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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, ha les François, le Fillon, celui qui laboure à droite et le Hollande celui qui sort du champ de mines

Hécatombe, ce fut d’abord à la Duflot de se faire virer par les écolos, et puis en deux coups de cuillère à pot, Sarko et par la bande le Juppé exfiltré vers Bordeaux. Puisque la messe était dite à droite, la meute médiatique s’aiguisait les ratiches sur le couple présidentiel, pas celui de Julie et de François, mais l’autre plus officiel avec Manuel. Ça tanguait dur. On ricanait. Les mules de droite, ce pauvre Jacob en tête, exultaient, rassemblée toute honte bue sous les ailes de l’ex-serviteur Fillon. Que du bonheur, chronique d’un désastre annoncé, sauf que le jeudi 1er décembre, la  veille de la date des coups d’État, notre François le débonnaire, alors que la salle des fêtes de l’Elysée regorge d’invités est arrivé quinze minutes avant l'horaire prévu, à 17 h 45, pour décorer de la Légion d'honneur six personnalités qui patientent déjà.

 

Ce sont ces dames du Monde et un monsieur Raphaëlle Bacqué, Bastien Bonnefous, et Ariane Chemin qui racontent.

 

« Depuis le matin, son agenda était resté étrangement vide. Une célébration en l'honneur des médaillés des Jeux olympiques et paralympiques de Rio de Janeiro, à 11  heures, et puis plus rien jusqu'à cette cérémonie, sous les tentures rouge et or.

 

À peine a-t-on noté qu'il flotte, dans ce vaste salon illuminé, comme un petit air de nostalgie. Un vague souvenir de moments d'insouciance, un bref retour aux sources. A côté de l'ancien patron Bernard Attali et de l'ex-ministre socialiste Thierry Repentin, qui attendent leur médaille, se tiennent deux hommes qui ont accompagné les premiers pas de François Hollande à l'Elysée, quatre ans et demi plus tôt.

 

Le premier est photographe : c'est Raymond Depardon. Il est l'auteur du cliché officiel du président, celui qui orne toutes les mairies de France, curieuse image d'un chef de l'Etat un peu raide, dans l'ombre projetée de son palais, au loin.

 

Le second retrouve ce soir sa maison : c'est l'ancien secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, qui, au lendemain de l'élection présidentielle de 2012, avait quitté le Sénat pour rejoindre un chef de l'Etat novice. François Hollande plaisante en retraçant la carrière de son camarade de promo de l'ENA au fil des changements de majorité : « Je parle du passé, bien sûr, il n'y aura pas d'alternances à venir… »

 

Le président de la République salue les familles, les amis, mais ne s'attarde pas. Lorsque la communicante Marie-France Lavarini, fidèle d'entre les fidèles, l'une des rares à continuer à  pousser sa candidature, veut l'interroger, il pose une main sur son bras et met un doigt sur sa bouche, pour décourager toute question.

 

Personne dans la petite assemblée ne se doute que, une heure plus tard, le chef de l'Etat va s'adresser aux Français. Seul le cercle étroit de ses plus proches amis, le secrétaire général Jean-Pierre Jouyet, son conseiller en communication Gaspard Gantzer, a été prévenu en fin de matinée par le chef de l'Etat ; il annoncera le soir même à la télévision sa décision : se représenter à la présidence de la république, ou renoncer à un second mandat.

 

Exit, le sortant qui sort du champ de mines !

 

Vous allez me dire que me dire qu’après la déroute de Juppé là encore je me suis planté. Je suis prêt à l’admettre, comme tout le monde ou presque je n’ai pas vu venir Droppy, je n’ai pas senti le besoin de Droite d’une droite de rentiers, mais notre opération Chartrons a permis d’éliminer Sarko dès le premier tour ce qui ouvre un boulevard à l’opposition si celle-ci se donne la peine d’être intelligente car le châtelain de la Sarthe va mordre sur l’électorat de la fille du borgne. Restait le sortant, mon pronostic était qu’il n’avait qu’un seul choix : passer en force, ne pas se soumettre à l’exercice ridicule pour un Président d’une primaire. Valls voyait juste lorsqu’il estimait qu’en acceptant la primaire, François Hollande avait « commis un acte de faiblesse. Vous imaginez en janvier Hollande face à Lienemann et De Rugy, ça va avoir de la gueule ! Et Montebourg qui viendra avec le Davet-Lhomme sous le coude et qui dira à Hollande : « Alors Monsieur le président, page tant, vous dites… page tant vous dites encore… « C'est surréaliste ! »

 

Le problème d’un passage en force c’est que tout d’abord il faut en avoir la force et ensuite la vista pour exécuter la manœuvre sans faire de faute ou tout au moins de ne pas être sanctionné par l’arbitre. Tel n’était pas ou plus le cas du père François, entre l’humiliation d’être battu à la primaire et l’implosion de la pétaudière de Solférino il a choisi, non sans élégance, de se retirer de la scène.

 

Les gens du Monde continuent leur reportage :

 

« Le studio qui sert habituellement de décor aux comptes rendus du conseil des ministres, 4, rue de l'Elysée, de l'autre côté de l'aile est du Palais, a été réservé pour un direct à 20  heures. Gantzer a reçu pour consigne de ne rien laisser filtrer. Mais il n'a pas eu besoin de mots pour que le reste du cabinet comprenne : le président lancerait-il sa candidature dans ce décor à la fois si solennel et si froid ?

 

Rarement on a connu président si isolé. François Hollande semble même incapable de renouer avec sa majorité. Il a renoncé à recevoir les députés les plus râleurs et, lorsqu'il s'invite à un apéritif avec 80 députés, organisé par son fidèle Stéphane Le Foll au ministère de l'agriculture, ses propos restent plats.

 

Les parlementaires réclament pourtant une autocritique ou un aveu de lucidité : " Hollande refuse de voir les problèmes, il fait comme si tout allait bien. Il se fout vraiment de notre gueule. " La garde rapprochée du président serre les rangs. Ne demeurent que quelques dizaines de fidèles : Stéphane Le Foll, François Rebsamen, Julien Dray, la sénatrice Frédérique Espagnac, une poignée de députés dont Kader Arif et Sébastien Denaja et, à l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, Gaspard Gantzer, Bernard Poignant, Vincent Feltesse et Bernard Combes.

 

Dans les pires moments, François Hollande pratique toujours la politique qu'il connaît, celle des alliances et des majorités bâties à coups de compromis. L'insolente popularité d'Emmanuel Macron a longtemps été mesurée à cette aune : qu'est-ce qu'un candidat sans parti ni alliés ? Mais le PS se racornit et les alliés font tout autant défaut au président.

 

À l'issue d'une primaire, les Verts se sont choisis un candidat, Yannick Jadot, qui partira sous ses propres couleurs. Le PRG envoie à la bataille Sylvia Pinel – pourtant quatre ans ministre du gouvernement ! Même le Parti communiste s'est finalement décidé à soutenir Jean-Luc Mélenchon. Comment, avec un tel éparpillement des voix de gauche, ce président plombé par une impopularité record aurait-il la moindre chance de parvenir au second tour ?

 

Comment surtout François Hollande pourrait-il se désengager de sa promesse et éviter cette primaire socialiste qu'il n'est plus certain de gagner ? Le président a exploré tous les plans pour faire annuler la primaire : invoquer la menace d'attentat, le risque de division… Mais aussitôt Arnaud Montebourg, qui a décidé d'en découdre, menace le président : " S'il se présentait hors primaire, ce serait un coup de force dont il ne se relèverait pas ", tempête-t-il dans tous les médias. Jean-Christophe Cambadélis jure que la primaire aura bien lieu. Le président est piégé.

 

« Il faut que ça aille mieux " entre les deux têtes de l'exécutif, convient Stéphane Le Foll le 22  novembre dans Libération. Manuel Valls ne cache pourtant plus le travail de « persuasion » – de « sape » disent ses adversaires – qu'il a engagé. Le 23  novembre, il reçoit une vingtaine d'invités à Matignon pour la projection du prochain film d'Elie Chouraqui.

 

Comme chaque fois, on se presse autour de lui pour l'interroger : « Croyez-vous vraiment que le président est encore en mesure d'être candidat ? » « Est-ce que vous lui dites qu'il risque de ne pas faire plus de 12 % ou 13  % ? » Sobrement, sans marquer aucune ironie ni impatience, le premier ministre répond  « Lui parler d'un score n'est pas un argument valable à ses yeux. Mais oui, je m'emploie à la convaincre de renoncer. » Il va bientôt montrer comme il s'y emploie.

 

Voilà, un de chute de plus, reste plus que l’inconnu Bayrou… mais est-ce que le ventre mou du Centre pourra donner une assise compétitive au maire de Pau. J’en doute  surtout avec le positionnement de Macron.

 

Mais laissons la gauche plurielle et retournons-nous vers l’autre François.

 

Sourions tout d’abord :

 

Selon nos informations, François Fillon a été jeune.

 

C’est sur la base d’une coupure de presse datant de 1982, exhumée par L’Obs, que nous sommes en mesure de vous l’affirmer. Mieux, le champion des Républicains a eu tellement 27 ans qu’une publication émanant du club parisien le plus branché de l’époque l’avait alors interviewé.

 

Réputé pour les papiers du légendaire Alain Pacadis, dandy punk et grand journaliste, Palace Magazine était l’enfant de papier de la boîte du même nom qui a fait du bruit autour du 8, rue du Faubourg Montmartre, dans le 9e et bien au-delà, dans les années 70-80.

 

Un lieu réputé pour être un grand mixeur culturel où, même en se projetant près d’un quart de siècle en arrière, on peine à imaginer François Fillon se déhancher, coupe à la main, entre Grace Jones et Amanda Lear dans ce temple nocturne où est née, entre autres, la culture gay. Oui, celle qui allait un jour oser réclamer le droit à l’homoparentalité honnie par le Sarthois.

 

Et, de fait, François Fillon ne fréquentait pas cet établissement, même s’il avouait : « Mais ça m’amuserait. » Pourquoi diable aller donc questionner ce mauvais client (a priori) ? Il est alors « le benjamin de l’Assemblée Nationale » et c'est rigolo.

 

Rendons hommage au journaliste bien nommé Alain Faure pour l’hyper-flair dont il a fait preuve pour aller taquiner de quelques questions ce « beau jeune homme » alors inconnu du commun des noctambules. En préambule à cet entretien, intitulé « François Fillon : Je ne pense pas être le portrait-robot du député RPR », l’auteur écrivait alors :

 

« Il a dû faire frémir quelques jeunes filles de la rue Saint-Guillaume, shetland, rang de perles et cœurs en émoi. »

 

Car François Fillon d’alors, vu par le confrère Faure, ce sont des « traits réguliers » et « le cheveu brun mi- long ». Depuis, quelque chose a changé en lui. Mais quoi ?

 

En tout cas, la suite est moins glam’. Et, laisse même présager que le jeune François aurait pu être déjà recalé aux portes du Palace (pourtant pas ultra-verrouillées)  par Edwige Belmort ou Paquita Paquin, physios historiques de cette boîte à bonheur :

 

Une veste en tweed vert sur une chemise bleu ciel, un pantalon de flanelle grise et une cravate en laine, François Fillon a le costume d’un jeune député et l’air d’un vieil étudiant trop sage.

 

Quand F.F. se met enfin à table (celle de la buvette du Palais Bourbon, ce jour-là), il admet que - fort de ses études de droit et de son passage à Science- Po - il voulait devenir journaliste et a même été stagiaire à l’Agence France Presse. Mais vous savez ce que c’est, quand on rédige « une thèse sur les problèmes de la défense ». On rencontre des gens et on finit, 34 ans plus tard, chef de file de l'opposition après avoir été Premier ministre.

 

Fillon, lui, c’est Joël Le Theule, qu’il trouve sur son chemin. Un député de son coin auquel le débutant a « donné un petit coup de main dans ses affaires politiques. »

 

On vous fait grâce de la suite du parcours.

 

La suite ICI

 

J’adore la chute de l’article : Soudain, François Fillon craque et fait un terrible aveu :

 

« J’ai découvert il n’y a pas longtemps – avec horreur- que Paco Ibanez [un chanteur espagnol, NDLR] était communiste. Je me suis dit : « C’est épouvantable, comment puis-je l’aimer ? » Et puis je continue à l’aimer. »Mais le meilleur article que j’ai lu sur lui nous vient de Suisse

 

François Fillon, celui qui laboure à droite

 

Porté par une vague conservatrice et catholique, favorable à une rupture économique libérale assumée, le candidat de la droite à l'élection présidentielle incarne l’ambiguïté d’une France qui veut restaurer l’ordre ancien;

 

Une république naufragée. Une France menacée. Des Français épuisés. Une économie asphyxiée. Une Europe déboussolée. Depuis trois ans, François Fillon labourait le terrain électoral en brandissant ces thèmes. «Ce que j’entends: le ras-le-bol. Ce que je vois: la faillite», nous avait-il lancés lors d’une rencontre avec quelques journalistes, à l’automne 2015, lors de la sortie de son livre «Faire» (Ed. Albin Michel).

 

De tous les candidats déclarés aux primaires de la droite française – Nicolas Sarkozy ne l’était pas encore – l’ancien premier ministre était celui qui avait le plus «bossé». «Quand vos compatriotes accusent l’Etat de les faire ch… en plaçant des radars routiers dans les descentes à seule fin de recettes fiscales, il faut être sourd et aveugle pour ne pas comprendre que ce pays va dans le mur», avait-il poursuivi devant nous. Et d’ajouter: «Je veux démolir ce mur et arrêter d’installer ces radars qui emm… les Français».

 

Le goût de la fraternité catholique

 

Ainsi va François Fillon, 62 ans, vainqueur incontesté de la primaire de la droite et désormais favori de la course à l’Elysée, en avril-mai 2017. Un candidat convaincu qu’il a mieux compris la France que ses adversaires, parce qu’il a su écouter ce que les autres ignorent. Illustration? Le sort des chrétiens d’Orient, martyrisés par les islamistes en Syrie et en Irak. Tous ses concurrents ont eu des mots de compassion pour cette minorité religieuse forcée à l’exil. Lui est allé sur place, et a perçu l’écho hexagonal à leur tragédie lointaine: «Je l’ai souvent entendu dire que l’on se méprenait sur les Français explique un de ses proches. Le drame des chrétiens d’Orient a réveillé, dans de nombreuses familles provinciales et normalement conservatrices, le goût de la fraternité catholique, des églises, des échanges avec les prêtres et les évêques».

 

Lui-même se dit catho non pratiquant. Sa femme, galloise de confession anglicane, s’est convertie au catholicisme sans avoir pour autant «la foi du charbonnier». Fillon a néanmoins grandi politiquement à l’ombre de l’abbaye de Solesmes, dans son fief de Sablé-sur-Sarthe: «Il a un côté cathédrale confie son éditeur Alexandre Wickham. Il croit que les gens ont avant tout besoin de repères».

 

Un apprentissage de longue haleine

 

Le personnage public est atypique. Alors que les énarques et autres élèves des «grandes écoles» françaises qui l’entourent depuis quatre décennies adorent les incantations républicaines, François «le Sarthois» a longtemps préféré parler de sa province, cultiver sa passion privée de la montagne et se tenir à l’écart des médias. Comme s’il aimait, au fond, ce rôle de «second» entamé auprès du prometteur député Joël Le Theule (qu’il remplace au pied levé après son décès en 1981, en pleine vague rose mitterrandienne), poursuivi aux côtés du colosse Philippe Séguin (disparu en janvier 2010) puis de l’ogre Nicolas Sarkozy.

 

La communicante Anne Méaux, l’une de ses intimes, s’interrogeait devant nous alors qu’elle s’efforçait de le convaincre de participer au Forum des 100 de l’Hebdo à Lausanne, le 19 mai dernier. Ce qu’il fera. «On croit trop que la qualité d’homme d’Etat tombe du ciel, qu’on naît avec. Or ce n’est pas son cas. Vous pouvez peut-être mieux comprendre cela en Suisse, où l’apprentissage rime avec excellence. Fillon a fait un long, très long apprentissage.»

 

Une posture hybride

 

Le résultat est une posture hybride. Patient et pragmatique, celui qui dut subir pendant ses cinq années à Matignon les foucades et les injonctions de Sarko-président désapprouve plus que tout les modes et les diktats de la communication. Une sorte de croisement d’Antoine Pinay, le ministre des finances fétiche de la fin des années 60, et de Georges Pompidou, chef de l’Etat emblématique de l’apogée des «trente glorieuses» (1970-1974).

 

Mais gare: son goût du rétroviseur est aussi celui de l’amateur de sport automobile, fana du circuit du Mans, épris de technologie, de vitesse et d’innovation. Il a été ministre de la recherche, des télécoms, de l’espace. Il aime la poursuite et ne peut s’empêcher de citer Jacky Ickx, le fameux pilote belge qui, en 1969, remporta les 24 heures après être parti dernier.

 

Le refus de «la politique du verbe»

 

«Dévoré par son impatience, Sarkozy n’a pas compris que Fillon attendait. Il l’a cru cloué à jamais sur la ligne Matignon», analyse une journaliste autrefois en charge de l’Elysée. Idem pour son programme. Quand Fillon avertit face caméra, dès septembre 2007: «Je suis à la tête d’un Etat en faillite», tout le monde y voit une capitulation. Erreur. L’homme a pris date.

 

La France dépense trop. L’administration est pléthorique. Le nombre des ministres (il en propose 15) et des parlementaires doit être drastiquement réduit. Seule l’amputation du nombre de fonctionnaires et de ses dépenses sociales permettra d’en sortir: «Il ne croit pas à la politique du verbe. Il ne dit pas les choses pour évacuer le sujet, mais pour être entendu complète un de ses proches collaborateurs. Et si vous regardez bien ses prises de position, son libéralisme ne date pas d’hier»

 

«Il y a du protestant en lui»

 

Libéral lui, cet élu à l’allure de hobereau qui pose en famille devant son château de Beaucé (Sarthe), et demande au journaliste helvétique si c’est une bonne idée d’écrire que l’un de ses fils (il a cinq enfants) travaille… à UBS? On se pince. Son mentor Philippe Séguin était souverainiste, eurosceptique, anti-euro et étatiste. Son émissaire auprès du grand patronat, l’ancien président d’Axa Henri de Castries, incarne le capitalisme financier mondialisé. Alors? La réponse est tout, sauf dogmatique. Fillon n’est pas Thatcher. Il n’est pas l’idéologue des privatisations et du marché.

