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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 08:00
CHAP.18 en vrac, face à MLP si c’est Fillon, ce qui est tout à fait possible, il devra rassembler à gauche… ce qui ne sera pas simple, beaucoup moins simple que pour Chirac en 2002.

L’opération Chartrons visait juste : elle misait sur le désir d’alternance des Français tout en mettant en avant un candidat de droite capable de rassembler au deuxième tour une majorité cohérente pour gouverner le pays. Bayrou partageait cette analyse mais c’était sans compter sur la mécanique des primaires qui, à droite en premier lieu, on permis au candidat le plus clivant de l’emporter ; à gauche même effet : Hamon a rassemblé les déçus de Hollande. Le retrait de celui-ci a permis cet effet boomerang et Valls aurait été bien inspiré, mais le sera-t-il un jour, de passer son tour. Ce double clivage a ouvert un boulevard à deux compétiteurs hors primaires : Mélenchon et Macron, ce dernier profitant de l’appel d’air des affaires de Fillon et du ralliement de Bayrou. Les fameux sondages, s’ils captent l’humeur de l’opinion, humeur très volatile, ils ont bien du mal à pronostiquer quels seront les 2 qualifiés ou, pour les plus pessimistes, le qualifié face à MLP : Fillon ou Macron ?

 

Édouard Philippe, député et maire LR du Havre, proche d’Alain Juppé, pose excellemment le problème :

 

« Tout a été écrit dans les bons manuels de science politique sur les raffinements stratégiques qu’implique cette caractéristique rare dans les grandes démocraties. On peut les résumer en deux principes simples et presque symétriques : le candidat doit rassembler son camp au premier tour et l’élargir au second. L’électeur doit choisir au premier tour et éliminer au second.

 

On peut aussi remarquer que le second tour venant après le premier, il est préférable d’envisager l’exercice avec méthode, en commençant par le premier tour. La présidentielle est une course d’obstacles et elle exige que l’on passe une haie après l’autre, sous peine de tomber très tôt et ne pas finir. Raymond Barre en 1988 ne pensait qu’à Mitterrand et ne vit pas revenir Chirac. Lionel Jospin en 2002, obsédé par son futur second tour contre le même, ne sut empêcher la dispersion de la gauche au premier et fut éliminé brutalement.

 

Même cause et mêmes effets avec l’échec de Juppé à la primaire : il a voulu, et nous avec, convaincre bien au-delà de son camp qu’une action réformatrice déterminée était possible. Tout en étant conscients de l’impatience, de l’exaspération et du désir d’alternance de l’électorat de droite, nous avons fait une campagne de second tour. En connaissance de cause. Pari estimable, mais pari raté, pas pour cette seule raison sans doute. Donc il y a des règles, et il faut les respecter. Mais on peut aussi, sans se déconcentrer avant la première haie, penser à la suivante.

 

Et j’observe que, dans l’hypothèse où Le Pen serait présente au second tour, celui (par construction ce serait un homme, sauf à ce que Mme Arthaud nous réserve la plus grande surprise de l’histoire des élections démocratiques) qui se trouverait en face d’elle aurait besoin de rassembler pour gagner. Si c’est Macron, ce qui ne me semble pas certain, il devra rassembler à droite, et il sera probablement en mesure de le faire. Si c’est Fillon, ce qui est tout à fait possible, il devra rassembler à gauche… ce qui sera moins simple. Beaucoup moins simple que pour Chirac en 2002. La ligne, les mots et ce que Fillon choisit d’incarner mobilisent à droite, mais horripilent au-delà.

 

La logique obsidionale qui s’exprime dans la campagne Fillon, qu’elle soit volontaire ou subie, peut lui permettre, bien plus que ne le disent les sondages, de passer le premier tour. Il serait regrettable, et même dramatique, que cette même logique condamne le candidat LR à l’échec au second. »

 

Je suis inquiet, très inquiet, de la tournure prise par cette campagne, je m’accroche à mes fondamentaux pour résister à cette sourde crainte qui m’habite et je me laisse aller à mes amours impossibles…

 

« Si j’analysais les motifs de la séduction (involontaire) que vous exercez sur moi, vous seriez fort surprise. Sans doute suis-je sensible à la forme d’un visage, à l’éclat d’un regard, à la lumière d’un sourire, à la gravité d’un silence, quand ce visage, ce regard, ce sourire, ce silence appartiennent – c’est comme ça même si ça tombe mal ! – à mon impossible – et chère –... » Le 8 décembre 1963.

 

« Quelle chose étonnante ! Depuis que j’ai l’âge d’homme aimer avait un sens lié à la possession, sans laquelle il me semblait que tout était faux. Votre présence en moi me ramène à ce que j’attendais quand le pressentais l’amour sans le connaître. Je n’ai rien de vous. Et tout ce qui est vous, je le désire et l’accepte. Et j’aime sans savoir qui vous êtes. Imprudence ? sottise ? folie ? Peut-être. À moins que le cœur n’ait la divination plus sûre que les sens. » Le 20 janvier 1964

 

Macron, l’héritier de Giscard et de Mendès France

 

Analyse. Ce modernisateur réformiste devra, comme « VGE », recomposer une « majorité présidentielle ». Il semble pour cela s’inspirer du « contrat de législature » porté par « PMF », explique Patrick Roger, journaliste au service Politique.

 

Le rapprochement entre Emmanuel Macron et François Bayrou a suscité de nombreux commentaires sarcastiques. Une alliance contre nature ? Pas si sûr.

 

Certes, M. Bayrou a dû accepter de forcer un peu la sienne pour renoncer à concourir une quatrième fois à l’élection présidentielle. Mais le principe de réalité l’a bien aidé à se faire une douce violence. En outre, cette association avec le fondateur du mouvement En marche ! n’est pas sans lui rappeler la manière dont Valéry Giscard d’Estaing, chantre d’une « société libérale avancée », bouscula en 1974 le jeu politique à droite, jusqu’alors sous domination du mouvement gaulliste.

 

Tout comme M. Giscard d’Estaing, M. Macron apparaît comme un modernisateur réformiste, réceptif aux aspirations d’une société en mutation. Tout comme le furent, d’une certaine manière, les deux premières années du septennat giscardien, marquées par des réformes significatives. Même si le coup de jeune des débuts vira rapidement au coup de barre à droite. Cela se traduisit, sur le plan sociétal, par l’abaissement de la majorité, et donc du droit de vote, à 18 ans, le divorce par consentement mutuel, le remboursement de la contraception par la Sécurité sociale, la légalisation de l’avortement.

 

Sur le plan social, le plan de relance de 1975 s’accompagna de créations massives d’emplois publics, de fortes augmentations des prestations sociales et du smic et de transferts aux entreprises nationalisées.

 

La Sécurité sociale fut étendue aux non-salariés et, en ce qui concerne le traitement du chômage, les licenciés économiques furent indemnisés sur la base de 90 % de leur dernier salaire pendant un an, et les licenciements soumis à une autorisation administrative.

 

Enfin, sur le plan institutionnel, une réforme majeure de la Constitution élargit la possibilité de saisir le Conseil constitutionnel à soixante députés ou soixante sénateurs. Avant cette révision, seuls le chef de l’Etat, le premier ministre et les présidents des assemblées détenaient cette prérogative.

 

Les communistes hier, le FN aujourd’hui

 

Toutes ces réformes visaient en premier lieu à contenir la montée en puissance de la gauche, dans une société encore animée par le souffle de Mai-68. Cependant, si M. Giscard d’Estaing parvint à battre en brèche la citadelle gaulliste, c’est parce qu’il offrait une perspective plus réformatrice.

 

Lors de la présidentielle de 1974, la « nouvelle société » défendue par Jacques Chaban-Delmas, candidat de l’UDR, était pour une partie des gaullistes irrecevable. Bénéficiant du ralliement de Jacques Chirac et de 43 parlementaires et ministres de l’UDR, M. Giscard d’Estaing s’était imposé comme le seul candidat capable de faire barrage à la coalition « socialo-communiste ». Aujourd’hui, c’est le Front national (FN) qui est « aux portes du pouvoir ».

 

M. Macron, s’il était élu, se trouverait rapidement confronté au même problème que M. Giscard d’Estaing quarante ans plus tôt : à savoir trouver une majorité parlementaire pour soutenir son projet réformateur.

 

A la différence près que, lorsqu’il est élu en 1974, « VGE » hérite d’une majorité issue des élections législatives de 1973 dans laquelle l’UDR se taille la part du lion avec 183 députés, dans une assemblée de 490 membres, tandis que les différentes composantes – républicains indépendants, démocrates sociaux ou centristes – n’en regroupent que 119.

 

Une « majorité de coalition »

 

L’inversion du calendrier électoral, mise en œuvre à partir de 2002, qui fait intervenir les élections législatives dans la foulée de l’élection présidentielle, peut laisser espérer à M. Macron de réussir ce que M. Giscard d’Estaing n’était pas parvenu à faire : recomposer une « majorité présidentielle ».

 

Mais il se heurtera à cette règle déterminante de la Constitution de la Ve République qui a imposé le scrutin majoritaire à deux tours aux législatives ; il pousse à la bipolarisation, offre une prime aux partis majoritaires et oblige chacun à « choisir son camp ».

 

La question est de savoir comment pourrait se constituer cette coalition et quels rapports s’instaureraient entre l’exécutif et le législatif

 

C’est un des principaux axes d’attaque de ses adversaires, qui ne cessent de l’interpeller sur son incapacité à réunir une majorité parlementaire. Le candidat d’En marche !, non sans raison, rétorque qu’aucun des candidats à la présidentielle ne disposera d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale avec son seul parti.

 

Quel que soit le président élu, il estime qu’il aura besoin d’une « majorité de coalition » pour gouverner. La question est de savoir comment pourrait se constituer cette coalition et quels rapports s’instaureraient entre l’exécutif et le législatif.

 

« Contrat avec la nation »

 

Une coalition de gouvernement formée autour du parti majoritaire d’un des blocs opposés ? Une coalition centrale devenant le pivot d’une majorité plus large ? M. Macron fait le pari de réussir à imposer cette dernière option, là où M. Giscard d’Estaing avait échoué face à l’opposition de l’UDR.

 

Quant à la pratique du pouvoir, M. Macron s’inscrit davantage dans une lignée mendésiste qui veut que l’exécutif tire sa force d’une majorité assise sur l’acceptation d’un programme qui forme une référence commune au gouvernement et à sa majorité parlementaire. Ce que Pierre Mendès France résumait dans l’idée d’un « contrat de législature » et que M. Macron appelle « contrat avec la nation ».

 

Pour l’ancien président du Conseil de la IVe République, comme il l’expliquait dans La République moderne (1962, Gallimard), ce contrat « associe étroitement l’action, la tâche et la durée de l’Assemblée à l’action, à la tâche et à la durée du gouvernement ». M. Macron semble s’inspirer de cette conception. Il apparaît ainsi comme un lointain héritier de « VGE » et et « PMF ». Dans les deux cas, l’histoire s’est mal terminée.

 

 

« Si toutes les réformes proposées par Macron étaient réalisées, la France serait en bien meilleure forme »

 

Par Olivier Blanchard (Professeur émérite du Massachusetts Institute of Technology et « senior fellow » du Peterson Institute for International Economics (Washington))

 

TRIBUNE. Il y a peu de slogans plus dangereux en politique que « le changement ne peut pas être pire », avec ses variations « tous pourris » ou « tout vaut mieux que les politiciens qu’on a eus jusqu’à aujourd’hui ». Demandez-le aux Allemands de 1933, déçus par la faiblesse de la République de Weimar et qui élurent le candidat du changement. Demandez-le aux millions d’Américains de 2016 qui ont voté pour Trump et qui ont failli perdre leur assurance-maladie. Non, le changement pour le changement peut être désastreux.

 

Pourquoi y a-t-il, aujourd’hui, un tel désir de changement ? Parce que, dans les pays riches, la plupart des problèmes économiques et sociaux n’ont pas de solutions simples. Les gouvernements cherchent les meilleurs ou au moins les moins mauvais compromis, mais ces compromis apparaissent souvent aux électeurs comme des demi-solutions, des abandons. Dans ce contexte, le défi pour les hommes ou les femmes politiques responsables est d’offrir une vision claire du but à atteindre, et de convaincre que le progrès viendra non pas de solutions miracles, mais d’une stratégie de réformes réaliste.

 

« Flexisécurité »

 

Pour moi, et en me limitant au domaine économique et social, le but est clair. Il a deux dimensions. D’abord, donner aux entreprises la capacité d’entreprendre. Les gains de niveau de vie ont une seule source : la capacité des entreprises à innover, à augmenter leur productivité. Ensuite, et tout autant, assurer la sécurité des travailleurs, tout au long de leur vie. Leur donner la formation dont ils ont besoin. Leur permettre l’accès au premier emploi. Leur permettre de se développer professionnellement, de se reconvertir quand c’est nécessaire et enfin d’avoir le droit à une retraite sûre.

 

Si cela rappelle la notion de « flexisécurité », ce n’est pas un hasard. C’est peut-être un cliché, mais ça doit rester le but. Certains pays ont largement réussi à le faire. La France peut s’en rapprocher. Mais il est clair qu’elle est encore assez loin du but.

 

L’entrée sur le marché du travail est difficile pour la plupart, presque impossible pour certains. Cela est à la source du découragement des jeunes et du manque d’intégration des banlieues. CDD et stages se succèdent, sans progression professionnelle. Même une fois en CDI, les reconversions sont difficiles. La formation professionnelle est médiocre, préparant mal les travailleurs aux changements auxquels la plupart seront exposés.

 

Entreprises frileuses à l’embauche

 

Les petites entreprises ont du mal à grandir. L’incertitude judiciaire sur les conditions de séparation amène les entreprises à être frileuses à l’embauche, à ne pas recruter ceux qui sont à la marge du marché du travail, à privilégier les CDD, à ne pas investir suffisamment dans leur formation.

 

Les cercles vicieux sont évidents, leurs effets désastreux : un taux de chômage au-dessus de 8 % pendant trente-trois des trente-cinq dernières années, le mal-être des jeunes, les taux de chômage délirants dans certaines banlieues. Face à ce constat, certains proposent des solutions magiques, comme la sortie de l’euro. Que peut-on en espérer ?

 

IL NE FAUT PAS SE FAIRE D’ILLUSIONS : LA SORTIE DE L’EURO SERAIT TERRIBLEMENT COÛTEUSE, TERRIBLEMENT COMPLIQUÉE

 

Sortir de l’euro redonnerait à la France plus de flexibilité en matière de politique monétaire et de taux de change. Cela résoudrait-il les problèmes que je viens d’identifier, l’éducation, l’emploi des jeunes, les problèmes d’intégration des banlieues ? Pas de manière évidente. Cela permettrait-il de diminuer le taux de chômage ? Marginalement, car l’expérience des trente-cinq dernières années (dont vingt en dehors de l’euro) indique que le chômage en France est largement structurel.

 

Il ne faut pas se faire d’illusions : la sortie de l’euro serait terriblement coûteuse, terriblement compliquée. Et surtout le retour à la flexibilité des changes n’est pas une panacée : la faillite du système de changes flottants qui a précédé l’euro, la crise des monnaies de 1992 faisaient partie des motivations du passage à l’euro. On peut imaginer des circonstances où une sortie de l’euro serait raisonnable. Mais ce ne sont pas les circonstances auxquelles est confrontée la France aujourd’hui.

 

Le poids trop destructeur des impôts

 

Quelles mesures permettraient de s’attaquer aux problèmes ? Pour moi, la liste est claire. Elle n’est pas nouvelle, mais cela ne veut pas dire qu’elle soit fausse : un effort d’éducation beaucoup plus important dans les zones d’éducation prioritaire ; une vraie formation professionnelle ; des incitations plus fortes aux entreprises à investir dans les compétences de leurs salariés ; une simplification des procédures de séparation ; une plus grande part laissée aux négociations au niveau de l’entreprise, avec des minima fixés au niveau sectoriel ou national.

 

Au niveau macroéconomique, une utilisation plus intelligente et plus agressive de la politique budgétaire, en particulier pour faciliter les réformes, mais, en même temps, une réduction progressive des dépenses de l’Etat. Même si on pense que toutes les dépenses de l’Etat sont justifiées, un pays ne peut pas fonctionner quand elles représentent 57 % du PIB : le poids des impôts que cela implique est simplement trop destructeur.

 

Ces réflexions m’amènent à me sentir le plus proche du programme d’Emmanuel Macron. Je ne crois pas à l’homme providentiel, je sais d’expérience que les programmes annoncés sont rarement totalement réalisés, et je n’adhère pas nécessairement à toutes ses mesures. Mais, quand je lis son programme, j’y vois une vision et un diagnostic largement similaires aux miens. J’y vois le désir à la fois d’aider les entreprises et de protéger les travailleurs. Je vois un but, et des mesures réalistes.

 

Certains critiquent ce programme pour son manque d’ambition. Je ne partage pas ces critiques. Je n’ai guère de doute sur le fait que si toutes les réformes proposées par Emmanuel Macron étaient réalisées, la France serait en bien meilleure forme à la fin de son quinquennat.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 06:00
J’ai tiré plus vite que Jean-Louis Debré président du jury du polar européen du POINT en primant avant lui La Daronne d'Hannelore Cayre

Suis comme le sieur Dupont du Point j’ai du nez, du pif pour repérer le talent… Lui c’est un cumulard puisque son appendice nasal est son instrument de travail et que de surcroît il est membre d’un jury littéraire présidé par Jean-Louis Debré, l’ex-président du Conseil Constitutionnel, qui décerne le prix du polar européen. Moi je suis du type nullard pour ce qui est classement de pinard mais je suis assez démerdard en ce qui concerne le polar. Il me faut ma dose.

 

C’était un lundi 13 du mois de mars, je maraudais avant d’aller m’acheter une poêle lorsque je suis tombé en arrêt devant La Daronne d’Hannelore Cayre.

 

Vous ça ne vous dit rien Hannelore Cayre, le Jacques Dupont compris, mais moi je savais tout d’elle : à vérifier ICI

 

J’ai acheté, embarqué et lu d’une seule traite La Daronne d’Hannelore Cayre.

 

Sous le charme :

 

Comme le dirait Stéphane Pigneul le bassiste d’Oiseaux Tempêtes, groupe de rock alternatif, « Elle envoie du lourd la Hannelore ! »

 

Son bouquin étiqueté Noir n’est pas cette fois-ci un polar mais une plongée trash dans le petit monde des stups. Comme pour Olivier Norek ça vaut toutes les enquêtes de nos éminents sociologues. C’est du cru puisé aux bonnes sources. C’est troussé sans prendre de gants. La Hannelore n’envoie pas dire ce qu’elle a envie de dire. C’est très politiquement incorrect. Ça va faire chier une tapée de monde à la maison poulagas, au Palais de Justice, dans les maisons de vieux. Tout le monde en prend pour son grade. C’est bien construit. C’est bien écrit. C’est un bouquin à lire absolument.

 

Et voilà t’y pas qu’ « Hannelore Cayre déboule sur son vélo électrique, au métro Jourdain, son quartier parisien. Insolite, mais inratable. La Daronne, c'est elle. Une grande tige de 54 ans qui rappelle l'actrice Anémone, avec la coupe juvénile de Jane Birkin. Qui pose sur la couverture du roman avec deux sacs Tati et signe le personnage haut en couleur de ce fabuleux roman noir qui va chercher, plutôt que du côté de Simenon, chez Balzac, à l'ère de la PlayStation, et Joyce Carol Oates, son idéal littéraire – « parce qu'elle fait palpiter la chair avec les 26 lettres de l'alphabet », nous dit-elle. »

 

C’est le 29/03/2017 à 18:00 au POINT car elle a raflé le prix « Le Point » du polar européen 2017 !

 

Lire la suite ICI 

 

Je ne sais si mon choix, en primeur, a influencé le juré Dupont, celui-ci bien évidemment ne peut révéler sa votation ni nous éclairer sur les délibérations du jury. Mais, je l'avoue, je ne suis pas peu fier d'avoir reconnu avant tout ce beau monde le talent d'Hannelore Cayre!

 

Et comme je suis un bon garçon je vous propose l’INTERVIEW d’HANNELORE CAYRE : «LE DEAL, JE CONNAIS ÇA PAR CŒUR» 

 

Par Sabrina Champenois

— 24 mars 2017 à 17:56

 

Au regard du reste de la production polar qui abonde en pavés, «la Daronne» est maigre, 172 pages. «La Daronne» est en réalité plein, pléthorique, et autant poignant que bidonnant.

 

Extrait :

 

La religion en prend pour son grade.

« Ah oui, je le revendique, je suis antidieux, tous. Ça n’existe pas, la croyance, c’est un truc pour crétins, c’est parce que l’homme panique à mort qu’il reproduit le seul schéma qu’il connaît, à savoir le père. Et je n’ai aucune compassion pour les mecs endoctrinés. OK ce sont des pauvres débiles, mais à cause d’eux, la société que j’aime a changé, on fouille les sacs, il y a l’état d’urgence permanent, je leur en veux à mort. Nous, dans le cabinet, on refuse de défendre ces gens-là qui crachent sur les lois de la République. Ce livre, avec la vie de cette femme, c’est aussi un témoin d’une société qui change en l’espace de quarante ans, qui devient grave. Moi, je resterai toujours la gamine qui, à 17 ans, skiait les seins nus sur les glaciers. Voile, burkini, burka : moi, je m’en fous, si une femme a envie d’en porter, c’est son problème. Par contre, je dois garder le droit de skier seins nus. »

J’ai tiré plus vite que Jean-Louis Debré président du jury du polar européen du POINT en primant avant lui La Daronne d'Hannelore Cayre
J’ai tiré plus vite que Jean-Louis Debré président du jury du polar européen du POINT en primant avant lui La Daronne d'Hannelore Cayre
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 06:00
Adresse d’1 courtier de grand cru bordelais à 1 autoproclamé journaliste ennuyeux et très ennuyant.

Suite à la publication de Chronique vacharde et ironique sur le courtier de grands crus ICI j’ai reçu en réponse cette lettre d’un courtier bordelais.

 

Monsieur le journaliste autoproclamé, ennuyeux et très ennuyant,

 

Manier la dérision est malaisé, n’est pas polémiste qui veut, il vous manque l’essentiel : le talent de plume, vous « puttez »* plus haut que votre cul, vous êtes besogneux, votre prose est pesante, poussive comme un diesel.

 

Vous me qualifiez d’espèce en voie de disparition, libre à vous mais permettez-moi de vous signaler, jeune prétentieux, que votre pérennité est bien plus en danger que la mienne. Qui vraiment en notre beau et grand vignoble a besoin de vos lumières ? Croyez ma vieille expérience : pas grand monde !

 

Avec l’irruption du cheval-vapeur, les cochers, les fabricants de pied de fouet ont disparu, alors croyez-vous vraiment, ou êtes-vous tout bêtement jaloux de ma notoriété, que si nous n’étions que des sangsues inutiles se gavant du sang du haut terroir bordelais, ces chers propriétaires continueraient de faire appel à nous.

 

Vous endossez avec facilité les brailles usées de psychologue de comptoir pour affirmer que nous sommes des ignorants, que nous ne connaissons rien à la viticulture, que nous nous contentons de disserter, de contempler notre nombril pour vanter nos mérites, pour nous auto-reproduire, que nous nous irritons des commentaires de certains journalistes : les vôtres je suppose, sur ce point vous faites péché d’orgueil : tout le monde à la propriété se fout de ce que vous écrivez !

 

Vous faites état, dans votre poulet ampoulé, d’un de ces fameux dîners en ville, dont nous nous repaîtrions, où vous auriez été invité. Loin de moi l’idée de remettre en doute la réalité de ce que vous contez, même si vous êtes coutumier du flou dans la relation de vos déboires.

 

La caricature, tout comme la dérision n’est pas à la portée du premier venu, n’est pas Cabu ou Wolinski qui veut. Je ne nie pas qu’il puisse y avoir des cons dans notre profession mais tout de même affirmer que « durant tout le repas, ce ne fut que génuflexions et circonvolutions pour nous expliquer la qualité de son travail, sa valeur ajoutée, son dévouement personnel. Il est comme cela, le courtier de grands crus, il ne compte pas sa passion, juste son argent. »

 

Là vous êtes insultant !

 

À force de forcer le trait vous tentez d'endosser le rôle de Pignon dans le dîner de cons. Vous n'êtes pas à la hauteur du rôle. Que n’avez-vous, du haut de votre suffisance, claqué le bec de ce coq de basse-cour ? Est-ce par couardise ou par sous-développement intellectuel ?

 

Sans doute étiez-vous trop heureux d’être en bout de table chez un bourgeois rance pour qui le vin n’est qu’un faire-valoir. Comment avez-vous pu vous mêler, vous le grand dégustateur, aux convives d’un affreux pour qui peu importe que le vin soit bon ou mauvais, ce n'est qu'un relégué à une ligne dans un catalogue qu’il convient d’optimiser au maximum. Point de qualité de dégustation, non, seul l’aphorisme compte. Cette sentence énoncée en peu de mots est claire : «2016 est grand, augmenter tu dois »

 

Je vous plains vraiment, vous avez dû souffrir face à un tel cuistre, vous avez du bouillir, atteindre un point de fusion où votre bile a pris le dessus sur ce qui vous reste de raison.

 

Comme je n’ai jamais eu l’occasion de vous croiser, vous, l’homme de terrain que je ne suis pas à vos dires, je ne conclurai pas cette adresse par une quelconque formule de politesse, vous laissant à vos phantasmes tout en vous souhaitant d’être toujours présent dans dix ans.

 

Un courtier de salon

 

* Sur le rapport entre ennuyant et ennuyeux, le Littré fait l'observation suivante :

 

« L'homme ennuyant est celui qui ennuie par occasion; cela est accidentel; l'homme ennuyeux est celui qui ennuie toujours; cela est inhérent. Un homme ennuyant peut n'être aucunement ennuyeux. »

 

Mais le fait est que dans l'usage ces deux mots se confondent; seulement, ennuyeux est plus usité qu'ennuyant.

 

* Je fais ici allusion au putting, coup majeur du golf, puisque selon vous nous passons notre précieux temps sur les greens « Cloitré dans (par) un hiver particulièrement gélif blanchissant le gazon impeccable de (son) parcours de golf, le courtier de grands crus bordelais a trouvé le temps long. Impossible de taquiner la balle blanche, pourtant l’essentiel de son travail. Fort heureusement, le printemps revenu, le courtier s’égaye (s’égaille), sort son minois apaisé par un millésime d’exception et la sensation printanière que l’été sera chaud et bon….en trésorerie. »

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 06:00
La gastronomie est le révélateur des pulsions d'un peuple Jean-Claude Ribaut nous livre sa vision du petit théâtre politicien français, à la façon des Lettres persanes

L’ami Jean-Claude Ribaut, qui savait se servir aussi bien d’une fourchette à poisson que de sa plume, signa chaque semaine du 8 octobre 1993 au 17 novembre 2012 une chronique consacrée à la table et au vin avec la complicité graphique de Desclozeaux.

 

Sa première chronique gastronomique est parue en 1980 dans Le Moniteur des Travaux Publics, sous le pseudonyme Acratos (celui qui ne met pas d’eau dans son vin). Il collabore au journal Le Monde, depuis 1989, au temps du magistère de La Reynière, puis aux côtés de Jean Pierre Quélin. Jean-Claude Ribaut est né à Valence (Drôme). Architecte D.P.L.G. et élève titulaire de l’Ecole pratique des hautes études (E.P.H.E.), il a fait ses premières armes journalistiques dans Combat, et participé à la création d’un magazine d’architecture qu’il a dirigé jusqu’en 1996.

 

Il a livré ICI , depuis novembre, une vision du petit théâtre politicien français, à la façon des Lettres persanes, roman épistolaire publié anonymement par Montesquieu en 1721, qui rassemble la correspondance fictive échangée entre deux voyageurs persans, Usbek et Rica, et leurs amis restés en Perse...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec sa permission en voici quelques extraits, la lecture intégrale est possible en cliquant sur le lien en commençant par la fin.

 

  1. La gastronomie est le révélateur des pulsions d'un peuple. Beaucoup dénoncent ici ces débats comme un calcul politique destiné à exacerber les passions. Je ne crains rien pour une nation dont l’un des candidats, auteur d'une biographie de Montesquieu, écrit dans la préface de la nouvelle édition : « A l'heure où les tenants de la rupture cèdent à la tentation de la table rase, l'esprit de modération de Montesquieu est une leçon pour tous. » Voilà un propos raisonnable pour ceux qui, comme moi, cherchent à satisfaire le légitime désir de délicates agapes où ils aimeraient que figurassent huîtres fines, foie gras d'oie frais et chapons dorés.

 

  1. Elle nous incite à prendre un peu de hauteur et à rouvrir le Catéchisme du Japonais (in Dictionnaire philosophique de Voltaire. 1764) dans lequel un Indien et un Japonais débattent des mœurs de table et des interdits religieux. L’Indien s’étonne du fait que l’empire du Japon possède douze factions de cuisine :

 

« Vous devez avoir douze guerres civiles par an ? »

Le Japonais lui répond qu’à la table du cuisinier pacifique chacun est libre de manger ce qui lui plait « lardé, bardé, sans lard, sans barde, aux œufs, à l’huile, perdrix, saumon, vin gris, vin rouge. »

 

L’Indien insiste : « Mais enfin il faut qu’il y ait une cuisine dominante, la cuisine du roi. »

 

Le Japonais admet : « Il n’y a que ceux qui mangent à la royale qui soient susceptibles des dignités de l’Etat, tous les autres peuvent dîner à leur fantaisie mais ils sont exclus des charges […] Le dîner est fait pour une joie recueillie et honnête, et il ne faut pas se jeter les verres à la tête. »

 

Depuis Voltaire, le progrès a singulièrement rétréci le globe, mais il n’a pas eu raison des barrières, fussent-elles électorales, qui divisent ses habitants.

 

  1. Le dernier en date de ces intrépides est un homme encore jeune, formé aux meilleures écoles, mais qui court le monde à la recherche de soutiens pour sa candidature. On l'a vu à Londres, où j'ai tenté en vain d'établir une ambassade, réunir dans des banquets de charité nombre de ses compatriotes acquis aux idées libérales pour recueillir des subsides, car l'Angleterre, réfractaire à l'influence des Jansénistes et des Jésuites, est avide de ce genre d'agapes fraternelles. Le paradoxe est que ce benjamin de la politique porte le même patronyme qu'un haut fonctionnaire de l'Empire romain : Macron (Quintus Naevius Cordus Sutorius Macro), né vers 21 avant notre ère mort en l'an 38, qui a passé sa jeunesse sous le règne d'Auguste, lequel avait créé, à sa mesure, un modèle de gouvernement républicain, gouverné... par lui seul. Auguste, ne l'oublions pas, avait d'abord refusé de porter un titre monarchique, se qualifiant de Premier Citoyen (Princeps Civitatis).

 

  1. Ajustant ses salves contre le Premier Vizir de l'époque, Dominique de Villepin attaquait avec appétit les assiettes de charcuterie et de fromages :

 

«En 2007, François Fillon disait être à la tête d'un Etat en faillite. Qu'a-t-il fait ? Il a augmenté la dette même avant le début de la crise et depuis elle a bondi de 700 milliards d'euros».

 

La sentence tomba : «L'irresponsabilité ne peut pas rester dans l'impunité. Ils ont menti aux Français et, ça, ça va se payer.»

 

Au moment de quitter Rungis, il lança à ses hôtes, conquis par sa fougue : «C'était roboratif et ça met en jambes. Je reviendrai.» Le peuple de France, Mon cher Usbek a la mémoire courte : ses ainés et ses bigots ennemis des Lumières, viennent de désigner François Fillon à la candidature suprême.

 

 

  1. La table comme arme politique ou diplomatique fut employée par tous les régimes. C'est une fatalité française. On a retenu le mot fameux de Talleyrand, s'adressant à Louis XVIII avant de partir pour le Congrès de Vienne : « Sire, j'ai plus besoin de casseroles que d'instructions écrites ! »

 

  1. C'est le destin de ce pays de considérer la table comme le support nécessaire de l'ambition. Brillat-Savarin, ancien conventionnel, prophétisait bien avant José Bové que « la destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent ». A un point tel que l'histoire de France s’apparente à une succession de festins, depuis le « Triomphe des pauvres » institué par les Jacobins de Rodez, jusqu’aux banquets organisés, sous Louis-Philippe, par les partisans de la Réforme, ou, d’après Flaubert, on mangeait du dindon froid et du cochon de lait.

 

  1. De là à imaginer que la table peut réconcilier les Français au centre, je suis bien perplexe, comme le philosophe Alain : « Quand on me dit qu'il n'y a pas de différence entre la gauche et la droite, la première pensée qui me vient est que celui qui me dit cela n'est certainement pas de gauche ».

 

  1. Intrigué, je prolongeai ma méditation en consultant le Dictionnaire du Diable, publié naguère aux Amériques par un esprit libre du nom d'Ambrose Bierce, et fus aussitôt éclairé : « Un militant, c'est un militaire qui porte son uniforme à l'intérieur. » Pour la première fois, je me mis à douter de la sagesse des Français, tant leurs mœurs sont éloignées du caractère et du génie persan.

 

  1. Les causes de la décadence du régime de l'actuel Grand Shah tiennent à la corruption grandissante introduite par le luxe et l'argent. Les ministres se succèdent et se détruisent, ici, comme les saisons. Tel haut intendant du budget cachait son magot, m'a-t-on rapporté, au pays de Calvin, chez les Helvètes, peu regardants – quoi qu'ils disent – sur les turpitudes de leurs voisins français. Un autre, au nom cocasse de Thévenoud, ne conserva la charge du commerce extérieur que pendant neuf jours parce qu'il ne payait ni son loyer, ni la dîme, ni la taille, ni la gabelle.
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 09:20
Journal d’1 chroniqueur de campagne(18), les haines ordinaires au PS, supprimer la Cour des Comptes, Dieu n’est pas bien Desproges

J’ai vécu physiquement le Congrès de Rennes en les 15-18 mars 1990, à l’époque Mélanchon et Dray faisaient cause commune au sein de la Gauche Socialiste, soufflaient sur les braises des haines ordinaires du PS. Nous les rocardiens comptions les points car c’était le camp mitterrandien qui se déchirait et dénommions les 2 larrons Gueule de Raie et Méchancon. En ce temps-là Didier Migaud, porte-serviette de Louis Mermaz au Conseil Général de l’Isère, était fabiusien. Bonjour l’ambiance dans les restaurants de Rennes devant lesquels stationnaient de grosses R25.

 

Belle transition avec les vannes de François Hollande, lui-même rattaché à la Cour des Comptes, sur cette vieille institution présidée par Didier Migaud nommé par Sarko. Belle carrière pour ce sombre besogneux !

 

La Cour des Comptes coûte très cher pour des résultats inexistants, je suis depuis toujours partisan de la supprimer pour confier ses missions à des auditeurs privés. Notre Flamby a raison « Je connais bien cette institution, aurait-il dit d’après Le Figaro qui a relaté la scène, sans être démenti. Je l’ai choisie après l’ENA [au début des années 1980] pour pouvoir trouver le temps de faire, parallèlement, de la politique… D’ailleurs, les membres y sont deux par bureau, pour que chaque personne puisse vérifier que l’autre n’est pas en train de dormir. »

 

Lorsque je dirigeai le cabinet du Ministre celui-ci, un beau jour, me déclara qu’il voulait accueillir un jeune conseiller de la Cour des Comptes. Je compris que c’était à la fois pour faire joli, les politiques sont fascinés par les têtes d’œufs des grands corps de l’Etat formé par l’ENA et parce que ce jeune et sémillant garçon, bien sous tous les rapports, grenouillait dans les couloirs de la rue de Solférino. Il vint donc car rien ne vaut l’épreuve des faits. Et celle-ci vint aussi, cette tête bien faite se vautra sur un dossier social et s’avéra fabiusien. Fin de la séquence.

 

Ainsi fonctionnait le PS, somme de haines ordinaires alors pourquoi s’étonner de ce qui se passe actuellement entre Hamon et Valls, ce n’est pas une découverte mais la révélation au grand public des mœurs de la grande famille du PS

 

Le Congrès de Rennes (15-18 mars 1990), s'était terminé sans synthèse majoritaire entre courants socialistes, après des affrontements féroces entre ténors du PS.

 

Guerre de succession

 

Resté comme un cauchemar dans la mémoire du parti, ce Congrès n'avait pas pu régler la guerre de succession qui opposait Laurent Fabius et Lionel Jospin, longtemps avant la fin du second mandat de François Mitterrand.

 

Cette rivalité se doublait d'une autre entre le président de l'Assemblée Fabius et le Premier ministre Michel Rocard pour une éventuelle candidature à l'Elysée, avec Jacques Delors en embuscade.

 

Devant une assistance qui huait, insultait et adressait des bras d'honneur aux intervenants, les discussions avaient été marquées par une âpreté rappelant le congrès de Metz (1979) où Mitterrand et Rocard s'étaient affrontés pour la candidature à l'Elysée.

 

A Rennes, le pôle Fabius recueille 30% des suffrages des militants, faisant jeu égal avec la direction sortante, empêchant tout compromis.

 

Problème de personnes

 

Le PS est alors plongé dans une crise sans précédent, condamné à prolonger les négociations à Paris, pour sortir de l'impasse créée par un problème de personnes plutôt que par un débat politique.

 

Outre le fonctionnement du parti, le Congrès de Rennes avait pourtant à son programme les relations avec le gouvernement et la politique sociale.

 

Mais au dernier jour du Congrès, une nuit entière de négociations n'avait pas permis de régler la répartition des postes de direction. Les Fabiusiens estimaient avoir fait une concession majeure en renonçant au poste de premier secrétaire et s'opposaient aux Jospiniens qui exigeaient plusieurs secrétariats nationaux clés du parti.

 

Dans la désolation des 7.000 participants face à la foire d'empoigne - un cadre du PS parlant même de "haines" - le Congrès de Rennes s'était terminé sans accord entre motions, ni composition de la direction, ni orientation politique.

 

Le président Mitterrand, le premier jour, avait demandé aux socialistes de rester « unis » et « fidèles à l'oeuvre entreprise en commun ».

 

 

Quand la Cour des comptes s’émeut d’une plaisanterie du chef de l’Etat

LE MONDE | 28.03.2017 par Bertrand Bissuel

 

Un président ne devrait pas rire de ça. Surtout lorsqu’il s’agit d’institutions qu’il est censé protéger. Pour avoir pris des libertés avec cette règle, François Hollande s’est attiré les foudres de la Cour des comptes qu’il avait brocardée en petit comité. Un accroc supplémentaire avec la haute juridiction et, plus largement, avec la magistrature.

 

Révélés par le magazine Acteurs publics sur son site Internet, les faits remontent au pot organisé, en février, à l’Elysée, à l’occasion du départ de plusieurs collaborateurs du chef de l’Etat, parmi lesquels Vincent Feltesse. Jusqu’alors conseiller politique de M. Hollande, celui-ci venait d’être nommé conseiller-maître à la Cour des comptes. Une prestigieuse « maison » que le président de la République a intégrée au tout début de sa carrière et à laquelle il reste lié puisqu’il est toujours conseiller référendaire, en « service détaché ».

 

Prenant la parole durant les libations, M. Hollande a évoqué, de façon moqueuse, son passage à la Cour : « Je connais bien cette institution, aurait-il dit d’après Le Figaro qui a relaté la scène, sans être démenti. Je l’ai choisie après l’ENA [au début des années 1980] pour pouvoir trouver le temps de faire, parallèlement, de la politique… D’ailleurs, les membres y sont deux par bureau, pour que chaque personne puisse vérifier que l’autre n’est pas en train de dormir. »

 

La boutade n’a, bien sûr, pas été tellement appréciée, rue Cambon, où siège la Cour des comptes. Son premier président, Didier Migaud, l’a dit, dans une lettre datée du 16 mars : « Si vous les avez bien prononcés, vous comprendrez que ces propos ne peuvent qu’être mal interprétés », constate-t-il, en soulignant, au passage, que la plaisanterie porte « préjudice à une juridiction à laquelle » M. Hollande appartient. Un quasi-rappel à l’ordre, en somme… M. Migaud fait également remarquer que, si lui et ses pairs roupillaient, « certains de [leurs] interlocuteurs, parmi lesquels des ministres, ne seraient pas amenés à regretter la fréquence ou la sévérité de [leurs] travaux. » Allusion explicite au fait que la Cour a froissé, à maintes reprises, le gouvernement en jugeant exagérément optimistes ses prévisions budgétaires.

 

« NATURE » PROFONDE

Le chef de l’Etat s’est empressé de répondre à M. Migaud pour exprimer, par courrier, « le plus grand respect » qu’il éprouve à l’égard de cette « grande institution ». « Je sais l’importance et le dévouement des magistrats qui [la] composent », assure-t-il dans cette correspondance en date du 20 mars. Il félicite même la Cour qui s’est « modernisée au point qu’elle [constitue] une référence pour nos administrations ». Un éloge trop appuyé pour être complètement sincère ? Peu importe : « Pour Didier Migaud, l’incident est clos », indique-t-on rue Cambon, où l’on parle désormais de « malentendu, qui avait été provoqué par une phrase malencontreuse sortie de son contexte, et qui a été vite dissipé ».

 

La saillie de M. Hollande évoque d’autres déclarations, qu’il avait faites, il y a très longtemps, sur un ton beaucoup plus sérieux. C’était en 1989, pour le magazine télévisé « Edition spéciale » : il expliquait en substance qu’il était possible de peu travailler à la Cour tout en touchant une rémunération confortable. De telles considérations correspondent « à une situation qui, à l’époque, n’était pas rare », confie un magistrat financier en disponibilité. « Mais la Cour a beaucoup changé depuis, poursuit-il. Je crains que le président n’ait pas résisté à la tentation de faire une blague. Une mauvaise blague, en l’occurrence. » Une de ses paires y voit la énième illustration de la « nature » profonde du chef de l’État : « Il ne peut pas s’empêcher de faire un bon mot, c’est du François Hollande dans le texte. » Et d’ajouter : « Un président de la République n’a pas à dire des choses pareilles en tant que garant des institutions. »

 

L’épisode a suscité un certain « agacement », rue Cambon. On est loin, toutefois, de l’émoi que le chef de l’Etat avait causé en nommant au rang de conseiller-maître Etienne Champion, l’ex-directeur de cabinet de la ministre de santé, Marisol Touraine, malgré l’avis défavorable de M. Migaud (Le Monde du 24 février). Et on est encore plus loin du tollé soulevé par sa petite phrase sur la justice, cette « institution de lâcheté », rapportée dans le livre des journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Un président ne devrait pas dire ça…, Stock, 2016). La galéjade sur la Cour n’est pas ressentie comme une « attaque » contre elle, rapporte un conseiller-maître. Mais à ses yeux, elle s’inscrit dans un air du temps, une sorte de climat de « décomposition institutionnelle » où les piliers de la République sont tournés en dérision ou cloués au pilori.

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 06:00
Avis à la population : on a enlevé mon chenin de jardin, Jérémie Mourat promet une belle récompense à qui le dénichera !

Le Front de libération des nains de jardin (FLNJ) ne date pas d’aujourd’hui, en juin 1996, les premiers nains de jardin étaient enlevés à Alençon.

 

Des FLNJ surgissent ici ou là, sans concertation. Un communiqué dit:

 

«Nous, nains de jardin, nous voulons notre liberté (et des copines)

 

Un autre: «Pour accroître la nécessaire confusion, les actions d'éclat à venir ne seront pas toutes revendiquées par le canal historique.» Des promeneurs retrouvent des nains sur des rochers, sur un radeau au milieu d'un étang, ou dans des sous-bois.

 

«Orphelins.» Chez les victimes-propriétaires de gnomes, c'est l'incompréhension. L'affolement, parfois. L'un d'eux se déclare «orphelin» de ses nains, les plaintes tombent en rafale, des voix s'élèvent pour protester. Parmi elles: Fritz Friedmann, docteur en nanophilie, président de l'Association internationale de protection des nains de jardin. C'est que l'octogénaire suisse n'est pas du genre à prendre les choses à la légère question nains. Initiateur de neuf procès envers des fabricants de figurines accusés de ne pas se conformer aux canons du nain dûment publiés par sa Gazette du nain, il écrit au ministère de l'Intérieur. S'indigne de cette «nouvelle criminalité». Et proclame: «Les nains sont nés pour vivre dans les jardins.»

 

La suite ICI 

 

Jérémie Mourat c’est un gars de chez moi mais je n’irai pas jusqu’à écrire que je lui fais du plat, ce serait mal perçu dans notre pieuse Vendée, mais j’ai beaucoup chroniqué sur ses vins qui comme je l’écrivais le 10 février 2010 portent très haut l’étendard vendéen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fief des vins de Mareuil : chez les Mourat on porte très haut l’étendard des vins vendéens. ICI 

 

À la maison, au Bourg-Pailler, le vin rouge de Mareuil et de Rosnay jouissait d’une très belle réputation auprès de mon père. C’était du vin bouché servi pour les grandes occasions. Pour aller de la Mothe-Achard à Mareuil s/Lay nous passions par la Chapelle-Achard patrie de maman, Grosbreuil où nous avions des cousins, Saint Avaugourd des Landes et les Moutiers les Mauxfaits. Le Mareuillais, comme l’écrit Jean Huguet dans Vignes et Vignerons de Vendée est « en partie bocain » et il occupe « un pan du modeste versant occidental hercynien, incliné, depuis les hauteurs de la Mainborgère, vers les sillons de l’Yon, du Graon, du Lay surtout, paraphe hydrographique d’un paysage à la fois sincère et altier. » Plus au sud s’étend la plaine de Luçon (siège de l’évêché le plus crotté de France cher à Richelieu) puis le marais poitevin. Neuf communes pour ce fief : au nord Saint Florent-des-Bois, Chaillé-sous-les-Ormeaux, Château Guibert, Le Tablier, Rosnay ; au sud Mareuil « la capitale du royaume », La Couture, Champ-Saint-Père et Corpe. Cette énumération sonne à mes oreilles comme une leçon de géographie de la Vendée avec le frère Pothain.

 

 

26 juin 2010

Les œufs au plat, la poêle Minérale de Buyer et le Chenin de Jérémie Mourat ICI

 

 

12 février 2013

Moulin Blanc de Rosnay au milieu des vignes, avec Jérémie Mourat une aventure vendéenne avec son côté d’île… ICI 

 

 

Jérémie ne reste jamais les deux pieds dans le même sabot, il est fait partie de ceux qui participent intelligemment à l’extension du domaine du vin en proposant aux petites louves et aux petits loups pas encore débourrés des vins qui leur permettront d’attiser leurs jeunes papilles.

 

Son Chenin de Jardin 2016, répond très exactement à cette fonction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ancien combattant de 68, souvenirs :

 

Marie, son prénom, son scooter vert et son grand frère arrogant, voilà en tout et pour tout ce que je savais d'elle et l'affaire était pliée. J'allais passer ma vie avec cette grande fille droite et simple. Nous étions allés manger des berniques et des sardines grillées dans un petit restaurant aux volets bleus. Le serveur avait allumé des bougies. Elles grésillaient. Marie était aussi fraîche et belle que Françoise Hardy. J'adorais Françoise Hardy. Je le dis à Marie. Elle rit : « et moi tu m'adores comment ? »

- Comme le beurre de sardines...

 

Le Chenin de Jardin 2016 de Jérémie Mourat, droit et simple, cadre bien avec un déjeuner d’amoureux, berniques et des sardines grillées, dans un petit restaurant aux volets bleus

 

Pour les amateurs éclairés qui ont encore du mal à admettre qu’on fait des beaux vins en Vendée. C’est :

 

1 IGP Val de Loire

100% Chenin

Terroir de schistes

Certifié Agriculture Biologique

Prix public conseillé : 8 € TTC

 

Où le trouver ?

 

Distribué en exclusivité par la Maison Richard à Paris

Chez les cavistes : Nord et Nord-Ouest de la France

& aux Vignobles Mourat à la boutique et au caveau de Mareuil sur Lay 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 12:30
La nouvelle chasse au bitard sur les 2 rives de la Gironde : James Suckling ou l’art du traquenard pour gogos…

Pendant que nos deux missionnaires Dupont&Bompas se cassent le cul des journées entières sur des sièges de faneuses datant du plan Marshall, à humer, mirer, à se gargariser, à cracher des sans-papiers par milliers ICI  , le dénommé James Suckling, un étasunien, sans foi ni loi comme il se doit, le cul bien calé dans une somptueuse limousine, se goberge *, accueilli à bras ouverts qu’il est par les propriétaires, ou leurs portes-flingues, de Grands Crus Classés, afin de délivrer vite fait, mais pas forcément bien fait, une chiée de notes qui, telles une nuée de moineaux, s’envoleront sitôt, au-delà des mers et des océans, pour éclairer les pauvres lanternes de centaines de gogos.

 

Ainsi va la vie de ce que, le grand critique gaulois Yohann Castaing, qualifie de presse du vin, française et internationale. La presse, lorsqu’elle sent la bonne odeur de la fraîche sonnante et trébuchante a toujours eu ses stipendiés.

 

Ce pauvre Castaing s’étrangle pourtant entre deux gorgées, il torche une chronique amusée des primeurs de Bordeaux, en l’occurrence ici le rire est jaune, pour vilipender cet impérialiste américain comme on le disait au bon vieux temps de la guerre froide.

 

Comme je suis un bon chrétien à la sauce de mon pays Retailleau, je vous donne le lien ICI avec son homélie furibarde, digne des missionnaires qui venaient en ma Vendée imprégnée d’eau bénite nous admonester de ne pas suivre les mauvais bergers.

 

Que tout cela est VAIN !

 

Comme le proclamait le grand Jacques, reprenant Henri Queuille : «Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.»

 

Pour moi tout ce battage s’apparente à la chasse au bitard, dénommée aussi chasse au dahu, qui est l’art du traquenard pour jobards.

 

Que James Suckling s’y adonnât sans l'ombre d'une honte y’a vraiment pas de quoi être furibard.

 

* « Cependant les boches se gobergeaient en France, mangeaient notre cuisine, prenaient du ventre, buvaient nos vins, avaient bonne mine.

 

Cendrars, Bourlinguer, 1948 source CNRTL

 

Je vous livre une citation en fin de chronique pour, comme l’ami Dupont, parfaire votre culture.

 

« Les propres du vin sont saveur, âge, cru, chaleur, force acquise par la fermentation, le temps devenu qualité, une douceur transformée en énergie, tout cela fondu ensemble, multiple et un, natif et opéré. (…) Le buveur distingue et unit avec délectation ou, comme on dit, déguste, ces différentes espèces et y puise un relèvement de sa tension vitale, le sentiment d'une vigueur supérieure à l'obstacle momentané. »

 

Paul Claudel.

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 06:00
Quand LeRouge&leBlanc passe du vin au pain « la fermentation est 1 animal sauvage qu’on doit apprivoiser » Christophe Vasseur « boulanger nature »

Jean-Marc Gatteron du LeRouge&leBlanc est allé à la rencontre de Christophe Vasseur « boulanger nature » au 34rue Yves Toudic dans le 10e arrondissement de Paris Du pain et des Idées  pour un entretien à bâtons rompus.

 

Avant de vous en proposer un avant-goût il me faut glisser mon grain de sel – ma valeur ajoutée – en citant Marie-Claire Frédéric dans Ni Cru Ni Cuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Nous ne saurons probablement jamais exactement quand l’homme sut extraire la farine du grain puis commença à faire du pain à partir de céréales. Il existe un grand nombre d’étapes entre la consommation des grains bruts, le vannage puis l’écrasement ou la mouture de ces grains, et le criblage pour produire la farine, confectionner la pâte et la faire cuire. »

 

« Le pain, né peut-être dans le croissant fertile, s’est répandu dans toute l’Europe et une grande partie de l’Asie. Encore aujourd’hui, l’Asie centrale est une région de tradition boulangère. Même en Extrême-Orient, la pâte levée de farine de blé cohabite avec la tradition céréalière du riz. »

 

« Les vestiges de boulangeries et de pains trouvés en Égypte montrent (que les Égyptiens) perfectionnèrent l’art de la boulangerie et de la pâtisserie en préparant des dizaines de pains différents… Ces pains étaient sans doute fermentés avec un levain naturel…

 

« L’utilisation d’une levure ajoutée remonte au moins à 1500 avant J.-C. On suppose que les boulangers récupéraient la levure lors de la fabrication de la bière, car souvent les deux produits étaient faits dans les mêmes lieux. »

 

« Le plus ancien pain levé connu a été retrouvé, en plusieurs morceaux, en Suisse, près de Neuchâtel, sur le site de Montmirail. Il date de 3719 à 3699 avant J.-C. Un autre, retrouvé à Douanne près du lac de Bienne, est entier et parfaitement conservé. Il a été pétri entre 3560 et 3530 avant J.-C., à partir de froment finement moulu et tamisé, et de levain. Bien rond et gonflé, il a été cuit dans un four et ressemble trait pour trait aux pains actuels. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 extraits de l’entretien

 

- Pourquoi avoir opté pour les levures plutôt que le levain ?

 

C.V. : le problème du levain, c’est un peu comme la barrique, « façon Parker ». Cela donne une expression monolithique. Au départ, j’utilisais deux belles farines très différentes, j’ai fait du pain au levain avec chacune d’elle, et je me suis aperçu que les deux pains avaient le même goût. C’est certes puissant, mais sans complexité, et avec une acidité élevée. Il ne faut pas oublier qu’historiquement l’usage du levain était destiné à masquer les défauts de la farine […]

 

- Vous fermentations sont donc plus longues ?

 

C.V. : mes fermentations sont lentes et longues : elles durent deux jours. C’est du bon sens ; il faut laisser faire le temps. Or, c’est un peu me drame de notre monde moderne où l’on répète que le temps c’est de l’argent, en oubliant les principes fondamentaux, c’est-à-dire la santé, le goût… Si l’on se précipite, il faut avoir recours à des béquilles chimiques. Pour faire un bon pin, il faut maîtriser la fermentation, donc la température, sa durée et la cuisson. Même avec une bonne farine, si vous ne maîtrisez mal le procédé, vous n’obtiendrez jamais un bon pain. C’est comme le vigneron qui récolte de baux raisins, mais qui maîtrise mal sa vinification. En plus, je développe une palette aromatique qui est sans comparaison avec les pains au levain, ou les « pains modernes » qui sont fabriqués en deux heures. Enfin, il existe une étape, absente chez le vigneron, la cuisson. Une cuisson réussie, c’est un pain avec une croûte épaisse, torréfiée mais pas brûlée. Tout l’art consiste à obtenir ce toastage sans sécher, ni cramer le pain. »

 

- Dans votre ouvrage vous abordez les problèmes liés au gluten.

 

C.V. : Il existe une désinformation dramatique autour du gluten, ce qui rend service à nombre d’industriels qui lancent sur le marché des produits sans gluten. Le problème n’est pas le gluten, puisqu’on en consomme depuis des siècles et que l’on s’est bien porté jusqu’ici. En fait, le problème concerne le gluten issu des blés modernes, ces espèces de clones limite OGM qu’on nous fait ingurgiter aujourd’hui […] Plus les rendements ont augmenté, plus la taille des blés a été réduite, car par l’hybridation on cherchait aussi à réduire la paille. Mécaniquement, la molécule de gluten a grossi et, comme la durée de fermentation des pâtes s’est réduite, ne dégradant pas suffisamment cette molécule de gluten, le pain est devenu indigeste. Et ce n’est pas un effet de mode, c’est une réalité. Donc, si le nombre de personne hypersensibles au gluten s’accroît, c’est parce que le pain, dans 99% des cas, est fabriqué en deux heures avec des blés modernes, il est indigeste… »

 

Addendum, qui n’est pas un additif, à l’attention de la rédaction du LeRouge&leBlanc : « Allez encore un petit effort pour ne pas en rester à la monoculture du vin, faites aussi explorer à vos lecteurs d’autres bons produits fermentaires, les fromages qui puent par exemple »

Quand LeRouge&leBlanc passe du vin au pain « la fermentation est 1 animal sauvage qu’on doit apprivoiser » Christophe Vasseur « boulanger nature »

Le Pain de la Terre à la Table / Bread, from the Terrain to the Table

39,00€

Christophe Vasseur

256 pages / 220 x 310 mm

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 09:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne(17), la Guyane est 1 île économique, la vraie gôche doit voter Mélenchon, Nabilla présidente !

Ce matin je suis totalement politiquement incorrect, j’ai de bonnes raisons que, bien sûr, je ne donnerai pas.

 

En 1988, lorsque je suis revenu au 78 rue de Varenne, via la SVF, comme directeur-adjoint du cabinet, le Ministre me confia, en plus du suivi de la gestion du Ministère, les dossiers patates chaudes : la Corse, les DOM-TOM, la représentativité syndicale…

 

La première chose qu’il absolument nécessaire d’intégrer lorsqu’on traite ce type de dossiers : le langage. Pour la Corse éviter, lorsqu’on parle de l’hexagone, de dire la France mais parler du continent, pour les DOM-TOM c’est la métropole.

 

Tout ça, non pas pour excuser la bourde géographique de Macron mais pour souligner, qu’au-delà du fond des dossiers, et ils sont chaud ces dossiers, il est nécessaire de bien maîtriser son langage afin de ne pas heurter les sensibilités des uns et des autres.

 

La Guyane n’est certes pas 1 île au sens géographique mais elle en est une au sens économique, comme tous les territoires ultra-marins, mais qui parle dans le débat actuel sur l’état de la Guyane des dégâts de l’économie de comptoir où des groupes, comme Le Groupe Bernard Hayot, qui est présent aux Antilles, en Guyane, en France métropolitaine, au Maroc, en Algérie, en Chine, à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie, autour de trois principaux pôles d'activité : distribution automobile, grande distribution et activités industrielles. Le Groupe Bernard Hayot (GBH) c'est près 2 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel, profitent de cette situation monopolistique. C’est la 155e fortune de France… Personne !

 

Bien évidemment, je n’ai pas traité ces dossiers le cul dans mon fauteuil, je suis allé sur place : en Corse une fois par mois, 3 fois à la Réunion, 1 fois à la Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna.

 

En Guyane deux dossiers m’ont mobilisé : la liquidation définitive du Plan Vert de Jacques Chirac et la riziculture.

LE MONDE | 19.09.1981

 

Les agriculteurs guyanais dénoncent l'" échec catastrophique " du " plan vert "

 

Poursuivant sa première tournée d'information outre-mer, M. Henri Emmanuelli, secrétaire d'État aux DOM-TOM, est arrivé mercredi soir 16 septembre à Cayenne pour une visite d'une semaine en Guyane. À l'occasion de sa venue, les deux parlementaires locaux, MM. Raymond Tarcy, sénateur, et Elie Castor, député, tous deux apparentés socialistes, demanderont la constitution d'une commission d'enquête parlementaire pour " déterminer les responsabilités, tant locales que parisiennes, de l'échec du plan vert lancé en 1976 ".

 

Les agriculteurs qui, il y a cinq ans, avaient répondu favorablement à la campagne gouvernementale pour le développement de la zone forestière guyanaise viennent, en effet, de constituer un groupement de défense placé sous la présidence d'un riziculteur de Sinnamary, M. Guy Pou-part. Pour la plupart éleveurs et forestiers, ils soulignent que le bilan de ce " plan vert " - un plan spectaculairement annoncé par M. Olivier Stirn, alors secrétaire d'État aux DOM-TOM dans le gouvernement de M. Jacques Chirac, mais " mal conçu et mal réalisé " - est aujourd'hui trop " catastrophique " pour demeurer supportable.

 

" Les agriculteurs, tant guyanais que métropolitains, qui ont cru à ce projet et investi leurs capitaux sont en grande majorité ruinés et ne survivent aujourd'hui que très difficilement, dans des conditions souvent dramatiques, indiquent-ils. La canne à sucre est un souvenir ; les céréales, faute d'organisation coopérative cohérente et de circuit de distribution adapté, un échec ; le maraîchage, marginal ; l'arboriculture fruitière, un rêve onéreux. Seul l'élevage a atteint partiellement ses objectifs par le doublement de sa production. Encore faut-il remarquer que les chiffres sont modestes et que seule une minorité d'éleveurs se trouve dans des conditions d'exploitation normales. "

 

Sollicitant l'intervention du Parlement, le groupement souhaite que M. Emmanuelli " puisse dresser un constat personnel des effets désastreux de la politique menée jusqu'à présent en Guyane " et il s'en remet " à la clairvoyance du nouveau gouvernement".

 

13/05/2010 - page 1183

 

M. Georges Patient attire l'attention de M. le ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche sur la situation critique de la filière rizicole de Guyane qui nécessite de sa part une intervention urgente. A maintes reprises, les pouvoirs publics ont été alertés sur cette crise grave que traverse ce secteur qui a longtemps été l'un des fers de lance de l'économie guyanaise.

 

Malheureusement, aujourd'hui, l'activité rizicole est sur le point de disparaitre du territoire. Et pour cause!

 

- deux entreprises sur les trois restantes sont en liquidation judiciaire;

- la troisième entreprise s'apprête à quitter le polder rizicole.

 

Ce départ marquera inéluctablement la fin de l'activité avec toutes les conséquences qui découleront de l'abandon d'un polder de 5731ha qui produisait jusqu'à 30 000 tonnes de riz par an et impactait toute l'économie locale.

 

A l'heure où l'on incite au développement endogène dans les outre-mer, ainsi que le Président de la République l'a formulé notamment lors du conseil interministériel de l'outre-mer (CIOM), cette production locale ne mérite pas d'être abandonnée. Cela, d'autant plus que le rapport d'octobre 2008 de la mission d'inspection commandée conjointement par le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, le ministre de l'agriculture et de la pêche et le secrétaire d'État à l'outre-mer, rappelait que « le riz est la seule spéculation soutenue par l'État au cours des différents plans qui ne s'est pas soldée sur un échec pur et simple et que malgré toutes les difficultés auxquelles elle doit faire face, non seulement cette filière subsiste mais elle produit un riz de qualité représentant la seule exportation significative de Guyane ». Le rapport indiquait également que « la riziculture guyanaise peut se développer de manière viable si un certain nombre de conditions sont réunies et d'autres engagées » et concluait à « son maintien ».

 

Il existe des propositions de restructuration de la filière qui vont dans le sens d'une meilleure intégration de cette activité. Les services de l'État en charge de ce dossier en Guyane sont informés de la situation. Il ne reste maintenant plus qu'à agir de façon concrète et urgente, la gravité de la situation l'impose. Il aimerait avoir des réponses précises sur les mesures à prendre pour pallier cette crise.

 

Les chiffres clés pour comprendre la situation en Guyane

 

Un appel à la grève générale a été lancé dans le département d’outre-mer où les habitants réclament des investissements pour répondre aux défis socio-économiques.

 

LE MONDE | 27.03.2017 à 19h11 | Par Eléa Pommiers

 

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L’adage selon lequel la copie ne vaut pas l'original s’applique aux appels à l’union-désistement de Mélenchon pour Hamon et lycée de Versailles d’Hamon pour Mélenchon lancés par leurs supporters respectifs.

 

La « vraie gôche » c’est Mélenchon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris: Nabilla crée l'émeute au Salon du livre

 

« Un service de sécurité copieux et sévère »

 

Le salon a eu droit samedi 25 mars à l’arrivée du phénomène Nabilla. A peine entrée au Parc des Expositions, porte de Versailles, dans le XVe arrondissement de Paris, la jeune femme de 25 ans a créé une émeute : ses fans souhaitaient purement et simplement un autographe de Nabilla sur leur livre «Trop vite» (ed. Robert Laffont), un des ouvrages les plus vendus en 2016 en librairie.

 

Dès 18h30, Nabilla, venue avec son compagnon Thomas Vergara, s’est dirigée vers le stand des éditions J’ai Lu, entourée d’une meute de photographes, de cameramen, de la foule de ses admirateurs et de badauds.

 

Protégée par « un service de sécurité copieux et sévère », dixit Le Parisien, la jeune star de 25 ans a enchaîné les selfies et les dédicaces. « Je suis très fier qu’elle reçoive un tel accueil », a confié Thomas Vergara.

 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 06:00
Bruno Verjus crois-moi c’est une bonne question : pourquoi les épices sont-elles épicées ?

Les épices dans la cuisine on en ajoute une pincée, une pointe, qu’on les broie ou qu’on les saupoudre mais on prend rarement le temps de les envisager sous un angle biologique.

 

Ce qui suit sont des extraits du merveilleux livre de Thor Hanson Le triomphe des graines chez Buchet-Chastel traduit de l’anglais (USA) par Cécile Leclère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les universitaires comparent souvent l’historique course aux épices à notre appétit moderne pour le pétrole. Dans un cas comme dans l’autre, les réserves sont limitées, la demande potentiellement infinie, et l’impact sur le marché mondial considérable.

 

Dans l’Égypte ancienne, des grains de poivre venus de la côte de Malabar parvinrent, on ne sait comment, jusqu’aux narines des pharaons décédés – ils comptaient parmi les agents de conservation les plus prisés des embaumeurs royaux.

 

En 408 apr. J.-C., Rome fut cernée par les Wisigoths, les Barbares ayant recours au chantage, exigèrent entre autres trois mille livres de poivre pour mettre un terme au siège.

 

En 795, Charlemagne promulgua un décret ayant pour but de généraliser la culture du cumin, du carvi, de la coriandre, de la moutarde et un ensemble de d’autres graines savoureuses, sur tout le territoire de l’Empire carolingien.

 

Au Moyen Âge il était fréquent de payer la dîme féodale en épices et la pratique persiste : lorsque l’actuel duc de Cornouailles (qui porte le titre de prince de Galles), Charles d’Angleterre, accepta officiellement son titre en 1973, on lui offrit une livre de poivre et une autre de cumin.

 

Durant les cinquante années qui suivirent sa création, la Compagnie hollandaise des Indes orientales domina le commerce mondial de la muscade du macis, du poivre et du clou de girofle, et connut l’une des plus grandes périodes de profit de l’histoire du négoce.

 

Les marges brutes ne descendaient jamais sous les 300% et la société réglait de juteux dividendes, en argent comptant ou en épices.

 

Les actionnaires d’origine qui gardèrent leurs parts obtinrent un rendement annuel en moyenne de 27%, et ce pendant quarante-six ans.

 

Il n’est pas étonnant qu’en 1674 les Néerlandais aient cédé sans hésiter Manhattan aux Britanniques en échange d’une minuscule île productrice de muscade en Malaisie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque Fernand de Magellan prit la mer un quart de siècle après Colomb, il promit à ses mécènes le même résultat (ndlr. que n’obtint pas Christophe) : une route commerciale vers l’ouest jusqu’aux îles aux épices.

 

Trois années plus tard, 4 de ses 5 navires étaient perdus et Magellan mort ainsi que tous ses seconds et 200 membres de son équipage… les 18 survivants qui atteignirent tant bien que mal Séville sur le dernier vaisseau à flots en 1952… arrivèrent chargés de muscade, de macis, de clous de girofle et de cannelle, trouvés sur l’île de Ternate, dans l’archipel indonésien des Moluques.

 

Une fois vendues, ces matières premières rapportèrent largement de quoi rembourser les navires disparus et indemniser les familles des personnes décédées ; ce voyage allia ainsi découverte et profit. Christophe Colomb avait eu le même objectif, mais, n’ayant pas rapporté d’épices, il avait échoué.

 

Mais, le piment qu’il rapporta de l’autre côté de l’Atlantique devint réellement l’une des épices le plus populaires au monde.

 

Séchés puis broyés ou bien ajoutés en entiers, les fruits et les graines du piment Capsicum se retrouvent dans un grand nombre de plats… À partir de 4 espèces sauvages poussant dans le Nouveau Monde, plus de 2000 variétés cultivées furent développées, classées selon la force de leur goût depuis le paprika, le plus doux, jusqu’aux piments habañeros, le plus relevés.

 

Colomb et ses piments transformèrent en profondeur toute l’industrie des épices. Le simple fait de transformer de transporter leurs graines par-delà l’océan permit de prouver que le piment de cultivait, qu’il suffisait que les conditions idéales soient réunies pour le voir se développer et pousser loin de son territoire d’origine.

 

Les prix chutèrent et les épices perdirent leur cachet exotique. Bien qu’encore rentable, le commerce des épices ne fut plus jamais à l’origine de guerres, de la création d’empire ou de voyages d’exploration.

 

Revenons à la question initiale de cette chronique : pourquoi les épices sont-elles épicées ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Noëlle Machnicki, à propos des piments de Bolivie qui présentaient une particularité rare : ils semblaient avoir préservé un instant clé de l’évolution du piment. « Nous savons que les premiers n’étaient pas forts. »

 

Le dilemme écologique qui motiva l’apparition du piquant de certains piments semblait toujours exister en Bolivie, où certains changeaient et d’autres pas.

 

Restait à Noëlle Machnicki et à son équipe à percer le pourquoi le piment devient pimenté.

 

Ça vous le saurez en lisant le livre Thor Hanson Le triomphe des graines, chapitre IX Les richesses du goût.

 

Pour ne pas totalement décevoir votre soif de connaissance, en revanche, d’un  point de vue chimique, la réponse est déjà connue.

 

La force des piments est liée à la présence de capsaïcine.

 

C’est un alcaloïde. Les plus communs, on trouve certains des stimulants, narcotiques et remèdes médicinaux les plus connus comme la caféine, la morphine, la quinine, la cocaïne.

 

C’est le moyen que les végétaux développent contre les animaux, une défense chimique. Les alcaloïdes agissent aussi sur les humains.

 

Mais alors me dire-vous : pourquoi donc les piments ne sont-ils pas tous forts ?

 

La réponse en 2 formules :

 

« Lorsque la vie se fait humide et moisie, le piment s’enflamme. »

 

« Le goût épicé est finalement le résultat d’une chorégraphie compliquée entre les plantes et leurs adversaires. Sans cette interdépendance, la cuisine serait aujourd’hui très fade à peu près partout dans le monde. »

 

Pour les adorateurs survivants du Grand Timonier, Mao Zedong adorait les piments. Même durant la période où il vécut dans une grotte, il demandait à ce que l’on en ajoute à ses sandwiches, et l’on raconte qu’il en mangeait des poignées pour se donner de l’énergie lorsqu’il lui fallait travailler jusque tard dans la nuit.

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