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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 06:00
Bonne nouvelle le nouveau prix Nobel d’économie aime les bons vins, il fait un raisonnement qui devrait faire jouir les Lpviens !

Pendant que les zinzins du vin s’excitent, j’oserais même écrire se branlent à propos du fameux tire-bouchon de la mère Buzyn, l'économiste américain Richard Thaler nouveau Nobel d'économie 2017 (littéralement « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel ») pour son travail en finance comportementale, lui va faire jouir jusqu’à l’extase les grands amateurs de vin, ceux qui s’agitent la nouille face aux grands vins tout en se lamentant sur la faiblesse de leurs bourses pour les acquérir.

 

Pour les ignares que nous sommes : les études d'économie comportementale explorent l'intersection entre le comportement humain et les principes économiques — ou pourquoi nous nous comportons d'une certaine manière avec l'argent.

 

Outre l'économie, le professeur de l'université de Chicago aime aussi le golf et les bons vins m’indiquent-on dans mon oreillette. Alors rien de surprenant que Thaler ait posé une question sur le vin à Paul Sullivan, chroniqueur au New York Times, pour expliquer l'économie comportementale dans son  livre « The Thin Green Line: The Money Secrets of The Super Wealthy. »

 

Je plante le décor : vous êtes un Lpviens-type qui a acheté au bon temps des bons prix des grands vins de magnifiques flacons et qui, bien sûr, les a conservés dans sa belle cave voutée.

 

Voici sa question du nouveau Nobel d’économie :

 

Combien cela vous coûterait de boire une bouteille de vin que vous avez acheté il y a des années pour 50 dollars et qui vaut désormais 500 dollars?

 

Prenez le temps de la réflexion :

 

La réponse de l’éminent professeur a moins à voir avec le vin qu'avec les sciences économiques.

 

Dans les faits, c'est même une illustration de la distorsion cognitive qui affecte beaucoup de gens lorsqu'ils confondent coûts irrécupérables et coût de renoncement.

 

Un coût irrécupérable est de l'argent que vous avez déjà dépensé. Il est perdu et vous ne pouvez rien faire pour changer cela maintenant. Dans ce cas, les 50 dollars dépensés pour la bouteille initialement sont un coût irrécupérable.

 

Un coût de renoncement est le prix que vous coûte le choix d'une action plutôt qu'une autre — dans ce cas, choisir de boire la bouteille au lieu de la vendre pour 500 dollars, voire la garder pour la revendre plus cher encore à l'avenir.

 

La bonne réponse est que cela vous coûte 500 dollars de boire la bouteille, parce que vous choisissez de la savourer au lieu de la vendre.

 

« La plupart des gens disent que ça ne leur coûte rien », explique Thaler à Sullivan. » Il y a des gens que j'apprécie beaucoup qui me disent même qu'ils se font de l'argent en buvant le vin car il ne leur a coûté que 50 dollars. C'est de la segmentation mentale."

 

Sullivan poursuit dans son ouvrage:

 

« Vraisemblablement, certains collectionneurs qui choisiront de boire leur vin auraient eu du mal à aller acheter la même bouteille pour 500 dollars afin de la boire avec leur dîner, mais pourtant c'est exactement ce qu'ils font lorsqu'ils boivent cette bouteille aujourd'hui. Ils préfèrent croire que la boire est une affaire, car ils l'ont achetée pour 50 dollars des années plus tôt. »

 

Sullivan souligne que les gens ne sont pas rationnels lorsqu'il s'agit d'argent. Nous achetons trop et n'économisons pas assez, parce que le consommateur moyen ne pense pas l'argent comme un économiste.

 

Les travaux Richard Thaler nous rappellent avec brio que les acteurs économiques ressemblent plus à Homer Simpson qu'à Superman.

 

Reste à répondre à une question : ceux qui ont acheté des vins pour spéculer, le boiront-ils si le prix se met à dévisser. L’adage en Bourse reste t’as rien perdu tant que t’as vendu, ici c’est bu !

 

Version originale: Libby Kane/Business Insider

 

LA TÂCHE ? CE N'EST PAS UNE MARCHANDISE

 

Dire qu’Aubert de Villaine n’a pas apprécié est un euphémisme. Il était furieux ! Depuis des années, le gérant du domaine de la Romanée-Conti (ses fidèles disent “le DRC”), au nom du caractère sacré et convivial du vin, demande par courrier à ses clients allocataires de résister aux sirènes de l’argent facile et de ne pas revendre leurs flacons mais de les boire en les partageant. "Tout producteur de grand vin a le sentiment de produire quelque chose de précieux, son devoir est de veiller à ce qu’il soit dégusté à son apogée. Une Romanée-Conti ou une Tâche n’ont pas vocation à être une marchandise sur laquelle on spécule", assène-t-il du haut de son Olympe bourguignon, en l’occurrence le village de Vosne-Romanée.

Lire ICI Spéculation : les grands crus face au mur de l’argent

 

 

Le coup de gueule des viticulteurs audois

 

« On ne peut pas être encouragés, encensés par Ubi­France et la Sopexa pour aller commercialiser nos vins dans tous les pays du monde et être considérés chez nous comme des assassins » : Jean-Marie Fabre, président de la fédération audoise des vignerons indépendants, ne décolère pas contre la dernière campagne de communication du ministère de la santé en faveur de la lutte contre le cancer, et qui utilise comme illustration un tire-bouchon (allusion directe au vin). 11.000 pétitions demandant le retrait de la campagne sont déposées le 28/9 par la filière viticole sur le bureau de Stéphane Travert, ministre de l’agriculture. « Le député audois Roland Cour­teau va de son côté saisir le CSA et le ministère de la Santé pour demander le retrait », complète Jean-Marie Fabre. Un tire-bouchon ne peut en effet ouvrir qu’une bouteille de vin, la campagne excluant de fait les autres alcools du type whisky, vodka ou bière. « Or, la loi interdit la stigmatisation d’un seul alcool dans les campagnes de communication. Soit on cite tous les alcools, soit aucun. Une fois de plus, seul le vin est stigmatisé alors que la consommation d’alcool fort ex­plose, et par des clients de plus en plus jeunes. Si la France consi­dère que le vin est un problème de santé publique, il faut un vrai plan Marshall pour faire disparaître la filière viticole, qui induit des emplois et contribue à l’aménagement du territoire. »

11 000 SIGNATURES preuve de faiblesse !

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 06:00
C’eut été une belle journée de dégustation au Paul Bert si Jean Rochefort le mari de la coiffeuse n’avait pas eu la mauvaise idée de tirer sa révérence.

Ce lundi temps idéal pour le vélo, cap sur la rue  Paul Bert qui, pour un jour, est le repaire de vignerons que j’aime bien. Comme vous le savez peut-être rue Paul Bert est sis le Paul Bert où, pro de chez pro, j’arrive pile poils à 10 heures. Le trottoir est noir de monde, des vignerons qui prennent leur temps, poignées de mains et quelques bises.

 

Je rejoins un trio qui cause : Bruno Verjus le taulier de Table et Bertrand Auboyneau le boss du Bistrot le Paul Bert, entourant le patriarche de Patrimonio Antoine Arena.

 

« Pace è Salute ! »

 

 

Nous papotons, les oreilles de certains doivent siffler, vers 10 heures et demi la gente vigneronne se met au turbin.

 

C’est une dégustation mais je sais que je vais boire car cracher certains nectars relève d’une forme de masochisme bien au-dessus de mes forces de pauvre pécheur.

 

 

Venir dès l’ouverture présente un double avantage, le parigot étant comme le dit notre Président une grosse fainiasse y’a pas trop de monde devant les saintes tables ; ces même tables saintes sont encore d’un blanc virginal.

 

Ma résolution : tu fais le job sérieusement !

