Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 08:00

 

L'un de nos plus grands dessinateurs de presse, Piem, vient de nous quitter.

 

Quelle tristesse !

 

Homme de gauche, il dessinait dans @Le_Figaro

 

Il fit toute sa vie un énorme pied-de-nez aux sectaires et aux bornés de tous bords. Il était un authentique seigneur.

 

Éric Anceau

 

Piem, en janvier 2015.

Piem, en janvier 2015. GUILLAUME SOUVANT / AFP

 

claude askolovitch @askolovitchC

 

Jacques Martin et Pierre Desproges l’attendent pour une pêche aux moules. On peut fumer la pipe sur les plateaux télés au Paradis.

 

le petit rapporteur - DVD Zone 2 | Rakuten

 

Piem, le dessinateur humoristique à l’éternelle barbe naissante et aux fines lunettes, qui a œuvré dans la presse et est devenu célèbre par la télévision, est mort, jeudi 12 novembre, le jour de son 97e anniversaire.

 

De son vrai nom Pierre de Barrigue de Montvallon, Piem est né à Saint-Etienne, le 12 novembre 1923 dans une vieille famille de la noblesse catholique. Il est le troisième d’une fratrie de cinq. La famille s’établit à Paris, en 1928, le père est directeur d’agence à la Société générale, puis directeur de la Maison de la chimie.

 

La suite ICI 

 

Piem vivait retiré depuis de longues années en Touraine, dans la petite commune de Notre-Dame-d'Oé. Il était commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.

20 août 2009

Y-a-t’il un caviste rue de Bourgogne ? ICI 

... on pouvait se faire couper les tifs chez Michel Caro avec sa vitrine signée PIEM

 

Le dessinateur Piem est décédéhttps://www.actuabd.com/IMG/jpg/piem_dessin.jpgPiem twitter tendance - top tweets | FranceCarte Postale Humour Dessinateur Caricaturiste PIEM " j'entends passer le  TGV par Amiens , tais toi et prie " train | RakutenAUT) Piem- Les mordus du tennisMort de Piem, dessinateur satirique du Petit Rapporteur et du FigaroCrayons engagés | La Maison du Dessin de PresseL'objet de collection que vous recherchez est sur DelcampeLes dessins de Piem…. | Kling38's BlogAUT) Piem- La Terre jusqu'au trognon

Partager cet article

Repost0
14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 06:00

Etiquette du

Loin du langage savant des psys, des réparateurs de libidos déglinguées, des curés de mon enfance, des marins, des capitaines partis sur des îles lointaines, c’est le langage du populo dans les romans méprisés, ignorés, baptisés de gare :

 

« Si elle ne débarque pas dans les minutes qui suivent, il devra absolument retrouver son calme. Sinon, il en sera réduit à mobiliser la veuve poignet. »

 

« …déclarant qu'une femme raide comme une tige de bielle est préférable à la veuve poignet, dont l'abus rend idiots certains individus de sa connaissance. »

 

C’est se taper une sega en langue occitane (cf. plus bas)

 

Ce n’est pas mon vocabulaire, à la veuve Poignet, qui n’est pas la mère Denis la lavandière, je préfère vous  causer ce matin de la lessive à la main.

 

Chez nous au Bourg-Pailler, la lessive était faite par Alida la laveuse. L’opération commençait avec le linge à bouillir dans une lessiveuse puis venait l’opération savonnage dans une énorme bassine en zinc, le linge était savonné et brossé à la brosse de chiendent avant d’être mis dans une autre bassine posée dans une brouette. Direction le lavoir où la fine fleur des commères allaient cancaner tout en magnant le battoir.

 

C’était galère.

 

Résultat de recherche d'images pour "les cancans du lavoir Théodore Botrel"

 

J’en ai tiré un titre de chronique qui a mis Pax dans tous ses états.

26 mai 2019

Brèves de lavoir ICI  

 

Et puis la lessive à la main laissa la place à la machine, en Vendée nous étions fier d’avoir l’usine de machines à laver : Atlantic

 

marque d'électroménager Thomson atlantic

 

Jean Esswein, le fondateur

 

1901. Naissance à La Roche-sur-Yon.

 

1969. Il vend son entreprise à Thomson.

 

1984. Décède à Besançon à l'âge de 83 ans.

 

Le père de la machine à laver est le 9e enfant d'une famille qui en compte dix. Son père, Alsacien, est arrivé en Vendée dans les années 1880. Jean Esswein grandit dans un milieu « strict et sévère », témoigne Henriette Esswein, sa belle-fille.

 

L'histoire d'Esswein débute au 21 de la rue Boileau, en 1948, avec la fabrication de bobines d'allumages et de condensateurs pour l'automobile. Sa rencontre avec George Henry, un jeune Franco-américain de dix ans son cadet, va être déterminante.

 

Les deux hommes sont complémentaires. Jean Esswein est un vendeur hors-pair ; George Henry sait tout faire. « Une sorte de professeur Tournesol », raconte l'un de ses fils, qui vit en Vendée.

 

Au début des années 50, l'histoire s'accélère. Les deux hommes misent sur l'électroménager. « Aux États-Unis, mon père avait vu arriver les premières machines à laver », se souvient le fils Henry. Les premiers prototypes sortent en 1954. « Mais ce n'était pas au point. Les peintures cloquaient, les métaux rouillaient. » Il faudra deux ans de recherche pour créer la fameuse « machine à bien laver le linge Atlantic ». La saga Esswein est lancée.

 

Aux Ajoncs, l'entreprise passe en mode industriel. En 1970, l'usine tourne à plein régime, quand Jean Esswein décide de vendre. « Je récupère mes billes », confie-t-il alors.

 

Il s'éteindra en 1984 dans le Doubs, le berceau de sa seconde femme. « J'ai le souvenir d'un grand-père impressionnant, toujours tiré à quatre épingles, qui ne s'arrêtait jamais et qui s'intéressait à tout », témoigne son petit-fils, Christian. George Henry meurt en 1988, à l'âge de 76 ans, à La Roche-sur-Yon, où il est enterré.

 

L’usine de machines à laver des Ajoncs ne fabrique plus de machines à laver, la marque Atlantic avait déjà laissé la place à la marque Vedette lors du rachat par Thomson-Brant qui a vendu à l’espagnol Fagor qui le vend le 15 avril 2014 au conglomérat algérien Cevital, qui reprend les activités françaises du groupe Fagor-Brandt.

 

Bref, tout fout le camp mais revenons à ma petite histoire de lessive à la main où comme toujours depuis la fin du second conflit mondial tout vint des USA :

 

Lessiviers depuis 1837, cotés au NYSE avec une capitalisation de 230 milliards de $ environ, Procter & Gamble ont comme on pourrait dire « bien réussi dans les affaires ».

 

William Procter, fabricant de bougies, et James Gamble, fabricant de savon, peuvent être fiers de leurs suivants qui ont fait de la lessive l’un des produits du XXᵉ siècle, surfant sans cesse sur les modes à grands renforts de pin des Landes et de fraîcheur des Alpes, de formule enrichie aux enzymes gloutons et d’agents spéciaux pour le blanc, la couleur, le noir, la laine, la soie, etc.

 

Qu’elle se fasse en machine, en famille, à la main, la petite lessive trouve toujours son liquide ou sa poudre grâce à ces bons Willy et James. Mieux encore, les deux malins qui ont pensé à tout ont même imaginé tout ce qu’il faut pour faire sa petite lessive à la main.

 

Ce que les deux business men n’avaient nullement envisagé c’est le ton d’outrage aux bonnes mœurs qu’allait bientôt prendre leur expression préférée, vraisemblablement généré par une interprétation allégorique du mouvement de va-et-vient de la lavandière dont le travail précède dans la chaîne du propre celui de la branleuse de gendarme. Il y a des petits vicieux partout.

 

[…]

 

Bien entendu les très malins services marketing des susnommés Procter & Gamble cherchèrent ardemment à tirer avantage de ce glissement sémantique de faire sa petite lessive à la main, créant dans la chaîne logique de leur empire de l’astiquage des marques telles que Monsieur Propre, Cover Girl, Cascade, Mum, Yes, Zest, et Oral-B. Vous décryptez le truc…

 

La suite ICI 

 

Faire sa petite lessive à la main

Fig. A. Main pour la lessive. Don de P&G.

 

CNRTL :

 

ONANISME, subst. masc.

 

Ensemble des pratiques, notamment des pratiques auto-érotiques, utilisées pour parvenir à l'orgasme en dehors du coït normal.

 

« Maintenant, je suis perdu dans les systèmes d'éducation, y compris les moyens de prévenir l'onanisme! Grande question! Plus je vais, plus je trouve farce l'importance que l'on donne aux organes uro-génitaux »

 

Flaubert, Correspondance, 1880, p.321.

 

« L'onanisme n'a guère d'intérêt médico-légal, sauf dans les cas où il se pratique en public (parfois à deux, sous forme de masturbation réciproque). Il constitue alors un outrage public à la pudeur » (Porot 1960).

 

− P. métaphysique.

 

« M. Benda lui-même, qui annonce le jour où la pensée bourgeoise pleinement avertie enfin de son impuissance tirera un orgueil inquiet de sa démission (...), qui annonce le jour où les penseurs se livreront à l'onanisme de l'intelligence miroir »

 

Nizan, Chiens garde, 1932, p.119).

 

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaalors heureuse.jpg

 

Doctissimo

 

Définition du terme Onanisme :

 

L'onanisme est souvent confondu avec la masturbation. Son origine remonte à la fin du XVIIème siècle, alors qu'on croyait encore que le sperme, considéré comme essence de la vie, contenait des milliards de vies. Il fallait ainsi que le vagin soit sa destination, comme Dieu le disait à Onan, éjaculant sur le sol, dans la Bible. Les choses ont changé avec le développement de la contraception et l'acceptation du plaisir solitaire.

 

Voir aussi : [mot]anus[/mot], [mot]bander[/mot], [mot] caresses[/mot], [mot]chatte[/mot], [mot] clitoris[/mot], [mot]gode[/mot], [mot] masturbation[/mot], [mot] massage[/mot], [mot] pénis[/mot], [mot]seins[/mot], [mot] vagin[/mot], [mot]vulve[/mot], [mot]zones érogènes[/mot]

 

« Juda dit alors à Onan : Va vers la femme de ton frère. Agis envers elle comme le proche parent du mort et suscite une descendance à ton frère. Mais Onan savait que la descendance ne serait pas la sienne ; quand il allait vers elle, il laissait la semence se perdre à terre pour ne pas donner de descendance à son frère. Ce qu'il faisait déplut au Seigneur qui le fit mourir. » (Gen. 38, 9-10)

Jean-Marie Le Pen, adepte de la « Veuve Poignet » ICI

 

Étiquette du « Champagne Veuve Poignet » - Canard Enchaîné

 

Jean-Marie Le Pen, co-propriétaire d’un champagne baptisé « Veuve Poignet » à destination des bars gay parisiens... C’est une blague ?

 

Non, la production était certes confidentielle, 800 bouteilles par an, mais bien réelle. Et Jean-Marie Le Pen y était donc associé, à hauteur de 50%, aux côtés du pittoresque Patrick Bourson.

 

56 ans, « fils d’une naine et d’un soldat américain », ex-braqueur de banque, ex-tête de liste FN, Bourson est l’auteur de ce nom de cuvée d’un goût branlant, dont il détaillait ainsi l’inspiration à un journaliste de LCI :

 

« Comme j’entendais toujours dire qu’au Front national on est des branleurs... J’ai dit, bah tiens, si on est des branleurs, on va leur sortir la veuve poignet, voilà. »

 

Partager cet article

Repost0
13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 08:00

 

SB Picks: US Presidents and their whiskey

Les dernières élections étasuniennes, surtout lors d’un dépouillement interminable, ont occupé le devant de la scène en notre vieux pays centralisé, pour un black béret, baguette de pain et kil de rouge, le modèle électoral étasunien est imbitable avec son vote par État pour élire des grands électeurs, des sénateurs, des représentants, des procureurs, des sheriffs… et plein de petits scrutins locaux, sa transition longue de deux mois… Bref, ce qui a passionné le populo c’est que  le grand manipulateur Trump avait concocté un scénario, prévu par Bernie  Sanders, : « j’ai gagné, arrêtez de dépouiller car les démocrates sont des fraudeurs… », qu’il a déroulé comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

 

Le gros blond filasse Donald, ravagé de twitter, golfeur impénitent, comme tous les démagos à gros ego, croyait qu’il ne pouvait pas perdre contre le vieux Biden, et il pensait, et continue de penser, se succéder et devenir le 46e Président des USA mais le Jo Biden, dans la dernière ligne droite, a fait une remontada décisive et  a raflé la mise et, même si Donald s’accroche à son fauteuil, comme  dans Lucky Luke, son destin risque d’être le goudron et les plumes.

 

Image

 

Contrairement aux squatters de plateaux télévisés qui disent tout et le contraire de tout,  je ne vais pas vous asséner ma science électorale, même si mon professeur de droit constitutionnel, Jacques Georgel m’a initié en 1966, dans les préfabs de la toute naissante faculté de Droit de Nantes. « Le juriste constitutionnaliste et historien du droit avait l'art de captiver son auditoire. C'était l'un de ses talents. Savoir piocher dans les connaissances avec exigence tout en les rendant accessibles. Ceux qui l'ont eu comme enseignant à la faculté de droit ne diront pas autre chose. Ce brillant intellectuel à l'esprit libre avait la pédagogie pour passion » ICI 

 

J’ai décidé de lever le voile sur l’une des facettes méconnues du 1ier Président des USA Georges Washington :

 

En 1797, la plus imposante distillerie d’Amérique produisait plus de 40 000 litres de whisky par an. Elle appartenait au plus grand distillateur de la jeune république, un certain George Washington.

 

Une brève histoire de l'ivresse – Les Éditions du Sonneur

 

L’histoire de la vie de Washington est plutôt extraordinaire. Avant de devenir un magnat du whisky, il avait fait un bout de chemin sous les drapeaux ainsi qu’en politique. Ne nous étendons pas trop sur ces aspects.

 

Pour résumer, donc, dans le domaine politique, il s’était présenté à une élection et avait perdu. Puis i s’était représenté en offrant à boire aux électeurs et cette fois-là, il avait gagné. Ses frais de campagne pour l’élection à la Chambre des Bourgeois (chambre basse de la colonie de Virginie avant l’Indépendance) de 1758 se décomposaient comme suit :

 

 

Il n’y avait que six cents inscrits sur les listes électorales (bon d’accord, par électeur, cela représente à peu près une pinte de bière, un verre de vin et une pinte de rhum).

 

Quant à sa carrière dans l’armée, elle est encore moins intéressante. Elle se réduit essentiellement à sa brillante idée de doubler les rations de rhum de ses hommes, ce qui créa un phénomène étrange nommé États-Unis. Après cela, il mena une autre guerre, plus brève, pour taxer le whisky. Puis il se lança enfin dans un domaine sérieux : la distillation. Il produisit toutes sortes d’alcools : du whisky distillé quatre fois, du whisky de seigle, du whisky aromatisé à la cannelle et des cognacs à base de pomme, de kaki et de pêche. C’était un bon investissement car, dans cette nouvelle et curieuse invention appelée États-Unis, l’alcool faisait fureur.

 

Pages 255-257 Une brève histoire de l’ivresse

 

George Washington, le héros du Nouveau Monde ICI

La taxe d'accise sur le whisky de 1791

La taxe d'accise sur le whisky de 1791 ICI

27 janvier 1791

Partager cet article

Repost0
13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 06:00

Mémoire du ChampsaurChaudun (05 ) : un village abandonné par ses habitants.  - Mémoire du Champsaur

La citation titre est d’Onésime Reclus, le frère d’Élisée Reclus, « grand géographe et grand anarchiste, deux qualité qui ne sont pas contradictoires malgré les apparences. », auteur de récits de voyage en France « le plus beau royaume sous le ciel »

 

Page 109                                            

Que fut Chaudun lors de ses origines ? me demande-t-on. Nous le savons, mais on doit croire que ses fondateurs ne le plaquèrent pas contre la roche vive, sans un arbre, sans un brin d’herbe, sans un bout de champ, sans un liseré de prairie », devenu « une casse inhabitable… une pierraille, une rocaille, une Sibérie d’hiver, un Sahara d’été.

 

Si j’ai pu acquérir très vite Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner c’est grâce au journal Le Temps En France, des blessures rurales et républicaines ICI  Richard Werly

Publié mercredi 28 octobre 2020

 

Chaudun ou « l'histoire d'un désastre écologique et humain, d'un suicide  collectif et d'une étonnante résurrection »

 

Le premier jour du confinement je l’ai dévoré d’une traite.

 

C’est un ouvrage fort, précis, sans fioritures quoique poétique, ciselé d’une écriture implacable mais charnelle, c’est un objet unique de référence, un récit qui m’a touché au cœur moi le petit péquenot vendéen du bocage qui a découvert la montagne à l’âge de 10  ans lorsqu’il est allé en colonie de vacances à Saint-Jean-de-Maurienne avec les enfants de marins de l’Ile d’Yeu, moi le directeur de cabinet du Ministre de l’Agriculture et de la Forêt qui ai découvert les forestiers lors de mon premier séjour au 78 rue de Varenne avec René Souchon ministre délégué à la forêt, j’ai le sentiment, moi qui me suis lavé jusqu’à mon départ à la Fac dans une bassine d’eau froide, d’être né dans la soie lorsque je découvre l’extrême dureté de la vie des habitants de Chaudun.

 

Achetez et lisez Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner !

 

Richard Werly écrit :

 

Il n’y a rien de plus aride qu’un village oublié, déserté, ravagé voici plus d’un siècle par les troupeaux de moutons aujourd’hui protégés et ramenés dans les montagnes qu’ils contribuèrent, parfois, à dévaster. Il n’y a rien de plus aride qu’un registre d’état civil où naissances et décès se côtoient dans un quotidien, à l’époque, ordinaire.

 

Mais il n’y a rien d’aride dans Chaudun, la montagne blessée (Ed. Seuil), le récit fait par Luc Bronner de ce village abandonné des Hautes-Alpes, son département d’origine qu’il continue de sillonner par ses sentiers d’alpages. Le directeur de la rédaction du Monde – partenaire et actionnaire du Temps – s’est fait pour l’occasion défricheur d’archives. Le voici, maison par maison, à recenser les habitants qui, jadis, se rendaient chaque dimanche à l’église, puis retournaient à leurs corvées de bois ou à leurs décourageantes cultures.

 

Ausculteur de souffrances

 

L’un des passages les plus émouvants de son livre est la reproduction de la lettre adressée, le 28 octobre 1888, par ces montagnards épuisés par la tâche, le relief et le climat de Chaudun au ministre de l’Agriculture. Des mots pour réclamer, pour chacun, un lopin de terre dans cette fertile colonie algérienne où un Genevois, Henry Dunant, futur créateur de la Croix-Rouge, s’était établi trente ans plus tôt.

 

Mémoire du ChampsaurChaudun, mais pourquoi ont-ils fait ça ? - Mémoire du  Champsaur

 

« Monsieur le Ministre,

 

Nous soussignés, habitants de la commune de Chaudun (…) avons l’honneur de vous adresser respectueusement la requête suivante. Il n’est douteux pour personne qu’un des tristes privilèges conférés par la nature au département des Hautes-Alpes est celui de compter parmi les plus pauvres et parmi ceux où les conditions de l’existence sont les plus rudes et les plus précaires. Les montagnards alpins, sans cesse aux prises avec les difficultés les plus lourdes et les plus imprévues, disputent péniblement à un sol rebelle et à un ciel peu clément les chétives ressources qui suffiront à peine à nourrir leur famille. Pour ces déshérités de la nature, le combat de la vie est terrible, continuel et souvent fatal.

 

La “commune” de Chaudun et qui ne compte que 112 habitants est une des plus malheureuses parmi les localités de ce malheureux pays. Bâti à une altitude moyenne de 1 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, notre village est enfoui sous les neiges pendant huit mois de l’année. Privé de toute communication avec les villages environnants, enfoncé dans les replis abrupts de rochers dénudés, Chaudun est éloigné d’environ 19 kilomètres de son centre d’approvisionnement. L’élévation des montagnes, l’extrême déclivité de leur pente, le mauvais état des sentiers rendent le parcours du pays excessivement difficile et périlleux. Le mulet est la seule bête que nous puissions employer avec sécurité pour le transport à dos de nos approvisionnements et encore devons-nous faire ces provisions durant la belle saison d’été car il nous serait impossible d’y pourvoir pendant l’hiver.

 

« Il est rare que nos maigres récoltes qui d’ordinaire existent à l’état d’espérance puissent résister aux âpres rigueurs de notre climat »

 

Nous n’avons pas à compter sur le revenu de nos forêts par suite de manque de voies de transport. Le terrain est stérile et c’est au prix des plus grandes fatigues que nous en retirons un peu de blé. D’ailleurs, par sa position géographique, le village se trouve protégé par aucun abri naturel. Les intempéries fréquentes ici nous font souffrir plus que personne et il est rare que nos maigres récoltes qui d’ordinaire existent à l’état d’espérance puissent résister aux âpres rigueurs de notre climat.

 

Les terrains incultes s’étendent de jour en jour devant la violence des éléments, et malgré nos persévérances et nos efforts, nous nous voyons obligés de reculer et nous sentons qu’il est impossible de continuer la lutte. (…)

 

Vaincus par l’indigence, nous avons l’honneur de proposer au gouvernement l’achat du territoire de notre commune. Nous avons appris que le gouvernement faisait des concessions de terrain en Algérie à ceux qui ont l’intention de coloniser. En présence d’une situation géographique et géologique aussi mauvaise que celle de Chaudun, nous n’hésiterons pas, Monsieur le Ministre, à émigrer sur le sol si fertile de l’Afrique française. La sollicitude avec laquelle la République s’occupe du sort des malheureux cultivateurs, en leur abandonnant des terrains en Algérie, nous fait espérer que l’on ne voudra pas nous laisser plus longtemps plongés dans la plus triste indigence.

 

C’est avec la plus grande reconnaissance que nous accepterions quelques hectares sur le sol algérien, attristés assurément par la dure nécessité qui nous contraint à quitter le pays où ont vécu nos frères, mais réconfortés par la pensée que nous trouverons sur la terre africaine une nouvelle France, une seconde patrie plus généreuse et moins désolée que celle qui nous oblige à émigrer.

 

Dans l’espoir que notre modeste supplique recevra de votre bienveillance un favorable accueil nous sommes, avec le plus profond respect, Monsieur le Ministre, vos très humbles et obéissants serviteurs. »

 

https://medias.liberation.fr/photo/1339574-insertion-chaudun.jpg?modified_at=1602086263&ratio_x=03&ratio_y=02&width=620

 

Luc Bronner écrit :

 

La colère était là, tapie depuis des années, ressassée, malaxée, conservée, et elle s’exprimait brutalement. La peur de ne plus y arriver. La peur d’avoir atteint l’extrémité de ce que l’être humain pouvait accepter en cette fin de siècle. Ce soir d’octobre 1888, le texte a été relu une dernière fois dans un silence complet. Je ne sais pas qui l’a prononcé à haute voix. L’instituteur ? Le maire ? Le curé ? Cet appel est si beau, écrit d’une langue qui châtie, une langue qui claque, qu’il pourrait être déclamé comme au théâtre, en respectant les blancs, les silences, en jouant avec la force des mots, de ces mots-là. « Le sol rebelle. Les âpres rigueurs. Les chétives ressources. Les déshérités de la nature. Les récoltes qui existent à l’état d’espérance. » Il y a de la poésie autant que de la politique dans cette souffrance de montagnards qui osent formuler leur impuissance face à la violence du monde.

 

(…)

 

Ce qui a fait la petite fortune de Chaudun a provoqué son malheur. Chaque été, depuis des décennies, les éleveurs du sud de la France, ceux de la plaine du Crau en particulier, expédient leurs moutons dans les alpages, jusqu’à 3 000 bêtes pour la vallée. Le déplacement, à pied, des animaux est encadré par des gamins payés à la pièce. Les paysans prennent la suite pour surveiller les bêtes, dans ce temps très long de l’engraissement au milieu des alpages. Les moutons se nourrissent d’herbe dans les pentes et produisent de la laine, à faible coût. Les paysans sont rémunérés comme bergers pendant trois mois, une fois le bétail arrivé en altitude. Ces moutons s’ajoutent aux animaux que possèdent les habitants, et dont ils tirent aussi la laine et la viande, vendues sur les marchés voisins.

 

La montagne, certes, est immense. Deux mille hectares, un cinquième de la commune de Paris, étagés entre 900 et 2 500 mètres, dans un cirque qui prend volontiers le soleil de l’après-midi. Mais les surfaces accessibles sont loin d’être aussi considérables, réduites par les rochers, les pentes dangereuses, les torrents, les terres de schistes. Trois mille moutons, ce sont trois mille mâchoires qui arrachent, déchiquettent, mâchent toute la végétation comestible, une douzaine d’heures par jour en moyenne, entre le sol et un mètre, lorsqu’elles ont faim, et elles ont, par nature, toujours faim. (…)

 

87 – Rabou – Chaudun par le sentier des bans (05) – LES COPAINS RANDONNEURS  DU 04

 

Richard Werly écrit :

 

 «Les montagnards alpins, sans cesse aux prises avec les difficultés les plus lourdes et les plus imprévues, disputent péniblement à un sol rebelle et à un ciel peu clément les chétives ressources qui suffiront à peine à nourrir leur famille», écrivent-ils. Ils se présentent, dans cette missive, comme des «déshérités de la nature», pris dans un «combat de la vie terrible, continuel et souvent fatal». Destin connu en Valais, et dans tant de contreforts des Alpes suisses…

 

Luc Bronner écrit comme on ausculte. Spécialiste des banlieues, qu’il sillonna avec talent lors des fameuses émeutes de 2005, le journaliste met sa plume à l’unisson de la souffrance. Les jeunes femmes de Chaudun meurent en couches. Même un curé du village succombe. L’on copule à l’ombre des fagots. Les jeunes sœurs remplacent, dans le lit, leurs aînées disparues pour refonder des familles aux côtés de leurs ex-beaux-frères. «La dureté de cette France-là est inimaginable. Elle est celle des combattants de la guerre de 1870. Elle sera celle des Poilus envoyés combattre en 1914», explique l’auteur, dont les recherches pointent l’encadrement de cette population – déjà – par un Etat aussi protecteur que redoutable.

 

La République est intransigeante. Elle est affaire de fonctionnaires. Elle tolère qu’à Chaudun, les uns soient riches et les autres très pauvres. Elle consigne. Elle note. Elle indemnise à peine, puis replantera des milliers d’arbres dans ces vallées décimées par le bétail. «Un Etat visionnaire et impitoyable. La nature d’aujourd’hui lui doit tout. Ceux de Chaudun n’en ont presque rien tiré», juge Luc Bronner. Lui-même en est le produit. Ses aïeux émigrèrent aux Etats-Unis, comme beaucoup de montagnards de ces contrées, mais revinrent plus tard en France. L’exil était, à Chaudun, l’unique porte de sortie hors de la misère rurale.

 

Gap - L'ancien village de Chaudun

 

LITTÉRATURE dans AOC

 

Un lieu commun – à propos de Chaudun, La montagne blessée de Luc Bronner ICI

Par Fabrice Gabriel

ÉCRIVAIN

 

Dans Chaudun, La montagne blessée, Luc Bronner raconte l’histoire étonnante d’un village des Hautes-Alpes abandonné et vendu par ses habitants à l’État à la fin du XIXe siècle : à force de déforestation et de surpâturage, la nature alentour avait été littéralement ruinée par ces gens modestes, qui essayaient en vain de s’extraire de la misère.

Quelle leçon tirer de cette « faute » ?

Fondé sur un travail d’archiviste aussi passionnant que minutieux, le livre du futur ancien directeur de la rédaction du Monde est d’abord une réflexion sur le présent.

 

C’est un beau livre qui s’ouvre sur une tombe, où la mort est présente très souvent, mais qui dit d’abord la vie, les vies : celles, difficiles, de gens simples dont Luc Bronner a recueilli le cours ancien en consultant une masse impressionnante d’archives relatives à Chaudun, ce village des Hautes-Alpes qui est un peu plus que le décor de son récit. La montagne blessée fait en effet de Chaudun le personnage principal d’une sorte de fable historique, assez fascinante, qui court du XVIIIe siècle jusqu’aux perspectives d’avenir de notre aujourd’hui.

 

Ce village a vécu, dans l’ingratitude d’un paysage pauvre en lumière l’hiver, où les destins sont brefs et la terre rude, où la pauvreté fut la norme. Et ce village est mort, vendu à l’État par ses habitants en août 1895 : étrange aventure d’un lieu commun, sciemment abandonné au bout d’années d’efforts et d’épuisement vain des ressources de la montagne, finalement restitué, exsangue, à la nature, au maigre profit d’exils individuels pour l’Algérie ou les régions voisines.

 

Avec une rigueur d’historien et une vraie plume d’écrivain, Luc Bronner raconte d’abord une histoire, dans une sorte de récit choral où il s’agit de retrouver des voix : qui étaient les habitants de ce village, au XIXe siècle, quels étaient leurs noms, leurs activités, leurs infimes espoirs de voir s’améliorer un sort d’une extrême modestie ?

 

Ce sont les registres d’État civil, les promenades au cimetière, le dépouillement des archives diocésaines et des correspondances soigneusement conservées qui aident à l’enquête, pour une espèce de plongée première dans ces vies d’un autre temps. Et c’est bien ce qui fait le sel initial du livre : la déambulation d’un randonneur passionné dans le double paysage d’une montagne qu’il connaît dans ses moindres parcelles et d’un territoire de papier où retrouver, comme sur la neige du passé, les traces de pas de gens oubliés, antihéros absolus de ce qui pourtant pourrait s’apparenter à un roman.

 

L’ignorance de l’enquêteur fait la force de l’écrivain.

 

Il y a dans ce désir de revoir et de savoir comme une célébration des beautés de l’archive, de sa puissance évocatoire, presque fantastique, qui fait réapparaître la silhouette de plus en plus précise de quelques fantômes, ces passants éphémères dont l’empreinte fut fugace, et dont on ne peut que rêver la vie à partir des rares signes qu’ils ont laissés.

 

Ainsi de la petite Félicie Marin, dont le mystère incertain offre au récit de belles pages d’ouverture : « Le cimetière. C’est là, mieux qu’ailleurs, que se comprennent les sociétés. Leurs fractures. Leurs plaies. Leurs secrets. À Chaudun, dans le carré où ont été enterrées et mélangées avec la terre des générations d’hommes et de femmes, les ronces ont conquis l’espace, il ne reste plus qu’une pierre tombale, ultime trace de vie et de mort, avec ces mots gravés que l’on distingue encore en écartant les plantes sauvages : « Félicie Marin, morte le 30 avril 1877, à l’âge de 17 ans. » Dix-sept ans. Félicie Marin, j’ignore quels étaient ses espoirs, ses peurs. J’ignore à quoi ressemblait son visage, si elle avait gardé ses cheveux longs, si elle les dissimulait sous un foulard, si l’hiver et le soleil des champs avaient déjà brûlé sa peau, si ses mains avaient déjà pris la corne des montagnards, si elle avait pu être heureuse, à quoi ressemblaient son sourire, son rire, sa voix… »

 

L’ignorance de l’enquêteur fait la force de l’écrivain, qui va chercher dans les lieux perdus et le papier pelure des documents anciens la trame d’une histoire vraie, mais si singulière qu’on la dirait imaginée exprès pour nous donner à penser notre relation contemporaine à la nature, à la planète même.

 

Cette histoire, c’est celle de gens qui souffrent des âpretés de leur condition et de la situation géographique d’un village où il n’est pas bon être nommé, quand on est prêtre ou instituteur : autant de « vies minuscules » dont Luc Bronner restitue les échos avec la minutie d’un mémorialiste inspiré, attentif au concret des existences, aux listes d’objets, à l’envoûtement des dates, des âges, des noms, des morts… Car la vie est difficile, à Chaudun, et le réflexe des hommes pour échapper à la misère est alors de solliciter la montagne, en lui demandant plus qu’elle ne peut donner, dans une manière de fuite en avant qui donne littéralement le vertige.

 

La montagne blessée raconte comment les habitants d’un village ont ruiné la montagne en croyant – provisoirement – se sauver. À force de déforestation et de surpâturage, un désastre écologique autant qu’humain a eu lieu, qui aboutit à la vente de la commune aux services des Eaux et Forêts, les habitants finissant par renoncer à leurs biens pour échapper au cauchemar – à suspens – que nous fait revivre l’auteur, ressuscitant par exemple une lettre de 1888 des villageois au Ministre de l’agriculture, où cette catastrophe est annoncée dans une assez jolie rhétorique d’époque : le sol est « rebelle » et les ressources « chétives », les récoltes « n’existent qu’à l’état d’espérance »…

 

La grande originalité du récit de Luc Bronner est de nous communiquer, sans autre recours ou effet que la précision et rigueur des archives, ce sentiment de plus en plus oppressant d’une fatalité que l’homme a lui-même provoquée, dans ce qui est explicitement désigné comme un « cercle vicieux », et dont la prose épouse, l’air de rien, l’espèce de cycle tragique

 

« Trop d’hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir. En trois décennies, la plupart des forêts ont disparu, ravagées par les coupes sauvages pour chauffer les foyers l’hiver et utiliser les plus beaux arbres pour entretenir les maisons. Un cercle vicieux terrible, cercle déprimant du court terme et de l’exploitation. Pour survivre, les bergers ont accepté de prendre plus de moutons pendant l’été. Des milliers de bêtes, qui ont piétiné les pelouses de montagne, creusé les chemins, érodé les pentes au-dessus des ruisseaux. À cause de la déforestation, l’eau déborde au printemps et transforme les ruisseaux et les torrents en forces de destruction qui font rouler les pierres, les arbres, la terre. L’hiver, ce sont les avalanches qui descendent et balaient ce qui reste des forêts, des chemins. La vallée est exsangue, les bois sont décimés, les pâturages inexploitables. La faute de l’être humain, sans appel, une faute qu’il paye très cher»

 

La personnification de la montagne prend presque valeur de mythe et oblige absolument à considérer notre futur.

 

Une faute, voilà bien le nœud central du livre : La montagne blessée implique un coupable, et nous interroge sur notre propre rapport aux éléments, dans l’urgence écologique pour laquelle les alertes se multiplient aujourd’hui. L’histoire de Chaudun, village réduit aux ruines dans un paysage que l’homme a abîmé, mais dont les blessures ont cicatrisé (la nature ainsi a repris ses droits, à force d’efforts, de reboisement, et plus simplement de temps…), peut se lire, de fait, comme une fable et un avertissement.

 

Luc Bronner essaie, et c’est aussi la noblesse de son entreprise, de comprendre au plus près ce que furent les femmes et les hommes d’une époque où il s’agissait d’abord de survivre, où les conditions mêmes de l’existence rendraient sans doute anachronique l’acception contemporaine de la notion d’écologie.

 

Nul procès rétrospectif simplificateur dans son travail d’archiviste, mais la volonté de nous rendre sensible à ce qui doit demeurer, aujourd’hui, d’un équilibre entre l’homme et la terre qu’il habite, qu’il croit posséder, mais dont il peut oublier parfois ce qu’elle est : vivante, également. Du coup, la personnification de la montagne, qui guide l’ensemble du récit, prend presque valeur de mythe, et oblige absolument à considérer notre futur.

 

Retrouvant le compte rendu d’un voyageur de la fin du XIXe siècle, Onésime Reclus, l’auteur reprend les formules terribles par lesquelles est décrit le destin du village de Chaudun, plaqué « contre la roche vive, sans un arbre, sans un brin d’herbe, sans un bout de champ, sans un liseré de prairie », devenu « une casse inhabitable… une pierraille, une rocaille, une Sibérie d’hiver, un Sahara d’été. »

 

Difficile, 130 ans plus tard, de ne pas lire dans ces lignes quelque chose comme la préfiguration cauchemardesque de ce qui pourrait arriver, à une autre échelle, si se confirmait une forme d’inconscience collective quant à l’épuisement des ressources naturelles de la planète.

 

Si La montagne blessée n’a rien d’un tract politique, et si son propos est d’abord le passé, revisité avec une double attention d’écrivain et de mémorialiste scrupuleux, son effet n’en est pas moins de nous offrir un miroir tout à fait contemporain : nous y voyons cette espèce de village planétaire auquel nous pouvons avoir l’illusion d’appartenir, quels qu’en soient les exclus, et nous y devinons des menaces qu’il serait fou, peut-être criminel, de négliger. L’archive peut donc nous apprendre le présent de demain : Luc Bronner le montre d’une façon remarquable

Chaudun.jpg

Partager cet article

Repost0
12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 08:00

Gastronomie : d'où vient la teurgoule ?

François-Jean Orceau, baron de Fontette, marquis de Tilly,l'un des inventeurs de la teurgoule

Longtemps j’ai pris le « turbo-train » à la gare Saint-Lazare, toujours en retard, pour aller, tel un surintendant du Roi de France, inspecter  les pommiers et les poiriers normands, cidre, pommeau, poiré et, bien évidemment calvados. Je logeais du côté de Pont-Audemer et me rendait une fois par an à Cambremer pour fêter royalement ces divins nectars et le « calendos » issu du pis des douces normandes paissant sous les pommiers haute-tige.

 

J’aimais bien aussi aller à Trouville ICI me promener sur sa longue et grise plage, chiner chez un bouquiniste, arpenter la belle halle aux poissons inscrite depuis 1996 sur la liste annexe des monuments historiques, pour y acheter des bulots, des coquilles saint-jacques, des tourteaux, de la soupe de poisson puisée dans un grand faitout, déjeuner Aux vapeurs d’une belle sole, et m’approvisionner à L'Instant Fromages une petite boutique de la rue des Bains. ICI C’est là qu’un beau jour j’ai découvert la Teurgoule.

 

 

Qu’est-ce donc que la Teurgoule ?

 

Je confie la réponse au grand, à l’immense, à l’incomparable, à l’insubmersible, Périco Légasse, chantre du camembert au lait cru qui, avec son lyrisme coutumier, dans Paris-Normandie, le 26/04/2018, nous vante les beautés de la Teurgoule qui le fait se « teurgouler de plaisir. »

 

Trêve de railleries, lorsqu’il oublie son gros ego le Périco il fait du bon et beau boulot.

 

Rien n’a plus divisé la Normandie, à l’époque de la scission régionale, que l’origine de la teurgoule. Pas sûr que la réunification ait d’ailleurs mis un terme au débat.

 

La vérité est que chaque village de l’Eure et du Calvados pourrait se dire le berceau de la teurgoule, le dénominateur qualitatif commun de ce dessert étant un paramètre bien normand, la richesse du lait. La teurgoule étant, en gros comme en gras, un gâteau de riz au lait sucré cuit lentement durant de longues heures, et la Normandie ne comptant pas, pour l’heure, de rizière, il est probable que la recette soit née dans l’un des ports de la côte au temps des premiers échanges maritimes d’outre-mer.

 

La suite ICI 

La Teurgoule De Janville Riz au lait à la cannelle 0

Depuis que j’ai quitté la Normandie, ça fait maintenant bientôt plus de 15 ans, l’offre de Teurgoule, sans doute peu prisée par les bobos parigots, se fait rare. J’en trouve parfois au Monop  de la rue Daviel et, plus récemment, au Biocoop de la rue de la Glacière.

 

ZZ RIZ AU LAIT FAÇON TEURGOULE 2X110G - Biocoop du Rouennais

 

Pas à la hauteur de notre Périco, celle de Monop est acceptable, celle de Biocoop exécrable !

 

Tout Michalak, 2e édition Le meilleur de la pâtisserie Edition Collector -  relié - Christophe Michalak - Achat Livre | fnac

 

Mais, en surfant sur le web, je viens de découvrir qu’une star révérée par notre omniprésent François-Régis, son acolyte Me Morain et, bien sûr, la longue cohorte des addicts à OnVaDé, CHRISTOPHE MICHALAK, s’est converti à la Teurgoule dans son opus « Tout Michalak »

 

C’est chic et choc !

 

Mais ça n’a rien à voir avec la Teurgoule, sans aucun doute Périco sortira sa sulfateuse pour dézinguer ce manant !  

La crème des savoir-faire culinaires normands avec la teurgoule et la  fallue - Société - Paris Normandie

TEURGOULE AUGERONNE

 

La recette authentique selon don Périco

 

Rappelons, s’il en est encore besoin, pour qu’il n’y ait pas de jaloux, que le Pays d’Auge s’étend sur la moitié orientale du Calvados, le tiers septentrional de l’Orne et le quart occidental de l’Eure, et que les Augerones et les Augerons naissent libres et égaux en droit de préparer la Teurgoule...

 

Au commencement était le lait cru de vache normande. Hors de ce bocage passez votre recette. Nous disons donc deux bons litres du dit lait entier tiré au pis, à l’étable de la ferme, et fleurant bon le pâturage, 150 g de riz rond (essentiel), 200 g de sucre de canne blond comme du temps des corsaires et une pincée de sel, avec une gousse de vanille de la Réunion et un bâtonnet de cannelle. Dans un vaste récipient se rapprochant de la terrine, déposer le riz mélangé au sucre et recouvrir entièrement avec le lait.

 

Une fois le tout bien mélangé, ajouter la vanille et la cannelle. Placer la terrine dans le four froid et commencer la cuisson par un coup de chaud à 200° durant une heure afin que la croûte se forme.

 

Une fois la croûte solidifiée, baisser à 160° durant quatre heures ou 150° durant cinq heures. Surveiller la cuisson afin que la croûte soit bien dorée. On ne peut parler de Teurgoule que si l’ensemble est à la fois onctueux et compact, ferme et crémeux. Toute liquidité sera disqualifiée...

Au risque de me faire excommunier par les chefs normands&Don Périco, avec une vraie Teurgoule je ne boirais pas du cidre : sucre/sucre ! Il me faut de l’acidité ! Donc j’ouvrirai une bouteille de Terret le blanc de ma vigneronne préférée : Catherine Bernard.

Le Terret Vin de France, Catherine Bernard

La teurgoule cherche recette pour s'exporter - Caen.maville.com

D’où vient la Teurgoule ? La Teurgoule fait partie de la gastronomie normande depuis le 18e siècle. ICI

 

Le 06 décembre 2012

 

Notre chroniqueur histoire, David Nicolas-Méry nous parle de l'origine de la Teurgoule, plat typiquement normand.

Partager cet article

Repost0
12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 06:00

En ce moment je lis un livre passionnant 'Ndrangheta Sur les routes secrètes de la mafia la plus puissante au monde d’Antonio Talia paru chez Grasset le 14 octobre 2020, que j’ai acheté dans ma razzia la veille de la saison 2 du confinement.

 

'Ndrangheta

 

Passionnant !

 

Étonnant !

 

Moins célèbre que ses cousines, la Cosa Nostra sicilienne la Camorra napolitaine, c'est justement parce que la ‘Ndgrangheta a su rester discrète qu'elle a tissé sa toile dans le monde entier. Active de l’Amérique latine à l’Asie, en passant par l’Europe de l’Est et la Suisse, misant davantage sur la corruption généralisée que sur les assassinats spectaculaires, elle génère un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros par an, soit plus de 3% du PIB italien.

 

 
Opération «Imponimento»: le 21 juillet 2020 a eu lieu une série d’arrestations en Suisse et en Italie liées à la ’Ndrangheta. © DR

 

Mardi 3 novembre 2020

Par Audrey Magat

 

Les restaurants suisses ciblés par la ’Ndrangheta ICI 

 

La crise sanitaire a fragilisé les restaurateurs, créant une opportunité inédite pour les mafias italiennes de reprendre ces établissements et d’étendre leur réseau. Selon une enquête, la Suisse serait même un véritable bastion pour l’organisation criminelle calabraise.

 

«Les mafias ont profité de la crise sanitaire pour développer des trafics de masques ou de respirateurs artificiels. Dès lors, elles ont besoin de blanchir leur argent, ce qui se fait notamment par la reprise de restaurants. Le risque d’infiltration de la mafia est donc important en Suisse.» Cet intérêt des organisations criminelles pour la restauration, constaté par la porte-parole de l’Office fédéral de la police (Fedpol) Katrin Schmitter, arrive dans une période où les besoins en liquidités sont très forts dans le secteur, puisque neuf restaurants sur dix ont travaillé à perte ces derniers mois.

 

Au total, le territoire compterait une vingtaine de cellules mafieuses, soit plus de 400 membres selon les chiffres de l’ATS. La sicilienne Cosa Nostra et la napolitaine Camorra sont également présentes, mais la cellule calabraise ’Ndrangheta (sud-ouest de l’Italie) reste l’organisation criminelle italienne la plus représentée en Suisse, selon le dernier rapport de la Fedpol.

 

«La Suisse est un bastion de la ’Ndrangheta, explique Madeleine Rossi, journaliste indépendante et auteure du rapport «Mafias italiennes en Suisse, panorama, perception et cadre législatif», publié en italien en mai 2019. L’organisation est présente sur tout le territoire et dans de nombreux domaines économiques, comme la restauration, la construction, la gestion des déchets, les transports de matériaux. Certaines fiduciaires et conseillers financiers profitent également de son argent.»

 

Extrêmement structurée au niveau hiérarchique, l’organisation a installé sa présence dans toutes les régions du pays mais principalement dans les cantons méridionaux (Tessin, Valais et Grisons), le long de la frontière avec l’Allemagne et dans les agglomérations de Zurich et de Bâle. «Et ici aussi, souffle Patrice Bayard, ancien propriétaire de restaurants à Genève. Dans la région, de nombreux restaurants sont prospères, avec des loyers exorbitants, mais une clientèle rare. On se demande forcément d’où proviennent leurs fonds.»

 

La suite ICI 

 

La mafia calabraise règle ses comptes en Allemagne : six morts à Duisbourg

La tuerie de Duisbourg, une sanglante vendetta entre familles calabraises

 

Publié le 16 août 2007

 

Au lendemain de la tuerie de Duisbourg (Allemagne), où six jeunes Italiens ont été abattus à la sortie d'un restaurant, la police allemande poursuit son enquête. Les autorités souhaitent explorer toutes les pistes en attendant les résultats de l'autopsie des six corps criblés de balles retrouvés dans deux véhicules. Mais, en Italie, de nombreux responsables politiques estiment que ce massacre est lié à une vengeance. Selon le ministre de l'intérieur, la tuerie de Duisbourg, où vit une importante communauté italienne, est la réponse à un précédent délit qui a eu lieu en Calabre.

 

Dans le petit bourg de San Luca, une querelle oppose depuis 1991 deux clans, les Pelle-Vottari-Romeo et les Strangio-Nirta. Une rixe banale, pour un motif futile, a déjà provoqué plusieurs tueries jusqu'au début des années 2000. Les six morts de Duisbourg, qui appartenaient au clan Pelle-Vottari-Romeo, travaillaient pour le restaurant Da Bruno.

 

Pour le procureur antimafia Pietro Grasso, ce massacre commis à l'étranger est "un fait sans précédent". Il explique qu'il est très rare que des personnes qui ont fui leur région pour éviter une vengeance soient rattrapées au-delà des frontières.

 

De son côté, Giuliano Amato, ministre de l'intérieur, craint des représailles et assure que les forces de sécurité vont s'efforcer d'éviter une nouvelle tragédie en Calabre. Dans le village, personne ne souhaite s'exprimer sur cette affaire.

 

Le Monde

 

Vendetta et trafic de drogue à l'origine de la tuerie de Duisbourg

La mafia calabraise règle ses comptes en Allemagne : six morts à Duisbourg

 

En Italie, on estime que ce massacre est le deuxième acte d'un drame qui oppose deux clans, les Strangio-Nirta et les Pelle-Vottari-Romeo, la famille du restaurant Da Bruno.

Par Jean Tarcy et Salvatore Aloïse Publié le 16 août 2007 

 

Tommaso-Francesco venait de fêter ses 18 ans au restaurant Da Bruno de Duisbourg (Allemagne), où il était apprenti. A 2 heures du matin, mercredi 15 août, il allait repartir en voiture avec cinq autres Italiens quand la "Pieuvre" a frappé, les prenant au piège enfermés derrière des vitres éclatées par une grêle de tirs - les enquêteurs parlent d'une centaine.

 

Le plus jeune avait 16 ans, le plus âgé 38. Certains corps sont si méconnaissables que l'autopsie durera plusieurs jours. Tous ont été visés à la tête. Vraisemblablement un règlement de comptes au sein de la'Ndrangheta, à des milliers de kilomètres de la Calabre où cette ramification de la mafia, spécialisée dans la cocaïne, a ses racines.

 

"Il n'y a jamais rien eu de cette ampleur ici en Allemagne", affirme Jürgen Roth, spécialiste de la mafia outre-Rhin. Si les autorités allemandes continuent d'explorer toutes les pistes, en Italie, chacun se doute que ce massacre est lié à la faida (la guerre entre familles, la vengeance) de San Luca, un petit bourg montagneux de l'Aspromonte, en Calabre, d'où étaient originaires les victimes.

 

Une faida née en 1991 pour des raisons apparemment banales, un jour de carnaval, et qui oppose deux clans, les Strangio-Nirta et les Pelle-Vottari-Romeo, la famille du restaurant Da Bruno. Selon le ministre italien de l'intérieur, Giuliano Amato, la tuerie de Duisbourg, où vit une importante communauté italienne comme dans le reste de la Ruhr, est la réponse à "un précédent délit qui a eu lieu à San Luca", dont l'auteur se trouvait parmi les six victimes.

 

RARES VENGEANCES À L'ÉTRANGER

 

"Probablement, a continué le ministre, il s'attendait à ce que quelque chose puisse lui arriver vu qu'il semble qu'il était à la recherche d'armes pour se défendre. Mais ceux qui voulaient se venger l'ont rejoint avant la justice." M. Amato craint des représailles : "Nous sommes en train de travailler afin qu'il n'y ait pas un troisième acte" en Calabre, a-t-il dit mercredi, lors d'une conférence de presse.

 

Un "fait sans précédent", souligne le procureur national antimafia, Pietro Grasso, relevant qu'il est très rare que des personnes ayant fui pour éviter la vengeance soient rattrapées à l'étranger. "La mafia sicilienne, note-t-il, est plus structurée ; la'Ndrangheta calabraise, elle, se base sur le pouvoir des familles qui se battent sans règles."

 

Les enquêteurs recherchent deux personnes aperçues près des voitures. Des policiers italiens sont arrivés en renfort mercredi soir. A San Luca, où se sont rendues en masse les télévisions, personne ne veut parler : il y règne un silence irréel ; personne dans les rues. Chacun reste cloîtré chez soi en attendant que la tension baisse. Comme toujours.

 

Jean Tarcy et Salvatore Aloïse

 

 

Tuerie de Duisbourg: arrestation d'un chef mafieux en Italie | Monde |  7sur7.be

Les assassins présumés de Duisbourg arrêtés ICI

Par Delphine Saubaber publié le 12/02/2010

Les derniers assassins présumés du massacre de Duisbourg, en 2007, ont été arrêtés ce jeudi. L'Etat italien livre une guerre désormais sans pitié à la 'Ndrangheta, la mafia calabraise.

 

Carte de Reggio de Calabre : communes comportant des annonces de logements  en vente — idealistaCarte Calabre - Plan de la Calabre

La route nationale 106 sillonne la Calabre, dans une étroite bande de terre entre mer et monts escarpés, à l'extrémité sud de la botte italienne. Bordée d'oliviers, de figuiers de Barbarie et de constructions abandonnées au sel et au vent, elle semble presque paisible. C'est pourtant là, dans les villages émaillant cette route, qu'est née la 'ndrangheta, la mafia calabraise implantée sur les cinq continents et devenue l'une des organisations criminelles les plus influentes au monde.

 

Guerre de clans au Canada, blanchiment d'argent à Hong-Kong, monopole du trafic de cocaïne en Europe, livraison record d'ecstasy dans le port de Melbourne : suivre la Nationale 106, c'est remonter à l'origine d'une organisation aux rites ancestraux qui peut, simultanément, vénérer une Madone en larmes et négocier des opérations financières de plusieurs millions d'euros. Antonio Talia, célèbre journaliste d'investigation calabrais, n'a eu de cesse d'enquêter sur l'organisation criminelle à laquelle lui et les siens ont toujours eu affaire.

 

Reportage implacable, marqué par l'émotion et la rage de celui qui décrit sa terre natale, 'Ndrangheta est une immersion dans la psyché mafieuse, la carte mentale et géographique d'une organisation dans laquelle, selon la formule de Roberto Saviano, « on n'entre que par le sang : celui qui coule dans nos veines ou celui que l'on fait couler ».

Partager cet article

Repost0
11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 08:00

L’image contient peut-être : texte qui dit ’Mathieu Léonard Guy présente Debord Potlatch (1954-1957) L' émancipation des travailleurs Une Internationale histoire de la Première POTATCH 2019 M-SULFITES que editions folio’

Une tête bien faites, rencontrée dans le bouiboui du haut de Ménilmontant, le Lapin Blanc, un certain Jérémie F. Bartomeu, émigré chez les Helvètes pour fuir la police macroniste, tout en rêvant que je lui accrochasse « le poireau » au revers de son bourgeron révolutionnaire, sur Face de Bouc, a fait de la réclame pour un nectar qui pue, millésime 2019, baptisé Potlatch.

 

 

Ce vin nu est l’oeuvre «  du compagnon Mathieu Léonard, spécialiste de la Première Internationale, activiste du CQFD Mensuel, vigneron à Rasteau. » Éditions Libertalia (12, rue Marcelin-Berthelot 93100 Montreuil. Les éditions Libertalia éditent des livres de critique sociale (histoire, littérature, rock'n'roll...) et animent une librairie à Montreuil.)

 

Voici ce qu’il écrit sur sa page Face de Bouc :

 

Nous y sommes.

 

Le millésime Potlatch 2019 est dans les quilles, prêt à rencontrer ses buveuses et buveurs.

 

 

Tout ça est évidemment encore très nouveau pour moi, et rien n’aurait été possible sans la transmission de Jean-Claude Leyraud, vigneron retraité très actif, qui m’a d’abord laissé deux parcelles de vieilles vignes en fermage à Rasteau et à Tulette il y a deux ans « pour me faire la main » et a laissé à ma disposition une partie de son outillage et sa cave à Rasteau, tout en me distillant expérience et savoir-faire au fur et à mesure du processus. La commercialisation de cet ouvrage commun se retrouve désormais sous l’étiquette Potlatch. Naguère, le vin de Jean-Claude portait le nom de Le Serre des pins.

 

Pour l’esprit et la pratique, je ne peux que m’inscrire dans la démarche qui est la sienne depuis plus de trente ans.

 

Comme la définir ?

 

Celle d’un discret artisan en vin vivant, peut-être… En tout cas, Jean-Claude a toujours cultivé la simplicité. Comme il l’écrivait dans CQFD :

 

« Alors que l’artisan savait s’effacer derrière le produit de son savoir-faire, on en est venu à survaloriser le vigneron, certes méritoire, en lui accordant un statut d’artiste. [...] Alors qu’il s’agit tout simplement de vrais vins, de bons vins, que l’on reconnaît surtout en bouche au fait qu’ils passent avec fluidité, et laissent une impression d’harmonie. »

 

(« Vin naturel: dynamique ou produit fini ? », paru dans le dossier « Vins libertaires et bières sociales », CQFD n°122, mai 2014.)  ICI 

 

Pour autant, les amateurs savent immédiatement reconnaître et apprécier l'exceptionnelle personnalité du vin de Jean-Claude.

 

Dans cette continuité, Potlatch est donc un vin rouge issu de raisins cultivés sans recours aux produits chimiques de synthèse et récoltés à la main. Un vin  « tout raisin » élaboré dans la rusticité, sans intrants, sans technologies œnologiques, sans sulfites ajoutés ni levures artificielles, sans filtrage, sans machine à la cave – le fouloir, le pressoir, la pompe à piston, la boucheuse sont manuels –… et sans autre mystère que celui de l’alchimie du vin.

 

Issu de terroirs côtes-du-Rhône Villages, l’assemblage est 60 % grenache, 20 % carignan, 15 % syrah et 5 % mourvèdre.

 

Sa robe est de couleur pourpre profond. Ample et long en bouche, il libérera des arômes intenses de fruits rouge et noir, avec une note cerise confite.

 

Il chiffre à 15 % vol.

 

C’est donc un aliment tannique et puissant mais parfaitement digeste.

 

Ah oui au fait, pourquoi « Potlatch » ?

 

Sans doute en référence à de vieilles lectures ethnographiques et au bulletin éponyme de l’Internationale lettriste. Le potlatch en soi fait référence à une cérémonie chez les Indiens de l’Ouest de l’Amérique du Nord reposant sur le don ostentatoire et la destruction de richesse. Cette fête était aussi un rituel de défi entre chefs indiens – la prodigalité des uns obligeant les autres à une surenchère. Peu de temps après m’être arrêté sur ce choix de nom, je lisais dans l’ouvrage de Christelle Pineau, "La Corne de vache et le microscope" (La Découverte, 2019) que l’esprit du don qui prévaut dans le milieu des vins nature – et que j’ai rencontré chez Jean-Claude Leyraud – « exclut toute notion de potlatch [car] la dimension d’honneur et de supériorité n’intervient pas dans ce type d’échange qui reste amical et égalitaire. »

 

Caramba, ce n’est pas faux, néanmoins j’ai souhaité garder ce nom parce qu’il sonne bien et qu’il ouvre à d’autres discussions – ce qui me semble un des objectifs du boire-ensemble.

 

Sa signification n’est donc pas à prendre au cep…euh, au pied de la lettre. J’espère juste que ce vin saura accompagner de belles fêtes comme des moments intimes ou de convivialité tout aussi mémorables.

 

Si tout cela vous a mis la pépie, reste la question de la distribution.

 

Si vous connaissez des cavistes, cantines, épicemars corrects, Amap, lieux collectifs ou librairies (une ou un bonne librairie est forcément une libraire qui boit du vin) qui seraient intéressés pour distribuer Potlatch, faites passer le mot.

potlatch84@gmail.com

 

Mathieu « Matéo » Léonard

 

Face aux Dentelles de Montmirail, « où il n’y a pas de repli, seulement une patience millénaire sur laquelle nous sommes appuyés » (René Char).

 

J’ai établi son prix public de lancement à 12 euros.

Partager cet article

Repost0
11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 06:00

 

Comparaison n’est jamais raison, ce que je mets ici en parallèle ce n’est ni le fond, ni la forme, c’est que le moment, était pour Rocard, est pour Mélenchon, mal choisi, avec pour conséquence le naufrage de la candidature de l’un, et le futur plantage de l’autre.

 

Dans une chronique du 10 novembre Françoise Fressoz, « Victime de son tempérament et de ses impasses stratégiques, Jean-Luc Mélenchon est devenu son pire ennemi » ICI  conclut :

 

Aujourd’hui, la somme de ses handicaps est telle qu’une hypothèse ne peut être exclue : s’il se présente, ce n’est pas pour gagner mais pour terminer le travail auquel il s’est attelé en 2008 lorsqu’il a claqué la porte du PS. Il veut fermer la boutique en achevant le dernier carré des « éléphants ». Tant que lui sera dans le paysage, aucun d’entre eux ne pourra prétendre rassembler la gauche.

 

Rocard, bon militant, a sauvé la candidature de son Premier Secrétaire, permis à « son pire ennemi » de devenir Président de la République pour deux septennats, de tenter de le « tuer » en le nommant 1ier Ministre, l’humiliant en le congédiant sans raison, en le « tuant » définitivement en soutenant la candidature Tapie aux européennes.

 

Mélenchon, qui se croyait le chouchou de Tonton, honnissait Rocard, devra se contenter d’un strapontin sous Jospin, fait le chemin inverse, il achève son entreprise de démolition des ex union de la gauche : le PC d’abord, le PS ensuite. Grand Timonier, à la barre de son rafiot FI, il se saborde pour, dans un dernier sursaut d’orgueil, couler en vouant aux gémonies ceux qui ne se sont pas rallié à lui l’incompris. La FI c’est la France Incomprise.

 

Dernière pantalonnade,  il conditionne sa troisième candidature à la signature, par au moins 150 000 personnes de la plateforme «nous sommes pour». C’est ouvert à tous les vents, aucun contrôle, ça sent le bourrage d’urne cher aux élus de la ceinture rouge.

 

La plate-forme "Nous sommes pour" est permissive. Pour les besoins de cet article, nous avons ainsi parrainé Jean-Luc Mélenchon avec les noms de Jean Jaurès et Maximilien Robespierre, qui contribueront donc à l'"investiture populaire" du leader de la FI.

 

Le 21 octobre 1980, Michel Rocard a annonce depuis sa mairie de Conflans-Sainte-Honorine, sa candidature a la présidence de la République.  

 

Michel Rocard, pour accentuer sa pression, décide de faire une déclaration télévisée depuis sa mairie de Conflans-Sainte-Honorine le 19 octobre 1980. Il a toutefois tenu à contacter François Mitterrand par téléphone qui lui a confié lui aussi vouloir se présenter.

 

C’est donc un Michel Rocard moins sûr de lui et hésitant qui se présente devant les caméras de télévision. Le maire de Conflans bafouille et le décor fait d’un rideau marron paraît lugubre. En outre, il regarde la mauvaise caméra et ne peut donc toucher directement les téléspectateurs. Sa déclaration paraît ambiguë, il présente sa candidature, mais la conditionne à une validation par le Parti socialiste, et rend un hommage appuyé à François Mitterrand. Les critiques sont cinglantes le lendemain dans les journaux. Cette candidature tient encore deux semaines, avant que François Mitterrand se déclare lui-même candidat. Michel Rocard n’hésite pas, il s’en tient à sa promesse de 1979 et renonce à sa candidature. Il soutiendra loyalement la candidature de François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1981.

 

 

Détournement 

Image

Partager cet article

Repost0
10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 08:00

drappier cuvée charles de gaulle

« Sieur Sébastien Lapaque, au rapport ! »

 

Le double anniversaire de Charles de Gaulle, celui de sa naissance, le 22 novembre 1890, et celui de sa disparition, le 9 novembre 1970, est une invitation à ouvrir deux ou trois flacons de cette maison familiale.

 

On raconte volontiers que c’était le champagne de prédilection du Général. Il buvait peu mais buvait bon. Un bordereau signé de sa main conservé dans les archives de cette maison familiale sise à Urville, dans l’Aube, au cœur d’une Champagne austère accordée aux goûts du fondateur de la Ve République, en apporte la preuve. Vingt-quatre bouteilles de champagne extra-dry facturées au prix unitaire de 7,75 francs à « M. le Général de Gaulle, La Boisserie, Colombey-les-Deux-Églises, Haute-Marne, le 3 mars 1965 ». À une époque, Michel Drappier, qui a pris la suite de son père André - que ses 94 ans n’empêchent pas de boire du champagne tous les jours -, avait exposé cette relique. Il a fini par la ranger.

 

« C’était un clin d’œil. Nous ne voulons pas réduire le champagne Drappier à Charles de Gaulle. Cela reste anecdotique. » Les champagnes Drappier, c’est 1,5 million de bouteilles produites par an. Imaginée en 1990 pour saluer le cinquantième anniversaire de l’Appel du 18-Juin, la cuvée Charles de Gaulle est un pas de côté au sein d’une large gamme. Elle est composée de 80% de pinot noir et de 20% de chardonnay. Mais Michel Drappier, secondé par sa fille Charline et ses fils Hugo et Antoine, ne veut pas en faire un étendard. La note de 95/100, que lui ont accordé les dégustateurs de Wine Spectator, n’y a rien changé. Entre 4000 et 10000 bouteilles sont commercialisées chaque année. Un point c’est tout. « La cuvée Charles de Gaulle reste un hommage discret, confie Michel Drappier. Dans notre esprit, ce champagne doit ressembler à celui qu’aimait le Général. »

 

La suite ICI

 

Faut-il boire le champagne Drappier, le préféré du Général ? 

Publié le 07/11/20 par Sebastien Lapaque

Charles-DE-GAULLE-le-2-juin-1960-à-Paris-credit-Gérard-GERY-PARISMATCH-SCOOP

Photo : Gérard GERY PARISMATCH SCOOP

Partager cet article

Repost0
10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 06:00

Cassissier Andega ‒ Graines Baumaux

Au fond du jardin du Bourg-Pailler il y avait un beau cassissier dont les petites baies, en grappes, à la peau lisse, pulpeuses, très aromatiques, surmontées des restes des calices des fleurs dont elles sont issus, à la fin de l’été, se coloraient d’un éclatant, bleu profond allant jusqu’au noir réglisse.

 

Je me goinfrais de leur chair juteuse et acidulée. Sans le savoir mon palais se préparait à l’accueil des vins nu.

 

La production était abondante, j’étais le seul consommateur direct en baies crues alors mémé Marie la transformait en vin de cassis. Je pouvais en boire car ce vin n’était pas alcoolisé (je n’ai aucun souvenir de sa fabrication, donc je ne puis vous en donner la recette)

 

 

Mais ce n’est pas le vin de cassis de mémé Marie qui a donné ses lettres de noblesse aux baies du cassissier, c’est la crème de cassis de Dijon, devenue célèbre grâce au Kir du chanoine Kir. ICI

 

 

Il existe aussi une AOC Cassis  qui a vu le jour le 15 mai 1936, date concomitante avec la création de l’Institut National de l’Origine et de la qualité (Inao. Cassis se considère, au sens de l’antériorité, comme la première Appellation d’Origine Contrôlée de France. Elle recouvre, aujourd’hui 215 hectares et affiche une production de 7 500 hl par an en moyenne. Entre Marseille et Toulon, au pied de falaises imposantes, un creux de rochers abrite des calanques et, depuis l'époque romaine, un vignoble, dont les limites de l'appellation coïncident aujourd'hui avec celles de la commune de Cassis. Cette aire doit sa renommée à son vin blanc sec, un « vin de bouche », capiteux et parfumé. 67 % de la production de l’appellation

 

GRANDS CRUS ET VINS DE PROVENCE - Vignerons d'Exception

 

PRINCIPAUX CÉPAGES

 

Barbaroux • Carignan • Cinsault • Clairette • Grenache noir • Marsanne • Mourvèdre • Sauvignon • Ugni blanc

 

J’avoue n’avoir jamais goûté un blanc de Cassis.

 

Enfin, dans nos villes, nos villages, nos braves ingénieurs des Ponts&Chaussées alliés aux élus locaux, en sus de la prolifération  des giratoires, ont multipliés les cassis.

 

Mobilier urbain, Matériel de collectivités, Bancs de jardin, Extérieur  Panneau dos d'âne vendu par France Collectivités

 

Dans le code de la route le CASSIS OU DOS D'ÂNE était ainsi défini :

 

Indique l'approche d'un cassis ou encore un dos d'âne.

 

Le cassis ou dos d'âne est une déformation naturelle de la chaussée en trou (cassis), ou en tas (dos d'âne) nécessitant une vitesse réduite pour la traverser sans encombre.

 

Son aspect naturel et non construit par l'homme à des fins d'obligation de ralentissement le distingue de son cousin artificiel le ralentisseur annoncé par un autre panneau.

 

Ressources Éducatives Libres - data.abuledu.org | Les ressources libres du  projet AbulÉdu

 

Donc comme le naturel est l’ennemi de la modernité furent défini les ralentisseurs de vitesse installés dans des zones potentiellement sensibles afin de canaliser le trafic et de réduire la vitesse. On les trouve généralement en agglomération, aux abords des zones limitées à 30 km/h, des écoles ou sur les parkings et voies privées. Si les plus connus des ralentisseurs sont les dos d’âne ou les ralentisseurs trapézoïdaux, il existe d’autres types d’aménagements qui peuvent agir comme des ralentisseurs.

 

Les différents ralentisseurs et leur signalisation

 

Le dos d’âne ou cassis

 

Le dos d’âne, ou gendarme couché dans le langage populaire est le plus ancien des ralentisseurs. Il a une hauteur de 10 cm et une longueur de 4 m. Ils sont implantés en agglomération, sur des zones ou voies limitées à 30 km/h, les aires de repos ou sur les chemins forestiers.

 

Le coussin

 

Aussi appelé coussin berlinois ou coussin lyonnais, ces ralentisseurs sont des plateaux surélevés de 6 à 7 cm dotés de quatre bords obliques. Leur forme et leur couleur les distinguent du dos d’âne est le rendent particulièrement visibles.

 

On les trouve en agglomération, sur les sections de voies limitées à 30 km/h, les aires de repos routières ou autoroutières et dans les aires de stationnement. Ils s’intègrent mieux dans le paysage urbain.

 

La bande sonore

 

La bande sonore s’apparente au dos d’âne, mais elle est plus fine et moins haute : 50 cm de largeur et environ 1 cm de hauteur. Elle a pour particularité d’émettre un bruit sourd à chaque passage de voiture. Elles sont généralement regroupées par 5 ou 6 pour avoir un véritable effet dans l’esprit du conducteur.

 

On en trouve 2 types : celles placées sur les autoroutes ou aux abords des péages pour s’assurer que les usagers ne dévient pas de leur route et les bandes sonores à usage privé, généralement jaunes et noires, implantées dans les parkings des centres commerciaux, des hôpitaux, etc. Aucune signalisation ou marquage au sol ne les annoncent.

 

Le créneau

 

Le créneau (ou chicane) prend la forme d’une déformation du tracé de la route, il oblige à ralentir du fait des deux tournants serrés, d’autant plus pour les véhicules de grande envergure considérés comme plus dangereux.

 

Ce type de ralentisseur ne présente pas d’inconfort pour le conducteur ni de risque pour le véhicule. On le trouve généralement aux abords des écoles ou des carrefours à la place d’une ligne droite.

 

L’écluse

 

L’écluse est une autre version du créneau ou chicane, elle se matérialise par une avancée du trottoir qui délimite une chaussée de 3,5 m. De ce fait, seul un véhicule peut passer à la fois et celui arrivant en face doit attendre. L’écluse peut être bordée de voies cyclables afin que les deux roues n’aient pas à passer par la route.

 

Je hais les ralentisseurs urbains, par la grâce de l’un d’eux, boulevard Arago, j’ai passé 15 jours en pneumologie à l’hôpital Cochin, mon cale–pieds s’étant coincé sur le dos de cet âne me faisant valdinguer et poignardé par mon guidon droit. Par temps de pluie ce sont des dangers publics, et la hauteur de certains sont des casse-dos pour les cyclistes.

 

Mais, pour terminer sur une note rieuse cette chronique je vais vous instruire sur mon sorbet au cassis.

 

Note initiale, le cassis est une denrée rare à Paris, deux raisons à cela, il est cher et ne se consomme guère cru, les parigots ne sont pas adeptes de la gelée de cassis. J’ai donc galéré pour en trouver. Lorsque je suis enfin tombé sur des barquettes, afin  de modérer le coût de revient, j’ai fait un mix avec des groseilles.

 

 

C’est simple à réaliser :

 

  • Comme je ne fais pas comme Jean-Yves Bizot de la grappe entière, j'égrappe cassis et groseille, puis je réduis les baies en jus au mixer.

 

  • Ensuite, je passe le jus au chinois, c’est un peu d’huile de coude pour extraire au maximum, comme les bordelais, couleur et arômes.

 

MGE - Passoire Chinois - Passe-sauce de Cuisine - Acier inoxydable - Ø 20  cm: Amazon.fr: Cuisine & Maison

 

  • Ajouter une lampée de Cassis pur jus bio, non alcoolisé.

 

  • Allonger avec du sirop à sorbet maison (sucre cristallisé dans de l’eau bouillante), je sucre peu afin de ne pas tuer l’acidité.

 

 

  • Brassage dans ma turbine à glaces Magimix.

 

  • Empotage

Et voilà le résultat, je suis le petit Berthillon  ICI de la glace maison pour le plus grand bonheur de mes zamours, ça fait des envieux.

Raymond Berthillon, célèbre artisan-glacier de Paris, est mortSorbet Cassis

 

SORBET CASSIS ICI

 

 

Partager cet article

Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents