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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 06:00

Ce matin, premier jour de septembre : « Coup de bambou ! », expression elle-même imprégnée de notre passé colonial « C'est en Syrie que l'atteignit le 'coup de bambou' tant redoutable. Il y fit la connaissance de moines grecs exilés, lesquels s'étaient convertis en secte sataniste […] Depuis ce moment une invraisemblable suite d'atroces désastres jalonne sa vie », je découvre dans ma revue de presse un titre qui me jette dans une déréliction profonde :

 

Comment en 2020 le mot « vanille » est presque devenu une insulte

Repéré par Louise Beda-Akichi — 31 août 2020

 

De la sexualité à la personnalité, cet adjectif n'est jamais flatteur.

 

Moi qui, dans ma cuisine parisienne, collectionne les gousses de vanille de toutes les provenances : Vanille Bourbon de Madagascar, vanille de Tahiti, vanille Tahitensis de Papouasie Nouvelle-Guinée, vanille d’Ouganda etc., j’en suis resté abasourdi, abattu comme deux ronds de flan.

 

 

À  l’heure où l’on débaptise les « 10 petits nègres » d’Agatha Christie, où l’on jette à bas les statues des généraux coloniaux, où l’on découvre que le père Bugeaud et sa fameuse casquette était un salaud, que les missionnaires, dont la position est pourtant toujours adoptée par la grande majorité des couples mariés, étaient des auxiliaires zélés des groupes capitalistes, que Tintin au Congo n’était pas tout blanc, que beaucoup de nos grands hommes de la IIIe République, sous le vernis de hautes visées civilisatrices, cachaient des appétits insatiables, voilà que la gousse de vanille tombe, elle aussi dans l’opprobre.

 

 

 

Origine de la vanille

 

La vanille qu’on appelle la gousse de vanille est une épice qui est la reine de la pâtisserie. Le saviez-vous qu’elle provient d’un orchidée qui s’appelle le vanillier.

 

Il existe 3 types d’orchidées qui vont produire de la vanille, mais il y a aussi des espèces natives au Brésil.

 

La vanille pousse naturellement au Mexique et qu’il n’a pas besoin de la main humaine pour la polliniser.

 

En effet c’est une abeille qui existe uniquement au Mexique la Mélipone qui peut polliniser les fleurs de vanille. elle est si petite, qu’elle peut rentrer dans la fleur et effectuer le mariage.

 

Après le mariage, il faudra attendre 9 mois pour avoir une belle gousse de vanille verte qui sera ensuite préparée.

 

Le vanillier fût découvert par les Espagnols dans les années 1500. C’est à l’occasion de la conquête du Mexique.

 

Le conquistador Hernan Cortès va rapporter la liane après l’avoir découvert notamment dans des boissons à base de cacao.

 

En effet dans le chocolat la vanille va adoucir le goût amer du cacao.

 

C’est en 1630, que cette épice va être emmené sur l’île de la Réunion sur l’ordonnance royale du Roi Soleil.

 

Mais faute de la petite abeille butineuse, celle-ci ne produit pas de fruits.

 

Mais ce n’est pas Edmond Albius qui va polliniser pour la première fois dans le monde la fleur du vanillier, mais un Belge, Charles Morren qui va faire la première pollinisation artificielle du vanillier en Belgique. Mais cette pollinisation va donner aucune gousse.  Le climat belge, n’était pas propice à cette épice tropicale.

 

Le français Neumann, tentera aussi en métropole mais avec le même succès.

 

En 1841, Edmond Albius à l’âge de 12 ans, va réussir à trouver le moyen de féconder la fleur de vanille à la Réunion et sans la Mélipone.

 

C’est en 1880 que les colons français vont implanter la vanille sur la grande île. Grâce à son climat et sa grande côte de la vanille, Madagascar va devenir le premier producteur mondiale de vanille.

 

En 1964, est reconnue l’AOC Bourbon, l’appellation va être faite pour différencier la gousse de vanille de l’océan indien avec les autres vanilles du monde.

 

Origines et espèces de vanilles

 

Il existe plus d'une centaine d'espèces répertoriées et plus ou moins localisées.

 

3 seulement ont été historiquement retenues afin de produire la vanille en gousse que l'on connait :

 

  • La Vanilla Planifolia ou Vanilla Fragrans

 

Elle est la plus produite et la plus commercialisée dans le monde. Introduite en 1841 dans l'Océan indien. Si elle provient de Madagascar, de la Réunion ou des Comores, elle bénéficie alors de l'appellation Bourbon. Mais on peut aussi la trouver en Indes, en Ouganda, en Indonésie, au Mexique et aux Iles Tonga.

 

C'est l'espèce de vanille qui détient les plus importants taux de vanilline naturelle. C'est à Madagascar que les gastronomes trouvent leurs meilleures vanilles, avec des concentrations aromatiques plus prononcées.

 

  • La Vanilla Tahitentis Moore

 

Elle fût introduite en Polynésie par l'amiral F. Hamelin en 1848. Dans les années 50, la Polynésie Française dont fait partie Tahiti était le 2e producteur mondial de vanille derrière Madagascar.

 

Aujourd'hui, son coût important en raison de sa main d’œuvre onéreuse, sa faible teneur en vanilline et son arôme fortement anisé l’ont pénalisé en faveur de la vanille Bourbon.

 

  • La Vanilla Pompona Shiede

 

On la retrouve principalement en Martinique, Guadeloupe, Amérique tropicale, brésil, et Guyane. Elle est plus connue sous le nom de « vanillon » ou « vanille banane » car les gousses sont courtes et grosses. C’est une vanille d'un très faible rendement, sa culture est assez peu répandue et son taux en vanilline est plus faible.

 

 

Le vanillier et sa fleur

 

Le vanillier

 

Vanilla planifolia est le nom scientifique officiel de la plante de vanille la plus répandue en gastronomie. Aussi appelé vanillier, il s’agit d’une orchidée tropicale originaire du Mexique et très délicate se présentant sous forme de liane. C’est la seule orchidée dont le fruit est comestible. Elle nécessite une plante support jouant le rôle d'ombrière et pousse dans des régions tropicales humides en sous-bois. Ses fruits, appelés gousses, produisent une épice portant aussi le nom de vanille.

 

On compte une centaine d’espèces de vanillier mais seule deux autres sont également utilisés pour produire l’épice : la vanille de Tahiti (Vanilla tahitensis) et celle du vanillon (Vanilla pompona). Les autres variétés étant uniquement cultivés pour raisons ornementales.

 

Étymologiquement, le nom vanille dérive de l'espagnol vainilla lui-même issu du latin vagina qui a également donné vagin et signifie gaine, gousse ou étui.

 

Souple et peu ramifiée, la liane de vanille, se développe par croissance du bourgeon terminal et peut atteindre plus de dix mètres de hauteur. C’est une plante qui se bouture très facilement grâce aux racines aériennes situées aux nœuds d'insertion des feuilles et de la tige et qui lui permettent aussi de s'accrocher à son support.

 

Les feuilles sont disposées de manière alternée de chaque côté de la tige. Elles sont planes et ovales avec le bout pointu, environ trois fois plus longues que larges et peuvent mesurer jusqu'à une quinzaine de centimètres. La tige et les feuilles sont vertes, charnues, gorgées d'un suc transparent et irritant provoquant sur la peau des brûlures et des démangeaisons persistantes.

 

La fleur de vanille

Les fleurs sont groupées par huit ou dix et forment de petits bouquets à l'aisselle des feuilles. Elles ne s'épanouissent seulement un seul jour et rarement plus d'une fleur mature en même temps. De couleur blanche, verdâtre ou jaune pâle, elles possèdent la structure classique d'une fleur d'orchidée malgré une apparence assez régulière.

 

Particularité importante, sa fécondation ne pourrait avoir lieus sans intervention d'un intermédiaire extérieur : elle est réalisée naturellement dans sa région d'origine par des abeilles endémiques du genre Melipona. Eloignée de son environnement originel, sa fécondation doit donc se faire manuellement.

 

Production de la vanille

 

La préparation de la vanille se déroule sur une période d’environ six mois. Elle demande beaucoup de patience, de la rigueur et du savoir-faire, car elle consiste à favoriser le développement de l’arôme et à rendre la gousse apte à une longue conservation. Le vanillier a besoin d'un climat tropical, humide et chaud. Il se cultive habituellement dans les forêts avec des arbres comme support.