 

Je me retrousse les manches et je m’y mets. Ça roule Mimile jusqu’au moment où, fourbu, je fais une pause, je pose mon cul sur l’une des chaises prévue à cet effet sur le trottoir. Je pianote sur le fil  Twitter et la putain de mauvaise nouvelle me tombe sur la tronche : Jean Rochefort est mort.

 

Ça me fait chier !

 

Jean Rochefort, hors ses rôles, c’est pour moi une délicieuse rencontre avec lui. En 1991, je lance la Première Journée Nationale du Cheval et, connaissant sa passion pour l’équitation, il a un haras, je le sollicite pour en être le parrain. Je le fais chercher. Nous nous retrouvons dans mon bureau et pendant plus d’une heure nous devisons. L’homme est plein d’humour et délicieux. Prenant mon courage à deux mains je me décide à évoquer, disons le défraiement, pour sa participation. Souvenir de son sourire sous sa moustache, il me répond « je n’ai qu’une faveur à vous demander, c’est que, comme aujourd’hui, votre chauffeur vienne me chercher et me reconduire. C’est bien agréable et votre chauffeur a de la conversation. »

 

Il passa le dimanche avec nous, simple, disert, disponible, un vrai gentleman. Encore merci cher Jean Rochefort.

 

 

J’ai repris le turbin avec du vague à l’âme, le spectacle continu.

 

Puis la faim m’a tenaillé alors j’ai enfourché mon vélo pour casser une graine dans le quartier, chez Fabrizio Ferrara à quelques rues de là.

 

 

Je mange rarement seul à table, dans ce cas je choisi des crèmeries à bar où des voisins viennent me rejoindre, mais aujourd’hui ça va bien à mon humeur tristounette. Mon positionnement en salle me permettait de contempler les tablées.

 

Ironie du hasard, un couple illégitime, à ma gauche, lui un peu vulgaire, elle très petite bourgeoise, pantalon de cuir, escarpins vertigineux, chemisier avantageux, se prenait d’assaut. Elle menait l’offensive comme savent le faire les femmes qui veulent arriver à leur fin et dans la geste amoureuse je contemplais à son annulaire son alliance et le solitaire, le Jean Rochefort un peu volage d’un éléphant ça trompe aurait souri, moi aussi.

 

De retour devant la neige de mon écran, et que je relis ce que je viens de pondre, j’en conclue que ça fait une chronique et que je vais me contenter de vous offrir les photos de mes amours matinaux.

    

 

Jean Rochefort, portrait en amoureux des chevaux

ICI

Jean Rochefort, acteur

inoubliable d’« Un

éléphant ça trompe

énormément », est mort

 

Le comédien, âge de 87 ans, est mort dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 octobre. Il a tourné dans environ 120 films au cours de sa carrière, longue d’une soixantaine d’années.

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

 


 

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 06:00
Antonin je suis à 100 % Claire Naudin vigneronne des Hautes Côtes  de Beaune « imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. »

Dans le tout petit buzz, provoqué par une vidéo d’Antonin Iommi–Amunategui sur le site de l’Obs.,  qui a agité le minuscule marigot des qui croient qu’il n’y a que le vin dans la vie, j’ai particulièrement aimé le leitmotiv de certains : « C’est un crie contre le vin ! »

 

Les mecs, faut pas pousser pépé dans les chiottes quand on sait qu’à peine 5% de nos concitoyens acheteurs de vin déclarent  s’y connaître et s’y intéresser, tout le reste, plutôt « pousseur de caddie » comme dirait l’expat. de Barcelone, se tamponne largement de cette bataille picrocholine.

 

Antonin est très mitterrandien, il cultive avec soin l’ambiguïté, en ne traçant pas très clairement une ligne entre ce que certains balancent dans leurs vignes et ce que l’on peut rajouter comme additifs pour faire le vin.

 

Et pourtant dans le premier cas, les fameux pesticides, on touche à des questions de santé publique qui intéressent de plus en plus les consommateurs et qui impactent ceux qui travaillent dans les vignes. Le choix du propre, surtout pour un produit comme le vin, est inéluctable et toutes les arguties des défenseurs des pesticides tombent les unes après les autres.

 

Dès 2001, dans mon rapport, j’avais placé la défense de l’environnement comme étant la priorité numéro 1 de la vigne France, et  pas que pour des raisons de santé publique. On ne peut pas dire qu’à cette époque les soi-disant critiques, experts, dégustateurs se soient rués pour en promouvoir le combat. Depuis, les ouvriers de la 25e heure en rajoutent.

 

En revanche, les additifs pour faire le vin ne constituent pas un problème de santé publique mais une question d’information du consommateur qui est en droit de savoir ce que ce jus de raisin fermenté a été  fabriqué. Tous les produits alimentaires affichent la couleur alors pourquoi pas le vin. Le débat de l’étiquetage informatif est ouvert.

 

Reste le goût du vin, il est assez étonnant que les grands défenseurs du terroir ne s’offusquent pas des multiples béquilles proposées par les marchands de produits, à la fois conseils et vendeurs de poudre de perlimpinpin. Leur goût il a été formaté par des années de soi-disant critiques dégustatives. Ils sont de plus en plus hors-sol et très clairement tout le monde se fiche, à part les soi-disant grands amateurs, de leur avis.

 

Dernier point, en écrivant ce que j’écris je ne suis en rien « un allié objectif »  de l’un ou l’autre camp et ce n’est pas aujourd’hui que je me plierai à la bonne vieille menace qui faisait florès au temps du PCF triomphants « si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous… »

 

Tout ça pour vous dire que les minorités agissantes ou les minorités déclinantes qui s’expriment en lieu et place des intéressés je n’en rien à cirer. Elles défendent becs et ongles leur fonds de commerce, c’est leur droit mais ça ne me touche pas plus qu’un pet sur une toile cirée.

 

Je préfère redonner la parole à une vigneronne : Claire Naudin qui s’exprimait ainsi dans l’excellent livre de Guillaume Laroche « Entre les Vignes » :

 

J’adore le parler net de Claire : « Pour moi, il y a vraiment deux vinificateurs : celui qui a peur des bestioles et celui qui n’en a pas peur. Même ce qu’on appelle les levures bactéries de contamination, que ce soit de Brettanomises pour les levures ou de Prédiocoques pour les bactéries, il y a des équilibres à trouver qui font que l’on peut tout à fait cohabiter avec. Les Bretts, il faut sans doute les maîtriser, mais elles ne produisent pas toutes des phénols volatils. Il y a encore plein de choses à découvrir pour comprendre pourquoi elles se mettent à fabriquer ça, qui est effectivement dégueulasse. En attendant, bombarder les vins au soufre parce que l’on ne veut pas de Bretts, ça n’a pas de sens, avec de très petites quantités, on pilote ça très bien. »

 

Ça me change des empaillages convenus Bio or not bio sur les réseaux sociaux entre les tenanciers de divers fonds de commerce, les vendeurs de poudre de perlimpinpin tout comme les « gentils » défenseurs du bio.

 

Ça ne sent pas le soufre mais le petit huis-clos entre gens du vin qui se regardent le nombril en feuilletant le papier glacé d’un truc qu’eux seuls lisent. Ce conformisme satisfait, buté, avec des œillères, m’étonnera toujours. « Passe-moi le sel, je te passe la moutarde… » « Nous sommes sur le même bateau alors renvoyons-nous l’ascenseur ! »

 

C’est beau comme le commerce !

 

Pour ne rien vous cacher je trouve ces pseudos-batailles tellement dérisoires que je n’en mêle pas car elles sont le fait de protagonistes qui ne font que défendre leur petite boutique.

 

Comme l’écrivait un humoriste méconnu Vincent Rocca « On peut se torcher avec un vin, avec un livre aussi. »

 

Si ces docteurs de la loi daignaient laisser la parole aux intéressés serait-ce trop leur demander ?

 

Revenons à Claire qui n’a pas sa langue dans sa poche :

 

« L’agriculture  biologique qui est faite actuellement, c’est de la bio d’assurance qui n’a de bio que le nom, et ça, ça ne m’intéresse pas. Dans la biodynamie, je suis gênée par le côté gourou, et ce que je ne je ne supporte pas, c’est le côté : « Ne cherchez pas à comprendre, faites juste ce que je vous dis. » Moi ça, je ne peux pas. Comme je fréquente beaucoup ce milieu-là, ça me choque de voir ça chez des potes. Il n’y a jamais de parcelle témoin, on leur amène une nouvelle poudre en leur disant : « Mets ça, tu vas voir, ça va aller mieux. » Ils le mettent, ça va mieux, mais il n’y a pas de témoin. Le gourou a dit que ça allait aller mieux, donc c’est mieux  (rires) et, au passage, il t’a facturé ça 500 euros. Je suis quand même près de mes sous par obligation, donc j’ai du mal avec cet aspect-là (elle réfléchit)  Je suis peut-être trop cartésienne pour plonger là-dedans en fait.

 

En revanche, j’ai un pote à Bergerac qui a créé sa propre méthode et c’est assez intéressant. Le gars, c’est une tronche, il a passé des nuits et des nuits à potasser sur toutes ces notions. Si je devais m’y mettre, je pense que je ferais comme lui. Je veux comprendre ce qui se passe, comme j’ai pu le faire par rapport au soufre et aux bestioles. »

 

Que ça fait du bien à la tête de lire cela !

 

Mais Claire va plus loin et c’est l’objet de ma chronique d’aujourd’hui :

 

« Mais les maladies, c’est compliqué. Le mildiou, on le connaît par cœur, mais l’oïdium, franchement, on ne le maîtrise pas. C’est pourtant un champignon qui est présent presque tout le temps, mais on a tous la trouille. Il y a plein de trucs que l’on ne comprend pas, alors forcément on bombarde en masse. Malgré tous les modèles que l’on nous propose, je vois bien que l’on n’y arrive pas, mais je ne connais pas certainement pas assez mes vignes et mes sols. C’est donc mon défit pour les 50 prochaines années. (Rires)

 

Mais mon projet, ce n’est pas d’être bio dans 20 ans, c’est de ne plus traiter. La vigne de demain sera sans traitement ou elle ne sera pas. La société va nous l’imposer de toute façon, on n’aura pas le choix. Actuellement, nous sommes des pollueurs ! Je l’ai vu au moment de l’affaire de la flavescence (Emmanuel Giboulot), il ne fallait pas aller chercher beaucoup sur Internet. En gros, lorsqu’on expliquait que c’était soit le traitement, soit la disparition des vignerons, la réponse du grand public c’était : « Mais qu’ils crèvent ces salauds de pollueurs ! »

 

Le vin ce n’est quand même pas un aliment essentiel, on est dans le facultatif. Pendant combien de temps la population va-t-elle accepter que l’on pollue pour un truc qui n’est pas indispensable ? Avec Jean-Yves on participe à des groupes de prospective, on essaie de se poser aujourd’hui les questions qui vont apparaître dans 20 ou 30 ans et d’imaginer un modèle de vignes sans traitement, ce n’est pas si farfelu que ça. On ne sait pas encore comment on fera, ni à quel niveau de rendement on pourra espérer arriver, mais, objectivement, on ne peut pas continuer à bombarder de la cochonnerie, même si on en met le moins possible et même si elle est bio. »

 

Moi ça me va, ça correspond à ma philosophie de la vie, douter, réfléchir, écouter, entendre, avancer même s’il faut se battre contre les idées reçues et les marchands du temple quels qu’ils soient. Dieu sait qu’ils sont nombreux à papillonner autour des vignerons…

 

L'intégrale de la chronique ICI   

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 08:00
« Les réseaux sociaux donnent le droit de parler à des légions d’imbéciles qui, jusque-là, ne parlaient qu’au bar après un verre de vin, sans causer de dommage à la collectivité » Umberto Eco

À méditer par tous ceux qui passent leur temps à s’écharper sur Face de Bouc, y compris moi-même si je n’y participe guère.

 

Umberto Eco en était bien conscient quand, quelques mois avant sa mort, s’adressant incidemment aux journalistes en marge d’une cérémonie où il fut fait docteur honoris causa à Turin, le 10 juin 2015, il fit une déclaration qui en fit grimacer plus d’un et mit le feu à quelques consciences coupables.

 

« Les réseaux sociaux donnent le droit de parler à des légions d’imbéciles qui, jusque-là, ne parlaient qu’au bar après un verre de vin, sans causer de dommage à la collectivité. On les faisait taire aussitôt, alors que désormais ils ont le même droit à la parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles. »

 

Dans L’imbécillité est une chose sérieuse, Maurizio Ferraris s’interroge :

 

 

« Comment se permettait-il ? À qui faisait-il allusion ? Il faisait allusion à vous et à moi, par exemple, une « race curieuse de la vie d’autrui et paresseuse quand il s’agit de redresser la sienne », comme disait saint Augustin. Des gens prêts à dire que l’humanité est parfaite et qu’elle est pervertie par la technique, qui l’aliène, l’éloigne d’elle-même, la transforme et la déforme, en un mot la rend imbécile. L’indignation et la dénonciation de l’aliénation sont des façons de détourner les yeux, en les détachant de l’évidence, ou mieux encore : du fait que, loin d’être une aliénation, la technique est révélation de ce que nous somme, au-delà des rêves et des mystifications. C’est dire notamment que nous ne sommes prêts à diffuser et à conforter les pires sottises grâce à des instruments qui nous permettent de nous faire connaître pour ce que nous sommes, en notifiant, urbi  et orbi notre imbécillité, qui est du reste, ne l’oublions pas, la caractéristique propre de l’humain – l’intelligence et l’abnégation étant, c’est bien connu, des vertus rares et justement applaudies pour leur anormalité. »

 

Pour lui « La technique, quelle qu’elle soit, ne nous aliène pas, ni ne nous rend stupides. Simplement, elle potentialise vertigineusement les occasions de nous faire connaître pour ce que nous sommes : plus présente est la technique, plus grande est l’imbécillité perçue. Nous ne sommes pas du tout plus imbéciles que nos ancêtres, et il est hautement probable que nous soyons plus intelligents qu’eux. Moins goinfres (avez-vous prêté attention à ce qu’on mange dans les romans du XIXe siècle ?), moins alcooliques (amusez-vous à compter le nombre de bières que Maigret est capable de boire en une journée), plus libéraux et moins autoritaires ou moins enclins au fanatisme (les bûchers de sorcières ne sont plus de pratique courante, moyennement plus instruits et alphabétisés.

 

Et c’est là qu’est justement le problème.

 

Dans le monde d’Internet, nous assistons à un phénomène qui, dans son ensemble, peut être considéré comme un fruit des Lumières, celui de la capacité de chacun à penser par lui-même : les gens cherchent, se documentent, discutent. Qu’ensuite le fruit de ses pensées autonomes puisse ne pas plaire, quitte même à paraître arrogant, agressif ou simplement imbécile, c’est un fait. »

 

« À cause des caractéristiques intrinsèques du Web, aujourd’hui l’imbécillité est donc plus documentée et plus répandue, parce que ce qui autrefois était la prérogative de Francis Bacon, Lord chancelier d’Angleterre – écrire pour exercer ses doigts – est devenu l’habitude la plus répandue qui soit. Il n’est plus de vie qui passe sans laisser de traces, il n’y a pas de fonds de tiroir, de notes, de brouillons. Tout est publié, littéralement, à la vitesse de la lumière : c’est une apocalypse sans messianisme, dès lors que la révélation totale ne se fait pas même attendre un instant. »

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 06:00
Le dessinateur François Boucq suit pour Le Monde le procès DSK-Carlton à Lille.

