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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 06:00

Ma supplique pour être enterré dans le cimetière sur les hauts de Monticello…

- C’est où Monticello papy ?

 

- Depuis huit ans, ceux qui aiment Jacques Dutronc prennent l'avion pour la Corse. Puis la voiture pour Monticello, petit village perché au-dessus de L'Ile-Rousse (Haute-Corse).

 

 Monticello (Haute-Corse), lundi 11 février. Jacques DutroncMonticello (Haute-Corse), lundi 11 février. Jacques Dutronc LP/Eric Bureau

 

- C’est là où tu vas au cimetière papy ?

 

- Oui !

 

- Tu me racontes…

 

- Tu lis ICI 

 

  • D’accord mais encore ?

 

 

Comme lui je n’ai pas l’habitude de crier sur les toits mon vote mais là lorsque j’entends les appels au vote utile au premier tour pour le Merluchon je sors de mes gonds, faut arrêter de me prendre pour un con, t’avais qu’à mettre de l’eau dans ton vin pour rassembler la gauche, laisser de côté ton ego, tes obsessions, tes rancœurs, et comme au temps de Mitterrand même sans grand enthousiasme, j’aurais voté utile.

 

Point final !

 

Jacques Dutronc, sur scène en 2010.

 

Dutronc donc, ses cigares, sa fausse décontraction, ses chansons concoctés par Jacques Lanzmann ICI , ses chats, son fils Thomas, Françoise Hardy, l’acteur aussi…

 

 

« J'ai fait une procuration mais je connais bien les gens là-bas et ils ne vont pas voter ce que j'ai demandé, c'est-à-dire le Roussellement, a-t-il expliqué avec sourire au micro de RTL. Ils vont mettre je sais qui... Si sur la procuration tu pouvais mettre pour qui tu votes ! Mais qui va vérifier comme c'est secret ? Je l'ai fait aussi, on m'a demandé de voter pour quelqu'un et... », a-t-il conclut dans un rire laissant penser qu'il n'a pas, lui aussi, honoré sa parole à l'époque.

 

Je ne sais pas si je vais mettre mes pas dans les pas de l’ermite de Monticello mais contrairement à lui puisque j’ai une procuration je respecterai le choix de mon mandataire.

 

 

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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 06:00

Slalom (2020) - IMDbSlalom (2020) - IMDbSlalom (2020) - IMDb

Mille et une productions c’est Édouard Mauriat et Anne-Cécile Berthomeau

 

https://cdn-s-www.leprogres.fr/images/E2A3D503-4C4E-452C-8AC3-E1D8C31228E1/NW_raw/noee-abita-charlene-favier-et-edouard-mauriat-au-festival-de-deauville-ou-le-film-a-recu-le-prix-d-ornano-photo-jacques-basile-1601829608.jpg

 

Une petite entreprise qui connaît la crise.

 

C’est tourné en Savoie.

 

C’est orné de plein de médailles*

 

Donc plein de raisons pour acheter le DVD

 

Slalom - Film (2020) - SensCritique

 

* Récompenses

  • Festival du film francophone d'Angoulême 2020 : prix Magélis des étudiants francophones

 

  • Festival du cinéma américain de Deauville 2020 : prix d'Ornano-Valenti

 

 

  • Festival Film by the Sea de Flessingue 2020 : prix de la jeunesse

 

  • Festival international du film francophone de Namur 20206 : prix Bayard de la Meilleure Photographie

 

 

Nominations

 

  • César 2022 :

 

Meilleur espoir féminin pour Noée Abita

 

Meilleur premier film

 

  • Magritte 2022 : meilleur acteur pour Jérémie Renier

 

Sélections

  • Festival de Cannes 2020 : sélection officielle

 

  • Festival Lumière 20207 : sélection officielle Cannes 2020
  •  

Charlène Favier, réalisatrice de “Slalom” : “J'ai fait ce film pour ouvrir  le dialogue”

 

Télérama aime bien Critique par Marie Sauvion ICI

Publié le 11/01/2022

 

 

Lyz (Noée Abita), 15 ans, nouvelle élève d’une classe de sport-études à Bourg-Saint-Maurice, se rêve future championne de ski. « Il va falloir que tu t’affûtes », balance Fred (Jérémie Renier), son coach, lorsqu’il l’examine pour la première fois. Il palpe la jeune fille en culotte, sans affect apparent, uniquement préoccupé de savoir si ces 50 kilos de chair et de muscles lui apporteront bientôt une victoire. Main froide et dent dure, Fred aime la gagne, les podiums, les médailles. Et l’adolescente veut satisfaire son entraîneur. Le glissement progressif qui la voit passer de bizut à chouchoute, Slalom le décrit de manière organique. Soumis à l’obsession de la performance, le corps de Lyz cesse de s’appartenir. Elle respire désormais au rythme des humeurs de l’homme, de ses accès de colère ou de joie. Et de ses pulsions.

 

Jamais Charlène Favier ne lâche le point de vue de Lyz, qu’elle descende une piste ou qu’elle subisse un viol qui la laisse hébétée. Les séquences d’agression sidèrent par ce qu’elles captent du visage, du regard de la jeune fille trahie, qui semble soudain s’absenter à elle-même et ne revenir au présent que pour se découvrir souillée, littéralement, de fluides à nettoyer d’urgence.

 

La réalisatrice ne s’en cache pas, le scénario est nourri de son expérience personnelle. Sa mise en scène, maîtrisée, s’appuie sur un tandem d’acteurs impeccables, à commencer par Noée Abita, la révélation d’Ava en 2017. Face à un Jérémie Renier soufflant le chaud et le froid, manipulateur charismatique mais aussi pathétique, prédateur insoupçonnable, la jeune actrice de 22 ans compose un personnage à la fois fragile et indestructible. Qui ne dit mot ne consent pas et Slalom le donne à ressentir avec force et intelligence.

 

Synopsis

 

À 15 ans, du haut de son 1m60, Lyz a été sélectionnée en section ski-études au lycée de Bourg-Saint-Maurice et rejoint une petite équipe coachée par Fred, un entraîneur qui veut emmener ses athlètes au sommet. La jeune fille accepte les nombreux entraînements sur les pistes, les séances de piscine, footing, électro-musculation, prise de compléments alimentaires pour augmenter la masse musculaire, séances vidéo, fartage. Et ça paie, elle enchaîne des victoires. Mais plus la jeune fille gagne, plus la pression augmente. Et un soir, dans l'ivresse du succès, l'entraîneur l'agresse sexuellement. Pour Lyz, c'est le début d'une spirale infernale face à un pervers narcissique...

 

Slalom - Film (2020) - SensCritique

Une critique moins favorable mais intéressante : Slalom

Par Jean-Jacques Corrio -18 mai 20210 ICI

 

Fred (Jérémie Renier) et Lyz (Noée Abita) dans « Slalom », de Charlène Favier.

L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER

Les faits à l’origine du film ne sont plus un secret pour personne, tant le bouche-à-oreille a eu le temps de fonctionner depuis que Slalom a été dévoilé au Festival du film francophone d’Angoulême, à la fin de l’été 2020. Le premier long-métrage de Charlène Favier raconte la relation toxique entre une jeune championne de ski, Lyz (Noée Abita), et son entraîneur, Fred (Jérémie Renier).

 

Ancienne sportive de haut niveau, dans une discipline différente, la réalisatrice a elle-même été victime d’agressions sexuelles, se décidant bien plus tard, en 2014, à écrire sur le sujet dans le cadre d’un atelier scénario à la Fémis. A l’époque, les agressions dans le milieu du sport n’étaient pas encore massivement dénoncées dans la sphère médiatique.

 

En 2020, les témoignages de l’ancienne patineuse sur glace Sarah Abitbol et d’autres championnes ont déferlé, dans le sillage de la vague #metoo, et voilà que Slalom se trouve pris dans une glaçante actualité. Si le film sort accompagné d’un dossier pédagogique sur les violences sexuelles à l’attention des adolescents, il serait pourtant injuste de le réduire à une œuvre à thèse.

                 

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés La cinéaste Charlène Favier, entre zone grise et manteau blanc

La réalisatrice ne fait pas de Fred un simple prédateur – ce qui peut être le cas en milieu sportif, à en croire les experts. Elle préfère explorer les ressorts psychologiques qui conduisent l’entraîneur et son élève dans le tourbillon d’une relation toxique. Lyz, 15 ans, vient d’intégrer la section ski-études du lycée de Bourg-Saint-Maurice (Savoie). L’ancien champion devenu entraîneur, Fred, prépare le groupe d’adolescents aux championnats de France et d’Europe, et rêve pour certains d’entre eux des Jeux olympiques. La compagne de Fred (Marie Denarnaud) supervise les études des sportifs, et jusque-là tout se passe à peu près normalement.

 

Lyz est une guerrière et veut gagner. « Elle a faim », comme dit Fred, qui, tout à la fois, lui mène la vie dure et lui apporte un soutien moral et matériel, la jeune fille étant livrée à elle-même – avec un père absent et une mère absorbée par sa nouvelle vie. Le film commence plutôt sous une bonne étoile, Lyz connaissant ses premiers succès sportifs et s’attachant à ce coach si généreux. On sent bien une attirance chez elle, mais qui reste à l’état de fantasme et d’admiration. Fred lui-même ne semble pas animé par de sombres calculs. Ayant raté sa carrière à la suite d’un accident, il voit sans doute en Lyz une future championne capable de lui redonner une visibilité.

 

Subtile transformation physique

 

Pourtant les choses dérapent. Charlène Favier montre comment, de fait, le coach prend l’ascendant sur la jeune fille. C’est lui qui la pèse, connaît la date de ses règles, pose ses mains sur ce corps en mutation, qui doit prendre de l’épaisseur et des muscles. A cette proximité physique s’ajoute une dépendance psychique, avec l’idée que la victoire passe forcément par l’entraîneur. Fred devient la planche de salut de Lyz, laquelle lui fait entièrement confiance. Les temps d’entraînement privilégié qu’il lui accorde deviennent des moments d’intimité.

 

Dans l’esprit brouillé de l’adolescente, il y a bien le rêve d’une histoire d’amour avec cet homme proche de la quarantaine, mais elle n’en maîtrise pas les termes. Elle ne dit pas non, il lui impose ses pulsions sexuelles. Cela s’appelle un viol. Elle se trouve réduite à un état de passivité et attend que ça passe. Fred semble miné par sa propre attitude, comme impuissant à garder la bonne distance. Les deux protagonistes portent leur fardeau sous la neige.

 

 

Révélée dans Ava (2017), de Léa Mysius, Noée Abita irradie le film de sa troublante candeur, mêlée à une ténacité hors norme. Agée de 22 ans, même si elle en paraît 16, l’actrice réussit une subtile transformation physique qui l’endurcit tout en laissant intacts les restes de l’enfance. Charlène Favier ne la filme pas comme une lolita, de même qu’elle ne réduit pas Fred à un cynique. Jérémie Renier incarne très justement un homme fort en surface, mais frustré à l’intérieur, n’ayant pas réglé ses comptes avec son passé et son échec sportif. Slalom emprunte un chemin étroit, périlleux, et porte le débat avec la subtilité requise.

 

Le slalom ne se résume pas à l’épreuve sportive, il décrit aussi la descente psychologique d’une jeune athlète qui tente de se frayer un chemin, de sortir indemne du piège sans perdre de vue l’objectif initial : gagner la course et devenir une championne. Le film interroge l’esprit de groupe au sein d’un collectif de champions, car il est surtout question ici de solitude.

 

Slalom quitte peu à peu la pâleur des cimes enneigées et son tempo chronométré, pour se teinter de couleurs vives et irréelles : un bleu glacé, un rouge incandescent. Un instant, Lyz, avec son gilet à capuche, devient le Chaperon rouge guetté par le loup. Une échappée vers le conte pour dire l’innocence retrouvée. Slalom est un film de sensations, et non pas « à sensation ».

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5 avril 2022 2 05 /04 /avril /2022 06:00
Dimanche prochain comme le dimanche 7 mai 2007 je vais voter deux fois

Sur les réseaux sociaux, qui sont les nouveaux rings électoraux, entre les coups bas, les invectives, les fake-new, les foutages de gueules, les buzz, le refrain le plus chanté par les électeurs est : « y’a pas eu de campagne ! »

 

Au risque de me faire avoiner je pense que c’est une bonne chose car faire campagne pour les candidats, surtout ceux qui ferraillent pour se qualifier pour le deuxième tour, c’est aligner des promesses qu’ils ne tiendront jamais. Chirac qui n’en ratait aucune et qui adorait les campagnes électorales, le disait crûment : « Les promesses n’engagent que ceux qui les entendent. »

 

Comme une ritournelle angoissée  une seule question m’est posée : « pour qui vas-tu voter ? »

 

Ma réponse tombe sèche comme un coup de trique : « Ch’es pas ! »

 

Ce n’est pas faux sans être totalement vrai mais ça m’évite de m’expliquer, comme disent les sondeurs : « je suis un électeur au vote caché. »

 

Mon problème c’est que je vais voter deux fois comme en 2007

 

J'ai voté deux fois ICI

 

Dimanche presque ordinaire : ma petite séance de gym, pour m'y rendre je passe devant le Sélect, pas un chat en terrasse. Les courses, faut bien manger. J'achète le dernier Douglas Kennedy à l'Arbre à Lettres : La Femme du Ve, ça se passe à Paris. Un petit tour chez Truffaut pour acheter du terreau de plantation, c'est le problème du béton faut l'engraisser pour qu'il soit accueillant pour les plantes.

 

À midi, ça vote dur. Au retour, j'ai croisé dans la contre-allée de chez moi une Saint-Cyrienne en uniforme : casoar et jupe-culotte. J'ai confié ce que mon petit doigt n'arrête pas de me dire depuis hier à une enveloppe cachetée. Déjeuner tardif pour cause de jardinage intensif. Départ pour le XVIe arrondissement, 50 rue des Belles Feuilles, près de l'avenue Victor Hugo que je connais bien puisque j'y avais mon bureau du temps de la SIDO. Je croise trois Cayenne. Je vote pour la première fois pour quelqu'un d'autre. A voté, je signe. Même si ça me démange j'évite de faire des commentaires sur les indigènes du XVe. De retour à la maison je range des papiers. Un petit tour sur le net : la Tribune de Genève annonce à 18 h 30  que le PS vient de confirmer à l'agence suisse ATS la défaite de Ségolène Royal 46%. Bon faut y aller, ça fait drôle d'aller déposer son bulletin dans l'urne. A voté ! C'est la deuxième fois de la journée.

 

Vous allez me dire que vous n’en avez rien à cirer de ma double votation, j’en conviens mais si je vous tartine une chronique c’est que j’ai de bonnes raisons :

 

  • La première c’est qu’en mai 2007 je suis allé voter à  reculons pour la Ségolène, c’est pour cela que j’ai attendu la dernière minute alors que d’ordinaire je vote tôt le matin. Il se peut que dimanche prochain je fasse la même chose pour le premier tour.

 

  • La seconde c’est que cette fois-ci, le tête-à-tête classique annoncé par les sondages renvoie les autres candidats à une stratégie d’engranger un max de voix pour aborder le 3e tour, les législatives, en position de force. Cette analyse peut influencer mon choix de premier tour.

 

  • La troisième c’est que cette fois-ci je vais voter deux fois dans le même bureau de vote. Je ne sais si je devrai voter pour deux candidat(e)s différents. Mystère !

 

  • La quatrième c’est que j’irai consulter nos voisins suisses et belges pour avoir les résultats de ce premier tour avant que nos médias aient le droit de les afficher à 20 h.

 

 

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 06:00

dessin / McKinsey : le camp Macron embarrassé - l'Opinion

Nul besoin de s’offrir les services fort onéreux de Mc Kinsey quand on a un Jean-François chez soi.

La guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine nous a brutalement a rappelé la fragilité de notre système alimentaire, en raison de la place de l’Ukraine et de la Russie dans le commerce mondial des céréales. À l’occasion de la réunion du G7 du 25 mars, Emmanuel Macron a alerté sur les risques qui pèsent sur la sécurité alimentaire mondiale et a adopté avec ses collègues un plan d’urgence, l’initiative « farm », pour prévenir le risque de famine dans certains pays, en particulier d’Afrique du nord.

 

En quelques mois, le prix de la tonne de blé est passé de 200 € à 400 €. Pourtant, le blé est majoritairement semé à l’automne dans toute l’Europe de l’Ouest, et maintenant même en Ukraine et en Russie en raison du changement climatique. Le blé consommé actuellement dans le monde a donc été moissonné au cours de l’été 2021 dans tous les pays de l’hémisphère Nord, principaux pourvoyeurs du marché mondial. Il est vrai que la Russie et l’Ukraine sont depuis quelques semaines sorties du marché mondial, mais des stocks existent en dehors de ces deux pays qui permettent de faire face à la demande et la flambée actuelle des prix résulte de phénomènes spéculatifs dont profitent pleinement les grandes entreprises de négoce de blé. Il faut également indiquer que l’augmentation du prix du blé a commencé plusieurs mois avant la guerre en Ukraine, en raison d’achats massifs de blé par la Chine.

 

Dans ce contexte, quelle est donc la pertinence des décisions du G7 ?

 

Les céréales ne servent pas qu’à nourrir les hommes : la concurrence entre les différents usages de la production céréalière

 

La part des terres arables et de la surface toujours en herbe n’a pas varié significativement depuis 1970. Sur les 13 milliards de terres émergées du globe terrestre, 4,9 milliards sont des terres agricoles, dont seulement 1,4 milliard de terres arables susceptibles de produire des céréales notamment (le reste étant occupé essentiellement par des prairies permanentes). Le reste de la surface du globe est occupé par les forêts (4 Mds hectares), des villes, des déserts et d’autres terres non cultivables.

 

 

Nous ne disposons donc que de 10% de la surface du globe pour cultiver des plantes de toute nature.

 

Ces 10% de la surface du globe sont soumis à une forte concurrence : la population urbaine augmente et avec elle la taille des villes qui fait disparaître de milliers d’hectares de terres arables. Il y a également concurrence entre les productions qui seront consacrées à l’alimentation des hommes, à celle des animaux, et celles qui seront utilisées comme matières premières pour des productions industrielles.

 

Ainsi, de 1973 à 2011, la production céréalière mondiale a augmenté de 1,1 milliard de tonnes (passant de 1,5 à 2,6 milliards de tonnes), soit une progression de 73 %. Dans le même temps, la population mondiale est passée de 3,9 milliards d’habitants à 6,9 milliards, soit une croissance de 76 %.

 

La croissance de la production céréalière peut sembler presque alignée sur celle de la population mondiale à la lecture de ces deux chiffres, mais la réalité est un peu plus complexe.

 

Le maïs a contribué à 52 % de l’augmentation de la production de céréales au cours de ces 50 années. Le maïs entre peu dans l’alimentation humaine. En revanche, associé au soja, il est devenu une composante essentielle de l’alimentation des animaux et la croissance de sa production a permis d’augmenter la disponibilité de protéines animales pour les habitants de la planète. Comme la consommation de viande a plutôt stagné ou diminué dans les pays développés, elle a augmenté dans les pays en développement.

 

L’augmentation très importante de la production céréalière mondiale a été affectée pour 43 % directement à l’alimentation humaine, principalement le blé et le riz.

 

Mais le fait notable est l’augmentation considérable des usages industriels de la production céréalière mondiale pendant cette période, notamment la production d’éthanol : 30 % de l’augmentation de la production mondiale des cinquante dernières années ont été consacrés au développement des usages industriels des céréales. Cela concerne principalement le maïs mais également le blé. L’augmentation de la consommation de céréales pour l’alimentation animale a progressé moins vite que les usages industriels non alimentaires de ces céréales. L’alimentation animale utilisait 42 % de la production mondiale de céréales en 1973, elle n’en utilise plus que 35 % aujourd’hui.

 

Environ 200 millions de tonnes de maïs américains sont transformées chaque année en éthanol incorporé dans le carburant des véhicules automobiles. 10 % des céréales produites dans le monde servent aujourd’hui de carburant. On pourrait ajouter les surfaces consacrées à d’autres plantes qui ne sont pas des céréales, comme le colza, le soja ou l’huile de palme avec lesquels on produit du diester également utilisé comme carburant. Ce sont autant de surfaces qui ne sont pas consacrées à la production de blé ou de riz susceptible d’alimenter directement des humains.

 

En France, 11% seulement de la production céréalière sont consacrés à l’alimentation humaine. La moitié de la production est exportée sous forme de graines ou de produits transformés, de façon à peu près équivalente vers le reste de l’union européenne et vers les pays tiers. 17 % sont consacrés à l’alimentation animale. Près de 4 % (soit plus de 2 millions de tonnes de céréales) servent à produire de l’éthanol, moyennant quoi la France représente le quart de la production de bio éthanol de l’union européenne. Nous utilisons aussi environ 3 millions de tonnes de blé pour produire de l’amidon utilisé pour produire des sirops de glucose, des caramels colorants et beaucoup d’autres produits très appréciés des industries agroalimentaires et participant à la production de tous ces produits ultra transformés dont les effets sur la santé sont régulièrement dénoncés

 

La diversité des usages des céréales permet de penser qu’un arbitrage est possible entre eux. Nous pourrions choisir de modifier la réglementation européenne qui impose l’incorporation d’éthanol dans le carburant automobile, pour réorienter une partie des céréales utilisées à cette fin vers la consommation humaine des populations qui en ont besoin. Les autres usages industriels pourraient également être reconsidérés.

 

Le commerce mondial des céréales est dominé par un oligopole

14% des céréales produites sont échangées sur le marché mondial. Les céréales sont d’abord produites pour répondre à la demande intérieure des pays qui les produisent et non pour être échangées sur le marché mondial, à la différence des produits industriels.

 

Le commerce mondial des céréales est dominé par un petit nombre de pays.

 

Les ventes mondiales de maïs qui représentent le plus gros volume d’échanges, sont réalisées essentiellement par cinq pays : les Etats-Unis (21% des exportations), devant le Brésil, l’Argentine, l’Ukraine et la Russie.

 

Pour le blé, la Russie domine, suivie des Etats-Unis, du Canada, de la France, de l’Australie et de l’Ukraine.

 

Le marché des céréales est également concentré d’une autre manière. Il est dominé par un très petit nombre de négociants internationaux : Archer Daniels Midland, De Bunge, Cargill et Louis Dreyfus, souvent désignés par le sigle ABCD, dominent ce marché depuis des décennies. Les trois premières sociétés sont américaines, la dernière est une société alsacienne à l’origine dont le siège social est maintenant localisé aux Pays-Bas, pour bénéficier du régime fiscal favorable aux groupes multinationaux offert par ce pays fondateur de la construction européenne. On aura une idée de la taille de ces sociétés de courtage en indiquant que Cargill est la plus grande firme américaine non cotée en Bourse ; elle emploie 143 000 personnes et réalise un chiffre d’affaires estimées à 150 milliards de dollars.

 

D’autres intervenants sont apparus récemment, mais peu nombreux et pour le moment ils sont de taille bien inférieure c’est le cas de Glencore, une société anglo-suisse de courtage, de négoce et d’extraction de matières premières, ou bien en France du groupe coopératif InVivo qui vient de racheter le négociant privé Soufflet. D’autres entreprises asiatiques apparaissent.

La domination des quatre gros négociants historiques reste incontestable. Le négoce n’est qu’un aspect de leur activité. Ces entreprises investissent dans tous les secteurs liés à la transformation des céréales, notamment dans les agro-carburants ou la production d’amidon.

 

Un rapport « d’Oxfam international » du mois d’août 2012, intitulé « Cereal secrets », analysait l’évolution des marchés céréaliers et démontrait le rôle de ces courtiers dans la volatilité des marchés céréaliers mondiaux qu’ils organisent et dont ils profitent en étant à la fois les acteurs du commerce mondial et de la couverture des options qu’ils prennent sur les achats et les ventes de céréales à terme.

 

Le marché mondial des céréales est donc tout sauf un marché répondant aux critères de la concurrence pure et parfaite. C’est un marché oligopolistique dans lequel les intérêts géopolitiques mélangés aux intérêts privés de quelques intervenants disposant du pouvoir de « faire le marché » jouent un rôle déterminant.

 

La guerre entre deux intervenants importants sur ce marché a bien sûr des conséquences sur les prix mondiaux, mais elle ne suffit pas à expliquer à elle seule leur évolution, puisque les Etats-Unis et l’UE jouent un rôle prépondérant dans l’équilibre global du marché mondial des céréales.

 

Les marchés agroalimentaires sont spécifiques

 

La volatilité des prix des produits alimentaires est connue depuis très longtemps puisque Grégory King qui vécut de 1648 à 1712 et fut un des premiers statisticiens de l’économie, avait constaté que les variations de prix des céréales n’étaient pas proportionnelles aux variations de l’offre sur le marché. Une réduction de 10 % de l’offre pouvait entraîner une augmentation de 30 % des prix, et plus la réduction des quantités disponibles était importante, plus le multiplicateur d’augmentation du prix était élevé.

 

Il n’y a pas de mystère là-dedans, il s’agit de produits pour lesquels la demande n’est pas élastique. Une fois que l’on a resserré d’un certain nombre de crans sa ceinture, il faut se nourrir ou mourir.

 

Dès lors en absence de régulation des marchés, la spéculation joue à plein et entraîne rapidement des flambées de prix des denrées alimentaires qui peuvent être suivies par des baisses tout aussi spectaculaires.

 

Malheureusement, les responsables politiques européens ont oublié cette réalité élémentaire.

 

Ils avaient eu l’intelligence de construire dans les années 1960 une politique agricole commune qui reposait sur une protection du marché de la communauté économique européenne, grâce à des tarifs douaniers permettant de pratiquer des prix sur le marché européen rémunérateurs pour les agriculteurs, les incitant à produire ce qui était nécessaire pour assurer l’indépendance alimentaire des Européens. Des mécanismes d’achats publics, de stockage puis de mise sur le marché permettaient de stabiliser le prix des denrées alimentaires des pays européens. C’est ainsi qu’en 1972/1973, l’Union soviétique acheta en toute discrétion plusieurs millions de tonnes de céréales sur le marché mondial pour faire face à une grave pénurie chez elle. Lorsque ces achats ont été connus, les prix mondiaux ont flambé tandis qu’ils restaient assez stables au sein de la CEE grâce aux mécanismes de marché qu’elle avait instaurés.

 

Ceux-ci n’ont malheureusement pas résisté à la pression américaine qui a imposé dans les négociations du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), commencées au milieu des années 80 et conclues en 1995 par la création de l’Organisation Mondiale du Commerce, la destruction de la politique agricole commune, enjeu majeur de ces négociations commerciales multilatérales. Les États-Unis ont exigé la suppression des mécanismes de marché européen en même temps que le démantèlement de sa protection douanière. Ils étaient secondés par l’Australie le Canada. Ils ont obtenu ce qu’ils voulaient d’une Union Européenne aussi faible à l’époque qu’aujourd’hui. Après avoir capitulé, elle accepta de remplacer le système qui avait permis le développement de l’agriculture européenne, notamment de l’agriculture française, par un système d’aide à l’hectare accordé aux paysans en contrepartie de leur mise en situation de concurrence avec le marché mondial. Les paysans européens savent ce que cela leur a coûté.

 

La dernière étape de ce démantèlement de la seule politique commune européenne véritable a été la suppression des quotas laitiers en 2015, dans l’euphorie d’une montée temporaire du prix des produits laitiers sur les marchés mondiaux. La FNSEA a appuyé cet abandon en faisant croire aux producteurs laitiers français qu’ils allaient profiter de la hausse du prix du lait et des produits laitiers sur le marché mondial. Il ne fallut pas attendre très longtemps pour que les producteurs laitiers n’aient plus que leurs yeux pour pleurer et que l’on assiste à nouveau à des « grèves du lait » et au déversement de camions de lait dans les caniveaux ou devant les préfectures pour protester contre la vente de leur lait à un prix inférieur aux coûts de production.

 

Le G7 a perdu sa boussole stratégique

Le G7 appelle les pays producteurs à produire plus de céréales pour se substituer à l’Ukraine et à la Russie. Un mécanisme de répartition des volumes additionnels serait instauré pour répondre à la demande des pays importateurs. L’Inde et la Chine sont invitées à déstocker les céréales qu’elles détiennent actuellement pour assurer leur propre sécurité alimentaire. Enfin des investissements agricoles contribuant à la sécurité alimentaire en Afrique sont espérés, plus tard et sans plus de précisions.

 

Cette réponse correspond parfaitement aux attentes des pays producteurs d’Europe et d’Amérique du Nord qui ont perdu du terrain dans le commerce mondial des céréales au profit de l’Ukraine et de la Russie dans les 15 dernières années. Mais nous avons vu que si une crise alimentaire devait advenir, elle ne serait pas d’abord le résultat d’un déséquilibre entre l’offre et la demande de céréales permettant de nourrir les êtres humains, mais le résultat de l’utilisation croissante des céréales, donc des terres arables, à d’autres fins que la production pour l’alimentation humaine d’une part, et de l’organisation d’un marché oligopolistique des produits agricoles et agroalimentaires qui combine la position dominante de quelque pays et le rôle de quelques grands courtiers.

 

La sécurité alimentaire des pays africains ne sera pas garantie durablement par l’augmentation de la production des pays qui dominent depuis des décennies le commerce céréalier mondial. Elle ne le sera que par une protection des marchés agricoles des pays africains permettant aux agriculteurs de vivre de leur travail et de nourrir les populations locales. Au lieu de cela, l’ouverture de leurs marchés a contribué à la ruine de leurs économies agricoles, à la concentration de la population dans les villes qui génère mécaniquement une augmentation des importations de produits agricoles et agroalimentaires.

 

Ce qui constitue en réalité la cause de l’insécurité alimentaire d’une partie des pays de la planète est présenté par le G7 comme sa solution.

 

Structurellement erronée, cette réponse n’est pas adaptée à la situation du moment.

 

Quelle que soit la détermination des pays du G7, on ne fait qu’une récolte de blé par an.

 

Même si un peu plus de blé de printemps était semé maintenant, l’essentiel du blé qui sera récolté à l’été 2022 a été semé à l’automne 2021, il est en train de pousser et ses rendements n’augmenteront pas parce qu’une résolution du G7 l’a souhaité.

 

Aussi, si les responsables politiques veulent véritablement limiter l’augmentation des prix des céréales au cours de l’année 2022 et jusqu’à la moisson de 2023, ils doivent réfléchir et proposer des mécanismes limitant la spéculation sur le prix des céréales. Une taxation des profits exceptionnels des courtiers intervenant sur le marché du blé permettrait peut-être de calmer un peu la fièvre du marché, même si cela n’est pas suffisant.

 

Ils devraient aussi réfléchir à la répartition des céréales entre leurs différentes destinations : usage alimentaires et usages industriels pour l’adapter à la nouvelle situation créée par la guerre en Ukraine.

 

Un changement de cap irréfléchi de la politique de l’Union européenne

 

L’union européenne vient d’adopter une nouvelle politique agricole baptisée « de la fourche à la fourchette ». Elle n’est pas exempte d’incohérences et de contradictions. Son objectif principal n’est pas avoué, il s’agit de réduire les moyens consacrés à l’agriculture. Mais elle se présente comme une politique agricole plus favorable à l’environnement, bien qu’elle supprime une partie des aides accordées jusque-là à l’agriculture biologique. Elle affiche la volonté de parvenir à une agriculture plus respectueuse de l’environnement grâce notamment à une réduction de l’usage des pesticides, des fongicides et du nitrate.

 

Difficile de croire à l’authenticité de cette volonté, puisque l’encre de cette nouvelle politique agricole européenne n’est pas sèche que l’orientation en est condamnée par notre Président au nom de la nécessaire mobilisation dans la guerre alimentaire contre la Russie.

 

Toujours prompt à adopter un discours martial, E Macron déclare qu’il ne faut pas désarmer l’agriculture face à l’offensive russe et qu’il faut abandonner les objectifs de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires et des engrais chimiques qui viennent d’être fixés par l’union européenne, pour augmenter la production.

 

Les dégâts de l’agriculture dite productiviste sont pourtant bien connus : dégâts économiques parce que ce modèle a fragilisé les exploitations agricoles en les spécialisant sur des productions dont les prix de vente ne sont plus garantis. Dégâts pour l’environnement : les nitrates épandus en quantité beaucoup trop importante, pour assurer des rendements élevés, ne sont pas utilisés entièrement par les plantes et se retrouvent dans l’air sous forme de protoxyde d’azote (265 fois plus efficace que le CO2 du point de vue de l’effet de serre), ainsi que d’ammoniac qui contribue à la production de particules fines et aux pics de pollution. Le nitrate excédentaire se retrouve dans les nappes d’eau souterraine et dans les rivières, ainsi que les pesticides dont l’impact désastreux pour la santé est maintenant parfaitement documenté.

 

L’élevage industriel est aussi mauvais pour les paysans qu’il l’est pour les animaux. Il concentre dans certaines régions les excès de lisier qui contribuent à l’excédent d’azote dans les sols, tandis qu’ailleurs la disparition de l’élevage ne permet plus d’enrichir les sols qu’en recourant à des engrais chimiques fabriqués avec les hydrocarbures que nous importons notamment de Russie.

 

Il y a un paradoxe dans cet appel à augmenter la production de céréales alors que l’on demande aux pays de l’union européenne d’arrêter les importations de gaz russe.

 

En effet, pour augmenter la production de céréales dans les pays agricoles exportateurs, il n’y a pas 36 solutions.

 

La première serait d’augmenter la surface cultivée en céréales, mais les marges de manœuvre sont faibles de ce côté-là, nous l’avons vu. La plupart des terres susceptibles d’être cultivées en céréales dans des conditions économiques et écologiques raisonnables le sont déjà. D’ailleurs, la nouvelle politique agricole commune prévoyait la mise en jachère de 4 % des terres agricoles en raison de la contribution des terres en jachère à la préservation de la biodiversité.

 

Si l’on ne peut pas augmenter la surface cultivée, il faut augmenter la productivité des hectares mis en culture, c’est-à-dire le nombre de tonnes de blé récoltées sur la même surface. L’ennui c’est qu’en France, depuis une dizaine d’années, les rendements ont cessé de croître. Au mieux ils stagnent, au pire ils diminuent. Cela n’est pas dû à la conversion massive des agriculteurs à l’écologie, la consommation de produits phytosanitaires en France n’a pas cessé d’augmenter au cours des dernières années et celle des engrais ne s’est pas réduite non plus. Mais les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, les rendements à l’hectare non plus.

 

Pour améliorer la fertilité des sols, on peut recourir soit aux engrais organiques (fumier, lisier, boues de stations d’épuration…) soit à des engrais chimiques.

 

Les engrais chimiques dominent largement le marché et la situation ne s’améliorera pas si l’on réduit la part de l’élevage dans l’agriculture au nom de la lutte contre l’effet de serre.

 

Les engrais azotés qui ont permis d’augmenter les rendements de la production de céréales sont produits par un vieux procédé inventé par le chimiste Fritz Haber (1868-1934) consistant à combiner l’azote de l’air avec l’hydrogène du gaz naturel, pour produire de l’ammoniac, lequel sera transformé ensuite en ammonitrate pour être utilisé comme engrais. C’est la raison pour laquelle la Russie, gros producteur de gaz, est devenue un gros pays producteur et exportateurs d’engrais azotés. Le reste des engrais azotés produits en Europe occidentale l’est en utilisant du gaz importé de Russie. Deux tiers des engrais utilisés en France sont importés. Augmenter la production de blé en France ne pourra pas se faire sans augmenter la consommation d’engrais azotés, donc les importations de gaz russe ou d’engrais russes fabriqués avec leur gaz naturel. Il faut ajouter que le prix des engrais a été multiplié par quatre depuis le début de la guerre en Ukraine et que l’approvisionnement des paysans d’Europe de l’Ouest est très incertain en raison des sanctions économiques prises contre la Russie.

 

Enfin, ce n’est pas la proposition d’abandonner la mise en jachère de 4 % des terres agricoles européennes figurant dans la nouvelle PAC qui permettra d’augmenter substantiellement la production de blé. Une part des terres en question n’est pas en jachère pour le moment ; elles sont donc déjà productives. D’autre part, cette idée de mettre des terres en jachère n’est pas une novation de la politique agricole européenne, la réforme de 1992 prévoyait une mise en jachère pouvant aller jusqu’à 15 % des terres agricoles et les agriculteurs ont toujours mis en jachère les terres les moins productives, les petites parcelles difficiles d’accès et dont la mise en culture rapporte peu. Bref ce n’est pas avec cela que la pénurie de céréales redoutées sera évitée.

 

Conclusion

 

Il est regrettable que la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine soit utilisée pour remettre en avant un modèle agricole sans avenir. Les propositions du G7 sont complètement incohérentes avec tous les efforts déployés par ailleurs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la convention de lutte contre le changement climatique de l’organisation des Nations unies, aussi bien que pour réduire les achats d’hydrocarbures à la Russie.

 

Pour répondre aux besoins alimentaires de l’humanité et à la crise née de la guerre, il faut réduire les usages non alimentaires des céréales, prendre des mesures internationales de lutte contre la spéculation sur les prix des denrées alimentaires, protéger les marchés agricoles des pays africains et réorienter en profondeur les pratiques agricoles pour nous émanciper de l’autre vecteur de dépendance aux hydrocarbures que représente l’agriculture intensive.

 

Le G7, l’Union européenne et la France devraient consacrer leurs efforts à cela, plutôt qu’à reprendre à leur compte, sans discernement, les positions des lobbys de la production céréalière dont la mise en œuvre pendant plusieurs décennies nous a conduit à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons

 

Le 26 mars 2022

Jean-François Collin

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3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 06:00

Guêpier pour trois abeillesGuêpier pour trois abeilles

Critique : Guêpier pour trois abeilles, de Joseph L. Mankiewicz - Critikat

Capucine, une ombre est passée
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SOUVENIRS

Blaise Hofmann consacre un livre à Capucine, mannequin et actrice tombée dans l’oubli

 

Rappelant que la lumière parvient d’étoiles éteintes depuis longtemps, l’exergue relève de la poésie et de l’astronomie. Elle donne la juste tonalité de Capucine. Porté par une nostalgie antérieure à sa naissance et un sentiment d’empathie pour une icône oubliée, Blaise Hofmann, la pâtre d’Estive, le voyageur de Marquises, accomplit le devoir de mémoire en dédiant un livre à Capucine, étoile filante du mannequinat et de Hollywood.

 

Le «Héron hautain

 

Née en 1928, à Saint-Raphaël, Germaine Lefebvre grandit à Saumur et s’ennuie vite dans une vie trop étriquée pour ses rêves. Elle monte à Paris mener la vie de bohème. Un jeune couturier, Hubert de Givenchy, repère sa silhouette élancée. Celle que la presse surnomme le «Héron hautain» fait la une des magazines. Sur les traces de Marlene Dietrich, elle embarque pour l’Amérique. À Hollywood, cornaquée par le producteur Charles Feldman, elle tourne des films qui connaissent de grands succès comme Le Bal des adieuxLe Grand Sam et naturellement La Panthère rose dans lequel elle incarne l’épouse de l’inspecteur Clouseau. Incarnation de l'«élégance parisienne» participe aussi à Quoi de neuf Pussycat, le premier scénario de Woody Allen porté à l’écran. De retour sur le vieux continent, elle joue dans le Satyricon de Fellini. Et puis plus rien, ou si peu…

 

Capucine passe les trente dernières années de sa vie à Lausanne, au chemin de Primerose. Fait de la figuration, voit sa grande amie Audrey Hepburn, et d’autres vedettes hollywoodiennes vieillissant sur les bords du Léman – Yul Brynner, David Niven, Peter Ustinov… Dépressive, redoutant la vieillesse, elle se jette du huitième étage de son immeuble le 17 mars 1990.

 

Traces furtives

 

Pour rendre vie à cette étoile sortie des mémoires, Blaise Hofmann mène l’enquête. Il revient sur les traces de Capucine à Saumur. Il retrouve la maison de son enfance et le bistrot de quartier où elle avait ses habitudes. Il enregistre des témoignages souvent ténus («J’arrosais ses pétunias…») auprès de célébrités (Givenchy) ou d’inconnus (voisins), visionne des films oubliés, lit des coupures de presse. «Mon héroïne manque d’épaisseur, c’est un fait», note l’écrivain. Et sa biographie peine à tenir ses promesses. Elle n’atteint pas au niveau du Limonov de Carrère ou du Dora Bruder de Modiano, ces sublimes portraits fantasmatiques intégrant la subjectivité de l’auteur. La pâte de la littérature ne monte pas. Merci toutefois pour cette anamnèse élégiaque.

 

Capucine, de Blaise Hofmann, Zoé, 216p

Guêpier pour trois abeilles, une étincelante comédie de J.L. Mankiewicz en  version restaurée ・ La Filmothèque du Quartier Latin

Aujourd’hui c’est « Guêpier pour trois abeilles » (1967)

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour voir que l’on peut faire une autre adaptation de la pièce Volpone de Ben Jonson que celle de Jules Romain et Stephan Zweig portée à l’écran par Maurice Tourneur avec Louis Jouvet et Harry Baur. Mais aussi pour une introduction à l’œuvre de Joseph L. Mankiewicz, un des plus grands et fins réalisateurs, scénaristes et producteurs du cinéma américain.

 

Régalons nous.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Comme pour le Volpone de Ben Johnson l’histoire de passe à Venise.

 

Le richissime Cecil Fox regarde un soir, à la Fenice, la pièce Volpone qu'il s'est fait représenter pour lui tout seul. Cela semble lui donner des idées.

 

Le lendemain, il embauche William McFly, en qualité de secrétaire particulier, et le charge de faire venir, dans son palais vénitien, trois anciennes maîtresses, en leur faisant miroiter qu'il est mourant et pourrait léguer sa fortune à l'une d'elles.

 

Celles-ci arrivent bientôt : Mrs Sheridan - avec sa dame de compagnie Sarah Watkins -, la princesse Dominique et Merle McGill.

 

L'affrontement psychologique commence avec elles, aussi avides et hypocrites l'une que l'autre. Mais un matin, Mrs Sheridan est retrouvée morte...

 

 

Réalisation

 

Voici professionnel exceptionnel de l’univers du cinéma plusieurs fois Oscarisé alors qu’il ne réalisa que 22 films de 1946 à 1972. Films dont il fut souvent le scénariste voir le producteur.

Aucun de ses films ne passa inaperçu alors que, comme dit Wikipédia : « ses films se caractérisent par une quasi absence d’action, au sens hollywoodien du terme, et l’importance prépondérante des flashbacks, des dialogues et des rapports entre les personnages. »

 

Ses têtes d’affiches couvrent le gotha de l’époque (Marlon Brando, Elizabeth Taylor, Bette Davis, Ava Gardner *, Humphrey Bogart, Montgomery Clift, Gene Tierney, Vincent Price) avec une prépondérance d’acteurs britanniques : George Sanders, Rex Harrison, Cary Grant, Richard Burton, Laurence Olivier, Michael Caine, James Mason Maggie Smith… »

 

C‘est avec « Chaînes conjugales » 1949, qui remporte les Oscars du scénario et de mise en scène qu’i rencontre le succès. L’année suivante il réitère la performance, obtenant exactement les mêmes prix pour « Ève », 1950 qui remporte également l’Oscar du meilleur film.

 

En 1951, après avoir tourné « L’Affaire Cicéron » avec James Mason. Puis il quitte Los Angeles pour aller s’installer au calme sur la côte Est. En 1952, il adapte le « Jules César » de Shakespeare avec Marlon Brando en vedette.

 

Réalisateur et scénariste surdoué, aborda tous les genres, comme un western, le savoureux

 

« Le Reptile » 1972 avec, entre autre, Kirk Douglas Henry Fonda. En 1972, il tourne son dernier film, l’intrigant « Le Limier », dont la distribution se limite à deux acteurs (Laurence Olivier et Michael Caine) sans pour autant que cela ressemble à du théâtre filmé.

 

* Ce qui nous permet d’évoquer son chef d’œuvre le fascinant « La Comtesse aux pieds nus » avec Ava Gardner et Humphrey Bogart dont Mankiewicz dira lui-même :  « « J’ai essayé de faire un conte de fées qui corresponde à la vie d’aujourd’hui, une version amère de Cendrillon. Le prince charmant aurait dû, à la fin, se révéler homosexuel, mais je ne voulais pas aller aussi loin. » Et qui s’attira des critiques comme celle de Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier « On n’oubliera pas de sitôt (…) le chant passionné de La Comtesse aux pieds nus, éblouissant film sphinx aux mille facettes, combat désespéré d’une héroïne à l’inutile splendeur contre un monde sordide… »

 

Ce cinéaste de premier ordre était aussi un Monsieur.

 

« En 1950 alors qu’il est président de la Screen Director Guild, Cecil B. DeMille profite d’une période où Mankiewicz est absent pour tenter une offensive pro-maccarthysme. À son retour, Mankiewicz s’oppose à la manœuvre et, soutenu par John Ford, repousse l’attaque»

(Wikipédia)

 

Pour la petite histoire il obtient son étoile sur le Hollywood Walk of Fame le 8 février 1960

 

Guêpier pour trois abeilles - Manifestations

 

Qui fait quoi ?

 

Rex Harrison :           Cecil Fox

 

Acteur britannique à la vie privée mouvementée ce qui ne l’empêchera pas d’être anobli par la Reine Élisabeth II  en 1989.

 

On se souviendra de lui dans « My Fair Lady » 1960 et du rôle du Professeur Henry Higgins qu'il joua dans la comédie musicale, inspirée de la pièce de théâtre Pygmalion, de George Bernard Shaw auprès de Audrey Hepburn. Son rôle dans l'adaptation cinématographique lui valut de remporter l'Oscar du meilleur acteur.

 

Humoriste par prédilection il s’illustra aussi dans des films historiques ainsi il tint le rôle de Jules César dans « Cléopâtre » de Mankiewicz en 1963, face à Elizabeth Taylor, ou celui du pape Jules II dans « L'Extase et l'Agonie » de Reed en 1965, face à Charlton Heston dans le rôle de Michel-Ange. Harrison retrouvera Mankiewicz dans  « L'Aventure de madame Muir » 1947 avec Gene Tierney. Sa stature, son flegme font de lui l’exemple type de l’Anglais distingué, tout comme David Niven

 

 

Cliff Robertson:         William McFly

 

Une quarantaine de film et non des moindres pour cet acteur américain qui obtint l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle tout en finesse avec beaucoup de sensibilité dans le film « Charly » 1969 de Ralph Nelson.

 

Maggie Smith:            Sarah Watkins

 

Elle est considérée comme l'une des plus grandes actrices britanniques du XXe siècle en raison de la variété de ses rôles et de la longévité de sa carrière, elle est aussi l'une des plus récompensées, ayant reçu deux , entre autre deux Oscars, et je ne sais plus combien de Golden Globes, BAFTA, Elly Awards et Tony Award.

 

Elle est tout simplement, une fois de plus admirable dans le passionnant « Gosford Park » 2001 de Robert Altman qu’il n’est pas exclu de trouver prochainement en fiche. Plus récemment on a pu l’apprécier dans la série «Dowton Abbey » où elle est Lady Violet Crawley comtesse douairière de Grantham, mère de Lord Grantham

Ne ratez pas : "Guêpier pour trois abeilles"

Susan Hayward:               Mrs Sheridan

 

Cette superbe actrice a été une habituée des films de Joseph Mankiewicz, Henry King, Edward Dmytryk et surtout Henry Hathaway. Elle tourne avec Gregory Peck dans « David et Bethsabée » 1951 et « Les Neiges du Kilimandjaro » 1952 de Henry King. Elle est complimentée pour des rôles difficiles. Elle joue ainsi la femme dépressive du président Andrew Jackson dans « The President's Lady » 1953. Son interprétation de l'actrice alcoolique Lillian Roth dans « Une femme en enfer » 1955 lui vaut le prix d'interprétation féminine au festival de Cannes en 1956. Elle reçoit l'Oscar de la meilleure actrice en 1959 pour son rôle de la meurtrière Barbara Graham dans « Je veux vivre ! ».

 

Capucine :                    La princesse Dominique

 

Tout aussi superbe est cette actrice française qui est aussi mannequin.

 

Son rôle le plus marquant de cette période, demeure celui de Simone Clouseau, épouse du célèbre inspecteur interprété par Peter Sellers dans La Panthère rose de Blake Edwards en 1963 (et deux de ses suites, vingt ans plus tard).

 

Mais on oubliera pas « Le Grand Sam » où la critique américaine remarque que « Capucine, la svelte actrice française engagée pour jouer « Ange », apporte au film une heureuse touche de classe » auprès de son partenaire John Wayne et que « Capucine met beaucoup plus d’intensité dans son interprétation de fille de dancing terreux qu’elle ne l’a fait précédemment dans son rôle larmoyant du « Bal des adieux » » 1960 selon The New York Times » Faut le faire ! Bravo Madame !

The Honey Pot (1967)

Edie Adams:                Merle McGill

 

Une dizaine de films ( beaucoup, beaucoup plus de télévision et de téléfilm) pour cette curieuse femme d'affaires américaine, chanteuse et humoriste, comédienne à Broadway et actrice à la télévision et au cinéma.

 

Adolfo Celi:                 L'inspecteur Rizzi

 

Tout le monde mettra rapidement un visage sur cette acteur italien quand on saura qu’il joua le méchant dans « Opération Tonnerre » 1965 ou il joue le milliardaire borgne Emilio Largo.

