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26 avril 2022 2 26 /04 /avril /2022 06:00

Ces expressions qui ont une origine biblique : « S'en laver les mains »

POURQUOI ?

 

Jeudi l'histoire - Les démons lui prirent son âme et l'emportèrent aux  enfers où il brûle éternellement. La malédiction de Ponce Pilate

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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 06:00

https://www.rollingstone.fr/wp-content/uploads/2021/06/Arno-e1622890315569.png

En ce moment j’ai le sentiment de n’écrire que pour Pierre et Pax, ça me motive en ces temps de votation après une campagne Tefal, où rien n’accroche, mais où les réseaux débordent d’excréments, oui moi je m’accroche, m’agrippe à mon petit espace de liberté, un peu de douceur dans ce monde de brutes.

 

Et puis, samedi soir la Libre Belgique l’a annoncé : ce foutu « chanteur de charme raté », à cause de sa coiffure, évidemment ébouriffée, qui s’étonnait longuement s’étonner de celles de certains de nos puissants dirigeants, qui lui semblaient comme « des culs de lapin rose ». Celle de Mireille Mathieu, son idole, en revanche, était absolument formidable, a tiré sa révérence, putain de putain, dans mon abécédaire le A d’ARNO s’est placé devant le B de Baschung

 

Et de glousser comme un gamin de son timbre rocailleux, qui ressemblait paraît-il à celui de sa grand-mère, dont le père était anglais, et elle chanteuse d’entracte de cinéma, pareillement bizarre, tout comme lui, que sa voix. « Elle me disait : les hommes croient qu’ils savent tout, mais ce sont les femmes qui comprennent tout. Elle a raison. »

 

Il a pourtant tenu bon un sacré bout de temps, le crabe au pancréas est radical ICI, montant sur scène jusqu’aux derniers instants, la tête pleine de projet dont un duo avec Mireille Mathieu avec La Paloma.

 

« C’est ma maîtresse la musique », et il n’avait pas grand-chose de plus à en dire.

 

« J’aime quand le soleil tombe dans la mer »,

 

Ciao Arno, c’est pas d’la poésie, les hommes font comme les oiseaux, Tjip Tjip c’est fini.

 

LIRE le bel hommage de Julie Henoch publié dimanche 24 avril 2022 dans le Temps ICI 

Ce dimanche j’ai voté tôt, j’ai voté sans problème pour Macron parce que le système de votation me contraint au 2d tour de faire un choix, j’avoue que pour aujourd’hui c’est facile, je ne vais pas voter pour la Le Pen, voter blanc c’est voter nul, c’est refuser de choisir. Depuis que je vote aux présidentielles, et cette fois-ci ce sera peut-être pour la dernière fois, 5 ans ça ajoute beaucoup à mon bail, je n’ai jamais pu voter pour un candidat qui collait avec mes idées.

 

Ce n’est ni bonnet blanc-blanc bonnet, ni choisir entre la peste et le choléra, c’est voter pour un sortant démocrate, penchant plutôt à droite, une droite à la Juppé matinée de centrisme à la Bayrou, Macron a forcé les traits de monarque institutionnel, son absence de culture politique, ses disruptions de potache inspecteur des finances, ont masqué sa capacité à comprendre les ressorts profonds de ce pays certes de plus en plus ingouvernable.

 

Provocation : plus Macron flanquera une raclée à la Le Pen plus celle-ci sera placée devant son incapacité à prendre les rennes, entre-nous Macron était pour elle le candidat idéal, le hautain exécré. Du côté des insoumis, qui n’ont fait qu’un peu plus de 20% en raclant les fonds de tiroir, la faute à leur incapacité dixit Ruffin à drainer les voix de la France périphérique, quand on se veut une Union Populaire c’est un échec puisque ces voix sont allés à la Le Pen.

 

Je suis peut-être naïf ou un fieffé optimiste mais je me dis que le Macron élu avec un gros paquet de voix qui ne l’aiment pas saura mieux qu’au cours de son premier mandat : écouter et infléchir sa politique. Il a bien su le faire avec la quoi qu’il en coûte qui n’avait rien d’ultra-libéral que je sache.

 

Reste pour pousser à la roue à tordre le cou à la logique de l'amplification de la victoire aux élections législatives et là le petit père Mélenchon tient une belle part de la solution...

Infographie : Comment les députés sont-ils élus ? | Vie publique.fr

Le scrutin d’arrondissement ICI 

 

Son cousin germain

 

Les députés sont élus au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Est élu au premier tour le candidat ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés, s’ils représentent au moins 25% des électeurs inscrits sur les listes électorales.

 

Si personne ne remplit ces conditions, il y a ballottage et un second tour est organisé le dimanche suivant. Ne peuvent se maintenir au second tour que ceux ayant obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5% des inscrits.

 

Est proclamé vainqueur le candidat arrivant en tête. Si le nombre de voix est identique, le candidat le plus âgé l’emporte.

Amazon.fr - Mea culpa - Céline, Louis-Ferdinand, Raboni, Giovanni, Sanna,  Antonietta - Livres

Pendant l'élection présidentielle, comment la culpabilité s'est invitée dans le vote des Français ICI  

 

 

Emmanuel Macron ou Marine Le Pen? Avec eux, une autre invitée s'est fait une place: la culpabilité, entre les votes pour faire barrage, ceux qui se font sans conviction, ou ceux pour lesquels on se fait critiquer...

Par

Marine Le Breton

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24 avril 2022 7 24 /04 /avril /2022 06:00

Turquie : 23 suspects de Daech placés en garde à vue

 

Henri Jeanson

 

« Je me suis réveillé.

 

On sonnait à la porte.

 

J’ai jeté un œil au réveil électronique à côté de moi... « 5 :42 », les chiffres clignotaient.

 

« La police » me suis-je dit.

 

Comme tous les opposants de ce pays, chaque soir je m’endormais imaginant qu’à l’aube, on frapperait à ma porte.

 

Je savais qu’ils viendraient.

 

Ils sont venus.

 

J’avais même préparé des habits spécialement pour mon arrestation et les jours qui viendraient.

 

Un pantalon noir, en lin, serré à la taille par un lacet intérieur, de façon à pouvoir me passer de ceinture ; des socquettes noires s’arrêtant à la cheville ; des chaussures de sport souples et confortables ; un tee-shirt en coton léger et une chemise de couleur foncée.

 

J’ai enfilé ma « tenue d’arrestation » et je suis allé ouvrir la porte.

 

J’ai d’abord regardé par le judas.

 

Des policiers attendaient sur le palier, revêtus de gilets sur lesquels on lisait, écrit en grosses lettres au niveau de la poitrine : « TEM » - les membres de la brigade antiterroriste en tenue d’intervention. Ils étaient six.

 

J’ai ouvert la porte.

 

« Mandat de perquisition et d’arrestation ont-ils dit en entrant.

 

Ils ont laissé la porte ouverte derrière eux. »

 

[...]

 

Ils se sont séparés pour fouiller l’appartement.

 

Le jour se levait.

 

Affleurant au-dessus des collines, les rayons du soleil se diffusaient en vagues violettes, mauves et lilas dans un ciel qui paraissait une rose blanche.

 

Un paisible matin de septembre s’éveillait, ignorant tout ce qu’il se passait chez moi.

 

Les policiers fouillaient toujours : j’ai fait du thé.

 

« Vous voulez du thé ?» leur ai-je demandé.

 

Ils n’en voulaient pas.

 

Imitant la voix de mon père, j’ai ajouté : « C’est pas un pot-de-vin, vous pouvez en boire »

 

 

 

Quarante-cinq ans plus tôt, un matin encore, ils avaient fait irruption chez nous, pour mon père cette fois.

 

Il leur avait demandé s’ils voulaient du café, et quand ils eurent refusé, il leur avait répondu en riant : « C’est pas un pot-de-vin, vous pouvez en boire »

 

Ce que je vis n’a rien d’un « déjà-vu ».

 

C’est la répétition d’une même réalité.

 

Comme ce pays ne se déplace que très lentement dans le cours de sa propre histoire, le temps n’y fait jamais marche arrière :il se retourne pour s’appesantir sur lui-même. »

 

Je ne reverrai plus le monde

 

Ahmet Atlan « Je ne reverrai jamais plus le monde » Textes de prison 2018 Dunyayi bir daha Görmeyecegim), d’Ahmet Altan, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud, 220 p., 18,50 €.

 

Vous allez me dire, c’est en Turquie, ça n’arrivera jamais chez nous, et pourtant, dans les heures noires de l’Occupation, c’est lointain m’objecterai vous mais plus récemment au temps de la guerre d’Algérie, il en fut ainsi sous un régime qui présentait tous les atours de la respectabilité.

 

« Plus jamais ça ! »

 

Un clin d’œil aux insoumis, surtout ceux qui éructent sur les réseaux sociaux : « L'ex-président brésilien Lula apporte son soutien à Emmanuel Macron. Dans une série de tweets publiés sur son compte Twitter dans la soirée du jeudi 21 avril, l'ex-président brésilien a apporté son soutien à Emmanuel Macron. Affirmant que l’impact des élections en France allait « au-delà de ses frontières», Lula a appelé à «vaincre lextrême droite» lors du second tour dimanche prochain.

 

Pauvre Mélenchon, que de déception à son âge...

Ahmet Altan (auteur de Madame Hayat) - Babelio

Le journaliste et écrivain turc, sous les barreaux depuis septembre 2016, sait nous faire éprouver physiquement la détention sans raison ni justice qu’il subit tous les jours.

 

Publié le 05 septembre 2019

 

AHMET ALTAN, LE PASSE MURAILLE

 

Il existe des phrases que l’on comprend aussitôt, toujours, partout, des écrans de néant où se projette une peur universelle. Par exemple : « Je ne pourrai plus embrasser la femme que j’aime ni étreindre mes enfants », ou bien : « Je ne reverrai plus le monde ». Cette angoissante prédiction a été choisie pour titre du recueil de textes écrits en prison par le journaliste et écrivain turc Ahmet ­Altan, accusé de complicité dans le putsch manqué de juillet 2016 et condamné à la perpétuité le 16 février 2018.