 

Il peut naturellement atteindre jusqu'à 10 mètres de hauteur. Pour ne pas devoir monter trop haut lors de la récolte, il est important de guider la liane pour qu'elle ne monte pas trop haut

 

En dehors de son pays d'origine, la fleur de vanille doit être fécondée manuellement. C'est un travail d'observation quotidien pour le cultivateur car elle ne fleurit qu'un seul jour durant une période s'étalant sur environ 2 mois.

 

Elle consiste à abattre délicatement le rostellum avec une épine, puis d’exercer une légère pression sur la fleur pour que le pollen saupoudre et féconde les organes femelles. L’opération doit être réalisée le jour même de la floraison sur les fleurs les plus vigoureuses de l’épi. La fleur s’épanouit dès le lever du soleil et ne dure que quelques heures. Le « mariage » doit donc s’effectuer rapidement le matin. Précision et rapidité sont de rigueur, car il y a des centaines de milliers de fleurs dans la plantation. Il faut marier le plus de fleurs possible afin d’obtenir une bonne récolte de gousses.

 

8 mois après la fécondation, les gousses vertes sont enfin prêtes à être récoltées.

 

 

 

Il faudra environ 5 kilos de vanilles vertes pour obtenir 1 kilo de vanilles traitées.

 

 

La suite ICI 

 

Vous voilà maintenant éclairés sur ces gousses de vanille au passé lourdement colonial, il est donc temps de vous proposer de lire pourquoi ces dernières années, le terme «vanille» est devenu un qualificatif employé de manière souvent dépréciative, pour désigner quelque chose ou quelqu'un d'ennuyeux.

 

Comment cet arôme venu originellement du Mexique en est-il arrivé là ?

 

Par l'entremise du colonialisme, répond Joseph Lamour, journaliste pour Mic.  ICI 

 

Un usage popularisé par l'argot

 

Dans les années 1950, la vanille était si développée et popularisée dans nos cuisines qu'elle en est devenue un parfum classique, voire banal. « Cela fait allusion principalement à la glace à la vanille qui est considérée comme le parfum le plus basique », explique John Kelly, chercheur au sein de Dictionnary.com. C'est de ce constat qu'est née l'habitude de désigner les gens ennuyeux par le terme « vanille ». Plus tard, le même mot fut utilisé de cette façon dans le monde de l'informatique pour décrire des programmes informatiques inintéressants, explique John Kelly.

 

Le parfum devient si cruellement classique que, dans la communauté gay des années 1970, il est synonyme d'une « sexualité conventionnelle ». Il désigne toute activité sexuelle ne relevant pas du sado-masochisme ou de l'éventail queer, alors en plein essor dans le milieu à l'époque. On note que le mot était déjà utilisé depuis les années 1940 aux États-Unis par les Afro-Américain·es pour désigner les personnes blanches.

 

La suite ICI http://www.slate.fr/story/194448/mot-vanille-presque-insulte-depreciatif-historique-sexualite-personnalite-ennuyeux

 

 

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 06:00

Statue de Saint Jacques.Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du  Puy-en-Velay | Camino de santiago, Santiago de compostela, Santiago

Statue de Saint Jacques.Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay
 
 
 

Sur Face de Bouc comme sur Twitter les adulateurs, les idolâtres, des vins nu qui puent ferraillent dur contre ceux qui passent leur sainte journée à affirmer que ces breuvages infâmes sont abominables et infect, bons pour l’évier…

 

Même si ça démange ma plume, au nom du serment fait à la femme de ma vie d’être gentil, sage comme une image, bienveillant, je n’ironiserai plus sur les uns et les autres, libre à eux de se la jouer tempête dans un petit verre de vin nu…

 

Cependant, ce matin, je ne résiste pas au plaisir de vous proposer l’article d’un aficionado du vin nu : Eric Asimov ICI

 

C’est engagé mais nuancé. C’est bien écrit. De la belle ouvrage sans jargonnage ni charge inutile...

 

Même si je reste peu convaincu de la nécessité d’enserrer les vins nature dans le carcan d’un cahier des charges spécifique, une nouvelle petite chapelle pour l’entre-soi – en effet les faux vins nu ne sont vendus que dans la GD, alors que les petits cavistes sont les seuls vrais garants de l’authenticité, par leur choix et leur sélection de vins nu originels – ce genre d’article me réconcilie avec le travail de journaliste.

 

Dessin de Skopein, Royaume-Uni.

Dessin de Skopein, Royaume-Uni.

 

Les vins sans intrants chimiques font de plus en plus d’adeptes. En France, le label “vin méthode nature”, créé cette année, tente de donner un cadre à ce vaste champ d’expérimentation, écrit ce journaliste américain.

 

“Le vin naturel est pur et bon pour la santé.”

 

“Le vin naturel est abominable et infect.”

 

“C’est l’avenir.”

 

“C’est la mort du vin.”

 

Depuis quinze ans, le vin naturel divise une bonne partie du milieu viticole et suscite une hargne qu’on ne voit généralement que chez les gens réduits aux dernières extrémités.

 

Depuis 2003 et ma rencontre avec ce que l’on appelle aujourd’hui le vin naturel, au 360, un restaurant en vue [du quartier de] Red Hook, à Brooklyn, je suis un aficionado de ce vin – tout en restant clairvoyant, je l’espère. Je crois à la promesse et à la beauté des vins naturels, tout en reconnaissant que beaucoup d’entre eux ne sont pas bons, ce que l’on peut dire de tous les types de vins.

 

La vérité, c’est que les vins naturels ont bonifié le vin dans son ensemble.

 

Les vins naturels n’auraient pas pu offrir un contraste plus saisissant avec les pratiques industrielles d’un secteur qui se fait passer pour pastoral. La plupart des vins grand public sont fabriqués avec du raisin cultivé à coups de produits chimiques, puis transformé, comme on le fait de la nourriture industrielle, au moyen de manipulations technologiques et d’ingrédients artificiels pour obtenir un goût et un arôme définis à l’avance.

 

Des vins aléatoires mais vivants

 

Les vins naturels, produits avec du raisin bio ou équivalent, fermentent et vieillissent sans aucun adjuvant. Ce sont des vins certes aléatoires mais vivants, intenses, toniques et surprenants. Autant comparer des cerises fraîchement cueillies sur l’arbre à des [bonbons industriels] Life Savers à la cerise.

 

La fabrication du vin couvre un très large éventail de techniques. Tous les vins conventionnels ne sont pas transformés. Et tous les vins dits naturels ne se plient pas au protocole rigoureux en vertu duquel “rien n’est ajouté, rien n’est enlevé”. Mais l’apparition des vins naturels, voilà une vingtaine d’années, a bousculé un secteur inféodé à la promesse d’après-guerre d’une vie meilleure grâce à la technologie et à la chimie.

 

À l’époque, la production s’homogénéise. Le vin est élevé au rang de produit de luxe, et les cépages sont rangés dans un système de castes et classés par “noblesse”. Le vin naturel, à l’inverse, prône la diversité. Il ressuscite et célèbre les variétés anciennes et les traditions locales qui ont été oubliées ou écartées par les hautes instances du milieu. Il cherche à faire tomber le vin de son piédestal avec irrévérence en le présentant comme une boisson gouleyante et joyeuse qui n’en véhicule pas moins une forte charge émotionnelle et culturelle.

 

Surtout, il reconnecte le vin aux méthodes traditionnelles telles qu’elles ont été observées pendant des siècles, avant l’avènement de l’industrie et de la technologie. Le fait de voir le vin comme un produit de la terre parle aux jeunes qui s’inquiètent pour l’environnement, la santé et le bien-être dans toute l’acception de ce terme aujourd’hui en vogue.

 

J’ai vu la clientèle des vins naturels changer. Elle ne se résume plus à quelques connaisseurs évoluant dans une obscure galaxie parallèle, mais s’est élargie à un nombre grandissant d’amateurs enthousiastes et curieux. Ces dernières années, le vin naturel a été qualifié de nouvelle révolution, de nouveau must, et paré de toutes les autres étiquettes ennuyeuses que peuvent coller les chasseurs de tendances.

 

Un pied de nez à l’establishment viticole

 

Le vin naturel est sorti de l’ombre. La plupart des grandes villes ont des bars à vins naturels, et certains restaurants huppés lui consacrent des cartes entières. Cet engouement récent appelle une caractérisation que les producteurs de vins naturels ont longtemps esquivée avec succès : qu’est-ce au juste qu’un vin naturel et qui est autorisé à employer ce terme ?

 

Par le passé, c’est l’establishment viticole qui réclamait une définition des vins naturels, une requête dont la plupart des producteurs ont allègrement fait fi. Une telle caractérisation fleurait l’autoritarisme, l’orthodoxie, la bureaucratie, c’est-à-dire précisément les contraintes que beaucoup de producteurs de vin naturel considèrent depuis toujours comme des entraves à leur liberté.

 

J’ai toujours jugé comme une force le fait de refuser ainsi de se laisser enfermer dans une définition. Une caractérisation précise augmenterait le risque de récupération, comme on le voit pour quantité de productions bio qui sont aujourd’hui des branches très lucratives de l’agrobusiness.

 

Mais l’image des producteurs de vins naturels, présentés comme des artisans indépendants et bohèmes, souffre de l’engouement pour leur produit, synonyme d’affaires juteuses, non seulement pour les services financiers des grandes entreprises mais aussi pour les petits margoulins.

 

Des cuvées maquillées en vin naturel

 

Lors d’un débat récent sur le vin naturel organisé [en visioconférence] sur Zoom, pandémie oblige, Alice Feiring, apologiste de longue date des vins naturels et auteure en 2019 du guide Natural Wine for the People [“Le Vin naturel pour tous”, non traduit en français], confiait qu’elle avait changé d’avis sur le besoin de donner une définition officielle au vin naturel. “Je ne voyais pas la nécessité d’une réglementation, mais c’était avant que des imitations n’apparaissent [sur le marché]”, disait-elle.

 

Dans une tribune publiée dans le New York Times en décembre 2019, Alice Feiring prévient ainsi que des gros producteurs sont en train de créer des cuvées maquillées en vin naturel afin de surfer sur l’engouement qu’ils suscitent. Mais la menace vient aussi des plus petits.

 

Jacques Carroget, du domaine la Paonnerie, dans la vallée de la Loire, préside une association de producteurs de vin naturel qui, après des décennies de labeur, a obtenu l’année dernière une certification officielle (mais facultative) “vin naturel”. Les domaines qui rejoignent le syndicat agréé et qui se conforment aux règles édictées en matière de viticulture et de vinification pourront désormais apposer le label “vin méthode nature” sur leurs bouteilles.

 

Jacques Carroget, qui a participé au débat sur Zoom, explique que l’idée est née du constat que certains petits producteurs qui prétendaient produire des vins naturels se servaient en réalité de raisins qui avaient été traités. “Nous avons analysé 34 vins naturels et découvert que deux d’entre eux contenaient des résidus, dont un vin qui venait d’un célèbre producteur de vin naturel, explique-t-il par e-mail. Nous ne voulons pas de chimie de synthèse dans les vins naturels.”

 

Tant que les vins naturels étaient l’apanage d’un petit nombre de producteurs, précise-t-il, il ne voyait aucune raison d’en donner une définition officielle. “Hélas, le business, l’appât du gain… Dès que le vin naturel est sorti de son petit créneau, on a découvert des abus inacceptables”, déplore-t-il.

 

Une indulgence pour le dioxyde de soufre

 

La suite  ICI 

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15 septembre 2020 2 15 /09 /septembre /2020 06:00

50 ans jour pour jour après la guerre du Biafra - les blessures ... Des enfants souffrant de malnutrition à Port Harcourt, au Nigeria, en 1970. A. ABBAS / MAGNUM PHOTOS

Libre à chacun de nous, d’aimer ou de ne pas aimer Bernard Kouchner, de ne pas apprécier sa trajectoire mais pour moi il reste l’homme qui nous a montré les horreurs du Biafra.

 

Médecins sans frontières fête ses 40 ans

« Les enfants étaient en première ligne », raconte au Monde Afrique Bernard Kouchner, parti au Biafra en mai 1968 en tant que médecin urgentiste : « C’était la première fois qu’on voyait des gamins squelettiques victimes du kwashiorkor [un syndrome de malnutrition par carence en protéines]. Les troupes nigérianes bloquaient tous les ravitaillements et les bombardements aériens ciblaient les récoltes. Les enfants mouraient en masse et la faim était devenue une arme de guerre. Le spectacle était désastreux : il n’y avait absolument rien à manger. »

 

Il y a cinquante ans au Biafra, l’avènement de l’humanitaire « à la française » ICI

 

En mai 1968, Bernard Kouchner rejoint une équipe de dizaines de médecins volontaires de la Croix-Rouge dirigée par Max Récamier et qui intervient des deux côtés du blocus. Il se souvient :

 

« Dans une école où il y avait près d’un millier d’enfants affamés, on a fait des perfusions avec de la noix de coco pour les retaper le temps que les sucs digestifs se reforment. Quand ils allaient mieux, ils repartaient dans leurs villages et revenaient quelques semaines plus tard de nouveau épuisés par la faim… Comme les avions ne bombardaient pas la nuit, les blessés arrivaient le soir dans notre petit hôpital. Nous étions deux pour soigner une centaine de blessés. On a appris à faire le tri des blessés, une discipline difficile, un apprentissage cruel. Le Biafra m’a marqué à vie. Ça a été le début de mes colères et de mon engagement, de mon histoire avec l’Afrique. Il a nourri, plus tard, mes combats au Rwanda. »

 

« La lutte et les drames vécus-là vont inspirer les « French doctors ». Max Récamier, Bernard Kouchner et d’autres médecins passés par l’enfer du Biafra vont créer en 1971 (avec des journalistes du journal médical Tonus qui avaient lancé un appel aux médecins pour aider des victimes d’inondations au Pakistan) Médecins sans frontières (MSF). L’ONG, spécialisée dans l’assistance médicale aux populations victimes de conflits armés, d’épidémies, de pandémies ou de catastrophes naturelles, a reçu le prix Nobel de la paix en 1999 et officie aujourd’hui dans plus de 70 pays, dont 52 en Afrique. « Le Biafra nous a appris la médecine du dénuement », insiste Bernard Kouchner. Il a aussi fait prendre conscience aux médecins français qu’une organisation humanitaire doit être libre de sa parole et de ses actes. »

 

Des photographes occidentaux prennent en photo un enfant qui souffre de malnutrition à cause de la guerre du Biafra, à Owerri, en 1970.

Des photographes occidentaux prennent en photo un enfant qui souffre de malnutrition à cause de la guerre du Biafra, à Owerri, en 1970. A. Abbas / Magnum Photos

 

Il y a cinquante ans au Biafra, la surmédiatisation d’un drame humain

 

Génération Biafra (2/3).

 

Pendant le conflit au Nigeria, des images insoutenables ont inondé les journaux et la télévision. Avec le recul, leurs auteurs disent avoir été « manipulés » par l’Elysée.

Par Pierre Lepidi et Mariama Darame

 

Le 31 décembre 1968, lors de sa traditionnelle allocution de fin d’année aux Français, le Général de Gaulle déplore le « passage à vide » qu’a connu le pays au mois de mai. « Mais la nation s’est ressaisie », assure le général lors de ces vœux, ses derniers. Il décrit ensuite la situation au Moyen-Orient, parle du rôle « gigantesque » de la Chine, puis évoque « le droit de disposer de lui-même du vaillant Biafra ». Fin 1968, les Français connaissent cette province du sud-est du Nigeria qui a proclamé son indépendance dix-huit mois plus tôt et la catastrophe humanitaire qui s’y joue. A grand renfort de reportages, ils ont pris fait et cause pour ce territoire africain qui se bat contre l’armée régulière nigériane.

 

La France ne soutient pas officiellement la sécession biafraise. Mais l’Elysée voit dans cette volonté d’émancipation une occasion d’affaiblir le Nigeria, pays anglophone entouré d’anciennes colonies francophones, qui a reçu le soutien du Royaume-Uni et des Etats-Unis. « La zone pétrolière du Biafra était revendiquée par tout le monde, y compris par les Anglais car le Nigeria est une ancienne colonie britannique », se souvient Bernard Kouchner, parti en mai 1968 au Biafra pour la Croix-Rouge en tant que médecin : « Les rapports entre De Gaulle et le monde anglo-saxon étaient exécrables à cette époque. »

 

La suite ICI 

 

Lorsque les armes se taisent, en janvier 1970, après la capitulation des forces biafraises soutenues par des centaines de mercenaires (Français, Allemands, Rhodésiens, Sud-Africains…), le bilan humain est abyssal. Cinquante ans plus tard, le nombre de victimes des combats et de la famine reste imprécis, estimé à « plus de 1 million ». Mais la surmédiatisation du conflit et les images insoutenables diffusées dans les journaux et à la télévision imprègnent encore les mémoires. En renvoyant une image misérabiliste du continent africain, elles ont nourri pendant des décennies un imaginaire collectif où l’Afrique est assimilée aux guerres, aux famines et à l’instabilité politique.

 

A qui la faute ?

