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23 janvier 2023 1 23 /01 /janvier /2023 22:13

Chers tous,

Comme l'indique ma messagerie Orange, je suis parti dans les vignes.

Je vous manque ? Vous aussi me manquez, ainsi que nos rendez-vous quotidiens. Grâce et avec vous, je ne me suis pas vu vieillir, ni j'ai vécu ce qu'on appelle la retraite comme, justement une retraite de la vraie vie, mais au contraire comme la continuité d'une vie, une boucle dans laquelle il y a un temps pour tout. Je suis bienheureux de ne pas avoir été condamné à circuler en camping-car, et d'avoir plutôt contribué à faire circuler les idées, à mettre en lien, dans le domaine qui nous réunit, et qui, avouons-le, fait société depuis que l'homme est homme. Merci à vous les amis de Face de Bouc, les pros de Vitisphere qui témoignez de la vitalité de la vigne et du vin, à vous aussi les Anglo-saxons de Wine Business International, insulaires fidèles à votre réputation de grands amoureux du vin.

Maintenant, n'en jetez plus, et jetons-nous en un dernier pour la route !

Le Taulier.

PAX

Ce n’est pas le moment de mettre de l’eau dans son vin.

Pourtant, en nous laissant en plan ce bon Taulier nous met durablement dans l’embarras. Au restaurant, plus moyen de consulter la carte des vins sans que me vienne une larme à l’œil. Qu’en penserait Jacques ?

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JEAN HÉRITIER 06/12

J'ai rencontré Jacques quand il travaillait auprès de Michel Rocard au ministère de l'agriculture. Je me souviens des discussions passionnantes au sujet de la viticulture Languedocienne avec Antoine Verdale. Cet été il m'avait demandé de lui donner quelques conseils et adresses pour passer quelques jours de vacances dans les Corbières. J'aurais aimé discuté avec lui pour connaitre ses impressions de vacances. 

Un jour j'avais demandé à Jacques comment il faisait pour rédiger, rédiger et rédiger tous les jours pour alimenter son blog. Il m'avait répondu " pendant toute ma vie professionnelle j'ai écrit pour les autres, discours, textes de loi, communiqués rapports ... alors maintenant, je le fais pour moi".

Jacques nous manque ... J'aurais aimé lire son commentaire sur les manifestations Bordelaises ... et j'aurais ajouté un petit commentaire " Jacques 115000 ha de vignes dans le Bordelais ... surproduction... mévente... arrachage... distillation..., cela ne te rappelle pas la situation du vignoble Audois avant les accords de Dublin".

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PHILIPPE DOUTREMEPUICH 28/11

Je souhaite rendre un très amical hommage à Jacques Berthomeau et à faire part à sa famille de mes très sincères condoléances de toute ma compassion. J'ai connu Jacques lorsque nous enseignions à l'université de Constantine dans les années 70 et je l'ai retrouvé avec grand plaisir lorsqu'il officiait dans les cabinets ministériels et que nous avons eu l'occasion de travailler ensemble, notamment sur les problèmes viticoles dont qui est devenu un spécialiste unanimement reconnu. J'ai même eu le plaisir de le recevoir dans un gîte communal à Causse de la Selle dans l'Hérault, village dont je suis le maire depuis 1983 et nous alternions les parties de tennis et les dégustations. Tout en respectant comme se devait de le faire en haut fonctionnaire, il nous a aidé dans la démarche de passage en AOC. Cette collaboration avec les ministères où il y avait d'importantes responsabilités a toujours été fructueuse et enrichissante car il avait à cœur de valoriser les territoires. Je garde le souvenir d'un homme passionné et constructif et je me rends compte à travers tous ces témoignages que je n'ai pas été le seul à éprouver un grand plaisir en le côtoyant.

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VINZ RENOU 20/11

Salut Jacques, déjà une semaine que tu t'es fait la malle et pourtant j'attends toujours de voir quel bon petit plat tu t'es préparé ce midi.

Je ne pensais pas que tu me manquerais autant et pourtant !

"Fidèle en amitié" c'est ce que tu me disais quand je te remerciais de ressusciter mon père dans tes articles.

Amusez-vous bien désormais et continuez de débattre comme vous l'avez toujours fait. 

Ce midi on mange une de tes recettes et dimanche prochain, et certainement les autres qui vont suivre mettront à l'honneur ton amour de la gastronomie, je n'ai trouvé que cela pour à mon tour te ressusciter et être fidèle à ton amitié. 

Merci à ce grand Monsieur.

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AMANCIO TENAGUILLO CORTAZAR 13/11 

Quand le regretté Jacques Berthomeau citait en source le site CEPDIVIN à propos des vins du Postillon.

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OLIVIER NASLES 14/11

Un esprit brillant s’en est allé, comme il a vécu, discrètement, sur la pointe des pieds... La nouvelle nous a pris de court, Jacques Berthomeau est décédé ! 

De nombreux hommages par de fort belles plumes ont été rendus au « Taulier », comme il aimait à se surnommer et je ne suis pas forcément le plus à même d’en ajouter un supplémentaire mais je ne pouvais pas ne pas exprimer ma peine à cette disparition bien trop prématurée. La photo qui illustre ce post a très précisément 15 ans, j'avais alors eu le plaisir de l'introniser Echanson d'Honneur du Roy René. Jacques, l'homme de l’ombre, lui qui a murmuré à l'oreille de plusieurs Ministres n'aimait pas cette mise en lumière, mais par amitié, il avait accepté ! En 2010, sur son Blog que j'aimais lire, il avait publié un texte de Pierre Desproges qui résume tant ce moment de tristesse, je vous laisse le déguster. 

 « Je vais mourir ces jours-ci. Il y a des signes qui ne trompent pas : Sur le plan purement clinique, le signe irréfutable de ma fin prochaine m’est apparu hier à table : je n’ai pas eu envie de mon verre de vin. Rien qu’à la vue de la liqueur rouge sombre aux reflets métalliques, mon cœur s’est soulevé. C’était pourtant un grand Saint-Emilion, un château-Figeac 1971, c’est-à-dire l’une des plus importantes créations du génie humain depuis l’invention du cinéma par les frères Lumière en 1895. J’ai soulevé mon verre, j’ai pointé le nez dedans, et j’ai fait : « Beurk. » Pire, comme j’avais grand soif, je me suis servi un verre d’eau. Il s’agit de ce liquide transparent qui sort des robinets et dont on se sert pour se laver. Je n’en avais encore jamais vu dans un verre. On se demande ce qu’ils mettent dedans : ça sent l’oxygène et l’hydrogène. Mais enfin, bon, j’en ai bu. C’est donc la fin. »

A Dieu soit, mon cher Jacques en souvenir de tes années chez les curés de la Mothe-Achard ?

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JEAN-YVES BIZOT 13/11

https://www.vitisphere.com/actualite-97967-a-va-arracher-ou-crasher-dans-les-vignes-de-bordeaux-.html

Il y a encore 10 jours, j'aurais soumis cet article à ton analyse. Et puis je t'aurais appelé ou tu m'aurais appelé, nous en aurions discuté en refaisant un peu le monde à côté. Comme chaque fois. Ou tu m'aurais répondu par un laconique : " chronique en préparation."

D'ailleurs, ce matin, je t'ai envoyé ce lien via WhatsApp. Je ne crois toujours pas à ton silence même si je n'attends plus de réponse.

Alors voilà, il ne me reste plus aujourd'hui qu'à le soumettre à votre sagacité. Le blog de Jacques était un espace de liberté. Il aimait la discussion et les échanges d'idées. Nous devons continuer.

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AMANCIO TENAGUILLO CORTAZAR 11/11

Jacques Berthomeau n’est plus… Pendant des années j’ai lu ses délicieuses et impertinentes chroniques… je l’ai croisé une fois, une soirée, lors d’un dîner dans la cour du restaurant bar à vin L’Envers du Décor de notre ami commun François des Ligneris… alors, en hommage, cette lettre à l’ami François.

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PATRICK FORGEOT 10/11

Quelle tristesse le départ de Jacques Berthomeau qui nous régalait chaque jour et qui savait nous faire réfléchir sur la vie et les valeurs humanistes.

Sincères condoléances à tous ses proches .

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PACO MORA

L'ami Jacques s'en est allé,  Jacques,  celui  dont les billets réguliers étaient un régal pour l'esprit,  celui qui taquinait, celui qui n'avait pas son pareil pour manier l'humour,  l'autodérision et la réalité,  celui avec qui on était pas tout le temps d'accord,  mais qu'on quittait avec le sentiment d'avoir appris,  celui au parcours différent mais riche d'enseignements, celui qui avait loupé des révolutions, moi aussi j'ai le droit d'être taquin, en plus, je triche, tu ne peux répondre,  mais pas celle du vin en marche , celui avec qui on pouvait refaire le monde sans nous tromper d'adversaires,  celui qui partageait le vin ,  celui qui portait une belle idée de ce qu'il doit être,  celui qui aimait la vie , merci à elle d'avoir permis notre rencontre,  que la terre te soit légère ...

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CLAIRE DEVILLE 10/11

Notre petit Jacques s'est fait la malle...

On pense à toute notre famille du Lapin Blanc : Philippe, Florence, Mattia, Alexandra, Emilie, Mareva, Stéphane, Dominique, Christophe, Antonin, Anne, Judith, Idil, les Laurent et tous les copains...

C'était le parrain, l'irréductible, le fidèle, le père Noel, le bienfaiteur, l'emmerdeur, le client du midi, le client du comptoir, le cycliste du 14ème. 

On repense avec tendresse à tous ces moments partagés. On se repasse les images, tous vos visages. Et Jacques partout qui mange, qui boit, qui danse, qui nous instruit. Il va beaucoup nous manquer !

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AUDE LEGRAND 

Ses billets rythmaient nos semaines. 

A chaque invitation, Jacques répondait présent. Son vélo accroché au portillon du restaurant, "tiens, Jacques est arrivé"... j'espère qu'il n'y a pas besoin d'antivol au paradis. 

Tu dois déjà être en train de boire un verre de vin  avec St Pierre, et avoir un échange acéré !

Adieu Jacques Berthomeau et merci.

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RÉMY BOUSQUET 09/11

Une pensée pour Jacques Berthomeau.

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JEAN-LOUIS VALLET 09/11

Adieu Jacques !

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BERNARD DEVIC 09/11

Au revoir , l'Ami !

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JEAN HÉRITIER 09/11

Adissiatz Jacques comme on dit chez nous …. Ou tu étais cet été en plein cœur des Corbières entre Padern et Cucugnan.

Tu vas nous manquer !!!

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PHILIPPE GRUSSENMEYER 09/11

Triste décès d’un bon vivant : bonnes dégustations paradisiaques Jacques Berthomeau.

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OLIVIER GROSJEAN 09/11

Souvenir souvenir, une chronique croisée avec feu le Taulier, alias Jacques Berthomeau, qui a eu la bien mauvaise idée de nous quitter avant la fin programmée du monde.

C'était du temps où les blogs bloguaient (enfin, surtout le mien, le sien est toujours resté hyperactif...). Bye bye, Taulier, so long !

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FREDERIC TRUCHON 09/11

Tchao l'ami Jacques ! Quelle triste nouvelle.

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ERIC MORAIN 09/11

Tes billets de 6h du matin vont nous manquer mon pote.

Tout autant que nos verres qui s'entrechoquaient sur la terrasse d'Ici-Même (pas plus tard que l'été dernier), chez Passerina ou dans des salons interlopes de vins nus.

Cher Jacques, tu as rejoint la seule Appellation qui soit éternelle, sois heureux et nous trinquerons en souvenir de tes ronchonnades et de ton sourire malicieux.

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ISABELLE PERRAUD 09/11

Merci Jacques  de tous ces moments précieux que l’on a partagé ensemble. D’abord sur les réseaux sociaux puis sur les salons parisiens et lyonnais, ici avec Téo, nos RV parisiens où l’on partageait un resto, où tu me demandais de rappeler pour me raccompagner au train et en profiter pour boire un thé. 

Merci pour tes soutiens, d’avoir été là, de tous nos échanges où j’avais l’impression d’être une enfant et d’avoir tellement à apprendre.

Tu n’as pas dit aurevoir !

Je suis très triste ce matin d’apprendre la nouvelle de ton départ.

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ANTOINE GRUNER 09/11

C'est ainsi dont  je me souviendrai de l'Ami Jacques Berthomeau  au comptoir du grand Passerini lorsque nous nous croisions de très nombreux mercredi . Des discussions sans fin sur la gauche, la grande et la petite, celle à laquelle il avait participé, celle que j'ai aimé, celle qu'il a combattu.

Me restera aussi ces yeux curieux des Vins que nous lui faisions découvrir, ce plaisir non dissimulé  de la table, malgré son éducation de curé.

Allez, à la prochaine, peut-être !

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SYLVIE CADIO 09/11

Adissiatz Jacques Berthomeau. On s’était dit qu’un de ces jours on partagerait un poulet au vinaigre,  le poulet pour le verbe, le vinaigre pour l’esprit et les idées.  Ça ne se fera donc jamais, tant pis, dommage, encore un qui n’a pas tenu ses promesses.

Michel White. Michel Smith . Luc Charlier

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WINE BUSINESS INTERNATIONAL

France loses the creator of Vin de France and a formidable blogueur ;

In 2001, Jacques Berthomeau who died this month, shocked the French wine establishment by recommending the creation of a new classification called Vin de France that would enable producers to compete with varietal wines from the New World. Eight years later, his idea became reality. Today, it is a huge success - both for those exports, and - perhaps surprisingly for him - for many of the natural wine producers Berthomeau later wrote about in his blog.

Jacques Berthomeau, who died on November 6, at the age of 74 will be remembered by many wine-loving French-speakers as the author of a popular daily blog on food and wine, and by others as the author of an eponymous 2001 report that laid the foundations for the eventual modernization of the French wine industry. Few of the 15,000 people who loyally followed the 8,593 opinionated posts on food, wine and French culture Jacques Berthomeau published from 2005 until November 4th of this year will probably have read the Rapport Berthomeau – Berthomeau Report - that he delivered to the French minister of agriculture in 2001. Those who shared and applauded his enthusiasm for natural wine – he drank nothing else – may be surprised to learn that two decades ago, his focus was on persuading the government and wine industry to adopt something very like the model of  Vin de France we know today.

France Falls Behind

It was a very challenging period for French wine. In key export markets like the UK and US, Bordeaux and Muscadet were being supplanted by Californian, Australian and Chilean Cabernet Sauvignon and Chardonnay. France had limited means to compete. Regulations in AOC regions outlawed the mention of a grape variety – as did laws covering basic Vin de Table which also banned any reference to a vintage. The only major exception to this rule was Languedoc Roussillon where pioneers like the pasta magnate Robert Skalli were successfully producing varietal Vins de Pays.

At that time, Berthomeau had a very different image to his more recent one as the unshaven, 70-something year-old, t-shirted writer of discursive – some might say rambling - blogs that appeared at least once a day. Always on the left of the political scene, during the socialist François Mitterand’s time as president, he was a civil servant, acting as technical adviser first to the president of the National Assembly from 1981-1983, and then for the following three years to Michel Rocard, Minister of Agriculture, with responsibility for wine, fruit and vegetable production. He was also closely involved in the agricultural implications of Spanish and Portuguese membership of the EU.

Telling the Minister

After a two year move into the commercial world as director at the Pernod Ricard subsidiary, SVF – Societé des Vin de France -  he returned to government as director of the Cabinet of the Minister for Agriculture 1988-1992. Seven years later he went to see Jean Glavany, the Minister of Agriculture at the time, ”to tell him my doubts about the future of French wines. Without hesitating for a second he commissioned me [to answer the question: ‘How can French wines be better positioned for export?‘]. I had no idea that my writings would have such an impact.”

In his task, Berthomeau led a steering group made up of six personalities spanning French wine production and distribution. These included winegrowers Pierre Aguilas of Anjou and Jean-Louis Piton of Luberon; Pierre Mirc, head of the Sieur d’Arques cooperative in Limoux; Robert Skalli, Bordeaux negociant Jean-Marie Chadronnier and Jean-Louis Vallet of the Carrefour supermarket chain.

Into the Spotlight

While all seven shared the responsibility for their recommendations, the report itself was very much Berthomeau’s. The document was very much le Rapport Berthomeau - the Berthomeau Report. And it brought him a lot of fame.

Fighting Each Other

Berthomeau was critical of the fact that the wine producers’ “national game” was “to wage war on each other”. Bordeaux, for example, believed its biggest competitor was Côtes-du-Rhône ”The appellations d'origine contrôlée are fighting each other instead of working together to increase the market share of their products, in France and abroad.” He wrote, continuing that “The French wine industry is certainly fragmented, but building a common base and thus trying to stabilise the market share of wine is within its reach. The French wine industry will not be able to develop its sales or go into battle with the wines of the New World without this collective effort to win back the market.”

Even when they were focused on domestic sales, French communication campaigns were “aimed at an existing audience and not at potential new entrants.”. Ever the hedonist, Berthomeau bemoaned the French tendency to take wine too seriously and to underplay its role as an enjoyable beverage. Why, he wondered, did restaurants not offer more good wine by the glass? and why did they disapprove of diners taking unfinished bottles away with them at the end of a meal?

His report published in 2001, included a simple, but radical solution: create a new Vin de France designation that would allow wines from all wine regions to be sold with varietal designations and vintages.

Too Early

It was not welcomed by the industry which initially at least preferred to commission a succession of other reports, including one that proposed the creation of a ‘super AOC’ French equivalent of Italy’s DOCG.

This notion, championed by René Renou, head of the INAO went nowhere, while Vin de France quietly overcame resistance to be launched  as a category in 2009. A decade later, some 744 producers were selling 354m bottles a year, 16% of French still wine exports.

By then Jacques Berthomeau had long since left up his role in the civil service and, in 2005, focused on his Vin et Cie (Wine and Company) blog.

As he said, "There was a time when I used to joke with certain journalists that my dear mother had not named me "Rapport" but Jacques.”

Berthomeau’s contribution extended way beyond chairing the group and collating its conclusions.

“For almost a year, without anyone asking me to account for anything, I crisscrossed France, listened, read, discussed, and then one fine day in June, on my return from Vinexpo, I wrote this report… without any presupposed plan so that it would be read and understood, both by my client, the Minister, and his cabinet, as well as by as many people as possible.”

Becoming a Blogger

He described it as a “blog conceived as a space of freedom… Every day, with your breakfast… a free pen tries its hand at relevance and impertinence to create or recreate links between those who think that it is around the table where we share bread, wine and the rest for ‘a little sweetness, conviviality, shared pleasure, in this brutal world... ‘".

Writing about himself, he noted, "With wine, as with painting, I don't hoard, I don't buy the good stuff, I'm eclectic and after having a nice cellar when I had a lot of space, I now prefer to have instant pleasures. I hate official art and fixed hierarchies, so my blog is meant to be a defector, a storyteller, a transmitter of ideas, and a mood-setter, so that the world of wine can renew its links with the new generations, so that wine can return to people's lives..."

Ironically, and far from his expectations when proposing Vin de France as a means of competing with New World varietals in export markets, the category has been embraced by the innovative and often young natural winemakers of whom he became so fond. But these will not be the only French producers who will regret his passing.

A Personal Recollection

Magalie Dubois, Assistant Professor at the School of Wine and Spirits Business, Burgundy School of Business, knew Berthomeau well.

I contacted Jacques in 2010 to interview him about his report for my Master’s thesis.  He kindly accepted, we met at Le Select and ended up tasting wines with my friends in my little Parisian flat. He was 40 years older than me, but above all he was a free spirit, generation gaps were never a problem for him, as evidenced by all those who gathered around him on his birthdays, and on every occasion to enjoy honest food (I owe my taste for guinea fowl to him) and nice wines (natural, of course..

Over the years, thanks to his blog and his kindness, Jacques built up a network of friendships in the wine industry and beyond. Friendships that earned him a welcome everywhere, in Champagne at Olivier Horiot, Pascal Agrapart or Jacques Selosse, in Burgundy at Alice and Olivier De Moor, at Claude Chevalier when invited as honorary president of the Ladoix Serrigny march or even at Cantillon's in Brussels, to mention only the places where I had the pleasure of accompanying him. 

Recently I interviewed him again at length to write an article on natural wine, and he insisted on being introduced as a "retired, naked wine drinker". Visionary, generous, and facetious, he – and his daily dose of wit and wisdom will be sorely missed.

VITISPHERE

Disparition de Jacques Berthomeau, blogueur et rapporteur de la politique du vin
Ne mâchant pas ses mots, "le taulier" n’est plus, laissant une somme de pensées au service de la filière vitivinicole. Y compris une position ferme et caustique contre les nécrologies.

Par Alexandre Abellan. Le 10 novembre 2022

Disparition de Jacques Berthomeau, blogueur et rapporteur de la politique du vin
Fin bretteur et gourmet, Jacques Berthomeau se délectait à mettre les pieds dans le plat.

Connu pour son blog et son rapport éponyme, Jacques Berthomeau s’en est allé apprend-on sur le site des 5 du vin. Ayant remis en 2001 son rapport pour « Mieux positionner les vins français sur les marchés d'exportation » et lancé son site "Espace de liberté" Vin & Cie en 2005, ce docteur en droit public était un acteur éminent du débat sur la filière vin. « Le taulier » comme il se surnommait. N’hésitant pas à prendre la plume, souvent caustique et toujours acérée, le contrôleur général partageait ses positions et sa vision de la filière vin. Avec des milliers de pages disponibles, son blog regorge des sujets de débat de la filière : de la fin des droits de plantation aux récentes demandes d’arrachage.
« On partageait nos passions pour le vin et les bouquins. Il était drôle, inventif, vivant, d'une vaste culture et toujours très pertinent. Il était extrêmement difficile de le prendre en défaut » se souvient pour Vitisphere Patrick Axelroud, architecte catalan et ami de Jacques Berthomeau, commentant fréquemment son blog (sous les pseudonymes Pax et Mouche du coche). « Tes billets de 6h du matin vont nous manquer » salue sur Facebook l’avocat parisien Eric Morain, qui salue le « souvenir de tes ronchonnades et de ton sourire malicieux ». Sur les réseaux sociaux, les témoignages et hommages affluent.
Une civilisation, une manière d'être.
Mais comme le rappellent les 5 du vin, Jacques Berthomeau n’appréciait pas les nécrologies. Laissons-lui la conclusion de celle-ci avec sa défense du vin figurant dans son rapport : « Le goût du vin c’est bien plus qu’une banale affaire de papilles, même si bien évidemment l’art de la dégustation reste le bon chemin pour apprécier, mémoriser, développer sa culture des vins. Le vin on en parle, c’est une civilisation, une manière d’être. »

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Hommages à Jacques Berthomeau par ses fidèles, lecteurs et contradicteurs de la filière vin

Un vrai personnage, un grand intellectuel, un rapporteur turbulent, un fonctionnaire de gauche, un débatteur clivant. Maître dans la création de débats, Jacques Berthomeau laisse un souvenir fort à ceux l’ayant côtoyé lors de débats institutionnels ou de rencontres dans un bar à vin. Après sa disparition, ce 6 novembre à 74 ans, des personnalités de toute la filière vin partagent leurs souvenirs : du journaliste Jacques Dupont à la vigneronne Catherine Bernard, en passant par le fonctionnaire Éric Rosaz et la sommelière Pascaline Lepeltier.

Ce "provocateur, à la pensée libre, s’en est allé" pour Jean-Marie Fabre, président des Vignerons Indépendants de France.
Avec Jacques Berthomeau, c’est un provocateur, à la pensée libre, un casseur de codes qui s’en est allé ! Il se distingua par son rapport qui au début des années 2000, à partir d’une analyse factuelle des rapports de forces commerciaux avec nos concurrents, posait les bases d’une réflexion large des possibles pour notre filière, en défendant une stratégie commerciale offensive s’affranchissant de la codification AOP/IGP et en militant pour une stratégie marketing autour notamment de Vin de France ! Si on pouvait être en phase sur les nouveaux défis à relever et la nécessité de renforcer la performance des vins français, on a parfois été dans la confrontation d’idées et de solutions ! Mais cela il l’acceptait, je crois même qu’il le recherchait ! C’est avant tout un passionné du vin, au tempérament affirmé et un fervent défenseur du vin comme un produit d’exception, tout simplement défenseur d’un art de vivre !

Les souvenirs de la "gouaille", des "ronchonnades" et de la "culture littéraire" par maître Éric Morain (avocat à Paris)

J’ai rencontré pour la première fois Jacques Berthomeau en juin 2016 lors du procès en diffamation injuste - et qui se révèlera infondé tant en première instance qu’en appel - qu’Hubert de Bouärd avait cru devoir intenter à la journaliste Isabelle Saporta à la suite de la publication de son livre Vino Business (Albin Michel). Il avait été cité comme témoin pour raconter l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) et ses arcanes vus de l’intérieur, lui qui avait été directeur de cabinet ministériel au temps de Michel Rocard. On avait discuté dans la grande salle des pas perdus du Palais de justice de Paris alors qu’il attendait d’être appelé par le tribunal. Sa gouaille, ses connaissances, sa gourmandise aussi d’être appelé à témoigner, m’ont immédiatement plu. Il avait eu la gentillesse de me dire qu’il suivait avec attention mes actualités judicaires vinicoles de l’époque (Olivier Cousin, Alexandre Bain, etc …), puis nous nous sommes plusieurs fois retrouvés dans des salons de vins nature (sous les pavés la Vigne notamment) ou encore dans notre Triangle d’Or à nous dans le Far-East parisien, entre la cave Ici-Même (et la formidable Claire), le restaurant Passerini (merci Gio et Justine) et le marché d’Aligre, lieu vrai et vivant comme on n’en fait plus guère à Paris. C’était l’occasion de boire un verre (notamment les cuvées militantes de Fleur Godart), il me demandait où en était la procédure si longue dite du Classement de Saint-Émilion, il avait des marottes, des ronchonnades, des emportements, des jugements parfois à l’emporte-pièce, une pointe de désabusement mais aussi une culture littéraire, cinématographique immense et une connaissance si pointue de l’histoire du vin, de ses Appellations et de cette administration si française qui se complaît dans des millefeuilles de complexité et d’absurdie. À la réflexion, nos rencontres ont presque toujours été des rencontres de hasard, il est des gens comme ça, comme des ombres qui nous accompagnent et que l’on croise au coin des rues. Il me plaira de croire encore, envers et contre tout, que je pourrai encore le croiser.

"Nous avons perdu un grand penseur" pour Pascaline Lepeltier, sommelière (à New-York).

Je ne l'ai jamais rencontré et nous n'avons jamais échangé directement (je pensais que cela arriverait un jour et que j'avais le temps...), mais nous avons perdu un grand penseur, un poil à gratter intellectuel unique et brillant, du monde du vin, qui l'aimait, on pouvait le ressentir, viscéralement et humainement.

Re-lecture du rapport Berthomeau : "nul n’est prophète en son pays" par Catherine Bernard, vigneronne (Pic Saint-Loup, Hérault)

J'ai rencontré Jacques Berthomeau en 2001, lors de la publication de son rapport sur l'exportation des vins français. J'étais alors journaliste. Je me souviens avoir été frappée par sa méthode, sa liberté, son bon sens, toutes qualités devenues rarissimes, surtout et en particulier chez les experts en tout genre que l'on convoque dès qu'il y a grain de sable dans une machine, en l'espèce, à l'époque, celle du vin. C'est avec les fils de son bon sens et de son franc-parler que nous avons tissé une solide amitié et une grande connivence.

Pour dire l'homme qu'il a été et les actions qu'il a menées, nombreuses, je suis retournée à son fameux rapport. Je dis fameux car il a fait grand bruit, longtemps et au-delà des frontières hexagonales, jusqu'à oblitérer son prénom. Le rapport Berthomeau a été salué par les Américains, les Australiens, les Anglais, les Néerlandais, les Sud-Africains, perçus alors comme de dangereux concurrents, pour finir tout à fait enterré par les acteurs de la filière viticole française, ceux-là mêmes qui le lui avaient commandé. On ne s'étonnera pas que la page consacrée à Jacques Berthomeau dans Wikipedia, l'encyclopédie participative et numérique, soit écrite en Anglais.  Nul n'est prophète en son pays.

Enterré son rapport, oui, mais non tout à fait non advenu. Dans un de ces pieds de nez qu'elle réserve aux velléités des élites, la réalité s'est chargée, à sa façon, de redistribuer les cartes, je pense en particulier à l'éclosion, bien des années plus tard, sur les étiquettes, de la grande famille Vin de France, laquelle abrite autant des vins issus de l'agro-industrie que des vins en marge, désobéissant aux doctrines figées des appellations, souvent qualifiés de nature, et que Jacques Berthomeau, témoin agissant, aimait appeler vins nus dans Vin & Cie, son blog quotidien qu'il a tenu jusqu'à ses derniers jours, lu comme une référence et l'une des sources d'information du mondovino.

Ma re-lecture du rapport Berthomeau remet en lumière l'homme. Je ne me souvenais plus qu'il l'avait assumé et écrit à la première personne, « je ». Jacques était le survivant d'une race en voie de disparition, celle des commis de l'État, engagés, guidés stricto sensu par la res publica et la suprématie de l'intérêt général, l'un et l'autre nourris non par des connaissances formatées et validées par des diplômes, mais par leurs racines et l'expérience. Et l'on conviendra qu'aucun arbre, pas même celui de la connaissance, ne peut croître sans un enracinement profond. La canopée n'est jamais que l'expression de la sève montée des racines.  Jacques puisait son engagement dans ses origines paysannes. Je souligne :  son enracinement faisait de lui un homme engagé, et non pas un mercenaire réfugié derrière le « nous », ou le « on » indéfini. On ne pouvait pas la lui faire. Cet engagement l'autorisait à promener son regard loin et large, à pointer du doigt, à mettre les pieds dans le plat. Je le cite : « Je crois que nous sommes en train de récolter ce que nous avons semé. Nos échecs à l'exportation trouvent principalement leur source dans un manque de rigueur ». Fort de son engagement, il pouvait même avoir l'audace de souligner en gras « le manque de rigueur ». Détail linguistique que tout cela ? Non, essence de l'être.

Je poursuis ma re-lecture du rapport Berthomeau, et je me surprends à sourire devant le surgissement de mots incarnés, comme « en rade », s'agissant d'un fonds d'investissement, « des tuiles qui nous tombent sur la tête », évoquant les scénarios d'une étude. Son expérience lui accordait la liberté de dire et d'agir. Homme libre parce qu’engagé, il avait aussi de l'esprit. Et cela a beaucoup aidé dans les missions impossibles qui lui furent confiées et qu'il conduisit avec une générosité don quichottesque. Jacques Berthomeau payait de sa personne. Cela aussi est devenu rare.

Balayant de son pragmatisme et de sa connaissance fine des enjeux agricoles « les pures réformes réglementaires », « les solutions miracles », il nous renvoyait, à « notre modèle historique » viticole, pour déterminer, selon les termes de la mission qui lui avait été confiée, quatre priorités stratégiques. Je citerai les deux premières, d'une actualité devenue brûlante : « a) devenir leader en matière de pratiques respectueuses de l'environnement, b) intégrer le vin dans la culture de nos principaux pays clients ». Puissent, lui disparu, ses qualités et ces valeurs qui l'animaient et qu'il n'a jamais cessé de porter, irriguer nos veines de vivants.

Christophe Bou, vice-président de l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest (IVSO)

De Jacques Berthomeau, je garde d’abord le souvenir de son rapport éponyme. Il avait en son temps agité le landerneau viticole et initié des évolutions dans les mentalités. Tout n’a pas été réalisé, loin s’en faut, mais force est de constater que 25 ans plus tard, certaines réflexions et propositions sont des réalités.

Du plaisir de "ferrailler" avec Jacques Berthomeau par Éric Rosaz, directeur délégué agriculture et alimentation pour la région Sud à la Direction de l’Agriculture, de la Forêt et de l’Eau (DRAAF)

Apprendre la disparition prématurée de Jacques Berthomeau m’a très sincèrement attristé. Comme une madeleine de Proust, sa disparition me renvoie à mon passé professionnel où j’ai eu la chance de le croiser souvent et de « ferrailler » avec lui. J’ai encore mémoire tous ces moments passés ensemble à discuter et échanger sur la filière viticole française. Avec un homme de conviction comme lui, nos échanges étaient toujours passionnants et passionnés. J’aimais nos débats d’idées sur la filière viticole, confronter avec lui mes réflexions. Jacques était l’élégance même, un charmeur, un « dandy » de notre époque, un épicurien, gourmand de la vie et des plaisirs, une puissance d’écriture qui me fascine toujours, un maître des mots. De sa rubrique quotidienne, il laisse mine de rien une somme considérable d’écrits et de réflexions pertinentes sur la filière. La publication de son fameux « Rapport » l’a rendu célèbre dans le Landerneau viticole et pas seulement en France. À part lui, je ne suis pas certain qu’un haut fonctionnaire ait eu cette célébrité internationale en publiant un rapport. Mon dernier plaisir avec lui remonte il y a quelques années où nous étions sur une même tribune, ensemble, moi « avocat » de l’INAO expliquant combien cette belle et noble maison remplissait des missions importantes et utiles pour les AOC et IGP viticoles françaises et lui, véritable « poil à gratter » à venir expliquer devant un parterre de vignerons et consommateurs parisiens « nature » les contradictions de la filière viticole française et les dérives du tout AOC. On a bien ri et bien bu au final. C’était cela le plus important.

"Renais, Jacques" par Patrick Baudouin, vigneron (Layon, Anjou)

Jacques Berthomeau nous a quitté. Jacques rend son "rapport Berthomeau" en juillet 2001, dans lequel il écrit que « la notoriété de la grande ombrelle d’une appellation ne pourra pas éternellement couvrir des produits non conformes à leur définition ». René Renou, disparu en 2006, fait voter par le Comité National de l’INAO le 2 juin 2006 une nouvelle segmentation des aoc « la première (catégorie) répondant à des critères stricts de production relatifs à un lien fort au terroir, une notoriété établie alliés à des facteurs humains et naturels. Il s'agit des vins jouissant actuellement d'une forte valeur ajoutée. » Il décède le 18 juin.

Jacques, René : ils sont indissociables malgré leurs différences pour les vignerons qui, de « Vignerons dans nos aoc » en 1998, à « Sève » en 2005, et à tous ceux engagés aujourd’hui dans l’exigence « terroir », ont voulu rendre aux AOC l’éthique et le sens voulus par Joseph Capus en 1935 : « permettre au consommateur de distinguer facilement les appellations qui recouvrent des vins de qualité (vins fins) de celles qui ne s'appliquent qu'à des vins ordinaires ».

Aussi bien le rapport de Jacques que le vote de la segmentation de René sont restés lettres mortes, et pourtant, l’enjeu de la segmentation n’a jamais été aussi impératif pour l’avenir des vin français. La nouvelle présidence de l’INAO par Philippe Brisebarre y répondra-t-elle ? Aujourd’hui, nombreux sont les vignerons de « vins de lieux » qui se posent la question de l’AOC, de la segmentation, de la valorisation de leur marque privée, de la création d’autres collectifs, voire de la sortie des AOC.  Jacques Berthomeau n’a pas été écouté, respecté, mais il avait raison, comme René Renou. Comme les vignerons qui ouvrent et ouvriront d’autres voies pour les grands vins de terroir.

Un coup de projecteur sur "la partie sale" de la filière vin par Jacques Dupont, journaliste spécialiste du vin pour le Point

La nouvelle du décès de Jacques Berthomeau nous a tous surpris. Le gaillard semblait en pleine forme, la chronique quotidienne sur son blog montrait qu’il n’avait rien perdu de sa pugnacité. J’ai eu envie ou besoin de relire des passages de son fameux rapport sur l’état de la viticulture en France, une sorte de bilan et perspective, que nous avions largement cité dans le spécial vins paru en septembre 2001. A l’époque, il était enthousiaste. Nous avions auparavant déjeuné ensemble et prolongé la discussion fort tard dans l’après-midi. Il y croyait. Il disait des choses justes, il voyait clair. Je le cite : « Alors aujourd'hui faut-il que le vin fasse un effort, qu'il se plie à l'hégémonie du goût sucré, des saveurs fruitées, des arômes ? Pas si sûr - l'oenologie et la technologie ont déjà au cours de ces dernières années largement contribué à modifier considérablement le profil gustatif des vins - l'observation des grandes tendances de l'alimentation montre un retour aux valeurs sures, à l'authenticité, à l'origine car elles rassurent. » Nous étions alors en pleine euphorie "Parker" et un article en faveur de la bio dans le même spécial vins valut à l’auteur de ces lignes un courrier fourni et pas très obligeant. Jacques Berthomeau abordait aussi la partie « sale », ce dont on ne parlait guère entre gens du vin : le commerce, le marketing, la nécessité d’ajuster l’offre à la demande et non l’inverse, de recréer des marques fortes, des repères pour le consommateur. « Pour ma part, je pense que la marque est d’abord une porte d’entrée simple, rassurante pour le non initié habitué à ce type de confort dans ses autres actes d’achat alimentaire (…). Cette politique de marques, de gamme, pour la partie la plus volumique de nos vins n’a rien d’antinomique avec notre modèle vigneron. Elle le complète, elle le défend en lui donnant tout son sens. » Si l’on y réfléchit un tant soit peu, que manque-t-il aujourd’hui aux bordeaux et côtes du rhône qui réclament de l’arrachage ?

Évidemment, le sort du rapport Berthomeau fut celui de la plupart des rapports : les oubliettes. Il en fût assurément meurtri. Son blog s’ombrait parfois d’une sensation d’amertume. Ses partis pris et sa capacité à dégainer vivement la polémique révélaient peut-être aussi la blessure.      

Une rencontre marquante à vie par Magalie Dubois, enseignante à la Burgundy School of Business (Dijon).

Il est des rencontres qui marquent une vie, Jacques a été de celles-là. Un esprit affuté, un ami facétieux bienveillant et dissert, il va terriblement nous manquer.

"Jacques Berthomeau est passé de l’autre côté" par Michel Remondat, fondateur du site Vitisphere

Au début de ce siècle ? le monde du vin s’agite : la génération millénium (Les personnes qui ont eu 20 ans en 2000) porte un nouvel intérêt au vin.  Dans le même temps, les viticultures anglosaxonnes accélèrent : les Australiens lancent leur plan de développement « Stratégie 2025 », les vignerons californiens définissent leur « Wine vision ». Les vins australiens, américains, néo-zélandais, puis les vins sud-africains, chiliens partent à la conquête des marchés de l’Europe du Nord. Les ventes des vins français à l’export, tandis que la consommation de notre marché intérieur poursuit sa baisse.

La crise couve. Le ministère de l’Agriculture initie deux études (rapport Booz Allen 1993) puis en 1998 (Etude Ernst & Young). Les conclusions de ces deux études vont nourrir la réflexion de Jacques Berthomeau. Il fixe 4 ambitions à la viticulture française pour 2010 :

- Devenir leader en matière de pratiques respectueuses de l’environnement,
- Intégrer le vin dans la culture de nos principaux pays clients,
- Rester le pays fournisseur prééminent du marché mondial,
- Renforcer la communication entre les viticulteurs et les entreprises, et la communication auprès du grand public.

Ces propositions longuement détaillées dans la deuxième partie rapport Berthomeau provoqueront un vigoureux débat dans les organisations viticoles, mais il ne se passa rien au niveau national. Dans le meilleur des cas, des Syndicats de producteurs et/ou des Entreprises s’inspirèrent dans leur Région du rapport Berthomeau.

Le temps est passé. A partir de 2015, le comportement des consommateurs évoluent, les impacts du réchauffement climatique s’accentuent. Toutes les activités humaines, et en particulier les métiers de l’agriculture, sont concernées. Pour la viticulture française, plus que pour ses concurrents, l’anticipation et l’adaptation a un nouvel environnement mériteraient peut-être un nouveau rapport Berthomeau.

…/...

« Qu’elle belle miscellanée que voilà! »

Hem hem ! Il y a là comme un petit air de cette mouche du coche quand elle jouait au Cuistre dans les commentaires des Chroniques.

« Nihil obstat ! Imprimatur ! »

Et vas-y que je te remets ça ! Mais ce sera le chant du cygne de ce pédant de pax.

Fidèlement

Pax

 

 

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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 11:05

À ce rythme d’emmerdements à répétition  pour sûr que mon hébergeur va me rendre chèvre avec ses serveurs qui chauffent, qui se plantent, avec ses bugs  comme s’il en pleuvait. Absence des messages d’annonce des chroniques, impossibilité d’inclure des photos sur mes chroniques, ça patine, ça mouline, beaucoup plus de temps passé dans le cambouis que pour l’écriture alors je décrète jusqu’à nouvel ordre l’état de nature. Je fais la planche, je diffère la mise en ligne de certaines chroniques et j’attends…

 

Et si ça vous dit je puise dans les ressources de ma boutique à chroniques :

 

Vin de plâtre  d’abord : «  Cette dernière pratique, qui consiste à introduire dans le vin du sulfate de potasse, est traditionnellement utilisée dans le Midi, en Espagne et en Italie pour éviter que les vins tournent en cas de changement de température. Les caractéristiques de ces vins méditerranéens (forts en acidité et en teneur alcoolique) impliquent aussi des conditions difficiles de transport ; le plâtrage permet de mieux garder le vin. C'est dire que cette technique ne peut être abandonnée qu'au prix d'investissements importants en caves et en procédés de vinification.

 

Cependant, après le phylloxéra, le plâtrage commence à être utilisé aussi pour rendre les vins plus solides, brillants et colorés. Comme l'observe le Journal des chambres de commerce, «  nos pères obtenaient le même résultat d'une façon naturelle en laissant vieillir le vin et en faisant deux ou trois soutirages »

 

Le plâtrage répond donc en partie à un problème ancien puisque, à un niveau de technique donné, il permet de se protéger de certains risques de production. Mais, à partir des années 1880, ce procédé acquiert une autre fonction : il sert à accélérer le processus de fermentation du vin, il vise dès lors plutôt la quantité (éventuellement au détriment de la qualité). De ce fait, on ne peut parler d'un lien univoque entre technique de production et qualité du produit. La même technique, en l'occurrence le plâtrage, peut s'accompagner de perceptions différentes de la qualité du produit et implique des biens effectivement différenciés. En France, le plâtrage est pratiqué surtout dans le Midi, pour faire face aux températures élevées et changeantes. Cependant, dans le Bordelais aussi, il est courant d'importer des vins italiens et espagnols plâtrés, notamment au tournant des années 1880-1890 (...)

 

Extrait de « Histoire de la qualité alimentaire »  Alessendro Stanziani pages 84-85.

 

Le « Vin de Chèvre » ensuite : c’est un vin qui se prépare en Suisse et en Haute-Savoie. C'est du vin blanc forcé, c'est-à-dire mis dans de petits fûts aux douelles prodigieusement épaisses, aussitôt après la pressée. Il y fermente et garde, enfermé dans l'enveloppe de chêne, l'acide carbonique provenant de la fermentation. Lorsque vous ouvrez le robinet spécial ajusté au fût vous avez l'illusion de voir le trait de lait qui s'échappe du pis d'une chèvre ; votre verre est rempli d'une mousse blanche...comme du lait, qu'il est d'usage d'avaler d'un trait.

 

Le vin de chèvre ne se vend pas ; le patron l'offre à ses bons clients qu'il invite à descendre à sa cave, car il se consomme sur place. Il arrive parfois qu'on descende avec plus d'assurance qu'on ne remonte ! "

 

Extrait de Voyages gastronomiques au pays de France de J.-A.P. Cousin chez Ernest Flammarion 1927.

 

Pour terminer les bains de vin :

 

Poppée, la femme de Néron, avait cinq cents ânesses qui lui fournissaient le lait dans lequel elle se lavait. L'élégant Brummell, alors qu'il était en prison pour dettes à Caen, se faisait apporter dans sa cellule du lait qui servait à ses ablutions. Quant à madame Tallien, elle affectionnait particulièrement les bains aux fraises écrasées, mélangées à des framboises très mûres. Law, le financier de papier, ajoutait des jaunes de cent œufs à son bain. Parfois il se servait de bouillon de veau et ce fut lui qui lança la mode des escalopes appliquées sur la peau.

 

Au XVIIIe les femmes de cour firent fréquemment usage des bains de vin. Un marchand de vin, adepte du marketing de l'offre, recommandait pour ce faire son fameux vin de Malvoisie. Son annonce ajoutait « le même vin peut être employé au moins cent fois si l'on a le soin de le remettre, après chaque bain dans le tonneau »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 06:00

Bobby Fischer (à droite) et Boris Spassky, lors de la dernière partie de leur match de 1972. 

KEYSTONE

Moi bien sûr, la guerre froide, le KGB, la CIA, j’ai 24 ans, les échecs ne sont pas ma tasse de thé, pas assez intelligent, peu porté sur le maniements de stratégies ICI Bref, ce qui me passionnait c’était le bras de fer entre le bloc soviétique et le « monde libre » dans une période dite de détente.

 

Comme j’attendais l’heure de la représentation à la Comédie Française, j’ai porté mes pas à la librairie Delamain où j’ai acquis :

 

Le coup du fou Alessandro Barbaglia

Jean-Luc Defromont (Traducteur)

EAN : 978B0BG5PF7Z2

223 pages

LIANA LÉVI (06/10/2022) ICI

 

 

Mardi 11 juillet 1972, ouverture du championnat du monde d’échecs. En arrière-plan la guerre froide qui oppose Union soviétique et États-Unis. Les caméras du monde entier sont braquées sur l’Islande, où auront lieu en mondovision les rencontres entre les deux compétiteurs : le Russe Boris Spassky, champion en titre depuis 1964, et l’Américain Bobby Fischer.

 

Ce dernier est un être qui vit enfermé dans sa bulle, s’exerce seul à ce jeu depuis l’âge de sept ans, boit chaque jour des litres de lait Holland et uniquement de cette marque, refuse toute compétition le samedi car son gourou le lui interdit…

 

La victoire d’un des deux joueurs aurait sans doute un impact politique, et le narrateur ose un parallèle avec une autre guerre qui a vu s’affronter Orient et Occident, la guerre de Troie. Mais, chemin faisant, les souvenirs d’enfance remontent, inexorables et chargés de sens, qui font ressurgir du passé le père disparu du narrateur.

 

Les échecs défraient les manchettes alors que le match le plus attendu de l'histoire débute à Reykjavik, en Islande, entre le champion mondial, le Soviétique Boris Spassky, et l'aspirant américain Bobby Fischer. Cet affrontement survient pendant la « détente», une période d'apaisement dans la Guerre froide qui oppose les États-Unis à l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

 

La longue tradition de domination soviétique aux échecs se poursuit au début des années 1970. Le champion du monde est alors Boris Spassky, un natif de Leningrad qui détient le titre mondial depuis juin 1969. En août 1972, Spassky doit défendre son titre face à l'Américain Bobby Fischer, un aspirant redoutable réputé pour la qualité exceptionnelle de son jeu et ses excentricités. Cette confrontation entre un Soviétique et un Américain, sur toile de fond de la rivalité entre les deux superpuissances, fascine l'opinion publique même si les relations entre les États-Unis et l'URSS connaissent une période de réchauffement (la détente). En mai 1972, Richard Nixon est devenu le premier président américain à visiter l'URSS. À cette occasion, un traité de limitation des armes stratégiques (Salt I) est même signé entre les deux superpuissances. Une odeur de Guerre froide plane néanmoins sur l'échiquier alors que les exigences de Fischer créent des tensions et laissent même croire, pendant un moment, que le match sera annulé. Il débutera finalement le 11 juillet. Le 1er septembre 1972, il se solde par la victoire de Fischer (12 points ½ contre 8 ½) qui devient le premier Américain à détenir le titre mondial aux échecs. Cette brèche dans l'hégémonie soviétique a un grand retentissement aux États-Unis où les échecs vont connaître une hausse de popularité marquée. Le règne du nouveau monarque sera toutefois de courte durée. Après avoir demandé en vain des modifications aux règles lors des matchs de championnat du monde, Fischer refusera de défendre son titre qui passera aux mains du Soviétique Anatoly Karpov en 1975.

 

Dans les médias...

 

Jean-Francis Held, « Voulez-vous jouer avec eux ? »

 

« ...Les Islandais ont beau vibrer, le sort de l'O.T.A.N. n'est pas accroché à l'issue du combat. Pas complètement. Mais si le titre quitte l'U.R.S.S. après vingt-cinq ans de lourde suprématie, ça fera mal. Ou alors, les journalistes soviétiques, déplacés en masse, n'auraient pas été rappelés comme un seul homme dès que le vent a fait mine de souffler aigre. Quatre millions de joueurs licenciés, trente-six « grands maîtres », des serveurs de restaurant qui roquent au lieu d'apporter les zakouskis, la dialectique scientifiquement et collectivement appliquée, tout ça balayé par le transcendant caprice d'un sale voyou individualiste, c'était dur à avaler. »

 

 

Le Nouvel Observateur (France), 14 août 1972, pp. 22-23.

 

Roger Lemelin, « La solitude de Bobby Fischer »

 

« ... Spassky a été battu par ses propres qualités d'homme sensible et intelligent. Aussi grand joueur que Fischer, la férocité en moins, il a commis des fautes commandées par l'émotion, pour laquelle les joueurs d'échecs en général ont du mépris et sur laquelle ils comptent comme sur un atout majeur. Pauvre et grand Spassky. De retour en Russie, connaîtra-t-il maintenant le sort de tous ceux dont il est, amis de Soljenytzine (sic) ? Cet homme de cœur, que nous aimons mieux que Fischer, portait sur son cerveau, devant l'échiquier, toutes les Russies, Fischer ne portait que Bobby Fischer. Qu'il se contente de notre admiration, nous continuerons de préférer les hommes de cœur. Et il jouera contre nous tous en simultanée et nous battra : nous continuerons d'être solidaires et de pousser nos pions en nous rabattant sur la consolation d'avoir du cœur, d'être au moins éclectiques et équilibrés. Fischer continuera sa route, superbe et solitaire. Il est le champion. »

 

 

La Presse (Québec, Canada), 2 septembre 1972, p. D5.

 

S.A., « Champion Fischer »

 

«...From a wider perspective, the Fischer-Spassky match had a unique political importance. Except for one unfortunate lapse by a Spassky second, presumably acting under instructions from Moscow, it did not touch off nationalistic rivalry of the kind many had feared. Instead, Spassky had many supporters in the United States from among those who were irked by Fischer's mode of psychological warfare. In the Soviet Union conversely, many hoped for a Fischer victory, not least because they admired his assertiveness and his refusal to be bound by overrestrictive rules. The result was an atmosphere that, for all its tenseness, contributed to improving the broader ambiance of Soviet-American relations. The best man clearly won in Reykjavik, and Russians and Americans joined in applause along with millions from the rest of the world. The Fischer era of chess has begun, and it promises a brilliance and excitement this ancient game has never before known. »

 

 

New York Times (États-Unis), 2 septembre 1972, p. 20.

L’écrivain Alessandro Barbaglia trouve une jolie combinaison littéraire avec son «Coup du fou».

Une histoire de fils sur trois échiquiers

 

Dans « Le coup du fou», l’Italien Alessandro Barbaglia évoque le souvenir de son père disparu, l’«Iliade» et le match Fischer-Spassky de 1972. ICI 

 

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2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 06:00

BLONDIN Antoine Un singe en hiver Roman L un des 50 exemplaires sur

15 mai 2014

Le Singe en hiver la réplique culte de Gabin « Il ne faut pas mélanger les grands-ducs et les bois-sans-soif. Oui monsieur, les princes de la cuite… » ICI 

 

C’était au temps où le sieur Axelroud, encore non converti aux vins nus, opérait sur cet espace de liberté en tant que commentateur. Déjà Ciné Papy sommeillait en lui...

 

Moi, je notais :

 

Le Singe en hiver d’Antoine Blondin, cité comme favori pour le Goncourt 1959, se le vit souffler par un inconnu André Schwarz-Bart pour Le dernier des justes. En compensation il reçut le prix Interallié. Son collègue d’alcools de nuit Roger Bastide le charrie gentiment « Notre Blondin d’amour, sous son apparent détachement pour les distinctions officielles, rêva du Goncourt au moment d’un Singe en hiver. Cette légitime ambition, renforcée par les assurances de son éditeur, dut même le soutenir dans sa chambre d’hôtel à Mayenne quand « un grand engourdissement » le réduisait à l’impuissance devant la rame de papier blanc. »

 

Amazon.fr - Le Dernier des justes - André Schwarz-Bart - Livres

 

Henri Verneuil, bien avant l’attribution de l’Interallié, s’empressa d’aller placer le roman sous le nez de Jean Gabin qui tournait aux studios d’Épinay avec Jean Delannoy. « Je viens de le terminer, lis ce roman, tu vas être ravi… sans être vraiment convaincu que ce conseil allait être suivi. Gabin ne lisait que France-Soir et l’Équipe précise Verneuil en ajoutant, c’était de la paresse. »

 

L’a-t-il lu ?

 

Nul ne le sait mais, à cette époque, dans les années 60, « la trilogie Verneuil-Audiard-Gabin formait une équipe soudée… par le succès. »

 

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Aujourd’hui c’est « Un singe en hiver » 1953

 

Pourquoi ce film ?

 

Tout bêtement parce qu’il faut bien se remettre à l’ouvrage et parce que le 19 août 2022, une pleine page du Figaro (amené à la maison par mon épouse préférée) titrait : « L’ivresse des nuits blanches » long article consacré à Antoine Blondin écrivain que je cacherai au fond de mon cœur si j’en avais un.

 

 

Quelle est l’histoire ?

 

En juin 1944, Albert Quentin ancien fusilier marin en Chine, tient, avec sa femme Suzanne rencontrée à La Bourboule, l'hôtel Stella dans le village de Tigreville, sur la côte normande aux environs de Deauville.

 

Il se laisse souvent aller à trop boire, ce qui le porte à la nostalgie de sa jeunesse militaire vécue sur le Yang-Tsé-Kiang. Lors d'un bombardement en juin 1944, il promet à Suzanne de ne plus boire si l'hôtel échappe à la destruction ; promesse tenue.

 

Quinze ans plus tard, débarque un soir Gabriel Fouquet homme jeune et remuant, publicitaire de son état. Fouquet boit pour effacer l'échec de sa vie sentimentale avec Claire qui vit à Madrid, « voyager » en Espagne grâce à l'alcool, et rêver de tauromachie. Il vient voir sa fille Marie pensionnaire à Tigreville, dans une pension dont Mme Victoria, la directrice pourtant française, ne parle qu'anglais.

 

Les deux hommes, qui n'ont pas « le vin petit ni la cuite mesquine », vont connaître deux jours d'évasion grâce à l'ivresse, l'un en Espagne et l'autre en Chine. Ce sera l'occasion d'un duo a cappella sur la fameuse chanson Nuits de Chine. L'apothéose de cette soûlographie est atteinte avec un feu d'artifice « dantesque » sur la plage. Le lendemain, Gabriel part en train avec sa fille, qu'il a sortie de sa pension, alors qu'Albert se rend sur la tombe de son père. La vie sépare les deux hommes en gare de Lisieux. Avant ce changement de correspondance, ce dernier « a le temps de raconter à la petite Marie l'histoire de ces singes chinois qui, en hiver, se perdent dans les grandes villes et pour lesquels les habitants, sûrs qu'ils ont une âme, dépensent beaucoup d'argent pour les reconduire en train dans la jungle ». (Merci Wikipédia ! On ne saurait mieux dire)

 

 

Réalisation               Henri Verneuil

 

En 1959, avec Fernandel, il tourne « La Vache et le Prisonnier », comédie se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale. Ultime collaboration entre les deux hommes, le film obtient un succès mondial.

 

En 1961, la MGM passe une commande de trois films avec le trio Henri Verneuil (à la réalisation), Jean Gabin (acteur principal) et Michel Audiard (au scénario).

 

De cette collaboration naît d'abord,

 

  • « Le Président » en 1961, drame politique inspiré d'un roman de Simenon.

 

  • Suit, « Un singe en hiver » 1962, comédie dramatique adaptée d'un roman d'Antoine Blondin dont Gabin partage la vedette avec Jean-Paul Belmondo.

 

  • Le contrat se termine avec « Mélodie en sous-sol », lancé en 1963, « film de casse » où, cette fois-ci, Gabin côtoie Alain Delon. Ce dernier film offre définitivement au cinéaste sa réputation à l'échelon international.

 

Dès lors, Henri Verneuil acquiert le statut de réalisateur de superproductions avec des stars internationales. Malgré les critiques de la Nouvelle Vague, qui voient en lui un représentant du « cinéma de papa », Verneuil continue de tourner, enchaînant avec « Cent mille dollars au soleil », film d'aventure se déroulant en Afrique et réunissant Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura et Bernard Blier. Suit le drame de guerre « Week-end à Zuydcoote » 1964toujours avec Belmondo. Il part ensuite aux États-Unis tourner « La Vingt-cinquième heure » en 1967 et « La Bataille de San Sebastian » 1969, tous les deux avec Anthony Quinn.

 

De retour en France, avec l'appui de la 20th Century Fox, il met en scène « Le Clan des Siciliens ». 1969 Ce drame policier réunit trois grandes stars du cinéma français, Jean Gabin, Lino Ventura et Alain Delon, et sera un des grands succès commerciaux de la carrière de Verneuil.

 

(Extrait de l’article que lui consacre Wikipédia)

 

Qui fait quoi ?

 

Notre conseil télé : «Un Singe en hiver», dernière tournée avec Jean Gabin  - La Voix du Nord

Jean Gabin :                    Albert Quentin, patron de l'hôtel « Stella »

 

C’est sans doute à un caprice de star que l’on doit ce film.

 

Originellement, le producteur souhaitait tourner un film tiré du roman de Roger Vercel, « Au large de l'Eden », histoire d'une mutinerie menée par un capitaine de terre-neuvas. Le producteur Jacques Bar avait donc réservé un bateau chez un armateur de Saint-Malo. Gabin en montant sur le bateau trouve que « ça sent la morue », que ça lui donne mal au cœur, il ne veut pas faire le film.

 

Michel Audiard propose alors d'adapter un livre de Blondin, « Un singe en hiver ». Il y est formidable. étonnant de sobriété (hips ! pardon !) quand on connaît son gabarit et sa présence. Il est à l’unisson de Paul Frankeur, autre taulier de la ville et se parlent, en tant qu’acteur, d’égal à égal. Un peu moins de personnage à personnage car l’un n’a jamais essuyé que les crachins de Normandie alors que l’autre a vu le bout de la nuit.

 

A la ville Frankeur et Gabin étaient plus que potes de vrais amis. Ce qui explique qu’on les voit souvent ensemble à l’écran

 

Jean-Paul Belmondo :      Gabriel Fouquet

 

Tout aussi formidable. Déjà acteur confirmé Belmondo n’a pas encore atteint son statut de star et nous épargne ici ses guignolades de guignolo. Il affiche même, avec beaucoup de talent quand on connaît le bonhomme, une certaine timidité qui sied au personnage quand il est à jeun. De même, il ne dérape pas quand les scènes où il est imbibé pourraient l’y inviter. Au contraire, avec brio et avec Gabin, il esquisse de savoureux pas de deux ou chacun, tour à tour même la danse, avec des faux airs, mais je vous en prie, à vous de jouer. Le tout, toujours avec légèreté ce qui reste une prouesse pour ces deux acteurs, poids lourds de la profession. Leur complicité est totale et on les sent, sans qu’ils n’en laissent rien paraître, jubiler intérieurement

 

Un singe en hiver - Les Programmes - Forum des images

 

Suzanne Flon :         Suzanne Quentin, la femme d'Albert

 

Nous l’avons déjà rencontré dans « Fauteuil d’Orchestre » 2006 (voir fiche)

 

UN SINGE EN HIVER - ACTERIEUR DU CINEMA

 

Gabrielle Dorziat :              Mme Victoria, la directrice de la pension Dillon

 

Elle se produit de nombreuses années au théâtre, son premier engagement est au théâtre du Parc de Bruxelles en 19001. Denys Amiel la fait revenir d'Égypte pour interpréter Trois et une. Elle joue ensuite, en 1936, dans Espoir d'Henri Bernstein au Théâtre du Gymnase2. Elle fut la partenaire de Lucien Guitry et de Louis Jouvet, interpréta avec autorité Paul Bourget, Henri Bernstein, Jean Giraudoux et Jean Cocteau.

 

À partir de 1936, elle commence une carrière au cinéma avec de nombreux rôles de femmes de caractère et joue dans plus de 70 films. Elle obtint, en 1949, le prix féminin du cinéma de la meilleure interprète.

 

Marcelle Arnold :          l'infirmière de la pension

 

Elle tourne beaucoup dans les années 1950, souvent dans des films de consommation courante. Son physique un peu chevalin la prédispose à des rôles de vieille fille qu'elle tient avec talent. Pour mémoire, elle était la sœur de Bourvil dans « Le Passe-Muraille ». Pierre Dux l'engage comme pensionnaire de la Comédie-Française où elle passe plusieurs saisons dans les années 1970.

 

Charles Bouillaud :            le chauffeur de taxi

 

De « Hôtel du Nord » 1938 de Marcel Carné à « Le Jour d'après » 1965 (Up from the beach) de Robert Parrish ce sont quelques cent quarante-quatre films que présente la carrière de cet acteur mort relativement jeune, à soixante et un an

 

Hélène Dieudonné :           Joséphine, une habituée du café

 

Grâce à son père, elle côtoie enfant Sarah Bernhardt, Lucien Guitry et Charles Le Bargy.

 

À onze ans, elle monte sur les planches à Monte-Carlo pour jouer aux côtés de son père puis entre au Conservatoire dans la classe de Paul Mounet où elle se lie d'amitié avec une autre élève, Françoise Rosay.

 

Elle devient une actrice connue tant au théâtre qu'au cinéma muet. Célibataire, elle perd un fils, Jean Jacques âgé de 10 mois en 19233. Puis, elle se marie le 30 septembre 1927, à Châteauneuf de Grasse (Alpes-Maritimes) avec Antoine Marius Hugues et interrompt sa carrière, partant vivre dans le Midi de la France pendant dix-sept ans. Elle perd leur jeune enfant, puis son mari et décide, à cinquante-huit ans, de remonter à Paris.

 

Mais elle est oubliée et ne trouve pas de rôles, c'est grâce à son amie Françoise Rosay, qu'elle remonte sur les planches en 1953 dans une pièce Le Vivier d'Henri Troyat où elle joue également. Elle la retrouve au cinéma dans un film de Rinaldo Bassi, « Un merveilleux parfum d'oseille » 1969 aux côtés de Jean Carmet, Jacques Dufilho, Véronique Verlhac, Yves Rénier et Francis Blanche.

 

Elle participe à de nombreuses pièces, notamment « Les portes claquent » de Michel Fermaud, avec Jean-Claude Brialy où elle joue la grand-mère, rôle qu'elle reprit plus tard, dans la version filmée en 1960. Parmi les films auxquels elle a participé, notons « La Belle Américaine » 1961 et « Le Petit Baigneur » 1967, tous deux de Robert Dhéry et « Le cave se rebiffe » de Gilles Grangier en 1961.

 

Geneviève Fontanel :         Marie-Jo, la serveuse de l'hôtel

 

Un de ses spectacles les plus populaires reste son interprétation, au début des années 1980, d'une adaptation théâtrale du roman Le Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau. Elle en enregistre également une très belle adaptation due à Jacques Destoop, en 1991, parue en CD audio, aux éditions Des Femmes (La Bibliothèque des voix / série Antoinette Fouque présente... / réalisation : Michelle Muller).

 

Le répertoire de Geneviève Fontanel doit beaucoup plus au théâtre et à la télévision (Annette dans Vidocq, par exemple) qu'au cinéma qui ne lui a offert que des rôles secondaires.

 

Gabriel Gobin :        un habitué du café

 

Premier prix de comédie du conservatoire de Lille en 1928, il commence sa carrière sur les planches des théâtres de province et de Belgique puis monte à Paris en 1935. Il y intègre la troupe de Georges Pitoëff et interprète, entre autres, Jean Anouilh, Marcel Achard, Stève Passeur, Noël Coward.

 

Il débute au cinéma en 1947 dans le film Monsieur Vincent de Maurice Cloche. Dès lors, il s'avère un second ou troisième rôle indispensable dans plus de cent films des plus grands metteurs en scène parmi lesquels Yves Allégret, Georges Lampin, Jean-Paul Le Chanois, André Cayatte, Henri Verneuil, Gilles Grangier… où il donne la réplique à Pierre Fresnay, Bernard Blier, Louis de Funès, Jean Gabin...

 

À partir de 1956, il participe à de nombreux feuilletons ou dramatiques télévisés : Les Cinq Dernières Minutes, En votre âme et conscience, L'Homme du Picardie, La malle de Hambourg, Le Secret des Flamands…

 

Sylviane Margollé :      Marie Fouquet, la fille de Gabriel

 

Découverte à quatre ans et demi par Julien Bertheau, alors qu'elle accompagnait sa sœur à un cours de danse à l'École de spectacle2, Sylvie Margollé débute sur scène et au cinéma à six ans. Dans les années 1950 et 1960, elle incarne la petite fille au visage triste du cinéma et de la télévision. Elle est notamment Cosette dans l'adaptation des Misérables pour le Théâtre de la jeunesse et Mimi dans la série à succès « Le Trésor des 13 maisons », aux côtés d'Achille Zavatta.

 

Lucien Raimbourg :           le jardinier de la pension

 

Nous l’avons déjà rencontré dans « Avant le déluge » 1954 (voir fiche)

 

Paul Frankeur :             Lucien Esnault, le patron du café

 

On se souviendra de lui dans « Marie Octobre » 1959 voir fiche et dans « Avant le déluge » 1954 ou encore dans « Le Deuxième Souffle » 1966 de Jean-Pierre Melville

À Saint-Germain-des-Prés, il côtoie Jacques Prévert et Maurice Baquet et se lie au groupe Octobre.

 

Il tournera dans plus de quatre-vingts films en France et en Italie.

 

Il partageait avec Jean Gabin et Lino Ventura la passion de la bonne chère. La solide amitié qui le liait à ces deux grands acteurs se traduisit par une présence commune dans de nombreux films, parmi lesquels plusieurs classiques. Paul Frankeur reste une figure attachante du cinéma, dans des seconds rôles où sa justesse d'interprétation lui valait d'être distingué. Par son timbre de voix, reconnaissable entre mille, il affirmait sa présence à l'écran.

 

Noël Roquevert :           « Landru », le patron du « Chic Parisien »

 

Nous l’avons déjà rencontré dans « Marie Octobre » 1959 (voir fiche)

 

Camille Guérini :          le maire du village (non crédité)

 

En 1935, il est engagé par Marcel Nancey au théâtre des Deux-Masques à Paris, où il connaîtra un premier vrai succès dans « Le Club des gangsters ». L’année suivante, il accepte un contrat de longue durée au théâtre du Palais-Royal où il restera jusqu’en 1945. Durant ces années, il débute au cinéma, et devient l’un des pionniers du doublage, prêtant sa voix notamment à l'acteur Keenan Wynn ainsi qu'à de nombreux personnages de dessins animés Disney. Sa personnalité joviale en fait un second rôle recherché dans le cinéma français de l’époque, aux côtés entre autres de Louis Jouvet et Jean Gabin.

 

Au théâtre, il passe du « boulevard » à un répertoire plus sérieux. Il crée notamment des pièces de Jacques Audiberti, Jean Anouilh, Paul Claudel et Marcel Aymé. Mais c’est la télévision qui le révèle véritablement au grand public, avec des rôles de premier plan, dans notamment le Théâtre de la Jeunesse. Sa mort prématurée en 1963 sera saluée par un hommage télévisé de Claude Santelli en ouverture d'une rediffusion exceptionnelle de Un pari de milliardaire.

 

Paul Mercey :                  le marchand de poissons

 

Paul Mercey a commencé comme chansonnier, à Genève, au « Caveau » (1942-1943) et à « La Boîte à Musique » (1944-1947).

 

Il a joué Henri, le barman du bowling des Tontons flingueurs, et est également présent aux côtés de Jean Yanne dans beaucoup de ses sketches (Les Routiers mélomanes, L'Accident de chars (à Rome)) et de ses films.

 

Il joue le rôle du moustachu du bain turc dans La Grande Vadrouille en 1966, aux côtés de Louis de Funès et de Bourvil, le voisin en colère du colonel Matthews dans Le Cerveau en 1969 mais aussi le curé à qui Louis de Funès fait des grimaces dans « Le Gendarme en balade » en 1970.

 

Henri Verneuil :            un officier allemand du générique

 

Henri Verneuil est présent dans le film au moment où son nom apparait à l'écran au générique : il est l'officier allemand qui monte l'escalier. Il est également et comme souvent la « voix » du haut-parleur de la gare. Une façon de cameo à la Hitchcock.

 

Dont la définition selon Wikipédia est : « Un caméo, également appelé passage éclair1 ou vedette éclair2 (essentiellement au Québec), désigne, dans le monde de l'image, et plus particulièrement au théâtre et au cinéma, l'apparition fugace d'une personne membre de l'équipe de tournage ou autrement célèbre. Caméo est un terme emprunté à l'anglais qui l'a lui-même emprunté à l'italien cameo ou cammeo, signifiant camée ».

 

Gaston Meunier :          un touriste attablé à l'auberge

 

Plus que jamais cédons la parole à Wikipédia : « On ne sait rien de cet acteur qui ne fit que de brèves apparitions, souvent muettes, dans des films et des séries télévisées entre 1961 et 1980. »

 

Et si pour une fois on parlait musique

 

Michel Magne

 

Compositeur de musiques de films français incontournable dans les années 1960 et 1970. De formation classique, mais d'un esprit musical très ouvert, il passe de la musique concrète à la variété (il accompagne avec son orchestre notamment Henri Salvador), puis à la musique de film avec 73 bandes sonores originales.

 

En 1962, il achète le château d'Hérouville dans le Val-d'Oise. En 1969, un incendie criminel dans l'aile nord détruit la totalité des bandes originales de ses œuvres, dont il ne possède aucune copie. Cet événement est terrible pour le compositeur. Il décide malgré tout de recréer les œuvres disparues.

 

Il lui faut pour cela un outil de travail. La même année, après de longs travaux d'aménagements, il installe donc un studio d'enregistrement professionnel dans les vastes combles de l'aile sud de sa demeure. Il invente ainsi le concept de studio résidentiel, très imité depuis, notamment dans les pays anglo-saxons (The Manor par exemple). Considérant l'investissement croissant auquel le mène son perfectionnisme, il décide d'en faire une structure commerciale. Après des débuts modestes, à la suite de T. Rex, de nombreux groupes et artistes viennent enregistrer chez lui, comme Pink Floyd (Obscured by Clouds), Grateful Dead, les Bee Gees, Jean-Christian Michel avec Kenny Clarke ; Michel Polnareff, David Bowie, Claude Nougaro, Jacques Higelin, Saint-Preux, Salvatore Adamo, Nicoletta, Elton John, Alan Stivell, Dan Ar Braz, Ange (Le Cimetière des Arlequins), Il était une fois, etc., et font du Studio d'enregistrement Michel Magne à Hérouville le lieu d'enregistrement à la mode pour les plus grands groupes de l'époque.

(Sa triste fin dans l’article de Wikipédia le concernant )

 

Et pourquoi pas, pour une fois aussi du décorateur

 

Cette fois ci, ce sera la deuxième fois car nous avons déjà rencontré Robert Clavel comme assistant décorateur de Max Douy pour « Les dames du Bois de Boulogne » 1945

 

Les réalisateurs avec lesquels Robert Clavel collabore le plus durant sa carrière (comprenant près de quatre-vingts films français, parfois en coproduction) sont Henri Verneuil (douze films, et André Cayatte (dix films). Ce dernier réalise notamment les quatre derniers films du chef décorateur, « Verdict » 1974, avec Jean Gabin et Sophia Loren, « À chacun son enfer » 1977, avec Annie Girardot et Bernard Fresson, « La Raison d'État » 1978, avec Jean Yanne et Monica Vitti, et enfin « L’Amour en question » 1978, avec Annie Girardot et Bibi Andersson.

 

 

Le trio gagnant est Verneuil, Audiard et François Boyer.

 

On doit à ce dernier des scénarios de quelques grands classiques du cinéma français, tels que « Jeux interdits » 1952 (tiré de son roman Les Jeux inconnus), « La Guerre des boutons », 1962 et « Week-end à Zuydcoote. » 1964 Il intervient souvent à titre de dialoguiste et travaille maintes fois en collaboration avec Henri Verneuil ou Yves Robert. Il apparaît brièvement dans le rôle du prêtre dans « La Guerre des boutons » 1962

 

Quelques « mots » d’Antoine Blondin

L’une des raisons de la dérive de Fouquet/Belmondo c’est le départ définitif de Claire « partie avec la clé » écrit Blondin. Elle lui disait : « le seul obstacle entre nous, c’est la boisson. » Il répondait : « Je boirais l’obstacle ».    

 

Parmi ses copains Jacques Laurent dira de lui : « Il buvait comme il respirait, pour vivre »

 

Mais le grand ami entre tous c’était Roger Nimier avec qui il faisait les quatre cents coups. Blondin était un habitué des commissariats. Une nuit raflé par les « hirondelles » car sans le sou pour payer sa note de bar il se retrouve au poste. Il a droit à un coup de fil pour réunir la somme. Il appel Nimier. Et attend. Juste avant le passage du panier à salade devant emmener tous ces oiseaux de nuit au Palais de Justice, une voiture de grande livrée barre la rue du commissariat. Un chauffeur en livrée et gants blancs entre et lui tend une enveloppe bourrée de billets : « Voici Monsieur » dit le chauffeur « Merci Etienne » répond Blondin qui sort et monte dans la voiture dont la portière lui a été ouverte devant les agents ébahis. C’était Nimier

 

Au « Hélas, pourquoi suis-je moi ? » de Stendhal il fait échos « Je ne suis pas un individu triste, je suis juste un triste individu »

 

Blondin revendique la noblesse de l’ivresse qui fait de vous les milords et n’a rien à voir avec les pochtrons. Ainsi la profession de foi de Quentin : « Des ivrognes vous ne connaissez que les malades, ceux qui vomissent et les brutes. Il y a aussi les princes incognito… sont entourés de ténèbres et d’éclairs poids, ce sont des funambules persuadés qu’ils continuent d'avancer sur le film alors qu'ils l'ont déjà quitté … »

Le roman a mis dix ans à être terminé *. L’éditeur de Blondin l’enfermait dans des chambres d’hôtels ce qui, sur les rapports des tauliers fait dire à cet éditeur avec les mots employé dans le film Blondin: «  Une  nuits sur deux, Quentin Albert descendait le Yang-Tseu-Kiang dans son lit bateau. »

 

* Blondin rendait des manuscrits avec, à pleine, quelques ratures mineures et ne nécessitant que très peu de corrections.

Pax

 

Prochainement « …*»

 

* Selon l’humeur du moment occupé comme il est par ses devoirs de vacances.

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1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 06:00

Pourquoi Albert Einstein tire la langue sur sa légendaire photo ? - NeozOne

Attendu que chez la libraire d’en face de Georgette Café, le pourtour de la caisse est inondé des livres d’Annie Ernaux ;

 

Attendu que j’adore les petits livres que l’on peut glisser dans la poche intérieure de sa veste ;

 

Attendu que beaucoup de 68 hard exhibent sur leur tee-shirt délavé le portrait où Albert Einstein tire la langue ;

 

Attendu qu’Houellebecq a écrit les Particules Elémentaires mais a fait chou blanc pour le Nobel ;

 

Attendu que beaucoup pensent que la physique quantique est inabordable, alors LISEZ

 

 

Einstein et les révolutions quantiques

 

 

Alain Aspect, y raconte avec passion l'une des révolutions majeurs du XXe siècle, la mécanique quantique. Plus exactement, il décrit non pas une mais deux révolutions auxquelles Einstein a contribué. Elles font le charme de cette théorie qui, bien que s'appliquant à l'infiniment petit, a des répercussions à notre échelle : laser, disque dur, circuits imprimés...

 

La première révolution détaille comment des particules peuvent être à la fois des ondes et des objets matériels.

 

La seconde explique que des objets peuvent être dans plusieurs états en même temps. Cela peut sembler très bizarre, mais le talent du physicien et académicien, pas encore Nobel en 2012, est de parvenir à le faire comprendre assez facilement.

 

LA PREMIÈRE RÉVOLUTION QUANTIQUE ET LA DUALITÉ ONDE-PARTICULE

 

La première révolution quantique qui naît sous l’impulsion d’Einstein au début du XXe siècle, bouleverse notre vision du monde et fait émerger des concepts surprenants comme la dualité onde-particule.

 

LA DEUXIÈME RÉVOLUTION QUANTIQUE ET L’INTRICATION

 

Moins connu est le développement d’une deuxième révolution quantique initiée en 1935 par Einstein, Podolsky et Rosen et par Schrödinger, et rendue possible à partir de la fin des années 1960 par l’expérimentation sur des particules individuelles. Cette révolution, qui se déroule encore sous nos yeux, repose sur le principe étrange de l’intrication selon lequel deux particules qui ont interagi se comportent de manière extraordinairement similaire même lorsqu’elles sont éloignées.

 

L’INFORMATIQUE QUANTIQUE

 

Cette notion a été vérifiée expérimentalement par l’auteur au début des années 1980 et connaît déjà des applications concrètes, notamment en matière de cryptographie. Elle pourrait déboucher à terme sur des technologies nouvelles comme l’informatique quantique. Tourné vers une physique d’avenir, cet enregistrement raconte une magnifique histoire de science, dans laquelle l’expérimentation a permis de trancher des débats philosophiques.

 

Alain Aspect

Alain Aspect, prix Nobel de physique 2022 : « La deuxième révolution de la physique quantique ne fait que commencer »

Par Jean-François Haït le 04.10.2022

 

Le prix Nobel de physique 2022 a été attribué au Français Alain Aspect, à l’Américain John F. Clauser et à l’Autrichien Anton Zeillinger, pour leurs travaux en physique quantique. Il y a quelques jours seulement, Sciences et Avenir réalisait l'interview d'Alain Aspect pour son hors-série "Les indispensables" dédié à "La grande histoire de la physique" et en kiosque le 21 décembre 2022. Entretien à découvrir en exclusivité sur notre site.

 

REACTION. Sciences et Avenir a recueilli la réaction d'Alain Aspect après l'annonce de son prix : "Je pense à tous ceux qui ont rendu ce prix Nobel possible, à commencer par mon professeur de physique au lycée d'Agen, qui m'a donné le goût de cette discipline, ainsi qu'aux nombreux enseignants, collègues et étudiants. Aux étudiants en particulier, car lorsqu'on enseigne on doit expliquer, et ainsi on comprend mieux ce sur quoi on travaille. Et je pense également à John Bell, qui a écrit les inégalités qui ont permis de trancher la controverse Einstein-Bohr".

 

La suite ICI 

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31 octobre 2022 1 31 /10 /octobre /2022 06:00

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Je joue sur les C, coquin que je suis, certains seront peut-être tombés dans le panneau du roi du surgelés : Picard, dont le slogan est « pour le bon et le meilleur »

 

Ici c’est Vin&Cie et je me dois de signaler que l'histoire de la marque-enseigne commence en 1920, quand la famille Picard rachète Les Glacières de Fontainebleau. De la fabrication de pains de glace à celle de produits surgelés, il n'y avait qu'un pas qui est franchi en 1962 par Raymond Picard lorsqu'il prend la direction de l'entreprise familiale.

 

En 1973 Armand Decelle rachète l'entreprise et lance la vente par correspondance avec un catalogue. Il emploie 12 employés et dispose de 5 camionnettes pour les livraisons.

 

Le destin de Picard est si étroitement lié à celui des Decelle que, même lorsque Carrefour achète la société, en 1994 _ dans l'opération, la famille, propriétaire à 90 %, cède 70 % des actions à Carrefour, qui monte à 74 % dans le capital _, le PDG du distributeur, Daniel Bernard, se garde bien de changer qui ou quoi que ce soit. L'entreprise connaît, depuis, une réussite insolente, avec un résultat net multiplié par 4 entre 1993 et 2000, de 60 à 235 millions de francs (de 9,1 à 35,8 millions d'euros). Aucun concurrent ne résiste au rouleau compresseur de Picard, véritable énigme qui dément, année après année, toutes les études de marché. Et lorsque, meurtri par une douloureuse mésentente familiale, Olivier décide, en octobre dernier, de rendre son tablier, que fait Daniel Bernard ? Il met en vente l'entreprise de surgelés, cédée, il y a peu, à un groupe d'investisseurs.

 

Olivier Decelle, Jean Faure and others... Anthocyanes - Yohan Castaing

 

Olivier Decelle, un vigneron tardif mais offensif

 

L’ancien patron de Picard Surgelés ne cesse de s’imposer à la tête de vignobles : le Roussillon, le Bordelais, la Bourgogne, et maintenant le Rhône. Avec flair et un caractère trempé. ICI 

Bertrand Piccard (Solar Impulse Foundation): "Greta Thunberg et moi sommes  complémentaires" | L'Echo

Mais revenons à nos moutons, ici c’est de Bertrand Piccard, le suisse, dont il est question. à la tête de sa fondation Solar Impulse, espère convaincre les députés français, avec 50 propositions, « prêt à voter », pour protéger l’environnement et diminuer le gaspillage

 

Ecologie : « Bertrand Piccard ne propose pas de changer la société, mais d’en améliorer son efficacité »

 

CHRONIQUE

 

Philippe Escande

 

Son père et son grand-père ont sillonné les océans, il a préféré les hautes altitudes. Bertrand Piccard a tourné autour du monde en ballon, puis en avion solaire, et bientôt en zeppelin. Redescendu sur terre, il explore la jungle de l’Assemblée nationale à la tête de sa fondation Solar Impulse. A la main, un petit bréviaire de 50 propositions, « prêt à voter », pour protéger l’environnement et diminuer le gaspillage. Sa fondation avait, en 2021, identifié 1 000 solutions simples et rentables.

 

Il propose désormais aux politiques non pas de les financer, mais de créer le cadre légal qui leur permettrait de se développer. Cela tombe bien, puisque le gouvernement présente, vendredi 21 octobre, son projet de planification écologique et devrait débattre avec les députés, à la fin l’année, de sa loi sur la transition énergétique.

 

Alors que la France n’est pas en ligne avec les objectifs qu’elle s’est elle-même fixés en matière de transition climatique et environnementale, toutes les idées sont bonnes à prendre, surtout si elles existent déjà.

 

Par exemple,

 

  • imposer une étude sur les possibilités géothermiques pour toute construction neuve ;

 

  • encourager l’autoconsommation collective d’électricité ;

 

 

  • favoriser l’éclairage public autonome à partir de panneaux solaires et de batteries ;

 

  • permettre ou développer l’utilisation de dispositifs de stockage d’énergie, par batterie ou par réservoir d’eau ;

 

  • imposer l’usage de béton bas carbone…

 

Besoin d’un coup de pouce réglementaire

 

Toutes ces solutions existent en France à petite échelle, sont rentables, mais elles ont besoin d’un coup de pouce réglementaire pour se développer. « Je suis contre le fait d’utiliser l’excuse des technologies de demain pour ne rien faire aujourd’hui », explique-t-il.

 

Le Suisse volant profite de sa notoriété d’aventurier pour pousser ses idées. Elles reçoivent une oreille attentive au MoDem, chez Les Républicains, mais moins à gauche de l’échiquier politique.

 

Car Bertrand Piccard ne propose pas de changer la société, mais d’en améliorer son efficacité. Les trois quarts de l’énergie électrique sont gaspillés, assure-t-il, voilà la priorité. Il préfère donc cette notion à celle de sobriété, tout en rejetant le procès en technophilie béate que pourraient lui intenter les Verts, plus séduits par les envolées de l’astrophysicien Aurélien Barrau que par le discours plus terre à terre de l’explorateur.

 

« Mon but est de moderniser le monde, pas de le pousser vers le futur, juste ramener le monde du passé vers le présent », dit-il. C’est le vrai combat idéologique qui attend l’écologie.

 

50 propositions ‘Prêt à Voter’ ICI 

 

Le succès de la transition écologique dépend moins du développement de nouvelles solutions technologiques, que de la création de conditions permettant d’adopter les solutions actuelles et de profiter des bénéfices qui les accompagnent.

 

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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 06:00

L’heure n’est pas à plaisanter mais que, tout de même, l’évêché de Luçon passa du plus crotté de France a cette exécrable réputation, il y a un pas que l’ancien enfant de chœur confirmé par Mgr Cazaux évêque de Luçon n’aurait jamais imaginé.

 

31 octobre 2018

Cher Jean-Pierre Sautreau votre livre « Une croix sur l’enfance en Vendée », la vôtre volée, violée, martyrisée, par le clergé, est une œuvre de salubrité publique…  ICI 

Évêque accusé de voyeurisme : l'Église veut revoir sa communication - Le  Point

Ancien évêque de Luçon sanctionné pour voyeurisme : en Vendée, la colère d’un collectif de victimes

 

Porte-parole du collectif des victimes de violences sexuelles dans l’église de Vendée, Jean-Pierre Sautreau estime que « l’affaire Michel Santier montre que l’Église continue de protéger non pas les victimes mais les bourreaux ». Il dénonce « une nouvelle offense faite aux victimes ».

 

      

L’écrivain vendéen Jean-Pierre Sautreau est le porte-parole du collectif des victimes de violences sexuelles dans l’église de Vendée. Il regroupe des victimes d’ecclésiastiques ou de laïcs dépendants du diocèse de Luçon. La plupart de ces agissements ont été commis du début des années 1950 jusque dans les années 1980, notamment au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers.

 

  • Évêque de Luçon de 2001 à 2007, Michel Santier a été sanctionné par Rome pour des « abus spirituels ayant mené à du voyeurisme » sur deux hommes majeurs, dans les années 1990. Il était alors directeur de l’École de la foi à Coutances (Manche). Dix jours après la révélation des faits dans la presse, vous êtes toujours en colère ?

 

Oui, c’est le mot. Nous, les victimes qui avons témoigné auprès de la Ciase, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, nous pensions avoir été écoutées. Nous découvrons ces jours-ci qu’au moment même où l’Église fait mine de s’intéresser au sujet, elle couvre des faits : ceux-ci ont été reconnus dès 2019, mais ils ont été tus, simplement sanctionnés en 2021. Cette réaction montre que l’Église continue de protéger non pas les victimes mais les bourreaux, comme dans les années 1950 ! (1)

 

  • Avez-vous connaissance de témoignages de victimes de Michel Santier en Vendée ?

 

Non, pas à ce stade, mais les répercussions dans le département sont tout-de-même très fortes. Ce qui nous fait mal, ce n’est pas tant la découverte d’une nouvelle pratique, avec cette histoire de strip-confession, dans laquelle le pénitent devait enlever un à un ses vêtements, à chaque péché avoué à son confesseur. C’est triste à dire, mais on a entendu tellement d’horreurs que nous ne sommes plus surpris. Ce qui est le plus choquant, c’est le traitement de cette affaire par l’Église en 2019, en plein dans son MeToo. C’est une nouvelle offense faite aux victimes. Ici encore, le sacrement de la confession a été utilisé pour agresser sexuellement, et encore une fois le culte du silence a permis de protéger un agresseur.

 

  • Pour vous, la confiance est remise en cause par cette affaire ?

 

Clairement. J’entends d’ailleurs que certains acteurs de l’Église vendéenne en sont bouleversés. Comment ne pas avoir l’impression que c’est pourri jusqu’à la moelle ? À qui faire confiance ? Dans certains milieux catholiques, en Vendée, on se souvient avec reconnaissance des mots de Michel Santier qui avait exprimé le pardon de l’Église pour les personnes divorcées, les homosexuels (2). Et aujourd’hui, on apprend ces faits incroyables… avec de nouveaux témoignages ces derniers jours… Qui peut avoir confiance dans ce contexte ?

 

  • Comment vivez-vous la réaction de Mgr François Jacolin, l’actuel évêque de Vendée ?

 

Je continue de penser que même s’il y a des phrases maladroites, il faut reconnaître à l’évêque Jacolin un certain courage. Il est l’un des rares évêques français à avoir fait acte de repentance publique pour les victimes de pédophilie dans le diocèse de Luçon, en octobre 2020. Je peux témoigner qu’il y a, dans le diocèse actuel, une volonté de prendre le problème par le haut. Cette nouvelle affaire, même sans victime signalée en Vendée, a sans doute un côté désespérant. On peut supposer que pour certains paroissiens, cela pourrait être le scandale de trop.

 

Contact : https://collectif85.com/

 

(1) Au moment de sa démission du diocèse de Créteil, acceptée par le pape François le 6 juin 2020, Michel Santier avait évoqué des raisons de santé. Il n’a quitté officiellement sa charge que le 9 janvier 2021.

 

(2) Le texte a été lu dimanche 2 avril 2006 à la messe qui ponctuait la dernière assemblée du synode diocésain.

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29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 06:00

Annie Ernaux : l'insoumise | Les Echosblague Annie Ernaux – Blagues et Dessins

Suis pas fan de Beigbeder mais il sait mettre le doigt où personne n’ose le mettre et c’est un vrai bonheur dans un monde si convenu.

 

Le portrait

 

Un barrage contre l'Atlantique” : mémoire d'un jeune homme rangé

 

Frédéric Beigbeder, l’écume des nuits

 

Retrouvailles avec l’écrivain éloigné de Paris et des festivités, qui tente d’édifier un barrage contre le temps qui passe.

 

En dix-sept ans, c’est le troisième portrait de Frédéric Beigbeder dans Libération. Ça fait beaucoup, mais il arrive un moment où la vie est comme ça, faite d’une curiosité relancée par les souvenirs, les répliques, les caricatures.

 

Donc, que devient-il ?

 

Le monde a changé, mais l’auteur de L’amour dure trois ans paraît ce qu’il a toujours été : faux insouciant enjoué, crispé, intéressé. Ceux qui l’ont côtoyé lui reprochent souvent d’être dur, jaloux, de ne rien oublier : la mondanité est un sport de combat.

 

Chroniqueur et publicitaire de lui-même, Beigbeder continue de surfer non sans talent sur l’écume des choses, dans la transparence des poses. Son nouveau livre, Un barrage contre l’Atlantique, est la suite d’Un roman français. Détournant le titre d’un roman de Duras, il y promène son miroir sur la route pour prolonger, en direct et dans le rétro, son personnage moitié Guermantes, moitié Gatsby. Comme d’habitude, ses phrases ont la saveur éphémère des formules « bouclées » :

 

« J’en veux à cette épidémie pour deux raisons : parce qu’elle gâche la jeunesse de ma fille aînée (Chloé, 22 ans) et parce qu’elle me fait regretter la mienne. »

 

Tentez cette expérience.

 

Balancez tranquillement au milieu d’une conversation un nom, un simple nom d’un ton badin : « Beig-be-der ». Inutile d’insister. L’effet produit sera celui d’un ballon lancé sur un terrain de foot : tous chercheront aussitôt à s’en emparer. Chacun aura un avis autorisé, criera son indulgente tendresse ou son dégoût viscéral, détaillera les rumeurs sur sa vie privée – « Laura Smet, c’est fini et bien fini… » –, clamera qu’il a été en classe avec lui, ou encore qu’il connaît quelqu’un qui connaît Machin qui faisait partie du Caca’s Club (1) …

 

ICI 

 

Bref, comme je n’ai pas son talent d’écriture mais que je suis, en plus de licher des vins nu qui irritent tant Michel Bettane, un lecteur compulsif de romans et autres genre de livres ; ce sont les deux postes les plus importants de mon budget de consommation, je profite du sien pour vous confier que je sature depuis qu’Annie Ernaux est nobelisée et portée en étendard par le Mélenchon sénateur à vie, toujours derrière au moment du sprint final.

 

Impossible de dire un mot de trop sur madame Ernaux sans se faire traiter de facho et pourtant, ses romans me sont toujours tombés des mains, elle est pour moi l’étendard du nombrilisme à la française que j’exècre. Les Nobel ont cédé à l’air du temps, c’est leur droit mais je ne céderai pas d’un seul pouce au concert de ses thuriféraires, surtout ceux étiquetés révolutionnaires en peau de lapin.

 

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28 octobre 2022 5 28 /10 /octobre /2022 06:00

Il y a 10 ans 1 petit viticulteur métayer du Beaujolais m’écrivait : son père lui disait « le Beaujolais est perdu »  Qui sauvera le beaujolais ?

Gérard Bancillon, président de la Confédération des vins à Indication Géographique Protégée de France, ne fait pas dans la dentelle, il sort son 49.3 : la sébile tendue aux pouvoirs publics : « Il va falloir sortir le carnet de chèques »

 

La perfusion d’argent public, communautaire et national, fut pendant des décennies la recette des producteurs de vin de table.

 

Le 8 août 2007 j’écrivais à Mariann Fischer Boel

 

 

Madame la Commissaire,

 

 

 

Je suis déçu. En vous, femme du Nord soucieuse des consommateurs, j'avais placé des espoirs immodérés : j'espérais que votre réforme dégraisserait le mammouth viti-vinicole survivance d'un temps où le vin - le gros rouge colonial puis transalpin - se transportait par pinardiers, trains entiers pour être assemblé en plein cœur de Paris à Bercy. Notre divin nectar y était traité comme un vulgaire boisseau de blé, bref comme une commodité - commodity pour vous chère Mariann - avec ses contrats de stockage à court et long terme, sa garantie de bonne fin et sa palanquée de distillations en tout genre.

 

Ce fut ensuite la "guerre du vin" menée par une poignée d'irréductibles de notre Midi : Montredon, l'Ampelos à Sète, des morts et, en 1986, un comble pour des vins médecins, du méthanol assassin en provenance d'Italie...

 

Produire, produire, pour rien, alors nous avons, à Dublin, avec Michel Rocard, décidé de la double peine : l'arrachage et la distillation obligatoire à bas prix pour les hauts rendements (DO). En clair, on nettoie la base, on brise la productivité, et ce fut le triomphe des VQPRD. Notre Midi releva la tête et le défi.

 

La suite ICI 

 

Nous nous croyions sortis de l’auberge la presque totalité de nos vins accédaient à l’identification géographiques, enfermés dans un corpus de règles d’apparence qualitative : AOC-AOP, IGP, exit les vins sans origine ni qualité, et puis patatras, les consommateurs de beaucoup de ces vins ripolinés, peuplant les murs de vin de la GD, vendus 2 balles, n’étaient plus au rendez-vous, les boomers, gros acheteurs, pousseurs de caddies, comme tout un chacun, vieillissent, disparaissent, ne passent plus au tiroir-caisse.

 

Aux vieilles lamentations sur le bashing du vin par la loi Evin, se sont ajoutées la Covid, la guerre d’Ukraine, l’essoufflement de la demande chinoise, le retour de l’inflation, masquant la réalité pourtant prévisible : la saturation de notre marché domestique des petits vins, le ventre mou de notre production.

 

Retour à la politique de la main tendue dans l’urgence, l’absence d’analyse sérieuse de notre potentiel commercial. Pour beaucoup d’entreprises vigneronnes la faillite pointe son sale nez et je ne suis pas en train de plaider pour une politique qui les laisseraient tomber mais pour une prise en compte de la réalité.

 

Au passage, nous sommes loin des vapeurs de Michel Bettane sur ces vins vites fait, vite bu, ici nous sommes face à la masse des vins invendus. Le vrac, celui qui circule dans les gros camions : produits alimentaires, des vins boissons, des vins sans avenir.

 

Y'A PLUS QU'À

10 000 €/ha, la prime d'arrachage demandé par le vignoble de Bordeaux

Unie et mobilisée, la filière des vins de Bordeaux fixe ses demandes d’aide au gouvernement pour répondre à l’urgence de sa crise viticole. Reste à trouver une voie juridique et des financements pour passer au concret.

Par Alexandre Abellan Le 21 octobre 2022

 

ICI 

 

Sans arrachage ni distillation, "2023 sera l’année de tous les dangers pour le vin en vrac"

 

Le président des vins IGP de France s’alarme du manque d’avancées sur les dossiers structurant les surplus actuels de production dans le vignoble français. Il en appelle à de rapides réflexions régionales et nationales.

Par Alexandre Abellan Le 18 octobre 2022

 

À situation de crise, il faut des solutions de crise » pose Gérard Bancillon, le président de la Confédération des vins à Indication Géographique Protégée de France, en appelant au soutien financier du gouvernement français et de la Commission Européenne. Alors que les vendanges/vinifications s’achèvent, le viticulteur gardois appelle les pouvoirs publics à rapidement saisir les enjeux de la filière vin pour débloquer les tensions qui menacent toujours plus ses opérateurs. N’ayant pas eu écho d’avancées depuis la réunion estivale des représentants du vignoble et du négoce avec le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, Gérard Bancillon milite pour une nouvelle réunion dans les prochaines semaines : « il faut aller très très vite et que les préfets de région se mobilisent pour étudier les situations selon chaque bassin » pointe Gérard Bancillon, soulignant la diversité de fortune d’un vignoble à l’autre.

 

« On a des régions en France où il y a de vraies dynamiques de demande et où il manque de la réserve (Bourgogne, Champagne…) qu’il faut soutenir (avec des rendements au-delà du butoir), il y a des régions où les marchés sont moins dynamiques et il y a des régions où les marchés sont plantés. Il va falloir sortir le carnet de chèques » prévient le président des vins IGP, qui veut rapidement la mise en place d’outils de distillation de crise et d’arrachage primé. Appelant à des actions différenciées selon les régions, il prône la distillation de crise pour apurer les stocks pâtissant de problèmes conjoncturels. « Comme certains vins IGP vendant beaucoup en Grande Distribution et faisant face, avec la guerre en Ukraine, à une inflation poussant les consommateurs à choisir produits de première nécessité pour leurs caddies. C’est un souci passager pour certaines IGP, avec des volumes à résorber par distillation » détaille Gérard Bancillon, précisant qu’il n’y aurait pas l’IGP du Vaucluse à être intéressée.

 

 

 

« D’autres auront des besoins. Que l’on soit clair, il y a des caves qui, malgré la petite récole de 2021 et son gel du siècle, sont encore à moitié pleines : il faut se dépêcher » alerte-t-il, rapportant que la France « vient de rentrer une récolte plutôt correcte, il faut réagir rapidement pour éviter la baisse des prix : que faire de tout ce vin ? 2023, c’est l’année de tous les dangers au niveau du vrac. Il faut donner une lueur d’espoir aux viticulteurs avec la distillation et l’arrachage, pour estomper la déconsommation, éviter que les marchés s’effondrent et donner espoir à ceux qui continuent. » Reste à convaincre la Commission Européenne de la nécessité de débloquer une nouvelle distillation de crise, après celle de la pandémie de covid-19. Les derniers retours de Bruxelles indiquent plutôt un refus, « Avec la guerre en Ukraine, on se trouve face à une inflation exceptionnelle et dans le cas d’une crise spécifique, grave, qui ressemble à celle du covid » réagit le président des vins IGP.

 

 

Expertiser les possibilités de financement de l’arrachage

 

 

Le ministère répond à côté de l'attente vigneronne sur le remboursement des PGE

 

En complément d’une distillation de crise conjoncturelle, Gérard Bancillon défend un arrachage structurel : « il y a des régions parmi les plus célèbres qui ont des problèmes structurels et devront arracher : il y a Bordeaux, mais pas que » note Gérard Bancillon, évoquant des cours ponctuellement trop faibles en AOP du Languedoc. Si la filière viticole française est unie devant le besoin et le principe d’un arrachage à Bordeaux (en témoigne le Syndicat des Vignerons de l’Aude, voir encadré), tout le défi est désormais de trouver un moyen de le financer pour passer au concret (la demande est vive en Gironde). « Il faut tout mettre à plat et expertiser les possibilités de financement de l’arrachage : entre piocher dans le Plan Stratégique National (PSN) et recourir aux fonds Feader (via les régions) » estime Gérard Bancillon.

 

Dossiers chauds

 

Dans tous les cas, peut importe le moyen tant que la filière arrive à ses fins pour le président des vins IGP, qui martèle l’urgence d’agir sur les autres dossiers vitivinicoles en souffrance : la révision de la moyenne olympique pour renforcer l’assurance climatique, modifier les critères de fertilisation de la certification Haute Valeur Environnementale (HVE), allongement automatique du remboursement des Prêts Garantis par l'Etat (PGE), modification fiscalité Dotation pour Épargne de Précaution (DEP)… De quoi peser sur le moral vigneron, déjà bien entamé par les hausses de tous les coûts de production (produits phytosanitaires, salaires, engrais… et GNR). En IGP Pays d’Oc, les frais fixes moyens de 3 500 €/ha augmentent de 750 €/ha indique Gérard Bancillon, notant qu’avec un rendement de 70 hl/ha, il faudrait une augmentation de plus de 10 €/hl des cours du vrac. « Je ne suis pas sûr que l’on y arrive d’après les premiers retours d’acheteurs... Je comprends qu’il n’y ait pas d’euphorie, les retiraisons ne se font pas parce que la consommation baisse. On observe une nouvelle déconsommation qui arrive sur une érosion chronique de la consommation » analyse-t-il. Ce qui appelle à d’amples réflexions au sein de la filière vin pour lancer une stratégie d’évolution sur la production et la consommation de demain.

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27 octobre 2022 4 27 /10 /octobre /2022 06:00

Connaissant l’extrême susceptibilité de celui qui, ayant rêvé, en ses années de maturité, de connaître une notoriété internationale dans le difficile domaine de la prescription des grands vins, c’est un rustaud étasunien, avocat de profession, inconnu au bataillon des nez fins, qui lui volera la vedette, un certain Robert Parker propulsant certains GCC de Bordeaux au firmament de prix pharaoniques, en les parkérisant, diront certains, je me risquerai, avec la prudence d’un Sioux, à seulement m’étonner qu’il puisse penser que le débat qu’il lance, sur le papier glacé du magazine En Magnum, en fusse un.

 

Pourquoi y-aurait-il débat ?

 

N’en déplaise à Michel Bettane, le vin produit en notre vieux pays de terroirs, qu’il soit grand, petit, moyen, prestigieux, minable, mis en bouteille ou en vrac, est produit pour trouver une place, un prix sur le marché, sur son segment de marché, marché intérieur comme celui du grand large. Je sais, ce que j’écris choquera les esthètes, les « amoureux du vin », les dégustateurs patentés, oui je suis atrocement trivial, vulgaire, mais je ne vois pas au nom de quoi, celles et ceux qui font du vin, devraient suivre les vapeurs de bonnes sœurs de ceux qui se disent prescripteurs, des que plus grand monde suit, proches qu’ils sont de la cabine téléphonique chère aux défunts radicaux.

 

Enfin, j’ose conseiller aux plumitifs qui œuvrent pour Bettane&Desseauve, de sortir de leurs dégustations, d’aller à la rencontre, sur les nouveaux lieux de consommation, de ces drôles d’oiseaux que sont ces jeunes et nouveaux consommateurs. Les ignorer, les mépriser même, se moquer d’eux, les prendre pour des ignares sans vocabulaire qui se contentent de siffler des canons vite fait bien fait.

 

Je m’en tiens là, laissant Michel Bettane à ses accablements... ses regrets... à sa manière bien à lui de sermonner sur la montagne.

 

Le sermon sur la montagne – Regards protestants

 

Le vin à boire vite, cette illusion tragique

Michel Bettane –

6 octobre 2022

 

 

Le débat est lancé. il contient ce qu’il faut de bon sens pour qu’on s’y intéresse. entre techniques nouvelles et convictions d’expérience, qui aura le dernier mot ?

 

Il y a rarement de l’imprévu ou du nouveau dans le monde du vin et les débats d’aujourd’hui ressemblent diablement à ceux d’hier. Dans les années 1960, Alexis Lichine, qu’on surnommait dans tous les pays du monde le « pape du vin » – on n’avait pas attendu Robert Parker – remarquait dans son Encyclopédie pionnière que les grands vins blancs de Bourgogne madérisaient rapidement et qu’ils étaient meilleurs à boire vers leur cinquième année ou même avant. On ne connaît que trop aujourd’hui les ravages des oxydations précoces de beaucoup de vins blancs. Rappelons que les exceptions d’alors, capables de défier les décennies, provenaient de viticulteurs maniant avec dextérité le sulfitage ou l’acidification, comme Pierre Ramonet-Prudhon ou François Raveneau.

 

On n’accepte plus ces pratiques œnologiques aujourd’hui. De toute façon, le jeunisme de la nouvelle génération – son amour de la nouveauté et de l’immédiateté dans le succès, sa vision du temps souvent devant elle et rarement derrière – donne sa préférence au fait de boire les vins aussi vite que possible. On souhaitait aussi la même chose il y a un demi-siècle, avec d’autres arguments.

 

Ainsi, Max Léglise, directeur de la station œnologique de Beaune, expliquait dans La Revue du Vin de France que le manque de caves pour faire vieillir les vins dans les nouveaux immeubles justifiait une vinification courte et assouplissante. Avec un chauffage initial du raisin pour accélérer le processus et rendre moins nocive l’altération de nombreuses vendanges.

 

Le fameux docteur Dufaÿs, au château de Nalys, influençait toute une génération de producteurs du Vaucluse ou d’ailleurs avec sa dénonciation des lourdeurs et fragilités inacceptables, selon lui, des vins traditionnels. Il prônait, influencé par ses amis du Beaujolais, le recours à la macération carbonique, permettant de produire des vins fruités buvables dès la mise en bouteille. Presque tout le Languedoc et le Roussillon (rappelons que cette méthode de vinification a été codifiée à Montpellier) s’y mettra à son tour dix ans plus tard sous l’influence, chose amusante, d’un œnologue bordelais, Marc Dubernet. Déjà dans les mêmes années 1960 à Bordeaux, un négociant bien introduit dans tous les milieux de la restauration, Pierre Coste, avait popularisé les « petits bordeaux rouges des Graves », vinifiés souples et fruités pour une consommation immédiate, avec l’entière complicité de ses amis Pierre Dubourdieu (le père si inventif de Denis) et Robert Goffard, dégustateur et marchand hors pair. Ce type de vin a hélas fait flop, parallèlement au destin injuste de Pierre Coste. Mais Bordeaux ne s’en est jamais remis dans nos grandes villes, désormais malades du « bordeaux bashing ». Aujourd’hui, une génération nouvelle de buveurs aime toujours boire du vin parce qu’elle trouve dans les vins dits « naturels » une boisson souple et désoiffante, bien plus que moralement supérieure, même si quelques excités en sont persuadés. Donc on boit à nouveau jeune, vite, un peu moins cher, ce qui n’est pas négligeable, et sans chercher ce qu’une minorité de connaisseurs dans le monde a reconnu dans les bons vins français, c’est-à-dire une expression d’origine ou de millésime. Les mentions bio, le style rebelle et irrévérencieux, souvent drôle et inventif des étiquettes, contre-étiquettes et noms de cuvées passionnent plus que la réputation du millésime ou des hiérarchies nées de l’histoire.

 

Faisons quand même preuve de prudence devant ce retour cyclique qui favorise le vin jeune, alors que paradoxalement le vin dit « nouveau » a failli à sa mission. On est heureux que la souplesse de ces vins dits nature ne provienne pas d’un artifice œnologique, comme hélas s’était dévoyé le beaujolais nouveau coloré et standardisé des années 1980. On risque pourtant d’y perdre plus qu’on y gagne, comme cela n’est que trop évident dans l’usage de la langue, avec la simplification outrancière du vocabulaire, entraînant celle de la pensée, devenue incapable de nuancer ce qu’elle ressent ou veut communiquer.

 

Le monde binaire – comprenons c’est génial ou c’est nul – n’a rien à nous apporter, à nous apprendre ou pour nous permettre de progresser. Dans le vin, l’opposition simple « cela me plaît tout de suite ou sinon je fais autre chose » peut encore se comprendre sur le plan aromatique, mais conduit progressivement à ne plus percevoir, parce qu’on ne peut plus nommer, faute d’expérience ou de vocabulaire, les nuances aromatiques plus complexes d’un bouquet de vieillissement. Elle devient vraiment tragique si l’on accorde aux sensations tactiles l’importance qu’elles méritent. Quand un ancien disait plaisamment ce vin glisse « comme un petit Jésus en culotte de velours », il rendait simplement hommage à son sens tactile, habitué au toucher des tissus, au grain du bois, au contact direct avec la matière. Avec les mots pour désigner son ressenti et sa capacité à faire des distinctions. Quand on dit, en revanche, « ça glisse » ou « c’est gouleyant » sans précision, cela réduit la perception du vin boisson à celle de l’eau boisson. La matière interne du vin n’intéresse plus. On a vu les ravages du rosé, forcément plus souple et simple, par rapport aux rouges issus des vignobles du Sud. Et ce rosé, rouge moins coloré et moins tannique, se rapproche de plus en plus du blanc dans les évolutions les plus récentes, parce qu’on l’imagine plus aérien ou plus cristallin s’il perd toute marque de couleur. Pour les rouges de garde, qu’on consommera d’ailleurs sans les garder, à deux ou trois ans d’âge sur la table de la plupart des bistros à vins ou restaurants, le vinificateur cherchera à adoucir et à simplifier leurs contours : beaux arômes, belle et facile entrée de bouche, puis creux sans rebond dès le milieu de bouche.

 

Je suis accablé par le succès actuel de certains producteurs de Bourgogne, à la mode mondiale et au prix de vente inversement proportionnel à la dilution de la matière. Et tout aussi accablé devant le bashing des grands bordeaux récents qui n’ont jamais, avec la sévérité de plus en plus grande des sélections, présenté une matière aussi riche, aussi complexe et prometteuse. On les accuse même de manquer d’émotion ou d’être trop sophistiqués techniquement. On songe à ces jeunes bacheliers incapables de lire, de mémoriser une phrase de plus de deux lignes et qui seraient prêts à interdire aux écrivains de les rédiger. Les mêmes seront un jour prochain incapables de lire un « hashtag ».

 

Heureusement, on se console, si l’on peut, avec une minorité encore existante – pour combien de temps ? – de vins complets, sans doute les meilleurs jamais produits depuis un demi-siècle, meilleurs vins nature compris, au cœur, comme toujours, de notre magazine.

 

 

 

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