Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 06:00
La meilleure carbonara de Paris, tout comme celle de Nabil Hassen Hadj chez Roscioli la cantine de Ben Stiller à Rome, c’est ICI

Tout comme le Jadot vert poireau aurais-je pris le melon ?

 

Je suis tout prêt à l’admettre mais, que voulez-vous que j’y fasse, ma carbonara est plébiscitée par les plus fines gueules de Paris.

 

Quelle en est la raison ?

 

Ce n’est nullement dû à mon génie culinaire mais à 2 choix essentiels :

 

  • La qualité des ingrédients utilisés, tout particulièrement la pasta.

 

  • L’exclusion de la crème fraîche épaisse.

 

La crème fraîche, un sacrilège ! Denny Imbroisi, chef du restaurant IDA

 

Dans la recette française qui a fait bondir les Italiens, tous les ingrédients sont mélangés et cuits dans une même casserole. C’est tout ce qu’il ne faut pas faire : avec cette méthode, impossible de maîtriser les cuissons.

 

De plus, certains ingrédients utilisés, à savoir les oignons, les lardons et la crème, n’apparaissent pas dans la recette traditionnelle. Même les pâtes choisies, des farfales, ne sont pas les bonnes, puisque l’on opte habituellement pour des pâtes longues.

 

La présence des lardons est elle aussi curieuse : dans la véritable recette des pâtes à la carbonara, on utilise de la guanciale, une spécialité italienne à base de joue de porc. Pour finir, l’utilisation de la crème fraîche est un véritable sacrilège : cet ingrédient n’a jamais existé dans ce plat.

 

C’est écrit.

 

Bien évidemment je ne vais pas dévoiler ce qui fait le succès de ma carbonara auprès de mes fans, vous livrer mon petit plus, à vous de laisser libre court à vos talents de cordon bleu.

 

 

La carbonara de Roscioli a été élue la meilleure d'Italie en 2008.

 

Ça fait un bail, j’espère que depuis la maison Roscioli, grisée par son succès, n’a pas bu l’eau des nouilles…

 

Roscioli n'est pas qu’un restaurant c'est avant tout une famille.

 

Le grand, l’immense, l’incontournable, le chouchou de Paulo le tombeur des dames, François-Régis Gaudry, titrait en juin 2014 la pasta diva des frères Roscioli ICI 

 

« Nous avons porté une attention extrême à toutes les composantes de cette grande spécialité romaine », explique Alessandro Roscioli, à la tête de l'établissement, avec son frère Pierluigi. Le guanciale provient d'un élevage fermier du mont Conero, dans les Marches; les oeufs sont livrés par Paoli Parisi, l'éleveur star de Toscane; le poivre est un cru exceptionnel de Sarawak (Malaisie) ; deux variétés rares de fromage pecorino sont utilisées. Quant aux pâtes, elles sont signées Benedetto Cavalieri, le nec plus ultra des fabriques artisanales, dans les Pouilles! Autant d'ingrédients haute couture subtilement mélangés à la dernière minute par Nabil Hadj Hassen, le cuisinier d'origine tunisienne. « C'est un magicien! Il est le seul étranger capable de préparer la pasta mieux que les Italiens », avoue Alessandro.

 

Cette bonne table s'est distinguée en 2008, lorsque la carbonara de Roscioli, préparée par le chef Nabil Hassen Hadj, reçoit le prix de meilleure d'Italie, faisant de ce plat la pierre angulaire du menu.

 

 

Mais qu'est-ce qu'une carbonara, pour les Romains ?

 

Certainement pas un plat à base de crème, exclue de la liste des ingrédients. Mais plutôt des œufs fouettés avec le pecorino, le guanciale saisi à la poêle, croquant à l'extérieur et fondant à l'intérieur, et beaucoup de poivre. Parce que carbonara viendrait de carbone, le charbon en italien. Le résultat est crémeux, piquant et fondant à la fois : un délice qui se déguste le long du comptoir où reposent les produits disponibles à la vente à emporter.

 

Roscioli. Via dei Giubbonari, 21. Du lun-sam 12h30-16h et 19h-minuit. Tél. : +39 06 687 5287. Réservation indispensable. ICI 

 

roscioli-restaurant-christmas-dinner-rome - LivItaly Tours

Partager cet article

Repost0
2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 08:00
Pour faire plaisir à ce bon PAX les photos du père et la tribune de la fille « Ce mortel ennui qui me vient… »

Ce mortel ennui qui me vient quand je suis avec toi

Ce mortel ennui qui me tient et me suit pas à pas

Le jour où j'aurais assez d'estomac et de toi

Pour te laisser choir ce jour-là oh oui ce jour là

Je crois, oui je crois, que je pourrais voir…

 

C’est du Gainsbourg.

 

Notre cher Pax ne porte guère le petit gars fils d’un vinaigrier de Jarnac dans son cœur :

 

J'ai beaucoup de mal à m'intéresser aux histoires de coeur du bonhomme dont j'ai du mal à croire qu'en écrivant ses lettres il ne se regardait pas écrire, pour la postérité.

 

Bref, comme disait l'autre, je n'ai pas de glande pour ce genre de type.

 

Moi non plus mais, ayant servi comme matelot sur le porte-avions dont il était le pacha, Rocard n'étant qu'un quartier-maître je me dois d’assumer ces années.

 

Mais comme j’aime titiller PAX, surtout le dimanche, je lui offre quelques friandises :

 

 

Mazarine Pingeot au sujet des nouveaux combats féministes : « Ce mortel ennui qui me vient… »

TRIBUNE

Mazarine Pingeot

Autrice

La romancière dénonce le nouveau féminisme qui, selon elle, se complaît dans la morale au lieu d’agir de façon politique.

Publié le 28 juillet 2020

Ce mortel ennui qui me vient, devant la victoire d’extrémistes de la médiocrité au nom de « l’éthique », discréditant les combats féministes : ceux qui luttent pour l’égalité des droits, l’égalité des chances, avec à l’horizon une véritable révolution anthropologique. Combats politiques et non moraux !

 

Aujourd’hui, les femmes sont assez puissantes pour mener ce combat politique, pourquoi s’en tiendraient-elles à occuper la seule place du ressentiment et de la vengeance, de la délation et de la vindicte ? Est-ce cela, la place naturelle de la femme ?

 

Ce mortel ennui qui me vient, devant une certaine jeunesse sans désir mais pleine de colère, ces jeunes femmes mieux loties que leurs mères et leurs grands-mères, qui ont mené la lutte pour elles, déblayé le terrain pour leur laisser en héritage de continuer le combat : les unes se sentent insultées quand un homme, de sa violence ancestrale, ose un compliment – et c’est comme une gifle en plein visage, certaines appellent ça un viol, au mépris de celles qui en ont vraiment été victimes ; les autres se déguisent en putes pour imiter les danseuses des clips de rap qui vantent l’argent facile et l’amour monnayable.

 

Elles ne se connaissent pas, elles cohabitent. Il y a les pauvres, celles qui pensent que cacher un bifton dans leur string est le comble de la classe ; il y a les riches, les pourvues socialement et culturellement, qui identifient tout acte évoquant leur corps sacré comme un viol – réveil la nuit, manifestation du désir, expression du vivant.

 

Ce mortel ennui, devant les générations à venir, qui en seront réduites à des relations tarifées ou contractuelles. Devant les enivrés de haine, qui ne considèrent pas l’intelligence comme un atout et ont décidé plus que de s’en passer, de la piétiner systématiquement.

 

Qu’est-ce qu’une morale adossée à la haine ?

 

Devant le règne de la bêtise, du mimétisme, de la libération des pulsions de haine, et, pire que tout, de l’exaltation narcissique de croire appartenir à la morale, s’en revendiquer, en être le bras armé. Mais qu’est-ce qu’une morale adossée à la haine ?

 

Ce mortel ennui devant ce qui était l’arme des révolutionnaires – l’indignation – devenue la monnaie courante de tous les frustrés de la terre, des médiocres, de ceux qui veulent exister mais n’ont d’autres moyens que de vomir des insultes, de confondre les plans, l’opinion, la justice, la rumeur, les faits, d’invoquer un nouvel ordre moral au lieu de faire de la politique.

 

Ce mortel ennui devant ces combattants des réseaux, qui prennent le risque suprême de descendre dans la rue masqués – le Covid-19 aura au moins fourbi les armes de la lâcheté – pour hurler des approximations et des contresens, avec le but avoué de détruire psychiquement et socialement des cibles qui sont toutes masculines, blanches et d’un certain âge, n’importe qui fera l’affaire. L’homme blanc occidental a exploité tant de monde, de cultures, et même la nature. L’homme blanc n’est pas un concept, puisqu’il est incarné par tous les hommes blancs, indistinctement. Le concept n’a plus lieu d’être, le symbolique est déchiré, anéanti, il n’y a plus de commun, pour ne pas dire d’universel, ce gros mot honni par les partisans identitaires.

 

Ce mortel ennui devant ces gens fiers d’eux, sûrs de leur bon droit, et qui crient. Crient pour tout, contre tout, enfonçant des portes ouvertes.

 

Devant les contempteurs de la domination masculine, blanche et occidentale, qui ont comme seul projet de renverser la domination, non pour un monde plus égal et construit sur un autre paradigme, mais bien pour substituer une domination à une autre.

 

Et l’art, dans tout ça ?

 

Ce mortel ennui devant l’orgasmique onanisme d’une colère pseudo-féministe, quand des femmes sont encore excisées, quand des femmes sont encore lapidées, quand des femmes sont exploitées, quand des femmes gagnent moins bien leur vie que les hommes, se battent sur tous les fronts… Il faut respecter les différences culturelles, diront les nouveaux révolutionnaires, et reconstruire des murs. On se régale d’avance à la perspective de la convergence des luttes qui, à ce compte, ne peut aboutir qu’à de nouvelles frontières. Ennui mortel devant l’inconséquence des nouveaux maccarthystes.

 

Et que deviendra l’art, dans tout ça ? Des livrets de vertu qu’on distribuera au seuil des nouvelles églises ? Des éditoriaux pleins de bons sentiments mâtinés de haine rance de vieilles filles ? Des imprécations béni-oui-oui de néoromantiques exaltés par les combats sur Facebook ? Des œuvres théâtrales où l’on dira le catéchisme, le mal contre le bien, dont on voit vite les incarnations ? Des tableaux respectant la parité, homme, femme, Noir, Blanc, vieux, jeunes, handicapés, dans des champs de blé bio et des plants de tomates en permaculture ?

 

Mortel ennui. Et où mettra-t-on donc les déviants ? Car ils risquent de devenir très nombreux. Si la police des mœurs s’exerce comme l’appellent de leurs vœux les nouveaux parangons de vertu. Reste l’autocensure, l’intériorisation de l’interdit. Un nouveau vocabulaire est à disposition, et, pour les écrivains, on pourra toujours fournir un dictionnaire officiel des mots acceptables. La morale a aussi son mot à dire sur la culture. Dieu merci, morale et culture sont des substantifs féminins…

 

Avant même de mourir du réchauffement climatique, nous risquons de mourir d’ennui. Car nous avons prévenu nos enfants qu’ils auraient à se battre pour sauvegarder la planète. Mais leur avons-nous glissé qu’ils auraient aussi à affronter le mortel ennui qui s’abat sous le drapeau brandi d’une morale de la haine ? L’idée même de combat politique risque d’y succomber.

 

Mazarine Pingeot est agrégée de philosophie et autrice. Elle a notamment écrit « La Dictature de la transparence » (Robert Laffont, 2016) et « Se taire » (Julliard, 2019).

Partager cet article

Repost0
2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:00

Truman Capote : l'enfant terrible de la littérature américaine ...

Qui n’a pas lu à 50 ans De sang-froid de Truman Capote a raté sa vie !

 

Amazon.fr - Truman Capote - De sang-froid - traduit par Raymond ...

 

Dans le cadre d’un été résolument culturel je vous offre une réflexion sur la vérité romanesque, dans Cercueil sur mesures, Capote a poussé le bouchon un peu loin, mais peu m’importe ça m’est égal car il a atteint un degré de vérité incomparable.

 

Après le succès phénoménal remporté par De sang-froid, Capote avait délaissé le genre romanesque pour revenir à ses premières amours : la nouvelle. Le recueil Musique pour caméléons, publié en 1980, réunit 7 textes, dont un, en particulier… sous-titré Récit véridique non romancé d’un crime américain, Cercueils sur mesures décrit une série de 7 meurtres ayant frappé une petite ville américaine du Midwest, que Capote prétend ne pas pouvoir nommé, pour ne pas interférer avec le processus de la justice.

 

Amazon.fr - Cercueils sur mesure - Capote, Truman - Livres

 

Enquête faite, Capote a produit un faux plus vrai que nature.

 

Truman Capote : «De sang-froid», le livre d'une vie | Télépro

 

Rappelons que Capote, en 1959, voit son attention attirée par le meurtre d’une famille de fermiers du Kansas. Il se rend sur les lieux. Les deux vauriens Dick Hickock et Perry Smith sont rapidement arrêtés et passent aux aveux. Capote conçoit alors le projet d’un livre à mi-chemin entre la réalité et la fiction : la réalité parce qu’il va rencontrer tous les protagonistes de l’affaire ; la fiction parce qu’il devra reconstituer de nombreuses scènes auxquelles il n’a pas assisté. On a parlé pour décrire le résultat de « roman non-roman » ou de « roman-vérité »

 

« A new understanding of the différence between what is true and what it really true. »

 

Dans Cercueils sur mesures, les victimes présentent deux points communs : elles ont siégé au sein d’une commission ayant voté le détournement d’un cours d’eau arrosant le ranch d’un riche fermier du nom de Quinn et elles ont reçu, peu avant leur mort, un cercueil miniature en bois. Les assassinats sont autant d’œuvres d’art : un couple d’avocats périt sous les piqûres de serpents à sonnettes préalablement dopés aux amphétamines qui ont été placé dans leur voiture ; les victimes trois et quatre meurent carbonisées dans leur maison à laquelle on a mis le feu après avoir scellé les issues par des parpaings ; le conducteur d’une décapotable est décapité par un filin invisible tendu à travers de sa route ; un médecin est empoisonné ; une professeure se noie dans de mystérieuses circonstances. Le facteur, se sachant sur la liste, décampe à Hawaii, tandis que le dernier membre de la commission, le seul à avoir voté en faveur du fermier, est épargné. Car il ne fait pas de doute pour personne que Quinn est à l’origine de l’hécatombe. Il ne fait d’ailleurs pas grand-chose pour démentir la rumeur. Par bravade – à moins que ce ne soit par courtoisie – il accepte de rencontrer Capote. Les entrevues glaçantes entre les deux hommes et leurs parties d’échecs constituent le point d’orgue de la nouvelle.

 

Quel régal que ces nombreuses métaphores : Elle était bâtie comme Poncho Villa et portait des pantalons de cow-boy avec une braguette à glissière … Tempérament aussi bouillant qu'un tamale au poivre rouge … Plus saoul qu'une tribu d'Indiens en train de danser dans les maïs.

Partager cet article

Repost0
1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 06:00

Charles Ponzi dans les années 1910. | Via Wikimedia Commons

Je suis fasciné, moi qui ne suis que titulaire de livrets de Caisse d’Epargne, qui ignore les SICAV, qui ne surveille pas d’un œil anxieux le CAC 40, le Nasdaq, le Dow Jones, par les goulus, les voraces, les rapaces qui se jettent comme des morts de faim sur des produits, dit dérivés, comme des morts de faim.

 

Rappelez-vous au temps du vibrionnant Sarkozy, la crise des subprimes, le tristement célèbre Bernard Madoff, condamné à 150 ans de prison en 2009 pour avoir monté une escroquerie façon Ponzi dont on estime qu'elle a pu porter sur environ 65 milliards de dollars.

 

 

« C’est quand la marée se retire qu’on voit qui nageait tout nu », a coutume de dire Warren Buffett. Le reflux des marchés et l’argent facile avaient mis au jour un véritable musée des horreurs : les appartements en construction qui changeaient trois ou quatre fois de main pendant les travaux ; les municipalités endettées à taux variable dans des monnaies exotiques ; les banques suisses qui enseignaient à leurs clients comment frauder le fisc… Le temps était peut-être venu de raconter certaines de ces histoires ou, mieux, d’en inventer d’encore plus jubilatoire. »

Vlad Eisinger Du Rififi à Walla Street

 

The Big Short (2015)

 

The Big Short : le casse du siècle de Adam McKay - (2015 ...

 

The Big Short raconte comment une poignée d’outsiders ont vu venir avant tout le monde la crise des subprimes et le retournement brutal du marché immobilier (et hypothécaire) américain. Le film décrit un peu l’ensemble des acteurs de la finance comme des crétins aveugles. Ce qui est un peu dur mais tout à fait distrayant. Ils ont néanmoins oublié de mentionner le cas de John PAULSON. Un gestionnaire de hedge fund qui a aussi parié contre les subprimes et qui a gagné environ 10 milliards de dollars avec la crise. Or lui n’était pas un “outsider”, mais un “insider” qui bossait de très près avec Goldman Sachs. Le film reste super marrant. Un de mes préférés de 2015.

 

Revenons à ce cher PONZI

 

Pyramide de Ponzi

 

D'après l'histoire officielle, Carlo Ponzi est né en 1882 dans la ville italienne de Lugo, située en Émilie-Romagne. Après avoir étudié pendant quatre ans à La Sapienza, principale université romaine, il serait arrivé aux États-Unis à la fin de l'année 1903. La légende dit que lorsqu'il posa pour la première fois le pied sur le territoire américain, à Boston, il avait moins de trois dollars en poche.

 

Bien décidé à empoigner la vie, désireux de ne pas faire de la figuration et de vivre à fond son rêve américain, Carlo Ponzi se résolut néanmoins à commencer au bas de l'échelle. Dès 1904, il décida de se faire appeler Charles, ce qui ne suffira pas à favoriser son intégration: parlant un anglais rudimentaire, n'ayant ni ressources ni contacts, il ne parvint qu'à se faire engager en tant que plongeur dans un restaurant, où il finit serveur après la défection d'un autre employé.

 

[…]

 

DAOs, Corporate Finance and Ponzi Schemes — Korporatio

 

La justice finit par s'emparer de l'affaire, et en 1926, Charles Ponzi fut condamné à un an de travaux forcés. Tentant de rentrer clandestinement en Italie pour ne pas purger sa peine, il fut arrêté sur le bateau à bord duquel il avait embarqué et resta six ans en prison.

 

Charles Ponzi (@charlesponzi) | Twitter

 

Expulsé vers l'Italie, il tenta ensuite de refaire sa vie au Brésil, où il finit de rédiger The Rise of Mr. Ponzi, qui parut en 1936. Il mourut finalement pauvre et aveugle à Rio de Janeiro en 1949, loin du triomphe auquel il aspirait. Au total, quelque 15 millions de dollars lui furent confiés par environ 40.000 individus, mais seuls 5 millions leurs furent redistribués.

 

L’ensemble de l’article ICI 

Partager cet article

Repost0
31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 06:00
Je suis d’accord avec Philippe Ridet « Lands of Murders » : une copie mais pas du toc

Dimanche, première sortie dans une salle de ciné depuis leur réouverture.

 

 

J’ai choisi « Lands of Murders », film allemand de Christian Alvart. Avec Trystan Pütter, Felix Kramer, Nora von Waldstätten (2 h 08), pour deux raisons, une fois n’est pas coutume j’ai fait confiance à un critique, en l’occurrence Philippe Ridet du Monde, et parce que j’avais beaucoup aimé La Isla Minima (2014), film du réalisateur espagnol Alberto Rodriguez.

 

Le MK2 bibliothèque, j’aime bien ce complexe avec ses longues passerelles et c’est 15 mn de chez moi à vélo.

 

 

Je choisis la dernière séance 22h 50.

 

 

Je dîne frugalement, la bouffe des food-trucks du parvis du MK2 n’est pas très alléchante.

 

Je prends mon billet dans la petite machine à billets, y’a plus de guichets.

 

Je suis masqué bien sûr.

 

Salle 9, en bas, 90 places.

 

Je descends, 2 personnes sont déjà en place, une tout en haut et l’autre tout en bas. Je me place au milieu de l’avant-dernière rangée.

 

Nous serons 10 en tout, démasqués.

 

La présentation des futures projections est interminable, plus d’un quart d’heure.

 

Le générique de « Lands of Murders » apparaît enfin.

 

Lands of Murders | STREAMINZ.COM

 

Un flic de l’Ouest, Patrick Stein, propre sur lui et bien mis, un flic de l’Est, Markus Bach, alcoolique et ancien membre de la Stasi. Nous sommes en 1991 ; le mur de Berlin est tombé depuis deux ans. A Görlitz, un bled collé à la frontière polonaise, des gamines disparaissent. Ils ne seront pas trop de deux pour démêler les fils de ces crimes sordides. Et si l’Allemagne unie pouvait triompher du mal ?

 

« J’ai comme une impression de déjà-vu », pourront se dire certains spectateurs de ce film glauque et aquatique. Lands of Murders est le décalque presque parfait de La Isla Minima (2014), film du réalisateur espagnol Alberto Rodriguez. Même scénario, mêmes dialogues parfois, mêmes paysages lagunaires, même opposition politique. Espagne des années 1980 ou Allemagne des années 1990 : deux prétextes pour évoquer la difficile construction d’une identité commune.

 

Mépriser ce film qui emprunte un scénario, comme un rôti déjà bardé et prêt à enfourner ?

Ou applaudir cette transposition du soleil de plomb de l’Andalousie à l’hiver de la Saxe, où le jour et la nuit se confondent ?

Fable politique et vrai thriller, Lands of Murders est peut-être une copie mais pas en toc. Patrick et Markus vont-ils se réconcilier au fil de leur enquête ou rester seuls avec leurs mystères et leur défiance réciproque ?

Philippe Ridet

 

« Lands of Murders », film allemand de Christian Alvart. Avec Trystan Pütter, Felix Kramer, Nora von Waldstätten (2 h 08).

 

Après 2 h 08 de séance je suis reparti ravi, ce film tient bien la route, rythmé, nulle impression de déjà vu, 6 ans après La Isla Minima je mettais mes pas dans les pas des deux flics : Patrick Stein, un peu falot, propre sur lui, insignifiant, et Markus Bach, l’ancien de la Stasi, poilu, lourd, bâfreur, pissant le sang, qui crève l’écran.  

 

À voir, pour se plonger dans l’ambiance de la RDA déchue, en voie de paupérisation…

 

Je rentre dans un Paris désert...

 

 

« La Isla Minima » : guerre civile froide sur les rives du Guadalquivir

 

Achat La Isla mínima en Blu Ray - AlloCiné

 

Le polar efficace d’Alberto Rodriguez met aux prises deux policiers dans les années qui suivirent la mort de Franco.

Par Franck Nouchi Publié le 10 juillet 2015

 

Tout commence d’en haut. De très haut même, quelques plans tournés à partir de photos aériennes du photographe Hector Garrido. Des séquences fascinantes en forme de coupes de cerveau ou de lames d’histologie qui permettent de découvrir une partie peu connue de l’Andalousie : les rives marécageuses du Guadalquivir. Spectaculaire entrée en matière pour un film étonnant : La Isla Minima est à la fois un polar de bonne facture et une passionnante plongée dans l’Espagne de l’immédiat post-franquisme ; autrement dit, la période dite de la « transition démocratique », ces sept années allant de la mort de Franco, le 20 novembre 1975, à l’arrivée au pouvoir de Felipe Gonzalez, en 1982, durant lesquelles se joua le sort du pays.

 

Il y a là deux flics représentatifs de ces deux Espagne qui depuis des décennies ne cessent de s’opposer. Le plus vieux, au passé trouble, formé dans les rangs de la police politique de Franco, semble a priori le plus sympathique, le plus gentil des deux. L’autre, plus grand avec son physique à la Sean Penn, est caractéristique de ces Espagnols pressés d’arrimer son pays à l’Europe démocratique. Ambitieux et efficace, bien décidé à en découdre avec la moindre résurgence du franquisme honni.

 

Il sera servi. S’il est là ce soir-là, avec son collègue, dans l’hôtel miteux d’un petit village, c’est que deux jeunes filles ont mystérieusement disparu à bord d’une Citroën. Et qu’apparemment nul ne sait ce qui s’est passé.

 

Où chercher ? Qui interroger dans ces paysages désespérément plats, où la culture du riz semble être la seule activité un tant soit peu lucrative ? Enquête d’autant plus compliquée qu’en ces lieux inhospitaliers, le mutisme semble être la règle numéro un.

 

Alberto Rodriguez, le réalisateur, dit s’être inspiré pour l’écriture de son scénario de 2666, l’extraordinaire roman de l’écrivain chilien Roberto Bolaño. Ce dernier s’était beaucoup intéressé à la série d’assassinats de femmes commis à partir de 1993 à Ciudad Juarez, dans le nord du Mexique.

 

Bien évidemment, il est impossible de voir La Isla Minima sans penser immédiatement à Memories of Murders de Bong Joon-ho. Deux flics, un tueur en série, des femmes assassinées, des rizières… : le cousinage est évident, même si, in fine, l’un (le film coréen) est un chef-d’œuvre, tandis que l’autre est juste un bon polar.

 

Retour en Andalousie. A mesure que l’enquête avance, émergent çà et là quelques lourds secrets de l’Espagne franquiste. Dans ce coin reculé entrecoupé de canaux, règne une loi du silence où criminalité et politique se confondent. Franco est mort, mais persistent des poches de résistance à la démocratie naissante qui inquiètent d’autant plus le plus jeune des deux policiers que le passé de son collègue semble également des plus douteux.

 

De temps à autre, comme si elle finissait, elle aussi, par étouffer dans cette atmosphère moite, la caméra reprend son vol. Prise de recul nécessaire. Changement d’axe. Là-bas, tout en bas, des hommes et des femmes savent mais ne disent rien. Complicité ? Terreur ? Les policiers ne vont plus tarder à découvrir la terrible vérité des disparues du Guadalquivir.

 

Présenté au festival de San Sebastian en 2014, grand triomphateur des derniers Goya (l’équivalent des Césars en Espagne) avec pas moins de dix récompenses, La Isla Minima est le sixième film d’Alberto Rodriguez (qui réalisa, en 2005, Les 7 Vierges). Raúl Arélavo (découvert dans Les Amants passagers, de Pedro Almodovar) et Javier Gutiérrez (très populaire dans son pays depuis qu’il a tourné dans la série Aguila Roja – L’Aigle rouge) symbolisent parfaitement l’affrontement perpétuel entre les deux Espagne.

 

Avec "La Isla minima", l'Espagne tient son "True Detective" | LCI

Partager cet article

Repost0
30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 06:00

Aimer c'est mourir : Gabrielle Russier et Christian Rossi - Bababam

Ma chronique à 6 ans, publiée le 18 janvier 2014, hier matin a capté l’intérêt de 1500 lecteurs.

 

ICI 

 

Gabrielle Russier s’et suicidée le 1er septembre 1969 par le gaz dans son appartement marseillais de la Résidence Nord. Ses obsèques sont célébrées par le pasteur Michel Viot. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise (26e division), à Paris.

 

Extraits de ma chronique :

 

Quel crime avait commis Gabrielle pour être jetée, pour 8 semaines, à la fin du printemps 69, dans une cellule sordide de la prison des Baumettes ?

 

Aimer un grand jeune homme, qui aurait pu être moi, c’est tout, alors qu’en ces temps gris, Papon fut, lui, le préfet de police de Paris, le Ministre du Budget du madré de Montboudif, avec du sang sur ses belles mains d’administrateur impitoyable.

 

Crime suprême, leurs corps s’étaient mêlés, enflammés, Christian avait empli cette « vieille » femme de sa jeune sève. Ils avaient jouis. Condamnée, le 12 juillet – mon jour anniversaire – à 12 mois de prison avec sursis et 500 francs d’amende, le Parquet jugeait la condamnation trop faible et faisait appel a minima, et Gabrielle ouvrait le 1er septembre le robinet du gaz. Exit la femme de mauvaise vie, celle qui avait détourné l’innocence vers les infâmes plaisirs de la chair. Bouclé dans une maison de repos par les psychiatres de service, Christian, lui, grâce à la protection de ses parents, allait enfin voir s’ouvrir une sacré belle vie.

 

Lorsque le 22 septembre, notre normalien de Président, questionné par Jean-Michel Royer, sur ce qu’il était maintenant de bon ton d’appeler « l’affaire Russier », allait convoquer Paul Eluard pour jeter un étrange voile sur Gabrielle, délivrer, une brève et ambiguë, oraison funèbre : « Comprenne qui voudra… » lance-t-il.

 

En exergue de son poème, Eluard avait écrit : «  En ce temps-là pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On allait jusqu’à les tondre. »

 

Gabrielle, dans le quartier de Montmartre, à Paris, en juillet 1967, après avoir été reçue à l'agrégation de lettres modernes.

 

A l’aide de témoignages et de documents inédits, « Le Monde » retrace le destin de cette enseignante dont l’histoire d’amour avec l’un de ses élèves fit scandale au tournant des années 1960-1970.

 

« L’affaire Gabrielle Russier » : une professeure unique

Par Pascale Robert-Diard et Joseph Beauregard

Publié le 26 juillet 2020

 

« Je vous rappelle qu’il est interdit de fumer dans les couloirs, dit le pion en lui tapotant l’épaule.

 

– Même pour les profs ?

 

– Ah, pardon. Je ne vous avais pas reconnue au milieu des élèves. »

 

Gabrielle Nogues, née Russier, tire sur sa Gauloise bleue. Elle a 30 ans. Trois mois plus tôt, elle a brillamment réussi l’agrégation de lettres modernes. Ce 14 septembre 1967, elle effectue sa première rentrée comme professeure de français et de latin au lycée Nord de Marseille.

 

Un coup de pouce de dernière minute de sa tante Suzanne, qui connaît du monde au ministère, lui a permis d’échapper à une nomination dans un lycée de jeunes filles à Nîmes. L’immense paquebot qui domine la rade de Marseille, sacré « lycée le plus moderne d’Europe » par le premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev, lors de sa visite en 1960, lui convient bien mieux. Un lycée mixte, le seul des quartiers nord de Marseille, qui rassemble les élèves des barres HLM de Saint-Louis, Saint-Henri, la Cabucelle, Saint-Antoine ou Saint-André, ceux qui grimpent depuis les petites maisons de l’arrière-port de Mourepiane ou qui quittent chaque jour, dans la voiture de leurs parents, les belles villas lovées dans ce coin de « campagne » que sont alors l’Estaque, la Gavotte, Verduron ou Bouc-Bel-Air. Un brassage de fils et filles d’ouvriers ou d’employés, de pieds-noirs rapatriés depuis peu, de commerçants, de bonne bourgeoisie marseillaise et même deux des héritiers de Norodom Sihanouk, chef d’Etat du Cambodge.

 

La suite ICI (c’est une chronique réservée aux abonnés) 

Mourir d'aimer

La professeure de français et le lycéen, l’amour interdit qui passionna la France de Pompidou ICI

 

La romance de Gabrielle Russier et Christian Rossi a agité une France déjà bouleversée par les évènements de Mai 68. Elle était professeure dans un lycée, il était son élève… Cet amour, aux conséquences tragiques, a fait s’interroger médias, politiques et tout un pays sur les ravages de la passion.

Publié le MERCREDI, 29 AOÛT 2018

par Pierrick Geais

Partager cet article

Repost0
29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 06:00

 

Le sigle A0C, qui fut longtemps dans le monde symbole d’une France de l’excellence, préservant la singularité de ses vins de, a doublement sombré : juridiquement en s’européanisant AOP ; politiquement en l’octroyant à presque tout le monde. S’y ajoutant les fameuses IGP qui, elles aussi revendiquent une origine, le terroir est devenu une commodité de langage, nous sommes dans la géographie, loin du projet originel. René Renou, avec son enthousiasme communicatif, tenta le dernier sauvetage du paquebot, une fois disparu ses fidèles soutiens revinrent à leur tambouille petit bras.

 

AOC est aujourd’hui un sigle annexé par les intellectuels qui peuvent s’en donner à cœur joie en tartinant leurs hautes pensées en direction de leurs pairs, la quintessence de l’entre soi : Analyse Opinion Critique.

 

 AOC : l'ambitieux nouveau média qui met l'écrivain à la place du journaliste ICI 

 

Bien évidemment je n’en suis pas !

 

Alors, qui donc  est cette nouvelle AOC ?

 

Ce sont les initiales de l’élue démocrate  de New-York Alexandria Ocasio-Cortez qui a vertement recadré, jeudi 23 juillet, un élu républicain accusé de lui avoir lancé une insulte sexiste. L’élu de la Chambre des représentants Ted Yoho s’était « excusé » la veille, lui aussi dans l’hémicycle, pour le ton « abrupt » adopté lors d’un bref échange lundi avec sa consœur démocrate.

 

Sa réponse est absolument remarquable, écoutez-là, ça me réconcilie avec le personnel politique.

 

Cliquez sur ce lien ICI la vidéo avec traduction est dans l’article du MONDE

Partager cet article

Repost0
28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 07:30

 

Jean-François est, contrairement à ma pomme, un garçon sérieux, lorsque nous étions ensemble au cabinet du Ministre de l’Agriculture, dans les années 90, où il tenait le poste de Conseiller Technique chargé des questions internationales, donc communautaires, j’étais tranquille, ses notes au Ministre, synthétiques, précises, argumentées, nous permettaient de faire progresser dans la tête d’un politique pur, Louis Mermaz, la nécessité de réformer en profondeur de la foutue PAC. Ce qui fut fait, je ne sais si ce fut un progrès mais la porte était ouverte sur une autre conception du soutien à l’agriculture communautaire. Depuis, avec les élargissements, le chemin parcouru est bien modeste et le verdissement reste bien pâle.

 

Si je tresse des lauriers mérités à JF c’est qu’en plein mois de juillet il vient de me faire parvenir une note où il évalue l’accord adopté par le Conseil européen de Juillet 2020, pendant que votre serviteur buvait des canons tout jetant un œil distrait sur le fil Twitter pour glaner des informations sur ce sommet qualifié par notre guide élyséen, en pleine mutation, de grande avancée dans la construction européenne. Il a travaillé au corps Angela confie-t-il au très people Paris-Match, j’en suis fort aise mais, contrairement à notre Mélenchon, qui ne bite rien aux questions communautaires, je ne vais pas dézinguer l’œuvre du chef, ou en entonner avec zélotes de notre Emmanuel, « on a gagné, on a gagné… »

 

Pour mémoire, au temps de Rocard Ministre de l’Agriculture, le Conseil Européen de Dublin du 27 février 1985, marqua le grand virage de l’OCM vin essentiellement consacrée au vin de table, en adoptant la distillation obligatoire pour stopper les hauts rendements et l’arrachage des vignes les produisant. Ce qui m’a frappé à ce Conseil c’est que les négociations étaient menées au nom de la France par le Ministre des Affaires Etrangères, Roland Dumas, et le Président de la République, François Mitterrand, pour qui la distillation obligatoire et l’arrachage relevaient d’une autre planète et que nos notes à leur attention, éléments de langage, devaient  se résumer en quelques phrases. Nous étions, et nous sommes toujours, la seule délégation dans cette configuration, c’est tout à fait baroque.

 

Bref, la parole est donnée à Jean-François :

 

Comme toujours après un conseil européen difficile, tous les participants disent qu’ils ont gagné. Cette présentation des négociations européennes comme une guerre entre Etats de laquelle chacun doit revenir avec une victoire sur ses partenaires, en dit long sur la solidarité et l’esprit fédéraliste qui règnent dans cet ensemble fragile. Les médias mettent en valeur le rôle décisif de leurs représentants nationaux et insistent sur le caractère « historique » des décisions prises. Ensuite, les polémiques sont d’autant plus bruyantes que les résultats de la négociation ont été présentés avec emphase et beaucoup d’approximation.

 

Un plan de relance économique et un budget de l’Union Européenne jusqu’en 2027.

 

Le conseil européen de ce mois de juillet 2020 devait se prononcer sur deux sujets intimement liés : un plan de relance de l’économie européenne frappée par la récession consécutive à la pandémie et le budget de l’Union européenne pour la période 2021– 2027.

 

Ces discussions présentaient, en plus de leur caractère budgétaire, une dimension politique puisqu’il s’agissait  d’autoriser la commission européenne a emprunter sur les marchés financiers 750 milliards d’euros (la commission a déjà emprunté mais jamais des sommes aussi importantes) pour financer le plan de relance en lieu et place des Etats membres et de trouver de nouveaux moyens de financement des dépenses européennes.

 

Le plan de relance « Next Generation EU » n’est pas un nouveau cadre budgétaire européen.

 

Le conseil européen a autorisé la commission à emprunter 750 milliards d’euros pour financer le plan de relance.

 

Les fonds empruntés pourront être prêtés aux Etats de l’Union européenne, pour 360 milliards d’euros, ou transférés sous forme de subventions pour financer des dépenses à hauteur de 390 milliards d’euros.

 

La commission remboursera ces emprunts au plus tard le 31 décembre 2058.

 

Les dépenses du plan de relance seront engagées en trois ans : 2021, 2022 et 2023. Le « droit de tirage » des Etats sur ce programme exceptionnel sera proportionnel à leur perte de PIB en 2020 et à leur perte de PIB cumulée en 2020 et 2021. C’est ce qui permettra  à des pays comme l’Espagne, l’Italie ou la France d’être parmi les principaux  bénéficiaires de ces subventions européennes.

 

Pour bénéficier de ces aides, les Etats-membres devront présenter des « plans nationaux de réforme et d’investissement » pour les années 2021–2023, qui seront évalués par la commission européenne et soumis au conseil européen statuant à la majorité qualifiée.

 

Il ne s’agira donc pas d’un chèque en blanc ; les concours financiers ne seront accordés que si les programmes de dépenses présentés sont considérés comme conformes aux orientations de politique économique formulées à l’occasion de l’examen annuel de la situation budgétaire des membres de l’Union par les instances européennes, notamment en matière de « réformes structurelles ». Ce vocable désigne habituellement les mesures de dérégulation de l’économie, de privatisation, d’ouverture à la concurrence et de réduction des dépenses publiques demandées par les instances européennes.

 

La décision du conseil précise que l’effort de relance consacré par le programme « Next Generation EU » (nom officiel du programme de relance européen) est « limité dans le temps parce que le cadre financier pluriannuel (le budget européen) et les règles qui le régissent demeurent le cadre de base pour la planification et l’exécution du budget de l’Union ». « Les fonds supplémentaires générés par les emprunts…seront versés par l’intermédiaire des instrument et des programmes du CFP ».

 

Les 750 Mds€ d’emprunts que la commission est autorisée à souscrire constituent donc bien une mesure exceptionnelle qui n’a pas vocation a être renouvelée. Ce n’est pas un nouveau budget européen, l’embryon d’un budget fédéral comme cela est parfois abusivement présenté. Le financement de l’UE reste assuré par son budget, financé par les contributions des Etats-membres, donc les contribuables des Européens, théoriquement à raison de leur richesse moyenne, sans rupture dans son enveloppe globale avec le budget des sept précédentes années.

 

Un plan exceptionnel financé par les moyens habituels - Beaucoup de mensonges sur la réalité des décisions prises

 

Les dispositions relatives au financement du programme européen de relance et du budget européen pour les années à venir sont peu explicites.

 

Le plafond des ressources propres de l’UE est porté de 1,20% du revenu national brut des Etats membres à 1,40% pour le financement du prochain budget, ce qui pourrait représenter une augmentation de la contribution française annuelle de l’ordre de 4 à 5 Mds€. De plus, le financement du plan de relance serait assuré par un relèvement temporaire de 6 points de pourcentage du plafond de ressources propres affecté au financement des dépenses de l’Union, au-delà de 1,40%.

 

Pour le moment, les dépenses ordinaires de l’UE et le plan exceptionnel seront donc financés par les moyens habituels des contributions des Etats, donc par les impôts des contribuables européens, qu’il s’agisse d’impôts directs ou indirects (fraction de la TVA collectée).

 

Il est mensonger de dire, comme le font MM. Macron et Le Maire, que « le plan européen ne sera financé ni par nos impôts ni par notre dette ».

 

S’agissant de l’avenir, le paragraphe A 29 du compromis est ainsi rédigé : « Au cours des prochaines années, l’Union s’efforcera de réformer le système des ressources propres et d’introduire de nouvelles ressources propres. Une nouvelle ressource propre fondée sur les déchets plastiques non recyclés sera établie et appliquée à partir du 1er janvier 2021. Au cours du premier semestre de 2021, à titre de base pour des ressources propres supplémentaires, la commission présentera des propositions relatives à un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et à une redevance numérique, en vue de leur introduction au plus tard le 1er janvier 2023. Dans le même esprit, la commission présentera une proposition relative au système révisé d’échange de quotas d’émissions, éventuellement étendu à l’aviation et au transport maritime. Enfin, l’union s’efforcera au cours du prochain cadre financier pluriannuel, de mettre en place d’autres ressources propres, qui pourraient inclure une taxe sur les transactions financières. Le produit des nouvelles ressources propres introduites après 2021 sera utilisé pour le remboursement anticipé des emprunts contractés dans le cadre de « Next Generation EU ».

 

La seule ressource nouvelle présentée comme certaine est donc la taxe sur les plastiques non recyclés, mais elle n’est certainement pas de nature à produire 750 Mds d’euros de rendement. Le reste relève d’une simple déclaration d’intention de s’efforcer de faire évoluer la situation.

 

La capacité des 27 pays de l’Union à décider de la création d’une taxe carbone aux frontières européennes puis de l’imposer à l’Organisation Mondiale du Commerce et à leurs partenaires américains et asiatiques disposant de moyens de rétorsion considérables peut, à tout le moins, susciter un peu de scepticisme.

 

La taxation des GAFA n’est pas un sujet nouveau ; les récentes décisions de la cour de justice européenne annulant les sanctions prises par la commission contre certaines des entreprises concernées a mis en lumière la profonde division des Européens sur le sujet, certain pays comme l’Irlande choisissant d’offrir un paradis fiscal aux grands groupes américains du secteur et défendant leurs intérêts face à la commission européenne.

 

Quant à l’extension de la taxe carbone, du reste très insuffisante pour atteindre la neutralité carbone en 2050, aux compagnies aériennes qui sont déjà à terre, cela ne paraît pas très crédible.

 

Le financement du plan de relance sera donc assuré pour le moment et peut-être pour longtemps par les contributions des Etats a proportion de leur richesse. Il n’y a là aucun changement, aucun pas en avant vers le fédéralisme souhaité par certains, si ce n’est l’affirmation d’une volonté de « s’efforcer » de trouver d’autres ressources. Mais dans ce domaine, c’est l’unanimité des Etats qui prévaut et elle n’a pas prévalu pour négocier le programme de relance. Au contraire, on a vu s’agrandir le fossé entre ceux qui veulent que l’UE ne soit qu’un espace de coordination des disciplines budgétaires imposées aux Etats membres et ceux qui voudraient une Europe plus solidaire.

 

Pire encore, le compromis adopté par le Conseil européen n’a pas rendu plus fédéral ou solidaire le financement de l’Union, il a prolongé les entorses aux règles normales de financement qui prévalent aujourd’hui en prolongeant les « rabais » dont bénéficient certains Etats membres.

 

Les règles de calcul du montant des contributions des Etats-membres devraient être les mêmes pour tous les pays européens. Ce n’est plus le cas depuis que le Royaume-Uni a obtenu un rabais sur le montant de sa contribution (le fameux « I want my money back » de Mme. Thatcher). L’UE a versé au Royaume-Uni, depuis 1984 et jusqu’au Brexit, un chèque représentant 66% de la différence entre sa contribution au budget européen et ce qu’il percevait au titre des dépenses de l’UE en sa faveur. En clair le Royaume-Uni payait plus au budget européen qu’il n’en recevait, il était un des « contributeurs nets » (comme la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède…) et il a obtenu de faire financer par les autres européens les deux tiers de cette contribution nette.

 

Cette entorse très importante au principe de solidarité financière entre les pays de l’Union en a entraîné d’autres. Le cadeau aux Britanniques devait être payé par une augmentation de la contribution nationale des autres pays européens, mais l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche et la Suède ont obtenu de ne payer que 25% de la somme qu’ils auraient dû payer à ce titre. De ce fait, la France est depuis 1984 le principal financeur du cadeau fait aux britanniques.

 

Ces rabais devaient disparaître avec le Brexit. Le conseil européen de juillet a décidé de les prolonger pour les 7 ans qui viennent, sans autre justification que celle de dire que ce n’est pas parce qu’on est riche que l’on doit payer pour les pauvres.

 

Le rabais allemand reste fixé à 3,7 Mds€, tandis que le rabais annuel de l’Autriche sera doublé à 565 M€, celui des Pays-Bas grimpe à 1,92 Md€ contre 1,57 milliard d’euros précédemment, la Suède (1,09 Md€) et le Danemark avec 377 M€ ont aussi obtenu plus que prévu. Au total, c’est une perte de 53 milliards d’euros pour le budget européen entre 2021 et 2027.

 

On voit par là que les soi-disant progrès du fédéralisme sont bien illusoires et l’on pourrait s’étonner que l’Allemagne qui portait le projet de plan de relance avec la France n’ait pas renoncé à son rabais.

 

Bien sûr, la prolongation de ces rabais injustifiés constituera une charge supplémentaire pour ceux qui n’en bénéficient pas, comme la France et beaucoup d’autres pays beaucoup moins riches que nous.

 

 

Des décisions importantes pour l’Union européenne mais un impact économique faible

 

Le budget européen pour la période 2021–2027 sera de 1 074,3 Milliards d’euros, soit 153,4Mds€/an, à comparer au PIB total des 27 membres de l'Union européenne en 2019, soit 13 929 Mds€ ; le budget de l’Union européenne représente donc 1,1% du PIB européen.

 

Avec les 312 Mds€ de subventions adoptées par le conseil européen, qui seront engagées entre 2021 et 2023, le budget annuel de l’UE passera à 257 Mds€/an pendant cette période, soit 1,8% du PIB européen. Si l’on ajoute les 360 Mds€ de prêts auxquels pourront avoir accès les pays qui le souhaitent, le budget annuel de l’UE représentera 2,7% du PIB européen. 

 

Une augmentation de 63% (en prenant en compte les seules subventions) ou de 170% (avec les prêts) du budget de l’UE rapporté au PIB européen n’est pas insignifiante. Elle représente une rupture dans l’univers de l’union européenne marqué par la volonté de maintenir le budget de l’Union à un niveau aussi bas que possible, même si elle ne constitue pas le basculement vers un budget fédéral.

 

Mais ces décisions importantes du point de vue du fonctionnement de l’UE n’auront qu’un impact économique très limité.

 

Prenons le cas de la France, deuxième contributeur au budget européen, derrière l’Allemagne avec 21 Mds€ de contribution en 2019, soit 14% des recettes de l’UE, et 14,5 Mds€ de retour sur le budget européen, dont 9,2 Mds au titre de la politique agricole commune. Sa contribution nette au budget européen en 2029 fut donc de 6,5Mds€.

 

Si La France présente un plan satisfaisant aux instances européennes, elle pourra bénéficier de 13 Mds€ de subventions par an en moyenne de 2021 à 2023, soit 13 % du plan de relance de 100 Mds annoncé par le gouvernement conduit par J Castex. C’est moins que le seul plan de soutien consenti au secteur aéronautique de 15 Mds€.

 

Dans cette logique comptable, il faudrait déduire un certain nombre de chose de ces 40 Mds€ de subventions pour arriver à un compte juste. Les crédits consacrés à la Politique agricole commune généraient jusque-là un retour de 9 Mds€/an à la France. Les moyens accordé à la PAC vont baisser de 10%/an dans le prochain budget communautaire, ce qui devrait entraîner un manque à gagner de l’ordre de 900 M€/an, donc 6,3 Mds€ sur la période 2021/2027. Les fonds structurels vont également diminuer. Notre contribution au budget européen va augmenter relativement à notre PIB pour financer le plan exceptionnel et le prochain budget. Comme on ne voit pas l’intérêt pour la France d’utiliser l’emprunt européen puisqu’elle emprunte sur les marchés financiers à des taux très bas, les subventions constitueront l’essentiel de l’intérêt qu’elle peut trouver à ce plan de relance européen.

 

Le gouvernement commet une erreur en présentant ce plan européen comme une victoire française, ou au mieux franco-allemande, permettant de financer la reprise de notre économie. Si l’on raisonne dans ces termes, l’Europe nous « coûte » chaque année 6 à 7 Mds€, et elle coûtera un peu plus dans les années qui viennent. Elle rapportera 13 Mds€ pendant trois ans avant d’être à nouveau une charge nette pour notre budget et déficitaire sur la durée du prochain budget.

 

Le solde positif de 6 à 7 Mds€ sur la période 2021/2023 représentera 0,002% du PIB français (2 427 Mds€). Ce n’est certainement pas avec cela que nous allons sortir de la crise économique dans laquelle nous nous trouvons. Ces sommes sont sans rapport avec les moyens mis en oeuvre par le budget de l’Etat, 338 Mds€, les collectivités locales, 270 Mds€ ou la sécurité sociale, 450 Mds€.

 

Ce qui est vrai pour la France l’est pour les autres pays européens.

 

On peut craindre par ailleurs que les responsables de l’Union européenne ne doivent se retrouver à nouveau rapidement pour déterminer les moyens de faire face à une nouvelle crise financière en raison du poids des créances irrécouvrables dans le bilan des banques. La crise pourrait d’ailleurs bien venir des soi-disant pays frugaux. 

 

L’un d’entre eux a agit avec la plus forte détermination contre le projet franco-allemand, les Pays-Bas. Ce paradis fiscal affaiblit constamment l’UE. Il favorise l’installation de multinationales européennes à La Haye ou Amsterdam pour payer moins d’impôts, Renault par exemple, bien que l’Etat français en soit actionnaire, privant ainsi les pays d’origine de précieuses recettes fiscales. Ces pertes s’élèveraient à 2,7 Md€ pour la France, 1,5 Md€ pour l’Italie et l’Allemagne et près de 1 Md€ pour l’Espagne, selon l’ONG Tax Justice Network.

 

Par ailleurs si les « frugaux » affichent une dette publique très basse : 33,2 % du produit intérieur brut au Danemark, 35,1 % en Suède, 48,6 % aux Pays-Bas et 59,4 % en Finlande, contre 77,8% en moyenne dans l’UE, la dette privée est très élevée. Les ménages des « frugaux » figurent parmi les plus endettés au monde. Selon l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), la dette des ménages représente 280 % du revenu disponible net au Danemark, 240 % aux Pays-Bas, 189 % en Suède et 148 % en Finlande. A côté, les ménages italiens (87 %), grecs (106 %) et espagnols (107 %) sont d’une prudence remarquable.

 

Du coup, les banques néerlandaises sont très exposées au risque immobilier, une fois de plus, car durant la crise de 2008 La Haye a dû nationaliser une partie d’entre elles pour les sauver.

 

Au passage, les donneurs de leçons néerlandais ne sont pas non plus les plus laborieux d’Europe. Ils travaillent en moyenne 1 434 heures par an, selon l’OCDE, avec un poids très important du temps partiel (46,8 % des emplois, en particulier chez les femmes), pendant que les paresseux du Sud travaillent 1 718 heures par an en Italie, 1 719 heures au Portugal ou 1949 heures en Grèce.

 

Un accord qui n’est pas inutile

 

On peut défendre l’utilité de l’accord passé au Conseil européen, même en prenant en compte tout ce qui est écrit ici. En considérant que si l’Union européenne n’avait rien fait, on le lui aurait bien davantage reproché que le compromis auquel elle est parvenue.

 

Il n’est pas exagéré de dire que les pays du Sud, Italie et Espagne en particulier, avaient besoin de cet accord, beaucoup plus que la France ou l’Allemagne. Ils sont frappés beaucoup plus durement que nous par la crise post-pandémie. La chute du PIB espagnol sera l’une des plus importante d’Europe et la sensibilité du chômage à la croissance est plus forte que dans la plupart des pays européens ; on parle d’une remontée du chômage à 20% de la population active comme aux pires moments de la crise de 2008 et après. Les faiblesses intrinsèques des ces économies conduisaient au cours des dernières semaines à une aggravation des différences de coût de l’endettement de l’Italie ou de l’Espagne en comparaison des taux obtenus par la France ou l’Allemagne, ce qui constituait une menace supplémentaire pour l’économie de ces pays.

 

L’immobilisme n’était donc pas une position souhaitable.

 

Avec cette crise et avec cet accord, l’Allemagne a également redécouvert sa dépendance vis à vis de l’Union européenne, alors que se ferment à leurs exportations d’automobiles et d’équipements, le marchés américains et certains marchés asiatiques, ce qui constitue une bonne nouvelle.

 

Mais un accord sans doute payé trop cher

 

L’Allemagne et la France ont beaucoup sacrifié pendant la négociation pour obtenir cet accord. On passera sur la réduction des subventions de 750 Mds€ à 350 Mds€,  mais il a fallu aussi sacrifier le “Fonds de transition juste” qui devait permettre d’aider les pays les plus dépendants des énergies fossiles à passer à une économie moins carbonée ; il passe de 30 Mds€ prévus dans le projet de budget à 10 Mds€.  Le programme de recherche « Horizon 2020 » perd 8 Mds€ des 13,5Mds€ qui lui étaient attribués dans le projet de la Commission, tout comme InvestEU (moins 25 milliards) ou Solvency (moins 26 milliards), programme destiné aux entreprises en grande difficulté qui passe carrément à la trappe, de même que le programme santé, qui passe de 9,4 milliards à rien du tout, ou la politique de défense. Il faut y ajouter la PAC et les fonds structurels, sacrifiés également.

 

Cela finit par faire beaucoup et par donner un résultat qui sacrifie l’avenir au profit de moyens sans doute trop limités pour le présent

 

En raison d’une erreur politique

 

E Macron et A Merkel ont considéré qu’à partir du moment où un accord existait entre eux, l’accord des 25 autres était une formalité. Ils se sont trompés d’époque.

 

E Macron poursuit son projet de renforcement de la construction européenne en dotant la zone euro d’un budget propre et l’union européenne dans son ensemble de capacités budgétaires plus importantes pour améliorer sa résistance aux crises qui se succèdent. Il a pensé que la crise actuelle serait un moment favorable pour imposer ses vues et il s’est trompé. Il paie cher, sur des sujets qui sont normalement sa priorité, un succès qui pourrait rester de façade si les négociations à venir sur les ressources propres n’aboutissent pas et il a d’ores et déjà accepté un budget qui pour 7 ans n’est qu’un budget de reconduction.

 

Les divisions européennes se sont affirmées avec force pendant cette négociation. Il faudra formuler d’autres objectifs que budgétaires pour les surmonter.

 

Il reste maintenant au Parlement européen à approuver ou remettre en cause cet accord qui sur plusieurs points (maintient des rabais, réduction du volume du budget par rapport à l’ambition initiale, priorité à la transition énergétique) ne correspond pas à la volonté qu’il avait exprimée.

 

Jean-François Collin

24 juillet 2020

Page

30 ans de Pays d’Oc : La saga qui changea le visage de la viticulture

ICI 

« Notre production comblait le manque à gagner d’autres productions en chute libre », voire à la débâcle de certaines : « Les accords de Dublin, sous Rocard, lui imposaient de distiller massivement, jusqu’à 12 millions d’hectolitres d’excédents français! » Pour endiguer la crise, l’Europe mis aussi en place des primes à l’arrachage qui fut de masse. Parallèlement, « nous avons engagé un remembrement des vignobles avec les organismes comme la Safer et la chambre d’agriculture à faire en sorte que les exploitations aient toutes le plus possible une taille critique d’au moins 25 hectares chacune. » Les cépages qualitatifs imposés par le label ayant moins de rendement, la surface doit grossir.

 

De la piquette à  l'AOC

 

TIME - NEW YORK

 

Dans la plupart des pays d’Europe du Nord, les deux ingrédients de la révolution industrielle ont été la houille et le minerai de fer. En France, il y en a eu un troisième : le vin rouge bon marché. La plupart venaient du Languedoc, le vignoble le plus vaste du monde. Mais les goûts ont évolué, et les ventes ont chuté après la Seconde Guerre mondiale tandis que, grâce aux subventions agricoles du Marché commun, le pays produisait beaucoup plus qu’il ne pouvait écouler.

 

 

En 1984, l’accord de Dublin a limité les subventions [européennes], et les viticulteurs languedociens se sont trouvés confrontés à un choix difficile : s’adapter ou disparaître. A l’initiative de pionniers, ils ont entrepris de planter des variétés de raisin renommées comme la syrah et le cabernet sauvignon sur des coteaux à moindre rendement. Quinze ans plus tard, la région a oublié son complexe d’infériorité et dispose de plus de 100 000 hectares de vigne.

 

Les ventes internationales ont été le catalyseur du renouveau. A l’époque où le vin de Bordeaux perdait des parts de marché à cause de prix trop élevés, le Languedoc courtisait les consommateurs étrangers en leur offrant des vins de très bonne qualité à des prix abordables. La région offre quelque chose que le Nouveau Monde n’a pas : des vins faits d’un mélange de différentes variétés de raisin, dont le goût complexe reflète les idiosyncrasies du sol sur lequel elles ont mûri.

 

 

Attirés par un fantastique potentiel, les étrangers s’adonnent désormais aux libations languedociennes, comme investisseurs et consommateurs. Mondavi, le géant de la Napa Valley, en Californie, plante actuellement 50 hectares pour produire son propre vin. A une échelle plus modeste, Robert et Kim Cripps, un couple anglo-américain, ont acheté 18 hectares de vignes près de Montpellier. Le domaine du Poujol produit 100 000 bouteilles par an, dont 80 % pour l’exportation.

 

 

Le label Appellation d’origine contrôlée (AOC), qui est censé garantir la qualité du vin, fixe également la quantité de chaque variété qu’il est possible de faire pousser sur une surface déterminée. S’il n’est pas en conformité avec les critères AOC, votre vin sera vendu comme “vin de pays” ou “vin de table”, des étiquettes moins recherchées. Selon Cripps, “c’est un exemple de législation française très restrictive qui ne contrôle pas grand-chose. Si vous voulez vendre en France, il faut être AOC, mais à l’étranger cela n’a aucune importance.” La pression est de plus en plus forte pour une révision des critères AOC, de façon à prendre en compte les caractéristiques du marché actuel.

 

 

Nicholas Le Quesne

Partager cet article

Repost0
27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 06:00

sd_181.jpg

Après avoir titillé Steiner, au risque de me voir basher par ses adorateurs, voilà t’y pas que je ressors de ma musette un vieux serpent de mer gaulois : les droits de plantation, au risque cette fois de me voir traité d’ultra-libéral par les chefs sioux du vignoble, en proposant de les jeter à la mer.

 

Mon raisonnement est d’une simplicité biblique : lorsque les AOP-IGP, Bordeaux en tête distillent, ce n’est pas que l’effet crise mais le résultat d’une inadéquation entre le potentiel viticole et les besoins du marché, donc la régulation professionnelle de ce potentiel via les plantations est un échec.

 

« Osons parler d'arrachage ! » a lancé Bernard Farges lors de l'Assemblée générale de l'interprofession à Bordeaux.

 

Si l’on arrache il faut laisser l’initiative des nouvelles plantations à ceux qui savent vendre leurs vins et non aux organisations professionnelles qui distribuent les droits de plantation sur des critères plus politiques qu’économiques.

 

Libérons les droits de plantation !

 

Et qu’on ne vienne pas me dire qu’ainsi on ouvre grande la porte à des gros investisseurs qui vont couvrir notre beau terroir de vignes à haut rendement, étranglant ainsi nos vignerons indépendants, c’est jouer à se faire peur pour maintenir un système obsolète. Les investisseurs ne s’intéressent qu’aux GCC et aux pépites qui s’exportent, la grosse cavalerie n’offre aucun retour juteux.

 

Rappel de l’histoire récente des droits de plantations.

 

Les droits de plantation furent, au temps de notre Sarko je faisant le ménage des régulations de la PAC, abolis, la délégation française votant pour.

 

Le Conseil des ministres en avril 2008, adopta une nouvelle organisation commune du marché (OCM) vitivinicole

 

Publiée au Journal officiel. «Les changements qui seront mis en œuvre permettront d’équilibrer le marché vitivinicole, d’éliminer les mesures d’intervention sur les marchés et leur cortège de coûteux gaspillages, et de réorienter le budget au profit de mesures plus positives et plus proactives de nature à renforcer la compétitivité des vins européens.» Dans ce sens, il est donc prévu d’abolir les droits de plantation avant la fin de 2015. Ceux-ci pourront être maintenus au niveau national jusqu’en 2018. Dès le 1er janvier 2019, tout le monde pourra donc planter de la vigne n’importe où dans l’Union européenne. »

 

Merci cher Michel Barnier de nous avoir libéré de tous ces carcans bureaucratiques, vive l’air cinglant du grand large ! Par bonheur après votre brillant passage au 78 rue de Varenne vous fûtes libéré de vos attaches nationales pour occuper au sein de la Commission de l’UE le prestigieux poste de Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services. Comment chacun le sait cette grande maison est le temple de la dérégulation alors vous devriez vous y sentir à l’aise. Oui mais, patatras, la crise ou les crises bancaires et financières sont passées par là, et il est de bon ton d’entonner des hymnes à la régulation, surtout pour un ex-responsable politique français.

 

Machine arrière toute, sous la pression des chefs du vignoble, champenois en tête, réveillés sur le tard, la France réclame à cor et à cri le maintien des droits de plantation et le Ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, grand libéral, avale son chapeau tout en bottant en touche en confiant à Madame Vautrin, députée de la Marne, une mission sur « les voies et moyens d’une nouvelle régulation » a remis l’ouvrage sur le métier.

 

Vignes/Droits de plantation : « Libéraliser les droits engendre ...

 

Je fus le porte-plume de madame Vautrin, nous auditionnâmes le ban et l’arrière-ban de la foultitude des zinzins du vin. Ce fut la chambre des lamentations, pas la queue d’une proposition et, lorsqu’il fallut rédiger le rapport de mission je fis part à la missionnaire, qu’en dépit de mon immense capital de créativité juridique, je n’étais pas en mesure de sortir de ma besace un substitut au droit de plantation, soit il y a un droit, soit il n’y en a pas ! Abandonné à mon triste sort de porte-plume je rédigeai un gloubiboulga dont je n’étais guère fier et le confiai à madame Vautrin qui le posa sur sa pile et l’oublia. Je partis en Corse au mois d’août, un après-midi alors que je crapahutais dans des gorges mon foutu téléphone sonna. Du côté du 78 on s’affolait car le Ministre réclamait le rapport de la missionnaire. Ma réponse fut lapidaire : demandez-lui ! Ce qu’ils firent. Catata, la dame constata l’ampleur du désastre et chercha à m’en faire porter le fardeau, sauf que la messagerie démontrait son incurie. Cet épisode me valut d’être plus encore considéré comme un vilain petit mouton noir. Par bonheur mon nom n'apparaît nulle part sur ce document.

 

 

Tout ça abouti à ça :

 

29 septembre 2012

Le nouveau système de gestion des plantations de vignes dans l’UE : une nouvelle usine à gaz qui ne produira qu’un rideau de fumée ICI  

 

9 mai 2014

Sous la défense du maintien des droits de plantation se cache un corporatisme dès plus rétrograde ICI 

La CNAOC interpelle le Président de la République : « la viticulture boit la tasse. La soutenir, c’est investir… » ICI

Le rapport de Catherine VAUTRIN prône le maintien des droits de plantation et leur gestion par les Interprofessions. ICI

Partager cet article

Repost0
26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 08:00

 

EL PAÏS

 

DIOS SALVE AL DESAYUNO INGLÉS

MARIA SANAHUJA  09/07/2020

 

Es calórico, sabroso, grasiento, variado y absolutamente maravilloso: ahí va nuestro homenaje a la muy británica combinación de salchichas, huevos, pan y judías en salsa de tomate.

 

Un repas « calorique, savoureux, gras, varié et absolument merveilleux », dont l’histoire est retracée, dans l’article, de l’époque edwardienne jusqu’aux tables de la série télévisée Downton Abbey.

 

« Enfin », jubile Jane Shilling. L’honneur culinaire de la Grande-Bretagne est rétabli. Partiellement, du moins. Après avoir laissé les moqueries prospérer à propos de « sa nourriture horrible », le pays peut désormais relever la tête, assure cette chroniqueuse du Daily Telegraph. Pour preuve, insiste-t-elle, « l’un de nos voisins européens admet que nous excellons dans un domaine, le petit déjeuner » ICI  

 

Il n’en fallait pas plus à Jane Shilling pour s’engouffrer dans la brèche. « Selon l’essayiste Walter Benjamin, le manque d’envie à l’idée de prendre son petit déjeuner est le signe d’une réticence à se plonger dans la journée qui s’annonce. Alors que les bienfaits du petit déjeuner sont universellement reconnus, il est curieux que seuls les Britanniques sachent rompre le jeûne avec style, souligne-t-elle, un brin provocatrice. »

 

Le repas le plus sexy de la journée  ICI 

 

 

La tradition du petit-déjeuner anglais a d’abord commencé avec la Gentry, avant d’être adoptée par les Victoriens qui ont raffiné la tradition en une forme d’art. Puis sont arrivés les Édouardiens qui ont normalisé les ingrédients, nous donnant le petit-déjeuner anglais que nous mangeons la plupart du temps aujourd’hui et, ce faisant, ont créé une véritable tradition nationale du petit déjeuner et une icône de la culture culinaire britannique.

 

Les Splendides Petits Déjeuners de la Gentillesse Anglaise

 

L’idée du petit déjeuner anglais comme plat national remonte au XIIIe siècle et à une institution anglaise appelée la noblesse, qui se considérait comme les gardiens du mode de vie traditionnel de la campagne anglaise et qui se considéraient comme les héritiers culturels des Anglo-Saxons.

 

L’histoire du petit déjeuner anglais commence dans les maisons de campagne de la noblesse anglaise, avec leur notion de ce qui constituait un petit déjeuner anglo-saxon et leur tradition d’hospitalité sociale.

 

La noblesse était considérée comme une classe sociale distincte, composée de ceux qui avaient « un sang noble et distingué », de propriétaires terriens et de familles « distinguées » de longue descendance, cette couche privilégiée de la société comptait également dans ses rangs des membres supérieurs du clergé et des parents de familles titrées.

 

L’english Breakfast, le petit déjeuner anglais ICI

Le petit-déjeuner britannique traditionnel (« full English breakfast ») est typique des pays anglophones. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il permet de « dé-jeûner », c’est-à-dire de rompre le jeûne de la nuit !

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents