Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 août 2021 6 07 /08 /août /2021 06:00

File:Le Cochon Prodigue 1919.jpg - Wikimedia Commons

La citation est à la littérature ce que la rondelle est au saucisson. dixit  M. Brûlé.

Comme je ne suis pas à une contradiction près je vous offre un chapelet de citations sur le saucisson...

 

 

Bérurier, ex-interne des hôpitaux de Paris ? Ça vous la coupe, hein ? Et pourtant vous allez voir que le Gros sait aussi bien manier le stéthoscope que le saucisson à l'ail. 

La chenille devient papillon, le cochon devient saucisson, c'est une grande  loi de la nature.

« Je n'avais pas eu le temps de prendre mon petit déjeuner. J'aurais préféré qu'elles me montrent du saucisson ou du lard au lieu de leurs attributs. Dieu merci, les homosexuels n'ont pas eu l'idée de faire pareil. »

Vladimir Poutine

Citation Paul Claudel seul : Avec un saucisson à l'ail, on se sent moins  seul....

11 février 2011

Réhabilitons le saucisson à l’ail et marions-le avec un vin ! ICI

 

 saucissonail.jpg

J'apprécie plus le pain, le pâté, le saucisson, que les limitations de  vitesse.

C’est mon amie Alessandra Pierini qui m’a sur Face de Bouc donné l’idée de mettre le saucisson à l’honneur

 

« C’est une idée reçue qu’en Italie on coupe toute la charcuterie très fine. Surtout des charcuteries tendres comme la soppressa, il salame, la finocchiona, la ruffiana, la porchetta se coupent au couteau et avec une certaine épaisseur pour pouvoir apprécier d’avantage le travail artisanal et faire en sorte que la mâche contribue à sublimer le goût de chaque pièce.

 

Derrière la découpe très fine, se cachent parfois des produits de basse qualité: trop de sel, affinages médiocres, matières premières banales… quand c’est tranché très très fin, tout parait bon, même le mauvais.

 

Certains paysans/producteurs disent même que un saucisson est bien coupé quand ses tranches tiennent début toutes seules … sans en arriver là mais ça fait réfléchir.

 

La première règle fondamentale c’est que la coupe doit respecter la structure du produit et aider sa dégustation optimale. »

 

 

Il existe une multitude de variétés de saucissons. Les procédés de fabrication mais également les viandes et les épices utilisées, diffèrent selon les traditions et les régions.

 

Une origine confuse

 

Beef and Pork in the Middle Ages - Medievalists.net

 

Certains affirment que le saucisson est une invention gréco-romaine, d’autres pensent plutôt qu’il aurait été inventé par de fiers gaulois. On avance même que le saucisson serait né de l’invasion de la Gaule par les Romains, passés maîtres dans l’art de la salaison et qui auraient découvert les extraordinaires qualités gustatives de nos cochons. Quoi qu’il en soit, cela s’est passé il y a plus de 2000 ans et le saucisson devint très rapidement une des bases de l’alimentation gauloise.

 

Traditionnellement, le saucisson est composé d’une ou de plusieurs sortes de viandes hachées qui seront salées et agrémentées d’épices avant d’être fourrées dans des boyaux de bœuf ou de porc (on parle d’embossage). Il existe une proportion recherchée de gras et de maigre dans le saucisson : 25% de chair grasse pour 75% de maigre. Enfin, un saucisson peut être sec, c'est-à-dire cru (il aura passé 1 à 3 mois au séchage), ou cuit.

 

Selon les régions, il arrive que l’on mélange des fruits secs, du fromage ou de l’alcool à la viande et qu’elle soit saumurée. Il existe ainsi une multitude de saucissons : aux noix, aux olives, au piment, aux figues...

 

Le saucisson français

 

Plutôt devrait-on dire, les saucissons français ! Car plusieurs régions françaises sont réputées pour leurs saucissons, aussi délicieux les uns que les autres. La différence se fait au niveau du type de viande utilisé, de la salaison et maturation, et bien sûr, des épices et ingrédients utilisés.

 

Greta Garbure

 

Parmi les plus célèbres, on peut citer le Jésus de Lyon, 10 cm de diamètre pour un poids de 500 grammes, offrant une explosion de saveurs en bouche grâce à une sélection de viande et à un affinage de qualité. Toujours à Lyon, on trouve aussi la rosette. La vraie rosette de Lyon se compose d’un hachis de viande de porc aromatisé à l’ail, au poivre et aux épices, le tout embossé dans un boyau spécifique : le fuseau. Elle séchera ensuite 6 mois pour au final proposer une saveur marquée et authentique.

 

Rosette de Lyon Bobosse 1kg - Vente en ligne de rosette | Charcuterie  Bobosse Lyon

 

Le saucisson de Lacaune est un saucisson maigre épicé aux poivres en grain, à l’ail et arrosé de vin rouge. Il a une belle couleur rouge vif. Bien qu’il soit composé d’un hachis de viande maigre, on y incorpore volontiers des lardons entiers coupés en cube.

 

Le saucisson de Lacaune IGP - Originel

 

La Corse est connue pour ses saucissons, notamment de porcs élevés en semi-liberté dans le maquis ou la forêt. La viande est aérée, rincée au vin, assaisonnée, séchée puis fumée au feu de bois. On trouve également des saucissons corses au sanglier.

 

Saucisson Corse fermier Porc Noir - Charcuterie Corse Porcu Nustrale

 

inissons enfin ce rapide tour de France avec le salami de Strasbourg. De petite taille, c’est un saucisson pur porc, fameux pour son arôme fumé et la texture de sa viande très finement haché.

 

Salami

Les saucissons italiens
Les couleurs de l'Italie dans les saucissons ICI
Les saucissons espagnols
Des saucissons aux couleurs rouge et jaune ICI
Partager cet article
Repost0
6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 06:00

 

Dans son livre L’Art de nourrir, Bruno Verjus, dresse son Autoportrait avec ce que fait la main ICI 

 

L'art de nourrir

 

Pour lui l’art de nourrir c’est son ADN, sa vision,  sa vie « Car cuisiner, c’est ne jamais quitter des yeux le vivant. C’est le respecter à chaque étape, à tout instant, dans le choix des produits, l’art des découpes et le respect des équilibres. La cuisson vient les honorer pour célébrer cet art dans chaque bouchée.

 

Ne jamais perdre de vue l’identité des produits. Ne jamais trahir. Car telle est ma devise : aimer et servir. Transmettre, aussi. Pour ne pas confisquer  le plaisir. »

 

Tout naturellement, appliquant le précepte d’un de ses maîtres Alain Chapel « La cuisine, c’est beaucoup plus que des recettes. » Bruno Verjus nous livre « ses recettes qui sont plus que des recettes. »

 

La Cuisine, C'est Beaucoup Plus Que Des Recettes   de Chapel A  Format Relié

 

« Elles naissent de mes frottements incessants aux goûts, aux couleurs et aux senteurs. Plus essentiellement, elles traduisent mes sensations et mes sentiments. »

 

« Au commencement est ma palette. Les couleurs, leur profondeur… Le vert et ses nuances les plus denses m’inspirent. À lui seul, quelle variété, d’une huile de persil frit aux tonalités électriques, à celles printanières, d’une jeune pousse de verveine ! Puis viennent les rouges. L’ombre intense de l’hibiscus ou le rouge vibrant d’une tomate mûre piégeant le soleil. Que dire des rouges plus orangés et mystiques, à l’égal d’un rayon de lumière frappant l’or d’un vitrail ? Ah ! et le rouge cinabre d’un petit rouget farfouilleur ! »

 

« Après la magie des couleurs, la transmutation des cuissons. Elles font chanter le feu. Me Voici à l’écoute… quel sens des modulations ! À beurre chantant, à beurre infusé, à four humide  d’eau de mer, à eau de mer froide ou encore au gros sel gris des  Salines de Millac… Sans oublier le sautoir, la cocotte lutée, la grille ou la braise. Autant de bonheurs pour l’oreille qui orchestre la symphonie du feu. »

 

Après une telle lecture il ne me restait plus qu’à me mettre à table à TABLE  pour voyager au pays au pays du petit rouget farfouilleur et du beurre qui chante.

 

Ce que je fis mercredi, à la grande table d’hôte circulaire qui me permettait de contempler de profil la brigade dans ses œuvres.

 

J’ai confié mon chemin à Bruno Verjus, il côtoya surtout la mer, celle qui cerne notre Ile d’Yeu, du thon rouge, du homard, un petit rouget farfouilleur, du bar de ligne à la Rossini, et puis un peu de terroir : les lentilles rouges, la pintade, la tartelette aux framboises piquetées de groseilles

 

Le reportage en images.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bandeau du livre de Bruno Verjus, qui indique en sous-titre : itinéraire d’un amateur devenu professionnel, me semble réducteur, cet homme, est et reste un esthète, dont la trajectoire professionnelle est à l’opposé de celle des Intellectuels en chaise longue que pourfendait, en 1974, Georges Suffert, il fait, prend des risques, inventeur de saveurs, exhausteur de goût, il joue, avec bonheur et maestria, met en musique, l’intelligence de sa main. Moi qui ai suivi, depuis l’ouverture de Table, son parcours, il ne cesse de m’étonner, et je me dis dans ma petite Ford d’intérieur : « mais jusqu’où ira-t-il ? » Je ne sais, mais ce que je sais c’est qu’il est, tel un peintre, dans sa période verte et rouge... sans doute la plus aboutie de sa palette.

 

J’ai mangé, je ne suis pas un goûteur, mangé d’abord avec les yeux, mangé avec soin, respect,  attention, intériorisé, bu bien sûr, j’ai saucé, glissé avec douceur dans une satiété paisible, un peu de douceur dans ce monde de brutes.

 

 

 

Service attentionné, souriant et efficace, un sommelier qui sait écouter pour dénicher le bon flacon, une brigade jeune précise, aux gestes sûrs, je me demande toujours comment dans un si petit espace ils se meuvent avec autant de grâce.

 

Enfin, le Pacha, au sens maritime, le commandant d'un navire, Bruno Verjus, à la manœuvre, chef d’orchestre habité, inventeur de saveurs et de couleurs… 

 

MERCI à tous...

Disponible via SIRPA

Partager cet article
Repost0
5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 06:00

SaccageParis : la proprété de Paris attaquée sur les réseaux sociaux -  Sortiraparis.com

Notre maire, Anne Hidalgo, mal élue mais élue tout de même grâce à la béquille de Verts tendance Khmers des beaux quartiers, qui rêve tout haut d’un destin national pour sauver un PS en lambeaux, est attaqué sauvagement  via les réseaux sociaux, sur son flanc droit par une coalition macrono-droitiste,  autour du hashtag du mot-dièse #saccageParis

 

 

Qu’en est-il vraiment ?

