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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 06:00
La force des avant-gardes, ce noyau dur, d’acier trempé, est d’avoir raison contre tous. « Mourir, c’est toujours grave ; mais mourir pour le peuple, c’est léger comme une plume… »

Sur son blog, le belge Marcel Sel, écrivait la semaine passée :

 

« Ils vont changer le monde. Je les croise à chaque décennie, ces militants de l’un ou l’autre gauchisme radical. Mais ils n’ont rien changé du tout. Jamais.

 

C’étaient les maos, d’abord, que j’ai beaucoup fréquentés. Ils m’expliquaient que la révolution culturelle était un formidable outil d’émancipation. Je lisais les magazines venus de Chine qu’ils me donnaient. La Chine en Construction, si je me souviens bien. C’était bien écrit, en Chine, parfois remarquablement, et ça ne coûtait rien. Je n’y voyais pourtant qu’une seule opinion, trop enthousiaste pour être vraie. J’appris plus tard que ces magnifiques messages de liberté, de solidarité et de progrès cachaient une hideuse oppression, un million de morts. Tout cela accompagné d’une haine systématique des libertés à l’occidentale et surtout, toujours, toujours, toujours, de l’Amérique. »

 

Ce texte que j’avais publié dimanche dans mon petit roman a été repris par une lectrice sur sa page Face de Bouc et l’un de ses commentateurs, un suisse lui répondait :

 

« Faudra réactualiser Anna, on avait compris que dans votre jeunesse vous avez fréquenté la gauche communiste, maoïste, ou trotskiste, vous leur ressemblez, En 68 bardée de certitudes et de convictions vous parliez avec la même conviction qu'eux, le même besoin pathologique de convaincre, de faire du prosélytisme les temps ont changé, mais vous pas, comme eux, Aujourd'hui vous dites le contraire de hier, vous défendez le libéralisme et la finance avec le même aveuglement que les utopies communistes de l'époque. Mais les lois du monde qu'on est en train de foutre en l'air, ont changé… »

 

Cette relecture de l’Histoire, simplette, m’a fait toucher du doigt l’inculture de beaucoup et j’ai éprouvé le besoin de ressortir des extraits de mon petit roman du dimanche, où j’évoquais les années post-68, pour remettre les pendules à l’heure.

 

Ceux qui n’ont pas vécu l’effervescence échevelée du mois de mai 68 ne peuvent pas comprendre l’étrange état, mélange de frustration, de manque, d’envie de repasser les plats, dans lequel se sont retrouvés certains lycéens qui avaient dû se contenter, dans leur bahut de province, du rôle de spectateur de la chienlit chère au vieux général. Beaucoup d’entre eux avaient bien sûr organisé des répliques, des poussées d’acné juvénile, de la contestation contre la machine à ingurgiter, mais ce n’était que des ersatz.

 

Alors, ceux d’entre eux qui étaient monté à Paris pour entrer en Prépa, avaient élevé les évènements de mai68 au rang d’un mythe fondateur. Ils ne touchaient plus terre. Ils ne voulaient pas descendre de leur petit nuage. Ce coitus interruptus, fin prématurée de la grande fête de printemps, les plongeaient dans une forme avancée de fouteurs de merde professionnels.

 

L’ordre régnait à nouveau mais la sève vive de ces jeunes pousses, à la tête bien faite, ne demandait qu’à gicler. Et elle giclait : du règlement intérieur tatillon, avec ses contrôles, ses justifications d’absence, du cérémonial des mandarins, du folklore poussiéreux de Louis-le-Grand, ils font table rase. Le tout est possible est autoproclamé. C’est le règne du bon vouloir d’une poignée de trublions. La hiérarchie s’écrase. S’incline. Se couche. La spirale du bordel s’installait.

 

Happening permanent, où ce pauvre Lagarde, le coéquipier de Michard, connu de tous les potaches de France et de Navarre pour ses manuels de littérature, tête de turc n°1, harcelé, bousculé lors d’un concours blanc, débordé, s’écroula victime d’une crise cardiaque dans l’indifférence générale.

 

La Cause du Peuple, le grand organe révolutionnaire, osera écrire « Lagarde meurt mais ne se rend pas ; en l’occurrence l’imbécile réactionnaire pique sa crise cardiaque. Et, alors que l’administration, les réformistes et les révisos s’empressent autour de la sommité académique à terre, le camp antiautoritaire continue son action ; pourquoi s’arrêter pour une autorité académique ? Peu nous importe le sort d’un pauvre type, du moment qu’il cesse de répandre ses insanités !»

 

Ce n’était pas du karcher mais du lance-flammes. Féroces les tigres de papier, adeptes de l’eugénisme «intellectuel», ils régnaient sans partage sur « Base Grand ». Tout le monde s’écrasait, le proviseur et le censeur sont aux abonnés absents, les surgés ne voyaient et n’entendaient rien, alors les insurgés s’enhardissaient, libéraient le « jardin privé » du proviseur, le portrait du Grand Timonier ornait le monument aux morts.

 

La cellule « gépéiste » de « Base Grand se réunissait. L’ambiance était électrique car la semaine précédente, à l’issue de la projection de l’Orient rouge, opéra socialiste-réaliste à la sauce aigre-douce chinoise du Grand Timonier, où, bien sûr, les larges masses paysannes triomphaient des affreux contre-révolutionnaires, les « nouveaux enragés » s’étaient payés le luxe d’envahir la salle voisine où se tenait une réunion d’une association de parents d’élèves « réac ». Bombages des visons de ces dames, croix gammées sur les murs, horions divers et variés : pourris, bourgeois décadent, crises de nerfs, en dépit de la position minoritaire des larges masses étudiantes les mâles bourgeois décadents laissaient les gardes rouges humilier leurs dignes épouses. En dépit du caractère minable, honteux, de cette action, les « partisans » de «Base Grand» sont donnés en modèle. Portés au pinacle de la Révolution prolétarienne.

 

Les larges masses de la cellule «gépéiste» de «Base Grand», n’étaient qu’un ramassis de petits frelons : des impuissants dangereux ; les « larges masses » ne sont que des escarbilles, aussi grises que les poussières de l’atelier de soudure, qui flottent sans jamais vraiment prendre en masse.

 

Dans le hall de Louis le Grand l’un des meneurs de la GP des khâgneux, Guy Lardreau, drapé dans son long manteau de cuir noir battant les talons de ses lourdes bottes. Le louangeur de Beria, se la jouait Guépéou avec un zeste de dandysme canaille en se trimballant en permanence avec une cane gourdin : son instrument de travail pour casser du facho, tout particulièrement les fafs d’Occident.

 

Comme l’écrivait d’une main, avec gourmandise, ce vieux pédéraste de Mao, en fouinant de l’autre dans la petite culotte des petites filles en fleurs : « Feu sur le quartier général » : pào sīlìngbù zhāng.

 

Dans le nid de frelons ma tête grésillait, une envie cataclysmique de me vautrer dans le lit d’une grande bourgeoise me consumait. Feu sur le quartier général ! Il me fallait reprendre l’initiative. Sortir de la nasse. En clair, devenir un agent double. Trahir tout le monde. M’installer à mon compte. Tirer parti de la situation. Jouir sans entrave comme les murs de la Sorbonne le proclamaient.

 

Comme l’actionnaire majoritaire de ma petite entreprise était ce paranoïaque de Marcellin, j’allais le gaver de dividendes. Lui servir la soupe qu’il espérait : la main du KGB via Georges Habache et le FPLP, celle vérolée du Mossad pour les attaques de banque et, bien sûr, cerise sur le gâteau, celle tentaculaire et omniprésente de la CIA qui, pour l’attentat de la Piazza Fontana à Milan, charge l’extrême-gauche qui a le dos si large. Restait à convaincre les adorateurs des larges masses de marner pour mon compte au moindre coût. La voie s’avérait étroite.

 

Les « nouveaux barbares » étaient en retard ce qui me laissait tout le loisir de contempler quelques beaux spécimens de petits culs des beaux quartiers qui cherchaient des mains prolétariennes, rudes et calleuses, pour connaître le grand frisson que seules les « larges masses », fleurant bon la sueur et le cambouis, pouvaient leur procurer. Je ne raille pas, elles n’attendaient que ça.

 

Les têtes d’œufs de la GP, sinistres, fuyaient le sexe considéré comme la faille suprême où la pureté révolutionnaire risquait de s’engloutir, se diluer, alors ils combattaient et réprimaient les délices de la chair comme l’opium des fils de bourgeois en quête de rédemption des maîtresses de leurs pères et des amants de leurs mères.

 

Cet ascétisme ne pouvait que profiter à ceux qu’ils vénéraient : les prolos. L’érection des damnés de la terre en phares de la Révolution les plaçaient en position de se servir à volonté au grand festin du cul. Mes sources de basse-police brodaient avec délectation sur les parties de jambes en l’air entre les belles héritières et la nouvelle race des élus dans les alcôves des grands appartements du Triangle d’or. On aurait cru qu’ils tenaient la chandelle les balourds des RG.

 

Les politiques pétaient de trouille face à la Gauche Prolétarienne, ce groupuscule sans adhérents revendiqués, cultivant la Révolution en serre comme une plante en pot, étrange cercle d'initiés cooptés, forme vide où, entre la périphérie et le centre va et vient une fluence insaisissable, floue, pas de chef connu, rien d'interprétable, de la bouillie de chiots enragés.

 

À la GP tout semble provisoire, intérimaire, inorganisé au nom de la primauté des masses - des larges masses aussi maigres qu'improbables comme le vocabulaire de leurs tracts était lui aussi boursouflé que prévisible - cette volonté maladive de s'effacer, de laisser les manettes aux prolétaires lorsqu'ils prendraient les armes.

 

Pour tout le beau monde calamistré de la place Beauvau, ces hauts-fonctionnaires, ça n'avait ni queue ni tête car dans les usines les plus dures, en dehors des poches connues et circonscrites d'anarcho-syndicalistes, d'agitateurs de l'extrême-gauche non communiste, toujours les mêmes, aucun élément identifié ne permettait d'accréditer que le couvercle de la marmite allait sauter sous la pression de la base.

 

La base jardinait, picolait, forniquait sans porter grande attention à ces gamins aux mains blanches faisant le pied de grue aux grilles de l'usine pour leur fourrer des tracts baveux d'encre, illisibles et déconnectés de leur saloperie de vie. En bons flics opportunistes qu'ils étaient, les tenanciers de la Place Beauvau, face à ce nid de frelons qui bourdonnaient dans un creux de mur, calmaient les angoisses de leur Ministre et de son cabinet avec l'opération foireuse baptisée pompeusement : double chevron.

 

Comme le disait Fouché – pas Christian, mais l'autre, le vrai, l’inventeur de la police politique moderne – toute personne à un prix mais pour l’acheter, sans ruiner le Trésor Public, il suffit de la dévaluer. Les fiches sont d'excellents dépresseurs de prix et, tout pur et dur qu’il soit, le gauchiste peut aussi se trimballer des casseroles dont le bruit pourrait importuner ses camarades, surtout les grands guides toujours prompts à condamner et à jeter les déviants dans les ténèbres extérieurs. Je disposais donc d’une relation crédible, vu de l’intérieur du mouvement, qui me permettait d’aborder les chefs militaires de la GP, surtout ceux qui avaient joué un rôle éminent dans l’équipée de Flins, sans me prendre les pieds dans le tapis.

