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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 11:30

Dictionnaire amoureux de l'Esprit français

« Emmanuel Macron incarne évidemment à sa manière une partie de l’esprit français. Il a symbolisé ce panache, et les électeurs l’ont suivi. Jusqu’à ce qu’il cesse de plaire… »

Metin Arditi écrivain essayiste suisse d’origine turque.

Je me pose toujours la question : pourquoi nos  voisins suisses et belges s’intéressent-ils de très prêt à ce qui se passe dans notre foutu pays, et tout particulièrement au moment des votations ?

 

La réciproque n’est guère vraie, nos grands médias se fichent pas mal de ce qui se passe chez nos voisins francophones.

 

« Au terme du voyage que l'écriture de ce dictionnaire m'a amené à faire, je reste frappé par ce paradoxe, la cohabitation intime d'immenses prophètes Pascal, Diderot, Renan, Péguy – et de saltimbanques talentueux, souvent géniaux, Molière, Beaumarchais, Colette, Guitry, Piaf.[...]La liberté, trait saillant de l'esprit français, tient à ce que, lorsqu'on fait la fête, les prophètes ne sont jamais loin. Il y a là une spécificité française, une cohabitation qui ne se retrouve, je crois, dans aucune culture. »

 

«Je voudrais bien savoir, dit Molière, si la grande règle de toutes les règles n'est pas de plaire ».

 

Partant de ce constat, Metin Arditi, amoureux de l'esprit français, sillonne les champs de la séduction à la française, de l'élégance subtile et du mot, « le mot qui fait mouche ».

 

Le fait de travailler simplement, d’être «besogneux» est affreux. Je l’écris dans le livre: «Quelle horrible épithète! L’adjectif se veut blessant. Un besogneux n’a pas d’allure. Il ne se préoccupe pas de plaire. Il ne fait pas dans la légèreté. Il ne s’occupe que d’être utile. Mais quel avenir peut donc espérer ce malotru?» Le savoir-faire est méprisé en France et cela, ce n’est pas bien. On ne peut pas vouloir plaire et être besogneux.

 

Les «grandes écoles» qui forment l’élite du pays distillent une formation qui dénigre l’apprentissage, le goût de la réalité, les choses simples dans lesquelles se retrouvent les artisans, les paysans, les commerçants.

 

«L’esprit français engendre un redoutable déni des réalités» ICI 

 

Metin Arditi admire la France et ce qu’elle a apporté au monde. L’écrivain suisse le dit avec passion dans son «Dictionnaire amoureux de l’esprit français». Mais cette grandeur a aussi un prix.

Terrible.

Épuisant.

Et toujours fascinant

 

Metin Arditi, essayiste et romancier, rencontré à Genève — © Keystone

  • Vous citez d’emblée, dans votre «Dictionnaire amoureux de l’esprit français», cette phrase de Molière: «Je me demande bien si la plus grande des règles n’est pas de plaire.» L’art de la séduction reste, selon vous, incontournable en France?

 

L’obligation historique de plaire est au cœur de l’esprit français et il en découle une obligation de théâtralité que l’immense Molière avait comprise mieux que personne. Est-ce un miroir dans lequel les Français se regardent en permanence? Est-ce un terrible exercice narcissique? Non. C’est d’abord un refus de l’enfermement. L’intellectuel français classique doit s’exposer, s’exprimer, parler. La société française est une société du verbe, donc de la séduction. Est-ce glorieux? Pas toujours. Les échecs sont nombreux. On pense à Dom Juan. Mais comment ne pas avoir une infinie tendresse pour cette volonté, sans cesse, de s’affranchir des faits? En littérature, dans les arts, dans l’histoire, elle a, au fil des siècles, produit des miracles. Mais l’esprit français engendre aussi un redoutable déni des réalités.

 

  • Justement. S’affranchir des réalités pour séduire, ou pour «plaire» comme l’écrit Molière, n’est-ce pas un redoutable piège?

 

L’esprit français, c’est prendre ses distances avec le réel. Parce que le réel n’est pas ce qui compte vraiment. Prenez Versailles: c’est un palais, c’est une réalité, c’est un roi, c’est le symbole de la monarchie absolue. Mais Versailles, à l’époque de Molière, c’est la cour, c’est aussi une société artificielle, cachée derrière des masques et des paravents. L’esprit français est la clé pour comprendre à la fois la grandeur de la France, son charme fou, et ses difficultés reflétées aujourd’hui d’une certaine façon par la crise des «gilets jaunes». Les «grandes écoles» qui forment l’élite du pays distillent une formation qui dénigre l’apprentissage, le goût de la réalité, les choses simples dans lesquelles se retrouvent les artisans, les paysans, les commerçants. Mon dictionnaire est amoureux. Mon affection et ma tendresse pour le brillantissime esprit français sont infinies. Sauf que le coût de ce dernier est énorme. La société française paie un prix colossal, insupportable, à cette obsession du panache.

 

La suite ICI

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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 06:00

 

Ceux qui me lisent régulièrement vont sourire, « il ne manque pas d’air, de vin il n’en parle plus beaucoup… » J’en conviens, en plus de quinze années de labeur j’ai fait le tour de la question, me contentant de licher des vins nu en bonne compagnie, oui, oui, je baguenaude au gré de mes envies.

 

L’eau donc, l’eau pure, fraîche, tirée du puits du Bourg-Pailler, qu’enfant nous buvions au pot. Souvenirs, souvenirs, il n’empêche que lorsque l’on boit du vin nu, entrecouper les séquences, par des verres d’eau, permet  de ne pas se déshydrater.

 

L’eau du robinet alors puisque l’eau minérale en bouteille n’est guère respectueuse de l’emprunte carbone. Les restaurants, de plus en plus, présentent à leurs clients de l’eau micro-filtrée, plate ou gazeuse. ICI 

 

 

À Paris nous avons des puits artésiens - Passy, La Chapelle, Butte-aux-Cailles, les 3 dernières fontaines d'eau de source. ICI 

 

Les puits artésiens de Paris ne sont plus que trois en activité de nos jours. Ces fontaines d’Albien, pourvoyeuses d’eau de source d’une rare pureté, font le bonheur des riverains qui se pressent pour remplir des récipients gratuitement. Protégé par les couches fossiles de la pollution de surface, le précieux liquide s’il est légèrement ferrugineux et naturellement riche en fluor demeure peu minéralisé. Il ne présente ni calcaire ni ajout chloré et très peu de magnésium. Les puits artésiens, du nom de la province d’Artois où sont entrepris les premiers forages du genre au XIIème siècle, permettent aux populations d’accéder à une eau de grande qualité. A partir des années 1830, le progrès technique rend possible des forages particulièrement profonds. Paris, comme toutes les grandes villes modernes de cette époque, est alors confronté au défi de l’eau potable. Cinq puits artésiens vont voir le jour entre 1841 et 1929. Trois équipés de fontaines publiques sont parvenus jusqu’à nous, grâce à la rénovation des anciens forages, dirigée par Eau de Paris à partir de 1994, à Passy square Lamartine, à La Chapelle square de la Madone et à la Butte-aux-Cailles place Paul Verlaine.

La suite ICI

Le puits en 1900, photographié par Eugène Atget.

Puits artésien de la Butte-aux-Cailles

 

À la suite du forage réussi des puits artésiens de Grenelle, Passy et Hébert au cours du XIXe siècle, et sur une idée de François Arago, un puits artésien est envisagé sur la Butte-aux-Cailles afin d'alimenter le quartier en eau et de déverser le surplus dans la Bièvre, affluent de la Seine coulant à proximité et dont le débit est à cette époque devenu insuffisant. Le préfet Haussmann décide du forage par arrêté préfectoral le 19 juin 18632.

 

Les travaux ne commencent que le 28 août 1866 et débutent par l'érection d'une tour de forage en bois. Ils sont sur le point de s'achever en 1872 lorsque le forage atteint les argiles coulantes du Gault, juste au-dessus de la nappe aquifère. Mais, à la suite d'un désaccord entre l'entrepreneur et l'administration, ainsi que du manque d'argent (Paris est assiégée en 1870, la Commune de Paris a lieu en 1871), les travaux sont interrompus. Qui plus est, la Bièvre est progressivement enfouie et ne nécessite plus d'être alimentée. L'aqueduc de la Vanne alimente le réservoir de Montsouris en 1874, permettant la distribution d'eau dans le sud parisien. Pendant une vingtaine d'années, la tour en bois, abandonnée, reste témoin de la tentative. La place où elle s'élève est néanmoins baptisée « place du Puits-Artésien » (elle ne prendra le nom de « place Paul-Verlaine » qu'en 1905).

 

 

Le forage reprend en 1893 sous la direction de l'ingénieur Paulin Arrault4. Finalement, l'eau jaillit en 1904 d'une profondeur de 582 m. Le tube a un diamètre de 40 cm à la base et le débit se stabilise à 67 L/s (5 800 m3/jour). La Bièvre étant en cours d'enfouissement, il n'est plus question d'y déverser l'eau du puits artésien. En 1924, le puits alimente la piscine de la Butte-aux-Cailles toute proche et récemment ouverte.

Savez-vous à quoi sert le réservoir de Montsouris, la cathédrale de l'eau ?

 

Véritable prouesse technique à la fin du 19ème siècle, le réservoir de Montsouris participe toujours au quotidien de 20% des Parisiens.

Par Thomas Martin

Publié le 26 Mai 2022

 

Le réservoir de Montsouris a été construit à la fin du 19ème siècle

Le réservoir de Montsouris a été construit à la fin du 19ème siècle (©AdobeStock

 

Dans le 14ème arrondissement de Paris, le réservoir de Montsouris, construit par Eugène Belgrand, fonctionne depuis 1875. Un outil indispensable à la vie de nombreux Parisiens qui consomment aujourd’hui en moyenne 120 litres d’eau par jour par personne, soit six fois plus qu’au milieu du 19ème siècle.

 

De l’eau transportée jusqu’à Paris par aqueduc

 

L'aqueduc de la Vanne, imposante surélévation en pierre meulière de la fin du xixe siècle, fut construit par l'ingénieur Eugène Belgrand pour alimenter le réservoir de Montsouris

L’aqueduc de la Vanne, imposante surélévation en pierre meulière de la fin du xixe siècle, fut construit par l’ingénieur Eugène Belgrand pour alimenter le réservoir de Montsouris (©AdobeStock)

 

A la fin du 19ème siècle, les eaux de la Seine deviennent de plus en plus impropres à la consommation du fait de leur variation de température saisonnière et du développement industriel et urbain en amont de la capitale. Il faut donc construire des réservoirs pour améliorer progressivement l’alimentation en eau des Parisiens. Une eau transportée par aqueduc selon le principe de la gravité depuis les contreforts du bassin parisien.

 

Le réservoir de Montsouris est situé sur un des points élevés du sud de Paris, près du parc Montsouris. Le quartier des Champs-Élysées a été le premier à bénéficier de ses eaux.

 

La suite ICI 

1800 piliers supportent les voûtes d'où le surnom de

1800 piliers supportent les voûtes d’où le surnom de « cathédrale de l’eau » (©Wikicommons)

Velleminfroy

Riche en sels minéraux
Calcique
Magnésienne
Convient à un régime pauvre en sodium
Pureté1 absolue (0 nitrate2,3, 0 pesticide3, 0 trace de médicament4, 0 particules de micro-plastique5)

Gamme eau vintage plate et pétillante

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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 10:30

https://www.francetvinfo.fr/pictures/eibN1OmwaKs-b-slRxxrdTUa_Cg/752x423/2022/06/12/phpnCl2ga.png

« Tiens, curieusement, au sein des partis politiques, personne ce soir pour mettre en cause la légitimité des députés en affichant leurs scores en pourcentage des inscrits... (Pourtant ce n'est pas joli à voir dans de nombreuses circonscriptions...) »

Frédéric Says France-Culture

 

La GIFLE titre l’OPINION le très libéral et confidentiel journal de la droite très propre sur elle.

 

Le jeune roi est nu mais le vieux guerrier est fourbu, il bute encore sur la dernière marche, même pas capable de se retrouver comme Rocard à Matignon, pire encore, la scission de la NUPES en 4 groupes parlementaires fait que le premier groupe d’opposition est le RN 89/72.

 

Les deux croupions de la NUPES  PS et EELV sont dans les choux, 26 et 23 strapontins, Faure et Bayou seront au Palais Bourbon mais ils n’ont même pas sauvés les meubles. Quant au PCF il conforte son inéluctable disparition faute de pouvoir s’appuyer sur la gauche classique.

 

Les Républicains et son croupion centriste l’UDI, groupe d’appoint pour le camp présidentiel, si celui-ci veut gouverner, encore un bon coup du père Mélenchon, faire basculer à droite la maison Macron, c’est bon pour mobiliser la rue, se scinde lui aussi en 2 camps antagonistes : les Ciotti-Wauquiez et les collabos de Copé avec le lourdingue Jacob à la pagaie. Béquille ou jambe de bois ?

 

Reste le RN qui engrange le double de députés que sous la proportionnelle de Mitterrand en 1986, 35/89, est-ce si grave ? N’oublions pas que la Marine a atteint la seconde marche du podium, alors, pourquoi ne pas purger le bébé, les voir à la manœuvre, c’est sans risque sauf à gripper la machine législative.

 

Bref, la détestation de Macron, le pas une voix au RN inauguré par Mélenchon lors du 2d tour, l’abstention massive chez les 18-35 ans  dans les terres que Mélenchon n’a pas su convaincre, son raz-de marée souhaité, ont accouché d’une chambre introuvable.  

Notre jeune roi est donc nu ou presque, il paie cash sa gouvernance solitaire et le peu de connaissance de la France dite profonde, que peut-il faire ?

 

Attendre et voir, avec une Borne au charisme d’un poisson froid, débaucher à tour de bras, se retirer sur l’Aventin du domaine réservé en confiant la barre à un Premier Ministre de Droite, mais y en a-t-il un capable de reprendre le rôle d’Edouard Philippe, je ne sais, mais ce que je sais c’est que par gros temps naviguer à vue n’est pas forcément une mauvaise stratégie, le peuple cher à Mélenchon pourra ainsi goûter les joies de la rue et dire NON.

 

L’eau du bassin parlementaire est trouble laissons-lui le temps de décanter.

 

 

Ensemble

246 sièges 38,60 % 7 988 648

 

Nupes

142 sièges 32,60 % 6 746 239

La France insoumise obtient 72 sièges

Europe Ecologie-Les Verts 23 sièges

Le Parti socialiste 26 sièges

Le Parti communiste 12 sièges

 

Rassemblement national

89 sièges 17,35 % 3 590 174

 

LR-UDI

64 sièges 7,29 % 1 509 187

 

Gauche

13 sièges 1,35 % 279 727

 

Droite

9 sièges 0,93 % 192 910

 

Régionalistes

6 sièges 0,91 % 188 013

 

Centre

5 sièges 0,64 % 132 710

 

Extrême droite

2 sièges 0,22 % 45 561

 

Divers

1 siège 0,05 % 11 336

 

Reconquête

0 siège 0,05 % 11 229

 

Extrême gauche

0 siège

 

TAUX PARTICIPATION

46,14 % 20 695 734

 

VOTES BLANCS

5,50 % 1 232 694

 

VOTES NULS

2,15 % 480 715

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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 06:00

L’université de Bologne n’est pas seulement l’université la plus ancienne en Europe, elle se classe comme la première université en Europe et se place au Top 10 des meilleures et plus belles universités en Europe.

J’aurais pu, dans mon titre, écrire la bolognaise, puisque la belle Silvia, habite Bologne, mais, pour le grand amateur de pasta que je suis, ça sonnait trop, la trop galvaudée sauce bolognaise, suis plutôt Cacio e Pepe, alors comme ses racines et son cœur sont à Biella va pour la Piémontaise.

 

« Lovée entre les montagnes et les plaines verdoyantes, la ville de Biella entretient un lien fort avec ses montagnes. C’est grâce aux cours d’eau provenant des Alpes bielloises qu’a prospéré durant des siècles l’économie de la laine, qui est connue et appréciée dans le monde entier. Le territoire montagnard qui s’étend autour de la ville voit en Biella un point de repère. Qui offre aux Biellois l’opportunité de se promener dans la nature, de pratiquer du sport et des activités de plein air, sans oublier le tourisme religieux.

 

En effet, Biella est une terre de lieux sacrés : le Sanctuaire d’Oropa, qui se dresse au milieu des montagnes, a été déclaré Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 2003. La cuvette d’Oropa, où la Région Piémont a créé une réserve naturelle spéciale en 2005, est au coeur d’un projet de relance du tourisme dans les montagnes bielloises, axé sur l’environnement et la durabilité. En outre, le territoire de Biella est traversé par deux grands chemins de randonnée très fréquentés : la Grande Traversée des Alpes (GTA) et la Grande Traversée de l’arrière-pays biellois. »

 

Son dernier opus, « Une amitié » je l’ai choisi comme le faisait l’une des héroïnes, Élisa, l’intello, introvertie, dans la librairie « au coin de la via Saragozza, où d’ailleurs le libraire n’est pas mal. Mais je ne lui jamais demandé de conseils, au contraire. Je choisis un roman à l’intuition […] j’aime tourner les pages, les caresser, sans me sentir snob pour autant. » Page 347, seul, baguenaudant, guidé par ma seule intuition, effleurant les couvertures, traquant les petits livres qui se glisseront dans ma poche, soupesant les gros, comme les melons (là je déconne) chez Compagnie, 58 rue des Ecoles, face à la Sorbonne, à  deux pas de son éditrice Liana Lévi.  ICI

 

Le Prix Littéraire Marco Polo Venise

 

Même si vous n’allez pas me croire, je ne l’ai pas choisi, envoûté que j’étais, par la photo de la rayonnante Silvia, sur le bandeau enserrant le livre.

 

Après lecture, je suis fasciné par la romancière, une révélation, « De sa plume à vif, avec un sens aigu de la narration et des dialogues percutants, Silvia Avallone dissèque le quotidien des deux amies : les virées en scooter, les premiers flirts, les selfies et la flamboyance pour l’une, les livres et le mal-être pour l’autre… Mais ce qui rend le roman aussi captivant, ce sont les personnages qui gravitent autour d’elles, chacun tressant les fils d’un canevas au centre duquel se dessinent Beatrice et Elisa… »

 

Mais pas que : « Avallone s’inscrit vraiment dans la modernité et aime à parler de l’envers du décor de carte postale de son pays. »

« C’est comme toujours avec Avallone extrêmement fin, les sentiments ambivalents des personnages sont très bien traités et cela nous pousse à nous questionner sur de nombreux domaines. Notamment celui du monde des réseaux sociaux… »

 

Le vieux blogueur que je suis, blanchi sous le harnois, a vécu la perversion du Net, d’espace de liberté à comme le réplique Béa, l’autre héroïne du livre « Tu n’as rien compris, toi. La seule information intéressante, sur mon blog, c’est moi. »

 

« Au fin fond d’une province italienne en retard technologique chronique, la Rossetti (Béa) a dessiné le futur d’Internet et s’est placé au centre de la toile. »

 

« Rossetti a anticipé, et d’une certaine façon inauguré cette perversion des réseaux sociaux devenue aujourd’hui dominante : la fermeture plutôt que l’ouverture, le narcissisme plutôt que la rencontre, le repli fœtal et malsain sur les (faux) moi. Enfin, ma formule préféré : « Béatrice Rossetti est l’algorithme létal. »

 

Une fois immergé dans « Une amitié » je suis resté sous la tension d’une écriture vive, juste, d’une construction intelligente, marque des grands narrateurs, narratrice ici, la découverte de Silvia Avallone est une révélation, elle est pour moi est l’une des meilleures de sa génération. Ce livre renforce mon opinion, que les femmes sont, dans la vieille Europe, les romancières les plus douées. En Espagne, Almuneda Grandes, malheureusement récemment disparue, et en Italie, Silvia Avallone. Et en France me direz-vous ? J’avoue qu’aucun nom ne me vient.

 

silvia avallone | Librairie Maruani

 

Une fois refermé « Une amitié » je me suis précipité chez mon libraire ouvert les jours fériés, L’écume des pages pour acquérir le premier roman d’Avallone, « D’Acier » (2011) qui la rendue célèbre en Italie comme en France (prix des lecteurs de l’Express), et, pour faire bon poids, « Marina Belleza »  (2014) dans la collection piccolo (poche de Liana Levi).

 

Marina Bellezza - Avallone Silvia - 9782867468056 | Catalogue | Librairie  Gallimard de Montréal

 

Je suis plongé dans « D’Acier » et, si j’ai  un conseil à vous donner, faites comme moi allez chez votre libraire préféré, acheter les 3 livres, lisez-les dans l’ordre que vous souhaitez ou, faites comme moi, commencez par le dernier.

 

Je vous livre 3 critiques d’ « Une amitié » et une interview de Silvia Avalonne dans Libé à la suite de la sortie de « D’Acier » en 2011.

Silvia Avallone • Oh les beaux jours !

1- « Une amitié », de Silvia Avallone : l’attirance des contraires ICI  

Critique 

Après son premier roman très remarqué D’acier, Silvia Avallone poursuit l’exploration de son thème favori, l’amitié passionnelle entre deux adolescentes que tout sépare.

  • le 16/02/2022 à 17:34 Laurence Péan, 

Cette histoire d’une amitié dévorante entre deux adolescentes rappelle inévitablement L’Amie prodigieuse, d’Elena Ferrante. Aussi brillante conteuse que sa consœur italienne, Silvia Avallone se glisse dans les méandres du même fleuve qui emporte dans ses flots agités Beatrice et Elisa. Et c’est à T., un important village de bord de mer « emprisonné dans son anonymat », que les deux adolescentes se rencontrent au tournant des années 2000.

Île D'Elbe Coucher De Soleil Vue Depuis Piombino Un Yacht De Bateau à  Voile. Mer Méditerranée. Toscane Italie Banque D'Images Et Photos Libres De  Droits. Image 41159397.

2 « Une amitié », de Silvia Avallone : l’une lisait, l’autre pas ICI

 

L’écrivaine italienne explore avec vivacité le parcours de deux adolescentes des années 2000, l’une attirée par les livres, l’autre par les réseaux sociaux.

Par Florence Courriol-Seita(Collaboratrice du « Monde des livres »)

Publié le 08 avril 2022 

 

« Une amitié » (Un’amicizia), de Silvia Avallone, traduit de l’italien par Françoise Brun, Liana Levi, 528 p., 23 €, numérique 18 €.

 

Plus de dix ans ont passé depuis le puissant premier roman, D’acier (Liana Levi, comme tous ses livres, 2011), qui fit connaître aux publics italien et français la fougueuse Piémontaise Silvia Avallone (née en 1984). Après trois autres romans (Le Lynx, Marina Bellezza et La Vie parfaite, 2012, 2014, 2018), l’écrivaine nous revient en grande forme avec ses thèmes de prédilection – adolescence, fractures sociales, vie de province, figures de la mère et de la parentalité –, mais adopte cette fois un point de vue d’adulte. Une amitié vient ainsi conclure une époque, dire adieu à cet entre-deux de l’adolescence qu’Avallone dépeint magistralement depuis ses débuts.

Une amitié - Silvia Avallone • Éditions Liana Levi

3- “Une amitié” de Silvia Avallone ICI 

 

Un roman italien mais qui n’est pas signé Elena Ferrante. Car on le sait la romancière italienne avait fait un immense succès avec "l’amie prodigieuse", une histoire en 4 volumes qui raconte l’amitié de deux jeunes filles dans un quartier pauvre de Naples. 

 

Le livre que je vous présente aujourd’hui à pourtant des similitudes car il nous parle de l’amitié de deux jeunes filles et il est écrit par une italienne très talentueuse mais la ressemblance s’arrête là. "Une amitié", c’est le titre de ce roman qui vient de sortir aux éditions Liana Lévi et c’est à Silvia Avallone qu’on le doit. Avallone est née dans les années 80 et vit aujourd’hui à Bologne. "D’acier", son premier livre, avait fait grand bruit en Italie et au-delà

I social e la dittatura dell'apparire”: Silvia Avallone racconta  "Un'amicizia", il suo nuovo romanzo - ilLibraio.it

Interview

 

«La gauche de mon pays ne fait plus rêver les jeunes» ICI

 

Le cahier Livres de Libédossier

 

 

 

Rencontre à Paris avec Silvia Avallone

par Françoise-Marie Santucci

publié le 14 avril 2011

 

Silvia Avallone surprend ou séduit pour les mêmes raisons. Ses gros seins, son sourire, ses cheveux bouclés en cascade, son imposant tatouage tribal sur l'épaule gauche qui date de ses 15 ans, les 350 000 exemplaires de D'acier vendus en Italie, les 12 traductions en cours, le fait qu'elle a été finaliste de l'équivalent du Goncourt. Elle a beau citer une phrase de Don DeLillo sur «la peur» en exergue de son roman (1), on dirait qu'elle n'en ressent aucune. L'assurance est forcément un peu forcée. Son père était un petit commerçant napolitain établi à Piombino, sa mère enseignante en primaire originaire du Piémont, qui ont fini par divorcer. Enfant unique, Avallone est mariée à un libraire, et ils vivent à Bologne. Cette inlassable lectrice de Balzac, DeLillo, Capote, Nabokov, Dostoïevski ou Flaubert écrit aussi de la poésie, et récemment, un texte sur Anna Magnani. Alors que D'acier est en cours d'adaptation pour le cinéma, Silvia Avallone a commencé un deuxième livre (dont, par superstition ou prudence, elle ne dira rien).

 

Pourquoi Piombino ?

 

J’ai vécu là-bas par intermittence, avec mon père, entre 14 et 18 ans, et j’ai grandi avec des adolescents qui, dès 16 ans, sont allés travailler à la Lucchini. J’avais envie de raconter des histoires dont la presse ne se fait jamais l’écho. Ce qui m’a valu des procès publics. J’avais mis le doigt là où ça fait mal. On m’en a voulu d’évoquer les jeunes ouvriers, ceux qui ont remplacé les vieux militants. Parce qu’il est difficile pour beaucoup de monde d’entendre que la culture de gauche en Italie n’est plus à même de faire rêver les jeunes, que tout cela a été remplacé par le «rêve» berlusconien, que la province a été démantelée, que les gens y vivent, pour la plupart, dans une profonde résignation, et dans l’immédiateté tant tout espoir d’avenir est impossible.

 

 

Pourquoi 2001 ?

 

Mes personnages ont une défiance absolue envers la parole. Ils ne se sentent pas représentés par les mots. C’est à croire que beaucoup de gens sont devenus muets en Italie. Cela date de 2001. L’année n’est pas tant celle du 11 septembre, c’est aussi celle du G8 à Gênes, avec un mortsymbole dans les rues de la ville, et celle où Berlusconi revient au pouvoir. En ce sens, 2001 marque le début de l’effondrement de la culture en Italie. On accuse ma génération d’être une génération «silencieuse» ; mais qu’a fait la «génération des pères» pour endiguer Berlusconi? Rien. Ce fameux 11 septembre, comme les personnages du livre, j’étais à la terrasse d’un bistrot de province avec des amis ; j’ai perçu la distance abyssale entre la grande histoire qui se déroulait en direct, et cet îlot qu’était ma vie.

 

Pourquoi écrire ?

 

J'en ai toujours rêvé. J'ai commencé D'acier à 23 ans. Un an pour me documenter puis un an pour apprendre à tenir le rythme de l'écriture. J'ai envoyé mon manuscrit à une seule maison, l'une des plus importantes d'Italie [Rizzoli, ndlr, également propriétaire, en France, de Flammarion]. Je voulais que mon livre soit lu. L'écriture n'est pas une routine, ni quelque chose d'anodin. C'est un défi. Pour ma génération, Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra, a tout changé. Il a rouvert le monde, il nous a libérés d'une autofiction omniprésente. Je pense qu'on ne peut pas raconter le destin de quiconque sans le relier au théâtre social. Et contrairement à ce que raconte la «culture» télévisée italienne, ce qui se passe à nos frontières, à nos bords, nous donne de l'énergie. La mentalité individualiste de la «génération des pères» a montré ses limites.

 

Pourquoi se révolter ?

 

En Italie, beaucoup de femmes sont encore réduites au modèle antique. S’occuper du foyer, des fils, de la destinée. Et quel message envoie-t-on aux jeunes filles ? Qu’il faut miser sur son corps pour s’en sortir. La société italienne n’en peut plus de cette vision du monde. C’est aussi cela qui s’est exprimé lors de l’immense manifestation contre Berlusconi, le 13 février. Malgré ce que croit ce monsieur, l’existence n’est pas une orgie. Moi, j’ai des soucis d’adulte, j’ai appris à ne pas faire la maligne, je suis une fille sérieuse. Et je dois beaucoup à mes grands-parents, qui sans trop se raconter d’histoires ont bâti quelque chose de solide. Ce devrait être ça, une vie. Travailler dur, écrire de beaux livres, fonder une famille.

 

(1) «Les meilleures choses sont illuminées par la peur» (Don DeLillo, «Libra», Actes Sud).

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19 juin 2022 7 19 /06 /juin /2022 09:30

La Mothe-Achard - Vendée - Pays de la Loire

Souvenir, souvenir, comme chantait Johnny, la gare de la Mothe-Achard, la micheline rouge avec son conducteur perché dans un petit habitacle perché sur le toit.

 

la Micheline ( petit train de voyageurs ) - TOURNON D'AUTREFOIS à  AUJOURD'HUI

 

« J’ai toujours eu faible pour les tortillards, les omnibus avec chef de train incorporé : « les Clouzeaux ! » alors bien entendu en quittant les Sables d’Olonne j’ai pris la micheline de mon enfance avec son chauffeur drôlement perché sur le toit et j’ai lu à haute voix du Patrick Drevet, dans un petit opus publié en 1990, La Micheline  collection Haute Enfance chez Hatier.

 

La micheline de Patrick Drevet - Poche - Livre - Decitre

 

« En raison de ses dimensions plus domestiques, de la luminosité de ses deux couleurs un peu triviales, de la physionomie pimpante, joufflue, que lui donnait au-dessus de ses tampons la disposition en V de la peinture rouge d’où les phares écartés saillaient comme des yeux de têtard, en raison aussi de l’insolite verrue que, sur ce type d’autorail, produisait le cockpit du conducteur perché sur le toit, voire en raison de ce que m’inspirait la consonance de son nom qui, pour lui avoir été abusivement attribué par similitudes avec l’engin sur pneumatiques construit par la firme Michelin, ne suggérait pas moins dans ses syllabes le caractère poétique d’un cheminement débonnaire, la nature familière et musarde d’une chenille, sans doute avais-je une prédilection pour la micheline que, à quelque moment de la journée qu’elle passât, je courais contempler à la fenêtre de l’une ou l’autre de nos chambres, alors qu’elle filait à mi-pente sur le versant de la vallée, entre les maisonnettes et les jardins, les boqueteaux et les barrières. »

 

Donc ce matin qu’apprends-je après avoir été voté ?

Gare de La Mothe-Achard (PK 16,9)

 

Que s’est-il passé  hier, samedi 18 juin, en fin de journée, à bord d’un TER reliant Les Sables-d’Olonne à Saumur ?

 

Il était plus de 18 h 30 lorsque le train, rempli de voyageurs, s’est arrêté peu après la gare de la Mothe-Achard, dites aujourd’hui des Achards.

 

Selon des témoins, une personne aurait tiré le système d’alarme. Au regard des températures du jour, aux abords des 40°C, il s’agirait probablement d’un malaise.

 

Mais là, tout s’enchaîne.

 

230 personnes à bord

 

La gare étant encore proche, certains voyageurs ont rejoint les lieux alors que les pompiers arrivaient. Le maire, Michel Valla, a rapidement fait distribuer de l’eau aux usagers, pris en charge pour certains.

 

L’Etat-Major des sapeurs-pompiers avait sollicité de très nombreux véhicules pour l’intervention, les secours venant des centres de La Roche-sur-Yon, Sainte-Hermine, Fontenay-le-Comte, Les Sables-d’Olonne, Les Achards, Luçon, Aizenay, Nieul-le-Dolent et La Chaize-le-Vicomte.

 

Il y avait 230 personnes à bord. Nous avons traité ceux qui avaient été victimes de malaises, en raison de la canicule. Mais personne n’a dû être hospitalisé.

 

Il est reparti à 21 h 30 pour sa destination finale, mais une cinquantaine de passagers sont descendus pour attendre un autre train qui devait les rapatrier à La Roche-sur-Yon. À 22 h, ils attendaient encore.

 

Bonus : un petit texte écrit en 2012 à propos de Benny Levy le Raïs de la GP dédié à Mélenchon qui n’aime pas les patrons et à ses affidés les cavistes révolutionnaires qui avinent le petit peuple des petits bourgeois friqués avec des litrons qui coûtent un bras.

 

« Mais ce qui m’a beaucoup plu sur les réseaux sociaux ce sont les postures des révolutionnaires en chaise longue qui, face à leur écran, en tapotant sur leur clavier, bonnes âmes, chantaient les louanges de la tournure radicale prise, selon eux, par la lutte des classes. Violence physique contre violence sociale, les arracheurs de chemise érigés en avant-garde de la classe ouvrière, aidés en cela par le Mélenchon qui aime la castagne lorsque ce sont les autres qui la mènent. Pauvres petits encore dans les jupes de leur mère qui pensent qu’un jean troué aux genoux est le plus grand symbole de leur piteuse révolte.

 

 

 

Alors je me suis souvenu de « la Gauche Prolétarienne dirigé par Benny Levy, alias Pierre Victor, le Raïs de la GP, faux clandestin reclus au fin fond de Normale Sup rue d’Ulm, petit brun affublé grosses lunettes d’intello qui donnaient, à son regard «gris et froid comme celui d’un héros de James Hadley Chase» (Claude Mauriac dans son journal Le Temps immobile vol 3 attribue cette description à Gilles Deleuze…), chef suprême d’un noyau dur pour qui la «guerre civile» ne pourrait être menée par la classe ouvrière sans que des flots de sang soient versés.

 

 

« Soit le patron d’une boîte moyenne, on peut établir la vérité des faits, à savoir qu’il a exploité les ouvriers abominablement, qu’il est responsable de pas mal d’accidents du travail, va-t-on l’exécuter ?

 

 

 

Supposons qu’on veuille rallier pour les besoins de la révolution cette bourgeoisie moyenne, qu’on dise qu’il ne faut exécuter que la toute petite poignée d’archi-criminels, en établissant pour cela des critères objectifs.

 

 

 

Cela peut constituer une politique tout à fait juste, comme par exemple pendant la révolution chinoise…

 

 

Je ne sais pas si cela se passera comme cela ici, je vais te donner un exemple fictif : il est vraisemblable qu’on ne liquidera pas tous les patrons, surtout dans un pays comme la France où il y a beaucoup de petites et moyennes entreprises, cela fait trop de monde. »

 

 

 

 

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19 juin 2022 7 19 /06 /juin /2022 06:00

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© Les Acacias

Canicule !

 

Il fait trop chaud pour travailler pour le compte Ciné Papy avant d’aller voter, alors pour cet hommage à Jean-Louis Trintignant je me contente de vous renvoyer à la lecture de critiques.

 

C’était la Rétrospective Jean-Louis Trintignant – à  La Cinémathèque

DU 26/09 au 12/11/2012

 

L’INQUIÉTANT TIMIDE

 

Parcourir, en cinquante films, la carrière cinématographique de Jean-Louis Trintignant, c’est prendre, en toute conscience, le risque de ne découvrir qu’une seule et partielle dimension d’un homme aux multiples passions : le théâtre, la poésie, la mise en scène, la course automobile, les plaisirs de la campagne. C’est pourtant un risque que l’on prendra tant ce parcours suffirait déjà à susciter une admiration sans limites

 

La suite ICI 

 

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Dans sa filmographie Le Conformiste - Bernardo Bertolucci est pour moi l’un de ses grands rôles au cinéma.

 

LA NORMALITÉ DU MAL

 

Adaptation du roman éponyme d’Alberto Moravia publié en 1951, Le Conformiste développe un enjeu qui a sérieusement de quoi inquiéter sur le papier : expliquer, voire justifier, les ressorts psychologiques qui ont conduit un jeune homme à devenir un fidèle serviteur du régime fasciste de Mussolini. En effet, tout dans la vie de Marcello Clerici (interprété de manière glaçante par Jean-Louis Trintignant) trouverait sa racine dans de multiples traumatismes d’enfance qui ont fait naître en lui un profond sentiment de culpabilité et d’anormalité : l’humiliation publique par un groupe d’enfants sous le regard passif de leurs parents, le viol par un jeune chauffeur de maître au physique androgyne, le meurtre de ce dernier dans une tentative désespérée de lui échapper, etc. En résulte un comportement d’une froideur implacable : devenu adulte, Marcello n’éprouve d’empathie pour personne et cultive sa médiocrité dans l’objectif de ne jamais se distinguer de la masse ICI 

 

Jean-Louis Trintignant, à Paris, en 1983.

Jean-Louis Trintignant, à Paris, en 1983. 

 

Jean-Louis Trintignant, l’acteur qui voulait rester clandestin, est mort

D’une timidité maladive qu’il réussit à domestiquer par le théâtre, le comédien au sourire mi-carnassier, mi-charmeur, s’est éteint à l’âge de 91 ans.

 

Par Jean-Luc Douin

 

À l’heure où Jean-Louis Trintignant s’en va, il est malaisé de cerner sa trace, tant l’homme se voulut discret, le comédien masqué, son jeu économe, parfois à la limite de l’absence. Tant dans la vie que sur scène ou au cinéma, il détestait « les numéros d’épate ». Parlant de son métier, Jean-Louis Trintignant, mort vendredi 17 juin à l’âge de 91 ans, aimait prôner le retranchement, l’humilité. « Etre une page blanche, partir de rien, du silence. Dès lors, on n’a pas besoin de faire beaucoup de bruit pour être écouté. » C’est sans affectation qu’il confessait avoir raté son idéal : « Rester un acteur clandestin. »

 

L’acteur de Et Dieu… créa la femme et Amour est « mort paisiblement, de vieillesse, ce matin, chez lui, dans le Gard, entouré de ses proches », a précisé son épouse Mariane Hoepfner Trintignant dans un communiqué transmis par son agent.

 

La suite ICI 

Voici le temps des assassins de Julien Duvivier (1955) - Unifrance

Aujourd’hui c’est « Voici le temps des assassins » 1956

 

Pourquoi ce film ?

Pour mettre en parallèle avec « Avant le déluge » 1954 deux films, deux chefs-d’œuvre illustrant ce qu’était le cinéma français de l’époque. Ici il s’agit d’un « film noir ». On pourra  également le comparer à celui présenté dans une des premières fiches « La femme à abattre » 1951

 

Quelle est l’histoire ?

 

Paris, quartier des Halles, le restaurant à l'enseigne « Au rendez-vous des Innocents » est  exploité par André Châtelin. C’est un homme sans malice, droit, patron paternaliste et le cœur  sur la main. Un matin, une jeune fille arrive de Marseille. C’est Catherine, qui se présente à  lui comme la fille de Gabrielle, première épouse de Châtelin aujourd’hui divorcée. Catherine  annonce la mort de Gabrielle et déclare ne pas savoir où aller. Châtelin l’héberge. Commencent alors les manigances.

 

Elle fait en sorte de le brouiller avec Gérard, un jeune étudiant en médecine sans ressources,  que le restaurateur considère comme un fils. 

 

Puis elle persuade qu’ils sont amoureux et réussit à se faire épouser malgré la réprobation de  Mme Châtelin mère et de la vieille servante Mme Jules, qui voient en Catherine une nouvelle  Gabrielle, femme qu'elles détestaient.

 

On comprend vite les motivations de Catherine : tout faire pour accaparer la « fortune » du  restaurateur. Elle est sous la coupe de Gabrielle qui, en réalité n’est pas morte. En pleine  déchéance, droguée elle manipule sa fille qui apparaît comme complice pour soutirer un  maximum d’argent à Châtelin. Comme le besoin d’argent de la droguée ne fait qu’augmenter,  elles vont fomenter le plan d’éliminer pour accaparer son héritage, le bon Châtelin. Une fois mariée, Catherine séduit Gérard . Avec des plaintes incessantes de la brutalité et des  mauvais traitements de son mari à son encontre Catherine lui demande de l’aider à se  débarrasser de cet horrible mari.

 

Mais, il y a loin de la coupe aux lèvres et tout ne se passe pas comme prévu…

 

Réalisation

Julien Duvivier

 

Avec une filmographie riche de près de 70 titres, parmi lesquels d’incontournables classiques  du cinéma mondial Julien Duvivier est un des très grands réalisateurs de l’histoire du cinéma  et cela, des deux côtés de l’Atlantique. Jean Renoir a dit au sujet de Duvivier : « Si j'étais  architecte et devais construire un monument du cinéma, je placerais une statue de Duvivier  au-dessus de l'entrée. Ce grand technicien, ce rigoriste, était un poète. »  Outre Jean Renoir, Ingmar Bergman et Orson Welles tenaient notamment Duvivier en haute  estime. Excuser du peu.

 

Dans les années 1930, Duvivier entre, pour neuf ans, au service de la société de production  Film d'Art, fondée par Marcel Vandal et Charles Delac, où il pratique le travail d'équipe.  Avec « David Golder, »1931, d’après Irène Némirovskyil réalise son premier film parlant et  la première expérience du parlant pour Harry Baur. C’est son premier succès.

 

En 1934, « Maria Chapdelaine » marque sa première collaboration avec Jean Gabin. Puis,  avec « La Bandera », 1935, il s’attache les talents du dialoguiste Charles Spaak, auparavant  collaborateur de Feyder, Grémillon, Allégret et L'Herbier, avec lequel il travaille souvent. Il  tourne, toujours en 1935, Golgotha, vision originale de la Passion du Christ.

 

Après le tournage du film fantastique, « Golem », 1936, il entreprend le tournage de « La Belle Équipe », avec Jean Gabin, Charles Vanel et Raymond Aimos, une œuvre phare, témoin  de l'esprit du Front populaire, où cinq traîne-savates, ayant gagné à la loterie, achètent une  guinguette au bord de l’eau. La fin ayant été jugée trop pessimiste, les producteurs imposent,  au grand dam de Duvivier, un dénouement plus heureux. Si les deux fins existent toujours,  c'est la version optimiste qui fut exploitée en salle.

 

Trois films s’enchaînent ensuite : « L'Homme du jour », 1936, film mineur avec Maurice  Chevalier, puis « Pépé le Moko »et « Un carnet de bal », 1937, qui sont deux chefs-d'œuvre.  Pépé le Moko, qui nous plonge dans la pègre d’Alger, propulse Jean Gabin au rang de vedette  internationale.

 

En 1938, Duvivier tourne pour la MGM aux États-Unis une biographie de Johann Strauss,  « The Great Waltz. »

 

En 1939, de retour en France, il met en scène « La Fin du jour » dans lequel des acteurs de  théâtre à la retraite luttent pour sauver leur maison de retraite. On y retrouve Michel Simon,  en vieil acteur cabotin, et Louis Jouvet, en vieux « jeune premier » qui croit encore en son  pouvoir de séduction. C’est sans doute le film le plus émouvant du réalisateur et, selon ses  dires, son préféré. Duvivier enchaîne ensuite « La Charrette fantôme », 1939 film fantastique  adapté du roman de Selma Lagerlöf, et, en 1940, « Untel père et fils »avec Raimu, Michèle  Morgan et Louis Jouvet, une chronique familiale qui ne peut être projetée en France qu’à la  fin de guerre. Ce film, malgré sa distribution, est considéré comme mineur, voire raté.

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, contrairement à Marcel Carné qui poursuit sa carrière en  France, Julien Duvivier part à nouveau travailler aux États-Unis pour y réaliser cinq films : avec notamment, Charles Boyer et Rita Hayworth ou avec Edward G. Robinson, et Barbara  Stanwyck 

 

À son retour en France, Duvivier éprouve quelques difficultés à renouer avec le succès des  années 1930. En 1946, sort « Panique », adapté du roman « Les Fiançailles » de monsieur  Hire de Georges Simenon. Le film, condensé des instincts les plus vils de la nature humaine,  reste l’œuvre la plus personnelle et la plus noire de son auteur. C'est pourtant un échec  cuisant, tant critique que public, la critique lui reprochant une volonté de retour au « Réalisme  Poétique » d’avant-guerre. Duvivier continue cependant, après un court détour en Grande Bretagne, en 1948, pour « Anna Karénine » et un tournage en Espagne pour « Black Jack »,  en 1950, à tourner en France.

 

En 1951, il réalise « Sous le ciel de Paris, » film d’une grande originalité où, au cours d’une  même journée, on suit, à Paris, des personnages dont les destins se croisent. La même année

 

1951, Duvivier tourne le premier volet des Don Camillo, « Le Petit Monde de don Camillo, » qui rencontre un succès populaire immédiat et auquel il donne lui-même une suite, « Le Retour de don Camillo », en 1953. La série se prolonge sous la direction d’autres réalisateurs.  En 1952, il tourne « La Fête à Henriette », mise en abîmes d'un film en train de se faire dans  lequel il s'autoparodie en compagnie d'Henri Jeanson.

 

Duvivier tourne un autre grand film en 1958, « Marie-Octobre », avec Danielle Darrieux,  Paul Meurisse, Serge Reggiani et Bernard Blier. Un exercice de style où onze personnages  (neuf hommes et deux femmes) évoluent dans une unité de lieu, de temps et d'action avec une  mise en scène omniprésente, inquisitrice, presque menaçante dans un souci constant du  cadrage et de la composition de l'image. La même année, le metteur en scène est invité à  participer au jury du Festival de Cannes.

 

En 1962, il se livre une dernière fois à l’exercice du film à sketches avec « Le Diable et les Dix Commandements » L’année suivante, en 1963, sort « Chair de poule » dont le scénario  est adapté du roman « Tirez la chevillette de James Hadley Chase et dont l'intrigue présente  bien des similitudes avec celle du Facteur sonne toujours deux fois. Une fois de plus,  Duvivier y présente un personnage de garce sans scrupule.

 

François Truffaut, un temps, à l’époque de la Nouvelle Vague, le pape du cinéma français, disait de ce très grand cinéaste : « Duvivier a tourné 57 films ; j'en ai vu 23 et j'en ai aimé 8.  De tous, « Voici le temps des assassins » me semble le meilleur. »

 

Duvivier n’est pas seulement un très grand cinéaste par l’ampleur de son œuvre mais aussi par  son éclectisme. Bien sûr il a marqué le cinéma français de la période 1930-1960. Célèbre  pour sa noirceur et son pessimisme, il connut cependant l'un de ses plus grands succès publics  avec ses comédies des Don Camillo.

 

Don Camillo, pour les moins de vingt ans, a inspiré la publicité pour les pâtes « Panzani ». On  y voit un prêtre, Don Patillo, agenouillé devant l’autel avouant ne manger que quelques pâtes. « Oui mais des Panzani 8» lui répond son dieu.

 

Duvivier est l'inventeur d’un univers d’images où le réalisme le plus cru et souvent très noir  est pénétré d’une fantaisie insolite. Après la Seconde Guerre mondiale, il donne une  représentation tout aussi pessimiste de la société française, qu'il montre dominée par  l'hypocrisie, le cléricalisme étroit, la mesquinerie et la rouerie féminine.

 

Il est un bel exemple de ce qu’on lui reprochera, après-guerre « Le Réalisme Poétique » dont  il participera à la création comme style et qu’il développera. N’oublions pas qu’à l’époque les  grands scénaristes et dialoguistes étaient Prévert et Spaak

 

Comme à la Samaritaine avant qu’elle ne soit transformée en temple de la vulgarité du luxe en  toc par l’ineffable Bernard Arnault on trouvait de tout, ainsi, chez Duvivier les thèmes,  souvent les mêmes sont traités de manière différentes.

 

Ces thèmes sont, par exemple, la bande, le groupe, la microsociété et la façon dont les  individus peuvent évoluer ou pas au sein de leur environnement humain : « La Belle Équipe »  1936 qui donne son titre au film, la petite ville de « Panique », 1946 le village italien des  « Don Camillo » 1951,

 

Mais aussi, à côté de cela on y trouve des personnages à la solitude d'autant plus pesante,  déchirante, qu'un monde grouille de vie autour d'eux * : le Saint-Clair de « La Fin du jour »,  1939 le Monsieur Hire de « Panique » 1946 l'assassin » et la vieille dame aux chats de « Sous  le ciel…, le traître aux abois une fois dévoilé dans « Marie-Octobre… » 1958.

 

* Tout un chacun a pu dans son existence vivre cette douloureuse sensation quand, derrière  les hauts murs d’un cimetière, à l’occasion de l’enterrement dans la stricte intimité de la  famille on se retrouve seul face à une peine triste, profonde et déchirante alors même qu’un  avion traverse le pur bleu d’un ciel ensoleillé rappelant qu’ailleurs fourmille encore la vie.

 

Autre thème, des portraits de femmes particulièrement cyniques dans « La Belle Équipe, »  1936 « Panique », 1946 « Chair de poule… » 1963

 

On trouve aussi On trouve des scènes se passant sur ou sous les toits dans « La Belle Équipe »  « Panique » (notamment la scène finale). « Sous le ciel de Paris » 1951 commence, après  quelques vues aériennes de Paris, par un plan où l'on voit un chat de gouttière marcher sur un  toit ; et l'assassin du film s'est aménagé un atelier de sculpteur dans une mansarde. 

 

Qui fait quoi ?

 

Voici le temps des assassins (Julien Duvivier, 1956) - Allen John's attic

 

Jean Gabin : André Châtelin, restaurateur à l'enseigne Au rendez-vous des  Innocents

Il fut un acteur fétiche de Duvivier lequel contribua à sa gloire par les rôles qui lui confia. On compte près de sept collaborations dans des films devenus cultes.

 

Danièle Delorme : Catherine

Après-guerre, elle se perfectionne avec Tania Balachova et René Simon. Son interprétation de  Gigi d'après Colette en 1949 lui apporte la renommée et, sur cette lancée, elle tourne de  nombreux films où sa grâce, sa pudeur et son engagement dans des rôles d'héroïne fragile,  souvent marquée par le destin, font impression. Dans les années 1950 et 1960, elle joue au  théâtre les grands auteurs tels qu'Ibsen, Jean Anouilh, Paul Claudel, Pirandello.

 

Après un rôle à contre-emploi de femme machiavélique dans « Voici le temps des assassins » elle prend au début des années 1960 quelque distance avec son métier d'actrice pour faire de  la production. On la revoit dans les films d'Yves Robert dans les années 1970 comme « Un  éléphant ça trompe énormément » 1976. On ne peut oublier cette scène et surtout la réplique : « « J'aime vos seins ! Je ne peux pas vivre sans eux, c'est décidé. » quand elle est harcelée par  Lucien, un adolescent de dix-sept ans au discours très affirmé, obsédé par ses seins (surtout le  gauche) joué par le très éclectique Christophe Bourseiller.

 

Voici le temps des assassins | Julien Duvivier, 1956 | Cinepsy - Cinéma et  psychanalyse

 

Gérard Blain : Gérard Delacroix

 

On l’a déjà rencontré dans « Avant le déluge » 1954 d’André Cayatte. Notons pour la petite  histoire que cet acteur anticonformiste et à la personnalité affirmée a été marié deux ans avec  Bernadette Lafont autre personnalité affirmée et tout aussi anticonformiste s’il en fut.

 

Lucienne Bogaert : Gabrielle, logée à l'hôtel Le Charolais

 

Le cinéma a plusieurs fois employé ses talents de tragédienne et sa diction originale en lui  confiant des rôles de mères abusives et inquiétantes, de matrones ou de maquerelles. Trois de  ses rôles sont particulièrement notoires : mère maquerelle distinguée d'Élina Labourdette dans « Les Dames du bois de Boulogne » 1945 de Robert Bresson mère droguée machiavélique de Danièle Delorme dans « Voici le temps des assassins » et mère follement possessive de Jean  Desailly dans « Maigret tend un piège » 1958.

 

Germaine Kerjean : Mme Châtelin mère, qui tient une guinguette à Lagny, près du  canal de halage

Une carrière partagée entre théâtre et cinéma. Au cinéma, elle incarna surtout des personnages  antipathiques comme Goupi-Tisane dans « Goupi Mains Rouges ».1943 de Jacques Becker

 

Gabrielle Fontan : Mme Jules

 

Une carrière d’actrice longue de trois décennies. Habituée des petits rôles, elle déploie sur  trois décennies son talent d'actrice de composition dans des personnages aussi variés que  concierge, mercière, femme de ménage, clocharde, religieuse ou directrice d'école. Elle tourne  plusieurs films aux côtés de Jean Gabin et Gérard Philipe.

 

Jean-Paul Roussillon : Amédée, second de cuisine de Châtelin

 

Élève de l'École de la Rue Blanche, il entre au Conservatoire national d'art dramatique (classe  Denis d'Inès), où il obtient en 1950 un premier prix de comédie classique, qu'il partage avec  Michel Galabru et qui lui ouvre immédiatement les portes de la Comédie-Française. Il y est  élu sociétaire en 1960, et en deviendra sociétaire honoraire en 1982.

Il mena, parallèlement une carrière au théâtre et une au cinéma ou il tourna avec les plus grands. Au théâtre il fut également metteur en scène.

 

Il a reçu trois Molières : en 1991, 1996 et 2002 et le César du meilleur acteur dans un second  rôle en 2009.

 

Robert Pizani : le président

 

Au cinéma, il apparaît à partir de 1924 dans près de 90 films (longs et courts métrages)  toujours pour des seconds rôles et joue son dernier en 1961 dans Le Capitaine Fracasse de  Pierre Gaspard-Huit.

 

Aimé Clariond : M. Prévost

 

De 1931 à 1960, près de 100 films avec de metteurs en scène type Grangier, Molinaro,  Delannoy ou Sacha Guitry.

 

Mais aussi grand acteur de théâtre qui intégra la Comédie Française alors qu’il n'a jamais pu  intégrer le Conservatoire : il est recalé à trois reprises au concours d'entrée. Tout cela ne l’empêcha pas de jouer aussi avec succès sur des scènes hors Comédie Française

 

Robert Arnoux : M. Bouvier

 

Ses débuts coïncident avec l’arrivée du parlant en France. Il tourne d’abord pour la firme  allemande UFA « Tumultes » 1931, « Le Congrès s’amuse »1932), puis pour la Paramount  Pictures « La Perle »1932).

 

Mais il incarne rarement les premiers rôles. Arnoux apparaît malgré tout régulièrement dans  de nombreux films à succès le préfet dans « Lettres d'amour » 1942, le profiteur du marché noir dans « La Traversée de Paris » 1956 Il donne la réplique à toute une génération de  comédiens parmi lesquels Jean Gabin et Claude Brasseur.

 

Gaby Basset : une serveuse de la guinguette

 

Gaby Basset débute comme sténodactylo avant d'orienter sa carrière vers le cabaret et le  music-hall où elle rencontre Jean Gabin3. Ils se marient le 26 février 1925 à la mairie du 18e  arrondissement1. Ils se produisent avec succès dans des opérettes, mais le travail les accapare  et ils se voient assez peu. En 1929, Jean Gabin entame une liaison avec sa partenaire  Jacqueline Francell. Le divorce est consommé à la fin de l'année Bien que séparés à l'amiable,  ils tournent leur premier film « Chacun sa chance » en 1930. Gabin n'oublie jamais celle qu'il  surnommait « Pepette » : lorsqu'il redevient l'un des acteurs du cinéma français les plus  sollicités après la guerre, il s'arrange pour qu'elle ait un petit rôle dans ses films.(Merci  Wikipédia)

 

Robert Manuel : Mario Bonnacorsi, Marseillais connaissant les deux femmes

 

Ses débuts au cinéma datent de 1935 pour un petit rôle dans un film de Jean de Limur, « La Petite Sauvage » Il tournera avec des réalisateurs connus, notamment Sacha Guitry, Julien  Duvivier, Jean Meyer, Gilles Grangier ou Christian-Jaque mais la plupart du temps pour des  rôles secondaires. Jules Dassin « Du rififi chez les hommes » 1955,Patrice Chéreau « Judith Therpauve », 1978 Alain Resnais « La vie est un roman » 1983 feront appel à ses services. Cependant sa principale activité d'acteur fut sur les scènes de théâtre, où il interprétait surtout  des comédies de Molière, de Courteline, de Feydeau ou de Marivaux. Il a à son actif plus de  400 mises en scène, autant de rôles. Il fut une figure majeure de la vie théâtrale et artistique  française.

Son rôle pendant la seconde guerre mondiale mérite d’être signalé

 

Camille Guérini : Gégène

 

Encore un de ces acteurs qui eut une double vie alliant cinéma et théâtre. Près de 70 rôles de  1942 à 1963 dans « Le glaive et la Balance » d’André Cayatte. Pour les autres il les tourna à  la demande des Lautner, Verneuil, Decoin, Delannoy, Carné, Allegret, Clouzot, Duvivier, Le  Chanois dont, pour certains, plusieurs fois. Parmi les plus grands on vous dit.

 

Paul Demange : le client au régime

 

Paul Demange fut second ou troisième rôle durant un demi-siècle dans plus de 200 films. Ses  passages à l’écran sont fugaces, garçon de café, coiffeur, greffier, souvent petit employé,  parfois petit chef de bureau, parfois policier et parfois malfrat.

 

Henri Coutet: l'homme qui annonce l'accident d'automobile à la guinguette

 

Du début de sa carrière en 1943 à sa retraite en 1984, Henri Coutet a tourné dans plus de 100  films et téléfilms ou épisodes de feuilleton télévisuel. Il n'a jamais eu de premier ni de second  rôle, et est resté toute sa vie cantonné aux petits rôles et silhouettes.

 

Le chien César

 

Et si pour une fois on parlait musique

 

La Complainte des assassins, paroles de Julien Duvivier et musique de Jean Wiener,  interprétée par Germaine Montéro

 

Jean Wiener est un pianiste et compositeur français. Il est l'auteur de plus de 350 musiques de  film, pour le cinéma et la télévision, et d'œuvres de musique classique.

 

Il a, quelque fois interprété quelques rôles comme dans « Lady L » de Peter Dustinov d’après  le roman éponyme de Romain Gary. Il interprète le pianiste Krajewski dont le concert est à  chaque fois interrompu quand il se met à jouer la « Grande Polonaise » de Chopin par un  anarchiste qui lance une bombe.

 

Sans oublier les scénaristes

 

Julien Duvivier, avec Maurice Bessy et Charles Dorat. Duvivier était le scénariste de  pratiquement tous ses films

 

Ni les dialoguistes

 

Julien Duvivier, Charles Dorat, Pierre-Aristide Bréal. Comme ci-dessus. Duvivier était le  dialoguiste de presque tous ses films souvent avec Charles Spaak et/ou Henri Jeanson

 

Quelques bons moments

La scène où un client commande un repas très frugal avec un radis au beurre et une bouteille  d'eau minérale a été reprise quasiment en intégralité dans Le Grand Restaurant, sûrement sous  forme d'hommage.

 

Celle où parmi les clientes du restaurant, deux femmes manifestement en couple (sujet  rarement évoqué à l’époque), l’une faisant une courte scène de jalousie à l’autre à propos de  Danièle Delorme « Dis-donc, chérie, est-ce que tu veux son portrait ? » « Je ne dirais pas non ! »

Pax

Prochainement « L’homme qui tua Liberty Valence »

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 06:00

 

Voilà l’histoire, elle devrait plaire au sieur Pax qui se plaint de la longueur de mes chroniques du samedi, celle-ci est courte.

 

À la mort de son père, le fils reprend son imprimerie et, en faisant l’inventaire des lieux au lendemain des funérailles, il tombe sur une épaisse enveloppe cachetée portant, inscrite de l’écriture de son père, la mention « à ne pas ouvrir »

 

Déférant au vœu posthume de son père, et quoique rongé par la curiosité, notre imprimeur respecta le secret paternel pendant environ six années, longues à passer, au terme desquelles il se décida à violer le secret et ouvrit l’enveloppe.

 

Ce qu’il y trouva c’est que l’enveloppe mystérieuse contenait une centaine d’étiquettes identiques sur lesquelles était imprimée la mention « à ne pas ouvrir »

 

Ce que l’imprimeur junior avait pris pour une injonction testamentaire n’était qu’un simple repère par lequel son père avait signalé l’enveloppe où se trouvait le stock d’une formule banale destinée à sa clientèle.

Autocollant et panneau ne pas ouvrir

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17 juin 2022 5 17 /06 /juin /2022 09:30

La moutarde peut parfois être utilisée pour assaisonner la galette saucisse, spécialité rennaise. | MARC OLLIVIER / OUEST-FRANCE

Maintenant que Rebsamen et Le Drian sont ENSEMBLE dans le même bateau, cette histoire de moutarde devrait pouvoir  s’arranger.  

 

En effet, après avoir fait la danse du ventre, auprès de notre prince Macron 1, pour transférer le siège de l’OIV (un machin du vin comme disait de Gaulle « Le machin qu'on appelle ONU. » Le 10 septembre 1960, à Nantes)  à Dijon, et l’obtenir, François Rebsamen a jeté sa carte du parti aux orties pour rejoindre le prince Macron à la recherche de son second sceptre.

 

Résultat : nada, pas le plus petit maroquin – la place Beauvau, son rêve sous François le roi du pédalo – et, pire, plus ou presque de moutarde de Dijon sur les rayons des temples de la consommation.

 

Du côté de Le Drian, qui avait jeté sa carte bien avant, le voilà débarqué du Quai d’Orsay, donc Jean-Yves – j’en connais aussi un en Bourgogne – et François vont pouvoir être utiles à leurs pays.

 

Pierre Grandgirard, patron du restaurant "La Régate" à Douarnenez Finistère-sud, n'arrivant plus se procurer suffisamment de moutarde, le patron du restaurant "La Régate" à Douarnenez (Finistère), a été obligé de parcourir sa ville pour tenter d'en trouver. « J'ai compris que j'allais aller à la chasse à la moutarde et effectivement, j'ai fait les différents commerces de Douarnenez. J'ai eu un commerçant qui a bien voulu me dépanner de deux pots parce que normalement, c'est limité pour une personne. Tous les autres n'en avaient plus ».

 

Résultat, sans cet "outil de travail" essentiel, alors que la saison estivale commence, il risque d'être difficile de satisfaire les clients. Il faut dire que son restaurant est spécialisé dans les plateaux de fruits de mer, et cet ingrédient est indispensable. « On en a besoin aussi bien pour les mayonnaises que les vinaigrettes, et je ne suis pas sûr que tout le monde ait envie de se passer de la mayonnaise sur les plateaux de fruits de mer ! »

 

« C'est un coup de gueule nécessaire, surtout pour informer, juste informer les gens, de dire : 'attention, la moutarde, ce n'est pas un truc qu'on n'a qu'une fois par an et qu'on n'aura pas avant l'année prochaine'. Non, en septembre, il y en aura partout. Une fois que le savez, régulez la consommation et tout va bien se passer. Tout le monde aura de la moutarde », lâche Pierre Grandgirard  un restaurateur de Douarnenez dans le Finistère-Sud.

 

 

Pénurie en rayons : et maintenant, la moutarde ! - Journal de 13 heures |  TF1

Pourquoi y a-t-il des ruptures de moutarde en France ? ICI

 

Dérèglement climatique, difficulté d’approvisionnement, développement de la filière agricole en berne... Les fabricants de moutarde doivent baisser leur offre, alors même que la demande augmente.

 

La pénurie de moutarde dans les magasins français est en partie liée à la guerre en Ukraine, mais surtout à de mauvaises récoltes au Canada et en France, les deux principaux producteurs de graines de moutarde.

par Marie Thimonnier publié le 27 mai 2022

 

Après l’huile de tournesol, un autre condiment manque aux rayons des supermarchés français: la moutarde. Sur les réseaux sociaux, comme dans les titres de presse, les regards convergent vers lingrédient utilisé dans de nombreuses préparations ou en accompagnement, qui déserte les étagères des magasins. Vous nous interrogez sur les causes de cette «pénurie».

 

Contrairement aux ruptures d’huile qui ont été soudaines après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, comme nous l’expliquions dans un précédent article, la baisse de la production de moutarde était évoquée bien avant, dès décembre 2021. «Les producteurs de moutarde de Dijon prévoient déjà une diminution de leur production et une hausse des prix pour les consommateurs», écrivait Libération dans un article sur le sujet.

 

La raison: le dérèglement climatique. Bien que réputée pour sa célèbre moutarde de Dijon, la France nest pas le plus gros producteur de graines de moutarde brunes, ingrédient incontournable à la confection du condiment. Dans ce domaine, le Canada est le premier cultivateur et exportateur mondial. Mais le pays d’Amérique du Nord, qui a connu de fortes sécheresses au cours de l’été 2021, a considérablement réduit sa production. Une large partie des espaces cultivés ont été ravagés et non renouvelés après cet épisode climatique. «Pour 2021-2022, la production a chuté de 28%, en raison de la baisse des rendements et de la superficie ensemencée», peut-on lire dans un rapport du ministère canadien de lAgriculture, publié le 19 novembre dernier. Cette diminution a dès lors provoqué une baisse des exportations et la hausse des prix de l’oléagineux. «Par conséquent, le prix moyen devrait doubler par rapport à 2020-2021, et s’élever au niveau record de 1700 dollars US [plus de 1500 euros, ndlr] Ia tonne», souligne le ministère.

 

L’approvisionnement en berne

 

Ce sont les fabricants de moutarde qui paient le prix fort. Reine de Dijon, troisième industriel français de moutarde – après Amora-Maille, qui domine le marché – a ainsi vu sa production diminuer de plus de 20% en un an, en raison des difficultés dapprovisionnement. «Les mauvaises récoltes sont dues aux aléas climatiques au Canada, mais aussi en France, où sont cultivées une partie des graines que nous utilisons pour confectionner la moutarde de Dijon», détaille Luc Vandermaesen, directeur général de Reine de Dijon. En temps normal, jusqu’à 35% des besoins de lentreprise sont satisfaits par la graine de moutarde produite directement en Bourgogne. Mais cette année, face aux mauvais rendements, elle ne représente que 20%.

 

La différence est ensuite compensée par l’importation de graines cultivées au Canada. Reste que «plusieurs contrats canadiens ont été annulés par les fournisseurs», précise le chef d’entreprise auprès de CheckNews. D’autres bons de commande ont été signés, mais toujours «sous réserve» des stocks. Le fabricant n’a donc aucune certitude sur son approvisionnement en matière première. «Ce n’est pas la première année que la récolte est mauvaise, mais c’est la première fois qu’elle l’est plusieurs années d’affilée et cela chez tous les exportateurs», insiste Luc Vandermaesen. La Russie et l’Ukraine étant les troisièmes plus importants exportateurs, l’incertitude est encore plus importante sur les rendements ukrainiens pour la prochaine récolte dans l’est de l’Europe.

 

Filière agricole en difficulté

 

Les agriculteurs locaux réunis sous l’association des producteurs de graines de moutarde de Bourgogne (APGMB), représentent pourtant près de «50% de la production européenne», selon leur site. Contacté par CheckNews, Fabrice Genin, président de l’organisation, insiste sur les difficultés de la filière agricole française. «Depuis cinq ans, nous enregistrons une baisse de la productivité de près de 50%. Aujourdhui nous fournissons aux industriels français tout ce que nous pouvons en quantité, sans avoir de stock», souffle-t-il.

 

«De 12000 tonnes en 2016, nous sommes passés à 4000 tonnes en 2021», appuie Fabrice Genin. Les cultivateurs français font face à diverses contraintes, climatiques d’une part, mais également au revirement concernant l’interdiction d’utilisation des produits phytosanitaires en Europe, selon eux. «Nous n’arrivons plus à repousser les ravageurs», explique-t-il, en parlant des insectes qui ont causé de nombreuses pertes dans les champs ces dernières années. Les insecticides jusqu’ici utilisés pour les éradiquer sont.

 

Fabrice Genin cite également un autre obstacle au développement de la filière française, la difficulté «d’attirer de nouveaux agriculteurs». Sur les cinq dernières années, ils sont passés de «près de 350 producteurs à 250», précise-t-il. D’autant plus que la graine de moutarde est une «culture fragile et compliquée», comparée au tournesol, dont le déficit créé par la guerre en Ukraine, premier pays exportateur de l’oléagineux, pourrait inciter de nouveaux cultivateurs à se lancer.

 

Surconsommation sur un marché en tension

 

Les ventes de moutardes ont ainsi baissé de 10,8% en volume sur les quatre premiers mois de 2022 par rapport à 2021 sur la même période, selon les données de l’institut spécialisé IRI, fournies à CheckNews. En revanche, les ventes ont augmenté en valeur de 7,4% entre janvier et avril comparé à lannée précédente, ce qui traduit parfaitement les tendances actuelles du marché. Le prix de la moutarde a en effet explosé avec une hausse de 9,26% en un an, daprès une étude IRI, publiée en avril. Mais si loffre diminue, la demande, elle, augmente. Avec des conséquences visibles sur les prix.

 

Contacté par CheckNews, le groupe Casino, qui regroupe plusieurs enseignes de grandes surfaces (Franprix, Monoprix, Casino, Spar…), constate que «les pénuries sur la graine de moutarde impactent en effet les approvisionnements de toutes nos enseignes et peuvent être visibles dans certains de nos magasins». Dans les magasins Franprix par exemple, les ventes de moutarde «ont été multipliées par 1,5 voire 2 depuis deux semaines». L’enseigne, qui ne donne pas de quota de vente par client à ce jour, interprète la hausse des ventes par une «surconsommation», visible sur les «stocks en magasins qui ont tendance à s’écouler très vite, dès la mise en vente», aggravant un marché déjà «en tension».

 

Peut-on parler de pénurie pour autant? «On est face à un comportement rationnel des consommateurs, qui lorsque les rayons sont vides, vont vouloir stocker pour ne pas manquer de la denrée», analyse Pascale Hébel, directrice associée chez C-Ways, interrogée par CheckNews. L’experte compare ce «stockage», à celui du papier toilette ou de la farine au début du confinement, en mars 2020. Concernant les pénuries enregistrées en France depuis quelques mois, l’huile de tournesol, comme la moutarde, Pascale Hébel précise qu’elles ne sont pas, dans l’immédiat, imputables à la guerre en Ukraine. «On associe aujourd’hui les pénuries à l’Ukraine, mais ce ne sera vraiment qu’après l’été qu’on pourra dire ça, car les récoltes des graines se font en été. La France fait donc face à des pénuries liées au stockage et non directement imputables au conflit dans l’est de l’Europe», insiste la spécialiste.

 

Le dérèglement climatique pourrait cependant atteindre d’autres filières à l’avenir. «On n’est pas à l’abri de faire face à des problèmes climatiques similaires dans les prochaines années et donc à des inflations du prix des matières premières», rappelle Pascale Hébel.

 

C’est donc vers les producteurs locaux que le secteur de la moutarde tente de se tourner. En Alsace, l’entreprise Alélor peut compter sur une production locale qui couvre 60 % de ses besoins, relate France 3 . Mais ce cas de figure est rare et tire les prix vers le haut. Alors si une vraie pénurie ne devrait pas se produire rapidement, la saison des barbecues pourrait bien avoir des conséquences plus importantes sur les portefeuilles en raison du prix de la moutarde qui ne devrait pas baisser tout de suite.

SUGGESTION du CHEF : Lapin à la moutarde ICI 😃

Recette de Lapin a la moutarde par jeanmerode

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16 juin 2022 4 16 /06 /juin /2022 06:00

 

Crise des céréales : "Nous sommes entrés dans un processus de désoccidentalisation des marchés agricoles" ICI

 

 

01 JUIN 2022

Alicia Mihami

 

Sécheresse, pénurie d'engrais, inflation... En Afrique de l'Ouest, les stocks de céréales sont au plus bas, faisant craindre à l'ONU un "ouragan de famines" dans les pays de la région. Quelles alternatives ces pays peuvent-ils mettre en place pour compenser la baisse des exportations de céréales russes et ukrainiennes ?

 

Éléments de réponse avec Thierry Pouch, économiste et chef du service études et prospectives de l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture (APCA).

 

Entretien.

 

  • Thierry Pouch :

 

L’Afrique de l’Ouest est une région qui a des difficultés à produire, donc constituer des stocks est assez compliqué. Autre point important : comme ce sont des pays relativement endettés, ils font face au problème du coût de l’importation. On sait que les cours des matières agricoles, et notamment les céréales, ont commencé à flamber à partir du début de l’année 2021.

 

 

À ce moment-là, c’était dû au fait que la croissance économique était très forte, et que la Chine s’était déjà positionnée pour siphonner une bonne partie des matières premières. Les Chinois ont les moyens, ça ne pose pas de problème. Mais pour l’Afrique de l’Ouest, évidemment le coût que représente l’achat de matières premières agricoles empêche non seulement d'approvisionner correctement la population, mais aussi de faire des stocks.

 

Si je fais référence à la Chine c’est qu’aujourd’hui, environ 50% des stocks mondiaux de blé sont détenus par la Chine, et environ deux tiers du maïs. Ça ne laisse pas grand-chose aux autres.

 

À ces problèmes existants est venue s’ajouter la guerre en Ukraine. On connaît le poids prépondérant de ces deux nations en matière de production agricole : la Russie représente presque 20% des exportations de blé, pour l’Ukraine c’est 10%.

 

Le conflit entraîne des problèmes d’acheminement vers les terminaux portuaires, passer par la voie ferroviaire implique des problèmes logistiques car les rails ne sont pas les mêmes entre l’Ukraine et l’Europe… Quand bien même vous mettez un conteneur sur un wagon, vous pouvez transporter environ 5 000 tonnes, alors qu’en bateau, on transportait 65 000, 70 000 tonnes… L’acheminement par train est envisagé, ça commence à se faire : il faut apporter les céréales vers la Pologne et la Roumanie, avec le port de Constanta notamment, mais les difficultés logistiques sont extrêmement importantes.

 

  • TV5MONDE : l’Afrique doit donc se tourner vers d’autres pays pour s’approvisionner en céréales ? 

 

Thierry Pouch :

 

C’est l’alternative qui avait été retenue très vite au moment du déclenchement du conflit; Certains pays d’Afrique, avaient l’ambition de voir si d’autres grands bassins de production comme l’Australie, le Canada, les États-Unis, l’Argentine et l’Union européenne pouvaient se substituer à la Russie et à l’Ukraine. Il faut aussi ajouter l’Inde, qui est le deuxième plus gros producteur mondial de blé. Mais l’Inde est un exportateur de modeste envergure, qui ne devait exporter cette année que 9 à 10 millions de tonnes. Ce n’est pas grand-chose, mais dans le contexte actuel, ça pouvait représenter une source d’approvisionnement potentielle pour les pays africains. Mais l’Inde a décidé de fermer ses frontières, sur le blé d’abord et maintenant sur le sucre. 

