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10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 06:00

 

J’ai visionné ce film pour la première fois à l’école d’agriculture dans le cadre de « Cinéma&Culture. Ce programme en sus de la projection du film nous proposait un 4 pages d’une grande qualité, malheureusement je n’en ai gardé aucune trace dans mes archives, c’était un forme du Wikipédia cher à PAX. En dépit d’une sono calamiteuse, je pris conscience de l’importance de la bande son dans un film, que le compositeur n’était pas là pour faire joli. Un de ces 4 je chroniquerai sur eux pour faire concurrence à Ciné papy.

Aujourd’hui c’est « Le train sifflera trois fois » (1952)

 

Le Train sifflera trois fois en DVD : Le train sifflera trois fois -  AlloCiné

Pourquoi ce film ?

 

En reprenant les fiches de Ciné papy on pourrait croire que ce dernier n’aime pas les westerns. Il n’en est rien. Il a même un faible pour ce curieux réalisateur, Budd Boetticher qui, à titre personnel, fâché avec le système des studios hollywoodiens en a réalisé cinq avec son acteur fétiche Randolph Scott. Passionné par ailleurs de corrida il s’est ruiné a vouloir réaliser un film sur la carrière et la vie de ce matador de légende, mexicain mais triomphant dans toutes les arènes du monde que fut Carlos Arruza. C’est vous dire.

 

Mais pour en revenir au western, comment choisir ? Le monde du western recouvre tellement de genres différents. Film de cowboy et/ou de cowboy et indien, d’abords ennemis puis fraternisant. Autre sujet, la conquête de l’Ouest, les diligences, la Wells Fargo et le Poney Express puis le chemin de fer. Les bandits, les tireurs d’élite et autre fines gâchettes. Difficile aussi de choisir entre les réalisateurs quand les plus grands tel John Ford ont excellé dans le genre.

 

 

Quelle est l’histoire ? (selon Wikipédia)

 

 

À dix heures trente du matin, dans la petite bourgade d'Hadleyville, le shérif Will Kane (Gary Cooper) vient d'épouser la jeune quaker Amy Fowler (Grace Kelly). Alors qu'il s'apprête à rendre son étoile de shérif, Will Kane apprend l’imminent retour en ville de Frank Miller, un homme qu’il avait jadis arrêté et qui avait, par la suite, été condamné à mort. Finalement libéré au bout de cinq ans, Miller est en route pour Hadleyville avec la ferme intention de régler son compte à l'ancien shérif. Miller doit arriver par le train de midi à la gare, où trois de ses complices l’attendent.

 

 

Will Kane et sa femme projettent d'ouvrir un magasin dans une bourgade voisine mais, en définitive, le sens du devoir l'emporte. Malgré les supplications de sa femme, Kane décide de rester et tente de recruter des hommes auprès des habitants de la ville. Mais, l'un après l'autre, tous lui font défaut, par lâcheté, intérêt ou amitié pour le bandit. C’est donc seul qu’il devra livrer le combat face aux quatre hommes. Seul jusqu'à ce que son épouse comprenne, grâce à l'intervention de l'ancienne maîtresse de son mari, que sa place est auprès de lui. À l'arrivée du train, les rues de la ville sont désertées et se transforment en champ de bataille. Le combat se termine par la victoire du shérif, secondé par sa femme qui tue un des quatre hommes. Sans se retourner, Will et Amy Kane quittent Hadleyville.

 

 

Réalisation

 

Mon cher Fred Zinnemann est aux commandes. 

Les afficionados de Ciné papy se souviendront que nous avons déjà rencontré ce très grand réalisateur, moult fois oscarisé. On se reportera à la fiche  « Un homme pour l’éternité » 1966

 

Qui fait quoi ?

 

PHOTO LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS - GARY COOPER REF (COO190820141) | eBay

 

Gary Cooper:          le shérif Will Kane

 

Curieux acteur que ce Gary Cooper. D’abord cascadeur il est vite repéré et devient rapidement un acteur confirmé et recherché. Curieusement, d’un côté il gagne et fait gagner des millions à ses producteurs. De l’autre, il manque totalement de flair et passe à côte de  rôles importants et significatifs qui ont servi la gloire de confrères.

 

Grand ami d’Ernest Hemingway ce dernier en parlait ainsi à son éditeur : « Coop est un homme bien ; aussi honnête, droit, aimable et intègre qu'il le paraît. Si on inventait un personnage comme Coop, personne n'y croirait. Il est juste trop bien pour être vrai ». 

 

Un exemple illustre parfaitement cet éloge. En 1947, il est interrogé par la commission des activités anti-américaines chassant les communistes, mais, bien qu'avouant ressentir une certaine influence communiste à Hollywood, il ne livre aucun nom.

 

Son rôle du Shérif Will Kane est considéré comme son meilleur rôle.

 

De 1925 à 1961 il participe à quelques quatre-vingt films avec les plus célèbres réalisateurs tel Fritz Lang, Frank Capra, Henry Hathaway ou Ernest Lubitsch car il joue aussi bien la comédie que les films d’aventure ou autres.

 

Trois fois oscarisé en 1999, l'American Film Institute le désigne1a plus grande star masculine de tous les temps.

 

Le Train sifflera trois fois - film 1952 - AlloCiné

 

Grace Kelly:             Amy Fowler Kane  - Elle est l’épouse craintive du shérif.

 

 

On ne présente pas cette icône du cinéma et actrice fétiche d’Alfred Hitchcock. On notera que le rôle d’Amy Fowler Kane est son premier grand rôle.

 

Les grands remakes - Le train sifflera trois fois

 

Katy Jurado:            Helen Ramírez – Elle est une femme d’affaire mexicaine. Elle a été quittée par le shérif qui vient tout juste d’épouser Amy.

 

 

Katy Jurado outre ses qualités d’actrice présente une personnalité des plus intéressantes. Cette belle mexicaine va être abonnée aux rôles de femme fatale. Son premier film aux États Unis sera  « La Dame et le Toréador » 1951 réalisé par, tient tient , Budd Boetticher. En 1952  son rôle de maitresse de Gary Cooper dans « Le train sifflera trois fois » qui lui vaudra un Golden Globe Award, attribué pour la première fois à une Mexicaine. On ne s’étonnera donc pas que les grands metteurs en scène du moment l’ont inscrit dans leur générique. Ainsi, par exemple, John Huston dans « Au-dessous du volcan » 1984 aux côtés d’Albert Finney.

 

Le Train sifflera trois fois - Manifestations

 

Dimitri Tiomkin :       Compositeur de la musique du film et de la célèbre chanson « Si toi aussi tu m’abandonnes » il mérite une mention spéciale. C’est un compositeur majeur de l’âge d’or d’Hollywood. Il reçut plusieurs oscars dont un pour « Le train sifflera trois fois »

 

 

Temps forts

 

Compte tenu de la structure particulière du film* il n’y a pas à proprement particulier de temps forts. On assiste à une succession de lâcheté, de mauvais prétextes, de conseils de «  faux culs » pour abandonner le Shérif à son sort.

 

Pour le fun (et les féministes) on s’amusera de la manière dont Helen Ramirez congédie son jeune « compagnon de lit »

 

Le Train sifflera trois fois (High Noon - Fred Zinnemann, 1952) - Le Monde  de Djayesse

 

*Le train sifflera trois fois se déroule approximativement en temps réel, comme l'illustrent les plans récurrents montrant le cadran de l'horloge du bureau du shérif. L'action du film débute en effet à 10 h 40 pour se terminer peu après midi, et sa durée est de 85 minutes.

 

 

Remarques

 

 

Le film porte bien la marque de son talentueux réalisateur. Le réalisateur Fred Zinnemann compose Le train sifflera trois fois de trois éléments visuels récurrents : tout d'abord, le plan fixe sur la voie ferrée, qui signifie la menace attendue. Ensuite, le parcours désespéré du shérif qui cherche de l'aide dans toute la ville. Enfin, les horloges, de plus en plus grosses à l'image et de plus en plus souvent montrées au fur et à mesure que la menace se rapproche, nous dit Wikipédia

 

 

Pour l'historien du cinéma Leonard Maltin, Le train sifflera trois fois se démarque complètement des westerns de l'époque : le héros admet avoir peur, le film ne comporte que très peu de scènes d'action (sauf à la fin) et il est tourné en noir et blanc, ce qui était rarissime pour les westerns en 1952. D'autres éléments distinguent ce film des autres westerns : une bande-son dépouillée, une image très sobre, un ciel laiteux. Le personnage d'Helen Ramirez n'était pas banal pour l'époque, puisqu'il s'agit d'une femme d'affaires mexicaine.

 

 

L'acteur John Wayne a profondément détesté ce film qu'il qualifia de « un-American », par sa condamnation de la majorité silencieuse et d'une certaine lâcheté citoyenne. Détestation partagée par Howard Hawks

 

 

En 1989, fin des polémiques, le film, déjà 4 fois oscarisé , a été sélectionné pour préservation au National Film Registry par la Bibliothèque du Congrès en raison de son « importance culturelle, historique ou esthétique ».

 

Pax

 

Prochainement « Mash »

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 06:00

Dinde grosse

La Part animale - film 2006 - AlloCiné

Je sais, je sais, comme chantait le Gabin, jusqu’où vais-je pousser la provocation, qui n’en est pas une, croyez-moi « Non, non, je ne fais pas dans le porno zoologique, c'est écrit dans le très sérieux journal Le Monde : « Il n'y a pas de sot métier. Le héros de ce film dérangeant masturbe les dindons dans un hangar, en Ardèche, afin de recueillir leur sperme et d'inséminer des dindes... » signé Jean-Luc Douin qui n’est pas un plaisantin.

 

Pour justifier ma provocation qui n'en est pas une j'ai souvenir que Pax a découvert les vins nu chez Pierre Jancou avec un vin nu de l'Ardèche, un chardonnay qui avait bien vieilli... 

 

27 octobre 2007

Masturbateur de dindons en Ardèche...

 

Pour vous prouver ma bonne foi je vous cite aussi  Télérama, l'organe des bien-pensants, ex-membre, avant de tomber dans l'escarcelle du Monde, du groupe la Vie Catholique, qui sous la plume de Pierre Murat, se fait plus précis :

 

«  Masturber les dindons, c'est pas un métier. Pourtant, c'est ce que fait Etienne, chaque jour : il branle des mâles trop nourris, donc trop lourds pour pouvoir s'accoupler, toujours habillé de vert, parce que les dindons aiment cette couleur.

 

« Quand ils te voient, ils te prennent pour une dinde? «  persifle Claire, sa femme, qui, après avoir ironisé, puis patienté, finit par désespérer... »

 

C'est un film : La part animale  de Sébastien Jadeau, pas le Jadot avec un O, inspiré par un roman d'Yves Bichet Folio Gallimard.

 

Amazon.fr - La part animale - Bichet,Yves - Livres

 

24 octobre 2007 en salle / 1h 27min / Drame

De Sébastien Jaudeau

Par Sébastien Jaudeau, Yves Bichet

Avec Anne Alvaro, Niels Arestrup, Rachida Brakni

 

Photo de Niels Arestrup - La Part animale : Photo Niels Arestrup, Sava  Lolov, Sébastien Jaudeau - AlloCiné

 

PRIX & FESTIVALS

 

Prix du Jury au Festival d'Annonay 2006 - Rencontres du cinéma Européens d'Aubenas 2006- Projections ACID Cannes 2007

 

SYNOPSIS

 

Arrivé avec femme et enfant en plein cœur de l’Ardèche, Etienne voit sa vie basculer aux premiers jours de son embauche dans un élevage ultramoderne de dindons Douglas.

 

Au contact de Chaumier, son nouveau patron, et des bêtes dénaturées de l’exploitation, Etienne se change …

 

LA PHRASE DU RÉALISATEUR

 

« Pour Yves Bichet comme pour moi, entre l'humain et l'animal, le plus sage des deux n'est pas forcément celui qu'on croit... »

 

Mais j’ai trouvé aussi ceci :

La part animale - (France – 1h27) de Sebastien Jaudeau avec Niels Erestrup,  Sava Lolov, Rachida Brakni… - Journal VentiloL'ACID - La Part animale

Les pires métiers du monde : La routine masturbatoire des «branleurs de dindons»
ICI 

 

L’élevage industriel génère des effets perturbateurs inattendus sur les espèces qui en sont la proie. Prenez la dinde par exemple. Volatile au mauvais caractère importé d’Amérique, sa viande est très consommée de nos jours. Rien qu’en France, environ 95 millions de spécimens sont abattus chaque année. Dans les usines géantes à viande blanche, les dindes sont parquées dans des hangars par dizaines de milliers. Elles étouffent, développent des pathologies respiratoires, sombrent parfois dans le cannibalisme. La volaille est électrocutée, ébouillantée avant d’être égorgée. Dans cet environnement, les dindons reproducteurs sont sélectionnés depuis des décennies notamment pour leur volume de chair. Leurs cœurs lâchent prématurément, les os ne suffisent plus pour supporter leur masse. Trop énormes, ils s’avèrent même aujourd’hui incapables de se reproduire normalement. C’est là que l’huile de coude de l’humain entre en jeu…

 

« J’m’en vais branler le dindon cet été » dit-on, parait-il, dans les régions de grand élevage. C’est synonyme de job alimentaire, de travail pénible, répétitif, temporaire et mal payé. L’homme moderne se voit également transformé par l’élevage industriel. Le printemps venu, avec la saison des amours, certains revêtissent une combinaison verte,-la couleur plaît aux dindons-, s’arment d’un tabouret et vont se planter dès l’aube au milieux d’accouvages bondés dont on distingue à peine le sol. Dans les élevages “de pointe” voici à quoi ça ressemble :

 

La suite ICI 

la part animale

LA PART ANIMALESébastien Jaudeau  Lauréat 2001 ICI
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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 06:00

Consultation d'un druide

Titre accrocheur s’il en est puisé à la source de Vitisphère sous la signature d’Alexandre Abellan.

 

Bordeaux sera toujours Bordeaux, « sûr de lui et dominateur » aurait dit la grand Charles, ce grand lac de vin vit aujourd’hui le désamour des consommateurs, à la manière du gros rouge qui tache du Midi dans les années 70-80, nom de code : Bordeaux-bashing.  

 

Un peu simpliste comme analyse attribuant à une main invisible malveillante les malheurs du tonneau de Bordeaux se trainant dans le ruisseau à 750 €.

 

Le consommateur a toujours raison me disait-on à l’époque où les français se sont rués dans les allées de la GD laissant sur le flanc les petits commerçants de quartier. Ils n’ont eu que leurs yeux pour pleurer sauf qu’à l’heure actuelle le balancier s’est inversé, le commerce de proximité a, de nouveau, le vent en poupe, les grands de la GD font le trottoir dans les villes et les achats en ligne déplument les hypermarchés carbonés.

 

Bref, dans l’entre soi bordelais, sous la houlette des « têtes d’œufs » du CIVB, loin des folies des GCC, Bernard Farges et Allan Sichel, viennent de présenter à leurs troupes hésitant entre colère et résignation, le nième  plan d’actions pour répondre aux difficultés commerciales actuelles du vignoble et préparer sa revalorisation pour l'avenir.

 

Françoise Giroud, qui avait la dent dure, déclara en 1974, à propos du maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas, « On ne tire pas sur une ambulance » ICI, je me contenterai donc, charitable que je suis, de qualifier ce papier d’à côté de la plaque.

 

Un morceau remarquable de cette indigence :

 

« Mettant sur la table son plan d’action, le CIVB se veut un outil de soutien à la promotion sur le terrain, comme l’indique Julie Rambaud-Texier, sa directrice marketing. Visant une humanisation des opérateurs bordelais, l’interprofession prend comme « fil rouge » la tournée des vins de Bordeaux (avec chaque année une édition collective et nationale début mars et des versions réduites par groupes d’appellations bordelaises). Souhaitant se renforcer sur le marché girondin (« on ne peut gagner la bataille de l’image des vins de Bordeaux si l’on ne gagne pas le match à domicile » souligne Julie Rambaud-Texier), le CIVB continue de prospecter l’export avec un format événementiel de "Bordeaux days" (des journées de séminaires sur 6 marchés prioritaires, pour viser 200 professionnels par journée dans 13 villes), d’innover dans ses supports de communication (avec un film en réalité virtuelle) et de recruter de nouveaux ambassadeurs (comme avec l’influenceuse du Rouge Aux Lèvres). »

 

L’humanisation des opérateurs bordelais, et l’influenceuse Rouges Aux Lèvres, mais de qui se moque-t-on ?

 

Des vignerons pour sûr, comment peut-on mettre sur la table, pour séduire les consommateurs, « rendre la filière attractive » (sic), se raccrocher aux marchés, des propositions purement cosmétiques. Les nouveaux consommateurs qui ont fui les vins de Bordeaux ne l’ont pas fait parce que les opérateurs bordelais n’avaient pas d’âme, mais parce que le produit présenté ne leur plaît pas, et ce n’est pas avec une « influenceuse » payée par le CIVB, faisant de la réclame sur Instagram, face de bouc ou autre réseau social, qu’on va les convaincre de tremper à nouveau leurs lèvres dans un ballon de rouge bordelais.

 

Fort bien me direz-vous, mais alors : que faire ? Que proposer ?

 

Mes réponses sont simples : j’ai déjà donné, suis pas qualifié, retiré des voitures je me contente de boire des jus qui me plaisent, quand la forme prend le pas sur le fond elle touche le fond, avec l’espoir secret de remonter à la surface.

 

Un seul conseil aux têtes d’œufs du CIVB : allez-donc traîner vos escarpins ou vos Richelieu dans les bars à vin, y’en a sûrement plein à Bordeaux, ça vous fera le plus grand bien, ça aérera vos neurones confinés dans des recettes formatées, ça vous permettra de sortir des sentiers battus et de donner une nouvelle jeunesse aux petits vins de Bordeaux.

« Notre enjeu, c’est susciter la demande en étant attractif auprès du consommateur » indique Allan Sichel. - crédit photo : CIVB

La boîte à outils des vins de Bordeaux pour se raccrocher aux marchés sans arracher ICI

Jeudi 04 novembre 2021 par Alexandre Abellan

 

https://www.consoglobe.com/wp-content/uploads/2015/10/druide_shutterstock_1058625014.jpg

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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 06:00

Plus dure sera la chute en Blu Ray : Plus dure sera la chute - AlloCiné

En juin 81, lors de mes premiers pas dans le sérail politique, le Palais Bourbon était  une marmite au bord de l’implosion, pensez-donc, certes les chars soviétiques n’avaient pas fait un blitzkrieg jusqu’à la place de la Concorde, mais 4 Cocos siégeaient au gouvernement  Mauroy  2, la chambre étaient majoritairement rose, certains au Congrès de Valence demandaient que les têtes roulassent dans la sciure, Robert Badinter était conspué, la vieille droite qui se croyait propriétaire du pouvoir depuis l’arrivée en 58 du Grand Charles, l’avait mauvaise, elle espérait avoir très vite sa revanche contre la piétaille de la gauche unie, dévaluation, sortie du SME, Tonton hésita, tangua, puis sur la pression de Delors, fit barre toute vers la « rigueur ». Bref, la gauche devint convenable, de gouvernement, fréquentable. Les députés socialos des premiers jours, dépenaillés, se glissèrent avec délice, pas tous heureusement, dans les mœurs de l’élite où l’impunité était la règle non-écrite, mais toujours respectée dans un silence complice.

 

Mais en France, il faut laisser le temps au temps, formule fétiche de Mitterrand, pour que  tout change pour que rien ne change. Presque 50 ans, et n’en déplaise à notre monsieur contre Pax, c’est sous le règne de Macron 1er que la débandade de l’élite mâle est arrivée.   

 

Sarkozy, Duhamel, Académie Goncourt… La France comptait en son sein une élite sans vergogne – jadis. Aujourd’hui, sans se transformer en modèle d’égalitarisme à la scandinave, la France ne considère plus son élite politique et culturelle comme intouchable, analyse le Financial Times.

 

J'ai retrouvé ce vieux truc que je n'avais pas encore mis ici... - C'est  facile de se moquer

 

Il se passe des choses étranges en France. L’ancien président Nicolas Sarkozy s’est vu infliger une peine de prison (qu’il effectuera chez lui), après sa deuxième condamnation en six mois. D’autres célébrités françaises ont été accusées de viol ou d’inceste. Il a été interdit aux membres du jury remettant le principal prix littéraire du pays de le décerner à un amant. L’École nationale de l’administration, qui recrute les élites politiques qui se reproduisent entre elles, a été rebaptisée et devrait être réformée.

 

https://www.lopinion.fr/sites/nb.com/files/styles/w_400/public/styles/paysage/public/images/2021/03/20210302_sarkozy_condamne_affaire_ecoutes_web_0.jpg?itok=Og5MbT0a

 

Les Français – qui forment probablement la nation la plus pessimiste du monde – refuseront peut-être d’y croire, mais apparemment il semble possible de faire le ménage dans les rangs de leurs élites, au bout du compte. De quoi tirer des leçons utiles pour d’autres pays.

 

Toutes les élites finissent par ne penser qu’à elles, et les représentants de l’élite française que j’ai rencontrés après mon arrivée à Paris il y a vingt ans étaient sans vergogne. Ils faisaient leurs études ensemble, puis se regroupaient dans quelques arrondissements* sur les bords de la Seine, s’installant l’été dans les résidences secondaires des uns et des autres. Dans un pays à la lourde fiscalité, on avait coutume, entre gens de la même caste, de s’offrir non de l’argent mais du pouvoir et des avantages. En cas de problème, on pouvait toujours appeler un ami juge. Une époque résumée par une photo de François Fillon – alors Premier ministre de Sarkozy – en train de se détendre en famille sur la pelouse de son château* en 2016.

 

Méfiance envers les élites

 

Mais l’élite française a appris à guetter le chuintement du couperet de la guillotine et, en 2017, diverses forces se sont associées pour imposer un nettoyage. On courait le risque que la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen entre à l’Élysée. C’est Emmanuel Macron qui l’a emporté, finalement, mais sa loyauté envers ses vieux amis n’était pas à toute épreuve. Il a pris la tête d’une génération plus jeune, où les femmes jouent un rôle sans précédent, et qui a été contaminée par les règles de transparence en vigueur à l’étranger. Quelques mois plus tard, les révélations sur le prédateur sexuel américain Harvey Weinstein ont déclenché le mouvement mondial #MeToo.

 

Une loi macroniste sur la moralisation de la vie politique” interdit aux députés d’embaucher leurs proches ou de dépenser des fonds sans présenter de factures. Fillon a été inculpé pour avoir offert un emploi fictif à son épouse. Immanquablement, certains à droite affirment que Sarkozy et lui sont victimes de persécutions judiciaires. Peut-être les peines qui les visent n’ont-elles fait qu’exacerber la méfiance des Français vis-à-vis des élites. Quoi qu’il en soit, ce sont des signes de réforme : la justice ne vaut plus seulement que pour les humbles.

 

Pour les parlementaires aussi, la vie a changé. C’en est fini des déjeuners de six heures arrosés au champagne avec des “assistantes de recherche” de 22 ans. Un restaurateur parisien grommelle que, de nos jours, les politiciens “n’ont pas d’argent”. À la fin de 2017, des panneaux ont été placardés dans les ascenseurs de l’Assemblée nationale pour rappeler la définition légale du harcèlement, les peines de prison et les amendes qui y sont associées, ainsi qu’un numéro d’urgence pour les victimes. Et ce n’est pas sans effet.

 

Les temps changent

 

Le #MeToo français a accéléré l’hiver dernier, après la publication de deux livres autobiographiques, un de Camille Kouchner et l’autre de Vanessa Springora, contenant des allégations sur des agressions incestueuses et pédocriminelles. Le beau-père de Camille Kouchner, Olivier Duhamel, président du Siècle, un club élitiste – autrement dit, président de l’establishment français – a été banni de la vie publique, accusé d’avoir abusé du frère de l’autrice. L’affaire a fait tomber plusieurs autres membres de la caste supérieure, dont le philosophe et polémiste Alain Finkielkraut, évincé des plateaux de la chaîne de télévision LCI après s’être interrogé sur cette agression sexuelle présumée à l’encontre d’un garçon de 14 ans : “[…] Y a-t-il eu consentement? […] Y a-t-il eu ou non une forme de réciprocité? Un autre secteur de l’élite, l’Église catholique, est confronté à des difficultés du même ordre après qu’un rapport a estimé que, depuis 1950, des prêtres avaient abusé de 216000 personnes aujourd’hui adultes.

 

La liste des prêtres pédophiles s'allonge ! | caricatures de l'actualite  par Plop et KanKr

 

En comparaison, le scandale qui entoure le plus grand prix littéraire français peut certes passer pour de la petite bière mais, culturellement, il n’en est pas moins révélateur. Un auteur initialement sélectionné pour le Goncourt de cette année se trouve être le compagnon d’une femme membre du jury; laquelle a par ailleurs écrit une critique incendiaire sur un roman concurrent. Il y a dix ans, nul ne s’en serait soucié. De fait, Philippe Claudel, le secrétaire général du jury du Goncourt, avait curieusement dit, au début, que “ce n’était pas un problème éthique ou déontologique, ce qui serait le cas s’il émanait d’un conjoint, d’un descendant, d’un ascendant”. D’autres ont tenu à souligner que le couple ne vivait pas sous le même toit.

 

Mais les temps changent. La semaine dernière, le Goncourt a interdit aux membres du jury de récompenser des amants et des proches. Tout aussi inhabituel, la nouvelle liste ne contient aucun ouvrage de l’éditeur le plus en cour du pays, Gallimard. Tout cela a lieu après la réforme, l’an dernier, de l’académie remettant le plus grand des prix du cinéma en France, celle des César : sa direction a démissionné après que 400 artistes ont dénoncé une académie au fonctionnement “élitiste et fermé” qui avait sélectionné douze fois un film du réalisateur Roman Polanski, accusé de pédocriminalité.

 

La France ne s’est pas soudainement transformée en un modèle d’égalitarisme transparent à la scandinave. Mais elle se réforme, et elle n’est pas la seule. Quand les institutions de l’élite sont attaquées par la base, elles trouvent des raisons de faire le ménage.

 

L’Italie a réduit le nombre de ses parlementaires et réforme ses tribunaux afin que les inculpés fortunés ne puissent plus faire traîner la procédure jusqu’à ce qu’il y ait prescription. En Grande-Bretagne, Oxford et Cambridge acceptent davantage d’étudiants issus de l’enseignement public. Les électeurs ne tolèrent plus les dirigeants coupables de délit d’initié, comme le prouve la démission, la semaine dernière, du chancelier autrichien Sebastian Kurz et la défaite du Premier ministre tchèque Andrej Babis. Lutter contre la corruption, c’est aussi reconnaître quand elle est déclin.

 

* En français dans le texte.

 

Simon Kuper

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 06:00

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La nouvelle est tombée sur mon téléscripteur :

 

C’est un petit séisme en France : les ventes du légendaire camembert, star du traditionnel plateau de fromage, sont sur le point d’être dépassées par sa douce rivale italienne : la mozzarella.

 

Mozart est là…

 

Il en est de la mozzarella, comme du Canon de Pachelbel ou l’adagio d’Albinoni, elle est victime de son succès planétaire. Bien évidemment je ne parle même pas de la mozzarella au lait de vache produite partout, y compris en France, dans des usines. Non, je parle de celle que l’on trouve dans la GD sous l’étiquette Mozzarella di Buffala Campana par des marques comme Galbani qui elle aussi est un produit industriel.

 

mozza-001.JPG

1 septembre 2019

Mozart est là… et la mozzarella di buffala… ICI  

 

Ce désamour  préoccupe Ouest-France qui, même s’il n’est pas normand mais breton, a, dans son giron, le fameux Président (pas celui honni par Pax) produit phare de la maison Besnier devenue Lactalis.

 

Je cite :

 

Les deux fromages ne sont pas exactement rivaux : ils sont consommés différemment en fonction des saisons et la mozzarella est surtout utilisée en cuisine, quand le camembert est plus apprécié en dégustation.

 

Mais ce déclin réel laisse présager en creux un changement dans les habitudes culinaires des Français.

 

Selon une étude du ministère français de l’Agriculture, en 2020 les ventes de camembert chutaient de 11 % par rapport à 2015 quand celles de la mozzarella bondissaient de 62 %.

 

Le cabinet d’étude Nielsen assène : La tendance est claire, les ventes de mozzarella vont dépasser celles de camembert d’ici peu.

 

Nous vivons un deuil, comment le meilleur fromage a-t-il pu être détrôné ? s’est lamentée sur Facebook l’entreprise familiale de camemberts Gillot – leader français de la fabrication de camembert au lait cru – installée dans le village de Saint-Hilaire-de-Briouze (nord-ouest).

 

20 mai 2018

C’est la triste histoire d’un bon camembert Gillot au lait cru, moulé à la louche, congelé et coincé entre 2 Président dans une armoire de la GD : tout ça pour ça ! ICI 

 

Pour Émilie Fléchard, directrice adjointe de Gillot, ce putsch pourrait être lié à un changement de mœurs, par exemple un déclin de la tradition du plateau de fromage.

 

« Mes parents mangeaient du fromage deux fois par jour. Personnellement, à part quand je reçois, je ne mange pas de fromage à la fin du repas » observe-t-elle.

 

Une tendance que semble discerner aussi Loïc Bienassis (j’attends Pax) chargé de mission scientifique à l’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation (IEHCA) : En 2011, 40 % du fromage était consommé hors plateau mais depuis, cela a probablement augmenté indique-t-il à l’AFP.

 

Le camembert, une « aventure »

 

Mais le désamour vis-à-vis du camembert s’explique aussi par une réputation, ternie au fil du temps.

 

Le camembert souffre d’une image vieillotte, celle d’un fromage populaire, traditionnel, constate Mike Bija, fromager à La Crèmerie du 17e, dans un arrondissement chic de Paris.

 

Par ailleurs, selon l’étude du ministère, les amateurs des deux fromages n’ont pas forcément le même profil d’âge : le camembert est deux fois plus consommé par les plus de 65 ans que par les moins de 35 ans. La mozzarella est au contraire achetée massivement par les moins de 35 ans.

 

Car la petite boule blanche italienne est pratique : On la consomme plus en plat, dans les salades », explique Sakina Merazga, qui tient la boutique parisienne avec Mike.

 

Elle accompagne parfaitement une nouvelle alimentation, qui se veut plus saine, plus légère…

 

En rupture par rapport au repas français traditionnel, incarné par le camembert, un produit exigeant, fort en goût, qui se mange seul, selon Mme Merazga. Le camembert, cest une aventure !

 

La mozzarella, c’est un effet de mode, un fromage de jeunes urbains et branchés, estime Mike Bija.

 

La Crèmerie vend d’ailleurs un camembert au lait de bufflonne, sorte de synthèse crémeuse et osée des deux rivaux, à destination des clients rebutés par le goût trop prononcé du camembert.

 

L’industrialisation contre la tradition

 

Mais derrière la perte globale de vitesse du camembert, spécialité de Normandie, se cache des réalités très différentes.

 

Au niveau du goût comme du prix (presque deux fois plus élevé en moyenne), pas grand-chose à voir entre un camembert AOP de Normandie et un camembert industriel standardisé.

 

Pour obtenir le label « Appellation d’origine protégée », les producteurs doivent répondre à certains critères : moulage à la louche, lait cru… Une sévérité qui garantit un goût inégalé et un respect de la tradition.

 

Chez Gillot, où l’on produit notamment de l’AOP, la fabrique est une véritable ruche et les employés s’affairent dans un incessant ballet : Nos ventes progressent depuis huit ans, se félicite Emilie Fléchard.

 

Selon l’Association de défense et de gestion de l’AOP Camembert, les ventes ont augmenté de 20 % entre 2014 et 2020.

 

Les gens veulent manger moins mais de meilleure qualité, conclut Mme Fléchard.

 

Mais cette production ne représente qu’un peu moins de 10 % du tonnage global. L’écrasante majorité du camembert est produite par des géants industriels comme Lactalis, vendus en supermarchés.

 

 

 

L'info sent aussi l'A.F.P.

Les ventes du légendaire camembert, spécialité du nord-ouest du pays et star du traditionnel plateau de fromage, sont sur le point d’être dépassées par sa douce rivale italienne: la mozzarella. Photo d’illustration Pixabay

 Photo d’illustration Pixabay

Camembert: «Comment le meilleur fromage a-t-il pu être détrôné ?» ICI

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 12:30

 

« Lettre ouverte à mes amis vignerons

 

Chers amis, 

 

Je suis né à Saint-Emilion et aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionné par ce métier formidable et difficile : celui de cultiver la vigne et d’élever ses vins dans le respect de l’humain et de la nature.

 

Très tôt, je me suis beaucoup investi dans nos instances professionnelles car je souhaitais servir l’intérêt collectif et défendre notre patrimoine commun et nos appellations.

 

Partout où cette aventure m’a mené, depuis plus de 50 ans, j’ai eu le privilège de rencontrer des femmes et des hommes formidables, dont beaucoup m’ont témoigné leur soutien chaleureux ces derniers temps. Je les en remercie très sincèrement.

 

Voilà bientôt neuf ans que je suis la cible d’une accusation particulièrement violente et que j’estime injuste et infondée. 

 

Pour jeter le discrédit sur un classement dans lequel ils n’ont pas été retenus, un petit groupe de viticulteurs a multiplié les procédures et les attaques personnelles, en m’accusant, entre autres, d’avoir cherché à utiliser mes mandats pour prétendument influencer les organismes en charge de l’élaboration et de la mise en œuvre du classement.

 

A la suite de leur plainte, déjà ancienne, j’ai dû m’expliquer à de nombreuses reprises et au fil de la procédure, le champ de ce qui m’était reproché n’a cessé d’évoluer.

 

En 2018, le procureur de la République a requis un non-lieu estimant qu’il n’existait aucune charge sérieuse à mon encontre. J’ai pensé, à tort que cette affaire était enfin terminée.

 

La semaine dernière, le tribunal correctionnel de Bordeaux m’a condamné au paiement d’une amende.

 

Après avoir lu le jugement, je comprends qu’il m’est essentiellement reproché d’avoir, en tant que Président de section du Conseil des Vins, répondu à des demandes qui m’avaient été adressées par le service juridique de l’INAO, dans le cadre de l’élaboration du cahier des charges du classement.

 

Pour moi, ces échanges étaient neutres et transparents, ils étaient conformes aux règles en vigueur au sein de l’INAO. 

 

Contrairement à ce que je lis parfois dans la presse, à aucun moment il n’a été démontré que j’aurais pu recevoir le moindre avantage, ni direct, ni indirect du fait de ces opérations. Le Tribunal l’a d’ailleurs clairement dit dans sa décision.

 

En mon âme et conscience, je sais que je n’ai jamais agi de manière contraire à mes valeurs. Je n’ai jamais recherché autre chose que de servir le collectif et surtout, je n’ai jamais avantagé des intérêts particuliers, et encore moins les miens.

 

Pendant toutes ces années, cette procédure a servi mes détracteurs, pour les conduire à alimenter des polémiques sans fin et nourrir des attaques contre ma famille, mes collaborateurs et moi-même.

 

C’est pourquoi, même si je la trouve injuste et injustifiée, j’ai décidé de mettre un terme définitif à ce litige, et de ne pas faire appel de cette décision.

 

Je sais désormais que l’engagement public présente des risques que je n’aurais même jamais imaginés lorsque j’ai accepté de m’engager dans ces mandats. Je tiens à rappeler que j’avais été élu à l’unanimité pour représenter l’appellation dans le cadre du Conseil des Vins, et nommé directement par le ministre de l’Agriculture, en connaissance de cause, pour siéger à l’INAO.

 

Au fond, quel que soit mon ressenti, mon expérience ne doit pas décourager celles et ceux, notamment les plus jeunes, qui continueront à s’engager pour défendre avec force et conviction nos appellations et nos instances, locales et nationales, tant enviées par nos concurrents étrangers.

 

De mon côté, je vais continuer à faire ce métier que j’aime tant avec tous ceux, nombreux, qui continuent à me soutenir et à me faire confiance.

 

Bien amicalement,

 

Hubert de Boüard de Laforest
Vigneron 

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 06:00

 

 

À Beaune, le président français a remis les insignes de Grand-Croix de la Légion d’honneur à la chancelière allemand lors d’une cérémonie d’adieu en Bourgogne.

 

Après un récital de piano, les deux dirigeants ont été intronisés dans la Confrérie des Chevaliers du Tastevin qui célèbre la Bourgogne, sa cuisine, ses vins et ses traditions.

 

Alain Suguenot est le maire de Beaune.

 

De 1932-1944 : Roger Duchet fut maire de Beaune

De 1945-1965 : Roger Duchet à nouveau maire de Beaune

 

Il serait malvenu de rappeler dans cette chronique les états de service de Roger Duchet, j’y reviendrai, après la Libération il fut un membre du parti d’Antoine Pinay, le CNI, Centre National des Indépendants&paysans.

 

Au temps des cépages nazis le Zweigelt en Autriche, le « Dr. Wagnerrebe» dans le IIIe Reich l’ancienne «Cuvée des Dames hospitalières» 51 ares 10 centiares au lieudit les Teurons à Beaune devient «Clos du maréchal Pétain».

 

16 décembre 2018

L’ancienne «Cuvée des Dames hospitalières» 51 ares 10 centiares au lieudit les Teurons à Beaune devient «Clos du maréchal Pétain». ICI

 

 

 

Secrétaire d'État aux Travaux publics du gouvernement René Pleven (2) (du 11 août au 4 octobre 1951)

Ministre des PTT du gouvernement René Pleven (2) (du 4 octobre 1951 au 20 janvier 1952)

Ministre des PTT du gouvernement Edgar Faure (1) (du 20 janvier au 8 mars 1952)

Ministre des PTT du gouvernement Antoine Pinay (du 8 mars 1952 au 8 janvier 1953)

Ministre des PTT du gouvernement René Mayer (du 8 janvier au 28 juin 1953)

Ministre de la Reconstruction et du Logement du gouvernement Edgar Faure (2) (du 23 février 1955 au 1er février 1956)

 

 

Peut être une image de 5 personnes et personnes debout

Peut être une image de 5 personnes et intérieur

« Depuis que tu es chancelière, la France a appris à te connaître et à t’aimer », « durant toutes ces années, tu as contribué à garder l’Europe unie malgré tous les chocs », a affirmé Emmanuel Macron. « Merci d’avoir accepté ce jeune président impétueux qui voulait tout bousculer », « merci de cette patience et de cette indulgence à mon égard », a-t-il ajouté

 

 

La Grand-Croix – distinction la plus élevée de l’ordre de la Légion d’honneur qui fut également décernée à Konrad Adenauer, Willy Brandt, Helmut Kohl et Gerhard Schroeder – « incarne la solidité de l’amitié franco-allemande, entretenue par Angela Merkel », selon la présidence française.

Semblant heureuse de recevoir cette distinction, Angela Merkel a elle aussi remercié son hôte.

« Ce qui était bien avec tous les présidents c’est qu’on a partagé les mêmes valeurs, même si au début on avait souvent des idées différentes. On a souvent réussi à se mettre ensemble et à faire plus que ce qu’on aurait pu faire tout seul », a-t-elle souligné.

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« Les deux couples ont ensuite partagé un dîner 100 % bourguignon, avec en entrée œufs en meurette, spécialité bourguignonne d’œufs mollets dans une sauce au vin de bourgogne.

 

Elle était accompagnée notamment de truffes de Bourgogne, puis de bœuf Charolais ainsi que de fromages frais et chocolats de Bourgogne. Le tout arrosé d’un Saint-Aubin 1er cru de 2015 et d’un Nuit Saint-Georges 1er cru de 2014. »

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 06:00

 

La recette originale du sénateur Aristide Couteaux parue dans le journal « Le Temps » en 1898 : Le lièvre est confit « à la périgourdine » pendant des heures jusqu’à obtention d’une sorte de capilotade qui a donné lieu ensuite aux recettes de Paul Bocuse et Joël Robuchon. Le style aussi est sympathique : Aristide cale pour vous les horaires de préparation. On commence à midi et on termine sa sauce vers 18H00.

 

« Je pense qu’on devrait mieux se pencher sur la cuisson du gibier dans l’esprit du Sénateur Couteaux : rester sur cette technique d’une très longue cuisson à température très basse où le gibier est totalement confit, puis à la 48ème heure, pousser les bocaux en température pour obtenir une bonne conservation dans le temps. On obtiendra ainsi une capilotade douce en bocal. » Arnaud Donckele

Que du beau monde, le lièvre à la royale est toujours tendance, il s’affiche à la carte des chefs de la nouvelle génération : à TABLE, de Bruno Verjus.

 

Peut être une image de dessertPeut être une image de aliment

 

10 mars 2018

Le lièvre à la royale de Jean-Marie Amat chef du Saint James à Bioulac vu par Jean-Paul Kauffmann, celle du sénateur Couteaux vue par Jean-Claude Ribaut. ICI 

 

 

« Je me souviens un soir de novembre dans les Landes. Il nous avait préparé un lièvre à la royale. Cette façon qu’il avait eue de chambouler cette recette, gloire écrasante de la gastronomie française! Un retournement magistral, un de ces bonds acrobatiques à la Amat (l’emblématique chef du Saint-James, Jean-Marie Amat, décédé lundi à l’âge de 72 ans). Pourtant tout y était : le foie gras, le sang, les abats, la sauce dun noir denfer. Tout y était, mais réévalué, transmuté, extrapolé par lui. Un lièvre délesté des impedimenta de la tradition, subtil, presque aérien. Furieusement royal pourtant : fastueux même, opulent, sauvage. »

Jean-Paul Kauffmann

 

Bascou

- Lièvre à royale, selon Carême ou « Jacquillou »? ICI

 

La guerre picrocholine entre partisans du lièvre à la royale façon Antonin Carême et tenants de la recette du Sénateur Couteaux laisse le chef de Lasserre impavide.

 

Pour les 70 ans du restaurant Lasserre, son chef, Christophe Moret et Claire Heitzler, chef pâtissière, ont créé un menu anniversaire, proposé depuis le 13 novembre, dont le plat emblématique est un lièvre de Picardie, le filet juste pané poivre/genièvre, la panoufle à la Périgourdine. Soit une variation sur la recette du lièvre à la royale dite d’Antonin Carême (1784 – 1833), encore qu’une telle façon  figure en 1775, dans Les soupers de cour du cuisinier Menon.

François Simon

 

Le lièvre à la royale de Jean-Marie Amat chef du Saint James à Bioulac vu par Jean-Paul Kauffmann, celle du sénateur Couteaux vue par Jean-Claude Ribaut.

- Le lièvre à la royale du sénateur Couteaux

 

 Un lièvre, du courage et beaucoup d'humour ...

 

Mode d'emploi :

 

Se procurer un lièvre mâle, à poils roux, de fine race française (caractérisée par la légèreté et la nerveuse élégance de la tête et des membres), tué autant que possible en pays de montagne ou de brandes, pesant de cinq à six livres, c'est à dire ayant passé l'âge du levraut, mais cependant encore adolescent. Caractère particulier pour le choix : tué assez proprement pour n'avoir pas perdu une goutte de sang.

Jean-Claude Ribaut

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3 novembre 2021 3 03 /11 /novembre /2021 06:00

Le saviez-vous ? : Rita Hayworth, emblème de la "bombe atomique"

“ I have always felt that one of the secrets of real beauty is simplicity.

 

« J'ai toujours pensé que l'un des secrets de la vraie beauté est la simplicité. »

 

In article écrit en tant que chroniqueur invité pour Arlene Dahl, intitulé "Rita Hayworth Sees Simplicity As Part Of Beauty" dans The Toledo Blade (11 mars 1964)

Aujourd’hui c’est « Gilda  » (1946)

 

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/3f68d6d5-56cd-4001-891c-9cfc3554fcf8_2.jpg

 

Pourquoi ce film ?

 

Tel le Petit Poucet, Ciné papy sème, parmi ses fiches quelques chefs d’œuvres.

 

C’est de l’un de ceux-ci qu’il est question ici. Il peut être considéré comme La Référence dans la catégorie des films noirs

 

Affiches, posters et images de Gilda (1946) - SensCritique

Quelle est l’histoire ?

 

 

Réalisation

 

Charles Vidor est le metteur en scène. Né en Hongrie il fait partie de tous ces juifs qui ont émigré aux États Unis  tenter fortune ou pour fuir le nazisme. « Gilda » est son morceau de bravoure. Les curieux trouveront sur Wikipédia sa filmographie indiquant quelques titres célèbres tel «  L’Adieu aux armes »  1957 d’après Hemingway. Il y avait déjà eu une première version en 1932 de Frank Borzage, avec Gary Cooper et Helen Hayes.

 

 

Qui fait quoi ?

 

Gilda (1946) – The Movie Screen Scene

 

Rita Hayworth :        Gilda Mundson Farrel - Femme fatale s’il en est. Elle entretient une                                  liaison orageuse avec Johnny Farrell dont à qui elle a été fiancée.

 

« Elle est l'un des grands sex-symbols féminins des années 1940. Surnommée « la déesse de l’amour », elle devient une actrice mythique du cinéma américain avec son rôle principal dans le film noir Gilda » Ainsi commence l’article que Wikipédia consacre à cette actrice prodigieuse.

 

Elle est l'un des grands sex-symbols féminins des années 1940. Surnommée « la déesse de l’amour », elle devient une actrice mythique du cinéma américain avec son rôle principal dans le film noir Gilda.

 

Lucide, elle conclue elle-même : « J'ai toujours été utilisée et manipulée par les hommes », 

 

« Le premier qui m'ait exploitée était mon père ! Il savait que de m'exhiber à ses côtés ne pouvait que plaire au public. Il savait que cela lui rapporterait un peu plus d'argent. Et nous en avions besoin ! »

 

Au sujet de l'image érotique qui lui collera à la peau toute sa vie : elle confie, amère : « Les hommes s’endorment avec Gilda et se réveillent avec moi. »

 

Sa vie fut un roman. Elle se maria cinq fois dont une fois avec Ali Khan qui voulait surtout l’exposer comme ses propriétés, ses voitures ou comme ornement de son énorme train de vie. Tout le contraire de Rita, chaque chose égale par ailleurs rêvait d’une vie simple.

 

Elle épousa aussi l’immense Orson Welles qui ne se contenta pas de ce trophée. Il commença par lui couper les cheveux et en fit une blonde en sacrifiant sa splendide chevelure rousse.

 

Welles conscient cependant de l’aura de Rita, même après leur divorce dira : « Peut-être vivrai-je si longtemps que je finirai par l’oublier. »Avec Rita, Welles tourna cet autre film mythique tout à la gloire de cette artiste hors norme : « La dame de Shanghai » 1947.

 

Idole de GI’S son nom fut inscrit sur une bombe atomique lors d’essais à Bikini, après avoir été la « Pin-Up » de référence.

 

Toujours manipulée, mal conseillée par ses proches qui ne l’utilisaient que pour leur gloire personnelle elle passa à côté de grand rôle.

 

Sa fin de vie fut tragique. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, mal connue à l’époque. On mit ses difficultés professionnelles sur le compte de l’alcool. À cette période Robert Mitchum lui est venu un peu en aide. Plus tard, c’est la fille qu’elle a eue avec Ali Khan, devenue une riche princesse, qui l’a prise en charge.

 

Voilà l’histoire d’une jeune, ravissante et talentueuse danseuse de flamenco qui atteint les sommets de la renommée pour terminer, déchue, abimée par la maladie.

 

GILDA – Charles Vidor (1946)

 

Glenn Ford :              Johnny Farrell – Héros de l’histoire on ne peut être que de son côté tout en étant jaloux de sa femme Gilda dont il est jaloux puisqu’elle a épousé Ballin.

 

Glenn Ford est un géant du cinéma américain. Il n’a cessé de tourner de 1939 à 1989. Il a endossé tous les rôles possibles, cowboy dans de nombreux western, soldat ou officier dans des films de guerre. Il est aussi bon dans l’armée de terre, dans la marine ou l’US air Force. On le trouve souvent comme inspecteur dans des films policiers ou victime dans des films noirs. On le rencontre aussi dans des comédies ou il tient sa place plus qu’honorablement. Son jeu s’adapte plus facilement au sujet du film que cet autre géant mais parfois monolithique John Wayne.

 

Une mention particulière pour «Règlement de comptes » 1953 archétype du film noir sur lequel Ciné papy se réserve le droit de revenir.

 

GILDA – Charles Vidor (1946)

 

George Macready:   Ballin Mundson - C’est  le méchant de l’histoire. Propriétaire du Casino il va vite associer Farrel, joueur professionnel. C’est lui qui va faire entrer Gilda dans l’histoire puisque, l’ayant épousé il la ramène à Buenos Aires, la présente à Farrel qui reconnaît son ex maitresse.

 

 

Il s’agit d’un acteur prolifique qu’on reconnaît quand on le voit, souvent, à l’écran. Sa dernière apparition au cinéma fut dans  « Tora ! Tora ! Tora »  1970 de Richard Fleischer après quelques trente-six films tournés avec, entre autre Fred Zinnemann, William Wyler, Henry Hathaway Joseph Mankiewicz ou encore Stanley Kubrick dans  « Les Sentiers de la gloire » 1957 et Vincente Minnelli. Que du beau monde n’est-ce pas ? Ciné papy espère que chacun de ces noms dit quelque chose au lecteur en, par exemple se souvenant de tel ou tel film dont il fut le réalisateur. C’est cette accumulation d’information à propos d’un film que doit permettre à chacun de se créer sa propre cinémathèque.

 

Steven Geray :          Oncle Pio – Employé philosophe du Casino. Il se prend pour le   protecteur de Gilda. A la fin il tue Ballin qui menaçait Farrel         permettant à Gilda et Farrel de partir pour New York.       

 

Acteur de seconds rôles il figure ici car important dans l’issue du film. Second rôle peut-être mais apprécié de grands metteurs en scène comme Hitchcock, Joseph von Sternberg, Fred Zinnemann, Nicholas Ray, Joseph Mankiewicz par exemple.                    

 

Temps forts   

 

Gilda en scène, chantant : « Put de Blame en mame » * tout en dansant et en enlevant ses grands gants noirs façon striptease. Un régal !

 

 

* La chanson évoque une femme fatale, Mame, à laquelle reviendrait la faute de tous les maux du monde, le grand incendie de Chicago en 1871, le grand blizzard de 1888 qui a dévasté New York aussi bien que le tremblement de terre de San Francisco en 1906, et même la mythique fusillade de Dan Mac Grew (en) qui aurait eu lieu en 1905 durant la ruée vers l'or du Klondike. Le refrain dénonce à chaque fois les explications qui ont été données de la catastrophe en précisant que la véritable responsable, ce serait « Mame » Nous dit Wikipédia

 

Pax


Prochainement « Le train sifflera trois fois »

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2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 06:00

Peut être un dessin animé de texte qui dit ’EST QUAND MÊME PLUS BEAU QU'UNE ÉOLIENNE! CHAPPATTE’

En France, le nucléaire civil, est une ligne de partage très ancienne qui divise, l’opposition au nucléaire fut le socle des premiers écolos, elle perdure, la prise en compte de l’empreinte carbone relance le débat entre les pour et les contre, le lobby du nucléaire est puissant, bien implanté dans une forme de complexe politico-industriel mais l’opinion publique est de plus en plus sensible  aux arguments des Verts. Mélenchon a viré sa cuti, Le PC et la CGT sont farouchement contre la fermeture des centrales nucléaires, voir Fessenheim, la droite et la gauche, dites de gouvernement pataugent dans un flou peu artistique.

 

À titre personnel je ne me suis jamais engagé dans les rangs des contre, surtout que beaucoup fondait leur opposition sur la peur, Tchernobyl n’a rien arrangé, mais j’ai milité pour le renforcement d’une autorité indépendante en charge de la Sécurité Nucléaire, elle s’est notoirement crédibilisée, et pour la destinée des déchets.

 

Je verse quelques pièces au dossier  en commençant par un point de vue intéressant de nos voisins suisses :

 

Dans la Meuse, l’envers du grand retour du nucléaire

NUCLÉAIRE 

 

Le 23 octobre, l’enquête d’utilité publique sur le projet controversé d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) s’est achevée sur un constat: sur fond de lutte contre le réchauffement climatique, l’heure est bel et bien au retour en force de l’atome

Richard Werly  

Publié dimanche 24 octobre 2021

 

Des galeries souterraines creusées dans l’argile, à plus de 500 mètres de profondeur. Un gruyère atomique foré dans le sous-sol de la Lorraine et supposé résister durant des milliers d’années aux forces de la nature. La commune de Bure, dans la Meuse, est sans doute aujourd’hui la plus informée de France sur les conséquences à long terme de l’énergie nucléaire, que beaucoup en France rêvent de relancer pour lutter contre le réchauffement climatique et permettre au pays d’atteindre son objectif de 33% d’énergies renouvelables en 2030. Bure, ou l’envers de l’atome contre lequel des centaines d’opposants ont encore manifesté samedi, dernier jour de l’enquête d’utilité publique sur le futur site d’enfouissement des déchets radioactifs, conduite, entre le 15 septembre et le 23 octobre, par une mission indépendante de cinq membres placée sous l’autorité du Tribunal de Nancy.

 

Une commune symbolique

 

Pour l’heure, rien n’est acquis et les antinucléaires vont continuer de mener le combat dans cette région d’agriculture de l’est de la France où la paysannerie s’éteint, où l’emploi privé est rare, avec un taux de chômage d’environ 7% (contre une moyenne nationale de 8%). Bure est une commune symbolique à plus d’un titre. Si la première étape du projet est approuvée – sous forme d’une déclaration d’utilité publique –, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) augmentera considérablement les moyens dévolus au Cigéo (Centre industriel de stockage géologique), dont le territoire couvre déjà près de 600 hectares, libérés de toute présence agricole à force de rachats. La commune lorraine deviendra alors le second point focal, en France, pour le traitement des déchets radioactifs après l’usine de retraitement de La Hague, dans la très nucléaire presqu’île du Contentin, où se trouve aussi la centrale de Flamanville, dotée d’un troisième réacteur de nouvelle génération supposé entrer en fonction en 2023. 85 000 m³ des déchets les plus toxiques du parc nucléaire français (18 centrales, 53 réacteurs, 77% de la production énergétique nationale) y seraient à terme enfouis à partir de 2035.

Bas du formulaire

Le plan «France 2030»

 

La coïncidence du calendrier en dit long sur le retour en force, en France, de l’énergie nucléaire sur fond de lutte contre le réchauffement climatique. Lors de la présentation de son plan «France 2030» le 12 octobre, Emmanuel Macron a ainsi ouvert la voie à une nouvelle étape de l’effort atomique français, initié après la crise pétrolière de 1973-1974, et devenu une priorité nationale dans les années 1980, sous les deux septennats de François Mitterrand: la création de micro-centrales – Small Modular Reactor – de puissance plus faible que des réacteurs conventionnels, pouvant être produits en série puis transportés sur leurs lieux d’exploitation.

Objectif: éviter que l’augmentation de la part d’énergie renouvelable dans le mix énergétique national (supposée passer dans les dix années prochaines de 20% à 33%) ne débouche sur une mise en danger de l’approvisionnement énergétique. Avec une conséquence déjà dénoncée par les écologistes: le risque accru de prolifération, et la dissémination des réacteurs sur l’ensemble du territoire, entraînant une mainmise encore plus grande du lobby de l’atome sur le pays.

 

Un réseau politico-industriel sans égal

 

«L’atome français, c’est un réseau politico-industriel sans égal, enraciné au cœur de l’appareil d’Etat et soutenu par l’ensemble de la classe politique depuis plus d’un demi-siècle», dénonçait déjà, au lendemain de la catastrophe de Fukushima en 2011, l’ancienne ministre de l’Environnement et avocate Corinne Lepage. Et de fait, tout concorde pour penser qu’Electricité de France (EDF) – avec laquelle plusieurs fournisseurs d’électricité suisses ont des contrats d’approvisionnement à long terme – n’est pas encore prête pour la révolution verte, d’autant que la multiplication des parcs éoliens suscite une levée croissante de boucliers dans les campagnes.

 

Officiellement, la part du nucléaire en France est supposée passer de 75% à 50% à l’horizon 2035, au lieu de 2025 comme le prévoyait pourtant la loi «transition énergétique» votée en 2015. Un premier pas a aussi été franchi en 2020, avec la fermeture définitive de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, frontalière de la Suisse, où 300 millions d’euros ont été alloués pour la transformation du site en laboratoire d’expertise du démantèlement des réacteurs. Reste la réalité: le fait que l’atome soit une énergie décarbonée relance le débat à l’avantage de ses partisans. Impossible, dès lors, d’entrevoir en France un abandon du nucléaire à la mode allemande ou helvétique.

Centrale nucléaire de Civeaux à Vienne, mise en service en 1997. (Crédits : Daniel Jolivet/CC/flickr).

Le nucléaire en France : un débat entre ceux qui le défendent et ceux qui veulent en sortir ICI 

 

Par

 Lisa Domergue

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20/01/2021

 La centrale nucléaire de Cruas-Meysse au bord du Rhône en Ardèche, le 7 avril 2011.

La centrale nucléaire de Cruas-Meysse au bord du Rhône en Ardèche, le 7 avril 2011. © AFP / Philippe Desmazes

Nouvelles centrales nucléaires, éolien : le rapport de RTE dessine nos "futurs énergétiques" ICI 

 

par Victor Vasseur publié le 25 octobre 2021 

 

Yucca Mountain ICI

John d’Agata

Zones sensibles, Bruxelles, 2012, 160 pages, 16 euros.

 

https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L90xH151/images-12-4-995d9.jpg?1633694328

Accompagnant sa mère qui emménage à Las Vegas pour sa retraite, John d’Agata découvre, à une centaine de kilomètres, le site de Yucca Mountain. C’est là que le Comité américain de l’énergie atomique a obtenu, en 1980, de construire le plus grand site d’enfouissement de déchets nucléaires au monde. Dans dix mille ans, alors que la langue qui succédera à l’anglais sera à son tour devenue une langue morte, alors qu’une nouvelle île aura fait surface à côté de Hawaï, alors que l’humanité aura parcouru deux fois son histoire depuis la naissance de l’écriture, ces déchets n’auront perdu que la moitié de leur radioactivité. Folie ? Le nombre de convois nécessaires pour acheminer ces matériaux fissiles donne le vertige. « La probabilité d’un accident nucléaire à Las Vegas serait plus élevée que celle d’y gagner au casino. » Servie par la plume d’un grand écrivain, l’enquête oscille entre l’analyse éberluée d’une impossible quête de stabilité et la description du quotidien de Las Vegas, la plus folle, la plus précaire et la plus suicidaire des villes américaines (lire « Las Vegas, stade suprême des Etats-Unis »). Seul manque un post-scriptum pour indiquer qu’en avril 2011, l’administration Obama a mis un terme à ce projet, relançant la recherche d’un site d’enfouissement « sûr ».

Philippe Rivière

 

Débat public à Bure, la marge de manœuvre s'annonce réduite pour les  citoyens

Le conditionnement des déchets nucléaire pour l’enfouissement questionné ?  ICI
 

Posté le 3 février 2020 par Joël Spaes dans Énergie

 

Une récente étude, parue dans la revue scientifique Nature Materials sur le conditionnement des déchets nucléaires outre-Atlantique pour enfouissement en site profond de Yucca Mountain, apporte de l’eau au moulin des opposants au projets Cigéo de stockage profond français. Eclairage sur l’étude américaine et sur sa comparabilité avec le projet français.

 

Une étude pilotée par l’université américaine de l’Ohio, et publiée dans la revue Nature Materials, sur le comportement des verres utilisés pour confiner les déchets nucléaires à vie longue (des milliers d’années) montre que la corrosion est « accélérée de façon significative » dans certaines conditions. Xiaolei Guo, principal auteur de l’étude, signale dans un communiqué que « cela indique que les modèles actuels ne sont peut-être pas suffisants pour garantir la sûreté du stockage de ces déchets. »

 

Plus précisément, il y aurait interaction entre l’acier des fûts et le verre ou la céramique, sous l’influence de l’eau d’infiltration (l’eau finit en effet toujours par atteindre, un jour, les stockages), accélérant le processus de dégradation des fûts et risquant de libérer des éléments radioactifs (d’abord dans le sol, puis, potentiellement remontant à la surface).

 

Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), dont l’un des représentants a participé à l’étude, rappelle que celle-ci « s’inscrit dans le cadre du projet américain de stockage géologique à Yucca Mountain ». Un projet arrêté, puis récemment repris (mais toujours pas abouti), qui vise à stocker en profondeur, comme dans Cigéo en France, des déchets radioactifs de haute activité. Néanmoins, signale Frédéric Plas, directeur R&D de l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra), interrogé par Techniques de l’Ingénieur, Yucca Mountain, dans le Nevada, « est un site particulier, puisqu’il est situé dans la roche volcanique, et il s’agit d’un milieu non saturé avec des poches d’eau ». En général, les trois grandes roches envisagées pour de tels stockages sont l’argile, le granit, voire le sel. D’où les études américaines sur le sujet.

 

En outre, aux Etats-Unis, insiste le responsable de l’Andra, « comme les combustibles usés ne sont pas retraités comme en France, la majeure partie des déchets à stocker sont constitués de combustibles usés, qui sont aujourd’hui entreposés près des centrales américaines. »

 

Des conditions très différentes en France

 

Par ailleurs, indique le CEA, « les conditions expérimentales des travaux correspondent aux conditions d’environnement attendues à Yucca Mountain : expériences conduites sous air et donc en présence d’oxygène, avec une concentration élevée d’ions chlorures favorisant la corrosion par piqûre des aciers inoxydables ». Or, insiste le CEA, « les conditions étudiées dans cet article ne sont pas représentatives de celles de Cigéo. En effet, dans Cigéo, l’oxygène apporté par la ventilation du stockage sera consommé très rapidement par réaction avec les minéraux, une fois le stockage fermé. L’eau qui arrivera au contact du colis primaire en inox ne contiendra pas d’oxygène. De plus, les concentrations en ions chlorures des eaux présentes dans la couche argileuse du Callovo-Oxfordien de Cigéo sont très largement inférieures à la concentration prise en compte dans l’étude de Nature Materials. Dans ces conditions, le mécanisme de corrosion par piqûre est très peu probable et serait limité à la surface du colis vitrifié, si ce phénomène devait se produire. »

 

Le CEA rappelle qu’en lien étroit avec l’Andra, il « mène depuis de nombreuses années des travaux sur la dissolution du verre dans les conditions du stockage profond Cigéo et sur les mécanismes de corrosion spécifiques des aciers. Ces phénomènes sont pris en compte dans les calculs de performances de l’Andra pour Cigéo. »

 

En outre, le procédé de vitrification permet d’intégrer les éléments radioactifs dans un verre, qui présente de bonnes propriétés de confinement. « En France, les déchets vitrifiés de haute activité sont issus du traitement des combustibles usés, mis en œuvre à La Hague. Une fois les matières valorisables extraites, les déchets sont mélangés à très haute température dans un verre en fusion. La formulation du verre est adaptée selon la composition chimique des solutions à vitrifier : elle dépend donc de la nature des combustibles traités. »

 

Ensuite, « le verre est placé dans un conteneur en inox, ce qui constitue le colis primaire » pour le stockage futur dans Cigéo, indique Frédéric Plas. « Ce colis primaire est introduit dans un conteneur de stockage en acier bas carbone d’une épaisseur de 55 à 60 mm », qui constitue une barrière supplémentaire grâce à sa résistance à la corrosion, et à sa grande ductilité. Et le directeur R&D de l’Andra de préciser que l’analyse de sûreté ne prend pas en compte l’acier du colis primaire pour réaliser l’étanchéité du stockage final.

 

Puis ces conteneurs sont placés dans des alvéoles creusées dans la couche argileuse du Callovo-Oxfordien, de la région de Bure, saturée en eau et en milieu réducteur, qui joue ainsi un rôle de barrière également sur 130 à 140 m en moyenne. « Les alvéoles elles-mêmes sont d’ailleurs chemisées d’acier, et d’un coulis cimentaire au PH bas », ajoute Frédéric Plas. Le tout assure ainsi une étanchéité pour des centaines d’années.

 

A noter qu’en Finlande, où est implanté le site de stockage pour déchets à vie longue d’Onkalo, ou en Suède, la couche externe est granitique et laisse passer l’eau. Les Finlandais et les Suédois placent leurs déchets (là encore beaucoup de combustibles usés, puisqu’ils ne font pas de retraitement) dans des fûts en cuivre (d’environ 70 mm d’épaisseur), lesquels sont insérés dans des mini-puits couronnés de bentonite.

Bure : le point sur le projet de centre Cigéo d'enfouissement des déchets  nucléaires

Nucléaire. Bure face aux déchets du temps | L'Humanité

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