Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 06:00

 

En bon rédachef qui n’en fout pas une rame, profitant de mon séjour au Racou, je suis allé, avec ma cane et mon chapeau, visiter, dans son « palais » battu par les flots, mon infatigable chroniqueur cinéma, nous avons bien mangés, Marie-Louise est un cordon bleu, tout particulièrement une caille en papillote de poivron vert, succulente, et bien sûr bien bu, la cave de Pax recèle de belles bouteilles.

 

Bref, le Ciné Papy, après un coup de mou, est reparti comme en 40.  

 

Aujourd’hui c’est «L’année du dragon » (1985)

 

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour mille et une bonnes raisons et aussi quelques mauvaises car c’est un chemin détourné pour parler de l’Immense Michael Cimino et l’importance de sa place dans l’histoire du cinéma. Le chemin détourné vaut surtout par, pour Ciné papy, une des plus belles images de cinéma.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Le capitaine Stanley White est un vétéran de la guerre du Viêt Nam. Il est à présent officier de police du NYPD et le policier le plus décoré de New York. Muté dans le quartier de Chinatown, Stanley part en guerre contre les triades chinoises qui gangrènent le quartier. Elles ont la main mise sur le trafic de stupéfiants et le racket les commerçants du quartier. Elles se livrent entre elles à des règlements de compte sauvages.

 

Nous assistons alors à une guerre ouverte où tous les coups semblent permis entre un flic plus que déterminé et Joye Tai qui, tout aussi déterminé et de manière radicale s’est hissé à la tête de la triade.

 

La radicalité des moyens employée par Tai est illustrée par le meurtre de Connie la femme de White et de violences faites à sa petite amie.

 

Réalisation

 

C’est Michael Cimino qui mène la danse.

 

Michael Cimino ! En quatre films il bouscule Hollywood « la Machine à Rêves ».

 

Avec « La Porte du Paradis »1980 il ruine au sens propre du terme la Cie United Artists acculée à la banqueroute. Ce producteur, sur l’énorme succès de «Voyage au bout de l’enfer» 1978 avait confié à Michael Cimino le contrôle total su le film.

 

Considéré comme le fossoyeur du « Nouvel Hollywood » * Il trouve néanmoins à réaliser « L’année du Dragon » 1985 qui, là encore trouva un accueil public et critique mitigé. Cimino, une fois de plus est « politiquement - trop- incorrect »

 

* Il s’agit de la prise du pouvoir des cinéastes sur les studios façon Nouvelle Vague en France et Néoréalisme en Italie. Cette période s’est étalée sur une vingtaine d’année de 1960 à 1980. Elle a vue fleurir des cinéastes tels Brian De Palma, Dennis Hopper, Francis Ford Coppola, George Lucas, Martin Scorsese, Michael Cimino et Steven Spielberg.

 

Michael Cimino et son œuvre aujourd’hui

 

Voilà ce qu’il disait de lui en 2012 « « Vous êtes la dernière merveille, puis on vous écrase, puis on vous remonte à nouveau. Ce rituel américain est tellement archétypal qu’on en fait même des films : montée, chute, remontée, on pourrait citer mille titres ! Ce schéma exige que vous soyez traîné dans la boue puis que vous renaissiez couvert de sang »

 

Et de son œuvre en 2014 « Moi, on m'a collé toutes les étiquettes. J'ai été traité d'homophobe pour Le Canardeur, de fasciste pour Voyage au bout de l'enfer, de raciste pour L'Année du dragon, de marxiste pour La Porte du paradis et de violent pour La Maison des otages… »

 

Quatre œuvres majeurs en 10 ans pour un cinéaste qui vécut quelque 70 ans mais dont l’image de marque restera celle du refus de toutes concessions !

 

Aujourd’hui :

 

« Le Voyage » Wikipédia nous dit que, en 1996, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». En 2007, il est classé à la 53e place de la liste du Top 100 de l'American Film Institute.

 

Toujours sur Wikipédia à propos de « l’Année du Dragon » Le film figure à la 3e place du Top 10 des Cahiers du cinéma de 1985. Le réalisateur-scénariste Quentin Tarantino classa le film parmi ses préférés, et juge la scène finale de la fusillade sur le pont de chemin de fer comme l'un des meilleurs « Killer Movie Moments ».

 

Quant à « La porte du paradis »  En 2013, lors de la ressortie du film dans sa version director's cut, Jean-Baptiste Thoret parle en revanche dans Charlie Hebdo de la « Renaissance d'un chef-d'œuvre » et évoque « la critique la plus implacable jamais produite de l'un des mythes fondateurs de la Nation, l'impossible alliance du peuple et des élites anglaises, l'exploitation éternelle des premiers par les seconds, le sort peu enviable des émigrants venus d'Europe de l'Est, la lutte des classes bien sûr, en lieu et place de la Pastorale promise, et le fantôme de Marx passé des terres viscontiennes à celles du Wyoming. »

 

 

Note sur « Voyage au bout de l’enfer »1978

 

C’est le premier film évoquant la guerre du Vietnam, juste avant « Apocalypse Now » 1979 de Francis Ford Coppola et bien avant «  Full Métal Jacket » 1987 de Stanley Kubrick. Bien évidemment « Voyage au bout de l’enfer » n’a rien à voir avec les autres.

 

Le film de Coppola, quel que soit le plaisir pris à le voir, le revoir est avant tout un produit, certainement avec raison, multi-récompensé qui n’est que l’adaptation, avec talent semble-t-il, d’une nouvelle de Joseph Conrad datant de 1889 et transposée dans le conflit vietnamien. Pour Ciné papy, ce film relève de ce que Joseph Mankiewicz, un des plus fins et intelligents cinéastes et/ou producteurs d’Hollywood aurait rangé dans la catégorie « Son et Lumière »

 

Comme on peut s’y attendre, il en va différemment du film de Kubrick. C’est une espèce de reportage sur la formation des Marines, avec toute l’efficacité que les américains savent déployer, sans état d’âmes, quand il y a un but à atteindre, efficacité identique qui leur a permis d’aller sur la lune. Et si Kubrick avec tout le soin qu’il met à soigner les détails illustre parfaitement cette efficacité on se rend vite compte de ses limites. On oublie trop souvent, en hauts lieux qu’il s’agit d’homme et que tout ne se règle pas comme un problème d’horlogerie.

