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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 06:00

La saga Panzani avec Don Patillo par Nath-Didile - Les petits dossiers des  Copains d'abord

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J’ai bien connu Robert Skalli le boss des vins Skalli à Sète, inventeur des vins de cépages à la française via les vins de pays d’Oc, il fut membre du groupe stratégique qui pondit Cap 2010. En ce début des années 2000 Robert pilotait aussi pour le compte du groupe Cohen-Skalli la branche Lustucru pâtes fraîches.

 

La première guerre de la nouille eut lieu dès 1968, année de tous les dangers, la famille Carret propriétaire de Rivoire&Carret redoutant la puissance de feu des italiens Barilla et des allemands Birkel, proposa à la famille Cartier-Million propriétaire de Lustucru, qu’elle côtoyait dans le Syndicat des fabricants, un rapprochement.

 

Ainsi vit le jour en 1969 une holding à deux filiales, Rivoire & Carret et Lustucru, chacune des filiales détenant respectivement 58 et 42% des actions, ces dernières étant réparties entre 32 actionnaires familiaux. La holding récemment créé décida de construire une nouvelle usine, dans l'Oise, à Ourscamp. Cette dernière installation produisit vite plus de 200 tonnes de pâtes par jour contre 130 tonnes à Marseille (usine des Rivoire & Carret) et 100 tonnes à Grenoble. Dans les années 70-80, les ventes de Rivoire & Carret commencèrent à stagner tandis que celles de Lustucru continuèrent à croitre.

 

Pendant cette même période, en 1971, les Cartier-Millon furent pris de court par la revente de la majeure partie des actions de la famille Carret à la famille de semouliers marseillais les Cohen-Skalli. Ces derniers devant la situation de l'époque et le suréquipement en usines décidèrent de fusionner Rivoire & Carret et Lustucru en 1981.

 

De nombreuses procédures judicaires s'ensuivirent sur une période de 7 ans, jusqu'au rachat en 1987 des 42% de la famille Cartier-Millon par les Cohen-Skalli. Lustucru fut transférée à Marseille et en 1989 l'usine de Grenoble fut fermée.

 

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Rivoire & Carret allait-il disparaître ?

 

Le boulet passa très près avec l’irruption de la pâte fraîche qui bouleversait les équilibres, permettait une profitabilité supérieure. Lustucru tira le premier. Robert Skalli triomphait, et comme lui alliait Pasta et Vins il dérangeait les barons de Panzani tenus par les banquiers de PAI (Paribas).

 

En 2002, comme l’écrivait Frédéric Pons dans Libé : « Panzani aspire Rivoire et Carret-Lustucru. «Al dente», pour mieux déguster les pâtes fraîches et le riz Taureau ailé de son concurrent historique. Par crainte d'indigestion, en revanche, Panzani chipote sur les activités «pâtes sèches» et sur les «semoules» du groupe français Rivoire et Carret-Lustucru, propriété de la famille Skalli : Don Patillo, mascotte de Panzani, aimerait bien refiler son assiette à un autre convive. »

 

En effet, même si la pasta sèche représente 90 % de la consommation des Français, c’est un marché mature, il ne progresse pas alors que celui de la fraîche se tape du +10% par an. Et là Lustucru c’est 40% du créneau. Le rêve pour un cartel.

 

12 septembre 2002 Après avoir risqué l'enlisement, Panzani sort victorieux du dossier Lustucru. Le numéro un français des pâtes fraîches, contrôlé par le fonds de capital-investissement PAI, a finalisé, hier, l'acquisition des pâtes fraîches et du riz Lustucru avec l'aide du vendeur, la famille Skalli. En effet, l'activité pâtes sèches, dont la cession était requise par les autorités de la concurrence, restera finalement dans le giron de ses anciens propriétaires. Numéro un français des pâtes sèches, Panzani avait tenté de trouver un repreneur extérieur pour cette branche, mais le désistement subit, à la fin de l'été, de l'italien Agnesi, filiale de Colussi, l'avait laissé sans solution de rechange.

 

Le bouclage de l'opération a été annoncé aux salariés, lors du comité d'entreprise ordinaire qui s'est tenu hier au siège de Rivoire et Carret Lustucru (RCL) à Marseille. Robert Skalli, vice-président du groupe et actionnaire principal, a annoncé la création d'une nouvelle structure, Pasta Corp., dont les actionnaires seront lui-même et son frère Bernard. L'entité regroupera Les Semouleries de Normandie, à Rouen (32 salariés), une partie du personnel administratif et commercial du siège de Marseille (200 salariés), qui sera en majorité transféré au siège lyonnais de Panzani, et les deux usines de pâtes sèches, celle de La Pomme à Marseille (112 salariés) et celle d'Ourscamp, dans l'Oise (160 salariés).

 

Depuis lors :

 

  • 24 février 2005 Panzani vendu au numéro un espagnol de l'agroalimentaire
  •  

Ebro Foods,el beneficio neto se redujo a € 37 millones, un 15% menos,  Nuestra deuda neta aumentó en € 88,3 millones en el año hasta la fecha a €  793 millones,

 

Ancienne filiale de Danone, Panzani devait passer sous bannière espagnole. Ebro Puleva, le premier groupe agroalimentaire espagnol, est entré hier en négociations exclusives pour acheter la société française pour un montant total de 639 millions d'euros, dont 302 millions de reprise de dette financière nette. Le vendeur est Financière Panzani, une société holding basée au Luxembourg, contrôlée majoritairement par PAI Partners, et minoritairement par Fonds Partenaires et IRR Capital.

 

Les conseils dans cette opération sont JP Morgan pour Ebro Puleva et Rothschild & Cie pour les vendeurs. La transaction était encore hier sujette à l'accord des autorités de la concurrence, de même qu'à la consultation des représentants du personnel de Panzani. Le bouclage de l'opération devrait être réalisé au deuxième trimestre de cette année.

 

Ebro Puleva a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros, pour un profit net de 121 millions. Le groupe est un gros producteur de sucre, de riz et de produits laitiers. Alors que la fabrication de sucre risque de devenir moins rentable en raison de la baisse des prix garantis par l'Union européenne, l'entreprise cherche à diversifier ses activités.

 

De fortes plus-values

 

Numéro deux des pâtes alimentaires en Europe, Panzani a acquis Lustucru en septembre 2002. Au total, l'entreprise française a réalisé en 2004 un chiffre d'affaires de 431 millions d'euros, pour un profit brut d'exploitation de 69 millions.

 

De leur côté, les vendeurs peuvent se féliciter. A la fin de 1997, Paribas Affaires Industrielles, à 50-50 avec deux fonds d'investissement (alors Fonds Partenaires et Finance & Investors), avait acheté une grande partie de la branche épicerie de Danone, qui comprenait Panzani, William Saurin et Maille-Amora, pour un montant de 3,9 milliards de francs (595 millions d'euros). Au mois de novembre 1999, Unilever avait pris le contrôle de Maille-Amora pour 4,7 milliards de francs (717 millions d'euros). La vente de William Saurin était, quant à elle, annoncée en juin 2001 : la société était alors cédée au Comptoir Commercial Alimentaire, présidé par Monique Piffaut, pour un montant non précisé.

 

A priori, les investisseurs initiaux dans la branche épicerie de Danone ont donc réalisé de fortes plus-values sur leurs différentes cessions.

 

  • De Skalli à Boisset : la valse des géants ICI 

La saga Panzani avec Don Patillo par Nath-Didile - Les petits dossiers des  Copains d'abord

LUSTUCRU VEUT S'OFFRIR PANZANI, TROIS FOIS PLUS GROS QUE LUI

T.L. avec AFP

Le 26/03/2021

 

Selon les Echos, le fabricant français de pâtes alimentaires sèches serait prêt à se positionner, aidé par un fonds britannique.

 

Lustucru a-t-il les yeux plus gros que le ventre?

 

Le groupe français est prêt à faire une offre de rachat pour Panzani, qui pourrait être mis en vente pour 600 millions d'euros, affirme le quotidien Les Echos jeudi soir. La différence entre les deux groupes est de taille puisque Panzani réalise un chiffre d'affaires trois fois plus élevé (470 millions d'euros) que Lustucru (150 millions d'euros).

 

Lustucru, société contrôlée par la famille Skalli, se prépare donc à ce que le premier groupe agroalimentaire espagnol, Ebro Foods, actuel propriétaire de Panzani, démarre le processus de vente en avril. Dans ce cadre, Lustucru s'associerait au fonds britannique CVC, selon Les Echos.

 

Ebro Foods possède par ailleurs Lustucru Sélection (pâtes fraîches...), issue de la scission de Lustucru en deux sociétés en 2002.

 

Aucune décision, assure Panzani

 

Dans un entretien mi-mars au journal espagnol el Economista, Antonio Hernandez Callejas, le président d'Ebro Foods, indiquait ne pas être opposé à la vente de Panzani. "Je n'ai jamais dit que je ne vendais rien. Tout dépend du prix", avait-il déclaré.

 

Si nous procédons à un désinvestissement de 600 millions [Panzani, en France], il y a des possibilités, car avec ces montants beaucoup de choses peuvent être faites: réduire la dette, verser des dividendes ou investir dans autre chose", ajoutait-il.

 

Contacté par l'AFP, Panzani a réagi en affirmant que "si certains acteurs ont effectivement exprimé un intérêt suite aux ventes du groupe Ebro en Amérique du Nord, Panzani confirme que l'actionnaire du groupe Panzani, Ebro Foods, n'a pris aucune décision de cession de ses activités en France et n'a signé aucun mandat de vente en ce sens".

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 08:00

 

Qui se souvient d’Édith Cresson la météorique 1ère Ministre de Tonton 15 mai 1991 – 2 avril 1992 ?

 

 

Les rosbifs :

 

La majorité des hommes (dans les pays anglo-saxons) sont homosexuels - peut-être pas la majorité - mais aux USA il y en a déjà 25 %, et au Royaume-Uni et en Allemagne c'est bien pareil. Vous ne pouvez pas imaginer ça dans l'histoire de France... Je considère qu'il s'agit d'une sorte de faiblesse.

 

« Édith Cresson a déclaré qu'un anglais sur quatre est homosexuel. Alors, des Beatles, c'est lequel qui mordait l'oreiller ?... »

Les Nuls

 

« Quand je reçois des journalistes, je leur dis franchement ce que je pense », confiait, le 18 juin 1991, Mme Édith Cresson.

 

C'était au lendemain de ses propos rapportés par le journal britannique The Observer, qui venaient de mettre en émoi la presse d'outre-Manche. Le premier ministre y avait affirmé que 25 % des Américains, des Britanniques et des Allemands étaient homosexuels. L'Hôtel Matignon avait alors argué que ces déclarations avaient été extraites d'une conversation datée de...1987.

 

Le 14 juillet 1991, François Mitterrand feignait de se délecter de ce parler cru de son Premier ministre. Mais peut-être en viendra-­t­-il un jour à penser, comme le dit l'adage célèbre, que lorsque les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limites.

 

 

 

Tel fut le cas, le 2 avril 1992, la pétulante Édith passait à la trappe ! Adieu fourmis japonaises, Abel Farnoux son gourou « son Raspoutine », disait Chirac en privé… La billettiste du Monde, Claude Sarraute, évoquait « les câlineries d'une femelle en chaleur ». « Le bébête show » représentait le premier ministre par une marionnette appelée Amabotte.

 

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Comme elle aimait à le dire, de son éviction « j’en eus rien à cirer ! » en effet lorsque je sortais des réunions à Matignon j’étais en charpie tellement elle alignait des inepties… et qu’on ne vient pas me rétorquer que c’est du sexisme, les mecs Ministres aussi en alignaient mais, comme me l’avait dit lors de sa nomination à Matignon, son ancien directeur de cabinet au Ministère de l’Agriculture, « au bout de la première page d’une note, elle décroche… » Elle avait un côté gilets jaunes Édith, et sa méthode tenait du « on avance, on avance… »  

 

Fallait-il que Tonton détesta autant Rocard pour l’avoir vidé sans préavis au profit d’une Édith dotée d’autres qualités que celles permettant de survivre dans l’Enfer de Matignon.

 

Bref, j’en reviens au sujet du jour :

 

Pourquoi les Britanniques adorent détester les Français ICI  

 

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.

 

Si le Britannique, malgré des siècles d’histoire commune, éprouve de l’agacement voire de l’antipathie à l’encontre de son voisin français, c’est parce que ce dernier serait d’une nature incompréhensible et exaspérante. C’est ce qu’explique cet auteur londonien en s’appuyant sur des exemples, dont celui d’un poulet mal cuit au XVe siècle.

 

 

Après des années de gabegie politique sur notre île, ces dernières semaines nous ont permis de renouer avec un sentiment essentiel, le seul capable de ragaillardir tout Anglais digne de ce nom. Alors certes, il faut se féliciter que notre campagne de vaccination ait déjà sauvé des milliers de vies, mais c’est peu de chose comparé à ce constat rafraîchissant : pour la première fois depuis bien longtemps, nous sommes dans un bien meilleur état politique que la France. Enfin, l’ordre cosmique est rétabli.

 

Le président français a compromis sa réputation plus qu’aucune autre personnalité en ces temps de Covid – et pourtant, la concurrence est rude. Emmanuel Macron a commencé par jeter le doute sur le vaccin d’AstraZeneca, qu’il a qualifié de “quasi inefficace” pour les plus de 65 ans dans un accès d’irresponsabilité propre à faire rougir Trump lui-même. Puis, conséquence des mesures liberticides qu’il a imposées, le magazine The Economist [dans son indice de démocratie publié en février] a requalifié la France au rang de “démocratie imparfaite”, aux côtés des sales types du groupe de Visegrád et de l’Inde de Modi.

 

Et voilà que Paris suspend [pour quelques jours] l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca au prétexte d’un nombre ridicule de cas de thromboses, inférieur au risque que présente la pilule contraceptive. Mais au fond, cela n’a peut-être pas grande importance dans ce pays de toute façon champion du monde du mouvement antivax, et plus largement du complotisme. Un pays incompréhensible et exaspérant au possible, ce qui explique au moins en partie l’antipathie de l’Anglais à son égard, qui ne date pas d’hier.

 

Une relation compliquée

 

Quand l’année dernière le Royaume-Uni est sorti de l’UE, cela faisait des décennies que nos médias crachaient leur hostilité à l’Europe, et en particulier, plus encore que leur germanophobie, leur francophobie. L’exemple le plus célèbre reste sans doute ce gros titre du Sun en novembre 1990 : Up Yours, Delors [“Va te faire foutre, Delors”]. Celui qui était alors président de la Commission européenne était devenu une sorte d’épouvantail de la droite britannique. Il avait eu l’audace de critiquer l’isolement croissant de Londres en Europe, alors le Sun s’était empressé de répliquer : “Il a fallu que nous rabattions son caquet à Napoléon à Waterloo en 1815 pour que ces gens cessent de tenter d’envahir l’Europe” ; “Ils ont capitulé devant les nazis quand nous résistions jusqu’au bout.” Le Sun appelait ainsi tous les “bouffeurs de grenouilles” à scander “Up Yours, Delors”, et déplorait qu’on sente jusque sur la côte sud les effluves d’ail des voisins français.

 

À l’époque, Delors n’était pas le seul Français à prendre les Anglais à rebrousse-poil. L’année suivante, la Première ministre Édith Cresson se disait convaincue qu’un quart des “hommes dans les pays anglo-saxons” étaient homosexuels, ce à quoi le député conservateur Tony Marlow avait répondu : “Si Mme Cresson insulte la virilité de l’homme britannique, c’est que lors de son dernier passage à Londres elle n’a pas dû avoir son content de regards admiratifs.” Et puis en France, les hommes s’embrassent et font usage de sacs à main, firent remarquer nos tabloïds, prenant la balle au bond.

 

Certes, le Sun ne parlait pas pour l’Angleterre tout entière, mais une bonne proportion de ses lecteurs se retrouvaient probablement dans les propos du journal. Si l’Angleterre entretient avec la France une relation compliquée, c’est aussi une relation inextricablement liée à notre système de classes : les classes moyennes anglaises ont une obsession pour la France, tandis que les classes ouvrières anglaises, traditionnellement, détestent tout ce qui a à voir avec elle.

 

Une histoire de classes

 

Dès la Révolution française, les radicaux de bonne famille se sont enflammés pour les événements qui se déroulaient à Paris, à l’image de Charles James Fox, homme politique [du Parti] whig, qui, lors de la prise de la Bastille, s’enthousiasma : “C’est le plus grand événement qui se soit jamais produit dans le monde!”

 

Ce n’est pas seulement qu’ils adhéraient à l’idéologie révolutionnaire, c’est que cette idéologie était française. Quand la France sombra ensuite dans l’anarchie, puis la tyrannie, l’intelligentsia britannique continua de la soutenir. Lord Holland, neveu de Charles James Fox, soutint publiquement Napoléon, et son épouse, Lady Holland, alla jusqu’à envoyer des livres à l’empereur déchu exilé à Sainte-Hélène. “Quel chagrin que les plus grands espoirs de la Terre reposent sur toi!” déplorait de son côté le poète William Wordsworth, en parlant de son pays.

 

À l’inverse, au sein de la classe ouvrière anglaise, le soutien à la Révolution était presque inexistant, si bien que quand l’Angleterre lança une campagne de recrutement de volontaires pour combattre la France, elle parvint à enrôler 20 % de ses hommes adultes [ce chiffre comprend les volontaires, les forces régulières et la milice], signe de l’ampleur de l’opposition à Napoléon. Ce n’est pas juste qu’ils voulaient défendre la liberté de l’Angleterre contre un système révolutionnaire, c’est qu’ils voulaient combattre les Français.

 

Des milices locales furent alors formées. En 1804, lors d’un simulacre de bataille organisé à des fins d’entraînement à Wood Green, dans le Middlesex, les volontaires d’Islington furent désignés pour jouer les Britanniques, tandis que ceux de Hackney et de Stoke Newington devaient incarner les Français [Islington, Hackney et Stoke Newington sont des quartiers de Londres]. Mais les soldats de Hackney rechignaient tant ne serait-ce qu’à faire semblant d’être français qu’une rixe éclata, faisant plusieurs blessés, dont un poignardé à la jambe.

 

C’est que les gars de Hackney étaient des cockneys, des ouvriers. Des volontaires issus des classes moyennes auraient adoré jouer aux Français, jacasser sur les derniers snobinards en vogue rive gauche en insistant sur toutes les prononciations à la française comme des journalistes de la radio publique.

 

Un complexe d’infériorité

 

Notre relation à la France est évidemment façonnée par un complexe d’infériorité qui remonte à l’occupation normande, et par le soupçon, durablement enraciné dans le prolétariat, que les aristos au fond sont toujours des Français (et c’est un fait, 950 ans plus tard, les Anglais portant des patronymes normands restent plus riches que le reste de leurs concitoyens).

 

Ce complexe d’infériorité a encore été aggravé par la domination culturelle de la France du XVIIIe siècle, lorsque les élites anglophones s’évertuaient à imiter l’étiquette de Versailles et que les mœurs sexuelles des Français scandalisaient les sensibilités petites-bourgeoises de notre côté de la Manche. Louis XV a eu plus de cent maîtresses (cent! et parmi elles, cinq sœurs) – à côté, Charles II, le plus grand coureur de jupons de la cour d’Angleterre, à demi-français d’ailleurs, passerait presque pour un eunuque.

 

Il y a donc la question de la chair, et puis il y a celle de la bonne chère, une obsession française touchante, et un peu déroutante aussi. Au XVe siècle, les Anglais régnaient sur une grande partie de la France, et lors du couronnement à Paris d’un roi Henry encore bébé, un poulet trop cuit signa pour eux le début de la fin – même les miséreux qui faisaient la queue pour en grappiller les restes trouvèrent à redire de cette viande immangeable. Quelques années plus tard, les Français s’étaient révoltés et avaient bouté l’Anglais hors de chez eux.

 

La bonne chère

 

Il n’y a qu’en France que des supporteurs de foot s’enflamment contre la perte d’une étoile Michelin par un restaurant du coin, comme ce fut le cas à Lyon il y a deux ans. Il n’y a qu’en France qu’une expédition himalayenne, de la plus haute importance pour le pays, peut échouer accablée sous huit tonnes de provisions de bouche, dont 36 bouteilles de champagne et d’innombrables conserves de foie gras. Il n’y a que la France pour bercer en son sein d’authentiques terroristes œnologiques associés dans un Comité régional d’action viticole*, responsable d’attentats à la bombe contre des épiceries, des cavistes et autres échoppes coupables d’importation de produits étrangers. Voilà tout de même un pays qui ne s’est résigné qu’à contrecœur, dans les années 1950, à cesser de servir aux enfants une boisson parée de mille vertus qui était, non du lait (comme quiconque n’est pas français aurait pu le penser), mais du cidre [et du vin].

 

Dans ce pays, l’adultère est chose si banale qu’on peut léguer ses biens à ses amants et maîtresses, et qu’un meurtre, quand il est commis par amour, n’en est pas vraiment un. Voyez Henriette Caillaux, l’une des plus grandes femmes du monde de l’époque, qui, pour avoir tué par balle le directeur du Figaro, à la veille de la Première Guerre mondiale, fit seulement quatre mois de prison car il s’agissait d’un crime passionnel* – ah, d’accord, ça va, alors.

 

Le dernier duel de l’histoire de France, en revanche, eut lieu en 1967, après que le maire de Marseille Gaston Defferre eut traité le député René Ribière d’“abruti”. Ce dernier s’en trouva blessé, d’abord dans son orgueil, puis dans sa chair.

 

La fierté française

 

Tout cela relève d’un certain sens de l’honneur, qu’on retrouve aussi dans la fierté nationale à la française – cette dernière restant comme la première cause d’agacement des Britanniques dans l’UE, alors qu’avec les Allemands ou les Néerlandais, ça passait encore. L’animosité contre les Français motivait une partie de notre europhobie, c’est certain. Rappelez-vous l’année dernière, comme notre quotidien par ailleurs bien maussade s’est trouvé égayé par l’éventualité de quelques escarmouches entre la Royal Navy et des pêcheurs français.

 

Pourtant, la France, “Ce tendre ennemi” [That Sweet Enemy, titre d’un ouvrage paru en 2007, rédigé par un historien britannique et une historienne française], est en réalité, et de loin, notre plus proche alliée. Qui sur le terrain de bataille à Waterloo aurait pu imaginer que c’était là la dernière fois que les deux pays s’affronteraient, et que cette date marquerait le début d’une amitié qui dure aujourd’hui depuis plus de deux cents ans, d’une alliance militaire bien plus forte que la prétendue “relation particulière” avec les États-Unis? Quarante ans plus tard, Britanniques et Français combattraient dans les mêmes rangs en Crimée (bien que Lord Raglan continuât sur place à les appeler “l’ennemi”), et depuis nous avons toujours été dans le même camp, que les guerres fussent mondiales ou plus régionales, de Suez à la Libye.

 

Cette année, nous n’irons pas en France, et je dois reconnaître que j’en suis ravi. Je n’écris pas ça par dépit, non. Je suis ravi d’aller à Bognor, qui peut se targuer d’être la troisième ville la moins pluvieuse du Royaume-Uni. Mais qu’irais-je faire dans le Languedoc?

 

Mais nous y retournerons, si ce n’est cette année, alors la suivante, et nous reformerons cette longue caravane élancée sur l’A26 dans un interminable périple vers l’eldorado des classes moyennes anglaises, là-bas, au sud de la Loire.

 

* En français dans le texte.

Ed West

 

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 06:00

 

Au pays des fromages qui puent, dont le Président se prénomme Emmanuel, il se passe pas une journée sans que du côté de Laval, pas le Pierre du Maréchal mais la capitale du 53, un autre Emmanuel, avale comme un goinfre l’un de ses concurrents ou sorte de ses marmites infernales une dégueulasserie de son cru.

 

Démonstration :

 

  • Lactalis dévore les tranches de Leerdammer et poursuit son expansion internationale.

 

  • Que se cache-t-il dans l’emmental râpé Président ?

 

Lactalis dévore les tranches de Leerdammer et poursuit son expansion internationale

 

Samedi 20 mars 2021

Par Germain TreilleFrance Bleu MayenneFrance Bleu

Mayenne

 

Lactalis se met à table pour croquer du Leerdammer. Le géant mayennais du lait a l'intention d'acquérir le célèbre fromage des Pays-Bas, qui appartient au groupe Bel qui fabrique aussi La Vache qui Rit. Les deux industriels sont entrés en négociation pour plusieurs centaines de millions d'euros.

 

Pour parvenir à cette acquisition, un simple deal, un transfert gagnant-gagnant. Bel va récupérer des actions détenues jusque-là par Lactalis, 23% de son capital, ça représente 600 millions. Ce qui permet à la société de la Vache qui Rit, du Kiri, du Boursin et du fameux Babybel, produit dans notre département, à Evron, d'avoir les mains libres sur ses futurs projets.

 

Faire de Leerdammer une marque mondiale

 

Le leader mondial des produits laitiers, lui, poursuit son expansion internationale, à coups de milliards. S'il y avait du lait sur Mars, Lactalis y serait déjà sans aucun doute. L'Empire d'Emmanuel Besnier attaque ici et là, dès qu'il le peut. Le voilà qui s'installe durablement aux Pays-Bas, l'autre pays du fromage dit-on. Et c'est une sacrée bonne affaire. Des sites de production, du lait en abondance, la collecte annuelle représente un joli pactole. Et donc la marque Leerdammer que l'industriel mayennais veut développer et en faire un produit grand public mondial, il est actuellement commercialisé en Europe et en Amérique du Nord.

Un produit d'appel dans les grandes surfaces

 

Lactalis grossit, grossit. Une spectaculaire politique de croissance externe et un féroce appétit que la crise sanitaire n'a pas freiné, obtenant des résultats financiers encourageants grâce aux ventes en grandes surfaces.

Le Leerdammer, c'est une petite vedette dans les rayons des grandes surfaces. Ce fromage est né au début des années 70 aux Pays-Bas. Une idée de génie : mélanger la légèreté du gouda et la force de l'emmental, et une agréable et douce saveur de noisette. Succès immédiat en Europe et en Amérique du Nord. Dans les foyers français, on en raffole. Les super et hypermarchés ne peuvent pas s'en passer. Impossible d'y échapper, comme le Coca-Cola ou le Nutella.

 

Le sachet d'emmental Président s'ouvre et se referme plus facilement /  Emballage - Process Alimentaire

FOOD CHECKING. Pour fabriquer ce produit star, les industriels ajoutent des protéines de lait, des ferments, de la fécule de pomme de terre et beaucoup plus de sel que pour un fromage traditionnel.

Par Hadrien Gonzales 

Le 18 mars 2021

 

« Ça, c'est un concentré de protéines qui permet d'augmenter les rendements et de standardiser la fabrication », explique Franck Neyers, en dévissant le couvercle d'un récipient en plastique contenant un liquide blanc. Il verse son contenu dans une grande cuve de lait et ajoute : « Un industriel met tout en œuvre pour adapter sa matière première (le lait, NDLR) et optimiser son process alors qu'un artisan, lui, doit s'adapter à sa matière première. »

 

Franck Neyers est enseignant et technologue à l'Enilia, à Surgères (17), une école qui forme à toutes les méthodes de fabrication de fromage, et, pour les besoins de notre reportage, il a accepté de fabriquer un emmental râpé le plus semblable possible à celui de la marque Président. Sans son éclairage, nous n'aurions jamais pu deviner que des protéines naturelles servaient à l'élaboration de ces produits industriels. De fait, comme ce n'est pas obligatoire, elles ne sont pas mentionnées dans la liste des ingrédients au recto du paquet. Le fabricant Lactalis a néanmoins inscrit : « lait de vache pasteurisé », « sel », « ferments lactiques » et « fécule de pomme de terre ». « La pasteurisation permet d'éliminer tous les germes présents dans le lait, les bons comme les mauvais, et on réimplante les bons (d'où la mention « ferments lactiques », NDLR) qui nous intéressent, explique Franck Neyers. Encore une fois, cela permet d'obtenir un goût standard. »

 

Une fois le fromage moulé, il est passé en saumure : « Ce sont des solutions d'eau saturées en sel, explique l'expert en plongeant une petite meule dans un bassin. Le fromage absorbe le sel par sa croûte jusqu'à son cœur. » Là encore, le fromage industriel Président se distingue : sur son paquet, le tableau de valeurs nutritionnelles précise 0,83 g de sel pour 100 g de fromage. A titre de comparaison, un fromage Indication géographique protégée « emmental de Savoie » sous la marque Reflets de France (du groupe Carrefour), vendu dans le même rayon, affiche 0,3 g de sel pour 100 g.

 

« Le cahier des charges de l'IGP limite la quantité de sel à 0,4 g pour 100 g de fromage, éclaire Franck Neyers. Ce fromage-là passe donc moins de temps en saumure. » Enfin, une fois râpé, l'emmental Président est saupoudré de fécule de pomme de terre : « La limite autorisée est de 0,2 % de fécule, indique notre expert. Elle sert à fluidifier les brins de fromage les uns entre les autres et éviter que des blocs de fromage se forment à l'intérieur du paquet. Mais c'est à peine perceptible à l'œil et au goût. » On n'en trouve pas dans l'emmental IGP.

 

Les ferments présents dans le lait cru renforcent la flore intestinale

 

Mais ce fromage Président est-il pour autant mauvais pour la santé ? « 0,83 g de sel pour 100 g de fromage, ça me paraît un peu beaucoup, commente Jérémy Gorskie, diététicien à Lyon. La consommation de sel est par exemple la cause d'hypertension, qui peut aggraver les problèmes cardiaques. » Et de poursuivre : « On a affaire à du lait pasteurisé, qui est beaucoup moins savoureux que le lait cru, mais le sel compense car c'est un exhausteur de goût. » La fécule de pomme de terre, elle, n'interpelle pas le professionnel de santé.

 

« Niveau santé, le fromage IGP est beaucoup plus intéressant », commente Jérémy Gorskie alors qu'on lui montre le paquet Reflets de France. D'abord, on l'a vu, parce que la quantité de sel est inférieure. Ensuite, parce qu'ici le lait pasteurisé est remplacé par du lait cru, qui n'a pas été chauffé pour éliminer les ferments naturels : « Les ferments lactiques qu'on va retrouver dans le lait cru vont réensemencer la flore intestinale, notre première barrière immunitaire, relève le diététicien. Quand la flore intestinale va bien, on tombe moins malade, on est moins stressé… Seules les femmes enceintes et les enfants en très bas âges doivent lui préférer le lait pasteurisé. » Et de conclure : « Le fromage IGP est beaucoup plus qualitatif ».

 

Plus de goût… à cause du sel

 

Enfin, on a voulu vérifier si tout le sel ajouté dans l'emmental Président jouait vraiment un rôle d'exhausteur de goût. Et pour ça, on a fait goûter trois emmentals râpés de supermarché à une fromagère. Comme ces produits ont vocation à être dégustés fondus, on les a passés 5 minutes au four. « Oh le chewing-gum ! lance Charlène Bouy, patronne de la boutique Charlicot, à Paris, alors que, les yeux bandés, elle vient de manger une fourchette du fromage Président. Ça fait « couic -couic » sous la dent. » Ensuite, l'emmental râpé « fondant » de la marque Carrefour « n'a vraiment pas de goût ». Et le produit IGP proposé par Reflets de France, la marque « terroir » de Carrefour ? « Y a pas de goût », dit la dégustatrice avant de se reprendre : « Ah, si ! Le goût de l'emmental arrive après ! »

 

Au suffrage, Président (8,05 €/kg) arrive en tête suivi de Reflets de France (14,80 €/kg) et de Carrefour (6,95 €/kg). La marque de Lactalis s'en sort donc plutôt bien… et c'est peut-être parce qu'elle utilise beaucoup de sel ! Cela dit, si on est soucieux de sa santé, comme de l'artisanat, il vaut mieux opter pour l'IGP « emmental de Savoie ». Et si, en plus, on est soucieux de son porte-monnaie, la meilleure solution est d'opter pour un fromage en bloc (7 % moins cher pour la marque Reflets de France) et de le râper soi-même !

VIDÉO. Que se cache-t-il dans l’emmental râpé Président ? ICI

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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 08:00

 

Lundi matin suis passé chez le pharmacien,

Masqué j’ai demandé

À la dame du guichet

Est-ce qu’ici vous vaccinez ?

Elle me répondit

Oui

Mais repassez demain

Car aujourd’hui

Le pharmacien

N’est pas ici

J’ai quand même rempli

Un petit papier

Avec mes coordonnées.

 

 

 

Mardi matin

Suis repassé chez le pharmacien

Qu’était masqué

Derrière son guichet.

Il m’a dit

Pas de souci

Je vous téléphone demain.

 

 

 

Mercredi matin

Pas de pharmacien

Mercredi après-midi

Commençais à me faire du souci

Quand enfin

Le pharmacien

Juste avant le couvre-feu

Me dit qu’il peut

J’y va

À grands pas

Je le suis

Dans son cagibi

M’assied

Mon bras

Droit

J’suis piqué

À l’Astra-Zeneca

C’est marqué

Sur un papier

J’ai rien eu à payer

Je reviendrai

Me faire repiquer

Pour être immunisé

Contre la saloperie

Qui nous pourrit la vie…   

 

 

AstraZeneca change de nom, le vaccin s'appellera désormais Vaxzevria.

Le vaccin AstraZeneca va changer de nom et s'appellera désormais VaxZevria ICI
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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 06:00

LA MORT DE STALINE - INTEGRALE - TOME 0 - LA MORT DE STALINE - INTEGRALE  COMPLETE | La 9ème Bulle

Mon appétit de film en DVD étant inextinguible le stock commençait à s’épuiser, par bonheur les disquaires sont classés commerce essentiel je me suis mis en chasse et bien sûr j’ai trouvé « le plus vieux revendeur parisien » (sic) Plastic Soul Records 93 avenue Ledru Rollin dans le XIe.

 

J’ai fait une première moisson de 6 DVD à l’état neuf.

 

Le premier visionné, A Single Man, est une daube prétentieuse signée par Tom Ford, le styliste d’Yves Saint-Laurent. En l’acquérant je m’en doutais mais je voulais savoir si mon a priori négatif se justifiait. Si je puis m’exprimer ainsi, je n’ai pas été déçu : posture vous avez dit posture. La pauvre Julianne Moore, une grande actrice, s’y fourvoie le temps d’une longue séquence. J’ai tenu bon jusqu’à la fin…

 

Le deuxième, Que Dios Nos Perdone  de Rodrigo Sorogoyen, est un polar fascinant, très gore, avec deux acteurs remarquables de vérité, Antonio De La Torre et Roberto Àlamo dans le Madrid de l’été 2011 accueillant le pape Benoît XVI, j’y reviendrai dans une prochaine chronique.

Que Dios nos perdone DVD - Rodrigo Sorogoyen - DVD Zone 2 - Achat & prix |  fnac

Mais je commence par le dernier visionné car c’est une comédie cruelle, absurde et jouissive, au pays du « petit père des peuples », cher à nos camarades communistes français, de Maurice Thorez à Georges Marchais en passant par le rondouillard pâtissier Jacques Duclos, la peur était le fondement du pouvoir. Tout le monde, jusqu’au sommet de l’Etat, était en permanence sur le qui-vive, car dans ce royaume de l’arbitraire un mot de travers, un rictus mal interprété, une simple jalousie entre voisins suffisait à vous envoyer, au mieux au goulag, au pire devant le peloton d’exécution.

5 mars 1953 - Mort de Staline - Herodote.net

Armando Iannucci, maître de la satire politique (dans le film In the loop comme dans la série Veep), l’a bien compris : dans son récit de l’agonie du « Petit Père des peuples », puis de sa guerre de succession éclair, l’angoisse des personnages est, à juste titre, permanente. Mais son intensité confine à l’absurde. Et transforme tout — les situations, les paroles, les êtres humains — en caricature. Donc, en farce. On comprend mieux pourquoi les services de Vladimir Poutine, très sourcilleux sur la représentation des gloires nationales, ont interdit La Mort de Staline en Russie…

 

Un timing peu diplomatique

 

La Mort de Staline est sortie en pleine crise diplomatique entre la Russie et les pays occidentaux, après l'empoisonnement début mars 2018 au Royaume-Uni de l'ex-espion Sergueï Skripal et de sa fille, attribué à Moscou. En représailles, vingt-six pays, dont les États-Unis et dix-huit membres de l'Union européenne, ont expulsé des diplomates russes.

 

La Mort de Staline : rire rouge - Le Blanc Cahier

 

Mais indépendamment de ces tensions diplomatiques, La Mort de Staline avait provoqué une crise en Russie où il a été considéré comme une comédie «extrémiste» qui «s'en prend à des symboles nationaux russes». Le film a vu sa licence de distribution annulée par le ministère de la Culture deux jours avant sa sortie en Russie, en début d'année. Un cinéma moscovite qui a diffusé le film a même écopé d'une amende. «J'en suis navré car le film se moque des hommes politiques mais pas du peuple russe», a expliqué le réalisateur Armando Iannucci, lors d'une avant-première à Paris fin mars. Le film a même été accusé de «vouloir déstabiliser la Russie en période électorale», raconte-t-il, dans un grand éclat de rire.

 

Amazon.com: La Mort de Staline - Tome 2 - Funérailles (2) (French Edition)  eBook: Nury, Fabien, Thierry, Robin: Kindle Store

 

Tout paraît incroyable, or tout (ou presque) est vrai dans cette adaptation de la bande dessinée très documentée de Fabien Nury et Thierry Robin (1) Rééditée en un seul volume, éd. Dargaud 144 p., 24,99 €. Et quand le scénario prend quelques libertés avec la réalité historique, tout reste plausible. Staline, terrassé par une attaque cérébrale le 2 mars 1953, attend, des heures, les premiers secours parce que personne n’ose pénétrer dans sa chambre. Et impossible de lui trouver un neurologue digne de son rang : les meilleurs médecins du pays ont été liquidés…

 

LA MORT DE STALINE – Tome 2:Funérailles. – SambaBD

 

Au chevet du tyran défile la garde rapprochée du bureau politique : le fidèle et falot Gueorgui Malenkov, secrétaire général adjoint et héritier désigné ; le pervers Lavrenti Beria, patron sans scrupule de la police politique ; ou encore son grand rival, le (faussement) débonnaire ministre de l’Agriculture Nikita Khrouchtchev. Viatcheslav Molotov, le vétéran de la révolution, finit lui aussi par arriver — en miraculé : il devait être arrêté pendant la nuit, sur ordre de Staline… Débutent alors deux jours et deux nuits de tractations, de renversements d’alliances et de coups tordus entre les prétendants à la tête du Kremlin. Un jeu de massacre féroce, souvent très drôle, où les bons mots fusent comme des balles — « Je ne me souviens plus de qui est vivant ou pas », avoue ainsi Malenkov, dépassé par l’ampleur des purges.

 

Armando iannucci sur la mort de staline et quitter veep

 

La Mort de Staline, d’Armando Iannucci

La Mort de Staline, d’Armando Iannucci Concorde Filmverleih GmbH

“La Mort de Staline”, une comédie cruelle, absurde et jouissive ICI 

Samuel Douhaire

Publié le 04/04/18 mis à jour le 08/12/20

 

 

La Mort de Staline, d’Armando Iannucci

Concorde Filmverleih GmbH

 

Staline meurt et c’est toute la paranoïa de l’URSS qui se déchaîne. Mais dans le film d’Armando Iannucci, elle prête franchement à rire.

 

 

Dans l’Union soviétique de Staline, la peur était le fondement du pouvoir. Tout le monde, jusqu’au sommet de l’Etat, était en permanence sur le qui-vive, car dans ce royaume de l’arbitraire un mot de travers, un rictus mal interprété, une simple jalousie entre voisins suffisait à vous envoyer, au mieux au goulag, au pire devant le peloton d’exécution. Armando Iannucci, maître de la satire politique (dans le film In the loop comme dans la série Veep), l’a bien compris : dans son récit de l’agonie du « Petit Père des peuples », puis de sa guerre de succession éclair, l’angoisse des personnages est, à juste titre, permanente. Mais son intensité confine à l’absurde. Et transforme tout — les situations, les paroles, les êtres humains — en caricature. Donc, en farce. On comprend mieux pourquoi les services de Vladimir Poutine, très sourcilleux sur la représentation des gloires nationales, ont interdit La Mort de Staline en Russie…

 

 

 

Tout paraît incroyable, or tout (ou presque) est vrai dans cette adaptation de la bande dessinée très documentée de Fabien Nury et Thierry Robin (1) . Et quand le scénario prend quelques libertés avec la réalité historique, tout reste plausible. Staline, terrassé par une attaque cérébrale le 2 mars 1953, attend, des heures, les premiers secours parce que personne n’ose pénétrer dans sa chambre. Et impossible de lui trouver un neurologue digne de son rang : les meilleurs médecins du pays ont été liquidés… Au chevet du tyran défile la garde rapprochée du bureau politique : le fidèle et falot Gueorgui Malenkov, secrétaire général adjoint et héritier désigné ; le pervers Lavrenti Beria, patron sans scrupule de la police politique ; ou encore son grand rival, le (faussement) débonnaire ministre de l’Agriculture Nikita Khrouchtchev. Viatcheslav Molotov, le vétéran de la révolution, finit lui aussi par arriver — en miraculé : il devait être arrêté pendant la nuit, sur ordre de Staline… Débutent alors deux jours et deux nuits de tractations, de renversements d’alliances et de coups tordus entre les prétendants à la tête du Kremlin. Un jeu de massacre féroce, souvent très drôle, où les bons mots fusent comme des balles — « Je ne me souviens plus de qui est vivant ou pas », avoue ainsi Malenkov, dépassé par l’ampleur des purges.

 

 

 

Les joutes verbales, à la fois très littéraires et très crues, sont la marque de fabrique d’Armando Iannucci. Il leur ajoute, ici, un vrai sens du burlesque grâce au fils taré de Staline, un général d’opérette alcoolique et imprévisible qui fait basculer le film dans l’univers des Marx (Brothers, pas Karl). Rupert Friend, son interprète, et ses partenaires américains (Steve Buscemi, irrésistible en Khrouchtchev) ou anglais (l’ex-Monty Python Michael Palin, étonnant en Molotov) s’en donnent à cœur joie. Jason Isaacs transforme le maréchal Joukov, héros multigalonné de la Seconde Guerre mondiale, en hilarante brute au langage fleuri. Mais on doit la performance la plus impressionnante à Simon Russell Beale. Ce grand comédien shakespearien, peu connu en France, compose un Beria complexe, à la fois monstre et bouffon, repoussant et fascinant. Avec lui, le rire se fige souvent. Et la comédie cruelle flirte avec la tragédie.

 

 

 

(1) Rééditée en un seul volume, éd. Dargaud 144 p., 24,99 €.

 

« La Mort de Staline » : panier de crabes soviétiques à la mode anglaise ICI 

Le film d’Armando Iannucci s’est vu interdire en Russie, car jugé « insultant ».

Par Jacques Mandelbaum

Publié le 04 avril 2018

 

Spécialiste de la satire politique à la mode anglaise, Armando Iannucci imagine pour son deuxième long-métrage (adapté des deux tomes de la bande dessinée éponyme de Fabien Nury et Thierry Robin) de nous plonger dans les coulisses sanglantes de la succession de ­ Joseph Staline, réunissant pour l’occasion une brochette de bons acteurs anglo-américains rivalisant dans le registre grotesque, sur fond de décors russes. Le film pourrait se résumer sous la forme de la devinette classique. Joseph Staline, Nikita Khrouchtchev, Lavrenti Beria, Gueorgui Malenkov et Viatcheslav Molotov sont dans une pièce. Dix minutes plus tard, Staline meurt d’une attaque cérébrale. Qui va le remplacer ?

 

Pour mieux saisir les enjeux de la question, un petit « Who’s Who » de la garde rapprochée, donc pleinement compromise, d’un des plus grands assassins de l’histoire mondiale est nécessaire. Malenkov (Jeffrey Tambor) : numéro deux du pouvoir, c’est lui qui succède à Staline au poste de président du conseil des ministres. Beria (Simon Russell Beale) : compatriote géorgien de Staline, chef du NKVD, organisateur du goulag, responsable du massacre de Katyn, sadique avéré, il est le bourreau en chef de l’Union soviétique (URSS).

 

Khrouchtchev (Steve Buscemi) : premier secrétaire du Parti communiste, cet homme en retrait finit par évincer Beria et Malenkov pour devenir l’un des artisans de la déstalinisation et le nouvel homme fort du régime. Molotov (Michael Palin) : un des fondateurs de la Pravda, bras droit historique de Staline, ­complice de tous ses crimes, il est l’un des rares à lui rester fidèle après sa mort, le 5 mars 1953.

 

Le trésor d'ICI Tou.tv : La mort de Staline , d'Armando Iannucci |  ICI.Radio-Canada.ca

 

Théâtre de l’absurde

 

La charge satirique de Ianucci force évidemment le trait, transformant ces personnages en caractères. Malenkov y occupe la fonction du vaniteux dépourvu d’envergure. Beria, celle du psychopathe. Khrouchtchev, celle du cauteleux stratège. Molotov, celle du pleutre doublé d’un imbécile heureux.

 

Ajoutez à ce cocktail de seconds couteaux encore pétrifiés par la peur, la fille et le fils de Staline en dégénérés, le tonitruant Joukov, héros de la seconde guerre mondiale mis sur la touche qui revient en idiot utile. Lâchez le tout dans un panier de crabes soviétiques, saupoudrez abondamment de détails sordides et extravagants tels que seule une dictature aussi démente que celle-ci peut en produire, et vous obtenez un film ubuesque, où l’on complote, tremble et torture à tous les étages.

 

Succès au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, La Mort de Staline ­accuse toutefois quelques handicaps qui l’entravent. La langue anglaise, pour commencer, qui nuit au réalisme de la situation. Le côté théâtre de l’absurde, qui n’est pas à la mesure de l’ignominie du ­sujet. Enfin, l’éloignement de la période, qui doit paraître pour les jeunes générations contemporaine de la préhistoire.

 

Interdit en Russie

 

Peut-être que seule une âme russe est ­capable de relever un tel défi, comme le laisse à penser l’une des très rares réussites en la matière, Khroustaliov, ma voiture ! (1998) d’Alexeï Guerman. Du moins, deux actualités viennent-elles lester la légèreté de crème sure qu’on pourrait être tenté de reprocher à La Mort de Staline.

 

Le ministre de la culture russe Vladimir Medinski dénonce « une raillerie insultante envers le passé soviétique »

 

La première tient aux relations russo-britanniques qui, si elles n’ont jamais été au beau fixe, ont pris ces dernières semaines une tournure neurotoxique, à la suite de la tentative d’assassinat au ­Novitchok de l’ancien agent double Sergueï Skripal à Salisbury au Royaume-Uni. La seconde est l’interdiction du film en Russie, décidée par le ministre de la culture Vladimir Medinski, le 23 janvier, deux jours avant la sortie prévue.

 

Dénonçant « une raillerie insultante envers le passé soviétique », celui-ci s’est donc rangé à l’avis de pétitionnaires parmi lesquels se trouve le réalisateur Nikita Mikhalkov, « missus dominicus » de Vladimir Poutine, qui, depuis vingt ans, met au placard tout ce que le cinéma russe compte de ­talents. Le même homme signait pourtant en 1994 Soleil trompeur, réquisitoire antistalinien sans ambages. Une vérité qui, à l’instar du sens de l’humour, ne semble plus de mise aujourd’hui en Russie.

 

2 - Staline est mort - La marche du monde

5 mars 1953: la mort de Staline «le petit père des peuples» ICI

 

LES ARCHIVES DU FIGARO - Il y a 65 ans disparaissait le dictateur soviétique Joseph Staline. Tandis que le monde s'interrogeait sur les conséquences de cette disparition, sur place des funérailles imposantes se préparaient.

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 08:00

BUGS BUNNY - Quoi de neuf, Docteur ? - VHS | Rakuten

Le lapin de Pâques apporte les œufs de Pâques aux enfants dans les pays anglo-saxons. Des lapins en peluche ou en chocolat sont aussi offerts à cette occasion. En effet c'est la déesse de l'aube et du printemps (Eostre, Eastre ou Ostara), dont l'animal familier est un lapin, qui est à l'origine du mot Pâques : Easter en anglais ou Ostern en allemand[1].

 

Barack Obama invite le lapin de Pâques - Voici

 

Dans le nord-ouest de l'Europe, le lapin est remplacé par le lièvre (der Osterhase, le lièvre de Pâques) et en Australie, où le lapin trop prolifique est considéré comme nuisible, on lui substitue depuis peu le bilby, un petit marsupial qui lui ressemble par la taille et les grandes oreilles mais qui est une espèce protégée en voie de disparition dans ce pays[2].

La suite ICI 

Lapin chasseur | Macha Makeieff

Le Monde

"LAPIN CHASSEUR" AU THEATRE NATIONAL DE CHAILLOT Aux risques d'en rire

Jean-Marc Bihour et Lorella Cravotta sont deux des comédiens réunis par Jérôme Deschamps pour son nouveau spectacle, qui clôt dans une humeur joyeuse la saison de Chaillot.Tous deux ont en commun, et partagent avec leur metteur en scène, une même envie de rire et de rire des mêmes choses. A tout prix, au prix d'un engagement physique et spirituel total.

 

Publié le 08 juin 1989

Les Deschiens

A droite, les cuisines, à gauche, le restaurant. La scène est dans la grande salle de Chaillot, dont on s'est souvenu qu'elle était modulable au moment d'accueillir le nouveau spectacle de Jérôme Deschamps et Macha Makeieff, ce tandem passé maitre dans l'art sourcilleux du burlesque, genre dont ils ont désormais la quasi-exclusivité. Pour Lapin-chasseur, on n'utilisera pas le plateau du théâtre mais la salle, scindée en deux. A l'entracte, les spectateurs passeront de part et d'autre du mur central du décor pour en découvrir l'envers.

 

Jean-Marc Bihour, compagnon de route de Deschamps depuis cinq ans, et Lorella Cravotta, qui l'a rejoint de plus fraiche date, sont deux des protagonistes de cette nouvelle histoire drôle. Deux comédiens donc, mais aussi, comme tous les personnages de Deschamps, acrobates, chanteurs, fantaisistes, gymnastes, hommes et femmes à tout faire sur une scène qui n'ont en commun qu'un seul _ mais impératif _ mot d'ordre : le rire. " Ce qui nous rapproche les uns des autres, et nous-mêmes avec les spectateurs, est notre envie de rire et la façon de manier ce rire. Jérôme Deschamps a le génie de discerner tous les petits détails, toutes les petites manies de la vie quotidienne, et de les déformer, le talent d'observer les petites gens lors de rencontres de fortune et d'en faire des héros de théâtre ", dit Lorella Cravotta dont la joie d'être là parait, malgré la proximité de la " première ", évidente. Elle tient sa rencontre avec Jérôme Deschamps pour l'un des grands moments de sa courte carrière qui, depuis sa sortie du Conservatoire, l'a conduite de Claude Régy, qui fut son professeur, à André Engel.

 

DES SÉQUENCES RÉGLÉES A LA DEMI-SECONDE

 

Il a aussi une manière bien à lui de rassembler les comédiens. " Beaucoup de gens viennent le voir à la fin de ses spectacles, beaucoup aussi lui écrivent. Chaque année, au printemps, il organise donc un " stage " avec une quinzaine de personnes qui lui ont fait signe et c'est comme cela que je l'ai rencontré pour la première fois en 1986, après les répétitions de la Veillée ", se souvient la jeune actrice. Ce jour-là, elle travaillait avec Daniel Mesguich au rez-de-chaussée d'une chocolaterie désaffectée de Pantin tandis que " les Deschamps " répétaient au premier étage. " Il m'a demandé de faire une improvisation et je me suis lancée, première tentative désastreuse, dans un sketch sur Nadia Comaneci. Après quoi il m'a demandé de chanter une chanson de Dalida et j'ai interprété Gigi l'amoroso. " " Une performance qui est restée dans les mémoires ", se souvient Jean-Marc Bihour qui est venu chez Deschamps dans les basques d'un de ses copains : " J'étais alors employé à la Sécurité sociale et en congé de maladie... " Il est aussitôt devenu l'un des personnages de la Veillée et l'un des piliers de la " famille Deschiens " _ du nom de second spectacle de Jérôme Deschamps _ aux côtés du metteur en scène, qui joue lui-même dans ses propres spectacles.

 

L'élaboration de Lapin-chasseur ressemble à celle des autres spectacles de Deschamps. Chaque oeuvre nait d'abord dans le regard que portent les comédiens sur eux-mêmes, de l'impact des scènes. " Tout est basé sur l'humeur des comédiens, explique Jean-Marc Bihour. On commence par travailler des petits morceaux de trente secondes d'abord improvisés autour d'une idée puis soigneusement mis en scène. Petit à petit, ces différents moments sont reliés les uns aux autres par Jérôme et Macha Makeieff. Le montage est terminé assez tôt pour nous laisser le temps d'intégrer la technique du spectacle. On chante, on parle et évidemment on fait beaucoup de choses, comme ces lancers de couverts, de verres, de soucoupes. Tandis que, dans une première phase, on peut tout dire et essayer, il est impossible d'avoir une quelconque fantaisie au moment du spectacle lui-même où certaines séquences sont réglées à la seconde ou même à la demi-seconde. "

 

Une telle minutie exige une troupe soudée. Il faut sur le plateau exécuter un travail de haute précision et, lors des passages en coulisses, non seulement changer de costumes, comme souvent, mais aussi rassembler ses accessoires, nombreux, ou préparer un bruit qui ponctuera l'action d'un camarade. Pour les aider et garder le rythme, les comédiens, comme le fait Lorella Cravotta, s'appuient souvent sur la bande sonore d'André Serré, sur les musiques concoctées par Alain Margoni, Philippe Rouèche et Jacques Dejean. Car, si dans Lapin-chasseur on parlera un peu plus qu'à l'habitude, une fois encore le jeu des acteurs et l'univers visuel se nourriront de sons, souvent incongrus, bizarres mais indispensables.

 

Ainsi nait le rire. Un rire à faire peur quelquefois, parce qu'il s'en va, presque innocemment, réveiller certaines de nos vieilles frayeurs. A faire peur encore, tant il demande de précision dans le geste, le déplacement, un excellent timing comme on le dit d'un swing de golf. Chez Deschamps, si les comédiens tiennent le club, les spectateurs sont bel et bien la petite balle qui s'envole à une vitesse vertigineuse, sous les coups répétés des acteurs, vers des espaces drolatiques infinis.

 

Le Monde

Ces lapins marchent sur leurs pattes avant. Des chercheurs viennent de  comprendre pourquoi | Slate.fr

Ces lapins marchent sur leurs pattes avant. Des chercheurs viennent de comprendre pourquoi

Repéré par Christophe-Cécil Garnier — 27 mars 2021 à 15h55

Le lapin sauteur d’Alfort a été découvert en 1935

 

 

 

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur GizmodoPLOS GeneticsLe Monde

 

Malgré son nom, il ne saute pas. Mais le lapin sauteur d’Alfort a tout de même quelques tours dans son sac. Il se tient debout, mais la tête à l’envers, façon poirier. «Exactement comme un acrobate humain qui se déplace sur les mains», décrivait le vétérinaire Etienne Letard lorsqu’il a découvert cette espèce en 1935, comme le rappelait Le Monde en 1996. Lorsqu’il ne marche pas sur ses membres antérieurs, il gambade en levant simultanément les deux pattes du même côté, comme le chameau ou la girafe.

 

Comment expliquer cette démarche? Depuis des années, les chercheurs parlaient d’anomalie génétique. Selon un article publié le 25 mars par le journal scientifique PLOS Geneticsrelayé par Gizmodo, ses lapins sauteurs ne font pas tellement d’acrobaties pour le plaisir, ce serait plutôt le produit d’une mauvaise génétique. Pour découvrir l'origine des anomalies de l'animal, l'équipe de douze généticiens et biologistes a élevé le sauteur Alfort avec des lapins qui sautent normalement et ont séquencé l'ADN de leurs descendants. Ils ont découvert que les lapins qui ont fini par être bipèdes avaient une mutation sur le premier chromosome; plus précisément, un gène déformé appelé RORB, qui donne une protéine du même nom.

 

«On s’attendait à ce qu’il y ait un problème avec la moelle épinière, car ils ne coordonnent pas leurs pattes antérieures et leurs pattes arrière», a expliqué à Gizmodo le co-auteur Leif Andersson, un généticien de l’université d’Uppsala, en Suède. Ça s’est avéré être le cas. Attention, ça devient technique. La protéine RORB est un facteur de transcription, ce qui signifie qu'elle a un rôle dans un certain nombre de gènes, qui finissent tous par être exprimés en traits. Les protéines sont généralement produites dans des interneurones inhibiteurs qui cessent les communications se déplaçant à travers le corps. «Imaginez un opérateur refusant de répondre à vos appels»explique Gizmodo. Chez les lapins qui marchent bizarrement, les interneurones étaient soit moins présents, soit complètement absents et, dans ce dernier cas, les lapins fléchissaient excessivement leurs pattes arrière, les rendant incapables de sauter.

 

«Lorsque vous bougez, ces neurones se déclenchent tout le temps, ils coordonnent les contractions musculaires et savent si les autres membres sont en équilibre», a complété Andersson. «Cette coordination de la contraction musculaire n'est pas correcte chez ces lapins.» Le poirier des lapins sauteur d’Alfort n’est pas une mutation en soi, mais une solution pour contourner une inhibition. À cause de celle-ci, il est également susceptible de développer des cataractes et de devenir aveugle. «Les lapins porteurs de cette mutation ne pourraient pas survivre longtemps dans la nature en raison de ses effets délétères», a déclaré Miguel Carneiro, un autre co-auteur, généticien à l'Université de Porto. Ces mystères pourraient permettre de mieux comprendre nos propres moelles épinières pour les prochaines recherches médicales.

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 06:00

 

Vincent c’est l’aîné de mon frère aîné Alain, mon filleul…

 

Il est, avec Pascale, restaurateur à Nantes, à l’Abélia, 125 boulevard des Poilus ICI 

 

Les temps sont difficiles pour les restaurateurs mis pascale et Vincent ne sont pas du genre à rester les deux pieds dans le même sabot, ils se sont adaptés et proposent à leur clientèle des plats à emporter. Arédius, un lecteur nantais, en est.

 

Vincent cause dans le poste alors si ça vous dit écoutez-le et si vous êtes nantais allez-donc passer une commande à l’Abélia.

 

Abélia grandiflora - Vente en ligne de plants de Abélia grandiflora pas  cher | Leaderplant

 

6 décembre 2005

L'autre Berthomeau ICI 

 

Catherine Bernard est une presque nantaise exilée dans l’Hérault

 

28 février 2014

Le Bourg-Pailler, les pompiers, le Muscadet, tous les chemins mènent à l’Abélia ICI

 

Marie Chaillot a épousé Louis Berthomeau, ils n'ont eu qu’un seul fils Arsène mon père non qu’ils eussent voulu qu'un fils unique pour préserver leur patrimoine du partage – ils étaient métayers des de Lézardière à la Célinière commune de Saint-Georges de Pointindoux – mais tout simplement parce que le pépé Louis a passé la bagatelle de 7 ans sous les drapeaux : 3 de service militaire plus 4 de guerre au front dans les tranchées de 14-18. Ça relativise les temps durs évoqués par nos contemporains.

 

Arsène Berthomeau a épousé Berthe Gravouil. Ils ont eu 3 enfants, Alain, Marie-Thérèse, qui sont nés à la Célinière, et ma pomme le petit dernier qui est né au Bourg-Pailler à l’entrée de La Mothe-Achard où le pépé Louis avait acheté une petite métairie et où mon père exerçait la profession d’entrepreneur de battages et de travaux agricoles.

 

Je ne vais pas aller plus loin dans l’arbre généalogique des Berthomeau mais simplement vous indiquer que seul Alain, mon frère aîné, a eu un garçon, son aîné : Vincent Berthomeau qui est aussi mon filleul.

Peut être une image de 2 personnes, personnes debout, foulard, lunettes, vêtements d’extérieur et plein air

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30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 08:00

Pénurie de papier toilette | Dessin humour, Images droles humour, Dessins  drôles

Mon titre va choquer les grenouilles de bénitier, s’il en reste, mais il est d’une cuisante actualité que je ne peux ignorer.

 

À propos de Pâques, j’ai toujours été surpris par l’expression utilisée par le clan des femmes : « faire ses Pâques »

 

Saviez-vous que l'expression "faire ses pâques" est un belgicisme ?

 

C'est ce que relève Georges Lebouc dans son Dictionnaire !

 

Chez nous l'expression est restée vivante alors qu'on ne l'utilise plus ailleurs. Pâques est une fête dite "d'obligation" dans l'Église catholique, c'est-à-dire qu'il est obligatoire de chômer et d'assister à la messe. Pendant longtemps, Pâques était le jour de l'année où les fidèles allaient communier, ce qui leur imposait d'aller se confesser préalablement.

 

«Dictionnaire érotique de la francophonie», Georges Lebouc, éd. Racine, 150 pages dont j’ai découvert l’existence via un article de La Tribune de Genève au titre non équivoque « Les 750 mots de la fesse francophone ».

 

Amazon.fr - Dictionnaire érotique de la francophonie - Lebouc, Georges -  Livres

 

 

« Religieuse sans être dévote, Lydie faisait ses pâques et allait à confesse tous les mois. Néanmoins, elle se permettait de temps en temps la petite partie de spectacle. »

Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1844

 

Revenons à nos soucis de papiers, un gros titre m’a alerté :

 

Verrouillage national: les acheteurs britanniques dépouillent de nouveau  les étagères de papier toilette | FR24 News France

Vers une pénurie de papier toilette ? Un géant du secteur tire la sonnette d'alarme

 

La demande croissante de transport maritime retarde les exportations de pâte à papier destinée au papier hygiénique, a prévenu le numéro un mondial du secteur.

 

Va-t-on assister à une nouvelle ruée sur le papier toilette ?

 

Walter Schalka, président du géant brésilien Suzano Papel e Celulose, premier producteur mondial de pâte à papier, a lancé un pavé dans la mare dans une interview à l'agence Bloomberg mercredi.

 

Selon lui, la reprise économique, notamment chinoise, entraîne une pénurie de containers et de cargos pour assurer le transport de marchandises dans le monde. Les coûts de fret ont augmenté et les livraisons ont ralenti, avant même le blocage cette semaine du canal de Suez par un porte-conteneurs géant.

 

La pâte à papier, qui sert de matière première au papier hygiénique, est donc plus difficile à exporter. "Tous les acteurs sud-américains qui exportent en vrac ont été confrontés à ce risque", a-t-il déclaré.

 

Le Brésil est le premier fournisseur mondial de pâte à papier, et Suzano fournit un tiers de la pâte utilisée dans le monde pour produire du papier toilette.

 

Les producteurs auront-ils des stocks suffisants de pâte à papier ?

 

Selon Walter Schalka, cette situation pourrait à terme entraîner des problèmes d'approvisionnements si les producteurs ne disposent pas de stocks suffisants, alors que la demande des particuliers a explosé à cause de la crise sanitaire.

 

En tout état de cause, elle a permis au géant brésilien de remonter ses prix dans la foulée, ce qui ne devrait pas arranger la situation.

 

Reverra-t-on pour autant les mêmes scènes de pénurie que lors du premier confinement, au printemps 2020 ?

 

Interrogée jeudi, la ministre taïwanaise de l'Economie Wang Mei-hua a officiellement réagi, selon le site Focus Taïwan : "Les grandes usines gardent toujours suffisamment de pâte à papier en stock", a-t-elle voulu rassurer.

 

Selon elle, les producteurs de papier toilette de tout le pays ont déclaré avoir au moins deux mois de matières premières en stock lorsqu'ils ont été interrogés sur leurs inventaires. "Il n'y a aucune raison de s'inquiéter d'une pénurie d'approvisionnement", a-t-elle encore déclaré.

 

Plus près de nous, les industriels du secteur ont pris l'habitude de constituer des stocks. « Nous avions fait des stocks, et nos distributeurs également. Nous sommes donc en mesure d'assurer le réassort dans les rayons », témoignaient ainsi les dirigeants de l'entreprise suédoise Essity dans une interview aux Echos l'an dernier au plus fort de la crise. 

 

 

 

 

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30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 06:00

Petit Bulletin LYON - Infos Lyon : Peinture - Le peintre Jacques Truphémus  est mort - article publié par Sébastien Broquet

Flyer : Exposition des oeuvres de l'atelier de Jacques Truphémus - Journées  du Patrimoine 2018 - Ivoire Lyon Lyon - Samedi 15 Septembre 2018 - Sortir à  Lyon - Le Parisien Etudiant

Jacques Truphémus

Sam Szafran

sans titre (escalier personnage), 2002
Pastel sur papier 66,5x79 cm
© Sam Szafran Courtesy galerie Claude Bernard

Jean Baptiste SECHERET

C’est un livre à lire, je n’en dirai pas plus.

 

L'autre art contemporain

 

Interlude en forme de confession pages 119-120

 

J’ai écrit ce livre le cœur plein de doutes.

 

Avec le sentiment que je n’étais pas la bonne personne pour l’écrire, que je n’avais aucun titre à le faire ; la crainte même, prête à surgir, que mon goût pour la peinture et les peintres ne soit pas un goût véritable, mais un goût imité, acquis, un goût de perroquet, qui voit ce qu’on lui dit de voir, qui aime ce qu’on lui dit d’aimer.

 

Avec la peur que la peinture n’intéresse plus personne, que l’époque de l’art soit terminée, que cette passion pour cette chose désuète soit un trait de privilégié, de bourgeois, de parasite.

 

Avec la claire conscience, enfin, que ce goût est chez moi un plaisir de voyeur. La peinture ne me demande pas d’agir, de parler avec quelqu’un, de mener quelque chose jusqu’à son terme : elle me permet au contraire de me retirer du monde, de m’absorber dans la contemplation de celui des autres. Ici le voyeurisme est frère de l’impuissance : on jouit des yeux pour ne pas agir. On passe de longues heures au musée pour oublier qu’on existe, mettre son corps mal aimé entre parenthèses, quitter le monde en ne vivant plus que par la vue et la pensée. Ce plaisir que je trouve à la peinture, je ne vois que trop ce qu’il veut dire chez moi du refus d’être et de faire.

 

Mais, on le sait, l’abattement n’est jamais loin de l’exaltation. Je n’étais sans doute pas la bonne personne pour écrire ce petit livre, mais il fallait que quelqu’un le fasse ; je n’intéresserai sans doute pas grand monde, mais j’aurai dit ce que je crois, défendu une cause que je crois juste ; enfin, j’aurai peut-être, l’espace de quelques pages, fait quelque chose de mes rêveries et de mon inaction, quelque chose de réel.

 

 

Je suis à cent coudées au-dessous de Benjamin Olivennes mais, au cours de ma période forestière, retiré dans l’ancien pavillon d’honneur du château de Georges Halphen, lui-même transformé en un hôtel de luxe, Hôtel du Mont Royal, un cheminement, solitaire et sans bagage, en terre inconnue : la peinture, la sculpture, la gravure… et je me retrouve dans ce qu’il écrit dans sa confession. Ce fut une immersion lente, profonde, déclenchée, comme souvent, par un attrait irrépressible, une soif inextinguible, une démarche à tâtons dans un univers où je ne maîtrisais aucun des fondamentaux. Ce fut donc un temps de bric et de broc, où, avec ma compagne de l’époque, nous hantions, les galeries, les expositions, les musées, je chinais aux Puces de Saint-Ouen à la hauteur de mes faibles moyens financiers, je discutais avec Georges Halphen, grand collectionneur, je lisais, je cultivais, par petites touches, loin des experts, des sachants, des modes, mon goût pour les arts non-graphiques…

Visiteuse face à l'oeuvre "Tiger" par David Mach, 29e édition de la FIAC à Paris. Visiteuse face à l'oeuvre "Tiger" par David Mach, 29e édition de la FIAC à Paris.  Crédits : François Guillot - AFP

Celles et ceux qui osent émettre le moindre doute sur la qualité des installations, des performances ou des œuvres de Damien Hirst, Tracey Émin, Piero Manzoni, Daniel Buren, Jeff Koons ou de Joseph Beuys sont les successeurs des bourgeois bornés qui poussaient des cris d'horreur devant Olympia de Manet, qui vomissaient Les demoiselles d'Avignon de Picasso et qui ont laissé mourir Van Gogh dans la solitude, la folie et la misère.

 

C'est par cette analogie, écrit Benjamin Olivennes, que l'art contemporain officiel intimide la critique et occupe tout l'espace au détriment de peintres non moins contemporains qui perpétuent leur art, mais ne prennent plus la lumière. Jean-Baptiste Sécheret est l'un d'entre eux.

 

Je lui demanderai où il trouve la force et le courage de poursuivre ce qu'Aragon appelait la même longue étude. Mais je voudrai poser à Benjamin Olivennes et à Jean-Baptiste Sécheret cette question préjudicielle : et si les amoureux de l'art contemporain avaient raison ?

 

Si les inconditionnels des FIAC et des Biennales voyaient juste ?

 

Dans la nuit du 17 octobre 2014, un petit commando a débranché la gigantesque sculpture gonflable de l'artiste américain Paul McCarthy, installée place Vendôme à Paris, ce monument éphémère intitulé Tree jouait sur la ressemblance entre un sapin de Noël et un plug anal.

 

Qu'est-ce qui vous permet de dire que le petit commando et toutes les personnes qui sont passées à l'acte ont été consternées de voir l'œuvre en question trôner en plein cœur de Paris, ne défendent pas contre l'audace et l'humour de la création, la culture policée et la bienséance bourgeoise, comme l'a écrit à l'époque l'éditorialiste en colère du journal Le Monde.         

 

Sam Szafran, poète du pastel - Le Quotidien de l'ArtSam Szafran, "Sans titre", aquarelle et pastel sur carton, 995 x 1395 cm. Galerie Claude Bernard.
Courtesy Galerie Claude Bernard/ADAGPParis2019.

Gilles Hertzog

« L’autre Art contemporain » : qu’est-ce que le véritable art contemporain ? ICI 

14 février 2021

À l’encontre de l’Art post-moderne dominant, Benjamin Olivennes réhabilite la peinture du monde réel et le portrait des êtres humains dans son polémique et brillant livre : L’autre art contemporain: Vrais artistes et fausses valeurs (Grasset).

Portrait de Benjamin Olivennes. Benjamin Olivennes. Photo : Figaro Magazine

 

Voici un petit livre hyper-intelligent, paradoxal, iconoclaste et salvateur, portant sur l’Art au vingtième siècle et jusqu’à aujourd’hui, qui renverse comme au jeu de quille, dans un joyeux déboulonnement d’icônes, les notions de modernité, d’avant-garde, de post-modernisme et va, l’insolent réactionnaire, jusqu’à se moquer sans pitié de l’art abstrait, excepté Kandinsky, Pollock et Rothko, des soixante-dix dernières années. Sans parler, cela va sans dire, du PopArt et tutti quanti. Au profit de qui, demanderez-vous ? Réponse : du véritable Art contemporain, bâillonné, véritable Underground de l’Art, réduit au silence sous les impostures wharoliennes, Jeff Kooniennes et son Balloon Dog, Damienhirstiennes, d’un Anish Kapoor, d’un Maurice Cattelan, d’un Claude Lévèque (dont une œuvre, si l’on peut dire ainsi, s’intitule : « mon cul/ ma vie/ mes couilles ») ou encore d’un certain Manzoni empaquetant ses propres déjections. Le tout sous les diktats du marché, les spéculations des grands collectionneurs et marchands faiseurs de modes et de côtes, relayés par les expositions moutonnières des musées d’art contemporains comptant pour rien, et des grandes institutions culturelles qui, tous et toutes comme un seul homme, emboitent le pas pour ne pas louper le train du Post-Moderne, des arts de masse, du Trash, du fun et du degré zéro du Beau. A commencer par les nôtres, beaubouriennes, languiennes, FRACquiennes et autres.

 

Le véritable art contemporain, qu’est-ce donc à dire ? C’est, pour notre auteur et quelques autres dont ici votre serviteur, cette discipline savante et de haute technique où les peintres savent encore, ou de nouveau, dessiner et peindre, et les sculpteurs sculpter, bref ont ce qui s’appelait jadis du métier. Outre, comble de l’audace, qu’ils peignent le monde réel, les êtres humains, comme jadis encore Degas, Cézanne, Monet et non moins Picasso ou Hopper et Balthus, ou, plus près de nous, Lucian Freud, Francis Bacon, David Hockney, Kiefer ou Baselitz. Ils peignent, ces solitaires, ces incompris, ces Anciens, ces archaïques, quasiment ces artistes maudits, un compotier, un paysage, un visage de femme ou de torturé, et même, rendez-vous compte !, un escalier. Pas forcément du tout par pur réalisme, sous l’emprise d’un mimétisme plat et mécanique, mais par réalisme poétique, magique, métaphysique et autre encore, voire par amour du Beau : les sculptures de Giacometti en disent plus sur le tragique de la condition humaine que les ineptes bandes à l’infini d’un Daniel Buren ou l’énorme phallus gonflable de Paul McCarthy place Vendôme à la Noël 2014.

 

Alors qui sont ces artistes sous le boisseau, cette arrière-garde qui maintient vivante la demeure de l’Art, le foyer du Beau ? Ils se nomment, en France, Truphémus, Sam Szafran, Avidor Arikha, feu le délicieux Raymond Mason, Zoran Music, Henri Cartier-Bresson. S’y ajoutent Cremonini, et même jadis le doux Henri Rivière. Et que grâces leur soient rendues !

 

Bref, lisez le jeune Benjamin Olivennes, son Autre Art contemporain (un titre, il est vrai, pas trop terrible).

Jean-Baptiste Sécheret, "New York", 2011-2012, peinture à la colle sur papier marouflé sur toile ©Henri Delage

 Jean-Baptiste Sécheret, « New York », 2011-2012, peinture à la colle sur papier marouflé sur toile ©Henri Delage

 

La peinture est toujours vivante en France malgré l’État

Par Aude de Kerros. ICI

 

Benjamin Olivennes a pris la plume pour exprimer sa passion pour la peinture, sa révolte contre la bêtise du dogme qui la condamne, hélas défendu par l’État en France.

Quelles oeuvres d'art pour renouveler notre vision du monde ?

L'art contemporain est d'emblée accepté immédiatement par tous les pouvoirs en place : le pouvoir de l'argent, du marché, des grandes fortunes et le pouvoir des institutions publiques -de l'État, de la bureaucratie-. [...] Ce que j'appellerai les "artistes véritables" éclairent toujours le réel d'une manière nouvelle ; ils renouvellent notre vision du monde et ce faisant ils perturbent notre vision et demandent à notre œil de s'accommoder. [...] A contrario, les artistes dit contemporains ne renouvellent en rien notre vision du monde. Ils ne font que singer ce que sont les oeuvres d'art depuis une centaine d'années et de reproduire dans leurs œuvres les signes et les objets de la société de consommation. Benjamin Olivennes 

Vous avez une nostalgie parce qu'il y a une vraie histoire de l'art qui était écrite. [...] Lorsque j'étais professeur, je m'amusais à réécrire la vraie histoire de l'art, et jamais personne ne pouvait m'apporter une contradiction ! La confusion date de 1830. [...] Qu'est ce qui manque dans l'histoire de l'art ? c'est l'histoire des incohérents, c'est la révolte populaire en même temps que Gustave Courbet. On appelle cela le réalisme. Jean-Baptiste Sécheret

C'est un discours idéologique qui est le mythe de l'histoire de l'art [...] On raconte qu'il y a un enchaînement inéluctable qui va de Cézanne au plug anal ! Benjamin Olivennes 

Une autre histoire de l'art

J'accorde une très grande valeur à la peinture de paysage, qui était un genre majeur au XIXe siècle, et qui a connu une forme d'éclipse au XXe siècle, malgré tout, dans les avant-gardes officielles. [...] La peinture de paysage, c'est l'art qui nous amène, non pas à aimer l'art, mais à aimer la terre sur laquelle nous vivons. Benjamin Olivennes

 

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 08:00

Les Achards. L'histoire tourmentée du Vieux-Château - Les Sables  d'Olonne.maville.com

Sur ma lancée de ce matin je déroule un petit pan de mes souvenirs d’enfance en vous proposant de lire ce qu’écrivent Michel Lucas et Jean-Claude Chauvet, les anciens guides touristiques de La Mothe-Achard. ICI 

 

Michel Lucas et Jean-Claude Chauvet, anciens guides de La Mothe-Achard. À droite : une carte postale du Vieux-Château avant 1912, avec son étage.

 

Pourquoi :

 

  • C’est sur la place du Vieux Château que sur la bécane de la tante Valentine, en un dérapage incontrôlé sur les gravillons, je me suis brisé le bras gauche.

 

  • C’est sur la place du Vieux Château que j’accompagnais mémé Marie les vendredis de foire où elles vendaient poulets, canards, lapins aux brigands de volaillers.

 

 

  • C’est dans la salle paroissiale du Vieux Château que j’ai connu mes premières amours. (voir 28 octobre 2006 Chantal ICI  déconseillé aux âmes prudes)

 

  • Le Vieux Château appartint au Brandois qui construisirent celui de la Forêt, ruinés ils vendirent leurs biens à un marchand de biens d’Aizenay  Érieau, dont la veuve fit don pour construire l’école d’agriculture où j’ai usé mes fonds de culotte.

 

 

Ce « vieux château », nommé ainsi à la fin du XIXe siècle, était surtout ce que l'on appellerait maintenant un grand logis nobiliaire, un centre d'activités agricoles, planté au milieu d'un domaine foncier de plusieurs métairies. Il connut néanmoins, sur le même emplacement, des configurations architecturales plus démonstratives.

 

« Un château fort indéfendable »

 

On date à 813, le premier donjon carré créé par le seigneur Mathieu Achard.

 

Puis, au XIe siècle, le châtelain, se devant d'assurer une meilleure protection des villageois, rassemblés en contrebas, dans le Bourg-Paillé, on va élever plusieurs tours défensives, fermant une cour carrée, entourée d'enceintes et de douves, alimentées par le ruisseau de l'Auzaire. « Cela n'a pourtant pas suffi, par ces temps très incertains. En 1420, pendant la guerre de Cent Ans, on dut se résoudre à le détruire, afin d'éviter qu'il tombe entre les mains des Anglais. Il était considéré comme indéfendable », explique Michel Lucas.

 

Le château du Brandois détrône le Vieux-Château

 

Trois siècles plus tard, les barons du Brandois reprirent l'initiative. En 1773, ils construisirent le château sur le plan que l'on connaît aujourd'hui, mais avec un étage supplémentaire. Le rez-de-chaussée était occupé par le régisseur du domaine de la Forêt.

 

En 1793, ce fut le QG alternativement des armées des Bleus républicains et des Blancs vendéens.

 

En 1794, il échappa de peu à l'incendie, qui dévasta le bourg mothais.

 

Quand, en 1868, les Brandois décidèrent d'ériger une autre demeure, de style Renaissance, à la Forêt (actuellement le domaine du Brandois), on le nomma le Vieux-Château. Trente ans plus tard, tout près, l'église de style néo-gothique remplaça la chapelle du Vieux-Château, trop petite et trop fragile.

 

Très endetté, le baron dut vendre le Vieux-Château en 1908 à un marchand de biens d'Aizenay. Il disparut des grandes familles et son nouveau titulaire fit enlever son premier étage, inhabitable en 1912.

 

Aujourd'hui, il est devenu la propriété de trois privés. Les écuries ont été occupées par la salle paroissiale et la cantine scolaire, puis par l'Imprimerie mothaise. Sa place est restée très animée jusque dans les années 60. « Les jours de foires, il y avait là la volaille, les canards, les lapins », se souvient Jean-Claude Chauvet.

 

Portrait présumé de Calixte Foucher de Brandois

Claude Marie  (1790 - 1864)

 Portrait présumé de Calixte Foucher de Brandois par Claude Marie Dubufe sur  artnet

La famille Achard de la Mothe qui avait édifié la motte puis un château fortifié avec mur d’enceinte et douves s’éteignit au XIVe siècle. L’héritage revint en 1401 à Guy de Laval qui épousa Marie de Craon, puis à leur fils, le célèbre Gilles de Rays, maréchal de France et compagnon de Jeanne d’Arc, pendu et brûlé à Nantes en 1440.

 

En 1420, le château avait été démoli par les troupes royales de Charles VI. En 1552, Anne de Laval apporta en dot la châtellenie à François de la Trémoille, prince de Talmont. En 1664, La Châtellenie était devenue baronnie. Se succédèrent Madeleine Poictevin du Plessis-Landry qui acheta la baronnie, son fils Pierre Robert de Lézardière mort en 1746, Calixte-Julien Foucher de Brandeau, et en 1768, Calixte Charles Foucher de Brandois (1738-1796). Pour son mariage avec Reine-Emilie de Pont l’Abbé, ce dernier fit construire en 1773 l’actuel Vieux Château sur l’emplacement du château-fort démantelé en 1420. Il fut élu de l’Assemblée Constituante. Mais retiré à Paris, il fut emprisonné aux Cordeliers et n’échappa à la guillotine que par la chute de Robespierre le 9 Thermidor.

 

Pendant la Révolution, La Mothe-Achard vécut des heures tragiques. Le curé Claude Lansier qui avait refusé la Constitution Civile du Clergé fut arrêté en 1791, déporté en Espagne en 1792 et remplacé par le curé constitutionnel Charles Michel. C’est à La Mothe-Achard que Joly rassembla ses troupes pour l’attaque infructueuse des Sables d’Olonne les 24 et 29 mars 1793. Malgré le loyalisme du maire Lansier, le 24 mars 1794, le bourg fut incendié par les Colonnes Incendiaires de Turreau. Seuls l’église et le château qui servaient de garnison furent épargnés. Des 468 habitants de 1791, il n’en restait que 173 en 1801.

 

Après la Révolution, le château qui avait été confisqué et vendu comme bien national revient à la famille Foucher de Brandois. En 1868, Paul Foucher, baron de Brandois (1832-1887), petit-fils de Calixte Charles, fit construire un autre château à La Forêt. En 1908, Olivier de Brandois, maire de La Mothe-Achard, dut vendre le château du bourg devenu « Vieux Château ». M. Erieau d’Aizenay, le nouveau propriétaire, en supprima le 2ème étage en 1912.

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