 

OPINION: The real 'trashing' of Paris is not cycle lanes and benches, but gentrification

 

Du côté malpropreté, je persiste et je signe, les matelas pourris, les canettes et autres immondices sur les trottoirs n’y sont pas déposés par madame de le maire mais par les habitants, les de passages, ceux qui dorment dans la rue. Le service des encombrants existe, c’est gratuit, il suffit de les appeler, de déposer les objets munis du numéro fournis, dans ce pays on jette son mégot sur le trottoir, ses épluchures par la fenêtre de sa voiture, on fait chier son chien partout, les propriétaires ramassent de plus en plus les crottes, bref, la civilité n’est pas à l’ordre du jour des obsédés de la liberté individuelle, y’aura toujours quelqu’un derrière eux pour nettoyer. Un point faible de la municipalité, la contenance et le nombre des poubelles vertes et jaunes qui débordent, vomissent leur trop plein sur le trottoir, surtout les week-ends. Un point noir : le manque de pissotières, certaines zones, les piliers du métro aérien par exemple, exhalent des fragrances d’urine  

 

 

Du côté végétalisation, les gens de droite, ceux de l’Ouest de Paris n’aiment pas l’herbe, ils sont très rond-up, béton, macadam, faut que ça brille comme le buffet du salon. Tout n’est pas parfait en ce domaine mais dans mon quartier, en haut du boulevard Saint-Jacques, les résidents la pratique avec bonheur, j’ai même vu une dame tailler le gazon avec  des ciseaux, c’est bien entretenu, pas vandalisé, les néo-cultivateurs ont bien du mérite, il leur faut assurer l’arrosage depuis leur immeuble, pas évident avec la copropriété. Les bourgeois exècrent les composteurs, le terre ment pour eux, les vers de terre sont des barbares, les rats des champs… La municipalité peut mieux faire mais ce n’est pas sur ce plan que le bât blesse.

 

 

Autre point de friction, les nouveaux couloirs de pistes cyclables créés à la hâte pour favoriser les déplacements pendant la crise sanitaire. Les blocs de béton les matérialisant sont moches, je n’en disconviens pas mais le plus grave c’est que la militance anti-autos des Verts n’a rien à voir avec notre confort de cycliste, la rue de Rivoli tout vélo, sauf un couloir taxi-bus, en est l’exemple le plus criant, c’est une vaste zone de non-droit où les néo-cyclistes font n’importe quoi, de plus les services techniques de la ville ont réalisé des tracés aberrants qui nous mettent en danger. Il est urgent, en s’inspirant de l’exemple de nos voisins du Nord de repenser l’ensemble du plan de circulation de Paris, de soigner l’esthétique, le beau n’est pas l’ennemi de l’efficacité, boucher les trous, revoir l’ergonomie des ralentisseurs qui sont pour les cyclistes des facteurs de risque, j’en sais quelque chose, faire respecter le  30 km dans les petites rues… Dernier point, sanctionner les infractions au code de la route des cyclistes et des utilisateurs de trottinettes.

 

 

Image

 

 

Enfin, j’ai gardé pour la bonne bouche, le nouveau mobilier urbain, où je suis à 100% derrière #saccageParis, c’est le royaume des artistes de rond-point qui se prennent pour des futurs Damien Hirst, inventivité, créativité, praticité, beauté, ne sont pas à l’ordre du jour. Je ne suis pas de ceux qui souhaitent que Paris s’en tienne qu’à la conservation du passé, la pyramide de Pei au Louvre en est le plus exemple, mais que diable le contemporain n’est pas synonyme de laideur. Là c’est du zéro pointé !

 

 

Et je ne parle pas du krak du côté de Stalingrad !

 

 

Bien évidemment, nos chers voisins britanniques en font des gorges chaudes, ce n’est pas moi qui vais les en blâmer.  

 

Des poubelles à Paris, le 22 septembre 2019. PHOTO /JACQUES DEMARTHON / AFP

  • Un article d’avant les Municipales

 

 

THE GUARDIAN - LONDRES

Publié le 24/09/2019

 

Vu du Royaume-Uni.

 

Paris ville la plus sale d’Europe? Larticle du Guardian

 

L’article du quotidien britannique, qui juge sévèrement “l’anarchie” à Paris, a provoqué de nombreuses réactions, notamment à cause de raccourcis maladroits sur les sans-abri. Concernant la propreté, Anne Hidalgo s’est également défendue, rappelant que chaque citoyen devait aussi “prendre soin de la ville”

 

Les Parisiens qui vivent boulevard Saint-Martin ont découvert que les platanes bordant cet axe est-ouest avaient été tagués. Mais ce n’est pas nouveau. Les portes cochères, les devantures des magasins, les jardinières, les bancs et les lampadaires sont couverts de graffitis depuis des semaines, voire des mois.

 

Le long du boulevard – qui a l’air miteux malgré des travaux de rénovation réalisés en 2013 pour un montant de 22,16 millions d’euros –, jusqu’à la place de la République, les SDF somnolent devant l’entrée des immeubles ou sur des bancs, leurs sacs de couchage rabattus sur la tête. Les trottoirs sont jonchés de trottinettes électriques et de vélos, sans parler des crottes de chiens et des mégots. Un homme marchant vers l’ouest ouvre un paquet de cigarettes neuf et jette par terre le film plastique et le papier aluminium.

 

“Tout n’est qu’anarchie”

 

La Ville Lumière, la capitale de l’amour est devenue une vieille ville crasseuse, ou comme les habitants l’appellent, “Paris poubelle”. Samedi [21 septembre], à l’occasion de la Journée mondiale de la propreté, les Parisiens étaient censés ramasser les déchets qu’eux ou des touristes avaient semés. “Paris est de plus en plus crasseux, c’est vrai partout. La ville a besoin d’une politique agressive pour que les rues deviennent plus propres et plus sûres”, fait valoir Matthew Fraser, professeur de communication à l’American University of Paris, qui a vécu à Paris près de 30 ans.

 

Paris est une ville chaotique, poursuit-il. Rien n’est organisé, tout n’est qu’anarchie urbaine. Je ne pense pas que les Parisiens le remarquent, parce que c’est leur énergie chaotique. Mais vu de l’extérieur, depuis une autre culture, la ville est dans un état déplorable.”

 

Un enjeu pour les municipales 2020

 

Les Parisiens n’aiment rien tant que de râler, et aujourd’hui l’état de leur ville est le sujet de mécontentement numéro un. En mars prochain ils vont voter pour un nouveau maire, et la propreté* sera un enjeu majeur de cette élection, tandis que la ville se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de 2024.

 

L’actuelle maire, la socialiste Anne Hidalgo, est donnée favorite, mais six mois sont une longue période en politique. Elle a pour adversaires Benjamin Griveaux, ancien porte-parole de La République en marche, le parti centriste d’Emmanuel Macron, et le mathématicien primé Cédric Villani, député LREM qui a lancé sa campagne.

 

Un problème grandissant

 

Également présidente du réseau mondial de villes C40 [visant à mettre en œuvre les accords de Paris sur le climat], Hidalgo est très appréciée par de nombreux Parisiens — en particulier ceux qui n’ont pas de voiture — pour ses grands projets visant à décourager l’utilisation de l’automobile et à réduire la circulation. Pour ce faire, elle piétonnise de nombreux quartiers et creuse les rues pour créer des voies cyclables. Mais même ses partisans reconnaissent que les déchets sont un problème grandissant.

 

La municipalité dépense 550 millions d’euros par an pour se débarrasser des quelque 16 tonnes de crottes produites par les 200000 chiens parisiens, ainsi que des 350 tonnes de mégots, et aussi pour vider les 30000 corbeilles de rue. Pourtant, Paris poubelle* n’a pas usurpé son surnom. En 2016, des voyagistes japonais, épaulés par Japan Airlines, se sont montrés si inquiets de voir leurs compatriotes déserter Paris qu’ils ont passé plusieurs week-ends dans les jardins du Trocadéro à ramasser mégots, canettes de bières et autres détritus.

 

“Nous avons besoin de propositions pour mettre fin à ce cercle vicieux”

 

Ruth Grosrichard, professeure de langue et de civilisation arabes [à Sciences Po Paris], vit au nord du boulevard Saint-Martin, dans le Xe arrondissement, près de la vétuste gare du Nord, terminus de l’Eurostar.

 

Ce quartier est l’une des zones à la population la plus dense d’une ville déjà très peuplée. Avec 21067 habitants au kilomètre carré, Paris est la ville d’Europe à la plus forte densité de population. Pour une taille comparable, Manchester compte 4442 habitants au kilomètre carré. Aux problèmes de cet arrondissement vient s’ajouter l’afflux de migrants, qui faute de logements y ont installé des campements.

 

Mme Grosrichard milite au sein de deux collectifs citoyens [Riverains Lariboisière Gare du Nord et Réseau 10-18]. Elle affirme que depuis des années les autorités ont déplacé les problèmes de la ville – trafic de drogue, camps de migrants, SDF – depuis les arrondissements chics vers les quartiers plus modestes du nord-est, créant une ligne de fracture qui passe par la Seine.

 

Je prends le métro depuis l’arrondissement du nord où j’habite pour me rendre dans le VIIe arrondissement où je travaille, et ce sont comme deux pays différents, explique-t-elle. Il y a beaucoup d’incivilités, et le problème est que les dégradations attirent encore plus de dégradations, la saleté plus de saleté. Nous avons besoin de propositions pour mettre fin à ce cercle vicieux.”

 

Une “brigade des incivilités”

 

La ville a mis en place une “brigade des incivilités” composée d’agents en uniforme habilités à infliger des amendes aux gens qui abandonnent des trottinettes électriques ou des vélos sur les trottoirs (ou qui roulent dessus), qui jettent des ordures ou qui ne ramassent pas les crottes de leurs chiens. Mais les quelques personnes qu’on interroge sur le boulevard Saint-Martin n’ont jamais croisé de tels agents.

 

Je n’ai jamais vu la brigade des incivilités dans notre quartier, pas une seule fois, s’indigne-t-elle. Nous demandons sans cesse à la ville où sont ces agents, mais je n’en ai jamais vu. La municipalité dépense de millions à nettoyer la ville et celle-ci n’a jamais été aussi sale. Ça ne peut plus continuer comme ça, c’est une évidence.”

 

Et d’ajouter : “J’ai voyagé dans de nombreuses autres villes d’Europe et d’ailleurs, et Paris est incontestablement la plus sale.” Quant à Fraser, il estime qu’il s’agit avant tout d’un problème culturel, accusant les Parisiens de manquer de “responsabilité individuelle”.

 

Les Français ont l’habitude que l’État s’occupe de tout, ils sont déresponsabilisés, souligne-t-il. Essayez donc de ne pas ramasser derrière votre chien à Londres et à New York, vous vous ferez remonter les bretelles par un passant. À Paris, les gens ne réagissent même pas”.

 

* En français dans le texte

Kim Willsher

 

Des poubelles prêtes à être collectées dans une rue parisienne, en novembre 2020. PHOTO RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP

Des poubelles prêtes à être collectées dans une rue parisienne, en novembre 2020. PHOTO RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP

  • Un article d’actualité

 

 

Vu du Royaume-Uni.

 

Le vrai saccage de Paris, c’est l’exode de ses habitants

    • 5
    • 6

La Ville Lumière n’est plus qu’une mégapole malpropre et à l’abandon, livrée aux délinquants, à la saleté et aux vandales (parmi lesquels la mairie elle-même). Tel est en tout cas l’acte d’accusation brandi contre Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, dans une campagne lancée sur les réseaux sociaux sous le hashtag #saccageParis.

 

Début juillet, adoptant un mode de contestation plus conforme aux traditions parisiennes, des centaines de mécontents ont abandonné leurs écrans pour aller manifester sur le pavé de la capitale.

 

Anne Hidalgo, elle, est sortie de son déni (“C’est une campagne orientée politiquement, tous ces problèmes sont temporaires et liés à la conjoncture du Covid) pour reconnaître des erreurs dans sa gestion. Ou pour être plus précis, elle a envoyé son premier adjoint [chargé de l’urbanisme], Emmanuel Grégoire, faire ce mea culpa à sa place. C’est bien à ça que servent les adjoints, non?

 

Le mobilier urbain supprimé ou restauré

 

Emmanuel Grégoire a ainsi annoncé que les nouveaux éléments de mobilier urbain faisant “l’unanimité contre eux” seraient supprimés. Il y a notamment les sièges “champignons” qui, dans certains quartiers de la capitale, ont poussé… comme des champignons, mais aussi ces bancs dits “mikado”, qui ressemblent à des traverses de chemin de fer qu’on aurait oubliées là.

 

Le marquage temporaire, en jaune vif, des “coronapistes”, ces pistes cyclables provisoires réalisées pour faciliter les déplacements en temps de pandémie, a fini par ressembler à la dentition pourrie de quelque dragon, et il sera lui aussi progressivement supprimé ou remplacé par des aménagements permanents plus élégants. À l’inverse, et à l’image de ces bancs en bois à double assise qui ornent les rues de la capitale depuis cent cinquante ans, d’autres éléments de mobilier plus anciens et chers aux Parisiens seront repeints et remis en état.

 

 

 

 

Simple, élégant, à toute épreuve : le banc Davioud - Bigmammy en ligne

Les bancs Davioud, du nom de leur concepteur, sont devenus l’une des mascottes du mouvement #saccageParis. Une cagnotte en ligne a même été collectée pour “sauver” l’un de ces bancs, qui avait été déboulonné et mis aux enchères.

 

Emmanuel Grégoire a reconnu que la mairie n’avait aucune idée du nombre de bancs Davioud encore en place. Il y en a plusieurs centaines, pour certains dans un triste état.

 

Le pouvoir municipal devrait donc mener un inventaire des bancs. C’est une bonne chose. La mairie serait bien avisée aussi de lancer une grande commande (il faudra bien un convoi entier de péniches) de cette peinture vert sombre qui, d’aussi loin que je me souvienne, a toujours orné le mobilier urbain et les portes des immeubles parisiens.

 

Paris, ville sale

 

À l’ordre du jour également, une grande campagne antigraffiti et des opérations de nettoyage de la voirie plus approfondies et plus fréquentes. Pour Anne Hidalgo, la saleté de certaines rues s’explique par l’épidémie de Covid, qui a réduit les effectifs des agents de voirie.

 

Si le problème est certes bien plus ancien, il ne fait aucun doute que la pandémie a aggravé la situation – ce que les tenants de #saccageParis, souvent issus des classes privilégiées, feraient bien de ne pas oublier.

 

Ceux qui exercent les métiers les plus pénibles à Paris vivent en lointaine banlieue. Ils rejoignent la capitale à bord de bus et de RER bondés, et n’ont jamais cessé de le faire, même au plus fort de la pandémie. Certaines régions, comme le département de Seine-Saint-Denis, ont ainsi payé un lourd tribut en matière de contaminations et de décès ces dix-huit derniers mois.

 

Cependant certains griefs du mouvement (les migrants qui dorment dans la rue, le trafic de drogue à ciel ouvert, les regroupements de toxicomanes, comme les “crackés” de la place Stalingrad et d’ailleurs) ne sont pas du ressort de la municipalité.

 

Ce sont des problèmes réels, mais qui doivent être remis dans leur contexte.

 

La violence comparée à l’international

 

Les agressions avec coups et blessures, souvent liées à la drogue, ont augmenté de 46 % entre 2013 et 2019. Mais ces actes de violence sont pour l’essentiel cantonnés aux quartiers les plus défavorisés du nord et de l’est de Paris. Et à en croire les sondages d’opinion, ils sont encore 65 % de Parisiens à juger leur ville sûre.

 

Comparée à d’autres grandes villes du monde, la capitale française est de fait plutôt sûre. Paris affiche un taux d’homicide de 1,2 pour 100000 habitants : c’est un peu moins que Londres, et beaucoup moins que Chicago, à 18,6 pour 100000.

 

Le mouvement #saccageParis est-il une campagne “politique” orchestrée, comme Hidalgo avait commencé par le dénoncer? Pas totalement. Certains des reproches formulés sont justifiés. Tous les participants à cette contestation ne sont pas d’extrême droite, comme elle l’a un temps laissé entendre.

 

Mais le fait est que la campagne bénéficie du soutien bien hypocrite de figures politiques de droite, et qu’elle fait l’impasse sur les améliorations apportées à Paris par Hidalgo et par son prédécesseur et mentor, Bertrand Delanoë – notamment, à certains égards, en matière de propreté.

 

Certaines des critiques à l’encontre de la maire de Paris dénoncent des mesures volontaires, qui font partie de sa politique : la transformation de la capitale en ville sans voitures ou presque est saluée par de nombreux Parisiens, mais abhorrée par d’autres. Il a été mis fin à cette décision absurde, prise dans les années 1960, d’installer des voies rapides sur les berges de la Seine (un “saccage” de Paris que l’on doit à un gouvernement de droite en des temps où la capitale n’avait pas encore de maire).

 

Griefs légitimes et inepties

 

Ce n’est ainsi pas un hasard si le mouvement contre le prétendu saccage de la ville mélange souvent des griefs légitimes avec des inepties sur la piétonnisation des quais ou la diminution des places de parking.

 

À l’ère Delanoë-Hidalgo, l’air à Paris est plus propre. Les rues de la ville présentent par ailleurs un danger de moins – le vieux problème des chiens parisiens (ou plutôt de certains propriétaires de chiens) appartient pour l’essentiel au passé.

 

Paris a aujourd’hui d’autres problèmes, comme celui que symbolise la réincarnation de la Samaritaine, merveille d’excentricité architecturale, en supermarché de marques de luxe doublé d’un hôtel cinq étoiles. Le centre de Paris perd une grande partie de son âme, en même temps que sa population.

 

Avec la perte de 75000 habitants en dix ans, Paris rapetisse, et même les familles aisées partent pour s’installer en banlieue ou en province, tant les loyers ont flambé. Un dépeuplement particulièrement marqué dans les arrondissements du centre qui, quand je suis arrivé à Paris, en 1978, m’avaient ébloui par la diversité de leur population et leur vie de quartier pittoresque.

 

À mes yeux, plus que dans tout ce qu’a pu faire ou ne pas faire la municipalité en place, c’est là qu’est le plus grand saccage*.

 

Mais Madame Hidalgo, s’il vous plaît, arrachez les dents du dragon, débarrassez-nous des pêle-mêle de traverses de chemin de fer et repeignez ces magnifiques bancs verts : tenez vos promesses.

 

*En français dans le texte.

 

John Lichfield

Partager cet article
Repost0
4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 06:00

Aujourd’hui c’est « Un dimanche comme les autres » (1971) V.O Sunday Bloody Sunday

 

 Un Dimanche comme les autres - DVD Zone 1 - John Schlesinger - DVD Zone 1 -  Achat & prix | fnac

 

J’entends déjà les critiques : encore un film anglais ! Ciné papy a déjà expliqué le choix de ses  films. Des acteurs, une atmosphère, des décors, des dialogues, bref tous ces ingrédients qui  vont faire un superbe cocktail mais qui attirera l’œil car l’un de ces ingrédients apparaîtra  comme la tranche de citron entaillée sur le haut du verre ou l’olive au fond du verre d’un  martini dry.

 

Pour moi, les acteurs anglais ont une présence que n’ont pas les acteurs français. Je me suis  laissé dire que cela pourrait tenir, en partie, au régime social des acteurs. En France, il y a le  régime des « intermittents du spectacle » alors qu’en Angleterre, si tu bosses pas, tu ne bouffes  pas. Alors, tu te défonces, tu mouilles ta chemise. Par ailleurs, si on lit la biographie des  acteurs qu’on aime, on apprend, qu’ils ont, presque tous, débuté par le théâtre et en  Angleterre qui dit théâtre, dit Shakespeare. Certes, cinéma et théâtre, ce n’est pas la même  chose. Louis Jouvet disait : « Au théâtre on joue, au cinéma on a joué » Mais, il me semble,  que faire ses classes au théâtre vous donne une assurance, une présence que n’a pas forcément  un acteur de cinéma.

 

Sur scène, il faut se faire voir et se faire entendre, de l’orchestre au poulailler en passant par  les baignoires (toujours en passant ce facétieux Ciné papy ne résiste pas à vous donner cette  définition de mots croisés en huit lettres, de Tristan Bernard : « Vide les baignoires, rempli les  lavabos ». Ceux qui connaissent la solution savent que nous sommes en plein dans le sujet !  Les autres patienteront un petit peu.)