 

Avant cela il fut un important metteur en scène de théâtre en Amérique Latine.

 

Par la suite on le retrouve en officier britannique dans « Le Roi de cœur »1966 de Philippe de Broca. (voir fiche)

 

Hugh Manning:         Volpone

 

Acteur de théâtre et un peu de cinéma avec seulement 9 films à son actif. Non des moindres cependant puisqu’on y trouve : « Les Briseurs de barrages » 1955de Michael Anderson, 1959  « Notre agent à La Havane » de Carol Reed, 1973  « Le Piège de John Huston » 1973 « Elephant Man » 1980 de David Lynch, excusez du peu.

 

Pax

 

Prochainement «  Ève »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 06:00

Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’Du vin dans les voiles bon vent à Vincent! Vincent eHouëzec, 65 ans, capitaine bar vin dans es voiles. l'heure laretraite affaire. Un emplacement deux oas des futures halles... Glaciè- rendez-vous i'aime générations. restau- a parkings quartier retraite, VincentL barre cuistot, était particulier voiles.. toujours aventure. 'O l'Aigle, bosseur, QUEST-FRANCE resto, Palais Gourmand, monté fd l'aéro-clu fans, S”ng Renault objets dérivés Coupe Jean-Marc PINSON.’

Vincent est un ami sur Face de Bouc, nous ne nous sommes jamais rencontrés, Quimper c’est dans le Finistère-sud, le bout de la terre. Par le passé j’y suis allé au temps où le député-maire était rocardien du premier cercle. Il a mal tourné, nul n’est parfait, il s’est mis à parler dans l’oreille du capitaine de pédalo. C’était un grand seigneur, un jour il me fit parvenir au 78 rue de Varenne un superbe kouign-amann.

 

Il quitte la barre de son bateau joliment baptisé du Du vin dans les voiles, je lui souhaite bon vent en lui offrant un de mes petits textes au temps où j’écrivais sur les nappes en papier des bistros, il y ait question de Quimper et, cerise sur le gâteau, les filles du bord de mer d’Arno.

 

Encalminé ICI 

 

 

Elle ne cessait de lui dire

 

Chéri fait moi rire !

 

 

 

 Et lui planté au bout du bout

 

Du grand bassin de radoub

 

Du terminus Montparnasse

 

Ivre d’embruns

 

Venus des grands espaces

 

Marins

 

Répondait je suis noir de fumée

 

Des cigarettes grillées

 

Au pied d’un bar à putes

 

 

 

Drôle de chute

 

De reins

 

Parfum

 

De femmes communes

 

À la hune

 

D’un gros cargo en cale sèche

 

Ressassant sa dèche

 

Je ne vais pas gagner ma vie

 

Je l’ai…

 

 

 

Voûte bétonnée

 

Incarcéré à perpétuité

 

Pour solitude nocturne.

 

 

 

 

Elle de lui dire

 

Vire

 

De bord mon bel ami

 

Sort du rade

 

Gagne la haute mer.

 

 

 

 

Et lui contemplait sa complaisance

 

Évoquant les rives de l’Auzance

 

De son enfance

 

Aux berges ombragées

 

Odeur d’herbe fraîchement coupée.

 

 

 

 

Elle têtue

 

Femme d’un marin sans navire

 

L’accotait

 

À l’arche de ses hanches.

 

 

 

 

Lui tombait de son piédestal

 

Cul par terre

 

Embarquait dans le Paris-Quimper

 

Pour le Finistère

 

Qui est le bout de la terre

 

En disant qu’il était Charles Denner

 

Qui aimait les filles du bord de mer…

 

 

 

 Elle de rire

 

En bord de bar

 

Alsa-Glace au dessert

 

C'est un régal que l'on sert...

 

 

 

 Drôle de chute !

est question de Quim

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1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 06:00

 

Comme j’ai l’esprit un peu tordu en ce moment cette valse me fait penser à La Vache à mille francs de Jean Poiret, parodiant La Valse à mille temps de Jacques Brel, parue en 1961 sous le label Pathé.

 

Ma politique du vin au restaurant est simple :

 

- je choisis que des restaurants qui ont une belle carte de vins nu et du fricot à mon goût

 

- connaissant le prix caviste des flacons je raye les restos qui ont la main lourde

 

- je ne prend, nous ne prenons,jamais du vin au verre, coefficient plus lourd

 

- je choisis une bouteille, nous choisissons une bouteille, et si nous ne l'avons pas terminée nous la faisons reboucher pour l'apporter at home 

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31 mars 2022 4 31 /03 /mars /2022 06:00

 

Jérôme Leroy - Très belle semaine pour Les Derniers jours des Fauves Jeudi  dans L'Obs, un beau papier de Jérôme Garcin. Ensuite, il y a eu, dimanche  soir, alors que j'étais quelque

 

 

Soit un jeune président marié à une première dame deux fois plus vieille que lui, Jérôme Leroy inverse l’équation : soit une jeune présidente Nathalie Séchard, 58 ans, mariée à un homme deux fois plus jeune qu’elle, se demande si elle va briguer un second mandat.

 

Tout le monde s’accorde pour qualifier la campagne électorale au mieux de fade, au pire de glauque.

 

Nous entrons dans la dernière ligne droite , la campagne officielle, les panneaux électoraux devant les écoles, alors je vous conseille vivement d’aller chez votre libraire favori pour acheter Les derniers jours des fauves de Jérôme Leroy Éd. La Manufacture de livres, 440 p., 20,90 €.

 

Les derniers jours des fauves

 

Vous ne serez pas déçus, s’est du même tonneau que Frédéric H. Fajardie et Jean-Patrick Manchette, moi qui a connu les coulisses du pouvoir j’ai adoré ce livre qui est bien plus qu’un polar.

 

 

Télérama lui donne la mention Très Bien

 

Critique par Christine Ferniot ICI 

 

Publié le 01/03/2022

 

 

Les Derniers Jours des fauves se déroule en 2022, pendant la pandémie, comme l’écrit la critique de Télérama « le décalage est donc ténu, entre réalité et fiction (…) Le pays est épuisé par le Covid et les Gilets jaunes, mais la présidente aussi. Autour d’elle, on s’écharpe, on se hait, on magouille, entre ministre de l’Intérieur d’extrême droite et ministre de l’Écologie idéaliste, entre fille de famille affranchie et vieux mercenaire protecteur.

 

 

Jérôme Leroy pousse les portes du pouvoir et l’odeur n’est pas agréable, dans Les Derniers Jours des fauves il réduit encore les distances, troublant un lecteur qui reconnaît trop bien la situation. Pourtant, il s’agit bien d’une fiction, dont il tire les ficelles avec talent, d’abord par son écriture, à la fois rigoureuse, complice et gourmande. Leroy a l’œil qui frise pour décrire ces hommes et femmes politiques barbotant dans des océans de ragots, des conversations de bistrot, des envies de meurtres, des désirs vite assouvis. Il s’appuie sur une violence extrême qui passe par les armes autant que par les discours. Il fait monter la pression jusqu’au chaos, ce moment où l’assassinat se banalise en même temps que la trahison. La loi, le droit ne valent pas grand-chose, pas plus que les promesses sociales d’un monde meilleur. Tout s’effondre autour de ces personnages vaniteux, la démocratie comme le climat, quand des incendies embrasent les régions, annonçant un désastre écologique inévitable. Devant ce monde émietté, Jérôme Leroy garde une distance grinçante et ironique, mais aussi un petit fond de romantisme qui sauve du désespoir total. Comme une pincée d’amour dans un monde de brutes.

 

 

Les derniers jours des fauves - Jérôme Leroy - La Manufacture De Livres -  Grand format - Librairies indépendantes en Nouvelle-Aquitaine

« Les Derniers Jours des fauves », sanglante fin de règne ICI 

Critique 

 

En digne successeur de Frédéric H. Fajardie et de Jean-Patrick Manchette, Jérôme Leroy déroule un thriller politique autour de la macronie qui tient toutes ses promesses.

  • Jean-Claude Raspiengeas, 
  • le 02/03/2022 

 

https://media.sudouest.fr/8432735/1200x-1/leroyjerome-pascalito2.jpg

 

Longtemps professeur de lettres, écrivain et poète, Jérôme Leroy est une pointure du roman noir. Et son nouveau livre, une formidable fiction politique.

 

 

Comme il l’avait fait dans Le Bloc qui racontait la montée de l’extrême-droite vue de l’intérieur d’un parti, le Bloc patriotique, qui ressemblait beaucoup au Front National, Leroy utilise à nouveau l’uchronie qui consiste à réécrire l’Histoire en lui donnant un cours différent de ce qu’elle a été.

 

 

Mais toute la subtilité de ses livres est qu’il s’en éloigne peu, qu’il reste au plus près de la réalité en grossissant simplement le trait. Le monde qu’il met en scène est le nôtre qu’il donne à voir avec une force singulière.

 

Quel est le point de départ du roman ? ICI 

 

https://i.la-croix.com/1400x933/smart/2022/03/02/1201202931/Derniers-Jours-fauves-Jerome-Leroy-thriller-politique-autour-macronie_1.jpg

CRITIQUE- Les violences que l’hubris est capable de provoquer est tout le sujet de ce roman noir aux reflets rouges. ICI 

 

Par Sébastien Lapaque

Publié le 09/02/2022

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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 06:00

Poster, Vermine Fasciste, Action Civique [Fascist Vermin, Civil Action] |  Objects | Collection of Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum

Il était une fois…

Non pas dans la ville de Foix,

Mais aux pays des vins nu

Dont on dit qu’ils puent

Une souris verte

Qui courait dans l’herbe,

Non ça c’est une contine,

Notre souris

Ici

C’est un goût,

Un mauvais goût

Disent les filles et les garçons

Qui ont le nez dans le verre

Toujours diserts

En long

En large et en travers

Tu la sens cette souris ?

 

Mais oui

D’où viens-tu Johnny ?

Mystère et boule de gomme

Tu en fais des tonnes

L’heure

Des ingénieures a sonnée

Elles vont traquer

Les vins souricés

Adieu, vaches, cochons, couvées

Arrête de décoconner

Sers-moi une lichée

De vin nu

La vérité est au fond des verres…

Pour en finir avec les goûts de souris dans les vins ICI

 

Le pôle Val de Loire-Centre de l'Institut Français de la Vigne et du Vin étudie de près les goûts de souris dans les vins pour proposer à la filière des voies préventives et curatives contre ce défaut en recrudescence.

 

Par Claire Furet-Gavallet Le 29 mars 2022


Observer, tester et résoudre. Telle est la devise de l’IFV Val de Loire-Centre pour son nouveau programme de recherche (2021-2023) sur les goûts de souris. « En d’autres termes il s’agit de mieux caractériser le défaut dans les vins, d’étudier les itinéraires qui sont en cause dans l’apparition du défaut et proposer des solutions préventives et curatives » résume Marie-Charlotte Colosio, ingénieure-microbiologiste et responsable de l’unité Vertou, lors d’une conférence le 17 mars dernier au SIVAL d’Angers. « C’est un défaut en recrudescence suite à la baisse du sulfitage et à l’augmentation des pH dans les vins. Il n’est pas nouveau, puisque déjà présent dans les années 70-80, mais il est encore méconnu » précise-t-elle.

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29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 06:00

Les Loups - broché - Benoît Vitkine, Livre tous les livres à la Fnac

Difficile en ce moment de gloser sur le vin nu alors que la guerre s’est installée de nouveau sur le territoire de l’Europe, de plus Google à des vapeurs, mon ordinateur mouline.

 

Après  Donbass, son premier roman, que j’ai lu, qui racontait au plus près des gens, à ras des rues et des maisons, la routine de cette guerre qui n’en finit pas, à l’est de l’Ukraine, entre séparatistes pro-russes et forces gouvernementales, Benoît Vitkine, correspondant du journal Le Monde à Moscou, publie Les Loups qui se passe en 2012, quelques mois avant la révolution de Maïdan et l’installation d’un gouvernement pro-européen en Ukraine. La lecture de ce livre est une excellente manière d’aborder l’histoire et la réalité de ce pays. D’autant plus que Benoît Vitkine en est un éminent spécialiste.

 

Les loups, prend place dans une Ukraine toujours en conflit avec la Russie. Un pont évident se fait alors avec l'actualité des derniers jours.

 

« S'il fallait résumer le moment, je dirais qu'on est un peu dans un feuilleton, avec ce que ça comporte d'excessif. Mais le dialogue entre Lavrov et Poutine à son importance, puisqu'il semble amorcer un début d'apaisement », explique le journaliste et écrivain. Dans son livre, Benoît Vitkine entremêle la réalité et la fiction.

 

Il y a un agresseur et un agressé

 

« Les oligarques qui gravitent autour de cette femme sont des gens glamour mais qui sont pour autant des ordures », précise Benoît Vitkine. Le livre se recentre sur l'Ukraine mais la Russie joue son rôle. « On est encore dans une Ukraine rêvée de Poutine, à qui on peut pardonner son indépendance, à partir du moment où elle joue selon ses règles. La corruption et la manipulation », poursuit-il. Selon lui, l'Ukraine essaye peu à peu d'évoluer, mais la Russie ne veut pas que ça soit le cas : « Il n'y a pas de gentil et pas de méchant. Mais dans l'actualité il y a bien un agresseur et un agressé », assure Benoît Vitkine.

 

On est à Kiev, mais aussi dans une petite ville au sud-est du pays. Et le roman multiplie les allers-retours entre passé et présent.

 

À quoi renvoie le titre, Les loups ?

 

Aux maîtres du pays, une poignée d’hommes d’affaires richissimes qui ont profité des opportunités de la fin de l’empire soviétique. Ils possèdent l’essentiel des ressources, les usines, les moyens de distribution, les médias.

 

Les loups, ce sont les oligarques dont le roman dit la brutalité et l’avidité. Des prédateurs qui aiment l’argent mais aussi se battre, dominer, montrer leur force. Le roman décrit ainsi l’Ukraine en 2012, ravagé par la corruption, gangrené à tous les échelons de la société. Un pays de ce fait bloqué politiquement, économiquement et socialement.

 

Parmi ces loups, Olena Hapko, la femme d’affaires la plus riche de l’Ukraine, la reine de l’acier, que beaucoup surnomment « la Chienne »  fille du peuple, élevée dans une petite ville, brillante à l’école, et qui va tout faire pour réussir. Sans aucun tabou.

 

Elle vient donc d’être élue sur un programme de réformes ambitieux. Même si son attitude est ambiguë, elle souhaite lutter contre la corruption, rétablir l’État de droit pour répondre aux revendications de liberté et de dignité qui commencent à se faire entendre dans la société.

 

Évidemment certains sont en embuscade pour la faire tomber, en particulier les Russes qui voient ces changements d’un mauvais oeil. L’Ukraine rêvée de Poutine, c’est celle des oligarques corrompus que l’on peut facilement manipuler.

 

Le roman, solidement construit, vif, rythmé, est une sorte de thriller politique absolument passionnant. C’est le portrait d’une génération que brosse l’auteur. Celle qui a grandi à la fin de l’empire soviétique, qui a été élevée dans les valeurs et les références du modèle communiste devenues brusquement nulles et non avenues. Au moment où ils deviennent adultes, s’ouvre une nouvelle période, celle du capitalisme carnassier de l’après 1991. Le monde auquel ils doivent s’adapter est aussi sauvage que violent. Pour gagner, il faut être un loup.

 

Extrait :

 

Setchine doit profiter de l’arrivée au pouvoir d’Olena Hapko pour résoudre définitivement le dossier gazier à l’avantage de la Russie, et accroître dans le même temps la dépendance de l’Ukraine vis-à-vis de son voisin. Le plan conçu par Moscou permettrait de passer la bride aux rêves ukrainiens d’émancipation. Année après année, les oligarques ukrainiens viendront manger dans la main des Russes pour obtenir leurs précieux rabais. Poutine ne prend aucun plaisir à humilier ainsi le pays voisin et ses habitants. Tout serait plus simple s’ils restaient à leur place, celle du petit frère docile et satisfait de son sort. À vrai dire, dans l’esprit du président russe, l’idée même de peuple ukrainien est une vue de l’esprit. Les Ukrainiens ne sont rien de plus qu’une copie, certes un peu brouillonne, des Russes. Un prototype qui a mal tourné. L’indépendance ukrainienne a été une nouvelle trahison de ce pleutre de Gorbatchev et des Occidentaux. À présent ceux-ci cherchent à attirer l’Ukraine dans leurs filets. À lui, Poutine, de rétablir la balance.

 

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