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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 06:00

La traversée de Paris : Noir et blanc : 5ème arrondissement : Paris :  Routard.com

La devinette du jour : pourquoi je passe  régulièrement à vélo devant le restaurant : « La traversée de Paris » rue Poliveau?

Aujourd’hui c’est « La traversée de Paris » (1956)

 

La Traversée de Paris en DVD : La Traversée de Paris - AlloCiné

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour commencer à aborder ce que François Truffaut avec, un certain dédain, avait, dans Les Cahiers du Cinéma appelé « La qualité française ». Dénigrement qui allait déboucher, avec ses copains des Cahiers sur la « Nouvelle Vague » Cette stigmatisation fit des dégâts. Elle empêcha certains talents de croitre, fit perdre leur aura à d’autres. Alors que, comme le souligne Justin Kwédi, * Truffaut lui-même, avec un film à l’incontestable et mérité succès comme « Le dernier métro » 1980 reprenait tous les codes de cette « Qualité française » tant critiquée.

 

* Dans un article de « Il était une fois le Cinéma »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Paris, 1942. Marcel Martin, un chauffeur de taxi au chômage, gagne sa vie durant l'Occupation comme porteur clandestin du marché noir Un soir, sa mission est de transporter à pied à l’autre bout de la ville (plus précisément, de la rue Poliveau à la rue Lepic) quatre valises contenant les morceaux d'un cochon.

 

Mais le comparse habituel de Martin n’est pas là. Suite à un qui pro quo il s’en remet à un étranger choisi après avoir diner avec lui.

Ce choix se révèle vite calamiteux car cet étranger, un certain Grandgil, n’en fait qu’à sa tête et semble trouver l’aventure amusante alors que pour Martin c’est un boulot qui doit être fait et bien fait.

 

Par exemple, dès le début se rendant dans la cave de son commanditaire, l'épicier Jambier où il fait scandale et rançonne le boucher malhonnête.

 

Va s’en suivre une succession de péripéties qui font l’intrigue de ce film et permet à Autant-Lara de brosser un tableau noir de l’humanité et de ses conditions de vivre tout en maintenant le mystère sur ce fameux Grandgil. Soulignions que la nouvelle de Marcel Aymé tout aussi militante est beaucoup moins noire.

 

Ainsi, suivis par deux agents de police qui vont certainement les contrôler, Grandgil se met à parler en allemand à Martin, ce qui conduit les deux policiers à prudemment passer leur chemin.

 

Plus tard, s'étant arrêtés dans l'hôtel où loge Martin, Grandgil téléphone en allemand, à un copain pour se faire confirmer l’auteur d’une poésie allemande.

 

Par la suite, dans un café où ils se sont réfugiés pour éviter une patrouille de police, Grandgil prend à partie le patron et la patronne de l'établissement (car ceux-ci exploitent sans vergogne une employée juive), puis il s'en prend aux clients qu'il traite de « salaud d'pauvres ! », commençant à s'énerver quand ceux-ci font mine de lui dérober une valise.

 

D’incident en incident Grandgil, peintre célèbre connu d’un officier supérieur allemand est libéré après avoir été arrêté, avec Martin pour s’être rebellé lors d’un contrôle nocturne.

 

On les retrouve, après la guerre, dans une scène finale où Grandgil monte dans un wagon de première classe alors que son porteur n’est autre que Martin qui, ironie du sort, continue à porter les valises des autres.

 

La traversée de Paris – Du 45 rue Poliveau, Paris 5ème, à rue Lepic près de  Montmartre | In Ciné Veritas

 

Réalisation

 

Claude Autant-Lara est le metteur en scène.

 

Après des début difficile malgré une bonne éducation comme en connaisse les fils de la haute bourgeoisie, ses qualités et son talent le font apprécié du monde du spectacle où il occupe divers emplois (décorateur pour Jean Renoir et assistant pour René Clair )trouve de l’aide cher ses ainés.

 

C’est un personnage fantasque mais talentueux. Il établit solidement une réputation d’original qu'imprévisible. Anticonformiste et provocateur, Il aurait affirmé : « Si un film n'a pas de venin, il ne vaut rien».

 

Ce curieux bonhomme s’est fait remarquer pour des prises de position et un militantisme « révisionnistes » forcené s’affichant avec J.M. Le Pen allant jusqu’à s’engager politiquement et briguer les suffrages des électeurs.

 

Cependant pour Ciné papy, quelqu’un qui se lie d’amitié avec l’acteur Julien Carette qui deviendra son acteur fétiche, ne peut pas être foncièrement mauvais.

 

Quoiqu’il en soi, il signa parmi les plus grands films de l’histoire du cinéma français

 

Ainsi par exemple sur quelques 38 films

1933 : Ciboulette

1937 : L'Affaire du courrier de Lyon (coréalisé avec Maurice Lehmann)

1938 : Le Ruisseau (coréalisé avec Maurice Lehmann)

1939 : Fric-Frac (coréalisé avec Maurice Lehmann)

1941 : Le Mariage de Chiffon

1943 : Douce

1946 : Sylvie et le Fantôme

1947 : Le Diable au corps adapté du roman de Raymond Radiguet

1949 : Occupe-toi d'Amélie d'après Georges Feydeau

1951 : L'Auberge rouge [également scénariste]

1952 : Les 7 péchés capitaux (film à sketchs, sketch L'Orgueil)

1953 : Le Bon Dieu sans confession [également scénariste]

1954 : Le Blé en herbe adapté du roman de Colette

1954 : Le Rouge et le Noir adapté du roman de Stendhal

1958 : Le Joueur d'après Fiodor Dostoïevski

1958 : En cas de malheur adapté du roman de Georges Simenon

1959 : La Jument verte adapté du roman de Marcel Aymé

1961 : Tu ne tueras point (sorti en 1963)

1961 : Le Comte de Monte-Cristo d'après Alexandre Dumas

1961 : Vive Henri IV, vive l'amour

1963 : Le Meurtrier

1963 : Le Magot de Josefa

1965 : Journal d'une femme en blanc

1966 : Nouveau journal d'une femme en blanc

1967 : Le Plus Vieux Métier du monde

1968 : Le Franciscain de Bourges

 

Remarque :

 

Claude Autant-Lara participa à une série d'entretiens avec le Suisse Freddy Buache, directeur de la Cinémathèque suisse, dans lesquels il révélait nombre d'anecdotes qui avaient jalonné la réalisation de ses films. Entre 1981 et 2000, constatant qu'elles n'intéressaient pas la France, il dépose ses archives à la Cinémathèque suisse.

 

Ce n’est pas la première fois que nos élites intellectuelles parisiennes qui n’ont que leur nombril comme horizon, ont laissé filer à l’étranger des trésors nationaux « sans valeurs » assurément puisqu’il s’agissait de dons.

 

Ainsi la collection d’ « Art Brut » * de Dubuffet a trouvé refuge dans un très intéressant musée éponyme à Lausanne.

 

* Concept forgé par Dubuffet

 

Qui fait quoi ?    

 

(Tout le monde connaît ces acteurs. Contentons-nous d’anecdotes glanées sur le net)

 

Jean Gabin :                       Grandgil, l'artiste peintre

 

Avant ce film, Bourvil n’avait jamais travaillé avec Jean Gabin. Leur première scène fut justement celle de la première rencontre entre Martin et Grandgil. Lorsque Gabin rentre (de dos) dans le bistrot et lance un « Bonsoir » inquiétant, l’acteur Bourvil est terrifié.

 

Bourvil :                    Marcel Martin, chauffeur de taxi au chômage

 

Il s'agit de la troisième rencontre cinématographique (sur les cinq) entre Bourvil et De Funès, après Poisson d'avril et Les Hussards

 

Louis de Funès :               Jambier, l'épicier

 

C'est le premier film dans lequel Louis de Funès a, un second rôle certes, mais dans une scène mémorable, et un film à succès, entouré de deux "poids lourds" du cinéma de l'époque. Il lui faudra attendre Ni vu, ni connu pour avoir un premier rôle dans un film mémorable.

 

C'est également la deuxième entre Gabin et De Funès, après Napoléon.

 

Hubert de Lapparent :            l'otage nerveux

 

Cité ici car c’était le fils d’amis des parents de Ciné papy

 

Sans oublier d’évoquer

 

Les scénaristes  Jean Aurenche et Pierre Bost, d'après la nouvelle éponyme de Marcel Aymé car ils sont important dans cette querelle ouverte par François Truffaut sur « La qualité française » au cinéma et furent les scénaristes/dialoguistes attitrés de Claude Autant-Lara

 

Pax

 

Prochainement « Marie Octobre »

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 06:00

Xl saumon poisson

Sciences : plongée dans la pouponnière de neurones - Le Parisien

Puisque Gabriel Lepousez docteur en dans l’unité perception et mémoire de l’Institut Pasteur se passionne pour les buveurs de champagne, je vous propose une vision très crue des neurosciences par un écrivain polonais Zygmut Miloszewski

 

L'écrivain Zygmunt Miloszewski polonais signe "Inestimable"

 

Saoul comme un Polonais

 

 

Saoul comme un Polonais » - Paris (75000)

 

Un exploit d'un régiment polonais en 1808

 

Si les Polonais ont une solide réputation en matière d'alcool, c'est à cause de Napoléon ! En 1808 pendant la campagne d’Espagne, un assaut final doit être donné à 1.500 mètres d’altitude et c’est un régiment d’élite polonais qui fait la différence grâce à sa détermination et sa puissance. Après l’affrontement, quand les généraux français présentent à l'empereur les valeureux combattants, ils tentent de minimiser leur exploit en soulignant qu’ils avaient bu pour se donner du courage.

 

Mais Napoléon répondit : « alors la prochaine fois, sachez être saouls comme des Polonais ». Selon une autre version de l'histoire, l'empereur aurait dit « il fallait être saoul comme un Polonais pour accomplir cela ».

 

Tout est en Histoire une question de mémoire.

Inestimable

- Mais il continue à oublier, répliqua-t-elle. Comment est-ce possible ?

 

- Nous ne le savons pas, admit le médecin avec tristesse. Quand on lit le supplément scientifique du Newsweek et qu’on y découvre que les américains ont greffé une électrode sur une souris pour la pousser à appuyer sur un bouton rouge dès qu’elle a faim, ou quand on apprend que telle région de notre cerveau est active si on pense au tennis et telle autre si on songe à boire un café,  alors on a l’impression de tout savoir sur les réseaux neuronaux et qu’on est sur le point de télécharger notre conscience sur Internet. Or, nous ne connaissons presque rien sur notre cerveau. Et toutes nos spécialisations neurologiques et psychiatriques se jouent dans ce « presque ». Imaginez un monde où tous les mécaniciens de la planète ne sauraient réparer que la carrosserie des voitures, et pour tout ce qui concernerait le moteur, ils ne feraient qu’émettre des hypothèses. Le cerveau c’est cent milliards de neurones hyperactifs dont les connections électriques changent à la vitesse de la lumière. C’est un peu comme si l’on voulait dessiner la carte d’un monde où les villes, les mers et les continents changent sans cesse de place, puis qu’on voyage à l’aide de cette carte.

 

[…]

 

Vous avez certainement lu des articles sur l’IRMf, commença-t-il. On vous place dans un scanner et on étudie l’activité de votre cerveau. Sur la base des images obtenues, on en déduit qu’ici, c’est la zone dédiée au tennis, là au sexe et encore ailleurs une zone qui s’allume lorsqu’on pense à du chocolat saupoudré de copeaux de noix de coco. Et on annonce en grande pompe qu’on est capable de lire dans les pensées, de communiquer avec des gens plongés dans le coma ou de soigner la démence sénile.

 

 

- Quelqu’un m’a récemment dit qu’on n’y connaissait rien au cerveau.

 

- Une personne bien sage. Nous n’y connaissons rien au cerveau, mais nous n’en connaissons pas plus dans bien d’autres domaines, qu’on parle de biologie humaine, de physique quantique ou de météorologie.

 

L'incroyable histoire du saumon mort qui pensait encore | ECHOSCIENCES -  Grenoble

[…]

 

- Je vais vous raconter l’histoire du saumon mort.

 

[…]

 

- Pour en revenir au saumon mort, des doctorants devaient calibrer leurs appareils et ils ont placé un poisson mort dans un IRMf, puis lui ont posé pour rire les mêmes questions qu’on pose aux humains. Ils lui ont demandé d’imaginer un match de tennis, de stimuler son désir et d’effectuer une prière. Et il s’est révélé que les différentes  régions du cerveau de ce poisson mort s’illuminaient au cours de l’étude. Ils ont donc enregistré son activité et inscrit dans leur rapport que soit nous ne jugeons pas la vie émotionnelle des poissons morts à leur juste valeur, soit il y a un biais sérieux dans notre méthodologie d’étude du cerveau.

 

Zofia en fut sincèrement amusée.

A quoi peut bien penser un saumon mort ?

La seconde vie du saumon mort ICI 

Publié par Laurent Vercueil, le 4 décembre 2017

 

 

en 2009, Craig Bennett et ses collègues présentèrent une communication originale au congrès mondial des spécialistes de l’imagerie cérébrale fonctionnelle. C'est un euphémisme de dire qu'elle a suscité l'intérêt des congressistes. Les chercheurs avaient installé un saumon atlantique dans l’antenne d’une IRM, tout en lui confiant une tâche de cognition sociale. Le principe est de mesurer l’activité cérébrale du salmonidé telle que traduite par les variations du signal BOLD corrélées statistiquement à la présentation de la tâche. Nul n’ignore que le saumon est tout ce qu'il y a de plus mort, et que, même vivant, il eut été improbable que la consigne revêtît une quelconque signification pour lui (mais va savoir, avec le saumon).

 

Cependant, voilà qu'en réalisant le traitement statistique des variations de signaux les chercheurs trouvent une activation localisée dans le cerveau du saumon mort. Lorsque le saumon est censé être engagé dans une tâche de prise de perspective sociale (la personne d'une situation sociale est-elle incluse ou rejetée par les autres protagonistes ?), le cerveau et la moelle épinière du saumon s'activent, si l'on en croit la tâche rouge qui signale la variation statistiquement significative. C’est un saumon mort qui pense encore ! D’où la communication provocatrice des chercheurs facétieux.

 

Le but des auteurs n’était cependant aucunement ésotérique. Le but était d’alerter sur le risque des comparaisons multiples dans le cas de variations d’un signal constitué, en l'occurence, de bruit statistique.  Rechercher une corrélation entre deux évènements (la réalisation d’une tâche et une variation dans un signal) est au principe de l’imagerie fonctionnelle. En IRM, cette corrélation est mesurée avec une résolution qui est définie par le voxel, l’unité spatiale de l’information. Il y a un intérêt évident à traiter un grand nombre d’informations car cela permet de disposer de données précises sur la localisation des structures impliquées ou associées à la tâche étudiée. Mais, plus vous recherchez une association entre deux évènements, plus il existe un risque que l’association que vous constatiez ne soit liée qu’au simple hasard. C’est le problème plus général des comparaisons multiples et du risque de faux positifs. De fait, aussitôt que les chercheurs appliquèrent les facteurs correctifs des comparaisons multiples, le saumon devint silencieux. Comme tout bon saumon mort qui se respecte.

 

 (en passant, ce fameux saumon mort valu un Prix IgNobel aux auteurs de l'étude, ce qui donne un peu une idée des ressources de l'animal dont on aurait tort de croire que la mort a mis fin aux propriétés les plus intéressantes...)

 

 D'ailleurs, voici qu'en 2017, un nouveau saumon mort sort du placard.

 

La suite ICI

Xl saumon poisson

 

A quoi peut bien penser un saumon mort ? ICI 

CHRONIQUE

Pierre Barthélémy - IMPROBABLOLOGIE

Chaque année depuis 1991, la remise des prix Ig Nobel est à la science improbable ce que la palme du plus gros mangeur de saucisses est au camping de Trifouilly-les-Oies : l'occasion d'une consécration.

 

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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 06:00

Peut être une image de 2 personnes

Le script du film :

 

- Vendredi soir à ICI MÊME, la cave de la belle Claire, je fais table commune avec Laura Aillaud, néo-vigneronne du Luberon, la Tour d’Aigues. Elle me dit avant de partir qu’elle fera une dégustation à la cave d’Ivry de Paco Mora et m’invite. Je promets.

Vino vini vici - Avis de voyageurs sur Ici-même, Paris - Tripadvisor

 

Samedi midi je déjeune avec mon amie Émilie aux Climats, je rentre chez moi pour recharger la batterie de mon vélo, Ivry-sur-Seine c’est au-delà du périphérique, le dernier bastion rouge de la ceinture rouge. Quasiment une expédition ! Je pars vers 17 H 30 guidé par mon GPS : avenue Maurice Thorez, rue Marat, rue Saint Just, ça fleure bon le PCF.

 

 

- J’attache mon destrier noir face à la cave de Paco.  40 rue Marat 94200, Ivry-Sur-Seine 94 200 - 01 46 58 33 28 - Métro Mairie d'Ivry

 

Paco Mora, le caviste sortant souvent de sa cave... — Homo Habilis

La cave d'Ivry : salon des vins | Ville d'Ivry-sur-Seine

- J’entre masqué de noir, y’a du populo, Paco est heureux d’accueillir mon auguste personne, pass  sanitaire, un verre. Je vais goûter le Chablis de l’ami Thomas Pico. Puis, je goûte les vins de Thiebault Huber, un bourguignon ICI. Vu, mon d’état d’ignorance crasse en dégustation je vous épargne les commentaires que je n’ai pas fait.

V39 fred vardon vigneron-39.jpg

- Place à Laura Aillaud, nous papotons, je lui promets d’aller chez elle dans son domaine du Luberon. Je lui parle du GFA de la Carbonnelle de mon amie Catherine Bernard. Laura souhaite la voir, voir son chai, échange de 06. La photo de Paco.

Première vendange 2017 de Laura Aillaud - La Tour d'Aigues - Photographe  Aix en Provence

 

- J’achète un flacon de vin de pays de Champagne pour madame Gomes la gardienne de ma résidence.

 

Peut être une image de 5 personnes, personnes debout et intérieur

- Je salue le populo, m’équipe, sort et trouve plus mes clés de vélo. Panique à bord : allais-je passer la nuit en banlieue rouge ! Paco s’inquiète, je fouine partout, enfin tout au fond de ma calebasse ces putains de clé étaient nichées.

 

- C’est parti mon quiqui ! Fabien Roussel est omniprésent sur les murs d'Ivry.

 

- Je rentre sans mon GPS, saute le périf, avale l’avenue chinoise d’Ivry sans croiser Houellebecq, je vire sur la rue de Tolbiac que je descends.

 

- à la maison je me fais une séance cinéma genre ciné papy : Salvatore Giuliano, Francesco Rosi, 1961

 

 

SALVATORE GIULIANO - Festival du Film Italien de Villerupt

 

- Dîner tardif puis au lit...

 

- Lever tardif, termine une chronique puis consulte les infos et là : STUPEUR !

 

Un grave accident de la route fait une quinzaine de blessés dans le XIIIe arrondissement

Paris XIIIe, samedi soir. Un important accident de la circulation a fait au moins cinq blessés graves. DR

Un important accident de la circulation a fait de nombreux blessés avenue d’Ivry et au croisement de la rue de Tolbiac dans le XIIIe arrondissement de Paris. Selon les premières constatations, une défaillance technique d’un véhicule pourrait être en cause.

Par Elie Julien et Denis Courtine

Le 11 décembre 2021 à 22h25,

 

Sur les premières images diffusées juste après le choc, le chaos et la confusion semblent régner sur le XIIIe arrondissement de Paris. Un grave accident de la circulation a eu lieu en début de soirée, peu avant 21 heures, au croisement des rues Tolbiac, avenue de Choisy et avenue d’Ivry. Au total, près d’une quinzaine de blessés auraient été recensés. Au moins cinq blessés graves ont été pris en charge par les secours en urgence absolue.

 

 

Selon le maire (divers gauche) Jérôme Coumet, un taxi, qui transportait des clients et dont « l’accélérateur est resté bloqué », aurait percuté un premier véhicule avant de ne pouvoir en éviter un second au croisement où il a aussi détruit un feu tricolore qui était au rouge dans son sens de circulation.

 

Un poste médical créé dans un restaurant

Entre-temps, selon nos informations, il avait aussi percuté un cycliste. Le chauffeur et son véhicule incontrôlable ont finalement terminé leur course dans un conteneur à verre et une station de Vélib’. Dans un grand fracas, le conteneur à verre a littéralement explosé et aurait fait, avec les projectiles des véhicules accidentés, des blessés plus légers parmi les passants.

 

 

Des dizaines de soldats de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) mobilisés sur place où tout le secteur a été bloqué par les forces de l’ordre. Les secouristes ont mis en place un poste médical avancé (PMA) utilisé lors d’événements avec de nombreuses victimes dans un restaurant du quartier, le Mandarin de Choisy.

 

 

L’enquête pour déterminer les circonstances exactes de cet accident impressionnant devrait être confiée au Service de traitement judiciaire des accidents (STJA). Face aux nombreux débris, notamment de verre, éparpillés partout sur la chaussée, mais aussi au grand nombre de secours déployés sur place, de nombreux riverains partageaient leurs inquiétudes et incrédulités sur les réseaux sociaux.

 

« Un accident archi archi violent (...) L’accident est flippant », s’émeut, par exemple, Ying Yang. « On n’y comprend absolument rien », n’en revient pas une autre. « Chaud de voir autant de véhicules d’urgence », raconte une troisième.

 

- À une poignée de minutes j’aurais pu me trouver au cœur de l’accident.

 

- Mes neurones fatigués se reconnectent : je pense à l’Ironie du Sort de Paul Guimard

 

 

L'histoire se déroule à Nantes, sous l'Occupation! Pierre Clémenti et Jacques Spiesser incarnent deux résistants qui ont pour mission d'abattre un officier allemand! Deux issues possibles nous sont proposées !

 

- Avez-vous remarqué comme la vie se charge, souvent brutalement, d'opérer à notre place des choix que nous n'osons faire? Comme si, après nous avoir laissé tout le loisir de réfléchir, d'aménager notre destinée, elle s'impatientait de notre aveuglement, de notre inertie et se chargeait, par un de ces coups de théâtre dont elle a le secret, de nous mettre face à ce changement secrètement désiré ou redouté?

 

- « Guimard, Molinaro et Kast s’interrogent sur la part d’indécidable dans le destin de ceux qui ont traversé cette période. Il est certain que le hasard, les rencontres ont joué un rôle dans le destin de tout résistant ou de tout collaborateur. Mais ce qui caractérise celui de Caracalla (Cordier), de Marat (Vaillant) ou encore de Jean et Paul, les deux héros du film de Molinaro, c’est l’exact contraire du hasard. C’est cet entêtement, cette volonté farouche à résister et cet engagement renouvelé dans le combat pour la liberté. Ce choix-là ne doit rien au hasard. Pour des raisons qui nécessiteraient d’être expliquées, pendant une longue période qui commence dans les années soixante-dix, le choix des résistants a été systématiquement minoré, dévalorisé jusqu’à considérer leur engagement au même niveau que celui contre lesquels ils se sont battus. C’est ce voile, cette approximation, ce trouble qui a été déterminant dans la décision de qu’a prise Daniel Cordier de raconter son histoire de la guerre. »

 

https://www.avoir-alire.com/IMG/arton23392.jpg

 

Les dossiers de l’écran du 23 avril 1974 animés par Alain Jérôme débat sur le film La traversée de Paris d’Autant-Lara. Avril 1974 c’est la sortie de Lacombe Lucien de Louis Malle, le scénario est signé Patrick Modiano. Malle a été très clair : « semer la confusion », « montrer un salaud au sens sartrien du terme » ; « montrer que tout était possible » : une jeune juive qui couche avec le gestapiste qui va déporter sa famille, un curé qui torture en soutane, un homme « extrêmement ordinaire qui devient tortionnaire à la botte des nazis »

 

Lacombe Lucien (Blu-ray) - DVD - France Loisirs

- Les débateurs : Henri Amouroux, André Frossard, Jacques Laurent, Paul Guimard, François Nourissier

 

- Lorsque Guimard intervient il déclare : « Il ne faut pas prétendre, que la France, unanimement, s’est dressée contre l’occupant, parce que c’est faux. » Il ajoute ensuite : « Il faut encore moins prétendre que la France, unanimement, s’est couchée et a rampé, parce que c’est encore plus faux, et là, c’est odieux en plus. »

 

- Guimard, avec justesse, parle de la masse des Français qui étaient favorables à la Résistance sans y être pour autant engagés.

 

- Sa conclusion est admirable : « On n’a pas le droit de s’étonner qu’il n’y en ait pas eu assez ; on est obligé d’admirer qu’il y en ait eu autant. »

 

Y’a une leçon à donner à l’avorton Zemmour !

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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 06:00

 

Mon père,  Arsène Berthomeau, pendant les battages...

 

Au temps où je servais la messe, en l’église Saint Jacques le majeur, messe basse au petit matin, pour quelques ouailles au féminin, comme le dimanche, la grande masse chantée, je pilotais pour le curé-doyen Bailly, l’opération de transmutation du pain et du vin, les deux burettes, la cloche au moment de l’élévation : « ceci est mon corps, ceci est mon sang », pourtant le vin était blanc.

 

Et puis, il y avait le sac de grain donné à l’évêché de Monseigneur Cazaux, pour le soutien aux nombreux séminaires de la Vendée, et aussi le pain béni distribué dans une grande panière (le pain étant fourni chaque dimanche par une famille).

 

Et puis, il y avait mon père, maître des batteries – battage en vendéen – avec sa grosse vaneuse – batteuse en vendéen – le grain égrené, ensaché, taré à 80 kg, pesé, partagé entre le maître et le métayer, tout le symbole d’une Vendée crottée sous le joug du curé et des maîtres.

 

Tout comme les hommes, j’adorais croquer le grain de blé, eux c’était pour en apprécier son poids spécifique (Le poids spécifique (PS) des céréales à paille est un critère plus commercial que physiologique ou technologique, en partie hérité d'une période où les transactions commerciales se basaient plus sur le volume que sur le poids. Il conserve actuellement un intérêt logistique, et reste une base des contrats commerciaux. En pratique, le poids spécifique est mesuré au moyen d'une tasse cylindrique d'un demi-litre et d'échantillons de grain pesés au gramme près. Le poids en grammes par demi-litre est ensuite converti en kg/hl à l'aide du tableau de conversion du poids spécifique établi pour chaque type de grain.), moi c’était pour réduire les grains en pâte, forme de chewing-gum naturiste.

 

Et puis, il y avait le fournil du petit Louis Remaud le boulanger, le grain devenu farine à « La minoterie Brianceau a joué un grand rôle localement. Elle a été en activité dès 1914 et jusqu’en 1971. Elle a été démolie en 1992 pour laisser place à l’ancien funérarium, lui-même fermé aujourd’hui ». Y’avait aussi la coopé, avec les agriculteurs, située dans la montée de la gare où habitaient les Troussicot, fondée dans les années 30, initiative originale, c’est monsieur Lancier, président du syndicat agricole départemental, qui en était l’initiateur. Elle n’avait pas bonne presse, elle sera fermée en 1958. « Contre 80 kg de blé, on recevait 57 kg de pain pesé ou 60 kg de pain non pesé »

 

Le pain était vendu au poids et sa coche. La coche du boulanger était une petite baguette en bois de noisetier, fendue en deux, « les coches que le boulanger effectuait servaient à compter les pains vendus à crédit. À la fin de la semaine, le boulanger demandait son dû à son client en vérifiant ses coches. » Le gros pain de 4 livres, la coche qui pour nous paysans comptabilisait l’échange grain-pain.

 

Être réduit au pain sec, je n’ai jamais connu ce régime, le pain sec, à partir du XVIIème siècle est du pain non accompagné d’un quelconque aliment. Au XIXème siècle, la notion de pain sec est une sorte de punition le plus souvent infligée aux enfants et plus tard aux prisonniers en s’accompagnant d’eau. Selon certaines interprétations, l’expression être réduit au pain sec puiserait ses origines  dans le monde religieux chrétien où les personnes pieuses comme les moines ne mangeaient que du pain avec de l’eau pour se mortifier.

 

La tartine du pain embeurrée du goûter où mémé Marie émiettait du chocolat Menier ou Poulain.

 

La bouchée de pain saucée du beurre de sardines de la poêle, salée, « attention tu vas te brûler. »

 

Les grillées embeurrées couvertes d’une belle couche de mogettes.

 

Mes sandwiches jambon-beurre et mes hot-dog d’étudiant, à Nantes, baguette croustillante, petit prix, bien mieux que les burgers de McDo.  

 

Le grain, le bon grain reconquis par les pionniers de la méthode Lemaire-Boucher, le bon pain, ont toujours occupé dans ma vie une place privilégiée, bien plus que le vin.

 

Alors, pour les fêtes, si vous partagez mon avis, offre-vous ou offrez à vos êtres chers :

 

L'Homme et le grain ; Une histoire céréalière des civilisations - P. Benoît Vermander sj et Alain Bonjean

ALAIN BONJEAN BENOÎT VERMANDER

L'Homme et le grain

Une histoire céréalière des civilisations ICI 

 

Cet ouvrage retrace la longue histoire des interactions entre l’Homme et les céréales.

 

Depuis les premières tentatives de domestication jusqu’aux applications agronomiques les plus contemporaines de la génomique, depuis les gestes de partage qui scandent le quotidien jusqu’aux rituels agraires les plus élaborés, Alain Bonjean et Benoît Vermander dévoilent la diversité des espèces productrices de grain et celle des sociétés qui s’organisent autour de leur culture.

 

La domestication des orges, exemplaire du travail poursuivi entre la nature et l’humanité ; la naissance des blés dans le croissant fertile, leur introduction en Europe puis dans le monde entier ; la précoce mise en valeur des millets et l’exubérance du répertoire mythique qui les accompagne ; les transferts et les drames qui ont marqué l’échange colombien, depuis l’introduction du maïs en Europe jusqu’à celle de techniques culturales africaines en Amérique du Nord ; le répertoire élaboré des riz asiatiques et des rituels associés ; la diversité maintenue des céréales africaines, celle des espèces andines trop longtemps négligées, gage d’espoir pour l’humanité... Telles sont quelques-unes des étapes de ce livre, qui ouvre des perspectives inédites sur les rapports entre l’homme et le végétal et sur les crises qui marquent aujourd’hui pareille relation.

 

  

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11 décembre 2021 6 11 /12 /décembre /2021 06:00

ICI

C’est la course à l’échalote (compétition parfois immature, où tout est bon pour être premier*) sur les gros sites de vin, on fait les yeux doux aux naturistes, sauf chez Butane&Degaz, on s’extasie devant les soi-disant niches, on embauche de nouvelles plumes pour faire plaisir aux bobottes et aux bobos, les ouvrières et les ouvriers de la 25e heure tiendront-ils ce nouveau tempo et, surtout, leur moisson sera-t-elle fructueuse ?

 

*Cette expression n'a pas de date connue. A l'origine, on l'utilisait avec le mot oignon qui désigne en fait les fesses. Il s'agit d'attraper quelqu'un par le pantalon ou de le courser de très près comme pour le dépasser et arriver premier.

 

Moi, je me gondole lorsque je lis ceci :

 

En Champagne, les Coteaux Champenois ont de nouveau la cote

 

Depuis quelques années, on voit renaître en Champagne un versant méconnu du vignoble. Moins prestige, plus esthète. Des vins tranquilles qui sortent lentement de leur bulle, tantôt exquis, tantôt austères, et en pleine voie d’épanouissement.

Par Alicia Dorey

Publié le 08/12/2021

 

Si chacun associe la Champagne à la boisson du même nom, on y trouve également une longue tradition de vins tranquilles – à savoir sans bulle aucune –, dont l’apparition serait même antérieure à celle des vins effervescents. Produits les années exceptionnelles, lors de vendanges abondantes et sur des parcelles ensoleillées, ils étaient autrefois appelés « vins ordinaires de la Champagne viticole ». Un nom d’un ennui mortel, troqué en 1953 contre un plus engageant «vins natures de Champagne» – lorsqu’on y pense, un tel sobriquet aurait pu par les temps qui courent leur valoir un certain succès.

 

 

Mais c’est bien sous le nom de «Coteaux Champenois» qu’on les connaît depuis 1974, date de création officielle de l’AOC. Majoritairement rouges, on trouve aussi de plus en plus de blancs, tandis que du côté des rosés, tous les regards se tournent vers celui des Riceys, qui était apparemment le grand favori… du Roi-Soleil. Si l’histoire retiendra que Louis XIV sévissait donc sous rosé, on précisera qu’il s’agit ici d’une AOC à part, produisant d’excellents vins de garde à la teinte rubis, souvent plus proches du rouge léger que de la robe quasi virginale de ses pâlots cousins provençaux.

 

Les Coteaux Champenois, des vins de niche ? la suite ICI 

 

6 novembre 2015

Eureka j’ai trouvé des vins tranquilles et des vins excités des Riceys sur Saturne !

ICI

28 décembre 2018

Les Horiot des Riceys, Marie et Olivier, à la Une du LeRouge&leBlanc « Nos valeurs primordiales, l’humain et le temps. Pour nous il est essentiel de prendre son temps dans tout ce qu’on entreprend… » ICI 

 

Allez Champagne !

 

« Les fraudeurs fabriquaient du Champagne avec n'importe quoi, des rebuts d'Anjou ou de Meuse, des piquettes achetées au comptant sur le quai des gares à des intermédiaires sans visage, et avec du cidre s'il le fallait. L'argent rentrait.

 

Les vignerons doutaient de tout, et même du ciel. Qu'est-ce qui leur restait ? Le front bas, la hargne, les hymnes provisoires, les drapeaux rouges qu'ils pendaient aux frontons des mairies. La fraude leur donnait le tournis. L'agitation seule arrivait à calmer leur souffrance du travail nié et insulté..."

 

 Dans la marche du temps (Littérature Française) eBook: Rondeau, Daniel:  Amazon.fr

 

C'est extrait d'un beau roman de Daniel RONDEAU " Dans la marche du temps " pages 126-127 chez Grasset.

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 06:00

Marcel Duchamp – Association Marcel Duchamp/ADAGP, Paris, 2021.

Fabien Roussel le candidat du PCF à la future élection présidentielle est sympa, il renoue avec la tradition d’un parti populaire qui représentait la classe ouvrière, le côté ancien pâtissier de Jacques Duclos, en moins roué, il parle clair, tourne le dos aux bobos de Jadot et d’Hidalgo,  droite Le Figaro chante ses louanges, en revanche du côté de Mélenchon ce n’est pas la même chanson.

 

Fabien Roussel : « La période exige un candidat communiste » - Le Point

https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/jk4w3VIC7OAk9-Zc1Dqrgd1gtIs/1200x900/regions/2020/09/26/5f6f4cd6b7f84_fabien_roussel-5018020.jpg

 

Rassurez-vous je n’ai pas viré ma cuti : suis pas devenu Coco mes cocos mais dans le bordel actuel, Roussel donne un peu d’oxygène à l’air vicié par le rat d’égout chromosome Z et ses ersatz conduit par Ciotti, prononcez chiotti (Sous Pécresse la Versaillaise, il se niche).

 

Bref, les grands partis hégémoniques, le Parti Radical de Clémenceau, le PCF de Maurice Thorez , le PS de Mitterrand, tout comme les dinosaures, sont voués à la disparition, mais, alors que les radicaux se réunissent dans une cabine téléphonique, que les socialistes ont vendu Solférino, les cocos 2% ont encore pignon sur rue 2 place du colonel Fabien dans le XIXe arrondissement.

 

Le nom de Place du Colonel Fabien fut donné à la place en 1945, du nom de Pierre Georges, militant communiste et résistant français. Un lieu symbolisé depuis 1971 par l’immeuble du siège du Parti Communiste Français, oeuvre du brésilien Oscar Niemeyer, figure emblématique de l’architecture moderne qui fit don du bâtiment au PCF.

PCF, également l’acronyme de… Place du Colonel Fabien. !

 

C’est Oscar Niemeyer, l’architecte de Brasilia, qui l’a réalisé entre 1965 et 1980. Les travaux ont débuté en 1968. La coupole, le parvis et le hall souterrain ne furent achevés qu’entre 1979 et 1980.

 

Espace Niemeyer : <br> Le siège du Parti communiste français - Site  Internet du P.C.F.

 

Les façades sont recouvertes d’un mur-rideau, signé de l’architecte et designer français Jean Prouvé. La coupole qui abrite la salle du Conseil national est l’élément phare de la composition architecturale, elle représente le ventre d’une femme enceinte d’après Oscar Niemeyer.

 

Le siège du PCF, dans le 19ème arrondissement de Paris, est l'œuvre de Œuvre de l'architecte brésilien Oscar Niemeyer.

 

Le siège a été classé au titre des monuments historiques le 26 avril 2007.

 

« Il ne s’agissait pas d’une simple commande, car ce bâtiment incarne une ambition politique. Son architecture devait représenter la société communiste, être le reflet d’une ouverture d’esprit, incarner une maison du travailleur. »

 

« Ce bâtiment est un des plus remarquables de l’architecture moderne des années 60. Un peu en retrait par rapport à la rue, il est composé de deux parties qui regroupent les bureaux et les salles de réunion. D’un côté, une barre ondule légèrement et semble comme flotter au-dessus d’une fine couche d’air. Elle est recouverte d’une façade de verre, création du maître en la matière : Jean Prouvé. Pour ce type de façade, on parle de « mur rideau » : c’est-à-dire que la structure du bâtiment n’impacte pas de la façade. Cette technique permet d’avoir une enveloppe très légère et très ouverte. Par ailleurs, cette barre dialogue avec un dôme blanc, élément phare de la composition architecturale. En fait, de façon à ne pas occuper trop de terrain, une grande partie des espaces sont enterrés. Sous ce dôme, la salle de réunion principale revêt des airs de navette spatiale, avec ses portes inclinées et ses milliers de plaquettes blanches suspendues au plafond, destinées à répartir la lumière et le son dans tout le volume. »

 

« Ce bâtiment est caractéristique du travail de Niemeyer car, en en plus du béton, utilisé de façon brute comme élément plastique, un peu à la manière de Le Corbusier, tous les espaces extérieurs et intérieurs mettent la forme courbe à l’honneur. Oscar Niemeyer disait que ce qui l’attirait c’était la courbe libre et sensuelle, la courbe des montagnes de son pays, des cours sinueux des fleuves, des nuages et des corps des femmes… finalement son architecture est en harmonie avec l’univers qui n’est fait que de courbes. »

 

 

Le passé morbide de la Place du Colonel Fabien

 

Coincée entre le canal Saint-Martin et les Buttes-Chaumont, la Place du Colonel Fabien est aujourd’hui une place plutôt banale, plus connue pour être un carrefour entre les 10e et 19e arrondissements de Paris. Seul le siège du Parti Communiste français, vaste immeuble d’architecture contemporaine, attire l’oeil du promeneur curieux. 

Une place dont l’histoire, elle, est pourtant loin d’être banale ! Théâtre d’événements morbides, elle fut pendant de longs siècles un haut lieu de pendaison, puis plus tard de combats d’animaux… Retour sur le passé sanglant de la Place du Colonel Fabien. ICI 

James Norton dans "L'Ombre de Staline" de Agnieszka Holland. (Copyright Robert Palka / Film Produkcja / Condor)

"L'Ombre de Staline" : l'histoire du génocide ukrainien de 1932-33 dans un thriller stupéfiant

 

Film sur le génocide ukrainien qui fit 2,6 à 5 millions de morts, "L'Ombre de Staline" remet les pendules à l’heure sur le "miracle soviétique".

 

Pour Ciné Papy voir plus bas

 

Les communistes, version française, même aux plus beaux jours du petit père des Peuples, ce bon Iossif Vissarionovitch Djougachvili dit Joseph Staline, l’affameur de l’Ukraine ICI , ont toujours eu la cote auprès de l’intelligentsia parisienne et des artistes, et  le POINT qui patauge à droite s’esbaudit de l’héritage.

 

L’inestimable trésor du Parti communiste français ICI

 

Le PCF expose dans les sous-sols de l’Espace Niemeyer, à Paris, plus de cent tableaux qui témoignent du compagnonnage du parti avec des artistes exceptionnels.

 

Jusqu’au 22 janvier prochain y sont, en effet, montrés quelque 150 tableaux exceptionnels dans le cadre d’une exposition célébrant le centième anniversaire de la formation politique. Un anniversaire décalé en raison de la crise sanitaire qui prend la forme aujourd’hui de cette rétrospective témoignant du compagnonnage de dizaines d’artistes internationaux avec le parti.

 

« L’histoire des rencontres entre les artistes plasticiens et le PCF est d’une richesse inestimable », confie Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Né en décembre 1920, lors du fameux congrès de Tours, le mouvement marxiste-léniniste séduit très tôt les milieux intellectuels. Et les artistes sont alors nombreux à rejoindre ses rangs. Parmi eux ? Des créateurs de premier plan : Pablo Picasso, bien sûr, mais aussi Fernand Léger, Alberto Giacometti, André Masson ou encore Marcel Duchamp.

Des œuvres engagées

« Si ces peintres ne prendront pas tous leur carte du parti, ils sympathiseront avec ses combats », expose Renaud Faroux, commissaire de cette exposition avec Yolande Rasle. Certains offriront même des toiles à ses dirigeants. Ces œuvres, versées à la section d’Île-de-France du parti, constituent un fonds unique. C’est ce fonds composé par une cinquantaine de tableaux (les autres étant prêtés par des musées) qui constitue le noyau de cette rétrospective. Ces peintures, dessins, gravures et sculptures mais aussi photographies, qui embrassent des thématiques sociales ou politiques, s’inscrivent résolument dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’art engagé ».

 

 

En témoignent particulièrement trois œuvres. La première est l’une des six versions de la fameuse Joconde « rectifiée » de Marcel Duchamp. « Intitulé L.H.O.O.Q [le jeu de mots peut à la fois se lire comme « elle a chaud au cul » et se prononcer à l’anglaise comme « look », « regarde »], ce ready-made de 1930 a longtemps appartenu à Louis Aragon qui en a fait cadeau, à sa mort, à Georges Marchais. Lequel l’a donné au Parti qui l’a déposé au Centre Pompidou pour que le plus grand nombre puisse en profiter », énonce Renaud Faroux. Où peut bien se nicher la politique ici ? « On peut y voir une anticipation des débats autour des questions de genre, telles qu’elles s’expriment aujourd’hui », répond le commissaire.

 

Camarade Pablo (Picasso)

 

Lire la suite ICI 

L’Holodomor, nom associé au génocide ukrainien qui fit entre 2,6 et 5 millions de morts en 1932-33 sous Staline, n’a sans doute jamais été porté au cinéma. Un oubli réparé avec L'Ombre de Staline qui sort le 22 juin pour la réouverture des cinéma après le confinement du Covid 19. Littéralement, "Holodomor" signifie en ukrainien "extermination par la faim". Edifiant.

 

Echos contemporains

 

En 1933, Gareth Jones, journaliste indépendant, vient de publier la première interview d’Adolph Hitler tout juste promu chancelier. Le reporter veut enchaîner sur un entretien avec Staline pour percer le secret du "miracle soviétique", une réussite économique paradoxale alors que le pays est ruiné. Arrivé à Moscou, il se retrouve sous surveillance, lâché par les occidentaux, et son principal contact disparaît. On lui glisse à l’oreille que les ressources financières soviétiques émaneraient de l’"or ukrainien". Il parvient à fuir à Kiev, enquête, et découvre une terrible vérité.

L'affiche de "L'Ombre de Staline" de Agnieszka Holland. (CONDOR DISTRIBUTION)

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9 décembre 2021 4 09 /12 /décembre /2021 06:00

Chez le père Arnault, Bernard, dit LVMH, on ne vend plus du champagne mais des coffrets éditions limitées pour flatter l’ego des  gogos « nouveaux riches ».

 

La cave de la Grande Épicerie du Bon Marché, qui ne brille pas pour l’originalité de ses choix, propose donc :

 

  • 1 champagne Dom Pérignon x Lady Gaga Vintage 2010 coffret 75 cl 210 €

 

  •  1 champagne Dom Pérignon x Lady Gaga Vintage 2006 coffret  75 cl 375 €

 

Suis allé sur le site de Dom Pérignon ICI et j’y lis un jargonnage de marketeurs qui vous bourre le mou en se passant de la brosse à reluire, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même :

 

ÉDITIONS LIMITÉES SELON UN DESIGN CRÉÉ PAR LADY GAGA

Cette année Dom Pérignon s'associe à l'artiste Lady Gaga et marque ainsi la rencontre de deux visions créatrices. Lady Gaga, artiste en constante réinvention, et Dom Pérignon, requestionnant à chaque millésime les frontières de la création.

 

Pour cette collaboration, deux coffrets en édition limitée et une Pièce Exclusive sont signés par Lady Gaga. Avec leurs designs innovants, ces créations incarnent le dialogue créatif entre Dom Pérignon et Lady Gaga et témoignent de leur audace et de leur inspiration mutuelle.

Lady Gaga et Dom Pérignon - Actualités

 

Lady Gaga et Dom Pérignon sont animés par une force commune : le pouvoir de la création.

Une invitation à sans cesse se réinventer, à se dévouer sans faille, pour nous élever.

Nous sommes invités à rejoindre cette quête inépuisable d'harmonie, de perfection, de réinvention de soi, de créativité

ICI

 

 

Gucci : Cette star française qui jouera aux cotés de Lady Gaga dans le  biopic évènement !

Biographie ICI

 


Née le 28 mars 1986 à New York, Lady Gaga, de son vrai nom, Stefani Joanne Angelina Germanotta) est auteur, compositrice et interprète. Très tôt attirée par la musique, elle apprend seule le piano dès l’âge de quatre ans, compose ses premières ballades à 13 ans et arpente les scènes libres à partir de 14 ans. Mais pour l’artiste précoce, le succès n’est pas immédiatement au rendez-vous. Après avoir arrêté ses études à l’université de New York pour se consacrer à sa carrière musicale, elle alterne des petits boulots de serveuse et de strip teaseuse dans des bars de la Grosse Pomme.

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 09:50

Le Diable par la queue - Film de Philippe de Broca (France/Italie, 1969)  (Comédie) : la critique

C'était une grande gueule sympathique, comme les Français les adorent. Méditerranéen jusqu'au bout des ongles, Montand était un homme qui ne savait jamais s'arrêter. C'est sans doute le film "César et Rosalie" qui donne de lui l'image la plus fidèle. Mariant avec un rare bonheur chanson et cinéma, Montand eut aussi des femmes, beaucoup de femmes. Et pourtant, le couple qu'il formait avec Simone Signoret reste un modèle du genre. Ce que nos amis américains appelleraient un french paradoxe... 

 

 

Montand et la politique ICI 

 

Un Reagan à la française

 

En février 1984, au retour d'une tournée triomphale de récitals en France et aux États-Unis, Montand crée l'événement en assurant le commentaire de "Vive la crise", l'un des premiers docu-fictions de l'histoire du petit écran.

 

Il évoque, sous la forme de faux reportages, l'état de l'économie dans le monde. Les vingt millions de téléspectateurs qui ont suivi ce programme et la classe politique sont impressionnés par son sens de la pédagogie.

 

Certains lui prédisent une carrière politique et une folle rumeur commence à courir: l'acteur envisagerait de se présenter à l'élection présidentielle de 1988. Les premiers sondages, très prometteurs, font dire aux observateurs qu'il a toutes les chances de devenir le "Ronald Reagan français".

 

ll s'en défend dans un entretien accordé à Christian Defaye dans l'émission "Spécial cinéma", où il résume sa position ainsi: "Pour me faire entendre, si j'ai quelque chose à dire, faut-il viser la présidence?". La réponse est "non".

 

Le Diable par la queue - Film (1969) - SensCritique

 

Aujourd’hui c’est « Le diable par la queue» (1969)

 

Pourquoi ce film ?

 

Par esprit de contradiction ! Ciné papy vous avait annoncé autre chose et bien non. Ce sera selon son bon plaisir. M’enfin, qui commande après tout ?

 

Une autre raison, qui après tout, on vaut bien une autre, en ces temps de morosité voire d'inquiétude (Covid 19 et son variant Delta – étonnez-vous qu'on n'y comprenne rien, un delta c'est toujours plus ou moins marécageux – médiocrité du personnel politique quel que soit leur couleur – phénomènes climatiques hors normes – échiquier mondial nous menant au bord de la catastrophe * un peu d’enchantement et d’humour nous fera du bien.

 

* On rapporte qu’en 1913 et/ou 1914 chaque fois qu’un de ses interlocuteurs ponctuait avec solennité ses tirades d’un : « Je sens la guerre » le Tigre répondait, faites-vous désinfecter.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Dans un château délabré du XVIIe siècle, les propriétaires, une famille de nobles désargentés, s’essayent à faire tourner une activité d’hôtellerie et/ou  de restaurant repas. Les touristes sont attirés avec la complicité du garagiste local. Un jour arrivent un séduisant gangster et ses deux complices qui transportent le butin de leur dernier méfait. La famille des châtelains saute sur l’occasion. Elle n’a nullement l'intention de laisser passer une pareille aubaine et de fil en aiguille on voit le gangster succomber au charme de la plus ingénue des filles  des châtelains et ne se montre plus aussi pressé de partir.

 

 

Réalisation

 

On retrouve Philippe de Broca dans ses pompes et dans ses œuvres. On l’a déjà rencontré dans les premières fiches de Ciné papy qui déclarait son inclination pour « Le Roi de Cœur » bide retentissant de 1966. On se reportera utilement à cette fiche pour une première approche de cet exceptionnel et inclassable metteur en scène plein de talent autant que d’humour et dont la ligne de conduite se traduisait par cette profession de foi : « Le rire est la meilleure défense contre les drames de la vie. »

 

Philippe de Broca est un ovni dans le monde du cinéma. Il appartient au monde qu’il s’est créé. Il vient après les cinéastes dit de « Qualité française » (Claude Autant-Lara, René Clair, Julien Duvivier ou moins talentueux, Yves Allégret, Jean Delannoy) Cette « Qualité française » décriée par « Les cahiers du cinéma » allait être remplacée par « La nouvelle vague. » qui ne fut jamais rejoint par de Broca.

 

Trop futile pour cela ?

 

On peut le croire quand le succès de ses films populaires le rendait suspect aux yeux de ses confrères. Pourtant on était loin des pantalonnades des « Gendarmes » ou des « Charlots »

 

Et on ne se privait pas de souligner un certain amateurisme, voir j’m’en foutisme dans ses films ou l’on relevait, à plaisir, des incohérences au tournage comme au montage.

Dans « Le Diable par la queue » on voit curieusement, très furtivement, redécoller un avion alors qu’il vient de se scratcher dans les étangs du domaine !

 

Mais à y bien regarder son cinéma est tout en sensibilité. On a inventé pour lui le qualificatif de « Mélancomique » Il y a chez lui, une légèreté, une douceur de vivre, une lumière particulière qu’il sait restituer.

 

On est loin de ces cinéastes, aussi talentueux soient-ils, dont la caractéristique est le nombrilisme tel les Verneuil ou les Melville.

 

Terminons par cette déclaration de François Truffaut : « Je l’aime aussi parce qu’il est heureux. La preuve ? Je ne l’ai jamais entendu dire du mal de personne. »

 

Le diable par la queue | Philippe de BrocaThe Devil by the Tail (1969)

Qui fait quoi ?

 

Madeleine Renaud :             la marquise de Coustines

On se demande bien qui, parmi les actrices françaises aurait pu endosser ce rôle. On voit bien à la rigueur l’excellente Danielle Darrieux mais trop légère et primesautière ou mutine. Quand elle joue la tragédie elle apparaît comme fragile. De toute façon elle a déjà tenu un grand rôle de mère, dans « Les demoiselles de Rochefort»1967 de Jacques Demy.

 

Loin de moi l’idée d’opposer ces deux grandes dames de la scène française et internationale dont les carrières s’étendent sur plus d’un demi-siècle.

 

Mais ici, la marquise de Coustines est une maîtresse femme qui mène, son petit monde à la baguette avec autant de charme, d’humour que d’énergie ce qui convient parfaitement à ce grand nonchalant de Jean Rochefort.

 

 

Jean Rochefort :           Georges, comte de Coustines

 

Je ne ferais l’injure à personne de « raconter » Jean Rochefort. Ici il est parfait de légèreté, presqu’évanescent. Pourtant il occupe avec brio ce rôle, avec une discrète désinvolture et cette impression qu’il donne à chaque fois, de ne pas y croire, de « s’en foutre » et l’air de nous dire faites comme si je n’étais pas là. C’est tout cela qui me le rend si cher.

 

Maria Schell :                 Diane, comtesse de Coustines

 

Actrice helvético-autrichienne, une des plus grandes des années 50 et 60 elle mena une carrière internationale. Amie de Marlon Brando elle eut des partenaires comme Yul Brunner, Glenn Ford ou encore Gary Cooper. Sa classe naturelle apporte ce qu’il faut de crédibilité à la famille d’aristocrates ruinés que nous présente ce film.

 

Dans les années 1970, on la voit souvent dans des séries télévisées comme « Derrick ». En 1982, elle joue le rôle de Claire Zachanassian dans l'adaptation cinématographique par Max Peter Ammann de « La Visite de la vieille dame » de Friedrich Dürrenmatt.

 

Le diable par la queue en streaming direct et replay sur CANAL+ | myCANAL

 

Marthe Keller :              Amélie, baronne de Coustines

 

À la voir virevolter avec légèreté on à l’impression que cette toute jeune actrice a tout dit.

 

Le réalisateur venait juste de rencontrer cette fraiche jeunesse suisse, qui traverse le film en minijupe et pieds nus. Ils auront un enfant ensemble. Et tournera encore « Les caprices de Marie » 1970 La toute belle a tenu ses promesses avec une carrière internationale bien remplie « Vertiges » 1975 Mauro Bolognini, « Marathon Man » 1976 de John Schlesinger et surtout « Bobby Deerfield » 1977 de Sydney Pollack. Elle triomphe aussi sur les scènes lyriques ne se contentant pas de jouer la comédie.

 

Petit clin d’œil, n’oublions pas sa participation au film « Mes funérailles à Berlin »1966 (voir parmi les premières fiches de Cinépapy.)

 

 

Clotilde Joano :              la comtesse Jeanne, la cousine pianiste

 

Actrice te cinéma autant que de théâtre (elle participa à l’aventure du TNP de l’époque de Jean Vilar) morte à l’âge de 42 ans * cela ne l’empêcha pas de jouer dans près de trente films avec des metteurs en scène tel que Bertrand Tavernier, Chabrol, Costa-Gavras par exemple.

 

Elle est «la clé » du film qui assure le contrepoint entre comédie et mélancolie.

 

Xavier Gélin :                  Charly, le petit garagiste

 

Encore un acteur qui meurt relativement jeune – 53 ans * – au regard de la longévité de beaucoup d’autres. Soulignons qu’il fait partie de la famille des Gélin de sa plus tendre enfance et tout au long de sa vie professionnelle multiforme.

 

Le duo qu’il forme avec Marthe Keller (coquette vs amoureux transi) donne de très bon moment.

 

Claude Piéplu :               Monsieur Patin, le client assidu

 

Piéplu outre le narrateur des Shadoks c’est autre chose qu’un second rôle, même important, aux cotés des têtes d’affiches. C’est une personnalité hors du commun du monde du spectacle.

Il a su se servir autant qu’il a servi le théâtre, le cinéma et la télévision sachant imposer et son physique, son port distingué  et sa voix reconnaissable entre toute sans oublier un humour très pince sans rire.

 

Bien qu’ayant joué dans près de 175 pièces, le théâtre conventionnel lui en a fait voir de toutes les couleurs. Il échoue par deux fois au concours du conservatoire de Paris1. Il entre alors dans la compagnie Jacques Fabbri un autre marginal du monde du spectacle. Il jouera par la suite dans près de 175 pièces de théâtre d’auteurs modernes ou contemporain tel Harold Pinter. Dés 1975 il renonça à jouer du classique ou les pièces dites « du répertoire » pour se consacrer

 

On le voit aussi, à partir de 1948 dans une quarantaine de films. Il tourne avec Costa-Gavras, Claude Chabrol, Luis Buñuel, Henri-Georges Clouzot, Julien Duvivier… Il s'illustre notamment dans les films La Bourse et la Vie de Jean-Pierre Mocky, La Meilleure Façon de marcher (1975) de Claude Miller, « Les Noces rouges » 1972 de Claude Chabrol, « Le Charme discret de la bourgeoisie » de Luis Bunuel la même année, voire « La Galette du roi » 1986 de Jean-Michel Ribes.

 

Il dit se sentir à l'aise dans « l'expression aérienne et distanciée de l'humour ». (Merci Wikipédia)

 

Un grand Monsieur.

 

Remarque – pour ceux qui n’auraient pas encore bien cerné la personnalité de pax le commentateur invétéré des Chroniques du Taulier, on peut leur dire qu’avec « Monsieur Patin » ils ont là un bel exemple.

 

 

Jean-Pierre Marielle :         Jean-Jacques Leroy-Martin, le "play-boy"

 

On peut faire de cet immense acteur complètement farfelu pour ne pas dire fou un éloge identique à celui fait de Jean Rochefort. Mais juste le contraire. Autant Rochefort jouait tout en finesse autant Marielle jouait dans l’outrance, l’extravagance mais toujours à la limite de la rupture. On se souviendra de lui dans « Les Galettes de Pont-Aven, »ou « Les Grands Ducs » 1996 mais aussi des films comme « Tous les matins du monde » 1991 d'Alain Corneau. Pressenti pour un César, celui ci lui a échappé entrainant ce commentaire : « Les César ? J'en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola. L'important, c'est devant la caméra. C'est servir un auteur, en découvrir un nouveau » Outre sa « gueule » - rappelez-vous : « A quarante ans on a la gueule qu’on mérite » disait Degas. A l’image de ce que Cinépapy disait de Depardieu dans la fiche « Quand j’étais chanteur » 2006 Jean Pierre Marielle est lui-même quand il joue. Tout le reste est littérature. Passion pour cet artiste !

 

Tanya Lopert :                Cookie, la minette pour un ouiken crapuleux avec «le play-boy »

 

Avec quelque 60 films de 1955 à 2017 les amateurs de cinéma n’ont pu faire autrement que de la voir d’autant qu’elle tourna avec des pointures telles Claude Lelouch, Robert Enrico, Federico Fellini, Polanski ou encore Peter Ustinov dans « Lady L »1965 (voir parmi les fiches de Ciné papy.)

 

Elle est mentionnée ici, non par soucis d’exhaustivité mais par ce qu’elle participe à un des grands moments du film

 

Yves Montand :              le "baron" César Maricorne

Ciné papy n’aime pas Yves Montand. Cet artiste est bourré de talent mais c’est un laborieux. Tout est fabriqué chez lui. À coup de travail et de répétitions, il arrive à donner le change et tous se laissent prendre. Mais je ne peux m’empêcher derrière toutes ses performances, dans tous les sens du mot, de percevoir une fêlure. Tous ses succès, la vénération d’un public idolâtre, rien n’y fait. Le petit Ivo Livi n’arrive pas à se faire oublier. Cela devrait me toucher mais il manque tellement de simplicité. Il est trop suffisant, imbu de sa personne et surtout, faute impardonnable pour Ciné papy, aucun sens de l’humour.

 

Dans « Le Diable par queue », il est parfait ! Pour que Ciné papy en arrive à le reconnaître qu’est-ce qu’il doit être parfait.

 

Miracle de Philippe de Broca. Bravo les artistes.

 

Jacques Balutin :                   Max, un gangster

 

Qui ne connaît pas ce comédien qui fit carrière dans le théâtre de boulevard. Sa voix, reconnaissable et appréciée lui permit de devenir un spécialiste du doublage. On l’a beaucoup vue également à la télévision dans « Les grosses têtes » de Bouvard

 

Pierre Tornade :            Schwartz, un gangster

Qui ne connaît pas ce « second rôle » apprécié et reconnaissable à l’écran par sa stature sa voix grave qui donnait, un peu de sérieux à un physique porté plutôt à la dérision. Il fût des épopées de « La septième compagnie » et de la série des «Nestor Burma » avec Guy Marchand

 

* Quarante-deux ans, cinquante-trois ans, c’est tout jeune pour disparaître au regard de l’âge des décès de plusieurs acteurs du casting souvent supérieur à 80 ans

 

Et si pour une fois on parlait musique

 

L'atmosphère de ce film tient à la période du tournage (été 1968), au lieu de tournage (le château de Fléchères dans le département de l'Ain), à la musique de Georges Delerue, à la distribution, dont la récente conquête du cinéaste : Marthe Keller

 

Plusieurs thèmes musicaux accompagnent l'histoire. Le plus connu, le "thème de Jeanne", apporte une sérénité au récit, mais également une mélancolie particulière. Cette comédie alterne en effet les scènes burlesques rappelant le théâtre de boulevard, et des instants plus graves et poétiques. Le "thème de César", plus dansant, est également adapté pour la scène de la messe en un kyrie grégorien. Lors de cette même scène, on peut également entendre le adoro te devote de Saint Thomas d'Aquin. (Notice Delerue de Wikipédia)

 

Tout cela me fait penser qu’il pourrait être intéressant de remplacer quelques fiches « Cinéma » par des fiches à thème consacrées par exemple, aux musiciens de films, aux décorateurs ou encore aux dialoguistes voir à des metteurs en scène.

 

De Broca est le premier réalisateur a avoir confié, la totalité de la musique des films à Georges Delerue quand ce dernier y participait.

 

Une des qualités professionnelles de Philippe de Broca est la fidélité. A ses acteurs, bien sûr mais aussi à Georges Delerue. Avec ce grand musicien ce n’était plus de la fidélité mais une véritable complicité qui s’était nouées (près de 18 films sur 30) avec ce génie de la musique, de la taille d’un Ennio Morricone ou d’un Michel Legrand.

 

Quelques très bons moments

 

         - Jean Pierre Marielle et Tanya Lopert, chacun d’un côté de la double porte communicante de leurs chambres voisine. Un superbe moment de « commedia del arte »

 

         - Monsieur Patin amoureux de Jeanne qui lui rétorque sentencieux : « Le monde est plein de malveillant » (de mémoire)

 

         - Quand Madeleine Renaud, Maria Schell et Marthe keller batifolent et pouffent de rire dans un flot de lingerie sur un grand lit en commentant des idées farfelues de la Marquise avec un air complice et entendu.

 

         - à chaque apparition de Jean Rochefort, là ou on ne l’attend pas et où il traine sa nonchalance avec application.

 

 

 

 

Pax

 

Prochainement « La traversée de Paris »

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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 06:00

https://www.hebdo-ardeche.fr/photos/maxi/11920.jpg

À l'annonce de son décès, ce personnage à l'image modeste et frugale fait pleurer dans les chaumières, la "grande presse" alimentant le cortège des lamentations ...

 

Une amie chère : C.... m'informe de sa peine et, modestement voici ma réponse à son chagrin sincère n'en doutons point !

 

<< Ah! ma chère C.... désolé de ne pas totalement m'associer à ta peine !...

 

Par-delà son aura et ses très bonnes relations avec la presse (cf. PJ) qui le pleure aujourd’hui (et nous incite à faire de même),ce monsieur avait une part d'ombre qu'il valait mieux ne pas évoquer : ICI

 

 

D'un point de vue sociologique on peut noter que son discours (respect de la nature, économie frugale et fable du colibri) a parfaitement fonctionné pour globalement devenir un mythe ; d'où la réceptivité et l'engouement pour ses thèses simples à la portée de chacun.

 

Pour ma part je demeure axé sur celles de feu René Dumont (qui s'était confronté à Pierre R.) et pour lequel j'avais voté en 1974 ... (1,32%)

 

Ce débat de "coupeur de cheveux" n'aura pas lieu sur les grands médias certes...

 

Peu me chaut mais, à notre modeste niveau, je suis tout disposé à poursuivre l'échange malgré son caractère iconoclaste (de l'échange...) et pour te rassurer si ton projet de le faire rencontrer eût abouti, j'y serais allé pour lui poser ces mêmes questions et entendre ses réponses.

 

Aussi aurais-je aimé l'entendre analyser et remettre en question :

 

  • l'organisation de l'Europe agricole et de la PAC favorisant systématiquement les céréaliers

 

  • le syndicalisme de la FNSEA bras armé de l'ultralibéralisme

 

  • soutenir la confédération paysanne

 

  • remettre en question les multinationales de l'agroalimentaire (Nestlé Coca-cola, Mars, Unilever etc...) et de l'agrochimie.

 

  • les conditions de production du sucre, du thé, du cacao et du café dans le tiers monde

 

  • dénoncer l'agro business et les conditions d'élevage et d'abattage des animaux en Europe en Chine et Usa

 

Et le voir soutenir financièrement (cf. feuille d'impôts) les actions en faveur des déshérités d'ici et d'ailleurs ....

 

                     C'est donc avec la plus grande réserve que je compatis à sa disparition et me tiens à bonne distance  du cortège des lamentations ... (et désolé  si je t’ai fait de la peine 😥 )

 

 Débat ouvert sur Le Diplo  suite  >> ICI

 

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Au fond, la question est que son message ne dérangeait pas l'ordre établi et qu'en fait il s'en accommodait comme d'un état de fait à l'inverse d'un René Dumont ou encore, jadis d'un Jack London...

 

Libé a sorti sa nécro  ICIoù l'on  retrouve des phrases issues de Wikipédia et en trois lignes l'allusion à l'enquête du Diplo sans référence au contenu (son parcours de formation idéologique .

 

Voilà, j'arrête ici mon revanchard  monologue…    

 

Pierre Rabhi, enquête sur un prophète, par Sophie des Déserts | Vanity Fair

Pierre Rabhi, enquête sur

 

un

 

prophète ICI

 

 

Pierre Rabhi élevait des chèvres en Ardèche avant de devenir un penseur écolo ultra-médiatique. Aujourd’hui, il publie des best-sellers, donne des conférences dans la France entière, inspire les politiques et les célébrités. Dans le numéro de décembre 2015 de Vanity Fair, Sophie des Déserts dévoile les secrets d’une ascension qui intrigue.

 

PAR SOPHIE DES DÉSERTS

Pierre Rabhi, chez lui en Ardèche, le 5 janvier 2017.

ierre Rabhi, chez lui en Ardèche, le 5 janvier 2017. 

La mort de Pierre Rabhi, pionnier de l’agroécologie ICI

L’écrivain, figure populaire et fondateur de l’association Colibris, appelait à une « insurrection des consciences » et prônait une agriculture permettant la régénération des sols. Il est mort samedi 4 décembre à Lyon, à l’âge de 83 ans.

Par Catherine Vincent

 

Il estimait l’humanité folle, la modernité une imposture, la planète entre des mains inconscientes. Il appelait à l’« insurrection des consciences » pour un monde meilleur dans lequel tout le vivant aurait sa place. Il était, avant tout, l’un des pionniers de l’agroécologie, cette « agriculture du pauvre » qui affranchit le paysan des engrais et des pesticides et permet la régénération des sols. Fondateur, en 2006, de l’association Colibris, auteur de l’ouvrage Vers la sobriété heureuse (Actes Sud, 2010) vendu à plus de 460 000 exemplaires, Pierre Rabhi est mort, samedi 4 décembre, des suites d’une hémorragie cérébrale. Il avait 83 ans.

 

Dès samedi soir, plusieurs personnalités politiques ont réagi à cette disparition. Ségolène Royal, ancienne ministre de l’environnement, a rendu hommage à un « laboureur de la terre et laboureur de conscience ». « Il semblait immortel comme ses idées », a tweeté Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public et ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’écologie. Le candidat EELV à la présidentielle, Yannick Jadot, évoquait « l’un des grands précurseurs de l’agroécologie », tandis que la maire de Paris, Anne Hidalgo, saluait « un penseur et écrivain qui avait à cœur de protéger notre planète ».

 

Dans ce concert de louanges, une musique discordante s’est pourtant fait entendre, dans les termes plus ou moins choisis qui font le sel des sites Internet. « Précurseur incroyable de l’écologie (…), conservateur sur les questions sociétales, l’homosexualité et les femmes », a sobrement résumé la finaliste de la primaire d’EELV, Sandrine Rousseau. Principalement en cause : les propos tenus par l’agroécologiste sur le mariage homosexuel et la procréation médicalement assistée (PMA). « Je considère comme dangereuse pour l’avenir de l’humanité la validation de la famille “homosexuelle”, alors que par définition cette relation est inféconde », avait-il notamment expliqué dans son livre d’entretiens Pierre Rabhi. Semeur d’espoirs (Actes Sud, 2016). Depuis quelques années, cette phrase, sortie de son contexte, tourne en boucle sur les réseaux sociaux – auxquels il n’attachait guère d’importance.

 

 

Immuablement vêtu d’un pantalon à bretelles en velours côtelé et d’une chemise à carreaux, l’homme qui enchaînait les conférences à guichets fermés, celui en qui le moine bouddhiste Matthieu Ricard voyait un « frère de conscience », s’est également vu reprocher une attitude par trop messianique – d’où le titre d’un article publié en décembre 2015 par Vanity Fair : « Pierre Rabhi, enquête sur un prophète ». Un gourou, vraiment ? Tous ceux qui l’ont approché de près s’insurgent contre cette assertion. Mais la plupart admettent qu’il n’a pas fait grand-chose pour rectifier l’image. Ainsi de Cyril Dion, en deuil d’un « grand frère » qu’il côtoie depuis plus de quinze ans (il fut directeur de Colibris de 2006 à 2013) : « Pierre était suffisamment intelligent pour ne pas complètement démentir ce côté messianique. Et, surtout, il avait tellement besoin qu’on l’aime ! » Un besoin de consolation qui remonte à la petite enfance. A ses 4 ans précisément, âge où le petit garçon, né en 1938 aux portes du Sahara algérien, devient orphelin de sa mère.

 

 « Le chagrin que je porte toujours à 80 ans, c’est de n’avoir aucune image d’elle – il n’y avait pas de photos au village. Quand j’évoque ma mère, c’est presque un ectoplasme », confiait-il au Monde il y a quelques années. Convaincu que « le futur est entre les mains des Européens », son père, forgeron, le confie à un couple de Français du village. A l’adolescence, ses parents adoptifs l’emmènent à Oran, à 650 kilomètres de là. Le jeune garçon aime modérément l’école (il s’arrêtera peu après le certificat d’études), mais découvre les philosophes grecs, la Bible et les Evangiles.

 

Du Christ à Thomas Sankara

 

Le message du Christ agit sur lui comme un catalyseur. Il s’appelait Rabah – « le victorieux » en arabe –, il devient Pierre, du prénom de son apôtre favori. A 18 ans, il se convertit au catholicisme. A 20 ans – on est en 1958, en pleine guerre d’Algérie –, une dispute avec son père adoptif le pousse à prendre un bateau pour Marseille. Le voici à Paris, mais pour bien peu de temps. Celui d’y trouver un travail et d’y rencontrer Michèle, qui deviendra sa femme et la mère de ses cinq enfants. En 1961, tous deux mettent le cap vers le sud de la France. Sur le sol caillouteux du plateau ardéchois, ils montent un élevage de chèvres et parviennent à cultiver cette terre aride. L’aventure de l’agroécologie commence.

 

Deux rencontres sont déterminantes. La première avec Fécondité de la terre, un ouvrage de l’Allemand Ehrenfried Pfeiffer prônant les principes de l’agriculture biodynamique (qui pense la nature comme un ensemble), à la promotion desquels Pierre Rabhi va rapidement consacrer conférences et formations. La seconde, en 1983, avec un tour-opérateur qui monte un campement touristique à Gorom-Gorom, dans le nord du Burkina Faso, et propose à Rabhi d’y développer un centre de formation à l’agroécologie. C’est ainsi que le paysan ardéchois rencontrera le leader révolutionnaire Thomas Sankara, qu’il parviendra à intéresser au bien-fondé de ses méthodes. Mais, en 1987, l’assassinat de Sankara signe la fin de l’aventure, et Pierre Rabhi doit rentrer en France.

 

« Pierre adorait les conditions difficiles. Si les cultures poussaient là où il y avait des pierres, un climat compliqué et pas d’eau, il savait qu’elles pousseraient partout. Dans le Burkina Faso, ce pays emblématique touché par tant de problèmes climatiques et de famines, il voyait la possibilité de montrer que l’agroécologie fonctionnait à l’échelle d’un pays. Avoir dû y renoncer fut un des grands regrets de sa vie », raconte Françoise Vernet-Aubertin, présidente de Terre et Humanisme. Une association créée en Ardèche en 1997, précisément pour poursuivre l’œuvre entamée par Rabhi dans les pays d’Afrique.

 

Candidat à l’élection présidentielle

 

Au tournant des années 2000, l’homme à la frêle silhouette n’est pas encore une icône écolo-médiatique. En 2002, sa tentative d’être candidat à l’élection présidentielle lui assure, certes, une certaine visibilité. Mais l’épisode tourne court. Rabhi n’obtint que 184 parrainages d’élus sur les 500 requis et retourne à sa ferme ardéchoise de Montchamp. Celui pour qui « les hommes politiques se comportent comme dans une cour de maternelle, l’innocence en moins », ne se laissera plus jamais attirer dans cette arène.

 

En 2006, il décide en revanche de concrétiser la mobilisation populaire qui l’avait soutenu en lançant le mouvement Colibris. L’objectif : inspirer et relier les citoyens engagés dans des alternatives concrètes – jardins partagés, fermes pédagogiques, circuits d’approvisionnement courts – au système dominant. En 2010, Actes Sud publie Vers la sobriété heureuse, immense succès de librairie. En 2012, en amont de la présidentielle, Colibris lance une campagne qui fait du bruit. L’année suivante sort le film documentaire Pierre Rabhi, au nom de la terre… La notoriété est en marche. Elle ne cessera plus de croître. Surfant sur la prise de conscience désormais générale de la catastrophe écologique en cours, et charriant avec elle son lot de critiques à l’encontre de la nouvelle star. Et tout d’abord de son apolitisme.

 

A se tenir loin des partis et du militantisme, à prôner le mérite des petits gestes, Pierre Rabhi fut en effet volontiers catalogué comme le promoteur des initiatives individuelles, l’adepte naïf d’une écologie mièvre et bêtifiante. « Alors que c’était tout l’inverse ! C’était quelqu’un qui refusait tellement le monde moderne et la société de consommation qu’il est allé vivre dans une ferme sans électricité et sans eau ! Qui citait déjà Rachel Carson dans les années 1990, que personne ne connaissait à l’époque ! », s’insurge Cyril Dion. Intarissable sur les apports de sa rencontre avec Pierre Rabhi, le réalisateur du film documentaire Demain (2015) ne s’en est pas moins retrouvé lui-même en désaccord avec son mentor, surtout dans les dernières années de sa vie.

 

« L’écologie, je l’applique »

 

« Pierre était extrêmement catégorique sur le fait que le changement de la société passait d’abord par le changement de la conscience humaine, et je ne parvenais pas à le convaincre que cela fonctionne dans les deux sens. Cela ne me paraissait pas très opérant. Et cela avait un côté presque croyant qui me laissait perplexe », raconte-t-il. Dans La Convergence des consciences (Le Passeur, 2016), l’un de ses derniers ouvrages, l’agroécologiste réaffirme cette conviction. Et, plus globalement, la quête spirituelle et la référence à une transcendance sont une constante dans ses interventions et ses écrits.

 

« C’était un homme qui détestait le conflit et le rapport de force. Il remettait donc son espoir dans le fait que la conscience évolue et que tout cela se transforme de façon plus profonde. Malheureusement, cela relève un peu de l’ordre de la pensée magique », poursuit Cyril Dion. « Le credo de Pierre, c’est de dire que chacun de nos actes est politique, tempère Grégory David, membre de Colibris depuis 2008. Y compris pratiquer l’agroécologie, qui, bien plus qu’une somme de principes agricoles, est le moyen pour une communauté de retrouver le lien à la terre, de regagner de la souveraineté et de l’autonomie. Là était sa radicalité. »

 

Le secret de sa célébrité ? A cette question, l’intéressé nous avait lui-même répondu : « Je pense que quelque chose me différencie des autres : l’écologie, je ne fais pas qu’en parler, je l’applique. Je crois beaucoup à la force de la simplicité. » Ceux qui l’ont côtoyé évoquent sa capacité d’écoute, sa disponibilité aux autres, ses discours d’une grande évidence – autant d’ingrédients propices à la personnalisation. Mais gourou, décidément, non. « Pierre était un inspirateur, pas un leader. Oui, il était charismatique, oui il inspirait. Mais, ensuite, il laissait faire », précise Grégory David. « Ce qui me marquait chez Pierre, ajoute Cyril Dion, c’était le décalage entre l’image et celui qu’il était vraiment. Quand on entrait chez lui, on le trouvait avec son vieux bonnet, à gratter son chien dans sa cuisine, où il faisait froid… Et, après, je voyais des gens, dans les stands où on vendait ses ouvrages, qui touchaient les couvertures des livres… Comme pour le toucher, lui, dans une espèce de fétichisme… C’était fou ! » La force de la simplicité.

 

Pierre Rabhi en quelques dates

 

29 mai 1938 Naissance à Kenadsa (Algérie)

 

1958 Arrivée en France

 

1961 Installation à la ferme de Montchamp (Ardèche)

 

1983 Dispense une formation à l’agro­écologie à Gorom-Gorom (Burkina Faso)

 

2006 Création du mouvement Colibris

 

4 décembre 2021 Mort à Lyon

 

 

 

Pierre Rabhi est mort, et cela coupe la France en deux

 

Réécouter Pierre Rabhi est mort, et cela coupe la France en deux ICI

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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 06:00

Voici le meilleur champagne pour les fêtes, selon 60 millions de  consommateurs

Un dimanche gris sous la pluie ça me met de mauvaise humeur alors je sors ma sulfateuse pour dézinguer 60 millions de consommateurs qui se la joue meilleur qualité/prix pour le marronnier d’avant les fêtes de fin d’année : le champagne.

 

Et toute la presse reprend en cœur :

 

Même Ouest-France :

 

Lidl: le champagne de la marque parmi les meilleurs pour Noël 2021 ! ICI

 

Le préfixe con est de saison aussi : confiné, consommateur…

Vive la GD !

« Le champagne est un incontournable sur les tables des Français à Noël et au jour de l'An. Dans son numéro de décembre, le magazine 60 millions de consommateurs a dévoilé son grand classement des meilleures bouteilles.

 

C’est du sérieux « Pour mener à bien cette enquête, un jury, composé de 14 professionnels du champagne, maître-sommelier, consultants en vin, courtier etc., a dégusté à l'aveugle puis noté une sélection de champagnes disponibles dans le commerce. »

 

Contre toute attente, ce ne sont pas forcément les bouteilles les plus onéreuses qui obtiennent les meilleures notes. Pour son test, 60 millions de consommateurs s'est tourné vers la catégorie des champagnes dits « bruts » (dont le taux de sucre est inférieur à 12 g par litre), qui représentent près de 90 % des ventes de champagne dans la grande distribution.

 

Ces derniers ont été classés en trois grandes familles : les classiques, sans année (BSA), qui comme leur nom l’indique mêlent divers années, cépages et terroirs ; les millésimés qui réunissent les raisins d'une seule année de récolte ; et enfin les blancs de noirs et blancs de blancs, des mélanges de cépages.

 

QUI OBTIENT LE MEILLEUR RAPPORT QUALITÉ/PRIX ?

 

Le magazine recommande de privilégier en priorité les millésimés, qui sont dans l’ensemble mieux notés. Dans cette famille, on retrouve en première position, avec une note de 15,5/20, le De Castellane 2012, à 19 €. Le Nicolas Feuillatte 2015, à 23 € est quant à lui noté 14,5/20, et le Charles Lafitte de 2010, vendu 35 €, et noté 13,5/20.

 

Paul Menand Coeur de Cuvée Brut Champagne | Vivino

 

Les bruts classiques sont également intéressants, en particulier le Charles de Courance, 20 €, qui est bio, disponible chez Carrefour, et qui décroche la première place de sa catégorie avec une note de 15/20. Le Paul Menand, Cœur de cuvée, vendu chez Lidl, le suit de près avec une note de 14,5/20 et un tarif abordable de 17 €. Cette bouteille représente le meilleur rapport qualité/prix du classement. Enfin, sur la dernière marche de ce podium des bruts classiques, on retrouve à la troisième place la Grande Réserve de Nicolas Feuillatte, au prix de 25 € et noté 14/20.

 

Dans la famille des champagnes blancs de noirs c'est le Devaux, à 26 €, noté 13,5/20 qui est le meilleur. Enfin, dans la famille des champagnes blancs de blancs c'est Le Mesnil, à 25 €, qui est noté 13/20.

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