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26 décembre 2021 7 26 /12 /décembre /2021 06:00

« Le vin est femelle et le bien boire érotique » Pierre Desproges« J’ai appris à boire du vin au service militaire. J’y ai découvert l’ivresse… au 13° »

L’origine du repos dominical est liée au Décalogue : Tu sanctifieras le jour du Seigneur. Si les Juifs sanctifient le samedi, dernier jour de la création, jour du repos de Dieu, les chrétiens choisissent avec logique le dimanche, jour de la résurrection, premier jour de la semaine. L’assistance à la messe empêche de facto le travail, au moins une partie de la journée. Pour les chrétiens, l’assistance à la messe ne suffit pas pour honorer Dieu, et le dimanche est un jour tout entier consacré à la vie spirituelle, à la relation personnelle avec Dieu ; un jour où l’on se préoccupe davantage de son prochain, un jour sans activité rémunératrice. C’est aussi le jour où on ne fait pas travailler les autres, on évite ainsi d’aller faire ses courses le dimanche.

 

Dès le IIe siècle, le dimanche devient progressivement chômé parmi les chrétiens, et, en 321, l’empereur Constantin fait du dimanche le jour de repos légal au sein de l’Empire romain, ordonnant que « les fonctionnaires et tous les habitants se reposent, et que tous les ateliers soient fermés ».

 

Sous l’Ancien Régime, le travail est interdit le dimanche, sous peine de sanctions. Même si ces dernières s’allègent au cours des siècles, le principe de l’interdiction est maintenu et réaffirmé par diverses ordonnances et édits royaux. Bien sûr, les contrevenants existent, ils sont même de plus en plus nombreux, cependant, il est impossible d’obliger quelqu’un à travailler un dimanche. La contestation commence au XVIIIe siècle avec Voltaire et Montesquieu qui réprouvent l’institution d’un jour chômé et dénoncent ses « effets pervers » dans le domaine économique.

 

La suite ICI 

 

Comme il est très tendance d’exhiber ses racines chrétiennes pour être un bon Français, et même si je n’en fout pas une rame depuis que la République m’a mis sur une voie de garage  (fine allusion parisienne), le dimanche je me mets donc, les pieds en éventail, confirmant ainsi ce que pensent mes détracteurs que j’écris comme un pied. Au passage je m’étonne que le dénicheur Ciné Papy ne nous ait pas gratifié d’une fiche ciselée sur My left foot 1989 de Jim Sheridan, avec l’immense Daniel Day-Lewis (Oscar du meilleur acteur) : évocation de la vie de Christy Brown, peintre et écrivain, frappé d'une paralysie spasmodique à la naissance, d'après ses Mémoires rédigées en 1954.

 

My Left Foot - Film (1989)

 

Cependant je me dois s’assurer la continuité du service de mon cher public assoiffé de connaissances, en sous-traitant ma chronique du dimanche à un beau nez du vin : Jacques Dupont du Point, à ne pas confondre avec DuPont de Nemours ICI (fine allusion naturiste à la chimie)

 

Encore des nouilles" : les truculentes chroniques culinaires de Pierre  Desproges rassemblées dans un recueil

 

Le vin de Desproges ICI 

 

« Ménagez votre santé. Buvez du vin, nom de Dieu ! »

 

Saint-émilion, c’était son vin. Il le cite souvent dans ses chroniques et plus particulièrement un château et un millésime : Figeac 1971. Un millésime discret, qui passait derrière 1970 à la réputation un peu surfaite, mais un Château Figeac dirigé et vinifié alors par Thierry Manoncourt, qui savait que les grands vins ne se mesurent pas en épaisseur mais en finesse, c’est rarement décevant. Si Desproges aimait Bordeaux et se disait capable de réciter la liste des grands crus médocains, il ne crachait pas sur le sancerre, expliquant devant tous les officiels réunis pour l’ouverture du Printemps de Bourges que, grosso modo, le seul intérêt de ce festival résidait dans la possibilité de s’abreuver de ce sauvignon blanc, minéral à souhait. Pour le reste, s’il cite châteauneuf-du-pape, c’est surtout pour faire un bon mot. Résumons. Comment reconnaître un châteauneuf-du-pape. C’est simple : « le châteauneuf a une belle robe rouge, alors que le pape a une belle robe blanche. » Étonnant, non ?

 

Il aimait le vin, c’est incontestable : « Certes, l’eau est plus digeste que l’amanite phalloïde et plus diurétique que la purée de marrons, mais ce sont là futiles excuses de drogués. D’autres vous diront que la cocaïne est moins cancérigène que l’huile de vidange… N’en tenez pas compte. Ménagez votre santé. Buvez du vin, nom de Dieu ! »

 

On ne peut pas dire en revanche qu’il raffolait du whisky. « Le whisky est le cognac du con. Son bouquet évoque la salle d’emboîtage des vaccins antigrippaux de l’Institut Mérieux. Additionné d’eau gazeuse, il insulte le palais de l’homme de goût qu’il éclabousse d’inopportune salaison et de bulles impies que le Champenois crache au noroît dans son mépris d’Albion. En vieillissant, le whisky gagne en platitude ce qu’il perd en infamie. » (Dictionnaire superflu).

 

Dans le même ouvrage, il tisse des louanges (à sa façon) au département d’Indre-et-Loire…

 

L’ensemble de la prose duponienne ICI 

 

À table avec Pierre Desproges

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25 décembre 2021 6 25 /12 /décembre /2021 06:00

Laurent Bouvet à la Fondation - Fondation Jean-Jaurès

Mon père, simple paysan, entrepreneur de travaux agricoles, conseiller municipal, lecteur journalier de la page politique de la Résistance de l’Ouest, auditeur attentif  du débat politique national à la radio, homme engagé, pondéré, m’a inculqué le goût des idées, l’amour  du débat, même s’il se révélait rude et passionné. Si je suis ce que je suis, c’est pour lui, grâce à lui. Mes choix politiques, mon engagement pour des idées, pour une conception de l’action où le « parler vrai » était minoritaire, rejeté par les électeurs, il en fut le socle. Je n’ai jamais oublié d’où je venais et j’ai toujours su là où je ne me rendrais jamais. Pour autant j’aime débattre, convaincre, ferrailler face à ceux qui ne pensent pas comme moi, j’en ai fait l’expérience auprès de Michel Rocard puis lors de la parution de mon fichu Rapport. Ce qui ne signifie pas que j’estime avoir toujours raison, loin de là, je sais passer des compromis au nom de l’action, de la prise de décision, mettre les mains dans le cambouis tout en restant fidèle à mon corpus d’idées.

 

Je ne connaissais pas Laurent Bouvet, je le suivais sur la toile, sa disparition me touche à double titre : il était atteint de la maladie de Charcot, il fut un ardent et studieux militant socialiste. Il en fut déçu, mais resta toujours loyal aux traditions et idées socialistes. Il fut plus exigeant voire critique avec ses dirigeants, les trouvant trop timides face aux mouvements qui avaient mis la République en joue.

 

Le déferlement d’hommages hypocrites sur les réseaux sociaux me remplit d’un dégoût profond.

 

Celui de Bernard Cazeneuve utilise des mots justes et témoigne d’une réelle et profonde empathie, c’est pour cette raison que je vous le propose.

 

La réflexion de Laurent Bouvet recèle des idées sophistiquées pour réaffirmer l’originalité de l’identité de la France (pour parler comme Fernand Braudel) et non pas de l’identité française (pour parler comme Charles Maurras). Et parmi ces idées, il y a la tenaille identitaire. Un instrument rhétorique qui figure le piège tendu à l’universalisme.

 

Les dents du bas de la mâchoire, c’est Tariq Ramadan et ceux qui nient le niveau de l’emprise islamiste dans certains quartiers, les dents du haut c’est Éric Zemmour et ceux qui voient de l’islamisme partout.

 

On peut extrapoler et utiliser l’outil de la tenaille identitaire, au-delà même de ce que souhaitait Laurent Bouvet. Dents du bas : l’accusation d’islamophobie. Dents du haut : l’accusation d’islamo gauchisme ; dents du bas : la cancel culture, dents du haut : l’arrogance boomer.

 

La République et ses valeurs (la laïcité) se sont laissées enserrer dans la tenaille. De n’avoir pas tenu ses promesses d’émancipation ou de lutte contre les discriminations, ou alors de n’avoir simplement pas su se défendre ?

 

Les deux, répondait Bouvet. 

 

ICI 

Le politologue Laurent Bouvet (1968-2021).

Bernard Cazeneuve : "Laurent Bouvet ou le sens de la République"  ICI 

 

L'ancien Premier ministre rend un hommage à Laurent Bouvet, le politologue, essayiste, et ardent défenseur de la laïcité, décédé le 18 décembre dernier.

 

Laurent Bouvet n'est plus. Pour sa compagne Astrid et leurs filles, l'absence doit être immense. Je pense à elles, à leurs proches et leur adresse mes sincères condoléances.

 

Je souhaite dans ces quelques lignes rendre hommage au républicain complet que Laurent Bouvet a été. La République, il en était fou. Cette ardeur républicaine, certains l'ont prise pour de l'inflexibilité. Les mêmes d'ailleurs qui faisaient semblant de confondre sa pugnacité avec de l'intransigeance. 

 

C'est que Laurent Bouvet prenait les idées toujours très au sérieux. Pas seulement parce que la République vit du débat d'idées, mais parce que la République a besoin d'idées nouvelles pour pouvoir continuer son oeuvre par définition inachevée. Alors, ami des concepts, il en diffusera de nouveaux : "sens du peuple", "insécurité culturelle", "péril identitaire". Ces concepts, il voulait les poser mais surtout persuader ses contemporains d'y recourir. Avec l'espoir de pouvoir ainsi les sortir de leur négligente torpeur face à l'individualisme forcené, au libéralisme dévergondé et aux communautarismes devenus ivres de leur dogme. 

 

Il chérissait les idées aussi parce qu'il savait que la politique a horreur du vide. Mais, pour autant, il ne vivait pas dans le monde des idées. Laurent Bouvet était un réaliste. Et pour lui, l'engagement dans la cité était la plus belle forme de réalisme qui soit.

 

Engagement au Parti socialiste tout d'abord, dont il fut pendant vingt ans un ardent et studieux militant, produisant de nombreux textes, participant à divers courants. Il en fut déçu, mais resta toujours loyal aux traditions et idées socialistes. Il fut plus exigeant voire critique avec ses dirigeants, les trouvant trop timides face aux mouvements qui avaient mis la République en joue.

 

Engagement dans le débat public d'idées sur les réseaux sociaux aussi. Il avait bien du mérite à le faire, dans un paysage dévasté par les approximations et les exagérations, rongé par les anathèmes. Il s'y colla, sans rechigner. Il voulait réfuter et contenir les figures publiques extrémistes car, pour lui, en les laissant s'exprimer bruyamment sans répliques, on leur laisse une visibilité que les indécis vont interpréter comme de la représentativité. L'autre enjeu pour lui, c'était précisément les indécis qu'il faut à tout prix empêcher de basculer, d'un côté ou de l'autre de la tenaille identitaire. 

 

Engagement pour la chose publique tout du long. Universitaire universaliste et militant revenu de ses illusions, il cofonda le Printemps Républicain, véritable vigie de la République, dans un contexte où beaucoup perdaient leur boussole. Disons-le ici tout net : il a fait preuve de courage. Il a assumé les conséquences de ses convictions et assuré leur victoire sur la peur, contre la propension collective à la fuite. Le courage de rester droit, de dire ce qui est, d'assumer ses choix. Ce même courage dont il fera preuve face à la maladie.

 

Certes, le courage est contagieux, mais il faut bien que quelqu'un commence. Ce quelqu'un, ce fut lui. Il ne pouvait en aller autrement, face au lâche abandon de l'idéal universel prôné par d'aucuns, face à la défense passive et à trous de certains responsables en matière de laïcité. Albert Camus écrivait que "l'esprit est toujours en retard sur le monde". Eh bien, c'est un fait, en matière républicaine, la gauche a sans doute été en retard sur Laurent Bouvet. Et rien n'est encore assuré, chacun le voit.

 

N'en déplaise aux esprits polémiques, Laurent Bouvet fut toute sa vie un homme de gauche. Dans la pure tradition clemenciste : savoir être seul quand l'essentiel est en jeu. Que personne n'en doute, sa profonde conviction républicaine fut l'expression de sa conscience précise du danger que les entreprises identitaires font courir sur le vivre ensemble et l'avenir de notre communauté nationale.

 

Face à ces menaces, la République ne peut se défendre toute seule. Elle a besoin de citoyens engagés, prêts à la porter et à la répandre dans les coeurs et les esprits. Pas de République sans Républicains : c'était au fond son credo et l'héritage en forme de défi qu'il nous lègue. De ce point de vue, ses écrits vont résonner encore longtemps. Et chaque républicain convaincu, je le sais, pourra y puiser force et confiance dans les moments de doute et face à l'adversité. 

 

Au fond, la vie de Laurent Bouvet s'est articulée autour d'une idée claire, celle de vouloir faire vivre la République. C'est donc faire acte de fidélité à son endroit que de participer au sursaut républicain qu'il n'a cessé d'appeler de ses vœux et dont la France a tant besoin. Il nous a montré le chemin. Il a notre infinie gratitude.

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24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 00:00

C’était au Bourg-Pailler le temps du Petit Jésus de sa crèche et du Minuit chrétien de Gégène…

Insolite Des chameaux expulsés d'un concours de beauté pour tricherie - VSD

Ce matin en me levant je me suis dit mon vieux il serait peut-être temps de te mettre au clavier pour écrire une petite bafouille au Père Noël

 

24 décembre 2011

Le Père Noël supplicié : brûlé devant des enfants des patronages sur le parvis de la cathédrale de Dijon, le député-maire s’est abstenu de prendre parti. ICI 

 

Quand j’écris qu’il serait temps je veux dire par là que je ne l’ai jamais fait en 73 ans. La raison de cette abstention est simple comme ma Vendée crottée : le Père Noël n’y était pas une ordure mais il n’avait pas le droit de cité. S’y référer eut été un péché. Ce vieux joufflu, barbu, ridicule avec son habit rouge, sa hotte et son traineau tiré par des rennes, c’était une invention des gens des villes et la ville c’était un lieu de perdition.

 

Nous en Vendée, vu qu’on baignait dans l’eau bénite, on en tenait pour le Petit Jésus, fils de Dieu en passant par Marie et Joseph. Logique car le 25 décembre était le jour de sa naissance dans une crèche. Le curé nous disait en chaire qu’il venait sur terre pour nous sauver et j’ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi tous les ans il nous apportait des jouets à nous les enfants alors qu’il aurait mieux fait de s’occuper des grands qui passaient leur temps à s’engueuler ou à s’étriper dans tous les bouts de la Terre.

 

Comme c’est bizarre à la Mothe-Achard j’n’ai jamais cru au Père Noël dois-je l’avouer à mes petits-enfants ?

 

Ceci écrit j’étais bien content de ce qu’officiellement il déposait dans mes souliers, des paquets qui venaient des Grands Magasins Decré. Je le trouvais bien organisé ce Petit Jésus pour un bébé à demi nu. (les mauvais esprits y verront la source de mon adoration des vins nu)

 

J’ai bien aimé être un enfant car mes parents m’ont laissé vivre ma vie d’enfant.

 

Très vite, même si, dit-on, les vieux reviennent en enfance, comme je n’ai rien à demander j’ai renoncé à pondre un poulet pour demander des jouets par milliers pour emplir mes petits souliers.

 

Que faire la nuit de Noël ?

 

Réveillonner, me goinfrer de foie gras, de louchées de caviar, gober des huîtres de pleine mer, sacrifier une langouste bretonne, rôtir un chapon de Bresse, finir avec une buche “Infiniment Praliné Pistache” – Pierre Hermé, licher des vins nu, des pet’nat et même du champagne. Finir beurré comme un petit Lu, chanter mon beau sapin…

 

NON !

 

2021, fut une année de confiné, je veux la finir dans la frugalité, réduire à 3 fois rien mon emprunte carbone, ne pas me retrouver classer dans la catégorie des cons finis déjà bien remplie.

 

Alors que faire ?

 

Aller à la messe de Minuit à Saint-Sulpice à Paris pour entendre chanter Minuit Chrétien.

 

25 décembre 2016

C’était au Bourg-Pailler le temps du Petit Jésus de sa crèche et du Minuit chrétien de Gégène…ICI 

NON !

 

Je vais rester au chaud à la maison, me faire un plat de spaghetti Cacio e Pepe, licher du vin nu et regarder un concours de beauté de camélidés à la télé.

 

Organisée dans le cadre de la 6e édition du festival du roi Abdelaziz, la compétition se tient jusqu'à la mi-janvier dans le désert au nord-est de Riyad, lors de la période hivernale de la région. Accueillant des éleveurs venant de tout le Golfe, le rendez-vous annuel s'inscrit dans une longue tradition bédouine de l'élevage de camélidés, en très écrasante majorité des dromadaires (camelus dromedarius), parfois appelés chameaux d'Arabie.

 

Dans un concours saoudien de chameaux, la beauté sans botox - Challenges

 

Le sujet est au bout des lèvres de tous les connaisseurs, en Arabie saoudite. Un concours de beauté pour dromadaires a été touché cette semaine par un scandale avec la disqualification de dizaines de camélidés ayant notamment subi des injections de botox. «Quarante-trois chameaux ont été disqualifiés pour tricherie», a rapporté jeudi l'agence de presse saoudienne SPA. La tricherie a été détectée à la suite de l'examen physique et médical des dromadaires, notamment lors de leur passage aux rayons X, a-t-elle ajouté.

 

Ces opérations chirurgicales avaient pour objet d'embellir les dromadaires, la forme et la taille des lèvres, du cou et de la bosse étant les principaux critères de beauté pour départager les bêtes. «Les autorités tiennent à ce que les chameaux soient présentés sous leur forme naturelle», a dit à l'AFP un responsable du festival sous le couvert de l'anonymat. Selon lui, les opérations cosmétiques subies par les animaux sont considérées comme de la maltraitance. «Les contrevenants font face à de lourdes sanctions et n'auront pas le droit de participer à de futurs concours», a-t-il ajouté. Une course de dromadaires est par ailleurs prévue dans le cadre de ce festival qui dure 40 jours.

 

En Arabie saoudite, des chameaux botoxés dans un concours de beauté font  scandale

 

Un prix à 58,5 millions d'euros

 

Ce n'est pas la première fois que les organisateurs du concours disqualifient des chameaux injectés au botox ou ayant subi de la chirurgie esthétique, dans l'espoir d'empocher l'un des prix mis en jeu, et dont la somme peut atteindre jusqu'à l'équivalent de 66 millions de dollars (58,5 millions d'euros). Cette édition 2021-2022 compte en revanche le plus grand nombre de disqualifications enregistrées depuis le lancement du concours il y a six ans. En 2018, 14 chameaux avaient été disqualifiés.

 

Arabie Saoudite : Des dizaines de chameaux botoxés exclus d'un concours de  beauté – Les Envahis

 

 

Le dromadaire (Camelus dromedarius) dans le Proche‑Orient ancien au Ier millénaire av. J.‑C. ICI

Présentation de la documentation épigraphique et retour sur quelques documents iconographiques

Laura Cousin

Qu’est-ce que le botox ?

 

Indications légales du Botox (Toxine Botulique) | Dr Nelly Gauthier - Paris

Le botox (ou la toxine botulique) est une substance qui diminue la contraction des muscles en agissant au niveau de la jonction neuromusculaire (action myorelaxante). L’action est limitée dans le temps (réversible) et dans l’espace (localisée).

 

Le traitement consiste à injecter de très faibles doses de substance active de toxine botulique purifiée directement dans les muscles responsables des rides afin de les relaxer.

 

 

 

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23 décembre 2021 4 23 /12 /décembre /2021 06:00

Ours Aïnous – Uchiwa Gallery

Pour les retardataires, un cadeau pour leur beau-père…

 

« Miloszewski s’est fait une réputation internationale. Son sixième roman, "Inestimable", qui paraît aujourd’hui en français est un écho à l’avant dernier, "Inavouable", qui avait rencontré un grand succès.

 

Inestimable de Zygmunt Miloszewski

 

 

On peut lire, comme moi, dans le désordre le second avant le premier. J'attends "Inavouable", que j'ai commandé à ma librairie.

 

Un roman d’aventures échevelées aux quatre coins de la planète. course-poursuite, façon Indiana Jones, que met en scène Inestimable avec les mêmes personnages, une historienne de l’art polonaise, son mari, marchand d’art réputé et une aristocrate suédoise experte dans l’art de voler les musées. Facile de se laisser à nouveau séduire. Inestimable, c’est 500 pages pleines à craquer, de rebonds, d’humour, de culture…

 

Miloszewski joue avec gourmandise des codes du polar et du roman d’aventures, les pousse dans leurs retranchements, grossit le trait.

 

Mais surtout, son regard est dévastateur, son ironie savoureuse. Les Polonais en prennent pour leur grade, les Russes aussi. Et les Français, sont joyeusement épinglés, comme dans ce passage qui montre l’héroïne, Zofia, enquêtant à Paris… (Voir chronique de lundi ICI

 

Dans le style Ciné papy :

 

Sur quoi repose l’intrigue ?

 

La base du roman, comme la génoise au chocolat dans la forêt noire, c’est la recherche éperdue d’une collection d’objets d’art aïnou - un peuple autochtone qui vivait notamment sur l’île de Sakhaline -, rapportés en Europe par un pionnier de l’ethnographie.

 

Petitjournal sakhalines sakhaline

 

Et en particulier d’un totem en forme d’ours qui semble doté de vertus considérables puisqu’il va faire l’objet d’une lutte sans merci entre une multinationale de la pharmacie et un groupe un poil sectaire de scientifiques passablement allumés.

 

Ours Aïnous – Uchiwa Gallery

 

Inestimable est un festival d’épisodes rocambolesques montés de main de maître. Une attaque de pirates au large des côtes d’Afrique, une expédition dans un fleuve de boue en Sibérie, un face-à-face avec un ours (éloigné en chantant à tue-tête l’hymne national polonais), une cavalcade dans le métro avec saut dans la Seine depuis le pont d’Austerlitz, un séjour qui n’en finit pas au beau milieu de l’océan avec pour tout bagage une combinaison de sécurité…

 

On l’a compris, Inestimable est un thriller plein d’esprit et de drôlerie.

 

Cerise sur le gâteau, Miloszewski mène tout au long de son roman une série de réflexions sur nos rapports à la religion par exemple, ou sur le désastre écologique à venir et les choix qu’il va nous imposer. »

 

Source : ICI

Zygmunt Miloszewski a l’art de fouiller les tréfonds de l’âme de ses compatriotes avec la minutie d’un entomologiste.

“Inestimable”, le roman noir façon Indiana Jones du Polonais Zygmunt Miloszewski ICI 

 

Michel Abescat

 

Il s’est fait connaître avec ses polars déterrant les secrets embarrassants de la Pologne. Et continue de séduire avec son deuxième roman d’aventure, une course poursuite haletante sur fond de changement climatique, qui vient de paraître au Fleuve noir.

 

C’est toujours pareil avec les auteurs à succès. À chaque nouvelle parution, revient la même question : alors, c’est comment ? Ça vaut le coup ?

 

Ainsi du sixième roman traduit en français de Zygmunt Miloszewski, Inestimable, qui vient de paraître au Fleuve noir. En moins de dix ans, l’écrivain et scénariste polonais, né en 1976, s’est en effet construit une belle notoriété internationale. D’abord avec sa trilogie dite Teodore Szacki, du nom de ce procureur, dépressif et arrogant, qu’il a imaginé pour interroger, à travers les enquêtes qu’il lui fait mener, l’Histoire et la culture de son pays.

 

Grand admirateur du suédois Henning Mankell, Miloszewski a l’art comme lui de fouiller les tréfonds de l’âme de ses compatriotes avec la minutie d’un entomologiste. Dans Les Impliqués (éd. Mirobole, 2013), qui se passe à Varsovie, il explore ainsi le passé totalitaire de la Pologne. Un fond de vérité (éd. Mirobole, 2015) met en scène une série de meurtres qui bouleversent la petite cité médiévale de Sandormierz et renvoient à de vieilles légendes antisémites toujours promptes à refaire surface. Quant à l’intrigue du dernier volume de la trilogie, La Rage (éd. Fleuve noir, 2016), elle prend place à Olsztyn, dans le nord de la Pologne, et confronte Szacki au fléau des violences faites aux femmes. Récompensés par plusieurs prix, ces trois romans séduisent par la vivacité de la plume de l’auteur, le tranchant de son regard, cruel parfois, drôle souvent, mélange relevé d’humour noir et d’ironie.

 

Mais en 2017, au grand dam de certains de ses lecteurs, Miloszewski décide d’abandonner son personnage pour investir un genre différent. Celui du roman d’aventures et d’action qu’il inaugure avec Inavouable (éd. Fleuve noir, 2017). C’est, à ce jour, son plus grand succès. Et il faut dire que l’auteur ne lésine pas sur les ingrédients. Rebondissements, suspense, espionnage, références à l’Histoire : Inavouable raconte une course-poursuite rocambolesque à travers le monde, à la recherche (pour commencer) d’un tableau de Raphaël volé à la Pologne par les nazis. Documenté, érudit, ce roman de six cents pages, électrique et ubiquitaire, tient haut la main ses promesses. Difficile de le lâcher.

 

Inestimable, qui paraît aujourd’hui, est un peu son frère jumeau. Même genre, le roman d’aventures échevelées façon Indiana Jones ; même langue, rapide, incisive, impertinente ; même regard à distance, même jeu sur les codes romanesques. Et mêmes personnages. Zofia, une historienne de l’art, qui vient de se faire licencier pour raisons politiques du musée de Varsovie qu’elle dirigeait. Karol, un marchand d’art réputé, devenu son mari. Et une aristocrate suédoise haute en couleur, Lisa, as de la cambriole spécialisée dans les objets d’art.

 

La course-poursuite, cette fois-ci, a pour objet un totem aïnou – un peuple autochtone qui vivait notamment sur l’île de Sakhaline, en Sibérie – rapporté en Europe, au début du XXe siècle, par un ethnologue polonais de renom. Un totem dont on mesurera peu à peu la valeur puisqu’il va devenir un enjeu majeur pour une multinationale de la pharmacie et un groupe de scientifiques plutôt allumés. Difficile d’en dire plus sinon qu’il sera question d’enjeux majeurs et de brûlante actualité liés à la catastrophe climatique qui s’annonce.

 

Miloszewski joue à merveille entre divertissement et réflexions on ne peut plus sérieuses, mais l’essentiel du roman est la mise en scène gourmande et souvent ironique d’une cavalcade de scènes d’action. L’auteur, avec la complicité du lecteur, n’est pas dupe, mais il va à fond les ballons. Et ses personnages, en particulier Zofia, vont en voir des vertes et des pas mûres. Attaque de pirates au large des côtes d’Afrique, expédition à haut risque dans une coulée de boue au fin fond de la Sibérie, face-à-face avec un ours, poursuite dans le métro parisien avec saut dans la Seine depuis le pont d’Austerlitz, séjour solitaire et prolongé au beau milieu de l’océan avec pour tout bagage une combinaison de sécurité, etc.

 

Bref, au bout du compte, les héros sont fatigués. Et le lecteur un peu aussi. Pour en revenir ainsi à la question du début, ce nouveau roman de Zygmunt Miloszewski vaut-il le coup, la réponse, sans hésitation, est oui. L’auteur a du talent, de la culture, de l’humour, du savoir-faire et de la distance. On apprécie sa gourmandise, mais attention tout de même à l’indigestion.

 

 

Extraits :

 

« Trop tard, se dit-il pour la millionième fois, j’ai tout commencé trop tard. Combien d’années vivrai-je encore ? En bonne santé, au mieux vingt ou trente ans. Viendront ensuite un cancer, la démence, puis une lente agonie. Et avec elle le réflexe de se mentir à soi-même en disant que « je me sens toujours bien pour mon âge », que « ça pourrait être pire », que « cette chemise me rajeunit d’une dizaine d’années ». »

 

« Le problème, c’était que Bogdan Smuga ne croyait ni en l’amour, ni au bonheur familial, ni à l’action bénéfique d’un foyer. Il était d’avis que ce modèle d’existence était l’excuse des paresseux qui n’avaient pas le courage de consacrer leur vie au développement de l’héritage de l’humanité. Une femme et des enfants n’étaient qu’un carcan absurde qui accaparait du temps et les pensées. Le mariage, ce n’était que la cession d’une existence contre des rapports sexuels facilement accessibles et quelques émotions banales. Et l’amour ? Ce n’était qu’une simple réaction biochimique qu’on avait, allez savoir pourquoi, parée de mythes et de légendes. »

 

« Si vous me demandez si j’ai envie de mourir, alors non, je n’en ai nulle envie, bien sûr. Et je serais probablement triste de trépasser indépendamment des circonstances. Mais si je dois cesser d’exister, alors la conscience qu’avec ma génération disparaît aussi l’intégralité de mon espèce constituée d’idiots, de méchants et d’enragés me fait me sentir mieux.

— Je croyais que nous, les scientifiques, étions des humanistes.

— Nous sommes les enfants de la nature, de sa beauté, de sa force, de sa diversité, de son infinie capacité à créer. Nous serions de piètres scientifiques si nous assujettissions nos actions à une seule espèce, sous prétexte que nous y appartenons. L’humanisme équivaut à un nationalisme ou à un fondamentalisme religieux, capable de justifier n’importe quelle bassesse au nom de l’Homme. Or l’Homme en tant qu’idée, hum… même le Dieu de l’Ancien Testament ou Adolf Hitler font pâle figure à côté de lui. Leur férocité sanguinaire devient innocente, locale et de faible ampleur en comparaison. »

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22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 06:00

marie-octobre paul guers | argoul

Paul Guers, « Quel bel homme ! » dixit ma sainte mère…

 

Aujourd’hui c’est « Marie Octobre » (1959)

 

MARIE-OCTOBRE - ACTERIEUR DU CINEMA

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour fournir un autre exemple de ce que François Truffaut qualifiait de « Qualité Française »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Un dîner d’ancien combattant de l’armée des ombres , 15 ans après la fin de la guerre. Ils sont contant de se retrouver certains s’étant perdus de vue. Cela se passe dans la demeure de leur ancien chef de réseau, Castille, qui a été arrêté et tué dans ce lieu même, événement qui a précipité la chute du réseau.

 

C’est Marie-Octobre, nom de code de l'ancienne estafette du réseau, et par le propriétaire actuel des lieux, François Renaud-Picart qui ont organisé la petite sauterie. Mais il y a anguille sous roche : ils ont organisé la réunion pour percer le mystère de la mort de Castille. Ils ont appris d’un ancien membre des services de renseignements allemands que c'était grâce à un traître que la Gestapo avait réussi à les découvrir ce soir-là.

 

Petit à petit, les masques tombent. Les anciens membres découvrent ou supposent les bonnes raisons de chacun d'avoir pu trahir, la collaboration...

 

Le responsable découvert Il faudra le mettre à mort. Pas facile tout ça, mais 15 ans après, tuer de sang-froid  c’est autre chose que d’être dans la résistance .Malgré l’opposition d'un prêtre, ils votent qu’il devra se suicider après avoir signé des aveux.

 

Mais une fois découvert, celui-ci tente de s'échapper, puis fait appel à leur pitié. Le prêtre arrive un temps à empêcher ses amis de mettre leur décision à exécution. Mais le traître est finalement tué par Marie-Octobre, Elle déchire la confession que le traitre a écrit sous la menace et appelle ensuite la gendarmerie.

 

Réalisation

 

Julien Duvivier

 

C’est l’un des plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma français marquant la période de 1930 à 1960 ce qui permet de  dire qu’il est le chef de file de cette école de la Qualité Française école avait existé. Ce sont souvent des concepts forgés par la suite regroupant, pour les historiens, par facilité ce qui ne faisait qu'être dans l'esprit du temps. Ainsi, par exemple, Tristan Tzara, Hugo Ball, Hans Arp furent étonné de se voir affiliés à un mouvement qui au départ se voulait purement intellectuel. À l'origine, il s'agissait de résister au dépérissement de l'esprit en mettant en relation les diverses avant-gardes artistiques européennes. Il n’y avait aucune recherche artistique commune. Puisqu’on voudrait y rattacher l'expressionnisme allemand et du futurisme italien qui eux, constituent, chacun pour leur part, un mouvement comme le fut l’impressionnisme par exemple. Le nom fut trouvé, sous forme de boutade, au Café Voltaire de Zurich ou se réunissaient ces artistes, en l’occurrence penseurs, en cherchant dans le Petit Larousse ou un dictionnaire franco-allemand en planant au hasard la pointe d’un coupe papier. La vie de ce metteur en scène très personnel et exigeant est d’une richesse telle qu'on se reportera utilement une encyclopédie traitant du cinéma et/ou de metteurs en scène. Pour découvrir entre autre une carrière internationale.

 

On trouvera ici quelques-uns de ses films devenus des classiques et qui démontrent un bel éclectisme.

 

         - «  La Belle Équipe » 1936 avec Jean Gabin, Charles Vanel illustrant la joie de vie et l'espoir distillé par le Front Populaire

 

         - « Pépé le Moko » 1937, chef-d'œuvre. Pépé le Moko nous plonge dans la pègre d’Alger et, propulse Jean Gabin au rang de vedette internationale.

 

         - « Le Petit Monde de don Camillo » 1951, qui rencontre un succès populaire immédiat et suite, « Retour de don Camillo » 1953.

         - « Voici le temps des assassins »1956, on retrouve Jean Gabin dans le rôle d’un brave restaurateur qui se fait gruger par une jeune femme cynique jouée par Danièle Delorme. Un film noir et un portrait de femme démoniaque.

 

Soulignons aussi que des pointures telles Jean Renoir, Ingmar Bergman et Orson Welles tenaient Duvivier en haute estime.

 

Marie-Octobre de Julien Duvivier : Conte d'automne | «Le blog de la revue  de cinéma Versus

 

Qui fait quoi ?

 

Danielle Darrieux :      Marie-Hélène Dumoulin dite « Marie-Octobre », directrice d'une maison de couture

 

Une des plus longues carrières du cinéma français – 110 film en 80 ans – enchainant succès après succès. Pour Ciné papy ce sont les films tournés avec Max Ophuls qui ont sa préférence « La ronde » 1950 et « Madame de… » 1953

 

Paul Meurisse :    François Renaud-Picart, industriel

Acteur incontesté il est aussi connu pour avoir ,en avril 1940, aux côtés d'Édith Piaf, qui devient sa compagne jusqu'en 1942, Le Bel Indifférent de Jean Cocteau au théâtre des Bouffes-Parisiens. C’est au cinéma qu’il fit près de 65 films de 1940 à 1976. Verneuil et Lautner furent des metteurs en scène fidèle mais aussi Jean Pierre Melville qui le dirigea dans « Le Deuxième Souffle ». 1966 .On peut voir Meurisse dans l’un  de ses rôles notables, celui du commissaire Blot débutant par un quasi-monologue. Un moment d’anthologie .

 

N’oublions pas, dans cette importante filmographie, on ne me le pardonnerait pas le cultissime « Les Tontons Flingueurs » 1963 de Lautner.

 

Marie-Octobre de Duvivier en DVD/Blu-ray restauré le 7 décembre 2016

Bernard Blier :     Julien Simoneau, avocat pénaliste

 

Acteur prolifique s’il en est avec 200 films en 50 ans avec « Marie Octobre » il est presque encore à ses débuts du moins son jeu pourrait le laisser croire car il affiche déjà 20 ans de carrière On l’a déjà rencontré dans la fiche « Quai des orfèvres 1947 . On le retrouvera, c’est certains.

 

N’oublions pas, cependant, dans cette importante filmographie, on ne me le pardonnerait pas, le cultissime « Les Tontons Flingueurs » 1963 de Lautner ou il joue l’inénarrable Volfoni

 

Lino Ventura :       Carlo Bernardi, patron d'une boîte de strip-tease et ancien catcheur

 

Pour faire court sur ce monstre sacré du cinéma français disons simplement qu’on le trouve au casting des «Tontons Flingueurs » 1963 (si si) avec dans la célèbre scène de beuverie des répliques entre deux rots « Yen a » - « J’ai connu une Polonaise qui en prenait au petit déjeuner)

 

Noël Roquevert : Étienne Vandamme, contrôleur des contributions

 

Acteur de second rôle de « premier plan » reconnaissable entre tous : un sourcil froncé sur un petit œil rond, inquisiteur et inquiétant, une voix martelant chaque phrase, une moustache taillée avec soin. C'est l'acteur qui a tourné le plus de films avec Louis de Funès, un total de vingt-trois .

 

Robert Dalban :   Léon Blanchet, serrurier plombier

 

Avec plus de deux cents films à son actif entre 1934 et 1986, il est l'un des « seconds rôles » masculins les plus connus du cinéma français nous dit Wikipédia à laquelle les plus curieux et les moins paresseux se reporteront. Reconnaissable à sa trogne et à sa voix – nombreux doublages des deux côtés de l’atlantique. Son célèbre et inoubliable « Yes Sir » dans « Les Tontons Flingueurs » 1963 – et oui, on en sort pas – de Georges Lautner fit qu’il tourna 11 films avec lui. Clin d’œil

 

Paul Frankeur :    Lucien Marinval, boucher mandataire aux Halles

 

Acteur de second rôle de «  premier plan » lui aussi, amateur de bonne chère il partageait cette passion avec Jean Gabin et Lino Ventura. C’est à cette fidèle amitié, entre autre qu’il tourna dans près de 80 films de 1941 à 1976 . Les metteurs en scène, et non des moindres, lui étaient fidèles. On le retrouve notamment dans   « Un singe en hiver » 1962 d'Henri Verneuil

 

Mais, curieusement pas dans « Les Tontons Flingueurs » 1963, désolé.

 

Serge Reggiani :   Antoine Rougier, imprimeur

 

Acteur et chanteur au succès incontestable il affiche une carrière ininterrompue pendant soixante ans. – 130 films et téléfilms. Interprète de chansons signées Georges Moustaki par exemple. Un des films préférés de ciné papy est  « Le Chat et la Souris » 1975 de Claude Lelouch. Grace à la manière toute particulière de diriger ses acteurs Lelouch donne à Michèle Morgan et serge Reggiani de très beaux moments de cinéma ou on s’amuse ( eux aussi apparemment) sans oublier la romance cher à Lelouch

 

Paul Guers :           Yves Le Gueven, prêtre

 

Bel acteur de cinéma  dont la carrière a démarré avec Abel Gance .Acteur de second rôle de «  premier plan » lui aussi, il collabora avec des metteurs en scène  fidèles . Le grand public de retrouva dans des séries et/ou des téléfilms.

 

Daniel Ivernel :    Robert Thibaud, médecin-accoucheur

 

Acteur discret mais qui ne laisse jamais indifférent tant au théâtre – il fut un des grands interprète de Jean Anouilh – qu’au cinéma – très belle création dans: « Le Corps de mon ennemi » 1976 d'Henri Verneuil : Victor Verbruck, le maire

 

Jeanne Fusier-Gir :     Victorine, la gouvernante

 

Actrice de théâtre et de cinéma – elle démarra en 1909 période du muet – de 1903 à 1966 on peut, selon la formule consacrée, dire qu’elle a tourné et/ou joué avec les plus grands. C’était une actrice préférée de Sacha Guitry.

 

 

Sans oublier le dialoguiste

 

Henri Jeanson est un écrivain, journaliste scénariste et dialoguiste français. Il travaille un temps au Canard Enchainé qu’il quitte par solidarité avec Galtier Boissière autre grande gueule du XXe siècle. Il collabore à de nombreux journaux, retournant, après-guerre au Canard Enchainé toujours jaloux de sa liberté de penser et ardant militant des causes pacifistes. Sa verve émarge ses dialogues de films. « La guerre le seul divertissement des rois où les peuples aient leur part » in « Fanfan la Tulipe » 1952 de Christian-Jacques ou encore « Entre la honte et l'honneur, il n'y a de différent que la dernière syllabe » mais aussi « Si une femme dit la vérité c’est pour cacher un mensonge. »

 

Remarque

 

Wikipédia souligne enfin à propos de « Marie-Octobre »avec Danielle Darrieux, Paul Meurisse, Serge Reggiani et Bernard Blier. Qu’il s’agit d’un bel exercice de style évoluent dans une unité de lieu, de temps et d'action avec une mise en scène omniprésente, inquisitrice, presque menaçante dans un souci constant du cadrage et de la composition de l'image. On peut quand même préciser qu’après être un film à succès, « Marie Octobre » fut ensuite d’une pièce de théâtre. Ceci expliquant peut-être cela.

 

 

Pax

 

Prochainement « Le Président »

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21 décembre 2021 2 21 /12 /décembre /2021 06:00

 

Au temps de Tonton l’Union de la Gauche se réglait par de l’arithmétique basique :

  • Au premier tour, avec l’appui du croupion PRG, je fous une déculottée au PCF, en lui piquant des voix ;
  • Au second je ramasse la mise en additionnant les voix centristes, les voix socialistes et ce qu’il reste des  voix communistes.

 

Le grand rassemblement de l'union de la gauche du 25 avril 1974 pour  l'élection présidentielle de Georges Marchais / Pierre Mauroy / F.  Mitterand .., 33T chez themroc - Ref:116040902

 

Le PS parti  hégémonique.

 

Jospin fait illusion lors de sa première candidature puis se ramasse une gamelle pour la seconde, Taubira, Chevènement, Mamère, lui piquent des voix et amènent Le Pen au second tour.

 

Royal joue perso, elle perd avec bravitude, les éléphants n’en voulaient pas et ils n’avaient pas tout à fait tort.

 

Hollande, le tambouilleur de la synthèse des courants, gagne la primaire puis au Bourget fait du sous-Mitterrand grâce à la plume d’Aquilino Morelle l’homme qui aimait les belles godasses, sa victoire doit plus au rejet de Sarko qu’à son génie. Avec lui, s’installe au gouvernement la désunion des dents longues du PS : Montebourg, Hamon and Co. Il termine son mandat avec Valls, le héraut des gauches inconciliables et se dégonfle, jette l’éponge.

 

Hamon gagne la primaire, prend une volée de bois vert, le PS implose, parti  croupion.

 

La Gauche, pure et dure, au cours de cette période, c’est Mélenchon

 

Le PCF est aux abonnés absents.

 

Les Verts incapables de dépasser leurs contradictions internes.

 

Une part des sociaux-démocrates du  PS sont macronisés.

 

2022

 

Montebourg, Hidalgo, Jadot, Roussel, Mélenchon sont en piste…

 

Le premier est subclaquant.

 

La seconde au fond du trou.

 

Jadot, qui a Rousseau dans le dos, plafonne.

 

Roussel est sympa mais reste au plus bas.

 

Mélenchon fait du Mélenchon en solitaire.

 

Hidalgo sort sa bouée : une Primaire, elle se prend une volée de bois vert !

 

Et puis, voilà Taubira… peut-être ?

 

Bref, il est clair que se contenter d’additionner les intentions de vote affichés par les sondages c’est se leurrer, l’Union des gauches n’est pas de l’arithmétique mais de l’algèbre avec des plus et des moins qui ne permettraient pas à cette « gauche soi-disant unie » d’être au second tour.

 

Préparons-nous à une bataille féroce sur le flanc droit : entre Pécresse, qui a Ciotti dans son dos, La Marine, qui a Zemmour dans son dos ou lycée de Versailles (pas sûr que cette fine allusion soit comprise).

 

Et pendant ce temps-là sur le flanc gauche, avec l’irruption de Taubira, c’est la Grande Illusion et en Même Temps Macron attend !

 

 

LE GRAND RASSEMBLEMENT DE L'UNION DE LA GAUCHE 1974" / Appels de Robert  FABRE, Georges MARCHAIS, Pierre MAUROY, François MITTERRAND et la voix  d'ARAGON pour l'Élection Présidentielle le 25 Avril 1974 /https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2021/04/19/uniondelagauche.jpg?width=1080&height=1582&width_format=pixel&height_format=pixel

 Le 17 décembre 2021,

Anne-Charlotte Dusseaulx

 

La gauche parviendra-t-elle à trouver un accord de rassemblement après la proposition de Christiane Taubira? Les principaux candidats ont répondu à l'ancienne garde des Sceaux. Et le chemin semble mince.

 

 

Christiane Taubira a dit vendredi "envisager" sa candidature à l'élection présidentielle, "donnant rendez-vous à la mi-janvier" à ses sympathisants, pour répondre à "l'impasse" d'une gauche plus que jamais divisée. "Je ne serai pas une candidate de plus", a-t-elle toutefois affirmé, assurant vouloir "mettre toutes (ses) forces dans les dernières chances de l'union", à l'heure où la gauche est éparpillée entre plusieurs candidatures, pour un faible total d'environ 25% des intentions de vote au premier tour. A 69 ans, la native de Cayenne dit avoir "fait le compte" des "interrogations et attentes" des Français avant de se lancer pour "ouvrir un chemin commun".

 

Le "non" de Jadot

 

Ces dernières semaines, elle avait passé du temps au téléphone pour convaincre les autres candidats de s'inscrire dans la démarche de la primaire populaire. Sans succès, pour ce qui est de Jean-Luc Mélenchon (LFI), de Fabien Roussel (PCF) et de Yannick Jadot (EELV). Ce dernier, qui tenait au même moment une conférence de presse sur le travail, a réagi. "Si le PS veut organiser sa primaire, libre à lui. Je ne retournerai pas dans une primaire (...) Que chacun mène le processus démocratique qu'ils considèrent être le plus pertinent", a évacué l'écologiste, qui reste "les bras ouverts" pour les accueillir. Quelques minutes plus tôt, Yannick Jadot affirmait : "On a besoin d'une candidature écologiste. Elle sera là jusqu'au 10, jusqu'au 24 avril. Elle sera là pour gagner."

 

Il y a environ un mois, au téléphone, Yannick Jadot avait déjà expliqué à Christiane Taubira pourquoi il ne participerait pas à la primaire populaire. "Son éventuelle candidature, ça ne changerait rien", confiait-il la semaine dernière au JDD. 

 

Je pense que sa démarche consiste à pousser à l'union. Je suis d'accord avec elle

 

"Je sais les valeurs qui l'habitent, mais à quatre mois de l'élection présidentielle, je poste une vidéo de trois minutes et je reviens dans un mois, c'est pas totalement à la hauteur des difficultés que rencontre notre pays", a-t-il encore estimé sur France Bleu, en affirmant pour sa part : "Je n'ai pas envisagé d'être candidat; je suis candidat", et "on ne rediscutera pas de la candidature écologiste dans la France d'aujourd'hui", car "ce sera la mienne".

 

Dans la foulée de l'annonce de Christiane Taubira, Sandrine Rousseau, qui dirige le conseil politique de la campagne de Yannick Jadot, a fait valoir une autre petite musique : "Je pense que sa démarche consiste à pousser à l'union. Je suis d'accord avec elle. (...) Sa présence permet de remettre au coeur du débat la question du nombre de candidatures." L'ancienne candidate à la primaire des Vert appelle les uns et les autres à "s'enfermer dans une salle et à trouver une solution". Sandrine Rousseau plaide toutefois pour que "l'écologie soit centrale dans cette histoire" et ajoute ne pas avoir beaucoup entendue Christiane Taubira sur cette question.

 

"Débattons", dit Hidalgo

 

Sa réaction était attendue. Anne Hidalgo avait prévu une conférence de presse ce vendredi midi pour revenir sur sa proposition d'une primaire ouverte. La maire de Paris, candidate socialiste à la présidentielle, a proposé un débat télévisé "avant le 15 janvier" aux autres candidats de gauche et écologiste pour présenter aux Français leurs "propositions" et faire émerger "convergences" et "différences".

 

"Cette proposition, je la lance à l'ensemble des candidates et des candidats de la gauche : c'est débattons, assumons (...), devant les Françaises et les Français, sur une chaîne de télévision, pour pouvoir exprimer ce que la gauche, ses différentes composantes, porte aujourd'hui" dans cette élection, a-t-elle déclaré devant la presse. Un débat "avec celles et ceux qui veulent gouverner ensemble tout comme avec celles et ceux qui ne veulent pas gouverner avec les autres". Ce dernier précéderait la primaire à gauche qu'elle a de nouveau appelée de ses vœux, peu après l'annonce par Christiane Taubira d'une possible candidature.

 

Je pense que la meilleure façon de départager des candidatures c'est effectivement de s'en remettre à un vote citoyen, une primaire ouverte

 

Pas question donc de se retirer pour Anne Hidalgo. "Je pense que la meilleure façon de départager des candidatures c'est effectivement de s'en remettre à un vote citoyen, une primaire ouverte", a-t-elle répété, en considérant que le cadre de la primaire populaire "est une base intéressante s’il y a une base plus large avec plusieurs candidats qui acceptent". 

 

Parmi les sujets sur lesquels les Français attendent selon elle "des réponses urgentes" : "le pouvoir d'achat et les salaires", pour lequel "une proposition de loi déposée par le groupe PS à l'Assemblée nationale va permettre de débattre rapidement notamment de la question du salaire minimum et de l'idée d'une augmentation du Smic de 15%", a-t-elle détaillé. Anne Hidalgo a aussi cité la nécessité d'agir pour "l'hôpital public" et d'améliorer "les conditions d'exercice des soignants". Pour "l'avenir de nos jeunes", la gauche "peut s'entendre" sur la question de leurs "droits sociaux", sur celle d'un "revenu" et d''"aides d'urgence", a-t-elle poursuivi. Et en matière d'écologie, "pour une transition juste", elle a défendu l'idée d'"un reste à charge zéro" pour "les 12 millions de Français" qui habitent dans une "passoire thermique" et veulent rénover leur logement pour "mieux se chauffer et payer moins cher les factures d'électricité".

 

Mélenchon : "Laissez-moi tranquille"

 

Le candidat de La France insoumise, en déplacement en Martinique après trois jours passés en Guadeloupe, a également eu sa petite formule pour répondre à Christiane Taubira. "Battez-vous entre vous et laissez-moi tranquille", a répondu vendredi Jean-Luc Mélenchon  auprès de l'AFP. "Il y a une élection dans trois mois, vous croyez qu'on a le temps de faire un congrès du PS avant?", a-t-il questionné. Avant d'ajouter : "Je veux ni polémiquer ni rajouter au ridicule de la situation, parce que fondamentalement la vieille gauche s'est mise dans une situation ridicule. (...) Ce n'est pas à moi d'en rajouter car derrière tout ça il y a des tas de gens que ça désespère, que ça démoralise, et à eux je leur dis 'regardez, nous on bosse, on a un programme, je mérite votre confiance, je suis sérieux'."

 

"A trois mois de la présidentielle, il faut arrêter. On n'est pas dans une cour de récré, même l'élection des délégués à l'école, c'est plus sérieux!", avait un peu plus tôt déclaré le député Eric Coquerel sur BFMTV. "Je laisse le soin au PS de chercher son issue comme il peut. Nous pour notre part, on avance", a-t-il ajouté. 

 

Le communiste Fabien Roussel est, quant à lui, actuellement à La Réunion. Selon son entourage, il n'envisage pas "de se retirer".

 

"Pourquoi pas", répond le PRG

 

Le président du Parti radical de gauche (PRG), Guillaume Lacroix, a réagi sur Twitter à la proposition de Christiane Taubira. "Pourquoi pas! Nous avons besoin d'un sursaut collectif de fierté autant que d'espoir", écrit-il. Fin octobre, le PRG avait invité les prétendants de gauche à se rassembler dans "un accord de gouvernement". "Le PRG va-t-il être l'affilié naturel du parti socialiste? La réponse est non", avait alors insisté Guillaume Lacroix, ajoutant envisager une candidature propre du PRG en cas de non accord à gauche d'ici à la mi-décembre.

 

 

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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 06:00

https://loeildelaphotographie.com/wp-content/uploads/2015/11/Barthelemy..jpg

Elle mangea – selon les préceptes du dieu de France – un croissant avec un café crème au petit déjeuner, puis elle partit d’un pas nonchalant au rendez-vous fixé par Smuga, en marmonnant parce que l’endroit lui paraissait indigne  (…) puis elle tourna à gauche et, par une ruelle étroite du Quartier latin, elle monta jusqu’au monument de la mégalomanie française dans lequel la « Patrie reconnaissante » avait décidé de garder les dépouilles de ses « Grands Hommes ». Zofia se fit la remarque acerbe que si les Français avaient voulus être cohérents, ils auraient plutôt dû les garder dans une cahute gauloise gargantuesque au toit de chaume, au lieu de transformer en cimetière national une église catholique bâtie sur le modèle d’un temple romain. C’était un peu comme si les Polonais avaient choisi d’enterrer leurs célébrités dans une gigantesque église orthodoxe en forme de tour Bismarck.

 

Zofia les raillait mais, en réalité, elle enviait aux Français leur posture « nous sommes les plus grands et les plus merveilleux, et si ça ne te plaît pas va te faire cuire un œuf ». Comment était-il possible que le monde ait gobé cette histoire en leur pardonnant tout ? Les multinationales voraces étaient attribuées aux Américains, la colonisation aux Anglais, l’éclatement des guerres sanglantes aux Allemands, les oligarques mafieux aux Russes, les essais nucléaires aux Coréens, l’antisémitisme aux Polonais, la paresse aux Espagnols, et les Français – s’ils n’étaient les champions d’aucune de ces disciplines, ils étaient au moins médaillés – regardaient le monde de haut, un croissant entre les dents et un innocent sourire aux lèvres, avec l’aura d’amateurs de bonne littérature, de bon vin et de bonne vie. C’étaient vraiment de petits finauds.

 

Inestimable

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19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 09:30

C’est bien joli, chaque jour que Dieu fait, de bosser pour des prunes (Cette expression date du XVIe siècle. La prune désignait la chance, un coup, mais également quelque chose sans aucune valeur. Lors des croisades, les perdants ramenaient des prunes, ces fruits délicieux, à leur souverain pour mieux faire passer leur défaite.), de travailler pour le roi de Prusse ICI, mais pourquoi diable, même si je ne vais plus à la messe, marner le dimanche ( Ces salades puantes c'était pour que je bosse à l'œil!... Il profitait de mes parents... Qu'ils pouvaient encore me nourrir... Il dépréciait mon boulot pour me faire marner gratuitement » Céline, Mort à crédit, 1936).

 

J’ai donc décidé, vêtu de ma robe de chambre élimée, chaussé de mes charentaises avachies, de me caler dans mon vieux fauteuil en cuir et de lire la P.Q.R et, bien sûr, en pensant à PAX c’est le Républicain Lorrain que j’ai choisi.

 

Bata l’héritage du colosse de la chaussure et de son utopique cité-usine ICI 

 

 

Bataville est sortie de terre en 1931 près de Sarrebourg, où n’existaient jusqu’alors ni traditions industrielles ni culture syndicale. Cette ville entièrement tournée vers son usine a jailli dans l’esprit d’un cordonnier tchèque, Tomas Bata, arrivé en Lorraine avant-guerre. Pendant 70 ans, 14 milliards de paires de chaussures ont été fabriquées dans les unités de production mosellanes. Jusqu’à ce qu’en 2001, la concurrence des pays à bas coût fasse chuter le géant du soulier et plonge des centaines de familles dans un conflit social violent qui a marqué le pays tout entier. La fin d’une époque !

 

Véronique Chemla: « Bata, un cordonnier à la conquête du monde » par Peter  Kerekes

Tomas BATA

 

1931 : De la République Tchèque à Hellocourt

 

 

Bataville est née d’un rêve. Ou plutôt d’une vision. Celle de Tomas Bata, un cordonnier tchèque, qui, en 1894, fonda avec ses frères et sœurs une fabrique innovante et florissante dans sa ville natale de Zlin. Des chaussures en toile moins chères qu’en cuir en temps de crise, un marché d’équipementier juteux avec l’armée… Le jeune Bata a vite fait fortune et posé les bases d’un empire. Au pas de charge. En agrandissant ses usines et en embauchant toujours plus de main d’œuvre.

 

Pour loger ce personnel, dont un certain Emil Zatopek, Tomas Bata, inspiré par un voyage aux Etats-Unis, imagina une cité industrielle où chacun vivrait et travaillerait, sans réelle frontière entre la maison et l’usine. Un modèle à la fois paternaliste et productiviste où seraient intégrés un site de production bien sûr, mais aussi tous les ingrédients d’une vie réussie, avec une cité pour loger les ouvriers, des écoles, une église, des magasins, un centre d’apprentissage, des équipements sportifs de haut niveau, des lieux de divertissement, une fanfare, etc.

 

 

Cités regroupant les logements des ouvriers

 

Désireux de conquérir l’Europe de l’ouest, Tomas Bata cherchait un lieu où répliquer sa ville-usine idéale de Zlin. Et son choix s’est porté sur le lieu-dit de Hellocourt, à proximité des villages de Moussey et Réchicourt-le-Château, bordé par le canal de la Marne au Rhin et le chemin de fer Dieuze-Avricourt. Mais en même temps assez éloigné de tout pour protéger cette « bulle » Bata. En 1931, des bâtiments en béton et briques rouges rectiformes de 80 x 20 m, haut de cinq étages, dans le plus pur style Bauhaus, sont sortis de terre, alignés des deux côtés d’une rue centrale se prolongeant vers la cité ouvrière prévue pour accueillir 15 000 habitants.

 

 

 

Cela a fait grincer quelques dents. En 1936, une loi anti-Bata, la loi Le Poullen, a tenté de limiter l’extension de ce que l’on appelle désormais Bataville. Raté. Aux ateliers et aux maisons de briques rouges se sont ajoutés une piscine, une halle de sports, une église, un gymnase avec un parquet à l’américaine…

 

Le tout ICI 

Bernard Lavilliers chante pour les salariés de Bata

Le 21 décembre 2001

 

BERNARD LAVILLIERS a tenu parole. Hier, en fin d'après-midi, il a improvisé un concert dans le réfectoire de l'usine Bata. Il a aussi parlé avec les salariés pour tenter de les réconforter à la veille de l'arrivée des lettres de licenciement dans les boîtes aux lettres. « On quitte notre boîte, mais on va aussi forcément quitter un ami, un parent Cela fait mal », note David Simon, 33 ans, dont treize passés chez Bata. Depuis quelques jours, il vit « avec un nœud dans la gorge ».

 

« C'est comme une famille qui se déchire »

 

Demain matin, les courriers arriveront. Ceux qui ne l'auront pas, par défaut, sauront qu'ils ont été choisis par le repreneur. Jean-Michel Helvig, ancien directeur commercial, recentre l'activité sur la chaussure et garde 268 salariés sous le label Hello SA. Aucun nom n'a filtré. « On ne sait plus comment se regarder les uns les autres, c'est comme une famille qui se déchire », poursuit David. Lui a fait son deuil : « Ils ne gardent qu'une seule personne par couple, ma femme est à la coupe cuir, un poste clé. Moi, je suis polyvalent, mais cela ne suffira pas. » Samedi, sa main tremblera en ouvrant la boîte aux lettres. Son fils de 10 ans sera derrière lui : « Il est très inquiet, en quelques mois sa moyenne en classe a chuté de quatre points. » Dans le bureau du comité d'entreprise, les employés défilent. Ils veulent savoir. Evelyne Caro, 37 ans, déléguée CGT, est épuisée par six mois de lutte syndicale. Représentante du personnel, elle pouvait disposer avant tout le monde de la liste des 528 personnes licenciées. Elle a refusé : « C'est Bata qui licencie, que Bata assume. » Sa collègue Nadine, 39 ans, déléguée CFDT, répond qu'elle ne sait rien. En sa qualité de salariée protégée, elle a déjà eu sa lettre : « Je suis licenciée, mais je peux refuser le licenciement. » En six mois de lutte, elle a peu pensé à elle. A présent, elle hésite : « Ce travail m'aide à élever seule mes deux enfants. Mais je me dis aussi qu'à mon âge, c'est peut-être l'occasion de tenter quelque chose ailleurs. »

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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 06:00

Un communiqué de notre ami Lefred-Thouron. | Glougueule

Co-auteur du Glou Guide (éditions Cambourakis), le journaliste Jérémie Couston nuance cependant cette idée de cherté : «Si certaines bouteilles sont chères, c’est aussi à cause des intermédiaires : une bouteille vendue 10 euros au tarif professionnel par le vigneron sera vendue deux fois plus chère chez le caviste, voire 2,2 fois plus chère à Paris, et cinq fois plus au restaurant. Pourtant, les vignerons ne roulent pas sur l’or, ne partent pas en vacances et n’ont pas de grosses voitures».

 

Jérémie Couston travaille à Télérama temple des ex-culs bénis reconvertis en conscience de la GOCHE. Il est un concurrent de Ciné papy mais il fait des extras en lichant du vin nu ce qui ne fait de lui un expert en économie des marges et des charges du petit commerce.

 

Au feu les pompiers la maison qui brûle le sieur Antonin Iommi-Amunategui sort la lance à incendie

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4 ans d'amour glou... On va pas se fâcher sur un malentendu ! Vive les cavistes indé et le vin naturel 🍷

 

Glou Guide

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Message des auteurs du Glou Guide :

 

« À nos amis cavistes : un récent article du Figaro dans lequel l'un des auteurs du Glou Guide est cité a pu laisser entendre que le prix parfois élevé du vin naturel était le fait des marges réalisées notamment par les cavistes. Mais les propos de l'auteur en question, Jérémie Couston, ont été tronqués (ce qui est très courant lors d'interviews, sinon les articles feraient 15 pages) et leur signification de ce fait déformée, ce n'est bien sûr pas du tout ce qu'il a voulu exprimer : le Glou Guide soutient et met en avant les cavistes depuis maintenant 4 ans, aucun de ses auteurs ne pense que les cavistes sont responsables de l'inflation des prix du vin naturel ; c'est un vrai malentendu dont les auteurs sont collectivement désolés... Bonne fin d'année à toutes et à tous, en espérant que les fêtes vous amènent une clientèle assoiffée ! »

 

Ah bon, la pauvre Marie-Eve Lacasse aurait tronqué les propos à l’emporte-pièce de Couston, permettez-moi d’en douter et je trouve particulièrement inélégant d’invoquer un tel type d’argument afin de ne pas se mettre à dos les cavistes de vin nu. C’est minable.

 

L’article est par ailleurs assez paradoxal puisque après avoir pataugé dans les raisons des prix élevés des vins nu elle fait de la pub pour le Glou Guide en mettant en avant : « Le premier vigneron nature du Glou Guide t. 1 (2018) est, d’ailleurs, le moins cher de France : Louis Julian, à Ribaute-les-Tavernes dans les Cévennes, propose une bouteille de blanc à 2,70 euros le litre. »

 

Ah ! Les Ingrats…

 

Le Figaro n’est plus ce qu’il était en promouvant : Un choix militant

Un sommelier qui déguste | Glougueule

Pourquoi le vin naturel est-il cher ?

 

Oui, le vin naturel est, en moyenne, plus cher que le vin en agriculture conventionnelle. Les vignerons expliquent pourquoi.

Par Marie-Eve Lacasse

Publié le 14/12/2021

Si le vin naturel est plus cher, les vignerons qui le produisent ne sont pourtant pas riches. Les raisons évoquées sont toujours les mêmes : ce sont des vins faits à la main, sans mécanisation à la vigne. Les surfaces cultivées sont plus petites qu’en conventionnel et les rendements moindre (moins de 40 hl/ha en moyenne). L'utilisation de peu ou pas de produits phytosanitaires rend le travail plus long, plus minutieux et, globalement, plus coûteux. Et les choses ne vont pas aller en s’améliorant : «Cette année, à cause du gel, il a fallu sortir beaucoup plus de trésorerie que d’habitude pour les bougies, les éoliennes, les salaires» explique la vigneronne Catherine Breton (Restigné, Loire). «Ces changements sont très onéreux. Il y a trente ans, on arrivait à anticiper les charges variables. Le coût des vendanges pouvait passer de trois à huit, mais les traitements étaient les mêmes. Désormais, avec le changement climatique, il ne doit plus y avoir un seul grain de sable dans l’engrenage : les fluctuations sont trop importantes». 

 

Sauver un patrimoine

 

Résumons. Chez les viticulteurs qui se revendiquent du mouvement «nature», la plupart des gestes sont faits à la main : taille, traitement, binage, ébourgeonnage, palissage, récolte, sans compter toutes les étapes au chai, pour un total de «160 gestes à la vigne et autant sur le vin» affirme le vigneron Pierre Breton (Restigné, Loire). «Or, dans les vins naturels, il faut un employé pour quatre hectares ; en conventionnel, il en faut un pour 20».

 

Quant aux néo-vignerons sans patrimoine, ils doivent emprunter et mobiliser beaucoup de ressources pour se lancer. Et même lorsqu’ils sont du cru, les débuts sont forcément difficiles : «J’accuse le coup de la conversion en biodynamie, de l’achat de matériel, du petit outillage » nous confie la jeune Justine Vigne  (Richerenches, Rhône méridional), installée depuis quatre ans et qui élève ses vins en amphores. « Je viens d’acheter 5 hectares, j’ai des stagiaires et je prévois embaucher. La vraie question, c’est : jusqu’où je peux dégrever sur mon propre salaire pour garder un employé ?».

   

Un choix militant la suite ICI

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17 décembre 2021 5 17 /12 /décembre /2021 06:00

 

Edouard Leclerc pose, le 17 novembre 1956, dans le tout premier centre E. Leclerc ouvert en Ile-de-France, a Issy-Les-Moulineaux.

Edouard Leclerc le 17 novembre 1956 lors de l'ouverture à Issy-les-Moulineaux du premier centre Leclerc d'Ile-de-France 

© AFP

 

Qui c’est qui a le premier cassé les prix ?

 

L’Édouard Leclerc de Landerneau

 

Il y a bientôt 73 ans une nouvelle épicerie ouvrait dans la petite rue des Capucines de Landerneau, dans le Finistère. Jusque-là, rien de bien étonnant. Mais il s'agissait du tout premier commerce ouvert par Edouard Leclerc, le début d'une longue série qui l'amènera à fonder le premier réseau de grande distribution de France.

 

Dès le début, Edouard Leclerc a l'idée de créer un commerce nouveau, capable de garantir des prix bas à la clientèle. Il part simplement du postulat qu'il est possible d'atteindre un tel objectif en proposant aux consommateurs des prix de gros sur des produits du quotidien. Il commence par des galettes de Pontivy, puis s'attaque à l'huile, à la farine, au sucre et au savon.

 

Au volant de sa camionnette, il part à la rencontre des producteurs pour leur acheter directement les produits qui seront ensuite vendus dans son magasin, alors tenu par son épouse Hélène. Son objectif : supprimer les intermédiaires et, par la même occasion, leurs marges, pour faire bénéficier au consommateur final des prix défiant toute concurrence, de 25 à 30 % moins chers qu'ailleurs en moyenne.

 

Au fil des ans, Leclerc enrichit sa gamme et multiplie les ouvertures de magasins en délaissant de plus en plus les centres urbains pour ouvrir sur de plus grandes surfaces en périphérie. Et pour s'assurer que ce positionnement est bien appliqué par l'ensemble du réseau, les adhérents qui rejoignent Leclerc doivent tous « signer une charte et s'engager à vendre aux tarifs les moins chers du marché, au minimum 2,5 % en dessous de la moyenne nationale », écrivent nos confrères de L'Obs en 2011.

 

Depuis que Michel-Edouard Leclerc a repris le flambeau, en 2003, cette tradition se perpétue : tous les mois, les magasins de l'enseigne qui proposent les prix les plus bas figurent au tableau d'honneur. De quoi rappeler à ceux qui n'y figurent pas qu'il leur reste du travail à faire.

 

Un réseau coopératif

 

Comme certains de ses concurrents tels Super U et Intermarché, Leclerc a choisi le modèle coopératif pour se développer. Cela signifie que, à la différence de la franchise, les commerçants indépendants qui le rejoignent pour piloter leur propre magasin ne paient pas une redevance de marque à un franchiseur, seul propriétaire du concept et de l'enseigne.

 

En revanche, tous sont des membres actifs du « Mouvement Leclerc », comme on dit chez Leclerc. Posséder son point de vente était aussi l'une des premières conditions pour faire partie du réseau. Un point non négociable qui aurait causé le départ de 92 adhérents en 1969. Menés par Jean-Pierre Le Roch, ils ont fondé ensemble EX Offices de distribution, l'ancêtre d'Intermarché.

Le passé trouble d'Edouard Leclerc pendant l'Occupation ICI

 

Soupçonné d'avoir dénoncé des résistants en 1944, en Bretagne, le fondateur du groupe de grande distribution fut emprisonné pendant six mois après la Libération. L'Express dévoile des documents montrant sa proximité avec une unité allemande de sinistre mémoire. Révélations

Offre Champagne Brut Marquis De Vauzelle chez E Leclerc

Tous les groupes de grande distribution ont leur champagne « MDD ». Il s’appelle Charles Vincent chez Carrefour (12,60 euros le brut sans année), Veuve Emille chez Auchan (13,99 euros), Bruther chez Monoprix (14,90 euros), Louis Danremont chez Système U (14,50 euros.

 

C’est Ophélie Neiman qui l’écrit dans l’article bien documenté ci-dessous

Champagne brut CHARLES VINCENT : la bouteille de 75cL à Prix CarrefourOffre Champagne Veuve émille chez Auchan

Bruther Champagne AOP, brut - Monoprix.frPromo Champagne Brut Rose Louis Danremont U chez Super U

 

Champagne : le tabou des cuvées à prix cassés ICI

Stars des grandes surfaces, les bouteilles bon marché ont mauvaise réputation auprès des professionnels du secteur.

 

Par Ophélie Neiman

Publié le 09 décembre 2021 

 

Évoquer les champagnes vendus, disons, au-dessous de 15 euros, suscite silences gênés et agacement. Rares sont ceux qui assument en faire ou en vendre.

 

« À leur place, on ne voudrait pas en parler non plus », assènent Maxime Toubart et Jean-Marie Barillère, coprésidents du Comité interprofessionnel du vin de Champagne.

 

« Nous représentons l’appellation. Ça ne nous enchante pas de constater des prix ou des pratiques commerciales qui l’abîment et la mettent en péril. » L’image du champagne serait en jeu. Ces derniers se rassurent en constatant que la demande a nettement chuté pour les bouteilles à moins de 15 euros.

 

De combien ?

 

Dur à dire. Mais le prix d’achat moyen d’une bouteille dépasse désormais les 20 euros.

 

Il est vrai qu’il est difficile de produire du champagne au-dessous de 15 euros quand le kilo de raisin, souvent acheté à des viticulteurs, se négocie à 6,80 euros en moyenne et qu’il en faut 1,5 kg par bouteille. Par ailleurs, depuis la loi EGalim, de 2019, visant à réduire les rabais agressifs en grande distribution, les promotions sur le champagne ont fondu.

 

 

Sept mois après son entrée en vigueur, le magazine LSA Conso relayait une étude Nielsen estimant qu’avant cette loi plus de 50 % des ventes de bouteilles pétillantes étaient portées par les promotions, chutant par la suite de près de 40 %. En conséquence, les marques Vranken-Pommery Monopole (dont Pommery, Heidsieck & Co, Charles Lafitte), Charles de Cazanove ou G.H. Martel & Co ont essuyé des pertes notables.

 

Bulles distribuées en marque propre

 

Cependant, on trouve encore des champagnes à moins de 12 euros, parfois même sous la barre symbolique des 10 euros. Tel le Marquis de Vauzelle, vendu 11,90 euros chez E. Leclerc, et même 9,90 euros avec le ticket fidélité. Elaborée par une maison discrète et qui tient à le rester, cette cuvée fruitée, légèrement sucrée (bien que brut) et sans grande longueur, ressemble à un honnête prosecco. « C’est un produit très attendu, constate Cyril Mondon, responsable du vin pour E. Leclerc. Nous faisons des offres à moins de 10 euros plusieurs fois par an, via les tickets, et ça marche très bien. » La marge est faible, la rentabilité tient aux volumes vendus.

 

À moins de 15 euros, le même magasin E. Leclerc propose le champagne Pol Carson, premier cru, à la bulle fine et bien noté dans les dégustations à l’aveugle. Ne cherchez pas à vous rendre au domaine : Pol Carson n’est qu’une étiquette créée par E. Leclerc. Une marque de distributeur, une « MDD », dit-on dans le jargon. « Nous avons un partenariat avec un fournisseur qui produit un champagne habillé de notre marque, précise Cyril Mondon sans donner le nom. Même s’il y a tous les ans une négociation tarifaire, le consommateur doit à la fin retrouver une qualité identique. »

 

Tous les groupes de grande distribution ont leur champagne « MDD ». Il s’appelle Charles Vincent chez Carrefour (12,60 euros le brut sans année), Veuve Emille chez Auchan (13,99 euros), Bruther chez Monoprix (14,90 euros), Louis Danremont chez Système U (14,50 euros).

 

Peu de marge, pas de budget de communication : un prix bas tient parfois à cela, certains approchant la qualité de bouteilles plus connues. Le fournisseur peut changer d’une année sur l’autre, et le style du vin aussi, ce qui fragilise la marque car l’étiquette, elle, ne change pas. « Nous avons le même fournisseur depuis au moins 2015, se réjouit Anaïs Averseng, acheteuse et élaboratrice des vins et champagnes Marque U. Cette fidélité nous permet d’assurer la régularité et la quantité. Et comme nous sommes servis en priorité, nous n’avons pas de problème d’approvisionnement. » Avec l’élaborateur de Danremont, dont elle préfère taire le nom, Anaïs Averseng goûte et décide chaque année du dosage final en sucre.

 

Des références pour appâter le client

 

Outre leur propre champagne, les supermarchés proposent d’autres cuvées à peine plus chères et très attractives, à la renommée plus assise. Il s’agit de produits d’appel. Entendez : ils ne leur rapportent pas d’argent mais ont pour fonction d’appâter de nouveaux clients ou de faire gonfler le panier moyen de l’acheteur régulier.

 

Ce qui, évidemment, ne plaît pas aux maisons concernées. Le directeur commercial d’un groupe très présent en grande distribution confie anonymement que « des enseignes privilégient la qualité et proposent une belle offre mais d’autres, voulant être le moins cher sur tous les produits, ne sont pas valorisantes pour [ses] marques. Certaines promotions en dégradent l’image. » Ce même groupe a, pendant plusieurs années, également vinifié des champagnes écoulés en « MDD » mais a arrêté. « On voulait aider ces supermarchés à se développer avec des prix très compétitifs. Mais il fallait qu’ils vendent correctement nos propres marques en échange. Ce n’était pas forcément le cas. »

 

 

En furetant dans le vignoble champenois, en tapant à la porte de propriétés qui produisent et vinifient leurs raisins, le consommateur peut également découvrir des champagnes à des prix très attractifs et de bonne qualité – voire excellente. Une fois qu’il a trouvé son Graal, il se fera souvent livrer quelques cartons par la poste les années suivantes.

 

Dans ce registre figure par exemple le domaine Couvent Fils à Trélou-sur-Marne (Aisne). Son joli millésime 2015 est à 22 euros alors que sa cuvée « Signature », un brut classique, est vendue à la cave au prix difficilement battable de 14,20 euros. N’en déplaise au Comité interprofessionnel du vin de Champagne, pour qui, « au-dessous de 15 euros, un vigneron de Champagne vend mal », par rapport au niveau de son produit. « Les conseilleurs ne sont pas les payeurs », rétorque Gérard Monnin, à la tête de la petite exploitation familiale.

 

Ce vigneron et sa femme Sylvie Couvent équilibrent leurs comptes. Tout leur appartient, du foncier à la cuverie, le pressoir et la cave. « On s’en sort parce qu’on n’a pas de salariés, on fait beaucoup d’heures, mais ce n’est pas la course à l’argent. On vit correctement. C’est notre philosophie. » Le couple, qui vend toute sa production en direct, ajoute que tout le monde ne peut pas mettre 20 euros dans une bouteille de champagne. « Beaucoup nous disent qu’au-dessus, c’est compliqué », confirme Gérard Monnin. Sylvie Couvent ajoute qu’elle-même dépasse « exceptionnellement » cette somme quand elle achète du vin.

 

Des « outils haut de gamme mutualisés »

 

Proposer un champagne pas cher, bon, sans mettre la propriété dans le rouge est également le pari réussi d’Etienne Malingre, à la tête de la petite exploitation Malingre-Truchon de six hectares à Prouilly (Marne). Comment ? En vinifiant à la coopérative de Trigny-Prouilly, dont il est en outre le directeur. Il en sort une remarquable cuvée 2014 à 16,20 euros. Etrange, la bouteille millésimée affiche le même prix que le brut sans année. « Nos cuvées ont le même tarif parce que, finalement, elles ont le même coût de production ! répond le vigneron. Je peux me le permettre grâce aux outils haut de gamme mutualisés. » Près de 60 % des jus qu’il apporte à la coopérative sont vendus à de grandes maisons (Mumm, Moët & Chandon, Roederer…), le reste porte le nom de l’exploitation familiale. « Sur les 150 adhérents à la coopérative, nous sommes trois à proposer des bouteilles millésimées à notre nom. On choisit ce qui nous convient dans la cuverie avant de servir le négoce. On prend le haut de gamme. »

 

Une chose est sûre, les bouteilles à prix très bas devraient toujours plus se raréfier. Etienne Malingre constate que les jeunes vignerons ont d’autres priorités, « ils veulent valoriser certaines cuvées pour pouvoir exporter ». Il y a surtout les exigences environnementales sur lesquelles la Champagne s’est engagée et qui rendent la production plus coûteuse. Il hésite, se sent coincé, se dit qu’au-dessus de 22 euros les clients préfèrent se tourner vers les marques internationales. Gérard Monnin compte augmenter ses tarifs en janvier 2022. De moins d’un euro.

 

Ophélie Neiman

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