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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 06:00

 

Le vin, toujours le vin, je ne m’en lasse pas, surtout que je vais moucher les petits gardiens des tables de la loi des vins nu qui s’offusquent que notre grand Gégé, toujours sur l’action, comme Mr Wurtz l’arbitre de foot strasbourgeois en son temps, a concocté un vin orange.

 

Rien ne lui interdit, il ne qualifie pas son breuvage de vin nature, il se contente de surfer sur la mode  du vin orange.

 

Bizarrement il l’a baptisé ORANGE GOLD, j’aurais préféré ORANGE MÉCANIQUE, plus transgressif.

 

L'orange mécanique, 45 ans après | Le Club de Mediapart

 

Gégé se convertit au VIN de FRANCE, Bio de surcroît, avec la bénédiction de Butane&Degaz.

 

Gérard Bertrand | Orange Gold vin orange biologique 2020 - 12 bouteilles -  Vin Orange

Gérard Bertrand, Orange Gold, vin-de-France blanc 2020

 

En bref : La nouvelle référence du vin orange.

 

Ce qu’on en dit : Come-back réussi de la plus ancienne méthode de vinification. Profusion d’agrumes, de fruits blancs, de fleurs. Entre générosité gourmande et fraîcheur vive.

 

Avec qui, avec quoi ? Un apéritif original et plein d’émotion !

 

Le prix : 12,90 €

 

La note : Jury Gourmet

 

Gérard Bertrand | Orange Gold vin orange biologique 2020 - Vin Orange

Le point de vue de Gégé :

 

Orange Gold rend hommage aux premiers vins oranges de Géorgie d’il y a 4500 ans.

 

Gérard Bertrand souhaite créer un nouveau profil de vins orange, très frais. Avec ce nom unique, Orange Gold rend hommage au pouvoir du soleil ainsi qu’aux magnifiques couchers de soleil du Sud de la France.

 

Vinification & Elevage

 

Orange Gold est issu d’une technique de vinification ancestrale. Les raisins blancs sont vinifiés et fermentés en grappes entières, à la manière des vins rouges. Cette macération avec les rafles et les peaux apporte une couleur orange remarquable aux reflets dorés et une tanicité très singulière. C’est un assemblage exceptionnel de sept cépages, essentiellement méditerranéens : le Chardonnay, le Grenache Blanc et le Viognier apportent du volume et la Marsanne, le Mauzac et le Muscat enrichissent la complexité aromatique du vin. La parfaite maîtrise de la vinification et le choix des cépages en font un vin orange au profil inédit, d’une finesse et d’une subtilité remarquables. Orange Gold reflète la vibration, le dynamisme, la minéralité et la fraîcheur du Sud de la France. Issu de raisins bios et empreints de toutes les nuances de leur terroir, Orange Gold est certifié AB.

 

Notes de Dégustation

 

Le nez est complexe, avec une explosion de notes de fleurs blanches, de fruits confits et de poivre blanc. En bouche, une fraîcheur aromatique très flatteuse, aux saveurs précises et sur un bel équilibre auquel la structure donne du corps et de l’esprit. Suave et fine, sa texture enveloppe le palais. La dégustation se termine par une belle longueur en bouche qui prolonge le voyage gustatif et une douce pointe amère qui stimule les papilles.

 

Où le trouvera-t-on ?

 

Sûrement pas chez les cavistes de vin nu qui depuis un bail ont promu les vins orange, mais dans les allées de la GD alors pourquoi s’inquiéter de l’arrivée de l’orange du grand Gégé ?

 

Suis donc allé à MONOPRIX qui est pacsé avec Butane&Degaz pour me fendre de 12,90 €, bel effort, et avec mon chat nous allons le déguster.

 

Sans me pousser du col j’ai plus de références de vin orange dans ma musette que Butane&Degaz, ainsi qu’une longue antériorité, alors je trouve un peu fort de café que ces 2 commis d’office osent parler de nouvelle référence en vin orange.

 

C’est du lourd : 1 kg 326, pour un ardent défenseur de la nature c’est trop !

 

Flacon genre eau de Cologne à la manière des Muscats de Beaume de Venise…

 

Bien évidemment je ne vais pas noter ce vin orange, versus Grand Gégé, ni vous livrer mes commentaires de dégustation, le site maison ci-dessus est dithyrambique, on est jamais si bien servi que par soi-même simplement je vais le situer par rapport à la large palette des vins orange que j’ai bu depuis plus de 10 ans.

 

Mon appréciation, élève appliqué, trop, trop de maîtrise nuit, c’est lisse, trop lisse, il eut fallu aller jusqu’au bout de l’expérience, je n’écris pas la copie, ce vin orange est un brave vin orange qui, n’en déplaise à Butane&Degaz affiliés Monop, ne constitue pas une nouvelle référence du vin orange. Je ne sais s’il plaira aux bobos de Monop, mais si nos grands goûteurs étaient honnêtes, ils accepteraient une dégustation comparative à l’aveugle avec les grands vins orange pour étalonner leur échelle de Richter des vins orange autour du Gold de Gérard Bertrand.

 

Dans mon approche, je suis sans reproche, j’ai payé  de ma poche ce Gold, je l’ai bu dans des conditions idéales avec des produits de la mer, je ne le descends pas en flamme, j’estime simplement que lorsqu’on  décide de produire un vin orange au nom d’une tradition ancestrale on va jusqu’au bout de son projet et surtout, au lieu de s’accrocher des médailles, on publie ce qu’on a fait dans le chai. Prendre des risques même pour un négociant vinifiant n'est pas hors de portée. J'attends !

 

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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 06:00

 

 

  • Attendu que je me dois de chroniquer sur le vin sous peine de me voir taxer d’usurpation d’antenne ;

 

  • Attendu que je me dois d’occuper un terrain qui n’est pas celui des grands dégustateurs patentés ;

 

 

  • Attendu que j’ai toujours eu un faible pour le Sidi Brahim rouge qui convenait fort bien au bœuf en daube ou au coq au vin.

 

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  • Attendu que Sidi Brahim, comme Boulaouane sont commercialisés par la SVF (souvenirs);

 

  • Attendu que le Sidi Brahim est un vin voyageur composée à l'origine de vins d'Algérie puis du Maroc, la production s'est déplacée ensuite en Tunisie et à nouveau depuis 2019 exclusivement au Maroc avec des vins d'appellation Beni M'Tir

 

  • Attendu que le grand Michel Smith en parlait beaucoup mieux que moi : Impressions Marocaines, ou le vin sous voile ICI

 

  • Attendu que la marque a été fondée en 1924, en Algérie française par André Vigna pour commercialiser divers vins sans appellation d'origine. Elle emprunte son nom à la bataille de Sidi-Brahim (milieu du XIXe siècle). Le Groupe Castel a acheté la marque en 2003 à la société William Pitters de Bernard Magrez, qui elle-même l'avait acquise auprès des frères Jacques et Philippe Vigna.

 

Bataille de Sidi Brahim,La bataille de Sidi Brahim : vain rouge épandu dans le désert

La bataille de Sidi Brahim : vain rouge épandu dans le désert ICI 
  • Attendu que la boutanche écussonnée ne vaut que 2,9 euros ;

 

  • Attendu qu’elle a reçu un Silver Médaille au CONCOURS MONDIAL de BRUXELLES 2020 ;

 

  • Attendu que le vin est dit ROND & FRUITÉE.

