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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 06:00

Sorg og citroner | Information

C’est moi qui me suis mélangé les pinceaux dans l’abondante production de ciné papy, « Le discours d’un roi » (2012) annonçait à sa suite « Un dimanche comme les autres» : Sunday Bloody Sunday » en vo mais, peu importe, aucune de ses critiques n’est passée à la trappe, elle sera publiée mercredi prochain.

 

Le film d’aujourd’hui est une découverte pour mois.

Love is all you need - film 2011 - AlloCiné

 

 

Aujourd’hui c’est « Love Is All You Need» (2012)

 

Non, Ciné Papy ne s’est pas mélangé les pinceaux. Ce n’est pas parce qu’à l’époque des « quatre garçons dans le vent » plus connus que Jésus Christ, il écoutait plutôt Brel, Brassens, Ferré, Barbara ou encore Jean Ferrat qu’il ne sait pas qu’un de leur succès est « All You Need Is Love » et non le titre du Film d’aujourd’hui.

 

Mais c’est bien de « Love Is All You Need » que nous allons parler.

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour changer un peu. Marre peut être du sérieux et du sentimentalisme des dernières fiches. Il s’agit d’une comédie mais non dépourvue de charme, de ravissement ni bien sûr de fantaisie quelque peu burlesque. Mais attention, on ne se refait pas, le romantisme est aussi de la partie même si le titre original « Den skaldede frisør » signifie, en danois, « la coiffeuse chauve ».

 

 

Quelle est l’histoire ?

 

Ida, est une coiffeuse danoise. Ce n’est pas son cancer qui est en phase terminale mais son traitement. Elle est en attente des résultats et bien sûr espère sa guérison.

 

Philip, lui, est un homme d'affaires anglais installé au Danemark. Il apparaît sérieux et sans joie pour avoir perdu sa femme. Il semble inconsolable, désabusé mais résigné. Il a réussi sur le plan professionnel et peut tout prendre avec détachement sauf les petites contrariétés quotidiennes ou perce alors son agacement. Lors d’un accrochage dans un parking, drôle d’endroit pour une rencontre, il fait la connaissance d’Ida. Il lui annonce qu’il se rend en Italie (Sorrente, en Campanie) où son fils Patrick va épouser Astrid qui se révèle, quelle chance, merci les scénaristes être la fille d'Ida. Tout le film est la suite de cette rencontre de deux être de milieu social très différent.

 

Réalisation

 

Suzane Bier est derrière la caméra. Je ne connais pas cette réalisatrice qui semble dotée d’un sacré tempérament au regard de son parcours jonché de récompense, de reconnaissance de toutes sortes et bien sur de très nombreux succès dans tous les genres abordés, de la comédie au thriller. Ici elle se paye le luxe d’une pointure comme Pirce Brosnan entouré d’un casting entièrement danois.

 

 

Qui fait quoi      

                                                                                                                                               

Trine Dyrholm est Ida. C’est une chanteuse, actrice, auteur-compositeur danoise. Elle bénéficie  d ‘une reconnaissance internationale pour sa présence dans des films récompensés tel «Royal affaire» ou comment la noblesse frileuse et conservatrice s’oppose à des réformes directement inspirées par Les Lumières, un siècle avant la révolution française. Dans « Love is all you need » elle interprète son rôle avec une fausse ingénuité, un peu comme Mélanie Griffith. Elle joue avec beaucoup de subtilité ce rôle d’une simple coiffeuse qui possède cependant une intelligence du cœur et beaucoup de finesse. C’est cette finesse que percevra Philip et qu’il permettra à Ida de développer.

      

                                                                                                                 

                       

Pierce Brosnan  est Philip. Encore une vedette qu’on ne présente pas. Après une série télévisée à succès « Les Enquêtes de Remington Steele » il est le cinquième acteur à interpréter James Bond dans quatre films. Bien que déjà très apprécié au théâtre, sa carrière cinématographique décolle. Il tient le rôle du méchant dans « Le quatrième protocole » au côté de Michael Caine. Il reprend, plus qu’honorablement, le rôle de Thomas Crown dans le remake de 1999. Il est tout aussi convaincant dans « Le Tailleur de Panama » (2000) ou dans  « November Man » (2014) thriller palpitant ou il tient de rôle d’un ancien tueur à gage retraité.

 

 

Temps forts

 

Le froissage de tôle, rencontre de Philip et d’Ida dans un parking.

 

La manière dont Philip remet à sa place sa principale collaboratrice, amoureuse de lui et qui ne cesse de tenter sa chance d’accrocher ce veuf beau et riche.

 

Quand Ida surprend son connard de mari entrain de la tromper alors qu’elle sort de sa dernière séance de chimio puis la suite dans le salon de coiffure ou elle travail.

 

L’arrivée à la noce à Sorrente de cet ex-mari qui est quand même le père de la futur mariée. Il arrive accompagnée d’une nana sans même percevoir d’indécence de la situation.

 

Mais surtout, toutes les séquences en Italie dans cette Campanie sublime ou je ne m’aventurai jamais sans précaution trop craintif d’être frappé par le syndrome de Stendhal. Celui-ci nous fait part de son expérience extatique à Florence dans la basilique Santa Croce. Je n’ai plus l’âge d’aller là-bas ni sur les bords du lac de Côme. Je n’en reviendrai pas.

 

On comprend qu’Hannibal qui pouvait aisément ne faire qu’une bouchée des Romains, ait succombé aux délices de Capoue pour finir vaincu.

 

La réalisatrice filme ces lieux enchanteurs avec naturel et simplicité les rendant plus ravissant encore au sens propre du terme.

 

Conclusion

 

« Un film simple et beau » peut-on lire parmi les critiques

 

Pax

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 06:00

 

Enfant, au Bourg-Pailler,  le vendredi nous faisions « maigre ». Ma sainte mère, mémé Marie, la tante Valentine, gardiennes de la règle, y veillaient. Pour les impies, les mécréants, je rappelle que Jésus, fils de Dieu, ayant été crucifié le vendredi Saint, tous les vendredis étaient décrétés maigres. Il était interdit de manger de la viande, du lard, de la crème et du beurre les jours maigres.

 

Nous mangions donc du poisson, et ce n’était pas une punition car le poisson faisait partie de notre ordinaire, il provenait en direct des ports des Sables-d’Olonne et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Les criées, où les mareyeurs approvisionnaient nos poissonniers les Mousseau et l’Églantine.

 

Vente directe du poisson : Les criées devront faire avec

 

Le mode principal de vente du poisson frais est la criée qui met face à face l’offre des pêcheurs et la demande du marché dans un lieu portuaire spécifique. Autrefois, les enchères étaient données à la voix dans la halle à marée, d’où le terme « criée » qui, par extension, a fini par qualifier aussi le lieu où se déroule cette vente.

 

 

Le mareyage est un métier, celui de mareyeur, consistant à acheter du poisson en gros sur les côtes, à les apprêter (tri, élimination des viscères ou des têtes, découpe des filets), les conditionner, les transporter et à les revendre à un grossiste ou à un commerçant de détail (poissonnier, restaurateur, grande surface).

 

Vendredi dernier, à midi, suis allé chez Passerini.

 

Je me suis assis en terrasse face à la mer, je plaisante à peine car la carte que me présenta Justine fleurait bon le poisson.

 

 

J’y lis :

 

  • Thon obèse de ligne, scrocchiarella romana, stracchino, tomates et ponzu.

 

  • Encornets snackés et en friture, mayonnaise à l’encre, grenailles, courgettes et salicorne.

 

Je choisis.

 

L'avenir du thon obèse, au coeur des préoccupations du monde de la pêche -

 

Le thon obèse (Thunnus obesus) appelé également « patudo », est présent dans les eaux tropicales et subtropicales des océans Atlantique, Indien et Pacifique. Le thon obèse est une des plus grandes espèces de thonidés. Il peut atteindre une longueur maximale de 230 cm, un poids de 210 kg et une longévité d’environ 15 ans. Le thon obèse atteint sa maturité sexuelle quand il mesure entre 100 cm et 130 cm dans l’océan Indien, et aux alentours de 130 cm dans l’océan Pacifique central (à l’âge de 3 ou 4 ans). Il peut fréquenter des eaux plus profondes que les autres espèces de thon. Les juvéniles se regroupent en bancs avec d’autres juvéniles de thons albacore et de thons listao notamment sous les DCP (dispositifs de concentration de poissons). Les tailles capturées sont comprises entre 40 et 180 cm (soit entre 1,4 kg et 130 kg). Il est classé comme espèce vulnérable par l’UICN.

 

La suite ICI 

 

Pizza scrocchiarella - la ricetta per farla in casa

 

La scrocchiarella romana Délicieuse, croustillante est une préparation typique du Latium, en particulier de la ville de Rome, la recette de la scrocchiarella romaine est une pizza dont a pâte de base est très hydratée avec très peu de levure de bière, la levée est assez longue, mais le résultat est croquant, digeste et savoureux.

 

Stracchino di soia: la ricetta fatta in casa

 

Le Stracchino, aussi appelé Crescenza, est un fromage Italien originaire de Lombardie, dans le Nord de l’Italie. C’est un fromage frais à pâte molle au lait de vache qui se présente sous la forme d’un cube de couleur blanche, sans croûte. Le nom de ce fromage vient du mot « stracch » qui signifie « fatigué » dans le dialecte Lombard. Le Stracchino était à l’origine produit à la fin de l’été, une fois que les vaches étaient retournées dans la plaine lombarde après un été dans les pâturages. Ces vaches étaient fatiguées (d'où le nom du fromage) et donnaient un lait particulièrement adapté à la production de fromages tels que le Certosa et le Robiola, faisant tous partie de la famille du stracchino.

 

Le ponzu (ポン酢?, littéralement « vinaigre pon ») est une sauce de la cuisine japonaise à base d'agrumes acides japonais sudachi, yuzu, kabosu, etc.

 

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2 août 2014

Les chipirons n’aiment pas la turlutte, ils se font un sang d’encre… n’attendez pas que ça seiche…avant de boire votre Hegoxuri

 

Le chipiron du sud-ouest est un petit encornet, voisin de la seiche, « encré » pour échapper à ses prédateurs, et là que l’encornet ([ ɑ̃kɔʀne ]) est en principe le nom vernaculaire du calmar lorsqu'il est pêché ou cuisiné, et là encore que le chipiron se nomme supion en Méditerranée…

 

Je m’y perds puisqu’on me dit aussi que l’encornet est le nom vernaculaire du calmar ou calamar et que ce mot peut parfois désigner par analogie d'autres céphalopodes comme la seiche et parfois le poulpe.

 

Voici, j’ai fait mon devoir, je vous ai rendu une copie nickel chrome, ne me reste plus qu’à vous dire que ce vendredi, Giovanni était au sommet de sa forme, du beau dans l’assiette, plaisir des yeux, du bon, du très bon, l’excellence, dans la becquée, exaltation  des papilles, une belle montée vers les sommets de la satiété.

 

 

Et, bien sûr, la buvaison, elle aussi, se hissait sur les mêmes crêtes.

 

 

J’ai terminé par un baba au rhum napolitain, glace vanille, fraises et un excellent café.

 

 

Giovanni Passerini

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 06:00

 

Vincent Van Gogh : les Mangeurs de pommes de terre 

Cette chronique de JP Géné est dédiée à ma petite patate chérie.

 

Quel beau titre !

 

Qui était JP Géné ?

 

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16 novembre 2010

JP Géné, traçabilité, l’esprit du Libé des origines, pour le « quatre heures » il y avait toujours du mauvais saucisson, de la Vache qui rit et un verre de piquette mouillé d’eau ICI  

 

« Fin 1974, je suis entré à Libération. J’y suis resté jusqu’en 1995 avec une parenthèse de 1981 à 1985. J’y ai vécu les plus belles années de ma vie de journaliste. Plusieurs se sont essayés à raconter la naissance et le succès de ce journal, privilégiant rapport de force, querelles idéologiques ou rivalités personnelles mais négligeant l’essentiel : Libé c’était le bordel le plus total où tout était possible. »

 

JP Géné, non daté

 

Mort de J.P. Géné, critique gastronomique du « Monde » depuis 2004 ICI 

 

Le chroniqueur glotte-trotteur était un adversaire acharné de la malbouffe, et un défenseur de la dépénalisation du cannabis.

Par Bruno Philip

Publié le 23 mars 2017 

 

« Ne soyons pas esclaves de nos sens ! », répétait comme un mantra Jean-Paul Généraux – qui se serait offusqué que l’on puisse l’appeler autrement que par son surnom de toujours : Géné. Il n’est pas anodin que cette affirmation énoncée comme une injonction soit l’une des premières qui viennent à l’esprit à l’heure où vient de filer à l’anglaise, entre la poire et le fromage – et sans demander l’addition –, ce chroniqueur gastronomique, par ailleurs singulier représentant de l’espèce bien plus vaste des plumitifs-globes-trotteurs-omnivores.

 

Affolé par les gémissements de l’intime, Géné aura refusé jusqu’au bout de céder à la tendance de l’apitoiement sur soi. Toujours au nom de sa fameuse allergie à se laisser aller à l’émotion : « les sens », donc. Il vient ainsi de faire une sortie discrète, attendant presque l’ultime moment pour révéler à ses confrères du Monde et à ses amis du deuxième cercle l’implacable avancement d’une maladie sans rémission. C’est dire que, décidément, s’il cédait volontiers à ses « sens », question bonne chère, il n’était pas question pour lui de se laisser circonscrire par le pire des sens : celui de l’impudeur. La suite ICI

 

Revenons à la « Mata-Hari du tubercule » 

 

Tableau sur toile Vincent van Gogh - Pommes de terre dans un plat jaune •  Pixers® - Nous vivons pour changer

 

JP.Géné présentait Le Dictionnaire littéraire et érotiques des fruits et légumes de Jean­-Luc  Hennig Albin Michel, 1994

 

Amazon.fr - Dictionnaire littéraire et érotique des fruits et légumes -  Hennig, Jean-Luc - Livres

 

Pour Hennig « La pomme de terre a tous les vices… soit qu’elle est voulu jouer la Mata Hari de la tubercule, soit que décidément elle fut trop moche, trop fade ou trop dangereuse… elle eut toujours le chic pour se faire prendre pour une autre, si bien qu’on l’appela tantôt Petite Truffe (L’Écluse 1588), tantôt Petite Patate ( par confusion avec la patate douce, la Convolvulus Batata de Linné, qui n’a rien à voir. Et il fallut attendre, en France, le milieu du XVIIIe siècle pour qu’enfin on sache à qui l’on avait affaire. La pomme de terre, c’est-à-dire quelque chose d’aussi affreux, mais elle acceptait d’être ce qu’elle était. Et c’est déjà beaucoup. »

 

Jean-Luc Hennig ne manque pas de secours dans la littérature pour dresser son réquisitoire :

 

«  C’est un manger fade, insipide et fort à charge dans l’estomac, mais il a un certain goût qui plaît à ses amateurs ; que peut-on objecter contre ? » (L’École du jardin potager, 1749)

 

« On reproche avec raison à la pomme de terre d’être venteuse : mais qu’est-ce que les vents pour les organes vigoureux des paysans et des manœuvres ? » (Venel dans l’Encyclopédie, 1765)

 

« La pomme de terre est singeuse »

 

La mauvaise ambiance qui entoure le mot patate  ne lui évidemment pas échappé. Femme habillée comme un sac de patate, être dans la purée, « la merde étant ce qu’on pourrait appeler le dernier état du bouilli de pomme de terre ».

 

Patate bouillie !

 

Finalement, la pomme de terre trouvera une issue de secours en quittant le bouilli pour se livrer à la friture. « L’immense chance de la frite c’est sa fermeté, car la frite ragaillardit la pomme de terre. Elle la virilise. Estar frito en espagnol signifie précisément être excité sexuellement, c’est avoir la frétillante. Et  puis la frite chatouille aussi le palais gourmand : c’est un mot apparenté au friand, à la fricassée, au fricot, au fricandeau ainsi qu’au fric qui fait oublier la triste purée. Bref, la frite a sauvé la pomme de terre de la débâcle du bouilli. »

 

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15 mai 2012

Le succès de la pomme frite doit beaucoup plus à l’huile d’arachide qu’aux belges et aux français : un pot tavernier avec mon cornet! ICI

 

Des frites de McDonald's

 

Découvrez les 19 ingrédients que contiennent les frites de McDonald’s ICI 

Deux paysans plantant des pommes de terre de Vincent van Gogh -  Reproduction d'art haut de gammeFichier:Millet-les-planteurs-de-pommes-de-terre.jpg — Wikipédia

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 06:00

bonnet d'ane | École d autrefois, École vintage, Image pour enfant

Ma fierté est de bien sourcer mes chroniques afin d’éclairer la lanterne de mes fidèles lecteurs. Je pioche dans les tréfonds de Google, je croise, je vérifie, et je publie.

 

J’adore utiliser l’expression « enduire en erreur… »

 

« Induire quelqu’un en erreur », c’est l’amener, volontairement ou non, à se tromper. On se gardera de remplacer incorrectement le verbe « induire » par son paronyme « enduire » dans cette expression.

 

Cette semaine, par 2 fois, je me suis vautré.

 

  • Tout d’abord à propos de la sauce des patatas bravas d’Angel ICI 

 

Originale Gravure Affiche Le Paresseux Au Bonnet D âne Fin XIX Eme Debut XX  Eme Tres Frais école encadré | BolezArt

 

POUR LA PETITE HISTOIRE…

 

S’il existe de nombreuses variantes de la sauce « brava » qui accompagne ces frites cubiques, l’originale nous vient de Madrid et elle ne comporte pas de tomate. Ses caractéristiques principales étant d’être fortement aromatisés avec l’épice Espagnole par excellence (bon une des 2 avec le safran…), le pimentòn et relevée à votre discrétion de piments de Cayenne.

 

BONNET D'ÂNE AUTREFOIS

 

  • Ensuite je me suis pris les pieds dans le tapis à Propos des frères Conticini.

 

22 juillet 2021

 

Le 12 juillet 1994 Christian Conticini dézingue le culte du produit sain, authentique et naturel : nous en reparlerons avec Bruno Verjus. ICI 

 

J’ai reçu ce mail le  jeudi 22 juillet 19:30

 

Salut Jacques,  ne pas confondre Philippe (sur la photo) très bon pâtissier et qui avait fait l’objet de docs télé sur les « gros »  qui se faisaient maigrir… Christian, son frère, était le chef de la Table d’Anvers et c’est lui qui détenteur d’étoiles Michelin et de fortes notes et c’est lui qui démystifiait « les bons produits » donnait des recettes avec une boîte de thon au naturel notamment. C’était un chef qui s’intéressait beaucoup au vin. Je ne sais pas ce qu’il est devenu.

Amitié JD

 

À La Table d’Anvers, où je travaillais avec mon frère, j’ai commencé à donner des noms à mes créations: Total régal (clin d’œil au film Total Recall), Plaisir caché… Elles avaient beaucoup de succès mais je pensais que je devais tout à Christian, qui n’aimait jamais mes idées. En 1989, j’avais imaginé un dessert à base de coing, pomme et radis noir. Il m’a dit: «Aucun intérêt»…

 

Savez-vous manger les choux? Christian Conticini détaille quelques recettes de son cru. par Sibylle Vincendon publié le 18 avril 1998

 

Non, le chou-fleur ne se mange pas qu'en gratin, noyé sous une béchamel qu'on aurait tournée debout pendant une heure, les jambes en compote. Oui, il peut sortir du menu type des cantines. Ce légume a d'autres débouchés culinaires, qui, à défaut d'absorber les surproductions, permettent de s'en faire une idée neuve. Christian Conticini, chef de la Table d'Anvers, à Paris, dessine en quelques recettes les voies de la réhabilitation.

 

 

En entrée Faire un carpaccio avec du thon ou du saumon (on coupe le poisson cru en tranches très fines). L'assaisonner avec de l'huile d'olive, du citron, des câpres, du poivre vert, du cerfeuil, de la ciboulette, de l'estragon. Couper un chou-fleur en deux. Le débiter en tranches très fines (si possible avec une petite machine à trancher) qu'on posera sur le carpaccio. Parsemer de quelques grains de fleur de sel. Accompagner de toasts imbibés d'huile d'olive et parsemés de ciboulette.

 

Avec du poisson Faire bouillir, une minute à une minute et demie, de gros morceaux de chou-fleur pour les attendrir. Les faire sauter ensuite à l'huile juste pour colorer, arroser de jus de citron, poudrer avec du curcuma et des zestes de citron vert. Servir avec des maquereaux grillés. Le chou-fleur doit rester croquant.

 

En purée Cuire le chou-fleur à l'eau 10 à 15 minutes. 3 ou 4 minutes avant la fin de la cuisson, mettre des morceaux de pomme fruit (une pomme pour un chou). Mixer le tout en ajoutant de la muscade, de la crème fraîche, du sel, des feuilles de coriandre. Servir avec une daurade, soit rôtie au four, soit poêlée en filets, et toujours assaisonnée à la fleur de sel.

 

Avec un gigot Couper le chou-fleur en petits morceaux (taille balle de ping-pong). Les griller cinq minutes légèrement, arroser d'huile d'olive sur un grill ou, mieux, sur une pierre genre pierrade. Parsemer de thym citron et de fleur de sel et assaisonner d'un filet d'huile d'olive. Cinq minutes avant la fin de la cuisson du gigot, placer les morceaux grillés dans le plat avec une goutte de vinaigre balsamique. Rajouter des lamelles d'ail cru au dernier moment. Le chou-fleur doit rester ferme.

 

Avec du porc Cuire le chou-fleur trois minutes à l'eau. Le faire revenir ensuite à l'huile, en ajoutant une cuillerée à café environ de caramel blond. Ajouter quelques gouttes de sauce soja et quelques graines de sésame. Le chou-fleur doit devenir presque noir. Servir avec des côtes ou un rôti de porc et, à part, du riz sauvage (riz noir).

 

Et quand même, le fameux gratin Bien cuire le chou-fleur 12 à 15 minutes, à l'eau ou à la vapeur. L'égoutter puis le faire dessécher dans une casserole en tournant et en veillant à ce qu'il ne colore surtout pas. Faire une sauce béchamel un peu épaisse, parfumée à la muscade. Rajouter une noix de beurre au chou-fleur, le disposer dans un plat à four, napper de béchamel avec, au choix: du gruyère dessus; du jambon en dessous; du jambon dedans et du parmesan dessus. Mais que faire de l'odeur" Il semblerait qu'avoir écrit que le chou-fleur «puait» ait causé quelque émotion en Bretagne. A juste titre pour Christian Conticini, qui estime que c'est là un mauvais procès qu'on fait à ce légume. «Pour moi, dit-il, ce n'est pas un problème. Tout ce qui cuit sent quelque chose, et ce n'est pas bien de diaboliser les odeurs. Elles restent un référent très fort, dont nous aurons de plus en plus besoin, nous qui vivons dans le béton et sans jardins.» Cela dit, les pas convaincus doivent savoir que le combat contre l'odeur de cuisson du chou-fleur est voué à l'échec. «J'ai entendu parler de trucs pour que ça ne sente pas: mettre un morceau de pomme fruit, un morceau de pain, un clou de girofle" J'ai tout essayé mais tout ça ne marche pas», explique le cuisinier. Donc, ouvrez les fenêtres, faites fonctionner la hotte et acceptez que la cuisine se fait aussi avec le nez.

 

 

Attention il ne  s’agit ni d’Errata ou d’erratum

 

 

Les noms errata et erratum peuvent prêter à confusion, car ils ont tous deux en latin le sens d’« erreur, faute », la forme errata étant le pluriel latin du singulier erratum.

 

 

 

En français toutefois, ces deux mots ont pris des sens distincts mais voisins : un erratum est une faute survenue dans l’impression d’un ouvrage, signalée au lecteur avec sa correction; tandis qu’un errata est une liste des fautes d’impression, avec les corrections.

 

 

 

Exemples :

 

 

 

- Il a signalé un erratum à l’éditeur.

 

- L’errata figure à la fin du livre, en annexe.

 

 

 

Toutefois, il n’y a pas d’unanimité chez les lexicographes et les grammairiens quant au pluriel de ces emprunts au latin. Certains présentent errata et erratum comme deux noms invariables, étant donné leur origine latine : un errata, des errata, un erratum, des erratum. D’autres font d’errata un nom invariable mais proposent pour erratum le pluriel errata, selon les règles du latin : un errata, des errata, un erratum, des errata. Cette non-adaptation aux règles de grammaire du français est source d’ambiguïté, surtout en raison du sens d’errata. Si l’on peut dire qu’un errata est une liste d’errata, de quel errata parle-t-on?

 

 

 

Comme pour tous les autres mots empruntés à d’autres langues, il est préférable de franciser errata et erratum, et par conséquent d’appliquer la règle générale du singulier et du pluriel des mots français. On y gagne en clarté, en logique et en simplicité. De la même façon qu’on dit aujourd’hui un maximum, des maximums (et non plus des maxima), un référendum, des référendums, on dira un errata, des erratas, un erratum, des erratums. Cette préférence est d’ailleurs conforme aux propositions de rectifications orthographiques.

 

 

 

Exemples :

 

 

 

- A-t-on répertorié cet erratum dans l’errata?

 

- Un errata est une liste d’erratums.

 

- Nous avons dû faire quelques erratums dans la seconde édition.

 

- Malheureusement, les erratas ne sont pas près de disparaître dans le monde des livres.

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 06:00

 

« Est doté de la main celui qui est doté de l’intelligence » Aristote

 

« La cuisine, c’est beaucoup plus que des recettes. » Alain Chapel.

 

Pudlowski écrit ICI 

 

« On ne sait plus s’il est un cuisinier qui écrit ou l’inverse. A force de le suivre d’un réseau l’autre, on va finir par oublier qu’il fut le chroniqueur patient, minutieux, malicieux et consensuel de « Food Intelligence », qu’il changea de vie plusieurs fois, troqua jadis le véhicule de luxe pour le vélo, cuisina, en amateur éclairé pour la Cornue, rédigea des recettes pour « cuisiner l’amour« , avant de devenir le chef étoilé de « Table » rue de Prague, après avoir été la révélation de l’année du « Pudlo 2014 » . Bruno Verjus, natif de Roanne, ce qui n’est pas sans importance, nous livre ici non un récit de sa vie – qui pourrait être bien riche et bien … nourri – mais un manuel de savoir-vivre et de savoir-manger. Il place la barre haut, se situe à la hauteur d’Alain Chapel, d’Alain Passard et, avec un sens de l’aphorisme certain (« Manger, c’est voyager », « la façon dont on se nourrit décide du monde dans lequel on vit » ) de Brillat-Savarin. »

 

 

Comme c’est dans les vieux pots qu’on fait le bon beurre, je vous propose de lire ou de relire des vieilles chroniques :

 

 

15 novembre 2013

TABLE est une Grande Table : Bruno Verjus inventeur* de produits de génie ICI 

 

 Je ne suis pas François Simon, ça se saurait. En revanche, né et élevé au beurre salé baratté par la tante Valentine, aux poulets de grains de mémé Marie, aux légumes du jardin du pépé Louis, à la cuisine de ma sainte mère : ah, le beurre blanc de maman, j’aime par-dessus tout le goût des choses dans leur plus simple et naturelle expression.

 

Bruno Verjus est un inventeur de produits de génie – au sens de celui qui a découvert un trésor (article 68-9 du Code minier français). Il cherche et il trouve le produit d’exception à qui il donne toute sa chance en révélant ses saveurs originelles. Bruno et son équipe ne cuisinent pas, ils révèlent le goût des choses.

 

J’ai, avec ma copine Isa, fait l’ouverture de TABLE

 

 

11 décembre 2015

 

Lettre d’un vieux blogueur à un blogueur devenu restaurateur : cher Bruno Verjus de TABLE… ICI

 

Moi, le vieux blogueur blanchi sous le harnois, qui besogne chaque jour que Dieu fait, je suis un peu jaloux d’une telle aisance. Ce qui me console, pour ne rien te cacher, c’est que je ne suis pas peu fier d’avoir été l’un des premiers, dès 2013, alors que tu découvrais « les joies et les peines » de ton nouveau métier, à pressentir que par-delà les embûches, les difficultés, tu irais jusqu’au bout de ton défi.

 

Tu tiendrais ta ligne de conduite…

 

Comme je l’ai titre ce livre est un autoportrait, il ne vous reste donc  qu’à le découvrir.

 

Un critique sur Babelio :

 

https://s.rfi.fr/media/display/f4d211de-d607-11eb-b4ba-005056bfd1d9/w:1280/p:4x3/bruno%20verjus_gout%20monde.jpg

 

Ce récit est l'itinéraire d'un homme passionné, un hymne à la belle cuisine.

 

J'ai découvert dans ce livre une sensibilité que l'on ne perçoit pas d'emblée sur le personnage probablement par pudeur mais qui transparaît franchement dans ses assiettes toutes appétissantes et chatoyantes aux palettes de couleurs accordées.

 

La poésie et la délicatesse sont également les traits d'union entre ses écrits et ses produits, les deux se dégustent avec délice.

 

Seul petit bémol dans cette farandole de bonheur, chez « Table », nul besoin de paracétamol tous les plats sont équilibrés et les cuissons parfaitement ciselées mais faites hyper attention les additions peuvent être un peu salées. La qualité à ce niveau, a un prix.

 

« Un assaisonnement juste, une cuisson parfaite, le bon geste de la main, une découpe appropriée sont les résultats de l'humilité face au sens que dégage chaque produit ».

 

J'ai un souvenir ému d'asperges vertes et mauves accompagnées d'une vinaigrette d'herbes sauvages, d'un jaune d'oeuf osmosé et de copeaux de fourme d'estive… Un régal.

 

« Je construis mes plats comme des promenades. Plus encore : comme des paysages oniriques. Chaque bouchée me projette dans une balade à mi-chemin entre mémoire et fantasme ».

 

La deuxième partie de ce livre est consacrée à une multitude de recettes formulées comme des prières issues de son bréviaire culinaire de passionné, véritable évangile peuplé d'artisans artistes : tripiers, pécheurs, maraîchers, éleveurs, qu'il nous présente comme ses apôtres du produit.

 

Si j'ai bien compris, c'est un livre sur le développement personnel, ça fait tellement de bien par ou qu'ça passe…

 

J'espère vous avoir mis l'eau à la bouche et le sourire aux lèvres, ne boudons pas nos plaisirs, la vie est courte. Succombons donc à nos papilles en famille

 

Manger - Marie-Odile Beauvais - Babelio

 

À ce propos, une petite incise tirée de  « Manger » roman de Marie-Odile Beauvais :

 

« On mange quand ? demande la fille d’Édouard à son père.

 

-          On ne mange pas, on déjeune, on dîne, on soupe, on  grignote, on ripaille, on fait collation ou médianoche, on déguste, on goûte, on dévore et, s’il le faut, on casse la croûte, mais apprends qu’on ne mange pas.

 

-          Alors ça sert à quoi le verbe « manger » ?

 

-          Ça sert ailleurs, mais pas à table, ni au salon, c’est très mal élevé.

 

-          Quand le loup dit au Chaperon rouge, « C’est pour mieux te manger, mon enfant », il est mal élevé ?

 

-          Très. D’autant que ça ne se fait pas de manger les petites filles. Pas plus que les grands-mères qui sont bien moins tendres. À sa décharge, le loup n’était pas à table, il était au lit.

 

-          Alors ce soir, on dîne ou on soupe ?

 

-          Ce soir, on réveillonne. Enfin, quand ta mère sera là. Tiens on sonne, justement, la voilà. »

 

 

 

 

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 06:00

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Avant les réseaux sociaux y’avait les bistrots.

 

Les bistrots sont « des endroits où le quotidien s'égrène doucement au rythme de l'horloge biologique d'un quartier, du café de six heures et de la découverte des nouvelles dans le canard plié derrière le comptoir, près du compteur du téléphone, aux premiers blancs secs lorsque le bourguignon ou la blanquette commencent à mijoter en cuisine. Pour les apéros, par strates successives, les menus ouvriers à midi, le plat du jour, le digestif de quinze heures, l'accalmie de quatre heures. Les cafés, les chocolats à la sortie de l'école. Et cette longue zone de flou du soir qui s'éternise pour ceux qui, par solitude ou par goût, repoussent à plus tard le retour vers chez eux.

 

Voilà ce qu'est un bistrot. Un concentré de l'âme d'un quartier. »

 

Extrait de Au vrai zinc parisien de François Thomazeau et Sylvain Ageorges.

 

Le bistrot à la française, modèle d’authenticité locale souple et adaptable, est-il en train de disparaître ?

 

17 janvier 2008

Ode à un bistrot pas encore défunt ICI 

 

21 avril 2012

Les Cosaques s’y précipitaient en criant bistro, bistro ! s’en jetaient un et repartaient en courant… ICI 

 

4 août 2015

Le bistrot à la française, modèle d’authenticité locale souple et adaptable, est-il en train de disparaître ? ICI 

Au bistrot après minuit
Joseph Roth
Pierre Deshusses (Préfacier)
Pierre Deshusses (Traducteur)

« Paris est une vraie ville internationale. Vienne l’a été pendant un temps. Berlin en sera une un jour. La vraie métropole est objective. Elle a des préjugés comme les autres, mais elle n’a pas le temps de les appliquer. »


Entre Roth et Paris, c’est une véritable histoire d’amour. Envoyé en 1925 dans la capitale française comme correspondant du Frankfurter Zeitung, il est séduit par cette ville et décide de s’y installer définitivement à l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Il vit à l’hôtel, dans un petit établissement, rue de Tournon, à deux pas du Sénat. Quand ce vieil hôtel est démoli, il emménage dans celui d’en face, au-dessus du bistrot qu’il décrira avec un humour mélancolique. Miné par l’alcool dont son ami Sefan Zweig a vainement essayé de le détourner, Roth meurt en 1939.


Bien que devenu entre-temps un écrivain reconnu, Roth continue à écrire des articles pour différents journaux allemands. Chacun des treize articles consacrés à Paris qui constituent ce recueil raconte une petite histoire. Ce qui l’enthousiasme, c’est moins les grands boulevards que l’atmosphère des petites rues, de Montmartre au Quartier Latin, quand vient la nuit. C’est aussi la liberté qu’offre encore Paris aux gens venus des quatre coins du monde, les exilés et les bannis.

Le facteur un homme fluet aux jambes fringantes, comme il convient à sa profession, commence :

 

- Je vous le dis, ça va mal finir, si tout le monde continue comme ça. Regardez un peu, on est là à boire et on ne sait même pas si on pourra le faire dans un an.

 

- Bien sûr que si, dit un homme qui ressemble à un comptable, sûr de sa retraite, de son modeste compte en banque et pourtant taraudé par une vague peur, celle que tout pourrait soudain partir en fumée. Son optimisme n’était en quelque sorte pas la conséquence de ses certitudes mais une conjuration de ses craintes. « Maintenant, tout va se calmer. Je n’ai pas peur. »

 

- Moi, j’ai peur, rétorqua le machiniste. J’ai peur de la mort. On ne pourra plus s’installer au comptoir et boire un coup. Mais j’ai encore plus peur de la vie. Oui, j’ai même peur de cette heure, là maintenant, on est tous joyeux devant ce comptoir. J’ai l’impression que ce n’est pas vrai qu’on est joyeux. Si vous étiez machiniste comme moi, vous auriez sans doute la même impression. Il y a une part de théâtre dans notre vie. Le troisième acte peut-être. Monsieur B. peut vous le confirmer. »

 

B., un acteur de théâtre où travaillait le machiniste, dit « Oui » sans conviction. Il n’avait pas écouté. Il se figurait être le chouchou du public. Il croit donc qu’un seul »Oui » de sa bouche, prononcé sans conviction pour ne pas dire expiré, aurait nettement plus de poids que tous les discours des autres réunis. C’était peut-être la seule raison pour laquelle il était un peu vexé : parce  que les autres avaient trop parlé. Il était en effet entièrement plongé dans sa propre vacuité intérieure dont il écoutait seulement les voix sourdes.

 

« Oui, dit le serveur de nuit, mais qu’est-ce que vous appelez le monde en fait ? Le monde dont vous parlez n’est composé que d’une poignée d’individus. Ils dirigent les destinées du monde. Le monde est leur proie. Qui sait quels sont les intérêts privés de chacun d’entre eux ? Un ministre n’est pas seulement ministre après tout ! C’est aussi un homme. Il a une femme, une maîtresse, un fils. Qu’est-ce qui l’a poussé à prendre telle ou telle décision ? »

 

Les deux policiers robustes et bien enrobés, on aurait dit qu’ils allaient faire sauter les coutures de leur uniforme, déclarèrent d’une même voix : « Tel est le monde. Mais il ne faut pas le dire. » Là-dessus ils se commandèrent encore un café avec un kirsch. (Ils bénéficient d’une ristourne, en quelque sorte)

 

- Pas de politique, dit le monsieur qui ressemblait à un comptable. Il paya et voulut partir. Mais à la porte il tomba nez à nez avec notre vieux chauffeur de taxi, qu’il détestait. Et pour ne pas montrer qu’il le détestait, il fit demi-tour.

 

E chauffeur vient tous les soirs dans notre bistrot. S’il ne comptait pas autant d’années, on pourrait dire qu’il est l’enfant chéri de la maison. Il ne « compte plus les années », on peut dire à son endroit qu’il « compte déjà les journées. » Il a longtemps été conducteur de fiacre. Mais quand l’ère humaine, la période d’humanité des chevaux fut terminée, il est devenu chauffeur de taxi. Et c’est un miracle qu’il puisse l’être encore. Car comme il avait sans doute l’habitude de le faire autrefois, laisser boire ses chevaux à chaque fontaine, il avait maintenant pris l’habitude, peut-être en souvenir et par nostalgie de ses bêtes depuis longtemps équarries, de s’arrêter dans tous les bistrots devant lesquels il passait au fil de ses courses. C’était vraiment un, miracle qu’il puisse encore arriver chez nous à cette heure tardive de la nuit. Mais, c’était un miracle coutumier et déjà quotidien. Comme d’habitude, il prit tout de suite la parole et dit :

 

- Ne vous perdez pas en petites considérations ! Ne me parlez pas de politique ! Moi je sais d’où vient tout le malheur du monde, parce que je suis un cocher. La conscience, messieurs, la conscience a disparu. Elle a été remplacée par l’autorisation. Autrefois tout un chacun avait sa conscience. Il était responsable devant elle. Mes chevaux eux-mêmes avaient encore une conscience. Aujourd’hui, voyez-vous, pour vous donner un petit exemple tiré de notre profession : si un individu traverse en dehors des clous que l’on a disposés sur la chaussée, on a le droit de l’écraser. Quand, à la frontière, un douanier tire d’un compartiment un passager clandestin ou tout paralysé pour le soumettre à une investigation, aucune trace de conscience chez ce fonctionnaire des douanes. Il a non seulement l’autorisation mais en plus il a l’autorité. Et pourtant ce douanier est aussi un être humain. Le ministre à la permission de négocier pour le peuple. L’autorisation tue la conscience. Pour ce qui est des dictateurs, la soi-disant énigme de leur existence tient dans le fait qu’ils se donnent eux-mêmes l’autorisation. Ils ne veulent pass simplement estourbir la conscience, ils veulent aussi la tuer. Les messieurs démocrates ne veulent que l’estourbir. Ce qu’ils ont fait d’ailleurs !  Avec une autorisation après coup. Je connais les chevaux. Messieurs ! Tous les chevaux hésitaient quand un individu traversait la rue. Mon taxi n’hésite pas ! Mes chevaux avaient une conscience. Mon moteur à l’autorisation. Voilà la différence que je vois en toute chose. à mon époque, quand j’étais encore cocher, même un diplomate avait une conscience. Aujourd’hui que je suis chauffeur de taxi, même un député n’a plus que des droits. Fini la conscience du monde ! Fini les chevaux !

 

C’est ainsi qu’il termina son petit discours – et tout le monde se mit à rire. Ils se disaient qu’il était ivre, et il l’était effectivement. Cela correspond d’ailleurs bien aux gens de cette époque qui évitent entre autres la vérité en se fondant sur le fait que celui qui l’énonce cette vérité ne peut raconter que des balivernes puisqu’il est saoul, alors qu’ils sont eux-mêmes saouls. Les deux policiers bien enrobés partirent. Deux heures sonna à l’horloge du Sénat. La patronne dit : « Maintenant on va se coucher. » Et elle commença à mettre les chaises à l’envers sur les tables. On aurait dit que les chaises se préparaient à une cavalcade pour la nuit.                    

 

 

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 06:00

En ce temps-là Libération dans sa rubrique Idées publiait  REBONDS, j’en découpais certains, dont celui-ci que je classais. Dans mon grand ménage je viens de retrouver : Cuisine et Création par Christian Conticini.

 

 

Le Paris-Brest qui, comme son nom l’indique, s'inspirait d'une très vieille classique de la petite reine : le Paris-Brest-Paris créée en 1891 par Pierre Giffard du Petit Journal (elle défuntera en 1951 faute de participants). Elle avait lieu tous les 10 ans et comptera en tout et pour tout 7 éditions (interruption pendant le 2d conflit mondial, reprise en 48).

 

 

 Le gâteau, créé lui en 1910, est censé représenter une roue de bicyclette avec des rayons en pâte à pain (certains pâtissiers, dit-on, perpétuent la tradition des grands Paris-Brest, si vous en connaissez faites-le savoir). Ceux de maman, fine cuisinière et excellente pâtissière, dans mon souvenir, avaient de 35 à 40 cm de diamètre. Pour faire simple le gâteau consiste en une couronne de pâte à choux garnie d’amandes effilées, garnie d’une crème au beurre ou d’une crème mousseline pralinée.

 

 

Revisité par Conticini « affiche les rondeurs de pâte à choux. Une surprise à découvrir : du praliné pur coulant au cœur d’une crème pralinée. 100% addiction... » (Portion individuelle ou pour 4). Les deux sont, pour les amateurs du péché de gourmandise, à se damner.

 

 

Si vous souhaiter lire mes chroniques sur Conticini, renseigner son nom dans la case en haut à droite du blog : RECHERCHE.

 

 

Si je publie ce point de vue c’est que je viens de terminer la lecture du livre de Bruno Verjus : L’ART de Nourrir, qui lui prône une cuisine de produits. Je tenterai de chroniquer sur ce livre.

 

L'art de nourrir de Bruno Verjus - Editions Flammarion

 

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 06:00

TV : ce soir, on écoute Colin Firth dans « Le Discours d'un roi » - Elle

J’ai beaucoup aimé ce film.

 

Le discours d'un roi - la critique

 

Aujourd’hui c’est « Le discours d’un roi » (2012) *

 

Film que l’on pourrait sous-titrer « histoire de la réparation d’un être bousillé par son éducation » Cela me rappelle cette remarque d’un psychanalyste : « Si on ne bousillait pas nos enfants, on n’aurait pas besoin de les réparer. » Et, enfin, pour faire taire les mauvais coucheurs qui voient rouge dès que l’on parle psychanalyse laissons la parole à l’omni présent Gérard Miller qui ne dit pas que des bêtises : « Personne n’oblige quiconque à recourir à l’analyse. Mais si vous en avez assez de souffrir et que vous avez tout essayé, je dis bien tout, peut être que l’analyse mettra fin à vos souffrances »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Un roi avait deux fils, aussi mal éduqués l’un que l’autre. Nous avons David, Prince de Galles et Albert, duc d'York. Le père, le roi Georges V plus que strict sur l’éducation disait : « mon père avait peur de sa mère, j'avais peur de mon père et je vais m'assurer que mes enfants aient peur de moi ». Le Prince de Galles, jouant de sa position, mène une vie de patachon totalement irresponsable qui irritait son père. Georges V reporta toute son affection et ses espoirs sur Albert, plus réservé et qui n’en demandait pas tant. Son père voulait le préparer à être roi, persuadé que David courait à la catastrophe pour lui-même et la royauté. De fait, le Prince de Galles, plus capricieux que jamais, s’entêta à épouser Wallis Simpson, américaine divorcée qui devait avoir des talents couchés. C’était aller contre l’avis du gouvernement. Le premier ministre Baldwin s’y opposant fermement ce qui permit au Canard Enchainé de titrer, à propos de cette affaire : « On ne Baldwin pas avec l’amour »

 

 

Bref, si tout cela se trouve dans le film (sauf le titre du Canard) l’essentiel tourne autour de l’affrontement entre Albert devenu le roi Georges VI et un orthophoniste australien nommé Logue. Car, et c’est un énorme problème, au moment où se développent les techniques audio-visuelles, le futur roi est bègue. Logue, tout en douceur, mais avec beaucoup d’énergie, bouscule le roi. Il commence à l’appelé par son surnom intime de  « Bertie ».

 

 

Désarçonné et rétif Albert entend renvoyer Logue. Celui-ci lui fait le pari que, quoique bègue, il est capable de réciter le monologue d’Hamlet « To be or not to be » tout en écoutant « Le mariage de Figaro ».

 

 

Les Anglais sont joueurs, Albert accepte. Logue enregistre et propose au roi d’écouter l’enregistrement. Celui-ci convaincu que cela ne pouvait pas marcher, refuse d’écouter et, en colère, renvoie Logue qui, néanmoins, lui remet le disque.

 

 

Le roi écoutera le disque plus tard et découvrira qu’il n’a pas bégayé. Poussé par sa femme  qui l’accompagne, Albert accepte une thérapie limitée à des techniques de relaxation musculaire et de contrôle de la respiration. Mais Logue continue à sonder les racines psychologiques du bégayement. Chaque nouvelle étape où le futur roi est confronté à des mauvais souvenirs d’enfance, patient et thérapeute sont au bord de la rupture. Puis les deux hommes vont finir par devenir amis.

 

 

Réalisation

 

 

Derrière la caméra : Tom Hooper. Thomas George « Tom » Hooper est un jeune réalisateur britannique, né en octobre 1972. En 2010 on ne lui connaît que deux films. C’est l’année où il réalise « Le discours d’un roi » C’est un coup de maître. Le film cumule succès critique et public. Il décroche 4 trophées majeurs aux Oscars dont meilleur film et meilleur réalisateur.

 

 

Qui fait quoi

 

 

Colin Firth : Albert dit « Bertie », duc d'York et futur George VI

 

Trailer du film Le Discours d'un roi - Le Discours d'un roi Bande-annonce  VO - AlloCiné

 

Quel acteur ! Quelle finesse de jeu. Il peut jouer à peu près ce qu’il veut.

 

 

Tous se souviendront de sa performance dans « Love actually » (2003) Film sans queue ni tête qui permet à une pléiade d’acteur de faire leur numéro. Colin Firth y tient le rôle d’un écrivain qui tombe amoureux de sa bonne portugaise et qui un soir de noël fonce à Lisbonne pour la demander en mariage : hilarant !

 

 

On le repère aussi dans « L'Importance d'être Constant » (The Importance of Being Earnest) 2002, d'après la pièce de théâtre L'Importance d'être Constant d'Oscar Wilde. Là encore tout en finesse au côté d’un autre grand, Ruppert Everett tout aussi fin.

 

 

Il est également à l’affiche de «Le Journal de Bridget Jones» (2001)

 

 

Il est un Valmont très convaincant face à Annette Bening dans « Valmont » (1989) réalisé par Miloš Forman, excusez du peu. Cependant ce film entre en concurrence avec « Les Liaisons dangereuses » (1988) (Dangerous Liaisons) de Stephen Frears avec John Malkovitch en Valmont et Glenn Close en Merteuil. Une toute autre interprétation. Frears l’emporte sur Forman dont l’insuccès faillit faire mordre la poussière à son producteur français Claude Berri

 

 

Quoiqu’il en soit, l’Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur lui sont attribués pour ce rôle de « Bertie »

 

 

Geoffrey Rush: Lionel Logue

 

Le Discours d'un roi » Le lecteur Samulak

 

Je connaissais mal cet acteur australien pourtant détenteur d’un Oscar du meilleur acteur dans Shine en 1997. Je l’avais repéré dans «Le tailleur de Panama» (2001) sur lequel on pourra revenir.

 

 

Son jeu toute en finesse lui aussi, proche d’une ironique componction est un régal. Dans le rôle de Logue il mélange un sens de l’existence très libéré avec un classicisme très britannique. Le cheminement qu’il fait avec « Bertie » et qu’il lui impose tout en douceur est des plus savoureux.

 

 

Helena Bonham Carter: Elizabeth

 

Le discours d'un Roi : le discour d un roi helena bonham carter colin firth  | zoom-Cinema.fr

 

Je ne connaissais pas non plus cette actrice pourtant célèbre pour ses rôles dans les Harry Potter ou ses collaborations avec Tim Burton metteur en scène de talent adepte du fantastique. Ciné papy ne prise guère ce genre cinématographique pas plus que les séries au succès mondial comme « The Crown » ou elle tient le rôle de Margareth dans les saisons III et IV.

 

 

Dans « Le discours d’un roi » Elle est l’épouse d’Albert puis futur reine quand Albert monte sur le trône sous le nom de George VI. Elle est parfaite dans son rôle d’épouse attentionnée. Elle illustre avec beaucoup de justesse la réalité historique d’un couple très uni, aimé des Anglais. Rappelons que George VI et sa femme sont restés à Londres pendant le « Blitz » aux côtés des Londoniens très éprouvés alors que tout le monde leur recommandait de partir.

 

 

Michael Gambon : George V

Le discours d'un Roi : le discour d un roi michael gambon | zoom-Cinema.fr

 

Nous avons déjà parlé de lui dans « Les leçons de la vie » On le retrouve ici dans un rôle qui lui convient, plein d’outrance, joué sans outrance aucune.

 

 

Timothy Spall : Winston Churchill

Le Discours d'un roi” de Tom Hooper | Angle[s] de Vue

 

Ce curieux acteur a joué dans quelques cinquante-quatre films en quarante ans de carrière avec de très grands metteurs en scènes Il interprète un Churchil assez convaincant qui n’a rien à voir avec ses rôles de Peter Pettigrow dans les divers « Harry Potter » Ciné papy en profite pour signaler qu’il n’aime pas ce genre de saga. Bon père, à l’époque, il a emmené ses enfants et leurs copains voir « La guerre des étoiles I et II » Il se souvient qu’à la sortie de la projection du numéro II il s’était réjoui à la seule pensée que lorsque sortirait le numéro III les enfants seraient assez grands pour aller au cinéma tout seul. Timothy Spall a également joué un historien révisionniste dans  « Le Procès du Siècle » (2016) sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

 

 

Derek Jacobi : Cosmo Lang

 

The madness of King Edward VIII: Shocking letters hidden for 76 years  reveal Archbishop accused Monarch of insanity, alcoholism and persecution  mania - and forced him into abdication crisis | Daily Mail Online

 

Les amateurs du petit écran se souviendront de lui car il incarnait le moine enquêteur de la série au succès mondial « Cadfael »

 

 

Temps forts

 

 

Curieusement, j’ai du mal à en trouver. Tout le film est un temps fort. Tout le film traduit la tension avec laquelle vie Bertie On est confronté à sa solitude et son angoisse face à ce qui l’attend. Cette angoisse se transforme en panique quand il est confronté à son passé qui le déstabilise encore plus à chaque fois. Et à chaque fois, Logue qui passe pour cet empêcheur de vivre caché, apparaît comme être seul responsable et à l’origine de ce drame intime. Cette angoisse rejaillie sur le thérapeute qui encaisse sans maudire. Calme et serein il apaise le futur roi. Quand celui-ci sera vidé de cette angoisse, il partagera la paisible assurance de Logue et, pacifié avec lui-même trouvera l’énergie de prononcer le discours d’un roi

 

Pax

 

Prochainement « Un dimanche comme les autres» Sunday Bloody Sunday en vo

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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 06:00

 

Longtemps j’ai déjeuné le mercredi, assis au bar de Giovanni Passerini, et puis un soir de passage dans le quartier, heureux hasard, j’ai traversé la rue, poussé la porte d’ICI MÊME qui, à cette époque, portait deux casquettes, cave à manger et galerie. Bien m’en a pris, ce fut une soirée mémorable, j’y découvris, grâce à Claire, une brassée de pépites de vin nu.

 

 

ICI MÊME, me séduisit, une belle cave de quartier, près du marché d’Aligre, 68 rue de Charenton dans le 12e arrondissement, des vins en liberté, en toute sincérité, bar à vins en soirée où il fait bon se retrouver entre amis autour d’une belle bouteille, se régaler, pour refaire le monde, tailler des bavettes, causer cépages, découvrir des vins nature.

 

 

À Paris, comme ailleurs, nous avons connu avec la Covid 19 l’extension des terrasses, où, enfin démasqués, à l’air libre, certes un peu pollué, il était enfin possible de pratiquer notre sport national : casser du sucre sur le dos des gouvernants, avec une cible majeure : notre jeune président.

 

 

À ICI MÊME la terrasse existait déjà, avec la bénédiction et une rétribution à la mairie, sous un bel auvent bleu marine, les déconfinés ont pu grâce à Angel se mettre à l’heure espagnole en savourant des patatas bravas.

 

 

Les patatas bravas seraient nées à Madrid dans les années 1960 lorsque deux bars ont décidé de proposer une version peu chère et savoureuse d’un plat de pommes de terre arrosé d’une sauce rouge. Le succès a tout de suite pris et très vite. Depuis 2008, les patatas bravas sont un des nombreux plats traditionnels de l’Espagne qui figurent au classement établi par l’Unesco. Ça ne plaisante pas !

 

Les patatas bravas sont peut-être le plus moderne des plats typiques de Madrid et, probablement, le seul dont l'origine soit véritablement indigène à la capitale du royaume, en plus d'être l'un des plus populaires et l'un des plus répandus, avec les plus grands ou moins fidélité à la recette originale, pour le reste de la péninsule.

 

Curieusement, il n'y a pratiquement aucune documentation sur le sujet, et la première référence au terme « patatas bravas » dont nous avons la preuve date de 1967 lorsque Luis Carandell   dans son livre « Vivre à Madrid » et dans le chapitre consacré au bavardage écrit : « Las patatas bravas, que l'on appelle dans certains endroits ' patates a lo poor ', ce sont des pommes de terre sautées à la sauce piquante, comme on imagine que les pauvres mangeraient des pommes de terre, c'est-à-dire tartiner du pain sur la sauce »

 

La pomme de terre a toujours été considérée comme un aliment de base de la paysannerie et du prolétariat industriel. Il n'apparaît pas dans les livres de cuisine classiques et dans les livres modernes il fait l'objet de réticences, ils le décrivent comme « un légume bon marché et vulgaire qui protège les gens de la faim ». D'où les fameuses pommes de terre aux pauvres que l'on mangeait dans le Madrid du  XIXe siècle. En accord avec cela, Angel Muro en 1893 a écrit :

 

« ... n'importe quelle sauce, n'importe quelle vinaigrette, connue ou à connaître, convient aux pommes de terre, [...] même au suif et au safran, c'est ainsi que les pauvres de Madrid les dépensent. »

 

Angel, est espagnol, né à Segorbe, en castillan (Sogorb en valencien), commune d'Espagne de la province de Castellón dans la Communauté valencienne. Elle est le chef-lieu de la comarque de l'Alto Palancia. Après un premier job en cuisine au Lavinia-Défense  (chef Etienne Berg)  il part à Lyon à la brasserie Georges puis « remonte » à Paris pour une formation vin, en alternance à ICI MÊME, puis une embauche.

 

 

La recette des patatas bravas est simple, pour être “bravas”, les “patatas” doivent être accompagnées d’une sauce rouge et piquante, ce qui les rend “braves, courageuses” (d’où le nom). C’est là que les choses se compliquent car selon où vous vous trouvez en Espagne, la recette de la sauce va changer : l’ingrédient principal sera différent, la sauce sera plus ou moins piquante, plus ou moins élaborée, plus ou moins liquide etc. Pour simplifier, on peut dire qu’il y a deux grands courants : les partisans de la sauce “brava” élaborée avec de la tomate (Madrid), et ceux qui la préparent avec du poivron rouge (Valence, la Catalogne)

 

Angel est de la province de Valence, donc pas de tomates dans la sauce.

 

 

Préparation de la sauce

 

Dans une poêle faire revenir à feu doux dans de l’huile d’olive un oignon émincé, lorsqu’il est blond saupoudrer de piments poudre AOP Vera (le piquant 1 cuillerée à café, le doux 2 cuillerées à café), ils ne doivent pas roussir : les mélanger à l’oignon avec une cuillère en bois. Ajouter une cuillérée à café de farine, faire un roux blond, verser un verre de fond de poulet tiède, réduire pour obtenir une texture épaisse. Mixer. Passer au chinois.

 

Pour les pommes de terre deux méthodes : cuisson à l’eau ou au four 180°

 

 

Angel conseille de boire avec ses patatatas bravas un pinot noir alsacien

 

 

Le Bleu Pinot Noir 2020 Litre

Brand & Fils

Alsace - Année 2020

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19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 06:00

 

Retour en force du Taulier sur le vin…

 

Au tout début de juin 2006, en une nuit, une belle nuit douce et étoilée, partout en France, dans les villes et villages, sur les chariots d'hyper et de super, même de hard, aux grands carrefours, aux portes des usines et des bureaux, des affichettes et des sticks : La FRANCE en ROSE ? Coup éclair, affichage sauvage, les autorités se taisent. Bien sûr la presse régionale et nationale suppute, les journaux télévisés subodorent un coup médiatique d'une étoile montante de la galaxie politique, les correspondants étrangers alertent leurs rédactions. Tout le monde en parle...

 

Huit jours plus tard même offensive éclair, les affichettes et les sticks proclament : le ROSE est mis ! Dans le même temps, à Londres, une grande campagne d'affichage couvre les murs : sur fond blanc : The ROSE ! La leur, celle qu'ils arborent sur les maillots de leur équipe nationale de rugby. Là, tout le monde des médias s'emberlificote, ne sait plus quoi penser mais ça ne les empêche pas d'écrire ou de causer. Un grand magazine titre : un coup royal ! En voyant une alliance entre le Poitou et Tony Blair. Tout le monde en parle : d'Ouzbékistan aux Iles Vierges...

 

Trois jours après sur les murs de Paris, des grandes villes de France, aux abords des hypers et des supers, des usines et des bureaux, à Londres, une belle affiche : le ROSE est la couleur des Rosés de France. Et dans le même temps dans les cafés, les restaurants, les pubs le ROSE est mis dans de beaux verres sur des ronds de verre et...

 

C'était une campagne initiée par "SANS INTERDIT" qui n'a trouvé aucun écho auprès de ceux qui pourraient s'unir. Ils préfèrent choisir la couleur du papier peint de la salle de réunion, de la taille de la bassine, faire leur petite campagne perso ou prospecter les marchés porteurs du Vietnam ou des Galápagos... Pour ma part, comme l'avait fait Michel Laroche - que je salue car il est abonné - et son équipe à Vinexpo, pour une journée du Rosé, je vais me contenter d'arborer une chemisette type Lacoste ROSE en prenant le risque qu'on me dise que je fasse de la politique. Ainsi va la France mes chers lecteurs, les présidents y sont plus nombreux que les fromages et nous regardons passer les trains. Bon Pont et diffusez l'info... Soyez réactifs !

 

ICI 

 

 

15 avril 2009

Supplément saumon de Vin&Cie sur « l’affaire du rosé pur »

 

Dans ma chronique du 27/03: « On ne nous dit pas tout… », une source bien informée me dit des choses inavouées sur le « mesclun » des rosés ICI je m’efforçais de mettre sur la table des éléments objectifs d’information. Depuis, l’affaire suit son cours normal à la française : On pétitionne pour sauver la pureté du rosé ; On sonde les Français : vive l’opinion publique ! ; On tente d’informer : Bernard Burtschy courageusement s’y colle dans le Figaro ; On tonne : Périco Légasse s’y colle avec sa finesse coutumière…

 

Moi je ne pétitionne jamais ; j’adore les sondages qui ne veulent rien dire sauf ce que les commanditaires veulent leur faire dire ; j’aime les gens courageux qui font leur métier même à contre-courant ; j’ai un « faible » pour la grosse mauvaise foi en béton armé de Périco Légasse.

Enfin, parce que j’adore mettre mon grain de sel dans le potage : tout à la fin je fais une suggestion de valorisation des vrais rosés.

 

ICI

 

La vie en rose

 

« Tout commence en 1945 quand Édith rejoint, à la terrasse d’un café, Marianne Michel, une bonne copine elle aussi chanteuse qui se plaint auprès de son amie de ne pas rencontrer le succès. Marianne n’est pas venue seule. Elle est avec son nouveau fiancé qui tape tout de suite dans l’œil d’Édith. Pour consoler Marianne, Piaf griffonne sur un coin de table : « Quand il me prend dans ses bras/ qu’il me parle tout bas / je vois les choses en rose. » Marianne lui fait remplacer « les choses » par « la vie ». Quelque temps plus tard, Édith lui donne la chanson qu’elle trouve trop mineure pour son répertoire et lui pique son fiancé. Mais Marianne fait un tabac dans les cabarets avec cette Vie en Rose… Vexée de son erreur de jugement, la môme lui reprend son cadeau et l’enregistre le 9 octobre 1946. Quant au fiancé, l’histoire ne dit pas si elle l’a rendu… »

Le rosé est tendance, Brad Pitt, Angelina Jolie, Georges Clooney, Sacha Lichine, John Malkovich, George Lucas, Début 2021, la maison Chanel a fait parler d'elle en achetant un deuxième domaine sur l'île de Porquerolles. En face, le géant du luxe LVMH a acheté en 2019 un des 18 crus classés de Provence, château du Galoupet à La Londe-les-Maures.

 

Sur une carte, Mme Maligne situe quelques-uns des chefs d'entreprise qu'elle a installés: l'horloger de luxe Richard Mille en 2019, le cachemirier Eric Bompard en 2014, le fondateur du prestataire télécoms Itancia Yan Pineau en 2011 ainsi que le milliardaire britannique spécialisé en immobilier de bureaux Mark Dixon.

 

Son confrère a sa propre liste de grands patrons atterris dans le vignoble: l'industriel de la charcuterie Michel Reybier (Cochonou, Aoste et Justin Bridou) qui a repris en 2020 un domaine au magnat américain Tom Bove, le producteur TV Stéphane Courbit en 2019, le roi des chips William Chase (Tyrells Crisps).

 

Dans cette course aux hectares, les professionnels du vin ne sont pas en reste. Les champagnes Bruno Paillard ont ouvert la marche en 1995 à Saint-Antonin-du-Var, avant que ne débarquent des géants du négoce viticole comme Castel, Chapoutier, Mora, Magrez, Béjot, Aegerter, etc. Dans le monde agricole, LVMH inquiète même: « Si demain Bernard Arnault s'étend encore, il va définir le cours du vin », frémit un vigneron qui préfère garder l'anonymat.

Angelina Jolie et Brad Pitt se lancent dans le vin - L'Express Styles

Bref, les murs de la GD sont de plus en plus rosés, et les gens du Monde par l’odeur alléchés ce sont mis à 4 pour proposer une SÉLECTION

 

Des rosés de qualité, alliant légèreté et acuité du goût, des bulles rosées, des pétillants naturels… L'été se prête aux dégustations entre amis. Voici les bouteilles sélectionnées par « M ».

 

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Je signale aux 4 beaux nez que le Clairet bordelais n’est pas un rosé :

 

28 novembre 2012

 

À Bordeaux le Clairet de château Massereau des Chaigneau fait le miel du Taulier

 

Le taulier est fou du Clairet mais les Bordelais emboitant le pas  à la tendance se sont mis dans la tête de faire du « rosais » comme ces marauds de Provençaux. Grand bien leur fasse mais, tout même, lorsqu’on a le privilège de pouvoir élaborer du Clairet on en fait un must, parole de Taulier. Je sais le Clairet n’est pas du rosé mais pour une fois qu’une ambiguïté linguistique concernant une dénomination d’un de nos vins, à Bordeaux de surcroît, est le fruit de nos amis anglais, si prompt à nous moquer pour les subtilités de nos AOC, je ne résiste pas au plaisir de chroniquer. Claret, clairet, sont des héritages so british, et dans son chapitre 4 Jane Anson conte avec détails et précisions l’histoire des New French Clarets dès les années 1660, « où Arnaud III de Pontac s’était aperçu qu’il ne suffisait pas de faire un grand vin, il fallait le vendre… » et il envoya son fils, François-Auguste, accompagné d’un de ses maître-queux,  à Londres en 1666 à la fin d’une épidémie de peste bubonique et le grand incendie de la ville…

 

ICI 

 

MON CHOIX EST TRÈS CLAIRE ICI MÊME

 

 

 

Vins rosés : la sélection du « Monde »

ICI

 

Isabella Cotier pour M Le magazine du Monde

VINS ROSÉS

 

Beaujolais

 

Maison Jean Loron, Jean, beaujolais, 2020

Dans la famille beaujolais, ce gamay rosé, en pressurage inerte pour éviter toute oxydation et conserver une belle fraîcheur au jus, est bien séduisant. Des petits fruits rouges, groseilles
et framboises, une touche de fleur d’acacia. Simple et efficace pour accompagner l’été, pâtes au pesto, côtes d’agneau au grill, salade
de fruits rouges…7 €. loron.fr

 

Bordeaux

 

Château La Freynelle, bordeaux clairet, 2020

 

Ce clairet conçu par Véronique Barthe est éminemment sympathique, avec sa robe soutenue, un nez puissant et très aromatique. On est loin des typicités provençales souvent marquées par le pamplemousse. Ici, le fruit, fraise et framboise, est bien mûr avec des touches acidulées qui confèrent à l’ensemble une belle fraîcheur. Haute valeur environnementale (HVE). 7 €. vbarthe.com

 

Château Peybonhomme, Rosita Bomba, 2020

 

Voici une des dernières trouvailles de Rachel Hubert, un rosé de pressée, à base de merlot (70 %) et de cabernet franc (30 %). Outre l’étiquette qu’on adore – référence à Anita Bomba, l’héroïne de la BD d’Éric Gratien et de Cromwell –, ce rosé est goûtu, avec un fruit incroyable, des fraises et de la grenadine. C’est un vrai vin charnu et ample. Biodynamie. 12 €. hubert-vigneron.com

 

Clos Dubreuil, Clara, bordeaux clairet, 2019

 

Cette jolie propriété classée grand cru à Saint-Émilion produit un clairet d’une élégance remarquable. Avec la robe rose sombre qui sied à ce type particulier de rosé, un nez intense de framboise et de cerise, il démarre avec beaucoup d’ampleur et de gras en bouche mais s’affine sur la longueur, ce qui évite toute lourdeur au palais. A servir à table. 17 €. closdubreuil.fr

 

Corse

 

Yves Leccia, E Croce, corse patrimonio, 2020

 

Fraîcheur et minéralité caractérisent souvent les blancs et les rosés de patrimonio, AOC sous influence maritime dont les domaines s’épanouissent au pied du cap Corse. C’est le cas de cette cuvée, composée à 80 % de nielluciu et de 20 % de grenache. Légèrement épicé, mais d’une jolie tension, cet E Croce possède une précision qui est souvent la signature des vins d’Yves Leccia. 16 €. Yves-leccia.com

 

Languedoc-Roussillon

 

Domaine Cazes, Le Canon du maréchal, côtes-­catalanes, 2020

 

Véritable institution du Roussillon, possédant le plus grand vignoble en biodynamie de France (220 ha), le Domaine Cazes partage sa production entre vins doux mutés (banyuls, rivesaltes) et vins secs. Plus fruitée, souple et friande que les Clos de Paulilles, la gamme du Canon du maréchal (les vignes ont appartenu au maréchal Joffre) se distingue en particulier en rosé, grâce à une bouche riche en fruits rouges et bonbons anglais. 8 €. Cazes-rivesaltes.com

 

Domaine de la Sapinière, malepère, 2020

 

C’est le genre de rosé qu’il faut boire bien frais, sur la facilité et la légèreté. Couleur saumon très pâle, il est conçu pour être bu rapidement, presque comme pour se désaltérer. Un style estival et décontracté totalement assumé. 10 €. domainedelasapiniere.com

 

Lanye Barrac, Le Cochon lunatique, saint-chinian, 2020

 

Enorme coup de cœur pour ce rosé aussi atypique qu’irrésistible, à la robe d’un rose franc. Au nez, c’est un jus de fruits explosif de fraise gourmande, de framboise, de grenadine. Aucune sucrosité en bouche pourtant, il a la tonicité qu’il faut, et même une petite amertume qui rappelle le pamplemousse et lui donne de l’allant. À base de grenache (60 %) et de cinsault, il n’est ni filtré ni collé, et ne contient qu’une infime dose de soufre. Certifié biodynamie, label Vin méthode nature. 11 €. lanye-barrac.fr

 

Loire

 

Domaine de Lachaux, La Vigne de Nicolas, côtes-d’auvergne-corent, 2020

 

Sur le terroir basaltique de ce petit domaine (6 ha) du Puy-de-Dôme, entre parc naturel des volcans d’Auvergne et du Livradois-Forez, Yolande et Thierry Sciortino produisent, entre autres, du corent, une dénomination n’existant qu’en rosé. D’un exceptionnel rapport qualité-prix, cette bouteille assemblant avec un fruité légèrement poivré gamay (80 %)
et pinot noir (20 %) régalera sur tous les barbecues de l’été. 6,50 €. Tél. : 06-64-18-48-84.

 

Château de Minière, bourgueil, 2020

 

Essentiellement rouge, comme il se doit à Bourgueil, le répertoire de ce domaine cultivé en bio se partage entre cabernets francs charpentés (issus de vignes centenaires) et d’autres plus fruités, à boire dans leur jeunesse. C’est dans ce dernier registre que s’illustre ce rare rosé, friand à souhait, avec ses notes de pêche et d’agrume, s’affirmant à petit prix comme une belle alternative à ses cousins provençaux. 8,50 €. Tél. : 02-47-96-94-30.

 

Château de la Grille, chinon, 2020

 

Cépage roi de bien des rouges de Loire, le cabernet franc produit aussi quelques rosés se prêtant avec une bienveillante légèreté aux jeux estivaux. Tout en fraîcheur et fruits rouges, ce chinon du Château de la Grille, exploité, depuis 2009, par le tandem Baudry-Dutour, sera un idéal compagnon d’apéro en bord de Vienne, avant un dîner mettant en vedette légumes et poisson. 11 €. Chateau-de-la-grille.fr

 

Jean-Michel Sorbe, La Muse, reuilly, 2020

 

A base de pinot gris, ce reuilly dévoile rapidement ses touches délicates et fruitées de pêche de vigne. Les arômes fleuris ne sont pas absents, avec des roses fraîches, des pivoines qui composent un rosé disponible pour tout le repas, salades, charcuteries, mets exotiques… HVE. 12 €. josephmellot.com

 

Henri Bourgeois, Les Bonnes Bouches, sancerre, 2020

 

Dans son fief de Chavignol, la famille Bourgeois fait surtout rayonner le sauvignon dans une gamme multiple de blancs, souvent de haut niveau (La Côte des Mont Damnés, La Bourgeoise…). Mais pour un pique-nique dans les coteaux vallonnés du Sancerrois, ce rosé de pinot noir, tout en gourmandise florale et acidulée, fera merveille avec les charcutailles, un poulet froid, un chavignol pas trop sec et quelques fraises. 16 €. henribourgeois.com

 

Provence

 

Bastide de Blacailloux, Saint-Probace, vin de pays du Var, 2020

 

Pas moins de cinq cépages composent ce rosé franc et gourmand. D’une robe couleur incarnat, il a un goût de cerise, fraise et framboise, mais sans sucrosité. Croquant, équilibré et frais, on l’aime à l’apéritif avec des beignets de crevette. 7,70 €. bastide-de-blacailloux .com

 

Château Beaulieu, Basalte, by Beaulieu, coteaux-d’aix-en-provence, 2020

 

Parce qu’il naît sur le terroir volcanique d’un ancien cratère, ce rosé porte le nom de la typicité de son terroir. Composé de fossiles, son sol contribue à une finesse minérale étonnante. Du coup, ce rosé singulier offre un toucher cristallin, frais, structuré. 8,95 €. chateaubeaulieu.fr

 

Château La Verrerie, côtes-de-provence, 2020

 

Grâce à ses arômes fleuris quasi guillerets, ce rosé inspire l’élan, la joie et le partage. Fond sur une belle matière, née de grenache et de cinsault, il reste classique dans sa texture. Une perle, certifiée bio. 11,50 €. chateau-la-verrerie.com

 

Château de Sannes, 1603, luberon, 2020

 

L’assemblage de cépages rouges (syrah et grenache) et blancs (vermentino et ugni blanc) en fait un rosé clair à l’œil et frais en bouche. Ses saveurs citronnées sont vives et se déploient vers des notes de pamplemousse. Du coup, la cuisine asiatique lui va bien. Un ensemble délicat et équilibré, certifié bio. 12 €. chateaudesannes.fr

 

Domaine de la Navicelle, côtes-de-provence, 2020

 

Le joli domaine sis au Pradet (Var), au pied du massif de la Colle-Noire, profite du littoral et des cépages qui s’y épanouissent. Tels le tibouren et le mourvèdre qui composent, avec le grenache, cette très belle cuvée. Ses notes aromatiques de fruits jaunes, de melon, un peu de fenouil et quelques épices séduiront les amateurs de rosé frais et de gastronomie. Bio. 15 €. domainedelanavicelle.com

 

La Bastide Peyrassol, côtes-de-provence, 2020

 

Ce domaine, qui régale autant les yeux (avec sa stupéfiante collection d’art contemporain) que les papilles, a créé cette nouvelle cuvée, qui exprime clairement son fruité, notamment grâce à sa dominante de grenache. Un nez de fraise des bois, une bouche aérienne, une certaine tendresse en finale. Pour l’apéritif ou pour une cuisine estivale, légère. 15 €. vignobles-austruy.com

 

 

Château Maïme, Héritage, côtes-de-provence, 2020

 

Fidèles de nos rendez-vous estivaux et rosés, les vins de Pierre-Jean Sibran et Jean-Michel Garcia continuent de séduire. Tel cet Héritage (qui se décline aussi en blanc et en rouge), qui propose ses notes gourmandes d’agrumes légèrement acidulés. Disponible pour un agneau (provençal, évidemment), des sushis, une salade de fruits rouges… 15,80 €. chateau-maime.com

 

Jean-André Charial, L’Affectif, les Baux-de-provence, 2020

 

Le nom de cette cuvée si éloquent traduit bien l’identité de ce vin. « Affectif », certes, mais cela n’empêche pas la précision. Ce rosé surprend par son équilibre parfait, sa texture bien enrobée et sa tendresse. Finale sur des notes acidulées de fraise des bois et de groseille. Il est certifié en biodynamie. 16 €. laffectif.com

 

Château Crémade, palette, 2019

 

Cette minuscule appellation d’Aix-en-Provence recèle des trésors. Comme ce rosé enchanteur, né de l’assemblage de 12 cépages locaux, parmi lesquels le durif, le castet, le brun-fourcat, le manosquin, et de vieux muscats noirs. Dans le verre, voici un vin à la couleur saumonée qui se révèle épicé, vineux, à mille lieues des vins stéréotypés de Provence. On le sert à table, sans hésiter, avec par exemple un loup (un bar hors de la région) cuit au four. 16 €. chateaucremade.fr

 

Ultimate Provence, Up, côtes-de-provence, 2020

 

Voici un rosé aux saveurs étonnantes par ses notes de citron mûr qui feraient penser à un vin blanc. Il serait amusant de le goûter dans le noir pour savoir si on pense à un rosé. Toujours est-il que ce sont bien des cépages rouges qui le constituent : syrah, cinsault, grenache, avec néanmoins un peu de rolle, qui est blanc. Ensemble très harmonieux et légèrement épicé. 16,50 €. ultimateprovence.com

 

Château La Gordonne, La Chapelle Gordonne, côtes-de-provence-pierrefeu, 2020

 

Propriété de Vranken Pommery, cet immense domaine (plus de 300 ha), s’étalant sur les coteaux schisteux de Pierrefeu-du-Var, élabore des vins d’une élégante ampleur. À l’instar de cet assemblage de grenache, syrah et cinsault, équilibrant joliment fraîcheur d’agrume et une voluptueuse longueur en bouche, qui fit mouche, l’autre soir, sur des rougets poêlés au beurre d’anchois. 18 €. lagordonne.com

 

Château Romanin, les baux-de-provence, 2020

 

C’est l’un des plus beaux rosés de l’été, qui s’impose toujours par sa densité régulière. Ses nuances se dévoilent peu à peu. Un rosé qui ne dit pas tout dès le premier verre, c’est rare. Salivant, celui-ci délivre ses notes peu à peu, des herbes aromatiques aux fruits exotiques, en passant par des fleurs délicates. Certifié en biodynamie. 18 €. chateauromanin.fr

 

Minuty, Prestige, côtes-de-provence, 2020

 

Château Minuty a lancé, à côté de la production « maison », des vins de marque issus du négoce. Franche réussite avec ce vin, d’une superbe finesse, floral au nez, et qui n’est pourtant pas dénué de longueur. À apprécier très simplement, sous la chaleur de l’été. 18,50 €. minuty.com

 

Château d’Estoublon, les baux-de-provence, 2020

 

Aussi réputé pour ses vins que pour son huile d’olive, ce château, repaire de l’œnotourisme au cœur des Alpilles, propose un rosé (certifié bio, comme tous les vins de l’AOP les baux-de-provence) qui s’épanouit les yeux fermés sur la gamme des spécialités méditerranéennes – des tians de légumes à l’anchoïade, des brochettes d’agneau aux poissons grillés à la plancha… En équilibre parfait entre fraîcheur et complexité. 19,50 €. Estoublon.com

 

Domaine La Courtade, La Courtade, côtes-de-provence, 2020

 

Bercé par les influences de la Méditerranée, puisque le domaine se trouve sur l’île de Porquerolles, ce rosé a profité d’une tempérance (relative) qui lui confère élégance et puissance. L’assemblage de grenache (50 %), de mourvèdre (30 %) et de rolle (20 %) est juste bien dosé et vinifié en barrique de 400 litres pour apporter des touches fines de pêche et de brioché en même temps. Un régal. Bio. 24,50 €. lacourtade.com

 

Château Saint-Maur, Excellence, côtes-de-provence, 2020

 

Pourquoi faire simple quand on peut faire complexe ? L’assemblage de huit cépages procure à ce vin sa puissance, sa longueur en bouche sans compromettre une vivacité et une fraîcheur de bon aloi quand le soleil réchauffe l’atmosphère. Les fruits y composent une véritable symphonie, qu’ils soient agrumes, exotiques, blancs ou rouges. Un plaisir toujours au rendez-vous. 25 €. chateausaintmaur.com

 

Château Léoube, Le Secret de Léoube, côtes-de-provence, 2020

 

Le superbe domaine de Bormes-les-Mimosas propose une gamme fournie : pas moins de quatre rosés et deux effervescents dans cette couleur. Allons plutôt sur Le Secret, qui allie tension et complexité. Discret au nez, il s’ouvre vite sur des arômes minéraux, fruités et floraux. Il faut le laisser venir et sa finale délicate se prolongera longtemps en bouche. 26 €. leoube.com

 

Rhône

 

Château d’Aqueria, tavel, 2020

 

Ce vin est un véritable cocktail aromatique, fruits rouges, blancs, un peu d’épices, le tout dans un bel équilibre. C’est sûrement grâce à l’assemblage de huit cépages, des grenaches, de la clairette et du cinsault pour 80 %, mais aussi de la syrah, du mourvèdre, du bourboulenc et du picpoul. Bravo, donc, pour cette complexité et cette précision. 12,20 €. aqueria.com

 

Domaine de la Mordorée, Reine des bois, tavel, 2020

 

La robe est d’un rose soutenu, les arômes sont complexes, faisant la part belle aux fruits rouges, fraises et framboises. Pas de doute, on est bien à Tavel, la « capitale du rosé », dans le beau domaine tenu par Madeleine Delorme. Le vin est précis, long en bouche et fera honneur à la table. Chaque année, on aime. En biodynamie. 16,90 €. domaine-mordoree.com

 

Sud-Ouest

 

Domaine Le Roc, Ninette, fronton, 2019

 

Il y en a, mais pas seulement : la fameuse négrette, le cépage typiquement frontonais, est bien présente dans cette cuvée. Mais elle est assemblée avec de la syrah, ce qui apporte souplesse et rondeur à l’ensemble. C’est donc un rosé qui possède un vrai caractère, plutôt épicé et persistant, qui peut accompagner des plats consistants. 8 €. leroc-fronton.com

 

Nicolas Carmarans, Minimus, vin de France, 2020

 

Si l’Aveyron est parfois considéré comme le nouveau pays de cocagne des vins naturels, il le doit en particulier à Nicolas Carmarans, ancien bistrotier parisien (le Café de la nouvelle mairie, près du Panthéon) revenu dans son Aubrac familial travailler des vignes dominant la Truyère. Ses rouges domptent avec élégance le rustique fer servadou qui, en rosé non filtré et presque sans soufre, s’écoule en un fluide gouleyant et léger (11,5°). 17 €. Cavistes.

 

BULLES ROSÉES

 

Alsace

 

Wolfberger, crémant d’Alsace, brut, 2019

 

Issues de pinot noir, ses bulles sont légères (même en alcool, avec 11,68°, pour être précis !) et évidentes en été. On apprécie ses notes acidulées très fraîches, et sa gourmandise généreuse. Sa robe soutenue aux reflets framboise prouve que ce crémant s’impose avec aisance et équilibre. Une belle découverte, certifiée bio. 8,50 €. wolfberger.com

 

Bestheim, Grand Prestige, crémant d’Alsace, 2019

 

Ce crémant, un assemblage de rosés de saignée et de pressurage, aux bulles délicates, est d’une grande fraîcheur. Le pinot noir y révèle ses arômes de fruits rouges, cerises et framboises, et l’équilibre entre gourmandise et persistance tanique est parfaitement trouvé. 15 €. bestheim.com

 

Champagne

 

Champagne Alfred Gratien, brut

 

Tout est fin et délicat dans ce champagne à la robe pâle, aussi bien ses bulles que ses saveurs. Issu de chardonnay en majorité (56 %), de pinot noir et de pinot meunier, il exhale des arômes de lilas et de muguet avant d’exprimer en bouche des saveurs d’abricot. On aime sa complexité raffinée et sa finale longue et vive. 37,95 €. alfredgratien.com

 

Champagne Drappier, brut nature

 

Cette « saignée » de pinot noir a forcément une robe d’une forte intensité colorante : son rosé est profond. L’absence de dosage en fait un champagne léger et digeste. Non filtré, non décoloré et non dosé, donc, il offre des saveurs intenses de fraise et de mandarine, relevées d’une pointe élégante de poivre blanc. 41 €. champagne-drappier.com

 

Champagne Billecart-Salmon, Elisabeth Salmon, brut, 2008

 

Le rosé version luxe, le voici avec ces bulles uniques et rares. Billecart-Salmon est l’une des premières maisons de Champagne à avoir produit des bulles rosées. Les siennes sont devenues emblématiques, reconnaissables à leurs nuances chatoyantes. Cette cuvée 2008 est sortie des caves en avril 2021, après une longue garde qui ajoute au raffinement de l’ensemble. Un grand vin complexe, issu de chardonnay et de pinot noir. Finale puissante et pleine d’étoffe. 190 €. champagne-billecart.fr

 

Rhône

 

Jaillance, La Rosé, 2020

 

Idéal compagnon d’un été chaud, cet effervescent, assemblage de muscat à petits grains et de gamay, séduit par sa fraîcheur et ses délicats arômes de litchi et de griotte. L’étiquette qui indique « fruité » ne ment pas, et ce vin conçu par la coopérative Jaillance, sur les contreforts du Vercors, est facile à boire, désaltérant, et très bon marché. 5,95 €. Bio. jaillance.fr

 

PÉTILLANTS NATURELS

 

Maison Crochet, Pet Native, vin de France, 2020

 

À travers ses cuvées plus classiques, ce domaine de Bulligny (dans le Toulois, en Lorraine) nous avait déjà apporté la preuve de la qualité de ses vins. Même si celle-ci semble plus rock’n’roll, avec sa capsule et son étiquette sauvage, elle abrite un pet’ nat’ très droit, fruité mais surtout vif et rafraîchissant. Qui se boit sans même y penser. Majorité de gamay, complété de pinot noir et d’auxerrois. 12 €. maisoncrochet.fr

 

Domaine Philippe Gilbert, L’Emoustillant, vin de France, 2020

 

On aime beaucoup les vins de ce petit domaine, une référence de la biodynamie, sis à Menetou-Salon. Et, dans sa gamme, on goûte bien cette particularité pétillante de pinot noir, gourmand et désaltérant. Et si la bouteille est sous capsule, telle une bière, on a bien affaire à un beau vin bien travaillé. 20 €. domainephilippegilbert.fr

 

Rémi Barroux

 

Stéphane Davet

 

Laure Gasparotto

 

Ophélie Neiman

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