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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 06:00

RAY

L’audition de Jamie Foxx par Ray Charles (2004) ICI

Le couvre-feu qui a fermé les salles de ciné me précipite certains soirs devant mon écran plat pour voir ou revoir des films. Je branche, je cherche, je trouve parfois.

 

Ainsi RAY

 

2004 Etats-Unis Réalisé par Taylor Hackford 2h32 avec Jamie Foxx, Kerry Washington, Regina King.

 

Les râleurs hypocrites de Télérama aiment un peu, comment mon Dieu peut-on aimer un peu ?

 

Ce n’est pas un grand film mais je partage le point-de-vue des Inrocks

 

La réussite exceptionnelle, tant artistique que financière, d'un petit moricaud aveugle sorti de la campagne constitue une trame à la fois cousue d'or et fort prévisible. Hackford a donc voulu la pimenter de quelques contre-vérités historiques dont nous nous abstiendrons de juger l'opportunité.

 

La culpabilité qui, à l'écran, hante l'artiste sa vie durant après la mort de son petit frère George est proprement inventée (dans Brother Ray, son autobiographie, le chanteur est formel là-dessus : il n'a jamais rien ressenti de tel). Mais elle fournit, il est vrai, une fêlure à travers laquelle il devient aisé d'explorer la détresse cachée derrière ces lunettes noires et cet éternel sourire de bon gars de la campagne.

 

De même, les scènes de désintoxication relèvent de la pure fantaisie. Ray a toujours affirmé qu'il lui avait été plus difficile d'arrêter de fumer que de décrocher de l'héroïne.

 

Sans cette dramatisation, Hackford a dû sans doute penser qu'allait lui échapper le vertige secret de cet homme qui a fait chavirer son époque. Que Ray Charles n'ait été qu'un Noir invraisemblablement doué pour la musique, malin en affaires, qui baisait comme un bouc et se shootait comme une machine à coudre, tout en s'efforçant de mener une vie de famille normale, ne pouvait-il suffire ? Et la culpabilité n'est-elle pas au final celle qu'interroge Hackford en lui-même ?

 

Bon, à dire vrai, on s'en tape.

 

Le spectacle ne manque pas d'attrait. Le plus indiscutable étant Jamie Foxx qui est plus Ray que nature. Sa performance est tout bonnement digne de celle de Robert De Niro jouant Jack La Motta ou de Tom Hulce inventant son Mozart dans Amadeus. Hmm... Ça sent l'oscar.

 

Bonne pioche Jamie Foxx d'obtenir l'Oscar du meilleur acteur en 2005 pour son interprétation du rôle-titre ainsi que le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie.

25 janvier 2015

« Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi… j’aurais pu être noir » Ray Charles ICI 

 

« Il est également invité à jouer dans une salle de Géorgie en 1959, mais refuse d'y entrer à cause de la loi de ségrégation de l'époque : il est donc interdit de jeu en Géorgie. Après la fin de la ségrégation, le gouvernement de Géorgie lui présente des excuses publiques et choisit la chanson « Georgia », fameusement interprété par Ray Charles, comme hymne national. »

 

 

Ray Charles

 

Chanteur, pianiste, organiste, compositeur et chef d'orchestre (1930, Albany - 2004, Beverly Hills)

 

Surnommé « the Genius » par Frank Sinatra, Ray Charles (vrai nom Ray Charles Robinson) figure parmi les plus grands musiciens du jazz et surtout du Rythm’n blues. Il est aussi l’un des fondateurs de la musique « soul ». Récompensé par douze Grammy Awards, il fut à l’époque de la ségrégation raciale, le chanteur préféré d’un public noir et blanc. ICI 

Olympia, 1970

 
DIX ANS DÉJA

Ray Charles, la clé de soul du jazz

Paris Match |

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 08:00

 

C’est aussi, depuis fort longtemps, mon opinion.

 

OPINION. Invité de l'émission «Répliques» sur France Culture, le correspondant américain du «Washington Post» s'est vu reprocher de ne pas comprendre la France, et surtout de la critiquer sur la laïcité.

Les Français ne feraient-ils pas mieux de se regarder plus souvent dans ce miroir déformant qu'est la presse étrangère?

Richard Werly

Publié mercredi 13 janvier 2021

Modifié jeudi 14 janvier 2021

 

Je ne connais pas James McAuley, le correspondant en France du Washington Post, tout juste nommé éditorialiste en charge de l'Europe. J’ai d’ailleurs choisi de ne pas le contacter avant cette chronique, qui porte moins sur son travail et sa vision de la France que sur le traitement dont il a récemment bénéficié dans l’émission Répliques de France Culture.

 

McAuley, parfaitement francophone, sera en outre l’un des invités, en juillet prochain, du Festival international de journalisme de Couthures organisé par Le Monde du 9 au 11 juillet, dont Le Temps est partenaire. Nous débattrons avec lui de l’image de l’Hexagone et des Etats-Unis. Tant mieux. L’occasion sera belle, pour le public, de nous contredire ou de nous critiquer ensemble, aux côtés de confrères et consœurs espagnols, britanniques, allemands ou africains…

 

Exécution programmée

 

Le sujet n’est donc pas de porter assistance à un confrère blessé sur le champ de bataille de l’opinion et de l’information. Le Washington Post, quotidien prestigieux possédé par Jeff Bezos, le patron du géant Amazon, n’a pas besoin d’un soutien helvétique. C’est la méthode qui nous intrigue ici. Invité de l’une des émissions phares du paysage intellectuel français, James McAuley est tombé dans une embuscade. Il ne s’agissait pas, pour son animateur Alain Finkielkraut (qui vient de provoquer une nouvelle polémique sur LCI, à propos des accusations d’inceste portées contre le constitutionnaliste Olivier Duhamel) et son invité et vieux complice, le romancier essayiste Pascal Bruckner, d’écouter ce que ce correspondant étranger avait à dire sur la France, sa laïcité et son rapport aux religions. Le but était de le sommer de s’expliquer, après la parution de plusieurs articles critiques de l’Hexagone dans… le New York Times. Accusé, levez-vous: le tribunal vous écoute. Sans surprise, l’exécution est apparue, au fil de l’émission, programmée…

 

La suite ICI 

 

« …ut sunt Gallorum subita et repentina consilia » (« …étant donné que les Gaulois ont des résolutions soudaines et inattendues »

Jules César Guerre des Gaules, III, 8

 

Napoléon Bonaparte qui déclarait au Conseil d’État à propos de la Légion d’Honneur en 1803 : « C’est avec des hochets que l’on mène les hommes […]. Je ne crois pas que le peuple français aime la liberté et l’égalité ; les Français ne sont pas changés par dix ans de révolution ; ils sont ce qu’étaient les Gaulois, fiers et légers. Ils n’ont qu’un sentiment : l’honneur ; il faut donc donner de l’aliment à ce sentiment-là, il leur faut des distinctions. »

Cité par Jean Tulard dans Napoléon et la noblesse d’Empire, Tallandier, 1979)

 

Chateaubriand lui-même considérait que « Le Français a été dans tous les temps, même lorsqu’il était barbare, vain, léger et sociable. Il réfléchit peu sur l’ensemble des objets, mais il observe curieusement les détails... »

Chateaubriand, Génie du christianisme, 1828, Troisième partie, livre III, chapitre IV,

 

Ernest Lavisse, écrit de son côté : «  Les Gaulois habitaient des maisons faites avec de la terre et couvertes en paille. Ces maisons n’avaient qu’une porte et pas de fenêtres. La fumée sortait du toit par un trou parce qu’il n’y avait pas de cheminée. Vous n’aimeriez pas habiter de pareilles cabanes. La fumée vous piquerait les yeux et vous ferait pleurer. […] Les Romains savaient faire beaucoup de choses que les Gaulois ne savaient pas faire. Mais les Gaulois étaient très intelligents. Ils apprirent à faire tout ce que faisaient les Romains. » »

Ernest Lavisse, Histoire de France, 1913

 

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 06:00

 

Pour égayer mes longues journées, varier mes plaisirs de lecture, j’ai acquis chez Gallimard un 5 en 1 Tout doit disparaître de Jean-Bernard Pouy publié dans la série noire.

 

C’est du lourd anar, « comme tout libertaire qui  se respecte JB a le pouvoir pour ennemi du genre humain », c’est l’accoucheur du Poulpe, phénomène éditorial, des centaines de milliers d’exemplaires vendus.

 

 

Sitôt acquis sitôt ouvert sur Nous avons brûlé une sainte publié en juin 1984.

 

 

Sous Tonton 1ier donc.

 

On y respire l’air de ce temps que les jeunes ne peuvent pas connaître.

 

 

Ainsi, dans la 504 de location des vengeurs de la Pucelle d’Orléans, fonçant vers Compiègne au milieu  des champs de betteraves afin d’échapper aux bourres :

 

« La 504 sortit en silence de Pontoise comme si elle devait louvoyer entre zones de tranquillité et de calme.

 

  • C’est quoi ça ? demanda Anna en indiquant le combiné téléphonique et le boîtier noir installés près du changement de vitesses.

 

  • Un téléphone de voiture, répondit Poton.

 

  • Ça marche ?

 

Xaintrailles essaya. Il mit le combiné sous tension, décrocha et obtint la tonalité.

 

  • Ça m’en a l’air. On a dû sacrément payer plus pour cette merde.

 

[…]

 

  • Fais le 13 et demande le numéro de l’AFP.

 

[…]

 

Les tueurs en direct. Il avait quand même pu prévenir son assistant en lui écrivant trois mots, au milieu des autres : téléphone, voiture, vite ! L’autre avait compris, contacté immédiatement les services de recherche de la Police qui avait dû mettre en rapport direct avec un service spécialisé des PTT. Matord le connaissait, d’ailleurs, ce service, des petits branleurs qui passaient leur temps à écouter, écroulés de rire, les conversations entre les PDG, leurs secrétaires, leurs maîtresses et les bobonnes restées à la maison *. La fille qui lui avait parlé était bien resté cinq minutes au téléphone. Les autres avaient eu le temps de repérer l’appel. Non, c’était sûrement trop court. Encore une bande de fonctionnaires payés pour un résultat vraiment tangible.

 

[…]

 

  • … à propos, le radiotéléphone ça donné quoi ?

 

  • Les PTT les ont repérés de justesse. Ça correspond. Voiture louée à Reims. Ils y étaient. C’est bon pour les journaux, c’est de la pucelle tout crachée. Ils ont appelé d’en dehors de Paris, dans la région nord. Les émetteurs concordent. Ils se déplacent. On s’en occupe. Des barrages sont mis en place.

 

*Pour la petite histoire :

 

- Mon beauf, catho tradi, grand vendeur d’engins agricoles, avait doté son gros char d’un radiotéléphone. Il enregistrait des conversations entre des pontes et leur maîtresses.

 

- Ayant sollicité des renseignements intérieurs sur la surface économique d’un investisseur, je reçus une note blanche truffée de détails croustillants : maîtresses, lieux de rendez-vous, etc. sur celui-ci glanés par les grandes oreilles.

 

- Rappelons les écoutes de l’Elysée  ICI commanditées par Tonton pour protéger Mazarine.

 

- Ma R25 de fonction était doté d’un radiotéléphone.

 

- Entre ces années-là et aujourd’hui on peut mesurer avec précision l’accélération des télécommunications. Adieu, le 22 à Asnières, les PTT vive FranceTélécom&Orange et les Bouygues et SFR, les cabines téléphoniques, les téléphones fixes, les Smartphones ne servent plus à téléphoner mais à twitter ou photographier, on vous suit à la trace, vous êtes cernés, vive les fadettes, les messageries cryptées : WhatsApp, le monde d’après dont tout le monde se gargarise est déjà derrière nous.  

 

LES COMMUNICATIONS AVEC LES MOBILES.

 

 La fin des années 90 a vu l’explosion de la téléphonie mobile et une croissance formidable du nombre d’utilisateurs, des réseaux et des fonctionnalités offertes.

 

La situation présente pourrait cependant faire oublier que les démarrages furent lents et difficiles et que certaines personnes considéraient même que les français n’utiliseraient ces technologies qu’avec réticence et pour des applications spécifiques nécessitant la mobilité.

 

 L’histoire des mobiles a pourtant débuté il y a longtemps et la SAT  a senti très rapidement l’intérêt d’une participation à la réalisation des réseaux précurseurs.

 

Quarante années se sont écoulées entre le premier téléphone de voiture et l’ouverture du réseau opérationnel de téléphonie mobile à la norme GSM en France avec pour principales étapes :

 

- 1955 créations d’un service de radiotéléphone voiture

 

- 1973 automatisation du radiotéléphone

 

- 1973 ouverture de la radio messagerie eurosignal

 

- 1981 lancement au CNET du projet de numérisation du radio téléphone Marathon

 

- 1987 lancement à Paris du téléphone de voiture RADIOCOM 2000

 

- 1992 ouverture du service POINTEL de communications urbaines

 

- 1992 ouverture commerciale du service GSM sur le réseau public.

 

 

L’implication de la SAT dans l’histoire de la communication avec les mobiles débute avec le réseau POINTEL.

 

 

Au début des années 90 France Télécom décide la mise en place dans les grandes villes de France d’un service de téléphonie mobile dont les caractéristiques principales se retrouveront dans le GSM à savoir : des terminaux miniatures permettant de téléphoner de la rue, la possibilité de messagerie et une couverture large du territoire. Toutefois les appels « entrants » ne sont pas autorisés ou seulement dans des configurations particulières.

 

La suite ICI 

 

 

 

 

1985 : le Radiocom 2000, par France Télécom. ICI

Téléphone de voiture Thomson CSF des années 1973 à 1986. ICI

Publié par Lilian

1993

« Allo New-York, je voudrai le 22 à Asnières... »

 

J'avais un manque dans ma collection, le téléphone de voiture des années 1973 à 1986, la voila comblait avec ce Thomson CSF de 1973 ...

 

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 08:00

 

Toujours polar, le 4e du 5 en 1 de Jean-Bernard Pouy : Le cinéma de papa.

 

 

Sans transition je dégaine page 471.

 

L’adresse qu’avait obtenue Maquenaud, hypothétique, sur le dénommé Pascali, était à  une quarantaine de kilomètres au nord. Un village où étaient réunis la famille Pascali et collatéraux. Des Daniel, il en avait trois. Maquenaud avait pris sur lui de les différencier. Dans les détails, genre Sécurité Sociale, qu’il m’avait fournis, il était fait mention pour Daniel Pascali de Tiuccia, d’un long séjour en Allemagne de l’Est, il y a une dizaine d’années.

 

[…]

 

  • Ami personnel de Rangeard. Militant communiste, grand résistant, commandant aux FTP, inquiété à la Libération pour épuration intempestive. Dans le tas des gens qu’il aurait fait fusiller, il n’y avait pas que des collabos, il y aurait eu des gauchistes de l’époque…

 

[…]

 

Passé le col de  San Bastiano, devant moi, en cette fin d’après-midi, le golfe de la Liscia, presque doré. La route en lacets serrés, descendait vers Calcatoggio et Tiuccia, au fond, près de la mer. Le ciel était dégagé et j’avais droit à un coucher de soleil tendance cibachrome. La vaste étendue d’eau, en dessous, moins plissée qu’une toile cirée, ondes longues et larges, rides régulières, s’écrasait sur une côte un peu rouge où, à mon grand étonnement, il restait encore de la sauvagerie. Pas beaucoup de maisons, presque pas d’hôtels. Un truc encore préservé. Une longue plage blanche et déserte, froide. Bien sûr, l’été, ça devrait être une autre paire de parasols.

 

[…]

 

… Au moins une fois dans ma vie, moi qui avais vu Natal, Belém et Fortaleza, je pouvais apprécier la pointe de Capigliolo, qui me cachait en partie la plage du Liamone, au loin le Capo alle Saltelle, 920 mètres sur la carte Michelin. Je me mettais à rire tout seul quand, derrière moi, dans les fourrés de l’autre côté de la route, une cavalcade m’a fait sursauter. Pendant un court instant, je me suis dit, ça y est, les bandits corses attaquent, mais ce n’était qu’une bande de cochons gris et noirs, tranquilles comme Baptiste, maigres et musclés, qui ont traversé la route, inspecté ma bagnole, m’ignorant complètement et qui, oreilles en avant, se sont lancés dans la pente du ravin, à mes pieds, en grognant comme des guignols.

 

[…]

 

Au bord de la mer, Tiuccia n’était pas du tout un village, mais plutôt un agglomérat un peu disparate de magasins fermés, de villas modernes moches comme tout, disséminées le long de la route. Un supermarché était ouvert, à côté de la station-service. En prenant de l’essence j’ai demandé la route de Casaglione.

 

[…]

 

J’ai pris une chambre de motel à Sagone. Pauvre ville en cette fin d’hiver. Soirée perdue sous le léger vent  de mer, villas fermées, toutes presque désertes, plages abandonnés, derrière les rideaux de joncs et de cannes. J’ai garé ma voiture assez loin du motel et j’ai donné un nom d’emprunt. Bien sûr, ça ne tromperait personne, mais valait mieux passe par ce genre de paranoïa.

 

 

 

 

 

Parti communiste corse : un siècle de lutte ICI

 

 

Il y a cent ans naissait le Parti communiste insulaire. Un parti qui, après des débuts timides, va s'imposer au sortir de la 2ème guerre mondiale comme l'une des forces incontournables de l'île. Aujourd'hui, ce n'est plus vraiment le cas, mais les communistes de Corse ont encore leur mot à dire.

 

Louis Costa, le pionnier

 

A Tours, en cette fin du mois de décembre 1920, l'ambiance est électrique. La Section Française de l'Internationale Ouvrière, qui y tient son congrès, est divisée.

 

D'un côté, les tenants d'une adhésion à la IIIème Internationale, en clair l'alignement sur le régime soviétique de Moscou ; de l'autre, ceux qui s'y opposent de manière virulente.

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 06:00

 

Le sujet est grave, la chanson d’Alain Souchon m’est seulement revenue dans la tête en lisant ce qui suis.

Je lis, je lis, La constance du jardinier de John Le Carré, soyez patient j’arrive à la fin, mais pages 442 à 446, un focus sur ce qui se passait au Soudan-sud.

 

 

Le texte de Le Carré date de 2001, depuis 2011 le Soudan du Sud est indépendant du Soudan. Le Soudan du Sud a plongé fin 2013 dans une guerre civile politique et ethnique qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3 millions de déplacés. Un affrontement particulièrement sanglant entre les partisans du président Salva Kiir et ceux du vice-président Riek Machar. Les combattants saccagent les villages, les cultures, pillent le bétail. Or l'élevage est le principal moyen de subsistance des familles. Un conflit politique, mais aussi ethnique : Salva Kiir est soutenu par les Dinka, Riek Machar, par les Nuer, les deux principales ethnies du pays. Avec des humanitaires harcelés, voire attaqués par des groupes armés, et qui ont été empêchés d'accéder à certaines zones par les autorités, principalement celles tenues par l'opposition.

 

La suite ICI

 

Soudan du Sud : enfin un accord entre Salva Kiir et Riek Machar ICI

 

2019

 

En septembre 2019, Salva Kiir et Riek Machar se sont rencontrés pour mettre en application l'accord de septembre 2018, dans le but de former un gouvernement pour novembre 2019.

 

En décembre 2019, après plusieurs mois de tension entre le gouvernement et l'ex rébellion (opposition), les chefs des deux entités s'engagent à former le gouvernement d'union nationale à la fin du mois de février 2020.

 

2020

 

À la suite de cet accord, Riek Machar est nommé vice-président le 22 février 2020.

 

En juin 2020, un homme d'affaires sud-soudanais et ancien officier de renseignement annonce le lancement d'un nouveau groupe rebelle. Kerbino Wol déclare avoir l'intention de renverser ce qu'il appelle "la direction corrompue du pays". Kerbino Wol a appelé son groupe "Le Mouvement du 7 octobre", une référence au jour d'une émeute dans la prison où il a été détenu sans procès pendant deux ans. Kerbino a été gracié par le président Salva Kiir en janvier 2020.

 

Soudan du Sud: l’armée annonce la mort du rebelle Kerbino Wol ICI

 

Lokichokio est une ville créée de toutes pièces, issue d’un No Man’s land situé au nord du Kenya, près de la frontière soudanaise.


Il y a 15 ans, dans cet Est sauvage, un camp des Nations Unis a été installé. Dans ce village de 300 habitants, plus de 80 ONG du monde entier, tentèrent d’apporter leur aide aux blessés du conflit soudanais sous la supervision des Nations Unis.
Aujourd’hui, le petit village est devenu une ville de 25000 habitants hébergeant 300 expatriés. En dépit de cette accumulation de savoir-faire et de moyens, Lokichokio ne compte que quatre puits, et ne dispose d’aucune collecte des déchets, ni d’électricité.

Le ballet incessant des avions humanitaires ponctue l’urgence quotidienne qui dure depuis des années.
Chaque jour, près de 125 tonnes de nourriture étaient acheminées à Lokichokio depuis Nairobi et Mombassa. Ce véritable pont aérien attirait des milliers de kenyans à la recherche d’un travail : cuisiniers, chauffeurs, emballeurs…et avait créé un vrai business en marge de l’action humanitaire, charriant son lot de prostitution, et de recel de marchandises.
Les accords de paix signés en janvier 2005 ont mis fin à cet eldorado humanitaire. L’hôpital le plus important d’Afrique, soutenu par le Comité International de la Croix-Rouge, et qui s’occupait exclusivement des blessés de guerre soudanais, a été fermé en juin 2006.
Les nombreuses ONG qui s’étaient installées dans le sud du Soudan ont depuis quitté cette ville qui n’avait aucune raison d’être.

 

 

« Au Sud-Soudan, on a les riches en calories, les OK en calories, les pauvres en calories et les sans calories, monsieur Atkinson. Le boulot de Loki, c’est de prévoir les épisodes de famine. Chaque tonne qu’on largue coûte 1300 $ à l’ONU. Dans une guerre civile, c’est les riches qui meurent les premiers, parce que si on leur vole leur bétail ils n’arrivent pas à s’adapter, alors que pour les pauvres ça ne change pas grand-chose. La survie d’un groupe dépend du fait que les terres alentour soient cultivables en toute sécurité. Malheureusement, ce n’est pas souvent le cas dans le coin. Je vais peut-être trop vite pour vous ?

 

  • Non, c’est parfait.

 

  • Donc Loki doit recenser les moissons et prévoir où surviendront les prochaines famines. On est sur le point d’en avoir une, là. Mais il faut être précis dans le timing. Si on largue les denrées quand ils sont prêts à moissonner, on chamboule leur économie. Si on les largue trop tard, ils sont déjà en train de mourir. À propos, la voie aérienne est la seule valable. Sur route, les denrées sont détournées, souvent par le chauffeur.

 

[…]

 

« Nous avons quatre niveaux de sécurité dans les centres de nutrition. Indice 4 : annulez le largage. Indice 3 : alerte rouge. Indice 2 : possible. Nous n’avons pas de zones à risque zéro au Sud-Soudan. Compris ?

 

[…]

 

  • Quand on arrive au centre, le coordinateur indique l’indice du jour, reprend McKenzie. S’il y a état d’alerte, faites ce qu’’il vous dit. Le centre où vous vous rendez est dans une zone en principe contrôlée par le général Garang, qui vous a délivré le visa que vous avez perdu. Mais elle soumise à de fréquentes attaques venues du nord ou des tribus du sud. N’allez pas croire que c’est juste un conflit nord/sud. Les alliances tribales changent du jour au lendemain, et ils sont tout aussi prêts à se battre entre eux que contre les musulmans. Vous me suivez toujours ?

 

  • Parfaitement.

 

  • Au départ, le Soudan est un fantasme de cartographe colonial. Au sud, on a l’Afrique, des champs verdoyants, du pétrole et des chrétiens animistes. Au nord, l’Arabie, le sable et une poignée d’intégristes musulmans décidés à faire régner la charia. Vous savez ce que c’est ?

 

  • Plus ou moins, oui, dit Justin qui a écrit des rapports sur ce sujet dans une autre vie.

 

  • Le résultat, c’est qu’on a tous les ingrédients d’une famine chronique : ce que la sécheresse ne détruit pas, les guerres civiles s’en chargent et vice et versa. Mais Khartoum reste le gouvernement. Donc, au final malgré tous les accords qu’elle négocie au sud, l’Onu doit ménager Khartoum. Alors ce qu’on a là, monsieur Atkinson, c’est un pacte triangulaire unique entre l’ONU, les gars de Khartoum et les rebelles qu’ils écrabouillent. Vous me suivez ?

 

[…]

 

  • À part les surplus que nous refilent les céréaliers américains, l’essentiel de ces céréales est cultivé dans le nord du Soudan. Allez donc comprendre : les organisations humanitaires achètent les céréales à Khartoum, et Khartoum utilise cet argent pour acheter des armes qui servent à la guerre contre le sud. Les avions qui apportent les céréales à Loki utilisent le même aéroport que les bombardiers de Khartoum pour pilonner les villages du sud-Soudan.

 

  • - Et alors, c’est quoi la colle ?

 

  • Pourquoi l’ONU finance les bombardements du sud-Soudan d’un côté et ravitaille les victimes de l’autre ?

 

  • Je passe.

 

 

Soudan du Sud : un panel d’experts de l’ONU dénonce la stratégie de la faim utilisée comme arme de guerre  ICI

 

 

SOUDAN DU SUD : UNE GUERRE CIVILE DÉVASTATRICE ICI

 

Le conflit qui oppose depuis 2013 l’armée sud soudanaise à des groupes d’opposition a provoqué le déplacement de plusieurs millions de Sud-Soudanais. Ils vivent dans la peur des affrontements et des exactions, avec très peu d’accès aux soins de santé.

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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 08:00

 

André Le Troquer et sa maîtresses ont participé à d'étranges parties fines © AFP

La fabrique de l’élite française est dans la tourmente depuis que les accusations d’inceste contre le constitutionnaliste Olivier Duhamel ont été rendues publiques.

 

Que penser du fonctionnement d’une école qui a couvert les agissements du patron de la Fondation nationale des sciences politiques?

 

Richard Werly

Publié mardi 12 janvier 2021

 

Quatre lettres. Depuis sa création en 1945, la FNSP ou Fondation nationale des sciences politiques accompagne l’exercice du pouvoir en France. C’est en son sein que se recrutent les politologues qui décryptent chaque scrutin. Et c’est à Sciences Po, à l’Institut d’études politiques (IEP) qui en dépend, situé au 27 rue Saint-Guillaume (dans le quartier des ministères), que sont formés une bonne partie des futurs hauts fonctionnaires, diplomates et… journalistes de l’Hexagone.

Plus révélateur encore de l’emprise de cette institution sur une partie de l’élite tricolore? Le «moule» Sciences Po – antichambre de l’Ecole nationale d’administration – est dénoncé pour son mélange d’uniformité de pensée, d’aisance intellectuelle et d’arrogance parisienne: «Vous avez ici le condensé de ce qui ne va plus en France, s’énervait devant nous, en novembre 2020, Jean-Luc Mélenchon, le leader de la gauche radicale. Ce qu’on ne nous pardonne pas, à nous les élus de terrain, en prise avec les «gens», c’est de nous insurger contre les critères économiques enseignés à Sciences Po.»

Directeur averti

Un autre des critères de l’école, l’éthique, est en train d’exploser depuis la parution, le 7 janvier, du livre La Familia grande de l’avocate Camille Kouchner, fille de l’ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner. En accusant son beau-père Olivier Duhamel – deuxième époux de sa mère Evelyne Pisier – de s’être rendu coupable d’inceste sur un de ses frères adolescent, l’intéressée a lancé une grenade dégoupillée sur la «péniche», le banc de bois qui trône au milieu du hall d’entrée de Sciences Po. Motif: la «loi du silence» dont a bénéficié ce constitutionnaliste réputé, professeur de droit très apprécié par ses élèves, ancien député européen, président du club Le Siècle (dont les dîners réunissent le Tout-Paris) et… président de la FNSP depuis 2016.

 

Publiées depuis la sortie du livre, une série de révélations et de confidences démontrent que l’actuel directeur de Sciences Po, Frédéric Mion, avait été averti du comportement passé d’Olivier Duhamel et qu’il n’en a tiré aucune conséquence.

 

Appels à la démission la suite ICI 

 

Olivier Duhamel au sortir de l'Elysée le 29 octobre 2007. Alors membre du Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, appelé plus communément comité Balladur, créé par Nicolas Sarkozy.

Mandarin des lettres et de la politique

 

Voici, rapidement résumée, l’affaire qui, depuis ce lundi 4 janvier, secoue l’élite intellectuelle française. Et en partie sa frange de gauche, ces compagnons de route du Parti socialiste, enfants de Mai 68, qui flamboyèrent sous les deux septennats de François Mitterrand puis, pour certains, misèrent plus tard sur l’ascension d’un certain… Dominique Strauss-Kahn. Au premier rang: Olivier Duhamel. L’archétype du «mandarin» des lettres, du pouvoir et des médias. Charismatique en diable. Ténor de Sciences Po, l’une des fabriques de l’élite parisienne. Directeur, aux Editions du Seuil, de la revue Pouvoirs dont le titre dit tout. Mais aussi chroniqueur sur la chaîne d’information LCI et Europe 1. L’homme qui, en 1988, interviewa François Mitterrand sur sa pratique de la fonction suprême. L’homme qui, tout en dissertant sur les liens entre la presse et Nicolas Sarkozy, n’hésita pas à s’en prendre violemment, en 2011, aux journalistes qui relataient les accusations de viol portées, à New York, contre Dominique Strauss-Kahn…

En 1959 déjà, les «ballets roses»

 

Une chose est certaine à la lumière des commentaires parus dans la presse et de la confirmation par le procureur de la République de Paris d'une enquête ouverte sur les faits en 2011, puis classée sans suite: tout le monde savait. A commencer par l’ancien ministre Bernard Kouchner, qui voulut jadis «casser la figure» au second mari de sa première femme et a confirmé la véracité des faits via son avocat. A commencer aussi par Marie-France Pisier, interprète fétiche des films de François Truffaut, dont le décès dans sa piscine est aujourd'hui largement considéré comme un suicide. Et tous les autres? Les journalistes familiers de la table familiale ? Les politiques, d’autant plus informés lorsqu’ils sont au pouvoir ? Une information donnée par Le Monde ajoute au trouble, même si elle n'a pas de rapport direct avec le livre et les faits relatés: Camille Kouchner n'est autre que l'actuelle compagne de Louis Dreyfus, le PDG du quotidien du soir, partenaire et actionnaire du Temps.

 

Bref, la France intellectuelle a, ces jours-ci, de quoi être assommée. Olivier Duhamel était une vigie et un repère pour ses étudiants. Séisme assuré

Colette et Jacques DUHAMEL, Olivier

Le politologue Olivier Duhamel titre son premier roman des prénoms de ses parents. Colette et Jacques, à paraître le 10 janvier chez Plon, retrace en fiction l’engagement du couple dans la vie culturelle et politique du XXe siècle. Car si Jacques Duhamel, résistant dès ses 17 ans, est devenu un personnage public marquant de la IVe et Ve République, Colette ne saurait être placée dans l’ombre. Directrice de La Table ronde avant de rejoindre la maison Gallimard, elle est présentée comme "une femme libre, directe, à rebours des conventions de son époque et de son milieu", souligne Jean-Claude Perrier dans son avant-critique pour Livres Hebdo. "Histoire, politique, édition, littérature se mêlent ici, incarnées par tous les beautiful people du siècle dernier, dont certains assez oubliés. Les Duhamel, par exemple, qui méritaient bien ce roman-témoignage", conclut-il.

 

ICI 

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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 06:00

 

Je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer Olivier Duhamel, mon seul lien avec lui était mon ami Guy Carcassonne (voir son texte plus bas). 

 

 

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A Sciences Po, l’onde de choc de la démission d’Olivier Duhamel

 

Le politologue, visé par des accusations d’inceste, a quitté ses fonctions lundi 4 janvier. Il présidait la Fondation nationale des sciences politiques depuis 2016. ICI 

Par Soazig Le Nevé

Publié le 06 janvier 2021

 

Une déflagration s’est abattue sur Sciences Po, lundi 4 janvier. Dans l’après-midi, le politologue Olivier Duhamel met fin à toutes ses fonctions, dont celle de président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), l’instance chargée de la gestion financière et des orientations stratégiques de l’institut d’études politiques parisien.

 

Dans la foulée, Le Monde publiait un article révélant des accusations d’inceste le visant. Dans un livre, à paraître le 7 janvier (Seuil, 208 pages, 18 euros), intitulé La Familia grande, la juriste Camille Kouchner accuse son beau-père d’avoir agressé sexuellement pendant plusieurs années son frère jumeau, alors adolescent.

 

S’adressant par mail aux vingt-quatre membres du conseil d’administration de la FNSP, le président démissionnaire explique sa décision. Il dit être « l’objet d’attaques personnelles » et affirme son désir de « préserver les institutions dans lesquelles [il] travaille ». Entre toutes, « l’institution » Sciences Po est sans doute celle qui lui est la plus chère depuis plusieurs décennies. Celle où il a fait carrière en formant des générations d’étudiants lorsqu’il enseignait le droit constitutionnel et les sciences politiques.

 

« Il était intouchable »

 

Conseiller du président du Conseil constitutionnel, membre du Comité consultatif pour la révision de la Constitution, député européen (PS), membre de la Convention sur l’avenir de l’Europe, membre du Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République, fondateur et directeur de la revue Pouvoirs, mais aussi animateur et chroniqueur sur LCI et Europe 1, président du club Le Siècle et membre du comité directeur de l’Institut Montaigne… Le constitutionnaliste Olivier Duhamel, 70 ans, a marqué les trente dernières années par son engagement public.

 

Mais celui que Sciences Po présente sur son site Web comme « expert dans l’étude des institutions, de la vie politique et de leurs influences réciproques » aurait fini par en incarner une forme de dévoiement, selon ses détracteurs, qui voudraient profiter de l’occasion pour dépoussiérer la gouvernance de l’école. En 2015, son prédécesseur, Jean-Claude Casanova, avait été renvoyé devant la cour de discipline budgétaire et financière, à la suite de l’affaire du salaire mirobolant de l’ancien directeur Richard Descoings. En 2016, l’arrivée de M. Duhamel à la tête de la FNSP – dont il était membre du conseil d’administration depuis 1995 – avait fait naître un espoir qui reste déçu. Loin des préoccupations pédagogiques et stratégiques de l’école, son mandat illustrerait simplement l’influence de l’entre-soi et d’une caste déconnectée des réalités.

 

C’est uniquement sous le couvert de l’anonymat que les langues se sont déliées au sein de l’institution de la rue Saint-Guillaume. « Il était intouchable, relate un membre du conseil d’administration de la FNSP, composé de dix femmes et de quinze hommes. Duhamel était le président d’une espèce d’aristocratie et les membres enseignants et étudiants n’avaient aucun pouvoir sur lui. » « C’était à l’image des conseils d’administration du CAC 40, poursuit un autre. Des gens qui se fréquentent, ont des relations entendues et policées, mais dont la plus-value des décisions reste très minime pour le projet académique de Sciences Po. »

 

« Stupeur » du directeur

 

« Olivier Duhamel est quelqu’un à qui on ne s’oppose pas, confirme une autre source au sein de l’école. Il aimait raconter qu’il était copain avec tout le monde dans le microcosme politique. »

 

« Ça ne va pas redorer le blason de notre école », déplore Arthur Moinet, membre du conseil d’administration de la FNSP entre avril 2018 et novembre 2020. L’ancien élu étudiant garde le souvenir d’une instance « duale ». « Nous étions deux étudiants et trois professeurs, et presque tout le reste, c’était des proches d’Olivier Duhamel », rapporte-t-il estimant ce modèle de gouvernance « complètement dépassé ».

 

Dans un message adressé aux enseignants, salariés et étudiants de Sciences Po, le directeur, Frédéric Mion – qui n’a pas donné suite à notre demande d’entretien, pas plus qu’Olivier Duhamel –, a fait part, mardi, de sa « stupeur ». « Le respect absolu de la personne, de sa dignité, de son intégrité morale et physique, de son consentement, est une valeur cardinale de notre institution », a-t-il simplement déclaré.

 

Mardi 5 au soir, Sciences Po a modifié la liste des membres du conseil d’administration de la fondation. En lieu et place de la photo et du nom d’Olivier Duhamel figurent une silhouette rouge et la mention « président(e) en cours de désignation ».

 

Un conseil d’administration extraordinaire nommera, le 13 janvier, un président intérimaire, parmi les neuf membres « représentants des fondateurs », indique l’école. Y figurent notamment Louis Schweitzer, président d’honneur de Renault, Henri de Castries, président de l’Institut Montaigne, Marc Guillaume, préfet de Paris et d’Ile-de-France, et Laurence Parisot, directrice associée de Gradiva. Cette dernière a déclaré sur Twitter, mardi : « L’inceste devrait être un crime imprescriptible. Point. »

 

Soazig Le Nevé

 

Sciences Po, cœur du pouvoir d’Olivier Duhamel  ICI

 

 

Le constitutionnaliste, accusé d’inceste, influence depuis trente ans l’école des élites et ses directeurs, de Richard Descoings à Frédéric Mion.

 

Par Raphaëlle Bacqué

 

Les accusations d’inceste de Camille Kouchner contre son beau-père Olivier Duhamel ont décapité d’un coup ce qui fait le cœur des élites françaises : Sciences Po et Le Siècle. Autant dire l’école du pouvoir et le club de la nomenklatura. Au sommet de l’une et de l’autre de ces deux institutions, le constitutionnaliste, visé par une enquête pour « viols et agressions sexuelles », y incarnait une forme de permanence des coteries françaises, transpartisanes et intemporelles. Au Siècle, on lui trouvera sans difficulté un remplaçant. Mais l’affaire ébranle bien plus durement Sciences Po dont il était, à travers la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), l’un des dirigeants influents.

 

Dans cette école, qui a vu passer cinq présidents de la République, des quantités de ministres, bon nombre de patrons et des journalistes en pagaille, le scandale paraît toujours raconter – même injustement – les travers de la fine fleur du pays. Il résume en tout cas ce qu’était le pouvoir de ce professeur que rien n’a ébranlé pendant si longtemps.

 

Science du réseau

 

A Sciences Po, Olivier Duhamel est une sorte de diva depuis plus de trente ans. Bien avant de devenir l’un de ses dirigeants, il y a donné le cours-phare sur les institutions publiques, dispensé aux premières années. Mais il a toujours été bien plus qu’un bon pédagogue. Au sein de l’école de l’élite, il appliquait ce qu’il ne dispense pas dans ses cours : une science du réseau qui est, plus efficacement que la connaissance du droit, le moteur du pouvoir.

 

A son arrivée, à la fin des années 1980, il n’est pourtant que simple maître de conférences. Mais ce fils de ministre tutoie tout de suite les instances dirigeantes. Tout va ensuite très vite. En 1991, c’est à lui que le patron de Sciences Po, Alain Lancelot, s’adresse pour parrainer au Siècle, dont il est membre depuis plusieurs années déjà, celui qui passe pour son dauphin, le jeune Richard Descoings. Bon investissement. En 1996, « Richie », comme les étudiants surnomment Descoings, devient directeur de Sciences Po. Et choisit Olivier Duhamel comme « conseiller spécial ».

 

C’est la première fois qu’un directeur est épaulé par un « special advisor, comme en ont les présidents américains », se flatte Olivier Duhamel. La nomination fait pourtant tiquer quelques-uns. Dans les fiches d’évaluation que les étudiants remplissent chaque année sur leurs profs (la réforme a été impulsée par Richard Descoings), plusieurs élèves ont expliqué que le professeur Duhamel utilisait leurs travaux pour écrire des pans entiers de ses livres… Péché véniel, balaie « Richie », qui s’enthousiasme : « Olivier connaît tout le monde ! »

 

C’est vrai. Duhamel n’appartient pas à la haute fonction publique comme le conseiller d’Etat Descoings, mais il possède mieux qu’un passeport au sein des grands corps de l’Etat : une camaraderie de longue date avec bon nombre de ministres, de patrons, de journalistes en vue. Le Parti socialiste l’a d’ailleurs investi, en 1997, pour devenir député européen.

 

Cela ne l’empêche pas de continuer à assurer ses cours sur le droit constitutionnel et la politique comparée. Au sein du conseil d’administration de la FNSP, il est toujours là pour défendre les transgressions de son patron. Des parents viennent en effet se plaindre. « Richie » envoie des messages enflammés à leur fils, élève de première année. « Le garçon est majeur ! », répond Duhamel à une secrétaire de l’administration qui s’inquiète d’une possible accusation de harcèlement et d’un abus de pouvoir.

 

Soutien de DSK

 

Lorsque Descoings propose de confier à Dominique Strauss-Kahn (DSK) son grand cours d’économie de première année, pour la rentrée 2000, Olivier Duhamel, ami de DSK et surtout d’Anne Sinclair, mène campagne dans les médias et au sein de l’institution pour l’ancien ministre de l’économie.

 

Le conseil d’administration, en effet, hésite. Un an et demi plus tôt, DSK, pris dans le scandale de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF), a dû démissionner de Bercy. Il est alors soupçonné de « corruption passive » dans l’affaire de la mutuelle étudiante, mais aussi mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Elf. Peut-il, dans ces conditions, enseigner à des étudiants ? « Achetons-le à la baisse et, s’il devient président de la République un jour, ce sera formidable », répète Duhamel.

 

A Strauss-Kahn, Descoings et son conseiller spécial passent tout. L’ancien ministre de l’économie se voit accorder une prime exceptionnelle et l’on ferme les yeux sur sa manie de draguer les étudiantes. Une fois directeur général du Fonds monétaire international (FMI), DSK continue d’ailleurs d’aider Sciences Po en animant, avec Anne Sinclair, de Washington, des soirées de récolte de fonds pour l’école.

 

Quand, un an après la chute du patron du FMI, accusé de viol par une employée du Sofitel de New York, Richard Descoings est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de Manhattan, Olivier Duhamel est encore là pour défendre le bilan de « Richie » et les primes faramineuses que ce dernier s’est octroyées, ainsi qu’à son épouse, Nadia Marik, et aux membres de la direction. Le constitutionnaliste le fait avec la morgue qui est dans son caractère. Dans Libération, le voilà qui s’emporte contre les journalistes, « érigés en procureurs des mœurs », qui enquêtent sur DSK et s’interrogent sur Descoings.

 

Duhamel agace, avec ses manières tour à tour enjôleuses ou brutales, mais Sciences Po est un petit monde où les intérêts s’entrecroisent. Avec le président de la FNSP d’alors, Jean-Claude Casanova, et celui du conseil de direction, Michel Pébereau, tous deux des libéraux affirmés, l’ex-élu socialiste Olivier Duhamel se démène pour organiser la succession de Descoings et empêcher tout droit d’inventaire sur un héritage qui est aussi le leur.

 

Directeur général de l’enseignement scolaire, ancien recteur de l’académie de Créteil, Jean-Michel Blanquer paraissait être le meilleur candidat ? Il est éliminé d’emblée. Comme le professeur de sciences politiques Dominique Reynié, le président de l’université Paris-II Louis Vogel, l’économiste Jean Pisani-Ferry ou le directeur de Sciences Po Lille, Pierre Mathiot.

 

Invité des Macron à La Rotonde

 

L’ancien compagnon de Richard Descoings et patron de la SNCF Guillaume Pepy, mais aussi le secrétaire général du Conseil constitutionnel, Marc Guillaume, qui codirige la revue Pouvoirs avec Olivier Duhamel, ont une autre idée : Frédéric Mion. Conseiller d’Etat comme l’était Descoings, il a autrefois dirigé la section Service public de Sciences Po. Pour autant, il n’a pas postulé lors de la première procédure de recrutement. Son projet tient d’ailleurs en trois pages de pures généralités. Aucune importance.

 

« Manifestement, ce qui se jouait n’avait rien à voir avec une quelconque réforme de l’institution. C’était même le contraire », témoigne l’un des recalés de l’époque. Duhamel n’a jamais eu peur de s’engager. Il fait donc campagne pour ce quadragénaire qui promet d’être plus policé que « Richie » et de préserver son héritage. En 2013, Frédéric Mion est nommé directeur de Sciences Po.

 

Un an plus tôt, l’élection de François Hollande à la présidence de la République a renforcé l’entregent d’Olivier Duhamel. Il connaît le nouveau chef de l’Etat de longue date, comme le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet. C’est d’ailleurs Duhamel qui plaide auprès du président, avec la nouvelle directrice de la stratégie et du développement de Sciences Po, Brigitte Taittinger, épouse de M. Jouyet, pour que le ministère de la défense vende à Sciences Po l’hôtel de l’Artillerie, au cœur de Paris. Bernard Arnault, le patron de LVMH, qui en proposait un prix plus élevé, doit s’incliner.

 

 

Autant dire qu’en 2016, lorsque Jean-Claude Casanova cède la présidence de la FNSP, personne ne conteste Olivier Duhamel. C’est un poste d’influence, plus que de véritable décision. Frédéric Mion s’en accommode fort bien : il n’aime ni les conflits ni l’inconnu.

 

Avec son habituel sens des réseaux, le constitutionnaliste a rencontré, grâce à Laurent Bigorgne, qui fut autrefois le second de Descoings et dirige désormais l’Institut Montaigne, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, et son épouse, Brigitte. En février 2017, alors que son épouse, Evelyne Pisier, meurt, il se noie dans la campagne électorale. Au mois de mai, Sciences Po est aux anges : Duhamel a été l’un des invités des Macron à La Rotonde, dans l’entre-deux-tours, et Frédéric Mion est un ami intime du futur premier ministre Edouard Philippe.

 

Lors des conseils d’administration de l’école, les deux hommes se font la bise et se donnent du « cher ami ». En 2019, l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti a pourtant rapporté au directeur de Sciences Po les accusations d’inceste dont le président de la FNSP fait l’objet. Jean Veil, l’avocat dont Olivier Duhamel est l’associé, a-t-il confié à ce dernier que Frédéric Mion s’en était inquiété auprès de lui ?

 

Le constitutionnaliste ne montre en tout cas aucune inquiétude. Pas plus que le patron de Sciences Po, qui lui confie même la leçon inaugurale à la rentrée 2020. Tous deux continuent à diriger l’école du pouvoir. Comme si de rien n’était.

 

Raphaëlle Bacqué

 

« Les larmes ne donnent pas d'encre Quarante ans que nous vivions amis. Amis absolus, à s'appeler jour ou nuit, pour un oui de question juridique, pour un non d'interrogation de vie, ou l'inverse. Nous déjeunions tous les trois une fois par mois, et blaguions sur qui écrirait le premier la nécrologie de l'autre. L'un de nous deux l'aimait comme un frère choisi, l'autre adorait son éblouissante intelligence. Tous ceux qui l'ont connu ont apprécié son humour, sa générosité, son degré d'exigence pour lui qu'il instillait si bien aux autres, son inaltérable optimisme. Il est mort à 62 ans, dimanche 26 mai à Saint-Pétersbourg, en Russie, où il était en voyage avec son épouse, la dessinatrice Claire Bretécher. Il a succombé à une hémorragie cérébrale.

 

 

 

Guy Carcassonne, à la différence de nombre de ses collègues, est un self-made-man – notre pays d'héritiers n'a pas su traduire cette expression. Son père, déporté à Drancy dont sa mère réussit à l'extirper, est mort quand Guy n'avait que 7 ans, laissant sa famille démunie. Marié avec la Catalane Kika Sol, Guy fait sa thèse sur la transition démocratique en Espagne, tout en élevant leurs deux joyeux enfants, Marie et Nuria. Afin de payer le loyer, il fait, la nuit, des dossiers pour un avocat au Conseil d'Etat. Et quand vient le moment de payer les charges sociales, son compte bancaire à sec, il écrit sur son chèque des chiffres et des lettres différents. La Sécu doit donc le lui renvoyer – quelques semaines de gagnées.

 

 

 

La difficulté à joindre les deux bouts n'altère ni sa joie ni sa confiance en la vie. Tout au contraire. Puisqu'elle lui fut dure en ses débuts, il n'a de cesse de l'aimer, de la rendre belle, élégante et libre, jusque dans le choix de chaussettes disparates.

 

 

 

Malgré son originalité, l'université finit par lui reconnaître ses talents hors normes : en 1983, il est reçu major à l'agrégation de droit public. La même année, il rencontre Claire Bretécher, leur fils Martin naît un an après. Guy Carcassonne joue au droit comme d'autres aux échecs, au go ou au poker. Pour le plaisir d'anticiper, d'encercler, de bluffer. Dans son temps libre, il préfère s'adonner au hasard de la roulette. Et aussi, voir ses enfants, ses petits-enfants, bien manger, voyager avec Claire, dévorer des livres, partager avec ses amis.

 

 

 

Plusieurs résistants chiliens trouvent refuge auprès de lui. Technicien hors pair, il devient le meilleur des consultants. Finis les chèques mal libellés, il se met à bien gagner sa vie, ce qui lui permet de donner libre cours à sa générosité sans bornes. Cela n'entame en rien ses convictions, en un monde qui n'en connaît déjà plus guère. Il se consacre au service de Rocard, des premières espérances de 1981 à la révocation de 1991. Et sans Carcassonne, le gouvernement Rocard serait tombé lors du vote de la CSG. C'est alors que l'avocat Tony Dreyfus l'accueille dans ses bureaux. Leur complicité amicale ne connaît aucune faille.

 

 

 

« RICH LONESOME »

 

 

 

Guy Carcassonne compte de grands avocats parmi ses intimes, tels Gilles August et Jean-Alain Michel. Il ne s'inscrit cependant jamais au barreau, refusant de dépendre d'un ordre. Toujours cette exigence de liberté. Il devient un « rich lonesome » juriste dans toutes les branches du droit public. Constitutionnaliste reconnu, il est sollicité dans de nombreux pays. Il répond – en ces cas toujours gracieusement. Malgré un grand talent d'écriture, il répugne à s'aventurer au-delà de l'article. Il préfère suggérer des textes pour la revue Pouvoirs, ou, parfois, en écrire quelques-uns. Il faudra insister pour lever ses pudeurs et passer aux livres.

 

 

 

Il le fait sur la QPC, la question prioritaire de constitutionnalité – pour laquelle nous nous sommes tant battus. Il participe à la continuation de l'Histoire de la Ve République, de Jean-Jacques Chevallier (Dalloz), au-delà de la période 1958-1974 initialement traitée par ce grand auteur. Et, surtout, en 1996, il produit son maître ouvrage : La Constitution (Seuil) – onze éditions poche de ce commentaire savant et drôle, préfacé par le doyen Vedel qui le chérissait. Il exerce sa verve critique contre nombre de règles et us du régime, tonne contre les parlementaires utilisant trop peu leurs prérogatives, pourfend le cumul des mandats... Mais il ne cesse de défendre la Ve République, grâce à laquelle un pouvoir, choisi par le peuple, peut enfin s'exercer.

 

 

 

Indépendamment des prestiges de la République, d'abord au groupe socialiste à l'Assemblée, puis aux côtés de Michel Rocard, au-delà de ses consultations recherchées, il n'eut qu'une passion, l'université. Etudiant, assistant, maître-assistant, professeur, il fut toujours fidèle à Nanterre, malgré tous les appels du pied de Paris I-Sorbonne ou de Sciences Po.

 

 

 

La réussite d'un étudiant « fils de rien », comme disait Brel, lui procurait le plus grand de ses bonheurs. Artiste du droit et de la vie, il lui restait tant à nous apporter. Sa mort est, comme souvent, trop injuste. Sa vie, comme rarement, exemplaire. »

 

« Les cons finis du confinement », par Olivier Duhamel ICI

Par Olivier Duhamel, Président de la Fondation nationale des sciences politiques, membre du Club des juristes

Les élites françaises, Des Lumières au grand confinement

Les élites sont aujourd'hui rendues responsables de tout. Mais n'en a-t-il pas toujours été ainsi? Dans ce livre dont l'approche est inédite, Eric Anceau retrace, de 1720 à 2020, la grand histoire des élites françaises : de la crise de l'Ancien Régime au drame sanitaire de cette année. En passant par la Révolution, la tentative napoléonienne de fusion de la France monarchique et de la France républicaine, les révolutions de 1830 et 1848, l'effondrement du régime de Napoléon III en 1870, le scandale de Panama, l'Affaire Dreyfus, la crise des années 1930, la Deuxième Guerre mondiale, la refondation gaullienne et, enfin, les tensions sociales des trente dernières années. Outre d'être une extraordinaire fresque de l'histoire de France, cet ouvrage est aussi une réflexion magistrale sur la nature de la relation entre les élites et le peuple, laquelle a toujours été frappée, selon l'auteur, du sceau de la défiance.

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 08:00

 

Le 11 novembre, revenant de faire quelques courses, face au portail sécurisé de la cour de l’immeuble mon porte-cartes tombe de ma poche arrière lorsque j’en retire le bip pour ouvrir. J’en m’en aperçois dès que je suis arrivé au 9e, je redescends. Rien sur le trottoir. Je refais mon parcours en vain.

 

Procédure d’urgence : je bloque par téléphone mes deux cartes bleues, reste ma carte vitale. Je me rends sur le site de la CPAM mais pour déclarer la perte il faut passer par un compte que je n’ai jamais ouvert. Je décide donc d’utiliser le courrier que je dépose à la Poste le lendemain.

 

3 jours après j’ai 2 nouvelles cartes bleues.

 

6 jours après je reçois un coup de téléphone : mon porte-cartes a été déposé dans la boîte aux lettres d’une caisse d’épargne du 17e (en effet la main anonyme qui a trouvé mon porte-cartes a constaté que l’une des cartes bleues était émise par la Caisse d’Epargne il l’a déposé dans la boîte aux lettres de la Caisse d’Epargne proche de son domicile. Le gérant a cherché mon numéro de téléphone sur sa base de données et m’a appelé)

 

Bref, il ne me restait plus qu’à attendre ma nouvelle carte vitale. L’ancienne restait active.

 

Le 16 décembre je reçois un courrier de la CPAM Paris me demandant de remplir un formulaire sur lequel je dois apposer une photo. Ce que je fais illico en renvoyant le tout au centre d’impression des cartes. À partir de ce moment-là je sais que mon ancienne carte vitale est désactivée.

 

En conséquence j’en suis démuni ce qui m’empêche d’accéder à un éventuel test Covid 19.

 

J’attends donc.

 

Le 12 janvier je reçois ma nouvelle carte vitale par courrier, elle a été émise le 5 janvier.

 

2 mois tout ronds !

 

Je suis tout prêt à admettre que la conjonction Covid et fêtes de fin d’années puisse justifier un délai raisonnable. Dans mon cas précis, je souligne que les pertes de carte n’ont pas dû submerger la CPAM Paris, que le retard est surtout dû à l’incapacité que ce type d’organisme à gérer efficacement, à l’image des cartes bleues, une demande sommes toute banale.

 

Et qu’on ne vienne pas me chanter la ritournelle : manque de moyens, c’est un état d’esprit s’appuyant sur des procédures obsolètes.

 

Bonne nouvelle : sur la nouvelle carte je n'ai plus une tronche de bagnard comme sur l'ancienne.

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 06:00

 

Buste de Louis-Michel Lepeletier, Musée de la Révolution française

 

Hommage soit rendu à mes lecteurs des origines dotés d’une fidélité inoxydable, il leur faut vraiment de la constance et du courage pour suivre chaque jour ma graphomanie.

 

Parfois, face à mon écran, je me dis « un jour tu vas être à court d’un nouveau sujet… ». Alors, certains d’entre eux sont mes bouées de sauvetage en expédiant dans ma boîte de messages du carburant non fossile à brûler.

 

Ainsi Olivier de Moor :

 

« Demain je pense sera évoqué les 25 ans de la mort de François Mitterrand. Je pense que de Mitterrand on n'oublie pas l'abolition de la peine de mort, et le discours habité de Robert Badinter. Il y a peu j'ai vu une émission sur les grands discours à l'assemblée nationale. Et Robert Badinter interrogé sur le sien expliqua que le premier à l'avoir demandé fut Lepeletier de Saint-Fargeau. Ignare que je suis, je n'en avais jamais entendu parler. Le Saint-Fargeau de la Puisaye voisine a éveillé ma curiosité. Et je viens de découvrir un personnage incroyable qui a eu une drôle de vie. Ton érudition étant sans limite, tu le connais sans doute. »

 

Je rassure Olivier moi aussi j’ignorais tout de Lepeletier de Saint-Fargeau, quant à mon érudition elle a des limites, c’est ma curiosité qui elle n’en  a pas.

 

En revanche, le plaidoyer de Robert Badinter le 17 septembre 1981 à la tribune de l’Assemblée Nationale est à jamais gravé dans ma mémoire. En effet, j’eus le privilège d’y assister car j’étais présent physiquement dans l’hémicycle, en bas, à gauche, à la place réservée aux conseillers du Président de l’Assemblée.  

Débats de l'Assemblée nationale sur le projet de loi
d'abolition de la peine de mort
(17 et 18 septembre 1981)

ANNEXES AU PROCÈS VERBAL
de la 2ème séance du vendredi 18 septembre 1981

 


SCRUTIN (N° 59) Sur l’article premier du projet de loi portant abolition de la peine de mort

Ont voté pour : ICI 

Le vote de la loi portant abolition de la peine de mort ICI 

 

Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau : l’oublié des journées des 20 et 21 janvier 1793 ICI 

 

 – La lutte pour l’abolition de la peine de mort

 

Si sa présence est peu remarquée au départ, il sut progressivement se faire entendre au sein de l’Assemblée nationale constituante. Alors qu’on s’apprête à abolir les titres de noblesse, il parvient à faire adopter le 21 juin 1790 la loi selon laquelle « tout citoyen devra porter le nom de sa famille réduit à sa plus simple portion ». Beaucoup s’efforcèrent ainsi de faire disparaître la particule de leur patronyme. D’Anton deviendra Danton, Maximilien de Robespierre ne signera guère plus que Robespierre. Pour Louis-Michel Lepeletier, Marquis de Saint-Fargeau, se fut tout simplement Michel Lepeletier bien que certains de ses comparses l’appellent encore Saint-Fargeau.

 

 

 

S’il présida un temps l’Assemblée nationale, ce n’est qu’en 1791 que Michel Lepeletier revint sur le devant de la scène pour plaider notamment la cause de l’abolition de la peine de mort. Rapporteur de la jurisprudence criminelle – il se souvint de l’arrêt du Parlement de Paris rendu à l’occasion de l’exécution de Robert-François Damien pour crime de lèse-majesté (Arrêt principal, prononcé contre Damien Parlement de Paris, Grand’Chambre assemblée, le 26 mars 1757 : « tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras de jambes, sa main droite, tenant en icelle le couteau dont il a commis ledit parricide, brûlée de feu de souffre ; et, sur les endroits où il sera tenaillé, jeté du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix-résine fondue, de la cire et du soufre fondus ensemble ») – il présenta donc un projet de Code pénal le 30 mai 1791.

 

« Il faut que les peines soient humaines, justement graduées, dans un rapport exact avec la nature du délit, égales cour tous les citoyens, exemptes de tout arbitraire judiciaire ; qu’elles ne puissent être dénaturées après le jugement dans le mode de leur exécution ; qu’elles soient répressives, principalement par des gênes et des privations prolongées, par leur publicité, par leur proximité du lieu où le crime a été commis ; qu’elles corrigent les affections morales du condamné, par l’habitude du travail ; quelles décroissent en approchant du terme fixé à leur durée, et enfin qu’elles soient temporaires. »
 

Discours du lundi 23 mai 1791 prononcé par Michel Lepeletier devant l’Assemblée nationale

 

Lui, et bien d’autres, ne parvinrent toutefois pas à faire changer l’opinion générale sur le sujet. Le 6 octobre 1791, les députés adoptèrent la grande loi pénale qui dispose, entre autres, en son article 3 : « Tout condamné à mort aura la tête tranchée ».

 

 

 

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 08:00

 

22 janvier 2020

 

Les « janvier sec » des prohibitionnistes masqués et les « buvez du vin sur ordonnance » de Vin&Société me gonflent à parts égales ICI 

 

Nous ne vivons pas dans un pays de prohibition, le vin est en vente libre et, en dehors de quelques restrictions justifiées, de la loi dites Evin, il est possible d’acheter la boutanche chère à son cœur aussi facilement que sa botte de poireau.

 

 

 

Alors en faire des tonnes, comme Saverot, Bettane et Pousson sur le nouveau joujou des prohibitionnistes masqués « Dry January » relève d’un réflexe pavlovien qui plaît beaucoup aux prohibitionnistes masqués pour taper sur le lobby du vin.

 

 

Je ne m’étendrai donc pas pour ces joutes dénuées d’intérêt.

 

 

En revanche, même si les buveurs de la perfide Albion sont désarrimés de notre UE, ils vont continuer de picoler nos jajas gaulois et l’opinion d’un journaliste du quotidien britannique The Guardian Toby Moses qui explique pourquoi il renonce à faire Dry January présente un réel intérêt. ICI

 

 

Tous les ans, je fais le vœu de ne plus manger de gâteaux. Ces bonnes résolutions durent généralement un mois, avec un peu de chance, parce qu’en février c’est mon anniversaire et qu’il est très malpoli de refuser une part de gâteau. Ou même deux, ou trois. Mais cette année j’ai pris une autre résolution.

 

En janvier, avec un bébé de trois mois très gourmand en attention, les bouteilles d’alcool gentiment offertes en cadeau prennent la poussière et les virées au pub appartiennent au passé. Comme bonne résolution, j’ai donc décidé de boire plus souvent. Certes l’idée peut paraître dangereuse, mais je pense que c’est le moment idéal pour apprendre à boire avec modération. Avant, j’avais cette attitude toute britannique vis-à-vis de l’alcool, c’est-à-dire que j’avais tendance à me prendre des cuites monumentales et à le regretter amèrement le lendemain matin.

 

Avec un bébé, ce n’était plus du tout faisable (sans parler des dégâts infligés à mon foie vieillissant). Et puis ce serait vraiment du gâchis de boire sans apprécier cette belle bouteille de gin maison que Tante Isa nous a offerte pour la naissance du bébé. J’ai donc décidé que quelques verres de vin ou quelques bières pourraient égayer un peu ces soirées d’hiver passées en intérieur avec mon fils, certes adorable, mais qui ne parle pas beaucoup.

 

Prendre l’engagement de boire davantage nécessite quelques garde-fous. Boire tous les soirs est sans doute une mauvaise idée, tout comme commencer l’apéro à 17 heures. Je ne le conseillerais pas non plus à quelqu’un qui a des problèmes d’alcool. Mais pour quelqu’un comme moi qui a tendance à boire sans modération, un verre de vin avant le dîner me permet d’avoir une attitude plus raisonnable à l’égard du démon de la boisson.

 

J’ai également décidé d’être plus exigeant sur la qualité de ce que j’ingurgite. Comme je ne sors pas, et que le bébé ne coûte pas grand-chose pour l’instant, j’ai décidé d’arrêter de me contenter des bouteilles en promo du supermarché. Je me suis donc aventuré chez un caviste du quartier, et j’ai dépensé plus de 10 livres pour une bouteille. Une folie, je sais, mais si je dois boire moins et plus régulièrement, je peux bien dépenser l’équivalent de trois pintes au pub.

 

 

Pour tout vous dire, je n’ai pas eu de mal à tenir cette bonne résolution – même s’il faut remplir plus souvent le frigo de bières. Ma résolution a coïncidé avec le début du confinement; c’était plutôt agréable de se détendre à la maison autour dun verre et c’était (presque) normal. Dans tous les cas, avoir un enfant est un excellent échauffement en cas de pandémie (sortir? quelle drôle didée). Et les apéros en visio avec les copains ont permis de donner une tournure sociale à notre consommation dalcool domestique.

 

La transition s’est faite en douceur et comme notre pub préféré, qui pourtant accepte les enfants, est fermé depuis cet été, les soirées cocktails dans le salon risquent de continuer encore longtemps.

Toby Moses

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