 

  • Attendu que le chat de ma voisine exilée au States, qui squatte chez moi, est un excellent dégustateur ;

 

Je déclare que le Sidi Brahim Beni M’ TIR appellation d’origine garantie rosé vaut largement beaucoup de rosés de Provence et d’ailleurs bien plus onéreux ; que c’est un excellent dentifrice ; qu’on peut le rafraîchir avec des glaçons sans honte ; qu’on peut le limonader, le limer ; pas très écolo bouteille lourde ; bourré de sulfites…

 

Bonne dégustation !

 

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 06:00

Une femme disparaît de Alfred Hitchcock - Olivier Père

… et l’actrice, Dame May Whitty, ressemble étonnamment à l’écrivaine britannique, avec sa physionomie de vieille dame indigne en tweed. L’action se déroule principalement à bord de l’Orient-Express : un complot entre voyageurs semble se tramer…

 

J’adore les films qui se déroulent dans un train.

Aujourd’hui c’est « Une femme disparait» (1938)

 

Affiche belge d'« Une femme disparaît » (Alfred Hitchcock, 1938) - La  Cinémathèque française

Une femme disparaît (1938) de Alfred Hitchcock – L'Oeil sur l'écran

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce qu’il serait temps que Ciné papy s’attaque à quelque géant interplanétaire du cinéma tel Sir Alfred Hitchcock, grand gourmet devant l’éternel qui n’avait pas assez de louange pour les fours à vitre panoramique qui permettaient de voir monter les soufflés et de les sortir, juste au bon moment

.

Mais, bien sûr, ce n’est pas par la face nord que cette montagne va être abordée. Ce n’est pas à la portée de votre serviteur. Les « Vertigo », « Fenêtre sur cour » et autre « Psychose » ont déjà fait suffisamment l’objet d’études et d’analyses éclairées et doctes. Inutile d’en rajouter.

 

Vous connaissez Ciné papy qui va vous compter une drolatique « œuvrette » du Maître

 

Une femme disparaît — Wikipédia

 

Quelle est l’histoire ?

 

Quelquefois les rédacteurs des articles de Wikipédia savent écrire de bons résumés.

Profitons-en.

 

« En Bandrika, pays imaginaire d'Europe centrale, dans le train qui les ramènent en Angleterre, Iris Henderson retrouve miss Froy, une vieille dame, britannique comme elle, dont elle a fait connaissance à l'hôtel la veille. Au cours du voyage, miss Froy disparaît mystérieusement. La jeune femme s’inquiète, mais personne ne veut la croire et on tente de la convaincre qu'elle a tout imaginé. Seul Gilbert Redman, un musicien rencontré lui aussi à l'hôtel, sera en mesure de l'aider. Quatre autres Britanniques seront embarqués dans l'histoire : deux amateurs de cricket obsédés par l'idée d'arriver à temps à Londres pour un match, et un couple d'amants qui souhaitent rester discrets. »

 

Une femme disparaît - Manifestations

 

Tout tourne également autour d’une mélodie revendiquée par le héros du film et vilipendée par les autres dont ce couple d’Anglais comme on ne peut en voir que dans ce genre de film et qui se ridiculisent par leur suffisance à l’égard des circonstances. Cette histoire un peu complexe et aussi très drôle

 

Réalisation

 

C’est Alfred Hitchcock qui est derrière la caméra.

 

On connaît Sir Alfred, surtout pour son sens du suspens. Il passe pour en être le maître absolu. On connaît moins son sens de l’humour comme celui d’apparaître furtivement – un « cameo » en terme technique – dans chacun de ses films * Ici, on le voit à la fin du film fumant une cigarette à Victoria Station.

 

Mais, pour Ciné papy c’est dans « Les oiseaux » 1963 qui est plus proche d’un film d’épouvante que d’une joyeuse comédie que se trouve une scène d’une drôlerie irrésistible En outre elle nous est présentée, l’air de pas y toucher.

 

Dans une oisellerie Mitch Brenner  Rod Taylor) fait connaissance de Mélanie Daniels. Il se renseignait sur ce type d’oiseau appelé des inséparables. Mélanie souhaite le revoir et pour se faire, achète, dans une cage, un couple d’inséparables.

 

Le tout est posé sur le sol de la place passager avant. Et la voiture se met en route pour rejoindre Bodega Bay.

 

A chaque virage, à droite ou à gauche, gros plan sur la cage ou l’on voit, comme un train pendulaire, les oiseaux, ensemble, pencher à droite ou à gauche. Irrésistible !

 

* Dans « Life boat » 1944 qui se passe intégralement à bord d’un canot de sauvetage ce petit futé de Sir Alfred s’arrange pour apparaître sur une coupure de presse qui traîne à bord.

 

Une femme disparaît (Alfred Hitchcock, 1938) - La Cinémathèque française

 

Qui fait quoi ?

 

Margaret Lockwood                  Iris Mathilda Henderson

 

Actrice éminemment anglaise sans carrière internationale. Elle joua 3 fois pour Carol Reed le metteur en scène du « Troisième Homme » 1949 d’après Graham Greene avec Joseph Cotton, Orson Welles et Trevor Howard et Alida Valli sans oublier la célèbre musique d’Anton Karas.

 

Michael Redgrave                      Gilbert Redman

 

Né dans une famille de théâtre c’est ici son tout premier rôle et le seul film qu’il tourna avec Hitchcock. Acteur cependant non négligeable il joua pour :

 

            - Orson Welles en 1955                 « Mr Arkadin »,

            - Fritz Lang en 1948                                  « Le Secret derrière la porte »

            - Joseph Losey en1957                   « Temps sans pitié » et en 1970 « Le Messager »

            - Joseph L. Mankiewicz en1958   « Un Américain bien tranquille »

            - Sydnet Lumet en 1965                « La Colline des hommes perdus »

            -Tony Richardson en1962                        « La Solitude du coureur de fond »

            - Guy Hamilton en 1969               « La Bataille d'Angleterre »,

            - Richard Attenborough en 1969            « Ah Dieu ! que la guerre est jolie »

            - Anthony Mann en 1965              « Les Héros de Télémark »

            - Henri Verneuil en1967               « La Vingt-cinquième heure »

 

Que des films notables et une valeur sûre à ce qu’on voit  A la lecture de ce palmarès je suis sûr que vous commencez à mettre un visage sur le nom de Michael Redgrave

 

1960s Archives - The Last Drive In

 

Dame May Whitty :        Miss Froy

 

C’est elle la disparue. Elle fut aussi Carol Beldon héroïne tragique de « Madame Miniver » film de William Wyler devenu culte et qui fut l’occasion de son premier Oscar de metteur en scène

 

Cecil Parker :                    Eric Todhunter

 

Déjà cité dans la fiche « Lady L » Physique type de l’Anglais, il joua 2 fois pour Hitchcock ainsi que Stanley Donen et Henry Hathaway

 

Charters and Caldicott | Premium Hollywood

 

Naunton Wayne :            Elmer Caldicott

 

L’un des deux Anglais obsédés par le match de cricket.

 

Basil Radford :    Charters

L’autre Anglais obsédé. A eux deux ils forment un couple des plus drôles.

 

Les bons moments

 

Les scènes avec les deux Anglais espèces de Dupond et Dupont, obsédés par le grand match de criquet auquel ils doivent assister.

