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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 06:00

Angela Raubal en compagnie d’Adolf Hitler, lors d’un week-end en Bavière, en 1929. Rue des Archives/©Suddeutsche Zeitung/Leemage

Avec pour modèle évident La Trilogie berlinoise de l’Écossais Philip Kerr, Fabiano Massimi, bibliothécaire italien, marie avec talent le roman policier et le roman historique.

 

Le roman s’ouvre à Munich, le 19 septembre  1931. En pleine OktoberFest, la fête de la bière, dans un immeuble du très chic quartier de Bogenhausen, le cadavre d’une jeune femme vient d’être découvert, un pistolet Walther PPK à ses côtés. À première vue, tout porte à croire qu’elle s’en serait servie pour se tirer une balle dans la poitrine. Et pour corroborer cette version des faits, la chambre à coucher dans laquelle son corps a été retrouvé était fermée à clé de l’intérieur. Il s’agit d’Angela Raubal, 23 ans. Les enquêteurs, sous pression de leur hiérarchie, concluent à un suicide. Pourtant, des témoins assurent que son visage était abîmé, qu'ils y ont vu des traces de coups. Et qu’elle venait de se disputer avec son oncle, un certain Adolf Hitler. Les deux, dit-on, entretenait même une relation secrète. Voilà la trame du premier roman de l'Italien Fabiano Massimi, L'ange de Munich.

 

L'Ange de Munich - broché - Fabiano Massimi - Achat Livre ou ebook | fnac

 

Avec un Hitler sur la sellette, c’est à se demander pourquoi à peu près personne n’a entendu parler de cette affaire avant que l’Italien Fabiano Massimi n’en tire le roman policier L’ange de Munich.

 

« Moi aussi je ne la connaissais pas, explique Fabiano Massimi. Jusqu’en juillet 2018, cet été-là, il lit Munich de Robert Harris, un roman historique qui se penche sur les jours qui ont précédé les accords de Munich et qui, à un moment, mentionne l’existence de Geli et de sa chambre, conservée comme un mausolée. Ce moment, a changé sa vie. Il a toujours voulu écrire, mais il y a déjà tellement de bons livres qu’il se disait : « Pourquoi en écrire un de plus ? ». Grâce à Geli il a trouvé une raison valable d’écrire. « J’ai voulu raconter son histoire pour qu’elle ne soit pas oubliée, pour que Geli ne soit plus complètement effacée de l’Histoire. »

 

Fabiano Massimi (Italie) : bibliographie - Polars Pourpres

 

Dans la « vraie vie », Fabiano Massimi est bibliothécaire. Ce qui veut dire qu’il est capable de trouver à peu près tout ce qu’il veut dans les livres. « En quelques mois, j’ai ainsi pu récolter énormément d’informations sur Geli, faire des liens et établir une chronologie, précise-t-il. À l’heure actuelle, j’ai probablement plus de livres sur Geli que n’importe qui au monde ! Ça a été très dur pour mon épouse, car durant tout ce temps, ce n’était que Geli ci, Geli ça. J’étais complètement obsédé par elle ! Geli était une femme fascinante, et elle le savait. D’ailleurs, de son vivant, beaucoup de gens l’enviaient. Mais à cause de l’amour ambigu que son oncle Adolf lui portait, elle vivait dans une cage dorée et avait compris que jamais il ne la laisserait partir avec un autre. »

 

Entre fiction et réalité

 

En gros, presque tout ce qu’on peut lire dans L’ange de Munich est vrai. « Si on se fie aux documents, beaucoup de choses bizarres se sont produites après la mort de Geli, poursuit Fabiano Massimi. Il n’y a pas eu d’autopsie, sa dépouille a été envoyée à Vienne sans motif valable, toutes les photos prises par les enquêteurs ont brûlé dans un incendie... C’est comme si on avait cherché à la faire disparaître une deuxième fois. »

 

Si l’ouvrage s’appuie sur des faits (en plus d’être sa nièce, Geli était sa maîtresse, et Hitler avait un penchant pour des pratiques plutôt perverses), on peine à démêler le vrai du faux du récit.

 

Où s’arrête la fiction ?

 

Où commence la vérité ?

 

En réalité, la vérité du qui et du pourquoi a toujours été camouflée. Fabiano Massimi propose donc sa version, comprend-on dans sa (trop courte) note finale, un post-scriptum justificatif qu’on aurait souhaité plus explicatif, pour conclure une si vertigineuse et accrocheuse lecture.

 

Il en résulte un polar palpitant qui, en plus de rendre enfin justice à Geli, nous en apprend beaucoup sur le futur Führer.

 

Pour tenter de faire la lumière sur cette affaire, le commissaire Siegfried Sauer et son adjoint Helmut Forster ont rapidement été mandatés. Tous deux de la police criminelle de Munich, ils ont réellement existé et réellement enquêté sur la mort de Geli. Grâce à Fabiano Massimi, on pourra ainsi les voir à l’œuvre... et voir aussi à quel point l’époque était aux mensonges et aux faux-semblants.

 

 

Pour ce palpitant thriller historique campé en pleine ascension du fascisme, Fabiano Massimi reconstitue minutieusement le puzzle à l’aide de morceaux glanés patiemment au cours de ses recherches et d’éléments hypothétiques.

 

Si l’époque dépeinte donne déjà froid dans le dos, Massimi introduit dans le récit d’incontournables personnages historiques qui y ajoutent une dimension anxiogène, parmi lesquels Hitler, avec son « regard aussi dur et translucide que du diamant », ainsi que Himmler et son « sourire plus faux qu’un billet de trois marks ».

 

Le romancier se plaît aussi à épaissir le mystère et le climat de paranoïa à l’aide de scènes oniriques, d’apparitions de sosie et de personnages aux contours flous, de secrets honteux que l’on menace de déterrer et de laconiques messages que l’on retrouve près de cadavres… Détentrice de la vérité, la défunte Angela hante le lecteur autant que les personnages.

 

Sources : ICI 

 

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 06:00

 

Sur Twitter, Vincent Pousson @VincentPousson

Le 25 avril,

Sulfate comme un malade l’interview de Me Morain par Ophélie Neiman dans le Monde :

Au moins, quand @lemonde  sert la soupe au baveux des khmers #woke du rouge, de nouveaux horizons s’ouvrent aux neurosciences.

« Le vin nature donne du plaisir! Au-delà de l’étiquette. Et si on n’aime pas, ce n’est pas grave. Quand on sert un grand vin, à l’inverse, on est déjà complètement conditionné. On goûte avec son cerveau. »

Eh, banane, en général, quand on ne goûte pas avec son cerveau, c’est qu’on le fait comme un pied !

Je vous offre gracieusement cette interview sans faire de commentaires ni sur le contenu, ni sur la mitraille de Pousson qui, entre nous soit dit, ne se prend pas pour de la petite bière de dégustateur, un côté Bettane du pauvre.

Ceci écrit je n’en pense pas moins, car « Le silence est un état d'esprit qui devrait faire plus de bruit. »

« Manier le silence est plus difficile que de manier la parole. »

Georges Clemenceau

Quoi de plus complet que le silence ?

Honoré de Balzac

« Le silence n'a jamais trahi personne. »

Rivarol

Comprenne qui pourra, voudra, seuls ceux qui me connaissent perceront peut-être le secret de ma petite Ford d’intérieur…

 

« Le jour où on aura à l’Elysée quelqu’un qui achète du vin nature, il y aura une vraie volonté politique de mettre le sujet sur la table de l’Europe »

Par Ophélie Neiman

ENTRETIEN : Pénaliste réputé, Éric Morain, 50 ans, a participé à la création du Syndicat de défense des vins naturels, qui garantit un vin issu de raisins bio vendangés à la main, et vinifié sans intrant ni technique d’œnologie corrective.

 

Eclectique, très actif sur Twitter, Éric Morain a notamment fait libérer Michel Cardon, l’un des plus vieux détenus de France, défendu l’une des accusatrices de Tariq Ramadan pour violences sexuelles et s’apprête à défendre le trésorier de la campagne de l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 au procès Bygmalion.

 

Ce bon vivant et gourmand est surtout connu dans le milieu viticole pour défendre des vignerons adeptes du mouvement nature. Il anime d’ailleurs une chronique dans l’émission de France inter du dimanche « On va déguster » et, signe de reconnaissance, en janvier 2021, il a été nommé « personnalité de l’année » par le magazine La Revue du vin de France.

 

Comment est né votre amour pour les vins nature ?

 

C’était il y a plus de quinze ans, lors d’un festival Omnivore, spécialisé dans la gastronomie. Jusque-là, j’étais un buveur d’étiquettes et un consommateur de restaurants étoilés. A l’époque, le poids des guides était très fort, on avait peu accès aux nouveaux mouvements culinaires. Et là, j’ai découvert un tout autre univers gastronomique. Avec un public très jeune, des cuisiniers que je ne connaissais pas à part le Catalan Ferran Adrià. Je me souviens d’un déjeuner sur des ballots de paille avec des assiettes incroyables. Il n’y avait pas de snobisme dans mon intérêt.

 

Pour la première fois, je faisais un repas qui sortait des conventions. Et le soir, le vigneron Nicolas Reau, un gros nounours à casquette, s’est assis à côté de moi avec une quille de sa cuvée « Enfant terrible » qu’il m’a servie dans un verre en Pyrex. J’ai immédiatement trouvé ça formidable, avec un goût inconnu. Ça m’a bousculé. C’est comme ça que tout a commencé. Quelques années après, il a donné mon nom à Olivier Cousin, un vigneron qui avait des soucis avec l’appellation anjou. J’ai alors signé mon entrée dans le vin naturel par le volet juridique.

 

Que s’est-il passé ?

 

Olivier Cousin a débarqué au cabinet avec un magnum de vin et m’a expliqué sa situation. Je suis tombé des nues. Comment peut-on à ce point empoisonner la vie d’un vigneron qui ne cause de tort à personne et qui travaille bien ? On cherchait à l’éloigner de son appellation. Il était cité par le procureur de la République d’Angers pour avoir écrit « AOC, Anjou Olivier Cousin » alors que son vin ne relevait pas de l’AOC, appellation d’origine contrôlée, anjou. On lui a reproché ce jeu de mots. Par ailleurs, il avait imprimé le millésime sur le bouchon : hors AOC, on n’a pas le droit de le mentionner. Mais cette interdiction n’est liée qu’à l’étiquette.

 

Franchement, qui trompe qui ? S’il y a bien un élément important pour le consommateur en termes d’information, c’est de savoir si le vin a 20 ans ou 2 ans. Nous avons obtenu une dispense de peine, mais j’avais compris qu’il y avait là un problème plus profond.

 

En quoi le fait que des producteurs de vins nature comme Olivier Cousin ou Alexandre Bain [dont le domaine est basé sur l’aire d’appellation pouilly-fumé] ne puissent pas revendiquer leur AOC vous pose problème ?

 

Dans AOC, il faut se battre sur le O, origine. On est les rois du C, du contrôle. Mais si ce vin vient d’une aire déterminée, il doit bénéficier de son appellation. Peu importe le cépage, la hauteur de l’herbe dans les vignes, il a le droit de dire son origine. C’est terrible d’en être privé. On voit des vignerons stars, qui sont adorés, exclus de l’appellation dont leurs parcelles relèvent, parce que, par exemple, lors de dégustations par la commission organoleptique, les juges considèrent que le vin n’est pas typique. Ces derniers sont perdus car le goût ne ressemble pas à ce qu’ils connaissent. Mais en quoi est-ce un problème, tant que le raisin vient de là et que les clients et sommeliers s’arrachent leurs bouteilles ?

 

Mais quel préjudice subit un vigneron qui ne peut revendiquer une appellation d’origine contrôlée ?

 

Quand on est en dehors, on devient une sorte de pauvre avec des mots confisqués, interdits : vos raisins proviennent à 100 % d’Anjou ? Vous n’avez pas le droit de le dire. Vous habitez dans un château, vous avez un clos ? Vous n’avez pas le droit de l’afficher sur votre étiquette ! Ce système met en avant une certaine aristocratie du vin face à la plèbe, qui est en réalité pour beaucoup des baronnies de copains. On reproche aux vignerons que je défends de tromper le consommateur mais je rappelle que dans un « vin de France » (hors AOC), il peut y avoir jusqu’à 49 % de vin de l’Union européenne.

 

« Le vent de l’histoire, aujourd’hui, c’est une vigne plus propre et un chai débarrassé au plus possible de poudres de perlimpinpin. »

 

Alors à nouveau, qui trompe qui ? Beaucoup de vignerons ont quitté une appellation ou se sont installés hors appellation, cela doit interroger. Ça ne veut pas dire qu’il faut jeter l’AOC avec le moût du raisin, mais cette remise en cause se fait difficilement. Car chacune est gérée localement. Dans l’appellation pouilly-fumé, sur quarante domaines, deux seulement sont en bio, un troisième en conversion. Donc le poids d’une appellation comme celle-ci repose sur ceux qui ne sont pas en bio et qui ne veulent pas en entendre parler.

 

Pourtant, il est possible de se réformer. Par exemple patrimonio, en Corse, est la première appellation qui a inscrit dans son cahier des charges l’interdiction totale des pesticides il y a deux ans. Le vent de l’histoire, aujourd’hui, c’est une vigne plus propre et un chai débarrassé au plus possible de poudres de perlimpinpin. Le but doit être de tendre vers un mieux.

 

Vous êtes devenu l’avocat référent pour ce type de vignerons. Vous intervenez dans une centaine de conflits judiciaires. Pourquoi une telle nécessité ?

 

J’ai découvert que les organismes de défense et de gestion (ODG), les syndicats viticoles, l’INAO [Institut national de l’origine et de la qualité] se comportent en juges, en réalité plutôt en procureurs, mais sans donner à leurs interlocuteurs les règles fondamentales d’une procédure. Forts de leur puissance publique, ils imposent leur volonté. Les vignerons transigent beaucoup trop sur leurs droits.

 

« Ces vignerons dérangent. Certains continuent à acheter des pesticides mais à ne pas les mettre dans leurs vignes, car s’ils n’en achètent pas, ça se sait et ils sont mis au ban. »

 

Ils pensent que les autorités ont forcément raison. Je suis là pour leur dire qu’ils peuvent ne pas être d’accord, qu’un cabinet d’affaires international peut les défendre. Ce sont des gens entiers, dévoués à leur terre, qui font juste leur métier, il faut leur ficher la paix. Mon travail d’avocat a été de me plonger dans les cahiers des charges, qui sont des mille-feuilles de règles formant le droit qu’on applique aux vignerons.

 

Mais, dans la très grande majorité, ce type d’affaire démarre par de la dénonciation. Car ces vignerons dérangent. Ce sont souvent de grandes gueules, ils ont du succès et ça se voit, ils ont droit à leur portrait dans les journaux. Ils sont sur les tables de restaurants dont on parle. J’ai défendu des vignerons, et j’en connais d’autres, qui continuent à acheter des pesticides, à ne pas les mettre dans leurs vignes et à les revendre nuitamment en Allemagne. Car s’ils n’en achètent pas, ça se sait, et ils sont mis au ban. Parce que le vendeur ira dire aux voisins qu’il n’a pas vu Machin cette année. Et ça remonte aux oreilles des instances de l’appellation. C’est une réalité et ça n’est pas arrivé qu’une fois.

 

Vous avez participé, en juillet 2019, à la création du Syndicat de défense des vins nature’l. Pourquoi était-il nécessaire de se syndiquer ?

 

Il existait déjà plusieurs associations mais on voulait taper au plus haut niveau en trouvant une voie politique médiane, afin de contourner la réglementation européenne qui interdit d’accoler « nature » au mot « vin ». Et qui, en conséquence, ne permet pas de réglementer le vin nature. Nous sommes allés au ministère de l’agriculture, à l’INAO, et on a trouvé un compromis : « vin méthode nature ». C’est un label né en février 2020, officiellement validé par les services des fraudes, avec une charte en douze points. En résumé, elle garantit un vin issu de raisins bio vendangés à la main, et vinifié sans intrants ni technique d’œnologie corrective. Le label a été ralenti par la pandémie mais on rassemble plus d’une centaine de vignerons, 400 cuvées en tout. C’est un premier pas.

 

Les institutionnels, en fait, n’attendaient que cela. Ils savaient qu’il y avait un problème dans la notion floue de vin nature, mais ils ne savaient pas comment le gérer. Le fait qu’on soit arrivé en qualité de syndicat agricole offrait un début de solution. Ce n’est pas la panacée mais il y a un chemin possible. Des verrous se sont débloqués. On a parlé à des gens haut placés qui adoraient le vin nature.

 

Le jour où on aura à l’Elysée ou à Matignon quelqu’un qui achète du vin nature, il y aura une vraie volonté politique pour mettre le sujet sur la table de l’Europe. Il faut néanmoins mesurer le pas de géant que ce vin a accompli. En 2012, quand la réglementation sur le vin bio est sortie, les instances n’avaient pas la moindre idée de ce qu’était un vin nature.

 

Un autre de vos combats porte sur l’étiquetage avec la composition des vins. Avez-vous bon espoir que cela aboutisse ?

 

Ce n’est pas un espoir. Cela va arriver, d’ici à 2024 ou 2026, même si l’Union européenne a d’autres chats à fouetter en ce moment. Le moyen trouvé est un QR Code sur l’étiquette, cela me convient. Car actuellement on est privé de cette information.

 

« Il n’y a pas que du raisin dans la plupart des bouteilles de vin. Et les consommateurs ne le savent pas. »

 

Ce combat, en l’absence de lobby des vins naturels dans l’Union européenne, est porté par le lobby de lutte contre l’obésité, afin d’obtenir le degré de sucre. C’est quand même le seul produit alimentaire qui ne le mentionne pas.

 

On sait au milligramme près ce qu’il y a dans des croquettes pour chats mais là on ne sait rien, car le vin n’est pas considéré comme un produit alimentaire. C’est important car il n’y a pas que du raisin dans la plupart des bouteilles de vin. Et les consommateurs ne le savent pas. Encore une fois, qui trompe qui ?

 

Aujourd’hui, que buvez-vous ?

 

J’ai redécouvert les vins blancs. Je faisais partie de ceux qui n’en buvaient jamais, avec l’argument connu du mal de tête, et j’avais toujours cette espèce de goût métallique, agressif en bouche. Et là, j’ai découvert une palette aromatique sans commune mesure. Des rosés nature aussi, des vins corses, de Provence, de Loire… et puis je n’oublie pas les beaujolais, le champagne… c’est dur de choisir ! Là je bois un chenin merveilleux, signé Olivier Lejeune, du domaine Clos des Plantes, dont les vignes sont voisines de celles du grand vigneron Richard Leroy. J’ai goûté son premier millésime en 2018 et je l’ai rencontré au salon des Greniers Saint-Jean à Angers.

 

Qu’est-ce qui vous plaît tant, dans ce type de vins ?

 

Le vin nature donne du plaisir ! Au-delà de l’étiquette. Et si on n’aime pas, ce n’est pas grave. Quand on sert un grand vin, à l’inverse, on est déjà complètement conditionné. On goûte avec son cerveau. Attention, j’aime retrouver des vins plus classiques, qui vont me procurer une émotion affective, mais ce n’est pas la même chose. Pour faire découvrir le vin nature autour de moi, j’y vais par étapes. Le truc qui marche à tous les coups, c’est le tavel rosé d’Eric Pfifferling (Domaine l’Anglore), ça a même marché avec ma belle-mère. Tout le monde aime. Le problème, c’est qu’on ne peut pas en boire tous les jours, il n’y en a pas assez !

 

Faut-il parler de vins naturels ou de vins nature ?

 

Ce débat n’a aucune importance. C’est comme pâté croûte ou pâté en croûte, il faut dépasser cette futilité.

 

Ophélie Neiman

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 06:00

Le hameau de la reine | Château de Versailles

Audrey Bourolleau, je l’ai croisé lorsqu’elle officiait à Vin&Société, nous avons même déjeuné aux Climats, elle a dépoussiéré et dynamisé cette structure de lobbying. Puis en 2016, elle s’est mise En Marche aux côtés du sémillant Macron, le château conquit, Audrey Bourolleau se glissa dans la peau d’une éminence grise, devint la conseillère agricole du nouveau président. Cette fonction, au temps de Tonton, a propulsé, le sphinx Nallet, au 78 rue de Varenne, la nuit où ce cher Rocard, qui n’en ratait pas une pour déplaire à Mitterrand, démissionna. Avec le florentin de Jarnac, si tu voulais rester dans ses petits papiers il fallait chausser ses bottes pour aller dans le terroir profond conquérir une circonscription.

 

Nallet, ex-jaciste, plume de Debatisse à la FNSEA, penseur de la gauche paysanne à l’INRA du passage Tenaille, repaire de gauchistes guidés par Michel Gervais, ne présentait guère le profil du jeune loup du PS. En première intention il jeta son dévolu sur une circonscription de la Manche, Thérèse son épouse, qui adorait les biscuits*, était native de ce département. Les parachutés, dans la Manche comme ailleurs, les caciques n’aiment pas. Recalé, Pierre Joxe qui, étrangement pilotait au PS le projet agricole, propulsa Nallet dans l’Yonne, à Tonnerre. Par la grâce d’une proportionnelle mijotée par Tonton et Charasse, Henri fut élu. En 1988, Tonton repique au truc, Henri Nallet retrouve, Rocard 1er Ministre, le 78, moi aussi. En 1990, il profite de l’exfiltration du gouvernement de l’insuportable Arpaillange, pour gagner la place Vendôme, Garde des Sceaux.

 

« Si j’avais su, j’aurais pas venu » la phrase culte du petit Gibus, dans la Guerre des Boutons, s’applique à la suite de la carrière politique d’Henri Nallet. En avril 1991 éclate l'affaire Urba, relative au financement occulte du Parti socialiste français. Le juge d'instruction Thierry Jean-Pierre perquisitionne au siège d'Urba à Paris. Henri Nallet, Garde des Sceaux, mais aussi ancien trésorier de la campagne de François Mitterrand, dénonce l'action du juge comme « une équipée sauvage » et fait dessaisir le magistrat. Tonton, gentiment, profite de l’expulsion d’Edith Cresson pour exfiltrer Henri Nallet du gouvernement Bérégovoy.

 

Après cette date, Henri Nallet se consacre alors principalement à sa carrière politique locale. Il conserve ses mandats de maire de Tonnerre, où il a été élu en 1989, et de conseiller général de l’Yonne (canton de Tonnerre), qu’il détient depuis 1988. En décembre 1992, il est nommé conseiller d'État. Tonton est bon. Il est à nouveau élu à l’Assemblée nationale en 1997 jusqu’en 1999. La suite est connue.

 

Bref, au temps de Tonton, le conseiller agricole du Président pesait lourd, tel ne fut pas le cas d’Audrey Bourolleau au château. La politique agricole de Macron est d’une fadeur et d’un convenu remarquable, alignement total sur la FNSEA. La valse des Ministres fut aussi la marque de fabrique de ce presque terminé quinquennat, y’en a pas un pour racheter l’autre. Sans être désagréable, le bilan d’Audrey Bourolleau se rapproche de zéro. Les chefs du vin me contrediront car pour eux elle fut une digue efficace les protégeant des affreux défenseurs de la loi Evin. Je ne le conteste pas mais ça ne fait pas une politique novatrice.

 

Enfin, le temps est révolu où les éminences grises chaussaient les bottes des élus de terrain, aujourd’hui l’heure est de passer de la start-up Nation à la start-up tout court par la grâce du ruissellement des premiers de cordée.

 

À quarante ans, elle a décidé de changer de vie. Audrey Bourolleau, ancienne conseillère du président Emmanuel Macron, chausse des bottes d’agricultrice pour créer, avec le milliardaire Xavier Niel, un vaste campus près de Paris destiné à former les « entrepreneurs agricoles de demain ».

 

Une formation pour adultes

 

À la fin de 2019, elle annonce son projet de fonder une nouvelle école d’agriculture qui a pris depuis le nom de Hectar. L’achat du domaine a coûté 19 millions d’euros et les travaux cinq millions de plus. L’objectif affiché du projet Hectar est de « sensibiliser ou former deux mille personnes par an » aux métiers de la sphère agricole. Le programme phare de l’école sera tourné vers la formation d’adultes désireux de se reconvertir dans l’agriculture. D’une durée de six mois, « gratuite pour l’apprenant », elle sera dispensée par des agriculteurs et des formateurs professionnels.

 

« Nous sommes confrontés à un défi de génération très conséquent. En France, 160 000 fermes sont à reprendre d’ici à trois ans. Il faut former la prochaine génération », souligne Audrey Bourolleau. Pour les nouveaux entrants qui ne seront pas « dans un schéma de transmission familiale, la marche va être très haute ». « Il faut leur donner des modèles qui tournent économiquement, soient socialement justes et durables. Ce que nous voulons leur donner, c’est vraiment une posture de chef d’entreprise agricole », explique-t-elle.

 

Face aux défis climatiques, l’école entend mettre l’accent sur les techniques de préservation des sols agricoles. Hectar proposera aussi des formations sur le salariat agricole, en manque de bras.

 

Certains vont m’objecter qu’il est facile d’ironiser sur des porteurs de projets « innovants ». Tel n’est pas mon cas, qui vivra verra, l’exemple du Pôle universitaire Léonard-de-Vinci dit « Fac Pasqua » n’est guère probant. Ce qui m’interroge dans ces belles et bonnes intentions, c’est qu’au temps du château Audrey Bourolleau ne se soit pas colletée à dépoussiérer et redynamiser, comme le dirait les biodynamistes, l’enseignement agricole du Ministère de l’Agriculture bien encroûté.

 

 

ICIhttps://images.bfmtv.com/tutaCh9T-dTVm7sq_JY65mceDiM=/0x0:1280x720/images/Audrey-Bourolleau-Fondatrice-d-Hectar-l-ecole-agricole-gratuite-ce-sont-des-metiers-de-sens-qu-il-faut-rendre-remunerateurs-1021598.jpg

 ÉCOLE HECTAR

Audrey Bourolleau, de l’Élysée aux champs ICI

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 06:00

 

Sans me vanter j’ai du nez, à la veille de la commémoration du 10 mai 1981, 40 ans déjà, certes Tonton n’est pas Napoléon, il a ses grognards, mais nous commémorons beaucoup dans notre vieux pays.

 

Du côté de ce qui reste du PS, le dimanche 9 mai, au Creusot, la Fondation nationale des élus socialistes et républicains, la Fneser, a organisé de son côté  une journée consacrée à l'héritage de l'ancien chef de l'État socialiste. François Hollande a été invité par les organisateurs à prononcer un discours, annoncé comme très politique. Outre cette intervention de l'ex-chef de l'État, plusieurs tables rondes sont prévues pour cette commémoration « officielle », avec ou en présence de personnalités telles que les anciens ministres Bernard Cazeneuve, Jean Glavany, Lionel Jospin, Pierre Joxe, François Rebsamen, Jean-Pierre Sueur mais aussi la maire PS de Paris Anne Hidalgo, potentielle candidate socialiste en 2022 ou encore Anne Lauvergeon, Béatrice Marre, Gilbert Mitterrand...

 

Francois Hollande avec Lionel Jospin, Anne Hidalgo au Chateau de la Verrerie au Creusot

 

Du côté du maigre côté gauche de Macron celui-ci va réunir tous les anciens collaborateurs de Mitterrand, en guise d'hommage. L'événement ne figure pas à l’agenda d'Emmanuel Macron. Ni hommage officiel ni message prévu, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’élection de François Mitterrand. Néanmoins, d’ici à deux semaines, Emmanuel Macron organisera à l’Élysée « un moment de convivialité », dans le respect des règles anti-Covid, pour réunir tous les anciens collaborateurs des deux septennats de Mitterrand (1981-1995). Le service RH de la présidence a ressorti les listes, cela représente une centaine de noms.

 

Les cartons d’invitation sont prêts à partir : Jacques Attali, Ségolène Royal, Jean-Louis Bianco... En revanche, pour l’anecdote, pas de trace d'un certain François Hollande dans les fichiers.  En 1981, il était pourtant chargé de mission à l’Elysée.

 

les vieux éléphants ressassent le passé mitterrandien  ICI

 

En Taulier peu porté sur les hommages aux anciens combattants des guerres politique j’ai choisi de rappeler aux Français encore confinés que le premier estampillé socialiste aux commandes de la France fut Léon Blum

 

Le 13 février 1936, la voiture de Léon Blum est attaquée par des nationalistes d’extrême droite à sa sortie de la Chambre des députés. « À mort Blum ! » hurle la foule. Il est roué de coups et n’évite le lynchage que grâce à l’intervention de la police et de passants qui ont accouru. Trois mois plus tard, la France se donne, en toute connaissance de cause, un président du Conseil juif et socialiste. On est là au cœur de la grandeur et du mystère français.

 

Frédéric Salat-Baroux : « Léon Blum incarne l’idéal de justice »

Frédéric Salat-Baroux : « Léon Blum incarne l’idéal de justice » 

 

- Vous êtes gaulliste, vous avez été le bras droit de Jacques Chirac, dont vous avez épousé la fille, Claude. Pourquoi avoir choisi d’écrire sur l’homme du Front populaire, une icône de la gauche ?

 

Pour moi, la République est un bloc constitué de valeurs issues de la droite et de la gauche. Après avoir écrit sur de Gaulle, il m’a semblé naturel, nécessaire de mieux comprendre Blum et ce qu’il incarne : l’idéal de justice, l’importance de la culture comme ciment d’une nation.

 

La suite ICI 

 

Frédéric Salat-Baroux livre une biographie sensible de Léon « Blum le Magnifique »

 

Comment se forge un destin ?

 

Il y a un « mystère Léon Blum », écrit Frédéric Salat-Baroux, et c’est le cœur de ce livre consacré aux années de formation de l’homme du Front populaire. L’ancien secrétaire général de l’Elysée (sous Chirac) raconte les ambiguïtés, les fragilités aussi, de cet « homme double » ayant longtemps privilégié la littérature et l’amour plutôt que le pouvoir. L’affaire Dreyfus, d’abord, puis la mort de Jaurès le conduiront à la politique. En filigrane, Salat-Baroux peint le portrait d’une époque, bouleversée par le triomphe du capitalisme et la montée de l’antisémitisme, avant la guerre qui vient.

 

Tout au long du livre, l’auteur laisse filtrer une discrète tendresse pour son sujet dans lequel, on le sent, il semble parfois se retrouver. Il le cache à peine d’ailleurs, quand il décrit cet homme « mince, de haute stature », au « regard tout de douceur, un peu perdu », travaillé par une « lave intérieure » et plus de « frustrations » qu’on ne le croit. Blum fut aussi, un siècle avant lui, commissaire du gouvernement au Conseil d’Etat.

 

Blum le Magnifique

Léon Blum, les lettres avant l’Etat

 

 

 

LIVRES

 ABONNÉ

La passionnante biographie de Frédéric Salat-Baroux raconte l’itinéraire d’un leader socialiste français écartelé entre sa passion de l’écriture et celle de la politique. Avec Jean Jaurès en modèle.

Richard Werly

Publié vendredi 7 mai 2021

«Pourquoi le Conseil d’Etat ?

À première analyse, il s’agit d’une évolution assez logique du parcours que Léon Blum a voulu se construire en refusant de choisir entre le monde des lettres et la vie professionnelle.» Frédéric Salat-Baroux est un haut fonctionnaire, ancien secrétaire général de la présidence sous Jacques Chirac. Conseiller d’Etat lui-même, il connaît par cœur, place du Palais-Royal, «ce long couloir de bois verni et de tapis rouge qui mène à la salle de l’Assemblée générale» de la plus haute institution juridique française, «sorte de cathédrale de la République». Voilà sans doute pourquoi sa biographie Blum le magnifique donne au lecteur cette impression de proximité. Le leader socialiste français (1872-1950), l’homme du Front populaire, n’y est pas seulement dépeint sous l’angle de la politique et du pouvoir. C’est l’intellectuel Blum qui, sous sa plume, apparaît comme magnifique.

Deux éléments, à eux seuls, justifient de se plonger dans ce récit assez court (240 pages), dont les racines plongent dans la jeunesse de Léon Blum, en pleine affaire Dreyfus (1894-1906). Le premier est le goût de l’auteur pour l’itinéraire personnel de celui qui deviendra l’un des ténors du socialisme européen. Etre un jeune homme juif, prix du concours général de philosophie, dont l’ambition est de servir la République, devient, alors que «l’affaire» fait rage, une charge très lourde à porter. «Je suis né à Paris, Français de parents français […] Mon père est né dans un village d’Alsace, Westhoffen, il y a maintenant plus d’un siècle, de parents français», écrira Léon Blum dans Le Populaire, en 1938, en réponse aux odieuses allégations de Charles Maurras le traitant de «juif allemand naturalisé».

 

L’intelligence de Frédéric Salat-Baroux est de dresser, en même temps que la jeunesse de Blum, l’arrière-plan de cette France où «les juifs sont une forme d’harmonie intérieure car ce pays, qui fonde la Nation sur l’adhésion à des valeurs, ne les oblige pas à mettre en balance cette fidélité à leur appartenance et la fidélité à leur religion».

 

Le second élément mis en avant par Frédéric Salat-Baroux est l’amour de Blum pour la littérature et le théâtre. Ce combattant politique dont Jean Jaurès est d’abord le modèle nourrit une «passion de la littérature qui répond à une double aspiration; un désir d’assimilation propre à tant de juifs européens de l’époque et une volonté de rupture avec l’ordre établi». Voici Blum au théâtre, dans les couloirs de l’imprimerie de L’Humanité, ce journal fondé par ce Jaurès qu’il dit être frappé «par le sceau du génie». Blum admire le lutteur chez Jaurès, mais aussi sa profonde connaissance historique de la France. Il a trouvé un maître, dans tous les sens du terme.

Pour L’Humanité, il tient une chronique littéraire à connotation sociale. Solidaire, il cotise lorsque la survie économique de ce journal (déjà) est menacée. La presse, parce qu’elle est indissociable de l’action, est son terrain de jeu littéraire: «Je suis critique de profession et, j’ose dire, de vocation», écrit-il en 1913. Un projet de roman est abandonné. Deux pièces de théâtre sont inachevées. «Blum avait fait le choix de mêler critique et militantisme socialiste», raconte Frédéric Salat-Baroux.

Prince des artistes

Les contours d’un homme peuvent être tracés par les mots qu’il écrit. Ce sera le cas de Léon Blum tout au long de sa vie. Salat-Baroux a retrouvé ses écrits. Il a lu Blum lorsqu’il écrit sur Goethe, prince des artistes. Il s’est penché sur ses lettres d’amour pour les deux femmes qui marqueront sa vie, côte à côte, en parallèle, son épouse Lise et sa maîtresse Thérèse. Les batailles politiques et la «naissance d’un chef» ne sont pas oubliées dans ce livre d’un biographe clairement sous le charme de son personnage. Léon Blum est vivant lorsque Frédéric Salat-Baroux nous le dépeint, entre théâtre, livres et journaux. L’évocation du Front populaire, puis de la Seconde Guerre mondiale ponctue évidemment l’ouvrage. Ce Léon Blum plongé dans l’écriture apparaît tel que Jaurès: doté d’une immense humanité.

 

 

 

 

Les multiples vies de Léon Blum

Brillant normalien, héritier de Jaurès, captif des Nazis... Deux précieux ouvrages explorent toutes les facettes de la grande figure du Front populaire.

Par 

Publié le 06 juin 2016

 

 

Léon Blum. Un portrait, de Pierre Birnbaum, Seuil, 264 p., 20 €.

Léon Blum. Le socialisme et la République, d’Alain Bergounioux, Fondation Jean-Jaurès, 149 p., 6 €.

Léon Blum (1872-1950) fut sans doute le plus haï et attaqué des hommes politiques français. On sait que le 6 juin 1936, alors même qu’il venait de présenter à la Chambre le programme de son gouvernement de Front populaire, il fut injurié par le député Xavier Vallat qui monta à la tribune pour le disqualifier en tant que juif. Quatre mois plus tôt, Blum avait failli être lynché en pleine rue. Sous l’Occupation, c’était presque quotidiennement qu’une presse abjecte le prenait pour cible. Dans le beau livre qu’il lui consacre, Pierre Birnbaum restitue l’antisémitisme virulent qui accompagna l’action et la vie de ce « juif d’Etat » venu à la politique et au socialisme au temps de l’affaire Dreyfus.

 

Mais il montre que la judéité de Blum ne se réduit pas à ces vilenies : cette identité qu’il ne renia jamais, sans non plus l’opposer à un parfait patriotisme républicain, explique également son attention et son soutien au projet sioniste jusqu’à la ­naissance de l’Etat d’Israël, en 1948, ­révélant par là « l’intensité d’un engagement largement ignoré par l’historiographie ».

 

Multiples vies

 

Ce n’est en réalité que l’une des facettes ici renouvelées par le recours à de nombreux documents inédits. L’auteur propose un portrait complet, vivement rythmé, éclairant les multiples vies de Léon Blum : le brillant normalien devenu dandy stendhalien, le conseiller d’Etat à l’impeccable culture juridique, le socialiste lucide, en héritier de Jaurès, sur la « cruauté » bolchevique, le captif de Vichy et des nazis, enfin, à l’humanisme inentamé au retour de Buchenwald.

 

Et pour qui veut lire la pensée souple et convaincue de Blum dans le texte, il faut se reporter au précieux petit livre d’Alain Bergounioux. Outre un portrait politique bref mais précis et bien pensé, il donne de très larges extraits de quatre grandes allocutions de Blum : son discours d’investiture de 1936 déjà mentionné, celui de 1920, au congrès de Tours, où il s’oppose à la bolchevisation du Parti socialiste, ses réponses aux juges lors du procès de Riom le 11 mars 1942, et, enfin, son ultime prise de parole désenchantée lors du congrès de la SFIO en 1946 au cours duquel il fut mis en minorité, longue méditation sur le difficile exercice du pouvoir « dans les cadres du régime capitaliste ».

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 06:00

110 Propositions pour la France

J’avais, bien sûr, voté Mitterrand aux deux tours, sans grand enthousiasme, ses 101 propositions pour la France ICI, grand fourre-tout, rassemblait une seule ligne programmatique qui cachait des conceptions divergentes entre les différents courants, Chevènement, Poperen, Deferre, et cette foutue deuxième gauche venue rejoindre le char du PS d’Epinay tardivement avec le chouchou des sondages, Rocard.

 

À l’occasion d’un colloque célébrant les trente ans du 10 mai 1981, le mitterrandiste historique Pierre Joxe entreprit par ces quelques phrases de minimiser la contribution des programmes électoraux à la victoire de François Mitterrand. L’ancien ministre expliqua par ailleurs que les discussions programmatiques menées avec le Parti communiste au cours des années 1970 n’avaient été au fond que de simples « opérations de vérification d’orientations politiques ».

 

« François Mitterrand ne croyait pas aux programmes. Il n’en voulait pas. Il a dû s’en accommoder. C’est contraint et forcé par Chevènement, il faut le dire, qu’il est entré dans la mécanique infernale des programmes. […] L’histoire a montré qu’on ne gagne pas avec un programme. Un programme est une illustration, est un catalogue, est un prospectus, mais la volonté politique, l’ambition politique, la certitude de la volonté de gouverner ensemble ne tenaient que partiellement à un programme dont tout le monde savait à l’avance ce qu’il y aurait dedans et ce qu’il n’y aurait pas. »

 

Le 10 mai 1981 fut le triomphe de l’ambiguïté, dont on ne sort qu’à son détriment (cardinal de Retz pour la mouche), cher au florentin de Jarnac, le tournant de la rigueur de mars 1983, sonna à la fois la fin de la récréation et le glas des illusions.

 

« L’idée appelée socialisme est morte », écrit le Wall Street Journal après le tournant de la rigueur annoncé par François Mitterrand en mars 1983. Pierre Mauroy, lui, est bien vivant, malgré une bataille longue de plus d’un an qu’il a dû mener, avec le soutien indéfectible de Jacques Delors, contre le président de la République qui, sourd à ses appels à la prudence, lançait à l’un de ses ministres : « Quand même, la France n’est pas à 100 milliards de francs près ! » Si, Riboud (le frère d’Antoine le fondateur de Gervais-Danone, Fabius, Bérégovoy et quelques autres « visiteurs du soir » avaient imposé leurs vues, la France serait sortie du système monétaire européen, l’ancêtre de l’euro.

 

J’ai vécu cette période aux côtés d’un Mitterrandien pur sucre, Louis Mermaz, guère féru d’économie, proche de Delors, se méfiant aussi bien de Fabius que Chevènement, ça tanguait fort sur le char de l’Etat. Delors menaçait chaque matin de démissionner, Rocard dans son placard du Plan est inaudible.

 

Jacques Delors sort de son isolement après la première dévaluation du franc, le 4 octobre 1981. Lors d'une réunion gouvernementale, il formule le vœu de réduire le train de vie de l'Etat et d'améliorer la compétitivité des entreprises. Mais il n'est pas entendu. Il n'obtient que des miettes : une réduction des dépenses de l'ordre de 15 milliards de francs (soit 2,29 milliards d'euros) et des conseils sans lendemain visant à modérer la hausse des salaires...

 

Un mois plus tard, lors d'un passage à la télévision, Jacques Delors réclame une pause dans les réformes. L'expression est forte, elle fait explicitement référence à un discours prononcé par Léon Blum, président du conseil du Front populaire, le 17 février 1937. Ce sera peine perdue.

 

La parenthèse enchantée durera à peine deux ans, après quoi les Français devront ingurgiter la potion amère de l'austérité. Le 23 mars 1983, il y a trente ans, la France inaugure la politique de la rigueur, toujours bien présente dans l'actualité, même si son nom n'est pas cité. ICI

 

C’était le début de la fin de l’Union des gauches inconciliables que le jeune Macron désintégrera en 2017. Il aura fallu plus de 30 ans et les couplets pour le grand rassemblement des gauches en 2022 se briseront sur le pic nommé Mélenchon qui se la joue Tonton : la troisième fois l’on gagne.

 

Donc, le 10 mai 1981, j’étais sur le flanc, coincé par mes vertèbres, je ne pus me rendre à la Bastille à la grande fête de Popaul, Paul Quilès le député de mon 13e arrondissement. Et pourtant, la victoire de Mitterrand allait changer le cours de ma vie par l’entremise de mon ami Jean-Michel Belorgey qui sera élu à Vichy dans la vague rose. Il m’appellera à mon bureau de l’Office du Vin « Veux-tu occuper de le hautes fonctions ? » Ahuri je répondis « Dis comme ça, pourquoi pas… ». Ce ne fut pas Matignon auprès de Mauroy mais ce fut l’hôtel de Lassay dans l’équipe du président de l’AN.

 

Ma vie prenait un tournant imprévu, en petit soldat rocardien je prêchais la bonne parole pendant près de 3 ans, puis je rejoignis mon « idole » au 78 pour négocier la réforme de l’OCM vin, puis 76 je me mis à embouteiller du rouge et à le vendre, enfin en 1988 avec Tonton 2 et mon « idole » à Matignon retour au 78 avec des galons.

 

J’ai donc servi pendant 10 ans sous les ordres du Pacha de l’Elysée, je ne crache pas dans la soupe mais je ne peux me départir de mon absence d’admiration pour Tonton.

 

 

« On entre dans un nouveau monde »

 

De Château-Chinon à la Bastille, ceux qui ont vécu la victoire de François Mitterrand racontent.

 

Dimanche 10 mai 1981. Second tour de l'élection présidentielle. Le face-à-face s'annonce prometteur. D'un côté, le président sortant, Valéry Giscard d'Estaing, qui a recueilli 28,32% au premier tour. De l'autre, le leader socialiste, François Mitterrand, déjà candidat en 1965 et 1974 et qui a obtenu 25,85% des suffrages quinze jours plus tôt. Les voix de Georges Marchais, le patron du Parti communiste français, lui semblent acquises, mais que feront les électeurs de Jacques Chirac, arrivé troisième avec 18% des voix ? L'attitude dans l'entre-deux-tours du chef de file du RPR, qui a ouvertement refusé d'appeler ses troupes à voter Giscard, porte à croire qu'en ce jour de mai, la France peut basculer à gauche.

 

Quarante ans plus tard, France-info a recueilli les témoignages de ceux qui ont vécu au plus près cette élection. Dans ce récit choral, les leaders du PS, de l'UDF, du RPR, les proches de François Mitterrand, les journalistes stars du petit écran mais aussi des Français de tous bords racontent cette journée entrée dans l'Histoire.

 

Propos recueillis par Margaux Duguet ICI 

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 06:00

Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de Glace, mais Saint-Urbain  les tient tous dans sa main. - Juvelize - Moselle

S’assurer proclame le chœur des assureurs !

 

 

La côte a éteint ses bougies. Les hélicoptères se sont posés. La vague d’émotion se tasse. Dans le silence et la transparence regagnée de l’air, la sérénité revenue, on s’attend à d’autres propos que l’émotion et la compassion, une vision plus à distance. Une vaque de froid traverse la France. Nous prenons, nous citoyens, politiques, journalistes, administrations etc. d’un coup tous conscience de la fragilité des exploitations agricoles : quelques degrés en moins, un coup de grêle, trop d’eau, pas assez, et le revenu d’une année  s’évapore. Je dis bien le revenu, car le travail est toujours là. Ce n’est pas lui qui disparaît. Mais est-ce aussi accidentel, aussi fatidique que ce que l’on se plait à croire ? Ne s’agirait-il pas plutôt de la fragilité structurelle des exploitations qu’il faudrait évoquer ? Les vieux réflexes veillent. Les technocrates,  les chercheurs, les politiques, ont dans leur chapeau quelque palliatif tout prêt. Tous se penchent sur notre petit monde maintenant avec compassion,  commisération mais aussi parfois avec une certaine goujaterie.  

 

Deux articles sur le sujet, au moins, cette semaine m’ont interpellé. Du premier, j’ai juste le titre, mais il donne le ton ICI

 

Le second, paru dans The Conversation, pourra être l’objet d’une autre chronique.

 

 

https://images.lindependant.fr/api/v1/images/view/607d5497d286c26fa2136456/hd/image.jpg?v=1

 

 

M. Assemat est président de Groupama Aude. Nous prend-il pour des dindons ? Sa phrase est assez crue, et assez subtilement méprisante, non ? 

 

J’ai caressé un moment le projet d’une assurance production. Ce ne sont pas les montants qui m’ont arrêté ni une attirance particulière pour les tracteurs. En fait, plus que le prix, c’est l’analyse de fond qui pousse à mettre en place cette assurance  fond qui pose question. Les discussions ultérieures avec les assureurs ont achevé de me convaincre de ne pas le faire.

 

Bien sûr, le montant de la prime est assez élevé. Et il dépend aussi de ce qu’on assure. Car la question est bien là : qu’assure-t-on ? Les coûts de production, le manque à gagner ou le chiffre d'affaires ? Je veux bien assurer juste les coûts de production, mais je ne vis pas de mes coûts de production. Je vis de ce que dégage comme résultat mon exploitation. Pas très facile d’assurer son revenu, non ? Admettons que l’on y mette juste les coûts de production. Dans ceux-ci, entrent les fermages ou les locations. On les assure aussi. Si je suis propriétaire des terres, j’assure tout ou partie de mon revenu. Si elles sont louées, on assure une rente. Là aussi, c’est douteux… Donc l’objet de l’indemnisation est assez mal cerné. Dans mon projet, j’avais assuré le coup de production, les fermages – revenus familiaux - et mes revenus propres, incluant les remboursements d’emprunt. Quelle franchise choisir ? 10 % ? 30 % Quel seuil d’intervention ? Tout devient très compliqué. En cas de perte complète - elle peut survenir – quel capital estimer du coup ? Parce qu’avec 30 %, on ne touche que 70 % du montant assuré. Il faut gonfler les montants pour être certain de couvrir ses frais et assurer du vent. Rien de très clair juridiquement.

 

2 autres éléments viennent perturber le système d’assurance. Déjà le versement des indemnités. Il survient dans l’année en cours. Dans le cas d’un vignoble comme celui de la Côte de Nuits, les conséquences économiques dus à un accident climatique surviennent généralement un an, voire 2 ans après. Les indemnités surviennent donc  à contretemps, à un moment où il y a du revenu – donc imposition et taxation sociale – puis ne sont pas là quand on en a besoin. 

 

Le deuxième élément est le mode de calcul de la production. Jusque-là, nous avons parlé argent. Nous allons parler du volume de production. Pour savoir ce qui a été perdu, on part d’une moyenne calculée sur les 5 années antérieures, dont on détourne l’année de plus forte production et celle de plus faible. Moyenne sur 3 ans disons en fait. 3 années de grêle de suite sur la Côte de Beaune, une de gel. On élimine le gros millésime, il en reste 2 petits et un moyen. C’est à ce niveau qu’achoppent les discussions entre les producteurs et les assureurs. Mais si je partage le point de vue de mes collègues, j'adhère à la logique de l’argument des assureurs. Ils ne sont pas là pour assurer une production qui n’est pas adaptée au lieu. Assez logique, mais pas facile à comprendre dans un vignoble, plantation pérenne, et d’appellation de surcroît.

 

J’en suis donc resté avec le projet. Aux préliminaires, pour filer subtilement la métaphore de M. Assemat.

 

Car pour moi, il y a un leurre. L’assurance est un outil tout trouvé, efficace sans conteste, mais ce n’est qu’un outil. En assurant un capital, peut-être un jour un revenu, on évite de se poser véritablement les questions sur la stabilité et la pérennité de son exploitation. « Une stratégie de d’évitement » me dit souvent un ami Bruno, professeur de révérenciel bondissant.

 

Et l’évitement n’est en aucun cas la bonne méthode

 

 

© Jean-Christophe Bott/Keystone

 

Après l’épisode de gel de fin avril 2017, il y a celui de mi-avril 2021. Les pertes sont considérables pour l’agriculture. Ces événements désastreux sont-ils appelés à se répéter plus souvent en raison du changement climatique, qui entraîne un réveil de la végétation toujours plus précoce?

Les experts répondent par la négative

Grégoire Baur

Publié dimanche 25 avril 2021

 

Mamert, Pancrace, Servais et Boniface. Ces noms ne vous disent peut-être rien. Ils représentent les saints de glace, qui correspondent, en Europe centrale, aux journées du 11 au 14 mai. Traditionnellement, ils font référence à une croyance d’un refroidissement des températures durant ces quatre jours. Cette période traversée, le gel ne représente plus de risque pour l’agriculture. Certaines coutumes ajoutent d’autres dates, comme la Saint-Urbain, autrefois célébrée le 25 mai, qui une fois passée, selon le dicton, rassure le vigneron. Mais ces traditions sont mises à mal par le changement climatique. Et si l’on voulait toujours parler de saints de glace, il faudrait alors changer les dates.

 

 

Au fil des décennies, et en raison du réchauffement climatique, le démarrage de la végétation s’est décalé dans le temps. Le réveil de la nature est ainsi plus précoce au printemps. Cette réalité pourrait donc entraîner un risque accru face au gel. Il n’en est pourtant rien, pour l’instant. Du moins en plaine, à moins de 800 mètres d’altitude, assure Martine Rebetez, professeure à l’Université de Neuchâtel et à l’Institut fédéral de recherches WSL.

 

 «On lutte donc plus tôt, mais pas plus souvent»

 

Autrice de deux études récentes sur l’impact du gel sur les cultures, la climatologue souligne que «sur les 150 dernières années, il n’y a pas de tendance à une péjoration de la situation». Et pour cause: le décalage du réveil de la végétation se fait en parallèle et approximativement à la même vitesse que celui de la date du dernier gel. «On lutte donc plus tôt, mais pas plus souvent», résume Danilo Christen, le responsable du groupe production fruitière en région alpine à l’Agroscope de Conthey, qui a cosigné l’une des deux études avec Martine Rebetez. Cela se ressent dans les dates de différents grands épisodes de gel: celui de 1867 a eu lieu fin mai, en 2017 c’était un mois plus tôt et cette année, mi-avril déjà.

 

Pour certains arboriculteurs, c’est le travail de toute une année qui a été détruit ces dernières semaines. Sur le coteau valaisan par exemple, les dégâts dus au gel concernent la quasi-totalité des abricotiers. En moyenne cantonale, la perte de récolte du prince du verger avoisine les 70%. Le bilan provisoire dressé par le service valaisan de l’agriculture est supérieur aux 50% de pertes de production dues à l’épisode dévastateur de 2017. Au niveau national, un état des lieux est en cours de réalisation, indique Fruit-Union Suisse. Il sera communiqué ce mardi.

 

Si l’arboriculture a été touchée de plein fouet, la viticulture n’est pas forcément mieux lotie. En Valais, les cépages les plus précoces, comme l’emblématique cornalin, ont également été touchés, dans une proportion qu’il n’est pour l’heure pas possible de mesurer. Et ce n’est pas fini. «La période de gel printanier n’est pas encore terminée et de nouveaux épisodes pourraient survenir», prévient l’Etat du Valais.

 

Des arbres pas adaptés à nos régions

 

Pour Martine Rebetez, cette triste réalité n’est pas une surprise. «Les arbres fruitiers proviennent de régions, comme l’Iran, où une fois l’hiver terminé il n’y a pas de retour en arrière. Ils ne sont donc pas tout à fait adaptés à nos régions, où l’afflux d’air du nord entraîne régulièrement des vagues de froid après des périodes douces», appuie-t-elle. Ces épisodes de gel ne vont donc pas s’arrêter. Ils reviendront périodiquement, sans que l’on puisse prédire quand.

 

Pour y faire face, les agriculteurs ont recours à la lutte par aspersion, l’utilisation de bougies à la paraffine ou encore celle de brûleurs au gaz. Mais, on l’a vu cette année, cela ne suffit pas toujours. «Les agriculteurs doivent faire face à de nombreux aléas climatiques. Après le gel, il peut y avoir la grêle, la sécheresse ou des précipitations trop intenses au moment de la récolte. Si les pertes sont trop lourdes et qu’elles ne peuvent pas être compensées par les bénéfices des bonnes années, les producteurs et productrices pourraient devoir cesser leurs activités ou changer de cultures», souligne Martine Rebetez.

 

Des arbres dont la floraison est plus tardive?

 

Une autre solution paraît toutefois envisageable. Favoriser des arbres dont la végétation se réveille plus tardivement serait bénéfique, puisque l’impact du gel est moins fort en tout début de végétation. «Pour l’heure, nous n’avons pas focalisé nos recherches sur ces types de variétés, car nous avions d’autres urgences, notamment celle liée à la résistance aux maladies», indique Danilo Christen, qui reconnaît peut-être «une erreur de ne pas avoir lancé des recherches liées au gel». L’ingénieur agronome assure que cette anomalie sera corrigée.

 

L’objectif est donc de trouver des arbres dont la floraison est plus tardive, mais dont la récolte des fruits demeure aux périodes actuelles. En d’autres termes, le cycle végétatif doit être plus court. «Prenons les abricots, ce sont des fruits d’été. S’ils arrivent sur les étals à fin août, le marché n’en veut plus. Ce sont d’autres fruits, comme les poires ou les pruneaux, que l’on retrouve dans les rayons», appuie Danilo Christen.

 

Le marché semble dicter sa loi à la nature. Cela ne peut-il pas évoluer? «Si le marché change, c’est que le consommateur a changé. Seul le comportement de ce dernier peut avoir un effet», répond Danilo Christen. Un avis que ne peut que partager Martine Rebetez: «Il faut sensibiliser la population pour qu’elle soutienne la production locale et qu’elle ne veuille pas, à tout prix, les premiers fruits qui arrivent d’autres pays, comme l’Espagne. Nous devons être capables d’attendre, par exemple, les abricots locaux. La qualité d’un fruit cueilli à maturité n’est absolument pas comparable à celle d’un fruit cueilli vert et transporté vers la Suisse.»

 

© Sebastien Salom-Gomis/AFP Photo

 

En France, un «quoi qu’il en coûte» viticole

 

La vague de gel du début avril a contraint les viticulteurs français touchés à demander l’aide de l’Etat. Un milliard d’euros ont été débloqués

Richard Werly

La réponse budgétaire ne s’est pas fait attendre, conforme au «quoi qu’il en coûte» devenu, en France, le mot d’ordre pour la réponse économique à la pandémie et aux aléas du confinement. Un milliard d’euros débloqués le 17 avril 2021 pour les viticulteurs, après une vague de gel sans précédent sur leurs exploitations. Selon les premières estimations, 80% du vignoble français, toutes régions confondues – sauf le littoral azuréen (vallée de la Loire, Bourgogne, Bordelais, Champagne, Sud-Ouest…) – a subi un redoutable refroidissement des températures entre le 5 et le 10 avril. Les maraîchers sont aussi touchés. «Le seul sentiment possible est celui de la fatalité face à une telle dévastation naturelle», commentait, début avril, Anne Colombo, du centre œnologique des Côtes du Rhône.

 

«Quoi qu'il en coûte»

 

Pour le secteur français du vin et des alcools, cette «épidémie» de gel est venue aggraver les problèmes de l’autre pandémie: celle du Covid-19 qui a entraîné la fermeture, fin octobre, des cafés et restaurants. S’il n’est pas encore chiffré pour ces derniers mois, l’impact de la crise sanitaire est estimé, pour 2020, à des ventes diminuées de 60% pour les contrats d’achat en sortie de chais. Environ 500000 personnes sont, en France, employées dans la viticulture. 4,2 milliards de litres de vin français sont sortis des cépages de l’Hexagone en 2019, soit 17% de la production mondiale. Or qui dit pandémie dit aussi plongée des exportations, sur fond de guerre commerciale avec les Etats-Unis, où Donald Trump avait, en 2019, augmenté les taxes d’importation de 25%. La mesure, suspendue par Joe Biden dès son entrée en fonction, aurait entraîné une baisse de 14% des exportations et un manque à gagner de 400 millions d’euros. «La réalité, c’est que nous enchaînons les calamités l’une après l’autre, déplore, au téléphone, le propriétaire d’une appellation Pouilly Fumé, dans le nord de la Nièvre. En Saône-et-Loire, le gel qui s’est infiltré dans les bourgeons prêts à éclore a ruiné de la future vendange. C’est une question de survie.»

L’expression «quoi qu’il en coûte» résume, depuis l’apparition du coronavirus, la doctrine économique française. Entre 160 et 170 milliards d’aides tous secteurs confondus ont été distribués dans le pays en 2020. Raisonnable, alors que la dette dépassera sans doute les 120% du produit intérieur brut? Robert Vidal, responsable d’une cave coopérative près de Montpellier, a justifié cet effort lors d’une conférence de presse: «Le vignoble, c’est en enjeu d’avenir. C’est un secteur où beaucoup de jeunes, nos propres enfants, se démoralisent et vont arrêter. Depuis 2015, on n’a pas eu une année de récolte normale.»

 

Dans le Bordelais où la Cité du Vin de Bordeaux (inaugurée en 2016) est fermée comme les autres lieux publics, un autre phénomène inquiète: la possible désaffection des investisseurs internationaux, surtout ceux d’Extrême-Orient, une fois passé le tunnel de la pandémie. Trois pour cent des surfaces viticoles de la région appartiennent à de riches Chinois: «Le monde d’avant, celui de la spéculation viticole, est clairement ébranlé, juge un conseiller financier en investissements fonciers agricoles. Les domaines très endettés, et très dépendants de l’exportation, vont en faire les frais.»

 

Le gel des vignobles du début avril a trouvé un ardent avocat: le premier ministre français Jean Castex, originaire des Pyrénées et ancré dans le terroir. Il avait déjà, en 2020, annoncé des aides exceptionnelles de 80 millions d’euros lors d’une visite sur le site de Sancerre. En se faisant au passage le défenseur de futures restructurations foncières, et d’une possible diminution de la production. Un tournant que la catastrophe climatique du printemps pourrait bien accélérer.

 

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 06:00

 

La terre, la terre arable, est basse, rude, ingrate, le soleil, le ciel ne sont pas toujours cléments, le terroir profond, celui de la vigne bien sûr, chanté par ceux qui n’y ont jamais les pieds, jamais poudré leurs godasses, n’est pas un doux tapis de pétales de rose où l’on assouvit sa passion.

 

Tout ça et bel et beau mais en dépit de l’image d’Épinal véhiculé par « la presse du vin », le retour à la terre débouche souvent sur un simple aller-retour. Bien sûr, il est possible d’en tirer parti pour écrire un livre comme le fait Laure  Gasparotto.

 

Vigneronne, de Laure Gasparotto | Éditions Grasset

 

« La viticulture est un métier d’une grande violence, climatique et financière » ICI 

Dimanche 25 avril 2021 par Aude Lutun

 

Laure Gasparotto, journaliste Vin au journal Le Monde, a été viticultrice pendant cinq ans dans les Terrasses du Larzac (Hérault). Elle dépeint les bons et moins bons côtés du métier dans un nouveau livre.

 

Laure Gasparotto, journaliste Vin au journal Le Monde, a été viticultrice pendant cinq ans dans les Terrasses du Larzac (Hérault). Elle publie « Vigneronne » (ed Grasset) qui relate son enthousiasme et sa joie de produire un vin qui lui ressemble.

 

Elle décrit aussi les petites et grandes galères de ce métier entre le gel, les problèmes de pompes, les cotisations MSA à régler et les problèmes de transporteur à gérer. Laure Gasparotto est sans concession sur ses limites, notamment en matière de commerce. Après cinq années intenses et engagées, partageant son temps entre Paris et l’Hérault, elle arrête l’aventure.

 

Entretien avec une ex-vigneronne qui pose un regard admiratif sur la profession. ICI 

 

 

Je n’ai pas lu le livre mais, au risque de choquer, je suis plus Catherine Bernard, une vraie journaliste, qui, elle, 20 ans après, a toujours ses bottes dans les vignes.

 

Amazon.fr - Dans les vignes: Chroniques d'une reconversion - Bernard,  Catherine - Livres

 

Bref, hormis ceux qui avaient un beau carnet d’adresses, Hervé Bizeul, et plus récemment Fabrice Le Glatin qui a fait encore prof d’anglais pendant sa reconversion, les expats de la ville qui s’incrustent, et vivent de leur nouveau métier, ne sont pas légion, il y a bien sûr des exceptions qui confirment la règles, tel Nicolas Carmaran, le fondateur du café de la Nouvelle Mairie dans le Ve qui est solidement implanté dans l’Aveyron.

Gamine Magnum 2020 · Domaine de la Cure — buneba · vins libresNicolas Carmarans Maximus | Vivino

 

Tout ça pour dire, que le métier, est un 3 en 1, viticulteur-vigneron-vendeur, et que l’offre des cavistes est déjà bien encombrée, que la notoriété des premiers installés sur un créneau de marché est un barrage difficile à surmonter pour les nouveaux entrants, alors il n’est pas interdit de rêver, d’être passionné, loin de moi cette exigence, mais avant de se lancer dans cette aventure, qui n’en est pas une, il est bon  d’en évaluer toutes les faces.

 

Bref, la chronique de l’aigre Cobbold, pour les 5 du vin, au-delà de sa tendance à être désagréable, met le doigt sur les failles d’une approche romantique. Ayant vécu, en direct live, en tant que membre de son GFA, le parcours de Catherine Bernard, je conseille à tous les apprentis néo-vignerons, de bien évaluer leurs capacités avant  de sauter le pas.

 

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Pour l’Histoire : 24 août 2014

C’était au temps d’après mai 68 où les parents de Thomas Piketty partaient élever des chèvres dans l’Aude… ICI 

 

L’image des intellos soixante-huitards larguant les amarres, quittant Paris, s’installant à la cambrousse pour élever des chèvres et vivre du produit de la vente de fromages sur les marchés locaux fait partie intégrante de l’historiographie officielle du fameux mois de mai.

 

« Mes parents se sont connus dans une manifestation, ils étaient extrêmement jeunes : mon père avait dix-sept  ans, il était en première, ma mère en avait dix-neuf ; issue d’un milieu modeste, elle avait dû cesser ses études en 3e et gagnait sa vie comme employée de banque. Elle était militante à Lutte Ouvrière, mon père l’a suivi à  LO et a plaqué le lycée (…) ils se sont très vite sentis ostracisés par leurs compagnons de militantisme : à LO c’était mal vu d’avoir des enfants (ndlr 2) ! Trop bourgeois ! De plus, mon père (ndlr fils d’une famille aisée) subissait des pressions de l’organisation qui voulait qu’il prélève l’impôt révolutionnaire auprès de sa famille(…)

 

 

« Avec les chèvres, mes parents vont jusqu’au bout de l’esprit de 68 ; je précise qu’il n’y a aucune origine paysanne dans ma famille de part et d’autre : mes parents sont tous les deux nés dans la capitale ; en vérité, ils n’avaient jamais vu une charrue de leur vie… Je garde une impression homérique de ce voyage pour l’Aude. Mon père ouvrant la route au volant d’un camion rempli de chèvres qu’il venait d’acheter. Nous, suivant derrière, dans une deux-chevaux bourrée à craquer, conduite par ma mère. Je me rappelle très précisément m’être dit à ce moment-là : « Mais qu’est-ce que c’est que cette blague ? » Des années plus tard, j’ai été faire un pèlerinage dans le village où nous vivions ; j’ai été frappé par la beauté du lieu, je ne me souvenais pas que le presbytère de l’église où nous vivions, était si joli… Il faut dire que la difficulté de la vie quotidienne nous occupait complètement. Je garde le souvenir de nos départs à l’aube pour le marché de Perpignan, la voiture bourrée de fromages, je garde également en mémoire l’amertume de nos retours lorsque nous en avions vendu seulement trois. Ce n’est pas si facile de s’improviser fabricant et vendeur de fromage ! C’était pathétique. Très vite les gens du village ont chargé de vendre d’autres choses pour eux au marché, cela permettait de se faire des marges minuscules. Financièrement, c’était vraiment tendu (…)

 

 

« Je n’ai aucun souvenir joyeux de cette période. Mes parents n’étaient pas préparés à vivre ces années de chômage, nous vivions dans la précarité. On oublie que 68 a coûté très cher à un certain nombre de gens qui ont tout plaqué du jour au lendemain pour des idéaux, puis se sont fait cueillir par la crise économique des années 70. Comme beaucoup d’autres, mes parents ont adhéré très jeunes, dix-huit ans à peine, à un discours  libérateur, ils en ont payés les pots cassés. Il n’avaient pas fait d’études, ce n’étaient pas des intellectuels, ils avaient rompu avec leur famille… Ils font partie de cette majorité anonyme de post-soixante-huitards dont on ne parle jamais, qui est venue gonfler les rangs des chômeurs à partir du milieu des années 70, sans y avoir été préparée. Je me demande même si ces incidences économiques n’expliquent pas pour partie les discours que l’on a entendus par la suite, ce rejet viscéral des années 68. »

Dur d’être vigneronne parisienne ICI

Je viens de terminer le petit livre de Laure Gasparotto intitulé simplement « Vigneronne » (208 pages, Grasset). Je connais une peu Laure, en tant que collègue journaliste et elle a eu la gentillesse de me l’envoyer.

J’avais essayé de lire deux autres de ses livres avant, mais sans arriver à les terminer. Cette fois-ci, je suis arrivé au bout. Il y a pas mal de choses à dire à propos de ce bouquin et de l’aventure personnelle qu’il raconte, mais, avant tout, j’ai trouvé très courageux de sa part de se mettre à nu (au sens figuré, bien entendu !) avec ses états d’âmes, sa naïveté (parfois), son enthusiasme et ses échecs, sans parler d’une partie de sa vie privée, afin de raconter sa brève expérience de néo-vigneronne (4 millésimes), partageant sa vie entre Paris (et ses deux jeunes enfants) et sa vigne et son chai dans l’appellation Terrasses du Larzac. Quand je pense à ce grand écart et à la détermination qu’il a fallu pour tenter cela, je suis béat d’admiration.

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 06:00

 

Blue Country Mag': Boby Lapointe - Comprend qui peut !

Un ami vigneron, dont je tairai le nom, qui s’est fait un nom, un beau nom tout seul, qui chalute avec celui de Lalou  Bize-Leroy ou de la Romanée du joyeux Aubert de Villaine, on s’arrache ses vins qui s’envolent à des prix qui rendent l’immense Bettane, le Parker raté des gaulois, vénère, en cette étrange Bourgogne où beaucoup, se pensent et se vivent, dans un monde fantasmée, celui du pépé, m’a rapporté cette histoire.

 

L’un de ses rejetons, a osé, citer Bobby Lapointe, dans un devoir sur les poètes, en rouge : « ne pas confondre chanteur populaire et poète ! » Et dire, que ces gens-là, qui se revendiquent le plus souvent de gauche, donc près du peuple, des gens, osent ce type de remarque débile. Ça explique beaucoup de l’état  de notre vieux pays, encalminé, poussiéreux, en cale sèche. Des étroits du bulbe !

