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23 août 2021 1 23 /08 /août /2021 06:00

Susan Sellers fait le fabuleux récit d'un improbable mariage

Je ne l’ai pas lu, je l’apporte avec moi en vacances.

 

Amazon.fr - Un oiseau de feu - Sellers, Susan, Lacroix, Constance - Livres

 

Sous un tonnerre d’applaudissement, Lydia quitte la scène, chargée de bouquets, dont l’un uniquement d’orchidées, fleur de prédilection de Diaghilev. Il n’a inscrit qu’un mot sur la carte épinglée à la gerbe : Bravissima ! Elle lève les yeux vers sa loge et le salue, avec Serge Lifar, son partenaire dans cette entreprise triomphale de L’Oiseau de feu. Et elle aperçoit Maynard qui applaudit avec tant de frénésie que ses mains en paraissent floues…

 

…Maynard Keynes, son mari, le célèbre économiste, dont les gouvernements britannique, américain et même soviétique s’arrache les conseils, et qui, à quarante ans passé, est tombé amoureux fou de la danseuse étoile des Ballets Russes, lui qui n’avait connu jusque-là que des liaisons homosexuelles. Et elle, la belle Lydia Lopkova, qui a dix ans dansait Casse-Noisette devant le tsar Nicolas II, devenue une star au fil d’une carrière professionnelle et amoureuse mouvementée.

 

Un oiseau de feu, de Susan Sellers: Keynes et la danseuse russePortrait de John Maynard Keynes (1883-1946), économiste britannique et sa femme Lydia Lopokova, le jour de leurs fiançailles en 1925 à Londres. ©Aisa/Leemage

 

Leur liaison improbable, puis leur mariage, inattendu, à Londres en 1925, stupéfia et émut l’Angleterre, en particulier leurs amis du fameux Groupe de Bloomsbury, dont Virginia Woolf, qui commença par s’y opposer… Voici leur histoire.

 

John Maynard Keynes et sa femme Lydia Lopokova. ©BELGAIMAGE

 

CRITIQUE

 

TRIEB   28 juin 2021

 

Nous avons tous entendu parler de la « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie », écrite dans les années trente par John Meynard Keynes, professeur renommé et économiste de son état, auteur de la doctrine économique associée à son nom : le keynésianisme. Susan Sellers, dans une biographie romancée, évoque ce personnage sous un tout autre angle : celui de sa vie privée, de ses repères moraux, de sa conduite, de ses relations mondaines, littéraires avec le groupe de Bloomsbury, auquel appartenaient entre autres Virginia Woolf, Stephen Woolf, son époux, Lytton Strachey, écrivain, Bell Clive, critique d'art, ou encore Vanessa Bell, soeur de Virginia, peintre et décoratrice.

 

C'est à un duo que nous convie Susan Sellers, un rendez-vous culturel entre Keynes , un universitaire reconnu, embourgeoisé , issu de Cambridge, un pur produit de l'élite britannique ; et Lydia Lopokova, une danseuse russe , dont la formation et l'arrière-plan artistique sont forment marqués par l'empreinte des Ballets russes, de Diaghilev, et de Nijinski .Cette artiste a rencontré Mikhaïl Fokine, célèbre danseur chorégraphe russe, Isadora Duncan, danseuse en rupture avec les canons de la danse classique .

 

Très vite, des obstacles surgissent, des objections notamment formulées par Virginia et Vanessa s'élèvent avec insistance : cette Lydia n'est-elle pas trop bohème, imprévisible ? A-t-elle assimilé les usages de la common decency anglaise ?

 

Keynes, de son côté, apparaît comme un homme sûr de lui, de son importance, de ses proches. Ainsi n'envisage-t-il jamais des poursuites contre lui en raison de ses pratiques homosexuelles : « Non que ses orientations sexuelles lui aient jamais attiré de réactions ouvertement hostiles. Bien au contraire, à Eton puis Cambridge, et même au ministère des Finances, il a toujours été, sinon explicitement reconnu, du moins tacitement entendu que sa vie privée ne concernait que lui et devait être respectée. »

 

Avant qu'il ne se marie avec Lydia, contre toute attente, Keynes est séduit, définitivement, par cette artiste, cet Oiseau de feu, oeuvre de Stravinsky, montée par les Ballets russes. Il reconnaît Lydia comme appartenant à son monde : celui des élites, des artistes, des marginaux : « Elle lève les yeux vers sa loge et le salue, avec Serge Lifar, son partenaire dans cette reprise de l'Oiseau de feu. Et elle aperçoit Meynard qui applaudit avec tant de frénésie que ses mains en paraissent floues. »

 

. Un oiseau de feu nous fait pénétrer dans les arcanes du groupe de Bloomsbury, dans l'histoire de la danse russe, peu de temps avant le bouleversement provoqué par la révolution d'Octobre, les références littéraires et artistiques y sont riches, fréquentes : on y apprend énormément, on prend plaisir à cette radiographie du désir, à cette dissection des sentiments humains. Ouvrage à recommander sans conditions

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22 août 2021 7 22 /08 /août /2021 06:00

Une botte d'asperges — Wikipédia

La Passoire aux Petits Pois

Anne Horlaville
La Passoire aux Petits Pois ICI

« À cette heure où je descendais apprendre le menu, le dîner était déjà commencé, et Françoise, commandant aux forces de la nature devenues ses aides, comme dans les fééries où les géants se font engager comme cuisiniers, frappait la houille, donnait à la vapeur des pommes  de terre à étuver et faisait finir à point par le feu les chefs-d’œuvre culinaires d’abord préparés dans des récipients de céramiste qui allaient des grandes cuves, marmites, chaudrons et poissonnières, aux terrines pour le gibier, moules à pâtisserie, et petits pots de crème en passant par une collection complète de casserole de toutes dimensions. Je m’arrêtais à voir sur la table, où la fille de cuisine venait de les écosser, les petits pois alignés et nombrés comme des billes vertes dans un jeu ; mais mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outremer et de rose et dont l’épi finalement pignoché de mauve et d’azur se dégrade insensiblement jusqu’au pied, – encore souillé pourtant du sol de leur plant, – par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand toute la nuit qui suivait un dîner où j’en avais mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum […]

 

 

22 décembre 2016

À la table de Françoise à Combray Marcel Proust appréciait la variété les menus de campagne. ICI 

À la table de Françoise à Combray Marcel Proust appréciait la variété les menus de campagne.

 

Françoise

 

« Cuisinière de tante Léonie à Combray. Elle a une forte personnalité, fait preuve d’un rude bon sens paysan et alterne attentions et rudesse mais fait toujours montre d’une grande fidélité envers la famille du narrateur (1). C’est une excellente cuisinière et sait varier les menus avec les saisons pour le plus grand plaisir de la famille (2). Elle peut faire preuve de cruauté aussi bien envers les animaux qu’envers ses semblables, en particulier les gens humbles comme les domestiques de la maison (3) mais à l’inverse elle est d’une fidélité exemplaire vis-à-vis de sa maîtresse Léonie et s’occupera d’elle durant sa maladie puis son agonie avec beaucoup d’abnégation (4). »

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21 août 2021 6 21 /08 /août /2021 06:00

Gabriel Aranda, ex-conseiller du ministre Albin Chalandon, et son avocat René Floriot répondent aux questions des journalistes à leur arrivée au Palais de Justice de Paris le 18 septembre 1972.

Automne 1972, le Canard Enchaîné révèle des scandales politico-financiers impliquant des élus du parti au pouvoir, l'UDR. Des trafics d’influence, de la corruption qui salissent la scène politique française.

 

La source ?

 

Gabriel Aranda, conseiller technique discret et sans histoire de l'ancien ministre Albin Chalandon.

 

Les journalistes ont eu accès grâce à lui à des documents confidentiels démontrant les magouilles immobilières entre élus et entrepreneurs. Pourquoi Gabriel Aranda est-il allé livrer de tels secrets à la presse ? Personne ne le sait avec certitude.  Mais une chose est sûre, celui que l’on surnomma ensuite l’Archange, vient de lancer une bombe. Des politiciens corrompus, des promoteurs immobiliers véreux, un lanceur d’alerte aux motivations suspectes : tous les éléments sont réunis pour une affaire, décidément, très sensible...

Présentation

La condamnation de la "dictature criminelle" de Staline en 1956, par M.
Khrouchtchev, démontra, si besoin était, le peu de crédit que l’on doit
accorder à priori à la propagande soviétique. Après avoir glorifié Staline et présenté l’U.R.S.S. comme le pays le plus démocratique du monde où
s’établissait progressivement un "paradis populaire", ces mêmes personnages reconnaissent aujourd’hui que la terreur policière régnait... En fait, il est bien évident, qu’en politique, les paroles n’ont pas beaucoup d’importance ; seuls les actes comptent, aussi il n’y a aucune raison d’être certains, qu’obligatoirement, la véritable stratégie politique du gouvernement soviétique, concorde avec sa propagande officielle. Le seul moyen permettant avec certitude de déterminer la politique réelle d’un gouvernement, est d’examiner soigneusement ses actes et les conséquences de ceux-ci. C’est à partir de ces principes logiques, qu’à Paris, Berlin, Essen, Varsovie et Prague, Gabriel Aranda a étudié, en utilisant une très importante documentation, tous les événements survenus dans le monde entre 1918 et 1945. Les actions, et leurs conséquences, de tous les partis communistes ainsi que du gouvernement soviétique, ont été examinées. Les conclusions sont stupéfiantes, mais parfaitement logiques.

Comment les services secrets anglais ont recruté MussoliniStaline – Média LAROUSSE

« Depuis 1917, les dirigeants bolcheviks travaillent pour le triomphe mondial du communisme, c’est en quelque sorte une guerre totale qu’ils mènent. Or, comme l’a dit Machiavel, « à la guerre, la ruse mérite des éloges. » Ils vont donc tenter de provoquer des révolutions en Europe, et plus particulièrement en Allemagne, mais dès le début de 1918 l’état-major de la Révolution Mondiale constata que l’incendie bolchevik avait peu de chance de s’étendre. « Dès lors pour ces hommes dont la raison de vivre était la révolution, il n’y avait qu’une alternative : renoncer à vaincre dans le monde entier ou trouver un moyen machiavélique qui permettrait la victoire, malgré l’impossibilité apparente. Plutôt que de renoncer, ils cherchèrent ce moyen. » Jusqu’ici, rien de très neuf sous le soleil de l’Histoire contemporaine dans les écrits de l’archange. Non, son « génie » autoproclamé est ailleurs. Il se prend pour l’Hercule Poirot de la géostratégie des années d’avant 1945. Je résume sa fulgurante hypothèse : il suffisait à l’URSS « de construire une puissante armée et de la lancer à la curée sur l’Europe au bon moment, c’est-à-dire à l’issue d’une guerre entre les Etats occidentaux, pendant laquelle l’URSS serait resté neutre. » Facile à penser mais plus difficile à faire mais pour notre archange ça n’est pas un problème : tout ce qui a abouti au second conflit mondial a été manigancé par les stratèges de la Révolution Mondiale avec la complicité des PC nationaux placés sous la coupe de la IIIe Internationale : arrivée d’Hitler au pouvoir, affaiblissement de la France et du Royaume Uni, échec des républicains espagnols, Anschluss,  etc. Notre archange accumulait des tonnes de « preuves » pour en tirer des conclusions pour le moins étonnantes sans trop se soucier des contradictions qu’elles comportaient. Mais tout cela n’était que broutille comparé à la révélation finale de l’ami de mon Ministre. Rien moins que « Mussolini, le « Duce » ne fut même en 1940 qu’un « agent communiste » ! Au service « d’un vaste plan machiavélique conçu à Moscou » pour mettre la main sur le monde.

 

« En fait toutes les conséquences des actes du Duce n’eurent qu’un seul bénéficiaire : l’Union Soviétique. Ainsi, c’est à cause de Mussolini, que le Reich perdit sa guerre contre l’URSS […] L’aide, que le Duce apporta au gouvernement soviétique est d’une valeur inestimable. » Mais cette trahison permanente de Mussolini était-elle consciente ou inconsciente ? Pourquoi le Duce prit-il ces nombreuses et graves décisions dont les conséquences faisaient uniquement le jeu des Soviets ? » Pour mon archange l’origine de tout se situe, « en 1903-1904, en Suisse, lors d’une certaine rencontre… » Suspens insoutenable,  nous sommes à la page 301 à 40 petites pages de la fin, l’archange ménage ses effets. Enfin à la page 309 la bombe éclate : « Aussi en 1903 et en 1904, à Genève et à Lausanne, Mussolini, avide d’étendre ses connaissances politiques, fréquenta assidûment ces groupes d’émigrés. Il connut ainsi Lénine et Trotski. Mussolini rencontra également Angelica Balabanoff qui travaillait alors en collaboration avec les deux chefs révolutionnaires russes. Il devint l’amant de cette femme et ils restèrent en relation pendant plusieurs années. Angelica Balabanoff emmena régulièrement Mussolini chez ses amis russes, et finalement, Lénine et Trotski se lièrent d’amitié avec le jeune et ardent révolutionnaire italien, qui était prêt à sacrifier sa vie pour le triomphe de la Révolution. » Point barre, rien de plus qu’une hypothèse fumeuse sur le recrutement sur l’oreiller de « l’agent communiste Mussolini. »

 

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 06:00

Le Maharadjah du Médoc | Sabato

1 septembre 2009

Stendhal à Saint-Estèphe découvre le château exotique de Louis-Gaspard d'Estournel et moi le nouveau chai…  ICI 

 

« Le château bordelais n’a jamais eu besoin d’être vaste. D’ailleurs, il n’était que peu habité. En Médoc, le propriétaire bordelais (puis par la suite parisien ou étranger) n’y résidait pas. Il ne venait qu’une fois l’an lorsque sa présence était nécessaire à l’occasion des vendanges […] De nos jours, le luxe et le confort ne se jugent plus au nombre des salons et ces demeures sont suffisamment grandes pour les besoins de ceux qui ont décidé d’y vivre en permanence. Dans l’économie générale d’un domaine bien géré, la « maison de maître » ne doit pas être une charge inutilement coûteuse […]

 

À la rigueur, la demeure peut manquer. C’est le cas aujourd’hui pour des crus d’origine paysanne et de réputation récente. Mais les bâtiments agricoles sont indispensables. Sans eux, point de vignoble et plus de « château ». Le cas le plus connu est celui de Cos d’Estournel qui a surpris Stendhal lors de son passage à Saint-Estèphe en 1838. L’écrivain s’enchanta de l’étrangeté d’une architecture de fantaisie : « cela n’est ni grec, ni gothique, cela est fort gai et serait plutôt dans le genre chinois ». Mais le plus cocasse est que cette abondance de clochetons, de tourelles, de merlons et de sculptures n’est destinée qu’à des étables et à des chais. M. Destournel a oublié sa maison mais rien ne lui a semblé trop beau pour ses bœufs et pour son vin. »

 

Lunettes Rouges – Amateur d'art

 

Nous sommes en 1988.

 

À la Société des Vins de France, l’ambitieux PDG Axel Rückert, pour échapper au quotidien du « Vieux Papes » et de la « Villageoise », du blues du Port de Gennevilliers, créé en pensant à un autre quai, celui des Chartrons, une filiale : « Crus et Domaines de France » qui rassemble les bijoux de famille autour de la maison Cruse. La direction est confiée à Marc Lenot, plus connu de nos jours des internautes sous le pseudo ICI   « le regard éclairé d'un amateur d'art contemporain. », qui – on le comprend mieux avec le recul du temps – baptise l'enfant aux Beaux-Arts 14 rue Bonaparte. Dans le même élan, avec l'âme de mécènes, Axel Rückert et Marc Lenot créaient « l'Association Crus et Domaines de France pour la mise en valeur du patrimoine architectural des Grands Vignobles Français » Vu des cuves de 10 000 hl de Gennevilliers et de son usine à cracher du 6 étoiles ça avait, disons, un petit air décalé.

 

Amateur d'art – Lunettes Rouges

 

Ce n’est pas une digression, soyez patients, nous nous rapprochons du but, en effet cette association va être à l'origine d'une très belle exposition au Centre National d'Art et de Culture Georges Pompidou, « Beaubourg » sur le thème « Châteaux Bordeaux » qui se déroula du 16 novembre 1988 au 20 février 1989.

 

 

Dans le catalogue de l'exposition, Hugh Johnson, dans un très beau texte introductif « Bordeaux enfin mis en perspective » écrit notamment « que Bordeaux avait inventé une véritable « civilisation du vin » ; notamment en créant une relation privilégiée entre la qualité de ses vins et la qualité de son environnement bâti ; entre le terroir, les hommes et l'architecture de leurs châteaux viticoles. » et de souligner un peu plus loin, qu'attribuer à ces châteaux une appellation « culturelle » lui a permis d'ouvrir sa perspective : «  Jusqu'ici, tous ceux qui, comme moi, connaissaient, ou fréquentaient, ces lieux inspirés les considéraient comme des structures évidentes et immuables. Ils sont tout à la fois une grande ferme au cœur d'un domaine agricole, une manufacture aux performances industrielles, une résidence élégante mais très réservée, un lieu sophistiqué de production économique ouvert sur le commerce mondial et qui a su s'assurer un immense prestige. La complémentarité entre ces diverses vocations crée une synergie qui, à son tour, produit une image forte et mémorable, une « image de marque » graphique et mentale, culturelle et économique, qui participe activement à la dynamique d'un système complet de marketing »

 

Pour l'exposition une douzaine d'architectes européens de premier plan avaient été conviés à concevoir des projets d'avenir pour régénérer et réactualiser le concept des maisons de négoce et celui des châteaux.

 

 

L'un d'eux, proposé par Philippe Robert, concernait « la reconversion des quais et des entrepôts qui s'étirent tout au long des Chartrons jusqu'au cœur de la ville. » recevait l'adhésion de « la Société des Vins de France et Crus et Domaines de France qui souhaitent – si les autorités veulent bien donner leur accord – mettre en œuvre le projet proposé par Philippe Robert ».

 

 

À cette époque, j'étais au cabinet du Ministre, après avoir quitté la SVF en juin 1988, et je suivais par l’entremise de mes collègues le feuilleton : SVF-Castel, qui se dénoua par le rachat du premier par le second en 1992 : lire le point de vue de Thierry Jacquillat, à l'époque DG du groupe Pernod-Ricard propriétaire de la SVF ICI . Je reçus, à leur demande, les membres du Comité Central d’Entreprise de la SVF à la salle à manger du Ministre. La messe était dite.

 

 

Exit Rückert et ses visions pharaoniques, que d’occasions perdues mais je n’en dirai pas plus… Crus et Domaine de France (marques Lichine et Louis Eschenauer) est maintenant dans le giron des Grands Chais de France et, juste avant son départ, Axel Rückert avait fait détruire les 10 cuves béton verré de  9800 hl qui servaient au stockage et les 2 de 5000 hl qui accueillaient les assemblages : cachez-moi ces cuves que je ne saurais voir ! Tout un symbole de l’incapacité d’assumer le passé de la SVF…

 

 

 

 

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19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 06:00

 

 

Août 2001, nous avions décidé de suivre le sentier Stevenson dans les Cévennes, de le faire bien sûr avec un âne pour compagnon, en l'occurrence comme pour Robert-Louis une ânesse prénommée non pas Modestine mais Sarriette. Je venais de remettre mon rapport au Ministre et ... c'est une autre histoire. Ce matin je vous offre un extrait du Journal de route en Cévennes de R.L. Stevenson.

Chemin de Stevenson : randonnée itinérante sur le GR70 en Lozère

Vendredi 4 octobre Adieu Modestine !

 

Examinée le matin du 4 octobre, Modestine fut déclarée inapte à voyager. Il lui fallait au moins deux mois de repos, d'après le palefrenier (...) je résolus de vendre mon amie et de partir par la diligence cet après-midi-là (...) Notre marche de la veille, avec le témoignage du charretier qui nous avait suivis dans la montée de Saint-Pierre, fit une bonne réputation sur les aptitudes de mon ânesse. Des acheteurs éventuels furent au courant d'une occasion sans pareille. Avant dix heures, j'avais une offre de vingt-cinq francs ; et avant midi, après une rude discussion, je la vendis avec la selle et tout le reste pour trente-cinq francs (...)

 

 Encore une chose à noter. Le phylloxera a ravagé les vignobles dans le pays, et au petit matin, sous les châtaigniers près de la rivière, j'aperçus un groupe d'hommes travaillant à un pressoir de cidre. Comme je ne compris pas tout de suite ce qu'ils faisaient, je demandai à l'un d'eux de m'expliquer : " On fait du cidre " dit-il, " oui, c'est comme ça. Comme dans le nord ! ". La voix vibrait, sarcastique : le pays allait au diable.

 

La suite ICI

 

Du Monestier, près du Puy, jusqu'à Saint-Jena-du-Gard, aux alentours d'Alès, Robert Louis Stevenson emprunte les chemins de traverse pour tenter de trouver un dérivatif à la tristesse qui l'a envahi après le départ de Fanny, la femme aimée. Entre le 22 septembre et le 4 octobre 1878, en compagnie de Modestine, l'ânesse achetée au départ, il fuit les routes fréquentées, trop directes et trop rapides. La lenteur du trajet lui convient, elle lui permet de s'incorporer aux lieux et de restituer les tonalités changeantes de l'automne dans les Cévennes. Que le lecteur soit assis dans un confortable fauteuil ou engagé sur le G.R. dans les pas de Stevenson, ce récit précis et admiratif devant les beautés de la nature offre un point de vue original et poétique sur les paysages traversés.

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 06:00

 

J’ai vécu 4 ans dans les bois, plus précisément dans le pavillon d’honneur de l’ancien château de Georges Halphen transformé en hôtel de luxe : Le Mont Royal, à la Chapelle-en-Serval où se rejoignent les voies menant à Chantilly et Senlis, le plus beau bouchon des week-ends des parisiens en mal de forêts.

 

Exilé dans les bois à la Chapelle-en-Serval chez Georges Halphen grand  amateur de textiles précolombiens exposés au musée des arts premiers de  Jacques Chirac. - Le blog de JACQUES BERTHOMEAUPlan La Chapelle-en-Serval : carte de La Chapelle-en-Serval (60520) et  infos pratiques

 

Senlis est qualifiée de ville des pilotes d’Air France, chic et chère dans ses pavés et ses vieilles pierres, on y tourne beaucoup de film dit d’époque.  

 

Que faire à Senlis, escapade sans voiture ? - Un pied dans les Nuages

Aujourd’hui c’est « Le Roi de cœur » (1966)

 

Le Roi de cœur - Film (1966) - SensCritique

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que tel est mon bon plaisir. Mais aussi parce que ce film a enchanté mes années d'école buissonnière. Mais aussi par ce que c'est l'un des plus beaux flop de l’histoire du cinéma français et d'un sympathique réalisateur aux très nombreux succès par ailleurs.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Pour une fois laissons la parole à Wikipédia qui résume parfaitement le scénario :

 

« Fin 1918, les Allemands abandonnent Marville après l'avoir piégé en y cachant un blockhaus rempli de bombes qui doivent exploser à minuit quand l'armée britannique aura libéré la ville. Un soldat britannique, Charles Plumpick, est chargé de localiser la machine infernale et de la désamorcer avant qu'elle n'explose. Sur place, il découvre une cité bien évidemment désertée par ses habitants, à l'exception des pensionnaires de l'asile d'aliénés. Ceux-ci l'accueillent à bras ouverts ; ils reconnaissent en lui - par un rocambolesque concours de circonstances - leur roi (« roi de cœur », cousin du « duc de Trèfle Brialy). Intronisé comme il se doit lors d'une cérémonie officielle à la cathédrale de la ville, Plumpick se laisse séduire par ses nouveaux compagnons, qui ont pour noms, Xénophon, duc de Trèfle précédemment cité, la duchesse Marie-Charlotte et leurs enfants, Brunehaut, Gontran et Albéric , le Général Géranium, l'évêque, Monseigneur Marguerite, monsieur Marcel, le coiffeur,) et la tenancière de la maison close, madame Églantine et l'une de ses pensionnaires, la jolie Coquelicot. Il n'en oublie pas sa mission pour autant.

 

Réalisation

 

Philippe de Broca, avant « Le Roi de Cœur » avait à son actif les immenses succès populaire que furent « Cartouche » (1962) « L’homme de Rio » (1964) et « Les tribulations d’un chinois en Chine » (1965), avec Jean Paul Belmondo acteur fétiche qu’il retrouvera avec « Magnifique » (1973) et « L’Incorrigible » (1975). C’est dire le savoir-faire du bonhomme quand, en 1966 il se laisse aller à « commettre » un sujet qui lui tient à cœur. Malgré une distribution de rêve réunissant parmi les plus grands noms de la scène française ce fut un bide retentissant, tant publique que critique. Il en fut profondément affecté mais poursuivi néanmoins sa carrière, allant de succès en succès avec, toujours des grands noms. Ainsi « Le diable par la queue » (1969) ou « Le Bossu » (1997). C’est le cinéaste de la joie de vivre. Il n’aimait rien tant que le tournage en équipe mêlant acteurs et techniciens. Il adorait les acteurs dont il disait reprenant les mots d’un de ses ainés qu’ils étaient comme du papier de soie. Tu les froisses et c’est fini à jamais. Il a été porté sur les fonds baptismaux par de grands ainés dont il a été l’assistant tels Henri Decoin, Claude Chabrol, François Truffaut ou Pierre Schoendoerffer. Aujourd’hui, dit-on, les jeunes générations de cinéaste font référence à son oeuvre  qui apparaît comme moins frivole ou superficielle qu’elle n’en a l’air. Elle apparaît comme le reflet de la société de la deuxième moitié du XXe siècle.

 

Qui fait quoi

 

Le Roi de cœur - Film (1966) - SensCritique

 

Vous les connaissez tous et il est amusant de les voir presque à leur début. Amusant également de voir comment leur carrière, ceux qui sont restés des (excellents) second rôle ou devenu des « flèches » a évolué

 

Alan Bates :

Et oui, « Alan Bates » cependant je ne saurais dire si ma passion pour cet acteur date de ce film. - Il est Charles Plumpick, le roi de Cœur

 

Geneviève Bujold :   

                   

Vive le Roi de cœur! - Causeur

 

Actrice canadienne qui a su se faire un nom sur la scène internationale et française puisqu’elle tournée deux film avec le fidèle de Broca – elle est Coquelicot

 

Pierre Brasseur :

                              

Truculent acteur, volubile, exubérant, jamais dans l’outrance même s’il s’en approche souvent. Je me souviens de lui, quand jeune homme je fréquentais les théâtres Strasbourgeois car c’était aussi un fabuleux comédien. Une personnalité telle qu’il a évité d’être dans le dictionnaire, défini simplement comme « père du précédent » : son fils Claude

Si ma mémoire est bonne, grand déconneur, Belmondo, sur un tournage, le voit descendre l’escalier de l’hôtel une valise à la main, sans passer par la salle des petits déjeuners. Bebel l’apostrophe et Brasseur de lui avouer que ses déconnades l’ont fait renvoyer du tournage. Bebel ne dit rien mais, valise à la main il rejoint Brasseur qui attend un taxi. Affolement chez les producteurs qui souhaitent comprendre. Bebel, imperturbable leur répond : « Lisez mon contrat. Je joue avec Pierre Brasseur. Pierre s’en va, je pars avec lui. » Bien sûr Brasseur fut réintégré et essaya d’être sage - il est le général Géranium

 

Jean-Claude Brialy :                     

 

On ne présente plus cette vedette du cinéma français tant sa filmographie parle pour ce virevoltant et/ou précieux acteur  plein de fantaisie ou de gravité selon ce qu’i est amené à jouer - il est Xénophon, duc de Trèfle

 

Julien Guiomar :                            

 

Un de ces seconds rôles dont l’apparition à l’écran est toujours un régal. Comment va t il nous faire ça ce coup-ci ? - il est Mgr Marguerite

 

Michel Serrault :

                              

Tellement vrai qu’on a l’impression qu’il a fait ça toute sa vie ou que ce fût son métier avant que d’être acteur (ce qui est le cas de Fabrice Luchini) Pour ma part j’ai l’impression que c’est un rôle qu’il endossa de nombreuse fois alors qu’il n’y en a eu que deux - il est M. Marcel, le coiffeur

 

Jacques Balutin :                            

 

Second rôle très typé avec un bel abatage. Il joua beaucoup de pièces de boulevard - il est le sergent Mc Fish

 

Daniel Boulanger :

 

Daniel Boulanger écrivain et scénariste (notamment sur ce tournage avec de Broca) est aussi le dialoguiste. Cela mérite d’être souligné comme la fidélité  du metteur en scène avec ses partenaires, ainsi Michel Audiard autre dialoguiste régulier - il est le colonel von Krack

 

Philippe de Broca :        

               

Il aimait tellement rire et s’amuser qu’il ne rechignait pas à jouer dans ses propres films  - il est le caporal Adolf Hitler

 

Georges Géret :

                              

Encore un second rôle avec une bouille bien à lui qui tourna quelques quarante films ou sa tête de dur ou de bougon a été fort bien employé. On se souviendra de sa composition dans Z (1969) de Costa-Gavras - il est un soldat avec Mc Fish

 

Yves Robert : le général Baderna

 

Le Roi de coeur (1966)

 

Remarque

 

Le film a été tourné à Senlis. Cette ville est tellement photogénique qu’à la fin de la projection on a envie de s’y rendre sur le champ ou à la première occasion. Il peut être amusant de comparer ce qu’est devenue cette ville cinquante-cinq ans plus tard.

 

Philippe de Broca – “Le Roi de Cœur” | Culturopoing

 

Ce film joue sur deux tableaux. La poésie et le burlesque avec beaucoup de finesse et d’élégance dans les situations et les images et/ou les dialogues.

 

Le burlesque nous rappel parfois ce grand succès qu’a été Hellzapoppin (1941) Un film traitant, sur un mode burlesque justement, des us et coutumes des milieux du spectacle, du théâtre et du cinéma américains. On y trouve des incongruités hilarantes et des quiproquos à profusion.

 

Le « flop »

 

De « Cartouche » tourné en 1962, producteur. La consécration internationale est acquise avec aux « Tribulations d’un chinois en Chine » en 1965 en passant par « L’homme de Rio » en 1964, qui lui vaut une consécration internationale curieusement « Le Roi de Cœur » est un échec critique et commercial. Il arrive que le public se rue sur un film décrié par la critique. L’inverse existe également. Critique louangeuse et public absent. Là, c’est les deux.

 

Bref, un petit tour aux oubliettes jusqu’en 1978. Les droits, vendus aux Américains, donne un second souffle à l’œuvre. Au panthéon des films curieux il devient même culte. Aujourd’hui il est considéré, ben voyons, comme son chef d’œuvre. Les jeunes générations le revendiquent comme un Maître.

 

Malgré l’échec de 1966, des 1969 il tourne « Le diable par la queue » Énorme succès sur lequel nous reviendrons certainement. C’est en tout cas une belle illustration de sa motivation profonde à faire des films : « parce que le rire est la meilleure défense contre les drames de la vie. »

 

Les facéties de Ciné papy

 

Monter le volume sonore de sa télé ne rend pas les sous titres plus lisibles

 

Pax

 

Prochainement « Fauteuil d’orchestre »

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 06:00

Vincent Van Gogh de retour à ArlesLe Botteleur (d'après Millet)", 1889, huile sur toile, de Vincent Van Gogh. (Musée Van Gogh, Amsterdam)

La culture du Foin de Crau

 

MEULES DE FOIN EN PROVENCE, 1888 DE VINCENT VAN GOGH

5 octobre 2010

Gigot d’agneau de Pauillac au foin AOC de la Crau... « Boudie pour les bêtes c'est aussi bon que pour vous le Châteauneuf du Pape ! ICI 

 

FOIN-JONC_BLANC_2010_009.jpg

 

Lorsqu’au temps d’Henri Nallet, Ministre de l’Agriculture, nous décidâmes de mettre le focus de la présidence française de l’UE sur les AOC et que le dépoussiérage des textes législatifs devint une nécessité, nous découvrîmes, sous la houlette de Marie-Hélène Bienaymé de l’INAO,  dans les mille-feuilles de l’ensemble des AO autres que vinicoles des produits aussi exotiques que le foin de la Crau et la porcelaine de Limoges par exemple.

Foin de Crau AOC : 1kg | Truffaut

Foin de Crau 3ème coupe pour les moutons et les chèvres - Douliere Hay  France

Dans la plaine de la Crau, un foin français qui vaut de l’or

SÜDDEUTSCHE ZEITUNG - MUNICH

Publié le 08/08/2021

 

Il n’y a pas que le champagne et Chanel : la France est aussi le pays d’un foin de luxe. Cultivé dans le Sud, destiné aux chevaux de course, il se vend partout sur la planète. Mais plusieurs menaces planent sur cette manne, très consommatrice d’eau.

 

Il va y avoir de la pluie. Les nuages noirs l’annoncent. La pluie est l’ennemie de David Doulière. Elle ruine le foin et le prix auquel il se vend. Si l’herbe fraîchement fauchée à l’odeur si forte et si florale qui repose dans le pré prend l’humidité, comment fera-t-il pour la vendre comme le meilleur foin au monde ?

 

“Ce serait dramatique*”, déclare-t-il. Il jette un coup d’œil au ciel. Dans sa course contre la pluie, il a passé tout l’après-midi sur son chariot élévateur à s’affairer dans les prairies qui entourent le château de Vilpail, une des meilleures adresses pour le foin, ici, à Crau, dans le sud de la France. Frénétique mais routinier, il enfourche une balle après l’autre, les empile sur son camion de 44 tonnes et fonce au grand hangar, vite, rentrer la récolte. Toujours pareil, toujours le même processus, tant que le temps reste sec en cette journée de printemps. Si ça sent le roussi, David Doulière, 59 ans, a beau être marchand, il met la main à la pâte. Ses collaborateurs parcourent les champs alentour en tracteur et font la même chose que lui. Il descend du chariot élévateur et soulève une touffe d’herbe coupée. “Il est d’un beau vert, déclare-t-il, mais il est déjà trop humide !”

 

 

Le territoire - SYMCRAU

 

Pour que le foin atteigne les 14 % d’humidité promis au client, il faudrait qu’il y ait du mistral, ce vent de terre sec qui vient du nord. Or voilà des jours que le vent souffle de la Méditerranée“Si ça continue, l’année 2021 sera une mauvaise année”, confie Doulière. La première coupe, en mai, détermine le prix, ainsi que la deuxième et la troisième, qui ont lieu plus tard. C’est la première qui contient le plus de fibres. Elle est vendue aux propriétaires de chevaux de course de grande classe du monde entier – Allemagne, Grande-Bretagne, Émirats arabes unis ou Sainte-Lucie, une île des Caraïbes.

 

Le foin de Crau est du pur luxe français. Un produit soigneusement fabriqué pour chevaux gourmets et propriétaires connaisseurs. Ce grand cru de l’alimentation animale a droit depuis 1997 à l’appellation d’origine protégée, qui s’applique également aux vins et aux fromages à pâte molle. Il a été le premier produit non destiné à la consommation humaine à recevoir ce label tant convoité. Il se vend actuellement 200 à 250 euros la tonne, aussi cher que le maïs. Beaucoup d’argent pour de l’herbe sèche. Le foin allemand est un tiers meilleur marché. “Il y a le champagne, il y a Chanel et il y a le foin de Crau”, déclare Doulière. Il ne manque pas de confiance en lui.

 

Un oasis de prairies et de haies

 

Son or vert pousse pourtant dans une région plutôt oubliée, méconnue. Toute l’attention va aux paysages de rêve qui l’entourent : à l’ouest, la Camargue, le pays des lagunes étincelant dans le contre-jour et des flamants roses. À l’est, la Provence, ses villages pittoresques et ses célèbres champs de lavande. La plaine de la Crau, toute plate, se trouve juste entre les deux. Elle a deux visages très différents : du côté de la mer, c’est un désert sec, une steppe où l’air vibre et où rien ne pousse à part du thym rabougri. Au nord, en revanche, on trouve une herbe luxuriante : les 2 000 kilomètres de canaux d’irrigation qui apportent de l’eau des Alpes depuis le XVIe siècle font de la Crau humide une oasis de prairies et de haies, qui ressemble plus à un comté anglais qu’à un paysage méditerranéen. C’est là, sur 13 500 hectares, que les producteurs récoltent leur précieuse marchandise.

 

Tout pourrait donc être idyllique. David Doulière et les [près de] 300 autres membres du Comité du foin de Crau, l’association locale du foin, pourraient vaquer tranquillement à leurs activités si le site n’était pas menacé de tous les côtés, par exemple par les cinq oléoducs qui courent sous les prairies ou par les nouvelles autoroutes qui grignotent la plaine. Et si le dérèglement climatique ne faisait pas du foin de luxe lui-même un problème.

 

Accros au foin de Crau - Oui ! Le magazine de la Ruche Qui Dit Oui !

 

Certes, les producteurs n’ont pas besoin de pluie, mais il leur faut tout de même d’énormes quantités d’eau, que les canaux détournent de la Durance : 300 millions de mètres cubes par an, selon Foindecrau, ce qui correspond à 2,5 milliards de baignoires. Or l’eau se fait de plus en plus rare dans le sud de la France.

 

Doulière et ses collègues sont de plus en plus confrontés à des questions critiques : toute cette eau juste pour que la steppe soit bien verdoyante, est-ce défendable ?

 

Un régal pour animaux de luxe peut-il justifier cette consommation ?

 

Ou est-ce décadent ?

 

Le conflit ne fait que commencer. “Il ne faut rien changer à l’irrigation, déclare Doulière. Ce serait dramatique*.” Bien sûr. D’après lui, ce ne sont pas seulement des intérêts économiques et environnementaux qui sont en jeu mais un paysage de près de 500 ans. Vincent Van Gogh avait peint la récolte du foin en 1888 quand il vivait à Arles, à côté.

 

En 2021, la récolte ne se fait plus avec râteaux et chars à bœufs mais avec botteleuses automatiques et chariots élévateurs. Doulière continue à se démener dans les prés. Plus les nuages se font menaçants, plus vite il ramasse les lourdes balles de foin comme si c’étaient des petits cubes en bois. À 19 h 30, tout s’arrête : il pleut comme vache qui pisse. Doulière a rentré un tiers de la première coupe. Le reste va devoir attendre au moins cinq jours sans pluie sur le sol avant de pouvoir être ramassé.

 

Produire du foin, c’est tout un art dans la plaine de la Crau. Des règles précises, le soleil, le mistral et un apport en eau maîtrisé donnent ses lettres de noblesse à ce produit apparemment banal. De mars à septembre, les prairies sont inondées tous les huit à dix jours grâce à de petites écluses. Pendant dix heures, pas plus, sinon l’herbe pourrit. L’eau qui ne s’infiltre pas dans le sol s’écoule par les rigoles. L’eau de la Durance nettoie l’herbe et lui apporte des nutriments, ce qui permet trois récoltes par an. La première va aux chevaux, les deux autres aux vaches et aux moutons, ce sont les prémices de bons fromages français.

 

Le seul engrais, ce sont les déjections des moutons qu’on mène sur les prairies en hiver. Les règles de l’AOP interdisent les pesticides.

 

Fromental : planter et entretenir – Ooreka

Le foin de Crau contient jusqu’à 32 sortes de plantes, d’herbes aromatiques et de fleurs ; cinq d’entre elles doivent obligatoirement y figurer, parmi lesquelles le fromental. Une fois liées, les balles ne doivent pas passer la nuit sur les champs. Les producteurs sont d’ailleurs de véritables pros du marketing en matière de conditionnement : l’authentique foin de Crau est lié avec une ficelle spéciale rouge et blanc, elle aussi protégée.

 

Les autorités chargées de la répression des fraudes enquêtent régulièrement sur des contrefaçons. Un faux foin de Crau venant en fait du Canada a été retiré de la circulation en Irlande. Des imitations ont été repérées en Allemagne.

 

S’il y en a un qui apprécie particulièrement le fourrage français en Allemagne, c’est Klaus Hart, un négociant de Bochum. Il fait partie des rares personnes qui importent du foin de Crau, “pour les chevaux de course de première catégorie”. Il n’achète plus de foin allemand : il contient trop de sucre, est trop humide et trop souvent mêlé de terre. C’est comme comparer le rôti de porc à la salade provençale. “Avec le foin de Crau, les chevaux sont en forme, pas gros. Il contient des sels minéraux et est riche en protéines, s’extasie-t-il. Il est sec mais pas poussiéreux.” Ce qui est important pour les poumons des stars de l’hippodrome : la présence de terre dans le fourrage peut faire la différence entre la victoire et la défaite.

 

Sur le bureau de David Doulière, dans la zone d’activité de Saint-Martin-de-Crau, la capitale du paradis du foin, se trouvent des photos de deux de ses meilleurs clients : Trêve, une jument spécialiste du plat, et Timoko, le champion de trot. Ils ont remporté chacun plusieurs millions d’euros – grâce à son superfoin entre autres, d’après Doulière.

 

“Je fournis de la très haute qualité”, déclare-t-il. Si un client n’est malgré tout pas satisfait, il fait jouer la garantie. Doulière le rembourse ou lui fournit du nouveau foin. Un client suisse a récemment trouvé de la sétaire verte dans son foin. C’est mauvais : la sétaire provoque des inflammations dentaires chez les chevaux. “Notre foin est un produit naturel pas un produit de synthèse, explique Doulière. Ça peut malheureusement arriver.”

 

Défenseurs de la terre

 

C’est aussi ce qu’a découvert l’émir de Dubaï. Mohammed ben Rachid Al-Maktoum a un jour fait venir Doulière spécialement de France par avion, une véritable convocation, car ses palefreniers avaient trouvé de petits os dans le foin de Crau. “Il y avait eu un lièvre dans l’herbe au moment de la récolte, raconte le producteur. Je lui ai expliqué ce qu’était une prairie, qu’il y avait des animaux sauvages qui vivaient dedans.” L’émir, qui avait payé 500 euros par tonne de foin, s’est calmé. Doulière continue à approvisionner la cour.

 

Oui, la prairie vit. Dans sa partie sud, la plaine de la Crau est toujours une steppe couverte de pierres. D’après le poète antique Eschyle, Héraclès s’y retrouva un jour pressé par les Ligures et Zeus fit pleuvoir des pierres pour contraindre ses ennemis à la fuite. Ça, c’est la légende. Du point de vue géologique, ces cailloux sont les vestiges de l’ancien delta de la Durance, qui s’est jetée dans la mer à cet endroit jusqu’au dernier âge de glace. Et cette steppe pierreuse vit aussi.

 

Prionotropis hystrix rhodanica, par exemple, une sauterelle qu’on ne trouve qu’ici, est un aliment vital pour de nombreux oiseaux, par exemple le ganga cata. Tous deux, la sauterelle comme le ganga cata, sont menacés d’extinction. Ces animaux ont été vus pour la dernière fois sur le site d’une piste d’essais automobiles de BMW.

 

L’homme utilise cette étendue de terre pour des choses qu’il n’aime pas avoir à proximité. Par exemple la base aérienne d’Istres, une usine de dynamite, les monceaux d’ordures de Marseille. Et pour les oléoducs. L’éclatement de l’un d’entre eux a pollué 46 000 tonnes de terre en 2009.

 

Là où la plaine de la Crau touche la Méditerranée s’élèvent les cheminées polluantes des raffineries de Fos-sur-Mer. Le foin ne présente cependant pas de taux inquiétant de substances toxiques, à en croire les mesures de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions. Cela tient du miracle.

 

Une petite partie de la plaine de la Crau est réserve naturelle nationale depuis 2001. Cela ne freine pas la menace que les producteurs de foin craignent le plus : les autoroutes se multiplient et les hangars poussent comme des champignons parce que c’est là que se croisent les chemins qui partent du port de Marseille pour aller en Espagne et dans le nord de l’Europe. Or le grignotage des surfaces se fait surtout au détriment des prairies à foin. Doulière et l’association des producteurs de foin se considèrent comme les défenseurs de ces terres. Il est furieux qu’on reproche à leur entretien de ce paysage gourmand en eau d’être antiécologique. “On n’est pas des gaspilleurs.”

 

Un écosystème menacé

 

Annick Mièvre voit les choses différemment. Directrice de la délégation Paca-Corse de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, elle trouve que les producteurs ponctionnent trop d’eau de la Durance. Le fleuve n’alimente pas seulement la plaine de la Crau mais fournit de l’eau potable à 3,5 millions de personnes en tout. “La ressource se raréfie”, déclare-t-elle. L’écosystème du fleuve risque de se retrouver déséquilibré. Les modèles climatiques pour la période allant jusqu’à 2065 prévoient beaucoup moins de neige en hiver et un niveau très faible en été. “La solution, c’est d’économiser l’eau”, conclut-elle. Elle fait pression pour que la production de foin ne prélève dans le fleuve que ce dont elle a vraiment besoin – d’autant qu’une grande partie des volumes destinés à l’irrigation s’écoule sans être utilisée. L’agence a déjà multiplié par deux le prix de l’eau depuis 2012.

 

L’association des producteurs de foin a consenti à ce que la part d’eau qu’elle tire d’un lac de retenue situé sur le cours supérieur de la Durance soit réduite pendant les mois d’été au profit de la production d’électricité. Sinon, elle rappelle que l’eau des prairies s’infiltre dans la nappe phréatique et contribue donc à l’approvisionnement de la population.

 

Eau potable, production d’électricité et arboriculture fruitière – il y a beaucoup d’intérêts opposés au foin pour chevaux de course dans la bataille de l’eau de la Durance. Doulière croit cependant savoir comment son secteur pourra sortir de la défensive : “Nous devons demander à intégrer le patrimoine culturel de l’humanité de l’Unesco. Nous préservons un paysage culturel et la biodiversité.” De plus, d’après ses calculs, 4 000 hectares de prairie à foin retiennent chaque année 65 000 tonnes de CO2. Alors qu’on ne lui parle pas de réchauffemement climatique !

 

En tout cas, son entreprise va continuer à croître. Elle avait quelque peu souffert à cause du coronavirus. Comme il y avait moins de courses de chevaux, certains entraîneurs nourrissaient leurs bêtes avec du foin bon marché. Cependant, la demande repart. Doulière s’est acheté aux États-Unis, et moyennant 2 millions d’euros, une machine qui comprime le foin au maximum et l’assemble en petites balles très denses. “Ça facilite l’exportation”, se réjouit-il.

 

Klaus Hart, l’importateur de la lointaine Bochum, réfléchit lui aussi au moyen de gagner encore davantage avec le foin de Crau. Il s’est mis à en vendre à des propriétaires de cochons d’Inde. Les cochons d’Inde sont eux aussi des animaux sensibles. “Ça marche très bien, confie-t-il. Les gens sont prêts à payer très cher.” Il demande 6 euros pour un kilo de foin de Crau pour cochons d’Inde. Soit 6 000 euros la tonne.

 

* En français dans le texte.

Leo Klimm

 

Les prairies de la Crau Humide à Entressen - © Service Communication ville d'Istres

FOIN DE CRAU ICI

 

 

Le Foin de Crau a obtenu son AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) et son AOP (Appellation d’Origine Protégée, équivalent de l’AOC au niveau européen) en 1997 (Règlement CE n°2325/97 et publication au Journal Officiel n°224 du 26 septembre 1999).

 

 

Il s’agit du premier aliment pour animaux à obtenir un tel label de qualité, et encore le seul aujourd’hui. Ce résultat est le fruit d’une reconnaissance et d’une organisation très ancienne qui a débuté à la fin du XIXe siècle et qui se poursuit encore de nos jours.

 

 

La démarche qualité pour le Foin de Crau assure une garantie supplémentaire pour les clients. Ce foin est reconnaissable grâce à sa ficelle rouge et blanche.

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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 06:00

81_1.jpgAuteur Jean-loup Chiflet | Robert Laffont Canada

 

8 juin 2014

Il vaut mieux avoir l'air conditionné que l'air stupide : I love Jean-Loup Chiflet buveur chic ICI

 

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Dans le cadre de ma nouvelle politique du « moins j’en fais mieux je me porte » j’externalise sans délocaliser. Aujourd’hui je vous branche sur un papier de Jean-Loup Chiflet  qui « ne manque ni de livres ni d'humour, la preuve, c'est qu'il est éditeur et aussi auteur d'une cinquantaine d'ouvrages sur l'humour et la langue, dont le fameux Sky my husband! Ciel mon mari! Il se définit lui-même comme « spécialiste, ancien élève et grammairien buissonnier ».

 

 Pourquoi ?

 

2 raisons : la première c’est que j’adore sa chronique que je dédie aux accros de la grammaire, la seconde c’est que c’est un buveur chic ou du moins je le présume.

 

Donc Jean-Loup  Chiflet écrivait  le 14/07/2011 « Il vaut mieux avoir l'air conditionné que l'air stupide »

 

Le magasin pittoresque de la littérature française

Vous allez enfin tout savoir sur les détails intimes, croustillants et émouvants de la vie de nos grands écrivains : caractéristiques physiques, animaux de compagnie, lieux de résidence, vie sexuelle, secrets de famille, tics, obsessions, phobies etc... Ce petit ouvrage aurait très bien pu s'appeler "Miscellanées" mais nous lui avons préféré un titre emprunté à un magazine encyclopédique très en vogue au XIXe siècle, le Magasin pittoresque.

 

Dans ce pêle-mêle littéraire, vous allez tout savoir sur les détails intimes, croustillants et émouvants de la vie de nos grands écrivains (animaux de compagnie, vie sexuelle, secrets de famille, obsessions, phobies...).

 

Ainsi vous apprendrez, entre autres choses, que le chien d'Emile Zola s'appelait Hector et le chat de Perec Delo, que Maupassant mourut fou à 43 ans, que Colette utilisait des vélins bleu lavande, que Jean-Claude Carrière ne pouvait pas écrire sans son crâne mexicain fétiche, que Montaigne souffrait de calculs rénaux, que Cocteau était opiomane, et qu'il y a en France 2 370 rues ou avenues Victor-Hugo et seulement 330 rues Gustave-Flaubert.

 

 

 

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15 août 2021 7 15 /08 /août /2021 06:00

Histoire d'une lutte - Les congés payés

« Je prends relâche, je repose mes yeux, je rêve à d'autres choses, je me remets à neuf »

Alain, Propos, 1924, p. 615

À celles et ceux qui, gentiment, me demandent : « Tu pars quand en vacances ? » je réponds « Je suis en vacances éternelles ! »

 

L'histoire des congés payés en France | Rue de la Paye

20 juin 1936

Le Front populaire généralise les congés payés ICI 

 

Un mois après son arrivée au pouvoir, le Front Populaire généralise les congés payés en France. La loi est votée à l'unanimité par les députés le 11 juin 1936 et promulguée le 20 juin 1936. Elle prescrit un minimum de deux semaines de congés par an pour tous les salariés français liés à leur employeur par un contrat de travail.

 

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En 1942, Léon Blum a contribué à forger ce mythe en déclarant devant ses juges du procès de Riom : « Je ne suis pas souvent sorti de mon cabinet ministériel mais, chaque fois que j'en suis sorti, j'ai traversé la grande banlieue parisienne et j'ai vu les routes couvertes de ces théories de tacots, de motos, de tandems, avec des couples d'ouvriers vêtus de pull-overs assortis, et qui montraient que l'idée de loisir réveillait, même chez eux, une sorte de coquetterie naturelle et simple; tout cela me donne le sentiment que, par l'organisation du travail et du loisir, j'avais malgré tout apporté une espèce d'embellie, d'éclaircie dans des vies difficiles, obscures; qu'on ne les avait pas seulement arrachés au cabaret, qu'on ne leur avait pas seulement donné plus de facilité pour la vie de famille, mais qu'on leur avait ouvert la perspective d'avenir, qu'on avait créé chez eux un espoir. »

 

LES CONGÉS PAYÉS, C'EST UN DROIT ! | L'HUMAIN D'ABORD DOUAI

Vive l'été, le soleil et les congés payés - YouTube

 

État providence

 

De ce point de vue, les bourgeois conservateurs ont fait preuve de lucidité. Keynes, l'un des précurseurs de l'Etat providence avec Lord Beveridge, était un grand bourgeois. Il écrivait en 1931, à propos de la doctrine communiste : « Comment puis-je adopter une doctrine qui, préférant la vase au poisson, exalte le prolétariat crasseux au détriment de la bourgeoisie et de l'intelligentsia - qui, en dépit de tous leurs défauts, sont la quintessence de l'humanité et sont certainement à l'origine de toute oeuvre humaine? »

 

Bismarck fut le premier, dans l'Allemagne des années 1880, à faire voter les grandes lois ouvrant la voie de l'Etat providence. Il n'avait certes rien d'un socialiste, et écrira dans ses Mémoires : « Messieurs les démocrates joueront vainement de la flûte lorsque le peuple s'apercevra que les princes se préoccupent de son bien-être. »

 

La Rochefoucauld-Liancourt, en juin 1790, déclarait devant le Comité de mendicité : « Nous savons tous que si la propriété est la base des sociétés politiques [...à, il est de l'intérêt public de prévenir les désordres et les malheurs où seraient conduits un grand nombre d'hommes sans ressources qui, maudissant les lois dont ils n'avaient jamais senti les bienfaits, pourraient, par l'excès de leur misère, être entraînés d'un moment à l'autre à servir les entreprises des ennemis de l'ordre public; ces considérations politiques se réunissent aux cris impérieux de l'humanité pour qu'un gouvernement sage compte au rang de ses premiers devoirs le soulagement de la pauvreté. »

 

L'histoire lui a donné raison. La pression populaire seule n'explique pas le développement de l'Etat providence. La découverte, au XXVIIIe siècle, des lois de la probabilité permit la maîtrise des risques et la naissance des systèmes d'assurance et de sécurité sociale. Mais ses véritables promoteurs se trouvent au sein de la bourgeoisie éclairée, depuis longtemps convaincue que ces conquêtes ouvrières deviendraient le meilleur rempart de l'ordre social.

 

Bref, si je touche une belle retraite c’est que j’ai à la fois cotisé au régime général dit de répartition et à des régimes complémentaires par points.

 

Ma seule activité étant l’érection journalière de chroniques sur mon blog, je vais cette année innover en faisant relâche jusqu’au début septembre.

 

Pour autant vous n’aurez pas forcément un écran blanc mais sans doute de vieilles chroniques ou des chroniques brèves mijotées avant mon départ.

 

Bonnes vacances et à bientôt sur mes lignes…

 

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 06:00

 

1966, l’année de mes 18 ans, je viens de boucler ma première année de Droit à la Fac à Nantes. Ma bourse plate me permet tout de même de me gaver de me gaver de cinéma au Katorza où le tarif étudiant : 3 francs c’est le prix de 2 sandwiches au jambon. Beaucoup d’entre nous vivions de peu mais nous étions fichtrement heureux de goûter à la liberté. Nous faisions la fête, fréquentions assez peu les amphis, commencions à refaire le monde.

 

S’il est un film qui a éveillé en moi les premières questions sur l’amour conjugal, le carcan de la fidélité, c’est bien le film de de Pierre Granier-Deferre « Paris au mois d’août »

 

affiche-Paris-au-mois-d-aout-1965-1.jpg

 

La suite ICI 

 

Paris au mois d'aout - René Fallet

 

Dans le roman, René Fallet dit que son personnage ressemble à Charles Aznavour. Pierre Granier-Deferre ne se l’est pas fait dire deux fois. En adaptant Paris au mois d’août, il confie le rôle principal à l’acteur de Tirez sur le pianiste. C’est un été en noir et blanc. Il fait beau. Sa femme et ses enfants sont en vacances à Concarneau. Plantin travaille au rayon pêche de la Samaritaine. Ce petit vendeur en blouse grise a l’air de sortir d’un dessin de Sempé. Il rêve, se promène mains dans les poches, tombe sur une touriste anglaise qui cherche le Panthéon. C’est parti.

 

Extrait du film Paris au mois d'août - Paris au mois d'août - Les 5  premières minutes - AlloCiné

 

Patricia est blonde, mannequin. Elle balance son sac au bout du bras, se demande à quoi sert l’Académie française, s’interroge: «Qu’est-ce que c’est, un brin?» Ils se promènent dans le VIe arrondissement et leur errance rappelle celle du Feu follet.

 

L'amour éphémère de Charles Aznavour dans Paris au mois d'août

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