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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 08:00
CHAP.17 extrait sec, Fillon « Ces attaques ne sortent pas de nulle part. Elles ont été soigneusement préparées, mijotées dans les arrière-cuisines de ces officines » comme 1 goût de l'affaire Markovic

Même dans ses références historiques, lui qui se dit gaulliste, François Fillon est à côté de la plaque lorsqu’il déclare à Charleville-Mézières :

 

« Je suis actuellement sous le feu continu des attaques.

Ces attaques contre un candidat investi et légitimé non seulement par les siens mais aussi par des millions de Français, sont d'une violence inouïe ». Le député de la Sarthe évoque une situation inédite dans l'histoire politique récente, « du jamais-vu sous la Ve République et même sans doute sous la IVe, cette dernière était pourtant riche en barbouzeries politiques de toute sorte… »

 

Rafraichissons lui la mémoire, celle-ci me paraît bien défaillante ces derniers jours, et pourtant l’affaire Markovic où, Claude Pompidou fut trainée dans la boue afin de barrer la route de l’Elysée à son époux, ça devrait lui dire quelque chose puisque son mentor, le discret Joël Le Theule, fut soupçonné d’y avoir été mêlé.

 

Petit rappel pour ceux qui l’ignorent :

 

Le 14 décembre 1980, Joël Le Theule, ministre de la Défense, député gaulliste de la Sarthe et maire de la ville de Sablé, meurt à 50 ans d’un arrêt cardiaque à l’hôpital, où il vient d’être conduit en urgence par son jeune assistant parlementaire de 26 ans, François Fillon. Quatre ans plus tôt, le jeune homme poursuivait des études de droit et s’orientait vers le journalisme quand le député, un ami de la famille, lui propose d'occuper à mi-temps ce poste nouvellement créé par Jacques Chaban-Delmas. Le jeune Fillon accepte, par curiosité d’apprenti journaliste plus que par vocation politique. Mais la mort de son mentor change à jamais son destin professionnel puisqu’il récupère son siège de député l’année suivante, entamant ainsi sa carrière politique.

 

« Joël Le Theule avait acquis une réputation de fin politique, rompu dans l'art de la manœuvre. Il sait s'attirer de sérieuses inimitiés dans son propre camp, notamment de la part de Jacques Chirac. Son successeur, François Fillon, dira d'ailleurs : « Le Theule était haï de Chirac autant pour ses penchants que parce qu'il le soupçonnait d'avoir prêté la main dans l'affaire Markovic, qui déstabilisa Pompidou », les penchants faisant référence à l'homosexualité de Joël Le Theule. »

 

Là c’est moi qui ai écrit :

 

« L’affaire Markovic c’est de la merde mon petit cœur, c’est l’exemple même du coup tordu dont raffolaient certains milieux barbouzards gravitant dans les soupentes du régime. Ses instigateurs voulaient barrer la route de l’Elysée à Pompidou. Viansson-Ponté dans son histoire de la République gaullienne écrira que « l’ennemi appartient à la famille, tapi dans l’obscurité, manipulant les cartes et truquant la partie. » Pompidou a tenu bon mais il savait, ou croyait savoir d’où les coups venaient. « Capitant par bêtise, Vallon par méchanceté et Couve a laissé faire. » avait-il confié à son ami Michel Bolloré avec son art de la formule choc. Dans son livre « Pour rétablir la vérité » Pompidou écrira « Ni place Vendôme, chez Capitant, ni à Matignon chez M. Couve de Murville, ni à l’Elysée, il n’y a eu la moindre réaction d’homme d’honneur. » Moi bien sûr, à cette époque-là, je n’étais qu’un petit flic miteux de banlieue mais, par la suite, par la grâce de la mère de Chloé, mon protecteur à l’Elysée, ce très cher Secrétaire-Général qui m’a propulsé là où je suis, savait. Et Pompidou savait qu’il savait. Un biographe du jeune loup Chirac l’affirmait « on sait que Georges Pompidou à toujours gardé sur lui, dans son portefeuille et écrite à la main, la liste de ceux qui, selon lui, avaient eu une responsabilité dans cette odieuse calomnie ». D’après lui trois noms, dont celui du Secrétaire-Général de l’Elysée. »

 

« 69, l’année politique », un ressortissant yougoslave hébergé par Alain Delon finit cadavre dans une décharge. Un assassinat d’où émane une rumeur de « ballets roses » avant que des photos de « partouze » ne finissent dans les rédactions. […]

 

Avec l’annonce par la presse des relations entre Stefan Markovic et l’acteur Alain Delon - il serait son « gorille » - l’affaire fait la une de toute la presse. Très vite, une rumeur court les rédactions et les milieux politiques : des personnalités « de haut rang » seraient impliquées. Ensuite le nom de Madame Claude Pompidou, épouse de l’ex-Premier Ministre, circule. Puis des photos – faux grossiers - censées la représenter en galante compagnie arrivent dans les rédactions et chez des amis de celui dont l’ambition est à l’époque, la Présidence de la République. Bien que la source de ces images n’ait jamais pu être identifiée, les milieux gaullistes proches du Service d’Action Civique (SAC) sont soupçonnés, du fait de leur notoire opposition à la candidature de « l’auvergnat » de Montboudif. Rappelons que les « ultra-gaullistes » reprochaient à Georges Pompidou d’avoir cédé, en mai 68, devant « les anars » et « les cocos ».

 

[…]

 

« Le président Pompe se méfiait, à juste raison d’ailleurs, l’affaire Markovic le démontrera, des « demi-soldes » du SAC où se mêlaient, autour du noyau dur de la diaspora corse, d’authentiques héros de la Résistance et de vrais truands. Comme l’heure n’était plus aux combats de l’ombre contre les « soldats perdus » de l’OAS ou à la défense de la Vème menacée, alors Pompidou avait demandé à Marcellin de débarrasser le SAC des éléments les plus douteux. Tâche malaisée car ce petit monde de reitres désœuvrés, naviguant en marge de la légalité, vivant d’expédients, cultivait un sentiment de toute puissance, au nom des services rendus au Général, et pensait que leur impunité ne saurait être remise en cause. »

 

[…]

 

« Pompidou ne s’en tenait pas qu’au verrouillage du gouvernement Chaban, il bouleversait aussi l’organigramme de l’Elysée en mettant fin à la dualité Secrétariat-Général et Cabinet, le premier absorbait le second. Sous de Gaulle, dans l’ombre, le Secrétaire-Général, jouait un rôle capital. Interlocuteur privilégié du chef de l’Etat il était le seul membre de l’équipe à pouvoir entrer à tout moment dans le bureau présidentiel.

 

Le nouveau Secrétaire-Général était l’énigmatique Michel Jobert flanqué d’un adjoint le byzantin Edouard Balladur. Très vite la césure entre la tendance « rive gauche » décidée à donner ses chances à la « nouvelle société », et la tendance « rive droite » résolue à avoir la tête du folâtre Chaban, se dessinait dans l’entourage de Pompidou. L’ancien mendésiste Jobert, sincèrement européen, qui, selon Viansson-Ponté, « est le personnage le plus important de l’Elysée soutiendra loyalement les thèmes progressistes du chef du gouvernement. Balladur, « solide, subtil, distant, rapide » selon Jobert, dévoué à Georges Pompidou, même s’il jugeait aventureux certains projets de Chaban, fera preuve à son égard d’une grande correction.

 

L’autre tendance est emmenée par un personnage qui cultivait son image de la droite France profonde, ultranationaliste : Pierre Juillet. Il était chargé de mission et flanqué de la redoutable Marie-France Garaud, jeune et ambitieuse avocate, qui avait gagné la confiance de Pompidou en démêlant l’imbroglio de l’affaire Markovic. C’était une passionnée, directe, cynique, qui gardait un chien de sa chienne à Chaban car celui-ci l’avait éconduit sèchement lorsqu’elle postulait à son cabinet de la Présidence de l’Assemblée. Impitoyable, bluffeuse, elle allait de suite tout tenter pour nuire au chef du gouvernement. En marge, à côté de ce beau monde, le très fameux secrétariat général pour les affaires africaines et malgaches tenu par le redouté taulier Jacques Foccart dont les fonctions officieuses couvraient un large champ dans le marigot gaulliste où se mêlaient les services secrets, les barbouzards, les affairistes et tout un petit monde interlope où je nageais comme un poisson dans l’eau. »

 

Extraits du livre Les Pompidou de Henry Gidel publié aux Editions Flammarion

 

« Il en a assez, plus qu’assez, mais il lui faut continuer, et toujours avec le sourire. Mais le plus pénible à ses yeux, ce ne sont pas les fatigues de la campagne. C’est bien autre chose…Pierre Mazeaud, magistrat mais également célèbre alpiniste et vainqueur de l’Annapurna, se trouve à ses côtés dans sa voiture, alors que durant la course à l’Élysée, il parcourt les Hauts-de-Seine.

 

Soudain, à sa grande surprise, il aperçoit des larmes couler de ses yeux. Alors le futur président de la République lui saisissant le bras, lui dit : « Ah ! mon petit Mazeaud, c’est vraiment trop dur, trop dur ! » et il continue à sangloter. Alors que Mazeaud s’imaginait que le candidat faisait tout simplement allusion aux fatigues de la campagne, il est rapidement détrompé : il apprend que des fonctionnaires des RG venaient de lui montrer d’odieux photomontages représentant sa femme qu’il adorait dans des postures particulièrement scabreuses.

 

Autre témoignage : à cette époque, dînant à Lille à l’hôtel Royal, en tête à tête avec Maurice Schumann, il n’ouvre pas la bouche un seul instant, mais se lève continuellement, pour se rendre à la cabine téléphonique. Plus tard, une fois devenu Président, tenant à s’exprimer auprès de lui, il lui révèle, très ému : « C’était le jour le plus triste de ma vie. Si je suis allé téléphoner plusieurs fois de suite, c’est parce que ma femme était au bord du suicide. » Elle venait de recevoir des lettres anonymes truffées d’insultes ordurières. On mesurera le désarroi de Pompidou au moment même où il avait tant besoin de sa volonté, lorsqu’on apprendra qu’il rédigeait alors un petit texte où il évoquait la force de l’amour réciproque qui le liait à son épouse. C’est là certainement qu’il puisait l’énergie indispensable à son combat.

[…]

« La violence, la durée et l’inlassable répétition des attaques sont venues à bout de Claude, d’où l’angoisse permanente de son mari : dans l’état où elle se trouve, elle peut d’un instant à l’autre passer à l’acte.

 

Mais quelle situation pour le futur président de la République !

 

Que doit-il faire ?

 

Que peut-il faire ?

 

Renoncer à sa candidature ?

 

Ce serait d’une certaine façon reconnaître le bien-fondé des rumeurs accusatrices. Il en est d’autant moins question qu’il pense être déterminé dans son action non par une vulgaire ambition personnelle mais par un authentique destin. Il est certain qu’il n’est pas absolument pas libre, qu’il n’a pas le choix, que personne d’autre que lui en ce moment ne doit ni ne peut remplir les fonctions présidentielles telles que les a voulues le général de Gaulle.

 

« Dès 1962, confiera-t-il plus tard, oui, dès mon arrivée à Matignon, j’ai su que je serais un jour président de la République. » C’est pour lui un sort qu’il subit sans plaisir, d’ailleurs, car il ne répond pas à sa vraie nature, celle d’un authentique épicurien. Et il sait bien que la politique ne le rendra jamais heureux

 

Ce petit rappel historique rien que pour dire à François Fillon qu’il devrait changer de registre, à l’inverse de Claude Pompidou Pénélope Fillon n’est pas la victime d’un coup monté par de sombres officines mais la « victime » d’une situation imaginée par son mari pour mettre du beurre dans les épinards de la maison où manifestement elle s’ennuyait. Les faits sont avérés, les sommes en jeu non contestées, alors crier au complot, à une machination ourdie dans de sombres officines relève d’une défense calamiteuse et dangereuse pour son propre camp.