 

Il y a le premier « accroc » avec l’engagé « Baleine » qui pète un plomb lors de la formation puis, dans la deuxième partie ou l’on voit, quel que soit leur préparation et/ou leur bonne volonté, les soldats auront du mal possible à accomplir leur mission voir tout simplement à sauver leur peau.

 

Pour « Le voyage », une nouvelle fois Cimino sort des sentiers battus. Le point de vue adopté est celui du départ de copains d’un bled de Pennsylvanie, la fleur au fusil, pour le Vietnam, et surtout, leur retour et l’état dans lequel ils reviennent. Entre les deux, cette saloperie de guerre du Vietnam, moulinette au travers de laquelle ils sont passés.

 

Reprenons, voulez-vous la suite de la fiche

 

Qui fait quoi ?

 

DVD : « L'Année du Dragon », quand Michael Cimino annonçait l'empire des  signes

 

Pardon pour les très bons acteurs du casting mais peu connus des spectateurs européens. On retiendra :

 

Mickey Rourke

 

C’est son premier grand premier rôle. Il va vite devenir le nouveau Marlon Brando/James Dean d’Hollywood tant il impressionne par son charisme et une sensibilité à fleur de peau. Il faut dire que, comme eux, il a été élève de l’« Actors Studio » Ses fans se souviendront de lui dans « Angel Heart » 1987 d’Alan Parker ou « Barfly » 1987 de Barbet Schroeder ou encore « 9 semaines ½ » 1986 d’Adrian Lyne avec Kim Bassinger. Par la suite, il eut une carrière cabossée comme sa gueule de boxeur, broyé, comme tant d’autre par le système hollywoodien.

 

Caroline Kava

 

Voir toutes les bandes annonces et extrait vidéo du film L'Année du dragon

 

Pour  la fabuleuse scène « d’après l’orage ». Elle fit ses débuts dans « La porte du paradis » 1980 de Michael Cimino. Et les amateurs de série américaine ont pu la reconnaître ça ou là.

 

Temps forts

 

Quand un collègue et ami de Mickey Rourke lui dit qu’il prend les choses trop à cœur. Réponse de Rourke : « Comment peut-on ne pas prendre les choses trop à cœur ? »

 

Réponse de Stanley White aux instructions qui lui sont données après les derniers massacres de la mafia, dont Connie sa femme: « On y va pour gagner cette fois ? » en référence à la déculottée américaine au Vietnam.

 

Stanley White, tout à sa détermination et sa rage à vouloir détruire la mafia asiatique, délaisse son épouse Connie. Rien de particulier sauf une histoire ordinaire de couple. Ils ont décidé « de mettre un enfant en route » Ce n’est pas facile. Il faut respecter des dates. Connie commence à être âgée. Il rentre un matin excité par le cours nocturne que vient de prendre sa mission. Il a tout oublié de la soirée prévue. S’en suit une scène de ménage orageuse comme seule Cimino sait le faire.

 

La scène suivante, nous montre Connie assise sur l’escalier arrière de la maison. Je ne sais plus si elle renifle mais elle reprend doucement son souffle. C’est le silence en contre point les éclats de voix de la scène de ménage. Cimino installe ce silence. La scène et longue. Comme le silence, elle dure. Tout est immobile. Le silence semble tout tenir en respect.

 

Mais, un peu à droite de l’écran, un linge, un seul, sèche sur sa corde, agité par un peu de vent. Sublime.

 

Pax

 

Prochainement « Les Saveurs du Palais »

Partager cet article
Repost0
31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 06:00

Que boire avec du Durian la quintessence du goût de chaussettes et d'oignons  pourris : ben un vin de Durian tout simplement ! - Le blog de JACQUES  BERTHOMEAU

J’ai changé le titre ça fera plaisir à Butane&Degaz

 

Que boire avec du Durian la quintessence du goût de chaussettes et d'oignons  pourris : ben un vin de Durian tout simplement ! - Le blog de JACQUES  BERTHOMEAU

15 août 2013

 

Que boire avec du Durian la quintessence du goût de chaussettes et d'oignons pourris : ben un vin de Durian tout simplement ! ICI 

 

Partager cet article
Repost0
30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 06:00

Jean-Baptiste Doumeng, le milliardaire rouge - France 3 Nouvelle-Aquitaine

« Au cours de ces années soixante, Jean Pinchon, qui gravitait dans la haute finance et les cabinets ministériels, retrouva, chez des amis communs, le Satan paysan des lendemains de la Libération. Naquit entre eux une sympathie spontanée, qui alla s’approfondissant jusqu’à l’affection. Et leurs conversations évoluaient volontiers sur fond mystique, croire et prier.

 

« Ta foi ignore le pardon, accusait Pinchon.

 

- Je me pardonne moi-même, répliquait Doumeng.

 

- Il vous manque, à vous communistes, de ne pas savoir tomber à genoux, de mépriser l’humilité.

 

- Parce qu’elle se confond souvent avec l’humiliation. »

 

L’un évoquait la mort de sa mère, l’autre le décès de son père, et rien ne les opposaient en générosité ni en loyauté. Ils communiaient sur le poids et le prix de la parole donnée. Il lui arrivait d’affabuler, convient Pinchon, mais ça le stabilisait, et l’intelligence faisait tout passer.

 

Les unissait, surtout, dans les miasmes du parisianisme le même atavisme paysan : « Un cul de vache nous fait bander... »

 

Jean-Baptiste Doumeng, le milliardaire rouge"

 

L’Europe se mettait alors irrésistiblement en place, avec l’application, par le général de Gaulle, de ce Marché Commun contre lequel Jean (Doumeng) n’avait cessé de batailler. Il réagissait d’abord, et comme toujours, en paysan. Il voyait, dans la CEE, la condamnation à brève échéance des petites exploitations familiales, impuissantes, avec une compétition impitoyable, à contenir la pression des grandes concentrations de production. Il pressentait aussi la domination industrielle de l’Allemagne, et son inéluctable réunification.

