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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 06:00
Hier les bourgeois venaient prendre les eaux en Auvergne, maintenant les bobos y prennent leur vin chez Patrick Bouju…

« Il fut un temps où l’Auvergne était à la mode. On venait prendre les eaux dans des stations thermales toutes neuves, jolies comme des pâtisseries, posées sur la vieille montagne du Massif Central. On s’était aperçu qu’en plus des volcans et du saint-nectaire, la région produisait de l’eau miraculeuse. Il en jaillissait de partout, de chaque recoin de vallon, de chaque sommité volcanique. Mille sources gorgées de soufre, de chlorure de sodium, de bicarbonate, de cuivre, de calcium, de fer et d’arsenic. Mille bouillons chimiques venus des entrailles de la terre, et capable de soigner l’intestin, les bronches et les reins, la peau et les allergies. »

 

Ça avait commencé dès le Second Empire…

 

« … les demoiselles un peu trop pâlottes et les messieurs congestionnés partaient illico à Vichy. À la Belle Époque, on se rendait à Royat-Chamalières, Néris-les-Bains ou Bourbon-l’Archambault. Les dames portaient des corsets, des bottines lacées et des ombrelles. Les messieurs, des vestons et des montres à gousset. On croisait Sacha Guitry et Buster Keaton à La Bouboule, Sarah Bernhardt à Royat-Chamalières, Marcel Proust au Mont-Dore, Maupassant à Châtel-Guyon, pour ne rien dire des têtes couronnées. Bien avant Saint-Tropez, Gstaad ou Ibiza, le gotha mondain se pressait dans le Puy-de-Dôme. »

 

Mais il y eu Giscard, son accordéon et surtout Danièle Gilbert.

 

Je plaisante bien sûr, mais les stations thermales sont quasi-tombées dans l’oubli…

 

Par bonheur, il y eut Patrick Bouju !

 

Mais avant lui, Jean-Louis Murat chanta :

 

Les enfants forment une ronde

Les monos sont jolies

Allez suer belles têtes blondes

Aux thermes de Choussy

Allez soigner à l’arsenic

Vos souffles affaiblis

L’air est si doux dans la bruyère

Au mont Sans-Souci.

 

La Bourboule, au temps de ma jeunesse, fut la plus importante station thermale de France pour enfants, on y soignait l’asthme. Murat y est né et n’habite pas loin. Le mont Sans Souci se dresse à la sortie de la ville.

 

Sa chanson Au mont sans-Souci sur l’album Mustango fait partie de mon petit bagage musical.

 

Source : Tour de France des villes incomprises Vincent Noyoux 

Hier les bourgeois venaient prendre les eaux en Auvergne, maintenant les bobos y prennent leur vin chez Patrick Bouju…

Et puis vint le vin de Patrick Bouju.

 

Est-ce un vin de punk ?

 

Une spécialiste caviste, blogueuse, qui écrit aussi dans la presse répond à cette question.

 

PUNK ET VINS : ANARCHIE DANS LE VIGNOBLE

 

Sandrine Goeyvaerts 1 Juillet 2016 

 

La Bohême, c’est le domaine de Patrick Bouju se répartit entre trois communes, Égliseneuve-près-Billom, Chauriat et Corent car selon ses convictions, il est « à la recherche des meilleurs terroirs connus ou oubliés du Puy-de-Dôme »

 

Que dit Patrick ?

 

« Les vignes sont morcelées car je suis à la recherche des meilleurs terroirs connus ou oubliés du Puy-de-Dôme.

 

Ce sont en majorité de vieilles vignes avec des densités de plantation élevées (10000 pieds/ha) et la doyenne a 116 ans.

 

Ces vignes sont d’une biodiversité étonnante, on trouve de multiples cépages, comme le Limberger, le Mirefleurien, gamay Fréau, gamay de Bouze et de multiples variétés de gamay à petit grain ou gros grain.

 

En ces périodes d’uniformisation, ces cépages sont une richesse inestimable.

 

Ces vignes sont cultivées avec un grand respect de la nature. Les vignes sont enherbées.

 

Pour les traitements, j’utilise des produits à base de cuivre et de soufre ainsi que des extraits fermentés de plantes ou des tisanes comme l’ortie, la prèle, la consoude pour renforcer les défenses naturelles de la vigne.

 

Je n’utilise pas de désherbant ni de produits chimiques de synthèse.

 

La majorité des travaux à la vigne se fait manuellement. Dans mes vins, il y a du raisin et de la sueur... »

Hier les bourgeois venaient prendre les eaux en Auvergne, maintenant les bobos y prennent leur vin chez Patrick Bouju…
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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 09:00
Appel à François Audouze : cherche absolument 1 flacon d’Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux…

C’est une bouteille à la mer, une bouteille de vin ancien, que je jette dans le flot ininterrompu de la Toile, en espérant que, sur le flamboyant paquebot de l’Académie des Vins Anciens, son pacha François Audouze, me déniche un flacon introuvable.

 

Je m’explique :

 

 

  • un lecteur attentif me pose la question à propos des vins accompagnant les mets de ce repas cérémoniel : l’Alrokan c’est quoi ?

 

  • ignorant je me précipite sur la Toile et là c’est la diète, sauf qu’en fouinant je découvre ce texte de François Audouze :

 

Académie des vins anciens

 

mardi, 8 août 2006

 

Jean-Philippe Durand, invité à passer quelques jours dans notre maison du Sud, décide de prendre en mains le dîner de ce soir. Ma femme a dû regarnir la maison d’une tonne de nouveaux matériels sophistiqués pour mixer, mélanger, hacher, concasser. Entre deux séances de tennis, Jean-Philippe prépare ses sauces, hume les évolutions. La cuisine d’été est envahie d’assiettes diverses garnies d’ingrédients qui auront, à l’heure prévue, leur utilité. Mon gendre prépare le barbecue qu’il va faire fonctionner au petit bois, sans autre apport.

 

« Dans les grands dîners, j’aime toujours ajouter des vins inconnus. Plus inconnu que celui-là, je ne vois pas, car imaginez ce nom : Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux 1964, Mr Bossetti à La Rochelle. La bouteille est belle, avec une étiquette sobre passe-partout. Le liquide est joliment doré d’un jaune discret. Le nez est calme. La bouche est prudente. Je ne m’attendais évidemment pas à trouver un goût d’Yquem. Mais sur un roquefort artisanal, le vin s’ébroue avec intelligence, et sur une poêlée de mangues au gingembre, le vin devient charmant. Mission accomplie. »

 

Rien d’autre !

 

C’est frustrant, pas de photo, et bien sûr pas de possibilité de trouver un flacon de cet Alrokan qui manifestement n’est plus sur le marché.

 

Après une nuit de réflexion je me suis dit : puisqu’en 1960, vu ton âge : 12 ans, tu n’as pu goûter cet Alrokan, alors si tu veux tremper tes lèvres dans ce nectar il ne te reste plus qu’une seule solution, te tourner vers le sieur Audouze afin qu’il te le déniche.

 

Comme je me doute bien que, chaque matin, Françoise Audouze, avant son petit déjeuner, ne se précipite pas sur son ordinateur pour « déguster » mes chroniques, c’est pour cela que je lance cette chronique sur la Toile.

 

Bien évidemment, si l’une ou l’autre de mes fidèles lecteurs peut me dénicher une bouteille d’Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux… je suis preneur.

 

Merci par avance… à tous…

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 06:00
« La pasta, est le mode d’expression le plus abouti du néo-réalisme italien… » signé le critique gastronomique masqué.

Les cuisines ouvertes sur la salle des restaurants contemporains permettent à des zozos comme moi de se muer dans la peau de nos éminents critiques gastronomiques qui adorent faire des phrases.

 

Le texte qui suit est la transcription à ma sauce d’un texte parodique d’un célèbre cinéaste dont je vous laisse le soin de découvrir l’identité.

 

« Les fettucine de Roberto Rossellini, bien que plissées d’une façon diabolique, doivent beaucoup à Luchino Visconti, dont l’utilisation des fettucine comme instrument du progrès social est universellement connue.

 

La différence réside dans le fait que chez Visconti, le client est fondé à espérer des fettucine blanches, et les obtient. Ici, chez Rossellini, il se voit servir des fettucine vertes. Pourquoi ? Tout cela semble gratuit. En tant que consommateurs, nous ne sommes pas préparé au changement car comme l’écrivit Tomasi di Lampedusa dans Le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change »

 

Désormais la nouille verte ne nous amuse plus. Elle nous déconcerte d’une façon non préméditée par le chef. Les lasagne, en revanche, sont parfaitement délicieuses sans être le moins du monde didactiques. À vrai dire, il y réside un sournois relent marxiste, mais qui est dissimulé par la sauce. Rossellini a milité des années durant dans les rangs du Parti communiste italien, et s’est révélé par l’inclusion subtile de son marxisme dans ses tortellini.

 

J’ai commencé mon repas par un antipasto, qui me sembla de prime abord dénué d’intérêt, mais qui, lorsque je découvris les filets d’anchois, me devint plus clair. Rossellini tentait-il d’exprimer que la vie entière était symboliquement représentée dans ce hors-d’œuvre d’anchois allongés où les olives noires évoquent incoerciblement la mort ?

 

Mais où se trouvait donc le céleri ?

 

L’omission était-elle délibérée ?

 

Chez Vittorio De Sica, l’antipasto est entièrement constitué de céleri. Mais De Sica est un extrémiste. Il entend attirer l’attention sur l’absurdité de la vie. Qui pourrait oublier ses scampi : quatre crevettes fourrées à l’ail disposées de façon à en dire plus long sur notre intervention en Irak que les innombrables livres sur le sujet ?

 

Aujourd’hui, ce plat est insipide auprès de la piccata de Pasolini, une saisissante tranche de veau attachée à un drapeau noir. Pasolini s’exprime toujours mieux dans le veau que dans le poisson ou le poulet.

 

Rossellini, à l’encontre de ces chefs d’avant-garde, va rarement jusqu’au bout de ses idées. Il hésite, comme dans ses spumoni, et quand ils arrivent à table, ils sont ramollis.

 

Avant sa psychanalyse, Rossellini, qui avait la phobie des coquillages, répugnait à les sacrifier de façon barbare, eut toutes les peines du monde à réaliser des spaghetti vongole.

 

Chez lui, la touche artistique réside dans son poulet désossé à la Parmigiana. L’intitulé est au deuxième degré, puisqu’il a fourré le poulet de petits os supplémentaires, comme pour signifier que la vie ne doit pas être consommée trop vite ou sans précaution. L’obligation d’ôter constamment de petits os de sa bouche et de les déposer sur l’assiette donne au repas une sonorité mystique.

 

On est obligé alors d’évoquer Webern qui semble ressurgir à tout instant dans la cuisine de Rossellini. Gérard Depardieu, parlant de Stravinsky, suggère un intéressant rapprochement entre l’influence de Schoenberg sur les salades de Rossellini, et l’influence de Rossellini sur le Concerto en ré pour cordes de Stravinsky. À cet égard, le minestrone est un superbe exemple d’atonalité. Accompagné tel qu’il est de croûtons aillés et de petits morceaux de légumes, le dîneur, quand il le boit est obligé de faire des bruits harmonieux avec la bouche.

 

Ces accords sont disposés selon un rythme précis, et se répètent dans un ordre immuable. La première fois que suis allé dans son restaurant, deux clients, un jeune garçon et un gros homme, mangeaient leur soupe à l’unisson, et l’émotion fut telle qu’ils reçurent une vibrante ovation. Comme dessert, nous eûmes des tortoni, ce qui me rappela cette remarquable phrase de Leibnitz : « Les monades sont des fenêtres. » Quelle lucidité ! Les prix chez lui, sont, ainsi que me le dit un jour Hannah Arendt, « raisonnables sans être historiquement inévitables ». Je souscris à ce jugement. »

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 06:00
Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Même si je suis un mécréant, je suis bardé de tous les certificats de l’Église de Rome : le baptême, la petite communion dites privée, la grande communion dite solennelle et j’ai été confirmé par Mgr Cazaux évêque de Luçon, l’ex de Richelieu dit le plus crotté de France.

 

Enfant de chœur, même boss des enfants de chœur : porter la croix, balancer l’encensoir, porter le seau du goupillon, poser la chape sur le dos du curé pendant les Vêpres, baptême, mariage, enterrement, messe du matin, grand-messe du dimanche, chemin de croix du Carême, périple à travers champs pour les Rogations, Fête-Dieu avec pétales de fleurs… J’en passe et des meilleures.

 

La Totale.

 

Pour couronner le tout depuis la Maternelle au Secondaire en passant par le Primaire, je suis un pur produit de l’enseignement catholique : les petites sœurs de Mormaison et les Frères de St Louis Grignon de Montfort.

 

Parcours sans faute qui me permet de crier camembert à l’engeance qui nous gonfle avec sa France aux racines chrétiennes.

 

Et alors, c'est 1 grande part de notre Histoire mais pas que !

 

J’en reviens à mes communions. Pour vous en parler rien de mieux que le journal La Croix. ICI

 

En dépit de mon parcours sous la protection de l’Église j’ai toujours été très désinvolte avec la pratique, surtout avec la confession avec la question rituelle du curé sur le péché de chair « seul ou avec d’autres… »

 

Je vais donc à partir de 2 photos faire quelques commentaires :

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Sur la première, celle de ma petite communion, prise devant la maison du Bourg-Pailler, je porte un blazer bleu marine sur culottes courtes, œuvre de ma couturière de mère, un nœud papillon tenu par une élastique (très Pax quoi), des gants blancs symbole de ma pureté. À l’avant-bras gauche je porte mon chapelet de communion. Dans ma main droite je tiens une couronne de fleurs naturelles car aux Vêpres nous chantions :

 

Prends ma couronne, je te la donne.

 

Au ciel n'est-ce pas, tu me la rendras (bis)

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Sur la seconde, celle de ma communion solennelle, prise à l’entrée du jardin, je porte une aube blanche, une croix en bois et je tiens le missel que l’on m’a offert avec mon nom gravé à l’or sur la couverture. Aux pieds ma mère avait poussé le détail jusqu’à m’acheter des chaussures blanches. À ma gauche, Berthe ma mère puis ma marraine Gaby épouse du frère de maman Philbert Gravouil. À ma gauche, la tante Jeanne, sœur de maman et surtout ma cousine Maryse qui m’a beaucoup appris des choses de la vie. Que des femmes !

 

Enfin, le menu :

 

Je vous laisse le découvrir mais vous pourrez constater qu’à la maison on ne lésinait pas sur le nombre de plats et des vins.

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard
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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 06:00
LeRouge&leBlanc aime l’herbe pour fumer le terroir, Sonia Lopez-Calleja « le beau, le propre, le sale »

En mars 2014 je notais : « Les vignes impeccables désherbées « au laser » qui faisaient autrefois la fierté de leurs propriétaires sont maintenant montrées du doigt et vilipendées. L’heure est à l’enherbement et au labour, les adventices ne sont pas toutes des herbes folles… »

 

Le 1er janvier 2017, les produits phytosanitaires seront interdits dans les parcs et jardins, promenades, forêts et autres voiries publiques. Bizarrement les cimetières sont exclus, les gisants ne peuvent pas protester.

 

Donc, cantonniers tous à vos binettes, débroussailleuse et huile de coude pour éradiquer les mauvaises herbes, les communes françaises doivent trouver une alternative aux pesticides dans l’entretien de leurs espaces verts, avec l’interdiction de ces produits dans l’espace public.

 

« C’est un peu une révolution culturelle dans le pays du jardin à la française, où tout est net et où pas une herbe ne dépasse. On pensait un petit coup de pulvérisateur et c’était fini », remarque Yann Lemoigne, directeur du service des techniques végétales à la mairie de Clermont-Ferrand

 

Le Sénat a voté le 10 juillet un amendement au projet de loi sur la transition énergétique qui fixe au 1er janvier 2019 la date à laquelle la vente des pesticides sera interdite aux particuliers. Cette interdiction était déjà prévue par la loi Labbé de février 2014 mais avec une application prévue en 2022.

 

« Les particuliers qui font usage de pesticides bénéficient rarement d'un niveau d'information suffisant concernant la dangerosité des produits qu'ils épandent, et ils ne bénéficient pas comme les professionnels d'une formation adaptée concernant les dosages et l'usage des équipements de sécurité nécessaires », justifient les sénateurs écologistes à l'origine de cet amendement. Ces derniers précisent que les pesticides utilisés en zones non agricoles représentent 7% (dont 6% en jardins particuliers) des substances actives phytosanitaires utilisées en France.

 

Mais moi dans le fin fond de ma Vendée crottée, patrie du bocage profond, des chemins creux, j’ai vécu la hantise des mauvaises herbes des paysans. Biner les betteraves sous le soleil n’était pas une sinécure. C’était le travail des femmes.

 

Lorsqu’il fallait pour les femmes : « allez aux champs » c’est-à-dire se coltiner des travaux pénibles : bêchage, sarclage, repiquage ou vendanges… en pleine chaleur la quichenotte s’imposait comme indispensable couvre-chef afin de ne pas attraper une insolation.

 

Reste que l’ennemi public n°1 c’était le chiendent.

 

Ha ! Le chiendent de ma jeunesse, celui des champs, proliférant, envahissant, quasi-indestructible, qui faisait écrire à un auteur que « La brave matrone, ne se tint point rigueur d'avoir laissé ses propres enfants pousser comme du chiendent. »

 

symbolisé par la brosse aux poils durs qui servait aussi bien à Alida la laveuse pour décrasser le linge ou l’essorer au lavoir, qu’à brosser les vaches et les bœufs du pépé Louis…

 

« Dans la cuisine aux volets clos, il entendit sa femme qui frottait le parquet avec une brosse de chiendent. »

 

Aymé, La Jument verte, 1933, p. 42.

 

 

« Les brosses à chiendent (ou brosses en chiendent, brosses de chiendent) sont d'usage courant. Cette fibre naturelle a résisté à la pression des fibres artificielles. Elles sont suffisamment rigides pour gratter et décrotter, et suffisamment souples pour ne pas rayer les objets ou blesser la peau.

 

Et pourtant, la nature botanique de leurs poils est inconnue ! Pratiquement aucun ouvrage récent ne précise l'origine et l'histoire de ces objets si communs.

 

« Il semble s'agir de racines ou de rhizomes d'une Gramineae. Leur forme tordue indique que ce ne sont ni des chaumes ni des ramifications de panicules. Il serait intéressant de savoir quelle est la source actuelle. Il doit y avoir quelque part une filière de collecte et de transformation de ces fibres. »

 

Encyclopédie de Diderot et d'Alembert

 

Chiendent (Vergettier.)

 

Les Vergettiers le dépouillent de son écorce en le liant en paquets, & le foulent sous le pié. Ce frottement le sépare en peu de tems de ses rameaux.

 

Ils en distinguent de deux espèces :

 

  • du gros, qu'ils appellent chiendent de France;
  • du fin, qu'ils appellent barbe de chiendent.

 

Le gros, ce sont les rameaux les plus longs et les plus forts, ce qui sert de pié au chiendent. Le fin ou doux, ce sont les rameaux les plus fins, et les extrémités des branches.

 

Ils séparent ces parties, les mettent de longueur et de sorte font des vergettes.

 

Vergette, s. f. en terme de Vergettier, est un ustencile de ménage qui sert à nettoyer les meubles et les habits. On lui donne encore le nom de brosse, qui pourtant ne signifie pas tout à fait la même chose que vergette ; mais comme il est d'usage presque par tout de confondre ces deux termes, nous ne les séparerons point, et nous n'en ferons ici qu'un article.

 

Il se fait des vergettes de plusieurs matieres, de diverses formes, et pour differens usages. On y employe de trois sortes de matieres, de la bruyere, du chiendent et du poil, en soie de sanglier, qu'on tire de Moscovie, d'Allemagne, de Lorraine, de Danemarck. Voyez ces trois matieres differentes chacune à leur article.

 

Il y en a de rondes, de quarrées, sans manche, à manche, de doubles et même de triples; quelques-unes sont garnies d'une manicle, à l'usage des cochers; d'autres d'une courroye de pié, à l'usage des frotteurs; enfin il y a des brosses à decroter de deux especes; celles de la premiere espece sont les plus fortes et les plus courtes, et se nomment proprement décrotoires, les autres sont les plus fines; les plus douces, ont le poil plus long, et se nomment polissoires.

 

De toutes ces vergettes, il y en a qui servent de peigne pour la tête aux enfans, ou de ceux qui se sont fait raser les cheveux. Celles - ci aux habits, aux meubles; celles-là pour panser les chevaux, nettoyer les carrosses et frotter les planchers; enfin, il y en a aussi qui servent pour balayer, et qu'on appelle pour cela balais de poil.

 

De toutes ces vergettes, il n'y a que celles pour la tête des enfans, qu'on fasse d'une maniere différente de celle des autres qu'on fabrique toutes de cette facon. En pliant le poil en deux et en le faisant entrer à force, par le moyen d'une ficelle qui prend le poil au milieu, dans des trous d'une petite planche de hêtre mince, sur laquelle cette ficelle se lie fortement. Quand tous les trous sont remplis, on coupe la soie égale et unie avec des gros ciseaux, ou des forces.

 

Symbole de la mauvaise herbe par excellence,l’ Elytrigia (ou Agropyron) repens, ou chiendent rampant, est une plante herbacée vivace de la grande famille des graminées, aujourd'hui dénommées poacées (d'après le genre Poa : les paturins). Il a de nombreux cousins qui lui ressemblent, mais c'est lui, que l'on appelle aussi chiendent officinal, qui est, de loin, le plus répandu. Il doit son nom vernaculaire au fait que les chiens - de même que les chats et de nombreux animaux sauvages - mangent ses feuilles pour se purger. Utilisés depuis très longtemps en médecine naturelle, ses rhizomes, en infusion ou en décoction, ont un effet diurétique reconnu.

 

La suite ICI 

 

J’en ai fini avec mes élucubrations vendéennes qui n’étaient qu’amuse-bouche pour vous inciter à lire dans le dernier numéro de LeRouge&leBlanc de l’article très fouillé et sérieux de Sonia Lopez Calleja sur le grand retour de l’herbe dans les vignes.

 

Le titre n’est pas très sexy : Enfin, l’herbe revient mais le contenu a le grand mérite de traiter cette question avec une forme d’objectivité louable même si le cœur de Sonia penche pour l’enherbement.

 

J’ai tout lu.

 

Mais comme je ne suis pas, contrairement à Sonia, un type sérieux, ce que j’ai retenu c’est qu’Olivier de Moor utilisait un Rolofaca® pour rouler son herbe. Moi aussi j’ai une petite machine pour faire mes roulées.

LES PLANS DU ROLOFACA "BUZUK" EN LIGNE !
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 08:00
CHAP.17 extrait sec, «La droite n’aurait-elle rien de plus sérieux à proposer qu’une politique obéissant à la même inspiration que celle de Laval en 1935 ?» Guaino.

L’hiver, les particules fines, mon envie de retrait, me tiennent à la maison, au chaud, loin du bruit et de la fureur du monde. Un monde toujours aussi violent n’en déplaise aux « c’étaient mieux avant ». Mémoire courte ou même absence totale de mémoire qui me glace. Alors, sans me complaire dans les ornières de l’Histoire, enfant de la paix, je continue d’explorer les plis sanglants de ce siècle où je suis né.

 

L’Espagne donc, celle d’une guerre sans merci, matrice des tactiques militaires de l’armée de Hitler, de l’impuissance des puissances dominantes de l’époque : Grande-Bretagne et France, Blum et Eden, la SDN, de l’indifférence des USA de Roosevelt, de la main de fer de Staline seul pourvoyeur d’armes et d’hommes d’une République traversée par les oppositions sanglantes entre les anarchistes, les trotskystes, les communistes, les socialistes et l’évanescence de son Président Manuel Azaña, de l’ambition implacable de Franco.

 

Et puis, dans ma pile j’ai retrouvé une bande dessinée : Sur les traces de Garcia Lorca de Carlos Hernandez et El Torrès.

 

« En suivant un dédale de récits et témoignages de personnages qui ont partagé un moment de la vie (et de la mort) de Federico Garcia Lorca, l'auteur nous promène de Grenade à Madrid, de la Havane à New York, de fêtes en débats, en souvenirs et réflexions. L'oeuvre, construite en une série de saynètes volontairement désordonnées du point de vue chronologique, parvient à recréer dans une atmosphère très intimiste, un portrait très réel et réaliste de celui qui fut l'un des plus grands poètes d'Espagne, volontairement sacrifié par les phalangistes qui purifiaient ainsi le pays d'un rouge doublé d'un homosexuel. Né à Grenade en 1972, Carlos Hernandez Sanchez est essentiellement connu en Espagne pour son travail d'illustrateur dans la presse quotidienne et particulièrement le journal Ideal, auquel il collabore depuis 1994. Auteur de plusieurs livres pour enfants et romans graphiques, à ce jour, il n'a jamais été publié en France. »

 

Les conditions de la mort de Frederico Garcia Lorca pèsent sur la mémoire collective des espagnols, il est une forme de symbole de la folie meurtrière qui s’était emparée de ce pays lors d’une guerre civile aux multiples facettes dans chaque camp. Ses œuvres ont été interdites jusqu'en 1953 en Espagne franquiste. « Du silence sépulcral dans lequel la dictature de ses assassins a tenté de le bâillonner, remplissant de vide nos cahiers et livres d’écoliers, nous sommes passés à la lumineuse réappropriation de la démocratie, le cri jubilatoire de nous savoir ses contemporains, ses compatriotes, ses héritiers moraux et vitaux. »

 

Mais celui que l’on qualifie d’auteur le plus universel de l’Espagne du XXe siècle, a été transformé en condiment indispensable à toutes les sauces. « En Grand Inévitable. » À force d’être tant aimé il a été asphyxié, occulté derrière une rhétorique de mythe. Qui était Lorca ? L’Homme, le poète, le peintre, le dramaturge, née dans une famille bourgeoise et libérale d'Andalousie, lié d'amitié avec Salvador Dalí, Luis Buñuel et Sanchez Mazas, l'un des initiateurs de l'art moderne en Espagne. Il a su allier l'héritage du folklore, la tradition populaire au romantisme, au symbolisme et aux mouvements d'avant-garde des années 1920, laissant une oeuvre originale et inclassable. Bien que n'ayant jamais eu d'engagement politique, il avait beaucoup d'amis que l’on peut qualifier de gauche, si tant est que la gauche puisse être cernée dans l’Espagne Républicaine, il était opposé au fascisme et à la guerre et en humaniste s'est engagé auprès des plus démunis.

