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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 08:00
CHAP.18 en vrac, Raymond Kopaszewski premier Ballon d’or français 1958, Bofill et sa cimenterie La fábrica , faut-il relancer l’opération Chartrons ?

Enfant je n’ai jamais rêvé d’être architecte même si j’étais fasciné par le génie des bâtisseurs de cathédrale ; en revanche je rêvais d’être radioreporter sportif et le dimanche après-midi j'écoutais sur Paris-Inter les retransmissions commentées par Georges Briquet. Lorsque je confiai à ma sainte mère, qui voulait faire de moi un curé, cette vocation, elle me répondit que ce n’était pas un métier convenable. Mon père lui, s’en fichait, il aimait la politique et il fallait faire silence lors des chroniques de Geneviève Tabouis sur radio-Luxembourg et Jean Nocher sur la RTF. Son seul mandat fut d’être conseiller municipal adjoint chargé des travaux et des chemins vicinaux. Il m’a refilé le virus tout en me vaccinant contre le désir d’en faire, non pas un métier, mais mon pain quotidien. Je n’ai jamais eu la tentation de l’élection, et pourtant là où j’étais ça grouillait de seconds couteaux qui en rêvaient et qui ont mis à l’épreuve des faits leur rêve. Je les plains mais ils n’ont que ce qu’ils ont cherché. Je ne voyais passer ma vie à serrer des mains, à visiter des foyers du 3e âge, à faire des discours de foires, de faire le godillot ou l’aboyeur au Palais Bourbon.

 

Comme je l’avais répondu à ma mère lorsqu’elle me bassinait avec le séminaire «Moi c’est Pape ou rien ! », du côté politique c’eut été « Ministre ou rien ! ». Je vous le concède c’est mon côté Macron mais à ma décharge j’ai côtoyé tellement de Ministre de l’Agriculture dans ma vie, de tous les bords, que je n’ai aucune honte à affirmer que j’aurais pu tenir le manche aussi bien qu’eux. Mais une fois passé le plaisir d’y être je sais pertinemment que comme le disait Chevènement « Un Ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Très peu pour moi les couleuvres avalées !

 

Lire George Briquet ICI

 

25 avril 2011 Éric Zemmour le Jean Nocher ou la Geneviève Tabouis du PAF : il a une fonction salutaire, j’ose même écrire sanitaire, un côté Destop bien utile.

 

Lire ICI 

 

J’avais 10 ans en 1958, la fameuse 3e place des Français à la Coupe du Monde en Suède avec un Just Fontaine en goléador, ça me faisait rêver l’oreille collée au gros poste de radio du Bourg-Pailler. Bien sûr on parla plus de Pelé la perle noire que de Kopa mais 1958 fut pour lui l’année de la consécration internationale avec une Coupe d’Europe des clubs champions remportée, une Coupe du monde réussie, Raymond Kopa fut considéré comme le meilleur joueur du tournoi, un Ballon d’Or.

 

Mais comme l’écrit Yann Bouchet dans le Monde :

 

« Comme pour Platini et Zidane, originaires d’Italie et d’Algérie, le parcours de la famille Kopaszewski illustre une partie de l’histoire de l’immigration en France. Les grands-parents paternels, Polonais, s’installent dans le Nord-Pas-de-Calais, après la Première guerre mondiale. Né le 13 octobre 1931 à Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais), Raymond Kopa commence à jouer dans les corons, où son père est mineur. Très tôt intéressé par le football, il travaille cependant deux ans et demi à la mine, de 14 ans à 16 ans et demie, période durant laquelle il est en partie amputé de deux doigts à la suite d’un accident du travail.

 

Après des débuts à l’US Nœux-les-Mines, il rejoint en 1949 le SCO Angers où, à 18 ans, il signe son premier contrat professionnel. Deux ans plus tard, lors d’un match amical contre le grand Stade de Reims, l’entraîneur rémois Albert Batteux repère le jeune joueur. Après d’intenses négociations, Angers finit par accepter le départ de son milieu de terrain pour un club qui va devenir le plus performant du pays. Entre 1951 et 1956, Raymond Kopa remporte deux titres de champion de France (1953 et 1955) avec l’équipe champenoise et atteint la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions (1956), seulement battu par le Real Madrid, une première pour un club français. »

 

Raymond Kopa, légende du foot français, est décédé 

À Paris, place de Catalogne, comme à Montpellier pour le palais du mégalo Georges Frèche, l’œuvre architecturale de Ricardo Bofill ne m’a jamais convaincue, et en plus ça vieilli mal.

 

L’œuvre qui me séduit de lui c’est la récupération par lui, en 1973, d’une cimenterie délabrée.

 

La réhabilitation est un procédé qui a été beaucoup utilisé pour habiter des bâtiments déjà construits, en les adaptant à leur nouvelle fonction et en préservant les principes structurels et/ou architecturaux de ces bâtiments. Ce procédé permet de garder un lien entre le passé et le présent, tout en préservant l’état d’un site. C’est ainsi que Ricardo Bofill a choisi de réhabiliter une usine pour y installer son agence et pour y habiter.

 

Cette usine de ciment composée de 30 tours et de sous-sols qui abritaient des machines. Ce complexe industriel qui était en partie en ruine lui est apparu alors comme un espace à grand potentiel.

 

Une citation de Ricardo Bofill résume l’état de l’usine à l’époque : « … des escaliers qui grimpent vers nulle part, des puissantes structures en béton qui tenaient rien, des morceaux de fer suspendus dans l’air, des immenses espaces vides remplies malgré tout de magie »*. Cette description de La Fabrica indique à quel point Bofill tenait à garder ces éléments forts du bâtiment pour s’en servir dans son projet.

 

« Après une longue promenade dans les rues de Barcelone rythmées par des bâtiments pour la plupart nouveaux, nous sommes arrivés devant l’Agence de Ricardo Bofill. De loin, seules les tours sont visibles et le bâtiment ne donne pas l’air d’être une agence d’architecture. La végétation qui s’est développée sur les murs et autour du bâti, donne un air d’ancienneté à l’ensemble. Plus on s’approche du bâtiment et plus on ressent la grandeur des tours. Cette allure de château médiéval et la présence de palmiers nous fait penser à un oasis au beau milieu de la ville. »

 

Visite guidée ICI TALLER DE ARQUITECTURA OU « LA FABRICA » – RICARDO BOFILL

 

De superbes photos ICI 

 

À l’heure où j’écris ce petit bout de chronique je ne sais où en sera Fillon et si, face aux désertions il laissera la place à Juppé. Attendre et voir s’il me faut réactiver l’Opération Chartrons ?

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 06:00
C’est Michel Grisard qui va être content Stéphane Davet du Monde tresse des lauriers bien mérités aux vins savoyards

Certes je ne suis pas actionnaire du journal Le Monde comme Pigasse, Niel et Bergé mais je suis un abonné numérique : un lecteur régulier donc. De même je suis abonné numérique au Courrier International et papier à Télérama depuis une éternité.

 

Je contribue donc modestement à faire bouillir la marmite de ce groupe encore mon voisin pour quelques temps. Ça ne donne aucun droit particulier sauf d’avoir parfois des regrets ; l’un d’eux concerne les chroniques sur le vin qui tournent trop souvent à « je fais plaisir aux copines et aux copains, et surtout je ne fais déplaisir à personne ». Tu retrouves souvent du Gérard Bertrand, des quilles d’attaché de presse, quelques risettes aux naturistes, pour moi ça manque d’angles, d’aspérités et de sincérité.

 

Et puis, vendredi dernier, au milieu des turbulences du Sarthois ensablé, divine surprise à 11h44 Stéphane Davet m’envoie une chronique au titre pas très explicite « Magali et Jean Sulpice, une association de bienfaiteurs » 

 

Comme je suis curieux j’ouvre et je lis (oui, contrairement à beaucoup de mes « amis » de face de bouc, je lis)

 

Et que lis-je ?

 

Que Magali la sommelière chante Le renouveau viticole savoyard. « Des vignerons comme Louis Magnin ou Michel Grisard ont montré que ces vins n’étaient pas destinés qu’aux fondues et raclettes des touristes, raconte Magali Sulpice. A leur suite, toute une génération a déboulé, privilégiant souvent la biodynamie, et démontrant que ces vins pouvaient permettre à la sensibilité de chacun de s’exprimer. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ha ! le Michel il doit être heureux lui qui m’a depuis des années attiré dans les rets des vins savoyards. (lire une chronique de novembre 2012 tout à la fin de celle-ci sur les Pétavins chers à Michel Grisard)

 

Le 24 novembre 2013 j’écrivais aussi :

 

« J’me fais sucer la friandise » l’Altesse de Savoie a amadoué le Taulier avec une génoise nature et des bulles ancestrales

 

ICI 

 

Je cite le sieur Ridet qu'au passage je  remercie pour son excellente chronique :

 

« La sommelière Magali Sulpice propose, l’air de rien, de se mettre en bouche avec une verdesse du Domaine des Rutissons, vignoble récemment relancé, dans le Grésivaudan, par deux jeunes passionnés, Laurent Fondimare et Wilfrid Debroize. Frais comme un torrent de montagne aux arômes citronnés, ce blanc tiré d’un des cépages autochtones les moins connus de la région (tenant son nom du vert foncé de son feuillage) vous ferre le palais… »

 

« Essayez le Vieilles Vignes 2015 de Béatrice Bernard, préférant une maturité délicate à la traditionnelle raideur. Le vin de soif se fait vin de gastronomie ­associé à l’œuf coque à la mousse de cèpes. »

 

« Transcendant lac et alpages, la touche Jean Sulpice s’affirme avec une percutante finesse. Ses écrevisses, conciliant la vivacité de la mélisse et la suavité d’une crème safranée, donnent de l’ampleur au cépage gringet, ici sublimé dans la «Cuvée Le Feu», vinifié dans des fûts ovoïdes par Dominique Belluard. »

 

Dès le 21 octobre 2009 je m’extasiais sur le Brut Zéro 2005 de D&P Belluard, méthode traditionnelle AOC Savoie Ayse.

 

Lire ICI  Le Gringet : un quasi-monopole savoyard de Dominique Belluard vigneron d’Ayze

 

Et pour finir encore un coup chapeau au père Grisard « Rare assemblage de jacquère, roussanne, malvoisie et mondeuse blanche, la « Cuvée Schiste 2015 » est l’un des musts du Domaine des Ardoisières (classé en IGP vin-des-allobroges), qu’un collectif a créé sur le raide coteau de Cevins. Chaque cépage semble résonner avec un des éléments de la saint-jacques pochée (le léger gras de la roussanne), aux couteaux (la tension minérale de la jacquère), avec crème de livèche et sauce au pain de campagne (les plus aromatiques malvoisies et mondeuse blanche).

 

Comme promis ma découverte des Pétavins le 29 novembre 2012

 

La première fois que je suis allé déguster les vins d’une petite poignée de vignerons de Savoie c’est Raphaël Saint-Germain qui m’avait pisté. « Plutôt jeunes - ou toujours jeune ? -, nos vins nous ressemblent et nous rassemblent. Tant dans la démarche que dans le niveau de qualité produite. Et du caractère, c’est vrai ! Chacun de nous vinifie avec sa propre sensibilité, sa propre patte des Vins qui se veulent authentiques, des vins de vignerons, mais tous savoyards ! Alors… Rencontrons nous ce lundi 24 novembre de 10h à 19h autour d'une dégustation de Savoie LES FINES GUEULES ; 43 rue des Petits Champs 2 rue de la Vrillière. » C’était en 2008.

 

À l’époque, comme toujours aujourd’hui, j’avais commencé par décoconner en écrivant : « La Savoie ça m’inspire quoi ? Dans l’ordre : le gâteau de Savoie de maman, léger, mousseux, où parfois elle glissait de la confiture d’abricot ; mon seul et unique séjour en colonie de vacances à St Jean de Maurienne avec les enfants de marins de l’Ile d’Yeu ; l’escalade de la Dent d’Oche où je me suis offert (sic) la plus belle de mes rages de dents ; la chanson niaise d’Hughes Auffray « va doucement c’est tout bon » ; le festival du film fantastique d'Avoriaz l'année où de Niro était président du jury ; un roman de Patrick Modiano « Villa Triste » au bord du lac Léman ; le Reblochon et les cloches des vaches des alpages ; Alain Berger qui a été directeur de l’INAO ; Hervé Gaymard qui a été le locataire du 78 rue de Varenne à qui j’ai remis « Cap 2010 » et qui m’a donné du monsieur le Président avant de m’abandonner en rase campagne ; notre ministre actuel Michel Barnier qui est venu s’exprimer sur mon espace de liberté… Mais j’avoue, en me couvrant la tête de cendres, en battant ma coulpe, que je suis bien incapable de situer le vignoble de Savoie sur une carte de cette belle province. »

 

La suite ICI la suite Les vignerons savoyards en bon montagnards poursuivent leur ascension, même que le Wine Spectator en a placé un dans son top 100…

C’est Michel Grisard qui va être content Stéphane Davet du Monde tresse des lauriers bien mérités aux vins savoyards
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 10:30
Journal d’1 chroniqueur de campagne (9), le compteur des lâcheurs de Fillon, j’ai bien connu Stefanini, Aubry explose Macron…

Nous voguons dans un océan de dérision, Libération jamais en reste d’une facétie, pour tenter de recoller à son image bien défraichie de journal irrévérencieux, affiche sur le Net un compteur des lâcheurs de Fillon : ICI

 

Patrick Stefanini, l’homme qui fait gagner les élections, Chirac, Pécresse, puis Fillon à la Primaire, se tire en invoquant des raisons de nature à la fois « personnelle », « morale » et « politique » dans sa lettre de démission, publiée par Le Journal du Dimanche. Il quittera ses fonctions dimanche soir.

 

Je me souviens qu'en 2001, les circonstances avaient voulu que je dirige la campagne de Philippe Séguin dans le 18ème arrondissement de Paris et qu'il m'avait demandé de ne pas être candidat sur sa liste au motif que j'étais alors mis en examen.

 

On le présente comme haut-fonctionnaire, ce qu’il est, puisque son dernier poste fut Préfet de Région, Auvergne d’abord puis Aquitaine. C’est là que je l’ai côtoyé lors de ma dernière grande mission de médiateur laitier. Nos rapports ne furent en rien protocolaire, Stefanini ne se comportait pas en Préfet mais en chef de commando. C’est un personnage, un battant, toujours sur la brèche, un politique. Même si nous n’étions pas du même bord, nous nous sommes très bien entendus, chacun dans notre rôle et même si ça vous étonne il appliquait sans défaillir la ligne stratégique de négociation que j’avais définie. Nous avons gagné notre petite bataille, puis il fut viré lors de l’alternance et ce fut une erreur. Je rencontrai une seule fois son successeur, rien qu’un Préfet bouffi d’importance et de suffisance.

 

Dans sa lettre de démission qu'il a adressée au candidat, et que le Journal du Dimanche a publiée vendredi, cette décision est irrévocable. «Mercredi matin, je t'ai indiqué qu'après l'annonce faite à tes avocats de ta convocation en vue d'une mise en examen, il me paraissait préférable que tu arrêtes ta campagne, rappelle-t-il. (....) Tu as pris une autre décision. Je la respecte. Je constate qu'à cette occasion, j'ai été minoritaire au sein de ton équipe. Je ne suis donc plus le mieux placé pour diriger ta campagne et j'en tire les conclusions.» Voilà

 

Patrick Stefanini, le directeur de campagne de François Fillon, démissionne

 

« Il sera remplacé lundi matin par Vincent Chriqui », selon un communiqué de l'équipe de campagne du candidat de la droite.

 

Lire ICI 

 

Martine Aubry est vraiment un cas d’école, elle cultive la détestation comme d’autres les orchidées sous serre.

 

Souvenir de notre première rencontre lors d’un déjeuner en juin 1981, un festival de venin. Elle était en ce temps-là copine avec Alain Minc, je crois qu’ils sont de la même promotion de l’ENA, et elle raillait durement Chevènement, les néo-communistes du PS, dézinguait les nationalisations à la con et prédisait que nous allions dans le mur. Elle n’avait pas tort mais plus que le fond c’est le ton au vitriol qui me frappa. Mon Président de l’Assemblée Nationale, Louis Mermaz, était très ami avec Jacques Delors, à l’époque Ministre de l’Économie, et j’ai participé à des déjeuners avec lui et à un déplacement dans l’Isère où nous avions reçu Gérard Nicoud. Bref, de Martine Aubry le seul point positif que je retins ce sont ses beaux yeux verts ; de son père, éternel démissionnaire, j’appréciai son savoir encyclopédique sur le Tour de France. Je présente à peine car lorsqu’on fit de lui un possible candidat à l’élection présidentielle, celle du duel Chirac-Balladur, je fus l’un des rares à pronostiquer qu’il jetterait l’éponge. Raymond Lacombe, président de la FNSEA, en rêvait, je douchai son enthousiasme.

 

Dans une région où le FN fait ses plus beaux scores, où le PS s’est fait virer de la région pour faire barrage au dit FN, la revoilà dans ses œuvres :

 

Martine Aubry est de retour, et elle explose le programme d'Emmanuel Macron

 

Retour en fanfare. A peine sortie de convalescence suite à une opération du nerf sciatique, Martine Aubry a donné, vendredi, une conférence de presse. Après avoir traité de sujets locaux, la maire de Lille a consacré quelques minutes à commenter le programme d’Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, qu’elle a dans le collimateur depuis des mois. Morceaux choisis (âmes sensibles, attention : ça fait mal).

 

« C’est plus un loup, c’est une meute de loups »

 

« Jusqu’à présent, Emmanuel Macron pensait que le fait d’être lancé comme un nouveau produit avec un sourire étincelant suffirait à être élu président de la République. Et on a eu sur tous les sujets tout et son contraire. Moi je dis toujours, quand c’est flou, y’a un loup. Mais maintenant on sait, son programme est affiché. Et ce n’est plus un loup, mais une meute de loups ».

 

« Son programme économique date des années 1980 »

 

« Son programme économique, reprend les programmes libéraux anglo-saxons des années 1980. C’est réduire les services publics, réduire les déficits, que les salariés travaillent plus et qu’ils soient moins payés. Dans son programme, les Français vont casquer : 60 milliards en moins de l’Etat, on continue d’aider les entreprises, on baisse les cotisations et on augmente la CSG de 1,7 % même pour les retraités. Ce n’est pas la modernité Macron, il utilise des vieilles recettes qui n’ont jamais marché.

 

Sur le plan social, il faut serrer. Il demande un peu plus de responsabilité aux chômeurs, aux retraités, aux salariés. Mais il les connaît des gens ? Non. Il connaît mieux le milieu de la City. Tout ce qu’il veut, c’est du libéralisme économique et de la flexibilité pour les salariés ».

 

« Il ne connaît pas le droit »

 

« Je ne parle même pas de son programme sur l’écologie parce que ça, il ne connaît pas. Bon, là il vient de dire qu’il fallait que le diesel atteigne peut-être à la fin du mandat le même taux de fiscalité que l’essence après avoir tout de même dit qu’il était scandaleux d’attaquer cette forme d’énergie.

 

S’il devait être élu, ce que je n’espère pas, il n’aurait pas de majorité. Car où est-il ? Il y a quelques individus à la droite du PS, toujours les mêmes. Et bien qu’ils partent chez Macron, au moins ça clarifie des choses. Bien sûr, il a rajouté une ou deux mesures démagogiques comme l’exonération de taxe d’habitation pour 80 % des Français. Il ne connaît sans doute pas le droit car là, il intervient dans les libertés locales ce qui, je crois, est inconstitutionnel ».

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 06:00
Le pouvoir est dans la rue : de Gaulle n’est pas seul, Fillon va-t-il faire bégayer l’Histoire dimanche au Trocadéro ?

Le 29 et 30 mai à l'Elysée : le chef de l'Etat a disparu, la rumeur gronde de la vacance du pouvoir. De Gaulle est parti à Baden-Baden rencontrer le général Massu. De retour à Paris, il reçoit Georges Pompidou qu'il confirme à son poste de Premier ministre, et il accède à sa requête, la dissolution de l'Assemblée nationale. A 16 h 30, à la radio, il annonce ses décisions et affirme sa légitimité.

 

De Gaulle parle - un discours concis, des phrases sèches, des formules cinglantes – le communisme totalitaire, menace du recours à la force légale : art 16 ou para-légale : l’action civique. Une heure avant, il avait brièvement réuni ses ministres en conseil extraordinaire pour les prier de descendre dans la rue et les informer qu'il devrait se séparer de certains d'entre eux, « parce que la situation l'exige ».

 

C'est clair : le vieux chef de l'Etat a décidé de résister au flot. Il appelle ses soutiens à se manifester publiquement, en organisant « partout et tout de suite » pour aider le gouvernement et les préfets, « l'action civique ». Loin d'être improvisée, la manifestation des gaullistes est préparée depuis le 26 mai par Jacques Foccart en accord avec le chef de l'Etat. Un autre flot déferle sur Paris. De la place de la Concorde, suivant André Malraux, Michel Debré, Maurice Schumann, Jacques Foccart, Robert Poujade et tous les caciques de la majorité, une foule immense remonte les Champs-Elysées vers l'Etoile. Ils sont un million à hurler à De Gaulle qu'il « n'est pas seul ». Le reflux s'annonce. La France sent qu'on va bientôt siffler la fin de la récréation.

 

Le lendemain, des manifestations en faveur du chef de l'Etat ont également lieu en province, notamment à Rouen, au Havre, à Caen, mais aussi à Besançon, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Limoges, Marseille, Montpellier, Nancy et Toulouse. Cette mobilisation gaulliste fait perdre l'initiative politique à la gauche et annonce le retournement d'une opinion inquiète, prête à saisir le retour à l'ordre, à défaut d'alternative crédible.

 

Il faudra attendre seize ans et les grandes manifestations en faveur de l'Ecole Libre, pour que la droite lance à nouveau des marées humaines dans les rues...

 

LIRE ICI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes souvenirs personnels à Nantes le 30 mai 1968

 

« Le football aux footballeurs ». Du 22 au 27 mai 1968, ce slogan flotta aux fenêtres de la fédération française de football. Une révolution ? Plutôt un putsch. 


Just Fontaine président du comité d'action 


Au petit matin du 22, une centaine de footballeurs investit les locaux de l'avenue d'Iena, « retenant » le secrétaire général, Pierre Delaunay, ainsi que Georges Boulogne, alors « instructeur national ». Menés par François Thébaud, journaliste à Miroir Sprint (*) et futur père du mouvement « football progrès » (lire ci-dessous), les putschistes entendent « rendre le football aux 600.000 footballeurs français (ils sont aujourd'hui 2.320.000, NDLR), dont les pontifes de la fédération les ont expropriés pour servir leurs intérêts égoïstes de protecteurs du sport ». Dans une France paralysée par les grèves, les membres de ce « comité d'action des footballeurs » sont quasi exclusivement des amateurs de la région parisienne. Leur coup de génie consiste à convaincre Just Fontaine d'accepter la présidence à distance (le téléphone fonctionnait). 
 

S'ils n'ont pas pris part activement à l'occupation de la fédération (ci-dessus), les footballeurs, en lutte contre le contrat à vie depuis la création de l'UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) sept ans plus tôt, se sont joints de manière dispersée à la grève. Dans ce contexte, un match amical entre Nantes et Rennes «au profit des familles des grévistes» a attiré 13.000 personnes le 30 mai à Marcel-Saupin. « La grève était très contestée à l'époque et nous ne l'avions pas faite à Nantes, se souvient Robert Budzinski, puisque nous avions joué notre match contre Nîmes lors de la journée qui devait être reportée. Cependant, nous étions d'accord avec l'UNFP dans sa lutte pour obtenir une reconnaissance professionnelle ».
 

« Au lever du jour, investit par le frère de Marie - celui que nous avions croisé le premier jour - et quelques-uns de ses acolytes, l'appartement se transforma en repaire de conspirateurs. Ignorant notre présence, exaltés, ces jeunes gens se préparaient à la grande manif commanditée par une étrange coalition de gaullistes, d'anciens pétainistes, de partisans de l'Algérie française et des fafs habituels de la Fac.

 

La spontanéité de la marée des Champs-Elysées, et des foules des grandes villes de province, s'appuyait sur l'art consommé de la vieille garde du Général à mobiliser ses réseaux de la France libre. Mobilisation amplifiée par l'adhésion d'une partie du petit peuple laborieux excédé par le désordre et de tous ceux qui voulaient voir l'essence réapparaître aux pompes pour profiter du week-end de la Pentecôte. La majorité silencieuse, mélange improbable de la France des beaux quartiers et du magma versatile de la classe moyenne, trouvait ce jeudi 30 mai sa pleine expression.

 

La journée plana, d'abord suspendue à l'attente du discours du voyageur de Baden-Baden avant de prendre son envol avec le bras-dessus, bras-dessous des Excellences soulagées sur les Champs-Elysées, elle s'acheva, telle une feuille morte se détachant de sa branche, dans un mélange de soulagement et de résignation. Mai était mort et tout le monde voulait tourner la page, oublier.

 

L'allocution du Général est prononcé sur un ton dur, autoritaire, menaçant. L'heure de la normalisation a sonné. De Gaulle ne sait pas encore, qu'en fait, c'est une victoire à la Pyrrhus, une droite réunifiée et les veaux français ne tarderont pas à le renvoyer à Colombey pour élire Pompidou le maquignon de Montboudif.

 

Avec Marie, en cette fin de journée, nous sommes assis dans les tribunes du vieux Stade Marcel Saupin, au bord de la Loire, tout près de l'usine LU pour assister au match de solidarité en faveur des grévistes, entre le FC Nantes et le Stade Rennais. En ce temps-là, les footeux, parties intégrantes de la vie des couches populaires venant les supporter match après match, osaient mouiller le maillot, prendre parti pour eux. José Arribas, l'entraîneur des Canaris, républicain espagnol émigré, à lui tout seul personnifiait cette éthique.

 

Le stade semblait abasourdi, comme si on venait de lui faire le coup du lapin. Les Gondet, Blanchet, Budzinsky, Le Chénadec, Suaudeau, Simon, Boukhalfa, Robin, Eon, conscients de la gravité du moment, nous offraient un récital de jeu bien léché, à la nantaise comme le dirait bien plus tard, un Thierry Rolland revenu de ses déboires de mai. Il fera partie de la charrette de l'ORTF.

 

Comme quoi, mai, ne fut pas, contrairement à ce nous serine l'iconographie officielle, seulement un mouvement de chevelus surpolitisés. Marie, ignare des subtilités de la balle ronde, applaudissait à tout rompre. A la mi-temps, en croquant notre hot-dog, dans la chaleur de la foule, sans avoir besoin de nous le dire, nous savions que ce temps suspendu que nous venions de vivre marquerait notre vie. Nous ne serions plus comme avant. Lorsque l'arbitre siffla la fin du match, l'ovation des spectateurs, surtout ceux des populaires, sembla ne jamais vouloir s'éteindre. C'était poignant. La fête était finie, personne n'avait envie de retrouver la routine du quotidien. Dans la longue chenille qui se déversait sur le quai, le coeur serré je m'accrochais à la taille de Marie comme à une bouée. »

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 06:00
La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !

À celles et ceux qui trempent leur plume dans la colère pour défendre nos beaux fromages qui puent, estampillés AOC ou non, je pose poliment une batterie de questions ?

 

  • Vous en avez combien dans votre garde-manger de ces fromages pas beaux qui puent ?

 

  • Si oui, lesquels ?

 

  • Vous en avez tout le temps ?

 

  • Si oui, en proposez-vous très souvent à vos enfants et à vos adolescents ?

 

  • Lorsque vous allez au restaurant est-ce que vous prenez régulièrement du fromage ?

 

Je ne suis pas certain que vos réponses soient à la hauteur de votre indignation mais, comme je ne le saurai jamais j’espère un peu quand même que votre militance joint le geste à vos paroles ou à vos écrits. De plus, j’espère aussi que votre combat contre les multinationales prédatrices se concrétise dans vos bulletins de vote. Face de Bouc révèle parfois de grands écarts politiques… Mais les bourgeoises des beaux quartiers ont le droit de défendre les fromages qui puent et d’aimer Fillon.

 

Laissons-là les « professionnels de l’indignation » qui alimentent un fonds de commerce fort lucratif pour entrer dans le vif du sujet :

 

Mon combat pour les fromages qui puent, les moches, les petits, les sans-grades, n’est pas récent, mes nombreuses chroniques et mes photos sur Face de Bouc en témoignent et qu’on ne vienne pas me chercher des poux sur la tête : j’ai défendu avec succès, contre les gnomes sanitaires, la gerle du Salers devenue obligatoire en 2000 ; j’ai ferraillé contre Lactalis pour lui contester sa mainmise sur la Fourme de Montbrison ; j’ai soutenu le noble combat d’André Valadier pour le Laguiole ; j’ai pris des cours d’affinage avec le maître en à la matière : Alleose 

 

Trêve de médailles auto-attribuées à mon combat pour clamer : camembert à celles et ceux qui font profession d’indignation pour vendre des livres.

 

Ça fait le buzz, ça fait des émissions à la radio, mais je mets aux défis qui que ce soit de trouver dans les papiers de nos grands et petits critiques gastronomiques quelques lignes sur le plateau de fromages des restaurants !

 

Encore faudrait-il qu’il y en eut un !

 

Ce n’est pas chic le fromage qui pue !

 

Ces affreux ne relèvent pas du génie du chef, sauf à souligner que le choix de ces fromages relève d’une vraie défense de nos petits producteurs, des territoires où ils s’accrochent.

 

Allez-donc voir, ou achetez le DVD des Chèvres de ma mère ! ça vous fera du bien à la tête, ça vous évitera d’en rester à des combats de salon.

 

Toutes mes cantines favorites : Table, Les Climats, Amarante, Giovanni Passerini… proposent des vrais fromages qui puent…

 

C’est Bruno Verjus qui m’a fait découvrir la fourme de Valsivière

 

C’est Patrick Beaudouin qui sur le marché de Chalonnes-sur-Loire chez Bocahut qui m’a initié au bleu de Termignon. 

 

Ma copine Magalie a arpenté pendant des années le Benelux et l’Angleterre pour vendre les fleurons de nos fromages qui puent.

 

Chaque semaine sur mon vélo flanqué de sacoches je me rends à Terroirs d’avenir ou/et chez Alessandra Pierini, la plus parisienne des italiennes, où je fais, en plus des autres victuailles, ma moisson de fromages qui puent. Il suffit de renseigner son nom sur le moteur de recherche de mon blog pour apprendre à mieux connaître tous les splendides fromages de la Péninsule.

 

Chez moi lorsque j’invite il y a toujours au moins 5 fromages, pas forcément gaulois, et le jeu consiste à les reconnaître avant de les manger. Ils n’ont pas tous une belle tronche mais c’est ça la diversité qu’il faut défendre avec ses deniers.

 

Et qu’on ne me traite pas de bobo qu’a les moyens de se payer ces merveilleux fromages : si l’on souhaite vraiment qu’ils ne soient pas terrassés par les croutes de la GD issues de Lactalis et de ses frères coopératifs ou de pseudo-BOF, il faut accepter de payer le prix.

 

Et ce n’est pas un privilège de parisien que d’avoir accès à cette belle diversité, partout en France, dans tous les recoins de l’hexagone, si on se bouge les fesses, il est tout à fait possible de les acheter au marché, chez les producteurs ou chez des fromagers spécialisés.

 

La meilleure défense c’est l’attaque : joindre le geste à la parole ou à l’écrit. Lorsqu’une demande pressante s’exerce, qu’il y a un marché, le bon produit fait bien mieux que résister, il prospère car les producteurs en vivent.

 

C’est un peu comme la presse magazine qui perd des lecteurs, donc des annonceurs, pour se retrouver en redressement judiciaire : pas vrai Périco de Marianne !

 

Bien entendu je suis de ceux qui les défendent contre les folies des faiseurs de normes, des contrôleurs de tous poils qui emmerdent le petit producteur isolé faute de pouvoir coincer les industriels bardés de juristes.

 

Les traités de libre-échange ne me font pas peur, si nous sommes en capacité d’offrir à nos producteurs fermiers et artisanaux qui travaillent dans la tradition un marché domestique fort et rémunérateur, nos voisins amateurs de bonne chère seront les premiers à venir les conforter.

 

Nul n’est obligé de mal bouffer, mais lorsqu’on privilégie les sports d’hiver ou l’île Maurice par rapport au contenu de l’assiette il ne faut pas chouiner.

 

Tant que les citoyens-consommateurs ne feront pas des choix alimentaires forts en direction d’une alimentation plus saine, plus soucieuse des saisons, plus intéressés par le réel devenir des damnés de la terre, il ne faudra pas s’étonner que le modèle dominant : produits à bas coûts, aliments transformés, distribution de masse, ait encore de beaux jours devant lui en se teintant d’un peu de bio, de durable…

 

C’est de la politique, de la vraie, pas du marketing éditorial à l’adresse de ceux qui adorent pousser des cris d’orfraies, « tout fout le camp, notre bon vieux camembert… », le cul sur leurs canapés en picorant des cubes de Babybel… en sirotant un mauvais whisky de GD… et regardant la télé bien sûr…

 

Je ne force pas le trait, croyez-moi !

 

C’est en ce moment le SIA les plus grands exposants sont LIDL, Danone, Carrefour, MacDo qui en profite pour afficher dans tout PARIS son burger au Gruyère IGP et son partenariat avec la race charolaise McDonald's renforce son partenariat avec la filière des vaches charolaises 

 

Royaume-Uni: les produits du terroir au défi du Brexit

AFP

Publié le 26/02/2017 à 09:42 | AFP

 

ICI 

 

La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !
La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !
La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !
La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !
La meilleure défense de nos bons vieux fromages qui puent c’est de les acheter !
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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 06:00
L'intelligence est-elle vraiment dans le pré ou comment revenir d’1 agriculture de minerai à 1 agriculture de produits ?

En ce temps de Salon des vaches, des cochons et des couvées, surexposé par le défilé des candidats à l’Élysée, je suis frappé par le convenu des discours et des programmes politiques de tous bords.

 

Entre « les barres toutes » de toute obédience, les « on maintient le cap » ou les « on passe la surmultipliée » ce n’est même pas un dialogue de sourds mais une partie de poker menteur où chacun s’appuie sur l’intransigeance du camp d’en face pour camper sur ses positions.

 

Et ça fait des années que ça dure sans que quiconque parmi les politiques, les dirigeants professionnels et celles et ceux qui se vivent comme des lanceurs d’alertes soient en capacité de répondre à ce que l’on qualifie de malaise paysan, du mal être des paysans.

 

Dans sa postface au livre d’Emmanuel Le Roy Ladurie Les Paysans Français d’Ancien Régime, Jean-Marc Moriceau écrivait :

 

« À l’heure où l’on s’interroge sur la place de l’agriculture en Europe et où le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, voté en septembre 2014, peine à préciser l’identité des « agriculteurs », un regard rétrospectif sur les « paysans » dans notre histoire nationale est le bienvenu. Un regard ouvert, et détaché de tout dogmatisme. Ce parti est d’autant plus sain qu’il peut s’appuyer sur une définition très large des paysans français. »

 

Les penseurs du Think tank Groupe saint-Germain (*) cher au cœur de Stéphane Le Foll dans leur ouvrage collectif L’intelligence est dans le pré (2014) abordaient la même question en partant de l’Angélus de Millet : « Une fois entré dans le tableau nous le voulons humble, les yeux baissés sur la terre et la parole rare. L’image devenue cliché, chacun est prisonnier de l’album photographique et la figure du paysan comme travailleur, comme personne agissant dans la modernité passe au second plan. »

 

Le métier a changé disaient-ils, erreur ce sont maintenant des métiers qui vont du quasi-salarié fournisseur de minerai pour l’agro-alimentaire à l’agro businessman en passant par celui de producteur-transformateur en vente directe, de serriste hors-sol, de petit producteur de…, avec des approches radicalement différentes de leur relation à la terre ou à leurs animaux ou de l’élaboration de leur produit : le cas du vin étant très emblématique.

 

Le couplet sur les années 60, l’autosuffisance alimentaire, la révolution verte et silencieuse, la mécanisation, l’intensification, la dépendance vis-à-vis de l’aval tant des IAA que de la GD, le pétrole vert, l’ouverture au grand large, la fin des politiques communes protectrices, la pression des contraintes environnementales, l’isolement de plus en plus grand des paysans, font que toute tentative de dresser le portrait-type du paysan est voué à l’échec.

 

Personne n’échappe à une vision caricaturale des paysans : pour certains ils ne sont aimables que s’ils sont petits, accrochés à leur terre, soucieux de leur terroir, de leur produit, pour d’autres ils se doivent d’être dans l’hyper modernité : OGM, robot de traite, carburant vert, chimie verte, marché à terme, tour de séchage pour lait infantile exporté en Chine… Et les petits franciliens, eux, iront s’esbaudir Porte de Versailles sur la plus grande ferme de France devant des animaux carrossés comme des prototypes et lorsqu’ils rentreront ils demanderont à leurs parents un bon yaourt La Laitière avec un « Vermeer » sur l’étiquette…

 

Cette diversité a toujours existée même si elle s’est amplifiée avec la modernité et occuper le 78 rue de Varenne n’est, n’a jamais été, une sinécure. La FNSEA joue sur du velours, avec la droite au pouvoir elle est en phase : Bruno Le Maire dans son livre ne dit rien d’autre qu’il était au service de la Profession agricole ; avec la gauche gouvernementale elle souffle le chaud et le froid pour mieux imposer sa loi. Le bilan calamiteux de Stéphane Le Foll, recordman de durée au 78, le montre de façon criante. Le seul bénéficiaire de son passage est son directeur de cabinet propulsé à la présidence de l'INRA.

 

Je lisais sur Twitter qu’un jeune loulou était vénère que le gouvernement donna des gages à la FNSEA.

 

Que faire alors ?

 

Changer de modèle clament les Verts !

 

Certes, mais on ne manœuvre pas un porte-avion comme une goélette : rappelons-nous la détresse des salariés bretons face à la désintégration de la filière avicole intensive et la crise des abattoirs de porcs. Le virage ne peut être que progressif, pragmatique, accompagné d’une réelle évolution de notre modèle alimentaire qui passe prioritairement par des achats en GD.

 

Nous sommes aussi le système, les radicalités sont des aiguillons nécessaires mais surmonter nos propres contradictions, ne pas tout demander aux autres, permettra une réelle et salutaire inflexion. Le temps long cher à mon vieux mentor facétieux Michel Rocard.

 

PS. Le Groupe Saint-Germain (*), j’en ai fait partie jusqu’en 2007, je l’ai quitté car j’estimais qu’il manquait autour de la table les principaux intéressés : les agriculteurs, les éleveurs, les viticulteurs ce qui conférait à nos réflexions un côté hors-sol c’est—à– dire déconnecté de la réalité.

 

Parce que le monde change, Il est vital de repenser le projet de l’agriculture  ICI 

 

On ne change pas une société par décret écrivait Michel Crozier en 1979.

 

La multiplication des lois, avec nom de Ministre incorporé, qui se disent d’orientation, de modernisation, d’avenir, ne sont que des cataplasmes sur une jambe de bois.

 

Ce ne sont que des chapelets de « bonnes » intentions qui ne s’appuient sur aucun moyen d’action. Toutes les transitions, énergétiques, sociétales, sociales exigent un travail de persuasion du corps social concerné. Travail qui n’est jamais fait. Nous procédons, lorsque nous sommes face au mur, par à-coups sous la pression et les dégâts collatéraux sont importants.

 

(*) Ce groupe de réflexion multidisciplinaire rassemble une quinzaine d’universitaires, de chercheurs, d’experts publics et de responsables professionnels, figurant parmi les meilleurs connaisseurs du monde agricole et rural français et international. Ont participé notamment à ces travaux : Gilles Allaire, économiste, Jacques Berthomeau, spécialiste de la viticulture, Vincent Chatelier, économiste, Jean-Claude Flamant, agronome, Bertrand Hervieu, sociologue, Jean-Luc Mayaud, historien, Jean Viard, sociologue… Ces échanges réguliers ont pour objectif d’éclairer les enjeux, les dynamiques et les tensions qui traversent nos territoires ruraux afin de contribuer à revisiter le projet de l’agriculture et de la ruralité, de ses territoires, ses fonctions, ses hommes et ses femmes. En clair, une redéfinition des politiques agricoles en France et en Europe. Avec pour but d’intégrer les données économiques, sociales et environnementales afin de proposer une vision partagée par le plus grand nombre, capable d’offrir aux agriculteurs un revenu, une reconnaissance et une légitimité dans la société.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 17:50
Journal d’1 chroniqueur de campagne (8), la jurisprudence Balladur pour les mis en examen, Le Maire fors l’honneur, mais où sont Juppé et NKM ?

La question posée jusqu’à ces derniers jours était : Un ministre mis en examen doit-il démissionner ?

 

La présomption d’innocence, marque de notre État de Droit, ne permettait pas de trancher, ce qu’arguait Nicolas Sarkozy face à Léa Salamé :

 

- Si vous êtes réélu président de la République, est-ce que vous appliquerez la jurisprudence Balladur - tout ministre mis en examen devra démissionner ?

 

- Non, non non non non. Je crois beaucoup à l'État de droit comme vous et à la présomption d'innocence. J'ai trop vu ce qui s'est passé avec monsieur Baudis [voir ici, ndlr] - paix à son âme - qui a été insulté, bafoué à longueur d'émissions de télévision, y compris sur le service public [...] pour s'apercevoir six mois après que c'était que des mensonges et que l'innocence... L'innocence, le respect de la présomption d'innocence, ça compte. Vous devriez considérer que c'est un principe absolu.

 

François Fillon, se range à l’avis de son ancien mentor en inaugurant une nouvelle ère dans l’affaiblissement de la morale publique en maintenant sa candidature à la Présidence de la République.

 

C’est son droit et je ne lui conteste pas. Il est présumé innocent sauf que, s’il est élu, son impunité présidentielle renverra la procédure aux calendes grecques.

 

La jurisprudence Balladur ne s’appliquait donc qu’aux lampistes.

 

Ces vingt dernières années, douze ministres français ont démissionné à la suite d'un scandale. Neuf sont de droite, un du centre, et de deux de gauche.

 

Le dernier en date fut Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, a présenté sa démission du gouvernement après l'annonce d'une ouverture judiciaire à son encontre pour des faits présumés de blanchiment de fraude fiscale.

 

• 29 mai 2011: Georges Tron

 

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique Georges Tron (UMP), visé par une enquête judiciaire après des accusations d'agressions sexuelles, présente sa démission du gouvernement, tout en clamant son innocence. Il a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles mais aucun renvoi devant un tribunal n'a encore été décidé à ce jour.

 

• 27 février 2011: Michèle Alliot-Marie

 

La ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie (RPR, UMP) annonce sa démission, tout en affirmant n'avoir "commis aucun manquement". Depuis le début de l'année, elle avait accumulé les maladresses à propos de ses vacances fin 2010 en Tunisie, alors que la révolte y avait commencé.

 

• 4 juillet 2010: Alain Joyandet et Christian Blanc

 

Le secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet (RPR, UMP) et le secrétaire d'Etat chargé du développement du Grand Paris Christian Blanc (Nouveau Centre) démissionnent du gouvernement de François Fillon. Le premier a été épinglé par la presse pour avoir utilisé un jet privé coûteux pour se rendre dans les Caraïbes, puis à propos d'un permis de construire illégal pour agrandir sa maison dans le Var. Christian Blanc, lui, s'est vu reprocher des achats de coûteux cigares réglés à partir de fonds publics.

 

• 25 février 2005: Hervé Gaymard

 

Le ministre de l'Economie Hervé Gaymard (RPR, UMP) démissionne du gouvernement Raffarin à la suite d'une polémique sur son luxueux et spacieux logement de fonction.

 

• 21 janvier 2004: Pierre Bédier

 

Le secrétaire d'Etat aux programmes immobiliers de la justice Pierre Bédier (RPR, UMP) démissionne du gouvernement Raffarin après sa mise en examen pour "corruption passive et recel d'abus de biens sociaux" dans l'enquête sur des marchés publics dans les Yvelines. Il sera condamné à 18 mois de prison avec sursis.

 

• 17 juin 2002: Renaud Donnedieu de Vabres

 

Le ministre des Affaires européennes Renaud Donnedieu de Vabres (UDF, UMP), mis en examen dans une affaire de financement illégal du défunt Parti Républicain (PR, aujourd'hui fondu dans l'UMP), quitte le gouvernement Raffarin où il ne sera resté que cinq semaines. Il est relaxé des faits de "complicité d'infraction à la législation sur le financement des partis politiques", mais déclaré coupable de blanchiment et écope d'une amende.

 

• 2 novembre 1999: Dominique Strauss-Kahn

 

Le ministre de l'Economie DSK (PS) du gouvernement Jospin, impliqué dans l'affaire de la MNEF, présente sa démission. Il sera relaxé.

 

• 12 novembre 1994: Michel Roussin

 

Le ministre de la Coopération Michel Roussin (RPR), du gouvernement Balladur, démissionne deux jours avant d'être mis en examen pour "recel d'abus de biens sociaux" dans l'affaire des fausses factures des HLM de Paris et des Hauts-de-Seine. Il bénificiera d'un non-lieu pour cette affaire.

 

• 14 octobre 1994: Gérard Longuet

 

Le ministre de l'Industrie Gérard Longuet (UDF, PR, UMP), du gouvernement Balladur, donne sa démission, après des enquêtes préliminaires sur sa villa de Saint-Tropez, et l'ouverture d'une information judiciaire sur le financement du PR. Il bénéficiera d'un non-lieu.

 

• 17 juillet 1994: Alain Carignon

 

Le ministre de la Communication Alain Carignon (RPR, UMP), dans le gouvernement Balladur, présente sa démission peu avant sa mise en examen pour "recel et complicité d'abus de biens sociaux" dans une affaire liée à la Lyonnaise des Eaux. Il sera condamné à cinq ans de prison dont 1 avec sursis et passera 29 mois en prison.

 

• 23 mai 1992: Bernard Tapie

 

Le ministre de la Ville Bernard Tapie (PRG), du gouvernement de Pierre Bérégovoy, démissionne une semaine avant son inculpation dans l'affaire Toshiba-France, un litige privé et commercial qui aboutira à un non-lieu.

 

Dans un communiqué, Bruno Le Maire rappelle cruellement à François Fillon son engagement pris le 26 janvier au journal de 20 heures de TF1 : s’il était mis en examen, il se retirerait de la course à l’Elysée. Depuis, le candidat a fait marche arrière, et martèle désormais qu’il ira « jusqu’au bout ». Mais - même s’il se trouve que Fillon n’est pas (encore) mis en examen - Bruno Le Maire ne le suit plus. « Je crois au respect de la parole donnée », écrit le député de l’Eure. « En accord avec mes principes, je démissionne donc de mes fonctions de représentant pour les affaires européennes et internationales de la campagne de François Fillon. » Et que va donc faire Bruno Le Maire, alors ? « Je poursuis le combat politique au service de la France et des Français », élude-t-il en conclusion de son communiqué.

 

Dans la foulée, plusieurs élus proches de Bruno Le Maire ont apporté leur soutien à cette décision sur Twitter comme Laure de La Raudière, députée d’Eure-et-Loir et membre de l'équipe projet de François Fillon, mais aussi Franck Riester, député-maire de Coulommiers, ou Arnaud Robinet, député-maire de Reims. Parmi les « lemairistes » haut placés dans l'organigramme de François Fillon, Thierry Solère, porte-parole, et Sébastien Lecornu, directeur adjoint de la campagne, n'ont en revanche pas annoncé leur retrait à l'heure actuelle.

 

Reste une double inconnue non encore levée à l’instant où j’écris cette chronique : que vont faire Alain Juppé et celle qui s’est ralliée à lui, avec un beau score à la Primaire, NKM ?

 

Le premier se devrait, eu égard à ses prises de position et à ses électeurs de la Primaires, d’adopter a minima une position très en retrait du maintien de Fillon. Sa raideur coutumière lui a interdit de se positionner en recours, ce fut une erreur stratégique qui a ouvert un large boulevard à Macron. Boulevard sur lequel s’est engouffré son soutien de la première heure Bayrou.

 

Du côté de NKM, même si elle doit une circonscription en or massif de François Fillon, rester accrocher à l’ambulance obérera son avenir de représentante d’une droite décomplexée à cent lieues des partisans de la Manif pour tous…

 

L'UDI « suspend » sa participation à la campagne de François Fillon, a annoncé le président du mouvement, Jean-Christophe Lagarde.

 

Les fillonistes organisent une grande marche « anti coup d'état des juges » à Paris dimanche. 300 000 personnes espérées.

 

Nous ne sommes pas au bout de nos peines car la MLP est-elle aussi dans les rets de la justice…

 

Pauvre France !

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 06:00
Peut-on boire du vin le mercredi des Cendres et pendant le carême ?

François Fillon n’en rate pas une, lui le candidat d’une France aux racines chrétiennes, a prévu de se rendre au Salon de l’Agriculture, haut-lieu de beuveries et de goinfreries provinciales, ce mercredi 1er mars.

 

« C'est le jour des Cendres ! Pour un Chrétien le jeûne est de rigueur ! » s’est exclamée Christine Boutin son ancienne ministre du Logement ex-présidente du Parti Chrétien Démocrate maintenant entre les mains du bien nommé Poisson.

 

Elle lui a suggéré @FrancoisFillon mardi , c'est mieux ! C'est mardi gras !

 

Le jeûne consiste à faire un seul repas pendant la journée, avec une alimentation frugale le matin et le soir. On ne doit rien manger entre les repas, sauf cas de maladie.

 

La loi du jeûne oblige tous ceux qui sont majeurs, jusqu’à l’âge de 59 ans.

 

La loi de l’abstinence oblige tous ceux qui ont accompli 14 ans.

 

Le mercredi des Cendres marque l'entrée officielle en Carême et dans le cycle pascal. Il peut tomber n'importe quel mercredi entre le 4 février et le 10 mars, en fonction de la date de Pâques. Les cendres qui proviennent des rameaux de l'année précédente, brûlés pour l'occasion, sont déposées sur le front des fidèles. Cette coutume de se couvrir la tête de cendres - et à l'origine de se revêtir aussi d'un sac - est une ancienne pratique pénitentielle qui remonte au peuple hébreu (Jonas 3.5-9 : Jérémie 6.26 ; 25- 34 ; Matthieu 1 1,21).

 

Pourquoi les cendres ?

 

Se couvrir de cendres ou s’asseoir sur la cendre en signe de pénitence est une pratique souvent rapportée dans l’Ancien Testament. A la suite de la prédication de Jonas, le roi de Ninive s’assoit sur la cendre » (Jonas 3, 6). En 2 Samuel 13, 19, Tamar « prend de la cendre et s’en couvre la tête ». Le rite peut être un rite de pénitence mais aussi un rite de souffrance devant ce que l’on a vécu.

 

Deux notations personnelles :

 

  • En tant qu’éminent enfant de chœur de la paroisse St Jacques le Majeur à la Mothe-Achard, j’ai eu droit aux cendres le mercredi des Cendres. En effet, à la messe du matin le curé commençait par les épandre sur la tête de ses assesseurs avant de le faire sur celles de ses ouailles. Détail d’importance, en ce temps-là les femmes (y’avait que des femmes à la messe du matin) devaient se couvrir la tête pour entrer dans l’église ce qui ne facilitait pas l’épandage.

 

  • Étant donné mon grand âge je suis dispensé de jeûne et je peux donc faire ripailles et buvaison sans commettre un péché. Je ne vais donc pas m’en priver.

 

Mais ça ne m’empêche pas d’apprécier le jeûne mais à des temps à ma convenance.

 

Voltaire écrivait « Toujours du plaisir n'est plus du plaisir », il est une grande jouissance que de pouvoir alterner bombance et ascèse.

 

Ni carnaval le Mardi-Gras, ni austérité du mercredi des Cendres et rigueur du Carême.

 

« C'est une grande part de liberté qu'un ventre bien réglé. »

Sénèque

 

Dans son livre Les métamorphoses du gras Histoire de l’obésité, Georges Vigarello écrit :

 

« Deux problèmes de société, longtemps confondus, peuvent du coup se disjoindre aujourd’hui : la présence croissante de l’exigence du mince, la présence croissante de la dénonciation du gros.

 

La première demeure une norme du paraître social, la seconde devient un indice de menace sanitaire. Leur origine, surtout, est différente : culturelle pour la première, avec son code de silhouette et de tenue, économique pour la seconde, avec son repère de risque collectif.

 

Les inquiétudes qu’elles suscitent n’ont pas les mêmes objets. Les conséquences de leurs possibles ratés n’ont pas les mêmes enjeux. Aucun doute, bien sûr : l’exigence du « mince » fait davantage apparaître aujourd’hui la présence marquante du « gros ». Elle tend à suggérer sa plus grande fréquence, son « évidence » même. La rigueur exercée sur l’élancement du profil rend plus visible la dérive des formes, suraccentue les échecs de contour. Une disparité demeure toutefois, majeure, indiscutable : la présence marquante de l’obésité dans nos sociétés vient davantage du mode de vie et de ses effets « engraissants » que du contraste suggéré par le mince et son impact.

 

Elle s’impose surtout par le changement des comportements, moins par le changement du regard. Nuance centrale, encore : les croisades contre l’excès de lipide et de sucre, l’inquiétude accrue sur les risques et les coûts ne sont pas provoquées par la recherche du mince mais bien par la crainte d’une atteinte nouvelle, spécifiquement organique, un danger allant du physique au social. Non la vision des sveltesses autrement dit, mais celle des désordres et des disfonctionnements. »

 

À titre d’exemple de la tyrannie de la minceur, la « mutation » d’une Marlène Dietrich berlinoise à une Marlène Dietrich hollywoodienne, à la fin des années 20. Affrontement constant, affirmation délibérée, toujours renouvelée « Je suis trop grosse […] Il faut que je prenne plus de laxatifs, que je boive du café, que je fume sans plus avaler d’autre… »

 

 

Pour finir un peu d’Histoire religieuse sur le mercredi des Cendres

 

Aux commencements du christianisme ce rite des cendres n'était pas directement associé au début du Carême. Vers l'an 300, il fut adopté par certaines Églises locales et intégré au rite d'excommunication temporaire ou de renvoi des pécheurs publics de la communauté. Ces personnes s'étaient rendues coupables de péchés ou de scandales "majeurs" : apostasie, hérésie, meurtre et adultère (considérés comme des péchés "capitaux").

 

Au VIIe siècle environ

 

Cette coutume donna lieu, dans certaines églises, à un rite public du mercredi des Cendres. Les pécheurs confessaient d'abord leurs péchés en privé. Puis ils étaient présentés à l'évêque et mis publiquement au rang des pénitents, ils devaient se préparer pour recevoir l'absolution donnée le Jeudi saint. Après une imposition des mains et des cendres, ils étaient renvoyés de la communauté comme Adam et Eve l'avaient été du paradis. Bien sûr, on leur rappelait que la mort est la conséquence du péché : "Oui, tu es poussière et à cette poussière tu retourneras" (Genèse 3,19).

 

Les pénitents vivaient en marge de leur famille et du reste de la communauté chrétienne pendant les quarante jours du Carême (d'où l'expression de "quarantaine"). Le "sac" qu'ils avaient revêtu et la cendre dont ils étaient couverts permettaient de les reconnaître lors des assemblées ou, le plus souvent, aux portes de l'église où ils étaient relégués. Cette pratique pénitentielle impliquait généralement de s'abstenir de viande, d'alcool, de bain. Il était également interdit de se faire couper les cheveux, de se raser, d'avoir des relations sexuelles et de gérer ses affaires. Selon les diocèses, il arrivait que certaines pénitences durent plusieurs années, voire toute la vie.

 

Au cours du Moyen-Âge

 

C'est la dimension personnelle du péché, plutôt que son caractère public, qui fut objet d'insistance. Par conséquent, les traditions associées au mercredi des Cendres furent appliquées à tous les adultes de la paroisse, mais sous une forme mitigée. Au XIe siècle, les pratiques en usage étaient fort semblables à celles que nous connaissons aujourd'hui. Depuis quelques années, il existe une alternative à la formule traditionnelle pour l'imposition des cendres. Elle met en valeur un aspect beaucoup plus positif du Carême : "Convertissez-vous et croyez à l'Evangile" (Mc 1,15).

 

Dans les églises de Bretagne insulaire et d'Irlande, une nouvelle modalité pénitentielle se développa, entre le VIe et le VIIIe siècle, sous l'influence des moines celtes. Il s'agissait d'une forme de pénitence personnelle et privée pour des péchés moins graves que ceux évoqués ci-dessus. Cette pratique, plus que le rite du mercredi des Cendres, allait contribuer à faire évoluer les modalités du sacrement de la réconciliation.

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 06:00
« Du courage ! » Isabelle Saporta en a...

S’il est un reproche que je ne ferai pas à Isabelle Saporta c’est celui de n’être qu'une ouvrière de la 25e heure – ce que je suis moi qui ait passé un si long temps les bras croisés sous les ors de la République – son combat est ancien et sa pugnacité reconnue.

 

Du courage, elle en a !

 

Moi, je ne sais pas, sauf peut-être à barre d’un tribunal, mais là n’est pas le sujet de cette chronique.

 

J’ai lu son dernier livre, de la première ligne jusqu’à la dernière ligne, et je n’ai rien à redire. J’aurais pu appliquer à la réception de son livre la jurisprudence Face de Bouc qui se résume ainsi.

 

La critique littéraire versus Face de Bouc :

 

- Tu reçois le livre d’un membre de ta tribu : tu publies la photo de la couverture et tu écris lisez-le !

 

- Tu reçois le livre de quelqu’un que tu ne peux pas piffer : tu le mets à la poubelle.

 

Économie de mots, choc des photos et surtout, grand avantage, ça évite au critique de les lire…

 

Isabelle Saporta soulève et traite dans son livre avec compétence des sujets de la plus haute importance pour notre avenir, surtout celui de nos enfants et de nos petits-enfants, l’avenir de notre petite planète.

 

L'étiquetage nutritionnel, les cantines scolaires, l'antibiorésistance, l'hygiénisme laitier, les pesticides, les néonicotinoïdes, l'agro-écologie, la souffrance animale...

 

Achetez-le et lisez-le !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur la dangerosité des lobbies je vous engage à lire :

 

Les Courtiers du capitalisme

 

Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles Sylvain Laurens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est du lourd et très ardu mais de salut public.

 

« À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.

 

Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. 

 

À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.

 

Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés. »

 

Je vous engage aussi à lire, c’est moins long, l’entretien avec Jean Ziegler, sociologue, ancien rapporteur à l'ONU, qui publie « Chemins d'espérance ».

 

« On peut nourrir 12 milliards d'humains. Les victimes de famine sont donc assassinées »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Un jour de décembre 2011, Jean Ziegler déjeunait avec José Bové «Chez Léon», un restaurant lyonnais. Le maire, Gérard Colomb, recevait à sa table un candidat d’alors à l’élection présidentielle, François Hollande. Jean Ziegler et Bové ont ce jour-là tenté d’attirer l’attention du futur président sur le problème de la faim dans le monde, en lui suggérant d’inclure dans son programme quelques mesures pour changer les choses. En vain.

 

Hollande, raconte Jean Ziegler, estimait que ce problème était «trop loin» des préoccupations communes. Et si c’était faux ? La conscience qu’une partie de l’humanité meurt chaque jour de n’avoir pas accès à l’eau et à la nourriture est une blessure très partagée. C’est le sentiment d’impuissance face aux famines, présentées comme une fatalité, qui crée la résignation.

 

Le sociologue suisse, ancien rapporteur de l’ONU sur les questions de nutrition, explique en quoi cette prétendue fatalité est un mensonge. La faim n’est plus comme autrefois la conséquence d’une insuffisance de production alimentaire, mais un drame consenti par tous les parlements dans l’ordre économique contemporain. L’essai brillant et simple que Ziegler publie aujourd’hui restera comme un cours de vérités publiques. Nous nous sommes entretenus avec lui. »

 

La suite ICI 

 

Enfin je déteste le ON, c'est rond, c'est creux, je préfère les NOMS PATRONYMIQUES, ici le mien, alors pour remettre les faits d'aplomb j’ai réécrit un passage du livre d’Isabelle Saporta : pages 168-169.

 

Au mois d’octobre 2016 deux amis vignerons de Chablis Olivier de Moor et Julien Brocard m’alertent « ils se sentent bien seuls à Chablis pour s’opposer à l’usine d’enrobage.

 

Je ponds une chronique Pas d’objection : à Chablis l’INAO aime autant les nuées de pesticides que les fragrances bitumineuses

 

« Du côté de Chablis je suggère que l’on en apposa un nouveau :

 

« Les grands crus de Chablis sont des terroirs gâchés » signé Athénaïs de Béru et d’y ajouter merci à Eiffage d’y contribuer avec un zeste de fleur de bitume.

 

Lors de mon dernier passage à Chablis pour rendre visite aux de Moor dans la bourgade de Courgis par une belle journée de juillet j’ai pu respirer à pleins poumons une belle acidité épandue par des araignées hautes sur pattes gambadant sur les coteaux au terroir bronzé comme un parigot de retour de la Côte d’Azur.

 

Et nous y voilà, les qui vont se faire bronzer le cul en meutes ou respirer le bon air des cimes dans la même formation sont des gens pressés. Pour éviter que les moutons de Panurge bouchonnent faut élargir le tuyau. Et une fois élargi le tuyau faut lui coller au cul du goudron et le goudron faut le fabriquer au plus près. »

 

La chronique ICI 

 

J’envoie un e-mail à Yves Colmou conseiller-politique de Valls Premier Ministre, un ex de chez Rocard, pour lui demander ce qu’il en ait. En retour, il m’indique qu’il a appelé le Préfet de l’Yonne qui lui a indiqué, qu’après l’avis des instances concernées, il donnerait un avis négatif.

 

Ce que je communique à mes deux amis en leur demandant de maintenir la pression et d’essayer de mobiliser les vignerons de Chablis et du Président de l’ODG bien passifs.

 

Puis à leur demande je tiens la plume pour rédiger un courrier à Stéphane Le Foll Ministre de l’Agriculture. Lettre expédiée le 17 octobre.(voir plus bas)

 

Mon rôle s’est arrêté-là, et je n’ai jamais affirmé « que Stéphane était aux manettes » car il ne l’était pas et je n’ai eu aucun contact avec lui ou son cabinet, ce qui aurait été contre-productif vu ma cote au 78 rue de Varenne.

 

Bien évidemment je dispose de tous les mails avec mes amis de Chablis échangés sur le sujet mais je ne vais pas révéler une correspondance privée.

 

Je ne suis pour rien dans la décision préfectorale et ce que je regrette, tout comme mes deux amis vignerons, c’est l’absence de mobilisation de la majorité des vignerons de Chablis.

 

Leur ODG a été plus prompte à la détente pour s'associer à  l’irresponsabilité crasse des syndicats d’AOC face à la consultation du Ministère de l’Agriculture sur l’arrêté des produits phytopharmaceutiques.

 

« L'abandon de conscience. En utilisant l'argument de l'autorisation des produits, l'AMM par l'Etat. Ces « salauds ordinaires » oublient que ce n'est pas l'État qui les oblige à utiliser ces produits de merde. Ce sont eux, en pleine conscience, qui les choisissent. Ils savent ce qu'ils font.

 

Et ce qu'ils ne veulent pas c'est l'afficher, faire l'aveu de leur choix du danger chimique par l'obligation de porter des combinaisons qui ne manqueraient pas de poser question. D'éveiller des doutes dans la tête des riverains qui n'ont pas suffisamment de curiosité ou d’informations. Le « voire jusqu'à la récolte » amenant le doute jusqu'au fruit et donc au vin : révélant que le risque a persisté.

 

Les dirigeants professionnels n'en veulent pas. Ce qu'ils veulent c’est rester dans l’ambiguïté, c'est conserver les moyens de leur duplicité.

 

Au lieu de se remettre en question, de se réformer. C'est-à-dire qu'à chaque fois que la question de l'usage se pose, de réfléchir à son utilité. Et que si le traitement est jugé nécessaire, que le choix se porte sur le moins mauvais. Cette question dépasse les familles habituelles : Bio, Biodynamie, conventionnelle. »

Lire ma chronique  ICI

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Lors de votre venue à Maligny le 11/07/2016, suite aux violentes intempéries qui ont touché nos vignes, vous avez partagé avec nous les mêmes convictions sur l’importance capitale de redonner au sol sa complexité et sa diversité afin de lui permettre de retrouver son autonomie. C’est un travail de longue haleine qui exige l’adhésion du plus grand nombre.

 

Notre terroir de Chablis n’est pas délocalisable alors que le projet d’installation d’un poste mobile d’enrobage à chaud à Saint Cyr des Colons, sur les hauteurs du vignoble Chablisien en 2017, lui, ne dépend que de décisions purement économiques de la part de la société APRR.

 

Une telle installation, dont on n’a pas vraiment étudié les risques à moyen et long terme, viendrait abîmer nos terres et nos plantes et constituerait un signal négatif à celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui souhaitent s’orienter vers l’agriculture biologique.

 

Dans un monde ouvert, de plus en plus concurrentiel, c’est aussi, pour nous vignerons qui mettons en avant la richesse et la diversité de nos terroirs, aller à contre-courant des exigences nouvelles, en termes de préservation de l’environnement et de la santé, de nos consommateurs nationaux et étrangers.

 

Cette unité mobile est prévue pour un rendement de 500 tonnes de bitume/heure et pour une durée de 25 ans. Elle engage donc notre avenir et plusieurs publications scientifiques mettent en avant la dangerosité et la résistance des molécules de HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) dans l’environnement (le sol, les plantes et l’eau). La thèse de Dorinne Desalme, maître de conférences à l’Université de Lorraine/INRA va dans ce sens.

 

L’enquête publique est close, avec avis favorable du commissaire-enquêteur, depuis la fin mai 2016 et la décision définitive est entre les mains du Préfet de l’Yonne après avis du CODERST. Cette enquête à notre sens, n’a pas suffisamment pris en compte les effets négatifs, à moyen terme, sur nos sols et nos plantes et la consultation des vignerons est restée trop retreinte et confidentielle. De plus, l’avis « sans objection » de l’INAO Dijon est à la fois bien succinct et ne repose sur aucune étude d’impact sérieuse.

 

Face à cette situation qui nous inquiète à juste raison, et à la faible implication de beaucoup de vignerons peu informés, nous ne pouvions qu’alerter les pouvoirs publics et les élus par les moyens à notre disposition : les médias locaux et nationaux.

 

Il ne s’agit pas pour nous de faire de l’agitation stérile et agressive mais de défendre, avec des arguments sérieux et solides, un dossier qui, rappelons-le une fois encore, engage l’avenir de nos exploitations et de nos familles.

 

C’est pour cette raison, qu’en l’attente de la décision de Monsieur le Préfet de l’Yonne, qui nous dit-on serait négative, nous nous tournons vers vous pour que vous nous aidiez dans notre démarche afin que le dossier technique, scientifique, économique et environnemental, puisse être nourri d’arguments pertinents.

 

Notre volonté c’est que ce projet, certes nécessaire pour répondre aux besoins de la société APRR, qui avait été présenté à l’identique au même endroit il y a quelques années, ne resurgisse plus à nouveau sous cette forme et à cet endroit.

 

La décision qui va être prise doit pour nous s’inscrire dans la durée afin que les vignobles du Chablisien et de l’Auxerrois puissent s’engager résolument dans une viticulture respectueuse de son environnement et de la santé de ses producteurs et de ses clients.

 

Nous sommes convaincus que vous partagez avec nous cette volonté et nous vous remercions par avance de l’intérêt que vous porterez à notre démarche.

 

Bien évidemment nous restons à votre disposition, comme à celle de Monsieur le Préfet de l’Yonne, pour vous apporter, lors d’une rencontre, toutes les précisions que vous jugerez utiles.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sincères salutations.

 

Olivier de Moor et Julien Brocard

 

Cette lettre est restée sans réponse.

 

 

 

 

 

 

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 10:15
Journal d’1 chroniqueur de campagne (7), épuration selon MLP, guerre civile selon Fillon, Mélenchon «lamberto un jour, lamberto toujours», les fossoyeurs de Jospin en 2002

MLP sera, selon les sondages, présente au 2d tour des présidentielles et de surcroît en tête.

 

Qui s’en étonne ?

 

Pas grand monde, selon certains elle est devenue fréquentable parce qu’elle ne dérape pas comme son obsessionnel de père, et j’ai même entendu de jeunes électeurs anti-Macron dit de gauche me dire : si c’est elle que les Français veulent, pourquoi pas, au moins ils comprendront ce qu’elle est vraiment et ce sera le bordel.

 

J’en suis resté pantois et hier j’ai découvert les propos suivants qui ont été tenus par Marine Le Pen le 26 février 2017

Journal d’1 chroniqueur de campagne (7), épuration selon MLP, guerre civile selon Fillon, Mélenchon «lamberto un jour, lamberto toujours», les fossoyeurs de Jospin en 2002

Daniel Cohn-Bendit qui était l’invité, dimanche 26 février, de l’émission « Questions politiques » (France Inter, Le Monde, France Télévisions) a lui déclaré qu’« au jour d’aujourd’hui », il voterait pour Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, « le mieux placé » pour battre largement Marine Le Pen.

 

Cohn-Bendit votera en avril pour la première fois à une élection présidentielle française, après sa naturalisation en 2015.

 

« Qui peut aujourd’hui le mieux battre Marine Le Pen au 2e tour ? Si c’est François Fillon qui est au 2e tour, la gauche ira très difficilement voter ; si c’est Benoît Hamon, la droite n’ira pas voter, donc si vous voulez vraiment nous éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron au jour d’aujourd’hui est le mieux placé », a-t-il analysé.

 

« Ce que j’espère, c’est que le candidat sera devant Marine Le Pen » dès le premier tour, a aussi déclaré M. Cohn-Bendit. « Je ne vote pas idéologiquement, je vote pour la personne la mieux placée et la faire gagner à 70 %-30 %, je vote contre Marine Le Pen », a-t-il martelé.

 

Un mariage et un divorce en à peine 24 heures.

 

Après l'officialisation, dimanche après-midi, du ralliement de l'écologiste Yannick Jadot, Benoît Hamon a écarté dans la foulée la perspective d'une alliance avec Jean-Luc Mélenchon. Invité du journal de 20 heures de TF1, le candidat socialiste a affirmé qu'il avait secrètement «vu» son rival de la France insoumise vendredi, et que ce dernier lui avait «confirmé (...) qu'il sera candidat». «Dont acte, la situation est maintenant claire, et c'est pour ça que je me tourne vers les Français», a-t-il embrayé.

 

N’en déplaise à ceux qui clamaient, chacun dans leur camp, « union de la gauche… union de la gauche… » pas un seul instant je n’ai cru à ce PACS de dernière minute.

 

Le PS subclaquant, cornaqué par Cambadélis, a eu la bonne idée de mettre dans les pattes du Président sortant une primaire ouverte qui a eu pour résultat de l’obliger à jeter l’éponge et propulser son Premier Ministre dans l’arène. Et c’est Hamon, le frondeur qui est sorti du chapeau.

 

La gauche du PS et la gauche de la gauche à la sauce Mélanchon chassent sur les mêmes terres avec l’ambition pour les gens de Solférino de maintenir en son sein ceux qui ont soutenu Hollande et pour la Méluche d’annexer ce qui reste du PCF.

 

Conséquences :

 

- Si Hamon se retirait pour Mélanchon l’aile modérée du PS passait avec armes et bagages chez Macron.

 

- Si Mélenchon se retirait pour Hamon le cœur de son électorat foutait le camp.

 

Reste qu’au PCF ses derniers élus doivent se faire du mauvais sang.

 

Les 3 périodes de Mélenchon qui ont précédé la création du Parti de Gauche.

 

Entre 1968 et 1977, avant d’adhérer au Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon a été militant de l’Organisation communiste internationaliste (OCI), le courant trotskiste de Pierre Boussel-Lambert. Comme les socialistes Lionel Jospin et Jean-Christophe Cambadélis, ou l’historien Benjamin Stora. Commentaire d’un ami de 20 ans :

 

« Il n’est plus trotskiste aujourd’hui. Mais, comme on dit, « lamberto un jour, lamberto toujours » : il en garde une façon de fonctionner, il est très carré. Quand il est convaincu qu’une idée est la bonne, il n’en dévie jamais. »

 

En 1992, Mélenchon était opposé au traité européen de Maastricht, mais a voté pour, par discipline de parti et par amitié pour François Mitterrand. « Je ne pouvais pas lui faire ça », a-t-il justifié auprès de ses amis. Il avait aussi la conviction que le « non » serait trusté par les nationalistes.

 

En Mars 2000, il entre au gouvernement Jospin (1997-2002) comme ministre délégué à l'enseignement professionnel. L'ironie, c'est que selon lui, ce gouvernement était sous influence de la gauche du PS, au moins « au début » :

 

- La gauche du PS que vous animiez a-t-elle pesé entre 1997 et 2002 ?

 

Sous Lionel Jospin, c'est la gauche du PS qui a donné le tempo, avec 35 heures sans pertes de salaires et l'alliance rouge-rose-verte notamment. Nous avons eu une contribution utile. A la fin de la législature, le rapport de forces s'est dégradé. Le mouvement socialiste a fini par être contaminé par l'orientation blairiste social-libérale, à laquelle François Hollande est d'ailleurs très lié.

 

Pour sourire un peu, même si l’hypothèse est bien improbable :

 

Guide de survie en cas de second tour Le Pen-Mélenchon

 

Jean-Marc Proust — 25.02.2017 –

 

Dans quelques semaines, nous regarderons, effarés, s’afficher sur nos écrans les visages des vainqueurs du premier tour. Dans cette campagne qui ressemble à un blockbuster avec des rebondissements tous les jours, une finale Mélenchon–Le Pen est très possible. Si c’est le cas, il sera alors trop tard. Le 23 avril, des millions de Français se poseront la même question: partir ou rester ?

 

À lire ICI  je trouve ça savoureux et très réaliste.

 

Enfin, petit rappel à tous les jeunes électeurs de gauche : qui a fait trébucher Jospin en 2002 ?

 

Résultats du premier tour :

 

  • Chirac 19,88%

 

  • JM Le Pen 16,86%

 

  • Jospin 16,18%

 

Les fossoyeurs de Jospin : Chevènement 5,33% et Taubira 2,32%.

 

Merci à eux !

 

Le candidat de la droite à l'élection présidentielle, François Fillon, a "accusé" dimanche le gouvernement de laisser "se développer dans le pays un climat de quasi-guerre civile" qui perturbe la campagne, après des incidents visant plusieurs candidats.

 

"En tant qu’ancien Premier ministre, en tant qu’élu de la Nation, j’accuse solennellement le Premier ministre et le gouvernement de ne pas assurer les conditions d’un exercice serein de la démocratie. Ils portent une très lourde responsabilité en laissant se développer dans le pays un climat de quasi-guerre civile qui ne peut que profiter aux extrêmes", estime M. Fillon dans un communiqué. 

 

"Quels que soient les candidats, ils doivent avoir le droit de s’exprimer et le gouvernement doit prendre des mesures pour que les casseurs et les ennemis de la démocratie cessent de perturber cette campagne présidentielle", ajoute-t-il.

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