 

En fait, il combattait moins l’Europe en soi, que la façon dont elle se mettait en place, avec des abandons de souveraineté qui le chagrinaient. Son hostilité découlait d’un concept fondamental, le devoir patriotique du paysan, charnellement et sentimentalement jaloux de sa terre. Il croyait ainsi en l’efficacité des vastes échanges coopératifs, plutôt qu’aux vertus d’un marché unique destiné, selon lui, à favoriser le grand capitalisme international. Il n’abdiqua jamais en ce domaine, dénonçant, jusqu’à son dernier souffle, « les absurdités d’une politique agricole commune qui conduisait au gel des terres. ». Et il s’insurgeait au spectacle « de paysans de cinquante ans, en pleine force, préférant une rente de deux mille francs par hectare pour n’y rien produire au risque de perdre de l’argent en travaillant. »

 

Il s’agissait, à ses yeux, d’une désertion impardonnable, et il jugeait scandaleux de voir l’Europe, aux possibilités de production exceptionnelles, limiter ses rendements quand le quart de l’humanité crevait plus ou moins de faim. Il s’indignait d’entendre parler d’excédents au lieu de disponibilités exportables. À ceux qui l’accusaient alors de prêcher pour ses intérêts sur le marché agro-alimentaire international, il rétorquait, avec une superbe qui se justifiait : « Sachez que ce qui est bon pour Doumeng, l’est aussi pour la France. » L’actuel malaise du monde paysan qui s’interroge de plus en plus sur sa survie donne sa pleine valeur à ce donquichottisme rural visionnaire – trop souvent ridiculisé par les passions partisanes (...) »

 

 1992 « Jean-Baptiste Doumeng » Le grand absent chez Milan par René Mauries

JEAN-BAPTISTE DOUMENG, Préface de Mikhail Gorbatchev - Slavika - Книги на  русском языке

 

26 février 2011

Jean Doumeng et le Mouton-Rothschild offert par le baron Guy de Rothschild «Encore une affaire de troc des mouflons contre des «Mouton» ICI

 

 14rothschild_lg.jpg

L’anecdote qui suit met en scène le « milliardaire rouge » le truculent Jean Doumeng citoyen du monde et de Noé et, bien sûr, le baron Guy de Rothschild. D’URSS le JBD était capable de tout importer. Ainsi il fit le commerce lucratif de tortues de jardins vendues par les oiseliers des quais de Seine. Elles venaient des rives du fleuve Amour mais la SPA s’insurgea et le big Jean se rabattit sur les animaux de ménagerie : tigres de Sibérie pour Jean Richard, chevaux de l’Oural pour Joseph Bouglione, des chameaux du désert de Gobi pour Cheynau de Leyritz.

 

Muret. Un docu sur Jean-Baptiste Doumeng sur France 3 - ladepeche.fr

 

2 juillet 2011

J.B. Doumeng sablant du Laurent Perrier Grand Siècle à l’AG de la Mutualité à Vichy joue au con et n’aime pas ça. ICI 

 

Provocateur JB Doumeng l’était. Face à une flatterie indécente ou un propos maladroit ou un comportement minable il était capable des pires extravagances qui trahissaient « ses rancœurs et défis de gosse frustré, sinon méprisé ». Ainsi à un apparatchik fat, Ministre hongrois du commerce extérieur, qui à la fin de son discours osait placer cette aumône : « À présent, cher ami français, s’il vous manque quelque chose dites-le moi... » il rétorquait

 

- Oui, monsieur le Ministre, une belle peau d’ours.

 

- Simple détail, et facile à trouver. Pour un manteau, je suppose.

 

- Pas du tout... L’hiver, ma femme et moi adorons faire l’amour, nus, sur une peau de bête, devant un feu de bois... Ça amuse les enfants... La civilisation capitaliste, trop sophistiquée, nous a coupés de la nature. »

 

 

 

Partager cet article
Repost0
29 août 2021 7 29 /08 /août /2021 06:00

Château Prieuré-Lichine

Lorsqu’un homme du cru, Bernard Ginestet, ici d’un grand cru puisque les Ginestet furent les propriétaires du Château Margaux (de 1950 à 1977), après avoir trempé sa plume dans la fameuse « Bouillie Bordelaise » en 1975 se glisse dans la peau du romancier pour brosser le portrait de l’archétype du courtier bordelais du milieu des années 60, c’est l’assurance pour le lecteur de savourer un texte dans lequel la fiction n’est qu’une manière élégante de mettre en scène la réalité. Son héros, « Edouard Minton est l’un des plus illustres représentants de cette caste privilégiée de la bourgeoisie bordelaise, enracinée depuis des siècles dans le quartier qui porte son nom : les Chartrons. » Bernard Ginestet qui fut maire de Margaux de 1973 à 1995, pur médocain, grand dégustateur est décédé le 29 septembre 2001.

 

Le premier chapitre suit la route du Médoc. Edouard Minton notre courtier, dans sa Peugeot a rendez-vous à Mouton (un Chartronnais ne dit jamais château devant le nom d’un cru et pratique l’abréviation : Las Cases ou Lafite comme le NAP dit Roland pour Roland Garros) avec le baron Philippe de Rothschild. « En fait, les courtiers bordelais se voyaient davantage convoqués qu’invités. Ils n’avaient à choisir ni le jour ni l’heure, fussent-ils déjà pris ou grippés »

 

Les Chartrons - Bernard Ginestet - Achat Livre ou ebook | fnac

 

31 août 2010

Le courtier bordelais vu par Bernard Ginestet, « Beychevelle mettait son linge à sécher devant la grille de fer forgé de Branaire. » ICI 

 

 

Sacha Lichine,
 
Château d’Esclans :

 

“Devenir une véritable marque internationale” ICI

Sacha Lichine est né à Bordeaux, a grandi aux États-Unis et vit désormais entre New York et la Provence où il a acheté il y a 10 ans le désormais célèbre Château d’Esclans, près de Fréjus. Il y élabore le rosé le plus cher du monde, la cuvée Garrus, mais également le Whispering Angel qui a fait connaître le côtes-de-Provence dans le monde entier.

 

Comment vient l’idée, quand on est Bordelais, de partir faire du rosé en Provence ?

 

J’ai vendu ma propriété bordelaise en 1998 pour faire du rosé un grand vin, un vin que l’on a envie de boire… au cas où on n’arriverait pas a le vendre. Je n’avais plus envie de rester à Bordeaux car il me semblait difficile de faire plus sur des terroirs qui ne changeaient pas et je n’avais pas envie de faire les bordeaux sur-extraits d’aujourd’hui. Il est vrai que Parker a beaucoup contribué au succès de Bordeaux ces dernières années mais il l’a aussi beaucoup abîmé avec des vins titrant a plus de 14% vol. En Provence, tout était à faire. Mon père, Alexis Lichine, aimait déjà le rosé et je voulais faire la différence dans cette catégorie, prouver qu’il pouvait y avoir de l’élégance dans les rosés, même si le consommateur n’est pas toujours prêt à payer pour la baisse de rendements nécessaire à une montée en gamme – on a une moyenne de moins de 40 hl/ha sur la propriété, on descend à 25 pour Garrus. A mon arrivée, le prix du côtes de Provence était à 85 €/hl; aujourd’hui il est à 230 et ça commence à faire vivre toute une région.