 

Le sujet

 

Depuis Fernand Raynaud on sait qu’en Angleterre jusqu’à il y a quelques années les  dimanches à Londres était long comme un jour sans pain parce que tout était fermé « Sunday  close ! » Cependant la vie continuait, bien sûr, dans l’intimité.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Ce pourrait être un vaudeville, Alex, ravissante jeune divorcée, et Daniel, médecin juif new yorkais quinquagénaire, partagent les faveurs de Bob Elkin, jeune artiste londonien bisexuel.  C’est plein de nostalgie et de non-dit. Les deux amants se connaissent de vue mais préfèrent  ne rien dire, par peur de perdre Bob quitte à en souffrir. Et, le cœur serré, chacun voit évoluer  le jeune bohême insouciant. Avec, en toile de fond, la crise économique des années 70, dans un Londres brumeux. Aucun cafard cependant, juste un dimanche comme les autres ce que  chacun d’entre nous a certainement déjà vécu.

 

Réalisation

 

John Schlesinger, un grand méconnu | Cinéma de rien

 

C’est John Schlesinger qui est derrière la caméra. Il s’agit, là encore, d’un cinéaste particulier. Son premier long métrage de fiction, « Un amour pas comme les autres »(1962), est couronné  par l'Ours d'or au Festival de Berlin l'année de sa sortie... Son troisième film, « Darling » (1965), emporte entre autres récompenses trois Oscars.

 

Il est capable de réaliser un film intimiste comme « Un dimanche comme les autres » et  d’afficher dans sa filmographie des succès comme « Macadam cow-boy » (1969) Plaidoyer pour l’homosexualité lui qui affichait cette préférence sexuelle. Ce film, au succès planétaire,  on n’est quand même qu’en 1969, fut couronné de deux Oscars : Meilleurs film et meilleurs  réalisateur. Tout le monde se souviendra également de « Marathon Man » (1976) ou l’on  retrouve Dustin Hoffman déjà présent au générique de « Macadam cow-boy » et surtout Laurence Olivier auquel, tout cinéphile ne manque pas de penser quand il se rend chez le  dentiste en se rappelant son doucereux « C’est sans danger » qu’il prononce avant de torturer  Dustin Hoffmann.

 

Je ne résiste pas au plaisir d’évoquer son téléfilm pour la BBC « An Englishman Abroad » (1983) Il s’agit de l’histoire vraie de ce que l’on appelle « Les Cinq de Cambridge » un groupe  d’espionnage composé essentiellement de cinq anciens étudiants de l’université de  Cambridge. Kim Philby Guy Burgess, Donald Duart Maclean Anthony Blunt Johnson) et John Cairncross. C’est Alan Bates qui joue Guy Burgess. Il est formidable dans la déchéance  qui fut sa récompense pour sa trahison dans son exil « doré » en Union Soviétique ou il songe  avec une nostalgie inconsolable à La Grande Bretagne. Il faut le voir se rapprocher  anonymement d’Anglais de passage et ou de soviétiques pouvant voyager pour se faire  ramener des choses que l’on ne trouve pas à Moscou. Fabuleux ! Ceux qui savent manipuler  le « streaming » interlope ou le « Vod » pourront voir ce téléfilm. Ce n’est que du bonheur.

 

Qui fait quoi

 

Peter Finch : Dr Daniel Hirsh

 

 

J’ai une passion particulière pour cet acteur qui n’a pas chômé plus de cinquante films en  trente-neuf ans de carrière. Sydney Lumet et Robert Aldrich l’ont dirigé. Finch a interprété  quelques-uns de ses meilleurs rôles sous la direction de Jack Clayton représentant du réalisme  cinématographique en Grande Bretagne mais aussi les metteurs en scène malheureux de  « Gatsby le magnifique » (1974 -The Great Gatsby en V.O.) qui fut un échec commercial. Ses faits d’armes :

 

- 1971 : Nommé à l'Oscar du meilleur acteur - Un dimanche comme les autres - 1976 : Oscar du meilleur acteur - Network (à titre posthume)

 

- 1976 : Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique - Network (à titre  posthume).

 

Glenda Jackson : Alex Greville

 

Chroniques du Cinéphile Stakhanoviste: Un dimanche comme les autres -  Sunday Bloody Sunday, John Schlesinger (1971)

 

Encore une actrice hors du commun. Elle a joué pour de grands metteurs en scène avec des  partenaires de sa trempe. Alan Bates bien sûr, Dirk Bogarde, Vanessa Redgrave, Lauren  Bacall. Dans « Une Anglaise romantique » (1975 - The Romantic Englishwoman en V.O de) Joseph Losey, elle a pour partenaire Michael Caine et Helmut Berger. Pour moi, son  physique, très agréable, dénote sa forte personnalité. Elle reçut deux Oscars. Le premier dans  « Love » (1969) d’après de roman de D.H.Lawrence et le second dans « Une maîtresse dans les bras, une femme sur le dos » (1973 -A Touch of class en V.O.) de Melvin Frank; film pour  lequel elle remporte un deuxième Oscar. N’oublions pas non plus son rôle de l’épouse  nymphomane de Tchaïkovski dans « La symphonie pathétique » (1971 – Music Lovers en  V.O) Deuxième film de Ken Russel

 

Personnalité atypique Glenda Jackson donne l'image d'une femme intelligente, libertaire et  aristocratique, souvent ironique et pince-sans-rire, associant caractère affirmé, froideur et  érotisme troublant nous dit Wikipédia.

 

Ce fut également une redoutable femme politique de 1092 à 2015 .Elle a siégé à la Chambre  des communes pour le compte du Parti travailliste comme députée de Hampstead and Highgate, située dans le district londonien de Camden. Elle n’a pas sa langue dans sa poche.  En 2013 lors de la séance d’hommages à Thatcher à l’occasion de son décès, aucun éloge  funèbre de sa part mais une descente en flamme de la Dame de Fer et de son bilan  catastrophique pour les couches populaires. 

 

Une très grande actrice et une grande dame.

 

J’ai une affection toute particulière pour un film policier tourné avec Walter Matthau. Les  deux, plus pétillant de malice l’un que l’autre donne l’impression que rien n’est sérieux alors  que l’intrigue avance à grand pas. « Jeux d'espions » (1980 – Hopscotch en V.O) Peut être  une future fiche.

 

Murray Head : Bob Elkin

Murray Head - Séquences Live

 

C’est un acteur et musicien anglais qui connut la célébrité en Angleterre et en France entre les années soixante et quatre-vingt-dix. Son rôle dans « Un dimanche comme les autres » a été  marquant car c’était un des tous premiers films à parler ouvertement de la liberté de mœurs et  de l’amour homosexuel masculin dans le cinéma anglais. 

 

Temps forts

 

Quand Daniel Hirsch suit la leçon d’Italien qu’il apprend, à l’aide d’une méthode type  Assimil en vue d’un prochain voyage. Il s’applique mais on sent bien que le cœur n’y est pas car le voyage est envisagé avec Bob Elkin ne se fera vraisemblablement pas. Bob a dit oui par  pure gentillesse.

 

La déception qui suit les relations intimes de chacun avec Bob. A chaque fois cette relation  leur permet d’espérer une avancée aussitôt déçue par ce que Bob a d’autre idée en tête et qu’il  s’éclipse aussitôt.

 

Solution du mot croisé : Entracte.

Pax

 

Prochainement « Le pont des espions»

Partager cet article
Repost0
3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 06:00

Les vignes semi-larges sont expérimentées par le Comité Champagne à Plumecoq depuis une vingtaine d’années ainsi que dans 16 autres parcelles en Champagne.

Journal L'Union abonné - L'Union
Ce que donnent les vignes semi-larges expérimentées par le Comité Champagne

Je suis une canaille, en publiant le point de vue de Burtschy je me doutais bien que j’allais agiter le marigot, mais comme je suis un ignare total j’ai préféré jouer les innocents, jeter le pavé dans la mare pour voir les éclaboussures.

 

Je vous en livre provenant de gens compétents, deux vignerons, l’un bordelais qui a un bon carnet de santé vigneronne, l’un bourguignon dont le savoir-faire a fait ses preuves pour hisser ses vins au firmament, le troisième est un bon buveur qui sait être iconoclaste.

 

Mon grain de sel sur la plaie : le champagne des BRSA, ses vins clairs à partir de hauts rendements, c’est de l’industrie, une histoire psalmodiée depuis toujours, des marques iconiques, du marketing, des buveurs ignares.

 

 Peut être une image de 1 personne et intérieur

 

  • Philippe Betschart Vigneron, à Les Graves de Viaud château Les Graves de Viaud, l'émotion Nature.

Fine organic/biodynamic and Vegan Bordeaux wine.

Grand Vin de Terroir biologique et biodynamiques (Demeter). Vins Vegan, Bordeaux - Côtes de Bourg

 

Fantasme total... il n'y a aucune différence de qualité entre 10000 ou 5000 pour des rendements équivalent et d'un point de vue écologique 10000 est une catastrophe.

Revenons à des vignes hautes et larges avec culture inter rang.

Ce qui est certain c'est qu'à 7000 10000 tu es certain de faire tes 80 hl/ha

 

Les Gouttes de Dieu

  • Un vigneron bourguignon qui connait la chanson

 

 

Son laïus et ses arguments sont très bons, ou l'étaient. Enfin disons qu'on nous l'a servi en boucle depuis 40 ans. Un peu daté disons.

 

Je milite aussi pour un abaissement des densités de plantation. 10 000 pieds par ha relèvent du mythe. La Bourgogne, et en partie seulement, très peu de Bordeaux.... quant aux arguments rationnels qui les accompagnent, ils sont établis à posteriori, pour justifier d'un choix qui n'est que pratico-pratique. Une description plutôt qu'une analyse.

 

En fait, toute l'histoire de la Viticulture, ou rien ne se fait par hasard, c'est bien connu. Voir les terroirs, les climats et leurs limites. Quelque chose qui ressemble à une analyse littéraire,  rien d'autre. Une scientisation.

 

On peut faire de très grands vins à faible densité. Claire doit pouvoir en convaincre beaucoup. On peut faire aussi des merdes à très hautes densité. Mais on associé trop souvent la grâce à la peine. Une forme de morale étriquée qui veut que tout se gagne ds et par  la douleur. En fait, encore une fois, la densité n'est qu'un moyen. Ce qui compte, c'est l'intention.

 

Dive.png

 

  • Denis Boireau le lundi 02 août 2021, 09:58 sur Les vignes semi-larges en Champagne : les fossoyeurs de la qualité par Bernard Burtschy…

 

Les vignes larges ont de nombreux avantages en terme de sante de la vigne. Diminuer par deux la densité diminue d'autant, sinon plus, l'effet "camp de concentration" dont souffrent les vignes en monoculture. Elles se portent mieux en faible densite de plantation, et donc ca permet de diminuer les traitements.

 

La question de la qualité, effectivement essentielle pour la survie du modèle économique du Champagne, devrait se concentrer sur la limitation du rendement par pied. La haute densité de plantation est une des solutions pour atteindre ce but, mais surement pas la meilleure d'un point de vue écologique. Par contre du point de vue économique, au prix de l'hectare en Champagne, ça se comprends...

 

9 février 2014

 

 

Partager cet article
Repost0
2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 06:00

 

 

C’est qui Bernard Burtschy ?

 

Biographie

 

Bernard Burtschy est Docteur en Statistique Mathématique et Professeur à Télécom Paris-Tech et à L’Ecole Centrale de Paris depuis plus de 30 ans. A ce titre, il a beaucoup travaillé à la recherche fondamentale du data-mining et du big-data en collaboration avec les plus grandes universités américaines. Il a également aidé nombre de ses élèves à des projets de création d’entreprises liées à ce secteur.

 

Bernard Burtschy est alsacien et sa famille a toujours produit son vin tant rouge que blanc. Il est passionné par les jardins et les cultures potagères. Il a cultivé son premier potager à l’âge de trois ans avec l’aide de son grand-père.

 

Passionné par le vin, il agrémente ses loisirs en suivant les cours de dégustation de l’Académie du Vin à Paris en 1977 puis en devenant rapidement professeur de dégustation et, dès le début des années 1980, collaborateur principal de la Revue du Vin de France, puis de Gault & Millau. A ce titre il rédigera nombre de millésimes des guides éponymes. Il est à l’origine de nombreuses découvertes de producteurs aujourd’hui incontournables mais inconnus à l’époque. Depuis les années 2007, il est le dégustateur et chroniqueur vin du quotidien Le Figaro et du Figaro Magazine. C’est lui qui a créé le site internet l’Avis du Vin, premier site français du vin en termes de trafic. Il est aussi Président de l’Association de la Presse du Vin et membre du conseil d’administration de la Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vin. ICI 

 

Au temps premiers de mon blog où je suivais les « ébats » des grands dégustateurs, je l’ai souvent croisé, c’est un homme courtois, pondéré, qui n’a pas cédé aux sirènes du biseness comme ses illustres confrères, suivez ma plume !

 

Comme je suis un ignare patenté, ce n’est pas moi qui vais gloser sur la densité des plantations en général, et en Champagne en particulier.

 

 

C’est d’actualité : par 34 voix sur 50, le conseil d’administration du Syndicat Général des Vignerons de Champagne (SGV) adopte l’intégration de 4 mesures agro-environnementales dans le cahier des charges de l’AOC Champagne.

 

« C’est une journée importante, se félicite Maxime Toubart, président du SGV. Ce vote net montre que la Champagne avance sur les sujet environnementaux ». Outre les emblématiques et clivantes vignes semi-larges (VSL pour les intimes), d’autres mesures structurantes ont été votées ce matin : la possibilité de densifier la plantation, l’introduction à titre expérimental du cépage Voltis, une variété résistante au mildiou et à l'oïdium*, dans la limite de 5 % des surfaces d’une exploitation, l’obligation de traiter les plants à l’eau chaude et l’interdiction de détruire les couverts hivernaux du 30 novembre au 31 janvier. ICI 

 

Mon seul commentaire, ironique bien sûr, c’est que le tout puissant SGV assis sur ses kg de raisins, vient de se situer au-dessous des autres AOC effervescentes, à mon sens c’est la fin de l’illusion champagne, les BRSA tirent tout le monde vers le bas. L'industrie du champagne, quoi !

 

Les vignes semi-larges vont pouvoir être utilisées par les viticulteurs de Champagne.

 

La parole est à Bernard Burtschy ?

 

La densité de plantation des vignobles de haute qualité en France est de 10 000 pieds à l’hectare, soit pour faire simple avec un écartement entre les pieds de 1 mètre fois un mètre. Par comparaison, la densité moyenne de plantation est de 4000 pieds à l’hectare.

 

Pourquoi une telle densité ? Rappelons que plus la densité est élevée, plus l’épaisseur du feuillage est faible. À partir de trois épaisseurs, une feuille consomme autant pour sa physiologie qu’elle ne produit de sucre, ce qui explique le système à 10 000 pieds. La qualité d’une vigne plantée à 10 000 pieds est donc très nettement supérieure à celle plantée à 5000 pieds. De très nombreuses études le démontrent depuis fort longtemps.

 

Évidemment, il est plus cher de planter et d’entretenir un vignoble à 10 000 pieds qu’à 5000. Le choix de la densité de plantation, un critère essentiel car il influe pendant de très longues années, dépend très largement de l’objectif de production. Pour un grand cru classé de Bordeaux et même pour un cru bourgeois, pour une appellation village en côte de Nuits ou en côte de Beaune et même en côte chalonnaise, la question ne se pose pas. La haute densité s’impose.

 

En Italie, l’appellation d’effervescent Franciacorta est confrontée à la terrible concurrence des effervescents à bas prix de prosecco. Comme sa seule solution est de monter en qualité, tous les producteurs passent leur vignoble de la densité traditionnelle de 4000 pieds à 10 000. Un exemple à méditer, d’autant que Franciacorta s’est déjà donné des objectifs élevés pour son haut de gamme avec pour le Riserva un vieillissement sur lies d’au moins soixante mois.

 

Pendant ce temps, certains producteurs de Champagne pensent que la solution est de baisser la densité de plantation pour baisser leurs coûts de production. Quelle erreur ! Rappelons que la densité de plantation en Champagne est d’environ 8000 pieds à l’hectare et qu’elle est le résultat d’une longue gestation historique et de son ambition d’élaborer un effervescent de haut vol. La haute réputation du champagne dépend très largement de cette haute densité de plantation.

 

Le choix de vignes dites semi-larges avec des densités comprises entre 4000 et 5000 pieds est l’exemple type de la fausse bonne idée, car il faudrait en même temps pour ne pas dégrader la qualité baisser les rendements qui sont, rappelons-le, nettement plus élevés qu’ailleurs et ne sont pas pour rien à l’économie somme toute florissante de la région. Étrangement personne n’en parle.

 

Diviser la densité de plantation par deux sans rien toucher par ailleurs paraît très attractif à court terme pour le coût de production. Pourtant, clairement, ce n’est pas la solution parfaite pour lutter contre le changement climatique, loin de là. Elle n’est pas non plus la réponse pour l’enjeu environnemental de la Champagne qui est le grand défi des années à venir. Et la qualité ? Même s’il paraît que le « raisin est beau », on peut d’ores et déjà prédire que ce sera la fin de l’exception champenoise avec un effervescent très banal.

 

La qualité d’un vin et encore plus d’un effervescent se mesure par son ambition. Renoncer à l’ambition est la mort assurée du champagne et même d’une certaine idée de la France et de son art de vivre.

Partager cet article
Repost0
1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 06:00

Bonne nouvelle, la misère recule dans le monde selon l'ONUDécouvrez les 10 des pays les plus pauvres d'Afrique en 2018Afrique - Le classement 2015 des 25 pays les plus pauvres du monde dévoilé

Ce texte a le mérite d’exister, c’est pour cela que je le publie, même si, à aucun moment, il ne définit ce qu’est l’agriculture paysanne, aussi bien dans les pays dit développés que dans les autres, en développement ou les plus pauvres.

 

Sans surprise, la très grande majorité des vingt-cinq pays les plus pauvres du monde en 2021 se situe sur le continent africain. Ces économies totalisent un produit intérieur brut (PIB) de 401 milliards de dollars, d'après les dernières estimations du Fonds monétaire international (FMI), soit un peu moins que le produit intérieur brut d'Israël (409 milliards de dollars). Les 25 pays les plus pauvres du monde affichent un PIB par habitant moyen de 633 dollars. A titre de comparaison, le PIB par habitant de la France s'élève à 44 770 dollars en 2021.

 

Les 25 pays les plus pauvres du monde en images ICI 

 

Qu’il y’a-t-il de commun entre un paysan du Burundi et un paysan adhérent à la Confédération Paysanne ? Font-ils le même métier ? Agriculture ou élevage de subsistance ou agriculture ou élevage ou viticulture marchande de petits producteurs ? Les mettre dans le même panier est commode politiquement,  un petit côté romantique et passéiste, mais c’est bien loin de la réalité.

 

Thomas Ribémont, président d'Action contre la faim, l'écologiste Yannick Jadot et le socialiste Olivier Faure.

 

Le 24 juillet 2021

 

Des ONG dont Action contre la faim et Greenpeace France ainsi que des responsables politiques, parmi lesquels l'écologiste Yannick Jadot et le socialiste Olivier Faure, appellent la France à résister aux pressions des multinationales et à sauver l'agriculture paysanne, dans la perspective du prochain sommet international sur les systèmes alimentaires.

 

« Un Sommet international sur les systèmes alimentaires aura lieu en septembre 2021, organisé par l'ONU en étroit partenariat avec le Forum Économique Mondial. D'ici quelques jours, le pré-sommet de cette initiative se tiendra à Rome. En dépit de l'inquiétude et des remarques formulées par une grande partie de la société civile, par de nombreux acteurs du monde académique, mais aussi par certains Etats, ce sommet et ce pré-sommet se caractérisent par un manque criant d'inclusivité et un refus de tout dialogue quant aux modalités d'organisation. Les premières orientations prises nous font craindre le pire.

 

Alors que la FAO et de très nombreuses recherches ont montré le rôle essentiel de l'agroécologie paysanne pour répondre aux défis sociaux, alimentaires et environnementaux contemporains, les organisateurs du sommet promeuvent au contraire principalement une agriculture "de technologies de pointe", centrées sur des solutions prétendument révolutionnaires et faussement vertes.

 

Avec l'approbation de l'ONU, se met ainsi en œuvre la stratégie d'influence des principaux groupes agroalimentaires, de technologies de pointes et financiers mondiaux. De plus en plus présents dans des instances alimentaires internationales qu'ils financent largement ou créent de toute pièce, ces groupes ont donné l'illusion d'un consensus salutaire autour des solutions faisant leur fonds de commerce : nouvelles techniques de modification du vivant/nouveaux OGM, numérisation de l'agriculture, viande in vitro, drones-pulvérisateurs, agriculture de précision, agriculture 'intelligente face au climat' etc.

 

L'insécurité alimentaire dans le monde n'est plus liée à un manque de production mais à des inégalités croissantes

 

Dans chacun des cas, les solutions proposées se font au détriment du droit à l'alimentation et de l'autonomie des petits producteurs et étendent l'emprise de ces multinationales sur les terres, eaux, semences, gènes animaux et végétaux. Illustration de cette mainmise, l'envoyée spéciale des Nations Unies pour le sommet n'est autre que la présidente de l'alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Mme Kalibata. AGRA est une initiative cofondée par les Fondations Bill et Melinda Gates et Rockefeller dans le but d'orienter l'agriculture africaine vers des solutions technologiques avec une prédominance des intrants chimiques et de la biotechnologie. Elle est ardemment décriée par les ONG et organisations de producteurs locales pour son manque de résultats et sa proximité avec certaines multinationales agroalimentaires cherchant des débouchés sur le continent.

 

Au contraire, l'agroécologie paysanne a fait ses preuves. Les fermes familiales du monde entier, de même que les pêcheurs artisanaux et les communautés indigènes, produisent plus de 70% de la nourriture consommée dans le monde tout en utilisant moins de 20% des ressources productives. Les pratiques de polyculture-élevage ont une efficacité énergétique beaucoup plus élevée que les monocultures et l'élevage industriels. Tandis que les pesticides, les engrais chimiques et les monocultures ravagent les sols et la biodiversité, les techniques agro-écologiques ont montré leur capacité à les restaurer.

Alors que l'insécurité alimentaire dans le monde n'est plus liée à un manque de production mais à des inégalités croissantes, les choix politiques au niveau international sont décisifs pour orienter l'agriculture et les systèmes alimentaires. Malgré leur manque d'efficacité et leurs multiples impacts, les "innovations technologiques" des multinationales agricoles et agroalimentaires bénéficient de centaines de milliards d'aides publiques tandis que l'agroécologie est sous-financée. Avec ce sommet, un nouveau pas va être franchi dans l'accaparement de la gouvernance mondiale de l'alimentation par une poignée de multinationales déjà en situation de monopole.

 

Nous demandons à la France de retirer son soutien politique à ce sommet des Nations unies

 

Nous affirmons que pour nourrir sainement les populations de tous les pays, la priorité devrait être une plus juste répartition des ressources agricoles et piscicoles (les terres, l'eau, les semences…) et la promotion d'une souveraineté alimentaire. Cette dernière doit être entendue comme la capacité pour chaque pays, groupes de pays, peuples ou communautés de décider démocratiquement comment, et par qui, leur alimentation est produite et transformée. Les politiques agricoles et alimentaires ne doivent pas être dictées par la toute puissante règle du libre-échange qui entraîne une course au moins-disant social, économique et environnemental.

 

Nous demandons des systèmes alimentaires et agricoles durables, résilients et justes. La France, à travers l'ensemble de ses politiques publiques et ses engagements internationaux, doit soutenir l'agroécologie paysanne. Nombreuses sont les solutions que les citoyens et citoyennes appellent de leurs vœux. Mais pour les mettre en œuvre il faut impérativement que les Etats prennent leurs responsabilités et cessent d'abdiquer face aux sirènes de l'agro-industrie.

 

Nous, signataires de cette lettre, demandons donc à la France de retirer son soutien politique à ce sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires et de construire, au sein de la FAO et du Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale (CSA), avec les nombreux Etats qui y sont favorables, les conditions pour une véritable agroécologie paysanne."

 

Les signataires (organisations et personnalités politiques ou scientifiques) :

 

  1. Action Contre la Faim
  2. CCFD Terre Solidaire
  3. Confédération Paysanne
  4. Greenpeace France
  5. Oxfam France
  6. ActionAid France
  7. Agter
  8. Alofa Tuvalu
  9. Artisans du Monde
  10. Attac
  11. Bio Consom’acteurs
  12. CARI (Centre d'Actions et de Réalisations Internationales)
  13. CMR (Chrétiens dans le Monde Rural)
  14. FADEAR (Fédération Associative pour le Développement de l'Emploi Agricole et Rural)
  15. Filière Paysanne
  16. FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique)
  17. Gret
  18. Générations Futures
  19. Ingénieur·es sans frontières groupe Agricultures et souveraineté alimentaire (ISF Agrista)
  20. Les Amis de la Terre
  21. MIRAMAP (Mouvement Inter-régional des AMAP)
  22. RAC (Réseau Action Climat)
  23. Réseau Environnement Santé
  24. RESOLIS
  25. SOL - Alternatives Agroécologiques et Solidaires
  26. Terre & Humanisme
  27. Union syndicale Solidaires
  28. WWOOF France
  29. François Alfonsi, Député européen
  30. Eric Andrieu, Député européen
  31. Benoît Biteau, Député européen
  32. Manuel Bompard, Député européen
  33. Damien Carême, Député européen
  34. David Cormand, Député européen
  35. Gwendoline Delbos-Corfield, Députée européenne
  36. Karima Delli, Députée européenne
  37. Claude Gruffat, Député européen
  38. Yannick Jadot, Député européen
  39. Michèle Rivasi, Députée européenne
  40. Caroline Roose, Députée européenne
  41. Mounir Satouri, Député européen
  42. Marie Toussaint, Députée européenne
  43. Salima Yenbou, Députée européenne
  44. Clémentine Autain, Députée de Seine-Saint-Denis
  45. Joël Aviragnet, Député de Haute-Garonne
  46. Marie-Noëlle Battistel, Députée de l’Isère
  47. Gisèle Biémouret, Députée du Gers
  48. Jean-Louis Bricout, Député de l’Aisne
  49. Alain David, Député de la Gironde
  50. Jennifer De Temmerman, Députée du Nord
  51. Laurence Dumont, Députée du Calvados
  52. Lamia El Aaraje, Députée de Paris
  53. Olivier Faure, Député de Seine-et-Marne
  54. Guillaume Garot, Député de la Mayenne
  55. Chantal Jourdan, Députée de l’Orne
  56. Marietta Karamanli, Députée de la Sarthe
  57. Jérôme Lambert, Député de la Charente
  58. Sandrine le Feur, Députée du Finistère
  59. Gérard Leseul, Député de Seine-Maritime
  60. Josette Manin, Députée de Martinique
  61. Paul Molac, Député du Morbihan
  62. Philippe Naillet, Député de la Réunion
  63. Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne
  64. Christine Pirès-Beaune, Députée du Puy-de-Dôme
  65. Dominique Potier, Député de Meurthe-et-Moselle
  66. Loïc Prud'homme, Député de la Gironde
  67. Claudia Rouaux, Députée d’Ille-et-Vilaine
  68. Isabelle Santiago, Députée du Val-de-Marne
  69. Hervé Saulignac, Député de l’Ardèche
  70. Bénédicte Taurine, Députée de l'Ariège
  71. Sylvie Tolmont, Députée de la Sarthe
  72. Cécile Untermaier, Députée de Saône-et-Loire
  73. Hélène Vainqueur-Christophe, Députée de la Guadeloupe
  74. Michèle Victory, Députée de l’Ardèche
  75. Guy Benarroche, Sénateur des Bouches-du-Rhône
  76. Thomas Dossus, Sénateur du Rhône
  77. Jacques Fernique, Sénateur du Bas-Rhin
  78. Hervé Gillé, Sénateur de la Gironde
  79. Guillaume Gontard, Sénateur de l’Isère
  80. Joël Labbé, Sénateur du Morbihan
  81. Pierre Laurent, Sénateur de Paris
  82. Monique de Marco, Sénatrice de la Gironde
  83. Raymonde Poncet Monge, Sénatrice du Rhône
  84. Daniel Salmon, Sénateur d'Ille-et-Vilaine
Partager cet article
Repost0
31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 06:00

Amazon.fr - Le Châtiment de l'Ombre jaune (Bob Morane) - VERNES Henri -  Livres

Bob Morane l'Intégrale Tome 17. Les dents du... - Henri Vernes - Livres -  Furet du Nord

Henri Vernes n'est plus.

 

Henri Vernes, créateur de Bob Morane, est décédé

 

De son vrai nom Charles-Henri Dewisme, le créateur de Bob Morane s'est éteint à l'âge de 102 ans ce dimanche 25 juillet.

 

Sous de très nombreux pseudonymes (Cal W. Bogar, Gaston Bogart, Pat Richmond, Ray Stevens, Jacques Seyr ou encore Jacques Colombo), il a signé plus de 230 romans d'aventure et de science-fiction.

 

En 2018, à l'occasion de ses 100 ans, il nous avait reçus pour évoquer son parcours à la longévité exceptionnelle. À l'époque, le temps ne semblait pas avoir de prise sur l'auteur. Certes, Henri Vernes se déplaçait à petits pas dans son appartement, appuyé sur une béquille. Mais, à 100 ans, cet Athois de naissance, qui vécut ensuite à Tournai, s’apprêtait à recevoir la visite des édiles saint-gillois pour son anniversaire. Il n'en revenait pas lui-même.

 

Il n'avait pas manqué pas de planter quelques piques et bons mots à ceux qui devaient l'honorer ce jour-là tant son langage était vert et fleuri. Des mots, il en a commenté une vingtaine avec nous, retraçant son parcours…

 

Avant-Bob

 

« J’ai été renvoyé de toutes les écoles où je suis passé. J’étais un mauvais élève, sauf en français. J’avais quatre amis étrangers, notamment un juif russe qui habitait Shanghai, un Turc d’origine espagnole, un Roumain d’origine persane et un Portugais. Je suis parti fin 1936 en Chine, et revenu en 1937. J’ai repris l’école et en 1938, j’ai rencontré ma fiancée, fille d’un gros diamantaire. Une fois marié, j’ai été diamantaire durant un an. Puis j’ai divorcé. J’ai été espion pour un service secret britannique par l’intermédiaire d’une dame, Alice, puis, à la fin de la guerre, je me suis retrouvé à Paris comme journaliste pour des journaux du Nord et pour une agence de presse, l’Overseas News Agency. De retour en Belgique, j’ai bientôt rencontré Jean-Jacques Schellens. »

 

Les 5 meilleurs livres de Bob Morane - 5livres.fr

 

Naissance

 

« Bob Morane est né de la volonté de Jean-Jacques Schellens, des éditions Marabout, lequel cherchait quelqu’un pour écrire des romans pour la jeunesse et s’en était ouvert à un de mes amis, Bernard Heuvelmans (le père de la cryptozoologie, NdlR). »

 

 

 

Stakhanovisme

 

« Si peu ! Il se fait que le courant est bien passé avec Schellens qui voulait une production soutenue; et je me suis lancé dans l’aventure, à raison d’un livre tous les deux mois, soit six par an, soit encore jusqu’à trente pages d’écriture par nuit. Pour tenir le coup, je prenais un cocktail fait de Coca et d’aspirine; ça secouait. Et je suis toujours là malgré tout ! »

 

Écriture

 

« J’écris comme je respire. Et quelques fois, j’y ai même pris du plaisir. Parfois, vu le rythme effréné des parutions, je me mettais en mode écriture automatique, surtout s’il fallait que je ponde 20 ou 30 pages par nuit. Là, j’étais en état second. Au total, roman plus BD, j’ai dû publier 220 livres. Mais tout n’était pas bon, loin de là. »

 

Originalité

 

« À l’époque, contrairement à ce qui se faisait en matière de bande dessinée et de littérature jeunesse où les héros sans peur et sans reproche ne côtoyaient jamais la gent féminine, je n’ai pas hésité à coller à Bob Morane de belles petites amies. Tout cela restait bien sage dans les pages, au grand désespoir de Bob (rire). En revanche, le lecteur rajoutait les éléments du récit que je ne pouvais pas écrire… J’ai aussi écrit la série DON, pour les adultes (sous le pseudonyme de Jacques Colombo, NdlR)… »

 

Méchant la suite ICI 

 

BOB MORANE] Dino ATTANASIO & Henri VERNES - Bob Morane (Marabout). 10  volumes. [...] | lot 24 | Bandes Dessinées - Cartes Postales, Imagerie,  Affiches, Plans cadastraux, Topographie, Livres, Documents chez Morel de  Westgaver | Auction.fr

l'aventurier - Vinyle | Rakuten

Indochine

 

"Bob Morane a fait beaucoup pour Indochine et Indochine a fait beaucoup pour Bob. Un jour, j’étais dans mon salon, en train de regarder la télé quand ma petite amie haïtienne de l’époque me téléphone pour me dire d’écouter Radio Luxembourg. ‘ Écoute, ils diffusent une chanson sur Bob Morane’, et c’est ainsi que j’ai entendu L’Aventurier. Étant en Belgique, j’ai vite renoncé au procès; au contraire, je me suis dit qu’il valait mieux s’entendre avec les jeunes gens du groupe. Ils ont fait beaucoup pour la notoriété de Bob Morane et aujourd’hui encore, L’Aventurier est leur chanson fétiche."

Bob Morane - L'intégrale Tome 8 - Intégrale Bob Morane nouvelle version -  Vance, Henri Vernes - cartonné - Achat Livre | fnac

(Bruxelles) À 101 ans, Henri Vernes, père de Bob Morane, revient sur la série qui l’a rendu célèbre

 

Publié le 26 avril 2020

Jean-Christophe Laurence

 

« Si j’écrivais un Bob Morane aujourd’hui, je dirais que le coronavirus est une invention de l’Ombre jaune. Et c’est d’ailleurs une invention de l’Ombre jaune, puisque c’est né en Chine ! »

 

Bien calé dans le canapé mou de son appart bruxellois, Henri Vernes regarde vers la fenêtre. La voix est rocailleuse, mais à 101 ans, le père de Bob Morane n’a manifestement rien perdu de son esprit… même s’il a perdu la vue il y a un an, après une opération des cataractes qui n’a pas fonctionné.

 

« Je n’ai jamais bu, jamais fumé et j’ai toujours fait du sport » lance-t-il, quand on lui demande le secret de son étonnante condition physique et mentale. « Mais pour une photo, tout de même, je préférerais que vous en preniez une de moi un peu plus jeune… »

 

La suite ICI

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 06:00

 

La bataille fait rage, la mêlée est confuse, on en vient aux mains, des familles se déchirent, les anti-vac., les anti-passe sanitaire, sont dans la rue menés par les Dupont-Aignan, Philippot, Lalanne, Bardot, Binoche, Bigard… même Ruffin… les gilets jaunes reprennent du service…

 

Mais qui compose le gros de la troupe, même si le nombre des manifestants reste modeste au  regard de l’ensemble de la population ?

 

Les réduire à un tas d’abrutis, de fous, d’illuminés, est bien trop simplificateur, dans la liste de mes amis Face de Bouc, certains vignerons biodynamiques sont dans leurs rangs,une étude réalisée en décembre 2020 par deux sociologues et mise en ligne sur MedRxiv ICI  Un Français sur quatre environ serait particulièrement hésitant face à la vaccination.

 

 

Le mouvement anti-vaccin ne date pas d’aujourd’hui, comme en témoigne cette manifestation de 1973 dans les rues de la cité de Pasteur. ICI

 

 

Les plus modestes, les jeunes, et les femmes

 

Les personnes les plus méfiantes face au vaccin sont en réalité celles qui sont souvent les plus exposées, résume l'étude. Il s'agit, par exemple, des catégories sociales les plus modestes qui hésitent à se rendre dans les centres. Or, ce sont elles qui ont travaillé sans relâche pendant les différents confinements et qui occupent souvent des emplois nécessitant beaucoup de contacts humains.

 

Les jeunes sont eux aussi surreprésentés, même s'ils sont plus résistants face au virus. Le virus circule énormément parmi eux, car ils sont souvent moins enclins à respecter les gestes barrières. Les femmes sont également parmi les plus méfiants (27% se disent résolues à se faire vacciner), notamment en raison de la crainte de prendre un risque lors d'une éventuelle grossesse. Cette méfiance semble diminuer à partir de 45 ans.

 

La réflexion de Jacques Rancière dans AOC à propos des partisans de Trump « Après l’assaut du Capitole, on a pu s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les ont vus comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison. » est intéressante.

 

BALLAST | Jacques Rancière : « Le peuple est une construction »

Les fous et les sages – réflexions sur la fin de la présidence Trump

Par Jacques Rancière

PHILOSOPHE

 

Après l’assaut du Capitole, on a pu s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les ont vus comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

Il est facile de se moquer des errements de Donald Trump et de s’indigner de la violence de ses fanatiques. Mais le déchaînement de l’irrationalité la plus pure au cœur du processus électoral du pays le mieux formé à gérer les alternances du système représentatif nous pose aussi des questions sur le monde que nous partageons avec lui : un monde que nous pensions être celui de la pensée rationnelle et de la démocratie paisible. Et la première question est bien sûr : comment peut-on mettre tant d’acharnement à ne pas reconnaître les faits les mieux attestés et comment cet acharnement peut-il se trouver aussi largement partagé ou soutenu ?

 

Certains voudraient encore s’accrocher à la vieille planche de salut : ceux qui ne veulent pas reconnaître les faits seraient des ignorants mal informés ou des esprits crédules trompés par des fake news. C’est l’idylle classique d’un bon peuple qui se laisse prendre par simplicité d’esprit et auquel il faudrait seulement apprendre à s’informer sur les faits et à les juger avec un esprit critique. Mais comment croire encore à cette fable de la naïveté populaire quand on vit dans un monde où les moyens d’information, les moyens de vérifier l’information et les commentaires qui « décryptent » toute information abondent et surabondent à la disposition de tous ?

 

Il faut bien alors renverser l’argument : si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Et l’intelligence, c’est bien connu, consiste à se méfier des faits et à se demander à quoi sert cette énorme masse d’information déversée sur nous chaque jour. À quoi la réponse se propose tout naturellement que c’est bien évidemment pour tromper le monde, car ce qui s’étale à la vue de tous est généralement là pour couvrir la vérité, qu’il faut savoir découvrir cachée sous l’apparence fallacieuse des faits donnés.

 

La force de cette réponse est de satisfaire en même temps les plus fanatiques et les plus sceptiques. Un des traits remarquables de la nouvelle extrême droite, c’est la place qu’y tiennent les théories conspirationnistes et négationnistes. Celles-ci présentent des aspects délirants, comme la théorie du grand complot international des pédophiles. Mais ce délire n’est en dernier ressort que la forme extrême d’un type de rationalité qui est généralement valorisé dans nos sociétés : celui qui commande de voir en tout fait particulier la conséquence d’un ordre global et de le replacer dans l’enchaînement d’ensemble qui l’explique et qui le montre au final bien différent de ce qu’il semblait être d’abord.

 

La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme ». Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

On sait que ce principe d’explication de tout fait par l’ensemble de ses connexions se lit aussi à l’envers : il est toujours possible de nier un fait en invoquant l’absence d’un lien dans la chaîne des conditions qui le rendent possible. C’est ainsi, on le sait, que des intellectuels marxistes radicaux ont nié l’existence des chambres à gaz nazies parce qu’il était impossible de déduire leur nécessité de la logique d’ensemble du système capitaliste. Et aujourd’hui encore des intellectuels subtils ont vu dans le coronavirus une fable inventée par nos gouvernements pour mieux nous contrôler.

 

Les théories complotistes et négationnistes relèvent d’une logique qui n’est pas réservée aux esprits simples et aux cerveaux malades. Leurs formes extrêmes témoignent de la part de déraison et de superstition présente au cœur de la forme de rationalité dominante dans nos sociétés et dans les modes de pensée qui en interprètent le fonctionnement. La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme » mis en cause par les graves esprits qui s’imaginent être les gardiens de l’universalité rationnelle. Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

On dira qu’il ne suffit pas d’avoir les armes intellectuelles qui permettent de tout nier. Il faut encore le vouloir. C’est tout à fait juste. Mais il faut bien voir en quoi consiste cette volonté ou plutôt cet affect qui porte à croire ou à ne pas croire.

 

Il est peu probable que les soixante-quinze millions d’électeurs qui ont apporté leur suffrage à Trump soient autant de cerveaux faibles convaincus par ses discours et par les fausses informations qu’ils véhiculent. Ils ne croient pas au sens où ils tiendraient pour vrai ce qu’il dit. Ils croient au sens où ils sont heureux d’entendre ce qu’ils entendent : un plaisir qui peut, tous les quatre ou cinq ans, s’exprimer par un bulletin de vote, mais qui s’exprime bien plus simplement tous les jours par un simple like. Et ceux qui colportent les fausses informations ne sont ni des naïfs qui les imaginent vraies ni des cyniques qui les savent fausses. Ce sont simplement des gens qui ont envie que ce soit comme ça, envie de voir, de penser, de sentir et de vivre dans la communauté sensible que tissent ces paroles.

 

Comment penser cette communauté et cette envie ? C’est là que guette une autre notion produite par la paresse satisfaite, celle de populisme. Celle-ci n’invoque plus un peuple bon et naïf, mais, à l’inverse, un peuple frustré et envieux, prêt à suivre celui qui sait incarner ses rancœurs et en désigner la cause.

 

Trump, nous dit-on volontiers, est le représentant de tous les petits Blancs en détresse et en colère : les laissés-pour-compte des transformation économiques et sociétales, qui ont perdu leur emploi avec la désindustrialisation et leurs repères identitaires avec les nouvelles formes de vie et de culture, ceux qui se sentent abandonnés par les élites politiques lointaines et méprisés par les élites diplômées. La chanson n’est pas nouvelle : c’est déjà ainsi que le chômage servait dans les années 1930 d’explication au nazisme et ressert indéfiniment pour expliquer toute poussée de l’extrême droite dans nos pays. Mais comment croire sérieusement que les soixante-quinze millions d’électeurs de Trump répondent à ce profil de victimes de la crise, du chômage et du déclassement ? Il faut alors renoncer à la seconde planche de salut du confort intellectuel, la seconde figure du peuple traditionnellement chargée du rôle de l’acteur irrationnel : ce peuple frustré et brutal qui fait pendant au peuple bon et naïf.

 

Il faut, plus profondément, mettre en question cette forme de rationalité pseudo-savante qui s’attache à faire des formes d’expression politiques du sujet-peuple des traits appartenant à telle ou telle couche sociale en ascension ou en déclin. Le peuple politique n’est pas l’expression d’un peuple sociologique qui lui préexisterait. Il est une création spécifique : le produit d’un certain nombre d’institutions, de procédures, de formes d’action, mais aussi de mots, de phrases, d’images et de représentations qui n’expriment pas les sentiments du peuple mais créent un certain peuple, en lui créant un régime spécifique d’affects.

 

La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité.

 

Le peuple de Trump n’est pas l’expression de couches sociales en difficulté et à la recherche d’un protecteur. C’est d’abord le peuple produit par une institution spécifique où beaucoup s’entêtent à voir l’expression suprême de la démocratie : celle qui établit un rapport immédiat et réciproque entre un individu censé incarner le pouvoir de tous et un collectif d’individus censé se reconnaître en lui. C’est ensuite le peuple construit par une forme particulière d’adresse, cette adresse personnalisée permise par les technologies nouvelles de la communication, où le leader parle tous les jours à chacun et à tous, à la fois comme homme public et comme homme privé, utilisant les mêmes formes de communication qui permettent à chacun et à tous de dire quotidiennement ce qu’ils ont dans la tête ou sur le cœur.

 

C’est enfin le peuple construit par le système spécifique d’affects que Donald Trump a entretenu à travers ce système de communication : un système d’affects qui n’est destiné à aucune classe particulière et qui ne joue pas sur la frustration mais au contraire sur la satisfaction de sa condition, non pas sur le sentiment de l’inégalité à réparer mais sur celui du privilège à maintenir contre tous ceux qui voudraient y attenter.

 

La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité, celle qui permet également aux riches et aux pauvres de se trouver une multitude d’inférieurs sur lesquels ils doivent à tout prix conserver leur supériorité. Il y a en effet toujours une supériorité à laquelle on peut participer : supériorité des hommes sur les femmes, des femmes blanches sur les femmes de couleur, des travailleurs sur les chômeurs, de ceux qui travaillent dans les métiers d’avenir sur les autres, de ceux qui ont une bonne assurance sur ceux qui dépendent de la solidarité publique, des autochtones sur les migrants, des nationaux sur les étrangers et des citoyens de la nation-mère de la démocratie sur le reste de l’humanité.

 

La coprésence, dans le Capitole occupé par les nervis trumpistes, du drapeau des treize États fondateurs et du drapeau du Sud esclavagiste illustre assez bien ce singulier montage qui fait de l’égalité une preuve suprême d’inégalité et de la pursuit of happiness un affect haineux. Mais, pas plus qu’à une couche sociale particulière, cette identification du pouvoir de tous à la collection innombrable des supériorités et des haines n’est assimilable à l’ethos d’une nation particulière. Nous savons le rôle qu’a tenu ici l’opposition entre la France travailleuse et la France assistée, entre ceux qui vont de l’avant et ceux qui restent crispés sur les systèmes de protection sociale archaïques, ou entre les citoyens du pays des Lumières et des droits de l’homme et les populations arriérées et fanatiques qui menacent son intégrité. Et nous pouvons voir tous les jours sur Internet la haine de toute forme d’égalité ressassée jusqu’à plus soif par les commentaires des lecteurs de journaux.

 

De même que l’entêtement à nier n’est pas la marque des esprits arriérés mais une variante de la rationalité dominante, la culture de la haine n’est pas le fait de couches sociales déshéritées mais un produit du fonctionnement de nos institutions. Elle est une manière de faire-peuple, une manière de créer un peuple qui appartient à la logique inégalitaire. Il y a près de deux cent ans que le penseur de l’émancipation intellectuelle, Joseph Jacotot, avait montré la façon dont la déraison inégalitaire faisait tourner une société où tout inférieur était à même de se trouver un inférieur et de jouir de sa supériorité sur lui. Il y a seulement un quart de siècle, j’avais, pour mon compte, suggéré que l’identification de la démocratie au consensus produisait, à la place du peuple déclaré archaïque de la division sociale, un peuple bien plus archaïque fondé sur les seuls affects de la haine et de l’exclusion.

 

Plutôt qu’au confort de l’indignation ou de la dérision, les événements qui ont marqué la fin de la présidence de Donald Trump devraient nous inciter à un examen un peu plus approfondi des formes de pensée que nous appelons rationnelles et des formes de communauté que nous appelons démocratiques.

 

Cet article a été publié pour la première fois le 14 janvier 2021 dans le quotidien AOC.

 

 

 

Jacques Rancière

 

PHILOSOPHE, PROFESSEUR ÉMÉRITE À L'UNIVERSITÉ PARIS VIII​​​​​​​

 

akg-images - The Cow-Pock – or – the Wonderful Effects of the New  Inoculation!

Le vaccin, le droit et la liberté

Contenue jusqu’alors, la véhémence des anti-vaccins, communément appelés antivax, est montée d’un cran en lendemain de l’intervention du Président de la République, le 12 juillet dernier, quand celui-ci ouvrait la voie à une possible obligation vaccinale à l’endroit de certaines branches professionnelles. Dès lors, nombreuses furent, et sont, les manifestations de contestation à l’égard de la décision présidentielle, manifestants et opposants arguant du fait que cette obligation entravait la liberté individuelle et plus largement les libertés fondamentales Or, les arguments avancés par ces groupes d’opposants, globalement minoritaires dans la population, mettent en évidence deux lignes de forces que le développement de la pandémie, et les conséquences qui l’accompagnent, ont révélé. La première est la crainte, que l’on croyait dans l’ensemble apaisée, voire éradiquée, nourrie à l'endroit de la vaccination. Ainsi, il apparaît que le principe d’une protection immunitaire, via l’injection d’une souche virale à la virulence atténuée pour combattre cette dernière par la production d’anti-corps, n’est pas partagée par tous et que la pédagogie mais aussi l’information sur les bienfaits de cette pratique sont encore à travailler.

La suite ICI 

Partager cet article
Repost0
29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 07:00

Sentia: il serait maintenant possible de prendre un coup sans alcool... et  sans lendemain de veille | 24 heures

Nous sommes, là, loin du vin, sang de la terre, de l’univers des amateurs, dégustateurs, licheurs de vin nu, de la sociabilité, pour chaluter dans le caniveau des boissons alcoolisées industrielles, celles ingurgitées, sans retenue, pour se murger, oublier les soucis de la vie, sombrer dans l’ébriété…

 

Le professeur David Nutt, psychopharmacologue de renom, travaille depuis 30 ans à la réduction des risques de l'alcool. « Je dirais que l'alcool est la drogue la plus dommageable pour la société, dit-il. Je ne pense pas qu'il y ait une seule famille sur terre qui n'ait pas été affectée par l'alcool, ou dont l'un des proches n'ait pas été victime de quelqu'un qui a bu. C'est l'une des principales causes évitables d'hypertension artérielle : il y a plus de personnes qui meurent d'hypertension à cause de l'alcool, parce qu'il provoque des accidents vasculaires cérébraux ou des crises cardiaques, que de cirrhose. »

 

« L’alcool a un impact sur différents systèmes de récepteurs dans le cerveau, m’explique Nutt via Zoom. Aux niveaux les plus bas du cerveau, il fonctionne par le biais du système GABA. Nous savons maintenant qu'il existe 15 récepteurs GABA différents dans le cerveau et qu'ils contrôlent différentes choses. Avec Sentia, nous avons décidé de cibler les récepteurs qui contrôlent la sociabilité et la relaxation, qui se trouvent dans les parties avant du cerveau, et nous avons évité les récepteurs qui causent des problèmes, comme l'instabilité, les chutes, l'irritabilité, la colère et la gueule de bois. »

 

Pour créer Sentia, Nutt et l'équipe de GABA Labs ont consulté des milliers de bases de données et « ont trouvé un certain nombre de plantes qui produisent des substances agissant sur le système GABA », ainsi que d'autres plantes qui accélèrent leur absorption. Si ces ingrédients ne tombent pas sous le coup de la loi sur les substances psychoactives, c'est parce qu'ils sont depuis longtemps approuvés comme aliments ou compléments alimentaires.

 

« Nous avons fini par mettre au point ce cocktail : il est constitué de quatre herbes qui produisent des substances similaires au neurotransmetteur GABA, et de trois ou quatre herbes qui les font pénétrer plus rapidement dans le cerveau, explique Nutt. Enfin, nous utilisons la mûre qui, en plus d’être un joli colorant, facilite aussi l'absorption des substances dans le cerveau. »

 

Peut être une image de une personne ou plus et texte qui dit ’SEN TIA’

 

On a envoyé à l’auteur de l’article, Simon Doherty, quelques échantillons à essayer, et je n'ai pu m'empêcher d'être sceptique. Une boisson à base de plantes peut-elle vraiment rendre quelqu’un pompette ?

 

La suite ICI Sentia, la boisson qui « rend pompette sans donner la gueule de bois » 

 

L’inconvénient du Sentia est qu’il n’est pas bon marché. À 35 euros les 50 cl

David Nutt: inventing the alcohol antidote | The Times

Qui est le professeur David Nutt ? ICI 

 

Le prof. David Nutt est l’un des protagonistes les plus compétents, et controversés, du débat sur les drogues psychédéliques et leur rôle en médecine. Très impliqué dans la recherche sur les produits psychédéliques comme le cannabis, le LSD et la psilocybine, c’est également un fier défenseur d’une réforme politique au bénéfice de la science et du savoir.

 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents