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17 avril 2022 7 17 /04 /avril /2022 06:00

En Inde, seul le cricket peut permettre de s'extraire de la morosité"

Dimanche prochain second acte de la votation, le dénouement d’un « drame » à la française, choisir entre la « peste et le choléra » clament les insoumis, les « gâtés » de la Sorbonne, fracture, nous ne nous sortirons pas indemnes de ce choc entre populisme et universalisme, la social-démocratie est morte et enterrée avant même d’avoir pu vivre dans notre vieux pays.

 

Timbre : 1983 Pierre MENDÈS FRANCE 1907-1982 | WikiTimbres

 

Faire appel à Pierre Mendès-France peut paraître dérisoire à la cohorte des « en colère », étrange mélange de rouge et de brun, mais l’homme a su, en des moments décisifs, affronter ceux qui lui crachaient dessus pour solder une part de notre passé colonial.

 

Un sage... à qui l’on a souvent reproché son opposition têtue et obstiné au pouvoir personnel mis en place par la Constitution de la Ve République et l’élection du Président au suffrage universel.

 

« Je pensais m'abstenir ou voter blanc mais finalement je vais voter Macron car en fait le second tour c'était la semaine dernière. Et j'ai vu la peur d'ami.es racisées.es ou homo. Du coup je me suis dit, de toutes façons soit Macron est élu à 60 au lieu de 55 et je m'en fous, soit le Pen est élue et là je ne pourrai pas protéger mes ami.es des ratonnades et je m'en voudrais toujours. Donc je voterai Macron avec haine et j'attendrai les législatives qui seront j'espère des élections plus réjouissantes. J'ai vu aussi un ami qui a vécu 20 ans au Brésil. Ils n'ont pas cru que Bolsonaro allait passer et après en très peu de temps tous les réseaux militants ont été écrasés... »

En décembre 1921, à Calcutta, un certain Gandhi prône la désobéissance civile, les propos qui suivent sont tenus par le capitaine Wyndham de la police impériale, lors d’une manifestation des partisans du Congrès de Gandhi. C’est un roman

Avec la permission de Gandhi

« Comme toujours, tout cela ressemble à un jeu où les deux camps sont d’accord sur les règles à appliquer et celles dont on n’a pas à tenir compte. Après tout, les règles sont importantes. On ne peut pas jouer le jeu sans elles, et heureusement les Indiens semblent les aimer autant que nous. Autrement, comment expliquer l’amour des deux races pour le cricket, un jeu tellement insipide et aux règles tellement ésotériques qu’il faut cinq jours pleins pour y jouer correctement et qui, même alors, se solde le plus souvent par un match nul ? En fait, on a parfois l’impression que toute la lutte non-violente n’est qu’un long match international de cricket où nous maintenons obstinément notre position de batteur face aux Indiens qui nous lancent toutes sortes de balles sur un terrain inégal. »

 

L'INde championne du monde de cricket | La Foire de Nantes invite l'Inde

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16 avril 2022 6 16 /04 /avril /2022 06:00

 

Ce n’est pas moi qui l’écris mais Die West mais je suis en phase avec l'analyse, cependant pour équilibrer la balance je vous propose celle de The Economist qui ne la partage pas.

 

C’est la publication allemande de référence, une autorité outre-Rhin. Ce (très) grand journal d’information et d’analyse politique, pointu et exigeant, se distingue aussi par sa maquette et son iconographie très recherchées. Tolérant et libéral, il paraît tous les jeudis. Créé en 1946 par la force d’occupation britannique, basé à Hambourg, il appartient au groupe Holtzbrinck.

 

Installé à Berlin, le site Zeit Online possède sa propre rédaction.

 

Dans les dernières heures de la campagne, Emmanuel Macron s’est vu accusé de plagiat : il aurait volé la “planification écologique” des Insoumis, accusent les partisans de Jean-Luc Mélenchon, il aurait copié la devise historique de la “France unie”, dénoncent les socialistes, et Macron le libéral s’est même permis de prendre au chef de file ouvrier Philippe Poutou le slogan anticapitaliste “nos vies valent plus que leurs profits”. Une récupération qui témoigne de la fébrilité de Macron à quelques jours du premier tour de la présidentielle, le 10 avril : après un mandat marqué par une politique de droite, le voilà désormais contraint de convaincre les électeurs et électrices de gauche s’il veut s’imposer face à Marine Le Pen.

 

Voilà quinze jours encore, on avait l’impression que personne ne pourrait détrôner Macron. Depuis la guerre en Ukraine et les heures passées au téléphone avec Vladimir Poutine, le président de 44 ans avait parfois jusqu’à 15 points d’opinions favorables de plus que sa concurrente directe, Marine Le Pen, 53 ans, et son Rassemblement national (RN). Seulement, voilà, dans les enquêtes d’opinion sur le duel décisif du 24 avril, seuls deux ou trois points séparent désormais la chef de file du RN de la victoire.

 

C’est lorsque Macron a présenté son programme et qu’il est entré en campagne que sa cote de popularité a commencé à fléchir. “On a du mal à distinguer une stratégie dans sa campagne”, argumente l’historien Raphaël Llorca, auteur de La Marque Macron [Éditions de l’aube, 2021]. Jusqu’à présent, le fait de piocher des idées à droite et à gauche avait plutôt bien réussi à ce néophyte en politique – sauf qu’aujourd’hui Macron se retrouve à devoir défendre son propre bilan. “Qu’il copie des idées de la gauche, c’était cousu de fil blanc”, poursuit Raphaël Llorca. Cinq années durant, après tout, Macron a mené une politique de droite.

 

Un bilan qui penche à droite

 

Une de ses premières mesures, une fois arrivé aux responsabilités, a été de supprimer l’impôt sur la fortune. Il a ensuite revu à la baisse les indemnités de licenciement et lâché la bride de la répression policière face aux “gilets jaunes”, au point que plusieurs dizaines de personnes ont perdu une main ou un œil après des tirs de balles de défense. Sous son mandat, les dividendes des actionnaires ont grimpé en flèche, et les classes les plus défavorisées ont vu s’amoindrir leur pouvoir d’achat. Amnesty International a dénoncé des atteintes à la liberté d’expression et l’obligation d’une quarantaine discriminante pour les réfugiés. Le programme actuel de Macron rejoint, sur certains volets clés, celui des Républicains, ajoute l’historien, comme le report de l’âge de départ à la retraite à 65 ans ou encore le projet d’obliger les personnes sans emploi à effectuer entre 15 et 20 heures de travail hebdomadaire s’ils veulent continuer à toucher le chômage.

 

Le soir même de sa victoire en mai 2017, Macron avait promis sur l’esplanade du Louvre : “Je ferai tout, durant les cinq années qui viennent, pour que [les Français] n’aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes.” Une promesse qu’il n’a pas su tenir : jamais l’extrême droite n’a été plus vigoureuse en France qu’aujourd’hui, jusqu’à trouver en Éric Zemmour un candidat supplémentaire, qui plus est populaire, à côté duquel même Marine Le Pen semble inoffensive.

 

Macron a cependant contribué à l’ascension de cette dernière. Il a maintes fois usé de vocables et proposé des lois qui relevaient naguère de son répertoire, agitant, par exemple, la peur d’une “immigration clandestine de masse”. De son côté, Marine Le Pen se montre proche du peuple, qu’elle donne à manger à ses chats ou qu’elle élève seule ses trois enfants. Son programme n’impressionne pas, son entourage n’est pas connu et n’inspire pas nécessairement confiance, mais elle peut miser sur l’impopularité de Macron. En ce moment, on peut lire sur ses affiches le slogan “Sans lui. Avec Marine”. On y voit un Macron en noir et blanc et une Marine Le Pen rayonnante, en couleur.

 

Le Pen, Darmanin et la “mollesse” sur l’islam

 

“Macron espérait clairement se retrouver face à Le Pen – il estime depuis longtemps que c’est le duel qui lui serait le plus favorable”, analyse Kaoutar Harchi, sociologue et écrivaine parisienne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a dénigré certaines convictions de gauche, comme la solidarité à l’égard des réfugiés, et adoubé l’idéologie d’extrême droite, en réclamant, par exemple, un durcissement du contrôle de l’État sur les mosquées et la dissolution de certaines associations. “En stigmatisant la minorité musulmane, jugée dangereuse, Macron a normalisé Marine Le Pen”, poursuit Kaoutar Harchi. Sa ministre de l’Enseignement supérieur a, par exemple, dénoncé les ravages de l’“islamo-gauchisme” dans les universités, une affirmation dont on attend toujours qu’elle soit étayée.

 

Ce type de déclarations a permis d’ouvrir la voie à des textes comme la loi dite “pour une sécurité globale” qui restreint la liberté de la presse – en autorisant, par exemple, la police à entraver le travail des journalistes pendant les manifestations ou en autorisant l’État à poursuivre en justice les journalistes d’investigation dans le cas où ceux-ci refuseraient de révéler leurs sources.

 

L’exécutif a souvent dédramatisé la menace que pouvait représenter Marine Le Pen. Dans un duel télévisé entre celle-ci et le ministre de l’Intérieur de Macron, Gérald Darmanin, elle a estimé que “l’islam [était] une religion comme une autre”. Darmanin a aussitôt reproché à une Marine Le Pen médusée d’être “bien trop molle sur l’islam”. Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs qualifié d’“ensauvagées” des banlieues caractérisées par la pauvreté et une forte population immigrée. À maintes reprises, Le Pen et Macron ont eu recours au même vocabulaire. Lorsque les talibans ont conquis l’Afghanistan en août 2021, la première réaction de Macron a ainsi été d’évoquer la menace de “flux migratoires irréguliers importants vers l’Europe”.

 

Cette semaine encore, Macron a répété que son objectif était de maintenir l’immigration à un niveau minimal. Il revendique le fait d’avoir déjà “réduit sérieusement” l’afflux de réfugiés en France et “relevé les frontières” mais confesse que les résultats restent “insuffisants”.

 

Bien peu pour la gauche

 

Le président en exercice se heurte ici à un dilemme. Car Macron est désormais tributaire des voix de la gauche. En 2017 déjà, c’est grâce à elles qu’il avait pu accéder aux responsabilités : la plupart des gens de gauche avaient voté pour lui pour faire barrage à Marine Le Pen – et non, comme le confirment les études, parce qu’ils approuvaient son programme. Or, sur le fond, il n’a rien eu à proposer à ces électeurs et électrices pendant cinq ans. Pendant son mandat, il a rejeté les principales propositions de la Convention citoyenne pour le climat, notamment la hausse des taxes sur les produits importés néfastes pour l’environnement ou la baisse du prix des billets de train. D’après un rapport du Haut Conseil pour le climat, la France reste très en deçà de ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre.

 

Il fut un temps où Macron avait également fait de l’égalité homme-femme une des priorités de son mandat – jusqu’à ce qu’il apparaisse sur des dizaines de photos entouré de conseillers exclusivement masculins. Dans sa campagne non plus, les femmes n’ont aucune place. Ce sont essentiellement le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, le président de La République en marche, Christophe Castaner, et le Premier ministre, Jean Castex, qui occupent le devant de la scène.

 

Le gouvernement a systématiquement fait la sourde oreille face à l’opposition, dont aucune des propositions ou presque n’a été reprise. Pendant la crise sanitaire, Macron a décrété seul, depuis un bunker souterrain, la mise en place de trois confinements, de couvre-feux de plusieurs mois et de restrictions de déplacement pour 60 millions de ses compatriotes. Il a pris seul ces décisions pourtant très lourdes de conséquences – sans débats au Parlement et sans réponses aux questions des journalistes. Aujourd’hui, c’est aussi à lui seul que s’adresse la grogne de l’opinion.

 

Annika Joeres

Dessin de Glez Burkina Faso

 

Vu du Royaume-Uni. 

Si si, les Français, Macron est de gauche, regardez mieux et vous verrez

Emmanuel Macron, l’ultralibéral qui grignote impitoyablement le modèle social chéri par les Français ? Détrompez-vous, alerte The Economist qui défait ici, point par point, les préjugés qui collent à la peau du président français.

 

Le ton est cinglant, les deux mains viennent frapper la table dans un geste d’irritation, faisant trembler le verre d’eau. “On met un pognon de dingue dans des minima sociaux”, s’emporte Emmanuel Macron devant ses conseillers, assis sur les chaises recouvertes de soie du palais de l’Élysée. La vidéo, publiée sans complexe par une proche du président [Sibeth NDiaye, sa conseillère en communication de l’époque], est devenue virale. C’était en 2018, un an à peine après l’élection, et ces images ont confirmé ce que beaucoup de Français soupçonnaient déjà. Leur nouveau président – un ancien banquier d’affaires qui a supprimé l’impôt sur la fortune et nommé successivement deux Premiers ministres de centre droit – est un libéral de droite, qui cherche secrètement à récompenser les riches et à détruire le modèle social* qui protège les Français de leur premier à leur dernier souffle.

 

Cette image colle à la peau d’Emmanuel Macron. Dans l’esprit des Français, le président est toujours associé à l’assouplissement du Code du travail, à la fin du régime spécifique de retraite des cheminots et aux plus longues grèves qu’a connues le pays depuis 1968. Ce mouvement de contestation déclenché par le projet de réforme des retraites (que le gouvernement a depuis mis entre parenthèses) avait semblé mettre le pays à l’arrêt, quelques semaines seulement avant que la pandémie ne le fasse pour de bon.

 

Plusieurs lois strictes sur la sécurité et l’islamisme radical paraissent confirmer le virage à droite de l’Élysée. Aujourd’hui, Emmanuel Macron évoque de nouveau son désir de durcir les règles du régime de retraite afin d’allonger la durée du travail. La France, où l’indignation arrive plus vite que la fin des repas, se prépare au pire. D’après Laurent Berger, un syndicaliste (modéré), relancer la réforme des retraites maintenant serait “politiquement totalement dingue et socialement explosif”.

 

Un socialiste refoulé

 

Et si les Français, qui aiment tant les concepts théoriques, oubliaient l’espace d’un instant les cases dans lesquelles ils sont si prompts à ranger leurs dirigeants, pour regarder l’ensemble des éléments? Les électeurs de gauche convaincus que le président a renié sans vergogne tous leurs idéaux pourraient être surpris par les faits. Car Emmanuel Macron a désormais tout d’un socialiste refoulé.

 

Le président a réveillé son Mitterrand intérieur, comme le montre clairement son nouveau rapport au portefeuille de l’État. Lorsque la pandémie est arrivée, Emmanuel Macron a juré de lutter contre la crise “quoi qu’il en coûte*”, reprenant ainsi la formule de [l’ancien président de la Banque centrale européenne et actuel Premier ministre] Mario Draghi. Depuis, il a, selon ses propres mots, “nationalisé” les salaires et les comptes d’exploitation des entreprises : pour maintenir à flot les entreprises et les salariés au chômage partiel, il a dépensé dix fois plus l’an dernier que ce que la France a jamais récolté en une année grâce à l’ancien impôt sur la fortune.

 

Les subventions macroniennes se multiplient : 300 euros de Pass Culture pour les jeunes de 18 ans, une aide supplémentaire de 150 euros pour les bénéficiaires des minima sociaux, jusqu’à 650 euros de revalorisation des salaires des aides-soignants, le repas à un euro dans les restaurants universitaires, des petits-déjeuners gratuits dans les écoles des zones d’éducation prioritaires, la mise à disposition de protections hygiéniques gratuites pour les étudiantes, ou encore la revalorisation de 100 euros des plus petites retraites [de conjoints] d’agriculteurs – une proposition qui, soit dit en passant, vient des communistes. “On catapulte des milliards” d’argent public un peu partout, a tweeté Adrien Quatennens, un député d’extrême gauche, visiblement incapable de choisir entre félicitations et désapprobation.

 

Macron a accentué la générosité française

 

Bien sûr, la France n’est pas la seule dans ce cas. Le plan de relance d’Emmanuel Macron fait pâle figure face à celui [du président américain] Joe Biden. Toutefois, avant la pandémie, la France était non seulement plus généreuse et plus performante dans la lutte contre les inégalités que les États-Unis (ce n’est pas difficile), mais elle consacrait également une plus grande part de son produit intérieur brut aux mesures sociales que les pays nordiques (ce qui s’avère bien plus complexe). En d’autres termes, Emmanuel Macron a réussi à accentuer la générosité d’une économie déjà très tournée vers le socialisme –propulsant, par là même, la dette française bien au-delà de la moyenne de l’Union européenne, pourtant élevée.

 

Le président français a également instauré un nombre croissant de réformes progressistes, bien que cela passe davantage inaperçu. Il a ainsi doublé la durée du congé paternité, qui est passé à quatre semaines, dont une obligatoire. Il a également créé une amende pour les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, et ouvert la procréation médicalement assistée aux couples lesbiens, une première historique en France.

 

 

À l’étranger, Emmanuel Macron est souvent considéré comme un provocateur* qui se la joue perso et cherche à imposer les idées françaises tout en revendiquant un discours européen. On connaît moins ses antécédents de défenseur des causes multilatérales et progressistes, dignes de Gordon Brown. On lui doit notamment certaines initiatives, aujourd’hui attribuées à Joe Biden, comme le taux minimal mondial d’imposition sur les sociétés (un engagement pris par le Français en 2017), ou [l’envoi] de vaccins en Afrique. “Je viens de la gauche, affirme Clément Beaune, son secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, et je n’ai pas du tout le sentiment que [le président] ait trahi la ligne sociale-démocrate.”

 

Dissonance cognitive

 

Alors, si tout cela est vrai, pourquoi la politique macronienne est-elle toujours perçue de la même façon? Ce phénomène pourrait sexpliquer par ce que les psychologues nomment la dissonance cognitive. Le président français est un ancien banquier issu de l’élite, qui supprime des impôts et recrute dans les rangs de la droite, il ne peut donc pas aussi être de gauche. Les informations contradictoires sont déroutantes. Avec son costume bien coupé et ses chaussures en cuir impeccables, Emmanuel Macron n’a pas l’air d’un défenseur des opprimés. Lorsque, dans une vidéo à destination des jeunes diffusée sur Internet, il a évoqué, en costume cravate, la nécessité de lutter contre la précarité menstruelle chez les sans-abri, les Français ont été stupéfaits. Est-ce bien le même président qui rejette la culture “woke” [la traque des injustices sociales] et qui a un jour déclaré avec arrogance à un jardinier qu’il lui suffirait de “traverse [r] la rue” pour trouver du travail?

 

Peut-être Emmanuel Macron recherche-t-il précisément ce genre de contraste. En amont de l’élection présidentielle de 2022, le centre de gravité politique de la France a basculé vers la droite. C’est là, et non pas à gauche, que la concurrence sera la plus forte. Les mouvements vers la gauche esquissés par le président sont savamment tempérés au regard des normes de la gauche ouvrière, et coïncident avec ses inspirations intellectuelles. S’il suit les traces de quelqu’un, ce ne sont pas celles de Mitterrand, mais bien celles de Michel Rocard, l’ancien Premier ministre de centre gauche de l’ex-président socialiste, qui fut l’un des (nombreux) mentors du jeune Emmanuel Macron.

 

Si le président français n’est pas reconnu pour ses politiques progressistes, c’est peut-être également dû à la nature de son projet. Ayant fait le vœu de n’être “ni de droite ni de gauche”, il se retrouve sans cesse coincé entre les attentes excessives des deux camps et l’inévitable mécontentement suscité par les compromis qu’impose une politique pragmatique. C’est le lot des centristes radicaux. Pourtant, cette contradiction pourrait aller comme un gant à la France, qui pense valoriser la pureté théorique mais se satisfait souvent de vivre avec des compromis chaotiques. Progressiste incompris, libéral imparfait, peu crédible en conservateur, Emmanuel Macron pourrait réussir à faire fonctionner sa ligne politique en pratique, même si elle paraît bancale sur le papier. Vive la France!*

 

*en français dans le texte

 

The Economist

 

Londres Royaume-Uni Hebdomadaire en anglais

 

Grande institution de la presse britannique, The Economist, fondé en 1843 par un chapelier écossais, est la bible de tous ceux qui s’intéressent à l’actualité internationale. Ouvertement libéral, il défend généralement le libre-échange, la mondialisation, l’immigration et le libéralisme culturel. Il est imprimé dans six pays, et 85 % de ses ventes se font à l’extérieur du Royaume-Uni.

 

Aucun des articles n’est signé : une tradition de longue date que l’hebdomadaire soutient par l’idée que “la personnalité et la voix collective comptent plus que l’identité individuelle des journalistes”.

 

Sur le site de The Economist, outre les principaux articles du journal, on trouve d’excellents dossiers thématiques et géographiques faits par The Economist Intelligence Unit, ainsi que des contenus multimédias, des blogs et le calendrier des conférences organisées par le journal à travers le monde. En prime : la mise à jour régulière des principaux cours de la Bourse.

 

La couverture du magazine peut varier selon les éditions (Royaume-Uni, Europe, Amérique du Nord, Asie), mais le contenu est le même; au Royaume-Uni, cependant, quelques pages supplémentaires traitent de lactualité nationale.

 

The Economist appartient pour 43,4 % à la famille italienne Agnelli, le reste du capital étant réparti entre de grandes familles britanniques (Cadbury, Rothschild, Schroders…) et des membres de la rédaction.

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 06:00

 

Souvenir du virage de Tonton, la pause dans les réformes en 1982, en réalité un virage à 180° vers une politique économique et sociale : « Le 9 juin 1982, le Président Mitterrand annonce dans une conférence de presse qu'il est nécessaire de faire une pause dans les réformes afin de les « digérer » et de stabiliser la situation budgétaire, qui a connu des bouleversements rapides du fait de l'augmentation rapide des dépenses publiques »

 

Ma pause à moi, c’est d’éloigner ma plume de l’actualité politique pour me consacrer, loin des regards pas toujours bienveillants de certains, à ce qui est le ressort de ma vieillesse : l’AMOUR.

 

Une pause pour réfléchir avec la revue « L’Amour »

REVUE

 

Par le texte et l’image, la deuxième édition de la revue lancée par Frédéric Pajak prend le temps de s’inscrire « contre l’actualité »

L’actualité est une matière inflammable qui se périme sans cesse. Frédéric Pajak s’inscrit contre cette valeur volatile pour y opposer le seul sentiment plus fort que le temps : l’amour – qui donne tout naturellement son titre à sa revue périodique dont la seconde édition vient de paraître. Dans son éditorial, Julie Bouvard note qu’en « ces temps de l’anti-lecture par excellence, […] du décryptage creux et de l’analyse jetable, nous voulons réunir les fils de nos pensées en un tissu vivant, donc solidaire ».

Pour témoigner du « désir de vivre qui nous anime », l’auteur du Manifeste incertain, qui se livre dans Là où il y aura des pleurs et des grincements de dents à un réquisitoire contre la dépression morale et culturelle de l’époque contemporaine, a réuni une nouvelle fois ses compagnons de route, écrivains, dessinateurs, peintres et sculpteurs. Dans un essai brillant, Michel Thévoz, historien de l’art, convoque Antigone et Rauschenberg pour analyser la ZAD du Mormont, tandis que Jacques Roman compose une ode à l’orange, rare « fruit du soleil en hiver » mué en géant des télécommunications…

Quant au visuel, splendide, il rassemble les vivants et les morts, les grands anciens et les petits nouveaux, Noyau côtoie Tomi Ungerer, Anna Sommer avoisine Siné, Micaël coudoie Folon… L’Amour est bon pour la tête, bon pour les yeux et, plus que tout, bon pour le cœur.


Revue « L’Amour No 2 – Contre l’actualité », sous la direction de Frédéric Pajak. Les Cahiers dessinés, 194 p.

 

 

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14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 06:00

 

Les insoumis sont déçus, je les comprends mais pour autant agonir d’injures : salauds, de noms d’oiseaux : traîtres, étrons, ceux des candidats de gauche, qui ont déclaré voter Macron pour faire barrage à Le Pen, est bien dans la tradition des extrémistes.

 

Pour eux, pas de problème, être le challenger de Macron signifiait, sans l’ombre d’un doute, que leur favori gagnerait, foutrait Macron dehors de l’Elysée ouvrant ainsi les portes du paradis.

 

Sauf que, je fais deux hypothèses, tout à fait plausibles, de ce qui aurait pu placer Mélenchon en seconde position :

 

  • Celle que le petit Zemmour, au lieu de s’étendre comme une bouse à 7% se soit situer à 10% grignotant des voix à Le Pen qui se retrouvait troisième.

 

  • Celle que Mélenchon ait réussi à faire l’union des gauches de Jadot à Roussel en passant par Hidalgo.

 

Dans la 1er hypothèse son réservoir de voix pour espérer remonter son handicap est dans les résultats des « traîtres », ça ne fait pas un gros pactole, le gros réservoir est chez Le Pen et Zemmour.

 

Dans la 2e hypothèse le réservoir de voix est chez Le Pen et Zemmour.

 

« Objection votre honneur ! »

 

La dynamique Mélenchon réveille les abstentionnistes qui, en masse, volent au secours du sauveur.

 

Pourquoi pas, mais je pense que si Mélenchon avait choisi l’Union des gauches, au lieu d’une candidature en solitaire, cette lame de fond pouvait s’imaginer.

 

Voilà, j’ai posé ça mais l’heure n’est plus aux hypothèses mais à se poser la question : la position de Mélenchon « pas une voix à Le Pen », se traduit, dans les sondages par 30 % de ses électeurs s’en battent le coquillard et voteront Le Pen.

 

À chacun de réfléchir dans l’isoloir...

 

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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 06:00

Bette Davis Eyes est une chanson écrite par Donna Weiss (en) et Jackie DeShannon et rendue populaire par l'interprétation de Kim Carnes en 1981. La chanson reste 9 semaines numéro 1 du Billboard Hot 100 et se classe numéro 1 dans plusieurs autres tops nationaux.

 

Bette Davis eyes / Vinyl single : Kim Carnes: Amazon.fr: CD et Vinyles}Bette Davis'eyes" de Kim Carnes - Le blog de Du soleil sur la page

 

Après que cette chanson soit devenue un single à succès, Bette Davis a écrit des lettres à Kim Carnes et aux auteurs-compositeurs pour dire qu'elle était une fan de la chanson et les remercier de l'avoir « intégrée à l'histoire moderne ». L'une des raisons pour lesquelles l'actrice légendaire a aimé la chanson est que sa petite-fille pensait que sa grand-mère était « cool » d'avoir écrit une chanson à succès sur elle.

 

La voix rauque de Carnes a conduit de nombreux auditeurs à croire que Rod Stewart était le chanteur.

Aujourd’hui c’est « Ève » (1950)

Titre original « All about Ève »

All About Eve [DVD] [1950] by Bette Davis: Amazon.fr: DVD et Blu-rayEve en Blu Ray : All About Eve Blu-ray - AlloCiné

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que c’est un des chefs d’œuvre de Mankiewicz et qu’il a bien fallut en choisir un pour illustrer son talent.

 

Quelle est l’histoire ?

 

À son début le film nous fait assister à la remise d’un grand prix d’interprétation type « Molière pour l’ensemble de son œuvre» à Ève Harrington. Dans la salle Margo Channing, ancienne lauréate déchue n’applaudit pas. Commence alors un flashback * qui nous montre la soirée où c’était Margo Channing qui était couronnée. Lorsqu’elle rejoint sa loge elle y trouve Ève qui lui avoue qu’elle a vue chacune des représentations de la pièce qui vaut à Margo Channing le triomphe de ce soir. La pauvre enfant émeut Margo qui la prend à son service plus ou moins comme secrétaire/dame de compagnie. Ève se montre d’abord «au petit oignons» pour sa bienfaitrice. Elle est d’une prévenance stupéfiante. Elle apporte le thé juste avant qu’il ne soit demandé et à la bonne température. Même chose pour le taxi. Ève informe Margo qu’il est en route au moment même ou Margo exprime le désir d’avoir un taxi. Peu à peu Ève, qui a su se rend indispensable, imite Margo, attitude, vêtements, diction etc. Un soir que, par malchance les circonstances empêchent Margo d’entrer en scène, Ève se propose de la remplacer. Elle connaît parfaitement le rôle pour avoir fait répéter Margo. C’est un triomphe et la carrière d’Ève s’envole éclipsant au fur et à mesure, une Margo à qui on ne propose plus de rôle.

 

Une fois couronnée, Ève, regagnant sa loge et y trouve une jeune admiratrice…

 

C’est une autre façon de raconter, avec talent cependant, cette histoire qui se passe au Kremlin ou une révolution de palais amène l’ancien dirigeant sur le départ à avertir son successeur qu’il a préparé trois enveloppes à son intention ceci, en prévision des coups durs.

 

Arrive un premier coup dur et le dirigeant ouvre la première enveloppe. Il y trouve une note sur laquelle il peut lire : « Dit que c’est la faute à Lénine» et tout s’arrange.

 

Même chose quand le mécontentement gronde à nouveau. Il ouvre la deuxième enveloppe et lit : « Dit que c’est la faute à Staline » et le calme revient.

 

Plus tard, arrive un troisième fort mécontentement dû à une famine qui s’annonce tant les récoltes de blés ont été mauvaises.

Il recourt à la troisième enveloppe contenant la note habituelle mais où il peut lire : «Prépare trois enveloppes»

 

Eve (Joseph L. Mankiewicz, 1950) - La Cinémathèque française

 

Réalisation

 

Joseph L. Mankiewicz – On a presque tout dit ou au moins l’essentiel, pour se contenter de rappeler que c’est un cinéaste hors normes et surdoué. Pour le reste, on se reportera à la précédente fiche « Guêpier pour trois abeilles » 1967

 

Pour la petite histoire son frère, Herman « Man » est le coscénariste de « Citizen Kane » 1941avec Orson Welles lui même

 

* Le flashback, est une technique importée de la littérature, et employée pour la première fois au cinéma par le Français Ferdinand Zecca pour son film « Histoire d'un crime », réalisé en 1901. Il a été, par la suite, très couramment utilisé dans les films muets, Mais les producteurs s’inquiètent… On leur reproche d’interrompre le « flot narratif car le spectateur passe tout son temps à tenter de mettre de l’ordre dans les faits rapportés. Welles a trouvé la parade en faisant précéder les flashbacks de « bandes d’actualité » et/ou « des coupures de presse » relatant les faits dont il va être question dans le flashback.

 

LE FILM CULTE - « Ève » : Tant qu'il y aura des femmes - Maze.fr

 

Qui fait quoi ?

 

Bette Davis :                       Margo Channing

 

Véritable « Monstre sacré » du cinéma elle a longtemps détenu le record du plus grand nombre de nominations aux Oscars en tant que meilleure actrice (dix fois), avant d'être détrônée par Katharine Hepburn (douze fois) puis par Meryl Streep (16 fois).

 

Elle a obtenu deux Oscars : l’un pour « L'Intruse » 1935 d'Alfred E. Green et le second pour « L'Insoumise » 1938 de William Wyler. Elle n'a jamais réussi, malgré ses fréquentes nominations, à en décrocher un troisième, ni pour ce qui est considéré comme le rôle le plus abouti et le plus talentueux de sa carrière dans Ève de Joseph L. Mankiewicz, ni pour sa dernière grande interprétation marquante, dans « Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? » 1962 de Robert Aldrich.

 

Gena Rowlands, épouse de John Cassavetes et passionnée de toujours par Bette Davis :

La présente comme cela « Elle était dure, elle adorait les conflits, ils lui donnaient son énergie »

 

Elle même déclare à propos d’Ève : « Dès le premier tour de manivelle aucun film ne me donna autant de satisfaction… Ce fut un grand film, dirigé par un grand metteur en scène, avec une distribution idéale… Après la projection, je pus dire à Joe (Joseph Mankiewicz), qu’il m’avait ressuscitée. »

Tout sur Eve | Intrigue, distribution, récompenses et faits

 

Anne Baxter:                      Ève Harrington

 

46 films pour cette actrice. En 1947, elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa composition dramatique dans « Le Fil du rasoir » (1946) réalisé par Edmund Goulding. Elle est connue pour avoir été une interprète de prédilection de Joseph Mankiewicz, Jean Renoir, Orson Welles, Billy Wilder, Ernst Lubitsch, Otto Preminger, Anthony Mann, Alfred Hitchcock ou Fritz Lang. Aucune autre actrice dans l'histoire du cinéma n'aura été dirigée par autant de metteurs en scène de renom.

 

En 1953, elle tourne coup sur coup « La Loi du silence » d'Hitchcock où elle forme un couple émouvant avec Montgomery Clift, et « La Femme au gardénia » de Fritz Lang, deux perles du film noir.

 

George Sanders:              Addison DeWitt

 

Cet acteur britannique qui a partagé sa carrière entre Angleterre et États Unis a remporté l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour sa composition de critique raffiné et sarcastique dans All About Ève de Joseph L. Mankiewicz.

 

Sanders, qui a si souvent incarné au cinéma les gentlemen au flegme tout britannique et à l’esprit cynique, se suicide le 25 avril 1972 en Catalogne dans sa chambre d'hôtel à pour abréger les souffrances d’une longue maladie. Il laisse ce mot pour expliquer son geste : « Je m’en vais parce que je m’ennuie. Je sens que j’ai vécu suffisamment longtemps. Je vous abandonne à vos soucis dans cette charmante fosse d’aisance. Bon courage » Cynique, vous avez dit cynique ?

 

Céleste Holm:           Karen Richards

 

Surtout actrice de théâtre et/ou de télévision (Téléfilms et série).

 

Comme Thelma Ritter, ci-dessous elle joua également dans cet autre chef d’œuvre de Mankiewicz « Chaines conjugales » 1949

 

Marilyn Monroe :            Miss Casswell

 

Remarquée par Joseph L. Mankiewicz, qui distingue en elle un « grand talent », elle est engagée par ce dernier dans « Ève » aux côtés de Bette Davis. Compte tenu du succès de ses derniers films, Marilyn négocie un contrat de sept ans avec la 20th Century Fox en décembre 1950. Cela ne l’empêcha pas d’être déçue par l’ensemble de sa carrière. Comme Ava Gardner elle est victime de « La machine à rêve » que constitue Hollywood.

 

Thelma Ritter :                 Birdie Coonan

 

Elle fut nominée 6 fois aux Oscars dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle, ce qui fait d'elle l'actrice la plus souvent nominée dans cette catégorie. Elle est notamment connue pour son rôle de Stella dans « Fenêtre sur cour » 1954, ou pour celui d'Isabelle Steers dans « Les Désaxés ».1961 de John Huston.

 

Elle joua également dans cet autre chef d’œuvre de Mankiewicz « Chaines conjugales » 1949

 

Walter Hampden :          le vieil acteur

 

Acteur, metteur en scène, producteur et directeur de théâtre américain il s’est essentiellement consacré au théâtre avec beaucoup de succès.

 

Outre « L'Affaire Cicéron » 1952, Joseph L. Mankiewicz l’employa encore dans « Ève ».

 

Il figure également au générique de deux films à succès « Quasimodo » 1939, aux côtés de Charles Laughton et Maureen O'Hara où il tient le rôle de l’Archevêque de Paris; et celui du patriarche Oliver Larrabee dans « Sabrina » 1954, avec Humphrey Bogart, William Holden et Audrey Hepburn. 

 

Solve ALL ABOUT EVE - 1950 - BETTE DAVIS, ANNE BAXTER,GEORGE SANDERS jigsaw  puzzle online with 70 pieces

 

Et si pour une fois on parlait musique

 

 Ici, il s’agit de Alfred Newman qui composa plus de 150 musiques de films et reçu 9 Oscars.

 

À ses débuts, il a travaillé à Broadway avec George Gershwin et Cole Porter. En 1930 il part pour Hollywood rejoindre Irving Berlin. Un moment il obtient le poste de directeur musical des studios United Artists. En 1931, il orchestre la musique écrite au piano par Charles Chaplin pour Les Lumières de la ville.

 

Pax

 

Prochainement « Été Violent »

 

 

 

 

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12 avril 2022 2 12 /04 /avril /2022 06:00

 

1 février 2022

Si Mélenchon était moins C… il proposerait à Jadot et Hidalgo, comme l’a fait Tonton, un Programme Commun de Gouvernement ICI 

 

Je le crois, mais si Mélenchon était moins crétin, il mettrait vite de l’eau dans son vin, proposerait à Jadot d’être son Premier Ministre et à Hidalgo de présider l’Assemblée Nationale, une assemblée où il aurait une majorité plurielle comme disait Jospin, où il pourrait même agréger les cocos de la nouvelle coqueluche des médias Fabien Roussel.

 

Je ne déconne pas, je suis persuadé qu’ainsi Mélenchon pourrait accéder au second tour, même si face à Macron comme à Pécresse il aurait peu de chance d’être élu Président de la République mais ouvrirait la porte à une cohabitation qui serait un caillou dans le pouvoir personnel de l’élu (e).

 

Accéder au second tour n’est pas une fin en soi, c’est pour gagner et pour gagner il ne faut pas mettre ses œufs dans le même panier. Vouloir gagner seul en appelant au vote utile Mélenchon a déclenché des réactions dans tous les camps :

 

  • Le vote utile des électeurs de Pécresse pour Macron

 

  • Le vote utile des électeurs de Zemmour pour Le Pen

 

 

  • Le vote utile des électeurs de Jadot, Roussel et Hidalgo pour lui-même
  •  

Sarah Knafo et Eric Zemmour : retour sur leur histoire d'amour - PHOTOS :  Femme Actuelle Le MAG

 

« Mais la vérité de la soirée est susurrée par la grande prêtresse de la campagne, Sarah Knafo. A l’abri des oreilles indiscrètes, au milieu d’un banquet où circulent des cuisses de poulet miniatures, elle discute avec un homme imposant. Il lui assure que ses amis flics, flippés d’un Mélenchon au deuxième tour, se sont tournés au dernier moment vers Macron ou Le Pen. Elle répond: « Ben, peut-être que cest pas plus mal. » L’homme n’a pas l’air de comprendre. Knafo poursuit: « Bah Eric avec 5% de plus… », c’était le candidat de gauche qui arrivait au deuxième tour, à la place de Marine Le Pen. Derrière les discours donnés à leurs électeurs et aux télés, les zemmouriens le savent: pour eux, le pire du pire a été évité. »

 

Jean-Luc Mélenchon, avec notamment à ses côtés Adrien Quatennens, député de La France insoumise, à Châteauneuf-sur-Isère, le 29 août 2021

Pour conclure en ouvrant la focale : le sortant n’a pas gagné d’avance, il lui faudra, pour une fois, bien écouter le message des urnes, mettre lui aussi de l’eau dans son vin, car sa réélection est en partie entre les mains des électeurs de Mélenchon. Enfin, je vous serine l’importance du 3e tour : les Législatives.

 

Le numéro deux de LFI Adrien Quatennens a affirmé lundi vouloir "imposer une cohabitation" à Emmanuel Macron lors des législatives prévues en juin, estimant qu'il revenait au président sortant de "prendre ses responsabilités" pour battre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

 

 

"Quand on voit la configuration d'hier, il s'agira aux élections législatives de faire le nécessaire parce qu'Emmanuel Macron peut ne pas avoir de majorité à l'Assemblée", a-t-il affirmé sur France Inter, en allusion au résultat de son candidat Jean-Luc Mélenchon au premier tour qui a obtenu près de 22% des voix.

 

"Il peut s'agir de lui imposer une cohabitation", a ajouté le député du Nord. "Si l'ensemble de celles et ceux qui ont voté Mélenchon hier renouvellent leur vote aux législatives, on est en mesure de lui imposer une autre majorité", a-t-il assuré.

 

Interrogé sur le second tour du 24 avril, M. Quatennens a réitéré que "le vote d'extrême droite n'est en aucun cas une option" et que "le peuple n'a rien à gagner à une victoire de Marine Le Pen".

 

 

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 06:00

 

 

Un pays fracturé

 

Jean-Marcel Bouguereau

 

Édito de la République des Pyrénées

 

 

La crainte de voir Marine Le Pen arriver en tête du premier tour, la certitude que sa victoire éventuelle ne relevait plus de folles hypothèses a eu un effet mobilisateur : certes, l’affiche du second tour 2022 est la même que celle de 2017, mais avec cette différence qu’Emmanuel Macron a près de cinq points d’avance sur la candidate d’extrême-droite, là où il y a cinq ans, il n’en avait que trois. Pour autant, le président sortant ne doit pas se leurrer en croyant à un vote d’adhésion, au terme d’un mandat marqué par les crises - sociale avec les Gilets jaunes et sanitaire avec le Covid -.  D’autant plus que Marine Le Pen a attiré près d’un électeur sur quatre.

 

En faisant campagne sur le pouvoir d’achat, elle a réussi à faire oublier que son programme n’est guère différent de celui d’Éric Zemmour et que les réformes constitutionnelles qu’elle préconise visent à mettre en place un état autoritaire et anti-européen. Quant à Zemmour, il n’aura finalement réussi qu’à servir de marchepied à Le Pen.

 

La réédition de ce duel Macron-Le Pen met par ailleurs en lumière la décomposition des anciens partis de gouvernement, Les Républicains et le Parti Socialiste. Valérie Pécresse a divisé par quatre le score de Fillon. Mais c’est encore Byzance par rapport au crash d’Anne Hidalgo qui, elle, a divisé par trois le score déjà calamiteux de Benoit Hamon en 2017, au point d’être dépassée par le pittoresque Jean Lassalle ! La candidate socialiste incarne la perte de contact du PS avec les classes populaires. Yannick Jadot, qui concourrait pour l’écologie, n’a pas réussi à faire des enjeux climatiques un sujet de cette présidentielle. Et c’est sur Jean-Luc Mélenchon que se sont portés les suffrages des électeurs de gauche ne pouvant se résigner à voter Macron d’emblée.

 

Dès hier soir, contrairement à 2017, Mélenchon a appelé à voter Macron pour faire barrage à l’extrême-droite. Pécresse, Jadot, Roussel et Hidalgo ont fait de même. « Je sais que cela ne vaut pas soutien », a admis Emmanuel Macron hier soir, en posant les enjeux du 24 avril : « Je ne veux pas d’une France de la régression pour tous. Je veux une France qui s’inscrit dans une Europe forte, pas dans l’internationale des populistes et des xénophobes ».

 

Dernier enjeu, et non des moindres : un électeur sur quatre n’est pas allé aux urnes hier. Sortiront-ils de l’abstention le 24 avril ? En faveur de qui ? « Ne nous trompons pas, rien n’est joué », a souligné Macron hier soir. Espérons qu’il ne cédera pas à sa pente naturelle, celle de l’arrogance, alors que ce premier tour montre un pays fracturé comme jamais et que son quinquennat a vu l’extrême-droite portée à un niveau sans précédent.

 

Jean-Marcel Bouguereau

Le site Internet du ministère affiche pour l’instant des « résultats incomplets calculés sur la base de 90 % des électeurs inscrits ». Sur cette base – qui n’est donc pas définitive –, Emmanuel Macron rassemble 27,40 % des voix, Marine Le Pen est à 24,58 % et Jean-Luc Mélenchon est à 20,96 %. Il faut désormais attendre le dépouillement définitif, qui devrait être dans la nuit, pour officialiser le nom des candidats qualifiés pour le second tour.

Selon la dernière estimation Ipsos et Sopra-Steria, Emmanuel Macron est à 27,6 %, Marine Le Pen 23 % et Jean-Luc Mélenchon à 22,20 %.

les résultats du premier tour dans le 14ème arrondissement 

  • Emmanuel Macron, 35,05%
  • Jean-Luc Mélenchon, 30,07%
  • Yannick Jadot, 8,55%
  • Éric Zemmour, 6,67%
  • Valérie Pécresse, 6,21%
  • Marine Le Pen, 5,74%
  • Anne Hidalgo, 2,51%
  • Fabien Roussel, 1,97%
  • Jean Lassalle, 1,30%
  • Nicolas Dupont-Aignan, 1,02%
  • Philippe Poutou, 0,57%
  • Nathalie Arthaud, 0,32%

Sur 85 742 inscrits, l’arrondissement compte 67 577 votants.  

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 06:00

Sur les réseaux sociaux ça pleut comme à Gravelotte :

 

« Si tu es vraiment de gauche tu dois voter Mélenchon au premier tour sinon tu n’es qu’un valet de Macron ! »

 

Des listes de soutien d’artistes, d’intellectuels, de syndicalistes s’épandent et se répandent...

 

Voter utile disent-il ?

 

En fait, propulser Mélenchon sur le podium qualificatif, mais question naïve : qu’a-t-il fait pour me convaincre qu’il est le bon choix de la gauche, ne me demande-t-il pas un chèque en blanc ? Qu’a-t-il fait pour donner des gages à une autre partie de la gauche qu’il conchie ?

 

Rien, alors comme Fabien Roussel le dit « un vote utile, c'est quoi ? C'est voter pour un candidat contre un autre, c'est pas utile ça ! Non, le vote, c'est pour des convictions ».

 

Les communistes qui se sont fait plumés par le Mitterrand de Mélenchon sont experts en la matière de vote utile.

 

Donc, vous l’aurez compris, en dépit des braiements de certains cavistes naturistes, soi-disant de la vraie gauche, je ne serai pas l’idiot utile de Mélenchon.

 

L’idiot utile c'est le dernier nom d’oiseau à la mode.

 

À gauche, à droite, en même temps, aux extrêmes, ni crapule, ni cynique, sincère, bref les idiots utiles seraient partout. Il faut reconnaître que pour déstabiliser, voire humilier un adversaire, la formule est efficace. Personne n’aime se faire traiter d’idiot –même utile.

 

Excluons d’emblée de notre champ ceux qui servent sans y croire une idéologie ou une cause dans leur propre intérêt –pour l’argent, la notoriété ou le pouvoir, les cyniques. L’idiot utile est sincère, il croit à la cause dont il se fait l’avocat, cde fut le cas d’André Gide qui défendait la révolution de 1917 au début des années 1930 jusqu’au Retour de l’URSS écrit en 1936, où il fait part de son désenchantement.

 

L’Idiot utile pense servir une cause juste.

 

« Mais, par manque de jugement ou d’information, il sert en fait, involontairement, une cause qu’il ignore, et qui peut contredire ses convictions profondes. Il est naïf, n’ayant pas su percevoir la réalité de cette cause, ou trop pressé, n’ayant pas encore les éléments qui lui permettraient de bien analyser les conséquences de la voie qu’il soutient. »

 

La seconde jeunesse des « idiots utiles »

 

On attribue l’expression à Lénine, qui appelait ainsi cyniquement les intellectuels occidentaux avec lesquels il voulait s’allier, ceux qu’il voulait manipuler parce qu’ils n’avaient pas compris la réalité de la cause défendue, tout en se félicitant de leur « utilité », par le soutien qu’ils apportaient aux communistes. Mais nul n’en a trouvé trace dans ses écrits. « La formule « idiots utiles » ne se trouve pas dans les œuvres de Lénine, ni dans un propos qu’on aurait rapporté de lui », assure Dominique Colas, professeur émérite à Sciences Po et auteur de Lénine (Fayard, 2017). Pour autant, selon lui, les cibles auraient existé dès cette époque. Ainsi « l’écrivain anglais H.G. Wells, qui fut invité en Russie soviétique en 1920 ». « Gorki le reçut et il eut pour interprète une femme avec qui il eut une liaison qui se poursuivit en Angleterre, où elle émigra », indique M. Colas, qui souligne qu’à la suite de son voyage, l’écrivain rédigea « des articles et un livre mis en avant dans la presse communiste ».

 

« Historien spécialiste de l’URSS, Jean-Jacques Marie considère pour sa part que ce profil n’est apparu et ne s’est vraiment développé qu’« à partir de 1929 », lors des « voyages de propagande » organisés sous Staline. Il cite Edouard Herriot, figure du Parti radical, qui en 1933 visite l’Ukraine et en « revient en disant qu’il n’y a vu que des gens bien nourris ». « Lui est vraiment un “idiot utile” », souligne M. Marie.

 

Pas plus qu’elle n’a marqué la fin de l’histoire, la chute du mur de Berlin n’a eu raison des « idiots utiles ». Ces derniers ont même tendance à se multiplier, tout au moins si l’on en croit ceux qui les dénoncent à tour de bras. La violence du débat public, décuplée sur les réseaux sociaux, où foisonnent les justiciers en herbe, a donné une seconde jeunesse à cette expression, qui figure en bonne place dans la rhétorique du discrédit. Les éditorialistes raffolent de cette arme qui peut faire coup double, en touchant un individu ainsi que la cause que ce dernier – à tort ou à raison – croit servir.

 

 

L’idiot utile est-il toujours manipulé ?

 

Ce serait accréditer qu’on y trouve ceux qui militent dans des courants minoritaires, qui s’engagent dans des combats dont ils acceptent les risques : les porteurs de valise du FLN, les Israéliens partisans de deux états indépendants, les sud-africains anti-apartheid... Être minoritaire ne signifie pas qu’on a tort par rapport au courant dominant, même si parfois la cause qu’ils soutiennent n’est pas aussi limpide qu’ils le croient.

 

 

Finalement, le terme d’idiot utile, stricto sensu, ne devrait s’appliquer qu’à ceux qui sont manipulés, consciemment ou inconsciemment.

 

 Aux yeux de qui le dénonce, l’idiot utile, le vrai, le pur, incarne la quintessence de la stupidité. Refusant de laisser ses congénères plus affûtés gérer ce qui le dépasse, il agit et s’agite de telle façon que tout progresse… dans la direction opposée à celle qu’il croit suivre. À servir, fût-ce de bonne foi, des desseins qui contredisent ses propres aspirations, il n’est « utile », in fine, qu’à ses adversaires. Son « utilité » est même sa pire bêtise, qui écrase toutes traces d’intelligence dont il pourrait disposer par ailleurs.

Pour moi le vote utile ce sera au Troisième Tour : les législatives, refaire des députés un contre-pouvoir au Président élu, je ne mets pas de e, ce serait une novation capitale que le couplage présidentielle-législatives, œuvre du Jospin de Mélenchon, accouche d'une renaissance de la démocratie représentative et ne laisse au Président que son domaine réservé. ICI

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9 avril 2022 6 09 /04 /avril /2022 06:00

 

Désolé François-Régis mais là je suis 100% Lucky, j’aime les voyous et les bucatini ! ICI

 

Bucatini Is the Best Long Pasta There Ever Was or Will Be | Bon Appétit

Luciano, de son vrai nom Salvatore Lucania, expulsé des USA en 1946, après que sa peine fut de prison fut réduite à dix ans pour services rendus aux alliés en Sicile, vivait à Naples 11 via Tasso dans le quartier résidentiel du Vomero. Son appartement dominait la baie de Naples et le panorama qui s’étalait de la terrasse de 110 m2  était exactement celui que décrivait Virgile.

 

Luciano adorait les journalistes, il reçoit le 7 janvier 1962, l’un d’entre eux de l’hebdomadaire milanais Le Ore. Il était vêtu d’un costume croisé anthracite, sa chevelure grisonnante et ses lunettes dorées lui donnaient l’air respectable d’un expert-comptable de grande société, la poignée de main ferme et chaleureuse, la voix un peu sourde, teintée d’un léger accent new-yorkais.

 

Son équipe préférée était l’Inter de Milan qui tenait le haut du Calcio italien avec ses Buffon, Corso, Suarez, Fachetti et autres Mazzola.

 

 

Ha ! le catenaccio, “le verrou”, d’Helieno Herrera...

 

Le repas préparé par Lucky était simple et raffiné :

 

  • Caviar et saumon fumé

 

  • Pastasciutta con le sarde

 

  • Filet de bœuf à la Napolitaine accompagné d’asperges chaudes à la crème de brebis

 

  • Salade

 

  • Sabayon et biscuits aux amandes

 

Vins : champagne, Vittoria et Alcamo pour accompagner les pâtes et le bœuf, et Malvasia avec les biscuits aux amandes.

 

« Les pâtes aux sardines étaient pour Lucky Luciano sa madeleine de Combray. Quand il lui arrivait de cuisiner, le capo Lucky ne travaillait pas en amateur et respectait les traditions de la Terra Nostra. S’il était devenu un mafioso riche sans pudeur, il avait su rester humble aux fourneaux. Il avait toujours dans ses réserves les ingrédients, pour le moins insolites, nécessaires à la confection de ces étranges pâtes aux sardines à la saveur mâle, et ne se serait jamais mis à l’œuvre sans ces petits fenouils de montagne fortement aromatisés, dans lesquels Alexandre Dumas décelait « un irremplaçable goût sauvage » prodigué par le soleil, le vent et l’air… »

 

Le 27 janvier 1962, Lucky Luciano se rendit à Capodichino, l’aéroport de Naples, l’avion de Madrid devait atterrir vers 10 H 15, en avance il se dirigea vers l’un des bars et commanda un double café très fort. Il en buvait une quinzaine par jour. Au bar, 4 hommes, Luciano, 2 carabiniers et le barman. Soudain, Lucky s’affaissa au sol, et roula par terre, une légère bave à la commissure des lèvres. Deux minutes plus tard, il était mort. Il ne fut procédé à aucune autopsie du corps qui perdait, en même temps que la vie, son pseudonyme de « chanceux ».

 

Cet arrêt du cœur ne trompa pourtant personne et surtout pas le FBI, tous les symptômes notés pendant les deux minutes qui précédèrent la mort ne laissaient aucun doute sur la nature du décès : empoisonnement au cyanure.

L'enterrement de Vittorio Casamonica, le 21 août 2015. REUTERS/Stringer.

 

Les funérailles furent à la mesure de l’homme. Elles coûtèrent 72 millions de lires. Corbillard baroque noir et argent traîné par huit chevaux emplumés, soixante fourgons portant près de cinquante millions de fleurs et de couronnes, douze mille personnes. Et puis le banquet funéraire…

 

La Mafia perdait l’un  de ses plus importants capi ; la cuisine sicilienne, un de ses meilleurs chefs.

 

SOURCE

La mafia se met à table

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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 06:00

Par bonheur en Bourgogne on ne fait pas que des grands vins, on a aussi de beaux esprits. Les lire vaut mieux que de se gaver des baratins des logues sur les réseaux sociaux ou les médias en boucle.

 

Le conflit ukrainien : "une situation de tension entre sphères  d'influence", selon Alexandra Goujon - Touteleurope.eu

 

Alexandra Goujon est politiste et spécialiste de l'Ukraine et de la Biélorussie. Elle est maîtresse de conférences en science politique à l'université de Bourgogne et enseigne sur le campus de Sciences Po Paris à Dijon. Elle a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles scientifiques sur les transformations politiques et identitaires en Ukraine et en Biélorussie.

 

Compte tenu de l’actualité, nous vous offrons à lire en avant-première cette recension, par Anne de Tinguy, de l’ouvrage d‘Alexandra Goujon, L’Ukraine : de l’indépendance à la guerre (Le Cavalier bleu, 2021, 176 pages). Cette recension sera publiée dans le numéro de printemps 2022 de Politique étrangère (n° 1/2022) qui paraîtra le 8 mars prochain.

 

L'Ukraine de l'indépendance à la guerre de Alexandra Goujon

 

Alexandra Goujon consacre son dernier ouvrage aux nombreuses « idées reçues » qui circulent sur l’Ukraine. L’ouvrage met en évidence l’instrumentalisation politique de « narratifs » répandus pour la plupart par la Russie, puis repris par des médias et des responsables politiques occidentaux.

 

L’histoire de l’Ukraine est la première concernée. Elle s’inscrit traditionnellement dans une historiographie développée en Russie et largement relayée en Occident, qui a eu pour effet de « discréditer la spécificité de l’identité ukrainienne » et d’imposer l’idée que ce pays

est une simple variante régionale de la nation russe. S’appuyant sur des historiens qui font autorité (dont Andreas Kappeler), Alexandra Goujon montre ainsi que l’expression « Kiev, mère des villes russes », utilisée en Russie pour établir une continuité historique entre la Rous de Kiev (IXe siècle), la principauté de Moscou (XIIe siècle) et l’État russe contemporain, « s’apparente à un abus de langage, l’homophonie entre Rous et Russe (participant) à la confusion ». Déclarer que « l’Ukraine n’existe pas en tant qu’État avant 1991 » – elle « n’est même pas un État », aurait affirmé Vladimir Poutine à George Bush en 2008 – est tout aussi tendancieux.

 

La suite ICI 

 

Dans cette stimulante synthèse, Alexandra Goujon retrace la trajectoire historique de l’Ukraine dans le but de tordre le cou à grand nombre d’idées reçues et relayées par les médias au sujet de ce grand pays d’Europe en état de guerre non déclarée avec la Russie. Aux yeux de l’auteure, Moscou a intérêt à présenter le conflit en cours comme une guerre civile. Cela permet de masquer l’annexion de territoires ukrainiens et de délégitimer l’idée d’une nation indépendante et affranchie de la tutelle du grand frère russe, avec lequel elle serait organiquement liée par l’ethnie, la langue et la foi orthodoxe. L’image que nous avons de l’Ukraine reste marquée à la fois par les séquelles effroyables de la Seconde Guerre mondiale et la guerre des mémoires qui s’est ensuivie. Une représentation négative alimentée par l’instabilité chronique du pays qui, en l’espace d’une décennie, a été ébranlé par les révolutions orange et de Maïdan. Par sa démarche déconstructiviste, l’auteure propose une relecture dépassionnée de l’histoire du pays, sans nier l’importance des fractures multiples qui déchirent l’Ukraine. Et de rappeler les vulnérabilités structurelles qui fragilisent Kiev au plan socio-économique (inégalités, corruption des élites, intégration des marges, etc.) et géopolitique (dépendance énergétique, non-adhésion à l’Union européenne et à l’Otan, etc.). Rappelant que l’Ukraine n’a rien d’une création artificielle, Alexandra Goujon évoque les racines du conflit dans le Donbass et combien la présence russe dans les enclaves autoproclamées de l’Est ukrainien constitue un défi géostratégique pour l’Europe. On ne trouvera pas néanmoins de vision sur ce que devrait être la politique russe de l’Union européenne et sur l’avenir d’une Ukraine à la souveraineté limitée et appelée à rester un État tampon.

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