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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 06:00

Francis Bacon image libre de droit par georgios © #5597590

Francis Bacon (1561-1626), scientifique, philosophe et homme d’État.

Dans le petit monde des vins nu, le vocabulaire utilisé pour les désigner glisse de vin nature à vin vivant, « La notion est plus inclusive que « nature » et « environnement », moins usée que « sauvage » et moins savante que « biodiversité » ou « non-humains ».

 

Vin vivant de Pierre Jancou - Livre - Decitre

 

Le point sur le sujet : La nature est morte, vive le vivant ?

 

Plus l’horizon s’étrécit et plus la notion de vivant impose sa puissance, promesse de réenchantement des regards posés sur les milieux naturels, gage d’une pensée soucieuse de ce qui nous relie à tout ce qui croît et respire. Un vrai printemps pour l’esprit, dont le sacre apparent appelle cependant quelques pas de côté. Pour comprendre mot à mot, avec la philosophe Catherine Larrère, pourquoi le vivant semble avoir chassé la nature. Pour dévoiler, grâce à la sociologue Céline Lafontaine, les impensés d’une foule d’entités vivantes cloîtrées à l’ombre des labos. Pour inspirer, avec le biologiste Olivier Hamant, un nouveau modèle apte à nous faire traverser les turbulences à venir.

 

Par Sylvie Berthier et Valérie Péan

 

Un entretien avec Catherine Larrère, philosophe, professeure émérite à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne

 

  • Nombre de livres qui paraissent ces derniers temps dans le champ de l’écologie titrent sur le « vivant » et ont ainsi évacué le mot « nature ». Quelles sont les raisons de cette éviction ?

 

En France, il y a une tradition de méfiance à l’égard de la nature. Le mot est flou, polysémique ; surtout, il est à la fois descriptif (« ce qui est ») et normatif : il dirait « ce qui doit être », au nom d’un « ordre naturel ». On le soupçonne d’être porteur de représentations religieuses ou de conceptions romantiques, irrationnelles et sentimentales. Ce qui a servi en partie à attaquer les préoccupations écologiques lorsqu’elles ont commencé à prendre de l’importance. Puis, à partir des années 1990, c’est dans le champ même des mobilisations écologiques que la référence à la nature a été mise en question. Tout particulièrement par Bruno Latour et Philippe Descola.

 

  • Que reprochent-ils à l’idée de nature ?

 

La nature que critiquent Latour et Descola, c’est la nature des Modernes, de Descartes et de son contemporain anglais F. Bacon1 : une nature mécanique qu’il convient de dominer, grâce à la science et à la technique mais, surtout, une nature posée comme extérieure à l’homme, dans une vision dualiste qui sépare nature et société, ou nature et culture, sauvage et domestique, l’objet et le sujet. Or, explique Latour dans « Nous n’avons jamais été modernes » (1991), ce « grand partage » ne partage rien : les distinctions entre les régions du savoir (sciences de la nature/sciences de la société ou de l’esprit) ne tiennent pas et, lorsqu’on croit pouvoir classer les êtres entre ce qui est naturel et ce qui est artificiel ou social, les hybrides prolifèrent : le changement climatique, ensemble de phénomènes naturels qui sont les conséquences d’actions humaines, en est un exemple frappant. Il n’y aucun « donné » que l’on puisse dire naturel. La « nature », c’est en fait ce qui autorise les scientifiques à parler avec autorité, à imposer leurs vues.

 

La nature, vue comme une unité relevant d’une même explication, existant par elle-même et se distinguant des humains est, de plus, une idée typiquement occidentale, comme l’a montré P. Descola. Il nomme « naturalisme » cette façon de considérer, du côté physique, que le corps humain est organisé de la même façon que les autres êtres – ce qu’il appelle la continuité physique des extériorités – mais que l’homme se singularise de tous les autres organismes vivants par son intériorité (l’esprit). C’est l’exact inverse de l’animisme, selon lequel une plante, un animal, un humain diffèrent par leur apparence mais sont les mêmes du point de vue de leur intériorité. Car, dans le reste du monde, effectivement, d’autres façons existent de regrouper les existants, d’autres « ontologies » conduisent à d’autres « écologies », d’autres regroupements d’« humains et de non-humains » . 2

 

  • Par quel mot Descola et Latour remplacent-ils alors celui de nature ?

 

La suite ICI

 

Être un chêne

Le « vivant », un concept qui gagne en popularité dans la philosophie et les combats écologiques ICI

 

La notion est plus inclusive que « nature » et « environnement », moins usée que « sauvage » et moins savante que « biodiversité » ou « non-humains ».

Par Nicolas Truong

 

Histoire d’une notion. Les mots font ou défont les choses. Et les concepts, écrit le philosophe Baptiste Morizot dans le sillage de Gilles Deleuze, permettent même de « résister au chaos ». Lorsqu’ils se répandent dans l’espace public, ils deviennent les balises du basculement du monde et les marqueurs du changement des temps. Ainsi en va-t-il de la notion de « vivant », qui s’est largement imposée dans la pensée de l’écologie, et plus largement auprès de ceux qui cherchent à lutter contre la dévastation planétaire, attestée par les rapports scientifiques de plus en plus alarmants. En effet, « la crise écologique actuelle est une crise de nos relations au vivant », assure Baptiste Morizot, qui a donné à cette notion son actuelle dimension. « C’est un concept qui met l’accent sur nos interdépendances, et qui permet de travailler pour le bénéfice de nos relations avec les écosystèmes, sans opposer a priori et toujours les intérêts des humains et ceux de la “nature” », poursuit-il dans un entretien au Monde.

 

« Vivant » s’oppose tout d’abord à la mort, à la disparition d’une partie de la biodiversité qui prend la forme d’une « sixième extinction ». Dans l’insistance sur le vivant, « il y a une impulsion, sinon une pulsion de vie opposée à la pulsion de mort qui abîme les psychismes (écopsychologique), épuise les ressources humaines (burn-out) et naturelles (extractivisme), dans le mouvement morbide du nécrocapitalisme », analyse le philosophe Jean-Philippe Pierron.

 

« C’est la catastrophe en cours qui nous fait vraiment entrer dans le moment du vivant », explique le philosophe Frédéric Worms, directeur adjoint de l’Ecole normale supérieure. Mais qu’est-ce que le vivant ? « C’est l’ensemble des forces qui résistent à la mort », dit-il, en paraphrasant la célèbre formule du médecin anatomiste Marie François-Xavier Bichat (1771-1802) à propos de la vie. Sans compter qu’il y a quelque chose de performatif dans le vivant, une invitation à la résistance, voire une incitation à la métamorphose et à la renaissance.

 

« Vivant » permet de sortir du dualisme entre la nature et la culture. Pour les lecteurs de l’anthropologue Philippe Descola et du philosophe Bruno Latour, c’est désormais un acquis : nous sommes sortis du grand partage entre l’homme et le monde. La nature n’est plus un décor, un réservoir de richesses, une aire de repos ou un terrain de jeu. Avec ces nouvelles ontologies qui ne séparent plus la nature de la culture, les « non-humains » (plantes, animaux, fleuves, etc.) ne sont plus des choses ou des objets, mais des êtres qui importent, et doivent être mieux pris en compte par le politique, comme par le droit.

 

Le terme de « vivant » est plus inclusif et englobant. Il permet de rompre avec « l’environnement », « le sauvage » ou « la nature » dont l’usage suppose une extériorité de l’homme par rapport à son écosystème. Pour beaucoup, il serait également moins anthropocentrique que le terme de « non-humains » – qui suppose à nouveau une séparation entre deux entités. C’est pourquoi il est en train de prendre de l’ampleur dans le monde des idées.

 

« Nouveau regard sur le monde »

 

L’emploi de ce concept nous offre « un nouveau regard sur le monde, auquel nous appartenons aussi », témoigne Laurent Tillon, biologiste et ingénieur forestier à l’Office national des forêts qui, dans Etre un chêne (Actes Sud, 230 pages, 22 euros), raconte comment les arbres ont une histoire, à travers celle de « Quercus », un chêne sessile âgé de 240 ans qu’il connaît depuis l’adolescence : « Avec le terme vivant, on se sent appartenir à une même communauté. Quand je visite Quercus, je suis autant présent que n’importe quel autre vivant que je côtoie : mon arbre Quercus, le hêtre voisin, le pic dans l’arbre d’à côté, la mésange qui vient par curiosité, et le chevreuil qui s’interroge depuis quelque temps de ma présence si tôt en forêt en ce moment ».

 

Ce changement de paradigme conduit ainsi à une éthique, mais également à une politique du vivant. « Construire une cosmopolitique du vivant est le défi de notre époque », lance l’économiste Felwine Sarr. « La crise actuelle nous rappelle l’importance d’une “vital-démocratie” », assure Frédéric Worms. Après avoir théorisé les différentes « manières d’être vivant », Baptiste Morizot esquisse aujourd’hui les contours d’une « éthopolitique », afin de « restituer aux vivants les puissances d’agir qui sont les leurs, pour faire face avec nous aux métamorphoses environnementales contemporaines induites par le changement climatique ». L’éthopolitique donc, contre la « nécropolitique », cette soumission du vivant au pouvoir de la mort analysée par l’historien Achille Mbembe.

 

Raviver les braises du vivant

« Le “vivant” n’est pas un slogan, c’est une carte pour s’orienter » ICI 

 

Le philosophe Baptiste Morizot précise la signification et la portée d’un concept « qui déplace la focale de notre attention collective vers nos interdépendances » avec les autres vivants, au moment où celui-ci est largement repris, mais parfois aussi critiqué.

Propos recueillis par Nicolas Truong

Publié le 22 septembre 2021

 

Maître de conférences en philosophie à l’université d’Aix-Marseille, Baptiste Morizot a notamment déployé le concept de « vivant » dans Manières d’être vivant : enquêtes sur la vie à travers nous (Actes Sud, 2020) et Raviver les braises du vivant. Un front commun (Actes Sud et Wildproject), et élaboré son « éthopolitque » dans Le Cri de Gaïa. Penser la Terre avec Bruno Latour (sous la direction de Frédéric Aït-Touati et Emanuele Coccia, La Découverte, 2020).

 

  • Le concept de « vivant » que vous avez forgé est largement utilisé par des activistes, des associations ou même des institutions qui veulent lutter contre le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité. En quoi est-il philosophiquement et politiquement important de changer de terme ?

 

Baptiste Morizot.- D’abord, il est important de rappeler que ce n’est pas un mot d’ordre ni un slogan : c’est un concept, donc une carte pour s’orienter, utile dans certains cas, inutile dans d’autres. Il n’a jamais visé selon moi à récuser les autres termes, mais à enrichir et pluraliser le paysage conceptuel et l’arsenal des idées.

 

Il faut se souvenir que porter ce concept n’a pas pour but d’interdire le mot « nature », mais de critiquer et conscientiser ses usages inquestionnés. Il sert à multiplier les approches, pour lutter contre l’hégémonie culturelle de l’idée de « nature » avec ses impasses – idée qui est toujours dominante dans notre héritage. Il n’a donc pas pour vocation de recréer un nouveau monopole à la place, mais de nous donner de l’air, et des outils pour mieux penser et agir.

 

Penser avec cette idée de « vivant » n’oppose plus nature et culture, puisque la culture est une manifestation du vivant dans l’humain, une faculté façonnée par l’évolution du vivant

 

Sa première force, en situation de crise écologique, c’est qu’il met la focale sur ces entités du monde qui sont concernées par leur existence, l’ensemble des vivants de la biosphère. Il n’y a pas à « sauver » le climat, il ne craint rien : ce sont les vivants qui doivent être protégés des dérèglements du climat, humains compris, puisque nous sommes interdépendants.

 

Sa seconde force, c’est que par l’usage du singulier, en parlant du vivant et pas seulement « des » vivants, il englobe non seulement les organismes et les espèces dans leur multiplicité, mais aussi les forces évolutionnaires anciennes qui les façonnent, et les dynamiques écologiques qui les tissent ensemble dans le présent.

 

Par là il se rend capable de saisir le « tissu » du vivant dans ses interdépendances, et le « fleuve » du vivant dans sa continuité depuis l’apparition de la vie sur Terre. Or ce sont ce tissage et ces dynamiques qui rendent la Terre habitable pour nous et pour les autres, et on comprend par là que ce sont elles qu’il faut défendre, et dont il faut prendre soin, et pas seulement de chaque espèce séparée comme si elle était posée là sur un décor.

 

Sa troisième force, la plus évidente, c’est qu’il échappe spontanément aux dualismes hiérarchiques de la modernité, qui opposent nature et société, environnement et humain. Ce concept permet, par la force de la langue elle-même, de ne plus opposer humain et nature, puisque par définition, nous en sommes, des « vivants », nous sommes embarqués avec tout le vivant pensé comme aventure biotique, nous sommes tramés aux vivants d’un point de vue écologique.

 

Nous partageons avec eux une ascendance commune, qui se manifeste dans la totalité de notre être. En un mot, c’est un concept qui déplace la focale de notre attention collective vers nos interdépendances – et qui permet par là de travailler pour le bien de nos relations avec les écosystèmes, sans opposer toujours a priori les intérêts des humains et ceux de la « nature ». Politiquement, sur le terrain, cela permet d’imaginer des fronts communs parfois libérateurs.

 

Voilà : c’est un mot qui respire spontanément en dehors du dualisme. Par exemple, penser avec cette idée de « vivant » n’oppose plus nature et culture, puisque la culture est une manifestation du vivant dans l’humain, une faculté façonnée par l’évolution du vivant. Ils ne sont pas intrinsèquement opposés : on peut imaginer favoriser une culture du vivant, de la même manière que la modernité s’est construite sur une culture qui l’a minorisé ou méprisé.

 

  • De quelle manière cette notion peut-elle échapper à l’antimodernisme et l’antihumanisme ?

 

Ce concept ne sert pas à écarter ou rabaisser l’humain, au contraire, il sert à le penser de manière plus juste, et donc à le défendre mieux. Les mots « biodiversité » ou « environnement » ne nous incluent pas : ce sont des concepts qui réactivent l’extériorité fondatrice de l’humain envers son propre tissage.

 

Ce mot devient vide de sens lorsqu’il sert seulement à remplacer artificiellement le mot « nature » sans changer la philosophie du propos (c’est-à-dire la manière dualiste de penser, ou l’idée d’une mère nature harmonieuse et bienveillante)

 

Le concept de vivant sert à ça au fond : il permet de localiser ce dont on parle hors de nous et en nous, et d’opérer ce faisant le geste philosophique le plus décisif à mon sens dans cette affaire - nous recomprendre, nous humains, comme des vivants. C’est ce que j’appelle la manière humaine d’être vivant. Elle n’a pas la rigidité d’une « nature humaine », mais elle ouvre néanmoins le champ de nos possibles. Et ces derniers sont tissés.

 

Nous sommes une forme de vie unique mais interdépendante (comme les abeilles sont une espèce unique et interdépendante). Le vivant, ce n’est pas une catégorie scientifique (l’ensemble des organismes), c’est un concept philosophique qui nomme notre relation à l’aventure de la vie sur Terre : c’est la communauté du monde à laquelle on appartient, c’est une vulnérabilité mutuelle, c’est une dimension de l’expérience humaine, et c’est une condition partagée, la condition vivante.

 

Avec ce concept, l’enjeu n’est donc pas de faire une classification biologique comme on en trouve dans les manuels de sciences naturelles, mais d’imaginer collectivement des transformations métaphysiques et anthropologiques, en tant que notre image du monde est toujours une image de nous.

 

Sur ce chemin, du point de vue pratique, on active un meilleur humanisme, on prend mieux soin des humains, parce qu’on comprend qu’il faut prendre soin de leurs interdépendances avec les autres vivants – ce sont elles qui rendent nos vies possibles et nos sociétés durables.

 

  • Mais ce concept vivant est-il bien compris ? N’a-t-il pas tendance à être dilué ou instrumentalisé tant son usage se répand aujourd’hui ?

 

Il génère quelques dérives, comme tous les mots qui circulent vite. Selon moi, il doit être utilisé rigoureusement et avec justesse sous peine de perdre son sens et sa force. On voit aujourd’hui fleurir une profusion d’usages hyperboliques ou abusifs, qui créent une certaine lassitude autour de ce mot, et comme une irritation. C’est un effet de mode qui passera.

 

Par exemple, il devient vide de sens lorsqu’il sert seulement à remplacer artificiellement le mot « nature » sans changer la philosophie du propos (c’est-à-dire la manière dualiste de penser, ou l’idée d’une mère nature harmonieuse et bienveillante), parce qu’il est rabattu sur des notions et des imaginaires qu’il a pour vocation de dépasser.

 

Je suis aussi en désaccord avec ceux qui lui ajoutent des consonances mystiques, religieuses, ou New Age. On voit ce malentendu dans les usages qui mettent spontanément une majuscule à « vivant » : à mon sens, c’est une catastrophe philosophique, parce que c’est contradictoire avec le sens même du concept.

 

En effet, la majuscule sert dans la langue française à sacraliser quelque chose sous une forme qui met à distance, qui impose une éminence. Elle instaure une nouvelle transcendance, alors que justement le concept de « vivant » permet de parler de la biosphère dans sa pluralité diffuse, omniprésente, profane, mais d’en parler avec les égards ajustés : c’est-à-dire sans la désanimer, mais sans la suranimer non plus. Et sans sacraliser non plus chaque organisme, puisque le vivant vit chaque jour de s’entremanger, c’est la base des écosystèmes, et c’est ce qui rend possible leur épanouissement.

 

Le malentendu avec la majuscule, c’est qu’elle confère une aura de religiosité, avec toutes ses inerties, à la chose la plus immanente et quotidienne du monde – à la vie.

 

Enfin il y a ceux qui s’en emparent pour « greenwasher » leurs pratiques et continuer le « business as usual », l’exploitation aveugle et destructrice des écosystèmes : quant à eux, ils n’ont aucun scrupule à récupérer et dénaturer tout discours qui s’oppose à leurs intérêts.

 

C’est en partie pour faire barrage à ce kidnapping que j’ai écrit le livre Raviver les braises du vivant, et publié le texte accessible en ligne librement : « Nouer culture des luttes et culture du vivant. »

 

Concernant les limites et les points aveugles de ce concept, ils sont partout : il ne sert pas à tout, sinon il ne servirait à rien. Par exemple, concernant les problèmes de philosophie de la technique ou les questions d’énergie pour faire face à la crise écologique, ce concept n’est pas le plus opérationnel aujourd’hui, et tant mieux (trop embrasser, c’est mal étreindre). Et pour faire de l’astrophysique – n’en parlons pas. Ce n’est pas grave, c’est bien ainsi, les concepts servent aussi à ça : à ne pas servir, à reposer, comme dans la trousse à outils d’un cambrioleur, jusqu’au jour où ils ouvriront d’autres portes qui nous enfermaient.

 

Nicolas Truong

 

 

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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 06:00

 

Egon Schiele, Femme avec un homoncule, 1910

 

Ainsi fut qualifié, par un lecteur vigneron bourguignon, un petit texte d’un « comment vas-tu y’au poêle ? » officiant chez la vieille dame permanentée du vin, un garçon de coiffeuse pour être dans le vent du féminin.