 

« On a souvent dit que le drame du Biafra était la honte de l’Afrique », écrit Phlippe Decraene, envoyé spécial du Monde, dans un reportage publié en 1969 : « C’est aussi, sans aucun doute, la honte de l’Europe. »

 

 

Je me plongeais dans mes archives. Au milieu de ce capharnaüm de coupures de journaux, de photos jaunies, de livres annotés, de petits carnets, de lettres, de documents administratifs, de factures, assis à même le sol, sous le trait blanc d’une grosse lampe d’architecte, je triais, jetais, empilais, en écoutant des galettes de vinyle sur une platine-disque hypersophistiquée. Jasmine me portait des brocs de café. Parfois elle s’asseyait en tailleur face à moi pour me regarder faire. Je lui tendais une photo « Tiens, regarde notre nouveau Ministre des Affaires Etrangères au temps des matins blêmes du quartier Latin… » 

 

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 06:00

 

Sur Twitter, la courtoisie, la politesse, la légèreté, la finesse, ne sont pas de mise chez les demi-soldes de notre jeune et sémillant Président, ils sont lourds, gras, médiocres, bas du front, ils abaissent le débat, jettent un œil torve jusque dans l’alcôve, surtout lorsqu'il s'agit une femme, pensez-donc elles sont là pour ça, en l’occurrence dans le cas présent à propos d'Isabelle Saporta, qui dans ses livres, ses interventions ne fait ni dans l’encens, ni dans le cirage de pompe. Elle déménage !

 

Isabelle, après des entrechats compliqués, Gantzer puis Villani, aux Municipales de Paris dans notre XIVe, vient de publier une nouvelle charge, contre la technostructure, Rendez-nous la France ! édité par Fayard que je n’ai pas lu. ICI 

 

Rendez-nous la France !, Isabelle Saporta | Fayard

 

« Les oreillers ne sont pas étanches… » ironise finement l’un de ses détracteurs, alors qu’un autre plein de commisération hypocrite plaint ce « pauvre »Yannick Jadot d’avoir à supporter une telle ramenarde.

 

Ça vole vraiment très haut, oui au niveau du caniveau.

 

En clair, cette chère Isabelle n’existerait plus, ne penserait plus, n’écrirait plus, ne débattrait plus, par elle-même, depuis le jour où elle est entrée dans la vie d’un Vert. 

 

De mon temps, le couple Chalandon-Catherine Nay, journaliste politique influente, ne posait aucun problème à ces messieurs propres sur eux ; quant à l’icône Simone Veil qui s’étonnait de l’influence d’Antoine, très lié au monde des affaires, créateur du club politique Vauban, son époux ? Pas grande monde.

 

Le bouquin semble bien accueilli par ceux qui l’ont lu

 

Dès le 29 mai 2019, j’étais vénère :

 

Yannick Jadot et sa compagne, Isabelle Saporta, dans le 19e arrondissement de Paris, le 26 mai. LUCAS BARIOULET POUR « LE MONDE »

 

Foutez-lui la paix ! Bande d’hypocrites, de faux-culs, Isabelle Saporta a le droit d’aimer qui elle veut et de continuer de bosser…  ICI 

 

Pour les nouveaux pharisiens, s’afficher avec un politique, comme deux amoureux, alors qu’on cause dans le poste le matin sur RTL c’est péché mortel.

 

De qui se moque-t-on ?

 

De nous, tout simplement, Isabelle travaille dans une entreprise privée, où elle délivre un billet d’humeur sociétal, ses convictions sont depuis longtemps connues, affichées, revendiquées, assumées, dans ses écrits.

 

 Elle a eu droit, par l’extrême obligeance, de ce cher Hubert de Boüard de Laforest, à un séjour à la 17e Chambre du TGI de Paris. J’y étais son témoin. Elle a gagnée en première instance et en appel.

 

Chapeau Isabelle !

 

Elle assure Isabelle, élève bien ses deux filles, rame  comme beaucoup de femmes pour faire bouillir la marmite, alors je dis aux faux-culs, aux hypocrites, à la niche : les chiens aboient la caravane passe.

 

Moi, qui n’est jamais eu beaucoup de sympathie pour les Verts politiques, en déshérence socialiste, j’avoue que le succès de Yannick Jadot ne doit rien à la chance mais, sans doute grâce à Isabelle, à une perception plus ancrée dans le vécu des gens, surtout les jeunes générations préoccupées d’un avenir climatique incertain.

 

J’ai appelé ça l’effet glyphosate.

 

 Enfin, le vieux routier que je suis, peut vous assurer que l’amour, le vrai, le profond, bonifie les animaux politiques. Si Michel Rocard avait connu Sylvie bien avant je vous fiche mon billet qu’il aurait eu toutes ses chances à la présidentielles.

Reste à Yannick Jadot à surmonter sa victoire, à ne pas se laisser griser par une élection qui a souvent été favorable aux Verts, à reconstruire avec les débris du PS une alternative crédible à Macron.

 

Bref, vous l’aurez compris, j’ai de l’estime pour Isabelle, c’est quelqu’un de bien.

 

La démonstration qu’Isabelle, que j’avais traitée dans mon premier billet sur … de gourgandine, ne parle pas depuis son mec, c’est qu’elle vient de passer une avoinée, aux nouveaux maires déconnants de Lyon et de Bordeaux,

 

« On a un vrai souci avec les maires écolos, s'ils ont une idée à la con par jour, on ne va pas s'en sortir ! »

 

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, avait d'abord agité l'opinion publique en jugeant le Tour de France "machiste" et "polluant". Puis c'est au tour de Pierre Hurmic de subir les critiques pour sa décision de ne pas installer l'arbre "mort" de Noël sur la place Pey-Berland, à Bordeaux.

 

Ces coups de menton, ces propos fracturants auxquels on a assisté depuis le début de l'été n'ont aucun sens parce qu'ils ne sont pas à la hauteur des enjeux, a-t-elle déploré.

 

« Est-ce qu'on est obligé à chaque fois de s'en prendre à tout ce qui est populaire ? Au Tour de France, à l'arbre de Noël : non. On a tellement d'autres choses à faire positives, qu'on va pouvoir construire ensemble que je ne comprends pas que l'on continue à faire des petits coups de com'. »

 

Isabelle elle comme ça, d’une seule pièce, avec des arêtes vives, avec un gros cœur tendre, ce n’est pas la harpie de ces messieurs « mal baisés », je l’ai surnommée la Jeanne Hachette (Isabelle Saporta qui après avoir dézingué à la sulfateuse, dans son précédent ouvrage, VinoBusiness, ce pauvre Hubert de Boüard de Laforest, monte au créneau pour se porter au secours des petits producteurs, défenseurs de notre beau terroir, en butte à la chape des normes concoctées par une Administration à la solde des multinationales.) ICI 

 

et j’ai écrit le :

 

15 mai 2018

 

Isabelle Saporta se met à nu, c’est cru !  ICI 

 

Isabelle Saporta se met à nu, c’est cru !

 

« ... la vie est un roman qui a besoin d'être récrit. »

 

Julien Green

 

 À la bonne distance :

 

Dans ma vie antérieure, du côté du 78 rue de Varenne, derrière mon bureau empire, j’aurais dit à mon Ministre : « C’est une emmerdeuse, elle va te séduire pour mieux t’assassiner… »

 

 Le jour où elle chercha des poux dans la belle crinière argentée d’Hubert, l’homme aux bottes immaculées dans son chai, je la qualifiais de gourgandine.

 

 Et nous sommes devenus amis, je ne suis pas son psy, ni son petit ami, son ami tout court, simplement un mec qui apprécie son courage, sa ténacité, sa pugnacité, face au torrent d’injures que déversèrent sur elle les stipendiés des châteaux.

 

Nous sommes voisins. Ses deux choupettes sont belles.

 

Lorsque je bourlinguais  sous les ors de la  République certains s’étonnaient que je ne brigue pas un mandat politique, ma réponse lapidaire  « ça ne m’intéresse pas ! » cachait une crainte bien réelle : que ma vie privée, fort compliquée, elle l’est toujours pas vrai Isabelle, soit étalée sur la place publique.

 

Nous reste plus Isabelle, et pourquoi pas Yannick, à prendre un verre de vin qui pue du côté d’ICI MÊME ICI dans le 12e qui a une femme Vert maire… Nous ne causerons pas politique...

 

L’image contient peut-être : boisson, table et intérieur

Media Tweets by Isabelle Saporta (@isabellesaporta) | Twitter

Isabelle Saporta on Twitter: "« Un puissant cri de colère contre les  aberrations de le technostructure qui nous gouverne. Elle nous englue sous  les normes et a la vision d'un lapin nain »

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 07:00

presidentaffiche

Sur Twitter le 31 août je lis :

 

Mon film préféré "Le Président" d’Henri VERNEUIL, avec Jean GABIN et Bernard BLIER

 

Chef d’œuvre du cinéma, à voir absolument tous pour ceux qui aiment la politique et le cinéma.

 

Ce soir sur @ARTEfr

 

Je ne regarde pas la télé ni ici ni à Paris mais je me souviens fort bien des morceaux d’éloquence oratoire de ce film d’Henri Verneuil, adaptation d’un roman de Simenon, avec un scénario signé par Michel Audiard.

 

Il y a du Clémenceau dans ce Président, il est admis que Simenon a été inspiré par Clémenceau mais en dehors du caractère affirmé, du verbe tranchant, et de la passion de l'État, Émile Beaufort-Gabin dans son mode de vie est bien loin du Tigre. Dans sa résidence il a un portrait de lui accroché au mur.

 

Le Président par Simenon

 

Le livre de Simenon a été terminé en octobre 1957.

 

 . La IVe République vivait sa dernière législature.

 

 . En Algérie, l'année 1957 voyait se dérouler la bataille d'Alger.

 

. Le traité de Rome était signé en mars 1957, qui allait ajouter début 1958 la CEE (Communauté économique européenne) à la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier).

 

Le film a été tourné en 1960.

 

. La crise algérienne de mai 1958 avait porté de Gaulle au pouvoir, qui avait la même année mis un terme à la IVème République et mis en place la Vème République (Constitution approuvée par référendum, élections législatives, élections présidentielles par un collège électoral).

 

. La question algérienne continuait à générer de vives tensions, en Algérie comme en France, tant côté partisans de l'Algérie française que côté partisans de l'indépendance.

 

Le thème de ce film est à la fois d’actualité et daté, nous sommes en effet sous un régime parlementaire : le président de la République était élu par la réunion des deux chambres (« Assemblée nationale » sous la IIIème, réunissant la Chambre des députés et le Sénat, puis « Parlement » sous la IVème, réunissant l'Assemblée nationale et le Conseil de la République). Le rôle du président de la République était essentiellement représentatif, mais il proposait le président du Conseil, véritable chef de l'exécutif (comme le Premier Ministre britannique), qui devait être investi par les deux chambres.

 

Lire ICI

 

Dans un panorama télé indigent me dit—on voir ou revoir ce film est intéressant.

 

Pour ma part, étant friand de l’histoire de la IVe République, voir les livres de Georgette Elgey, puisque je suis né sous ses auspices et l’ai vu disparaître en 1958, je me permets de signaler à tous ceux qui veulent ressusciter le PS de Mitterrand, sauver du naufrage le PCF de Jacques Duclos, assurer la survie de ce qui reste du parti gaulliste, que c’est sous cette République que l’on a enterré le Parti Radical.

 

Le dernier grand homme du Parti Radical fut Pierre Mendès-France qui adhéra au PSU. Ensuite, après scission, les Radicaux de gauche eurent l’illusion d’exister au temps de l’Union de la Gauche, sur un strapontin aux côtés de Mitterrand et Marchais, le brave pharmacien de Villefranche-de-Rouergue, Robert Fabre. Quand à ceux de droite, ce fut pire, qui se souvient de Rossinot le maire de Nancy ?

 

Ce fut le temps des plaisanteries sur les Congrès des Radicaux dans une cabine téléphonique, celles-ci comme lui ont disparues, du veau sous la mère : Jean-Michel Baylet, chez Rocard nous avions récolté l’ancien attaché parlementaire du PRG qui, lors des remaniements exerçait ses talents d’imitateur pour piéger au téléphone certains élus radicaux qui espéraient encore en un maroquin.

 

On ne ressuscite pas les morts au mieux on les embaument.

 

Le Président (Arte) : une histoire vraie pour Jean Gabin et Bernard Blier au cœur de la politique ?

Le Président (Arte) : une histoire vraie pour Jean Gabin et Bernard Blier au cœur de la politique ? ICI 

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 06:00

Avant de partir au bord de la mer, formule consacrée des congepés de ma jeunesse allant les passer du côté des Sables d’Olonne ou de Bretignolles-sur-Mer, en Frégate ou en 4 CV, chevauchant mon vélo j’ai aperçu sur le flanc d’un bus de la RATP une affiche annonçant la sortie prochaine du film La Daronne et, ô surprise, c’est la très bourgeoise Isabelle Huppert qui revêt les oripeaux de Patience Portefeux « veuve sans histoire, quinqua, précaire, interprète franco-arabe spécialisée dans les écoutes téléphoniques pour la brigade des stups à Paris, qui la paie au noir. Mais Patience doit aussi trouver chaque mois un nouveau stratagème pour payer l’Ehpad de sa mère. Un jour, elle intercepte une conversation, court-circuite les go fast sur un coup de tête et se retrouve avec une énorme cargaison de haschich. Pour écouler la came planquée à la cave, la bourgeoise pincée va devoir se métamorphoser. »

 

J’ai lu et beaucoup aimé le roman d’Hannelore Cayre ICI, mais comme tout lecteur qui entre dans un roman, le vit, j’avais tracé dans ma tête un portrait bien différent de celui que me présente l’affiche « Abaya et foulard panthère, chaînes en or et solaires géantes, en planque devant le Louxor à Barbès, elle tient d’une main un sac Tati bouffi de pains de shit et de l’autre, un berger allemand »

 

 

Je suis en total désaccord avec les critiques du POINT JULIE MALAURE ET JEAN-LUC WACHTHAUSEN qui écrivent : « Qui a lu le roman éponyme d’Hannelore Cayre, prix Le Point du Polar européen en 2017, dont le film est tiré, saura que le rôle-titre était fait pour Isabelle Huppert. Du sur-mesure, même, cousu main par Jean-Paul Salomé, qui place l’icône rousse du cinéma français dans ce registre rigide qu’elle adore – la bourgeoise coincée – pour mieux lui faire lâcher la bride. Huppert, formidable... »

 

Dans le roman, Patience Portefeux, n’est en rien une bourgeoise coincée mais une nana paumée qui se démerde comme elle peut pour sortir de sa mouise. Mais il semblerait que l'auteur du livre soit à l'origine de ce choix (voir plus bas), je ne suis pas certain qu'elle est visée juste. 

 

Un vrai casting, c’est-à-dire, un choix fait sur un profil qui colle au roman, aurait sélectionné une actrice peu connue, car qu’on le veuille ou non, Isabelle Huppert semble plus se déguiser que d’entrer dans la peau de Patience Portefeux. On va me rétorquer que je juge à priori, avant même d’avoir visionné le film. J’en conviens aisément et je ne suis pas certain d’avoir envie d’aller m’asseoir dans une salle obscure pour voir La Daronne de Jean-Paul Salomé.

 

https://static1.purebreak.com/articles/0/20/14/10/@/730067-la-daronne-bande-annonce-de-la-comedie-amp_article_image_big-1.jpg

 

La Daronne, c’est elle !

 

La très classe Isabelle Huppert en championne de l’économie parallèle, vous n’osiez pas l’imaginer ? Entre trafic de shit et bonnes manières, la mordante comédie La Daronne l’a fait. On l’a rencontrée.

 

Le Point 3 Sep 2020 PAR JULIE MALAURE ET JEAN-LUC WACHTHAUSEN ICI

 

Le Point : L’anarchie, le mélange shit et bonnes manières, c’est ce qui vous a séduite dans le personnage ?

 

Isabelle Huppert :

 

Un peu des trois, enfin beaucoup des trois, surtout le shit ! Non, je plaisante… Et son prénom : Patience ! Tout un programme… Tout arrive à qui sait attendre. Et ce qui lui arrive est au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Enfin si, quelqu’un l’a imaginé, c’est Hannelore Cayre, l’autrice du roman. Donc Patience saisit une occasion, pas n’importe laquelle – le trafic de drogue –, et s’engage dans l’affaire de manière totalement irréfléchie. Rien n’est prévisible dans sa trajectoire, ça m’a plu. Et puis, c’est très cinématographique cette métamorphose en dealeuse.

 

Critique publiée par CinemaTogether13 le 4 septembre 2020

 

Vu à la clôture du festival d'Angoulême, un film qui manque de nerf et de rythme. Le début est long, mais long !... Et puis Huppert se déguise et on se réveille un peu, on sourit mais c'est tout.

 

La mise en scène est plate, paresseuse. Huppert fait tous les efforts du monde pour dynamiser les choses et nous rappeler que c'est une comédie. On dirait qu'elle est la seule à y croire.