 

 

Mais ce qui nous fait éprouver physiquement la détention sans raison ni justice qu’il subit tous les jours depuis trois ans, ce sont des choses d’apparence plus anodine, des gestes dont nous ne savions même pas qu’ils étaient des privi­lèges. Ainsi, lorsque Ahmet ­Altan écrit : « Je n’ouvrirai plus jamais une porte moi-même », nous restons incrédules, avant que cette phrase toute simple ne nous fasse empoigner la sensation charnelle de notre propre liberté. De même quand il ­constate qu’il n’y a aucun miroir en prison, ce qui lui signifie son effacement d’entre les hommes, il s’adresse à nous, lecteurs, frères humains : « Ce visage que mille fois par jour vous voyez reflété dans le miroir, les vitrines des magasins, les sols brillants, l’écran de votre téléphone (…), vous en avez tellement l’habitude que vous finissez par oublier que c’est un miracle de voir votre visage. »

 

Si le corps est soumis à de telles épreuves, à peine moins destructrices que la faim, la brutalité, la soif, les forces de résistance viennent de l’esprit. L’« esprit » : ce mot revient sans cesse sous la plume du prisonnier, qui se rappelle Epictète : « Même quand notre corps devient esclave, notre esprit demeure libre. » Alors qu’il est menacé de sombrer « dans une sorte de bouillie humaine sans identité » où il n’est plus qu’un matricule, c’est son esprit qui permet à l’homme sans miroir de « garder la face » et à l’emmuré d’ouvrir des portes pour se mettre hors d’atteinte. L’une d’elles est celle de ­l’ironie. Ahmet Altan la pousse à deux battants dès le premier matin en proposant une tasse de thé aux policiers venus l’arrêter : « C’est pas un pot-de-vin, vous pouvez en boire » ou, un peu plus tard, en refusant une cigarette : « Merci, je ne fume que quand je suis tendu » – il sourit, et c’est aussi pour nous comme une ­délivrance.

 

Pour ne pas être broyé par le « monstre de la réalité », le journaliste et écrivain turc en prison dispose de deux alliées : l’imagination et la littérature

 

Au fil du temps et des textes, cependant, quoique l’humour reste par éclairs une échappatoire, la dérision ne pèse guère face au « monstre de la réalité ». Pour ne pas en être broyé, l’écrivain dispose de deux alliées : l’imagination et la littérature, qu’il avait déjà célébrées dans une lettre clandestine publiée par Le Monde au moment de son procès, en septembre 2017. La première lui permet d’inventer des vies en brodant sur les ­récits du bonheur passé que lui font ses codétenus ou de savourer avec eux leur plat préféré – un Adana kebab, une pizza… – en jetant leur nom en l’air, car les mots deviennent nourriture. La puissance du souvenir lui fait revoir et res­pirer les mimosas tant aimés ou sentir la neige sous ses pas dans sa cellule à la ­chaleur étouffante. Les rêves de la nuit l’emmènent vers les rives du Danube, ­entrouvrent les portes dérobées de l’inconscient, des fantasmes accueillent son désir : « Pas un matin je ne me suis éveillé en prison », assure-t-il.

 

Cette merveilleuse capacité d’oubli est cependant minée par l’insistance du réel. La lâcheté et la bêtise font assaut dès les premiers interrogatoires où lui sont notifiés des chefs d’inculpation incohérents et contradictoires. Le mal – « la vilenie », « la méchanceté pure » – apparaît à l’occasion d’un pseudo-examen médical sous les traits d’une jeune femme pieuse qui traite l’intellectuel athée comme « une sorte de rien ». La perception du temps – bloc, reptile – se modifie jusqu’à l’effroi et le manque des êtres chers est indescriptible. Difficile, alors, de ne pas devenir fou, même si l’envie de lutter persiste, car « il est une chose à laquelle on ne peut pas se préparer : l’absence totale d’espoir ».

 

Quant à la littérature, ce sont d’abord les souvenirs de lectures dont l’écrivain tire secours. Elles transforment les bureaucrates qui le harcèlent en « petits fonctionnaires de Gogol » ; telle réminiscence de Borgès, Brodsky ou Canetti soulève le couvercle de son « “cercueil”, TIRE LE VERROU DE SA “cage” ». Puis arrive ce bonheur souvent décrit dans les témoignages carcéraux : la possibilité de lire. « Je n’étais pas fini, je n’étais pas abandonné, je n’étais pas perdu./ J’avais un ­livre. » L’ouvrage de Tolstoï qu’on lui donne a beau ne pas être son meilleur, il accomplit les bienfaits d’une « fée ».

 

Enfin, et surtout, la porte capitale ouvre cette « pièce invisible où personne ne peut entrer que moi », la chambre d’écriture où il reconquiert sa liberté intérieure en ­défiant ses bourreaux : « Je sais écrire dans le noir aussi. » Le 5 juillet, la Cour ­suprême de Turquie a cassé la condamnation à vie d’Ahmet Altan, mais il reste incarcéré. Si son livre de combat témoigne à chaque page du pouvoir passe-muraille de la littérature, il nous tend aussi un miroir où nous pouvons apercevoir le danger qui guette toute société dès lors qu’elle laisse mourir la démocratie.

 

L’opposant turc Mehmet Altan à Istanbul, le 10 octobre 2019.
© Furkan Temir pour

Les Altan, prisonniers politiques turcs de père en fils ICI 

 

Par Nicolas Bourcier (Istanbul (Turquie) Envoyé spécial)

Publié le 09 octobre 2019

RÉCIT Les frères Altan, fils du premier député communiste du pays, ont été accusés par le régime du président Recep Tayyip Erdogan d’avoir participé au putsch de 2016. L’aîné, Ahmet, toujours en détention, est englué dans un parcours judiciaire kafkaïen.

 

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 18:45

Le 12 juin 2011 j’écrivais :

 

Je suis 100% addict d’Arno et je n’en éprouve ni culpabilité, ni remord et bien sûr je ne me soigne pas. Bien au contraire j’estime qu’Arno est le seul antidote à mon allergie pour les pisses-menus qui viennent, de temps à autre, se soulager sur mes chroniques. Pour sûr qu’ils se déboutonnent avec élégance mais je sens chez eux le rance du convenu. Je leur préfère les chiens qui lèvent la patte face aux belles louloutes qu’ils veulent séduire car eux au moins ils ne cachent pas sous le gourmé leur drague éhontée... Oui, oui, moi aussi je me soulage, ça me fait du bien. Et encore je suis discret car si je vous racontais ce que me disent mes copines sur le compte de cette engeance vous seriez édifiés. Mais, comme il me reste encore un soupçon de charité chrétienne je suis le muet du sérail.

 

 

Depuis j’ai pondu une chiée de chronique sur ce rocker déglingue. ICI 

 

 

"Putain putain"... Le chanteur belge Arno est mort à l’âge de 72 ans

Disparition

Par Anthony Cortes

Publié le 23/04/2022 à 17:30

 

À 72 ans, le chanteur belge Arno s’est éteint après un long combat contre le cancer. Encore en tournée il y a quelques semaines pour « rester en vie », il avait dû annuler sa dernière date prévue à Bruxelles pour raison de santé.

 

Ostende n’a plus de voix. Atteint d’un cancer du pancréas depuis 2019, le chanteur belge Arnold Charles Ernest Hintjens, dit Arno, s’est éteint à l’âge de 72 ans. C'est son manager qui a annoncé la nouvelle dans un communiqué, repris par la presse belge. Une tournée était prévue tout le mois de février en Belgique, « pour continuer à vivre » disait-il. « Vivre », c'était d'ailleurs le titre de son dernier album, sorti en 2021 et enregistré avec le pianiste Sofiane Pamart. Arno a pourtant été contraint d'annuler son ultime concert, prévu le mardi 15 mars à Bruxelles. « Les gens qui savent que j'ai un cancer se demandent pourquoi je suis sur scène, mais il faut savoir que c'est la scène qui me donne le plus d'énergie », se justifiait-il avant le lancement de cette série de concerts. Une énergie qui n’aura pas suffi.

 

SUCCÈS D’INITIÉS

 

Né le 21 mai 1949 à Ostende, au nord-ouest de la Belgique, Arno s’était récemment permis de reprendre les mots de Léo Ferré pour chanter les charmes de sa ville et de ses racines. Toujours avec une mélancolie pleine de lumière et de rebonds potentiels, armé de sa voix brisée reconnaissable entre mille : « Oui ça pleuvait. Comme à Ostende et comme partout, quand sur la ville tombe la pluie et qu'on se demande si c'est utile. Et puis surtout si ça vaut le coup, si ça vaut le coup de vivre sa vie ».

 

Sa vie valait-elle le coup ? Musicalement, en tout cas, elle fut indéniablement riche pour celui que l’on désignait souvent comme une sorte de Jacques Higelin flamand. D’abord membre du groupe TC Matic (ex-TC Band) de 1977 à 1986, référence rock au Benelux, Arno se lance en solo dès la séparation. Il lui faudra cependant attendre le début des années 1990 pour se faire véritablement connaître du public français par sa participation, en collaboration avec le compositeur Philip Glass, à la bande originale du film Merci la vie de Bertrand Blier. Initié au blues par son professeur de néerlandais, Hubert De Cleer, Arno restera toujours fidèle à ses maîtres : Lightnin’Hopkins ou Sonny Boy Williamson II.

 

 

En solo, Arno aura publié treize albums originaux entre 1986 et 2019. Si les ventes restent limitées, l'artiste rencontre un petit succès critique auprès d'initiés du genre. Restent des titres superbes plus dégueulés que chantés – en bon écorché qu’il était – mais toujours vécus intensément. Avec insolence et une touche de naïveté enfantine. « L'amour je trouve ça toujours dans les yeux de ma mère », crache-t-il dans ce titre issu de l’album « À la française » sorti en 1995. « Irma a je ne sais quoi que les autres n'ont pas, mais celle-là est DJ au cinéma d'un autre que moi », désespère-t-il dans Lola etc.… : drame d’amours déçus, ratés, inexplorés.

 

UN GRAND FRÈRE la suite ICI 

 

https://www.lavenir.net/resizer/aVnqsyP_-gvHn1hQo4vLQIPIPOk=/1200x630/filters:quality(70):format(jpg):focal(544.5x512:554.5x502):watermark(cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/ipmgroup/AUNLS2PQH5H3RP72VQ7AL72C4I.png,0,30,0,100)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/ipmgroup/H43BDS6PBRDVDA5FOTG6VLZNSI.jpg

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 06:00

Daumier ou la caricature au service de la liberté - musée de la  franc-maçonnerie, Paris

 

La descente aux enfers de Valérie Pécresse est due à un double siphonnage de son électorat, le traditionnel par Macron au motif du vote utile, le radical tendance Ciotti par Zemmour.

 

Le PS a connu le même phénomène, ce qui restait de sociaux-démocrates a couru se réfugier chez Macron au nom du vote utile, le radicalisé a propulsé Mélenchon à la troisième place avec l’aide de l’aile radicale des Verts tendance Sardine Rousseau.

 

Que va-t-il advenir de ce charivari pour les Législatives où les sortants de ces deux partis sont bien implantés localement ? Mélenchon devrait réfléchir avant de s’autoproclamer Premier Ministre de Macron, impensé de la victoire de celui-ci, alors les Insoumis ne sont guère ancrés dans le territoire.

 

Qui vivra verra.

 

 

Le score d’Eric Zemmour dans le 16e arrondissement témoigne d’une « radicalisation de la bourgeoisie » pour Jean Rivière, maître de conférences en géographie à l’Institut de Géographie et d’Aménagement Régional de l’Université de Nantes (IGARUN). Il pointe par ailleurs le fait que « ce vote correspond à une partie des voix de François Fillon en 2017 » qui malgré les affaires avait obtenu 58,45% des voix dans le 16e arrondissement.

 

Le polémiste d’extrême droite a également réalisé des percées dans les arrondissements environnants : 13,92 % dans le 7e, 15,32 % dans le 8e. Les villes riches des Hauts-de-Seine lui ont aussi offert des votes conséquents. C’est le cas à Neuilly-sur-Seine où il réalise 18,75 % mais aussi dans le fief de Valérie Pécresse, à Versailles (Yvelines), où il se place en deuxième position derrière Macron avec 18,48 %.

 

Mais ce phénomène est plus général : « À Nantes, c’est également le cœur des beaux quartiers qui a voté pour Éric Zemmour et à l’échelle de la France, cela s’observe dans le centre de Lyon, sur le littoral, dans le Var, les Alpes-maritimes ou Deauville ». Jean Rivière note par ailleurs la présence de deux extrême-droite, « la géographie électorale d’Éric Zemmour et Marine Le Pen est complètement différente, il y a un clivage sociologique profond ». 

 

L’électorat d’Éric Zemmour présenterait, en effet, deux blocs.

 

  • Une partie correspond à celle de l’électorat de François Fillon en 2017 : « les catholiques pratiquants réguliers (18 %) et occasionnels (13 %), ainsi que ceux disant venir de milieux aisés ou favorisés (13 %) », écrit Emilien Houard-Vial, politiste, spécialiste de la droite française, dans AOC.

 

  • Mais le candidat d’extrême-droite performe également chez ceux « qui déclarent vivre sur leurs économies ou grâce à des crédits (13 %) et chez ceux qui se disent plutôt pas ou pas du tout satisfaits de leur vie (respectivement 13 % et 21 %) ».

 

 

Éric Zemmour leur promet de rester l’élite de la France.

 

Ce premier groupe d’électeurs correspond au « vote d’une bourgeoisie en colère », nous explique Emilien Houard-Vial. Pour le spécialiste de la droite française, « cette bourgeoisie ne partage pas la vision de l’économie mondialisée de Macron » et connaît paradoxalement une peur du déclassement. Sur ce point, « Éric Zemmour leur promet de rester l’élite de la France, une élite basée sur l’héritage qui aimerait bien que ça reste comme ça ».

 

Le discours d’Éric Zemmour, notamment sur la théorie conspirationniste du « grand remplacement », a donc fait écho à des peurs existentielles voire civilisationnelles forcément teintées de xénophobie. « Cette bourgeoisie qui s’encanaille, ce sont des gens qui vivent dans des quartiers plus homogènes en termes de mixité avec la croyance qu’ils peuvent être remplacés », détaille Emilien Houard-Vial. Un manque de mixité sociale aussi, comme en témoigne le très faible taux de logements sociaux dans les quartiers ou les villes huppés de la capitale notamment.

 

On pourrait également comparer la jeunesse bourgeoise visible dans les rassemblements du candidat d’extrême-droite à celle des années 1960. Le groupe néofasciste Occident, dissous en 1968, avait par exemple attiré dans ses rangs des jeunes bien nés comme Gérard Longuet qui poursuivra une carrière politique chez la droite de gouvernement par la suite.

 

« Zemmour a plus performé chez les catholiques que Valérie Pécresse. Il y a une transformation du catholicisme en quelque chose de patrimonial qui pourrait disparaître pour eux ». A noter que Marine Le Pen a semblé prendre ses distances avec la Manif pour tous, alors qu’Éric Zemmour n’a cessé d’attaquer un supposé « lobby LGBT » lors de sa campagne.

 

"Radicalisation de la bourgeoisie" : le vote d'extrême droite dans les quartiers riches - Bondy Blog ICI

 

 Hérault : Des bourgeois aux boulistes, Albert Dubout dessinait les Français  comme personne

Politique

La grande victoire d'Éric Zemmour: avoir déplacé la fenêtre d'Overton

Vincent Bresson — Édité par Thomas Messias — 21 avril 2022 à 7h30

Avec 7% des voix au premier tour de l'élection présidentielle, Éric Zemmour et les siens ont enregistré un revers électoral. Mais est-ce pour autant une défaite ? ICI 

 

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 06:00

Image

« En ces temps de tension sociale, de remise en cause du politique et de ses institutions, Jacques Perrin estimait que « l’exemplarité » était la chose la plus nécessaire. « Des gens qui nous permettent de croire. Comme un Jean Moulin dans la Résistance. On vit de sombres temps, disait Brecht. Mais la clarté, c’est une histoire d’ombre », avait-il dit début 2019 au Figaro. Il se réjouissait alors d’être toujours et d’avoir encore à combattre, avec l’enthousiasme d’un enfant têtu et optimiste. »

 

« Il est entré dans la carrière comme un jeune premier idéal, il en sort comme un commandant magnifique après avoir mené de hautes aventures et des courses lointaines sans jamais se départir de son charme limpide. Jacques Perrin est mort jeudi à Paris à l'âge de 80 ans. Rien ne l'a durci, racorni, désenchanté, en quelque soixante-dix ans d'équipées cinématographiques, comme acteur, producteur, réalisateur. Il connaissait le secret de la vie poétique : il a inventé un monde où l'action est la sœur du rêve.

 

Les dates

 

13 juillet 1941 Naissance à Paris

 

1977 « Le Crabe-tambour », de Pierre Schoendoerffer

 

2001 « Le Peuple migrateur », coréalisé avec Jacques Cluzaud et Michel Debats

 

2010 « Océans », coréalisé avec Jacques Cluzaud

 

2016 « Les Saisons », coréalisé avec Jacques Cluzaud

 

21 avril 2022 Mort à 80 ans

 

Contre l’avis de tous

 

Z (1969)

 

L’obstination pose la première pierre de sa maison de production Reggane Films (devenue plus tard Galatée Films), qu’il crée en 1968 pour reprendre, contre l’avis de tous, le projet de Z, de Costa-Gavras. Le cinéaste grec, qui l’avait fait jouer dans Compartiment tueurs (1965) et Un homme de trop (1967), vient de se faire lâcher par les Américains. Il s’apprête à baisser les bras. « Nous avons alors monté une coproduction avec l’Algérie. Personne ne voulait nous suivre. (…) Avouons que nous avons fait quelques acrobaties comptables, anticipé sur le succès. Montand et Trintignant ont touché des cachets dérisoires », avait expliqué Jacques Perrin au Monde en 1996. Le jour de sa sortie en salle, les exploitants s’attendent à une catastrophe. Z sera un triomphe international. Quatre millions d’entrées en France. Des récompenses à la pelle, dont l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, qui ira à l’Algérie.

 

 

L’expérience donne des ailes à Jacques Perrin. Il produit les films suivants de Costa-Gavras, Etat de siège (1973), Section spéciale (1975). Et s’acharne sur un autre projet : l’adaptation au cinéma du roman de Dino Buzzati (1940), Le Désert des Tartares, dont il a acquis les droits mais sur lequel plusieurs scénaristes et cinéastes se cassent les dents. Durant dix ans, Jacques Perrin s’accroche. Le film finit par trouver son réalisateur en la personne de Valerio Zurlini, et voit le jour en 1976, avec, dans le rôle de l’ardent lieutenant Drogo, Jacques Perrin.

 

Des documentaires à budget de blockbuster

 

Il est alors le seul à oser affronter le documentaire naturaliste à budget de blockbuster. Des films pharaoniques exigeant des années de préparation en recherches scientifiques, en repérages aux quatre coins du globe, en conception de matériel. Pour Microcosmos, il faut construire de très coûteux outils capables de suivre des actions et de capter des émotions à l’échelle du millimètre ou du dixième de millimètre. Pour Le Peuple migrateur, des mois sont nécessaires pour habituer les oiseaux à la présence des machines volantes lestées de caméra. ICI 

 

 

« Un peu d'humilité nous sortirait de nos certitudes. Ce bien-être que nous cherchons, il nous est donné par la beauté du monde. L'observer, la contempler, c'est un principe de régénération, comme l'oxygène »

 

 

L'uomo del fiume' (1977); regia: Pierre Schoendoerffer. Titolo originale: 'Le  Crabe-tambour' | Cine frances, Cine, Carteles de cineAmazon.fr - Le Peuple migrateur - Perrin, Jacques, Mongibeaux,  Jean-François - Livres

 

 

 

 

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21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 06:00

 

8 décembre 2018

C’est au milieu d’un océan de vignes roussies par l’automne que l’on retrouve Jean-Louis Trintignant, sur son domaine viticole Rouge Garance, entre Avignon et Uzès. ICI 

 

- Question : « Vous habitez depuis plus de trente ans près d’Uzès. Provincial, c’est vital ? »

 

 « Dans la famille, personne avant moi n’était monté jusqu’à Paris. C’était loin Paris ! J’y ai vécu vingt-cinq ans. Et puis je suis revenu dans ma campagne, où j’ai grandi et où je me sens beaucoup mieux. Petit-fils et fils de vigneron, je produis, moi aussi, du vin. Je m’y suis mis tard mais je suis content. Je bois toujours du vin. Je suis même un peu « alcoolo » ! Le vin ça m’a aidé à vaincre ma timidité, ça m’a désinhibé dans ma jeunesse. L’ivresse est souvent meilleure que la lucidité. En tout cas je me sentais davantage moi-même quand j’étais ivre… J’ai connu, aussi, les stupéfiants, pendant une dizaine d’années. Lorsque j’ai découvert cela, ce fut comme une religion. Je fumais du haschich et j’ai été jusqu’aux drogues dures, qui m’ont fait du bien, puis beaucoup de mal, à la fin. Mais je ne regrette pas toutes ces expériences.

 

Jean-Louis Trintignant a créé avec un couple de viticulteurs le domaine de Garance Rouge à Uzès (Gard).

Jean-Louis Trintignant a créé avec un couple de viticulteurs le domaine de Garance Rouge à Uzès (Gard). 

 

Jean-Louis Trintignant : « Le vin et la poésie sont toujours liés ICI » 

Quand il ne monte pas sur les planches, l’infatigable comédien est dans ses vignes du Gard, un domaine viticole que travaille et fait progresser un couple d’amis.

Propos recueillis par Laure Gasparotto

Publié le 27 février 2017

Été Violent – Ad Vitam

Aujourd’hui c’est « Été Violent » (2000)

 

Pourquoi ce film ?    

 

Pour répondre à la demande générale souhaitant que soit évoqué le cinéma italien et plus particulièrement du lad qui regrette qu’il n’y ai « jamais rien sur le cinéma italien qui volait quand même à des kilomètres au-dessus des bourrins (certes talentueux) anglo-saxons ? »

 

Mais pour qui prend-on ce pôvre Ciné papy ?

 

Qui est-il pour s’attaquer à des chefs d’œuvre comme « la Dolce Vita » 1960 ou « Huit et demi » 1963  et pourquoi pas « Citizen Kane »* 1941 pendant que vous y êtes ?

 

M’enfin, allons y. Une fois encore Ciné papy va livrer un autre secret tiré des films chers à son cœur.

 

* Qualifié de meilleur film de toute l’histoire du cinéma par une flopée de critiques, académies et autres, faisant profession d’amateurs éclairés de cinéma. (Par exemple, élu « Meilleur film de tous les temps » en 2002 par 108 réalisateurs et 144 critiques internationaux consultés par la revue britannique Sight and Sound du British Film Institute.)

 

 

Quelle est l’histoire ?

 

En Italie, plus précisément en Émilie Romagne, dans la ville côtière de Riccione, durant l'été 1943. Sans se préoccuper de la Seconde Guerre mondiale qui a épargné l'endroit jusqu'alors, des jeunes gens mènent une vie insouciante. Carlo, l'un d'eux, se lie d'amitié avec une jeune veuve de guerre, Roberta étroitement surveillée par sa belle-mère. Bientôt, la relation de Carla est de Roberta évolue vers une folle passion...

 

Réalisation

 

Valerio Zurlini est un scénariste et réalisateur italien d’une rare sensibilité. Elle lui permet, comme dans « Été violent » de peindre les émotions amoureuses et le désarroi existentiel qui accablent ceux qui prennent conscience de l’agitation incompréhensible du monde auxquels ils appartiennent.

 

Son œuvre la plus forte nous dit Wikipédia est peut-être la fidèle adaptation, écrite par André-Georges Brunelin, du roman de Dino Buzzati, « Le Désert des Tartares », en 1976, dans les décors remarquables de la citadelle de Bam (Iran) et avec une distribution internationale prestigieuse : Vittorio Gassman, Giuliano Gemma, Philippe Noiret, Jacques Perrin, Laurent Terzieff, Fernando Rey, Jean-Louis Trintignant, Max von Sydow, Helmut Griem, Francisco Rabal et, pour la musique, Ennio Morricone.

 

Quelques autre films connurent un succès critique et public tel « La Fille à la valise »1960, avec Claudia Cardinale et Jacques Perrin, et qui mériterait bien aussi que Cinépapy établisse un jour une fiche ou « Le Professeur » 1972 avec Alain Delon, Sonia Petrovna et Léa Massari.

 

ELEONORA ROSSI DRAGO Jean-Louis Trintignant "Un Ete Violent" Zurlini Photo  Cm EUR 17,00 - PicClick FR

Qui fait quoi ?

 

Eleonora Rossi Drago :                         Roberta Parmesan

 

Ciné papy est sans voix et sans voie pour parler de cette actrice. Les termes éculés du genre « superbe créature » n’ont rien à faire ici.

En outre, il n’a ni le talent ni la plume de Frédéric Schiffter *pour vous en parler. Ce philosophe a commis un petit traité avec comme sujet Claudia Cardinale **. C’est en amateur éclairé qu’il en parle. Il est en effet l’auteur d’un opuscule « La Beauté, une éducation esthétique » 2012 dans lequel il prend soin d’expliquer la différence entre une jolie jeune fille et la beauté qui n’appartient qu’aux femmes. Dans cet ouvrage il résume cela par une magistrale et si évocatrice maxime : « La beauté vient aux femmes en automne ».

 

Taisons-nous donc au lieu d’aligner des banalités. Vous n’en saurez pas plus d’Eleonora Rossi Drago sauf à aller sur Wikipédia.

 

Pour ma part je reste sous le charme, ravi, au sens propre du terme ravissement.

 

* Ce n’est pas la première fois que Ciné papy cite ce philosophe véritable dandy de la pensée. Une fois encore on ne peut que recommander de chercher à la fréquenter tans ses réflexions sont originales sans être inutilement provocatrices.

 

Le mot philosophe ne doit inquiéter personne. Ses ouvrages sont minces. Dans son blog du 7 mars il écrivait : « Si j’étais un législateur tout-puissant, je me contenterais d’édicter cette loi très simple: “La publication des livres ayant plus de cent pages est interdite.”». Il serait déraisonnable de ne pas approuver Henri Roorda. À cette loi, j’ajouterais un assortiment de peines en cas de contraventions — de lourdes amendes que devraient se partager auteurs et éditeurs. Seuls les dictionnaires garderaient toute liberté de dépasser mille pages, et encore, à condition de ne pas servir de poubelles aux mots qui traînent partout dans le journalisme, les entreprises, les vestiaires. »

 

** En 1958 à la grande époque de la Dolce Vita, dans un appartement modeste baigné de soleil, Claudia Cardinale tout juste 20 ans pose pour un de ces paparazzi d'agences spécialisées dans les magazines populaires dont on ne saura rien si ce n'est le talent qu'il mit à installer cette complicité, ce flirt photographique. Il s'agit d'instants magiques arrachés au quotidien dans un tourbillon joyeux où éclate toute la fraîcheur, la spontanéité, la sensualité et le talent de Claudia à peine arrivée en Italie après avoir gagné le titre de la plus belle Italienne de Tunis et alors qu'elle s'était mise en tête de ne pas faire de cinéma en manifestant son intérêt pour devenir institutrice.

 

Nous découvrons aujourd'hui cette série avec gourmandise tant Claudia y apparaît radieuse, espiègle et profondément humaine avant qu'elle ne devienne la star que nous connaissons.

 

Cette séance photo sera complétée par une série de photos prises la même année à Venise, à l'hôtel Cipriani.

 

En écho des photographies, le philosophe Frédéric Schiffter propose un petit traité de la starlette dans lequel il évoque de façon personnelle sa passion pour elles et l'audace dont elles firent preuve à leur époque.

 

L'ESTATE VIOLENTA - Festival de Cannes

 

Jean-Louis Trintignant :                      Carlo Caremoli

 

Quelle vie que celle de cet acteur protéiforme. Passant de la gloire « Et Dieu… créa la femme » 1956 de Roger Vadim à l’ombre pour revenir à la lumière « Un homme et une femme » 1966 de Claude Lelouch sans rien laisser paraître de ce que cela pouvait représenter pour lui.

 

Il rencontra à nouveau le succès avec des films d’auteurs, des films politiques mais aussi en jouant au théâtre. Il a beaucoup tourné en Italie avec les plus grands réalisateurs tel Dino Risi dans « Le Fanfaron » 1962 avec Vittorio Gassman et ce que lui-même considère comme son plus beau rôle « Le Conformiste », 1970 un film de Bernardo Bertolucci adaptant un roman de Alberto Moravia et considéré aujourd'hui comme un des meilleurs films du cinéaste.

 

Passionné de sport automobile de part un environnement familial il fit de la course automobile à une époque où cela voulait encore dire quelque chose comme aventure humaine.

 

En ajoutant qu’il est propriétaire exploitant un vignoble dans l’AOC Châteauneuf du Pape on aura presque tout dit de ce touche-à-tout des plus talentueux. Une vie extrêmement bien remplie avec les joies des succès et les peines comme seules vous en réserve les affaires de cœur et surtout la mort de ses filles Pauline et plus tard Marie.

 

Jacqueline Sassard :                               Rossana

 

16 films pour cette actrice française qui a beaucoup tourné en Italie ou elle passa une grande partie de son existence, notamment mariée à Gianni Lancia fils du fondateur de la marque automobile Vincenzo Lancia. Sa carrière n’a duré que treize ans et seul les 4 autres films suivants contribuent à maintenir sa mémoire : « Guendalina » 1957 d’Alberto Lattuada, « Faibles Femmes » 1959 de Michel Boisrond, le si britannique « Accident » 1967 de Joseph Losey dont il faudra bien que Cinépapy établisse un jour une fiche et enfin « Les Biches » 1968 de Claude Chabrol, son dernier rôle *. Elle enflammait mes séances d’adolescent adepte de la classe buissonnière. Ses rôles qui collaient parfaitement à son physique étaient celui d’une jeune femme qui perturbait l’ordre établi, du simple fait d’être là, en ne faisant rien de particulier pour ça.

 

* Dont une affiche ornait tout un pan de mur du Lapin Blanc à Ménilmontant établissement dont le Taulier, un temps, nous donnait des nouvelles par blog interposé.

 

Enrico Maria Salerno :                          Ettore Caremoli, le père de Carlo

 

Grand acteur de théâtre au même titre que Vittorio Gassman il a joué les plus grands auteurs : interprétant les œuvres de : Shakespeare, Pirandello, Vittorio Alfieri, Eduardo De Filippo, George Bernard Shaw, Molière, Carlo Goldoni et Jean Cocteau.

 

Au cinéma il fut un acteur spécialisé dans des rôles de policier dans des drames et le cinéma de l’engagement politique. « Été violent » a été son premier film.

 

Raf Mattioli :                                       Giorgio

 

Jeune acteur italien plein de promesse comme on dit mais mort à vingt-trois ans.

 

Il tourna, entre autre : « La loi » 1959 de Jules Dassin et il écrit le scénario de « Guendalina » 1957d’ Alberto Lattuada sur un scénario de Zurlini

 

 

Bons Moments

 

Il n’y a pas réellement de bons moments. On se laisse porter par la grâce de cette relation unique, hors du temps de deux êtres surpris par l’amour et on appréciera le talent tout particulier de Zurlini déjà évoqué plus haut : « Valerio Zurlini peint avec sensibilité l'effusion amoureuse et le désespoir existentiel d'être conscients des difficultés sociologico-politiques dans lesquelles ils évoluent. La force de Zurlini est de communiquer aux paysages et à l'espace le malaise intérieur de ses protagonistes. »

 

Cette qualité est éclatante quand on compare les douces images du début toutes concentrées sur les deux amants et celles de la fin les exposant au fracas des armes et de la guerre.

 

 

Pax

 

Prochainement « La vie de Château »

 

 

 

 

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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 06:00

 

Ce matin je m’aventure dans des « sables émouvants » (Love On The Beat Gainsbourg)  en posant la question : nous dirigeons-nous, sous les rets des défenseurs de la Santé Publique au nom du « bien-être » vers une société où le « bien manger » sera remplacé par une bouffe aseptisée soucieuse de nos artères et du budget de la sécurité sociale ?

 

Paradoxalement, le règne de la malbouffe porteur de nouveaux malheurs : listéria, escherichia coli, salmonellose, pizza Buitoni (Nestlé), Kinder de Ferrero, fromages de la GD produits par Lactalis... et bien sûr  du développement de l’obésité chez les plus pauvres, loin, en réaction, de susciter chez les gardiens de la Santé Publique, une promotion d’une alimentation plus naturelle, moins élaborée dans des usines, pousse à l’érection de barrières factices pour soi-disant protéger les consommateurs.

 

Sens interdits - Chantal Pelletier - Gallimard - Grand format - Librairie  Gallimard PARISLes Bouffeurs anonymes - Aline, Marie - Livres - Amazon.fr

Deux livres m’ont conduit à poser cette question ?

 

  • Les bouffeurs anonymes de Marie Aline (1)

 

  • Sens Interdits de Chantal Pelletier (2)

 

(1) Toma se rêvait détective privé. Il est devenu critique gastronomique. Dans un Paris vivant au rythme d’un État autocratique qui a poussé le culte du bien-être à son paroxysme, il cherche à exister. Sa fonction : dicter à ses semblables ce qu’ils sont censés manger. Et, s’il ne s’interdit pas quelques écarts, ce triste sire exécute avec zèle les desiderata du journal pour lequel il œuvre dans l’ombre d’un chef méprisant. Mais un soir, lors de sa promenade rituelle, une lueur attire son attention. Derrière la grille d’un snack du quartier, une réunion s’est organisée. Ils sont là, candidats à la honte, rassemblés autour d’un seul homme. Leur secret : une addiction féroce à la nourriture. Tel un Kessel des temps nouveaux, Toma va intégrer clandestinement ce petit cercle et trouver de quoi écrire le reportage de sa vie. En plus d’une source inépuisable d’inspiration, il découvrira, en auscultant ces repentis, sa véritable nature. Mêlant anthropologie et roman d’apprentissage, cette première œuvre dérangeante et facétieuse questionne notre part de sauvagerie et se révèle d’une incroyable acuité quand il s’agit de faire exploser carcans et tabous.

 

CITATION

 

« L’élément le plus polluant pout la planète était l’être humain. Il fallait réduire les naissances pour des raisons évidentes de protection de l’environnement et profiter des pandémies pour faire le ménage parmi les vivants. »

 

(2) 2046 en Provence.

Nous sommes en 2046, et la situation s’est aggravée. Les libertés ont fondu comme peau de chagrin au nom de la sécurité sanitaire. Le permis de table est plus que jamais d’actualité, les stages de récupération de points se sont multipliés pour les délinquants menacés de « devoirs d’intérêt général », voire de « centres de redressement ». Drones, caméras de surveillance, reconnaissance faciale, et au télé coaching punitif, fleurissent à tous les étages.

 

Des attentats alimentaires, quelques mois plus tôt, ont tué plusieurs fois en France, tandis que la faim taraude les plus démunis et que des milices veillent sur les ambitions économiques des investisseurs chinois. Dans ce monde affolant, les policiers alimentaires Anna Janvier et Ferdinand Pierraud doivent enquêter sur le meurtre d’une femme retrouvée ligotée nue à une chaise devant un festin à l’ancienne, gavée à mort. Ils ne se doutent ni l’un ni l’autre des répercussions que cette enquête va avoir sur leur vie et sur celle de leurs proches...

 

CITATION :

 

Cette MAISON DE REDRESSEMENT ALIMENTAIRE, j’ai regardé, c’est curetons et compagnie ! Nul ! Une religion sans bonnes choses à manger, ça n’existe pas ! Avec ses Buvez ceci est mon sang, mangez ceci est mon corps, Jésus a fait le plus bel éloge du banquet. Et les moines qui ont inventé les clos-vougeot, gaillac, châteauneuf-du-pape, chartreuse, bénédictine, kirsch, et j’en passe ! Ils avaient du gosier, les frangins !

 

(...)Fâchée avec son époque, la viande cultivée, les purées-repas et les fibres aromatisées, leur commodité, leur légèreté, leur EMPREINTE CARBONE raisonnable, elle aurait dû vivre un siècle plus tôt, s’en mettre plein la lampe de communions en baptêmes, de vendanges en moissons, de kermesses en fêtes votives.

— Époisses, maroilles, coulommiers… Là, oui, on peut croire en Dieu !

Mais comme ce blog en pleine déliquescence est censé participer à l’Extension du domaine du vin ...

 

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, sur cet espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que c'est autour de la Table où l'on partage le pain, le vin et le reste pour « un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... »

 

Je me dois de plonger dans mes archives pour évoquer le reportage de Joseph Kessel sur les Alcooliques anonymes de New-York en 1960 publié dans le quotidien France Soir. Ce reportage signe la naissance du premier groupe AA en France et déclenche le développement spectaculaire du mouvement. Il fut le premier président non-alcoolique d’Alcooliques anonymes France.

 

L’alcoolisme est l’impensé du buveur, du dégustateur, de l’amateur...

 

Et pourtant !

 

« Le problème majeur de l’alcoolique, c’est qu’il se ment. C’est là la première étape de cette spirale infernale qu’est l’alcoolisme : le déni. Oui, on boit, plus que les autres et plus que de raison, mais cela n’a pas d’importance car l’on est différent de ceux qui sont tombés dans la gnôle. On est plus puissant qu’eux, plus brillant, au final on est simplement plus. Dans cette logique, l’alcool rempli une place étrange, à la fois désinhibant social et tyran, nous montrant soit sublimé, soit telle une épave. Les alcooliques anonymes nomment ces deux aspects de l’alcool, l’alcool festif ou l’alcool tyran. Or, ce que montre très bien le livre de Joseph Kessel, par les témoignages qu’il recueille c’est que l’élément conduisant à basculer d’un état à l’autre est généralement l’ego de l’individu. Il s’agit du dialogue que tient l’alcoolique avec lui-même et qui se construit autour de sa fierté. Ainsi, voici ce que déclare Robert N, patron de presse au Herald Tribune, à Kessel afin d’expliquer comment il est tombé dans l’alcool » ICI

 

Avec les Alcooliques Anonymes

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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 06:00

 

Résignation face à la situation, ma votation ne sera pas d’adhésion, je ne retrouve pas dans Macron mes engagements politiques, c’est sans doute de mon âge, en m’abstenant j’aurais le sentiment de léguer, à mes petits-enfants, à ceux que j’aiment qui ne sont pas comme moi sur le dernier tronçon de leur vie, les clés du pouvoir à une candidate héritière d’une France rance, d’exclusion, de racisme.

 

J’avais foi pour sauver la mise dans le 3e tour : les Législatives, contrairement à Jean-François je suis très pessimiste quant à la capacité de Jean-Luc Mélenchon à dominer ce qu’il considère comme une victoire, une victoire qui n’est pas d’adhésion mais de raison, sa main tendue aux Verts et au PCF, excluant le PS ressemble plus à un garrot qu’à un lien de compromis. C’est son tempérament, sa nature, à 71 ans on ne change pas...

 

Pour la troisième fois en 20 ans, le second tour de l’élection présidentielle mettra en présence un candidat de droite et un candidat d’extrême droite. 

 

Une fois encore le même scénario : la litanie des appels à « faire barrage à l’extrême droite » entonnée par les candidats de droite et de gauche battus, tandis que les candidats d’extrême droite se rangent derrière Marine Le Pen.

 

Pour la troisième fois en 20 ans, les Français n’auront pas pu exprimer leur choix politique Qui est responsable de cette situation ?

 

Certains répondront Emmanuel Macron, lequel s’est employé à préparer la répétition de cette confrontation pendant tout son quinquennat, comme l’établit de façon argumentée « Le Figaro » du 12 avril. Son objectif était de liquider les partis dits « de gouvernement », les Républicains à droite et les Socialistes à gauche, afin de sortir du clivage archaïque entre la droite et à gauche, pour entrer dans l’air du « en même temps ». Il a réussi mais n’avait peut-être pas prévu qu’il ne serait pas le seul à profiter de cette restructuration de la scène politique : Il a siphonné l’électorat LR, une bonne partie  de celui du PS et des Verts, mais il a aussi favorisé la progression de La France Insoumise et du RN.

 

Le bloc dirigé par E Macron, qui se présente comme celui de la raison et de la compétence, ne représente qu’un peu plus du tiers des votants en y agrégeant ce qui reste du PS, des LR et de Verts.  LFI, le RN et les autres petits partis d’extrême droite et d’extrême gauche recueillent les deux tiers des suffrages exprimés. 

 

Il est d’ailleurs injustifié de mettre dans le même sac M Le Pen et JL Mélenchon. Ce dernier a dans un premier temps clairement appelé à ne pas voter pour Marine Le Pen, sans appeler explicitement à voter pour E Macron, pour ensuite préciser « l’un et l’autre ne sont pas équivalents. Marine Le Pen ajoute au projet de maltraitance sociale qu’elle partage avec Emmanuel Macron un ferment dangereux d’exclusion ethnique et religieuse… Nous savons toutes et tous qu’elle n’égale aucun autre maux ». Ce n’est pas encore un appel à voter Macron, mais pas non plus un appel à l’abstention. JL Mélenchon prend d’ailleurs soin d’écrire dans cette lettre adressée à ses supporters que le résultat de cette consultation « ne pourra pas être interprété comme une consigne de vote ».

 

Emmanuel Macron n’est pas seul responsable de la situation, les institutions de la Ve République en sont la véritable source.

 

Bien avant Emmanuel Macron, le général De Gaulle voulait en finir avec ce qu’il appelait le régime des partis. La constitution de la Ve République modifiée en 1962 pour faire du Président de la République l’autorité de laquelle toutes les autres procèdent (déclaration du général De Gaulle lors d’une fameuse  conférence de presse), devait lui permettre d’atteindre cet objectif. Ne voulant pas de partis, il constituait un jour un Rassemblement, celui du peuple français, un autre une Union pour la nouvelle république. Il s’agissait de rassembler largement, de dépasser les vieux clivages pour ne rien laisser entre les communistes et les gaullistes, comme l’avait résumé André Malraux. Ce programme n’a pas été complètement réalisé : l’affaiblissement puis la disparition du parti communiste ont permis l’émergence d’autres partis de gauche, le parti socialiste en particulier ; la droite a été plus difficile à  discipliner que De Gaulle ne l’espérait. Mais malgré tout, le Parlement a été muselé et les partis politiques ont été soit des rassemblements de « godillots » votant sans discuter les projets de l’exécutif au service duquel ils se trouvaient, soit des associations n’ayant d’autre pouvoir que de prêcher dans le désert, privées de toute possibilité d’influer sur les projets du gouvernement.

 

Cependant, la constitution de la Vème République ne garantit pas le pouvoir pour toujours. Elle permet au Président, appuyé sur son parti, de gouverner sans contre-pouvoir et elle dissimule l’affaiblissement  du président parce que celui qui gagne l’élection présidentielle gagne tout, mais elle n’empêche ni  l’usure du pouvoir, ni les transformations profondes de la société.

C’est ainsi que l’UDR, divisée entre les multiples prétendants à la succession de De Gaulle puis Pompidou, perdra l’élection présidentielle de 1974 au profit de V Giscard d’Estaing, notamment en raison de l’action de Jacques Chirac contre son propre parti. Giscard d’Estaing ne réussit cependant pas à rassembler la droite pendant son mandat et perdra ensuite l’élection de 1981 au profit de François Mitterrand, porteur d’immenses espoirs qu’il ruinera au long de deux septennats. Sa mémoire est invoquée avec nostalgie par les socialistes au milieu du désastre. Pourtant, il a inauguré une longue période de trahison et de discours de gauche habillant une politique de droite. On ne se souvient plus aujourd’hui de l’ambiance crépusculaire dans laquelle s’est achevé son second mandat et de la  cinglante subie par les socialistes à l’élection législative qui a précédé son départ du pouvoir, mais le Mitterrandisme explique largement le discrédit du parti socialiste et la dégradation de la considération  portée par nos concitoyens à la parole politique. François Hollande auquel les Français, magnanimes ont donné une nouvelle chance, sera encore plus prompt à oublier ce qu’il avait promis pour accéder  au pouvoir. Mais cette fois, le parti socialiste paie l’intégralité de la facture de ses reniements.

Parmi les promesses non tenues de la gauche au pouvoir, il y avait celle de démocratiser les institutions. Les socialistes ont rapidement considéré qu’il n’était pas très grave d’être de temps en temps remplacés par le parti adverse aux commandes de l’État, puisqu’il était possible, à l’élection suivante de reprendre le pouvoir et d’en jouir complètement. L’ennui, c’est que la gauche n’a pas seulement oublié en chemin ses promesses de réformes institutionnelles, elle a également oublié ses promesses de réformes sociales, se résignant à « faire le sale boulot » comme disait Laurent Fabius,  c’est-à-dire à liquider des secteurs entiers de l’industrie française, sidérurgie, électronique, une bonne  partie de la chimie, etc., au nom de l’adaptation au marché unique européen et à la mondialisation.  Elle s’est aperçue, mais un peu tard, qu’elle avait fait disparaître de la société ainsi modernisée ceux qui votaient pour elle. 

 

La Gauche a alors tenté une mue, théorisée par la fondation Terra Nova qui l’invitait à enterrer définitivement ces couches populaires « qui fument des clopes et roulent au diesel » comme le disait  l’ex-secrétaire d’Etat auprès d’Edouard Philippe, Benjamin Griveau, pour se tourner résolument vers  les couches nouvelles urbaines mondialisées qui représentent le futur du pays. Manque de chance, celles-ci se sont senties mieux représentées par Emmanuel Macron que par ce qui restait du parti  socialiste, tandis que les couches populaires, celles qui ont été redécouvertes à l’occasion du  mouvement des gilets jaunes et pendant la crise sanitaire, qui refusent obstinément de disparaître du  paysage politique et social, se sont tournées massivement vers l’abstention ou vers le Rassemblement  National, pour échapper à « l’alternance au service de la même politique ».

 

Les traits spécifiques du premier tour de l’élection présidentielle en 2022

 

L’élection de 2022 est un pas de plus dans la confiscation de l’expression démocratique par nos institutions. Cette fois nous avons été invités à voter utile dès le premier tour : les électeurs de droite ont été appelés à se ranger derrière Emmanuel Macron pour assurer sa position face à aux deux candidats d’extrême droite, Zemmour donné en tête il y a quelques semaines puis Marine Le Pen qui n’a cessé de grimper à l’approche du scrutin. Ils ont accepté massivement cette logique en provoquant une défaite historique du parti « Les Républicains ». La gauche émiettée a été victime encore plus durement du vote dit utile en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Les sondages montraient que la gauche était en position très minoritaire, représentant en additionnant toutes ses composantes environ 30 % de l’électorat. Dès lors, pour assurer sa présence au second tour, les électeurs de gauche ont été invités à faire bloc derrière Jean-Luc Mélenchon quoi qu’ils pensent de son programme et de ce qu’il  représente. Cet appel a fonctionné de manière inattendue, amenant la France Insoumise en troisième position, faisant presque jeu égal avec le Rassemblement National, entraînant au passage la disparition  des écologistes, des socialistes, des communistes et de toutes les composantes de la gauche qui  présentaient un candidat.

 

Il fut un temps où, sans être dupe de ce qu’était le régime présidentiel à la française, le premier tour de l’élection présidentielle permettait au moins, pendant un court moment, à la France de connaître  un véritable débat politique au cours duquel les principaux courants politiques pouvaient exposer aux  Français les orientations qu’ils leur proposaient. Cette parenthèse se refermait avec le premier tour, puis les élections législatives venaient conforter le résultat de l’élection présidentielle. On rappellera à cet égard que Lionel Jospin a renforcé les pires côtés de la Ve République en instaurant le quinquennat et en organisant des élections législatives au lendemain de l’élection présidentielle. Arroseur arrosé, il a dû quitter la vie politique après avoir échoué à conquérir le pouvoir dans les conditions qu’il avait préparées et dont son adversaire a pleinement bénéficié. 

 

Aujourd’hui, même cette parenthèse de véritable débat politique démocratique a disparu. L’élection présidentielle en 2022 est devenue une élection à un tour. Au premier tour on élimine et au second on fait barrage. Jusqu’à quand ?

 

On vote au premier tour non pas pour ce que l’on préfère, mais en fonction de ce que l’on redoute.  Dès lors, peu importe que l’on soit en désaccord sur à peu près tous les points avec JL Mélenchon (nucléaire, laïcité, l’union européenne fédérale, la monnaie unique etc.). La réflexion politique est réduite à un seul mot, vidé de son contenu, le mot « gauche », dont il faut assurer la  représentation au second tour. 

 

Parmi les rares audacieux à gauche qui n’ont pas accepté de se plier au « vote utile », certains regrettent rétrospectivement leur vote en se disant qu’à peu de choses près, Jean-Luc Mélenchon serait passé devant M Le Pen. En réalité, cela n’aurait rien changé. JL Mélenchon a réalisé dès le premier tour le rassemblement d’à peu près toutes les voix sur lesquelles il pouvait compter. Au second tour il aurait certainement été battu. 

 

Quant à l’extrême droite, son existence n’aurait pas été moins réelle dans le pays si M Le Pen n’avait rassemblé que 22 % des voix - auxquelles s’ajoutent celles d’É Zemmour et de Dupont-Aignan – et JL Mélenchon 24 %. Certes, nous aurions pu faire semblant de croire que le problème était réglé. Mais cette exclusion, obtenue par la conjugaison d’un système politique et non par l’adhésion des citoyens  à une majorité, qui est la règle depuis des années, loin d’avoir eu des effets bénéfiques sur notre vie  politique a contribué à la pourrir encore un peu plus nous amenant là où nous en sommes maintenant.

 

La représentation des partis dits « de gouvernement » dans les institutions, LREM, PS et LR, est sans rapport avec la part des suffrages qui leur est accordée par les citoyens. Les institutions ne peuvent pas durablement interdire la représentation d’une partie aussi importante de la population sans conséquences graves. 

 

La crise politique française résulte d’une crise économique et sociale mondiale

 

Bien sûr, les institutions de la Vème République fonctionnent d’autant plus mal que la structuration de la vie politique en partis représentant à peu près les principales forces sociales, s’est effondrée. 

 

L’atomisation de la société a été la réponse du capitalisme à sa crise de croissance des années 1970. À ce moment-là, la productivité du travail a cessé de progresser dans le monde et avec elle la rentabilité du capital. L’inflation a commencé à progresser de façon incontrôlée, grignotant le pouvoir d’achat des salariés. Les déséquilibres mondiaux ont entrainé la fin du système monétaire international de Bretton Woods. Deux chocs pétroliers ont durement stoppé la croissance des pays développés, en 1973 et 1979. La conflictualité sociale s’est partout développée.

 

Le capitalisme s’est réorganisé dans les années 1980, avec l’arrivée au pouvoir de Reagan et de  Thatcher et la complicité de la social-démocratie, tous unis dans le « néo-libéralisme », c’est-à-dire la  transformation des institutions publiques en instances d’affaiblissement des protections sociales et  nationales contre les effets du libre-échange : instauration d’un système mondialisé de libéralisation des échanges financiers et commerciaux, réorganisation des chaînes de production à l’échelle de la  planète s’affranchissant des réalités nationales. La délocalisation de la production dans les pays à bas coûts de main d’œuvre est devenue la règle, ainsi que la circulation sans contrôle du capital financier, ce dernier étant de plus en plus déconnecté de la production de biens et de services. 

 

La concurrence entre les salariés de toute la planète a remplacé la lutte entre les ouvriers et les patrons dans un cadre national et une part croissante de la plus-value a été captée par un nombre restreint de grands groupes multinationaux qui ont imposé leurs règles à la multitude des entreprises sous-traitantes.

 

Dans ce monde-là, il n’y a plus de place pour les vieilles solidarités qu’elles soient sociales (classe à laquelle on appartient, famille…), ou géographiques (village, ville, pays…). La mobilité au service de l’efficacité du capital est devenue la valeur cardinale et malheur aux nostalgiques qui préfèrent l’appartenance, la solidarité, la tradition, la lenteur. Cette ultra-moderne solitude a été mieux décrite par les chanteurs de variété que par les partis politiques. Mais ces derniers ont continué à exister en s’adaptant. La « réforme », la « modernisation » sont devenus les mantras des partis dits de gouvernement, de droite et de gauche. Ils ont continué à dominer la vie politique jusqu’au début des années 2000, avant que leur impuissance n’apparaisse à  toutes les victimes de cette machine mondiale à broyer les humains, de Washington à Londres, de  Paris à Madrid… La colère des peuples a trouvé des formes d’expression diverses et malheureusement  aussi peu efficaces que les partis en perdition : Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne, la France  Insoumise à Paris ; mais aussi des partis d’extrême droite un peu partout, le Brexit organisé à  l’instigation de partis de droite au Royaume-Uni, la victoire de Trump aux Etats-Unis, etc… 

 

Dans ce marasme, les dictatures se portent bien, en Chine, en Russie, en Corée du Nord ou en Birmanie, notamment et les démocraties qualifiées « illibérales » se développent en Europe.

Les vieux partis occupent encore le pouvoir mais ne représentent plus la majorité des citoyens.

 

La situation française n’est donc pas une exception ; qu’on se souvienne des conditions de l’arrivée au pourvoir de Joe Biden l’année passée, au milieu d’une insurrection soutenue par son prédécesseur.

 

Un second tour entre deux candidats qui suscitent plus de rejet que d’adhésion

 

E Macron et M Le Pen représentent-ils deux camps que tout sépare, celui du bien contre celui du mal, celui de la démocratie contre celui du fascisme ?

 

C’est ce combat qui est mis en scène, une fois encore. Mais cette mise en scène risque d’être inefficace car elle ne correspond pas à la réalité de ce qui oppose les deux protagonistes.

 

E Macron ne s’est pas distingué par sa défense de la démocratie, des valeurs morales ou de l’égalité entre les citoyens pendant son mandat. Plus qu’aucun de ses prédécesseurs il aura pratiqué l’exercice solitaire du pouvoir, le mépris du  Parlement et de tous les corps intermédiaires, syndicats, associations ou élus locaux. Il a fait mine de découvrir leur existence lorsque les gilets jaunes ont manifesté près du palais de l’Élysée. Plutôt que de répondre à leurs revendications qui portaient sur les salaires, en raison de la flambée du prix des  carburants amplifiée par une taxe carbone mal pensée (il faudrait aussi parler de la flambée des prix  de l’immobilier), la démocratie (demande d’instauration d’un referendum d’initiative citoyenne), la  suppression de la limitation de vitesse à 80 kilomètres heure, et une demande difficile à formuler d’être  enfin respectés, E Macron a organisé un grand débat sur la transition environnementale et s’est  empressé d’en ignorer les conclusions. 

 

Les ordonnances ont été érigées en mode normal de gouvernement, au nom de l’efficacité, renforçant encore l’inexistence du pouvoir législatif.

 

Le gouvernement a fait un usage disproportionné de la violence des forces de l’ordre, condamnée,  entre autres, par un groupe d’expert des droits de l’homme de l’ONU et par Amnesty international, en  faisant tirer sur la foule avec des lanceurs de balles de défense, qualifiées d’armes « sublétales » par  les experts, dont l’usage à l’occasion de manifestation a été déconseillé par de nombreux spécialistes  du maintien de l’ordre, tout autant que celui des grenades de désencerclement basées sur le principe  des bombes à fragmentation. Bilan 24 manifestants éborgnés, cinq ont eu la main arrachée, 2500 ont été blessés, tandis que 1800 policiers étaient également blessés, mais aucun avec ce niveau de gravité.  La justice s’est déchaînée, condamnant à tour de bras et de manière expéditive des milliers de gilets jaunes.

 

Autoritaire, son quinquennat a été également inégalitaire. L’institut des politiques publiques a calculé que le bilan des mesures fiscales décidées par E Macron (suppression de l’ISF, taxe forfaitaire sur les revenus du capital), avait permis à ceux qui constituent le 1% le plus riche de la population d’augmenter encore leur revenu net, tandis que les 1% les plus pauvres ont vu le leur baisser de 0,75%.  La France est devenue le paradis de ceux qui vivent de la perception de dividendes dont le montant n’a cessé de gonfler pendant ces cinq ans, avec ou sans Covid.

 

Au lieu d’unir les Français, E Macron les a dressés les uns contre les autres en stigmatisant une partie d’entre eux, un jour les Gaulois réfractaires au changement, le lendemain ceux qu’il voulait emmerder parce qu’ils refusaient sa politique vaccinale, un autre jour ceux qui n’étaient rien contre les premiers de cordée… 

 

On oppose souvent le partisan de l’ouverture, E Macron, à la nationaliste xénophobe M Le Pen. Mais on ne peut qu’être inquiet lorsque l’on entend G Darmanin, ministre de l’intérieur, dire à M Le Pen que  « dans sa stratégie de dédiabolisation, Mme Le Pen en vient à être quasiment un peu dans la mollesse,  il faut reprendre des vitamines. (…) Vous êtes prête à ne pas légiférer sur les cultes et vous dites que l’islam n’est même pas un problème. » Marine Le Pen s’offrait le plaisir de lui rappeler la distinction entre islam et islamisme : « Je n’entends pas m’attaquer à l’islam, qui est une religion comme une autre et, parce que je suis profondément attachée à nos valeurs françaises, je souhaite conserver sa liberté totale d’organisation et la liberté totale de culte. »

 

Tout cela ne veut pas dire que la M Le Pen soit une alternative acceptable

Je partage l’avis de Marcel Gauchet sur la caractérisation de M Le Pen. Sur l’arc de la politique française elle se situe bien à l’extrême droite, mais la politique qu’elle défend est plus proche de ce que disaient  la majorité des dirigeants de l’UNR des années 1960, qu’il s’agisse des sujets que l’on appelle  aujourd’hui de société, ou de la relation de la France avec les étrangers, que de Hitler ou Mussolini.  L’invocation permanente des années 1930 empêche de penser la situation plus qu’elle n’aide à la comprendre. Que les antifascistes d’aujourd’hui se replongent dans l’histoire de l’Italie de 1918 à 1922, ou de l’Allemagne de l’après première guerre mondiale et ils verront ce qu’était le fascisme en action, celui des bandes armées détruisant et incendiant tous les locaux de syndicats, partis, coopératives ouvrières, tuant les militants ouvriers, terrorisant les oppositions ; leurs organisations militaires ; l’antisémitisme des fascistes allemands et français, etc. Qu’ils comparent ensuite à la situation présente.

 

Au lieu d’appeler rituellement à « faire barrage à un fascisme » imaginaire, ce qui ne fait que renforcer la position du RN comme seule alternative « au système », les démocrates feraient mieux de décrire exactement ce qu’est le RN. La force de leur démonstration y gagnerait.

 

Le nationalisme du Rassemblement national relève de la xénophobie plutôt que de la défense de la République. M Le Pen veut interdire le regroupement familial, promet de reconduire tout émigré en situation irrégulière à la frontière, de supprimer le droit du sol - on suppose pour revenir au droit du sang - de rétablir la préférence nationale (qu’est-ce que cela signifie vraiment ?) et peut-être la peine de mort, par référendum. Ce n’est pas le recours au référendum qui est critiquable, c’est le projet.

 

Ces propositions, et beaucoup d’autres, sont incompatibles avec les conventions internationales signées par la France et avec l’appartenance à l’Union Européenne dont elle ne propose plus que nous sortions. Elles ne sont donc que de la poudre aux yeux envoyée à ceux qui ont envie d’en découdre, comme ses propositions soi-disant sociales qui ne remettent nullement en cause le capitalisme et ses lois.

 

M Le Pen a été adoubée par V Poutine (l’agence d’information contrôlée par le Kremlin « Ria Novasti » la donnait d’ailleurs en tête du premier tour, fidèle à sa vocation d’informer ses lecteurs des nouvelles du monde parallèle). 

 

Le parti de M Le Pen a été créé par son père avec des nostalgiques de la collaboration, des antigaullistes, des partisans de l’Algérie française. Il s’est adapté à l’évolution du monde, mais il n’est pas devenu pour autant le parti qui rétablira la démocratie en France ni qui défendra les opprimés contre leurs oppresseurs.

 

La République en Marche n’a d’autre histoire que celle de son fondateur et d’autre projet que de rester au pouvoir.

 

Choisir, malgré tout

 

J’ai beaucoup hésité. J’ai pensé que cette affaire ne me concernait plus et que je m’abstiendrai.  Pourtant, après avoir longtemps et douloureusement réfléchi, je me résous finalement à voter pour E Macron au second tour. 

Je le ferai non pas parce qu’il est le rempart de la démocratie contre le fascisme, mais parce qu’il y a des degrés dans ce que je refuse et en raison du contexte international.

 

E Macron est candidat de droite, qui a conduit une politique que je désapprouve et dont je n’attends pas qu’il se transforme par la grâce de sa réélection. Je ne poserai aucune condition, car penser que l’on peut transformer E Macron et les forces sociales qui constituent son socle politique relève de l’illusion. On nous a déjà fait croire à cela lorsqu’il s’est agi de voter pour J Chirac : « plus nous serons nombreux à voter pour lui, nous électeurs de gauche, et plus il devra infléchir a politique ». Je me souviens de ces propos consolateurs comme si c’était hier. On a vu ce qui est advenu.

 

Mais ce candidat de droite ne prétend pas fonder la nationalité sur le sang plutôt que sur le sol, rétablir la peine de mort, démonter toutes les éoliennes pour les remplacer par des réacteurs nucléaires,  cesser de participer activement aux négociations internationales sur le climat…

 

Je crains également qu’une victoire de M Le Pen, et peut-être de son parti aux élections législatives qui suivront, ne déclenche une chasse aux immigrés, aux étrangers et à tous ceux qui ne sont pas dans la norme. Et si je sais ce que je reproche à E Macron, je crains ce que ferait M Le Pen au pouvoir en partant de prémisses aussi négatives.

 

Enfin, la France n’est pas une île. 

 

La guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine est un événement majeur de la vie européenne.  Un des cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU a décidé d’envahir un pays dont il avait reconnu la souveraineté et d’y mener une guerre atroce dans l’objectif, selon Dmitri Medvedev, ex-président  de la Fédération de Russie, de « désukrainiser » le pays, c’est-à-dire de réduire à néant sa population  et sa volonté de faire respecter sa souveraineté. 

 

Ce conflit se déroule pour le moment à nos portes, peut-être les franchira-t-il un jour.

 

Il n’y a pas de question plus importante pour ceux qui considèrent que la démocratie est inséparable de la souveraineté, que celle de l’Ukraine ne pourra être restauré que par la défaite de la Russie.

 

La victoire de M Le Pen affaiblirait le fragile accord européen en faveur de la défense de l’Ukraine. Une victoire de Poutine ouvrirait une longue période de crise et d’insécurité en Europe dont les conséquences seront désastreuses pour nous tous.

 

Dans ce combat, Macron et Le Pen ne se valent pas.

 

Alors, la mort dans l’âme, je voterai pour E Macron le 24 avril, bien décidé à le combattre dès le 25 avril.

 

Certains refuseront le choix qui nous est imposé pour la troisième fois entre deux candidats avec lesquels nous ne partageons rien ou pas grand-chose et s’abstiendront. Je les comprends. Mais comme beaucoup d’électeurs ont voté en faveur de JL Mélenchon contre E Macron, malgré sa proximité avec Poutine, son soutien au Wokisme, aux animalistes, etc.

 

Ensuite, il faudra travailler pour ne pas en être réduit la prochaine fois au même choix, ou plutôt à la même absence de choix.

 

Union de la gauche sans conditions pour les élections législatives

 

Si ce qui reste de la gauche envisage d’agir et de ne pas se contenter de faire campagne pour la victoire d’E Macron, elle rassemblera ce qui lui reste de force pour présenter un candidat unique de la gauche dans toutes les circonscriptions législatives sur quelques propositions simples permettant de  rassembler des composantes aujourd’hui éclatées.

 

Il n’est impossible de mettre d’accord en quelques semaines sur un programme politique des formations aussi divisées. Il faudra du temps pour cela. Ce moment viendra.

 

Quelles pourraient être ces propositions ?

 

- Union pour la réforme des institutions de la Vème République

- Inversion du calendrier électoral : élection de l’assemblée nationale avant l’élection présidentielle

 

- Instauration du scrutin proportionnel

 

- Convocation d’une assemblée nationale constituante dans un délai d’un an après la prochaine élection législative 

 

- Campagne nationale appuyée par tous les députés uniques de la gauche pour faire signer une pétition dans ce sens par des millions de Français

 

- Engagement à s’opposer à toute proposition de loi entrainant une régression sociale.

 

La division du champ politique en trois camps offre la possibilité de faire élire des députés de gauche, s’il y a une candidature unique dans toutes les circonscriptions. LFI est la principale force de ce qui reste de la gauche, elle peut donc revendiquer une part significative des sièges gagnables. En revanche, elle ne doit pas profiter de sa position pour imposer son programme à tous ses possibles partenaires.  La gauche dont LFI sera de loin la principale composante, peut avoir un groupe parlementaire important à l’Assemblée nationale si elle organise l’unité de la gauche. A défaut, LFI risque de n’être pas beaucoup mieux représentée que dans la législature qui s’achève. Pourtant, c’est là que les choses se joueront, pas dans les paroles ambigües arrachées à E Macron pendant ce qui reste de campagne présidentielle, pour qu’il montre ses bonnes dispositions jusqu’au 24 avril.

 

Un groupe d’opposition capable de se faire entendre peut encore être élu. La condition est celle du rassemblement en vue d’une véritable transformation de nos institutions en laissant de côté les divergences qu’il sera possible de résoudre plus tard. 

 

Espérons que les responsables de la gauche n’amplifieront pas le désastre de l’élection présidentielle.

 

Le 16 avril 2022

Jean-François Collin

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 06:00

Élections piège à cons » un slogan soixante-huitard éculé qui revient  d'actualité - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

Le titre exact de la chronique Clémentine Vergnaud – France info Radio France est : et si on limitait le vote des personnes âgées qui pèsent si lourd dans les urnes.

 

C’est du lourd en effet, je trouve la proposition bien modérée, pourquoi ne pas parquer les vieux dans des camps de regroupement façon Algérie française plutôt que de les confier à des EPHAD pourris qui coûtent la peau des fesses.

 

Rapports sur les camps de regroupement, Michel Rocard | Fayard

 

Bien sûr, en bon 68hard j’ai braillé « élections piège à cons » mais j’avais une excuse je n’avais pas le droit de vote à l’époque, il a fallu attendre l’arrivée du déplumé de Chamalières pour que ce soit 18 ans.

 

Les vieux chez moi, au Bourg-Pailler, vivaient sous le même toit que moi et je les respectais même si je n’avais pas les mêmes idées qu’eux.

 

Les jeunes, dit-on, comme si l’on pouvait tous les fourrer dans le même sac de patates, comme les vieux d’ailleurs, on « souffert » de subir un confinement destiné à protéger tous les vieux cons qui ne votent pas Mélenchon. Pauvres petits, des enfants gâtés, « gâtés » comme les dents, et mon pépé Louis, privé de sa jeunesse : 3 ans de service militaire, 4 ans de guerre, un privilégié bon pour la relégation.

 

Et dire que leur favori a 3 ans de moins que moi et se tapera ses 71 ans en août de cette année, c’est à pleurer.

 

Comment en est-on arrivé là, à un tel degré de stupidité, de bêtise ?

 

berthomeau - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

« Les jeunes se font voler leur élection ! » : et s'il y avait un âge limite pour le vote des seniors ? ICI 

 

Sur fond de surreprésentation des seniors et de jeunes qui se sentent "dépossédés" de l'élection, certains vont jusqu'à proposer la limitation ou la pondération du vote en fonction de l’âge. Une piste aussi radicale qu'iconoclaste, et qui n'est pas près d'être appliquée. 

 

« Les jeunes qui ont voté en masse Mélenchon pour leur avenir se font voler leur élection par des vieux retraités qui ont vécu leur meilleure vie et n’ont plus rien à perdre et des vieux bourgeois qui ont tous les privilèges de Macron », s’exaspérait par exemple un jeune sur Twitter au soir du premier tour. Un autre s’agace aussi, graphiques à l’appui : « Sans le vote des plus de 65 ans, Macron ne serait pas au deuxième tour et Mélenchon se qualifierait. Ce sont donc des vieux déjà à la retraite qui vont nous imposer de travailler cinq ans de plus. Merci à eux. » A tel point que certains vont jusqu'à se poser cette question : « Pourquoi diable laissons-nous les plus de 65 ans voter ? »

 

Simple citation, la tartine est lourdement tartinée : Temps de lecture : 11 min.

 

Y’a des propos de « logues » a foison, faut dire que la Sorbonne est grande fournisseuse de « logues », des enfants de la moyenne bourgeoisie « intellectuelle » qui se donne des frissons dans les amphis bien chauffés.

 

Poser la question d’une limitation du droit de vote c’est se disqualifier d’emblée.

 

C’est Pâques, j’en reste là, ma colère est immense, un seul rayon d’intelligence dans  un ciel pourtant bleu : François Ruffin votera Macron au 2d tour, ICI  encore un traître pour les pioupious rentrés chez papa-maman pour le repas du dimanche pascal.

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