Partager cet article
Repost0
28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 06:00

Emetteur de Sottens - rts.ch - Un jour une heure

RTS
Emetteur de Sottens - rts.ch - Un jour une heure

Je crois aux fenêtres du hasard, grandes ouvertes, il suffit d'être au bon endroit au bon moment, disponible, pour y faire de belles découvertes, de belles rencontres, parfois même d'emprunter un nouveau chemin, de s'y risquer, de se dire : «nous allons y arriver »

 

Ce matin, en vous proposant l'une des nouvelles de Gérard Aimonier-Davat, je concrétise, avec plaisir, une forme d'échappée belle, de partage, une parcelle de douceur dans un monde de brutes...

« Le nouvelliste a le sentiment de diriger le lecteur : il l'empoigne à la première phrase pour l'amener à la dernière, sans arrêt, sans escale, ainsi qu'il est habitué à le faire au théâtre. Les dramaturges aiment la nouvelle parce qu'ils ont l'impression qu'elle ôte sa liberté au lecteur, qu'elle le convertit en spectateur qui ne peut plus sortir, sauf à quitter définitivement son fauteuil. La nouvelle redonne ce pouvoir à l'écrivain, le pouvoir de gérer le temps, de créer un drame, des attentes, des surprises, de tirer les fils de l'émotion et de l'intelligence, puis, subitement, de baisser le rideau. »

 

Concerto à la mémoire d'un ange (nouvelles), Journal d’écriture Éric-Emmanuel Schmitt

 

Je partage cette approche de la nouvelle et, Gérard Aimonier-Davat y excelle ; la nouvelle de lui que j’ai choisie : le cloppet m’a touché au cœur, j’y ai retrouvé ma part d’enfance, ce vécu dans sa simplicité dépouillée, sans afféteries ni fioritures. De la belle ouvrage, sincère, emprunte de vérité, qui aurait dû être reconnue par un éditeur de notre Paris où tout se joue...

 

 

« La Nouvelle a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet. Cette lecture, qui peut être accomplie tout d’une haleine, laisse dans l’esprit un souvenir bien plus puissant qu’une lecture brisée, interrompue souvent par le tracas des affaires et le soin des intérêts mondains. L’unité d’impression, la totalité d’effet est un avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une supériorité tout à fait particulière, à ce point qu’une nouvelle trop courte (c’est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu’une nouvelle trop longue. L’artiste, s’il est habile, n’accommodera pas ses pensées aux incidents, mais, ayant conçu délibérément, à loisir, un effet à produire, inventera les incidents, combinera les événements les plus propres à amener l’effet voulu. Si la première phrase n’est pas écrite en vue de préparer cette impression finale, l’œuvre est manquée dès le début. Dans la composition tout entière il ne doit pas se glisser un seul mot qui ne soit une intention, qui ne tende, directement ou indirectement, à parfaire le dessein prémédité. »

 

Charles Baudelaire, Nouvelles histoires extraordinaires, 1857

 

 

 

 

C’était une habitude. C’était sa nature. Depuis toujours, dans ma mémoire, je le voyais, après déjeuner, se laisser choir de tout son poids dans son vieux fauteuil de rotin, au coin de la console sur laquelle trônait sa T.S.F.

 

Il se penchait sur le côté et régulièrement, au moment même où il tournait le bouton de bakélite, s’élevait cette voix venue d’un autre monde :

 

« ICI RADIO SOTTENS. »

 

Était-il toujours à l’heure ?

 

Ou bien l’attendait-on pour commencer l’émission ?

À l’époque, j’inclinais pour la seconde question et répondais « OUI » sans la moindre hésitation.

 

Car jamais je ne l’avais surpris consultant discrètement son gousset dont la chaîne rayait d’un trait argenté le devant de son gilet.

 

« RADIO SOTTENS » était la seule voix autorisée à sortir de derrière le rideau tendu qui obstruait la lune du poste.

 

La seule voix a pouvoir donner avec justesse l’heure, le temps et ses caprices et les NOUVELLES.

 

(Plus tard, me hasardant à tourner les boutons je m’aperçu que ce poste n’était pas habité par l’unique voix qui nous égrenait, monotone, ce qu’on appelle aussi « le journal parlé »

 

Au dernier mot de ce chapelet égrené sans passion, il tournait le bouton, se calait entre les accoudoirs et fermait les yeux.

 

C’était un bel homme en dépit de son âge.

 

C’était aussi un homme bon. Il avait un visage rond, bien rempli. De petits yeux vifs et noirs et une calvitie d’une grande noblesse où quelques mèches noires et disciplinées par une brillantine Roja soigneusement lissée, tentaient comme ces rideaux de perles de buis qu’on tend à nos portes l’été, d’apporter un peu d’ombre à ce crâne majestueux.

 

À cette heure, il était toujours vêtu de noir sur sa chemise blanche à col cassé et son nœud papillon n’était jamais pris en défaut de trop papillonner.

 

Je l’aimais ainsi, satisfait et repu, s’endormant pour vingt minutes, calé dans ses coussins.

 

Il avait les jambes tendues, les pieds dressés dans ses chaussettes noires, et ses « vernis » docilement garés, reposaient sous l’entretoise du siège. Je l’écoutais dormir.

 

Parfois, un ronflement lui échappait. Je riais comme un fou. Et elle qui faisait la vaisselle en silence, me regardait, l’œil coquin, un doigts posé sur les lèvres : « Chut ! Ne fait pas le nigaud. Murmurait-elle. » Mais je sentais bien au fond de moi qu’elle était complice de ma joie et qu’elle attendait le prochain ronflement pour me regarder à nouveau.

Je crois qu’il ne pensait à rien. Car il avait déjà fait tant de choses depuis qu’avant le soleil se lève et il lui en restait tant à faire, que mieux valait baisser le rideau et faire le vide. « Le temps d’un cloppet*... »

 

Il avait commencé au point du jour par un café chicorée, avant de passer à l’étable. Puis, au jardin. Qu’elle que fut la saison, il y avait toujours une place réservée au jardin.

