, tout à fait appropriés au fort mistral qui y souffle régulièrement. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que le col situé à un kilomètre du sommet a été appelé « col des tempêtes ».

 

Le Mont Ventoux s'étend sur vingt-cinq kilomètres d'Ouest en Est et sur 8 kilomètres du Nord au Sud. Une forêt de Mélèzes, de cèdres et de sapins le couvre jusqu'à 1500 mètres d'altitude. Au-delà, la végétation disparaît pour donner place à un sommet aride de couleur blanche, fait de casses de pierres plates appelées lauzes. D'où son autre nom, le Mont Chauve. »

 

13 juillet 1967, Marseille. Le Tour doit affronter le Ventoux. Le « Géant de Provence ». L'air est lourd, empesé. Devant l'Hôtel de Noailles, Pierre Dumas, le médecin chef du Tour, confie ses craintes au journaliste, Pierre Chany. « Quelle horreur cette chaleur, si les gars plongent le nez dans la topette, on risque d'avoir un mort. » Il fait près de 40 degrés. Sur la ligne de départ, l'Italien Felice Gimondi porte un mouchoir sous sa casquette ; Tom Simpson, lui, fait mine de bénir ses équipiers avec l'eau de son bidon, qui sait, pour exorciser une forme de prémonition ?

 

Il y a cinquante ans mourrait Tom Simpson

 

Car le Ventoux, ce n'est pas un col. C'est un univers clos. Une bastide somnolente, une sorte de mausolée hypothétique où tout n'est qu'aridité et désolation. D'ailleurs, l'Anglais est vite lâché, il paraît même qu'à Bédoin on l'aurait vu dans un café boire de l'alcool. Quand Lucien Aimar, qui a déjanté au pied de la montée, retombe sur lui à deux kilomètres du sommet, Simpson titube, tête inclinée sur l'épaule. Son regard vague interroge : pressent-il le drame qui se noue ? Sait-il qu'il roule vers l'abîme ?

 

À presque 30 ans, le "Major Tom" (rien à voir avec David Bowie, mais plutôt aux Carnets du Major Thompson de Pierre Daninos qui font fureur dans Le Figaro) connaît parfois des défaillances. Il court trop, tout le monde le sait. Le soir de sa victoire sur Milan-San Remo, il s'est ainsi éclipsé fissa pour aller cachetonner dans un critérium dès le lendemain. C'est par son courage que ce fils de mineur qui avait débarqué à 18 ans à Saint-Brieuc avec 100 livres en poche est devenu en quelques années la coqueluche du peloton. Sa réputation n'est plus à faire : il a déjà disputé une demi-finale aux Mondiaux de poursuite avec une clavicule cassée et a fini 14e du Tour 1964 malgré un ver solitaire terriblement handicapant.

 

Tour de France : 13 juillet 1967, Tom Simpson, la mort en direct

 

Il y a cinquante ans, un des chouchous du public perdait la vie sur son vélo, devant les caméras de télévision. Retour sur un des épisodes les plus marquants de la Grande Boucle.

ICI 

 

« Une ascension au mont Ventoux » Jean-Henri Fabre

 

Le célèbre entomologiste nous convie à l’accompagner sur les pentes du Ventoux, et à nous joindre à son petit groupe de huit promeneurs, botanistes ou simples randonneurs, pour une ascension qui promet de nous transporter de l’Afrique au Groënland, en seulement quelques centaines de mètres de verticalité !

 

Les senteurs végétales et les « petits coups de baromètre » prétextes à quelques gorgées ravigotantes de rhum, nous seront d’une aide précieuse, de même que le pique-nique à la frugalité douteuse et la « petite » sieste d’une heure au soleil qui le conclut !

 

Il faut bien cela pour affronter, le soir venu, la colère des éléments, qui auraient tôt fait de vous désorienter ! Mais ne craignez rien, car faute de boussole, nos compères expérimentés savent se diriger… à la piqûre d’ortie !

 

Vous êtes en forme ? Le sac-à-dos est prêt ? Alors … en route !

 

 

« Bientôt le soleil se lève. Jusqu’aux extrêmes limites de l’horizon le Ventoux projette son ombre triangulaire dont les bords se frangent de violet par l’effet des rayons diffractés. Au sud et à l’ouest, s’étendent des plaines brumeuses ; au  nord et à l’est s’étale, sous nos pieds, une couche énorme de nuages, sorte d’océan de blanche ouate d’où émergent, comme des îlots de scories, les sommets obscurs des montagnes inférieures. Tout là-bas, du côté des Alpes, quelques cimes flamboient. »

 

« Il est dix heures du matin ; nous avons mis six heures pour venir de Bédoin à la fontaine de la Grave, mais d’un pas modéré, comme il convient pour une exploration attentive. »

 

« La nappe est étalée sur un charmant tapis de plantes alpines… Les vivres sont tirés de leurs sacoches, les bouteilles exhumées de leurs couches de foin. Ici, les pièces de résistance, les gigots bourrés d’ail et les piles de pain ; là, les fades poulets, qui amuseront un moment les molaires, quand sera apaisée la grosse faim ; non loin, à une place d’honneur, les fromages du Ventoux épicés avec la sarriette des montagnes, les petits fromages au Pébré d’Asé ; tout à côté, les saucissons d’Arles, dont la chair rose est marbrée de cubes de lard et de grains entiers de poivre ; par ici, en ce coin, les olives vertes ruisselantes encore de saumure, et les olives noires assaisonnées d’huile ; en cet autre, les melons de Cavaillon, les uns à chair blanche, les autres à chair orangée, car il y en a pour tous les goûts ; en celui-ci, le pot aux anchois, qui font boire sec pour avoir du jarret ; enfin les bouteilles au frais dans l’eau glacée de cette auge. N’oublions-nous rien ? Si, nous oublions le maître dessert, l’oignon qui se mange cru avec du sel. Nos deux parisiens, car il y en a deux parmi nous (…) sont d’abord un peu ébahis de ce menu par trop tonique ; ils seront les premiers tout à l’heure à se répandre en éloges. Tout y est. À table !

 

Alors commence un de ces repas homériques qui font date en la vie. Les premières bouchées ont quelque chose de frénétique. Tranches de gigots et morceaux  de pain se succèdent avec une rapidité alarmante. Chacun, sans communiquer aux autres ses appréhensions, jette un regard anxieux sur les victuailles et se dit : « Si l’on y va de la sorte, en saurons-nous assez pour ce soir et demain ? » Cependant la fringale s’apaise ; on dévorait d’abord en silence, maintenant on mange et on cause (…) C’est le tour d’apprécier les vivres en connaisseur. L’un fait l’éloge des olives, qu’il pique une à une de la pointe du couteau ; un deuxième exalte le pot aux anchois, tout en découpant sur son pain le petit poisson jaune d’ocre ; un troisième parle avec enthousiasme du saucisson ; tous enfin sont unanimes pour célébrer les  fromages au Pébré d’asé, pas plus grands que la paume de la main. Bref, pipes et cigares s’allument, et l’on s’étend sur l’herbe, le ventre au soleil. »

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 06:00
L’étrange histoire de la variété sauvage de tomate L. cheesmanii et son gène j-2. La machine massacrait la récolte avec la délicatesse d’un char d’assaut

L’université de Davis aux USA, à quelques encablures de la Nappa Valley, est l’un des hauts lieux de la recherche agronomique. C’est là que s’invente l’agro-industrie de demain.

 

Son Centre de ressources génétiques de la tomate a joué un rôle crucial dans l’industrie de la tomate. Il porte le nom de Charles Madera Rick, ancien professeur de l’université qui est incontestablement un « architecte de la tomate » car sans lui, « les tomates de l’agro-industrie que l’on mange dans les pizzas, le ketchup ou la sauce tomate industrielle n’auraient pas certaines de leurs qualités distinctives, qu’elles doivent à quelques gènes découverts dans les variétés sauvages. »

 

« Cet Indiana Jones – ou ce bio-pirate, c’est selon – a passé une bonne partie de sa vie en Amérique du Sud : entre 1948 et 1992, il y a découvert de nombreuses variétés sauvages. » ICI

 

 

Les régions andines côtières, au nord-ouest de l’Amérique du Sud,  sont le bassin d’origine de la tomate ; les tomates étaient consommées par les Aztèques. Les tomates sauvages « peuvent être de petits fruits verts, parfois violacés, jaunes ou orange, amers, comestibles ou non, poussant jusqu’à plus de trois mille mètres d’altitude, sans arrosage ni intervention humaine… »

 

Après l’illustre généticien soviétique Nikolaï Vavilov, Charles Rick fut le second chercheur à découvrir des variétés et à entreprendre de cataloguer, dix  ans plus tard, les tomates sauvages dans le bassin d’origine.

 

« C’est aux îles Galápagos, qui font partie du bassin d’origine de la tomate et qui avaient été explorées par Charles Darwin en 1835, que Charles Rick a découvert la variété sauvage L. cheesmanii portant un gène qui allait être promis à un grand avenir industriel : le gène j-2. »

 

Pourquoi ?

 

En 1942, la main d’œuvre agricole disponible en Californie se tarie sous l’effet du conflit mondial, donc il y a urgence à accélérer les programmes de recherches dans le domaine de la mécanisation.

 

« Les premières machines mises au point parviennent bien à progresser dans le champ, à couper les pieds des plants, mais ensuite l’expérience vire à la catastrophe. Les tomates sont réduites en une infâme bouillie, où se mêlent de la terre, elles s’écrasent contre les mécanismes : la machine massacre la récolte avec la délicatesse d’un char d’assaut. »

 

Plutôt que d’inventer une machine adaptée aux tomates il paraît plus pertinent d’envisager de développer génétiquement une tomate adaptée à la machine.

 

Dans cette recherche la découverte du gène j-2 de la variété L. cheesmanii a été déterminante : c’est à lui que l’on doit la possibilité de la mécanisation de la récolte. Du Xinjiang à l’Italie du Sud, de la Turquie à la Californie, ce gène est aujourd’hui présent dans toutes les tomates d’industrie de la planète.

 

« Charles Rick a découvert cette variété aux Galápagos, raconte Roger Chatelat, l’actuel directeur du Centre de ressources génétiques de la tomate. C’était une tomate orange et Charles Rick, en les prélevant, s’était aperçu que ces tomates se détachaient très facilement.

 

Cependant, une fois les graines rapportées en Californie, il ne parvint pas à les réensemencer. Il plantait ses graines, mais c’était en vain. Les tomates ne poussaient pas. Il essaya de modifier un grand nombre de paramètres, mais à chaque fois il échouait.

 

Un jour, il eut l’idée que ces graines de tomate des Galápagos devaient peut-être digérées par des animaux avant d’être réensemencer. Alors, il essaya avec des oiseaux. Cela ne fonctionnait pas non plus.

 

Enfin, il eut l’idée de les donner à des tortues. Le problème, c’est que l’on ne trouve pas si facilement des tortues géantes des îles Galápagos en Californie…

 

Mais Rick se souvint qu’il avait un ami scientifique, à Berkeley, qui avait rapporté deux tortues des Galápagos. Il demanda à ce dernier de nourrir les tortues avec des graines de tomate. Après quoi, Charles Rick recevait par la poste de gros paquets d’excréments de tortue… Cela paraît fou, mais c’était ça, la solution. En donnant à manger ces graines aux tortues et en attendant la fin du processus de digestion de deux semaines, Rick découvrit que l’on activait la germination de ces graines. C’est ainsi qu’il put les réensemencer, et que le gène j-2 révolutionna l’industrie de la tomate. »

 

 

L’Université de Davis développa avec de l’argent public les toutes premières machines de récolte de tomates.

 

Le 1er septembre 1960, 2000 personnes… assistèrent à une démonstration publique de la machine de récolte « Blackwelder »

 

En 1961, les premières tomates d’industrie destinées à la consommation furent récoltées mécaniquement : 25 machines furent alors vendues et 0,5% de la récolte le fut à la machine.

 

En 1965, 20% de la récolte fut mécanisée.

 

En 1966, 70%.

 

En 1967, 80%.

 

En 1968, 92% puis 98%.

 

En 1970, la totalité de la récolte des tomates d’industrie était mécanisée en Californie.

 

Extrait de L’Empire de l’or rouge enquête mondiale sur la tomate d’industrie Jean-Baptiste Malet fayard.

L’étrange histoire de la variété sauvage de tomate L. cheesmanii et son gène j-2. La machine massacrait la récolte avec la délicatesse d’un char d’assaut
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 06:00
Pourquoi ce 12 juillet 2017 vous parler de mes années 50 ? Devinez !

Déjà je vous ai bassiné avec L’inexorable déclin des baby-boomers : la barboteuse, le bébé Cadum, le timbre antituberculeux, le DDT… ICI 

 

« Avec notre petite crête ondulée sur la tête, nous remuons dans les mêmes barboteuses que nos parents. Leur popeline garantit une certaine douceur à nos derrières, tandis que la laine de la version hivernale les protège du froid. La culotte bouffante, les manches ballon et le col Claudine ne sont pas démodés, même si « pour bien habiller les enfants », la fillette Marinette recommande la culotte Petit Bateau. Blanches, parfois à smocks ou brodées, les barboteuses réussissent miraculeusement à nous donner une certaine élégance. »

 

Ma sainte mère étant couturière j’ai toujours été habillé comme une figure de mode mais je n’ai pas décroché le titre de « Bébé Cadum » pour la bonne et simple raison qu’il ne lui serait jamais venu à l’idée de me présenter au concours du plus beau bébé de France. »

 

Avec les années 50, plutôt celles du milieu, vient le temps de l’école qui est dans ma vieille Vendée confite de bondieuseries est dites : libre !

 

À la maternelle chez les petites sœurs de Mormaison, puis chez les frères au rabat bleu du bienheureux Louis Grignon de Montfort pour les cours élémentaires.

 

 

Même si Jules Ferry n’était pas notre référence, je le cite tout de même à propos de l’école : « Il ne s’agit pas d’embrasser tout ce qui est possible de savoir, mais de bien apprendre ce qu’il n’est pas permis d’ignorer. »

 

Comme nous étions à la campagne et pas à la laïque nous n’avions pas droit au verre de lait institué par Pierre Mendès-France pour lutter contre l’alcoolisme. Et pourtant, chez moi beaucoup ne suçaient pas de la glace et nous étions avec le Calvados en tête du palmarès des alcoolos.

 

Poujade, copain du borgne, avait lancé à Mendès :

 

« Si vous aviez une goutte de sang gaulois dans les veines, vous n’auriez jamais osé, vous, représentant de notre France producteur mondial de vin et de champagne, vous faire servir un verre de lait dans une réception internationale ! C’est une gifle, monsieur Mendès, que tout Français a reçue ce jour-là. »

 

Mais un autre soufflet bien plus grave pour les culottes de peau « Diên Biên Phu » permis à Mendès, le « Mendès lolo » des antisémites populistes, de nous tirer du bourbier vietnamien.

 

Quelques dates :

 

1er novembre 1954 : la Toussaint rouge, le début de la guerre d’Algérie qui ne disait pas son nom qui amènera mon frère aîné à passer presque 2 ans de sa vie sur un piton face à la ligne électrifiée dites Morice (encore un copain de Poujade) censée empêcher l’infiltration des « fellaghas » hébergés par la Tunisie de Bourguiba.

 

30 septembre 1955 : James Dean meurt à 24 ans au volant de sa Porsche.

 

26 janvier 1956 : Nasser nationalise le canal de Suez, Anglais et Français, actionnaires de la Compagnie de Suez, avec l’appui d’Israël, lui inflige une rapide défaite. Israël occupe le Sinaï mais sous la pression des 2 grands nous nous retirons la queue basse.

 

7 janvier 1957 : La bataille d’Alger commence avec l’arrivée du général Massu et ses 8000 paras. Les « corvées de bois » vont commencer. Fernand Iveton, militant communiste indépendantiste, sera condamné à mort, Mitterrand étant Garde des Sceaux.

 

 

8 octobre 1958 : La DS 19 de Citroën est la grande vedette du 45e Salon de l’automobile. Ce sera la voiture officielle de De Gaulle, celle dans laquelle il échappa aux balles de Bastien-Thierry au Petit-Clamart.

 

 

À la radio, sur Radio Luxembourg, Zappy Max s’exclame « Ça va bouillir ! »

 

Sur le Cinémonde de mon frère Alain, une certaine Brigitte Bardot, en bikini Vichy, était la vedette de Et Dieu… créa la femme de Vadim.

 

 

Le Monde publie le rapport Khroutchtev en feuilleton, les staliniens du PCF ont du mal à avaler la pilule amère.

 

Le 1er janvier 1959 : Fidel Castro renverse le dictateur Batista et prend le pouvoir à Cuba. Jean-Luc Mélenchon a 7 ans.

 

 

« Pendant la période de la Prohibition aux USA (1920-1933), l’île de Cuba est plus paradisiaque que jamais : alcool à volonté, cocktails tropicaux, et tout un éventail de voluptés, du jeu à la prostitution. Al Capone puis Lucky Luciano y étendent leur empire. Une fois la prohibition abolie, le succès de l’île ne se dément pas. Destination aussi délassante qu’étourdissante, elle attire Errol Flynn, Ava Gardner, Hemingway, Sinatra…

 

C’est dans un palace de La Havane, le Nacional, que Luciano réunit les grands chefs de la mafia pour une conférence au sommet. À l’ordre du jour : l’organisation du trafic international d’héroïne. S’étant assuré avec force dollars de la bienveillance de Battista, le syndicat du crime est en paix.  En 1959, le coup d’État de Castro change la donne. »

 

Les 13 buts de Just Fontaine

 

 

Avant-centre de l'équipe de France qui finit troisième du Mondial 1958 en Suède, Just Fontaine reste célèbre pour ses 13 buts marqués en 6 rencontres. Le joueur de Reims n'a dû sa titularisation lors du Mondial qu'à la blessure du titulaire habituel, René Bliard.

 

Alain Mimoun le marathonien

 

 

Il entre dans la légende quand il remporte le marathon des JO de Melbourne en 1956 loin devant son rival de toujours, Emil Zatopek. Habituel second de la locomotive tchèque, c'était un homme courageux : bien que gravement blessé à une jambe lors de la Bataille du Mont Cassin en 1944, il ne mit que trois ans pour devenir un marathonien de niveau international.

 

Jean Prat Mister Rugby

 

 

Ailier de génie du XV de France dans les années 50, capable de déborder les défenses les plus agressives comme de marquer sur des drops, Jean Prat était un meneur d'hommes, à la fois brave et ombrageux. Pour motiver ses troupes, sur le point de faiblir face au Pays de Galles lors d'un Tournoi des 5 nations, il eut ce mot, saisissant : « Ces Britanniques vous ont emmerdés pendant cent ans, vous pouvez bien tenir cinq minutes. »

 

Tout à la fin ce sera le début de Salut les Copains lancé durant l'été 1959.

 

Frankie Jordan, Eddy Mitchell et ses Chaussettes Noires, Dany Boy et ses Pénitents, Danyel Gérard, Les Chats Sauvages de Dick Rivers, Les Pirates, les Champions, Richard Anthony, les Shadows et bien sûr Johnny.

 

Eddie Cochrane, Buddy Holly, Gégène Vincent, Little Richard, Chuck Berry, Bill Haley… j’en oublie !

 

Le twist et le “Yeah” des rockers devenus “yé yé”

 

C’est le Super 45 tours sur les électrophones Teppaz.

 

Dans son bateau de fête foraine Françoise Hardy espère « le jour où moi aussi j’aurai quelqu’un qui m’aime »

 

En ce temps-là je voulais être radioreporter sportif comme Georges Briquet.

 

Ma mère qui voulait faire de moi un curé me disait « Ce n’est pas un métier ! » et mon père souriait.

 

Chronique écrite le 10 octobre 2005

 

« J'avais 7 ou 8 ans, et le dimanche après-midi j'écoutais sur Paris-Inter les retransmissions commentées par Georges Briquet. Bien des années plus tard je suis allé à la Maison de la Radio réécouter une galette du match : Nîmes-Reims. C'était le 17 novembre 1957.

 

« Ici le parc des Sports de Nîmes, la première image sonore que nous enregistrons se situe très exactement à la 10ième minute de la première mi-temps qui oppose le Nîmes Olympique au Stade de Reims.

 

Vous savez que cette dernière équipe est en tête du championnat avec 20 points alors que les Nîmois sont cinquième, à 7 points du leader, à égalité avec l'Olympique Lyonnais. Pour les Nîmois ce match est d'une importance capitale s'ils ne veulent pas être définitivement décrochés de la tête du classement.

 

Il fait très beau dans la préfecture du Gard et les 13 793 spectateurs payants, sans être transportés de joie, semblent ravis de la combativité des crocodiles. Il est vrai que le terrain du Parc des Sports, un peu dur et bosselé, ne favorise pas la manière plus classique, plus décomposée des Rémois et s'accommode mieux au jeu moins romantique, moins fouillé, mais aussi plus incisif des footballeurs locaux.

 

Mais voici que Rahis s'échappe sur son aile gauche. Il passe à son intérieur-gauche Mazzouz, le demi-centre rémois Jonquet tente de s'interposer, sans succès, la balle est dans les pieds d'Akesbi qui se débarrasse de l'emprise de Penverne, et voici que le demi-gauche Barlaguet accouru en renfort de l'arrière tire aux seize mètres et marque le but. »

 

Un autre jour, pour un match Stade Français-Le Havre, en donnant la composition des équipes, Georges Briquet, commence par le gardien du Stade, Dominique Colonna, en indiquant que celui-ci va se marier le lendemain à Viry-Châtillon avec Sylvie Delfour  la fille du sympathique entraîneur du Stade Français qui d'ailleurs offrira un très joli lunch au stade de la Suze où les joueurs s'entraînent d'habitude...

 

Un vrai régal, précision, phrasé impeccable, des mots choisis, de la belle ouvrage de journaliste, avec juste ce qu'il faut de distance et d'implication, une vraie carte postale sonore. »

 

Je m’arrête là, alors savez-vous pourquoi ce 12 juillet j’évoque les années de ma prime jeunesse ?

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 06:00
 canon grêlifuge automatique à mélanger gazeux explosif, pour le tir à distance (1903).

canon grêlifuge automatique à mélanger gazeux explosif, pour le tir à distance (1903).

Durant l’été 1946, Vincent Schaefer, chercheur dans un laboratoire de la General Electric de New York, où il travaille sur les problèmes de physique du givre en haute altitude qui préoccupe l’aviation militaire américaine, ouvre son congélateur au cours d’une journée chaude et humide pour y déposer une boîte de neige carbonique (- 72°C) afin de le soulager.

 

Surprise : son haleine se charge immédiatement de millions de minuscules cristaux de glace. Les goulettes d’eau en surfusion – c’est-à-dire à l’état liquide en dessous de 0°C – qu’il exhalait viennent de se solidifier sous l’effet de l’abaissement rapide de la température.

 

C’est exactement le processus décrit une décennie plus tôt, par le météorologue suédois Tor Bergeron, pour expliquer la formation des précipitations au sein de nuages froids.

 

En soufflant dans son congélateur Schaefer vient d’inventer la pluie artificielle.

 

Il renouvelle inlassablement l’expérience avec le soutien enthousiaste de son directeur de laboratoire, le prix Nobel de chimie Irving Langmuir.

 

 

 

Le 14 novembre, se sent prêt pour un test grandeur nature. Il loue un petit avion, survole les montagnes du Berkshire dans les Massachusetts et disperse dans un nuage 6 livres de neige carbonique. Sous ses ailes, la neige tombe ! De la tour de contrôle d’où il suit l’expérience, Langmuir exulte. Au journaliste du NWT qu’il a au téléphone, il énumère ses projets grandioses : détourner les ouragans, transformer l’ride Texas en un vert Éden, supprimer les brouillards givrants au-dessus des aéroports.

 

Les météorologues se montrent cependant dubitatifs devant ces annonces fracassantes. Ils savent que le projet de manipuler le temps est aussi ancien que la science météorologique et que les avatars reflètent fidèlement l’histoire de ces avancées comme des déconvenues.

 

Les services juridiques de la GE, attentif à la jurisprudence Hatfield (celui-ci, au début du XXe siècle, en tant rain-maker, avait convaincu la ville de San Diego de garantir par contrat la pluie à volonté grâce à des tours en bois dans lesquelles il brûlait, à l’abri des curieux, une mystérieuse mixture de son invention. En janvier 1916 des pluies torrentielles ravagent la ville, causant des dizaines de morts et causant d’énormes dégâts. La municipalité accuse Hatfield d’en être responsable. Après deux décennies de procédure, en 1938 parvient à faire reconnaître par 2 tribunaux que « la pluie est un don de Dieu ») décident de ne pas financer les recherches sur la pluie artificielle.

 

Langmuir proche de la retraite se moque du veto, vend son projet à l’Administration américaine. Nous sommes au début de la guerre froide et la perspective de mener une guerre météorologique contre les Soviets enthousiasme les généraux américains. Pour eux ce serait un avantage stratégique inexploité puisque les vents dominants de l’hémisphère Nord vont d’est en ouest, il suffira de larguer au-dessus de l’Europe des bombes météorologiques à retardement qui exploseront au-dessus de l’URSS pour enfoncer dans la boue les chars soviétiques et noyer les plaines fertiles de l’Ukraine.

 

Le Pentagone entretient de judicieuses fuites pour laisser planer sur son adversaire soviétique la menace de cette guerre météorologique qu’Edgar P. Jacobs met spectaculairement en scène dans S.O.S. météores (1959), cinquième aventure de Blake et Mortimer.

 

 

Dans la France de Jour de fête de Jacques Tati, ces nouveaux exploits en provenance d’Amérique font forte impression. En 1950, le ministre des transports du président du Conseil d’Antoine Pinay, qui s’inquiète de la sécheresse qui s’abat sur sa bonne ville de Saint-Chamond, charge le général Ruby, officier d’aviation, de résoudre le problème.