 

Le flegme qu’ils affichent devant les évènements qu’ils rencontrent et l’analyse qu’ils en tirent parfois. Voir la séance au restaurant de l’hôtel

 

Les quiproquos façon commedia del arte de leurs relations avec la soubrette qui, en raison de la sur-occupation de l’hôtel, leur a prêté sa chambre mais y a laissé ses affaires.

 

L’enregistrement des musiques et traditions populaires par Redman, dans une chambre de l’hôtel, au-dessus de celle d’Iris Matilda

 

Pax

 

Prochainement « La femme à abattre»

 

Attention ! Si vous chercher à voir ce film sur Youtube. Il titre « Une femme disparaît » un film qui, en fait, est toujours d’Hitchcock, mais qui est, en réalité  « Jeune et innocent » Il s’agit, d’une charmante et amusante bluette du Maître mais qui n’a rien à voir avec le morceau de bravoure que représente, pour Ciné papy, « Une femme disparaît »

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 06:00

Philippe Castéja (à g.) et Hubert de Boüard, à l’ouverture du procès, le lundi 20 septembre 2021 à Bordeaux. © Crédit photo : Guillaume Bonnaud / SUD OUEST

En raison de l’actualité judiciaire d’Hubert, Ciné Papy du mercredi est repoussé à demain jeudi.

Hubert de Boüard à la barre !

 

Ça fait très années Giscard !

 

Mais notre Hubert de Boüard de Laforest, avec son petit sécateur et sa valise à roulettes, est abonné à la barre du tribunal.

 

Sa première prestation devant la  17e chambre ne fut pas très glorieuse, sa suffisance et celle de son avocat, un bijou, il mordit la poussière face à Isabelle Saporta. Rebelote en appel.

 

La nouvelle montée à la barre de notre Hubert date du lundi 20 septembre où s’est ouvert à Bordeaux « le procès de deux grands noms du vin, Hubert de Boüard et Philippe Castéja, deux propriétaires de châteaux classés, soupçonnés par la justice de "prise illégale d'intérêt", d'avoir été juges et partie lors du classement de 2012 de l'Inao. »

 

Cette fois-ci, j’ai le sentiment que l’homme de l’Angelus peut être plus serein, il sera bien difficile de trouver dans le dossier des preuves matérielles de ses interventions, de son omniprésence, tout ça s’est passé dans la coulisse, en loucedé. C’est ce que j’ai déclaré à la barre de la 17e Chambre, et fut entendu. Les délibérations officielles du Comité National sont pure cosmétique, chambre d’enregistrement.

 

Bref, qui vivra verra, nous suivrons ce procès par un correspondant sur place.

 

Procès du classement de Saint-Émilion : « On ne m’a pas dit que c’était interdit », affirme Hubert de Boüard ICI 

 

La nouvelle est tombée ce matin. Une amende de 100.000 euros partiellement assortie de sursis a été requise mardi contre Hubert de Boüard. Concernant M. Castéja, le représentant du ministère public a laissé une éventuelle sanction à "l'appréciation" du tribunal.

 

Mardi, le procureur adjoint Jean-Luc Puyo a fait un virage à 180 degrés par rapport à cette position et indiqué qu'il "ne partageait pas l'analyse juridique" faite à l'époque par le parquet Il a souligné la "participation parfois dynamique" de M. de Boüard "tout au long de la procédure de classement". Il a été "un définisseur, un impulseur", a-t-il assuré, jugeant M. Castéja pour sa part "bien plus en retrait".

 

Présentation de l’affaire par la presse nationale.

 

Publié le 19/09/2021

 

Hubert de Boüard, premier jurat, lors d'un discours pour le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion, dimanche 19 septembre 2021. "Je suis serein, demain est un autre jour".

 

Hubert de Boüard, premier jurat, lors d'un discours pour le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion, dimanche 19 septembre 2021. « Je suis serein, demain est un autre jour ». • © France 3 Aquitaine

 

Deux figures du Bordelais comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour le controversé classement de Saint-Emilion. Cette affaire secoue le monde du vin depuis 10 ans.

 

Juges et parties ?

 

Ce week-end des 18 et 19 septembre s'est tenu le traditionnel Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. A cette occasion, une quarantaine d'impétrants a été intronisée en tant que jurats. Le premier jurat, c'est Hubert de Boüard. Demain, il comparaîtra devant la justice. Interrogé par France 3, il n'a pas souhaité aborder le procès.

 

Je suis serein et je suis aujourd'hui avec mes amis. Demain est un autre jour.

 

Deux grandes figures du vignoble bordelais ont-elles été juges et parties dans l'élaboration du classement 2012 des grands crus de Saint-Emilion ? Le tribunal correctionnel de Bordeaux entame lundi 20 septembre un procès de deux jours qui pourrait aussi être aussi celui d'un système.

 

Il est reproché à Hubert de Boüard, copropriétaire du célèbre château Angélus et consultant viticole, et à Philippe Castéja, négociant et propriétaire de château Trotte Vieille, une "prise illégale d'intérêt" dans le processus de classement, le seul au sein des grands vins de Bordeaux à être révisable (tous les dix ans).

 

Comme le note la cour d'appel de Bordeaux, qui a donné le feu vert à un procès après 10 ans de multiples rebondissements judiciaires, ce classement ouvert aux propriétés de l'appellation Saint-Emilion Grand Cru est "déterminant pour la notoriété et la valorisation financière et commerciale des lauréats" sur un marché des vins de Bordeaux qui se compte en milliards d'euros.

 

Le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. Le procès du classement 2012 des crus est dans tous les esprits, mais rares sont ceux qui se risquent à un commentaire...

 

Le Ban des Vendanges de la Jurade à Saint-Emilion. Le procès du classement 2012 des crus est dans tous les esprits, mais rares sont ceux qui se risquent à un commentaire... • © France 3 Aquitaine.

 

Un classement qui vaut de l'or

 

MM. de Boüard et Castéja étaient tous deux membres du comité national des vins de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO), établissement public rattaché au ministère de l'Agriculture, qui a validé le règlement du classement puis ses résultats, arrêtés par une commission indépendante. M. de Boüard, plus actif que M. Castéja d'après l'enquête, était également membre de l'organisme de gestion des vins de Saint-Emilion, organe qui a participé à l'élaboration du règlement du classement avec l'INAO selon l'instruction.

 

En 2012, Angélus avait été promu premier grand cru classé A, au plus haut, et Trotte Vieille maintenu comme premier grand cru classé B. Sept autres propriétés pour lesquelles M. de Boüard était consultant avaient été récompensées au classement. « C'est comme si quelqu'un qui passait l'examen du bac rédigeait lui-même les sujets », assure Éric Morain l'avocat des parties civiles, trois propriétés familiales (Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac) recalées et qui ont entamé leur combat judiciaire début 2013.

 

Une influence considérable

           

L'avocat dénonce l'attitude du parquet de Bordeaux, qui avait fait appel de la décision de renvoi de la juge d'instruction. "Je ne connais pas d'autre procédure dans laquelle un parquet a fait cela, hormis quand ça concerne un gendarme ou un policier", dit-il. « Il fallait absolument sauver les soldats de Boüard et Castéja... », des grands noms du Bordelais à l'influence considérable.

 

Selon Me Morain, « ce procès remet l'église au milieu du village". "On va parler d'un système qui ne dit pas au consommateur que la note de dégustation ne compte que pour 30% dans le classement », ajoute-t-il, le reste mesurant la notoriété, l'accueil des châteaux etc.

 

"Un système qui vend de la marque et non plus du raisin".

 

Les deux prévenus ont toujours nié les accusations de conflit d'intérêts et leur défense, dont l'avocat Antoine Vey, a fait valoir qu'ils se sont "systématiquement déportés" des délibérations pouvant concerner le classement. L'enquête n'a en outre pas permis d'établir qu'ils avaient pris part à des votes.

 

Parallèlement, un contentieux administratif est toujours en cours contre le classement 2012 qui était pourtant censé remplacer le classement 2006, annulé par la justice administrative après déjà des recours. Le sort judiciaire du classement 2012 pourrait donc ne pas être connu avant la publication de son remplaçant, en 2022.

 

 

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 06:00

Des bouteilles de Romanée-Conti vendues plus de 10 millions d'euros

Le reproche récurrent que me font certains, chroniquer rarement sur le vin, est justifié, en défense ma réponse est simple : j’ai le sentiment d’avoir fait le tour de la question et que perdurer ce serait tourner en rond. Bien sûr, je pourrais à la manière de Butane&Degaz ou autres grands nez me la jouer dégustateur patenté, noter, commenter, mais ce n’a jamais été ma tasse de thé et je n’ai nulle envie de m’y coller. Faire le beau sur les réseaux sociaux, ferrailler avec les détracteurs des vins  nu, faire ami-ami  avec les ouvriers de la 25e heure des mêmes vins nu, serait vain, l’heure est aux outrances chez anti-vins qui puent, à la mièvrerie chez les petits licheurs de vin nature, ignorants qu’ils sont de l’histoire du vin et de sa réalité socio-économique.

 

Alors, je me contente de boire, des vins nu bien sûr, en ce domaine je suis devenu extrémiste et ma dealeuse préférée me fournit en came adaptée, je me marre, je dis au petit monde qui s’agite en rêvant de devenir vigneron, un remake des éleveurs de chèvres post-soixante-huitard, que la terre est basse, le métier dur. Le petit monde du vin nature prend une vilaine tournure, reproduisant les codes décriés, l’heure  est aux agents, aux allocations, un petit biseness juteux pour eux qui ne l’est pas pour ceux qui font, et ceux qui vendent le vin. Le modèle économique est bancal, accumule les surcoûts, savoir compter n’est pas une atteinte à la liberté, bien au contraire…

 

Quand on vieilli le risque est de radoter, de repasser les plats, de seriner je vous l’avais bien dit, en l’occurrence écrit dans mon fichu rapport, de regretter l’immobilisme de ceux qui sont en charge, alors rien ne vaut le retrait, le silence, laisser la place à ceux, sachants de fraîche date, qui surfent sur les ondes, les réseaux sociaux, qui pour moi ne sont que des petits couteaux, des ramenards, des imposteurs, des profiteurs.

Mais, ayant le respect de mes lecteurs de longue date je vais forcer ma nature, à nouveau mettre l’ouvrage sur le métier, informer.

 

Pour ce faire, je vais vous proposer ce matin de consulter une interview d’Aubert de Villaine au Figaro-Vin ICI  

 

Aubert de Villaine, Domaine de la Romanée-Conti : «J'espère avoir réussi à faire vivre cet héritage»

 

A la tête du domaine le plus célèbre au monde, Aubert de Villaine s’exprime rarement auprès des médias, préférant la discrétion aux grands discours. A l’heure où il s’apprête à passer le relais, il livre au Figaro Vin un entretien exclusif.

Par Alicia Dorey

Publié le 18/09/2021

 

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2 février 2011

3 Questions à Aubert de Villaine l’inscription des Climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’UNESCO ICI 

 

Offre exceptionnelle Domaine de La Romanée Conti : Le mythe frappe à votre  porte ! - U'Wine

22 janvier 2013

Mais qui est donc ce Henry-Frédéric Roch dont le Pousson de Barcelone nous rebat les oreilles sur Face de Bouc? ICI 

NDLR Henry-Frédéric Roch est décédé le 17 novembre 2018

 

Je ne ferai aucun commentaire sur cette interview vous laissant  ce soin.

 

Aubert de Villaine, gardien du temple romanée-conti

 

Il serait vain de penser que le prestige permet d’échapper à la réalité. Bien qu’encensé dans le monde entier, avec des vins atteignant des prix stratosphériques et des allocations triées sur le volet, le Domaine de la Romanée-Conti doit aussi, au quotidien, faire face aux enjeux de son époque. Transmission du patrimoine et du savoir-faire, aléas climatiques, envolées spéculatives… Mais au-delà de ces considérations, Aubert de Villaine reste confiant, et prêt à accompagner la relève, en la personne de sa co-gérante Perrine Fenal – fille de Lalou Bize-Leroy (Propriétaire et vigneronne du Domaine Leroy et Domaine d’Auvenay, et actionnaire de Domaine de la Romanée-Conti) – également présente lors de cet entretien, ainsi que de son neveu Bertrand de Villaine.

 

Domaine de la Romanée-Conti - Perrine Fenal et Aubert de Villaine

 

LE FIGARO : Voilà quelques années que vous vous préparez à transmettre le domaine à la génération suivante. Allez-vous continuer à être présent ? 

 

Aubert DE VILLAINE : Oui bien sûr, je vais continuer à accompagner ce travail et à apporter des conseils, mais «les conseilleurs ne sont pas les payeurs» comme le dit l’adage, il faut savoir laisser à chacun la possibilité de prendre ses responsabilités, d’assumer sa vision, car toutes sont valables. La mienne a été guidée par ceux qui m’ont précédé, et j’espère avoir réussi à faire vivre cet héritage.

 

  • Justement, quelle était cette vision, et que pensez-vous avoir apporté ?

 

Je n’ai pas le sentiment d’avoir apporté de nouveautés, mais d’avoir contribué à poursuivre dans une voie qui est celle du domaine depuis toujours. Celle de perpétuer ce qui a été bien fait par le passé, et, modestement, d’avoir cherché à faire un peu mieux à la lumière des avancées du présent dans la connaissance. De la culture de la vigne à la vinification, il y a toute une infinité de détails, que l’on peut faire plus ou moins bien, et finalement, un grand vin est le résultat de ces milliers de détails et de la façon dont ils ont été réalisés. Il faut surtout que ces détails fassent partie d’une philosophie. C’est ça, la gérance d’un domaine comme celui-ci, c’est d’être en veille des détails, du balayage de la cour à la décision de date des vendanges.

 

  • Le terme de domaine de légende vous dérange ?

 

Vous êtes dans un domaine viticole comme les autres. Il faut tout le temps se remettre en question. Nous ne vivons pas dans notre tour d’ivoire, la tradition bourguignonne reste de recevoir au domaine, de partager. Il nous semble important de rester nous-mêmes, de préserver notre équipe de toute tentation de se considérer comme à part ou meilleure que les autres. Avec l’espoir que les vins fassent la différence !

 

  • Justement, lorsque l’on parle du Domaine de la Romanée-Conti, ou d’autres domaines mythiques, on parle peu des détails. Y a-t-il des détails spécifiques aux «grands» domaines ?

 

Non, il y a très peu de détails vraiment différents d’autres domaines viticoles. Simplement, on essaie de les faire tous le mieux possible, et quelquefois d’aller plus loin. Aujourd’hui, labourer au cheval est devenu une chose assez commune, mais lorsque nous avons décidé de le réintroduire dans les vignes au début des années 2000, nous étions les premiers, et nous avions le sentiment d’apporter quelque chose de plus, un sol moins tassé, plus vivant. Mais nous parlons finalement assez peu de ce que nous avons pu faire, car ce sont les vins qui doivent parler. Lorsque quelqu’un nous demande pourquoi nous avons choisi le cheval ? Je réponds parfois : tout simplement parce que c’est beau ! Voir un cheval travailler dans la vigne le matin, avec le soleil dans sa crinière, crée une beauté qui ne peut que faire du bien à la vigne.

 

  • Est-ce que l’on peut parler d’un retour en arrière en matière de techniques viti-vinicoles ?

 

Pas à proprement parler, car un retour en arrière signifierait d’en revenir à un travail de la vigne intégralement réalisé par la main de l’homme. A cet égard, le cheval est plutôt l’ancêtre du tracteur qu’une résurgence de l’histoire.

 

  • Ressentez-vous une émotion particulière en dégustant vos vins ?

 

Il y a quelques jours j’ai dégusté une bouteille de Grands Echezeaux 1962, et j’ai eu un sentiment de perfection. Ça n'a pas duré très longtemps, mais ce qui est formidable, lorsque l’on déguste un très grand vin, c’est d’avoir ce sentiment de toucher à un moment parfait et de réaliser que le vin a fait son chemin tout seul dans la bouteille. Bien entendu pas complètement, car nous avons tout mis en œuvre pour qu’il le fasse, mais c’est son travail dans la bouteille qui a amené cette perfection, et qui nous procure ce sentiment de plénitude, car nous avons réussi ce que nous voulions faire, ce mariage de la vigne et de notre travail.

 

  • Le travail du vigneron est donc d’accompagner le vin plutôt que de le faire ?

 

Nous sommes toujours en train de chercher la vérité du terroir, de la Romanée-Conti et de nos autres climats. Mais en réalité, cette vérité n’existe pas, car chaque année, elle est fonction des conditions climatiques, de notre travail et du mariage réalisé entre les deux. La vérité n’existe que dans un millésime donné, et encore, si nous l’avons réussi ! Le devoir de faire de grands vins est le même, mais avec des moyens chaque année différents. Nous essayons de répondre à ce que nous propose la nature, aussi bien au niveau du sol que de la vigne. Perrine (Fenal) et mon neveu (Bertrand de Villaine) seront chargés de continuer cela. Cela dit, attention, il ne faut surtout pas le prendre comme une charge [rires]. Il faut plutôt le voir comme une responsabilité. C’est important, si tout d’un coup, cela devient une charge, c’est très mauvais. Il faut se montrer très serein et accepter de faire une erreur. 

 

  • Quels sont les grands défis à relever pour la génération suivante ?

 

Le défi de la transmission est l’un des plus grands que nous ayons en face de nous. Nous avons toujours fait le nécessaire pour le relever, mais c’est un grand problème en Bourgogne. Les taxes de succession sont importantes et, dans une famille, ceux qui veulent rester n’ont pas toujours les moyens de racheter les autres. Pour nous, la Bourgogne est un tissu de domaines familiaux, et il faut que l'État nous donne les moyens de préserver cela, de transmettre la propriété familiale des domaines. La vraie valeur d’une propriété viticole, qui est une entreprise comme les autres, me semble devoir être liée à ses résultats et non pas à la valeur extravagante qu’elle peut prendre à certaines époques où la spéculation l’emporte sur la raison. Nous attendons de l’Etat qu’il prenne ces valeurs-là comme valeurs de succession.

 

  • Est-ce réaliste de croire à cela ?

 

D’un point de vue économique, c’est très réaliste, mais il faut pour cela avoir une vision à long terme, car en effet cela représente moins de gains immédiats pour l’Etat. Le problème, c’est que si les valeurs sont telles que les familles ne peuvent plus se transmettre les domaines, nous prenons le risque que l’arrivée de grands investisseurs français ou étrangers contribue à faire régresser cette tradition de propriété familiale constitutive du territoire bourguignon. Si elle disparaît, c’est la position éminente de la Bourgogne qui sera affectée et tout le monde en sera affecté, y compris l’Etat.

 

Par ailleurs, il faut faire attention, que l’arrivée de nouvelles techniques ne vienne pas abîmer les climats, qui sont des écosystèmes fragiles et qui demandent respect et excellence à tous les niveaux. Depuis toujours, mais encore plus depuis une vingtaine d’années, nous nous préoccupons de la question de la sélection des plants de vigne. Il est essentiel, pour des grands terroirs dont la richesse provient des sols et sous-sols, de recevoir des plants de haute finesse, si nous voulons avoir une chance que le potentiel unique de ces terroirs soit entièrement accompli.

 

  • Comment explique-t-on le succès des vins de Bourgogne ?

 

La suite ICI 

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 06:00

Peut être une image en noir et blanc de arbre et pont

L’échalier, petite barrière fixe, dans une haie, entre deux champs, permettant d’aller de l’un à l’autre. Combien de gars de ferme ont fait sauter les échaliers aux filles en les empoignant par la taille, pour aller danser ou autres réjouissances…

Je suis né dans un pays embocagé, les pâtis, les pièces de labours, cernées d’épais buissons de ronces, où nous cueillions de juteuses mûres, ici pas de haies maigrichonnes piquetées d’arbres, ni de murets de pierres sèches,  des chemins creux boueux l’hiver,  croûteux l’été, laissaient passer les équipages de bœufs enjugués tirant de lourds tombereaux de choux fourragers ou de betteraves, des troupeaux d’indolentes vaches, des charrues Brabant fendant et retournant la glaise jaunasse, extirpant des profondeurs des colonies de vers de terre bouffeurs de terre, les achets, pays fermé, replié sur lui-même, hostile même, dernier rempart à l’intrusion des lourdes machines, tracteurs, moissonneuses-batteuses, bientôt arasé par les remenbreurs, ces ingénieurs d’État missionnaires de la modernité avec pour alliés les jeunes militants de la Révolution silencieuse qui enverra les enfants de la terre dans les HLM de la périphérie des grandes villes, ces banlieues encore rouge, la Fin des paysans, restent des agriculteurs inscrits  au centre de gestion et au contrôle laitier, toujours plus, le Crédit Agricole prospère, les coopés vendent des tonnes d’engrais et des pesticides, ramassent le lait, du moins celui qui n’est pas vendu au privé, Besnier, les marchands d’aliments composés du bétail couvrent le pays de poulaillers industriels, toujours plus de production, toujours moins de revenus, le pays sent mauvais, moins qu’en Bretagne où ça pue le cochon, plus de foires et de marchés, on va au Super U comme à la ville, c’est le temps des cols blancs, des conseillers, et même que les politiques parlent de l’or vert, que notre agriculture est performante, exportatrice à coup de restitutions européennes, illusion, nous sommes dépassés par les nouveaux arrivants, la balance commerciale est en berne, avec la crise sanitaire les politiques et les journaleux osent nous bourrer le mou  avec la reconquête de l’indépendance alimentaire. Foutaise ! L’UE verdit la PAC. Les OPA tendent leur sébile. Même qu’on subventionne les haies !