 

Reste le mystère de sa mort, qui a tué Garcia Lorca dans la sombre nuit du 16 au 17 août 1936 ? À leur descente de la Buick décapotable rouge cerise où ils venaient de parcourir leurs derniers kilomètres à travers la campagne « granadina ». Vers quatre heures du matin, à la lumière d’une lune voilée par les nuages, le sergent Mariano Ajenjo Moreno, chef du peloton « au caractère froid, apte à fusiller », a placé ses hommes en ordre pour l’exécution. Armés de fusils Mauser et de pistolets Astra, on leur avait promis 500 pesetas et de monter en grade. Une fois les corps tombés à terre, les militaires eux-même les auraient jeté dans une fosse creusée là, peut-être pour trouver une source d’eau fraîche, raconte l’historien.

 

Sur les cadavres, l’un d’eux aurait lancé la béquille du maître d’école. »

 

Mais étaient-ils les vrais responsables ?

 

Miguel Caballero, historien originaire de la région de Grenade, où est né Lorca, et auteur de l’ouvrage qui vient de paraître en espagnol, « Les Treize dernières heures de la vie de Garcia Lorca » donne sa version des faits.

 

ICI 

 

Mais je ne vis pas cloîtré, je garde mes fenêtres ouvertes sur le monde et j’empile, un peu à la volée, les réflexions des uns et des autres sans pour l’heure les hiérarchiser. Le temps viendra où je pendrai le temps de de carafer, décanter, en espérant qu’il en restera quelque chose.

 

La gauche sociale-libérale est morte par Raphaël Glucksmann

 

« Il était jeune, beau, charismatique. Il parlait aux masses, bousculait les élites, trouvait avec une facilité déconcertante les mots, les intonations, les gestes que François Hollande recherchait désespérément. Le futur, c’était lui. Mais rien n’y a fait. La vague de défiance qui submerge des démocraties occidentales vieillissantes l’a emporté comme les autres. Le fringant Matteo Renzi a été balayé en une journée. Il ne sauvera pas la gauche sociale-libérale européenne.

 

Rien ne la sauvera d’ailleurs, car elle est déjà morte. Les sondages flatteurs d’une autre étoile "progressiste", Emmanuel Macron, n’y changeront rien : la crise politique, idéologique, philosophique du social-libéralisme surpasse les questions de casting. Elle révèle – paradoxe terrible pour une gauche dite "moderne" – une profonde inadéquation à l’époque. La "modernité" d’hier est devenue ringarde. Que s’est-il passé ?

 

Aux origines de la débâcle

 

La suite ICI 

 

Hanouna, Heidegger et le langage par Jérôme Godefroy

 

Au siècle des Lumières, si quelque chose avait soulevé chez vous une simple indifférence, vous auriez dit comme Voltaire : «peu me chaut». Vous auriez alors utilisé élégamment le verbe défectif «chaloir». Au siècle de Cyril Hanouna dont les lumières sont plus tamisées, on dit : «je m’en bats les couilles». Cette expression virile fait partie du vocabulaire de base des jeunes Français de notre début de XXIème siècle. Même les jeunes Françaises, pourtant dépourvues des attributs nécessaires, l’utilisent à qui mieux mieux. Il suffit de tendre l’oreille à la sortie d’un lycée ou à l’entrée d’un fast-food pour s’en convaincre.

 

Il n’est pas question ici de jouer au vieux con et de déplorer la disparition de tournures désuètes. Les langues évoluent sans cesse. L’argot, les patois, les emprunts, les particularismes ont toujours forgé notre manière de communiquer avec des mots. Aucune langue n’est figée. C’est l’usage qui commande. Nous avons aussi toujours jonglé avec différents niveaux de langage : on ne s’adresse pas à son patron comme on parle à un vieil ami.

 

Une partie de la nouvelle génération risque malheureusement d’être condamnée à un seul registre de langage, le plus rudimentaire, celui qui ne permet pas les nuances et l’expression de la complexité. Bref, la langue Hanouna.

 

On évalue à environ 200.000 le nombre de mots de la langue françaises dans les encyclopédies les plus touffues. Le Petit Larousse contient 35.000 mots. Le français élémentaire compte environ 3000 mots. Combien Cyril Hanouna et son jeune public en utilisent-ils ? Je me suis posé la question à l’occasion d’un événement récent.

 

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Désinformation et fragilité des démocraties Le Temps

 

La guerre de l’information est au cœur de la doctrine militaire russe. Les démocraties sont mal préparées à la riposte.

 

« Cette bataille-là n’a rien de virtuel. Amplifié par les réseaux sociaux et la blogosphère, un flot de désinformation envahit l’espace médiatique européen, menaçant de plus en plus le débat démocratique. Manipulation des faits, théories du complot, diffusion de mensonges créent la confusion, brouillent la réflexion, fragilisent le travail journalistique et, en définitive, sapent la confiance des citoyens dans leurs institutions.

 

Cette propagande – ou guerre psychologique –, mettent en garde des responsables européens de la sécurité, est en partie pilotée par le Kremlin à travers deux vecteurs principaux, Russia Today et Sputnik. Son but? Affaiblir l’UE et l’OTAN en divisant leurs membres afin de mieux faire valoir les intérêts de la Russie. Moscou peut compter dans ce combat sur de précieux relais en Europe: les forces nationalistes et conservatrices. Leur combat est «civilisationnel». C’est surtout un choc de valeurs politiques, donc idéologique. »

 

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Éric Fottorino : « Face au pouvoir de l'argent, celui des journalistes est faible »

 

L'ancien directeur de la rédaction du Monde et président du directoire du groupe La Vie-Le Monde livre son regard sur l'état de la presse en France. Pour Eric Fottorino, le conflit majeur qui s'est déroulé à I-Télé doit être analysé à la lumière de l'histoire de la presse, et souligne la faiblesse économique du tissu médiatique hexagonal. "Une faiblesse qui permet ce genre de prédation" et menace, in fine, l'édifice démocratique. Sans indépendance financière, aucune indépendance éditoriale totale n'est possible, assure-t-il, mettant en avant l'aventure entrepreneuriale et journalistique de l'hebdomadaire le 1, qu'il a fondé. Et porte une attention particulière à l'essor de ces "startups médias", qui structurent, affirme-t-il, l'univers médiatique des 30 prochaines années.

 

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Michel Wieviorka : « Les comportements politiques sont très gazeux »

 

Le sociologue Michel Wieviorka, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, s’insurge contre un système politique daté.

 

Paris Match. Que dit le succès de la primaire de la droite avec ses plus de 4,2 millions d’électeurs sur notre rapport à la politique ?

 

Michel Wieviorka. Les Français sont passionnés par la politique et iront voter massivement à la présidentielle. Ils sont mieux informés. Grâce à internet, à la démultiplication des médias classiques, aux réseaux sociaux, ils accèdent à toutes sortes d’information. Ca permet plus de réflexion et plus de débat. On voit les faiblesses du personnel politique, ses contradictions. La langue de bois ne marche plus comme avant. Mais la perversion, c’est la théorie du complot, la paranoïa. Les paroles classiquement légitimes ne le sont plus : on n’a plus confiance dans les hommes politiques, dans les journalistes, on se méfie des intellectuels et les propos des enseignants pèsent moins lourd que ce qu’on va trouver sur internet.

 

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Henri Guaino : « La droite n’aurait-elle rien de plus sérieux à proposer qu’une politique obéissant à la même inspiration que celle de Laval en 1935 ? »

 

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 06:00
Il faisait lent presque indolent, le temps s’en allait nonchalant, le patron a dit ce coup-là, c’est ma tournée vous prendrez quoi ?

Hier matin j’étais un peu triste, je pensais à tous ceux, connus et inconnus, pour qui 2016 fut le dernier millésime.

 

Alors va pour 2017 !

 

« Elle est pas belle, la vie ? »

 

« Il faisait bon, il faisait beau

Un grand soleil brillait là-haut

À l’aise dans nos espadrilles

On regardait passer les filles

Je ne sais pas très bien pourquoi

On était content d’être là

Il faisait beau, il faisait bon

Le patron a dit je suppose

Que vous reprendrez la même chose

Il faisait drôle il faisait doux

Le fond de l’air était voyou

Je ne sais plus trop qui a dit

Elle est pas belle la vie ?

 

Il faisait chaud presque trop chaud

Et le soleil ce grand salaud

Nous faisait suer dégouliner

On était tout déshydraté

Je ne sais pas très bien pourquoi

On était content d’être là

Il faisait lent presque indolent

Le temps s’en allait nonchalant

Le patron a dit ce coup-là

C’est ma tournée vous prendrez quoi ?

Il faisait tendre jamais trop tendre

Je ne sais plus trop qui a dit

Elle est pas belle la vie.

 

Il faisait nuit, il faisait tard

Le grand soleil comme par hasard

Comme un lâcheur, un dégonflé

Depuis longtemps s’était couché

Je ne sais pas très bien pourquoi

On était content d’être là

Il faisait vague, il faisait flou

Pas les yeux en face des trous

Mais le patron a dit du coup

Vous pourriez p’tète’ rentrer chez vous

Il faisait nuit, il faisait frais

On a voulu se réchauffer

Était-ce toi ? Était-ce moi ?

Moi dans tes bras, toi dans mes bras

Je ne sais plus trop qui a dit

Elle est pas belle la vie ?

 

       - Si.

 

François Morel

 

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 06:00
Le Comité Interprofessionnel de l’An neuf communique : le millésime 2017 sera comme à l’accoutumé exceptionnel.

Aujourd’hui, 31 décembre, nous allons vivre les dernières heures du millésime 2016 et à midi pile l’enterrer en nous souhaitant une bonne année 2017. Sur Face de Bouc la tendance sera Happy New Year, ça fait plus chic… Les SMS vont enrichir les opérateurs.

 

J’avoue que j’ai toujours eu du mal avec ce moment de l’année, et cette année plus encore.

 

Sans jouer les rabat-joie je n’ai pas vraiment le cœur à faire la fête et banqueter avec confettis et serpentins.

 

Alors je me suis dit mon gars mets-toi dans la peau des gus payés à la ligne pour vanter un millésime de vin qui n’a pas très bonne mine.

 

Ça donne ça :

 

Chanter les louanges du millésime ça fait des années que nous nous échinons, qu’il vente, gèle ou pleuve, à faire de belles phrases qui donnent envie, à aligner des jolis mots qui vous plaisent, à élaborer du prêt-à-porter singeant le cousu-main, à vanter, à enjoliver, à coucher le tout, pour les seniors, sur du beau papier glacé, pour les adeptes de Face de Bouc sur notre Page, liker braves gens, pour Twitter on fait plus court, pour Instagram avec seelfies de nos belles vignes sans un brin d’herbe. Nous garantissons même l’utilisation des fautes d’orthographe, des expressions à la mode, des hashtags et autres émoticônes.

 

Comme nos collègues des autres comités interprofessionnels qui sévissent dans le monde du vin nous sommes, par notre cahier des charges, astreints à l’extraordinaire, à l’exceptionnel, aux superlatifs, en un mot comme en cent, à vous vendre un millésime à nul autre pareil.

 

Alors, de grâce, en ce début d’année, nous vous prions de ne pas nous enguirlander à propos de nos communiqués passés, nous vous implorons de ne pas nous demandez de battre notre coulpe parce que vous qualifiez les millésimes 2015 et 2016 de pourris, et que vous jugez que nous nous sommes trompés, que nous vous avons trompés.

 

Sachez, comme le disait le père Chirac, qui vous balancé une flopée de vœux à la Télé, que les promesses n’engagent que ceux qui les entendent.

 

Comprenez-nous, comme le notait avec pertinence un éminent dégustateur français qui enrage d’être si peu connu : « Certains vins sentent le vinaigre, certains écrits le nègre. »

 

Il va falloir une bonne fois pour toute que vous vous fourriez dans votre petite tête que nous vivons dans le temps des éléments de langage, du toc, du faux, de l’ersatz, des community-manager, du copié-collé, de l’insincérité, du foutage de gueule promu au rang de succédané à la propagande, et pire encore de la propagation de fausses nouvelles.

 

Je reprends la main pour vous dire que les seules balises qui surnagent dans cette médiocrité, qui sont les derniers à dire les choses sans fard, en quelques traits avec peu de mots, ce sont les dessinateurs de presse…

 

J’ai toujours été sensible à la force du dessin de presse mais j’ai découvert la jeune génération suite à l’horreur de Charlie-Hebdo.

 

Alors la fournée de disparus de 2016 qui mêle les deux générations : Gotlib, Chimulus, Hervé Baudry, Mix & Remix… m’a touché au cœur et je me sens orphelin comme je l’avais été à la disparition de Coluche et Desproges.

 

À l’année prochaine…

Le Comité Interprofessionnel de l’An neuf communique : le millésime 2017 sera comme à l’accoutumé exceptionnel.
Le Comité Interprofessionnel de l’An neuf communique : le millésime 2017 sera comme à l’accoutumé exceptionnel.
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 06:00
« Le président Mao a marché dans toute la Chine et les paysages sont devenus beaux » l’épopée du petit livre rouge.

Vous allez me dire qu’en ces derniers jours de l’année au lieu de dresser le palmarès des meilleures bulles, d’accorder les mets avec les grands vins que le monde nous envie, de vous conseiller sur les bons verres, sur la température de service des vins, le carafage, le boudin blanc, la poularde, la bûche et comment placer les invités à table, j’exhume de la naphtaline l’ouvrage culte de 泽东 Máo Zédōng.

 

Pour plein de mauvaises et de bonnes raisons.

 

La première c’est que je n’ai jamais, comme beaucoup d’anciens 68 hard, vénérer le Grand Timonier. Et pourtant, alors que je grandissais en âge et en sagesse au Bourg-Pailler, sur le transistor j’écoutais Radio Pékin. Je trouvais ça exotique cette voie métallique qui débitait des phrases longues comme des jours sans pain auxquelles je ne comprenais rien. La Chine ça ne faisait rêver, j’ai toujours été en avance (chevilles) et je pris ma plume pour demander à Radio Pékin de me trouver un correspondant chinois.

 

À partir de là la factrice Odette m’apportait chaque semaine de lourdes enveloppes en papier kraft frappé de l’emblème de la Chine Populaire. Mes parents n’y trouvèrent rien à redire, je continuais de servir la messe et on pouvait me donner le bon Dieu sans confession. Je ne lisais presque rien du Pékin Information et des multiples brochures rouges bien sûr de cette littérature mais je me sentais comme une sorte d’élu. Sauf que, un beau jour mon père fut alpagué par l’adjudant-chef commandant la gendarmerie de la Mothe-Achard qui s’inquiétait de savoir si le chef-lieu de canton n’abritait pas un Rouge. Mon père le rassura en lui disant qu’à 12 ans je ne menaçais pas la République. Efficacité du renseignement de proximité, de nos jours j’aurais été fiché S et assigné à résidence.

 

En mai 68, dans la myriade des groupuscules gauchistes, les Mao-Spontex étaient les pires. Nos contacts furent essentiellement physiques, de vraies batailles rangées.

 

«Les maîtres de la Chine-rouge-pour l’éternité n’aimaient pas La Cause* (ou plutôt les bureaucrates qui s’occupaient de ces affaires subalternes dans un recoin de la Cité interdite) : ils y voyaient non sans raison un ramassis d’irresponsables anarchisants susceptibles de gêner leurs négoces avec la France du président Pompe. Et ce n’était pas l’ambassade d’Angelo* qui risquait de les faire changer d’avis. Ils avaient commencé par l’expédier d’autorité chez le coiffeur, ils lui trouvaient les cheveux trop longs. Angelo avait eu beau protester, il avait dû se laisser détourer les oreilles. Puis devant le maréchal Lin Piao, le dauphin de l’époque, il avait détaillé son plan qu’il avait conçu d’établir dans le périmètre Saint-Jacques-Soufflot-Sainte-Geneviève-Saint-Germain une Commune insurrectionnelle étudiante et lycéenne défendue par les armes. Cela fait beaucoup de saints avait juste observé ce maréchal à tête de valet de comédie qui allait quelques années plus tard se désintégrer dans le ciel mongol. On avait finalement introduit Angelo, au sein d’une délégation « d’amis occidentaux», devant le Soleil rouge incarné : boudiné dans la toile kaki, ses petits pieds chaussés de vernis noirs croisés entre les dragons de bois-de-fer de son trône, le despote verruqueux portait à sa bouche, de cette petite main rose et comme bouillie qui avait si fort impressionné Malraux, d’incessantes cigarettes blondes. De l’autre il se tripotait nonchalamment la braguette. Le vieux Minotaure venait sans doute d’honorer une des lycéennes qu’il se faisait livrer »

 

Olivier Rolin « Tigre en papier »

 

* Angelo pseudo d’un mao de la GP délégué à Pékin lors d’un Congrès quelconque pour représenter les peuples soutenant la ligne chinoise contre la ligne soviétique

 

Histoire du petit livre rouge

Pascale NIVELLE

« Best-seller international, le petit livre rouge a été imprimé à plus d’un milliard d’exemplaires. Ce recueil de citations de Mao est rapidement devenu le manifeste de la Révolution culturelle et un objet de culte aussi bien en Chine que pour les maoïstes occidentaux.

Apparu en 1964, les Citations du président Mao Tsé-toung, bréviaire inspiré des discours ou des oeuvres du fondateur de la République populaire, est d’abord conçu comme un outil d’éducation politique pour l’armée, puis devient l’« arme spirituelle » des gardes rouges et le manuel de vie de 700 millions de Chinois. En Europe, il séduit une partie des intellectuels, les « maos » français de Mai 68, qui le rebaptisent « petit livre rouge » et en font le talisman de leur propre « révolution », ignorants les atrocités commises par le régime chinois.

Cinquante ans après le début de la Grande Révolution culturelle prolétarienne et quarante ans après la mort de Mao Zedong, la journaliste Pascale Nivelle raconte l’épopée de cette petite bible en vinyle rouge vif qui a été, de Pékin à Paris, le coeur d’une immense et folle passion collective. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce livre passionnant je souhaite extraire, pour leur rendre hommage, l’aventure du couple Claudie et Jacques Broyelle emblématique de la mouvance maoïste française, qui travaillait comme traducteurs à mon Pékin Information.

 

Lui, normalien, prochinois historique, fondateur de l’UJC-ML (Union des Jeunes Communistes marxistes-léninistes)

 

Elle, a écrit un livre à la gloire des Chinoises émancipées, La Moitié du ciel.

 

« Leur boulot consiste à mettre en bon français les traductions de leurs collègues chinois pour Pékin Information.

 

Ils déchantent assez vite. A plupart des articles exportés sont tirés du Quotidien du Peuple, principal organe en langue de bois du Parti. Au siège du journal, raconte Jacques Broyelle, il règne « un culte quelque peu exagéré de la division du travail ». Il décrit un cycle bureaucratique kafkaïen : chaque traduction nécessite une dizaine d’opérations enchaînées les unes aux autres, sans aucune coopération entre les six ou sept personnes qui travaillent dans l’unité française. Procédé qui qui entraîne « le désintérêt absolu des travailleurs », note le normalien coincé dans la chaîne, et la « multiplication des personnes inutiles ». Tout cela, expliquera-t-il plus tard, pour produire « des articles d’une monotonie éternellement triomphaliste ».

 

« Les traducteurs n’ont aucune marge de manœuvre. Ils sont obligés de piocher dans un énorme fichier d’expressions toutes faites, auxquelles il ne faut pas enlever un tiret ou une majuscule. Tel le bloc « Notre Grand Dirigeant le président Mao » ou le triptyque sacré « ouvriers-paysans-soldats ».

 

[…]

 

« Même aliéné par la propagande, même anesthésié par une situation matérielle confortable qui tranche avec celle des années de militantisme parisien, et même aveuglé par sa propre foi, Broyelle a encore quelques réflexes. Un jour, il voit passer la phrase « le modernisme, le fauvisme, le rock’n’roll et le strip-tease dominent dans les pays occidentaux pour la plus grande corruption des peuples ». À envoyer tel quel à Paris et dans toute l’Afrique francophone. Cette fois, le normalien proteste, oubliant d’y mettre les formes : « cette analyse est surtout la preuve de l’ignorance du rédacteur, elle exhale un chauvinisme assez malvenu. » Que n’a-t-il dit ! L’article en question a été dicté à un quotidien chinois par Jiang Qing en personne ! On ne touche pas à madame Mao. « Ce fut une affaire d’État a raconté Jacques Broyelle en 1977, deux ans après être rentré (traumatisé) de Chine.»

 

Ainsi allait le monde au temps où j’étais un jeune homme monté à Paris et je ne résiste pas à vous proposer la lecture d’un texte féroce sur une figure emblématique de ces années-là :

 

Serge July : l'ex-gros timonier de Libé

 

« Pour le gouvernement des hommes, le maoïsme est un machiavélisme au nom du prolétariat ; son modèle, celui de la Révolution culturelle, consiste, comme Mao le fit en son temps, à faire tuer les uns (la vieille garde, le « Quartier Général ») par les autres (les Gardes Rouges) dans une révolte instrumentalisée ; car le timonier secret tire les marrons du feu de ces révolutions manipulées. Tu as toujours fonctionné ainsi.

 

Autrefois, du temps du gauchisme, tu flottais entre l’anarchisme du «Mouvement du 22 mars» fondé par Cohn-Bendit et le stalinisme maoïste, ne sachant plus duquel tu étais l’agent double au sein de l’autre. À Libération, tu n’as jamais imposé une « ligne » ; en ce sens tu n’es pas un sectaire ni un dogmatique. Plus exactement, les problèmes de ligne, de fond, t’indiffèrent. Tu cherches surtout le pouvoir ; mais pas le pouvoir qu’on acquiert par la conviction ou l’énergie mise à exprimer des idées, le pouvoir qui demeure quand toutes les idées se sont envolées. Tu n’as pas vocation de dictateur ou de chef, mais tu sais te rendre aussi nécessaire que la souche aux grenouilles qui veulent un roi ; et c’est l’exacte histoire de ta montée en puissance au sein de Libé.

 

Tu es une souche, plus qu’un capitaine ; tu as compté, plus que sur ton énergie, sur la fatigue des autres. Après avoir poussé les clans les uns contre les autres, les avoir éliminés l’un par l’autre, la souche s’est révélée crocodile. À force de démissionner, il n’est resté que toi. Ta durabilité, c’est d’abord de compter sur la lassitude des passions ; tu as su faire l’œil du cyclone. Et c’est ainsi que le pouvoir t’es revenu, plus que tu ne l’as conquis »

 

Guy Hocquenghem « Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary » publié en 1986 – l’auteur est mort 2 ans après du SIDA

 

 

 

 

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 06:00
Je n’ai pas attendu Jésus pour me poser la question la bouffe est-elle de droite ?

Dès le 1er Juillet 2011 : la gastronomie est-elle de gauche ou de droite ?

 

Dans un livre récent : Dans les cuisines de la République chez Flammarion Pascale Tournier et Stéphane Reynaud écrivent dans leur prologue « La gastronomie, telle est pratiquée par nos sénateurs, députés et ministres, a le verbe haut. Définissons-là comme un ensemble de recettes élaborées, codifiées, mariées à des vins, et à un discours. La gastronomie s’associe à un message tantôt politique, tantôt diplomatique. Aux sonorités parfois identitaires »

 

Notre Président de la République, au Salon de l’Agriculture 2008 a déclaré « Nous avons la meilleure gastronomie du monde ; enfin, de mon point de vue.» Alors faut-il, comme la sémillante Isabelle Giordano sur France Inter, se poser la question la gastronomie est-elle de gauche ou de droite ou y a-t-il des plats de gauche et des plats de droite?

 

Si l’on réduit le champ aux seuls politiques la réponse est bien évidemment, non. Nos deux auteurs le soulignent : « François Hollande embrasse Jacques Chirac qu’il croise dans un restaurant hors de prix situé près de l’Elysée. Olivier Besancenot, Dominique de Villepin et Martine Aubry goûtent aux mêmes raffinements italiens à Saint-Germain-des-Prés. À chacun ses caprices. Nicolas Sarkozy exige ses truffes, en macaronis, en soupe ou en sandwich. Xavier Bertrand se dit prêt à se prostituer pour un cassoulet. ». Nos élus sont du côté de l’élite et non du peuple. En revanche, sans faire de la sociologie bistronomique, il est clair que c’est le montant de l’addition qui constitue le bon indice de clivage et que, d’une manière générale, hormis la gauche dites caviar, les citoyens les plus aisés votent plutôt à droite et ce sont ceux qui constituent la chalandise des restaurants gastronomiques et qui par ailleurs achètent les vins les plus couteux. »

 

La suite ICI 

 

Mais :

 

« Loué soit Jésus en cette période de Noël. Non, on ne vous parle pas ici de celui qui va gigoter dans la crèche. Mais de la revue créée par l’agence de publicité Jésus et Gabriel  délicieusement blasphématoire avec sa couverture glacée où Andréa Ferréol dans la Grande Bouffe torture une grappe de raisins nichons à l’air. Le credo de ce Jésus-là, c’est «la grande aventure de la bouffe».

 

C’est Jacky Durand qui le dit dans Libé.

 

Dans son troisième numéro, Jésus explore de savoureuses questions sur la bouffe, la politique et le messie.

 

Mais au fait, que mangeait Jésus le fils de ?

 

«On ne connaît pas son régime alimentaire», répond Odon Vallet, spécialiste des religions, dans la revue. En revanche, il est affirmatif : «Dans l’Ancien Testament, on fait en gros 900 fois l’amour. Dans le Nouveau Testament, on ne fait jamais l’amour. Mais la bonne chère est omniprésente.»

 

Aussi bizarre que ça puisse paraître je n’ai pas encore réussi à trouver la revue chez les kiosquiers aussi bien à St Germain-des-Prés que dans mon quartier mais j’y arriverai.

 

Avant de feuilleter cette revue « délicieusement blasphématoire » je peux répondre en quelques mots, c’est rare chez moi, à la question posée par Jésus : «La bouffe est-elle de droite ?»

 

Oui, elle l’est par destination lorsqu’on la qualifie de gastronomique…

 

Affaire à suivre !

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