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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:00
«Tout leur pognon part à la vinasse !» Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre…

« La TV est dangereuse pour les hommes.

 

L'alcoolisme, le bavardage et la politique en font déjà des abrutis. Était-il nécessaire d'ajouter encore quelque chose ? »

 

Louis-Ferdinand Céline, au cours d'un entretien avec Jacques Chancel paru dans le numéro 117 de Télé Magazine daté du 11 janvier 1958.

 

Chez Céline, le discours médical ou, plus exactement, celui de l'hygiéniste s'est souvent pris dans le délire du pamphlétaire. « Le père n'est même plus un homme, il est un mâle, la mère une femelle. Lorsqu'il boit, l'homme en est réduit à l'état de bête, une bête assoiffée, excitée. L'alcool entraîne une intensification de la violence déjà inhérente à la pauvreté et à l'univers misérable. »

 

En tout cas, il ne résout rien : « On a beau faire, on a beau boire, et du rouge encore, épais comme de l'encre, le ciel reste ce qu'il est là-bas, bien renfermé dessus, comme une grande mare pour les fumées de la banlieue » Voyage au bout de la nuit page 94.

 

« L'alcoolisme est en effet, à l'époque où Céline écrit Bagatelles pour un massacre, au centre des préoccupations de tous les partis politiques et l'on craint les conséquences néfastes des accords de Matignon de 1936 et des congés payés sur la consommation d'alcool dans le milieu ouvrier... »

 

Chez Céline c'est la recherche de l'efficacité qui prime. Cette attitude n'est pas sans rappeler ses conceptions en hygiène sociale et en médecine du travail. Celles-ci aboutissent sans aucun doute à l'établissement d'une société dirigiste et autoritaire...

 

« Je sais moi, ce qu’il a besoin le peuple, c’est pas d’une Révolution, c’est pas de dix Révolutions… Ce qu’il a besoin, c’est qu’on le foute pendant dix ans en silence et à l’eau ! qu’il dégorge tout le trop d’alcool qu’il a bu depuis 93 et les mots qu’il a entendus… » Bagatelles pour un massacre page 59

 

Rapport établi par la CGT« l'Alcoolisme en France »

 

« La France est le pays le plus fort consommateur d'alcool du monde...21 litres 300 d'alcool pur (...) La consommation de vin qui était avant 1900 d'environ 35 millions d'hectolitres annuels, devenue ces dernières années d'environ 50 millions d'hectolitres. Il est donc faux de dire que l'alcoolisme diminue, au contraire, il progresse...La répartition, l'habitude de boire a gagné les milieux féminins, certaines habitudes alcooliques sont devenues particulièrement tyranniques, par exemple celle de l'apéritif »

 

Voici la réaction de Céline dans Bagatelles pour un massacre, Paris, Denoël, 1937, p 92, à ce rapport : « Sur la question du casse poitrine, il est donc totalement officiel, tangible, palpable que le français ne craint personne (...) lecteur piteux, c'est possible, mais insupportable alcoolique (...) aucun sauvage, aucun civilisé non plus n'approche de très loin le français pour la rapidité, la capacité de pompage vinassier »

 

Les références de Céline à l'alcool, l'alcoolisme sont innombrables, en particulier le mot « vinasse » qu'il affectionne particulièrement et qui dénote le dégoût et le mépris qu'il éprouve envers l'ivrognerie.

 

Celle-ci, clinique d'abord, dans le Voyage au bout de la nuit, page 264, est inhérente à la condition misérable est déjà présente dans l'évocation de Rancy : « Cent ivrognes mâles et femelles peuplent ces briques et farcissent l'écho de leurs querelles vantardes (...) Dès le troisième verre de vin, le noir, le plus mauvais, c'est le chien qui commence à souffrir »

 

Dans l'entre-deux guerres, le discours dominant, en France, est la décadence du pays et au centre de cette décadence, la France des apéritifs :

 

« Le roi bistrot (...) qui souille, endort, assassine, putréfie » Bagatelles pour un massacre, Paris, Denoël, 1937, p.93

 

Lorsqu'il boit, l'homme en est réduit à l'état de bête, une bête assoiffée, excitée. L'alcool entraîne une intensification de la violence déjà inhérente à la pauvreté et à l'univers misérable. En tout cas, il ne résout rien : « On a beau faire, on a beau boire, et du rouge encore, épais comme de l'encre, le ciel reste ce qu'il est là-bas, bien renfermé dessus, comme une grande mare pour les fumées de la banlieue »

 

Céline et le vin

 

« Les textes inédits de Céline sont devenus rarissimes hors correspondances, ajoute Edouard Launet. En mai 2012, Artcurial avait mis aux enchères un manuscrit autographe de quatre pages daté de 1937 et titré «la Vigne au vin», destiné, selon l’auteur du catalogue de la vente, à aider Gen Paul qui s’était engagé à peindre une grande fresque de 100 personnages destinée au Palais des vins de France à l’exposition universelle de 1937. Cette apologie par Céline du vin et de l’esprit bachique était singulière, notait le Bulletin célinien, dans la mesure où l’ancien médecin hygiéniste s’était toujours revendiqué buveur d’eau et dénonçait l’alcoolisme. »

 

Un texte inédit de Louis-Ferdinand Céline aux enchères le 16 mai 2012 à Paris

 

La maison Artcurial mettra aux enchères un texte inédit de Céline le 16 mai 2012 à Paris.

 

Il s'agit d'un manuscrit autographe de 4 pages daté de 1937 titré « La vigne au vin », destiné, selon l'auteur du catalogue de la vente, à aider Gen Paul qui s'était engagé à peindre une grande fresque de 100 personnages destinée au Palais des Vins de France à l'Exposition Internationale de 1937. Une « apologie de Céline sur la vigne, le vin et l'esprit bachique » d'autant plus surprenant que le médecin hygiéniste s'est toujours revendiqué buveur d'eau et a toujours dénoncé les ravages de l'alcoolisme !

 

Extrait :

« Cette décoration murale a été conçue dans un esprit "allègre optimiste, dans une facture joyeuse. L'artiste a voulu représenter les diverses phases de la production du vin dans la gaîté. L'oeuvre entière est baignée, interprétée dans l'allégresse. Une représentation impassible, une description seulement objective de ces tableaux champêtre eut été absolument contraire à l'esprit même de la vigne. [...] tout à la vérité même de cent décorations. Il eut été facile et d'ailleurs tout à fait défendable de forcer encore les qualités bachiques de notre ensemble. Mais avec les [sacrifices] "classiques" auxquels nous nous sommes astreints nous jugeons que notre projet tout en tenant compte des traditionnelles exigences réussit à donner une saine et joyeuse impression des différentes étapes de ce jus-là... des pampres à la bouteille. La même oeuvre conçue par un buveur d'eau n'aurait eu sans doute que de tristes et sévères reflets mais l'auteur même de ces petits tableaux se vante d'avoir toujours heureusement et copieusement honoré la vigne. Il se juge trop heureux d'avoir pour l'occasion pu rendre un hommage combien mérité à la source de tous les courages ! A la fée bienfaisante des jours adverses et sombres. »

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 06:00
La 1ière guerre mondiale ou l’accélération de l’alcoolisation française L’arrière-front « province de la gnole et du pinard »

Hier j’évoquais le front, sur lequel la corporation des veilleurs de notre Santé Publique, les addictologues en tête, et les défenseurs de la Dive bouteille, se livrent à une rude bataille depuis la fin du XIXe siècle.

 

Le socle historique de l’antialcoolisme dans notre pays doit être connu pour mieux comprendre le positionnement des uns et des autres.

 

Rappelons qu’en 1907, « le médecin Georges Clémenceau, alors Ministre de l’Intérieur, demande une grande enquête soit menée dans les établissements psychiatriques pour y déceler les alcooliques : 1 interné sur 7 serait alors concerné. D’autres enquêtes montrent qu’en 1914, la France serait le pays le plus alcoolisé du monde. Au cœur des temps difficiles de la Première Guerre mondiale, en 1915, l’absinthe est prohibée. »

 

Matthieu Lecoutre dans Le goût de l’ivresse Boire en France depuis le Moyen Âge (Ve-XXIe siècle) chez Belin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour lui, la Première Guerre Mondiale constitue un tournant concernant l’alcoolisation des hommes.

 

Il note que, pour Charles Ridel, « le goût donné aux soldats pour le « père Pinard » est le terreau d’un alcoolisme qui marque profondément la société française. »

 

« Henri Barbusse écrit à sa femme que le « pinard » est un mot consacré dans son régiment : en boire beaucoup est une habitude. C’est aussi en raison de sa capacité à s’enivrer que le sous-lieutenant Apollinaire est surnommé par ses soldats « Cointreau-Whisky »

 

« Les soldats reçoivent gratuitement de l’armée un volume précis de boissons alcoolisées (0,0625 litre d’alcool par jour, et 0,25 litre de vin par jour en 1914 et 0,5 litre de vin par jour en 1918). Mais les poilus consomment aussi une ration payée par les « ordinaires » (prime d’alimentation versée par compagnie), soit 0,25 litre de vin par jour en 1914 et 0,5 litre de vin par jour en 1918. Finalement, la ration règlementaire quotidienne se situe entre 0,5 et 1 litre de vin par jour. Mais il s’agit d’une moyenne de consommation minimale puisque s’ajoutent les volumes offerts pour les occasions exceptionnelles (les promotions, les célébrations, les permissions…) et ceux acquis par les soldats sur leurs propres soldes aux débits de boissons, aux coopératives ou aux camions-bazars installés au front. »

 

L’arrière-front « province de la gnole et du pinard »

 

« Depuis cinq jours tous mes héros sont saouls, ils courent les villages voisins, raflent le pinard, tombent dans les fossés, y perdent jusqu’à leur croix de guerre […]. C’est la rosée du matin qui les réveille vers 3 heures, ils rentrent se coucher en marchant sur les dormeurs. Se réveillent à la soupe, retournent au pinard, s’endorment, se réveillent, boivent encore, vomissent, retombent été recommencent et continuent. »

 

Le constat sur les dégâts d’une mise au repos de son bataillon, du sergent Henri Jacquelin, normalien, ancien maire de Quimper, le 5 août 1916.