 

La fin des paysans suivi de Une réflexion sur la fin des paysans vingt ans  après , Henri MendrasLa Revolution Silencieuse- Le Combat Des Paysans / Questions D Actualite |  Rakuten

 

Attention, nulle nostalgie ici, ce n’était pas mieux avant, mon pays était pauvre et dur, je ne le regrette pas, ce que je regrette c’est l’incapacité des décideurs de tous poils de sortir de leurs schémas anciens, le temps n’est plus aux quintaux ou aux hectos. Pour autant, les Verts, les écolos n’apportent rien au débat, la décroissance est une idée creuse, nous devons produire de la valeur. Ce n’est pas de gauche ça, mais c’est la réalité socio-économique de la France. Nous sommes dans une UE riche où nous exportons la majorité de nos produits. Nous n’avons pas vocation à nourrir le monde, l’Afrique tout particulièrement, nous l’avons appauvrie avec nos produits déversés sur ses marchés. L’exportation de céréales à l’Egypte, à l’Algérie, par exemple c’est vouloir jouer dans la cour des Grands, c’est une arme stratégique, pas de l’altruisme. Je m’arrête là, je suis chiant, je ferais mieux de déconner sur le vin qui pue produit par des chevelus qui vendanges en tongues, foulent le raisin pied nu, laissent partir leurs vins dans tous les sens. Le problème c’est qu’eux le vendent à la terre entière, même que certains on fait de leurs noms une marque. Mais où va la Révolution ma bonne dame et mon bon monsieur. Je signale que Macron et son Denormandie n’ont rien compris.

 

LOUIS TOFFOLI (1907-1999) Paysanne de Vendée Huile sur toile. Signée en bas  à [...] | lot 129 | Bijoux, Dessins et Tableaux, Art Nouveau, Art Déco, Art  Contemporain, Design chez Collin du Bocage | Auction.frLOUIS TOFFOLI (1907-1999) Paysanne de Vendée Huile sur toile.

 

Bref, adieu les bœufs, les chemins creux, les poulets picorant dans l’aire, les poules pondant dans les buissons, le bon beurre, le bon pain, le silence, le temps est venue des belles récoltes boostées aux engrais NPK, des vaches pissant le lait en bouffant du soja US, de l’ensilage maïs qui pue tout comme leurs bouses …

 

Terroirs Vendéens - Puy Story

 

Mon seul regret de ce temps-là ce sont les échaliers

 

ÉCHALIER, subst. masc.

A.−

1. Usuel. Échelle rustique placée contre une haie pour permettre de la franchir.

 

« Nous partions en bande, le matin, à travers les prés et les pâtureaux, par les traquettes, par les échaliers, par les traînes, et nous revenions, le soir, par où il plaisait à Dieu »

George Sand, Maîtres sonneurs,1853

 

2. « Escalier formé de traverses de bois et pratiqué dans une haie » (Académie 1932).

 

B.− Clôture.

 

1. Clôture faite généralement de branches d'arbre entrelacées pour empêcher les bestiaux de s'échapper. Franchir, sauter l'échalier.

« Il eût été bien difficile de le rejoindre quand, par-dessus les échaliers, il était passé d'un champ à un autre »

Châteaubriant, Lourdines, 1911,

 

2. P. méton. « Partie d'une clôture qui peut s'ouvrir ou se déplacer » (Académie. 1932).

 

« L'angélus tinta; la volée de l'oraison n'était pas encore éteinte quand ma mère poussa la porte (...) Quand j'entendis l'échalier retomber en grinçant, je me levai dans les ajoncs.

Hector Malo, R. Kalbris, 1869,

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 06:00

Aucune description de photo disponible.

Le dimanche au Bourg-Pailler c’était les habits du dimanche pour aller à la grand-messe de 10 heures.

 

Au Bourg-Pailler, la tante Valentine, était le maître des horloges, elle rappelait tout le monde à l’ordre avec une injonction ritournelle « ça monte à… » suivait l’heure qui, à la pendule était solaire, mais nous faisions la conversion.

 

Le pépé Louis, se rasait avec son coupe chou qu’il avait affuté sur sa lanière de cuir, il déposait la mousse blanche piquetée de poils sur du papier journal. Ensuite il s’occupait de sa moustache à la Foch. Mémé Marie, son épouse, disait qu’il était glorieux car il prenait un soin méticuleux à sa mise. Pantalon rayé, chemise blanche, cravate noire, souliers du dimanche et, bien sûr un chapeau.

 

La seule coquetterie de la Mémé Marie et de sa sœur la tante Valentine, consistait à poser sur leur résille noire une coiffe blanche empesée. Cette dernière ouvrait le bal des départs, une bonne demi-heure en avance. La mémé Marie suivait ensuite avec sa canne, courbée elle avançait doucement.

 

Ma sainte mère sortait, selon la saison, les belles toilettes qu’elle se confectionnait, collier discret, sac à mains, chapeau, chaussures à talon. Léger maquillage. Elle avait fière allure ma maman.

 

Du côté de mon père, nulle hâte, c’est lui qui partirait le dernier pour rejoindre sa place sur une chaise, tout au fond, sous les cloches, où je le soupçonnais de pousser un léger roupillon.

 

Les trois femmes se plaçaient dans le banc familial, le second dans la rangée droite à la même hauteur que les huiles locales qui elles étaient placés à gauche alors qu’elles étaient de droite.

 

Ma pomme, enfant de chœur en chef, sapé comme un milord par ma couturière de mère je gagnais la sacristie où je revêtais la soutane rouge, le surplis blanc empesé par les sœurs, les chaussons de feutre rouge. Je préparais les burettes sans siffler un coup de blanc. À l’heure dites, la cohorte des enfants de chœur entrait dans le chœur à la suite du curé-doyen. Comme j’étais le boss, j’étais placé sur un tabouret en arrière de l’hôtel et c’est moi qui accompagnerais le curé pendant la distribution  de l’eucharistie en plaçant sous le menton des tireuses et tireurs de langue le petit plateau en métal doré. J’avoue que je péchais en admirant les appâts des beautés du village. Autre mission, parfois la quête ou la distribution du pain béni. Parfois, à la suite de la messe, il y avait un baptême, cérémonie appréciée par les enfants de chœur car ils ramassaient un peu de blé.

 

Journal d'1 flâneur confiné en semi-liberté (2) Et si en rentrant de la  messe dominicale vous vous prépariez des spaghettis cacio e pepe ! - Le  blog de JACQUES BERTHOMEAU

Liturgie : Voici pourquoi le prêtre met un peu d'eau dans le vin ...Prière de ne pas me casser pas les burettes j'ai commencé ma carrière en  servant du vin de messe - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

Sur son harmonium, Gégène, se prenait pour Ray Charles et les cloches sonnaient, le sacristain ne tirait plus sur les cordes, le progrès avait électrifié les sonneries. Parfois, le sacristain un peu pompette se trompait de bouton, ce qui nous mettait en joie d’entendre les cloches des morts un beau dimanche plein de soleil.

 

La place de l’église était, comme le diraient nos logues, qui ont réponse à tout, un lieu d’échanges et de transaction, entre mâles bien sûr, les femmes après un passage à la boulangerie-pâtisserie Remaud, se hâtaient pour aller préparer le frichti du dimanche. Les hommes eux se rendaient au bistrot, pour jouer aux cartes, se siffler des chopines, ou « baiser une fillette de blanc »

 

Nous, les gamins, allions siffler du sirop d’orgeat dans un petit café près du champ de foire, nous nous intéressions peu aux beautés villageoises que nous ne trouvions guère à notre goût.

 

Le déjeuner du dimanche au Bourg-Pailler était toujours succulent, entrées souvent des crevettes, des langoustines, palourdes, plat soit une volaille ou un poisson au beurre blanc, dessert à la période des fruits : tarte en hiver caillebotte ou gâteau de Savoie, maman était aussi un cordon bleu.

 

Très vite mon souci fut d’assurer les vêpres qui gâchaient mon début d’après-midi. En effet, avec mes amis Dominique et Gervais nous ne pensions qu’à aller au bal dans les villages environnant. Nos mères l’ignoraient. Notre drague nous valait bien des râteaux mais nous arrivions tout de même à décrocher quelques slows. C’est ainsi qu’un après-midi, je déclarai pendant cet exercice, à celle qui fut ma première épouse,  « un jour je serai Ministre ! » Petit con en blazer bleu marine, pantalon gris, ça aurait dû la décourager mais, bien plus tard, en 68, c’était plutôt la chienlit chère au Grand Charles… la vie des boomers quoi !

 

Plus jeune, bien avant d’aller faire le beau près des filles, sitôt les vêpres je regagnais la maison et, sur le gros poste de radio, j’écoutais Sports&Musique où officiait Georges Briquet. Pour moi, le jeu à XIII de Lézignan-Corbières avait un parfum exotique. En ce temps-là je voulais devenir radioreporter mais ma mère me rétorqua que ce n’était pas un métier. Elle n’avait pas tout à fait tort au vu de l’évolution du métier de journaliste.

 

L'Histoire du Championnat de France 1959/1960 Reims Champion avec le retour  de Raymond Kopa

 

 

10 octobre 2005

 

J'avais 7 ou 8 ans, et le dimanche après-midi j'écoutais sur Paris-Inter les retransmissions commentées par Georges Briquet. Bien des années plus tard je suis allé à la Maison de la Radio réécouter une galette du match : Nîmes-Reims. C'était le 17 novembre 1957.ICI 

Voilà ce qu’était nos dimanches à la campagne… Nous rêvions de la ville… Nous pensions, qu’un jour notre vie y serait belle… Avions-nous raison ou tort ? Je ne sais, mais ce que je sais c’est que ce n’était pas forcément mieux avant et que je ne veux pas afficher mon contentement car je risquerais de me le voir reprocher par la jeunesse qui nous traite de profiteurs…

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 06:00

 

 

Rien ne vaut l’expérience, les grands auteurs cités plus bas, n’ont jamais mené de leur vie un âne bâté, moi si pendant 8 jours dans les Cévennes sur le sentier Stevenson, c’était une ânesse, et je peux affirmer qu’elle était bien plus intelligente, plus futée, que beaucoup de mes collègues du CGAER.

 

 

Le bât, c’est pour ces beaux esprits, la soumission, la servitude, la domination du bipède sur l’animal, alors affirmer qu’un âne bâté est une  personne sotte ou ignorante, comme le fait Le Larousse, relève de l’escroquerie intellectuelle. C’est faux, un âne bâté vaut bien plus, es plus utile que beaucoup de nos logues qui vivent le monde le cul su leur fauteuil face à leur écran.

 

 

Voilà c’est écrit. Je passe la parole à ceux qui chargent ce pauvre âne bâté.

 

  • Le Dictionnaire d’expressions et locutions d’Alain Rey et Sophie Chantreau du Robert (poche 1997) réserve presque deux pages aux expressions consacrées à l’âne :

 

 

Âne bâté

Âne de Buridan

Méchant comme un âne rouge

Saoul comme un âne

Bonnet d’âne

Coup de pied de l’âne

Faire l’âne pour avoir du son

Greuler (ou beugler) comme un âne

Faire l’âne pour avoir du son

Tirer un pet d’un âne mort

L’âne frotte l’âne

Il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin

Chanter à l’âne, il vous fera des pets

À laver la tête d’un âne, on perd sa lessive

Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense

 

 

Il n’est pas d’animal, plus hérissé, plus sale et plus gonflé de vent, que cet âne bâté qu’on appelle un savant.

Victor HUGO : Le roi s’amuse

 

 

Ici, j’agis comme bon me semble, monsieur, et je vous engage à y songer. - commandant, - dit *Pleyston tout bas, -vous savez qu’il est bourru et bête comme un âne. - mon cher lieutenant, veuillez, je vous prie, faire exécuter mes ordres,  » -dit le commandant.*Pleyston sortit.  »

SUE Eugène, Atar-Gull, 1831, p. 20, LIVRE Quatrième

 

 

Son honnêteté et celle de son illustre famille. Ce sont des gens de tout coeur et de toute probité. S’il tient de Monsieur son père, il doit être bête comme un âne, mais très dévoué, très fidèle et très laborieux. Ensuite Madame sa mère a peut-être pris ses précautions dans les temps pour qu’il ne fût pas

SAND George, Correspondance : printemps-fin décembre 1837, 1837, p. 140, 1549 à CHARLES DUVERNET

 

Dit *Buteau, en s’asseyant un instant près de son père, pour le flatter. Si c’est gentil, d’abuser de cet innocent, parce qu’il est fort et bête comme un âne ! Ensuite, il attaqua les *Delhomme, qui se trouvaient en contre-bas, au bord de la route. Ils avaient le plus beau vignoble du pays.

ZOLA Émile, La Terre, 1887, p. 353, Quatrième PARTIE

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 09:00

Une couverture illustrée par un dessin de CHAVAL.

 

« Des chocolats pour le directeur, comme son titre l'indique, est un petit cadeau à déguster : cet ensemble de courtes nouvelles, composées pour la plupart dans les années 1960, paraît à l'occasion des 90 ans de la naissance de Slawomir Mrozek. À l'origine, ces textes très brefs étaient destinés à être lus à la radio polonaise »

 

J’ai choisi l’Ascenseur pour plein de raisons :

 

  • La première, sérieuse,  c’est que la nouvelle est un bijou d'absurdité.

 

  • La seconde, moins sérieuse, en hommage au couple célèbre Roux&Combaluzier.

 

 

  • La dernière, c’est que j’aimerais qu’on me renvoie un jour l’ascenseur.

 

L’ASCENSEUR

 

Le camarade Directeur nous convoqua et nous annonça :

 

- Voilà, messieurs, je vous annonce un investissement important : on va installer un ascenseur.

 

Nous fûmes tout d’abord quelque peu étonnés car notre bâtiment n’avait pas d’étage.

 

- C’est comme ça, déclara le Directeur. C’est la modernisation, et on ne peut y échapper. Si je vous ai convoqués aujourd’hui, c’est justement pour que nous réfléchissions ensemble à la façon dont nous pourrions résoudre ce problème.

 

Nous tournâmes et retournâmes le problème dans tous les sens et finîmes par trouver une solution. Une équipe d’ouvriers vint installer l’ascenseur selon le plan, fort simple du reste, que nous avions établi.

 

Nous louâmes les services d’un travailleur qui, posté au  rez-de-chaussée, veillait à ce que toute personne entrant dans le bâtiment descendît en ascenseur d’abord au sous-sol, puis remontât et ressortit au rez-de-chaussée. Par contre, tout un chacun qui quittait le bâtiment était obligé d’emprunter l’ascenseur pour monter dans les combles et redescendre ensuite au rez-de-chaussée.

 

Tout alla pour le mieux. Jusqu’au jour où une consigne nous enjoignit, dans le cadre des économies de fonctionnement de l’ascenseur, de ne l’utiliser que pour monter ; et, de là-haut, de redescendre à pied.

 

Les choses se compliquèrent alors sensiblement ; Dorénavant, toute personne qui voulait pénétrer dans le bâtiment devait d’abord descendre à pied au sous-sol et y attendre l’ascenseur, pour pouvoir ensuite remonter au rez-de-chaussée. Et tous ceux qui voulaient sortir avaient le droit de monter en ascenseur dans les combles, mais de là, il leur fallait regagner le rez-de-chaussée à pied.

 

Tout cela dut néanmoins user exagérément le mécanisme de l’ascenseur, car nous reçûmes un avenant à la consigne précédente, qui précisait que, même pour monter, seuls les Chefs, les femmes enceintes, les personnes décorées de médailles – médailles d’argent au minimum – et les invalides avaient le droit d’emprunter l’ascenseur.

 

Fort malencontreusement, aucune de nos employées, à cette époque-là, ne pouvait entrer dans la deuxième catégorie ; nous leur adressâmes donc un chaleureux appel d’encouragement. Par ailleurs, nous n’avions pas de personnes décorées de médailles ; quant aux invalides, il y avait bien quelque chose qui manquait au Comptable, mais cela, il tint à le passer sous silence. De ce fait, le Directeur fut le seul à pouvoir utiliser l’ascenseur. Le problème ne disparut que lorsque l’ascenseur tomba en panne pour de bon.

 

Malheureusement, nous nous étions déjà habitués aux étages et nous en déshabituer ne fut pas facile. Les escaliers c’est si fatigant !

Des chocolats pour le Directeur de Slawomir Mrozek - Grand Format - Livre -  Decitre

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 06:00

ALIMENTAIRE/ EMMANUEL MACRON S'INSPIRE DU MODELE SOVIETIQUE DE FIXATION DES  PRIX | LE BLOG DE PATRICE GIBERTIE

« Dites, Lev Borissovitch, ne pensez-vous pas qu’il puisse y avoir, au département soviétique de la CIA, des responsables des pommes de terre, c’est-à-dire des agents spéciaux de l’impérialisme chargés de veiller à ce qu’on ne trouve que très irrégulièrement des pommes de terre dans nos magasin. »

La nouvelle philosophie soviétique Viatcheslav PIETSOUKH

 

Amazon.fr - Nouvelle Philosophie Moscovite (la) - Pietsoukh, Viatcheslav,  Godet, Françoise - Livres

 

La vieille Alexandra Poumpianskaïa a disparu de l’appartement communautaire n° 12, rue Petroverigski à Moscou. Les autres locataires s’interrogent sur cette énigme, survenue dans un climat étrange où coups de téléphone anonymes et apparitions fantomatiques brouillent les pistes de l’enquête. Mais chacun s’inquiète surtout de savoir à qui reviendra l’appartement laissé vacant par la vieille femme. Ce simulacre de drame criminel devient, pour Viatcheslav Pietsoukh, prétexte à une satire jubilatoire de la société soviétique contemporaine et de sa "nouvelle philosophie" de la vie. Entre la jouissance des mots et la misère des choses, Pietsoukh nous donne à lire une variation magistrale sur les démons qui continuent d’habiter l’homme russe.

 

Viatcheslav Pietsoukh - Babelio

 

Viatcheslav Pietsoukh, l’ironie douce ICI 

 

La disparition de Viatcheslav Pietsoukh, à l’âge de soixante-douze ans, n’a pas fait la Une de la presse française. L’écrivain avait pourtant connu sa toute petite heure de gloire en France au début des années 1990, avec la publication, aux éditions Actes Sud, d’un recueil de nouvelles, Chronique privée (1991), et d’un roman, La Nouvelle Philosophie moscovite (1993). Mais c’était l’époque où les éditeurs français, et plus largement européens, publiaient à tour de bras de la littérature russe, bonne ou moins bonne, dans laquelle un écrivain aussi discret que Pietsoukh ne pouvait qu’être partiellement noyé.

 

Les médias russes, en revanche, lui ont rendu hommage. Normal, dira-t-on, c’était un écrivain russe. Son œuvre, pourtant, n’est pas très abondante Pietsoukh est apparu tardivement sur la scène littéraire et elle porte clairement la marque « perestroïka », une époque aujourd’hui largement passée aux oubliettes. Les deux volumes mentionnés ci-dessus sont en effet parus en Russie avant l’effondrement de l’Union soviétique (1988 et 1989 respectivement), en pleine période gorbatchévienne. En outre, les thématiques de Pietsoukh sont assez éloignées des débats qui occupaient le devant de la scène à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Mais les Russes ont, de tout temps – et aujourd’hui encore – eu le respect de leurs écrivains et cru en la littérature.

 

Tel est d’ailleurs le propos majeur de la Nouvelle Philosophie moscovite, dans laquelle on peut lire : « Nous croyons tout aussi fermement à la littérature que nos ancêtres au Jugement dernier. »

 

Le roman est une sorte de remake du Crime et Châtiment de Dostoïevski, mais transporté en un autre lieu (Moscou, et non plus Saint-Pétersbourg) et en un autre temps (la fin du XXe siècle).

 

Le simple déménagement de la capitale des tsars à celle des secrétaires généraux du Parti communiste est une précieuse indication : on devine d’emblée que l’action, fût-elle inspirée de Dostoïevski, ne sera pas aussi noire, et qu’elle va s’inscrire dans le quotidien (soviétique, en l’occurrence) plus que dans la philosophie et les grandes idées.

 

L’écrivain se moque de l’incapacité de ses compatriotes à vivre hors de la littérature.

 

Il n’y a pas d’assassinat de vieille usurière dans le livre de Pietsoukh – juste la disparition d’une vieille femme occupant une chambre dans un appartement communautaire. Cependant, nous sommes en Russie et, déclare l’auteur, « ce qui compte c’est que la littérature soit plutôt, pour ainsi dire, la racine de la vie, pour ne pas dire la vie elle-même ».

 

Les habitants de l’appartement communautaire n’ont donc pas besoin d’un meurtre pour se perdre en conjectures, s’interroger et se soupçonner mutuellement : si la vieille femme a disparu, c’est forcément qu’elle a été tuée par l’un d’entre eux, avide de récupérer sa chambre. Reste à savoir qui est l’assassin et ce qu’il a fait du corps. Pour finir, on retrouvera la « victime » morte de froid sur un banc, ce qui, au demeurant, est tout aussi tragique, en moins grandiose, que le crime commis à la hache par Raskolnikov.

 

La plume de Viatcheslav Pietsoukh est trempée à l’encre de la dérision et de l’autodérision. Ses nouvelles publiées en français sous le titre Chronique privée s’intitulent en russe Joyeuse époque, et s’attachent à des héros ordinaires dont la vie, de fait, n’a rien de très joyeux.

 

L’écrivain se moque de l’incapacité de ses compatriotes – et de la sienne propre – à vivre hors de la littérature. Il raille ce pouvoir de la littérature russe de créer le réel (et non l’inverse), tout en étant pleinement conscient de participer du phénomène.

 

Bien qu’imprégnant toutes les pages, l’ironie de Viatcheslav Pietsoukh n’est ni hargneuse ni dure. Mais qui a dit que l’ironie douce n’était pas efficace ?

 

Publié le octobre 4, 2019

Par Anne Coldefy-Faucard

 

1945, 2020 : deux secousses historiques si différentes, disent ceux qui les  ont vécues | Coronavirus | Radio-Canada.ca

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