 

Franchement, on peut se contenter de découvrir le film un soir lors d'une diffusion télé : il aura là beaucoup plus sa place.

 

Télérama n’a pas encore visionné le film à l’heure où j’écris cette chronique, je prends le pari qu’en vertu d’une jurisprudence très faux-cul, il y en aura une pour et une contre, on ne touche pas aux icônes chez les bien-pensants de la vraie gauche.

Une image du film \"La Daronne\" (2020), de Jean-Paul Salomé.

"La Daronne", un beau rôle pour Isabelle Huppert dans une comédie policière qui peine à sortir des stéréotypes ICI

L'interprétation d'Isabelle Huppert est solide mais elle pâtit des rôles secondaires, pas assez écrits et qui tombent dans le cliché. 

Hannelore Cayre, autrice de «La Daronne»: «La voix off, c’est la mort du cinéma!»  ICI

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CINÉMA

Rencontre avec l'écrivaine et avocate française à l’occasion de la sortie de «La Daronne», adaptation par Jean-Paul Salomé de son roman à succès

Votre roman est sorti il y a trois ans seulement. Est-ce Jean-Paul Salomé qui vous a rapidement sollicitée pour l’adapter?

Je suis propriétaire des droits d’adaptation, et non ma maison d’édition. C’était donc à moi de trouver la configuration idéale pour qu’un film se fasse. Et comme je viens à la base du monde du cinéma, je sais très bien que, souvent, les droits restent dans des tiroirs et que les films ne se font jamais, ce dont je ne voulais absolument pas. Pour La Daronne, j’ai eu presque une centaine de demandes d’achat des droits, venant de la télé, de jeunes producteurs qui pensaient être les seuls à avoir lu le livre, d’acteurs ou encore de grands réalisateurs beaucoup plus célèbres que Jean-Paul Salomé. J’ai rencontré tout le monde et j’ai adoré le premier contact avec Jean-Paul. Il est arrivé avec gentillesse et humilité, loin de la pénible pathologie du réalisateur narcissique. Jean-Paul est super gentil, il avait un vrai projet et, en plus, il a amené dans la corbeille de mariage Isabelle Huppert, qui est une actrice extraordinaire.

Et correspond en plus à l’image de Patience qu’on peut se faire en lisant le roman…

Oui, absolument. Quand on écrit un livre, on est à quelque part dans tous les personnages, et surtout dans son héroïne; j’ai d’ailleurs mis un peu de ma jeunesse et d’expérience personnelle dans cette histoire. Mais je ne suis pas une personne très chaleureuse, je ne m’approche pas trop des gens – et c’est peut-être pour cela que je n’ai pas attrapé le covid alors que je ne me suis pas vraiment confinée… Je ne suis pas dans l’effusion et Isabelle Huppert non plus. Quand on s’est rencontrées, on s’est reconnues comme deux femmes assez froides. Dans certains rôles, elle est assez flippante… Et les copains de mes enfants ont souvent dit que je leur faisais peur.

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 06:00

François Mauriac : «De Gaulle et Malraux», «Le Figaro littéraire», n° 637,  5 juillet 1958, p. 1. - Malraux.org

Hier j’ai étrillé le sémillant FRANZ-OLIVIER GIESBERT en tant qu’éditorialiste politique en surnuméraire au POINT, j’ai lu quelques-uns de ses romans qui ne m’ont guère convaincu de son talent d’écrivain. Il a écrit depuis 1972, plusieurs ouvrages sur François Mitterrand. Il a toujours suivi le président de près, tenant constamment à conserver et à honorer son rôle de journaliste indépendant. Après la mort du président, Giesbert décida de refondre ses ouvrages en un seul : François Mitterrand, une vie, une biographie scrupuleuse et profonde, portrait saisissant d'un personnage insaisissable.

 

Acheter le livre d'occasion François Mitterrand. Une vie sur livrenpoche.com

 

Ce garçon est très cultivé, sa plume est fort bien aiguisée, comme en témoigne son dernier billet littéraire intitulé Saint François Mauriac, priez pour nous ICI

 

Pour le cinquantenaire de la mort de l’écrivain journaliste, son mythique Bloc-notes est réédité. Un bonheur de lecture et d’intelligence qui ne doit pas faire oublier les travers du personnage…

 

Je le lisais lorsqu’il était publié dans Le Figaro littéraire.

 

FOG s’en donne à cœur joie je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager sa verve.

 


En apesanteur. Francois Mauriac dans son domaine de Malagar, en 1959.

 

En littérature, il y a plusieurs types de journaux. Ou bien ils sont à la gloire de l’auteur, qui travaille à son autopromotion. Ou bien, chose plus rare, ils auraient pu être écrits par son pire ennemi. Ou bien ils racontent une époque. Le Bloc-notes de François Mauriac, paru dans L’Express, puis dans Le Figaro littéraire, procède des trois genres en même temps.

 

On dit souvent de Mauriac qu’il était meilleur chroniqueur qu’écrivain. Le poète et le dramaturge sont oubliés, recouverts de pelletées de terre. Quant à l’auteur du Sagouin ou de Thérèse Desqueyroux, il n’a certes jamais cassé trois pattes à un canard, mais c’était un bon façonnier, une sorte de Maupassant de poche du Sud-Ouest qui sait trousser des histoires.

 

Le chroniqueur rehausse-t-il le romancier ?

 

Le tenancier du plus célèbre des Bloc-notes écrit pur, sans gras, en se regardant sans arrêt dans la glace. Aussi décrépit soit-il, il s’aime comme s’il avait 20 ans. Ivre de componction et de contentement, il ne rate jamais une occasion de se tresser des couronnes, n’hésitant pas à épiloguer longuement sur la grand-croix de la Légion d’honneur qui lui est décernée, sur proposition du général de Gaulle, en 1958.

 

Homosexuel caché, contrairement à André Gide ou à Julien Green, il est perpétuellement dans la pose et ne nous offre jamais un moment de doute, d’abandon. Aspergé d’eau bénite et confit de bons sentiments, son Bloc-notes sent cette odeur de renfermé si particulière des sacristies, les anciens enfants de chœur me comprendront. Pour un peu, on dirait que Mauriac concourt pour une place dans Le Grand Livre des saints, entre saint François d’Assise et saint François de Paule.

 

Au fil des pages et des jours, Mauriac repousse toujours plus loin les limites de la fatuité. Il revient souvent sur son « œuvre », un mot qu’il affectionne, son prix Nobel reçu en 1952, ou encore les dernières nouvelles de l’Académie française, dont il aura été l’un des parangons pendant près de quatre décennies. Il ne souffre pas qu’un gougnafier ait osé écrire que sa littérature « n’avait pas de dimension cosmique » et lui répond, blessé, en long et en large, qu’il ne se sent pas à l’étroit dans le monde intérieur, celui des âmes.

 

Il y a beaucoup de puérilité dans ce grand homme qui ne cesse de se rapetisser en érigeant sans répit sa statue. Un comportement assurément peu catholique quand on a tout le temps le mot de Dieu à la bouche. Tout le contraire de celui de l’immense Simone Weil, qui écrivait dans La Pesanteur et la Grâce que, pour accéder à la vérité du monde, il faut « se dépouiller » de sa « royauté imaginaire ». Devant la bouffissure de Mauriac, on a envie de l’inviter à descendre un moment de son ciel pour lui intimer, comme les anciens maîtres d’école, d’écrire cinquante fois sur son cahier la grande phrase de l’Ecclésiaste, qui ne figure manifestement pas parmi ses lectures : « Vanité des vanités, tout est vanité. »

 

D’où vient, alors, l’espèce de fringale qui vous prend quand on entame la lecture de ce monument journalistique qu’est ce Bloc-notes publié en coédition par Robert Laffont et Mollat dans la collection « Bouquins » ?

 

 C’est que ce livre nous parle de nous et qu’il est resté incroyablement actuel quand l’auteur évoque, par exemple, « l’effroyable disproportion entre l’Histoire et les petits hommes qui se bousculent pour la faire ».

 

Ou quand il note qu’en France « la droite et la gauche sont la trop équivoque expression d’une inimitié foncière, enracinée dans les siècles ». Et de rappeler qu’après les Gaulois et les Francs, les seigneurs du Nord contre les Albigeois, « Armagnacs et Bourguignons, huguenots et catholiques, patriotes et émigrés, antidreyfusards et dreyfusards, collaborateurs et résistants donnent des noms successifs à cette haine ininterrompue, diversement colorée par les remous de l’Histoire. »

 

S’il porte à de Gaulle le regard énamouré que devait avoir, dans sa grotte de Lourdes, Bernadette Soubirous pour la Vierge Marie, c’est parce que le Général a été l’un des rares personnages historiques à réaliser la synthèse entre toutes ces passions, ces remugles. Ce qui n’empêche pas Mauriac d’avoir un gros faible pour Mendès France ou un petit pour Mitterrand.

 

Un style qui perce, éventre, dépiaute, comme une épée, où s’enchaînent les vacheries sur ses contemporains et les formules qui claquent.

 

Rajeunir en vieillissant. Pour couronner le tout, fascinante est la prescience de Mauriac qui, avec son œil de lynx, lui permet d’avoir plusieurs années d’avance sur tant de sujets, à commencer par l’inévitable décolonisation en Algérie ou le nécessaire retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958. Avec ça, un style qui perce, éventre, dépiaute, comme une épée, où s’enchaînent les vacheries sur ses contemporains et les formules qui claquent : « Il ne sert à rien à l’homme de gagner la Lune s’il vient à perdre la Terre. »

 

Ces pages sont un bonheur de lecture et d’intelligence. Il serait complet si l’auteur consentait, de temps en temps, à laisser son habit vert d’académicien brodé d’or sur un portemanteau pour se présenter à nous nu et sans apprêt, comme un écrivain, un vrai. Même si, comme l’observe son préfacier et biographe Jean-Luc Barré, il n’a cessé de rajeunir en vieillissant, il y a chez Mauriac quelque chose qui le retient sur son estrade où, toujours en représentation dans la comédie des apparences, il n’est jamais vraiment lui-même.

 

En attendant, ses chroniques sont très souvent irrésistibles : avec ses contradictions et son honnêteté, il nous donne une grande leçon de journalisme, denrée périssable s’il en est. Obsédé par la postérité, ce « discours aux asticots », comme disait Céline, François Mauriac croyait qu’il y accéderait par la littérature. Las ! C’est, ô paradoxe, la recension de l’éphémère qui l’a sorti du purgatoire où il purgeait sa peine depuis sa mort, en 1970.

 

Son Bloc-notes reste un témoignage incomparable sur un temps englouti que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître et dont il égrène, entre fulgurances, bondieuseries, saillies ou nécrologies, les notes d’un long glas. Il nous prouve la débilité du vieux dicton qui prétend que le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir.

Que resterait-il de son « œuvre » sans ce magistral et majestueux Journal ?

 

Le Bloc-notes, de François Mauriac. Préface de Jean-Luc Barré, édition établie et annotée par Jean Touzot (« Bouquins », Robert Laffont/ Mollat, 2 tomes, 1 344 p., 32 € chacun).

 

Le bloc-notes. Volume 1, 1952-1962 Le bloc-notes. Volume 2, 1963-1970

 

À lire aussi Correspondance intime, de François Mauriac. Réunie et présentée par Caroline Mauriac (« Bouquins », Robert Laffont, 768 p., 30 €). François Mauriac, biographie intime, de Jean-Luc Barré (Éditions Pluriel, 736 p., 15 €).

 

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 06:00

https://medias.liberation.fr/photo/1299211-000_1jr63ajpg.jpg?modified_at=1583930206&width=960 Franz-Olivier Giesbert, directeur éditorial de «la Provence», en août 2019. Photo Guillaume Souvant. AFP

Exceptionnellement, comme tous les ans en septembre j’ai acheté le POINT papier, car je suis un garçon fidèle, pour consulter le spécial Vins du sieur Jacques Dupont. Pour l’heure je ne me suis pas encore fendu d’une chronique, elle cuit doucement, telle un gigot d’agneau de 7 heures, patience et longueur de temps, mais comme le thème est « l’épuisement du discours sur le vin » je ne suis pas certain d’avoir très envie de la sortir du four. Qui vivra verra pour l’heure c’est moi qui suis épuisé comme le chantait Fernandel dans le tango corse

J’ai donc ouvert le POINT et suis tombé sur l’éditorial de Franz-Olivier Giesbert

 

 

Je le croyais exilé à Marseille, il est directeur éditorial de «la Provence», il fait donc du rab dans son ancienne crèmerie, faut dire que ses successeurs sont encore pire que lui, en nous délivrant, à nous, gens de peu, sa bouillabaisse politique. Ce type est une caricature d’éditorialiste parisien qui se la joue provincial. Qui connaît comme moi son parcours, son parisianisme, se gondole, pire, suite à la lecture de ses brillantes analyses, je me suis surpris à trouver notre jeune président arrogant sympathique. Faut le faire ! Bravo l’artiste, même si je préfère César-Raimu de Pagnol.

L’éditorial de FOG dans le Point du 3 septembre me rendrait presque Emmanuel Macron sympathique...

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10 septembre 2020 4 10 /09 /septembre /2020 06:00
C'est parti pour une nouvelle campagne de vendanges chez Alice et Olivier de Moor. Et ça pourrait être pire ! Une tarentelle pour commencer !

À genoux sur un prie-Dieu, je me bats la coulpe, me couvre la tête de cendres, je confesse, qu’encore gamin, à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard, dans les vignes d’hybrides à numéros et cépages interdits, du frère Bécot, maintenant chers à Lilian Bauchet, je détestais vendanger. Passer mon temps de travaux pratiques, 3 heures chaque matinée, à couper des grappes avec un sécateur me paraissait une geste bien peu à la hauteur de mon futur métier de paysan que je n’embrasserai jamais.

 

Dans les vignes du pépé Louis, du même acabit pour les cépages, je préférais conduire Nénette, notre vieille jument, le tombereau plein de grappes de raisins. Ce que j’aimais au Bourg-Pailler, c’était le vieux pressoir monté sur des roues en fer qui, en la période de vendanges, était installé sur le trottoir du devant de la bâtisse. Un monument de bois circulaire, ses grosses poutrelles entassées autour de la vis sans fin, le cliquetis de la lourde presse actionnée par une longue tige en fer, enfin le jus blanc ou rouge qui s’écoulait mousseux dans la vasque de bois, la pompe à mains, le gros tuyau qui s’étalait jusqu’à la cave, les gros tonneaux juste méchés, et dire que ce vin naturel allait sombrer devenu piquette bientôt couvert de fleurettes. Ma fonction à la maison était d’aller emplir les litres en tournant la clé encastré tout en bas du tonneau.

 

J’ignorais que la mention « vendangé à la main » allait devenir une marque de résistance

 

Et puis, je suis entré dans le vin par la politique, mais ça c’est une autre histoire…

 

 

Ce matin, ce sont Alice et Olivier de Moor qui tiennent ma plume, du côté d’Olivier c’est aussi le pinceau.

 

Quelques petites nouvelles des vendanges. Après ce début et cette tarentelle, qui avait quelque chose d’une veillée d’armes. L’exercice de communication sur cet outil est de dire que tout va bien, et que si ça va mal c’est de la faute des autres ou bien que le ciel nous a maudit. Alors maudits les pinots noirs de mes amis qui ont fondus comme neige au soleil. Il y a de grosses questions à se poser.

 

Du côté de Chardonnays, on a eu de la chance. Même si la situation est hétérogène. Une petite photo des grappes millerandée des Monts de Milieu en est la preuve. Car depuis quelques temps nous travaillons deux premiers crus. Et je dois bien avouer que non seulement je ne pensais jamais en travailler, et qu’en plus cela ne provoquait aucun manque chez nous. Je me souviens encore des gens qui nous regardaient de haut de ce fait. Ils n’imaginaient pas comment cela pouvait nous stimuler que de se moquer de cette hiérarchie. Qui reposait sur quoi, et qui repose encore sur quoi ?

 

 

Bien entendu cela me renvoie à des notions de peinture, que j’utilise comme un exutoire. La lecture récente d’ « Histoires de peintures» de Daniel Arasse fourmille d’anecdotes et d’explications qu’on peut utiliser à propos pour éclairer ce monde du vin. Alors ici comment ne pas utiliser Chardin maitre de la nature morte méprisée et renvoyée à un rôle secondaire de décors. Et Daniel Arasse d’expliquer son travail d’historien de la peinture :

 

LIVRE/Folio réédite encore une fois "On n'y voit rien" de Daniel Arasse -  Bilan

 

« J’ai personnellement une très grande admiration pour les artistes, quel que soit leur médium et même s’ils ne sont pas très bons, parce qu’ils prennent des risques. Ils partent de rien pour en faire quelque chose. L’historien ou le critique, de son côté, part de quelque chose pour en faire autre chose, ce qui est très intéressant mais secondaire. Je pense toujours à cette phrase de Chardin que rapporte Diderot dans sa préface au Salon de 1765 ou 1767 : Chardin était responsable de l’accrochage des tableaux (titre très important qui lui donnait le pouvoir de mettre en avant ou de désavantager un tableau), il dit à Diderot, après lui avoir fait visiter le Salon : « Monsieur Diderot, de la douceur... », avant que celui-ci ne commence à descendre sauvagement les peintres... »

 

 

Cependant dans les « Mont de Milieu » tout se télescope, s’entrechoque. Je ne peux m’empêcher de penser ici à plus de mille ans de vigne, de couches successives de travail et d’interprétations de ce lieu. Depuis ces possibles moines de l’ordre de Saint-Martin qui venant de Tours auraient ramené avec eux la vigne. Fuyant la Loire qui portait Drakkars. L’ami Patrick Baudouin un rien taquin m’avait dit qu’ils avaient dû ramener du Chenin. Donc en quoi peut-on avoir un intérêt à se confronter à une telle histoire. On peut considérer que ...la messe est dite. Que nous ne sommes plus là que pour reproduire des gestes devenus perpétuels, une règle.

 

Vous le croyez vraiment ?

 

On se heurte alors à ce socle que l’on pourrait qualifier d’anthropologique, avec la petite liberté que l’on veut encore préserver comme une interprétation. En imaginant ce premier moine qui a peut-être planté de la vigne ici, ou juste à côté.

 

 Quelle idée le traversait ?

 

Avait-il une idée de la suite ?

 

Le vigneron ici doit-il encore se poser des questions de son individualité ?

 

Daniel Arasse me sauve une nouvelle fois :

 

Le Détail : Pour une histoire rapprochée de la peinture

 

« Il y a deux autres façons de cadrer le détail, bien qu’il échappe toujours. Je me sers de l’italien, qui souvent rend les choses très claires. Il y a d’abord le détail particolare particolare, le détail de quelque chose de représenté, un endroit particulier de la chose représentée. Par exemple la croûte dans un morceau de pain est un particolare. Il existe dans la tableau comme détail de la chose représentée. L’autre, c’est ce que l’italien appelle le dettaglio, « détail » en français, qui implique quelqu’un qui découpe, comme de la viande au détail, comme le boucher qui découpe au détail. Il en va de même pour un tableau. Tout spectateur détaille son tableau, il le découpe. Quand vous regardez un tableau ou une photo, vous avez certainement une vue d’ensemble, mais qu’est-ce que l’on voit quand on voit l’ensemble ? J’aimerais le savoir. On perçoit l’ensemble, mais quand on commence à regarder, l’œil va s’attacher à certains éléments. Il va non pas découper physiquement, mais isoler, mettre en relief, avec une zone de flou autour, des éléments qui sont des détails. Mais ce ne sont plus les mêmes que les premiers. Ce sont à présent les détails, produits par chaque regardeur ou regardant de tableaux. »

 

Alors plutôt du côté particolare Mont de Milieu avec ses raisins régulièrement millerandés, et du côté dettaglio une vigne travaillée grâce à Valérie  dont le sol est entretenu par le labour des chevaux de Cyrille Prestat, travaillée proprement en bio, vendangée à la main, et dont les jus sont maintenant en fûts et dans une amphore.

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 06:00

Nicolas Righetti/Lundi13.ch pour Le Temps

Le toujours bien informé, PAX, s’en pourléchait d’avance les babines, le camarade Jancou, après avoir posé son baluchon au Café des Alpes à Chatillon-en-Diois, reprenait la route, passait la frontière, retournait au bercail, ou presque, pour aller s’installer à Genève. Il se voyait déjà attablé, face à une belle bouteille de vin nu, dialoguant avec l’ami Pierre sur ce retour aux sources.

 

 En temps réel le Temps de Genève m’informe sur l’enfant prodige - On écrit « prodige » : selon notre dictionnaire, « prodige » (p R O d i Z @) vient du latin prodigium «événement prodigieux, chose merveilleuse»). Ce substantif masculin désigne ainsi un « phénomène extraordinaire auquel on attribue une cause surnaturelle ». Depuis le XVIIème siècle, par extension, le mot « prodige » qualifie également la « personne qui, par ses talents, ses qualités (ou ses défauts) est un individu hors pair ». De là est née la locution « enfant prodige », c’est-à-dire l’enfant qui est très doué, ou précoce. La juxtaposition de « enfant », dont la jeunesse est souvent synonyme d’apprentissage et de naïveté, et de « prodige » fait d’autant plus ressortir le caractère exceptionnel de cet enfant – ne pas confondre avec « enfant prodigue » de la Bible dans la parabole de l’Évangile (Luc, XV, 11-32) ICI 

 

Le Retour

 

Après avoir fait le tour de la question hexagonale et n’ayant plus besoin de fuir un pays qu’il a longtemps assimilé aux traumatismes d’une enfance difficile, Pierre Jancou est prêt à fouler de nouveau le sol helvétique. « Même si la Suisse a longtemps été la corde sensible de ma vie, il fallait que je ferme le chapitre de la France. Tout ce qui m’ennuyait en Suisse étant jeune m’attire aujourd’hui. Je suis enfin en paix avec mon passé. » Malgré des réglages de dernière minute – le technicien de la caisse enregistreuse en retard, le téléphone qui ne marche pas, la terrasse encore à l’état de forêt vierge et l’artiste peintre sur son échafaudage occupé à terminer la fresque du plafond dans les mêmes tons pastel que les ciels de Claude Monet – l’ouverture se fait comme prévu. Le contenant est aussi pur que le contenu. La philosophie de l’établissement correspond à celle du maître des lieux: une cuisine brute, naturelle, spontanée, d’inspiration bistrot et surtout très orientée autour du produit.

 

Pierre Jancou est un joyau rare – un diamant au cœur tendre et au talent pur. Certains passent toute une vie à chercher ce supplément d’âme, cet indéfinissable charme et cette petite flamme. L’instigateur suisse de la cuisine brute a tout cela. Infaillible, incassable, indomptable, inclassable et qui plus est ingérable à une certaine époque, il apparaît aujourd’hui assagi et en paix avec ses démons. Longtemps en quête de stabilité, cet orphelin, qui a soufflé ses 50 bougies le 31 août lors de l’ouverture de son nouveau restaurant à Genève, est plus que jamais en phase avec son personnage et ses véritables aspirations. Découverte d’un être libre et sauvage, aussi attendrissant que tranchant, qui ne peut laisser indifférent

 

La suite :

 

Pierre Jancou. — © Nicolas Righetti/Lundi13.ch pour Le Temps

 

Pierre Jancou, cuisinier: «Tout ce qui m’ennuyait en Suisse étant jeune m’attire aujourd’hui» ICI 

Pierre Jancou ouvre son lieu à Genève

Le chef franco-suisse a réuni son «équipe de rêve» pour concocter une carte 100% helvétique dans les murs de l’ancien Tablar. ICI 

Svante Forstorp?

 

Des origines suédoises pour un itinéraire nomade, qui l’emmène de Rome aux Etats-Unis, via plusieurs brigades étoilées, de Charlie Trotter’s à la Gramercy Tavern de Michael Anthony. Avant de bifurquer sur Paris, où il épouse l’univers de la bistronomie et des vins vivants, aventure qui le réunit avec Pierre Jancou, époque Vivant Cave, puis Achille, époque bistronomie, caves à manger, bars à vins nature, nouveaux modèles à inventer.

 

Une carte créative et versatile

 

A ses côtés en cuisine, Johanna Solal a vécu une première vie dans l’univers du design textile et de la mode, avant de se reconvertir et de se former auprès de Taku Sekine et sa formidable équipe de Dersou, à Paris. Enfin, Jonas Bolle, le plus jeune et le plus Genevois de la tribu, est passé par l’Ecole hôtelière de Vieux-Bois et quelques excellentes adresses, dont le Bleu Nuit voisin. La salle, elle, est gérée par David Benichou, autre passionné de vins et complice de longue date de Pierre Jancou; le duo se charge de l’accueil et de la cave – quelque 220 références, dont une bonne partie en crus naturels. «C’est une équipe de rêve, commente celui qui l’a réunie, soudée, une famille avec ses individualités fortes et complémentaires.» Une équipe au fonctionnement aussi horizontal que possible.

NATÜRLICH

Restaurant et Bar à Vin
Rue de la Coulouvrenière 38, 1204 Gèneve

ouvert du lundi au vendredi
midi et soir
+ 41 (0)22 320 15 05

Réservations

à partir du 31/08/2020

 

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