 

Le général Ruby n’y va pas par 4 chemins : tout nuage survolant le barrage de La Valla, près de Saint-Chamond, est attaqué sans sommation à l’iodure d’argent. Un mois plus tard, le général se vante d’avoir quintuplé le volume d’eau dans le barrage.

 

Encouragé, il entreprend de s’attaquer à la prévention des orages de grêle, qui ravagent vergers et vignobles.

 

Il rencontre un certain scepticisme car dans les campagnes les plus âgés se souviennent de la vogue, avant la première guerre mondiale, des canons grêlifuges, in ventés par l’Autrichien Albert Stiger, ingénieur et maire de Windisch-Feistritz en Styrie.

 

Ces imposants canons en forme d’entonnoirs crachaient de superbes ronds de fumée noire qui s’élevaient en tourbillonnant jusqu’à plus de 600 mètres d’altitude. Les 30 canons que Stiger installe dans sa commune font merveille durant les étés 1896 et 1897 : les orages de grêle ravagent les localités environnantes mais évitent soigneusement Windisch-Feistritz.

 

On se presse alors d’Autriche,  d’Italie et du sud de la France pour admirer ces canons, pour le plus grand bonheur des affaires de la firme Greinitz qui les produit. En 1901, un congrès international conclut à l’efficacité de ces engins. L’Italie compte alors 10 000 canons, dont les tirs protègent efficacement le vignoble de la grêle et tuent accidentellement 7 personnes et en blessent 78 autres.

 

Mais ces accidents ne sont pas le seul problème. Les physiciens soulignent qu’aucun mécanisme plausible ne peut expliquer l’efficacité supposée des canons. Et les échecs s’accumulent.

 

Le second congrès international, qui se tient à Gratz en 1902, se divise : 17 experts affirment que la méthode est certainement ou probablement efficace, 20 sont de l’opinion opposée, et 13 autres se disent incapables de conclure.

 

Pour sortir de l’impasse, deux essais sont organisés à Windisch-Feistritz et en Italie en 1904 : la grêle que l’on sait aujourd’hui suivre d’étonnants cycles qui alternent années « avec » et années « sans », s’abat sur les 2 régions. C’est la fin des  canons grêlifuges, et la firme de Greinitz se reconvertit dans l’armement, alors que la guerre menace en Europe.

 

Deux générations plus tard, le souvenir des canons grêlifuges est encore vif dans les campagnes viticoles françaises, et le général Ruby a du mal à convaincre les agriculteurs des vertus de son arsenal antigrêle.

 

On y préfère donc des brûleurs à iodure, sorte de chaudrons dont s’échappe d’épaisses volutes de la substance. L’association nationale d’études et de lutte contre les fléaux atmosphériques, dirigée par quelques notables locaux et conseillée par Henri Dessens, directeur de l’Observatoire météorologique du Puy-de-Dôme, commence à en installer dans le Sud-Ouest, où ils sont toujours en action.

 

Les développements sur cette histoire sont à lire dans le livre de Nicolas Chevassus-au-Louis Un iceberg dans mon whisky, quand la technologie dérape, dont sont tirés ces extraits.

 

 

Dernier épisode en date « Et pourtant, il fait beau sur Pékin pour l’ouverture des Jeux Olympiques le 8 août 2008, comme le très officiel Bureau du modification du temps chinois l’avait annoncé un an auparavant. Malgré des décennies d’échec, l’ensemencement des nuages pour créer des précipitations ou pur empêcher la grêle de tomber a en effet de nouveau le vent en poupe.

 

L’explication est d’abord technique. Une nouvelle méthode d’ensemencement des nuages recourant à des sels hygroscopiques et non plus à la neige carbonique ou à l’iodure d’argent, a été mise au point en 1999 en Afrique du Sud.

 

Des essais statistiquement rigoureux, en aveugle et contre placebo comme lors des essais de nouveaux médicaments, ont montré une réelle amélioration de l’efficacité et de la reproductibilité par rapport aux méthodes antérieurs. L’explication est aussi, et peut-être surtout, politique.

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 06:00
Se conduire en gentlemen ça fait vieux jeu mais «La politesse est une vertu nécessaire dans notre monde nombriliste»

Certains commentaires de mecs sur Face de Bouc sous ma chronique « Lettre ouverte aux gastro-couillards de toute origine et condition… halte aux blagues graveleuses, aux mains aux fesses et au « droit » de cuissage ! » ICI sous couvert d’un humour, qui se voulait soft, sont la démonstration qu’il reste bien du chemin à faire pour que, ces porteurs de calbars, prennent vraiment conscience, comme le faisait remarquer Vincent Mareschal, que les fesses des femmes ne sont pas des aimants.

 

La 31e chambre du tribunal de Grande Instance de Paris a rendu son jugement le 6 juillet dans l’affaire Marc Sibard. Le caviste parisien était poursuivi pour harcèlement sexuel, moral et agression sexuelle.

 

Ce dernier a été condamné à un an de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de 24 mois qui comprend l’obligation de suivis de soins en matière d’alcoolisme, le versement de dommages et intérêts aux parties civiles (montant global 24 000 euros hors frais de justice) et l'acquittement d’une amende de 5 000 euros. Par ailleurs, la peine de prison s’appliquera en cas de récidive sur les cinq prochaines années. Le jugement est beaucoup plus sévère que le réquisitoire du procureur. Celui-ci avait plaidé pour trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amendes.

