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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 06:00
Philippe CARA COSTEA - Peinture - L'orchestre rouge

Philippe CARA COSTEA - Peinture - L'orchestre rouge

Je sature !

 

Trop c’est trop !

 

Quand est-ce qu’ils vont cesser de nous saouler, de nous les briser, avec l’excellence du millésime 2016 dans l’enclave de Bordeaux… Voilà même que le Figaro titre : Le rayonnement du millésime Bordelais dépasse-t-il ses frontières ?

 

Bordeaux, Bordelais, comme si cette vieille ville girondine regroupait tous les ceps de vigne de la Gironde, mais où sont donc passées les appellations !

 

Sans faire un affreux jeu de mots : tous comme une bande de moutons !

 

Ras-la-coupe, je donne la parole à « Edouard Minton [qui] est l’un des plus illustres représentants de cette caste privilégiée de la bourgeoisie bordelaise (le courtier), enracinée depuis des siècles dans le quartier qui porte son nom : les Chartrons. »

 

Vous allez voir, c’est drôlement plus enlevé que la prose pesante d’un pisse-copie de la Toile ICI

 

Dans sa Peugeot, Edouard Minton notre courtier, suit la route du Médoc car il a rendez-vous à Mouton (un Chartronnais ne dit jamais château devant le nom d’un cru et pratique l’abréviation : Las Cases ou Lafite comme le NAP dit Roland pour Roland Garros) avec le baron Philippe de Rothschild. «En fait, les courtiers bordelais se voyaient davantage convoqués qu’invités. Ils n’avaient à choisir ni le jour ni l’heure, fussent-ils déjà pris ou grippés»

 

Sa remontée vers Mouton nous vaut, lorsqu’il passe devant l’entrée du Prieuré-Lichine, à un « Ah, celui-là ! Quel type ! En voilà un autre qui ne manque pas de culot ! Il a débarqué dans le paysage comme un crieur de journaux dans une librairie ancienne. Et ces monstrueux panneaux publicitaires qu’il a plantés un peu partout au bord des vignes... Les grands crus n’ont pas besoin de réclame populaire. Il se croît dans la vallée du Rhône ! « Dégustation-vente à toute heure ». Tout de même, il faut de l’aplomb pour appeler un cru « prieuré-lichine ». Drôle d’œcuménisme. »

 

Pour situer le personnage, c’est un intégriste de l’église réformée qui, «en son for intérieur, n’aimait ni les catholiques ni les juifs ; quoiqu’il supportât leur compagnie avec civilité pour les nécessités du commerce.»

 

Des manières un peu raides, une éducation parfaite, une façon de parler « imitable à cause d’un très léger bégaiement qui pouvait passer pour une recherche du mot juste et à cause de sa prononciation particulière des « t », mouillés à l’anglaise », toujours vêtu avec sobriété, « souvent en costume trois-pièces anthracite et richelieus noirs du meilleur cirage ».

 

Madame « était née, Sluter, issue d’une lignée de marchands flamands dont l’installation à Bordeaux remontait au XVIe siècle » et « En trente-cinq ans de mariage, ils s’étaient tutoyés rarement, à l’occasion de disputes. Le changement de personne tenait lieu de changement de ton. Aucune invective, jamais, ne s’échangeait entre eux. » Bref, un couple uni, « malgré les incartades du courtier » et « quelques aventures passagères de son épouse. »

 

Leurs vacances dans leur villa du Pyla «s’assortissaient d’une tolérance qui convenait surtout au mari» quoique madame se dévouait parfois «pour déniaiser un garçon de bonne naissance». Le charme discret de la bourgeoisie des Chartrons donc !

 

L’auteur brosse avec subtilité, l’art et la manière d’exercer le métier de courtier de GCC.

 

« Le métier de courtier est à la fois lent et rapide. Il faut être à l’écoute du marché et le pressentir autant que possible en attendant l’heure de l’action. Il faut savoir téléphoner pour ne rien dire et se montrer omniprésent mais pas insistant. Il faut pouvoir foncer chez un acheteur en puissance, échantillons en main, muni d’un accréditif verbal mais indestructible de la part du vendeur.

 

Les arguments ne reposent pas tous sur la qualité du vin. Savoir que Bertrand de Plassac a réalisé un joli contrat au Canada, et qu’il est – si tant que faire se peut – heureux en amour et en famille, est un atout dans la manche que les maîtres du jeu utilisent à merveille.

 

Connaître les besoins d’argent d’un propriétaire ambitieux, au moment, où il convient le mieux de les satisfaire, constitue un avantage décisif.

 

Faire traîner l’établissement d’un bordereau, pour des raisons futiles mais réelles, est susceptible de provoquer une émulation bénéfique, à l’achat comme à la vente. C’est une question de dosage du temps. Car l’attente excessive peut se retourner contre vous. De même, la trop grande hâte est préjudiciable à l’image sérieuse de l’intermédiaire.

 

Le courtier est une ombre agissante, qui possède l’art de ne rien faire en donnant l’impression d’être indispensable, ou qui va plus vite que ses partenaires, grâce à un supérieur instinct de chien de chasse, pointer et retriever. »

 

« La Peugeot montait sans effort la petite côte arrivant sur le plateau de Beychevelle. De part et d’autre de la route, les châteaux Beychevelle et Branaire se regardaient en chiens de faïence. On ne sait plus trop comment le lopin de terre qui se trouve devant la grille principale d’entrée de Branaire appartenait à Beychevelle. Pour aller à Branaire, il fallait contourner la vigne et pénétrer par les communs. Les relations entre les deux vis-à-vis s’étant dégradées, Beychevelle mettait son linge à sécher devant la grille de fer forgé de Branaire. Edouard Minton pensa à la légende du duc d’Epernon, selon laquelle les navires passant devant le château devaient baisser leurs voilures en signe de salut. Maintenant, c’était « le duc » qui suspendait ses draps de lit au bord de la route ! »

 

C’était le bon temps !

 

Si vous me dites à qui appartenait cette belle plume je vous mijoterai un bon petit plat.

 

En attendant je vous offre la partition de l'Orchestre rouge, paroles et musique de JACQUES DUPONT ET OLIVIER BOMPAS…

 

« Quel est selon vous votre meilleur millésime ? » demandait un candide.

 

« Celui qui est à vendre », lui fut-il répondu. Histoire bordelaise bien connue. Nous approchions donc ce nouveau-né avec des accents circonspects. Vrai diamant ou verroterie ?

 

ICI

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 06:00
Parabole d’après-Pâques : la France aurait bien besoin ces temps-ci d’un anti-monte-lait !

Ceux d’entre vous qui ne le sauriez pas encore, depuis plus d’une semaine victime d’overdose je me suis placé volontairement en cellule de dégrisement politiqueje me suis donc mis en mode avion … je vis comme 1 réfugié en Corée du Nord… sauf que, dès que je sors je suis libre car, contrairement au bon vieux temps des démocraties populaires chères au cœur des communistes français, ma prison n’a pas de mur.

 

Vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien, je ne suis pas en manque, bien au contraire je jouis laissant aux excités de tous bords le soin de se crêper le chignon.

 

Étonnés par mon mutisme, mon indifférence sans arrogance, mes amis, après quelques vaines tentatives, du même tonneau que celles des piliers de bar « tu prendras bien un petit verre », me fichent une paix royale. Une jeune amie s’est exclamée :

 

  • Tu iras voter tout de même ?

 

  • Oui, bien sûr.

 

Nous entamons la dernière semaine de ce marathon électoral commencé dès les Primaires de la Droite et la folie sondagière exacerbée par les médias surexcités nous prédit une arrivée au sprint dans un mouchoir de poche de 4 des candidats.

 

Ça va bouillir comme le disait Zappy Max !

 

Bouillir est une notion qui a quasiment disparue au XXe siècle :

 

  • On ne fait plus bouillir le linge dans une lessiveuse en tôle galvanisée…

 

  • On ne fait guère bouillir du pot-au-feu…

 

  • On ne boit plus du café qui avait bouillu toute la journée sur le coin de la cuisinière…

 

  • On ne fait bouillir le lait pour occire les microbes vu qu’on achète du lait mort.

 

Séquence souvenir du Bourg-Pailler :

 

Le matin, avant de partir à l’école, alors que je trempais mes tartines de beurre dans ma tasse de cacao, les bonnes défilaient devant moi avec leur bidon de lait en métal muni d’une poignée en bois. Ça caquetait, ça cancanait, le lait tout juste sorti du pis des vaches du pépé Louis était tout chaud et tout moussu dans le grand seau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant l’aire des Frigidaire il fallait vite le faire bouillir !

 

C’est alors qu’une fois refroidi il se couvrait d’une épaisse croûte jaune (plus ou moins jaune selon la saison) : la peau du lait.

 

Mais faire bouillir le lait c’était prendre le risque de son débordement, c’était la terreur des plaques bien lustrées de la cuisinière et l’odeur de lait brûlé n’était pas du meilleur effet pour les ménagères pas encore libérées.

 

Sauf qu’il y avait l’anti-monte-lait !

 

« C’était une sorte de soucoupe ourlée d’un rebord, avec, sur chaque face, une sorte d’encoche. Les plus anciens étaient en porcelaine, les modernes, en verre estampillé « Pyrex ». Comme on ne sait pas trop bien pourquoi le lait déborde si généreusement à l’ébullition (les protéines qui s’enroulent autour des bulles ? La tension de surface qui est perturbée par les lipides ?), il est vain d’imaginer que l’anti-monte-lait, dans sa grande simplicité, ait pu avoir des vertus physiques capables de conjurer la soudaine éruption. Non, l’anti-monte-lait, secoué par les tourbillons du lait près à bouillir s’agitait au fond de la casserole. Freinait-il le débordement ? D’aucuns l’affirment – sans preuve. En tout cas, il faisait cloc-cloc-cloc et, alertée par ce bruit caractéristique, une main venait couper le gaz. Sans elle, la catastrophe était inévitable. »

 

Qu’il était beau mon Meccano Jacques Gaillard

 

Mots-clés de la parabole :

 

  • débordement

 

  • éruption

 

  • tourbillons

 

  • casseroles

 

  • catastrophe

 

Suggestions à l’attention des candidats : distribuer des anti-monte-lait à leur effigie

Parabole d’après-Pâques : la France aurait bien besoin ces temps-ci d’un anti-monte-lait !
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 06:00
Rien pour faire bisquer qui vous savez : Embres&Castelmaure un jour, Embres&Castelmaure toujours !

Suis ainsi fait mes amis, suis fidèle en amitié et ce ne sont pas les coups bas d’un aigre renégat qui me feront changer d’avis.

 

C’est Catherine Bernard ma vigneronne préférée qui m’avait branché sur la coopé, ce n’est pas tout neuf, dix ans déjà, le 23 juin 2007 je chroniquais : Embres et Castelmaure la coopé des 12 apôtres 

 

Par la suite j’ai beaucoup écrit sur Embres&Castelmaure, la coopé du village, je ne vais pas vous infliger la liste de mes chroniques. Si ça vous dit, inscrivez dans le petit rectangle tout en haut du blog intitulé Rechercher soit Embres&Castelmaure, soit Patrick Hoÿm de Marien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le camarade président Patrick Hoÿm de Marien, grand président de la coopé est, au fil de mes chroniques, devenu un ami. Il était toujours flanqué d’un porte-serviette vibrionnant, se poussant du col, le genre à s’attribuer toutes les médailles de la réussite de la coopé qui, il faut le noter, avait fait une belle percée jusque chez les bobos parigots. Chantre du village, tel Assurancetourix, barde de la France profonde, pourfendeur des marchands du temple en vieux pull cachemire, notre homme avait de grandes ambitions culinaires.

 

En attendant son apogée, il passait jalousement les plats pour le président Patrick Hoÿm de Marien, et c’est ainsi que le 15 septembre 2009 il me transmettait les réponses aux 3 Questions à Patrick de Hoÿm de Marien, le hobereau révolutionnaire d’Embres&Castelmaure, la photo de son idole de l'époque est bien sûr de lui.

 

Je présentais ainsi ce président d’un autre type qui détonnait nettement dans l’univers des coopés des Corbières :

 

L’homme est un seigneur, de cette aristocratie qui force le respect car elle tire sa supériorité, non de privilèges, mais de son action. Dans la galaxie postsoviétique des présidents de la coopération audoise, avec son allure à la de Staël, P.H.M jette comme un trait de blanc de kaolin sur leur grisaille. L’homme cultive aussi une forme d’insolence, policée dans ses mots mais luxuriante, provocante, dans ses choix de taggueur pop’art. Osez, osez Joséphine chantait Bashung, dans le scepticisme du Languedoc, dans ce bout du monde des Corbières, Patrick de Hoÿm de Marien et son équipe, au lieu de s’abouser, se sont affanés, « du courage, du courage... »… comme le chante la Grande Sophie avec ce qu’il faut de patience, d’intelligence des choses et des gens, de ténacité pour nous offrir des couleurs pleines de bonheur.

