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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 06:00

 

Photo Le DL / Angélique SURELto Le

Lettres à Anne

 

Lettres à Anne

 

En 1962, un homme politique français de 46 ans rencontre à Hossegor, chez ses parents, une jeune fille de 19 ans. La première lettre qu'il lui adresse le 19 octobre 1962 sera suivie de mille deux cent dix-sept autres qui se déploieront, sans jamais perdre de leur intensité, jusqu'en 1995, à la veille de sa mort.

 

Anne Pingeot PARLE ENFIN | SFR Presse

 

Les lettres de celui qui fut deux fois président de la République nous dévoilent des aspects totalement inconnus d'un homme profondément secret que chacun croyait connaître.

 

Deux lettres, parmi des centaines, témoignent de la constance de cet amour. 15 novembre 1964 : « Je bénis, ma bien-aimée, ton visage où j'essaie de lire ce que sera ma vie. Je t'ai rencontrée et j'ai tout de suite deviné que j'allais partir pour un grand voyage. Là où je vais je sais au moins que tu seras toujours. Je bénis ce visage, ma lumière. Il n'y aura plus jamais de nuit absolue pour moi. La solitude de la mort sera moins solitude. Anne, mon amour. »

 

Et la correspondance prend fin le 22 septembre 1995 : « Tu m'as toujours apporté plus. Tu as été ma chance de vie. Comment ne pas t'aimer davantage? »

 

 

 

 

Vie clandestine

 

En 1972, il fait construire une maison toute simple, de plain-pied, qui s’ouvre sur la pièce principale, celle où se trouve la cheminée, puis donne dans une grande cuisine et deux petites chambres. Mitterrand apprécie l’anonymat, ce village où tout le monde le regarde mais où personne ne le voit.

 

Il n’y a pas de grille à l’entrée de la propriété – il n’en est pas besoin, entre initiés le silence est une évidence. Personne ne vient l’ennuyer. Les amis des Soudet croisent de temps en temps chez eux, dans le quartier de Fontaine basse, un homme et une jeune femme qui n’est pas celle qui sourit à ses côtés sur les photos des magazines. Ils ont appris à ne rien demander.

 

Ne rien demander et surtout pas pourquoi le nom de Mitterrand ne figure plus sur les titres de propriété. Depuis le 23 octobre 1976, la maison de Gordes appartient en effet à une société civile immobilière, la SCI Lourdanaud, du nom d’un lieu-dit où Mitterrand avait fait l’acquisition d’un deuxième terrain, pas loin de chez les Soudet. Pourtant, malgré le lien, le nom de Mitterrand ne figure pas non plus parmi les détenteurs de la SCI Lourdanaud…

 

« Les petits arrangements avec la vérité qui ont permis à François Mitterrand de tenir cette maison secrète loin des regards – et de ses déclarations de patrimoine – durant près de trente ans ». Les deux journalistes expliquent qu’à la création de la SCI Lourdanaud, en juin 1976, la quasi-totalité des parts sont détenues par un certain François de Grossouvre et son épouse, Claude.

 

La thèse du suicide de François de Grossouvre contestée

 

François de Grossouvre, marquis de son état, fils de banquier, barbiche parfaitement taillée et verres fumés, médecin de formation reconverti dans l’industrie, entretient l’aura du mystère sur ses affaires, pas toujours très claires. Cet ex-correspondant du SDECE, le service de renseignement extérieur français de l’époque, se dévoue depuis plusieurs années pour servir les intérêts de l’ancien ministre de gauche, auquel il voue une amitié exclusive, passionnée. Il est, avec Laurence Soudet, malgré l’inimitié qui les oppose, l’autre pilier de la vie clandestine de François Mitterrand.

 

Fillette aux yeux sombres

 

En juin 1976, au moment où François de Grossouvre entérine, chez lui, dans l’Allier, la création de la SCI Lourdanaud, il en détient 998 parts ; les deux dernières, précisent les statuts, appartiennent à « Mademoiselle Anne Pingeot, conservateur de musée ». Deux parts symboliques, certes, mais qui faciliteront, le jour venu, la transmission discrète d’un patrimoine immobilier ; deux parts qui per­mettront qu’en 2020 l’associée gérante de la SCI Lourdanaud s’appelle… Mazarine Pingeot. « Ma maison », dit d’ailleurs aujourd’hui, lorsqu’elle en parle, la fille de François Mitterrand [elle n’a pas répondu aux sollicitations du Monde].

 

François Mitterrand, un Président loin des clichés

 

A l’été 1976, elle n’a que dix-huit mois. Son père, s’il ne l’a pas encore reconnue, a déjà une adoration pour cette fillette aux yeux sombres qu’il appelle affectueusement Mazaron. Il souhaite assurer son avenir autant qu’il tient à préserver le secret de son ­existence. Or, pour que la fillette n’existe pas, la maison de Gordes, où ils passent désormais des vacances tous les trois, ne doit pas exister non plus.

 

Pour ce faire, l’ensemble de la propriété est vendu le 23 octobre 1976 à la toute jeune SCI Lourdanaud. Son associé majoritaire, ci-devant marquis de Grossouvre, débourse personnellement 185 000 francs (environ 27 820 euros) afin de racheter leur bien à Danielle et François Mitterrand, les deux propriétaires de l’époque. En effet, mariés sans contrat sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, chacun des conjoints est tenu par la loi de donner son accord pour la vente, même si évidemment François Mitterrand ne songeait pas à y venir avec Danielle lorsqu’il a acquis la maison de Gordes.

 

Autrement dit, l’épouse légitime doit se déplacer pour parapher en personne l’acte d’une vente qui cède un endroit qu’elle ne connaît pas à l’amante de son mari ! « Même Mauriac, fin conteur des grands et des petits compromis de la bourgeoisie provinciale, n’aurait osé l’imaginer », s’amusent Ariane Chemin et Géraldine Catalano dans Une famille au secret.

 

Petit à petit, le généreux mécène cède ses parts à « Mademoiselle Anne Pingeot ». Pour que l’illusion persiste, François de Grossouvre en conserve quelques-unes, tandis que l’amie Laurence Soudet en acquiert une poignée ; en quelques mois, la maison n’appartient plus à personne en particulier.

 

Tout l’article réservé aux abonnés (envoyé sur demande) ICI 

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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 06:00

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Nos journalistes gaulois passent bien plus de temps sur Twitter ou à bavasser sur les plateaux TV qu’à pisser de la copie pour leurs journaux qui partent à vau-l’eau, ils sont sur le Titanic et ils papillonnent…

 

03/09/2018

La semaine dernière, le Ministère de la Culture a jeté un pavé dans la mare en publiant une étude sur les recettes publicitaires des éditeurs et des régies : Etude sur les Médias et la publicité en ligne – Transfert de valeur et nouvelles pratiques. Sans surprise, il y est question de l’irrésistible croissance des supports numériques. ICI 

 

La presse est-elle condamnée ? Par Isabelle Jouanneau -28/05/2019

 

Conseiller des principaux groupes médias français et européens, ce grand expert de la presse ausculte l’avenir d’un secteur stratégique, en proie à un profond bouleversement. Jean-Clément Texier est également président de Ringier France et de la Compagnie financière de Communication (Coficom).

 

Comment va la presse ? ICI 

 

À qui appartient la presse française ?

 

10 milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français

 

Qui sont ces 10 milliardaires ?

 

Ils sont 5 à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France :

 

Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien),

 

Serge Dassault (Le Figaro),

 

François Pinault (Le Point),

 

Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC),

 

Vincent Bolloré (Canal+).

 

S’ajoutent :

 

Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, décédé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie...). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

 

Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1.

 

La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann, est propriétaire de M6, RTL, Gala, Femme actuelle, VSD, Capital,…

 

Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours,

 

Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment).

 

La famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. 

 

Le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.

 

​​​​​​​

 

Je suis abonné en numérique au Monde, Courrier International, Le Temps, Ouest-France, Télérama (papier et numérique) je n’achète plus guère de papier surtout glacé. Ainsi, je sélectionne mes sujets de prédilection pour les lire sans m’encombrer.

 

Tout ça pour vous dire que bien souvent j’apprécie bien plus le trait des cartoonistes ou certaines photos qui en disent bien plus long que le fatras des mots des pisses-copies.

 

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Dessin de Dr Meddy, Tanzanie

 

 

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 06:00

 

Ni le titre de cette chronique, ni son contenu ne me doivent quelque chose.

 

C’est du pur Claude Askolovitch

 

Journaliste, écrivain. Spécialiste de la vie politique et de la société française. Actuellement en charge de la revue de presse dans la matinale de France Inter et chroniqueur dans l'émission 28 minutes sur Arte, Claude Askolovitch a notamment travaillé au Nouvel Observateur, au Point, à Europe 1, au JDD, à Marianne. Il est notamment l'auteur de Comment se dire adieu? Aux éditions JC Lattès.

 

Souvenirs d’avoir souvent croisé Askolovitch à la terrasse de la Brasserie Le Bourbon1, place du Palais Bourbon, haut-lieu des adhérences, certains diront des accointances, connivences, entre nos politiques et nos journalistes. Une image de lui conversant avec une NKM se la jouant déjà grande bourgeoise border line.

 

C’est un excellent connaisseur de la vie politique, il travaille à l’ancienne, argumente longuement, parfois trop, prend des positions courageuses ce qui lui vaut, de la part de certains sur les réseaux sociaux,  de la détestation. C’est le cas de l’aigre Daniel Schneidermann. Il se décrit comme un juif laïc non pratiquant vivant dans une famille ayant différentes religiosités. ICI 

 

Je lis ses chroniques sur Slate.

 

 

13 juillet 2020

Gérald D. et les garçons impatients

 

La nomination de Gérald Darmanin à l'Intérieur illustre bien l'ambition, la soif de conquête, l'accumulation et la tactique qui caractérisent nos hommes de pouvoir contemporains.

 

J'imagine l'impatience de Gérald D. devant une femme possible, dans la force de ses 25 ans, et j'imagine sa même impatience treize ans plus tard devant un ministère à prendre, beau merle de pouvoir de 37 ans: le même homme et cette même impatience, qui nous a souvent dit, nous autres garçons, et dont on nous a trop dit qu'elle était une vertu.

 

Je ne sais pas les circonstances du jeune D., quand une femme d'expérience vint lui solliciter une faveur politique qu'il échangea contre du sexe. Était-il, bambin cravaté, un heureux séducteur, ou un demi-puceau attardé et d'autant plus anxieux de goûter à la chair? Était-il collectionneur de bonnes fortunes ou bien confiné en misère sexuelle et y échappant d'une occasion bienvenue? Quel garçon fut cet homme dont des militantes féministes exigent la démission?

 

Un hussard à Beauvau

 

Au-delà même d'un viol dont je doute, et donc de l'infamie que porte ce mot s'il est mal employé, ce sont des complaisances mâles qui se trouvent éventées. L'escapade de Gérald D. me rappelle de pauvres ruses. Elle m'évoque le début d'un vieux roman de Bernard Frank, cet écrivain qui inventa l'expression «les hussards» pour Nimier et Blondin. La scène est pénible de crudité. Un homme a levé une fille patraque et l'enrobe de mots jusqu'à sa jouissance.

 

«La main de Ponchard fendit doucement les cuisses près du sexe. Il entendit vaguement un “non, non, non”. Il était sur elle. Un “que c'est bon” bredouillait en lui. Il retrouvait avec une infinie gratitude un plaisir qu'il n'aurait jamais dû quitter, un plaisir très chaud, brûlant, exquis, un plaisir qu'il convoitait par-delà les mots inutiles, les villes sans relief, les bals d'un soir, un plaisir qui avait la force bouleversante d'une évidence et pour lequel il aurait donné tous les amis et toute l'intelligence du monde.»

 

La suite ICI 

 

21 juillet 2020

Je ne soutiens pas Monsieur Darmanin, quoi qu'en écrive Monsieur Schneidermann

 

Dans sa dernière chronique, Daniel Schneidermann  ICI me range parmi les soutiens de Gérald Darmanin. Hélas, je n'en suis pas. Je répète: je ne soutiens pas Monsieur Darmanin, quoi qu'en écrive Monsieur Schneidermann. Il s'agit donc d'une erreur factuelle, que je suis contraint de rectifier.

 

La suite ICI 

Caricature animée de Gérard Darmanin, Ministre de l'Intérieur français.

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 06:00

Le projet initial de couverture du «Lotus bleu», dessiné par Hergé en 1936. Artcurial

Lors de la « Journée mondiale Tintin » le très sérieux docteur Jean-François Lemoine sur le site pourquoi docteur ? écrit :

 

« Dans un site qui classe les célébrités par popularité, le célèbre reporter est en 4e position, et premier des personnages de fiction. Un héros mondial qui inspire des thèses, des débats et des réflexions toujours aussi vives, en particulier sur sa sexualité : hétérosexuel, homosexuel, homme ou femme… ou tout simplement asexué, comme 1% de la population mondiale ?

 

ICI 

 

Les Tintin, je les ai tous lus, sous le comptoir à tissus, de mon grand-père Philbert Gravouil, le père de ma mère, et, eu égard à mes connaissances sur la sexualité des humains, proche de zéro, en revanche du côté des animaux de la ferme j’étais un as, je ne me suis jamais interrogé sur celle de Tintin.

 

Jeudi dernier, en feuilletant électroniquement Le Temps, je découvre un titre qui accroche mon attention : Cher Tintin, gai mystère

 

 

Précision, chaque jeudi de l'été, «Le Temps» adresse une lettre à un personnage public pour discuter la brûlante question de la masculinité.

 

Pour le deuxième épisode de cette chronique estivale, c’est Tintin un intrépide reporter à l’intimité discrète.

 

Cher Tintin,

 

Petit, je voulais être comme toi : traverser la jungle, parcourir des dunes à dos de dromadaire, atteindre la Lune dans un suppositoire carrelé et explorer les abysses dans un requin. Tu es courageux, trompe-la-mort diraient certains, tu uses régulièrement de tes poings: ébouriffant. Mais que recèle ton jardin secret? A part un éclat de rire ou une larme occasionnelle, tu demeures secret, on en sait peu. Cependant, certaines théories circulent.

 

Selon Hugo Rifkin, journaliste au Times, pas de doute: «Tintin est gay. Demandez à Milou.» Dans une chronique de 2008, le Britannique est catégorique: «Un jeune androgyne au toupet blond qui emménage dans le château de son meilleur ami, un marin entre deux âges, qui est dévoué à son fox-terrier et dont les autres proches sont un couple de détectives aux chapeaux melon et une diva: n’est-ce pas évident?» Tintin ne montre de plus aucun intérêt pour la gent féminine, ajoute-t-il.

 

Il faut dire que sur plus de 300 personnages, tes aventures ne comptent que huit femmes. Pourquoi si peu? Dans une interview de 1979, Hergé indique simplement «ne pas être à l’aise pour les dessiner». Et puis Tintin n’a que 15 ans (!), dit-il. Trop jeune pour que se profile ton orientation sexuelle? «Tintin, c’est moi», rétorque ton créateur, ajoutant: «Lorsque je me suis lancé dans l’aventure [le premier Tintin date de 1930], je sortais du scoutisme. Les filles étaient un monde différent. C’était très séparé, on voyait les cheftaines de loin.»

 

Sans enfants, ton père Hergé s’est marié deux fois. Dans un ouvrage de 2012, le bédéiste Laurent Colonnier pense cependant qu’il avait un secret: Tchang. Otage du yéti dans ton aventure au Tibet, le Chinois n’est pas qu’un personnage fictif. Etudiant aux Beaux-Arts de Bruxelles en 1934, c’est lui, Tchang Tchong-jen, qui aidera le Belge à se documenter pour Le Lotus bleu. Et comme tu as soulevé des montagnes pour localiser ton ami disparu, Hergé s’est acharné quarante ans à retrouver le sien, qu’il n’a revu qu’en 1981.

 

Tchang, l'ami de Hergé : héros de Tintin ou agent double ?

Or, affirme Laurent Colonnier, il y avait davantage que de l’amitié entre les deux hommes. Pour preuve, dit-il : Hergé a qualifié d'«histoire d’amour» ta relation avec Tchang. Est-ce la vérité? Je ne suis pas sûr que tu me répondras. Toutefois, dirait notre ami Haddock, là n’est pas l’important. Homos, hétéros ou bisexuels, nous autres coloquintes à la graisse de hérisson et macchabées d’eau de vaisselle ne sommes au fond que des bougres de sous-produits d’ectoplasmes. Le reste importe peu.

 

Affectueusement,

 

TINTIN: COLORIAGE TIBET "TCHANG" - carte postale 12.4 x 17.5 cm ...

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 06:00

Ce que Sartre doit à un cocktail à l'abricot - Le Point

Au café existentialiste, sirotant un cocktail à l'abricot avec Raymond Aron, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. 

Selon une jurisprudence bien installée, dès qu’une idée de chronique maraude dans ma tête j’ai un gros problème : il y a de grandes chances que j’en eusse pondue une sur le sujet…

 

Ainsi je lis dans l’excellent journal Le Temps

L’abricot, cette pomme précoce ICI 

 

 

On l’aime nature, en confiture, pour accompagner une viande, ou encore en eau-de-vie. Mais quoi? L’abricot, évidemment! Originaire de Mandchourie, il est probablement arrivé en Asie mineure et dans nos régions grâce aux Romains qui l’appelaient malus praecox, soit «pomme précoce», parce qu’il fleurit tôt.

 

En Suisse, il constitue bien une spécialité valaisanne: 95% des abricots du pays en proviennent, avec plus de 700 hectares de surface cultivable. La culture des abricots est donc un des piliers de l’agriculture du canton, qui rapporte en moyenne un tiers du revenu brut du secteur des fruits et légumes.

 

Je pioche dans mes Archives et j’y découvre

 

2 août 2015

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ? ICI 

 

 

La plage des Sables-d’Olonne

 

En attendant l’heure de la baignade, fixée par nos intransigeantes mères à moins 3 heures après la fin de notre déjeuner, nous exercions nos talents de cantonniers, creusant des trous, érigeant des murailles, bâtissant des châteaux de sable… Notre proximité de la pendule nous permettait de contrôler le compte à rebours. Nous ne savions point nager mais nos mères nous laissaient aller au bain sans grande inquiétude, la plage était si plate, la mer si calme, le drapeau était vert et les CRS musclés nous protégeaient. De ces baignades maritimes j’ai gardé le goût de l’eau salée et un grand désintérêt pour celle des piscines.

 

Mais le bain ça donne faim !

Et, bien sûr, suit une tartine sur l’abricotier.

 

Que faire ?

 

Je pioche du côté des écrivains :

 

Le noyau d'abricot et autres contes - broché - Jean Giono - Achat ...

 

  • Au café existentialiste, sirotant un cocktail à l'abricot avec Raymond Aron, JeanPaul Sartre et Simone de Beauvoir.

 

  • Alexandre Soljenitsyne, La Confiture d’abricots et autres récits, Fayard, août 2012, 410 pages, 22 €
  •  

La confiture d'abricots et autres récits - Babelio

 

  • Sérotonine de Michel Houellebecq

Sérotonine

 

Son héros, Florent-Claude, est un ingénieur agronome travaillant comme contractuel au ministère de l'Agriculture. Il produit des notes qui sont censées alimenter les positions françaises au sein de la Commission de Bruxelles où se discute à la fois la PAC (politique agricole commune) et où la direction générale du commerce exerce, au nom des 28 États membres, le mandat de conclure des accords commerciaux avec les pays tiers.

 

Comme dans Extension du domaine de la lutte pour construire son histoire, Michel Houellebecq emprunte quelques éléments à sa propre biographie : il est lui-même passé par l'Institut national agronomique Paris-Grignon et, plus tard, a effectivement travaillé pour le ministère de l'Agriculture, mais après avoir bifurqué vers l'informatique.

 

À la recherche des abricots argentins

 

Voici ce qu'il écrit : « J'étais en effet parti avant d'avoir remis ma note de synthèse sur les producteurs d'abricots du Roussillon, dégoûté par la vanité de ma tâche, dès que les accords de libre-échange actuellement en négociation avec les pays du Mercosur seraient signés, il était évident que les producteurs d'abricots du Roussillon n'auraient plus aucune chance, la protection offerte par l'AOP abricot rouge du Roussillon n'était qu'une farce dérisoire, le déferlement des abricots argentins était inéluctable, on pouvait d'ores et déjà considérer les producteurs d'abricots du Roussillon comme virtuellement morts, il n'en resterait pas un, pas un seul, même pas un survivant pour compter les cadavres. »

 

Ce passage fait référence à la négociation d'un accord de libre-échange en cours entre la Commission européenne et les 4 pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). Mais, petit problème : les Argentins, pas plus que les trois autres pays, ne sont des producteurs d'abricots. L'Amérique du Sud tout entière ne représente pas plus de 2 % des abricots dans le monde, selon les données de 2011. Le bassin méditerranéen est le premier producteur mondial (48 à 50 %) devant l'Asie proche (30 à 34 %).

 

Pan sur la plume de Houellebecq, ancien ingénieur agronome, les abricots argentins, si tant est qu'ils parviennent en nombre jusqu'en Europe, ne sont en aucune façon concurrents des abricots français du Roussillon puisque les cycles saisonniers entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud sont... inversés ! Quand ceux du Roussillon sont mûrs et débarquent sur les marchés, ceux d'Argentine n'ont pas encore poussé, et réciproquement. On ne voit pas comment les abricots argentins pourraient tuer jusqu'au dernier les producteurs du Roussillon puisqu'ils ne seraient éventuellement commercialisés qu'en hiver...

 

Les arguments de mauvaise foi, quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage, l'écrivain a publiquement pris position en faveur de la sortie de l'Union européenne, ne servent pas une cause, le bon argument pour rejeter l’importation de fruits de l’hémisphère Sud c’est son coût carboné, mieux vaut consommer local de saison.

ARMÉNIE, LE MEILLEUR ABRICOT DU MONDE ICI

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4. la douceur de l’abricot, c’est aussi la nostalgie du doudouk

 

Lorsque Karen Hakobyan, musicien et fabriquant de flutes, prend son doudouk, un film pourrait s’enclencher. Un paysage mental.  Il y aurait beaucoup de nostalgie, mais surtout de la douceur. Sans doute vient elle du souffle de Karen,  sa mélancolie (de sa jeunesse). Mais aussi du bois d’abricotier dont est fait cette petite flûte au bec de roseau percée de neuf trous.

L’abricot, appelé pomme d’Arménie, est , dit-on, le meilleur au monde. il est partout dans les préparations pâtissières, soupes, pilafs, confits ou sec. Et même dans le drapeau national, où il ne viendrait à personne l’idée de dire que après le rouge et le bleu, la troisième couleur serait orangé (or). Après quelques mélopée, on réalise alors que l’abricot d’Arménie n’aura plus jamais le même goût…

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 06:00

Les cyclistes de légende

 Eugène Christophe (1885 - 1970) - surnommé "le vieux Gaulois" 

MARDI 12 MAI 2015 : UNE GRANDE EQUIPE AVEC LA POMME MARSEILLE ET KTM MARSEILLE 13

Relocalisons !

 

La France pays du Tour de France a abandonné la petite reine made in France…

 

Gitanes, Mercier, Peugeot, Motobécane, Sauvage-Lejeune… ne sont plus que des marques sur des cadres made in China ou autres… Les bobos et les bobottes, pinces à vélo incorporés, adorent enfourcher des vélos vintage rouillés, genre Raymond Poulidor, Jacques Anquetil, qui grincent, couinent, mais c’est furieusement tendance.

 

Le vélo revient en force dans les villes, c’est donc un marché porteur pour le made in France.

 

Certes il reste des artisans qui fabriquent des vélos en France ICI 

 

Mais le temps est, pour le pays de vieux que nous sommes, au vélo à assistance électrique (VAE)

 

Vélo électrique Xroad Samedi 27, à partir de 2499 €, Moustache Bikes.

Vélo électrique Xroad Samedi 27, à partir de 2499 €, Moustache Bikes. ICI 

 

Dans les Vosges, deux passionnés ont donné vie à une activité industrielle que l’on croyait condamnée chez nous. Un modèle à suivre le jour où l’on sortira du tunnel.

 

Voilà de quoi être fier ! Quand le patron de Bosch, Volkmar Denner, délaisse son opulente berline pour un vélo à assistance électrique (VAE), c’est sur un Moustache Bikes qu’il pédale. Une double consécration pour la marque vosgienne. D’abord, parce que l’équipementier automobile est devenu la référence technologique pour les moteurs et batteries des VAE. Ensuite, parce que les leaders européens de ce marché sont allemands. Un petit français apprécié outre-Rhin pour sa finition , c’est rare. «La qualité, c’est ce qui nous guide depuis le début», soulignent en chœur les deux cofondateurs de Moustache Bikes, Emmanuel Antonot et Grégory Sand.

 

Avec son design très soigné, ses guidons en forme de moustache (d’où son nom), ses équipements irréprochables, Moustache Bikes s’est d’emblée positionné comme une marque premium, avec un panier moyen aujourd’hui autour de 3.000 euros. La suite ICI

 

Voilà, je pose ça là… réindustrialiser notre pays à l’échelle de l’infiniment petit, est certes compliqué mais c’est l’avenir de nos territoires qui est en jeu, en effet, les grosses machines : Airbus, Renault, Air France…, qu’on le veuille ou non « dégraisseront », en effet il va bien falloir assumer nos contradictions : moins de voyages courts en avion, moins d’autos un peu partout, loin de la décroissance mortifère : comme à vélo si on cesse de pédaler on se ramasse la gueule, ce sont nos choix douloureux mais salutaires qui nous permettrons de changer de cap.

 

Ce ne sont pas les résultats en trompe-l’œil des élections municipales qui changeront les choses : les Français ne sont pas passés soudainement au VERT… ils sont profondément conservateurs ça leur permet de proclamer que tout ce qui arrive est la faute des AUTRES, le grand fourre-tout qui part du voisin pour aller jusqu’au chef exécré…

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Maurice Garin (1871 - 1957) - surnommé "le petit ramoneur", en raison de sa petite taille (1,63 m) et de son gagne-pain quand il quitta, à 14 ans, l

Les cyclistes de légende ICI

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 06:00
À Parme, le commissaire Soneri, amoureux transi, de Valerio Varesi, déteste la bourgeoisie moisie mais aime les anolini au bouillon

Parme, son jambon, son grana, c’est aussi la massa baignée dans le brouillard du Pô.

 

Or, encens et poussière de Valerio Varesi :

 

 

Valerio Varesi, le charme discret du polar italien

 

Littérature populaire de haut niveau, la série Soneri soigne autant ses intrigues que sa réflexion sur le monde, dans un style décalé, volontairement suranné, presque anachronique. C’est aussi ce qui fait une partie du charme.

 

Un grand roman policier - amour, jalousie, rapacité, sort des jeunes migrantes - par un très grand auteur, le commissaire Soneri a définitivement sa place au Panthéon des grands flics du polar…

 

Valerio Varesi : Or, Encens Et Poussière | Songazine

 

« Il paraît qu’ils l’ont coincé, annonça Alceste (ndlr le serveur du restaurant Le Milord) en apportant au commissaire ses anolini au bouillon.

 

  • Qui donc ? dit Soneri en sursautant, absorbé dans ses pensées.

 

  • Comment ça, qui donc ? Si vous-même, vous n’êtes pas au courant… le maniaque, non ?Un extracommunautaire, qu’ils ont dit.

 

  • La chasse à l’étranger va commencer », grogna Soneri au-dessus des vapeurs de son bouillon de viande.

 

Il entendait d’ici le couplet monotone ressassé à l’infini : la droite hausserait la voix contre l’immigration, la gauche  dénoncerait l’amalgame, les fascistes menaceraient d’exhumer les matraques. La réalité était toujours ailleurs ? Les faits, toujours niés. Lui, en revanche, devait les prendre en considération.

 

Heureusement que la table le réconfortait : le rare plaisir qu’il lui restait avec les balades sous  la brume et les lectures en solitaire, les soirs d’automne. Tout à ses médiations, les yeux rivés sur les yeux du bouillon, le commissaire ne prêta pas d’attention à l’arrivée de Sbarazza. Sa discrétion, sa manière de se déplacer sans bruit, échappait  même à l’œil expert de Soneri.

 

La cuisine parmesane en hiver, les spécialités gastronoimiques du ...

 

Anolini (sans le g) est la nomination des pâtes fourrées qui dans le reste de l’Emilia Romagna on appelle cappelleti, tortellini, ravioli, agnolotti etc.

 

C’est le plat des fêtes importantes, les anolini sont préparés et mangés pendant toute l’année, même si l’on pourrait les définir un aliment de l’hiver. Cuisiné en brouillon ou “pasticciati” avec la sauce ou crème, sont les vrai protagonistes de la cuisine de Parma.

 

Les anolini de Parma ont la forme d’un disque sans franges, du diamètre de 2,8 cm, composé par deux strates superposés d’abaisse.

 

La farce ne contient pas de viande, mais il est un mélange de fromage Parmigiano Reggiano très muri, pain sec gratté, jaune d’œuf et sauce concentré de bœuf braisé avec un arome de noix muscade à plaisir.

 

C’est la farce, pas l’enveloppe, qui fait l’anolino et le distingue des autres produit du même genre. Son secret et son goût original consistent dans la juste proportion entre les ingrédients, que deuls  les vraies «rezdore » savent donner.

 

Autres gourmandises du commissaire.

 

Galette Classiques | La Gastronomie Italienne

 

Une piadina

 

En Italie, on l’appelle piadina, piada ou encore pié. Plusieurs appellations pour un même aliment, croustillant et très parfumé : une galette de pain non levé qui porte toutes les saveurs de la terre dont elle provient, L’Emilie-Romagne.

 

Préparée déjà au temps des Romains, cette spécialité saine et naturelle a son histoire personnelle entre culture populaire et recettes de cuisine.

 

A l’origine, la Piadina trouvait sa place uniquement sur les tables des familles agricoles (pain des pauvres).

 

Elle est ensuite devenue l’un des produits gastronomiques typiques et réputés de cette région, au même titre que le Parmigiano Reggiano ou le jambon de Parme, et a réussi à acquérir une renommée nationale puis internationale.

 

La torta fritta (gâteau frit) doit être frit rapidement et au saindoux

 

Torta fritta, un piatto tipico di Parma

 

En fait, ce sont des carrés de pâte à pain au levain, qui sont trempés et frits traditionnellement dans du saindoux, puis accompagnés d'une grande variété de viandes et de fromages. En réalité, ils sont excellents et croustillants même seuls, et divins s'ils sont trempés dans du chocolat. Vous pouvez également les faire farcis ou cuits au four.

 

Une tranche de culaccia

 

La Culaccia est la partie la meilleure du jambon, la plus précieuse , désossée , sans tige et sans "fiocco" ( le petit os en forme de coquille - "anchetta" - qui est laissé afin de reconnaître cette partie du jambon ) . Elle est travaillée et affinée au naturel, elle n'est pas ensachée, ou manipulée. Elle ne produit que peu de déchets et sa forme permet de faire des tranches qui sont toujours les mêmes du début à la fin. Elle est tendre comme un Jambon, douce et moelleuse comme le Culatello

 

En fait, il est l'un des rares produits de la charcuterie sans conservateurs. 

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 08:00

 

De mon temps le notaire roulait en 403 Peugeot, le pharmacien en DS Citroën, le péquenot et le prolo en Renault, les jeunes en  coccinelle Volkswagen, les nouveaux riches en berlines allemandes, Mercedes, BMW… quelques originaux en américaine tel le vétérinaire se pavanant dans sa Ford Mustang.

 

La bagnole fait l’homme !

 

Et de plus en plus la femme !

 

La grande vogue des gros SUV est là pour en témoigner…

 

Pour l’auto j’en suis resté au stade primaire : ce fut et c’est encore un instrument de liberté…

 

Dans l’ordre 2CV Citroën, Fiat 128, Renault 4, Volvo 300, Renault 21 de fonction à la SVF, Renault 25 de fonction, Renault Mégane, Renault Twingo…

 

Bref, je ne suis pas abonné aux chroniques automobiles mais comme vous le savez je suis accro aux bouquins.

 

Je lis en ce moment le Goncourt 2019 : Jean-Paul Dubois pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

 

J'ai aimé “Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même ...

 

Un excellent livre…

Un roman sur le souvenir et l'échec

 

Le récit de Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon se déroule dans un quartier populaire de Montréal au Québec, au sein d'un immense centre pénitencier. C’est ici que que Paul Hansen, le héros du roman qui partage son prénom avec la plupart des personnages de Jean-Paul Dubois, passe en revue les grands moments de sa vie, dialogue avec les fantômes de son passé. Avant de partager une cellule de six mètres carrés avec un mastodonte des Hells Angels, Paul Hansen était superintendant à L’Excelsior, une résidence dans laquelle il déployait ses talents de concierge bienveillant, toujours prêt à venir en aide aux personnes isolées... A travers les souvenirs de ce taiseux, on voyage de Toulouse au nord du Danemark, à Skagen chez les pêcheurs de plies, en passant par le nord du Canada, où l’amiante empoissonne les sols. Ce qui a conduit Paul Hansen sous les verrous ? Le lecteur ne le découvrira qu’à la fin de sa longue confession, tragique et burlesque.

 

Le père du narrateur Paul Christian Frederic Hansen, pasteur danois Johanes Hansen, qui a perdu la foi, officie à Toulouse, sa mère Anna Margerit est la propriétaire-exploitante d’un cinéma d’art et d’essais Le Spargo (du latin je sème), et comme j’adore parfois m’en tenir à un détail, en gros scruter par le petit bout de la lorgnette, je vous livre le pourquoi de mon soudain intérêt pour la NSU Ro80

 

Voiture de l'année : 10 modèles tombés dans l'oubli

 

Page 43

 

« Influencé, j’imagine, par le climat insurrectionnel de cette année-là, mon père acheta en 1968 une voiture étrange dotée d’un moteur d’une conception totalement révolutionnaire, élue dans l’allégresse générale « voiture de l’année ». La NSU Ro80 – Ro signifiant Rotationskolben – était une familiale équipée du fameux bloc Comotor, le premier moteur rotatif Wankel à équiper une voiture de série. Le pasteur sensible à cette innovation mécanique, acheta la quatre-portes allemande pour héberger une famille qu’il aurait parfaitement pu loger dans un habitacle autrement plus modeste et de technologie plus conventionnelle. Peut-être Johanes avait-il encore en tête d’agrandir le cercle de sa descendance et d’implanter plus solidement la marque des Hansen sur ce territoire du sud-ouest. Quoi qu’il en soit, et malgré son habitabilité surprenante, cette NSU birotor se révéla être un véritable désastre, avec son catalogue de pannes moteur aussi inattendues et variées les unes que les autres. La Ro 80, censée préfigurer la technique et l’inventivité du monde de demain, modéra ses ambitions, vit ses ventes s’écrouler et quelques temps plus tard, précipita à elle seule la faillite, puis la disparition, de la marque NSU, qui finit par être rachetée par Audi. »

 

Page 55 au retour d’un voyage au Danemark dans la famille Hansen chez un concessionnaire NSU de Hambourg.

 

« Le technicien allemand tenta bien d’expliquer en anglais l’origine de la défaillance d’un élément qui se cachait, semble-t-il quelque part sous la culasse. Le brave homme avait beau répéter chatter marks ou encore rotor housing en pointant fermement son index sur une partie haute du moteur, ni mon père ni ma mère ne comprenait ce qui se cachait derrière ces grommellements et ce langage de signes. À court d’arguments, le garagiste employa alors un mot universel, et, de plus, commun à l’allemand, au danois et au français : « Garantie » Ajoutant à plusieurs reprises : Keine Geld, nein, keine Geld. Ce qui, en langage plus élaboré, signifiait : « Vous avez acheté une voiture de merde, NSU qui en a parfaitement conscience fait jouer la garantie et prend en charge vos réparations. Vous n’avez rien à payer. Nein. »

 

NSU Ro 80, 1968 [Auta5P ID:10667 EN]

 

  • Saga NSU
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Célèbre pour ses motos, qui se sont illustrées en compétition et sur les pistes des records du monde de vitesse, NSU a occupé une place originale dans le paysage automobile d'outre-Rhin. Passée dès 1905 à la construction de quatre roues, la firme produit ses propres modèles tout en réalisant, suite à un accord avec Fiat, le montage des voitures de Turin à partir de 1922. Sept ans plus tard, NSU cède sa nouvelle usine de Heilbronn à la firme turinoise. La marque de Neckarsulm se cantonnera dès lors à la production de motos et de cycles. Mais le secteur des deux roues motorisés déclinant, NSU décide, au milieu des années cinquante, d'effectuer son grand retour à l'automobile.

 

Le marché porteur étant celui des voitures populaires en cette période de l'après-guerre, NSU Prinz présente en 1957 la Prinz, une petite berline de 600 cm3. Techniquement sophistiquée (moteur à arbre à cames en tête), bien construite et fiable, elle rencontrera un grand succès. Au cours d'une carrière qui durera jusqu'en 1973, la Prinz connaîtra de nombreuses évolutions, sans parler des variantes sportives, dont la TTS qui s'illustrera en compétition.

 

Marque d'avant-garde cultivant l'innovation, NSU se lance dans les années cinquante dans un projet ambitieux, le moteur rotatif de l'ingénieur Felix Wankel. En 1963 sort le Spider, première automobile au monde à être équipée de cette mécanique. Quatre ans plus tard est dévoilée une berline haut de gamme dotée d'un double rotor, la RO 80. Mais cette voiture révolutionnaire aboutira à un échec commercial.

 

Auto Union et NSU fusionneront en 1969 et l'usine de Neckarsulm se consacrera dès lors à la construction des modèles Audi.

 

  • Le moteur rotatif « révolutionnaire » de type Wankel avait été étudié et fabriqué en commun avec Citroën ( Citroën GS Birotor) au sein de la joint-venture Comobil et de l’usine de fabrication Comotor.
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Grandeur et décadence du moteur à piston rotatif - Moto Magazine ...

 

  • Au milieu des années 60, l’industrie automobile allemande possède une réputation déjà bien solide, mais ne se démarque pas vraiment par son originalité débordante. Jusqu’à ce que cette petite NSU ne fasse parler d’elle… Francois Piette 13/02/2018
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Entre les gros mastodontes Mercedes, BMW et Volkswagen, NSU fait figure de petit poucet. La marque décide de frapper fort avec un produit révolutionnaire, histoire de se repositionner sur l’échiquier. Elle met donc en chantier un projet de berline avant-gardiste qui voit le jour à la fin de l’année 1967. Son nom Ro80 est déjà tout un programme : Ro fait référence au type de moteur (rotatif) et 80 évoque les… années 80, soit une vision du futur ! D’autres sources évoquent aussi une certaine obsession du chiffre 8 durant le développement : la voiture devait coûter 8000 DM, peser 800 kg et consommer 8 l/100 km. Aucun de ces objectifs ne fût atteint, et de loin…

 

Une fiche technique invraisemblable !

 

Techniquement, la Ro 80 se démarque bel et bien des traditionnelles berlines allemandes : moteur rotatif birotor de 995 cm3 (115 ch à 5.500 tr/min), suspensions indépendantes (de type McPherson à l’avant, s’il vous plaît), traction avant, crémaillère de direction avec assistance et cerise sur le gâteau : une boîte semi-automatique à trois rapports, dont le pommeau du levier de vitesse actionne un interrupteur qui désengage l’embrayage !

 

La suite ICI 

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 06:00

La traversée de la Manchette | nova

Le charme discret de la correspondance privée à jamais disparue, lettres manuscrites ou dactylographiées, doubles sur papier carbone, archivées, conservées par les correspondants, fantastique réservoir des pensées intimes d’un auteur.

 

Lettres du mauvais temps - Vermillon - Table Ronde - Site Gallimard

Lettres du mauvais temps de Manchette 1977-1995

 

C’est un recueil à effeuiller au gré de son humeur, du beau ou du mauvais temps, de l’envie de retrouver l’esprit d’un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître…

Viande froide - Pierre Siniac - Babelio

Ainsi ce matin, je vous propose des morceaux choisis de sa correspondance avec Pierre Siniac.

 

Issu d’une famille de modestes artisans – sa mère était couturière et son père, d’origine grecque, “travaillait dans la chaussure“-, il quitte l’école communale à quatorze ans pour suivre une formation professionnelle de “technicien spécialisé dans le chauffage central“. Il connaît des années de galères et d’errances au cours desquelles il consacre ses journées au cinéma, à la lecture, à la flânerie et à l’écriture. Il publie son premier roman "Illégitime défense" en 1958.

 

SOIRÉE SINIAC - invitation Alfred Eibel - YouTube

 

Auteur de romans policiers, Siniac se distingue par un goût pour les histoires criminelles au dénouement surprenant et paradoxal, l'humour rabelaisien et la description d'une vie provinciale inquiétante. Ses descriptions du « milieu » montrent des personnages qui ne sont le plus souvent ni des exemples de bravoure, ni d'intelligence, ni d'honnêteté.

 

ICI 

 

Amazon.fr - LE CINEMA FRANCAIS. Tome 2 - Siclier, Jacques - Livres

 

Moi aussi je me souviens de Jacques Siclier le critique ciné du Monde ICI 

 

Le 20 juillet 1977 à Villers-sur-Mer

 

« Pour le cinoche, je me base personnellement sur les critiques du chrétien Siclier dans Le Monde : aussitôt qu’il dit « Quelle honte, ce cinéaste qui nous avait donné de l’espoir, à présent se prostitue, et fait semblant d’être de gauche, mais nous présente en réalité un tissu de brutalités avilissantes », je sais que je vais passer une excellente soirée. Pendant que j’y pense, je ferme la parenthèse) mais poursuis. C’est la société qui n’a plus de foi en soi-même, mon bon monsieur, voilà ce que je dis. Quand les grands Etats capitalistes se bâtissaient dans la fièvre, ça vous donnait Eisenstein et King Vidor. Maintenant, ils pleurnichent à propos de J.-F. Kennedy et de leurs hémorroïdes. Quelle pitié !

 

Charlie Hebdo - # 457 - 16 Août 1979 - Couverture : Wolinski

 

Chronique de cinéma dans Charlie Hebdo août 1979

 

« Hollywood, c’était le cinéma du capitalisme triomphant […]. Les riches étaient contents d’eux-mêmes et leur cinéma était brillant. À présent ils sont mécontents d’eux-mêmes et […] ils engagent des intellectuels de gauche pour vendre aux cadres ce message qui leur plaît : « Nous avons bien mal au cul, interrogeons-nous sur cette douleur » […] Comme grondait Jouvet dans La Charrette fantôme, quelle pitié ! quelle pitié ! Mais nous n’en aurons pas. »

 

« je ne crois pas qu’il reviendra de grands écrivains dans un siècle, ni jamais, à moins d’un effondrement total de la civilisation et d’un nouveau départ pris de zéro. Je crois tout platement qu’on a vraiment fait le tour des formes. Les gugusses modernistes ne font que réchauffer des restes de Céline, de Joyce, de Dada. De sorte que c’est nous qui pouvons nous permettre d’utiliser et de mélanger les formes pour « raconter nos petites histoires. »

 

Paris le 25 août 1977

 

Cher Siniac-zistait pas il faudrait l’inventer (là, je me défonce vraiment, sapristi !)

 

« … sur Siclier tu m’as mal lu. Ce qui en fait pour moi un bon baromètre, c’est qu’il fait toujours le même type de critique négative sur les films qui me plaisent. À tout coup, il les accuse d’être

 

  1. Bestialement brutaux
  2. Vulgairement racoleurs
  3. Faussement de gauche et en vérité de droite
  4. L’œuvre décevante d’un réalisateur qu’on croyait libéral et qui nous avait donné des espérances, mais qui, là, sombre.

 

Chaque fois qu’une de ses critiques a cette structure, je suis assuré de prendre mon pied en allant voir le film. (C’est à peu près exactement ce qu’il a dit de Marathon Man, et par exemple de Plein la gueule d’Aldrich.)

 

[…]

 

Cher Siniac, je te fais mes cordialités. Dur d’oreille ou non, je maintiens que nous devrions trouver une occasion de grignoter de conserve. Je parlerai par gestes obscènes, et tu me répondras des grognements hideux. Ça peut être vraiment bien. »

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 06:00

Gilbert Bécaud - L'Orange (1964, Vinyl) | Discogs

Je suis taquin mais le beau nez du Point me suit…

 

Tout comme le Carrouf des jours triomphants je revendique mon ¼ heure d’avance !

 

Suis modeste, 8 ans déjà, je déclarais ma flamme à VENEZIA GIULIA RIBOLLA GIALLA 2005 Bianco – Radikon ICI 

 

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7 juin 2012

Vive les Radikon libres ! Tous les goûts sont dans le nature, dans le vin je les pratique tous dès qu’ils me satisfont…

 

Avec le vin je n’ai pas besoin du mode d’emploi pour aimer, tout bêtement parce que je ne sais pas lire les notices et que ça s’apparente pour moi à la littérature du genre les 12 règles pour réussir son couple. Et puis quoi encore, les missionnaires évangélisateurs des peuplades ignares – j’en suis une à moi seul – m’emmerdent : je suis pour la laïcité du vin ! Ras-le-bol des croisés, des excommunicateurs, des fais pas ci, fais pas ça, de quelques bords qu’ils fussent : j’assume ma liberté de buveur ! Oui je l’affirme, même ça peut paraître un peu cul-cul : tous les goûts sont dans le nature, dans le vin je les pratique tous dès qu’ils me satisfont…

 

MDW-italie-020.JPG

 

Piqure de rappel récente : ICI

 

6 juillet 2020

LeRouge&leBlanc devrait étendre sa palette à l’orange en suivant 1 histoire naturelle des tannins de M.A. Selosse…

 

 

Trêve de taquinerie, j’apprécie, je goûte avec délice, les louanges du passons à l’orange de Jacques Dupont : ICI 

 

L'orange, une quatrième couleur du vin ? Lorsque le journal suisse Le Temps pose la question en 2013, le phénomène d'un vin à la couleur surprenante se diffuse depuis une dizaine d'années dans les caves et les restaurants branchés des capitales européennes. La Géorgie, leur berceau, se voit à cette date inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité pour sa méthode ancestrale d'élaboration du vin en kvevris, jarres d'argile dans lesquelles le raisin macère de longs mois. Le terme de « vin orange » est utilisé pour la première fois en 2004 par David Harvey, un importateur britannique, puis repris par des journalistes américains. À l'orée des années 2020, ce vin aux reflets ambrés suscite un véritable engouement de la part de producteurs comme d'amateurs. Vin original s'il en est – raisin blanc vinifié comme un rouge –, vin tendance, il commence à être plébiscité en Europe et dans le monde (Nouvelle-Zélande, États-Unis, Argentine, Afrique du Sud). Comble pour un vin ancestral, la mode l'inscrit dans l'air du temps. Il entre en effet en phase avec la recherche actuelle de nouvelles saveurs, de retours aux sources et de goûts plus sains, d'accords culinaires différents. En quoi s'inscrit-il dans le paysage viticole français ? C'est une autre histoire.

 

Tous les orange sont dans la nature

 

Ce n'est pas un hasard si la remise au goût du jour des vins ambrés, au milieu des années 1990, est notamment l'œuvre de vignerons soucieux d'extraire plus de fruit et de s'affranchir des sulfites, à l'instar de Stanko Radikon, l'un des artisans de cette renaissance. La méthode de macération longue appuie la volonté de travailler sans sulfites ajoutés, voire sans intrants, par la stabilité qu'elle apporte aux vins. Quasiment tous les vignerons qui font des vins orange sont a minima bio. Franz Strohmeier, en Autriche, produit un Vin du silence sur ces cuvées qui nécessitent du temps, une forme chez lui de méditation. En France, c'est Thierry Puzelat, figure ligérienne des vins nature, qui importe le premier des vins géorgiens, aidé par la journaliste Alice Feiring. Vin orange et vin nature cheminent donc de pair, en adéquation avec une recherche de naturalité et l'envie de boire plus sain, plus authentique, qui s'invitent de plus en plus parmi les consommateurs.

 

Signé :  Florence Monferran Historienne, chercheuse diplômée de l'université Jean-Jaurès à Toulouse, vigneronne aujourd'hui près de Montpellier, Florence Monferran s'attache depuis une dizaine d'années à mettre en lumière des patrimoines et des terroirs de grande qualité, des vins et des cépages du Languedoc, afin tant d'œuvrer au maintien de la viticulture que d'éveiller à une culture du vin protéiforme.

 

 

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