 

Et puis la vigne ! qui devenait la cave, puis l’alambic, puis à nouveau la cave et la vigne...

 

Je crois qu’elle fut sa compagne majeure et qu’en dépit de toutes les déceptions qu’elle pouvait apporter cette vigne fut sa vie. Et sa mort.

 

Car au gré des saisons, on allait de vigne en cave et de cave en vigne, pour finir au creux de l’hiver ou au chaud de l’été par ne plus aller que de cave en cave.

 

Pour qui ne connaît pas nos caves, il n’est pas possible aujourd’hui de simplement imaginer ce qu’elles furent en ce temps-là. La sienne était un royaume.

 

Une voute constellée de cristaux étincelants, concrétions centenaires de toutes ces effluves de vins qui y avaient  mûri et vieilli dans les huit futs de chêne qui semblaient dormir, silencieux et immobiles sur leurs lourdes traverses.

 

Tous chapeautés du même bouchon de bois que bordait la dentelle vineuse d’un carré de jute assurant ni trop, ni trop peu, l’étanchéité de la fermeture.

 

J’aimais voir ses doigts, agaçant le bouchon avec complicité pour ouvrir ce merveilleux orifice où je devinais cette petite lune qui miroitait en oscillant à la surface du gamay ou de l’aligoté.

 

  •  Regarde ! Me disait-il me portant jusqu’au faîte du fût... Comme il est beau, respire comme il sent bon.

Et il éclatait la surface du bout de tuyau de caoutchouc rouge avec lequel il siphonnait la bouteille du repas.

 

J’étais en admiration devant lui et je regardais s’écouler ce liquide vermeil qu’il me semblait être le seul capable d’amener ainsi à sa perfection.

 

Parfois, il me tendait un verre et m’en accordait une goulée en riant. Et je frissonnais autant de joie que de la surprise de la fraîcheur soudaine qui m’inondait la bouche.

 

La cave, ce temple des profanes où les hommes pouvaient parler tant d’heures, sans qu’un silence interrompe la joute et où, le temps passant, le vin aidant, les langues se faisaient plus impatientes encore de livrer leurs secrets.

 

Mais quels secrets ?

 

Dieu nous garde de les sortir de ce confessionnal du bonheur ! Il étaient l’émanation de toutes ces senteurs, ce bois humide, celle du raisin sûri, celle de la cigarette mouillée, celle de l’humide odeur de la mousse qui accompagnait l’escalier jusqu’à la porte de chêne noirci.

 

Et les rires partaient si fort sous la voute qu’ils appelaient par leur écho, d’autres rires et d’autres mots plus scabreux que femme n’aurait ouï sans en rougir jusqu’aux seins.

 

Ah ! Je les avais écoutés des heures entières, étendu sur le sol du sarto, au-dessus de la cave, là où la trappe à moût permettait au jus de couler du pressoir vers les cuves en fond de cave et où la voute percée semblait aspirer vers le haut tous ces éclats de joie.

 

Que dire des Margots, troussées contre un fût, le temps d’en tirer deux litres d’aligoté ? Les ceintures de flanelle tenaient dans leur étau des reins trop cambrés ou des ventres trop lourds toujours en appétit. Et la grand’messe de la vigne s’épanouissait dans ce sacrement de la chair et du vin.

 

Je le contemplais comme on peut le faire d’une idole dont on attend le meilleur et le pire à la fois, sans que pourtant le pire puisse un instant paraître infamant.

 

Venait la saison de l’alambic où la blanche coulait chaude et où sans la moindre vergogne les dames-jeannes clandestines disparaissaient avant que n’arrive le gabelou.

 

Dans la dernière passée, il y cuisait les choux et les saucisses.

 

C’était lui, le grand maître des cérémonies. Lui seul qui savait quand et comment tout serait à point.

 

L’ai-je vu un jour tituber ? Non, je crois qu’il en était incapable, tant ses jambes étaient solidement amarrées à cette terre qu’il connaissait mieux que tout autre.

 

Pouvait-il réellement, tout le temps d’un cloppet, tirer le rideau et oublier tout ça ? lui qui savait d’un coup et sans s’en tirer un râle, égorger un cochon et me lancer en riant après l’avoir gonflée, une vessie translucide et brillante de tous ses vaisseaux vides. Il était là.

 

Dan son vieux rotin. Un peu plus vieux lui-même qu’il ne l’était autrefois. Et sans autre tourment, il s’était endormi, le temps d’un cloppet.

Et ce jour-là, lorsque le ronflement lui échappa, nous sentîmes elle et moi qu’il n’avait su le rattraper.

 

Je me levai, plus pesamment que vingt années plus tôt et lui tapotai les mains qu’il avait croisées sur le ventre, c’est à cet instant qu’il se replia et d’un coup je le vis s’abotasser * sur ses genoux.

 

Il était parti sans crier gare. Il avait, j’en étais certain maintenant, baissé le rideau et fait le vide le temps d’un cloppet.

 

Quand on part pour l’éternité, est-ce bien plus long et bien plus douloureux que le temps d’un cloppet.

 

Les galets du Chéran.: Petites nouvelles du Pays: Amazon.fr: Aimonier Davat,  Gérard: Livres

 

Le Cloppet in Les Galets du Chéran Gérard Aimonier-Davat petites nouvelles du pays alpin

 

*le cloppet : la sieste après déjeuner

 

* s’abotasser : s’affaler en patois

L'ail des ours par Gerard Aimonier-DavatAiGérard Aimonier-Davat

 

 

Chevalier des Arts et des Lettres, Gérard Aimonier-Davat est né à Aix-les-Bains en 1940.


Ses précédents ouvrages sont, Mourir à Tobago, Les galets du Chéran, L'apparence d'amour, Dérive, L'ail des ours, amour plus que raison.

nier-Davat

16 janvier 2007

Des caves et des hommes en Vendée ICI

 

" En Vendée, dans le canton de La Châtaigneraie où s'est déroulée cette recherche, la "cave" est non seulement le lieu où se fabrique et se garde le vin mais l'espace d'une sociabilité masculine qui s'exprime tout particulièrement au cours des "descentes" et des "visites" que se rendent les hommes à l'occasion de tournées rituelles qui concernent les jeunes. la suite ICI 

Partager cet article
Repost0
27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 06:00

photo-4.JPGphoto-2.JPG

3 décembre 2012

 

Les carnets de Sonia 3 « Les Balmes Dauphinoises : richesse ampélographique et renouveau » ICI 

Partager cet article
Repost0
26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 06:00

photoorange.JPG

En 1973, Jean-Louis Bory, critique cinéma au Nouvel-Observateur, publie Ma moitié d'orange aux éditions Julliard, pour défendre les droits des homosexuels, ce fut un succès : une éternité !


 

Des goûts et des couleurs on ne dispute ou discute pas, dit-on. Quand est-il de l’orange ?


 

Michel Pastoureau dans son « dictionnaire des couleurs de notre temps » pose une batterie de questions.


 

« Pourquoi les tons orangés, qui peuvent être si séduisants lorsqu’ils sont produits par la nature, sont-ils si laids, si vulgaires lorsqu’ils sont fabriqués par l’homme ? Qu’y a-t-il dans la couleur orange des fleurs et des fruits qui soit à ce point inimitable ? Pourquoi l’écart entre la couleur naturelle et la couleur artificielle est-il plus grand pour la gamme des nuances orange que pour n’importe quelle autre gamme de couleur ? Les hommes ne savent pas encore répondre à  ces questions… ».


 

Le naturel et l’artificiel, pouvais-je rêver d’une plus belle introduction pour ce qui m’amène à chroniquer en ce matin de vendredi du vin ?


 

Quelle place a occupé et occupe l’orange dans ma vie me suis-je dit ?


 

Sans nul doute, ma première relation avec l’ORANGE est due à celle qu’on déposait dans mes petits souliers de Noël :

 

22 février 2013

Ma vie en ORANGE du début à la fin où elle tombe dans le vin pour les Vendredis du Vin ICI 

Partager cet article
Repost0
25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 06:00

 

Photo du film Fauteuils d'orchestre - Photo 17 sur 21 - AlloCiné

Aujourd’hui c’est « Fauteuil d’Orchestre » (2006)

 

Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson - (2006) - Comédie dramatique 

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que une fois encore, tel est mon bon plaisir qui est une formule pour résumer tout ce que dans ce film est de nature à faire le cœur content.

 

Parce qu’il correspond quelque peu à cette règle de composition énoncée par Nicolas Boileau comme ceci (en alexandrins) :

 

« Qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul fait accompli

Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. »

 

Aujourd’hui on parle d’un « Film choral »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Cécile de France, jeune provinciale, monte à Paris pour retrouver sa Grand-Mère. Elle espère qu’elle lui mettra le pied à l’étrier. Cela va être l’occasion de diverses rencontres parfois incongrues autant que surprenantes. Nous y assistons, plein de curiosité en se demandant ou cela va t il nous mener ?

 

 

Réalisation

 

Danielle Thomson est à la réalisation ainsi qu’au scénario. Avec son premier film «  La Bûche »(1999) et à présent « Fauteuil d’Orchestre » (En plus de quelques autres) elle démontre qu’elle n’est pas que la fille de son père Gérard Oury

 

 

Qui fait quoi

 

C’est le moment de rappeler l’importance des seconds rôles et le gigot et l’ail évoqué par Zardi et cité dans les fiches précédentes. A vos archives car il est évident que vous gardez les fiches de Ciné papy que vous les annotez, les complétez même.

 

Cécile de France : Jessica

 

 

Le film date de 2006, comme « Quand j’étais chanteur ». Inutile d’en rajouter comme dit la pub un peur fort de café.

 

Son palmarès se suffit à lui seul. Mais ce n’est pas qu’une actrice des «  grands rôles »

 

Ciné papy ne peut que vous recommander, toutes affaires cessantes : « Mademoiselle de Joncquières » 2018 Elle incarne avec brio Madame de La Pommeraye.

 

Enfin, paradoxe et non des moindres, malgré son nom, Il nous faut sans cesse, comme Hercule Poirot, nous rappeler qu’elle est Belge.

 

Valérie Lemercier : Catherine Versen, la comédienne populaire

 

Comédienne souvent très drôle et tient ici avec beaucoup de finesse un rôle qui n’en a pas.

 

 

 

Albert Dupontel : Jean-François Lefort, le pianiste virtuose

 

Une découverte pour moi que cet acteur. Un des plus grands du cinéma français. Toutes les scènes où il apparaît sont de grands moments. Surtout si on connaît l’histoire de François-René Duchâble.

 

Là encore, trop de matériaux, il faudra y revenir.

 

Laura Morante : Valentine, la femme et manager de Jean-François

 

Morante Laura - Memoires de guerre

 

Je ne connais pas cette actrice. Mais quelle classe, quelle présence et discrétion en même temps. On sent qu’elle aime son virtuose de pianiste mais qu’elle n’avait pas compris son problème. On va rechercher sa filmographie et « traquer ses rôles »

 

Claude Brasseur : Jacques Grumberg, le riche homme d'affaires qui, sachant sa mort prochaine se défait de la collection d’art amassée avec son épouse décédée. Il est peu compris par son intellectuel et sensible fils.

 

 

On ne présente plus. C’est toujours un régal de le voir à l’écran surtout qu’ici, il donne l’impression d’être à la manoeuvre.

 

Christopher Thompson : Frédéric Grumberg, le fils de Jacques

 

Ce n’est pas que le fils à sa maman. Une belle présence va révéler des moments forts

 

Dani : Claudie, la concierge

 

https://www.premiere.fr/sites/default/files/styles/scale_crop_480x270/public/2018-04/fauteuils_d_orchestre_2005_15.jpg

 

Reconnaissable entre toute avec l’abattage qui est sa marque de fabrique. Elle va nous ponctuer l’histoire de diverses chansons, souvent bien venues mais aussi incongrues.

 

François Rollin : Marcel, du « Bar des Théâtres »

 

Plus pince sans rire que jamais, le second degré ne quitte jamais « Le Professeur Rollin » Ici, tout en étant barman il assène « as usual » des vérités qui nous font sourire

 

Suzanne Flon La grand-mère de Jessica

 

Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson (2005) - UniFrance

 

Immense actrice de théâtre et de cinéma. Actrice fétiche de Jean Anouilh. Elle  a joué, toujours avec discrétion mais une solide présence avec les plus grands du cinéma mondial. Elle est morte en 2007 quelques semaines après la fin du tournage.. Le film lui est dédié.

 

Sydney Pollack : le réalisateur américain, Brian Sobinski

 

Là, Ciné papy se régale. Ce grand metteur en scène joue également au cinéma. Comme si, en passant, venu voir des copains on lui avait dit, tient rend moi service et fait moi ça. «  Silence ! Moteur ! Action…

 

J’adore ces surprises au cinéma

 

Guillaume Gallienne : Pascal, l'agent de Catherine

 

Très grands Monsieur de théâtre et de cinéma. Beaucoup de second degrés. On se souvient tous de « Les garçons et Guillaume à Table » 2013 – On y reviendra certainement

 

Laurent Petitgirard : le chef d'orchestre

 

C’est un étonnant et prolixe compositeur de musique de film. Il n’atteint pas le statut de ses ainés et l’on peut se demander pourquoi. Pour la petite histoire c’est le musicien de la série des « Maigret » interprété par Bruno Cremer

 

 

 

Références à la musique classique

 

Le pianiste François-René Duchâble nous dit Wikipédia, a été le conseiller technique pour la musique classique, et l'interprète des parties de piano de la bande originale. Le personnage de Jean-François Lefort exprime dans le film la même attitude que celle de Duchâble à l'égard du monde de la musique classique. Dans le film, Jean-François proclame son aversion pour les contraintes et le formalisme qui règnent dans le milieu de la musique classique et rêve de se produire en concert pour les enfants et les malades.

 

J’ai eu la chance d’assister au « concert d’adieu » de F-R Duchâble à Strasbourg. J’ai suivi son parcours et notamment les mises en scène de « chute de piano à queue » dans des lacs de montagne. Enflammant une polémique inutile (Vieilles caisses et non piano de marque – récupérations ultérieures pour ne pas polluer les lacs)

 

J’ai également eu la chance d’assister à la reprise de sa tournée selon les critères élaborés au départ de son ancienne vie de virtuose.

 

Et les décors ?

 

Pour une fois, on peut en parler.

 

Tant les décors naturels participent au mystère de ce si séduisant film.

 

Le tournage s'est déroulé du 30 mars au 27 mai 2005 au Théâtre des Champs-Élysées, au bar de l'Entracte et aux studios de Boulogne-Billancourt.

 

Quelques scènes sont également tournées avenue Montaigne (hôtel des ventes Drouot) et à l'hôtel Plazza Athénée.

 

Musiques additionnelles

 

C’est un truc qui marche toujours, quand elles sont choisies avec soin. Il y en toujours une qui va réjouir le plus grincheux des spectateurs.

 

Ici, en vrac

 

            -  Je reviens te chercher, interprété (en générique de fin) par Cali

 

  • Les comédiens, interprétés par Charles Aznavour

 

  • Finale de la sonate La Tempête, opus 31 n°2, composée par Ludwig van Beethoven

 

  • La solitude ça n'existe pas, interprété par Gilbert Bécaud

 

  • Si tu t'imagines, interprété par Juliette Gréco

 

  • Consolation n°3 en ré bémol majeur, composée par Franz Liszt

 

            - L'important c'est la rose, interprété par Gilbert Bécaud

 

            - Je reviens te chercher, interprété par Gilbert Bécaud

 

            -  Concerto n°5 pour piano "L'Empereur" opus 73, composé par Ludwig van Beethoven

 

  • Variations sur Ah vous dirai-je, Maman (K. 265 / K. 300e) composées par Wolfgang        - Amadeus Mozart

 

Les morceaux de musique classique sont interprétés par François-René Duchâble et interprétés et joués à l'écran par l'Orchestre Colonne, dirigé par Laurent Petitgirard. Grand Bravo pour eux

 

Récompenses

 

Elles sont légions et toutes méritées y compris le succès aux States

 

Temps forts

 

Quand Dupontel se désape en Public

 

Quand il « retrouve » Laura Morante son épouse et que se dessine un nouvel avenir commun

 

Quand du haut du balcon de la comédie des Champs Élysée observant le déroulement de la vente de sa collection Brasseur se rend compte d’une sur enchère permanente autour du mythique « Baiser » de Brancusi. Il se renseigne. Il s’agit se son fils. Il retire l’objet de la vente.

 

Pax

 

Prochainement « L’année du Dragon»

 

Du moins, « Dieu aidant, Dieu voulant »

 

Ciné papy, du fond de son lit ou de son fond d’écran va mettre au propre, ses fiches et achever celles déjà en préparation

 

So long’

 

 

 

Partager cet article
Repost0
24 août 2021 2 24 /08 /août /2021 06:00

Livre: Les Vendéens de la Garonne, Jean-Clément Martin, Ivan Davy, Faits et  gestes, 9782867500145 - Leslibraires.fr

L’émigration, nous les  Vendéens nous connaissons, certains d’entre nous, parents ou voisins ont fait leur balluchon et ont vécu la condition d’émigrés de l’intérieur. Il ne s’agit pas de ce que l’on qualifie d’exode rural puisque, comme bien des départements ruraux de France, la Vendée a été affectée par des départs significatifs de sa population au tournant du XXe siècle : les Vendéens sont allés à la recherche de terres à cultiver qu’ils ne pouvaient pas se procurer sur place. Trop de bras, la misère ordinaire, et ce n’est pas si loin de nous puisque le mouvement migratoire a duré jusque dans les années 50. Le texte qui suit est à méditer par nous tous, je l’avais publié en janvier 2006 sur mon Espace de liberté et il m’a semblé d’actualité pour inaugurer cette nouvelle rubrique.

 

Archives du samedi du Taulier : les Vendéens de la Garonne, ces étrangers  suscitent au moins l'ironie et jusqu'au dégoût - Le blog de JACQUES  BERTHOMEAU

14 avril 2012

Archives du samedi du Taulier : les Vendéens de la Garonne, ces étrangers suscitent au moins l'ironie et jusqu'au dégoût ICI 

Page

Page

Page

Page

Page

Page

Page

Page

Partager cet article
Repost0
23 août 2021 1 23 /08 /août /2021 06:00

Susan Sellers fait le fabuleux récit d'un improbable mariage

Je ne l’ai pas lu, je l’apporte avec moi en vacances.