 

Entre autre connerie, il les enfilait comme les saucisses et les petites filles en fleurs, le Grand Timonier variqueux, dans son petit livre rouge, avait déclaré pour stimuler les larges masses : « Mourir, c’est toujours grave ; mais mourir pour le peuple, c’est léger comme une plume… »

 

L'état-major de la GP, au nom du son nécessaire sacrifice pour le peuple, avait besoin de martyrs et ce fut le malheureux Gilles Tautin, noyé accidentellement le 10 juin dans la Seine, alors qu’il tentait d’échapper aux gendarmes mobiles, qui avait eu l'insigne honneur de voir son nom gravé dans le marbre du mausolée de la Révolution prolétarienne, nouveau Panthéon des sacrifiés de la longue marche des partisans de la prise du pouvoir par les damnés de la terre. Vous apprécierez, je l'espère, le poids de ma phrase, lourde, ancrée dans le plomb, parfaite image de la littérature ordinaire des fêlés que je devais infiltrer.

 

Même si la soldatesque de Marcellin, avec son nouvel équipement : visières anti gaz, bouclier en plastique, plus mobile, mieux aguerrie à la guérilla, n’avait pas à proprement parlé poussée Tautin à la baille, on l’accusait de l’avoir sciemment laissé mourir en ne lui portant pas assistance. Ce qui était faux puisque d’autres baigneurs involontaires avaient été tirés de l’eau par les gendarmes. Le cadavre embaumé de Tautin, modeste tireur de portraits pour La Cause du Peuple couvrant la bataille de Flins, va être instrumentalisé par les « maos » dans un exercice dont les français raffolent : la commémoration de la date anniversaire de son "assassinat". Un an après, commémorer « l’assassinat » du martyr permettrait, selon l'état-major de la GP, de raviver la violence insurrectionnelle pour qu’elle explosât à la gueule des chiens de garde du capitalisme.

 

Pour Pierre Victor, le Raïs de la GP, le faux clandestin reclus au fond de Normale Sup, petit brun affublé grosses lunettes d’intello qui donnaient, à son regard « gris et froid comme celui d’un héros de James Hadley Chase » (1), la dureté consubstantielle à sa position de chef suprême, la «guerre civile» ne pourra être menée par la classe ouvrière sans que des flots de sang soient versés.

 

Le gourou fascine son entourage, sa douzaine de zélotes, par son verbe brillant, son goût de la synthèse et l’art qu’il a de déceler chez ses interlocuteurs la faille dans laquelle il s’engouffre sans pitié - l'autocritique étant à la GP la seule thérapie autorisée. Tout passait par lui, il auditionnait ses lieutenants et parfois même de simples hommes de troupes, dépiautait leurs dires, tranchait, approuvait ou désapprouvait, sans appel possible, lançait des ordres du jour délirants.

 

Ses batailles de référence, Flins et Sochaux, ses Austerlitz à lui, loin des bastions tenus par ceux qu’il nomme avec mépris les chiens de garde du PCGT, dans le terreau vierge des prolétaires, fondait sa stratégie militaire. Ceux qui n’ont pas connu cette période de diarrhée verbale putride et délirante ne peuvent comprendre l’ambiance qui régnait dans les hautes sphères de la GP. Pour convaincre les sceptiques je leur propose ce que Benny Levy, alias Pierre Victor, confiait à Michel Foucault en 1972.

 

« Soit le patron d’une boîte moyenne, on peut établir la vérité des faits, à savoir qu’il a exploité les ouvriers abominablement, qu’il est responsable de pas mal d’accidents du travail, va-t-on l’exécuter ?

 

Supposons qu’on veuille rallier pour les besoins de la révolution cette bourgeoisie moyenne, qu’on dise qu’il ne faut exécuter que la toute petite poignée d’archi-criminels, en établissant pour cela des critères objectifs.

 

Cela peut constituer une politique tout à fait juste, comme par exemple pendant la révolution chinoise…

 

Je ne sais pas si cela se passera comme cela ici, je vais te donner un exemple fictif : il est vraisemblable qu’on ne liquidera pas tous les patrons, surtout dans un pays comme la France où il y’a beaucoup de petites et moyennes entreprises, cela fait trop de monde. »

 

Sympa le petit juif pro-palestinien, enfin un politique qui se préoccupait du sort des PME, qui dans les années 80 jettera sa défroque marxiste par-dessus bord pour renouer avec le judaïsme de son enfance, un judaïsme ultra-orthodoxe, deviendra rabbin et affirmera toujours aussi implacable « Le peuple palestinien n’existe pas. Il n’a pas le droit d’exister…»

 

« Soyez sans inquiétude, messieurs je vais dépiauter le moineau... ». Leur haut le corps imperceptible me confortait dans ma supériorité : à Beauvau on ignorait tout du langage imagé du Président Mao.

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 06:00
H comme Hulot, H comme Hugo, H comme Horiot… j’explore les Contrées des Riceys !

Rappelez-vous la pipe de Monsieur Hulot censurée par la RATP !

 

ICI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chez-moi Hugo c’est Valentine folle amoureuse de son gardian.

 

Valentine Hugo, 1887-1968. Epouse de Jean Hugo, arrière-petit-fils de Victor. Artiste ayant vécu près des « grands " du XXe siècle à Paris, de Picasso à André Breton, morte dans la misère. Il n'existe pas de telle notice sur Valentine Hugo. Elle est le plus souvent absente des dictionnaires d'art, mais on sait que Jean Cocteau l'appelait « mon beau cygne », le compositeur Erik Satie la nommait « ma chère grande fille », et le poète Paul Eluard aimait à rappeler qu'il s'agissait de son « amie fidèle, celle avec qui [il a] passé des jours innombrables, délicieux ou pathétiques ».

 

En savoir plus sur ICI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’en arrive aux Horiot, patronyme certes moins connu que celui des précédents cités, c’est Marie et Olivier des Riceys :

 

Rappelez-vous, c’était en juin 2015, sous le quinquennat de notre roi déchu :

 

Alors, lorsque mon amie Magalie, l’exilée de Barcelone, m’a écrit « pour mon anniversaire je veux retourner en Champagne » mon choix fut vite fait : cap sur les Riceys !

 

Elle en fut fort étonnée : « C’est où les Riceys ? »

 

Aux confins de la Champagne et de la Basse-Bourgogne lui répondis-je en lui précisant, rappelle-toi notre déjeuner chez Alice et Olivier de Moor à Courgis dans la mer de vignes de Chablis.

Oui, bien sûr que je m’en souviens, même qu’en quittant Courgis nous nous étions goinfrés de cerises dans la cerisaie de la vallée de l'Yonne mais tu nous amènes chez qui ?

Chez Olivier Horiot !

Qui c’est ?

Demande à Claire elle est fan !

Le sésame de Claire suffisait à Magalie et c’est ainsi que nous sommes partis, un beau jeudi, dans une auto rouge cerise, en direction des Riceys.

 

Lire la suite ICI 

 

Y’a de la matière et de belles photos.

 

Déjà le 27 avril 2014, je me pâmais :

 

J’ai envie de radis d’Ouzbékistan avec un rosé des Riceys d’Olivier Horiot

 

ICI 

 

Le 6 novembre 2015, chez Saturne je mariais les mets de Sven Chartier avec les plus beaux flacons d’Olivier ICI 

 

Donc, lorsque le diligent agent des Horiot Philippe Sergent me hélait, j’acquiesçais.

 

Bonjour à tous,

Je me fais le porte-parole d’Elise Dechannes, d’Arnaud Lamoureux et d’Olivier Horiot pour vous inviter au lancement officiel de leur projet Contrées (*)

 

Il aura lieu à Paris le jeudi 18 mai à 19 heures au Bar à Vins "O Château" en présence de l’artiste Claire Combelles qui a réalisé la lithographie qui illustre le coffret et les étiquettes.

 

Nous réservons cet évènement à quelques amis, journalistes et cavistes. C’est pourquoi nous aurons le plaisir de vous recevoir pour cette dégustation exceptionnelle des 4 champagnes, accompagnée de quelques mises en bouche.

 

En même temps, direct live, 3 amis importateurs, cavistes et particuliers vont faire cette dégustation comparative, à l'étranger, et nous pourrons interagir sur les réseaux sociaux ce soir-là, entre Paris, Londres, Milan et Hong Kong !

 

Pour la bonne organisation de la soirée, j’ai besoin de votre réponse par retour de mail.

 

Merci d’avance

 

Donc jeudi, en fin de journée, sous un ciel bubonique, j’enfourchais mon fidèle destrier pour filer tout près de l’ancienne Bourse de commerce. J’appuyais fort sur les pédales car au-dessus de ma tête les lourds nuages se préparaient à craquer. Je passais au travers des premières gouttes avant d’attacher ma bête face au bar.

 

Bises à Olivier et Marie, au dehors le ciel balance des seaux.

 

En attendant que tous les invités arrivent nous lichions un beau blanc puis Métisse.

 

Je m’inquiètais d’Emilie qui doit nous rejoindre en affrontant un véritable déluge. Vaillante et déterminée elle nous arriva trempée de la tête au pied.

 

La fête pouvait commencer :

 

(*) L’idée de Contrées est née l’association de 3 amis ricetons, Elise Dechannes, Olivier Horiot et Arnaud Lamoureux, qui depuis 2008, cherchent à faire découvrir et partager la complexité des terroirs des Riceys.

 

Contrées en riceton signifie lieu-dit, comme on dit climat dans la Bourgogne toute proche. Pour info, il en existe 353 !

 

L’objectif de ce coffret est de permettre une dégustation horizontale simultanée de 4 Champagnes de 4 Contrées différentes et du même millésime

.

Les vins sont tous issus de Pinot Noir, vendangés à la même maturité, vinifiés de manière identique, sans collage ni filtration, élevés pendant un an en fût, dégorgés en même temps, non dosés (bruts nature) afin de ne pas masquer les différences dues à leurs origines différentes.

 

Les coffrets actuellement en vente sont des millésimes 2008 et 2009.

 

Ils sont composés des vins d’Olivier et d’Arnaud (Elise arrive à partir de 2012) : Val Bazot et Val du Clos sur argiles, Escharère et Fragnoy sur marnes.

 

Ils sont en bois.

 

Claire Combelles, une amie artiste plasticienne, a posé son regard sur les vallons et a signé une aquarelle que l’on découvre à l’ouverture du coffret.

 

Et sous l’aquarelle, on retrouve les quatre bouteilles, dont chaque étiquette reprend une partie de cette aquarelle. Le nom des Contrées est identifiable sur les plaques et sur les contre-étiquettes (faites comme des fiches techniques).

 

125 caisses ont été produites en 2008, et 250 caisses en 2009.

 

L’ambiance est simple et chaleureuse, nous papotons, nous dégustons les 4 champagnes, nous mangeons de belles planches de charcuterie et de fromages.

 

Federico Pasetto @fedpase

@olivierhoriot commentaires sur Escharrere puissance, tabac, bois, amandes noisettes muscles paille final moussant #contrees #OlivierHoriot

 

Emilie et moi, nous n’avons pas la même richesse de vocabulaire mais nous avons beaucoup aimé Escharère.

 

Au dehors la saucée battait toujours la chaussée. L’ambiance était chaleureuse, nous décidions de nous offrir une belle bouteille de rosé des Riceys 2011 d’Olivier.

 

Un vrai bijou de fraîcheur, d’une belle couleur vermeil, vineux, structuré qui fila aussi vite dans nos gosiers que cette belle soirée que je vous retrace en quelques clichés.