 

20 juin 2010

Aragon&Castille : l’hommage de Bobby Lapointe au Grenache ICI

Et, par la vertu de cet espace de liberté, quelques jours après je reçois un message sur mon blog :

 

Après le gros succès de notre spectacle Boby Lapointe (mari de ma maman) nous proposons un spectacle sur le vin et la nourriture jouable en extérieur...

je suis dans le Minervois à Agel

Merci

Bien à vous

 

Marc Feldhun

 

Je téléphone, on papote et voilà le résultat.

L'A-Musée Boby Lapointe - Les choses de la vie en ce moment sur France 5 |  Facebook

Musique et chansons - Truffaut par Truffaut (14/15) - La Cinémathèque  française

 

FICHE DE RENSEIGNEMENTS

 

Titre (exact) du spectacle : From two to Boby Lapointe

Nom(s) du /des Comédien(s) : Marc Feldhun – Hervé Tirefort

Nom de l’Auteur : Boby Lapointe

Nom du Metteur en scène : Emmanuelle Osmont

Durée du spectacle : 1h15

Age du public minimum requis (si pas d’âge mini, noter « tout public ») : tous publics

Catégorie (danse, théâtre, …) : spectacle musical

Style  (magie, seul en scène, comédie, …) : cabaret musical

Résumé du Spectacle : Le duo« From Two to Boby Lapointe » revisite avec fantaisie le répertoire de Boby Lapointe.
Bobylisez-vous pour ce spectacle musical enjoué, coup de coeur de la presse et du public en Avignon.
Deux artistes complices, contrepétris de talent cuisinent au piano et à feu vif les chansons de Boby.Des invités surprises apparaissent dans ce tour de chants des possibles. Vous en saurez plus sur cet artiste iconoclaste et intemporel, rappeur avant l’heure, accrobate du langage, inventeur à ses heures.



 

Nom de la cie, association ou production pour le contrat : atomes prod carcassonne

Adresse exacte : 46 allée d’iena 11000 CARCASSONNE

Nom du responsable et fonction (président, directeur, …) : Stephane Cano

Numéro de Siret : 533 320 123 00029

Code Ape : 9001Z

Licence(s) : 2-1076956    3-1076957

Contact et téléphone Administratif : 04.68.47.68.19

Contact et téléphone Jour J : tirefort 0616097971

Taux de TVA : 5%

RiB :  A JOINDRE Séparément  (COPIE INTEGRALE)

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 06:00

Le Vieux qui se disait Pape, son petit gris des Sables et une Villageoise  très rase moquette… - Le blog de JACQUES BERTHOMEAUPiquette à table - Le rétroblogpub

Au temps où je bossais à la SVF, au siège sis sur le merveilleux port de pêche de Gennevilliers, la Villageoise était embouteillée à l’usine de Châteauneuf-les-Martigues, le sourcing étant très majoritairement du rosé acheté par Franck Passy en Provence. Suite à la catastrophe du méthanol dans les vins italiens nul mélange de jus de différents pays  de la communauté. Mon seul souci était la logistique puisque la consommation de ce nectar populaire grand format : 1 L 5 plastifié se situait en Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Bretagne, j’affrétais  d’énormes semi-remorques 26 palettes.

 

J’avoue humblement que je n’ai jamais trempé mes lèvres dans un verre de ce nectar mais je puis vous assurer que ce n’était pas une horreur et que les consommateurs n’étaient pas des clochards. Il faut cesser de diaboliser le vin de table de cette époque, même si notre concurrent Castel, avec sa marque Castelvin, était réputé pour vendre de la bistrouille. La Villageoise était alors la 3e marque française de vin.

 

Bref, 30 ans sont passés, la SVF s’est fait bouffé par le père Pierre Castel :

30 septembre 2005

SVF

 

« Toujours pour alléger nos coûts, je me tournai vers notre premier concurrent, Pierre Castel, numéro deux des vins de table en France, pour lui proposer de partager avec nous les fonctions de back-office en créant une filiale commune qui serait chargée du stockage, de l'assemblage, de l'embouteillage et des livraisons(...) Mon idée lui plut. Un groupe de travail réunissant les directeurs des deux sociétés fut constitué. En vain ! Chacune de nos équipes s'agrippait à son pré-carré. Après avoir usé deux présidents, nous décidâmes finalement de vendre la SVF (...)

 

La suite ICI 

 

Le groupe Castel, avec cette acquisition, s’est doucement converti en direction d’une politique de marques, à l’instar du Vieux Papes, en créant Baron de Lestac pour ses bordeaux et La Roche Mazet pour ses vins Sud de France.

 

Bref, la vidéo qui suit, sur le mode humoristique, est intéressante, à plus d’un titre, pour mesurer l’impact d’un marketing intelligent pour transformer une marque vieillissante, un peu ringarde, avec un packaging peu écologique, en une marque adaptée à une certaine forme de consommation.

 

La Villageoise, ce VDQN

Soulographie d’un breuvage bon marché.

Le Beaujolais Nouveau est arrivé ! Evénement qu’il faut bien évidemment arroser en organisant une soirée de dégustation au goulot. Ivresse garantie pour les petites bourses et l’occasion pour moi de rendre hommage à une piquette qui depuis des années suscite ma curiosité : La Villageoise.

A première vue

Supermarché, rayon vin : c’est en penchant la tête bien bas que vous apercevrez une rangée de bouteilles en plastique translucide, exhibant un liquide rouge, blanc ou rose et dont l’étiquette champêtre marquera à jamais votre esprit : une femme (cette villageoise) qui porte un panier de raisins, rentre cheveux au vent des champs de vignes, par une belle journée d’été.  L’esquisse a la poésie des vignobles du Languedoc, région dans laquelle ce délicieux suc est d’ailleurs mis en bouteille. Son estampille n’a pas d’égal : la pastille rouge autocollant sur la capsule vous assurera son appellation VDQN (Vin De Qualité Négligeable) de la même façon qu’une pastille verte atteste un AOC (Appellation d’Origine Contrôlée). En se penchant sur l’étiquette, on découvre qu’il s’agit non seulement d’un vin, mais en plus, qu’il vient de France. Quant  à la description on aura droit à : « La Villageoise, un vin léger, fruité et gouleyant, d’une robe rubis, franche et brillante ».

 

On se laisse tenter ? On a le choix entre deux formats : la bouteille d’1,5 L ou le pack de six bouteilles de 25 cl à emporter partout avec soi.

 

Mise en bouche

 

A la première lampée, on retrouve effectivement une saveur de vin. Identifier les cépages serait mission impossible… On note en revanche une sorte d’aigreur au fond de la bouche et surtout, une rébellion certaine du système digestif… sauf que ce tord-boyau ne contient que 11% d’alcool.  On suppose  que sa fabrication est le résultat d’un mélange de divers vins français (comme l’indique la bouteille) mais les informations sur le procédé de vinification restent pour le moins mystérieuses. Le packaging plastique joue aussi en défaveur de ce breuvage, étant donné que la capsule n’est pas hermétique comme peut l’être le bouchon en liège. En outre, il a été prouvé que le plastique était ce qu’il y avait de plus mauvais pour la conservation d’un vin rouge. Il s’oxyderait plus vite.

 

A la source

 

La suite ICI 

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 06:00

 

Ils se sont pourtant aimé Patrick et Vincent et puis patatras…

 

Le grand Brel chantait…

 

Nous étions deux amis et Fanette m'aimait/La plage était déserte et dormait sous juillet/Si elles s'en souviennent les vagues vous diront/Combien pour la Fanette j'ai chanté de chansons (…)/Nous étions deux amis et Fanette l'aimait/La place est déserte et pleure sous juillet/Et le soir quelquefois/Quand les vagues s'arrêtent/J'entends comme une voix/J'entends... c'est la Fanette...

 

6 août 2014

Il manque quelqu’un sur la photo de famille de la coopé d’Embres&Castelmaure ICI 

 

16 mai 2014

Touche pas à ma coopé ! Vincent Pousson rompt avec Embres&Castelmaure ICI 

 

La coopérative emblématique d’Embres&Castelmaure, tant encensée, couverte de fleurs, pépite des Corbières par Vincent Pousson tombait sous sa plume acerbe dans la géhenne des kolkhozes chers aux Audois, ultime contrefort du socialisme.  

 

Statue de Staline : les oreilles et la queue ! - Le Courrier d'Europe  centrale

 

Patrick Hoÿm de Marien, tel Staline, voyait sa statue jetée à bas par Pousson

 

Des retouches photos qui ont changé l'histoire | La Retouche photo

 

Sous Staline. Un jour, un politicien pouvait jouir de la bienveillance du pouvoir, mais être proclamé ennemi du peuple et exécuté le lendemain. Ainsi, durant cette période, des personnes, dont voici différents exemples, s’évaporaient littéralement de l’histoire.  

 

C’est le sort réservé à ce pauvre Pousson qui a pourtant tellement œuvré pour la gloire  d’Embres&Castelmaure.

 

Dans la vidéo ci-dessous qui, je lui concède, fait dans le plus pur style propagande soviétique, nulle mention de cet immense érecteur d’étiquettes qui pourtant honni les buveurs d’étiquettes…

 

15 septembre 2009

3 Questions à Patrick de Hoÿm de Marien, le hobereau révolutionnaire d’Embres&Castelmaure

 

L’homme est un seigneur, de cette aristocratie qui force le respect car elle tire sa supériorité, non de privilèges, mais de son action. Dans la galaxie post-soviétique des présidents de la coopération audoise, avec son allure à la de Staël, P.H.M jette comme un trait de blanc de kaolin sur leur grisaille. L’homme cultive aussi une forme d’insolence, policée dans ses mots mais luxuriante, provocante, dans ses choix de tagueur pop’art. Osez, osez Joséphine chantait Bashung, dans le scepticisme du Languedoc, dans ce bout du monde des Corbières, Patrick de Hoÿm de Marien et son équipe, au lieu de s’abouser, se sont affanés, « du courage, du courage... » comme le chante la Grande Sophie avec ce qu’il faut de patience, d’intelligence  des choses et des gens, de ténacité pour nous offrir des couleurs pleines de bonheur.

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