 

Cette victimisation est indécente, indigne de l’homme d’État qu’il dit être, sa réaction relève du niveau petit assistant parlementaire roublard pris les doigts dans la confiture qui enrage de voir s’évanouir son rêve de prendre la place du calife. Il n’y a aucune meute à ses trousses, rien qu’une accumulation de faits soigneusement dissimulés, pas forcément condamnables en droit mais fort peu en adéquation avec son costume de père la rigueur, d’apôtre des sacrifices. Son maintien ne me pose aucun problème, c’est son choix, sera-t-il celui de son camp, seulement je m’interroge de sa capacité, s’il est qualifié pour le deuxième tour face à la MLP, à recueillir des voix de gauche et du centre. La pilule paraîtra encore plus amère que celle du vote pour Chirac qui en la matière était pas mal non plus, Alain Juppé en sait quelque chose. 

Déjeuner impromptu avec elle, je n'en dirai pas plus que le menu...

Déjeuner impromptu avec elle, je n'en dirai pas plus que le menu...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 06:00
Journal d’1 chroniqueur de campagne (2) Pénélope femme au foyer, petits bourgeois de gôche, Rocard sans héritiers…

- Pourquoi la radio était-elle si présente dans votre enfance ?

 

- Maman ne travaillait pas.

 

La réponse de Patrick Cohen à notre amie Sandrine Blanchard du Monde, est caractéristique du peu de considération du travail domestique, faire les courses, la cuisine, le ménage, s’occuper des enfants, encore majoritairement effectué par des femmes.

 

Selon la dernière enquête « Emploi du temps » Insee 2010, les hommes vivant en couple effectuent 1 h 17 de travail ménager par jour, et les femmes 2 H 59 ; avec un enfant de 3 ans ou plus, cela devient respectivement 1 h 09 et 3 h 17 (même si ce temps ne concerne pas les soins aux enfants, évalués séparément, mais bien le ménage et les courses).

 

Le déséquilibre est donc extraordinairement résistant au progrès et même si les femmes passent moins de temps dans la cuisine c’est du fait notamment de l’utilisation croissante des plats cuisinés. »

 

Deux politiques se sont exprimés, à leur manière, sur cette question :

 

« Il n'y a nulle part dans la loi une définition de ce qu'est le travail d'un assistant parlementaire », a-t-il expliqué. Et de prolonger son raisonnement avec une démonstration par l'absurde. « Je vais être provocateur: François Fillon dirait à tout le monde « Elle ne faisait que repasser mes pantalons », qu'on ne pourrait rien lui reprocher. »

 

Julien Dray a tout de même nuancé son propos en expliquant qu'il s'agissait là du point de vue juridique et que les actes du couple Fillon pouvaient être vus différemment du point de vue de la morale.

 

Dominique Bussereau, lui, replace la femme mariée là où il faut lorsqu’elle donne un coup de main : si l'on interdit aux politiques d'employer leurs conjoints, « il faut le faire pour les épiciers et les bouchers »

 

Pénélope Fillon, femme au foyer, sans doute dotée de domesticité pour s’occuper du ménage du château de Beaucé  disposait donc de beaucoup de temps pour épauler son politique d’époux qui ne devait pas mettre très souvent les mains dans la farine.

 

Tout ça pour une belle poignée d’euros, de quoi faire rêver ses collègues assistants parlementaires et bien sûr beaucoup de cadres supérieurs du privé comme du public.

 

Le pompon de la justification revient à Gérard Larcher le président du Sénat, lieu de toutes les combines, qui a brandi l'argument de la parité pour saluer un progrès de société. « Un collaborateur parlementaire - c'est un motif de fierté - gagne en moyenne 3250 euros brut pour les femmes et un peu moins de 3000 euros pour les hommes. C'est un des seuls cas où les femmes sont mieux traitées que les hommes! », a-t-il expliqué sans ciller.

 

Restons-en là pour l’instant, tout en soulignant que la femme au foyer a conservé la mission de représentation mondaine, et aussi hérité du service érotique qu’assuraient les bonnes de la bourgeoisie. Au lit, avec son mari, M.A. finit par avoir « le sentiment de faire un deuxième service. » Sophie Divry dans La Condition pavillonnaire.

 

Confirmation de mon analyse du peu de considération de la femme au foyer par Titiou Lecoq (journaliste indépendante et blogueuse sur Girls and geeks. Elle vient de publier Sans télé, on ressent davantage le froid (Fayard). En 2011, elle a publié un roman, «Les Morues» (Au Diable Vauvert), et avec Diane Lisarelli, «L'Encyclopédie de la Web Culture» (Robert Laffont)

 

Il faut vraiment plaindre Penelope Fillon

 

« Comme dirait Mme Lenglet, mon ancienne prof d'espagnol, je voudrais tirer la sonnette d'alarme.

 

Penelope Fillon vit un calvaire. Certes un calvaire bien payé mais un calvaire. Un Golgotha. Bref, tout ce qui porte un nom qui évoque la douleur, voire même les douleurs.

 

Je suis sérieuse. Mais attention, ça ne dure pas depuis quelques jours.

 

Le puits de douleur

 

Penelope Fillon est un puits de douleurs depuis des années et personne ne semble jamais s'en être inquiété. Hier soir, n'écoutant que ma conscience professionnelle et mon amour de la léthargie, j'ai regardé «Envoyé spécial». J'ai vu l'interview de 2007. Je m'attendais à avoir des informations sur une affaire d'emplois fictifs, à la place, j'ai écouté une femme au bord du gouffre. C'était presque gênant.

 

Je ne sais pas pourquoi ce jour-là elle a décidé de se confier, je ne sais même pas si elle a eu conscience de ce qu'elle disait malgré elle, de ce que ses mots révélaient. Une femme qui semblait ne plus avoir de but dans l'existence, une femme qui transpirait une solitude insupportable, et surtout une femme qui se sentait méprisée par ses proches et, en premier lieu, par ses enfants. »

 

La suite ICI

 

Parti socialiste français : bonsoir, faites de beaux rêves

dimanche 29 Janvier 2017 Jacques Julliard

 

Depuis sa création en 1905, le Parti socialiste français est un parti gauchiste dominé par son aile droite. Les deux choses se conditionnent mutuellement. Gauchiste, il l'est en ce sens qu'il entretient une vision de lui-même à gauche de son électorat. Jusqu'aux années 80, il s'est cru révolutionnaire, alors qu'il était réformateur. Il s'est cru ouvrier, alors qu'il était petit-bourgeois. Il s'est cru une solution de rechange au libéralisme, alors qu'il n'en était qu'une variante.

 

Le résultat, c'est une schizophrénie permanente qui lui fait défendre quand il est dans l'opposition un programme maximaliste irréalisable, et quand il est au pouvoir, un programme minimaliste décevant. Inutile, pour en rendre compte, de faire jouer les grandes orgues trotskistes de la «trahison», explication romanesque et psychologisante qui en vérité n'explique rien. A moins d'inventer de toutes pièces un gène social-démocrate de la trahison... Hollande a-t-il plus «trahi» que le Britannique Tony Blair ? Que l'Allemand Gerhard Schröder ? Que l'Espagnol Felipe Gonzalez ? Que l'Italien Bettino Craxi ? Que le Portugais Mario Soares ? Et même - horresco referens - que le Français François Mitterrand ? Bien sûr que non !

 

Mais il a dû subir, en plus des difficultés inhérentes au pouvoir et au déclin de l'industrie française, le harcèlement d'une aile gauche, celle dont Mitterrand, justement, disait - c'était alors le Ceres - qu'elle voulait faire «un faux Parti communiste avec de vrais petits-bourgeois». Pourquoi cette particularité française ? Pour une raison simple : c'est que ce qui tient lieu à la France de social-démocratie n'est pas social-démocrate. Celle-ci, dans le monde entier, est la résultante de la collaboration sur pied d'égalité de puissants syndicats, de coopératives fortement implantées avec un groupe parlementaire socialiste. En France, cette collaboration n'a jamais existé.

 

(...)

 

La conclusion :

 

« On a certes le droit de tout faire, à condition de ce que l’on fait. Dans le cas particulier, de se mettre, sous prétexte de reconstruction utopique du parti, aux abonnés absents en faisant l’impasse sur les problèmes de l’heure, de la réindustrialisation à l’immigration, du terrorisme à la situation nouvelle de l’Europe d’après Trump. C’est-à-dire, disons-le clairement, donner sans combattre le pouvoir à la droite pour au moins dix ans. Comme en Allemagne, en Angleterre ou en Espagne. Ce n’est pas si grave. Mais ce n’est pas mon choix. Bonsoir, faites de beaux rêves. »

 

Je vais être méchant mais voici venu le temps des attachés parlementaires, besogneux, étriqués, hommes d’appareil, sans envergure ni colonne vertébrale, dérivant au fil des soubresauts de notre société, Fillon petite main de Le Theule, Hamon rocardien d’occasion… Lors de l’hommage à Michel Rocard aux Invalides, Valls, Hamon et Macron étaient évidemment présents, à cette époque, le sujet de conversation c’était Hollande va-t-il se représenter ? J’en doutais auprès d’un ami pilier de la Rocardie, conseiller influent à Matignon, qui lui restait dans ses schémas classiques. Depuis, tout a volé en éclats, et Valls en se substituant à Hollande a pris la place du mort : donc lui aussi dehors. Reste Hamon et Macron, qui l’un comme l’autre ne peuvent se prévaloir d’un quelconque héritage du dormeur de Monticello.

 

Hamon veut ressusciter une gauche plurielle, succédané de l’Union de la gauche, avec Jadot et Mélanchon, sauf que le PS est en voie d’implosion et que le Jean-Luc n’est pas prêt d’aller à Canossa ; Macron, lui, est le vecteur de cette implosion et sa capacité à faire émerger la fameuse troisième force, réellement sociale-démocrate, est à la hauteur de ses ambiguïtés, en gestation.

 

Petits potins :

 

  • Gabrielle Guallar, la compagne de Benoît Hamon, ils sont pacsés, mère de ses deux filles, est responsable Affaires publiques du groupe LVMH ; pour les non-initiés l’appellation affaires publiques recouvre l’activité de lobbying auprès des pouvoirs publics. C’est à ce titre que Gabrielle Guallar le 10 mars 2015 a été auditionnée par la commission spéciale du Sénat sur la loi Macron « la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques » dont elle dira le plus grand bien. Elle intervenait en tant que chargée de mission pour le secrétaire général, Marc-Antoine Jamet, auprès de la rapporteure du texte au Sénat, Catherine Deroche : le magasin Sephora des Champs-Élysées, filiale de LVMH, avait été condamné en 2013 à fermer ses portes à 21 heures par cour d'appel de Paris alors qu'il disait réaliser 20% de son chiffre d'affaires après cette heure... De quoi alimenter les conversations du couple.

 

  • Affaire Penelope : le baiser de la mort de Lavrilleux à Fillon

 

Jérôme Lavrilleux, l'ancien bras droit de Jean-François Copé renversé par le scandale Bygmalion, lui a envoyé une lettre datée du 1er février.

 

Comme vous aujourd'hui, j'ai moi-même été pris dans une véritable tempête médiatique et judiciaire parfois alimentée par mes propres 'amis politiques'. Aussi, je sais à quel point cela doit être dur pour vous et vos proches.

 

Restez confiant car nous avons dans notre pays la chance de pouvoir compter sur une justice indépendante et compétente qui sait établir la vérité des faits et des responsabilités. C'est au final la seule chose qui compte.

 

Puis, ce sont des valeurs chrétiennes qui m'ont poussé à la compassion.

 

Plus sérieusement :

 

Affaire Fillon : ces « plans B » qui risquent de faire exploser la droite

 

Entre deux mauvaises solutions, laquelle choisir ? Tel est le casse-tête actuel des ténors du parti Les Républicains (LR), qui s’activent en coulisses pour trouver une issue à la crise que traverse leur camp : leur candidat, François Fillon, fragilisé par les soupçons d’emploi fictif visant son épouse Penelope, paraît désormais en mauvaise posture pour l’emporter à la présidentielle. Une situation difficile à vivre pour un parti, qui a longtemps cru cette élection imperdable.

 

Consciente des ravages causés par « l’affaire Penelope Fillon », la majorité des ténors de LR s’inquiète d’un maintien de la candidature de M. Fillon. Cette inquiétude est renforcé après la diffusion jeudi soir sur France 2 d’un document datant de 2007. « Je n’ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre », déclare l’épouse du vainqueur de la primaire à droite dans un entretien filmé accordé alors au Daily Telegraph qu’a diffusé l’émission « Envoyé spécial ». Un caillou de plus dans la chaussure d’un candidat dont nombre de responsables de la droite redoutent désormais qu’il les amène dans le mur.

 

Alors, qui pour sauver la mise? Beaucoup arrivent au même constat : à cette heure, il n’existe pas d’alternative car aucun remplaçant potentiel n’emporte l’adhésion du parti. D’où le statu quo actuel. « Dans l’immédiat, le jeu est bloqué car les prétendants à la succession de Fillon se “canalisent” entre eux », analyse un poids lourd du parti.

 

Juppé veut être « adoubé »

 

Sur le papier, Alain Juppé apparaît comme le candidat de substitution le plus légitime. Arrivé deuxième de la primaire et disposant d’un programme abouti, le maire de Bordeaux est désigné par les Français comme leur favori pour remplacer M. Fillon, avec 33 % des suffrages, contre 13 % pour Nicolas Sarkozy et 7 % pour François Baroin, selon un sondage Harris Interactive pour RMC et Atlantico, publié jeudi 1er février.

 

S’il a déclaré à deux reprises ne pas vouloir être un recours, M. Juppé n’aurait en réalité pas totalement tiré un trait sur ses ambitions élyséennes. Mais « il veut être adoubé par tous et que Fillon le désigne officiellement comme son successeur », explique l’un de ses proches.

 

Sauf que, M. Juppé doit faire face à un front d’opposants internes, déterminés à lui barrer la route. On y retrouve les sarkozystes, emmenés par François Baroin. Ce dernier, qui entretient des relations glaciales avec le maire de Bordeaux depuis plus de vingt ans, s’est également positionné pour, le cas échéant, succéder à Fillon. « Baroin fait monter l’idée de sa candidature pour empêcher Juppé d’incarner le recours naturel car il sait qu’il sera grillé si Juppé devient président », décrypte un bon connaisseur des rapports de force au sein de la droite.

 

La suite ICI

 

Dans la troisième vague de notre enquête quotidienne Ifop-Fiducial pour Paris Match, iTELE et Sud-Radio, le candidat de la droite François Fillon enregistre un net recul.

 

Le candidat qui voulait «casser la baraque» est désormais confronté à ce qui ressemble fort à une dégringolade. Dans notre sondage en continu «La présidentielle en temps réel» réalisé par l'Ifop-Fiducial pour Paris Match, iTELE et Sud-Radio, François Fillon perd 1,5 point par rapport à l'enquête de jeudi et chute de 2,5 points en trois jours. «C’est un brutal décrochage, rarissime dans une enquête présidentielle en continu. Il recule nettement à droite. Il recueille moins d’un tiers (29%) chez les plus de 65 ans. A titre de comparaison, Nicolas Sarkozy en 2012 avait recueilli 45% en 2012 auprès de ces électeurs», note Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. Avec 18,5% des intentions de vote, il est désormais à deux points d'Emmanuel Macron (20,5%, +0,5)

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 06:00
Le Canard Enchainé va-t-il sauver nos médias du discrédit, de la perte de confiance que leur font les Français ?

Plutôt que de crier au complot, François Fillon et ses soutiens, devraient plutôt s’interroger sur les dégâts causés par leurs répliques, plus calamiteuses les unes que les autres, aux révélations du Canard Enchaîné qui, a fait son boulot, n’a rien inventé, et peu importe qui fut la gorge profonde, l’important pour un média c’est de porter à la connaissance des citoyens de l’information vérifiée et, là, elle l’était.

 

En faisant ce constat je ne m’érige pas en procureur, le parquet financier le fait mieux que moi, mais je ne vois au nom de quoi les révélations du Canard constitueraient une « mise à mort » d’un homme politique.

 

« La femme de César ne doit pas être soupçonnée »

 

Les personnalités officielles, les institutions doivent être à l'abri des accusations. Cette signification peut être mal interprétée : il ne faut pas comprendre que les personnalités et institutions doivent être intouchables même si elles sont accusées de quelque chose, mais qu'elles doivent être tellement irréprochables qu'aucun soupçon ne puisse les entacher.

 

Sinon, elles doivent être écartées ou destituées, avant même de savoir si les soupçons sont justifiés ou non.

 

La parole donnée…

 

La confiance !

 

À qui faire confiance pour s’informer ?

 

La côte d’alerte est franchie comme le montre Le Baromètre annuel 2017 « La Croix » Kantar Sofres/Kantar Média sur la confiance dans les médias montre une chute de l’intérêt pour l’information et de la crédibilité des médias, l’intérêt des Français pour l’actualité au plus bas depuis 2002.

 

« Les Français envoient à leurs médias une double alerte : parallèlement à une chute notable de l’intérêt qu’ils portent à l’actualité – qui perd 6 points en un an et se retrouve ainsi à son plus bas niveau depuis 2002, l’année qui avait vu Jean-Marie Le Pen arriver au second tour de la présidentielle–, la confiance s’étiole, elle aussi : la télévision et la presse écrite perdent respectivement 9 et 7 points par rapport à 2016. La radio demeure la plus crédible – et la seule légèrement au-dessus de la moyenne – même si elle perd également 3 points… »

 

À l’orée d’une année électorale majeure dans un contexte de montée des populismes, l’intérêt des Français pour l’information enregistre son plus mauvais score en trente ans. Seuls 64 % (– 6 points sur un an) des Français déclarent s’y intéresser, avec une désaffection marquée des jeunes (56 %) et des moins diplômés (58 %).

 

La confiance dans l’information relayée par les différents médias est elle aussi historiquement basse, particulièrement pour la télévision (41 %, – 9 points), seule la radio restant majoritairement jugée fiable (52 %, – 3 points). Dans ce contexte, la perception de l’indépendance des journalistes vis-à-vis du pouvoir atteint son plus mauvais score, 24 % des Français seulement jugeant qu’ils résistent aux pressions.

 

« Internet recule encore au niveau de la confiance »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette chute des indicateurs s’inscrit dans un bouleversement de la façon de s’informer. « Les usages évoluent très rapidement, relève Carine Macé, qui a coordonné le baromètre pour Kantar. La télévision est détrônée par Internet chez les jeunes (1). De même que chez les cadres et les plus diplômés. Il y a une rupture numérique et générationnelle. 38 % des 18-24 ans s’informent d’abord sur leur smartphone, contre 1 % des plus de 65 ans. » Sur Internet, les réseaux sociaux sont la principale source d’information des plus jeunes (41 % des 18-24 ans). Mais ces derniers, comme la moyenne des Français (73 %), accordent peu de crédit à ce qu’ils y trouvent.

 

« Internet recule encore au niveau de la confiance, alors que sa pratique se banalise. Cette déconnexion entre confiance et pratique n’est pas rassurante dans la perspective de la présidentielle, souligne le sociologue des médias Jean-Marie Charon. On peut craindre que ce climat de défiance et ce report sur des réseaux sociaux auxquels on accorde encore moins de confiance qu’aux autres médias ne soit pas un bon vecteur de qualité du débat public. » Cette inquiétude est partagée par l’économiste des médias Julia Cagé, qui redoute que la France « se retrouve dans une situation à l’américaine, où les médias traditionnels perdent complètement la main face aux réseaux sociaux ».

 

Trop de burkini et de Kim Kardashian

 

« Exposés au « bruit médiatique », notion qui permet de mesurer le degré d’exposition de chacun d’entre nous à tel ou tel sujet d’actualité, les Français tantôt « saturent », tantôt se sentent en manque d’information. Ainsi le vol dont fut victime Kim Kardashian, les polémiques autour du burkini ou l’élection américaine ont semblé excessivement présents à la Une.

 

À noter que le « bruit médiatique » de l’actualité américaine a été considérable, chaque personne y étant exposée en moyenne 38 fois par jour (contre 3 fois seulement pour l’« affaire » Kardashian). Globalement satisfaites du traitement des attentats terroristes de Nice et Bruxelles (intense « bruit médiatique » dans les deux cas), les personnes interrogées déplorent en revanche un déficit d’information concernant la pédophilie dans l’Église ou les manifestations de policiers. »

 

L’intégralité des articles de La Croix

 

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Le Canard Enchainé va-t-il sauver nos médias du discrédit, de la perte de confiance que leur font les Français ?

Les bonnes recettes du « Canard enchaîné »

 

À tout juste 100 ans, l’hebdomadaire se paie le luxe d’ignorer la publicité, les actionnaires, le numérique. Et séduit chaque mercredi 400 000 lecteurs.

 

Par Philippe Ridet

 

Il faut les voir, chaque mardi sur les coups de 15 heures, remonter le boulevard du Montparnasse, à Paris, jusqu’au carrefour Vavin et s’engouffrer par la porte de la brasserie La Rotonde pour un déjeuner tardif, un goûter roboratif ou un dîner précoce. Au choix.

 

Directeur, rédacteurs en chef et journalistes s’en reviennent de l’atelier de photocomposition à quelques rues de là où, jusqu’à la ­dernière minute, le numéro 5013 du Canard enchaîné a été lu, relu, re-relu, titré, retitré, re-retitré. C’est au moment du bouclage, l’épée dans les reins et l’œil sur la pendule, que s’élaborent parfois les meilleures manchettes, les chutes assassines, les jeux de mots les plus nuls qui sont souvent les plus drôles, le dessin qui résumera mieux qu’un édito la problématique du moment.

 

Ils ont le sourire aux lèvres et l’estomac dans les talons. Nous mesurons, à sa juste valeur, l’invitation qui nous a été faite de se joindre à ces agapes : habituellement, Le Canard n’aime pas beaucoup qu’on traîne dans ses pattes palmées.

 

Persifleur et informé

 

Deux jours plus tôt, le 20 novembre, à la surprise de tous – et donc de la leur –, François Fillon a écrasé le premier tour de la primaire de la droite et du centre. Autour de la grande table au fond de la brasserie, la quinzaine de journalistes se passe les photocopies des pages en cours d’impression. Il est trop tard pour changer quoi que ce soit. Les bonnes idées attendront le numéro 5014.

 

« On aurait pu titrer : “Sarkozy l’a dans le Fillon” », s’amuse l’un d’eux, un verre de bordeaux à la main. Finalement, Le Canard a opté pour : « Fillon : moi, je vais ­nettoyer la France au Thatcher ! » Juste au-dessous, un dessin de Kiro : Juppé et Raffarin le poing levé chantant L’Internationale… De chaque côté du logo du journal, dans les « oreilles », ce propos prêté à l’ancien premier ministre de Jacques Chirac à l’adresse de son rival : « Et en plus son programme sent le Poisson ! »

 

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Le Canard Enchainé va-t-il sauver nos médias du discrédit, de la perte de confiance que leur font les Français ?

Le Canard enchaîné raconte : "Dès qu'on s'est intéressé aux revenus de sa femme, Fillon s'est fermé comme une huître"

 

France info : qu'est-ce qui vous a alerté sur les enfants de François Fillon ?

 

Christophe Nobili : Par expérience, lorsqu'on commence à donner des éléments nouveaux dans une enquête cela veut dire qu'il y a sûrement plus grave derrière. C'est à partir des déclarations de Monsieur Fillon qu'on va travailler, essayer de comprendre. Il parle de missions précises, quelles sont ces missions précises ? Au début, on se dit qu'il a peut être demandé une ou deux missions ponctuelles. Et on ne s'attend pas du tout à voir que, lorsque ce n'est pas Penelope Fillon qui est son assistante parlementaire, il prend à temps plein, salarié, pendant la totalité de son mandat de sénateur, d'abord sa fille et ensuite son fils, à des salaires importants ; 3 800 euros brut pour la fille et 4 800 pour le fils.

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 06:00
L’INAO cherche juriste désespérément : le décret Pomerol à nouveau retoqué par le Conseil d’État, le Ministre encore ridiculisé…

Du côté de Montreuil, dans le neuf3, à l’accueil de l’INAOQ, sans doute va-t-il falloir se résoudre à afficher :

 

« Errare humanum est, perseverare diabolicum »

 

Notre cher Institut, que j’ai connu, dans les temps anciens, brillant et pertinent juridiquement, lorsque nous allions défendre devant le Conseil d’État le texte de loi dépoussiérant les Appellation d’Origine Contrôlée, se laisse de plus en plus aller à la facilité, bien aidé en cela par le Syndicat Agricole et Viticole de Pomerol.

 

Le dossier des « sans chais » par la grâce de l’entêtement et d’une forme d’arrogance de la puissance publique et des responsables de l’appellation Pomerol a pris la tournure d’un feuilleton vaudevillesque qui dure depuis 7 ans déjà.

 

Ça encombre le Conseil d’État, ça engraisse des cabinets d’avocats, ça occupe le service juridique de l’INAO, les services du Ministère, ça coûte cher aux contribuables… Disons-le tout net c’est lamentable…

 

Allons, Monsieur le Ministre un petit effort  avant de quitter la rue de Varenne, embauchez de bons juristes...

 

Le Vaudeville

 

Acte 1 12 juin 2009

 

Les « sans chai » de Pomerol seront virés en 2018

ICI

 

Acte2  scène 1 13 mars 2012

 

Afterwork du Taulier : le Conseil d’État retoque le décret excluant les sans-chais de Pomerol

ICI

 

Acte2 scène 2 14 mars 2012

 

Afterwork du taulier : le dernier considérant du Conseil d’Etat sur les sans-chais de Pomerol en dit plus long qu’un long discours

ICI

 

Considérant que si le ministre de l'agriculture et l'INAO motivent cette nouvelle délimitation, qui aura pour effet de retirer à des vignerons producteurs de vins bénéficiant depuis des décennies de l'AOC Pomerol la possibilité de procéder à la vinification et à l'élevage de leurs vins en dehors de l'aire géographique, par la nécessité de limiter le transport et la manipulation du vin afin de préserver sa qualité, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transport sur les distances mentionnées ci-dessus des grappes de raisins, et non du vin, entre le lieu de la récolte et celui du chais de vinification aurait une incidence sur la qualité du vin produit, alors qu'il est par ailleurs constant que certains exploitants sont amenés à transporter leur vendange à l'intérieur de l'aire géographique de production sur des distances parfois plus longues que celles sur lesquelles les requérants transportent leur récolte ; qu'au regard du seul motif invoqué par le ministre de l'agriculture, les requérants sont fondés à soutenir que la délimitation ainsi retenue de l'aire dite de proximité immédiate induit une différence de traitement entre des exploitants qui bénéficiaient jusque-là pour leur production de vin de l'AOC Pomerol, les uns conservant ce bénéfice parce que leurs chais sont implantés sur les parcelles comprises dans cette zone et les autres se voyant retirer ce bénéfice à terme, et qu'il n'apparaît pas que cette différence de traitement serait en rapport avec les objectifs du cahier des charges ; que, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leur requête, les requérants sont fondés à demander l'annulation du décret attaqué homologuant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Pomerol, en tant qu'il a homologué la délimitation de l'aire de proximité immédiate.

 

Acte 3 CONSEIL D'ETAT statuant au contentieux

Séance du 16 janvier 2017

Lecture du 27 janvier 2017

 

5. Pour justifier l’absence de délimitation d’une zone de proximité immédiate pour l’AOC « Pomerol », le ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt, l’Institut national de l’origine et de la qualité et le Syndicat agricole et viticole de Pomerol se bornent à soutenir que l’institution d’une telle zone, qui permet de vinifier les raisins et d’élaborer et élever les vins en dehors de l’aire géographique de production, constitue une simple faculté offerte aux Etats membres par la réglementation de l’Union européenne.

 

6. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le cahier des charges de l’AOC « Pomerol », qui ne comporte aucun élément de nature à justifier la nécessité de localiser les opérations de vinification, d’élaboration et d’élevage à l’intérieur de l’aire géographique de production, se borne à exiger, dans son chapitre IX intitulé « Transformation, élaboration, élevage, conditionnement et stockage », que la vinification s’effectue « conformément aux usages locaux, loyaux et constants » et ne mentionne, dans ses développements consacrés au « lien à l’origine », que les facteurs naturels et techniques de conduite de la vigne. Il ressort également des pièces du dossier que les requérants ont pu, pendant des décennies, réaliser leurs opérations de vinification, d’élaboration et d’élevage en dehors de l’aire géographique de production de l’AOC « Pomerol » tout en bénéficiant de cette appellation. Par ailleurs, il ne ressort ni des pièces du dossier ni de l’argumentation développée par le ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt, l’Institut national de l’origine et de la qualité et le Syndicat agricole et viticole de Pomerol que la localisation de chais comme ceux des requérants, à proximité immédiate de la zone géographique de production, et les opérations de transport de raisin qu’elle implique soient de nature à porter atteinte à la qualité et aux caractéristiques propres aux vins de l’AOC « Pomerol ». Compte tenu de l’ensemble de ces circonstances, en tant qu’il homologue une modification du cahier des charges de l’AOC « Pomerol » qui ne prévoit la délimitation d’aucune zone de proximité immédiate et exclut donc du bénéfice de cette appellation tous les producteurs qui ne procèdent pas aux opérations de vinification, d’élaboration et d’élevage à l’intérieur de l’aire géographique de production, le décret attaqué est entaché d’une erreur d’appréciation.

 

7. Dès lors et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de leur requête, la SCEA Château Siaurac et autres sont fondés à demander l’annulation du décret attaqué en tant qu’il homologue une modification du cahier des charges de l’AOC « Pomerol » s’abstenant de procéder à la délimitation d’une zone de proximité immédiate au titre de cette appellation.

 

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à la SCEA Château Siaurac et autres d’une somme globale de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 06:00
Si vous voulez vous singulariser à l’apéro invitez-donc les Roche-Mazet !

Mais qui c’est qui ces Roche-Mazet ?

 

Des gens du South of France qui s’affichent à Paris !

 

Des provinciaux, qui font leurs courses à Métro, sur qui je suis tombé nez à nez lorsqu’en sortant de chez moi, juché sur mon fier destrier, j’ai levé mon nez vers les panneaux que la maire Hidalgo a concédé à Decaux.

 

En effet, je suis cerné, à 2 des 3 entrées de mon immeuble, par ces grands et moches placards publicitaires.

 

Donc, je ne peux pas rater la réclame qui y est affichée.

 

D’ordinaire je n’y prête guère d’attention mais depuis quelques jours la réclame de la maison Castel « Aujourd’hui, Roche Mazet s’invite à l’apéritif » m’interroge.

 

Je me dis dans ma petite Ford d’intérieur de bon buveur, genre bobo chic exécré par l’adepte de l’évier catalan, comment peut-on imaginer offrir à son gosier assoiffé un Merlot pour l’apéro ou un Cabernet-Sauvignon, tous 2 du pays d’O ?

 

Peut-être pour faire du vin chaud ?

 

Oui, je sais, j’ai l’ironie facile, mais je sais aussi que l’ambition des malheureux génies du marketing du vin, si peu écoutés, si peu considérés, est de multiplier les occasions de consommation du vin.

 

Comme je les comprends, je compatis même, mais de là à imaginer qu’on puisse ouvrir une bouteille de Roche-Mazet à ses invités pour l’apéro y’a un pas que le dernier des marchands de jaja du coin de la rue ne franchirait pas pour le conseiller même à madame Michu qui achète son vin au Super U.

 

On va me rétorquer que l’important pour la réclame, en vertu du code lessivier, c’est de placarder ROCHE MAZET à tous les coins de rue, dans toutes les villes et les villages de France, le slogan tout le monde s’en tamponne le gosier.

 

Certes, mais comme j’ai mauvais esprit j’imagine les arguments savants des communicants lors du brief de présentation de l’affiche pour convaincre la Castel compagnie qu’adore les chaînes d’embouteillage nickel chrome qui tournent comme des horloges suisses.

 

Je les vois, avec force de slides et de PowerPoint, justifier le slogan « Aujourd’hui, Roche Mazet s’invite à l’apéritif »… Ça fait genre … ça pose une marque dans l’univers post-moderne à des consommateurs, ultra-majoritaires, qui n’entendent rien au vin qu’ils achètent dans la GD sans même regarder le flacon en moins 30 secondes chrono.

 

« Oui, oui, cousins, cousines… La campagne touchera ainsi les jeunes couples de -35 ans en scooter, s’arrêtant à Prisunic, comme dirait le Juppé, afin d’acheter une boutanche de Roche-Mazet pour l’apéro qu’ils ont organisés dans leur colocation du XXe avec quelques copains, copines qui se d’ordinaire se tapent des bières… »

 

Succès garanti !

 

Bravo, bravo, retour sur investissement de la campagne d’affichage : excellent !

 

Et là, à cet instant précis, je suis pris d’un doute : et si c’était moi qui avais tort et les gars de chez Castel qui visaient juste ?

 

Eux, ils dépotent des millions de cols par palettes entières et ils savent mieux que toi ce qui s’achète.

 

Et ce qui s’achète le plus ce ne sont pas les belles quilles des guides mais celles moins glorieuses des catalogues de la GD. Ils n’en ont rien à branler des vapeurs des dégustateurs, héritiers qu’ils sont du jaja en litron étoilé.

 

Mais j’entends déjà les cris d’orfraies des adorateurs du Vin de Pays d’Oc, pardon de l’IGP Oc ! Ben oui, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt les gars, nous la jouer vendanges à la main, chai de barriques, et tout le saint-frusquin cher au terroiristes, faut accepter l’héritage de l’Histoire.

 

D’ailleurs, le logo d’Oc est tout en haut à gauche de l’affiche, preuve de l’onction de la stratégie, au ras des pâquerettes de la maison Castel, par la maison chère à Jacques Gravegeal.

 

Pour étayer mes dires qui ne sont pas des médires sur le cousinage étroit entre les ex-vins de table et les ex-vins de pays d’Oc je vous donne des prix glanés chez Franprix :

 

  • Vieux papes 2,26 € 75cl VSIG France
  • Roche Mazet cabernet-sauvignon Pays d’Oc 3,22€ 75cl
  • Foncalieu cabernet-sauvignon Pays d’Oc 2,49€ 75 cl
  • Gérard Bertrand merlot Pays d’Oc 4,80€ 75 cl

 

Vous me direz que le moins cher reste encore une AOP Languedoc de la maison Jeanjean c’est 2,19€ 75cl.

 

Donc y’a pas photo faut que ça dépote au niveau des rendements dans les Pays d’Oc pour que ça paye la sueur des viticulteurs vracqueurs. Ça passe largement au-dessus des 100 hectos dans le Pays d’O !

 

Bref, on ne change pas une recette qui gagne !

 

Même si le Pierre ce n’est pas avec le jaja qu’il a fait sa belle pelote.

 

Trêve de spéculations sur le compte d’exploitation des vignerons, revenons à l’objet de ma chronique : l’affiche !

 

J’en suis aussi à me demander si sa ringardise n’est pas, elle aussi, voulue par les concepteurs de la campagne. Faut pas les prendre pour des branques les gars de chez Castel, le jaja au mètre sur linéaire c’est leur affaire, c’est gravé dans leur ADN.

 

Faut me comprendre « Concurrent un jour, concurrent toujours… »

 

Comme je suis un gars constructif, mon vœu le plus cher dans cette affaire de vin au mètre bien habillé, les flacons sont même numérotés, c’est que nos grands dégustateurs, autoproclamés indépendant ou non, nous fasse un petit « lichage » dégustatif de ces vins d’Oc qui font le gros des volumes de la vente en GD.

 

L’Interpro de l’IGP Oc, qui n’est pas sur la paille, pourrait organiser ça à Vinisud… ça serait un acte exemplaire d’information du plus grand nombre de consommateurs… et ça permettrait à nos grands dégustateurs de se frotter à la réalité des grands volumes de vins mis sur le marché.

 

Je rêve, je rêve… un jour viendra où Nicolas… mais ça je ne l’écrirai pas… ha ! ha !

Si vous voulez vous singulariser à l’apéro invitez-donc les Roche-Mazet !
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 06:00
Après de nombreuses années à des postes clés de la filière vin, je suis désormais critique de vins à plein temps.

Face à une telle présentation très avantageuse, et sans savoir quelles furent ces postes, je me suis interrogé : mais où sont donc situés ces fameux postes clés dans la filière vin ?

 

J’avoue, qu’en dépit de mon long charroi dans cette filière, j’ai bien du mal à les identifier.

 

Mais au fait c’est quoi un poste clé ?

 

Un poste important, stratégique, où celui qui l’occupe exerce une influence déterminante sur les choix, les politiques, les décisions importantes qui orientent, déterminent l’avenir du secteur.

 

Par exemple aux États-Unis beaucoup ont nourri, à juste raison, des inquiétudes liées aux nominations par Trump aux postes clés de la politique étrangère.

 

Dans les entreprises, petites, grandes ou moyennes, comme dans les institutions internationales, ONU, FMI, OMC… l’Église de Rome, les institutions privées, FIFA, UEFA, CIO, Croix Rouge, Grandes ONG, les partis politiques, les syndicats… il existe des postes clés très recherchés, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils sont occupés par des gens compétents, consciencieux, honnêtes, dévoués.

 

Mais, la seule bonne question pour jauger le caractère clé d’un poste est sans conteste : est-ce que le bon fonctionnement de l’entreprise ou du secteur dépend de ce poste ? Avec en corollaire : est-ce qu’une erreur dans ce poste peut causer des dommages irréversibles ?

 

Sepp Blatter, Michel Platini, DSK, Christine Lagarde, Jérôme Cahuzac… en savent quelques choses...

 

Dans une entreprise de production c’est relativement simple de répondre à ces questions alors que dans les grands bouzins administratifs privés comme publics c’est beaucoup plus compliqué. Ça fait la fortune des cabinets d’audit et le miel des DRH.

 

Mais, dans la filière vin, qui n’est dirigée par personne d’identifié, pourrait-on éclairer ma petite lanterne sur ce que sont postes clés qui conditionnent son bon fonctionnement ?

 

Sans être mauvaise langue j’ai comme l’impression que dans l’esprit de certains ce sont des postes qui tournent autour de ceux qui cultivent le raisin, font le vin et parfois le vendent.

 

Des gens qui s’estiment, se proclament importants, indispensables… des conseillers… des consultants… des communicants… des vendeurs de service de tous poils… des politiques… des fonctionnaires…

 

Pour illustrer mon propos je prends au hasard un courrier reçu le 26 janvier d’une agence de communication :

 

« En ce début d'année 2017, la Maison Bertrand Ravache annonce la sortie d'un film corporate réalisé en collaboration avec Le Jardin des Marques, agence de conseil en storytelling de marque et en communication transmedia et sa société de production audiovisuelle The Rabbit Hole.

 

Présenter la Maison Bertrand Ravache, son origine, son univers, ses valeurs et ses aspirations, tel est l'objectif de ce film qui se dévoile comme une suite logique du travail de recherche et de storytelling accompli par Le Jardin des Marques sur l'identité de la Maison depuis 2015.

 

De la mer à la terre, de l'écume à la vigne, le film nous transporte des côtes bretonnes aux vignes bordelaises en référence aux origines de Bertrand Ravache qui a su, avec le recul suffisant, apporter son regard nouveau sur les vins de Bordeaux pour s'adapter au marché et aux consommateurs.

 

Exigeant et audacieux, à la recherche perpétuelle des meilleurs terroirs, des techniques de vinification les mieux adaptées, les ambitions de Bertrand Ravache sont claires : ne jamais se limiter à l'existant.

 

Le film présente également l'équipe de femmes et d'hommes passionnés qui œuvre, chaque jour, au renouveau de la Maison Bertrand Ravache et à la mise en avant de ses vins par les sélections « Excellence » et « Audace par Bertrand Ravache ». Cette dernière gamme est signée et sélectionnée par Bertrand Ravache et Claude Gros, œnologue fin expert des terroirs du Sud, de Bourgogne et de Bordeaux.

 

Principalement diffusée sur le site internet de la marque, la vidéo se veut être un outil de communication auprès des particuliers et professionnels mais aussi auprès de la presse en complément des outils traditionnels. »

 

C’est beau, beau comme du storytelling qui s’affiche pour vous torcher une belle histoire… faut pas se gêner ne trouvez-vous pas ?

 

Vous me direz faire de la réclame n’a jamais été une œuvre de vérité ! J’en conviens aisément mais pour autant, tout ce petit monde qui tourne autour des vignerons et des négociants, occupe-t-il des postes-clés dans la filière ?

 

La réponse est évidemment non. En effet, même si certains vendeurs de services ou de produits ne sont pas forcément parasitaires, c’est à ceux qui les rémunèrent de juger de leur efficacité, ils n’en occupent pas pour autant des positions clés par rapport à cette fameuse filière.

 

En effet, ils sont très facilement remplaçables ou substituables, et ils ne jouent, ou si peu, un rôle déterminant dans le bon fonctionnement de la fameuse filière vin qui, je le répète n’est qu’une simple dénomination commode pour identifier un fonctionnement complexe qui n’a aucun organe décisionnel identifié et opérationnel.

 

Je vais même encore plus loin en affirmant qu’étant donné le caractère spécifique du vin, par rapport à d’autres filières, celle du lait par exemple, la filière vin n’est pas, et c’est heureux, soumise à l’emprise de ces fonctions qui transforment le producteur en producteur de minerai.

 

Alors de grâce, dans le petit bal des vanités des réseaux sociaux que certains cessent de s’accrocher sur leur poitrine bombée des flopées de médailles qu’ils n’ont pas gagnés, de faire de la gonflette genre grenouille qui se fait bœuf pour vendre au bon peuple des buveurs de vin ébahis leur minuscule salade.

 

Pourquoi s’émouvoir pour si peu ?

 

D’abord ça me fait du bien et je ne vois pas au nom de quoi j’y renoncerais ; ensuite la facilité avec laquelle certains sur les réseaux sociaux clament leur indépendance alors qu’ils restent dans l’opacité la plus épaisse sur leurs petits arrangements avec ceux qui les invitent à déguster ; enfin si ce n’est pas moi qui met le doigt là où ça fait mal : qui le fera ?

 

Et puis pour sourire une anecdote que je contait le 28 décembre 2008 Moi sur la photo près du Ministre 

 

« Pour finir sur ce sujet je vais vous conter une histoire vraie sur ce thème. L'homme était brave. Il montait à Paris souvent mais jamais ne voyait le Ministre comme ses collègues de son département mieux lotis que lui. Le brave homme s'en désespérait. Un jour, au téléphone l'un des grands présidents de son département me dit sur un ton limite courroucé « Tartemol a vu le Ministre... »

 

Même pas une question, une affirmation, le susdit tolérait mal cet empiètement sur son territoire. Etant le gardien de l'agenda de mon Ministre, je répondis du tac au tac : « Non, Louis n'a pas vu Tartemol... »

 

À l'autre bout du fil le soupir est empli d'aise. Intrigué je demande quand même « quand dit-il l'avoir vu ? » La réponse fuse « Mercredi dernier, le matin... » Une fois la conversation terminée je jette un oeil sur le calendrier qui m'indique que ce mercredi-là était le 11 novembre. L'énigme était élucidée. Au matin de ce 11 novembre, avant de partir au Conseil des Ministres, Louis avait déposé une gerbe devant la stèle des fonctionnaires du Ministère morts au champ d'honneur en 14-18. Ensuite il avait serré des mains. Notre homme en était. Il n'avait pas menti : il avait vu le Ministre... »

 

Je vous rassure s'asseoir dans le fauteuil de Directeur du cabinet d’un Ministre de l’agriculture n’est pas occuper un poste clé de la filière vin, sinon vous vous doutez bien que je n’aurais pas traîné à endosser l’habit de lumière de dégustateur professionnel plutôt que de chroniquer gratos tous les jours que Dieu fait…

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 18:25
Vinisud « Vide » by Pousson et c’est du bon…

Ça me démangeait mais un vieux reste de charité chrétienne je m’abstenais. Les images de Face de Bouc de Vinisud, dans le décor de carton-pâte habituel, sentaient le vide, comme bourré de figurants type Olivier Stirn.

 

Un moment je projetais de chroniquer sur un nouveau job qui revenait en boucle : coach digital. Ça me rappelait le coach matrimonial tendance je bavasse sur ce que je ne connais pas.

 

Entre nous le Pousson en cette matière il est plutôt bon, je n'ironise pas...

 

Bref, je me suis réfugié dans l’abstention jusqu’au moment où je suis tombé sur Pousson qui titrait sobrement La mort de Vinisud ?

 

Je lis et j’avoue que je retrouvais le Pousson pertinent.

 

Je le cite

 

« Tout cela évidemment relève davantage du comptage de manifs façon CGT (ou préfecture de police), nous sommes dans le ressenti. J'ai d'ailleurs, pour tenter de corroborer ou démentir ces impressions, essayé d'examiner, comme on le fait désormais pour les pré-soirées électorales, la présence médiatique des différents salons sur les réseaux sociaux. Et là encore, Vinisud (qui pourtant a mis des moyens sur ce compartiment du jeu***) m'a semblé être le grand perdant. Malgré quelques porte-voix subventionnés à l'enthousiasme quelque peu forcé, laborieux, on sentait bien que le cœur n'y était pas vraiment. Je vous épargne d'ailleurs les pathétiques directs sur Facebook de conférenciers, micro en main, Powerpoint en tapisserie, devant des chaises de jardin en plastique vides durant lesquels, à défaut de faire vendre du vin, on fourgue des concepts marketing qui coûtent au moins aussi cher que des grands crus glacés. »

 

L’intégralité ICI 

 

Pour confirmer ses dires je vous joins le JO de Vinisud

 

Vinisud 2017 : Pour un monde du vin sans frontières

 

Le soleil était de retour pour fêter la 13ème édition de Vinisud, plus grande vitrine de vins méditerranéens au monde, qui a ouvert ses portes ce dimanche 29 janvier au Parc des Expositions de Montpellier.

 

Reflétant le dynamisme qui caractérise la plus grande région productrice au monde, Vinisud a célébré son nouveau rythme annuel avec plusieurs nouveautés cette année, tout en faisant preuve de la même volonté de rester à l’écoute de la filière, voire même d’anticiper ses orientations futures.

