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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 06:00
Mieux vaut tard que jamais : l’INAO prône le vert dans les vignes : guide de l’agroécologie en viticulture.

Le 3 mars j’ai écrit à l’INAO :

 

Bonjour à vous,

 

Présenté le 2 mars sur le stand du ministère de l'Agriculture au salon de l'agriculture à Paris, ce document a été rédigé avec l'INAO. Il doit aider les ODG à introduire des mesures agroenvironnementales dans les cahiers des charges des appellations et des IGP. L'INAO en adressera un exemplaire à chaque président d'ODG.

 

Je ne suis pas président d'ODG mais je souhaiterais recevoir ce document en tant que chroniqueur sur le vin.

 

Mon adresse … boulevard Saint-Jacques 75014 PARIS.

 

Je profite de courrier pour féliciter le sieur Jean-Louis Piton.

 

Bien à vous.

 

Le jour-même j’ai reçu cette réponse :

 

Bonjour,

 

Vous trouverez ci-joint, le guide de l’agroécologie en viticulture.

Une version papier du guide vous parviendra par courrier.

Cordialement.

Jean-Luc Dairien

 

Je remercie le directeur de l’INAO pour sa célérité.

 

«Comment peut-on imaginer aujourd’hui qu’une organisation de producteurs soucieuse de valoriser son terroir et de prendre pour cela des mesures spécifiques pour le protéger, par exemple par des pratiques culturales plus respectueuses de l’environnement, ne soit pas reconnue et accompagnée dans sa démarche?»

 

Formulée début 2016, par Jean-Charles ARNAUD, Président du Conseil Permanent de l’INAO, cette interrogation a conduit le Ministre de l’Agriculture à lever les obstacles rencontrés par les filières sous signe de qualité et d’origine, pour intégrer les mesures agroenvironnementales dans leurs modalités de production.

 

Parce que la protection des terroirs implique le respect de l’environnement, ce choix stratégique s’impose tel une évidence ; une évidence d’autant plus forte que la définition d’un produit sous indication géographique est fondée sur le triptyque «description technique ou organoleptique du produit, terroir de production, et savoir-faire de l’opérateur». Mais depuis 2016 et l’incitation de Stéphane LE FOLL, la démarche collective des producteurs sous signe de qualité et d’origine a pris en charge une approche agroécologique qui ne demandait qu’à s’exprimer.

 

C'est ce qu'écrit le Directeur de l'INAO.

 

Voilà donc la copie 52 pages que je peux vous faire parvenir en PDF si vous me le demandez.

 

Ce projet qui porte l’acronyme «AGRO-ECO-VITI» est conduit par l’Institut Français de la Vigne et du Vin, en collaboration avec l’INAO et la participation au comité de pilotage de:

 

– l’Onema – qui rejoint l’Agence française pour la biodiversité à partir du 1er janvier 2017 –

 

– la Direction Générale de la Performance Économique et Environnementale des entreprises du Ministère de l’Agriculture,

 

– la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées (CNAOC),

 

– la Confédération des vins IGP de France.

 

Le projet est lauréat de l’appel à projet Ecophyto 2 de 2016 ; Avec le soutien financier de l’ONEMA.

 

Je vous livre la préface de Stéphane Le Foll Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt.

 

Sans faire de mauvais esprit, la plume de notre Ministre sent la besogne des services, ça jargonne dur !

 

L’évolution de l’agriculture vers l’agroécologie doit désormais être un élément structurant des réflexions de tous ceux qui participent à construire l’avenir de l’agriculture. Une réalité s’impose : il est possible de faire coexister les enjeux environnementaux et économiques. Il nous appartient collectivement de dépasser ce qui pouvait ressembler hier encore à des contradictions, des oppositions et surtout d’en tirer profit.

 

En effet, la prise en compte des enjeux environnementaux peut même être un vecteur de compétitivité et plus généralement de création de valeur.

 

A chaque crise sectorielle, le même constat s’impose: les productions qui ont une valorisation supplémentaire, correspondant à des segments de marchés qualitatifs, obtiennent des prix plus rémunérateurs.

 

La filière viticole, qui a vécu dans le passé, de graves crises, sait parfaitement que les vins à indication géographique ont montré leur pertinence dans le monde.

 

Il faut maintenant aller plus loin, et plus vite.

 

Le «Guide de l’Agroécologie en Viticulture» est, à ce titre, un outil destiné à accompagner les viticulteurs qui veulent progresser vers l’agroécologie, avec méthode et détermination.

 

Bravo pour cette initiative conjointe de l’INAO et de l’IFV. Je vois, dans la complémentarité et la mobilisation dont elle témoigne, entre l’Institut et le Centre technique, un signe de l’ambition agroécologique de toute une filière. Je m’en réjouis car cela lui permet de s’affirmer, une nouvelle fois, comme une filière dynamique, moderne en phase avec les enjeux sociétaux et en même temps capable de réussir économiques.

Mieux vaut tard que jamais : l’INAO prône le vert dans les vignes : guide de l’agroécologie en viticulture.
Mieux vaut tard que jamais : l’INAO prône le vert dans les vignes : guide de l’agroécologie en viticulture.
Mieux vaut tard que jamais : l’INAO prône le vert dans les vignes : guide de l’agroécologie en viticulture.
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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 06:00
La truffe, gemme des terres pauvres, la plus révérée des princesses noires ou la blanche d’Alba diamant du Piémont.
La truffe, gemme des terres pauvres, la plus révérée des princesses noires ou la blanche d’Alba diamant du Piémont.

Pour lutter contre la disparition de la truffe, des chercheurs de l’Inra l’étudie depuis plus de quarante ans sous toutes les coutures : mycorhization contrôlée, génomique, physiologie, reproduction et écologie.

 

Truffes : les chercheurs ont du nez !

 

« Magiques ou aphrodisiaques, on a souvent prêté à la truffe de nombreux pouvoirs. Aujourd’hui, elle est surtout appréciée par les gourmets prêts à dépenser des fortunes pour se procurer ces diamants de la cuisine. Qu’elle soit du Périgord, du Tricastin, de Teruel (Espagne) ou encore du Piémont (Italie), la championne des champignons est rare et donc chère : la truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum) coûte en moyenne 500 €/kg. La truffe blanche du Piémont (T. magnatum) peut avoisiner 6 000 €/kg. Son parfum varie en fonction du lieu où elle est cultivée, du terroir et de sa maturité.

 

Grâce entre autres aux efforts de l’Inra depuis plus de quarante ans, la baisse de production observée au cours du 20ème siècle est enrayée. Les apports de l’Inra sont significatifs autant d’un point de vue scientifique, avec plus de 70 papiers publiés dans des revues internationales dont deux dans la prestigieuse revue Nature, que d’un point de vue pratique avec la mise au point de l’inoculation des plants mycorhizés, qui associe en laboratoire l’arbre et la truffe, et l’amélioration des techniques culturales.

 

Depuis 25 ans, la production est stable avec même une tendance à l’augmentation ces dernières années. Toutefois, malgré la mise en place à grande échelle de plantations de plants truffiers (environ 1000 hectares par an), ainsi que l’amélioration des techniques de gestion des truffières, nous n’avons pas encore retrouvé le niveau de production de la fin du XIXe siècle.

 

La production française ne suffit plus à répondre à la demande, ce qui nécessite son importation accrue. Afin de pallier ce problème, six laboratoires et deux organisations professionnelles se sont regroupées autour du projet Systruf «Bases d’une intensification écologique durable des écosystèmes truffiers», financé par l’Agence Nationale de la Recherche.

 

Pendant quatre ans (2010-2013), ce programme de recherche participative entre la recherche agronomique et la filière trufficole a étudié la biologie et l’écologie de la truffe sous toutes les coutures : génomique, nutrition, développement, reproduction et interactions avec les plantes, les autres champignons et les bactéries du sol. Les chercheurs nous dévoilent ainsi une partie des mystères de la truffe. »

 

Lire la suite ICI 

 

  • Unir l’arbre et la truffe pour lutter contre sa disparition
  • La symbiose arbre-champignon : une équation génétique ?
  • La génétique plonge le nez dans les arômes
  • Lutter contre la contrebande
  • Le sexe des truffes en kit
  •  

Le 30 décembre 2010 j’écrivais :

 

« Enfant je détestais la galantine truffée du charcutier que maman achetait pour le repas de Noël et ce pour deux raisons : la première était gustative, je suis allergique à la gelée qui l’entourait, la seconde était liée à mon instruction religieuse, en effet ce carré noir central, tel l’œil de Caïn dans la tombe, ne me disait rien qui vaille. J’en mangeais bien sûr pour faire plaisir à ma sainte mère mais mon rapport à la truffe s’en est toujours ressenti : je ne cours pas après. Même que, dans mes vertes années, la Tuber mélanosporum, évoquait pour moi la ringardise de la poularde demi-deuil chère aux banquets républicains et aux demi-sel chers à Audiard et consorts. »

 

[…]

 

« Reste que la truffe garde encore aujourd’hui sa part de mystère, certes on n’élucubre plus en affirmant qu’elle naît « des pluies d’automne et des coups de tonnerre secs », on ne la diabolise plus, elle l’« enfant des dieux », depuis que notre sainte mère l’Eglise catholique et romaine ne la rejette plus comme porteuse de mille sorts, on laisse à l’Ecole Nationale de chimie de Toulouse et à la société Trufarôme leur aromatisant jus de truffe commercialisé sous la marque « Arôme de Truffe », on préfère penser à George Sand qui vouait à la « gemme des terres pauvres », la plus « révérée des princesses noires, une passion sans borne ou à Giono la dégustant « au plus près de la Provence, crue avec du sel et de l’huile d’olive ».

 

Moi ce que j’aime dans la truffe, la « rabasse » provençale, c’est qu’elle est capricieuse, exigeante : elle naît dans un sol attentif et adapté, c’est mademoiselle « juste ce qu’il faut » de chaleur, de froid, de pluie, c’est la locataire d’un arbre ami, c’est une amoureuse d’une nature humanisée mais respectée. De plus, sa récolte, le cavage s’avère délicate et aléatoire. Elle nécessite un détecteur : cochon (S-O), chien (S-E), mouche (Grasse) selon la tradition locale, de la patience, du nez, de la délicatesse lorsque le caveur gratte le sol avec son « truffidou ». Connaissance empirique des signes annonciateurs, sens de l’observation : le brûlé du sol autour de l’arbre truffier, ressenti, chaque rabassier a ses secrets. »

 

Ma chronique ICI 

 

Si je vous demande :

 

  • Est-ce que vous connaissez le tuber magnatum pico ?

 

Bien peu vont me répondre, mais si au contraire, je vous dis :

 

  • Est-ce que vous aimez la truffe blanche ?

 

J’ai plus de chance d‘obtenir des réponses positives. Et pourtant, il s'agit du même produit, l'un des plus précieux au monde du point de vue gastronomique et économique. À cause de son prix très élevé, la valeur de la truffe blanche peut dépasser celle d'un diamant.

 

La truffe blanche d'Alba est la plus célèbre. Alba est une commune du Piémont, en province de Cuneo, qui détient le record de la plus ancienne Foire de la Truffe blanche (entre les mois d'octobre et novembre).

 

La Vente aux enchères Mondiale de la Truffe Blanche d'Alba qui a lieu dans la Salle des Masques au Château de Grinzane est très people de Joe di Maggio à Alfred Hitchcock, mais aussi Ugo Tognazzi, Alain Delon, Gérard Depardieu et beaucoup d'autres.

 

À l'occasion de l'édition 2010, 13 truffes ont été vendues aux enchères pour un total de 307,2 mille euros. L'une des truffes plus précieuses a été vendue à Hong Kong à 105 mille euros, l'autre à Grinzane à 100 mille euros.

 

En 2009, Hong Kong s'est adjugée la truffe la plus précieuse ayant un poids de 750 grammes, vendue à 100.000 euros.

 

AFP | Publié le 22/10/2016

 

« Au total, l’Italie compte 200 000 truffiers, tout type de champignon confondu, dont 4000 dans le Piémont, où se trouve Alba. Depuis 86 ans, cette ville de 30 000 habitants accueille chaque année pendant presque deux mois une «grande foire à la truffe blanche», qui attire des milliers de visiteurs, y compris étrangers.

 

Cette année (2016), le prix de la truffe blanche d’Alba oscille entre 3 et 4000 euros le kilo à la Fiera, qui dure jusqu’au 27 novembre.

 

«Cela fait 50 ans que je cherche des truffes, je connais tous les plants, tous les sentiers», dit le truffier qui préserve jalousement ses «lieux secrets». «A une époque il y avait beaucoup plus» de truffes, mais certains plants ont été coupés et d’autres, avec la pollution, ne produisent plus.

 

Face à ce constat, une campagne de financement participatif à hauteur de 50 000 euros a été lancée pour sauvegarder l’écosystème singulier des terrains truffiers de la région.

 

Autrefois bien entretenus, les bois sont désormais «plus dans une situation d’abandon», explique le président du Centre national d’étude des truffes, Antonio Degiacomi. «Il y a beaucoup de plantes grimpantes, qui entrent en compétition» avec les plants truffiers.

 

«Il n’y a pas de menace imminente mais (...) il faut être pro-actif», insiste-t-il en soulignant l’importance de «nettoyer les terrains, de planter de nouveaux plants», même si le fait que les chasseurs de truffes ne sont souvent pas les propriétaires des terrains complique les choses.

 

«Sa particularité est la légèreté incomparable de ses arômes et son élégance», souligne Matteo Baronetto, chef du restaurant «Del cambio» à Turin.

 

«La truffe est comme le vin, chaque zone a son parfum» et celle d’Alba est «la plus parfumée», assure Giovanni Sacchetto.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 06:00
Les propositions des candidats à la Présidentielle sur le vin n’auront que peu d’effets sur les votes, mêmes ceux des vignerons.

Les images des candidats arpentant les allées du Salon de l’Agriculture les montrant à la pêche aux voix fait fonction d’effet-loupe sur le catalogue des candidats.

 

Ce que certains nomment programme n’est que trop souvent l’empilement de promesses catégorielles qui résisteront ou non à l’exercice du pouvoir.

 

Les dirigeants du vin et quelques plumitifs à la vue basse s’échinent à nous faire accroire qu’en agissant ainsi, ils vont peser sur le vote de leurs troupes ou sur la mobilisation du petit réduit de leurs lecteurs.

 

Ça en dit long sur l’entre-soi du monde du vin, du moins de ses dirigeants et de ceux qui pensent que tout tourne autour du vin.

 

Si l’on faisait un petit sondage, il s’en fait tellement mais qui le financerait, sur ce sujet auprès des électeurs, avec en plus un petit focus sur les intentions des vignerons, on ne serait pas déçu du voyage.

 

Et pour moi c’est heureux, si la vérité est certes au fond des verres je ne vois pas au nom de quoi les grands choix seraient conditionnés par des déclarations de circonstance.

 

Par ailleurs, je n’ai pas le sentiment que le secteur du vin soit plus particulièrement maltraité que d’autres dans les politiques publiques.

 

L’opposition entre la politique de santé publique et la consommation, la promotion du vin, n’est pas nouvelle. Pour autant faire du combat contre les hygiénistes l’alpha et l’oméga des revendications du monde du vin relève d’une réelle incompréhension des préoccupations sociétales.

 

Comme je l’ai souvent souligné ici le souci de la santé de nos concitoyens, de la part des dirigeants du monde du vin, seraient bien plus crédible et compris des citoyens s’il ne faisait pas l’impasse ou de la résistance sur la question des pesticides.

 

La grande priorité du monde de la vigne devrait être LA RECHERCHE, à force de nous seriner que le secteur est un grand secteur, nous balancer des équivalents Rafale, et de ne consacrer que des sommes ridicules aux soucis d’avenir en dit bien plus long que les discours d’estrade.

 

C’est DRAMATIQUE.

 

Les exploitations viti-vinicoles sont des TPE dont l’avenir sera bien plus conditionné par les grands choix économiques et sociaux des dirigeants élus que par les virgules de la loi Evin.

 

Enfin, l’état d’asservissement de beaucoup face à la politique tarifaire de la GD où filent 80 % des volumes du marché domestique devrait amener à réfléchir sur la pérennité de beaucoup d’exploitations, y compris dans des régions où officiellement tout va bien.

 

Le cœur des consommateurs du marché français est soutenu par les baby-boomers, à l’aise économiquement, qui, comme moi, vieillissent, consomment moins ou différemment pour des raisons liées à leurs soucis physiques.

 

Où se trouve la relève ?

 

Au lieu de nous renvoyer à un soi-disant Bordeaux-bashing ne serait-il pas plus judicieux de s’intéresser de plus près à ces drôles de petites bêtes que sont ces nouveaux consommateurs trop souvent catalogués comme bobos ou naturiste !

 

Je sais que je ne vais pas faire plaisir à certains mais une grande part des vins et de ceux qui les font et tentent de les vendre, ne se portent pas bien.

 

Se cacher derrière son petit doigt, pratiquer la politique de l’autruche prépare à des lendemains douloureux.

 

Pour le vote j’en reste à la jurisprudence de mon père, bouilleur ambulant et bouilleur de cru, qui soutenait Pierre Mendès-France qui pourtant était vilipendé pour avoir aboli le privilège de distillation.

 

Mendès-lolo pour les populistes de l’époque, tel Pierre Poujade, le papetier de Saint-Céré, connu pour agiter le petit monde de la boutique et lever des commandos qui s'en prennent aux inspecteurs du fisc, explosait de colère et injuriait son Prince : « Si vous aviez une goutte de sang gaulois dans les veines, vous n'auriez jamais osé, vous, représentant de notre France producteur mondial de vin et de champagne, vous faire servir un verre de lait dans une réception internationale ! C'est une gifle, monsieur Mendès, que tout Français a reçu ce jour-là, même s'il n'est pas un ivrogne. »

 

Dans Le Monde, le jeune journaliste politique Jacques Fauvet observe : « Parce qu'il n'est pas politicien ni même politique, il a pu commettre des erreurs psychologiques, minimiser la force d'inertie des hommes et des choses ; ce qui lui a valu la sympathie de l'opinion lui a aliéné celle des partis. »

 

Je m’en tiens là et de grâce ne vous plaignez pas de vos élus c’est vous qui les avez élus…

 

Tenir un verre de vin à la main n’a jamais tenu lieu de politique n’en déplaise à quelques pisses-copies en mal de se faire bien voir par quelques pourvoyeurs de petites commandes.

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 06:00
I love le journalisme de comptoir : Pourquoi le vin de bordeaux est-il si cher ? 0,96 € pour le bordeaux Comte de Talem de Carrefour !

Les brèves de comptoir n’étaient pas toujours drôles mais, surtout dans la bouche de Jean Carmet, elles avaient un vrai goût de populo.

 

Le journalisme de comptoir, lui, consiste à aligner quelques niaiseries enrobées dans des lieux communs pour ensuite promouvoir une opération commerciale « Carte sur table » de la maison Duclot,

 

« Célèbre maison de négoce bordelaise, lance durant tout le mois de mars l’opération « Carte sur table ». Dans vingt-huit restaurants de Paris et de province (Sud-Ouest principalement), quinze grands crus sont proposés à prix caviste. C’est presque abordable. »

 

Ce renvoi d’ascenseur étant le fruit bien sûr d’un excellent déjeuner de presse.

 

Mais pour amener l’affaire en douceur, pour faire sérieux puisqu’on signe dans un journal de référence, il faut titrer du lourd, du sérieux qui épate le petit bourgeois :

 

Pourquoi le vin de bordeaux est-il si cher ?

 

Fort bien, alors à mon tour je pose deux questions :

 

  • Pourquoi tes Nike qui reviennent à 2 roupies coûtent-elles si cher ?

 

  • Et pourquoi le tonneau de Bordeaux qui revient assez cher est-il vendu à moins de 2 balles ?

 

Première réponse :

 

Ce samedi 4 mars, les hypermarchés Carrefour ont proposé le bordeaux Comte de Talem de la maison Bertrand Ravache à 0,96 € après remise sur la carte de fidélité. Un niveau de prix historiquement bas pour un vin d'appellation.

 

« Passer sous la barre de l'euro symbolique sur un bordeaux, et qui plus sur une véritable marque et non une étiquette créée pour l'opération, est un gros coup réalisé par Carrefour, observe ce négociant bordelais. Mais ce n'est clairement pas en faveur de l'image de Bordeaux. »

 

Mais ce Bordeaux-là est l’épaisse et ténébreuse forêt qui cache des pousses de luxe et des taillis plus accessibles :

 

« Entrons dans le vif du sujet : acquérir un de ces vins fera plus ou moins chanter votre gorge et pleurer votre portefeuille. Selon sa position dans les classements des crus, selon sa ­renommée, son prix varie de 15 euros à 500 euros la bouteille. Voire 1 000 euros chez le caviste, même pour un millésime très récent. »

 

Vu ainsi il y aurait de quoi déconcerter la ménagère de plus de 60 ans que je suis ?

 

Et pourtant, il n’y a là aucun mystère mais simplement les deux faces d’une même pièce.

 

Pour dénouer cette apparente contradiction disserter sur le prix de revient d’un produit destiné à la vente ne présente strictement aucun intérêt. C’est du journalisme de comptoir.

 

Lorsque les producteurs de lait, à juste raison, se plaignent de vendre à un prix au-dessous de leur prix de revient, c’est que Lactalis et ses frères en ont décidé ainsi pour de bonnes ou de mauvaises raisons liées à leurs débouchés.

 

Le vin, n’en déplaise aux journalistes de comptoir, n’échappe pas à la dichotomie : minerai et produit de grande consommation mais y ajoute depuis cette décennie le luxe.

 

Les 2 premiers se retrouvent majoritairement dans la GD, une part d’entre-eux, de par leur antériorité, leur notoriété, leurs effort commerciaux, y échappant via des modes de commercialisation empruntant d’autres circuits. Pour eux leur place dans la pyramide des prix correspond, non à un quelconque prix de revient, mais à une adéquation entre leur image, leur qualité intrinsèque ou perçue, à leur volonté de se positionner avec la capacité de la faire accepter par les acheteurs.

 

Pour le luxe ma chronique de 2013 n’a pas pris de rides :

 

« L'indice du coût de la vie de luxe a grimpé de 800% depuis 1976 contre 300% pour l’indice des prix à la consommation... »

 

«Cette hausse des prix indique simplement la très forte et croissante disponibilité à payer des plus riches pour qui le prix n’est rien d’autre qu’un critère de différenciation et de désirabilité», analyse, Jean-Luc Gaffard, directeur du Département de recherche sur l'Innovation et la Concurrence de l’OFCE dans une note intitulée: «L’insolente santé des industries du luxe: un faux paradoxe».

 

« Un îlot de prospérité dans un océan de morosité : le luxe ne s’est jamais aussi bien porté :

 

- LVMH Louis Vuitton, Givenchy, Dom Pérignon, Bulgari + 22% du CA sur les neuf premiers mois de 2012,

 

- Hermès va dépasser pour la première fois la barre des trois milliards d’euros de ventes (+13%)

 

- Porsche vient de boucler «la meilleure année de son histoire» avec 141.075 voitures vendues (+18,7%) ou encore de Rolls Royce avec 3.575 berlines

 

- Le groupe suisse Richemont propriétaire des marques Cartier, Mont-Blanc ou encore Van Cleef & Arpels résultats de son premier semestre 2012-2013 : +52%!

 

- Montée en puissance du e-commerce à un rythme de 25% par an, et celle des ventes à prix discount des vieilles collections dans des «outlets» et autres «villages» (20milliards d’euros de recettes cette année, 30% de plus qu’en 2011);

 

- Le rajeunissement de la clientèle, dont les habitudes de consommation – achats 24 h/24, quête de l’objet unique et ludique – bouleversent les règles de marketing traditionnelles du secteur, reposant sur la mise en avant de «l’héritage» des marques; et la part en constante progression de la maroquinerie et des chaussures dans le panier moyen, au détriment du prêt-à-porter. Des accessoires dont les hommes sont de plus en plus friands, spécialement dans le haut de gamme.

 

Les Chinois représenteront en 2015 le principal débouché au monde des biens et services de luxe et de l’ultra-luxe, soit chez eux ou lors de voyages à l'étranger, selon une étude du Boston Consulting Group (BCG). Lire la chronique « Les chinois sont formidables « Comment faire l’amour dans votre Bentley ou votre Hummer ? » link

 

Les Russes sont des boulimiques de l’ultra-luxe.

 

Les Américains sont de retour : les USA sont redevenus le premier marché de Rolls Royce, reléguant les Chinois sur la deuxième marche du podium.

 

« En Europe, l’industrie du luxe compte un million d’emplois directs et la moitié indirectement pour un chiffre d’affaires global de 440 milliards d’euros, soit 3% du PIB du vieux continent. Et il prévoit de croître de 7 à 9% dans les années à venir. »

 

Selon le comité Colbert qui regroupe 75 maisons françaises de luxe, le nombre d’emplois en France a grimpé de 10% entre 2006 et 2010 avec désormais 36.000 emplois directs.

 

Selon Catherine Becker (DG de Sorgem Internationial spécialisée dans l'étude du comportement des consommateurs et la communication produits à l'international) les consommateurs de produits de luxe peuvent être classés en 4 grandes catégories :

 

- Les Héritiers : pour eux le luxe est un art de vivre et un plaisir. Ce sont souvent des connaisseurs recherchant la qualité, le savoir-faire, l'authenticité, la rareté, voire l'exclusivité.

 

- Les Accédants : le luxe permet d'affirmer son statut social et de ressentir un sentiment d'appartenance à une élite. Ces consommateurs recherchent des marques qui expriment "visiblement" le luxe.

 

- Les Extravagants : le luxe est une façon d'exprimer sa différence, de séduire. Ils aspirent à vivre une vie de VIP, voire de stars.

 

- Les Nouveaux Créateurs : une nouvelle élite : les esthètes. Le luxe doit refléter leurs fortes individualités, leurs personnalités créatives. L'objet devient une oeuvre d'art.

 

Autrefois il était conseillé de ne pas mélanger les torchons et les serviettes, mais dans le cas de certains GCC de Bordeaux ou de certains crus de Bourgogne il s’agit de ne pas agréger ceux qui pètent dans des draps de soie et s’enfilent À La Mangeoire, restaurant-club branché de la station, un mathusalem de Dom Pérignon (6 litres) vendu 75 000 euros avec les gens ordinaires de toutes conditions qui peuvent et veulent s’offrir une belle bouteille

 

Pour autant je ne tombe pas dans le panneau bien franchouillard, cher au pape de la LPV, du bon et grand vin pas cher du tout. Notre marché domestique du vin est un marché pauvre qui tire l’ensemble des vignerons vers le bas. Il est tout à fait normal que ceux des vignerons qui ne suivent pas les chemins balisés du tout AOC-IGP, qui prennent des risques, le traduisent dans leurs tarifs.

 

Lire ICI Courchevel, une avalanche de grands crus 

 

Avec ses trois palaces et ses six restaurants étoilés, Courchevel attire une clientèle de skieurs fortunée. Ici, cuvées rares, vignerons stars et châteaux prestigieux sont tous disponibles, à des prix parfois prohibitifs. C'est la RVF qui le dit.

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 11:20
Journal d’1 chroniqueur de campagne(10), le vainqueur du WE se nomme Macron, Fillon il fallait bien payer les chevaux, les études des enfants, les costumes qui façonnent 1 homme de pouvoir

Hier matin, à 9 h 51, je publiais ceci sur ma page Face de Bouc :

 

À titre personnel, peu me chaut que François Fillon se présentât ou se retirât de la compétition présidentielle. Ce qui m’étonne c’est que la manifestation d’aujourd’hui au Trocadéro est présentée comme un soutien au candidat.

 

Contre qui ?

 

Les juges ?

 

Sans effet, il sera mis en examen !

 

Contre la presse ?

 

Inutile, elle se nourrit des évènements qui se présentent à elle !

 

Reste, le propre camp de François Fillon, est-ce notre faute à nous simples citoyens s’il y a eu autant de défections ?

 

Est-ce à cause de nous que ses soutiens de la première heure, tel Gérard Larcher, seront absents du Trocadéro ?

 

Enfin, je revendique le droit de dire que ses soutiens du Sens Commun ne sont pas républicains, ils sont les héritiers d’une France qui n’a pas brillé par son patriotisme en des heures noires.

 

Pour autant, la manifestation ne me dérange pas pour 2 raisons, tout d’abord je suis farouchement pour la liberté d’expression dans le respect de nos valeurs, ensuite, plus prosaïquement pour une fois qu’une manifestation de la famille pour tous ne se déroule pas au bas de chez moi, à Denfert-Rochereau, je pourrai circuler à vélo sans me faire agresser par leur service d’ordre musclé. Bon dimanche jour du Seigneur...

 

L’après-midi, sous la pluie, face à une foule au nombre prévisible : la Place du Trocadéro n’est pas un réceptacle immense, Fillon confirmait mon analyse : il s’adressait à son camp, en clair je suis maître de mon destin si vous voulez m’exfiltrer vous le ferez mais je ne vous aiderez pas.

 

Je passe sur les chiffres gonflés de participants et l’hallucinante accusation contre les médias d’avoir annoncé le suicide de Pénélope.

 

Ce matin depuis Bordeaux, Juppé, à clairement renvoyé Fillon dans son impasse en mettant fin aux spéculations sur sa candidature de substitution. Mais, dans sa déclaration, les deux arguments pour appuyer sa non-candidature sont édifiants : le besoin profond de renouvellement et le désir d’une large part de l’électorat de rompre avec des candidats ayant mis les mains dans la confiture.

 

Donc un profil qui n’est pas le sien, ni celui de Fillon.

 

Donc pour moi le grand gagnant du WE c’est Macron, ce qui ne signifie pas pour autant qu’un large boulevard s’ouvre face à lui. Dans cette campagne : 50 jours c’est long !

 

Pour éclairer votre lanterne 2 textes :

 

Le maître et l'élève

L'homme qui a initié Fillon

 

Cette histoire ne plaira pas aux organisateurs de la Manif pour tous, qui manifestent dimanche 5 mars 2017 derrière François Fillon. Leur « martyre du système » est né à la politique sous la férule de Joël Le Theule, député de la Sarthe et plusieurs fois ministre, dont l’homosexualité supposée était sans cesse brandie par ses ennemis. Deux jours avant l’affaire Penelope, François Fillon avait tout raconté à Claude Askolovitch.

 

« Il a fini par ressembler, lui le fils de notaire et petit-fils de quincaillier, à ceux dont on tenait les registres. Quand le « Penelopegate » est venu, le château est devenu un stigmate, et la source de tant d’interrogations. Était-ce pour tenir son rang de notable qu’il avait fallu, chez les Fillon, faire de Penelope une assistante parlementaire bien payée ? Fallait-il payer les chevaux, les études des enfants, les costumes qui façonnent un homme de pouvoir ? S’égare-t-on quand on devient châtelain ? Peut-on, impunément, quand on est un Fillon, devenir hobereau ? Il y avait derrière le scandale des gouffres d’intimité. La fêlure n’est jamais loin de ces étranges carrières. »

 

Le tout ICI 

 

Stefanini, ex-directeur de campagne de Fillon, explique ses doutes

AFP

Publié le 06/03/2017 à 10:07

 

L'ex-directeur de la campagne de François Fillon, Patrick Stefanini, est revenu lundi sur les raisons de sa démission, mettant en avant ses "doutes".

 

« Quand vous êtes directeur de campagne, vous ne pouvez pas vous permettre d'avoir des doutes », a confié M. Stefanini sur Europe 1, expliquant avoir fait du rassemblement de la droite la ligne directrice de sa campagne pour François Fillon.

 

« Ce que nous avions construit politiquement dans l'organisation de la campagne, c'est-à-dire la volonté qui avait été la nôtre et notamment la mienne, sous l'autorité de François (Fillon), (...) de faire en sorte de passer un accord avec l'UDI, de manière à reconstituer l'alliance de la droite et du centre, cette volonté-là sur laquelle j'avais travaillé pendant trois mois (...), il n'en reste plus grand-chose », regrette l'ancien directeur de campagne.

 

Selon M. Stefanini, « cette volonté d'incarner l'union de la droite et du centre s'est progressivement, sinon désintégrée, en tout cas sérieusement affaiblie ».

 

A l'annonce de la probable mise en examen de M. Fillon, il dit l'avoir prévenu que « les choses allaient être très difficiles, que beaucoup de soutiens allaient cesser de le soutenir et qu'il fallait qu'il se pose la question du maintien de sa candidature ».

 

Il a reconnu que la manifestation organisée dimanche en soutien au candidat Fillon était "incontestablement un succès « et s'en est "réjouit » pour son ancien candidat, « parce qu'il a eu une semaine difficile et que ça lui met du baume au cœur ».

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 06:00
La petite mort du repas à table et l’autre qui est bien meilleure le matin… La jouissance me paraît le but de la vie et la seule chose utile au monde..

La table de la salle à manger, celle de la cuisine, le canapé face à la télé, le lit, le pieu, le plumard, la moquette du salon… assis, debout, allongé, vautré…

 

Aurais-je ce matin fumé la moquette avant de chroniquer ?

 

Détrompez-vous, je n’aime pas l’herbe même si j’adore Fine la mascotte du Salon de l’Agriculture, une petite bretonne pie noire.

 

Rappelez-vous « en novembre 2010, lors d’une réunion qui se tient à Nairobi, au Kenya, les experts de l'Unesco examinent une demande française: l’inscription de la gastronomie du pays sur la liste du patrimoine mondial immatériel. Autour de la table, l’ambassadrice de France à l’Unesco, Catherine Colonna, explique alors:

 

«Les Français aiment se retrouver, bien boire et bien manger et célébrer un bon moment de cette façon. C'est une partie de nos traditions et une tradition bien vivante.»

 

Les experts de l’Unesco considérèrent que le «repas gastronomique à la française» remplissait les conditions.

 

« Il n'est alors pas tant question de la qualité de la nourriture que du repas en tant que tel, avec ses rituels, ses codes, sa présentation, son histoire: la «pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes. Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. […] Le repas gastronomique resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux

 

Le 26 novembre 2010 dans une chronique véhémente et très lue je m’élevais contre la qualification « gastronomique » accolée au repas à la française :

 

Chère maman d’accord avec Yves Camdeborde : «enlevons le mot gastronomique» au repas à la française inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco

 

ICI 

 

Et puis, patatras, voilà t’y pas qu’un beau matin je découvre que 7 ans plus tard, une enquête, menée par l'institut de sondage YouGov pour l'application de restauration à domicile Allo Resto, vient semer le doute: le repas pris en commun, à table, serait-il en voie de disparition ? Un Français sur trois prend désormais son repas ailleurs que sur une table de salle à manger ou de cuisine.

 

Tout fout le camp ma bonne dame, où va notre vieille France si la salle à manger est désertée !

 

Pour renforcer ce constat alarmant Robin Panfili, journaliste à Slate, a convoqué le ban et l’arrière-ban de la sociologie de le table :

 

  • Le sociologue Jean-Claude Kaufmann
  • Jean-Pierre Corbeau, professeur émérite en sociologie de l'alimentation à l'université François-Rabelais de Tours
  • Le sociologue de l'alimentation Jean-Pierre Poulain
  • Le socio-anthropologue Claude Fischler
  • Olivier Arifon et Philippe Ricaud chercheurs.

 

«Le protocole de la table traditionnelle, le rituel avec la fourchette à gauche, le couteau à droite. On ne veut plus être prisonnier de cet espace. Ce besoin de liberté revient beaucoup dans les verbatims de l'étude.»

 

«L'un des reproches qui pouvait être fait au repas traditionnel "à la française", c'était qu'il était trop contraignant. On n'avait pas le droit de se lever; la sédentarité était très longue; il y avait des protocoles dans les prises de parole. Tout ça, ça reste dans l'imaginaire de la table traditionnelle». Corbeau

 

L'«intermittence à table».

 

Fischler sur la progressive «déstructuration de l'alimentation quotidienne»

 

«La télévision associée au repas familial n'a rien d'anecdotique. Elle joue un rôle important et est très révélatrice de ce qui se joue à en ce moment particulier. Le repas est l'architecte de la vie familiale, imposant notamment une conversation par ailleurs plus aléatoire. Mais cette conversation est difficile dans nombre de ménages, qui doivent donc s'aider de la prothèse télévisuelle, pour masquer le silence et relancer la parole. Ceci explique sa fréquente utilisation.»

 

Jean-Claude Kaufmann

 

«Le repas, la table et leurs organisations spatiales et gustatives sont donc un objet à la fois communicationnel, anthropologique et sémiotique. [Il] est mise en scène d’un pouvoir et présentation des statuts et rôles de ceux qui y siègent», écrivaient les chercheurs Olivier Arifon et Philippe Ricaud dans la revue Communication en 2006.

 

Lire la chronique de Robin Panfili La petite mort du repas à table ICI 

 

La référence à la petite mort m’a fait immédiatement passer de la table au lit toujours sur Slate Le sexe est meilleur le matin

 

Christina Cauterucci, traduit par Peggy Sastre — 23.02.2017 - Et le sexe du soir est une arnaque !

 

« Nous forniquons dans des lits parce que c'est agréable, qu'il est facile de fermer la porte de sa chambre et qu'il n'y a pas à se creuser trop la tête pour laver des draps, contrairement à un canapé post-coït. Et parce que le sexe se fait généralement dans un lit, il survient en général au moment de dormir. En 2005, une petite étude menée par Roberto Refinetti, biologiste à l'université de Caroline du Sud, consignait les habitudes sexuelles de quelques dizaines d'adultes: la majorité des parties de jambes en l'air avait lieu les week-ends et juste avant l'heure de coucher des participants, soit entre 23h et 1h du matin. En 1982, une étude plus conséquente portant sur des couples mariés trouvait que, pour les deux tiers des volontaires, les activités sexuelles se déroulaient entre 22h et 1h. Interrogés sur les raisons d'un tel emploi du temps, 72% des cobayes de Refinetti avaient répondu qu'il s'agissait d'un moment de liberté pour les deux partenaires, ou tout simplement parce que le couple était d'ores et déjà au lit. Seulement 28% avaient lié le phénomène à une réelle spontanéité sexuelle. »

 

Quelle bien triste, absurde et ennuyeuse manière de structurer une vie sexuelle. Si le sexe était un projet de dîner et le capitalisme un convive, c'est un peu comme si les humains lui disaient «Je ne sais pas, tu choisis». Nous faisons du sexe le soir et les week-ends parce que ce sont des moments où ne nous travaillons pas. Nous baisons avant de dormir parce que nous nous sommes déjà déshabillés, que nos dents sont déjà lavées et que nous nous sommes déjà installés en position horizontale. Par paresse intellectuelle et physique, le sexe par défaut se joue le soir, parce que c'est pratique et que telle est notre petite habitude. Reste que si les humains entendent jouir du plein potentiel de leurs rencontres sexuelles, il nous faut briser les chaînes du sexe pré-sommeil, et ouvrir les bras à un moment bien plus sexuellement propice: le matin. »

 

Lire l’article ICI 

 

"La jouissance me paraît le but de la vie et la seule chose utile au monde", disait l'écrivain français Théophile Gautier. Malheureusement, du côté physique, tout le monde n'est pas égal face à l'orgasme. C'est en tout cas le résultat d'une étude publiée le 17 février dans le journal Archives of sexual behavior, rapporte le Guardian.

 

Selon les chercheurs, les femmes ont le plus de chance d'avoir un orgasme si ces trois pratiques sont présentes dans leurs rapports sexuels: "baisers langoureux, stimulation génitale manuelle et sexe oral". Si cela vous semble logique, ce ne semble pas l'être pour tout le monde.

 

L'article ICI 

 

 

 

La petite mort du repas à table et l’autre qui est bien meilleure le matin… La jouissance me paraît le but de la vie et la seule chose utile au monde..
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 08:00
CHAP.18 en vrac, Raymond Kopaszewski premier Ballon d’or français 1958, Bofill et sa cimenterie La fábrica , faut-il relancer l’opération Chartrons ?

Enfant je n’ai jamais rêvé d’être architecte même si j’étais fasciné par le génie des bâtisseurs de cathédrale ; en revanche je rêvais d’être radioreporter sportif et le dimanche après-midi j'écoutais sur Paris-Inter les retransmissions commentées par Georges Briquet. Lorsque je confiai à ma sainte mère, qui voulait faire de moi un curé, cette vocation, elle me répondit que ce n’était pas un métier convenable. Mon père lui, s’en fichait, il aimait la politique et il fallait faire silence lors des chroniques de Geneviève Tabouis sur radio-Luxembourg et Jean Nocher sur la RTF. Son seul mandat fut d’être conseiller municipal adjoint chargé des travaux et des chemins vicinaux. Il m’a refilé le virus tout en me vaccinant contre le désir d’en faire, non pas un métier, mais mon pain quotidien. Je n’ai jamais eu la tentation de l’élection, et pourtant là où j’étais ça grouillait de seconds couteaux qui en rêvaient et qui ont mis à l’épreuve des faits leur rêve. Je les plains mais ils n’ont que ce qu’ils ont cherché. Je ne voyais passer ma vie à serrer des mains, à visiter des foyers du 3e âge, à faire des discours de foires, de faire le godillot ou l’aboyeur au Palais Bourbon.

 

Comme je l’avais répondu à ma mère lorsqu’elle me bassinait avec le séminaire «Moi c’est Pape ou rien ! », du côté politique c’eut été « Ministre ou rien ! ». Je vous le concède c’est mon côté Macron mais à ma décharge j’ai côtoyé tellement de Ministre de l’Agriculture dans ma vie, de tous les bords, que je n’ai aucune honte à affirmer que j’aurais pu tenir le manche aussi bien qu’eux. Mais une fois passé le plaisir d’y être je sais pertinemment que comme le disait Chevènement « Un Ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Très peu pour moi les couleuvres avalées !

 

Lire George Briquet ICI

 

25 avril 2011 Éric Zemmour le Jean Nocher ou la Geneviève Tabouis du PAF : il a une fonction salutaire, j’ose même écrire sanitaire, un côté Destop bien utile.

 

Lire ICI 

 

J’avais 10 ans en 1958, la fameuse 3e place des Français à la Coupe du Monde en Suède avec un Just Fontaine en goléador, ça me faisait rêver l’oreille collée au gros poste de radio du Bourg-Pailler. Bien sûr on parla plus de Pelé la perle noire que de Kopa mais 1958 fut pour lui l’année de la consécration internationale avec une Coupe d’Europe des clubs champions remportée, une Coupe du monde réussie, Raymond Kopa fut considéré comme le meilleur joueur du tournoi, un Ballon d’Or.

 

Mais comme l’écrit Yann Bouchet dans le Monde :

 

« Comme pour Platini et Zidane, originaires d’Italie et d’Algérie, le parcours de la famille Kopaszewski illustre une partie de l’histoire de l’immigration en France. Les grands-parents paternels, Polonais, s’installent dans le Nord-Pas-de-Calais, après la Première guerre mondiale. Né le 13 octobre 1931 à Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais), Raymond Kopa commence à jouer dans les corons, où son père est mineur. Très tôt intéressé par le football, il travaille cependant deux ans et demi à la mine, de 14 ans à 16 ans et demie, période durant laquelle il est en partie amputé de deux doigts à la suite d’un accident du travail.

 

Après des débuts à l’US Nœux-les-Mines, il rejoint en 1949 le SCO Angers où, à 18 ans, il signe son premier contrat professionnel. Deux ans plus tard, lors d’un match amical contre le grand Stade de Reims, l’entraîneur rémois Albert Batteux repère le jeune joueur. Après d’intenses négociations, Angers finit par accepter le départ de son milieu de terrain pour un club qui va devenir le plus performant du pays. Entre 1951 et 1956, Raymond Kopa remporte deux titres de champion de France (1953 et 1955) avec l’équipe champenoise et atteint la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions (1956), seulement battu par le Real Madrid, une première pour un club français. »

 

Raymond Kopa, légende du foot français, est décédé 

À Paris, place de Catalogne, comme à Montpellier pour le palais du mégalo Georges Frèche, l’œuvre architecturale de Ricardo Bofill ne m’a jamais convaincue, et en plus ça vieilli mal.

 

L’œuvre qui me séduit de lui c’est la récupération par lui, en 1973, d’une cimenterie délabrée.

 

La réhabilitation est un procédé qui a été beaucoup utilisé pour habiter des bâtiments déjà construits, en les adaptant à leur nouvelle fonction et en préservant les principes structurels et/ou architecturaux de ces bâtiments. Ce procédé permet de garder un lien entre le passé et le présent, tout en préservant l’état d’un site. C’est ainsi que Ricardo Bofill a choisi de réhabiliter une usine pour y installer son agence et pour y habiter.

 

Cette usine de ciment composée de 30 tours et de sous-sols qui abritaient des machines. Ce complexe industriel qui était en partie en ruine lui est apparu alors comme un espace à grand potentiel.

 

Une citation de Ricardo Bofill résume l’état de l’usine à l’époque : « … des escaliers qui grimpent vers nulle part, des puissantes structures en béton qui tenaient rien, des morceaux de fer suspendus dans l’air, des immenses espaces vides remplies malgré tout de magie »*. Cette description de La Fabrica indique à quel point Bofill tenait à garder ces éléments forts du bâtiment pour s’en servir dans son projet.

 

« Après une longue promenade dans les rues de Barcelone rythmées par des bâtiments pour la plupart nouveaux, nous sommes arrivés devant l’Agence de Ricardo Bofill. De loin, seules les tours sont visibles et le bâtiment ne donne pas l’air d’être une agence d’architecture. La végétation qui s’est développée sur les murs et autour du bâti, donne un air d’ancienneté à l’ensemble. Plus on s’approche du bâtiment et plus on ressent la grandeur des tours. Cette allure de château médiéval et la présence de palmiers nous fait penser à un oasis au beau milieu de la ville. »

 

Visite guidée ICI TALLER DE ARQUITECTURA OU « LA FABRICA » – RICARDO BOFILL

 

De superbes photos ICI 

 

À l’heure où j’écris ce petit bout de chronique je ne sais où en sera Fillon et si, face aux désertions il laissera la place à Juppé. Attendre et voir s’il me faut réactiver l’Opération Chartrons ?

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 06:00
C’est Michel Grisard qui va être content Stéphane Davet du Monde tresse des lauriers bien mérités aux vins savoyards

Certes je ne suis pas actionnaire du journal Le Monde comme Pigasse, Niel et Bergé mais je suis un abonné numérique : un lecteur régulier donc. De même je suis abonné numérique au Courrier International et papier à Télérama depuis une éternité.

 

Je contribue donc modestement à faire bouillir la marmite de ce groupe encore mon voisin pour quelques temps. Ça ne donne aucun droit particulier sauf d’avoir parfois des regrets ; l’un d’eux concerne les chroniques sur le vin qui tournent trop souvent à « je fais plaisir aux copines et aux copains, et surtout je ne fais déplaisir à personne ». Tu retrouves souvent du Gérard Bertrand, des quilles d’attaché de presse, quelques risettes aux naturistes, pour moi ça manque d’angles, d’aspérités et de sincérité.

 

Et puis, vendredi dernier, au milieu des turbulences du Sarthois ensablé, divine surprise à 11h44 Stéphane Davet m’envoie une chronique au titre pas très explicite « Magali et Jean Sulpice, une association de bienfaiteurs » 

 

Comme je suis curieux j’ouvre et je lis (oui, contrairement à beaucoup de mes « amis » de face de bouc, je lis)

 

Et que lis-je ?

 

Que Magali la sommelière chante Le renouveau viticole savoyard. « Des vignerons comme Louis Magnin ou Michel Grisard ont montré que ces vins n’étaient pas destinés qu’aux fondues et raclettes des touristes, raconte Magali Sulpice. A leur suite, toute une génération a déboulé, privilégiant souvent la biodynamie, et démontrant que ces vins pouvaient permettre à la sensibilité de chacun de s’exprimer. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ha ! le Michel il doit être heureux lui qui m’a depuis des années attiré dans les rets des vins savoyards. (lire une chronique de novembre 2012 tout à la fin de celle-ci sur les Pétavins chers à Michel Grisard)

 

Le 24 novembre 2013 j’écrivais aussi :

 

« J’me fais sucer la friandise » l’Altesse de Savoie a amadoué le Taulier avec une génoise nature et des bulles ancestrales

 

ICI 

 

Je cite le sieur Ridet qu'au passage je  remercie pour son excellente chronique :

 

« La sommelière Magali Sulpice propose, l’air de rien, de se mettre en bouche avec une verdesse du Domaine des Rutissons, vignoble récemment relancé, dans le Grésivaudan, par deux jeunes passionnés, Laurent Fondimare et Wilfrid Debroize. Frais comme un torrent de montagne aux arômes citronnés, ce blanc tiré d’un des cépages autochtones les moins connus de la région (tenant son nom du vert foncé de son feuillage) vous ferre le palais… »

 

« Essayez le Vieilles Vignes 2015 de Béatrice Bernard, préférant une maturité délicate à la traditionnelle raideur. Le vin de soif se fait vin de gastronomie ­associé à l’œuf coque à la mousse de cèpes. »

 

« Transcendant lac et alpages, la touche Jean Sulpice s’affirme avec une percutante finesse. Ses écrevisses, conciliant la vivacité de la mélisse et la suavité d’une crème safranée, donnent de l’ampleur au cépage gringet, ici sublimé dans la «Cuvée Le Feu», vinifié dans des fûts ovoïdes par Dominique Belluard. »

 

Dès le 21 octobre 2009 je m’extasiais sur le Brut Zéro 2005 de D&P Belluard, méthode traditionnelle AOC Savoie Ayse.

 

Lire ICI  Le Gringet : un quasi-monopole savoyard de Dominique Belluard vigneron d’Ayze

 

Et pour finir encore un coup chapeau au père Grisard « Rare assemblage de jacquère, roussanne, malvoisie et mondeuse blanche, la « Cuvée Schiste 2015 » est l’un des musts du Domaine des Ardoisières (classé en IGP vin-des-allobroges), qu’un collectif a créé sur le raide coteau de Cevins. Chaque cépage semble résonner avec un des éléments de la saint-jacques pochée (le léger gras de la roussanne), aux couteaux (la tension minérale de la jacquère), avec crème de livèche et sauce au pain de campagne (les plus aromatiques malvoisies et mondeuse blanche).

 

Comme promis ma découverte des Pétavins le 29 novembre 2012

 

La première fois que je suis allé déguster les vins d’une petite poignée de vignerons de Savoie c’est Raphaël Saint-Germain qui m’avait pisté. « Plutôt jeunes - ou toujours jeune ? -, nos vins nous ressemblent et nous rassemblent. Tant dans la démarche que dans le niveau de qualité produite. Et du caractère, c’est vrai ! Chacun de nous vinifie avec sa propre sensibilité, sa propre patte des Vins qui se veulent authentiques, des vins de vignerons, mais tous savoyards ! Alors… Rencontrons nous ce lundi 24 novembre de 10h à 19h autour d'une dégustation de Savoie LES FINES GUEULES ; 43 rue des Petits Champs 2 rue de la Vrillière. » C’était en 2008.

 

À l’époque, comme toujours aujourd’hui, j’avais commencé par décoconner en écrivant : « La Savoie ça m’inspire quoi ? Dans l’ordre : le gâteau de Savoie de maman, léger, mousseux, où parfois elle glissait de la confiture d’abricot ; mon seul et unique séjour en colonie de vacances à St Jean de Maurienne avec les enfants de marins de l’Ile d’Yeu ; l’escalade de la Dent d’Oche où je me suis offert (sic) la plus belle de mes rages de dents ; la chanson niaise d’Hughes Auffray « va doucement c’est tout bon » ; le festival du film fantastique d'Avoriaz l'année où de Niro était président du jury ; un roman de Patrick Modiano « Villa Triste » au bord du lac Léman ; le Reblochon et les cloches des vaches des alpages ; Alain Berger qui a été directeur de l’INAO ; Hervé Gaymard qui a été le locataire du 78 rue de Varenne à qui j’ai remis « Cap 2010 » et qui m’a donné du monsieur le Président avant de m’abandonner en rase campagne ; notre ministre actuel Michel Barnier qui est venu s’exprimer sur mon espace de liberté… Mais j’avoue, en me couvrant la tête de cendres, en battant ma coulpe, que je suis bien incapable de situer le vignoble de Savoie sur une carte de cette belle province. »

 

La suite ICI la suite Les vignerons savoyards en bon montagnards poursuivent leur ascension, même que le Wine Spectator en a placé un dans son top 100…

C’est Michel Grisard qui va être content Stéphane Davet du Monde tresse des lauriers bien mérités aux vins savoyards
C’est Michel Grisard qui va être content Stéphane Davet du Monde tresse des lauriers bien mérités aux vins savoyards
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 10:30
Journal d’1 chroniqueur de campagne (9), le compteur des lâcheurs de Fillon, j’ai bien connu Stefanini, Aubry explose Macron…

Nous voguons dans un océan de dérision, Libération jamais en reste d’une facétie, pour tenter de recoller à son image bien défraichie de journal irrévérencieux, affiche sur le Net un compteur des lâcheurs de Fillon : ICI

 

Patrick Stefanini, l’homme qui fait gagner les élections, Chirac, Pécresse, puis Fillon à la Primaire, se tire en invoquant des raisons de nature à la fois « personnelle », « morale » et « politique » dans sa lettre de démission, publiée par Le Journal du Dimanche. Il quittera ses fonctions dimanche soir.

 

Je me souviens qu'en 2001, les circonstances avaient voulu que je dirige la campagne de Philippe Séguin dans le 18ème arrondissement de Paris et qu'il m'avait demandé de ne pas être candidat sur sa liste au motif que j'étais alors mis en examen.

 

On le présente comme haut-fonctionnaire, ce qu’il est, puisque son dernier poste fut Préfet de Région, Auvergne d’abord puis Aquitaine. C’est là que je l’ai côtoyé lors de ma dernière grande mission de médiateur laitier. Nos rapports ne furent en rien protocolaire, Stefanini ne se comportait pas en Préfet mais en chef de commando. C’est un personnage, un battant, toujours sur la brèche, un politique. Même si nous n’étions pas du même bord, nous nous sommes très bien entendus, chacun dans notre rôle et même si ça vous étonne il appliquait sans défaillir la ligne stratégique de négociation que j’avais définie. Nous avons gagné notre petite bataille, puis il fut viré lors de l’alternance et ce fut une erreur. Je rencontrai une seule fois son successeur, rien qu’un Préfet bouffi d’importance et de suffisance.

 

Dans sa lettre de démission qu'il a adressée au candidat, et que le Journal du Dimanche a publiée vendredi, cette décision est irrévocable. «Mercredi matin, je t'ai indiqué qu'après l'annonce faite à tes avocats de ta convocation en vue d'une mise en examen, il me paraissait préférable que tu arrêtes ta campagne, rappelle-t-il. (....) Tu as pris une autre décision. Je la respecte. Je constate qu'à cette occasion, j'ai été minoritaire au sein de ton équipe. Je ne suis donc plus le mieux placé pour diriger ta campagne et j'en tire les conclusions.» Voilà

 

Patrick Stefanini, le directeur de campagne de François Fillon, démissionne

 

« Il sera remplacé lundi matin par Vincent Chriqui », selon un communiqué de l'équipe de campagne du candidat de la droite.

 

Lire ICI 

 

Martine Aubry est vraiment un cas d’école, elle cultive la détestation comme d’autres les orchidées sous serre.

 

Souvenir de notre première rencontre lors d’un déjeuner en juin 1981, un festival de venin. Elle était en ce temps-là copine avec Alain Minc, je crois qu’ils sont de la même promotion de l’ENA, et elle raillait durement Chevènement, les néo-communistes du PS, dézinguait les nationalisations à la con et prédisait que nous allions dans le mur. Elle n’avait pas tort mais plus que le fond c’est le ton au vitriol qui me frappa. Mon Président de l’Assemblée Nationale, Louis Mermaz, était très ami avec Jacques Delors, à l’époque Ministre de l’Économie, et j’ai participé à des déjeuners avec lui et à un déplacement dans l’Isère où nous avions reçu Gérard Nicoud. Bref, de Martine Aubry le seul point positif que je retins ce sont ses beaux yeux verts ; de son père, éternel démissionnaire, j’appréciai son savoir encyclopédique sur le Tour de France. Je présente à peine car lorsqu’on fit de lui un possible candidat à l’élection présidentielle, celle du duel Chirac-Balladur, je fus l’un des rares à pronostiquer qu’il jetterait l’éponge. Raymond Lacombe, président de la FNSEA, en rêvait, je douchai son enthousiasme.

 

Dans une région où le FN fait ses plus beaux scores, où le PS s’est fait virer de la région pour faire barrage au dit FN, la revoilà dans ses œuvres :

 

Martine Aubry est de retour, et elle explose le programme d'Emmanuel Macron

 

Retour en fanfare. A peine sortie de convalescence suite à une opération du nerf sciatique, Martine Aubry a donné, vendredi, une conférence de presse. Après avoir traité de sujets locaux, la maire de Lille a consacré quelques minutes à commenter le programme d’Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, qu’elle a dans le collimateur depuis des mois. Morceaux choisis (âmes sensibles, attention : ça fait mal).

 

« C’est plus un loup, c’est une meute de loups »

 

« Jusqu’à présent, Emmanuel Macron pensait que le fait d’être lancé comme un nouveau produit avec un sourire étincelant suffirait à être élu président de la République. Et on a eu sur tous les sujets tout et son contraire. Moi je dis toujours, quand c’est flou, y’a un loup. Mais maintenant on sait, son programme est affiché. Et ce n’est plus un loup, mais une meute de loups ».

 

« Son programme économique date des années 1980 »

 

« Son programme économique, reprend les programmes libéraux anglo-saxons des années 1980. C’est réduire les services publics, réduire les déficits, que les salariés travaillent plus et qu’ils soient moins payés. Dans son programme, les Français vont casquer : 60 milliards en moins de l’Etat, on continue d’aider les entreprises, on baisse les cotisations et on augmente la CSG de 1,7 % même pour les retraités. Ce n’est pas la modernité Macron, il utilise des vieilles recettes qui n’ont jamais marché.

 

Sur le plan social, il faut serrer. Il demande un peu plus de responsabilité aux chômeurs, aux retraités, aux salariés. Mais il les connaît des gens ? Non. Il connaît mieux le milieu de la City. Tout ce qu’il veut, c’est du libéralisme économique et de la flexibilité pour les salariés ».

 

« Il ne connaît pas le droit »

 

« Je ne parle même pas de son programme sur l’écologie parce que ça, il ne connaît pas. Bon, là il vient de dire qu’il fallait que le diesel atteigne peut-être à la fin du mandat le même taux de fiscalité que l’essence après avoir tout de même dit qu’il était scandaleux d’attaquer cette forme d’énergie.

 

S’il devait être élu, ce que je n’espère pas, il n’aurait pas de majorité. Car où est-il ? Il y a quelques individus à la droite du PS, toujours les mêmes. Et bien qu’ils partent chez Macron, au moins ça clarifie des choses. Bien sûr, il a rajouté une ou deux mesures démagogiques comme l’exonération de taxe d’habitation pour 80 % des Français. Il ne connaît sans doute pas le droit car là, il intervient dans les libertés locales ce qui, je crois, est inconstitutionnel ».

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 06:00
Le pouvoir est dans la rue : de Gaulle n’est pas seul, Fillon va-t-il faire bégayer l’Histoire dimanche au Trocadéro ?

Le 29 et 30 mai à l'Elysée : le chef de l'Etat a disparu, la rumeur gronde de la vacance du pouvoir. De Gaulle est parti à Baden-Baden rencontrer le général Massu. De retour à Paris, il reçoit Georges Pompidou qu'il confirme à son poste de Premier ministre, et il accède à sa requête, la dissolution de l'Assemblée nationale. A 16 h 30, à la radio, il annonce ses décisions et affirme sa légitimité.

 

De Gaulle parle - un discours concis, des phrases sèches, des formules cinglantes – le communisme totalitaire, menace du recours à la force légale : art 16 ou para-légale : l’action civique. Une heure avant, il avait brièvement réuni ses ministres en conseil extraordinaire pour les prier de descendre dans la rue et les informer qu'il devrait se séparer de certains d'entre eux, « parce que la situation l'exige ».

 

C'est clair : le vieux chef de l'Etat a décidé de résister au flot. Il appelle ses soutiens à se manifester publiquement, en organisant « partout et tout de suite » pour aider le gouvernement et les préfets, « l'action civique ». Loin d'être improvisée, la manifestation des gaullistes est préparée depuis le 26 mai par Jacques Foccart en accord avec le chef de l'Etat. Un autre flot déferle sur Paris. De la place de la Concorde, suivant André Malraux, Michel Debré, Maurice Schumann, Jacques Foccart, Robert Poujade et tous les caciques de la majorité, une foule immense remonte les Champs-Elysées vers l'Etoile. Ils sont un million à hurler à De Gaulle qu'il « n'est pas seul ». Le reflux s'annonce. La France sent qu'on va bientôt siffler la fin de la récréation.

 

Le lendemain, des manifestations en faveur du chef de l'Etat ont également lieu en province, notamment à Rouen, au Havre, à Caen, mais aussi à Besançon, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Limoges, Marseille, Montpellier, Nancy et Toulouse. Cette mobilisation gaulliste fait perdre l'initiative politique à la gauche et annonce le retournement d'une opinion inquiète, prête à saisir le retour à l'ordre, à défaut d'alternative crédible.

 

Il faudra attendre seize ans et les grandes manifestations en faveur de l'Ecole Libre, pour que la droite lance à nouveau des marées humaines dans les rues...

 

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Mes souvenirs personnels à Nantes le 30 mai 1968

 

« Le football aux footballeurs ». Du 22 au 27 mai 1968, ce slogan flotta aux fenêtres de la fédération française de football. Une révolution ? Plutôt un putsch. 


Just Fontaine président du comité d'action 


Au petit matin du 22, une centaine de footballeurs investit les locaux de l'avenue d'Iena, « retenant » le secrétaire général, Pierre Delaunay, ainsi que Georges Boulogne, alors « instructeur national ». Menés par François Thébaud, journaliste à Miroir Sprint (*) et futur père du mouvement « football progrès » (lire ci-dessous), les putschistes entendent « rendre le football aux 600.000 footballeurs français (ils sont aujourd'hui 2.320.000, NDLR), dont les pontifes de la fédération les ont expropriés pour servir leurs intérêts égoïstes de protecteurs du sport ». Dans une France paralysée par les grèves, les membres de ce « comité d'action des footballeurs » sont quasi exclusivement des amateurs de la région parisienne. Leur coup de génie consiste à convaincre Just Fontaine d'accepter la présidence à distance (le téléphone fonctionnait). 
 

S'ils n'ont pas pris part activement à l'occupation de la fédération (ci-dessus), les footballeurs, en lutte contre le contrat à vie depuis la création de l'UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) sept ans plus tôt, se sont joints de manière dispersée à la grève. Dans ce contexte, un match amical entre Nantes et Rennes «au profit des familles des grévistes» a attiré 13.000 personnes le 30 mai à Marcel-Saupin. « La grève était très contestée à l'époque et nous ne l'avions pas faite à Nantes, se souvient Robert Budzinski, puisque nous avions joué notre match contre Nîmes lors de la journée qui devait être reportée. Cependant, nous étions d'accord avec l'UNFP dans sa lutte pour obtenir une reconnaissance professionnelle ».
 

« Au lever du jour, investit par le frère de Marie - celui que nous avions croisé le premier jour - et quelques-uns de ses acolytes, l'appartement se transforma en repaire de conspirateurs. Ignorant notre présence, exaltés, ces jeunes gens se préparaient à la grande manif commanditée par une étrange coalition de gaullistes, d'anciens pétainistes, de partisans de l'Algérie française et des fafs habituels de la Fac.

 

La spontanéité de la marée des Champs-Elysées, et des foules des grandes villes de province, s'appuyait sur l'art consommé de la vieille garde du Général à mobiliser ses réseaux de la France libre. Mobilisation amplifiée par l'adhésion d'une partie du petit peuple laborieux excédé par le désordre et de tous ceux qui voulaient voir l'essence réapparaître aux pompes pour profiter du week-end de la Pentecôte. La majorité silencieuse, mélange improbable de la France des beaux quartiers et du magma versatile de la classe moyenne, trouvait ce jeudi 30 mai sa pleine expression.

 

La journée plana, d'abord suspendue à l'attente du discours du voyageur de Baden-Baden avant de prendre son envol avec le bras-dessus, bras-dessous des Excellences soulagées sur les Champs-Elysées, elle s'acheva, telle une feuille morte se détachant de sa branche, dans un mélange de soulagement et de résignation. Mai était mort et tout le monde voulait tourner la page, oublier.

 

L'allocution du Général est prononcé sur un ton dur, autoritaire, menaçant. L'heure de la normalisation a sonné. De Gaulle ne sait pas encore, qu'en fait, c'est une victoire à la Pyrrhus, une droite réunifiée et les veaux français ne tarderont pas à le renvoyer à Colombey pour élire Pompidou le maquignon de Montboudif.

 

Avec Marie, en cette fin de journée, nous sommes assis dans les tribunes du vieux Stade Marcel Saupin, au bord de la Loire, tout près de l'usine LU pour assister au match de solidarité en faveur des grévistes, entre le FC Nantes et le Stade Rennais. En ce temps-là, les footeux, parties intégrantes de la vie des couches populaires venant les supporter match après match, osaient mouiller le maillot, prendre parti pour eux. José Arribas, l'entraîneur des Canaris, républicain espagnol émigré, à lui tout seul personnifiait cette éthique.

 

Le stade semblait abasourdi, comme si on venait de lui faire le coup du lapin. Les Gondet, Blanchet, Budzinsky, Le Chénadec, Suaudeau, Simon, Boukhalfa, Robin, Eon, conscients de la gravité du moment, nous offraient un récital de jeu bien léché, à la nantaise comme le dirait bien plus tard, un Thierry Rolland revenu de ses déboires de mai. Il fera partie de la charrette de l'ORTF.

 

Comme quoi, mai, ne fut pas, contrairement à ce nous serine l'iconographie officielle, seulement un mouvement de chevelus surpolitisés. Marie, ignare des subtilités de la balle ronde, applaudissait à tout rompre. A la mi-temps, en croquant notre hot-dog, dans la chaleur de la foule, sans avoir besoin de nous le dire, nous savions que ce temps suspendu que nous venions de vivre marquerait notre vie. Nous ne serions plus comme avant. Lorsque l'arbitre siffla la fin du match, l'ovation des spectateurs, surtout ceux des populaires, sembla ne jamais vouloir s'éteindre. C'était poignant. La fête était finie, personne n'avait envie de retrouver la routine du quotidien. Dans la longue chenille qui se déversait sur le quai, le coeur serré je m'accrochais à la taille de Marie comme à une bouée. »

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