 

Texticule = Texte + homoncule

 

HOMUNCULE, HOMONCULE, subst. masc. (CNRTL)

 

Être vivant de très petite taille, aux pouvoirs néfastes et surnaturels que les alchimistes du moyen âge prétendaient pouvoir créer :

 

« Il [le comte de Kueffstein] avait la science infuse et Joseph Kammerer, son valet de chambre, a relaté dans son Livre des comptes les aventures de son maître, certaines de ses expériences incroyables, parmi lesquelles la plus merveilleuse, celle de la génération spontanée ou « insolite », dit-il, la création artificielle des homuncules [it. ds le texte].

Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 141.

 

Expression caricaturale et amoindrie de l'homme.

 

« Le comble était qu'ils semblaient déjà résignés, tristes homoncules philosophes d'une philosophie dont le verre à vitre, qui n'empêche point de voir mais empêche de saisir, eût été le symbole et le principe »

Guéhenno, Journal homme 40 ans, 1934, p. 21

 

J’ai découvert les homoncules en lisant :

 

De la prolifération des homoncules sur le devenir de l'espèce - Olivier  Bardolle - Livres - Amazon.fr

 

De la prolifération des homoncules sur le devenir de l'espèce d’Olivier Bardolle ICI 

Paru le : 02/05/2008

Esprit des péninsules

 

Essai sur l'hypermodernité décrivant l'homoncule qui sommeille en chaque individu, "petit être doué d'un pouvoir surnaturel", selon Le Larousse ou "miniature d'homme créée par sorcellerie", pour Umberto Eco. Un être avide, égoïste et fasciné par les gadgets électroniques, selon l'auteur. Confirmant la pensée de Baudrillard, il évoque un homme bardé de prothèses "dans un monde qui l'expulse". ©Electre 2022

 

Quatrième de couverture

 

De la prolifération des homoncules sur le devenir de l'espèce

 

Après De l'Excès d'efficacité des systèmes paranoïaques et Des Ravages du manque de sincérité dans les relations humaines, Olivier Bardolle continue ici d'instruire le procès de l'hypermodernité. Sur un mode imprécatoire, mais non dénué d'humour, l'auteur débusque l'homoncule qui sommeille en chacun de nous et rêve de prendre les commandes - un être avide, obsessionnel, égoïste et surtout indifférent aux désastres qui s'accumulent autour de lui : dévastation écologique, enlaidissement du monde, effondrement du savoir vivre ensemble, guerre des clans, ressentiment général accentué par des nouvelles technologies toujours plus isolantes...

 

Entre rigueur d'analyse et souci de l'urgence, Olivier Bardolle sonne le réveil des consciences et entretient l'espoir : « II se pourrait cependant que nous n'ayons que l'homme comme solution. Une fois encore, lui seul, dans cet univers indifférent, peut infléchir le cours des choses. À condition qu'il ose enfin se fier à son désir. À son désir de vivre et pas seulement de survivre. »

 

« Qu’est-ce que l’on entend désormais par élite ? »

 

« La définition même de ce que l’on désigne par ce mot a considérablement évolué… » souligne-t-il.

 

Je vous laisse le soin découvrir l’élite d’autrefois selon Bardolle très « noblesse oblige » au comportement exemplaire où honnêteté, altruisme, éthique, droiture, honneur n’étaient pas des vains mots. Manquent que des noms, mais Bardolle est ainsi fait, comme tout bon sabreur il sait pratiquer l’esquive et ça fait partie de son charme irritant.

 

« Ni vieillard acariâtre, ni Alceste aigri, Olivier Bardolle est un grand gaillard baraqué, à la cinquantaine juvénile, droit dans ses jeans, qui endosse peu souvent une veste, ignore le port de la cravate, circule à moto et préfère écouter Johnny Cash plutôt que le De profundis de Michel-Richard de Lalande. » portrait de Valeurs Actuelles un hebdo bien comme il faut, réac comme un petit Vendéen crotté du bocage les aime « bonjour nôtre maître… » chapeau bas devant Antoine Morrison de la Bassetière dont mon père « battait » (effectuait les battages des céréales de ses métayers en tant que petit entrepreneur). La suite de la bio à la fin.

 

 

 

« (…) l’élite a changé ; elle se caractérise désormais par une certaine propension à s’exonérer du droit commun et à entretenir soigneusement une politique de réseaux, c’est une « élite des affaires », on s’entraide, on se décore mutuellement, on se rend plein de petits services, on pratique, comme Tony Soprano, le trafic d’influence et le commerce des relations. On n’hésite d’ailleurs nullement à s’embrasser à la manière des voyous, avec forte claque dans le dos, afin de vérifier que l’autre n’est pas exagérément armé (…)

 

 

Bardolle cite quelques exemples des pratiques de ce « milieu » comme le coup de fil qui va vous permettre d’ « accéder en vingt-quatre heures au bloc opératoire » là où le commun des mortels, c’est-à-dire ceux qui ne font pas partie de « l’élite », attendent plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

 

 

 

Bref, Bardolle d’embrayer sec comme tout bon motard qui se respecte « avec de telles mœurs, comment voulez-vous que l’on puisse faire confiance à ces grands mâles blancs dépravés qui n’ont rien à  offrir comme exemple que ces combines et ces sempiternels passe-droits ? »

 

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 06:00

À la mémoire de DENG Xiaoping, ancien grand dirigeant de la République populaire de Chine, venu étudier et travailler dans le Montargois, dans les années 1920

Montargis (06 au 10.07.1920) : CAI Hesen et son amie XIANG Jingyu exposent à leurs compatriotes leur thèse pour "sauver la Chine et le Monde". Historiquement, ce sera le véritable point de départ de la Chine Nouvelle

Montargis (06 au 10.07.1920) : CAI Hesen et son amie XIANG Jingyu exposent à leurs compatriotes leur thèse pour "sauver la Chine et le Monde". Historiquement, ce sera le véritable point de départ de la Chine Nouvelle 

- "Amitié Franco-Chinoise", association et musée historique

Il se publie des Revues de haute qualité intellectuelle, esthétique, ludique : RELIEFS en est une, son n°15 MARAIS en apporte de nouveau la preuve.

 

Revue Reliefs n° 15 - Marais

 

J’ai choisi ce dimanche, avant de chroniquer un autre jour sur le Marais salant de Guérande, cher à mon cœur, de vous vanter la : PETITE HISTOIRE DU GRAND SOJA

 

 

Pourquoi ?

 

2 raisons :

 

  • Le tofu cher au vegan !

Y en aura pas pour tout le monde - Le soja - Charlie Hebdo

Y en aura pas pour tout le monde - Le soja - Charlie Hebdo

  • L’accord de Blair House en 1992 ICI (ça ne nous rajeuni pas Jean-François)

 

 

Le lancer de « haricots » de soja est une tradition japonaise pluriséculaire, la Chine est le berceau de la plante qui produit des graines rondes comme le petit pois.

 

 

C’est un rite célébré lors du Setsubun (« nœuds de bambou »), fête nationale japonaise, le 2 et 4 février (conformément à l’ancien calendrier lunaire, d’origine chinoise) qui marque l’arrivée du printemps. La veille, les japonais pratiquent le mamemaki : ils lancent des graines de soja par la fenêtre ou par la porte de leur logement pour tenir les démons à distance de leur foyer et attirer la prospérité. En accomplissant ce geste, ils scandent : « On iwa soto ! Fuku wau chi ! (dehors les démons, dedans le bonheur) »

Planche botanique Soja | Selency

Le soja (Glycine max) a probablement été domestiqué dans le courant du IIe millénaire de notre ère, dans le nord-est de la Chine, mais sa culture est beaucoup plus récente que celle du riz et du millet, pratiquées dans cette région quatre millénaires plus tôt. Ce sont les habitants du « pays du millet » qui, les premiers, ont transformé les graines de soja en une multitude de produits alimentaires dérivés.

 

PR Taifun - Zoom champ de soja

 

Le Bencao gangmu (« matière médicale classifiée »), un traité de pharmacopée médicale rédigé au XVIe siècle, attribue ainsi l’invention du tofu à Liu An, au IIe siècle de notre ère.

 

Y en aura pas pour tout le monde - Le soja - Charlie Hebdo

Si la date d’invention du tofu demeure incertaine, on sait en revanche que les Français n’en ont entendu parler que très tard. En 1856, le Bulletin de la Société Nationale d’acclimatation de France décrit pour la première fois le procédé mis au point par M. de Vilmorin pour fabriquer du « fromage de pois ». La première unité européenne de production industrielle de tofu ouvre ses portes en 1908  à Colombes, près de Paris, à l’initiative de Li Shizeng, jeune chinois arrivé quelques années plus tôt à Montargis (Loiret) pour y étudier l’agriculture. Entre 1912 et 1927, plus de deux mille de ses compatriotes se forment sur le sol français. Beaucoup de ces étudiants participent en parallèle avec Li Shizeng à la fondation du mouvement anarchiste chinois : le travail à l’usine de tofu leur permet de financer leurs études avant de rentrer  chez eux. En 1920, Li Shizeng accueille dans son usine Deng Xiaoping, dirigeant de la Chine en 1978 et 1989 qui fait basculer son pays dans l’économie de marché.

 

PR Taifun - Dans les coulisses de la préparation

Deng Xiaoping (1904 - 1997) Le « petit timonier »

 

 

« Peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape les souris »

Deng Xiaoping, l’habitant oublié de Montargis ICI 

Quasiment oubliée en France, l’histoire des Chinois de Montargis resurgit en 1975 lors de la visite en France du Vice-Premier Ministre chinois, Deng Xiaoping, quand celui-ci demande à visiter Montargis où il aurait vécu au début des années 1920 ! Côté français c’est la surprise. Deng Xiaoping a beau évoquer son travail à l’usine Hutchinson, dans les archives de l’entreprise, aucune fiche de travail ne répond à son nom. On en reste là.

 

Puis en 1982, le maire de Montargis, Max Nublat, est invité en Chine avec des maires de grandes villes de France, surpris de voir le représentant de cette modeste sous-préfecture du Loiret convié à ce voyage. À Pékin, une banderole attend le maire de Montargis pour lui souhaiter la bienvenue ; c’est le seul membre de la délégation à avoir droit à cet honneur. Et l’histoire ne s’arrête pas là : Max Nublat aura même droit à un entretien privé avec Deng Xiaoping, devenu le successeur de Mao, qui évoquera ses souvenirs montargois.

 

Le fin mot de l’histoire ?

 

Quelques passionnés vont s’apercevoir qu’au moment de son passage par Montargis, Deng Xiaoping ne s’appelait pas encore Deng Xiaoping : il utilisait encore son nom de naissance. Et sur sa fiche de travail retrouvée, on peut lire : A refusé de travailler, ne pas reprendre. De cette époque date le début de l’engagement militant de Deng Xiaoping.

 

Deng Xiaoping a séjourné en France dans sa prime jeunesse ; quand il est parti, il était au sortir de l’enfance, à son retour il savait déjà ce qu’il allait faire de sa vie au service de son pays et de ses compatriotes. Discours du Président chinois, Hu Jintao, pour le 100ème anniversaire de la naissance de Deng Xiaoping en 2004

 

Aujourd’hui encore, les liens restent forts. Depuis 2005, un circuit commémoratif des Chinois à Montargis rend hommage à l’histoire. En 2014, une place Deng Xiaoping a été inaugurée à Montargis, suivie, en 2016, par un Musée Historique de l’Amitié Franco-Chinoise. Le Lycée en Forêt à Montargis enseigne depuis de nombreuses années le mandarin et des échanges sont réalisés avec le lycée n°1 de Changsa, capitale de la Province du Hunan. Et les choses pourraient encore s’accélérer puisque l’université Tsinghua de Pékin, 1ère université chinoise, envisageait, avant la crise sanitaire, d’ouvrir une antenne à Montargis. Affaire à suivre.

 

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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 06:00

 

ActuaLitté

J’ai découvert cette éditrice grâce à deux auteurs : Milena Agus ICI et Andreï Kourkov ICI , Mal de pierres découvert à Ajaccio et le Pingouin

 

Depuis, j'ai lu tous les livres de ces auteurs et, bien sûr, j'ai chroniqué souvent sur eux, mais comme je suis un fainéant je ne vais pas vous mâcher le travail en vous donnant les liens. 

 Mal de pierresLe Pingouin

 

LIANA LEVI

 

éditrice et journaliste italienne

 

BIOGRAPHIE DE LIANA LEVI

 

Tout juste bachelière, Liana Levi quitte Milan pour rejoindre la France et franchir les portes de Sciences po. Devenue correspondante pour plusieurs journaux italiens à Paris mais rêvant de devenir éditrice, elle fonde en 1982 la maison d’édition qui porte son nom. Avec une trentaine de titres par an, cette dernière est vite reconnue pour l’exigence et la qualité de son catalogue, qui compte parmi ses auteurs à la plume louangée : Andreï Kourkov, Milena Agus ou Kim Thuy. En 2002, à l’occasion des 20 ans de sa maison, une collection de poche (Piccolo) vient augmenter un catalogue déjà riche de centaines de titres. Engagée, Liana Levi représente également la petite édition au bureau du Syndicat national de l’édition et s’engage dans la bataille opposant Google à la majorité des éditeurs français.

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:00

 

Il y avait sur les toiles « Le jour le plus long » ; maintenant il y a sur la toile « la fiche la plus longue de Pax »

JANINE DARCEY

 

Date et lieu de naissance:

14-01-1917, à Asnières-sur-Seine, Hauts-de-Seine, France.

 

Date et lieu du décès:

01-10-1993, à Fontenay-les-Briis, Essonne, France.

 

Cause du décès:

Probablement de mort naturelle à l'âge de 76 ans.

 

Nom de naissance:

Janine Renée Casaubon.

 

État civil:

Mariée en 1937 avec : PIERRE TORRE - divorcée en 1941.

 

Mariée avec l'acteur : GÉRARD LANDRY.

 

Mariée en 1945 avec le chanteur et acteur : SERGE REGGIANI - divorcée en 1955.

 

Ils eurent deux enfants :

 

Stéphan, né en 1945. Chanteur, auteur, compositeur se suicidera en 1980

 

Carine, née en 1951. Chanteuse, qui fera partie de la troupe de Big Bazar de Michel Fugain.

 

Mariée le 6 mars 1957 avec l'écrivain : MICHEL JACOVLEFF.

 

Janine DARCEY a joué dans :

 

1994 - Priez pour nous

1991 - Un Homme et deux femmes

1991 - Une époque formidable...

1991 - La Montre, la croix et la manière

1989 - Moitié-moitié

1987 - Le Complot

1983 - Le Bon plaisir

1979 - L'Adolescente

1978 - La Carapate

1978 - Coup de tête

1974 - Le Fantôme de la liberté

1972 - Le temps d'aimer

1967 - Les Risques du métier

1962 - Le Glaive et la balance

1959 - Un témoin dans la ville

1954 - Du rififi chez les hommes

1953 - Les Enfants de l'amour

1953 - Les Compagnes de la nuit

1948 - Le Mystère de la Chambre Jaune

1948 - Retour à la vie

1947 - Le Dessous des cartes

1946 - Un drame au cirque

1943 - Le Carrefour des enfants perdus

1943 - La Bonne étoile

1942 - Les Petits riens

1942 - Cap au large

1942 - L'Auberge de l'abîme

1941 - Parade en 7 nuits

1941 - Tobie est un ange

1941 - Old Bill and son

1941 - Six petites filles en blanc

1940 - Sixième étage

1940 - La Nuit merveilleuse

1939 - Entente cordiale

1939 - Cavalcade d'amour

1938 - Entrée des artistes

1938 - Remontons les Champs-Élysées

1938 - Je chante

1938 - Le Drame de Shanghaï

1937 - Orage

1937 - Double crime sur la ligne Maginot

1937 - Yoshiwara

1937 - Soeurs d'armes

1937 - La Loupiote

1936 - La Tendre ennemie

1936 - Le Mioche

1936 - L'Assaut

 

Janine DARCEY a joué dans la série ou le téléfilm :

 

1985 - Un Garçon de France

1984 - L'Amour en héritage

1980 - Julien Fontanes, magistrat

1974 - Messieurs les jurés

1971 - Maigret à l'école - Maigret 13/88 1971

1970 - Madame êtes-vous libre?

1967 - Les Enquêtes du commissaire Maigret

 

 

 

 

 

Aujourd’hui c’est « Un témoin dans la ville » 1959

 

TEMOIN DANS LA VILLE, UN" MOVIE POSTER - "UN TEMOIN DANS LA VILLE" MOVIE  POSTER

 

Pourquoi ce film ?

 

C’est souvent selon l’humeur et/ou les caprices de Ciné papy que, semaine après semaine sont rédigées les fiches initialement prévues pour être mises en pages le mercredi.

 

Mais parfois, on peut trouver un fils conducteur après une décision précise.

 

On prétendait coller quelque peu à l’actualité. C’est ainsi que fut proposé un film sur le monde de balle au pied en France profonde. L’acteur vedette de ce film : Patrick Dewaere amena à un film où il formait avec Lino Ventura la vedette d’un film ou éclatait leurs qualités professionnelles autant qu’humaine.

 

Aujourd’hui c’est la présence étonnante de Lino Ventura au film de ce jour véritable ovni dans le cinéma français

 

Quelle est l’histoire ?

 

Pierre Verdier lors d’une dispute tue sa maîtresse Jeanne en la précipitant d'un train en marche. Il obtient un non-lieu au bénéfice du doute et repart libre.

 

Quelques jours plus tard, Verdier rentre chez lui en voiture mais une collision sans gravité avec un autre automobiliste dans le Bois de Boulogne, le contraint à continuer à pied en pleine nuit.

 

Au même moment, le mari de la victime, Ancelin, entre par effraction au domicile de Verdier déterminé à venger le meurtre de sa femme malgré le fait qu'elle l'ait trompé. Il attend Verdier, qui arrive peu de temps après et appelle un radio-taxi mais il se trouve face à face avec Ancelin, qui l'étrangle. Ancelin maquille son forfait en suicide en plaçant un nœud coulant autour du cou de sa victime.

 

Il quitte l'immeuble, mais se heurte à Lambert, le chauffeur de radio-taxi venu chercher Verdier. Ancelin s'esquive, malgré l'insistance de Lambert qui croit d'abord avoir affaire à son client, avant de penser qu'il s'agit d'une erreur.  Mais Ancelin se ravise et revient pour éliminer un témoin gênant, mais le taxi s'éloigne. Il a cependant le temps de noter son numéro d'immatriculation.

 

Alors va commencer une double chasse à l’homme. Ancelin va tout faire pour retrouver Lambert et Lambert, avec ses collèges taxis tout faire pour tenter de l’empêcher de nuire et le livrer à la police

 

 

Réalisation

 

Édouard Molinaro

 

Une soixantaine de films et de téléfilms en 40 ans de carrière pour ce cinéaste que personne ne peut prétendre ne pas connaître tant il rencontra des succès critiques et commerciaux.

 

Il connaît le succès au cours des années 1960 grâce à des comédies, dont « Oscar » 1967 et « Hibernatus », 1969 avec Louis de Funès. En 1969   « Mon oncle Benjamin, » avec Jacques Brel et Claude Jade. Brel est de nouveau en vedette en 1973 dans « L'Emmerdeur », aux côtés de Lino Ventura. « La Cage aux folles », 1978 adaptée de la pièce de Jean Poiret, et dont les rôles principaux sont tenus par Michel Serrault et Ugo Tognazzi, est un grand succès commercial. Le film totalise 5,4 millions d'entrées en France et plus de 8 millions aux États-Unis.

 

Dans les années 1980, Molinaro réalise notamment « Pour cent briques, t'as plus rien... » 1982 avec Gérard Jugnot et Daniel Auteuil. Ce dernier tourne également dans « Palace » 1985 et « L'Amour en douce » 1985, qui révèle Emmanuelle Béart En « Le Souper » 1992,  est l'adaptation du même nom de Jean-Claude Brisville. Molinaro réalise Beaumarchais, l'insolent en 1996, un film biographique consacré à Beaumarchais avec Fabrice Luchini dans le rôle du célèbre écrivain, tourné à partir d'un scénario inachevé de Sacha Guitry. Le film réalise deux millions d'entrées.

 

Ciné papy est persuadé que dans ces titres choisis dans la filmographie de Molinaro chacun retrouvera un film qui l’a marqué. On observera que cet excellent faiseur collectionnait les succès que ce soit sur un mode comique ou plus sérieux.

 

Voilà ce qu'il en est quand on suit son petit bonhomme de chemin sans se préoccuper de l'air ambiant. Il fut contemporain de la Nouvelle Vague mais ne s'associa pas au mouvement.

 

Un témoin dans la ville Film 1959 - Télé Star

 

Qui fait quoi ? (voir la dernière vidéo)

 

Lino Ventura :                         Ancelin, un camionneur qui liquide l'amant et assassin de sa femme

 

Sachez que pour la rédaction des fiches *, Ciné papy va du plus simple au plus compliqué. La présente fiche, l’une des plus longues – 7 pages – une des moins faciles laisse de vieux Ciné  papy, sur le flan. Il a hâte de passer à autre chose.

 

Aussi, aujourd’hui, il fera l’impasse sur la note consacrée à Lino Ventura.

On ne présente plus ce « monstre sacré » du cinéma français que personne n’ignore et dont il a largement été question dans la dernière fiche et quelques autres auparavant.

 

* Il n’est pas  exclus qu’un de ces jours, Ciné papy, en lieu et place de la présentation d’un film, ne s’amuse, comme un petit prétentieux qui se prendrait au sérieux, à raconter « le making of » d’une fiche.

 

Un Témoin Dans La Ville: Lobigo.fr: | Édouard Molinaro (Réalisateur)

Sandra Milo :                           Liliane, la fiancée de Lambert, standardiste des radio-taxis

 

Sa sensualité et sa forte personnalité l'imposent à l'écran dans la deuxième moitié des années 1950. Elle tourne avec Édouard Molinaro, Jacques Becker, Roberto Rossellini, Federico Fellini, Antonio Pietrangeli (qui l'a découverte), Dino Risi, Claude Sautet, et parvient à une notoriété internationale dans une trentaine de film.

 

Daniel Ceccaldi :           le client étranger du taxi

 

Un témoin dans la ville de Edouard Molinaro (1959), synopsis, casting,  diffusions tv, photos, videos...- Télé-Loisirs

Daniel Ceccaldi est avant tout un homme de théâtre, s'illustrant surtout, entre 1946 et 1997, dans des pièces de boulevard.

 

Formé au cours de Tania Balachova, il tourne son premier film, « Le Diable boiteux » 1948, de Sacha Guitry .Il obtient son premier grand rôle en jouant Henri d'Anjou dans La « Reine Margot » 1954 aux côtés de Jeanne Moreau.

 

Daniel Ceccaldi est célèbre pour son rôle de Lucien Darbon, le père de Claude Jade, dans les films de François Truffaut, « Baisers volés » 1968 et « Domicile conjugal » 1970 .Il est aussi connu pour le rôle d'arnaqueur dans « Pouic-Pouic » 1963 de Jean Girault.

 

De plus, il travaille notamment pour les cinéastes Jacques Becker, Édouard Molinaro, Henri Verneuil, Pascal Thomas et Philippe de Broca.

 

UN TEMOIN DANS LA VILLE

 

Robert Dalban :             Raymond, un chauffeur de taxi jovial, qui a trente ans de maison

 

 C'est la tonitruante réplique de son personnage du majordome Jean dans Les « Tontons flingueurs » 1963de Georges Lautner qui marque durablement les esprits. Pour ceux ou celles qui voudrait en savoir plus prié de se reporter à toutes les fiches ou la rubrique « qui fait quoi » mentionnent Robert Dalban. C'est comme ça et pas autrement ! « Yes, sir ! »

 

Micheline Luccioni :             Germaine, une femme chauffeur de taxi

 

Elle est remarquée dans « Gervaise » 1956 de René Clément, son premier rôle au cinéma, mais c'est le théâtre qui lui apporte la consécration avec de nombreux rôles comiques.

 

Janine Darcey :             la propriétaire de l'hôtel

 

Ciné papy avoue un faible en raison de sa présence dans un de ses films cultes « Entrée des artistes » 1938 de Marc Allégret avec Louis Jouvet. Elle tient avec beaucoup d’ingénuité le rôle principal de la jeune première Isabelle. (Voir fiche)

 

Jacques Monod :           l'avocat de Verdier

 

Encore une tronche reconnaissable de ces seconds rôles dont raffolaient les réalisateurs et spectateur du cinéma de Ciné papy.

 

Jacques Monod n’aborde véritablement le septième art que vers le milieu des années cinquante, notamment avec « Je reviendrai à Kandara » 1956, auprès de Daniel Gélin et Bella Darvi, « Les Grandes Familles » 1958, avec Jean Gabin et Pierre Brasseur, et « Les 400 coups » 1959 de François Truffaut.

 

Dans les années soixante, on peut voir Jacques Monod dans un grand nombre de films et/ou de téléfilms, tenant des rôles plus ou moins importants.

 

Jouant des rôles de notables, il a imposé au public une silhouette devenue familière aux spectateurs des salles obscures, d'autant plus que ses apparitions à la télévision se multiplient : Vidocq, les Compagnons de Baal, Les Cinq Dernières Minutes, Les Brigades du Tigre, etc.

Au tournant des années soixante-dix, le cinéma néglige de plus en plus les seconds rôles. Jacques Monod sera victime de cette politique économique préjudiciable à la qualité de notre production.

 

Michel Etcheverry :              le juge d'instruction

 

Brève biographie de Wikipédia pour un très grand acteur de théâtre.

D'abord instituteur, il est renvoyé en 1941 pour avoir refusé de faire chanter aux enfants Maréchal, nous voilà !. Il commence sa carrière au théâtre comme régisseur, puis entre dans la troupe de Louis Jouvet.

Il entre à la Comédie-Française en 1961, est nommé sociétaire en 1964, sociétaire honoraire en 1984. Son répertoire comporte de nombreuses tragédies du répertoire classique.

 

Jean Daurand :             Bernard, un chauffeur de taxi habitué du café

 

Connu du grand public pour son rôle récurrent d’adjoint du commissaire Bourrel à la télévision. Série à succès nommée « Les cinq dernières minutes » L’intrigue se terminait par le dénouement annonce par Raymond Souplex frappant un de ses poings dans la paume de l’autre main : « Bon sang ! Mais c’est bien sur… »

 

René Hell :                       "Grand-père"

 

Quelques 180 films pour ce second rôle traversant les réalisations de pointure comme Verneuil, Autant-Lara, Maurice Tourneur, Duvivier, Guitry et souvent plusieurs fois

 

Jacques Jouanneau :           le propriétaire du garage Magdebourg

 

Il faisait partie de ces acteurs qui donnaient du relief aux plans secondaires, qui existaient davantage par leur visage, leur gouaille que par leur nom, qui ont donné quelques titres de noblesse aux seconds rôles de cinéma. Cet acteur a joué avec de grands réalisateurs : François Truffaut, Jean Renoir ( 2 fois) René Clair , dans l’ombre des Jean Gabin et des Gérard Philipe.

Il s’imposa sur grand écran, mais sans jamais quitter les planches. Tout au long de sa vie, il se partagea entre théâtre de boulevard et cinéma, cumulant plus de trente pièces et cinquante longs-métrages. Il fut un incontournable partenaire de Jacqueline Maillan.

 

Un témoin dans la ville de Edouard Molinaro (1959), synopsis, casting,  diffusions tv, photos, videos...- Télé-Loisirs

Robert Castel :               Bob la Tenaille

 

Essentiellement un acteur de théâtre de boulevard reconnaissable à son accent pied noir. Il formait souvent un tandem avec Marthe  Villalonga. Il fut un personnage récurrent de la série « Les Saintes Chéries » à la télévision

 

Paul Bisciglia :                un chauffeur de taxi

 

Encore un  prolifique comédien, spécialisé dans des seconds rôles, avec près de 200 films à son actif. Beaucoup de cinéma populaire Il était également le jeune marié dans « Les Vieux de la vieille » 1960 de Gilles Grangier, le curé dans « Hibernatus » 1960 d'Édouard Molinaro.

 

Un Français moyen dans « On a retrouvé la septième compagnie » 1975 de Robert Lamoureux et le bagagiste dans « L'Aile ou la cuisse » 1976 de Claude Zidi.

 

Il fut aussi un acteur important pour l’œuvre de Jean Anouilh dont il créa plusieurs pièces et assura la reprise de beaucoup d’autres.

 

Gérard Darrieu :                Pierre, un camionneur collègue d'Ancelin

 

Gérard Darrieu commence sa carrière comme décorateur de théâtre et assistant à la mise en scène4. En 1946, il devient comédien, jouant au théâtre, au cinéma et à la télévision. Au théâtre, Il monte sur les planches des théâtres parisiens sous la direction de Robert Hossein puis de bien d'autres, dont Louis Jouvet, Roger Planchon, Jean Vilar, Luchino Visconti ou Roger Blin .. Son physique athlétique et sa voix grave lui conféraient une forte présence sur scène  immédiatement identifiable. Quand on aura précisé qu’on le trouve bien à sa place, dans « Z » 1968 de Costa-Gavras – rôle : Bonne, militant d’extrême droite et dans « Le professionnel » 1981 de Lautner – rôle : l’instructeur  Picard, plus personne n’aura du mal à mettre une tête sur ce nom.

