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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 06:00
À ceux qui ne lisent pas le Monde : « Le problème est que certains médecins ne veulent pas dire qu’un verre de vin quotidien est bon pour la santé. » Michel Cymes

Soucieux de mon temps, en clair faire taire ceux qui affirment n’avoir jamais le temps, je ne suis pas consommateur de Télé et, et hormis le visionnage de films sur le câble, je suis abstème.

 

Michel Cymes est le plus cathodique des docteurs, présentateur du « Magazine de la santé » sur France 5, son dernier livre Quand ça va, quand ça va pas a provoqué une tempête médiatique qui l’a obligé à fermer son compte Twitter qui croulait sous les trolls. Une pétition mise en ligne sur le site Change.org (c’est très tendance la pétition en ligne et c’est devenu un biseness) par un collectif de parents pointe du doigt l’inégal traitement réservé aux filles et aux garçons dans l’ouvrage. Elle commence ainsi :

 

«Ras la touffe du sexisme et des tabous

 

Le livre consacre deux pages à chaque organe : l’une purement anatomique, et l’autre détaillant les soucis de santé que peuvent rencontrer les enfants (fièvre, nez qui coule, etc.), illustrations à l’appui… et, selon les pétitionnaires, alors que onze généreuses lignes sont consacrées au «zizi», «la zézette ou cocotte, ou minou» (selon les termes de l’auteur), est évacuée en cinq lignes à peine… «Un sous-produit en quelque sorte», estiment les initiateurs de la pétition. «La zézette n’est pas un trou», clament-ils encore, en référence aux illustrations simplistes et incomplètes des organes féminins présentes dans l’ouvrage. Tandis que pénis, testicules, scrotum et autre prépuce sont représentés côté garçons, chez les filles, il n’est question que de la vessie, de l’urètre, et d’un petit trou.

 

Bref, je n’ai jamais posé mes fesses sur mon canapé pour regarder le « Magazine de la santé », ni lu un quelconque ouvrage de Michel Cymes, ce qui m’amène à causer de lui c’est que le médecin Cymes est un amateur et un défenseur du vin. Il a même planté sa propre vigne, chez lui, en Provence, à Entrecasteaux.

 

Laure Gasparotto, journaliste-vigneronne, qui pige dans le Monde, l’a interviewé dans le M Le style du 14.06.2017 et je me retrouve face à un cas de conscience : puis-je vous en faire bénéficier ?

 

Si je me contente de mettre 1 lien ICI  avec l’interview, si vous n’êtes pas abonnés au Monde, c’est comme si je pissais dans un violon, vous ne pourrez la lire.

 

En toute connaissance de cause je défie le copyright en vous la livrant :

 

Que se passe-t-il dans le cerveau quand on boit du vin ?

 

Je ne suis pas un spécialiste de la neurologie viticole ! Mais je pense que le circuit du plaisir se met en marche et que les choses se passent en fonction des habitudes de chacun. La distinction fondamentale est à faire entre plaisir et addiction. A titre personnel, je dois réveiller dans mon cerveau certains neuromédiateurs qui me disent que, finalement, c’est un vrai plaisir. Il arrive aussi que le vin me détende, oui.

 

Il se partage ?

 

Je n’ouvre jamais une bouteille de vin pour moi seul. Elle est toujours à partager. En fait, il y a deux choses. Quand je rentre chez moi et que je propose à ma femme d’ouvrir une bouteille, est-ce une envie de partage ou bien le sentiment que si je commence à ouvrir une bouteille pour moi tout seul, c’est que je ne vais vraiment pas bien ? Un peu des deux, je pense.

 

Il y a un moment pour tout. J’adore faire plaisir à mes amis avec de bonnes bouteilles. J’ai une maison dans le Midi, où j’ai fait installer une cuisine extérieure avec un bar. L’été, la bouteille de rosé bien fraîche est un élément du rituel convivial. Les amis viennent à la maison. Le meilleur moment de la journée est celui où je leur ouvre le rosé et le leur sers alors qu’ils sont assis au bar.

 

Toutes les couleurs de vin se valent-elles en termes de santé ?

 

« Le problème est que certains médecins ne veulent pas dire qu’un verre de vin quotidien est bon pour la santé. »

 

On épingle surtout le vin rouge à cause de ses tanins. Mais le problème du vin et de la santé, c’est qu’il est difficile de faire des études sur l’alcool à cause de l’éthique et de la méthodologie. Du côté du corps médical, ces travaux sont délicats à mettre en place, car on ne peut pas demander aux gens de boire cinq verres par jour afin d’observer le résultat. Or, une étude scientifique ne peut se faire sans essais sur des populations différentes. Il y a bien eu des expérimentations sur des rats… Le résultat est que les études sont souvent réalisées par des professionnels du vin, ce qui pose problème.

 

On sait tout de même que dans les tanins, il y a une molécule antioxydante qui protège. Il ne serait donc pas illogique de penser qu’à des doses raisonnables, le vin puisse diminuer le taux de cholestérol ou augmenter la dilatation des artères. Mais à quelle dose ? Et pour quel type de vin ? Quant au rosé… il n’y a pas eu d’études en particulier.

 

Que pensez-vous du « French ­paradox », selon lequel une consommation de vin régulière et modérée aurait des effets bénéfiques sur la prévention des maladies ­cardio-vasculaires ?

 

Il est très discuté aujourd’hui. Ce n’est pas le fait de prendre un peu de vin tous les jours qui diminue la mortalité. Il y a des pays qui ont des taux de maladies cardio-vasculaires moins élevés que d’autres et dans lesquels on ne consomme pas de vin rouge. En revanche, je trouve ridicule que les médecins refusent de parler de vin ou d’alcool. Si on boit du vin à table, on n’est pas obligé de se bourrer la gueule ! Ce n’est pas comme avec la cigarette. Le problème est que certains médecins ne veulent pas dire qu’un verre de vin quotidien est bon pour la santé par crainte qu’une personne pense qu’elle peut en boire quatre en se disant que ce sera ­encore plus bénéfique. Il faut prendre les gens pour des adultes.

 

Le vin est-il une boisson ou bien un aliment ?

 

Vu le nombre de calories que le vin contient, c’est un aliment. Un aliment sucré qui se boit et qui, paradoxalement, hydrate et déshydrate en même temps. C’est pour cela que le vin peut donner mal à la tête. Pas seulement à cause des sulfites qu’il peut contenir.

 

L’alcool en général contient une hormone antidiurétique, qui nous empêche d’uriner tout ce qu’on boit. Cette hormone intervient pour que le rein réabsorbe l’eau qui passe par lui. Si cette hormone antidiurétique ne fonctionne pas bien, on urine beaucoup. Si vous avez mal à la tête le matin après avoir bu la veille, c’est que vous vous êtes déshydraté le cerveau. Aussi, buvez un verre d’eau après chaque verre de vin : vous n’aurez pas de souci.

 

Vous souvenez-vous de votre premier verre de vin ?

 

Non, mais je me souviens de ma première cuite. C’était au fendant, un vin blanc suisse. Je devais avoir 15 ans. Je me souviens aussi de ma dernière cuite, avec du rhum arrangé, à La Réunion. J’ai fini les bras en croix sur le trottoir ­devant le bar…

 

Mais votre premier verre de bon vin, celui qui vous a marqué ?

 

Oui. J’avais l’habitude d’aller une fois par an dans un restaurant trois étoiles. Un saint-estèphe m’a marqué. Et, une autre fois, un aloxe-corton. D’ailleurs, l’aloxe-corton est devenu mon vin préféré, même si je ne suis pas un grand connaisseur.

 

Avez-vous une cave ?

 

Oui. Elle est pleine de côtes-du-rhône et du Carpe Diem de mon voisin, en Provence. Elle est aussi pleine de très bons vins qui figuraient sur la liste de mon premier mariage. Pour mon second ­mariage, notre liste était constituée… de pieds de vigne. Nos amis ont ainsi financé la vigne que j’ai plantée, il y a deux ans, devant ma maison du Var.

 

Quel cépage ?

 

Mille pieds de syrah. Les gens du coin m’ont recommandé ce cépage. J’apporterai les raisins à la coopérative d’Entrecasteaux, et j’essaierai de comprendre comment se fait le vin. Je vais imprimer mes étiquettes, comme je le fais déjà pour mon huile d’olive. J’apporte mes olives dans un moulin et je récupère 180 litres d’huile, dont je me sers dans l’année. J’en offre en cadeaux, aussi.

 

C’est toute la culture du vin qui vous intéresse ?

 

Oui, et jusqu’au moment du partage avec les amis. Chaque année, ils viendront chez moi pendant les vendanges. Je visite des domaines, aussi. Par exemple, celui d’Alphonse Mellot à Sancerre.

 

Faire un grand vin est-il votre préoccupation ?

 

Non… Mais j’espère que ce sera un bon rouge des côtes-de-provence. Je ne veux pas faire de rosé, car on n’en boit pas l’hiver. Et puis, je vais probablement cultiver en bio. Le vigneron de Carpe Diem, qui est en bio, s’occupera de ma vigne. Je ­deviens écolo !

 

Faites-vous attention au vin que vous buvez ?

 

Face à un grand vin, je m’arrête, je regarde la robe, je le sens. Les premières sensations sont les plus importantes. C’est pour cela, que dans un dîner, je sers toujours les meilleures bouteilles d’abord. Mais je suis peu connaisseur. Un jour, je suis allé avec des amis au restaurant ­Astrance, à Paris. Ils étaient persuadés que j’étais un grand connaisseur parce que j’ai une cave c’est en fait un ami médecin, grand amateur, qui me conseille.

 

Avant ce dîner, je m’étais acoquiné avec le sommelier afin que je puisse reconnaître, pour chaque vin dégusté à l’aveugle, l’appellation, l’année, le producteur. Mes amis étaient impressionnés ! Mais le sommelier m’a eu, à la fin : il m’avait indiqué un mauvais nom de vin…

 

Qu’est-ce qu’un bon vin ?

 

Celui qui sort de l’ordinaire. Quand on veut bien y prêter attention. Je ne demande pas qu’on s’arrête de respirer, mais je marque le moment de l’ouverture d’une bonne bouteille pour ne pas la boire machinalement. Eh ! Attention : là, j’ouvre un super-bordeaux ! Je veux qu’on le déguste.

 

Le vin doit-il être nécessairement bu à table ?

 

Pas forcément. Pour moi, l’apéritif, c’est du vin, souvent rouge. Toujours avec des trucs à grignoter. Mais je ne bois jamais de vin à midi, sinon c’est terrible, je m’endors.

 

Buvez-vous tous les jours ?

 

Non. D’ailleurs, comme je dois être au top niveau poids pour un défi sportif que je me suis lancé, je vais arrêter le vin pendant une semaine, afin de perdre un peu plus d’un kilo.

 

Que pensez-vous de la loi Evin, qui limite la publicité pour le vin ?

 

Je sais que le monde du vin voudrait plus de liberté, mais c’est compliqué en France, parce que l’éducation n’est pas au top en ce qui concerne la consommation. Avant de libérer la publicité pour le vin, il y a un grand travail à faire sur la transmission. Apprendre à apprécier le vin, à prendre le temps de l’apprécier. Mon fils de 20 ans sait l’apprécier. Mes deux autres fils sont encore trop petits. Mais je leur transmets le goût du vin.

 

Vos parents ont-ils fait de même avec vous ?

 

C’était une autre époque. A Paris, on n’avait pas de cave. Mon père m’envoyait chez le caviste, qui remplissait nos bouteilles étoilées consignées d’un vin rouge qui devait faire des trous à l’estomac.

 

Des médecins voudraient que les publicités pour le vin comportent la formule « l’alcool est dangereux pour la santé » plutôt que « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Qu’en pensez-vous ?

 

Franchement, ça n’a pas d’importance que ce soit l’une ou l’autre. Personne ne lit ce qui est écrit et répété partout ! Vous croyez que cette phrase peut changer quelque chose pour celui qui est alcoolo-dépendant ? Quelle que soit la tournure de la phrase, elle n’a aucune efficacité.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 05:25
La viticulture est 1 œuvre d’inscription dans le temps, lorsque l’on boit du vin, on boit le temps qu’il a fait et le temps qui passe…

Catherine Bernard, vigneronne à la Carbonnelle de Saint-Drézéry, et moi sommes devenus complices depuis le jour où, sur la place de la comédie à Montpellier, à la terrasse d’un café, la journaliste qu’elle était alors, m’avait passé plusieurs heures sur le grill de ses questions pertinentes à propos de mon foutu rapport qui avait fait de moi « une star des médias » et le chouchou de la Toile [rire de Catherine...]

 

Complice avec une journaliste allez-vous ironiser, ça n’est pas bien, c'est péché mortel [rire de Catherine] pour que vous en arriviez-là vous avait-elle bien ciré les pompes, encensé, passé les plats comme vous le souhaitiez, contribué à la promotion de votre «œuvre impérissable» ?

 

Que nenni !

 

La Catherine elle avait soigneusement dépiauté le moineau [rire de Catherine] avec compétence, un zeste d’ironie, pointé les insuffisances du texte, posé les bonnes questions, même celles qui ne font pas plaisir. Elle l’avait lu ce fichu rapport, surligné, comme aime le faire NKM, du vrai travail de journaliste.

 

Alors, le jour où la Catherine décida de poser son stylo pour empoigner la pioche et le sécateur je me suis mué, lorsqu’elle a fait appel à son cercle de proches et d’amis, en détenteur de parts de son GFA de la Carbonnelle.

 

Pour les plus curieux d’entre vous, comme j’ai souvent chroniqué sur ma vigneronne préférée vous glissez Catherine Bernard dans le rectangle RECHERCHER en haut à droite du blog et vous pourrez les lire.

 

La première publiée 16 février 2011, L’acidité selon Catherine Bernard, faisait référence à son livre « Dans les vignes » l’histoire de sa nouvelle vie qui, après sa formation au CFPPA pour préparer un BPA viticulture-œnologie, était alors dans ses vignes et dans son chai…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bref, la Catherine avait gardé son goût d’écrire.

 

Et maintenant, chaque année, dans ses vignes, elle pratique, avec le même brio, l’art du discours lors de l’AG annuelle du GFA.

 

Comme je suis un gros fainéant je n’ai assisté qu’une seule fois à l’AG, ce qui me vaut de me faire tirer les oreilles par Catherine, gronder, son dernier message après la dernière AG est clair : 

 

«Jacques, débrouillez vous pour venir un jour avec votre ami Jean-Louis Vallet qui vient lui aussi d'envoyer sa procuration. La maison est ouverte même hors AG. »

Je vous embrasse
 

Catherine

 

Promis juré j'irai, mais en attendant , pour me faire pardonner, je propose à votre lecture son excellent petit speech lors de l’AG du samedi 10 juin dernier :

 

Une très belle réflexion :

 

Il est devenu de bon ton de dire : « le vin se fait à la vigne ».

 

Oui, mais sait-on concrètement à quel point ?

 

Le vin se fait à la vigne, mais surtout, tout procède de la vigne.

 

Je vais essayer de dénombrer ce tout.

 

Les trois décisions que nous allons examiner m’ont été inspirées dans et par les vignes.

 

En 2014 j’ai planté, 33 ares de cinsault, mon troisième plantier en 13 ans, mais le premier à réellement s’inscrire dans un territoire. Ce printemps, qui est leur quatrième printemps, était celui de la formation des souches. Les trois années précédentes étaient celui de l’enracinement. Je les ai donc ébourgeonnés, attachés à leur piquet, piochés. Et c’est en faisant ce travail de patience et d’observation qu’il m’a semblé limpide d’instaurer une cogérance dans le GFA. C’est la première décision que nous allons examiner.

 

Les cinsaults ont quatre printemps, mais en réalité, ils sont les descendants des cinsaults des Combes puisque ce sont les bourgeons de ces vieux cinsaults, les bourgeons issus des plus beaux bois qui ont été greffés sur les porte-greffes. Les cinsaults des Combes sont comme les vieilles gens. Ils ne font plus beaucoup de bois, plus beaucoup de feuilles, plus beaucoup de raisins. Ils s’éteignent doucement comme la flamme d’une bougie, mais leurs bois ont donné de jeunes bois vigoureux, fougueux.

 

Encore que comme dans toutes les familles, il y en ait des chétifs, des impétueux, des dociles, des impétueux indociles, des vigoureux dociles, des chétifs récalcitrants…. Ces jeunes cinsaults, je n’en récolterai pas les fruits dans ma vie de vigneronne, mais ils me survivront, nous survivront, du moins, s’ils sont cultivés dans l’esprit d’Olivier de Serres. La vigne ne nous parle de rien d’autre que de pérennité et de transmission, d’inscription dans le temps. Instaurer une cogérance, c’est distinguer le temporel de l’intemporel. Car pour que l’un et l’autre existent, il faut commencer par les distinguer.

 

Cette dimension philosophique a une traduction pragmatique : les fonctions d’ordonnateur, en l’espèce moi la fermière vigneronne, et celle de payeur, le GFA. Quand je plante, quand je remplace les manquants, j’assure le fonctionnement de l’exploitation (je n’aime pas ce mot, mais il n’y en a pas d’autres pour l’instant), et en même temps je valorise le patrimoine du GFA. C’est pourquoi nous allons examiner l’intégration des frais de plantation dans le GFA. C’est la deuxième décision que Michel va détailler.

 

J’ouvre une parenthèse : cet hiver, je suis allée chercher des bois de terret chez Didier Barral à Faugères. Ils sont en pépinière et je les planterai en janvier. Pour mémoire, la Carbonnelle a été pour la première fois plantée de vignes en 1578. L’acquéreur de cette libre pâture ne lui a pas seulement donné un nom, La Carbonnelle. Il y avait planté du terret. Néanmoins, le terret étant l’un des cépages renégats du Languedoc, il a disparu du territoire de Saint Drézéry. Voilà pourquoi je suis allée les chercher si loin.

 

Toujours travaillant dans les vignes, il a fallu se rendre à l’évidence : elles ont cette année environ 12 jours d’avance. Les vendanges seront donc très probablement précoces. De la même manière que le millésime 2016 s’est avéré pauvre en jus. Ce n’est qu’au printemps, au moment de préparer le Carignan et le Rosé pour la mise en bouteille que j’en ai pris conscience. Au lieu de faire 16 000 bouteilles, je n’en ferai que 12 000 sur cette campagne. Aussi, et si vous en êtes d’accord, je vous proposerai exceptionnellement, en troisième décision, une diminution des allocations. Ne pouvant raisonnablement servir du Carignan et du Rosé, j’ai alloué au GFA une barrique de mourvèdre avec un peu de Carbonnelle. Ils seront en magnum en juillet.

 

La viticulture est une œuvre d’inscription dans le temps. Nous avons tous besoin de nous inscrire dans le temps. C’est ainsi que lorsque l’on boit du vin, on boit le temps qu’il a fait et le temps qui passe.

 

Saint-Drézéry, le 10 juin 2017

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 06:00
Et si nous transformions les abstentionnistes en abstinents ou en abstènes… plus de « cuchi-cuchi » au lit…

Laurent Ruquier l’animateur de ONPC, soit On n’est pas couché, donne les clés de la différence entre un abstentionniste et un abstinent.

 

« L’abstention, c’est l’inverse de l’abstinence puisque l’abstinence, c’est quand on ne s'est jamais fait baiser alors que l’abstention c’est quand on l’a été trop souvent »

 

Une suggestion pour lutter contre l’abstention

 

« La candidate du parti mexicain Accion Nacional, Josefina Vazquez Mota, appelle les femmes à moduler l'accomplissement du devoir conjugal en fonction de l'attitude civique de leur mari.

 

Sa suggestion : un mois sans "cuchi-cuchi" pour l'époux abstentionniste ou un mois avec double "cuchi-cuchi" pour les votants. Les Mexicaines n'ont pas toutes apprécié, surtout au sein de ce parti très conservateur. On attendra le résultat des élections pour de plus amples commentaires.

 

PATRICE GOUY publié le 28/06/2012 Le Point

 

Abstention, abstinence, abstème

 

Le nom abstention, du latin abstentio de la même famille que abstinere = tenir éloigné désigne le fait de ne pas prendre part à quelque chose, notamment un vote, ne pas exercer un droit.

 

Les personnes qui s’abstiennent de voter s’appellent d’ailleurs des abstentionnistes, à ne pas confondre avec ceux qui votent blanc, puisque le vote de ces derniers est pris en compte dans les résultats du scrutin.

 

Autrefois cependant, au XIIe siècle, le mot astention (ancien français) désignait l’abstinence, dans la mesure où la langue souvent issue du latin était très attachée à la vie religieuse.

 

Le nom abstinence, du latin abstinentia n’a de rapport à notre époque avec le nom abstention que, globalement, dans le fait de ne pas effectuer une action… mais comme nous allons le constater, pas vraiment du même style !

 

L’abstinence n’a donc rien à voir avec le vote. Elle fait référence surtout à la chasteté, notion dont les détails varient d’une culture à l’autre, à savoir la retenue sexuelle, tant dans l’imagination (pensées érotiques) que dans la pratique (relations intimes). Elle désigne plus généralement toute privation volontaire (ou imposée) de plaisirs… quels qu’ils soient ! Les principales religions conseillent voire imposent à leurs fidèles des périodes d’abstinence tant sexuelle qu’alimentaire à certaines périodes de l’année, selon les fêtes dictées par leurs textes sacrés (Bible, Torah, Coran…).

 

Le mot abstème vient du latin abstemius (« qui s'abstient de vin », « sobre »). Il est à la fois adjectif et nom commun. Au 16ème siècle « abstème » signifiait : qui ne boit pas de vin ; ce mot passé du droit ecclésiastique s’est étendu à la langue littéraire. Jean-Jacques Rousseau, malgré son penchant pour les « petites buvettes », pensait que l’homme est abstème par nature.

 

Extrait d’Emile de Jean-Jacques Rousseau :

 

« La première fois qu’un sauvage boit du vin, il fait la grimace et le rejette ; et parmi nous, quiconque a vécu jusqu’à vingt ans sans goûter les liqueurs fermentées ne peut plus s’y accoutumer ! Nous serions tous abstèmes, si l’on ne nous eut donné du vin dans nos jeunes ans. »

 

Pour finir un petit poème en prose par Simon DOMINATI le 19.03.10

 

C’est le temps du désamour. Plus de la moitié de l’électorat de ce pays boude, tourne le dos à ceux pour qui il avait des yeux de Chimène. Finis les sourires, les joies, les embrassades et les rassemblements. Ils s’éparpillent moroses, muets, absents mais très présents lors du décompte des voix.

 

Ils n’iront pas dans la chambre commune le jour du scrutin. Ils ont perdu le bonheur de flirter avec l’urne espérant l’avènement du bébé qu’ils avaient imaginé. Ce plaisir à deux qui naît et grandit jusqu’à l’extase dans l’intimité de l’isoloir. Ce face à face, la caresse du bulletin, les baisers déposés aux quatre coins de la liste pour l’ensemencer juste avant de la cacher dans le secret de l’enveloppe bulle. Après cet acte d’amour, bien à l’abri des regards, c’est la pénétration finale en public, ce moment où tout est lâché dans l’urne dans un dernier râle : « A voté ! »

 

L’électeur n’a plus envie de cet acte de procréation. Il n’a plus confiance en son partenaire, l’amour s’est enfui. Le bébé né d’un désamour lui fait peur. Plutôt l’abstinence qu’un bébé malheureux, à la vie chaotique qui le priverait du bonheur d’être parent.

 

Cette plus de moitié de France n’y croit plus. Elle n’aime plus, n’admire plus. Lorsque la confiance est partie et que l’étincelle qui brille dans l’œil s’est éteinte tout se ternit. Toutes ces étoiles qui s’évanouissent en même temps vous privent du brin de folie qui vous amène jusqu’au lit.

 

La France est triste et abstinente. Elle boude ses plaisirs et n’ira pas au rendez-vous derrière le rideau des Maisons Communes.

 

Elle s’isolera dans la nature parmi les fleurs naissantes et la douce chaleur du printemps qui arrive.

 

Vous sentez ce parfum de violettes ? L’amour préfère le champ au chant des Sirènes

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 06:00
Péchés de chair : d’un côté, des vegans, de l’autre, des éleveurs, entre les deux, des consommateurs qui ne savent plus trop à quel saint se vouer…

Le jour de la fête des mères, Lolita Lempicka, styliste de mode engagée dans la cause animale, écrit sur un blog du HuffPost :

 

Renoncer aux produits laitiers, c’est épargner les vaches qui sont aussi des mères

 

« En cette fête des mères, n'oublions pas que l'industrie du lait arrache aux vaches leurs bébés pour que les humains puissent boire le lait qui leur était destiné.

 

Il n'y a rien de tel que l'amour d'une mère pour ses enfants. Avant de devenir moi-même une maman, je ne comprenais pas tout à fait à quel point l'amour maternel nous remplit d'un instinct protecteur, d'un sentiment puissant qui nous engage à nourrir, réconforter et protéger nos enfants à tout prix. Mais maintenant que je connais ces sensations, je ne peux pas nier que d'autres mères les ressentent aussi, et c'est pour cette raison qu'il m'est impossible de consommer en bonne conscience des produits laitiers.

 

Laissez-moi m'expliquer. Entre les mères vaches et leurs veaux, c'est le grand amour dès la première seconde, exactement comme ça l'est entre les mères humaines et leurs bébés. Dès les premières minutes qui suivent la naissance, un lien très fort se développe et celui-ci dure toute la vie. Leur attachement et leur affection l'un pour l'autre est si profond que la mère et son petit endurent une détresse extrême s'ils sont séparés. Malheureusement, c'est ce qui arrive tous les jours dans les élevages où les vaches sont utilisées pour produire du lait.

 

Ce déchirement est une souffrance qu'a très bien connu Clarabelle, une vache dont l'histoire a fait le tour d'internet il y a deux ans. Épuisée à force d'être exploitée par l'industrie du lait, Clarabelle allait être abattue car sa production de lait avait commencé à décliner, mais elle fut sauvée par un sanctuaire. »

 

La suite ICI

 

« D’un côté, des vegans qui voudraient que l’homme cesse toute exploitation animale et multiplient les vidéos chocs et les happenings macabres ; de l’autre, des agriculteurs qui défendent becs et ongles une activité vieille de plus de 10 000 ans. Entre les deux, des consommateurs qui ne savent plus trop à quel saint se vouer… Peuvent-ils encore manger de la viande sans culpabiliser, se délecter d’un steak sans prendre de risque pour leur santé, avaler une côtelette sans mettre la planète en danger ?

 

Eh bien oui, malgré les injonctions, les stigmatisations, la culpabilisation, les Français continuent de manger de la viande, cette dernière restant un marqueur culturel fort de notre société. Mais moins qu’avant et de manière différente, et avec cette inquiétude croissante des conditions d’élevage et d’abattage des animaux. Une tendance qu’il ne faut ignorer, car elle signe un véritable changement de notre rapport aux animaux. »

 

  1. Un changement de notre rapport aux animaux.

 

Manifestation étrange, ce samedi 25 février 2017 : face à l’entrée du Salon de l’agriculture et dans un silence de mort, des femmes et des hommes vêtus de noir, les yeux bandés, laissent couler de leur bouche un filet de (faux) sang. Au-dessus de leurs têtes, des pancartes parlent pour eux : « leurs hurlements sont silencieux, leur souffrance est réelle ». Le malaise est palpable. Les parents jusque-là ravis de montrer les « animaux de la ferme » à leurs bambins pressent le pas. Plus dur encore, la semaine suivante, des militants de 269 Life mettent en scène, dans un happening choc, un dîner sanglant exposant tout à la fois de la viande et de l’humain. Jusqu’au-boutistes, en 2012, ces activistes s’étaient fait marquer au fer rouge, en hurlant de douleur, le numéro 269, en signe indéfectible de leur solidarité et de leur empathie envers les animaux, qu’ils considèrent comme leurs égaux. Le but ? Secouer les consciences et convertir les mangeurs de viande, déjà pas mal chamboulés par les images insoutenables d’abattoirs ou d’élevages intensifs diffusées par L214.

 

Bête noire des abattoirs, cauchemar des éleveurs

 

A quelques semaines des élections présidentielles et législatives, les associations de protection ou de libération des animaux elles-aussi mettent les bouchées doubles. La goutte de trop qui fait exploser les agriculteurs, lesquels traversent déjà une crise qui voit, tous les deux jours, l’un d’entre eux se suicider. Contre toute attente, de la Conf à la FNSEA, les quatre principaux syndicats agricoles signent une « alliance sacrée » et dénoncent dans une déclaration commune les campagnes de « culpabilisation des consommateurs » et de « stigmatisation des éleveurs ».

 

Dans ce contexte, difficile de percevoir les aspirations et craintes des consommateurs. Jean-Pierre Poulain, sociologue de l’alimentation (Certop), a dirigé, de 2009 à 2016, une étude permettant justement d’écouter à bas brut la voix des consommateurs, masquée par ces « bulles médiatiques considérables ». Porte d’entrée originale : non plus le risque, mais l’inquiétude. Un terme soigneusement choisi qui a permis de redonner, dans ce monde saturé par les questions sanitaires depuis la vache folle, une légitimité à des questions relevant « de choix de société et d’éthique, jusque-là considérées comme secondaires, quand il ne s’agissait pas de “conneries” de bobos. » Pour preuve, la crise des lasagnes de 2013 a rappelé qu’une crise alimentaire n’est pas forcément mue par des craintes d’intoxication. Avec cette fraude, les consommateurs sanctionnent désormais aussi la non-sincérité d’un acte de commerce, comme l’appellent les juristes. Et refusent d’ingérer malgré eux des produits qu’ils jugent symboliquement non mangeables ou devenus comme tels, ce qui est le cas de la viande de cheval.

 

La suite ICI 

 

  1. Au nom d’une humanité carnivore.

 

Pourquoi l’homme mange-t-il de la viande et comment s’arrange-t-il avec ce que Pythagore nommait déjà le meurtre alimentaire ? Comment l’humanité pourrait-elle changer radicalement de cap et préférer les végétaux aux animaux ? C’est à toutes ces questions que Florence Burgat, philosophe, directrice de recherche à l’Inra, détachée aux Archives Husserl de Paris, répond dans « L’humanité carnivore », un livre érudit et accessible, qu’elle vient de publier au Seuil. Catherine Larrère, également philosophe et membre du comité d’éthique de l’Inra, a accepté de lui porter la contradiction. Résultat : un débat passionnant, stimulant et exigeant…

 

  • Florence Burgat, pourquoi avoir écrit ce livre et pourquoi ce titre, « L’humanité carnivore », alors que l’on dit de l’homme qu’il est omnivore ?

 

F. Burgat : Ce livre s’inscrit dans le prolongement de recherches que je mène depuis une vingtaine d’années. J’ai essayé d’écrire un ouvrage de fond qui pose une question qui, à mon avis, n’est pas véritablement posée : pourquoi l’humanité est-elle carnivore ? Nombre de disciplines comme la nutrition, l’histoire et la sociologie de l’alimentation ont répondu à cette question et apportent des éclairages mais, malgré cela, il m’a semblé qu’il restait un noyau qui n’était pas interrogé et qui le mérite pourtant.

 

C. Larrère : La consommation de viande, la condition animale sont des sujets sensibles, et le livre de Florence est un travail de très grande qualité, accessible à beaucoup. Extrêmement clair et très argumenté, il va dans le sens de mon travail sur la nature. Il est très important que sur des questions d’actualité, on ne cède pas sur l’importance d’une réflexion de fond.

 

F. Burgat : Ma question est « Pourquoi l’humanité mange-t-elle des animaux ? », et non « pourquoi mange-t-elle de la viande ? » Je ne parle pas ici d’un régime alimentaire, qui est effectivement omnivore, mais bien du fait que l’humanité a institué l’alimentation carnée. Par ailleurs, l’humanité carnivore est un thème qui apparaît dans la littérature, dans les mythes…

 

C. Larrère : Je rappellerai la distinction entre carnassier et carnivore. Si l’humanité ne mangeait que de la viande par besoin physiologique, comme le sont les loups, les chats, elle serait carnassière. Carnivore signifie que l’on mange de la viande, avec une référence qui dépasse de beaucoup l’apport de protéines dans un régime omnivore. D’où la question que se pose Florence : alors que l’humanité est omnivore, pourquoi la consommation de viande a-t-elle un rôle central, et non anecdotique ou passager ? Elle l’aborde philosophiquement, comme une question sur l’humanité dans son unité et son rapport ou son absence de rapport à sa nature.

 

F. Burgat : C’est cela. Car même si l’humanité était physiologiquement carnassière, elle pourrait souhaiter moralement s’écarter de cette nature, comme elle le fait par exemple pour la reproduction. Mais il n’en est rien. Alors que l’humanité peut désormais choisir son régime et où elle peut se passer de viande, puisque que nous disposons des connaissances en nutrition et de savoir-faire, pourquoi choisit-elle de manger des animaux dans des proportions qui vont de façon croissante ? L’institution de l’alimentation carnée se radicalise, se développe et s’universalise. La question de l’humanité carnivore se pose donc encore plus nettement aujourd’hui. C’est là que l’on s’écarte d’une question simplement biologique ou nutritionnelle.

 

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  1. Adieu, veau, vache, cochon, couvée ?

 

Certes, la consommation de viande ne cesse de baisser depuis des années. Mais tout se complique dès lors que l’on cherche à savoir pour quelles viandes, en quelles proportions et selon quels modes d’achats et de consommation. Précisions avec Philippe Chotteau, directeur du département économie des filières à l’Institut de l’élevage.

 

Consommation de viande en 2015, par habitant et par an, pour l’UE 28 et la France

 

Bœuf : respectivement 11 kg en UE et 17,3 kg en France

Porc: respectivement 32,7 kg et 26,3 kg

Volaille : respectivement 23.1 kg et 26.4 kg

Mouton : respectivement 1.9 kg et 2.6 kg

 

Soit une consommation totale de viande par an-habitant de 68,7 kg dans l’UE-28 et de 72,6 kg en France. (1)

 

Toutefois, P. Chotteau précise qu’il s’agit là de chiffres de kg de viande consommés et non d’équivalent-carcasse, qui incluent les os et les déchets. Par exemple, chez les bovins, seuls 68% de la carcasse sont directement consommables par l’homme.

 

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  1. Au nom de la souffrance animale

 

En mars 2017, le premier procès pour actes de cruauté et maltraitance sur des animaux s’est ouvert en France, suite aux vidéos tournées dans un abattoir par l’association L214. Des images insoutenables qui ont également fait bouger le politique. Retour sur ces lieux jusque-là ignorés de la société, où manque de formation et cadences infernales expliquent en partie cette souffrance partagée par les animaux et les hommes.

 

« L214 nous a volé la vedette ! » ironise Jean-Pierre Kieffer, le président de l’Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA). Une association reconnue d’utilité publique, créée il y a 50 ans, qui fut très longtemps la seule à s’occuper de la protection des animaux d’élevage. Au conseil d’administration, des vétérinaires, des avocats. Pas de vegans dans les locaux.

 

Concernant les vidéos diffusées par L214, Jean-Pierre Kieffer est partagé. Pour lui, d’un côté la violence des images stigmatise nombre d’éleveurs et de directeurs d’abattoirs qui s’interrogent quant au bien-fondé de se décarcasser s’ils ne sont perçus que comme des assassins. De l’autre, le buzz médiatique a poussé les politiques à réagir, « ce que nous n’avions pas réussi à faire par le dialogue, malgré nos alertes répétées quant au besoin de prendre davantage en compte les demandes de l’OABA et des autres associations de protection des animaux. Nous savions qu’un scandale éclaterait. » C’est fait.

 

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  1. Au nom du paradis perdu.

 

Quand les plus pauvres parlent d’élevage et de consommation de viande…

 

Quelque 6 millions d’hommes, de femmes et d’enfants vivent en très grande pauvreté, cachés du regard des autres, dans des tentes de fortune, des caravanes en lisière de forêt ou des HLM. C’est avec une quinzaine d’entre eux qu’ATD Quart Monde planche actuellement au sein d’un laboratoire d’idées santé sur le thème « Se nourrir dignement et durablement avec 57 € par mois ».

 

57 €, ce qu’il reste du RSA une fois payés le loyer, pour éviter l’expulsion et les enfants à la rue, l’eau, le gaz, l’électricité.

 

« Seuls les plus pauvres pourront trouver des solutions pour les plus pauvres », explique Huguette Boissonnat-Pelsy, responsable du département santé à ATD QM. Il faut « accéder à leur expertise, elle est essentielle à la compréhension du sujet dans sa complexité ». Et de se rappeler combien ils furent humiliés, quand l’idée fut émise de leur distribuer les lasagnes à la viande de cheval que nous autres consommateurs ne voulions pas. Pourtant, assure-t-elle, « le cheval n’est pas tabou. Au contraire, c’est le top du top. Avec un steak de cheval, on a des protéines pour ses enfants pour la semaine, disent les familles pauvres. »

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 06:00
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Je me lève tous les jours à 5 heures pour écrire, alors ce dimanche matin d’élections je me suis pointé au bureau n°26 du boulevard Arago un peu avant 8 heures. J’en ai profité pour ausculter les 15 panneaux afin de me renseigner sur les pékins et les pékines qui se présentent à nos suffrages dans la 11e circonscription de Paris.

 

Le sortant Cherki, PS, un obscur frondeur, va passer à la trappe et ça me réjouit. Bayrou a imposé de Sarnez, ministre des Affaires Européennes, va-t-elle enfin décrocher le pompon ? En vedette américaine, Me Francis Szpiner, l’avocat médiatique, toujours battu où qu’il se présenta, j’aurais bien aimé le voir chevaucher sa Harley. La tronche de Mélenchon occupe les ¾ de l’affiche reléguant son candidat à un pâle médaillon. Y’a bien sûr un Communiste étiqueté Front de Gauche, étrange appellation. 1 écolo, un LO, 1 debout la France, 1 FN, et puis de la piétaille dont celle de l’immense Asselineau.

 

La porte du bureau s’ouvre et un jeune homme me brûle la politesse. Il présente ses papiers puis entreprend de récupérer les 15 bulletins. Je souris dans ma barbe. On me temps mon enveloppe, je chope 4 bulletins à la volée, fonce dans l’isoloir, place mon bulletin dans l’enveloppe, sort, ouf je serai le premier à voter.

 

Je glisse mon enveloppe dans l’urne vide, elle volète et se pose sur le fond. Signature sur le registre d’émargement et je suis libéré de mon devoir électoral. Je rentre d’un pas tranquille et suis dépassé par mon concurrent à la votation qui habite encore plus prêt que moi du bureau de vote. Ça donne encore plus de poids à ma performance.

 

De retour à la maison je prends un petit café avant de ressortir pour aller faire mes courses rue du Nil à Terroirs d’avenir. Pas un chat sur la chaussée je pousse mon fier destrier, descend à fond le Boul’mich, et tout en bas la police bloque le pont. Je râle tout en obliquant sur le quai pour rejoindre le Pont Neuf qui lui est libre d’accès. Je rejoins la rue de Rivoli et là à nouveau barrage pour protéger des coureurs à pied. Je note sur les dossards : 10 Km de Paris l’Équipe. Je m’immisce dans le peloton pour attraper la rue du Louvre. Pas simple de traverser le troupeau qui sue et ahane. J’y arrive.

 

Rue du Nil, y’a foule. Je fais mes emplettes : pain, viandes, poissonnerie, fruits et légumes. Je croise Me Morain le défenseur des vignerons naturistes qui cabas à la main choisit ses fraises de plein champ. Je lui présente mon beau vélo, il est esbourriffé lui qui est venu avec sa belle petite auto.

 

Notre homme est un Twitter patenté alors il dégaine une photo :

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Eric Morain (@EricMorain):

 

C'est la seule rue de Paris 💯% garantie sans glyphosate et autres pesticides. Courrez-y les yeux fermés, vous y croiserez aussi @letaulierN1

 

Je suis chargé comme un âne bâté. Le soleil commence à taper. À nouveau, rue de Rivoli la chenille des adeptes de la course à pied me fait barrage. Pour la fendre, je pose pied à terre et me faufile à grand peine de l’autre côté. La suite se déroule sans souci.

 

Je déballe mes victuailles et les mets en scène.

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Je cuisine.

 

Je déjeune sur le balcon.

 

Je fais une belle sieste.

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Samedi en fin de journée, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont fait au Touquet une sortie à vélo très remarquée.

 

La veille du premier tour de la présidentielle, le 22 avril, les Macron avaient opté pour une balade à pied, main dans la main. Cette fois, Emmanuel et Brigitte Macron ont choisi une sortie à vélo. Le couple a tenté de se frayer un chemin parmi les curieux, nombreux à se masser devant la maison familiale ou dans les rues dans l’espoir d’apercevoir le nouveau chef de l’Etat et son épouse.

 

La Corrèze bonne élève, la Seine-Saint-Denis ferme la marche

 

A Paris, ce dimanche, la participation était en recul, 36,59% des électeurs s'étant déplacés à 17H00, contre 40,22% il y a cinq ans. En banlieue parisienne, la tendance était aussi largement à la baisse. En Essonne, où concourt l'ancien Premier ministre Manuel Valls sans étiquette, on enregistrait 36,87% de participation à la même heure, contre 43,5% en 2012.

 

Le ministère de l'Intérieur citait parmi les départements où les électeurs ont le plus voté la Corrèze (52,36% à 17H00), le Gers (51,23%), les Côtes-d'Armor (48,93%), la Creuse (48,73%) et la Haute-Vienne (48,4%).

 

Les départements ayant le moins voté étaient la Seine-Saint-Denis (24,74%), le Val-d'Oise (32,92%), les Alpes-Maritimes (34,17%), la Moselle (34,90%) et l'Aisne (34,93%).

 

Le recul de la mobilisation par rapport à 2012 était spectaculaire par endroits comme en Savoie avec 14 points de moins (35,63% contre 49,61%) ou en Seine-Maritime, où a voté le Premier ministre Edouard Philippe, avec douze points de moins (39,15% contre 51,16%).

 

19 heures

 

Selon deux sondages réalisés à la sortie des urnes, que Le Soir a pu se procurer, La République en marche serait en tête avec un score entre 29 et 31 % pour ce premier tour des élections législatives.

 

Les Républicains obtiendraient entre 18 et 20 % des voix, tandis que le score du FN se situerait entre 17 et 18 % et La France insoumise entre 12 et 13 %. Le PS obtiendrait quant à lui entre 7 et 8 % des voix.

 

Le faible niveau de la participation aura des conséquences sur le second tour. Elle va réduire le nombre de triangulaires

 

Car contrairement à la présidentielle, où seuls les deux candidats arrivés en tête restent en lice, le mode de scrutin des législatives permet aux finalistes du second tour d'être rejoints par un troisième, voire un quatrième candidat, à condition qu'il ait obtenu les suffrages d'au moins 12,5% des électeurs inscrits sur les listes électorales. Plus il y a d'abstention, et plus c'est difficile.

 

Ce seuil de 12,5% représente, dans le cas d'une abstention à 40%, l'équivalent de 20,8% des suffrages exprimés. Et dans le cas d'une abstention à 50%, 25% des suffrages exprimés.

 

Dans les circonscriptions où les électeurs se déplacent peu (région parisienne, Nord, littoral méditerranéen...), le prix du ticket pour le second tour sera ainsi particulièrement élevé. Surtout pour des formations politiques en crise. La faiblesse de la droite, le recul du FN et l'effondrement du Parti socialiste devraient limiter le nombre de triangulaires.

 

C'est une bonne nouvelle pour La République en marche : ses candidats se retrouveront le plus souvent dans des duels qui profiteront aux centristes, davantage en capacité de rassembler les électeurs des partis éliminés.

 

En 2012, il y avait eu 46 triangulaires possibles, sur 577 circonscriptions, avant le retrait de certains candidats qui avait réduit ce nombre à 35.

 

Le Temps

 

Selon trois sondages réalisés ce dimanche, le mouvement crée par Emmanuel Macron arriverait nettement en tête du premier tour des législatives. Le Front National talonnerait le parti de droite «Les Républicains». Des tendances qui ne permettent pas d'estimer le nombre de sièges, en raison du mode de scrutin majoritaire.

 

Le mouvement lancé voici un an par Emmanuel Macron semble bien parti pour devenir le premier parti de France. Selon trois sondages réalisés ce dimanche lors du premier tour des législatives, la «République en marche» - émanation du mouvement «En Marche !» - obtiendrait entre 29 et 30% des suffrages, loin devant le parti de droite «Les Républicains» (20 à 22%) et le Front national (16 à 18%). Ces enquêtes ont été réalisés auprès d'électeurs inscrits, mais il ne s'agit pas de sondages «sortie des urnes». Il faut évidemment pondérer ces tendances par la très faible participation qui ne dépasserait pas les 50%. Si cela se confirme, ce premier tour des législatives serait donc marqué par une abstention record, preuve à la fois d'une lassitude politique et des frustrations d'une grande partie des votants, perturbés par la confusion des étiquettes «Majorité présidentielle».

 

 

Abstention: dans le détail les électeurs de Macron les + mobilisés (68%), de Fillon (65), Le Pen (45), Hamon (45) et Melenchon (42)

 

 

Des députés nationalistes à l'? Probable! En tête dans les 2 circonscriptions de Haute-Corse, 2nds en Corse-du-Sud

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Estimation Ipsos

 

FI/PCF 11 à 21 sièges

 

PS/PRG/DVG/EELV 20 à 35

 

LREM/MoDem 390 à 430

 

LR/UDI/DVD 85 à 125

 

FN 3 à 10

 

Autres 7 à 12

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Résultats définitifs aux Sables-d'Olonne :

 

Buchou (LREM) 40,25% Pineau (LR) 20,46% Faucher (divers droite) 11,93%

 

 

Dans la 1ère circo Somme, on aura un second tour entre Nicolas Dumont (LREM), maire d'Abbeville, et François Ruffin, réal de "Merci Patron".

 

 

 

Marine le Pen serait largement en tête dans sa circo de Hénin Beaumont. Entre 45 et 47%. 2nd tour face à LREM.

 

 

 

Résultats quasi définitifs pour Richard Ferrand : 34% (32% en 2012)

 

 

 

À vendre : très beau hôtel particulier, rue de Solférino .. Prix à débattre

 

 

 

Législatives : Bruno Le Maire se félicite de son "meilleur score de premier tour" avec 45% des voix.

Le ministre de l'Economie est en bonne passe de se faire réélire. Bruno Le Maire s'est félicité de son"meilleur score de premier tour" avec 45% des voix, dans la première circonscription de l'Eure, au soir du premier tour des élections législatives.

 

  

Les PS sortants éliminés dès le 1er tour: Fekl, Filippetti, Linkenheld, Eckert, Boistard...

 

 

 

LEGISLATIVES 2017 - En 2012, il avait réussi à se qualifier au second tour des élections législatives sans réussir de miracle au second. Cinq ans plus tard, le vice-président du Front national Florian Philippot se classe tout juste en tête avec 23,79% des voix dans la 6e circonscription de Moselle à Forbach. Face à lui, Christophe Arend, candidat investi par La République en marche, le suit de très près avec 22% des suffrages.

 

Le candidat LR, Pierre Lang, obtient 16,32% des voix.

 

Jean Glavany (battu dès le premier tour dans les Hautes-Pyrénées, avec 14,61% des suffrages.

 

Député de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques depuis 2002, l'ex-candidat à la présidentielle Jean Lassalle (1,21%) est devancé par La République en marche au premier tour.

 

Avec 25,4% des voix, Loïc Corrégé (REM) est en bonne position face à Jean Lassalle (17,71%) avant le second tour. Troisième, le PS Bernard Uthurry (12,6%) est éliminé.

 

 

 

: Mennucci (PS) annonce son élimination dès le premier tour

 

 

 

Il est le seul des deux députés sortants du Front national à tenter de se faire réélire. Le député du Gard Gilbert Collard a obtenu 29,78% des voix face à la candidate investie par La République En Marche, Marie Sara, qui obtient 33,65% des suffrages exprimés au premier tour des élections législatives, selon des résultats partiels obtenus par BFMTV.

 

 

 

Nicolas Bay, responsable de la campagne législative FN, éliminé en Seine-Maritime

 

 

 

Stéphane Le Foll (PS) 30,31% en ballottage favorable face à Emmanuel Franco (LR) 22,15%

 

 

Avec ce score, risque de tomber d'une subvention annuelle de 22 à moins de 10 millions par an. Faillite annoncée avec 65 m de dettes

 

 

 

 

Les jeunes se sont les + abstenus : 62 % chez les 18/24 ans et 64 % chez les 25/34 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

Battu dans la 2e circonscription de Paris, l'ancien député LR des Yvelines a critiqué l'électorat de la circonscription parisienne où il s'est parachuté. Il se retire de la vie politique.

 

On ne l'y reprendra plus. Député des Yvelines depuis cinq ans, Henri Guaino - privé de son investiture LR - avait décidé de se lancer dans la 2e circonscription de Paris. Mal lui en a pris. Avec moins de 5% des voix, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a été séchement éliminé. Dans la foulée, il a décidé de de se retirer de la vie politique. «Enfin libre!», a-t-il soufflé dimanche soir sur BFMTV, alors que le reste du plateau était invité à disserter sur les résultats du premier tour des législatives.

 

«Je suis allé au bout du bout de mes engagements politiques», a poursuivi Guaino, qui avait tenté - en vain- de se présenter à la dernière l'élection présidentielle. «Ça fait plus de trente ans (...) Je crois que j'ai épuisé le sujet», a-t-il confié. Un aveu suivi d'une très lourde charge à l'égard des électeurs parisiens... «L'électorat qui a voté aujourd'hui dans la 2e circonscription de Paris (Ve, VIe, VIIe arrondissements de Paris) est à mes yeux, à vomir». Stupéfaction sur le plateau. «Vous m'entendez bien, à vomir», a alors répété Henri Guaino avant de détailler: «Entre les bobos d'un côté, qui sont dans l'entre-soi de leur égoïsme... Et puis il y a cette espère de bourgeoisie traditionnelle de droite. Celle qui va à la messe, qui amène ses enfants au catéchisme et qui après vote pour un type qui pendant trente ans s'est arrangé, a triché par tous les moyens», a-t-il déroulé dans une allusion à François Fillon, député sortant de cette circonscription... «Un peu pétainiste, vous savez tous ces gens qui ont voté à la primaire de la droite...», a-t-il poursuivi. Les journalistes lui demandent si ce n'est pas un manque de respect... «Oui, bien sûr, et alors?»

 

Semble-t-il amer, il se rappelle cette «époque» des années 80 où il commençait son engagement politique. «Il y avait des Messmer, des Chaban, des Debré, l'héritage du gaullisme, des Séguin, des Pasqua... Maintenant, on se retrouve avec les gens que vous voyez, qui, franchement, ne méritent pas le respect». Il ne sera jamais en marche. Entre ceux qu'il présente comme des «opportunistes, des affairistes, des menteurs...», il préfère tirer sa révérence.

 

Périco Légasse

 

SUR QUEL NUAGE MARCHONS NOUS ?

 

Plus de la moitié des Français ne vont pas voter car ils ne croient plus au suffrage universel. Sur la moitié des électeurs qui s'exprime encore, 68% disent clairement qu'ils ne veulent pas de la politique d'Emmanuel Macron. Ils étaient 76% au premier tour de la présidentielle. Après une telle campagne, une telle euphorie, un tel enthousiasme, le chiffre est net, sans appel. Or la mobilisation aurait du être massive compte tenu des enjeux politiques. Le président de la République ne recueille en ce 11 juin 2017 que le vote de 15% des inscrits. Il va pourtant disposer de près de 450 députés à l'Assemblée Nationale, soit 80% des sièges. C'est-à-dire que les deux tiers du pays vont être représentés par 127 élus sur 577. C'est en effet un nouveau visage pour la démocratie française.

 

Corbière, Mélenchon, Girard... les candidats de La France insoumise qualifiés pour le second tour

 

A Marseille, le chef de file de la gauche alternative est lui-même en ballottage favorable face à Corinne Versini (La République en marche). A 22 h 30, Jean-Luc Mélenchon était en tête avec 33,21 % des voix, dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, selon les résultats de 15 des 60 bureaux. Il devançait Mme Versini, qui recueillait alors 22,27 % des suffrages.

 

Qualifié pour le second tour, son directeur de campagne lors de la présidentielle, Manuel Bompard, est distancé dans la 9e circonscription de Haute-Garonne. Avec 18,91 % des voix, il accuse un retard de près de vingt points sur la candidate de La République en marche, la journaliste Sandrine Mörch, arrivée en tête avec 36,96 % des voix.

 

François Ruffin, réalisateur de Merci Patron investi par LFI, sera également présent au second tour dans la 1re circonscription de la Somme mais la situation sera plus compliquée. Il a rassemblé 24,3 % des suffrages, 10 points derrière le candidat LRM, Nicolas Dumont.

 

Le porte-parole du mouvement, Alexis Corbière s’est qualifié à Montreuil. Il est arrivé en deuxième position avec 21,60 % des voix. Il affrontera, lors du second tour, la candidate de La République en marche Halima Menhoudj, arrivée en tête de ce premier tour (24,70 %). Le député PS sortant Razzy Hammadi est, lui, éliminé dès le premier tour. Il n’a obtenu que 9,85 % des voix.

 

Par ailleurs Clémentine Autain, soutenue par La France insoumise, sera elle aussi présente au second tour, dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis. « Heureuse d’avoir obtenu la confiance de 38 % des électeurs à Sevran, Villepinte, Tremblay. En route vers la victoire au 2e tour ! », a tweeté la porte-parole du mouvement Ensemble !. Sur BFMTV, elle a ensuite précisé qu’elle affronterait une candidate de La République en marche qui a remporté 29 % des voix.

 

Coresponsable du programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, Charlotte Girard est allée défier le socialiste et député sortant Malek Boutih dans la 10e circonscription de l’Essonne. Et c’est Pierre-Alain Raphan, candidat La République en marche qui a ravi la pole position avec 26,68 % des voix, devant la candidate de La France insoumise (15,55 %). Arrivé quatrième du scrutin, Malek Boutih est éliminé dès le premier tour.

 

Dans la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis, le coordinateur et porte-parole du Parti de Gauche Eric Coquerel est parvenu à se qualifier pour le second tour. Il a obtenu 19,02 % des voix, loin derrière le candidat de La République en marche Sébastien Menard (31,89 %). Cette circonscription était détenue depuis 1997 par Bruno Le Roux. Mais après les révélations sur les emplois de ses filles en tant qu’assistantes parlementaires, l’ancien ministre de l’intérieur avait dû démissionner de son poste au gouvernement et avait décidé dans la foulée qu’il ne serait pas candidat pour un nouveau mandat de député.

 

 

Elle avait travaillé avec beaucoup de soin son implantation à Villeurbanne (Rhône). Najat Vallaud-Belkacem est arrivée en deuxième position (16,54 %), dimanche 11 juin, derrière l’homme d’affaires Bruno Bonnell, pour La République en marche (36,69 %). Une défaite à l’échelle locale, dans cette circonscription-ville qui est un bastion du PS.

 

Pour ce second tour, Bruno Bonnell part avec une nette avance et pourrait bénéficier du bon report des voix d’Emmanuelle Haziza (LR, 10,67 %) et de Stéphane Poncet (FN, 9,03 %). Mais l’inconnue repose dans le choix que feront les électeurs de Laurent Legendre (La France insoumise), arrivé en troisième position (14,71 %). Najat Vallaud-Belkacem se positionnant pour reconstruire une gauche « entre Macron et Mélenchon » il n’est pas certains que les électeurs de ce dernier la soutiennent.

 

 

À Paris notamment, les résultats font écho à la présidentielle de mai dernier.

 

La République en marche fait une nouvelle percée à Paris. Les électeurs de la capitale ont évincé plusieurs ténors politiques, à commencer par Jean-Christophe Cambadélis et Cécile Duflot. Dans la 16ème circonscription parisienne (19ème arrondissement), le premier secrétaire du Parti socialiste a été éliminé dès le premier tour des élections législatives, ne récoltant que 8,60% des voix. Le secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi est arrivé en tête avec 38,08% des suffrages exprimés, et se retrouve donc en ballotage favorable face à la candidate de La France insoumise, Sarah Legrain (20,84%).

 

Autre destin perdu, celui de Cécile Duflot. L’ancienne ministre du Logement de François Hollande, candidate écologiste dans la 6ème circonscription de Paris qui comprend une partie des 11ème et 12ème arrondissements de la capitale, a elle aussi été éliminée dès le premier tour avec 14,69% des voix. Le candidat REM Pierre Person, l’un des créateurs des Jeunes avec Macron, est arrivé en tête avec 39,42 % des suffrages. Il affrontera la conseillère de Paris, Danielle Simonnet, candidate de La France insoumise (18,84%).

 

 

Le cas El Khomri

 

Myriam El Khomri est de son côté en difficulté dans la 18ème circonscription. L’ancienne ministre du Travail de François Hollande est arrivée en seconde position derrière Pierre-Yves Bournazel, investi par la coalition LR-UDI, et soutenu par le Premier ministre Edouard Philippe. Dans la circonscription voisine qui couvre la seconde moitié du 18ème arrondissement, Babette de Rozières, candidate LR a été éliminée, largement devancée par REM et FI.

 

Benjamin Griveaux et Marielle de Sarnez ont une longueur d’avance

 

Les Parisiens proches d’Emmanuel Macron se portent de leur côté plutôt bien. Dans la 11ème circonscription parisienne, la ministre des Affaires européennes, Marielle de Sarnez, est en ballotage favorable pour le second tour, avec 40,58% des voix. Elle devra l’emporter sur le candidat de La France insoumise, Francis Szpiner, qui a récolté 16,74% des suffrages, devançant de peu le député socialiste sortant Pascal Cherki (15,10%).

 

Idem pour Benjamin Griveaux. Le porte-parole de La République en marche est arrivé largement en tête au premier tour dans la 5ème circonscription de Paris. Il devance de plus de 30 points la députée sortante socialiste Seybah Dagomah. Benjamin Griveaux enregistre 43,63 % dans cet ancien bastion socialiste regroupant les 3ème et 10ème arrondissements de la capitale.

 

Les difficultés de Nathalie Kosciusko-Morizet

 

La droite de son côté est en grande difficulté. Nathalie Kosciusko-Morizet est ainsi en ballottage très défavorable face au candidat de La République en marche Gilles Le Gendre. L’ex-ministre de Nicolas Sarkozy est arrivée en seconde position avec 18,13% des voix versus 41,81% pour l’ancien patron du journal Challenges.

 

Sur son compte Twitter, l’ancienne maire de Longjumeau a appelé au rassemblement en vue du second tour. La situation est d’autant plus délicate pour la Républicaine qu’elle est candidate dans une circonscription acquise à la droite jusqu’à présent. Lors de ce premier tour, elle a toutefois écarté deux concurrents LR face à elle : Henri Guaino (4,51%) et Jean-Pierre Lecoq (9,17%).

 

 

Benoît Hamon, le député des Yvelines et candidat à sa réélection dans la 11e circonscription des Yvelines sous l'étiquette PS, est éliminé du second tour.

 

Manuel Valls, ancien premier ministre de François Hollande et candidat à sa propre succession dans la 1ère circonscription de l'Essonne (sous aucun parti) annonce qu'il arrive en tête du premier tour. « J'arrive nettement en tête du premier tour avec 25,5% des voix, devant La France insoumise avec 17,6% »

 

Caroline De Haas, militante féministe, ancienne porte-parole d'Osez le féminisme et candidate dans la 18e circonscription de Paris, est éliminée.

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 08:00
CHAP.19, temps suspendu, « Macron, c'est moi en mieux! » Sarkozy, ça plane pour Macron, ça patauge pour Mélenchon.

Après la longue et intense poussée de fièvre de la Présidentielle, il règne dans notre pays une étrange atmosphère, molle, désabusée, mélangée à une forme d’adoration de ce nouveau Président si doué pour réveiller notre orgueil national lorsqu’il se produit sur la scène internationale face aux gros bras de Trump et de Poutine. Tout lui réussit et, pour le dire plus vulgairement, « il semble avoir le cul bordé de nouilles », ce jeune homme, propre sur lui, semble intouchable, aucune éclaboussure, du type Ferrand ou la « blague glauque » sur les Comoriens, ne souille ses habits de nouveau Roi de France. Comme le chantait le peroxydé Plastic Bertrand, ça plane pour lui, et les sondages nous promettent un tsunami aux législatives.

 

Même que notre Lapin Duracell reconverti dans l’hostellerie s’esbaudit : « Avec l'âge, je suis devenu modeste: Macron, c'est moi en mieux! », aurait-il confié en privé. Une boutade qui montre, outre la haute estime de lui-même de l'ancien président, que ce dernier est épaté par les premières semaines du quinquennat d'Emmanuel Macron. Bluffé le p’tit Nico : « Si ça marche, c'est un génie » avant d’ajouter « Ce type est incroyable! Il fait un sans-faute. S'il ne commet pas les erreurs que j'ai faites, il va aller très loin, on ne pourra pas l'arrêter »

 

Et pendant ce temps-là, le conducator des insoumis pédale dans la semoule du côté de Marseille. Raillé sur les réseaux sociaux :

 

« Si Jésus a mené un tel combat en faveur des plus démunis, c'est avant tout parce qu'il s'est inspiré du parcours de Mélenchon »

 

Le Jean-Luc rumine : Dans le magazine Society de jeudi, il confie que « cela faisait une semaine [qu'il se] préparait pour le second tour ». La déception est immense. Il aura mis du temps à réaliser. D'autant qu'il l'assure: en cas de qualification, « j'aurais plié n'importe qui, Macron inclus ».

 

Le leader de la France insoumise qui n'a jamais caché son mépris pour François Hollande, dans cette interview se lâche :

 

«Je m'en moque de François Hollande. Un pauvre type. La plus éminente médiocrité du PS des années 2000», commence le candidat à Marseille pour les législatives. Il continue : «Il était à l'ENA, même pas bien classé. Il est sorti de là, est passé d'un poste à l'autre, fondu dans la grisaille.» Toutefois, Mélenchon concède quand même à l'ancien chef de l'Etat : «Mais il est marrant, toujours la blagounette aux lèvres.»

 

Pour le nouvel éructeur, la carrière de Flamby a décollé grâce à sa nomination à la tête du PS, le temps que Lionel Jospin soit Premier ministre : «Lionel s'est dit qu'il tiendrait la boutique sans histoire le temps qu'il gagne la présidentielle. Personne ne se préoccupait de lui. On discutait directement avec Lionel, le grand chef à Matignon. Mais lui, pendant ce temps-là, une petite pizza avec celui-là, des raviolis avec l'autre, et les fêtes de la Rose par-dessus tout ça... Il a été au bon endroit, au bon moment. Il était l'ami de tous les bureaucrates du PS.»

 

Il brocarde François Hollande « le genre de gars qui devait arracher les ailes aux mouches quand il était gamin »

 

Mais il justifie aussi sur son refus d’appeler à voter Macron contre la « folle » dans l’entre-deux-tours. Il était avant tout destiné à garder dans son giron les « petites gens » : « La France insoumise est un lieu de convergence entre une gauche extrêmement radicale, celle des quartiers populaires, et des gens plus sensibles au profil humaniste du projet. […] Si j’appelle à voter Macron, tout vole en éclats »

 

Il cause aussi de sa rencontre avec l’Amérique du Sud qui est, pour lui, une source d’inspiration inépuisable. Méluche pense que « nos sociétés latines sont un miroir des pays d’Amérique latine » et il veut sortir de « la gauche traditionnelle [qui] ne comprend les révolutions qu’à partir des usines et du programme socialiste ». « Pour moi, l’acteur de l’histoire, c’est le peuple. Pas seulement la classe ouvrière »

 

Sur les législatives, lui qui voulait imposer à Macron une «cohabitation» insoumise semble avoir revu ses ambitions à la baisse. À Society, il dit désormais ambitionner d'avoir un groupe à l’Assemblée nationale (soit 15 députés minimum) et annonce à demi-mot qu'il infléchira légèrement la stratégie de son mouvement pour la rendre plus rassembleuse : il évoque ainsi la constitution d'« un nouveau Front populaire » pour s’attaquer à la politique de Macron et avoue (à dessein ?) ses regrets que Benoît Hamon ou Marie-Noëlle Lienemann n’aient pas quitté le PS pour le rejoindre : « J’aurais tellement aimé qu’ils soient là. »

 

Comment s’écrira la suite ? Élu ou pas aux législatives, Mélenchon descendra dans la rue pour accompagner le mouvement social à venir. Un mouvement qu’il prédit proche, massif et révolutionnaire. « Vous ne pouvez pas savoir quelle sera la mèche… Mais elle brûle déjà », affirme-t-il. Quel sera alors le rôle de La France insoumise ? « Qu’est-ce qu’on fait avec ces 500 000 Insoumis ? […] À cette heure, je réfléchis encore. »

 

La prime au gagnant, la déprime aux perdants

 

« L'effet d'entraînement pour le président est énorme », observe Jérôme Fourquet de l'Ifop. « Toute l'attention est focalisée sur Emmanuel Macron et son gouvernement. En réalisant un quasi sans faute, notamment sur la scène internationale, il a encore marqué des points. »

 

Dans le même temps, "les partis battus, c'est valable pour La France insoumise comme pour le FN, voient leurs électorats frappés par la démobilisation. Ils se disent : 'on y a cru, on a perdu, on rend les armes.'" L'impression d'un début de quinquennat réussi sur la forme conjugué à cette démobilisation compliquent la tâche de La France insoumise. D'autant plus que ce mouvement, par la structure sociologique de son électorat, souffre davantage que les autres de l'abstention. "Aux législatives, les jeunes et les classes populaires s'abstiennent plus que les autres. Parmi les électeurs mélenchonistes de banlieue, beaucoup manqueront à l'appel", prévoit Jérôme Fourquet. Une écrasante majorité de députés macroniens se profile dans les sondages. On parle de 320 à 400 sièges.

 

Un « caporal » sans troupes ?

 

C'est l'une des leçons d'il y a cinq ans. « Son entourage en a gardé une très grande frustration », explique un cadre local de La France insoumise. En 2012, Marine Le Pen fait plus de 6,4 millions de voix à la présidentielle et 3,5 millions aux législatives avec sa seule tête sur les affiches. Mélenchon, lui, s'est retrouvé avec un seul élu de son parti et c'est le PC qui a capté l'essentiel des financements publics. « Cette donnée explique aussi pourquoi Mélenchon et son mouvement ont présenté cette fois des candidats presque dans tout le pays. Ils ont besoin d'argent pour durer. »

 

Il tire, dit-il dans Society, une certaine fierté à avoir « tourné la page de tout le bazar du Front de gauche, des cartels de groupuscules », il ne veut pas rassembler la gauche mais « remplacer le PS ».

 

« La recomposition ne se fera pas dans un colloque ou sur une piste de danse à La Bellevilloise, ça va se régler au bulletin de vote »

 

Eric Piolle, le maire EELV qui avait appelé à voter Mélenchon en avril contre l'avis de son parti, a critiqué cette stratégie. « Il aurait pu se positionner comme chef d’orchestre, il a choisi de rester dans sa forteresse. Il a choisi d'être caporal »

 

En attirant à lui presque toute la gauche radicale et des électeurs socialistes au premier tour de la présidentielle, Mélenchon avait, de fait, précisément rassemblé la gauche. Selon l'analyse de Jérôme Fourquet : « L'offre politique sera cette fois différente. Il va se heurter à des socialistes bien implantés, et des électeurs socialistes peuvent être tentés de revenir au bercail. Il y aura aussi des écolos, des communistes. Ces candidats-là vont lui prendre des voix. »

 

Et pendant ce temps-là Macron joue à la standardiste de l’Elysée :

 

Emmanuel Macron s'est offert un (nouveau) joli « coup de com » ce vendredi en rendant visite au personnel en charge du standard téléphonique de l'Élysée. Diffusée en direct sur Facebook, la rencontre débute par un échange cordial, le président de la République questionnant les standardistes sur la proportion d'appelants mécontents, avant de conclure: « Quand il y a des grèves, ça doit être terrible. Parce que non seulement il y a les grèves, mais en plus vous vous faites engueuler au boulot ».

 

Le locataire de l'Élysée s'est ensuite prêté au jeu en répondant personnellement à quelques appels de citoyens chanceux, parfois animés de grandes ambitions: « Vous vous donnez combien de temps pour être élu président? Préparez-vous. De toute façon il faut du renouvellement », a ironisé le chef de l'État avant d'adresser un « merde pour le bac »et un « joyeux anniversaire » à son interlocuteur.

 

Emmanuel Macron s'est également entretenu avec un étudiant en cinéma à Grenoble puis un étudiant en droit qui semble lui avoir adressé un bon conseil: « C'est une très bonne suggestion. On va regarder ça. Est-ce que vous pouvez laisser vos coordonnées? », a-t-il lancé.

CHAP.19, temps suspendu, « Macron, c'est moi en mieux! » Sarkozy, ça plane pour Macron, ça patauge pour Mélenchon.

Législatives : la fin d’une campagne invisible

 

Des réunions publiques clairsemées, pas de grands meetings… cette campagne n’a guère mobilisé les électeurs, comme engloutie par la présidentielle qui l’a précédée.

 

LE MONDE | 10.06.2017 par Patrick Roger

 

C’est un probable tremblement de terre qui se prépare à l’Assemblée nationale, les 11 et 18 juin. Pourtant, cette campagne des élections législatives n’aura guère mobilisé les électeurs, comme engloutie, absorbée par la présidentielle qui l’a précédée.

 

Peu d’assistance aux réunions publiques, pas de grands meetings, des candidats qui doivent affronter l’indifférence des passants lors de leurs distributions de tracts, à l’image du premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, tractant sur un marché du 19e arrondissement de Paris sans que personne ne s’arrête. Une campagne invisible, ou presque.

 

Drôle de paradoxe. Pour les candidats « macronistes » aux élections législatives, le seul programme qui vaille est celui du président élu. L’unique slogan : « Donner une majorité au président » pour lui permettre de l’appliquer.

 

Les candidats du parti Les Républicains (LR) se sont au contraire empressés de mettre au pilon le programme de leur candidat battu. Exit la hausse de 2 points de la TVA, place à une baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu pour tous les ménages. Là où François Fillon évoquait une baisse du nombre de fonctionnaires de 500 000, LR ne parle plus que de 300 000. LR prévoit également le retour à la défiscalisation des heures supplémentaires, que M. Fillon excluait. Et ainsi de suite.

 

Une formalité

 

En définitive, l’argument essentiel brandi par les oppositions – de La France insoumise au Front national en passant par le PS et LR – se sera limité à « ne pas donner tous les pouvoirs au pouvoir ». « Trop de pouvoir tue le pouvoir », répètent à tour de rôle les dirigeants du PS et de LR, qui, alternativement, ont disposé d’une majorité absolue à l’Assemblée. Mais le discours n’imprime plus.

 

« La marque Parti socialiste est totalement dévaluée, reconnaît l’ancien ministre Jean-Marie Le Guen. Le Parti socialiste ne porte plus rien. »

 

C’est la conséquence implacable, la loi d’airain instillée par le calendrier électoral depuis 2002, qui voit les élections législatives succéder à la présidentielle. En un mois, les électeurs constatent que le président de la République s’est emparé des attributs du pouvoir, s’invite dans les sommets internationaux, un gouvernement a été formé, qui commence à promouvoir ses premières réformes. Les partisans des candidats battus à la présidentielle semblent déjà s’être installés dans l’opposition. Les élections législatives s’apparentent presque à une formalité, un dernier épisode de la séquence électorale ouverte depuis septembre 2016 avant que la machine du pouvoir ne se mette… en marche.

 

Les « affaires » de retour

 

Seules anicroches dans ce scénario a priori bien huilé : les « affaires » ont de nouveau fait la « une » des journaux. Les soupçons de conflits d’intérêts privés pesant sur le nouveau ministre de la cohésion des territoires, Richard Ferrand, justifiant l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet, ont parasité le lancement de la « moralisation de la vie publique » voulue par Emmanuel Macron et François Bayrou.

 

« La promesse de probité, d’intégrité, d’exemplarité est morte », juge Xavier Bertrand (LR), qui estime l’attitude de M. Macron « incohérente par rapport à toutes ses déclarations passées ». « Ce projet est aujourd’hui décrédibilisé », ajoute-t-il. Jean-Luc Mélenchon se réjouit de voir le « donneur de leçons » M. Ferrand « épinglé ». « Tant que Ferrand ne démissionne pas, il est un discrédit pour tout le gouvernement », tonne-t-il. Pour Marine Le Pen, cette affaire « ressemble fichtrement à l’affaire Fillon ». Elle y voit « une rupture morale ».

 

Le MoDem, le parti du garde des sceaux, est lui aussi pris dans la tourmente, à son tour soupçonné d’avoir rémunéré des permanents du parti sur des contrats d’assistants parlementaires au Parlement européen. Le MoDem réfute ces accusations, mais cela suffit à éveiller les doutes. Comme des relents de vieilles pratiques qui jettent une once de suspicion sur le slogan du renouvellement.

 

 

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 06:00
Aznavour, Nina Simone, François Truffaut : « Tirez sur le pianiste »

Ces derniers jours j’ai lu le roman de Gilles Leroy Nina Simone et revu Tirez sur le Pianiste de François Truffaut (1960).

 

J’y ai retrouvé Charles Aznavour, le chanteur et l’acteur.

 

« À New-York, au Village Gate où je chantais, j’ai rencontré ce chanteur français, le petit Aznavour, le seul Européen à posséder l’esprit soul et le groove. Il m’a présenté des chansons, je lui en ai acheté deux. L’une s’appelle Tomorrow is my Turn et, dès la première fois que je l’ai interprétée, mes doigts se sont raidis sur les touches du clavier, ma gorge s’est nouée de sanglots. Jamais je n’ai pu la chanter sans avoir dressé devant moi le fantôme d’Edney * riant sous la cascade de Pearson’s Falls, je pouvais presque le toucher, lécher sur sa peau soyeuse l’eau fraîche au goût de bonheur. Lutter contre les larmes, alors, tenir ferme les notes, était un effort surhumain et j’ai fini par l’abandonner, cette chanson si douloureuse avec son air de rien. »

 

Gilles Leroy Nina Simone

 

* Edney, un cherokee, fut le premier amour de Nina Simone.

 

On tire sur le pianiste

 

« Pour François Truffaut, Tirez sur le pianiste a été un film agréable à tourner, mais difficile, ennuyeux à monter. Car il avoue éprouver « une peur panique de tous les scénarios construits en flash-back ». Or le montage du Pianiste est conçu autour d’un long flash-back, qui fait revivre l’histoire d’amour tragique entre le pianiste Édouard Saroyan (Aznavour) et sa femme Thérésa (Nicole Berger)

 

[…]

 

« À tout hasard, je lui ai dit que cela me faisait penser à Queneau. J’ai su par la suite que je ne m’étais pas trompée » répond Claudine Bouché la monteuse à un François Truffaut qui lui demande si les rushes pouvaient faire un film.

 

« Sans doute parce qu’il s’est fait avec des bouts de ficelles, Tirez sur le pianiste donne un sentiment de grande liberté. Pourtant, lorsque le film est montré, en juin 1960, aux acteurs et amis, puis à quelques journalistes, les avis sont mitigés, ce qui déprime Truffaut qui, à ce moment-là, doute de lui. Pierre Braunberger (son producteur) lui-même est dérouté par le film. »

 

[…]

 

« En outre, Tirez sur le pianiste rencontre de sérieux ennuis avec la censure. Le 13 juillet 1960, le film est victime d’une interdiction aux moins de 18 ans. Truffaut a pourtant coupé une séquence qui pouvait s’avérer délicate, celle d’un petit chat qui est écrasé par la voiture des gangsters. Mais une autre scène, où Michèle Mercier se couche dans le lit d’Aznavour et découvre sa poitrine, est jugée trop osée. Truffaut réduit la scène, mais se refuse à la couper entièrement. La commission de censure demeure inflexible : Tirez sur le pianiste reste interdit aux moins de 18 ans. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce « Un film comique noir » ? « Un film fantaisiste noir » ? « Un drame d’amour et d’humour » ? « Une tragédie burlesque » ? « Un film où les bons sont quelquefois méchants et les méchants quelquefois sympathiques » ? Braunberger harcèle Truffaut de télégrammes, le sommant de s’occuper de la promotion du film.

 

« Tout compte fait, Tirez sur le pianiste, sorti le 25 novembre 1960 dans trois salles parisiennes ne fait pas une carrière très briallantes : 71 901 entrées en six semaines d’exploitation. Il est retiré de l’affiche le 3 janvier 1961, Truffaut le considère comme un véritable échec, même s’il ne met guère en péril les Films du Carrosse. »

 

In François Truffaut Antoine de Baecque et Serge Toubiana Gallimard

 

Un film sur les femmes

 

« La musique occupe une place prépondérante, oscillant du jazz au classique, avec des détours réjouissants par la chanson, grâce à un Boby Lapointe iconoclaste et un Félix Leclerc plein d'élégance. Pourtant, le film parle essentiellement des femmes. Et filme leurs corps avec une sensualité rare, qu'il s'agisse des seins angéliques de Michèle Mercier ou des mains inquiètes de Marie Dubois.

 

Les gangsters y disent du mal du sexe dit faible, ce qui inspira des dialogues à Scorsese et Tarantino. Quant à l'admirable Charlie, interprété par Charles Aznavour, tout autant timide qu'amusé, il exprime une sensibilité à fleur de peau et une lucidité mêlée de pitié. Hélas, ni son génie musical ni l'amour de plusieurs femmes ne parviendront à lui éviter un destin médiocre... Jouant à la fois sur le désir et l'interdit, Tirez sur le pianiste possède l'insouciance d'un baiser volé. »

 

Le Monde.fr | 16.07.2015 par Yann Plougastel

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 06:00
Mais qui est donc ce Bruno Le Maire qui n’a jamais été aussi heureux  dans sa vie politique qu’aujourd’hui ?

Le 78 rue de Varenne est une bonne école ministérielle, on y touche à tout de la vie d’une population, les agriculteurs, on négocie la PAC à Bruxelles, on joue un rôle international, on est au centre des difficiles relations entre la GD et les IAA, on est responsable de la sécurité alimentaire, de la santé et du bien-être animal, on doit participer aux arbitrages sur les questions environnementales, gérer la forêt… etc.

 

Beau tremplin pour un jeune loup ou une jeune louve ou un bon moyen de rebondir pour un ou une personnalité sur une voie de garage donc !

 

Je vous épargne la liste des futurs Premier Ministre pour aborder un beau cas : celui de Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture sous Sarko-Fillon et aujourd’hui Ministre de l’Économie sous Macron-Philippe après un échec cuisant à la Primaire de la Droite et un A-R dans le soutien au candidat Fillon « Je ne pouvais pas accepter ce reniement sur la parole donnée. Après la mise en examen, on savait que François Fillon nous emmenait dans le mur. »

 

Dans une interview à Paris Match, l’ex-candidat autoproclamé du « renouveau » de la primaire de droite, a confié son sentiment. « Je n’ai jamais été aussi heureux dans ma vie politique ».

 

Et pour cause, quelques jours après son entrée dans le gouvernement d’Edouard Philippe, Bruno Le Maire est aussi candidat aux législatives dans sa circonscription de l’Eure (la 1ère), sous l’étiquette La République en marche.

 

« Macron a gagné là où j’ai échoué. Il a fait preuve de plus d’audace. Moi, je ne suis pas allé assez loin. Je me suis enfermé dans une primaire. Cela a été mon erreur », a-t-il reconnu.

 

Mais qui est donc Bruno Le Maire ?

 

Un froid technocrate ambitieux ou un réel militant du renouveau politique ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans son livre Divine Comédie Gaël Tchakaloff, qui a suivi les candidats à la Primaire de la Droite, tente d’éclairer ce dilemme :

 

« Depuis notre première rencontre à Sète, mi-septembre, j’ai réalisé que je m’étais totalement trompée sur son compte. Comme beaucoup, je m’en étais tenue à son allure générale, physique de premier communiant. Rastignac rasoir tendance Jeanson-de-Sailly, Auteuil-Neuilly-Passy c’est pas du gâteau, tel est notre ghetto. Je me suis bien mis le doigt dans l’œil.

 

Avec Bruno Le Maire je n’ai jamais eu de rapports directs lorsqu’il était Ministre de l’Agriculture mais je l’ai vu à l’œuvre sur le dossier laitier lors de la crise. Par la suite nommé médiateur entre les éleveurs laitiers et les entreprises, j’ai travaillé en direct avec son directeur de cabinet JM Bournigal et sa conseillère technique : Véronique Solère. Ce qui prime chez lui c’est à la fois sa volonté à la fois de plaire au big boss pour lui montrer qu’il est le meilleur et son désir d’être aimé par ses interlocuteurs.

 

Je l’ai lu aussi :

 

Dans son dernier livre, À nos enfants Bruno Le Maire confie qu’il n'a « jamais été aussi heureux dans sa vie professionnelle » qu’au Ministère de L’Agriculture.

 

Thierry Solère dit de lui «Bruno c’est un Chirac jeune, peut-être en moins excité, mais il finira président de la République». Au début de son parcours Chirac était perçu comme un froid technocrate, raide, avec ses sévères lunettes qu’il abandonnera pour casser cette image, le Bruno vient lui aussi de laisser tomber les montures. De son passage au 78 rue de Varenne il a retenu qu’il faut savoir tomber la veste, serrer des louches, prendre le temps avec les gars, boire une petite bière à l’issue des réunions. Le gros Raf note avec son gros bon sens charentais «Le Maire a réussi dans tous les postes où on pensait qu'il échouerait»

 

Dans son portrait « l'impossible Monsieur Le Maire » sur Slate Titiou Lecoq dévide la pelote «En gros, le type est spécialiste de tout. Lecteur du Cardinal de Retz, de Saint-Simon et de Proust», fan de Formule 1 –«Ma grand-mère maternelle était une des premières pilotes d’avion de sa génération. Passionnée de mécanique, elle m’a transmis ce virus en m’apprenant très jeune à conduire». «Il est féru de gastronomie française – qu’il a fait inscrire au patrimoine de l’Unesco – mais aussi italienne ou asiatique». Il aime Louise Bourgeois et les peintres contemporains allemands, il fait du tennis et du footing –il était en couv de Running Attitude en octobre 2013: «Il admire les pianistes Glenn Gould et Sviatoslav Richter, le chef d’orchestre Carlos Kleiber et relit Kafka ou Thomas Bernhard». Il est «fan de Thomas d'Aquin et de corrida». Et pour ajouter un peu d’exotisme à tout ça, quand il était étudiant, il a écrit deux romans pour la collection Harlequin, sous un pseudo anglais. Merci. N’en jetez plus. »

 

Gaël Tchakaloff, dans son livre, raconte un voyage, avec lui et son équipe, dans sa 508 (avant il avait une allemande) vers Pacy-sur-Eure dans son fief. Elle est à son côté, à la place du mort comme on dit.

 

« Au moment d’entrer sur l’autoroute, je suis déjà partiellement conquise. Il m’en faut peu. Emportée par son doux mélange de cérébralité, de culture, d’intelligence, et cette once de fantaisie, d’abandon, de douleur perceptible dans le dialogue, Bruno va se livrer dans une profondeur que je n’ai pas souvent rencontrée avec d’autres hommes politiques.

 

Kilomètre 25.

 

« La politique, ça écrase tout le reste de la vie, ça absorbe tout, ça prend tout, ça vole tout. Si je perds, j’aurai dilapidé tout ce temps, sans ma femme, sans mes enfants, en pure perte. »

 

Kilomètre 40.

 

« Il y a une légèreté, une insouciance dans la conquête du pouvoir que tu n’as jamais au pouvoir. Il n’y a aucune légèreté au pouvoir. Qui que ce soit qui gagne la primaire je ne serai jamais Premier Ministre, tant j’ai exposé mes différences.»

 

Kilomètre 50.

 

« La politique, ça attire les névrotiques. On l’est tous. Ce n’est pas la politique qui rend névrotique, on l’est avant, on s’y retrouve. Les deux névroses les plus courantes en politique, c’est le narcissisme, évidemment, et la haine de soi. Le pouvoir, c’est la guérison de la haine de soi. »

 

Kilomètre 55.

 

« Les hommes politiques, ils sont dépressifs ou alcooliques. Parce que la folie de la politique, c’est qu’il ne faut jamais voir les choses telles qu’elles sont, il faut se projeter au-delà, nier la réalité. Et, en même temps, il faut être lucide sur la réalité. Et, en même temps, il faut être lucide sur la réalité. C’est la dissociation permanente, le décalage entre ta réalité et ton rêve. Les deux ne coïncident jamais sauf le jour où tu es élu. C’est pour cela qu’après, ça crée la dépression. »

 

Kilomètre 80.

 

« Si je pouvais réécrire ma vie, j’aurais perdu moins de temps à devenir libre. »

 

 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 06:00
Y aurait-il une erreur de casting avec le nouveau Ministre de l’Agriculture ?

Comme le disait, avec son accent rouergat rocailleux, Mgr Marty alors archevêque de Paris, « je m’interroge » à propos du nouveau Ministre de l’Agriculture, Jacques Mézard ?

 

A-t-il le bon profil pour le 78 rue de Varenne ?

 

Ma vieille expérience de cette maison me fait répondre : assurément non !

 

Déjà, comme l’écrit Antoine Jeandey journaliste agricole :

 

« Le programme agricole d'Emmanuel Macron était relativement succinct, avec uniquement des têtes de chapitre, donc des intentions, mais quasiment rien dans la case « comment on fait ? ».

 

Dire « il faut que les agriculteurs vivent du fruit de leur travail », on est tous pour. De même que lorsque François Hollande disait « il faut que le chômage baisse ». À travers ce dernier exemple, on a compris toutefois que le plus important était le « comment ? » ; la volonté affichée, sincère ou non, ne suffit pas.

 

Or l'unique réponse apportée au « comment ? » dans le programme agricole du nouveau Président fut « sommet de l'alimentation ». Il appartient donc au ministre d'aller au-delà, d'entrer dans les détails laissés de côté pendant la campagne. De préparer ces rencontres de l'alimentation (qui participera précisément ? La question est loin d'être neutre, ces rencontres peuvent déboucher sur un échec retentissant si les participants ne sont pas les bons...), mais aussi de remplir toutes les cases n'ayant comporté qu'une mention sibylline et méritant, au-delà du sujet, un verbe et même un complément, à tout le moins. »

 

Les socialos de 81 adoraient les États Généraux, ils en tinrent une flopée pour accoucher de souriceaux.

 

Les sommets sont en général du même tonneau si l’on n’a pas fixé clairement le cap que l’on souhaite atteindre.

 

Pour le moins le nouveau gouvernement semble avoir d’autres priorités que d’impulser une nouvelle orientation au secteur agricole et agro-alimentaire. On sent poindre l’envie de perpétuer les bonnes vieilles pratiques de la cogestion avec les majoritaires.

 

Et pourtant l’analyse ci-dessous d’Ipsos pose bien le problème tout en restant elle aussi bien courte en ce qui concerne le comment sortir de cette situation complexe.

 

LES FRANÇAIS ET LES AGRICULTEURS, UNE IDYLLE CONTRARIÉE

 

6 Juin 2017

 

La population française est très attachée à ses agriculteurs. Depuis longtemps. Mais cette belle histoire est menacée par les appréhensions et les interrogations qui pèsent sur l’agriculture, en termes d’environnement, de santé et d’avenir économique. Pour répondre à ces enjeux, les agriculteurs innovent, à travers des pratiques durables et l’agriculture connectée.

 

LES FRANÇAIS AIMENT LEURS AGRICULTEURS !

 

Foin des scandales ! La crise du lait, les révélations sur la maltraitance animale dans les abattoirs, le retour de la grippe aviaire… En 2016, les crises très médiatisées du secteur agricole n’ont pas entamé le capital sympathie des éleveurs et des producteurs : 66 %* des Français gardent une bonne opinion des agriculteurs, et 54 %, une image positive de l’agriculture.

 

« L’attachement de la population au monde agricole reste fort. Cela s’explique par les racines historiquement rurales de la société française, et aujourd’hui par l’envie de renouer avec l’authenticité. »

 

D’ailleurs, 63 % des Français entretiennent le lien avec la campagne, en s’y rendant régulièrement, ou parce qu’y subsiste un ancrage familial.

 

Dans l’imaginaire collectif national, l’agriculteur incarne la figure du travailleur qui exerce un métier « difficile » pour 70 % des Français, et « essentiel » pour 43 % d’entre eux. Un héros en somme qui tient « un rôle environnemental particulier », selon 37 % des répondants.

 

Le charme des agriculteurs joue à plein sur les marchés, puisque pour 50 % de la population, c’est l’occasion propice à un contact direct avec les producteurs, devant les relations de voisinage (33 %) ou le cadre familial (24 %).

 

DES INQUIÉTUDES PARTAGÉES…

 

Grand public et agriculteurs continuent donc le jeu de la séduction. Pourtant, cette relation n’est pas si paisible qu’il y paraît. De nombreuses appréhensions viennent troubler ce tableau champêtre idyllique. Ainsi 67 % des Français jugent mauvaise la situation de l’agriculture et de l’alimentation aujourd’hui. Pour 74 %, elle s’est détériorée à grande vitesse depuis vingt ans, et pour 55 %, elle aura encore empiré d’ici vingt ans. Le pessimisme est donc bien installé.

 

Pour aller plus loin, les Français expriment de vives craintes sur les grands enjeux sociétaux liés à l’agriculture et à la santé. Ils se préoccupent d’abord de l’environnement : disparition des abeilles, utilisation et impact des produits phytosanitaires, pollution, qualité de l’eau… Ensuite, ils s’interrogent sur les problématiques de l’alimentation : la planète pourra-t-elle encore nourrir la population mondiale appelée à toujours croître ? Dans une réelle empathie, ils s’inquiètent aussi de l’avenir économique des agriculteurs français. Enfin, ils questionnent les modes de production, où deux modèles s’opposent, avec d’un côté le local et le bio, de l’autre l’agriculture intensive.

 

Les agriculteurs rejoignent les Français sur les mêmes inquiétudes. Bien entendu, la viabilité économique de leur exploitation est leur première préoccupation. Ils se battent pour le maintien de la production en France. Qui passe par la sauvegarde des surfaces de terres agricoles, et le maintien d’une agriculture « artisanale, à taille humaine », s’épanouissant à l’idéal, aux côtés d’une agriculture industrielle. Quant au respect de l’environnement et à l’attention portée à la santé, c’est à la fois un enjeu et une responsabilité douloureusement endossée par les agriculteurs, compte tenu des réglementations parfois contradictoires qu’ils doivent respecter.

 

Dans ce « je t’aime, mais je m’inquiète », cultivateurs et éleveurs disent aussi aspirer à une plus grande reconnaissance de la part des Français, notamment pour faire comprendre aux consommateurs que la qualité a un prix. Et que leur survie est à ce prix.

 

AGRICULTURE DURABLE ET AGRICULTURE CONNECTÉE : L’AVENIR DU MONDE AGRICOLE

 

Face aux grands enjeux du secteur, l’agriculture durable apparaît comme une réponse très adaptée, pour tous les acteurs agricoles (institutions, experts, professionnels). « Elle allie pérennité des exploitations, et respect de l’environnement et des hommes », affirment les Chambres d’agriculture. Pour 75 % des parties prenantes professionnelles, le bio-contrôle est un levier d’action prioritaire, avec ses solutions naturelles de protection des cultures. Pour 60 % de ces acteurs, l’agriculture durable doit passer par l’accompagnement des agriculteurs vers une meilleure préservation de la qualité de l’eau. Et 54 % estiment qu’il faut limiter encore davantage les risques liés aux intrants, pour les cultivateurs.

 

Les agriculteurs, eux, sont 82 % à déclarer intégrer, souvent ou toujours, les principes de l’agriculture durable à leurs pratiques. En affirmant ses bienfaits : la préservation des ressources naturelles et de l’outil de production (qualité des sols), associée à une meilleure valorisation de l’image de l’agriculture. « Pour près des deux tiers des cultivateurs et des éleveurs, l’agriculture de conservation des sols et l’agriculture raisonnée représentent les principaux modes de production durables », note Laurent Depouilly. Toutefois, les agriculteurs pointent les freins au développement de l’agriculture durable : la prise de risques notamment financiers, entre l’avant et l’après, et le manque de conseils techniques adéquats.

 

L’agriculture connectée représente une solution complémentaire, pour répondre aux enjeux du secteur. Sites d’achat en ligne de matériels et produits agricoles, systèmes de gestion d’exploitation, systèmes de guidage des machines par GPS… Autant d’outils numériques aux nombreux avantages. Deux tiers des agriculteurs y voient l’amélioration de leurs conditions de travail et la réduction de la pénibilité. Et la moitié souligne le fait que l’e-farming permet un meilleur respect de l’environnement, favorise la qualité des productions, et suscite un regain d’intérêt pour leur métier, auprès des futurs agriculteurs et du grand public. Cependant, un tiers des producteurs met en garde sur les difficultés à déployer cette agriculture digitale.

 

UNE CURIOSITÉ À SATISFAIRE, DES INNOVATIONS À VALORISER

 

Si les agriculteurs font évoluer fortement leur métier, le grand public en reste le plus souvent à son image d’Epinal de la « ferme », alors qu’il manifeste toujours et encore une réelle curiosité vis-à-vis de l’agriculture d’aujourd’hui (52 % des Français). C’est donc une opportunité à saisir pour le secteur. Mais une difficulté sera à dépasser : la perception négative du concept d’innovation agricole, à contre-courant des aspirations actuelles en matière d’alimentation de qualité et de santé.

 

* Tous les chiffres cités dans l’article proviennent des études Ipsos réalisées en 2015 et 2016.

 

LAURENT DEPOUILLY

Directeur Général Ipsos Lyon

RENAUD LOESEL

Directeur d'études, Ipsos Marketing

 

Côtes-d'Armor: blocage d'une laiterie Par Le Figaro.fr avec AFP

 

Une semaine après avoir lancé un ultimatum aux coopératives pour obtenir une hausse du prix du lait, les producteurs des Côtes-d'Armor ont passé ce mardi la vitesse supérieure et bloqué la laiterie Sodiaal (Entremont) à Guinguamp (Côtes-d'Armor), a-t-on appris de sources concordantes. "Une cinquantaine de producteurs se sont rassemblés dans le calme vers 13H00 au rond-point de Kernilien, à l'entrée de Guingamp, avant de rejoindre le site de la Sodiaal", a indiqué à l'AFP la gendarmerie de Saint-Brieuc. Selon Jean-Marc Lohier, président de la section Lait de la FDSEA des Côtes-d'Armor, ils étaient plus d'une centaine de producteurs avec une quinzaine de tracteurs devant la laiterie en milieu d'après-midi. "Nous bloquons les produits qui sortent, nous demandons une rémunération de 34 centimes du litre contre 30 centimes actuellement", a-t-il déclaré à l'AFP, ajoutant que la mobilisation devrait durer "au moins 48 heures" et que "les autres départements bretons devraient la rejoindre mercredi".

 

Nombre de producteurs laitiers sont aujourd'hui dans une situation économique critique. La semaine dernière, une centaine d'entre eux avaient déjà interpellé à Plérin (Côtes-d'Armor) les représentants des coopératives pour réclamer un meilleur prix d'achat de leur production. Ils avaient alors ciblé les coopératives, censées défendre les intérêts des producteurs qui en sont membres. En 2016, les résultats financiers des transformateurs, "notamment coopératifs, ont été importants, pour ne pas dire scandaleux" quand les producteurs sont dans la "détresse", avaient-ils alors souligné. "L'ultimatum courait jusqu'à aujourd'hui. Sans réponse, on a décidé de bloquer la laiterie Sodiaal. Pourquoi la Sodiaal ? Parce que c'est celle qui paie le moins", a expliqué Jean-Marc Lohier. Cette mobilisation intervient alors que les transformateurs - industriels et coopératives - s'apprêtent à fixer le prix d'achat du lait aux producteurs pour les mois à venir. Selon la FDSEA 22 et les Jeunes Agriculteurs des Côtes-d'Armor, "le prix d'équilibre moyen des producteurs du département est de 0,34 euro par litre. Sodiaal doit valoriser ses marques (Candia, Yoplait, Entremont...) et ses produits pour amener un prix qui rémunère le travail des producteurs". Le malaise est si profond et la détermination si forte que même la Confédération paysanne, traditionnellement opposée à la FNSEA, s'est cette fois jointe au combat.

AGRICULTURE BIOLOGIQUE

Coop de France veut garder la confiance des consommateurs

 

À travers cinq engagements, Coop de France précise sa vision de l’agriculture biologique de demain. Elle souhaite une réglementation européenne exigeante qui réponde aux attentes des consommateurs.

 

Alors que le nombre de conversions a décollé ces derniers mois, Coop de France a profité de la simultanéité du « printemps bio 2017 » et de la « semaine de la coopération agricole » pour présenter à la presse, le 6 juin 2017, ses « cinq engagements pour l’avenir du bio français ».

 

« Pour éviter d’avoir différentes voix pour porter la bio en France, on a défini cinq axes principaux », explique Jérôme Caillé, vice-président de la commission de la filière biologique de Coop de France.

 

Méfiance face au nouveau règlement européen

Comme le symbole d’une priorité, le premier de ses engagements s’intitule « soutenir un cahier des charges exigeant, ambitieux et lisible ». Ce premier point cristallise la méfiance des coopératives face aux négociations sur le nouveau règlement bio européen.

 

« On attend un degré de qualité assez fort, en adéquation avec les attentes des consommateurs », analyse Jérôme Caillé. L’enjeu est de garder la confiance du consommateur dans le logo bio européen. Pour cet adhérent de Terrena, c’est bien « l’unicité du modèle français » qui permet de conserver cette confiance.

 

Le bio moins cher n’est pas la bonne option

 

Coop de France est particulièrement vigilant sur les labels privés qui peuvent se développer dans d’autres pays européens. « Attention à ne pas entrer dans une opposition de modèle », prévient Jérôme Caillé.

 

La coopération se montre aussi hostile aux promesses d’un bio moins cher formulées par la distribution. « Ce n’est pas parce qu’il y a une demande forte qu’il faut sacrifier nos exigences », ajoute Pascal Viné, le délégué général de Coop de France.

 

Parmi ses autres engagements, Coop de France veut replacer les exploitants en agriculture biologique au sein de la gouvernance des coopératives. L’organisme prévoit aussi de renforcer la recherche et l’innovation dans le secteur ou encore de renforcer les partenariats entre les différents acteurs des filières bio.

Les coopératives entraînent un « effet de masse »

Pour Pascal Viné, les coopératives provoquent un « effet de masse » dans les conversions. « Quand une coopérative s’engage, elle encourage et sécurise les agriculteurs », explique-t-il.

 

550 coopératives et 7 500 agriculteurs coopérateurs sont engagés en agriculture biologique. Selon les derniers chiffres de Coop de France, la coopération agricole représente 90 % de la commercialisation du porc bio, 78 % de la collecte de céréales ou encore 71 % des aliments pour bétail.

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 06:00
Dans la culture populaire, boire du vin, des boissons alcoolisées donne un genre, il masculinise… des femmes contre-attaquent !

Le monde du vin demeure encore très couillu, les mâles y sont dominants, du cep au verre en passant par le chai. Au temps du gros jaja madame Michu achetait le litron familial à l’épicerie, depuis les ménagères de plus de 50 ans, qui font les courses en GD, continuent d’ajouter au caddie la boutanche chérie de monsieur.

 

Dans le monde de ceux qui s’auto-désignent grands amateurs ou comme des amateurs éclairés, la femme n’a guère le droit de cité. Sur le site de la LPV les mâles règnent en maître.

 

La RVF et BD ne sont pas mieux lotis en dépit de strapontins concédés à quelques plumes féminines.

 

Dans les vignes et dans les chais, même tarif, même si, là encore, la féminisation progresse à tout petit pas, elle un peu surexposée dans la communication pour contrecarrer l’image virile qui prédomine encore dans le secteur.

 

Du côté des sommeliers, les sévèrement burnés tiennent encore largement le haut du pavé.

 

Pour les cavistes, même chez les naturistes, la caviste reste toujours une denrée rare. À Paris, l’extension du domaine de la femme caviste est en Marche, rien à voir avec notre jeune Président, et c’est heureux.

 

Chez les journalistes, si tant est qu’il existât des journalistes du vin, la part féminine reste congrue. Les vieux mâles dominants font de la résistance.

 

Au rayon consommation, au grand dam des hygiénistes les femmes s’adonnent de plus en plus avec délice aux plaisirs du vin. Elles vont sans complexe dans les bars à vin, chez les cavistes, savent ce qu’elles veulent, dament le pion à la flopée de gros cons qui se la pètent.

 

Que du bonheur pour mon vieux cœur d’homme qui aime les femmes !

 

D’ailleurs cette chronique est dédiée à mes 3 Claire : celle du Lapin Blanc sommelière, celle d’ICI Même caviste et Claire Naudin vigneronne, à Isabelle Perraud vigneronne et blogueuse, à Laurence Rousselin vigneronne, à Cécile Macé sommelière de Giovanni Passerini, à Fleur Godart vendeuse de vins et écrivaine, à Mareva Saravane sommelière à Amarante, à Camille Delaunay vendeuse de vins sur son vélo…

 

À ce stade de ma chronique, qui va ravir mes lecteurs mâles, je me dois de faire la promotion de la révolte d’une poignée de femmes face à l’impérialisme masculin du vin.

 

Women do wine est une nouvelle association, née officiellement en avril 2017 et créée par un petit groupe de professionnelles du monde viticole.

 

Une association destinée à mieux défendre la cause des femmes dans ce milieu, qu'elles estiment insuffisamment « mises en lumière ». Parmi elles, Sandrine Goeyvaerts, caviste, écrivain et blogueuse belge, en est à l'origine. «Tout est parti d'un prix que j'ai décroché en 2014 du « Blog de l'année », dans le cadre des Trophées du vin organisés par la Revue des vins de France (RVF), témoigne celle-ci. Sur le diplôme que j'ai reçu était mentionné « Homme de l'année »... Cela m'a fait rigoler mais aussi réfléchir », poursuit Sandrine Goeyvaerts. En examinant les palmarès attribués chaque année, celle-ci se rend compte que les femmes récompensées étaient aussi très peu nombreuses, voire « oubliées ».

 

Des constats qu'elle partage et dénonce au travers de billets sur son blog et d'un hashtag lancé sur les réseaux sociaux en janvier 2016, « #WomenDoWine », qu'elle demande de partager et qui remporte « un fort engouement » auprès de la "blogosphère viticole". Mais en 2017, rien ne change, en dehors du nouveau nom donné au concours de la RVF : des « Hommes du vin », on passe à « Grands prix du vin ». Au palmarès, toujours aucune femme... Qu'importe, le collectif est né, décidé à se battre, et ses réflexions déboucheront bientôt sur la création d'une véritable association.

 

Très bien ! Sauf que ça reste entre professionnelles du vin, l’entre soi classique du milieu vineux. Manque le dernier chaînon de la coalition : la simple consommatrice de vin…

 

Je ne doute pas que cet esprit d’ouverture va infiltrer la nouvelle association.

 

Enfin, pour faire chic, un peu de jus de tête à propos du jus de treille :

 

« Socialement, il est globalement mieux perçu d’être une femme abstinente qu’un homme abstinent en France… » écrit Matthieu Lecoutre dans Le goût de l’ivresse.

 

Témoignage de Vincent, 28 ans, abstinent depuis 3 mois en mai 2014 cité dans « Le genre de l’abstinence » H. Pentecouteau et O. Zanna.:

 

J’ai presque honte de refuser de prendre de l’alcool alors que mes amis boivent autour de la table. Ce qui est aberrant, je le conçois. Car il faudrait au contraire pouvoir être fier de s’arrêter de boire. Je trouve que l’alcool est très lié à la virilité et à la manière dont je me perçois en tant qu’homme. Refuser de boire, pour moi, c’est refuser d’être un homme.

 

«Dans la culture populaire, boire de l’alcool donne un genre, il masculinise. En revanche, ne pas boire féminise : à défaut de troubler la raison, il trouble le genre»

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