 

Lire la suite ICI

 

3 Questions à Patrick de Hoÿm de Marien, le hobereau révolutionnaire d’Embres&Castelmaure

 

Et puis un jour, patatras, les grandes ambitions du gâte-sauce se noyèrent dans la mégalomanie de ses ambitions. Adieu, belle vaisselle chinée, tout le tralala financé par les sous de la coopé, clap de fin : la débandade, sa chose lui échappait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est ainsi que le village, si longtemps encensé, se retrouva peuplé de gens mal votants, la coopé qualifiée de kolkhoze géré par un directeur obtus, le genre « technicien de Chambre d’Agriculture » sic, quant au grand président il était jeté au bas de la stèle érigé par le petit Beria, en fait ce n’était rien qu’un roi fainéant adepte du laisser-faire.

 

Le début de la fin donc pour Embres&Castelmaure qui ne pourrait survivre sans son petit guide qui soudain proclamait qu’il avait prêché dans le désert la bonne parole d’une autre viticulture.

 

Tout ce blablabla auto-justificateur, seriné, sent le réchauffé, la rancœur recuite, et le mépris du fameux petit peuple maintenant vanté par l’exilé.

 

Bref, même si je suis un grand amateur de vins nus, que je milite pour le propre dans les vignes, il n’est pas dans mon ADN de stigmatiser les paysans, de leur dicter mes choix, je préfère convaincre plutôt que d’imposer…

 

Alors lorsque mercredi dernier, sortant de mon déjeuner hebdomadaire chez Giovanni Passerini, je suis entré chez la caviste qui lui fait face, mon œil a intercepté de suite le flacon de rosé de la coopé.

 

Dans ma petite Ford d’intérieur je me suis gondolé en pensant au pourfendeur attitré de la coopé qui voue la même aigreur pour elle comme pour les vins nu. En effet, le lieu était un repaire de vins nus, et le flacon du kolkhoze d’Embres&Castelmaure y trônait.

 

La double peine !

 

La semaine Sainte débutait et je ne pouvais m’empêcher de jouir de ce beau pied-de-nez, de n’être point charitable, de jeter du sel sur la plaie vive du rejeté…

 

Allez les gars de la Coopé un petit effort pour me faire plus encore plaisir !

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 08:00
CHAP.18 cabinet noir, nous avions entre les mains tout ce qu’il fallait pour faire couler le soldat Fillon.

Depuis des mois j’ai brodé, fait comme si, lancé des leurres, vous ai enfumé, j’ai omis de vous dire.

 

Ne pas dire, est-ce mentir ? Dans le temps où nous vivons, pour la plupart des gens, le mensonge est inadmissible, déformer la réalité ou inventer une histoire, c'est quelque chose d'inacceptable.

 

Mais qu'en est-il pour le mensonge par omission?

 

Pour certains, ce n'est pas vraiment un mensonge, puisqu'on ne parle pas, on ne ment pas: on « oublie » juste de dire quelque chose. Donc cacher n'est pas vraiment mentir, c’est oublier d’en parler. Puisqu’on ne dit rien, on élude la chose, on fait comme si elle n'existait pas. On ne ment pas vraiment directement, on évite juste d'en parler, c'est une dissimulation de la vérité.

 

« Lorsque les gens disent qu'ils veulent la vérité, la transparence, ils mentent »

 

Le citoyen des sociétés modernes vit dans cette contradiction permanente et les politiques savent en tirer le meilleur parti : « d'un côté les électeurs disent exiger le parler vrai, dénoncent la langue de bois ; de l'autre, ils renvoient à leurs chères études les candidats trop honnêtes pour leur faire miroiter des promesses dont ils savent qu'elles seront sans lendemain. » Contradiction normale puisque c'est dans la sphère privée que le mensonge s'épanouit avec le plus de facilité et de luxuriance. Mais comme la sphère publique est exposée à nos regards, nous sommes intransigeants avec le personnel politique.

 

Vous dire quoi ?

 

Au soir du premier tour de la Primaire de la Droite il était patent que l’opération Chartrons se soldait par un échec patent. Certes nous avions éliminé le Sarko mais du fond de la Droite rance Fillon se voyait promettre un boulevard dans la future élection présidentielle.

 

« Somme toute, quand on se plante dans la vie, il y a toujours deux interprétations, deux responsables possibles : soi ou les autres.

 

Parlons de Juppé :

 

« Enfin il y a l’essentiel, il y a le tempérament d’Alain, qui n’a pas écouté, qui n’a pas su s’entourer comme il le fallait, qui n’a pas su sortir de lui-même, qui n’a pas voulu se travestir pour l’emporter. Au mois de septembre, lorsqu’Isabelle et quelques proches, conscients du risque qu’induisaient les débats télévisés, lui ont conseillé de se faire « coacher », Alain a dit non. Définitivement. Il ne voulait pas manger de ce pain-là, refusant de se transformer en candidat de la communication politique, qu’il méprise depuis toujours.

 

Nous savions tous qu’il n’était pas fait pour jouer à l’escrime des mots et des postures jetées à l’emporte-pièce du grand public. Nous savions tous qu’il ne saurait pas tourner à quatre cents mots de vocabulaire « coups de poing », là où son langage habituel avoisine les trois mille, dans la dentelle de concepts peu audibles en une poignée de minutes télévisuelles. La suite de l’histoire l’a démontré.

 

La conjoncture a décuplé les faiblesses d’Alain. Il entendait dire de toutes parts qu’il serait vainqueur depuis si longtemps, qu’il a fini un peu par y croire, sans remettre en cause ni ce à quoi il croyait, ni son positionnement politique, ni rien d’autre d’ailleurs. Il ne voulait pas voir que l’essentiel de son entourage ne le contrait pas, ne le plaçait pas en situation de doute, d’interrogation,, alors que chacun était témoin de la montée du candidat Fillon depuis le mois d’octobre. Une autre lecture consisterait à affirmer qu’Alain n’a pas recruté suffisamment de profils opposés au sien. Elle est juste.

 

Il n’entrevoyait pas ou ne corrigeait pas les impairs, les imperfections de certains membres de son équipe, chacun s’exprimant dans les médias sans élément de langage, y compris dans l’entre-deux-tours. Résultat, le candidat est monté au créneau pour mordre son adversaire, tandis que seul son cercle aurait dû le faire, afin de lui éviter d’être pris pour cible. Même le b.a.-ba de la politique n’a pas été respecté.

 

Si les mots qu’il n’a prononcés dans l’entre-deux-tours peuvent se discuter, ils n’expliquent pas sa défaite. Tout s’était joué avant. »

 

Gaël Tchakaloff Divine Comédie

 

Juppé pour moi était le meilleur candidat de second tour face à la MLP. Fillon au profil de droite dure ne me séduisait guère. Avec ma petite équipe de fouilles-merde j’aurais pu baisser les bras, laissé tomber, sauf que nous avions entre les mains tout ce qu’il fallait pour faire couler le soldat Fillon.

 

C’est que nous avons fait avec méthode et précautions…

 

L’heure n’est pas encore venue de narrer cette aventure, le sera-t-elle un jour d’ailleurs, je ne sais, qui vivra verra…

 

 

Robert Bourgi a, pour sa part, quelque chose à reprocher à François Fillon. Interrogé par Mediapart ce vendredi 14 avril, l'avocat raconte avoir subi "des pressions d'ordre politique" après les révélations du Journal du Dimanche sur les costumes de l'ancien Premier ministre. Et ces pressions ne venaient pas de nulle part. Elles venaient directement de François Fillon. "Dans le camp de M. Fillon et venant de M. Fillon lui-même, on voulait que je participe à la dissipation de tout doute autour de cette histoire, sur laquelle je crois pouvoir dire que je détiens la vérité", commence Robert Bourgi, avant d'ajouter :  

Je l’ai eu personnellement à plusieurs reprises. Et à plusieurs reprises, il a fait appel à ma solidarité de gaulliste. […] François Fillon et sa très grande papesse de la communication, Anne Méaux, ont souhaité que je ne dise rien concernant l’identité de la personne qui a offert les costumes : moi. L’un et l’autre m’ont appelé dès le samedi après-midi [la veille de la publication du JDD – NDLR] pour que je ne dise pas que c’était moi. Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont dit : 'Tu sais, c’est la Françafrique, on va penser que… '. Mais qu’est-ce que la Françafrique a à voir avec cela ? Par conséquent, j’ai été contraint pendant une semaine de mentir.


« Les grands acteurs ne recherchent pas l’épanouissement, figurez-vous, ni les plaisirs. Le bonheur n’est pas le but. Ils cherchent le gant de crin plus que la caresse, le silice plutôt que la soie, l’humiliation plus que les vivats. C’est pour ça qu’on les appelle monstres »

 

Gilles Leroy Dans les Westerns

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 06:00
La Corse Michel Rocard, Pierre Joxe et moi… je soutiens la vérité de Sylvie Rocard-Pélissier née Emmanuelli…

« Michel pensait que l'on avait été un peu injuste avec la Corse et lorsqu'il était à Matignon il espérait s'occuper de la Corse. M. Joxe, ministre de l'Intérieur et ami du président de la République, lui avait fait savoir: « La Corse c'est moi ! ». Le dossier s'était refermé pour Michel à cette époque-là, mais il l'avait toujours regretté. »

 

C’est ce que dit Sylvie Rocard dans un entretien à France 3 Corse ViaStella au moment où les cendres de Michel Rocard ont été inhumées le jeudi 2 mars à Monticello en Balagne, village d'où son épouse est originaire.

 

Je ne vais pas me pousser du col mais j’ai participé à tous les Conseils interministériels sur la Corse, j’étais le seul non Ministre à la table (privilège que m’accordait Michel Rocard avec qui j’avais collaboré lorsqu’il était Ministre de l’Agriculture). Je pilotais le volet agricole du dossier corse, qui pesait lourd. Je me rendais au moins une fois par mois sur l’île.

 

Le 1 août 2006 j’écriais dans une chronique :

 

« Je me souviens du préfet Thoraval, un grand bonhomme nommé par Charles Pasqua, il me jaugea, la connection se fit et bien plus tard, alors qu'il était devenu président du Secours Catholique, dans le bus 68 nos regards se croisaient;

 

Je me souviens du DRAF louant un hélicoptère pour me faire découvrir l'île vue du ciel : un choc ! Nous en profitâmes pour rendre visite discrètement à deux éleveurs. J'étais déjà infréquentable;

 

Je me souviens de ce petit c... de Filidori, avec ses petites lunettes, son mépris, me traitant de valet du pouvoir colonial au nom de la Confédération Paysanne ;

 

Je me souviens des bureaux de la Chambre d'Agriculture calcinés, un moyen sûr de faire taire les disques durs des ordinateurs ;

 

Je me souviens de Lucien Tirroloni, le président de la Chambre que j'aimais bien, assassiné sur un trottoir ;

 

Je me souviens des Comités Interministériels avec Michel Rocard, j'ouvrais mon clapet en plantant mon regard dans celui de Pierre Joxe dont les sourcils broussailleux me rappelaient le maquis;

 

Je me souviens du préfet de police d'Ajaccio négociant ma sécurité avec les chefs du Canal à propos d'une émission en direct sur France 3 Corse entre 22H et minuit;

 

Je me souviens d'un Préfet de Région nommé pour faire du développement économique, bon petit soldat jeté dehors qui s'épanchait dans mes bras sous la voute du salon de la Préfecture en écoutant un opéra de Verdi ;

 

Je me souviens des gilets pare-balles qui venaient me cueillir au bas de la passerelle sur le tarmac de Campo del Oro lors de mes derniers voyages »

 

EXTRAIT du journal Le Monde du jeudi 24 octobre 2002 : Pierre Joxe a témoigné devant le juge en juin.

 

« Ministre de l'intérieur de mai 1988 à janvier 1991, Pierre Joxe, aujourd'hui membre du Conseil Constitutionnel, a été interrogé le 28 juin en qualité de témoin par le juge Duchaine. « Comment expliquez-vous sue l'Etat ait pu consacrer plus de 440 millions de francs à la mesure [Nallet], alors que l'enveloppe prévue était de 185 millions ?" lui a demandé le magistrat. » Les dépassements de crédits sont fréquents, a répondu M. Joxe. Ils sont votés annuellement, ils peuvent être reconduits d'année en année ou augmentés par décision budgétaires ou par transfert interne. » Questionné sur le témoignage du directeur de cabinet au ministère de l'agriculture à cette époque, Jacques Berthomeau, pour qui le dossier avait été « piloté par Matignon (...) et co-piloté par Pierre Joxe », il indiqué : « C'est exact que j'ai co-piloté ce dossier, puisque, même si Rocard s'y intéressait beaucoup, il m'a délégué et soutenu dans l'élaboration du statut pour la Corse. M. Berthomeau, qui avait déclaré qu'il voyait « mal un préfet aller chercher ses ordres ailleurs qu'auprès de M. Joxe », s'est attiré cette réplique : « Si Berthomeau voit mal, je n'y peux rien. »

 

Sylvie Pélissier née Emmanuelli a raison !

 

Elle revient sur aussi sur la soudaine décision de Michel Rocard :

 

Lorsque... il y a quelques temps nous sommes venus au village (...) je l'ai emmené au cimetière et je lui ai dit: « Tu sais c'est là que je jouais quand j'étais petite ». J'adore ce cimetière, ce n'est pas triste du tout (...) et quand il a vu cet endroit il m'a dit: « C'est magnifique, je viens avec toi. »

 

Je m’y suis rendu cet été ICI Ma supplique pour être enterré dans le cimetière sur les hauts de Monticello…

 

J’y retournerai bientôt.

 

Corse-Net Infos raconte la cérémonie d'inhumation :

 

C'est sur le stade de Monticello, que le Puma de l'armée de l'air s'est posé peu après midi avec à son bord le président de la République François Hollande.

 

Le chef de l'Etat s'est aussitôt dirigé vers Hyacinthe Mattei, Maire honoraire et son fils Joseph Mattei, maire de la commune, pour une franche accolade, avant de saluer quelques personnes, et de s'engouffrer dans une voiture pour se diriger vers le cimetière communal où devait se dérouler la cérémonie d'inhumation des cendres de l'ancien premier ministre Michel Rocard, grand serviteur de l'Etat, décédé à Paris en juillet 2016.

 

Une cérémonie qui se déroulait dans la plus stricte intimité, en présence de sa veuve Sylvie Pélissier née Emmanuelli et d'une vingtaine d'invités.

 

 

 

 

 

 

 

Parmi eux, conviés par la veuve, Gilles Simeoni, président de l'Exécutif et son père Edmond Simeoni, Jean-Guy Talamoni, président de l'assemblée de Corse.

 

Devant la stèle recouverte du drapeau tricolore, François Hollande s'est longuement recueilli, avant que l'épouse de Michel Rocard ne prenne la parole.

 

Emue, mais fière de cet hommage rendu à son époux défunt, Sylvie lisait des passages de cette lettre que Michel Rocard avait intitulé «J'irai dormir en Corse».

 

« Le temps viendra bientôt, pour moi, comme pour tous, de quitter la compagnie des vivants.

 

Sylvie, ma dernière épouse, m’a fait, le temps de ce qui nous restait de jeunesse, redécouvrir l’amour, puis surtout rencontrer sérénité, tranquillité, confiance, le bonheur tout simplement.

 

A son père adoptif corse, elle doit le sauvetage de son statut social, mais pas l’affection. Elle lui doit pourtant un lieu, celui de ses joies d’enfant, de ses premières et longues amitiés, de l’exubérance de la nature, de sa beauté et de ses odeurs, au fond le lieu de son seul vrai enracinement.

 

C’est un village, Monticello en Balagne.

 

A Monticello, le cimetière est plein. Ne restait dans la partie haute, au-delà des caveaux, qu’une micro parcelle trop petite pour une tombe, suffisante pour deux urnes, au ras de la falaise. Arbres et tombeaux, tout est derrière nous. L’un des plus beaux paysages du monde. Et puis bien sûr, qui dit cimetière dit réconciliation…

 

Le grand Pierre Soulages s’est chargé de pourvoir à ce que les objets à placer là, une urne puis deux, un support, une plaque puis deux, magnifient la beauté du lieu plutôt que de la déparer.

 

A l’occasion, venez nous voir, me voir : il faut garder les liens. Peut-être entendrez-vous les grillons, sans doute écouterez-vous le silence… A coup sûr la majesté et la beauté de l’endroit vous saisiront. Quel autre message laisser que de vous y convier ?"

 

Aujourd'hui, cette volonté de ce grand homme qu'était Michel Rocard est respectée. C'est face à l'Ile-Rousse, où il comptait beaucoup d'amis que Michel Rocard veille sur les siens.

 

Jean-Guy Talamoni, Gilles Siméoni, Edmond Siméoni se sont également exprimés au cours de cette cérémonie.

 

Chacun a rappelé l'attachement de Michel Rocard pour la Corse.

 

« C’était un visionnaire, un ami de la Corse ».

 

François Hollande a pour sa part rappelé l'attachement à la paix de Michel Rocard et son attachement pour la Corse avant d'avoir des mots chargés d'affection et de tendresse.

 

Moment intense d'émotion lorsque le groupe Meridianu chantait "Canta", avant d'entonner le "Dio vi salvi regina" qui résonnait dans le ciel.

 

Désormais, comme il l'a toujours souhaité, Michel Rocard est chez lui à Monticello, près des siens.

 

Le président de la République devait poursuivre son périple corse vers Patrimonio.

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 06:00
Stéphane Le Foll fait son cinéma “La Négociation” avant de quitter le 78 rue de Varenne après son quinquennat.

Stéphane Le Foll, sa crinière grise au vent, sa mèche en bataille, son nœud de cravate en godille, sa gouaille, sa poignée de main facile, son tempérament de porteur d’eau, va achever dans quelques jours le bail le plus long d’un Ministre de l’Agriculture.

 

5 ans c’est long au 78 rue de Varenne où les emmerdes pleuvent comme à Gravelotte.

 

Il avait tout pour lui le Stéphane, une formation agricole, une bonne connaissance des dossiers européens, une implantation rurale, la simplicité, la pugnacité et pourtant, en dépit de ses 5 années à l’Hôtel de Villeroy, il ne laissera qu’une faible empreinte sur l’évolution de ce secteur en pleine mutation.

 

Le plus drôle, si je puis dire, c’est qu’il faillit être oublié par son mentor lors de la constitution du premier gouvernement Ayrault.

 

Stéphane est un grognard fidèle, qui aime avant tout la politique, il se serait bien vu à la tête du PS en lieu et place du palot Harlem Désir. Comme son maître, le père François, c’est un as du bricolage de la motion de synthèse ciselée jusqu’au petit matin, dans une salle enfumée.

 

Ce qui lui a permis de tenir si longtemps au Ministère de l’Agriculture c’est qu’en plus du maroquin traditionnel il cumulait celui du Porte-Parole du gouvernement. À chaque Conseil des Ministres, sur les dossiers chauds, il se retrouvait en première ligne, porteur de la parole officielle. Il aimait ça, toucher à tous les sujets, être au plus près du boss et avec son air bourru, ses saillies, le Stéphane s’en est plutôt bien sorti. Ses détracteurs à la FNSEA et à Droite, tout particulièrement Christian Jacob, le lui ont reproché en qualifiant de Ministre à mi-temps.

 

Mais il est un autre dossier sur lequel Stéphane Le Foll aurait bien aimé que l’on reconnaisse son mérite, son savoir-faire, son habileté c’est celui de la PAC. L’Europe, grâce à son mandat européen, c’était son terrain de jeu au Stéphane. Et, il faut le lui reconnaître, dans le grand souk qu’est devenu le Conseil des Ministres de l’Agriculture à 27, Le Foll a su tirer son épingle du jeu.

 

Le problème pour lui c’est que l’Europe c’est la mal-aimée, le bouc-émissaire rêvé, tout y est lent, compliqué, obscur, la France n’y pèse que le poids de ses voix et elle doit pour faire prévaloir ses points-de-vue nouer des alliances à géométrie variable. En dehors des spécialistes pas grand monde n’y comprends quelque chose.

 

Nous sommes bien loin du temps où l’Europe Agricole était géré par un club, un temps que j’ai connu avec Michel Rocard lorsque nous négociions l’élargissement de l’Europe à 12 à l’Espagne et au Portugal.

 

L’Europe tout court, la PAC étaient porteuses d’espoir, le discours était encore audible même si tout ce qui était bon était à porter au crédit du Ministre, ce qui n’allait pas à l’Europe.

 

Ce n’est plus le cas.

 

« Quoi de plus aride que la réforme de la politique agricole commune ? Et pourtant, le documentaire haletant “La Négociation” de Nicolas Frank se regarde presque comme une fiction.

 

« Aucune petite phrase ni promesse électorale, pas même un commentaire sur le feuilleton des affaires... La politique telle que Nicolas Frank la donne à voir a, par les temps qui courent, quelque chose de revigorant. « Le “vrai” travail des politiques. Ce qu’ils font quand ils ne sont pas en campagne, ou en train de se perdre dans les limbes de la “politique politicienne” », voilà ce qui intéresse le réalisateur de La Négociation, film que Télérama a choisi de proposer sur son site du 7 au 30 avril.

 

Isabelle Poitte dans Télérama écrit :

 

Sur le papier, son projet tenait pourtant du défi masochiste : rendre compte du long processus de réforme de la PAC (politique agricole commune), entrepris par le Conseil des ministres européen il y a cinq ans. Difficile d’imaginer sujet plus ingrat et infilmable… Pendant neuf mois, de juin 2012 à mars 2013, le documentariste (coauteur avec Bruno Joucla de Devenir médecin, récemment diffusé sur France 2) a suivi le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll au fil de ses rencontres avec ses homologues européens et des réunions avec ses conseillers. Il fait de leur travail patient, minutieux, le moteur de son film. Et c’est passionnant.

 

“Quand Stéphane Le Foll a donné son feu vert, les portes n’étaient qu’entrouvertes. J’ai dû montrer que je n’étais pas là pour rechercher la petite phrase. La confiance s’est installée peu à peu.”

 

Comme l’espérait son auteur, La Négociation « se regarde pratiquement comme une fiction ». Non sans un petit côté The West Wing à Bruxelles, avec ce qu’il faut de personnages charismatiques, de seconds rôles attachants et de rebondissements. Il y a même quelques moments cocasses, comme cette tentative d’approche ratée du ministre polonais, qui ne parle pas un mot d’anglais… Et la tension culmine dans l’ultime quart d’heure du film, lorsque les dernières tractations vrillent les nerfs de l’équipe jusque tard dans la nuit.

 

Cette matière riche, Nicolas Frank la doit à « la chance », mais surtout au tact déployé pour jouer les petites souris au coeur des stratégies et des jeux d’alliances. « Le montage ne donne pas cette impression, mais je n’ai pas eu les mêmes accès au début du tournage qu’au bout des neuf mois. Quand Stéphane Le Foll a donné son feu vert, les portes n’étaient qu’entrouvertes. J’ai dû montrer que je n’étais pas là pour rechercher la petite phrase, que je ne m’intéressais qu’à la PAC. La confiance s’est installée peu à peu. A la fin, je faisais partie du décor. »

 

Sans le moindre commentaire, le réalisateur réussit une autre prouesse en rendant limpides les aspects techniques du débat. Coup de chance, encore : certains membres du cabinet ministériel révèlent de vrais talents de pédagogues, décryptant en quelques phrases les enjeux de la « convergence des aides » ou de la « majoration pour les premiers hectares ». La France a un objectif clair : réorienter les aides de la PAC vers les plus petites exploitations, pourvoyeuses d’emplois, et soutenir l’élevage. Position qui se heurte d’emblée à la conception très productiviste de l’Allemagne ou des Pays-Bas.

 

La suite ICI

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 06:00
La Belle d’Argenteuil de Laurent Bérurier avec bel Épineuil de Dominique Gruhier c’est le pied !

Les asperges sont buttées dès que les premières pointes blanches apparaissent à la surface de la terre il faut les récolter. Si vous attendez deux ou trois jours, elles deviennent roses puis violettes au fur et à mesure de leur sortie de terre. Enfin, si vous appréciez les asperges vertes, attendez qu'elles atteignent une dizaine de centimètres.

 

Récolter l’asperge demande soin et précision, tout d’abord il faut dégager la terre qui entoure les jeunes pousses appelées turions, ensuite avec une gouge (outil en forme de cuillère très allongée) il faut descendre le long de l'asperge pour atteindre la griffe, puis imprimer un mouvement de bascule à la gouge pour détacher la tige de la griffe. Opérer avec précaution, pour ne pas abîmer les racines et pour ne pas casser l'asperge.

 

J’ai pratiqué car au Bourg-Pailler dans le jardin du pépé y’avait des asperges buttées.

 

Ça c’était le bon vieux temps, maintenant l’asperge de proximité il me faut l’acheter chez Laurent Bérurier, maraîcher dans le Val d’Oise (1), l’un des derniers producteurs de la Belle d’Argenteuil, investi par ailleurs dans la renaissance des espèces disparus des légumes d’Ile-de-France.

 

Lire ICI ma chronique du 13 mars 2016

Des nourritures spirituelles aux nourritures terrestres, d’Alexandre Benoît Bérurier à Laurent Berrurier… une histoire de légumes oubliés.

 

Je dois à la vérité d’écrire que je les achète à Terroirs d’Avenir rue du Nil à Paris.

 

« L’asperge d’Argenteuil est reconnaissable à sa couleur blanche, et ses turions quant à eux pourpres. Ses couleurs, elle les doit à son mode de production : enfouie sous terre, elle garde toute sa blancheur, et sa tête prend des éclats mauves en sortant légèrement de sa butte.

 

Avant de devenir populaire, l’asperge d’Argenteuil, devra attendre 1830 pour concurrencer l’asperge verte, alors réputée. C’est en effet à cette date que Mr Lhérault-Salboeuf commença la culture de l’asperge dans cette commune du Val d’Oise. Il créé ainsi une race sélectionnée : l’Asperge améliorée tardive d’Argenteuil. Cette asperge fut primée en 1878 lors de l’Exposition Universelle de Paris. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Une bonne asperge d’Argenteuil se reconnaît aisément à sa tête de couleur pourpre, et à son goût amer en bouche. »

Laurent Bérurier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les asperges d’Argenteuil, c’est toute une histoire :

 

Les paysans d’Argenteuil, dont les vignobles ont été décimés par le phylloxera, ont rétabli leur fortune en les arrachant et en plantant des asperges (un louis la botte !) Allant parfois jusqu’à 25 cm et de 6 cm de tour de taille, elles étaient bien connues des gourmands de Paris qui les préféraient charnues. La nomination «Argenteuil» dans un menu vous indiquera la présence d’asperges dans le plat – tout comme « crécy » vous renseignera sur les carottes, et « dubarry » sur les choux fleurs. On trouve encore des œufs brouillés « Argenteuil » et le potage « Argenteuil », mais, hélas, il n’y a presque plus d’asperges « Belle d’Argenteuil ». Seuls quelques producteurs de cette variété subsistent aujourd’hui en Ile-de-France mais aucun sur la commune même. Le Musée du Vieil Argenteuil garde encore quelques tiges dans des bocaux remplis de formol. Les asperges ont bien mérité cette gloire posthume, car c’est elles qui ont sauvé l’économie locale à l’époque. Il subsiste, dans le même musée, un ustensile en bois, mécanisme astucieux inventé par les locaux pour mettre les asperges en bottes exactement comme celles qui ont enchanté Edouard Manet. »

 

Lire la suite ICI 

 

Vous pouvez aussi consulter ma chronique du 20 avril 2011

 

ICI

 

Avec Marcel Proust et Édouard Manet, les asperges blanches sont de bonne compagnie, avec le vin aussi...

 

La ferme du Château

1 Impasse du Clos

95000 Neuville­‐sur-­Oise

tél : + 33 (0)1 34 86 03 87

Rue du Clos de Quincy, 89700 Épineuil, France

Rue du Clos de Quincy, 89700 Épineuil, France

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 06:00
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier

Lundi 11 h, faisait encore frisquet, je filais vers le nord à grandes pédalées. Mon fidèle destrier répondait présent en dépit d’une chaussée digne du Moyen-Âge. Notre maire ne fait pas de vélo sinon il y aurait moins d’ornières dans les pavés de Paris. Destination les Bouffes du Nord, un théâtre où je vais faire Buvette.

 

J’entre dans l’antre, une charmante jeune fille me demande :

 

  • Vous êtes restaurateur ?
  •  
  • Non, je suis agent double…
  •  

Blague à deux balles à part, mais saillie qui colle bien au petit monde des vins nus où l’agent est un personnage clé du biseness. C’est lui qui prospecte, place les vins des vignerons dans la restauration ou chez les cavistes, parfois les livre et assure l’encaissement. Pas de tout repos comme job.

 

Bien sûr, ma pomme n’en est point un, mon truc à moi c’est l’espion modèle guerre froide qui mange à tous les râteliers. Foin de l’idéologie, pour quelques dollars de plus changer de camp au gré du vent. C’est toute l’énigme de l’agent double : qui trahit-il vraiment ?

 

À ce stade vous allez penser que je suis totalement déconnant ?

 

La réponse est OUI,

 

en effet les jours coulent, s’écoulent, tranquilles, plus de ponts, de week-end prolongés, de réveil qui sonne, de lundi pourris, de vendredis interminables, de réunions vaseuses… ainsi va la vie d’un désœuvré qui vient d’adjurer sa foi en la politique.

 

Pour autant, personne ne peut me dire : « Tu t'laisses aller » comme le chantait en 1966, pas très charitablement pour sa moitié, Charles Aznavour.

 

Ma matinée en IMAGES

Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
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Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
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Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
Agent double un nouveau job à haut risque dans le milieu naturiste pour le Taulier
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Charlotte&Louis PEROT, Cahors

Charlotte&Louis PEROT, Cahors

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 06:00
Messieurs les Anglais tirez les premiers : Jay Rayner critique culinaire in The Observer défonce le Cinq, le restaurant de l’hôtel George V

Si vous maîtrisez la langue de Shakespeare allez droit au but et lisez la prose acide de Jay Rayner publiée dimanche dernier 9 avril dans The Observer. ICI C’est plus intéressant que de s’en tenir aux saillies les plus sanglantes.

 

Il n’empêche que le bougre n’y va pas avec le dos de la cuiller “It’s like eating a condom that’s been left lying about in a dusty greengrocer’s,”

 

Traduction du Courrier International :

 

Ma commensale grimace : « On a l’impression de manger un vieux préservatif oublié par terre au fond d’un magasin de fruits et légumes. »

 

C’est à propos de « La mise en bouche par laquelle on nous intime de commencer consiste en une bille transparente posée sur une cuillère : la chose, dans la vogue de la sphérification mise au point il y a vingt ans par Ferran Adriá dans son restaurant El Bulli [en Catalogne], ressemble à un implant mammaire en silicone taille Barbie. Quand elle éclate en bouche, la bille lâche une odeur de renfermé goût gingembre. »

 

Vu du Royaume-Uni. « Je n’ai jamais rien mangé de plus immonde » : récit d'un repas au George V

 

Lire ICI

 

La charge est lourde mais attention The Observer n’est pas un tabloïd de caniveau c’est le plus ancien des journaux du dimanche (1791) est aussi l’un des fleurons de la «qualité britannique». Il appartient au même groupe que le quotidien The Guardian mais est d’obédience libérale.

 

Sitôt posté sur mon mur face de Bouc cette chronique s’est attiré la réaction indignée d’une préposée à la défense de l’honneur outragé du chef Christian Le Squer : c’est toute la France de la Haute Cuisine qui serait blessée dans son honneur par cette charge outrancière d’un trublion de la perfide Albion.

 

À d’autres, le petit chroniqueur que je suis ne veut pas engager ses moyens pour aller vérifier les dires de Jay Rayner car la douloureuse « Meal for two, including service and modest wine: €600 (£520) n’est pas dans mes désirs du moment. Si vous souhaitez que je me dévoue pour faire le job rien ne vous empêche de vous syndiquer pour m’offrir un déjeuner au V.

 

Sans être un grand partisan de la descente en flamme du travail de qui que ce soit ce que j’apprécie dans le brûlot de Jay Rayner c’est la bouffée d’air frais qu’il me procure dans l’atmosphère de la critique gastronomique française ( et je ne parle de celle des vins, qui est pire) qui baigne dans l’encens et se complait dans la génuflexion.

 

Je mets de côté les multiples stipendiés qui sont à la critique gastronomique ce que sont les lasagnes Findus au cheval à la gloire de la cuisine des mammas italiennes…

 

Chez les autres, ceux qui se parent dans les habits de la vertu, tout n’est que louanges, courbettes et copinage… C’est lassant, inintéressant, sans angles, trop souvent du mou pour les chats…

 

Quant aux exégèses, commentateurs un peu branleurs de Face de Bouc, c’est dans la même tonalité : entre regret d’un soi-disant French-bashing post-Brexit et la défense des chichis pour nouveaux riches… ils me plongent dans une profonde hilarité.

 

Comme l’éloge à la vulgarité d’un luxe de pacotille…

 

Quant à aimer le pigeon à point ce n’est pas un goût de British mais celui de beaucoup de jeunes et jolies femmes qui n’apprécient pas le sanguinolent. C’est le droit du client et ça ne mettra pas en péril le génie du chef.

 

Avis de tempête pour les beaufs !

 

Enfin, rien n’interdit à un triplement étoilé de proposer dans sa carte des vins autre chose que des GCC avec plein de zéros derrière. Y’a tout ce qu’il faut en magasin, s’il ne choisit pas ces vins c’est par paresse ou bêtise.

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 06:00
Hubert de Boüard de Laforest le vigneron volant au sécateur d’argent étend son empire…

Il y a chez notre Hubert, à la crinière d’argent, un côté Charles Quint, souverain d'un empire sur lequel «le soleil ne se couche jamais»

 

« Présent tout au long de l’année sur les terres…, avalant des kilomètres, se glissant entre les rangs de vignes, Hubert de Boüard est resté près du terroir, à l’affut des conditions naturelles. Une discipline salutaire tant cette année 2016 a sans cesse surpris, à la vigne comme au chai, pour aboutir à un millésime de rêve

 

Version moderne de Red Adair, le pompier volant, notre Hubert... Il tire sa valise à roulettes avec prestance, saute de hub en hub, jongle avec les fuseaux horaires, confesse, conseille, donne l'onction, multiplie les vins...

 

Propriétaire d’abord, il est Angelus et quelques propriétés annexes, il est le féodal qui règne sur saint-émilion… ICI

 

œnologue-consultant, ensuite d’une flopée de propriétés sur tout ce que la terre compte de vignobles voir ICI 

 

Je passe sur ses multiples casquettes là où il faut être avec, cerise sur le gâteau, le Comité National de l’INAO.

 

Winemaker d’une année à Arsac « J’ai pris un immense plaisir pendant cette année, comprenant jour après jour les parcelles d’Arsac, puis goûtant les raisins et enfin décidant du meilleur moment de ramassage et choisissant une vinification qui permettait l’expression du meilleur de ce millésime. » ICI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis, ça devait arriver, le voilà enfin qu’il signe Vigneron la collection « Les Vins d’Hubert de Boüard »

 

En effet, ce cher Hubert qui s’ennuyait un peu entre deux avions, vient d’acquérir des terres avec un pool d’actionnaires afin d’expérimenter de nouveaux modes de culture.

 

Ce sera lui le boss, le vigneron aux manchons de la charrue, taillant ses vignes avec son petit sécateur…

 

Ha ! Le sécateur d’Hubert, il en parle dans sa bio officielle :

 

« À l’âge de 7 ans son père lui offre son premier sécateur pour aller tailler les ceps. Ses vacances se passent à travailler dans les vignobles et dans les chais de la région, quand d’autres fréquentent les cercles bordelais ou parisiens. »

 

Mais ce sécateur sur l’étiquette de la collection « Les Vins d’Hubert de Boüard » il a un air du sécateur d’Alice et d’Olivier de Moor sur les leurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous me direz, un sécateur est un sécateur, mais son association avec l’appellation vigneron pour désigner notre Hubert de Boüard de Laforest ça sent un poil l’ «usurpation » de titre.

 

Lui, si sourcilleux en matière du droit des marques à propos de la sienne ICI, qu'il utilise parfois bien abusivement, son Angelus confisque sans vergogne l’image d’un vrai vigneron, qui lui, bosse de ses mains dans ses vignes, quelle impudence !

 

Hubert ne recule devant rien, même le ridicule!

 

Mais laissons là notre vigneron-volant qui, comme la Merluche, va devoir multiplier ses interventions grâce à un hologramme, pour nous intéresser à ses nouvelles vignes :

 

« Côté blanc, on y trouvera du chardonnay en AOC IGP de l’Atlantique, et du sauvignon en AOC bordeaux, pour une production de 20000 bouteilles chacun.

 

Pour les vins rouges, 2017 va voir la plantation de merlot (60000 cols prévus), avant l’arrivée d’une parcelle de syrah en 2019 pour produire 7000 cols. »

 

Le merlot et le chardonnay sont plantés avec une forte densité, à plus de 9500 pieds/hectares, tandis que le sauvignon est à 6000 pieds/hectares. La production totale sera légèrement supérieure à 100000 bouteilles.

 

Elles ne seront pas commercialisées par l’ensemble de la place de Bordeaux, mais confiées à deux négociants partenaires sélectionnés pour la qualité de leurs réseaux. En optant pour deux cépages exogènes (chardonnay et syrah), Hubert de Boüard s’affranchit des codes bordelais tout en s’inscrivant dans une dynamique liée au réchauffement climatique. »

 

Céline Vuillet (VSB 1598 du 7 avril 2017)

 

Quel homme, j’en suis tout esbourriffé !

 

J’oubliais, un grand critique bordelais, celui qui ne peut pas piffer les courtiers, déclarait sur Face de Bouc après avoir bien bâfré dans les châteaux « En France bientôt aux alentours de 15 Euros pour le Sauvignon 20 Euros pour le chardonnay. C'est superbe. »

 

Ça ne pouvait qu’être superbe, tout ce que touche Hubert est d’or, sauf son petit sécateur qui lui est d’argent…

 

 

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