Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 06:00

 

Peut être une image de 1 personne, position debout et texte

L’ami Olivier de Moor a posté cette vidéo sur sa page Facebook, je vous la propose.

 

Peut être une image de texte qui dit ’Domaine MORGON/ Petite Empreinte CHABLIS Edouard Lepesme VAUX/ François Ecot PEU PARTOUT/ Laurent Mathieu Jérémie Jean DES BAR/ Jeanne Chanudet L'UN COTES Shabbagh Alambic CAHORS 4&5 RHÔNE SEPTEMBRE Calland 2021 Chez AOEURCADETT au Rozes Maxime Barmès Jaybang SACE Barbieux w 47, RUE DU PONT 89450 SAINT PÈRE L'AVTRE DIMANCHE Morgane Fleury COTES DES BAR Raphaël Piconnet COTES DES BAR Quentin Beaufort -COTES DES BAR/ Raphaelle Guyot- -PUISAYE Robert Denogent FUISSE Thomas Pico CHABLIS/ Valentin Montanet- Victor Chardigny LEYNES Vincent Carême Vincent Thomas-’

Comme je n’ai pu, une fois encore, me rendre à Chai l’un chai l’autre, c’est une façon de le remercier de sa précieuse vigie.

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 06:00

L1000408.JPG

Elle a fait son chemin depuis, un petit coup de nostalgie…

 

L1000445

 

21 février 2011

Le panier de Fleur Godart : rouge de plaisir les « pétales de tomates » ICI

 

1493461_10201552066698825_197929367_o.jpg

merepoule.jpg

1 février 2013

Les chapons « mieux que fermier » de papa Godart et les vins de Fleur « tout à fait nature… » ICI

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 06:00

 

Le 14 novembre 1886, Louis Capazza, un Corse de 24 ans, et Alphonse Fondère, un Marseillais de 21 ans, font décoller, à 4h30 du matin, de la Plaine Saint-Michel (aujourd’hui place Jean-Jaurès) à Marseille, un ballon dirigeable, « Le Gabizos », conçu par Capazza. Cinq heures et demie plus tard, et après bien des péripéties, ils atterrissent à Appietto, en Corse. Les jeunes hommes viennent de réussir la première traversée en mer en ballon. Cet exploit leur vaut une notoriété nationale et les fait entrer dans l'histoire de l'aéronautique. Tous deux connaîtront des carrières exceptionnelles. ICI

« Quelle idée de vouloir quitter Paris pour aller vivre à Marseille ? »

 

Spaghettis à l'ail di mio cuore « D'humeur égale jusqu'à Marseille » - Le  blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

Étonnement justifié de mes amis lorsque je leur confie que j’envisage de m’installer à Marseille.

 

Je ne leur donne pas d’explications, elles sont trop intimes, pour l’heure il ne s’agit que d’une envie, rien ne dit qu’elle se concrétisera.

 

Ma copine Claire Deville du Lapin Blanc, exilée à Bruxelles, dont la sœur habite Marseille depuis quelques années, a eu la riche idée pour mon anniversaire de m’offrir un livre : Marseille noir.

 

Marseille Noir par Fabre

 

« De la Joliette de Cédric Fabre, au Panier de Patrick Coulomb en passant par la Cayolle de Philippe Carrese, Marseille Noir est une anthologie sous forme d'errance. Une errance solaire, incandescente, poisseuse, illuminée et terrassante, d'une ville hors-norme et qui ne répond à aucune règle. Sans être un roman noir de plus, sans être non plus une histoire de gangs et de règlements de comptes bourrée de clichés, ce nouvel opus de l'excellente collection “asphalte noir” donne à voir un Marseille que l'on aime, que l'on hait, gangréné et illuminé.

 

L'“équipe” d'auteurs à l'œuvre dans ce recueil, dont les parcours et attaches à Marseille sont le fruit d'expériences propres, de vécu, de passé, de présent, donne à ce recueil de nouvelles sa consistance particulière et savoureuse.

 

Quatorze auteurs pour quatorze nouvelles et quatorze Marseille différents.

 

       

encoredunoir   15 mai 2014

 

Cela faisait un moment que l'on attendait le premier inédit français d'Asphalte. C'est chose faite avec, qui plus est, un recueil de nouvelles dans la collection emblématique de la maison d'édition. Et, pour ne rien gâcher, le livre est vraiment bon.

En effet, de tous les volumes des « Villes noires » parus jusqu'à présent, Marseille Noir est certainement celui dans lequel on sent le mieux battre le coeur de la ville. Ici, elle ne sert pas seulement de décor mais est dans la quasi-totalité des quatorze nouvelles du recueil un personnage à part entière, bienveillant et menaçant, aimé et détesté. Car ce que disent ces récits, c'est que si les habitants de Marseille, du cru depuis plusieurs générations ou nouveaux arrivants, font la ville, la ville a aussi une réelle emprise sur eux.

 

Cela commence par une partie consacrée aux « mythologies » marseillaises, en particulier la tradition du crime plus ou moins – et quand même souvent moins – organisé. Cela continue avec un bouquet de nouvelles regroupées dans un chapitre « Errances » qui voit des personnages comme perdus dans une ville qui tient au moins autant du refuge que du cul-de-sac, avant de passer à l'inévitable « Sale et rebelle » dans lequel les récits montrent bien comment la ville, entité supérieure douée de [dé]raison, façonne ceux qui y vivent, y compris, nous dit la quatrième et ultime partie, « Toujours en partance », lorsqu'ils ne font qu'y passer.

 

C'est le jeu, bien entendu, on ne peut mettre sur un pied d'égalité toutes les nouvelles réunies par Cédric Fabre. Certaines apparaissent plus accrocheuses et/ou plus profondes que d'autres, mais il n'en demeure pas moins que l'on se trouve là face à un ensemble extrêmement cohérent. Les éditrices ont eu le nez fin en optant pour Marseille à l'occasion de ce premier recueil totalement inédit, la ville la plus susceptible de leur fournir une matière d'une telle qualité en terme de noir. ICI 

 

LE DIRIGEABLE, Marseille - Restaurant Avis & Photos - Tripadvisor

 

Pages 187-188 Serge Scotto, Verts légèrement grisés.

 

« Par crainte de s’aventurer plus loin et par flemme de cuisiner, Maurice déjeune depuis l’autre nuit au Dirigeable, un kiosque à sandwiches sis au cœur de la place. Parmi les crevards qui font la queue en attendant leur baguette farcie de boulettes en sauce, combien savent que le modeste établissement de planches doit son étrange appellation au décollage, ici-même, d’un ballon ascensionnel qui, pour la première fois, a traversé la Méditerranée, en 1886 ? Le jeune homme l’a appris en se retournant sur une nana et en levant les yeux par hasard sur l’aérostèle qui orne le mur du vieux bâtiment de la poste et que personne ne remarque plus.

 

« Marseille est la plus vieille ville d’Europe, mais qui paraîtrait ne pas avoir d’histoire… Depuis deux mille six cents ans en travaux, sans qu’on y ait jamais rien vu de fini convenablement ou de construit durablement ! Qui ne possède même pas un centre-ville historique, comme on en trouve dans la moindre sous-préfecture de province ! Il y a chez les Ricains, nos cousins du Nouveau Monde, des maisons plus anciennes qu’à Marseille. Qui en permanence s’autodétruit plutôt qu’elle ne se construit, sans le moindre respect pour ses vieilles pierres. Car Marseille ne prend pas soin d’elle-même, gouvernée depuis toujours par une noblesse commerçante tout à ses affaires et qui la méprise, elle et son petit peuple venu des sept mers, échoué là en quête d’un ailleurs meilleur. Et lorsque par malheur on y découvre des vestiges grecs ou romains, ce qui arrive à chaque coup de pioche, on n’a qu’une hâte : les ensevelir histoire de ne pas retarder le chantier. Sinon, la cité phocéenne pourrait vivre longtemps du tourisme de l’antique, comme à Pompéi… Mais ici les bétonnières tournent comme des tambours de machines à laver, qui servent surtout à blanchir du pognon.

 

 

À Marseille, Macron présente son plan “Marseille en grand” | Le HuffPost

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 06:00

 

Titre étrange, je m’explique.

 

Je n’ai vu qu’un seul film de Laura Antonelli L’Innocent.

 

L'INNOCENTE - Festival du Film Italien de Villerupt

 

Elle m’avait ému.

 

Et puis j’ai acheté et lu Laura Antonelli n’existe plus… de Philippe Brunel.

 

ActuaLitté

 

Pages 161-62

 

« Ce soir-là, en regagnant  mon hôtel, je repensais à son personnage de Giuliana, ce modèle revisité d’Oriane de Guermantes que Visconti lui avait confié sur le tard, en 1976, dans L’Innocent, film crépusculaire pour son grand et seul vrai bonheur d’actrice…

 

Car il avait eu cette embellie.

 

Le maître du néoréalisme lui avait offert ce rôle majeur à rebours de ses prédilections notoires pour les langueurs aristocratiques d’Ingrid Thulin ou pour la grâce spleenétique de Silvana Mangano, cette diva lointaine au sourire ennuyé dont le fantôme hante toujours les travées putrides d’une Venise infectée par le choléra. Visconti avait avoué sa fascination pour Laura, pour » son visage d’ange sur un corps de pécheresse » et es rondeurs provinciales fidèles au canons dannunziens. « Elle est altière, sensuelle et pleine de lumière, et n’en parlons pas quand elle est nue de dos, une véritable œuvre d’art ! » Il retrouvait en elle cette froideur prussienne qui l’avait tant ému chez Alida Valli et l’avait choisie pour son talent de comédienne si souvent galvaudé par la morgue des moralistes. Sous sa direction, Laura traverse ce film dans un déploiement de perles, broches et diadèmes, corsetée dans des tailleurs à passementeries dorées, des chemisiers brodés à col montant, dans des robes en crêpes de Chine rouge titien, le visage dissimulé sous des rushes de tulle ou coiffée d’un chapeau à voile d’oignon moucheté, comme en portait au XIXe la comtesse Carla di Modrone, la propre mère de Visconti, pour se préserver de la vulgarités des hommes. Ces artifices venaient estomper les traits de son visage dans une mortification de sa féminité comme si le maître avait pressenti en elle les ombres d’un malheur en cours. Une fois encore, le script faisait écho à ses propres tourments. Elle qui regrettait de ne pas avoir eu d’enfants en portait un de son amant que son mari – incarné par Giancarlo Giannini – tuera par jalousie. »

 

Belle plume !

 

À lire absolument…

 

Blog de Emily-de-Wi - Page 9 - ~LaDolceVita~ - Skyrock.com

Laura Antonelli ou les ombres du passé ICI 

 

Dans un livre bouleversant, Philippe Brunel raconte la descente aux enfers d’une actrice magnifique et solaire, héroïne de Visconti et compagne de Belmondo.  

 

 

Par Jean-Noël Mirande

 

La renommée puis l'oubli de certaines actrices donnent raison à Madame de Staël, pour qui « la gloire est le deuil éclatant du bonheur ». À quoi Pasolini ajoutait que c'était « l'autre face de la persécution ». Combien sont-elles à avoir chuté ? Ce n'est pas tant l'abandon dont elles ont été la proie qui frappe les esprits que la déchéance à laquelle elles ont été acculées malgré elles.

 

Défigurée, traquée et la religion pour seul recours

 

L'enfer de la poussière d'ange les déposséda d'elles-mêmes et de leur image. Laura Antonelli, à qui Philippe Brunel consacre un livre, fut « le songe érotique des Italiens » pour la presse et « la plus belle femme du monde » pour Visconti. On fit payer à ce sex-symbol d'une Italie catholique et puritaine d'avoir aiguisé le désir des hommes et provoqué la jalousie des femmes. Jetée en prison au début des années 1990 pour détention de 36 grammes de cocaïne trouvés chez elle dans des conditions louches, elle ne s'en relèvera jamais. Défigurée par la chirurgie esthétique, traquée par des paparazzi sans vergogne – il y avait de la malveillance à révéler son visage méconnaissable à la face du monde, après un procès perdu contre ceux qui la poussèrent à réaliser ces opérations afin de relancer sa carrière. On la retrouvera morte le 22 juin 2015, sur le sol de son modeste deux-pièces de la grande banlieue de Rome, un évangile à la main, car la religion était son seul recours.

 

Laura Antonelli, morta l'icona sexy di Malizia. Da vent'anni viveva in  povertà (FOTO) - Il Fatto Quotidiano

 

 

Mes 101 Tours de France : Philippe Brunel, actualité vélo pros

Dans ce récit, l’auteur met en scène un journaliste chargé par un producteur de retrouver Laura Antonelli, la sulfureuse héroïne du cinéma italien des années 60 et 70. Après avoir connu gloire et fortune de façon fulgurante, Laura Antonelli vit seule, recluse dans un deux-pièces de la banlieue de Rome. Dans une quête fiévreuse et pudique, le narrateur remonte le cours d’un destin brisé par la drogue, le sexe et les fêlures cachées de cette icône tourmentée.

 

Par quelle malédiction l’actrice dont Luchino Visconti disait qu’elle avait « un visage d’ange sur un corps de pécheresse » est-elle tombée si bas… et si vite ? Lui-même journaliste sportif au quotidien L’Équipe, Philippe Brunel fait revivre, sans en esquisser les zones d’ombres, les combats de cette vaincue magnifique.

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 06:00

Cette bouteille de vin nature est dotée d'un QR code

Dans les années 80, Lizzy Mercier Descloux, jeune artiste avant-gardiste, installée à New York et très proche des milieux punk-rock, ramenait de son périple africain « Où sont passées les gazelles ? » une chanson inspirée de « Kazet » un tube des township de Soweto, ce fut un tube qui est encore régulièrement repris et adapté, on l’a retrouvé en prime time dans la saison 2 de la Star Ac interprétée par Nolwenn Leroy, Houcine et Emma Daumas

Alors ce matin me remettant au turbin après des jours heureux passés au bord de l’eau l’interrogation me trotte dans la tête : « Mais où sont passés les vins méthode nature ? »

 

Annoncée à fort tam-tam médiatique sur les réseaux sociaux par la fine fleur des vins nus, elle devait être selon eux, la Ligne Maginot, infranchissable, incontournable, faisant barrage aux barbares de la GD, au grand Gégé et ses frères, prêts à confisquer à leur profit la belle appellation vin nature. Voir ICI 

 

Depuis, j’ai cherché, j’ai hanté les caves de vin nu  de Paris et d’ailleurs, sans trouver un flacon estampillé de leur affreux logo.

 

 

Alors, serait-ce un bide ? Un flop ?

 

Je pose la question aux promoteurs habituellement prompts à célébrer leurs victoires : combien de bouteillons ?

 

Sans vouloir anticiper sur leur réponse, qui j’en suis sûr ne viendra pas, je pense que leur activisme syndical ne correspondait à aucune demande ni des vignerons, ni des consommateurs.

 

Les vins nature sont certifiés par les bons cavistes, les acheteurs de vins nu ne vont ni dans la GD, ni chez Nicolas, bref, si vraiment certains souhaitent des garanties elle est là.

 

Certains vignerons nature apposent un QR code sur leur étiquette, ainsi il est facile de savoir ce qu’ils font à la vigne et au chai.

 

Bonne buvaison, et merde à la réglementation inutile !

Lizzy Mercier Descloux tombe sur une cassette audio de musique sud-africaine, et elle tombe amoureuse des sons qu’elle découvre. Alors elle décide d’aller voir sur place, d’aller écouter les musiciens de Johannesburg et du township de Soweto, qui est un des foyers de la contestation politique. On est en plein apartheid, les voyages en Afrique du Sud ne sont pas si courant – mais elle veut être au cœur de cette création artistique alors elle s’y installe un temps.

 

Et ce qu’elle entend lui plaît tellement que ça lui inspire un album entier : Zulu Rock, qu’elle enregistre sur place avec des musiciens sud-africains. Un disque qui ne va pas être un carton commercial. C’est les débuts de la sono mondial, et elle a en plus oublié de créditer les musiciens sud-africains avec qui elle a bossé, mais qui malgré tout contient quelques ovnis inoubliables.

 

Et notamment le titre « Mais Où Sont Passées Les Gazelles” – un tube qui sonne ni comme de la variété française, ni de la musique sud africaine. Mais comme un mélange des deux. En fait elle adapte phonétiquement un morceau des Mahotella Queens qui s’appelle « Kazet ». Le Kazet devient Gazelle et le titre que Lizzy Mercier Descloux crée comme ça, je trouve que c’est le genre d’air qui te fait te sentir vivant.

 

Ça sent la liberté, le printemps revenu, le soleil qui rassure, les fleurs qui poussent, les gazelles qui gambadent.


 

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 06:00

 

En bon rédachef qui n’en fout pas une rame, profitant de mon séjour au Racou, je suis allé, avec ma cane et mon chapeau, visiter, dans son « palais » battu par les flots, mon infatigable chroniqueur cinéma, nous avons bien mangés, Marie-Louise est un cordon bleu, tout particulièrement une caille en papillote de poivron vert, succulente, et bien sûr bien bu, la cave de Pax recèle de belles bouteilles.

 

Bref, le Ciné Papy, après un coup de mou, est reparti comme en 40.  

 

Aujourd’hui c’est «L’année du dragon » (1985)

 

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour mille et une bonnes raisons et aussi quelques mauvaises car c’est un chemin détourné pour parler de l’Immense Michael Cimino et l’importance de sa place dans l’histoire du cinéma. Le chemin détourné vaut surtout par, pour Ciné papy, une des plus belles images de cinéma.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Le capitaine Stanley White est un vétéran de la guerre du Viêt Nam. Il est à présent officier de police du NYPD et le policier le plus décoré de New York. Muté dans le quartier de Chinatown, Stanley part en guerre contre les triades chinoises qui gangrènent le quartier. Elles ont la main mise sur le trafic de stupéfiants et le racket les commerçants du quartier. Elles se livrent entre elles à des règlements de compte sauvages.

 

Nous assistons alors à une guerre ouverte où tous les coups semblent permis entre un flic plus que déterminé et Joye Tai qui, tout aussi déterminé et de manière radicale s’est hissé à la tête de la triade.

 

La radicalité des moyens employée par Tai est illustrée par le meurtre de Connie la femme de White et de violences faites à sa petite amie.

 

Réalisation

 

C’est Michael Cimino qui mène la danse.

 

Michael Cimino ! En quatre films il bouscule Hollywood « la Machine à Rêves ».

 

Avec « La Porte du Paradis »1980 il ruine au sens propre du terme la Cie United Artists acculée à la banqueroute. Ce producteur, sur l’énorme succès de «Voyage au bout de l’enfer» 1978 avait confié à Michael Cimino le contrôle total su le film.

 

Considéré comme le fossoyeur du « Nouvel Hollywood » * Il trouve néanmoins à réaliser « L’année du Dragon » 1985 qui, là encore trouva un accueil public et critique mitigé. Cimino, une fois de plus est « politiquement - trop- incorrect »

 

* Il s’agit de la prise du pouvoir des cinéastes sur les studios façon Nouvelle Vague en France et Néoréalisme en Italie. Cette période s’est étalée sur une vingtaine d’année de 1960 à 1980. Elle a vue fleurir des cinéastes tels Brian De Palma, Dennis Hopper, Francis Ford Coppola, George Lucas, Martin Scorsese, Michael Cimino et Steven Spielberg.

 

Michael Cimino et son œuvre aujourd’hui

 

Voilà ce qu’il disait de lui en 2012 « « Vous êtes la dernière merveille, puis on vous écrase, puis on vous remonte à nouveau. Ce rituel américain est tellement archétypal qu’on en fait même des films : montée, chute, remontée, on pourrait citer mille titres ! Ce schéma exige que vous soyez traîné dans la boue puis que vous renaissiez couvert de sang »

 

Et de son œuvre en 2014 « Moi, on m'a collé toutes les étiquettes. J'ai été traité d'homophobe pour Le Canardeur, de fasciste pour Voyage au bout de l'enfer, de raciste pour L'Année du dragon, de marxiste pour La Porte du paradis et de violent pour La Maison des otages… »

 

Quatre œuvres majeurs en 10 ans pour un cinéaste qui vécut quelque 70 ans mais dont l’image de marque restera celle du refus de toutes concessions !

 

Aujourd’hui :

 

« Le Voyage » Wikipédia nous dit que, en 1996, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». En 2007, il est classé à la 53e place de la liste du Top 100 de l'American Film Institute.

 

Toujours sur Wikipédia à propos de « l’Année du Dragon » Le film figure à la 3e place du Top 10 des Cahiers du cinéma de 1985. Le réalisateur-scénariste Quentin Tarantino classa le film parmi ses préférés, et juge la scène finale de la fusillade sur le pont de chemin de fer comme l'un des meilleurs « Killer Movie Moments ».

 

Quant à « La porte du paradis »  En 2013, lors de la ressortie du film dans sa version director's cut, Jean-Baptiste Thoret parle en revanche dans Charlie Hebdo de la « Renaissance d'un chef-d'œuvre » et évoque « la critique la plus implacable jamais produite de l'un des mythes fondateurs de la Nation, l'impossible alliance du peuple et des élites anglaises, l'exploitation éternelle des premiers par les seconds, le sort peu enviable des émigrants venus d'Europe de l'Est, la lutte des classes bien sûr, en lieu et place de la Pastorale promise, et le fantôme de Marx passé des terres viscontiennes à celles du Wyoming. »

 

 

Note sur « Voyage au bout de l’enfer »1978

 

C’est le premier film évoquant la guerre du Vietnam, juste avant « Apocalypse Now » 1979 de Francis Ford Coppola et bien avant «  Full Métal Jacket » 1987 de Stanley Kubrick. Bien évidemment « Voyage au bout de l’enfer » n’a rien à voir avec les autres.

 

Le film de Coppola, quel que soit le plaisir pris à le voir, le revoir est avant tout un produit, certainement avec raison, multi-récompensé qui n’est que l’adaptation, avec talent semble-t-il, d’une nouvelle de Joseph Conrad datant de 1889 et transposée dans le conflit vietnamien. Pour Ciné papy, ce film relève de ce que Joseph Mankiewicz, un des plus fins et intelligents cinéastes et/ou producteurs d’Hollywood aurait rangé dans la catégorie « Son et Lumière »

 

Comme on peut s’y attendre, il en va différemment du film de Kubrick. C’est une espèce de reportage sur la formation des Marines, avec toute l’efficacité que les américains savent déployer, sans état d’âmes, quand il y a un but à atteindre, efficacité identique qui leur a permis d’aller sur la lune. Et si Kubrick avec tout le soin qu’il met à soigner les détails illustre parfaitement cette efficacité on se rend vite compte de ses limites. On oublie trop souvent, en hauts lieux qu’il s’agit d’homme et que tout ne se règle pas comme un problème d’horlogerie.

 

Il y a le premier « accroc » avec l’engagé « Baleine » qui pète un plomb lors de la formation puis, dans la deuxième partie ou l’on voit, quel que soit leur préparation et/ou leur bonne volonté, les soldats auront du mal possible à accomplir leur mission voir tout simplement à sauver leur peau.

 

Pour « Le voyage », une nouvelle fois Cimino sort des sentiers battus. Le point de vue adopté est celui du départ de copains d’un bled de Pennsylvanie, la fleur au fusil, pour le Vietnam, et surtout, leur retour et l’état dans lequel ils reviennent. Entre les deux, cette saloperie de guerre du Vietnam, moulinette au travers de laquelle ils sont passés.

 

Reprenons, voulez-vous la suite de la fiche

 

Qui fait quoi ?

 

DVD : « L'Année du Dragon », quand Michael Cimino annonçait l'empire des  signes

 

Pardon pour les très bons acteurs du casting mais peu connus des spectateurs européens. On retiendra :

 

Mickey Rourke

 

C’est son premier grand premier rôle. Il va vite devenir le nouveau Marlon Brando/James Dean d’Hollywood tant il impressionne par son charisme et une sensibilité à fleur de peau. Il faut dire que, comme eux, il a été élève de l’« Actors Studio » Ses fans se souviendront de lui dans « Angel Heart » 1987 d’Alan Parker ou « Barfly » 1987 de Barbet Schroeder ou encore « 9 semaines ½ » 1986 d’Adrian Lyne avec Kim Bassinger. Par la suite, il eut une carrière cabossée comme sa gueule de boxeur, broyé, comme tant d’autre par le système hollywoodien.

 

Caroline Kava

 

Voir toutes les bandes annonces et extrait vidéo du film L'Année du dragon

 

Pour  la fabuleuse scène « d’après l’orage ». Elle fit ses débuts dans « La porte du paradis » 1980 de Michael Cimino. Et les amateurs de série américaine ont pu la reconnaître ça ou là.

 

Temps forts

 

Quand un collègue et ami de Mickey Rourke lui dit qu’il prend les choses trop à cœur. Réponse de Rourke : « Comment peut-on ne pas prendre les choses trop à cœur ? »

 

Réponse de Stanley White aux instructions qui lui sont données après les derniers massacres de la mafia, dont Connie sa femme: « On y va pour gagner cette fois ? » en référence à la déculottée américaine au Vietnam.

 

Stanley White, tout à sa détermination et sa rage à vouloir détruire la mafia asiatique, délaisse son épouse Connie. Rien de particulier sauf une histoire ordinaire de couple. Ils ont décidé « de mettre un enfant en route » Ce n’est pas facile. Il faut respecter des dates. Connie commence à être âgée. Il rentre un matin excité par le cours nocturne que vient de prendre sa mission. Il a tout oublié de la soirée prévue. S’en suit une scène de ménage orageuse comme seule Cimino sait le faire.

 

La scène suivante, nous montre Connie assise sur l’escalier arrière de la maison. Je ne sais plus si elle renifle mais elle reprend doucement son souffle. C’est le silence en contre point les éclats de voix de la scène de ménage. Cimino installe ce silence. La scène et longue. Comme le silence, elle dure. Tout est immobile. Le silence semble tout tenir en respect.

 

Mais, un peu à droite de l’écran, un linge, un seul, sèche sur sa corde, agité par un peu de vent. Sublime.

 

Pax

 

Prochainement « Les Saveurs du Palais »

Partager cet article
Repost0
31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 06:00

Que boire avec du Durian la quintessence du goût de chaussettes et d'oignons  pourris : ben un vin de Durian tout simplement ! - Le blog de JACQUES  BERTHOMEAU

J’ai changé le titre ça fera plaisir à Butane&Degaz

 

Que boire avec du Durian la quintessence du goût de chaussettes et d'oignons  pourris : ben un vin de Durian tout simplement ! - Le blog de JACQUES  BERTHOMEAU

15 août 2013

 

Que boire avec du Durian la quintessence du goût de chaussettes et d'oignons pourris : ben un vin de Durian tout simplement ! ICI 

 

Partager cet article
Repost0
30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 06:00

Jean-Baptiste Doumeng, le milliardaire rouge - France 3 Nouvelle-Aquitaine

« Au cours de ces années soixante, Jean Pinchon, qui gravitait dans la haute finance et les cabinets ministériels, retrouva, chez des amis communs, le Satan paysan des lendemains de la Libération. Naquit entre eux une sympathie spontanée, qui alla s’approfondissant jusqu’à l’affection. Et leurs conversations évoluaient volontiers sur fond mystique, croire et prier.

 

« Ta foi ignore le pardon, accusait Pinchon.

 

- Je me pardonne moi-même, répliquait Doumeng.

 

- Il vous manque, à vous communistes, de ne pas savoir tomber à genoux, de mépriser l’humilité.

 

- Parce qu’elle se confond souvent avec l’humiliation. »

 

L’un évoquait la mort de sa mère, l’autre le décès de son père, et rien ne les opposaient en générosité ni en loyauté. Ils communiaient sur le poids et le prix de la parole donnée. Il lui arrivait d’affabuler, convient Pinchon, mais ça le stabilisait, et l’intelligence faisait tout passer.

 

Les unissait, surtout, dans les miasmes du parisianisme le même atavisme paysan : « Un cul de vache nous fait bander... »

 

Jean-Baptiste Doumeng, le milliardaire rouge"

 

L’Europe se mettait alors irrésistiblement en place, avec l’application, par le général de Gaulle, de ce Marché Commun contre lequel Jean (Doumeng) n’avait cessé de batailler. Il réagissait d’abord, et comme toujours, en paysan. Il voyait, dans la CEE, la condamnation à brève échéance des petites exploitations familiales, impuissantes, avec une compétition impitoyable, à contenir la pression des grandes concentrations de production. Il pressentait aussi la domination industrielle de l’Allemagne, et son inéluctable réunification.

 

En fait, il combattait moins l’Europe en soi, que la façon dont elle se mettait en place, avec des abandons de souveraineté qui le chagrinaient. Son hostilité découlait d’un concept fondamental, le devoir patriotique du paysan, charnellement et sentimentalement jaloux de sa terre. Il croyait ainsi en l’efficacité des vastes échanges coopératifs, plutôt qu’aux vertus d’un marché unique destiné, selon lui, à favoriser le grand capitalisme international. Il n’abdiqua jamais en ce domaine, dénonçant, jusqu’à son dernier souffle, « les absurdités d’une politique agricole commune qui conduisait au gel des terres. ». Et il s’insurgeait au spectacle « de paysans de cinquante ans, en pleine force, préférant une rente de deux mille francs par hectare pour n’y rien produire au risque de perdre de l’argent en travaillant. »

 

Il s’agissait, à ses yeux, d’une désertion impardonnable, et il jugeait scandaleux de voir l’Europe, aux possibilités de production exceptionnelles, limiter ses rendements quand le quart de l’humanité crevait plus ou moins de faim. Il s’indignait d’entendre parler d’excédents au lieu de disponibilités exportables. À ceux qui l’accusaient alors de prêcher pour ses intérêts sur le marché agro-alimentaire international, il rétorquait, avec une superbe qui se justifiait : « Sachez que ce qui est bon pour Doumeng, l’est aussi pour la France. » L’actuel malaise du monde paysan qui s’interroge de plus en plus sur sa survie donne sa pleine valeur à ce donquichottisme rural visionnaire – trop souvent ridiculisé par les passions partisanes (...) »

 

 1992 « Jean-Baptiste Doumeng » Le grand absent chez Milan par René Mauries

JEAN-BAPTISTE DOUMENG, Préface de Mikhail Gorbatchev - Slavika - Книги на  русском языке

 

26 février 2011

Jean Doumeng et le Mouton-Rothschild offert par le baron Guy de Rothschild «Encore une affaire de troc des mouflons contre des «Mouton» ICI

 

 14rothschild_lg.jpg

L’anecdote qui suit met en scène le « milliardaire rouge » le truculent Jean Doumeng citoyen du monde et de Noé et, bien sûr, le baron Guy de Rothschild. D’URSS le JBD était capable de tout importer. Ainsi il fit le commerce lucratif de tortues de jardins vendues par les oiseliers des quais de Seine. Elles venaient des rives du fleuve Amour mais la SPA s’insurgea et le big Jean se rabattit sur les animaux de ménagerie : tigres de Sibérie pour Jean Richard, chevaux de l’Oural pour Joseph Bouglione, des chameaux du désert de Gobi pour Cheynau de Leyritz.

 

Muret. Un docu sur Jean-Baptiste Doumeng sur France 3 - ladepeche.fr

 

2 juillet 2011

J.B. Doumeng sablant du Laurent Perrier Grand Siècle à l’AG de la Mutualité à Vichy joue au con et n’aime pas ça. ICI 

 

Provocateur JB Doumeng l’était. Face à une flatterie indécente ou un propos maladroit ou un comportement minable il était capable des pires extravagances qui trahissaient « ses rancœurs et défis de gosse frustré, sinon méprisé ». Ainsi à un apparatchik fat, Ministre hongrois du commerce extérieur, qui à la fin de son discours osait placer cette aumône : « À présent, cher ami français, s’il vous manque quelque chose dites-le moi... » il rétorquait

 

- Oui, monsieur le Ministre, une belle peau d’ours.

 

- Simple détail, et facile à trouver. Pour un manteau, je suppose.

 

- Pas du tout... L’hiver, ma femme et moi adorons faire l’amour, nus, sur une peau de bête, devant un feu de bois... Ça amuse les enfants... La civilisation capitaliste, trop sophistiquée, nous a coupés de la nature. »

 

 

 

Partager cet article
Repost0
29 août 2021 7 29 /08 /août /2021 06:00

Château Prieuré-Lichine

Lorsqu’un homme du cru, Bernard Ginestet, ici d’un grand cru puisque les Ginestet furent les propriétaires du Château Margaux (de 1950 à 1977), après avoir trempé sa plume dans la fameuse « Bouillie Bordelaise » en 1975 se glisse dans la peau du romancier pour brosser le portrait de l’archétype du courtier bordelais du milieu des années 60, c’est l’assurance pour le lecteur de savourer un texte dans lequel la fiction n’est qu’une manière élégante de mettre en scène la réalité. Son héros, « Edouard Minton est l’un des plus illustres représentants de cette caste privilégiée de la bourgeoisie bordelaise, enracinée depuis des siècles dans le quartier qui porte son nom : les Chartrons. » Bernard Ginestet qui fut maire de Margaux de 1973 à 1995, pur médocain, grand dégustateur est décédé le 29 septembre 2001.

 

Le premier chapitre suit la route du Médoc. Edouard Minton notre courtier, dans sa Peugeot a rendez-vous à Mouton (un Chartronnais ne dit jamais château devant le nom d’un cru et pratique l’abréviation : Las Cases ou Lafite comme le NAP dit Roland pour Roland Garros) avec le baron Philippe de Rothschild. « En fait, les courtiers bordelais se voyaient davantage convoqués qu’invités. Ils n’avaient à choisir ni le jour ni l’heure, fussent-ils déjà pris ou grippés »

 

Les Chartrons - Bernard Ginestet - Achat Livre ou ebook | fnac

 

31 août 2010

Le courtier bordelais vu par Bernard Ginestet, « Beychevelle mettait son linge à sécher devant la grille de fer forgé de Branaire. » ICI 

 

 

Sacha Lichine,
 
Château d’Esclans :

 

“Devenir une véritable marque internationale” ICI

Sacha Lichine est né à Bordeaux, a grandi aux États-Unis et vit désormais entre New York et la Provence où il a acheté il y a 10 ans le désormais célèbre Château d’Esclans, près de Fréjus. Il y élabore le rosé le plus cher du monde, la cuvée Garrus, mais également le Whispering Angel qui a fait connaître le côtes-de-Provence dans le monde entier.

 

Comment vient l’idée, quand on est Bordelais, de partir faire du rosé en Provence ?

 

J’ai vendu ma propriété bordelaise en 1998 pour faire du rosé un grand vin, un vin que l’on a envie de boire… au cas où on n’arriverait pas a le vendre. Je n’avais plus envie de rester à Bordeaux car il me semblait difficile de faire plus sur des terroirs qui ne changeaient pas et je n’avais pas envie de faire les bordeaux sur-extraits d’aujourd’hui. Il est vrai que Parker a beaucoup contribué au succès de Bordeaux ces dernières années mais il l’a aussi beaucoup abîmé avec des vins titrant a plus de 14% vol. En Provence, tout était à faire. Mon père, Alexis Lichine, aimait déjà le rosé et je voulais faire la différence dans cette catégorie, prouver qu’il pouvait y avoir de l’élégance dans les rosés, même si le consommateur n’est pas toujours prêt à payer pour la baisse de rendements nécessaire à une montée en gamme – on a une moyenne de moins de 40 hl/ha sur la propriété, on descend à 25 pour Garrus. A mon arrivée, le prix du côtes de Provence était à 85 €/hl; aujourd’hui il est à 230 et ça commence à faire vivre toute une région.

Partager cet article
Repost0
28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 06:00

Emetteur de Sottens - rts.ch - Un jour une heure

RTS
Emetteur de Sottens - rts.ch - Un jour une heure

Je crois aux fenêtres du hasard, grandes ouvertes, il suffit d'être au bon endroit au bon moment, disponible, pour y faire de belles découvertes, de belles rencontres, parfois même d'emprunter un nouveau chemin, de s'y risquer, de se dire : «nous allons y arriver »

 

Ce matin, en vous proposant l'une des nouvelles de Gérard Aimonier-Davat, je concrétise, avec plaisir, une forme d'échappée belle, de partage, une parcelle de douceur dans un monde de brutes...

« Le nouvelliste a le sentiment de diriger le lecteur : il l'empoigne à la première phrase pour l'amener à la dernière, sans arrêt, sans escale, ainsi qu'il est habitué à le faire au théâtre. Les dramaturges aiment la nouvelle parce qu'ils ont l'impression qu'elle ôte sa liberté au lecteur, qu'elle le convertit en spectateur qui ne peut plus sortir, sauf à quitter définitivement son fauteuil. La nouvelle redonne ce pouvoir à l'écrivain, le pouvoir de gérer le temps, de créer un drame, des attentes, des surprises, de tirer les fils de l'émotion et de l'intelligence, puis, subitement, de baisser le rideau. »

 

Concerto à la mémoire d'un ange (nouvelles), Journal d’écriture Éric-Emmanuel Schmitt

 

Je partage cette approche de la nouvelle et, Gérard Aimonier-Davat y excelle ; la nouvelle de lui que j’ai choisie : le cloppet m’a touché au cœur, j’y ai retrouvé ma part d’enfance, ce vécu dans sa simplicité dépouillée, sans afféteries ni fioritures. De la belle ouvrage, sincère, emprunte de vérité, qui aurait dû être reconnue par un éditeur de notre Paris où tout se joue...

 

 

« La Nouvelle a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet. Cette lecture, qui peut être accomplie tout d’une haleine, laisse dans l’esprit un souvenir bien plus puissant qu’une lecture brisée, interrompue souvent par le tracas des affaires et le soin des intérêts mondains. L’unité d’impression, la totalité d’effet est un avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une supériorité tout à fait particulière, à ce point qu’une nouvelle trop courte (c’est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu’une nouvelle trop longue. L’artiste, s’il est habile, n’accommodera pas ses pensées aux incidents, mais, ayant conçu délibérément, à loisir, un effet à produire, inventera les incidents, combinera les événements les plus propres à amener l’effet voulu. Si la première phrase n’est pas écrite en vue de préparer cette impression finale, l’œuvre est manquée dès le début. Dans la composition tout entière il ne doit pas se glisser un seul mot qui ne soit une intention, qui ne tende, directement ou indirectement, à parfaire le dessein prémédité. »

 

Charles Baudelaire, Nouvelles histoires extraordinaires, 1857

 

 

 

 

C’était une habitude. C’était sa nature. Depuis toujours, dans ma mémoire, je le voyais, après déjeuner, se laisser choir de tout son poids dans son vieux fauteuil de rotin, au coin de la console sur laquelle trônait sa T.S.F.

 

Il se penchait sur le côté et régulièrement, au moment même où il tournait le bouton de bakélite, s’élevait cette voix venue d’un autre monde :

 

« ICI RADIO SOTTENS. »

 

Était-il toujours à l’heure ?

 

Ou bien l’attendait-on pour commencer l’émission ?

À l’époque, j’inclinais pour la seconde question et répondais « OUI » sans la moindre hésitation.

 

Car jamais je ne l’avais surpris consultant discrètement son gousset dont la chaîne rayait d’un trait argenté le devant de son gilet.

 

« RADIO SOTTENS » était la seule voix autorisée à sortir de derrière le rideau tendu qui obstruait la lune du poste.

 

La seule voix a pouvoir donner avec justesse l’heure, le temps et ses caprices et les NOUVELLES.

 

(Plus tard, me hasardant à tourner les boutons je m’aperçu que ce poste n’était pas habité par l’unique voix qui nous égrenait, monotone, ce qu’on appelle aussi « le journal parlé »

 

Au dernier mot de ce chapelet égrené sans passion, il tournait le bouton, se calait entre les accoudoirs et fermait les yeux.

 

C’était un bel homme en dépit de son âge.

 

C’était aussi un homme bon. Il avait un visage rond, bien rempli. De petits yeux vifs et noirs et une calvitie d’une grande noblesse où quelques mèches noires et disciplinées par une brillantine Roja soigneusement lissée, tentaient comme ces rideaux de perles de buis qu’on tend à nos portes l’été, d’apporter un peu d’ombre à ce crâne majestueux.

 

À cette heure, il était toujours vêtu de noir sur sa chemise blanche à col cassé et son nœud papillon n’était jamais pris en défaut de trop papillonner.

 

Je l’aimais ainsi, satisfait et repu, s’endormant pour vingt minutes, calé dans ses coussins.

 

Il avait les jambes tendues, les pieds dressés dans ses chaussettes noires, et ses « vernis » docilement garés, reposaient sous l’entretoise du siège. Je l’écoutais dormir.

 

Parfois, un ronflement lui échappait. Je riais comme un fou. Et elle qui faisait la vaisselle en silence, me regardait, l’œil coquin, un doigts posé sur les lèvres : « Chut ! Ne fait pas le nigaud. Murmurait-elle. » Mais je sentais bien au fond de moi qu’elle était complice de ma joie et qu’elle attendait le prochain ronflement pour me regarder à nouveau.

Je crois qu’il ne pensait à rien. Car il avait déjà fait tant de choses depuis qu’avant le soleil se lève et il lui en restait tant à faire, que mieux valait baisser le rideau et faire le vide. « Le temps d’un cloppet*... »

 

Il avait commencé au point du jour par un café chicorée, avant de passer à l’étable. Puis, au jardin. Qu’elle que fut la saison, il y avait toujours une place réservée au jardin.

 

Et puis la vigne ! qui devenait la cave, puis l’alambic, puis à nouveau la cave et la vigne...

 

Je crois qu’elle fut sa compagne majeure et qu’en dépit de toutes les déceptions qu’elle pouvait apporter cette vigne fut sa vie. Et sa mort.

 

Car au gré des saisons, on allait de vigne en cave et de cave en vigne, pour finir au creux de l’hiver ou au chaud de l’été par ne plus aller que de cave en cave.

 

Pour qui ne connaît pas nos caves, il n’est pas possible aujourd’hui de simplement imaginer ce qu’elles furent en ce temps-là. La sienne était un royaume.

 

Une voute constellée de cristaux étincelants, concrétions centenaires de toutes ces effluves de vins qui y avaient  mûri et vieilli dans les huit futs de chêne qui semblaient dormir, silencieux et immobiles sur leurs lourdes traverses.

 

Tous chapeautés du même bouchon de bois que bordait la dentelle vineuse d’un carré de jute assurant ni trop, ni trop peu, l’étanchéité de la fermeture.

 

J’aimais voir ses doigts, agaçant le bouchon avec complicité pour ouvrir ce merveilleux orifice où je devinais cette petite lune qui miroitait en oscillant à la surface du gamay ou de l’aligoté.

 

  •  Regarde ! Me disait-il me portant jusqu’au faîte du fût... Comme il est beau, respire comme il sent bon.

Et il éclatait la surface du bout de tuyau de caoutchouc rouge avec lequel il siphonnait la bouteille du repas.

 

J’étais en admiration devant lui et je regardais s’écouler ce liquide vermeil qu’il me semblait être le seul capable d’amener ainsi à sa perfection.

 

Parfois, il me tendait un verre et m’en accordait une goulée en riant. Et je frissonnais autant de joie que de la surprise de la fraîcheur soudaine qui m’inondait la bouche.

 

La cave, ce temple des profanes où les hommes pouvaient parler tant d’heures, sans qu’un silence interrompe la joute et où, le temps passant, le vin aidant, les langues se faisaient plus impatientes encore de livrer leurs secrets.

 

Mais quels secrets ?

 

Dieu nous garde de les sortir de ce confessionnal du bonheur ! Il étaient l’émanation de toutes ces senteurs, ce bois humide, celle du raisin sûri, celle de la cigarette mouillée, celle de l’humide odeur de la mousse qui accompagnait l’escalier jusqu’à la porte de chêne noirci.

 

Et les rires partaient si fort sous la voute qu’ils appelaient par leur écho, d’autres rires et d’autres mots plus scabreux que femme n’aurait ouï sans en rougir jusqu’aux seins.

 

Ah ! Je les avais écoutés des heures entières, étendu sur le sol du sarto, au-dessus de la cave, là où la trappe à moût permettait au jus de couler du pressoir vers les cuves en fond de cave et où la voute percée semblait aspirer vers le haut tous ces éclats de joie.

 

Que dire des Margots, troussées contre un fût, le temps d’en tirer deux litres d’aligoté ? Les ceintures de flanelle tenaient dans leur étau des reins trop cambrés ou des ventres trop lourds toujours en appétit. Et la grand’messe de la vigne s’épanouissait dans ce sacrement de la chair et du vin.

 

Je le contemplais comme on peut le faire d’une idole dont on attend le meilleur et le pire à la fois, sans que pourtant le pire puisse un instant paraître infamant.

 

Venait la saison de l’alambic où la blanche coulait chaude et où sans la moindre vergogne les dames-jeannes clandestines disparaissaient avant que n’arrive le gabelou.

 

Dans la dernière passée, il y cuisait les choux et les saucisses.

 

C’était lui, le grand maître des cérémonies. Lui seul qui savait quand et comment tout serait à point.

 

L’ai-je vu un jour tituber ? Non, je crois qu’il en était incapable, tant ses jambes étaient solidement amarrées à cette terre qu’il connaissait mieux que tout autre.

 

Pouvait-il réellement, tout le temps d’un cloppet, tirer le rideau et oublier tout ça ? lui qui savait d’un coup et sans s’en tirer un râle, égorger un cochon et me lancer en riant après l’avoir gonflée, une vessie translucide et brillante de tous ses vaisseaux vides. Il était là.

 

Dan son vieux rotin. Un peu plus vieux lui-même qu’il ne l’était autrefois. Et sans autre tourment, il s’était endormi, le temps d’un cloppet.

Et ce jour-là, lorsque le ronflement lui échappa, nous sentîmes elle et moi qu’il n’avait su le rattraper.

 

Je me levai, plus pesamment que vingt années plus tôt et lui tapotai les mains qu’il avait croisées sur le ventre, c’est à cet instant qu’il se replia et d’un coup je le vis s’abotasser * sur ses genoux.

 

Il était parti sans crier gare. Il avait, j’en étais certain maintenant, baissé le rideau et fait le vide le temps d’un cloppet.

 

Quand on part pour l’éternité, est-ce bien plus long et bien plus douloureux que le temps d’un cloppet.

 

Les galets du Chéran.: Petites nouvelles du Pays: Amazon.fr: Aimonier Davat,  Gérard: Livres

 

Le Cloppet in Les Galets du Chéran Gérard Aimonier-Davat petites nouvelles du pays alpin

 

*le cloppet : la sieste après déjeuner

 

* s’abotasser : s’affaler en patois

L'ail des ours par Gerard Aimonier-DavatAiGérard Aimonier-Davat

 

 

Chevalier des Arts et des Lettres, Gérard Aimonier-Davat est né à Aix-les-Bains en 1940.


Ses précédents ouvrages sont, Mourir à Tobago, Les galets du Chéran, L'apparence d'amour, Dérive, L'ail des ours, amour plus que raison.

nier-Davat

16 janvier 2007

Des caves et des hommes en Vendée ICI

 

" En Vendée, dans le canton de La Châtaigneraie où s'est déroulée cette recherche, la "cave" est non seulement le lieu où se fabrique et se garde le vin mais l'espace d'une sociabilité masculine qui s'exprime tout particulièrement au cours des "descentes" et des "visites" que se rendent les hommes à l'occasion de tournées rituelles qui concernent les jeunes. la suite ICI 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents