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23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 06:00

Ouragan Katrina : le bilan, dix ans après le chaos - Le Point

J’aime les fenêtres du hasard : pour digérer la biographie d’Hitler, je l’ai lu en alternant avec un polar espagnol de Dolorès Redondo 674 pages tout de même, qui a pour toile de fond l’ouragan Katrina ICI  qui a ravagé la Nouvelle-Orléans en août 2005.

 

Dolores Redondo : « J'appartiens à une génération influencée par le film  noir américain »

 

Et puis, l’autre soir, par hasard je suis tombé sur le d’un film Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier avec  Tommy Lee Jones et John Goodman, qui a pour cadre La Nouvelle-Orléans.

 

 

J’aime bien Tavernier.

 

Tommy Lee Jones et John Goodman, sont de grands acteurs, le premier est aussi un grand réalisateur. 2005 : Trois Enterrements (The Three Burials of Melquiades Estrada), 2014 : The Homesman (également scénariste). Je reviendrai sur ce dernier film que je viens aussi de visionner.

 

Comme je n’ai aucune vocation de critique aussi bien littéraire que cinématographique, je délègue.

La face nord du coeur

“La Face nord du cœur”, de Dolores Redondo : la nouvelle reine du polar ne vient pas du froid, mais du Pays basque

Michel Abescat

Publié le 05/02/21

 

Une vallée sombre des Pyrénées navarraises. Des habitants taiseux, tourmentés par une mythologie effrayante. Et une enquêtrice, enfant du pays à l’intuition hors normes. Révélée par sa trilogie du Baztán, l’autrice basque espagnole Dolores Redondo remonte dans le temps pour ce nouvel opus, remarquable.

 

Son nouveau roman, La Face nord du cœur, qui vient de paraître dans la Série noire, est un événement à la mesure du succès de la fameuse trilogie du Baztán qui l’a précédé. Qui aurait pu parier, pourtant, que cette petite vallée d’une quinzaine de villages, enclavée dans les Pyrénées navarraises, serait un jour connue des amateurs de polar du monde entier ? La raison en est simple : comme l’écrivain islandais Arnaldur Indridason l’a fait pour son pays, Dolores Redondo a su installer un nouveau territoire du polar, le Pays basque espagnol, dont elle est originaire.

 

Un pays qu’elle peint à la manière des fjords de l’Est chers à Indridason. Fascinants, mais aussi inquiétants. Sous le regard de Dolores Redondo, la vallée du Baztán apparaît sauvage, isolée, battue par des pluies incessantes, recouverte de sombres forêts, vastes à s’y perdre. La vie y est rude et ses habitants, plutôt taiseux, enfermés dans leur carapace. Avec un sens aigu des atmosphères, elle fait ainsi du paysage un personnage étrange, déprimant et angoissant.

 

Et peut-être a-t-elle déjà fait école. À la fin de l’année dernière en effet paraissait le premier roman d’un auteur basque, Ibon Martin, qui empruntait le même chemin. La Valse des tulipes se situait dans l’estuaire d’Urdabai, entre Guernica et les falaises de la mer cantabrique, et l’auteur en faisait ressortir la splendeur, mais aussi la rudesse et la mélancolie des jours de pluie. Racontant une série de meurtres de femmes, le roman accordait une large place à l’histoire et à la mythologie basques, qui devenaient ainsi le sujet principal du livre.

 

Anthropologue méticuleuse, Dolores Redondo se plaît également à extirper la mémoire de son pays, en particulier celle de ses plus vieilles croyances. La trilogie du Baztán est ainsi hantée par les figures de la mythologie basco-navarraise. Le tarttalo par exemple, cyclope gigantesque qui « se nourrit de brebis, de jeunes filles et de bergers », est au centre du deuxième volume, De chair et d’os. Le basajaun, étrange créature mi-ours, mi-homme, seigneur de la forêt, inspire le titre du premier épisode, Le Gardien invisible. Quant à Inguma, il ne faut guère de temps pour que ce démon de la nuit qui « boit l’âme des enfants pendant qu’ils dorment », soit soupçonné d’être à l’origine des morts subites de nourrissons qui endeuillent la vallée dans le troisième volet, Une offrande à la tempête.

 

Charme maléfique des traditions de sorcellerie

 

Dolores Redondo s’appuie sur ce monde mythologique qui a bercé son enfance et qui, dit-elle, « subsiste à Baztán comme dans peu d’endroits au monde ». Elle en fait sa pâte romanesque, et ravive de livre en livre le charme maléfique des traditions de sorcellerie qui ont marqué la vallée en imaginant des intrigues autour de meurtres rituels et de sectes sataniques façon Rosemary’s Baby.

 

Restait ensuite à créer un personnage profondément ancré dans ce territoire, éminemment sensible à sa culture et à ses traditions. De la même façon qu’Arnaldur Indridason a imaginé la figure d’Erlendur Sveinsson comme une incarnation de l’âme islandaise, homme de brume et de silences, hanté par la disparition de son petit frère dans une tempête quand ils étaient enfants, Dolores Redondo a façonné son personnage de femme enquêtrice, Amaia Salazar. Et c’est une magnifique réussite, sans doute l’atout maître de ses romans.

 

Inspectrice à la police forale de Navarre, Amaia Salazar est une guerrière, le genre de flic qui ne lâche jamais sa piste, remarquable analyste, douée d’un grand sens de la déduction. Mais elle est aussi une fille du pays, qu’elle a fui pendant des années pour se mettre à distance d’une enfance traumatisée par la haine que sa mère lui vouait jusqu’à tenter de la tuer. De cet enfer, Amaia est sortie armée d’une sorte de sixième sens, une intuition hors du commun, une sensibilité acérée au comportement criminel, un don singulier pour « discerner la trace du mal », dira un de ses collègues. Amaia avance ainsi, « l’ombre de sa mère penchée sur elle », et incarne une sorte de pont entre le monde réel et l’invisible si présent dans la tradition de son pays, où les morts et les démons ne sont jamais très loin.

 

Décor apocalyptique post-ouragan Katrina

 

À la différence des trois premiers, le nouveau volume de la série, La Face nord du cœur, se situe pour l’essentiel hors du Pays basque, et en amont de la trilogie. En août 2005, la jeune sous-inspectrice Salazar est venue en stage à Quantico, en Virginie, pour étudier le profilage des criminels à l’académie du FBI. Un de ses professeurs remarque ses dons exceptionnels et l’entraîne avec lui en Louisiane sur les traces d’un tueur en série qui s’attaque à des familles, toutes sur le même modèle, et selon un schéma fortement ritualisé. L’intrigue est haletante, remarquablement tenue, et très vite reviennent les souvenirs et les hantises d’Amaia confrontée à un être maléfique qui la renvoie à sa mère. Le passé, la vallée du Baztán envahissent ainsi le présent américain, dans une série d’allers et retours temporels, et ce quatrième volume est à nouveau au cœur des obsessions de l’autrice. D’autant plus que l’action se déroule au moment du passage de l’ouragan Katrina, dont Dolores Redondo utilise la puissance dramatique pour installer un décor d’apocalypse en phase avec son propos.

 

La mort et le mal dominent ainsi ce nouvel épisode, qui se révèle tout aussi troublant que les précédents. Les défunts semblent aussi présents que les vivants, ils se manifestent, réclament justice. Quant aux figures du mal, la mère d’Amaia par exemple ou le tueur en série, ils sont certes des psychopathes, mais ils incarnent aussi, à l’évidence pour l’autrice, l’existence d’une force obscure, maléfique, à l’œuvre parmi les humains. Comme le dit Amaia à propos du tueur en série qu’elle poursuit, « sa satisfaction et son pouvoir proviennent du fait que nous ne croyons pas à son existence. Comme le diable ».

 

Dolores Redondo joue ainsi, une nouvelle fois, avec une belle efficacité romanesque, de l’ambivalence entre légende et réalité, sciences criminelles et croyances millénaires, pour installer définitivement son pays comme territoire singulier du polar. Un pays on l’on pense comme la tante d’Amaia, qui aime à répéter : « il ne faut pas croire aux sorcières, mais il ne faut pas dire non plus qu’elles n’existent pas ».

 

La Face nord du cœur, de Dolores Redondo, traduit de l’espagnol par Anne Plantagenet, éd. Gallimard, coll. Série Noire, 688 p., 20 €.

 

Les volumes de la trilogie du Baztán sont disponibles en poche dans la collection Folio-Policier.

 

La Valse des tulipes, d’Ibon Martin, traduit de l’espagnol par Claude Bleton, éd. Actes Sud, coll. Actes Noirs, 480 p., 23 €.

 

 

Dans la brume électrique en Blu Ray : Dans la brume électrique - AlloCiné

Dans la brume électrique : les relations tendues entre Tavernier et Tommy Lee Jones... 4 autres anecdotes à découvrir ICI

De quoi ça parle ? New Iberia, Louisiane. Le détective Dave Robicheaux est sur les traces d'un tueur en série qui s'attaque à de très jeunes femmes. De retour chez lui après une investigation sur la scène d'un nouveau crime infâme, Dave fait la rencontre d'Elrod Sykes. La grande star hollywoodienne est venue en Louisiane tourner un film, produit avec le soutien de la fine fleur du crime local, Baby Feet Balboni. Elrod raconte à Dave qu'il a vu, gisant dans un marais, le corps décomposé d'un homme noir enchaîné. Cette découverte fait rapidement resurgir des souvenirs du passé de Dave. Mais à mesure que Dave se rapproche du meurtrier, le meurtrier se rapproche de la famille de Dave...

 

1. LES RELATIONS TENDUES ENTRE BERTRAND TAVERNIER ET TOMMY LEE

 

Dans la brume électrique sur OCS Choc : les relations tendues entre  Tavernier et Tommy Lee Jones... 4 autres anecdotes à découvrir - Actus Ciné  - AlloCiné

 

Interviewé au Festival de Berlin par AlloCiné, Bertrand Tavernier a confié que Tommy Lee Jones s'était montré très interventionniste pendant le tournage : "J'ai du faire 30 sessions de travail avec lui dans différents États. Je l'ai suivi au Nouveau-Mexique quand il tournait le film de Paul Haggis, en Floride quand il faisait des matchs de polo... Il coupait, il réécrivait... Un jour, il est venu avec une idée qui ne me plaisait pas. Je lui ai dit : " Je ne veux pas de ça, et si vous insistez je quitte le film." -"Bertrand, on n'en reparlera plus", m'a-t-il répondu." Ces relations tendues n'ont pas empêché le cinéaste de redire son admiration pour le comédien, ni de sourire avec tendresse en évoquant la raison pour laquelle celui-ci dit s'être senti proche de Robicheaux : "Le père du personnage meurt sur un puits de pétrole, or le père de Jones travaillait aussi sur un puits de pétrole. Il m'a confié : "J'ai passé toute mon enfance à attendre que mon père rentre du travail, dans la peur d'un accident." Au final, Tommy Lee Jones a apporté sa propre contribution en écrivant totalement certaines scènes, comme par exemple celle de la pêche.

 

La suite ICI

 
"Dans la brume électrique" : un conflit, deux films de Tavernier ICI

 

Les spectateurs français découvriront, mercredi 15 avril, la version voulue par le réalisateur. Les Américains en verront une autre, sur DVD.

Par Jean-Luc Douin et Thomas Sotinel

Publié le 11 avril 2009 

Interprété par Tommy Lee Jones, l'inspecteur Dave Robicheaux est assis dans un bar et se présente d'emblée comme un alcoolique. "Parfois, j'ai envie de boire un verre. Mais je résiste toujours à la tentation." Tel est le début de Dans la brume électrique, de Bertrand Tavernier... dans sa version américaine.

La version qui sort dans les salles françaises, mercredi 15 avril, commence autrement : par un long travelling sur les bayous de Louisiane couverts de brume, au son de la voix off de l'enquêteur : "Dans les temps anciens, les gens mettaient des pierres sur la tête des mourants..." Ce monologue, qui se poursuit lors de la découverte d'un cadavre, évoque encore le rêve d'"une louve au sommet d'un arbre qui mangeait ses petits", et plus tard la disparition des chauves-souris de la région, "bouffées par les moustiques". Autre exemple de cette différence de perception artistique, une scène où l'on découvre un camp de confédérés : son direct, avec bruits de crapauds-buffles et musique dans la version française ; soldats bruités, avec cris et scie dans celle américaine.

Ce film a donc une double personnalité. Après le tournage, au printemps 2007, un long face-à-face a opposé le cinéaste et son producteur américain, Michael Fitzgerald. Fin 2008, ils se sont mis d'accord : il existera deux versions du film. L'américaine n'existe pas en salles (hormis en Louisiane), elle est diffusée en DVD sous le titre In the Electric Mist. Le montage a été effectué par Roberto Silvi sous contrôle de Michael Fitzgerald. L'autre version, montrée dans le monde entier, hors Etats-Unis, est celle qu'a voulue Tavernier ; elle a été projetée pour la première fois en février, au Festival de Berlin.

UN AMOUREUX DES ETATS-UNIS

"Ensemble, nous sommes parvenus à la conclusion que ce que Bertrand envisageait convenait moins bien au public américain, qui a besoin d'un rythme plus rapide", explique Michael Fitzgerald. Ce dernier, dont la société s'appelle Ithaca Pictures, s'est fait connaître en écrivant le scénario du Malin, de John Huston, un film qu'il a coproduit. Il a aussi produit The Pledge et a accompagné les débuts de Tommy Lee Jones comme réalisateur avec Trois enterrements. Ces films, qui ont été plus des succès critiques que publics, placent Fitzgerald davantage dans le camp des auteurs que des financiers.

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22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 06:00

https://focus.telerama.fr/967x550/100/2021/03/28/51975f55-e01f-42b6-9334-35dee6d5b825.jpg

Le hasard toujours, après la grosse biographie d’Hitler, dure comme le sont les travaux d’historiens je suis tombé l’autre soir sur une chaîne à laquelle je suis abonné, sur un film inédit en salles, Quand Hitler S’empara Du Lapin Rose, est diffusé sur une chaîne sur laquelle je suis abonné.

 

https://freakingeek.com/wp-content/uploads/2021/01/QuandHitlerSempareDuLapinRose-Banniere.jpg

 

C’est l’adaptation du livre autobiographique Als Hitler Das Rosa Kaninchen Stahl, le premier tome d’une trilogie écrite par Judith Kerr publiée entre 1971 et 1978. Il s’agit du nouveau film de la réalisatrice allemande Caroline Link qui avait reçu l’Oscar du Meilleur Film Etranger en 2003 pour son long métrage Nowhere In Africa.

 

Quand Hitler S’Empara Du Lapin Rose raconte un pan de la vie d’une petite fille juive allemande, Anna Kemper, âgée à peine de neuf ans qui menait une vie insouciante et heureuse à Berlin jusqu’à ce qu’Adolf Hitler accède au pouvoir en 1933. Intuitive et sensible, elle pressent la catastrophe à venir en se réfugiant dans son univers d’enfant. Lorsqu’elle doit partir en Suisse rejoindre secrètement son père, auteur de théâtre inscrit sur la liste noire, elle comprend que sa vie ne sera plus jamais la même. Lors de son périple, elle apprend l’exil et la perte de ses racines.

 

Judith Kerrs „Als Hitler das rosa Kaninchen stahl“ im Kino

 

J’ai aimé ce film car il est à hauteur d’enfant, il faut pour l’apprécier le regarder avec un regard d’enfant, et il me semble que c’est un excellent film d’initiation pour les jeunes enfants (10 ans et plus) à ce que fut la chasse aux Juifs par Hitler et les nazis dès leur arrivée au pouvoir.

 

Als Hitler das rosa Kaninchen stahl • Deutscher Filmpreis

 

On peut aussi leur proposer de lire Quand Hitler s’empara du lapin rose (When Hitler Stole Pink Rabbit), de Judith Kerr, traduit de l’anglais par Boris Moissard, Albin Michel Jeunesse, 316 p., 14 €. Dès 11 ans

 

Quand Hitler s'empara du lapin rose | Éditions Albin Michel

 

« Anna a 9 ans en cette année 1933 quand, dans la précipitation à remplir sa valise, elle préfère emporter avec elle un chien en chiffon plutôt que ce lapin élimé. Adolf Hitler a accédé au pouvoir en Allemagne, il faut faire vite. Le père d’Anna, un écrivain juif dont les ouvrages seront bientôt brûlés en public, a pris les devants en quittant Berlin pour rejoindre la Suisse. Anna, son frère Max et sa mère s’apprêtent à sauter dans un train pour le retrouver.

 

Quand Hitler s'empara du lapin rose - Festival du Cinéma Allemand de Paris  du 29 septembre au 3 octobre 2021 % %

 

Commence un long exil qui se poursuivra en France puis à Londres, où Judith Kerr – Anna, dans ce roman autobiographique, a vécu jusqu’à sa mort le mercredi 22 mai 2019, à 95 ans.

 

« À l’origine, il y a la volonté de Judith Kerr de raconter à ses propres enfants ce que fut son enfance. Peintre de formation, elle se lance dans l’écriture, un travail qu’elle connaît peu, sauf à travers les scénarios pour la télévision de son mari Nigel Kneale. C’est lui qui va la pousser à prendre la plume, en lui recommandant notamment de « faire apparaître Hitler dès la première page » (la deuxième, en réalité). Lui, aussi, qui trouvera le titre du roman et encouragera la romancière débutante, alors âgée de 45 ans à ne pas abandonner au bout de trois chapitres (le livre parut au Royaume-Uni en 1971). « Je sais ce que je fais quand je dessine. Beaucoup moins quand j’écris », confie, dans un français sans accent, celle qui continue de publier régulièrement des albums pour la jeunesse.

 

La magie du roman réside pour beaucoup dans cette candeur de novice. Raconté à hauteur d’enfant, le récit de l’exil évite l’écueil du pathos naïf, Anna-Judith s’appliquant à relater les petits événements d’un quotidien bousculé par la grande histoire, sans rien éluder des angoisses endurées devant l’incertitude des lendemains. Manifeste en faveur du monde libre, le texte célèbre aussi l’amour familial à travers un style épuré, dépourvu de toute mièvrerie. » ICI 

 

L'enfance en fuite de Judith Kerr - L'Express

Quand Hitler s'empara du lapin rose - Judith Kerr - Babelio

Judith Kerr, la dame qui n’avait pas peur des tigres ICI

 

Marine Landrot

Publié le 24/05/19

Connue pour avoir pris le thé avec un tigre en 1968, Judith Kerr, l’immense illustratrice anglaise, s’est éteinte à l’âge de 95 ans.

 

Il a bien fait de sonner à la porte, ce tigre, avec ses yeux moqueurs et son estomac dans les talons. Elle a bien fait d’ouvrir, cette fillette, avec son air mutin et ses collants à carreaux. Car parfois, l’imprévu donne un cours intéressant aux existences endormies. En 1968, Judith Kerr jetait un pavé dans la mare de la littérature jeunesse. Grâce au titre de son album Le tigre qui s’invita pour le thé, une nouvelle expression venait détrôner « l’éléphant chez un marchand de porcelaine » dans la langue anglaise. Depuis, ce grain de folie ne s’est plus délogé de la tête des petits lecteurs d’outre-Manche, qui vouent un culte à cet album transmis de générations en générations. A première vue, le conformisme est pourtant de mise dans les pages : maman s’active à la maison pendant que papa carbure au bureau. Reflet de la situation de l’auteure, à l’époque où cette idée de livre lui jaillit à l’esprit. Seule chez elle avec sa fille de 3 ans, alors que son mari scénariste était en déplacement professionnel, elle tua le temps en racontant à son enfant ce qui lui passait par la tête : « Et si un tigre entrait tout à coup chez nous ? »  

 

Elle ne soupçonnait pas que cette image saugrenue était la métaphore de la gloire qui allait surgir dans sa vie de femme au foyer tranquille, entre les quatre murs jaunes de sa maison en briques londonienne. A vrai dire, Judith Kerr en connaissait déjà un rayon en soubresauts du destin et en bifurcations soudaines de l’existence. Petite fille, elle avait fui l’Allemagne nazie avec sa famille, dans les années 30, sans comprendre pourquoi ces affiches représentant un sosie de Chaplin faisaient peur à ses parents. Son histoire de tigre venant soudain chambouler la vie d’une famille insouciante raconte donc aussi l’incrédulité candide qui fut la sienne, lorsqu’un dictateur s’invita dans son quotidien d’enfant, et mit sa vie sens dessus dessous. L’exil de Judith Kerr fit l’objet d’un récit, Quand Hitler s’empara du lapin rose, qui figure depuis des années au programme des collégiens allemands, ce dont Judith Kerr s’excusa maintes fois, traumatisée par ses propres souvenirs de lectures obligatoires à l’école. Caché dans le titre français de cette autobiographie, le lapin rose se retrouve sur la couverture de son album Mog et Bunny, dans la gueule d’un chat tigré, le sien, auquel elle consacra toute une série d’albums malicieux, d’une simplicité enveloppante.

 

Judith Kerr n’aimait rien tant que dessiner, bien au chaud dans son atelier, où elle se laissa filmer maintes fois, dévoilant les innombrables croquis au crayon qui précédaient ses planches définitives, avec sa dégaine irrésistible de clone d’Agatha Christie et de la reine Elizabeth. Elle partait d’un personnage qu’elle dessinait sur plusieurs feuilles, l’insérant dans différents environnements, tantôt entouré d’autres êtres humains, tantôt d’un chat, et soudain, c’était ça, elle avait trouvé la combinaison parfaite, et le livre était né. En 2016, alors qu’elle participait à un festival de littérature à Berlin, une admiratrice lui demanda si elle pensait écrire un nouvel album. Judith Kerr s’exclama : « Bien-sûr ! Je n’ai que 93 ans, vous savez ! » Elle s’est éteinte mercredi 22 mai 2019, à 95 ans, sans avoir tenu cette promesse. Mais elle laisse derrière elle dix-sept histoires de Mog (dont seules quatres sont disponibles en français, aux éditions Albin Michel), et une invitation à vie pour prendre le thé avec un tigre, ce qui ne se refuse pas.

 

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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 06:00

 

L’écosystème gourmand du rond-point, plat comme une galette, où se croisent la rue de Charenton et la rue Traversière, s’enrichit d’une nouvelle cave à manger, juste en face du restaurant Passerini, au 44 de la rue Traversière, c’est sans réservation du mardi au vendredi à partir de 18h et le samedi dès 16h.

 

 

Le passerina est un raisin robuste des Abruzzes, qui résiste très bien aux conditions climatiques ardues et aux maladies et garantit dès lors une bonne qualité constante et des rendements élevés. C'est précisément en raison de ses propriétés que ce passerina était aussi apprécié des viticulteurs, comme en attestent les nombreux synonymes éloquents dont il avait été affublé : Cacciadebiti, Scacciadebiti ou Pagadebiti qui signifient « apurer ses dettes », voire Uva d'Oro Raisin d'or.

 

La Passerina, c’est le territoire de Justine !

 

Et avec elle Henri le jurassien pour les flacons de vins nu... 

 

Pour les petites assiettes c'est Cristian qui est au piano.

 

Vendredi dernier, à 18 heures pétantes, je me suis installé au bar, juché sur un tabouret, la belle du 7 est venue me rejoindre à 19 heures. Nous nous sommes régalés.

 

Reportage en images.

 

 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 06:00

Aucune description de photo disponible.

Au temps de mes débuts de blogueur j’ai côtoyé le petit peloton des critiques de vin français, ce fut édifiant. C’était très franchouillard, des petits arrangements, des invitations, un peu de pub, des salons, le ruissellement du flouze restait contenu entre les berges des moyens limités du négoce français du vin. Mon « modèle économique », je gagnais bien ma vie par ailleurs, me permettait de me tenir loin de ces pratiques, je n’avais donc nul mérite à être indépendant, de plus vu, le faible niveau d’influence de la critique française auprès de la grande majorité des consommateurs français et plus encore mondiaux, ça n’avait guère d’importance.  

 

Seul, Robert Parker régnait dans une position, quasi-monopolistique, sur la critique mondiale du vin, il imposait ses codes, ses pratiques, flanqué de son compère Michel Rolland, il allait faire la fortune d’une poignée de GCC, et la sienne aussi par la même occasion. Le pauvre Michel B enrageait mais rien n’y faisait, on continuait de l’inviter dans les châteaux, je n’ose l’écrire par pitié.

 

Les temps ont changé avec l’irruption des réseaux sociaux, Bob a pris sa retraite, il est maintenant possible de toucher les amateurs, les consommateurs sans l’entremise des critiques du vin. C’est le déclin, le papier des guides ne rapporte plus rien, les clics sur les publications internet pas grand-chose, un peu de pub, alors reste plus qu’à se faire vendeur de vin En Même Temps.

 

Stéphane Montez, Saint-Joseph rouge 2020

« Ce saint-joseph 2020 témoigne avec une précision et une gourmandise magnifique le génie des grandes syrahs cultivées sur ces terroirs abrupts de granit. » Thierry Desseauve

De sa belle cave qui domine la vallée du Rhône, Stéphane Montez a réussi en une décennie à s’imposer comme l’une des références du nord de la vallée du Rhône.

Note Bettane+Desseauve : 92/100
 
Saisissez les dernières bouteilles disponibles

L’interview qui suit, est typiquement étasunienne, avec moi la critique du vin va laver plus blanc que blanc en revenant  aux valeurs fondamentales du Robert Parker Wine Advocate avec le Wine Independent ?

 

Elle ne me convainc guère, à vous de juger !

 

 

 

Les

Lisa Perrotti-Brown MW est basée dans la vallée de la Napa, en Californie. - crédit photo : DR

Les "conflits d'intérêts érodent la confiance des consommateurs dans les critiques de vin"

 

Ayant quitté fin 2021 le "Robert Parker's Wine Advocate", qu'elle dirigeait depuis 2013, la critique américaine Lisa Perrotti-Brown annonce créer une plateforme indépendante avec le photojournaliste suédois Johan Berglund : The Wine Independent. La Master of Wine fait le point en interview sur sa vision de son métier et de ses défis actuels.

 

Par Alexandre Abellan Le 17 janvier 2022

 

  • Votre projet éditorial évoque le besoin de critiques impartiaux en matière de vin : y a-t-il un vide dans la filière vin en ce moment ?

 

Lisa Perrotti-Brown : Je ne dirais pas qu'il y a un vide. Mais je pense qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'ambiguïté sur ce qui constitue un business model "impartial" concernant la façon dont les revenus sont créés.

 

  • Parmi les exemples de conflits d'intérêts que vous avez vus dans votre carrière, diriez-vous qu'ils augmentent en quantité ou deviennent plus subtils en qualité ?

 

Ils deviennent plus subtils, c'est sûr. Il fut un temps où vous saviez exactement qui acceptait de l'argent des établissements vinicoles et des entreprises liées au vin, car c'était sous la forme d'une simple publicité. Par exemple, vous pouviez voir la publicité d'une winery dans un magazine sur le vin, qui comportait également des critiques de ce domaine. Vous pourriez décider vous-même si cela était acceptable. Aujourd'hui, de nombreux consommateurs ne savent tout simplement pas quel type d'offres se déroulent dans les coulisses de nombreuses critiques de vins.

 

Je ne veux pas pointer du doigt qui que ce soit ou juger les décisions commerciales d'autres publications, mais je sais qu'il y en a qui facturent leur dégustation des vins. D'autres prennent d'énormes sommes d'argent auprès de wineries pour qu’elles participent à leurs événements. Certains proposent même aux distributeurs un aperçu en avant-première des notes s'ils souscrivent à un abonnement secret et ultra cher. Tous ces conflits d'intérêts érodent la confiance que les consommateurs avaient l’habitude d’accorder aux critiques de vin.

 

La suite ICI

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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 06:00

Bonne Année / Nouvel An - Page 3 - CPArama.comCarte Ancienne Bonne Année 2022 : Envoyer une vraie Carte De Voeux Ancienne  2022 dès 0,99€ - Merci FacteurBonne Année - Carte postale ancienne et vue d'Hier et Aujourd'hui - GeneanetLa maîtrise du temps qui passe | Musée de la Carte PostaleCPA Carte Postale Ancienne Cartophile Voeux Bonne Année Bretagne -  Antiquités du golfe

Même si mon « j’ai du mal avec les vœux en ce moment… » en réponse aux vœux de Jean-François n’a rien à voir avec la situation générale, le naufrage de la gauche, le virus et ses contraintes, la future présidentielle, mais a un vécu personnel douloureux sur lequel je ne vais pas m’étendre, je publie car moi aussi j’aime la tradition du gui l’an neuf « pas tapé machine » (2 janvier 2006 Des vœux "pas tapés machine" ICI)  afin de raviver les liens d’amitié.

 

J’aime la tradition des vœux de début d’année qui me donne l’occasion de faire un signe à tous  ceux que je ne vois pas assez et de leur redire mon affection. J’ai compris aux réponses reçues  cette année qu’il pouvait sembler incongru d’adresser des vœux : « malgré la situation terrible  dans laquelle nous vivons… », « comment souhaiter une bonne année dans une telle situation…  », « malgré tout et en espérant que les choses s’arrangent… », « j’ai du mal avec les vœux en ce moment… », etc.

 

Il n’était question que de la « situation générale » derrière laquelle disparaissent nos vies.  Troublé, je me suis interrogé sur ce qui lie la politique et nos vies et ce qui l’en sépare.

 

Je me suis demandé pourquoi ces proches qui vivent, comme moi, le plus souvent dans un  confort matériel à peu près assuré, sans vivre de drame personnel en raison du Covid, me répondaient comme si le virus les affectait personnellement, comme si la défaite annoncée de la gauche à la prochaine élection présidentielle allait modifier profondément leur situation propre, comme s’ils étouffaient déjà en raison du réchauffement de la planète, comme si la  précarité qui frappe une partie importante de nos concitoyens était la leur ?

 

Pourquoi ces proches qui pensent comme moi que la politique est devenue un cirque de bien  mauvaise qualité (le dernier dans lequel les bêtes ne sont pas interdites), qui ont constaté  l’incapacité des responsables politiques de gauche ou de droite à faire ce qu’ils ont promis, considèrent-ils que leur vie dépend du prochain scrutin présidentiel ?

 

Nous ne vivons pas que de politique et nous pourrions, comme beaucoup, vivre sans trop nous  soucier de ce qui se passe dans ce champ clos d’affrontements de partis politiques évanescents.  Nous pourrions faire sécession en quelque sorte, comme le fait déjà une bonne partie de la  société.

 

Les riches ont donné le signal dans les années quatre-vingt avec la contre-révolution libérale. 

 

Les jeunes générations ont suivi et se désintéressent de la politique partisane. La majorité des  jeunes ne vote pas et bien souvent ne prend même plus la peine de s’inscrire sur les listes  électorales. 

 

Quant à ceux qui comme moi ont vécu un fort engagement politique, si on leur demandait ce  qui dans leur vie est le plus important, ce à quoi ils tiennent par-dessus tout, ils ne répondraient certainement pas: « changer de président de la république », « modifier la  constitution », « reconstruire un parti véritablement socialiste » ; mais plutôt « l’amour d’une  femme ou d’un homme avec qui nous partageons notre existence » ; « le bonheur de nos  enfants » ; les promenades que nous pourrons faire avec ceux qui nous sont chers ; les moments  de complicité partagée ; l’émotion que nous ressentons devant tel paysage, tel quartier auquel  nous sommes attachés ou en écoutant telle œuvre musicale. 

 

Si la véritable hiérarchie de nos attachements est bien celle-là, pourquoi ne pas dire qu’en 2022  nous espérons tout simplement pouvoir vivre ces amours et partager ces moments de bonheur ?

 

Peut-être parce que nous avons raté quelque chose. Nous invoquons le collectif : « nous ne  pouvons pas être heureux parce que le monde est malheureux », en rêvant d’une destinée  individuelle, de notre propre accomplissement qui aurait permis celui de l’humanité tout entière. Cette forme d’accomplissement occupe sans doute plus souvent l’imaginaire masculin que  féminin. Les hommes occupent encore très majoritairement la scène politique. Ils s’arrangent  pour en écarter les femmes qui s’en approchent, même si cela commence à changer et s’il y a un nombre croissant de candidates à l’élection présidentielle, par exemple. Mais les femmes se  pressent beaucoup moins que les hommes, dans ce qui reste de partis et d’organisations  politiques, peut-être parce qu’elles sont moins dupes qu’eux du jeu politique et de sa vacuité.

Nous avons aussi du mal à parler du bonheur parce qu’il est vraiment difficile d’articuler la politique et les questions personnelles, nos aspirations individuelles et ce qu’impose la  généralité. 

 

La politique traite de l’organisation de la société, des institutions, des lois, de l’appareil d’État,  en bref de ce qui indispensable à la vie commune des individus imparfaits que nous sommes,  mais qui menace en même temps nos libertés individuelles, la possibilité de mener nos vies comme nous l’entendons, de vivre notre bonheur ou notre malheur comme nous le décidons. 

 

L’état de droit, expression employée souvent à contre-sens aujourd’hui, est la construction  juridique qui limite l’emprise de l’État sur nos vies, qui préserve nos libertés individuelles contre le pouvoir d’État, qui préserve notre autonomie.

 

Gardons-nous des responsables politiques qui veulent faire notre bonheur et soutenons ceux qui  n’aspirent qu’à ne pas nous empêcher de le faire nous-mêmes. Gardons comme préoccupation  principale celle de nous préserver autant que possible de l’intervention de l’État et de la loi dans  nos existences. Le programme politique d’un véritable démocrate pourrait être résumé par les  mots : « laissez-nous vivre, ne touchez pas à nos libertés individuelles ». Mais bien sûr, les  limites de ce programme apparaissent vite parce que les libertés individuelles sont antagoniques. Il faut les faire coexister, protéger leur exercice possible par chacun et ce besoin  de protection justifie la création d’institutions qui, malheureusement, ont tendance à agir pour  leur propre compte et avec leurs propres objectifs dès qu’elles existent.

 

J’appartiens à une génération qui sacralisait l’intérêt général, l’accomplissement dans un projet  collectif, la vision globale du monde à laquelle il était légitime de sacrifier les intérêts  individuels.

 

Les jeunes contemporains se méfient des grands projets collectifs de transformation sociale et  des organisations qui vont avec. 

 

Il faut dire que l’heure n’est plus aux projets mais à la fin du monde. Il n’est question que de  dernière chance avant que la planète brûle, de pandémie digne de la grande peste noire,  d’effondrement prochain. Si j’étais jeune je me dirais soit qu’il faut en profiter pendant le peu  de temps qui reste, car il n’y a rien à faire contre une catastrophe aussi certaine, soit que ceux  qui tiennent ces discours mentent pour nous effrayer. Je me dirais certainement que je n’ai rien  à attendre de tous ceux qui nous ont amené là et qui sont toujours au pouvoir. Si j’échappais au  désespoir, je me dirais que mon futur dépend plus de ce que je vais construire moi-même que  d’un engagement collectif.

 

La lutte politique classique « pour construire une société plus juste », pour la démocratie, pour  la justice ou l’égalité, bref pour ces grandes abstractions qui ont mobilisé des générations, ne  fait plus recette. Elle ne mobilise plus la jeunesse. Les moins jeunes, en particulier dans les  couches populaires, considèrent également que ça n’est plus leur affaire.

 

Bien sûr la trahison des partis de gauche y est pour quelque chose. La déception propre à l’action  politique, la fragilité des conquêtes toujours remises en cause, la dureté du monde politique, la  corruption, l’insincérité supposée de ceux qui font de la politique, tout cela écarte le commun  des mortels et, disons-le, les gens normaux de cette activité.

 

Mais on peut aussi faire l’hypothèse que les jeunes ne s’intéressent plus à la politique parce  qu’en dépit des progrès réalisés dans la construction d’un État social, leur vie personnelle n’est  pas substantiellement meilleure que celle de leurs parents. D’autant plus que leurs parents  pensent aussi que c’était mieux avant. 

 

Pourtant, lorsque l’on regarde vraiment cet « avant », il ne fait pas rêver. Le XXe siècle a été  saigné par deux atroces guerres mondiales et de très longues guerres coloniales. En France  l’exercice du pouvoir par De Gaulle n’était pas fait que de grandeur. Il était appuyé par ses  sbires du SAC et d’autres officines chargées des basses œuvres. La répression policière n’avait rien à envier à celle d’aujourd’hui. Des dictatures féroces faisaient souffrir une partie de  l’Europe (Portugal, Espagne, Grèce) et du monde (le stalinisme, le maoïsme, les dictatures  latino-américaines). Le patriarcat s’exerçait sans trop de retenue.

 

Est-ce vraiment ce que nous avons envie de retrouver ?

 

Des conquêtes et des progrès bien réels ont été réalisés depuis lors. Mais en dépit de ceux-ci,  nos jeunes contemporains ne trouvent pas plus le bonheur dans des entreprises soumises aux  impératifs du management moderne - à certains égards plus pernicieux encore que la loi des contremaîtres d’hier - que nous ne le trouvions dans la France gaullienne, pompidolienne ou  giscardienne. Ils ne trouvent pas non plus leur place dans des services publics dévalorisés, désorganisés, coincés entre les attentes toujours plus grandes de la population et les moyens  trop faibles pour y répondre. Ils ne trouvent pas toujours le bonheur dans leur vie sentimentale qui doit trouver une solution à la difficile équation de la préservation de l’autonomie de chacun  dans le partage de deux existences. Ce qui hier semblait aller de soi, se loger par exemple, est  devenu un casse-tête qui oblige les jeunes à prolonger la cohabitation avec leurs parents. La  domination masculine a pris d’autres formes mais n’a pas disparu et son expression est plus  intolérable aujourd’hui qu’elle ne l’était dans la deuxième moitié du XXe siècle. 

 

Nous vivons une crise des relations entre les individus, en même temps qu’une crise des  institutions politiques et de notre organisation économique fondée sur la consommation sans  limites, nécessaire à la réalisation du profit.

 

Aucun discours politique ne parvient à articuler ces trois dimensions pour proposer un projet.

 

Le discours politique « classique » essaie de donner des réponses institutionnelles, budgétaires, générales à nos difficultés. Il est tellement usé que plus personne ne l’écoute vraiment. Alors,  foin des projets et des discours ! Seules comptent, tous les cinq ans, la confrontation de personnalités : sont-elles charismatiques ? Incarnent-elles quelque chose ? La « rencontre avec  les Français a-t-elle lieu ? Ceux qui nous serinent ces âneries quotidiennement se rendent-ils compte de ce qu’ils disent et à quel point ils font l’apologie d’un système dans lequel la  démagogie a remplacé la démocratie ? 

 

A ce « vieux discours » s’oppose un discours politique centré sur la reconnaissance des discriminations dont sont victimes une infinité de sous-groupes de population, la protection des  droits des « minorités », la possibilité de choisir sa vie, d’entretenir les relations que l’on veut, de modifier son corps depuis la généralisation du tatouage jusqu’au changement de sexe, de  recourir à des procédés d’artificialisation croissante de la reproduction humaine, de mettre en  œuvre les rêves de transhumanisme qui permettraient enfin de nous libérer de notre triste  condition humaine.

 

L’impasse de la politique se trouve dans son incapacité à faire le pont entre ces deux régimes  de préoccupations et de revendications pour le moment antagoniques. 

 

Les tenants de la politique « classique », quand ils sont de gauche, ne voient dans l’autre camp  que des individualistes forcenés qui expriment en fait les intérêts du système capitaliste, sa  propension naturelle à segmenter la société en nouveaux marchés sur lesquels il pourra réaliser  de nouveaux profits. Quand ils sont de droite ils y voient des menaces pour l’ordre établi et la  civilisation.

 

Les féministes, les défenseurs des minorités « visibles » et invisibles, des LGBTQI, ne voient  dans les représentants de la « politique classique » que des enfumeurs qui camouflent la réalité  des oppressions derrière un discours universaliste mensonger.

 

La social-démocratie agonisante n’a pas été capable de produire de synthèse. Elle a couru  derrière les nouvelles formes de contestation sans réussir à en prendre la tête et en se coupant  de sa base sociale traditionnelle. Elle a tout perdu. 

 

Les partis de droite jouent le clivage, en rassemblant leurs troupes contre toutes ces nouvelles  revendications qui leur apparaissent comme autant de menaces existentielles. 

 

Les mouvements intersectionnels se fragmentent en chapelles qui jettent l’anathème sur celle  d’à côté parce qu’aucune oppression ne doit pas prendre le pas sur une autre. 

 

Nous manquons d’une synthèse qui dépasse ces deux régimes d’analyse politique en  rétablissant la compréhension de ce qui unit l’individuel et le collectif, sans faire comme si l’un  et l’autre étaient une seule et même chose, comme si l’individuel devait disparaître devant le  collectif ou comme si le collectif n’existait pas, comme s’il n’y avait pas de société, comme le  pensait Margaret Thatcher. 

 

Les tentatives de reprise à nouveaux frais de l’analyse de la société au travers du seul prisme  de la lutte des classes ne fonctionnent pas, pour des raisons objectives, l’éclatement des classes  sociales en sous-groupes multiples et la disparition des frontières qui permettaient de les  reconnaître, et des raisons subjectives, la substitution de la sociologie et de l’économisme à  l’économie politique. 

 

L’analyse du monde à la seule lumière des dominations et des identités multiples ne permet pas d’en comprendre l’organisation et le fonctionnement et ne débouche que sur la multiplication  des dénonciations, la recherche permanente de nouveaux coupables dont on attend confessions et autocritique.

 

Ceux qui veulent faire de la politique, et ne pas simplement participer à la comédie qui en tient lieu pour le moment, devront proposer des analyses qui permettent de sortir de cette impasse,  proposer de nouveaux concepts et sans doute un vocabulaire renouvelé qui permettent d’éviter  la fragmentation croissante de la société et la montée des antagonismes qui finiront par  s’exprimer de façon violente. 

 

Ma génération n’arrive plus à dire « bonne année » parce qu’elle est écrasée par l’échec de ses  tentatives de transformation sociale passées. Soit elle se tait, soit elle fait de sa mauvaise  conscience une politique. Ce n’en est pas une.

Les jeunes ont du mal également parce qu’on leur dit qu’ils sont arrivés dans ce monde trop  tard pour penser que leur avenir sera meilleur que leur présent. 

 

L’économie s’habille de vert pour mieux continuer à saccager la beauté du monde et le bonheur des échanges humains qui échappent au commerce, ce à quoi nous tenons le plus en réalité. Elle  nous offre le baume de la consommation pour soigner les bleus de nos âmes. 

 

Mon vœu pour cette nouvelle année est que nous parvenions à retrouver un langage commun  permettant de définir l’intérêt général non pas comme l’effacement des individus au nom d’une cause supérieure, mais comme le cadre permettant l’épanouissement de chacun. Que nous soyons capables de remettre l’État à sa juste place, ni instance dont nous devons tout attendre  pour nous protéger, ni parasite qu’il faut éliminer, mais institution humaine nécessaire qui doit  rester sous notre contrôle et dont nous devons protéger nos libertés individuelles. Que nous  soyons capables de délimiter le champ de l’économie et d’en exclure ce qui nous constitue comme êtres humains et ce qui met en jeu la survie des espèces, la nôtre et celles qui constituent  la biosphère.

 

Si nous nous y attelons, sans être tétanisés par une élection présidentielle qui ne changera rien,  nous passerons une bonne année.

 

JF Collin

17/01/22

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 09:20

Lettre d'un «émigré» de la «patrie du vin» au POINT qui l'a poussé à une  telle extrémité - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

C’était au temps où je battais les estrades même à Bordeaux, l’oiseau de mauvais augure que j’étais n’était plus blacklisté, cette vidéo est intéressante à voir car en ce temps-là le classement décennal des vins de Saint-Émilion faisait partie du paysage mais celui de 2006 va donner lieu à un long imbroglio judiciaire qui ouvrira la porte à une nouvelle procédure où notre Hubert sera à la manœuvre avec le succès que l’on sait.

 

Celui de 2012 verra l’Angelus atteindre le graal : classé A et l’ami Jean-Luc et son château Valandraud accède au B.

 

Les historiques A : Ausone et Cheval Blanc ne concourent pas pour 2022, Hubert vu ses ennuis judiciaires vient de se retirer. Pour Jean-Luc, pourquoi pas le A ?

 

En 2005-2006 c’est la CRISE

La crise viticole n'est pas une fatalité !

 

 Éditorial de Mgr Ricard

 

Mgr Ricard nommé parmi 15 nouveaux cardinaux

 

Très présente dans la presse à certains jours, plus discrète à d’autres, la crise viticole est bien toujours là. Contrairement à une série de crises rencontrées par la viticulture depuis plus d’un siècle, la crise actuelle n’est pas conjoncturelle mais structurelle. Il serait vain d’attendre que « ça passe » en rêvant au retour des années fastes pour les vins de Bordeaux.

 

La sortie de cette crise est un vrai problème régional pour ne pas dire national. Certaines régions sont peut-être encore plus touchées que la nôtre. Le 4 février dernier, les évêques du Languedoc-Roussillon ont fait part de leurs préoccupations devant l’inquiétude et la souffrance de beaucoup de viticulteurs. Mais notre région, longtemps épargnée, est touchée elle aussi.

 

Certes, la crise viticole ne touche pas toutes les propriétés de la même façon. Certains châteaux, des crus renommés, s’en sortent plutôt bien et n’ont pas de mal à commercialiser leur vin. D’autres sont frappés de plein fouet et on peut dire que c’est toute une partie de la profession qui ressent les contrecoups de la crise. Au cours de mes visites pastorales et des rencontres que j’ai pu avoir, j’ai été témoin du drame vécu par un certain nombre de viticulteurs qui se sont endettés au moment des années fastes et qui, aujourd’hui, devant la difficulté à vendre leur vin, se sentent étranglés par les remboursements auxquels ils doivent faire face. Cette réelle angoisse du lendemain a chez eux des conséquences sur leur moral, parfois sur leur vie conjugale et familiale. Certains enfants ne voient pas comment prendre en charge après leurs parents la propriété familiale. Cette crise a fatalement aussi des répercussions sur la situation des ouvriers agricoles, des saisonniers et des artisans. Ces viticulteurs sont guettés par le désespoir et la désespérance n’est jamais bonne conseillère. On peut redouter qu’elle provoque parfois des réactions de violence ou pousse à des extrémités.

 

Devant cette crise, certains sont tentés de baisser les bras et de se laisser gagner par un sentiment de fatalisme. D’autres cherchent un bouc émissaire qu’ils chargent alors de tous les maux (les organisations professionnelles, le négoce, les pouvoirs publics, les campagnes antialcooliques, la mondialisation…) L’heure n’est pourtant pas au découragement. D’ailleurs, au cours des deux siècles précédents, les viticulteurs ont toujours fait preuve de courage et d’ingéniosité pour surmonter les crises rencontrées. Une telle ténacité continue. Il nous faut saluer ici les efforts de ceux qui courageusement veulent relever le défi d’aujourd’hui. Ils savent qu’il leur faut compter avec des facteurs nouveaux qui ne disparaîtront pas dans les années qui viennent : la baisse en France de la consommation du vin, la concurrence des vins européens et des vins du nouveau monde et la politique commerciale des grandes surfaces. Ils sont convaincus également qu’il faut veiller à la qualité du vin produit, à sa commercialisation et donc à des campagnes de promotion de leur vin en France, en Europe et dans d’autres pays du monde. En effet, produire, malgré tout le savoir-faire que cela met en jeu, aujourd’hui ne suffit pas. Il faut commercialiser, tenir compte de la demande, et gagner de nouveaux marchés.

 

Cette crise ne peut être surmontée qu’ensemble, solidairement, qu’en s’appuyant les uns sur les autres, qu’en s’entraidant les uns les autres. Or, la viticulture a été une profession qui a favorisé jusque-là l’investissement individuel et la recherche personnelle du profit. L’argent gagné était le secret de chacun et on se méfiait de l’autre qui pouvait toujours devenir un concurrent possible. D’où la difficulté qu’ont eu beaucoup de viticulteurs, même voisins, à se parler quand la crise a commencé. Or, la solidarité et l’entraide sont aujourd’hui des conditions sine qua non pour surmonter la crise.

 

Devant cette crise qui marque profondément notre région, les communautés chrétiennes ne peuvent pas ne pas se sentir concernées. Il est important qu’elles partagent les préoccupations des viticulteurs, soutiennent ceux qui sont dans une passe difficile, encouragent ceux qui se battent pour relever le défi. Je les invite à lire le document de réflexion ci-joint sur « La crise viticole » et à manifester à tous les viticulteurs leur solidarité.

 

Dans ce temps pascal, le Christ vient à nous, vainqueur du fatalisme et de la résignation. Sa résurrection ouvre une brèche, déploie un avenir nouveau. Elle crée du neuf. Que cette espérance soutienne tous ceux qui se battent aujourd’hui pour ouvrir des voies d’avenir à la viticulture dans notre région.

 

Bordeaux, le 5 mai 2006

 

+ Cardinal Jean-Pierre RICARD

 

Archevêque de Bordeaux

 

Evêque de Bazas

Essai géographique sur la crise du Bordeaux - Chapitre 6. Une image  incertaine - Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine

Le vin de Bordeaux voit la fin de la crise

Par Marie-Josée Cougard

Publié le 14 mars 2008

 

Les Bordelais se gardent de toute fanfaronnade. Néanmoins, ils veulent croire à la fin de la crise. « Les améliorations sont incontestables, même si beaucoup reste à faire », résumait hier à Paris, Alain Vironeau, président du CIVB (Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux).

 

Après avoir souffert d'une surproduction chronique, les producteurs sont enfin parvenus à rétablir un équilibre entre l'offre et la demande et à faire remonter les prix. Si bien que la région a commercialisé 5,7 millions d'hectolitres de vin en 2007 (+1,3 %) pour un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros (+4 %).

 

Plan d'arrachage


« L'excédent de stock a été résorbé », selon le CIVB, les ventes ont repris et les prix du tonneau ont bondi de 26 % entre 2005 et 2007. Les volumes qui encombraient le marché ont été distillés à hauteur de 160.000 hectolitres en 2005 et un peu plus en 2006. Le plan d'arrachage de 10.000 hectares sur trois ans, annoncé en 2005, a été exécuté grâce à une aide substantielle de 12.000 à 13.000 euros l'hectare, mais pour moitié seulement. Une démarche contre nature dans la région. En fait, moins de 1 % des vignerons ont été contraints de cesser leur activité pour des raisons économiques. Alain Vironeau souligne d'ailleurs que, depuis quarante ans, le Bordelais perd en moyenne 500 producteurs par an, dans le cadre de la restructuration des propriétés.

 

Restaurer la confiance


Tous les producteurs ont fait un effort pour réduire les rendements, uniformément ramenés à 50 quintaux par hectare. L'interprofession a réalisé un gros travail de pédagogie pour convaincre les viticulteurs qu'ils devaient désormais produire ce qui se vend. Les méthodes de marketing ont été profondément revues, complétant l'aggiornamento du vignoble le plus célèbre dans le monde.

Mais les Bordelais savent qu'il leur reste un long chemin à parcourir pour regagner la confiance des consommateurs, notamment étrangers. Ils comptent beaucoup sur le renforcement des contrôles de qualité et des droits à produire sous AOC pour y parvenir. « L'exportation ne concerne qu'un tiers des volumes produits. Si on restaure l'image de nos vins, on en exportera 70 % », explique Alain Sichel, vice-président du CIVB et directeur du syndicat des négociants. D'autant que la consommation mondiale de vin augmente et que la concurrence du Nouveau Monde s'est allégée. La production australienne est tombée de 14 à 11 millions d'hectolitres entre 2006 et 2007 en raison de la sécheresse.

 

MARIE-JOSÉE COUGARD

 

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 06:00

 

C’est dans Itinéraire d'un enfant très gâté.

 

Lelouch ce n’est pas vraiment ma came au ciné, ce n’est pas une opinion mais mon goût, en revanche je suis fou de Pierre Barouh parolier, la musique est de Francis Lai, de la cultissime chanson d'Un homme et une femme.

 

« Dans le film culte, l'histoire retiendra que tout ressemblait alors à une folle passion. Sous son habit d'acteur, il tenait le rôle du mari disparu d'Anouk Aimée qui deviendra son épouse à la ville. Francis Lai composa un de ses plus beaux airs. Trintignant, encore une fois, jouait magnifiquement un amoureux romantique. »

 

Des années plus tard, Pierre Barouh racontera les coulisses du thème musical du film: «Au milieu du tournage, Lelouch n'a plus eu d'argent pour continuer. Alors, comme j'avais déjà un petit nom comme chanteur et auteur de chansons, je suis allé faire le tour des éditeurs de musique pour leur proposer les chansons du film et toucher une avance. Tous ont dit non. Alors, par réflexe ludique, j'ai dit que je les éditerai moi-même. Lelouch a trouvé de l'argent par ailleurs, a terminé le film et, six mois plus tard, j'étais à Cannes. C'est un raz de marée, un succès pareil. On me proposait quinze films par semaine, je bouffais avec Paul Newman, mais je retrouvais Higelin, que j'avais connu quand j'étais gosse, je découvrais Brigitte Fontaine. Et comme moi j'héritais, je leur ai dit: «Je vous produis un album chacun.»

 

Dans l’abondante filmographie de Lelouch, hormis le premier,  seule La Bonne Année trouve grâce à mes yeux, Claude Lelouch, on aime ou on déteste. Le réalisateur n’a jamais laissé indifférent le grand public comme la critique. Dans La bonne année, il y a cette surréaliste scène où des prisonniers, au cinéma, sifflent Un homme et une femme… d’un certain Lelouch. Simon, Lino Ventura justement, sort de prison. Pour la Saint-Sylvestre, il rentre chez lui mais découvre que sa femme l’a remplacé.

 

« Claude Lelouch raconte une histoire subtilement fantaisiste et parfaitement construite. Il confronte un type aux épaules et à l’esprit carrés à une femme libérée mais fragile. Dès que Lino Ventura et Françoise Fabian se regardent, la magie opère. Pour l’élégante chatte, le gorille se dégrossit.

 

La scène où il est jugé par les amis snobs de la délicate antiquaire est un bel exemple de la manière Lelouch. Quand l’un d’eux lui demande comment il peut aller voir un film sans en avoir lu la moindre critique, le faux rustre répond, superbe, en fixant sa dulcinée : « Exactement comme quand je choisis une femme. En prenant des risques ! » —

 

Lelouch se moque gentiment des critiques et des intellectuels et met en lumière l’amour et l’amitié, avec un Charles Gérard épatant. Quant à l’escroquerie, c’est une autre histoire bien ficelée !

 

« Tu sais ce qu'il y a de dramatique avec toi Charlot ? T’es con et t’es méfiant. Parce que tu ne me crois pas quand je te dis que t’es con, tu ne crois pas »

La Bonne année en Blu Ray : La Bonne année - Version remasterisée - AlloCiné

Aujourd’hui c’est « La Bonne Année » (1973)

 

Lino Ventura sur le tournage du film "La bonne année" - Photo et Tableau -  Editions Limitées - Achat / Vente

 

Pourquoi ce film ?

 

Par ce qu’il est encore temps pour Ciné papy de présenter ses vœux aux fidèles lecteurs des fiches et qui, me dit-on, êtes de plus en plus nombreux. C’est aussi une introduction à l’œuvre de Claude Lelouch qui comprend, de « Un homme et une femme » 1966 à « Itinéraire d’un enfant gâté » 1988 en passant par « La Bonne Années » des films de grande classe.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Le gangster Simon prépare, avec son complice Charlot ce qu'il qualifie de « premier hold-up psychologique de l'histoire du banditisme ». Juste à côté de la bijouterie Van Cleef & Arpels, sur la Croisette, à Cannes, se trouve la boutique d'une belle antiquaire, qui attire le regard du malfrat.

 

Le cambrioleur et l'antiquaire s'éprennent l'un de l'autre. Il est sympathique mais sans raffinement, elle est cultivée et indépendante mais découvre au contact de Simon que la vanité de son milieu lui pèse, et qu'elle désire une histoire d'amour simple et franche. Le plan du braquage que prépare longuement le cambrioleur est beaucoup plus sophistiqué que ses manœuvres de séduction. Mais réussira moins bien.

 

La bonne année (1973) - Peut être vous préférez l'accordéon ? - YouTube

 

Réalisation

 

Enfant terrible du cinéma français (après le succès de « Un homme et une femme » 1966  qui fut oscarisé il résista aux sirènes d’Hollywood) il est l’auteur de quelque cinquante films de qualité tellement inégale que sa carrière ressemble aux célèbres montagnes russes. Aucun, cependant, ne laisse indifférent.  Il a une façon bien à lui de tourner.

 

Les acteurs ne connaissent pas le scénario. Leurs scènes ne leur sont révélées qu’au moment de tourner. La plus part du temps il est planqué, tout près de l’acteur mais hors champ, et dicte ce que devrait être le texte. Il est attentif à tout ce qui peut être spontané afin de cerner la vie au plus près.

 

Dans le même ordre d’idée le prénom des rôles est souvent celui des acteurs au civil. Un autre exemple L'année d'après, il fera tourner Michèle Morgan, l'actrice dont il rêvait, dans Le Chat et la Souris avec Serge Reggiani. Ensemble, ils tournent une scène d'anthologie dans laquelle Michèle Morgan se prend d'un fou rire après avoir trouvé un clou dans un gâteau.

 

 

Qui fait quoi ?

 

Lino Ventura :                Simon

 

« La Bonne Année » est l’un des films dont Lino était le plus fier. Pour le dernier plan, il ne savait pas de quel côté aller. Il était très emmerdé car il ne pouvait pas admettre qu’un homme puisse pardonner à une femme qui l’avait trompé. Lino n’était pas au courant de l’épilogue. Et il ne savait pas qu’il s’agissait du dernier plan. Je lui ai dit : « Je vais te filmer et tu vas te poser la question de savoir si tu lui pardonnes ou pas. Maintenant que tu sais ce dont parle le film, laisse-toi porter ! » J’ai filmé un vrai Ventura dira Lelouch. Ventura est passé par toutes les phases. On se dit qu’il pardonne quand même, mais du bout des lèvres. Et qu’il le fera payer… C’était le plan préféré de Stanley Kubrick

 

Françoise Fabian :                Françoise

 

Une actrice vraiment à part dans le paysage cinématographique français comme seules peuvent l’être les actrices aimées de certains cinéastes comme ici Éric Rohmer. Les autres ne s’y sont pas trompés en lui donnant des rôles à sa mesure.  Elle ne va cesser de tourner et bâtir une filmographie importante, avec notamment Jacques Rivette, Claude Lelouch, Mauro Bolognini, André Delvaux, Jean-Claude Guiguet, Jacques Demy, Jerry Schatzberg, Nelly Kaplan, Manoel de Oliveira, François Ozon...

 

N’oublions pas non plus, une riche carrière au théâtre menée parallèlement. Elle travaille alors pour des metteurs en scène tels que Jean Marais, Marcel Maréchal, Pierre Mondy, Yasmina Reza, Claude Santelli ou Jacques Weber.

 

Une actrice séduisante, au charme fou. Elle a eu une vie privée difficile connaissant, dans un laps de temps assez court la mort de ses maris. Jacques Becker et Marcel Bozzufi.

 

Femme libre et engagée, militante entre autre pour le droit à l’avortement à l’époque où les culs bénis faisaient des pieds et de mains pour maintenir la condamnation des « salopes »

 

Cerise sur le gâteau elle à l’élégance d’afficher son âge en se présentant sans artifice ni botox ni autre plasturgie. Quelle femme, quelle actrice ! Un bonheur à ne pas manquer sur les écrans

 

Charles Gérard :           Charlot

 

Ami indéfectible de Jean Paul Belmondo c’est un des acteurs fétiches de Claude Lelouch qui lui trouve un emploi dans la majorité de ses films

 

Une soixantaine de film à son actif 1945 à 2015 ou il affiche sobrement un jeu de rigolo qui apparemment n’en a rien à foutre alors qu’il nous laisse entrevoir qu’il n’en pense pas moins.

 

André Falcon :               le bijoutier

 

Une quarantaine de films pour ce sociétaire de la Comédie Française. Beaucoup de seconds rôles essentiels ou non. Il est toujours bien habillé, élégants à la limite de l’obséquiosité comme ici. Si ce n’est pas le cas c’est qu’il s’agit d’une situation comique dont il est la victime. Bien sûr, en parallèle la poursuite d’une belle carrière au théâtre à la Comédie Française et/ou hors Comédie. Beaucoup de téléfilms également avec, là, des rôles plus étoffés qu’au cinéma. Une vie d’acteur bien remplie quoi.

 

 

Gérard Sire :                             le directeur de la prison / la voix du commentaire TV

 

C’est d’abord une voix que tous reconnaissent qu’ils soient auditeurs de France Inter, RTL ou Europe I. il a beaucoup travaillé avec Jean Yanne dont il fut le scénariste. Une collaboration mérite d’être soulignée. Elle est rapportée par Wikipédia. En 1969, il réalise avec lui un film de neuf minutes dont le destin sera singulier : centré sur le personnage de Roland Moreno (futur inventeur de la carte à puce), il présente pendant de longues minutes les créations les plus loufoques de Roland Moreno (dont la machine à tirer à pile ou face) et l'interroge au sixième degré sur l'existence, le sens du destin, et les « traumatismes de l'enfance ». L'essentiel de ce film ("Tirade de l'oiseau") sera entièrement repris, mot pour mot, par Claude Sautet dans Les Choses de la vie où le comédien Gérard Lartigau joue le rôle de Roland Moreno, fils de Michel Piccoli.

 

Pour la petite histoire c’est Gérard Sire qui mit le pied à l’étrier en lui faisant réaliser des « Scopitones » l’ancêtre du clip. Il en réalisa quelques centaines lui permettant de réunir suffisamment d’argent pour tourner un film et lui appris à travailler vite, à résumer par l’image au lieu de faire du texte et avec peu de moyen.

 

Bettina Rheims :           Nicole

 

Seule rôle très secondaire de cette célèbre photographe qui a tiré le portrait à beaucoup de célébrité telles que : Madonna, Catherine Deneuve, Charlotte Rampling, Carole Bouquet, Marianne Faithfull, Barbara, Mylène Farmer, Kylie Minogue, Claudia Schiffer, Asia Argento, etc. Elle travailla aussi beaucoup pour la publicité des grandes marques comme Chanel ou Lancôme. Travail très original qui n’a rien à voir avec le travail de grande qualité mais trop classique du Studio Harcourt autre photographe de célébrités.

 

Élie Chouraqui :            Michel Barbier

 

C’est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma franco-israélien. Il a été assistant metteur en scène de Lelouch. C’est un clin d’œil dont Lelouch nous régale que ce « mélange » des genres et ce tout petit rôle.

 

Michou :                            lui-même

 

Cette participation est un truc habile de Lelouch, moins mauvaise langue on pourrait dire c’est tout l’art de Lelouch d’intégrer des moments de réalité dans ses fictions pour mieux nous en faire accroire.

 

Mireille Mathieu :                  elle-même

 

Comme ci-dessus et là, Lelouch se moque carrément de ses spectateurs, qui film en parallèle, presque en surimpression Mireille et son travesti.

 

 

Remarque :

 

En 1974, Lino Ventura et Françoise Fabian ont reçu les « David di Donatello » équivalent italiens des « Césars »

 

Le  réalisateur Stanley Kubrick * était un grand fan du film. Il le montrait régulièrement à ses acteurs avant un tournage.

 

* Ses films comptent comme autant de monuments dans l’histoire du cinéma mondial. Ils ne peuvent pas laisser indifférent. Pour fixer les esprits nous allons presque tous les citer soulignant ainsi ce que la considération d’un tel cinéaste peut avoir de glorieux pour Claude Lelouch tellement décrié par « les professionnels de la profession ».

        

« Les Sentiers de la gloire »1957 avec Kirk Douglas  - « Spartacus » 1960 avec Kirk Douglas encore  - « Lolita » 1962 d’après le roman de Vladimir Nabokov - « Docteur Folamour » 1964 avec Peter Sellers - « 2001, l'Odyssée de l'espace » 1968 - « Orange mécanique » 1961 -« Barry Lyndon » 1975 - « Shining » 1980 avec Jack Nicholson - « Full Metal Jacket » 1987 sur la guerre du Vietnam

 

Jean Louis Trintignant qui n’est pas n’importe qui dans le monde du cinéma (près de quatre-vingt films en soixante-dix ans de carrière) considérait Claude Lelouch comme le meilleur directeur d’acteur avec qui il a pu travailler

 

Et si pour une fois on parlait musique

 

Francis Lai 

 

C’est l’heureux musicien de « Un homme et un femme » 1966 avec le chanteur, ami commun de Lelouch, Pierre Barouh. Il a fait près de 31 musiques pour les films de Lelouch.

 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 06:00

Raymond Roussel à Carlsbad.

Raymond Roussel à Carlsbad.

Suis chez Gallimard, je moissonne, et puis je tombe sur Jean-Bernard Pouy, « l’écrivain libertaire adepte de l’Oulipo, qui refuse l’esprit de sérieux et remue joyeusement le shaker du polar. »

 

Toujours border line, parfois il verse dans la facilité mais on lui pardonne « son humour potache ses pastiches et ses jeux littéraires façon Queneau ou Raymond Roussel parce que, sans contraintes, y a pas de plaisir. »

 

En attendant Dogo

 

Et puis, son nouvel opus En attendant Dogo, estampillé Gallimard nrf , Dogo ça sonne comme le Drogo du Désert des Tartares de Dino Buzzati, ce jeune ambitieux pour qui « tous ces jours qui lui avaient parus odieux, étaient désormais finis pour toujours et formaient des mois et des années qui jamais plus ne reviendraient... »

 

J’achète !

 

Je le lis d’un trait.

 

C’est une réussite.

 

Ça ferait un super bon scénar de film…

 

Et puis Pouy aime licher du vin, même du vin nu...

 

Page 196 « Le plat du jour : panais aux champignons. Parfait. Solidaire. J’ai même commandé un bon vin naturel du coin. »

 

Pour une fois je suis 100% d’accord avec la critique de Télérama de Christine Ferniot publiée le 07/01/22 ICI 

 

« Littérature : on a lu « En attendant Dogo », le nouveau roman de Jean-Bernard Pouy

 

Depuis le début des années 1980, Jean-Bernard Pouy remue joyeusement le shaker du polar, préférant y glisser de l’humour potache, des pastiches et des jeux littéraires façon Queneau ou Raymond Roussel * parce que, sans contraintes, y a pas de plaisir. Son nouvel opus, En attendant Dogo, est bien de cette veine-là, clin d’œil espiègle à la littérature, truffé d’exercices de style, de références plus ou moins exactes, de critique sociale, mais également de grand bazar comique pour ne pas prendre le lecteur de haut.

 

Le roman s’ouvre sur une absence. Celle d’Étienne, un homme sans histoire mais plutôt cachottier, parti depuis six mois dans sa vieille Dacia pourrie, en laissant sa famille dans l’inquiétude et le désarroi. « Un coup de poignard dans le cœur et dans le bide », confirment-ils.

 

[…]

 

À retenir en particulier, dans En attendant Dogo, l’extrait de polar nordique intitulé Le Permafrost de l’angoisse, qui vaut son pesant de mauvais esprit. Et Jean-Bernard Pouy de confirmer aussitôt, en précisant : « Ah ! la Suède, le seul pays où même les pierres tombales sont hypocondriaques. »

 

Souvenirs de jeunesse

 

L’écrivain se nourrit de tout ce qu’il rencontre. Il nous emmène à Lübeck manger des pâtes d’amande, dans le sud de l’Italie, du côté de Trani, boire un vin qui mérite le détour, tout comme à Castillon, dans le sud de la France, pour évoquer ses propres souvenirs de jeunesse et jouer les touristes nostalgiques. Et tandis qu’il promène son héroïne dans tous les coins de l’Europe, l’Hexagone n’est pas au mieux, et l’écrivain libertaire s’en donne à cœur joie sur les politiques, les actions « proto-individuelles », dans un théâtre d’opération « inattendu, angoissant et passablement mortifère, une vraie pièce de Shakespeare interprétée par des punks no future »

 

[…]

 

Mais revenons à ce cher Dogo qu’on attendra – tel Beckett revu par un anarchiste, tout au long de ce nouveau roman. Particulièrement réussi, parfois mélancolique avant la pirouette salvatrice, En attendant Dogo n’est pas seulement un « feelgood polar », comme Pouy rigole à le définir, il réunit toutes les passions de cet écrivain prolixe. Un peu de poésie, de la musique punk, du cinéma expérimental, des pastiches à tire-larigot, quelques marionnettes, de vraies citations, un brin de nostalgie et un talent pour l’improvisation qui l’empêche de se prendre au sérieux, lorsqu’il s’agit de faire rimer amour avec topinambour, gros lourd ou Rocamadour.

Trois raisons de (re)lire Raymond Roussel, hurluberlu aux mots vagabonds ICI

 

Hubert Prolongeau

Publié le 20/10/19 mis à jour le 07/12/20

 

Excentrique célébré par les surréalistes, l’écrivain Raymond Roussel, mort en 1933, a laissé une œuvre unique, sans personnages ni intrigue, basée uniquement sur le jeu avec les mots. Il est réédité chez Robert Laffont, et bientôt chez Pauvert.

 

Raymond Roussel : De l'alchimie des mots à l'art hermétique - Toutelaculture

1. Parce que sa vie est aussi mystérieuse que son œuvre

Raymond Roussel (1877-1933) est de ces écrivains qu’on appelle excentriques. Né dans un milieu cultivé, mais loin des cénacles littéraires, extrêmement riche, il multiplie toute sa vie durant les extravagances, voyageant en roulotte de luxe, regroupant tous ses repas quotidiens en un seul qui lui prend plusieurs heures et se termine par une soupe au chocolat…

Il souffre aussi d’une homosexualité encore clandestine, passe des heures chez son psychiatre après l’échec de son premier roman – échec relatif, car la presse s’y intéressa : il n’est même pas (hélas, estime-t-il) un artiste maudit… –, adapte ses délirants essais au theâtre, y provoque le scandale en déroutant le public, goûte à l’opium, devient champion d’échecs et meurt d’une overdose médicamenteuse dans un riche hôtel de Palerme.

ROUSSEL (Raymond). - Ensemble de 6 ouvrages de Raymond Roussel. Ens. 7 vol.  - [...] | lot 252 | Arts Moderne et Contemporain, Affiches, Photographies,  Militaria… at LHOMME | Auction.fr | English

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 06:00

Amazon.fr - Superdupont - Tome 01 - Gotlib, Lob, Jacques, Alexis - Livres

La baguette emblème de « la vraie France de Zemmour » va-t-elle survivre face au  martyre que lui font subir chaque jour que Dieu fait les adeptes du vite fait, mal fait, de la GD et autres soi-disant boulangeries qui se font livrer en loucedé des pâtons prêt à cuire ?

 

La baguette composée de farine, d’eau, de sel et de levure, qui mesure 65 cm de long n’est plus avec eux qu’une sorte de « bite molle » à la croûte jaunasse, à la mie blanchâtre, digne des sandwiches de nos gares.

 

C’est de la merde !

 

Jean-Pierre Coffe a ses débuts, comme notre jeune Président, homme de l’année pour la vieille permanentée : la RVF de Saverot accroc du people ICI , sur France-Inter et Canal+, maniait avec gourmandise la langue verte.

 

 

Ce temps est passé, maintenant le sémillant François-Régis Gaudry et sa petite bande de bobos fait dans la mignardise, plus question de choquer le chaland. Il n’est question que de la bonne baguette à plus de 1 euros.

 

Edouard Leclerc, le fondateur du leader français de la distribution, est  mort - Challenges

 

Celle du va-de-la-gueule MEL, le fils d’Édouard de Landernau vaut 29 centimes d’euros, c’est son prix de revient car il n’a plus le droit de vendre à perte. ICI 

 

À son crédit, lui, à la différence de ses concurrents, il ne s’en fout pas plein les fouilles en vendant sa merde.

 

Les coûts de la baguette de pain :

 

22 % pour les ingrédients

 

Farine, eau, sel et levure suffisent pour confectionner une baguette. Le prix de la farine suit le cours du blé.

 

48 % pour les salaires

 

5 % pour l’énergie dépensée pour la cuisson

 

6 % pour les taxes

 

5 % pour le matériel

 

6 % pour le loyer et les charges.

 

8 % pour le résultat net de l’entreprise

 

Quel est le prix d'une baguette en 2021 en France ?

 

« En 20 ans, la baguette a pris 23 centimes, par rapport au prix du paquet de cigarettes qui a été multiplié par trois, ce n'est pas la même chanson. Là, tous les feux sont au rouge : prix du blé, farine, énergie, plus les salaires, plus les produits d'emballage. Au niveau des coûts de revient, chaque boulanger est responsable des tarifs qu'il met, mais cela serait logique qu'il y ait une augmentation » analyse Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie pâtisserie française. En moyenne le prix d'une baguette en France est de 89 centimes.

 

Quel est le prix moyen mensuel de vente au détail de la baguette (1kg) ?

 

L'Insee a réalisé une étude sur le prix moyens mensuels de vente au détail du pain baguette (au kg). Selon ses statistiques, l'augmentation est constante depuis 30 ans. Il a augmenté (selon des chiffres arrêtés au mois d'octobre) de 3 centimes depuis le mois de janvier 2021 passant de 3,56 à 3,59. Ce dernier était de 3,52 en janvier 2020.

La baguette de pain à 0,29 € chez E.Leclerc fait polémique

La baguette de pain à 0,29 € chez E.Leclerc fait polémique ICI

Illustration d'un boulanger à Versailles.

La baguette de pain à 29 centimes d’euro de Leclerc déclenche la colère des boulangers et agriculteurs ICI

CONSOMMATION Alors que le prix de la farine s’envole, le groupe Leclerc va proposer une baguette de pain à 29 centimes, ce qui n’a pas manqué d’agacer toute la filière du blé

20 Minutes avec AFP
 
 
 
 
 
 
 
 

Une campagne « démagogique et destructrice de valeurs ». Alors que le prix du blé s'envole, l’ensemble de la filière du blé s’est indignée mercredi du lancement par le groupe Leclerc d’une baguette de pain à 0,29 euro.

 

29 centimes d’euros la baguette pour quatre mois

 

Michel-Edouard Leclerc a annoncé mardi qu’il bloquait le prix de la baguette de pain dans les magasins du groupe à 29 centimes d’euro – voire jusqu’à 23 centimes – pendant au moins quatre mois, au nom de la défense du pouvoir d’achat des Français dans un contexte inflationniste.

 

Une déclaration de guerre pour l’ensemble de la filière blé. Céréaliers, meuniers et boulangers, ainsi que la FNSEA, premier syndicat agricole, ont dénoncé dans un communiqué commun « des prix volontairement destructeurs de valeurs ».

 
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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 06:00

 

Qui se souvient du vin de comptoir ? ICI 

 

Au temps des classes laborieuses les patrons de bistrots derrière leur bar versaient dans des verres ballon, à l’aide de bouteilles 6 étoiles capsulées, des vins de comptoir.

 

Les négociants-embouteilleurs de place, nichés au plus près des grandes villes, les fournissaient, La Société des Vins de France (SVF) où j’ai bossé avait ses installations d’embouteillages sur le port de Gennevilliers, ce qui lui permettait avec sa flotte de 120 camions de livraison d’alimenter les bistrotiers.

 

 

Pour s’approvisionner en volumes suffisants les négociants-embouteilleurs de place devaient aller puiser dans les grosses appellations  offrant des prix attrayants : en l’occurrence les côtes-du-rhône et les corbières, une AOC et un VDQS.

 

Les vins arrivaient à Gennevilliers à la grande époque en barges remontant la Seine et train complet. Ça va sans doute choquer les petites louves et les petits loups qui pensent que le vin a toujours voyagé en bouteilles, pour autant, contrairement à une idée reçu, les vins de comptoir n’étaient pas d’affreuses daubes qui faisaient des trous dans l’estomac. Loin de là, nous recevions des échantillons des caves coopératives et j’ai souvent participé à leur dégustation.

 

En effet, à mon arrivée à la SVF on m’affecta aux services des achats de Jean Chatras ICI , un languedocien, en compagnie de Michel-Laurent Pinat. Terra incognita, je pataugeais grave, mais petit à petit j’ai appris ce qu’était un « sourcing » sécurisé en quantité et en qualité. Le vin de comptoir avait un profil qu’il fallait respecter, Jean Chatras et Michel-Laurent m’ont appris l’humilité et montré que la dégustation professionnelle est l’art du négociant, savoir acheter en fonction des goûts de la clientèle. à leur manière ils ont été le creuset de mon fichu rapport et je leur en sais gré.

 

Après quelques mois au service des achats, j’ai postulé à la direction de l’unité de Gennevilliers et, à mon grand étonnement, et à celui des syndicats et des cadres, on me la confia. Je me retrouvai donc à la tête de 800 salariés et à présider le Comité d’entreprise du site où se trouvait aussi la direction. Embouteiller, stocker, livrer, un défi journalier qui remet les pieds sur terre.

 

Bref, ce moment de ma vie fut fondateur de mon parcours dans le monde du vin, aussi bien d’un point de vue humain que technique. Livrer en casier rouge syndical des litres étoilés les épiciers de quartier n’était pas une sinécure. Du côté des vins de comptoir, je dois à la vérité historique, qu’ils étaient du ressort de la filiale CHR de la SVF, Bedhet-Vallette, basée à quelques encablures de notre établissement qui s’approvisionnait en camions citernes et livrait les bars. Michel-Laurent, issu de Compagnons Gourmets, ancêtre de Bedhet-Vallette, me mit au parfum. A l’époque Castel, notre concurrent était absent du CHR, notre rival était Richard qui fit fortune dans le café et la distribution de vins dans les cafés et restaurants.

 

CASTEL Familial et international

 

Bref, faute avouée est à demi pardonnée, je peux maintenant vous brancher sur Le Rouge&leBlanc :

 

Corbières (AOC Corbières) Languedoc

 

4e appellation française, les Corbières, « cette vaste appellation de 10 000 ha en production a dû se défaire d’une mauvaise réputation de région viticole produisant des millions de cols sans intérêt majeur, « rustiques » et « alcooleux ». L’importance d’un important tissu de grandes coopératives a probablement contribué à donner le sentiment (trompeur) d’une appellation tournée vers la production de masse. Or, les coopératives ont, du moins depuis les années quatre-vingt – et malgré des tâtonnements et des échecs – cherché à maîtriser les rendements, à être précis et rigoureux dans la vinification, à soigner les élevages et à valoriser les vins. En outre, leur nombre a diminué de manière significative, de cinquante-sept caves coopératives à la fin des années quatre-vingt, elles ne sont plus qu’une vingtaine en 2021. L’appellation a de plus bénéficié, au début des années 2000, de l’arrivée de nouveaux vignerons qui ont d’emblée pratiqué des méthodes culturales « bio », défendu une approche « terroir » et obtenu la reconnaissance d’un large public de professionnels et d’amateurs.

 

REMARQUES :

 

- Pas sûr que le rédacteur de ces lignes ait liché beaucoup de ballons de Corbières de comptoir. La notion de mauvaise réputation est bien relative pour les Corbières.

 

- Les coopératives de l’Aude étaient des outils politiques pesant lourds face au pouvoir, le Président national des coopératives vinicoles  Antoine Verdale, était audois, de Trèbes, a régné pendant des décennies sur le mouvement. La diminution de leur nombre n’est pas un bon indice pour jauger l’appellation.

 

C'était au temps où Michel Rocard s'éclatait au 78 rue de Varenne - Le blog  de JACQUES BERTHOMEAU

 

- Il existait aussi  des grosses caves particulières qui créèrent le mouvement, en réaction contre les coopératives,  des vignerons en caves particulières devenu aujourd’hui les VIF.

 

- L’Aude était la patrie avec l’Hérault des Comités d’Action Viticoles adeptes de la mèche lente.

 

- Les Corbières restent encore une production de masse.

 

- LeRouge&leBlanc ignore la coopérative d’Embres&Castelmaure tout comme les vins nus mais aime le grand Gégé. Ce type de ségrégation m’irrite.

 

- J’aime bien Jacques Fanet mais son approche est celle d’un vieux routier de l’INAO.

 

- « Introduite par les marchands grecs dès le IIe siècle av. JC, la vigne ne se développa réellement qu’avec l’occupation romaine. Les conditions étaient si favorables que la viticulture de la Narbonnaise fit ombrage aux propriétaires « italiens » incitant l’empereur à une limitation de la production. Cette prospérité dura jusqu’à la fin de la Pax Romana avant que le long défilé des envahisseurs venus de l’est, du nord ou du sud, ne laisse désolation et friches. » c’est du copié-collé de l’appellation. Je pinaille.

 

 

« Après le déclin dû aux invasions barbares, la vigne reprit son rang grâce aux moines au IXe et Xe siècles. L’arrivée du chemin de fer au XIXe siècle  assura son expansion rapide : de 2000 ha en 1800, le vignoble passa à 50 000 ha en 1890. Cependant, les abondantes récoltes viticoles en France entre 104 et 1907, conjuguées avec l’autorisation de la chaptalisation en 1903 et aux pratiques de « coupages » des vins par le négoce (à cause de l’importation massive de vins d’Algérie) ndlr l’Algérie étant française il ne s’agissait pas d’importations), aboutirent à une crise sociale et économique majeure culminant avec les grandes manifestations populaires de 1907 violemment réprimées et endeuillées par sept morts. Le 26 juin 1907, le Parlement vota une loi protégeant les « vins naturels » contre les vins trafiqués (« mouillés »,  coups, chaptalisés).

 

Texte de l’appellation

 

« Dès 1908, les vignerons des Corbières s'organisèrent en syndicat de défense. En 1923, l'aire de production fut délimitée, et en 1951, leur vin obtint le label VDQS récompensant pour la première fois les efforts accomplis.

 

En 1985, le 24 décembre, les Corbières entrèrent dans la famille des appellations d’origine contrôlées. Depuis, le syndicat de l’Appellation a lancé un programme ambitieux de développement avec notamment la mise en place de la hiérarchisation de la production.

 

En 2005, naissance de l’AOC Corbières Boutenac, seule appellation communale en Corbières, qui réunit aujourd’hui 28 producteurs sur 10 communes autour du massif du Pinada.

 

Aujourd’hui c’est, en superficie, la première AOC du Languedoc et la quatrième de France. »

 

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