 

Mais lorsque Philippe Séguin rejoint Jacques Chirac pour la campagne présidentielle de 1995, lui soufflant le thème de la «fracture sociale», le Sarthois fait le choix de Balladur. Le premier ministre de l’époque est comme lui: désuet et ouvert au progrès. Chirac flatte. Séguin vocifère. Juppé administre. Fillon ausculte. Sans accoucher toujours du bon diagnostic: «Vu du Léman, il y a du protestant en lui, ce côté éthique du travail, de l’effort et de la concurrence note François Garçon, auteur de «La Suisse, pays le plus heureux du monde» (Ed. Tallandier). Mais il reste très français, attaché au baccalauréat avant l’apprentissage, ou au référendum plébiscitaire plutôt qu’à des formes plus complexes de démocratie directe».

 

Une droite patrimoniale

 

La suite ICI

 


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, Bruno Le Maire M comme m… et François Fillon « The servant » qui devient le dominant en réduisant son maître à la déchéance

Ce dimanche je serai bref.

 

L’opération Chartrons a permis d’éliminer l’ex grâce à l’apport des voix de gauche mais c’est un demi-succès car le besoin de Droite de la Droite s’est incarné dans le Fillon le notaire de Sablé.

 

Nous sommes face, après les désistements, celui du peu glorieux du grand ambitieux BLM, pire que ce brave Saint-Pierre, relégué aux utilités derrière la fière NKM, et celle de l’éliminé qui devait tout bouffer, à la reconstitution du couple des battus de 2012.

 

Le dilemme du second tour entre la Droite extrême et la vieille droite rance est à nouveau posé. L’homme de fer étamé qui aurait fait avaler son dentier à la mère Thatcher devra mettre de l’eau dans son vin s’il veut attirer les voix de ceux qu’il méprise. Merci de ne pas nous faire le coup des mannes de ce pauvre Philippe Séguin…

 

La gauche doit-elle se réjouir d’avoir face à elle un candidat de la Droite Rance ? C’est ce que pense Michel Wieviorka, sociologue. Pas moi : lire plus loin.

 

Je ne vois pas comment un candidat dit de gauche peut se qualifier pour le deuxième tour en l’état où elle se trouve à ce jour.

 

Pour le Fillon émigré dans le 7e arrondissement de Paris, ex-président sans grande couleur des Pays de la Loire, serviteur l’échine courbée pendant 5 ans, soutenu par la France des notaires, je m’en réfère à Barrett le valet, le serviteur, dans le film de Losey The Servant qui devient le dominant en réduisant son maître à la déchéance.

 

 « La mise en scène et le cadrage de Losey sont très précis, et traduisent l'inégalité (puis la violence) dans la distance entre les personnes, et dans l'utilisation de l'espace de la maison : au début, le maître domine le valet, puis au fur et à mesure, à la faveur de la négligence de Tony, Barrett maîtrise de mieux en mieux l'espace de la maison (en occupant les pièces communes, tout en préservant le jardin secret de sa chambre de bonne). Escaliers, canapés, portes, miroirs... tous les éléments du décor deviennent des armes contre le maître, afin de lui faire perdre pied, puis le rabaisser jusqu'à l'annihiler. Parce qu'elle vient de l'extérieur, qu'elle ne connaît pas cet espace conquis par le valet, seule la fiancée du maître peut manifester sa lucidité et sa révolte, en giflant Barrett.

 

Ici, le nihilisme et le naturalisme l'emportent sur le message politique : ce qui intéresse Losey, ce n'est pas la lutte des classes, mais les pulsions remontant des profondeurs et créant une tension dans le monde apparent, jusqu'à le faire sombrer dans le monde originel, une certaine barbarie. Ce n'est pas un hasard si Buñuel, autre grand auteur naturaliste, a souvent mis en scène des valets ou des femmes de chambre : la violence et la menace de la déchéance font partie intégrante de ces rapports maîtres-valets. »

 

Le poin de vue de Michel Wieviorka

 

L’électorat de la primaire de la droite et du centre a déboulonné Nicolas Sarkozy, c’est une certitude, et la droite, avec François Fillon, semble tenir son candidat pour l’élection présidentielle, c’est une forte probabilité.

 

A partir de là, les commentaires politiciens vont bon train, et les calculs boutiquiers, un temps bouleversés par les résultats du premier tour de cette primaire, peuvent reprendre à droite, au centre, à gauche ou à l’extrême droite, et dans les salles de rédaction.

 

Un peu à la façon de ces émissions sportives où « on refait le match » – même ardeur pour commenter à chaud, sur le mode sans recul du « priorité au direct », goût pour se glisser dans la peau des acteurs et se mettre en position d’entraîneur, ou d’arbitre, même enfermement dans l’actualité immédiate, même éloignement, aussi, de la vie des idées et de l’analyse en profondeur. Comme si la démocratie avait pour principale qualité d’apporter du suspense et des surprises au quotidien, et de faire partie des jeux du cirque dont parlait Juvénal.

 

Mais installons un instant la réflexion dans l’espace, au-delà de la seule France, et dans le temps. Au moment où, partout dans le monde, les systèmes politiques classiques sont en difficulté, et où l’on constate la montée des périls – populisme, extrémisme, autoritarisme –, le succès de François Fillon, dimanche, vient dire deux choses, complémentaires : que la démocratie libérale n’est pas condamnée, et qu’une droite classique peut exister en France, dynamique, capable de se doter d’un leader incontestable et d’une vision pour l’avenir.

 

Se doter d’un leader incontestable.

 

S’il se confirme, ce succès mettra sur orbite un candidat à l’élection présidentielle qui sera fort et qui incarnera des valeurs relativement tranchées, libérales s’il s’agit d’économie et conservatrices en matière sociétale et culturelle.

 

Dès lors, certains de ceux qui ont voté pour le Front national (FN) lors des récentes élections pourront s’intéresser à un leader qui a de l’expérience politique et qui est en mesure de battre nettement l’adversaire que la gauche lui opposera : rien ne dit avec certitude que le FN sera au deuxième tour de l’élection présidentielle.

 

L’expérience de la primaire qui vient de se dérouler sous nos yeux a donc une portée internationale, elle indique en particulier à toute l’Europe que le pire n’est pas une fatalité et qu’il est possible de faire de la politique, démocratiquement.

 

Elle montre aussi que la droite classique est susceptible de résister aux tendances à la décomposition des systèmes politiques. Elle annonce peut-être même des élections législatives où l’emportera largement cette même droite, certes sous tension entre les logiques qu’incarnent Alain Juppé et celles de François Fillon, tandis que la gauche de gouvernement, laminée, risque de compter moins de députés que le FN au sein de ce qui sera alors l’opposition.

 

EN CINQ ANS, LE POUVOIR ET LE PARTI SOCIALISTE ONT RUINÉ L’IDÉE MÊME DE GAUCHE

 

La gauche semble en effet à la peine s’il s’agit pour elle, à son tour, de se doter d’un leader incontestable et de mettre fin à la décrépitude qui est la sienne. Le défi est considérable, plus compliqué qu’à droite, au-delà de la difficulté qu’il y a pour elle à articuler deux orientations, dont Manuel Valls a dit qu’elles sont irréconciliables, car deux logiques sont en jeu.

 

La première est planétaire et durable, structurelle : à l’échelle du monde, on observe un déclin historique de la gauche, qui a commencé par la déstructuration du communisme, inaugurée avec le gauchisme de la fin des années 1960 et accélérée dans les années 1970 et 1980. Ce déclin s’est poursuivi avec l’affaissement de la social-démocratie, qui ne dispose plus des mouvements syndicaux sur lesquels elle s’appuie classiquement, et qui se heurte à la globalisation économique et à l’individualisme triomphant pour mettre en avant l’Etat social.

 

La seconde, bien française celle-là, et conjoncturelle : en cinq ans, le pouvoir et le Parti socialiste (PS) ont ruiné l’idée même de gauche, scié la branche sur laquelle ils étaient assis, animant sans vision la vie collective. Ils ont leur responsabilité dans la situation présente, ce n’est pas faire du Hollande bashing que de le dire.

 

Pas d’effet d’entraînement sur la gauche

 

Il est difficile de faire la part des choses et, surtout, l’on peut penser que ces deux logiques se complètent et se renforcent – ce qui ne rend guère optimiste sur la capacité de la gauche de gouvernement à renverser la situation actuelle. Il faudra des années avant que l’idée de gauche soit réinventée, et adossée sur de fortes attentes, des sensibilités citoyennes, des contestations populaires. Le bon parcours de la droite classique, en France, n’aura vraisemblablement pas d’effet d’entraînement sur la gauche.

 

Après le Brexit, qui a suscité en France bien des critiques sur le fond, mais aussi sur la santé de la démocratie britannique, et après les carences du système politique américain mises en lumière par l’élection de Donald Trump – avec ses deux grands partis incapables de se doter de candidats incontestables –, on pouvait craindre qu’une vague mondiale submerge aussi notre pays, sinon sur un mode extrémiste, du moins sur le mode du mensonge, de la vulgarité, de la corruption morale, du complotisme et de l’irrationalité : la primaire de la droite et du centre, et pas seulement son résultat, montre que cette voie est résistible.

 

Autre question : les électeurs ont-ils remis à leur place une nébuleuse médiatico-politique arrogante, imposant d’en haut ses catégories, ses mots, ses analyses, un peu à la manière dont le succès de Donald Trump a signifié l’échec d’instituts de sondages lourdement pris en défaut et de médias aveugles ?

 

Constat paradoxal

 

Pas vraiment : il suffisait de lire la presse et d’écouter la radio et la télévision pour constater que, depuis une quinzaine de jours, le choix des médias était fait en faveur de François Fillon. Les sondeurs ne se sont pas trompés en France, et les médias ont su accompagner la surprise qui, envisagée, cessait d’en être vraiment une ; mais ils ont dans l’ensemble joué la carte de la nouveauté, d’une relative jeunesse, celle d’un homme, aussi, dont la « remontée » permettait de rendre passionnante une fin de campagne sinon ennuyeuse.

 

Ils ont en quelque sorte gardé la main – la première victime de cet épisode, finalement, est Nicolas Sarkozy, et assurément pas les sondeurs et les journalistes.

 

Ce qui aboutit à un constat paradoxal par rapport à ce que nous avons dit plus haut à propos des électeurs du FN : le succès de M. Fillon ne peut que conforter ceux qui ne supportent plus l’alliance des acteurs politiques, des médias, de la « com » et des instituts de sondages.

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « courage Fillon ! »

Les boussoles s’affolent, dans la dernière ligne droite les sondeurs cassent la certitude du duo annoncé, au secours Fillon revient !

 

« Depuis quelques semaines, la géographie électorale est en train d'accoucher d'un nouvel ensemble : la droite Fillon. On croyait les choses définitivement figées idéologiquement entre deux représentations de la société et du monde, a priori inconciliables, qui ont pour incarnation Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Deux droites françaises, aux forces plus ou moins égales. Ouverte et multiculturelle ; identitariste et autoritaire. Sur l'économie, elles peuvent s'entendre, mais là n'est pas, pour elles, l'essentiel. Elles sont d'abord des attitudes à avoir, des discours à tenir face à la mondialisation et ses corollaires. À Juppé, nous dit-on, les électeurs urbains, centristes de gauche et de droite, les chiraquiens et, plus largement, ceux qui ont foi dans l'Europe et la diversité. À Sarkozy, la droite soucieuse des racines chrétiennes de la France, quelques électeurs frontistes, des ruraux et, bien entendu, la fan base, c'est-à-dire les sarkozystes purs et durs, revanchards ou anti-Juppé. Or, désormais, les plaques bougent et on voit poindre lentement mais sûrement une droite qu'on pourrait qualifier de souverainiste-libérale, une nouvelle droite, en somme. »

 

Fillon fils de Seguin ?

 

Lire ICI 

 

« Pour les partisans de François Fillon, le doute n’est plus permis : leur champion sera qualifié pour le second tour de la primaire de la droite et, quel que soit son adversaire, sera son candidat à l’élection présidentielle. Pour son dernier meeting de campagne, vendredi 18 novembre au Palais des Congrès de Paris, les 4 000 supporteurs présents dans le grand amphithéâtre étaient littéralement galvanisés.

 

Et lui-même, sans se départir de son indéfectible retenue, a laissé percer comme un sentiment de jouissance, donnant à son discours un souffle, presque une exaltation, inhabituel. « Il nous a surpris, reconnaissait à la sortie l’ancien président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer. Ce n’est pas le plus lion que l’on connaisse mais, là, on sent qu’il est habité, transcendé. »

 

Nous verrons bien ce soir, si c’est le meilleur d’entre nous ou le fils de  Seguin qui boute Sarko hors du jeu ? N’était-ce pas là l’objectif premier de l’opération Chartrons. Rappelons tout de même que les résultats des derniers sondages se situent dans la marge d’erreur et tout va dépendre pour Juppé de la mobilisation de son flanc gauche qui irrite tant les partisans de Sarko.

 

Ma semaine fut quasi-monacale. J’ai remis la main sur l’un des plus grands romans américains, publié en 1977, A place to come to, Un endroit où aller dans sa version française publiée en 1991 par Actes Sud. Son auteur, Robert Penn Warren, l’avait écrit alors qu’il avait plus de 70 ans. Je l’avais acheté, je l’avoue humblement, pour la portrait peint par Hopper qui ornait la couverture de la version Babel, lu avec passion lors de sa parution française, et dans ma thurne je l’ai relu avec une gourmandise extrême. L’histoire est superbe, imprégnée de la propre vie de l’auteur : l’amour, l’aventure et bien sûr le Sud !

 

Je retrouvais la main invisible qui m’avait conduit là où je voulais aller depuis qu’Émilie était entrée dans ma vie.

 

« Je ne veux pas ici parler simplement d’attirance sexuelle. Je ne veux pas parler de l’automatisme rigide d’une habitude sexuelle bien établie. Je ne peux faire allusion à ce qu’on appelle « tomber amoureux ». Vous connaissez ces choses comme la plupart des gens. Ces choses existent dans le contexte de la vie et du monde tel que nous le connaissons. Ce dont je veux parler n’a aucun contexte, ça existe en soi ; c’est en soi un univers que cet élan qui se satisfait de lui-même »

 

« Vous êtes-vous jamais trop éloigné de la rive quand la houle est très forte après une tempête, et que la grande vague déferlante arrive sur vous avec fracas, vous dominant des tonnes de sa masse de marbre gris-vert, glacée et cependant en fusion, qui glisse vers vous car c’est bien de cela qu’elle a l’air avec sa frange emplumée d’écume qui fouette le bleu étincelant du ciel ? La masse se dresse et vacille sur le ciel juste au-dessus de vous. Vous savez que, si elle vous atteint dans sa chute, elle vous brisera les reins.

 

Mais plongez dessous. Percez-la. Entrez dans ses profondeurs. Insinuez-vous au plus intime de ses ténèbres frémissantes. C’est votre seul espoir. Alors vous entendez le fracas de la masse mortelle qui s’effondre derrière vous. Non, pas un bruit exactement ; une sorte d’exaspération des nerfs suivie par un silence, et dans ce silence vous entendez, littéralement maintenant, le grincement creux, susurrant, des galets écrasés au-dessous de vous dans la profonde aspiration de l’eau. »

 

Ce dont je parle ressemble à cela. Si vous y êtes passé, vous comprendrez. Sinon, vous avez sans doute eu de la chance… »

 

Trois années sont passées, j’ai fait du sur place, comme tétanisé, en attente, tel Jed Tewksbury, d’un lieu où aller, face à la très belle Rozelle Hardcastle, toi, le temps s’est suspendu, incomparable, et la plus belle, la seule, chance de ma vie ne pourra trouver trace que dans mes écrits.

 

Tu seras donc Rozelle!

 

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « la vieille droite aux yeux crevés » disait Mauriac et une gauche aux pneus dégonflés… et Trump est arrivé…

Et si je reprenais mon sac au lieu de m’agiter dans cet océan de médiocrité, mon seul problème est de savoir où aller me réfugier. Je me sens cerné par la cohorte des récupérateurs, des cureurs de fond de chiottes de tout acabit, des minables qui campent sur l’immondice, l’immonde, des diseurs de bonne aventure sans foi ni loi, tout est permis dans la chasse aux voix. Ils n’ont que le peuple à la bouche alors qu’ils n’en sont pas et qu’ils n’en seront jamais. Ce peuple, gros agrégat indistinct, qu’ils tripotent, flattent, cajolent, pour mieux le trahir dès qu’ils auront déposés leur bulletin dans l’urne.

 

Tout bien pesé et réfléchi je vais attendre les résultats des Primaires de la Droite et du Centre pour me décider. Je ne suis pas pressé car je suis un privilégié.

 

« Un éléphant ça Trump énormément ! » ai-je publié au petit matin de cette élection où l’on peut gagner même lorsque que l’on ne rallie pas la majorité des votants.

 

Sur un corps électoral de 231,556,622 électeurs :

 

25.6% ont voté Clinton

 

25.5% ont voté Trump

 

48,9% n'ont pas voté

 
 
 

Je n’irai pas jusqu’à dire que je voyais le mauvais coup venir mais une petite musique revenait sans cesse dans ma tête, et si tout le monde se trompait en fuyant, en s’aveuglant d’une réalité dérangeante.

 

Alors je me suis levé tôt et de suite j’ai senti que tout était en train de basculer.

 

Trump n’a pas triomphé c’est Hilary Clinton qui s’est effondrée…

#Trump, une victoire du peuple contre les élites? Il bat Clinton pour les 4 tranches de salaires les + élevées.
#Trump, une victoire du peuple contre les élites? Il bat Clinton pour les 4 tranches de salaires les + élevées.

#Trump, une victoire du peuple contre les élites? Il bat Clinton pour les 4 tranches de salaires les + élevées.

Les médias américains s'interrogent sur leur responsabilité dans le succès de Donald Trump.

 

« À l'exception de Michael Moore, d'un prof d'histoire isolé et de quelques intelligences artificielles, personne n'avait envisagé la victoire de Donald Trump. Ni les sondeurs ne l'avaient pas entendue, ni les médias sentie venir. Retour sur un énorme loupé avec Rodney Benson, professeur de sociologie à New York University.

 

L’élection de Donald Trump a fait l’effet d’un électrochoc pour les grands médias américains, qui s’interrogent sur leur part de dans le succès du candidat républicain, populiste et controversé…

 

Les médias traditionnels, les chaînes de télévision, le "New York Times", les principaux sites d’information… Tous ont été pris de court par ce résultat. Cette surprise vient probablement de cette distance sociale entre l’élite journalistique et les supporters de Trump, non pas tous, mais la proportion décisive de ceux qui habitent dans le nord du Midwest, dans les états dits "clé" [les "Swing states", NDLR] comme le Michigan, le Wisconsin, l'Ohio.

 

Les journalistes de la Côte Est et de la Côte Ouest, du fait de leur milieu social, de leur lectorat, ne sont pas des gens qui les côtoient au quotidien, et ils n’ont pas assez enquêté sur eux.

 

La grande presse a bien couvert les meetings de Trump, et ses électeurs blancs les plus radicaux, mais ils sont passés à côté de ceux qui n'étaient ni extrémistes, ni activistes, qui ont constitué sa base électorale la plus large, tous ces Américains touchés par la globalisation de l’économie, qui gagnent entre 50.000 et 90.000 dollars par an [46.000 à 83.000 euros, NDLR], qui ont le sentiment que la situation se dégrade pour eux, alors qu’elle s’améliore pour les Américains de la Côte Est, pour Wall Street, et qu’ils sont maltraités comparés aux minorités… Ceux-là n’aiment pas la manière dont la culture américaine évolue.

 

  • Avez-vous l’impression que ces médias ont découvert une Amérique qu’ils ne connaissaient pas, ou du moins qu’ils avaient ignorée jusque-là ?

 

Il y a eu des livres écrits sur cette frange de la population américaine, mais cette réalité n’avait pas pris corps. Les médias nationaux pensaient qu’elle n’aurait pas d’impact, qu’elle ne représentait pas grand-chose. Il y avait une forme de cécité, de condescendance, de mépris de classe à leur endroit.

 

  • 194 organes de presse ont pris position pour Hillary Clinton, contre 6 seulement pour Trump. Etait-ce un autre symptôme du parti-pris des médias pour l’establishment ?

 

Les médias ont en effet pris parti pour Hillary Clinton, et les journalistes, sur le plan privé, soutenaient majoritairement la candidate démocrate, mais la couverture médiatique, le contenu avéré des journaux, n’a certainement pas été pro-Clinton. Les scandales et les contre-vérités de Donald Trump auraient dû être mieux enquêtés qu’ils ne l’ont été.

 

Même le "New York Times" a été très agressif à propos de la Fondation Clinton [ONG à but humanitaire et écologique financée notamment par des contributeurs étrangers, parmi lesquels des monarchies pétrolières, NDLR] et de l’usage qu’Hillary Clinton a fait de sa messagerie privée. Le quotidien -comme les autres organes de presse- s'est efforcé d’équilibrer ses critiques et de publier autant d’articles à charge sur Hillary Clinton que sur Donald Trump.

 

Mais c'était un équilibre de façade. Car il n’y avait pas de commune mesure entre les scandales attachés à la personne de Donald Trump, le fait qu’il ne publie pas sa déclaration d’impôts, les accusations d’agression sexuelles dont il faisait l’objet, et les affaires somme toute mineures concernant Hillary Clinton.

 

La suite ICI 

 

Trump en tête: l'interview de Laure Mandeville qui annonçait l'ouragan

 

  • Vous consacrez un livre* à Donald Trump que vous suivez pour Le Figaro depuis le début de la campagne. A vous lire, on a l'impression qu'un Trump médiatique (mèche de cheveux, vulgarité etc…) cache un Donald Trump plus complexe. Comment expliquer ce décalage?

 

La grande difficulté, avec Donald Trump, c'est qu'on est à la fois face à une caricature et face à un phénomène bien plus complexe. Une caricature d'abord, car tout chez lui, semble magnifié. L'appétit de pouvoir, l'ego, la grossièreté des manières, les obsessions, les tweets épidermiques, l'étalage voyant de son succès sur toutes les tours qu'il a construites et qui portent son nom. Donald Trump joue en réalité à merveille de son côté caricatural, il simplifie les choses, provoque, indigne, et cela marche parce que notre monde du 21e siècle se gargarise de ces simplifications outrancières, à l'heure de l'information immédiate et fragmentée. La machine médiatique est comme un ventre qui a toujours besoin de nouveaux scandales et Donald, le commercial, le sait mieux que personne, parce qu'il a créé et animé une émission de téléréalité pendant des années. Il sait que la politique américaine actuelle est un grand cirque, où celui qui crie le plus fort a souvent raison parce que c'est lui qui «fait le buzz».

 

Derrière l'image télévisuelle simplificatrice, se cache un homme intelligent, rusé et avisé, qui a géré un empire de milliards de dollars et employé des dizaines de milliers de personnes.

 

En même temps, ne voir que la caricature qu'il projette serait rater le phénomène Trump et l'histoire stupéfiante de son succès électoral. Derrière l'image télévisuelle simplificatrice, se cache un homme intelligent, rusé et avisé, qui a géré un empire de milliards de dollars et employé des dizaines de milliers de personnes. Ce n'est pas rien! Selon plusieurs proches du milliardaire que j'ai interrogés, Trump réfléchit de plus à une candidature présidentielle depuis des années, et il a su capter, au-delà de l'air du temps, la colère profonde qui traversait l'Amérique, puis l'exprimer et la chevaucher. Grâce à ses instincts politiques exceptionnels, il a vu ce que personne d'autre - à part peut-être le démocrate Bernie Sanders - n'avait su voir: le gigantesque ras le bol d'un pays en quête de protection contre les effets déstabilisants de la globalisation, de l'immigration massive et du terrorisme islamique; sa peur du déclin aussi. En ce sens, Donald Trump s'est dressé contre le modèle dominant plébiscité par les élites et a changé la nature du débat de la présidentielle. Il a remis à l'ordre du jour l'idée de protection du pays, en prétendant au rôle de shérif aux larges épaules face aux dangers d'un monde instable et dangereux.

 

En privé, le personnage de Donald Trump est plus nuancé, plus modéré, plus pragmatique, sait écouter les autres et ne choisit pas toujours l'option la plus extrême…

 

Cela révèle au minimum une personnalité sacrément indépendante, un côté indomptable qui explique sans doute l'admiration de ses partisans…Ils ont l'impression que cet homme explosif ne se laissera impressionner par rien ni personne. Beaucoup des gens qui le connaissent affirment d'ailleurs que Donald Trump a plusieurs visages: le personnage public, flashy, égotiste, excessif, qui ne veut jamais avouer ses faiblesses parce qu'il doit «vendre» sa marchandise, perpétuer le mythe, et un personnage privé plus nuancé, plus modéré et plus pragmatique, qui sait écouter les autres et ne choisit pas toujours l'option la plus extrême…Toute la difficulté et tout le mystère, pour l'observateur est de s'y retrouver entre ces différents Trump. C'est loin d'être facile, surtout dans le contexte de quasi hystérie qui règne dans l'élite médiatique et politique américaine, tout entière liguée contre lui. Il est parfois très difficile de discerner ce qui relève de l'analyse pertinente ou de la posture de combat anti-Trump. Dans le livre, je parle d'une expérience schizophrénique, tant le fossé est grand entre la perception des partisans de Trump et celle de ses adversaires. Au fond, Trump reste largement insaisissable, malgré les millions d'articles qui lui sont consacrés.

 

En quoi son enfance et la figure de son père éclairent-elles son parcours?

 

Donald Trump a toujours été un leader, mais aussi un rebelle, une forte tête, qui bombardait ses instituteurs de gommes et tirait les cheveux des filles même si c'était un bon élève.

 

Donald Trump a plusieurs fois raconté qu'il n'avait pas fondamentalement changé depuis le cours préparatoire. C'est dire si l'enfance compte pour cerner sa turbulente personnalité! Il a toujours été un leader, mais aussi un rebelle, une forte tête, qui bombardait ses instituteurs de gommes et tirait les cheveux des filles même si c'était un bon élève. A l'école élémentaire, le coin réservé au piquet, avait même été baptisé de ses initiales, DT, parce qu'il y séjournait souvent! A l'âge de 13 ans, son père décide même de l'envoyer à l'Académie militaire de New York pour le dresser, parce que, inspiré par West Side story, Donald a été pris en train de fomenter une descente avec sa bande dans Manhattan, avec des lames de rasoir!

 

Son frère Fred Junior a fini par mourir d'alcoolisme. Cela a beaucoup marqué Donald qui a décidé qu'il ne se laisserait jamais dominer et ne montrerait jamais ses faiblesses contrairement à son frère.

 

Cela vous donne une idée du profil psychologique du père Fred Trump, un homme intransigeant et autoritaire, qui a eu une influence décisive dans la formation de la personnalité de son fils. Fred s'était fait à la force du poignet, en amassant un capital de plusieurs millions de dollars grâce à la construction d'immeubles d'habitation pour les classes populaires à Brooklyn, et il a clairement fait de Donald son héritier, brisant et déshéritant en revanche le fils aîné, Fred Junior, un être charmeur, mais moins trempé et plus dilettante, qui avait eu le malheur de préférer être pilote de ligne que promoteur, et a fini par mourir d'alcoolisme. Cela a beaucoup marqué Donald qui a décidé qu'il ne se laisserait jamais dominer et ne montrerait jamais ses faiblesses contrairement à son frère. Fred Trump a élevé ses enfants dans la richesse - la famille vivait dans une grande maison à colonnades dans le quartier de Queens - mais aussi dans une éthique de dur labeur et de discipline, pas comme des gosses de riches, un modèle que Donald a d'ailleurs reproduit avec ses enfants. L'homme d'affaires raconte souvent que son paternel l‘a formé à «la survie», en lui recommandant d'«être un tueur» pour réussir.

 

  • On découvre en vous lisant qu'il existe depuis longtemps dans l'univers américain (succès de ses livres, téléréalité). Ses fans d'hier sont -ils ses électeurs d'aujourd'hui?

 

Savez-vous qu'à la fin des années 80, il fait déjà la couverture de Time Magazine comme l'homme le plus sexy d'Amérique ?

 

Les Américains connaissent Trump depuis le milieu des années 80, date à laquelle il a commencé à publier ses ouvrages à succès, tirés à des millions d'exemplaires, c'est-à-dire depuis 30 ans! «Le Donald» est un familier pour eux. Savez-vous qu'à la fin des années 80, il fait déjà la couverture de Time Magazine comme l'homme le plus sexy d'Amérique? A la même époque, il est cité dans des sondages comme l'une des personnes les plus populaires du pays, aux côtés des présidents toujours vivants, et du pape! Si on ajoute à cela, le gigantesque succès qu'il va avoir avec son émission de téléréalité L'Apprenti, qui à son zénith, a rassemblé près de 30 millions de téléspectateurs, on comprend l'énorme avantage de notoriété dont bénéficiait Trump sur la ligne de départ de la primaire républicaine.

 

- Tout au long de la campagne des primaires, beaucoup de commentateurs ont annoncé sa victoire comme impossible: comment expliquer cette erreur de jugement?

 

Si Trump est à bien des égards exaspérant et inquiétant, il y a néanmoins quelque chose de pourri et d'endogame dans le royaume de Washington.

 

C'est vrai qu'à de rares exceptions près, les commentateurs n'ont pas vu venir le phénomène Trump, parce qu'il était «en dehors des clous», impensable selon leurs propres «grilles de lecture». Trop scandaleux et trop extrême, pensaient-ils. Il a fait exploser tant de codes en attaquant ses adversaires au-dessous de la ceinture et s'emparant de sujets largement tabous, qu'ils ont cru que «le grossier personnage» ne durerait pas! Ils se sont dit que quelqu'un qui se contredisait autant ou disait autant de contre-vérités, finirait par en subir les conséquences. Bref, ils ont vu en lui soit un clown soit un fasciste - sans réaliser que toutes les inexactitudes ou dérapages de Trump lui seraient pardonnés comme autant de péchés véniels, parce qu'il ose dire haut et fort ce que son électorat considère comme une vérité fondamentale: à savoir que l'Amérique doit faire respecter ses frontières parce qu'un pays sans frontières n'est plus un pays. Plus profondément, je pense que les élites des deux côtes ont raté le phénomène Trump (et le phénomène Sanders), parce qu'elles sont de plus en plus coupées du peuple et de ses préoccupations, qu'elles vivent entre elles, se cooptent entre elles, s'enrichissent entre elles, et défendent une version «du progrès» très post-moderne, détachée des préoccupations de nombreux Américains. Soyons clairs, si Trump est à bien des égards exaspérant et inquiétant, il y a néanmoins quelque chose de pourri et d'endogame dans le royaume de Washington. Le peuple se sent hors-jeu.

 

  • Trump est l'homme du peuple contre les élites mais il vit comme un milliardaire. Comment parvient-il à dépasser cette contradiction criante?

 

Donal Trump fait de cette connaissance du système une force, en disant qu'il connaît si bien la manière dont les lobbys achètent les politiques qu'il est le seul à pouvoir à remédier à la chose.

 

C'est une vraie contradiction car Trump a profité abondamment du système qu'il dénonce. Il réussit à dépasser cette contradiction, parce qu'il ne le cache pas, au contraire: il fait de cette connaissance du système une force, en disant qu'il connaît si bien la manière dont les lobbys achètent les politiques qu'il est le seul à pouvoir à remédier à la chose. C'est évidemment un curieux argument, loin d'être totalement convaincant. Il me rappelle ce que faisaient certains oligarques russes, à l'époque Eltsine, quand ils se lançaient en politique et qu'ils disaient que personne ne pourrait les acheter puisqu'ils étaient riches! On a vu ce que cela a donné…Si les gens sont convaincus, c'est que Donald Trump sait connecter avec eux, leur faire comprendre qu'il est de leur côté. Ce statut de milliardaire du peuple est crédible parce qu'il ne s'est jamais senti membre de l'élite bien née, dont il aime se moquer en la taxant «d'élite du sperme chanceux». Cette dernière ne l'a d'ailleurs jamais vraiment accepté, lui le parvenu de Queens, venu de la banlieue, qui aime tout ce qui brille. Il ne faut pas oublier en revanche que Donald a grandi sur les chantiers de construction, où il accompagnait son père déjà tout petit, ce qui l'a mis au contact des classes populaires. Il parle exactement comme eux! Quand je me promenais à travers l'Amérique à la rencontre de ses électeurs, c'est toujours ce dont ils s'étonnaient. Ils disaient: «Donald parle comme nous, pense comme nous, est comme nous». Le fait qu'il soit riche, n'est pas un obstacle parce qu'on est en Amérique, pas en France. Les Américains aiment la richesse et le succès.

 

  • Alain Finkielkraut explique que Donald Trump est la Némésis (déesse de la vengeance) du politiquement correct? Le durcissement, notamment à l'université, du politiquement correct est-il la cause indirecte du succès de Trump?

 

L'un des atouts de Trump, c'est qu'il est politiquement incorrect dans un pays qui l'est devenu à l'excès.

 

Alain Finkelkraut a raison. L'un des atouts de Trump, pour ses partisans, c'est qu'il est politiquement incorrect dans un pays qui l'est devenu à l'excès. Sur l'islam radical (qu'Obama ne voulait même pas nommer comme une menace!), sur les maux de l'immigration illégale et maints autres sujets. Ses fans se disent notamment exaspérés par le tour pris par certains débats, comme celui sur les toilettes «neutres» que l'administration actuelle veut établir au nom du droit des «personnes au genre fluide» à «ne pas être offensés». Ils apprécient que Donald veuille rétablir l'expression de Joyeux Noël, de plus en plus bannie au profit de l'expression Joyeuses fêtes, au motif qu'il ne faut pas risquer de blesser certaines minorités religieuses non chrétiennes…Ils se demandent pourquoi les salles de classe des universités, lieu où la liberté d'expression est supposée sacro-sainte, sont désormais surveillées par une «police de la pensée» étudiante orwellienne, prête à demander des comptes aux professeurs chaque fois qu'un élève s'estime «offensé» dans son identité…Les fans de Trump sont exaspérés d'avoir vu le nom du club de football américain «Red Skins» soudainement banni du vocabulaire de plusieurs journaux, dont le Washington Post, (et remplacé par le mot R...avec trois points de suspension), au motif que certaines tribus indiennes jugeaient l'appellation raciste et insultante. (Le débat, qui avait mobilisé le Congrès, et l'administration Obama, a finalement été enterré après de longs mois, quand une enquête a révélé que l'écrasante majorité des tribus indiennes aimait finalement ce nom…). Dans ce contexte, Trump a été jugé «rafraîchissant» par ses soutiens, presque libérateur.

 

  • Le bouleversement qu'il incarne est-il, selon vous, circonstanciel et le fait de sa personnalité fantasque ou Trump cristallise-t-il un moment de basculement de l'histoire américaine?

 

Le phénomène Trump est la rencontre d'un homme hors normes et d'un mouvement de rébellion populaire profond, qui dépasse de loin sa propre personne.

 

Pour moi, le phénomène Trump est la rencontre d'un homme hors normes et d'un mouvement de rébellion populaire profond, qui dépasse de loin sa propre personne. C'est une lame de fond, anti globalisation et anti immigration illégale, qui traverse en réalité tout l'Occident. Trump surfe sur la même vague que les politiques britanniques qui ont soutenu le Brexit, ou que Marine Le Pen en France. La différence, c'est que Trump est une version américaine du phénomène, avec tout ce que cela implique de pragmatisme et d'attachement au capitalisme.

 

  • Sa ligne politique est-elle attrape-tout ou fondée sur une véritable vision politique?

 

Trump n'est pas un idéologue. Il a longtemps été démocrate avant d'être républicain et il transgresse les frontières politiques classiques des partis.

 

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CHAP.17 extrait sec, « la vieille droite aux yeux crevés » disait Mauriac et une gauche aux pneus dégonflés… et Trump est arrivé…

Georges Ugeux : « c'est un drame »

 

Sur son blog, l'ancien vice-président de la Bourse de New York aujourd'hui banquier d'affaires, Georges Ugeux, disait que s'il avait voté Hillary Clinton, c'était surtout parce que « en aucun cas, je ne pourrais envisager de soutenir un candidat qui me révulse sur le plan moral, social et politique ». Aujourd'hui que la victoire de Donald Trump est acquise, on sent Georges Ugeux très préoccupé.

 

  • Comme la plupart d'entre nous, vous ne vous attendiez pas à un tel résultat ?

 

Non, je dois être honnête. C'est un drame. Je suis à la fois profondément déçu et extraordinairement inquiet.

 

  • Comment expliquer la victoire de Trump ?

 

Je ne comprends pas. C'est sans doute la conséquence d'un certain blocage des électeurs devant le politique. Ils n'ont pas voté pour Trump, mais pour ce qu'il représente, une opposition face à la politique traditionnelle et à une Hillary Clinton apparaissant comme membre d'une dynastie. Hillary Clinton a commis plusieurs erreurs. Une des plus importantes a été de s'adresser à 80% aux femmes, alors que le vote des femmes lui était acquis. Mais qui devait-elle convaincre ? Les maris, les fils, ... Et elle ne l'a pas fait. Trump a pu séduire de son côté tous les "laissés-pour-compte"... Mais avec un président républicain et un congrès républicain, ils se rendront compte de l'écart qu'il y a entre l'idéologie républicaine et leurs aspirations. Obama avait réussi à apporter une couverture de soin de santé à 22 millions d'Américains. Ce système risque d'être démantelé.

 

  • Les déclarations matamoresques de Donald Trump font peur, mais ne s'agissait-il pas d'une posture politique ? Ne va-t-il pas faire une courbe rentrante pour réconcilier le pays ?

 

Je crois qu'il en est incapable, à moins d'être aidé par un bon psychiatre. Il a essayé plusieurs fois, il n'a jamais tenu plus de 48 heures.

 

Mais il ne va pas gouverner tout seul. Il va y avoir une équipe autour de lui qui peut servir de modérateur...

 

Je ne crois pas, quand on voit qu'il s'entoure de personnes comme Rudi Giuliani (l'ancien maire de New York) ou Chris Christie (gouverneur du New Jersey). En outre, lors de la campagne beaucoup de gens lui avaient dit de changer de comportement. Il ne l'a pas fait, et il se trouve aujourd'hui conforté puisqu'il remporte la victoire. Une chose m'avait frappé au pan économique, il s'était entouré d'une équipe dans laquelle on ne retrouvait pas un seul économiste...

 

Personne n'avait attendu cette issue, pas même Wall Street qui s'apprête à faire le grand plongeon. Il va falloir réunir le pays...

 

Et l'on parle de la première puissance mondiale. Quelle va désormais être la place des Etats-Unis dans le monde ? Nous avions pris l'habitude de critiquer l'Oncle Sam, mais de continuer à faire appel à lui en Irak ou ailleurs. Aujourd'hui, nous ne savons plus quel type d'Oncle Sam nous aurons.

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « Je ne veux pas de l'Intérieur, je n'aime pas les flics. Pas la Justice. Je déteste les juges. » Juppé droit dans ses bottes.

Ma petite troupe est au complet dans la salle de réception de l’appartement que mes commanditaires ont mis à ma disposition. Ils sont guillerets, les commentaires vont bon train sur la soirée mémorable aux Climats. Daburon, qui s’est autoproclamé délégué syndical du groupe, profite de sa position pour jouer les chevaliers-servant auprès d’Émilie, qui  trouve ça très drôle et le mène par le bout du nez. Avant de donner mes instructions, je leur délivre mon analyse de la situation.

 

Nous sommes entrés dans le pot-au-noir, comme l’écrit le frère de Julien Clerc, Gérard Leclerc :

 

« … le ni-ni est partout, ce qui en dit long sur la morosité et désillusion ambiante. »

 

Ni Sarko, ni Hollande, le rejet est massif mais « … ces mêmes Français ne sont pas loin du "ni lui, ni un autre" quand ils répondent à une très forte majorité dans une enquête Odoxa que les autres candidats ne feraient guère mieux que le président sortant... »

 

Et Leclerc d’ajouter « Ce désengagement aurait-il déteint sur les politiques ? Emmanuel Macron se proclame "ni de droite ni de gauche", François Fillon ne veut ni de Sarkozy au nom "d'une autre éthique du pouvoir" ni d'Alain Juppé dont le projet est trop centriste. Cécile Duflot ne veut pas choisir entre les 2 candidats Verts qui l'ont éliminé. Et chez les socialistes, les "ni Hollande, ni Montebourg ni Valls" sont sans doute plus nombreux que les partisans de chacun de ces candidats potentiels. »

 

Et voilà que le Nicolas, jamais en reste d’un virage sur l’aile à 180°, renie son ni-ni, dont-il était le héraut : le « ni gauche ni FN » pour, la mort dans l’âme, sur les terres de Provence qui lui sont acquises,  avouer qu'il voterait, « pas de gaieté de cœur » certes, François Hollande si celui-ci se retrouvait au second tour face à Marine Le Pen.

 

Désemparé face à l'écart qui se creuse dans les sondages avec Alain Juppé, sondages dont il dit se foutre, il panique et s’aperçoit à force de mettre toujours plus vers la droite dure, il pousse la gauche modérée à aller voter pour le maire de Bordeaux et il hérisse l'électorat centriste et de droite modérée, nourrissant ainsi le « tout sauf Sarkozy ».

 

D'où son tête à queue, qui ne l'empêche pas de continuer à taper sur le « traitre » Bayrou et sur l'alternance molle et impuissante qu'incarnerait Alain Juppé.

 

Ce dernier, comme le père Hollande, s’est fait piéger par une journaliste, Anne Cabana.

 

Un Juppé conforme à son image : « Il aime aussi la contradiction, relève Anna Cabana dans son livre Un fantasme nommé Juppé (éd. Stock). « Dès qu'on me dit blanc, j'ai envie de dire noir. J'ai été de droite pour prouver qu'on pouvait être intelligent et de droite ! »

 

« Lors d'un déjeuner avec Nicolas Sarkozy, à la fin de l'été 2010, il est question de lui donner le ministère des Affaires étrangères. « Nicolas, je ne supporterai pas la cohabitation avec toi au Quai d'Orsay », répond-il au président de la République. « Je ne veux pas porter ton cartable. Et je ne veux pas d'un ministre de l'Afrique officieux nommé Claude Guéant. » Alain Juppé va jusqu'à dire qu'il pressent la défaite en 2012. « Plus largement, je ne suis pas sûr d'avoir envie de monter à bord du Titanic. Si tu te plantes à la présidentielle, j'aurais brûlé tous mes vaisseaux. »

 

« Fillon est un faux-jeton, mais il est sérieux. Borloo, lui, est incapable de tenir Matignon », explique-t-il à Anna Cabana. « Lui et moi, c'est l'eau et le feu. Je sais bien qu'avec son langage de marchand de frites, ou de merguez, il passe plutôt bien auprès des gens. Mais moi, je ne peux pas. »

 

Finalement à la Défense, Alain Juppé ne se privera pas de souligner qu'il lui en coûte parfois de travailler pour son meilleur ennemi. « Je suis dans une situation absolument déconcertante », avoue-t-il quelques semaines après sa prise de poste. « Depuis que je suis redevenu ministre, je passe mon temps à défendre Sarko. J'aime les défis ! ».

 

Mais, ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué !

 

Duel Juppé-Sarkozy: gare aux ombres des sondages, rien n'est joué

 

« Alain Juppé va gagner. Il ne peut plus perdre. Nicolas Sarkozy va perdre. Il ne peut plus gagner. Jour après jour, la petite musique devient concert. Le duel entre l’ancien Premier ministre et l’ancien Président est joué. Plié. Terminé. Il n’y aura ni événement imprévu, et encore moins improbable, parce que les armes ont parlé. Et les armes, ce sont ces sondages qui, depuis deux semaines, rabâchent tous le même message : le roi est mort, vive le roi ! Après Sarkozy, Juppé.

 

Il est deux façons de lire ces enquêtes. La première, la plus facile, consiste à se contenter de constater le résultat de la mécanique des blocs en mouvement. Juppé monte, Sarkozy descend, Fillon se maintient, Le Maire glisse. Et la seconde, plus exigeante, dérangeante, et finalement plus intelligente, qui consiste à se pencher sur leur part d’ombre, afin d’en distinguer non l’apparente vérité, mais la vraie réalité. Quel mécanisme préside au mouvement dont on nous inflige le résultat comme certain ? Et ce mécanisme a-t-il été bien appréhendé ?

 

Dès lors que l’on s’élève son degré d’exigence dans la lecture des enquêtes en question, la perception de la victoire inéluctable d’Alain Juppé en sort très relativisée. Parce qu’en vérité, pour qui veut bien les lire de manière complète, y compris celles qui ne sont pas commentées des heures et des heures sur les chaines info, le sort de la Primaire ne parait pas aussi joué que certains le prétendent. »

 

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Autre point d’importance, gagner la Présidentielle est une chose, se tailler une majorité pour gouverner en est une autre, Hollande en sait quelque chose lorsqu’il a dû laisser à la manœuvre Martine Aubry, Première Secrétaire du PS :

 

« Une fois devenu Président, François Hollande a bien tenté de reprendre le contrôle de son parti. Il aurait pu le faire par la bande en nommant son ex-rivale à Matignon. Il a préféré une solution moins risquée et sans doute plus raisonnable qui l’a toutefois obligé à patienter près de six mois avant qu’un compromis honorable permette l’exfiltration de Martine Aubry, lors du congrès de Toulouse en novembre 2012.

 

Mais sur le plan parlementaire, il était déjà trop tard. Au sein de la majorité à l’Assemblée, une fraction de députés socialistes et écolos, investis du temps de l’ancienne direction, avait déjà pris ses quartiers avec la ferme intention de défendre une ligne différente de celle esquissée au sommet de l’Etat par le Président et son Premier ministre.

 

Pour le dire autrement, le maintien des équilibres de pouvoir au sein du système socialiste, au lendemain de sa primaire, n’a pas empêché la victoire de son candidat mais il lui a lié les mains une fois devenu Président. C’est ce qui explique notamment que François Hollande n’ait pas pu sauver François Bayrou lors des législatives de juin 2017 alors que celui-ci avait été l’un des artisans de son élection. C’est ce qui explique aussi qu’après ce faux-pas initial, tout le reste de son quinquennat ait été pollué par une contestation interne qui, à l’Assemblée, n’est jamais allée jusqu’au point de rupture mais qui n’a cessé de freiner son action avant de la décrédibiliser, aux yeux de l’opinion. »

 

Comment Juppé veut mettre la main sur les Républicains

 

« Qui connait l’article 39 alinéa 4 des statuts des Républicains? Ceux qui l’ont rédigé, sans doute. Ceux qui l’ont soufflé parce qu’il les concerne au premier chef, plus sûrement encore. Mais il est peu probable que les grandes masses des militants et, avec eux, l’immense majorité des sympathisants qui iront voté fin novembre à la primaire en aient jamais entendu parler, fut-ce par ouï dire. Or cet article est essentiel pour la compréhension de la campagne – la vraie – qui s’ouvrira à droite dès que son champion aura été désigné. Il explique, au passage, les controverses à fleurets à peine mouchetés qui, ces derniers jours, ont agité la commission d’investiture des Républicains en vue des législatives de juin 2017.

 

Cet article 39 alinéa 4 précise que «lorsque le candidat à la présidence de la République est issu du mouvement, il propose au bureau politique les conditions dans lesquelles la direction du mouvement est assurée». Traduit en français ordinaire, cela signifie donc que le vainqueur de la primaire devient de ce seul fait le patron du parti. Pour être encore plus explicite, cela veut dire que si Alain Juppé, comme c’est désormais probable, est demain le candidat de la droite et du centre, la direction actuelle des Républicains, présidée par le très sarkozyste Laurent Wauquiez, devra lui remettre illico les clés de la boutique. Rien de moins! »

 

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Reste notre Hollande l’exécré qui, comme attendu s’est emparé de la commémoration du centenaire de la naissance de Mitterrand, l’a détournée même pour se livrer depuis le Louvre à un plaidoyer pro domo.

 

Qu’importe si le premier carré de la vieille garde de Tonton le conchie, tel Pierre Joxe, qui sur France Culture à son endroit:

 

« Si vous comptez sur moi pour commenter les propos de ce politicien...». Avant de jeter, cruel : «Je vous ai dit que je n’ai pas l’intention de vous parler de ce personnage que je n’ai jamais soutenu, que je n’ai jamais apprécié. Que je supporte parce qu’il est élu, comme beaucoup de Français. »

 

Pourquoi Hollande a tort de se comparer (en douce) à Mitterrand

 

« Dans l’art de la prosopopée en creux, François Hollande est passé maitre. Après Mauroy et Rocard, auxquels le président s’était identifié en creux dans les discours prononcés lors de leur disparition, est venu ce 26 octobre le tour de Mitterrand. Lui, c’est eux, et eux, c’est lui. Mitterrand, Rocard et Mauroy ont tous en eux quelque chose de François, et lui seul, au bout du chemin, incarne ce qu’ils ont tous été.

 

Donc, face à la famille mitterrandienne rassemblée pour l’occasion au Louvre, le président Hollande s’est une fois de plus abandonné à son péché mignon, dès lors qu’il lui faut célébrer les grands ancêtres. Cette fois-ci, le défi était encore plus grand, puisqu’il lui fallait évoquer la plus gigantesque des forces de l’esprit, François Mitterrand lui-même. D’instinct, avant même que d’écouter le discours, on pressentait que la prosopopée en creux serait de nouveau convoquée par François Hollande pour parle de lui à travers Mitterrand. On ne fut pas déçu. »

 

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 08:00
"Mon électorat est populaire, ce sont des ploucs"

"Mon électorat est populaire, ce sont des ploucs"

« Va-t-il y aller ? »

 

Notre hôte, dont bien sûr pour l’heure je tairais le nom afin de ne pas compromettre notre mission, se contenta d’écouter sans participer à nos échanges ce qui frustra quelque peu mes troupiers. Daburon, furibard, ruminait son coup d’éclat en sirotant son marc de Bourgogne. Il attendait son heure. Elle vint, lorsque je m’apprêtais à me lever pour faire mon petit speech de fin de repas, sous la forme de cette brutale interrogation. Notre interlocuteur ne cilla même pas se contentant d’afficher un petit sourire qui en disait plus long qu’un long discours. Daburon en resta coi. Mes troupiers, eux aussi, restèrent interloqués face au mutisme de notre invité qui semblait plus intéressé par les beaux yeux d’Émilie que par nos interrogations sur les intentions du locataire du château. Pour reprendre la main sur mon équipe il fallait que je frappe un grand coup, quitte à mettre mon invité en situation difficile. Après tout c’est lui qui avait souhaité se joindre à nous.

 

J’attaquai sec : « La Seule question qui vaille à gauche : grand ou petit désastre?

 

Où en est l’offre officielle de la gauche pour la prochaine présidentielle ?

 

Je laisse de côté les seconds couteaux de la Primaire de la gauche, la ridicule Belle Alliance Populaire de Cambadélis le porteur d’eau gominé, Montebourg et Hamon, les autres sont là pour faire de la figuration, pour constater que  François Hollande veut être candidat coûte que coûte. Il en a encore les moyens, même s’il n’est plus loin du seuil de rupture. Ses amis les soutiennent comme la corde le pendu. Son intérêt personnel serait de se retirer. Il ne le fera pas sans passer par la case primaire, ce n’est que mon opinion.

 

Emmanuel Macron, est tout sauf con, il veut être candidat pour gagner mais il en a de moins en moins les moyens. Son intérêt personnel serait de négocier son retrait en bon ordre avec contrepartie à la clé. Mais il ne peut le faire sans décevoir ceux qui le portent, sans hérisser ceux qui le combattent et sans faire rire ceux qui l’observent. La logique veut donc qu’il aille jusqu’au bout même si cela doit le conduire droit dans un mur.

 

Jean-Luc Mélenchon veut être candidat. Il a la stratégie de son ambition. Il joue une partie qui n’est pas celle du scrutin où il compte de présenter. C’est là précisément sa force. Mais comme les écolos qui eux comptent pour du beurre, il peut être empêché.

 

Cette incertitude est, a priori, la seule qui demeure. Après le naufrage de Duflot, les Verts comptent encore plus pour du beurre car Jadot ou Rivasi ne sont là que pour le témoignage pas pour une réelle entrée en compétition.

 

Qu’est-ce que ça change?

 

Si la question est de savoir quelles chances a encore la gauche d’échapper au désastre, au fond, pas grand-chose. Et c’est bien là le problème. Grand désastre ou petit désastre, quelle importance d’ailleurs? Comme on dit aux échecs, au mieux, la gauche est pat.

 

Comme l’écrit ce vieux renard de Bazin :

 

« Toute autre candidature que celle de François Hollande provoquerait l’éclatement d’un parti dont le dernier trésor est un semblant d’unité, au bord du gouffre. Le Président est tellement faible, tellement promis à l’humiliation d’une défaire cuisante qu’il en est presque devenu pratique. C’est un non choix qui au fond arrange tous ceux qui craignent la clarification. En bonne logique, François Hollande devrait d’ailleurs être le seul à craindre de se représenter. Les autres, ceux qui bon gré mal gré finiront par le pousser en avant, peuvent déjà se préparer à expliquer, au lendemain du désastre, qu’il en a été le seul et unique responsable à force de trahisons et d’obstinations coupables.

 

Le choix de Manuel Valls ou d’Arnaud Montebourg, outre qu’il n’est pas guère plus performant, provoquerait en effet dans les rangs socialistes une dispersion qui ne ferait qu’ajouter la confusion à la crise et compliquerait d’autant plus, au lendemain de la présidentielle, les procès qui se profilent à l’horizon. Vu du PS et des intérêts bien compris de son réseau d’élus, un non choix restera toujours préférable à un non-sens.

 

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer Martine Aubry, incarnation parfaite du socialisme de la résignation. Tant que la maire de Lille continuera à se taire et donc à soutenir de facto la candidature de François Hollande, ce dernier pourra poursuivre son chemin de croix jusqu’au bout. Aux dernières nouvelles, rien n’indique qu’elle ait l’intention de changer de stratégie et de se mettre ainsi en situation soit d’y aller elle-même, soit de devoir choisir entre trois supplétifs – Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou Emmanuel Macron – qu’elle déteste avec une égale férocité pour des raisons qui, pour une fois, sont aussi de fond. »

 

La gauche cumule donc tous les handicaps.  Que pèse-t-elle aujourd’hui ? Compactée environ 35% du corps électoral. Elle a vue pire me direz-vous, mais ce niveau reste celui de ses anciennes défaites. Mais le fait nouveau, par rapport au passé, c’est qu’elle est fragmentée par des courants rivaux qui ne se parlent plus et vivent dans l’espoir de se liquider les uns les autres tant ils sont devenus «irréconciliables». Enfin – et c’est sans doute le principal handicap – aucun de ses courants ne bénéficie aujourd’hui d’une dynamique suffisante pour imposer une forme de domination dans son camp.

 

Dans les sondages, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron font à peu près jeu égal. Tous les trois naviguent entre 10 et 15% au premier tour. C’est cette égalité dans la médiocrité qui les rend durablement impuissants. Au cours de la Cinquième République, la gauche a été éliminée à deux reprises du tour décisif de la présidentielle. Faut-il toutefois rappeler qu’en 1969, le communiste Jacques Duclos (21%) distançait largement le socialiste Gaston Defferre (5%) et que le 21 avril 2002, il y avait dix points d’écart entre Lionel Jospin et Noël Mamère, alors premier de ses concurrents. Sur de telles bases, la gauche avait pourtant mordu la poussière. Comment croire qu’il puisse en être autrement, en 2017, si aucun de ses prétendus champions ne parvient à imposer rapidement une forme de leadership, ne serait-ce que dans son propre camp?

 

Voilà l’état des lieux, il valide notre stratégie, et un autre vieux renard du marigot politique renforce ma détermination :

 

FOG - Le prochain président français sera élu le 27 novembre !

 

Quoi qu'en pensent certains, même si Alain Juppé a une confortable avance dans les sondages, Nicolas Sarkozy peut encore réussir à s'imposer.

 

« À moins de sept semaines du second tour, les jeux ne sont pas faits, loin de là, même si M. Juppé a plusieurs longueurs d'avance sur ses concurrents, notamment M. Sarkozy. Le maire de Bordeaux a déjà une tête, une démarche et une rhétorique de président. Pour parfaire le tout, il ne lui reste plus qu'à obtenir l'onction des bulletins de vote.

 

Son succès dans les études d'opinion en dit long sur l'état d'esprit des Français, angoissés par leur avenir et en semi-dépression nerveuse. En se tournant vers M. Juppé, ils semblent choisir l'expérience, le sérieux, le calme contre l'outrance, l'agitation, l'anathémisation. Plus M. Sarkozy se comporte comme un candidat dans un concours de farces et attrapes, plus il contribue à édifier la statue d'homme d'État au-dessus des partis du maire de Bordeaux.

 

La messe est-elle dite ? La politique est une science à peu près exacte qui s'apparente à celle de la tectonique des plaques : sous la surface des choses, il y a des mouvements de fond. Déçus par la droite puis par la gauche, les Français ne savent plus vers qui ni vers quoi se tourner. En se posant en rassembleur, M. Juppé s'est installé au coeur du courant porteur. S'il gagnait la primaire, on ne voit pas comment il pourrait perdre la présidentielle.

 

Derrière, les autres candidats rament. Dommage pour des personnalités aussi remarquables que François Fillon, la rockstar de la droite qui fait des cartons dans ses meetings et vient de publier un excellent livre sur le terrorisme (1). Sans oublier Bruno Le Maire ou Nathalie Kosciusko-Morizet. Tous contribuent à élever le niveau. Mais, à l'évidence, les Français ont une envie de Juppé (2).

 

Nicolas Sarkozy parviendra-t-il néanmoins à s'imposer ?

 

Même s'il dévisse, ce n'est pas encore impossible. D'abord, il tient l'appareil, ce qui permit naguère à M. Copé, son prédécesseur, de truquer honteusement, avec sa bénédiction, les élections internes du parti de droite pour éliminer M. Fillon : s'ils ne sont pas débordés par le flot des électeurs, les apparatchiks des Républicains ne seront-ils pas en mesure de contrôler les résultats ? Ensuite, ne reculant devant rien, M. Sarkozy propose un référendum par jour, voire une loi par seconde, et surfe sur la vague populiste délaissée par Marine Le Pen. Invitant les électeurs du Front national à voter à la primaire, il se « jean-marise », comme dit le père fondateur du FN, ce qui lui donne de l'air en lui ouvrant de nouvelles terres de conquête.

 

Enfin, même si son disque est quelque peu rayé, M. Sarkozy reste un excellent orateur quand on aime ce genre-là, celui de la fulmination. Devenu une sorte de Trump à la française, il rappelle ces chanteurs yéyé des années 1960 qui, tel Richard Anthony, adaptaient les tubes américains.

 

N'en déplaise à la bien-pensance, la nouvelle stratégie de M. Sarkozy peut gonfler ses voiles, qui, ces temps-ci, manquent cruellement de vent. Mais n'est-elle pas dangereuse à long terme ? Paradoxalement, plus elle le renforcera pour la primaire, si c'est le cas, plus elle attisera l'anti-sarkozysme pour la présidentielle, ruinant ses espérances pour 2017 dans l'hypothèse de moins en moins probable (mais toujours possible) où il serait désigné candidat de la droite et du centre le 27 novembre. MM. Bayrou ou Hollande retrouveraient alors toutes leurs chances.

 

L'ancien président vient sans doute d'inventer un nouveau jeu qui a quelque chose de pathétique : le « qui gagne-perd ».

 

Voilà, chers amis le meilleur carburant pour les mois qui viennent. Vous m’avez renouvelé votre confiance à l’unanimité même si je soupçonne Daburon d’une ferveur qui trouve sa source loin des enjeux politiques. Je vais lui offrir un vieux CD de Joe Dassin pour le récompenser. Nous pourrons ainsi reprendre en chœur … je vous laisse deviner.

 

Avant de nous séparer j’ai, avec l’accord de la patronne ici présente, décidé de vous offrir une coupe de son champagne préféré : Minéral 2009 de Pascal Agrapart. Pour ceux qui ont la permission de minuit, la nuit est à nous pour refaire le monde, du moins ce qu’il en reste.

 

Les fumeurs fumèrent dans le fumoir et moi j’attisai les ardeurs des encore lucides par une question provocatrice :

 

-    - Pourquoi un homme aussi brillant et ambitieux que François Mitterrand s'est-il entouré, après la Libération, de personnages sulfureux, mouillés dans la collaboration, au risque de compromettre définitivement sa carrière ?

 

Oui le futur président socialiste de la Ve République a même continué à fréquenter d'anciens responsables de la Cagoule, cette organisation criminelle et fascisante démantelée en 1938. François Gerber, auteur de Mitterrand, entre Cagoule et Francisque, peine à répondre à cette question (*).

 

Est-ce, tout simplement, parce que François Mitterrand éprouvait une réelle fascination pour René Bousquet, l'ancien secrétaire général de la police sous Vichy, impliqué dans la traque des juifs et des résistants, notamment dans la rafle du Vel' d'Hiv' ?

 

L'écrivain le dit clairement : contrairement à certaines légendes, François Mitterrand n'a jamais appartenu à la Cagoule. Contrairement à son ami d'enfance Jean-Marie Bouvyer, charentais comme lui, inculpé de complicité dans l'assassinat des frères Rosselli, des antifascistes italiens réfugiés en France. Jean-Marie Bouvyer a été recruté en 1941 par le Commissariat général aux questions juives. « En revanche, il est certain que le futur président, à partir de son retour en France en janvier 1942, évolue dans un milieu totalement infiltré par les cagoulards. » Et cela suppose « qu'il ait bénéficié d'un capital confiance qui n'était jamais spontané de la part de ces hommes rompus à la clandestinité », ajoute François Gerber, avocat pénaliste au barreau de Paris.

 

« Des fidélités assumées envers et contre tous »

 

Les connexions de François Mitterrand étudiant avec l'extrême droite avant-guerre sont connues du grand public, depuis l'ouvrage de Pierre Péan, Une jeunesse française, paru en 1994. Tout comme son passage à Vichy, si longtemps occulté. On savait également qu'il avait été embauché, peu après la Libération, par Eugène Schueller, patron de L'Oréal et ancien financier de la Cagoule, en tant que rédacteur en chef du magazine Votre beauté. En revanche, comment imaginer que ce jeune homme, qui aspire aux plus hautes fonctions de l'État, prenne des risques insensés pour s'entourer d'admirateurs du maréchal Pétain et de fanatiques de la collaboration avec l'Allemagne nazie ? Or François Mitterrand « assume des fidélités envers et contre tous ».

 

À commencer par le si mystérieux Jean-Paul Martin, haut fonctionnaire de Vichy dont le dossier d'épuration a curieusement « été égaré au cours de ces dernières années ». En septembre 1942, Jean-Paul Martin accepte de distribuer aux Allemands de vraies-fausses cartes d'identité françaises « pour dissimuler des espions à la solde du Reich en zone libre et débusquer les émetteurs radio clandestins qui transmettent régulièrement des messages vers Londres ». Directeur de cabinet de Bousquet, Jean-Paul Martin participe à la déportation des juifs étrangers au printemps et à l'été 1942, puis aux arrestations de juifs français, en zone occupée et en zone libre, au cours des années 1942-1943.   

 

Nommé ministre de l'Intérieur par Pierre Mendès France en 1954, François Mitterrand choisit Jean-Paul Martin, pourtant exclu de la fonction publique à la Libération, comme directeur adjoint de cabinet. Il sera même fait officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre national du mérite ! Présent lors de son enterrement, le président « veillera personnellement à ce que le drapeau tricolore couvre le cercueil ».

 

« Affront »

 

L'embauche de Jean-Paul Martin n'est pas une simple erreur de « casting ». François Mitterrand va aussi recruter Jacques Saunier, appelé par René Bousquet en 1942 à la sous-direction des Renseignements généraux. Ce collaborateur flirte avec les Brigades spéciales, responsables en 1943 de plus de 1 500 arrestations au sein de la résistance juive et communiste. François Mitterrand, sans sourciller, le nomme chargé de mission en qualité de sous-préfet hors classe.

 

Dans cette liste des proches collaborateurs du futur président de la République, citons encore Yves Cazeaux et Pierre Saury. Ce dernier, nommé commissaire par René Bousquet, était devenu intendant de police (l'équivalent du préfet) fin 1943 à Lyon. Révoqué de la fonction publique à la Libération, il est pourtant récupéré par François Mitterrand ministre. Ce dernier va même en faire son suppléant comme député dans la Nièvre en 1967.

 

« Le recours à l'équipe Bousquet, dans les années 1950, reste un affront pour la démocratie renaissante, une injure à la mémoire des déportés et des résistants, un pied de nez aux gaullistes.

 

Pour quelle raison profonde François Mitterrand s'embarrasse-t-il de ces individus ? François Mitterrand avait-il des convictions ? » s'interroge François Gerber, constatant que « François Mitterrand aurait pu choisir Jean Moulin pour modèle, il a préféré René Bousquet ».

(*) L'Archipel, 385 pages.

 

 

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec  « Il n'y a d'amour éternel que contrarié. Méfiez-vous d'un amour paisible où tout va bien ! Quand c'est difficile – quand c'est tout le temps difficile –, l'amour ne s'éteint pas. » Mitterrand

Étrange semaine où, sortant de mon indolence résignée, je me suis révolté, une révolte froide, sourde, intérieure, dont j’ai le secret. Je ne me laisserais pas faire. Je ne le laisserais pas faire. J’allais à nouveau me battre sur les deux fronts sans rien lâcher. Il y en allait de ma survie. Pour autant, il n’était pas question pour moi, sur le premier front d’avancer sabre au clair, je savais que nul ne peut lutter contre l’ironie du sort et, quoi que je pense, quoi que je fasse, le sable du temps, un jour, me séparerait d’elle sans que je puisse mettre mes pas dans une vie commune, l’aimer au jour le jour. Et pourtant, c’eut été possible si… je n’en démordais pas… conforté en cela par ce François de Jarnac.

 

Ariane Chemin, fine plume, fait le récit de cet amour fou«  Ce n'était pas le schéma qui était prévu. C'est une affaire qui m'a (…) dépassée », confie Anne. C’est ainsi que pour nous ce serait arrivé, tout aurait été balayé et… croyez-moi je ne rêve pas… Mais, si vous savez lire entre lignes, revenons à François :

   

« Jean Lacouture, le voisin de Gordes, a raconté que c'est à Anne Pingeot, et à elle seule, que le président avait confié le secret de son cancer, en décembre  1981. La scène s'est jouée rue Jacob. À la mort du président, la Mitterrandie s'était offusquée de la photo de l'homme politique volée sur son lit de mort. Pas Anne Pingeot. »

 

« Ma mère est l'héroïne d'un film que personne ne verra jamais » écrivait il y a dix ans encore Mazarine Pingeot. »

 

« Par délicatesse, le grand amour de François Mitterrand a attendu la mort de l'épouse, Danielle Mitterrand, pour la mise à nu de ses secrets d'alcôves. Les lettres sont publiées brutes, comme un marbre du Musée d'Orsay, sans préambule ni introduction de la conservatrice. Anne Pingeot reste l'absente-présente de ces deux livres, comme elle l'a été tout au long de la geste mitterrandienne.

 

« Ce n'est qu'à la mort de François Mitterrand, en janvier  1996, que le nom et le visage de cette femme brune à la peau claire s'étaient dévoilés au public au cimetière de Jarnac. Mal protégée par une voilette de dentelle noire, comme une héroïne de François Truffaut, la conservatrice avait offert ce maintien un peu bourgeois et raide que François Mitterrand appréciait tant et ses yeux rougis aux Français émus. Près de dix ans plus tard, Mazarine Pingeot avait brisé un second tabou. Les Français venaient d'apprendre, en suivant la chronique du procès des écoutes clandestines de l'Elysée, que François Mitterrand n'avait reculé devant rien pour préserver sa « seconde famille » ! La jeune agrégée de philosophie racontait dans Bouche cousue (Julliard) « l'autre vie » du président socialiste de la République, et on comprenait que c'était… la vraie.

 

Adieu les histoires et géographies officielles, place à d'autres, officieuses. La légende a longtemps raconté que le 10  mai 1981 de François Mitterrand s'était achevé rue de Bièvre devant une tasse de camomille ; en fait, le vainqueur était aussi passé à " Saint-Germain-des-Prés "– le nom de code utilisé pour désigner l'appartement d'Anne et de Mazarine Pingeot, rue Jacob, dans le 6e arrondissement de Paris, avant leur déménagement quai Branly, dans un appartement de fonction, juste au-dessous de celui de François de Grossouvre, un homme de confiance du nouveau président. Après Latché, la bergerie familiale des Landes si médiatisée lors de l'élection présidentielle de 1974, on découvre qu'un autre refuge à Gordes, dans le Luberon, abritait la maison du couple illégitime. Sans oublier, dès l'automne 1982, Souzy-la-Briche, près de Paris, une résidence de la présidence de la République dénichée par André Rousselet, que les paparazzis n'ont pas l'idée d'aller espionner et que « l'autre famille » occupe le week-end.

 

C'est à la fin des années 1950 que François Mitterrand a croisé au club-house du golf d'Hossegor, dans les Landes, la fille de son ami Pierre Pingeot, un industriel auvergnat, proche des Michelin, catholique et conservateur, qui préside l'Automobile Club et le Rotary de Clermont-Ferrand. Anne Pingeot a été élevée entre les cours à l'école privée et la messe à l'église catholique. L'hiver, en Auvergne, la jeune fille à la jupe plissée bleu marine semble comme échappée de Ma nuit chez Maud, le film d'Eric Rohmer. L'été, à Hossegor, elle abrite souvent ses robes longues d'une ombrelle. « Anne ressemble à ce qu'elle étudie », disait François Mitterrand en songeant sans doute aux figures impressionnistes de Caillebotte ou Monet. Il l'aperçoit quand elle a 14 ans, la remarque quand elle en a 18. Elle a 20 ans quand ils s'aiment, lui, 47.

 

«  Ce n'était pas le schéma qui était prévu. C'est une affaire qui m'a (…) dépassée », a raconté en 2015 Anne Pingeot à l'ancien correspondant de la BBC à Paris, Philip Short. Ses seules confidences à ce jour. " Je n'ai jamais connu personne d'autre. Ni avant ni après ", aurait-elle dit au journaliste britannique, qui le rapporte dans François Mitterrand, portrait d'un ambigu (Nouveau Monde éditions).

 

À cette « femme-fille-fleur-fruit-beau soleil », François Mitterrand dit son amour éternel, mais il refuse de divorcer : la morale bourgeoise et catholique de l'époque, a-t-on toujours expliqué. Ce n'est pas la version d'Anne Pingeot. « Il n'abandonnait jamais un choix. Danielle, c'est un choix qu'il avait fait », a confié la conservatrice. Au milieu de la correspondance publiée le 13  octobre chez Gallimard, on lit ce petit mot de Mitterrand, griffonné sur un bout de nappe en papier d'un bistrot, à l'été 1966 : « le péché commence au confort ».

 

 

8 avril 1964: «La blessure physique d'un arrachement»

 

Quand je vous ai prise dans mes bras, au moment de votre départ, c'était encore quelque chose d'autre que ce que ces six mois m'avaient apporté. J'étais si totalement joint à vous, si confondu en vous qu'à l'heure où je trace ces lignes, après une nuit, par un matin léger de Paris, face aux frondaisons du Luxembourg tandis que vous roulez vers l'Auvergne, je ressens encore la blessure physique d'un arrachement, lorsqu'il a fallu éloigner votre visage, se détacher de vous.

 

Je crois que vous me pardonnerez de vous le dire parce que je crois que vous le savez. (Envoyée le Mercredi 8 avril 1964)

 

29 avril 1964: Comment concilier vie politique et vie amoureuse

 

«Anne, à demain. Je serai à 20 heures rue Saint-Placide. D'ici là j'aurai, ce soir, une réunion de travail politique - demain matin, Assemblée ; et l'après-midi je me sentirais heureux de vous savoir toute proche.

 

Oui à demain donc. (Envoyée le jeudi 9 Avril 1964)

 

Anne, je pars dans une heure pour Londres et je dois passer auparavant quelques instants chez Defferre. Je ne vous écrirai donc qu'une lettre hâtive et qui exprimera fort mal ce qui me pousse à vous l'envoyer.

 

Mais voilà: je ne peux pas attendre pour vous dire, vous redire, que triste ou heureux mon cœur est plein de vous. Je m'émerveille du don qui m'a été fait, de ces mois si riches, de votre présence sensible et tendre qui m'a apporté toute la délicatesse du monde.

 

Mais chaque fois que je vois clairement que ce qui nous unit est pour vous source d'angoisse et de déchirement j'ai mal moi-même. Il me semble que je manque encore du courage qu'il me faudrait pour dominer la violence de la joie ou de la peine qui s'emparent de moi dès qu'il s'agit de vous. Je vous aime et ne puis désaimer et ne puis me défaire du bonheur d'aimer, de l'espoir d'aimer.

 

J'ai trop vécu pour ignorer la qualité, la vérité rares, oui, mon Anne, tellement rares de notre accord. Oui le vent s'est levé et mon ciel, traversé de vents contraires et de tempêtes, ressemble à celui d'hier quand le soleil du soir l'emporte et nous offre sa pureté poignante et souveraine. Le vent s'est levé sur ma vie.

 

Et vous êtes là, devant moi, mon île, ma terre, mon bien, mon port, ma paix - et dans le moment même où je trace ces mots je sais et je comprends tout de vous qu'habite une grande exigence. Ah! comment démêler ces contradictions!»

 

28 mars 1974: Quelques jours avant l'élection présidentielle de 1974

 

«Anne chérie,

 

Je t'écris de chez les Destouesse. Cela sent la cire. Le soleil passe en biais par les fenêtres. Un peu de poussière joue dedans. J'entends les oiseaux. Nous avons Michel et moi couru les chemins de sable, longé le courant d'Huchet, dans le silence des arbres et des poissons. Les ajoncs sont fleuris. Jaune d'or comme au temps de nos promenades… pascales. On a roulé un peu au hasard, pour voir des maisons et des clairières. Il est 16h45. Je poserai ma lettre au retour à la poste de Vieux-Boucau.

 

Si tu viens dans quinze jours nous ferons de belles balades. L'air est eau fraîche. On y boit. Je ferai un peu de bicyclette avant la nuit. Pour me dérouiller les muscles. Et respirer, respirer. J'avance dans Joseph le nourricier de Thomas Mann, dernier des quatre volumes de Joseph et ses frères.

 

Je pense à demain soir, à toi, à notre voyage du lendemain, aux odeurs qui nous attendent. T'écrire il y a beau temps que j'en avais perdu l'habitude. Je voudrais t'embrasser à petites lapées. Tu es mon oiseau chaud et doux de la nuit.

 

Je t'aime.»

 

La dernière lettre: Belle-Ile, le 22 septembre 1995

 

«Ce sera ma dernière lettre de Belle-Ile puisque je pars demain matin pour Paris. Les conditions en sont encore incertaines car il y a une forte brume et le petit avion monomoteur n'est pas sûr de pouvoir décoller à l'heure dite. Je ne sais donc quand j'arriverai. En tout cas je serai à Paris avant l'heure du dîner et mon plus cher désir est de partager ma soirée avec toi. On pourrait aller au restaurant ce que t'éviterait toute cuisine. Sinon on resterait à Le-Play et j'espère que j'aurai obtenu d'ici là une copie de La Rivière Espérance. Tu vois que je raisonne comme si tu avais envie de me retrouver! Moi, j'aimerais tant.

 

J'ai encore eu Mazarine au téléphone, qui s'escrimait à la machine. Quelle bonne idée! Elle a été charmante comme elle sait l'être. Quel cadeau tu m'as fait.

 

Ici je suis un peu en veilleuse. Le bras un peu souffrant et les forces qui se baladent je ne sais où mais qui ont délaissé mon corps. On verra bien. L'air est bon, peut-être réparateur. J'ai devant moi la mer qui se confond avec les rochers. Pas de vent. Rien ne bouge.

 

Ça me rend bizarre de ne pas te téléphoner. J'aime ta voix même quand elle se fait sévère. Tu as dû beaucoup travailler. Comment te retrouverai-je. J'avance tout doucement dans mes corrections. 150 pages. Manquent les idées générales. Il faut que je les insère dans le récit trop factuel en linéaire.

 

Dans les Pensées j'ai noté celle-là: «Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux de n'y point penser.» Ou: «Quelle chimère est-ce donc que l'homme? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige? Juge de toutes choses, imbéciles, ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitudes et d'erreur, gloire et rebut de l'univers qui démêlera cet embrouillement?» Oui, tout est embrouillement. Je vois dans ma vie une clarté. Hors de toi tout s'obscurcit.

 

Et voilà que je ne sais plus quoi faire de moi, mon temps fini. Une vraie conjuration! Mais je sortirai de ce bizarre état, ridicule et pittoresque. C'est déjà si difficile de connaître l'usage qu'on doit faire de sa vie! Le reste est plus simple puisqu'il suffit de décider.

 

Mon bonheur est de penser à toi et de t'aimer.

 

Tu m'as toujours apporté plus. Tu as été ma chance de vie. Comment ne pas t'aimer davantage?»

 

Un large et quasi infranchissable fossé me sépare de ce type  que je n’ai jamais aimé, que j’ai un temps combattu avant de devoir me mettre à son service, mais, comme lui, j’aime l’amour par-dessus tout.

 

 

Du côté du second front, face à l’offensive du revenant et de ses séides pour dissuader les électeurs, ayant plutôt le cœur à gauche, de se déplacer pour aller voter à la Primaire de la droite et du centre, en les accusant de se parjurer, j’ai décidé de réanimer ma cellule opération Chartrons afin de les pilonner sans relâche avec deux arguments canons :

 

  • Nous sommes-nous parjurés en allant un beau dimanche voter pour Jacques Chirac pour faire barrage au père ?
  •  
  • Nous parjurerons-nous si, par malheur, nous devions à nouveau le faire au profit du « Nain », comme le nomme Chirac, afin de faire barrage à la fille ?
  •  

Nous ne prendrons pas ce risque en allant déposer un bulletin dans une urne pour l’éliminer, le jeter une nouvelle et dernière fois dans un oubli à la Giscard. C’est notre droit et nous l’exercerons le front haut car nous ferons œuvre de salubrité publique. Comme ça Nicolas pourra s'occupé  de Carla et de Giulia, pas sûr que la première supporte cette situation très longtemps... 

 

« Qu'il raconte une partie de golf, une promenade en forêt ou un rassemblement politique, qu'il associe à son texte une coupure de presse, une reproduction de tableau ou un ticket de cinéma, l'essentiel est toujours ailleurs, dans l'interminable dédicace qui permet de subvertir l'imposture du monde en célébrant la vérité de l'être aimé. Page après page, le réel de l'amant se trouve donc filtré par l'adoration : tout renvoie à Anne, à tel souvenir commun, à telle lecture partagée. Tout est coïncidence. Complicité. Ici, la littérature compte. Incarnation d'une époque où l'homme politique était aussi un homme de lettres, Mitterrand offre à celle qu'il aime un univers peuplé de poèmes et de romans (Aragon, Dostoïevski, Semprun...). Mais l'art importe encore plus, car Mitterrand partage cette passion avec Anne Pingeot, future conservatrice de musée qui jouera un rôle-clé dans le rapport du président socialiste à la -culture –  le Musée d'Orsay lui devrait de nombreuses collections et le Louvre sa Pyramide. « Ce Christ d'Holbein je scrute son  message, note Mitterrand le 26  juillet 1964, en marge d'une reproduction collée sur le papier. L'amour de toi m'occupe tant que me voici semblable à lui – nu devant une vérité que j'ignore. »

 

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec «les Français ne veulent ni d'un ludion narcissique aux Ray-Ban d'aviateur, ni d'un Félix Faure en scooter en butte, à minuit, au démon de midi».

Cette semaine j’ai revu URGA un film de Nikita Michalkow que j’avais beaucoup aimé lors de sa sortie sur les écrans en 1991. Les paysages de la steppe de la Mongolie intérieure, en territoire chinois, m’avaient fasciné et j’avais formé le projet de m’y rendre. La vie en a décidé autrement. Histoire simple de Gombo, éleveur, qui vit selon la tradition dans sa yourte, avec sa femme, Pagma, ses enfants, Bourma et Bouin, et Babouchka, la grand-mère. L’oncle, Bajartou, figure de légende, apparaît parfois sur son cheval. Gombo rêve d’une vie ancestrale, et, selon la coutume, plante son «urga » devant sa yourte pour annoncer qu’il fait l’amour.

 

Faire l’amour !

                  

Je pense à elle, elle qui refuse d’être heureuse…

 

La loi chinoise impose la limitation des naissances et Pagma, qui vient juste d’accoucher d’un 3e enfant, se refuse à son mari, mais ne voulant pas priver son époux de leurs rapports amoureux, elle l’envoie en ville acheter des préservatifs. Auparavant était survenu, Serguei, un Russe, tombé en panne avec son camion. Une amitié inattendue naît entre les deux hommes. Suivant Serguei, Gombo va s’enivrer des plaisirs de la vie urbaine. Il vient au secours de Serguei, arrêté par la police chinoise, parce qu’il est suspecté de subversion après être monté sur scène pour chanter une valse torse nue. De retour chez lui, Gombo se désintéresse rapidement de la télévision qu’il a ramenée pour faire plaisir à Pagma.

 

Têtu il veut un 4e enfant car Gengis Khan était le 4e de sa lignée…

 

Lion d’Or de Venise en 1991, Urga est un film bouleversant par sa justesse et son intelligence.

 

Et si un jour elle comprenait  que son bonheur passait par moi je pourrais enfin croire à l’amour.

 

Retour au marigot fangeux de nos politiques, ça pue de plus en plus pour le plus grand plaisir de la fille du borgne, ils pataugent, s’enfoncent dans le cloaque, c’est à gerber, comment les supporter.

 

Ce fut une semaine de l’exécrable Patrick Buisson, le mentor répudié qui déballe tout dans son pamphlet « La Cause du Peuple » qui est déjà un succès de librairie... au bout de 24 heures. Sorti jeudi, l'ouvrage de l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy s'est déjà vendu à 75.000 exemplaires, selon son éditeur.

 

Ces ventes surpassent largement celles du lancement de « Tout pour la France », le livre de Nicolas Sarkozy paru fin août (32.000 exemplaires écoulés en trois jours), pourtant lui-même considéré comme un succès.

 

Juste retour des choses, lorsqu’on dîne avec le diable, pendant des années et des années, avec une petite cuillère, fut-elle en argent, il ne faut pas s’étonner qu’après l’avoir répudié pour haute trahison, celui-ci se venge. Bien sûr il se venge au moment où ça fait le plus mal, il attend, la vengeance on le sait est un plat qui se mange froid, il frappe là où ça fait mal, tirant de leur long compagnonnage, de leur extrême proximité, cette capacité à fendre l’armure, à jeter aux chiens les petitesses de celui qu’il a fait Roi. Et Dieu sait que le petit agité n’est pas avare de phrases qu’il veut assassines, il est toujours si content de lui, sur ses talonnettes il plastronne, vilipende, insulte « casse-toi pauvre con ! », casse ses jouets, exhibe sa nouvelle épouse, l’hyperprésident disait-on, rien qu’un pauvre ludion sans convictions. Alors que Buisson dise la vérité ou non, peu importe, ce qui compte c’est qu’il fut tout au long d’un quinquennat le conseiller écouté du Prince vulgaire, que leur couple fascinait les médias, et que leur concubinage notoire a laissé des traces, que dis-je des trainées de boue.

 

« Dans ma vie j’en ai connu des trahisons, mais comme celle-là, jamais »!  Nicolas Sarkozy n’avait encore pas tout vu, tout lu, lorsqu’il s’affligeait ainsi à la télévision, le 21 septembre 2014, de la félonie de son conseiller privilégié, son inspirateur premier, on avait même dit son âme damnée, Patrick Buisson, lequel avait enregistré leurs conversations et échanges à son insu. Brutalement remercié pour ce manquement élémentaire aux relations de confiance, l’indélicat est allé beaucoup plus loin que cette fourberie qu’il maquille grossièrement des exigences de l’historien. Il a fait de son livre à prétention d’essai (1) un brûlot dévastateur contre ce maître qu’il a servi, et qui l’a grassement enrichi, tout en affirmant aujourd’hui qu’il « n’a jamais été dupe du personnage, qui n’était pas son genre ». A se demander quand même comment un homme qui a une si haute idée de lui-même, et de son intelligence, a pu pendant près de dix ans perdre ainsi son temps auprès d’un leader politique, qu’on a pu critiquer, et qu’on critique encore, mais qu'il passe, lui, au karcher de son encre noire afin qu’il n’en reste rien. Jugez en…

 

Buisson, Trierweiler... : ces« ex » à la vengeance médiocre

 

Lire ICI 

 

« Je vais te dire ce qui nous différencie des autres, c’est que toi (Buisson) et moi (Sarkozy), on est des mauvais garçons » lance ainsi Nicolas Sarkozy à son conseiller à deux mois de son élection en 2007. Pour Buisson, Nicolas Sarkozy était « un trader de la politique, un court-termiste qui avait le goût des allers-retours spéculatif ».

 

« Chirac aura été le plus détestable de tous les présidents de la Ve. Franchement, je n'ai jamais vu un type aussi corrompu. Un jour, il a voulu me faire signer un contrat avec l'Arabie saoudite. Je me demande encore comment il a osé me mettre ça sous le nez. Il en a tant fait qu'il était fatal que ça lui pète à la gueule. J'ai rarement rencontré quelqu'un d'aussi méchant et avide. »

 

Fillon, lorsque le Premier ministre inaugure une mosquée à Argenteuil le 28 juin 2010, le chef de l'Etat n’hésite pas à le taxer de « pauvre type, minable. » Et de lâcher : « Tant qu'il y est, il n'a qu'à venir mercredi au Conseil des ministres en babouches et avec un tapis de prière ! »

 

François Baroin, son probable Premier ministre s’il venait à gagner la présidentielle de 2017, en prend également pour son grade :

 

« Je l'ai acheté à la baisse. Trop cher, je te le concède, pour un second rôle », aurait déclaré l'ancien président, toujours d’après les extraits du livre.

 

Xavier Bertrand : « Dix ans à essayer de placer des assurances en Picardie, dix ans à taper aux portes et à se prendre des râteaux, ça a de quoi vous rendre méchant pour le restant de vos jours. C'est d'ailleurs pour ça que je l'avais choisi. »

 

Son pote Christian Estrosi n'est pas épargné : « Cet abruti d'Estrosi qui a une noisette dans la tête. »

 

Sur l'art constituer un gouvernement

 

En juin 2007 : « Je sais bien que je suis le Tom Cruise du pauvre, mais, enfin Gérard Larcher, ministre, ce n'est pas possible : il est trop laid ! Tandis qu'avec Rachida et Rama, on va leur en mettre plein la vue. »

 

Sur lui-même

 

En mars 2007 : « Ils s'en moquent, les Français, que je sois sympathique ! Ils veulent que je fasse le job. Est-ce qu'on demande à Rocco Siffredi d'avoir des sentiments ? »

 

Sur Carla Bruni

 

« Crois-tu que notre histoire à Carla et à moi aura un impact favorable sur le moral des Français ? »

 

Mais ce n'est pas tout. En plus de critiquer son entourage, le livre révèle que Nicolas Sarkozy se serait rapproché de Jean-Marie Le Pen avant l'élection présidentielle de 2007. Voyant la victoire se profiler face à la socialiste Ségolène Royal, il aurait dit à son expert en analyse de l'opinion :

 

« Appelle Le Pen. Demande-lui ce qu'il veut. Faut-il que je le reçoive ? S'il faut le recevoir maintenant, tu sais, je le recevrai. Je ne suis pas comme les autres. Je sais prendre mes responsabilités, moi. »

 

Comme les jugements sont assez pertinents pourquoi douter de la véracité des écrits de Buisson ? C’est un  féroce Buisson, comme savait le faire l’extrême-droite d’avant-guerre, sûr de son intelligence, de sa supériorité sur les médiocres, ne négligeant pas ses intérêts, il vise la mise à mort de son ancien poulain qui l’a jeté comme une pomme pourrie.

 

Et le vibrion, jamais en reste de se faire mousser, confirme, hors son mentor, qu’il est méchant, une teigne, un  sale mec :

 

Le 4 janvier 2015, Sarko interrogé le soir lors d’un dîner, après avoir été reçu à l’Elysée dans l’après-midi : « Alors, comment l’avez-vous trouvé ?

 

-          De près, immonde, a-t-il répondu. Ses cheveux sont mal teints, il a l’air d’un ministre chinois. La graisse dégouline sous sa chemise, et, en dessous, il  a des petites jambes d’enfant. »

 

De la part d’un géant juché sur de misérables talonnettes c’est révélateur de sa morgue, de son mépris, de sa vision de lui-même qui mérite l’exécration d’une large tranche de la population.

 

Mais il n’y a pas que Buisson qui veut lui faire la peau, le roquet de Meaux, n’est pas en reste :

 

Jean-François Copé, accuse Nicolas Sarkozy, mis en cause dans plusieurs affaires dont Bygmalion, d'être candidat pour échapper à la justice, dans Le Monde daté de vendredi. « J'ai compris qu'il y avait un alignement d'intérêts entre des écuries différentes. J'apparaissais pour chacun d'eux comme le coupable idéal, l'alibi parfait», déplore le député-maire de Meaux, cité dans un long article que lui consacre le quotidien.

 

Nombre de candidats à la primaire, accusés de l'avoir poussé hors de la présidence de l'UMP en 2014, en prennent pour leur grade, comme Nathalie Kosciusko-Morizet – « Elle a besoin d'exorciser sa défaite à Paris » –, Alain Juppé – « Il prend deux fois la parole pour que je quitte mes fonctions, il ne voit pas que si je pars, c'est Sarkozy qui arrive. »

 

Il affirme avoir dévoilé ce qu'il savait sur cette affaire à Nicolas Sarkozy en mai 2014, quelques jours après que le responsable opérationnel de Bygmalion, Franck Attal, lui eut révélé la fraude : « J'explique ce que je sais et, là, j'ai un mur de silence. J'ai compris rétrospectivement pourquoi », a-t-il déclaré. Jean-François Copé accuse par ailleurs Nicolas Sarkozy de vouloir échapper à la justice en se présentant à l'élection présidentielle.

 

« Sa mise en examen n'est pas que technique, elle porte sur une vingtaine de millions d'euros, qui en réalité sont un détournement ! C'est une fuite éperdue en avant. [...] Il voudrait que vous l'élisiez pour ne pas aller au tribunal ! » a-t-il assuré au quotidien.

 

L'attaque la plus virulente est cependant réservée à l'ancien Premier ministre, François Fillon : « Fillon passe après, [lors du bureau politique] la main sur le cœur : Mon éthique, mon sens de la responsabilité, tu dois partir... Dix jours après, il va bouffer avec Jouyet pour finir Sarkozy. Assez bête pour penser que Jouyet a la moindre prise sur le parquet. Il est d'une naïveté invraisemblable ! »

 

En face, le désamour entre le Président et son ex-protégé se traduit par des sobriquets bien puérils :

 

Selon Le Canard Enchaîné du 28 septembre 2016, Emmanuel Macron s’en serait violemment pris à François Hollande lors d’un déjeuner de presse organisé la semaine dernière. Il aurait déclaré : « Moi, je ne vais pas attendre de savoir si tarte molle y va ». Une petite remarque sympathique qui fera plaisir à François Hollande, lui que Martine Aubry avait traité de "mou", il y a quelques années. Cette phrase rapportée par le Canard a été démentie par l’entourage d’Emmanuel Macron qui affirme que l’ancien ministre ne parlait pas du président de la République.

 

C’est de bonne guerre, même si vole bas ! En privé, François Hollande appellerait l’ancien ministre, Emmanuel « Macaron ». Selon le président, son ancien ministre serait sucré à l’extérieur mais mou à l’intérieur. Des échanges d’amabilités qui risquent d’encore un peu plus d'envenimer une relation qui n’est pas au beau fixe depuis quelques mois.

 

Même Juppé se lâche il répond avec humour à son adversaire François Fillon qui le compare à une «tisane» il lui suggère de faire « attention à l’excès de vodka », fine allusion aux positions pro-russes de l’ex-cocker triste de la Sarthe réfugié dans le douillet 7e arrondissement de Paris.

 

Il s'est déclaré «violemment modéré» mardi dernier dans l'hebdomadaire La Vie. «Je sais que pour certains, je ne vais pas assez loin, qu'il faut faire des chocs. La mode est aux chocs, choc fiscal, choc social… Mais à force de faire des chocs sur la France, on risque bien de casser la mécanique»

 

Buisson au 20h de France 2: une diabolique opération de com' contre Sarkozy

 

« Quelle étrange fascination pour un personnage qui ne mériterait que l’indifférence… Depuis quarante-huit heures, Patrick Buisson est l’homme autour duquel la vie publique s’organise… On ne parle que de lui, on ne débat que de lui… Ce mercredi soir, il était posé en majesté au journal de 20h de France 2, dénonçant Nicolas Sarkozy, ses reniements et ses trahisons. Ce jeudi, il sera de nouveau convié par un grand média, Europe 1, pour répéter encore et encore, que Nicolas Sarkozy est un reniement et une trahison…

 

Patrick Buisson, qui est tout autant communicant qu’idéologue, a bien choisi son moment pour sortir son pamphlet anti-Sarkozy. Fin septembre, soit en un temps où il pouvait anticiper que Nicolas Sarkozy serait candidat déclaré à la Primaire et où le momentum de la Primaire commencerait à s’enclencher. Fin septembre, c’était la date idéale pour lancer un missile contre l’ancien président en campagne, au moment où les électorats potentiels de la Primaire ne sont pas encore cristallisés de manière plus ou moins définitive, mais en phase d’observation et d’évaluation des forces en présence. Détruire Sarkozy avant qu’il n’ait pu construire les fondations de sa victoire de manière irréversible.

 

Patrick Buisson connaît bien la sphère politico-médiatique. Il en sait les us et coutumes, les appétences et les révérences. Il a donc attendu patiemment les circonstances propices au lancement de sa torpille sur le croiseur Sarkozy, le moment où l’actualité politique lui assurerait une couverture médiatique massive, deux ans après sa disparition totale des radars audiovisuels. »

La suite ICI 

 

Affaire Bygmalion: cet intrigant Copé qui trahit Sarkozy

 

 Un grand sentiment de malaise. Il faut voir et revoir les quelques minutes où apparaît Jean-François Copé dans le reportage de l’émission Envoyé spécial consacrée à l’incroyable affaire Bygmalion, accablant récit d’un dérapage politique, moral et financier, engendré par la mégalomanie d’un candidat en campagne, soit Nicolas Sarkozy en 2012.

 

Il faut visionner et revisionner ce grand moment de télévision où, l’espace d’un instant, apparaît la vérité d’un homme, d’un système, d’une époque, et révèle finalement la maladie profonde du système sarkozy.

 

La suite ICI 

 

FOG - Sarkozy, candidat des grands médias

 

Alors que Nicolas Sarkozy subit toutes sortes d'avanies, du livre de Patrick Buisson à la relance de l'affaire libyenne, le « système » a décidé qu'il devait gagner les primaires de la droite et du centre. D'où la campagne, plus ou moins ouverte, de la plupart des grands médias ou des groupes de presse parisiens en faveur de l'ancien président.

 

Qu'ils me pardonnent de briser l'omerta, mais à lire, voir ou entendre ces grands médias, on ne peut qu'être étonné par leur bourrage de crâne obsessionnel ou par leur tendance enfantine à camoufler certains sondages dès lors qu'ils sont défavorables à leur champion.

 

Ne sommes-nous pas devenus une république bananière ? La question n'est pas nouvelle, mais elle mérite plus que jamais d'être posée. Depuis des années, la France vit sous le signe du mélange des genres et son jacobinisme naturel n'arrange rien : tout est régenté depuis Paris par ce « microcosme » que fustigeait Raymond Barre et où trempent, dans le même marigot consanguin, la politique, la banque, la presse et le monde des affaires.

 

La France vit ainsi sous un régime qui n'est pas sans évoquer celui que les communistes appelaient jadis, pour l'exalter, le « centralisme démocratique ». Ses méthodes sont certes plus sophistiquées, mais il ne laisse guère de place au pluralisme. Les voix discordantes sont priées de se taire : tous derrière Sarkozy, tel est le mot d'ordre donné aux soldats du « microcosme ».

 

Après ça, il ne faut pas s'étonner si le FN ou le Front de gauche, hérauts du dissensus, ont le vent en poupe. Le populisme ne se nourrit pas seulement des peurs ou du sentiment de déclassement de classes moyennes en voie de prolétarisation. Il est aussi alimenté par notre déficit démocratique, qui provoque en chacun de nous, à intervalles réguliers, une sensation d'étouffement sous une chape de plomb. Pitié ! De l'air !

 

Au XIXe siècle, le prophétique Tocqueville (1) nous avait mis en garde contre la mauvaise pente de la démocratie qui nous mènerait peu à peu vers une sorte de « tyrannie douce ». Eh bien, nous y voilà ! La logique de cette dégringolade mentale est de réduire les électeurs à l'état de « moutonnaille », comme disait Rabelais, avec pensée unique, plat unique, son de cloche unique... et candidat unique.

 

Le « microcosme » a souffert sous Hollande, qui, contrairement à ce que disent les prétendus frondeurs, s'en est toujours tenu à distance. C'est pourquoi sa mouvance rêve aujourd'hui de Restauration, Sarkozy étant son Louis XVIII, le charisme et la niaque en plus, bien entendu. Sous sa présidence, l'« établissement » concubinait avec l'Élysée, il se sentait écouté et associé. Il était, pour ainsi dire, partie prenante. Il est donc normal qu'il ait une vive nostalgie de cette époque.

 

Si les médias nous servent du Sarkozy matin, midi et soir, c'est certes parce que l'ancien président est depuis longtemps passé maître dans l'art de lancer à tout vent des débats de toutes sortes, sur le burkini, l'identité ou les Gaulois. C'est un indéniable talent. Mais pourquoi faut-il que nos chers confrères minimisent ou sous-estiment systématiquement les campagnes des autres candidats des primaires ?

 

Comme par hasard, les rivaux de Sarkozy ne vaudraient pas un clou. Rares sont les grands médias qui leur donnent leurs chances. Oyez les rumeurs qu'ils distillent depuis la rentrée. Alain Juppé serait ennuyeux ; François Fillon, fade ; Bruno Le Maire, léger ; Nathalie Kosciusko-Morizet, superficielle. Même quand ils sont intéressants, leurs livres-programmes ne sont recensés qu'avec dédain ou mépris.

 

Plutôt que d'encenser leur héros à tout bout de champ, les grands médias préfèrent - technique plus maligne - dénigrer les adversaires de Sarkozy, sans regarder de près ni de loin leurs propositions supposées barbantes. Un pilonnage insidieux et de tous les instants.

 

La primaire de novembre est-elle déjà jouée ? Sans doute pas. Le temps est loin où la presse faisait la loi, quand le dramaturge Maurice Donnay disait qu'il suffirait d'une campagne de presse bien menée pour qu'au bout de deux mois les Français crussent en Dieu. Les électeurs ne se laissent plus manipuler si facilement, comme on a pu l'observer pendant la campagne de 1995, quand tous les grands médias français, y compris Le Monde, soutenaient la candidature de Balladur à la présidence avec la subtilité d'un rouleau compresseur. On connaît la suite.

 

Les temps ont changé. Que les grands médias américains fassent campagne pour Hillary Clinton et dénoncent sans cesse Donald Trump, ce n'est pas forcément un atout pour la première ni un handicap pour le second, qui se targue avec ostentation de l'animosité de la presse à son égard. Quand les médias sont présumés suspects par l'opinion, leur hostilité peut se retourner contre eux et devenir une force pour ceux qu'ils cherchent à détruire. C'est vrai en France comme aux États-Unis.

 

Quant aux affaires ou aux scandales, on peut toujours leur survivre. Nicolas Sarkozy n'en a-t-il pas été jusqu'à présent la preuve vivante ?

 

  1. voir De la démocratie en Amérique.

 

Pour m’extraire du cloaque je lis :

 

- Vous avez une idée mesquine de la liberté, crie le Journaliste.

 

Derrière son bureau, le ministre de l’Intérieur répond :

 

- Tu es sectaire. Tu ne mérites pas la liberté.

 

Le détenu s’exalte :

 

- Sectaire d’une grande secte, pas de petits copinages comme vous.

 

Le ministre insiste en lissant le pan de sa veste :

 

- Le copinage est une coïncidence d’intérêts, une socialisation, c’est de la politique. La secte, c’est le fanatisme, l’intransigeance, le dédain insolent des autres.

 

Le prisonnier tape du poing sur la table :

 

- La secte est une vertu et une fonction sociale. La secte à un fond géométrique, d’une géométrie spéciale, bien articulée. La secte fait avancer les idées, les passions, elle ébranle et accélère le temps. Vous râlez contre les sectes. Que sont donc les jésuites, les augustins qui vous donnent des ordres et vous inspirent, et loin desquels vous avez l’impression de perdre toute autorité, tout pouvoir, toute volonté ? Notre secte est animée d’impulsions cosmiques, pas de théologies écœurantes. Les planètes d’autres systèmes traiteraient le nôtre de sectaire parce qu’il tourne autour du Soleil. Ce système est une secte comme la nôtre. La nature est sectaire, elle aime la géométrie invariable et permanente. Je suis sectaire ! Soyons tous sectaires ! La discipline et la géométrie nous sauveront ! »

 

Ramón Sender dans O.P. [Ordre Public] années 20 dans la plus grande prison pour hommes de Madrid, la Moncloa.

 

Allez, pour sourire un peu :

 

Fabrice Luchini est-il un conseiller occulte de François Hollande ? En tout cas, ces deux-là sont amis. Selon l'hebdomadaire people Closer, le président de la République a passé le week-end dernier dans le Loir-et-Cher à Chambon-sur-Cisse, dans la maison de celui qui incarna Beaumarchais à l'écran.

 

«Pour justifier un tel déplacement, le chef de l'Etat a décidé d'ajouter à son agenda une visite inopinée au maire de Blois», croit savoir le magazine.

 

L'histoire ne dit pas si Julie Gayet accompagnait le chef de l'Etat. François Hollande a, en tout état de cause, passé un moment avec l'acteur déjanté amateur de Céline et des fables de la Fontaine. Selon l'hebdomadaire le comédien est aussi un proche de Brigitte Macron, la femme d'Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'économie de Manuel Valls.

 

Dans son livre paru en début d'année, Luchini racontait sa rencontre avec Hollande : « Il est parfait. Pas une question bidon. Pas un compliment étrange. » Et celle avec Macron : « Il est bien séduisant Macron. Il rit. Il jubile. Il travaille. Son épouse veille sur lui. Il est puissant et concentré. Il est exceptionnel, ce Macron. » 

 

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, mon père est hongrois, mon grand-père maternel est grec, je parle français… cherchez l’erreur dans la gauloiserie de Sarkozy…

Je suis très triste Chimulus mon illustrateur préféré est mort...

 

« Ne comptez pas trop sur moi pour la promo et les signatures » nous avait-il prévenu. Avec James Tanay, on préparait la publication de son premier livre de dessins.

 

Chimulus a hélas tenu parole, il est mort le 17 septembre 2016 d’un cancer qu’il avait caché à tous. Le livre paraîtra fin octobre comme prévu même si on est profondément triste et c’est rien de l’écrire. »

 

Fils du dessinateur du Figaro Jacques Faisant, Chimulus avait commencé au JDD et au magazine ELLE avant de contribuer ensuite à La Tribune, Le Post et plus récemment pour l'OBS.

 

 

Retour sur la terre : je ne dirai plus un mot de trop à propos de Michel Onfray depuis que j’ai lu : L'hommage de Michel Onfray à Michel Rocard

 

Prospérités du vice et malheurs de la vertu : le philosophe loue la rigueur protestante de Michel Rocard, qui l'a protégé... et perdu.

PAR MICHEL ONFRAY

Publié le 07/07/2016 à 06:52 | Le Point

 

« Je ne suis pas sadien, on le sait, mais le marquis avait, hélas, raison de constater que, dans le monde, il y avait prospérités du vice et malheurs de la vertu. La mort de Michel Rocard en permet une illustration. Les morts sont tous des braves types, on le sait. Déluge d'hommages, de Le Pen l'ennemie de la gauche à Mélenchon l'ami de Mitterrand, qui était l'ennemi de Rocard. Laissons cela.

 

Rocard n'a pas été président de la République, au contraire de Mitterrand, en partie parce qu'il était protestant et que le fils du vinaigrier de Jarnac était catholique. De même, Jospin a manqué l'élection parce qu'il était lui aussi parpaillot alors que Hollande l'a gagnée car il était catholique - du moins : d'origine et d'éducation catholique.

 

Je m'explique : les protestants économisent les intermédiaires entre eux et Dieu. Ce qui est dit ou fait, péché ou bienfait, est su par Dieu, qui s'en souviendra le jour du Jugement dernier. On peut être athée mais éduqué par une famille ou dans un pays protestant et penser selon cet ordre, on vit imprégné par cette vision ontologique du monde : Dieu voit ce que nous sommes.

 

Les catholiques installent une multitude de chicanes entre eux et Dieu. Dont celle de la confession auriculaire : on pèche, on se confesse, on obtient l'absolution (jadis on pouvait même acheter des indulgences pour accélérer le processus du pardon divin, ce qui a fâché Luther, on le sait...), on sort du confessionnal avec l'obligation de réciter des pater et des ave - et l'on peut recommencer. Dieu n'est pas regardant.

 

Mitterrand a menti, trahi, trompé : il a été élu et réélu. Rocard, en disant la vérité, est resté fidèle à ses idéaux : il n'a pas été élu.

 

Voilà pourquoi dans les pays protestants, notamment dans les pays nordiques, les journaux sont en accès libre dans la rue, à charge pour l'acheteur d'en prendre un et un seul, puis de le payer en glissant sa monnaie dans une boîte à l'air libre, alors qu'en pays catholique, en France par exemple, pareil dispositif serait ravagé par un type qui embarquerait la collection de journaux, la caisse avec l'argent et qui irait revendre plus loin les journaux en empochant les bénéfices - avant d'aller se confesser. La repentance est aujourd'hui la forme postmoderne de cette logique.

 

Des manifestations d'extrême droite de sa jeunesse au dernier déjeuner élyséen au cours duquel il entretient Jean d'Ormesson de la puissance du lobby juif, Mitterrand a menti, trahi, trompé, mystifié, abusé, dupé, escroqué, berné : il a été élu et réélu. Rocard s'est refusé au vice, notamment en disant la vérité, en ne mentant pas, en restant fidèle à ses idéaux : il n'a pas été élu. Jospin a été digne, il n'a pas fait un concours du plus gros mangeur de tête de veau, il a refusé les mains au cul des vaches dans les comices : il n'a pas été élu. Chirac a été élu et réélu.

 

Plus tard, c'est Hollande, l'homme de toutes les ondulations vipérines présentées comme un art de la synthèse, de tous les renoncements maquillés en fidélités, de toutes les compromissions exhibées tels des compromis, qui a été élu. En France, on aime les voleurs de journaux, pourvu qu'ils volent à grande échelle. Je me sens chez moi dans les pays scandinaves. »

 

 

Le 24 septembre 2000 la France adoptait le quinquennat présidentiel par référendum avec le tandem Jospin #Chirac, pour la première fois de ma vie de citoyen je ne suis pas allé voter et je regrette cette abstention : j’aurais dû voter contre mais je ne voulais pas mettre ce brave Jospin dans la panade.

 

Le résultat est là : 5 ans de tunnel, un Président qui ne pense qu’à se représenter, le perdant du tour précédent à se venger, une opposition bête à manger du foin, une majorité qui s’étripe, plus aucun recours démocratique pour redonner de l’air au système parlementaire favorisant ainsi les aboyeurs démagos exclus du jeu. La Ve a été taillée pour De Gaulle contre ce qu’il qualifiait, à juste raison, le régime des partis, alors le package élection présidentielle-élections législatives, qui aurait dû lier la nouvelle majorité au programme du nouveau président, transforme l’Assemblée Nationale en lieu de résistance au couple exécutif.

 

Dans le bordel des Primaires de la Droite, comme dans celles de la Gauche, des écolos, nouvel échelon dans la désagrégation gaullienne, tout le monde semble oublier que la victoire s’obtient au deuxième tour de scrutin et que c’est l’électorat central qui fait pencher la balance du bon côté. Sarkozy en mettant la barre à l’extrême-droite fait la même erreur que lors du premier tour de la Présidentielle, sans doute arrivera-t-il en tête mais où seront ses réserves de voix pour vaincre au second tour. De plus, une Primaire ouverte est par définition ouverte à tous ceux qui y trouvent un intérêt : plus Sarko met la barre à l’extrême-droite plus il motive les électeurs de gauche à aller voter à la Primaire pour lui faire barrage et s’éviter un second tour de la Présidentielle : Sarko-Le Pen. Pour la Gauche : imaginez un seul instant Mitterrand se présenter à une primaire ? Impensable !

 

Et puis, supposons que le Sarko passe la barre des Primaires puis soit élu au ras du cul à la Présidentielle face à la Marine (je ne participerai pas au second tour et je ne serai pas le seul), aux législatives il n’est pas assuré de trouver une majorité dans les urnes face à un FN qui mettra les Républicains au pied des désistements circonscription par circonscription. Bref, le risque d’un beau bordel en perspective. Je ne sais si nous sommes des Gaulois mais je ne suis pas loin de penser que l’autre enflure de Depardieu n’ait pas un peu raison dans les colonnes du journal italien «Corriere Della Sera», où notre Gégé ex-national s’est offert une énième sortie médiatique où il tacle sévèrement la France et plus largement le peuple français. L’acteur star, en promotion pour son livre «Innocent», commence fort en déclarant : «Je ne me sens plus français mais citoyen du monde». Mais pourquoi ? Il s’explique. «La France risque de devenir un Disneyland pour les étrangers, peuplé d’imbéciles qui font du vin et du fromage qui pue pour les touristes. Il n’y a plus de liberté, les gens sont manipulés».

 

Même si le fil qui me retient est de plus en plus tenu, elle souffle le chaud et le froid, pourquoi refuse-t-elle obstinément d’être heureuse, je m’en tiens là sinon je prendrais deux sacs et je me casserais vite fait bien fait au soleil dans une grande maison sur les hauts de Monticello où j’accueillerais mes vrais amis !

 

Et un petit coup de misogynie corse :

 

« … Je connais une flopée de vieilles qui s’habillent comme des jeunes filles et qui sont toujours désirables. Le temps d’une nuit d’aveuglement. Si on fait abstraction du lard qui dégouline et de l’usure des chairs. Trajan prétend quant à lui qu’il y a une luminosité particulière qui permet de mettre une vieille en valeur dans une chambre. Mais je crois que, même dans l’obscurité, l’image d’une carcasse livrée aux e ne quitte pas votre esprit, et que les types comme moi, laids mais présentables – propres en tout cas – s’en iront en courant plutôt que de supporter le supplice des effluves de chair pourrissante. Peu importent les tartines de pommades qu’elles se balancent sur la tronche, et leur string coincé entre leurs fesses flasques, tout ce qu’on veut c’est avoir le droit de regarder dans d’autres directions.

 

Je sais, je pourrais me mettre à la place de ces vieilles peaux, j’aurais l’air moins misogyne. Mais que m’apporte de me mettre à leur place ? D’autant que je suis convaincu qu’elles sont aussi vénales et corrompues que les plus jeunes. Peut-être davantage encore, on ne peut leur trouver l’excuse de la candeur. »

Marc Biancarelli

 

Et pour finir un petit coup de Macron pour la route rien que pour faire bisquer la hollandie !

 

Macron : « Ne surtout pas faire le même coup que Le Maire »

 

L'ancien ministre de l'Économie et probable candidat pour 2017 sera à Lyon samedi, avant de présenter son "diagnostic" pour la France. Au compte-gouttes.

PAR CHARLOTTE CHAFFANJON

 

Emmanuel Macron s'attendait à prendre des coups. Avant même sa démission du gouvernement, alors que les polémiques se multipliaient comme des petits pains, celle de son ISF payé rétroactivement notamment, il nous lâchait : « Ce n'est que le début... » Il voyait juste. Alors qu'il sera demain à Lyon pour un colloque des sociaux-démocrates européens, plusieurs responsables ont renoncé à venir pour ne pas apparaître à ses côtés. Deux d'entre eux assument publiquement. Le commissaire européen Pierre Moscovici et le président de la fondation Terra Nova, qui confie au Monde : « Nous ne pouvons pas participer à ce qui est devenu une réunion de soutien à Emmanuel Macron. »

 

La suite ICI 

 

La présence de Macron fait fuir les invités du colloque des réformistes

Par Arthur Berdah Mis à jour le 23/09/2016 à 16:11 Publié le 22/09/2016 à 15:19

 

Le leader d'En Marche!, qui prononcera le discours clôturant ce rendez-vous européen, risque de se retrouver face à un public amoindri. Ses proches accusent l'Élysée de ne pas y être étranger.

 

La campagne est bel est bien lancée. Tandis que le désormais ex-ministre de l'Économie a quitté le gouvernement à la rentrée pour se consacrer pleinement à son mouvement En Marche! et préparer une éventuelle candidature à la présidentielle, les embûches se multiplient déjà sur sa route. Dernière en date: le colloque des de réflexion, et au cours duquel il est censé prononcer le discours de clôture.

 

Mais le public face auquel Emmanuel Macron s'exprimera sera plus réduit que prévu. Comme l'a révélé cette semaine Le Canard enchaîné, plusieurs défections de personnalités soucieuses de ne pas croiser l'ancien banquier d'affaires ont été constatées. C'est notamment le cas du premier ministre italien Matteo Renzi ou du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel. Selon l'hebdomadaire satirique, ces désistements seraient dûs à une intervention de l'Élysée: François Hollande aurait téléphoné en personne aux deux dirigeants. »

 

Collomb dénonce la «foudre obsidionale» des soutiens de Hollande

La suite ICI 

 

Macron : Henry Hermand, l'ami qu'on ne voudrait pas avoir

 

Le "mécène" d'Emmanuel Macron se lâche dans une interview au "Figaro". L'ex-ministre doit ruminer l'adage de Voltaire : "Mon Dieu, gardez-moi de mes amis..."

PAR EMMANUEL BERRETTA

Modifié le 20/09/2016 à 11:51 - Publié le 20/09/2016 à 09:46 | Le Point.fr

 

« Emmanuel Macron a eu de quoi s'étouffer en découvrant, lundi, dans Le Figaro, l'interview d'Henry Hermand, celui qu'on présente comme son « mentor » en politique. Un entretien au ton paternaliste qui infantilise l'ancien ministre... C'est l'interview que François Hollande aurait rêvé écrire tant le « mécène » de Macron, qui a fait fortune dans la grande distribution, y multiplie les maladresses et les critiques envers son poulain...

 

Cela commence dès la deuxième question quand Le Figaro lui demande quel rôle il joue auprès du présumé candidat à la présidentielle. « Je ne le quitte jamais ! » lâche tout de go le vieil homme. Et de révéler (si c'est bien vrai) qu'il est à l'origine de l'adoption par Macron de l'expression « progressiste » et l'abandon des notions de « social-libéralisme » ou « social-réformisme », dont Macron se réclamait dans les premiers temps. Ce genre de conseils, en principe, sont de nature à rester discrets. Hermand, lui, les affiche haut et fort, comme s'il avait peur de ne plus être sur la photo. »

 

Les pro-Hollande jubilent

 

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « Vous disiez, madame que ce procès est celui de la trahison. C'est vrai, il a trahi ses parents, sa famille, ses amis de la politique, ce monde qui est si transparent… »

« Je t'ai détesté, Jérôme. Je me suis dit : Pas ça, pas toi. Celui qui nous a présentés l'un à l'autre doit se retourner dans sa tombe », démarre l'avocat, évoquant sans aucun doute le constitutionnaliste Guy Carcassonne, décédé quelques semaines après les aveux de Jérôme Cahuzac en 2013 « Vous disiez, madame", dit-il en regardant la procureure Éliane Houlette, « que ce procès est celui de la trahison. C'est vrai, il a trahi ses parents, sa famille, ses amis de la politique, ce monde qui est si transparent… » ironise-t-il.

 

C’est ainsi que Me Jean-Alain Michel, l’un des avocats de Jérôme Cahuzac, commença sa plaidoirie pour le défendre, avec les mots les plus durs qui soient, et l'ancien ministre du Budget s'effondra en larmes note le journaliste.

 

Quelle peine pour son client ?

 

« Me Jean-Alain Michel ne rigole pas du tout lorsqu'il s'adresse à la cour de Jérôme Cahuzac qui cherche à affronter « sans peur et sans colère ce qu'il lui reste de vie et ce qu'il lui reste d'avenir ». « La juste peine est celle qui n'accable pas plus que nécessaire un homme fini, cassé, fracassé. C'est celle qui permet le rachat, qui autorise un avenir. »

 

Il raconte enfin que dans un petit village corse, où Jérôme Cahuzac passe désormais le plus clair de son temps dans la maison familiale, les habitants n'attendent que lui pour reprendre le cabinet médical qui va fermer. Eux, comme Cahuzac, connaîtront le verdict jeudi 8 décembre, à 10 heures. »

 

L’intégrale ICI 

 

Qui savait ? Le secret était celui de Jérôme Cahuzac uniquement, la plaidoirie est ici uniquement politique, sur un ton qui ne laisse plus la place à aucune plaisanterie. Sont visés François Hollande et ses proches.

 

« L'homme le mieux informé de France ne savait pas ? Dont acte. Son meilleur ami, avocat de Médiapart, parrain de ses enfants [Jean-Pierre Mignard] ne savait pas ? Dont acte. Le journaliste [Edwyn Plenel] ne lui a rien dit ? Dont acte. Le président n'a pas dit à Jérôme Cahuzac : « J'ai besoin de toi pour trois lois capitales qui se profilent à l'assemblée » ? Dont acte. »

 

Lire ICI Procès Cahuzac : l'amitié pour défense

 

 

Derrière Cahuzac, y-a-t-il vraiment la main de Rocard?

 

Le 14.09.2016 à 10h44

 

Les récentes révélations de l’ex-ministre du Budget sur l’origine de son compte suisse, ont été balayées d’un revers de la main, y compris par ses juges. Quand on regarde le dossier, elles ont pourtant un air de crédibilité qui mériterait d’avantage d’attention.

 

En 1992, Cahuzac évolue parmi les proches du système rocardien

 

Que sait-on aujourd’hui de la situation et du rôle joués par les principaux acteurs du dossier. En 1992, on l’a dit, Michel Rocard était, pour la troisième fois de sa carrière, candidat potentiel à l’investiture des socialistes pour une élection présidentielle. Pour celle de 1981, il avait renoncé. Pour celle de 1988, il s’était encore effacé devant François Mitterrand après avoir déclaré, urbi et orbi, qu’il serait en lice «jusqu’au bout». Pour celle de 1995, il pensait avoir enfin le champ libre.

 

A ceci près que le contrôle du PS lui échappait encore largement. Pour faire vivre son courant, pour constituer une équipe de campagne digne de ce nom, il ne disposait pas des moyens indispensables à quiconque nourrit d’aussi hautes ambitions. D’où la nécessité d’une cagnotte. D’autres que lui, à la même époque, n’ont pas procédé différemment. Dans le respect de la loi? C’est toute la question.

 

Dans la promotion du système rocardien, deux hommes ont occupé à l’époque une place centrale, côté recettes. L’un s’appelle Tony Dreyfus, futur député-maire du 10ème arrondissement de Paris. C’est un avocat d’affaire prospère qui suit Michel Rocard depuis l’époque du PSU. Il a hérité en 1988 d’un secrétariat d’Etat qui est celui des dossiers que l’on dira spéciaux. Son cabinet est la plaque tournante de la rocardie hors parti. Le constitutionnaliste Guy Carcassonne, ami intime de Jérôme Cahuzac, y a gite et couverts.

 

L’autre pilier du système s’appelle Claude Evin. Lui aussi a fait ses classes au PSU. Député de Loire-Atlantique, il a cumulé les postes de porte-parole du gouvernement et de ministre des Affaires sociales lorsque Michel Rocard siégeait à Matignon. Autour de lui s’active la fraction du courant la plus hostile à la mitterrandie. L’un de ses conseillers est Jérôme Cahuzac. Il est chargé de suivre l’activité des laboratoires pharmaceutiques. C’est une tâche à laquelle il se consacre avec une énergie et une poigne qui annonce déjà celle dont il fera preuve, après 2012, au ministère du Budget.

 

Lire ICI l’intégrale 

 

Qui s’approche de la vérité ? Sûrement pas Bazin, vieux journaliste de couloir, avec ses petites fiches bien tenues et ses copinages, oui il sait, il sait ce qu’on lui a distillé complaisemment dans l’oreille mais que sait-il au fond : rien de bien nouveau. Les dernières vérités de Cahuzac touchent elles bien plus à la réalité : que son premier compte fut ouvert sur la base de « bonnes intentions » : financer la future campagne de celui qu’il avait choisi comme poulain, c’est crédible.

 

« Jérôme Cahuzac est heureux et fier. Il prépare les synthèses et est chargé des collectes [financières] auprès des mastodontes de l'industrie pharmaceutique. Ce n'est pas suffisant. Il faut préparer la cagnotte, le trésor de guerre. Pourquoi Jérôme Cahuzac accepte-t-il de mettre les mains dans la boue ? Il entre davantage dans le saint des saints. Il est flatté que l'on le lui demande à lui. »

 

« C'est vrai que c'est du financement politique. Des preuves ? Non il n'en a pas donné. Mais qu'est ce qu'on aurait dit s'il avait donné des noms ? Les quelques hommes qui sont concernés par cet antique financement sont bien vivants et dans les allées du pouvoir. Ceux qui savent se taisent. Fallait-il briser leurs vies pour ça ? Mais Jérôme Cahuzac n’est pas seulement un tricheur. C’est quelqu’un qui a été adoré par ses électeurs ».

 

La plaidoirie est habile mais montre crûment ce qu’est Jérôme Cahuzac : un ambitieux qui sait où il va, qui sait ce qu’il fait, aimable avec ceux qui lui assureront sa juste place, impitoyable avec les autres qui pourraient lui barrer la route. C’est un homme avec sa part d’ombre et ses contradictions, ni plus, ni moins, quant à Michel Rocard nul besoin de le béatifier, il en sourirait, mais au temps où Cahuzac prenait sa roue, ses préoccupations, je puis l’assurer étaient bien loin du petit monde qui l’entourait. Laissons ça de côté, ça n’a que peu d’intérêt, nous sommes au tribunal correctionnel pour l’une des plus grosses fraude fiscale d’un personnage public pas à un procès de financement politique.

 

Avec Sarko, le nouveau climato-sceptique, il faut être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat ». « On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant, mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement », nous sommes à un autre niveau d’arrogance, de mensonge et de girouette s’adaptant à son auditoire.

 

Plusieurs mensonges sur l’affaire Bygmalion

 

CE QU’IL A DIT

 

« J’ai été mis en examen, ce sera facile de vérifier, pour le seul délit formel de dépassement du plafond de la campagne. »

 

Nicolas Sarkozy a raison sur un point : il est facile de vérifier. Mais pas dans le sens où il l’espérait. Il a été mis en examen pour « financement illégal de campagne électorale » (article L113-1 du code électoral). Ce motif de mise en examen recoupait cinq faits différents, dont celui d’avoir « recueilli et accepté des fonds en violation du code électoral » et non pas seulement d’avoir « dépassé le plafond des dépenses électorales ». C’est pour ce même motif que le parquet de Paris a requis son renvoi devant un tribunal correctionnel.

 

L’affirmation de Nicolas Sarkozy selon laquelle il aurait été « lavé de toute accusation mettant en cause [sa] probité dans l’affaire Bygmalion » a donc de quoi surprendre.

 

L’ex-chef de l’Etat a également assuré que le Conseil constitutionnel s’était déjà prononcé sur le dépassement du plafond. Un argument déjà développé par son avocat récemment, mais qui occulte plusieurs choses. Tout d’abord, le dépassement constaté en 2013 n’avait aucune mesure avec ce que l’enquête sur l’affaire Bygmalion a ensuite révélé :

 

 

 

Par ailleurs, de nouveaux faits sont reprochés à l’ex-président par rapport à 2013, comme par exemple d’avoir « fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d’éléments comptables sciemment minorés ». Autrement dit, le Conseil constitutionnel n’avait pas connaissance du système de fausses factures que l’enquête a ensuite montré.

 

L’ex a coutume de placer sa citation fétiche :« Quand je m'ausculte, je m'inquiète. Quand je me compare, je me rassure. » et nous, nous ne sommes pas rassurés du tout de le revoir s’agiter du haut de ses talonnettes et de son arrogance : ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! Que sera, sera, il sera toujours temps d’aller voter à la Primaire de la droite et du Centre pour lui faire barrage.

 

Ce qui est sûr c’est qu’il n’aura jamais ma voix même au second tour face à la fille du borgne, qu’il se démerde pour aller à la pêche aux voix lui qui est si doué pour dire tout et le contraire de tout.

 

J’émigrerai.

 

J’épouserai Emilie !

 

Ma vie est un roman que je suis en train d’écrire :

 

- Qu’est-ce qui t’arrive ?

 

- Rien de grave. Je ne suis pas d’humeur à rester seul. Et puis, comme ça, on pourra parler de l’enquête.

 

Elle accepta. Alberto passa la prendre en bas de chez elle.

 

Chiara avait beau se montrer méfiante, elle se présenta dans une tenue suspecte, propre à embraser les fantasmes : jupe moulante, s’arrêtant quatre doigts au-dessus du genou et qui remonta de plusieurs crans lorsqu’elle prit place dans la voiture, ne laissant pas grand-chose à couvert. Alberto ne se fit aucune illusion : Chiara était comme ça, d’une beauté fracassante qu’elle se plaisait àexhiber, elle savourait les sensations brûlantes qu’elle déclenchait chez les hommes.

 

« Bon, mais là, quand même… » fit-il semblant de protester, les yeux rivés sur ses jambes, qui faisait prendre un peu d’air à la chair située plus haut que la lisière des bas autofixants.

 

Chiara sourit. Sans se soucier de remettre de l’ordre dans sa tenue.

 

Alberto reconsidéra la situation :même si, depuis un an, Chiara tuait dans l’œuf toutes ses tentatives d’approche, une exception restait possible, du genre une fois n’est pas coutume, il lui trouvait d’ailleurs un regard un peu fébrile. Pendant qu’il déjeunaient au restaurant panoramique, il eut l’impression que sa fièvre grimpait. Il se dit que ça valait la peine de la titiller à l’aide du vin : quand elle en buvait trop, elle devenait plus libre, moins inihibée. Si elle se laissait faire et acceptait ensuite de passer chez lui pour jeter un coup d’œil au dossier, ça pourrait se conclure par un bout de viande sur le gril.

 

Chiara but joyeusement. Et se déclara d’accord pour étudier le dossier. Chez elle. Où, vautrée sur son sofa, elle offrit des paysages dignes des plus belles estampes. Quand une feuille glissa au sol et qu’elle se baissa pour la ramasser, de son chemisier échancré juste d’un bouton de trop pointa librement un sein nu et ferme. Chiara se mit à rire tout en le rangeant à sa place. Elle se laissa aller contre le dossier du sofa. Bomba le torse et leva les bras bien haut. Ses seins, aplatis par la tension du tissu, révélèrent des mamelons dont on aurait dit qu’ils venaient d’être taillés en pointe.

 

Alberto apprécia d’un froncement des lèvres. Il jeta ostensiblement une autre feuille par terre.

 

Chiara soupira malicieusement et se baissa pour la ramasser, interrompant son mouvement à mi-chemin pour offrir le même spectacle.

 

« Ne bouge plus, ne bouge plus, reste comme ça », fit Alberto.

 

Elle rit. D’un rire rauque. Resta penchée. Sans cesser de le regarder.

 

Alberto glissa une main – Chiara frémit –, puis il la releva et l’allongea sur le sofa.

 

Chiara le laissa faire, docile, abandonnée. Il se mit à la fouiller ici et là, dans son chemisier, entre ses jambes. Elle poussait de chauds soupirs, se contorsionnait sous ses doigts légers, le laissait poser des baisers n’importe où. Soudain, elle sursauta comme sous l’effet d’une décharge électrique : elle tenta de se retirer, mais sans grand succès, la passion l’avait déjà poussée trop loin. Elle se débattait, lançaient des protestations pétries de désir, gémissait entre plaisir et dépit, sentait sa chair s’abandonner, sa raison perdre du terrain. Alberto lui arracha tous ses vêtements, bien décidé à la posséder, sord à ses résistances hésitantes, ponctuées de halètements, de petits cris, de hurlements de colère contre elle-même. Les quelques secondes où Chiara baissa la garde, par lassitude, suffire pour qu’Alberto s’introduise, afin qu’ils ne forment qu’une seule chair. Chiara s’accrocha à lui. Quand ce fut fini, elle se cacha sous les draps.

 

Alberto ne savait quoi faire. Il craignait d’avoir passé la mesure. Et n’osait pas s’approcher d’elle qui, toute nue, lui tournait le dos. Sans qu’elle émette pourtant aucun son, il comprit qu’elle pleurait. Il tendit la main pour lui caresser la joue : elle était baignée de larmes. Chiara éclata brusquement en sanglots.

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