 

L’une des grandes nouveautés, l’espace Nouvelle Vague qui regroupe de nouvelles exploitations et des reprises récentes, a ravi ses participants. « Sortir du carcan traditionnel des appellations nous permet d’affirmer le renouveau que nous impulsons dans notre exploitation », se sont réjouis Guilhem et Valérie Castan, du Domaine Castan à Cazouls-les-Béziers. « Chacun a le même stand, nous sommes donc sur un pied d’égalité avec une clé d’entrée unique pour tous ». Bastien Lannusse du Château du Pouey à Madiran partage leur enthousiasme : « Une dynamique s’est créée. Mettre en avant des jeunes, c’est un concept très attirant et valorisant ».

 

Du côté des acheteurs, cette initiative a été saluée par Julien Marson, conseiller vins auprès du groupe Mestdagh en Belgique. « La Nouvelle Vague symbolise le renouveau dans les appellations et permet de dénicher la petite perle pour se différencier ». Tout comme d’autres acheteurs et participants nombreux, l’acheteur belge a également été séduit par la masterclass dédiée au Prosecco Conegliano Valdobbiadene DOCG. Pour sa première participation à Vinisud, le consortium de la DOCG s’est appuyé sur la Master of Wine Mai Tjemsland pour sensibiliser le public aux différents échelons qualitatifs à l’intérieur d’une catégorie qui a indéniablement le vent en poupe au niveau mondial.

 

Idem pour les rosés, dont les styles méditerranéens - secs, raffinés et gastronomiques - ont donné une nouvelle impulsion à la catégorie, selon les Masters of Wine britanniques Sarah Abbott et Elisabeth Gabay : « La Méditerranée est un vivier bouillonnant de créativité ! », ont-elles affirmé. Un atout largement démontré par la sélection de vins choisie pour une masterclass dédiée, tout en nuances, origines diverses et profils originaux. Avec leur consœur norvégienne, elles ont aussi symbolisé un monde du vin désormais sans frontières, et pas uniquement géographiques.

 

La série des masterclass, conférences et autres rencontres se poursuit ce lundi.

 

Vinisud 2017 : Les vins méditerranéens ont des atouts à mettre en valeur absolument

 

Les allées étaient bien remplies lors de cette deuxième journée de Vinisud 2017 pour créer une ambiance à la fois travailleuse mais conviviale.

 

Studieuse aussi, car les masterclass, conférences et autres présentations ont attiré nombre de professionnels avides de données et de connaissances sur les vins méditerranéens. Et ils n’auront pas été déçus, à commencer par la présentation de la première vague de résultats issus de l’Observatoire économique des marchés internationaux des vins méditerranéens. Fruit d’une collaboration entre Vinisud et l’agence britannique Wine Intelligence, l’Observatoire a révélé la belle santé économique des exportations méditerranéennes, avec deux locomotives majeures que sont les vins rosés et les bulles. « Les effervescents méditerranéens représentent une bouteille sur deux exportées dans le monde » a souligné Jean-Philippe Perrouty, directeur France de l’agence.

 

La montée en puissance des rosés, qui ne se dément pas, peut être corrélée, du moins en partie, à celle de la génération dite « Millenials ». Une étude réalisée pour Vinisud par l’agence SoWine sur les tendances de consommation parmi les jeunes générations à New York et à Londres – présentée par Marie Mascré – a révélé, en effet, que leur choix porte souvent sur le rosé. L’enquête a également démontré l’excellente image des vins méditerranéens dans les deux villes.

 

Une image qui est à mettre en avant absolument, à en croire la Master of Wine Sarah Abbott : « Lorsque vous vendez des vins méditerranéens, vous vendez tout un art de vivre ». Avis partagé par Christy Canterbury MW, en visioconférence depuis New York pour participer à une masterclass consacrée à la commercialisation de vins de style méditerranéen à New York et à Londres, qui a conseillé aux opérateurs « d’inviter les sommeliers new-yorkais dans les vignobles pour qu’ils vivent en direct l’expérience méditerranéenne ».

 

Pour qu’ils apprennent aussi à mieux connaître la diversité et la longévité des vins méditerranéens, deux atouts amplement démontrés par la masterclass dédiée aux vins du Pic Saint Loup, qui a fait salle comble. « En présentant le millésime 2013, les vignerons montrent la capacité de garde de leurs vins » a estimé Elisabeth Gabay MW, tout en soulignant les déclinaisons multiples obtenues au sein d’un petit terroir et avec deux ou trois cépages.

 

Sans parler de l’excellent rapport qualité-prix des vins méditerranéens, largement appréciés par des acheteurs comme l’Américain Greg Schlagdenhauffen de la société d’importation Highland Imports : « Les vins du Languedoc, par exemple, offrent un excellent positionnement prix et de vrais petits bijoux ». Et avec une part de près de 30% de la production mondiale, les vins méditerranéens ont de quoi satisfaire non seulement toutes les bourses, mais tous les goûts aussi.

 

Nombre de visiteurs totalisé le premier jour 7 423 - 2 349 hors de France et 5 074 visiteurs français – 9 562 le deuxième jour (6 446 Français, 3 116 hors France). Nombre de visiteurs total des deux premiers jours : 16 985.

Le Glourafi ‏@le_glourafi  2 hil y a 2 heures Plus  [Témoignage] "J'aurais dû prendre une écharpe..." Sensible aux courants d'air, il attrape froid dans les allées vides de VINISUD.

Le Glourafi ‏@le_glourafi 2 hil y a 2 heures Plus [Témoignage] "J'aurais dû prendre une écharpe..." Sensible aux courants d'air, il attrape froid dans les allées vides de VINISUD.

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 06:00
Jean-Marc, 52 ans, viticulteur et éleveur de vaches allaitantes dans la région Bourgogne France-Comté

Jean-Marc, 52 ans, viticulteur et éleveur de vaches allaitantes dans la région Bourgogne France-Comté

Avec le natif de Semur-en-Auxois, Pascal Commère, on est à 100 lieues des 100 millions de patates de Bonneau du Martray, de l’ouvrée (4.28 ares) de montrachet de Pinault un petit 1 million d'euros et des 2 ouvrées de grand cru bâtard-montrachet aux environs de 900 000 € chacune, du mercato des vinificateurs entre le domaine de la Vougeraie (Boisset) et le domaine Leflaive, de la vente des Hospices de Beaune…

 

Les vaches allaitantes en Bourgogne

 

L’orientation technico-­économique dominante est l’élevage bovin viande qui concerne essentiellement le sud et l’ouest de la région. Les prairies permanentes occupent encore 43 % de la SAU régionale. En 2012, avec 468 521 vaches allaitantes, la Bourgogne se situe en deuxième place pour les effectifs de vaches nourrices. La race charolaise confirme sa suprématie dans la région avec plus de 90 % du cheptel. Au recensement 2010 de l'agriculture, 6 800 exploitations moyennes et grandes pratiquent l’élevage allaitant avec 66 vaches en moyenne, record national.

 

L’élevage reste généralement extensif du fait de l’orientation massive vers la production de broutards, destinés à être engraissés surtout à l'étranger, majoritairement en Italie ou vers d’autres régions d’embouche.

 

Seulement 73 587 tonnes de viande bovine finie ont été produites en 2012 en Bourgogne. Très spécialisés, les élevages sont régulièrement confrontés à des crises sanitaires ou climatiques ; valorisant principalement l'importante ressource en herbe, ils sont particulièrement fragiles relativement à la ressource en paille, indispensable aux litières.

 

La Bourgogne dispose de plaines à l'est et au nord de l'Yonne mais surtout de plateaux, au potentiel souvent limité. Les grandes cultures (blé, orge et colza notamment) dominent principalement sur ces territoires. En 2012, les céréales et oléo­protéagineux couvrent 907 700 ha soit 48 % de la SAU, ce qui place la région dans les premiers rangs pour les orges et le colza. Les rendements en céréales sont inférieurs à la moyenne française, tel le blé en 2012 qui enregistre 66 q/ha en région contre 73 q/ha en France. Mais la qualité des grains assure des débouchés en meunerie ou en brasserie et permet l’exportation vers l’Italie notamment. Le colza est la tête d’assolement incontournable sur les plateaux à faible potentiel. La Bourgogne est ainsi très sensible aux orientations de la politique agricole commune (PAC) relatives aux grandes cultures et peut s’inscrire dans la production à destination non alimentaire.

 

La suite ICI

 

Pascal Commère, le comptable, côtoie, écoute et conseille des hommes qui se confient peu, des taiseux, méfiants voire ombrageux, cultivateurs, éleveurs, bûcheron, «le noir petit monde obstiné de l’agriculture», attaché à une terre «qui blesse plus qu’elle n’apporte, quand même elle gratifierait chaque jardin d’un pied de lilas en fleur en avril, d’une touffe d’oseille acide. (…) Avec cette peur de l’inconnu, du nouveau, qui rejoint celle d’être grugés. Après quoi ils s’en remettaient à l’homme de l’art : comptable, vétérinaire, représentant en aliments, inséminateur, quand ce n’était pas au démarcheur de la Caisse locale, avec circonspection toutefois, un minimum de méfiance grâce à quoi ils accueillaient la possibilité de ne pas s’être fait avoir.»

 

« Il a circulé de ferme en ferme, pesé avec eux le pour et le contre, s’est adapté à leur façon d’être, a appris à interpréter leurs non-dits et à respecter leurs longs silences. Il a, peu à peu, gagné leur confiance. Leur a permis, en certaines occasions, de démêler des situations qui paraissaient inextricables, certaines l’étant d’ailleurs inexorablement, à force de déni et de fuite en avant, telle celle de ce fils qui finit par admettre, lors d’une réunion tendue autour de la table familiale, qu’il a bel et bien laissé filer l’héritage paternel.

 

« "Je savais pas !" Murmurait-il, et il le répéta. Ajoutant : "Que t’étais dans la déchéance..."

 

Lui de son côté ne mouftait pas. Le visage empourpré, il demeurait le fils. La honte était pour lui. Et de tout le temps que dura l’entrevue il ne leva les yeux, le front bas telle une bête nez au sol. Et pas même quand le père laissa couler une larme. »

 

Jacques Josse - 18 décembre 2016

ICI 

 

La nouvelle LIEUSE qui donne son nom à l’ouvrage, qui avait été publiée en septembre 1993, dans La Nouvelle Revue Française n°448, me touche tout particulièrement : chronique La « lieuse » de « la mémé » de Philippe Torreton ça me parle…

 

« Mémé gardait tout, car tout pouvait resservir un jour,…la ficelle à botteler le foin – on appelait ça de la « lieuse » – une grosse ficelle jaune qui se vendait en rouleaux et se retrouvait pendue à un clou dans l’étable lorsque l’Opinel avait tranché l’affaire. Avec cette ficelle nous construisions nos cabanes dans les têtards, nos échelles de corde, nos arcs, nos épées de chevalier, elle servait aussi de ceinture pour retenir les bleus de travail de notre père que l’on enfilait pour aller à la guerre dans les talus. Parfois lorsque la pluie l’emportait, on la tressait, elle devenait alors bracelet-qui-gratte. Cette lieuse sentait le végétal, imbibée d’huile, elle devenait mèche, elle nous servait à tout, cette ficelle nous rapprochait des Indiens d’Amazonie. »

 

La suite ICI 

 

Extrait

 

« De mon côté, je pensais aussi à une ficelle. Une ficelle que j’avais trouvée, un jour comme aujourd’hui où le monde semblait vide. Non pas une de ces journées de moisson où, sans interruption, les tracteurs passaient et repassaient sur la rue le long de ma permanence, tirant vers les silos de la Coopérative — auparavant ils feraient la queue devant le pont-bascule — de grandes bennes rouges ou bleues d’où tombaient par derrière et sur les côtés, à la jointure des tôles (malgré le calfeutrage au moyen de sacs d’engrais vides dont les paysans auront toujours le secret), de gros grains tout ronds qui rebondissaient sur le goudron avant de se caler entre les graviers. Et le souvenir de cette ficelle déliait mes doigts lentement, parce qu’une ficelle — rien, me semble-t-il, ne porte davantage en soi l’image de la pauvreté du monde, de sa précarité — ne prend vie qu’en bougeant, c’est-à-dire en serrant, et les nœuds de cette ficelle longtemps m’avaient retenu attaché à la terre. D’où nous venions tous deux, ma ficelle et moi, ayant l’un et l’autre traîné sur la poussière (qui laisse des marques grises sur la peau), également noués, comme serrés chacun sur soi-même, prisonniers de ce qui ne passe pas mais s’enferre davantage à chaque tour. Et c’était ça, ma ficelle, celle que j’avais trouvée, une image un peu bleue de moi, que j’enroulais autour de mon poignet. L’image de quelque chose dont on ne peut bientôt plus se déprendre. Et le chanvre — mais c’était en réalité une ficelle en plastique, comme on en voit maintenant dans les fermes, du plastique usé, effiloché aux deux bouts à tel point qu’en y regardant vite on pouvait s’abuser — et le chanvre, qui donc n’en était pas, lentement épousait la chair de mon poignet. Et mon poignet ne se défendait pas. Il y a un instant, après la tension, où le corps s’abandonne — comme l’épi battu contre le tambour, dans le vrombissement imperturbable de la machine, laisse tomber plus loin ses grains dans la trémie. »

En Bourgogne y’a aussi des paysans, le regard de Pascal Commère leur comptable sur eux.
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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 06:00
En Bourgogne les 2 modèles d’entrepreneuriat monastique Cistercien en conflit : l’ordre de Cluny et l’ordre de Cîteaux.

Ce week-end la Bourgogne du vin fêtait la saint Vincent à Mercurey ça m’a fait remettre la main sur un livre de Giacomo Todeschini que j’avais acquis en 2008 :

 

Richesse franciscaine

De la pauvreté volontaire à la société de marché (1)

 

Et puis je suis allé sur le site des Vins de Bourgogne.

 

La règle monastique de Saint Bernard, un cadre propice au travail de la vigne

 

« Au 12ème siècle, l’abbé Bernard de Clairvaux impose aux Cisterciens des principes de vie stricts, qui font alterner effort et prière. Sous l’influence de cette règle, les moines accomplissent un travail phénoménal pour mettre en valeur leurs vignobles autant que leurs terres agricoles.

 

Appliquant de nouvelles techniques de vinification, ils notent méticuleusement les résultats de leurs expériences. Jusqu’à nos jours, cet héritage écrit contribue à la notoriété et à la préservation du Terroir de Bourgogne. »

 

L’ordre cistercien

 

Fondé avec l’abbaye de Cîteaux (1098), il détient des terrains en Côte de Beaune et Côte de Nuits, mais aussi vers Chablis et Chalon-sur-Saône.

 

L’ordre clunisien

 

Créé avec l’abbaye de Cluny en 909, c’est un autre propriétaire important dans la Côte Chalonnaise et la région de Mâcon. Il possède également quelques vignes plus au nord, dont l’actuelle Romanée-Saint-Vivant.

 

Sur leurs terres, les moines produisent d’abord le vin nécessaire à la célébration de la messe. Peu à peu, par un travail assidu, ils font progresser la viticulture, la qualité et les rendements. Les communautés peuvent alors vendre une partie de leur vin. Au 15ème siècle, la qualité de leurs vins est reconnue dans toute l’Europe. Chaque abbaye, chaque monastère veille à perpétuer l’excellence de sa production, pour entretenir sa renommée. »

 

Retour au livre de Todeschini page 20 :

 

« Entre le XIe et le XIIe siècle, alors que l’Europe des chrétiens croissait tumultueusement, les marchands ceux qui faisaient métier de commercer, commençaient en somme à se frayer un chemin dans le monde.

 

… monnaie et argent conféraient une visibilité à la valeur des choses et du travail, les transformant en marchandises. Mais les monnaies et argent, justement en raison de leur capacité à rendre manifeste la valeur d’une chose, faisaient de la valeur même des choses une réalité commerciale. Dès lors, quiconque possédait de l’argent et avait l’habitude de s’en servir ou de l’encaisser, pouvait l’anticiper, le prêter, le vendre.

 

… En d’autres termes, la multiplication de l’argent et des monnaies en circulation faisait du crédit une réalité toujours plus quotidienne. Qui était riche dépensait et prêtait, dépensait et empruntait, s’endettait, devenait créancier.

 

Mais qui était et avait le droit d’être riche, dans la société des XIe et XIIe siècles ?

 

… les évêques, les abbés, les seigneurs territoriaux, les souverains…

 

… De 1120 au début du siècle suivant, cette dynamique avait fait émerger directement deux « modèles » d’entrepreneuriat monastique : celui des moines bénédictins de l’ordre de Cluny et celui des moines, également bénédictins, de l’ordre de Cîteaux.

 

Clunisiens et cisterciens qui, selon le témoignage d’un leader cistercien, Bernard de Clairvaux, apparaissent comme les représentants de deux économies en conflit.

 

La première, l’économie clunisienne, économiquement perdante parce qu’orientée vers la thésaurisation de la richesse qu’elle immobilise en objets de luxe, en édifices fastueux, en habitudes transformant le monastère en une cour d’une opulence extrême.

 

La seconde, l’économie cistercienne, économiquement victorieuse, parce qu’en état de conjuguer la pauvreté des moines pris individuellement et de l’Ordre en tant qu’organisation existentielle avec des choix économiques de type productif, concrétisés notamment par le réinvestissement permanent dans l’achat de terres nouvelles de profits dérivés de l’exploitation de celles en possession de l’Ordre. »

 

Bernard de Clairvaux condamnait l’opulence en tant que blocage improductif des ressources et en tant que spectacle dont l’objectif était d’augmenter les recettes des seigneurs qu'ils thésaurisaient.

 

« Il y a une certaine adresse à semer l’argent qui le multiplie ; on le dépense pour l’augmenter, et la profusion produit l’abondance. La vue de ces vanités somptueuses et surprenantes incite les spectateurs à offrir plutôt leur argent que leurs prières à Dieu. Ainsi les richesses enlèvent les richesses, et l’argent attire l’argent. Et ne sais d’où vient que plus on voit de richesses, plus on est porté à offrir les siennes »

 

LE MARCHÉ SELON SAINT FRANÇOIS par Robert Maggiori

— 7 novembre 2008 à 06:51  ICI

 

La richesse des Franciscains. Autour du débat sur les rapports entre économie et religion au Moyen Âge par Valentina Toneatto

ICI 

 

(1) Adeptes d’une pauvreté rigoureuse et évangélique, les franciscains sont paradoxalement amenés, du fait précisément de ce choix «scandaleux», à examiner toutes les formes de la vie économique qui se tiennent entre la pauvreté extrême et la richesse excessive en posant la distinction entre propriété, possession temporaire et usage des biens économiques.

 

Selon quelles modalités les chrétiens doivent-ils s’approprier l’usage des biens terrestres? Pour répondre à cette question, les franciscains furent nombreux, depuis le treizième siècle, à écrire sur la circulation de l’argent, la formation des prix, le contrat et les règles du marché.

 

Dans ce cadre, la figure du marchand actif, qui sait faire fructifier par son travail et son commerce un capital – en soi dépourvu de valeur – s’affirme positivement dans la mesure où elle contribue à la croissance d’un «bonheur citadin». À l’opposé, la figure du propriétaire foncier, du châtelain, de l’aristocrate qui conserve pour lui-même, thésaurise et ne multiplie pas la richesse apparaît comme stérile et sous un jour négatif.

 

La réflexion franciscaine est donc à l’origine, avant même l’éthique protestante étudiée par Max Weber, d’une grande partie de la théorie économique européenne et, en particulier, de l’économie politique qui considère que les richesses de ceux qui forment la communauté civile sont une prémisse fondamentale du bien-être collectif.

 

Fils d'un riche marchand d'Assise, Pierre Bernardone, François arrivé à l'âge d'environ vingt-quatre ans abandonna subitement la vie laïque pour devenir ascète : le Poverello. Il n'était ni un romantique attiré par la nature ni un écologiste radical avant l'heure et dans sa règle de 1223 il souligne surtout le rejet de l'argent. « Je défends formellement à tous les frères de recevoir en aucune manière des pièces d'or ou de la menue monnaie, soit directement, soit par personne interposée…» Aussi, pour vivre modestement, les frères recherchent l'hospitalité et le travail, et refusent la propriété des biens mobiliers et immobiliers. Ils en auront l'usage, pas la propriété. Ils auront des "médiateurs" pour gérer leurs fondations.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 08:00
CHAP.17 extrait sec, Mikhaïl Gorbatchev: « tout semble indiquer que le monde se prépare pour la guerre. »

Je ne suis ni désabusé, ni même étonné, ainsi va le monde, ainsi sont les hommes, le XXe siècle, dans sa première moitié nous a « gratifié » de la boucherie de 14-18, de la shoah, d’Hiroshima et Nagasaki, pour ensuite cantonner les conflits dans certaines zones du monde, la Corée, l’Algérie, le Vietnam, l’Irlande du Nord, l’Afghanistan, le Proche-Orient, les Balkans, l’Angola… Dans notre réduit de l’Union Européenne nous nous sentions protégé tout d’abord, au temps du rideau de fer, par le bouclier nucléaire, le nôtre et celui de l’Otan, puis lorsque le mur s’ébrécha le grand vent de la liberté, des droits de l’Homme semblait balayer définitivement sur notre continent les dictatures.

 

Réveil difficile, la peur de l’autre revient en force, à nos portes des « hordes » se pressent, se bousculent, nous bousculent, des fous de Dieu sont prêt à s’immoler partout pour aviver nos peurs, attiser les rejets. Monte le repli sur soi, le populisme ravageur, les murs de la honte, les démagogues qui comme Trump s’emparent du pouvoir et semblent vouloir tenir leurs promesses. Chez nous, la vieille classe politique nécrosée, s’effrite, se délite, ouvrant un boulevard aux craintes, parfois justifiées en ce qui concerne les ravages de la mondialisation, à la vindicte du petit peuple qui se sent oublié, rejeté.

 

Que dire ? Que faire ?

 

Assumer ses propres responsabilités dans l’état de délabrement de notre paysage politique, cesser de tout attendre du pouvoir, le reprendre au plus près de chez soi en des actes citoyens, n’être ni naïf, ni prisonnier de ses peurs. En dépit des fractures, des inégalités qui se sont creusées, nous restons un pays où il fait encore bon vivre, où il est encore et toujours possible d’envisager l’avenir sans craindre pour l’avenir de ses enfants. D’ailleurs, les jeunes français continuent de faire des enfants et estiment dans la sphère privée être heureux. Alors pourquoi tant de pessimisme, d’aquoibonisme, face à la chose publique dévoyée ? Nos élus sont les reflets de nos contradictions, de notre incapacité à les assumer, à choisir. Il n’est pas interdit de rêver, mais la cause politique n’est en rien le support des rêves, c’est le réceptacle d’ambitions individuelles qui rejoignent de moins en moins la gestion désintéressée du bien public. Se dévouer, servir la chose publique, aujourd’hui ça prête à rire. Chacun pour sa peau, le changement, la réforme c’est toujours pour les autres.

 

Revenons à notre fichu monde :

 

Dimanche dernier, un jeune Gambien assis sur les marches de la gare Sainte Lucie à Venise s'est levé pour se diriger vers le Grand Canal. Il est monté sur un ponton en bois, avant de sauter dans l'eau glacée, rapporte le Corriere del Veneto. Il s’agissait de Pateh Sabally, un jeune homme de 22 ans, originaire de Gambie, qui bénéficiait depuis deux ans d’un titre de réfugié, qui s’est jeté dans le Grand Canal de Venise le dimanche 22 janvier, probablement dans le but de se suicider. Il s’est noyé sous les regards des passants et des voyageurs d’un bateau de transport en commun, sans que personne ne tente de le sauver.

 

Plusieurs vidéos montrant la noyade du jeune homme devant des centaines de personnes, indifférentes à son sort, ont fait le tour des réseaux sociaux, suscitant la polémique. On y voit un homme qui tente difficilement de garder la tête hors de l’eau alors que plusieurs personnes assistant au drame sortent leur téléphone pour filmer.

 

Alors qu’il se noyait, plusieurs personnes l’ont insulté depuis les bateaux : « C’est une merde », « Allez, rentre chez toi », « Laissez-le mourir ! », « Il est stupide, il veut mourir ». Dans une autre vidéo, on entend les touristes discuter : alors que certains veulent aller à l’eau, d’autres les en empêchent, estimant que c’est trop dangereux.

 

Sur l’une des vidéos, on entend un homme crier en italien « Afrique ! Afrique », puis « Lancez-lui des gilets de sauvetage ». Trois bouées sont alors lancées à l’eau mais le Gambien ne les attrapera jamais.

 

Le directeur local de la Société nationale de sauvetage a expliqué au journal Corriere del Veneto qu’un maître-nageur était sur le point de sauter mais qu’il avait été «distrait par une femme qui criait depuis le bateau que le jeune homme faisait semblant. Le temps de vérifier, il avait disparu».

 

«Quelle disgrâce de penser que cet homme n'est pas mort dans un naufrage en mer, mais dans un canal face à des centaines de personnes», a réagi l'ancienne présidente de la province de Venise, Francesca Zaccariotto.

L'ancienne ministre des droits des femmes, Yvette Roudy, à Benoît Hamon: 

CHAP.17 extrait sec, Mikhaïl Gorbatchev: « tout semble indiquer que le monde se prépare pour la guerre. »

Mikhail Gorbachev: 'It All Looks as if the World Is Preparing for War'

Jan 26, 2017

“The world today is overwhelmed with problems. Policymakers seem to be confused and at a loss.

 

But no problem is more urgent today than the militarization of politics and the new arms race. Stopping and reversing this ruinous race must be our top priority.

 

The current situation is too dangerous.

 

More troops, tanks and armored personnel carriers are being brought to Europe. NATO and Russian forces and weapons that used to be deployed at a distance are now placed closer to each other, as if to shoot point-blank.”

 

La suite ICI 

 

J’ai acheté Jean-Edern Hallier, l'idiot insaisissable, Jean-Claude Lamy, Albin Michel, 600 p., 26 euros.

 

« Laissons à Jean-Claude Lamy le dernier mot : "Une extrême intelligence, des dons exceptionnels, le courage du pamphlétaire, un sentiment d'intense solitude n'auront pas suffi à en faire ce grand écrivain que Jean-Edern Hallier a lui-même détruit par désespoir et narcissisme. »

 

La chronique livres de Bernard Pivot

« Dans Jean-Edern Hallier, l'idiot insaisissable, son biographe, Jean-Claude Lamy, qui, comme tous les journalistes littéraires des années 1960 à 1990, a bien connu le "Breton mégalo", le "Celte borgne", le cite abondamment. Et c'est l'un des plaisirs de ce livre. Retrouver la verve satirique, le style assassin, les méchantes formules, l'humour ravageur d'un écrivain taillé pour le pamphlet. François Mitterrand, très admiratif, le tenait pour un nouveau Chateaubriand. De son grand style, en effet, il s'inspirait dans ses premiers livres, Le Grand Écrivain, La Cause des peuples… Il avait aussi le génie des titres : Le premier qui dort réveille l'autre, Chaque matin qui se lève est une leçon de courage, L'Évangile du fou… Mais, poivre et Celte, il avait surtout le don d'assaisonner. De fulminer, de brocarder, de blesser, jusqu'à l'odieux, l'insupportable. François Mitterrand s'est trompé : Hallier n'était pas un académique Chateaubriand, c'était un dangereux Paul-Louis Courier. De son élection à l'Élysée jusqu'à sa mort, il eut à supporter l'irrévérence, la causticité, le chantage d'un loustic pervers, bien informé, qui connaissait la partie cachée de la vie du président (Anne Pingeot, Mazarine) et qui entendait en faire la révélation aux Français dans L'Honneur perdu de François Mitterrand. »

 

La suite ICI

 

Dans mon petit roman du dimanche, le 7 septembre 2008, j’avais écrit :

 

Anna, l’épouse d’Edern, nous reçut avec beaucoup de gentillesse. Italienne comme Chloé, riche héritière, elle se mouvait dans cette étrange assemblée avec un détachement amusé. Elle complimenta Chloé pour sa tenue et s’attira cette répartie : « Chère Anna, il me voit belle, il me veut belle, alors il me fait belle, il est exceptionnel mon beau légionnaire… » Avec mon Perfecto et mon jeans je faisais un peu tache à côté d’Edern qui lui arborait ce soir-là une chemise blanche à jabot très Mick Jaeger sous une veste en soie jaune canari, mais ça excitait plutôt la concupiscence d’un cheptel féminin tendance Simone de Beauvoir non révisée, bandeau et morgue incorporée.

 

Le champagne coulait à flot et c’est la première fois de ma vie où j’ai mangé du caviar. Jean Edern proclamait à la cantonade que nous pouvions nous goinfrer sans remord puisque les fameux œufs d’esturgeon lui avaient été offert par un hiérarque du PC à son retour de vacances dans une datcha des bords de la Mer Noire. Avec son intonation si caractéristique et son rire nasillard le grand escogriffe vilipendait les petits maquignons du Bureau Politique qui allaient faire bronzer le gros cul de leur bobonne aux frais des cacochymes du Kremlin et qui en profitait pour se faire sucer le membre pendant la sieste par des jeunes beautés slaves. « Des porcs ! » La cour riait. La cour l’entourait. La cour se bâfrait. Moi je commençais à m’ennuyer. Tout ce champagne me donnais envie de pisser. Un larbin m’indiquait que c’était au premier. Je me paumais. Poussais des portes. M’esclaffait soudain : à quatre pattes sur un tapis de la Savonnerie une quadragénaire, cul à l’air, se faisait tringler par un gros type futal sur les chaussettes. La représentante du « deuxième sexe » approchait de l’extase et le proclamait d’une voix haletante. Le gros boutait ce qui donnait à ses fesses poilues des ressauts ignobles. « T’inquiète pas ma grosse vache quand ça va gicler t’en auras pour ton taf ! J’chui même capable d’en garder un litre pour t’en mettre aussi plein la rondelle… » La voix de l’ignoble Gustave, et surtout son putain d’accent, ne me laissait aucun doute sur l’identité de l’usineur de celle qui se révéla être par la suite une ardente militante du droit des femmes à disposer de leur corps. »

 

Le manège continue :

 

Un second tour Le Pen-Macron à la présidentielle, le scénario se précise par Gérard Leclerc (le frère de Julien).

 

« Marine Le Pen, l'assure dans La voix du Nord: c'est Emmanuel Macron qu'elle affrontera au second tour de la Présidentielle, dans un duel "entre patriotes et mondialistes".

 

Au-delà des fanfaronnades habituelles du Front national et de l'escroquerie des tenants de l'anti-système dont ils sont tous les deux des dignes représentants – une héritière et un énarque – la prédiction, encore abracadabrantesque il y a quelques mois pourrait bien devenir réalité tant les représentants des partis de gouvernement s'échinent à se saborder.

 

A droite, François Fillon s'est brillamment fait élire en développant un programme qui allait droit au cœur de la "vraie" droite: libérale sinon revancharde en économie, conservatrice voire réactionnaire sur les questions sociétales, autoritaire sur le régalien. Pourquoi pas... Sinon que cette droite bourgeoise n'est pas la seule à voter à la présidentielle, et qu'elle n'est pas majoritaire en France.

 

Et là-dessus tombe l'affaire Pénélope. Et notre incrédulité: comment une fois encore une telle mésaventure peut-elle surprendre un politique qui brigue la plus haute fonction? François Fillon crie son dégoût et assure avec panache qu'il défendra, qu'il aime et qu'il protègera son épouse. Il peut faire valoir que rien n'interdit à un parlementaire de faire travailler sa femme comme collaboratrice, ce qui est impossible au Parlement européen ou au Bundestag. Plus d'une cinquantaine de députés le font, à commencer par le président de l'Assemblée Claude Bartolone. Encore faut-il prouver qu'elle a vraiment travaillé pour lui – elle-même semblait assurer le contraire! – et justifier d'un salaire payé par le contribuable beaucoup plus généreux que celui touché par les assistants parlementaires.

 

Et il reste le malaise face à un candidat héraut de la rigueur et de la sobriété, qui veut supprimer 500.000 fonctionnaires, les faire travailler 39 heures par semaine et lutter contre l'assistanat...

 

Les meilleurs arguments n'empêcheront pas les humoristes d'en faire des gorges chaudes, et les politiques d'embrayer cruellement : "imagine-t-on le général de Gaulle employer tante Yvonne?" a tweeté méchamment François de Rugy, en référence aux propos de François Fillon sur les affaires de Nicolas Sarkozy.

 

Pour se savonner la planche et courir au suicide, la gauche fait aussi preuve de talents insoupçonnés. Jamais elle n'a été autant divisée, avec l'objectif affiché des deux francs-tireurs Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron de tuer le parti socialiste. Mais celui-ci y apporte pleinement sa contribution, en sélectionnant pour le second tour de sa primaire deux caricatures de candidats : Benoit Hamon qui a le mérite de soulever des thématiques d'avenir – révolution numérique, nouveaux emplois, transition énergétique – mais en y apportant des réponses illusoires ou dangereuses: revenu universel non financé, déficits, dettes... Et de l'autre côté Manuel Valls qui défend la culture de gouvernement mais qui, victime de "la malédiction Matignon", n'a pas l'ombre d'une idée nouvelle, sinon le rétablissement de la défiscalisation sarkozyste des heures supplémentaires, qui coûte cher à l'état et joue contre l'emploi...

 

Et voilà comment Emmanuel Macron, qui a au moins pour lui d'être nouveau dans le paysage, d'assumer l'Europe, les entreprises, la mondialisation, et qui peut se prévaloir de quelques actions concrètes (les cars qui roulent, les magasins qui ouvrent le dimanche) peut se retrouver face à une Marine Le Pen qui se vante, à juste titre, d'avoir son "socle électoral solide et fidèle".

 

Le Pen-Macron le scénario paraissait invraisemblable il y a peu... Oui, comme le Brexit ou l'élection de Trump ! »

 

Décret sur décret... l'étourdissante première semaine de Donald Trump à la Maison-Blanche

 

« Obamacare", environnement, avortement… depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump signe frénétiquement "executive order" sur "executive order" (l'équivalent du décret présidentiel en France). Désireux de marquer la rupture, il a d’abord symboliquement expédié les rideaux ocres du Bureau ovale pour les remplacer par d’autres, d’un or criard. Puis il a commencé sourire aux lèvres, à détricoter sous l’œil des caméras, plusieurs mesures clé de l’ère Obama.

 

Mais derrière les effets d'annonce et son slogan-punchline phare "Repeal and Replace" -"abroger et remplacer"-, certains garde-fous demeurent. Quels effets concrets vont avoir ces décrets chocs ? L'Obamacare peut-il réellement être abrogé ? Le mur entre les Etats-Unis et le Mexique verra-t-il vraiment le jour? Jour après jour, retour sur l'étourdissante première semaine de Donald Trump à la Maison-Blanche. »

 

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