 

Merci à Marie et Olivier Horiot, à Elise Dechannes, à Arnaud Lamoureux et bien sûr à Philippe Sergent l’orchestrateur de cette belle soirée.

H comme Hulot, H comme Hugo, H comme Horiot… j’explore les Contrées des Riceys !
H comme Hulot, H comme Hugo, H comme Horiot… j’explore les Contrées des Riceys !
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 06:00
Hello Alessandra Pierini : dis-moi ce fortanina que l’on boit sur les rives du Pô du côté de Parme c’est quoi ?

J’ai toujours lu des polars, à l’époque surtout étasunien avec aussi dans mes années SNCF un focus des premiers San Antonio de Frédéric Dard.

 

Le genre longtemps jugé mineur par l’intelligentsia germanopratine, est maintenant reconnu par les hautes instances cultureuses de notre vieux pays : même France Culture a encensé la Daronne.

 

Notre nouveau Premier Ministre en a écrit 2 : « L’Heure de vérité » (2007) et « Dans l’ombre » (2011)

 

En savoir plus ICI

 

Après une période islandaise avec un auteur au nom imprononçable : Arnaldur Indriðason qui mangeait de la tête de mouton à la petite cuillère, puis une addiction française à Olivier Norek, je suis entré dans une séquence italienne avec Mimmo Gangemi, Antonio Marzini et aujourd’hui Valerio Varesi.

 

Le premier situant ses enquêtes dans le Sud profond pouilleux, les deux derniers dans le Nord industrieux.

 

Leurs livres valent bien plus que des enquêtes de sociologues, dit sérieux, on y plonge dans la vraie vie de la mosaïque italienne. Nul n’y est ménagé, le héros en premier incarné par des commissaires ou « préfets » désabusés, vieillissant, sans illusions, mais œuvrant pour la beauté du geste avec un certain panache.

 

Ils sont juste ce qu’il faut machos à l’italienne mais pas trop et leurs compagnes leur en font voir de toutes les couleurs, et ils aiment ça.

 

Mais ce qui me plaît aussi c’est que dans ces polars, la table occupe une place de choix : nos amis italiens aiment se restaurer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Fleuve des Brumes de Valerio Varesi

 

Il est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l'Université de Bologne, il est aujourd'hui journaliste et auteur de onze romans au héros récurrent. Le Fleuve des Brumes a été nominé au prestigieux Gold Dagger Award.

 

Le thème du roman : le Pô

 

La crue menace dans la campagne parmesane. La pluie tombe sans relâche, nuit et jour, le Pô est à saturation et l'eau commence à dangereusement flirter avec les rives. Une péniche, comme un bateau ivre, passe sous le nez des hommes chargés de surveiller le fleuve, elle n'a aucune attache, dérive sans moteur dans le courant, mais parvient tout de même à éviter les arches difficiles du pont.

 

Aperçue échouée au petit jour, son pilote est introuvable, il est pourtant hautement improbable qu'elle ait réussi à ne pas se briser sur les piles du pont sans être guidée. Le batelier, un solitaire qui gagnait sa vie de quelques transports, avait un frère. Celui-ci est découvert quelques heures plus tard défenestré. Assassinat ou suicide ?

 

Ces deux hommes avaient très activement participé aux méfaits des milices fascistes à la prise du pouvoir par Mussolini, cinquante ans plus tôt. Les anciens de la région, tous communistes ou ex partisans, s'en souviennent. Le commissaire Soneri, au fur et à mesure de l'avancée de son enquête pense que ce lourd passé est directement lié à cette mort et cette disparition.

 

Les années passent, les rancœurs restent.

 

« L'écriture est belle comme les volutes de brume sur l'eau aux aurores. Elle accompagne la promenade têtue du commissaire, le courant du fleuve charriant des vérités qu'il faut savoir scruter et découvrir lentement. C'est la mémoire des anciens qui recèlent les alluvions du passé, c'est là que ce sont déposées les vérités, il faut le talent de Varesi pour les en extraire sans artifices. »

 

Un beau et sombre polar, une atmosphère magnifique, sobre, puissante comme le flot du fleuve qui modifie les terres et fait vivre les hommes.

 

Notes de lecture :

 

Le lieu : l’auberge du Sordo

 

Soneri le commissaire

 

« Il promena son regard dans la pièce et il vit les murs recouverts de photographies de grands interprètes d’opéra. Rien que des personnages de Verdi. Il fixa ses yeux sur un Rigoletto tandis que, en guise de fond sonore, s’élevaient les notes d’une romance.

 

« Aureliano Pertile », se pressa de dire Ghezzi*.

 

Le Sourd souhaitait rester silencieux, mais à ses clients il offrait de la musique. Il réapparut avec cinq bols en faïence remplis de vin mousseux et une bouteille en verre épais. Soneri reconnut le fortanina, un vin peu alcoolisé et riche en tanin, aussi pétillant qu’une limonade.

 

« Je croyais qu’il avait disparu de la circulation, dit-il.

 

  • Il est interdit par la loi parce qu’il ne contient pas beaucoup d’alcool, mais le Sourd le prépare dans sa cave l’informa Vernizzi *. Vous n’avez pas l’intention de nous dénoncer ?

 

  • Non, si vous m’apportez un peu de jambon blanc, répondit le commissaire. Je m’occupe d’un autre genre de délits.

 

[…]

 

Soneri, respectant les pauses, souleva le bol en faïence et but une longue gorgée de fortanina. Il s’apparente au vin nouveau, quelque chose à mi-chemin entre moût fraîchement pressé et le lambrusco noir des terres du Pô. »

 

[…]

 

« Personne ne fit de commentaires avant que n’arrive le Sourd et que les notes lentes de la Messa da Requiem submergent l’auberge, en provenance de cavités mystérieuses. Ils levèrent alors les verres de fortanina mousseux en mimant un toast muet. La tension atteignit un degré insupportable après la première gorgée, dans le plaisir sourd du vin… »

 

[…]

 

« Le fortanina est la meilleure chose de la basse plaine du Pô après Verdi et le cochon, déclara Torelli. *

 

  • Et celui du Sourd est incomparable », ajouta Vernizzi.*

 

[…]

 

* des hommes du fleuve communistes

 

« Lorsqu’il sortit, le fortanina pétillait encore dans son estomac. »

 

Question à Alessandra Pierini : est-il possible de déguster chez toi du fortanina interdit ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis chère Alessandra du côté des plats consommés par le commissaire Soneri il en est un qui va faire se dresser les cheveux des défenseurs des animaux.

 

  • Anolini au bouillon et au sanglier accompagné de polenta. Le gutturnio était de règle.

 

  • Tortelli aux herbes et à la ricotta

 

« C’est ce qui je dis toujours : la sonnerie de ces portables fait tourner la ricotta »

Alceste de la trattoria Le Milord

 

  • Les pâtes “mal coupées” aux haricots chez le Sordo

 

Barigazzi *

 

« Vous avez bien choisi, le félicita-t-il en indiquant les pâtes aux haricots. »

 

  • « Il s’assit à la table d’un restaurant sans prétention, qui promettait de l’âne en daube s’annonçant tout à fait alléchant. »
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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 06:45
La Culture aura 1 éditrice novatrice Françoise Nyssen, l’Agriculture 1 sénateur très sénateur Jacques Mézard …

Les pronostiqueurs et pronostiqueuses agricoles ont eu, comme souvent, tout faux, ils ou elles devront manger leur chapeau. Ayant vécu de près la constitution d’un gouvernement je savais que souvent le Ministère de l’Agriculture sert en dernier ressort d’une variable d’ajustement des équilibres gouvernementaux. Je n’ai donc pas participé à ce petit jeu.

 

Le Foll lors du premier gouvernement Ayrault Stéphane Le Foll fut rattrapé par les cheveux car Hollande voulait y nommer le patron du PRG, le « veau sur sous la mère » JM Baylet. La FNSEA se fâcha et Le Foll arriva et resta au 78 tout au long du quinquennat.

 

Avant d’évoquer le nouveau titulaire du maroquin agricole une plaisanterie de garçon de bain : comme certains pensent que lorsque l’on a occupé un poste au plus près du pouvoir on ne pense qu’à y retourner, mes arguments forts pour rejeter toute idée de retour étaient dans l’ordre : mon âge et mon sexe.

 

Hé ! bien, là j’avais tout faux le nouveau Ministre de l’Agriculture est Jacques Mézard, 69 ans, ancien avocat aujourd’hui en retraite, fils de sénateur, est l’une des personnalités de la gauche au sein d’un Massif central ancré dans le centre droit.

 

« Il est né à Aurillac, dans le Cantal, tout comme la présidente de la FNSEA Christiane Lambert ainsi que l’ancien président de la République Georges Pompidou.

 

Membre du Parti radical de gauche, il est président de la communauté d’agglomération d’Aurillac depuis 15 ans (après en avoir été longtemps conseiller municipal). Il est aussi sénateur du Cantal depuis 2008 et préside au sein de la chambre haute le groupe Rassemblement démocratique et social européen. Elu de terrain, bon connaisseur de l’élevage et de l’agriculture dans les régions difficiles, il est d’ailleurs membre de plusieurs groupes d’étude sur ces thèmes au Sénat.

 

La suite ICI

 

Comme je suis un grand lecteur, la nomination d’une femme de culture, la présidente d'Actes Sud, Françoise Nyssen, comme ministre de la Culture, me comble. Cette femme de 65 ans, d’origine belge naturalisée, est connue pour son engagement citoyen et une détermination sans faille qui a fait d'une "petite" maison un des fleurons de l'édition française.

 

« Françoise Nyssen est l'heureuse éditrice de trois Prix Goncourt (Laurent Gaudé, Jérôme Ferrari et Mathias Enard) et de trois prix Nobel de littérature (Naguib Mahfouz, Imre Kertész et Svetlana Alexievitch).

 

Défricheuse en littérature, elle a publié des auteurs comme l'Algérien Kamel Daoud, le Britannique Salman Rushdie, la Turque Asli Erdogan ou l'Américain Paul Auster.

 

Mais sa maison est également l'éditeur de la série de polars suédois "Millenium", imaginée par Stieg Larsson et poursuivie par David Lagercrantz, ou du best-seller mondial "Le charme discret de l'intestin" de l'Allemande Giulia Enders. »

 

Lire la suite ICI 

 

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 06:00
Moi, ménagère de + 65 ans, j’ai du mal à dénicher des fraises nature pour les baigner dans mon vin nu ?

Commençons par le commencement à l’attention des petites louves et les petits loups qui pensent que les fraises poussent dans des barquettes en carton, la fraise est un faux fruit... la partie consommée est en réalité un réceptacle floral fécondé et ainsi transformé ; ce faux-fruit contenant lui-même une multitude de vrais fruits, appelés akènes, qui le recouvrent.

 

Laissons de côté les bubons bodybuildés, rouge brique, remontés sur nos étals par des gros camions diesel en provenance du sud de l’Espagne, ils sont sans goût, dégueulasses.

 

Revenons aux remontantes et à celles qui ne le sont pas : Elvira, Gariguette, Favette, Surprise des Halles, Belburi, Madame Moutot, Gorella, Maraline, Marascor, Bogota, Senga, Talisman, la Mara des Bois, la Gento, La Rabunda, la Selva, la Profusion, la Saint-Claude....

 

Toujours pour les ignorants, plus ou moins insoumis, les fraisiers se multiplient par plantation de stolons (rejets) issus de pieds-mères jeunes et vigoureux.

 

Mais la bonne question est : ses belles fraises poussent-elles en pleine terre ou hors-sol ?

 

« La plupart des grands producteurs de fraises travaillent hors-sol. Cette technique de plus en plus répandue consiste à faire pousser ses fraisiers sur un substrat inerte (fibres de coco, écorce de pin…) alimenté par des minéraux dissous dans l’eau d’irrigation (ou de brumisation). Les fruits poussent à environ 1,20m de hauteur et sont abrités par des serres. Ils sont ainsi protégés des intempéries et des bestioles, ce qui permet de pratiquer une agriculture raisonnée bannissant l’utilisation de produits chimiques et d’allonger la période de récolte. A première vue que des avantages, si ce n’est de ne pouvoir obtenir ce fameux label bio…

 

Et c’est là que le bât blesse. Selon Ecocert, l’organisme qui délivre et valide le label AB, il est inconcevable qu’une culture sans lien avec le sol (en hydroponie notamment) puisse être considérée comme "bio". La conversion est lente (3 ans pour passer du conventionnel au bio), les critères stricts.

 

Du coup, et malgré une indéniable montée en puissance de la filière bio en France – selon l'Agence bio, au 30 juin 2016, la France comptait 1,57 millions d'ha de surfaces agricoles converties au bio, 20% de plus que l’an dernier, soit 5,7% de son territoire agricole - nombreux sont les producteurs de fraises qui se refusent à suivre cette voie. Pour lutter contre la pénibilité du travail, mais aussi parce qu’ils affirment qu’en pleine terre il est quasiment impossible de lutter contre les attaques ciblant les fraisiers sans recourir à la chimie. La fraise est une plante très fragile qui supporte mal la culture intensive :

 

La suite Pourquoi est-ce si difficile de trouver des fraises bio ? ICI 

 

Si vous souhaitez cultiver des fraisiers dans votre jardin ou sur votre balcon sachez :

 

1- La diversité des variétés permet de cultiver la fraise sous la plupart des climats, et ce jusqu'à 1500 m d'altitude.

 

2- Le fraisier est parfaitement adapté aux terres acides ou neutres mais redoute le calcaire (bien que certaines variétés y soient adaptées). En sol lourd ou humide, il sera opportun de cultiver les fraisiers sur buttes.

 

3- Avant la plantation, épandez et incorporez du compost mûr en quantité importante (30 à 50 kg pour 10 m2 soit une brouette à une brouette 1/2).

 

4 - Constituez éventuellement (en particulier en terres lourdes) de petites buttes d'une vingtaine de cm de haut pour permettre à l'eau de s'évacuer facilement (les fraisiers n'apprécient pas une humidité excessive) ;

 

5- Préparez des trous de plantation (remplis d'un mélange de compost, terre de jardin et terreau – 1/3 de chaque) sur 2 lignes écartées de 50 à 70 cm et à 30-50 cm sur la ligne ;

 

6- Juste avant la plantation, pralinez les racines dans une bouillie à base de terre argileuse ;

 

7 - Transplantez les stolons en ayant soin de diriger le système racinaire vers le bas (N'utilisez pas un plantoir à légumes mais creusez plutôt à la main ou avec une petite pelle). Le collet ne doit pas être enterré, ni dépasser du niveau du sol.

 

8- Arrosez au pied après la plantation et jusqu'à la reprise du plant.

 

9 - On peut planter, entre les lignes de fraisiers, des salades ou encore des épinards afin d'y occuper utilement l'espace en attendant le développement des fraisiers ;

 

10 - Intercalez quelques alliacées (ail, oignons échalotes, poireaux) dans la fraiseraie. Ces légumes sont réputés protéger les fraisiers des moisissures.

 

11- Une fraiseraie est en principe renouvelée tous les 3 ou 4 ans. Mais, si l'on respecte les consignes d'entretien figurant ci-dessous, la production peut durer bien au-delà...

 

Entretien d'une fraiseraie

 

Le fraisier apprécie un sol riche en humus. Chaque année, apportez du compost.

 

Plant frigo déjà démarré moins d'une semaine après la plantation...

 

Plant frigo déjà démarré moins d'une semaine après la plantation...

 

Paillez, de préférence avec des matériaux acides (écorces de pins broyées, épines de pin, BRF de résineux...) surtout si le sol est calcaire.

 

Arrosez au pied (goutte à goutte).

 

Coupez régulièrement les stolons inutiles, ils épuisent la fraiseraie. Conservez uniquement ceux qui comblent un vide ou destinés à être transplantés.

 

Protections naturelles contre les principaux ravageurs et maladies du fraisier

 

Surveillez l'apparition de la maladie des tâches pourpres ou de l'oïdium (poudre blanche sur les feuilles). Pour traiter vos plants, attendez une période sans fleurs ni fruits : traitez au souffre naturel contre l'oïdium, et à la bouillie bordelaise contre les tâches pourpres et le mildiou.

 

Prévenez le risque d'apparition du mildiou en évitant toujours de mouiller le feuillage pendant les arrosages.

 

Protégez vos fraisiers avec de l'anti-limaces biologique.

 

JE RÉCOLTE !

 

Les variétés remontantes donnent une première récolte de mai à juin puis une seconde à l’automne. Les autres variétés ne donnent qu’une récolte au printemps ou en été. Dégustez-les autant que possible dès la récolte. Si vous devez les conserver quelques jours, cueillez-les avec un petit bout de queue. La congélation leur convient très bien pour une utilisation en tartes.

 

Toute nouvelle plantation donne quelques fraises gigantesques, qui étonneront tout votre entourage. Mais cette faculté disparait dès la 2ème production.

Moi, ménagère de + 65 ans, j’ai du mal à dénicher des fraises nature pour les baigner dans mon vin nu ?
Moi, ménagère de + 65 ans, j’ai du mal à dénicher des fraises nature pour les baigner dans mon vin nu ?

Ma recette de fraises au vin. Je l’ai commise il y a quelques années et je l’avais baptisée : Soupe de fraises des Bois. Je vous la livre en vous demandant de vous livrer aussi au jeu de remplacer les points de suspension par le nom du flacon. Merci par avance.

 

« Avec le plus beau de ses sourires il demandait à son ex-dulcinée un grand saladier et un tablier. Ce qui fut fait d’un petit air pincé. La nuée des nanas faisait cercle. L’avantage des fraises des bois c’est qu’elles sont équeutées alors il n’eut qu’à les déverser au fond du saladier.

 

Ensuite en un geste ample, au pif, il les saupoudrait de sucre de canne roux non raffiné. Pour les novices, notez : 150 grammes de sucre pour 750 grammes de fraises. Puis, avec des mines de chanoine il pressait un citron vert, râpait un bâton de cannelle et parsemait le tout de clous de girofle.

 

Enfin, instant suprême, après avoir débouché un flacon de ..., il le versait avec doigté sur les fraises des bois émerveillées.

 

Avec une grande cuillère en bois d’olivier il touillait.

 

Les filles s’extasiaient.

 

Mais, il y avait un mais. Il réclamait à la chouette Ginette une passoire pour réserver les fruits puis il versait le vin aromatisé dans une belle casserole de cuivre. Portait le liquide à ébullition puis, à feu doux, pendant 10 mn, le laissait chanter. Toujours avec des gestes de maestro il plongeait le cul de la casserole dans un bac de glace pilée. Attendait.

 

Décidait qu’il fallait maintenant passer aux choses sérieuses : goûter le flacon de... »

Moi, ménagère de + 65 ans, j’ai du mal à dénicher des fraises nature pour les baigner dans mon vin nu ?

Mais pourquoi donc les fraises n'ont-elles pas de queue ?

 

Un dimanche ordinaire en famille, avant le premier tour de la présidentielle. Les esprits sont échauffés par une discussion un peu vive sur les programmes respectifs d'Hamon, Mélenchon ou Macron. Ici, on vote à gauche depuis toujours et l'on mange sans chichi. Arrivent les fraises. Et un peu de sucre. Jean-Claude, professeur à la retraite et 84 printemps, tente d'en attraper une. Le fruit glisse de ses doigts. Il réitère l'expérience, en vain, avant de se résoudre à en agripper les feuilles entre le pouce, l'index et le majeur. C'est à ce moment-là que sa colère, ravalée pendant la discussion précédente, éclate:

 

"Mais bon sang, pourquoi, aujourd'hui, les fraises n'ont plus de queue ?"

 

La suite ICI 

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 06:00
Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Ce lundi je m’étais lancé un défi.

 

Alors que la météo annonçait qu’il ferait beau je décidai de me planter, sitôt pris mon petit-déjeuner, devant mon écran.

 

Pourquoi diable me direz-vous ?

 

Tout simplement que je trouvais étrange que la passation des pouvoirs à l’hôtel de Matignon était annoncée dès potron minet.

 

Le jeune Emmanuel, homme pressé, aurait-il bouclé en un dimanche fort occupé la nomination de son Premier Ministre de droite.

 

Secret de polichinelle, ce serait Édouard Philippe, le député-maire LR du Havre juppéiste.

 

Sauf que votre serviteur, grand connaisseur de la cuisine politique, se posait légitimement une question : le dénommé Philippe n’allait pas descendre dans la fosse aux lions, comme un vulgaire Kouchner, sans assurer ses arrières.

 

Il lui fallait discuter le bout de gras une dernière fois avec le tout nouveau locataire de l’Elysée des équilibres, de qui en serait avec les règles édictées par le Président de la République.

 

Exercice difficile de haute voltige qui se révéla bien plus long que prévu par les jeunes communicants.

 

Le temps passait.

 

Twitter était muet. Les addicts retenaient leur souffle.

 

Et puis vers 10 heures tomba un fake

 

Retweeted Édouard Philippe (@EPhlippeFr):

 

Conversation avec Emmanuel Macron. Il m'annonce une convocation à l'Elysée. Je serai le nouveau Premier Ministre. Merci!

 

Bien sûr sitôt démenti :

 

Retweeted D. de Montvalon (@demontvalon1):

 

Un faux compte au nom d'Edouard Philippe. Bien dérisoire, cette manip.

 

À l’hôtel de Matignon les gardes républicains allaient et venaient.

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

L’impatience gagnait.

 

Je me risquais même à twitter avec un certain succès :

 

Jacques Berthomeau

 

Patience en 1981 le premier gouvernement Mauroy avait été annoncé à 21h #passationdepouvoir #Philippe #PremierMinistre

 

Le taxi du futur était filé par BFM TV

 

Matgoa @Matgoa il y a 7 heures

 

Résumé de l'info télé à midi : Edouard Philippe a quitté son domicile, a pris un G7 plutôt qu'un Uber et n'a pas été à l'Elysée

 

Une matinée à patienter. Et que faire en attendant? Les collaborateurs de Bernard Cazeneuve se sont posé la question ce lundi 15 mai pendant qu'Emmanuel Macron tardait à annoncer le nom de son premier ministre. Alors qu'on attendait le nom de l'heureux élu dans la matinée et que celui d'Edouard Philippe revenait avec insistance, il n'était pas connu à la mi-journée.

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Et puis on annonçait :

 

sylvie maligorneCompte certifié @maligorne

Le nom du Premier ministre annoncé à 14h30. (Communiqué Élysée)

 

Twitter s’amusait

 

Le Nain Somniaque @beno_ide

 

Le nom du #PremierMinistre devrait être connu avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Info BFMTV.

 

Les belges s’y mettaient

 

Maître Hippo

 

@Maitre_Hippo

 

Punaise 2h sans #PremierMinistre et c'est la panique. Vous auriez jamais pu vivre en Belgique

 

Du côté de Matignon on notait :

 

Retweeted Guillaume Daret (@GuillaumeDaret):

 

Clin d'œil: Bernard #Cazeneuve repartira de #Matignon en #DS. Elle vient tout juste de pénétrer dans la cour. @CitroenFrance @DS_Official

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Je partais acheter mon beefsteak.

 

Je le mangeais et je me postais à nouveau devant mon écran.

 

Rien !

 

Retweeted Olivier Biffaud (@bif_o):

 

Pas d'inquiétude, la montre du secrétaire général de l'Elysée est toujours calée sur l'heure d'hiver...

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Enfin fin du suspense !

 

Retweeted L'Obs (@lobs):

 

Edouard Philippe est nommé Premier ministre par Emmanuel Macron

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe
Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Dans son discours au moment de la passation de pouvoir avec Bernard Cazeneuve, lundi, le nouveau Premier ministre Edouard Philippe a esquissé un autoportrait politique. Il a revendiqué son appartenance à la droite, tout en se plaçant dans la lignée de Charles de Gaulle et de Clemenceau. «Vous avez dit que vous étiez un homme de gauche (...) Il se trouve que je suis moi-même un homme de droite (...). Comme vous je sais (...) que l'intérêt général doit guider l'engagement des élus, l'engagement des agents de l'État, et d'une certaine façon l'engagement de nos concitoyens», a-t-il déclaré au côté de son prédécesseur, dans la cour de Matignon.

 

«Je voudrais (...) vous dire, M. le Premier ministre, combien vous avez constitué un exemple, au-delà de désaccords qu'il nous est arrivé de formuler, mais un exemple de caractère», a poursuivi Edouard Philippe, rendant un hommage appuyé à Bernard Cazeneuve.

 

«Les six mois que vous venez de passer à diriger l'action gouvernementale à Matignon constituent le point d'orgue d'un parcours ministériel (...), depuis mai 2012, assez exceptionnel. Au milieu des négociations européennes, puis de la machinerie budgétaire, au coeur des défis pour la sécurité de nos compatriotes (...) puis ici, vous avez (...) souhaité servir l'État», a dit le nouveau chef du gouvernement, au début de sa courte allocution.

 

Rappelant que tous deux ont été «maires de villes portuaires et de villes normandes», Edouard Philippe a souligné avec humour que «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants, et vous êtes complètement normand, et moi aussi».

 

C’est le bordel à droite :

 

Édouard Philippe premier ministre: NKM et une vingtaine d'élus LR et UDI veulent saisir "la main tendue" par Macron

 

POLITIQUE - Une vingtaine d'élus LR et UDI, dont des juppéistes et lemairistes, ont jugé ce lundi 15 mai que leurs familles politiques "doivent répondre à la main tendue" par Emmanuel Macron, qui vient de nommer Premier ministre Édouard Philippe, issu de leurs rangs.

 

Cette nomination "représente un acte politique de portée considérable" et "la droite et le centre doivent prendre la mesure de la transformation politique qui s'opère sous leurs yeux", plaident dans un communiqué commun ces élus, dont le député Benoist Apparu et la sénatrice Fabienne Keller, proches d'Alain Juppé, le député Thierry Solère, soutien de Bruno Le Maire, mais aussi le maire de Tourcoing Gérald Darmanin, ancien proche de Nicolas Sarkozy, et le maire LR de Nice Christian Estrosi.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet a fait savoir en fin de journée à l'AFP qu'elle signait cet appel. L'ex-ministre appelle également les élus LR et UDI à "adopter cette démarche constructive". L'ex-directeur de sa campagne pour la primaire, Grégoire de Lasteyrie, maire LR de Palaiseau (Essonne), a lui aussi décidé de rejoindre les signataires.

 

C'est aussi le cas de Jean-Louis Borloo, fondateur de l'UDI, qui a annoncé qu'il signait l'appel.

 

"Être à la hauteur de la situation de notre pays"

 

"Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d'être à la hauteur de la situation de notre pays et de l'attente des Français, qui, au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron, attendent de nous d'être au rendez-vous de l'intérêt général", estiment ces 22 élus.

 

"Nos familles politiques de la droite et du centre doivent répondre à la main tendue par le président de la République", appellent-ils.

 

Parmi les autres signataires figurent Christophe Béchu, sénateur-maire LR d'Angers, Dominique Bussereau, député et président LR de la Charente Maritime, des soutiens du maire de Bordeaux, ainsi que le député-maire de Reims Arnaud Robinet ou le député-maire de Coulommiers Franck Riester, des soutiens de Bruno Le Maire.

 

S'y ajoutent notamment Laurent Degallaix, député-maire UDI de Valenciennes et proche de Jean-Louis Borloo, le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc, et le maire de Mulhouse Jean Rottner. Certains sont régulièrement cités comme ministrables.

 

J’en ai assez fait pour aujourd’hui… ce soir je mange des raviolis de Giovanni Passerini.

 

Et pendant ce temps-là notre Emmanuel dîne avec Angela…

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Edouard Philippe, Premier ministre et vieux “pote de droite”

 

François Ekchajzer

 

En 1988, Michel Rocard est Premier ministre. Edouard Philippe, qui vient d’être nommé au même poste par Emmanuel Macron ce lundi, étudie en hypokhâgne à Paris lorsque Laurent Cibien fait sa connaissance. « Il était rocardien et fan de Mendès France. Ça me semblait incompatible avec le fait d’être de gauche ; nous nous entendions quand même bien », se souvient celui-ci. Quinze ans plus tard, l’un est devenu documentariste ; l’autre, un « clone de Juppé ». « Comment peut-on être de droite ? », s’interroge alors Laurent Cibien, qui entreprend de le filmer au long cours, bénéfiçiant d’une confiance que les années renforceront. Diffusé sur France 3 au cœur de l’été dernier, Edouard, mon pote de droite suit la campagne municipale d’Edouard Philippe au Havre, en mars 2014. France 3 le reprogramme demain à 23h20. Quant à Laurent Cibien, il a de nouveau filmé son « pote » dans la fonction de porte-parole d’Alain Juppé qu’il occupa durant la primaire à droite, recueillant la matière d’un deuxième film, actuellement en montage. Le suivra-t-il à Matignon, sur les pas de Michel Rocard ? A voir…

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 06:00
En marche arrière : «La dictature, c'est ferme ta gueule. La démocratie, c'est cause toujours ! » Coluche

C’est l’histoire d’un mec, comme disait le regretté Coluche, qui grâce à ses RTT et autres joyeusetés de notre France des 35 heures et des tripotées de ponts, va s’oxygéner et reposer son nez, dans une chaumière posée dans une minuscule rue de 5 numéros d’un petite village de 74 âmes, sis en Basse-Bourgogne, faisant partie de la communauté de communes de Puisaye-Forterre dans l’Yonne.

 

À la fin du mois février dernier, notre homme, à peine arrivé de Paname, extirpa de sa boîte aux lettres, gorgée de publicité pour les saucisses en barquette de 25 en promotion chez Super U, un étrange feuillet intitulé : « Campagne de suppression des marches arrière »

 

« Bizarre, vous avez dit bizarre… » se dit-il dans sa petite Ford d’intérieur, deux mots le frappèrent : campagne et marche, était-ce un vulgaire tract d’opposition au mouvement En Marche du sieur Macron qui commençait à donner de l’urticaire aux barons du vieux monde politique ?

 

La réalité du « poulet » était encore plus triviale : on y traitait d’ordures…

 

Rassurez-vous, il ne s’agissait pas de propos orduriers puisque le feuillet émanait d’un zinzin tout ce qu’il y a de respectable : le service déchets de la communauté de communes de Puisaye-Forterre (Yonne)

 

« Madame, Monsieur,

 

Dorénavant, les marches arrière sont totalement interdites. Aussi, le camion de collecte ne peut plus venir collecter vos déchets dans les conditions actuelles… »

 

Quand le diable se niche ou se cache dans les détails, il faut vite aller se plonger dans l’univers impitoyable de la bureaucratie paperassière et avoir recours à l’analyse sémantique.

 

Notre homme, plus habitué à trouver la vérité au fond des verres, une fois passé sa stupéfaction proche de l’irritation, affuta sa plume pour questionner, dans une lettre de la meilleure eau, le président de la communauté de communes, Jean-Philippe Saulnier-Arrighi.

 

Celui-ci lui répondit courtoisement que les marches arrière «ne sont plus possibles» à la suite de la « recommandation R437 de la CNAMTS (Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés) publiée en février 2009.

 

Une préconisation de nature à éviter les opérations accidentogènes dommageables.

 

Notre goûteur patenté, habitué à l’inconfort des sièges de moissonneuses-lieuses des ODG, s’empressa de noter (les notes ça le connaît) un petit glissement sémantique : on passait de « totalement interdites » à « plus possibles ». Et l'interdiction formelle se révélait une simple recommandation de la CNAMTS.

 

Ces glissements progressifs, non du désir, chers à Alain Robbe-Grillet, mais des emmerdements. Comme le disait le Président Pompe : arrêtez d'emmerder les Français ! poussaient notre bas-bourguignon d’adoption à se fendre d’une seconde missive au président de la communauté de communes, Jean-Philippe Saulnier-Arrighi

 

Il y signalait que des élus s'étaient déjà inquiétés de la portée de cette recommandation. Ainsi, la députée Marie-Jo Zimmermann avait interpellé en 2009 le ministre de l'Intérieur. Cette élue soulignait les pressions exercées par les sociétés privées. « Elle lui demandait également s'il ne serait pas opportun de clarifier la situation, car des recommandations émises à tort et à travers, sous la pression des sociétés concessionnaires, finissent par créer une incertitude juridique.»

 

Le ministre répondait en 2010 qu'il s'agissait de «préconisations» de nature à «éviter les opérations accidentogènes dommageables».

 

Donc en aucun cas il n'était fait état d'une interdiction.

 

Avec une pointe d’ironie justifiée il s'interrogeait sur la dangerosité réelle de l'usage de la marche arrière.

 

  • À quel moment est-ce le plus périlleux ?
  •  

Lorsqu'elle est utilisée par des professionnels avisés équipés d'un matériel doté de gyrophares et d'avertisseurs sonores ou bien quand un particulier sort de son garage, effectue un créneau, quitte une place de parking de supermarché ?

 

Mais ce n'était pas tout, se transformant en Hercule Poirot de la Puisaye, découvrait que d'autres voisins chez qui, pour ramasser les poubelles, il n'était nullement besoin d'utiliser la marche arrière avaient, eux, reçu un avis à peu près identique quant à la conclusion : plus de collecte devant chez eux.

 

Pourquoi diable ?

 

Vous le saurez en lisant Le Front national aussi se niche dans les détails

 

ICI 

 

Affaire à suivre, la résistance s’organise…

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 08:00
La foule priant face au miracle de la danse du soleil à Fatima le 13 octobre 1917 ©public domain

La foule priant face au miracle de la danse du soleil à Fatima le 13 octobre 1917 ©public domain

Dans ma jeunesse, la tante Valentine, la sœur de ma mémé Marie, qui vivait à la maison, veuve de la guerre 14-18, grande bigote, gardienne des horaires des messes, vêpres et autres cérémonies inscrites au calendrier liturgique, grâce à sa pension allait au pèlerinage de Lourdes mais elle n’a jamais osé s’expatrier pour aller à Fatima au Portugal.

 

La Vendée était constellée de répliques de ces étranges lieux où la Vierge faisait ses apparitions toujours devant des innocents. La tante Valentine m’y trainait. Ce que j’aimais c’est que nous pique-niquions, les dévotions n’étant pas ma tasse de thé.

 

En tant qu’enfant de chœur je suis allé à Lourdes dans la Dauphine du curé Bailly avec Dominique Remaud et, lors de ma seule expérience de colonie de vacances je suis allé à La Salette.

 

Tous ces pèlerinages n’ont fait qu’amplifier mes doutes sur les enseignements de l’Église romaine, ses saints, ses indulgences, son haut clergé, et ses pratiques souvent bien éloignées des prêches.

 

L’hypocrisie des évêques de France, à quelques exceptions près, lors de la dernière présidentielle en est encore la preuve.

 

Laissons donc le pape François à sa visite à Fatima qui est « un rendez-vous personnel que le souverain pontife a à Fatima, presque un rendez-vous avec l’histoire. Il y a le centenaire des apparitions de Fatima, bien sûr, mais il y a aussi, plus intimement pour lui, un autre anniversaire : ce samedi 13 mai, cela fera 25 ans très exactement que le père Bergoglio, alors simple jésuite exilé en Espagne par ses supérieurs, a reçu un appel lui annonçant qu’il allait devenir évêque auxiliaire de Buenos Aires. »

 

Revenons à nos excitations françaises et tout d’abord rions !

 

Retweeted Professeur Bang (@ProfesseurBang):

La passation de pouvoirs du Cabinet Noir se déroulera dimanche 14 à minuit au sous-sol de l'Elysée. On est prié d'apporter sa cagoule.

 

Et charrions la Boutin qui n’en rate pas une :

 

Pas de #Messe @France2tv pour passation de pouvoir! C'est la 1ere fois qu'elle a lieu un Dimanche! Les choix @EmmanuelMacron sont très clairs

- christine Boutinن (@christineboutin) May 12, 2017

 

Dimanche pas de Messe @France2tv ! Ouvrons les yeux: les messages sont clairs! Volonté de banaliser le Dimanche, malades, handicapés... "Out"

- christine Boutinن (@christineboutin) May 12, 2017

 

Sauf que c’est faux puisque l'horaire de sa diffusion a simplement été avancé.

 

Passons pour finir à l’assaisonnement de notre Mélenchon les gens par Marcel Sel

 

Marcel Sel est un écrivain, blogueur, chroniqueur et compositeur belge né à Bruxelles.

 

Sel est un pseudonyme, mais il utilise d'autres pseudonyme comme Marcel Zout ou Marcel Quaybir

 

En 2008, il écrit "Walen Buiten, Révélations sur la Flandre flamingante", un essai romancé sur la "Crise belge", qui sera publié en 2010.

 

En juin 2009, après avoir été longuement simple commentateur du blog Coulisses de Bruxelles, UE de Jean Quatremer, il ouvre son propre blog, Un Blog de Sel, principalement axé sur la crise belge et le nationalisme flamand. Quelques mois plus tard, il publie un recueil d'articles du blog, "La Flandre, ça n'existe pas", en édition à la demande chez TheBookEdition.com.

 

La suite ICI

 

Mélenchon, l’insoumise trumperie. par Marcel Sel

 

« Depuis mes 14 ans, ils ont essayé de me convaincre. Je les ai toujours trouvés amicaux, généreux, beaux, sympathiques. Ils ont le monopole du cœur, mais plus en chœur encore que les socialistes. Ils vont changer le monde. Je les croise à chaque décennie, ces militants de l’un ou l’autre gauchisme radical. Mais ils n’ont rien changé du tout. Jamais.

 

C’étaient les maos, d’abord, que j’ai beaucoup fréquentés. Ils m’expliquaient que la révolution culturelle était un formidable outil d’émancipation. Je lisais les magazines venus de Chine qu’ils me donnaient. La Chine en Construction, si je me souviens bien. C’était bien écrit, en Chine, parfois remarquablement, et ça ne coûtait rien. Je n’y voyais pourtant qu’une seule opinion, trop enthousiaste pour être vraie. J’appris plus tard que ces magnifiques messages de liberté, de solidarité et de progrès cachaient une hideuse oppression, un million de morts. Tout cela accompagné d’une haine systématique des libertés à l’occidentale et surtout, toujours, toujours, toujours, de l’Amérique.

 

Quand on leur faisait remarquer, une décennie plus tard, qu’ils avaient soutenu sans le savoir un régime totalitaire, oppressif et meurtrier, on se faisait traiter d’imbécile, de traître ou de facho.

 

Avant-guerre déjà. Fascinés par le soviétisme, de grands intellectuels français ont découvert trop tard l’horreur stalinienne. Mais ce n’était pas la faute aux soviets, à les entendre ensuite. C’était la faute à l’Amérique. Puis, il y eut Budapest. Prague. Mais ce n’était pas la faute au communisme. Puis il y eut Pol Pot. Mais ce n’était pas la faute aux… Et ça n’a jamais arrêté.

 

Mélenchon, Canada Dry du communisme

 

Jean-Luc Mélenchon n’est que le énième avatar de cette chanson sempiternelle qui finit toujours de la même façon. Ah, je vous entends : il n’est pas « communiste ». OK. Mais c’est toujours la même rengaine. Elle a muté. Ils ne se disent plus communistes, en effet. Mais crient toujours haro sur l’entreprise, l’Amérique, le patronat, les journalistes, etc. Et ils vont toujours vous sauver grâce à une autre révolution socialiste, plus à gauche que le socialisme passé à droite (Marchais disait ça, déjà, en 1980…), et à peine moins communiste que le communisme. Ça a le goût du communisme, le programme du communisme, mais ce n’est pas du communisme, c’est du mélenchonisme.

 

Je perçois mal la différence.

 

Voyez Cuba. Aujourd’hui, pour les mélenchonistes, tout ce qu’on dit sur le régime est évidemment faux, ou alors, c’est pas la faute à Castro. La presse n’y est pas libre, mais c’est la faute aux Américains. Les syndicalistes continuent à subir des arrestations arbitraires, des menaces, des pressions. Mais ça aussi, c’est la faute aux Américains ! Et au pire, quand on leur met le nez dans le caca vénézuélien, après avoir tenté de défendre l’indéfendable pendant deux heures, après avoir accusé Obama, ils vous lancent « mais pourquoi vous nous emmerdez avec ça, on ne défend pas le Vénézuéla » ! Haha ! Pendant que leur patron, sur BFMTV, ne nie pas qu’il défend Maduro, mais hurle plutôt qu’on devrait l’interroger sur autre chose.

 

Quand un politicien dit à un journaliste quelles sont les bonnes questions à lui poser, c’est qu’il n’a pas de bonnes réponses. Ou qu’il n’admet pas qu’on le critique. Ce qui est pire. Georges Marchais, un leader communiste français répondait de la même façon à ce genre de questions, en haussant la voix, en plaisantant, en criant à la manipulation, en exigeant qu’on change de sujet. Ou alors, en rejetant la faute sur la presse, comme dans cette vidéo (à partir de 1’00) où il nie les révélations de Sakharov et Soljénitsine ! « Ce n’est pas parce que je suis prosoviétique que j’aime Brejnev ! », aurait-il pu dire ensuite. Remplacez soviétique par chaviste et Brejnev par Chavez et vous aurez la version Mélenchon. Et vogue la galère.

 

Pourtant, j’ai toujours été fasciné par l’idéal communiste. Une société où tout le monde est égal, où le travail est universel, où l’argent n’est pas nécessaire pour faire le bonheur, quel bel idéal !

 

Sauf que jamais, nulle part, ça n’a marché. Probablement parce que l’homme a une autre organisation sociale dans les gênes. Pire : ceux qui ont, de tout temps, payé le prix fort de cet idéal, ce n’étaient tant les « millionnaires », les grands banquiers, les vrais riches, que le communisme prétendait éliminer. Eh non ! Parce que ceux-là sont généralement partis à temps, quitte à perdre leur fortune, mais pas la vie ! Pire : ces régimes ont ensuite — tous — créé leurs propres millionnaires en produisant inconsciemment une Nomenklatura fidèle au leader. Les familles Chavez et Castro ne sont que des clones de leurs prédécesseurs. Et Mélenchon, un clone de Marchais.

 

La Nomenklatura profite, les petits payent.

 

Non. De tout temps, ce sont les petits, les paysans, les travailleurs, les ouvriers, les indépendants qui ont payé. Cher. Parfois horriblement cher. De leur faim, de leur sueur, de leur peur de la délation, de leur confort, devenu sommaire, enfermés dans des appartements communautaires, privés de vie privée. Et parfois de leur vie. Holodomor, pour ne citer qu’une des innombrables abominations des régimes soi-disant populaires.

 

Quand l’oppression était plus ou moins supportable, ce sont les petits, et non les gâtés du régime, qui ont cherché à fuir. En Albanie, ils grimpèrent sur les bateaux pour l’Amérique dès que le régime s’assouplit. En RDA, ils rêvaient de voir les boutiques d’Allemagne fédérale et, pour la première fois de leur vie, de manger… une banane ! En Roumanie, la fuite. À Cuba, la fuite, en Hongrie, la fuite, en Pologne, la fuite, au Viêt-nam, la fuite, en Chine, la fuite… Et toujours, absolument toujours, à cause de l’Amérique !

 

Aujourd’hui, Mélenchon part du même principe que ces prédécesseurs : la haine de l’Amérique d’abord, tout le reste ensuite. Et il nous rappelle son soutien à Castro et à Chavez, dont on voit les ruines fumantes et les victimes futures : Maduro, successeur de Chavez, va armer 400 000 civils pour disposer d’une milice capable de tenir tête au peuple. Au peuple, bordel ! La semaine dernière, une gamine de 16 ans a été tuée par balle dans une manifestation. C’est la cinquième ou la sixième victime. Qu’un seul militant mélenchoniste se fasse simplement regarder de travers par un flic dans une manif, et c’est du fascisme ! Mais quand, à l’autre bout de la planète, on bute des gosses au nom d’un régime longtemps soutenu par ce même Mélenchon (s’il ne l’est pas toujours), et c’est une simple bavure, un détail, et celui qui oserait faire remarquer qu’il y a comme une incohérence se voit qualifier… de fasciste !

 

Dans le populisme, il y a toujours un leader charismatique qui a toutes les réponses

 

 

Eh oui, la solidarité merveilleuse du mélenchonisme s’arrête au peuple de gauche radicale, et à l’océan. Solidarité ? Ah, interdire les délocalisations, c’est évidemment indispensable. Tous les travailleurs sont unis, n’est-ce pas. Mais faudrait pas que des chômeurs d’ailleurs viennent prendre le travail des Français, môssieur ! L’internationale sera hexagonale surtout, ou ne sera pas !

 

Fantastique ! Le peuple de Mélenchon approuve, exulte, jouit, et insulte le reste du peuple qui ne succombe pas à la totale nécessité d’adorer Mélenchon. Je suis abasourdi.

 

« Tu n’es pas de gauche ! » me hurle-t-on alors. Et arrivent les attaques ad hominem ou à personam en réponse à des questions pourtant simples : comment Mélenchon peut-il affirmer qu’il va faire modifier les traités européens alors qu’il faut l’accord de 26 autres pays pour le faire et qu’aujourd’hui, aucun n’est demandeur, et la plupart y est même farouchement opposé ? Réponse : tu es un suppôt du grand capital !

 

Question : comment les 32 heures à salaire égal peuvent-elles redresser la France sachant que le coût de l’emploi n’y est déjà pas compétitif ? Réponse : tu as mal lu programme ! Question : Comment espérer taxer les revenus qui dépassent 390 000 € à 95 % sachant que la libre circulation des personnes permet à ces revenus de s’échapper dans l’heure ? Réponse : écoute le Maître. Question : Comment empêcher ça en taxant les Français sur leur nationalité et non leur résidence alors qu’une telle double taxation est contraire, à nouveau, à la libre circulation des citoyens en Europe ? Réponse : on sort de l’Europe, alors. Question : Et la France payera des droits de douane pour exporter chez tous ses voisins, elle qui n’exporte déjà pas assez ? Réponse : ta gueule ! Question : comment fera-t-elle avec, en plus, une main d’œuvre plus chère qu’en Allemagne ? Réponse : en sortant de l’euro, évidemment, réfléchis, décérébré de droite ! Question : la France ferait donc ce que la Grèce (de Tsipras, excusez du peu) a renoncé à faire parce que cela impliquait une véritable catastrophe humaine ? Réponse : facho !

 

Question : qui d’autre qu’un fou furieux serait prêt à faire prendre à 65 millions d’êtres humains un risque pareil ? Réponse : faaaachoooooooo !

 

Le dégoût dans la bouche

 

Non. Je suis de gauche, ne vous déplaise. Et c’est parce que je suis de gauche que Mélenchon me dégoûte. Parce que si sa politique (si tant est qu’elle puisse être appliquée : avec quelle majorité ?) mène à la catastrophe, ce n’est pas lui qui payera, mais ceux qui, justement, voient en lui l’homme qui les sortira de leur misère, de leurs problèmes, des licenciements secs et que sais-je !

 

Il me dégoûte parce qu’il n’en a rien à glander du travailleur : son assiduité au Parlement européen montre qu’il se fiche même de son employeur, à savoir, le contribuable. Autrement dit : vous !

 

Et ça me débecte profondément qu’il y ait à gauche des clones inversés de Donald Trump ou de Marine Le Pen, aussi faussaires, aussi manipulateurs. Et qu’il y ait là aussi des électeurs qui, comme ceux des deux populistes, plongent leur bulletin de vote dans leur rancœur ou leurs peurs, pissent leur colère dessus, le chargent de tous leurs problèmes, puis vont dans l’isoloir, qu’ils prennent pour le réceptacle de tout ce qu’ils haïssent — les immigrés pour Le Pen, les Américains pour Mélenchon, les musulmans pour Le Pen, les patrons pour Mélenchon. La haine des élites, des journalistes, des opposants, ils l’ont en commun. Les solutions faciles, aussi. Le bouc émissaire, aussi. L’agitation et la peur, aussi. Aussi.

 

Aussi.

 

Oui, chez les électeurs de Le Pen, Trump ou Mélenchon, la colère est la même, il n’y a que les cibles qui divergent. Le rejet est identique, brutal, inargumenté, violent, hystérique, pour tous ceux qui pensent différemment. Les mélenchonistes ont, en plus la mauvaise habitude de brandir son programme (qu’ils n’ont pour la plupart pas lu du tout, ils ne réagissent qu’à des slogans) comme preuve de la bêtise d’autrui. On se croirait revenu au temps du Petit Livre rouge !

 

La gauche se cherche et ne trouve plus

 

Cela dit, je peux comprendre. On ne sait plus ce qu’est la gauche, en effet. On ne le sait plus depuis que le mur est tombé. Auparavant, le communisme était un coin sous la porte, qui effrayait les puissants. Une menace psychologique diablement efficace qui en faisait un excellent outil de contrepouvoir face aux excès du capitalisme, au thatchérisme et aux multiples formes du (néo)conservatisme. En même temps, les épouvantables nouvelles de l’Est limitaient le développement des partis communistes. Aujourd’hui, certains prennent de l’ampleur et visent le pouvoir. Il sera absolu ou ne sera pas. L’indispensable aiguillon est alors une menace. Poutou est nécessaire. Arthaud est nécessaire. Mélenchon, lui, est dangereux parce que sa conception de la liberté déteint sur ses militants. Elle est exclusive, déjà !

 

Aujourd’hui, la gauche traditionnelle a gagné ses combats fondamentaux. Les vacances. La retraite. La sécu. La semaine de cinq jours, les 35 heures. Ses valeurs s’affichent même fièrement dans le traité européen. Pas de discrimination. Droits pour les LGBT. Salaire égal à travail égal. Égalité des sexes. Droit au travail. Droits syndicaux.

 

Le vrai combat ne consiste plus à révolutionner la société, mais à prévenir ses dérives et à la guérir de ses excès. On est passé de la refondation à de la mécanique. Ajuster les inégalités, installer un turbo qui assure le travail universel, améliorer la sécu et lui adjoindre un dispositif antigrignotage, bâtir un système parallèle d’abris-SDF. Démonter ce putain de plafond de verre que les femmes doivent encore se farcir 50 ans après la révolution « sexuelle ». Contrer les dérives des trop grandes entreprises et des banques.

 

Tiens, les banques. C’est ce qu’a fait le Parlement européen en 2013-14, sous la houlette du député vert belge Philippe Lamberts, en adoptant des mesures financières indispensables qui « faisaient peur à la City ». Pendant ce temps, Mélenchon, comme Le Pen, ronflait dans le fond de la classe. Assis sur votre pognon. Rien à foutre.

 

Être de gauche, c’est tout, sauf se pavaner et lancer des chocolats gratis aux électeurs en extase.

 

Être de gauche, aujourd’hui, c’est agir pas à pas, bloc par bloc, le plus efficacement possible, et là où c’est nécessaire. Ce n’est pas exterminer le capitalisme, immuable au fond, parce qu’il colle au fonctionnement des sociétés humaines — même les Chinois ont fini par le comprendre ! Mais c’est l’aménager, l’améliorer, le subvertir, l’équilibrer. Être de gauche, c’est bosser. Être de gauche, c’est émanciper tout le monde en protégeant les plus faibles. Ça requiert qu’on comprenne d’abord la société. Ce n’est (plus) jamais une révolution. Aucune n’a bien fini.

 

Être de gauche, c’est tirer petit à petit l’énorme bateau démocrate vers le bien-être pour tous, tout en sachant qu’on ne l’obtiendra probablement jamais. C’est faire mieux, pas pire. C’est surveiller nos représentants et être encore plus sévère avec eux qu’avec ceux « d’en face », plutôt que de les soutenir dans leurs pires errements sous prétexte de solidarité.

 

Être de gauche aujourd’hui, c’est être volontaire, borné, patient, inquisiteur, et surtout, cohérent. C’est rechercher la synthèse plutôt que l’affrontement. Ça n’a rien d’enthousiasmant. Ça n’a rien d’une fête. Ça n’a même rien d’héroïque. Être de gauche, c’est ne pas s’approprier plus que nécessaire à titre personnel. Être de gauche, au fond, c’est franchement chiant.

 

 

Après, je ne me fais plus d’illusion : ce papier ne servira à rien. Les fanatiques du mélenchonisme ne comprendront pas. La valise est bouclée. Car ce n’est pas de la politique qu’ils veulent, c’est de l’engouement, des cris, des chants, des coupables à pourchasser, des opposants à connardiser, la certitude de bâtir un monde nouveau et le Nirvana pour demain.

 

Le seul problème, c’est qu’aucune société n’a jamais rien offert qui ressemble à ça. Et qu’ils cherchent donc la réponse à leurs questions existentielles au plus mauvais endroit : celui où se conçoit le bien commun. Mais comme tous ceux qui un jour se sont entichés d’un tribun qui les gavait de réponses attirantes, ils iront jusqu’au bout et, si Mélenchon est élu, face à la catastrophe ou au néant prévisible, ils s’écrieront, comme Georges Marchais sur Ceaucescu : « nous ne savions pas ! »

 

Marcel Sel

 

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 06:00
L’amour pour les cordons bleus du Président Macron : quel accord avec le vin Virginie Routis la sommelière de l’Elysée ?

Au soir du premier tour, les médias et les réseaux sociaux ont fait des gorges chaudes de la petite fête organisée par Brigitte et Emmanuel Macron, à la Rotonde, pour célébrer la qualification pour le second tour en pole position.

 

Le parallèle avec le Fouquet’s me parut bien exagérée, la Rotonde est certes l’une des dernières institutions d’un Montparnasse en déclin, mais ce n’est qu’une brasserie classique, sans grande originalité, tenue par des Aveyronnais depuis 3 génération.

 

Et ça va mal pour les grandes brasseries de Montparnasse : le Dôme, la Coupole...

 

« Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir y refaisaient le monde. Picasso y donnait ses rendez-vous en terrasse. « Modigliani y a vendu des dessins, poursuit Thomas Dufresne, historien, spécialiste de Montparnasse. Dans le roman La femme assise, du poète Guillaume Apollinaire, le café y figure ». Ainsi que dans « Paris est une fête » de l’écrivain américain Hemingway.

 

La mythique brasserie du Dôme va-t-elle disparaître ?

 

Cette institution, revendiquée comme la plus ancienne de Montparnasse, fondée en 1898 par l’Auvergnat Paul Chambon, tenue aujourd’hui par une famille et située à l’angle de la rue Delambre (XIVe), vient d’être placée en redressement judiciaire le 10 novembre 2016 par le tribunal de commerce de Paris.

 

Le 5 mai à Rodez, à l’issue de son meeting sur la place du Vigan à Albi, Emmanuel Macron a souhaité terminer sa longue campagne électorale à la table du Bowling du Rouergue.

 

« Je vous avais bien dit que je reviendrais».

 

Après une chaude poignée de mains avec Gilbert Bastide, infatigable « patron » de l’établissement, Emmanuel Macron s’est excusé de ne pas être « allé à Laguiole », non loin du fief familial du restaurateur.

 

« Ça m’a mis un bordel la dernière fois que je suis allé chez les Cantalous ! Vous avez vu à La Rotonde. Je suis allé chez vos copains, ça m’a mis un bordel international ! »

 

Et pourtant, selon Stéphane Bern présent :

 

À la Rotonde, « il y avait des radis et des croque-monsieur »

 

Marc Vigneau-Desmarest, lui aussi, a pris la défense du futur Président.

 

« Monsieur Macron, merci d’avoir fêté votre victoire au premier tour de l’élection présidentielle à LA ROTONDE !!! »

 

ICI 

 

Épisode passé à la trappe à la vitesse grand V.

 

Et ce matin, alors que je flemmardais au lit, dans la revue de presse de France Inter, j’entends que dans le documentaire de TF1 a diffusé le lundi 8 mai Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire sur la campagne du candidat désormais élu à la présidence de la République, une scène est devenue culte sur les réseaux sociaux : celle des cordons bleus.

 

Quèsaco ? Me dis-je…

 

J’ignorais ce qu’étaient les cordons bleus.

 

La séquence :

 

« Emmanuel Macron et son équipe rentrent du Touquet pour rejoindre le QG d’En Marche à Paris quand ils s’arrêtent pour déjeuner sur une aire d’autoroute. Celui qui ne sait pas encore qu’il sera qualifié le soir même pour le second tour passe commande en lâchant : « Moi, j’aime bien les cordons bleus. » «C’est avec le menu enfant» lui répond la cuisinière. Face à cette déception culinaire, le candidat se ressaisit : « Bon, je vais prendre le saumon alors… ».

 

Wikipédia

 

Le cordon-bleu est un plat préparé avec une escalope (de veau, de poulet ou de dinde) roulée autour de jambon et de fromage, puis panée.

 

On retrouve une origine du cordon-bleu en Suisse en tant qu'escalope viennoise farcie au fromage dans un livre de cuisine de 1949. On trouve une référence à un «cordon-bleu de poulet» dans le New York Times en 1967.

 

La suite ICI 

 

Je ne vais pas vous servir de la psychologie de comptoir sur les goûts d’enfant du nouveau Président, je laisse ce soin à l’aigre Onfray.

 

Notre Président aime le vin et Audrey Bourolleau : la Madame Agriculture d'Emmanuel Macron est une championne du vin ! ICI 

 

Donc je demande à la sommelière de l’Elysée Virginie Routis, la première sommelière de l’Elysée, de me faire un accord avec les cordons bleus du Président.

 

Depuis 2007, cette trentenaire est à la tête de la cave de la présidence de la République, qui compte près de 12 000 bouteilles. Un poste qui fait d'elle l’ambassadrice du vignoble français. ICI 

L’amour pour les cordons bleus du Président Macron : quel accord avec le vin Virginie Routis la sommelière de l’Elysée ?

La belle et triste histoire des Cordons Bleus

 

« Mes chers enfants,

 

Je vais vous raconter une histoire belle, mais un peu triste.

 

C’était il y a fort longtemps, bien avant l’invention des surgelés et du four à micro-ondes.

 

A cette époque, il n’y avait ni pizzas sous cellophane, ni lasagnes en barquette. Les gens ne mangeaient pas encore avec des couverts en plastique, ni dans des assiettes en carton.

 

Ils allaient au marché pour acheter des produits frais. A la maison, ils cuisinaient sur des gazinières, et mangeaient tous ensemble autour d’une table. C’était il y a très longtemps, à une époque où même le Coca-Cola n’existait pas, et où les enfants buvaient de l’eau.

 

Une personne faisant très bien la cuisine était appelée « Cordon-Bleu ». Cette drôle d’expression se référait au ruban bleu que portaient les titulaires de l’Ordre du Saint-Esprit, la plus haute distinction de la monarchie créée par Henri III. A l’époque, ruban se disait « cordon », d’où l’expression « Cordon-Bleu ».

 

Un jour,l’un de ces cuisiniers exceptionnels inventa un moyen particulièrement délicieux de préparer les escalopes de veau.

 

Un « escalope » est une mince tranche de viande, qu’on fait en général revenir dans du beurre, avec de la chapelure pour que cela croustille. Les meilleures escalopes sont les escalopes de veau. Ce sont aussi les plus chères, le veau étant une viande tendre et savoureuse, très recherchée.

 

Au lieu de faire cuire les escalopes directement dans la poêle comme c’était l’habitude, ce cuisinier eut l’idée de mettre sur chaque escalope une tranche de succulent jambon et d’un délicieux fromage venu des alpages suisses, le gruyère. Puis il les plia en deux, les roula dans la chapelure et les fit cuire dans du beurre, avec du sel et du poivre. Il les servit accompagnées d’une sauce à la crème fraîche, aux échalotes et au vin blanc.

 

Comme vous l’imaginez, le résultat fut exquis : le fondant de l’escalope de veau était redoublé par celui du fromage de gruyère. Le jambon tiède au goût relevé donnait du caractère. Les convives furent enchantés. En la mémoire de ce cuisinier, qui était un « Cordon-Bleu », la recette fut baptisée « escalopes Cordon-Bleu » et devint un plat traditionnel français servi dans les grandes occasions.

 

Puis un jour, des personnes eurent l’idée de fabriquer directement des escalopes Cordon-Bleu dans des usines. Le succès fut immédiat : on s’aperçut que c’était un plat idéal pour la restauration collective. Le cuisinier n’avait qu’à ouvrir le paquet, mettre les escalopes Cordon-Bleu à chauffer, et hop, c’était terminé. C’était dans les années 1980.

 

Les escalopes Cordon-Bleu, qui avaient été rares jusque-là, devinrent un plat de base dans les cantines scolaires et dans les menus les moins chers des cafétérias.

 

« Les moins chers ? Mais comment est-ce possible ? »

 

C’est bien simple : le veau fut remplacé par du poulet, puis par de la dinde, et enfin par une pâte à base de viande reconstituée, bien moins chère encore. Le gruyère fut remplacé, comme dans les « Cheese Burger » de McDonald’s, par un liquide gluant rappelant le fromage fondu. Le jambon fut remplacé par de la dinde également, cuite avec des arômes et des colorants pour rappeler le goût du jambon. Seulement les gens ne s’en apercevaient pas vraiment puisque, de l’extérieur, les « Cordons Bleus » (que l’on n’ose quand même plus trop appeler « escalopes »), avaient toujours la même apparence. Et pour que les gens aient l’impression de manger quelque chose de consistant, les Cordons Bleus furent recouverts d’une chapelure molle et huileuse, de plus en plus épaisse.

 

Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de salir une poêle pour les préparer puisque les Cordons Bleus peuvent être réchauffés directement au micro-onde !

 

Et pour les absorber, il suffit de ne pas penser à ce qu’on mange, en laissant par exemple la télévision allumée pour regarder le match de foot pendant le repas.

 

Quant aux enfants, la plupart mangent aujourd’hui des Cordons Bleus depuis le plus jeune âge. N’ayant aucune idée de ce à quoi ressemblait le plat à l’origine, ils ne voient aucune raison d’être malheureux. »

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 06:00
Il serait «vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan» de Gaulle

Le 49-3 sous Valls et maintenant les ordonnances, les petites louves et les petits loups, plus ou moins insoumis, fans d’une potentielle VIe République, crient au déni de démocratie.

 

C’est de bonne guerre mais ces 2 procédures résultent de la volonté du père de la Constitution de la Ve République, Michel Debré de traduire l’exécration de Charles de Gaulle pour ce qu’il qualifiait avec mépris de régime des partis, qui trouvait là sa plus haute expression. Devant ses ministres réunis le dimanche 20 janvier 1946, il expliquait qu'il serait « vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan ».

 

Il s'agit, dans son esprit, de bien choisir entre un gouvernement qui gouverne et une assemblée omnipotente, ne faisant que déléguer à un gouvernement pour accomplir ses volontés.

 

Dans ses Mémoires de guerre (Le Salut), de Gaulle s’expliquait : « J'entrai, serrai les mains et, sans que personne s'assit, prononçai ces quelques paroles : « Le régime des partis a reparu. Je le réprouve. Mais, à moins d'établir par la force une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n'ai pas les moyens d'empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer. Aujourd'hui même, j'adresserai au Président de l'Assemblée nationale une lettre lui faisant connaître la démission du Gouvernement. Je remercie bien sincèrement chacun de vous du concours qu'il m'a prêté et je vous prie de rester à vos postes pour assurer l'expédition des affaires jusqu'à vos successeurs soient désignés. »

 

L’implosion des 2 grands partis de gouvernement lors de la Présidentielle nous replonge dans un entre-deux qui risque d’un retour de l’instabilité parlementaire.

 

En effet, les joies du scrutin uninominal d'arrondissement à 2 tours risquent de rendre caduque les petits calculs de ceux qui veulent ramasser la mise.

 

Prophétie inquiétante pour la gauche de l'expert électoral Xavier Chinaud: « le PS et Mélenchon vont se cannibaliser aux législatives. Ils s'élimineront du second tour et les mélanchoniste qui s'imaginaient faire élire plus de 50 députés se trompent lourdement ! » Quant aux socialistes, ils pourraient se retrouver moins nombreux qu'en 1993 où ils n'avaient fait élire que 52 députés. ». En privé, les dirigeants socialistes lui donnent raison, et pour certains redoutent même « de ne pas dépasser les 20 ou 30 élus ».

 

À quand le retour des apparentements que le gouvernement de la Troisième Force avait fait voter dans une loi électorale de mai 1951 qui instaure les apparentements. La Troisième force fut une coalition politique française sous la quatrième qui rassemblait les socialistes de la SFIO, le MRP et les radicaux plus quelques petits partis centristes. Cette loi prévoyait que, dans un scrutin proportionnel, deux listes distinctes pouvaient annoncer qu'elles s'apparentaient. Dans ce cas, elles additionnaient le nombre de voix qu'elles ont obtenues. Si à elles deux elles obtenaient la majorité absolue des suffrages, elles recevaient tous les sièges au sein d'une circonscription. Ce système favorisait les partis de la Troisième Force qui pouvaient s'apparenter, alors que les gaullistes ou les communistes ne pouvaient pas le faire. Le triomphe du régime des partis !

 

Les ordonnances : article 38 de la Constitution :

 

« Le Gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.

 

Les ordonnances sont prises en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé́ devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation. Elles ne peuvent être ratifiées que de manière expresse.

 

A l’expiration du délai mentionné au premier alinéa du présent article, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi dans les matières qui sont du domaine législatif. »

 

Les ordonnances sont des actes pris par le Gouvernement en matière législative en vertu d’une habilitation du Parlement.

 

Les ordonnances prennent la suite des décrets-lois pratiqués sous la IVe République. La confusion qui était née de cette pratique a poussé́ le constituant à poser de nombreux garde-fous en 1958.

 

Les ordonnances résultent toujours de projets de loi et non de propositions de lois -> le Parlement ne peut prendre l’initiative de son propre dessaisissement.

 

Le Gouvernement doit expliciter son « programme » puisque les ordonnances sont prises pour l’exécution de celui-ci. Le Conseil Constitutionnel a jugé que par ce terme, on attend du Gouvernement qu’il expose « quelle est la finalité́ des mesures qu’il se propose de prendre et leurs domaines d’intervention » (Décision 86-207 DC). L’habilitation doit donc être précise et ne peut être inconditionnelle et générale.

 

Cette habilitation est donnée par le Parlement, après une procédure législative classique, pour un « délai limité ». Celui-ci est le plus souvent de quelques mois mais il peut être plus long. Ainsi il est arrivé́ qu’avant la fin du délai, le gouvernement change. De même, il est arrivé́ que le délai puisse dépasser la durée restante de la législature.

 

Les ordonnances sont ensuite prises par le Gouvernement en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’État.

 

Enfin les ordonnances doivent être signées par le Président de la République (article 13 de la Constitution). Le Président de la République peut-il refuser cette signature ? On aurait pu penser que sa compétence était liée comme pour la promulgation des lois (article 10 de la Constitution). Mais en 1986, le Président Mitterrand a refusé́ de signer 3 ordonnances présentées par le Gouvernement Chirac, estimant qu’il n’était pas tenu de le faire : pour lui c’était un pouvoir discrétionnaire. Le Gouvernement a reculé́ et a finalement renoncé à ses ordonnances. C’est donc la pratique qui a tranché́ : le Président de la République peut refuser de signer les ordonnances.

 

Les ordonnances sont ensuite publiées et non promulguées. Elles entrent immédiatement en vigueur.

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