Le dessinateur François Boucq suit pour Le Monde le procès DSK-Carlton à Lille.

Mon Ministre, membre du premier cercle mitterrandien, celui qui déjeunait chaque mercredi avec lui après le Conseil des Ministres, Pierre Joxe, Louis Mexandeau, entre autres, les UDSR, alors que DSK n’était que, en 1991, ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur dans le gouvernement Édith Cresson puis de Pierre Bérégovoy jusqu’aux élections législatives de 1993, me confia un jour « Strauss-Kahn c’est un danseur mondain ! »

 

Il n’avait pas tout à fait tort, DSK de par sa légèreté et la haute idée qu’il se fait de sa personne intéressera beaucoup l’ex-brigade mondaine avec son pote Dodo la saumure.

 

En ce temps-là DSK était jospinien.

 

Comme Nicole Bricq, à qui il est venu rendre un dernier hommage au Conseil Economique et Social, avec une palanquée d’anciens ministres, des parlementaires au chômage, quelques rescapés et des politiques en plein recyclage, il a commencé - prof d’économie barbu et binoclard - sur les bancs du Ceres. «Nous pensions à l’époque que nous connaissions le sens de l’histoire et que nous pourrions en dénouer les ruses», s’amuse l’ancien présidentiable, avant de tenir tête à Emmanuel Macron, parlant d’égalité réelle, de socialisme de production, de lutte contre les inégalités et des «méfaits de la financiarisation mondialisée».

 

Oui, oui, ne vous pincez pas notre DSK en parangon de la « vraie gauche » est le parfait symbole de l’ancien monde, de ce PS dévalué, englouti sous le poids de ses contradictions, de son discours de gôche dans l’opposition, de ses pratiques gestionnaires de « gauche de gouvernement », de ses ambiguïtés, de ses haines recuites, de la notabilisation de ses cadres, de ses combines…

 

Rappelons à ceux qui ont la mémoire courte qu’en 1971, lors du congrès d’Epinay, les membres du Centre d’études, de recherches et d’éducation socialistes (Ceres), les marxistes de service, les idiots utiles du PCF,  allait permettre à Mitterrand, en s’alliant à la droite du PS : Gaston Deferre, de prendre le parti et son envol vers l’Elysée. À l’époque, Nicole Bricq et ses compères voulaient forger l’outil politique qui permettrait l’alternance pour changer la vie et surmonter la division de la gauche», a rappelé «le Che», dont la lettre a été lue par l’ancien député socialiste Emeric Bréhier.

 

Le Ceres a été le creuset de toutes les dérives, de tous les parcours ambigus liant les deux extrêmes au nom de ce que l’on nomme aujourd’hui le souverainisme.

 

Reprenons le fil de l’Hommage à Nicole Bricq : une époque et des piques par Laure Bretton dans Libération.

 

 « Sous la verrière de béton armé, la soirée avait de faux airs de tragédie grecque. Des colonnades, un peuple déboussolé et trois héros convoqués pour se souvenir d’une de leurs et qui finissent par raconter leurs guerres. Mardi soir, l’hémicycle du Conseil économique et social (Cese), à Paris, a réuni près de 250 socialistes et apparentés pour un ultime hommage à Nicole Bricq, brutalement disparue début août. Parmi eux, orateurs invités par Jean-Paul Planchou et Renaud Bricq, le compagnon et le fils de l’ancienne ministre, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Emmanuel Macron. Celui qui aurait pu être président, celui qui l’a été et celui qui l’est sur une même estrade pour rappeler le parcours politique d’une femme, qui épouse les méandres de la gauche. De Jean-Pierre Chevènement à En marche en passant par le Portugal de la Révolution des œillets, qui fut le laboratoire de l’union de la gauche au mitan des années 70. »

 

« Pour les écouter, lovés dans le velours vermillon du Palais d’Iéna, une palanquée d’anciens ministres, des parlementaires au chômage, quelques rescapés et des politiques en plein recyclage. Un moment suspendu dans l’histoire de la gauche. «On retenait tous notre souffle, c’était une heure hors du temps, un moment un peu fou», glisse a posteriori un des rares élus non socialistes de l’assemblée. Quatre mois après la victoire d’Emmanuel Macron, qui a achevé de faire imploser le Parti socialiste, «nous étions, au fond, dans cet hémicycle les différentes couches sédimentées de la gauche de gouvernement depuis quarante ans», complète le sénateur Alain Richard, qui a rejoint La République En marche en juin. »   

 

« Costume anthracite, cheveux blancs, tête rentrée dans les épaules, Dominique Strauss-Kahn commence par rendre hommage à la «combattante» Nicole Bricq. Sept minutes millimétrées, sans note mais «probablement apprises par cœur», se marre un ancien strauss-khanien. Comme l’ancienne sénatrice, il a commencé - prof d’économie barbu et binoclard - sur les bancs du Ceres. «Nous pensions à l’époque que nous connaissions le sens de l’histoire et que nous pourrions en dénouer les ruses», s’amuse l’ancien présidentiable, avant de tenir tête à Emmanuel Macron.»

 

« À la sortie du Palais d’Iéna, des berlines transportent la famille de Nicole Bricq vers une brasserie du VIIe arrondissement. François Hollande suit le mouvement. Samedi, une partie de cette assemblée remet le couvert à Boulogne-sur-Mer, invitée au mariage de l’ancien ministre hollandais, Frédéric Cuvillier. Et Jean-Christophe Cambadélis, dont le récit acide du quinquennat a fini de braquer ses camarades, de regretter d’avoir «terminé [s]on livre trop tôt». Tous ont envie de raconter ce «petit précipité de gauche» mais la plupart réclame de le faire sous le couvert du «off». A les écouter, immédiatement les piques affleurent, la rancœur aussi. A l’heure de tourner la page sur quarante ans de militantisme, un convive verse dans la psychanalyse : mardi soir, «Hollande et Strauss-Kahn ont dit à Macron : « Tu es parce que nous avons été. » Et Macron leur a répondu : « Vous étiez certes. Mais je suis. »

 

Le message de DSK à Emmanuel Macron sur les valeurs de la gauche

 

L’ancien patron du FMI, qui a vu certains de ses ex-conseillers rejoindre l’équipe d’Emmanuel Macron, en a profité pour donner son premier discours politique depuis l’affaire du Sofitel de New York, le 14 mai 2011. Tout en dressant un portrait très personnel de l’ex-ministre de François Hollande, qui a participé à ses côtés, dans les années 1990, à son courant « Socialisme et démocratie », il n’a pas manqué d’adresser un message sur les valeurs de gauche au président de la République, comme l’a rapporté L’Opinion. En parlant de Nicole Bricq, il a déclaré notamment :

 

« Je l’avais convaincue de mon idée de socialisme de la production, pour remplacer le vieux socialisme de la redistribution. Et quand on voit aujourd’hui les méfaits, l’explosion des inégalités créées par la financiarisation de la mondialisation, on voit que la cible n’était pas si mal choisie. »

 

Et DSK de poursuivre :

 

« Quand on est sûr de ce qu’on pense, on peut faire des compromis avec des adversaires d’hier et peut-être de demain. Elle l’a fait par conviction, très loin du cynisme de beaucoup. Parce qu’elle savait que les valeurs de gauche et les valeurs de droite ne sont pas les mêmes. Que les deux sont nécessaires à l’équilibre de la société, mais que leur opposition dialectique vivra tant que vivra la démocratie. Les mêler, ce n’est pas les confondre. Les faire avancer ensemble, c’est savoir garder leur équilibre. »

 

Allusion à peine voilée au chef de l’Etat, chantre du « ni droite, ni gauche » puis du « et droite et gauche » pendant la campagne présidentielle. Un discours longuement applaudi par la salle, « presque comme dans un meeting », écrit L’Opinion.

 

En savoir plus sur ICI 

C’est le bordel… DSK sort sa verge pour fouetter sur sa fesse gauche le Président Macron et en même temps !
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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 06:00
Caricature raciste de l'écrivain métis Alexandre Dumas, représenté en "ogre Dumas, concoctant le drame 'Les Gardes Forestiers', publiée en 1858.

Caricature raciste de l'écrivain métis Alexandre Dumas, représenté en "ogre Dumas, concoctant le drame 'Les Gardes Forestiers', publiée en 1858.

Depuis toujours je suis un chaud partisan de la semaine des 4 jeudis, moins j’en fais mieux je me porte !

 

C’est encore pire depuis que je suis en vacances éternelles.

 

Pondre une chronique chaque jour que Dieu fait me pèse parfois, j’ai souvent envie de laisser la page blanche mais besogneux  que je suis, en dépit de ma fainéantise, je remets l’ouvrage sur le métier.

 

Ce vendredi matin, au petit matin, je me suis dit : t’as rien à dire alors abstiens-toi, ne poste rien pour demain.

 

Et puis, mon allié le hasard, qui fait souvent bien les choses pour moi, m’a mis sous le nez un article de Slate :

 

Qui sont les «écrivains fantômes» de l’édition culinaire? Lucie de la Héronnière — 04.10.2017

 

Je l’ai lu et il m’a semblé intéressant de le proposer à votre lecture.

 

Deux précisions :

  • Je n’achète jamais des livres dit culinaires ;

 

  • J’ai fait « nègre » politique, on dit plume maintenant.

 

« Qui écrit les livres recettes des gens connus? Le métier de «plume» culinaire existe-t-il? Oui, mais ce travail n’a pas grand-chose à voir avec celui de «ghost writer» littéraire. » s’interroge l’auteure.

 

Comme nous vivons dans le « politiquement correct », actons la mort du « nègre littéraire » : ICI  et ICI 

 

Alexandre Dumas à l'origine de l'expression

 

D'où vient ce terme de "nègre" en littérature ? C'est l'écrivain du XIXe siècle Alexandre Dumas, qui a inspiré ce nom. Descendant d'esclave, Alexandre Dumas avait été accusé de rabaisser ses collaborateurs à "la condition de nègres, travaillant sous le fouet d'un mulâtre". Derrière le génie de Dumas, il y avait la plume d'Auguste Maquet. Il revendiquera jusqu'à sa mort, les plus grands romans attribués à son maître. »

 

« Comme pour les livres d’hommes et femmes politiques ou les «autobiographies» de stars, existe-t-il des écrivains fantômes d'ouvrages de cuisine? Des plumes discrètes qui aident des célébrités à rédiger et mettre en forme leurs recettes? Précisons tout d’abord que suite à une pétition visant à remplacer l’expression «nègre littéraire» par «prête-plume» ou écrivain fantôme, Nelly Buffon et Louis-Georges Tin ont rencontré en mars dernier Loïc Depecker, Délégué général à la langue française et aux langues de France. Ce dernier a donné un avis favorable et s’est «engagé à saisir en urgence les autorités compétentes». Affaire à suivre! »

 

Extrait :

« Qui sont ces plumes discrètes? Souvent des journalistes ou des auteurs, qui ont aussi une production de livres de cuisine en leur nom propre. Parfois, la plume et le chef se connaissent bien, depuis longtemps, et présentent même un projet ensemble à une maison d’édition. D’autres fois, l’éditeur propose au chef un auteur et son aide rédactionnelle.

 

Ces écrivains plus ou moins «fantômes» peuvent intervenir sur toute une palette de travaux. En fonction de la personnalité du chef, du projet et de la maison d’édition, la collaboration peut prendre des formes diverses et variées. «Il y a autant de cas de figure et de manières de faire que de chefs! Ceux-ci ont des techniques de travail qui leur sont propres. Cela dépend du temps qu’ils ont à consacrer à l’ouvrage, de ce qu’ils veulent. Ce qui est sûr, c’est que toutes les recettes viennent des chefs et sont réalisées, sécurisées et de bonne qualité», affirme Fabienne Kriegel, directrice générale des éditions du Chêne.

 

Pour la libraire Déborah Dupont, il y a deux aspects à différencier:

 

«D’une part la transposition des fiches techniques en recettes grand public (avec un travail sur les proportions, l’harmonisation des recettes…) et d’autre part l’écriture à proprement parler des chapô [les textes introductifs ndlr], des textes qui racontent (parfois à la première personne) l’histoire du chef…»

 

Sophie Brissaud, auteure de nombreux livres en son nom propre et de collaborations avec des chefs, nous répond par e-mail que «la collaboration "classique" est la rédaction d’un texte d’introduction sur interview du chef suivie d’un travail de rewriting technique avec adaptation des recettes à la publication», mais que son travail peut consister en des contributions très variées, «du petit coup de main à la rédaction entière en passant par tous les degrés d’intervention».

 

On est cependant loin du travail de ghost writer de polar, de roman à l’eau de rose ou de livre de femme ou d’homme politique. À une petite poignée d’exceptions près, les auteurs de l’ombre travaillent à partir d’une matière première créée et fournie par les chefs: les recettes. « Il arrive dans des cas rares que le ghost writer crée aussi les recettes», raconte Sophie Brissaud. »

 

L’intégralité de l’article ICI

 

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 06:00
« Si les pommes de terre étaient rares chez nous, manger de la purée relèverait du snobisme. » Biographie de la faim - Amélie Nothomb

Pour ceux qui sont dans la purée, la mouise quoi, plutôt que de céder aux sirènes de Michel-Édouard Leclerc, le défenseur auto-proclamé de votre pouvoir d’achat, alors qu’il n’est qu’un tueur de valeur qui fabrique des pauvres, faites comme moi qui suis un privilégié, mangez de la purée !

 

Les insoumis qui fréquentent les mêmes tables que moi et qui vendent des litrons nature à plus de 20 euros vont crier au mépris !

 

Comme toujours lorsqu’on aborde ce genre de sujet il est plus facile de caricaturer, mon propos n’est pas ici de donner des leçons, d’affirmer que les pauvres doivent se contenter d’une nourriture de pauvres, mais seulement de réhabiliter les plats simples fait à la maison.

 

C’est un peu d’huile de coude dans la cuisine, prendre le temps de faire son marché, bien manger a peu de frais.

 

Avant d’aller plus avant, afin de me dédouaner auprès des insoumis héritiers d’un Marx qu’ils n’ont jamais lu, je le cite dans Le 18 brumaire de L. Bonaparte

 

« Ainsi, la grande masse de la nation française est constituée par une simple addition de grandeurs de même nom, à peu près de la même façon qu'un sac rempli de pommes de terre forme un sac de pommes de terre. Dans la mesure où des millions de familles paysannes vivent dans des conditions économiques qui les séparent les unes des autres et opposent leur genre de vie, leurs intérêts et leur culture à ceux des autres classes de la société, elles constituent une classe. Mais elles ne constituent pas une classe dans la mesure où il n'existe entre les paysans parcellaires qu'un lien local et où la similitude de leurs intérêts ne crée entre eux aucune communauté, aucune liaison nationale ni aucune organisation politique. C'est pourquoi ils sont incapables de défendre leurs intérêts de classe en leur propre nom, soit par l'intermédiaire d'un Parlement, soit par l'intermédiaire d'une Assemblée. Ils ne peuvent se représenter eux-mêmes, ils doivent être représentés. Leurs représentants doivent en même temps leur apparaître comme leurs maîtres, comme une autorité supérieure, comme une puissance gouvernementale absolue, qui les protège contre les autres classes et leur envoie d'en haut la pluie et le beau temps. L'influence politique des paysans parcellaires trouve, par conséquent, son ultime expression dans la subordination de la société au pouvoir exécutif. »

 

Je reviens à des considérations plus terre à terre ce qui est le propre des pommes de terre.

 

Ma purée est simple comme 1 ou plusieurs grosses Bintje cuites à l’eau salée, écrasée à la fourchette, embeurrée  et, si on la souhaite lisse, un peu de lait.

 

Accompagnée d’une saucisse c’est un plat qui réjouit le cœur, régale à peu de frais.

 

Les enfants aiment la purée mais si on les gave avec de la purée déshydratée on passe à côté en tant que parents de l’éducation, en l’espèce celle du goût.

 

Démonstration

 

Maggi – Mousline

  1. Purée mousline

 

La boîte de 4 sachets de 130g, 520g : ,49 € soit 4,79 euros le kg

 

  1. Purée de pomme de terre, sachets individuels, avec doseur

             

             Les 4 sachets de 31,25 g, 125 g 1,28 € soit 10,24 euros le kg

 

  1. Purée de pommes de terre en flocons avec crème et noix de muscade, saveur à l'ancienne

 

                Les 4 sachets de 125g 1,71 €  soit 13,68 € /KG    

 

La ferme :

  • Sac de 25 kg 9 euros soit 0,36 euros le kg ICI 

 

  • Combien ça coûte net :

En moyenne, pour acquérir 1000g de pommes de terre en France il en coûte 1.41 €. Ce montant peut diminuer jusqu'à 0.99 € et augmenter jusqu'à 2.01 € selon les villes. En savoir plus sur ICI  

 

Donc le rapport est 1 à 5 pour le gros sachet pour 4

 

Et de 1 à 10 pour les portions individuelles.

 

Et pour le à l’ancienne : 1 à 13

 

C’est cher payé pour le gain de temps passé.

 

Avec ma patate bouillie, certes il faut la déposer dans une casserole d’eau salée, consommer de l’énergie, l’éplucher (facile lorsqu’elle est cuite) puis l’écraser la fourchette.

 

Les épluchures peuvent faire du compost alors que le sachet alu et la boîte carton de Mouline font des déchets.

 

De l’huile de coude mais sans contestation ma purée nature est bien meilleure que celle en flocons…

 

Alors avec une bonne saucisse, le porc, même bio, ce n’est pas cher ou un bon jambon de Paris non perfusé au nitrite de sodium E 250, tout le monde sera content.

 

 

Bon appétit !

 

Et si l’on est buveur et non dégustateur on peut s’en jeter un derrière la cravate !

 

 

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 06:00
« Qu’est-ce que boire ? » le livre de François Caribassa me va bien comme un gant de chirurgien !

Que voulez-vous, un mec qui affirme en ouverture de son livre « Les dégustations m’ennuient », bénéficie auprès de moi d’un beau capital de sympathie.

 

Au tout début de mon parcours de blogueur amateur je me suis astreint à pratiquer la dégustation au beau milieu de dégustateurs patentés ou présumés tel, même des retraités qui s’accrochaient désespérément à cet exercice. Si je puis l’écrire j’en ai vu de toutes les couleurs, je donnais le change, en prenant, à l’instar de mes collègues, des airs inspirés. Cependant je n’ai jamais su faire tourbillonner le vin dans mon verre tenu par la base du pied. Avec le temps j’ai petit à petit appris à cracher sans tacher mon écharpe blanche. En dépit de tous mes efforts je n’ai jamais pu prendre une quelconque note sur les petits carnets qu’on nous distribuait. Très vite je me suis aperçu que les agences de com. organisatrices des dégustations pratiquaient la politique du chiffre et je me suis dit mais qu’est-ce-que tu fais là ?

 

Tu es un dégustateur imposteur.

 

Le Tartuffe de Molière était sous-titré l’Imposteur «L’imposture» est le masque de la vérité ; la fausseté, une imposture naturelle ; la dissimulation, une imposture réfléchie ; la fourberie, une imposture qui peut nuire ; la duplicité, une imposture à deux fins. » Vauvenargues, De l’esprit Humain.

 

Pour me réconforter, résister à la pression des grands chefs de la dégustation, je me repliais sur ce que je savais mieux faire : bavasser avec les vignerons. Très vite je me suis aperçu que ça les distrayaient car beaucoup d’entre eux en avaient ras la casquette de jouer les distributeurs de verres face à des mecs qui se la pétaient grave. Ce dévoiement du cérémonial me valait des remontrances des adeptes du nez dans le verre.

 

Et puis, j'ai envoyé balader les agences de com. et me suis éloigné du troupeau, plus de dégustations de masse, de déjeuner de presse...

 

Revenons au sieur Caribassa qui enfonce le clou : « Sérieuses ou ludiques, elles revêtent un aspect monotone qui tient autant au rituel lui-même qu’à la perception routinière qu’elles finissent par donner du vin. S’y mêlent une méthode scolaire au point d’engendrer la torpeur et un bachotage stérile qui voisine avec l’esprit de compétition le plus mesquin. »

 

« Depuis quelques années, cet exercice austère est devenu la manière normale de boire, d’un grand nombre de femmes et d’hommes, en France et à l’étranger. »

 

On jargonne le jargon « d’une corporation qui s’est évertuée à professionnaliser son savoir, et l’honnête homme s’est u dépouiller progressivement, dans la deuxième moitié du XXe siècle, du privilège de choisir comme il l’entendit les mots dont il userait pour s’exprimer. »

 

Étant  un buveur mutique, j’écoute d’une oreille distraite « la langue froide et sèche » des maîtres de la dégustation.

 

Chiants !

 

Ça vaut aussi bien pour les Lpviens que pour certains licheurs de vins nu adeptes du je te dis que c’est de la Syrah !

 

Pour ces gens-là, « Déguster n’est  pas s’envoyer un verre au travers du gosier, c’est un exercice intellectuel difficile qui rationalise la perception en mobilisant les sens. Autant que possible, on ne boit pas le vin. On le crache, après l’avoir fait rouler longuement contre la langue et les joues. »

 

Comme l’avait lancé à la télé Maurice Clavel « Messieurs les censeurs, bonsoir ! », en effet ces éminents dégustateurs traquent les défauts du vin, « les déviances minutieusement cataloguées reçoivent des noms infamants, on y associe certaines molécules, certains états de la matière, et cette liste insatisfaisante, jamais achevée, s’allonge régulièrement. »

 

Des pédants, des précieux ridicules, des poseurs, des qui génèrent des générations de consommateurs qui s’excusent de ne pas y connaître grand-chose, soit plus de 90 % de la population des consommateurs de vin.

 

Comme François Caribassa, je pense que la dégustation fabrique une croyance « elle amène à juger supérieurs des vins que l’on n’a en fait peu de plaisir à boire. Autrement dit, il y a les vins qu’on boit et ceux qu’on déguste. Pour les premiers, aucun discours n’est prévu. »

 

L’échelle de soumission aux experts

 

Maniant la complexité, le langage d’experts, les œnologues-conseils, les winemaker, ont petit à petit étendue leur emprise jusqu’à  polluer les  vignerons eux-mêmes, ils les ont éduqué, « dépossédés de la valeur artisanale de leur savoir. »

 

« ... j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps. » (1)

 

Ces rationnels, ces qui maîtrisent tout, ont la prétention de nous faire accroire que « les vins modernes sont meilleurs que les vins des époques passées. »

 

« La transformation progressive du buveur en dégustateur est une véritable aliénation. Là où s’établissait un rapport libre au corps et au monde, là où l’alimentation rencontrait l’ivresse et la commensalité, ne règne plus que la contrainte. »

 

À ce stade de son dézingage le sieur Caribassa place l’estoc qui me ravi en dénonçant la lubie moderne des accords mets&vins.

 

Et puis, le grand dégustateur méprise le buveur car celui-ci peut atteindre l’ivresse, et il « révèle son plus triste visage, celui d’un moraliste à la solde des pouvoirs publics. »

 

Tristes et chiants !

 

Je m’en tiens-là car le mérite du livre de François Caribassa c’est qu’il pose la question : « Qu’est-ce que boire ? » pour ensuite y répondre.

 

Alors, achetez-le, lisez-le !

 

Pour le commander c’est ICI 

Face à tant de prétention comme l’écrivait Alain Gheerbrant dans La Transversale los Racionales y los Pelados  (1)

 

 

« Quelques coups de pagaie et je m'aperçus que nous allions donner droit sur un vaste entonnoir, creux d'un bon mètre en son centre. J'eus une seconde d'hésitation : barrer à droite, à gauche ? Ma tête me dit de barrer à droite, pour écarter la pointe de cette cible où nous allions nous planter.

 

 

Mais c'était aussi offrir le flanc à la force d'attraction croissante, qui nous happa par le travers. Toutes les têtes se tournèrent vers moi. J'allais perdre le contrôle de l'embarcation et nous basculerions inexorablement au fond de l'entonnoir dans un tête-à-queue.

 

 

La voix du capitaine lança un ordre bref, cinglant, courroucé, et ma pagaie se redressa, visant le tourbillon ; nous l'effleurâmes de la pointe et il nous lança au loin comme une flèche en tangente, de toute sa force devenue centrifuge. C'était cela qu'il fallait faire, aller dans le sens du danger, le toucher du bout du doigt de telle façon que sa force elle-même nous rejette après nous avoir attirés.

 

 

Eussé-je écouté le corps de la pirogue, accepté spontanément que mon propre corps en fût partie intégrante, je n'aurais pas fait cette faute. Au lieu de quoi, placé dans une situation nouvelle, je m'étais précipitamment réfugié dans ma tête close, et ses raisonnements abstraits, et nous avions failli naufrager. Six mois à l'école des Indiens n'avaient donc pas suffi : j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps. »

 

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 06:00
Vin propre/vin sale : c'est en buvant n'importe quoi, que l'on devient n'importe qui… boire bon rend-il moins Con ?

En ce moment sur Face de Bouc, dans le petit marigot des gens qui, du matin au soir, sont 100% vin, ça s’écharpe dur à propos d’une vidéo qui, dans un joyeux méli-mélo, mélange les vignes propres, bio ou biodynamiques, et les vins « propres » que seraient les vins nature. Je ne l’ai pas visionnée, j’ai mieux à faire et je connais par cœur le discours de l’intéressé mais, au hasard de l’ouverture de face de bouc, je vois défiler les insultes qui pleuvent comme à Gravelotte…

 

Ça ne vole pas très haut, je préférais de loin les propos de café du commerce ou la verve des murs de mai 68. Sans doute ai-je atteint le stade de vieux con mais je trouve que la provocation bien juteuse n’est plus de saison. L’indigence règne !

 

Alors, ce matin, je m’interroge, comme aimait à le dire le cardinal Marty ancien archevêque de Paris : « Ben moi parfois je me dis : c’est en buvant n'importe quoi, que l'on devient n'importe qui » 

 

Terrible interrogation : est-ce que la nature de la boisson, sa qualité, même plus encore – je pousse la logique à l’extrême – son authenticité, transforme les hommes ?

 

Bien évidemment, j’exclus de mon champ d’investigation à la fois les boissons non alcoolisées afin d’éviter la facilité du « Coca rend con ! » et les enfileurs de degrés, les grands avaleurs, les adeptes du shoot, qui boivent souvent n’importe quoi. Pour autant, même si ça déplaît aux prohibitionnistes, je n’utiliserai pas à l’appui de mon exclusion le célèbre adage « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » car il y a ivresse et ivresse.

 

Mon buveur à moi, c’est monsieur et madame tout le monde, pas un pilier de bistrot ni une alcoolique mondaine, pour qui boire un verre fait partie des petits plaisirs de la vie. Au risque de les froisser je fourre dans mon grand sac les grands amateurs de vins qui, après tout, eux aussi, même s’ils sont passés maîtres dans les figures imposées de la dégustation, boivent parfois.

 

 La population de mon étude étant cernée, il ne me reste plus qu’à circonscrire son rayon d’action. Pour faire bref, pour ne pas vous prendre la tête, je vais laisser de côté la bière et tous les alcools TGV (Tequila-Gin-Vodka) pour m’en tenir qu’au Vin.

 

Me voilà donc au pied du mur et, pour tout vous dire, bien embarrassé par l’extrême flou des concepts utilisés : c’est quoi le n’importe quoi et c’est qui le n’importe qui ?

 

Croyez-vous qu’avec un tel vocabulaire je pourrais postuler pour une chaire au Collège de France ?

 

Comme le disait Sartre qui avait un œil qui disait merde à l’autre et qui ne suçait pas de la glace «C’est dur, hein, de se sentir n’importe qui ? »

 

Comme pour le con, le n’importe qui c’est toujours l’autre… et toujours selon ce cher Jean-Paul « l’enfer c’est les autres »

 

Mon concept étant à point comme le dit mon fromager de son Pont-l’Evêque et de son Livarot je vais soumettre 5 cas pratiques à votre réflexion pour que vous puissiez insérer le produit et ceux qui vont le consommer dans la bonne catégorie :

 

1° Marcel et sa Ginette sortent de leur supérette avec leur pack de « Vieux Papes », du « Listel » et quelques bouteilles de « Kriter » dans leur cabas, y z’ont aussi tout ce qu’il faut pour leur barbecue du dimanche dans le jardin du pavillon. Y sont contents car, pour une fois, la météo annonce du beau.

 

Paul-Henri et son épouse Hildegarde achètent leur GCC de Bordeaux en primeurs, ça les excite, c’est vraiment bien mieux que la Bourse avec ses produits toxiques ou pourris, ils s’en donnent à cœur joie même que pour le millésime 2009 c’est de la folie. Vont-ils être obligés de vendre l’un de leur Dufy ou de céder la moitié de leur pur-sang à l’Aga Khan ?

 

 3° Chico et Pâquerette, lui est dans la pub, elle dans la mode, sont dans tous leurs états, ils viennent de jeter leur dévolu – acheter est vulgaire pour des alter – sur une superbe petite ligne de vins natures que leur a déniché, chez un petit caviste insoumis, Paul-Louis un ancien trader reconverti en courtier de vins non-sulfités. Ils bichent, au prochain croque carottes avec leurs potes ceux-ci seront verts...

 

 4° Marin et César sortent du salon des VIF de la Porte de Versailles, ils ont fait une belle moisson de petites bouteilles de petits vignerons de petites appellations et ils sont vraiment contents de leur virée. Leur chien Médor frétille lui aussi. Bonne pioche de vins sulfités encore cette année.

 

 5° Dumichon qui vit seul sort de chez Lidl avec son BIB de vin de pays d'Oc. C'est un monsieur bien propre, discret, qui lit le Parisien et écoute les Grosses Têtes sur RTL. Son petit verre lui égaie un ordinaire bien ordinaire. Moumousse son gros Persan, lui, il lui offre du Sheba. Et dire que ses enfants ne l'appellent même pas.

 

 Donc, chers lecteurs, que des gens heureux, ou presque !

 

 Tous sont persuadés de boire bon !

 

Alors question aux excités du mulot : croyez-vous vraiment que c’est en vous insultant, en vous contemplant le nombril que vous allez les amener vers ce que vous dénommer les vins propres ?

 

La réponse est NON !

 

Votre petite agitation est stérile, contre-productive, et pour tout dire un peu con…

 

Si vous souhaitez changer le monde, puisque vous proclamez que le vin est politique, allez donc au contact des « larges masses » pour les évangéliser.

 

Soyez convaincant !

 

Ce n’est pas en vous congratulant entre convaincus que vous ferez bouger les lignes…

 

Vous vous dites prescripteur alors que vous n’êtes trop souvent que des défenseurs de vos petits fonds de commerce.

 

Je ne pense pas qu’en buvant n'importe quoi l'on devient n'importe qui et que boire bon rende moins Con mais comme le notait François Mauriac à propos du choix des livres : « Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es… il est vrai… mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis »

 

 

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 06:00
Jean-Claude Ribaut, promeneur-chroniqueur de la critique gastronomique, et son complice Desclozeaux, le nouveau Daumier, meilleurs révélateurs de la misère intellectuelle de leurs successeurs…

Je ne suis pas un adepte du c’était mieux avant mais s’il est un domaine où ce regret nostalgique  s’applique presque totalement c’est bien celui de la critique gastronomique.

 

Je me garderai de donner des noms puisque pas un ne rachète l’autre, ils chroniquent pour leur pomme, se mettent en scène pour tirer des dividendes de leur soi-disant expertise, encenseurs, lécheurs, suiveurs de ce qui leur paraît la tendance, adeptes du renvoi d’ascenseur lorsqu’ils ne sont pas carrément stipendiés, leur but ultime c’est de faire fructifier leur biseness-modèle en le vendant au plus offrant.

 

Le Fooding vient de nous offrir la plus belle démonstration de mes dires en se vendant au Guide Rouge après l’avoir vilipendé.

 

Après cela, pourquoi s’étonner que le lien de confiance entre le lecteur et la critique soit rompu pour malheureusement déboucher sur le fameux « tous pourris ! » bien dangereux pour notre vieux pays en proie au doute et parfois aux outrances de chantres d’idées sales.

 

 

Jean-Claude Ribaut, promeneur-chroniqueur, avec appétit, attention et compétence, au Monde pendant plus de vingt ans est comme le note Bernard Pivot, « grand lecteur, sa culture artistique et littéraire est impressionnante. Il ne l’étale pas. Il ne la convoque que lorsque les adresses sont des lieux de mémoire. Il embarque avec lui Baudelaire, Ernest Hemingway, Céline, Apollinaire, Tocqueville ou Pérec seulement quand il en a besoin. Comme une herbe du jardin ajoutée à la fois pour le goût et la beauté. »

 

« Autre mérite de Jean-Claude Ribaut : son écriture soignée, goûteuse, fluide, liée comme une sauce réussie »

 

En 2001, Jean-Claude est nommé responsable de la page gastronomie. Il y fait évoluer la « critique » en chronique et, cerise sur le gâteau celles-ci sont accompagnées d’un dessin plein d’humour et de malice de Jean-Pierre Desclozeaux.

 

Pour ma part, je n’aimais pas Robert Courtine alias « La Reynière » récupéré par Hubert Beuve-Méry au sortir de l’Occupation où il fut un collabo sans états d’âme.

 

Lire : ICI

Le jour où... Les lecteurs du « Monde » découvrirent qu'ils lisaient un ex-collabo

LE MONDE | 29.07.2014 à 20h59 • Mis à jour le 04.08.2014 à 17h22 | Par Raphaëlle Bacqué

 

La gourmandise chez Ribaut fleurait bon une culture bien digérée, mêlant l’Histoire et ce que l’on nomme les faits de société, une vision d’honnête homme républicain aimant le politique, appréciant ces hommes et ces femmes qu’on dénomme chefs, soucieux de l’origine des produits, plaisir de table certes mais aussi plaisir d’être à table pour converser, digresser, chroniquer quoi !

 

Pour faire court je dirais que Jean-Claude a été élevé à l’ancienne, comme les poulets de grains de ma grand-mère, il a pris le temps, atteint sa plein maturité, pour régaler ses lecteurs. Il n’est pas resté figé, accroché à une vision empoussiérée de la gastronomie sans pour autant verser dans les excès moléculaires ou les menus égotiques des jeunes chefs.

 

Reste l’autre larron Desclozeaux.

 

 

« Charles Baudelaire qui commençait un portrait-mystère par ces mots : « je veux parler maintenant de l’un des hommes les plus importants, je ne dirais pas seulement de la caricature, mais encore de l’art moderne… qui divertit la population parisienne, satisfait aux besoins de la gaieté publique et lui donne sa pâture. » Il s’agissait d’Honoré Daumier, dont Baudelaire dressa un portrait chaleureux. Desclozeaux est son successeur dans l’univers des goûts, des mets, des vins et aussi des animaux, où il excelle (voir son Charivari au Cherche Midi 2015) Comme Daumier en son temps, Desclozeaux va à l’essentiel ; de quelques mots, il tire, comme avec une pelote, une dizaine, parfois plus, d’idées, joyeuses ou provocantes, qu’il couche aussitôt sur le papier sous forme de croquis succincts. Sans aucun effet, avec des crayons n’excédant pas 5 cm il atteint la précision du trait d’un artiste de la Grotte Chauvet. Il y a de la magie dans l’air !

 

« Quand Matisse, disait, Picasso, trace une ligne sur une feuille de papier, il dessine avec une telle acuité de perception, qu’il y a toujours métamorphose des parties qui forment le tout » Avec, chez Desclozeaux, outre l’acuité de perception, un humour omniprésent et parfois ravageur. »

 

C’est la plume de Jean-Claude qui l’écrit.

 

 

Samedi dernier, pour fêter les 30 ans de la collaboration de Ribaut et de Desclozeaux une exposition : ironie et gastronomie était organisée place Brancusi au restaurant la Cagouille dans le 14e. Une palette de dessins de Desclozeaux agrémentés des commentaires de Ribaut.

 

La place Brancusi est à quelques tours de roues de chez moi, place Denfert-Rochereau, je longe le cimetière Montparnasse, je coupe l’avenue du Maine, j’enfile la rue de l’Ouest et j’y suis. Il fait gris. À chaque fois que je prends la rue de l’Ouest je pense au Président Pompe qui voulait la rayer  de la carte pour en faire une autoroute urbaine allant se jeter au pied de la Tour Montparnasse.

 

C’était la radiale Vercingétorix

 

La radiale Vercingétorix est particulière à plus d'un titre, car elle connut un début de réalisation, mais ce fut aussi sa chute qui entraîna celle de l'autoroute qui l'amenait aux portes de la capitale, mais non l'inverse. Son tracé devait relier la partie sud de l'autoroute A10 à la porte de Vanves en empruntant l'emprise de la ligne de chemin de fer inachevée Paris - Chartres par Massy et Gallardon, longer les voies SNCF jusqu'à l'actuelle place de Catalogne.

 

La situation resta incertaine jusqu'en 1977-1978, où l'idée de la pénétrante fut définitivement abandonnée, emportant ainsi le reste de l'A10 dans son sillage. Les emprises résultant des destructions ont été remplacées rue Vercingétorix par une multitude de squares.

 

En banlieue, c'est finalement la LGV Atlantique et la Coulée verte du sud parisien qui occuperont la plateforme de la ligne ferroviaire de Paris à Chartres par Gallardon.

 

Ce samedi c’était jour de marché place Brancusi.

 

À mon arrivée j’allais saluer l’ami Ribaut qui me présenta Desclozeaux.

 

Ambiance bon enfant, comme pour les retrouvailles d’un club de bons vivants, un peu de nostalgie, tiens voilà Guy Savoy qui arbore une casquette grise très chic  et qui achètera le dessin de Desclozeaux que j’ai affiché à la Une de cette chronique.

 

Je fais des photos que je poste sur face de Bouc

 

 

Très beau buffet…

 

 

Je prends congé, à la sortie je croise Lionel Jospin qui porte bien ses 80 balais… Je le salue avec plaisir. Je suis né comme lui un 12 juillet, comme lui aussi j’ai fait du basket, il était Ministre de l’Éducation Nationale dans la gouvernement Rocard, un honnête homme et ceux de la gauche bien-pensante qui l’on fait trébucher portent une bien lourde responsabilité…

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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