 

Amazon.fr - Un oiseau de feu - Sellers, Susan, Lacroix, Constance - Livres

 

Sous un tonnerre d’applaudissement, Lydia quitte la scène, chargée de bouquets, dont l’un uniquement d’orchidées, fleur de prédilection de Diaghilev. Il n’a inscrit qu’un mot sur la carte épinglée à la gerbe : Bravissima ! Elle lève les yeux vers sa loge et le salue, avec Serge Lifar, son partenaire dans cette entreprise triomphale de L’Oiseau de feu. Et elle aperçoit Maynard qui applaudit avec tant de frénésie que ses mains en paraissent floues…

 

…Maynard Keynes, son mari, le célèbre économiste, dont les gouvernements britannique, américain et même soviétique s’arrache les conseils, et qui, à quarante ans passé, est tombé amoureux fou de la danseuse étoile des Ballets Russes, lui qui n’avait connu jusque-là que des liaisons homosexuelles. Et elle, la belle Lydia Lopkova, qui a dix ans dansait Casse-Noisette devant le tsar Nicolas II, devenue une star au fil d’une carrière professionnelle et amoureuse mouvementée.

 

Un oiseau de feu, de Susan Sellers: Keynes et la danseuse russePortrait de John Maynard Keynes (1883-1946), économiste britannique et sa femme Lydia Lopokova, le jour de leurs fiançailles en 1925 à Londres. ©Aisa/Leemage

 

Leur liaison improbable, puis leur mariage, inattendu, à Londres en 1925, stupéfia et émut l’Angleterre, en particulier leurs amis du fameux Groupe de Bloomsbury, dont Virginia Woolf, qui commença par s’y opposer… Voici leur histoire.

 

John Maynard Keynes et sa femme Lydia Lopokova. ©BELGAIMAGE

 

CRITIQUE

 

TRIEB   28 juin 2021

 

Nous avons tous entendu parler de la « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie », écrite dans les années trente par John Meynard Keynes, professeur renommé et économiste de son état, auteur de la doctrine économique associée à son nom : le keynésianisme. Susan Sellers, dans une biographie romancée, évoque ce personnage sous un tout autre angle : celui de sa vie privée, de ses repères moraux, de sa conduite, de ses relations mondaines, littéraires avec le groupe de Bloomsbury, auquel appartenaient entre autres Virginia Woolf, Stephen Woolf, son époux, Lytton Strachey, écrivain, Bell Clive, critique d'art, ou encore Vanessa Bell, soeur de Virginia, peintre et décoratrice.

 

C'est à un duo que nous convie Susan Sellers, un rendez-vous culturel entre Keynes , un universitaire reconnu, embourgeoisé , issu de Cambridge, un pur produit de l'élite britannique ; et Lydia Lopokova, une danseuse russe , dont la formation et l'arrière-plan artistique sont forment marqués par l'empreinte des Ballets russes, de Diaghilev, et de Nijinski .Cette artiste a rencontré Mikhaïl Fokine, célèbre danseur chorégraphe russe, Isadora Duncan, danseuse en rupture avec les canons de la danse classique .

 

Très vite, des obstacles surgissent, des objections notamment formulées par Virginia et Vanessa s'élèvent avec insistance : cette Lydia n'est-elle pas trop bohème, imprévisible ? A-t-elle assimilé les usages de la common decency anglaise ?

 

Keynes, de son côté, apparaît comme un homme sûr de lui, de son importance, de ses proches. Ainsi n'envisage-t-il jamais des poursuites contre lui en raison de ses pratiques homosexuelles : « Non que ses orientations sexuelles lui aient jamais attiré de réactions ouvertement hostiles. Bien au contraire, à Eton puis Cambridge, et même au ministère des Finances, il a toujours été, sinon explicitement reconnu, du moins tacitement entendu que sa vie privée ne concernait que lui et devait être respectée. »

 

Avant qu'il ne se marie avec Lydia, contre toute attente, Keynes est séduit, définitivement, par cette artiste, cet Oiseau de feu, oeuvre de Stravinsky, montée par les Ballets russes. Il reconnaît Lydia comme appartenant à son monde : celui des élites, des artistes, des marginaux : « Elle lève les yeux vers sa loge et le salue, avec Serge Lifar, son partenaire dans cette reprise de l'Oiseau de feu. Et elle aperçoit Meynard qui applaudit avec tant de frénésie que ses mains en paraissent floues. »

 

. Un oiseau de feu nous fait pénétrer dans les arcanes du groupe de Bloomsbury, dans l'histoire de la danse russe, peu de temps avant le bouleversement provoqué par la révolution d'Octobre, les références littéraires et artistiques y sont riches, fréquentes : on y apprend énormément, on prend plaisir à cette radiographie du désir, à cette dissection des sentiments humains. Ouvrage à recommander sans conditions

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents

  • Parlons peu mais parlons vin, et de quel vin : La Romanée-Conti où Aubert de Vilaine passe la main…
    Le reproche récurrent que me font certains, chroniquer rarement sur le vin, est justifié, en défense ma réponse est simple : j’ai le sentiment d’avoir fait le tour de la question et que perdurer ce serait tourner en rond. Bien sûr, je pourrais à la manière...
  • L’ÉCHALIER
    Henry Pierre Troussicot L’échalier, petite barrière fixe, dans une haie, entre deux champs, permettant d’aller de l’un à l’autre. Combien de gars de ferme ont fait sauter les échaliers aux filles en les empoignant par la taille, pour aller danser ou autres...
  • Un dimanche ordinaire au Bourg-Pailler…
    Le dimanche au Bourg-Pailler c’était les habits du dimanche pour aller à la grand-messe de 10 heures. Au Bourg-Pailler, la tante Valentine, était le maître des horloges, elle rappelait tout le monde à l’ordre avec une injonction ritournelle « ça monte...
  • Je m’insurge l’âne bâté n’est pas stupide…
    Rien ne vaut l’expérience, les grands auteurs cités plus bas, n’ont jamais mené de leur vie un âne bâté, moi si pendant 8 jours dans les Cévennes sur le sentier Stevenson, c’était une ânesse, et je peux affirmer qu’elle était bien plus intelligente, plus...
  • Des chocolats pour le directeur, et un ascenseur pour... Par Slawomir Mrozek
    Une couverture illustrée par un dessin de CHAVAL. « Des chocolats pour le directeur, comme son titre l'indique, est un petit cadeau à déguster : cet ensemble de courtes nouvelles, composées pour la plupart dans les années 1960, paraît à l'occasion des...