 

Les trois victimes voient donc leurs requêtes pour harcèlement moral et sexuel reconnues. « Je suis immensément soulagée. Le dossier a duré cinq années difficiles à vivre » commente Emma Bentley, qui vit désormais en Italie. Pour leur avocate, Maître Laure Tric : « c’est une bonne décision. Il est assez rare de voir au pénal la reconnaissance de harcèlement moral et sexuel reconnu. Cela montre que même dans le milieu du vin, les règles s’appliquent comme ailleurs ». Une partie de la défense de Marc Sibard consistait en effet, selon Maître Laure Tric, à expliquer que le milieu du vin se prêtait à des agissements et des paroles grivois et grossiers.

 

Piètre plaidoirie, le milieu du vin ne détient pas le monopole de la goujaterie et autres saloperies, c’est une affaire largement partagée dans nos sociétés qui se disent civilisées. L’excès, le débordement, le défaut de maîtrise de soi ne sont en rien des circonstances atténuantes. L'alcoolisme n'est pas l'apanage du monde du vin même si certains dans ce petit milieu semblent ignorer qu'ils les ont.

 

Alors, même si les gens polis ne sont pas tous honnêtes, je plaide, comme Frédéric Rouvillois, pour un retour à la politesse afin de faire barrage aux comportements grivois et aux débordements qui y font souvent suite.

 

On m’objectera que la politesse est une forme d'hypocrisie, mais il s'agit – comme le note Rouvillois – d'une forme d'hypocrisie vertueuse. « Ce n'est pas nouveau et nous en avons toujours eu conscience. Molière nous a tout appris sur la nature humaine dans le Misanthrope. Il nous décrit bien les limites de la politesse, de la bienséance et du savoir-vivre quand ceux-ci tombent trop évidemment dans l'hypocrisie, mais il montre également que si nous voulons être comme Alceste dans la transparence totale, nous finirons seul, loin des autres, y compris dans notre vie amoureuse. Cette hypocrisie vertueuse permet tout simplement de mettre un peu d'huile dans les rouages sociaux. Il faut savoir ne pas tout dire, sinon c'est la guerre. »

 

Dans l’affaire Sibard, comme dans bien d’autres, c’est l’illustration du rapport du faible au fort, la domination, l’intrusion même, toutes les digues sont donc bonnes pour dresser des barrages, cantonner certains instincts. Bien évidemment je n’affirme pas que certains harceleurs ne le fassent pas avec les formes, en étant polis mais, même si parfois la frontière entre faire la cour et le harcèlement peut-être difficile à tracer, lorsque le caractère unilatéral est avéré il n'y a pas photo et ça doit mettre un terme à toute forme de pression.

 

Oui je reste très vieux jeu, je continue d’ouvrir les portes et d’y laisser passer les femmes, de les précéder dans les escaliers, de penser qu’en amour ce sont toujours elles qui décident.

 

Mais comme l’écrit Rouvillois la politesse n’est pas vraiment un don gratuit. Elle génère une forme de contre-don, même implicite, « qui est le remerciement de celui envers qui l'on est poli. Il existe un autre contre-don, plus subtil, qui est simplement le plaisir que l'on éprouve soi-même à tenir la porte à quelqu'un. Mais dans un système où le seul but est d'aller au plus simple, au plus utile et au plus rentable, cette idée de gratuité compensée seulement par le remerciement ou le plaisir d'être poli devient illusoire. La première caractéristique de la politesse est en effet que l'on accepte de donner du temps à autrui.

    

« Est poli celui qui ne se met pas systématiquement en avant, celui qui ne veut pas faire son malin, celui qui est fréquemment dans l'understatement. Se prendre pour l'illustre Gaudissart de Balzac, c'est un peu le contraire de la politesse. Je remarque que, de nos jours, la vie n'est plus qu'un immense entretien d'embauche! Voilà pourquoi, dans notre monde prosaïque et nombriliste, obsédé par l'utilité et par la vitesse, la politesse est plus que jamais nécessaire. Elle demeure l'une de ces petites vertus qui permettent de tenir debout. »

 

Pour le philosophe Emmanuel Lévinas, la formule de politesse «après vous», devrait être la plus belle définition de notre civilisation…

 

Je ne sais si je vous ai convaincu mais, sans prendre une posture de gentlemen, je plaide pour que le bien-vivre ensemble, dans le monde du travail, dans les heures de fête, y compris dans les moments d’excès, se donne des règles où la politesse, le respect de l’autre et de soi-même, ne soient jamais transgressées.

 

Et, de grâce que certains bas du plafond ne lancent pas la pudibonderie à la gueule !

 

J'attends encore un article sur l'affaire Sibard dans la RVF de Denis Saverot... 

Se conduire en gentlemen ça fait vieux jeu mais «La politesse est une vertu nécessaire dans notre monde nombriliste»

Et la politesse bordel !

 

Au travail, un simple « merci » ou un « s’il te plaît » suffiront à déterminer si vous avez affaire à un ­interlocuteur recommandable ou à un morveux égocentrique.

 

LE MONDE |  | Par 

 

Nécessaire reconnaissance témoignée à son interlocuteur, la civilité, en sa qualité de respiration humaniste, se révèle également le meilleur moyen de ne pas se réduire soi-même à l’état de rouage hystérique. Elle doit donc être envisagée comme un élément central de qualité de vie et de la motivation au travail.

 

 

Interaction chaleureuse

 

De nos jours, qui voudrait s’investir pour un rustre ? ­Selon deux études menées en 2014 et 2015 par le cabinet de conseils en risques psychosociaux Eléas, le manquement aux règles élémentaires du savoir-vivre affecterait la productivité dans 77 % des cas. Confrontés à une incivilité, les salariés ralentiraient volontairement leur rythme d’exécution des tâches et feraient preuve de capacités logiques amoindries par ce climat hostile. Il est à noter que les 20-34 ans sont beaucoup plus sensibles à cette situation, car ils ­seraient 34 % à avoir pleuré après avoir été victimes d’un manque de considération, contre seulement 21 % pour les salariés de plus de 55 ans.

 

 

Les tourments d’Uber, qui vient d’annoncer 2,6 milliards d’euros de perte pour 2016 et dont le patron a récemment été filmé par la caméra d’un véhicule alors qu’il insultait copieusement un de ses chauffeurs, illustrent parfaitement les dégâts de la muflerie. En vertu d’un théorème émergent nommé « la symétrie des ressentis », il est en effet peu probable qu’un employé produise avec le client une interaction chaleureuse si son supérieur lui parle comme à un chien. En ­conséquence, on peut avancer qu’une boîte structurellement malpolie a autant de chances de réussir que le patron d’Uber de passer pour un sympathique hippie collaboratif.


 

Je ne serais pas arrivée là si… Virginie Despentes

 

Si je n’avais pas arrêté de boire à 30 ans. Je me sens formidablement chanceuse de l’avoir décidé assez tôt. Et d’avoir vite compris que ça n’allait pas avec tout ce que j’avais alors envie de faire. L’alcool a probablement été une des défonces les plus intéressantes et les plus importantes de ma vie. Mais il m’aurait été impossible d’écrire King Kong théorie et tous mes derniers livres si je n’avais pas arrêté. Et si je me sens aussi bien aujourd’hui, à 48 ans, disons, beaucoup plus en harmonie, et dans quelque chose de plus doux, de plus calme, de très agréable à vivre – ce que j’appelle l’embourgeoisement – je sais que c’est lié à cette décision.

 

La vie, c’est comme traverser plusieurs pays. Et ce pays dans lequel je vis depuis plusieurs années, il n’a été accessible que par une réflexion, une discipline et un effort par rapport à la dépendance envers les drogues douces, et particulièrement l’alcool. Je suis favorable à la légalisation de toutes les drogues. Mais ce n’est pas parce que c’est légal que c’est anodin. Les gens ne s’en rendent pas compte et n’ont aucune idée de la difficulté à arrêter. J’ai donc l’intention de m’attaquer à ce sujet pour mon prochain livre.

 

Quand avez-vous commencé à boire ?

 

La première fois, j’avais 12 ans, je m’en souviens parfaitement. C’était à un mariage à Nancy, en 1982. J’ai bu un verre et je suis tombée en arrière en pensant : « Waouh ! Quel truc ! Ça s’ouvre à moi ! » Et je suis tombée amoureuse de l’alcool. Vraiment amoureuse.

 

Pour la griserie qu’il procure ?

 

Oui. J’avais trouvé ma substance. Et très vite, adolescente, j’ai eu une pratique de l’alcool très sociale, dans les bars, les fêtes, les bandes de copains. En fait, tout ce que je faisais à l’extérieur de chez moi, j’ai appris à le faire avec l’alcool et, entre 13 et 28 ans, avec un vrai plaisir, un vrai enthousiasme, une vraie férocité. Dans mes lectures, j’ai trouvé beaucoup d’amis buveurs. Des tas d’écrivains ont une histoire d’amour avec l’alcool et truffent leurs livres de beuveries épiques. J’ai donc été une jeune personne qui a bu de façon totalement assumée et heureuse très longtemps.

 

Et puis à 28 ans, j’ai eu un déclic. Ça ne collait pas avec le fait de devenir auteur. Ces déjeuners dont je ressortais incapable de faire quelque chose du reste de la journée. Ou ces inconnus avec lesquels je créais soudainement des rapports intimes, et déplacés, parce que j’étais complètement bourrée…

 

Vous n’aviez plus le contrôle.

 

Non. Et je me rendais compte que j’étais incapable de confronter une situation sociale sans boire. Et comme il y a de l’alcool partout en France… Alors, aidée par mes agendas où je note tout, j’ai commencé à me demander si les beuveries de la dernière année avaient valu le coup. Deux ans avant, j’aurais répondu : oui, c’était génial. Mais là, j’étais bien obligée de répondre que non. Que la plupart du temps, j’avais fait ou dit des choses qui m’avaient mise mal à l’aise le lendemain. Et que le nombre de fois où je m’étais réveillée en me disant « pfffttt… » était considérable.

 

Je devais faire quelque chose. Mais c’est très compliqué ! C’est pas « boire ou ne pas boire ». C’est un mode de vie qui est en jeu. Et un personnage, jusqu’alors défini par l’alcool, qu’il faut complètement réinventer. J’ai découvert à 30 ans que j’étais timide par exemple. Je ne le savais pas.

 

Lire le tout ICI

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 15:59
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