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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 06:00

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Né à Marseille en 1929, mort à Argenteuil le 28/03/2012 Jacques Carelman s'installe comme dentiste à Paris en 1956. Il se consacre également à diverses activités artistiques : décoration théâtrale, illustration de livres, peinture et sculpture.

 

Dès 1962, il réalise les décors et les costumes pour plusieurs pièces de théâtre de Molière, Gogol, Dostoïevski ou Raymond Queneau. Ses sculptures-machines lui sont inspirées par la littérature : Mécaniques pour Cyrano (1965), la Hie et le Diamant (d'après Locus Solus de Raymond Roussel), Machine à inspirer l'amour (d'après Le Surmâle d'Alfred Jarry), Machine de la colonie pénitentiaire (d'après Franz Kafka, 1975). Certaines de ses machines sont présentées en 1975 lors de l'exposition itinérante Machines célibataires, organisée par Harald Szeemann, dans les principaux musées d'art moderne européens.

 

Jacques Carelman illustre de nombreux ouvrages classiques, tels que les contes des Mille et Une Nuits ou les Fables de La Fontaine en rébus, mais aussi ceux d'écrivains contemporains, comme Noël Arnaud, François Caradec, Jacques Lacarrière et Claude Roy. En outre, il revendique avoir participé à la réalisation de plusieurs affiches pendant les événements de Mai-68. (la célèbre affiche de Mai 68 qui représente un CRS avec une matraque)

 

Son affiche du CRS lors des événements de Mai 68

 

En 1969, Jacques Carelman devient membre du Collège de 'pataphysique. Il collectionne les instruments de musique, les jeux, des objets en spirale... Cette idée d'accumulation liée à son goût pour les machines lui inspire un Catalogue d'objets introuvables (1969), comme une cafetière pour masochiste dont le bec verseur est du côté de l'anse ou la machine à mettre les points sur les i. L'auteur parodie ici le Catalogue de la manufacture d'armes et cycles de Saint-Étienne du début du XXe siècle, en utilisant la même mise en page, le même style.

 

Il publie en 1972 un second catalogue, le "Catalogue de timbres-poste introuvables".

 

C'est à son initiative que le mouvement artistique Oupeinpo (Ouvroir de peinture potentielle) a été (re)fondé en 1980.

 

« Les activités humaines sont innombrables et variées. Certains détournent des avions, d’autres des fonds publics ou la conversation, je préfère, quant à moi, détourner de leur usage courant les objets usuels. C’est moins dangereux, plus honnête, et infiniment plus divertissant ! Mes objets, parfaitement inutilisables, sont le contraire de ces gadgets dont notre société de consommation est si friande. Si on me le demandait, je les qualifierais de : poétiques, hilarants, absurdes, philosophiques, ingénieux, morbides, puérils, profonds, dérisoires… Le lecteur serait alors prié, selon son humeur, ses goûts et sa culture, de biffer les qualificatifs inutiles. » J.C.

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 15:40

 

PÉTRONILLE était la reine des mers…

 

CAMOMILLE, sa fille, adorait les méduses, elle les élevait avec grands soins dans un vaste jardin où poussaient toutes sortes de planctons.

 

Son petit frère, AMBROISILLE, était un galopin qui aimait faire des grimaces, des farces et des bêtises.

 

Très souvent, alors que CAMOMILLE dormait, couchée sur un parterre d’algues, il invitait ses copains les poissons à venir manger du plancton dans le jardin de sa sœur.

 

Des goinfres, des pageots, des maquereaux, des mulets, des barracudas, des sars, des sardines, des anchois, ils se gavaient et, lorsqu’ils repartaient du jardin il ne restait presque plus rien.

 

I pesci marini

CAMOMILLE était alors très très en colère contre son petit frère, elle le grondait, le menaçait : « Tu es un affreux Jojo ! Si tu continues je demande à maman d’appeler ADÈLE… »

 

Il se jetait à ses genoux.

 

  • Non, je t’en supplie, pas elle, pas ADÈLE !

 

AMBROISILLE ce coquin n’en pensait pas moins, il récitait dans sa petite tête, les réparties de cette petite harpie :

 

Joyeux Noël Adèle

 

  • Si j'ai bien compris, vous voudriez que j'ouvre des paquets déposés en pleine nuit par un inconnu qui s'est introduit chez nous par effraction ?

 

Et vous estimez être des parents responsables ? Eh bah dis donc…

 

ADÈLE, surnommée dans toutes les mers du globe : MORTADELLE, semait la terreur auprès de toutes les mères.

 

Si vous ne la connaissez pas, vous verrez, elle est vraiment terrible, horrible, cette Adèle, c’est un sacré phénomène !

Mortelle Adèle, le phénomène jeunesse

https://img.aws.la-croix.com/2020/06/05/1201097648/extraitskarmastrophiquet17-3_2_729_926.jpg

Pendant ce temps-là RAPHAËLLE était en vacances, avec sa jolie maman, dans un charmant cabanon du RACCOU. Elle apprenait à nager pour pouvoir affronter les vagues qui roulaient avec fracas sur la plage.

 

Elle buvait du CACOLAC.

CACOLAC boîte métal 25 cl SOURIRE DES SAVEURS, Cave Toulouse

Une nuit, alors qu’elle venait juste de s’endormir après avoir englouti une belle assiette de spaghetti, elle entendit une voix qui lui murmurait à l’oreille : « Viens avec moi, suis-moi, nous allons faire un tour tout au fond de la mer… »

 

Étonnée Raphaëlle répondit « Mais je ne suis pas un poisson… »

 

  • Ne t’en fait pas je suis le fils de PÉTRONILLE la reine des mers, avec son trident magique elle te transformera en un joli poisson.

 

  • Quel poisson ?

 

  • Celui que tu voudras RAPHA !

 

  • Comment connais-tu mon prénom ?

 

  • Parce que j’ai entendu ta jolie maman t’appeler sur la plage.

 

  • Et toi, quel est ton prénom ?

 

  • AMBROISILLE

carte postale ancienne fantaisie, jeune garçon avec un poisson, 1er avril,  enveloppe | Rakuten

  • Ça me rappelle quelqu’un !

 

  • Je sais…

 

  • Mais dis-donc mon Loulou tu es un monsieur je sais tout…

 

  • C’est ce que dis ma grande sœur.

 

  • Tu as une grande sœur ?

 

  • Oui, CAMOMILLE.

 

  • Maman préfère la verveine.

 

  • Comprends pas ?

 

  • Ha, ha, monsieur je sais tout ne sait pas tout…

 

  • Assez de bla-bla-bla, il est temps de partir.

 

  • Tu es bien pressé jeune Loulou !

 

  • Oui, les bêtises ça n’attend pas…

 

  • Tu es comme ADÈLE toi !
  •  

AMBROISILLE vira au vert, ses yeux s’écarquillèrent, il balbutia : « tu connais ADÈLE, tu en penses quoi ? »

 

  • Elle me fait bien marrer, tu en fais une drôle de tête, aurais-tu peur d’elle ?

 

  • Bien sûr que non !

 

  • Menteur, ton nez bouge comme celui de Pinocchio.

 

  •  Dis-donc, tu as la langue bien pendue aurais-tu peur d’aller faire des bêtises au fond de la mer ?

 

  • Moi, je n’ai peur de rien. Allons-y !

 

Sans bruits, ils quittèrent le cabanon, marchèrent sur la plage et, là où la pleine lune projetait un halo de lumière, ils s’enfoncèrent dans la mer.

 

  • Je t’emmène dans le jardin de ma sœur.

 

  • C’est loin ?

 

  • On arrive.

 

Face à eux, un immense jardin tout vert.

 

  • Elle cultive des salades ?

 

  • Non, du plancton…

 

  • Pour qui ?

 

  • Pour ses méduses…

 

Là ce fut au tour de Raphaëlle de frémir mais elle sut faire bonne figure. Prenant son courage à deux mains elle demanda d’une petite voix à AMBROISILLE : « Elles dorment où les méduses de ta sœur ? »

 

  • Dans une immense grotte taillée dans les rochers près du château de ma mère.

 

  • Ta mère a un château au fond de la mer ?

 

  • Bien sûr puisqu’elle est la reine des mers.

 

  • Tu me racontes des histoires, montre-le-moi !

 

 

AMBROISILLE, tout heureux que Raphaëlle ne lui rappella pas qu’ils étaient là pour faire des bêtises mais rien que de penser à ADÈLE, il en avait la chair de poule, lui fit faire le tour du propriétaire du château de sa mère PÉTRONILLE.

 

 

Il y avait des portraits d’elle partout, Raphaëlle ne put s’empêcher de dire « mon Dieu qu’elle est laide mais rigolote ! » Ce qui fit beaucoup rire AMBROISILLE

 

Sorcière | Halloween artwork, Halloween painting, Halloween doodle

  • C’est pour ça qu’elle déteste ma sœur

 

  • Pourquoi ?

 

Regarde !

La petite sirène - Saison 2 - Poisson métallique - Vodkaster

Raphaëlle s’exclama : « Elle est canon ta sœur ! »

 

  • Ouais, ouais, tous les princes des mers veulent l’épouser…

 

  • Mais elle préfère les méduses !

 

  • Comment tu sais ça, toi !

 

  • Mon petit doigt me l’a dit.

 

  • Allez, suis-moi, je t’emmène les voir !

 

  • Les méduses ?

 

  • Ben oui, petite patate !

 

  • Je ne suis pas une petite patate monsieur qui a peur d’ADÈLE.

 

  • Que tu dis !

 

AMBROISILLE bougonna et fonça. Raphaëlle galopa. Ils arrivèrent en face d’une grande anfractuosité.  « C’est le PALAIS des MÉDUSES lui chuchota son guide qui n’en menait pas large.

10022817-la-merveilleuse-grotte-de-phraya-nakhon-en-thailande - Vivre en  Thaïlande

D’une voix fluette il prononça la formule magique « mais où est donc ornicar… » et l’imposante porte s’ouvrit.

Les plus belles photos sous-marines récompensées par Ocean Art en 2018 en  2020 (avec images) | Animaux sous-marins, Photos sous-marines, Photos de  l'océan Photos | Top 10 des méduses les plus incroyables Les méduses Les méduses autour de la Corse | Stéphan Le Gallais PHOTOGRAPHIE

 

Raphaëlle, face au spectacle incroyable de toutes ces méduses allongées sur des lits d’algues, fut estomaquée, chamboulée, émerveillée. Elle emplit sa tête de toutes ces images et tirant AMBROISILLE par le bras, elle lui dit « Il est temps pour moi de rentrer maman va s’inquiéter. »

 

  • Tu as raison rentrons !

 

  • Je suis grande, je saurai rentrer seule. Embrasse ta sœur et dis-lui que j’ai beaucoup aimé ses belles méduses.

 

  • Je ne lui dirai rien c’est notre secret Raphaëlle.

 

  • Comme tu veux AMBROISILLE

 

Elle lui claqua deux bises sur ses joues. Il rougit.

 

Revenue au cabanon elle s’endormit en suçant son pouce. Le matin, alors qu’elle buvait son Cacolac, elle dit à sa jolie maman « J’ai un peu peur des méduses… »

 

Elle ajouta d’une toute petite voix : « Tu ne le dis pas à Ambroise il se moquerait de moi… »

 

Signé : JACQUES

 

 

 

 

 

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 06:00

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Être une femme active dans le monde du vin, pas un « pot de fleur » qu’on exhibe pour être dans la tendance féministe, aujourd’hui comme hier, est un combat de tous les jours, et plus encore dans l’univers impitoyable des « grands vins ».

 

Dans son Hommage à Madame Lacaussade

 

Publié le 10 avril 2015, Dustin Soiseth écrit :

 

Mes aventures sur les routes du vin - Kermit Lynch - Roman ...

 

Dans Aventures sur la route des vins, Kermit évoque l'esprit indomptable de la propriétaire de l'Hôpital, Madame de Lacaussade, face aux négociants misogynes et aux enfants ambivalents; son attachement indéfectible à la vinification et aux cépages traditionnels; sa splendide relique de château et ses toilettes anciennes. «Je crois que le vin peut refléter la personnalité de l'homme ou dans ce cas de la femme qui le fabrique», écrit-il. «Madame de Lacaussade a une personnalité flamboyante et son vin est loin d'être fade. Puis je me rends compte que, aussi vraie que puisse être ma théorie, elle semble absurde. Le jus de raisin fermenté peut-il exprimer la personnalité d’un homme ou d’une femme? »

 

La suite ICI 

 

Je suis frappé par la persistance des postures de mâles dominants, y compris chez certains vignerons nature ou grands prêtres de cette cause s’affichant « révolutionnaires », des sévèrement burnés (marque déposée Bernard Tapie), des qui profitent de leur réputation pour draguer, harceler, mains baladeuses, les rares jeunes femmes qui exercent la profession de caviste. Ça vogue pas dans la finesse, c’est du lourd, du très lourd. Je me retiens de claquer le bec à certains de ces « Apollon ventripotent », leur river le clou en public…

 

Un jour sans doute, je le ferai sans sommations !

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Madame Lacaussade © Gail Skoff

Mais revenons à madame de Lacaussade :

 

27 mars 2008

Le courrier commercial d'une propriétaire très vieille France...

 

Cher Monsieur,

 

     Merci de votre lettre. Entendu pour le départ de cartons début octobre.

 

 

     Je suis tout à fait désolée de vous avoir ainsi contrarié au sujet du prix du vin. Je vous avais fait un prix amical pour le 1979, et ne pensais pas que cela deviendrait une habitude !

 

 

     Si j'ai le plaisir de vous revoir, je vous montrerai les factures de mes fournisseurs et de la main-d’œuvre pour le chai !

 

 

    Je ne compte pas mon temps, et vous n'ignorez pas que les expéditions pour les USA sont plus longues à préparer, le paiement plus lent aussi.

 

 

   Mes clients européens n'ont fait aucune difficulté concernant l'augmentation.

 

 

   Le 1979 était à trente francs ; il ne me reste que vingt-quatre bouteilles et autant de magnums, que je voudrais garder. Il me semble tout à fait normal d'augmenter de trois francs mon prix de vente.

 

 

    Le 1980 est peut-être médiocre chez les autres, mais pas ici.

 

 

    J'ai augmenté mon prix lors d'une réunion du CIVB après avis autorisé.

 

 

    N'oubliez pas que mon vignoble bien modeste, bien petit, est un cru exceptionnel rattaché aux Graves de Léognan. Sur ce territoire, il est impossible de trouver un prix approchant ; certains crus y jouent la politique du rendement et leur qualité ne vaut pas...la mienne.

 

 

    Comme je ne veux pas ruiner un homme aussi aimable et aussi amoureux du vin que vous, je veux bien vous consentir une nouvelle fois le prix amical de trente francs au lieu de trente-trois francs pour le millésime 1980, en échange de quoi vous voudrez bien me régler plus rapidement.

 

 

    Recevez, cher Monsieur, mon souvenir le meilleur.

 

                                                  Mme de Lacaussade

 

La suite ICI 

Couverture

 

Château de l'HOSPITAL ICI
 
 
Le Château de l'HOSPITAL est situé à PORTETS, à 24 km au sud de BORDEAUX, sur la rive gauche de la Garonne.
 

 

Au début du XVIII ° siècle c'était la maison de campagne de Jacques de LHOSPITAL, conseiller du Roi; il appartenait à ses propres vases à vin et des barriques étaient fabriquées au Château. Anne Catherine de LHOSPITAL, sa fille, se marie avec Jean-Jacques FOURNIER de la CHAPELLE, noble connu et puissant, conseiller du Roi. Esthète, il édifie le Château à la fin de l'Ancien Régime, et le nomme «DE L'HOSPITAL» en l'honneur de sa femme.

 

 

Classé Monument Historique en 1973, le Château est une superbe expression du style néoclassique et montre l'harmonie et le raffinement du XVIII ° siècle.

 

 

Propriété de la famille LACAUSSADE depuis plusieurs générations, elle appartient désormais au SCEA Château de l'HOSPITAL.

 

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 09:37

Lalou Bize-Leroy, le 31 juillet.

Lalou Bize-Leroy, le 31 juillet. Samuel Kirszenbaum pour "Le Monde"

Lorsque je revins aux affaires, comme il est de tradition de le dire, pour occuper le poste de directeur-adjoint du cabinet d’Henri Nallet, je mis un point d’honneur à ne pas mettre mon nez dans les dossiers vins. En effet, je venais de passer trois années comme directeur à la Société des Vins de France, premier opérateur français devant Castel, j’y voyais une forme de conflits d’intérêts. De plus, le poste de conseiller technique était occupé par Alain Berger venu tout droit de l’INAO et le secteur du gros rouge du Midi achevait doucement son agonie. Je dormais donc sur mes deux oreilles bien occupé par d’autres dossiers.

 

Et puis, un beau matin de septembre, c'était le 2 septembre 1988, comme tous les matins je dépiautais les journaux du jour ; en ce temps-là le Ministre et ses deux directeurs de cabinet étaient dotés de ce privilège matinal, Le Monde lui arrivait après le déjeuner.

 

Et soudain, stupeur, la Une du Libération de Serge July affichait Henri Nallet arrête les Japonais en Bourgogne

 

 

Ce fut l'équivalent de Charles Martel en 732

 

J’étais abasourdi.

 

C’était un coup médiatique concocté par les communicants du Ministre. Je fis grosse colère. J'ironisai devant Henri sur le risque de voir la Romanée commercialisée en cubi dans les grandes surfaces japonaises. Je fis aussi remarquer que ce coup de menton, très politique genre j'envie la canonnière, basé sur rien était du pire effet auprès du gouvernement japonais. On me prit de haut. Puis, face à la même colère du côté de Bercy, des Affaires Etrangères et enfin de Matignon, ce cher Henri me dit, tout sourire « arrange-moi ça ! » Ainsi, après une entrevue avec le conseil de Lalou Leroy-Bize, je fis sa connaissance, nous rassurâmes les japonais, nous remîmes le dosser sur ses pieds et tout rentra dans l'ordre...

 

Dans une chronique du 29/02/2008 j’offrais à mes lecteurs des extraits de ce veto historique.

 

Si vous souhaitez la lire c’est ICI 

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur Dallas in Burgundy c’est ICI 

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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 06:00

Dionysos et le Ressuscité - Philippe Sollers/Pileface

Dans mes archives j’ai retrouvé ce texte tiré de l'essai sur le goût du vin à l'heure de sa production industrielle écrit par Michel Le Gris présenté par son éditeur comme «philosophe de formation, critique musical à ses heures, exerce à Strasbourg le métier de caviste à l'enseigne du Vinophile. » 10 rue d’Obernai (station de tram Musée d’art moderne)

 

Amazon.fr - Dionysos crucifié : Essai sur le goüt du vin à l'heure ...

 

Loin d'être appréhendés comme l'aboutissement d'une histoire plurimillénaire, les produits de l'activité humaine sont souvent tenus pour l'émanation spontanée d'une nature immuable. Le monde de la vigne et des vins ne fait pas exception à cette perception naïve des choses. En dépit de ce qui le rattache encore à la nature, il a été soumis, comme bien d'autres, à des mutations que nos contemporains ne perçoivent que difficilement, alors même qu'elles ont grandement modifié, avec le goût des vins qu'ils continuent de boire, leur faculté personnelle à les apprécier (...)

 

 

"On ne niera pas que le goût des vins relève  des catégories conjointes du beau et du bon, puisqu'il participe à la formation d'un plaisir stylisé, capable de dépasser la simple appétence sensorielle. Mais, pendant que l'on nous abreuve de propos sublimes sur le vin comme oeuvre d'art, les tendances œnologiques qui prévalent de fait reconduisent inlassablement les formes les plus primaires du goût, plus aptes, il est vrai, à la conquête des marchés qu'au raffinement de la sensibilité. Loin de faire un obstacle à sa banalisation, la célébration du vin comme "produit culturel" en est devenu le prétexte et le paravent, si bien que c'est à une double perversion que nous sommes présentement confrontés : les procédés modernes de stabilisation dénaturent les qualités alimentaires de la boisson, tandis que l'objet esthétique est affadi par sa soumission à de lucratives stratégies de simplification. Ici comme ailleurs, c'est dans la modestie et la discrétion que continue à se chercher une authentique singularité gustative, alors que s'exposent avec ostentation, sur les tréteaux de la "création artistique", des produits complices du plus plat conformisme esthétique.

 

La suite ICI

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 06:00

 

Rien n’est de moi, tout est de Jérôme Garcin ICI 

 

« Indifférente aux modes, l'Auvergne produit des valeurs sûres, sur quoi le temps n'a pas prise : des pneumatiques, de l'eau minérale, du bleu, de la fourme, des couteaux, de la dentelle et des chroniques de Vialatte. Sans cesse rééditées depuis la mort, en 1971, de l'auteur de «Battling le ténébreux», elles se dégustent nature, à l'unité ou en bloc. On les trouve chez tous les bons libraires. La collection «Bouquins» en a même tiré deux gros volumes, où l'on ressent l'effet de foehn, entend hurler les loups et apprend que «Pascal aimait tellement l'Auvergne qu'il naquit à Clermont-Ferrand».

 

De Jacques Audiberti :

C'est un Peau-Rouge, c'est un hercule forain, c'est le Fuégien tatoué d'une tortue. Que dis-je ? C'est une kermesse complète.»

 

De Blondin :

C'est un cavalier d'Ekebù

 

De Céline :

Il a bâti des cathédrales de vomissure qui se mirent dans des lacs de purin.»

 

De Dutourd :

C'est un don Quichotte qui se méfie des moulins à vent

 

De Montherlant :

Il est tout entouré de bustes et de citations.»

 

De l'homme de Chaval :

C'est un pingouin qui s'est mis le chapeau de Bonaparte.»

 

Et des héroïnes de François Mauriac :

Ce sont des Agrippine de département

 

Ajoutons qu'il n'aimait pas l'Académie française, où «la littérature n'entre que si elle est conformiste, et encore sur la pointe des pieds». Il se moquait - c'est hilarant et injuste - de Jankélévitch en donnant une version charcutière et cantalienne du je-ne-sais-quoi et du presque-rien. Il jugeait que «Gallimard, c'est l'usine et Grasset, la manufacture». Et il tenait que les dictionnaires «sont sûrs, car ils sont faits par des étudiants pauvres».

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 08:00

Livre: Les yeux de la momie / l'intégrale des chroniques de cinéma ...

« Tous les journalistes sont des menteurs et des putes », rappelle manchette en conclusion des chroniques de cinéma hebdomadaires qu’i publia Charlie hebdo de 1979 à 1982 sous le titre « Les yeux de la momie ».

 

Préface de Gébé

 

Manchette nous laisse une masse de critiques où le nom des films importe peu. On peut remplacer les titres. Restent son jugement, son discernement, sa lucidité, sa pénétration, sa morale qui s’appliquent à tout. Une philosophie.

 

Les Yeux de la momie - Jean-Patrick Manchette - SensCritique

Frédéric Bonnaud

 

Manchette aimait le cinéma, mais plus guère celui de son temps. D'où ce mélange de compétence et de désinvolture qui fait tout le prix de son recueil d'articles.

 

On sort de ce livre comme d'une cure. Ainsi, à côté du génial romancier, il existait aussi un grand critique, qui a écrit à la fois sa passion du cinéma (mais pas seulement...) et son dégoût du journalisme ("Tous les journalistes sont des menteurs et des putes", bien dit !) pendant plus de deux ans, d'août 79 à décembre 81, dans les colonnes de diverses publications "bêtes et méchantes" (Charlie hebdo, La Semaine de Charlie, L'Hebdo Hara-Kiri, et même le très fugitif Charlie Matin). En le découvrant en un seul bloc, on est d'abord frappé par l'alliage inédit de deux qualités devenues rares, même prises séparément : une extrême compétence (Manchette sait parfaitement de quoi il parle, il connaît même Irving Lerner, ce qui n'est pas donné à tout le monde) et une parfaite désinvolture (il finit par "avouer" qu'il n'a souvent même pas vu ce dont il parle, sauf les "reprises").

 

C'est que pour lui, le cinéma est fini, juste apte au grand recyclage.

 

D'un côté, il y a le stock, les fameuses "reprises" justement ("Je vais finir par croire que j'ai été traumatisé par une chaussette dans ma petite enfance"), avec le quatuor de génies immortels (Ford, Lang, Hitchcock, Welles), les perles (Péché mortel ou Now voyager) et les déesses (Gene Tierney, "On en meurt ou on en reste idiot, je le sais, je l'ai pas eue" ) 

 

Et de l'autre, le robinet des sorties, le tout-venant, avec en vrac les films de Costa-Gavras ("ce cinéaste a la vue basse"), ceux d'Altman ("ce pauvre débile"), ceux de Bertrand Blier ("que je boycotte depuis Les Valseuses, pour cause d'ignominie dans sa tête") et ceux de Wajda ("le célèbre con centriste, anus du pape en second").

 

On le voit, Manchette a l'insulte facile et drôle, il aime bien "déconner" la suite ICI 

 

Clair de femme - Film (1979) - SensCritique

 

6 septembre 1979

 

« Par exemple, dans le confort douillet et gratuit d’une projection privée, aurais-je aimé Clair de femme ? Évidemment non. Sujet : un monsieur vieillissant quitte la compagne de sa vie à la demande de cette dernière (la compagne, pas la vie) qui, cancéreuse, préfère se flinguer tout de suite. Et, dans la nuit, le monsieur unit son désespoir à celui, encore plus pire, d’une dame dont la fillette est morte et le mari complètement débranché dans sa tête (agnosie). Question : l’amour peut-il triompher de la déchéance et de la mort ? Réponse : des fois on croit ça mai fait non. À l’appui de cette thèse, des images léchées de déchéance, d’élans désespérés et retenus, et puis du dialogue désespéré et retenu aussi, sobre, tout ça. Montand et Schneider font leur numéro, avec capacité et conviction. Costa-Gavras filme avec capacité et conviction. Le résultat est, comme son nom l’indique, un bol de mastic.

 

L'Aveu” : le procès des procès staliniens

 

Permettez-moi une digression qui va me permettre de dégager une vieille colère, vieille de plusieurs années. Au temps où Costa-Gavras et Jorge Semprun, et Montand, ont entrepris de critiquer le stalinisme dans L’Aveu, ils ont choisi de porter à l’écran le témoignage d’un homme d’appareil maltraité par ses collègues, le témoignage d’un stalinien, le témoignage d’un menteur. Quand on sait ce qu’Arthur London avait écrit sur le POUM espagnol (en particulier pages 249, 254 et 255 de son livre Espagne, éditeurs français réunis, vous pouvez vérifier), quand on sait que les mêmes calomnies avaient servi de prétexte aux staliniens pour torturer et assassiner de nombreux militants du POUM, on se dit qu’Arthur le menteur était bien placé pour se plaindre après ce que ses petits copains eurent entrepris de lui tordre les couilles à lui aussi. C’est pourtant son histoire que Costa-Gavras et ses potes choisirent de tourner, plutôt que l’histoire d’un Andrès Nin ou d’un Berneri (ceux-ci, il est vrai, après être passé entre les mains des staliniens, se sont trouvés définitivement incapables d’écrire un best-seller).

 

L’Aveu et Clair de femme n’ont aucun rapport. Est-ce bien sûr ? Le problème de Costa-Gavras n’est-il pas qu’il pose toujours des questions fausses ? En amour comme à la guerre, il apparaît que ce cinéaste à la vue basse. C’est cohérent.

 

Lettre d’Yves Montand parue dans le numéro du 13 septembre 1979

 

En tant qu’abonné de Charlie hebdo, j’ai lu ça (la critique ci-dessus)

 

Tout ceci me paraît cousu de fil blanc pas très propre, comme dirait mon ami Jacques Prévert. En effet, dix longues années après, c’est toujours à Arthur London qu’il faut poser la question, mais sûrement pas au scénariste et au réalisateur qui ont tout fait pour souligner dans le film la part de responsabilité de l’auteur ainsi que celle de tous les responsables staliniens, militants, sympathisants, où, comme moi, compagnons de route dans d’autres « aveux ».

 

Il me semble tout à coup être revenu dix ans en arrière, quand les Kanapa de service avaient ordre d’aboyer et si possible de mordre.

 

Salut

Yves Montand

 

1er PS : En ce qui concerne la liquidation du POUM, vous devriez (quand on veut bien faire ce métier de critique), vous devriez, dis-je, avoir vu le film de Jorge Semprun, Les Deux Mémoires.

 

Les Deux mémoires - Catalogue des restaurations et tirages - La ...

 

2e PS : Je souhaite au cinéma en général et aux metteurs en scène français en particulier d’avoir « la vue aussi basse » que celle de mon ami Costa-Gavras, et d’avoir le talent et le courage de réaliser Z, État de siège, L’Aveu en tenant bien compte du contexte politique dans lequel ces films ont été réalisés.

 

Le PS du 20 septembre 1979 de JP Manchette

 

On a pu lire dans le dernier Charlie hebdo une lettre d’Yves Montand faisant suite à mes remarques désagréables sur le vieux film l’Aveu. Mes remarques étaient claires. La lettre l’est aussi, et n’appelle donc pas de réponse. Surtout que, plutôt qu’avec Montand, j’aimerais m’engueuler avec des salauds méprisables. Quant à la recommandation  que me fait Montand de voir Les Deux Mémoires de Jorge Semprun, elle tombe à plat car je l’ai vu, et elle confirme notre désaccord car ce film aussi me paraît courtaud. Davantage que la comparaison avec Jean Kanapa, la suggestion que je pourrais vouloir faire bien mon travail est une offense. Mais le déstalinisé meurtri étant un gibier trop facile à tirer, nous en resterons là.

 

Romain Gary "Clair de femme" - Bouquinerie du Lion - Belfort

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 06:00

nestor téléphone - TINTINOMANIA TINTIN ET L'IMPERTURBABLE MONSIEUR SANZOT - TINTINOMANIA

Je vous le concède mon titre est d’un très très bas niveau mais, j’ai une excuse, comme en boucherie, surtout à la boucherie Sanzot il y a des bas-morceaux excellents et bon pour le porte-monnaie.

 

Moi au moins je n’ai pas vendu mon âme en bitcoins comme le français Mark Karpelès dans le livre-enquête du journaliste américain Jake Adelstein à propos de l'affaire MtGox « J’ai vendu mon âme en bitcoins » (éditions Marchialy)

 

J'ai vendu mon âme en bitcoins - Jake Adelstein - Babelio

 

Vous connaissez mon goût pour les petits livres, le titre m’a plu : « J’ai vendu mon âme en bitcoins » 6,90 euros ça ne pas ruiné, et sa lecture m’a captivée.

 

Comme je suis un ramier, plus encore en été, je vous propose de lire la critique de GREGORY RAYMOND  PUBLIÉ LE 12/03/2019

 

Fil Web | Affaire MtGox : Le Bourguignon Mark Karpelès rejette les ...

 

1 vision très personnelle du casse du siècle

 

J’ai beaucoup aimé le livre-enquête du journaliste américain Jake Adelstein à propos de l'affaire MtGox. Mais cette plongée dans l’adolescence turbulente du Bitcoin est troublée par le rôle actif de l'auteur.

 

Je n’attendais pas grand-chose de “J’ai vendu mon âme en bitcoins” (éditions Marchialy), le livre consacré à l'affaire MtGox, dont la faillite a bien failli anéantir la crypto monnaie. MtGox, avec à sa tête le Français Mark Karpelès, était jusqu'en 2014 la principale plateforme web pour acheter des bitcoins. Elle a brutalement fermé ses portes en février de cette année-là avant d'annoncer la perte de 850.000 unités (environ un demi-milliard de dollars à l’époque). Le Français de 33 ans attend le verdict de la justice japonaise le 15 mars prochain. Il encourt jusqu’à 10 ans de prison, notamment pour détournement de fonds et manipulation de données informatiques.

 

Je n’étais pas forcément emballé par la perspective de cette lecture car tout a déjà été écrit et filmé à ce sujet. Je retiens notamment le très bon long read publié par Fortune en avril 2018, le divertissant “Bitcoin Big Bang” diffusé un mois plus tôt sur Canal+ ou encore les excellents documentaires américains “The Rise and Rise of Bitcoin” (2014) et “Banking on Bitcoin” (2016). Mais le livre-enquête de Jake Adelstein parvient quand même à emmener son lecteur.

 

C’est une passionnante rétrospective dans l’adolescence turbulente du Bitcoin, à l’époque où les stars du milieu se nomment Roger Ver ou Ross Ulbricht. Ils sont alors les représentants d’une certaine idée de la liberté (de préférence avec le moins d’État possible) au sein de laquelle Bitcoin est l’instrument d’un monde où les citoyens peuvent jouir sans entrave (comprendre : sans les banques). Le livre n’oublie pas de revenir sur les racines cypherpunk du Bitcoin, un mouvement qui milite pour protéger la vie privée sur Internet en s'appuyant sur la cryptographie.

 

Il n’omet pas non plus de rappeler que c’est l’époque où Bitcoin = drogue, mais l'auteur a le chic de raconter une histoire dont les bad guys sont des hommes de chair et de sang et à aucun moment Bitcoin n’est présenté comme néfaste. On sent qu’il nourrit une relation intellectuelle avec le protocole.

 

La suite ICI 

 

Les tous premiers bitcoins seront émis le 3 janvier 2009, quelques semaines après la publication du livre blanc fondateur de Satoshi Nakamoto, le 31 octobre 2008.

 

Le bitcoin est une monnaie virtuelle qui n’est adossée à aucun gouvernement ni aucune banque. C’est une monnaie totalement dématérialisée et anonyme. Les règles de l’émission des bitcoins sont régies par un code informatique libre. Avec une majuscule, Bitcoin désigne le système de paiement dans cette monnaie. Le bitcoin s’échange librement, il a une valeur qui oscille perpétuellement en fonction de l’offre et de la demande. Il a tout d’une « monnaie » virtuelle mais sans aucun contrôle des changes, ni registre central, elle garantit ainsi un haut niveau d’anonymat.

 

Qui est Satoshi Nakamoto, l’inventeur du Bitcoin ?

 

Le Bitcoin est une crypto-monnaie dont le fondateur n’est pas encore officiellement connu, suscitant de nombreuses hypothèses à son sujet. Retour sur le mystérieux Satoshi Nakamoto.  ICI 

 

Il y a 10 ans, l'acte de naissance du Bitcoin et de la Blockchain

Par Delphine Cuny  |  31/10/2018

 

Le 31 octobre 2008, un certain Satoshi Nakamoto publiait son livre blanc sur le Bitcoin, présenté comme un système de paiement électronique pair-à-pair. Les tous premiers bitcoins seront émis quelques semaines plus tard, le 3 janvier 2009. Un texte fondateur pour la technologie Blockchain aussi et le début d'une aventure tumultueuse. ICI 

Affaire MtGox : Le Bourguignon Mark Karpelès rejette les accusations ICI

 
Mark Karpelès est originaire de Chenôve, près de Dijon. Il est jugé au Japon pour la faillite de la plateforme MtGox d'échange de bitcoin. 10 ans de prison ont été requis contre le Bourguignon qui a plaidé non-coupable.
Par AFP - 27 déc. 2018 

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 06:00

Le charme désuet et rassurant des maisons de confiance est-il à jamais disparu ?

Chroniquer, pour reprendre, en la tordant un peu, l’image utilisée par l’un des pères de la chronique, Alexandre Vialatte, c’est comme faire pousser une herbe dans les fentes d’un mur.

 

Enfant, lorsque j’allais me promener ou allait rentrer les vaches du pépé Louis pour la traite, sur le chemin de la Garandelière, j’étais fasciné par toutes ces plantes qui poussaient entre les fentes des vieux murets de pierre qui bordaient le fossé. Indestructibles, vivaces, elles résistaient à tout, la sécheresse, le froid, les intempéries. Lorsqu’à l’école d’agriculture nous allions herboriser avec notre prof de sciences naturelles, Mr Girard, flore en mains, j’ai pu les identifier, depuis j’ai tout oublié.

 

LLOYD Flore Ouest de la France 1897 Botanique Bretagne Vendée ...

 

Beaucoup de mes chroniques, 7492 au compteur, n’ont pas survécu à l’usure du temps, mais certaines restent encore vivaces et, en m’envoyant des fleurs, qui d’autre le ferait mieux que moi, elles recelaient à la fois une curiosité de bon aloi et une belle capacité d’anticipation. T toc, il a le melon !

 

J’adore le melon, alors j’assume, y compris mes erreurs.

 

Pour étayer mes dires je prends un exemple :

 

Je lis dans les ÉCHOS

 

La société de défiance: comment le modèle social français s'auto ...     

 

Le modèle social français entretient la défiance

Par Pierre Cahuc  (chroniqueur | professeur d'économie à Sciences po),

Yann Algan  (doyen de l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po)

Publié le 25 sept. 2007 Mis à jour le 6 août 2019

 

La Sécurité sociale fabrique-t-elle de la solidarité... ou la détruit-elle ? Dans une chronique publiée dans « Les Echos » du 18 septembre 2007, intitulée « Pour une protection sociale durable », François Ewald affirme que « certains, comme Yann Algan et Pierre Cahuc, en viennent à soutenir que, loin de produire plus de solidarité et de confiance, la Sécurité sociale est au principe d'une société de défiance. En d'autres mots, la Sécurité sociale désolidarise. Elle engendre une sorte d'individualisme méfiant et jaloux. » Nous remercions François Ewald de faire référence à notre ouvrage, « La Société de défiance - Comment le modèle social français s'autodétruit », à paraître aux Editions de la rue d'Ulm le 8 octobre. Néanmoins, loin de suggérer que la Sécurité sociale désolidarise en soi, nous montrons que c'est son mode de fonctionnement spécifiquement français, fondé sur une logique corporatiste et peu transparente, qui désolidarise et conduit, en fin de compte, à un manque plutôt qu'à un excès de sécurité sociale. Nous soutenons aussi que le modèle social des pays scandinaves, fondé sur des règles transparentes et égalitaires, explique une grande partie de la confiance mutuelle des citoyens de ces pays.

 

En effet, depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés montrent que les Français, plus souvent que les habitants des autres pays, se méfient de leurs concitoyens, des pouvoirs publics et du marché. Cette défiance va de pair avec un incivisme plus fréquent. Ce sont dans les pays scandinaves, dont les systèmes de protection sociale sont les plus généreux, que les citoyens sont les moins méfiants et les plus civiques. Or, en France, défiance mutuelle et incivisme persistent depuis plusieurs décennies. Grâce à une étude détaillée de l'évolution des attitudes sociales sur la longue période, nous constatons que le civisme et la confiance mutuelle des Français se sont dégradés après la Seconde Guerre mondiale. Nous montrons que cette dégradation est intimement liée au fonctionnement de leur Etat et de leur modèle social. Après la Seconde Guerre mondiale, le modèle social français s'est construit sur des bases corporatiste et étatiste. Le corporatisme, qui consiste à octroyer des droits sociaux associés au statut et à la profession de chacun, segmente la société, opacifie les relations sociales, favorise la recherche de rentes, entretient la suspicion mutuelle et mine les mécanismes de solidarité. Il conduit à un éclatement des régimes de retraite, de santé, de sécurisation des parcours professionnels, qui empêche la mise en place d'une Sécurité sociale transparente et efficace. L'étatisme, qui consiste à réglementer l'ensemble des domaines de la société civile dans leurs moindres détails, vide le dialogue social de son contenu, entrave la concurrence et favorise la corruption. Le mélange de corporatisme et d'étatisme est au coeur du cercle vicieux de la défiance actuelle et des dysfonctionnements du modèle social.

 

La faiblesse du dialogue social rend nécessaire l'intervention de l'Etat. Mais selon une logique dirigiste et corporatiste, l'intervention de l'Etat français aboutit généralement à accorder des avantages particuliers aux groupes qui en font la demande, souvent au détriment du dialogue social, du respect des règles de la concurrence et de la transparence. Ce type d'intervention entretient la défiance mutuelle et favorise, en retour, l'expansion du corporatisme et de l'étatisme. C'est cette spirale de la défiance qui rend si difficile l'évolution du modèle social français vers un système socio-démocrate que nous envions tant aux Scandinaves et qui assure une protection sociale efficace.

 

Ainsi, loin d'affirmer que la protection sociale mine la solidarité, comme semble l'avoir compris François Ewald, nous montrons au contraire qu'une protection sociale efficace, fondée sur des règles transparentes et équitables, peut entretenir le civisme et la confiance, comme l'illustrent les pays du nord de l'Europe. C'est bien parce que notre modèle social est corporatiste, opaque et inéquitable qu'il entretient l'incivisme et la défiance.

 

YANN ALGAN ET PIERRE CAHUC

 

21 février 2008

La société de défiance

 

C'est le titre d'un petit opus (99 pages format 14x18) qui a été élu par le magazine Lire MEILLEUR ESSAI 2007, il est sous-titré : "Comment le modèle social français s'autodétruit" il est signé par Yann Algan et Pierre Cahuc du Centre Pour La Recherche et ses Applications dirigé par un économiste dont j'apprécie les analyses Daniel Cohen. Même si je ne suis pas très amateur de grandes enquêtes internationales menées par des officines spécialisées, les grandes tendances qu'elles dégagent sont significatives et donnent une grille d'analyse intéressante. Pour avoir vécu en direct, les mains dans le cambouis, le blocage des routes par les camionneurs, le "siège" de Paris par les tracteurs de la "Coordination Rurale", les exactions en tout genre des CAV, des producteurs de pomme de terre bretons, des éleveurs de moutons contre les camions anglais... Je partage largement le diagnostic avancé par les auteurs dans la seconde partie de l'ouvrage. Comme à l'accoutumé je vous livre des extraits de l'introduction pour vous inciter à lire l'ensemble.

 

« Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés montrent que les Français, plus souvent que les habitants des autres pays, se méfient de leurs concitoyens, des pouvoirs publics et du marché (...)

 

Comment expliquer un tel déficit de confiance en France ? Quelles en sont les conséquences ?

 

La suite ICI

 

La Fabrique de la défiance... et comment s'en sortir", de Yann ...

 

Piqûre de Rappel

21 janvier 2015

La société de défiance « Quand les règles passent pour universellement tournées, ceux qui les respectent se sentent floués.»

 

Je ne vais pas vous faire le coup de « je vous l’avais bien dit » mais me contenterais de rappeler que souvent je vous ai demandé de réfléchir avec le recul nécessaire.

 

La profondeur chère à Alessandro Baricco, tout le contraire des barbares qui ont inventé l’homme horizontal qui consacre tout son temps, son intelligence à voyager en surface, au lieu de se damner à plonger en profondeur.

 

Le surf, l’instant, l’absence d’effort, le flux tendu, la superficialité…

 

La suite ICI 

 

SCHEMA Société de la défiance

 

MERCREDI 21 JANVIER 2015

France, La société de défiance par Aredius44 ICI  

 

«  La France, selon un sondage du World Values Survey est le pays où la plus forte proportion de personnes interrogées ne trouvaient « pas injustifiables de réclamer indûment des aides publiques ». Et c’est aussi l’un des trois pays où la méfiance envers les autres et les institutions est la plus élevée.

 

Explication : dans une société où chacun soupçonne son voisin de tirer avantage du système, chercher à en faire autant n’apparaît pas comme fautif. Quand les règles passent pour universellement tournées, ceux qui les respectent se sentent floués. Quand les simples citoyens apprennent qu’un député, voire un ministre, ne paye pas ses impôts, ils sont incités à frauder eux-mêmes. Le niveau élevé de la fraude, fiscale et sociale, dans notre pays, qui contraste avec la vertu des Scandinaves, pourtant bien taxés, eux aussi, s’explique de cette manière. »

 

Georges de Ménil

Dans Commentaire 2008

 

Un aspect rafraîchissant de ce livre est sa démarche résolument comparative. Les attitudes civiques, la centralisation étatique, l’intensité de la réglementation des marchés – tous les sujets abordés sont systématiquement examinés à la lumière d’une comparaison internationale chiffrée.

 

Cette approche comparative a plusieurs mérites. D’abord, elle fait ressortir de façon dramatique le degré de « l’exception française ». Dans presque tous les tableaux et graphiques du livre – et il y en a une cinquantaine –, la France est un cas extrême. C’est l’un des deux ou trois pays du monde développé où la confiance en autrui est la moindre, où les systèmes de protection sociale sont les plus segmentés, où la représentation syndicale est la plus faible…

 

https://laviedesidees.fr/squelettes/images/College_logo.png

Peut-on se fier à la « société de défiance » ? ICI

 

Par Éloi Laurent  le 13 janvier 2009

 

La confiance s’est envolée : tel semble être le constat qui s’impose en ces temps de marasme économique et d’effondrement du système bancaire. Il est donc urgent de mieux définir les contours de cette notion floue et insaisissable, ce qu’Éloi Laurent propose à travers une critique serrée de La Société de défiance de Yann Algan et Pierre Cahuc.

 

La crise globale, financière et économique, déclenchée au printemps 2007 a placé au centre du débat public mondial le thème de la confiance : confiance dans les relations interbancaires, confiance des ménages et des entreprises dans l’avenir, confiance des marchés dans la signature de la puissance publique. De cette profusion verbale émergent deux problématiques générales : l’importance, qui paraît considérable, de la confiance dans les « démocraties de marché » se manifeste par la disparition de celle-ci ; il semble en outre assez difficile de savoir ce que recouvre exactement cette notion, dont l’usage plastique paraît masquer une grande confusion. La confiance se signale par son absence et demeurerait insaisissable quand elle existe. L’importance accordée par une recherche de plus en plus volumineuse à la notion de confiance est d’ailleurs inversement proportionnelle à la précision, en moyenne, des conceptions théoriques et des instruments empiriques mobilisés. SUITE ICI 

Vous avez dit société de défiance? ICI 

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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 06:00

Moderniser les rouges du Languedoc me dit-on, mais jusqu'où ira-t ...

5 janvier 2008

 

Pensées de bord de bar sans fumée... ICI

 

Maintenant le loulou de bord de bar ne dit plus « Sers-moi un 13 bien tassé ! » mais « je voudrais du cabernet ! ». Le Dieu cépage règne en maître chez les licheurs éclairés, le reconnaître, l’identifier, le nommer, c’est la marque d’une nouvelle noblesse du jaja.

 

L'HOMME :

 

«  Je crois parfois que Dieu en créant l'homme à quelque peu surestimé ses capacités. »

 

Oscar Wilde

 

Bonne journée !

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