 

Sans doute pour oublier les horreurs, la boue et la saleté des tranchées…

 

Le vin « représente un outil de fraternisation, de solidarité et de partage entre les soldats. Il sert à lutter contre la peur, l’ennui, les horreurs de la guerre. Parfois les soldats s’alcoolisent en en excès pour échapper au prochain assaut. »

 

Mais « Les autorités françaises comprennent rapidement que la consommation régulière de boissons alcoolisées au front leur permet de mieux contrôler les troupes.»

 

Mais « Le vin est également consommé pour écouler les stocks nationaux, suivant une démarche patriotique qui s’oppose au cliché d’Allemands buveurs de bière et d’alcools forts. »

 

Après la guerre, l’aliéniste Paul-Maurice Legrain proposera une alcoologie darwinienne : les alcooliques seront selon lui dégénérescents et affaibliraient héréditairement l’humanité.

 

Demain le combat de Louis-Ferdinand Céline, le Dr Destouches, l’hygiéniste pamphlétaire, contre « la vinasse ».

 

Noyer l’absurdité d’une guerre dans des flots d’alcool

 

Le « pinard » ou le sang des poilus

 

Avec 6 400 morts par jour chez les militaires — le double si l’on ajoute les civils —, la première guerre mondiale a été l’une des plus meurtrières de l’histoire. Pour tenir, les soldats français se sont bien souvent réfugiés dans l’alcool, encouragés par leur hiérarchie, qui veillait à ce qu’ils ne manquent jamais de « pinard ». En quelques années, le vin a ainsi gagné le statut de breuvage patriotique, paré de toutes les vertus.

par Christophe Lucand

 

ICI

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 06:00
Les quinquados sont de joyeux picolos les hygiénos mangent leurs chapeaux…le couple Buzyn-Bourolleau...

Sur le front du rude combat, où tout change pour que rien ne change, que se livrent la corporation des veilleurs de notre Santé Publique, les addictologues en tête, et les défenseurs de la Dive bouteille, chaque camp y va de ses peurs.

 

  • D’un côté, la nouvelle ministre de la Santé n’est autre que l'ancienne présidente de l’Inca. Et ses positions sur la lutte contre l’alcoolisme sont intransigeantes.

 

Pas sûr que la filière viticole apprécie la nouvelle Ministre de la Santé. Agnès Buzyn, présidente de l’Inca (Institut national du Cancer), s’est ainsi élevée contre la clarification de la loi Evin concernant la promotion de l’œnotourisme et des territoires du vin.

 

Voir plus bas (1)

 

  • De l’autre, la nouvelle conseillère agricole du Président Macron, Audrey Bourolleau, qui inquiète la corporation des addictologues.

 

La nomination de l'ex-déléguée générale de Vin et Société - une instance de lobbying du vin - au poste de « conseillère agriculture » d'Emmanuel Macron à l'Élysée inquiète plusieurs associations d'addictologues et des experts en santé publique.

 

« La nomination d'une représentante de la filière alcool ne manque pas d'inquiéter sur les conflits d'intérêts qui pourraient survenir au détriment de la santé publique", écrivent ces onze associations et six experts dans un communiqué commun publié sur internet.

 

« Pour les acteurs de la santé publique, le risque est que la politique agricole et viticole se fasse au détriment d'une politique efficace de lutte contre les consommations nocives d'alcool »

 

Voir plus bas (2)

 

Positionnement politique en défense d’intérêts trop souvent corporatistes, la lutte contre l’alcoolisme dans notre pays est un échec cuisant dû à une approche qui méconnaît largement les évolutions de notre société.

 

L’alcoolisme est une maladie, un fléau, mais se contenter de mettre en cause le flacon, avec en arrière-pensée la prohibition, c’est faire beaucoup de bruit pour rien, se contenter de faire accroire que l’on éradiquera la consommation excessive par des mesures touchant la communication et la publicité.

 

Nos sociétés anxiogènes, déjà addict des antidépresseurs ont besoin de soupapes festives pour évacuer les angoisses et les peurs. Se contenter de leur faire la morale, de les culpabiliser, c’est pisser dans un violon. J’y reviendrai avec les quinquados.

 

Pour ce qui du rôle d’Audrey Bourolleau en tant conseillère agriculture du Président Macron, sans vouloir minorer celui-ci, ma vieille expérience du fonctionnement des cabinets ministériels, des arbitrages à Matignon, me permettent d’affirmer, sans risque de me tromper, que la politique agricole, et par là-même viticole, ne se déterminera pas dans son bureau. Elle aura d’autres chats à fouetter que les éternels refrains de la loi Evin. Quand à madame Buzyn, elle aussi devra mettre de l’eau dans son vin, si je puis m’exprimer ainsi.

 

Jouer à se faire peur fait partie du scénario mais le film n’est jamais que le résultat des conditions politico-économiques du moment.

 

Le premier conseiller agricole de Mitterrand en 1981 fut Henri Nallet, issu de la branche gaucho de l’INRA, surnommé le Sphinx car eu égard, à l’ondoiement du Président, ça lui évitait de prendre des positions tranchées. Avec Michel Rocard nous en jouions sur le dossier des vins de table du Midi rouge, déjà épine dans le pied de l’élargissement du Marché Commun à l’Espagne. Le père François était bien sûr très favorable à l’entrée de l’Espagne tout en ménageant l’électorat socialo-communiste du Languedoc. Tout ça pour dire, et ce n’est pas faire injure au savoir-faire d’Henri Nallet, la partie se jouait bien au-dessus de lui.

 

Ce même Henri Nallet alors Ministre de l’Agriculture de Michel Rocard premier Ministre me demanda de suivre le dossier de la loi Evin. Là encore la bataille se jouait à Matignon, et si Rocard céda au diktat des cancérologues drivés par le Pr Got c’est que le chantage fut intense et que le fameux lobby du vin fut très au-dessous du niveau de la mer.

 

L’approche pragmatique de Macron s’appliquera au vin dont il connaît le poids économique, bien sûr le lobby blanc montera au créneau pour obtenir des mentions nouvelles sur l’étiquette et alors les arbitrages se feront au plus haut niveau et non dans le bureau d’Audrey Bourolleau.

 

Les enjeux se situent ailleurs que sur le front loi Evin, pour l’heure la vision bien traditionnelle du Ministre de l’Agriculture laisse présager une gestion classique du secteur avec cependant l’aiguillon Hulot, mais jusqu’à quand ?

 

J’en reviens maintenant au sujet de cette chronique : l’érection des quinquados !

 

C’est dans Marianne sous la plume d’Hubert Prolongeau

 

Refus du train-train et des plans de carrière, envie de s'amuser, soin de l'apparence... La génération née dans les années 60-70 entend, comme celle de ses enfants, s'épanouir. Révélatrice de l'allongement de la durée de vie, elle n'obéit qu'à un seul précepte : profiter de l'avenir. Bienvenue chez les "quinquados" !

 

On les appelait «éternels adolescents» et on en ricanait : ces «vieux» qui n'assumaient pas leur âge, ces «mamies» en jeans, ces «papys» qui s'affichaient avec des filles plus jeunes... Aujourd'hui, allongement de la vie aidant, ils sont de plus en plus nombreux. Le très sérieux institut de sondage Ipsos appelle ces 45-55 ans vivant comme des trentenaires les «quinquados», contraction de «quinquagénaires» et «adolescents», et voit en eux une très sérieuse mutation...

 

Pierrine Allègre, 47 ans, habillée décontractée, souriante, gaie..., s'est installée il y a douze ans à Bruxelles, où elle est professeur dans une école secondaire de type ZEP. «Je vis comme si j'avais 25 ans : faire la fête, boire, sortir. Il n'y a qu'avec les mecs que je me suis un peu calmée.»

 

Auteur d'un blog sur la «quinquattitude», Antoine le pense : «La génération qui a 50 ans aujourd'hui est née sans le chômage et avant le sida. Cela crée des habitudes d'insouciance qui, aujourd'hui, me semblent plus fortes que celles de beaucoup de trentenaires, trop inquiets. Plus que l'expérience de l'âge, c'est cette aptitude à voir les choses sous un jour relativement serein qui différencie aujourd'hui les quinquagénaires des générations qui leur ont succédé.»

 

Tout l’article ICI 

 

Génération quinquados in Soir-mag

 

Ces quinquas du troisième millénaire seraient-elles dévorées par le démon de midi ? Seraient-elles obsédées par leur apparence ? Veulent-elles profiter pleinement de la vie avant qu’il ne soit trop tard ? S’aveuglent-elles en croyant que tout est encore possible ? Sans doute… Mais, surtout, elles ne se reconnaissent absolument pas dans les termes de “jeunes seniors ” qui désignaient autrefois les femmes de cet âge car elles se sentent physiquement en forme. Elles savent qu’elles ont encore quelque 30 ans de vie devant elles et veulent en profiter pleinement et d’autant plus que souvent elles sont plus libres: les enfants sont grands, les carrières professionnelles lancées, les prêts hypothécaires remboursés et les moyens financiers plus importants. Un sondage Ipsos de 2013, pour la marque de vêtements Balsamik qui voulait connaître le profil de ses acheteuses, a mis en évidence la révolution des quinquagénaires et a lancé le concept de “quinquado ”. Il établit que 100 % des femmes de 45-60 ans se sentent “très bien ” ou “plutôt bien ” dans leur vie, 91 % se perçoivent même plus jeunes dans leur tête, en moyenne 13 ans de moins que leur âge.

 

Tout l'article ICI 

 

  1. Lors des débats autour de la clarification, elle expliquait dans les colonnes de La Croix : « Je suis profondément atterrée par cette initiative de certaines parlementaires qui obéissent à des lobbys très puissants et très bien installés en France, ceux des producteurs de vin. Ces élus donnent l’impression d’être totalement déconnectés des enjeux de la santé publique en France. Chaque année, dans notre pays, l’alcool est à l’origine de 49 000 décès. Et c’est aujourd’hui, la deuxième cause évitable de mortalité par cancer après le tabac. Tous les ans, l’alcool entraîne 15 000 décès par cancer : 70% d’entre eux sont des cancers des voies aéro-digestives supérieures, c’est à dire de la bouche, du pharynx, du larynx ou de l’œsophage. Mais beaucoup de Français ignorent que l’alcool provoque bien d’autres types de cancers : 24% des cancers du foie, 20% des cancers colo-rectaux et même 17% des cancers du sein. »

 

Dans cette interview, elle explique qu’elle ne croit pas qu’une politique de Santé forte puisse avoir des conséquences sur la vente de vin et qu’il faut arrêter d’évoquer les enjeux positifs de la consommation de vin sur la santé.

 

Des recommandations qui vont faire bondir la filière

 

Hasard du calendrier, il y a quelques jours à peine, des experts de l’Inca produisaient un rapport sur leurs préconisations en matière de lutte contre l’alcool. On peut se demander s’il n’est pas déjà en bonne place dans la feuille de route de la nouvelle Ministre de la Santé, qui ne répond pas entièrement à l'approche du vin présentée par Emmanuel Macron sur

 

  1. Rappelant la volonté affichée par Emmanuel Macron de moraliser la vie publique, ces associations et experts invitent le président "à appliquer cette politique dans le choix de ses conseillers". Depuis sa nomination, Audrey Bourolleau a démissionné de ses fonctions de déléguée générale de l'association Vin et société, fonction qu'elle occupait depuis 2012.

 

Les experts rappellent que les coûts pour la société de la consommation excessive d'alcool, "deuxième cause de mortalité évitable après le tabac" sont "considérables". "La taxation sur les alcools, qui rapporte environ 3,2 milliards d'euros par an, ne représente que 37% des soins (7,7 milliards)", indiquent-ils notamment. Ils soulignent également qu'en 2016 la Cour des comptes avait relevé que la filière vin entretenait "la confusion en finançant ses propres études pour attester de la non-dangerosité de l'alcool consommé avec modération".

 

Ils critiquent aussi la présence au Parlement de l'Association nationale des élus de la vigne et du vin (Anev) et des groupes Viticulture, vigne et vin et Filière brassicole. Les signataires regroupent notamment la Fédération française d'addictologie, l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie et le Collège professionnel des acteurs de l'addictologie hospitalière, ainsi que les experts Gérard Dubois, Irène Frachon, Claude Got, Serge Hercberg, Catherine Hill et Albert Hirsch.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 08:00
CHAP.19, temps suspendu, l'affaire Ferrand, c'est le tweet de Valérie Trierweiler. «Si nous évitions d'acheter des vins français, et achetions des vins de l'État de New-York, de Gaulle serait rapidement sur les genoux»

Nous vivons une époque formidable qui aurait ravi le Grand Charles, pensez-donc un trublion venu du diable vauvert vient, en une poignée de mois, de faire imploser le « régime des partis ». À peine élu, après une remontée des Champs Elysées en command-car, profitant d’une séquence internationale qui tombait à pic, puis de la dernière frasque de ce fou dingue de Trump, le petit gars en impose aux 2 Grands du temps du Général : les Ricains et les Ruskoffs ! Broyer la main de la grande andouille peroxydée, mettre le nez de Poutine dans ses savantes manœuvres d’ex du KGB avec sa presse à la botte et ses hackers, et pour finir en pleine nuit retourner comme une crêpe la formule de Trump, ça plaît aux Français.

 

Ça booste, en dépit du caillou Ferrand, ses candidats aux législatives, du moins dans les sondages, ce ne sera peut-être pas la Chambre bleue horizon ni la Chambre rose de 81, mais le PS va toucher le fond, les Insoumis de Mélenchon et les fronts bas de MLP risquent de ne pas tirer les dividendes espérés de leurs beaux scores présidentiels.

 

Le cas d’école de l’atterrissage sur le ventre est bien celui de la Méluche qui délire sur son triste sort. Comment a-t-il pu une seule seconde croire que sa remontada pour dépasser Fillon et MLP aurait débouché sur un second tour victorieux face à Macron. Y’ a rien de Mitterrand chez Mélenchon, son attitude à nouveau vindicative en est la démonstration.

 

Bref, revenons à de Gaulle :

 

« En 1966, le Président Lyndon Johnson veut contenir le communisme, et déverse ses troupes, ses avions, ses bombes, pour protéger son protectorat du Sud Vietnam contre le Nord de Ho Chi Minh. De Gaulle lui dit que c’est inutile, depuis un moment, et que la victoire est impossible, mais cette fois le clame dans un pays voisin du Vietnam, au Cambodge qui veut préserver sa neutralité.

 

«Eh bien! La France considère que les combats qui ravagent l'Indochine n'apportent aucune issue. S'il est invraisemblable que l'appareil guerrier américain vienne à être anéanti sur place, il n'y a, d'autre part, aucune chance pour que les peuples de l'Asie se soumettent à la loi de l'étranger venu de l'autre rive du Pacifique, quelles que puissent être ses intentions et si puissantes que soient ses armes.»

 

On a bien entendu: «La loi de l’étranger», la croisade US pour la liberté! Le Général est reçu au Cambodge en héros. Le prince Sihanouk, ce roitelet de tourmentes qui côtoyait le communisme pour se préserver du chaos, le compare à un saint médiéval, qui vaincra les dragons: «Notre monde actuel, où tant de peuples sont victimes d'injustices ou subissent des actes de guerre, a le plus grand besoin de modernes "saints Georges", qui osent défendre, même contre le gré de leurs alliés, la justice, le bon droit et la paix.» On récite des poèmes à sa gloire. La France, par son chef, ayant rompu les rangs de l’Occident, est la marraine des peuples contre l’Empire!

 

La France ingrate

 

L’Amérique le vit mal. La France est ingrate, qui oublie ceux qui l’avaient libérée! En mars, De Gaulle est sorti de l’OTAN, et le GIs quittent le sol français. Voilà bien ce pays insolent, qui poignarde le camp de la Liberté! Un Représentant de l’Etat de New York, Samuel Stratton, défend à la Chambre des représentants un isolement commercial de la France. Les touristes doivent désormais boycotter Paris, dit-il, et mieux encore: «Si nous évitions d'acheter des vins français, et achetions des vins de l'État de New-York, de Gaulle serait rapidement sur les genoux», lance Stratton.

 

Ces réactions seront un classique. Une génération plus tard, en 2003, quand un autre pouvoir français défie un autre pouvoir américain, des passionnés débaptisent les french fries pour les renommer freedom fries, les frites de la liberté! on moque en Amérique les défaites historiques des armées françaises, on dénonce l’antisémitisme qui ravagerait notre pays; on fustige l’épaisseur musquée de nos fromages. On fait payer, en somme, au Président Jacques Chirac et à son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, interprète d’un discours à l’ONU qui l’accompagnera le reste de son âge, d’avoir voulu gêner les plans irakiens de l’administration Bush, défiés verbalement quand leur guerre était déjà prête. «L'usage de la force ne se justifie pas aujourd’hui a dit Villepin, applaudi dans l’enceinte de l’Assemblée générale. Une telle intervention pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d'injustice, aggraverait les tensions et risquerait d'ouvrir la voie à d'autres conflits.» Qui, aujourd’hui, aux Amériques, voudra ou pourra punir Macron?

 

De Gaulle, Villepin, Macron

 

En 51 ans, c’est la troisième fois que la France mène une fronde contre l’Amérique indigne. De Gaulle 1966, Villepin 2003, Macron 2017, participent d’une même histoire. Le pays rétif, le pays qui dit non, regarde le géant. Il proteste de son amitié, et n’en frappe que plus violemment. Macron, moquant Trump et ses slogans de mirliton, unifiant le monde contre lui, précise que l’Amérique est notre allié contre le terrorisme. Villepin entretenait une relation amicale avec le secrétaire d’Etat US Colin Powell et avait été ambassadeur à Washington, et Chirac, vendeur de glace et amoureux d’une young lady locale, Florence Herlihy, lors d’un périple de jeunesse. De Gaulle, en 1966, faisait vibrer «l'amitié exceptionnelle et deux fois séculaire» que la France portait à l’Amérique, mais le compliment intégrait la perversion: la France avait aimé l’Amérique, en raison de ses principes: «l’idée que, jusqu'à présent elle s'en était faite, savoir celle d'un pays champion de la conception suivant laquelle il faut laisser les peuples disposer à leur façon de leur propre destin.» Les principes bafoués, l’amitié n’était plus une excuse. C’était l’Amérique qui se trahissait en contraignant les Vietnamiens, fussent-ils rouges, et De Gaulle l’invitait à se reprendre: «En prenant une voie conforme au génie de l'Occident, quelle audience les États-Unis retrouveraient-ils d'un bout à l'autre du monde et quelle chance recouvrerait la paix sur place et partout ailleurs!»

 

Nous vous aimons, américains, et ne vous pardonnons pas de déchoir, car vos manques blessent toute l’humanité. «Aucun Etat ne peut s'ériger en gardien du monde», insiste Dominique de Villepin en mars 2003, alors que les soldats de Bush se battent en Irak. «La force ne doit être qu'un dernier recours parce que cet usage risque d'aviver les plaies du monde», ajoute-t-il. De Gaulle n’en disait pas moins à Phnom Penh, avertissant que la guerre, si elle n’était jugulée, condamnerait le monde «à des malheurs toujours grandissants». Macron parle à l’unisson, pour qui Trump commet «une faute pour l’avenir de notre planète», faisant risquer, à «nos enfants», «un monde fait de migrations, de guerres, de pénuries».

 

Tout l’article Quand De Gaulle, contempteur de l’Amérique, annonçait Macron

 

Claude Askolovitch — 03.06.2017 - ICI 

 

Comme les politiques, les journalistes politiques ont du mal à décrocher, c’est le cas de François Bazin, ancien chef du service politique de L'Obs, qui passe au scanner cinq années qui ont transformé la politique française. Comme la lame d'un chirurgien, sa plume, alerte, imagée et éclairée, dissèque avec minutie le mandat de François Hollande. Ses coups d'éclat oubliés, ses retentissants ratés, ses erreurs répétées. « C'est le seul livre sur Hollande qui n'a pas été dicté par Hollande », ironise-t-il quand on lui demande ce qu'on apprendra de plus – son ouvrage venant après des dizaines de milliers de pages consacrées au président déchu.

 

Sur Macron, comme tout le monde, il n’a rien vu venir, mais ça ne l’empêche pas d’affirmer que l'affaire Ferrand, c'est le tweet de Valérie Trierweiler

 

Avec les mêmes effets ?

 

On ne sait pas.

 

Là où c'est très ennuyeux, c'est que la séquence pré-législatives devait être dominée par loi sur la moralisation. Or c'est raté. Ce qui domine, ce sont les atteintes à cette moralisation par l'un des principaux ministres. Emmanuel Macron a fixé le thème, mais le thème s'est inversé. Ce genre de premières impressions reste et imprime profondément l'opinion. Cela va au-delà de la crise passagère et colore le mandat. Le tweet de Valérie Trierweiler a coloré le début de quinquennat Hollande et cette «coloration» a été rappelée par l'affaire Julie Gayet et la sortie de Merci pour ce moment. L'opinion s'est dit : « Cet homme n'est pas normal.»

 

  • Dans ces quinze jours réussis, l'affaire Ferrand est-elle la première erreur du président Macron ?
  •  

Il a choisi une ligne de communication : l'absence. Il a fait rapporter son message par son porte-parole. Mais, dès le soir même, il est rattrapé par la patrouille. On a des images de nuit, à Vannes, où on a l'impression qu'il fuit. Sa ligne de communication est de ne pas apparaître ; il est apparu encerclé par des journalistes avec des questions répétées entraînant des réponses dilatoires et un certain énervement. Or Jupiter ne s'énerve pas : il met une claque ou reste sur son nuage en entretenant le mystère. Il ne va pas comme un petit bonhomme sous les flashs des caméras.

 

Reste à encore épingler ce pauvre Onfray et à revenir sur ce pauvre Méluche :

 

Onfray à la une des hebdos: la philosophie pour les nuls et les beaufs réacs

 

Inutile d'aller au bistrot pour y écouter les analyses de René entre deux tournées de beaujolais, il suffit cette semaine d'acheter l'Obs et Valeurs actuelles. Et d'y lire Michel Onfray présentant son dernier ouvrage, consacré à la campagne présidentielle achevée. C'est poilant.

 

Dans Valeurs actuelles, Onfray disserte avec André Bercoff. Qui présente lui-même la chose ainsi « mon entretien avec le philosophe Michel Onfray qui flingue allegro furioso les clowns qui nous égarent ».

 

Le texte final est conforme à la promesse. Ça ne vole pas très haut. Il faut dire qu'on est entre amis désormais, du côté de la France rance. Retenons que Macron est pire que les plaies qui accablèrent l'Egypte quand Moïse décida de montrer à Pharaon qu'il fallait le laisser partir avec son peuple.

 

Dans l'Obs, l'entretien est moins complice. On cherche à pointer les contradictions de Michel Onfray. Ses faiblesses. Mais au fil des pages, le lecteur finit par s'interroger: pourquoi se donner tant de peine à discuter, disputer et argumenter avec un personnage dont la pensée est si médiocre, l'intelligence à ce point indigente, et l'esprit borné? Pourquoi tenter de donner à croire qu'un tel personnage, présenté comme philosophe soit à ce point digne d'intérêt intellectuel et politique?

 

Une affligeante pauvreté

 

Qu'on en juge. La vision de l'élection présidentielle achevée revue et corrigée par Michel Onfray est d'une affligeante pauvreté.

 

Les personnages?

 

Benoit Hamon est le "roi crétin" et le "piège à con". Jean-Luc Mélenchon est "Robespierre le petit". Pourquoi "petit"? Réponse, sans rire du philosophe : "Il n'est pas la hauteur". Quant à François Hollande, c'est « Sphincter Ier », parce qu'il "ne se retient pas, il se répand partout "… Bien…Y a du niveau chez le penseur Onfray.

 

La dramaturgie de la campagne? Un complot, monté par des cabinets noirs, des médias aux ordres, la finance et la banque…

 

Sont coupables de l'élection de Macron " le maastrichtien " :

 

-" Le dispositif ", à savoir " le système qui fonctionne avec les médias, l'édition, l'université et l'école ".

 

-" les médias ", " regardez le nombre de couvertures consacrées à Macron par rapport à Jean Lassalle ". " Un journal ne suis pas l'opinion, il la fait, c'est élémentaire non? "

 

-Le Pen et Mélenchon, " qui n'étaient que des lièvres à qui on a demandé de s'écarter pour laisser passer le vainqueur ".

 

-Christophe Borgel, du PS, qui a " bourré les urnes " de la Primaire socialiste afin d'éliminer Valls au profit de Hamon, parce que (attention, révélation!) le PS et François Hollande avaient intérêt à ce que Hamon l'emporte, plutôt que Valls, pour faciliter la victoire finale de Macron ".

 

-François Hollande, parce que " l'élimination de Valls lui permettait de soutenir Macron ".

 

-" Les cabinets noirs ", car " les gouvernants doivent pouvoir compter sur des services secrets pour réaliser des opérations discrètes ". Et avec eux, " les conseillers en communication ", " images ", " riposte "…

 

-Macron, qui a usé d'une " méthode de séduction extraordinaire mais au point avec des algorithmes pour s'adresser à une partie de la population, puis à une autre "…

 

Et tout le reste est de la même veine délirante, s'étalant sur 6 pages pleines.

 

Tout cela est sidérant. Mais aussi très révélateur, une fois de plus, de l'époque.

 

Une vedette de télévision

 

En vérité, ce qui est intéressant, ce ne sont pas les propos d'Onfray, imbéciles et grotesques (et qui ne méritent même pas que l'on perde du temps à les réfuter) c'est le fait que quantités de médias estiment qu'il est impératif de le prendre au sérieux, de lui ouvrir leurs pages en grand, de le traiter avec considération et de faire semblant de le prendre au sérieux. Tout cela dit ce que nous sommes, et d'une certaine façon, dit aussi ce que certains refusent que nous soyons.

 

Onfray est une vedette de télévision, qui a bâti sa réputation médiatique sur le ridicule intellectuel de ses postures, dont la dernière livraison est emblématique. Onfray est un " bon client " de la télé, qui a compris l'intérêt commercial qu'il y avait à accepter de se produire à On n'est pas couché et Les Grandes gueules. Et de " bon client " de la télé, Onfray est devenu " bon client " pour le papier. Il a ainsi pu enclencher, avec beaucoup de talent, le cercle vertueux qui procure la plus grande des surfaces médiatiques. Il passe à la télé parce qu'il est à la une des magazines, il est à la une des magazines parce qu'il passe à la télé, et ainsi de suite, à l'infini…

 

Mais ce n'est pas tout. Désormais tribun de la plèbe réactionnaire, Onfray est aussi le formidable vecteur qui permet aux différentes factions du Vieux monde qui meurt de réfuter la victoire démocratique de Macron et des valeurs qu'il emporte avec lui. En théorisant un vaste complot qui aurait confisqué la démocratie, Onfray apaise les consciences qui prophétisaient que la France 2017, saisie par l'insécurité culturelle, viendrait prendre place aux côtés du Royaume-Uni et des Etats-Unis, entre Trump, Brexit, et soumission à l'ordre mondial de Poutine. De même, il explique aux orphelins de la Vieille maison PS et de la rue de Solférino que la victoire de Macron relève d'une trahison inscrite dans le grand complot, dont Hollande et une partie du PS ont été les complices.

 

Pour les partisans du Vieux monde, de gauche et de droite, de l'extrême gauche et de l'extrême droite, la vision complotiste et délirante d'Onfray est rassurante. Les uns et les autres y trouvent matière à réconfort en ce qu'ils peuvent conclure que ce ne sont pas leurs idées qui ont perdues, mais que ce sont des tricheurs et comploteurs qui ont porté Macron au pouvoir. Cette explication du monde est apaisante, et leur convient. Onfray est le philosophe de l'époque qui traque les Forces occultes qui détournent la démocratie. Onfray est partout.

 

La créature Onfray est le symptôme de tous les dérèglements de la sphère politique et médiatique, du décalage entre la mutation politique qui s'opère en cette année électorale 2017 et les représentants du Vieux monde qui refusent leur disparition. C'est de la philosophie pour les nuls et les beaufs réacs, mais tout le monde fait comme si tout cela était digne de la grande tradition de l'intellectuel français se promenant en politique. Onfray n'est pas sérieux, mais le fait que le Vieux monde le traite avec sérieux mérite d'être pris au sérieux.

 

Mélenchon vs Cazeneuve: le grand tournant sectaire de la France insoumise

Le 29.05.2017 à 13h06

 

Jean-Luc Mélenchon accuse Bernard Cazeneuve d'avoir une part de responsabilité dans la mort de Rémi Fraisse, à Sivens, en 2014. Cette polémique révèle le tournant gauchiste de la France insoumise, bien loin de la campagne hugolienne de la présidentielle.

 

De Victor Hugo en Républicain à Paul Déroulède en gauchiste. L’étrange mutation. Car ainsi s'est doublement métamorphosé Jean-Luc Mélenchon en quelques semaines. Le formidable intellectuel de la campagne présidentielle, hugolien et jaurésien, réincarnation de la figure de l'Instituteur de la IIIe République, s'est mué en tribun identitaire et sectaire pour les élections législatives. Déroulède gauchiste nationaliste et populiste, Mélenchon ne sème plus le grain qui lève en mai et se récolte à l'été, mais la colère qui prospère sur le désespoir et ne produit que de la haine.

 

La France insoumise est bel et bien l'ivraie de l'ivresse, la représentation quotidienne de la mise en scène de l'ego d'un homme sous couvert de combat pour autrui. La transfiguration est brutale. Et la question qu'elle soulève l'est tout autant. Où est le vrai Mélenchon? Quelle est à la fin la vérité de cet homme?

 

Plus rien ne paraît arrêter le quatrième candidat de l'élection présidentielle. La tempérance et la tolérance ne sont plus du monde de la France insoumise. L'intransigeance et l'outrance sont désormais les vertus du moment. Jusqu'à formuler l'accusation la plus hallucinante, à savoir laisser entendre que l'ancien Premier ministre de l'Intérieur et Premier ministre Bernard Cazeneuve serait en partie responsable, voire coupable, de la mort de Rémi Fraisse, sur le site de Sivens, en octobre 2014. C'était à Montreuil, le 24 mai dernier, et les caméras de C Politique, sur France 5, ont enregistré l'accusation.

 

Une logique politique sectaire

 

Donc, Mélenchon a dit ceci : "Comment il s'appelle là le dernier que son nom m'échappe qui était Premier ministre? Comment vous l'appelez? Oui, Cazeneuve, le gars qui s'est occupé de l'assassinat de Rémi Fraisse".

 

Puis, il a ajouté: "Le gars qui a fait gazer, matraquer, toutes les manifestations et qui prend maintenant sa tête de petit sainte-nitouche pour dire que c'est moi qui ne sait pas choisir entre le Front national et je sais pas qui. (…) Encore une fois vous essayez de tromper les gens. Encore une fois vous essayez de leur faire peur".

 

Bernard Cazeneuve, entre indignation et émotion, a annoncé son intention d'en appeler à la justice de son pays. Diffamation dit-il. Nous verrons si ce procès à lieu.

 

En attendant, le cas Mélenchon est préoccupant. Il dit que le leader de la France insoumise est entrée dans une logique politique sectaire, décidé à rompre toute attache avec les partis républicains modérés. Il dit aussi le processus d'extrême-gauchisation d'une partie de la société politique française.

 

Le retour de l’agitateur de foules haineuses

 

Depuis le soir du premier tour de l'élection présidentielle, c'est comme si un autre Mélenchon était revenu d'entre les Mélenchon. Fini le tribun aux accents gaullo-hugoliens de la place de la République. Envolé le grand orateur jaurésien s'adressant à ceux qui n'ont que la Nation pour seul bien. Retour de l'agitateur de foules haineuses, grand manipulateur de passions tristes, entre Déroulède et Chavez. Noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir. La France insoumise, c'est la France qui refuse l'optimisme, l'écho de gauche au Front national.

 

L'écart est tel entre les deux incarnations que Jean-Luc Mélenchon en a payé le prix. On ne se dérobe par impunément à la charge de s'opposer à une victoire possible du Front national. On ne déserte pas face à Marine Le Pen sans en payer le prix politique. On n'abandonne pas son poste de combat face à l'extrême droite sans mériter son procès en haute trahison républicaine. Mélenchon a pris un risque, il prend aujourd'hui sa perte.

 

L'opinion a déjà jugé sévèrement l'inspirateur de la France insoumise. Sa cote de popularité personnelle s'est effondrée en quelques jours. Un sondage Elabe a même pointé une chute de 17 points, aussi spectaculaire que sans appel. Une partie de l'électorat qui avait voté Mélenchon de bonne foi se sent aujourd'hui trahi. A juste titre.

 

Mélenchon a opté pour un choix stratégique qui vise à achever la destruction du Parti socialiste (en parfaite complicité objective avec le mouvement macronien République en Marche) et l'installation à gauche d'un groupe, le sien, qui entend s'installer sur les décombres du PS et du PC (car au passage, Mélenchon a aussi pour objectif d'en finir avec les communistes). Bref, la refondation Macron se double d'une refondation Mélenchon.

 

Cela étant, si les deux refondateurs et recompositeurs de la vie politique s'entendent sur l'objectif de temps court (ruiner le PS et le transformer en parti vestige de la Ve République), sur temps long, le dessein diffère.

 

Pas d’autre projet que lui-même

 

Emmanuel Macron impose une substitution qui accouche d'un parti politique inscrit dans la durée, porté par un progressisme réformateur enfin libéré du surmoi marxiste qui tué le PS à petit feu depuis la fin des années 90, et dont Benoît Hamon a été le dernier avatar mortifère. En marche est fait pour gouverner dans la durée, au gré des alternances entre camp progressiste et camp conservateur (lui-même entrant en phase de mutation). Il est l'achèvement réformiste initié par Mitterrand en 1971, et engendré collatéralement par un PS qui a refusé de muter.

 

En revanche, Mélenchon n’a pas d’autre projet que lui-même. Il n’est pas question de se doter d’un grand dessein de gouvernement. La France insoumise, par définition, ne saurait vouloir gouverner, puisqu’elle est insoumise. La France insoumise au pouvoir est un oxymore. La France insoumise est un vote inutile pour qui entend changer la vie.

 

Mélenchon et ses amis rejouent la pièce jouée par les communistes français des années Thorez, Waldeck-Rochet et Marchais. Occuper la gauche de la gauche pour empêcher l’émergence d’une force social-démocrate au centre gauche et attendre le grand soir qui ne vient jamais. L’essentiel est de demeurer dans la pureté révolutionnaire. Et tant pis pour ceux que l’on prétend défendre, qui n’ont plus accès à l’histoire autrement que par de brèves fractures, quand bien même ils façonnent le pays par le travail et par le sang. C’est en cela que la dérive sectaire de Mélenchon trahit l’enseignement de Jaurès.

 

Mélenchon et sa VIe République, sa constituante, sa France insoumise, son attachement à l’alliance bolivarienne, la secte de ses militants, c’est la promesse de la mort de la gauche au pouvoir pour des décennies. Au mépris du peuple qu’il prétend défendre. Mélenchon n'a d'autre projet pour les électeurs prêts à lui faire confiance que le repli et l'enfermement. Est-ce un projet digne des Lumières dont il se réclame?

 

A l'Assemblée, tout cela risque de se terminer avec l'élection d'une quinzaine de député. Pas plus. Le prix à payer du splendide isolement politique prôné par Mélenchon. Ici apparaît la vérité politique de l'homme et ce qu'il emporte avec lui. La réalité du Déroulède gauchiste Mélenchon, c’est la vanité. Rien de nouveau sous le soleil rouge.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 06:00
Photo de l'#Elysée. – avec Alain Ducasse.

Photo de l'#Elysée. – avec Alain Ducasse.

Monarchie républicaine, entend-on depuis l’intronisation de Macron, les fastes de la galerie des glaces de Versailles, posture jupitérienne… notre vieux pays aurait toujours les yeux de Chimène pour un Roi.

 

Notre jeune et sémillant Président, dans son approche pragmatique, va sûrement, dans les temps futurs, conférer au vin à sa table un positionnement stratégique, en faire une arme diplomatique.

 

Plus que les habituelles postures, qui ne varieront pas d’un pouce, des hauts défenseurs de notre Santé Publique et des chantres du vin est bon pour la santé, l’ondoyant Emmanuel se servira sans états d’âme de ce que le vin peut apporter à ce que le Général appelait la grandeur de la France.

 

Dans notre vieux pays françois, le rituel de la boisson a toujours participé à la distinction et à la mise en scène du POUVOIR.

 

Le texte qui suit, de la plume d’Olivier de la Marche, Estat de la maison du duc de Bourgogne, 1474, véritable présentation de l'étiquette en usage à la cour bourguignonne, il s’agit de Charles le Téméraire, montre la concurrence entre les cours de France et celle de Bourgogne.

 

« Quand la table est couverte, le panetier arrivé et son matériel installé, l’huissier de salle va chercher l’échanson qui doit servir ce jour-là et le mène l’échansonnerie où le garde-huche lui donne le gobelet couvert, qu’il prend de la main droite. Dans la gauche il tient une tasse avec l’équipement des bassins, pots, aiguières pour le prince, avec l’aide du sommelier qui les lave et nettoie. Puis il met tout ceci dans les mains du sommelier qui les lave et nettoie. Puis il met tout ceci dans les mains du sommelier qui donne le gobelet à l’échanson, ce dernier se mettant derrière l’huissier de salle, qui doit porter les bassins pendant dans sa main gauche. Après l’échanson vient le sommelier de l’échansonnerie qui doit porter dans sa main droite deux pots d’argent, contenant, l’un le vin du prince et l’autre de l’eau.

 

[…]

 

Le sommelier doit porter en sa main gauche une tasse, et pas plus, dans laquelle on doit coucher l’aiguière pour servir de l’eau. La tasse que porte le sommelier lui sert à faire l’essai que l’échanson lui donne. Ensuite le sommelier va vers l’aide qui doit porter les pots et les tasses destinées au buffet.

 

[…]

 

Lorsque le prince est venu et le couvert mis… le maître d’hôtel appelle l’échanson, qui alors abandonne la table et va au buffet. Il y trouve les bassins couverts que le sommelier a préparés, les prend et donne l’essai de l’eau au sommelier. Puis il s’agenouille devant le prince, lève le bassin qu’il couvre de la main gauche et verse sur le bord de celui-ci l’eau de l’autre bassin, enfin en donne créance et essai. Il donne à laver de l’un des bassins et recueille l’eau de l’autre et sans les recouvrir, rend les deux bassins au sommelier. Ceci fait, l’échanson se met devant le gobelet et regarde le prince, si attentivement que le prince ne doit demander le vin que par signe [… puis] il prend ensuite le gobelet en main ainsi que la tasse en tenant le gobelet élevé, afin que son haleine ne l’atteigne point. L’huissier de salle lui ouvre alors la voie et, lorsque le sommelier le voit arriver, il emplit son aiguière d’eau fraîche et rafraîchit l’extérieur et l’intérieur du gobelet que l’échanson a dans sa main. Puis il prend une tasse de la main gauche et le pot de bouche de la droite ; d’abord il verse dans la tasse qu’il tient, puis dans le gobelet ; il prend ensuite l’aiguière et verse dans la tasse ; enfin il tempère le vin dans son gobelet, selon ce qu’il sait et connaît du goût du prince et de sa complexion.

 

[…]

 

Le vin tempéré, l’échanson verse de son gobelet dans la tasse qu’il tient, puis recouvre le gobelet en tenant le couvercle entre les deux petits doigts de la main avec laquelle il tient la tasse, jusqu’à ce qu’il ait recouvert le gobelet et donné ce qu’il a versé dans sa tasse au sommelier. Il le met dans la sienne, et le sommelier doit faire l’essai devant lui. L’échanson porte ainsi le gobelet au prince, le découvre, met du vin en tasse, recouvre son gobelet et fait son essai. Quand le prince tend la main, l’échanson lui donne le gobelet découvert et met la tasse sous le gobelet, jusqu’à ce que le prince ait bu, ceci afin de préserver la décence du prince et de ses habits ainsi que la magnificence que l’on doit au prince plus qu’aux autres. »

Le service du vin à la cour de Bourgogne, le poids diplomatique du vin à la table d’Emmanuel Macron
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 06:00
berthomeau.com Vin&Cie l'espace de liberté a 12 ans ça se fête !

Le 30 mai mon hébergeur m’informait :

 

Bonjour JACQUES BERTHOMEAU,

 

Votre blog fête ses 12 ans aujourd’hui !

 

Toute l'équipe d'Overblog est heureuse de souhaiter un joyeux anniversaire à votre blog Le blog de JACQUES BERTHOMEAU.

 

12 an(s) ça se fête !

Dites-le à tout le monde

 

Donc je vous le dis mais ma production des débuts hébergée par une autre plate-forme a disparue dans les tréfonds de la Toile. En effet, le 30 mai je transférais mes premiers pas sur la plate-forme overblog en mettant un lien (c’est lui qui a fondu)

 

AVIS AUX LECTEURS :

 

Le 25 mai : les désastronautes

 

Le 26 mai : il vaut mieux aller au ciné

 

Le 27 mai : Gallo

 

Le 30 mai : Une bonne et une mauvaise nouvelle

 

Pas grave, mes tout petit posts n’étaient pas des œuvres impérissables.

 

En juillet 2005 je ne publiais qu’une seule chronique.

 

En août 2005 : 2.

 

Décavaillonneuse

 

Décavaillonner : labourer entre les ceps...

 

 

Avec mon grand-père Louis aux manchons et moi tenant les rênes de Nénette la vieille jument alezane nous passions la décavaillonneuse dans les vignes... A la réflexion nous pratiquions la culture biologique sans le savoir avant même les premiers croisés de la méthode Lemaire-Boucher... J'espère que ça va faire remonter ma cote du côté de la Confédération Paysanne...

 

 

A l'heure des universités d'été, souvenir de cette journée passée à Monbazillac à me faire tailler en pièces par les tenants de l'agriculture paysanne. Le vin n'est pas une marchandise... J'avoue mon allergie pour cette vision passéiste d'un monde que j'ai vu disparaître sous mes yeux de jeune homme dans ma Vendée postféodale; pas beaucoup d'attrait pour la « Terre qui meurt » de René Bazin, les bocains et les dagnions, monde clos, étriqué, étouffant...

 

 

L'exploitation familiale à 2 UTH chère à la loi d'orientation agricole de 1960 d’Edgard Pisani mère du productivisme de l'Ouest profond. Demandez donc l'avis de mon frère Alain, paysan lui, avait-il d'autre choix sur ses 17 malheureux hectares de bocage ?

 

 

Si l'on veut rendre l'agriculture plus durable, plus respectueuse de son environnement encore faut-il élaborer une alternative qui permette au plus grand nombre de trouver leur place dans une société de consommateurs qui ne sont pas avares de contradictions

 

En septembre 2007 : 7

 

Montaigne

 

« Le parler que j'ayme, disait l'auteur des Essais, c'est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu'à la bouche ; un parler succulent et nerveux, non tant délicat et peigné comme véhément et brusque. »

 

Essais, Livre I, chapitre XXVI

 

En octobre 2007 : 18 c’était parti !

 

17 octobre 2005

 

Le Canard

 

Rassurez-vous je ne tombe pas dans la psychose grippe aviaire, c'est du "Canard Enchaîné" dont je vais vous causer. Au temps lointain où j'étais directeur de cabinet, le Canard arrivait sur mon bureau la veille de sa parution, élégante attention au cas où votre cher Ministre se ferait épingler. Au Canard on est vache mais dans la convivialité, une ou deux fois par an mon référent, Hervé Liffran m'invitait à déjeuner, mets roboratifs et bonne boutanche aux frais du journal. Les amis fidèles du vin faut les bichonner...

 

Alors je vous propose d'acheter le dernier dossier du Canard " Comment les hypers gagnent " Enquête non autorisée dans les arrière-boutiques de Carrefour, Intermarché, Auchan, Leclerc et autres grosses têtes de gondoles; pages 39 et 40 vous pourrez lire : « Foires aux vins Le jackpot de vin : mélangeant entourloupes et plus ou moins bonnes aubaines pour le client, les foires aux vins sont une super-bonne affaire pour les hypers ». Rien de très bouleversant mais mon petit doigt me dit que certains d'entre vous auront envie de faire des commentaires, des rectifications ou des révélations...

 

Bonne lecture...

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 06:00
« N'oubliez jamais, Isabelle Saporta, que le vin est aussi le fruit d'une passion ! »

À la suite de la publication de mon « remarquable » Mémoire à l’attention d’Hubert de Boüard de Laforest co-propriétaire d’Angelus et de plus modestes châteaux, qui a bénéficié d’une très large audience sur la Toile : plus de 3000 visiteurs en 2 jours, certains commentateurs sur Face de Bouc s’en sont pris à Isabelle Saporta, en l’accusant je cite Ludovic Lacasse :

 

«Le problème de ce livre, qui lui fait perdre toute crédibilité, c'est qu'il est haineux. On est dans le réquisitoire à charge, jamais dans l'enquête objective. La jalousie de l'auteure suinte des mots employés page après page. Dommage, mais hélas courant.»

 

Isabelle Saporta lui répond :

 

« Heureusement que vous êtes un parangon de vertu et que depuis les hauteurs qui sont les vôtres, vos jugements sont sûrs... »

 

Ludovic Lacasse se croit obligé de se justifier :

 

« Soyons clair, je ne suis ni un ami ni une connaissance d'Hubert de Bouar. Je suis grand amateur des vins de Bordeaux, mais je ne suis en rien lié au monde du vin, J'ai trouvé votre démarche intéressante, et votre livre passionnant par certains aspects, j'y ai appris plusieurs choses. Il était par ailleurs très agréable à lire sur le plan de l'écriture, du rythme et du style. Mais je l'ai aussi trouvé bien trop vindicatif, voire haineux comme je l'ai évoqué, mon ressenti est que vous êtes allée là-bas non pas "vierge de toute opinion", mais avec un apriori sur ces "salauds de riches qui font des vins pour les riches", l'objectif était celui-là, dénigrer, démolir, salir, mépriser, moquer. L'intention n'était pas d'être objective, impartiale, mais d'écrire un livre à charge. Un peu comme quelqu'un qui, râlant de ne pas appartenir à un cénacle, ou de ne pas pouvoir s'offrir en l'occurrence ces vins prestigieux, s'efforce de les salir à cause d'une forme de jalousie. Ce n'est peut-être pas le cas, mais c'est vraiment ce que j'ai pensé en refermant votre livre. Certes ce milieu est en partie fait de copinage, de lobbying et de conflits d'intérêt, on y trouve des magouilleurs et pas uniquement des gens bien, exactement comme dans tous les milieux, en particulier ceux où il y a beaucoup d'argent en jeu. Mais il n'y a pas que cela. Il y a aussi des vignerons tout ce qu'il y a de plus honorables, des gens courageux et honnêtes, qui essaient de travailler le mieux possible et le plus correctement possible. A une exception près, votre source principale, que je connais bien, vous les passez sous silence. Evidemment il est plus vendeur d'écrire un livre "à scandales", et de faire un réquisitoire contre une personnalité connue, propriétaire d'un des châteaux les plus médiatiques, en parlant uniquement de ses éventuels défauts ou actes discutables, et jamais de tout ce qu'il a fait de bien (un peu comme un révolutionnaire voulant couper une tête). Et surtout en en parlant beaucoup trop longtemps, en refermant le livre on a l'impression qu'on vient de lire un livre sur une ancienne employée d'Angelus qui a été virée et qui règle ses comptes avec son ancien patron. C'est à cause de ce manque d'impartialité que votre bouquin, à mes yeux, finit pas perdre sa crédibilité au fil des pages et débouche sur une déception. Mais ce n'est que mon avis ;-) (je n'ai au demeurant jamais affirmé être un parangon de vertu... Quand on publie un ouvrage, ne faut-il pas savoir accepter la critique ?) »

 

Nathalie Jallerat : grande admiratrice du porteur de costards Arnys applaudit :

 

Bravo pour ce commentaire ! Trop facile de salir des années que dis-je des générations de travail en un recueil taché de venin! La jalousie des personnes envieuses est bien moche. Les valeurs françaises sont bafouées !

 

Nicolas Tricoire clôt l’échange par :

 

« Tout cela en devient caricatural. L’éclairage est parfois bon… mais le focus ne fait qu'éclabousser toute une profession … vous le savez les gens ne retiendront que l'arrogance et le fric autour du vin ...

 

N'oubliez jamais que le vin est aussi le fruit d'une passion ! »

 

Laissant de côté les arguments psychosociologiques du grand amateur belge des vins de Bordeaux et les proclamations patriotiques de la dame adulatrice de François Fillon, ce qui m’a interrogé c’est le statut particulier, je dirais même supérieur, accordé à ceux qui font du vin.

 

Et pourtant ce nectar n’est nullement indispensable à la survie de l’espèce.

 

Soit dit en passant, je ne vois pas en quoi critiquer, avec de solides arguments, l’action d’Hubert de Boüard de Laforest dans le classement des vins de St Emilion, mettrait en cause les autres vignerons bordelais qualifiés d’honorables, de gens courageux et honnêtes, qui essaient de travailler le mieux possible et le plus correctement possible.

 

Bon connaisseur du contexte que j'affirme sans problème que c’est tout le contraire ! Beaucoup d’entre eux en ont ras la casquette du comportement de cumulard d’Hubert de Boüard si peu représentatif du vignoble bordelais et qui pourtant le représente à l’INAO.

 

Autre détail qui a échappé à notre commentateur Liégeois, Isabelle Saporta a bénéficié pour son enquête d’informations qui provenaient de gens qui n’étaient pas inscrits au RMI, des riches quoi ! Je peux lui en communiquer la liste.

 

Reste cette affirmation que le vin est aussi le fruit d’une passion qui, selon le sieur Tricoire, devrait désarmer toute forme de critique.

 

Loin de moi l’idée que des vignerons ne soient pas habités par la passion lorsqu’ils élaborent, de leur vigne jusqu’au chai, leur vin, mais il me semble que beaucoup de vins, même les fameux dit grands aimés par notre grand amateur belge, le sont dans une froideur et une technicité de laboratoire. Les débordements de la passion ne sont pas de mise.

 

Cultiver la vigne et faire du vin c’est d’abord un métier, soumis aux aléas du climat, qui, bien sûr peut être exercé avec passion, mais tout métier, du plus humble au plus prestigieux, peut lui aussi être vécu avec passion.

 

Pour ne rien vous cacher, j’en ai soupé de cette engeance, dite de grands amateurs, qui nous bassinent avec leurs discours, leurs forums, leur supériorité autoproclamée sur le commun des mortels, ils sont, comme vous et moi, des buveurs de vin. Point à la ligne…

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 07:00
Buveur de vin qu’est-ce qu’un ocologue ?

Mardi dernier au petit matin dans ma petite auto je me rendais rue d’Aboukir pour convoyer des sacs de terreau de mon association Veni Verdi.

 

Rue du Bac, juste avant de sauter par-dessus la Seine, mon regard fut attiré par le cul de la maison Richard, plus exactement celui d’un camion de livraison de cette maison qui arrose Paris de pinard.

 

Qui vis-je ?

 

« Devenez pays d’Ocologue »

 

Les bras ne m’en sont pas tombés car j’avais les mains posées sur le volant. Au premier arrêt j’ai fait une petite photo en me disant que j’allais m’interroger sur les petits génies qui avaient pondu cette brillante publicité pour le compte d’un machin vivant de cotisations interprofessionnelles.

 

Faire un jeu de mot sur la base de Pays d’OC suppose qu’au préalable l’acheteur potentiel sache ce qu’est l’IGP pays d’Oc. Pas sûr que beaucoup d’entre eux sachent ce que c’est même si certains d’eux en achètent.

 

Soyons charitable et supposons que le pékin ou la pékine qui visionnera cette affiche sache de quoi il s’agit.

 

Ocologue ?

 

logue :

Savant(e), spécialiste d’une science.

 

Pas sûr qu’une telle « profession » soit très inspirante ?

 

Je dois vous avouer, j’ai très mauvais esprit, que la première profession à laquelle j’ai pensé c’est proctologue !

 

Je vous dispense de l’énumération des professions formées avec le suffixe logue, allez voir sur Wiktionnaire.

 

Quant à l’efficacité d’une telle publicité permettez-moi de douter.

 

Vous allez me rétorquer que si j’en parle est la démonstration contraire.

 

Faux, je suis un initié non représentatif de l’acheteur potentiel de l’IGP Oc.

 

Cet acheteur existe sans doute mais j’ai des doutes sur la capacité d’un tel affichage de contribuer à l’extension du domaine du Pays d’Oc.

 

La publicité pour une dénomination générique a déjà beaucoup de mal à être perçu par les consommateurs alors rajouter une difficulté sémantique relève de la balle dans le pied supplémentaire.

 

Qu’en pensez-vous ?

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 06:00
Craquez pour les poissons bleus : harengs, anchois, sardines, ces poissons qui voyagent en rangs serrés sauf le maquereau qu’est 1 souteneur…

Le nom maquereau en français – tout comme mackerel en anglais – remonte à l’ancien français makerel, attesté au XIIe siècle, et dont l’origine est controversée.

 

Comme je suis un affreux jojo, seule la première version trouve grâce à mes yeux.

 

Selon elle, le nom de vieux français serait un usage métaphorique de maquereaus « souteneur », mackerele « tenancière de maison close ». Ces 2 noms, attestés au XIIIe siècle, sont issus de l’ancien français maquerel, makelare « intermédiaire, courtier » (maquignon courtier en chevaux). On a pu penser que le maquereau, le poisson, jouerait un rôle d’entremetteur entre les harengs mâles et femelles au cours de leurs migrations.

 

Les scientifiques ne sont pas d’accord ; si les maquereaux sont bien, comme les harengs, des poissons migrateurs océaniques, les déplacements des uns et des autres ne sont pas liés.

 

Peu me chaut, je trouve ça trop beau !

 

J’aime les poissons bleus !

 

« Ils ont le dos bleus, les flancs argent, la chair ivoire, rose ou rouge : l’été, les poissons bleus abondent, en mer Méditerranée comme dans l’océan Atlantique. Ils arrivent chaque jour sur les marchés, fleurant bon la marée, l’œil vif, brillant et bombé, la robe luisante éclaboussée de rares écailles scintillantes, la queue frétillante, aucune trace de sang n’ourlant les ouïes, aucune meurtrissure n’éraflant la peau. Tels sont les critères de fraîcheur des poissons sortant de l’eau, et au vu desquels ils doivent être achetés. »

 

Mon lieu de naissance, La Mothe-Achard, me prédestinait à être un amoureux de la sardine sablaise, sitôt pêchée, sitôt couchée sur son lit de fougères, c'était dans les cinq heures de l'après-midi la vente à la huchée de l'Eglantine poussant sa charrette à bras : « sardines fraîches, sardines fraîches, sardines sablaises... » et un petit coup de corne pour rameuter le chaland.»

 

Le mot sardine, du latin sardinia, vient probablement de celui de l’île de Sardaigne (en latin Sardinia), autour de laquelle ce poisson était pêché en abondance dès l’Antiquité. Selon Lacépède, la sardine peut-être pêchée « dans la Méditerranée, et particulièrement aux environs de la Sardaigne, dont elle tire son nom »

 

Le Pilchard est une sardine de grande taille, lire ICI 

 

Réhabilitons les Pilchards qui paroissent en grandes troupes sur les côtes de Cornouailles : ode au petit commerce

 

Du côté de l’anchois j’ai déjà donné aussi ICI 

 

Le maquereau commun qui est un poisson au corps fuselé dont le dos est bleu-vert, zébré de raies noires, tandis que le ventre est d'un blanc argenté. Ses deux nageoires dorsales sont relativement espacées, il possède aussi des vestiges de nageoires, appelées pinules. Sa queue est très échancrée. Poisson migrateur qui vit en bancs et se nourrit essentiellement de zooplancton l'été dans des eaux froides avant de repartir vers des eaux plus chaudes en automne. Pendant sa période de reproduction, de mars à juillet, il devient prédateur et chasse les poissons de petite taille comme les sardines ou les anchois, ainsi que de mollusques et petits crustacés. Le maquereau est un poisson disponible presque toute l'année, abondant et bon marché. Sa chair est fragile, il faut le consommer rapidement après l'achat. Il fait partie des poissons gras, comme le thon, la sardine, le hareng ou le saumon.

 

J’adore les petits maquereaux de ligne grillés aux sarments de vigne

 

De mai à octobre, des petits bateaux de pêcheurs artisans pratiquent la pêche du maquereau de ligne. Ils quittent le port avant la fin de la nuit pour se trouver sur les lieux de pêche avant le lever du jour.

 

Après avoir localisé l’accore du banc le patron mouille son bateau en travers du courant en veillant qu’il se maintienne sur le sommet ou en aval du banc. Le bateau est maintenu en travers par un dispositif spécial de retenue de la fune au moyen d’une bosse dont la longueur est réglée en fonction des directions du courant et du vent.

 

Aussitôt après le mouillage les pêcheurs amorcent avec la strouille prise dans les bailles posées sur les supports à hauteur du plat-bord et jetée à la main dans les remous qui se forment derrière la coque. L’amorçage se poursuit pendant toute la durée de la pêche.

 

La strouille est un mélange de farine d’arachide et de broyats de maquereaux et de chinchards dilué à l’eau de mer et ayant la consistance d’une bouillie plus ou moins liquide. Les lignes sont de deux types différents :

 

  1. la ligne simple munie d’un seul hameçon appâté d’un gueulin de maquereau ;
  2. les « plumes » consistant en plusieurs hameçons (8 à 10) garnis de plumes de couleur montés sur le même bas de ligne par de courts avançons.

 

Pour le reste vous vous rendez sur le port lorsque les petits bateaux y rentrent le ventre chargé de petits maquereaux. Tout frais, tout luisant, vous les essuyez, vous les videz vos petits maquereaux ou non (deux écoles), vous préparez votre braise de sarments et puis attention ça grille vite ces petites bêtes. Avec une bonne ratatouille ça coule tout seul.

 

Pour ce qui est du liquide

 

Bon appétit !

Ces quatre petits poissons bleus constituent de véritables aliments santé de par leurs composants nutritifs, notamment par leur richesse en protéines et en acides gras insaturés (oméga 3). Leurs composants sont très voisins, leurs vertus santé identiques. Les poissons gras sont aussi appelés poissons bleus : anchois, hareng, sardine, maquereau, saumon, thon. Ils contiennent de 5% à 12% de lipides surtout composés d'oméga 3, protecteurs du cœur et des artères. Les poissons maigres cabillaud, lieu, limande, merlan, sole n'en contiennent que 1%.

 

Nota : les poissons gras de grande taille concentrent les métaux lourds (thon surtout). C'est la raison pour laquelle il est préférable de consommer des poissons de petite taille. Attention aussi à l'origine de la zone de pêche. Certaines mers ou estuaires pollués recèlent des poissons impropres à la consommation. Lire la provenance qui doit être marquée sur l'étiquette. Préférez les poissons de pêche durable.

Craquez pour les poissons bleus : harengs, anchois, sardines, ces poissons qui voyagent en rangs serrés sauf le maquereau qu’est 1 souteneur…
Craquez pour les poissons bleus : harengs, anchois, sardines, ces poissons qui voyagent en rangs serrés sauf le maquereau qu’est 1 souteneur…
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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 06:00
Snipers : « Tirez sur les cavistes naturiste ! »

Le noyau dur des cavistes naturistes pratiquent le dégagisme, un dégagisme radical, sans concession, pur et dur, entourés de leurs litrons nus rangés sur des étagères de bois brut, pur jus d’un raisin indemne de toute poudre de perlin pinpin, foulé aux pieds nus de vigneronnes accortes, fruit d’un dur travail à la main dans des chais monastiques, face à leur écran fabriqués très loin, en attendant le client, ils dézinguent à la sulfateuse les oligarques, les hiérarques, c’est un vrai massacre sur face de Bouc.

 

Comme vous vous en doutez la séquence présidentielle exacerba l’ire des têtes de pont du dégagisme naturiste. Ça chauffait à blanc sur Face de Bouc, les snipers guettaient les mécréants, chacun d’eux affutait ses flèches, pas de pitié, feu sur le quartier général.

 

Majoritairement mâles, certains d’eux sont accouplés et, ce qui devait arriver, arriva le soir des résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

 

La tension qui couvait, dans un couple de cavistes dont je tairai le nom, entre le mari et la femme, depuis que les primaires avaient dégagé du paddock tous les vieux chevaux de retour et que le jeune Macron caracolait en tête pendant que le Mélenchon entamait une remontada digne du Barça.

 

Elle en pinçait dur pour le bel Emmanuel alors que lui, insoumis congénital, déclarait chaque jour sa flamme au leader maximo ou à son hologramme.

 

Le soir du premier tour, lorsque les sondeurs affichèrent leurs prévisions mettant Macron en pole position devant la châtelaine de Montretout, et que même le collectionneur de costards expulsait le Jean-Luc du podium, le drame se noua.

 

Elle voulut ouvrir une bouteille de Dom Pé millésimé pour fêter la qualification de son poulain alors que lui psalmodiait devant son écran plat : « Il n’a pas fini sa remontada… »

 

Lorsqu’ils passèrent enfin à table voilà ce qui arriva :

 

« Le cèleri rémoulade était dégueulasse, et ma femme vraiment trop mauvaise cuisinière, je n’en pouvais plus, j’ai tiré. Elle est tombée, net, sans crier, ses yeux se sont juste un peu écarquillés, du genre qu’est-ce qui t’arrive ? Elle avait l’habitude de mes blagues, j’étais d’un naturel taquin, mais, assez vite, elle a compris que je ne plaisantais pas, et sa tête a lâché sur le côté. Cette fois, elle avait tout oublié, fini !

 

J’ai bu une gorgée de rouge maison, du 95, une de mes meilleures années. Il était vif, avec une pointe de brioche dans le nez. J’étais content. Bien sûr, ma femme encombrait un peu la cuisine, mais elle ne bronchait pas, et elle n’avait pas tergiversé longtemps, une chance, j’aimais les choses sans bavures.

 

C’était dix heures du soir, début mai, il faisait nuit depuis longtemps, j’ai jeté le céleri rémoulade à la poubelle, ma femme n’avait jamais su faire une mayonnaise acceptable, j’aurais dû réagir bien plus tôt, mais on est tous pareils, on laisse traîner les choses. Pour ma femme, j’avais tardé par flemme, par faiblesse. Arrangeant, j’avais appris à compenser, j’allais souvent au restaurant et il m’arrivait même de me mettre aux fourneaux. Le comble.

 

Je me suis servi un kir, avec de la vraie crème de cassis, que je vais spécialement acheter à Dijon chaque année à un producteur, autant dire que c’est de la vraie, pas du sirop, un kilo de fruits, un litre d’alcool à quatre-vingt-dix degrés, un kilo de sucre pour la macération litre d’eau pour faire cuire à peine deux minutes, mais on ne la sent pas la flotte. Cet élixir particulièrement couillu, moins sucré que la recette de base, ne pouvait une seconde être confondu avec de la confiture, non. De la diva emportée par l’alcool dans un grand orchestre symphonique, le gars qui faisait ça était un artiste, pas comme ma femme… »

J’arrête de décoconner sur le dos de ces braves travailleurs, nouveaux forçats d’une société ultra-libérale qui s’échinent à fourguer des vins à poils à de braves jeunes gens qui mangent des pissenlits par la racine en poussant sur les trottoirs des landaus profilés Mac Laren, pour rétablir la vérité.

 

Toutes mes citations sont tirées d’un petit polar de :

 

Chantal Pelletier : Tirez sur le caviste (Éd.Pocket, 2013)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ce vigneron bourguignon est un gastronome. Ou plutôt un maniaque de la bonne cuisine, un « tatillon de la papille ». Un jour, il abat sa femme, qu’il estime mauvaise cuisinière depuis trop longtemps. Elle manquait autant de talent culinaire que de goût vestimentaire. Cacher le cadavre n’est pas un problème : les caves du vigneron sont vastes et équipées. À son ouvrier Christian, un peu simplet, il dit que son épouse est partie au Rwanda. L’humanitaire, c’était la passion de sa femme. Il finit par se convaincre qu’elle y effectue vraiment une longue mission.

 

À Macon, le vigneron croise par hasard une jeune paumée, Aline. Cette fille, il devine que c’est une cuisinière douée, l’aubaine du gourmet. Elle est réticente quand il veut l’engager, mais accepte. Au début, il doit la mater, l’adapter à ses horaires et à ses désirs gustatifs. Au besoin, une torgnole la remet dans le droit chemin. Christian va aider Aline pour le jardin. On y cultivera légumes et plantes nécessaires aux mets à venir. Puisqu’on collecte des vêtements pour le Rwanda, le vigneron charge Aline de trier ceux de son épouse, avant de les expédier.

 

Les artichauts à la barigoule ratés, ce n’est pas plus appétissant que de la pâtée pour chiens. À cause de ce plat infect, le vigneron s’énerve. Il sort son flingue, visant la jeune cuisinière. Il ignore que, si tout le monde a un passé, celui d’Aline fut très particulier… La pulpeuse Vanessa avait des projets au Portugal. Avec son amante, elles braquèrent un caviste afin d’avoir le fric pour le voyage. Elles claquèrent cet argent dans un hôtel de Macon. Finalement, Vanessa fila seule vers Lisbonne, abandonnant sa compagne. Cette dernière fut embauchée par le vigneron, qui exploita ses capacités culinaires. Elle économisa son salaire pour rejoindre Vanessa. En triant les vêtements de la femme de son patron, elle fit une belle trouvaille... »

 

Le portrait de ce gastronome égoïste est un régal : « J’avais effectivement tendance à être un peu intransigeant avec la nourriture, ce qui me paraissait normal (…) je mangeais quatre fois par jour, je ne voyais pas pourquoi il aurait fallu que je cauchemarde des milliers de fois par an. »

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