Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 mai 2022 5 06 /05 /mai /2022 06:00

Pain de Paris, pain de Gonesse - La boulangerie... de Jean-Pierre Blazy -  Grand Format - Livre - Decitre

La route du blé est-elle en danger avec la guerre déclarée par la Russie à l’Ukraine, deux greniers à blé. Certes le blé ne sert pas qu’à faire notre pain quotidien, il est la pitance des cochons et des poulets bodybuildés, mais, sans être un locavore, il serait intéressant de repenser notre approche de la sécurité alimentaire en s’inspirant de la sagesse du passé.

 

La fête de la boulange ICI

par Maïté Bouyssy

13 octobre 2021

« Je voudrais en avoir sans cesse, / On l’appelle pain de Gonesse » : ainsi s’exprimait un poème du XVIIe siècle, et c’est cette économie du blé et de la boulange que présente Jean-Pierre Blazy, dont le travail est parfaitement complémentaire des recherches de Steven Kaplan sur les boulangers de Paris au XVIIIe siècle. Blazy est à la recherche de la vie socio­économique qui a permis à la Franciade, le vrai « Pays de France », de fonctionner pour les marchés forains de Paris, alors que Kaplan s’est davantage consacré à la fabrique intra muros du « meilleur pain du monde ».

 

Jean-Pierre Blazy, Pain de Paris, pain de Gonesse. Préface de Jean-Marc Moriceau. Créaphis, 376 p., 28 €

 

Jean-Pierre Blazy montre l’écosystème que portèrent ces plaines à blé du nord de Paris, dont le cœur va de Bonneuil à Goussainville, Villiers-le-Bel, Arnouville et alentours. Elles nourrirent une précoce densité de population, et s’y établit un système de fermage qui permit à une moyenne bourgeoisie rurale de combiner les métiers de laboureur et de boulanger tandis que la bluterie se faisait dans les moulins de la petite vallée du Croult. Des dynasties, tels les Destors, s’adonnaient aux différents métiers du blé et finirent en boulangers et marchands parisiens, d’autres en robins, voire, pour le dernier, en notable élu politique et bienfaiteur de l’hôpital de Gonesse.

 

Ce système était fondé sur la location des terres des ordres religieux qui possédaient 40 % des sols alors que les paysans laboureurs, malgré leur aisance, ne passèrent que de 11 % à 18 % de la propriété au cours du XVIIIe siècle. On sait l’emprise qu’avaient les carmélites de Saint-Denis ou l’Hôtel-Dieu de Paris. C’est à partir de leurs contrats que s’établit la grande culture sur de vastes exploitations de plus de 100 hectares, et une cinquantaine de plus de 200 hectares. Les fermiers ne devaient pas seulement une rente matérielle à ces institutions mais leur position les protégeait directement ou indirectement en cas de trouble et de guerre au XVIIe siècle. Ce sont en revanche la paix, le démarrage et le libéralisme économique du XVIIIe siècle qui ruinèrent ce système au profit des marchands blatiers et de nouveaux blutages qui permirent le pain noir des pauvres. Au fil du siècle, Gonesse passa de 3 400 à 2 200 habitants. En 1790, il ne restait que sept boulangers laboureurs, même les chertés ne leur profitaient plus, car ils s’endettaient auprès des meuniers. Quand les initiatives de Turgot suscitèrent des oppositions en 1776, on parla de « guerre des farines » et non plus de la rareté du pain.

 

Le village de Gonesse fut néanmoins considéré comme un des plus beaux de France, fort de ses maisons à toit de chaume puis de brique qui s’ouvraient par une vaste porte charretière sur une cour avec dépendances tant pour les employés – car ces exploitations comprenaient un personnel varié — que pour le fournil, le bois nécessaire aux cuissons (la bourre), les greniers. Il fallait aussi des écuries et des étables : c’est en voiture à cheval que le pain était porté les mercredis et les samedis par la route des Flandres vers une douzaine de marchés de la rive droite à Paris. Les étables étaient tout aussi nécessaires, les moutons appartenant aussi au système de l’assolement céréalier (ils entretiennent les soles moissonnées et fument la terre qu’ils pacagent).

 

Ce livre toujours vivant et précis donne la synthèse des travaux de l’auteur et de tout ce qui a été étudié à la suite et sous la direction de Guy Fourquin (thèse de 1963) puis de Robert Muchembled à Paris X, outre les travaux de Jean-Marc Moriceau (1992). Il témoigne aussi de l’attachement de la communauté savante de ces lieux à leur histoire, non point conçue comme une déréliction mais comme une entité autonome qui peut témoigner de tous les événements économiques et politiques d’une vie rurale si proche, si déterminante et déterminée par la capitale, mais qui ne fut aucunement une relégation, ni la misère pour tous. Le pain de Gonesse rimait bien avec allégresse.

 

 

 

 

Pain de Paris, pain de Gonesse, de Jean-Pierre Blazy

Le pain de Gonesse à la fin du XVIIe siècle [article] ICI

Claude Gindin 

Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine Année 1972  19-3  pp. 414-433

Page

Page

à suivre ICI

Partager cet article
Repost0
5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 06:00

 

Qui se souvient du juge Halphen ? (1)

 

Pas grand monde...

 

Et de Gaston de Pawlowski ? (2)

 

Personne sauf Lunettes Rouges alias mon ancien collègue de la SVF Marc Lenot

 

Et de L’Angélus et des Glaneuses de Jean-François MILLET ?

 

Le monde entier !

 

Et de Jean-Charles MILLET ?

 

Personne sauf Éric Halphen ...

 

https://resize.marianne.net/r/770,462/img/var/LQ8227989C/628437/000_UL2WR.jpg

 

  1. (1) Magistrat connu pour son instruction de l’affaire des HLM de Paris au début des années 2000, Éric Halphen est aussi écrivain. Auteur de romans noirs et policiers, il s’attaque cette fois-ci au récit non-fictionnel, avec l’affaire dite « des faux Millet », qui défraya la chronique dans les années 1930. Dans Le faussaire de la famille, qui parut le 10 février 2022, il revient sur l’histoire de Jean-Charles, petit-fils du peintre Jean-François Millet, qui n’a pas hésité à vendre plusieurs œuvres faussement attribuées à son grand-père, bernant ainsi marchands d’arts et musées…

 

Des marchés attribués « aux copains du RPR »

 

« A l’époque, on parlait d’Etat RPR (Rassemblement pour la République), explique Éric Halphen. Les marchés de la ville de Paris se comptaient en dizaines et centaines de millions d’euros et ils étaient donné uniquement aux entreprises qui étaient dirigées par les copains du RPR et du maire de Paris ».

 

« Jacques Chirac n’aura pas laissé que de bons souvenirs. Surtout, il aura montré le mauvais côté de la politique, c’est-à-dire celui où l’on se sert des marchés publics pour enrichir un parti afin d'arriver au pouvoir. C’est triste quand quelqu’un meurt mais je retiendrai surtout le chef de l’Etat qui a abaissé la fonction présidentielle, car il est arrivé au pouvoir par de mauvais chemins »

 

 

PUBLIÉ LE 24 JANVIER 2013 PAR LUNETTES ROUGES ICI 

  1. (2) Hommage à Gaston de Pawlowski

 

Gaston de Pawlowski — Wikipédia

 

Que vient donc faire le fondateur du Canard Enchaîné et de l’Union Vélo-cyclopédique de France, l’inventeur de l’adorable appareil à sécher les larmes et du politiquement incorrect silencieux pour dames, le promoteur des tableaux remuants et l’inspirateur du Grand Verre, l’adepte du cri-cri pinçon pour faux appas et l’auteur du précurseur Voyage au pays de la quatrième dimension (réédité avec une préface de Jean Clair…) dans une respectable mais audacieuse galerie de la rue Saint-Claude ?

 

Le Faussaire de la famille : Halphen, Éric: Amazon.fr: Livres

L’ART DU FAUX

 

« Dans un article titré Il n’y a pas de faux tableaux paru peu après l’arrestation de Jean-Charles dans l’hebdomadaire satirique Cyrano, Gaston de Pawlowski, écrivain, critique littéraire et reporter sportif, ne comprend pas « en quoi un tableau ou une statue peuvent être assimilés à un billet de banque, si ce n’est par les marchands et les acheteurs mercantis qui ont transformé l’art en simple valeur de spéculation » alors qu’au « point de vue purement artistique, il n’y a pas de faux ou de vrais tableaux, mais des œuvres bonnes ou mauvaises, quel qu’en soit l’auteur ». Il considère qu’en revanche « les faux connaisseurs sont innombrables, je veux dire ceux qui achètent aujourd’hui une œuvre d’art, non point pour le plaisir qu’elle leur procure, mais pour les bénéfices futurs qu’ils espèrent en tirer (...) Faute de pouvoir juger de la valeur d’un œuvre au strict point de vue artistique, le public a pris l’habitude de ne l’estimer qu’en gros sous, et les Américains, sur ce point, sont passés maîtres. Du moment qu’on leur affirme qu’une chose vaut tant, ils achètent et l’admirent ».

 

Et le chroniqueur d’ajouter : « Pour un véritable amateur d’art, ce n’est point la valeur marchande d’une œuvre qui peut donner une indication quelconque, mais la manière du peintre, la trace évidente de son génie. Il peut fort bien arriver, du reste, qu’un peintre de grand talent fasse certain jour de très mauvaises choses, tandis qu’un humble copiste peut avoir, par contre, un jour, une inspiration de génie. Qu’importe la signature ou l’absence de signature ! si l’œuvre est belle, cela doit suffire amplement. »

 

Enfin, après avoir rappelé que, des « contrefacteurs officiels », « il n’y eut que cela dans les ateliers des grands maîtres d’autrefois », à savoir « les élèves du maître, chargés de terminer ses tableaux suivant la même technique et les mêmes procédés de métier », il écrit que « les contrefacteurs d’aujourd’hui, les faussaires comme on les appelle, en sont tout simplement des élèves à la manière d’autrefois, et ces élèves sont rares ».

 

Dans la même veine, Jean Cassou, écrivain, futur résistant et critique d’art, écrit dans Marianne durant le procès de 1935 que la contrefaçon, « quand elle est appliquée, quand elle est sincère, doit apparaître comme un hommage, fatal et peut-être nécessaire, rendu au génie ». Soutenant qu’un style, qu’il s’agisse de celui de Corot – lorsqu’on lui apportait des toiles douteuses à lui attribuées, il rangeait d’un côté celles qui lui semblaient intéressantes, de l’autres les médiocres, en concluant que seules les premières étaient de sa main – ou de celui de Millet, n’est « qu’une interprétation du monde, qui n’a aucune valeur absolue », il considère comme normal que « des esprits soumis et modestes, comme le sont les contrefacteurs, s’y arrêtent, l’exploitent, lui confèrent quelque durée », puisque dans la mesure où « tout le monde ne peut pas inventer ou créer », il faut aussi qu’il y ai des « vulgarisateurs ». Il finit son article sur une note d’espoir : « Il y a peut-être en Jean-Charles Millet l’étoffe d’un grand peintre et qui serait l’égal de son grand-père. »

 

Pages 209 à 211

 

Jean-Charles Millet peint lui aussi. Si sa technique n’est pas mauvaise, il manque d’originalité et se cantonne aux thématiques traitées par son grand-père. Les seules œuvres qu’il vend sont des croquis « à la manière de Jean-François Millet » proposées aux visiteurs du musée consacré à son aïeul à Barbizon, en Seine-et-Marne. (Crédit : Jean-Charles Millet / Wikicommons)

Le faussaire de la famille", d'Éric Halphen ou l'obsession de la contrefaçon ICI 

 

Coup de cœur lecture

Par Eve Charrin

Publié le 13/02/2022 

 

 

Chaque dimanche, « Marianne » isole parmi la foisonnante production littéraire un livre coup de cœur. Cette semaine : « Le faussaire de la famille », du magistrat Éric Halphen, enquête sur une usurpation familiale dans le milieu de la peinture.

 

Magistrat anticorruption puis antiterroriste, de surcroît auteur d’une demi-douzaine de polars, Éric Halphen aime l’enquête. Judiciaire ou littéraire, il la mène en professionnel chevronné, pas du genre à lâcher l’affaire. À moins que les affaires refusent de le lâcher : « On n’échappe pas à sa vie », écrit-il non sans mélancolie dès les premières pages du Faussaire de la famille.

 

La preuve ?

 

À ses heures perdues, le juge s’intéresse à la peinture impressionniste, il convoite sur eBay un dessin de Jean-François Millet (1814-1875), célèbre peintre des Glaneuses et de l’Angélus. Las, une rapide recherche sur Internet lui apprend que le cachet « JFM » a été usurpé par le propre petit-fils du maître, Jean-Charles Millet (1892-1944). Démasqué, le faussaire a été jugé et emprisonné à deux reprises dans les années 1930. Un sujet en or pour le magistrat-écrivain, ainsi arraché à la contemplation des « paysages de Barbizon » et brutalement ramené à l’enquête : « Ta mission ici-bas est de t’occuper des infractions, mon gars ».

 

UNE TRANSGRESSION MAJEURE la suite ICI

 

 

Le faussaire de la famille, d’Éric Halphen. Éd. Buchet-Chastel, 256 p., 19,90 €

 

Jean-François Millet (1814-1875), bien qu’artiste reconnu, ne connaîtra jamais la fortune. La cote de ses œuvres s’envolera seulement après sa mort, en 1875. (Photo : Nadar / Wikicommons / domaine public)

Le juge Éric Halphen raconte dans un nouveau livre la fascinante affaire des faux Millet ICI 

 

 

Amateur d’art à ses heures perdues, le juge Éric Halphen avoue chiner des tableaux du XIXe siècle sur le site d’enchères en lignes eBay. C’est ainsi que, par hasard, il découvre cette histoire incroyable, oubliée aujourd’hui, qui fit pourtant grand bruit à l’époque et passionna la presse et l’opinion publique : l’affaire des faux Millet. 27 février 1935 : Jean-Charles Millet est condamné à six mois de prison ferme et 500 francs d’amende confirmés, pour abus de confiance et apposition de fausse signature, par le tribunal correctionnel de Fontainebleau. Cinq ans auparavant, il a déjà été écopé d’un an de prison ferme pour escroquerie et émission de chèques sans provision. Rien de très original au premier abord. Mais c’est en regardant l’ascendance du personnage que ce fait divers prend une autre dimension…

 

Jean-Charles Millet n’est pas n’importe qui. Il est le petit-fils de Jean-François Millet (1814-1875), artiste internationalement reconnu, auteur de chefs-d’œuvre comme L’Angélus et Les Glaneuses. S’il n’a pas connu son grand-père, il ne peut échapper à la figure tutélaire de cet artiste, dont la mémoire est entretenue par toute la famille, notamment à Barbizon, le village de Seine-et-Marne où celui qu’on surnomme « le peintre paysan » avait posé ses valises, après avoir fui le tumulte de la vie parisienne.

 

C’est d’ailleurs ici que Jean-Charles passe une partie de son enfance, puisque ses propres parents se sont installés dans la commune. Le jeune homme côtoie donc nombre de peintres venus en pèlerinage sur les traces du fondateur de « l’école de Barbizon ». Lui aussi se rêve artiste, il s’inspire du style et des thèmes de son grand-père, restant dans le registre naturaliste, l’originalité et le génie de son aïeul en moins…

 

Seul André Douhin, un marchand d’art qui a transformé l’ancienne maison de Jean-François Millet en petit musée qui attire déjà les touristes, lui commande quelques œuvres « dans le genre de Millet » pour les vendre dans la boutique, plus attiré par le nom du créateur que par ses réels talents.

 

La naissance de l’arnaque

 

Ainsi, Jean-Charles se retrouve à reproduire, dans le style de son grand-père, des dessins représentant l’église du village, les fermes ou les champs des environs qui auraient inspiré l’illustre artiste. Entre le cadeau souvenir et le produit dérivé avant l’heure, en quelque sorte… Le tout pour quelques sous. « La conclusion est évidente. Si Jean-Charles ne peut être l’égal du maître, s’il ne peut à son tour exister en tant que peintre, il ne lui reste qu’une solution : s’effacer », écrit Éric Halphen.

 

La suite ICI 

 

 

 

Lors de ses procès (ici à Melun, en correctionnelle, en 1935), Jean-Charles Millet a évoqué sa volonté de venger son grand-père, exploité selon lui par les marchands d’art qui se sont enrichis sur son dos. (Crédit : Agence Rol / BNF / domaine public)

 

La une du Journal, daté du 8 mai 1930, met en scène l’arrestation de Jean-Charles Millet et de son complice. L’enquêteur à la tête des policiers qui interpellent les deux escrocs n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Jules Belin, membre de la première « brigade du Tigre », qui a déjà appréhendé à l’époque le tueur en série Landru et le célèbre chef de la bande à Bonnot. (Crédit : Le Journal / BNF / domaine public)

Partager cet article
Repost0
4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 06:00

 

6 destinations desservies par le train de nuit

 

train de nuit wagon lit

Avec le train de nuit, endormez-vous à Paris et réveillez-vous à Nice sur la Promenade des Anglais ou au cœur des Alpes ! Voici notre sélection de 6 destinations à tester sur le mode train de nuit.

 

Le train de nuit n’a pas dit son dernier mot ! Au départ de Paris Austerlitz, partez vers le sud, dès 29 euros en couchette. On peut se rendre à Briançon, Ax les Thermes, Cannes ou Nice en une nuit...Un temps de trajet optimisé, la possibilité de privatiser un compartiment : les avantages du train de nuit sont nombreux. On vous dévoile 6 villes où profiter du voyage.

 

Argelès-sur-Mer (11H15 de trajet)

 

C'est un véritable voyage qui vous amène à Argelès-sur-Mer, tout simplement parce qu’on traverse l’authentique Carcassonne et la chaleureuse Perpignan, correspondance incontournable pour un bain de soleil ou un petit-déjeuner local.

 

Argelès-sur-Mer profite d’une situation géographique idéale, qui l’a fait rayonner dans toute l’Occitanie. Cette ville maritime, limitrophe à l’Espagne (35 min du Perthus), est un petit coin de paradis nichée entre les montagnes des Pyrénées Orientales et la mer Méditerranée…

 

 

À tout moment de l’année on profite simplement du joli paysage marin, les criques de Portells et de l'Ouille sont brutes et natives ! Argelès-sur-Mer déploie aussi une plage de sable fin sur sept kilomètres.

Train de nuit pour Munich - Film (1940) - SensCritique

Aujourd’hui c’est « Train de nuit pour Munich » (1940)

 

Train de nuit pour Munich, un film de 1940 - Télérama Vodkaster

 

Pourquoi ce film ?

 

Tout simplement pour remercier mon metteur en page préféré et lui faire plaisir puisqu’au détour d’une fiche il s’était laissé aller à une confidence avouant qu’il aimait les films qui se passent dans un train.

 

Night Train to Munich (1940) | Cinéma de rien

 

Quelle est l’histoire ?

 

Nous sommes à Prague, exactement le 3 septembre 1939. La guerre est sur le point d’éclater. Le professeur Axel Bomasch, inventeur d'un procédé de blindage, ne voulant pas que sa trouvaille tombe aux mains de l'Allemagne nazie, parvient à s'enfuir à Londres. Il laisse malheureusement sur place sa fille Anna, qui est arrêtée par la Gestapo et envoyée en camp de concentration. Là, elle rencontre Karl Marsen, prisonnier comme elle. Ils parviennent à s'évader et à gagner Londres à leur tour. Par l'intermédiaire d'un agent des services secrets britanniques, Gus Bennett, la jeune femme retrouve son père, mais Karl, en réalité un officier nazi, kidnappe les Bomasch qui sont transférés à Berlin. Gus qui parle couramment allemand se rend alors dans la capitale du Reich, sous l'identité d'un officier allemand du Génie. Il veut enlever Anna et le professeur à la Gestapo et de les ramener en Angleterre...

 

Les lecteurs fidèles des fiches trouveront des ressemblances avec le scénario du film d’Alfred Hitchcock « Une femme disparaît » 1938. Les deux films bénéficient du talent des mêmes scénaristes, Sidney Gilliat et Frank Launder. De plus, on retrouve, dans Train de nuit pour Munich, trois des acteurs du film d'Alfred Hitchcock : d'une part Margaret Lockwood ; d'autre part, Basil Radford et Naunton Wayne qui reprennent leur duo comique d'amateurs de cricket et de golf, Charters et Caldicott.

 

Night Train to Munich (1940) - IMDb

 

Réalisation

 

Carol Reed

 

Reed ne possède ni le génie ni l’aura d’Alfred Hitchcock. Il n’en demeure pas moins un réalisateur de qualité connu surtout pour « Le Troisième Homme » 1949 avec Alida Walli, Orson Welles, Joseph Cotten et Trevor Howard et la ville de Vienne (et ses égouts) superbement mise en scène. Film culte s’il en est, tout comme la musique d’Anton Karas.

 

A propos de ce film Wikipédia reconnait que cette réalisation de Carol Reed est une rareté de qualité qui rappel « Une femme disparaît »1938. Les « ingrédients » sont les mêmes : une partie des intrigues respectives se déroule dans un train, à l'étranger (d'un point de vue britannique) et dans le contexte d'une dictature.

 

Reed est également connu pour des films inspiré de Graham Greene comme : « Première Désillusion » 1948 ou « Notre agent à La Havane » 1959

 

RAREFILMSANDMORE.COM. NIGHT TRAIN TO MUNICH (1940)

Qui fait quoi ?

 

Margaret Lockwood :              Anna Bomasch

 

Nous l’avons déjà rencontré dans « Une femme disparaît » 1938 d’Alfred Hitchcock. Elle tient ici un rôle similaire. C’est une actrice fétiche de Carol Reed (6 films)

 

Rex Harrison :                    Gus Bennett

 

Lui c’est dans « Guêpier pour trois abeilles » 1967 de Mankiewicz qu’il figure pour la première fois dans les fiches de Ciné papy. A propos de sa prestation dans ce film on peut lire dans Wikipédia : « Par son flegme, son audace, son engagement physique et le charme qu'il déploie, Bennett n'est pas sans préfigurer le futur James Bond.

 

Paul Henreid                              Karl Marsen

 

C’est le méchant de l’histoire, fourbe, traitre, agent double, espion. Tout pour plaire quoi !

 

Pour éclairer tout un chacun il suffira à Ciné papy de rappeler son rôle dans « Casablanca » 1942 de Michael Curtiz. C’est lui qui tient le rôle de Viktor Laszlo chef de réseaux résistants tentant d’échapper aux nazis avec son épouse Ingrid Bergman qui n’a jamais été aussi radieuse et émouvante.

Amusons-nous un instant, le vrai nom de Heinreid est Paul Georg Julius Hernreid Ritter Von Wassel-Waldingau. Pas facile à caser sur une affiche non ?

 

Basil Radford :                    Charters

 

Et voici, le retours des « Dupont / Dupond » britanniques déjà présents à la même place dans le casting d’ « Une femme disparaît » et toujours aussi drôle en tant que passionnés de cricket et de golf

 

Naunton Wayne :                      Caldicott

 

Wikipédia précise que ces deux personnages ont toujours l'intellect parfois lent, le patriotisme indéfectible, et l'absolue certitude qu'un Britannique ne doit être traité qu'en gentleman, ce en quoi les nazis les décevront considérablement.

 

Et si pour une fois on parlait musique

 

Louis Lévy est connu pour sa collaboration à des films notables de l’histoire du cinéma. Il collabore notamment à plusieurs films réalisés par Alfred Hitchcock, comme « Les 39 Marches » 1935, « Jeune et Innocent » 1937, « Les Amants du Capricorne » 1949, et « Le Grand Alibi » 1950.

Autres films notables : « La Citadelle » 1938 de King Vidor « Capitaine sans peur » 1951de Raoul Walsh, « Moby Dick » 1956 de John Huston .

 

 Pax

 

Prochainement « Coup de Tête »

Partager cet article
Repost0
3 mai 2022 2 03 /05 /mai /2022 06:00

 

Ce n’est pas moi qui le dis mais Richard Werly

journaliste pour Blick.

 

Il parle d'avenir

Avec Mélenchon, la gauche française a trouvé sa « marque»

 

 

Dans la vie que je vis les marques n’ont jamais été ma tasse de thé, ni pour l’alimentation, les vêtements, les autos, les vélos et tout ce que j’achète avec mes gros sous.

 

Je préfère choisir mes produits pour ce qu’ils sont réellement, leurs qualités, leurs origines, leur naturalité.

 

Bref, je me méfie d’une « union » bouclée vite fait mal fait sur le gaz de la rouste pour les uns : EELV, PS, PCF, et la « victoire autoproclamée » pour la nouvelle marque de la gauche.

 

Dans cette hâte les négociateurs poussent la poussière, les désaccords, dont certains sont de premiers ordres pour qui souhaite gouverner le pays, sous le tapis, afin de conclure un partage de circonscriptions gagnables. C’est de la bonne vieille cuisine électorale.

 

Reste que c’est bien beau de se partager le gâteau avant de l’avoir créé, encore faudra-t-il trouver des candidats locaux qui puissent séduire les électeurs avec un programme d’Union qui ne brille par sa clarté et sa sincérité.

 

Pour faire une blagounette, Mélenchon fait une OPA sur les confettis de l’ancienne gauche, des confettis eux-mêmes de couleurs mêlées, comme aurait dit mon pépé Louis, pour que les bœufs enjugués tirent le charroi en harmonie il leur faut un bon toucheur sachant manier l’aiguillon. C’était le cas de Tonton, le roi de l’ambiguïté, pas sûr que notre Mélenchon soit doté de cette « qualité ».

 

 

 

À l’heure où vous lirez ces lignes, l’affaire est entendue. Emballée. Pliée. En route pour les législatives françaises des 12 et 19 juin. Négocié ce week-end, l’accord entre la « France insoumise » et Europe Ecologie-Les Verts vient d’être bouclé dimanche soir. Une centaine de circonscriptions législatives promises aux Verts, alors que socialistes et communistes continuent de négocier avec la formation de Jean-Luc Mélenchon.

 

Car au fond, tout tourne autour du député de Marseille, 70 ans, fort de ses 22% des suffrages au premier tour de la présidentielle. Environ 400'000 voix d’écart avec Marine Le Pen, qualifiée de justesse pour le second tour puis battue par Emmanuel Macron. Beaucoup avaient ce mot-là aux lèvres ce dimanche 1er mai, dans le cortège syndical qui a traversé Paris pour la fête du travail, tandis que les « black blocs » cassaient des vitrines sur le passage des manifestants : « Mélenchon au second tour, cela aurait été un tout autre spectacle !»

 

Il est désormais la « marque » qui compte

 

Mais oublions un moment le contenu des négociations. Parlons audimat, empreinte médiatique, force de persuasion, nom en forme de slogan : Jean-Luc Mélenchon a franchi le pas au fond des urnes, le 10 avril. Il est désormais « la » marque qui compte.

 

On parle de Mélenchon. On reprend ses bons mots, comme cette accusation lancée contre Emmanuel Macron de vouloir « vendre le pays à la découpe » au capitalisme mondialisé. On sourit, admiratif, de ses onze hologrammes qui, le 5 avril, transformèrent son meeting de Lille en grand-messe politique de la contestation nationale par image électronique interposée.

 

La suite ICI 

 

 

Partager cet article
Repost0
2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 06:00

3074788-4385599 | Breizh Journal

La Mothe-Achard - Carte postale ancienne et vue d'Hier et Aujourd'hui -  Geneanet

Combien de fois ai-je du décliner sur des paperasses inutiles cette origine géographique, je ne sais. Certains lecteurs rencontrés me parlent de l’évocation fréquente de mes racines dans mes chroniques. Certes j’ai raciné pendant mes vertes années dans la glaise du bas-bocage mais depuis je vis ailleurs sans me sentir déraciné. La Vendée c’est le premier bout de ma vie, mon élevage de sauvageon, mes premières expériences, tout ce à quoi je me réfère lorsque j’évoque mes origines. Pour autant je ne tire d’elles aucun sentiment identitaire. Toute l’idéologie récupératrice autour du conflit entre les Vendéens et la République me hérisse le poil. Pire ceux qui me qualifient de Chouan. Comme le rappelle Louis Chaigne « il est superflu de rappeler que les Vendéens ne sauraient être confondus avec les Chouans. Le Chouannerie est essentiellement bretonne et normande. » Quand à la Vendée contemporaine elle ne se réduit pas au Puy-du-Fou et je n’en dirai pas plus ici.

 

« Qui connaît la Vendée, cette rivière modeste, serpentant sur 82,5 km, avant de se fondre dans la Sèvre niortaise, fleuve tout aussi nonchalant, qui se jette dans l’Atlantique, en face de l’île de Ré ? C’est pourtant la Vendée qui donne un nom au département créé en 1790 et dont le chef-lieu est alors Fontenay-le-Comte. La petite histoire veut que les députés de l’Assemblée constituante aient d’abord pensé appeler le département Les Deux-Lays, du nom de deux autres rivières, avant de craindre que deux députés du lieu, particulièrement désavantagés par la nature, n’en prennent ombrage.

Vraie ou fausse, la petite histoire dit en tout cas la création ex nihilo du département et de sa désignation. Jusque-là, les habitants du diocèse de La Rochelle dépendaient du Poitou, commandé par la ville de Poitiers, ils étaient séparés au nord par une quasi-frontière avec la Bretagne qui s’étendait jusqu’à Clisson et Machecoul, et n’avaient guère de relations avec les habitants des Mauges, dépendant du Maine, commandé par Angers. Les trois provinces avaient des régimes d’imposition différents les unes des autres, la Bretagne notamment profitait de taxes particulièrement basses sur le sel, ce qui entraînait une contrebande importante sur ses limites.

Personne n’aurait imaginé que le mot « Vendéens » puisse désigner d’autres populations que ces bas-poitevins coincés entre Nantes et La Rochelle, désunis entre eux, puisque les bocains, du Haut Bocage, les maraîchins de la côte, et les Plainauds du sud, vivaient selon des modes différentes, qu’elles soient agricoles, vestimentaires et religieuses ! Impossible d’imaginer que « Vendéens » allaient pouvoir s’appliquer aux gars du Pays de Retz (les paydrets), au sud de Nantes, autour de Machecoul, aux tisserands et éleveurs du Choletais ou aux métayers du Bressuirais, qui dépendaient de provinces différentes, tournées vers Nantes, Cholet, Angers, Poitiers !

Pourtant c’est ce qui se produit à partir de 1783 et c’est l’objectif de ce livre de raconter comment une région s’est formée dans la guerre et comment une identité inattendue s’est forgée. Tout changea ave l’évènement inattendu de mars 1793 déclenchant « la guerre de Vendée » et ses conséquences dramatiques. Sans qu’elle n’eût jamais de limites précises, une « région » imaginaire devint un acteur essentiel de la vie politique nationale, avant de se transformer en « région-mémoire » façonnant ses habitants, les individualisant vis-à-vis de leurs voisins, les édifiant en modèles, adulés ou contestés, pour l’opinion mondiale, finissant par créer une société inédite et durable.

Toutes les guerres sont dramatiques, et la guerre de Vendée n’est pas différentes des autres, à ceci près qu’elle est la dernière grande guerre civile que la France a connue. Mais peut-être faudrait-il préciser les choses. Les Vendéens, les insurgés du sud Loire qui se battaient contre la Révolution, avaient-ils bien conscience d’être Français ou ne voulaient-ils pas d’abord conserver leurs identités provinciales, protégées par la royauté depuis des siècles ? La véritable guerre civile, elle aussi terrible, ne s’est-elle pas menée au sein du camp républicain, entre révolutionnaires de tendances distinctes ? Celle-ci aggravant, nourrissant celle-là. Le résultat est que cette guerre vieille de plus de 200 ans, qui a entraîné la mort d’à peu près 200 000 personnes, entre 1793 et 1796, continue de marquer les esprits, à susciter des passions, et reste, point pour moi le plus important, une guerre dont nous n’avons pas fait le deuil. »

Jean-Clément Martin professeur émérite de l’Université Paris 1. Il a dirigé l’Institut d’Histoire de la Révolution française et a consacré sa carrière à l’étude de la Révolution, de la Contre-Révolution et de la guerre de Vendée.

Les Vendéens  192 pages PUF

Les vendéens

LA VENDÉE : UN PASSÉ QUI NE PASSE PAS ? ENTRETIEN AVEC JEAN-CLÉMENT MARTIN

Si la mémoire de la Révolution française constitue encore aujourd’hui un sujet de polémiques, la “Guerre de Vendée” (1793-1796) en est certainement l’épisode le plus sulfureux. Simple guerre civile, opération de défense de la République contre les monarchies coalisées ou génocide qui préfigure les pires heures du XXème siècle ? Nous avons posé la question à Jean-Clément Martin, historien, professeur émérite à l’université Paris 1, chercheur au CNRS, membre de la société des études robespierristes et auteur de nombreux ouvrages sur cet épisode (La Vendée et la France, La Vendée de la mémoire…), qui a accordé cet entretien à LVSL.

LVSL – Comment expliquer cette permanence de la mémoire de la guerre de Vendée ? Les conflits politiques autour de la guerre de Vendée ont-ils été nombreux depuis l’instauration de la Troisième République ?

 

Jean-Clément Martin – La présence de la guerre de Vendée dans la mémoire collective est une particularité française qui garde toute son actualité en 2018, comme en témoigne la publication récente du livre de Patrick Buisson parmi tant d’autres ouvrages qui sont à relier avec l’activité importante de Philippe de Villiers autour du Puy-du-Fou. D’une certaine façon, il s’agit là de la suite de deux cents ans de polémiques et de commémorations, mais alors que le souvenir de la Révolution se fait moins présent qu’il ne l’était dans les siècles précédents, celui de la Vendée continue au contraire de manifester un dynamisme dans la foulée de ce qui a été créé dans les années 1980.

Une raison parfaitement objective peut expliquer cette situation. Le souvenir est lié à un événement tout à fait important, puisqu’il s’agit de la dernière guerre civile importante que le pays ait connue et qui a laissé derrière elle au bas mot 200 000 morts. Cependant, la vraie raison est ailleurs. Se règle en ce moment une réinterprétation de l’histoire de France qui modifie les perspectives si bien que la mémoire collective peine encore à l’intégrer correctement. Il ne doit pas y avoir le moindre malentendu sur ce point, la Vendée a été depuis 1793 jusqu’à aujourd’hui une question essentielle, marquant les différentes époques des deux siècles précédents. La naissance du Comité de salut public lui est due, elle est l’objet d’innombrables discussions au sein des assemblées, elle est au cœur du règlement de comptes qui se met en place après l’exécution de Robespierre, devenant l’exemple par excellence de « la Terreur », elle est par la suite l’objet de l’attention de Louis XVIII et de Charles X et la bête noire des républicains de la IIIe République qui entretiennent une guerre des monuments, des symboles et des publications particulièrement fructueuse. Nous vivons encore largement sur les legs érudits et artistiques que ce moment a suscités et dont nous continuons encore à débattre. Devant la prolifération des traces et la force de leurs rappels, il est pour le moins paradoxal comme l’écrit régulièrement Reynald Sécher de dire qu’il y eut mémoricide de la Vendée. Les chouans bretons, les contre-révolutionnaires basques, les partisans de la « terreur blanche » du Midi, ou même les « enragés » sans-culottes hostiles à Robespierre et aux meneurs de la sans-culotterie auraient largement de quoi se plaindre davantage de leur disparition de l’espace mémoriel national.

 

Il est possible toutefois de penser que la vraie question est ailleurs. D’une part, ce succès mémoriel est resté d’abord polémique, si bien qu’il a fallu attendre les années 1980 pour que les calculs des pertes humaines soient faits sérieusement, attestant que l’histoire de la Révolution a toujours du mal à intégrer dans le récit qui en est fait la Contre-Révolution. Voilà près de trente ans que je souhaite que le rôle exact de la Contre-Révolution dans sa grande diversité soit pris en compte pour éviter que l’on juge de la Révolution comme si ses seuls adversaires avaient été les émigrés aux frontières et surtout les factions internes au camp révolutionnaire – lui aussi d’une grande diversité. Or, d’autre part, cette incapacité à penser la Révolution de façon complexe s’est aggravée depuis le bicentenaire qui a focalisé l’attention sur les totalitarismes et leurs victimes.

 

“La Vendée a été considérée comme prémonitoire du Goulag et comparable à des génocides”

 

La Vendée a été considérée comme prémonitoire du Goulag et comparable à des génocides, avant que, depuis une quinzaine d’années, la « terreur » devenue un nom commun soit amalgamée avec les terrorismes de tout poil, dont, évidemment le terrorisme « islamiste ». Le fait que notre mémoire nationale ait continuellement réalimenté les conflits idéologiques qui avaient été liés à la guerre de Vendée depuis 1793 nous a rendus incapables de faire, ensemble, le deuil de l’événement. Tant que le souvenir de la Révolution mobilisait des groupes et organisait un champ de pensée l’équilibre pouvait encore se faire ; en ce XXIème siècle, le principe même de révolution a été tellement mis en doute qu’il ne reste que son challenger, la Contre-Révolution, illustrée par la Vendée, promue victime exemplaire.

 

LVSL – Dans quel contexte commence la guerre de Vendée ?

 

Jean-Clément Martin – Devant cette situation il me semble qu’il convient de revenir encore et encore à un exposé précis des faits avérés, sans a priori. Un point essentiel est de savoir qui a parlé de guerre de Vendée et à quel moment, alors que ce genre d’appellation n’a jamais été en usage pour évoquer les années d’affrontements qui eurent lieu dans la vallée du Rhône ou dans le Midi, pas plus que pour la quinzaine d’années de « chouannerie » bretonne. Or, comme je l’ai montré il y a maintenant trente ans, la « guerre de Vendée » est une expression qui naît à Paris, à la Convention, quand les Montagnards accusent les Girondins de ne pas avoir de politique assez rigoureuse contre les contre-révolutionnaires et contre les insurgés qui se sont levés dans un gros quart du pays à l’occasion de la levée des 300 000 hommes. Il n’est pas utile de retracer l’histoire qui suit, mais il l’est de relever que cette désignation suffit à transformer un épisode modeste, une défaite d’une troupe républicaine le 13 mars 1793 dans le département de la Vendée, en événement capital témoignant que l’équivalent de Coblence existe dans le pays et que cet autre ennemi public numéro 1 est la Vendée. Cette désignation conduit à y envoyer des contingents depuis toutes les provinces et à créer une armée incohérente et divisée autour d’opinions politiques incompatibles, ce qui provoque une succession d’échecs militaires rendus d’autant plus graves que chaque camp rejette sur les autres la responsabilité. Rapidement, cela entraîne une montée continue des violences, déjà à un haut niveau partout dans le pays, et mène à la prise du pouvoir par les groupes sans-culottes au sein du ministère de la Guerre, transformant la guerre de Vendée en machine de guerre contre les Conventionnels !

 

Non seulement il n’existe pas d’identité vendéenne avant la guerre de 1793 mais surtout les mesures qui ont été prises n’ont pas créé un groupe précis

 

Les batailles qui se déroulent dans l’automne 1793 sont d’une très grande violence et donnent la victoire aux armées dirigées par les sans-culottes, les armées vendéennes doivent quitter la région et aller de Cholet jusqu’à Granville pour essayer de joindre les armées anglaises. Leur échec est suivi d’un retour vers la Loire jalonné de combats très meurtriers et de massacres. La répression qui suit, notamment à Nantes, avec les fameuses noyades, ou à Angers, est effroyable et concerne des milliers de personnes. Pourtant, l’épuisement des troupes sans-culottes et la reprise en main par le Comité de salut public, via le gouvernement révolutionnaire, de la direction politique du pays contribue à changer le cours de la guerre, sauf sur un point, l’envoi sous la conduite du général Turreau de colonnes incendiaires, vite renommées infernales, dans toute la région. Ces colonnes commettent surtout dans les Mauges et le Haut Bocage vendéen des atrocités sur toutes les populations rencontrées, qu’elles soient blanches ou bleues. A partir de mars, la mutation politique repérée dès décembre à la Convention se traduit par la fin de ces opérations de dévastation au bénéfice d’une pratique guerrière plus traditionnelle. Mais ces exactions ont eu pour effet de relancer les bandes armées, autour de Charette et de Stofflet, qui continueront d’être actives et dangereuses jusqu’en 1795.

 

LVSL – Quelle politique a eu le Comité de salut public vis-à-vis de la Vendée ? Cette politique a-t-elle mené à un génocide comme le pensent certains auteurs comme Patrick Buisson dernièrement ?

 

Jean-Clément Martin – Non seulement il n’existe pas d’identité vendéenne avant la guerre de 1793 mais surtout les mesures qui ont été prises n’ont pas créé un groupe précis. Des lois ont été faites pour « exterminer les brigands de la Vendée », comme d’autres entendaient tuer d’autres « brigands » d’autres régions – héritage dans le droit de la culture de la violence venue de l’Ancien Régime. Aucune limite territoriale n’a été fixée pour délimiter un espace dans lequel la répression devait s’abattre. Il y eut même l’attribution de sommes conséquentes au profit des « réfugiés de la Vendée », au bas mot plus de 20 000 personnes, pour leur permettre de vivre hors de la guerre, et il y eut aussi la recension des Vendéens patriotes afin que leurs biens soient protégés de toute réquisition. Le cadre de la loi est évidemment fragile dans de pareilles circonstances : non seulement des femmes et des enfants jugés complices des « brigands » ont été mis à mort, mais les populations « civiles », y compris patriotes, ont été livrées dans un certain nombre d’endroits à la violence des soldats pillant, volant, violant et brûlant. Cependant même les tribunaux d’exception ont souvent respecté les termes de la loi et c’est au nom des lois que quelques officiers, responsables d’exaction, ont été poursuivis et exécutés. Le silence de la Convention, du Comité de salut public et de Robespierre sont assurément à juger, mais outre leur ignorance de la réalité régionale ils ont été pris dans des jeux d’alliances qui les ont conduits à l’évidence à laisser les sans-culottes mener ce genre d’opérations pour supprimer la menace vendéenne qui était très réelle et aussi pour les épuiser. Les violences de guerre, incontestablement d’une grande ampleur, ne relèvent pas d’une politique génocidaire, mais s’apparentent à d’autres luttes qui existèrent dans l’histoire du monde entre Etat et paysanneries, celles-ci traitées comme des rebelles par celui-ci. A cet égard, il n’y a pas d’exception vendéenne, des violences identiques ont été commises ailleurs (notamment en Italie dans les années 1797-1815). Dit autrement, il y eut indiscutablement de nombreux crimes de guerre mais ni génocide ni populicide, terme inventé en 1794 dans un contexte de luttes politiques et remis au goût du jour au moment du bicentenaire.

 

Propos recueillis par Gauthier Boucly.

 

 

Jean-Clément Martin : à propos du « génocide vendéen ». - La Révolution  Française à Nogent le Rotrou

SUR LA GUERRE DE VENDÉE ET LE « CONCEPT DE GÉNOCIDE » ICIUNE MISE AU POINT HISTORIQUE

 mercredi 7 mars 2018 

Guerre de Vendée : "Il n'est pas possible de parler de 'génocide'"

A propos du "génocide vendéen". Du recours à la légitimité de l'historien ICI

[article]

Jean-Clément Martin

Sociétés Contemporaines  Année 2000  39  pp. 23-38

Partager cet article
Repost0
1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 06:00

Tous à poil !» le vin nu gagne du terrain, un amoureux témoigne ! - Le blog  de JACQUES BERTHOMEAU

Afin de complaire au sieur Pax qui geins lorsque le dimanche je torche une chronique du genre : « les derniers socialos, depuis leur cabine téléphonique, viennent de jeter Delors à la poubelle en se jetant dans les bras assassins de Mélenchon... » aujourd’hui je fais dans le radis.

 

Mais n’importe quel radis, le radis chinois « moins piquant, plus floral que son cousin d’été, cette variété de saison renferme un surprenant cœur marbré rose et blanc. »

 

Ça devrait plaire aussi à Pierre, esthète culinaire qui, et c’est son droit abhorre et conchie le docteur Destouches.

 

Tout ça grâce à nos amis suisses.

 

Emilie Veillon

 

Publié jeudi 28 avril 2022 ICI   et ICI 

 

« Très peu calorique, cette variété originaire d’Asie est riche en eau, en fibres et en minéraux (calcium, potassium, etc.). Délicieux cru, râpé ou tranché, il se révèle aussi intéressant cuit à la vapeur ou au wok. »

 

 « Je l’avais découvert lors d’un voyage en Chine il y a trente ans, explique Carlo Crisci. Le fait que la famille Hesse se mette à le cultiver a été une véritable aubaine. Il est toujours resté présent dans ma cuisine depuis. »

 

Ce qui a convaincu l’ancien chef du Cerf à Cossonay, c’est sa saveur moins piquante, moins forte que le radis rouge, plus goûtue et florale, avec une légère note de coriandre, entre le navet et le radis.

« Quelque chose d’élégant tant au niveau de la couleur que des impressions en bouche. Au départ, on en a mis un peu partout, parce que c’était nouveau et fun : sauté, en garniture de crustacés, ou en brunoise dans le tartare de bœuf », s’enthousiasme-t-il.

 

Sans chichi - 70 couleurs de légumes

 

Dans son dernier livre Sans chichi, il l’a mis en majesté sous la forme d’un carpaccio au sel, vin doux et éclats de Bleu de Saint-Gall. « Le côté floral et croquant du radis fonctionne bien avec la force du fromage à pâte persillé et le vin rouge doux. C’est un plat vivant, qui ressemble beaucoup à un carpaccio de viande. »

 

Carpaccio de radis chinois au sel, au vin doux et aux éclats de Bleu de Saint-Gall

 

Pour 4 personnes

 

•      2 radis chinois

•      fleur de sel

•      2 dl de La Grive 2018, Féchy ou autre vin rouge doux Suisse

•      1 cs d’huile d’olive

•      huile de noisette

•      poivre noir du moulin

•      100 g de Jersey Bleu de Saint-Gall

 

Jersey blue – Taka&Vermo

 

1.     Lavez et brossez les radis noirs.

2.    Coupez de fines rondelles à l’aide d’une mandoline.

3.    Salez-les avec de la fleur de sel. Couvrez et laissez tirer.

4.    Faites réduire le vin muté de moitié dans une petite casserole.

5.    Ajoutez 1 cuillère à soupe d’huile d’olive et quelques gouttes d’huile de noisette. Assaisonnez de fleur de sel et de poivre noir du moulin.

6.    Rincez et essuyez les tranches de radis. Disposez-les dans quatre assiettes et nappez du vin doux réduit, ainsi que de quelques éclats de Jersey Bleu.

Jersey blue – Taka&Vermo

Voici le fromage du jour, Le Jersey Bleu. Produit par un singulier personnage, Willi Schmid, installé à Lichtensteig dans le canton de Saint-Gall au coeur du Toggenburg. Très créatif, perfectionniste, les paysans qui lui apporte le lait prétendent qu’il est capable de savoir si les vaches ont changé de prairie juste en goûtant le lait. C’est en effet comme ça que, chaque matin, il choisit quel fromage il va produire en fonction des caractéristiques du lait du jour. La suite ICI 

La Colombe Réserve Rouge | Vivino

Colombe Rouge, Domaine La Colombe, 2019, Féchy

 

Cultivés en biodynamie les vignobles de Raymond, Violaine et Laura Paccot débouchent sur une belle gamme de «vins d’émotion» comme aime à le dire l’équipe familiale. Pour accompagner les saveurs du plat, le vigneron conseille la Colombe Rouge. Cet assemblage de merlot, gamaret et syrah, élevé en fût de chêne, a la puissance qu’il faut pour répondre au Jersey Bleu de Saint-Gall. Ses arômes poivrés et ensoleillés viennent porter la fraîcheur et la sucrosité du carpaccio de radis nappé de vin doux.

Partager cet article
Repost0
30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 06:00

 

Henk Hilterman/Spaarnestad / Rue des Archives

 

Connaissez-vous la « Ménaf » ?

 

Derrière ce néologisme un peu barbare né de la contraction des termes « ménagère » et « enfants » se dissimule celle qui fut pendant longtemps l'idole des annonceurs et des régies TV : la « ménagère de moins de cinquante ans ».

 

Créée en 1989, cette figure symbole et cible prioritaire de la publicité avait été conçue à l'époque où le modèle familial encore hégémonique était celui du couple hétérosexuel avec enfants. Mais qu'on se le tienne pour dit : la petite fée du logis qui, rouleau de pâtisserie en main et enfants accrochés à ses jupons, fit les belles heures de Moulinex, n'existe plus.

 

Le problème c’est que la ménagère de moins de 50 ans a vieilli, elle est même à la retraite et continue de pousser le caddie avec le papy.

 

Des fans de la GD !

 

Les Insoumis et les petits cui-cui se sont lamentés du poids excessif de tous ces vieux qui ont porté Macron à nouveau sur le pavois. Et pourtant le jeune Macron veut repousser l’âge du basculement à 65 ans alors que le vieux Mélenchon 71 ans, lui, s’en tient à 60 ans.

 

Bref, les vieux qui hantent les couloirs de la GD sont obsédés par la peur du manque et, dès que le risque de voir leurs marques favorites disparaître des rayons, ils se ruent sur elles, entassent tels la fourmi de la fable. Tel fut le cas au moment du premier confinement où le PQ fut leur cible prioritaire.

 

L’agression de l’ours russe en Ukraine leur a fait découvrir que ce pays, pas si petit que ça puisqu’en superficie il est aussi grand que notre vieux pays, était le premier producteur mondial de tournesol qui fait l’huile raffinée avec du savon : Fruit d’Or.

https://api.francelive.fr/resources/Jrb9CPou0YLx68fBAvHJ0QB4Cth6L6ad7U9Ya_e5CN7JFur2HMTGiC92CDDh-wHfAEfq2qjh1zgga6j_FTi_0DcH6UTVpAkae5nGYlrJYBM

 

Huile de tournesol, le nouvel or jaune : «À l’ouverture, les gens ont couru jusqu’au rayon»

Les bouteilles d’huile de tournesol se font rares dans les rayons des supermarchés. Du coup, les clients se précipitent d’autant plus pour en acheter... ce qui augmente la pénurie. Des margoulins en profitent même pour faire de la spéculation sur Leboncoin.

Alors qu’elle s’apprête à prendre une septième bouteille d’huile de tournesol, cette mère de famille est coupée dans son élan par un employé d’un Carrefour du sud-est de Paris. « C’est limité à six, madame. On a des stocks réduits à cause de l’Ukraine ou je ne sais pas quoi ! », lance le jeune homme.

 

La suite dans Le Parisien auquel je ne suis pas abonné.

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/3moUlSiFVYDe8AkhXzXrwK-w6ZI/600x400/regions/2022/04/21/6261738e268d6_maxwatier074163.jpg

Pénurie d’huile de tournesol : Voici comment les consommateurs seront prévenus du changement de recette de leurs produits préférés

 

L'Etat a autorisé, ces derniers jours, les fabricants de certains produits ou plats cuisinés à modifier leurs recettes sans, dans un premier temps, changer leurs emballages. Les consommateurs auront toutefois les moyens de connaître la composition des aliments qu'ils achètent.

 

Outre la forte augmentation des prix qu'elle génère, la pénurie d'huile de tournesol a poussé les industriels à demander au gouvernement le droit de modifier en urgence la composition de leurs plats cuisinés, conserves, sauces, frites et bien d'autres aliments.

 

Une modification qui ne s'accompagne pas, dans un premier temps, d'une obligation de prévenir le client sur les emballages notamment ceux déjà confectionnés.

 

Pourtant, les autorités ont prévu que les consommateurs puissent être informés des changements qui interviennent dans les recettes de leurs produits préférés. Notamment afin de rassurer les personnes allergiques à certaines huiles.

 

Ainsi, cette condition pour pouvoir mettre en place cette dérogation implique qu'elle "n’affecte pas la sécurité des consommateurs, notamment en cas d’allergie", précise la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

 

 

Si un industriel venait à ajouter un produit allergène, comme le soja ou l'arachide voire un ingrédient issu d’Organisme Génétiquement Modifié, il devra aussi assurer "une information directe sur leur étiquetage, de façon visible et lisible".

 

Dans tout autre cas, les industriels devront faire la demande de dérogation auprès de la DGCCRF qui pourra alors l'accorder pour une durée de 6 mois maximum. Les fabricants ne pourront pas modifier leurs recettes, seuls dans leur coin.

 

La liste complète sur un site dédié

 

La DGCCRF publiera ensuite sur un site dédié la liste des ingrédients pour lesquels les industriels ont sollicité cette dérogation. Les points de vente mettront en place des affichages avec des QR codes qui renverront vers ce moteur de recherche.

 

Enfin, les industriels auront 2 mois pour apposer une mention sur l’emballage, qui pourra prendre la forme d’un sticker ou d’une inscription à côté de la date de péremption, par exemple "DEROG" pour "dérogation".

 

INDONÉSIE - ÉCONOMIE : L'huile de palme impopulaire chez les agriculteurs  indonésiens - Gavroche Thaïlande

 

L’Indonésie suspend ses exportations d’huile de palme

Après avoir plusieurs fois rétropédalé, le gouvernement indonésien a confirmé, mercredi, un embargo total sur les exportations du produit afin de limiter la hausse des prix sur le marché intérieur.

Par Brice Pedroletti(Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)

 

Après avoir annoncé, le 22 avril, un embargo surprise sur les exportations d’huile de palme, prévu pour entrer en vigueur jeudi 28 avril, le gouvernement indonésien a d’abord revu sa copie mardi 26 avril, en limitant l’embargo à plusieurs catégories d’oléine de palme raffinée, avant de confirmer, mercredi 27 avril, que « tous les produits », y compris l’huile de palme brute « s[eraie]nt couverts par un décret du ministère du commerce », a déclaré le ministre coordonnateur à l’économie, Airlangga Hartarto. L’embargo est en vigueur depuis minuit.

 

Des effets délétères de l’embargo se sont déjà fait sentir sur le marché national, mais aussi sur les cours mondiaux, qui se sont affolés, ces derniers jours, dans un contexte de pénurie d’huile de tournesol due à la guerre en Ukraine. L’interdiction des importations est provisoire, mais aucune date limite n’a été fixée. Mardi, le président Joko Widodo avait toutefois indiqué qu’il fallait que le prix de l’huile de cuisine se stabilise à 14 000 roupies (0,91 euro) le litre, 30 % au-dessous du prix actuel.

 

 

Un embargo temporaire avait touché le charbon en début d’année, à la suite d’une pénurie dans l’approvisionnement des centrales électriques de la compagnie nationale d’électricité. Il avait duré une dizaine de jours.

 

L’Indonésie est le premier producteur d’huile de palme de la planète, et le premier Etat exportateur, avec 60 % du marché mondial, vendant à l’étranger jusqu’aux deux tiers de sa production, soit environ 30 millions de tonnes par an. Or, la hausse persistante des cours, depuis fin décembre 2021, a eu un effet inflationniste dans le pays. En janvier, le gouvernement a alors imposé aux producteurs un quota les obligeant à réserver 20 % de leur production d’huile de palme, tous produits confondus, au marché intérieur à des prix fixes, puis 30 % en mars. Avant de le supprimer, en faveur d’une taxe d’exportation rehaussée. Dans le même temps, un plafonnement du prix de l’huile de cuisine, imposé lui aussi en janvier, était levé au profit de subventions directes.

 

Ces allers-retours ont conduit à des fluctuations de prix, des ruées sur l’huile de cuisine de la part des consommateurs, et des comportements spéculatifs dans l’industrie, ajoutant au mécontentement contre les hausses des prix de l’alimentation, et nourrissant la vindicte populaire contre une « mafia de l’huile de cuisine » prête à tout pour s’enrichir sur le dos des consommateurs. Mercredi 20 avril, une enquête a été ouverte pour corruption au sein du ministère du commerce à la suite de l’attribution de permis d’exportation à trois producteurs d’huile de palme qui n’auraient pas respecté les quotas pour le marché national.

 

Début de bronca

 

Selon un sondage effectué mi-avril par l’institut Indikator Politik Indonesia, le président indonésien, Joko Widodo, a vu sa popularité s’éroder pour passer de 75,3 % en janvier à 59,9 %, un niveau qu’il avait déjà atteint au pire de la pandémie de Covid-19, au moment de la vague du variant Delta, en 2021. Le 22 avril, il annonçait un embargo sur les exportations d’huile de palme, une mesure radicale, en principe temporaire, censée calmer le jeu à l’approche des grandes vacances du Lebaran, pour la célébration de la fin du ramadan, les 2 et 3 mai. « Je continuerai à surveiller et à évaluer la mise en œuvre de cette politique afin de fournir de l’huile de cuisson dans ce pays en abondance [et] à un prix abordable », avait-il déclaré.

 

Le plafonnement des exportations pourrait priver les caisses de l’Etat d’une part importante de recettes

 

L’annonce de l’embargo le 22 avril avait déjà entraîné des baisses anticipées des prix d’achat du régime de fruits du palmier à huile chez les petits fermiers et producteurs, provoquant un début de bronca. Car les gros producteurs, s’attendant à des excédents sur le marché intérieur, freinent leurs achats et jouent les cours à la baisse.

 

Le plafonnement des exportations pourrait aussi priver les caisses de l’Etat d’une part importante de recettes. La hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, comme de l’huile de cuisine, mais aussi du sucre, du soja et des œufs, a poussé le gouvernement à mettre en place des mécanismes de subventions et de contrôle des prix. Or, les autorités ont jusqu’alors profité de l’essor des matières premières à l’exportation, en particulier du charbon, de l’huile de palme et des métaux, pour répondre à ces tensions inflationnistes.

 

L’arbitrage, souligne un éditorial du Jakarta Post, est délicat : le pays dépend des importations pour près de 60 % de son carburant, 100 % de son blé et 50 % de son soja. Malgré les excédents records de la balance des paiements en 2021 et l’ampleur des réserves de change accumulées, il n’est pas à l’abri de turbulences dans le contexte de resserrement monétaire plus rapide que prévu aux Etats-Unis et d’incertitude géopolitique provoquée par la guerre en Ukraine.

 

Brice Pedroletti (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)

 

Bref, il serait sans doute temps pour les ménagères de plus de 50 ans de se tourner vers les huiles non-raffinées : olive et colza en priorité, un poil plus cher mais avec du goût.

Partager cet article
Repost0
29 avril 2022 5 29 /04 /avril /2022 06:00

Critique : La Vie de château, de Jean-Paul Rappeneau - Critikat

Les indépendants du 1er siècle - Biographie de Louis DELLUC

Prix Louis-Delluc

 

Présentation de l'événement

 

Le prix récompense tous les ans, le deuxième jeudi de décembre, le meilleur film français sorti pendant l'année. Son jury est composé d'une vingtaine de critiques et personnalités du cinéma, sous la présidence de Gilles Jacob et les délibérations ont lieu au restaurant parisien le Fouquet's sur les Champs-Élysées. Par analogie, il est souvent appelé le prix Goncourt du cinéma.

 

Il est arrivé quelques fois que le prix récompense un film qui n'était pas encore sorti : ce fut le cas en 1958 pour Moi, un noir sorti en mars 1960, en 1979 pour Le Roi et l'oiseau, sorti en salles en mars suivant, et en 1982 pour Danton, sorti en janvier suivant.

 

Les films récompensés constituent un ensemble particulièrement cohérent de films alliant exigence artistique, cinéma d'auteur et reconnaissance publique. Ils sont indifféremment des premiers films (Rappenau en 1965 ou Sandrine Veysset en 1996) ou des œuvres d'auteurs confirmés et reconnus (Godard en 1987 ou Chabrol en 2000). Parmi ceux-ci, Alain Resnais l'a reçu trois fois (1966, 1993 et 1997) et Michel Deville deux fois (1967, 1988) ainsi que Claude Sautet (1969 et 1995).

 

Il a été fondé en 1937 par Maurice Bessy et Marcel Idzkowski en hommage à Louis Delluc (1890-1924), premier journaliste français spécialisé dans le cinéma et qui avait fondé les ciné-clubs.

 

Depuis 2000, il s'est vu adjoindre un Prix Louis-Delluc du premier film.

Aujourd’hui c’est « La Vie de château » 1966

La Vie de château - Film (1966) - SensCritique

Pourquoi ce film ?

 

Pour se changer les idées après une grosse machine comme « Un témoin dans la ville » 1959.

 

Je pensais que cette charmante irions-nous jusqu’à dire « bluette » ferait passer le morceau.

 

Il n’en est rien. « C’est du lourd » comme dirait Lucchini, contrairement aux apparences. C’est remarquablement bien fait, tout en fausses légèretés. Mais je vous laisse juger

 

Château de sable (La vie de château de J.P. Rappeneau) - le blog pickachu  d'Olivier Facquet

Quelle est l’histoire ?

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, dans un château de Normandie près d'Arromanches, vivent Jérôme, sa mère Charlotte et sa femme Marie. Julien, un résistant français venu d'Angleterre, leur tombe du ciel afin de préparer la route des parachutistes américains en vue du débarquement.

 

La jeune et belle Marie, fille de Dimanche, le métayer du château, s’ennuie dans sa Normandie loin de la capitale qu’elle désire ardemment connaître.

 

Pourtant, il se passe des choses et le débarquement est imminent. Certains cœurs s’embrasent devant ce bovarysme virevoltant qui ne désire qu’une seule chose : se griser dans la féerie du mouvement.

 

Jérôme, mou et empâté, image d’un châtelain respectueux d’une faune végétale environnante endormie, ne s’investit que modérément dans ce second conflit mondial. Ceci exaspère Marie qui ne rêve que de héros et son père chef du réseau local de la résistance.

 

Julien répond admirablement à ce critère. La tentation est grande de s’abandonner à l’aventure. Marie est également courtisée par un officier allemand, locataire temporaire du château avec ses hommes.

 

Jérôme, enfin conscient du danger, va réagir. (Wikipédia)

 

 

Réalisation

 

Jean-Paul Rappeneau

 

D’ordinaire, dans cette rubrique on s’attend à voir une énumération de films parfois lassante, si si, reconnaissons-le, parfois lassante. Avec ce réalisateur et scénariste, rien de tel. En 49 ans de carrière, il a réalisé seulement huit longs métrages ! Il est connu pour consacrer beaucoup de temps à l'écriture de chacun de ses scénarios. Cela vaut la peine quand on voit le résultat. Des films à la carrière éclatante. « Les Mariés de l'an II » en 1971 avec Jean-Paul Belmondo, Marlène Jobert et Laura Antonelli, « Le Sauvage » en 1975 avec Yves Montand et Catherine Deneuve, « Tout feu, tout flamme » en 1982 avec Yves Montand et Isabelle Adjani. Ils dépassent chacun les 2 millions d'entrées en France. En 1990, Jean-Paul Rappeneau réalise un Monument : l'adaptation de « Cyrano de Bergerac » d'Edmond Rostand, avec Gérard Depardieu en vedette, film - coécrit avec Jean-Claude Carrière - un énorme succès critique et populaire qui fit plus de 4 millions d'entrées. Est-il besoin d’en dire plus.

 

 

Qui fait quoi ?

 

 

Philippe Noiret :              Jérôme, le châtelain

 

Quelques traits glanés çà et là pour esquisser le portrait que son ami Jean Rochefort a dit de lui : « Un grand seigneur nous a quittés. » On se souviendra des « Grands Ducs » 1996 de Lecompte avec Jean Rochefort et Jean Pierre Mariel. Une amitié rare et sans faille réunissait ces trois lascars si différents à la ville. Seuls eux même pouvaient connaître cette alchimie qui fit que lors des obsèques de Noiret, ses amis Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, très affectés, préfèrent ne pas assister à la cérémonie.

 

Pour le reste, chacun de nous garde au fond de lui une préférence pour un film gai comme « Les Ripoux », 1984 de Claude Zidi ou grave, quelques fois les deux ensemble « Que la fête commence » 1975 de Bertrand Tavernier , ou encore tendre et mélancolique :  « Le vieux fusils »  1976 de Robert Enrico - César du meilleur acteur pour ce rôle qui va imposer son physique et son jeu au grand public et fera de lui du fait de cette image le premier homme à faire la couverture du magazine féminin « Elle » en 1978.

 

 

Catherine Deneuve :              Marie, sa femme

 

« La Vie de Château » est le seizième film de Catherine Deneuve dans une carrière qui débuta dans les années soixante et qui continue encore aujourd’hui. Son aura est quasi universelle. On la voit partout. En plus du cinéma elle milite pour d’éminente cause humaniste, mais fait aussi de la pub. N’en jeter plus. Voilà une vie bien occupée pour une personne qui, au départ, contrairement à sa sœur Françoise Dorléac, ne voulait pas être actrice.

 

Il y en a pour tout le monde ce qui peut expliquer son audience car je ne pense pas que le milieu du cinéma soit un tel désert qui expliquerait ce phénomène. Je dois dire que toute cette bourgeoisie mise en avant par les thèmes de ses films qui reflètent bien la période de son ascension m’indiffère.

 

Il est loin le temps de cet adorable rôle qu’elle tient dans ce film. Laissons la parole à France Roche, critique de cinéma : « « La révélation du film, c'est une petite personne exquise qui s'appelle Catherine Deneuve. Discrète, sans être empaillée, proprette sans être banale, ingénue sans être niaise, et jolie, si jolie, sans en avoir l'air de le savoir. » Certes, c’était à propos d’un autre film mais c’est exactement ce que j’ai ressenti à la voir jouer Marie l’épouse de Jérôme.

 

Là encore, inutile d’en dire plus. Depuis elle sait qu’elle est Catherine Deneuve, jusque dans sa manière de jouer. Mais aujourd’hui c’est d’un monument qu’il s’agit et comme tel, cela se respecte. Mais aussi, on reste libre de ne pas le visiter.

 

Pierre Brasseur :             Dimanche, le père de Marie

 

Comme toujours, ce rôle lui va comme un gant. Il est l’opposé du paisible Jérôme mari de sa fille. On comprend le dynamisme et l’envie de vivre de la jeune femme avec un tel père qui, en vertu de son statut de beau-père, parle haut à son gendre (ce dont il ne devait pas trop se priver avant que de donner sa fille au châtelain. Et, en paysan madré, s’il savait ne pas pousser trop loin l’impertinence il ne devait pas moins en penser.)

 

Pour le reste, on se réfèrera aux fiches antérieures comme « Les bonnes causes » 1963 mais aussi « Le Roi de cœur »1966 et « La métamorphose des cloportes » 1965

 

Mary Marquet :                 Charlotte, la mère de Jérôme

 

Une vie ponctuée de grands et petits rôles, tant au cinéma qu’au théâtre qui souvent s’accompagnaient d’histoires de cœur et/ou d’amour. Sarah Bernhardt, amie de sa famille lui donna le rôle du Duc de Reichstadt dans « L’Aiglon » la pièce d’Edmond Rostand dont, dès lors, elle partagea la vie jusqu’au décès de l’auteur. Elle entre en 1923 à la Comédie-Française, et en devient sociétaire en 19282. Elle y interprète pendant 17 ans, tous les grands rôles du répertoire (Marion Delorme, Phèdre, Andromaque, Bérénice, Roxane, Lucrèce Borgia, ...). Mais elle joue également dans des pièces plus contemporaines de d'Annunzio, Geraldy.

 

Sa carrière cinématographique est également bien remplie. Parmi ses films les plus réussis, on peut retenir son rôle de Madame de Maintenon dans « Si Versailles m'était conté » 1954, de Sacha Guitry et celui de Marie-Angélique Guillain dans « Landru »1962, de Claude Chabrol. Elle campe un truculente mère supérieure dans « La Grande Vadrouille » 1966 de Gérard Oury. Dans « Le malin plaisir » 1975 de Bernard Toublanc-Michel en compagnie de Claude Jade et Anny Duperey et Jacques Weber et encore dans Le « Casanova » 1975 de Fellini.

 

N’oublions pas ses participations à la télévision où tourne également pour l'ORTF, des adaptations de pièces de boulevard, quelques Maigret, dans Les Cinq Dernières Minutes, Les Saintes chéries ou encore dans l'adaptation télévisée du roman de Stendhal, Lucien Leuwen. Cela, pour souligner l’étendu des talents de cette actrice qui semble avoir fait sienne la formule de Jouvet : « Quand le rideau s’ouvre, vous entrez dans la vie, sachez y rester quand il se ferme »

 

Pour la petite histoire elle rencontre, en 1927, le président du Conseil de l'époque, André Tardieu, dont elle devient la maitresse quasiment officielle. Elle lui suggéra, entre autres, de peindre en blanc une partie des troncs des arbres en bordure des routes, pour les rendre visibles la nuit, surtout dans les virages. Et pratique avec ça la dame !

 

Extrait du film La Vie de château - La Vie de château - EXTRAIT "J'appelle  mon mari" - AlloCiné

 

Henri Garcin :           Julien Pontaubert, le résistant

 

Henri Garcin, est un acteur, metteur en scène et auteur de théâtre français d'origine néerlandaise. Âgé au moment où j’écris ces lignes, de 91 ans, sa carrière a démarrée en 1964. Il n’a depuis, cessé de jouer, au cinéma, au théâtre, à la télévision.

 

Aussi à l’aise dans les grands textes que dans la comédie (333 épisodes de la série télévisuelle de « Maggy » il rencontra le succès en servant des auteurs comme, G.B. Shaw, Pirandello, Strindberg, Albee, Oscar Wilde, Obaldia, Guitry, Poiret... Mais aussi Saunders, dans sa pièce « La prochaine fois je vous le chanterai » (1966) au Théâtre Antoine, avec Delphine Seyrig, Claude Piéplu, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, et Jean-Claude Carrière dans « L'Aide-mémoire » (1968) créé en duo avec Delphine Seyrig au Théâtre de l'Atelier. Que voilà un bel entourage qui sanctionne une vraie reconnaissance de ses pairs.

 

Il n’est pas en reste avec le Septième Art. Au cinéma, i est dirigé par Marguerite Duras, Michel Mitrani, Romain Gary, Michel Deville, Henri-Georges Clouzot, André Cayatte, Agnès Varda, Yves Boisset, Patrice Leconte,  et François Truffaut avec « La Femme d'à côté » 1981

 

Carlos Thompson :                  le major Klopstock

 

C’est le dernier film de cet acteur dont la carrière se déroula des deux côtés de l’Atlantique et beaucoup en Allemagne en ce qui concerne l’Europe

 

Christian Barbier :         le colonel

 

Acteur prolifique tant au cinéma qu’à la télévision. Quelques grands rôles « Week-end à Zuydcoote » 1956 de Henri Verneuil, « L'Armée des ombres » 1969 de Jean-Pierre Melville.

 

Il acquiert une certaine notoriété grâce au personnage de Joseph Durtol, héros de « L'Homme du Picardie » feuilleton mythique de la télévision française.

 

Test La vie de château DVD

Donald O'Brien :              l'officier parachutiste américain

 

D’origine irlandaise il sut retenir l’attention de grand réalisateur ce qui lui permis de jouer dans : 1964 : « Le Train »de John Frankenheimer et en 1965 « Week-end à Zuydcoote » de Henri Verneuil . En 1965 « Trois chambres à Manhattan » de Marcel Carné et en1966 : « La Ligne de démarcation » de Claude Chabrol mais aussi en 1967 : « La Nuit des généraux » d’Anatole Litvak et en 1986 : Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud. Pas mal non ?

 

Jean-Pierre Moulin :              le lieutenant

 

Acteur de théâtre plus que de cinéma il s’illustra surtout dans le doublage – Voix d'Anthony Hopkins et de Jack Nicholson

 

Paul Le Person :               Roger, un ouvrier agricole

 

Beaucoup de seconds rôles pendant cinquante ans de carrière pour de grands réalisateurs avec qui ce breton entretenait de réels liens d’amitiés. Ainsi, Lelouch, Chabrol, Jean-Jacques Annaud, et surtout Yves Robert.

 

 

Bons Moments

 

Quand Marie Marquet, du haut du balcon central de la façade de son château houspille les Allemands qui veulent réquisitionner la demeure.

 

Quand Catherine Deneuve manque s’évanouir alors qu’avec moult sourires on lui susurre à l’oreille des propositions d’enlèvement tradition des amours contrariés. Elle se voit déjà à Paris quand l’amoureux lui propose un chaumière et deux cœur à la campagne.

 

 

Sans oublier les scénaristes

 

Jean-Paul Rappeneau, Daniel Boulanger *, Alain Cavalier ** et Claude Sautet ***

 

*    Écrivain, poète, scénariste et/ou dialoguiste – notamment pour la Nouvelle Vague, auteur de théâtre et acteur français.

 

** Cinéaste cheminant hors des sentiers battus  Réalisateur entre autre de

« La Chamade » 1968 d’après Françoise Sagan et, à ses débuts, assistant réalisateur en 1958 pour « Ascenseur pour l'échafaud » et « Les Amants de Louis Malle » en 1958

 

*** Qu’on ne présente plus. Tout cela pour montrer le foisonnement des activités des uns et des autres et qui collaboraient selon les affinités du moment et l’intérêt du projet.

 

Et si pour une fois on parlait musique

 

Musique de…. encore et plus que jamais…Big Mike comme l’appelait les Américains.

 

 

Pax

 

Prochainement « Train de nuit pour Munich »

Partager cet article
Repost0
28 avril 2022 4 28 /04 /avril /2022 06:00

Image

La guerre, la menace du feu nucléaire, je ne sais si Wladimir a lu 2034 d’Elliot Ackerman et Amiral James Stavridis, traduction de Janique Jouin-de Laurens, Editions Gallmeister, 384 pages, 23,80 Euros, j’en doute mais vous vous devriez le faire car ce livre est une mine, si je puis m’exprimer ainsi.

 

2034

 

"2034" : la troisième guerre mondiale selon le romancier Elliot Ackerman et l'ancien amiral James Stavridis

 le 1 février 2022

Par Karen Lajon

 

LA VIE EN NOIR - C'est un peu le livre que l'on attendait tous. Celui qui nous dira ce qui nous attend demain. La Chine entend bien annexer Taïwan.

 

Guerre ou pas guerre et qui l'emportera ? Le romancier Elliot Ackerman et l'ancien amiral James Stavridis ont réussi ce tour de force, celui de nous éclairer, de nous faire peur et peut-être de nous convaincre. 2034 ou notre avenir en coupe réglée.

 

Génial !

 

Le roman des deux ex-soldats est aussi efficace qu'un drone survolant une zone hostile pour ensuite frapper et disparaître aussi sec. Il est dévastateur dans ce qu'il imagine. 2034 met en scène la 3ème guerre mondiale entre deux puissances, la Chine et les Etats-Unis, avec une utilisation limitée de l'arme nucléaire. Grâce à l'intervention d'un autre acteur clé des années à venir selon les auteurs, à savoir l'Inde, il n'y aura pas de désintégration de la planète terre. Ce qui est en soi une double réussite parce que tordre le bras aux Chinois n'est pas franchement donné à tout le monde.

 

Surtout lorsque ces derniers assistent à la destruction de l'une de leur plus grandes agglomérations, Shanghai, et la mort de trente millions de ses habitants. De quoi énerver le dragon qui ne dort jamais que d'un œil.

 

Un monde où l'Amérique n'est plus dominatrice

 

Alors pour faire passer ce déluge d'armes dévastatrices, le tandem a imaginé un monde où l'Amérique n'a plus rien à voir avec la position de suprématie qu'elle occupe aujourd'hui. Les auteurs ont changé les règles du jeu géopolitique, découpé les zones géographiques et actionné le bouton Urgence avec une technique romanesque méga efficace. L'ouvrage est savamment dosé.

 

On ne croule pas sous les acronymes mystérieux et barbares, au contraire, Ackerman et Stavridis s'évertuent avec un certain talent à nous faire entrer dans ce troisième conflit mondial par le prisme de personnages à la fois normaux et hors normes dans leurs prises de décision quotidiennes. Il y a bien sûr le héros solitaire typiquement américain qui affronte sa hiérarchie mais aussi celui qui louvoie dans l'opacité des régimes forts où l'individu est au service du groupe, du parti au pouvoir sans jamais avoir à dire quelque chose, sans jamais vraiment comprendre ce qui se passe mais prêt à mourir en tout état de cause.

 

 

L'incident diplomatique revient à une femme, Sarah Hunt, commodore du vaisseau amiral américain du John Paul Jones qui navigue dans la Mer de Chine méridionale avec ses deux destroyers, le Carl Levin et le Chung-Hoon. La "Reine Lionne" est au sommet de sa carrière et fume le cigare. Des Cubains que son père achetait aux Marines de Guantanamo. Un chalutier en péril sans pavillon et sans envoyer de signal de détresse va changer les plans de la dame et de son équipage. Elle veut aller voir. Mieux ou pire, elle monte à bord, la prise du Wén Rui se déroule sans incident et coup de feu et le capitaine du rafiot se rend à Sarah en lui remettant également une clé qui ouvre une porte cadenassée et dans laquelle la commodore découvre une rangée de disques miniatures clignotant et des écrans plasma. C'est le début ou la fin, selon le point de vue d'où l'on se place.

 

Parce que aller porter secours à ce bateau qui ne semble pas en réclamer, dans des zones que la Chine revendique comme les siennes, relève du très risky business. D'ailleurs, Hunt et son équipage se prennent quelques torpilles, et ce qui vient de se passer va donner le feu vert aux Chinois afin de lancer une attaque sur Taïwan et tenter ainsi de gagner la Bataille de cette 3ème Guerre Mondiale.

 

La suite ICI 

– À l'époque impériale, nos tsars parlaient français à la cour, dit Kolchak. À l'époque communiste, notre économie était une coquille vide. Aujourd'hui, sous la Fédération, nos dirigeants sont considérés comme des criminels par le reste du monde. A New York ou à Londres, ils ne nous respectent pas, pas même le président Poutine. Pour eux, il n'est pas le grand-père de notre Fédération; non, pour eux, ce n'est qu'un Russe pauvre de plus, au mieux un gang- ster, même s'il a repris nos anciens territoires de Crimée, de Géorgie et de la grande Ukraine; même s'il a miné le système américain, si bien que maintenant, leur présidente n'a même pas de parti mais doit se présenter sous l'étiquette fragile "d'indépendante". Nous sommes un peuple rusé. Notre dirigeant est l'un d'entre nous et il est tout autant rusé. Vous demandez ce que fera la Russie si les Etats-Unis passent à l'acte? N'est-ce pas évident? Que fait le renard dans le poulailler?

 

Pages 171-172, Gallmeister.

Une opération américaine en mer de Chine, le 13 janvier. (EyePress via AFP)

Jeudi polar: «2034», un avant-goût de la Troisième Guerre mondiale ICI 

Un soldat chinois à Taïwan. Le roman « 2034 », d’Elliot Ackerman et James Stavridis, plonge les lecteurs dans un conflit entre la Chine et les États-Unis.

CENG SHOU YI / NurPhoto via AFP

“2034” et “Les Loups” : deux polars géopolitiques qui percutent l’actu ICI

2034: A Novel of the Next World War : Ackerman, Elliot, Stavridis, Admiral  James: Amazon.fr: Livres

Partager cet article
Repost0
27 avril 2022 3 27 /04 /avril /2022 06:00

Jacques Chirac et Jacques Blanc à Perpignan, le 6 mai 1988

Hier je me suis abstenu car les Paganini des %, les insoumis, me saoulaient, vu l’abstention, avec le faible pourcentage des 2 du second tour si on le ramenait aux inscrits.

 

Ben oui, mais s’abstenir c’est faire le choix de laisser ceux qui s’expriment décider à votre place. Moi, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre.

 

Bref, que le jeune Macron, après son élection où le barrage à « la Le Pen » a joué en sa faveur,  s’il ne veut pas se retrouver face à une chambre introuvable, du genre que celle dont Rocard a hérité lors de l’épisode de Tonton 2, soit amené à réfléchir sur sa façon de gouverner et infléchir ses propositions, c’est ce que nous allons voir au cours de la prochaine séquence.

 

L’honnêteté intellectuelle minimale exige que, lorsqu’on a recours à une démonstration pour démontrer que son adversaire n’a rassemblé qu’un faible % des inscrits au premier tour, on se l’applique à soi-même.

 

Au premier tour, quelles qu’en soient les raisons, JL Mélenchon n’a fait que ... % des inscrits, faites vous-même le calcul, et il n’est arrivé qu’en 3ième position.

Image

https://images.midilibre.fr/api/v1/images/view/5fc865e2d286c24cae7f7ae6/hd/image.jpg?v=1

Mon titre est tiré d’un slogan « voter Blanc c’est voter nul ! » qu’avait lancé les socialos de Georges Frèche , le Senator-major de Montpellier, en Languedoc-Roussillon pour se moquer de l’inénarrable Jacques Blanc président de la région. Le dit Jacques Blanc, au temps où je faisais le service après-vente de la politique viticole européenne de mon Ministre, Michel Rocard, fut mon interlocuteur régional, il fallait se le fader...

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents