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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 06:00

Accents au Royaume Uni

« Durant mon enfance, la voix de mon père trahissait encore ses origines  du Dorset, avec ses r roulés et ses a traînants, mais le ravalement de façade était en cours et, le temps de l’adolescence, il avait presque (mais pas  tout à fait) acquis un accent distingué. Comme chacun le sait, en Angleterre c’est l’accent qui fait l’homme, et en ce temps-là une belle élocution pouvait vous obtenir un grade d’officier dans l’armée, un crédit à la banque, un traitement respectueux de la part des policiers ou un emploi à la City de Londres. »

John Le Carré

 

Parler anglais en Angleterre : une histoire d'accents et de dialectes

 

Dans les couloirs glacés du château de Balmoral, la famille royale d’Angleterre a un jeu : soumettre ses invitées à une batterie de tests. Un baptême en forme de notation cruelle, de son propre aveu. Si, dès son entrée dans la famille, Diana Spencer a obtenu un 10 parfait, subjuguant la dynastie, Margaret Thatcher, elle, a multiplié les faux pas, ne faisant que confirmer ce que tout ce petit monde supposait : c’est une sinistre plouc.

 

Revue de presse: Thatcher, «un ultralibéralisme qui a mené à la crise  actuelle» - Le MatinRoyaume-Uni: décès de Margaret Thatcher à l'âge de 87 ans

 

Fille d’un épicier et d’une couturière, elle ne connaît ni les codes ni les charades, ne saurait reconnaître le brame d’un cerf, n’a pas apporté de chaussures adaptées à la campagne écossaise. D’ailleurs, elle n’a pas traversé le Royaume-Uni – bagages et mari sous le bras – pour tenter de se fondre dans l’élite, elle est venue pour travailler. Voilà le seul droit chemin que Margaret Thatcher a choisi pour gravir les échelons d’une société dans laquelle l’ascenseur social ne fonctionne qu’à la manivelle.

 

La Dépêche du Midi défend l'accent du Premier ministre Jean Castex | Le  HuffPost

Jean Castex a un accent, et alors ?

 

Les intonations gasconnes du nouveau Premier ministre ont suscité de nombreux commentaires. Comme si, en France, l'on ne pouvait accéder aux plus hautes fonctions qu'avec l'accent standard... est l'une des remarques que l'on a entendues après la nomination de Jean Castex à Matignon. "Tiens ? Il a un accent". Enfin, cela, c'est la version neutre, car il y a eu aussi ce tweet de Bruno Jeudy, de Paris Match : "Le nouveau premier ministre n'est pas là pour chercher la lumière. Son accent rocailleux façon troisième mi-temps de rugby affirme bien le style terroir". On m'accusera peut-être de faire de la pub pour mon dernier bouquin sur le sujet, mais ces commentaires m'incitent à rappeler quelques vérités souvent oubliées.

 

Oui, Jean Castex, né dans le Gers et élu dans les Pyrénées-Orientales, a un accent, mais Edouard Philippe aussi en avait un ! L'accent n'est en effet que la manière de prononcer une phrase. Dès que l'on parle, on parle "avec un accent". Il est donc significatif qu'on le fasse remarquer aux uns, mais pas aux autres.

 

Il est révélateur que l'on s'étonne d'avoir pour Premier ministre un homme qui ne s'exprime pas avec l'accent standard. Cela laisse entendre, en creux, que l'on a du mal à considérer que l'on puisse occuper une haute fonction en parlant français différemment. 

 

La suite ICI 

 

35 Words ONLY Posh People Use - How to Sound POSH in English - YouTube |  Posh people, British english, Youtube

 

L’ANGLAIS POSH : UN ACCENT TENDANCE OU DISCRIMINANT ?

 

L’anglais « posh » désigne à première vue l’accent élégant de l’élite anglo-saxonne, en particulier londonienne, aussi appelé « Received Pronunciation ». Il s’agit autrement dit de la prononciation officielle ou standard, dont le modèle absolu reste la Reine d’Angleterre en personne (même si certains estiment que l’accent de la Reine doit encore être classé à part). Mais saviez-vous que derrière cet accent posh se dissimule une polémique à base de lutte des classes et de discrimination tant positive que négative ? ICI 

 

Découvrir les accents britanniques avec les séries | UK Actually

Les différents accents Britanniques

 

Ah l’accent British! Qu’est-ce que c’est sexy! Bien plus que l’accent américain très nasillard ou l’incompréhensible Australien. Pourtant, il y a plus d’un accent britannique. Et nous pouvons vous assurer, qu’ils sont plus ou moins compréhensibles ! Même si tu es du genre à regarder des séries américaines et à comprendre leurs accents, vous risquez d’être quelque peu déstabilisé par les nombreuses nuances que l’accent britannique peut avoir ! Le Royaume-Uni est probablement la nation la plus obsédée par les dialectes. Des centaines d’années ont permis le développement d’un nombre incalculable d’accents britanniques et une variété dans le langage particulièrement important sur un territoire de cette taille.

 

Il existe plus de 30 accents dits principaux, et chaque type d’accent comprend des centaines de variations. Il y a donc des différences de prononciations et de vocabulaire entre deux villes qui sont par exemple situées à seulement 5-10 miles de distance… Ce qui ne facilite pas la tâche !

 

De nombreux accents régionaux et accents de « classe »

 

Il est très facile de savoir d’où une personne vient ou à quelle classe sociale elle appartient. Si vous voyagez un peu hors de Londres ou regardez la télévision, vous vous rendrez vite compte que tout le monde parle de manière très différente et que certaines personnes sont plus faciles à comprendre que d’autres. Ils semblent y avoir autant de manières de parler anglais que de britanniques !

 

Cependant, on peut se faciliter la tâche, et diviser la langue par régions principales, et on commence par l’accent : la suite ICI 

 

Devant l'université d'Oxford, en 2011.

Devant l'université d'Oxford, en 2011. 

 

L’accent, une discrimination sociale typiquement britannique

 

Lors des entretiens d’embauche, les candidats qui parlent de manière « chic », souvent issus des meilleures écoles, sont nettement avantagés.

 

Par Philippe Bernard (Londres, correspondant)

Publié le 09 juillet 2015

 

LETTRE DE LONDRES. Au Royaume-Uni aussi, l’ascenseur social est en panne. Seuls 20 % des travailleurs pauvres ont réussi à sortir de la trappe des bas salaires au cours de la dernière décennie. Et les enfants élevés dans des milieux défavorisés ont six fois moins de chances que les filles et fils de bonne famille d’accéder à une université d’élite ouvrant sur les meilleurs emplois. La musique est connue. Mais les inégalités à la sauce british ont une singularité qui vient d’être analysée dans un retentissant rapport : elles se perpétuent par le langage.

 

On le sait depuis George Bernard Shaw et son Pygmalion (devenu My Fair Lady au cinéma) : la manière de parler est, au Royaume-Uni, un puissant marqueur social. Aujourd’hui encore, s’exprimer avec un accent typique des classes populaires, par exemple de type cockney ou gallois, vous « exclut systématiquement des meilleurs emplois », même à qualification égale, indique l’étude rendue publique, le 15 juin, par la commission sur la mobilité sociale et la pauvreté des enfants.

 

Tout se passe comme si les entreprises les plus prisées faisaient passer aux candidats à l’emploi un « test de distinction » (« posh test »), explique l’ancien ministre travailliste Alan Milburn, qui préside cette instance rattachée au ministère de l’éducation. Ne pas parler anglais avec l’accent chic très reconnaissable d’Oxbridge (contraction d’Oxford et Cambridge) comme les membres de l’élite économique et politique anglaise reste rédhibitoire.

 

« Processus de sélection biaisé »

 

Selon l’un des treize dirigeants d’entreprises des secteurs du droit, de la finance et de la comptabilité interviewés, les accents et les sujets de conversation « font la différence ». Lors des entretiens d’embauche, il est souvent demandé aux candidats de raconter leurs expériences dans des pays exotiques où ils sont censés avoir voyagé. Le processus de sélection se trouve ainsi biaisé, « excluant les jeunes qui ont les bons diplômes et capacités, mais dont les parents n’ont pas le bon solde sur leur compte en banque ».

 

Soucieux de minimiser leurs coûts et d’aller vite, les responsables du recrutement visent essentiellement les diplômés des universités les mieux cotées, auxquels sont proposés directement 70 % des emplois, alors même que ces établissements ne scolarisent que 11 % de la population, le plus souvent des étudiants déjà sortis de lycées privés ou sélectifs.

 

Les entreprises concernées par l’enquête, qui contrôlent à elles seules l’accès aux 45 000 meilleurs emplois du Royaume-Uni, se disent conscientes de la nécessité d’améliorer la mobilité sociale. Mais la classe sociale reste pour elles « un critère relativement masqué », en comparaison d’ « autres formes de diversité », comme le genre. Pour ne pas paraître intrusif, on n’interroge pas les candidats sur leurs origines sociales. Résultat : leur élocution et leur accent prennent une importance démesurée, ce qui les incite à contrefaire leur manière de parler pour se faire embaucher. « Une fois rentré chez moi, j’ai pu reprendre mon registre légèrement nasillard, témoigne un heureux sélectionné. Mais, quand je suis dans cet environnement [de travail], je fais croire que je suis plus distingué [« posh »] qu’en réalité. »

 

La reine Elizabeth est-elle « posh » ? Posséder un lave-vaisselle, est-ce « posh » ? Les questions fusent, les plus hurluberlues

 

L’emprise du monde posh sur la société britannique, la condescendance sociale de ses élites nourrissent d’infinis débats. « Ceux qui sont nés posh bénéficient d’un capital social acquis dès l’enfance et dont on ne peut pas se doter plus tard, écrit Stephen Moss, chroniqueur au Guardian et issu d’une famille galloise modeste. Il est tout simplement impossible de reproduire cette conviction qui veut que le monde entier est à votre service. »

 

Les multiples définitions de la « poshitude », entre chic, snobisme et complexe de supériorité, pourraient elles-mêmes nourrir des thèses entières. La reine Elizabeth est-elle posh ? Posséder un lave-vaisselle, est-ce posh ? Les questions fusent, les plus hurluberlues.

 

Ce qui est certain, c’est que le langage tient une place centrale dans cet entre-soi aux facettes multiples. Le Guardian, quotidien de l’intelligentsia de gauche, y a consacré récemment plusieurs suppléments, allant jusqu’à offrir à ses lecteurs un test personnel de « poshitude ». Etre posh peut signifier aussi bien se comporter en aristocrate qu’en personnage excentrique, voire vulgaire. Mais le comble de la « poshitude » tient à l’utilisation ou à la prononciation de certains mots : choisir « loo » plutôt que « toilet » quand on cherche les petits coins, dire « what ? » plutôt que « excuse me ? » pour faire répéter son interlocuteur, prononcer Cecil « Sissle » et Beaulieu « Byoo-lee ». Bref, tout un art que les personnes mal nées n’ont aucune chance de totalement maîtriser.

 

Philippe Bernard(Londres, correspondant)

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 08:00

Emmanuel Macron, un président sachant chasser les électeurs - Le Parisien

Dupont-Nanetti, après avoir allumé un Puros, attaqua l’entretien bille en tête : « Au 78 rue de Varenne, tu as géré les chasses du domaine de Chambord, Rambouillet et Auberive, à la plus grande satisfaction des chasseurs. Guy Ligier, le pote de Tonton, ne tarissait pas d’éloges sur ton compte. Cerise sur le gâteau, tu y conviais aussi le petit peuple.

 

- Oui c’était ma BA, ma façon de me dédouaner moi qui n’ai jamais tenu un fusil de ma vie et, bien sûr, jamais chassé. J’avoue que je ne vois pas d’intérêt personnel à aller battre la campagne pour tirer du gibier et le discours qui affirme que la « chasse aide à dominer sa peur de la nature sauvage, à se la réapproprier, à l’amadouer, à la sentir vibrer, pleine de sève et de fougue… » s’apparente pour moi à de l’autojustification pure et simple. 

 

- Ta maîtresse d’alors chassait… 

 

- Oui, je ne suis pas à une contradiction près et pour alourdir ma croix je devais me taper au château ce grand mégalo de François de Grossouvre… 

 

- Tu as la fibre diplomatique dans ton ADN Ambrose. Mon souci c’est depuis dix ans le domaine national de Chambord, est entre les mains du beau-frère du comte de Paris, prétendant au trône de France, Jean d’Andlau de Cléron d’Haussonville qui se vante d’avoir fait revenir à Chambord le sang bleu et les grandes familles européennes. « Voir un noble à côté́ d’un préfet ou d’un lobbyiste, cela crée des mises en relation que personne n’aurait imaginées. Plus c’est chic, plus c’est attractif.»  

 

- C’est un c… ! 

 

- Je ne te le fais pas dire. Pour faire tourner l’entreprise, le grand chambellan a fait planter des vignes afin de créer trois cuvées Chambord, et le domaine commercialise désormais 13 tonnes de cervidés par an et 33 de sangliers pour 91 000 euros de chiffre d’affaires. 

 

- Ok, tu chalutes dans le bottin mondain et people : Gérard Larcher, le pape des salons de coiffure, Franck Provost, l’écolo Nicolas Vanier, l’ancien avocat de Laëtitia Hallyday, Me Ardavan Amir-Aslani, le financier Henri de Castries, l’archiduc du Luxembourg, le gros David Douillet, le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, le Guy Drut du 110 mètres haies, le balourd Christian Jacob, le socialo Claude Bartolone, des ministres, des capitaines d’industrie, des généraux et des ambassadeurs...Tu ne souhaites pas que je te trouves quelques gilets jaunes pour faire peuple ou que je fasse les yeux doux à Méchancon ou à Ruffin… 

 

- La présidence des chasses présidentielles ça te tente ? 

 

- Pas le moins du monde mon ami, j’ai mieux à faire que de me fader l’élite de la République… 

 

- Tu réfléchis, je t’ai fait constituer un dossier, tu y jettes un œil et tu me rappelles. 

 

- Si ça te fais plaisir, je veux bien… 

 

- Dès  que  les restaurants rouvrent, on se casse une petite graine dans l’une de tes mangeoires préférées… 

 

- Tope-là !

 

La belle Annabelle tendit à Ambrose une grande enveloppe cachetée à la cire. ADN, salua Ambrose d’un signe de la main, « Sacré renard… » pensa celui-ci en mettant ses pas dans les pas de l’attaché de presse. Celle-ci, alors qu’ils allaient se quitter, lui précisa « J’ai constitué le dossier de presse mais le Garde a tenu à mettre l’ensemble du dossier sous pli de sa main. Vous devez être quelqu’un de très important… »

 

- Un faisan surtout Annabelle, ou pire un pigeon d’argile…  

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 06:00

Le Mont Ararat - circuit en petit groupe | Dijon Travel

Thierry Jacquillat l’ardéchois, je ne sais pourquoi, m’aimait bien, bien longtemps après mon départ du groupe pour la cause rocardienne, alors que pour m’occuper je m’étais « installé » comme indépendant, un jour il me proposa de mettre à son service ma belle plume (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même). J’acceptai. Le contrat était simple, à tout moment, Thierry Jacquillat était un impatient, il me demandait de pondre une note, d’écrire une lettre ou de répondre à un politique. J’adorais cette exigence.

 

Bref, un jour, il me demanda de commettre illico presto une bafouille à propos d’Ararat.

 

Le mont Ararat, en turc Ağrı Dağı ; en arménien Արարատ ; en kurde Çiyayê Agirî), appelé Masis par les Arméniens (Մասիս), les Hellènes (Μασίς) et les Hébreux (מעזיז), est le sommet le plus élevé (5 165 mètres d'altitude) de Turquie (auparavant d'Arménie occidentale).

 

Ararat, surplombe la ville arménienne d'Erevan. Cet ancien volcan vénéré par les Améniens, dont la légende explique que l'Arche de Noé s'y serait échoué attire des curieux du monde entier.

 

Ce volcan au sommet recouvert de neiges éternelles se situe sur le haut-plateau arménien, à l'est du pays. Les sommets du Grand Ararat et du Petit Ararat s'élèvent dans la province d'Ağrı mais 35 % du volcan appartiennent à la province d'Iğdır.

 

« Le mont Ararat fait partie de notre vie, de ce que nous sommes, nous les Arméniens. C'est la raison pour laquelle pour nous, ce n'est pas seulement une montagne, c'est bien plus que ça », explique Vardan Kyurumyan, randonneur arménien.

 

Où se trouve le mont Ararat sur la carte?

 

En Arménie, le mont fait l'objet d'une véritable passion. Le nom d’Ararat s'écrit partout. Sur le toit des usines, le fronton des hôtels et même les étiquettes des paquets de cigarettes. Mais entre la montagne et ceux qui l'a vénèrent se dresse une frontière fermée à double tour. La Turquie et l'Arménie n'entretiennent aucune relation diplomatique. Pour se rendre au mont Ararat, les Arméniens doivent passer par la Géorgie, un détour de 800 kilomètres alors qu'à vol d'oiseau il n'y en a que cinquante

 

Mais l’ARARAT pour lequel Thierry Jacquillat s’inquiétait était une marque de « Cognac » arménien du portefeuille du groupe. Celui-ci ne vouait guère d’adoration pour les appellations,  son cognac français Bisquit ne chalutait pas dans le  cercle des grands. Le rachat de Martell, qui lui en était, changea la donne et ARARAT se replia sur la dénomination brandy, qui entre parenthèses sonne bien aux oreilles des anglophones.

 

packshot Ararat

 

ARARAT est un véritable brandy arménien produit dans le plus grand respect des traditions et des standards de qualité – une incessante quête de l’excellence depuis 1887. Leader de sa catégorie, ARARAT est exporté dans plus de 30 pays à travers le monde.

 

L’histoire du premier brandy ARARAT est emprunte de générosité, de passion et de savoir-faire. La culture du vin en Arménie est vieille de plusieurs siècles et le brandy célèbre dans le monde entier aujourd’hui est né à la fin du XIXe siècle.

 

La gamme ARARAT scelle l’authentique union du savoir-faire de l’homme et de la générosité de la nature – élaborée exclusivement à partir de raisins arméniens, créée avec la part le plus noble du brandy, élevée dans des fûts de chêne du Caucase vieux de plusieurs siècles, ce brandy artisanal est le fruit du travail passionné de centaines de maîtres de la Yerevan Brandy Company.

 

Voir ICI 

Barils de “cognac” arménien sur un marché de Erevan, en Arménie, en 2007.  PHOTO / ARTHUR CHAPMAN / FLICKR

Barils de “cognac” arménien sur un marché de Erevan, en Arménie, en 2007.  PHOTO / ARTHUR CHAPMAN / FLICKR

Mais voilà, le bras armé de l’Union Européenne a œuvré :

 

Alcool. Le “cognac” arménien prié de changer de nom

COURRIER INTERNATIONAL - PARIS

Publié le 22/04/2021

 

Le “cognac” que l’Arménie produit depuis cent trente ans devra changer d’appellation. L’accord de partenariat avec l’Union européenne, entré en vigueur le 1er mars, l’y oblige. Un groupe d’experts arméniens est face à un défi peu banal : faire connaître, promouvoir et repositionner sur le marché l’eau-de-vie arménienne sous un nouveau nom.

 

 

L’accord de partenariat global et renforcé entre l’Union européenne et l’Arménie, signé en 2017, est entré en vigueur le 1er mars 2021. Il réglementera le dialogue dans tous les domaines entre les signataires.

 

Mais l’accord pourrait nuire à un produit phare arménien, considéré, dans l’Empire russe puis en Union soviétique comme “une ‘carte de visite’ de l’Arménie et un cadeau que l’on se devait de rapporter d’un voyage dans ce pays : le cognac arménien”, écrit le journal russe Argoumenty i Fakty.

 

Exporter vers les pays de l’ancienne Union soviétique

 

Aux termes de l’accord avec l’UE et à la demande insistante de la France, Erevan doit progressivement abandonner le nom “cognac”, appellation d’origine contrôlée (AOC). L’Arménie pourra exporter cette boisson sous cette dénomination jusqu’en 2032, mais uniquement sur le territoire postsoviétique.

 

Puis l’Arménie bénéficiera d’une période transitoire de dix ans, jusqu’en 2043, pour vendre les éventuels stocks restants. Si Erevan ne respecte pas cette condition, il devra en répondre devant l’arbitrage commercial international.

 

Un groupe de spécialistes arméniens a été constitué pour, d’ici à 2026, “trouver un nouveau nom à la boisson et penser le repositionnement de la marque, processus long et coûteux” mais indispensable pour “préserver les parts de marché”, explique le site News Armenia.

 

“L’Arménie peut et doit avoir son produit unique et qui lui sera propre, et le gouvernement arménien n’a qu’à trouver comment utiliser efficacement l’expertise et l’expérience accumulées pendant des siècles”, conseille le spécialiste russe du marché des spiritueux Sergueï Lichtchiouk, cité par le site Sputnik Armenia.

 

Des variétés de raisin venues de la vallée d’Ararat

 

La production de cognac en Arménie a débuté en 1887 grâce à l’énergie de Nersès Taïrian, riche homme d’affaires. L’eau-de-vie de vin était distillée “selon la technologie classique française” et en utilisant des alambics et des tonneaux importés de France, comme le rappelle le site arménien Armedia.

 

Pour faire du cognac arménien, on utilise des variétés endémiques de raisin de la vallée d’Ararat, que l’on trouve notamment dans les villages de Voskéat, Garandmak, Tchilar, Mskhali, Kangoun, Banants, Kakhet, Mekhali.

 

Après la révolution russe de 1917, la production a été nationalisée. La distillerie d’Erevan Ararat, du nom de la montagne sacrée des Arméniens et de la chrétienté, située en Anatolie (dans l’actuelle Turquie), s’est installée à Erevan. Ses caves abritent aujourd’hui des dizaines de millions de litres d’eau-de-vie, dont une partie vieillit là depuis le XIXe siècle.

 

La première demande européenne pour changer le nom du cognac arménien date de 1959, explique le site. À l’exportation, la boisson est commercialisée sous les noms de Naïri, brandy Ararat et Dvin brandy Ararat.

 

La distillerie d’Erevan reprise par Pernod

 

Non seulement la production de la distillerie d’Erevan était “savoureuse et de qualité”, mais aussi “abordable”, se souvient le journal arménien Novoïé Vremia.

 

À l’époque soviétique, “le cognac arménien avait pour lui le marché étranger”, écrit le site russe Life.ru. En 1975, l’Union soviétique a exporté 359 850 litres de cette boisson. En 1998, la distillerie a été reprise par le groupe français Pernod Ricard, “un des rares cas, dans l’histoire de l’Arménie indépendante, où une privatisation a été bénéfique et à l’entreprise et au pays”, remarque Argoumenty i Fakty.

 

La marque a beaucoup investi pour “moderniser la production”, mais “sans s’immiscer dans la technologie traditionnelle créée au fil des décennies par les maîtres arméniens du coupage”, dont le célèbre Markar Sedrakian.

 

Pour n’offenser personne, Pernod Ricard exporte le “cognac”, écrit en cyrillique, vers les pays ex-soviétiques, et le “brandy” vers l’Europe. “Il n’existait aucune possibilité de faire autrement”, avoue Novoïé Vremia. Et il cite un amateur de cognac arménien dépité, qui proposait alors ironiquement de “renommer un village arménien ‘Cognac’ et saluer donc chaleureusement les Français depuis ce Cognac arménien”.

 

Quel que soit son nom, le cognac arménien, véritable patrimoine historique, s’exporte bien (10 millions de litres par an en moyenne) et continue de remporter des prix lors de prestigieuses foires internationales, comme cette médaille d’or obtenue par Ararat Naïri (assemblage crée en 1967 et titulaire de 30 médailles internationales) le 17 mars dernier au IVe London Spirits Competition, “face aux concurrents français, américains, espagnols, irlandais”, s’enorgueillit le site arménien Verelq.

Alda Engoian

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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 08:00

Trophée BallTrap résine • TROPHEE DISCOUNT

Le dîner fila comme sur des roulettes, lubrifié au vin nu de Catherine Ledétenté, sur une pasta Cacio e Pepe, des fraises à la cassonade, légèreté, le narrateur que je suis ne souhaitant pas être édité par Harlequin en restera à ce degré de détails. Ambrose, sagement regagna son domicile muni de son attestation de couvre-feu pour garde d’enfants, Beria détestait qu’il découche. Il se fit une verveine-menthe poivrée, lui qui détestait la tisane, elle l’avait converti. Le ciel était clair, l’air vif, Beria, repu, en écrasait lourd sur le canapé du salon. Le WhatsApp bipa « Demain, procédure ball-trap, le pigeon d’argile s’impose ! Bonne soirée à toi vieille crapule, à demain… »  Sacré ADN, pénaliste un jour, pénaliste toujours, Ambrose répondit « Tirer à blanc ça donne soif. J’apporte du carburant, je sais qu’il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, alors je jouerai au con. Bises à toi… »

 

L’exactitude est la politesse des rois ! Ambrose toujours à l’heure se pointa 15 minutes avant 11 heures, avec les contrôles il poserait ses fesses dans l’antichambre pile poils pour attendre, ADN, comme tous les hommes de pouvoir, le ferait mariner. Les préposés à la fouille, des planqués de la Pénitentiaire, tirèrent la tronche en le voyant arriver avec un cabas floqué « Terroirs d’Avenir ». Il les rassura, gouailleur, « Pas de souci mes braves – il avait évité de justesse mes matons – ce ne sont pas des cocktails Molotov, seule la roteuse peut péter si vous la secouez ! » Ils sourirent jaune. Ambrose en passant sous le portique, leur balance la vanne qui tue « Mon pote Garde ne doit pas être dépaysé, c’est comme à la Santé ! ». Ils rirent, je l’avoue de bon cœur, même que le plus jeune, grêlé d’acné, osa un « Vous êtes un comique, vous… » Alors qu’une jeune femme, bien gaulée, se pointait juchée sur des talons aiguilles qui piquetaient bruyamment les dalles, je me la jouais ancien combattant « J’ai signé l’appel pour que Coluche se présente à la présidentielle de 81, avec un ancien  Garde, le petit père Nallet, et plein de beau linge… » Le grêlé leva le pouce, « Le Garde vous attend… » m’annonça celle qui se présenta comme la chargée de communication du Ministre, Annabelle me précisa-t-elle. 

 

Dupont-Nanetti, à l’heure, planté devant son bureau empire, le meuble, bras grands ouverts, donna une mâle accolade à Ambrose, le genre Brejnev sans le baiser sur la bouche, « Toujours aussi jeune et beau mon grand ! » Annabelle pouffa. « Tu as déjà fait une nouvelle conquête sacré séducteur… »

 

- Je suis rangé des voitures… 

 

- Je sais… 

 

- Les dossiers de la grande maison sont à jour, mais franchement c’est gaspiller l’argent du contribuable que d’espionner un vieux retraité nickel chrome.

 

Mes vices cachés - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

ADN, s’esclaffa.

 

« Tu ne fumes plus, je crois…

 

- Oui, ce n’est pas ton cas. Je t’ai apporté des vins nu pour éduquer ton goût de buveur d’étiquettes. 

 

- Ha, l’amour, l’amour, l’amour Ambrose, voilà où ça te mène. Tu as bon goût, elle est jeune et belle. 

 

- Impayable, vous avez aussi ses mensurations, la taille des bonnets de ses soutiens-gorge, la pointure de ses baskets, pas touche mon ami ! 

 

- Bien sûr mon Ambrose, je ne mange pas de ce pain-là, tu le sais. Si ça ne te dérange pas Annabelle va assister à notre entretien. 

 

- Pas de souci, comme dit mon petit-fils, j’espère que vous ne rédigerez pas un communiqué suite à cet entretien entre grands de ce monde.

 

Annabelle pouffa, à nouveau, ADN commenta « Tu pètes le feu mon Ambrose, ça me rassure pour la bonne fin de notre petite entreprise… »

 

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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 06:00

 

L’Aude, le département : 11, fut pendant des décennies, celles du fleuve rouge, le creuset du leadership de la coopération viticole française au travers d’Antoine Verdale, l’homme de Trèbes qui régna d’une main de fer dans un gant de velours, la CNCV : confédération nationale des coopératives vinicoles.

 

L’Aude, il fut un temps, celui où je portais les dossiers de Michel Rocard, où j’y passais beaucoup de temps avec un savant équilibre avec l’Hérault pour ne pas froisser les susceptibilités de Marcelin Courret et de Jean Huillet face au « parrain » des caves coopératives Antoine Verdale. Le Gard et les PO comptaient pour du beurre.

 

Et pourtant, lorsqu’il prit sa retraite, ce fut un Gardois, Denis Verdier, qui repris le manche, pour disait-on, ne jamais le lâcher. Détail d’importance, le jeune loup audois, Joël Castany, de la coop de Leucate, homme d’avenir, moderne, tête bien faites, beau parleur : il ne jurait que par les grands négociants espagnols, préféra les délices bruxellois du COPA-COGECA. Pour Antoine, il était frappé d’un péché originel, il était du Val d’Orbieu, le bébé de l’autre autre audois madré de Bizanet, Yves Barsalou, qui avait le bras très long et des picaillons, ceux du Crédit dit Agricole.

 

Yves Barsalou rêvait de faire du Val d’Orbieu un grand groupe du vin concurrent de celui de Pierre Castel, mais, plus financier que vendeur, après avoir racheté Cordier puis Listel, en espérant se refinancer sur le second marché, il échoua. Le Val d’Orbieu fut détricoté mais, fidèle au poste, rêvant lui aussi d’un grand groupe, le Joël Castany attendait son heure.

 

Elle vint avec l’irruption dans le paysage de la coopération viticole d’un grand mégalomane : Thierry Blandinières, l’homme du groupe coopératif In Vivo, plein de picaillons, qui porta sur les fonds baptismaux : IN VIVO WINE ICI

 

Joël Castany, à la tête de Cordier by In Vivo

 

Encore quelques mots sur l’Antoine :

 

24 octobre 2005

Antoine, Gérard et le petit frère ICI 

 

« Le président national des caves coopératives, Antoine Verdale, issu de la Cité de Carcassonne (...) était une figure pittoresque, passionné comme il se doit par le vin et le rugby dont il était un des dirigeants chevronnés. La Confédération et la Sopexa tenaient bi-annuellement un salon du vin à Londres, à la veille de France-Angleterre (...) Dans l'après-midi, toujours dans un grand hôtel de classe, on voyait passer et faire halte devant les stands Albert Ferrasse et les grands du rugby, Rives, Paparemborde, les ardéchois Fouroux ou Camberabero (...) »

 

« Au Mondial du vin à Bruxelles, il tenait le stand de la cave coopérative de Trèbes (sa cave). J'allais le saluer à chaque fois. Il me disait : «  à midi, viens sur mon stand, je reçois les grands fonctionnaires du Marché Commun et je cuisine pour eux quelques confits de canard. Ils apprécient et cela facilite l'instruction des dossiers viticoles européens. »

 

Qui se souvient d’Antoine Verdale ? La RVF Au coeur du "Midi rouge" sonde les viticulteurs de l’Aude avant la Présidentielle.

Extrait n°5 : Rocard et l'Antoine Verdale de Trèbes ICI 

 

Q : Quelles sont vos relations, sur ce problème de la vigne, avec vos interlocuteurs et notamment avec le plus puissant d’entre eux, le président de la Fédération des caves coopératives viticoles ?

 

 

MR : C’est un peu grâce à lui aussi que l’affaire va être gagnée. D’ailleurs, il se passe une scène extraordinaire que je ne résiste pas au plaisir de vous raconter. Je crois bien que c’est la première fois que je raconte toute cette période avec force détails. L’homme puissant était précisément le président de la Fédération des caves coopératives viticoles. Il s’appelait Antoine Verdale et il était de l’Aude. Je me dis alors que seul Verdale peut ou non décider d’avaler ça. Si ça ne passe pas avec lui, on fera ce qu’on pourra, mais on ira à la guerre civile. Avec son accord, c’était presque assuré. C’était un potentat. Il terrorisait un peu. C’était un vieux de la vieille de la SFIO que j’avais le souvenir d’avoir rencontré dans quelques congrès. Bref, on se connaissait un peu.

 

L’interview  donnée par Joël Castany à La Dépêche du Midi est un bijou, une mine pour qui sait y déceler les pépites ICI

 

Joël Castany en 2018, lors du forum mondial des coopératives vitivinicoles à Narbonne.	 Archives Ph. L

 

Narbonne. Joël Castany, à la tête de Cordier by In Vivo : "Avec la fusion, nos sites régionaux seront renforcés"

 

   

Viticulture, Narbonne, Aude

Publié le 22/04/2021

 

Le 30 mars à Paris naissait sous le nom de Cordier by InVivo un géant européen de la coopération viticole, fruit de la fusion d’InVivo Wine et de Vinadéis, deux sociétés holdings de coopératives parmi les plus importantes en France. Joël Castany, aujourd’hui à la tête du conseil d’administration revient sur les dernières heures du groupe Vinadeis, et trace des perspectives d’avenir. Il dénonce notamment la rumeur de vente de l’Uccoar et annonce la cession des bâtiments de Narbonne à G. Bertrand.

 

- Pouvez-vous revenir sur les raisons de la fusion de Vinadéis avec In Vivo Wines pour devenir Cordier by In Vivo ?

 

 

Une entreprise régionale, fruit de la fusion avec l’Uccoar n’est pas rentable, elle a de très faibles moyens de développement en matière de marketing, de commerce, de recherche et d’innovation, à tel point qu’à un moment on décide même de fermer l’usine, et que malgré cette fermeture, elle n’est toujours pas la championne de la rentabilité. Elle est très liée aux producteurs dont elle a pour mission d’écouler la production et d’essayer de la valoriser. Elle s’adosse par l’effet d’un partenariat, puis d’une fusion à un leader de l’agroalimentaire français qui a une bonne rentabilité et qui, dans sa vie récente a vendu Néovia, une société pour laquelle il a reçu un prix très élevé. Ce cousin germain auquel on est associés en termes d’union de coopératives, dans des réflexions de réutilisation des moyens récupérés dans la cession de Neovia, décide des priorités.

 

 

Quelles sont-elles ?

 

Le commerce de détail (d’où l’achat de Jardiland), une plus forte présence dans le secteur agro alimentaire (le rachat de groupe Soufflet en cours), l’amélioration de ses performances en matière de trading, être un grand acteur du bio contrôle et devenir effectif dans le vin. Pour ça, il met des moyens au service de la filière vin.

 

D’où la fusion ?

 

Ces moyens s’expriment par de la croissance externe, c’est le cas de Vinadéis avec la fusion, et par des moyens amenés dans le marketing, la recherche, etc.

 

Mais pourquoi acheter des sociétés déficitaires ?

 

Si elles étaient hyper rentables peut-être n’auraient-elles pas été à vendre ? C’est un mythe qu’on gagne beaucoup d’argent ; la rentabilité globale du groupe Vinadéis est faible à négative suivant certains arrêtés comptables. Car de quoi était constitué Vinadeis ? Trois sociétés plus importantes : Uccoar, Trilles, et Vignerons de la Méditerranée. Puis de Sud Vin et VSI à Béziers, et de la marque Inno’vo.

 

Trilles, historiquement, fait preuve d’une rentabilité récurrente, en revanche ne le sont ni Uccoar ni VIM, ni Sud Vin. Aucune société n’est largement bénéficiaire.

 

Pourquoi ?

 

C’est le drame de l’activité. Les producteurs qui ont une partie importante à charge sont payés au prix du marché, et n’ont pas de rentabilité.

 

Et la société hollandaise Baasma Wines, c’est elle qui achète tout le vin des coop du groupe en Languedoc ?

 

Pas du tout, son activité est ridicule, In Vivo l’a acheté, pensant à un ancrage en Europe du Nord, mais ils ont déchanté, ça ne représente rien pour nous, à peine 7 000 à 8 000 hl.

 

Vous n’allez pas vendre l’Uccoar ?

 

C’est totalement l’inverse. Les sites de Carcassonne, Maureilhan et Béziers vont être renforcés au profit de ce développement.

 

Donc aujourd’hui, les sociétés composant Vinadéis sont déficitaires, mais, au profit de cette fusion, quelles sont les perspectives d’avenir ?

 

Ça ne peut pas rester déficitaire. L’effet escompté de la fusion, c’est de maintenir cette mission auprès de ses actionnaires, ses sociétaires, pour arriver à un niveau de rentabilité acceptable pour maintenir l’investissement, une chose, qu’on a connu à une époque. Et qui pour des raisons de marché est difficile aujourd’hui.

 

Que devient le site narbonnais du Val d’Orbieu ?

 

Le site de Narbonne est vendu. Les bâtiments de l’ex-entreprise Vignerons de la Méditerranée ont été vendus il y a quelques jours à Gérard Bertrand.

 

Pourquoi à lui ?

 

Nous avions plusieurs propositions. Parce que c’est une entreprise narbonnaise, que Gérard Bertrand est un acteur leader du coin et qu’il collait à notre cahier des charges économiques. Il récupère un outil en bonne forme, tant au niveau de la cuverie que de l’embouteillage et du stockage.

 

Revenons sur votre départ de Narbonne l’an dernier…

 

Nous étions face à l’obligation de restructurer notre industrie qui portait sur les trois sites : Maureilhan, Narbonne et Carcassonne ; c’est celle de Narbonne qui a été malheureusement choisie. À partir de là, le personnel a fait l’objet de procédures assez longues avec l’appui des pouvoirs publics. Une proposition a été faite aux salariés avec le choix pour Narbonne Jonquières, Béziers ou Carcassonne car une partie du personnel, l’administratif, a été réaffectée dans des bureaux à Jonquières. On a été très attentifs. La gestion en amont a été correctement réalisée.

 

Le siège de Jonquières est-il à vendre ?

 

C’est compliqué. Jonquières ne nous appartient pas. La propriété de Jonquières appartient au Crédit Agricole. Le foncier, 400 ha de landes et le vignoble, est détenu par une SCI dont le Crédit Agricole est l’actionnaire majoritaire. Nous, aujourd’hui devenus Cordier by In Vivo, avons une petite participation, dont "le château". Le vignoble fait l’objet d’un bail emphytéotique en faveur d’une société civile d’exploitation agricole que nous pilotons et ce bail prend fin en octobre 2021. Nous ne sommes pas enclins à la renouveler en tant qu’exploitant. N’oublions pas que la LGV est redevenue d’actualité et qu’elle passe en plein milieu.

 

   

Véronique Durand

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 08:00

À peine Ambrose avait-il enfourché son lourd destrier noir, shooté à l’électricité, le destrier bien sûr, que sur son cœur le grelot à la pomme entamée fut pris de folie. Des rafales de messages sur WhatsApp, dont la substantifique moelle tenait dans un avertissement et une injonction : « Ne crois surtout pas que tu vas t’en tirer comme ça…Viens dîner à la maison ce soir !  » Il sauta le pont d’Austerlitz, mis pied à terre face à la grande grille du Jardin des Plantes, « Ok, la belle, j’en profiterai pour te demander en mariage… » Un lourd silence radio s’ensuivit. Rue de la Glacière, Ambrose fit quelques emplettes au Biocoop, dont la friandise en boîte pour Beria, sa seigneurie raffolait du bio, encore un bobo !

 

 

À propos de bobo, Ambrose, avec son bel esprit d’escalier, se marrait dans sa petite Ford d’intérieur, ce matin en grignotant ses toasts, un poil charbonneux, embeurrés de beurre doux, il s’était planté en l’achetant, il avait lu que le Parlement espagnol venait d’inclure, dans son code civil, les critères, en cas de divorce, sur lesquels les tribunaux doivent se fonder pour décider à qui confier la garde de l'animal, compte tenu de son bien-être. S'il y a préjudices, seuls les juges pourront décider à quel propriétaire reviendra la garde exclusive de l'animal : il devra déterminer lequel de ses maîtres s'occupe mieux de lui. En complément, le propriétaire légitime, recevra une indemnisation pour préjudice moral. En effet, cette décision « pourra seulement leur être imposé quand il (l'animal) sera compatible avec sa nature et les dispositions destinées à sa protection ». Parmi les animaux de « compagnie » concernés, on retrouve bien évidemment les chats, les chiens, mais aussi les poissons rouges, les tortues et les oiseaux. « Faudra que j’en avise Beria, dont je ne suis pas le propriétaire mais dont j’assure la garde depuis des années… »

 

 

Déjeuner, pilon froid de Pintade des Dombes, necci maison, petit plateau de fromage, arrosé d’un savagnin ouillé, café, sieste sur le balcon, mise en condition pour le dîner à haut risque du soir puis pour le rencart, non moins risqué, chez ADN. La seule arme d’Ambrose face à ces périls : l’inertie ! Avoir recours au bréviaire de ce bon Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord « L’inertie est une vertu, l’activité est un vice. Savoir attendre est une habileté en politique ; la patience a fait souvent les grandes positions. On doit être actif quand l’occasion passe ; on peut être paresseux et nonchalant quand on l’attend ». Pour l’amour de sa vie sa position serait claire, sans détour, il se rendait demain à un rendez-vous à la Chancellerie, chez le Garde des Sceaux, Armand Dupont-Nanetti qui l’avait sollicité et il ignorait pourquoi. Stricte vérité qui l’exposait, bien sûr, dès sa sortie du majestueux bureau du Garde – lieu connu de lui au temps où Tonton régnait sur le pays – à une batterie de questions. Reculer pour mieux sauter l’obstacle, il aviserait au vu de la soupe que lui servirait ADN. Le pire n’est jamais sûr, Ambrose en avait vu d’autres, que serra, serra… »

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 06:00

Plaque émaillée Michelin | Plaque emaillee, Clermont ferrand, Le 11 novembre

Le sécateur cet obscur objet du désir de puissance…« quand je rentre de mes  vignes, je pense droit… » - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 
A et O de Moor 
 
 
Bonjour Jacques,


Je viens de t'envoyer un article de MAS très intéressant. Il est extrait
de la revue des oenologues. Il décrit assez bien une impasse actuelle
.

 
Bonne journée,


Olivier

 

 

 

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 08:00

 

- Hi chouchou !

 

- Minimaliste de bon matin, te sers un expresso jeune homme pour libérer tes neurones assoupis… 

 

- Oui beauté, je n’ai pas encore atteint ma dose optimale de caféine…

 

- Qu’est-ce qui t’amène de si bon matin ?

 

- L’urgence !

 

- …

 

- Tu sais, les emmerdements volent en escadrille, je ferais mieux d’aller me recoucher. 

 

- Qu’est-ce que tu me chantes, tu me sembles bien pessimiste… 

 

- Y’a de ça, mais en mode réaliste, suis dans la ligne Pierre Daninos « Nous étions au bord de l'abîme, mais depuis, nous avons fait un grand pas en avant. »

 

- C’est ton moment théâtre mon Ambrose…

 

- Touché mais pas coulé mon bel amour, besoin de ta bouée pour surnager : vends-moi de ta came : Fidèle de Vouette-Sorbée, UMAMI de Nestarec et un petit jus jurassien à ton goût…

 

- Tu as des invités ? 

 

- Bien sûr que non, tu sais bien que le stupide Beria n’aime que l’on trouble notre tête à tête…

 

- Arrête ton char Ambrose, raconte-moi !

 

- Peux pas ma douce et tendre !

 

- Pourquoi ?

 

- Secret d’État…

 

- Allons bon, rien que ça, vraiment tu sautes du coq à l’âne mon Ambrose, la semaine dernière tu voulais t’exfiltrer en loucedé de Paris, activer la filière blanche pour te calcer en ambulance, faire une halte à Laroche-Migennes, ton amour des trains et des gares de triage, puis cap sur les Riceys pour aller récupérer un des tracteurs de OH, en route avec lui sur les départementales, celles que détestait Jean Yanne, halte à Grey, encore un de tes pèlerinages, ton côté enfant de chœur non révisé, dormir sous ta quechua, casse-graine sur ton réchaud Butagaz, un gorgeon de vin nu. Au petit matin, en route pour la ligne de démarcation, c’est vraiment toi tout ça : un cocktail d’Histoire, de cinéma, de tes souvenirs, tu le secoues et te voilà parti sur tes lignes…

 

 

- Tu perces le fond de mes pensées chouchou d’amour, crois-tu que je devrais consulter un psy à Saint-Anne ? 

 

- Tu noies le poisson Ambrose, je sens que cette fois-ci tu fais ton grand retour dans la réalité, tu as besoin de l’adrénaline du danger… 

 

- Y’a de ça chouchou mais je suis un peu rouillé, faudra que tu me soutiennes. 

 

- Alors crache le morceau ! 

 

- Pas ici, pour ne rien te cacher je ne sais pas encore à quelle sauce je vais te manger, pardon être mangé. 

 

- Qui t’a hameçonné ? 

 

- Un gros poisson…

 

- Bien sûr tu ne fais pas dans le menu fretin… 

 

- Et si nous partions en Islande voir l’éruption du Fagradalsfjall… 

 

 

https://img.phonandroid.com/2021/03/volcan-islande-eruption.jpg

- Pourquoi pas si ça peut t’éviter de te fiche dans un sac de nœuds… 

 

- Avec des têtes de nœuds, c’est l’extase chouchou…

 

Me  M., star du barreau, adepte des réseaux sociaux, entrait, il prenait bien la lumière, du moins ses fans lui laissaient accroire, ce qui le comblait, lança un bonjour les amis un peu surfait. Son arrivée comblait d’aise Ambrose grand maître de l’évitement, il paya ses flacons « Je vous laisse les amis, j’ai piscine… »

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 06:00

 

- Konrad Adenauer surnommé « le vieil homme »  « où s’arrête la vieille Allemagne du IIIe Reich et où commence la nouvelle ?

 

« On ne jette pas l’eau sale tant qu’on n’a pas d’eau propre »

 

Gianfranco Calligarich Le dernier été en ville

 

- Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

 

- Je suis riche

 

[…]

 

- J’ai vu la piazza Navona sous la neige.

 

- C’était comment ?

 

Blanc…

 

 

- John Le Carré Le Tailleur de Panama

 

« Comme je le dis toujours, l’Amérique du Sud est le seul endroit au monde où on peut tailler le costume d’un homme une semaine et voir sa statue le porter la semaine suivante. »

 

- Richard Morgièvre Le Cherokee

 

  • L’Amérique a peur du vide, a déclaré White, ça  se voit dans les tableaux de Hopper.

 

  • Moins dans ceux de Pollock, a marmonné » Corey

 

- John Le Carré Le tunnel aux pigeons.

 

Selon un bon mot attribué à J .Edgar Hoover quand on lui apprit que Kim Philby était un agent double soviétique « Dites-leur que Jésus n’en avait que douze et que l’un d’entre eux, était un agent double. »

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 08:00

Giuseppe Garibaldi (1807-1882) dans les rues de Naples en 1860. En fuite, le héros de l'unité italienne, habita à Tunis en 1835. La capitale tunisienne a longtemps abrité une importante communauté italienne. (ANN RONAN PICTURE LIBRARY/ AFP)

Giuseppe Garibaldi (1807-1882) dans les rues de Naples en 1860. En fuite, le héros de l'unité italienne, habita à Tunis en 1835. La capitale tunisienne a longtemps abrité une importante communauté italienne. (ANN RONAN PICTURE LIBRARY/ AFP)

Le rituel toujours, Ambrose tondait sa barbe neigeuse, son image dans le miroir lui renvoyait son âge, ses pattes d’oie à la commissure des yeux, il gambergeait, l’entame de Paul Nizan dans Aden-Arabie « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. Tout menace de ruine un jeune homme: l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. », le raccrochait à ses 20 ans, ce 24 mai 1968, alors qu’à Nantes, sous un franc soleil, les tracteurs tournaient autour de la fontaine de cette place encore Royale, il rêvait, « Tout près de la frontière, aux confins de mon univers connu, j'attendais le jour où la vraie vie commencerait. J'étais le clone de Giovanni Drogo, ce jeune ambitieux pour qui «tous ces jours qui lui avaient parus odieux, étaient désormais finis pour toujours et formaient des mois et des années qui jamais plus ne reviendraient...» Mais pourquoi diable l’amour lui était-il tombé  dessus si tard ?

 

Beria, planté devant la porte d’entrée, tel une sentinelle intraitable, exprimait sa désapprobation en voyant Ambrose se préparer à sortir si tôt le matin. Le matou, aussi jaloux qu’une maîtresse, pressentait dans la hâte d’Ambrose l’anguille sous la roche de l’amour. À son retour, il bouderait. « Tire pas la gueule, grosse patate bouillie, je te rapporterai ta friandise préférée… ». Imperméable à la flatterie, Beria, vexé, engageait une folle randonnée, dont il avait le secret, genre bisons dans les plaines du Middle West, virages sur l’aile, stop and go, dérapages, montée-descente de l’escalier du duplex, sans jamais rien casser. « Baisse la tête, t’auras l’air d’un coureur, stupide animal ! » Le WhatsApp d’Ambrose bipa… C’était la Claire. Il lui répondit « Je pars… »

 

Cap sur le pont d’Austerlitz, Ambrose, en vieux cycliste parisien, évitait les grands axes, il préférait se faufiler par les rues paisibles, loin de la fureur des gros culs motorisés et, depuis la pandémie, les hordes de nouveaux venus au vélo. Ça lui laissait le temps de réfléchir, la convocation d’ADN le laissait perplexe, ce rendez-vous impromptu, rapide, à son bureau, sentait mauvais. Il devait patauger dans une sacré merde, le Garde, pour avoir recours, certes à un vieux complice, mais surtout à un retraité pépère, retiré des affaires, ne manquant pas de thunes. Aux feux, face au chantier de démolition des entrepôts de la gare d’Austerlitz, Ambrose posa le pied à terre, tira son grelot moderne de la poche de sa veste, pianota sur WhatsApp. Besoin de détendre l’atmosphère en rappelant le principe de base de toute collaboration entre eux. « Rappelle-toi l’histoire, qui te faisait gondoler, du conseiller agricole de Messmer à Matignon qui, lors d’une réunion interministérielle d’arbitrage, à propos du statut des baux ruraux, face à une objection de la représentante du Garde des Sceaux qu’elle avait, dans le plus pur style de la Chancellerie, entamée par le Garde, lui rétorqua : le Garde, le Garde-chasse, le Garde-champêtre ? Incident aussi grave que la dépêche d’Ems ou le soufflet du Bey de Tunis ICI  qui se solda par un éclat de rire du grand soudard qu’était Messmer et l’indignation de façade de Jean Taittinger. Cerise sur le gâteau, rappelle-toi, les deux belligérants par la suite convolèrent, elle était Corse et lui Bordelais de Caudéran. En filigrane ça résume assez bien notre histoire. »Il cliqua, reprit la route pour stopper à nouveau face à L’institut Médico-Légal. « Retour aux vieilles méthodes, les secrets on ne les confie pas même à son oreiller, alors tu fais une croix sur les joujoux électroniques… » Il cliqua, même si WhatsApp était présumé inviolable, Ambrose préférait les procédures du temps de la guerre froide.  

 

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