 

Billy Kearns :                           le soldat américain client du taxi

 

Sa gueule que tous reconnaissent tant il crève l’écran, mérite cette notule reprise de Wikipédia.

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, Billy Kearns sert en Europe dans la 10e Division de montagne (Infanterie légère), un corps d’élite de l’armée américaine formé de skieurs et d’alpinistes2. En 1954, iI s'établit en France en tant que comptable pour la American Battle Monuments Commission, une agence indépendante du gouvernement des États-Unis chargée de l'entretien des monuments et cimetières militaires américains hors des États-Unis. L’année suivante, il écrit sur divers sujets (sport, économie…) dans une publication en langue française de l’Agence de l'information des États-Unis. En 1958, il répond à une annonce parue dans The International Herald Tribune cherchant un acteur américain. En dépit de son inexpérience, il est embauché sur le champ. C’est le début d’une carrière d’acteur relativement tardive mais très prolifique, qu'il mène essentiellement en France, où son originalité, son visage qu’il qualifie lui-même de bulldog mug et sa façon de parler parsemée d’américanismes sont appréciés. On fait appel à lui pour de nombreux seconds rôles, alternativement d’Américains ou de Britanniques, dans plus de 150 films, plusieurs téléfilms français et pièces de théâtre. Il effectue aussi le doublage de rôles dans 1 200 films. En 1965, dans la série télévisée Bob Morane, il incarne le personnage de Bill Ballantine, ami inséparable du Commandant Morane incarné par Claude Titre.

 

Dora Doll :                        une prostituée

 

Comme pour Robert Dalban on se reportera utilement aux fiches de Ciné papy tant sa carrière, des deux côtés de l’Atlantique fut riche.

 

Pour une fois on s'attardera à sa vie privée qui ne fut pas moins riche.

 

Elle est la première épouse de l'acteur Raymond Pellegrin, avec qui elle se marie en 1949, ils ont une fille Danielle, l'année suivante. Ils divorcent en 1954, année où elle commence une liaison avec Jean Gabin qui dure deux ans. La rumeur lui prête également une relation avec Marlon Brando. Elle se marie ensuite avec François Deguelt

 

Michel Thomass :                   le client de la prostituée

 

Encore une tronche Reconnaissable par son physique imposant, son crâne chauve et sa moustache, Michel Thomass est notamment connu pour ses petits rôles au cinéma et son travail pour la publicité. Il a tourné dans une soixantaine de films et séries télé entre 1956 et 1977.

 

Il apparaît dans quelques films américains dont « Charade » en 1963 où il joue face à Audrey Hepburn ce qui devrait permettre à tous de mettre un visage sur son nom. Il retrouve l'actrice l'année suivante dans « Deux têtes folles » 1964  où il donne la réplique à William Holden. Entre 1966 et 1969, il apparaît dans trois films réalisés par Terence Young.

 

Henri Marteau :            le client amoureux

 

Les amateurs de cinéma de l'après-guerre, se souviendront du visage d'Henri Marteau, second rôle assez prolifique, mais dont le nom a été quelque peu oublié.

 

Ses débuts, à la limite de la figuration, expliquent son absence de certains génériques. Il apparaît quelques secondes dans « Un témoin dans la ville », dans « Le Grand Restaurant » 1966 avec Louis de Funès où il incarne tout aussi brièvement, le deuxième inspecteur. Dans « Le mors aux dents » 1979, il sera ministre, puis automobiliste en panne dans le film de Jean L'Hôte, « La Communale », 1965 trafiquant dans « Une Sale Affaire » 1981. On notera surtout sa prestation comme colon français et père de Catherine Deneuve, dans « Indochine »1992.

 

On le découvrira plus facilement à la télévision, dans Les coquelicots sont revenus et Poil de carotte de Richard Bohringer. Également au détour de bon nombre d'épisodes des Cinq Dernières Minutes avec Raymond Souplex, mais aussi dans la saison avec Jacques Debary.

 

 

 

Guy Piérauld (ou Pierrauld):              le portier de la boîte de strip-tease

 

C'est grâce à la télévision qu'il se fait connaître du grand public, en participant cinq ans durant à l'émission dominicale « Sérieux s'abstenir » (1965-1973). Poussé par Roger Carel, il se lance dans l'univers du doublage dont il devient l'une des plus célèbres voix, dont celle de Bugs Bunny pendant près de 40 ans, mais aussi de Woody Woodpecker8, Kiri le clown ou Looping (dans Satanas et Diabolo). Il est également la voix régulière de Red Buttons ou de Don Adams dans la série « Max la Menace ». Il prête également sa voix au personnage d'Astérix dans un feuilleton radiophonique diffusé sur Radio Luxembourg en 1960, tandis que celle d'Obélix est interprétée par Albert Augier.

 

Il s'essaye parallèlement à l'opéra (L'Histoire du soldat d' Igor Stravinsky) et enregistre des chansons pour plusieurs livres-disques Disney.

 

Au cinéma, il est notamment apparu dans « Domicile conjugal » 1970 de François Truffaut. Enfin, il a connu une importante notoriété auprès de la nouvelle génération au début des années 1990 en jouant le rôle de Monsieur Albert dans la série télévisée « Le Miel et les Abeilles » (1992-1994).

 

Jimmy Perrys :              un bistrot

 

Après avoir débuté à la fin des années 19203 comme danseur fantaisiste4

 à Bobino, au Moulin-Rouge et à l'Empire puis à l'ABC et aux Deux-ânes, il a été cantonné après-guerre dans des rôles secondaires, voire de figuration, au cinéma à l'ombre de grandes vedettes comme Jean Gabin, Fernandel, Louis de Funès ou Bourvil. Il a tenu le pittoresque rôle du cocher du vin du Postillon, plus vrai que nature, dans « Un cheval pour deux» 1961

 

Jacques Préboist :                 un voyageur du métro

 

Jacques Préboist est le frère de Paul Préboist. Comme celui-ci, il débuta comme jockey, métier qu'exerçait leur père.

 

Il participera durant sa carrière à plus de 300 films et téléfilms, principalement comme figurant. La plupart des films où il est visible voient aussi à l'affiche son frère Paul qui avait des rôles plus importants.

 

Il consacrait l'essentiel de sa carrière aux cabarets, où il présentait des spectacles qui le mettaient en scène.

 

Jean Ferrat :                                      un voyageur du métro

 

Et oui, notre Ferrat national qui fit, au cinéma, deux caméo tel Hitchcock apparaissant dans ses propres films

 

Lucien Desagneaux :                     un chauffeur

 

Surtout connu pour sa participation dans « La Bataille du rail » 1946 de René Clément. Près de 57 films par la suite avec plutôt des seconds petits rôles voir de la figuration intelligente, si l’on peut dire car essentiellement cantonné dans des rôles de policiers ou de gendarmes. Il figure aux génériques de films réalisés par Lang, Tourneur, Duvivier (2fois), Guitry (2fois), Decoin, Reed, Allegret, Sautet (2fois) ,Donen, Costa-Gavras, Denis de La Patelière , Malle, Grangier (2 fois), Cayatte, Gene Kelly. Que du beau monde. Soit il avait un excellent agent soit il faisait vraiment bien dans le décor.

 

 

Bons Moments

 

La dernière scène ou les chauffeurs de taxi, toujours guidés par le central téléphonique, rattrapent et encerclent Ancelin, tous phares allumés au milieu d'une place.

 

Ce dernier refuse de se rendre et, brandissant son pistolet dont les munitions sont épuisées, provoque la riposte des tirs de la police sous lesquels il meurt. Ces scènes peuvent être rapprochées du film devenu culte premier film parlant de Fritz Lang « M le Maudit » 1931

 

 

Sans oublier les scénaristes

 

Édouard Molinaro, Gérard Oury, Alain Poiré, Georges Tabet, Pierre Boileau et Thomas Narcejac.

 

Il a fallu tout ce monde pour confectionner ce film qui, pour Ciné papy constitue un ovni dans le monde du cinéma français, même de cette époque. (Il s’agit là d’une simple observation et nullement d’un jugement qualitatif.)

 

Pax

 

Prochainement « Avant le déluge »

 

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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 06:00

Le blocage des ports ukrainiens, Kiev étant le cinquième exportateur mondial de blé, explique la flambée des prix du blé depuis le 24 février, date de l’invasion russe.

 

L’Afrique affamée par la spéculation sur les céréales ICI 

 

Photo

Dessin de Bénédicte paru dans 24 Heures Lausanne

 

Les prix alimentaires ont augmenté de 30 % en un an. Pourtant, malgré la guerre en Ukraine, les ressources sont stables et il n’y a pas de pénurie. Mais des fonds de pension jouent sur les prix de la nourriture, aggravant la faim sur une grande partie du continent.

Margot Gibbs, Thin Lei Win, Sipho Kings

 

The Continent

Johannesburg Hebdomadaire en Anglais 

 

C’est au cœur d’un monde bouleversé par la pandémie de Covid-19 que The Continent s’est lancé, en avril 2020. Ce média original a pour ambition de réunir “les meilleurs des reportages” faits aux quatre coins du continent africain. “Jamais le besoin d’avoir accès à une information précise, profonde et juste n’a été aussi pressant”, écrit le titre dans son premier éditorial. “Nous ne pouvons vous distribuer des tests de dépistage. Nous n’avons pas de respirateurs, mais nous avons un travail vital à faire : vous informer.” Adossé au très réputé journal sud-africain Mail & Guardian, The Continent est un hebdomadaire disponible gratuitement, au format PDF, et pensé pour être partagé sur les réseaux sociaux.

 

 

Des contrats alimentaires de plus en plus spéculatifs

 

Le cours du blé de meunerie à Paris, plus grand marché aux grains d’Europe, est symptomatique de la conjoncture actuelle. En 2018, environ un quart des contrats alimentaires étaient spéculatifs. Ce chiffre a depuis triplé, pour atteindre trois quarts.

 

Ces marchés permettent aux futurs stocks d’être vendus dès aujourd’hui. Habituellement, un agriculteur estime le volume de sa récolte en fin de saison ; un négociant convient de l’acheter à un prix donné. L’agriculteur est alors rémunéré pour acheter de l’engrais et tout ce dont il a besoin pour produire cette récolte. Ensuite, il livre le blé. Cette série d’étapes présente toutefois des risques : les récoltes peuvent être mauvaises, des guerres sont susceptibles d’éclater, une récolte exceptionnelle peut entraîner un effondrement des prix.

 

Pour gérer ce risque, le négociant peut vendre un contrat pour le même volume de céréales sur le marché à terme. C’est à ce stade qu’intervient le spéculateur : un investisseur peut parier sur une hausse du prix d’ici à la récolte [en raison de la météo ou d’une pénurie, par exemple] et acheter le contrat proposé. Si le prix augmente, l’investisseur encaissera la différence.

 

Une spéculation maîtrisée permet aux agriculteurs et à leurs acheteurs de limiter leurs risques et de prémunir leurs revenus des imprévus et des instabilités. Mais si la spéculation est excessive, la demande artificielle des spéculateurs peut pousser à la hausse les prix des contrats à terme, indépendamment de l’offre et de la demande réelles. Et comme les prix de ces contrats servent de référence pour le cours réel du blé, les prix alimentaires en font les frais.

 

Le rôle néfaste des fonds de pension

 

Depuis le début du XXIe siècle, les investisseurs institutionnels comme les fonds de pension se sont engagés sur les marchés à terme de matières premières, qui sont vus comme une protection contre l’inflation. Les prix des contrats à terme sont [donc] dictés par les arbitrages de ces organismes en matière d’investissement, qui n’ont rien à voir avec les fondamentaux du marché.

 

Normalement, la nourriture est achetée en supposant qu’elle peut être revendue avec une marge. Plus il y a de nourriture, moins elle coûte cher et moins il y a de bénéfices à en tirer. Par conséquent, les prix alimentaires évoluent d’une année à l’autre, car les sécheresses et les inondations alternent avec les récoltes exceptionnelles dans les différentes régions du monde. En revanche, une spéculation excessive des investisseurs, qui voient l’alimentation comme n’importe quelle autre matière première, change la donne. L’offre et la demande ne sont plus les principaux arbitres des prix. Depuis une quinzaine d’années, ce phénomène a créé de fortes fluctuations alors même que les réserves mondiales sont stables.

 

Teucrium et Invesco, deux prédateurs financiers

 

Entre janvier et avril 2022, au moins 1,3 milliard de dollars a été versé dans deux fonds de contrats de marchandises, gérés par Teucrium et Invesco. En octobre 2021, le gestionnaire de Teucrium responsable du blé écrivait sur le site de l’entreprise : “Si l’inflation des prix alimentaires risque d’avoir des effets négatifs sur l’économie mondiale, les investisseurs éclairés pourraient tirer partie d’une tendance à la hausse des prix.”

 

Auteur d’un rapport sur les prix alimentaires paru au printemps 2022, le groupe de travail d’Olivier De Schutter (rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, et coprésident du Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables - Ipes-Food) a souligné que “les prédateurs financiers qui font des paris sur l’alimentation” et “jouent sur les prix de la nourriture” étaient des facteurs à l’origine de la flambée des prix.

 

En réponse, Teucrium s’est contenté de déclarer que “les flux d’investissement dans les matières premières permettent, à terme, un approvisionnement (alimentaire) plus fiable et un gain de stabilité sur la durée”. Invesco, lui, a souligné la violence des phénomènes météorologiques pour justifier les fluctuations des prix.

 

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Une grosse partie des exportations de céréales ukrainiennes sont désormais exportées depuis le port de Constanta, en Roumanie. — © REUTERS/Olimpiu Gheorghiu

 

BONUS (demander au Taulier les articles)

 

La crise des céréales ukrainiennes décryptée à Genève ICI

AGRICULTURE

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Un colloque réunit cette semaine des négociants suisses, actifs en mer Noire, et des politiques ukrainiens, sur fond de crise alimentaire mondiale. Kiev cherche des solutions pour exporter, par rail, ses denrées agricoles

En pleine guerre, de nouvelles routes céréalières se forment à Genève ICI

MATIÈRES PREMIÈRES

 ABONNÉ

Un tiers des exportations mondiales de grains venaient de mer Noire avant la guerre en Ukraine. Les négociants, concentrés sur l’Arc lémanique, cherchent d’autres fournisseurs pour les marchés africains et du Moyen-Orient notamment, quand ils ne se font pas doubler par des concurrents à Dubaï ou à Singapour

Entreposage de blé dans le village de village de Zhovtneve, en Ukraine. Photo d'archive. — © Valentyn Ogirenko/Reuters

En Ukraine, la guerre du blé ICI

ALIMENTATION

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Comment exporter les millions de tonnes de céréales qui s’amoncellent en Ukraine et dont dépend la survie de millions de personnes? La communauté internationale s’active

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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 06:00

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La question du jour : « Ultracrépidarianisme : pourquoi certains ont-ils une opinion sur tout ?»

 

Pour madame, monsieur tout le monde, dont je suis, se rendre chez son caviste c’est, prosaïquement, aller acheter du vin. Bien évidemment, s’il est compétent, s’il connaît ses clients, ce commerçant, qui achète pour revendre, vous fait bénéficier de ses conseils pour que vous puissiez découvrir la vigneronne ou le vigneron qui monte, et Dieu sait que ça foisonne les petites bêtes qui montent.

 

Avec le vin nu est apparu une nouvelle race de caviste : le caviste militant, en général tendance insoumis, qui se faisant tellement chier dans son échoppe passe son temps à martyriser son clavier, non pour nous abreuver de ses découvertes de nectars nu, mais pour inonder les réseaux sociaux de ses opinions, en général tranchées comme le saucisson, sur tout et le contraire de tout.

 

« Je ne vais pas énumérer ici ses champs de compétence, ils sont sans limites puisqu’il sait tout sur tout et le contraire de tout. »

 

Afin d’éclairer votre lanterne je vous propose de lire les explications d’Hadrien Chevalier sur cette engeance sans qui on ne peut plus prendre une décision sans avoir recourt à leurs lumières.

 

« Il est complètement ridicule de penser que votre opinion d'amateur a une quelconque valeur. D'ailleurs, voici la mienne sur ce sujet que je n'ai pas du tout étudié. »

 

« Nous avons tous des croyances (ou opinions). Par exemple, qu'on ne mourra pas demain (quand on est jeune et en bonne santé), qu'il ne faut pas mettre ses doigts mouillés dans une prise électrique, qu'il ne vaut mieux pas essayer de sauter du dixième étage, ni faire le malin devant un ours brun. On ne cherche pas à démontrer méthodiquement que ces décisions ou ces croyances sont en adéquation avec le réel, on les admet souvent.

 

En une journée, vous prenez inconsciemment des milliers de microdécisions. Et parce que nos cerveaux sont super efficaces (ou plutôt, ils ont évolué ainsi), ils nous font grâce d'un long traitement analytique, conscient, calculatoire, de chaque décision. Cela est remplacé par de l'intuition. Et en général, ça ne marche pas trop mal –après s'être bien entraîné et familiarisé avec l'environnement.

 

Sauf que ça ne marche qu'avec ce sur quoi on a entraîné le cerveau, donc avec des phénomènes qui sont assez communs pour en avoir fait de malheureuses expériences (souvent pendant l'enfance) : le fait que les objets chutent, que les trucs pointus font mal, que le feu est dangereux. 

 

Experts en amateurisme

 

L'erreur de l'ultracrépidarianiste, c'est de penser qu'au sujet d'une prise de décision mettant en jeu des concepts et des phénomènes dépassant largement le quotidien moyen, ses intuitions, ses croyances, ses opinions et même son expérience personnelle auraient autant ou plus de valeur qu'un consensus d'experts ou qu'une méta-analyse scientifique.

 

La suite ICI 

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24 mai 2022 2 24 /05 /mai /2022 06:00

Peut être une image en noir et blanc de 1 personne et plein air

Le graphomane que je suis écrivait le 8 octobre 2012 :

 

Comme Alice et Olivier de Moor sont des amis discrets ils n’avaient pas mis votre Taulier dans la confidence mais, lorsque leur enfant paraît sur l’écran de ses nuits blanches, à l’aurore, c’est pour lui la divine surprise, le plaisir de la découverte et venu le temps d’officier : d’être à sa manière l’officier d’état-civil de la Toile. À la plume sergent major plongée dans l’encrier de céramique blanche, sur le grand registre des naissances il inscrit les noms et prénoms des parents et leur ascendance, en violet bien sûr, l’heure : 9 heures du soir, c’est mieux que 21 heures qui font très chef de gare – et quarante grosses minutes, le lieu : Courgis et le jour le dimanche 7 octobre 2012. Pour le prénom le vieil animal use d’encre sympathique pour laisser à votre imagination tout le loisir d’exercer son talent. Comme mon petit doigt m’a dit qu’Alice, venue du Jura a rencontré Oliver en 1992, à Chablis, donc 30 ans, voilà un bel âge pour donner naissance à un enfant. Cet enfant-là va leur permettre de conter leur histoire, car comme le dit si bien Alice, eux deux ont toujours voulu « faire du vin comme on raconte une histoire »

 

La suite ICI

 

Aucune description de photo disponible.

Aujourd’hui, c’est Olivier qui prend la plume :

 

Chers collègues,

 

Je vais essayer d’être aussi court et concis que nécessaire. Pour solliciter votre attention et votre aide.

 

Les dérèglements climatiques annoncés, nous les vivons désormais. Et cela est synchrone d’une extinction de masse des espèces. Car cela est lié. Et bien entendu, vous comme moi semblons bien désarmés face aux périls annoncés et aux moyens à disposition pour répondre et nous adapter. Pour ce qui est de la vigne seulement, en projetant nos habitudes de travail actuelles, il est annoncé au minimum, une diminution moyenne de nos rendements d’ici 10 ans, de 35 %.

 

 

Je sais très bien que je suis bénéficiaire d’un travail successif de plusieurs générations qui a permis la construction de ce vignoble et la reconnaissance de ses vins. Cela est le résultat d’un travail collectif, et d’individualités qui ont amené de l’exigence ou des idées et des projets nouveaux. Dont nous profitons.

 

Face aux changements annoncés, deux réponses sont possibles.

 

Soit une réponse individuelle, soit une réponse de l’ensemble.

 

Individuellement, nous agissons pour que nos vignes soient alimentées du mieux possible pour qu’elles produisent le raisin nécessaire et fidèle à notre région. Ce travail se fait par l’intermédiaire des bactéries du sol. Il réclame cependant les outils pour cela en termes de mécanisation et d’intrants. Cela a ses avantages, ses inconvénients, et ses limites qui sont de plus en plus proches. Et surtout qui ne conduisent qu’à entretenir et accentuer ce qui désormais nous affecte. Nous entretenons voire amplifions des causes de nos problèmes.

 

L’autre solution plus ambitieuse, parce que collective est liée à ce que depuis seulement quelques dizaines d’années nous expliquent les scientifiques. Qu’une plante n’est pas véritablement une plante mais une symbiose, et qu’elle se nourrit de cela, qu’elle se nourrit de tout ce qui l’entoure en particulier des mycorhizes. Cependant pour re-nourrir nos plantes par ce processus naturel et initial que nous avons rompu, il faut un vaste chantier collectif et ambitieux.

 

Croire dans le vivant, respecter toutes les plantes possibles, toutes les haies en formation, tous les arbres isolés, toutes les surfaces boisées. Ce n'est que par ce respect le plus complet du vivant, que nous permettrons plus de diversité écologique, plus de fraicheur, plus de régulation et d’inertie thermique, et une distribution naturelle de l’eau qui se fait depuis les points d’eau jusqu'à la matière organique de nos sols.

 

Ce chantier auquel j’aspire, et qui me paraît la seule vraie réponse tourne autour de ce qu’on appelle les corridors écologiques. À savoir des couloirs où l’on laisse la vie s’installer pour la relier à ses origines, pour la mettre en lien et venir la redistribuer jusqu’à l’intérieur de nos parcelles cultivées. Si nous ne faisons pas cela, j’ai la grande crainte que nos cultures que l’on destine artificiellement à leur isolement du vivant pour produire uniquement ce que nous voulons, connaisse sa fin.

 

Bien entendu, je suis à votre disposition. Et je peux si vous réclamez plus de précisions, vous les donner. Ainsi que vous mettre en lien avec les experts qui saurons nous conseiller. Cependant au final, c’est extrêmement simple. Laisser revenir la vie partout où elle peut l’être.

 

 

Salutations vigneronnes.

Olivier De Moor

 

Lecture recommandée: Marc-André Selosse

 

Jamais seul et L'origine du monde

 

Jamais seulL'origine du monde

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 06:00

Les jeunes gens

Brillant diplômé de la promotion Senghor de l’ENA (2002-2004), Boris Vallaud – monsieur Najat –lançait en guise de plaisanterie, quand on lui faisait remarquer que ses camarades et lui avaient investi à une vitesse éclair les sommets de la République : « N’exagérons rien. J’ai 38 ans. À cet âge, Napoléon était déjà empereur… » Il ne savait pas encore qu’à tout juste 39 ans, Emmanuel Macron deviendrait chef de l’Etat, et ferait de la cour Napoléon du Louvre le lieu de son couronnement.

 

Depuis lors, la classe Senghor est associée au nom du plus jeune président de la Vème République. Emmanuel Macron est-il le fruit très exceptionnel d’une cuvée comme une autre de l’école du pouvoir ?

Les jeunes gens

Mathieu Larnaudie

Face aux jeunes gens qui s’enthousiasment pour un vieux de 71 ans, les gens vieux font les yeux doux pour une jeune de 44 ans. Étrange inversion qui remet en question ce qu’est aujourd’hui la jeunesse et la vieillesse, que des jeunes veuillent renverser la table c’est de leur âge, que des vieux veuillent préserver leurs acquis c’est de leur âge, mais, le vieux, que je suis, est frappé par le fait que ces jeunes se réfugient dans les bras d’un vieux politicien roublard, blanchi sous le harnois du Sénat, inflexible patron de sa boutique, grand admirateur des hommes main de fer dans un gant de velours, alors que ces vieux s’abandonnent à un jeune, emblématique d’un monde dont ils sont pas, abandonnant derrière eux les références de leur jeunesse.

 

Orphelin de la social-démocratie, je repousse en même temps l’étrange attelage électoral de la NUPES (affreux acronyme) et le grand fourre-tout flou d’ENSEMBLE, ce qui ne fait pas de moi ni un traître selon la terminologie de ceux qui confisquent la gauche, comme au bon vieux temps des staliniens du PCF de ma jeunesse, ni un allié objectif de cette gauche autoritaire, aux yeux des adorateurs de notre président Janus, me retrouvant ainsi dans une forme inédite de jachère électorale.

 

En suis-je responsable ?

 

Oui comme nous tous mais, j’ose l’écrire moins que beaucoup, pour autant je ne renierai pas mes idéaux de jeunesse et, n’en déplaise à certains éructeurs qui passent leur vie sur les réseaux sociaux, le cul sur leur chaise, à martyriser leur clavier, à faire la révolution en chaise longue, convertis de fraîche date au féminisme, à la gauche radicale, je me sens à l’aise dans mes baskets et pour tout vous dire je les emmerde.

 

Le Mot est un poème de Victor Hugo, paru en 1888 dans le recueil posthumeToute la Lyre.

 

«Portrait de l’ecrivain francais Victor Hugo (1802-1885)» Peinture de Leon Joseph Bonnat (1833-1922), Versailles, musée du château ©Photo Josse/Leemage

 

Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites.

Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes.

Tout, la haine et le deuil ! - Et ne m'objectez pas

Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas... -

Ecoutez bien ceci :

 

Tête-à-tête, en pantoufle,

Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,

Vous dites à l'oreille au plus mystérieux

De vos amis de cœur, ou, si vous l'aimez mieux,

Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,

Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,

Un mot désagréable à quelque individu ;

Ce mot que vous croyez que l'on n'a pas entendu,

Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,

Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre !

Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin.

Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,

De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;

- Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle ! -

Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera.

Il suit le quai, franchit la place, et caetera,

Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,

Et va, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez l'individu dont vous avez parlé.

Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,

Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe,

Entre, arrive, et, railleur, regardant l'homme en face,

Dit : - Me voilà ! je sors de la bouche d'un tel. -

 

Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.

La poétisation du mot chez Victor Hugo. ICI

[article]

 

 

M. Riffaterre

Cahiers de l'AIEF  Année 1967  19  pp. 177-194

 

 

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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 10:00

 

Mais qui donc est Michel Henochsberg me direz-vous ?

 

 

Un ami, nous nous sommes connus par le cheval, le pur-sang, pendant tout mon séjour au 78 rue de Varenne le dossier des courses et du PMU fut pour moi un dossier réservé, nous habitions tous deux dans le XIVe, j’écris habitions car lui l’a quitté en janvier 2016 pour rejoindre le cimetière Montmartre. En des temps difficiles pour lui je fus l’un de ses rares amis à ne pas lui tourner le dos.

 

Fidèle en amitié je suis.

 

Au milieu de mes paquets, j’ai retrouvé un exemplaire de la revue Dérèglements de Comptes qu’il publiait avec Jean-Michel Alberola le peintre.

 

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Esprit brillant, éclectique, hétérodoxe, non conformiste, il cheminait avec aisance sur des sentes ignorées par ses confrères, nous abordions tous les sujets, à Gordes, sous les charmilles, avec Géraldine.

 

 

 

 

 

Michel Henochsberg

Professeur d’économie

 

Michel Henochsberg est Professeur d’économie. Il a enseigné à l’Ecole Centrale puis à l’Université de Paris X Ouest où il est Professeur et poursuit ses recherches au Laboratoire EconomiX. Il a été conseil de nombreux dirigeants d’entreprises, et lui-même a dirigé pendant 2 ans le magazine culturel Les Inrockuptibles. Il a activement participé à la créations du Think Tank des Modernités ( LaSer, groupe Galeries Lafayette ) sous la direction de Philippe Lemoine. Souvent perçu comme un économiste pluridisciplinaire, Michel est spécialiste de l’histoire du marché, de l’analyse monétaire, et de l’analyse des problèmes économiques contemporains sous l’angle de l’histoire de longue période. Il a publié de nombreux articles sur ces questions et celles d’actualité dans les revues spécialisées et dans les quotidiens Le Monde, Libération et Les Echos. Son dernier livre, La Place du Marché (Denoël, 2005) développe le principe d’autoréférentialité qui selon lui définit la modernité contemporaine.

 

 

Michel est décédé en janvier 2016. Nous demeurons inspirés par sa pensée féconde et son insatiable curiosité intellectuelle.

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