 

La voie de recours des États-Unis est possible, mais la production est soumise à un fort stress hydrique, donc il n’est pas sûr qu’elle soit suffisante. Le Canada est aussi exposé à la sécheresse. Et il y a des problèmes de décalage avec l’hémisphère sud, notamment l'Argentine. Il faudra attendre cet hiver pour attendre leur production… Reste l’Union européenne, qui a en gros trois grands producteurs : la France, la Roumanie et l’Allemagne. La France doit envisager de répondre à ces demandes, en plus des besoins habituels, notamment ceux de l’Algérie. En temps normal, la France produit 45 à 50 millions de tonnes de blé, et exporte la moitié de sa production. La moitié de ces exportations va déjà à l'Algérie !

 

Le problème reste le même : vous avez une petite dizaine de gros pays exportateurs, face à une multitude d’importateurs.

 

Thierry Pouch

 

Et cette année, on craint particulièrement la sécheresse. Donc soit la France puise dans ses propres stocks pour répondre à la demande, soit on augmente la production, mais ça ne sera pas avant l’année prochaine, et ça reste compliqué. Le problème reste le même : vous avez une petite dizaine de gros pays exportateurs, face à une multitude d’importateurs.

 

Une alternative envisagée par les États-Unis peut être de subventionner les importations de blé des pays importateurs, mais pour l’instant cela concerne plutôt le Moyen-Orient, l’Égypte… Et même si ces substituts sont possibles, reste la question du prix, avec une moyenne de 400 euros la tonne. Pour ces pays qui ont été fortement touchés par la crise Covid, les niveaux d’endettement sont tels que la reprise économique n’est pas rétablie. Beaucoup craignent donc des soulèvements populaires, et dans certains pays comme la Tunisie, la Libye, le Liban, il y a déjà des émeutes pour avoir du pain.

 

  • TV5MONDE : si l’importation n’est pas vraiment une solution, est-ce que c’est l’occasion pour l’Afrique de l’Ouest de mettre en place des politiques pour tendre vers l’autosuffisance ?

 

Thierry Pouch :

 

Les pays de la zone pourraient décider de produire eux-mêmes, et autre chose que du blé. Le manioc pourrait momentanément se substituer à ces importations. Mais deux questions se posent : premièrement, dans quelles proportions peuvent-ils produire par rapport à leur population ? Et deuxièmement, dans quelle temporalité ? Les problèmes agricoles nécessitent toujours du temps.

 

Même s’il y a un espoir de réduction de la dépendance, il s’inscrit dans un horizon de 5 à 10 ans

 

Ce genre de mesure se décide assez vite, mais ça ne se concrétise pas aussi rapidement. Il faut des semences, de l’eau, des engrais, or les engrais viennent essentiellement de Russie et de Chine… Même s’il y a un espoir de réduction de la dépendance, il s’inscrit dans un horizon de 5 à 10 ans, or la situation est urgente.

 

 

Il faut aussi que les prix soient  rémunérateurs pour les paysans, mais il ne faut pas que l’inflation se propage aux prix à la consommation dans les centres urbains. On se souvient des émeutes de la faim en 2008 : ce n’était pas vraiment les campagnes qui étaient touchées mais plutôt les villes. 

 

 

  • TV5MONDE : quelles sont les alternatives à court terme pour éviter la famine ?

 

Thierry Pouch :

 

Il reste une solution, avancée par la France : le plan de résilience agricole et alimentaire, qui essaye de réactiver des outils mis en place lors de la crise économique de 2011, lorsque la France présidait le G20. Il y avait notamment AMIS, le système d’information sur les marchés agricoles, pour avoir plus de transparence sur l’état des stocks mondiaux, avec un engagement des États et de la communauté internationale pour livrer ces informations. Aujourd’hui ces stocks sont considérés comme stratégiques, donc on n'a pas toutes les informations mais la France essaie de remettre ce système sur pied. Elle essaie aussi de réactiver le forum d’action rapide pour mieux coordonner les politiques commerciales et éviter qu’il y ait des interruptions dans les échanges de produits agricoles et alimentaires. Dans l’état actuel des choses, la seule vraie piste c’est une meilleure coordination internationale.

 

 

Tous ceux qui auront aidé l’Ukraine d’une façon ou d’une autre seront sanctionnés

 

La dernière alternative, c’est la Russie. C’est le premier exportateur mondial de blé. Cette année, les Russes vont avoir une production record cette année, ils sont en mesure d’exporter 50 millions de tonnes. Mais il y a une condition : on va mesurer le degré d’engagement des pays importateurs auprès de l’Ukraine, s’ils ont voté à l’Assemblée générale de l’ONU, s’ils se sont abstenus… Tous ceux qui auront aidé l’Ukraine d’une façon ou d’une autre seront sanctionnés et privés comme on le voit déjà avec le gaz vis-à-vis de la Finlande, la Pologne, la Bulgarie…

 

 

Dans ce contexte, on voit bien qu’on est entré dans un processus de désoccidentalisation des marchés agricoles. Pour éviter les soulèvements populaires qui amplifieraient l’instabilité ambiante, c’est une voie possible. Et quand on voit le poids de la Chine, qui est une alliée de la Russie, dans certains pays africains… Il y a une fenêtre de tir.

 

Alicia Miha

Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire |  Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation

Plan de résilience : ouverture du premier guichet pour soutenir les éleveurs face aux effets du conflit en Ukraine

 

Depuis le siège de FranceAgriMer, Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, ouvre un premier dispositif d’aides pour l’alimentation animale doté de 308,5 millions d'euros. Développé dans le cadre du Plan de résilience pour faire face aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine, il vise à compenser une partie des surcoûts d’alimentation animale des éleveurs et pisciculteurs de la France hexagonale (hors Corse). Il sera complété dans les prochaines semaines par deux autres dispositifs : un pour les filières en intégration et un autre pour les départements d'Outre-Mer et la Corse.

 

La suite ICI 

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Dédié à l'ami Jean-François

 

La française Catherine Geslain-Lanéelle est directrice au secrétariat général du Conseil de l’Union européenne. Elle a aussi été chargée par le président de la République de coordonner au niveau international l’initiative française FARM relative à la sécurité alimentaire mondiale. Elle anime à ce titre une task force interministérielle rassemblant, sous l’autorité de l’Elysée, tous les ministères concernés et en particulier les ministères de l’Agriculture, des Affaires étrangères et de l’Economie. Elle fut la candidate de l’Union européenne à la présidence de la FAO en 2019.

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 11:30

On purge BébéThéâtre : On purge bébé/ quand Feydeau fait du bien - Baz'art : Des films,  des livres...

Paris ville à nouveau Insoumise, Paris la rétive, Paris qui, par magie, voit ses petits bourgeois bien assis passer au rouge avec un soupçon de vert, un zeste de rose mais pas de coco. ICI 

 

La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) plébiscitée dans la majorité des circonscriptions à Paris. Trois candidates de la coalition de gauche issues des rangs des Insoumis ont été élues dès le premier tour, ce dimanche 12 juin et la Nupes est arrivée en tête dans douze des 18 circonscriptions. En revanche, des ministres en ballotage défavorable voient leur poste menacé en cas d’élimination.

En sera-t-il de même dimanche soir ?

 

Mélenchon Premier Ministre ou leader de l’opposition ?

 

Pour que la première branche de l’alternative devienne réalité il faudra à la Nupes une levée en masse du peuple jeune qui s’est abstenu en masse dans les terres infertiles.

 

Pour la seconde, deux nuances : l’une grise pour la Nupes, le camp présidentiel garde la majorité absolue à l’AN, l’autre rouge vif, la majorité relative d’Ensemble est faible, ou rouge pâlichon si le char présidentiel frôle la majorité absolue.

 

Bref, dans la seconde branche de l’alternative, la porte de sortie pour le gouvernement Borne-bis, sera de se pacser avec Les Républicains, avec des liens plus ou moins serrés selon la hauteur du fossé entre la relative et l’absolue. Ce sera donc à droite toute ! Le discours de Macron sur le tarmac, comme l’a souligné un connaisseur Alain Duhamel, avait des accents disons pompidoliens face à une future chienlit.

 

La chienlit est-elle à nos portes ?

Si l’on écoute les oracles des deux bords : la réponse est OUI.

 

Dans l’hypothèse Borne-bis avec sa béquille de droite, la rue retrouvera son plein emploi car l’obstruction parlementaire de la Nupes n’aura qu’un pouvoir de ralentissement du char présidentiel, n’oublions pas que le Sénat est à droite.

 

D’où je me dis : pourquoi ne pas purger le bébé vite fait bien fait sur le gaz avec une cohabitation de choc entre Macron et Mélenchon !

 

Un remake de 81 avec un effet de souffle plus dévastateur, mondialisation et intégration européenne oblige.

 

Suis-je un irresponsable en posant cette éventualité sur la table ?

 

Je ne le pense pas, rien ne vaut l’épreuve des faits pour vérifier ce que les oracles prédisent. En 81, j’étais un social-traître pour le camp rose, en 83, alors que Mitterrand venait de virer sans ménagement Edith Cresson du 78 rue de Varenne pour calmer la FNSEA, avec Rocard aux manettes nous étions devenus des alliés essentiels.

 

Attention, je ne souhaite pas l’accession de Mélenchon à Matignon, mais si tel était le cas nous pourrions affronter, moi le premier, social-démocrate que je suis et reste, la gouvernance à la sauce d’une coalition hétéroclite, sans priorités, cachant sous le tapis les choix essentiels de l’avenir énergétique du pays, d’un Frexit aux forceps, d’une politique de relance par la demande favorable aux importations et à la domination de la  Grande Distribution.  

 

On peut se faire élire avec des mots mais on ne gouverne qu’avec des choix le plus souvent difficiles, car contraints, nos voisins grecs en savent quelque chose.

Jaquette DVD de Au coeur du théatre - On purge bébé - Cinéma PassionL'art du comédien - On purge bébé 2/2 : Scène 5 (1ère diffusion :  24/06/1958 France III Nationale)On Purge Bébé ! | Rakuten

Un fabricant de pots de chambre rêve de décrocher le marché du siècle : fournir les armées ! Les stratagèmes pour conclure l'affaire lui réservent bien des surprises.

 

Tout cela parce que bébé refuse d'aller sur le pot. On purge bébé ! (1910) est caractéristique de la dernière manière de Georges Feydeau, de ces pièces en un acte où le comique ne repose plus seulement sur les recettes classiques du vaudeville, mais aussi sur la peinture - au vitriol - des caractères : la médiocrité, la mesquinerie et l'hypocrisie petites-bourgeoises sont impitoyablement épinglées. Cette pièce, régulièrement montée au théâtre, est l'une des plus échevelées et des plus brillantes des " farces conjugales " de Feydeau

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